{"numero_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_sha256": "d9ae2b8cd2eec00cf651f4d354e9474eb36286b36aea1b54faffaba173c8987b", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1910/12/15_01/bmtnabh_1910-12-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1910/12/15_01/bmtnabh_1910-12-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c002", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.2", "titre_corps": "BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE.", "titre_sommaire": "BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.1", "debut_caractere": 364, "fin_caractere_exclue": 744, "texte": "BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE.\nLe Festival de ZkLunich et la Tresse allemande (fin.)\nUN DOCUMFNT SUR LA MUSIQUE BELGE, par Dr. Dwelshauvers. 0 IMPRESSIONS MUSICA-\n* LA BOURREE D'AUVERGNEparMjn.\nMEMOIRES INÉDITS DE STEPHEN HELLER. c* T R?V F R SI F S\nCERTS. 0 LES FÊTES DE LEMBERG 0 OUJESTIONS SOCIALES. 0 A TRAVERS LES\nREVUES, a COURS. 0EDITION MUSICALE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c003", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 3, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.3", "titre_corps": "LE FESTIVAL DE MUNICH ET LA PRESSE ALLEMANDE", "titre_sommaire": "LE FESTIVAL DE MUNICH ET LA PRESSE ALLEMANDE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.3", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1909, "texte": "LE FESTIVAL DE MUNICH ET\nLA PRESSE ALLEMANDE\nEn allant à Munich pour ainsi dire en délégation, nous offrions à la critique\nallemande l'occasion de porter un jugement\nconfrères d'Outre Rhin n'ont pas manqué de f caractériser,\nleur les tendances de nos musiciens.\nDès le14 septembre on pouvait lire dans\n\" L'influence de la musique allemande sur la musique française, qui était\nincontestable avant la guerre, cessa pendant quelque temps, et ainsi se forma, en se\nrattachant à Berlioz et à Franck, une école nationale. Mais celle-ci fut à son tour\nmenacée par le wagnerisme. Ce n'est que tout récemment que la Jeune France\nmusicale a pu échapper à ce géant. Elle entend désormais suivre ses propres voies,\nparmi lesquelles le sentier de Debussy la conduira sans doute, au plus court, vers\nl'inconnu. Les Français n'ont jamais nié qu'ils nous devaient beaucoup en musique.\n\" La musique allemande, écrit M. Romain Rolland, apporta à la musique française\nun caractère grave et savant \". Mais ce caractère n'empêcha pas de conserver dans\nle domaine des sons, ce qu'il y a de meilleur dans l'art français, ce charme\ninimitable. Et dernièrement M. Chevillard a pu affirmer que cette influence\nallemande, jadis prépondérante, était aujourd'hui à peu près nulle \".\nCe petit entrefilet nous indique déjà de quel point de vue les Allemands allaient se\nplacer pour nous juger.\n\"La musique française, pour la Neue est un modèle de\nfacture aisée et transparente. Elle a le sens de la ligne élégante, qui rarement\n(comme chez Debussy) perd son souffle et sa belle assurance, et rarement tombe\ndans le vulgaire. Du moins-dans les œuvres exécutées à Munich, un style piquant,\ngracieux, souvent plein de feu, caractérise la plupart de ces maîtres... Leurs idées\nne sont pas toujours profondes mais la manière de les présenter a quelque chose de\nparticulièrement prenant. Ce n'est pas toujours la sincérité du sentiment, la vérité"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.4", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 3456, "texte": "de l'imitation naturelle que nous rencontrons dans la musique française. L'acuité\nde l'esprit, le choix habile de l'effet, toutes les qualités de l'intelligence, l'emportent\nsur les énergies sentimentales... Lorsqu'ils mettent l'âme à nu, ils en cachent\ntoujours quelque chose ; ils veulent plaire. Leur goût de l'exotique et de ses\nsonorités délicieuses, de leurs préférences pour une certaine religiosité solennelle, et\njusqu'à la note parfumée qui évoque le salon, tout cela s'explique parfaitement.\nQue cette musique puisse se soutenir à côté de la nôtre, énergique et écrasante,\ncela me paraît peu probable. On demande ici des effets autrement violents, que\nceux dont on se contente dans les œuvres musicales de là-bas \".\n\" Soyons francs, écrit le critique du Vorl'intelligence, la clarté, l'élégance\nde la facture, l'allure particulière des rythmes, une fantaisie béate qui se perd dans\nde singulières rêveries, remplace bien souvent chez les Français ce qu'est pour la\nmusique allemande le sentiment, la sensibilité et la langue du cœur. Par contre la\nFrance ne connaît pas la \"musique philosophique \". Mais, Franck mis à part, on\nne trouve ni chez ses élèves (en tête desquels est Vincent d'lndy), ni chez ceux qui\nles suivent, Saint-Saëns, Fauré ou Dukas, cette profondeur d'âme qui appartient\nen propre à la musique allemande. Ces deux mondes, le sentiment musical moderne\nfrançais et le sentiment musical moderne allemand ne peuvent guère communiquer\nque du côté de la technique, technique des formes et technique des couleurs, car\nici la nouvelle génération des musiciens parisiens égale Berlioz et le dépasse même\ncertainement chez Debussy \"\n\" Ce qui nous rend la musique française agréable,\ndu 27 septembre, ce qui constitue ses qualités, est facile à distinguer ; de même il est\naisé de se rendre compte de ses points faibles. Le Français a toujours appliqué son\nattention à la forme sympathique, à la clarté de l'ensemble, à la facile compréhension\ndu style. Tant qu'il reste fidèle à ses principes il est capable de rendre aimables ses\nsymphonies, et attrayante sa musique de chambre Aux auteurs qui suivent cette\nesthétique se sont opposés récemment les descriptifs, qui cherchent du nouveau et\nsemblent encore bien empruntés ; ils ont devant eux un lointain imprécis plutôt\nqu'un but certain ; leur musique apporte le trouble et non la clarté. On peut\naffirmer avec une quasi certitude que l'art dont on nous a montré ici les productions\naussi bien chez les formalistes que chez les autres n'aura dans l'avenir, pour\nnous autres Allemands, qu'une valeur toute historique. Il se passera pour les plus\ngrands de ces maîtres ce qui se passe pour Couperin et pour Rameau leurs\ndevanciers. La musique française, dans la mesure où elle s'avère sincère et\nnaturelle, trouvera toujours en Allemagne un écho, mais dès qu'elle voudra s'élever\naux régions du pathétique et du sentiment elle laissera nos cœurs parfaitement\nfroids. C'est une joie de suivre les idées françaises légères et gracieuses, dans leur\nprésentation et plus encore dans leur habile mise en œuvre. On joue là un jeu\nplaisant, et même quand on passe à la danse proprement dite, personne ne résiste.\nL elégance et la galanterie l'emportent... Le va et vient des pizzicati heureusement\ncombinés avec les coups des rigoureux archets n'apparaissent plus comme des effets\non a plutôt le sentiment de se trouver en face d'un homme qui conte avec esprit"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.5", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 3052, "texte": "ses propres aventures. L'Allemand nous semble véritablement grand là où il laisse\ndéverser sa passion pour Dame Musique le Français l'est au contraire là où il\nnous montre comment on flirte avec elle. Et notez qu'il est absolument persuadé\nque son flirt est une passion profonde. Ces différences de races ne disparaîtront\njamais, et il faut s'en réjouir là-bas comme ici \".\nM. Eisenmann 1 insiste sur les qualités plastiques de notre musique : \" Même des\nnatures aussi opposées que Franck et Bruneau, Chabrier et Saint-Saëns peuvent se\ncomparer et présenter des traits communs. C'est ce que nous a montré le festival\ndès son premier concert. Malgré l'influence exercée par l'Allemagne sur les\ncompositeurs français ceux-ci ont cependant conservé leur autonomie. Qu'ils\névoluent sur le terrain classique, ou qu'ils prennent en main le drapeau du progrès,\nils se montrent toujours hommes de leur race ; ils ont leur style, avec ses tendances,\nses qualités et ses défauts. La déclamation a chez eux un rôle prépondérant. Il y a\ndes compositeurs allemands qui ont des idées superbes, mais qui ne savent rien en\nfaire. L'art de l'expression, joint à l'art du geste telles sont au contraire les\nqualités maîtresses des Français. Ils ignorent la spéculation confuse et abstruse, et\nlors même qu'ils deviennent graves, ils restent clairs et compréhensibles. A la\nvérité ils tombent parfois dans un pathos qui nous semble un peu outré...\"\nM. Joseph Jurinek2 insiste sur le pitto \" A mesure que les œuvres\nsuccédaient aux oeuvres nous avions la conviction que les Français sont en musique\ndes descriptifs éminents, mais que le gracieux et l'enjoué est avant tout leur fait.\nOn dirait qu'ils se jouent sur les flots de la vie, sans vouloir sonder ses\nprofondeurs, et plonger dans ces abîmes, où tout est noir, où le cœur de l'homme\nse prend à trembler. Tantôt la musique française est un jeu en plein soleil, tantôt\nun rêve par une nuit de mai à la clarté tranquille de la lune qui palpite.\nÇà et là un accent intense de la vie qui s'affirme ; et puis des couleurs qui\nse précipitent, une débauche de sonorités, une plénitude orchestrale qui nous\néblouit. Mais que ce soit Bruneau, d'lndy ou Chabrier, Franck, Ravel, Widor ou\nDebussy, nous n'avons pas un instant d'ennui en présence de cet art. On ne saurait\nappliquer aux Français le mot sévère qui fut proposé à propos de Strauss : La ou\nles idées manquent, le boucan commence. Les français, même lorsqu ils donnent\ntout ce qu'ils peuvent, savent toujours conserver la mesure \".\nTrès justement le U E.Wahl3 reprend\n\" Un regard jeté sur notre musique allemande et une vue d ensemble telle que la\npermettait ce festival de la musique française, montre une différence fondamentale\nentre les deux arts voisins. On connaît les vers où Nietzsche chante le vent du\nmistral :\nMistralwind du Wolkenjaeger, Trubsalblaeser, Himmelsfeger\nBrausender, wie lieb'ich dich.\n\n1 Tageblatt de Cologne du 21 septembre.\n2 General Anzeiger de Mannheim du 22 septembre.\n3 Allgemeine Musikzeitung du 30 septembre."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.6", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3365, "texte": "Cette apostrophe ne pourrait-elle s'appliquer à notre musique ? Par contre,\nles jeunes Français aiment avant tout le nuage irisé, le gris qui atténue toutes les\ncouleurs, et qui, infiniment diversifié, reste toujours le gris. On n'a qu'à voir où un\nRichard Strauss, un Mahler se trouvent conduits par la recherche des solutions\nnouvelles, et où se dirige un Debussy, pour assister à ce contraste typique. Ou\nbien, remontant un peu plus haut que l'on compare Anton Bruckner avec Saint\nSaëns on trouvera la même différence, moins manifeste cependant, car la génération\ndes compositeurs âgés n'avait pas encore rompu avec les traditions de vigueur et\nd'énergie de la musique française. Pour tout dire en deux mots : nos allemands se\nplaisent aux empâtements, les Français font du pastel. Chez nous des tons francs,\nappliqués à la brosse ou au couteau ; en France le coloris doux et tendre des\ncrayons, avec ses procédés raffinés et ses prodigieux fondus, mais glabre et sucré...\"\nM. le Dr San-Galli1 cherche a préciser \"Nous arrivons, écrit-il, au\nstyle-type des Français avec MM. d'lndy, Bruneau, Debussy, Dukas et Ducasse.\nChez eux le sentiment français de la sonorité a fait naître une musique, un style.\nJe dis le sentiment français de la sonorité, car nos compositeurs ont eux aussi\ndes problèmes de sonorité à résoudre ; et les deux nations se trouvent en face de\nla même question : qu'est-ce que le compositeur entend et comment ? Mais elles y\nrépondent d'une manière différente. Nous tendons l'oreille vers ce qu'il y a de plus\nprofond dans un poème symphonique. Le Français songe toujours au salon, et lui\nconserve une place dans son coeur. L'humeur et l'esprit restent prépondérants.\nL'Allemand VIT ses états d'âme, le Français les VOIT. C'est là l'immense différence.\nLe peintre a lieu d'être satisfait plus que personne de la musique française\nmoderne. Celui qui a un peu le sens de l'émotion pittoresque trouvera délicieux\nles Nuages de Debussy Debussy est un paysagiste, un impressionniste et on ne\npeut rendre la nuance de cette musique en termes allemands. Le symbole et sa\nprofondeur dépendent d'une fantasmagorie, et d'une imprécision des lignes et des\nformes, qui autorisent l'auditeur à s'imaginer tout ce qu'il voudra, ou à ne rien\ns'imaginer du tout et à s'abandonner aux joies de la simple sensation. C'est là sans\ndoute quelque chose et même beaucoup ; et il est impossible de prévoir en ce\nmoment la portée de cet art. Mais un point reste acquis. C'est là un art\nessentiellement français \".\nM. A. Steinitzer 2 est sévère :\" Ala fin de ces auditions qui nous ont donné\nune image extrêmement instructive de l'évolution et de l'état présent de la musique\nfrançaise on ne peut se soustraire à l'obligation de résumer les impressions ressenties.\nEt de suite s'impose cette conviction. La France ne dispose pas en musique de\ngénies créateurs semblables à ceux que nous avons produit à la même époque,\nl'époque de Brahms, Bruckner, Pfistner et Strauss. Debussy est le seul qu'on\npuisse admettre ; lui, a réellement ouvert de toutes nouvelles perspectives, dont\nnous ne pouvons encore prédire l'avenir... Tous les autres jeunes gens sont à la\nvérité maîtres de leur art, mais aucun n'est doué de facultés créatrices... Il faut\n\n1 Rhein-Westfalische Zeitung du 23 septembre.\n2 General Anzeiger de Duesseldorf du 25 septembre."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.7", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3451, "texte": "rejeter l'activité intellectuelle dans le domaine de la technique ; la force créatrice\ndoit partir du cœur pour aller au cœur. C'est là ce qui manque à la nouvelle école\nfrançaise. Ainsi n'avons-nous pas éprouvé là d'émotions vécues. Par contre il faut\nreconnaître sans réserve, que le Français même lorsqu'il a peu d'idées sait toujours\nintéresser par son coloris et son métier, tandis que l'Allemand, dans le même cas,\nest souvent brutal et presque toujours ennuyeux...\"\nVoici la conclusion de M. A. Kisenmann:1 \" Les Français ne nous enlèveront\npas la gloire de nos maîtres... Mais nous pouvons justement aussi apprendre\nbeaucoup de leur art. Qu'on n'ait pas toujours besoin de se plonger dans les\nproblèmes abstrus, et que la recherche légitime de nouveaux moyens d'expres-\nsion puisse tort bien s'accorder avec le charme et la clarté. Voilà la leçon que\nnous devrions prendre en considération \".\nMi. le D 1 Leopold Schmidt2 voit notre effort en historien :\" Il faut se souvenir\ndans ce jugement sur le festival de Munich, des éléments de supériorité que la\nFrance musicale n'a pu ici mettre en jeu. Ceux-ci jadis et jusqu'à ces dernières\ntemps appartenaient à l'art du théâtre. Or justement je voudrais voir la caractéristique\nde cette manifestation de Munich, dans ce fait qu'il a été possible, somme toute,\nde nous donner une idée de la musique française contemporaine, sans tenir compte\ndu théâtre lyrique. C'est là sans conteste un mérite qui revient à l'école nouvelle.\nL'ancienne prévention en faveur de la musique dramatique a disparu ; bien plus\nelle s'est retournée. Aujourd'hui l'effort principal de la musique française porte sur\nl'instrumentale. Il n'est pas impossible, vu l'intensité de ce mouvement, qu'une\nprochaine fête de musique française, que nous espérons bien voir à Berlin parce\nqu'elle y rencontrerait un intérêt passionné, confirme pleinement ce jugement \".3\nM. Spanuth4 enfin :\" Puisque la première tentative d'une fête de ce genre a\nréussi, on devrait dans un délai convenable en organiser une autre. L'échange\nmusical entre la France et l'Allemagne peut se faire indépendamment de toutes les\nconstellations politiques, il devrait être assez intime pour que les musiciens d'ici et\nde là-bas ne puissent plus apercevoir les poteaux de la frontière. Cela peut se faire,\nà condition de provoquer en Allemagne un mouvement et surtout de gagner\nl'intérêt de nos compositeurs. Ce qu'il nous a été donné d'entendre à Munich des\njeunes musiciens français, a dû cependant remuer un peu les plus indifférents.\nCelui même qui pousse l'amour de soi jusqu'à croire à l'inutilité de toute musique\nhors de l'Allemagne, se demandera si les jeunes Français ne marchent pas a la tete\ndu mouvement avec plus d'audace que leurs voisins et si ils n apportent pas de\nrésultats plus positifs que les Allemands. Le jour où cette constatation se sera\nimposée parmi nous, les Amis de la Musique pourront dire qu ils sont payes de leurs\nefforts et que leur initiative a porté ses fruits \".\n\n1 Kulturbeitraege de Stuttgart du 22 septembre.\n2 Berliner Tageblatt du 24. septembre,\n3 Faut-il à titre documentaire le jugement humoristique du petit Musical Courrier Américain :i Le Festival de\nMunich n'a pas persuadé aux Français qu'ils apprenaient quelque chose aux Allemands et a foitement ancré\nles Allemands dans l'idée qu'ils n'avaient rien à apprendre des Français .\n4 Signale fur die Musikalische Welt du 28 septembre."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.8", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1292, "texte": "De ces articles de fond, que V Argus allema\nciter la totalité. Ils honorent la presse allemande par leur gravite, le soin avec lequel ils\nont été écrits, et Vabsence d'hostilité dont ils font preuve. Certes, il y aurait beaucoup a\ndire sur ces jugements d ensemble, qui n ont du i este pas la prctention d etre définitifs, et\ndont tl serait téméraire de vouloir ci notre to\nsaurait être question d'établir une hiérarchie\nAllemands connaissent et apprécient notre m\nmême manière que nous. Ils en remarquent\nfestival de fylunich n aura pas sur ce point\nToutefois, depuis quelques années, des élément\nphysionomie traditionnelle de la musique française\nelle s'efforce d'expliquer a sa façon ce changement, qui l'intrigue peut-être plus encore qu'il\nne l'enthousiasme. Elle emporte donc de Munic\nchose chez nous et que son jugement applicable aux XIXe siècle français aura bientôt besoin\nd'être révisé.\nLes Amis de la Musique ne pouvaient en demander plus. Il leur suffit dans cette\npremière manifestation, d'avoir précisé la curiosité de nos voisins, d'avoir, en pleine\nBavière, éveillé l'intérêt pour un art qui n'est ni celui de Beethoven ni celui de Wagner,\net donné l'occasion h l'esthétique allemande de méditer à l'aise sur le problème des\nnationalités musicales."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c005", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 9, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.4", "titre_corps": "UN DOCUMENT SUR LA MUSIQUE BELGE", "titre_sommaire": "UN DOCUMENT SUR LA MUSIQUE BELGE", "signature_source": "Dr Dwelshauvers", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.9", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2963, "texte": "UN DOCUMENT SUR LA MUSIQUE BELGE\n\nLors du Congrès de la Fédération Archéologique et Historique de Belgique dont la\nXXIme session fut tenue à Liège en août 1909, congrès où l'on voulut bien créer une sous-\nsection de musicologie sur mon initiative, j'avais tenté de déterminer les programmes des\nRecherches a faire dans les fonds musicaux de la pet je concluais en demandant\nque le plus important d'entre eux, le Fonds Terry, qui se trouve déposé à la bibliothèque du\nConservatoire royal de Liège, fût ouvert aux recherches des historiens. Ce résultat n'a pu être\nentièrement obtenu jusqu'ici, faute d'un local suffisant, mais il a été possible à M. le D 1 Joris-\nsenne, Président de notre Société de Musicologie, de se procurer et de nous faire connaître\ncertaines richesses comprises dans ce fonds. En particulier, j'ai pu commencer le dépouillement\nd'une série de quinze fardes, comprenant environ vingt cinq mille pages de l'écriture de Terry\net contenant les notes prises au courant de ses laborieuses lectures, pendant toute une vie de\ntravail. Arrivé au tiers environ de cette recherche, rendue assez longue par la nécessité de\nclasser les documents obtenus, j'ai mis la main sur la copie que fît Terry d'un manuscrit de\nHenri Hamal dont l'original est peut-être perdu. Je le reproduis en l'augmentant de notes\ntirées d'autres sources.\nQuant au Fonds Terry1 lui-même, riche d'environ sept mille livres et deux mille numé-\nros de musique, je n'ai pu encore l'étudier suffisamment dans son ensemble pour le décrire\nici : mais je ne désespère pas d'arriver quelque jour à le faire.\nHenri Hamal, auteur des notes ci-dessous, a eu un biographe anonyme qui signe L. L. L.2.\n\n1 Léonard Terry est né à Liège le 13 février 18 16 et y décéda le 25 juillet 1882. Chanteur, professeur et\ncompositeur, il était surtout lettré, très polyglotte et chercheur actif. Mais l'esprit de classement lui manquait\net il n'a tiré parti que d'un très petit nombre des éléments qu'il avait rassemblés. On lui doit pourtant des\narticles parus dans la Biographie Nationale ainsi qu'une biographie de Henri Dumont, parue en 1872 chez Léon\nde Thier. En 1874, il avait été élu membre de l'Académie royale de Belgique.\nAprès son décès, de longs pourparlers eurent lieu au sujet de sa bibliothèque qu il fallait consener à sa\nville natale. On pensa d'abord la déposer à l'Université, ce qui eut été la solution la meilleure ; mais ehe fut\nremisée au Conservatoire où elle resta, de fait, inaccessible pendant de bien nombreuses années : le manque\nd'un local approprié et du personnel suffisant en entrave encore la jouissance. La Ville de Liège a voté les fonds\nnécessaires pour élever le local demandé à côté du Conservatoire, mais jusqu ici 1 État belge, toujours à court\nd'argent, n'a pas promis sa cote-part et la question reste pendante. _\n2 Essais de Biographies musicales liégeoises. LES HAMAL. Liège, F. Renard éditeur, 1860. Extrait de 1 nnu-\naire de la Société' libre d'Emulation."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.10", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3905, "texte": "Henri, fils de Dieudonné Lambert Hamal, chirurgien distingué de la cité de Liège, et de\nMarie Elisabeth Delvaux, naquit à Liège le 20 juillet 1744 ; il était petit-fils de Henri\nGuillaume et neveu de Jean Noël Hamal, tous deux maîtres de chapelle de la cathédrale, et\ndont nous aurons à reparler. Après avoir été initié aux éléments de la composition musicale par\nson oncle, Henri partit pour l'ltalie, ainsi que la coutume en était établie à Liège, et il se\ntrouvait depuis plusieurs années à Rome lorsqu'en 1770 il fut rappelé à Liège pour venir\noccuper dans le chœur de la cathédrale une stalle de chanoine, faveur que son oncle Jean Noël\nlui avait fait obtenir, voulant s'assurer dans son neveu un successeur de mérite. Ce désir était\npartagé par le Chapitre. Vers la fin de 1770, Henri Hamal prit possession de son siège cano-\nnical et de la direction de la chapelle de la cathédrale Saint Lambert. Pendant huit ans, il la\ndirigea avec son oncle et put ainsi s'assimiler la tradition établie.\nLa première de ses compositions musicales écrites à Liège paraît être une grande cantate\nexécutée le 16 janvier 1772 à l'occasion de l'élection solennelle de Mgr François Charles de\nVelbruck comme Prince-Evêque de Liège. Le 5 février suivant, nouvelle cantate exécutée en\nl'honneur du Prince à la salle de la Redoute, devenue depuis la Société libre d'Emulation, et\nenfin, le 5 mai, troisième cantate sur le même sujet, intitulée :\nparoles de M. Bernard, pour laquelle les talents de l'oncle et du neveu s'étaient associés.\nTrois années après, le 28 janvier 1775, le théâtre de Liège représenta une pièce intitu-\nlée : le Triomphe du Sentiment, a) comédie en trois actes, mêlée de chants et de danses, paroles\nde M. Joseph Bertrand, musique d'Henri Hamal.\nA l'inauguration de la Société libre d'Emulation b) cette société existe encore et le\ndépouillement de ses archives nous fournira sans doute de nombreux documents cérémonie\nqui eut lieu le 2 juin 1779? Henri Hamal fît exécuter une grande scène lyrique, paroles de\nM. Dreux, puis en 17845 Hamal composa la musique de deux cantates à l'occasion de l'éléva-\ntion à l'épiscopat du successeur de Velbruck, César Constantin François de Hoensbroeck ; ces\ncantates furent exécutées le 21 juillet; les paroles étaient de MM. Henkart et Milon. Le\n20 décembre de la même année, nouvelles fêtes pour lesquelles Hamal écrit le Cri de la Patrie.\nChose singulière, Hamal ne semble plus avoir composé dans la suite.\nAu reste, son existence devait bientôt se modifier. Lors de l'envahissement du pays de\nLiege, la démolition de la cathédrale Saint Lambert fut décrétée et la vie musicale suspendue»\nHenri Hamal cessa ses fonctions en février 1793* plus grande partie des documents\nconcernant la musique dans la principauté disparut à ce moment de troubles et de pillages. Les\nsacs successifs de la ville au cours du moyen âge, les incendies fréquents, la destruction de la\ncathediale, dont il 11e resta absolument rien, forment des obstacles insurmontables à une étude\ncomplété de 1 art musical liegeois. Contentons-nous donc du peu de documents qui sont\nconservés.\n\na) La partition existe dans le Fonds Terry. Cette œuvre est dédiée à Velbruck.\nb) Hamal a peu publié. feuille sans titren° 169 du samedi 19 juillet 1777 annonce pourtant un\nes romances de divers auteurs etc. dédié aS.A. S. Mme la Duchesse d'Arenberge etc. avec accompagnement\nde Forte Piano par M. Hamal Neveu etc. 8° 3 livres. Avec dédicace :\nEn vous consacrant ces essais,\nJe vous offre un bien faible hommage.\nJ'ai consulté mon avantage\nBeaucoup plus que vos intérêts :\nVotre nom est trop beau pour un pareil hommage\nMais il en fera le succès.\nJai aussi trouvé le titie de 1 un de ses autres ouvrages : des airs français des opéras comiques\nn^).^Je,aux U1 ont représentés a Paris, appropriés pour le chant, ou flûte et violon, avec la basse continue\nchiffrée etc. 5 parties. In folio."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.11", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 3350, "texte": "Hamal, prive de sa situation, ne resta pas inactif. Il siéga au sein du Jury de l'lnstruction\npublique, cree près de 1 administration centrale du département de l'Ourthe. En qualité de\nsecrétaire de ce Juiy, il rédigea un rapport daté du 27 décembre 1797 demandant la création\ndune ecole de musique a Liege. Nous comptons publier dans la suite quelques renseignements\ndocumentai! es sur ce placet, sur les démarches faites par Grétry pour l'appuyer etc. En fait,\nle projet échoua et ce n est que trente ans après, en 1828, que Liège fut dotée d'un\nConservatoire.\nA 1 epoque du rétablissement du culte, en 1804, Hamal déclina les offres qui lui furent\nadressées de redevenir maître de chapelle et se retira dans la vie privée. Il ne devait mourir que\nbien plus tard, en le 17 septembre 1820.\nA quelle date se place la rédaction du manuscrit qui nous occupe ? ou plutôt des deux\nmanuscrits, car ce sont deux fragments qui traitent parfois des mêmes sujets, se complètent,\ncomplètent aussi un manuscrit de Hamal dont M. le D 1 Jorissenne a donné le texte 1 etc. de\nsorte que 1 on pourrait penser qu'à diverses reprises, Hamal a rédigé ces notes de façon assez\nhâtive sur le même sujet, ne s'efforçant en rien d'être complet, ainsi que le prouve la brièveté\ndes notices consacrées a son grand'père et à son oncle, dont il devait parfaitement connaître la\nbiographie ?\nM. Jorissenne place vers 1806 la rédaction de la pièce qui l'occupe. La date la plus\nrécente contenue dans le premier fragment ci-dessous est 1798 ; dans le second, 1806. Aucune\nautre indication ne nous permet de conclure, en ce qui concerne le second manuscrit, mais le\npremier est antérieur à 1805, puisqu'il parle de la Collégiale Saint Pierre comme encore\nexistante, et que ses orgues furent transportés à Saint Paul en 1805. (Voir article THORETTE).\nIl est probable que ces travaux sont de l'époque où Hamal était rentré dans la vie privée. Il eût\ndonné plus de soins à une rédaction officielle. Le premier manuscrit daterait en ce cas de 1804\nou 1805.\nLes documents compris dans les fardes laissées par Terry portent le titre général :\nSIMPLES NOTES POUR SERVIR A L'HISTOIRE DES BEAUX-ARTS AU PAYS DE LIÈGE.\nNos deux fragments sont empruntés au cahier No. 57 dont ils occupent respectivement\nles pages 3 à 10, puis 10 à 12 et 16 à 19, les pages 12 à 16 étant remplies par une autre\ncopie.\nPREMIER FRAGMENT.\nNOTES SUR LES PRINCIPAUX MUSICIENS COMPOSITEURS LIÉGEOIS.\nN° 1. DE LA MAIN DE H. HAMAL, 4 FEUILLETS GR. IN B°.\n\" Le pays de Liège a eu en tous temps d'excellents musiciens, La\n\" Cathédrale, les Collégiales 2 entretenaient des écoles de musique ; sans\nu compter l'école de la ville de Châtelet, d'où sont sortis de grands musi-\n\n1 Un manuscrit historique de Hamal, communication faite à la Société liégeoise de musicologie le 5 janvier\n1910 ; in Wallonia de mars-avril 1910.\n2 \" Liège en comptait huit : Saint Pierre, Saint Barthélémy, Sainte Croix, Saint Martin, Saint Jean\nEvangéliste, Saint Denis, Saint (?) et Saint Jacques, qui ne le devint qu'en 1785.\" Terry, cahier n° 56, p. 15. \" La\nsuppression des huit collégiales à la Révolution entraîna celle des chapelles et mit les musiciens à pied, entre\nautres Henri Hamal... et Henri Moreau, \" dont il sera question plus loin. Chîie Daris, Histoire du Diocèse de\nUége, t. 111, p. 162."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.12", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3002, "texte": "44 ciens. Ces élèves allaient ensuite se perfectionner à Rome ou à Naples,\n\" avec une pension des dites églises.\n\" Il y avait à Rome une maison sur la place dite fon-\n\" dée par Lambert d'ArchisJ pour les jeunes gens qui venaient étudier\n\" le droit ou les beaux-arts pendant cinq ans. Ils étaient logés et\n\" nourris, sous la direction de cinq proviseurs qui devaient être du pays\n\" de Liège, de même que le Recteur nommé par eux pour demeurer à la\n\" maison et surveiller les élèves. Cette maison pouvait avoir, en 1768,\n\" 1400 écus romains.\n\" I. GILLES HAINE, né à Liège vers 1585, devint par ses talents\n\" intendant de la musique du prince Ferdinand de Bavière, qui lui con-\n\" féra un 1627 un canonicat de Saint Jean Evangéliste à la place de\n\" chantre. Ce savant musicien a composé 18 à cinq voix, des\n\" Antiennes à6et 8 voix, et une Messe qu'il présenta en 1647\n\" au Chapitre de la Cathédrale. Il a fait imprimer à Anvers, en 1645,\n\" trois ouvrages chez l'héritier de Pierre Phalèse. \"\nOn compte deux Haine, Heine, Hayne, Haym, Henne, (Egidio)\nHennio, (Aegidius) Hennius, dont l'un, Gérard, \" florissait vers 15852,\ntandis que l'autre Gille est né à cette date. Ce dernier \" doit avoir surpas-\nsé son maître Guiot \\ Il fit élever son épitaphe sur la porte de Saint\nJean... qui fut un (sic) des plus beaux du temps, aussi orné de divers\ninstruments de musique... Il doit être le neveu du précédent\" qui floris-\nsait en 1585 \"et devint directeur de la chapelle de S. A. de Bavière,\névêque de Liège et électeur de Cologne ; il fut aussi appelé par S. A. S.\nle duc de Neubourg à la surintendance de sa musique. Ses pièces ont été\nimprimées et distribuées partout et longtemps après sa mort on les tenait\nen grande estime. Il vivait en cette réputation l'an 1633 âgé de ans\n(les chiffres manquent), comme j'ai vu par son portrait qu'il était cha-\nnoine et chantre de la Collégiale de Saint Jean\" 4.\n\n1 ou Darchis. Ce philanthrope est né à Liège, paroisse de Sfc Hubert, le 31 juillet 1625 ; il s'établit à\nRome dès sa jeunesse et y fit fortune. Son testament du 22 octobre 1696 crée Y Hospice ou Collège liégeois, qui\naprès bien des modifications existe encore.— Avant cette fondation, on envoyait, d'après Terry, les jeunes gens\nà Rome au Collège germanique.\nLes Hamal, voir note 2, page 647.\nJorissenne, loc. cit. le fait mourir en 1588.\n\" D'après le manuscrit de Hamal cité par Jorissenne, Jean Guiot, chanoine impérial et maître de chapelle\nde la Cathédrale, né à Chastelet (Châtelet) mourut fort âgé le 15 mars 1518. S'est fait connaître par ses savants\nouvrages avant de revenir dans sa patrie. Il avait été plusieurs années intendant de la musique de l'empereur\nFerdinand. En réalité, d'après Cl. Lyon, Guiot est né en 15 12 et mort en 1588, comme son élève.\n4 Manuscrit intitulé : Les œuvres curieux des çauants de la nation liégeoise qui ont passer (!) à la postérité\n1690-1702, sans nom d'auteur, p. 129 cité par Terry. Le portrait en question avait été gravé à Liège (Biogr. Nat.)"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.13", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 2381, "texte": "Si le rôle joué à Liège par Egidio Hennio est peu connu, on est\nmieux renseigné au sujet de sa vie sur le Bas-Rhin (Dusseldorf) où la\nmusique était en grand honneur à cette époque à la cour du Pfalzgraf\nWolfgang Wilhelm von Pfalz-Meubourg (jusque 1653), revenu au\ncatholicisme et épris d'art italien.\nEn 1631, Heine avait été engagé comme chantre à Saint Jean\nEvangéliste à Liège 1 en remplacement d'Alphonse Fressadis (le 1 3 mars de\ncette année) et, bien que bénéficiaire d'un autre emploi, il figure dans les\nregistres jusqu'en 1649. Mais dès 1638, il appartenait officiellement au\nservice du Pfalzgraf, ainsi qu'il ressort d'une lettre de Heine du 17 décem-\nbre 1637 qui laisse supposer des relations officieuses antérieures. Ses fonc-\ntions étaient peu absorbantes, mais il devait venir à Diisseldorf au premier\nappel de son seigneur. Il recevait une annuité de cent florins d'or, d'ail-\nleurs assez rarement payée en ces temps de guerre. Ses fonctions ne l'ont\npas empêché de partager son temps entre Dusseldorf et Liège. A Diissel-\ndorf, il semble avoir eu pour aide, parfois insuffisante, un maître de\nchapelle du nom de éMarini.\nM. Willibald Nagel cite 38 de ses compositions.\nAu reste, notre Gille Heine a fait école à Liège, où \" il fut suivi de\nprès d'Albert Gherin, maître des chantres de Saint Martin, qui par la\nnouveauté de sa manière eut aussi l'art de plaire et dont les œuvres furent\nrecherchées quelque temps. \" 2\n\" 11. LÉONARD DE HODEMONT, maître de musique de la cathédrale,\n\" mort en 1639, a composé pour cette église le Kyrie de Pâques, que l'on\n\" chantait encore en 1794 ; un Ecce Panis à 6 voix ; un Salve pour les\n\" samedis, à 8 voix ; 1 Antienne de Saint Lambert, à 6 voix, et d'autres\n\" ouvrages estimés qui sont restés à la cathédrale. \"\nLéonard de Hodimont, village presqu'incorporé aujourd'hui dans la\nville de Verviers, province de Liège, était un maître réputé. Phalese a\npublié une œuvre de lui en 1640, donc après sa mort, sous le nom de\nLéonard Hodimontio. 3\n\" 111. LAMBERT COLEN, chanoine de Saint Materne, et musicien\n\" intonateur delà cathédrale, mort en 1654, est connu par plusieurs\n\" Salve à 6 et à 8 voix ; des Antiennes particulières des Sainte Anne et\n\n1 Willibald Nagel in Monatshefte fur Musikgeschichte 1896 n° 8, 9.\nIbid. p. 130.\n3 Le bibliophile belge t. 111, p. 330, article de Alph. Govaerts."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.14", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2833, "texte": "\" Saint Joseph à 8 voix ; plusieurs Ecce panis à 6 voix, qui se chantaient\n\" encore en 1756.\nDans l'ouvrage cité à la note 1, il est mentionné sous le nom de\nCol lin.\n\" IV. HENRI DUMONT, né à Villers-l'Evêque, enfant de chœur de\n\" Saint Servais à Maestricht, part pour Paris avec un colonel français en\n\" 1630. Abbé de Silly, diocèse de Séez en Normandie. «sMotets, cinq\n\" Grand'éMe sse s. dites royales, etc.\"\nCette note brève n'ajoute certes rien au travail documentaire de\nM. Henri Quittard: Henri Du éMont, Mercure de France, 1906. Les très\nnombreuses notices que je possède sur le même sujet sont aussi des répé-\ntitions l'une de l'autre 1 et il peut paraître que le travail de M. Quittard\népuise actuellement la question. Une remarque nous sera toutefois per-\nmise en ce qui concerne le nom même de ce musicien, qui fut également\nporté par un chanoine théologal de Liège, abbé séculier d'Amay, que\nMoreri 2 fait naître à Viemme en Hesbaye, à cinq lieues de Liège, en\n1610, c'est-à-dire la même année que le musicien. Du Mont s'appelait\noriginairement De Thier et M. Quittard le croit parent avec les Cheva-\nliers de Thier dont la famille n'est pas éteinte à Liège. L'aîné d'entre eux\nnie cette parenté, en se basant sur des papiers de famille fort en ordre. De\nplus, l'étymologie du nom De Thier ne doit pas être cherchée si loin que\nle fait de M. Quittard. En patois liégeois, signifie montagne,\nélévation. Du Mont a donc tout simplement traduit son nom en français,\npuisqu'il allait en France, comme il l'aurait traduit en italien, à la façon\nde Josquin, s'il ce fût dirigé plus au sud.\n\" V. PIERRE THORETTE, bénéficier et musicien de la cathédrale,\n\" mort à Liège, en 1684. La Chasse exécutée tous les\n\" ans à grand orchestre à Saint Pierre depuis plus d'un demi siècle, chef-\n\" d'œuvre pour ce temps là ; il la composa en 1670, et la dédia au Baron\n\" de la Pierre, tréfoncier, abbé de Ciney, grand amateur.\nL. L. L. ne fait que citer son nom. La Collégiale Saint Pierre\n\n1 Lacombe, dictionnaire portatif des Beaux-Arts ; la feuille sans titre n° 52, 24 mars 17775 Pauwels de Vis,\ndictionnaire biographique des Pays-Bas ; Gassner, Leniken ; Biogr. générale des Belges ; Michaud, biogr. universelle ;\nPiron, algem. levens der Mannen etc. 5 Feller, dictionnaire historique ; Becdelièvre ; Jawe, du chant liturgique,\nTiton de Tillet ; Laborde, essai sur la musique ; de Villenfagne, discours sur les artistes liégeois ; Adoux, hist. ecclés.\nde la cour de France ; Comparaison de la musique italienne et la musique française ; Revue de Danjou ; un article\nde Stephen Morelot, Walter, musik. Lexikon ; Delvenne, biogr. du Royaume des Pays-Bas ; Dewez, histoire de Liège;\netc. etc. Comparez aussi Jorissenne, loc. cit. La Biographie Nationale contient un bel article de Terry sur\nDumont.\n2 Litt M, p. 89, supplément."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.15", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2463, "texte": "n'existe plus depuis 1805, année où ses orgues furent transportées à Saint\nPaul. Ce manuscrit est donc antérieur à 1805. L'habitude d'exécuter\nl'œuvre de Thorette existe encore à Liège, à l'église Sainte Croix.\n\" VI. LAMBERT PIETKIN, chanoine de Saint Materne, maître de\n\" chapelle, ne a Liege en 1612, mort en 1696 ', un des plus savants\n\" musiciens du XVIP16 siècle. Beaucoup d'ouvrages restés à la cathédrale,\n\" entre autres 12 éMesses à 6et 8 voix ; les\n\" tAve, Saint Joseph, qu'on chantait encore en 1794, des Salve, et trois\n\" ouvrages imprimés à Liège, en 1685, chez Guillaume Streel.\"\nSes musiques ont été laissées par testament au chapitre cathédral et\non les chantait encore en 1794, c'est-à-dire lors de la suspension du culte\npar la Révolution et de la destruction de la cathédrale Saint Lambert. Il\nest infiniment probable que ses manuscrits ont été également détruits à\ncette époque. Il reste à rechercher ses œuvres imprimées. D'après la\nBiographie Nationale, deux d'entre elles sont parues en 1668. Nous ren-\nvoyons du reste à ce document.\n\" VIL HENRI GUILLAUME HAMAL, né à Liège en 1685, mort en\n\" 1752, élève de Lambert Pietkin, a introduit à Liège le goût de chanter\n\" des Italiens et a fourni les bons musiciens du pays. Outre qu'il avait\n\" une belle taille qu'il conduisait à volonté, son chant était rempli de\n\" grâce et d'expression. Il a composé des éMesses, des éMotets, des Tantum\n\" ergo, à grand orchestre, qu'on a exécutés pendant plus de vingt ans àla\n\" cathédrale et dans les autres églises, et des Cantates en Italien, en Fran-\n\" çais et en Liégeois, d'un goût extrêmement agréable et qui sont restées\n\" dans les mains des amateurs de Liège.\"\nIl convient de remettre à plus tard les remarques sur ce musicien,\ndont une plus longue biographie se trouve dans le second fragment.\n\" VIII. HENRI DENIS DUPONT, chanoine et maître de chapelle,\n\" mort en 1727, grand théologien et savant compositeur, a laissé àla\n\" cathédrale des des des plusieurs\n\" de requiem,et un Te Deum pro Turca qu'il composa en\n\" 1717 il en eut beaucoup d'honneur.\"\nDupont fut l'émule d'Henri Guillaume Hamal et le maître de\ncomposition de son fils Jean Noël. Grâce à l'influence de Dupont et\nde Hamal, la musique italienne s'introduisit à Liège. Le manuscrit étudié\n\n1 Comparez Jorissenne loc. cit. D'après son manuscrit de Hamal, Pietkin serait né en 1621. Cette transposi-\ntion des deux chiffres est curieuse : 1, 2 ; 2, 1."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.16", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2011, "texte": "par Jorissenne1 est plus complet. La contient du\nreste la biographie complète de Dupont, par Terry.\n\" IX. HUBERT RENOTTE, savant organiste de la cathédrale, mort en\n\" 1747, a composé de bons ouvrages d'église et a fait graver à Liège,\n\" chez les Demoiselles Libert, trois œuvres de Sonates pour deux violons\n\" et violoncelle.\"\nDans le manuscrit étudié par Jorissenne 2, Hamal fait naître\nRenotte en 1694 et le fait mourir en 1645. Une œuvre de ce composi-\nteur se trouverait à Namur, d'après des notes peu explicatives de Terry, et\nl'organiste Lamine, de Tongres, aurait aussi possédé une œuvre de\nRenotte. Je n'ai pu retrouver encore ces œuvres.\n\" X. JEAN NOËL HAMAL, fils de Henri Guillaume, mort en 1778,\n\" célèbre par ses Opéras liégeois, deux en\n\" italien, et Jonas, en latin ; et plus de cinquante autres grands ouvrages\n\" d'église. \"\nNous reviendrons plus loin sur ce sujet.\n\" XI. D. RAICK, organiste renommé de la cathédrale de Gand, né\n\" à Liège et mort en 1760. Trois œuvres de Sonates de clavecin, gravées\n\" par Wouters, de Gand. \"\nDenis Raick ne m'est connu que par ce passage et par une simple\ncitation de LLL.3 Mais Gregoir 4 connaît un Dieudonné Raick qui ne\nparaît faire qu'un avec Denis : \" organiste compositeur, né vers 1698,\n\" enterré à Anvers, le 2 décembre 1764, attaché jadis aux jubés des\n\" cathédrales d'Anvers et de Gand. On lui doit un grand nombre de\n\" compositions éditées pour le clavecin. Sa musique a un style qui dénote\n\" plus de science que celle de ses contemporains et il avait des connais-\n\" sances approfondies des secrets de l'harmonie et du contrepoint (voir\n\" notre première édition et notre ouvrage : n'ai pu\n\" me procurer ces deux ouvrages.\n\" XII. HERMAN FRANÇOIS DELANGE, mort à Liège en 1780. Plu-\n\" sieurs œuvres de Symphonie, Liège ; de même qu'un\n\" sous le titre du Rossignol,chez Phillipart ; des et un\n44 opéra avec Dupéron, joué en ...\"\nVoir plus loin.\n\n1 loc. cit.\nJ loc. cit.\nVoir note 2, page 647.\n4 Les artistes musiciens belges. Schott 1899."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.17", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2182, "texte": "\" XIII. GEORGES WENICK, maître de chapelle de la collégiale Saint\n\" Denis, mort en 1760, bon organiste et savant compositeur.\nlMotets, Psaumes, qui lui ont valu une réputation.\"\nNous ne possédons pas d'autre renseignement sur ce musicien.\n\" XIV. HENRI MOREAU, maître de chapelle de Saint Paul, corres-\n\" pondant de l'lnstitut, mort à Liège en 1803, à l'âge de 81 ans. Ouvrages\n\" savants : éMesses,plus un ouvrage imprimé à Liège chez Loxhay, en\n\" 1783 ; dont voici le titre : F Harmonie mise en pratique ; un second, en\n\" manuscrit, chez sa veuve, intitulé :\n\" le système d'tAntonio Ximénés.Des symetc.\"\nVoir plus loin.\n\" XV. THÉODORE PAQUE, Liège 1737, mort en Pologne vers 1790.\n\" Après avoir étudié la composition à Naples pendant neuf ans, au Con-\n\" servatoire, il fut appelé à Turin pour composer un grand opéra qui eut\n\" du succès; de même qu'à Milan et à Venise. Il partit pour la Pologne,\n\" où il fut directeur de l'Opéra de la Cour bien des années. Il a aussi fait\n\" plusieurs et <£Motetsà grand orchestre, exécutés à la cathédrale\n\" de Liège.\"\nPas d'autres documents.\n\" XVI. JOSEPH LÉONARD BERNARD, maître de chapelle de Saint\n\" Denis, né à Liège en 1747, mort en 1780. élève de Henri Hamal pour\n\" la composition, fit de grands progrès en peu de temps et composa des\n\" éM esses,des éMotetset des 'Psaumesà grand orchestre, exécutés à Saint\n\" Denis avec applaudissements.\"\nPas d'autres documents.\n\" XVII. ANTOINE GRESSNICK, né à Liège en 1758, mort à Paris en\n\" 1798, enfant de chœur à la cathédrale, alla à Naples où il étudia pen-\n\" dant huit ans la composition au Conservatoire. Après avoir renvoyé\n\" plusieurs ouvrages à Liège, il se rendit à Lyon, à Paris, etc. Beaucoup\n\"de morceaux plusieurs opéras et de charmants duos pour le violon-\n\" celle. Il fut présenté au départ, par le Jury d'instruction publique,\n\" an VI, projet d'école par Henri Hamal, par le au ministre.\n\" Décret du Directeur, qui assure une école, Liège. Avant l'an VI,\n\" en l'an IV, note remise, sollicitations. \"\nCes paroles un peu énigmatiques se rapportent aux démarches faites\npar Henri Hamal en faveur de la création d'une école de musique.\nVoir plus loin."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.18", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1679, "texte": "\" François Leclercq, etc.\"\nVoir plus loin.\nIci s'arrête brusquement la copie de Terry et très probablement\nle texte de Hamal, le terme \"etc.\" semblant indiquer chez l'auteur une\ncertaine lassitude.\nSECOND FRAGMENT.\nN° 2. 4 FEUILLETS GRAND IN B°, DE LA MAIN DE HENRI HAMAL.\n\" I. HENRI MOREAU, maître de chapelle de la collégiale Saint Paul,\n\" membre correspondant de l'lnstitut national, mort à Liège en 1803,\n\" âgé de 81 ans, est auteur de plusieurs , à grand\n\" orchestre. En 1783, il dédia à la Société d'Emulation de Liège un\n\" ouvrage élémentaire, intitulé : De l imprimé à\n\" Liège chez S. G. M. Loxhay. Un autre manuscrit est resté dans sa\n\" famille, sous le titre de Nouveaux\n\" d'Antoine Ximénes.C'était un parfait honnête homme, doux et fort\n\" modeste.\"\nGrégoir 1 complète ces renseignements : Moreau est né le 15 juillet\n1728. En 1750, il était déjà maître de chapelle de la collégiale Saint\nPaul. Il fut le maître de Grétry et ce dernier lui conserva de la recon-\nnaissance, car il le fit nommer membre correspondant de l'lnstitut de\nFrance en 1797. Moreau est mort le 3 novembre 1803.\nD'autre part, la Gazette de Liège annonce :\nle lERIER novembre 1777, six trios en vente chez Latour, sur Meuse et\nchez Desoer.\nle 21 ventôse an VIII, \"un cours qu'il donne\nau cloître Saint Paul (où il habite) les jours impairs de 92 à 11 heures,\nprix (bien modique!) 6 francs par mois, payables d'avance.\"\nEt la Gazette Latour :\nLe 19 germinal an X, Moreau dirigera \" un concert à la Société\nd'Emulation, le 22 germinal, dans lequel on exécutera une partie du\nStabat mater du fameux Haydn.\"\nMoreau perdit sa place de maître de chapelle lors de la Révolution.\n\n1 loc. cit."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.19", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2526, "texte": "Il avait dix enfants et fut réduit à la plus profonde misère, ainsi du reste\nque bon nombre des trois cents musiciens de la ville, qui presque tous\ntiraient du service des églises la grande part de leurs revenus. Il obtint\nl'an VI la place de gardien de l'église Saint Paul, dans laquelle sous le\nnom de \"mobilier national\" on avait remisé une grande partie du mobi-\nlier cultuel de la ville : chasubles, etc.1\nC'est peu après que Moreau annonça ses cours de composition.\nCertes, il dut peiner dur jusqu'à la fin de son existence, c'est-à-dire jus-\nqu'à 75 ans et non 81 ans, comme le dit Hamal. (1728-1803).\nLe manuscrit de Y Harmonie mise en pratique se trouve dans le fonds\nTerry dont les numéros 643, 644 et 645 sont donnés à des œuvres\nd'église de Moreau. Je viens d'acheter pour ce fonds un exemplaire de\nl'ouvrage lui-même, découvert dans un catalogue de Bertling à Dresde.\n\" 11. HERMAN FRANÇOIS DELANGE, premier violon de la collégiale\n\" de Saint Paul, mort à Liège en 1781, âgé de 64 ans, a composé plu-\n\" sieurs œuvres de symphonies,des Me des Il est auteur d'un\n\" Journal de musique, intitulé Le Rossignol, imprimé à Liège, en 1765 et\n\" 1766, chez J. B. Phillipart. Il a encore composé un Opéra, sous le\n\" titre de Nicette, qui a été représenté sur le théâtre de Liège, en 1776.\n\" C'est un bon musicien ; il avait étudié à Rome sous Giovanni Costanzi,\n\" fameux violoncelle et maître de chapelle de Saint Pierre.\"\nCette note, plus détaillée que le XII du premier fragment, peut etre\ncomplétée de la façon suivante :\ni° Par des notes éparses de Terry: Delange est né en 1717 ;il existe\nde lui deux messes à Namur (Terry ne dit pas qui les possède), un Lauda\nSion en reà Chatelet et M. Bartholomé (décédé et inconnu aujourd'hui)\nen possède des morceaux. Delange aurait écrit six messes à 4 voix,\n2 violons et orgue. Nicette ou l'école de la Vertu, comedie en trois\nactes mêlée d'ariettes par M. le Commissaire Du Perron et la musique de\nM. F. De Lange, citoyens de la ville de Liège. Représentée pour la\npremière fois sur le théâtre de la même ville, en janvier iyyà. A Liege\nchez D. de Baubers, imprimeur-libraire, *n P* Terry\ncahier n° 54 p. 100-113, avec un résumé de la pièce.\n2° Par mes recherches dans les \" Avertissements \" de la Gazette de Liège\n\n1 Gobert, les rues de Liège, t. 111 p. 90. Je remercie M. Antoine Auda qui a bien voulu me signaler les\nrenseignements contenus dans cet alinéa. Son travail sur Moreau paraîtra sous peu dans le Courrier i-.e Saint\nGrégoire.\n2"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.20", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2320, "texte": "de 1759 à 1782 \\ j'ai établi que Delange avait fait paraître les œuvres\nsuivantes. Il faut toutefois remarquer que Delange porte ici les prénoms :\nErnest F. au lieu de François Herman. Cette raison ne me paraît pas\nsuffisante pour faire admettre l'existence de deux F. Delange, car E est\nl'initiale de Ermanno, son prénom italianisé et Ernest serait une addition\nfautive à l'initiale.\nDelange annonce :\nLe 19 octobre 1764 op. 7. six symphonies à huit.\nop. 8. six sonates en trio.\nLe 24 décembre 1764 la publication du\nLe 10 octobre 1766 op. 9. six symphonies à huit.\nLe 26 octobre 1767 op. 10. six symphonies à huit avec des menuets.\nLe 22 juillet 1769 une œuvre de trios.\nEt enfin le Tôt on harmonique,analogue aux harmoniques, aux\nharmoniques, au ludus melothedicusqui venaient de Paris et servaient à\ncomposer des Menuets en tirant au sort les notes à écrire et en suivant un\ntableau spécial pour composer l'harmonie... c'est le système du Génius\nmoderne, à cette différence près que les dés d'aujourd'hui servent à com-\nposer des Valses et non plus des Menuets. La biographie Nationale con-\ntient une étude documentaire de Terry sur Delange.\n\" 111. ANTOINE GRESSNICK, d'abord enfant de chœur à la cathédrale ;\n\" il alla ensuite étudier à Naples, au Conservatoire San Onofrio, puis il\n\" vint à Paris, où il a composé plusieurs opéras. Il est mort l'an VI. Il\n\" faudrait voir le Journal de Paris de cette année (?); je n'ai pu me le\n\" procurer.\"\nLa triste existence de Gressnick est suffisamment connue 3 pour que\nnous ne nous y arrêtions pas. Je publierai prochainement une de ses lettres\nadressées à Hamal. Il est regrettable que les œuvres de Gressnick soient\npour la plupart inconnues. J'ai fait exécuter avec succès un air de sa\ncomposition que le hasard m'avait procuré.\n\" IV. SIMON LECLERCQ, mort à Liège en 1806, âgé de 70 ans,\n\" musicien taille de la cathédrale, élève des Hamal, alla se perfectionner\n\" à Rome à l'école de l'abbé Lustrini. De là, il passa au Conservatoire de\n\n1 En cours de publication dans la Fédération Artistique de Bruxelles.\n2 M. Clément Charlier a lu à la S. M. liégeoise un très intéressant travail sur ce sujet ; il sera publié\nultérieurement.\n3 Voir L. De Sagher, Les musiciens liégeois, Grétry, Gressnick, F. N. Hamal, Bibliothèque Gilon, Verviers,\nsans date, épuisé."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.21", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2270, "texte": "\" San Onofrio. Ce savant musicien revint à Liège en 1770. Il s'est distin-\ngue tant par son chant, que par plusieurs ouurcigcs d'un bon\n« goût. \"\nLecleicq on écrit aussi Leclerc a compose beaucoup de musi-\nque religieuse. Il serait important d'établir en quelle année il fut nommé\nmaître de chant à Strassbourg, ce qu'il y fit en cette qualité et quand il\nrevint à Liège.\nLeclercq avait ete le second maître de Grétry, qui le cite dans ses\nmémoires \\\n\" V. HENRI GUILLAUME HAMAL, né à Liège en 1685, apprit la\n\" musique de Lambert Pietkin, savant maître de musique de la cathé-\n\" drale de Liège. Il fit en très peu de temps des progrès rapides dans son\n\" art et acquit fort jeune une grande réputation, tant par sa belle voix\n\" que par l'expression et le goût qu'il mettait dans son chant. A 23 ans,\n\" il fut choisi maître de musique de la grande église de la ville de Saint\n\" Trond. Quelque temps après, il revint à Liège occuper la sous-maî-\n\" trise de Saint Lambert. C'est lui qui a fourni les meilleurs musiciens de\n\" Liège, et qui a commencé à introduire le goût de la musique italienne.\n\" Ses ouvrages en musique sont des Motets en tous genres, à grand\n\" orchestre, qu'on a exécutés pendant plus de quarante ans à la cathé-\n\" drale ; des cantates en Italien, en Français et en Liégeois qu'il compo-\n\" sait avec une facilité étonnante, ce qui le faisait rechercher des\n\" premières maisons de Liège. \"\nIl est regrettable que Henri Hamal ne nous ait pas laissé sur son\ngrand'père des souvenirs plus détaillés. Si nous ajoutons ceux compris dans\nses trois manuscrits celui de Jorissenne et les deux de Terry nous\narrivons à des notions encore très incomplètes sur ce musicien qui a joui\nd'une énorme réputation et qui a, avec Dupont, imposé la musique\nitalienne à Liège. Certes nous avons la biographie signéé LL L 2 ; elle est\npourtant incomplète.\nJusqu'ici je n'ai pu découvrir de musique de Henri Guillaume\nHamal. Peut-être le fonds Terry en contient-il, bien que probablement\ncet improvisateur ait peu publié et que sa musique religieuse dût être\ndétruite avec la bibliothèque de la cathédrale.\n\" VI. JEAN NOËL HAMAL, fils du précédent, nacquit à Liège, le\n\n1 Voir Grégoir loc. cit. premier supplément.\n2 Voir note 2, page 647."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2560, "texte": "\" 23 décembre de l'an 1709, mort en 1778. Il reçut de son père les\n\" premiers principes du chant, et ceux de la composition de Henri\n« Dupont. Les grandes dispositions que le jeune Hamal montra pour la\n\" composition déterminèrent ses parents à le faire partir en 1728 pour\n\" Rome. Il fit de si grands progrès sous la direction de Monsieur Joseph\n\" Amadori, qu'il (Amadori) exécutait les musiques du jeune Hamal dans\n\" les églises de Rome. Le chapitre cathédral apprenant les grands progrès\n\"de Hamal, lui conféra en 1731 un bénéfice pour se l'attacher, et en\n\" attendant que la maîtrise vint vaquer. Ayant déployé un talent extra-\n\" ordinaire, il obtint en 1738 la place de maître de musique de la cathé-\n\" drale. Pour lors, il se fit heureuse révolution dans la musique à Liège.\ntc Les chanoines tréfoncicrs secondèrent le zèle de Hamal, en augmentant\n\" le nombre des musiciens et devenant plus difficiles sur le choix des\n\" sujets. Hamal, de son côté, se livra au travail avec une ardeur nouvelle ;\n\" et ses savantes compositions, Messes, à grand orchestre,\n\" établirent sa réputation. Ces succès ne l'éblouirent point ; il crut qu'un\n\" second voyage en Italie ajouterait à ses connaissances. Il partit en con-\n\" séquence en 1749 pour Rome, où il trouva la musique bien changée.\n\" Il lia connaissance avec plusieurs grands maîtres, entre autres avec\ntc le fameux Nicolas Jomelli, alors maître de musique à Saint Pierre, qui\n\" l'accueillit avec une distinction bien flatteuse. De Rome, Hamal passa à\n\" Naples, où il se lia d'une amitié très étroite avec François Durante, le\n\" plus savant musicien du siècle, et sur lequel les ouvrages de notre auteur\n\" firent la plus grande sensation. Il revint à Liège en 1750. Peu de\n\" temps après, il composa deux oratorios : et quatre opé-\n\" ras liégeois, intitulés: Li Voëgge h\n\" égagi> es deux parteies ; li Fie sse di Houtesiplou, opéra comique es treus\n\" parteies ; les Hypocontes, opéra burless es treus act, avou des grands chœurs;\n\" beaucoup d'ouvrages d'église tels que\n\" nies à grand orchestre ; quatre œuvres de symphonies gravées à Paris en\n\" 1743, chez M. Leclerc et à Liège chez Benoît Andrez, un\n\" Israël,à deux orchestres, qui mit le comble àsa réputation. \"\nLa biographie de L. L. L. est encore incomplète. De Sagher1 donne\nplus de détails. J'ai établi 2 que Jean Noël Hamal avait été l'un des\n\n1 Voir note 3, page 658.\n2Le Fédération Artistique, des let 7 mars 1908 et communications faites àla XXIm® session du Congrès de la\nfédération archéologique et historique de Belgique, Liège 1909."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.23", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 520, "texte": "premiers protagonistes de la forme-sonate, et j'ai fait exécuter à\ndes Artistes de Liège deux airs d'ln exitu Israël ainsi que le quatuor op. i\nn° i. Mais Hamal mérite d'autres études, d'autres exécutions.\nSes œuvres, comme celles de son ami Jomelli, nous réservent peut-\nêtre des surprises, et si l'on a dit que Jomelli avait inspite Gluck , on\ntrouvera peut-être quelque jour que J. N. Hamal n'a pas été sans influence\nsur Johann Stamitz.\n\nDr Dwelshauvers.\n\n1 Hermann Kretzschmar."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c008", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 24, "image_fin": 33, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.5", "titre_corps": "IMPRESSIONS MUSICALES DE JEUNESSE", "titre_sommaire": "IMPRESSIONS MUSICALES DE JEUNESSE", "signature_source": "Maurice Griveau", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.24", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 957, "texte": "IMPRESSIONS MUSICALES DE JEUNESSE\nPASDELOUP ET LES CONCERTS\nPOPULAIRES\n\nJ'ai décrit, dans un article précédent, 1 le temple de la Musique (vers\n1860). A cette époque, âge héroïque de la Symphonie, le temple était\nun hippodrome... Et je disais, pour conclure, qu'il ne fallait pas trop\ns'en scandaliser. D'abord, la forme rayonnante de la salle favorisait la\nconvergence des auditeurs ; toutes les oreilles se tendaient naturellement\nvers un centre où, les soirs de cirque, se tendaient les yeux : et cela était\npropice à la communion des esprits, à l'enthousiasme sympathique.\nEt puis n'allait-elle point, la Symphonie, réitérer d'une façon plus\nidéale, s'entend, les jeux olympiques, en ses ses pour\nainsi dire athlétiques, même ses andases rythmés, proces-\nsionnels ? <-\nCar c'est un caractère de l'Art classique allemand, de traduire la\n\n1 Voir S. I. M. du 15 juillet 1909. \" Impressions musicales d'enfance et de jeunesse I. Les musiques de\nmon enfance."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.25", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2417, "texte": "multiplicité, la splendide variété des actes musculaires, de restituer, sous\nla forme immatérielle du son, la beauté plastique des attitudes, de faire\nchanter le geste en un mot... Le rythme cette sagesse qui réglait autrefois\njusqu'aux emportements dyonisiaques, est un de ces rituels qu'on voudrait\ndémoder, aujourd'hui ; -mais le rythme persistera tant que la marche\nalternera nos pas, que la vie fera palpiter, sourdement, notre cœur, et se\nsoulever, à des intervalles égaux, notre sein.\nOr j'allais apprendre, en ce palestre ennobli, spiritualisé, en cette\npiste où galopaient des écuyères en cadence, et qui, planchéiée, devenue\ntable d'harmonie, laissait voir 60 archets monter, puis descendre en\ndessinant une trace sonore, j'allais apprendre cette chose qu'on ne sait\nplus, qu'on paraît avoir oubliée : l'existence du lien qui rattache le geste\nà la musique ; et Xeurythmie m'allait être révélée, qui, de belles pensées,\ndégage de beaux essors, et fait, réciproquement, de ces essors mélodieux,\njaillir la pensée pure, l'expression.\nQuelle émotion singulière, déjà, en cette rumeur de foule, non\nmusicale pourtant, mais qui précède la musique ! Irrégulière, et point\nconcertée, cette clameur confuse, préludant au concert, monte et descend\nde ton, a des crescendo,des descrescendo ; elle est chaotique ou chroma-\ntique, si l'on veut : un peu à la manière de telles musiques très modernes....\nMais chut ! Un coup d'archet l'interrompt, l'assourdit, plutôt, instan-\ntanément, comme si, à l'orgue tumultueux de l'impatience populaiie, on\navait mis une sourdine.\nEt du même coup s'éteint l'autre rumeur, celle des instruments qui\ns'accordent.... Un la persévérant, tenace comme la justice, rallie, non\nsans peine, les violons s'essayant encore aux arpèges, les contrebasses\nbourdonnant, les flûtes roucoulant leurs gammes, et les cors, jusqu au\ndernier moment, s'évertuant à clarifier leur voix.\nL'homme qui, dans une minute, allait déchaîner d'un geste ces élé-\nments, accaparait tous les regards. Il était petit, trop petit, avec une\népaisse et longue barbe d'un blond fauve, des traits fins, une voix\nd'enfant.... Son nom bizarre de Pasdeloup suscitait des rapprochements\navec le divin Mozart, qui, chacun sait, avait pour prénom\nMais le fondateur des concerts populaires rappelait beaucoup moins le\ngalbe mondain du grand maestro que la figure du nain Alberich, dans la"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.26", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2169, "texte": "Tétralogie. De temps en temps, l'excellent homme qu'était cet admirable\ninitiateur de beauté, raccourcissait sa barbe de fleuve ; et c'était aux jours\nde gala, quand, interrompant Beethoven, on jouait du Gounod.\nEt le premier Allegro, comme un torrent, s'écoulait.... c'est-à-dire\nqu'on exécutait le premier numéro du programme. Ah ! ces programmes\ndu Concert populaire, quel éloquent et méthodique enseignement ils\ndéroulent ! Je les recueillais, un à un, les collectionnais soigneusement\n\"pro memoriaet aujourd'hui, je regrette de les avoir perdus, de les\navoir, dans une crise d'élimination, jetés au panier.... Ils seraient, à nos\nfils trop \" avertis, \" initiés trop tôt aux extrêmes, le témoignage d'une\néducation musicale bien ordonnée qui met les bœufs devant la charrue,\ntrace un sillon correct, et ne précipite rien.\nA cet âge d'innocence orchestrale, on ne redoutait pas d'écouter, en\nguise de prélude, Haydn, \" le bon \" comme on disait\nalors, avec une tendresse d'arrière-petit-fils, mais sans nul sourire équi-\nvoque. Généralement, une de ses 118 Symphonies précédait l'une des 9\ndu grand Beethoven. Puis c'était la tour de Mozart, d'être mis en\ncontraste avec le géant. D'ailleurs le iR Symphonie de ce dernier formait\nnaturellement le passage. Les 3 ouvertures de servaient de pylônes\nintroductoires, et sa toute gracieuse laissait le public\ns'écouler vers l'issue, comme à travers des jardins de fête.... De distance\nen distance, on introduisait Mendelssohn, tel un aventurier de bonne\ncompagnie, qui racontait en allemand des aventures italiennes ; et la\nporte s'ouvrait aussi pour Schumann, rêveur douloureux, romantique,\nmais qui parlait encore la bonne langue. Enfin, par une courtoisie toute\nacadémique, l'harmonieux Salon des Filles du Calvaire laissait pénétrer\nquelques hommes de théâtre présentant, en guise de carte, une ;\nc'est ainsi que nous vîmes un jour (oh ! pure exception), le nom\nd'Auber imprimé tout près de ceux de Weber, de Schubert.... Evidem-\nment, la désinence germanique n'y était pour rien ; mais, à tout prendre,\nla préface instrumentale de la \" Muette de Portici \" pouvait passer pour\nune miniature de Symphonie."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.28", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2431, "texte": "Le public de ces concerts dits presque exclusivement\ncomposé de professeurs de piano, d'ailleurs assez pauvres, apportait à ces\nauditions un zèle d'attention, et aussi une ferveur d'admiration qui, de\nnos jours, sembleraient un peu surannés... Et cependant, quelle sponta-\nnéité, quelle sincérité ! L'excellent Pasdeloup, adoré comme un père,\nabusait peut-être un peu du Septuor, de ce grand Septuor aux 6 numé-\nros successifs, dont Beethoven lui-même avait fini par se fatiguer : c'était\nle plat de résistance, et le plat favori, celui qu'on redemande toujours et\nquand même. Bien sûrement, nul dans l'auditoire n'eût pensé que cette\nmusique de chambre dilatée jusqu'au périmètre orchestral, pouvait péri-\ncliter au voisinage de la Pastorale ou de Y Héroïque.... Après tout, on\navait peut-être raison ; et maintenant on ne le joue pas assez, ce fameux\nSeptuor ;il serait au moins instructif.\nPour faire diversion à ces morceaux de longue haleine, il y avait,\n3ar exemple, les Scènes de Schumann. Ces jolies pièces très\ngrèves, ce qui ne veut pas dire très concises, trouvaient un succès\ntout particulier, un franc succès... Et plus d'un, dans son for intérieur,\nétait reconnaissant de pouvoir suivre, une fois par hasard, de la musique\nsavante jusqu'au bout.\n*\n% *\nC'est ainsi qu'à chaque retour de saison, nous autres habitués reli-\nsions nos auteurs favoris dans l'original, naturellement, puisque la\nMusique est une langue universelle. Et, dans l'etroite enceinte du Cirque\nd'hiver, chaque dimanche, tandis qu'au dehors, le ciel était bas, la\nlumière trouble, la rue sordide et tumultueuse, nous vivions trois heures\nen une sorte de Paradis tout abstrait ou le ciel bleu, le soleil d 01, le\nbalancement des cimes d'arbres et le méandre des ruisseaux se substituaient\nmagiquement aux gradins numérotés d'un luxe sommait e, éclairés pat\ndes carreaux de couleur d'un très mauvais gout.\nEt chaque année, discrètement, de nouveaux noms venaient s inter-\ncaler, sur les programmes au milieu des anciens, des \" hors coucou?s.\nMais l'auditoire, si docile qu'il pût être et qu il fut, avait ses crises de\nrébellion ;et ces crises coïncidaient avec des moments de hardiesse, ce\nque j'appellerais : les belles audaces de Pasdeloup. Quelque duie que fut\nl'extrémité, il fallut bien, le moment venu, imposer Beilioz daboid, puis\nFranck, enfin Wagner. J'ai gardé toujours dans mon souvenir cette après-"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.29", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2284, "texte": "midi vraiment mémorable, où l'hippodrome des concerts populaires fut\nsecoué par un double orage : au tumulte de l'ouverture du Tannhceuser,\njouée trop fort par des musiciens irrités, peut-être, se mêlait la symphonie\ngrandiose et terrible d'une salle soulevée, houleuse comme l'Océan,\nmêlant elle-même le tonnerre des applaudissements au souffle strident des\nsifflets. Tous les spectateurs debout, battant des deux mains, ou jouant\nde leurs clefs, quel spectacle !...\nEt quand on pense qu'aujourd'hui, cette ouverture formidable\ncoule, sur les cordes et les cuivres apprivoisés, avec la majesté sereine du\nvieux Rhin....\n\\ .H \"M\nMais Pasdeloup, depuis longtemps, n'est plus ; Cirque d'hiver et\nCirque d'été ne résonnent, désormais que sous les sabots de chevaux\nsavants ; ils ont retrouvé leurs fins premières. Et puis, il est si délicat de\nparler des maîtres vivants....\nQuand je disais, tout à l'heure, que les concerts Pasdeloup réalisaient\nune exposition méthodique de l'Art musical, ce n'était pas sans quelque\nrestriction. Bach et Haendel, en effet, ne figuraient que rarement sur les\nprogrammes : la multiplicité des voix qu'il eût fallu, sans compter\nl'Orgue, réduisait ces grands ancêtres aux seules œuvres instrumentales,\net encore ! D'autre part, l'archéologie musicale n'était pas assez avancée\npour qu'on pût mettre sur les pupitres les pièces de Josquin des Prés, de\nClément Jannequin, ou de Costeley. Nous sommes, aujourd'hui, mieux\ndocumentés sur les origines ; mais si nos regards peuvent se porter plus\nloin et plus clairement en arrière, ils sont quelque peu troublés, dans\nle présent, par l'évolution si rapide de l'Art vers la complication et\nl'indépendance. Et c'est ainsi que, déroutés par Wagner et par Debussy,\nnous oublions de voir en Haydn le créateur d'un genre à longue et bril-\nlante fortune, le père de la Symphonie classique, un jalon de première\nimportance, un point de départ.C'est même un trait bizarre de notre\népoque, que cette ferveur rétrospective pour des maîtres beaucoup plus\nvieux, ferveur qui va de pair avec la passion de l'ultra-moderne, tandisque\nl'auteur de la Symphonie de la Reine n'est presque plus joué, —et à peine\nécouté.\nQuelle en peut être la raison ? La faute en est-elle à Haydn lui-\nmême où à notre état d'âme ?"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.30", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2654, "texte": "Cette musique a-t-elle le tort de précéder de trop près Beethoven,\nou bien ne sommes-nous pas, pour l'entendre, en ?... Je\npencherais pour cette dernière opinion, tout en admettant sans difficulté\nque le progrès de la forme, et surtout de l'idée dans la musique instru-\nmentale, a fait pâlir un peu cette première étoile. Mais, en Art, il iaut\nse défier des contrastes ;le beau simple ne peut-il pas être \" tue, comme\non dit, momentanément, par un beau moins parfait, souvent, mais com-\nplexe, ou agrandi à une échelle double ?... Quand on songe que la Venus\nde Milo, si d'aventure ou la réduisait aux proportions d'une statuette, ne\ntiendrait peut-être pas devant une Baigneuse de Falconet, par exemple,\nen grandeur normale.... Et d'autre part, en la Nature meme, après avoii\nadmiré le corps gracieux de la colombe, que le taisan dore nous\napparaisse, ou que le paon déploie sous nos yeux son eventail de plumes,\nest-ce que la colombe ne devient pas, soudain, bien peu de chose ?...\nSans recourir au pédantisme pour remettre Haydn en honneur,\nsans insister sur ce fait, qu'il a tiré du plan de la Sonate cette foi me\nsymphonique qu'on pourrait appeler Sonate d orchestre, le sentiment\nseul de son génie suffit à lui faire rendre justice. Et c est ce sentiment\nque je voudrais communiquer, car, chose incroyable, j aime beaucoup\nplus Haydn aujourd'hui qu'autrefois, lorsqu'assis sur les banquettes du\nCirque d'hiver, je m'initiais à ses rythmes vifs, à ses thèmes si francs,\nà ses développements logiques et limpides.... Oui, je 1 aime aujouidhui\ndavantage, malgré que j'aie l'oreille et 1 ame remplies de tant de flots\nsonores, et peut-être, justement, parce que. Dût-on me jugei mal, je\nl'avouerai : quand les flots wagnériens, ou les filets subtils des on es\ndebussystes, ont passé sur moi, j'éprouve, en reentendant Haydn, le plaisir\nqu'on ressent, lorsqu'après les cascades de Suisse, ou les ruisseaux com\npliqués du Forez, on revoit le cours de la Durance, uni, claii et\nMais il ne semble point que le public des concerts en soit là. Peut-\nêtre, pour le convertir, devrait-on essayer la méthode inverse : inauguret\ndes séances historiques, où la jeune Sonate de Philippe Emmanuel, la suite\nde danse et même le folk-lore musical autrichien mettraient en evi ence\nla génèse, l'incubation régulière et normale de la Symphonie.\nCar, on l'a souvent entendue, et on 1 entend encore tous es\ndimanches, la Symphonie ; mais si l'on en saisit, si lon en goûte la saveur,\nsait-on exactement, ce qu'elle est, ce qu elle représente ? A-t-on îen\nla notion de sa nécessité, —j'allais dire un grand mot : de son immanence...."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.31", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2321, "texte": "J'ai bien peur que cette forme souveraine de la Musique ne se\ndétruise, en se transformant, avant qu'on ait connu sa signification, sa\nvertu secrète.... Et, c'est cette vertu, cette signification profonde, autant\nqu'étendue, que j'aurais 1 ambition de dévoiler... j oh ! cela très disciete-\nment, et petit à petit, en franchissant un a un les stades d tlaydn a\nMozart, et de Beethoven à Mendelsshon, à Schumann. Après eux, la\nSymphonie, ayant atteint le terme de son développement, se déformera,\npour se conformer ensuite en poème symphonique.\nMais, détournant nos yeux de l avenir, reportons-les en arriéré, sur\nle passé. Lorsque, de ma stalle de seconde, en ce Cirque Olympique\ndevenu temple de l'harmonie, je suivais, docilement, les peripeties de la\nSymphonie militaire, ou de cette autre Symphonie que 1 opinion a dediee\na Marie-Antoinette, quel était, au juste, mon état d ame ?\nJe puis faire, a distance, une réponse dont j aurais alors ete incapable.\nCe que mon âme entrevoyait, oh ! bien confusément, en ces suites\nsonores, c'est ce que la réflexion, depuis, m'a fait dégager : cest-a-diie,\ntout à la fois une voix, un un La voix, elle se îevelait\nsurtout dans les Adagios, ou les Andantes ; le geste, il se manifestait, spé-\ncialement, dans les Scherzos ; quant aux figures, la musique les dessinait a\nmon œil interne à tous les moments de la Symphonie ou les violons ne\n\" chantaient \" pas, où cordes et cuivres ne marquaient plus un pas, un\nsaut, un effort nettement rythmé.\nCette classification n'est-elle pas absolument naturelle? Ne se justifie-\nt-elle point par les intentions même du compositeur ? Car sil veut\nexprimer l'activité purement physique en ces JS/lenuets, ces Scherzos, qui\ndérivent des Danses populaires, et représentent a l'oreille une diveision,\nun \"divertissement,\" force lui sera de serrer ses phrases, comme on tend\nses muscles, et de les diviser en périodes rythmiques conformes aux\nmouvements de nos membres. Au lieu que, visant a traduire un acte\npsychique, pensée, sentiment, interrogation, décision, le musicien prendra,\npour ainsi dire, des attitudes sonores différentes : le motif intellectuel\nou sentimental se distinguera du motif purement et traducteur\ndu jeu, par ces deux traits essentiels : plus de variété dans le rythme\net plus de souplesse dans l'inflexion."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.32", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2216, "texte": "On trouverait mille exemples pour démontrer qu'en passant du\nstyle rythmique au style proprement mélodique, les valeurs respectives\ndu rythme et de l'inflexion se renversent, de sorte qu'on aurait :\nx dans Ie premier cas, et -f dans le second. Et notre esprit dès lors\nchange de position ; au lieu de nous offrir une\nabstrayant plus ou moins la sensation de sonorité, de mouvement\nmuet, c'est le geste sonore qu'il évoque, c'est c'est la\nparole.\nMais puisque la parole est encore un geste- en réalité, sa traduction\nmusicale ne rejettera point le rythme,cette division nécessaire de tout\neffort, aussi bien moral qu'organique ; seulement, elle en affinera les\nressorts, en assouplira la rigidité mécanique. Ce ne sera plus la répétition\nuniforme du pas dans la marche, ou la brusquerie de l'élan, ou même la\nponctualité géométrique des attitudes dans les exercices du corps les plus\ncompliqués, et les plus gracieux ; mais on y percevra la dynamique\nsecrète qui règle l'articulation verbale de nos pensées, suivant la loi\nd'économie respiratoire et nerveuse.\nEt c'est là ce qui justifie cette persistance de /'élément rythmique dans\nles épisodes les plus pathétiques, en les phases les plus idéales de la\nSymphonie classique. Certains s'en étonnaient, dans les propos qu'on\ntient, après le concert, et leur sentiment s'en scandalisait presque. Un\nmien ami (bien peu musicien, il est vrai), traduisait ce ressentiment\nartistique d'une façon naïve et quelque peu brutale. Après l'audition d'un\nmorceau d'Haydn : \" Qu'est-ce que cette musique, me disait-il, qui fait\ntoujours : ta-ta-ta-ta-ra-ta-ta ?...\" Je ne redirai pas à son sujet le vers\nfameux :\n\" Cet homme, évidemment, n aimait pas la Musique. \" Mais je pense\nque c'était un de ces aveugles du rythme, rares en ce temps-là, et qui\nforment aujourd'hui une catégorie pathologique assez inquiétante....\nLes âmes qu'Haydn n'a pas su toucher, comprendront-elles jamais\nla beauté des jeux, des ébats puérils?... Qu'elles aillent donc flâner deux\nheures dans un de ces jardins où, sous le feuillage des marroniers banals,\net le regard non moins banal des mères ou des bonnes assises, tout un\npetit peuple s'agite et se trémousse."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.33", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1431, "texte": "Pour moi, c'est un spectacle qui surpasse toutes les coûteuses re-\nprésentations, et les chorégraphies les plus esthétiques ; je retrouve là\ntous les rythmes, et toutes les inflexions diverses qui, dans les Allégros\ndu vieux maître, et tous ces morceaux qu'on appelle des \" mouvements, \"\nm'avaient tant charmé. Et n'est-ce pas très intéressant de trouver une chose\ndans une autre^et de sentir vivre tout à coup, sous forme visible et\nfamilière, les jeux abstraits de la Sonorité ?... J'ai fait, d'ailleurs, cette\nexpérience, que l'observation de scènes très ordinaires, de gestes courants,\nd'attitudes et de physionomies qu'on voit tous les jours, était une école\nexcellente pour l'intelligence de l'Art. Beaucoup n'apprécient point cet\nArt comme il conviendrait, parce qu'ils ont, justement, les yeux ou\nles oreilles tendues sans relâche sur les ouvrages artificiels. A force de\nregarder les tableaux, d'écouter les opéras, les symphonies, leur vue,\nleur ouïe se concrétise, pour ainsi parler, et se cristallise : ils deviennent de\nterribles amateurs, des critiques sans âme.\nCeci semble paradoxal ; mais pour bien comprendre les chefs-\nd'œuvre, c'est moins le texte même des chefs d'œuvre qu'il faut appro-\nfondir, que le monde extérieur, la Nature, et la nature humaine. Encore\nune fois, pour bien comprendre Haydn, et l'aimer, —je crois, comme\npour Fra Angelico,qu'il faut être en état de grâce.\n\nMaurice Griveau."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c011", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 34, "image_fin": 39, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.6", "titre_corps": "LA BOURRÉE D'AUVERGNE", "titre_sommaire": "LA BOURRÉE D'AUVERGNE", "signature_source": "Marius Versepuy", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.34", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1563, "texte": "LA BOURRÉE\nD'AUVERGNE\n\nDe toutes nos vieilles danses provinciales, la Bourrée d'Auvergne est\ncertainement une des plus vivaces encore. Elle a conservé son prestige et\nson charme populaire. Elle fait partie de toutes nos fêtes, elle accompagne\net extériorise le sentiment musical de tout un terroir, de toute une race.\nD'où vient la bourrée, son nom, ses gestes et sa chorégraphie ?\nFaut-il voir en elle, comme on l'a voulu, un vestige des danses maures et\norientales que l'Espagne a conservées sous le nom de fandango, habanera\netc ?... Faut-il rattacher sa gaillardise à la danse du ventre ? Et comment\nconcilier ses trois temps avec le mouvement binaire de la bourrée des\nXVIe XVIIe XVIIIe siècles, la bourrée de Lully et de Bach ?\nAutant de graves questions que j'abandonne à la musicologie propre-\nment dite, me contentant ici de fixer en quelques pages la physionomie\nauvergnate de cette aimable danse.\nComme toutes les danses locales qui ont conservé leur figuration, la\nbourrée constitue un véritable petit scénario, dont l'amour fait les frais.\nIl serait difficile de donner une idée de la bourrée autrement qu'en disant\nque les deux danseurs se cherchent et se fuient. Cependant le rôle de\nchacun d'eux est bien différent. L'homme hardi danse, le bâton suspendu\nau bras, d'un air faraud, frappant des pieds et des mains, jetant des cris.\nLa femme, à la fois audacieuse et timide attire son chevalier et le fuit,\ndéployant une ruse calculée et de tendres artifices. L'un se montre pres-\nsant l'autre coquette. C'est comme un pourchas amoureux qui tient du"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.35", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3444, "texte": "boléro, du quadrille et de la valse. A travers les figures les couples se\nmêlent, s'entrecroisent, balançant le corps et la tête, levant les bras, faisant\nclaquer les doigts, et martelant bruyamment en cadence avec les pieds la\nmesure que leur donne la cabrette (musette) ou la vielle.\nLe grand charme de la bourrée est sa vivacité, son entrain gaillard. Et\ndéjà Mme de Sévigné s'était émerveillée de ce jeu rapide. Lors d'un séjour\nà Vichy en 1676 elle écrivait à sa fille :\n\" Il est venu ici des demoiselles du pays avec une flûte, qui ont dansé la bourrée dans la\nperfection. C'est ici où les bohémiennes puisent leurs agréments ; elles font des dégognades ou\nles curés trouvent un peu à redire. \"\nEt quelques jours après encore, le 26 mai et le 8 juin :\n\" Les femmes dansaient hier des bourrées du pays, qui sont en vérité les plus jolies du\nmonde. Il y a beaucoup de mouvement et l'on se dégogne extrêmement. Mais, si on avait, à\nVersailles, de ces sortes de danses en mascarades, on en serait ravi par la nouveauté, car cela\npasse encore les bohémiennes... Tout mon déplaisir c'est que vous ne voyiez pas danser les\nbourrées d'Auvergne, c'est la plus surprenante chose du monde ; des paysans, des paysannes,\nune oreille aussi juste que vous, une légèreté, une disposition, enfin j'en suis f011e... ,\nIl y a avait un grand garçon déguisé en femme, qui me divertit fort. Sa jupe était toujours\nen l'air et l'on voyait de fort belles jambes.1 \"\nOn se dégogne, écrit la marquise, et ce mot résume bien en effet tout\nl'artifice de ce petit mimodrame. Il existait même à cette époque une bour-\nrée qui portait le nom de gognade, et que le rigoureux Fléchier poursuivit\nde ces critiques épiscopales. Nous trouvons en effet ce passage indigné :\n\" On ne laisse pas d'avoir encore quelques bourrées et quelquesgoignades. Ce sont deux dan-\nses qui sont dans une même cadence et qui ne sont différentes qu'en figures. La bourrée d'Auvergne\nest une danse gaie, figurée, agréable, où les départs, les rencontres et les mouvements font un très\nbel effet et divertissent fort les spectateurs. Mais la gognade ajoute sur ce fond de gaîté de la bour-\nrée, une broderie d'imprudence, et l'on peut dire que c'est la danse du monde la plus dissolue.\nElle se soutient par des pas qui paraissent fort déréglés, qui ne laissent pas d'être mesurés et justes,\net par des figures qui sont très hardies et qui font une agitation universelle de tout le corps. Vous\nvoyez partir la dame et le cavalier avec un mouvement de tête qui accompagne celui des pieds,\net qui est suivi des épaules et de toutes les autres parties du corps qui se démontent d'une ma-\nnière très indécente. Ils tournent sur un pied, fort agilement, ils s'approchent, se rencontrent, se\njoignent l'un à l'autre immodestement... Je ne doute point que ce soit une imitation des Bac-\nchantes dont on parle tant dans les livres anciens. M. l'évêque d'Aleth excomunie dans son\ndiocèse ceux qui dansent de cette façon. L'usage en est pourtant très commun en Auvergne.\"2\nLa gognade n'existe plus et Fléchier ne pourrait s'indigner contre elle.\nMais la bourrée d'Auvergne a conservé la forme d'une rencontre amoureuse.\nLa femme s'y montre exquise de gaminerie et d'aimable tactique.\n\n1 Ce passage montre combien la bourrée auvergnate différait de la bourrée binaire en honneur à la cour\ndepuis un siècle au moins.\n2 Mémoires sur les Grands Jours d'Auvergne 1665. Ed. Hachette de 1862 p. 257."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.36", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2441, "texte": "S'offre-t-elle ? C'est un déploiement de tous ses artifices. Elle sait se ren-\ndre désirable, et ne néglige rien pour séduire le danseur. Ses yeux pren-\nnent une expression de câlinerie, parfois son regard devient canaille. Un\nléger déhanchement découvre à dessein une ligne souple et fuyante. Son\nabandon a toute la grâce et la naïveté d'une jeune fille, et même, s'il le\nfaut, la gaucherie d'une fillette. Mais, hâtons-nous d'ajouter que dans\ncette comédie, qu'elle vit plutôt qu'elle ne joue, la femme mime avec\nréserve et décence. Dans l'entraînement de son jeu, son espièglerie lui\nsuggère parfois quelques gestes risqués mais si légèrement ! C'est un\ncharme de plus. Et tout aussitôt, les yeux baissés, elle paraît confuse. Sa\ntenue, son maintien disent d'ailleurs assez qu'elle promet véritablement\nplus qu'elle ne peut tenir, et si le cavalier n'était point aveuglé, il ne se\nméprendrait pas sur les promesses de la belle !\nMais l'homme est aveugle ! Séduit par les débats de la danse, il se\nlaisse berner. Un peu fanfaron, il plastronne, et pose pour le séducteur. Il\na pour lui la franchise, une franchise naïve et presque bête, qui sauve\ntout. Il se laisse prendre et ne cache point son jeu, ni même sa brutalité.\nDame ! La vie rude de nos montagnes, et les durs travaux des champs ne\nsont guère faits pour lui donner de la souplesse et de la grâce. Il danse\ncomme il peut et comme il sait danser, lourdement, bruyamment. Et s'il\ngesticule, s'il crie, c'est encore une façon rustique d'exprimer sa joie.\nTel est ce flirt rustaud et fin tout à la fois, exempt de perversité et\nd'émotions malsaines, et qui demande à la musique de le soutenir de ses\nrythmes et de ses mélodies.\nLa mélodie de nos bourrées a toujours un caractère dolent et lan-\ngoureux, qui rappelle la monotonie de nos paysages et la tristesse de nos\nbois. Jouée sur la cabrette et créée pour elle, elle évoque la poesie des\nsouvenirs champêtres, simples et naïfs. Cinq notes lui suffisant bien sou-\nvent pour poser un motif, qui ne se développera guere.\nOn peut dire, d'une façon générale qu'une bourrée se compose de\nhuit mesures : quatre pour le thème, quatre pour la variante. Prenons\ncomme exemple la bourrée fameuse, dite \" :\n\n1 Parfois, mais très rarement, il existe une seconde variante de 4 autres mesures, comme dans la bourrée\n\" Para lou loup \", que me signale fort aimablement M. Terisse, secrétaire de la mairie d Aurillac.\n3"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.37", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 867, "texte": "Ce quatre mesures font l'objet d'une reprise immédiate, sut une\nexpression légèrement plus accentuée, afin d'avertir les danseurs de la\ntourne. Soit un total de huit mesures, obtenu par répétition A + A. Puis\nvient une variante de quatre autres mesures .\nqui se répète aussi, mais dont la mesure finale est altérée pour former ca-\ndence ; c'est ce qu'on nommait jadis la forme ouverte et la forme fermée :\nTt xraiBLa danse, ainsi composée de A+A+ B + C, peut être jouee de\nsuite et répétée autant de fois qu'il en est besoin, iusqu a ce que le cabret-\ntaïre (joueur de musette) veuille la faire cesser. Fréquemment celui-ci\ns'ingénie à trouver des variantes ornées ; il agrémente les thèmes de trio-\nlets, de mordants, de diminutions... mais tout en respectant scrupuleusement\nla mesure, et les reprises. Sa finale définitive est marquée par un cri aigu"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.38", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2632, "texte": "de la cabrette, dont la voix se meurt subitement, comme un pleur étrange.\nAinsi caractérisé, le chant plaintif a son rôle dans la bourrée. Il\nsymbolise l'attitude et le jeu de la femme ; il représente le caractère\nféminin du drame. La grâce aisée, franche, la simplicité charmante de la\nmélodie forment le commentaire de la mimique naïve de la danseuse. Ces\néchappées qui donnent du nerf et de l'allure aux motifs des bourrées\nauvergnates, ces phrases courtes et pimpantes, laissent l'impression d'une\nlégère ironie, qui se raille de la suffisance du danseur. Il semble que la\nmélodie soit là pour nous rappeler qu'il s'agit d'une petite comédie,\nl'éternelle comédie de la passion humaine.\nEt voici par contre le rythme qui nous montre l'autre aspect du\nscénario : la confiante brutalité de l'homme convaincu. Le rythme est\nessentiel dans la bourrée. Au point qu'il lui arrive de se suffire tout seul.\nEn l'absence du cabrettaïre, on voit l'un des danseurs, juché sur une table,\nentonner le chant d'une bourrée, qu'il martèle vigoureusement du pied.\nPuis, insensiblement, son fredonnement diminue, il ne chante plus. Son\ntalon suffit à faire tourner-les couples jusqu'au petit jour.\nComme la trochée des Grecs, la bourrée se note en un mouvement\nde 3/8 de forme thé tique, c'est à dire en appuyant sur le premier et le\ntroisième temps ; et en rendant le deuxième temps leger. D ordinaire le\ncabrettaïre accentue le troisième temps du talon gauche seul et le premier\ndes deux talons réunis ; ou bien, il se sert de la pointe du pied droit pour\nle troisième temps et du talon pour le premier. Parfois il accentue les\ntrois temps,et ses deux jambes prises d'un tremblottement nerveux frappent\ncontinuellement du pied et des talons. Cela se produit par exemple pour\nles bourrées dites s.Mais, dans ce cas, il s arrange toujours\npour faire ressortir les appuis des premiers et troisièmes temps. Pour\naccuser encore la sauvagerie de ce rythme, le cabrettaïre ajoute fréquem-\nment le bruit d'une grelottière assujettie à sa cheville.\nC'est ici qu'une comparaison pourrait s'établir entre la bourrée et cer-\ntaines danses espagnoles ; l'analogie des grelots et des tambourins qui en sont\nsouvent pourvus, est assez facile. D'ailleurs le mouvement de la bounee\nest un allegro vif, joyeux, nerveux, saccadé, plein de verve méridionale.\nDans cette pétulance, la mélodie se trouve prise comme en une\nétreinte brutale ; sa langueur est brutalisée, contradiction ironique et\ncharmante ! Ce dualisme est l'expression meme de la vérité et il donne\nraison au vieux proverbe des anciens, qui disait : la meloaie Jemelle, le"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.39", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1434, "texte": "rythme est mâle. Rien n'est plus mâle, en effet, que la turbulence tapageuse\nde cette allure monotone, qui soutient et encourage le jeu du danseur, et\nmet en branle la cadence de ses gros sabots. Le rythme nous dévoile la\npsychologie du cavalier montagnard, et nous apprend que celui-ci n'est pas\naussi bon enfant qu'il le paraît. Il y a derrière lui un fond de naturel indomp-\nté, qui perce malgré tout et que divulgue cet acharnement des rythmes.\nScénario, melos et rythme,1 ces trois éléments se complètent à mer-\nveille et donnent un tout ingénieux,dont l'homogénéité captive, et assurera\npendant longtemps encore le succès de la bourrée d'Auvergne.\nEt cependant, cette idylle naïve serait d'un piètre effet, si elle n'avait\npour interprètes les parfaits artistes que sont nos danseurs. Grâce au\nnaturel de leur jeu, àunje ne sais quoi du typique qui se trahit dans\nleur interprétation, cette intrigue ne manque jamais ni d'originalité ni de\ncachet. A tout cela se mêle le chevrottement particulier de la cabrette\net son timbre perçant, tout à fait couleur locale. Il faut voir nos bourrées\njoyeusement virées les jours de fêtes, au temps des fauchaisons. C'est un\ntableau sans mièvrerie, ancien par les traditions qu'il évoque, et toujours\nmoderne cependant par la vie qui l'anime, par le symbole amoureux dont\nil cherche à nous présenter la réalité. C'est l'âme même de notre pays, de\nl'Auvergne.\n\nMarius Versepuy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c018", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 39, "image_fin": 39, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.7", "titre_corps": "LA THÉORIE DE LA BOURRÉE", "titre_sommaire": "LA THÉORIE DE LA BOURRÉE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.39", "debut_caractere": 1436, "fin_caractere_exclue": 2918, "texte": "LA THÉORIE DE LA BOURRÉE\nLe pas de bourrée est semblable à celui de la valse bostonnée, plus petit sans déhanche-\nment, surtout pour la femme. Les deux danseurs doivent autant que possible se regarder, soit\nde face soit en tournant la tête. Il faut de la grâce, comme pour une danse de caractère, et il\nfaut de l'entrain.\nLa bourrée peut se danser à deux, ou à quatre, six, huit etc... Ses figures sont infiniment\nvariées. Dans la bourrée de St. Flour celles-ci se rapprochent parfois de celles des quadrilles :\nvisites, chaînes des dames etc...\nUne des plus gracieuses bourrées à quatre est celle que l'on danse à Vic-sur-Cère. Les\nfigures manquent peut-être un peu de variétés, car elles se résument à d'interminables croise-\nments, mais les danseurs saluent, se découvrent avec une élégance toute française.\nLa Montagnarde n'est dansée que par les hommes, leurs bâtons suspendus aux poignets.\nLe caractère est guerrier. Les mains reposent constamment devant les yeux des danseurs ; le\npas est celui d'une marche lourde et un peu sautée. Rien de bien gracieux, mais de la\nsauvagerie.\n1 L'allure un peu accélérée de nos bourrées ne permet guère de les revêtir de paroles bien intéressantes. Le\ndéveloppement littéraire n'est pas ici à sa place. La bourrée est essentiellement musicale. Néanmoins elle est\nfréquemment chantée sur des paroles vives, de patois auvergnat. Mais ces paroles font bien l'effet d'une super-\nfétation, ou d'un procédé commode pour se passer de la cabrette."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c019", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 40, "image_fin": 44, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.8", "titre_corps": "La Bourrée d'Auvergne", "titre_sommaire": "La Bourrée d'Auvergne", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.40", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 336, "texte": "La Bourrée d'Auvergne\n\n(ài deux)\nLe couple se tient par les mains. Sur les quatre premières mesures il tourne a droite,\nl'épaule gauche du danseur frôlant l'épaule gauche de la danseuse. Puis, durant les quatre\nmesures suivantes, qui forment la répétition des premières, le mouvement a lieu a gauche, et\nles épaules droites se touchent."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.41", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 437, "texte": "Le danseur prend de sa main gauche la main de la danseuse, et durant quatre mesures ils\ntournent lentement.\nPuis le mouvement a lieu en sens inverse pendant les quatre mesures suivantes. Durant\ncette figure le danseur place sa danseuse et s'en éloigne pour lui faire vis à vis. Les deux\ndanseurs se trouvent alors dans la position de la figure 3, et commencent la figure la plus\ngénéralement connue de la bourrée."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.42", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 524, "texte": "1 i .0.12 AL Durant ces huit mesures les danseurs échangent leurs places, en conservant toujours le\npas de la bourrée. Au point de croisement, ils s'effleurent legerement. Pendant les huit mesuies\nsuivantes ils accomplissent le retour à leurs*.positions primitives. Ce mouvement a lieu en\nvirant, c'est à dire en valsant. Ce croisement constitue le principal et bien souvent 1 unique\nfigure de nos bourrées communes. On vire ainsi durant des heures, tant que le cabiettaïie a de\nsouffle."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.43", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 263, "texte": "Dans certains villages, après avoir exécuté-la figure 3, l'homme fait vis à vis àsa danseuse,\net très proche d'elle, avance en la faisant reculer. Puis ce mouvement se sens inverse,\net c'est le danseur qui recule pendant que la femme suit."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.44", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 452, "texte": "La femme tourne autour du danseur. Celui-ci reste en place, marquant violemment\nquatre mesures du pied droit, puis quatre mesures du pied gauche. Et la figure se répété, la\ndanseuse prenant la place et le rôle du danseur. Pour terminer une bourree complété, ainsi que\nje l'ai vu parfois danser en Haute Auvergne, le couple, après cette dernière figure reprend la\npremière pose, pour s'arrêter après les croisements."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c020", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 40, "image_fin": 40, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.8.1", "titre_corps": "FIGURE 1", "titre_sommaire": "FIGURE 1", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.40", "debut_caractere": 338, "fin_caractere_exclue": 346, "texte": "FIGURE 1"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c021", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 41, "image_fin": 41, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; 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[n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.9", "titre_corps": "Bourrée des Foulards", "titre_sommaire": "Bourrée des Foulards", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.45", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 20, "texte": "Bourrée des Foulards"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.45", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 446, "texte": "Chaque danseur fait danser deux femmes. L'homme se place entre ses deux danseuses,\ntenant de chaque main les bouts de deux foulards dont les autres extrémités sont tenues par\nles deux femmes. Les figures sont celles de la ibourrée ordinaire, mais les danseuses retenues\npar les foulards, dansent toujours par-groupes de trois. Ces foulards sont constamment agités\npar l'homme, qui lève ses bras l'un après l'autre."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.46", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 305, "texte": "Un trio danse encore sur place. Le danseur du vis à vis prenant sa cavalière de droite par\nla taille la fait passer sous le foulard de sa cavalière de gauche, et ramène ainsi la première a sa\nplace. De même avec la cavalière de gauche. Et le second trio en fait autant."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.47", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 876, "texte": "Lorsqu'il y a plus de deux groupes de trois pour cette bourrée les danseurs, en conservant\ntoujours le pas de la bourrée, et réunissant dans leur main droite les deux foulards conduisent\nleurs danseuses au plus grand danseur. Celui-ci réunit dans sa main droite tous les bouts de\nfoulard et arrive ainsi à avoir autour de lui toutes les danseuses. Levant alors le bras, il se trouve\nau centre d'un cerle d'où les foulards rayonnent en parapluie. Les danseuses font un tour à\ndroite puis un tour à gauche, cependant que les hommes dansent sur place. Puis, ceux-ci\nviennent reprendre leurs danseuses, laissant glisser leurs mains sur les foulards pour ne pas les\nlaisser choir... Lentement les danseuses passent sous les foulards et terminent par une révérence.\nCes figures se dansent sur quatre, huit, seize mesures, suivant l'éloignement des vis-à-vis."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c032", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 45, "image_fin": 45, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.9.1", "titre_corps": "FIGURE 1", "titre_sommaire": "FIGURE 1", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.45", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 30, "texte": "FIGURE 1"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c033", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 46, "image_fin": 46, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.9.2", "titre_corps": "FIGURE 2", "titre_sommaire": "FIGURE 2", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.46", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 34, "texte": "FIGURE 2"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c034", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 47, "image_fin": 47, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.9.3", "titre_corps": "FIGURE 3", "titre_sommaire": "FIGURE 3", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.47", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 22, "texte": "FIGURE 3"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c035", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 48, "image_fin": 58, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.10", "titre_corps": "MÉMOIRES INÉDITS DE STEPHEN HELLER", "titre_sommaire": "MÉMOIRES INÉDITS DE STEPHEN HELLER", "signature_source": "Stephen Heller", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.48", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 744, "texte": "MÉMOIRES INÉDITS DE STEPHEN HELLER\n\n(Fin\nLes Comédiens s'établirent dans la grange, qui sur un coffre, qui\nsur un matelas, qui sur un tas de guenilles dramatiques. On plaça le\ngrand paravent sur des bancs pour s'en servir comme de table. Trois ou\nquatre manteaux, couleur de muraille, provenant de la derniere conjura-\ntion de Fiesque servirent de nappe. Pour compléter le service de table\non apporta des poignards ébréchés, des coutelas rouilles, des bouts de\nlances dépareillés, et autres armes: sur la table, force gobelets detain et\nlampions. On commença à boire, à manger, à chanter, et a jurer ; ce fut\nbientôt un vacarme épouvantable. Je commençais a me sentir mai a 1 aise,\nlorsque Zerline, assise à mes côtés me fit signe de la suivre."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.49", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2124, "texte": "Nous allâmes dans une petite pièce qui sentait singulièrement\nl'écurie ; elle mit une nappe blanche sur une table ; des fruits, des gâteaux\net du vin de Tokay, ce noble vin de ma patrie, qu'on appelle le Roi des\nVins et le Vin des Rois. Elle faisait les honneurs avec une grâce enchan-\nteresse ; avant de me faire boire, elle effleurait mon verre, de ses lèvres\nfraîches et vermeilles. Elle appuyait doucement son bras frais et rond sur\nle mien, puis, ôtant la flèche d'or de ses cheveux et couronna ma tête de\nses longues tresses.\n\"Dis moi franchement, Maestro, comment me trouves-tu ?... \"\n\" Oh, mais tu n'es pas une femme ! Je croyais que des êtres\npareils n'existaient que dans ces beaux livres que je lisais en cachette au\ngrenier de la maison paternelle. \"\n\" Oh, Caro, viens avec moi ; reste avec nous ; est-ce que cette\nvie libre et indépendante ne t'attire pas? Tu es artiste, tu dois aimer\nce changement continuel, ces jours d'orgueil et de découragement, ces\ntriomphes et ces humiliations, cette abondance et cette misère; tout\ncela n'est il pas fait pour t'attirer invinciblement ? Tu écriras une Sym-\nphonie héroïque et un autre Don Juan, où il n'y aura point de Mazetto.\nTu seras mes seules amours ! \"\n\" Oh, Zerline, mais je me sens comme en délire... Mais dis moi,\nil me semble que tu es mariée avec Mazetto ? \"\n\" Le vin et l'amour ont troublé ton cerveau. Tout cela n'était\nqu'un jeu, une farce sublime. \"\n\" Mais, Zerlina, je me rappelle ; tu as écouté les galanteries d'un\ngentilhomme qui s'appelait Don Juan. Oh, un bien bel homme, et si\nbien mis. \"\n\\\n\" Laisse donc, chéri, tout cela n'était qu'un jeu, n'était qu'une\nfarce. \"\n\" Eh, ce que vous me disiez tout à l'heure n'était pas une farce\naussi, une comédie? \"\n\"O, caro giovino, vois-tu ces yeux ? Etaient-ils aussi brillants\nquand ils regardaient le beau gentilhomme? Vois-tu ce sourire. Etait-il\naussi radieux ? Et cette main, pressait-elle amoureusement son bras,\ncomme je presse en ce moment le tien ?\n• • • • • ##••••••\nJ'allais tomber évanoui, dans ses bras qui s'ouvraient pour me\nsoutenir lorsqu'une voix, terrible, se fit entendre."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.50", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 2194, "texte": "La porte s'ouvrit avec fracas et mon père entra. En le voyant, je\nme sentis brisé de douleur. \"Un souvenir, m'écriai-je, un souvenir,\nZerline, de cette soirée ! \"\n\" Ah, je t'en donnerai, des mèches de cheveux ! \" s'écria mon père\nfurieux. Et je sentis ses doigts dans ma chevelure, comme s'il eût voulu\nme donner une toute autre mèche que celle que je désirais.\nNous traversâmes la grange où se trouvaient pêle mêle les comédiens,\nles officiers, et les autres convives, couchés, qui sur la table, qui par\nterre, grotesquement affublés de manteaux de pourpre, d'hermine,\nd'habits vénitiens et de casques moyen âge ; tous ronflant à faire trembler\nles planches, naguère spectatrices de leur grandeur.\nMon père, armé d'un misérable rat de cave, trébucha sur plusieurs\npremiers lieutenants qui lui barraient le chemin et sa crainte d avoir\noffensé la force armée fit une diversion utile à sa colère.\nArrivé à l'auberge il était bien minuit il me dit d une voix\nassez douce :\n\"Va te coucher, scélérat de fils, et sois prêt demain matin à\n6 heures, à faire nos malles. \"\n\"Nos malles, répétai-je ; il me semble qu'une de nos malles se\ntrouve actuellement sous la garde de l'aubergiste de Bochina, qui 1 a\nretenue, en manière de souvenir de notre part.\n\"Je sais cela aussi bien que toi, fils dénaturé, mais j'ai acheté\nune seconde malle ici, parce que nos effets ne sauraient tenir en une seule.\n\" Pour ce qui est de nos effets, j'espère que vous avez fait\nacquisition d'une toute petite malle. D ailleurs, il est bon d avoir toujours\ndeux malles et je vous conseille, mon pere, d en avoir toujouis une toute\nprête à laisser aux aubergistes, en gage d'amitie.\n\"Tu rabâches toujours la même chose ; va te coucher, garçon,\nje te pardonne tout.\"\n« Mais enfin, vous ne pouvez me condamner sans m'avoir\nentendu.\" ? t .\nSilence, je te répété cjue mon t est cissuie. IVlciis en\nrevanche, tu improviseras dans deux concerts consécutifs, que je vais\nmonter à Galitzin.\" . , .\n_ \" Oh, mon père, ne pardonnez pas, je vous en prie. J ai commis\nune grave faute ; j'ai bu du vin et j'ai beaucoup mangé ; il est impossible\nque vous me pardonniez... oh, je ne le ierai plus de longtemps... Et puis"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.51", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2083, "texte": "Zerline m'a prié de vouloir bien avoir la complaisance de l'aimer d'un\namour éternel.\"\n— \" Malheureux, tu déshonores mes cheveux gris.\"\n\" Grisonnants, mon père, ne vous abusez pas.\"\n— \" Et qu'as-tu répondu à l'insolente proposition de Mlle Zerline ?\"\n— \" Je n'ai pas cru devoir refuser un aussi léger service. Je lui ai\npromis de l'aimer aussi éternellement que je pourrais.\"\n— Tu me fais des contes. D'ailleurs, je sais que tu es un homme\nraisonnable. Tu as quatorze ans maintenant : à cet âge, et grâce à\nl'éducation que je t'ai donnée, on connaît le monde et les hommes.\nAinsi, je me couche tranquillement; fais en autant, sois content et je te\npromets que tu dîneras après demain au plus tard.\"\nJe me couchai en dévorant mes larmes. Le lendemain, nous quittâmes\nLeutschau. Et je n'ai plus jamais entendu parler de Zerline.\n*\n* *\nUNE TOURNÉE EN HONGRIE.\nNous fîmes un voyage affreux, de Cracovie à Varsovie ; c'était en\n1828-29 et l'hiver, même pour la Pologne, était des plus rigoureux.\nNous fûmes huit jours en route, souffrant horriblement du froid, de la\nfaim, et de la crainte de voir apparaître des loups affamés : notre cocher\ncroyait déjà les entendre hurler au loin, et tenait, comme c'est l'usage\nen Pologne, un cheval débridé, à côté de ceux qui traînaient la voiture,\npour l'abandonner aux loups en cas de danger. Ils seraient tombés tous\nsur le malheureux animal et auraient laissé aux autres le temps de\ns'enfuir.\nIl n'y a ni chemins, ni auberges, ni village, jusqu'à Rodom, à cent\nverstes de Varsovie. Nous avions un peu de jambon et du pain, que le\nfroid avait rendus presque immangeables. Un peu d'eau de vie, dont le\nfroid ôtait toute la force, nous ravivait de temps à autre. Nous grelottions\ndans nos petits manteaux de drap. On avait bien conseillé à mon père de\nse pourvoir de quelques pelisses, mais il avait saisi cette occasion de\nm'apprendre à supporter le froid. Et lui, pauvre père, n'en souffrait-il pas ?\nJe le vois encore tout transi sous cette glace neigeuse, qui dans ce pays\nabominable vous blesse, comme autant de coups d'épingles."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.52", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2610, "texte": "Plusieurs fois, nous dûmes nous frotter le nez, les mains et les\noreilles avec de la neige, pour les raviver, car on ne les sentait plus.\nEnfin, nous arrivâmes à Varsovie. Mon père était sain et sauf, mais\nmoi, je tombai malade. Aujourd'hui ; je bénis mon père de ce voyage\nterrible. J'en suis sorti parfaitement bien et je sais ce que c'est que le\nfroid. Mon père me soigna avec une tendresse et un amour qui me firent\nun bien immense. Je vis son cœur sous cette écorce qui l'enveloppait si\nrudement ; mon amour et ma vénération pour lui redoublèrent.\nNous arrivâmes à Bartfeld, aux confins de la Pologne et de la Hon-\ngrie, au mois de Juin 1828. La ville était remplie de magnats hongrois\nqui, fiers de leur compatriote enfant prodige, me comblèrent de préve-\nnances. Le Comte de Szirmay, un des plus riches propriétaires de Tokay\nétait seul de toute la ville à posséder un piano. Il me le prêta pour mon\nConcert, qui devait se donner à quatre heures de l'après-midi dans la salle\nde Jeu. Le succès d'un Concert dans une ville d'eaux, Bartfeld est\nconnu en Hongrie par ses eaux minérales d'un goût exquis, dépend\nsurtout du temps qu'il fera. Il y avait, près de la salle de jeu une petite\ncolline, qui habituellement se couvrait de nuages lorsque le temps allait\nse gâter. Cent fois au moins, mon père alla l'examiner ; son anxiété me\ndonnait un inextinguible fou rire. Enfin ; la pluie se mit à tomber tout\ndoucement, et les hôtels de Bartfeld rentrèrent pour jouer au Pharaon, au\nMacao, les jeux de hasard les plus diaboliques et les plus aimés des\nHongrois. La banque se tenait dans la salle même où j'allais jouer. Mon\ngénéreux protecteur, le Comte de Szirmay, très considéré par tout le\nmonde à cause de son rang et de sa fortune se plaça à l'entrée du salon, et\nobligea tous ceux qui y entraient pour jouer, à prendre un billet à la caisse\nétablie près de là, et tenue par son heydespèce de valet de chambre en\nuniforme de haute fantaisie.\nLe piano, un misérable petit piano carré, grand comme une\ntable, fut apporté par un domestique, qui le transportait sous son\nbras, et le Comte vint me chercher dans mon trou d'attente pour me\nprésenter à l'honorable assemblée. Un hurrah effroyable me salua de tous\nles coins de la salle. Il s'adressait aussi bien à mon costume qu'à ma répu-\ntation de jeune pianiste hongrois. Le Comte avait obtenu de mon père la\npermission de me faire faire un petit costume national. Il détestait l'habit,\nles pantalons et la cravate blanche, alors de rigueur chez tout artiste. Il\nm'avait fait faire une redingote noire, (bekesch), chamarrée de brande-\n\n4"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.53", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2108, "texte": "bourgs de soie et des pantalons collants, également ornés de dessins pleins\nde goût et de simplicité dans leur richesse ; puis des bottes, (czismas) qui\nse mettaient par dessus les pantalons, et qui arrivaient à la hauteur du\nmollet. Une cravate noire à bouts frangés d'or et un calpac, espèce de\ncasquette en martre doublée de velours noir, qui ne se porte jamais sur la\ntête mais sous le bras gauche, complétaient ce costume, qui m'allait très\nbien.\nUne misérable troupe de Comédiens qui donnait des représentations\nà Bartfeld pendant la saison d'été, prêta son secours de remplissage à mon\nconcert. M118 Célia, soubrette d'un âge avancé et d'un port grandiose,\ndéclama un monologue d'une comédie de Kotzebue ; M. Kalisch, ténor\nde la première scène lyrique de Raab, dit un air de Moïse d'Elcia, qu'il\navait lui-même transposé pour ténor. Enfin, pour la bonne bouche, une\nbande de Zingaros exécutèrent sur le Cimbalon, violon et basse des danses\nhongroises merveilleusement pittoresques.\nPendant toute la durée du Concert, on ne cessa de fumer de magni-\nfiques pipes d'écume de mer et de jouer au Pharaon, à la grande table\nverte, d'où l'on entendait crier : T'aroli, le tout entremêlé de\ncris et de jurons, comme ne les possède aucune autre langue.\n■si?\n* *\nUNE VISITE A KALKBRENNER (1838).\nMa nouvelle résidence était située Cité Bergère, où j'avais une\nméchante chambre, passablement obscure et humide. Je n'osais demander\ndu bois, car mon père m'avait dans sa dernière lettre, prévenu sur les\ndangers de cet article à Paris.\nAvant tout, je me dirigeai Rue Cadet, No 24, où demeurait mon\nespérance capitale, mon ancre de salut, sous le nom de Kalkbrenner.\nIl me reçut avec un sourire inneffable, qui me parut d'un triste\nprésage. La première question qu'il m'adressa fut celle-ci : combien\nd'argent pouvez vous dépenser à Paris ? Mais, M. Kalkbrenner, répondis-\nje en pâlissant, aucun argent, vous savez bien qu'un artiste n'a point\nd'argent.\n\" Comment, point d'argent ! est ce que par hasard, je ne serais point\nartiste, moi ! Je suis riche, très riche, quoique les temps soient passés où"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.54", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2484, "texte": "! je gagnais cent vingt, cent trente, et même cent quarante mille livres bon\nan mal an. Voyez un peu mon appartement, mon cher Stephen ; voyez,\net ne soyez pas timide avec moi, que diable : on ne devient pas fier en\nacquérant un nom célèbre. Voyez, je vous prie, (il souriait toujours,) ce\nI plafond, ces papiers, ce tapis, ces glaces de Venise, ces tableaux. Avez-\nvous vu de pareils appartements dans votre pauvre Allemagne, chez les\npauvres artistes de là-bas, sans fortune comme sans réputation ?\nSavez-vous que je paie neuf mille francs de loyer ? \"\nIci, je joignis les mains et je dis : \" Ah, M. Kalkbrenner ! \"\n\" Venez, mon cher, nous irons faire un tour. Je vous présenterai à\nmes éditeurs ; mon Dieu, il n'y en a pas d'autres dans Paris ! —Je composai\navant hier une charmante pensée fugitive que je jouai hier soir chez\nMme d'Appony :on répandit des larmes. C'est que, voyez-vous, mon cher,\nc'est peut-être la plus belle œuvre qui soit jusqu'à présent sortie de ma\nplume. Voulez-vous l'entendre ?\n\" Mais, je serais trop heureux ! \"\n\" Vous allez entendre quelque chose de neuf. \"\nEt il me joua un méchant petit morceau, vieux d'invention comme\nde forme ; tiède et fort comme du thé qui a bouilli dix fois.\nIl me regarda avec une espèce d'avidité qui me fit faire presque à mon\ninsu, des contorsions et des cabrioles admiratives.\nNous sortons ensemble. Je parle ordinairement un peu bas. Le bruit\ndes rues de Paris couvre ma voix ; et à chaque instant, M. Kalkbrenner me\ncrie : \" Parlez haut, très haut. On voit que vous êtes habitué aux misé-\nrables petites villes d'Allemagne. Pauvre provincial que vous êtes ! Je ferai\nnon seulement votre éducation musicale, mais je m'efforcerai de vous\ndécrotter, de vous rendre présentable à Paris. Voyez-vous, mon cher, on\nvous rirait au nez si vous restiez comme vous êtes. Vous êtes gauche,\ntimide, vous parlez le Français horriblement mal ; vous marchez d'un air\ndisgracieux ; vous avez l'air trop sérieux, trop mélancolique. Enfin, il\nfaut vous régénérer tout à fait, je vous trouve très ridicule.\n\" Mais, M. Kalkbrenner, fis-je, il me semble qu'on ne peut trouver\nridicule un homme tout à fait sans prétention, comme moi.\n\" Si, si, mon cher, vous ne pouvez oser vous montrer dans un salon\nde Paris. Vous ne savez pas ce que c'est qu'un salon de Paris. Voyez-vous,\nmon cher, j'ai toujours été près du trône, moi ; j ai converse avec des Rois,\navec des Reines ;et Mme la Duchesse de Berry était pour moi comme une"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.55", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2390, "texte": "sœur ne Test pas pour son frère. Cette longue pratique avec les chef\nd'une grande nation m'a donné ces manières distinguées, cette aisano\nqu'on me voit. Est-ce que vous sauriez parler à une Duchesse, vous serie:\nbête comme une oie ! Moi, je donne des leçons à Son Altesse Royale 1:\nDuchesse d'Orléans. Charmante femme que cette Duchesse d'Orléans\nJe crois très importante ma mission d'inculquer les principes de mon ar\nà une princesse qui un jour sera Reine ! ! ! Cela influera sur le pays qu'elk\ngouvernera. On me bénira alors, parceque j'aurai été son maître.... Voye2\ncomme on me salue de toutes parts.... je ne puis faire un pas sans rencon-\ntrer des amis intimes... Celui qui vient de me saluer était le Duc de\nNoailles. Le petit gros homme avant lui, le général de Sparre, pair de\nFrance.... Justement, voici la Comtesse d'Osmond; \" .... bonjour, chère\nComtesse, êtes vous reposée du Raout charmant de la Princesse de\nBelgiojoso ? \" I\nNous étions arrivés rue Richelieu, chez l'éditeur Schlesinger, auquel\nM. Kalkbrenner me présenta en disant : \" Cher Maurice, je vous présente\nun nouvel élève à moi ; il joue, et il compose aussi un peu. Mais tout\ncela est pauvre, petit et sans style Enfin, nous le formerons. J'ai vu\nquelques articles de lui dans la Gazette de Leipzick : pas mal, pas mal du\ntout. Vous pourriez l'employer pour votre journal de Musique. Ainsi\nBlanchard, ce misérable, vient de critiquer ma Polonaise en Mi. Dites à\nStephen de faire un nouvel article sur ma Polonaise. Il est capable d'en\ncomprendre toutes les qualités. \"\nM. Schlesinger lui répondit : \" Avec plaisir, cher Monsieur, mais\nje vous prie de ne pas trop me presser sur l'argent que je vous dois pour\nvotre fantaisie brillante op. 86 sur Guido et Ginevra. Je n'ai pas d'argent,\nfoi d'honnête homme, mais vous aurez l'article demandé, d'ici quinze\njours dans ma Gazette musicale. \"\n\" Vous êtes un farceur, mon cher Maurice, reprit M. Kalkbren-\nner, je vous connais. Faites passer l'article de Stephen sur ma Polonaise\net confiez lui encore quelques autres œuvres de moi. \"\n\" Mon cher Kalkbrenner, je vous avoue que votre fantaisie bril-\nlante op. 86, ne va pas bien ! \"\n\" Allons donc, vous êtes, parole d'honneur, le premier éditeur\nqui me parle ainsi ! Je vous enrichis, vous autres drôles \"\n\" Vous autres drôles de compositeurs, vous nous donnez pour de\nbon argent, de mauvaises croûtes !\""}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.56", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2170, "texte": "\" Que vous ne nous payez pas, coquins d'éditeurs. \"\n\" Que vous, marauds, vous voudriez voir payées, avant de les\navoir écrites. \"\n\" Vous êtes toujours très gai, mon cher Maurice. \"\n\" Mais oui, je ne grave en ce moment aucun morceau de vous. \"\n\" Ecoutez, mon cher Maurice, faites passer l'article de Stephen\npour dimanche prochain. \"\n\"Vous l'aurez, vous l'aurez, mais avouez que cela paraîtra fort\nétrange de voir deux articles de suite sur le même morceau. Enfin, ça ne\nfait rien ; mais vous ne me presserez pas quant à l'argent, n'est ce pas,\nmon cher Kalkbrenner ? \"\n\" Non, non, mais que je voie l'article dimanche prochain ! \"\n\" Vous l'aurez, cher ami.\n\" Donc adieu, mon cher Maurice, sans rancune.\n\" Adieu, mon cher Kalkbrenner, sans rancune. \"\nJe vous fais grâce de mes réflexions pendant ce colloque. C'était\npour moi chose toute neuve d'entendre un éditeur parler ainsi à un artiste\nde grand renom. Cette manière de quêter un article me surprit désagréa-\nblement. Et puis, M. Kalkbrenner avait vraiment une singulière façon de\nme recommander !\nQuelques jours après, M. Kalkbrenner me mena dans son salon où je\ntrouvai un jeune homme, qui étudiait en compagnie d'une barre de bois\nsur laquelle étaient appuyés ses avant-bras. D'abord, je crus que c'étaient\nlà d'espèces de ceps, où les mains du malheureux patient devaient expier\nquelque crime musical. Je vis sur le pupitre devant l'infortuné jeune\nhomme \"Polonaise brillante pour le piano, op. 86, par tred. Kalk-\nbrenner. \"\nJe me rappelai le rédacteur malappris, dont j'avais entendu parler\nl'autre jour, et l'idée que quelqu horrible vengeance se tramait la, se\nprésenta aussitôt à mon esprit.\nPourtant, je me trompais. M. Kalkbrenner me dit : \"Voila ; mon\ncher, un condisciple ; il est déjà avancé et vous suivrez ses conseils. Tous\nles huit jours, je vous donnerai une leçon, moi-meme. Si j en étais empê-\nché, un de mes meilleurs élèves, Camille Stamaty, me remplacerait.\nD'abord, un petit examen avant de commencer : avez-vous assez d argent\npour me payer les quinze cents francs pour trois ans que doivent me payei\ntous les élèves qui se destinent à l'art ? Si vous n avez pas d aigent"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.57", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2311, "texte": "comptant à me donner 500 francs d'avance, vous me souscrirez\nun papier de ce genre :\n\"Vous me donnez votre parole d'honneur de ne jamais professer une\nautre méthode que la mienne. Si vous composez quelque chose, vous ne\nle donnerez à aucun éditeur sans ma permission. Je ne veux pas que mes\nélèves me compromettent, en livrant à la publicité des compositions\nmédiocres ou mauvaises. Vous n'accepterez point d'élèves, sous aucune\ncondition, sans ma permission.\nMaintenant, dites moi quel est le ton qui a 32 dièzes. \"\n\" Hein ? \" fis-je.\nIl répéta d'une voix plus accentuée.\n\" Pardon, répondis-je, je crois ne pas bien entendre. \"\n—\" S Allemand, s'écria-t-il, je vous demande, corbleu, quel est\nle ton, le nom du ton, le mode enfin, où il y a 32 dièzes à la clef? \"\nA mon tour, la colère me prit. Cependant, je me contins encore.\n\"Je ne suis pas habitué à ce bruit des rues de Paris, fis-je avec\nassez de calme. Peut-être ai-je des bourdonnements dans l'oreille. Parole\nd'honneur, je crois que vous plaisantez. \"\n\" Mille diables ! Vous croyez que je plaisante, mauvais plaisant\nque vous êtes. Vous n'êtes tous que des manœuvres, et non pas des artistes.\nVous croyez en savoir assez, quand vous connaissez vos 24 modes\nmajeurs et mineurs. Moi, je ne me contente pas du nécessaire. Moi, j'en\nsais plus qu'il n'en faut à un artiste. Je suis de première force au billard,\nde seconde force en équitation, je fais des armes comme Collignon, mon\nmaître ; je joue à tous les jeux de cartes avec supériorité. Tout cela n'est\npas nécessaire, n'est ce pas ? Voyons, le ton de 32 Dièzes ? \"\nIci, je ne fus plus maître de moi. Je commençais à voir des taches\nrouges et vertes, signes de mes grandes colères. Je me sentais monter le\nsang à la tête. Ma langue était lourde, et comme retenue par un poids\nimmense.\nComment, me dis-je, toi, Stephen, tu te laisserais ainsi maltraiter par\nun misérable paon, stupide, orgueilleux et niais. Tu serais désormais\nesclave d'un homme qui commet journellement une Fantaisie ou une\nPolonaise, et qui porte atteinte à la pudeur des jeunes artistes inexpéri-\nmentés, qui n'ont au monde que leur réputation, si tant est qu'ils en aient.\nComment, toi, dont différentes compositions ont été signalées par Schumann\nau monde musical, comme des morceaux génialement fous, tu ne serais"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.58", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 1707, "texte": "qu'un manœuvre, et tu prendrais des leçons d'un élève de M. Kalkbrenner !\nNon, ce ne sera pas !\n\" M. Kalkbrenner, dis-je d'une voix tremblante d'indignation, je\nsuis assez musicien pour pouvoir me passer de tout guide, fût-ce votre\nguide-mains breveté lui-même. Il fut un temps où je travaillais huit\nheures par jour ; je jouais vos polonaises et je souffrais beaucoup.\npassati !Je n'aime plus les brandebourgs et les passementeries musicales.\nDepuis la révolution de 1830, nous autres nous avons\nchassé les mauvais rois. L'ancien régime des Polonaises a été remplacé\npar celui des bonnes Sonates constitutionnelles. Et gare à vos perruques\npoudreuses !\"\nPar malheur, M. Le Chevalier Kalkbrenner est pourvu d'une perru-\nque en toutes lettres.\nIl me regarda, stupéfait, et chercha quelqu'arme ou bâton.\nJe m'armai aussitôt d'un guide-mains, qui traînait d'un air soucieux\ndans un coin de la chambre.\nAprès un long silence M. le Chevalier s'écria : \"Jamais, tant que\nje vivrai, vous n'aurez ni élèves, ni éditeur !\n\" Au moins, répondis-je, j'aurai toujours le loisir d'écrire dans la\nGazette musicale, dont M. Schlesinger m'ouvre les colonnes, quelque bonne\ncritique sur les Polonaises des temps modernes, et sur la décadence des\nCompositeurs Pianistes, ci-devant capitalistes d'un revenu de 120, 130,\net même 140 mille livres, bon an mal an. \"\nJe saluai et je partis, heureux de m'être délivré de ce Chevalier....\nd'industrie, puisqu'il fabriquait des pianos avec M. Pleyel.\nMais je tremblais en voyant diminuer tous les jours mon capital de\n700 Francs. Car M. Schlesinger accepta bien mes articles pour sa gazette,\nmais ne voulut pas entendre parler de mes compositions.\n\nStephen Heller."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c038", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 59, "image_fin": 62, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.11", "titre_corps": "LA JEUNE ÉCOLE ITALIENNE", "titre_sommaire": "LA JEUNE ÉCOLE ITALIENNE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.59", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 363, "texte": "Plusieurs de nos lecteurs ont été surpris de ne pas trouver dans notre der-\nnier numéro des fragmentsd'œuvres des\nnous sommes heureux de pouvoir satisfaire\nintention que nous avons retardé la publication de cette musique à laquelle nous\ndésirions donner toute la place quelle mérite.\n9\n\nL'ORGIA\nPoème symphonique en forme de Scherzo (Fragments)\nThème I :\nA. 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Berlin in 40 de 15 pp.)\nNotre confrère de Berlin, bien connu pour ses études de\nfolklore musical exotique, a eu la bonne fortune de pouvoir\nétudier toute une collection de flûtes de Pan, du Brésil, telles\nqu'elles sont encore employées par les indigènes du Nord-Ouest de ce pays. Il en a tiré\nd'intéressantes constatations et conclut en attribuant aux Indiens du Brésil une oreille\nassez juste, la volonté de systématiser l'ordre des sons, et le goût des séries purement\ndiatoniques.\nPETERS. Katalog der Munkbibliothek Pneu bearbeitet von Dr Rudolf Schwartz,\nBand I. Buecher und Schriften. (Lpz. in 40 de 225 pp.)\nTout le monde connaît la belle et riche bibliothèque, dont la maison Peters a voulu\ngratifier le public musical de Leipzig. M. R. Schwartz, qui en est le conservateur éclairé\nvient de mettre la main à une refonte de son catalogue. L'ouvrage ne comprend encore que\nle premier volume, soit les livres et écrits sur la musique. Il est divisé en classes méthodiques ;\nbibliographies ; périodiques ; histoire ; biographies ; méthodes ; méthodes de chant ; instru-\nments et instrumentation ; méthodes d'instruments ; esthétique. Il contient à la fin une table\nalphabétique des noms cités. C'est un répertoire commode et qui rendra service non seulement\nà ceux qui ont le bonheur de le consulter dans la bibliothèque Peters, mais à ceux que la\nbibliographie soutient dans leurs travaux habituels."}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.66", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 10, "texte": "LES LIVRES"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.66", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3320, "texte": "LEMAITRE (Henri). Histoire du dépôt légal (France). Publications de la\nsociété française de bibliographie. (Picard et fils in 8° de 128 pp.)\nCet ouvrage touche peu à la musique, dont le dépôt légal ne s'est jamais beaucoup\nsoucie. Nous voyons cependant qu'en 1714 les graveurs de musique sont rappelés àla loi de\ndépôt, ainsi qu en 1738 et 1740 ; en 1745 le censeur Simon insiste pour se faire remettre les\ncantates de Bernier. De nos jours, il paraît qu'un exemplaire de la musique déposée va à la\nBibliothèque Nationale, un autre au Conservatoire, et le troisième au Sous-Secrétariat des\nBeaux-Arts, qui envoie la musique de chambre à la bibliothèque de l'opéra et le reste en\nprovince. Il faut admirer le discernement des Beaux-Arts, qui précisément font parvenir àla\nbibliothèque d un théâtre subventionné la musique écrite pour la chambre !\nVIRGILI (Virgilio). Bernardo Pasquini (Pescia E. Nuvci 1908 in 12°).\nr_ Utile petit ouvrage a consulter et qui peut-etre 1 amorce de la grande monographie que\nmérité le claveciniste Pasquini, l'une des meilleures gloires italiennes.\nILLUSTRIRTER TONKUENSTLER KALENDER (Mtinchen G. Muller 1910\nM. M. J. Seiling et E. Istel ont donné un aspect nouveau au calendrier musical. Sur les\npages de droite se trouve le quantième et l'annonce du jour : puis des portraits de musiciens\ndont c'est l'aniversaire et enfin divers renseignements et dates utiles. Sur la page de gauche\nles habituelles annonces qui permettent à ces ouvrages de voir le jour. Une idée ingénieuse\nest d'avoir indiqué le jour pour 1910, 1911 et 1912. De la sorte le calendrier pourra servir\npendant plusieurs années. L'iconographie est habilement choisie, et le présentation des annon-\nces fort artistique.\nBACH-JAHRBUCH année 1909. (Breitkopf in-120 de 160 pp.)\nLa société Bach, après avoir rendu au monde le grand service de rééditer et de mettre\nau jour toutes les œuvres du maître, ne s'est pas complètement dissoute. Elle continue de\nvivre sous le nom de Neue Bachgesellschaft ; elle organise des fêtes comme celles de Duis-\nbourg, où, il y a quelques mois, Mme Landowska a fait triompher le clavecin ; elle publie un\nBulletin annuel. Celui de 1909* dirigé par notre collègue Arnold Schering, contient les\narticles suivants : R. Handke \" Zum Linearprinzip J. S. Bach. \" K. Nef. Bachs Verhaeltniss zur\nKlaviermusif^. \" Oppel \" Zur Ténor Arie der Kantate 166.\" Dannreuther \" Traduction alle-\nmande de son chapitre sur F ornementation chez Bach 99 Wustmann \" Konnte Bach Gemeinde bei\nsienen einfachen Choralsaetzen mitsingen 99 Oppel u Buxtehudes musikalischer Nachrufbeirn Tode\nseines Vaters 99 Wustemann u Matthâuspassion. 99 Schering uZu den Beschluessen des Dessauer\nKirchengesangvereintagcs. Tous les amis de Bach et de son art devraient se passionner pour ces\nquestions, qui paraissent minutieuses mais qui nous initient à la restauration méthodique et\ncertaine de l'art du XVIIIe siècle.\nFONDI (Enrico). La vita e Fopéra litteraria del musicista Benedetto Marcello (Roma\nModes in-12,0 de 134 pp. Lire 2).\nJe ne puis comprendre la pensée qui a présidé à la composition de ce volume. La matière\nen est divisée en chapitres qui ont l'air de s'ignorer les uns les autres, et dont chacun com-\nprend en forme d'appendice sa propre bibliographie, de telle sorte qu'il est impossible de faire"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.67", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 1951, "texte": "aucune recherche utile dans ce fatras. L'auteur paraît cependant s'être donné bien du mal.\nSes sources sont nombreuses, et il a lu les ouvrages qui l'avaient précédé sur ce sujet. Pourquoi\nn'en a-t-il pas tiré meilleur parti ? On ne saurait trouver de plus joli sujet que celui de la vie\net des œuvres de ce gentilhomme de lettres et de musique Benedetto Marcello. M.M. Bour-\ngault-Ducoudray et Bellaigue en savent quelque chose.\nLÉVÊQUE (R. P. Dom). Saint Grégoire le Grand et l'ordre bénédictin. (In-I2° de\nXXII-330 pages, 4 fr. 50. Sethielleux, 10, rue Casette, Paris).\nTARDUCCI (Prof. T.) Storia di S. Gregorio Magno e del suo tempo. (In-8° de 500 p.\n6 fr. Pustet, Rome.)\nSaint Grégoire le Grand est décidément à l'ordre du jour. Est-ce la rénovation du chant\nqui porte son nom qui a valu cela ? Tant mieux ; car, malgré l'intérêt et le charme du chant\ngrégorien, il tint en somme peu de place dans la vie de ce grand pontife, qui est de plus un\ngrand homme. C'est dire que, dans les deux ouvrages que nous annonçons, on trouvera peu\nde musicologie : en revanche, ceux de nos lecteurs qui sont tentés par l'histoire d'une curieuse\népoque y trouveront maints détails attachants.\n\nA. Gastoué.\n\nLIVRES REÇUS\nBERGER (Achille). Théorie Scientifique du violon (Paris. Demets, in-40 de 115 p.)\nKINKELDEY (Otto). Ein Beitrag (Leipzig,\n1910, Breitkopf et Hartel, in-40 de 320 P-)\nKRETZSCHMAR (Hermann) (Leipzig,\n1910, Fr. Wilh. Grunow ; in- 4° ùe 577 p.)\nLENOEL-ZEVORT (Alix). (Paris,\nG. Ficker ; in-120 de 523 p.)\nRIEMANN (Prof. Dr Hugo). Beethov [Meisterfuhrer, 12)\n(Berlin, Schlesinger : in-8°).\nTHIBAUT (P.J.)- Panégyrique de Flmaculée. (Paris, Alph. Picard, 1909 ; in-40\nde 52 p.)\nVIERGE (Louis). De Mozart à (Pau. Imprimerie Vignancour 1907 ;\nin-8° oblong de 53 p.)\nCHARRIER (Pierre). Les droits du critique théatral, littéraire, musical et artistique.\nPréface de Me René Lafon. (Paris Schleicher frères, in 12° de 132 pp. Fr. 2.50)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c053", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c053", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 65, "image_fin": 67, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.13.2", "titre_corps": "RIE MANN (Prof. Hugo). —", "titre_sommaire": "RIE MANN (Prof. Hugo). —", "signature_source": "A. 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Bachs Verhaeltniss zur\nKlaviermusif^. \" Oppel \" Zur Ténor Arie der Kantate 166.\" Dannreuther \" Traduction alle-\nmande de son chapitre sur F ornementation chez Bach 99 Wustmann \" Konnte Bach Gemeinde bei\nsienen einfachen Choralsaetzen mitsingen 99 Oppel u Buxtehudes musikalischer Nachrufbeirn Tode\nseines Vaters 99 Wustemann u Matthâuspassion. 99 Schering uZu den Beschluessen des Dessauer\nKirchengesangvereintagcs. Tous les amis de Bach et de son art devraient se passionner pour ces\nquestions, qui paraissent minutieuses mais qui nous initient à la restauration méthodique et\ncertaine de l'art du XVIIIe siècle.\nFONDI (Enrico). La vita e Fopéra litteraria del musicista Benedetto Marcello (Roma\nModes in-12,0 de 134 pp. Lire 2).\nJe ne puis comprendre la pensée qui a présidé à la composition de ce volume. 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Sethielleux, 10, rue Casette, Paris).\nTARDUCCI (Prof. T.) Storia di S. Gregorio Magno e del suo tempo. (In-8° de 500 p.\n6 fr. Pustet, Rome.)\nSaint Grégoire le Grand est décidément à l'ordre du jour. Est-ce la rénovation du chant\nqui porte son nom qui a valu cela ? Tant mieux ; car, malgré l'intérêt et le charme du chant\ngrégorien, il tint en somme peu de place dans la vie de ce grand pontife, qui est de plus un\ngrand homme. C'est dire que, dans les deux ouvrages que nous annonçons, on trouvera peu\nde musicologie : en revanche, ceux de nos lecteurs qui sont tentés par l'histoire d'une curieuse\népoque y trouveront maints détails attachants.\n\nA. Gastoué."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c054", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c054", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 67, "image_fin": 67, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.13.3", "titre_corps": "LIVRES REÇUS", "titre_sommaire": "LIVRES REÇUS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.67", "debut_caractere": 1213, "fin_caractere_exclue": 1951, "texte": "LIVRES REÇUS\nBERGER (Achille). Théorie Scientifique du violon (Paris. Demets, in-40 de 115 p.)\nKINKELDEY (Otto). Ein Beitrag (Leipzig,\n1910, Breitkopf et Hartel, in-40 de 320 P-)\nKRETZSCHMAR (Hermann) (Leipzig,\n1910, Fr. Wilh. Grunow ; in- 4° ùe 577 p.)\nLENOEL-ZEVORT (Alix). (Paris,\nG. Ficker ; in-120 de 523 p.)\nRIEMANN (Prof. Dr Hugo). Beethov [Meisterfuhrer, 12)\n(Berlin, Schlesinger : in-8°).\nTHIBAUT (P.J.)- Panégyrique de Flmaculée. (Paris, Alph. Picard, 1909 ; in-40\nde 52 p.)\nVIERGE (Louis). De Mozart à (Pau. Imprimerie Vignancour 1907 ;\nin-8° oblong de 53 p.)\nCHARRIER (Pierre). Les droits du critique théatral, littéraire, musical et artistique.\nPréface de Me René Lafon. (Paris Schleicher frères, in 12° de 132 pp. Fr. 2.50)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c055", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c055", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 68, "image_fin": 68, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.14", "titre_corps": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.68", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2359, "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE\nSÉANCE DU LUNDI 7 NOVEMBRE 1910\nLa Seance est ouverte a 2 heures a la Bibliothèque Nationale. Assistaient à cette Séance :\nM. Malherbe, Président, MM. Ecorcheville, L. de la Laurencie, J.-G. Prod'Homme, Poiréej\nDauriac, M. et Mme Lefeuve, Ch. Legrand, Ch. Petit, Cesbron, Laugier, H. Marcel)\nM. Gandillot, G. Knosp, F. Guérillot, Tiersot, A. de Bertha, Mme Brenet, Mlle Babaian,\nMlle Daubresse, A. Trotot, E. Wagner, H. Quittard, L. Greilsamer, A. Boschot, Laugier,\nDocteur Marage.\nLa Séance est consacrée à l'audition des instruments anciens (luth, théorbe, clavecin,\nclavicorde), que notre Collègue de Boston, M. Arnold Dolmetsch, est parvenu à reconstituer\naprès de patientes recherches. M. Malherbe souligne tout l'intérêt d'une telle reconstitution,\net remercie M. Dolmetsch de bien vouloir consacrer à notre Section, quelques moments de\nson court séjour à Paris.\nM. Dolmetsch prend ensuite la parole. Il dit ses premières études pour la reconstitution\ndes instruments anciens, d'abord en Angleterre, puis en Amérique où il eut la bonne fortune\nde rencontrer en MM. Chickering et fils, les facteurs de pianos de Boston, d'enthousiastes\nadmirateurs, qui, en mettant à sa disposition leur personnel et leurs ateliers, lui permirent de\npoursuivre efficacement ses expériences.\nM. Dolmetsch exécute sur le luth des pièces anglaises, françaises et écossaises ; sur le\nclavicorde, une Chaconne de Haendel, deux sonates de Scarlatti, une toccata de Purcell, la\nSuite en mi de Rameau ; celle en Sol de Bach ; sur le clavicorde, des pièces du Clavecin bien\ntempéré, et du livre de Anna-Magdalena Bach, une Sonate de Mozart.\nMiss Victoria Harrell et Mademoiselle Madeleine Bonnard, chantent l'une et l'autre,\naccompagnées au théorbe.\nAu cours de cette audition, M. Dolmetsch donne différentes explications, tant sur ses\ninstruments que sur la musique qu'il exécute, en insistant sur l'utilité des instruments anciens,\nau point de vue de la compréhension des œuvres anciennes.\nPuis, M. Dauriac parle de la famille Dolmetsch ; il rappelle que le grand'père de\nM. Arnold Dolmetsch se rendit de Stuttgard à Zurich au début du XIXe siècle, et qu'il prit\npart avec Naegeli aux célèbres éditions de Bach. Ses fils furent des virtuoses : l'un d'eux\nécrivit vers 1860 un morceau intitulé \" Le Hamac. \"\nLa Séance est levée à 4 heures 1/2.\nS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c056", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c056", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 69, "image_fin": 70, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.15", "titre_corps": "LA COMMISSION DU CORPUS SCRIPTORUM DE MUSICA MÆDII ÆVI", "titre_sommaire": "LA COMMISSION DU CORPUS SCRIPTORUM DE MUSICA MÆDII ÆVI", "signature_source": "J. E", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.69", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3101, "texte": "LA COMMISSION DU CORPUS\nSCRIPTORUM DE MUSICA MÆDII ÆVI\n\nIl y a quelques années l'un de nos plus éminents collègues M. le Dr Guido Adler,\nprofesseur à l'Université de Vienne, et le promoteur de ces grand Denkmaeler qui ont rendu\ntant de services à l'histoire musicale lança l'idée d'un vaste de tous les traités de théorie\nmusicale du moyen âge. Cette entreprise considérable ne pouvait réussir qu'avec l'appui d'un\ncomité international, qui se forma dans notre société et qui se mit aussitôt à l'œuvre.\nCette commission, après avoir constitué ses règlements se réunit à Vienne en 1909, et\nvient se d'être convoquée à nouveau à Munich en ybre dernier. Notre pauvre collègue\nPierre Aubry, qui se trouvait à la tête du groupe français, ne pouvant se déplacer à cette\népoque m'avait chargé de le représenter à la séance de septembre, puisque aussi bien nos fêtes\nfrançaises m'obligeaient à me trouver en Bavière à ce moment.\nCette conférence se tint à l'Université de Munich le 15 septembre en présence de\nM.M. Guido Adler [Autriche),président, le R.P. don Amelli J. Ecorcheville\nA. Thurlings recteur de l'Université de Berne et P. Wagner [Suisse), Johannes Wolf [Prusse),\nH. Abert [Saxe), Sandberger et Th. Kroyer [Bavière), Ludwig (Strassbourg), Chybinski et\nJachimecki [Pologne),Scheurleer [Pays-Bas).S'étaient excusés M.M. Barcly Squire\nDom Gaisser [Rome), Kretschmar [Berlin), Krohn (Helsingsfors), Dom Mocquereau [lle de\nWight), Sachetti [St. Petersbourg),Woolridge [Ox\nAprès les formalités d'usage et les discours de bienvenue, le président fit l'éloge de\nnos collègues Pierre Aubry (Paris), F. Haberl (Ratisbonne), O. Koller. Chaque nation\nprésenta un rapport sur les travaux de la commission dans son pays. En Autriche, en Suisse et\nen Angleterre, les travaux de bibliographie et de dépouillement des bibliothèques sont terminés.\nEn Allemagne ils sont en train et seront achevés pour le congrès de Londres (1911). En\nItalie, ils suivent les dépouillements de la société des Musicologi Italiani. En Belgique et en\nFrance rien n'a encore été fait. La France s'engage à terminer la bibliographie d'ici le congrès\nde Londres, à la réserve du fonds latin de la bibliothèque nationale. La Russie oppose à toute\nentreprise Internationale une inertie complète et la plus mauvaise volonté. M. Jachimecki est\nchargé de poursuivre ses efforts de ce côté. En Espagne notre collègue M. Collet a pris des\ndispositions pour achever cette bibliographie aussi vite que les conditions du travail dans ce\npays le permettent. En Hollande M. Scheurleer s'entendra avec le Professeur Wolf.\nLe professeur Sandberger pose la question financière. Le gouvernement d'Autriche-\nHongrie avait accordé un crédit de 3000 couronnes qui permit de dresser la bibliographie\ndans ce pays. Il a désormais inscrit au budget de l'lnstruction publique 5000 couronnes affectés\nau Corpus. A Berlin, l'Académie des Beaux-Arts a donné une somme de 1,50° mk- et se\npropose de continuer une contribution de ce genre, à la condition que le Corpus observe\ncertaines prescriptions paléographiques. La Suisse estime que le gouvernement confédéral"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.70", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2384, "texte": "donnera par annuités une somme de 5000 francs. La Bavière obtiendra quelque chose, la\nHollande aussi. En Angleterre les Académies ont été pressenties. En France aucune demande\nn'a encore été faite. L'ensemble de la publication comprenant tous les traités du VIP au\nXVIe siècle, avec les frais de bibliographie et l'appareil critique nécessaire atteindra certainement\nle chiffre de 150.000 francs.\nLes matériaux à mettre en œuvre et à publier seront ainsi réparties :\nl° 'Période preguidonienne, les Bénédictins de Solesme.\n2° Guido et ses commentateurs, Dom Amelli.\n30 Les traites liturgiques de 1200 à 1600, MM. Hermann Mtiller et Mathias.\n40 U Ars Antiqua,MM. Ludwig et Ecorcheville.\n5° U Ars Nova, M. Johannes Wolf.\n6° De 1450 1600, MM. Reitsch et Kroyer.\nA la demande de MM. Gastoné et Dom Gaisser une question concernant les traités\nbyzatins se trouve posée. La commission, bien que n'ayant eu en vue que les traités de langue\nlatins ou vulgaire, est disposée à entendre les propositions qui lui seront faites à ce sujet.\nM. Ecorcheville est chargé de représenter la France dans la commission du Corpus en\nremplacement de M. Aubry et de diriger d'une commun accord avec ses collègues les travaux\ndu Corpus en France.\nL'entreprise considérable que constitue cette édition critique semble donc en bonne\nvoie. Les travaux préparatoires de bibliographie seront sans doute achevés dans l'Europe\nentière d'ici trois ans ; ils le seraient l'année prochaine si l'ltalie et l'Espagne se hâtaient. La\nbesogne se trouve dès maintenant divisée entre différentes compétences. La France a tenu à\nconserver dans sa part l'art des mensuralistes du XIIIe siècle, art éminement parisien.\nMalheureusement la mort de Pierre Aubry enlève à notre pays le seul savant qui eut\nvéritablement droit de s'adjuger ce labeur, et nous avons du prier notre collègue le Dr Ludwig\nde l'Université de Strasbourg de bien vouloir se substituer à lui, et s'associer à nous. De\nnotre côté, une fois la bibliographie achevée sommairement, grâce aux catalogues des Mss.\ndes Bibliothèques de France, nous espérons trouver auprès de notre gouvernement et de nos\nAcadémies les ressources qui nous permettrons de former un matériel photographique complet\nde tous ces Mss. et contribuer ainsi à ce grand oeuvre international.\nLa commission du Corpus se réunira à nouveau à Londres au printemps prochain.\n\nJ. E."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c058", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c058", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 71, "image_fin": 71, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.16", "titre_corps": "RECTIFICATION", "titre_sommaire": "RECTIFICATION", "signature_source": "J. Ecorcheville", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.71", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1267, "texte": "RECTIFICATION\nJ. Ecorcheville.\nJe reçois du Président de notre Section de Paris la lettre suivante :\nParis, 29 Novembre 1910.\nMonsieur le Directeur,\nUne notice nécrologique sur M. Pierre Aubry a été publiée dans le Bulletin de la S. I. M. du 15 Octobre\ndernier. Absent de Paris quand ce N° a paru, je viens seulement d'en prendre connaissance, et j'y trouve, à ma\ngrande surprise, la dite note signée de mon nom.\nLa vérité m'oblige à déclarer hautement qu'il a été fait un regrettable abus de ma signature, car je n'ai\npas rédigé cet article ; je n'en suis l'auteur, ni direct, ni indirect ; donc, je le désavoue pleinement.\nVeuillez faire dans le prochain N° de la S. I. M. une rectification que je juge indispensable à mon hon-\nneur personnel, et agréer l'assurance de ma considération très distinguée.\nCHARLES MALHERBE\nPrésident de la Société Internationale de Musique\n(Section de Paris)\nJ'insère d'autant plus volontiers cette rectification que je suis moi-même l'auteur de ce\ntexte nécrologique. En disposant dans cette circonstance de la signature de notre président,\nj'avais cru accomplir un acte purement administratif. Je n'avais pu encore réunir les matériaux\nde l'article que je compte consacrer à Pierre Aubry et qui paraîtra dans notre numéro de janvier."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c059", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c059", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 71, "image_fin": 73, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.17", "titre_corps": "CONGRÈS DE LONDRES", "titre_sommaire": "CONGRÈS DE LONDRES", "signature_source": "R. F", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.71", "debut_caractere": 1269, "fin_caractere_exclue": 3318, "texte": "CONGRÈS DE LONDRES\n\nLe congrès qui doit réunir nos membres à Londres à la fin de mai prochain, paraît devoir\nêtre particulièrement brillant. Lors du congrès de 1909, à Vienne, le gouvernement austro-\nhongrois, la Ville et différentes institutions avaient réuni un fonds de 100,000 francs pour\nhonorer la musique et les congressistes. L'Angleterre a eu recours à un autre système. Elle\nvient de former un comité de garantie dont les fonds réunis à ce jour s'élèvent à 8.000 livres\nst. soit 200.000 fr. On peut donc être assuré que nous serons bien reçus.\nLe comité de patronage présidé par M. Balfour comprend les noms suivants : duchesse\nd'Abercorn, duchesse de Norfolk, duchesse de Sutherland, comte et comtesse of Clonmell,\ncomte de Dysart, comte Howe, comte de Pembroke et Montgommery, comte de Plymouth,\ncomte de Shaftesbury, comtesse de Randor, Vicomte Iveagh, Lady Arthur Hill, Lady North-\ncote, Lady Mary Trefusis, Lord Alverstone, Lord Burnham, Lord Arthur Hill, Lord\nHoward de Walden, Lord Ludlow, Lord Strathcona, Baron Frédéric d'Erlanger, RH. Charles\nStuart Wortley, H. A. Nelson Hood, H. Harry Lawson, Sir Edgar Speyer.\nA la tête de la section de Londres se trouvent Sir Alexander Mackenzie, président,\ndirecteur du Royal Collège of Music, MM. Mac Lean, Cummings, Sir Hubert Parry,\nFrederick Bridge, C.V. Stanford, Granville Bantock, Littleton, Niecks etc.\nLes comités ont pris part à une première réunion le 14 décembre à la Mansion House,\nsur l'invitation du Lord Maire de Londres et sous la présidence de M. Balfour. Le pro-\ngramme général soumis à l'approbation des membres comprend à côté des travaux proprement\ndits du congrès, les solennités suivantes :\nUne réception générale. Deux concerts au Queen Hall. Un concert historique de\nmusique de chambre organisé par M. Fuller Maitland Une audition de la Société Hudders-\nfîeld Choral (300 choristes). Deux exécutions d'ancienne musique religieuse anglaise à St.\nPaul et à Westminster. Une audition d'orchestres militaires groupés. Une soirée à\nl'opéra. Un thé. Un Banquet au Savoy."}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.72", "debut_caractere": 44, "fin_caractere_exclue": 2014, "texte": "(27 Novembre 1848-10 Septembre 1910).\nC'est avec une douloureuse stupeur que nous avons appris, au cours des vacances\ndernières, la disparition brutale et subite de Georges Cesar-Franck. Rien ne pouvait taiie\nprévoir la fin prématurée de cette intelligence restée si jeune, si active, qui rappelait souvent\ncelle de son Père. On ne peut croire que cet esprit si lumineux se soit éteint pour toujours,\nque cette voix extraordinaire, si chaude et si vibrante, se soit tue a jamais.\nLa mort de Georges Franck est une grande perte pour l'Université de France et pour\nl'art français. Professeur d'histoire de l'art dans l'enseignement secondaire et supérieur, il avait\nprovoqué de grands enthousiasmes, au Lycée Lakanal, à la Sorbonne, à l'Ecole Normale de\nSèvres, au Cours Patin Bastard. Partout où il professait il était apprécié et il était aimé.\nC'était une nature d'artiste. Durant les vacances, seul moment où il goûtait un peu de\nrepos, il s'adonnait à l'aquarelle avec passion. Il a laisse a ses enfants et a quelques raies amis,\ndes souvenirs pleins de vérité. Il était merveilleusement doué pour la musique. Sa mère\nd'abord, puis son père avaient dirigé son éducation musicale. Au Collège Rollin, où il avait\nfait des études excellentes sous les soins affectueux du Directeur des Etudes, M. Auguste\nPierceau, son parent, il avait un piano, placé sur le palier de 1 escalier montant aux dortoirs,\net aux heures de récréation, il étudiait Mozart, Bach, Beethoven. En rhétorique, il s était\ndéjà acquis une célébrité musicale ; camarades, élèves des autres classes, maîtres d'études,\nprofesseurs, et même quelquefois les grandes autorites se groupaient autour de son piano. Le\nDimanche, il prenait sa leçon avec son pere. Peu a peu César Fianck mettait son fils au\ncourant de son travail de chaque jour, et de ses projets d'avenir. Ils jouaient souvent ensemble\nà quatre mains et c'était une oie pour le père de voir son fils comprendre et rendre comme\nlui la musique."}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.73", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 4035, "texte": "Personne n'a mieux connu César Franck que son fils Georges. S'il ne lui ressemblait\npas d'une façon frappante au point de vue physique il avait pourtant les mêmes gestes, la\nmême démarche, parfois même les mêmes éclats de voix. Comme son père, il s'était réservé\nun \" Temps de la Pensée, \" et il y méditait le plan de ses admirables leçons de la Sorbonne\nqui rappellent tout à fait, parait-il, la manière et la méthode de notre grand Michelet.\nCes Cours de la Sorbonne, limités d'abord à quelques leçons chaque année avaient eu tout\nde suite un immense succès. Etendus, en 1899 à l'année entière, ils avaient été transférés du\nvieil amphithéâtre provisoire, à l'amphithéâtre Guizot ; puis, celui-ci devenant trop petit à son\ntour, au grand amphithéâtre Richelieu. Georges Franck y développa, en un admirable cycle\nde leçons, toute l'histoire de l'art moderne, depuis les origines de l'art chrétien jusqu'au\npréraphaélisme anglais.\nIl n'avait rien d'un orateur, si l'on entend par talent oratoire un certain ensemble d'artifices\nde parole, plus ou moins persuasifs. Et cependant, nul orateur n'a jamais captivé son public\ncomme il captivait le sien : son érudition, toujours de niveau avec les dernières découvertes de\nl'archéologie et de l'histoire, inspirait tout de suite la confiance. La sincérité de ses convictions,\nla chaleur avec laquelle il les exposait, rendaient son enthousiasme contagieux et irrésistible.\nSe trouvait-on en face d'une tradition mal établie, fut-elle consacrée par toutes les sanctions\nimaginables, il n'hésitait pas à la saper par la base, s'acharnant, s'indignant, avec une véhémence\ndont il était le premier à sourire. Malgré l'acharnement qu'il mettait à défendre ses théories,\nGeorges Franck n'était point un démolisseur. Son esprit très fin ne s'exerçait jamais aux\ndépens de personne. Avait-il à dépeindre deux artistes tout différents : dédaigneux d'un facile\nparallèle, il ne les opposait pas l'un à l'autre, il les rapprochait, cherchant plutôt les points de\ncontact que les divergences. Et une harmonie profonde résultait de sa parole. Son vocabulaire\nlui -même avait gardé quelque chose de musical, comme s'il n'avait pu se défaire de certains\nmots appris dés l'enfance : une cathédrale était une symphonie de pierre, tel motif en était le\nthème conducteur et les mots de rythme et d'harmonie étaient de ceux qui revenaient\nconstamment à ses lèvres. Pour beaucoup de ses auditrices, il est resté le type de l'initiateur\nartistique ; comme son père, il exerçait une sorte de rayonnement sur ceux qui l'approchaient\net il réussissait à leur communiquer quelque chose de ses enthousiasmes artistiques.\nSon immense labeur ne lui avait jamais permis de mener à bonne fin un projet qui lui\ntenait de bien près au cœur : publier une vie de son père, et nous rendre le César Franck\nintime, vivant et vécu que lui seul aurait pu écrire. L'œuvre ne sera pas faite et nous ne\nsaurions trop le déplorer : Georges Franck est mort trop tôt. Ses forces le trahirent brusque-\nment cet été en terre étrangère, sur les bords de ce lac de Thun qu'il affectionnait particu-\nlièrement. Ses élèves perdent en lui un maître irremplaçable, un ami charmant et dévoué qui\nsavait d'un regard vous redonner courage et vous remettre dans le bon chemin. On le regrettera\nlongtemps, toujours, et il sera beaucoup pleuré parcequ'il était très aimé.\nL'un de ses plus chères élèves, la petit fille d'un grand savant, vient de prendre l'initiative\nd'un mouvement touchant. Il s'est formé grâce à elle un Comité d'élèves et d'amis qui aura\npour but d'ériger un monument au cimetière de Sceaux où repose Georges César-Franck.\nLa Souscription fermée le I 1 Janvier prochain, est ouverte aux adresses suivantes :\nM. Daux, proviseur du Lycée Lakanal.\nM-1I(' Belugon, Directrice de l'Ecole de Sèvres.\nMlUeS.Bastard et Cote des Combes, au cours Patin, 4 rue Pasquier.\nM. Pierre Lafenestre, 5 Avenue Lakanal, Bourg la Reine.\nMlle Vallery Radot, 3 rue St Dominique.\nEt aux bureaux de la Revue Musicale S. I. M., 22 Rue St. Augustin,\n\nR. F."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c060", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c060", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 72, "image_fin": 72, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.17.1", "titre_corps": "Georges César-Franck", "titre_sommaire": "Georges César-Franck", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.72", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 42, "texte": "Georges César-Franck"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c061", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c061", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 74, "image_fin": 74, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.18", "titre_corps": "LES FÊTES DE CHOPIN A LEMBERG Au centre: Paderewski, et près de lui Madame Landowska", "titre_sommaire": "LES FÊTES DE CHOPIN A LEMBERG Au centre: Paderewski, et près de lui Madame Landowska", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.74", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 84, "texte": "LES FÊTES DE CHOPIN A LEMBERG\nAu centre: Paderewski, et près de lui Madame Landowska"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c062", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c062", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 76, "image_fin": 78, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.19", "titre_corps": "Les Fêtes Chopin à Lemberg", "titre_sommaire": "Les Fêtes Chopin à Lemberg", "signature_source": "Henri Lew Landowski", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.76", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3591, "texte": "Les Fêtes Chopin à Lemberg\n\nLes fêtes de musique polonaise à Lemberg ont été vraiment imposantes et j'ai pu\nconstater non sans orgueil national qu'elles ne cédaient en rien aux fêtes de Haydn à Vienne,\naux 'Bachfesteà Duisburg et aux Festivals de musique française à Munich.\nLa participation très active de Paderewski a donné à cette fête un éclat et une splendeur\ntoute particulière ; c'est que le grand interprète de Chopin, glorieux dans le monde entier\ncomme musicien, a encore d'autres titres à l'admiration dans son pays natal, ceux de grand\npatriote et de donateur généreux. Après avoir doté la ville de Cracovie d'un monument\nsuperbe il a offert à la ville de Lemberg de patronner les fêtes en l'honneur de Chopin, qu'il\ns'engageait à interpréter dans tous les concerts. Malheureusement, des névralgies qu'il ressen-\ntit ces temps derniers et que nous espérons passagères, l'ont forcé à ne tenir sa promesse qu'à\nmoitié : il se fit entendre à plusieurs reprises mais comme... orateur. Nous savions déjà par\nses discours à Cracovie que Paderewski orateur est aussi grand que Paderewski pianiste, mais\nsa conférence sur Chopin au concert de l'inauguration a surpassé toutes nos attentes.\nLes journaux polonais ont donné in extenso ses quelques pages de belle littérature, mais je\ncrois que je n'oserai jamais les lire car elles manqueront toujours pour moi de ces accents\nfiévreux, de ces nobles transports, de ces modulations capricieuses et de toute cette infinité de\nnuances que possède l'art inégalable de notre orateur-musicien. Lassés, fatigués par une\nmatinée trop remplie de musique et de conférences, nous entendîmes ce discours enflammé\ndurant une heure et demie sans un moment d'impatience ou de défaillance.\nSon langage très recherché, très ciselé, est cependant simple, clair, naturel,\ncomme le doit être celui d'un tribun populaire, mais un tribun aux gestes nobles, aux\nmanières aristocratiques, harmonieux même dans ses exclamations les plus dramatiques et\ndans ses défis les plus explosifs lancés à la face de nos oppresseurs. Et quand il a terminé par\ncette phrase risquée dans la bouche de tout autre : \" Chopin, c'est nous ! s'il est grand, il l'est\npar notre grandeur et s'il est beau, il l'est par notre beauté ! \" Paderewski fut vraiment\nbeau.\nJe m'arrête de crainte de tomber malgré mon enthousiasme très sincère dans un ton\ndéclamatoire que j'abhorre. Les critiques et les fabricants de compte-rendus ont abusé des\nadjectifs louangeurs, ont assez souillé les mots : \" divin, admirable, grandiose, colossal \" et je\nne me sens point la force d'en inventer d'autres dans le wagon où j'écris cette lettre de\nPologne.\nPaderewski a été fêté comme un roi. \" Pourquoi me gâter ainsi, se plaint-il dans un\nde ses discours suivants ; à Cracovie on parlait de moi plus que du Grunwald, ici à Lemberg\nvous me donnez plus de place qu'à Chopin... que faire, c'est bien là notre nature polonaise,\nexcessive, sans frein, sans mesure, c'est le tempo de notre caractère, qui fait que nous\ndonnons toujours ou trop ou pas assez \"\nEtait-ce peut-être une allusion à sa jeunesse quand, pauvre, il a dû quitter son pays,\nchassé par les ricanements des pions et des critiques qui lui refusaient tout talent parce\nqu'il ne levait pas assez haut son quatrième doigt ! Et il a dû courir le monde durant de\nlongues années, dévoré par une nostalgie égale à celle de Chopin, jusqu'au jour où il devint\nle grand musicien et l'interprète célèbre dans le monde entier. Virtuose, il ne le fut jamais,\ndu moins dans le sens que nous donnons à ce terme à l'heure présente. Le virtuose c'est le\n\na"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.77", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3881, "texte": "calculateur qui combine froidement ses effets pour éblouir le public ; c'est le joyeux commis-\nvoyageur en art qui, le soir, penché sur son clavier, nous parle souffrances, c'est le chercheur\nde réclame sans scrupule, le coureur de dot et de gain, qui, armé de son archet, veut nous\ndonner des leçons d'amour et de désintéressement.\nToute la vie, toute la carrière de notre grand compatriote fut toujours sincère, noble et\ngénéreuse et les honneurs qui lui ont été rendus durant ces dernières fêtes furent des plus\nmérités et nullement excessifs.\nLe Concert d'lnauguration nous a apporté une œuvre de circonstance de Zygmunt\nNoskowski, compositeur de talent, mort l'année dernière ; le titre en est un peu prétentieux :\nLa Fie de la Nation. Ce sont des variations symphoniques sur le thème du Prélude en la mai.\nde Chopin. J'avoue avoir manqué le Te Deumd'Elsner qui fut, comme 011 le sait, le maître\nde Chopin. Mais cette pièce a suivi le discours de Paderewski, qui fut le plus beau poème\nsymphonique en paroles et après lequel on \" ne veut rien de plus, on ne veut rien de\nmieux, pour contenter l'esprit et l'oreille et les yeux. \"\nLe deuxième Concert fut entièrement consacré à la musique polonaise ancienne. Le\nprogramme, très intéressant, comprenait des œuvres totalement inconnues et même inédites :\ndes chœurs a capellade Jean Polak (Joannes Polonus) de la fin du XVIe siècle et de Waclaw\nSzamotulski du commencement du même siècle ; une petite cantate de Bartholomieï Pekiel\ndu XVIIe siècle ; un Magnificat de Nicolaï Zielenski du commencement du XVIIe siècle ;\nune sonate pour deux violons et orgue ou clavecin de S. S. Szarzynski du XVIIe siècle et\ntoute une série de pièces de luth et de clavecin de Podbielski, Dlugoraj, Diomedes Cato et\nautres que M\"10 Wanda Landowska a exécutées au clavecin.\nEt cela nous fut une véritable joie de constater que ce programme a intéressé au plus\nhaut degré non seulement les musiciens, mais le très nombreux public, car la grande salle du\nthéâtre de Skarbek était archicomble. Quant à la soliste de la soirée, une vague parenté qui\nme lie à cette personne m'empêche de dire tout le bien ou tout le mal que j'en pense. Il\nserait à désirer que les œuvres de l'ancienne musique polonaise qui moisissent dans les biblio-\nthèques ou chez des collectionneurs parussent, à l'instar des Denkmaeler der Oesterreicher\nTonkunst,sous le contrôle des musiciens instruits qui les sauvegarderaient de toute transcription\nsacrilège.\nM. Maurice Rosenthal est venu de très loin pour prendre part au troisième concert.\nPeu de musiciens savent que l'éblouissant pianiste est polonais natif de Lemberg. Il a rayé de\nson programme toute pièce pouvant donner lieu à une exhibition de la virtuosité, nous prou-\nvant ainsi que, pour honorer Chopin, on doit éviter les tours de force, les sauts périlleux, le\nfracas inutile, et garder tout cela pour le gros public.\nAu quatrième concert nous avons entendu M. Schelling, un élève de Paderewski que\nle maître entourait de soins paternels. Cependant M. Schelling doit son succès à ses mérites\npersonnels, c'est un pianiste de tout premier ordre, au toucher délicat, à la sonorité ronde et\npleine et d'un goût sûr.\nLe cinquième concert a été consacré aux compositeurs vivants. Après du\nvieux maître Ladislas Zelenski tirée de son opéra \" [anek \" nous avons entendu un poème\nsymphonique de M. Ludomir Rozycki, qui compte parmi les plus intéressants compositeurs\nde la jeune Pologne. A peine âgé de 26 ans M. Rozycki a écrit plusieurs opéras et toutes une\nsérie de pièces symphoniques. Son poème An hellest de toute beauté. Le prof. Melcer, com-\npositeur qui compte en même temps parmi nos meilleurs pianistes, a exécuté son\npour piano et orchestre qui fut récompensé en 1895 au concours Rubinstein. Le de la\nsoirée, la symphonie en si mineur de Paderewski dirigée par M. Opienski fut accueillie avec"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.78", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 2211, "texte": "des ovations très prolongées. On connaît cette œuvre à Paris où elle a été exécutée sous la\ndirection de M. Messager.\nLe sixième, le concert populaire, fut précédé d'une conférence de M. Edouard\nWalter et comportait un très riche programme, très varié, qu'il nous a été impossible de\nsuivre, car en dehors des concerts, des réunions, nous avons eu une avalanche de réceptions.\nParmi les plus réussies nous devons compter celle de S. Ex. Tchorznicki le président du\nComité et celle de la Csse Pélagie Skarbek la petite fille de Frédéric Skarbek qui fut le parrain\net le protecteur de Chopin et qui elle-même est une artiste de grand talent, d'ailleurs bien\nconnue à Paris.\nLe banquet offert par la société littéraire et artistique suivi d'une séance musicale impro-\nvisée fut parfait, d'atmosphère cordiale et enjouée.\nLe Congrès des musiciens polonais a été présidé par l'abbé Surzynski, le fameux historien\nde la musique religieuse en Pologne. Dans son discours d'ouverture le président a souligné les\ngrands mérites pour la musicographie du Dr A. Chybinski et du Dr Jachimecki. Les travaux\nont été divisés en trois sections. Parmi les très intéressantes conférences je mentionnerai celles\ndu Dr Berson sur La réforme dans la notation de celle de M. Henri Opienski sur\nLa nécessité des cours d'Histoire de la musique, celle de M. Rosenzwejg sur L'Avenir de\nl'esthétique musicale. M. Ignace Fuhrman, le secrétaire du Comité Chopin, a parlé de F unifica-\ntion de la nomenclature musicale en Pologne.Mme Cornelie Parnass nous a fait connaître quelques\npetites pièces inconnues et quelques variantes de Chopin ainsi qu'un album de compositions\ninédites de celle qui lui inspira son premier amour, Marie Wodzinska. Je parlerai dans le\nprochain numéro des décisions du comité et du mouvement musicographique en Pologne.\nQu'il me soit permis maintenant d'adresser de chaleureuses félicitations au Président, à\nSon Excellence Alexandre Tchorznicki, au vice-président, au grand écrivain Adam\nKrechowiecki, et surtout à M. Stanislas Niewiadomski, notre Schubert polonais, qui fut\nl'énergique organisateur de toutes ces fêtes, ainsi qu'à son vaillant adjudant M. Ignace\nFuhrman.\n\nHenri Lew Landowski."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c064", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c064", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 79, "image_fin": 108, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.20", "titre_corps": "Théâtres et Concerts", "titre_sommaire": "Théâtres et Concerts", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.79", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3452, "texte": "Théâtres et Concerts\n\nMACBETH. Drame lyrique, musique d\nIl est toujours un peu téméraire d'inoculer le virus de la musique à une œuvre profondé-\nment saine, et qui se porte à merveille depuis des siècles. Ce qui précisément crée le chef\nd'œuvre, c'est un certain équilibre de tous les éléments de vie, et de toutes les convenances\nartistiques. Le Macbeth de M. Bloch en est un nouvel exemple après tant d'autres, et un\nexemple saisissant par le redoutable talent musical qu'il nous révèle. Séduit par l'horreur de ce\ndrame, M. Bloch a pensé qu'il trouverait là une occasion de montrer son art trépidant et\ncomplexe. Et en vérité, ce musicien arrive à nous donner une parfaite idée de la façon dont il\nmanie, ce que Victor Hugo appelait \" l'informe hurlant. \" Mais n'aurait-il pu le faire, et\nbeaucoup mieux, à ses propres risques, sans entraîner Shakespeare dans l'aventure ?\nL'horreur de Macbeth a fait naître dans l'imagination de Shakespeare une intrigue qu'on\npeut appeler littéraire, c'est-à-dire, dans laquelle la poésie, et l'intelligence claire, lucide, logique\nont leur part. La pièce anglaise nous élève ainsi au-dessus de la brutalité des événements, elle\ndonne un sens à la réalité qu'elle éclaire. Mais la musique, et surtout celle de M. Bloch ne\ns'adresse plus qu'aux sens exaspérés. Elle nous replonge dans la grossièreté du fait divers. Elle\ndonne le frisson, c'est entendu, mais rien que le frisson. Les paroles disparues dans le fracas\nd'un orchestre moderne, il reste tout juste une lamentable histoire qui se traîne dans un joli\ndécor moyen âge, et qui étire pendant quatre heures et demie son mélodrame vieillot.\nOn peut très bien concevoir le drame musical comme une crise rapide, et pour ainsi dire\nhystérique. C'est le cas de Salomé et d'Elektra. Mais Richard Strauss, lorsqu'il tente de nous\nasséner un terrible coup, nous tient tout juste une heure et demie, et sans entr'acte. Le coup\nest porté, et chacun se retire. C'est juste le procédé opposé à celui de Shakespeare qui veut que\nson auditeur se resaisisse, et se dégage pour ainsi dire du drame lui-même. Macbeth, encore une\nfois, perd tout à être mise en musique, puisqu'elle perd l'élément shakespearien qui la rendait\nprécieuse.\nLes critiques d'ordre esthétique que je formule ici contre la pièce de l'Opéra-Comique,\nn'atteignent pas le talent très réel et très fougueux du solide musicien qu'est M. Bloch, et que\nnous espérons bien voir à l'œuvre une autre fois.\nLa 84e année des Concerts du Conservatoire, le Millième Concert Colonne,la 30e année des\nConcerts Lamoureux ! Faut-il conclure de ces chiffres que la France se convertit sincèrement\nà la musique et qu'elle y devient une fonction sociale ? Quoi qu'il en soit, l'évolution est trop\nbien établie pour cesser ou même se ralentir. Après avoir entendu de la musique par snobisme,\nquelques centaines de Parisiens l'entendent par goût et par besoin et finissent par la comprendre.\nC'est la symphonie Héroïque qui a ouvert la saison au bien jouée certes\npar l'orchestre, mais assez alourdie aussi par M. Messager dans certains passages, le milieu du\nfinale par exemple, ou le mouvement fut par trop lent. La Thamar, de Balakirew, qu'on\ndonnait pour la première fois, est une de ses meilleures pages. Avec quelques développements,\nil en eût fait un merveilleux ballet. Mais n'y cherchez pas autre chose que du pittoresque. La\nNuit, chœur de Saint-Saëns pour voix de femmes, arrivait des Concerts Colonne au Conser-"}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.80", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 4001, "texte": "vatoire sans éclat, ainsi qu'il convient, trop calme même. Mlle Campredon a fort agréablement\nchanté les trilles du solo. Dans le Concerto de piano en sol, de Beethoven, Mme Alem-Chené\na eu de la finesse et du charme, à défaut de puissance. L'œuvre exige d'ailleurs peu de force.\nLa deuxième symphonie de Balakirew, au Concert Lamoùreux, fut une vraie nouveauté\ncar c'est peut-être la dernière œuvre de l'auteur et elle n'avait été exécutée qu'une fois à\nSt Petersbourg, l'an dernier. Le développement symphonique y fait défaut, et à vrai dire, elle\nn'a de symphonie que le titre. C'est un peu simple de facture, cela manque de procédé et de\nstyle. Mais quelle sincérité dans les motifs et dans leur présentation et quelles jolies trouvailles\nsonores ! Le poème symphonique de M. Lucien Lambert, \" Prom'nons nous dans les bois \"\nest une page aimable et amusante. M. Cheviilard l'a fait suivre des Murmures de la Forêt,\nde Siegfried, avec quelque malice. On a beaucoup applaudi le Don Juan, de M. Strauss. C'est\n['antithèse de Balakirew. On attendait beaucoup des fragments d'Eros vainqueur, les scènes\nlyriques de M. de Bréville, représentées avec succès à Bruxelles. On eut quelque déception.\nNon que cette musique soit banale, mais, écrite dans une tonalité volontairement grise, discrète,\net infiniment distinguée elle porte peu et le public ne lui a pas rendu justice. Baba-Yaga, de\nLiadow, est une drôlerie musicale tout à fait réjouissante, présentée avec une dextérité\nmerveilleuse et fort bien rendue par l'orchestre de M. Cheviilard. Mais quel bariolage que ces\nprogrammes où Liadow coudoie M. de Bréville !\nM. Cheviilard a jusqu'ici, heureusement choisi ses solistes : Mlle Dehelly, dans un\nConcerto de Liszt, Mmes Isnardon et Le Senne, Mlle Calo, Mlle Croiza, M. de Lausnay\ndans un Concerto de Lalo, etc.\nC'est par Beethoven que M. Pierné a célébré le millième Concert de /'Association\nArtistique (Concert National le 2 mars 1873, Association Artistique en 1875). M. Kreisler\njoua le Concerto de violon, M. Clark chanta les Lieder de Gellert, l'orchestre brilla dans la\n3e ouverture de Léonore, M. Mounet Sully dit les vers de M. Emile Moreau à la gloire de\nColonne, enfin Chœurs et Orchestre s'unirent pour la 9e Symphonie. Une précédente séance\navait été consacrée à Franck et à Wagner, où Mlle Selva avait joué les Djinns ; à une autre\nM. D'lndy avait conduit son Wallenstein et reçu un triomphal accueil ; le Paradou, de\nM. Bruneau est toujours intéressant, quoiqu'on dise. Enfin citons un poème de M. Taillade\npour voix et Orchestre, l'Enfant, sur des vers de Victor Hugo, qui fut à peu près la seule\nnouveauté du mois, page pittoresque, expressive et l'écriture experte.\nMM. Séchiari et Hasselmans ont eu, pour leur rentrée, la récompense de leur per-\nsévérante initiative, car les salles étaient élégamment garnies. Un concert symphonique dans\nla semaine, quatre en matinée le Dimanche ne sont plus excessifs pour nos goûts. Mais\nil faut encore à ces deux jeunes orchestres un effort pour arriver à une exécution tout à tait\nd'aplomb. Pourquoi ne pas donner deux fois de suite les œuvres importantes et se ménager\nainsi plus de répétitions ?\nA la première séance Séchiari, on a applaudi les Trois Sorcières, de M. Léo Sachs,\nœuvre de couleur sombre, dramatique, quelque peu Wagnérienne, bien chantee par Mme Rose\nFéart. De M. Ch. Quef, une Suite Flamande, violente et populaire, presque trop. Le joli\npetit Concerto qu'est la Haffner Serenade, de Mozart, a fourni une occasion de briller à\nM. Bittar. Est-il bien vrai qu'elle n'avait jamais été jouée à Paris ? M. Hollmann, parfait\ndans la mélodie Kol Nidrei, de Max Bruch, s'est fait entendre aussi dans un concerto de sa\ncomposition, \" œuvre aimable et brève \" du \" roi des violoncellistes.\" Ainsi s exprimait le\nprogramme. Inclinons-nous.\nUn enrouement de M. Fabert causa quelque trouble au programme de M. Hasselmans\net nous priva de deux nouveautés. Correcte et bien écrite sans plus est 1 ouverture de"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.81", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3975, "texte": "M. Louis Dumas. Il faut espérer de M. Dumas, dont le Cercle de l'Art Moderne va donner\nun quatuor à cordes. Exécution un peu flottante de la 3e symphonie de Saint-Saëns, mais, par\ncontre, absolue perfection de M. Hayot dans le Concerto de Violon de Lalo et le Rondo\nCapriccioso de Saint-Saëns, qu'il a joués en grand virtuose et en grand artiste. Nous avons\nencore des violonistes à Paris.\nFeurwerk, de M. Strawinsky, aeu quelques enthousiastes. Beaucoup— et nous sommes\ndu nombre n'ont vu que trente-six chandelles à ce Feu d'Artifice et tous nos sentiments\npour la \" nation alliée et amie \" ne nous empêcheront pas de le dire. L'exécution était\nd'ailleurs plutôt vacillante.\nIl est assez délicat de parler des concerts historiques de l'Opéra Comique. M. Carré et\nM. Expert ont la louable intention d'initier le public, en seize séances, à l'histoire de la\nmélodie moderne. Qu'ils en soient loués et remerciés. Mais une toute petite conférence de\nM. Expert est insuffisante. Hâtons-nous de dire que l'auditoire en digérerait mal une plus\nlongue. Puis, au lieu de ce défilé de mélodies, quelques scènes importantes bien choisies, avec\nun petit orchestre au lieu d'un piano, donneraient une idée plus exacte de l'évolution musicale.\nL'Opéra-Comique l'avait essayé il y a quelques années, ce nous semble. Quoiqu'il en soit,\nM. Expert parle avec désinvolture et précision et, des artistes entendus dans les trois pre-\nmières séances, plusieurs furent très agréables; Mlles Bilbaut Vauchelet, Hatto, Lucy Vau-\nthrin et Martyl, MM. Francell et Gilles sont à nommer tout d'abord.\nLa Société Philharmonique a fait plus que le maximum avec MM. Kreisler et Harold\nBauer, car nous avons vu \" refuser du monde.\" Ce fut une belle séance où la virtuosité ne\nnuisit pas à une interprétation profondément artistique. Ces talents ont les mêmes mérites de\nfinesse et de pondération, la même qualité de son, la même discrétion de nuances. Au troisième\nconcert, affluence un peu moindre. Le double Quintette (M. Sechiari premier violon) donnait\nle septuor de Beethoven et une \" symphonie de chambre, \" avec piano, de M. Wolff Ferrari,\ndont il y a peu à dire en bien et en mal. Par contre, le petit trio sérénade (flûte, violon, alto)\nde Beethoven est toujours exquis, joué par des artistes comme M. Sechiari, Hennebains et\nVieux, et Mlle Helbronner a une voix agréable, égale et une excellente diction.\nLa Société J. S. Bach va donner la Passion selon St-Matthieu. Elle y a préludé par la\ncantate nuptiale pour soprano et la cantate profane \" Nous avons un nouveau gouverneur \".\nqui est une des œuvres de Bach les plus imprévues. Le vieux cantor y fait la critique de ce\nmoderne style qui allait bientôt être celui d'Haydn.\nM. Raugel dirige la Société Hœndelavec une foi qui transporterait des montagnes mais\nqui ne remédiera jamais à la défectuosité des églises pour les oratorios et l'orchestre. Il faut\nqu'il nous redonne le T. e Deum de Hasndel ailleurs qu'à S 1 Eustache. Pour parler de cette\ngrande œuvre, il eût fallu l'entendre sans résonnances, et sans échos. Revenons donc vite à la\nsalle de la rue de Trévise.\nToujours soucieux d'instruire son auditoire fidèle, la Schola a donné pour son premier\nconcert mensuel des \" suites \" de Bach, Haendel, Debussy, d'lndy, où son orchestre a montré\ndes progrès. M.'le Selva a commencé une série de concerts sur la sonate de piano avant\nBeethoven. Voilà des programmes comme il n'y en a pas assez. Dans le même sentiment\ndidactique, MUes Pironnay donneront d'ici àla fin de décembre sept séances avec conférences\nde M. Landormy sur la musique depuis le commencement du XIXe siècle. C'est la suite d'une\nsérie \" d'illustrations \" de l'histoire musicale.\nL'Union des femmes Professeurs et compositeurs est d'une incontestable activité. Elle aura\nbientôt, nous assure-t-on, son orchestre, entièrement féminin, bien entendu. Dès maintenant,\nelle donne deux concerts par mois d'une bonne tenue artistique. Le sexe laid y est admis sans"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.82", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3296, "texte": "être obligé de se laisser raser, à Tencontre de ce que prétendait irrévérencieusement je ne sais\nplus qui. Avec Mme Forte-Gex (violon), MlleCaffaret (piano), MJle Laskine (harpe), Mme Bathory\njchant), Mlle Bonnard et son XV •io de la Reine le programme n'avait rien d'ennuyeux, et les\nartistes ont été fort applaudies.\nHâtons-nous de mentionner le trio Kellert^déjà entendu l'an dernier et en appréciables\nprogrès, les trois concerts de M. Spalding,un des violonistes excellents de notre époque de virtuoses,\nun très intéressant concert du Lied Moderne où M\"\"' Marteau de Milleville a donné des œuvres\nvocales de Mme Delage Prat, de MM. Georges Hue, Langlois et Pessard (Mme Delage Prat\net M. Hue excellent dans les petits tableaux de genre,) puis le très\nbeau Qoncert Choral de la Société Spœl, de La Haye. Avons-nous des chœurs capables de chanter\nà Cappella avec ce sentiment, ce goût et cette justesse ? C'est douteux.\nMoussorgski, Mme Marie Olénine, M. Cortot ! Si vous êtes insensible à ces trois noms\nsur un programme, ne vous dites pas musicien. La séance à laquelle nous venons d'assister rue\nd'Athènes fut vraiment et absolument belle. Ce Moussorgski vous secoue, vous boulverse, sans\nrien emprunter à aucune école, sans obéir à aucun système. On ne lui résiste pas. Et quelle\ninterprètes que Mme Olénine, àla foi d'apôtre, et M. Cortot ! Ils donneront encore un concert\nle quatrième le 19 décembre, après que le S. I. M. aura paru. Allez y, c'est la grâce que\nje vous souhaite.\nLe \" Vax Quatuor\"commence sa deuxième année d'existence. Très belle exécution du\nOB quatuor de Beethoven et du 3e de Schumann par iVLVL Louis Carembat, G. 1 ouit-t,\nDrouet, A. Cruque, et de la sonate en sol mineur de Haendel pour piano et violoncelle,\njouée par M. Cruque et Mme Muller de Beaupré, l'infatigable organisatrice, dans un style\nadmirable.\nGardons-nous d'oublier le Concert de la Soc où l'art musical russe fut\nsavamment commenté par M. Louis Thomas. Citer le nom de Mme Raymonde Delaunois et\nde M. E. Trillat qui interprétèrent des œuvres de Moussorgsky, Blumenfeld, Borodine,\nBalakirew, Rachmaninoff, c'est dire tout le succès que remporta cette remarquable séance.\nEnfin reconnaissons la belle interprétation de M'lle Raunay dans deux cantates de\nSchûtz, et surtout dans la fille de Jephté de Carissimi. Il y aurait beaucoup a dire sut\ncette séance qui nous a promené de la fin du XVIII'' siècle allemand au milieu du\nXVIIe italien. L'intention est louable, la réalisation pleine de noblesse mais l'ensemble,\nmené militairement par Chevillard, manquait un peu de cet abandon qui est nécessaire\npour séduire pleinement. N importe ! Un bon point a cette belle initiative.\nLa dernière matinée donnée par Challet et M^m< Challet-Vicq était consacrée\naux œuvres de IVIM. Aubert et Duteil d Ozanne.\nDe ce dernier, la charmante Suite en forme de Sonate pour piano et violon était\nje crois, plus connue du public que le cycle de mélodies.\n\nF. Guérillot.\n\nProvince.\nLE HAVRE. UN CONCERT ESPAGNOL. Le Havre vient d'être témoin\nd'une manifestation touchante et significative en faveur de la musique espagnole. Grâce au\nconcours de Mme Miguel Alzieu, de MUe Launay, de M. de Falla, et du quatuor Willaume-\nFeuillard, Les Havrais ont eu la primeur d'un musique vraiment nouvelle."}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.84", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3666, "texte": "Ce n est pas aux lecteurs de notre Revue que j'apprendrai l'existence de la Musique\nModerne Espagnole; M. Henri Collet a publié ici même en 1908 deux articles auxquels\ndevront toujours recourir ceux qui voudront avoir sur la question les grandes données\nclaires.\nLe grand Albeniz, deux ans avant sa mort, m'avait déjà entretenu des efforts faits dans\nson pays pour dégager une musique vraiment nationale et personnelle, du sein des influences\nitalianisantes ou vulgaires qui en submergeaient le caractère initial profond, ardent, mélancolique\net colore. u II n y a pas que moi comme musicien espagnol \" me disait-il avec cette sympathie\ndébordante et cette familiarité enthousiaste que nous avons tous connue et que nous ne\ncesserons pas de regretter.\nEt deja lui seul n'ètait-il pas un témoignage merveilleux de la vitalité du génie espagnol,\ndes ressources trop méconnues de la pensée et de la sensibilité de ce peuple ? Ses propres\nœuvres ne restent-elles pas une beauté digne de tous les enthousiasmes ?\nAussi ai-je cru devoir dignement dédier ce concert et ceux qui le suivront dans d'autres\nvilles françaises et étrangères \" A la mémoire d'Albeniz \" et en faire débuter chacune des\ndeux parties par deux pièces tirées d'lberia.\nC'est à Henri Collet que nous devons de pouvoir débrouiller les grandes directrices de la\nrenaissance espagnole musicale : personnellement c'est à lui que je dç>is d'avoir pu être mis en\nrelations avec plusieurs compositeurs et d'avoir entre les mains des œuvres manuscrites qui\nfurent parmi les plus émouvantes de ce concert.\nOutre quatre pièces d'Albeniz (Evocation, El Puerto, Triana, Ameria) j'avais choisi\npour représenter les œuvres de piano la suite Sevil/a de Turinay et les Quatre Pièces Espagnoles\nde Manuel de Falla. Ce sont là des œuvres que Paris connaît, puisqu'elles y ont été inter-\nprétées, et éditées, et que leurs auteurs y vivent actuellement.\nManuel de Falla vint jouer lui-même ses pièces ; il me semble difficile qu'on puisse\ntrouver un meilleur interprète de ces œuvres délicates et nuancées : surtout de u Cubana \"\net \" Montanesa \" qui sont parmi les plus adorables pages que nous devions à la littérature\nmoderne du piano.\nComme mélodies, la délicieuse Chanson de VEtoile tirée des \" Pireneos \" de Pedrell et une\ngrave et belle mélodie de Morera \" l'Hiver.\"\nJe ne prétends certes pas avoir ainsi représenté complètement ces deux dramaturges, dont\nles œuvres dépassent considérablement les moyens et le cadre d'une séance de musique de\nchambre, mais je crois que ce sont là deux pages susceptibles d'indiquer à l'auditeur qu'il aurait\nintérêt à pousser plus loin sa connaissance du Wagner espagnol, ainsi que certains appelent\nPedrell, et de l'auteur d'Emporium.\nTrois mélodies populaires harmonisées par Olmeda représentaient mal Olmeda lui-même\ndont je pense donner quelque jour la Sonate, mais pouvaient donner au public la mesure du\nchant populaire d'Espagne qui n'est pas toujours selon nos idées préconçues. Deux mélodies\nde Villar et deux de Manuel de Falla complétaient le programme ; les premières plus con-\nformes à l'esthétique classique, les deux autres dignes de rivaliser avec nos mélodies les plus\nmodernes, au bon sens du mot.\nJ'avais cru devoir choisir précisément des œuvres qui en représentassent aussi les autres\naspects, l'aspect mélancolique et cependant ardent et inquiet dans les \"Caprichos romanticos\"\nde del Campo, grave et farouche dans la mélodie de Morera, délicat et naïf dans la chanson\nde l'Etoile de Pedrell, mélancolique et religieux dans les thèmes populaires.\n\n1 ier Concert de Musique Espagnole moderne. Le Havre le dimanche le 30 octobre 1910."}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.85", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3789, "texte": "Quatre pièces de Falla, quatre pièces d'Albeniz, et la Sévilla de Turina, représentaient\ndans ce concert le côté coloré, vibrant, expansif de l'Espagne.\nL'impossibilité où l'on est en province de répéter fréquemment des expériences du genre\nde celle-ci contraint à donner plutôt des indications que des exposés complets. Aussi pourrait-on\npuiser intarissablement dans les recueils de mélodies populaires soit parmi celles qui furent\nrecueillies par Olmeda, soit parmi les chansons catalanes qu'édita Morera.\nC'est là qu'on trouvera les indices du véritable caractère musical de l'Espagne sur lequel\nla plupart s'abusent. D'ailleurs il n'est peut-être pas de pays en Europe que les Français connais-\nsent aussi mal que l'Espagne, non seulement en tant que pays, mais en ce qui touche sa\nlittérature, ses beaux arts, et à plus forte raison sa musique, puisqu'on ignorait encore Victoria\net Cabezon en France il y a moins de dix ans et qu'on y ignore aujourd'hui un compositeur de la\nvaleur de Conrado del Campo.\nLe public s'est trouvé en face d'une œuvre admirable, pleine, originale personnelle et\nemue, les \" Caprichos romanticos''''de Conrado del suite d'impressions d'après des poèmes\ndu poète espagnol Becquer ; peut-être peut-on trouver dans le final, à la première audition,\nquelque longueur, (c'est un sentiment dont on revient ensuite) cette suite pour quatuor d'archets\nsonne d'une façon que n'atteint peut-être pas, même le quatuor de Debussy, il y a là une\ncombinaison de timbres et de nuances vraiment exquise.\nCe quatuor, en un autre programme, aurait été accueilli avec un vif succès : il n'a trouvé\nvraiment que 1 enthousiasme des musiciens et parmi ceux-là un certain nombre m'ont déclaré\nque ce n était pas espagnol.\nSavent-ils ce que c'est que d'être espagnol ? Voici une œuvre au moins doublement espagnole\npar ie caractère de son auteur, et par les thèmes littéraires sur lesquels elle s'appuie ; parce que\nbecquer était un mélancolique, un poète à la façon de Henri Heine ou de Verlaine, dirons\nnous qu'il est un écrivain allemand ou français ?\nMais u faudra du temps pour remonter un préjugé qui a de trop nombreuses références.\nPour des Français, l'art espagnol c'est un art objectif et joyeux, il n'y a pas à sortir de là: et\nc'est peut-être pourquoi, comme le faisaient remarquer il y a peu de temps encore M. Charles\nMalherbe d une part, et Henri Gauthier-Villars, les Espagnols comprennent si difficilement nos\ninterprétations de l'Espagne.\nLe champ est vaste, l'école musicale espagnole est riche : n'attendons pas cinquante ans\ncomme on 1 a fait pour les Russes pour nous apercevoir que nous nous trouvons en face d'une\nfloraison admirable nee du sol même, susceptible de donner à nos oreilles et à nos âmes des\nsensations délicieuses et des émotions rajeunissantes.\nJ ai tente dans le programme analytique 1 de ce concert d'esquisser une bibliographie des\nauteurs espagnols contemporains : mais ce n'est là qu'une esquisse : s'il est vrai qu'on y trouvera\npresque totale la bibliographie de Conrado del Campo, de Xurina, de Falla, les autres ne sont\nque des résumés qui pourront donner un simple aperçu de l'abondance de ce mouvement.\nLa cordiale confraternité d'Henri Collet, l'appui de jeunes écrivains espagnols tels qu'Al-\nfonso Hernandez Cata, l'amitié de quelques-uns de ces compositeurs, le souvenir d'Albeniz, la\nbonne volonté de mes interprètes m'ont aidé à réaliser une entreprise hasardeuse que je songe\nà renouveler dans d'autres villes.\nSi d autres veulent s'y employer nous unirons nos efforts : il faut faire la justice sur ce\n\nCe programme analytique est une brochure de trente deux pages rédigée en français et en espagnol et\ncontenant des notices sur Albeniz Olmeda Pedrell Morera Conrado Del Campo Perez\nCasas Falla— et Turina."}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.86", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3507, "texte": "point : et pour cela il vaut mieux ne compter que sur nous-mêmes ; n'attendons rien des\npouvoirs publics ni de ses représentants.\nAu Havre, je me souviendrai toujours de la sympathie que ma tentative a rencontrée\nauprès des membres du Corps consulaire, mais je me rappellerai toujours aussi que le seul consul\nqui m'ait refusé son appui a été le consul d'Espagne : tant il est vrai que l'ironie ne perd jamais\nses droits ! et puis cela n'empêche pas la lumière de se faire, n'est-ce pas ?...\nG. JEAN-AUBRY.\nARMENTIERES. M. le Principal du Collège de Garçons a donné, comme tous les\nans, un Concert sous le patronage de l'Association Amicale des anciens élèves.\nLa fanfare du Commerce, sous la direction de son sous-chef, M. Ducouraut, exécuta\nbrillamment la Polonaise de Vuillermin et la Marche et Cortège de Léo Delibes ; Mlle Marthe\nDuderguy, cantatrice, Messieurs Edouard Debruyne, baryton, André, diseur humoristique, et\nDelabarre, pianiste, charmèrent ensuite l'auditoire et furent chaleureusement acclamés.\nNous devons une mention toute spéciale à notre sympathique professeur de violon,\nM. Paul Dujardin qui, dans deux morceaux hérissés de difficultés, qu'il enleva d'ailleurs en\nvéritable virtuose, sut tenir en haleine toute la salle, qui lui fît une ovation bien méritée.\nNos meilleurs compliments et tous nos regrets de n'avoir pas plus souvent l'occasion de\nl'entendre. H. D.\nDOUAI. —La société des Concerts Populaires a donné le 20 novembre son itr concert\nannuel avec le concours du célèbre violoniste Jules Roucherit. Cet artiste a été incomparable\ncomme pureté de style et comme sonorité dans l'interprétation du classique (concerto en\nla de Mozart, Romance en sol de Beethoven, sonate de Leclair), étourdissant de verve, de\nbrio, de fantaisie dans la Polonaise en Ré de Wienawski. Les œuvres pour orchestre,\ninscrites au programme étaient : L'ouverture du songe d'une nuit d'été, Mendelsshon ;\nl'Andante de la symphonie en ut m. de Dukas ; la symphonie en Ré m. Haydn.\nElles ont été dirigées par M. Paul Cuelenaere, avec une fermeté, une sûreté et un sens\nartistique dignes des plus grands éloges. Il a prouvé une fois de plus qu'il possède un profond\ntalent mûri par une longue expérience.\nA signaler une belle manifestation d'art choral. Voici les principaux numéros d'une\ntrès intéressante audition donnée par la société chorale mixte La Lyre de Douai.\nLa Forêt, scène chorale pr. 4 voix d'hommes, Th. Dubois ; Chanson de mai, chœur\nmixte, Ch. Lefebvre ; Symphonie religieuse, 4e partie (voix mixtes), Bourgault-Ducoudray ; Nos\nPères, chœur à 7 voix, Bcurgault-Ducoudray ; Les voix au vent, pr. 4 voix d'hommes,\nLefèvre Derodè ; l'Etoile, (chœur de femmes), H. AJ.arèchal ; Romance du soir, (voix mixtes),\nSt-Saëns ; Notre Dame de la mer, Th. Dubois. A. G.\nBERNAY. —Un concours de musique aura lieu dans notre ville le 30 juillet 1911. Le\nrèglement sera prochainement adressé aux Sociétés. On peut, dès à présent, s'adresser pour\ntous renseignements à M. Célos, secrétaire général du Concours Musical de Bernay.\nRENNES. Entre la Société de Concerts, qui s'est adjugée le lot des grandes auditions\nsymphoniques, et l'Association Artistique, qui inlassablement se consacre à la musique de\nchambre, est venue prendre place une nouvelle société qui se propose \" de faire executer les\nœuvres inédites de compositeurs bretons et de découvrir des talents musicaux inconnus en\nBretagne Tentative intéressante dont nous devons remercier l'actif et intelligent promoteur,"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.87", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3758, "texte": "M. G. Lavello. Saluons donc la jeune Société de Musique Bretonne et souhaitons lui longue et\nprospère existence.\nVif succès pour le premier concert dont le programme réunissait éclectiquement les\nœuvres les plus variées (non toujours inédites par exemple !) des compositeurs les plus divers ;\nd'où programme abondant, trop abondant même... Je cite par ordre alphabétique pour ne\nfroisser personne et faciliter les recherches des musicographes futurs : J. Béesau, Ch. Bodin,\nH. Bogé, Bourgault-Ducoudray, Boussagol (je croyais le sympathique directeur du Conserva-\ntoire de Rennes né sur les bords de la Garonne ?), C. A. Collin, Marcel Labey, P. Ladrnirault,\nP. Le Flem, Guy Ropartz, Mme Ch. Sohy. Pour être exact je dois dire qu'une indisposition\nd'interprète a nécessité la substitution impromptu de C. Franck et de Chausson à M. J. Bëesau\net à Bourgault Ducoudray. C'était fâcheux pour M. Bëesau, bien que les deux recueils déjà\npubliés de ses remarquables mélodies l'empêchent d'être considéré comme un talent à découvrir;\nquant à notre excellent compatriote Bourgault-Ducoudray, il ne pourra plus, hélas! protester.\nEn somme plusieurs œuvres de premier ordre, les autres intéressantes, aucune indigne de\nl'exécution publique.\nToutefois une critique : pourquoi n'avoir fait entendre que des fragments du quatuor en\nsol mineur de Guy Ropartz et de la sonate en rè-mineur pour piano et violon de M. Ch. Bodin ?\nLe but de la société est de faire connaître des œuvres de compositeurs bretons ; les mutiler\nc'est justement empêcher de les connaître et de les juger, qu'il s'agisse aussi bien du quatuor\nde Ropartz, œuvre classée à qui respect est dû, que de ia sonate encore inédite de M. Bodin ;\nseul le premier mouvement de cette sonate a été exécuté ; il semble bien annoncer une\ncomposition de réelle valeur et déceler chez son auteur une remarquable personnalité musicale ;\nje n'en ai que plus de regret d'ignorer si la fin vaut le commencement.\nDonc, plus de coupures : si l'œuvre est bonne, tant mieux ; si elle ne vaut rien, tant\nmieux encore, parce que du même coup le talent inconnu.... vous comprenez ?\nLa Société des Concerts a donné sa première séance le 20 novembre. Le programme\ncomprenait des œuvres de Wagner fort bien interprétées par Mme Germaine Le Senne, de\nl'opéra, Mr Mascal, baryton du théâtre de Rennes, les Variations Symphoniques pour piano et\norchestre de César Franck, et la fantaisie en ta pour piano de Chopin, exécutées par\nMelle Marthe Bouvaist, avec tout l'art que l'on sait.\nNANTES. —La saison des conférences et des concerts a débuté le 11 novembre par\nun intéressante conférence de M. Paul Landormy sur \" le passé et l'avenir de la musique fran-\nçaise. \" Le présent ne fut pas négligé non plus et la conférence fut entrecoupée d'auditions\nd'un choix d'oeuvres modernes exécutées par le conférencier, qui possède une fort jolie voix et\nsurtout une diction et un sentiment parfaits, et par Mme Landormy, pianiste du Quatuor\nParent.\nLa Société Beethoven inaugurait sa seconde année d'existence par un concert donné le\n18 novembre. J ai parlé déjà, l'an passé, des excellents artistes qui la comprend. Au programme :\nBeethoven, Saint-Saëns, Sgambatti.\nLe 25 novembre, nous avons assisté au concert donné par le pianiste Edouard Bernard,\nprofesseur àla Schola cautorum, avec le concours de Mme Paul-Dieij. M. Bernard exécuta, en\nun style sobre et puissant, un programme où les pièces de résistance étaient la sonate op 81\nde Beethoven et le poème des montagnes de d'lndy. Quant à Madame Paul-Diey, il faut citer\nsurtout les u Cloches\" Debussy et le \"Manoir de Rosemonde\" de Henri Dupare qu'elle chanta\navec infiniment de goût.\nLa municipalité Nantaise a voté récemment un subvention destinée à la reprise des con-"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.88", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3213, "texte": "certs symphoniqucs populaires interrompus depuis de longues années déjà. Espérons que, cette\nfois, un effort sérieux sera fait pour doter notre ville de concerts dignes d'elle.\nJ. B.\nAUCH. Nous apprenons que la vaillante société de gymnastique \" UAvant Garde\nAuscetaine \" dirigée avec autorité par le sympathique M. Maugis, vient de grouper sous sa\nbannière une phalange d'excellents musiciens.\nNos félicitations à \" UAvant Garde''''pour cette heureuse innovation qui nous procurera\nle plaisir d'entendre une nouvelle société.\nPOITIERS. Très intéressant concert donné par le ténor Rodolphe Plamondon avec\nle concours de Mme Laverdin, professeur de chant à Poitiers, M. Bas, hautboïste et M. J.\nMasson, pianiste. Au programme des œuvres de Bach, Couperin, Schubert, le concerto pour\nhautbois de Hândel, les duos d'Orphée et de Tristan et Isolde qui valurent à leurs interprètes\nle plus vif et le plus légitime succès.\nM. H.\nTOURS. A la belle matinée artistique pour l'lnauguration de\nTourangelles, une partie de concert nous a permis d'applaudir la réputée cantatrice mondaine\nM\"le Maurice Gallet, directrice de I'U.F. P. C. dont Mme Bonis-Billard, brillante violoniste\net MIIe Lily Laskine, remarquable harpiste sont parmi les membres de valeur : elles furent\nvivement applaudies toutes les trois, et de même, le jeune et charmant ténor M. Pasquier.\nAu Concert Plamondon-Bas-Masson, peu de monde, mais accueil chaleureux, et bien mérité\npar l'excellent ténor, l'impeccable hautboïste, et le très délicat pianiste, ainsi que par leur\nprogramme de tout premier choix. Pas grand monde non plus au Concect du violoniste\nM. A. Spalding et du pianiste M. A. Oswald, qui sont pourtant déjà des virtuoses d'une belle\nforce... Trop de concerts à l'horizon pour que les amateurs veuillent les suivre tous !...\n*\n* *\nCe fut une belle soirée que celle du 27 novembre ; Mlle Wyda et M. Liéron donnaient,\nen effet, leur première séance de Sonates piano et violon. Ces deux artistes ont donné de\nparfaites exécutions de la Sonate en fa majeur de Mozart, de celle en si mineur de Richard\nBarth (ir® audition) et de celle en fa majeur de Grieg.\nH. H.\nCAEN. L'Ecole nationale de musique a ouvert la saison des concerts classiques en\nexécutant devant un public très nombreux : l'ouverture de la de Saint-Saëns, le\nDixtuor de Th. Dubois, l'air de ballet des scènes Pittoresques, la marche nuptiale du Conte\nd'Avril de Widor; Mme F. a merveilleusement chanté la Sérénade de Schubert et la cantilène\nde la Fée d'Argonges de M. Mancini, directeur de l'Ecole dont l'orchestre a fait entendre\négalement la Rapsodie Normande.\nANGERS. Aux deux derniers concerts ont triomphé deux solistes : l'une\nMme Caponsacchi Jeisler dont le talent de violoncelliste déjà connu et apprécié à Angers\na remporté une véritable ovation dans le concerto de Lalo et le Lied de V. d'lndy 1 autre,\nMelle Jeanne Blancard, dont le jeu musical et élégant a parfaitement interprété les Variations\nSymphoniques de Franck, et des pages de Chopin et de Granados.\nLe compositeur Ed. Trémisot est venu conduire son ouverture de Pyrame et Thisbé,\nfort bien accueillie du public, et l'orchestre sous la belle direction de Rhené-Baton nous a fait"}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.89", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1321, "texte": "connaître la Symphonie de Chausson, au poignant Andante, au Final d'une si admirable\nélévation.\nCitons encore la symphonie en Mi b de Schumann, les Airs de Ballet de Parysatis de\nSaint-Saëns et ceux des Indes galantes de Rameau, amusant contraste au même concert, le\nprélude du 3e Acte de Tristan admirablement interprété par M. Englebert, et la rutilante\nouverture de Gwendoline de Chabrier. M. B.\nSENLIS. La Manècanterie des Petits C a exécuté à la\nCathédrale une messe de Vittoria.\nAu théâtre, représentation de Faust, plus que sommaire, hélas !\nAu patronage de S 1 Rieul, Ml' l'Abbé Dourlent commence une série d'auditions de\nJeanne d'Arc, de Gounod ; Orchestre d'amateurs de la Ville, renforcé par quelques artistes de\nParis.\nNANCY. Les concerts du Conservatoire viennent de reprendre. Le premier était\nconsacré à l'audition intégrale et présentée chronologiquement des œuvres de concert de César\nFranck : les Eolides(lB76), le Chasseur Maudit (1882), (1884),\nniques (1885), la Procession(lBBB), la Symphonie (1886-1888). MUe Marthe Dron\njoua avec son talent habituel la partie de piano des Djinns et des variations symphoniques ;\nla Procession fut excellemment chantée par Mme Schaefifer-Labriet. Quant à l'orchestre, sous\nla direction de M. Guy-Ropartz, il n'est plus d'éloges qu'on puisse lui faire."}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.90", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3664, "texte": "ANNECY. Concert très intéressant donné par l'excellent pianiste, M. Edouard\nBernard et Mme Paul Diey, cantatrice.\nAu programme, des œuvres de Rameau, Bach, Scarlatti, Beethoven, Liszt, Moussorgsky,\nBaiakirew, V incent d'lndy ; toutes ont valu de chaleureux applaudissements à M. Bernard.\nM\"u' Paul Diey a interprété avec beaucoup de charme et de style un air de Bach et des\nmélodies de Schumann, Chabner, Duparc et Debussy. T. R.\nCHAMBERY. Nous avons eu dans la grande salle des Concerts du théâtre, un\ngrand Concert donné par le célèbre pianiste Bernard ainsi que la cantatrice Mme Paul Diey.\nAu programme, des œuvres de Bach, Beethoven, Rameau, Scarlatti, Listz, Vincent\nd'lndy, furent exécutées comme sait le faire Edouard Bernard.\nMme Paul Diey ravit l'auditoire par l'excellence de sa voix et de sa diction dans des\nmélodies de Schumann, Chabrier, Claude Debussy et Henri Duparc ; elle fut longuement\nacclamée.\nBORDEAUX. Très intéressante audition, donnée à la Salle Franklin, par le jeune\net déjà célèbre violoniste \" A. Spalding,\" la virtuosité éblouissante et la technique irréprochable\ndu jeune artiste, se sont davantage affirmées, depuis l'an dernier où il se fît déjà entendre.\nLe pianiste Alfredo Oswald aussi bon accompagnateur, qu'excellent concertiste recueillit\nsa part du succès, surtout dans la sonate à \"Kreutzer,\" et le concerto de \" Mendelssohn. \"\nVAlhambra Théâtre,vient de faire une ouverture sensationnelle avec \" l'Arlesienne,\"\nl'œuvre si dramatique de \" Daudet. \"\nLa partition de \" Bizet \" a été admirablement exécutée par l'orchestre du Conservatoire,\nsous l'habile et expressive direction du Maître Pennequin et les chœurs vraiment parfaits,\nconduits dans la coulisse par Monsieur Valentin Gendreu, chef des chœurs du Conservatoire\ncontribuèrent, pour leur juste part,au succès de l'œuvre.\nCes belles soirées auront de nombreux lendemain, le programme publié par les sympathi-\nques directeur de la salle désormais classique de l'Alhambra : MM. Dufey, Lemarchant, et\nMauret, nous promet une saison fertile en manifestations aussi artistiqnes.\nLa Messe traditionnelle, que donne chaque année, à l'Eglise Notre Dame,\nSainte Cécile,avec le concours des chœurs et de l'orchestre du Conservatoire de Musique, a eu\nlieu le 22 novembre et a remporté son succès accoutumé. Cette année la messe choisie était\ncelle de Saint-Saëns, à 4 voix, soli, chœurs orchestre et deux orgues. L'exécution de cette belle\nœuvre de jeunesse du grand Maître Français, fut rendue par les chœurs et l'orchestre, sous la\ndirection de leur chef Pennequin, d'une façon irréprochable.\nMesdames \" Guérin-Lernos \", \"Tilland de Fiers\", et Messieurs A. D... et Soum, qui\nchantaient les soli, et Messieurs \" Combes et Grange \" les distingués organistes de la paroisse,\ncontribuèrent pour une bonne part au succès de cette belle manifestation musicale.\nPuisque nous parlons de la Société Sainte Cécile, disons un mot du programme musical\nde ses concerts classiques de la saison 1910-1911. A part les symphonies de Beethoven,\nMozart et Haydn, dont l'audition est obligée, le Comité se propose de nous faire entendre, les\nsymphonies modernes de C. Franck, Bruckner, Dukas, Gedalge, des œuvres chorales, comme\nla cantate Réformation de Bach, le Messie de Hândel, le chant Elégiaque de Beethoven, des\nchœurs de Costeley, le concerto Brandebourgeois, de J. S. Bach, un concerto grosso de\nHandel, du Schumann, du Wagner, du Liszt, du Rimsky Korsakof, du Saint-Saëns, du\nChausson, du d'lndy, du Debussy et du R. Strauss. Comme on le voit par ce programme, si\nlargement éclectique, la Société Sainte Cécile poursuit dignement le chemin qu'elle s'est tracé."}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.91", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3755, "texte": "Le peu de place dont nous disposons nous force à parler très brièvement, du\nSalon d'Automne,où se firent applaudir, Mme Guerin-Lemer, et Tillant de Fiers, et le\nvioloniste Salm, sans oublier Mlle Laurentine Barbarin, qui fut aussi brillante exécutante\nqu'accompagnatrice consciencieuse; du Concert des jeunes aveugles organisé par Gartin\nSarreau, où le talent du violonist Bartien, fut une fois de plus très apprécié, aussi que celui des\nnombreux élèves, de l'organisation, qui lui prêtaient leur concours.\nDeux mots pour finir, sur la première séance intime du jeune harpiste Janœlly, l'exellent\nartiste, et ses partenaires. Mlle Lalanne, et le flûtiste Berqeen y furent très fêtés, dans un\nprogrammme des plus intéressants.\nVALENTIN GENDREU.\nCHERBOURG. — Concert 'Magne. — Les joies artistiques sont rares en notre ville —\nles joies musicales surtout. Ce n'est point, sans doute, faute d'auditoire; juger ainsi serait\nfaire insulte au goût artistique très sûr qui distingue nos officiers de marine et nos officiers de\nterre — nombreux à Cherbourg. Une initiative artistique vraiment digne de considération\nrecueillerait ici, j'en suis sûr, l'approbation d'un public sélect et éclairé, qui déplore la rareté\ndes manifestations d'arts qu'abrite notre cité. Lorsqu'on saura que ces manifestations se bornent\nannuellement à deux ou trois concerts de notre société Philharmonique locale, augmentée de\ntrès rares tournées (la tournée Hollmann par exemple) on jugera de la légitimité des plaintes\nexhalées par les musicophiles — nombreux je le répète — qui résident en notre ville.\nLe cas n'est pas unique. Elles sont bien rares les cités privées du moindre rudiment\nd'école musicale et par suite en proie à une désespérante pénurie de bonne, de vraie musique.\nMais c'est assez se lamenter. Je dois enregistrer avec une réelle satisfaction, le succès\nqu'a remporté ici l'audition sélecte offerte aux mélomanes par la Maison Magne. Le grand\nsalon de l'Hôtel-de-Ville en lequel fut donné ce concert admirablement composé parut aux\nauditeurs d'une exiguité criante. Mieux, on refusa du monde. Successivement Mllu Marke\nDœrken, soliste de Concerts Colonne, dans des œuvres de Gluck, Sokolow, Strauss,\nM. Vangeon, violoncelliste des Concerts Colonne dans des concertos de Saint-Saëns, Lalo,\nGriez, Popper M. Barozzi violoniste, Ier prix du Conservatoire, dans le concerto en sol mineur\nde Max Bruch et MM. Magne et Penau, pianistes, obtinrent les ovations les plus chaleu-\nreuses et les plus sincères. Il convient de confondre en un même éloge mêlé de gratitude les\njeunes virtuoses qui viennent d'obtenir en cette circonstance un si franc succès.\nLYON. — La Société des Grands Concerts a repris ses séances toujours très suivies.\nL'orchestre de M. Witkowski est en progrès constants ; le quatuor à cordes, en particulier,\nest d'une parfaite homogénéité et conduit par des chefs de pupitre éprouvés et sûrs de leurs\nattaques.\nAu premier concert, le violoniste Boucherit s'est fait applaudir dans un concerto\nd'Haydn et dans les romances en fa et en sol de Beethoven. Les ouvertures d'Athahe et\nà'Obèron et spécialement la symphonie d ' Antar,admirablement détaillée, ont été très appréciées\ndu public. Le succès, au second concert, a été partagé par le pianiste Cortot et l'orchestre.\nFort bien accompagné, le concerto en la mineur de Schumann a reçu la plus merveilleuse\ninterprétation ainsi que la Fantaisie pour piano, chœurs et orchestre de Beethoven, qui n'avait\npas été jouée à Lyon depuis trente ans. Trois pièces de Debussy, des fragments de Dardanus,\nde Rameau et l'ouverture des Maîtres chanteurs — les morceaux de résistance du programme\n— ont été excellement nuancés et enlevés par l'orchestre sous l'habile direction de son chef\néminent."}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.92", "debut_caractere": 82, "fin_caractere_exclue": 109, "texte": "LE MONUMENT WAGNER A VENISE"}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.93", "debut_caractere": 96, "fin_caractere_exclue": 123, "texte": "LE MONUMENT WAGNER A VENISE"}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.94", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3026, "texte": "Signalons encore une intéressante séance de musique classique, à la salle Beal, par\nMIIe Blanche Selva et MM. Chanel et Allard, et une audition de musique ancienne, donnée à\nla salle Rameau, par la société des Concerts d'autref\nAVIGNON. En attendant les concerts annoncés pour la première quinzaine de\nDécembre avec M. Firmin Touche et le quatuor Zimmer, le Grand-Théâtre a rouvert ses\nportes. Carmen,en représentation extraordinaire, a valu un triomphe éclatant à Mlle Char-\nbonnel, de l'Opéra-Comique. Les autres œuvres de l'éternel répertoire :\nHuguenots, Mignon,ont permis à la troupe d'affirmer un ensemble assez homogène dans\nlequel il faut remarquer : Mlle Ruiss, exquisse musicienne, M. de Roqueville, M. Fourès,\nMme Broglia, M. Storel, Mme Moutini, M. Moisson.\nMOULINS. LaSte Cécile. Le dimanche 27 novembre, la jeune\na fort bien célébré la fête de Ste Cécile. A la messe de midi, en l'église Cathédrale, elle a\ninterprété, sous la ferme direction de son \" chef, \" M. E. Vincent, plusieurs chœurs religieux\nqu'elle a rendus avec un ensemble parfait et un rare souci des nuances. On a beaucoup\ngoûté la jolie voix de ténor de M. Pierre Concasty, dans le solo d'un Notre Père de M. l'abbé\nRadureau, maître de chapelle à S 1 Pierre de Moulins. La pieuse mélodie était accompagnée et\nsoutenue par une large et belle phrase de violon que détailla excellement M. Bourgougnon,\nprofesseur de cordes au lycée Banville.\nPlusieurs solennités artistiques nous sont annoncées pour cet hiver. La lyre Moulinoise\nprépare déjà ses deux concerts de la saison, dont l'un sera aussi original qu'intéressant. Il y\naura, nous dit-on, une conférence sur la musique. Il y aura... Mais, chut ! Nous avons promis\nd'être discret.\nDUNKERQUE. — Notre premier concert a été donné au profit des Ecoles Mater-\nnelles et avec le concours de Mlle Yvonne Dubel, de l'opéra. M. G. Dantu, ténor de l'opéra\ncomique, et M. Paul Bazeloire, Ier prix de violoncelle du Conservatoire de Paris, qui s'est\ndistingué dans 5 morceaux de genre différent.\nEn plus d'une partie dramatique, l'orchestre du théâtre municipal dirigé par son Chef\nEug. Théry, a donné la Marche, Cortège de Gounod, les mélodies élégiaques de Grieg et\nl'ouverture des noces de Figaro.\n— Notre Théâtre Municipal sous la direction de M. Lussiez (3e année) obtient avec sa\ntroupe d'opéra, un gros et continuel succès. Cette phalange est composée de MUe Electra\nTésoroue, Messieurs Bensa, ténor, Monet, baryton et Bugel, basse. De temps à autre\nMme Lussiez, femme du sympathique directeur, ex-contralto des théâtres de Marseille, New-\nOrléans et Toulouse, Mlle Blanche Semet, contralto du théâtre de Pau, prêtent leur excellent\nconcours. Nous avons eu ou aurons ces temps-ci : Le Trouvère, la Favorite, Lucie de Lamer-\nmoor, la Dame Blanche, Messaline, etc. F. S.\n\nBelgique\nBRUXELLES. Premier Concert de la Société J: S. Bach. Nous venons d'entendre\npour la première fois, à Bruxelles, les Cantates \" Ich bin ein Gùter Hirt \" \" Eine feste Burg \"\n\" Apollon et Pan \".\nb"}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.97", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3393, "texte": "L'exécution fut remarquable. M. Zimmer y apporta le talent, la conscience, le\ndévouement religieux de son apostolat. Il avait groupé des éléments d'élite. Mme Tilia\nHill, soprano, Else Schùnemann, alto, MM. Van Kempen, ténor, Stephany, basse, Jan Reder,\nbasse, Baldzùn, ténor. Sans doute pourrait-on se permettre quelques critiques, si l'on vou-\nlait obtenir l'idéal d'une reconstitution réelle. Mais on approche de la perfection. M. Zimmer\net ceux qui lui prêtèrent appui méritent notre gratitude.\n4 Décembre 1910. R. L.\n—La nouvelle \" Académie de musique\" installée rue Mercelis, 15, sous la direction de\nM. Th. Ysaye a donné jusqu'ici deux séances de musique de chambre.\nLa première consacrée à l'école française contemporaine, et précédée d'une excellente\nconférence de M. Lebroussart ; la seconde nous touchait particulièrement, puisqu'elle réunis-\nsait, sous le vocable d'Ecole belge \"les trois noms de Franck (le quintette), de Lekeu (la sonate\nde piano et violon), et de J. Jongen (trio 1) la tendance franckiste était donc seule représentée.\nAprès une intéressante causerie de M. Van den borren, MM. Th. Ysaye, Chaumont, Franckin,\nDolhaerd, Van Hout, et M. Jongen, dans son beau trio en si mineur, ont donné, des œuvres\ninscrites au programme, une interprétation vivante et fort applaudie.\nJ. F.\nConcert populaire du 20 novembre. M. Dupuis avait composé pour ce concert un\nprogramme varié : l'ouverture tragique de Brahms, un poème symphonique de M. Van Winckel,\nd'harmonie et d'orchestration très contemporaines, mais un peu mince d'idées ; un autre poème\nsymphonique, très beau, \"Sauge fleurie\" de Vincent d'lndy, puis le \" Chasseur maudit : \" le\ntout exécuté avec conscience, mais sans grande chaleur : En outre M. Mischa Elman.\nM. Elman est un violoniste extraordinaire : technique et pureté de son. Il s'est merveilleuse-\nment servi de ses dons naturels contre le concerto de Beethoven, et au profit de cette peu\nsympathique Symphonie Espagnole de Lalo ; aussi, pour servir en \"bis\" une petite valse infecte\net un arrangement de Wilhelmy sur le chant de concours de Walther ô Cendres de\nWahnfried !\nJ. F.\nRécital Fritz Kretsler. Fritz Kreisler, dont la réputation aujourd'hui est sans conteste\ncelle d'un grand violoniste, excelle à rendre la vie aux compositions des anciens maîtres. Le\nrécital qu'il a donné le 14 novembre à la Grande Harmonie offrait aux gens de goût une série\nd'œuvres de Haendel, Pergnani, Martini, Couperin, Dittersdorf, Francœur et Tartini, qui ont\nfait leurs délices.\nJ. F.\nCONCERT ISAYE. Un critique grincheux eût pu, naguère, reprocher à Jacques\nThibaut une certaine afféterie, un recherche d'expression outrée, nuisant fréquemment à\nl'ampleur que réclame l'interprétation des chefs-d'œuvre. Aujourd'hui, tel reproche n'est\nplus de mise. L'artiste a su, tantôt, donner une très noble ligne à ce dangereux concerto de\nBrahms. Il a su joindre, à sa sonorité merveilleuse, une sobre et belle harmonie. Thibaud est\nun des grands violonistes de notre temps. Il possède le charme, la grandeur la somptuosité, la\npassion. Aussi, dans l'admirable concerto en mi de a-t-il déchaîné un enthousiasme\nlégitime.\nE. Isaye accompagnait son éminent élève à l'orchestre, avec une touchante sollicitude.\nL'ouverture de Tremisot et une œuvre pleine, d'une nouveauté harmonique évidente.\nŒuvre moderne, elle a pris couleur sous le bâton chaleureux du Maître."}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.98", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3453, "texte": "La symphonie funèbre de G, Huberty, hommage asa mémoire présente, a cote\nje passages véritablement libres, et élevés, trop de longueurs, sous lesquelles succombe\nl'expression. _ ,\nUne œuvre fraîche de Svendsen terminait le concert qui fut un succès.\nLA SCOLA MUSICAE, donnait, le 14 novembre dernier, sa première séance d'hiver,\n£n son local, 90 rue Gallait, à Schaarbeek. M. Scharrès, professeur à l'institution, fit valoir\nj'excellents dons et sa haute culture dans un récital pour piano ; Mlle Chl Lechien ui\nprêtait le précieux concours d'une jolie voix, assez bien conduite, comprehensive et emue.\nA.u programme : Bach, Beethoven, Brahms, d'lndy, Chopin, Liszt, Saint-Saëns, 1 schai-\ntorsky, \"M. de Falla. Cette soirée eut vif succès auprès d'un public choisi.\nAu 10 décembre aussi, concert de la C sous le Haut Patronage de M. e\nMinistre de France. Le compte rendu au prochain n°.\nLa deuxième séance de sonates par Mlle Tambuyser et M. Jores aeu heu le 7 décembre,\ni la salle Allemande. Les deux artistes y ont trouvé l'occasion de faire valoir leurs très\nréelles qualités. . _ ,\nAu 21 décembre, concert à la Grande Harmonie, par M\"'° Marie Leroy la cantatrice\ncélèbre, et M. Dumesnil, pianiste ; œuvres de M. Moor.\nCari Friedberg 1 éminent professeur de piano au Conservatoire ue Cologne donnait e\n70 novembre à la Grande Harmonie, un récital, qui fut une véritable fête d'Art, Bramhs,\nSchubert, Schuman, Chopin, Liszt trouvèrent en lui un interprète merveilleux, plein e\nsubtilité, de finesse, et parfaitement maître du clavier.\nNous n'avons pu encore rendre compte ici des examens a 1 Institut des Hautes Etu es\nmusicales et dramatiques d'lxelles. M. Henry Thiebaut le distingué directeur nous avait invité\nà faire partie des jurys, et nous avons eu l'occasion d'apprécier a sa va eur le caractère de\nl'enseignement donné par le corps professoral qu'il a groupe. L Ecole de la rue Souveraine\nse recommande par l'élévation des cours où la littérature, l'esthétique, 1 art vont de pan avec la\nméthode et la science. En ce qui concerne la session présente, disons simplement que l en-\nsemble des résultats des examens comporte plus de 150 distinctions. Les artistes appelées a es\ndécerner furent unanimes à féliciter M. Thiebaut et ses collaborateurs pour ce beau\nsuccès. ...\nNos lecteurs apprendront avec plaisir la haute marque de distinction que vient\nd'accorder au célèbre violoncelliste belge Edouard Jacobs, S. M. Guillaume 11. En souvenir de\nl'audition dont nous rapportions le succès dans notre dernier numéro 1 Empereur d Allemagne\na fait parvenir à l'artiste les insignes d'officier de l'ordre de 1 Aigle Rouge. Toutes nos\nfélicitations.\nWATERMAEL-BOITSFORT. Le Cercle Royal: «Bien faire et laisser dire \"\nde Watermael, sous la présidence d'honneur de M. Sam Wiener et la vice-presidence\nd'honneur de M. Schlim fêtait le 20 novembre, son 25e anniversaire. Cette fete fut 1 occasion\nd'une audition musicale choisie, à laquelle prêtèrent leur concours Madame Boulanger,\nprofesseur à l'Ecole de Musique de Boitsfort, MM. Demont, professeur au Conservatoire\nRoyal de Bruxelles, Fernand Pierard, moniteur au Conservatoire Royal de Bruxelles, Jean\nBuytinx, soliste de la Monnaie, et M. Ernest Jhek, le sympathique directeur de 1 Ecole de\nMusique et du Cercle symphonique de Boitsfort. Réunion intime et joyeuse, ou on\nentendit 'des pages de ftendel, Beethoven, Mozart, Weber, etc., et une ouverture gracieuse\nde Jhek."}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.99", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2694, "texte": "ANVERS. Le Gala de la Wallonie a trouvé cette année un vif succès. Un public\nnombreux et choisi se pressait au théâtre Royal. M. De Vos bourgmestre, M. l'Echevin Mme\net Mlle Desguin, M. et Mme Van Kuyck, MM. Meunier, Lagonge et Beaurain, président,\ntrésorier, secrétaire, respectivement, de La Wallonie occupaient la loge d'honneur. Le ténor\nFrancell, Mll' Korsoff de l'opéra comique, Mme Savelle, Ista, Suzel, Lejeune, MM. Boussa,\nDuron et Dezan y prêtaient leurs concours.\nLa Société des Nouveaux concerts a offert, pour la première fois, au public musical anver-\nsois, un acte de Parsifal.Mm« Litvinne et Van Dyck en furent les interprêtes éminents. Le\nchœur des Blumenmâdchen était ravissant, et l'exécution, parfaitement stylée, consciencieuse et\ncompréhensive, fait grand honneur à l'excellent musicien Lodewyk Mortelmans, directeur de\nla société.\nOn annonce à Anvers la fondation de concerts classiques, sous la direction de M. L. de\nVocht. On peut avoir renseignements au Cercle catholique ou au secrétariat : 27, Champ\nVleminckx, Anvers.\nGAND. Au Conservatoire Royal. La distribution des prix a eu lieu le 20 novembre\net a été accompagnée de la traditionnelle audition d'éleves lauréats. Cette séance reflète natu-\nrellement le niveau des derniers concours, qui ont été d'une honorable moyenne, sans plus.\nL'éminent directeur du Conservatoire, M. Mathieu, a dirigé l'ouverture des Noces de\nGamache de Mendelssohn, ainsi que le bel air d'Odile de son opéra Richilde, chanté par\nMl)e Maria Bultiauw, Pour les autres numéros du programme, il a cédé le bâton à ses\ndistingués professeurs: M. Léo Vanderhaegen 1 (chant), qui fit exécuter un air:\n(A ma lyre),de son opéra flamand Lina, par M. de Raeve ;M. Albert Zimmer (violon), dont\nles élèves, MM. Fred. Ghigo et Cari Van Styvoort jouèrent le largo du concerto en mineur\npour deux violons, de J.-S. Bach, et M. Ed. Potjes (piano), dont l'élève, Mlle Germaine Van-\nden Abeele s'est attaquée au concerto en la mineur de Grieg.\nAu Cercle Artistique et Littéraire. La saison a débuté par une audition du quatuor\n\" blanc, \" composé de Mulles Corinne Coryn (ier violon), Germaine Schellinck (2d violon),\nHyacinthe Slingeneyer (alto) et Daisy Jean (violoncelle). Très vif succès pour l'interprétation\nbien comprise et bien fondue du quatuor en mi bémol de Mozart et du difficultueux quatuor\nen la mineur de Brahms. L'idée de jouer en morceau isolé la célèbre de Men-\ndelssohn, et d'en faire un \" morceau des paletots, \" m'a paru une petite faute de goût.\n\n1 On sait que M, Léo Vanderhaegen est un de nos jeunes compositeurs en qui les musiciens ont mis leur\nconfiance. On doit représenter cette année même à Gand une de ses œuvres."}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.100", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3658, "texte": "M. Sydney Vantyn s'est fait applaudir aussi dans son récital consacré à Schumann et à\nChopin. Du premier, les Etudes symphoniques et les Kreisleriana, du second, la grande sonate\nen si bémol mineur, l'impromptu en fa dièse, le nocturne en fa dièse et la polonaise en la\nbémol. Ce pianiste est un poète dont la pensée s'alanguit volontiers en une rêverie mélan-\ncolique, et qui aimer à noyer dans la brume les contours des phrases.\nAu Collègue musical. Poursuivant l'instructive série de ses soirées musicales, le\nCollège musical a convié ses élèves et leur parents à une audition d'oeuvres de César Franck.\nLa directrice Mme Vierset a rendu un hommage éloquent à ce grand et pur artiste, dont des\npages choisies ont été rendues avec talent par Mmes Krické et D'Hondt, en passe de prendre\nrang parmi nos meilleurs amateurs, et Mile H. Slingeneyer, professeur de violon au Collège ;\nau piano d'accompagnement, Mile J. Raepsaet.\nDR PAUL BERGMANS.\nMONS. M. le Dr Dwelshauvers donnait, à l'U. P. de Mons, une conférence\nconsacrée à Liszt, dont on fête le centenaire cette année. Il a retracé la carrière du\ngrand musicien, avec une émotion pieuse, il évoqua sa noble et pure figure, des plus admirables\nde la musique. Ii analysa son génie, que Ton n'a pas assez compris encore. Liszt ne fut pas\nseulement un éblouissant virtuose, un technicien merveilleux, il fut et reste avant tout un\nsublime inspiré. Que de trésors son œuvre profonde pleine de poésie et d'émotion vivantes,\nrécèle. Telle page, comme François de Paule, marchant sur les flots sont parmi les chefs-\nd'œuvre impérissables. Nous n'essayerons pas, en deux mots hâtifs, d'en résumer la splendeur.\nTelles mélodies et telles pièces pianistiques chantent la plus subtile et fluidique impression.\nLe pianiste et compositeur belge, Arthur Van Dooren dont nous esquisserons prochainement\nla silhouette, fit revivre ces pages, au recueillement d'un auditoire ému. Ml!e Tombeur\nchanta délicieusement 3 lieder français et 3 lieder allemands, qu'accompagnait au piano\nM. le Dr Dwelshauvers.\nL'organiste de S 1 Waudru, M. Léon Jadm, compositeur talentueux, donnera le\n12 décembre au Théâtre de Mons une audition de ses œuvres, avec le concours d'un\norchestre et de chœurs forment ensemble de 200 exécutants et de Mme Feltesse, cantatrice\ndu Lyrique d'Anvers. Mlle Sodoyer, MM. Tondeur, Conrardy, Reumont. Au programme :\nGeneviève de Brabant, cantate, sur des vers de V. Gille, un chœur d'E. Depas, un poème\nsymphonique, un Appasionata pour violoncelle et une mélodie : Le Soir, sur un poème de\nRené Lyr.\nMALINES. 1 Les amateurs du carillon purent se réjouir. Ils eurent l'occasion d'assister\nà de très beaux concours les 21 et 22 Août. Chaque concurrent devait exécuter deux morceaux\nau choix, plus un morceau imposé. Het Lied der Vlamingen, extrait de l'oratorio De Schelde de\nPeter Benoit. Pour clore la première journée, fête de nuit et Concert par le Cercle Mozart,\nsous la direction de M. J. Em. Strauwen.\nAu cours de la deuxième journée, les meilleurs des dix-sept carillonneurs se firent\nentendre. Voici les pièces exécutées par les concurrents :\n1. C. De Mette : Andante de la sixième symphonie, Haydn ; Souvenir de Mignon, A.\nThomas ; 2. E. Redouté, de Mons : Les Pêcheurs de perles, Bizet ; La Voix des chênes,\nGoublier ; 3. A. Rolliers, de Saint-Nicolas : Les Cloches de Corneville, R. Planquette ; Het\nLied van den Smidy R. Andelhof ; 4. A. Schrynkel, d'Audenarde : Marche solennelle, A. Mailly;\n\n1 Le compte-rendu ci-après s'étant égaré, nous nous excusons auprès de notre correspondent M. Collaer et\nauprès de nos lecteurs, de le donner ce mois seulement. (N. de la R.)"}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.102", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3260, "texte": "extraits de Tannhàuser, Wagner ; 5- J* Van de Plas, de Louvain : Préludes i et 2, Van den\nGheyn ; U enclume, Alb. Parlow ; 6. Em. Verrees, de Turnhout : Les Rameaux, Faure ;\nQuand Voiseau chante, Tagliafico ; intermède de Cavalleria rusticana, Mascagni.\nOutre ces pièces, chaque concurrent devait exécuter un morceau impose, un Andante\ncantabile, composé spécialement par M. J. Denyn, le carillonneur de Malines.\nLes prix ont été décernés comme suit :\nPremier prix, M, Van de Plas, Jul., de Louvain; deuxième prix, M. Rolliers, Saint-\nNicolas ; troisième prix, M. Redouté, de Mons ; quatrième prix, M. De Mette, d Alost ;\ncinquième prix, M. Schrynkel, d'Audenarde ; sixième prix, M. Verrees, de Turnhout ;\nseptième prix, M. Nauwelaerts, de Lierre ; huitième prix, M. Oyen, de Bonsecours-Peruwelz ;\nneuvième prix, M. Van Zuylen, de Gouda : dixième prix M. Van de Plas, Th., de Diest ;\nonzième prix, M. Van Beers, de Malines ; douzième prix, M. De Lange, de Rotteidam.\nConcours d'honneur : premier prix (prix du roi, objet d'art) : M. Rolliers de Saint-Nicolas,\nà l'unanimité ; deuxième prix (objet d'art) : M. Redoute, de Mons, par trois voix contre\ndeux. Diplôme d'honneur : M. Jules Van de Plas, de Louvain.\nPuis M. J. Denyn, du haut de la tour de Saint-Rombaut exécuta en parfait virtuose\ndes airs variés, de vieilles chansons françaises, etc... Enfin, sous la direction de M. Henri\nDubois, professeur de cor à l'Académie de Musique, les cors et trompettes sonnèrent des\nintermèdes ; la fête se termina par l'exécution d un postludium de Jet Denyn,\nARLON. A la fête des « Artisans, \" du 26 novembre, on a applaudi la belle voix\nde Mlle Mary Schwartz, cantatrice d'Arlon, dans Y Air des Saison (V. 19 Air du Çld\n(Massenet), et Viens, mon bien-aimè (Chaminade). Un artiste-amateur arlonais, M Paul Henrion,\nbaryton, a fait admirer un organe bien étoffé dans la Roi de Lahore et dans la Romance a VEtoile\ndu Tannhaùser, . A J\nD'autre part, les fervents de l'extension ont eu l'occasion de goûter la musique de reve de\nMerovak, l'Homme des Cathédrales. Bientôt deux soirées musicales leur seront offertes par\nMlle E. Spierkel, professeur à l'Ecole de musique, d'Arlon. L'une, de 11 décembre, consacrée,\nen grande partie, à Léon Boëllmann, avec le concours de M Cholet, violonce iste, e\nBruxelles ; l'autre, du 8 janvier, consacrée aux Clavecinistes du 16e et du 17e siecle et a his-\ntoire de la sonate. . .\nLe 15 janvier, Mr René Lyr, fera une conférence sur quelques musiciens IVallons.\nElle sera \" illustrée \" par une douzaine de lieder chantés par Mlle Mary Schwartz, canta-\ntrice et professeur de chant.\nEnfin, le 2 avril, Mr G. Dwelshauvers, professeur à l'Université de Bruxelles, bien connu\ncomme musicologue, parlera de l'évolution de la musique en France depuis 1870. con\nférence sera accompagnée d'auditions musicales. J*\n\nÉtranger\nAIX-LES-BAINS. Au grand Cercle d'Aix-les-Bains, très intéressante audition des\nDanses à 5 temps de notre Collègue Julien Tiersot. L'orchestre sous la direction de Léon\nJehin, a donné une exécution vraiment brillante de cette musique dont le rythme inac-\ncoutumé n'est pas sans offrir de notables difficultés.\nAjoutons à cela, une excellente représentation de Proserpine, et particulièrement une"}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.103", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2842, "texte": "étonnante représentation des Maîtres Chanteurs avec MM. Delmas, Laffitte Riddez et\nMme Magne. '\nSUISSE ROMANDE. Les conservatoires de musique ont donné le siçnal du\ncommencement de la saison. Ces établissements d'éducation jouent, en effet, dans nos\npetites villes un rôle plus essentiel que dans les grands centres. Notre vie musicale est trop\netioite pour se disperser, ou donner naissance a des tendances, a des organismes absolument\nindépendants. C est toujouis le meme groupe, la mcme elite que i on retrouve dans la plupart\nde ses manifestations. La plupart de nos personnalités musicales appartiennent, à des titres\ndivers, a nos Conservatoires. Ceux-ci deviennent aussi, tout naturellement, des sortes de foyers\ninteresses, directement ou non, à tout ce qui est de la musique chez nous. Leur action n'en\nest ou n en peut etre que plus grande. Il semble bien, d'ailleurs, que leurs directeurs s'en\nrendent compte, et fassent effort pour la rendre aussi bienfaisante que possible et lui donner\ntoute sa portée. C'est ainsi qu'à Fribourg, grâce au talent et à l'intelligent labeur de\nM.. Antoine Hartmann, le Conservatoire a fait, uans ses six années d'existence, des progrès\nincessants, ajoutant chaque semestre à son programme de nouveaux cours et augmentant\nrégulièrement le nombre et la qualité de ses élèves.\nA Lausanne, après une période de développement croissant, le Conservatoire vient de\nfranchir une étape décisive : il a créé des classes normales et des classes de perfectionnement,\nde telle sorte que ses eieves pourront y parcourir désormais le cycle complet des études\nmusicales ; en meme temps, il devient à demi-officiel, c'est-à-dire que ses diplômes seront\ndélivrés sous les auspices et avec les sceaux du département de l'lnstruction publique du\nCanton de Vaud et de la Ville de Lausanne. Enfin, et c'est là l'essentiel, il marque de plus en\nplus sa volonté de favoriser selon ses moyens le développement musical de cette ville dans tous\nles domaines, en prenant une part directe dans l'administration et l'organisation de l'Orchestre\net de certaines institutions comme celle qui nous donnera l'an prochain au Théâtre du Jorat\ndes représentations modèles de 1 Orphée de Gluck. Cette transformation du Conservatoire, qui\nne manquera pas d avoir sur la vie musicale Lausannoise une influence salutaire, est essen-\ntiellement 1 oeuvre de son directeur M. Jules Nicati. Pianiste éminent, mais surtout ami\ndévoué et desinteresse de la musique, M. Nicati a exercé depuis quelques années une\nactivité intense dans notre vie musicale. IVÎais cette activité était cachée, elle se déroulait à\nl'ombre des comités et des bureaux ; la Réforme du Conservatoire que M. Nicati a signée\nvient heureusement la mettre en pleine lumière ; elle a permis enfin à notre public de lui\nrendre le juste hommage qui lui était dû."}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.104", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3789, "texte": "Quant au Conservatoire de Genève, il n'est pas plus indépendant de son milieu que les\nprécédents ; un de ses professeurs de piano, M. Stavenhagen, est directeur des concerts d'abonne-\nment ; l'excellent organiste Barblan y enseigne le contrepoint et la composition ; et il a partagé\navec le pays tout entier les regrets qu'a causés le départ de M. Jaques-Dalcroze pour Dresde.\nMais il ne présente pas au même degré que les Conservatoires de Lausanne et de Fribourg le\nspectacle d'une évolution incessante, pour la bonne raison que, plus ancien et mieux doté\nqu'eux, il est depuis plusieurs années en pleine prospérité.\nAprès les Conservatoires, les Salles de Conserts ont ouvert leurs portes. Ce fut d'abord le\nKursaal de Montreux. M. F. de Lacerda y a recommencé une nouvelle série de ces programmes\ndont j'ai souvent relevé ici la tenue intelligente, la richesse et le goût. Reprenant en mains son\norchestre fatigué et quelque peu déformé par les concerts en plein air, il l'a ramené en quelques\nsemaines à ce jeu sûr, si beau de style et de sonorité que l'on admirait ces années dernières.\nL'exécution magistrale que ce petit orchestre a donnée de Tod und Verklarung de Richard\nStrauss est à cet égard significative. Le sommet de cette première période de concerts est marqué\npar la VIIme Symphonie de Beethoven, dont l'interprétation mit en valeur de manière excep-\ntionnelle le sens de l'équilibre et des valeurs rythmiques.\nLes concerts d'abonnement de Genève ont publié leurs programmes. La même sincérité\nque j'employai ce printemps à parler de la direction de M. Stavenhagen me permettra de louer\nle sérieux effort que dénotent ces programmes. Jamais encore M. Stavenhagen ne nous en avait\ndonné de si équitables et de si heureusement composés. Représenter la France par la Symphonie\nde Franck, la Mer de Debussy et la Rhapsodie espagnole de Ravel est sûrement une pensée\nlouable, de la part d'un musicien aussi éminemment tudesque. Et sans doute, c'est encore moins\nqu'on en attendrait d'une ville aussi romane que Genève ; mais c'est mieux que Genève ne\nfît jamais.\nLes concerts d'abonnement de Lausanne ne sont pas annoncés ; ils ne le seront peut-être\npas cet hiver. Le néfaste Casino dont je vous ai déjà parlé a amené l'orchestre à un état pire\nque le néant, car il ne suffirait pas de le reconstruire entièrement, il faudrait encore le décrasser\nd'une ambiance détestable et perfide.\nE. ANSERMET.\nMOSCOU. Nous sommes menacés d'une avalanche de concerts symphoniques.\nDix concerts de la Société Impériale de musique seront conduits par Emile Konpère, dix autres\n(avec un programme historique) par Serge Wassilevksky. La Société Philharmonique aura pour\nchef d'orchestre : M. Koats, Gab. Fauré, W. Mengelberg, F. Mottl, F. Weingartner,\nS. Rachmaninow, Al. Ziloti. S. Kussewitzki, dirigera une partie de ses concerts, secondé par\nOse. Fried de Berlin, et Arth. Nikisch. Les amis de la musique russe, (M. Kerzin) donneront\n4 à 5 concerts symphoniques conduits par Em. Konpère. Ajoutons encore les \" Oratorio \",\nau nombre de 5 avec orchestre et chœurs, conduits par M. W. Boulytchew.\nLa Société Impériale commença ses concerts avec Schumann : Godfried Galston, M. Capet\net Casadesus se firent entendre.\nLa Symphonie de Scriabine u L'Extase \", fut exécutée avec succès. C'est une œuvre\nforte qui fit grande impression.\nAux Concerts historiques du Dimanche se firent entendre Jacques Handelin, organiste,\nA. Ziloti, pianiste. La second concert avait inscrit à son programme des œuvres de Hândel,\nMuffat, Grétry, Rameau. M. W. Boulytchew donna une très bonne exécution des Saisons de\nHaydn. Félicitons le chœur qui chanta les œuvres de du Fay, Okeghem, J. des Prés, Arcadelt, etc.\nMusique de Chambre. Marc Meiteliek fut le premier pianiste de la saison sa"}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.105", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3550, "texte": "technique est admirable. Citons aussi les séances fort intéressantes d'Al. Goldenweiser,\npianiste, et B. Sibor, violoniste, qui exécutèrent toutes les sonates de Beethoven pour violon et\npiano.\nL'enfant prodige, Irène Eneri, (13 ans) vint se faire entendre avec un programme, qui\nferait honneur à un grand pianiste.\nELLEN VON TIDEBÔHL.\nSTRASBOURG. Le départ pour Mayence du premier chef d'orchestre de l'opéra,\nAlbert Gorter et la nomination de Hans Pfitzner comme directeur font entrer notre Théâtre\nMunicipal dans une nouvelle phase de son développement ; l'avenir dira si nous avions raison\nde bien augurer de ces changements. La saison ne nous promet, aucune nouveauté ; jusqu'à\nprésent, on a donné Freischûtz avec Mmes Mahlundorst, Croissant et M. Wissiak; Fidelio,\nCzar et Charpentier, de Lortzing, Iseyl et Tiefland, de l'Albert, le Secret de Suzanne de Wolf\nFerrari, Carmen, les Huguenots, etc. Est-il préférable de représenter beaucoup d'œuvres qui\nn'auront eu que peu de répétitions chacune, ou au contraire peu d'œuvres mais fréquemment\nrépétées ? Cette question ne se pose pas.\nParmi les concerts, signalons ceux de Frédéric Lamond, pianiste, qui donne son audition\nau Théâtre, de M\"'e Fila Plaichinger qui chante au concert la mort d'lseult et des scènes\nd'Electra, de Mme Spiro-Rombro de Rome, violoniste émérite. Le programme du premier\nconcert municipal fut très goûté du public (Symphonies de Mozart et de Brahms.) Triomphe\npour Pfitzner qui conduit l'Orchestre et pour le pianiste Ed. Risler. Le quatuor Capet nous\ndonne des exécutions parfaites du 3e quatuor op. 59 de Beethoven et de celui de Debussy.\nAu lel1e1 Concert populaire, le chef d'Orchestre Fried dirige avec autorité la symphonie Italienne\nde Mendelssohn et le pianiste Bœswillwald se couvre de gloire dans l'exécution du Concerto\nen la Mineur de Grieg.\nS. S.\nVIENNE. La démission de Weingartner était tout à fait inattendue. La presse\naffirmait que Weingartner était heureux de la sympathie que lui témoignait l'lntendant, le\nComte Montenuova, et qu'il ne pouvait être question d'une crise à l'Opéra, la situation\nfinancière étant excellente. Puis, soudain, on appela M. Gregor, de l'Opéra-Comique de\nBerlin, dont on n'avait pas encore parlé ; il excelle à mettre à la scène ; c'est là une qualité\nindispensable à la Direction d'un théâtre privé, mais insuffisante pour diriger le premier des\nthéâtres allemands de musique. M. Gregor a affirmé à la Presse son intention de respecter les\ntraditions de l'Opéra ; de cette façon, il s'assure sa sympathie. Il serait à souhaiter qu'il fît\ndavantage. Espérons qu'il nous donnera des exécutions aussi bonnes que celles de Mahler. Il\npromet de tout faire pour rappeler Mahler comme premier chef d'orchestre, car il est évident ;\nqu'agir autrement constituerait la plus lourde des fautes. Le choix de Mahler est pour la\nnouvelle direction une question vitale.\n\" Quo Vadis\", l'opéra français, a remporté un très grand succès à l'opéra Populaire.\nL'opéra de Franz Schveker \" der ferne Klang \" est accepté à l'Opéra et doit être représenté\nau commencement de la saison prochaine.\nLONDRES. La \"Philarmonic Society \" vient de donner la première audition de\nla dernière œuvre de Sir Edward Elgar, son Concerto pour violon, qui a été accueilli par des\nacclamations enthousiastes s'adressant au compositeur et à l'interprète, M. Kreisler. Ce\nConcerto, plein de charme et de sérénité forme un heureux contraste avec sa symphonie et\ndeviendra sans doute plus populaire encore ; la forme en est classique et l'orchestration"}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.106", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3529, "texte": "moderne ; on y retrouve toutes les qualités sérieuses de Sir Edward Elgar, sa conviction et sa\nsincérité habituelles.\nNEW-YORK. La Société des Instruments à vent Barrère annonce trois intéressantes\nséances. On y entendra parmi les œuvres de musiques française moderne :\nde Inghelbrecht, pour flûte et harpe, le Quintette d'André Caplet, la petite suite de Debussy\n(transcrite pour instrument à vent), le Dixtuord'Enesco.\nfït\nBARCELONE. UOrféo Qautata vient d'organiser, dans son Palace, les cinq premiers\nconcerts de la saison. On nous a donné une excellente exécution de Gluck, qu'on\nn'avait plus entendu, chez nous, depuis de longues années. Outre la collaboration des' beaux\nchoeurs de la maison, toujours superbes, on s'était assuré le concours de notre compatriote\nMaria Gay et de Mlles Aline Béran et de Furnells. L'œuvre de Gluck a été exécutée deux\nfois et le succès en a été colossal. Faut-il ajouter que Maria Gay et les chœurs ont été admi-\nrables et que le maître Millet a dirigé en artiste l'ouvrage dont-il s'agit ? Maria Gay était\nencore engagée pour nous donner un récital de Lieder. Elle a fort bien dit de très belles paçes\nde Beethoven, Salvator Rosa, Giordano, Haendel, Mozart, Schumann, Schubert, Brahms,\nBorodine, Perilhou et R. Hahn ainsi que quelques chansons populaires. Dans cette même\nséance, le Trio Pichot-Costa s'est également fait entendre. L. Pichot a enfin joué le concerto\nen mi de J.-S. Bach dans une des séances de cette première série. Après les concerts dont\nnous venons de parler, Jacques Thibaud et notre Granados ont donné deux séances de Sonates\navec le plus grand succès. Bach, Mozart, Beethoven, Schumann et César Franck ont été les\nauteurs choisis par ces deux artistes. C'a été un régal.\nUOrquesta Simfonica de Barcelona a donné (toujours au Palace de la Musica), son tout\npremier concert. Il s'agit d'une société de concerts nouvellement organisée que le maître\nLamote de Grignon dirige. Le concert de présentation a fort bien réussi. Au programme,\nY Héroïque de Beethoven, La nit de Nadal (chœurs, solistes et orchestre), de Lamote, Marche\nde la Symphonie Fantastique,de Berlioz, Fêtes,de Debussy, et, enfin, de\nDukas. L'orchestre, sous la direction du maître Lamote, a bien débuté.\nLa nit de Nadal est, croyons-nous, une des premières choses que Lamote ait écrites.\nC'est de la musique infiniment sincère et volontiers catalane. Une partition, en somme, remplie\nde jolies choses.\nRosenthal a donné enfin deux concerts. Son mécanisme est extraordinaire, oui, d'accord.\nMais est-il bien sûr que tous les esprits sérieux qui assistent aux concerts, de bonne foi,\nentendre de la musique,ne sont-ils pas toujours un peu déçus en écoutant ces virtuoses dont le\nbut principal consiste, dirait-on, à épater les badau !... F. LLIURAT.\nCADIX. On ne saurait trop louer l'activité du directeur de l'Académie de Santa\nCecilia ; grâce à lui, et à lui seulement, (car notre Société ne reçoit aucune subvention)\nl'Académie de Santa Cecilia se développe de jour en jour. C'est ainsi que nous pouvons avoir\nde superbes exécutions comme celle qu'il nous fut donné d'entendre de la 9e Symphonie de\nBeethoven, au 13e Concert.\nLe programme du concert donné à l'occasion de la fête de Sainte-Cécile comprenait\nnotamment une Leçon de Solfège à deux chœurs du directeur M. A. Galvez, des fragments\nde Parsifal de Wagner, l'hymne à Sainte-Cécile de Sancho Marraco. M r Rafaël Olivares Bel\nexécuta le Rondo Capriccioso de S 1 Saëns et les ovations ne lui furent pas ménagées.\nS. V."}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.108", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 821, "texte": "SARAGOSSE. — UOrquesta Sinfonica de Barcelone a donné ici un concert fort intéres-\nsant ; au programme : la Symphonie héroïque de Beethoven ; la Fantastique de Berlioz, Fêtes\nde Debussy, Phaëton de S1 Saëns ; Siegfried-Idylle ; l'ouverture des Maîtres-Chanteurs de\nWagner ; Scherzo et Rêverie de Lamote de Gringnon.\nVirïes, à son récital de piano a joué la Sonate Appasionata de Beethoven, les Etudes\nSymphoniques de Schumann, le prélude de RachmaninofF, les Tourbillons de Rameau, au\ncouvent de Borodine, Jardins sous la Pluie, de Debussy, la Tarentelle de Moskowsky. Inutile\nde dire son succès.\nM. D. F.\nOVIEDO. — A la Philharmonique Ricardo Vines triomphe dans la Sonate Appasionata\nde Beethoven, et les œuvres de Schumann, Chopin, Fauré, Debussy, Falla, Turina, Granados\net Albeniz.\nP. A. B."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c065", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c065", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 79, "image_fin": 82, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.20.1", "titre_corps": "MACBETH. Drame lyrique, musique d", "titre_sommaire": "MACBETH. Drame lyrique, musique d", "signature_source": "F. Guérillot", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.79", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 3452, "texte": "MACBETH. Drame lyrique, musique d\nIl est toujours un peu téméraire d'inoculer le virus de la musique à une œuvre profondé-\nment saine, et qui se porte à merveille depuis des siècles. Ce qui précisément crée le chef\nd'œuvre, c'est un certain équilibre de tous les éléments de vie, et de toutes les convenances\nartistiques. Le Macbeth de M. Bloch en est un nouvel exemple après tant d'autres, et un\nexemple saisissant par le redoutable talent musical qu'il nous révèle. Séduit par l'horreur de ce\ndrame, M. Bloch a pensé qu'il trouverait là une occasion de montrer son art trépidant et\ncomplexe. Et en vérité, ce musicien arrive à nous donner une parfaite idée de la façon dont il\nmanie, ce que Victor Hugo appelait \" l'informe hurlant. \" Mais n'aurait-il pu le faire, et\nbeaucoup mieux, à ses propres risques, sans entraîner Shakespeare dans l'aventure ?\nL'horreur de Macbeth a fait naître dans l'imagination de Shakespeare une intrigue qu'on\npeut appeler littéraire, c'est-à-dire, dans laquelle la poésie, et l'intelligence claire, lucide, logique\nont leur part. La pièce anglaise nous élève ainsi au-dessus de la brutalité des événements, elle\ndonne un sens à la réalité qu'elle éclaire. Mais la musique, et surtout celle de M. Bloch ne\ns'adresse plus qu'aux sens exaspérés. Elle nous replonge dans la grossièreté du fait divers. Elle\ndonne le frisson, c'est entendu, mais rien que le frisson. Les paroles disparues dans le fracas\nd'un orchestre moderne, il reste tout juste une lamentable histoire qui se traîne dans un joli\ndécor moyen âge, et qui étire pendant quatre heures et demie son mélodrame vieillot.\nOn peut très bien concevoir le drame musical comme une crise rapide, et pour ainsi dire\nhystérique. C'est le cas de Salomé et d'Elektra. Mais Richard Strauss, lorsqu'il tente de nous\nasséner un terrible coup, nous tient tout juste une heure et demie, et sans entr'acte. Le coup\nest porté, et chacun se retire. C'est juste le procédé opposé à celui de Shakespeare qui veut que\nson auditeur se resaisisse, et se dégage pour ainsi dire du drame lui-même. Macbeth, encore une\nfois, perd tout à être mise en musique, puisqu'elle perd l'élément shakespearien qui la rendait\nprécieuse.\nLes critiques d'ordre esthétique que je formule ici contre la pièce de l'Opéra-Comique,\nn'atteignent pas le talent très réel et très fougueux du solide musicien qu'est M. Bloch, et que\nnous espérons bien voir à l'œuvre une autre fois.\nLa 84e année des Concerts du Conservatoire, le Millième Concert Colonne,la 30e année des\nConcerts Lamoureux ! Faut-il conclure de ces chiffres que la France se convertit sincèrement\nà la musique et qu'elle y devient une fonction sociale ? Quoi qu'il en soit, l'évolution est trop\nbien établie pour cesser ou même se ralentir. Après avoir entendu de la musique par snobisme,\nquelques centaines de Parisiens l'entendent par goût et par besoin et finissent par la comprendre.\nC'est la symphonie Héroïque qui a ouvert la saison au bien jouée certes\npar l'orchestre, mais assez alourdie aussi par M. Messager dans certains passages, le milieu du\nfinale par exemple, ou le mouvement fut par trop lent. La Thamar, de Balakirew, qu'on\ndonnait pour la première fois, est une de ses meilleures pages. Avec quelques développements,\nil en eût fait un merveilleux ballet. Mais n'y cherchez pas autre chose que du pittoresque. La\nNuit, chœur de Saint-Saëns pour voix de femmes, arrivait des Concerts Colonne au Conser-"}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.80", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 4001, "texte": "vatoire sans éclat, ainsi qu'il convient, trop calme même. Mlle Campredon a fort agréablement\nchanté les trilles du solo. Dans le Concerto de piano en sol, de Beethoven, Mme Alem-Chené\na eu de la finesse et du charme, à défaut de puissance. L'œuvre exige d'ailleurs peu de force.\nLa deuxième symphonie de Balakirew, au Concert Lamoùreux, fut une vraie nouveauté\ncar c'est peut-être la dernière œuvre de l'auteur et elle n'avait été exécutée qu'une fois à\nSt Petersbourg, l'an dernier. Le développement symphonique y fait défaut, et à vrai dire, elle\nn'a de symphonie que le titre. C'est un peu simple de facture, cela manque de procédé et de\nstyle. Mais quelle sincérité dans les motifs et dans leur présentation et quelles jolies trouvailles\nsonores ! Le poème symphonique de M. Lucien Lambert, \" Prom'nons nous dans les bois \"\nest une page aimable et amusante. M. Cheviilard l'a fait suivre des Murmures de la Forêt,\nde Siegfried, avec quelque malice. On a beaucoup applaudi le Don Juan, de M. Strauss. C'est\n['antithèse de Balakirew. On attendait beaucoup des fragments d'Eros vainqueur, les scènes\nlyriques de M. de Bréville, représentées avec succès à Bruxelles. On eut quelque déception.\nNon que cette musique soit banale, mais, écrite dans une tonalité volontairement grise, discrète,\net infiniment distinguée elle porte peu et le public ne lui a pas rendu justice. Baba-Yaga, de\nLiadow, est une drôlerie musicale tout à fait réjouissante, présentée avec une dextérité\nmerveilleuse et fort bien rendue par l'orchestre de M. Cheviilard. Mais quel bariolage que ces\nprogrammes où Liadow coudoie M. de Bréville !\nM. Cheviilard a jusqu'ici, heureusement choisi ses solistes : Mlle Dehelly, dans un\nConcerto de Liszt, Mmes Isnardon et Le Senne, Mlle Calo, Mlle Croiza, M. de Lausnay\ndans un Concerto de Lalo, etc.\nC'est par Beethoven que M. Pierné a célébré le millième Concert de /'Association\nArtistique (Concert National le 2 mars 1873, Association Artistique en 1875). M. Kreisler\njoua le Concerto de violon, M. Clark chanta les Lieder de Gellert, l'orchestre brilla dans la\n3e ouverture de Léonore, M. Mounet Sully dit les vers de M. Emile Moreau à la gloire de\nColonne, enfin Chœurs et Orchestre s'unirent pour la 9e Symphonie. Une précédente séance\navait été consacrée à Franck et à Wagner, où Mlle Selva avait joué les Djinns ; à une autre\nM. D'lndy avait conduit son Wallenstein et reçu un triomphal accueil ; le Paradou, de\nM. Bruneau est toujours intéressant, quoiqu'on dise. Enfin citons un poème de M. Taillade\npour voix et Orchestre, l'Enfant, sur des vers de Victor Hugo, qui fut à peu près la seule\nnouveauté du mois, page pittoresque, expressive et l'écriture experte.\nMM. Séchiari et Hasselmans ont eu, pour leur rentrée, la récompense de leur per-\nsévérante initiative, car les salles étaient élégamment garnies. Un concert symphonique dans\nla semaine, quatre en matinée le Dimanche ne sont plus excessifs pour nos goûts. Mais\nil faut encore à ces deux jeunes orchestres un effort pour arriver à une exécution tout à tait\nd'aplomb. Pourquoi ne pas donner deux fois de suite les œuvres importantes et se ménager\nainsi plus de répétitions ?\nA la première séance Séchiari, on a applaudi les Trois Sorcières, de M. Léo Sachs,\nœuvre de couleur sombre, dramatique, quelque peu Wagnérienne, bien chantee par Mme Rose\nFéart. De M. Ch. Quef, une Suite Flamande, violente et populaire, presque trop. Le joli\npetit Concerto qu'est la Haffner Serenade, de Mozart, a fourni une occasion de briller à\nM. Bittar. Est-il bien vrai qu'elle n'avait jamais été jouée à Paris ? M. Hollmann, parfait\ndans la mélodie Kol Nidrei, de Max Bruch, s'est fait entendre aussi dans un concerto de sa\ncomposition, \" œuvre aimable et brève \" du \" roi des violoncellistes.\" Ainsi s exprimait le\nprogramme. Inclinons-nous.\nUn enrouement de M. Fabert causa quelque trouble au programme de M. Hasselmans\net nous priva de deux nouveautés. Correcte et bien écrite sans plus est 1 ouverture de"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.81", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3975, "texte": "M. Louis Dumas. Il faut espérer de M. Dumas, dont le Cercle de l'Art Moderne va donner\nun quatuor à cordes. Exécution un peu flottante de la 3e symphonie de Saint-Saëns, mais, par\ncontre, absolue perfection de M. Hayot dans le Concerto de Violon de Lalo et le Rondo\nCapriccioso de Saint-Saëns, qu'il a joués en grand virtuose et en grand artiste. Nous avons\nencore des violonistes à Paris.\nFeurwerk, de M. Strawinsky, aeu quelques enthousiastes. Beaucoup— et nous sommes\ndu nombre n'ont vu que trente-six chandelles à ce Feu d'Artifice et tous nos sentiments\npour la \" nation alliée et amie \" ne nous empêcheront pas de le dire. L'exécution était\nd'ailleurs plutôt vacillante.\nIl est assez délicat de parler des concerts historiques de l'Opéra Comique. M. Carré et\nM. Expert ont la louable intention d'initier le public, en seize séances, à l'histoire de la\nmélodie moderne. Qu'ils en soient loués et remerciés. Mais une toute petite conférence de\nM. Expert est insuffisante. Hâtons-nous de dire que l'auditoire en digérerait mal une plus\nlongue. Puis, au lieu de ce défilé de mélodies, quelques scènes importantes bien choisies, avec\nun petit orchestre au lieu d'un piano, donneraient une idée plus exacte de l'évolution musicale.\nL'Opéra-Comique l'avait essayé il y a quelques années, ce nous semble. Quoiqu'il en soit,\nM. Expert parle avec désinvolture et précision et, des artistes entendus dans les trois pre-\nmières séances, plusieurs furent très agréables; Mlles Bilbaut Vauchelet, Hatto, Lucy Vau-\nthrin et Martyl, MM. Francell et Gilles sont à nommer tout d'abord.\nLa Société Philharmonique a fait plus que le maximum avec MM. Kreisler et Harold\nBauer, car nous avons vu \" refuser du monde.\" Ce fut une belle séance où la virtuosité ne\nnuisit pas à une interprétation profondément artistique. Ces talents ont les mêmes mérites de\nfinesse et de pondération, la même qualité de son, la même discrétion de nuances. Au troisième\nconcert, affluence un peu moindre. Le double Quintette (M. Sechiari premier violon) donnait\nle septuor de Beethoven et une \" symphonie de chambre, \" avec piano, de M. Wolff Ferrari,\ndont il y a peu à dire en bien et en mal. Par contre, le petit trio sérénade (flûte, violon, alto)\nde Beethoven est toujours exquis, joué par des artistes comme M. Sechiari, Hennebains et\nVieux, et Mlle Helbronner a une voix agréable, égale et une excellente diction.\nLa Société J. S. Bach va donner la Passion selon St-Matthieu. Elle y a préludé par la\ncantate nuptiale pour soprano et la cantate profane \" Nous avons un nouveau gouverneur \".\nqui est une des œuvres de Bach les plus imprévues. Le vieux cantor y fait la critique de ce\nmoderne style qui allait bientôt être celui d'Haydn.\nM. Raugel dirige la Société Hœndelavec une foi qui transporterait des montagnes mais\nqui ne remédiera jamais à la défectuosité des églises pour les oratorios et l'orchestre. Il faut\nqu'il nous redonne le T. e Deum de Hasndel ailleurs qu'à S 1 Eustache. Pour parler de cette\ngrande œuvre, il eût fallu l'entendre sans résonnances, et sans échos. Revenons donc vite à la\nsalle de la rue de Trévise.\nToujours soucieux d'instruire son auditoire fidèle, la Schola a donné pour son premier\nconcert mensuel des \" suites \" de Bach, Haendel, Debussy, d'lndy, où son orchestre a montré\ndes progrès. M.'le Selva a commencé une série de concerts sur la sonate de piano avant\nBeethoven. Voilà des programmes comme il n'y en a pas assez. Dans le même sentiment\ndidactique, MUes Pironnay donneront d'ici àla fin de décembre sept séances avec conférences\nde M. Landormy sur la musique depuis le commencement du XIXe siècle. C'est la suite d'une\nsérie \" d'illustrations \" de l'histoire musicale.\nL'Union des femmes Professeurs et compositeurs est d'une incontestable activité. Elle aura\nbientôt, nous assure-t-on, son orchestre, entièrement féminin, bien entendu. Dès maintenant,\nelle donne deux concerts par mois d'une bonne tenue artistique. Le sexe laid y est admis sans"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.82", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2975, "texte": "être obligé de se laisser raser, à Tencontre de ce que prétendait irrévérencieusement je ne sais\nplus qui. Avec Mme Forte-Gex (violon), MlleCaffaret (piano), MJle Laskine (harpe), Mme Bathory\njchant), Mlle Bonnard et son XV •io de la Reine le programme n'avait rien d'ennuyeux, et les\nartistes ont été fort applaudies.\nHâtons-nous de mentionner le trio Kellert^déjà entendu l'an dernier et en appréciables\nprogrès, les trois concerts de M. Spalding,un des violonistes excellents de notre époque de virtuoses,\nun très intéressant concert du Lied Moderne où M\"\"' Marteau de Milleville a donné des œuvres\nvocales de Mme Delage Prat, de MM. Georges Hue, Langlois et Pessard (Mme Delage Prat\net M. Hue excellent dans les petits tableaux de genre,) puis le très\nbeau Qoncert Choral de la Société Spœl, de La Haye. Avons-nous des chœurs capables de chanter\nà Cappella avec ce sentiment, ce goût et cette justesse ? C'est douteux.\nMoussorgski, Mme Marie Olénine, M. Cortot ! Si vous êtes insensible à ces trois noms\nsur un programme, ne vous dites pas musicien. La séance à laquelle nous venons d'assister rue\nd'Athènes fut vraiment et absolument belle. Ce Moussorgski vous secoue, vous boulverse, sans\nrien emprunter à aucune école, sans obéir à aucun système. On ne lui résiste pas. Et quelle\ninterprètes que Mme Olénine, àla foi d'apôtre, et M. Cortot ! Ils donneront encore un concert\nle quatrième le 19 décembre, après que le S. I. M. aura paru. Allez y, c'est la grâce que\nje vous souhaite.\nLe \" Vax Quatuor\"commence sa deuxième année d'existence. Très belle exécution du\nOB quatuor de Beethoven et du 3e de Schumann par iVLVL Louis Carembat, G. 1 ouit-t,\nDrouet, A. Cruque, et de la sonate en sol mineur de Haendel pour piano et violoncelle,\njouée par M. Cruque et Mme Muller de Beaupré, l'infatigable organisatrice, dans un style\nadmirable.\nGardons-nous d'oublier le Concert de la Soc où l'art musical russe fut\nsavamment commenté par M. Louis Thomas. Citer le nom de Mme Raymonde Delaunois et\nde M. E. Trillat qui interprétèrent des œuvres de Moussorgsky, Blumenfeld, Borodine,\nBalakirew, Rachmaninoff, c'est dire tout le succès que remporta cette remarquable séance.\nEnfin reconnaissons la belle interprétation de M'lle Raunay dans deux cantates de\nSchûtz, et surtout dans la fille de Jephté de Carissimi. Il y aurait beaucoup a dire sut\ncette séance qui nous a promené de la fin du XVIII'' siècle allemand au milieu du\nXVIIe italien. L'intention est louable, la réalisation pleine de noblesse mais l'ensemble,\nmené militairement par Chevillard, manquait un peu de cet abandon qui est nécessaire\npour séduire pleinement. N importe ! Un bon point a cette belle initiative.\nLa dernière matinée donnée par Challet et M^m< Challet-Vicq était consacrée\naux œuvres de IVIM. Aubert et Duteil d Ozanne.\nDe ce dernier, la charmante Suite en forme de Sonate pour piano et violon était\nje crois, plus connue du public que le cycle de mélodies.\n\nF. Guérillot."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c066", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c066", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 82, "image_fin": 94, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.20.2", "titre_corps": "Province.", "titre_sommaire": "Province.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.82", "debut_caractere": 2977, "fin_caractere_exclue": 3296, "texte": "Province.\nLE HAVRE. UN CONCERT ESPAGNOL. Le Havre vient d'être témoin\nd'une manifestation touchante et significative en faveur de la musique espagnole. Grâce au\nconcours de Mme Miguel Alzieu, de MUe Launay, de M. de Falla, et du quatuor Willaume-\nFeuillard, Les Havrais ont eu la primeur d'un musique vraiment nouvelle."}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.84", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3666, "texte": "Ce n est pas aux lecteurs de notre Revue que j'apprendrai l'existence de la Musique\nModerne Espagnole; M. Henri Collet a publié ici même en 1908 deux articles auxquels\ndevront toujours recourir ceux qui voudront avoir sur la question les grandes données\nclaires.\nLe grand Albeniz, deux ans avant sa mort, m'avait déjà entretenu des efforts faits dans\nson pays pour dégager une musique vraiment nationale et personnelle, du sein des influences\nitalianisantes ou vulgaires qui en submergeaient le caractère initial profond, ardent, mélancolique\net colore. u II n y a pas que moi comme musicien espagnol \" me disait-il avec cette sympathie\ndébordante et cette familiarité enthousiaste que nous avons tous connue et que nous ne\ncesserons pas de regretter.\nEt deja lui seul n'ètait-il pas un témoignage merveilleux de la vitalité du génie espagnol,\ndes ressources trop méconnues de la pensée et de la sensibilité de ce peuple ? Ses propres\nœuvres ne restent-elles pas une beauté digne de tous les enthousiasmes ?\nAussi ai-je cru devoir dignement dédier ce concert et ceux qui le suivront dans d'autres\nvilles françaises et étrangères \" A la mémoire d'Albeniz \" et en faire débuter chacune des\ndeux parties par deux pièces tirées d'lberia.\nC'est à Henri Collet que nous devons de pouvoir débrouiller les grandes directrices de la\nrenaissance espagnole musicale : personnellement c'est à lui que je dç>is d'avoir pu être mis en\nrelations avec plusieurs compositeurs et d'avoir entre les mains des œuvres manuscrites qui\nfurent parmi les plus émouvantes de ce concert.\nOutre quatre pièces d'Albeniz (Evocation, El Puerto, Triana, Ameria) j'avais choisi\npour représenter les œuvres de piano la suite Sevil/a de Turinay et les Quatre Pièces Espagnoles\nde Manuel de Falla. Ce sont là des œuvres que Paris connaît, puisqu'elles y ont été inter-\nprétées, et éditées, et que leurs auteurs y vivent actuellement.\nManuel de Falla vint jouer lui-même ses pièces ; il me semble difficile qu'on puisse\ntrouver un meilleur interprète de ces œuvres délicates et nuancées : surtout de u Cubana \"\net \" Montanesa \" qui sont parmi les plus adorables pages que nous devions à la littérature\nmoderne du piano.\nComme mélodies, la délicieuse Chanson de VEtoile tirée des \" Pireneos \" de Pedrell et une\ngrave et belle mélodie de Morera \" l'Hiver.\"\nJe ne prétends certes pas avoir ainsi représenté complètement ces deux dramaturges, dont\nles œuvres dépassent considérablement les moyens et le cadre d'une séance de musique de\nchambre, mais je crois que ce sont là deux pages susceptibles d'indiquer à l'auditeur qu'il aurait\nintérêt à pousser plus loin sa connaissance du Wagner espagnol, ainsi que certains appelent\nPedrell, et de l'auteur d'Emporium.\nTrois mélodies populaires harmonisées par Olmeda représentaient mal Olmeda lui-même\ndont je pense donner quelque jour la Sonate, mais pouvaient donner au public la mesure du\nchant populaire d'Espagne qui n'est pas toujours selon nos idées préconçues. Deux mélodies\nde Villar et deux de Manuel de Falla complétaient le programme ; les premières plus con-\nformes à l'esthétique classique, les deux autres dignes de rivaliser avec nos mélodies les plus\nmodernes, au bon sens du mot.\nJ'avais cru devoir choisir précisément des œuvres qui en représentassent aussi les autres\naspects, l'aspect mélancolique et cependant ardent et inquiet dans les \"Caprichos romanticos\"\nde del Campo, grave et farouche dans la mélodie de Morera, délicat et naïf dans la chanson\nde l'Etoile de Pedrell, mélancolique et religieux dans les thèmes populaires.\n\n1 ier Concert de Musique Espagnole moderne. Le Havre le dimanche le 30 octobre 1910."}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.85", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3789, "texte": "Quatre pièces de Falla, quatre pièces d'Albeniz, et la Sévilla de Turina, représentaient\ndans ce concert le côté coloré, vibrant, expansif de l'Espagne.\nL'impossibilité où l'on est en province de répéter fréquemment des expériences du genre\nde celle-ci contraint à donner plutôt des indications que des exposés complets. Aussi pourrait-on\npuiser intarissablement dans les recueils de mélodies populaires soit parmi celles qui furent\nrecueillies par Olmeda, soit parmi les chansons catalanes qu'édita Morera.\nC'est là qu'on trouvera les indices du véritable caractère musical de l'Espagne sur lequel\nla plupart s'abusent. D'ailleurs il n'est peut-être pas de pays en Europe que les Français connais-\nsent aussi mal que l'Espagne, non seulement en tant que pays, mais en ce qui touche sa\nlittérature, ses beaux arts, et à plus forte raison sa musique, puisqu'on ignorait encore Victoria\net Cabezon en France il y a moins de dix ans et qu'on y ignore aujourd'hui un compositeur de la\nvaleur de Conrado del Campo.\nLe public s'est trouvé en face d'une œuvre admirable, pleine, originale personnelle et\nemue, les \" Caprichos romanticos''''de Conrado del suite d'impressions d'après des poèmes\ndu poète espagnol Becquer ; peut-être peut-on trouver dans le final, à la première audition,\nquelque longueur, (c'est un sentiment dont on revient ensuite) cette suite pour quatuor d'archets\nsonne d'une façon que n'atteint peut-être pas, même le quatuor de Debussy, il y a là une\ncombinaison de timbres et de nuances vraiment exquise.\nCe quatuor, en un autre programme, aurait été accueilli avec un vif succès : il n'a trouvé\nvraiment que 1 enthousiasme des musiciens et parmi ceux-là un certain nombre m'ont déclaré\nque ce n était pas espagnol.\nSavent-ils ce que c'est que d'être espagnol ? Voici une œuvre au moins doublement espagnole\npar ie caractère de son auteur, et par les thèmes littéraires sur lesquels elle s'appuie ; parce que\nbecquer était un mélancolique, un poète à la façon de Henri Heine ou de Verlaine, dirons\nnous qu'il est un écrivain allemand ou français ?\nMais u faudra du temps pour remonter un préjugé qui a de trop nombreuses références.\nPour des Français, l'art espagnol c'est un art objectif et joyeux, il n'y a pas à sortir de là: et\nc'est peut-être pourquoi, comme le faisaient remarquer il y a peu de temps encore M. Charles\nMalherbe d une part, et Henri Gauthier-Villars, les Espagnols comprennent si difficilement nos\ninterprétations de l'Espagne.\nLe champ est vaste, l'école musicale espagnole est riche : n'attendons pas cinquante ans\ncomme on 1 a fait pour les Russes pour nous apercevoir que nous nous trouvons en face d'une\nfloraison admirable nee du sol même, susceptible de donner à nos oreilles et à nos âmes des\nsensations délicieuses et des émotions rajeunissantes.\nJ ai tente dans le programme analytique 1 de ce concert d'esquisser une bibliographie des\nauteurs espagnols contemporains : mais ce n'est là qu'une esquisse : s'il est vrai qu'on y trouvera\npresque totale la bibliographie de Conrado del Campo, de Xurina, de Falla, les autres ne sont\nque des résumés qui pourront donner un simple aperçu de l'abondance de ce mouvement.\nLa cordiale confraternité d'Henri Collet, l'appui de jeunes écrivains espagnols tels qu'Al-\nfonso Hernandez Cata, l'amitié de quelques-uns de ces compositeurs, le souvenir d'Albeniz, la\nbonne volonté de mes interprètes m'ont aidé à réaliser une entreprise hasardeuse que je songe\nà renouveler dans d'autres villes.\nSi d autres veulent s'y employer nous unirons nos efforts : il faut faire la justice sur ce\n\nCe programme analytique est une brochure de trente deux pages rédigée en français et en espagnol et\ncontenant des notices sur Albeniz Olmeda Pedrell Morera Conrado Del Campo Perez\nCasas Falla— et Turina."}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.86", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3507, "texte": "point : et pour cela il vaut mieux ne compter que sur nous-mêmes ; n'attendons rien des\npouvoirs publics ni de ses représentants.\nAu Havre, je me souviendrai toujours de la sympathie que ma tentative a rencontrée\nauprès des membres du Corps consulaire, mais je me rappellerai toujours aussi que le seul consul\nqui m'ait refusé son appui a été le consul d'Espagne : tant il est vrai que l'ironie ne perd jamais\nses droits ! et puis cela n'empêche pas la lumière de se faire, n'est-ce pas ?...\nG. JEAN-AUBRY.\nARMENTIERES. M. le Principal du Collège de Garçons a donné, comme tous les\nans, un Concert sous le patronage de l'Association Amicale des anciens élèves.\nLa fanfare du Commerce, sous la direction de son sous-chef, M. Ducouraut, exécuta\nbrillamment la Polonaise de Vuillermin et la Marche et Cortège de Léo Delibes ; Mlle Marthe\nDuderguy, cantatrice, Messieurs Edouard Debruyne, baryton, André, diseur humoristique, et\nDelabarre, pianiste, charmèrent ensuite l'auditoire et furent chaleureusement acclamés.\nNous devons une mention toute spéciale à notre sympathique professeur de violon,\nM. Paul Dujardin qui, dans deux morceaux hérissés de difficultés, qu'il enleva d'ailleurs en\nvéritable virtuose, sut tenir en haleine toute la salle, qui lui fît une ovation bien méritée.\nNos meilleurs compliments et tous nos regrets de n'avoir pas plus souvent l'occasion de\nl'entendre. H. D.\nDOUAI. —La société des Concerts Populaires a donné le 20 novembre son itr concert\nannuel avec le concours du célèbre violoniste Jules Roucherit. Cet artiste a été incomparable\ncomme pureté de style et comme sonorité dans l'interprétation du classique (concerto en\nla de Mozart, Romance en sol de Beethoven, sonate de Leclair), étourdissant de verve, de\nbrio, de fantaisie dans la Polonaise en Ré de Wienawski. Les œuvres pour orchestre,\ninscrites au programme étaient : L'ouverture du songe d'une nuit d'été, Mendelsshon ;\nl'Andante de la symphonie en ut m. de Dukas ; la symphonie en Ré m. Haydn.\nElles ont été dirigées par M. Paul Cuelenaere, avec une fermeté, une sûreté et un sens\nartistique dignes des plus grands éloges. Il a prouvé une fois de plus qu'il possède un profond\ntalent mûri par une longue expérience.\nA signaler une belle manifestation d'art choral. Voici les principaux numéros d'une\ntrès intéressante audition donnée par la société chorale mixte La Lyre de Douai.\nLa Forêt, scène chorale pr. 4 voix d'hommes, Th. Dubois ; Chanson de mai, chœur\nmixte, Ch. Lefebvre ; Symphonie religieuse, 4e partie (voix mixtes), Bourgault-Ducoudray ; Nos\nPères, chœur à 7 voix, Bcurgault-Ducoudray ; Les voix au vent, pr. 4 voix d'hommes,\nLefèvre Derodè ; l'Etoile, (chœur de femmes), H. AJ.arèchal ; Romance du soir, (voix mixtes),\nSt-Saëns ; Notre Dame de la mer, Th. Dubois. A. G.\nBERNAY. —Un concours de musique aura lieu dans notre ville le 30 juillet 1911. Le\nrèglement sera prochainement adressé aux Sociétés. On peut, dès à présent, s'adresser pour\ntous renseignements à M. Célos, secrétaire général du Concours Musical de Bernay.\nRENNES. Entre la Société de Concerts, qui s'est adjugée le lot des grandes auditions\nsymphoniques, et l'Association Artistique, qui inlassablement se consacre à la musique de\nchambre, est venue prendre place une nouvelle société qui se propose \" de faire executer les\nœuvres inédites de compositeurs bretons et de découvrir des talents musicaux inconnus en\nBretagne Tentative intéressante dont nous devons remercier l'actif et intelligent promoteur,"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.87", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3758, "texte": "M. G. Lavello. Saluons donc la jeune Société de Musique Bretonne et souhaitons lui longue et\nprospère existence.\nVif succès pour le premier concert dont le programme réunissait éclectiquement les\nœuvres les plus variées (non toujours inédites par exemple !) des compositeurs les plus divers ;\nd'où programme abondant, trop abondant même... Je cite par ordre alphabétique pour ne\nfroisser personne et faciliter les recherches des musicographes futurs : J. Béesau, Ch. Bodin,\nH. Bogé, Bourgault-Ducoudray, Boussagol (je croyais le sympathique directeur du Conserva-\ntoire de Rennes né sur les bords de la Garonne ?), C. A. Collin, Marcel Labey, P. Ladrnirault,\nP. Le Flem, Guy Ropartz, Mme Ch. Sohy. Pour être exact je dois dire qu'une indisposition\nd'interprète a nécessité la substitution impromptu de C. Franck et de Chausson à M. J. Bëesau\net à Bourgault Ducoudray. C'était fâcheux pour M. Bëesau, bien que les deux recueils déjà\npubliés de ses remarquables mélodies l'empêchent d'être considéré comme un talent à découvrir;\nquant à notre excellent compatriote Bourgault-Ducoudray, il ne pourra plus, hélas! protester.\nEn somme plusieurs œuvres de premier ordre, les autres intéressantes, aucune indigne de\nl'exécution publique.\nToutefois une critique : pourquoi n'avoir fait entendre que des fragments du quatuor en\nsol mineur de Guy Ropartz et de la sonate en rè-mineur pour piano et violon de M. Ch. Bodin ?\nLe but de la société est de faire connaître des œuvres de compositeurs bretons ; les mutiler\nc'est justement empêcher de les connaître et de les juger, qu'il s'agisse aussi bien du quatuor\nde Ropartz, œuvre classée à qui respect est dû, que de ia sonate encore inédite de M. Bodin ;\nseul le premier mouvement de cette sonate a été exécuté ; il semble bien annoncer une\ncomposition de réelle valeur et déceler chez son auteur une remarquable personnalité musicale ;\nje n'en ai que plus de regret d'ignorer si la fin vaut le commencement.\nDonc, plus de coupures : si l'œuvre est bonne, tant mieux ; si elle ne vaut rien, tant\nmieux encore, parce que du même coup le talent inconnu.... vous comprenez ?\nLa Société des Concerts a donné sa première séance le 20 novembre. Le programme\ncomprenait des œuvres de Wagner fort bien interprétées par Mme Germaine Le Senne, de\nl'opéra, Mr Mascal, baryton du théâtre de Rennes, les Variations Symphoniques pour piano et\norchestre de César Franck, et la fantaisie en ta pour piano de Chopin, exécutées par\nMelle Marthe Bouvaist, avec tout l'art que l'on sait.\nNANTES. —La saison des conférences et des concerts a débuté le 11 novembre par\nun intéressante conférence de M. Paul Landormy sur \" le passé et l'avenir de la musique fran-\nçaise. \" Le présent ne fut pas négligé non plus et la conférence fut entrecoupée d'auditions\nd'un choix d'oeuvres modernes exécutées par le conférencier, qui possède une fort jolie voix et\nsurtout une diction et un sentiment parfaits, et par Mme Landormy, pianiste du Quatuor\nParent.\nLa Société Beethoven inaugurait sa seconde année d'existence par un concert donné le\n18 novembre. J ai parlé déjà, l'an passé, des excellents artistes qui la comprend. Au programme :\nBeethoven, Saint-Saëns, Sgambatti.\nLe 25 novembre, nous avons assisté au concert donné par le pianiste Edouard Bernard,\nprofesseur àla Schola cautorum, avec le concours de Mme Paul-Dieij. M. Bernard exécuta, en\nun style sobre et puissant, un programme où les pièces de résistance étaient la sonate op 81\nde Beethoven et le poème des montagnes de d'lndy. Quant à Madame Paul-Diey, il faut citer\nsurtout les u Cloches\" Debussy et le \"Manoir de Rosemonde\" de Henri Dupare qu'elle chanta\navec infiniment de goût.\nLa municipalité Nantaise a voté récemment un subvention destinée à la reprise des con-"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.88", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3213, "texte": "certs symphoniqucs populaires interrompus depuis de longues années déjà. Espérons que, cette\nfois, un effort sérieux sera fait pour doter notre ville de concerts dignes d'elle.\nJ. B.\nAUCH. Nous apprenons que la vaillante société de gymnastique \" UAvant Garde\nAuscetaine \" dirigée avec autorité par le sympathique M. Maugis, vient de grouper sous sa\nbannière une phalange d'excellents musiciens.\nNos félicitations à \" UAvant Garde''''pour cette heureuse innovation qui nous procurera\nle plaisir d'entendre une nouvelle société.\nPOITIERS. Très intéressant concert donné par le ténor Rodolphe Plamondon avec\nle concours de Mme Laverdin, professeur de chant à Poitiers, M. Bas, hautboïste et M. J.\nMasson, pianiste. Au programme des œuvres de Bach, Couperin, Schubert, le concerto pour\nhautbois de Hândel, les duos d'Orphée et de Tristan et Isolde qui valurent à leurs interprètes\nle plus vif et le plus légitime succès.\nM. H.\nTOURS. A la belle matinée artistique pour l'lnauguration de\nTourangelles, une partie de concert nous a permis d'applaudir la réputée cantatrice mondaine\nM\"le Maurice Gallet, directrice de I'U.F. P. C. dont Mme Bonis-Billard, brillante violoniste\net MIIe Lily Laskine, remarquable harpiste sont parmi les membres de valeur : elles furent\nvivement applaudies toutes les trois, et de même, le jeune et charmant ténor M. Pasquier.\nAu Concert Plamondon-Bas-Masson, peu de monde, mais accueil chaleureux, et bien mérité\npar l'excellent ténor, l'impeccable hautboïste, et le très délicat pianiste, ainsi que par leur\nprogramme de tout premier choix. Pas grand monde non plus au Concect du violoniste\nM. A. Spalding et du pianiste M. A. Oswald, qui sont pourtant déjà des virtuoses d'une belle\nforce... Trop de concerts à l'horizon pour que les amateurs veuillent les suivre tous !...\n*\n* *\nCe fut une belle soirée que celle du 27 novembre ; Mlle Wyda et M. Liéron donnaient,\nen effet, leur première séance de Sonates piano et violon. Ces deux artistes ont donné de\nparfaites exécutions de la Sonate en fa majeur de Mozart, de celle en si mineur de Richard\nBarth (ir® audition) et de celle en fa majeur de Grieg.\nH. H.\nCAEN. L'Ecole nationale de musique a ouvert la saison des concerts classiques en\nexécutant devant un public très nombreux : l'ouverture de la de Saint-Saëns, le\nDixtuor de Th. Dubois, l'air de ballet des scènes Pittoresques, la marche nuptiale du Conte\nd'Avril de Widor; Mme F. a merveilleusement chanté la Sérénade de Schubert et la cantilène\nde la Fée d'Argonges de M. Mancini, directeur de l'Ecole dont l'orchestre a fait entendre\négalement la Rapsodie Normande.\nANGERS. Aux deux derniers concerts ont triomphé deux solistes : l'une\nMme Caponsacchi Jeisler dont le talent de violoncelliste déjà connu et apprécié à Angers\na remporté une véritable ovation dans le concerto de Lalo et le Lied de V. d'lndy 1 autre,\nMelle Jeanne Blancard, dont le jeu musical et élégant a parfaitement interprété les Variations\nSymphoniques de Franck, et des pages de Chopin et de Granados.\nLe compositeur Ed. Trémisot est venu conduire son ouverture de Pyrame et Thisbé,\nfort bien accueillie du public, et l'orchestre sous la belle direction de Rhené-Baton nous a fait"}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.89", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1321, "texte": "connaître la Symphonie de Chausson, au poignant Andante, au Final d'une si admirable\nélévation.\nCitons encore la symphonie en Mi b de Schumann, les Airs de Ballet de Parysatis de\nSaint-Saëns et ceux des Indes galantes de Rameau, amusant contraste au même concert, le\nprélude du 3e Acte de Tristan admirablement interprété par M. Englebert, et la rutilante\nouverture de Gwendoline de Chabrier. M. B.\nSENLIS. La Manècanterie des Petits C a exécuté à la\nCathédrale une messe de Vittoria.\nAu théâtre, représentation de Faust, plus que sommaire, hélas !\nAu patronage de S 1 Rieul, Ml' l'Abbé Dourlent commence une série d'auditions de\nJeanne d'Arc, de Gounod ; Orchestre d'amateurs de la Ville, renforcé par quelques artistes de\nParis.\nNANCY. Les concerts du Conservatoire viennent de reprendre. Le premier était\nconsacré à l'audition intégrale et présentée chronologiquement des œuvres de concert de César\nFranck : les Eolides(lB76), le Chasseur Maudit (1882), (1884),\nniques (1885), la Procession(lBBB), la Symphonie (1886-1888). MUe Marthe Dron\njoua avec son talent habituel la partie de piano des Djinns et des variations symphoniques ;\nla Procession fut excellemment chantée par Mme Schaefifer-Labriet. Quant à l'orchestre, sous\nla direction de M. Guy-Ropartz, il n'est plus d'éloges qu'on puisse lui faire."}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.90", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3664, "texte": "ANNECY. Concert très intéressant donné par l'excellent pianiste, M. Edouard\nBernard et Mme Paul Diey, cantatrice.\nAu programme, des œuvres de Rameau, Bach, Scarlatti, Beethoven, Liszt, Moussorgsky,\nBaiakirew, V incent d'lndy ; toutes ont valu de chaleureux applaudissements à M. Bernard.\nM\"u' Paul Diey a interprété avec beaucoup de charme et de style un air de Bach et des\nmélodies de Schumann, Chabner, Duparc et Debussy. T. R.\nCHAMBERY. Nous avons eu dans la grande salle des Concerts du théâtre, un\ngrand Concert donné par le célèbre pianiste Bernard ainsi que la cantatrice Mme Paul Diey.\nAu programme, des œuvres de Bach, Beethoven, Rameau, Scarlatti, Listz, Vincent\nd'lndy, furent exécutées comme sait le faire Edouard Bernard.\nMme Paul Diey ravit l'auditoire par l'excellence de sa voix et de sa diction dans des\nmélodies de Schumann, Chabrier, Claude Debussy et Henri Duparc ; elle fut longuement\nacclamée.\nBORDEAUX. Très intéressante audition, donnée à la Salle Franklin, par le jeune\net déjà célèbre violoniste \" A. Spalding,\" la virtuosité éblouissante et la technique irréprochable\ndu jeune artiste, se sont davantage affirmées, depuis l'an dernier où il se fît déjà entendre.\nLe pianiste Alfredo Oswald aussi bon accompagnateur, qu'excellent concertiste recueillit\nsa part du succès, surtout dans la sonate à \"Kreutzer,\" et le concerto de \" Mendelssohn. \"\nVAlhambra Théâtre,vient de faire une ouverture sensationnelle avec \" l'Arlesienne,\"\nl'œuvre si dramatique de \" Daudet. \"\nLa partition de \" Bizet \" a été admirablement exécutée par l'orchestre du Conservatoire,\nsous l'habile et expressive direction du Maître Pennequin et les chœurs vraiment parfaits,\nconduits dans la coulisse par Monsieur Valentin Gendreu, chef des chœurs du Conservatoire\ncontribuèrent, pour leur juste part,au succès de l'œuvre.\nCes belles soirées auront de nombreux lendemain, le programme publié par les sympathi-\nques directeur de la salle désormais classique de l'Alhambra : MM. Dufey, Lemarchant, et\nMauret, nous promet une saison fertile en manifestations aussi artistiqnes.\nLa Messe traditionnelle, que donne chaque année, à l'Eglise Notre Dame,\nSainte Cécile,avec le concours des chœurs et de l'orchestre du Conservatoire de Musique, a eu\nlieu le 22 novembre et a remporté son succès accoutumé. Cette année la messe choisie était\ncelle de Saint-Saëns, à 4 voix, soli, chœurs orchestre et deux orgues. L'exécution de cette belle\nœuvre de jeunesse du grand Maître Français, fut rendue par les chœurs et l'orchestre, sous la\ndirection de leur chef Pennequin, d'une façon irréprochable.\nMesdames \" Guérin-Lernos \", \"Tilland de Fiers\", et Messieurs A. D... et Soum, qui\nchantaient les soli, et Messieurs \" Combes et Grange \" les distingués organistes de la paroisse,\ncontribuèrent pour une bonne part au succès de cette belle manifestation musicale.\nPuisque nous parlons de la Société Sainte Cécile, disons un mot du programme musical\nde ses concerts classiques de la saison 1910-1911. A part les symphonies de Beethoven,\nMozart et Haydn, dont l'audition est obligée, le Comité se propose de nous faire entendre, les\nsymphonies modernes de C. Franck, Bruckner, Dukas, Gedalge, des œuvres chorales, comme\nla cantate Réformation de Bach, le Messie de Hândel, le chant Elégiaque de Beethoven, des\nchœurs de Costeley, le concerto Brandebourgeois, de J. S. Bach, un concerto grosso de\nHandel, du Schumann, du Wagner, du Liszt, du Rimsky Korsakof, du Saint-Saëns, du\nChausson, du d'lndy, du Debussy et du R. Strauss. Comme on le voit par ce programme, si\nlargement éclectique, la Société Sainte Cécile poursuit dignement le chemin qu'elle s'est tracé."}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.91", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3755, "texte": "Le peu de place dont nous disposons nous force à parler très brièvement, du\nSalon d'Automne,où se firent applaudir, Mme Guerin-Lemer, et Tillant de Fiers, et le\nvioloniste Salm, sans oublier Mlle Laurentine Barbarin, qui fut aussi brillante exécutante\nqu'accompagnatrice consciencieuse; du Concert des jeunes aveugles organisé par Gartin\nSarreau, où le talent du violonist Bartien, fut une fois de plus très apprécié, aussi que celui des\nnombreux élèves, de l'organisation, qui lui prêtaient leur concours.\nDeux mots pour finir, sur la première séance intime du jeune harpiste Janœlly, l'exellent\nartiste, et ses partenaires. Mlle Lalanne, et le flûtiste Berqeen y furent très fêtés, dans un\nprogrammme des plus intéressants.\nVALENTIN GENDREU.\nCHERBOURG. — Concert 'Magne. — Les joies artistiques sont rares en notre ville —\nles joies musicales surtout. Ce n'est point, sans doute, faute d'auditoire; juger ainsi serait\nfaire insulte au goût artistique très sûr qui distingue nos officiers de marine et nos officiers de\nterre — nombreux à Cherbourg. Une initiative artistique vraiment digne de considération\nrecueillerait ici, j'en suis sûr, l'approbation d'un public sélect et éclairé, qui déplore la rareté\ndes manifestations d'arts qu'abrite notre cité. Lorsqu'on saura que ces manifestations se bornent\nannuellement à deux ou trois concerts de notre société Philharmonique locale, augmentée de\ntrès rares tournées (la tournée Hollmann par exemple) on jugera de la légitimité des plaintes\nexhalées par les musicophiles — nombreux je le répète — qui résident en notre ville.\nLe cas n'est pas unique. Elles sont bien rares les cités privées du moindre rudiment\nd'école musicale et par suite en proie à une désespérante pénurie de bonne, de vraie musique.\nMais c'est assez se lamenter. Je dois enregistrer avec une réelle satisfaction, le succès\nqu'a remporté ici l'audition sélecte offerte aux mélomanes par la Maison Magne. Le grand\nsalon de l'Hôtel-de-Ville en lequel fut donné ce concert admirablement composé parut aux\nauditeurs d'une exiguité criante. Mieux, on refusa du monde. Successivement Mllu Marke\nDœrken, soliste de Concerts Colonne, dans des œuvres de Gluck, Sokolow, Strauss,\nM. Vangeon, violoncelliste des Concerts Colonne dans des concertos de Saint-Saëns, Lalo,\nGriez, Popper M. Barozzi violoniste, Ier prix du Conservatoire, dans le concerto en sol mineur\nde Max Bruch et MM. Magne et Penau, pianistes, obtinrent les ovations les plus chaleu-\nreuses et les plus sincères. Il convient de confondre en un même éloge mêlé de gratitude les\njeunes virtuoses qui viennent d'obtenir en cette circonstance un si franc succès.\nLYON. — La Société des Grands Concerts a repris ses séances toujours très suivies.\nL'orchestre de M. Witkowski est en progrès constants ; le quatuor à cordes, en particulier,\nest d'une parfaite homogénéité et conduit par des chefs de pupitre éprouvés et sûrs de leurs\nattaques.\nAu premier concert, le violoniste Boucherit s'est fait applaudir dans un concerto\nd'Haydn et dans les romances en fa et en sol de Beethoven. Les ouvertures d'Athahe et\nà'Obèron et spécialement la symphonie d ' Antar,admirablement détaillée, ont été très appréciées\ndu public. Le succès, au second concert, a été partagé par le pianiste Cortot et l'orchestre.\nFort bien accompagné, le concerto en la mineur de Schumann a reçu la plus merveilleuse\ninterprétation ainsi que la Fantaisie pour piano, chœurs et orchestre de Beethoven, qui n'avait\npas été jouée à Lyon depuis trente ans. Trois pièces de Debussy, des fragments de Dardanus,\nde Rameau et l'ouverture des Maîtres chanteurs — les morceaux de résistance du programme\n— ont été excellement nuancés et enlevés par l'orchestre sous l'habile direction de son chef\néminent."}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.94", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2822, "texte": "Signalons encore une intéressante séance de musique classique, à la salle Beal, par\nMIIe Blanche Selva et MM. Chanel et Allard, et une audition de musique ancienne, donnée à\nla salle Rameau, par la société des Concerts d'autref\nAVIGNON. En attendant les concerts annoncés pour la première quinzaine de\nDécembre avec M. Firmin Touche et le quatuor Zimmer, le Grand-Théâtre a rouvert ses\nportes. Carmen,en représentation extraordinaire, a valu un triomphe éclatant à Mlle Char-\nbonnel, de l'Opéra-Comique. Les autres œuvres de l'éternel répertoire :\nHuguenots, Mignon,ont permis à la troupe d'affirmer un ensemble assez homogène dans\nlequel il faut remarquer : Mlle Ruiss, exquisse musicienne, M. de Roqueville, M. Fourès,\nMme Broglia, M. Storel, Mme Moutini, M. Moisson.\nMOULINS. LaSte Cécile. Le dimanche 27 novembre, la jeune\na fort bien célébré la fête de Ste Cécile. A la messe de midi, en l'église Cathédrale, elle a\ninterprété, sous la ferme direction de son \" chef, \" M. E. Vincent, plusieurs chœurs religieux\nqu'elle a rendus avec un ensemble parfait et un rare souci des nuances. On a beaucoup\ngoûté la jolie voix de ténor de M. Pierre Concasty, dans le solo d'un Notre Père de M. l'abbé\nRadureau, maître de chapelle à S 1 Pierre de Moulins. La pieuse mélodie était accompagnée et\nsoutenue par une large et belle phrase de violon que détailla excellement M. Bourgougnon,\nprofesseur de cordes au lycée Banville.\nPlusieurs solennités artistiques nous sont annoncées pour cet hiver. La lyre Moulinoise\nprépare déjà ses deux concerts de la saison, dont l'un sera aussi original qu'intéressant. Il y\naura, nous dit-on, une conférence sur la musique. Il y aura... Mais, chut ! Nous avons promis\nd'être discret.\nDUNKERQUE. — Notre premier concert a été donné au profit des Ecoles Mater-\nnelles et avec le concours de Mlle Yvonne Dubel, de l'opéra. M. G. Dantu, ténor de l'opéra\ncomique, et M. Paul Bazeloire, Ier prix de violoncelle du Conservatoire de Paris, qui s'est\ndistingué dans 5 morceaux de genre différent.\nEn plus d'une partie dramatique, l'orchestre du théâtre municipal dirigé par son Chef\nEug. Théry, a donné la Marche, Cortège de Gounod, les mélodies élégiaques de Grieg et\nl'ouverture des noces de Figaro.\n— Notre Théâtre Municipal sous la direction de M. Lussiez (3e année) obtient avec sa\ntroupe d'opéra, un gros et continuel succès. Cette phalange est composée de MUe Electra\nTésoroue, Messieurs Bensa, ténor, Monet, baryton et Bugel, basse. De temps à autre\nMme Lussiez, femme du sympathique directeur, ex-contralto des théâtres de Marseille, New-\nOrléans et Toulouse, Mlle Blanche Semet, contralto du théâtre de Pau, prêtent leur excellent\nconcours. Nous avons eu ou aurons ces temps-ci : Le Trouvère, la Favorite, Lucie de Lamer-\nmoor, la Dame Blanche, Messaline, etc. F. S."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c067", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c067", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 92, "image_fin": 92, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.20.3", "titre_corps": "LE MONUMENT WAGNER A VENISE", "titre_sommaire": "LE MONUMENT WAGNER A VENISE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.92", "debut_caractere": 82, "fin_caractere_exclue": 109, "texte": "LE MONUMENT WAGNER A VENISE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c068", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c068", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 92, "image_fin": 92, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.20.3.1", "titre_corps": "La stèle placée par le comité du monument Wagner sur le mur du Palais Vendramin.", "titre_sommaire": "La stèle placée par le comité du monument Wagner sur le mur du Palais Vendramin.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.92", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 80, "texte": "La stèle placée par le comité du monument Wagner sur le mur du Palais Vendramin."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c069", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c069", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 93, "image_fin": 93, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.20.4", "titre_corps": "LE MONUMENT WAGNER A VENISE", "titre_sommaire": "LE MONUMENT WAGNER A VENISE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.93", "debut_caractere": 96, "fin_caractere_exclue": 123, "texte": "LE MONUMENT WAGNER A VENISE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c070", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c070", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 93, "image_fin": 93, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.20.4.1", "titre_corps": "M. 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Premier Concert de la Société J: S. Bach. Nous venons d'entendre\npour la première fois, à Bruxelles, les Cantates \" Ich bin ein Gùter Hirt \" \" Eine feste Burg \"\n\" Apollon et Pan \".\nb"}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.97", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3393, "texte": "L'exécution fut remarquable. M. Zimmer y apporta le talent, la conscience, le\ndévouement religieux de son apostolat. Il avait groupé des éléments d'élite. Mme Tilia\nHill, soprano, Else Schùnemann, alto, MM. Van Kempen, ténor, Stephany, basse, Jan Reder,\nbasse, Baldzùn, ténor. Sans doute pourrait-on se permettre quelques critiques, si l'on vou-\nlait obtenir l'idéal d'une reconstitution réelle. Mais on approche de la perfection. M. Zimmer\net ceux qui lui prêtèrent appui méritent notre gratitude.\n4 Décembre 1910. R. L.\n—La nouvelle \" Académie de musique\" installée rue Mercelis, 15, sous la direction de\nM. Th. Ysaye a donné jusqu'ici deux séances de musique de chambre.\nLa première consacrée à l'école française contemporaine, et précédée d'une excellente\nconférence de M. Lebroussart ; la seconde nous touchait particulièrement, puisqu'elle réunis-\nsait, sous le vocable d'Ecole belge \"les trois noms de Franck (le quintette), de Lekeu (la sonate\nde piano et violon), et de J. Jongen (trio 1) la tendance franckiste était donc seule représentée.\nAprès une intéressante causerie de M. Van den borren, MM. Th. Ysaye, Chaumont, Franckin,\nDolhaerd, Van Hout, et M. Jongen, dans son beau trio en si mineur, ont donné, des œuvres\ninscrites au programme, une interprétation vivante et fort applaudie.\nJ. F.\nConcert populaire du 20 novembre. M. Dupuis avait composé pour ce concert un\nprogramme varié : l'ouverture tragique de Brahms, un poème symphonique de M. Van Winckel,\nd'harmonie et d'orchestration très contemporaines, mais un peu mince d'idées ; un autre poème\nsymphonique, très beau, \"Sauge fleurie\" de Vincent d'lndy, puis le \" Chasseur maudit : \" le\ntout exécuté avec conscience, mais sans grande chaleur : En outre M. Mischa Elman.\nM. Elman est un violoniste extraordinaire : technique et pureté de son. Il s'est merveilleuse-\nment servi de ses dons naturels contre le concerto de Beethoven, et au profit de cette peu\nsympathique Symphonie Espagnole de Lalo ; aussi, pour servir en \"bis\" une petite valse infecte\net un arrangement de Wilhelmy sur le chant de concours de Walther ô Cendres de\nWahnfried !\nJ. F.\nRécital Fritz Kretsler. Fritz Kreisler, dont la réputation aujourd'hui est sans conteste\ncelle d'un grand violoniste, excelle à rendre la vie aux compositions des anciens maîtres. Le\nrécital qu'il a donné le 14 novembre à la Grande Harmonie offrait aux gens de goût une série\nd'œuvres de Haendel, Pergnani, Martini, Couperin, Dittersdorf, Francœur et Tartini, qui ont\nfait leurs délices.\nJ. F.\nCONCERT ISAYE. Un critique grincheux eût pu, naguère, reprocher à Jacques\nThibaut une certaine afféterie, un recherche d'expression outrée, nuisant fréquemment à\nl'ampleur que réclame l'interprétation des chefs-d'œuvre. Aujourd'hui, tel reproche n'est\nplus de mise. L'artiste a su, tantôt, donner une très noble ligne à ce dangereux concerto de\nBrahms. Il a su joindre, à sa sonorité merveilleuse, une sobre et belle harmonie. Thibaud est\nun des grands violonistes de notre temps. Il possède le charme, la grandeur la somptuosité, la\npassion. Aussi, dans l'admirable concerto en mi de a-t-il déchaîné un enthousiasme\nlégitime.\nE. Isaye accompagnait son éminent élève à l'orchestre, avec une touchante sollicitude.\nL'ouverture de Tremisot et une œuvre pleine, d'une nouveauté harmonique évidente.\nŒuvre moderne, elle a pris couleur sous le bâton chaleureux du Maître."}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.98", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3453, "texte": "La symphonie funèbre de G, Huberty, hommage asa mémoire présente, a cote\nje passages véritablement libres, et élevés, trop de longueurs, sous lesquelles succombe\nl'expression. _ ,\nUne œuvre fraîche de Svendsen terminait le concert qui fut un succès.\nLA SCOLA MUSICAE, donnait, le 14 novembre dernier, sa première séance d'hiver,\n£n son local, 90 rue Gallait, à Schaarbeek. M. Scharrès, professeur à l'institution, fit valoir\nj'excellents dons et sa haute culture dans un récital pour piano ; Mlle Chl Lechien ui\nprêtait le précieux concours d'une jolie voix, assez bien conduite, comprehensive et emue.\nA.u programme : Bach, Beethoven, Brahms, d'lndy, Chopin, Liszt, Saint-Saëns, 1 schai-\ntorsky, \"M. de Falla. Cette soirée eut vif succès auprès d'un public choisi.\nAu 10 décembre aussi, concert de la C sous le Haut Patronage de M. e\nMinistre de France. Le compte rendu au prochain n°.\nLa deuxième séance de sonates par Mlle Tambuyser et M. Jores aeu heu le 7 décembre,\ni la salle Allemande. Les deux artistes y ont trouvé l'occasion de faire valoir leurs très\nréelles qualités. . _ ,\nAu 21 décembre, concert à la Grande Harmonie, par M\"'° Marie Leroy la cantatrice\ncélèbre, et M. Dumesnil, pianiste ; œuvres de M. Moor.\nCari Friedberg 1 éminent professeur de piano au Conservatoire ue Cologne donnait e\n70 novembre à la Grande Harmonie, un récital, qui fut une véritable fête d'Art, Bramhs,\nSchubert, Schuman, Chopin, Liszt trouvèrent en lui un interprète merveilleux, plein e\nsubtilité, de finesse, et parfaitement maître du clavier.\nNous n'avons pu encore rendre compte ici des examens a 1 Institut des Hautes Etu es\nmusicales et dramatiques d'lxelles. M. Henry Thiebaut le distingué directeur nous avait invité\nà faire partie des jurys, et nous avons eu l'occasion d'apprécier a sa va eur le caractère de\nl'enseignement donné par le corps professoral qu'il a groupe. L Ecole de la rue Souveraine\nse recommande par l'élévation des cours où la littérature, l'esthétique, 1 art vont de pan avec la\nméthode et la science. En ce qui concerne la session présente, disons simplement que l en-\nsemble des résultats des examens comporte plus de 150 distinctions. Les artistes appelées a es\ndécerner furent unanimes à féliciter M. Thiebaut et ses collaborateurs pour ce beau\nsuccès. ...\nNos lecteurs apprendront avec plaisir la haute marque de distinction que vient\nd'accorder au célèbre violoncelliste belge Edouard Jacobs, S. M. Guillaume 11. En souvenir de\nl'audition dont nous rapportions le succès dans notre dernier numéro 1 Empereur d Allemagne\na fait parvenir à l'artiste les insignes d'officier de l'ordre de 1 Aigle Rouge. Toutes nos\nfélicitations.\nWATERMAEL-BOITSFORT. Le Cercle Royal: «Bien faire et laisser dire \"\nde Watermael, sous la présidence d'honneur de M. Sam Wiener et la vice-presidence\nd'honneur de M. Schlim fêtait le 20 novembre, son 25e anniversaire. Cette fete fut 1 occasion\nd'une audition musicale choisie, à laquelle prêtèrent leur concours Madame Boulanger,\nprofesseur à l'Ecole de Musique de Boitsfort, MM. Demont, professeur au Conservatoire\nRoyal de Bruxelles, Fernand Pierard, moniteur au Conservatoire Royal de Bruxelles, Jean\nBuytinx, soliste de la Monnaie, et M. Ernest Jhek, le sympathique directeur de 1 Ecole de\nMusique et du Cercle symphonique de Boitsfort. Réunion intime et joyeuse, ou on\nentendit 'des pages de ftendel, Beethoven, Mozart, Weber, etc., et une ouverture gracieuse\nde Jhek."}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.99", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2694, "texte": "ANVERS. Le Gala de la Wallonie a trouvé cette année un vif succès. Un public\nnombreux et choisi se pressait au théâtre Royal. M. De Vos bourgmestre, M. l'Echevin Mme\net Mlle Desguin, M. et Mme Van Kuyck, MM. Meunier, Lagonge et Beaurain, président,\ntrésorier, secrétaire, respectivement, de La Wallonie occupaient la loge d'honneur. Le ténor\nFrancell, Mll' Korsoff de l'opéra comique, Mme Savelle, Ista, Suzel, Lejeune, MM. Boussa,\nDuron et Dezan y prêtaient leurs concours.\nLa Société des Nouveaux concerts a offert, pour la première fois, au public musical anver-\nsois, un acte de Parsifal.Mm« Litvinne et Van Dyck en furent les interprêtes éminents. Le\nchœur des Blumenmâdchen était ravissant, et l'exécution, parfaitement stylée, consciencieuse et\ncompréhensive, fait grand honneur à l'excellent musicien Lodewyk Mortelmans, directeur de\nla société.\nOn annonce à Anvers la fondation de concerts classiques, sous la direction de M. L. de\nVocht. On peut avoir renseignements au Cercle catholique ou au secrétariat : 27, Champ\nVleminckx, Anvers.\nGAND. Au Conservatoire Royal. La distribution des prix a eu lieu le 20 novembre\net a été accompagnée de la traditionnelle audition d'éleves lauréats. Cette séance reflète natu-\nrellement le niveau des derniers concours, qui ont été d'une honorable moyenne, sans plus.\nL'éminent directeur du Conservatoire, M. Mathieu, a dirigé l'ouverture des Noces de\nGamache de Mendelssohn, ainsi que le bel air d'Odile de son opéra Richilde, chanté par\nMl)e Maria Bultiauw, Pour les autres numéros du programme, il a cédé le bâton à ses\ndistingués professeurs: M. Léo Vanderhaegen 1 (chant), qui fit exécuter un air:\n(A ma lyre),de son opéra flamand Lina, par M. de Raeve ;M. Albert Zimmer (violon), dont\nles élèves, MM. Fred. Ghigo et Cari Van Styvoort jouèrent le largo du concerto en mineur\npour deux violons, de J.-S. Bach, et M. Ed. Potjes (piano), dont l'élève, Mlle Germaine Van-\nden Abeele s'est attaquée au concerto en la mineur de Grieg.\nAu Cercle Artistique et Littéraire. La saison a débuté par une audition du quatuor\n\" blanc, \" composé de Mulles Corinne Coryn (ier violon), Germaine Schellinck (2d violon),\nHyacinthe Slingeneyer (alto) et Daisy Jean (violoncelle). Très vif succès pour l'interprétation\nbien comprise et bien fondue du quatuor en mi bémol de Mozart et du difficultueux quatuor\nen la mineur de Brahms. L'idée de jouer en morceau isolé la célèbre de Men-\ndelssohn, et d'en faire un \" morceau des paletots, \" m'a paru une petite faute de goût.\n\n1 On sait que M, Léo Vanderhaegen est un de nos jeunes compositeurs en qui les musiciens ont mis leur\nconfiance. On doit représenter cette année même à Gand une de ses œuvres."}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.100", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3658, "texte": "M. Sydney Vantyn s'est fait applaudir aussi dans son récital consacré à Schumann et à\nChopin. Du premier, les Etudes symphoniques et les Kreisleriana, du second, la grande sonate\nen si bémol mineur, l'impromptu en fa dièse, le nocturne en fa dièse et la polonaise en la\nbémol. Ce pianiste est un poète dont la pensée s'alanguit volontiers en une rêverie mélan-\ncolique, et qui aimer à noyer dans la brume les contours des phrases.\nAu Collègue musical. Poursuivant l'instructive série de ses soirées musicales, le\nCollège musical a convié ses élèves et leur parents à une audition d'oeuvres de César Franck.\nLa directrice Mme Vierset a rendu un hommage éloquent à ce grand et pur artiste, dont des\npages choisies ont été rendues avec talent par Mmes Krické et D'Hondt, en passe de prendre\nrang parmi nos meilleurs amateurs, et Mile H. Slingeneyer, professeur de violon au Collège ;\nau piano d'accompagnement, Mile J. Raepsaet.\nDR PAUL BERGMANS.\nMONS. M. le Dr Dwelshauvers donnait, à l'U. P. de Mons, une conférence\nconsacrée à Liszt, dont on fête le centenaire cette année. Il a retracé la carrière du\ngrand musicien, avec une émotion pieuse, il évoqua sa noble et pure figure, des plus admirables\nde la musique. Ii analysa son génie, que Ton n'a pas assez compris encore. Liszt ne fut pas\nseulement un éblouissant virtuose, un technicien merveilleux, il fut et reste avant tout un\nsublime inspiré. Que de trésors son œuvre profonde pleine de poésie et d'émotion vivantes,\nrécèle. Telle page, comme François de Paule, marchant sur les flots sont parmi les chefs-\nd'œuvre impérissables. Nous n'essayerons pas, en deux mots hâtifs, d'en résumer la splendeur.\nTelles mélodies et telles pièces pianistiques chantent la plus subtile et fluidique impression.\nLe pianiste et compositeur belge, Arthur Van Dooren dont nous esquisserons prochainement\nla silhouette, fit revivre ces pages, au recueillement d'un auditoire ému. Ml!e Tombeur\nchanta délicieusement 3 lieder français et 3 lieder allemands, qu'accompagnait au piano\nM. le Dr Dwelshauvers.\nL'organiste de S 1 Waudru, M. Léon Jadm, compositeur talentueux, donnera le\n12 décembre au Théâtre de Mons une audition de ses œuvres, avec le concours d'un\norchestre et de chœurs forment ensemble de 200 exécutants et de Mme Feltesse, cantatrice\ndu Lyrique d'Anvers. Mlle Sodoyer, MM. Tondeur, Conrardy, Reumont. Au programme :\nGeneviève de Brabant, cantate, sur des vers de V. Gille, un chœur d'E. Depas, un poème\nsymphonique, un Appasionata pour violoncelle et une mélodie : Le Soir, sur un poème de\nRené Lyr.\nMALINES. 1 Les amateurs du carillon purent se réjouir. Ils eurent l'occasion d'assister\nà de très beaux concours les 21 et 22 Août. Chaque concurrent devait exécuter deux morceaux\nau choix, plus un morceau imposé. Het Lied der Vlamingen, extrait de l'oratorio De Schelde de\nPeter Benoit. Pour clore la première journée, fête de nuit et Concert par le Cercle Mozart,\nsous la direction de M. J. Em. Strauwen.\nAu cours de la deuxième journée, les meilleurs des dix-sept carillonneurs se firent\nentendre. Voici les pièces exécutées par les concurrents :\n1. C. De Mette : Andante de la sixième symphonie, Haydn ; Souvenir de Mignon, A.\nThomas ; 2. E. Redouté, de Mons : Les Pêcheurs de perles, Bizet ; La Voix des chênes,\nGoublier ; 3. A. Rolliers, de Saint-Nicolas : Les Cloches de Corneville, R. Planquette ; Het\nLied van den Smidy R. Andelhof ; 4. A. Schrynkel, d'Audenarde : Marche solennelle, A. Mailly;\n\n1 Le compte-rendu ci-après s'étant égaré, nous nous excusons auprès de notre correspondent M. Collaer et\nauprès de nos lecteurs, de le donner ce mois seulement. (N. de la R.)"}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.102", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2855, "texte": "extraits de Tannhàuser, Wagner ; 5- J* Van de Plas, de Louvain : Préludes i et 2, Van den\nGheyn ; U enclume, Alb. Parlow ; 6. Em. Verrees, de Turnhout : Les Rameaux, Faure ;\nQuand Voiseau chante, Tagliafico ; intermède de Cavalleria rusticana, Mascagni.\nOutre ces pièces, chaque concurrent devait exécuter un morceau impose, un Andante\ncantabile, composé spécialement par M. J. Denyn, le carillonneur de Malines.\nLes prix ont été décernés comme suit :\nPremier prix, M, Van de Plas, Jul., de Louvain; deuxième prix, M. Rolliers, Saint-\nNicolas ; troisième prix, M. Redouté, de Mons ; quatrième prix, M. De Mette, d Alost ;\ncinquième prix, M. Schrynkel, d'Audenarde ; sixième prix, M. Verrees, de Turnhout ;\nseptième prix, M. Nauwelaerts, de Lierre ; huitième prix, M. Oyen, de Bonsecours-Peruwelz ;\nneuvième prix, M. Van Zuylen, de Gouda : dixième prix M. Van de Plas, Th., de Diest ;\nonzième prix, M. Van Beers, de Malines ; douzième prix, M. De Lange, de Rotteidam.\nConcours d'honneur : premier prix (prix du roi, objet d'art) : M. Rolliers de Saint-Nicolas,\nà l'unanimité ; deuxième prix (objet d'art) : M. Redoute, de Mons, par trois voix contre\ndeux. Diplôme d'honneur : M. Jules Van de Plas, de Louvain.\nPuis M. J. Denyn, du haut de la tour de Saint-Rombaut exécuta en parfait virtuose\ndes airs variés, de vieilles chansons françaises, etc... Enfin, sous la direction de M. Henri\nDubois, professeur de cor à l'Académie de Musique, les cors et trompettes sonnèrent des\nintermèdes ; la fête se termina par l'exécution d un postludium de Jet Denyn,\nARLON. A la fête des « Artisans, \" du 26 novembre, on a applaudi la belle voix\nde Mlle Mary Schwartz, cantatrice d'Arlon, dans Y Air des Saison (V. 19 Air du Çld\n(Massenet), et Viens, mon bien-aimè (Chaminade). Un artiste-amateur arlonais, M Paul Henrion,\nbaryton, a fait admirer un organe bien étoffé dans la Roi de Lahore et dans la Romance a VEtoile\ndu Tannhaùser, . A J\nD'autre part, les fervents de l'extension ont eu l'occasion de goûter la musique de reve de\nMerovak, l'Homme des Cathédrales. Bientôt deux soirées musicales leur seront offertes par\nMlle E. Spierkel, professeur à l'Ecole de musique, d'Arlon. L'une, de 11 décembre, consacrée,\nen grande partie, à Léon Boëllmann, avec le concours de M Cholet, violonce iste, e\nBruxelles ; l'autre, du 8 janvier, consacrée aux Clavecinistes du 16e et du 17e siecle et a his-\ntoire de la sonate. . .\nLe 15 janvier, Mr René Lyr, fera une conférence sur quelques musiciens IVallons.\nElle sera \" illustrée \" par une douzaine de lieder chantés par Mlle Mary Schwartz, canta-\ntrice et professeur de chant.\nEnfin, le 2 avril, Mr G. Dwelshauvers, professeur à l'Université de Bruxelles, bien connu\ncomme musicologue, parlera de l'évolution de la musique en France depuis 1870. con\nférence sera accompagnée d'auditions musicales. J*"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c072", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c072", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 102, "image_fin": 108, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.20.6", "titre_corps": "Étranger", "titre_sommaire": "Étranger", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.102", "debut_caractere": 2857, "fin_caractere_exclue": 3260, "texte": "Étranger\nAIX-LES-BAINS. Au grand Cercle d'Aix-les-Bains, très intéressante audition des\nDanses à 5 temps de notre Collègue Julien Tiersot. L'orchestre sous la direction de Léon\nJehin, a donné une exécution vraiment brillante de cette musique dont le rythme inac-\ncoutumé n'est pas sans offrir de notables difficultés.\nAjoutons à cela, une excellente représentation de Proserpine, et particulièrement une"}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.103", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2842, "texte": "étonnante représentation des Maîtres Chanteurs avec MM. Delmas, Laffitte Riddez et\nMme Magne. '\nSUISSE ROMANDE. Les conservatoires de musique ont donné le siçnal du\ncommencement de la saison. Ces établissements d'éducation jouent, en effet, dans nos\npetites villes un rôle plus essentiel que dans les grands centres. Notre vie musicale est trop\netioite pour se disperser, ou donner naissance a des tendances, a des organismes absolument\nindépendants. C est toujouis le meme groupe, la mcme elite que i on retrouve dans la plupart\nde ses manifestations. La plupart de nos personnalités musicales appartiennent, à des titres\ndivers, a nos Conservatoires. Ceux-ci deviennent aussi, tout naturellement, des sortes de foyers\ninteresses, directement ou non, à tout ce qui est de la musique chez nous. Leur action n'en\nest ou n en peut etre que plus grande. Il semble bien, d'ailleurs, que leurs directeurs s'en\nrendent compte, et fassent effort pour la rendre aussi bienfaisante que possible et lui donner\ntoute sa portée. C'est ainsi qu'à Fribourg, grâce au talent et à l'intelligent labeur de\nM.. Antoine Hartmann, le Conservatoire a fait, uans ses six années d'existence, des progrès\nincessants, ajoutant chaque semestre à son programme de nouveaux cours et augmentant\nrégulièrement le nombre et la qualité de ses élèves.\nA Lausanne, après une période de développement croissant, le Conservatoire vient de\nfranchir une étape décisive : il a créé des classes normales et des classes de perfectionnement,\nde telle sorte que ses eieves pourront y parcourir désormais le cycle complet des études\nmusicales ; en meme temps, il devient à demi-officiel, c'est-à-dire que ses diplômes seront\ndélivrés sous les auspices et avec les sceaux du département de l'lnstruction publique du\nCanton de Vaud et de la Ville de Lausanne. Enfin, et c'est là l'essentiel, il marque de plus en\nplus sa volonté de favoriser selon ses moyens le développement musical de cette ville dans tous\nles domaines, en prenant une part directe dans l'administration et l'organisation de l'Orchestre\net de certaines institutions comme celle qui nous donnera l'an prochain au Théâtre du Jorat\ndes représentations modèles de 1 Orphée de Gluck. Cette transformation du Conservatoire, qui\nne manquera pas d avoir sur la vie musicale Lausannoise une influence salutaire, est essen-\ntiellement 1 oeuvre de son directeur M. Jules Nicati. Pianiste éminent, mais surtout ami\ndévoué et desinteresse de la musique, M. Nicati a exercé depuis quelques années une\nactivité intense dans notre vie musicale. IVÎais cette activité était cachée, elle se déroulait à\nl'ombre des comités et des bureaux ; la Réforme du Conservatoire que M. Nicati a signée\nvient heureusement la mettre en pleine lumière ; elle a permis enfin à notre public de lui\nrendre le juste hommage qui lui était dû."}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.104", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3789, "texte": "Quant au Conservatoire de Genève, il n'est pas plus indépendant de son milieu que les\nprécédents ; un de ses professeurs de piano, M. Stavenhagen, est directeur des concerts d'abonne-\nment ; l'excellent organiste Barblan y enseigne le contrepoint et la composition ; et il a partagé\navec le pays tout entier les regrets qu'a causés le départ de M. Jaques-Dalcroze pour Dresde.\nMais il ne présente pas au même degré que les Conservatoires de Lausanne et de Fribourg le\nspectacle d'une évolution incessante, pour la bonne raison que, plus ancien et mieux doté\nqu'eux, il est depuis plusieurs années en pleine prospérité.\nAprès les Conservatoires, les Salles de Conserts ont ouvert leurs portes. Ce fut d'abord le\nKursaal de Montreux. M. F. de Lacerda y a recommencé une nouvelle série de ces programmes\ndont j'ai souvent relevé ici la tenue intelligente, la richesse et le goût. Reprenant en mains son\norchestre fatigué et quelque peu déformé par les concerts en plein air, il l'a ramené en quelques\nsemaines à ce jeu sûr, si beau de style et de sonorité que l'on admirait ces années dernières.\nL'exécution magistrale que ce petit orchestre a donnée de Tod und Verklarung de Richard\nStrauss est à cet égard significative. Le sommet de cette première période de concerts est marqué\npar la VIIme Symphonie de Beethoven, dont l'interprétation mit en valeur de manière excep-\ntionnelle le sens de l'équilibre et des valeurs rythmiques.\nLes concerts d'abonnement de Genève ont publié leurs programmes. La même sincérité\nque j'employai ce printemps à parler de la direction de M. Stavenhagen me permettra de louer\nle sérieux effort que dénotent ces programmes. Jamais encore M. Stavenhagen ne nous en avait\ndonné de si équitables et de si heureusement composés. Représenter la France par la Symphonie\nde Franck, la Mer de Debussy et la Rhapsodie espagnole de Ravel est sûrement une pensée\nlouable, de la part d'un musicien aussi éminemment tudesque. Et sans doute, c'est encore moins\nqu'on en attendrait d'une ville aussi romane que Genève ; mais c'est mieux que Genève ne\nfît jamais.\nLes concerts d'abonnement de Lausanne ne sont pas annoncés ; ils ne le seront peut-être\npas cet hiver. Le néfaste Casino dont je vous ai déjà parlé a amené l'orchestre à un état pire\nque le néant, car il ne suffirait pas de le reconstruire entièrement, il faudrait encore le décrasser\nd'une ambiance détestable et perfide.\nE. ANSERMET.\nMOSCOU. Nous sommes menacés d'une avalanche de concerts symphoniques.\nDix concerts de la Société Impériale de musique seront conduits par Emile Konpère, dix autres\n(avec un programme historique) par Serge Wassilevksky. La Société Philharmonique aura pour\nchef d'orchestre : M. Koats, Gab. Fauré, W. Mengelberg, F. Mottl, F. Weingartner,\nS. Rachmaninow, Al. Ziloti. S. Kussewitzki, dirigera une partie de ses concerts, secondé par\nOse. Fried de Berlin, et Arth. Nikisch. Les amis de la musique russe, (M. Kerzin) donneront\n4 à 5 concerts symphoniques conduits par Em. Konpère. Ajoutons encore les \" Oratorio \",\nau nombre de 5 avec orchestre et chœurs, conduits par M. W. Boulytchew.\nLa Société Impériale commença ses concerts avec Schumann : Godfried Galston, M. Capet\net Casadesus se firent entendre.\nLa Symphonie de Scriabine u L'Extase \", fut exécutée avec succès. C'est une œuvre\nforte qui fit grande impression.\nAux Concerts historiques du Dimanche se firent entendre Jacques Handelin, organiste,\nA. Ziloti, pianiste. La second concert avait inscrit à son programme des œuvres de Hândel,\nMuffat, Grétry, Rameau. M. W. Boulytchew donna une très bonne exécution des Saisons de\nHaydn. Félicitons le chœur qui chanta les œuvres de du Fay, Okeghem, J. des Prés, Arcadelt, etc.\nMusique de Chambre. Marc Meiteliek fut le premier pianiste de la saison sa"}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.105", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3550, "texte": "technique est admirable. Citons aussi les séances fort intéressantes d'Al. Goldenweiser,\npianiste, et B. Sibor, violoniste, qui exécutèrent toutes les sonates de Beethoven pour violon et\npiano.\nL'enfant prodige, Irène Eneri, (13 ans) vint se faire entendre avec un programme, qui\nferait honneur à un grand pianiste.\nELLEN VON TIDEBÔHL.\nSTRASBOURG. Le départ pour Mayence du premier chef d'orchestre de l'opéra,\nAlbert Gorter et la nomination de Hans Pfitzner comme directeur font entrer notre Théâtre\nMunicipal dans une nouvelle phase de son développement ; l'avenir dira si nous avions raison\nde bien augurer de ces changements. La saison ne nous promet, aucune nouveauté ; jusqu'à\nprésent, on a donné Freischûtz avec Mmes Mahlundorst, Croissant et M. Wissiak; Fidelio,\nCzar et Charpentier, de Lortzing, Iseyl et Tiefland, de l'Albert, le Secret de Suzanne de Wolf\nFerrari, Carmen, les Huguenots, etc. Est-il préférable de représenter beaucoup d'œuvres qui\nn'auront eu que peu de répétitions chacune, ou au contraire peu d'œuvres mais fréquemment\nrépétées ? Cette question ne se pose pas.\nParmi les concerts, signalons ceux de Frédéric Lamond, pianiste, qui donne son audition\nau Théâtre, de M\"'e Fila Plaichinger qui chante au concert la mort d'lseult et des scènes\nd'Electra, de Mme Spiro-Rombro de Rome, violoniste émérite. Le programme du premier\nconcert municipal fut très goûté du public (Symphonies de Mozart et de Brahms.) Triomphe\npour Pfitzner qui conduit l'Orchestre et pour le pianiste Ed. Risler. Le quatuor Capet nous\ndonne des exécutions parfaites du 3e quatuor op. 59 de Beethoven et de celui de Debussy.\nAu lel1e1 Concert populaire, le chef d'Orchestre Fried dirige avec autorité la symphonie Italienne\nde Mendelssohn et le pianiste Bœswillwald se couvre de gloire dans l'exécution du Concerto\nen la Mineur de Grieg.\nS. S.\nVIENNE. La démission de Weingartner était tout à fait inattendue. La presse\naffirmait que Weingartner était heureux de la sympathie que lui témoignait l'lntendant, le\nComte Montenuova, et qu'il ne pouvait être question d'une crise à l'Opéra, la situation\nfinancière étant excellente. Puis, soudain, on appela M. Gregor, de l'Opéra-Comique de\nBerlin, dont on n'avait pas encore parlé ; il excelle à mettre à la scène ; c'est là une qualité\nindispensable à la Direction d'un théâtre privé, mais insuffisante pour diriger le premier des\nthéâtres allemands de musique. M. Gregor a affirmé à la Presse son intention de respecter les\ntraditions de l'Opéra ; de cette façon, il s'assure sa sympathie. Il serait à souhaiter qu'il fît\ndavantage. Espérons qu'il nous donnera des exécutions aussi bonnes que celles de Mahler. Il\npromet de tout faire pour rappeler Mahler comme premier chef d'orchestre, car il est évident ;\nqu'agir autrement constituerait la plus lourde des fautes. Le choix de Mahler est pour la\nnouvelle direction une question vitale.\n\" Quo Vadis\", l'opéra français, a remporté un très grand succès à l'opéra Populaire.\nL'opéra de Franz Schveker \" der ferne Klang \" est accepté à l'Opéra et doit être représenté\nau commencement de la saison prochaine.\nLONDRES. La \"Philarmonic Society \" vient de donner la première audition de\nla dernière œuvre de Sir Edward Elgar, son Concerto pour violon, qui a été accueilli par des\nacclamations enthousiastes s'adressant au compositeur et à l'interprète, M. Kreisler. Ce\nConcerto, plein de charme et de sérénité forme un heureux contraste avec sa symphonie et\ndeviendra sans doute plus populaire encore ; la forme en est classique et l'orchestration"}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.106", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3529, "texte": "moderne ; on y retrouve toutes les qualités sérieuses de Sir Edward Elgar, sa conviction et sa\nsincérité habituelles.\nNEW-YORK. La Société des Instruments à vent Barrère annonce trois intéressantes\nséances. On y entendra parmi les œuvres de musiques française moderne :\nde Inghelbrecht, pour flûte et harpe, le Quintette d'André Caplet, la petite suite de Debussy\n(transcrite pour instrument à vent), le Dixtuord'Enesco.\nfït\nBARCELONE. UOrféo Qautata vient d'organiser, dans son Palace, les cinq premiers\nconcerts de la saison. On nous a donné une excellente exécution de Gluck, qu'on\nn'avait plus entendu, chez nous, depuis de longues années. Outre la collaboration des' beaux\nchoeurs de la maison, toujours superbes, on s'était assuré le concours de notre compatriote\nMaria Gay et de Mlles Aline Béran et de Furnells. L'œuvre de Gluck a été exécutée deux\nfois et le succès en a été colossal. Faut-il ajouter que Maria Gay et les chœurs ont été admi-\nrables et que le maître Millet a dirigé en artiste l'ouvrage dont-il s'agit ? Maria Gay était\nencore engagée pour nous donner un récital de Lieder. Elle a fort bien dit de très belles paçes\nde Beethoven, Salvator Rosa, Giordano, Haendel, Mozart, Schumann, Schubert, Brahms,\nBorodine, Perilhou et R. Hahn ainsi que quelques chansons populaires. Dans cette même\nséance, le Trio Pichot-Costa s'est également fait entendre. L. Pichot a enfin joué le concerto\nen mi de J.-S. Bach dans une des séances de cette première série. Après les concerts dont\nnous venons de parler, Jacques Thibaud et notre Granados ont donné deux séances de Sonates\navec le plus grand succès. Bach, Mozart, Beethoven, Schumann et César Franck ont été les\nauteurs choisis par ces deux artistes. C'a été un régal.\nUOrquesta Simfonica de Barcelona a donné (toujours au Palace de la Musica), son tout\npremier concert. Il s'agit d'une société de concerts nouvellement organisée que le maître\nLamote de Grignon dirige. Le concert de présentation a fort bien réussi. Au programme,\nY Héroïque de Beethoven, La nit de Nadal (chœurs, solistes et orchestre), de Lamote, Marche\nde la Symphonie Fantastique,de Berlioz, Fêtes,de Debussy, et, enfin, de\nDukas. L'orchestre, sous la direction du maître Lamote, a bien débuté.\nLa nit de Nadal est, croyons-nous, une des premières choses que Lamote ait écrites.\nC'est de la musique infiniment sincère et volontiers catalane. Une partition, en somme, remplie\nde jolies choses.\nRosenthal a donné enfin deux concerts. Son mécanisme est extraordinaire, oui, d'accord.\nMais est-il bien sûr que tous les esprits sérieux qui assistent aux concerts, de bonne foi,\nentendre de la musique,ne sont-ils pas toujours un peu déçus en écoutant ces virtuoses dont le\nbut principal consiste, dirait-on, à épater les badau !... F. LLIURAT.\nCADIX. On ne saurait trop louer l'activité du directeur de l'Académie de Santa\nCecilia ; grâce à lui, et à lui seulement, (car notre Société ne reçoit aucune subvention)\nl'Académie de Santa Cecilia se développe de jour en jour. C'est ainsi que nous pouvons avoir\nde superbes exécutions comme celle qu'il nous fut donné d'entendre de la 9e Symphonie de\nBeethoven, au 13e Concert.\nLe programme du concert donné à l'occasion de la fête de Sainte-Cécile comprenait\nnotamment une Leçon de Solfège à deux chœurs du directeur M. A. Galvez, des fragments\nde Parsifal de Wagner, l'hymne à Sainte-Cécile de Sancho Marraco. M r Rafaël Olivares Bel\nexécuta le Rondo Capriccioso de S 1 Saëns et les ovations ne lui furent pas ménagées.\nS. V."}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.108", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 821, "texte": "SARAGOSSE. — UOrquesta Sinfonica de Barcelone a donné ici un concert fort intéres-\nsant ; au programme : la Symphonie héroïque de Beethoven ; la Fantastique de Berlioz, Fêtes\nde Debussy, Phaëton de S1 Saëns ; Siegfried-Idylle ; l'ouverture des Maîtres-Chanteurs de\nWagner ; Scherzo et Rêverie de Lamote de Gringnon.\nVirïes, à son récital de piano a joué la Sonate Appasionata de Beethoven, les Etudes\nSymphoniques de Schumann, le prélude de RachmaninofF, les Tourbillons de Rameau, au\ncouvent de Borodine, Jardins sous la Pluie, de Debussy, la Tarentelle de Moskowsky. Inutile\nde dire son succès.\nM. D. F.\nOVIEDO. — A la Philharmonique Ricardo Vines triomphe dans la Sonate Appasionata\nde Beethoven, et les œuvres de Schumann, Chopin, Fauré, Debussy, Falla, Turina, Granados\net Albeniz.\nP. A. B."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c074", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c074", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 109, "image_fin": 111, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.21", "titre_corps": "Questions Sociales", "titre_sommaire": "Questions Sociales", "signature_source": "M. Daubresse", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.109", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3500, "texte": "Questions Sociales\n\nLIBERTÉ, ÉGALITÉ.... GRATUITÉ.\nIl y a quelques mois nous dénoncions, ici même, l'abus du \" gracieux concours \",\nruineux pour les artistes et vraiment peu honorable pour les \" donneurs de concerts \" qui ne\ncraignent pas d'en profiter. Aujourd'hui nous voudrions appeler l'attention de nos bienveillants\nlecteurs sur un autre genre d'abus non moins regrettable et beaucoup plus important. C'est\ndire que son examen dépassera un peu le cadre habituel de ces modestes études musico-sociales.\nEgalité... Gratuite.Cette possible devise, dont le troisième terme ne figure pas\nsur nos monuments, représente l'un des plus formidables bluffs que l'impersonnel Etat propose\nà la béate admiration de la foule troupeau qu'il est censé représenter. Mettons à part l'illusoire:\n\" Liberté \" ; \" l'Egalité \" plus bouffonne encore, et considérons seulement la \" gratuité \"\nd'une irrésistible séduction pour ceux qui s'imaginent en jouir.\nToute chose a une valeur, dit la science économique et le bon sens ; valeur variable\ndépendant des lois de l'offre et de la demande et de quelques autres facteurs que nous n'avons\npas à examiner ici. Travail musculaire, manuel, intellectuel, peuvent se mesurer et s'échanger\navec d'autres équivalences ; en général, dans notre société civilisée, c'est l'argent qui sert de\ndénominateur commun.\nOr il advint que les utopistes, puis les gens habiles amateurs de popularité, se proposèrent\nd'accomoder au goût moderne le panem et circenses,délices de la plèbe romaine. Ils inaugurèrent\nles échanges \" gratis \" et l'objet du troc, si l'on peut ainsi parler, porta notamment sur le\ntravail intellectuel. Notre panem, tout spiritualisé, nous fut distribué sous forme d'enseigne-\nment laïque, obligatoire et gratuit. Encouragés par cette première tentative d'un Etat paternel\net imprévoyant, de bons esprits ne craignirent point de demander, par la suite, le théâtre\ngratuit ; pour réformer, purifier, amender le goût populaire ; puis le pain gratuit le pain\nréel de pur froment et enfin le vêtement gratuit à l'usage des non-favorisés de la fortune.\nSi cela continue nous jouirons tous un jour de ces inappréciables bienfaits, ce sera l'Eldorado....\net l'égalité dans la ruine. Car vous imaginez bien qu'il n'y a là qu'un trompe-l'œil, un tour\nde passe-passe (électoral) et pour tout dire un de ces mensonges sociaux dont, naïfs, nous nous\npayons si facilement. L'enseignement est gratuit mais.... le contribuable paie de lourds impôts\npour en profiter. Dans les écoles nos chères écoles, laïques et obligatoires certains élèves\nsont alimentés et vêtus gratuitement mais.... des gens bénévoles remplissent la caisse. Il y a\ndes représentations et des concerts gratuits mais.... 1 Etat, c est-a-dire tout le monde, subven-\ntionne les organisateurs. En sorte qu'il y a toujours quelqu'un qui paie pour ceux qui ne\ndéboursent rien et même beaucoup de ces derniers arrivent à payer, seulement sous une autre\nrubrique, de sorte qu'ils ne saisissent pas tout de suite l'ingéniosité du mécanisme.\nA la suite de l'Etat, de grandes associations d'enseignement s'organisèrent et firent appel\naux professeurs pour répandre, gracieusement,dans des cours, nombreux et variés, le savoir\nqu'ils possédaient. Les musiciens ne furent pas les derniers à répondre à l'invite et se mirent à\nenseigner qui le piano, qui le violon et qui le chant.\nQu'espèrent donc les artistes en se prêtant à cette comédie et se mêlant aux distributeurs\nde pâtée intellectuelle pour les gens du commun ?"}, {"page_pdf": 110, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.110", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 4216, "texte": "Les uns désirent et obtiennent, pour ce fait, quelques menues distinctions : diplômes,\nmédailles et bouts de ruban dont leur vanité puérile s'enorgueillit. Les autres attendent que,\ndans le nombre des élèves attirés par l'enseigne : cc Ici on instruit gratis, \" il s'en trouve\nquelqu'un, plus riche que les autres, qui paie les conseils du maître. Espoir trop souvent déçu.\nLa vérité c'est qu'en agissant ainsi l'artiste travaille à sa propre ruine, qu'il contribue à\npropager une idée fausse : celle de la gratuité possible du travail intellectuel ; qu'il adopte une\nattitude sans dignité et déprécie son enseignement.\nSi l'on veut bien réfléchir un instant et ne pas s'attarder aux vaines apparences d'une\nprétendue noblesse qui placerait l'artiste comme hors du monde où il vit, on reconnaîtra qu'il\nest soumis, comme toute unité sociale, à des nécessités économiques pressantes. Il lui faut,\npour tout dire, comme le commerçant, l'industriel, l'agriculteur, le plus souvent gagner sa vie\npar l'exploitation du capital intellectuel dont il est pourvu. Rares sont les musiciens pour\nnous en tenir à notre corporation pour lesquels l'art n'est qu'un luxe ; bien au contraire le\nplus grand nombre doit vivre d'un travail soutenu et rémunéré. Or, que dirait-on d'un com-\nmerçant, d'un industriel qui s'aviserait de distribuer gracieusement au public les marchan-\ndises de son magasin ou les produits de sa fabrique ? Cet homme est fou s'exclamerait-on ; il\ncourt à sa perte et réduit à la misère, tombera bientôt à notre charge. En va-t-il donc\nautrement pour celui qui dilapide son intelligence et ses forces sans un légitime profit ? Et\nfait-on autre chose en instaurant des cours gratuits?...\nEn second lieu l'artiste qui consent à jouer cette comédie pseudo-philanthropique\ncontribue à répandre dans le public l'idée de la non-valeur du travail intellectuel. Les plus\nhonnêtes gens commencent à s'en persuader. Ils acceptent, et même sollicitent, qu'on les\ninstruise, eux, ou leurs enfants, à titre gracieux et tel qui n'aurait pas l'idée saugrenue d'aller\ndemander à son boulanger de le nourrir gracieusement lui et sa famille, ou à son tailleur de\nl'habiller sans argent, n'est nullement gêné de recevoir et même d'exiger des leçons de\nmusique qui ne lui coûtent rien. Cette habitude est analogue à celle de beaucoup de personnes,\nfort à leur aise, qui ont la manie d'aller au théâtre avec des billets donnés.\nLes artistes ont beaucoup travaillé et regrettablement à donner d'eux-mêmes une fort\npiètre idée. Certains cours de musique ont lutté de réclame... et de gratuité. Ici on offre la\nmusique aux élèves, là on leur distribue à certaines époques, des livrets de caisse d'épargne ;\nailleurs on leur prépare fréquemment des five o*clock tea, intermèdes des leçons austères, trans-\nformés, à certains jours, en réceptions où la mère peut conduire sa fille et même lui trouver\nun mari ! Tout le monde musical a connu une brave dame dont les nombreux automnes\ns'agrémentaient, aux grands jours, d'une couronne de pâquerettes (Innocence et simplicité).\nElle mariait ses élèves. Le plus drôle c'est que les jeunes filles reconnaissantes, lorsque\n\" l'affaire \" était conclue demandaient à la marieuse la permission de lui adresser un petit\nsouvenir. Invariablement celle-ci demandait certain service d'argenterie, objet de ses désirs.\nOn acquiesçait, on envoyait le service,... qui repartait bien vite chez l'orfèvre en attendant\nun prochain retour. Le marchand et la dame s'entendaient moyennant un bénéfice honnête.\nTout l'entourage connaissait le procédé et en riait sous cape. Ce n'est qu'une anecdote, il ne\nfaut pas généraliser et conclure que tous les professeurs en usent d'aussi étrange façon, mais\nbeaucoup arrivent à des compromis discutables et à des attitudes peu conformes à la dignité\net à l'intégrité de leur caractère. Ils cherchent, par des moyens détournés, à obtenir la\nrémunération qu'ils ne peuvent plus demander à visage découvert puisqu'ils ont avili eux-\nmêmes le prix de leurs leçons.\nAu moins attendent-ils quelque reconnaissance de leurs élèves avec de telles façons d'agir?\nAucune. Les gens estiment peu ce qui ne leur coûte rien. Un instinct obscur leur fait\nc"}, {"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.111", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2623, "texte": "pressentir que si on leur donne quelque chose, sans rien exiger en échange, c'est que l'objet\nn'a pas de valeur, ils le méprisent comme le prospectus reçu dans la rue et qu'ils jettent, fripé,\nsans même le lire.\nSi, de la considération du préjudice matériel, nous passons à un autre point de vue, il ne\nnous satisfera pas davantage. Moralement, l'artiste qui accepte de distribuer les éléments d'une\nscience ou d'un art à tort et à travers est fort coupable. Il trompe sciemment ceux qui vien-\nnent à lui ; il laisse croire qu'il peut donner le meilleur de lui-même, remplir la tâche admirable\ndu véritable maître, assumer tous les devoirs qu'elle comporte, prodiguer ses soins et cela à tout\nvenant ; aux inconnus, aux mal doués, aux indifférents, à tout ce que le hasard de la route met\nsur son chemin. Eh ! bien, ce n'est pas vrai. S'il plaît à un musicien, par amitié pour un élève\nde lui donner ses conseils, nul n'y trouve à redire. Si un sujet exceptionnellement doué, et\npauvre, intéresse un maître qui consente à l'éduquer, dans l'intérêt même de l'art, rien de mieux,\net nous pourrions citer ici bien des noms vénérés de grands artistes qui ont généreusement secondé\nde véritables vocations. Grâces leur en soient rendues et éternelle reconnaissance ; mais notre\nsujet est tout autre, nous faisons allusion à ces élèves quelconques qui, avec plus ou moins\nd'exactitude, suivent les cours gratuits qu'on leur ouvre si indiscrètement, Mimis-Pinsonnettes\net autres petites filles que la musique sensibilise ; primaires récemment sortis de l'école commu-\nnale, nourris de mots plus que d'idées et nullement préparés, (sauf de très rares exceptions) à\nrecevoir un enseignement artistique profitable. Ni leur éducation première, ni le milieu dans\nlequel ils se trouvent, en général, ne constituent un terrain d'évolution favorable à la culture et\nà la croissance d'un art donné. Nous traiterons prochainement cette question du milieu nécessaire\nau développement des facultés artistiques chez l'enfant.\nQu'on veuille bien croire qu'en engageant ici les artistes à renoncer à de si fâcheuses\nhabitudes : supprimant les gracieux concours et fermant les cours gratuits, nous ne voulons pas les\ninciter à n'obéir qu'à des mobiles mesquins, intéressés ; cette revue n'ouvre pas un cours de\nmercantilisme, mais, fidèle au programme que nous nous sommes tracé, nous voulons leur faire\nprendre une vue plus nette, plus claire de leurs véritables intérêts, les amener à une estimation\nd'eux-mêmes moins peureuse, à une attitude plus résolue et, entre eux à une \" entente cordiale \"\nbien nécessaire. i\n\nM. Daubresse."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c075", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c075", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 112, "image_fin": 112, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.22", "titre_corps": "Cours et Conférences", "titre_sommaire": "Cours et Conférences", "signature_source": "G. Rouchés", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.112", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3010, "texte": "Cours et Conférences\nG. Rouchés.\nLES GRANDES ÉPOQUES DE LA MUSIQUE. D'accord avec les organisa-\ntrices Mlles Pironnay, M. Landormy a pris, cette année, pour sujet : La musique française au\nXIXe siècle et commencement du XXe. Il a d'abord montré que de 1800 à 1860, elle fut pure-\nment théâtrale sous ces deux formes de l'Opéra Comique et de l'Opéra.\nToutefois, M. L. estime avec raison que la supériorité des français au XIXe siècle s'est\naffirmée, non au théâtre, mais au concert, la véritable école de l'amateur et du compositeur.\nMlles Mary et Fernande Pironnay dont il faut louer la voix et l'intelligence exécutèrent\nles exemples accompagnant ces intéressantes leçons avec le concours de chanteurs de talent :\nMlles Malnory, Grignard, Plisson, MM. Landormy et Josselin et des distingués pianistes,\nMme Landormy et M. Motte-Lacroix.\nHAUTES ETUDES SOCIALES. Les conférences musicales ont repris, à FEcole\ndes Hautes Etudes sociales, 16 rue de la Sorbonne, depuis le 18 novembre. Voici la liste de\nces conférences : L'art populaire dans le chant grégorien, 18 novembre, A. Gastoue. Le mois\nmusical, 25 novembre, Calvocoressi. Nature et évolution de l'art musical, 2, 9, 16, 23,\n30 décembre, Jean Marnold. La Musique en Allemagne au XVIIe siecle (suite), 13, 20,\n27 janvier, 3 février, André Pirro. Le mois musical, 10 février, Calvocoressi. La musique\nitalienne en France sous Mazarin, 17> 24 février, Henry Prunières. Le mois musical,\n3 mars, Calvocoressi. Les pastorales en musique au XVIIe siecle en France, 10, 17 mars,\nLionel de la Laurencie. Légende et histoire de l'Ecole russe au XIXe siecle, 24> 31 mars>\nLouis Laloy. Le mois musical, 7 avril, Calvocoressi.\nM. GASTOUÉ. U art populaire dans le chant grégorien. M. Gastoue (18 novembre)\ndéfinit avec précision l'art grégorien celui dont les lois régissent le chant liturgique officiel\nde l'église latine et délimitent la participation de chacun, clerc ou fidele. On ne doit pas\nconfondre les chants officiels avec d'autres qui sont écrits d après les chants liturgiques et qui\nsont tout à fait en dehors.\nDès le IVe siècle, les papes préoccupés par cette question d'une musique liturgique,\nessaient d'établir une règle générale. Le monde romain a complètement sombre. Ses jeux\npopulaires ne subsistent qu'à Byzance, là même où le culte chrétien atteint sa plus grande\nsplendeur. Vainqueurs et vaincus n'ont qu'une seule religion. L Eglise veut restaurer les Arts,\nsurtout la musique. Ces efforts successifs sont synthétisés par Saint Grégoire dont M. G.\nretrace la vie. Ce pontife musicien par goût fonde la Scho/a cantorumy corporation de chantres\navec une école annexe. Il crée en même temps 2 antiphonaires romains, repertoire de chants\ndestinés les uns àla Schola, les autres au peuple.\nCe recueil fut augmenté par la suite, il y a lieu de distinguer le fonds primitif. M. G.\ns'occupant de la partie populaire établit trois divisions : les pièces venues du peuple, les pièces\nécrites pour le peuple, celles enfin bâties sur des thèmes populaiies."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c076", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c076", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 113, "image_fin": 114, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.23", "titre_corps": "A travers les revues", "titre_sommaire": "A travers les revues", "signature_source": "M.-D. Calvocoressi", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.113", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3380, "texte": "A travers les revues\n\nLA CRITIQUE MUSICALE. \" Comment la faire ? \" se demande (<Signale, 2 nov.)\nM. le Dr Niemann, à qui cet épineux problème inspire de fort sagaces réflexions. Reprenant\npour le compte de la critique musicale les vues émises relativement à la critique d'art par\nM. Richard Muther dans son Histoire de la peinture au dix-neuvième siècle, il recommande de\nne point trop s'en tenir aux considérations d'histoire ou de tradition. La connaissance\nde l'histoire de l'art aide bien peu à une juste et libre intelligence des œuvres d'art. Qui-\nconque veut faciliter aux masses l'accès des chefs-d'œuvre doit être capable de deviner le\nsecret de ces chefs-d'œuvre et non pas seulement de les analyser. La \" spécialisation \"\ndu musicographe, c'est le plus grand des dangers. L'art n'est-il point la joie, la vie universelles?\nLe Courrier Musical (octobre-décembre) publie, sur le même suj'et, la leçon faite en 1908\nà l'Ecole des Hautes Etudes Sociales par le signataire de la présente rubrique, qui s'est efforcé\nde résumer quelques conseils pratiques, basés principalement sur la distinction des \" jugements\nd'opinion \" et des \" jugements de fait \", et aussi, plus généralement, de tracer le portrait du\ncritique idéal, \" portrait qu'on esquisse plus facilement qu'on ne l'incarne \".\nEn même temps que le D 1 Niemann, le Dr W.A. Thomas San-Galli aborde le même\nproblème [Musikalisches W lichenblatt,3 novembre) mais au point de vue de l'enseignement\nplutôt qu'à celui de la critique ; il arrive aux mêmes inévitables conclusions : \" Point de con-\nnaissance de l'art sans art.ll y a une chronologie, une philologie, une mathématique de la\nmusique mais ce ne sont que des sciences auxiliaires. Qui veut enseigner la science musi-\ncale doit être musicien et artiste. \"\nLES PETITES PROFESSIONS DES INSTRUMENTISTES. Dans le Musi-\nkalisches IVichenblatt du 3 novembre, M. Léopold Schmidl montre à quelles besognes supplé-\nmentaires sont obligés de se livrer en Allemagne les petits musiciens d'orchestre. Il est assez\nnaturel d'apprendre que beaucoup sont copistes, fabricants d'anches, voire régleurs de rouleaux\nperforés pour appareils automatiques. Mais il paraît qu'à Berlin, il en est beaucoup qui\npratiquent avec succès l'élevage des volailles (M. Schmidl ne dit point si ce sont spécialement\nles clarinettistes), la photographie ou le commerce des timbres-poste. Un timbalier de la même\nville est détective et très apprécié comme tel.\nHUGO WOLF. Dans la New {Music de Décembre, M. Bayard Quincy\nMorgan revient sur quelques-unes des opinions exprimées sur ce compositeur par M. Ernest\nNewman dans son excellente biographie, et les discutes avec preuves à l'appui. Il voudrait\nfaire des réserves sur deux points : d'abord sur le degré de \" l'effacement de l'individualité du\ncompositeur au profit de celle de la composition \" puis, sur \"sa magistrale adaptation de la\nmusique aux textes. \"\nDEBUSSY ET LE NATIONALISME MUSICAL. Sous ce titre, M. Ernest\nNewman, à propos de l'interview de l'auteur de publiée par 1\nArtiste, se demande Tintes,Novembre) comment il est possible de s'imaginer qu'on\nne sera vraiment Français, en musique, qu'en se déclarant foncièrement différent des Alle-\nmands. Ceci, dit-il, est déplorable ; \" et quand M. Debussy affirme que ni l'une ni l'autre de\nces races ne devrait essayer de toucher le sens musical de l'autre il ne fait que colorer de"}, {"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.114", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3945, "texte": "mauvaise sociologie un accès d'humeur. Existent-t-ils, L'esprit français, L'esprit allemand,\nL'esprit anglais ? La Bruyère n'a-t-il pas dit que la raison est de tous les pays ?\nDans la dernière de ses vivantes chroniques des Marges, M. Vuillermoz en arrive, par\nun chemin un peu différent, exactement, au même point :\n\" Certes, dit-il, la musique a mieux à faire qu'à ambitionner la gloire d'un volapuk ou\nd'un espéranto supérieurs ; les nuances ethniques qui brillent en elle sont de précieuses parures,\ndont elle ne doit pas chercher à se dépouiller, mais nos facultés d'assimilation nous permettent\nd'en tirer le plus heureux parti pour l'enrichissement de notre art. Nous crions volontiers à\nl'incompatibilité des races, lorsque nous nous trouvons en face d'un Reger excessif ou d'un\nMahler trop copieux, sans nous souvenir que les plus délicats de nos amateurs digèrent\nBorodine, Glazounow ou Moussorgsky plus aisément que Bruneau ou Widor, tandis que les\nmoins dégoûtés de nos compatriotes ont trouvé dans Mascagni, Puccini et Léoncavallo la\nnourriture convenant le mieux à leur estomac bien français. \"\nIl s'est dit tellement de sottises, depuis quelques années, de ce problème de la nationalité\nmusicale devenu le tarte a la crème de certains, qu'il est tout à fait réjouissant de constater un\nmouvement en faveur de ce qu'indique le simple bon sens.\nLA GAMME PAR TONS. Très bonne étude esthétique et technique de M.\nClutsam (Musical Times, novembre et décembre) sur cette vexata quaestio de tous les\nthéoriciens, avec beaucoup d'exemples où l'on s'étonne seulement de ne voir cités ni le\nRousslàn de Glinka, ni l'extraordinaire finale du Convive de Pierre de Dargomyjski. Mais ce\ntravail est fort nourri, et mérite d'être lu.\nLE \" MACBETH \" DE M. BLOCH. Il est encore un peu tôt, au moment où\nil me faut livrer à l'impression cette chronique, pour se faire une idée d'ensemble de l'opinion\nde la chronique sur cette œuvre : seuls les comptes-rendus du lendemain sont à ma disposition.\nJe compléterai donc la prochaine fois les présentes notes.\nEn général, la critique rend hommage à la probité d'aspirations qui décèle chez M. Bloch\nle fait d'avoir choisi pareil sujet et la manière dont il l'a traité. Mais en même temps, la\nplupart des commentateurs se demandent si Macbeth offrait une matière bien convenable a un\ndrame lyrique : l'honneur y est trop uniforme, trouvent MM. Fauré (Figaro\\ Carraud\n(.Liberté), Hahn ( Journal), Boschot (Echo de Paris) et moi-même (Gil Blas). M. Hahn ajoute\nqu'un tel choix permet de classer le compositeur parmi ceux \"qui estiment que la musique\ndéchoit et se prostitue dès qu'elle cesse d'être revêche, ardue, brutalement dissonnante, et qui\nfinissent par être usincères\" dans le culte soigneux de la laideur et dans une sorte d'avide\naspiration vers l'ennui \". M. Gauthier-Villars (Comœdia) estime, bien qu'en définitive 1 element\nféerique et l'intrigue sont insuffisamment empoignants pour nous, que le \" substratum psycho-\nlogique n'est pas aussi riche et nuancé que de coutume \".\nLes avis diffèrent sur la valeur de l'adaptation réalisée par M. Fleg. Comedia, le \"Journal\\\nle Figaro, /'Echo de Paris estiment que le librettiste s'est fort bien tiré de sa tâche. Le Gil\n*Blas est de l'avis opposé, et reproche notamment à M. Fleg d'avoir ajouté certains détails ; la\nmême remarque est faite, avec de meilleurs exemples à l'appui par MM. Souday (Eclair) et\nplus accessoirement, Carraud.\n\\j Eclair, Y Echo de Paris, Paris-Journal (M. Prodhomme) et le Gil Blas jugent severe-\nment la musique. Au contraire, la Liberté et le Figaro, tout en n'approuvant pas sans réserves\nreconnaissent à l'œuvre beaucoup de grandes qualités. Comœdia analyse de près la partition qui\nest déclarée \" extraordinairement vivante, agissante, et gesticulante.\" En somme, presque tous\nles comptes-rendus, même sévères, sont assez sympathiques à M. Bloch et à sa première œuvre.\n\nM.-D. Calvocoressi."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c077", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c077", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 115, "image_fin": 116, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.24", "titre_corps": "L'Édition Musicale", "titre_sommaire": "L'Édition Musicale", "signature_source": "V. 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I. M., qui du reste, ne m'en sauront pas le moindre gré. Inquiétude déplacée ; M. Elert\nn'est nullement le musicien rébarbatif que j'avais imaginé. Il convient de faire deux parts dans\nson œuvre : ses improvisations, Fantaisies, Préludes, Postludes, Variations pour grand orgue me\nséduisent fort peu: écrire des Variations me paraît déjà fâcheux ; les publier l'est encore bien\ndavantage. Devant cette perpétuelle redondance des idées, devant ces développements surabon-\ndants, oiseux et souvent injustifiés, on ne peut s'empêcher de songer que les qualités d'un\nimprovisateur deviennent bien facilement des défauts. Dans plusieurs œuvres dont la mise au\n• A -\npoint parait cependant plus poussée, la Fantaisie et Fugue Op. 39 d'une assez grandiose tenue,\ndans la belle Passacaglia Es Moll dans les Sonatines en G. Dur et en A Moll, nous retrouve-\nrons ce même caractère d'improvisation hâtive. Au contraire dans de très courtes pièces comme\nles Madrigale, (Zehn schlichte Weisen) son Humoreske, son Capriccietto, la personnalité de\nM. Elert nous paraît très nette et très saisissable. Nous trouverons chez lui de la candeur, de\nde la spontanéité, un certain mysticisme qui fait songer à Schubert ; à côté de cela, un\nimprévu dans les rythmes et les dissonnances, un tour audacieux et burlesque, que viennent\nencore accentuer des nuances de caractère très soigneusement indiquées : a mit grotesken\nhumor, \" \" mit einem stich in kokette. \" Un des morceaux est même intitulé \" Piquanterie \"\nLe comique, ici est peut-être involontaire. M. Elert manie fort joliment le pastiche, sa\nSonatine en E AAoll, sa partit a en Z). Dur, charmantes d'un bout à l'autre, sont d'excellentes\nimitations des classiques allemands du XVIIIe. Malheureusement, il n'échappe àla tentation\nde retoucher les œuvres d'autrui : quand il transcrit Y Ave Maria d? Arcadelt, ou la Sarabande\nde Corelli, il n'y a encore que demi mal. Mais à quoi bon transcrire POUR HARMONIUM\nune Suite de clavecin de Rameau: n'est-ce pas àla fois une faute d'histoire et une faute de goût ?\nPIANO. Tous les morceaux que je viens d'énumérer sont écrits pour grand orgue,\nharmonium ou harmonium d'art. Les pages intitulées Aphorismen sont destinées au contraire\nau piano. Courtes, amusantes et caractérisées, je les recommanderai à tous ceux qui veulent\nse faire, plus aisément que je ne lai pu, une idée de la personnalité de M. Elert.\nCeci m'amène à quelques productions pour piano seul. D'abord, un petit Album de\n10 morceaux très faciles \"Les menottes, \" par Mme Toutain-Grrun (2). Ceci répond à une\ntendance toute nouvelle : on s'est avisé récemment que nos enfants, pour avoir de petites\nmains n'étaient pas forcément dépourvus de toute espèce de goût ; et qu'un artiste pouvait\nsans déchéance, composer à leur intention. Les Contes de ma mère fOie, de Ravel, ont été\nécrits dans ce sens. Encore quelques années, nous verrons disparaître des \" Méthodes \" ces\npetits morceaux insipides ou infects sur lesquels nous avons tous pâli dans le temps jadis. En\nattendant, il faudrait que le volume de Mme Toutain-Grun soit entre les mains de tous les\nprofesseurs de piano."}, {"page_pdf": 116, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.116", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3920, "texte": "Chopin est toujours de mode, il inspire à M. Jemain une Ballade en Si Bémol (3), à\nM. Louvier une Nuit tombante (4) d'une désespérante fadeur, et à M. Hans Hllber, Six\nEtudes Lyriques (5). Rien d'ennuyeux comme ces retours d'un romantisme hors de mise. Ce\nqui était fort intéressant en 1850 ne l'est plus nullement. Et pourquoi s'acharner à ce genre\nhybride des Etudes qui ne sont ni des morceaux, ni des exercices. Je sais bien que ce système\nnous a valu des chefs d'œuvres comme les études de Chopin. Mais cependant, pour s'exercer\naux arpèges de main gauche, il n'est nul besoin de les nommer Sur Yeau, et pour travailler les\nnotes répétées, d'en faire une Matinée brumeuse. Ne suis-je pas trop sévère pour des œuvres de\nbonne tenue.\nAprès Chopin, Wagner, et Wagner trahi par un de ses pires imitateurs, par un Italien.\nLe Giuda de Keriothy (6) de M. Kiicci Signorini est un ténébreux poème pour grand\norchestre, où des pages d'une intensité dramatique, outrageusement tendue, voisinent avec les\nplus plates vulgarités. Pourquoi en avoir tenté cette transcription pour piano, surchargée,\nillisible et presque injouable.\nAllons vite goûter un peu de repos avec le charmant Paysage de M. Plljol (3) une\ncontrée paisible, herbeuse, dominée par de hautes collines qui ne sont pas encore des montagnes,\net parfumée d'un grand souffle de brise alpestre ; voilà, à mon idée, ce que M. Pujol a voulu\nnous peindre. Nous sommes entrés ici dans le domaine de la grande musique.\nNous y resterons, avec deux admirables pièces d'Albeniz, (3) Zortzico, danse à cinq\ntemps, et La Vega, premier morceau d'une Suite pour piano inspirée par l'Alhambra de\nGrenade. Par la fluidité des modulations, et l'exquise recherche de la couleur sonore, il est\nd'un bout à l'autre un régal exquis pour l'oreille. Ceux qui ne veulent voir en Albeniz que\nle champion tapageur d'une école ultra moderne, seront peut être surpris de ce morceau.\nCHANT. Pour ne pas quitter cette musique espagnole si séduisante, passons aux\nquatre Chansons d'enfants de Joseph Civil Y Castellvi, (3) (Beau Soleil, Saint Ange\nGardien, La fleur d'Amour). Ces petites mélodies d'un tour imprévu, qu'une traduction\nfrançaise assez baroque rend encore plus déconcertantes, ont quelque de chose de jeune, de\nfrais, de malhabile, infiniment sympathique.\nM. Siefert nous offre un poème qui porte ce titre éminemment suggestif.\nquune présence de veilleuse...(3) vous devinez que les vers sont de Rodenbach ; vous devinez\naussi tout ce qu'un prestigieux clair obscuriste a su dépenser d'ingéniosité dans la description\nde ces pénombres musicales : malgré tant d'habileté, devant cette petite veilleuse, je regrette\nle grand soleil d'Espagne.\nENSEMBLE. Le Lied d'Eugène Cools (6) est un excellent morceau de salon,\ndépourvu de toute nouveauté (pour flûte et violoncelle). Enfin, nous recevons la dernière\nminute, un très bel Aria pour violon, de Clément Robert (8). L'auteur s'y montre,\ncomme toujours un mélodiste de premier ordre. La pureté presque classique de son dessin,\nl'aisance de ses moludations, et la très haute tenue de son style nous font augurer grand bien\nde trois pièces qu'il nous promet pour l'an prochain ; Prélude, Arabesque et Finale.\nORCHESTRE. La collection des petites partitions d'orchestre de Durand s'est\naugmentée de trois volumes : La Foi de Saint Saens ; Etude Symphonique d'après La Nef,\nde Samazeuilh, et Y Etude pour le Palais Hanié, de Florent Schmitt. Nous y reviendrons.\nN. B. Nous attirons l'attention de nos lecteurs sur l'intéressante publication par souscription annoncée dans le présent\nnuméro pour une série de chefs-d'œuvre du XVIIIe siècle : opéras-comiques ds Favart, Duny, Monsigny, arrangés pour\npiano et chant. Cette publication, dont l'apparition coïncide avec les représentations données au Théâtre de Monsieur, ne\npeut manquer de recevoir des amateurs de bonne musique française le meilleur accueil.\n\nV. P."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c078", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c078", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 117, "image_fin": 117, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.25", "titre_corps": "Çà et Là", "titre_sommaire": "Çà et Là", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 117, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.117", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2546, "texte": "Çà et Là\nNous apprenons avec plaisir que notre excellent collègue Laloy a été nommé à la\nsuppléance du cours de M. Romain Rolland à la Sorbonne.\nM. Paul Le Flem reprend ses cours d'harmonie (17 rue Froidevaux). Il commencera\nun cours d'orchestration pratique qui comprendra : i° L'analyse orchestrale d'œuvres anciennes\net modernes ; 2° Des essais d'orchestration sous la direction du professeur ; 30 Des corrections\nd'essàis présentés par les élèves.\nSchola Cantorum. Monsieur Vincent d'lndy vient de créer un cours supérieur de\nviolon à la Schola Cantorum.\nC'est M. Armand Parent, déjà titulaire du cours du deuxième degré qui a été désigné\npour le diriger.\nUn directeur français en Colombie. M. G. Uribe, élève de Vincent d'lndy, auteur\nd'une sonate et de lieds appréciés, vient d'être nommé directeur de l'ancienne Académie\nnationale de musique de Bogota (capitale de la Colombie), où il prépare d'importantes\nréformes.\nLa littérature musicale russe s'enrichit chaque jour de nouvelles découvertes, les\nfolkoloristes sont inlassables. Dans la seule province de Perni ils ont recueilli plus de 52\nchansons populaires. Les paysans les chantent dans les églises et pendant les cérémonies\nnuptiales. Chants d'amour ; chansons de brigands. Chose curieuse, aucune de ces petites\ncompositions ne célèbre le vin ou l'alcool. Les paysans ne chantent pas les mélodies originales;\nils en inventent selon leur fantaisie.\nLes théâtres de Lisbonne deviennent républicains ainsi le Théâtre Royal prend le nom\nde Théâtre-Lyrique et le Théâtre Donna Amélia s'appelle Théâtre de la République.\nDe quelques fauteuils académiques. Les titulaires :\n1 & fauteuil : Méhul, Boïeldieu, Reicha, Havély, Clapisson, Gounod, Théodore Dubois.\n2e fauteuil : Cherubini, Onslow, Reber, Saint-Saëns.\n3e fautueil : Gossec, Auber, Victor Massé, Léo Delibes, Guiraud, Paladilhe.\n4e fauteuil : Grétry, Monsigny, Catel, Paër, Spontini, Ambroise Thomas, Ch. Lenepveu,\nWidor.\n5e fauteuil : Berton, Adolphe Adam, Berlioz, Félicien David, Reyer, Fauré.\n6e fauteuil : Lesueur, Bazin, Massenet.\nSait-on que Brahms ne se contentait pas des lauriers du compositeur, mais briguait ceux\nde l'historien. Il travailla, jusqu'à sa mort, à une\nA noter une définition de la musique par Christiani auteur des\nforte. \" Cet art (la musique) a sa loi fondamentale dans la loi de la beauté. La beauté présuppose\nla symétrie. La symétrie est visible dans le rythme. Le rythme rend audicible la symétrie par le\nmouvement symétrique. Le mouvement symétrique est donc le principal élément de la\nmusique. \""}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c079", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c079", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "couv. 2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.26", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1195, "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇA\nAMIS T>E LA\nCOMITE D'HONNEUR\nM. le Président d\nM. le Ministre de /'Instruction Publique et des Beaux-Arts.\nM. le Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts.\nJÉ ' • ' ILL '\nM. Gabriel FAURE, Dir\n. . v\nM. Henry ancien Directeur\nde la Bibliothèque Nationale.\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nPRESIDENT\nM. LE COMTE GASTON CHANDON DE\nBRIAILLES.\nVICE-PRESIDENTS\nM. LE PRINCE A. D'ARENBERG,\nM. Louis BARTHOU,\ndes sceaux.\nM. GUSTAVE BERLY,\nM. ADOLPHE BRISSON,\nTRESORIER\nM. LÉO SACHS.\nDIRECTEUR ARTISTIQUE\nM. GUSTAVE BRET.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL\nM. J. ECORCHEVILLE,\nSECRÉTAIRE DU CONSEIL\nM. J. PASQUIER.\nMEMBRES DU CONSEIL\nMME ALEXANDRE ANDRÉ.\nMME LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, directeur général hono-\nraire au ministère d\nM. LÉON BOURGEOIS,\nministre.\nM. FRANZ CUSTOT.\nMME MICHEL EPHRUSSI.\nM. GEORGES GAIFFE.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE.\nM. JEAN WEBER,\nM. LOUIS HAVET, de\nau Collège de France.\nMME DANIEL HERMANN.\nMME HENRY HOTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nMme LA COMTESSE PAUL DE PoURTALES.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND,\nFaculté des Lettres\nM. LOUIS SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nMME TERNAUX-COMPANS.\nagrégé de V Université."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c080", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c080", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 27, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.27", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.27", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1965, "texte": "mm m\n■- < -Mi * „ '\n' 3:§iP-\n' ' : > /'■\n....... .■■•,,■\n~^r>.\n< \\\n- x -v^\nu m.\n>,. . i\n»,. M\n:s :\n:<■- fc: *W*>\nM* /| ! ,<j\n\\\nrai\nS**:?\n! V\n/ / ,\nm\n/\nk ■■ * ...»\n** *■ }\\\n• : • • • /•\n,^-j\n1/\nIMlmi\nri**\nÀ\nI V\n\\ <\n'\nI * li\n<«**\n>É>T«- 1» lit ru ..«Vjlù\nMME BENNATI\nJ. PASDELOUP\nf *& k\n- - .1 • i'-\nE s y\n* \\\n%\n4 ' *J\nM. CAISSO\n2\" SÉRIE 17e ANNÉE\nDimnnche 6 Janvier ï 878, à 9 heurei\n(Les |>orles ouvriront à 1 heure 1/2)\n2* SÉRIE\n6.\n7.\n8.\n9.\n10.\n11.\n12.\n13.\nCONCERT POPULAIRE\nM Miroitera Oa&ssitq&ujiß\n■ f>|u»\n(1\" audition)\nODE\nA\nSAINTE-CÉCILE\nORA TORIO\nII J& NDEL\n(1736)\nParoles françaises de M. DE ST-ÉTJENNB\nAVEC LE CONCOURS DE :\nMme *i BENNATI | H CAISSO.\nLe giand orgue de M CA V AILLE-COLL sera tenu par\nM. ivïNDY.\nOuverture.\nDouce harmonie. .\nLa nature sommeillait\nDouce harmonie .....\nHarmonie aux sons vainqueurs\nLa bruyante trompette a sonnéle combat.\nMarche.\nLa douce flûte aux purs accents\nLes violons en courroux .\nGrand Dieu, quel art humain...\nOrphée autrefois\nQuand la brillante Cécile\nA ses accents mélodieux\n-HÉCI R.\nRÉCIT ET AIR. DE TÉNU».\nCHŒUK.\nAIR DE SOPRANO.\nAIR DE TÉNOR AV.EC CHŒUR.\nAIR DE SOPRANO.\nAIR DE TÉNOR.\nAIR DE SO PRANO\nAIR DE SOPRANO.\nRÉCIT, SOPRANO ET CHŒURS.\nCHŒUR.\nprécédée de\nOuverture de la Grotte de Fmgal\nAir'de ballet de Prométhée.\nLe solo de violoncelle par RI. VANDURGIJCHT.\nMEINDELSSOHN\nBEETHOVEN.\nL ORCHESTRE ET LES CHŒURS SOUS LA DIRECTION DE M. J. PASDELOUP.\nPRIX DES PLAGES :\nPremières 5 fr.; Tribunes, 3 fr. ; Parquet, 6 fr.:\nSecondes,,1 fr 75; Troisièmes, i fr. 25 c.\nEN LOCATION ; Premières numérotées, 6 fr.; Parquet, 7 fr.; Secondes 1 fr 75 r\nTroisièmes, 1 fr. 25 c.\nPour la location, s adresser au siège des Concerts Populaires, rue Basse-du-Rrm-\npart, 72, au Cirque d'Hiver et chez tous les éditeurs de musique.\n<*: est Jaatainasîat prié de ac peg calrer psxdantrexétntion des\nLes programmes doivont être distribuée gratis.\nmoreeaiu\nUN CONCERT DE PASDELOUP EN 1878\nCaricature inédite appartenant à M. 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Salle des Concerts — Concert du CERCLE MILITAIRE 9 heures\n4 )> >> „ Concert LAMOUREUX 3 heures\n5 ,, Salle des Quatuors— Concert U. F. P. C 2 heures\n6 „ Salle des Concerts — Société PHILHARMONIQUE 9 heures\n8 „ Salle des Quatuors — Audition Le Faure Boucherit 1 heure\n10 „ Salle des Concerts — Concert HASSELMANS (orchestre) .... 3 heures\n11 „ „ „ —Concert LAMOUREUX 3 heures\n14 ,, „ „ — Concert MARTEAU (avec orchestre) ... 9 heures\n15 » » » — Rep. publique Société BACH 4 heures\n15 >y ), * y — Concert de L'ORCHESTRE MÉDICAL (provi-\nsoirement) 9 heures\n,, „ „ — Société BACH 9 heures\n18 „ „ „ — Concert LAMOUREUX 3 heures\n19 v Salle des Quatuors — Concert U. F. P. 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Léuars et Monsieur Bizet 9 heures\n18 ,, Matinée d'Elèves de Madame Legrin 1 heure\n19 ,, Madame Roger-Miclos-Battaille 9 heures"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c082", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c082", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 75, "image_fin": 75, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.29", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.75", "debut_caractere": 1359, "fin_caractere_exclue": 1593, "texte": "GUITARE\nMUe B» DORE\nÉLÈVE DE MIGUEL LLOBET\nLeçons Cours Ensemble\nSpeaKs english Habla espanol\n8, Rue Furstenberg Vie\nMIGUEL LLOBET\nGuitariste virtuose\nde la Cour d'Espagne\nCONCERTS\nLEÇONS\nTéléphone 829.80\nPARIS. 28, Rue Demours. 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DANDELOT, 83, RUE D'AMSTERDAM\nSALLE DES AGRICULTEURS : 8, RUE D'ATHENES\nQUATRE RÉCITALS DE LA\n<<\nAISON DU LIED DE MOSCOU\nPIANO\nCHANT: MME MARIE OLENINE D'ALHEIM\nM. ALFRED CORTOT. M. ALEXANDRE OLÉNINE.\nPREMIER RÉCITAL, LUNDI 28 NOVEMBRE\nBach : Zuversicht und Trost.\nBeethoven : In questa Tomba oscura.\nBerlioz : La Mort d'Ophelie\nLiszt : Die Drei Zigeuner.\nMoussorgski.\nSans Soleil !\n(Poëmes de Golenitchef-Koutouzof.)\nEntre quatre murs. Perdu dans la foule. Soir de\nFête. Spleen. Elégie. Sur l'eau.\nChants et Dits populaires\nLa Berceuse du paysan. La Berceuse du Pauvre.\nLe dit de l'Orpheline. Chant hébraïque. -—-Je\nsais un frais jardinet. La Foire de Saratschinsk.\nDans la Forêt. Le Dnieper.. Le liopak.\n\" Pour les Enfants \"\nChanson d'Enfant. La Pie. Le Cousin et l'Araignée.\nChants et Danses de la Mort\nSérénade. Berceuse. —Le Chasse-Neige.— La Guerre.\nMme M. Olénine. —M. A. Cortot.\nDEUXIEME RÉCITAI, LUNDI S DÉCEMBRE\nMême moi, ô nuit !\nEsprits du Ciel.\nJe l'ai aimé.\nLe Din.\nBalakiref :\nNuit sans étoiles.\nChanson de Sélim.\nJe suis triste.\nMon enfant reste avec moi.\nFranz Liszt :\nSonate Si Mineur\nDu bist wie eine Blume. Ihr glorken von Marling.\nVergiftet sind meine Lieder. Es muss ein Wun-\nderbares sein. Anfangs wolet ich fast verzagen.\nDie Stille Wasserrose. Das Veilchen. Ich\nliebe dich. Gebet.\nChopin :\nZyczenie. Smutna rzeka.\nMiosna. Melooya.\nPiosnka litweska Leciliocie drzewa.\nVojak.\nMme M. Olénine.\nM. A. Cortot.\nTROISIÈME RÉCITAL, LUNDII2 DÉCEMBRE\nSchubert (Winterreise).\nGute Nacht. Die Wetterfahne. Gefror'ne Thrânen.\nErstarrung. Der Lindenbaum. Wasserflut.\nAuf dem Flusse. Riickblick. Das Irr-\nlicht. Rost. Frtihlingstraum. Einsamkeit.\nDie Post. Die Greise Kopf. Die Krahe.\nLetzte Hoftnung. Im Dorfe. Der Stiirmiche\nMorgen. Taiischung. Der Wegweiser. Das\nWirtshaus. Mut. 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Olénine.\nPrix des places : Estrade et Fauteuil de Face Ire1re Série : 10 frs. 2me Série : 6 frs.\nFauteuil de Côté : 4 frs. Parterre : 2 frs. Balcon : 3 frs. Galerie : 1 fr.\nLocation :A la salle des Agriculteurs chez M.M. DURAND & Cie, 4, place de la Madeleine. ORUS,\n1 16, Boulevard Haussmann. —M. ESCHIG, 13, rue Laffitte.— FORTIN, 51, rue Saint-Placide &\nà 1 Administration de Concerts. A. 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Roudanez et Cie PARIS\nSiège Social : 20, Rue du Dragon Vente au détail : 9, Rue de Médicis\nCHANTS DE FRANCE ET D'ITALIE\nPubliés sous la direction artistique de\nHenry Expert\nexécutés aux Concerts Historiques de l'Opéra Comique\nChansons Mondaines\nharmonisées par\nEmile Desportes\nMa bergère est tendre et fidèle\nN'oubliez pas votre houlette\nLa Bergère fileuse\nPuisque ma bergère\nViens charmante Annette\nJe ne connaissais point l'amour\nAmants qui près d'une maîtresse\nLoin de vos yeux je soupire\nPhilis, le long de la prairie\nMon père m'y a marié\nchaque 0.50 fr.\nAirs de Cour\nréduction au Clavier par\nHenry Expert\n\"de Boesset\"\nPhilis vous avez tant d'appas\nDivine Amarillis\n\"de Guedron \"\nBeaux yeux les doux vainqueurs\nhé, pourquoi n'oserai-je pas\n\" de Tessier \"\nDancez devant ces beaux yeux\nBrouttez Camusettes.\nchaque 0 50 fr,"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c085", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c085", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 95, "image_fin": 95, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.32", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.95", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 513, "texte": "Rouart, Lerolle & C\nle\nÉDITEURS DE MUSIQUE\n18, BOULEVARD DE STRASBOURG - PARIS\nLe plus grand abonnement de France\nservice : Maison GAVEAU, 45, rue de la Boëtie.\nTOUTE LA MUSIQUE en lecture\nReprésentation exclusive des Éditions Rélaïeff, Hansen,\nJurgenson, Universelle et Zimmermann.\nDépositaires exclusifs des œuvres de G. MAHLER\nIre SYMPHONIE EN RÉ MAJEUR\n2me SYMPHONIE EN DO MINEUR\n3me SYMPHONIE EN RÉ MINEUR\n4me SYMPHONIE EN SOL MAJEUR\nChaque piano à 4 mains net fr. 12\n„ petite partition d'orchestre net fr. 8"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c086", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c086", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 96, "image_fin": 96, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.33", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.96", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 592, "texte": "FACTEUR\nDE\nPIANOS\nGAVEAU\nFACTEUR\nDE\nPIANOS\nSiège Social : 45 et 47, rue de la Boëtie (VIIIe) PARIS\nRayon spécial de Musique\n(vente et abonnement)\nTÉLÉPHONE : 528=20\nAdresse Télégraphique :\nGAVEAU=PIANOS=PARIS\nSALLES\nDE\nCONCERTS\nUsine modèle à Fontenay»\nsous=Bois (Seine)\nAgence générale à Bruxelles\nDépôt des éditions\nde la S.I.M.\n*2\n»—r\ntdk !;&&■ :■ . «W: h! ■ VAi'i .. ■\n\"ivxvsr- ■\n■\nmm\nmmfri\nMEMBRE DU JURY HORS CONCOURS\nBARCELONE 1888, Moscou 1891, CHICAGO 1893, AMSTERDAM 1895\nPARIS 1900.\nDIPLÔMES D'HONNEUR\nAMSTERDAM 1883, ANVERS 1885, BRUXELLES 1888\nGRANDS PRIX\nHANOÏ 1893, LIÈGE 1905."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c087", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c087", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 99, "image_fin": 99, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.34", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.99", "debut_caractere": 2696, "fin_caractere_exclue": 2877, "texte": "LA SCOLA MUSIC^E\nInstitut musical de ler1er ordre, 90 rue Gallait.\nBRUXELLES\nChant, déclamation, instruments, harmonie,\nesthétique musicale, littérature française.\nÉtudes complètes."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c088", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c088", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 101, "image_fin": 101, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.35", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.101", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 607, "texte": "A. DURAND & FILS, Éditeurs de Musique\n(DURAND & Cie)\n4, Place de la Madeleine, PARIS\nMusique de Chambre nouvelle\nGRAND CHOIX DE MUSIQUE DE CHAMBRE FRANÇAISE & ÉTRANGÈRE\nŒuvres de C. SAINT-SAËNS, Edouard LALO, Vincent d'INDY,\nA. de CASTILLON, C.M. WIDOR, Claude DEBUSSY,\nPaul DUKAS, Gabriel PIERNÉ, Emile BERNARD,\nCharles LEFEBVRE, C. CHEVILLARD, GUY-ROPARTZ,\nG.M. WITKOWSKI, Maurice RAVEL, ROGER-DUCASSE, etc.\nCLASSIQUES FRANÇAIS\nŒuVres de Rameau, Couper\nGrand abonnement à la lecture musicale française et étrangère.\nPlus de 50.000 morceaux et Partitions.\nDépôt exclusif pour la France des Editions Peters."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c089", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c089", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 103, "image_fin": 103, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.36", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.103", "debut_caractere": 2844, "fin_caractere_exclue": 2984, "texte": "Application\nraisonnêe des\nmeilleurs procédés\npédagogiques\net techniques\nemployés par les\ngrands maîtres\ncontemporains\nfrançais\net étrangers."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c090", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c090", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 103, "image_fin": 103, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.37", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.103", "debut_caractere": 2986, "fin_caractere_exclue": 3077, "texte": "LEÇONS de PIANO\nVIOLONS, SOLFÈGE HARMONIE\nPAR CORRESPONDA\nCOURS SINAT\nRue Franklin, 5, *PAR"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1910-12-15-01-c091", "article_bluemountain": "bmtnabh_1910-12-15_01#c091", "volume": "bmtnabh_1910-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 107, "image_fin": 107, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.2.38", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.107", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 509, "texte": "DÉSIREZ-VOUS CONNAITRE L'ADRESSE\nd'une Maison donnant en LECTURE non seulement de la\nMusique Française\nMAIS ÉGALEMENT ET SURTOUT\nr\nToute la Musique Etrangère\nET MÊME DES\nPartitions d'Orchestre ?\nADRESSEZ-VOUS A\nM. 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M.\nREVUE MUSICALE MENSUELLE\nOrgane de la Section de Paris de la Société Inter-\nnationale de Musique et de la Société Française\ndes Amis de la Musique.\nFrance et Belgique :\nLe numéro : 1 fr. 50\nUn an: 15 fr.\nSix mois : 8 fr.\nÉtats-Unis :\nLe numéro; 50 cents. Un an: $ 5.00\nEurope :\nLe numéro : 2 fr.\nUn an: 20 fr.,\nSix mois: 12 fr.\nS. I. M. publie à part et sous couverture spéciale\nla seconde partie de sa revue, celle qui traite\nde l'actualité. Cette annexe s'appelle :\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\nFrance et Belgique :\nLe numéro fr. 0.40\nUn an fr. 4.00\nUnion postale :\nLe numéro fr. 0.60\nUn an fr. 6.00\nDirecteur: J. ECORCHEVILLE\nSecrétaire de la Rédaction :\nCH. 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YSAYE\nPAOLO LITTA\ni\n■\nPREMIER CONCERT\nLundi 5 Décembre 1910, â 9 heures du soir\n1.\n2.\nb) Giga ata ) iranscriPti°n Par P- Litta.\nc) Pastorale \\\nd) Capriccio >\nc) Studio J\n(Paolo Litta)\nà) Inno dell'opera 44 EURIDICE \"...\nb) Fere selvagge\nc) Lamento dell'opera 4' ARIANNA \"\nd) Aria di Medea dell'opera \"GIASONE\"\n(Madame Ida Isori)\n3. Sonate pour violon et basse chiffrée .\n(Messieurs G. Ysaye et Paolo Litta)\n4. a) \"Caro laccio\"\nb) \"Toglietemi la vita ancor\" , . .\nc) Il mio bel foco\nd) Non posso disperar\né) Che fiero costume .......\n(Madame Ida Isori)\n5. Sonate pour violon et basse chiffrée .\n(Messieurs G. Ysaye et Paolo Litta)\nBenedetto Marcello (1686-1739)\nDomenico Scarlatti (1683-1757)\nlacopo Péri (1560-1625)\nGiulio Caccini (1550-1615)\nClaudio Monteverdi (1568-1643)\nF. Cavalli (1599-1676)\nE. Barbella (1704-1773)\nGas-parini (1665-1737)\nAless. Scarlatti (1659-1725)\nBenedetto Marcello (1686-1739)\nDe Luca (15-16)\nLegrenzi (1625-1690)\nPorpora (1686-1767)\nI\n»\nTROISIÈME CONCERT\nLundi 19 Décembre 1910, à 9 heures du soir\n1. Sonate pour violon et basse chiffrée .\n(Messieurs G. Ysaye et Paolo Litta)\n2. a) Amarilli (Madrigale)\nb) Corne raggio di sol\nc) Lungi amor\nd) Tre giorni son che Nina . . . .\n(Madame Ida Isori)\n3. Sonate pour violon et basse chiffrée .\n(Messieurs G. Ysave et Paolo Litta)\n4. a) Gran pazzia (opéra ERITREA) . .\nb) Mi nutrite di speranza\nc) Sento nel cor\nd) Caro mio ben . ,\n(Madame Ida Isori)\n5. Sonate pour violon et basse chiffrée .\n(Messieurs G. Ysaye et Paolo Litta)\nLocatelli (1550-1615)\nCaccini (1550-1615)\nCaldara (1671-1763)\nFasolo (16...-16)\nPergolesi (1710-1736)\nTessarini (1690-1762)\nFr. Cavalli (1599-1676)\nLegrenzi (1625-1690)\nA. Scarlatti(l6s9-1725)\nGiordant (1743-1798)\nTartini (1692-1770)\nI\nCINQUIÈME CONCERT\nLundi 9 Janvier 1911, à 9 heures du soir\n1. Sonate pour violon et basse chiffrée .\n(Messieurs G. Ysaye et Paolo Litta)\n2. a) Lamento di Ottavia (INCOR. I>l\nPOPPEA)\nb) Aria (GIASONE)\nc) Se tu délia mia morte\na) Arietta •\n(Madame Ida Isori)\n3. Sonate pour violon et basse chiffrée .\n(Messieurs G. Ysaye et Paolo Litta)\n4. a) Arietta . .\nb) Dimmi amor\nc) Pur dicesti\nd) Recitativo ed Aria dell'op. OLIMPIADE\n(Madame Ida Isori)\n5. Sonate pour violon et basse chiffrée .\n(Messieurs G. Ysaye et Paolo Litta)\nMossi (1690-1750).\n3 Z)p p i\nCl. Monteverdi (1568-1643)\nF. Cavalli (1599-1676)\nA. Scarlatti (1659-1725)\nlomelli (1714-1774)\nTartini (1652-1770)\nA. Falconiefi (...-16...)\nArcangelo del Leuto (15...-16...)\nAnt Lotti (1667-1740)\nPergolesi (1710-1736) <\nNardini (1722-1793)\n5, 12, 19 et 26 Décembre\n9 et 16 Janvier 1911\n(9 heures du soir)\ni\n1910\nDEUXIÈME CONCERT\nLundi 1 2 Décembre 1 910, à 9 heures du soir\ni\n1. Sonate pour violon et basse chiffrée . Veracini (1685-1750)\n(Messieurs G. Ysaye et Paolo Litta)\n2. a) Racconto délia messaggera (ORFEO)\nb) Lasciar d'amarti\nc) Se tu m'ami\nd) Intorno all'idol mio\n(Madame Ida Isori)\n3, Sonate pour violon et basse chiffrée .\n(Messieurs G. Ysaye et Paolo Litta)\n4. a) Son tutta duolo\nb) Sebben crudel .......\nc) Piangete ohimè .\nd) La Moliiîara\n(Madame Ida Isori)\n5. Sonate pour violon et basse chiffrée .\n(Messieurs G. Ysaye et Paolo Litta)\nMonteverdi (1568-1643)\nGasparini (1665-1737)\nG. B. Pergolesi (1710-1736)\nCesti (1620-1669)\nVivaldi (.... 1743)\nAlesz. Scarlatti (1659-1725)\nCaldara (1671-1763)\nCarissimi (1604-1674)\nPaisiello (1741-1816)\nNardini (1722-1793)\nQUATRIÈME CONCERT\nLundi 26 Décembre 1910, à 9 heures du soir\n1. Sonate pour violon et basse chiffrée .\n(Messieurs G. Ysaye et Paolo Litta)\n2. a) Un certo non so che\nb) Insegnatemi a morire\nc) Cangia tue voglie\nd) O cessate di piagarmi\n(Madame Ida Isori)\n3. Sonate pour violon et basse chiffrée .\n(Messieurs G. Ysaye et Paolo Litta)\n4. a) Non è grave\nb) Benchè speranza\nc) Cosi amor .\nd) Vado ben spesso ,\n(Madame Ida Isori)\n5. Sonate pour violon et basse chiffrée .\n(Messieurs G Ysaye et Paolo Litta)\nCorelli (1673-1713)\nVivaldi (16...-1743)\nCesti (1620-1669)\nFasolo (16...-16...)\nA. Scarlatti (1659-1725)\nMascitti (1700-1750)\nBenedetto Marcello (1686-1739)\nBononcini (1672-1748)\nA. Stradella (1645-1681)\nSalvatore Posa (1615-1673)\nDalVAbaco (1675-1742)\n.\n1.\n2.\nSIXIÈME CONCERT\nLundi 16 Janvier 191 1, à 9 heures du soir\nSonate pour violon et basse chiffrée . Geminiani (1666-1762)\n(Messieurs G. Ysaye et Paolo Litta)\nlacopo Péri (1560-1625)\nG. Caccini (1550-1615)\n. . . . . Cimarosa (1749-1804)\nZINGARI IN\n3.\n4.\n5.\na) Bellissima regina\nè) Arietta\nc) Bel nume ....\ndi) Aria dell'opera \" GLI\nFIERA \"\n(Madame Ida Isori)\nSonate pour violon et basse chiffrée .\n(Messieurs G. Ysaye et Paolo Litta)\na) Amor dormiglione\nb) Ombra cara\nc) Il ciel mi divide. Recitativo ed\naria dell'opera14 ALESSANDRO NELLE\nINDIE\"\n(Madame Ida Isori)\nSonate pour violon et basse chiffrée\n(Messieurs G Ysaye et Paolo Litta)\nPaisiello (1741-1816)\nCorelli (1653-1713)\nBarbara Strozzi (1625-16...)\nTommaso Traetta (1727-1779)\nPiccinni (1728-1800)\nPorpora (1686-1767)"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.1", "texte": "gßppp^^^^^^P|^S^3BHtMteNWMÉ\nN° 12.\n15 Décembre 1910.\n. m flE U\nV ■ V m ■\nl I fl H\njj^Ë\njA jB A\npubliée par la Société Internationale de Musique (Section de Paris)\nRÉDACTION :\nRue St. Augustin, PARIS.\nTéléphone 204.20\nLibrairie CH. DELAGRAVE\n15, rue Soufflot, PARIS,\nLe numéro :\nFrance et Belgique 1fr,50 Union 2 fr.\nUn an 15fr. 20 fr.\nCopyright by S. I. M. 1910.\n\nBULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE.\nLe Festival de ZkLunich et la Tresse allemande (fin.)\nUN DOCUMFNT SUR LA MUSIQUE BELGE, par Dr. Dwelshauvers. 0 IMPRESSIONS MUSICA-\n* LA BOURREE D'AUVERGNEparMjn.\nMEMOIRES INÉDITS DE STEPHEN HELLER. c* T R?V F R SI F S\nCERTS. 0 LES FÊTES DE LEMBERG 0 OUJESTIONS SOCIALES. 0 A TRAVERS LES\nREVUES, a COURS. 0EDITION MUSICALE."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.2", "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇA\nAMIS T>E LA\nCOMITE D'HONNEUR\nM. le Président d\nM. le Ministre de /'Instruction Publique et des Beaux-Arts.\nM. le Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts.\nJÉ ' • ' ILL '\nM. Gabriel FAURE, Dir\n. . v\nM. Henry ancien Directeur\nde la Bibliothèque Nationale.\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nPRESIDENT\nM. LE COMTE GASTON CHANDON DE\nBRIAILLES.\nVICE-PRESIDENTS\nM. LE PRINCE A. D'ARENBERG,\nM. Louis BARTHOU,\ndes sceaux.\nM. GUSTAVE BERLY,\nM. ADOLPHE BRISSON,\nTRESORIER\nM. LÉO SACHS.\nDIRECTEUR ARTISTIQUE\nM. GUSTAVE BRET.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL\nM. J. ECORCHEVILLE,\nSECRÉTAIRE DU CONSEIL\nM. J. PASQUIER.\nMEMBRES DU CONSEIL\nMME ALEXANDRE ANDRÉ.\nMME LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, directeur général hono-\nraire au ministère d\nM. LÉON BOURGEOIS,\nministre.\nM. FRANZ CUSTOT.\nMME MICHEL EPHRUSSI.\nM. GEORGES GAIFFE.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE.\nM. JEAN WEBER,\nM. LOUIS HAVET, de\nau Collège de France.\nMME DANIEL HERMANN.\nMME HENRY HOTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nMme LA COMTESSE PAUL DE PoURTALES.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND,\nFaculté des Lettres\nM. LOUIS SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nMME TERNAUX-COMPANS.\nagrégé de V Université."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.3", "texte": "LE FESTIVAL DE MUNICH ET\nLA PRESSE ALLEMANDE\nEn allant à Munich pour ainsi dire en délégation, nous offrions à la critique\nallemande l'occasion de porter un jugement\nconfrères d'Outre Rhin n'ont pas manqué de f caractériser,\nleur les tendances de nos musiciens.\nDès le14 septembre on pouvait lire dans\n\" L'influence de la musique allemande sur la musique française, qui était\nincontestable avant la guerre, cessa pendant quelque temps, et ainsi se forma, en se\nrattachant à Berlioz et à Franck, une école nationale. Mais celle-ci fut à son tour\nmenacée par le wagnerisme. Ce n'est que tout récemment que la Jeune France\nmusicale a pu échapper à ce géant. Elle entend désormais suivre ses propres voies,\nparmi lesquelles le sentier de Debussy la conduira sans doute, au plus court, vers\nl'inconnu. Les Français n'ont jamais nié qu'ils nous devaient beaucoup en musique.\n\" La musique allemande, écrit M. Romain Rolland, apporta à la musique française\nun caractère grave et savant \". Mais ce caractère n'empêcha pas de conserver dans\nle domaine des sons, ce qu'il y a de meilleur dans l'art français, ce charme\ninimitable. Et dernièrement M. Chevillard a pu affirmer que cette influence\nallemande, jadis prépondérante, était aujourd'hui à peu près nulle \".\nCe petit entrefilet nous indique déjà de quel point de vue les Allemands allaient se\nplacer pour nous juger.\n\"La musique française, pour la Neue est un modèle de\nfacture aisée et transparente. Elle a le sens de la ligne élégante, qui rarement\n(comme chez Debussy) perd son souffle et sa belle assurance, et rarement tombe\ndans le vulgaire. Du moins-dans les œuvres exécutées à Munich, un style piquant,\ngracieux, souvent plein de feu, caractérise la plupart de ces maîtres... Leurs idées\nne sont pas toujours profondes mais la manière de les présenter a quelque chose de\nparticulièrement prenant. Ce n'est pas toujours la sincérité du sentiment, la vérité\n\n(COPYRIGHT By S. I. M. 1910)\nI"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.4", "texte": "• •\n11\nLES AMIS DE LA MUSIQUE\n\nde l'imitation naturelle que nous rencontrons dans la musique française. L'acuité\nde l'esprit, le choix habile de l'effet, toutes les qualités de l'intelligence, l'emportent\nsur les énergies sentimentales... Lorsqu'ils mettent l'âme à nu, ils en cachent\ntoujours quelque chose ; ils veulent plaire. Leur goût de l'exotique et de ses\nsonorités délicieuses, de leurs préférences pour une certaine religiosité solennelle, et\njusqu'à la note parfumée qui évoque le salon, tout cela s'explique parfaitement.\nQue cette musique puisse se soutenir à côté de la nôtre, énergique et écrasante,\ncela me paraît peu probable. On demande ici des effets autrement violents, que\nceux dont on se contente dans les œuvres musicales de là-bas \".\n\" Soyons francs, écrit le critique du Vorl'intelligence, la clarté, l'élégance\nde la facture, l'allure particulière des rythmes, une fantaisie béate qui se perd dans\nde singulières rêveries, remplace bien souvent chez les Français ce qu'est pour la\nmusique allemande le sentiment, la sensibilité et la langue du cœur. Par contre la\nFrance ne connaît pas la \"musique philosophique \". Mais, Franck mis à part, on\nne trouve ni chez ses élèves (en tête desquels est Vincent d'lndy), ni chez ceux qui\nles suivent, Saint-Saëns, Fauré ou Dukas, cette profondeur d'âme qui appartient\nen propre à la musique allemande. Ces deux mondes, le sentiment musical moderne\nfrançais et le sentiment musical moderne allemand ne peuvent guère communiquer\nque du côté de la technique, technique des formes et technique des couleurs, car\nici la nouvelle génération des musiciens parisiens égale Berlioz et le dépasse même\ncertainement chez Debussy \"\n\" Ce qui nous rend la musique française agréable,\ndu 27 septembre, ce qui constitue ses qualités, est facile à distinguer ; de même il est\naisé de se rendre compte de ses points faibles. Le Français a toujours appliqué son\nattention à la forme sympathique, à la clarté de l'ensemble, à la facile compréhension\ndu style. Tant qu'il reste fidèle à ses principes il est capable de rendre aimables ses\nsymphonies, et attrayante sa musique de chambre Aux auteurs qui suivent cette\nesthétique se sont opposés récemment les descriptifs, qui cherchent du nouveau et\nsemblent encore bien empruntés ; ils ont devant eux un lointain imprécis plutôt\nqu'un but certain ; leur musique apporte le trouble et non la clarté. On peut\naffirmer avec une quasi certitude que l'art dont on nous a montré ici les productions\naussi bien chez les formalistes que chez les autres n'aura dans l'avenir, pour\nnous autres Allemands, qu'une valeur toute historique. Il se passera pour les plus\ngrands de ces maîtres ce qui se passe pour Couperin et pour Rameau leurs\ndevanciers. La musique française, dans la mesure où elle s'avère sincère et\nnaturelle, trouvera toujours en Allemagne un écho, mais dès qu'elle voudra s'élever\naux régions du pathétique et du sentiment elle laissera nos cœurs parfaitement\nfroids. C'est une joie de suivre les idées françaises légères et gracieuses, dans leur\nprésentation et plus encore dans leur habile mise en œuvre. On joue là un jeu\nplaisant, et même quand on passe à la danse proprement dite, personne ne résiste.\nL elégance et la galanterie l'emportent... Le va et vient des pizzicati heureusement\ncombinés avec les coups des rigoureux archets n'apparaissent plus comme des effets\non a plutôt le sentiment de se trouver en face d'un homme qui conte avec esprit"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.5", "texte": "LES AMIS DE\n• • •\n111\n\nses propres aventures. L'Allemand nous semble véritablement grand là où il laisse\ndéverser sa passion pour Dame Musique le Français l'est au contraire là où il\nnous montre comment on flirte avec elle. Et notez qu'il est absolument persuadé\nque son flirt est une passion profonde. Ces différences de races ne disparaîtront\njamais, et il faut s'en réjouir là-bas comme ici \".\nM. Eisenmann 1 insiste sur les qualités plastiques de notre musique : \" Même des\nnatures aussi opposées que Franck et Bruneau, Chabrier et Saint-Saëns peuvent se\ncomparer et présenter des traits communs. C'est ce que nous a montré le festival\ndès son premier concert. Malgré l'influence exercée par l'Allemagne sur les\ncompositeurs français ceux-ci ont cependant conservé leur autonomie. Qu'ils\névoluent sur le terrain classique, ou qu'ils prennent en main le drapeau du progrès,\nils se montrent toujours hommes de leur race ; ils ont leur style, avec ses tendances,\nses qualités et ses défauts. La déclamation a chez eux un rôle prépondérant. Il y a\ndes compositeurs allemands qui ont des idées superbes, mais qui ne savent rien en\nfaire. L'art de l'expression, joint à l'art du geste telles sont au contraire les\nqualités maîtresses des Français. Ils ignorent la spéculation confuse et abstruse, et\nlors même qu'ils deviennent graves, ils restent clairs et compréhensibles. A la\nvérité ils tombent parfois dans un pathos qui nous semble un peu outré...\"\nM. Joseph Jurinek2 insiste sur le pitto \" A mesure que les œuvres\nsuccédaient aux oeuvres nous avions la conviction que les Français sont en musique\ndes descriptifs éminents, mais que le gracieux et l'enjoué est avant tout leur fait.\nOn dirait qu'ils se jouent sur les flots de la vie, sans vouloir sonder ses\nprofondeurs, et plonger dans ces abîmes, où tout est noir, où le cœur de l'homme\nse prend à trembler. Tantôt la musique française est un jeu en plein soleil, tantôt\nun rêve par une nuit de mai à la clarté tranquille de la lune qui palpite.\nÇà et là un accent intense de la vie qui s'affirme ; et puis des couleurs qui\nse précipitent, une débauche de sonorités, une plénitude orchestrale qui nous\néblouit. Mais que ce soit Bruneau, d'lndy ou Chabrier, Franck, Ravel, Widor ou\nDebussy, nous n'avons pas un instant d'ennui en présence de cet art. On ne saurait\nappliquer aux Français le mot sévère qui fut proposé à propos de Strauss : La ou\nles idées manquent, le boucan commence. Les français, même lorsqu ils donnent\ntout ce qu'ils peuvent, savent toujours conserver la mesure \".\nTrès justement le U E.Wahl3 reprend\n\" Un regard jeté sur notre musique allemande et une vue d ensemble telle que la\npermettait ce festival de la musique française, montre une différence fondamentale\nentre les deux arts voisins. On connaît les vers où Nietzsche chante le vent du\nmistral :\nMistralwind du Wolkenjaeger, Trubsalblaeser, Himmelsfeger\nBrausender, wie lieb'ich dich.\n\n1 Tageblatt de Cologne du 21 septembre.\n2 General Anzeiger de Mannheim du 22 septembre.\n3 Allgemeine Musikzeitung du 30 septembre."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.6", "texte": "iv\nLES AMIS DE LA MUSIQUE\n\nCette apostrophe ne pourrait-elle s'appliquer à notre musique ? Par contre,\nles jeunes Français aiment avant tout le nuage irisé, le gris qui atténue toutes les\ncouleurs, et qui, infiniment diversifié, reste toujours le gris. On n'a qu'à voir où un\nRichard Strauss, un Mahler se trouvent conduits par la recherche des solutions\nnouvelles, et où se dirige un Debussy, pour assister à ce contraste typique. Ou\nbien, remontant un peu plus haut que l'on compare Anton Bruckner avec Saint\nSaëns on trouvera la même différence, moins manifeste cependant, car la génération\ndes compositeurs âgés n'avait pas encore rompu avec les traditions de vigueur et\nd'énergie de la musique française. Pour tout dire en deux mots : nos allemands se\nplaisent aux empâtements, les Français font du pastel. Chez nous des tons francs,\nappliqués à la brosse ou au couteau ; en France le coloris doux et tendre des\ncrayons, avec ses procédés raffinés et ses prodigieux fondus, mais glabre et sucré...\"\nM. le Dr San-Galli1 cherche a préciser \"Nous arrivons, écrit-il, au\nstyle-type des Français avec MM. d'lndy, Bruneau, Debussy, Dukas et Ducasse.\nChez eux le sentiment français de la sonorité a fait naître une musique, un style.\nJe dis le sentiment français de la sonorité, car nos compositeurs ont eux aussi\ndes problèmes de sonorité à résoudre ; et les deux nations se trouvent en face de\nla même question : qu'est-ce que le compositeur entend et comment ? Mais elles y\nrépondent d'une manière différente. Nous tendons l'oreille vers ce qu'il y a de plus\nprofond dans un poème symphonique. Le Français songe toujours au salon, et lui\nconserve une place dans son coeur. L'humeur et l'esprit restent prépondérants.\nL'Allemand VIT ses états d'âme, le Français les VOIT. C'est là l'immense différence.\nLe peintre a lieu d'être satisfait plus que personne de la musique française\nmoderne. Celui qui a un peu le sens de l'émotion pittoresque trouvera délicieux\nles Nuages de Debussy Debussy est un paysagiste, un impressionniste et on ne\npeut rendre la nuance de cette musique en termes allemands. Le symbole et sa\nprofondeur dépendent d'une fantasmagorie, et d'une imprécision des lignes et des\nformes, qui autorisent l'auditeur à s'imaginer tout ce qu'il voudra, ou à ne rien\ns'imaginer du tout et à s'abandonner aux joies de la simple sensation. C'est là sans\ndoute quelque chose et même beaucoup ; et il est impossible de prévoir en ce\nmoment la portée de cet art. Mais un point reste acquis. C'est là un art\nessentiellement français \".\nM. A. Steinitzer 2 est sévère :\" Ala fin de ces auditions qui nous ont donné\nune image extrêmement instructive de l'évolution et de l'état présent de la musique\nfrançaise on ne peut se soustraire à l'obligation de résumer les impressions ressenties.\nEt de suite s'impose cette conviction. La France ne dispose pas en musique de\ngénies créateurs semblables à ceux que nous avons produit à la même époque,\nl'époque de Brahms, Bruckner, Pfistner et Strauss. Debussy est le seul qu'on\npuisse admettre ; lui, a réellement ouvert de toutes nouvelles perspectives, dont\nnous ne pouvons encore prédire l'avenir... Tous les autres jeunes gens sont à la\nvérité maîtres de leur art, mais aucun n'est doué de facultés créatrices... Il faut\n\n1 Rhein-Westfalische Zeitung du 23 septembre.\n2 General Anzeiger de Duesseldorf du 25 septembre."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.7", "texte": "LES AMIS DE LA MUSIQUE\nV\n\nrejeter l'activité intellectuelle dans le domaine de la technique ; la force créatrice\ndoit partir du cœur pour aller au cœur. C'est là ce qui manque à la nouvelle école\nfrançaise. Ainsi n'avons-nous pas éprouvé là d'émotions vécues. Par contre il faut\nreconnaître sans réserve, que le Français même lorsqu'il a peu d'idées sait toujours\nintéresser par son coloris et son métier, tandis que l'Allemand, dans le même cas,\nest souvent brutal et presque toujours ennuyeux...\"\nVoici la conclusion de M. A. Kisenmann:1 \" Les Français ne nous enlèveront\npas la gloire de nos maîtres... Mais nous pouvons justement aussi apprendre\nbeaucoup de leur art. Qu'on n'ait pas toujours besoin de se plonger dans les\nproblèmes abstrus, et que la recherche légitime de nouveaux moyens d'expres-\nsion puisse tort bien s'accorder avec le charme et la clarté. Voilà la leçon que\nnous devrions prendre en considération \".\nMi. le D 1 Leopold Schmidt2 voit notre effort en historien :\" Il faut se souvenir\ndans ce jugement sur le festival de Munich, des éléments de supériorité que la\nFrance musicale n'a pu ici mettre en jeu. Ceux-ci jadis et jusqu'à ces dernières\ntemps appartenaient à l'art du théâtre. Or justement je voudrais voir la caractéristique\nde cette manifestation de Munich, dans ce fait qu'il a été possible, somme toute,\nde nous donner une idée de la musique française contemporaine, sans tenir compte\ndu théâtre lyrique. C'est là sans conteste un mérite qui revient à l'école nouvelle.\nL'ancienne prévention en faveur de la musique dramatique a disparu ; bien plus\nelle s'est retournée. Aujourd'hui l'effort principal de la musique française porte sur\nl'instrumentale. Il n'est pas impossible, vu l'intensité de ce mouvement, qu'une\nprochaine fête de musique française, que nous espérons bien voir à Berlin parce\nqu'elle y rencontrerait un intérêt passionné, confirme pleinement ce jugement \".3\nM. Spanuth4 enfin :\" Puisque la première tentative d'une fête de ce genre a\nréussi, on devrait dans un délai convenable en organiser une autre. L'échange\nmusical entre la France et l'Allemagne peut se faire indépendamment de toutes les\nconstellations politiques, il devrait être assez intime pour que les musiciens d'ici et\nde là-bas ne puissent plus apercevoir les poteaux de la frontière. Cela peut se faire,\nà condition de provoquer en Allemagne un mouvement et surtout de gagner\nl'intérêt de nos compositeurs. Ce qu'il nous a été donné d'entendre à Munich des\njeunes musiciens français, a dû cependant remuer un peu les plus indifférents.\nCelui même qui pousse l'amour de soi jusqu'à croire à l'inutilité de toute musique\nhors de l'Allemagne, se demandera si les jeunes Français ne marchent pas a la tete\ndu mouvement avec plus d'audace que leurs voisins et si ils n apportent pas de\nrésultats plus positifs que les Allemands. Le jour où cette constatation se sera\nimposée parmi nous, les Amis de la Musique pourront dire qu ils sont payes de leurs\nefforts et que leur initiative a porté ses fruits \".\n\n1 Kulturbeitraege de Stuttgart du 22 septembre.\n2 Berliner Tageblatt du 24. septembre,\n3 Faut-il à titre documentaire le jugement humoristique du petit Musical Courrier Américain :i Le Festival de\nMunich n'a pas persuadé aux Français qu'ils apprenaient quelque chose aux Allemands et a foitement ancré\nles Allemands dans l'idée qu'ils n'avaient rien à apprendre des Français .\n4 Signale fur die Musikalische Welt du 28 septembre."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.8", "texte": "vi\nLES AMIS DE LA MUSIQUE\n\nDe ces articles de fond, que V Argus allema\nciter la totalité. Ils honorent la presse allemande par leur gravite, le soin avec lequel ils\nont été écrits, et Vabsence d'hostilité dont ils font preuve. Certes, il y aurait beaucoup a\ndire sur ces jugements d ensemble, qui n ont du i este pas la prctention d etre définitifs, et\ndont tl serait téméraire de vouloir ci notre to\nsaurait être question d'établir une hiérarchie\nAllemands connaissent et apprécient notre m\nmême manière que nous. Ils en remarquent\nfestival de fylunich n aura pas sur ce point\nToutefois, depuis quelques années, des élément\nphysionomie traditionnelle de la musique française\nelle s'efforce d'expliquer a sa façon ce changement, qui l'intrigue peut-être plus encore qu'il\nne l'enthousiasme. Elle emporte donc de Munic\nchose chez nous et que son jugement applicable aux XIXe siècle français aura bientôt besoin\nd'être révisé.\nLes Amis de la Musique ne pouvaient en demander plus. Il leur suffit dans cette\npremière manifestation, d'avoir précisé la curiosité de nos voisins, d'avoir, en pleine\nBavière, éveillé l'intérêt pour un art qui n'est ni celui de Beethoven ni celui de Wagner,\net donné l'occasion h l'esthétique allemande de méditer à l'aise sur le problème des\nnationalités musicales."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.9", "texte": "UN DOCUMENT SUR LA MUSIQUE BELGE\n\nLors du Congrès de la Fédération Archéologique et Historique de Belgique dont la\nXXIme session fut tenue à Liège en août 1909, congrès où l'on voulut bien créer une sous-\nsection de musicologie sur mon initiative, j'avais tenté de déterminer les programmes des\nRecherches a faire dans les fonds musicaux de la pet je concluais en demandant\nque le plus important d'entre eux, le Fonds Terry, qui se trouve déposé à la bibliothèque du\nConservatoire royal de Liège, fût ouvert aux recherches des historiens. Ce résultat n'a pu être\nentièrement obtenu jusqu'ici, faute d'un local suffisant, mais il a été possible à M. le D 1 Joris-\nsenne, Président de notre Société de Musicologie, de se procurer et de nous faire connaître\ncertaines richesses comprises dans ce fonds. En particulier, j'ai pu commencer le dépouillement\nd'une série de quinze fardes, comprenant environ vingt cinq mille pages de l'écriture de Terry\net contenant les notes prises au courant de ses laborieuses lectures, pendant toute une vie de\ntravail. Arrivé au tiers environ de cette recherche, rendue assez longue par la nécessité de\nclasser les documents obtenus, j'ai mis la main sur la copie que fît Terry d'un manuscrit de\nHenri Hamal dont l'original est peut-être perdu. Je le reproduis en l'augmentant de notes\ntirées d'autres sources.\nQuant au Fonds Terry1 lui-même, riche d'environ sept mille livres et deux mille numé-\nros de musique, je n'ai pu encore l'étudier suffisamment dans son ensemble pour le décrire\nici : mais je ne désespère pas d'arriver quelque jour à le faire.\nHenri Hamal, auteur des notes ci-dessous, a eu un biographe anonyme qui signe L. L. L.2.\n\n1 Léonard Terry est né à Liège le 13 février 18 16 et y décéda le 25 juillet 1882. Chanteur, professeur et\ncompositeur, il était surtout lettré, très polyglotte et chercheur actif. Mais l'esprit de classement lui manquait\net il n'a tiré parti que d'un très petit nombre des éléments qu'il avait rassemblés. On lui doit pourtant des\narticles parus dans la Biographie Nationale ainsi qu'une biographie de Henri Dumont, parue en 1872 chez Léon\nde Thier. En 1874, il avait été élu membre de l'Académie royale de Belgique.\nAprès son décès, de longs pourparlers eurent lieu au sujet de sa bibliothèque qu il fallait consener à sa\nville natale. On pensa d'abord la déposer à l'Université, ce qui eut été la solution la meilleure ; mais ehe fut\nremisée au Conservatoire où elle resta, de fait, inaccessible pendant de bien nombreuses années : le manque\nd'un local approprié et du personnel suffisant en entrave encore la jouissance. La Ville de Liège a voté les fonds\nnécessaires pour élever le local demandé à côté du Conservatoire, mais jusqu ici 1 État belge, toujours à court\nd'argent, n'a pas promis sa cote-part et la question reste pendante. _\n2 Essais de Biographies musicales liégeoises. LES HAMAL. Liège, F. Renard éditeur, 1860. Extrait de 1 nnu-\naire de la Société' libre d'Emulation."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.10", "texte": "648\nS. I. M.\n\nHenri, fils de Dieudonné Lambert Hamal, chirurgien distingué de la cité de Liège, et de\nMarie Elisabeth Delvaux, naquit à Liège le 20 juillet 1744 ; il était petit-fils de Henri\nGuillaume et neveu de Jean Noël Hamal, tous deux maîtres de chapelle de la cathédrale, et\ndont nous aurons à reparler. Après avoir été initié aux éléments de la composition musicale par\nson oncle, Henri partit pour l'ltalie, ainsi que la coutume en était établie à Liège, et il se\ntrouvait depuis plusieurs années à Rome lorsqu'en 1770 il fut rappelé à Liège pour venir\noccuper dans le chœur de la cathédrale une stalle de chanoine, faveur que son oncle Jean Noël\nlui avait fait obtenir, voulant s'assurer dans son neveu un successeur de mérite. Ce désir était\npartagé par le Chapitre. Vers la fin de 1770, Henri Hamal prit possession de son siège cano-\nnical et de la direction de la chapelle de la cathédrale Saint Lambert. Pendant huit ans, il la\ndirigea avec son oncle et put ainsi s'assimiler la tradition établie.\nLa première de ses compositions musicales écrites à Liège paraît être une grande cantate\nexécutée le 16 janvier 1772 à l'occasion de l'élection solennelle de Mgr François Charles de\nVelbruck comme Prince-Evêque de Liège. Le 5 février suivant, nouvelle cantate exécutée en\nl'honneur du Prince à la salle de la Redoute, devenue depuis la Société libre d'Emulation, et\nenfin, le 5 mai, troisième cantate sur le même sujet, intitulée :\nparoles de M. Bernard, pour laquelle les talents de l'oncle et du neveu s'étaient associés.\nTrois années après, le 28 janvier 1775, le théâtre de Liège représenta une pièce intitu-\nlée : le Triomphe du Sentiment, a) comédie en trois actes, mêlée de chants et de danses, paroles\nde M. Joseph Bertrand, musique d'Henri Hamal.\nA l'inauguration de la Société libre d'Emulation b) cette société existe encore et le\ndépouillement de ses archives nous fournira sans doute de nombreux documents cérémonie\nqui eut lieu le 2 juin 1779? Henri Hamal fît exécuter une grande scène lyrique, paroles de\nM. Dreux, puis en 17845 Hamal composa la musique de deux cantates à l'occasion de l'éléva-\ntion à l'épiscopat du successeur de Velbruck, César Constantin François de Hoensbroeck ; ces\ncantates furent exécutées le 21 juillet; les paroles étaient de MM. Henkart et Milon. Le\n20 décembre de la même année, nouvelles fêtes pour lesquelles Hamal écrit le Cri de la Patrie.\nChose singulière, Hamal ne semble plus avoir composé dans la suite.\nAu reste, son existence devait bientôt se modifier. Lors de l'envahissement du pays de\nLiege, la démolition de la cathédrale Saint Lambert fut décrétée et la vie musicale suspendue»\nHenri Hamal cessa ses fonctions en février 1793* plus grande partie des documents\nconcernant la musique dans la principauté disparut à ce moment de troubles et de pillages. Les\nsacs successifs de la ville au cours du moyen âge, les incendies fréquents, la destruction de la\ncathediale, dont il 11e resta absolument rien, forment des obstacles insurmontables à une étude\ncomplété de 1 art musical liegeois. Contentons-nous donc du peu de documents qui sont\nconservés.\n\na) La partition existe dans le Fonds Terry. Cette œuvre est dédiée à Velbruck.\nb) Hamal a peu publié. feuille sans titren° 169 du samedi 19 juillet 1777 annonce pourtant un\nes romances de divers auteurs etc. dédié aS.A. S. Mme la Duchesse d'Arenberge etc. avec accompagnement\nde Forte Piano par M. Hamal Neveu etc. 8° 3 livres. Avec dédicace :\nEn vous consacrant ces essais,\nJe vous offre un bien faible hommage.\nJ'ai consulté mon avantage\nBeaucoup plus que vos intérêts :\nVotre nom est trop beau pour un pareil hommage\nMais il en fera le succès.\nJai aussi trouvé le titie de 1 un de ses autres ouvrages : des airs français des opéras comiques\nn^).^Je,aux U1 ont représentés a Paris, appropriés pour le chant, ou flûte et violon, avec la basse continue\nchiffrée etc. 5 parties. In folio."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.11", "texte": "UN DOCUMENT SUR LA MUSIQUE BELGE\n649\n\nHamal, prive de sa situation, ne resta pas inactif. Il siéga au sein du Jury de l'lnstruction\npublique, cree près de 1 administration centrale du département de l'Ourthe. En qualité de\nsecrétaire de ce Juiy, il rédigea un rapport daté du 27 décembre 1797 demandant la création\ndune ecole de musique a Liege. Nous comptons publier dans la suite quelques renseignements\ndocumentai! es sur ce placet, sur les démarches faites par Grétry pour l'appuyer etc. En fait,\nle projet échoua et ce n est que trente ans après, en 1828, que Liège fut dotée d'un\nConservatoire.\nA 1 epoque du rétablissement du culte, en 1804, Hamal déclina les offres qui lui furent\nadressées de redevenir maître de chapelle et se retira dans la vie privée. Il ne devait mourir que\nbien plus tard, en le 17 septembre 1820.\nA quelle date se place la rédaction du manuscrit qui nous occupe ? ou plutôt des deux\nmanuscrits, car ce sont deux fragments qui traitent parfois des mêmes sujets, se complètent,\ncomplètent aussi un manuscrit de Hamal dont M. le D 1 Jorissenne a donné le texte 1 etc. de\nsorte que 1 on pourrait penser qu'à diverses reprises, Hamal a rédigé ces notes de façon assez\nhâtive sur le même sujet, ne s'efforçant en rien d'être complet, ainsi que le prouve la brièveté\ndes notices consacrées a son grand'père et à son oncle, dont il devait parfaitement connaître la\nbiographie ?\nM. Jorissenne place vers 1806 la rédaction de la pièce qui l'occupe. La date la plus\nrécente contenue dans le premier fragment ci-dessous est 1798 ; dans le second, 1806. Aucune\nautre indication ne nous permet de conclure, en ce qui concerne le second manuscrit, mais le\npremier est antérieur à 1805, puisqu'il parle de la Collégiale Saint Pierre comme encore\nexistante, et que ses orgues furent transportés à Saint Paul en 1805. (Voir article THORETTE).\nIl est probable que ces travaux sont de l'époque où Hamal était rentré dans la vie privée. Il eût\ndonné plus de soins à une rédaction officielle. Le premier manuscrit daterait en ce cas de 1804\nou 1805.\nLes documents compris dans les fardes laissées par Terry portent le titre général :\nSIMPLES NOTES POUR SERVIR A L'HISTOIRE DES BEAUX-ARTS AU PAYS DE LIÈGE.\nNos deux fragments sont empruntés au cahier No. 57 dont ils occupent respectivement\nles pages 3 à 10, puis 10 à 12 et 16 à 19, les pages 12 à 16 étant remplies par une autre\ncopie.\nPREMIER FRAGMENT.\nNOTES SUR LES PRINCIPAUX MUSICIENS COMPOSITEURS LIÉGEOIS.\nN° 1. DE LA MAIN DE H. HAMAL, 4 FEUILLETS GR. IN B°.\n\" Le pays de Liège a eu en tous temps d'excellents musiciens, La\n\" Cathédrale, les Collégiales 2 entretenaient des écoles de musique ; sans\nu compter l'école de la ville de Châtelet, d'où sont sortis de grands musi-\n\n1 Un manuscrit historique de Hamal, communication faite à la Société liégeoise de musicologie le 5 janvier\n1910 ; in Wallonia de mars-avril 1910.\n2 \" Liège en comptait huit : Saint Pierre, Saint Barthélémy, Sainte Croix, Saint Martin, Saint Jean\nEvangéliste, Saint Denis, Saint (?) et Saint Jacques, qui ne le devint qu'en 1785.\" Terry, cahier n° 56, p. 15. \" La\nsuppression des huit collégiales à la Révolution entraîna celle des chapelles et mit les musiciens à pied, entre\nautres Henri Hamal... et Henri Moreau, \" dont il sera question plus loin. Chîie Daris, Histoire du Diocèse de\nUége, t. 111, p. 162."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.12", "texte": "650\nS. I. M.\n\n44 ciens. Ces élèves allaient ensuite se perfectionner à Rome ou à Naples,\n\" avec une pension des dites églises.\n\" Il y avait à Rome une maison sur la place dite fon-\n\" dée par Lambert d'ArchisJ pour les jeunes gens qui venaient étudier\n\" le droit ou les beaux-arts pendant cinq ans. Ils étaient logés et\n\" nourris, sous la direction de cinq proviseurs qui devaient être du pays\n\" de Liège, de même que le Recteur nommé par eux pour demeurer à la\n\" maison et surveiller les élèves. Cette maison pouvait avoir, en 1768,\n\" 1400 écus romains.\n\" I. GILLES HAINE, né à Liège vers 1585, devint par ses talents\n\" intendant de la musique du prince Ferdinand de Bavière, qui lui con-\n\" féra un 1627 un canonicat de Saint Jean Evangéliste à la place de\n\" chantre. Ce savant musicien a composé 18 à cinq voix, des\n\" Antiennes à6et 8 voix, et une Messe qu'il présenta en 1647\n\" au Chapitre de la Cathédrale. Il a fait imprimer à Anvers, en 1645,\n\" trois ouvrages chez l'héritier de Pierre Phalèse. \"\nOn compte deux Haine, Heine, Hayne, Haym, Henne, (Egidio)\nHennio, (Aegidius) Hennius, dont l'un, Gérard, \" florissait vers 15852,\ntandis que l'autre Gille est né à cette date. Ce dernier \" doit avoir surpas-\nsé son maître Guiot \\ Il fit élever son épitaphe sur la porte de Saint\nJean... qui fut un (sic) des plus beaux du temps, aussi orné de divers\ninstruments de musique... Il doit être le neveu du précédent\" qui floris-\nsait en 1585 \"et devint directeur de la chapelle de S. A. de Bavière,\névêque de Liège et électeur de Cologne ; il fut aussi appelé par S. A. S.\nle duc de Neubourg à la surintendance de sa musique. Ses pièces ont été\nimprimées et distribuées partout et longtemps après sa mort on les tenait\nen grande estime. Il vivait en cette réputation l'an 1633 âgé de ans\n(les chiffres manquent), comme j'ai vu par son portrait qu'il était cha-\nnoine et chantre de la Collégiale de Saint Jean\" 4.\n\n1 ou Darchis. Ce philanthrope est né à Liège, paroisse de Sfc Hubert, le 31 juillet 1625 ; il s'établit à\nRome dès sa jeunesse et y fit fortune. Son testament du 22 octobre 1696 crée Y Hospice ou Collège liégeois, qui\naprès bien des modifications existe encore.— Avant cette fondation, on envoyait, d'après Terry, les jeunes gens\nà Rome au Collège germanique.\nLes Hamal, voir note 2, page 647.\nJorissenne, loc. cit. le fait mourir en 1588.\n\" D'après le manuscrit de Hamal cité par Jorissenne, Jean Guiot, chanoine impérial et maître de chapelle\nde la Cathédrale, né à Chastelet (Châtelet) mourut fort âgé le 15 mars 1518. S'est fait connaître par ses savants\nouvrages avant de revenir dans sa patrie. Il avait été plusieurs années intendant de la musique de l'empereur\nFerdinand. En réalité, d'après Cl. Lyon, Guiot est né en 15 12 et mort en 1588, comme son élève.\n4 Manuscrit intitulé : Les œuvres curieux des çauants de la nation liégeoise qui ont passer (!) à la postérité\n1690-1702, sans nom d'auteur, p. 129 cité par Terry. Le portrait en question avait été gravé à Liège (Biogr. Nat.)"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.13", "texte": "UN DOCUMENT SUR LA MUSIQUE BELGE\n1\n\nSi le rôle joué à Liège par Egidio Hennio est peu connu, on est\nmieux renseigné au sujet de sa vie sur le Bas-Rhin (Dusseldorf) où la\nmusique était en grand honneur à cette époque à la cour du Pfalzgraf\nWolfgang Wilhelm von Pfalz-Meubourg (jusque 1653), revenu au\ncatholicisme et épris d'art italien.\nEn 1631, Heine avait été engagé comme chantre à Saint Jean\nEvangéliste à Liège 1 en remplacement d'Alphonse Fressadis (le 1 3 mars de\ncette année) et, bien que bénéficiaire d'un autre emploi, il figure dans les\nregistres jusqu'en 1649. Mais dès 1638, il appartenait officiellement au\nservice du Pfalzgraf, ainsi qu'il ressort d'une lettre de Heine du 17 décem-\nbre 1637 qui laisse supposer des relations officieuses antérieures. Ses fonc-\ntions étaient peu absorbantes, mais il devait venir à Diisseldorf au premier\nappel de son seigneur. Il recevait une annuité de cent florins d'or, d'ail-\nleurs assez rarement payée en ces temps de guerre. Ses fonctions ne l'ont\npas empêché de partager son temps entre Dusseldorf et Liège. A Diissel-\ndorf, il semble avoir eu pour aide, parfois insuffisante, un maître de\nchapelle du nom de éMarini.\nM. Willibald Nagel cite 38 de ses compositions.\nAu reste, notre Gille Heine a fait école à Liège, où \" il fut suivi de\nprès d'Albert Gherin, maître des chantres de Saint Martin, qui par la\nnouveauté de sa manière eut aussi l'art de plaire et dont les œuvres furent\nrecherchées quelque temps. \" 2\n\" 11. LÉONARD DE HODEMONT, maître de musique de la cathédrale,\n\" mort en 1639, a composé pour cette église le Kyrie de Pâques, que l'on\n\" chantait encore en 1794 ; un Ecce Panis à 6 voix ; un Salve pour les\n\" samedis, à 8 voix ; 1 Antienne de Saint Lambert, à 6 voix, et d'autres\n\" ouvrages estimés qui sont restés à la cathédrale. \"\nLéonard de Hodimont, village presqu'incorporé aujourd'hui dans la\nville de Verviers, province de Liège, était un maître réputé. Phalese a\npublié une œuvre de lui en 1640, donc après sa mort, sous le nom de\nLéonard Hodimontio. 3\n\" 111. LAMBERT COLEN, chanoine de Saint Materne, et musicien\n\" intonateur delà cathédrale, mort en 1654, est connu par plusieurs\n\" Salve à 6 et à 8 voix ; des Antiennes particulières des Sainte Anne et\n\n1 Willibald Nagel in Monatshefte fur Musikgeschichte 1896 n° 8, 9.\nIbid. p. 130.\n3 Le bibliophile belge t. 111, p. 330, article de Alph. Govaerts."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.14", "texte": "652\ns. I. M.\n\n\" Saint Joseph à 8 voix ; plusieurs Ecce panis à 6 voix, qui se chantaient\n\" encore en 1756.\nDans l'ouvrage cité à la note 1, il est mentionné sous le nom de\nCol lin.\n\" IV. HENRI DUMONT, né à Villers-l'Evêque, enfant de chœur de\n\" Saint Servais à Maestricht, part pour Paris avec un colonel français en\n\" 1630. Abbé de Silly, diocèse de Séez en Normandie. «sMotets, cinq\n\" Grand'éMe sse s. dites royales, etc.\"\nCette note brève n'ajoute certes rien au travail documentaire de\nM. Henri Quittard: Henri Du éMont, Mercure de France, 1906. Les très\nnombreuses notices que je possède sur le même sujet sont aussi des répé-\ntitions l'une de l'autre 1 et il peut paraître que le travail de M. Quittard\népuise actuellement la question. Une remarque nous sera toutefois per-\nmise en ce qui concerne le nom même de ce musicien, qui fut également\nporté par un chanoine théologal de Liège, abbé séculier d'Amay, que\nMoreri 2 fait naître à Viemme en Hesbaye, à cinq lieues de Liège, en\n1610, c'est-à-dire la même année que le musicien. Du Mont s'appelait\noriginairement De Thier et M. Quittard le croit parent avec les Cheva-\nliers de Thier dont la famille n'est pas éteinte à Liège. L'aîné d'entre eux\nnie cette parenté, en se basant sur des papiers de famille fort en ordre. De\nplus, l'étymologie du nom De Thier ne doit pas être cherchée si loin que\nle fait de M. Quittard. En patois liégeois, signifie montagne,\nélévation. Du Mont a donc tout simplement traduit son nom en français,\npuisqu'il allait en France, comme il l'aurait traduit en italien, à la façon\nde Josquin, s'il ce fût dirigé plus au sud.\n\" V. PIERRE THORETTE, bénéficier et musicien de la cathédrale,\n\" mort à Liège, en 1684. La Chasse exécutée tous les\n\" ans à grand orchestre à Saint Pierre depuis plus d'un demi siècle, chef-\n\" d'œuvre pour ce temps là ; il la composa en 1670, et la dédia au Baron\n\" de la Pierre, tréfoncier, abbé de Ciney, grand amateur.\nL. L. L. ne fait que citer son nom. La Collégiale Saint Pierre\n\n1 Lacombe, dictionnaire portatif des Beaux-Arts ; la feuille sans titre n° 52, 24 mars 17775 Pauwels de Vis,\ndictionnaire biographique des Pays-Bas ; Gassner, Leniken ; Biogr. générale des Belges ; Michaud, biogr. universelle ;\nPiron, algem. levens der Mannen etc. 5 Feller, dictionnaire historique ; Becdelièvre ; Jawe, du chant liturgique,\nTiton de Tillet ; Laborde, essai sur la musique ; de Villenfagne, discours sur les artistes liégeois ; Adoux, hist. ecclés.\nde la cour de France ; Comparaison de la musique italienne et la musique française ; Revue de Danjou ; un article\nde Stephen Morelot, Walter, musik. Lexikon ; Delvenne, biogr. du Royaume des Pays-Bas ; Dewez, histoire de Liège;\netc. etc. Comparez aussi Jorissenne, loc. cit. La Biographie Nationale contient un bel article de Terry sur\nDumont.\n2 Litt M, p. 89, supplément."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.15", "texte": "UN DOCUMENT SUR LA MUSIQUE BELGE\n65 3\n\nn'existe plus depuis 1805, année où ses orgues furent transportées à Saint\nPaul. Ce manuscrit est donc antérieur à 1805. L'habitude d'exécuter\nl'œuvre de Thorette existe encore à Liège, à l'église Sainte Croix.\n\" VI. LAMBERT PIETKIN, chanoine de Saint Materne, maître de\n\" chapelle, ne a Liege en 1612, mort en 1696 ', un des plus savants\n\" musiciens du XVIP16 siècle. Beaucoup d'ouvrages restés à la cathédrale,\n\" entre autres 12 éMesses à 6et 8 voix ; les\n\" tAve, Saint Joseph, qu'on chantait encore en 1794, des Salve, et trois\n\" ouvrages imprimés à Liège, en 1685, chez Guillaume Streel.\"\nSes musiques ont été laissées par testament au chapitre cathédral et\non les chantait encore en 1794, c'est-à-dire lors de la suspension du culte\npar la Révolution et de la destruction de la cathédrale Saint Lambert. Il\nest infiniment probable que ses manuscrits ont été également détruits à\ncette époque. Il reste à rechercher ses œuvres imprimées. D'après la\nBiographie Nationale, deux d'entre elles sont parues en 1668. Nous ren-\nvoyons du reste à ce document.\n\" VIL HENRI GUILLAUME HAMAL, né à Liège en 1685, mort en\n\" 1752, élève de Lambert Pietkin, a introduit à Liège le goût de chanter\n\" des Italiens et a fourni les bons musiciens du pays. Outre qu'il avait\n\" une belle taille qu'il conduisait à volonté, son chant était rempli de\n\" grâce et d'expression. Il a composé des éMesses, des éMotets, des Tantum\n\" ergo, à grand orchestre, qu'on a exécutés pendant plus de vingt ans àla\n\" cathédrale et dans les autres églises, et des Cantates en Italien, en Fran-\n\" çais et en Liégeois, d'un goût extrêmement agréable et qui sont restées\n\" dans les mains des amateurs de Liège.\"\nIl convient de remettre à plus tard les remarques sur ce musicien,\ndont une plus longue biographie se trouve dans le second fragment.\n\" VIII. HENRI DENIS DUPONT, chanoine et maître de chapelle,\n\" mort en 1727, grand théologien et savant compositeur, a laissé àla\n\" cathédrale des des des plusieurs\n\" de requiem,et un Te Deum pro Turca qu'il composa en\n\" 1717 il en eut beaucoup d'honneur.\"\nDupont fut l'émule d'Henri Guillaume Hamal et le maître de\ncomposition de son fils Jean Noël. Grâce à l'influence de Dupont et\nde Hamal, la musique italienne s'introduisit à Liège. Le manuscrit étudié\n\n1 Comparez Jorissenne loc. cit. D'après son manuscrit de Hamal, Pietkin serait né en 1621. Cette transposi-\ntion des deux chiffres est curieuse : 1, 2 ; 2, 1."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.16", "texte": "654\nS. I. M.\n\npar Jorissenne1 est plus complet. La contient du\nreste la biographie complète de Dupont, par Terry.\n\" IX. HUBERT RENOTTE, savant organiste de la cathédrale, mort en\n\" 1747, a composé de bons ouvrages d'église et a fait graver à Liège,\n\" chez les Demoiselles Libert, trois œuvres de Sonates pour deux violons\n\" et violoncelle.\"\nDans le manuscrit étudié par Jorissenne 2, Hamal fait naître\nRenotte en 1694 et le fait mourir en 1645. Une œuvre de ce composi-\nteur se trouverait à Namur, d'après des notes peu explicatives de Terry, et\nl'organiste Lamine, de Tongres, aurait aussi possédé une œuvre de\nRenotte. Je n'ai pu retrouver encore ces œuvres.\n\" X. JEAN NOËL HAMAL, fils de Henri Guillaume, mort en 1778,\n\" célèbre par ses Opéras liégeois, deux en\n\" italien, et Jonas, en latin ; et plus de cinquante autres grands ouvrages\n\" d'église. \"\nNous reviendrons plus loin sur ce sujet.\n\" XI. D. RAICK, organiste renommé de la cathédrale de Gand, né\n\" à Liège et mort en 1760. Trois œuvres de Sonates de clavecin, gravées\n\" par Wouters, de Gand. \"\nDenis Raick ne m'est connu que par ce passage et par une simple\ncitation de LLL.3 Mais Gregoir 4 connaît un Dieudonné Raick qui ne\nparaît faire qu'un avec Denis : \" organiste compositeur, né vers 1698,\n\" enterré à Anvers, le 2 décembre 1764, attaché jadis aux jubés des\n\" cathédrales d'Anvers et de Gand. On lui doit un grand nombre de\n\" compositions éditées pour le clavecin. Sa musique a un style qui dénote\n\" plus de science que celle de ses contemporains et il avait des connais-\n\" sances approfondies des secrets de l'harmonie et du contrepoint (voir\n\" notre première édition et notre ouvrage : n'ai pu\n\" me procurer ces deux ouvrages.\n\" XII. HERMAN FRANÇOIS DELANGE, mort à Liège en 1780. Plu-\n\" sieurs œuvres de Symphonie, Liège ; de même qu'un\n\" sous le titre du Rossignol,chez Phillipart ; des et un\n44 opéra avec Dupéron, joué en ...\"\nVoir plus loin.\n\n1 loc. cit.\nJ loc. cit.\nVoir note 2, page 647.\n4 Les artistes musiciens belges. Schott 1899."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.17", "texte": "UN DOCUMENT SUR LA MUSIQUE BELGE\n65S\n\n\" XIII. GEORGES WENICK, maître de chapelle de la collégiale Saint\n\" Denis, mort en 1760, bon organiste et savant compositeur.\nlMotets, Psaumes, qui lui ont valu une réputation.\"\nNous ne possédons pas d'autre renseignement sur ce musicien.\n\" XIV. HENRI MOREAU, maître de chapelle de Saint Paul, corres-\n\" pondant de l'lnstitut, mort à Liège en 1803, à l'âge de 81 ans. Ouvrages\n\" savants : éMesses,plus un ouvrage imprimé à Liège chez Loxhay, en\n\" 1783 ; dont voici le titre : F Harmonie mise en pratique ; un second, en\n\" manuscrit, chez sa veuve, intitulé :\n\" le système d'tAntonio Ximénés.Des symetc.\"\nVoir plus loin.\n\" XV. THÉODORE PAQUE, Liège 1737, mort en Pologne vers 1790.\n\" Après avoir étudié la composition à Naples pendant neuf ans, au Con-\n\" servatoire, il fut appelé à Turin pour composer un grand opéra qui eut\n\" du succès; de même qu'à Milan et à Venise. Il partit pour la Pologne,\n\" où il fut directeur de l'Opéra de la Cour bien des années. Il a aussi fait\n\" plusieurs et <£Motetsà grand orchestre, exécutés à la cathédrale\n\" de Liège.\"\nPas d'autres documents.\n\" XVI. JOSEPH LÉONARD BERNARD, maître de chapelle de Saint\n\" Denis, né à Liège en 1747, mort en 1780. élève de Henri Hamal pour\n\" la composition, fit de grands progrès en peu de temps et composa des\n\" éM esses,des éMotetset des 'Psaumesà grand orchestre, exécutés à Saint\n\" Denis avec applaudissements.\"\nPas d'autres documents.\n\" XVII. ANTOINE GRESSNICK, né à Liège en 1758, mort à Paris en\n\" 1798, enfant de chœur à la cathédrale, alla à Naples où il étudia pen-\n\" dant huit ans la composition au Conservatoire. Après avoir renvoyé\n\" plusieurs ouvrages à Liège, il se rendit à Lyon, à Paris, etc. Beaucoup\n\"de morceaux plusieurs opéras et de charmants duos pour le violon-\n\" celle. Il fut présenté au départ, par le Jury d'instruction publique,\n\" an VI, projet d'école par Henri Hamal, par le au ministre.\n\" Décret du Directeur, qui assure une école, Liège. Avant l'an VI,\n\" en l'an IV, note remise, sollicitations. \"\nCes paroles un peu énigmatiques se rapportent aux démarches faites\npar Henri Hamal en faveur de la création d'une école de musique.\nVoir plus loin."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.18", "texte": "656\nS. I. M.\n\n\" François Leclercq, etc.\"\nVoir plus loin.\nIci s'arrête brusquement la copie de Terry et très probablement\nle texte de Hamal, le terme \"etc.\" semblant indiquer chez l'auteur une\ncertaine lassitude.\nSECOND FRAGMENT.\nN° 2. 4 FEUILLETS GRAND IN B°, DE LA MAIN DE HENRI HAMAL.\n\" I. HENRI MOREAU, maître de chapelle de la collégiale Saint Paul,\n\" membre correspondant de l'lnstitut national, mort à Liège en 1803,\n\" âgé de 81 ans, est auteur de plusieurs , à grand\n\" orchestre. En 1783, il dédia à la Société d'Emulation de Liège un\n\" ouvrage élémentaire, intitulé : De l imprimé à\n\" Liège chez S. G. M. Loxhay. Un autre manuscrit est resté dans sa\n\" famille, sous le titre de Nouveaux\n\" d'Antoine Ximénes.C'était un parfait honnête homme, doux et fort\n\" modeste.\"\nGrégoir 1 complète ces renseignements : Moreau est né le 15 juillet\n1728. En 1750, il était déjà maître de chapelle de la collégiale Saint\nPaul. Il fut le maître de Grétry et ce dernier lui conserva de la recon-\nnaissance, car il le fit nommer membre correspondant de l'lnstitut de\nFrance en 1797. Moreau est mort le 3 novembre 1803.\nD'autre part, la Gazette de Liège annonce :\nle lERIER novembre 1777, six trios en vente chez Latour, sur Meuse et\nchez Desoer.\nle 21 ventôse an VIII, \"un cours qu'il donne\nau cloître Saint Paul (où il habite) les jours impairs de 92 à 11 heures,\nprix (bien modique!) 6 francs par mois, payables d'avance.\"\nEt la Gazette Latour :\nLe 19 germinal an X, Moreau dirigera \" un concert à la Société\nd'Emulation, le 22 germinal, dans lequel on exécutera une partie du\nStabat mater du fameux Haydn.\"\nMoreau perdit sa place de maître de chapelle lors de la Révolution.\n\n1 loc. cit."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.19", "texte": "UN DOCUMENT SUR LA MUSIQUE BELGE\n657\n\nIl avait dix enfants et fut réduit à la plus profonde misère, ainsi du reste\nque bon nombre des trois cents musiciens de la ville, qui presque tous\ntiraient du service des églises la grande part de leurs revenus. Il obtint\nl'an VI la place de gardien de l'église Saint Paul, dans laquelle sous le\nnom de \"mobilier national\" on avait remisé une grande partie du mobi-\nlier cultuel de la ville : chasubles, etc.1\nC'est peu après que Moreau annonça ses cours de composition.\nCertes, il dut peiner dur jusqu'à la fin de son existence, c'est-à-dire jus-\nqu'à 75 ans et non 81 ans, comme le dit Hamal. (1728-1803).\nLe manuscrit de Y Harmonie mise en pratique se trouve dans le fonds\nTerry dont les numéros 643, 644 et 645 sont donnés à des œuvres\nd'église de Moreau. Je viens d'acheter pour ce fonds un exemplaire de\nl'ouvrage lui-même, découvert dans un catalogue de Bertling à Dresde.\n\" 11. HERMAN FRANÇOIS DELANGE, premier violon de la collégiale\n\" de Saint Paul, mort à Liège en 1781, âgé de 64 ans, a composé plu-\n\" sieurs œuvres de symphonies,des Me des Il est auteur d'un\n\" Journal de musique, intitulé Le Rossignol, imprimé à Liège, en 1765 et\n\" 1766, chez J. B. Phillipart. Il a encore composé un Opéra, sous le\n\" titre de Nicette, qui a été représenté sur le théâtre de Liège, en 1776.\n\" C'est un bon musicien ; il avait étudié à Rome sous Giovanni Costanzi,\n\" fameux violoncelle et maître de chapelle de Saint Pierre.\"\nCette note, plus détaillée que le XII du premier fragment, peut etre\ncomplétée de la façon suivante :\ni° Par des notes éparses de Terry: Delange est né en 1717 ;il existe\nde lui deux messes à Namur (Terry ne dit pas qui les possède), un Lauda\nSion en reà Chatelet et M. Bartholomé (décédé et inconnu aujourd'hui)\nen possède des morceaux. Delange aurait écrit six messes à 4 voix,\n2 violons et orgue. Nicette ou l'école de la Vertu, comedie en trois\nactes mêlée d'ariettes par M. le Commissaire Du Perron et la musique de\nM. F. De Lange, citoyens de la ville de Liège. Représentée pour la\npremière fois sur le théâtre de la même ville, en janvier iyyà. A Liege\nchez D. de Baubers, imprimeur-libraire, *n P* Terry\ncahier n° 54 p. 100-113, avec un résumé de la pièce.\n2° Par mes recherches dans les \" Avertissements \" de la Gazette de Liège\n\n1 Gobert, les rues de Liège, t. 111 p. 90. Je remercie M. Antoine Auda qui a bien voulu me signaler les\nrenseignements contenus dans cet alinéa. Son travail sur Moreau paraîtra sous peu dans le Courrier i-.e Saint\nGrégoire.\n2"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.20", "texte": "658\nS. I. M.\n\nde 1759 à 1782 \\ j'ai établi que Delange avait fait paraître les œuvres\nsuivantes. Il faut toutefois remarquer que Delange porte ici les prénoms :\nErnest F. au lieu de François Herman. Cette raison ne me paraît pas\nsuffisante pour faire admettre l'existence de deux F. Delange, car E est\nl'initiale de Ermanno, son prénom italianisé et Ernest serait une addition\nfautive à l'initiale.\nDelange annonce :\nLe 19 octobre 1764 op. 7. six symphonies à huit.\nop. 8. six sonates en trio.\nLe 24 décembre 1764 la publication du\nLe 10 octobre 1766 op. 9. six symphonies à huit.\nLe 26 octobre 1767 op. 10. six symphonies à huit avec des menuets.\nLe 22 juillet 1769 une œuvre de trios.\nEt enfin le Tôt on harmonique,analogue aux harmoniques, aux\nharmoniques, au ludus melothedicusqui venaient de Paris et servaient à\ncomposer des Menuets en tirant au sort les notes à écrire et en suivant un\ntableau spécial pour composer l'harmonie... c'est le système du Génius\nmoderne, à cette différence près que les dés d'aujourd'hui servent à com-\nposer des Valses et non plus des Menuets. La biographie Nationale con-\ntient une étude documentaire de Terry sur Delange.\n\" 111. ANTOINE GRESSNICK, d'abord enfant de chœur à la cathédrale ;\n\" il alla ensuite étudier à Naples, au Conservatoire San Onofrio, puis il\n\" vint à Paris, où il a composé plusieurs opéras. Il est mort l'an VI. Il\n\" faudrait voir le Journal de Paris de cette année (?); je n'ai pu me le\n\" procurer.\"\nLa triste existence de Gressnick est suffisamment connue 3 pour que\nnous ne nous y arrêtions pas. Je publierai prochainement une de ses lettres\nadressées à Hamal. Il est regrettable que les œuvres de Gressnick soient\npour la plupart inconnues. J'ai fait exécuter avec succès un air de sa\ncomposition que le hasard m'avait procuré.\n\" IV. SIMON LECLERCQ, mort à Liège en 1806, âgé de 70 ans,\n\" musicien taille de la cathédrale, élève des Hamal, alla se perfectionner\n\" à Rome à l'école de l'abbé Lustrini. De là, il passa au Conservatoire de\n\n1 En cours de publication dans la Fédération Artistique de Bruxelles.\n2 M. Clément Charlier a lu à la S. M. liégeoise un très intéressant travail sur ce sujet ; il sera publié\nultérieurement.\n3 Voir L. De Sagher, Les musiciens liégeois, Grétry, Gressnick, F. N. Hamal, Bibliothèque Gilon, Verviers,\nsans date, épuisé."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.21", "texte": "UN DOCUMENT SUR LA MUSIQUE BELGE\n659\n\n\" San Onofrio. Ce savant musicien revint à Liège en 1770. Il s'est distin-\ngue tant par son chant, que par plusieurs ouurcigcs d'un bon\n« goût. \"\nLecleicq on écrit aussi Leclerc a compose beaucoup de musi-\nque religieuse. Il serait important d'établir en quelle année il fut nommé\nmaître de chant à Strassbourg, ce qu'il y fit en cette qualité et quand il\nrevint à Liège.\nLeclercq avait ete le second maître de Grétry, qui le cite dans ses\nmémoires \\\n\" V. HENRI GUILLAUME HAMAL, né à Liège en 1685, apprit la\n\" musique de Lambert Pietkin, savant maître de musique de la cathé-\n\" drale de Liège. Il fit en très peu de temps des progrès rapides dans son\n\" art et acquit fort jeune une grande réputation, tant par sa belle voix\n\" que par l'expression et le goût qu'il mettait dans son chant. A 23 ans,\n\" il fut choisi maître de musique de la grande église de la ville de Saint\n\" Trond. Quelque temps après, il revint à Liège occuper la sous-maî-\n\" trise de Saint Lambert. C'est lui qui a fourni les meilleurs musiciens de\n\" Liège, et qui a commencé à introduire le goût de la musique italienne.\n\" Ses ouvrages en musique sont des Motets en tous genres, à grand\n\" orchestre, qu'on a exécutés pendant plus de quarante ans à la cathé-\n\" drale ; des cantates en Italien, en Français et en Liégeois qu'il compo-\n\" sait avec une facilité étonnante, ce qui le faisait rechercher des\n\" premières maisons de Liège. \"\nIl est regrettable que Henri Hamal ne nous ait pas laissé sur son\ngrand'père des souvenirs plus détaillés. Si nous ajoutons ceux compris dans\nses trois manuscrits celui de Jorissenne et les deux de Terry nous\narrivons à des notions encore très incomplètes sur ce musicien qui a joui\nd'une énorme réputation et qui a, avec Dupont, imposé la musique\nitalienne à Liège. Certes nous avons la biographie signéé LL L 2 ; elle est\npourtant incomplète.\nJusqu'ici je n'ai pu découvrir de musique de Henri Guillaume\nHamal. Peut-être le fonds Terry en contient-il, bien que probablement\ncet improvisateur ait peu publié et que sa musique religieuse dût être\ndétruite avec la bibliothèque de la cathédrale.\n\" VI. JEAN NOËL HAMAL, fils du précédent, nacquit à Liège, le\n\n1 Voir Grégoir loc. cit. premier supplément.\n2 Voir note 2, page 647."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.22", "texte": "660\nS. I. M.\n\n\" 23 décembre de l'an 1709, mort en 1778. Il reçut de son père les\n\" premiers principes du chant, et ceux de la composition de Henri\n« Dupont. Les grandes dispositions que le jeune Hamal montra pour la\n\" composition déterminèrent ses parents à le faire partir en 1728 pour\n\" Rome. Il fit de si grands progrès sous la direction de Monsieur Joseph\n\" Amadori, qu'il (Amadori) exécutait les musiques du jeune Hamal dans\n\" les églises de Rome. Le chapitre cathédral apprenant les grands progrès\n\"de Hamal, lui conféra en 1731 un bénéfice pour se l'attacher, et en\n\" attendant que la maîtrise vint vaquer. Ayant déployé un talent extra-\n\" ordinaire, il obtint en 1738 la place de maître de musique de la cathé-\n\" drale. Pour lors, il se fit heureuse révolution dans la musique à Liège.\ntc Les chanoines tréfoncicrs secondèrent le zèle de Hamal, en augmentant\n\" le nombre des musiciens et devenant plus difficiles sur le choix des\n\" sujets. Hamal, de son côté, se livra au travail avec une ardeur nouvelle ;\n\" et ses savantes compositions, Messes, à grand orchestre,\n\" établirent sa réputation. Ces succès ne l'éblouirent point ; il crut qu'un\n\" second voyage en Italie ajouterait à ses connaissances. Il partit en con-\n\" séquence en 1749 pour Rome, où il trouva la musique bien changée.\n\" Il lia connaissance avec plusieurs grands maîtres, entre autres avec\ntc le fameux Nicolas Jomelli, alors maître de musique à Saint Pierre, qui\n\" l'accueillit avec une distinction bien flatteuse. De Rome, Hamal passa à\n\" Naples, où il se lia d'une amitié très étroite avec François Durante, le\n\" plus savant musicien du siècle, et sur lequel les ouvrages de notre auteur\n\" firent la plus grande sensation. Il revint à Liège en 1750. Peu de\n\" temps après, il composa deux oratorios : et quatre opé-\n\" ras liégeois, intitulés: Li Voëgge h\n\" égagi> es deux parteies ; li Fie sse di Houtesiplou, opéra comique es treus\n\" parteies ; les Hypocontes, opéra burless es treus act, avou des grands chœurs;\n\" beaucoup d'ouvrages d'église tels que\n\" nies à grand orchestre ; quatre œuvres de symphonies gravées à Paris en\n\" 1743, chez M. Leclerc et à Liège chez Benoît Andrez, un\n\" Israël,à deux orchestres, qui mit le comble àsa réputation. \"\nLa biographie de L. L. L. est encore incomplète. De Sagher1 donne\nplus de détails. J'ai établi 2 que Jean Noël Hamal avait été l'un des\n\n1 Voir note 3, page 658.\n2Le Fédération Artistique, des let 7 mars 1908 et communications faites àla XXIm® session du Congrès de la\nfédération archéologique et historique de Belgique, Liège 1909."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.23", "texte": "UN DOCUMENT SUR LA MUSIQUE BELGE\n661\n\npremiers protagonistes de la forme-sonate, et j'ai fait exécuter à\ndes Artistes de Liège deux airs d'ln exitu Israël ainsi que le quatuor op. i\nn° i. Mais Hamal mérite d'autres études, d'autres exécutions.\nSes œuvres, comme celles de son ami Jomelli, nous réservent peut-\nêtre des surprises, et si l'on a dit que Jomelli avait inspite Gluck , on\ntrouvera peut-être quelque jour que J. N. Hamal n'a pas été sans influence\nsur Johann Stamitz.\n\nDr Dwelshauvers.\n\n1 Hermann Kretzschmar."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.24", "texte": "IMPRESSIONS MUSICALES DE JEUNESSE\nPASDELOUP ET LES CONCERTS\nPOPULAIRES\n\nJ'ai décrit, dans un article précédent, 1 le temple de la Musique (vers\n1860). A cette époque, âge héroïque de la Symphonie, le temple était\nun hippodrome... Et je disais, pour conclure, qu'il ne fallait pas trop\ns'en scandaliser. D'abord, la forme rayonnante de la salle favorisait la\nconvergence des auditeurs ; toutes les oreilles se tendaient naturellement\nvers un centre où, les soirs de cirque, se tendaient les yeux : et cela était\npropice à la communion des esprits, à l'enthousiasme sympathique.\nEt puis n'allait-elle point, la Symphonie, réitérer d'une façon plus\nidéale, s'entend, les jeux olympiques, en ses ses pour\nainsi dire athlétiques, même ses andases rythmés, proces-\nsionnels ? <-\nCar c'est un caractère de l'Art classique allemand, de traduire la\n\n1 Voir S. I. M. du 15 juillet 1909. \" Impressions musicales d'enfance et de jeunesse I. Les musiques de\nmon enfance."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.25", "texte": "IMPRESSIONS MUSICALES DE JEUNESSE\n663\n\nmultiplicité, la splendide variété des actes musculaires, de restituer, sous\nla forme immatérielle du son, la beauté plastique des attitudes, de faire\nchanter le geste en un mot... Le rythme cette sagesse qui réglait autrefois\njusqu'aux emportements dyonisiaques, est un de ces rituels qu'on voudrait\ndémoder, aujourd'hui ; -mais le rythme persistera tant que la marche\nalternera nos pas, que la vie fera palpiter, sourdement, notre cœur, et se\nsoulever, à des intervalles égaux, notre sein.\nOr j'allais apprendre, en ce palestre ennobli, spiritualisé, en cette\npiste où galopaient des écuyères en cadence, et qui, planchéiée, devenue\ntable d'harmonie, laissait voir 60 archets monter, puis descendre en\ndessinant une trace sonore, j'allais apprendre cette chose qu'on ne sait\nplus, qu'on paraît avoir oubliée : l'existence du lien qui rattache le geste\nà la musique ; et Xeurythmie m'allait être révélée, qui, de belles pensées,\ndégage de beaux essors, et fait, réciproquement, de ces essors mélodieux,\njaillir la pensée pure, l'expression.\nQuelle émotion singulière, déjà, en cette rumeur de foule, non\nmusicale pourtant, mais qui précède la musique ! Irrégulière, et point\nconcertée, cette clameur confuse, préludant au concert, monte et descend\nde ton, a des crescendo,des descrescendo ; elle est chaotique ou chroma-\ntique, si l'on veut : un peu à la manière de telles musiques très modernes....\nMais chut ! Un coup d'archet l'interrompt, l'assourdit, plutôt, instan-\ntanément, comme si, à l'orgue tumultueux de l'impatience populaiie, on\navait mis une sourdine.\nEt du même coup s'éteint l'autre rumeur, celle des instruments qui\ns'accordent.... Un la persévérant, tenace comme la justice, rallie, non\nsans peine, les violons s'essayant encore aux arpèges, les contrebasses\nbourdonnant, les flûtes roucoulant leurs gammes, et les cors, jusqu au\ndernier moment, s'évertuant à clarifier leur voix.\nL'homme qui, dans une minute, allait déchaîner d'un geste ces élé-\nments, accaparait tous les regards. Il était petit, trop petit, avec une\népaisse et longue barbe d'un blond fauve, des traits fins, une voix\nd'enfant.... Son nom bizarre de Pasdeloup suscitait des rapprochements\navec le divin Mozart, qui, chacun sait, avait pour prénom\nMais le fondateur des concerts populaires rappelait beaucoup moins le\ngalbe mondain du grand maestro que la figure du nain Alberich, dans la"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.26", "texte": "664\nS* !• M.\n\nTétralogie. De temps en temps, l'excellent homme qu'était cet admirable\ninitiateur de beauté, raccourcissait sa barbe de fleuve ; et c'était aux jours\nde gala, quand, interrompant Beethoven, on jouait du Gounod.\nEt le premier Allegro, comme un torrent, s'écoulait.... c'est-à-dire\nqu'on exécutait le premier numéro du programme. Ah ! ces programmes\ndu Concert populaire, quel éloquent et méthodique enseignement ils\ndéroulent ! Je les recueillais, un à un, les collectionnais soigneusement\n\"pro memoriaet aujourd'hui, je regrette de les avoir perdus, de les\navoir, dans une crise d'élimination, jetés au panier.... Ils seraient, à nos\nfils trop \" avertis, \" initiés trop tôt aux extrêmes, le témoignage d'une\néducation musicale bien ordonnée qui met les bœufs devant la charrue,\ntrace un sillon correct, et ne précipite rien.\nA cet âge d'innocence orchestrale, on ne redoutait pas d'écouter, en\nguise de prélude, Haydn, \" le bon \" comme on disait\nalors, avec une tendresse d'arrière-petit-fils, mais sans nul sourire équi-\nvoque. Généralement, une de ses 118 Symphonies précédait l'une des 9\ndu grand Beethoven. Puis c'était la tour de Mozart, d'être mis en\ncontraste avec le géant. D'ailleurs le iR Symphonie de ce dernier formait\nnaturellement le passage. Les 3 ouvertures de servaient de pylônes\nintroductoires, et sa toute gracieuse laissait le public\ns'écouler vers l'issue, comme à travers des jardins de fête.... De distance\nen distance, on introduisait Mendelssohn, tel un aventurier de bonne\ncompagnie, qui racontait en allemand des aventures italiennes ; et la\nporte s'ouvrait aussi pour Schumann, rêveur douloureux, romantique,\nmais qui parlait encore la bonne langue. Enfin, par une courtoisie toute\nacadémique, l'harmonieux Salon des Filles du Calvaire laissait pénétrer\nquelques hommes de théâtre présentant, en guise de carte, une ;\nc'est ainsi que nous vîmes un jour (oh ! pure exception), le nom\nd'Auber imprimé tout près de ceux de Weber, de Schubert.... Evidem-\nment, la désinence germanique n'y était pour rien ; mais, à tout prendre,\nla préface instrumentale de la \" Muette de Portici \" pouvait passer pour\nune miniature de Symphonie."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.27", "texte": "mm m\n■- < -Mi * „ '\n' 3:§iP-\n' ' : > /'■\n....... .■■•,,■\n~^r>.\n< \\\n- x -v^\nu m.\n>,. . i\n»,. M\n:s :\n:<■- fc: *W*>\nM* /| ! ,<j\n\\\nrai\nS**:?\n! V\n/ / ,\nm\n/\nk ■■ * ...»\n** *■ }\\\n• : • • • /•\n,^-j\n1/\nIMlmi\nri**\nÀ\nI V\n\\ <\n'\nI * li\n<«**\n>É>T«- 1» lit ru ..«Vjlù\nMME BENNATI\nJ. PASDELOUP\nf *& k\n- - .1 • i'-\nE s y\n* \\\n%\n4 ' *J\nM. CAISSO\n2\" SÉRIE 17e ANNÉE\nDimnnche 6 Janvier ï 878, à 9 heurei\n(Les |>orles ouvriront à 1 heure 1/2)\n2* SÉRIE\n6.\n7.\n8.\n9.\n10.\n11.\n12.\n13.\nCONCERT POPULAIRE\nM Miroitera Oa&ssitq&ujiß\n■ f>|u»\n(1\" audition)\nODE\nA\nSAINTE-CÉCILE\nORA TORIO\nII J& NDEL\n(1736)\nParoles françaises de M. DE ST-ÉTJENNB\nAVEC LE CONCOURS DE :\nMme *i BENNATI | H CAISSO.\nLe giand orgue de M CA V AILLE-COLL sera tenu par\nM. ivïNDY.\nOuverture.\nDouce harmonie. .\nLa nature sommeillait\nDouce harmonie .....\nHarmonie aux sons vainqueurs\nLa bruyante trompette a sonnéle combat.\nMarche.\nLa douce flûte aux purs accents\nLes violons en courroux .\nGrand Dieu, quel art humain...\nOrphée autrefois\nQuand la brillante Cécile\nA ses accents mélodieux\n-HÉCI R.\nRÉCIT ET AIR. DE TÉNU».\nCHŒUK.\nAIR DE SOPRANO.\nAIR DE TÉNOR AV.EC CHŒUR.\nAIR DE SOPRANO.\nAIR DE TÉNOR.\nAIR DE SO PRANO\nAIR DE SOPRANO.\nRÉCIT, SOPRANO ET CHŒURS.\nCHŒUR.\nprécédée de\nOuverture de la Grotte de Fmgal\nAir'de ballet de Prométhée.\nLe solo de violoncelle par RI. VANDURGIJCHT.\nMEINDELSSOHN\nBEETHOVEN.\nL ORCHESTRE ET LES CHŒURS SOUS LA DIRECTION DE M. J. PASDELOUP.\nPRIX DES PLAGES :\nPremières 5 fr.; Tribunes, 3 fr. ; Parquet, 6 fr.:\nSecondes,,1 fr 75; Troisièmes, i fr. 25 c.\nEN LOCATION ; Premières numérotées, 6 fr.; Parquet, 7 fr.; Secondes 1 fr 75 r\nTroisièmes, 1 fr. 25 c.\nPour la location, s adresser au siège des Concerts Populaires, rue Basse-du-Rrm-\npart, 72, au Cirque d'Hiver et chez tous les éditeurs de musique.\n<*: est Jaatainasîat prié de ac peg calrer psxdantrexétntion des\nLes programmes doivont être distribuée gratis.\nmoreeaiu\nUN CONCERT DE PASDELOUP EN 1878\nCaricature inédite appartenant à M. Brenet."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.28", "texte": "IMPRESSIONS MUSICALES DE JEUNESSE\n665\n\nLe public de ces concerts dits presque exclusivement\ncomposé de professeurs de piano, d'ailleurs assez pauvres, apportait à ces\nauditions un zèle d'attention, et aussi une ferveur d'admiration qui, de\nnos jours, sembleraient un peu surannés... Et cependant, quelle sponta-\nnéité, quelle sincérité ! L'excellent Pasdeloup, adoré comme un père,\nabusait peut-être un peu du Septuor, de ce grand Septuor aux 6 numé-\nros successifs, dont Beethoven lui-même avait fini par se fatiguer : c'était\nle plat de résistance, et le plat favori, celui qu'on redemande toujours et\nquand même. Bien sûrement, nul dans l'auditoire n'eût pensé que cette\nmusique de chambre dilatée jusqu'au périmètre orchestral, pouvait péri-\ncliter au voisinage de la Pastorale ou de Y Héroïque.... Après tout, on\navait peut-être raison ; et maintenant on ne le joue pas assez, ce fameux\nSeptuor ;il serait au moins instructif.\nPour faire diversion à ces morceaux de longue haleine, il y avait,\n3ar exemple, les Scènes de Schumann. Ces jolies pièces très\ngrèves, ce qui ne veut pas dire très concises, trouvaient un succès\ntout particulier, un franc succès... Et plus d'un, dans son for intérieur,\nétait reconnaissant de pouvoir suivre, une fois par hasard, de la musique\nsavante jusqu'au bout.\n*\n% *\nC'est ainsi qu'à chaque retour de saison, nous autres habitués reli-\nsions nos auteurs favoris dans l'original, naturellement, puisque la\nMusique est une langue universelle. Et, dans l'etroite enceinte du Cirque\nd'hiver, chaque dimanche, tandis qu'au dehors, le ciel était bas, la\nlumière trouble, la rue sordide et tumultueuse, nous vivions trois heures\nen une sorte de Paradis tout abstrait ou le ciel bleu, le soleil d 01, le\nbalancement des cimes d'arbres et le méandre des ruisseaux se substituaient\nmagiquement aux gradins numérotés d'un luxe sommait e, éclairés pat\ndes carreaux de couleur d'un très mauvais gout.\nEt chaque année, discrètement, de nouveaux noms venaient s inter-\ncaler, sur les programmes au milieu des anciens, des \" hors coucou?s.\nMais l'auditoire, si docile qu'il pût être et qu il fut, avait ses crises de\nrébellion ;et ces crises coïncidaient avec des moments de hardiesse, ce\nque j'appellerais : les belles audaces de Pasdeloup. Quelque duie que fut\nl'extrémité, il fallut bien, le moment venu, imposer Beilioz daboid, puis\nFranck, enfin Wagner. J'ai gardé toujours dans mon souvenir cette après-"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.29", "texte": "666\nS. I. M.\n\nmidi vraiment mémorable, où l'hippodrome des concerts populaires fut\nsecoué par un double orage : au tumulte de l'ouverture du Tannhceuser,\njouée trop fort par des musiciens irrités, peut-être, se mêlait la symphonie\ngrandiose et terrible d'une salle soulevée, houleuse comme l'Océan,\nmêlant elle-même le tonnerre des applaudissements au souffle strident des\nsifflets. Tous les spectateurs debout, battant des deux mains, ou jouant\nde leurs clefs, quel spectacle !...\nEt quand on pense qu'aujourd'hui, cette ouverture formidable\ncoule, sur les cordes et les cuivres apprivoisés, avec la majesté sereine du\nvieux Rhin....\n\\ .H \"M\nMais Pasdeloup, depuis longtemps, n'est plus ; Cirque d'hiver et\nCirque d'été ne résonnent, désormais que sous les sabots de chevaux\nsavants ; ils ont retrouvé leurs fins premières. Et puis, il est si délicat de\nparler des maîtres vivants....\nQuand je disais, tout à l'heure, que les concerts Pasdeloup réalisaient\nune exposition méthodique de l'Art musical, ce n'était pas sans quelque\nrestriction. Bach et Haendel, en effet, ne figuraient que rarement sur les\nprogrammes : la multiplicité des voix qu'il eût fallu, sans compter\nl'Orgue, réduisait ces grands ancêtres aux seules œuvres instrumentales,\net encore ! D'autre part, l'archéologie musicale n'était pas assez avancée\npour qu'on pût mettre sur les pupitres les pièces de Josquin des Prés, de\nClément Jannequin, ou de Costeley. Nous sommes, aujourd'hui, mieux\ndocumentés sur les origines ; mais si nos regards peuvent se porter plus\nloin et plus clairement en arrière, ils sont quelque peu troublés, dans\nle présent, par l'évolution si rapide de l'Art vers la complication et\nl'indépendance. Et c'est ainsi que, déroutés par Wagner et par Debussy,\nnous oublions de voir en Haydn le créateur d'un genre à longue et bril-\nlante fortune, le père de la Symphonie classique, un jalon de première\nimportance, un point de départ.C'est même un trait bizarre de notre\népoque, que cette ferveur rétrospective pour des maîtres beaucoup plus\nvieux, ferveur qui va de pair avec la passion de l'ultra-moderne, tandisque\nl'auteur de la Symphonie de la Reine n'est presque plus joué, —et à peine\nécouté.\nQuelle en peut être la raison ? La faute en est-elle à Haydn lui-\nmême où à notre état d'âme ?"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.30", "texte": "IMPRESSIONS MUSICALES DE JEUNESSE\n667\n\nCette musique a-t-elle le tort de précéder de trop près Beethoven,\nou bien ne sommes-nous pas, pour l'entendre, en ?... Je\npencherais pour cette dernière opinion, tout en admettant sans difficulté\nque le progrès de la forme, et surtout de l'idée dans la musique instru-\nmentale, a fait pâlir un peu cette première étoile. Mais, en Art, il iaut\nse défier des contrastes ;le beau simple ne peut-il pas être \" tue, comme\non dit, momentanément, par un beau moins parfait, souvent, mais com-\nplexe, ou agrandi à une échelle double ?... Quand on songe que la Venus\nde Milo, si d'aventure ou la réduisait aux proportions d'une statuette, ne\ntiendrait peut-être pas devant une Baigneuse de Falconet, par exemple,\nen grandeur normale.... Et d'autre part, en la Nature meme, après avoii\nadmiré le corps gracieux de la colombe, que le taisan dore nous\napparaisse, ou que le paon déploie sous nos yeux son eventail de plumes,\nest-ce que la colombe ne devient pas, soudain, bien peu de chose ?...\nSans recourir au pédantisme pour remettre Haydn en honneur,\nsans insister sur ce fait, qu'il a tiré du plan de la Sonate cette foi me\nsymphonique qu'on pourrait appeler Sonate d orchestre, le sentiment\nseul de son génie suffit à lui faire rendre justice. Et c est ce sentiment\nque je voudrais communiquer, car, chose incroyable, j aime beaucoup\nplus Haydn aujourd'hui qu'autrefois, lorsqu'assis sur les banquettes du\nCirque d'hiver, je m'initiais à ses rythmes vifs, à ses thèmes si francs,\nà ses développements logiques et limpides.... Oui, je 1 aime aujouidhui\ndavantage, malgré que j'aie l'oreille et 1 ame remplies de tant de flots\nsonores, et peut-être, justement, parce que. Dût-on me jugei mal, je\nl'avouerai : quand les flots wagnériens, ou les filets subtils des on es\ndebussystes, ont passé sur moi, j'éprouve, en reentendant Haydn, le plaisir\nqu'on ressent, lorsqu'après les cascades de Suisse, ou les ruisseaux com\npliqués du Forez, on revoit le cours de la Durance, uni, claii et\nMais il ne semble point que le public des concerts en soit là. Peut-\nêtre, pour le convertir, devrait-on essayer la méthode inverse : inauguret\ndes séances historiques, où la jeune Sonate de Philippe Emmanuel, la suite\nde danse et même le folk-lore musical autrichien mettraient en evi ence\nla génèse, l'incubation régulière et normale de la Symphonie.\nCar, on l'a souvent entendue, et on 1 entend encore tous es\ndimanches, la Symphonie ; mais si l'on en saisit, si lon en goûte la saveur,\nsait-on exactement, ce qu'elle est, ce qu elle représente ? A-t-on îen\nla notion de sa nécessité, —j'allais dire un grand mot : de son immanence...."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.31", "texte": "668\nS. I. M.\n\nJ'ai bien peur que cette forme souveraine de la Musique ne se\ndétruise, en se transformant, avant qu'on ait connu sa signification, sa\nvertu secrète.... Et, c'est cette vertu, cette signification profonde, autant\nqu'étendue, que j'aurais 1 ambition de dévoiler... j oh ! cela très disciete-\nment, et petit à petit, en franchissant un a un les stades d tlaydn a\nMozart, et de Beethoven à Mendelsshon, à Schumann. Après eux, la\nSymphonie, ayant atteint le terme de son développement, se déformera,\npour se conformer ensuite en poème symphonique.\nMais, détournant nos yeux de l avenir, reportons-les en arriéré, sur\nle passé. Lorsque, de ma stalle de seconde, en ce Cirque Olympique\ndevenu temple de l'harmonie, je suivais, docilement, les peripeties de la\nSymphonie militaire, ou de cette autre Symphonie que 1 opinion a dediee\na Marie-Antoinette, quel était, au juste, mon état d ame ?\nJe puis faire, a distance, une réponse dont j aurais alors ete incapable.\nCe que mon âme entrevoyait, oh ! bien confusément, en ces suites\nsonores, c'est ce que la réflexion, depuis, m'a fait dégager : cest-a-diie,\ntout à la fois une voix, un un La voix, elle se îevelait\nsurtout dans les Adagios, ou les Andantes ; le geste, il se manifestait, spé-\ncialement, dans les Scherzos ; quant aux figures, la musique les dessinait a\nmon œil interne à tous les moments de la Symphonie ou les violons ne\n\" chantaient \" pas, où cordes et cuivres ne marquaient plus un pas, un\nsaut, un effort nettement rythmé.\nCette classification n'est-elle pas absolument naturelle? Ne se justifie-\nt-elle point par les intentions même du compositeur ? Car sil veut\nexprimer l'activité purement physique en ces JS/lenuets, ces Scherzos, qui\ndérivent des Danses populaires, et représentent a l'oreille une diveision,\nun \"divertissement,\" force lui sera de serrer ses phrases, comme on tend\nses muscles, et de les diviser en périodes rythmiques conformes aux\nmouvements de nos membres. Au lieu que, visant a traduire un acte\npsychique, pensée, sentiment, interrogation, décision, le musicien prendra,\npour ainsi dire, des attitudes sonores différentes : le motif intellectuel\nou sentimental se distinguera du motif purement et traducteur\ndu jeu, par ces deux traits essentiels : plus de variété dans le rythme\net plus de souplesse dans l'inflexion."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.32", "texte": "IMPRESSIONS MUSICALES DE JEUNESSE\n669\n\nOn trouverait mille exemples pour démontrer qu'en passant du\nstyle rythmique au style proprement mélodique, les valeurs respectives\ndu rythme et de l'inflexion se renversent, de sorte qu'on aurait :\nx dans Ie premier cas, et -f dans le second. Et notre esprit dès lors\nchange de position ; au lieu de nous offrir une\nabstrayant plus ou moins la sensation de sonorité, de mouvement\nmuet, c'est le geste sonore qu'il évoque, c'est c'est la\nparole.\nMais puisque la parole est encore un geste- en réalité, sa traduction\nmusicale ne rejettera point le rythme,cette division nécessaire de tout\neffort, aussi bien moral qu'organique ; seulement, elle en affinera les\nressorts, en assouplira la rigidité mécanique. Ce ne sera plus la répétition\nuniforme du pas dans la marche, ou la brusquerie de l'élan, ou même la\nponctualité géométrique des attitudes dans les exercices du corps les plus\ncompliqués, et les plus gracieux ; mais on y percevra la dynamique\nsecrète qui règle l'articulation verbale de nos pensées, suivant la loi\nd'économie respiratoire et nerveuse.\nEt c'est là ce qui justifie cette persistance de /'élément rythmique dans\nles épisodes les plus pathétiques, en les phases les plus idéales de la\nSymphonie classique. Certains s'en étonnaient, dans les propos qu'on\ntient, après le concert, et leur sentiment s'en scandalisait presque. Un\nmien ami (bien peu musicien, il est vrai), traduisait ce ressentiment\nartistique d'une façon naïve et quelque peu brutale. Après l'audition d'un\nmorceau d'Haydn : \" Qu'est-ce que cette musique, me disait-il, qui fait\ntoujours : ta-ta-ta-ta-ra-ta-ta ?...\" Je ne redirai pas à son sujet le vers\nfameux :\n\" Cet homme, évidemment, n aimait pas la Musique. \" Mais je pense\nque c'était un de ces aveugles du rythme, rares en ce temps-là, et qui\nforment aujourd'hui une catégorie pathologique assez inquiétante....\nLes âmes qu'Haydn n'a pas su toucher, comprendront-elles jamais\nla beauté des jeux, des ébats puérils?... Qu'elles aillent donc flâner deux\nheures dans un de ces jardins où, sous le feuillage des marroniers banals,\net le regard non moins banal des mères ou des bonnes assises, tout un\npetit peuple s'agite et se trémousse."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.33", "texte": "670\nS. I. M.\n\nPour moi, c'est un spectacle qui surpasse toutes les coûteuses re-\nprésentations, et les chorégraphies les plus esthétiques ; je retrouve là\ntous les rythmes, et toutes les inflexions diverses qui, dans les Allégros\ndu vieux maître, et tous ces morceaux qu'on appelle des \" mouvements, \"\nm'avaient tant charmé. Et n'est-ce pas très intéressant de trouver une chose\ndans une autre^et de sentir vivre tout à coup, sous forme visible et\nfamilière, les jeux abstraits de la Sonorité ?... J'ai fait, d'ailleurs, cette\nexpérience, que l'observation de scènes très ordinaires, de gestes courants,\nd'attitudes et de physionomies qu'on voit tous les jours, était une école\nexcellente pour l'intelligence de l'Art. Beaucoup n'apprécient point cet\nArt comme il conviendrait, parce qu'ils ont, justement, les yeux ou\nles oreilles tendues sans relâche sur les ouvrages artificiels. A force de\nregarder les tableaux, d'écouter les opéras, les symphonies, leur vue,\nleur ouïe se concrétise, pour ainsi parler, et se cristallise : ils deviennent de\nterribles amateurs, des critiques sans âme.\nCeci semble paradoxal ; mais pour bien comprendre les chefs-\nd'œuvre, c'est moins le texte même des chefs d'œuvre qu'il faut appro-\nfondir, que le monde extérieur, la Nature, et la nature humaine. Encore\nune fois, pour bien comprendre Haydn, et l'aimer, —je crois, comme\npour Fra Angelico,qu'il faut être en état de grâce.\n\nMaurice Griveau."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.34", "texte": "LA BOURRÉE\nD'AUVERGNE\n\nDe toutes nos vieilles danses provinciales, la Bourrée d'Auvergne est\ncertainement une des plus vivaces encore. Elle a conservé son prestige et\nson charme populaire. Elle fait partie de toutes nos fêtes, elle accompagne\net extériorise le sentiment musical de tout un terroir, de toute une race.\nD'où vient la bourrée, son nom, ses gestes et sa chorégraphie ?\nFaut-il voir en elle, comme on l'a voulu, un vestige des danses maures et\norientales que l'Espagne a conservées sous le nom de fandango, habanera\netc ?... Faut-il rattacher sa gaillardise à la danse du ventre ? Et comment\nconcilier ses trois temps avec le mouvement binaire de la bourrée des\nXVIe XVIIe XVIIIe siècles, la bourrée de Lully et de Bach ?\nAutant de graves questions que j'abandonne à la musicologie propre-\nment dite, me contentant ici de fixer en quelques pages la physionomie\nauvergnate de cette aimable danse.\nComme toutes les danses locales qui ont conservé leur figuration, la\nbourrée constitue un véritable petit scénario, dont l'amour fait les frais.\nIl serait difficile de donner une idée de la bourrée autrement qu'en disant\nque les deux danseurs se cherchent et se fuient. Cependant le rôle de\nchacun d'eux est bien différent. L'homme hardi danse, le bâton suspendu\nau bras, d'un air faraud, frappant des pieds et des mains, jetant des cris.\nLa femme, à la fois audacieuse et timide attire son chevalier et le fuit,\ndéployant une ruse calculée et de tendres artifices. L'un se montre pres-\nsant l'autre coquette. C'est comme un pourchas amoureux qui tient du"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.35", "texte": "672\nS. I. M.\n\nboléro, du quadrille et de la valse. A travers les figures les couples se\nmêlent, s'entrecroisent, balançant le corps et la tête, levant les bras, faisant\nclaquer les doigts, et martelant bruyamment en cadence avec les pieds la\nmesure que leur donne la cabrette (musette) ou la vielle.\nLe grand charme de la bourrée est sa vivacité, son entrain gaillard. Et\ndéjà Mme de Sévigné s'était émerveillée de ce jeu rapide. Lors d'un séjour\nà Vichy en 1676 elle écrivait à sa fille :\n\" Il est venu ici des demoiselles du pays avec une flûte, qui ont dansé la bourrée dans la\nperfection. C'est ici où les bohémiennes puisent leurs agréments ; elles font des dégognades ou\nles curés trouvent un peu à redire. \"\nEt quelques jours après encore, le 26 mai et le 8 juin :\n\" Les femmes dansaient hier des bourrées du pays, qui sont en vérité les plus jolies du\nmonde. Il y a beaucoup de mouvement et l'on se dégogne extrêmement. Mais, si on avait, à\nVersailles, de ces sortes de danses en mascarades, on en serait ravi par la nouveauté, car cela\npasse encore les bohémiennes... Tout mon déplaisir c'est que vous ne voyiez pas danser les\nbourrées d'Auvergne, c'est la plus surprenante chose du monde ; des paysans, des paysannes,\nune oreille aussi juste que vous, une légèreté, une disposition, enfin j'en suis f011e... ,\nIl y a avait un grand garçon déguisé en femme, qui me divertit fort. Sa jupe était toujours\nen l'air et l'on voyait de fort belles jambes.1 \"\nOn se dégogne, écrit la marquise, et ce mot résume bien en effet tout\nl'artifice de ce petit mimodrame. Il existait même à cette époque une bour-\nrée qui portait le nom de gognade, et que le rigoureux Fléchier poursuivit\nde ces critiques épiscopales. Nous trouvons en effet ce passage indigné :\n\" On ne laisse pas d'avoir encore quelques bourrées et quelquesgoignades. Ce sont deux dan-\nses qui sont dans une même cadence et qui ne sont différentes qu'en figures. La bourrée d'Auvergne\nest une danse gaie, figurée, agréable, où les départs, les rencontres et les mouvements font un très\nbel effet et divertissent fort les spectateurs. Mais la gognade ajoute sur ce fond de gaîté de la bour-\nrée, une broderie d'imprudence, et l'on peut dire que c'est la danse du monde la plus dissolue.\nElle se soutient par des pas qui paraissent fort déréglés, qui ne laissent pas d'être mesurés et justes,\net par des figures qui sont très hardies et qui font une agitation universelle de tout le corps. Vous\nvoyez partir la dame et le cavalier avec un mouvement de tête qui accompagne celui des pieds,\net qui est suivi des épaules et de toutes les autres parties du corps qui se démontent d'une ma-\nnière très indécente. Ils tournent sur un pied, fort agilement, ils s'approchent, se rencontrent, se\njoignent l'un à l'autre immodestement... Je ne doute point que ce soit une imitation des Bac-\nchantes dont on parle tant dans les livres anciens. M. l'évêque d'Aleth excomunie dans son\ndiocèse ceux qui dansent de cette façon. L'usage en est pourtant très commun en Auvergne.\"2\nLa gognade n'existe plus et Fléchier ne pourrait s'indigner contre elle.\nMais la bourrée d'Auvergne a conservé la forme d'une rencontre amoureuse.\nLa femme s'y montre exquise de gaminerie et d'aimable tactique.\n\n1 Ce passage montre combien la bourrée auvergnate différait de la bourrée binaire en honneur à la cour\ndepuis un siècle au moins.\n2 Mémoires sur les Grands Jours d'Auvergne 1665. Ed. Hachette de 1862 p. 257."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.36", "texte": "LA BOURRÉE D'AUVERGNE\n673\n\nS'offre-t-elle ? C'est un déploiement de tous ses artifices. Elle sait se ren-\ndre désirable, et ne néglige rien pour séduire le danseur. Ses yeux pren-\nnent une expression de câlinerie, parfois son regard devient canaille. Un\nléger déhanchement découvre à dessein une ligne souple et fuyante. Son\nabandon a toute la grâce et la naïveté d'une jeune fille, et même, s'il le\nfaut, la gaucherie d'une fillette. Mais, hâtons-nous d'ajouter que dans\ncette comédie, qu'elle vit plutôt qu'elle ne joue, la femme mime avec\nréserve et décence. Dans l'entraînement de son jeu, son espièglerie lui\nsuggère parfois quelques gestes risqués mais si légèrement ! C'est un\ncharme de plus. Et tout aussitôt, les yeux baissés, elle paraît confuse. Sa\ntenue, son maintien disent d'ailleurs assez qu'elle promet véritablement\nplus qu'elle ne peut tenir, et si le cavalier n'était point aveuglé, il ne se\nméprendrait pas sur les promesses de la belle !\nMais l'homme est aveugle ! Séduit par les débats de la danse, il se\nlaisse berner. Un peu fanfaron, il plastronne, et pose pour le séducteur. Il\na pour lui la franchise, une franchise naïve et presque bête, qui sauve\ntout. Il se laisse prendre et ne cache point son jeu, ni même sa brutalité.\nDame ! La vie rude de nos montagnes, et les durs travaux des champs ne\nsont guère faits pour lui donner de la souplesse et de la grâce. Il danse\ncomme il peut et comme il sait danser, lourdement, bruyamment. Et s'il\ngesticule, s'il crie, c'est encore une façon rustique d'exprimer sa joie.\nTel est ce flirt rustaud et fin tout à la fois, exempt de perversité et\nd'émotions malsaines, et qui demande à la musique de le soutenir de ses\nrythmes et de ses mélodies.\nLa mélodie de nos bourrées a toujours un caractère dolent et lan-\ngoureux, qui rappelle la monotonie de nos paysages et la tristesse de nos\nbois. Jouée sur la cabrette et créée pour elle, elle évoque la poesie des\nsouvenirs champêtres, simples et naïfs. Cinq notes lui suffisant bien sou-\nvent pour poser un motif, qui ne se développera guere.\nOn peut dire, d'une façon générale qu'une bourrée se compose de\nhuit mesures : quatre pour le thème, quatre pour la variante. Prenons\ncomme exemple la bourrée fameuse, dite \" :\n\n1 Parfois, mais très rarement, il existe une seconde variante de 4 autres mesures, comme dans la bourrée\n\" Para lou loup \", que me signale fort aimablement M. Terisse, secrétaire de la mairie d Aurillac.\n3"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.37", "texte": "674\nS. I. M.\n\nCe quatre mesures font l'objet d'une reprise immédiate, sut une\nexpression légèrement plus accentuée, afin d'avertir les danseurs de la\ntourne. Soit un total de huit mesures, obtenu par répétition A + A. Puis\nvient une variante de quatre autres mesures .\nqui se répète aussi, mais dont la mesure finale est altérée pour former ca-\ndence ; c'est ce qu'on nommait jadis la forme ouverte et la forme fermée :\nTt xraiBLa danse, ainsi composée de A+A+ B + C, peut être jouee de\nsuite et répétée autant de fois qu'il en est besoin, iusqu a ce que le cabret-\ntaïre (joueur de musette) veuille la faire cesser. Fréquemment celui-ci\ns'ingénie à trouver des variantes ornées ; il agrémente les thèmes de trio-\nlets, de mordants, de diminutions... mais tout en respectant scrupuleusement\nla mesure, et les reprises. Sa finale définitive est marquée par un cri aigu"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.38", "texte": "LA BOURRÉE D'AUVERGNE\n675\n\nde la cabrette, dont la voix se meurt subitement, comme un pleur étrange.\nAinsi caractérisé, le chant plaintif a son rôle dans la bourrée. Il\nsymbolise l'attitude et le jeu de la femme ; il représente le caractère\nféminin du drame. La grâce aisée, franche, la simplicité charmante de la\nmélodie forment le commentaire de la mimique naïve de la danseuse. Ces\néchappées qui donnent du nerf et de l'allure aux motifs des bourrées\nauvergnates, ces phrases courtes et pimpantes, laissent l'impression d'une\nlégère ironie, qui se raille de la suffisance du danseur. Il semble que la\nmélodie soit là pour nous rappeler qu'il s'agit d'une petite comédie,\nl'éternelle comédie de la passion humaine.\nEt voici par contre le rythme qui nous montre l'autre aspect du\nscénario : la confiante brutalité de l'homme convaincu. Le rythme est\nessentiel dans la bourrée. Au point qu'il lui arrive de se suffire tout seul.\nEn l'absence du cabrettaïre, on voit l'un des danseurs, juché sur une table,\nentonner le chant d'une bourrée, qu'il martèle vigoureusement du pied.\nPuis, insensiblement, son fredonnement diminue, il ne chante plus. Son\ntalon suffit à faire tourner-les couples jusqu'au petit jour.\nComme la trochée des Grecs, la bourrée se note en un mouvement\nde 3/8 de forme thé tique, c'est à dire en appuyant sur le premier et le\ntroisième temps ; et en rendant le deuxième temps leger. D ordinaire le\ncabrettaïre accentue le troisième temps du talon gauche seul et le premier\ndes deux talons réunis ; ou bien, il se sert de la pointe du pied droit pour\nle troisième temps et du talon pour le premier. Parfois il accentue les\ntrois temps,et ses deux jambes prises d'un tremblottement nerveux frappent\ncontinuellement du pied et des talons. Cela se produit par exemple pour\nles bourrées dites s.Mais, dans ce cas, il s arrange toujours\npour faire ressortir les appuis des premiers et troisièmes temps. Pour\naccuser encore la sauvagerie de ce rythme, le cabrettaïre ajoute fréquem-\nment le bruit d'une grelottière assujettie à sa cheville.\nC'est ici qu'une comparaison pourrait s'établir entre la bourrée et cer-\ntaines danses espagnoles ; l'analogie des grelots et des tambourins qui en sont\nsouvent pourvus, est assez facile. D'ailleurs le mouvement de la bounee\nest un allegro vif, joyeux, nerveux, saccadé, plein de verve méridionale.\nDans cette pétulance, la mélodie se trouve prise comme en une\nétreinte brutale ; sa langueur est brutalisée, contradiction ironique et\ncharmante ! Ce dualisme est l'expression meme de la vérité et il donne\nraison au vieux proverbe des anciens, qui disait : la meloaie Jemelle, le"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.39", "texte": "676\nS. I. M.\n\nrythme est mâle. Rien n'est plus mâle, en effet, que la turbulence tapageuse\nde cette allure monotone, qui soutient et encourage le jeu du danseur, et\nmet en branle la cadence de ses gros sabots. Le rythme nous dévoile la\npsychologie du cavalier montagnard, et nous apprend que celui-ci n'est pas\naussi bon enfant qu'il le paraît. Il y a derrière lui un fond de naturel indomp-\nté, qui perce malgré tout et que divulgue cet acharnement des rythmes.\nScénario, melos et rythme,1 ces trois éléments se complètent à mer-\nveille et donnent un tout ingénieux,dont l'homogénéité captive, et assurera\npendant longtemps encore le succès de la bourrée d'Auvergne.\nEt cependant, cette idylle naïve serait d'un piètre effet, si elle n'avait\npour interprètes les parfaits artistes que sont nos danseurs. Grâce au\nnaturel de leur jeu, àunje ne sais quoi du typique qui se trahit dans\nleur interprétation, cette intrigue ne manque jamais ni d'originalité ni de\ncachet. A tout cela se mêle le chevrottement particulier de la cabrette\net son timbre perçant, tout à fait couleur locale. Il faut voir nos bourrées\njoyeusement virées les jours de fêtes, au temps des fauchaisons. C'est un\ntableau sans mièvrerie, ancien par les traditions qu'il évoque, et toujours\nmoderne cependant par la vie qui l'anime, par le symbole amoureux dont\nil cherche à nous présenter la réalité. C'est l'âme même de notre pays, de\nl'Auvergne.\n\nMarius Versepuy.\n\nLA THÉORIE DE LA BOURRÉE\nLe pas de bourrée est semblable à celui de la valse bostonnée, plus petit sans déhanche-\nment, surtout pour la femme. Les deux danseurs doivent autant que possible se regarder, soit\nde face soit en tournant la tête. Il faut de la grâce, comme pour une danse de caractère, et il\nfaut de l'entrain.\nLa bourrée peut se danser à deux, ou à quatre, six, huit etc... Ses figures sont infiniment\nvariées. Dans la bourrée de St. Flour celles-ci se rapprochent parfois de celles des quadrilles :\nvisites, chaînes des dames etc...\nUne des plus gracieuses bourrées à quatre est celle que l'on danse à Vic-sur-Cère. Les\nfigures manquent peut-être un peu de variétés, car elles se résument à d'interminables croise-\nments, mais les danseurs saluent, se découvrent avec une élégance toute française.\nLa Montagnarde n'est dansée que par les hommes, leurs bâtons suspendus aux poignets.\nLe caractère est guerrier. Les mains reposent constamment devant les yeux des danseurs ; le\npas est celui d'une marche lourde et un peu sautée. Rien de bien gracieux, mais de la\nsauvagerie.\n1 L'allure un peu accélérée de nos bourrées ne permet guère de les revêtir de paroles bien intéressantes. Le\ndéveloppement littéraire n'est pas ici à sa place. La bourrée est essentiellement musicale. Néanmoins elle est\nfréquemment chantée sur des paroles vives, de patois auvergnat. Mais ces paroles font bien l'effet d'une super-\nfétation, ou d'un procédé commode pour se passer de la cabrette."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.40", "texte": "La Bourrée d'Auvergne\n\n(ài deux)\nLe couple se tient par les mains. Sur les quatre premières mesures il tourne a droite,\nl'épaule gauche du danseur frôlant l'épaule gauche de la danseuse. Puis, durant les quatre\nmesures suivantes, qui forment la répétition des premières, le mouvement a lieu a gauche, et\nles épaules droites se touchent.\n\nFIGURE 1"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.41", "texte": "678\nS. I. M.\n\nFIGURE 2\n\nLe danseur prend de sa main gauche la main de la danseuse, et durant quatre mesures ils\ntournent lentement.\nPuis le mouvement a lieu en sens inverse pendant les quatre mesures suivantes. Durant\ncette figure le danseur place sa danseuse et s'en éloigne pour lui faire vis à vis. Les deux\ndanseurs se trouvent alors dans la position de la figure 3, et commencent la figure la plus\ngénéralement connue de la bourrée."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.42", "texte": "LA BOURRÉE D'AUVERGNE\n679\n\nFIGURE 3\n\n1 i .0.12 AL Durant ces huit mesures les danseurs échangent leurs places, en conservant toujours le\npas de la bourrée. Au point de croisement, ils s'effleurent legerement. Pendant les huit mesuies\nsuivantes ils accomplissent le retour à leurs*.positions primitives. Ce mouvement a lieu en\nvirant, c'est à dire en valsant. Ce croisement constitue le principal et bien souvent 1 unique\nfigure de nos bourrées communes. On vire ainsi durant des heures, tant que le cabiettaïie a de\nsouffle."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.43", "texte": "680\nS. I. M.\n\nFIGURE 4\n\nDans certains villages, après avoir exécuté-la figure 3, l'homme fait vis à vis àsa danseuse,\net très proche d'elle, avance en la faisant reculer. Puis ce mouvement se sens inverse,\net c'est le danseur qui recule pendant que la femme suit."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.44", "texte": "LA BOURRÉE D'AUVERGNE\n681\n\nFIGURE 5\n\nLa femme tourne autour du danseur. Celui-ci reste en place, marquant violemment\nquatre mesures du pied droit, puis quatre mesures du pied gauche. Et la figure se répété, la\ndanseuse prenant la place et le rôle du danseur. Pour terminer une bourree complété, ainsi que\nje l'ai vu parfois danser en Haute Auvergne, le couple, après cette dernière figure reprend la\npremière pose, pour s'arrêter après les croisements."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.45", "texte": "Bourrée des Foulards\n\nFIGURE 1\n\nChaque danseur fait danser deux femmes. L'homme se place entre ses deux danseuses,\ntenant de chaque main les bouts de deux foulards dont les autres extrémités sont tenues par\nles deux femmes. Les figures sont celles de la ibourrée ordinaire, mais les danseuses retenues\npar les foulards, dansent toujours par-groupes de trois. Ces foulards sont constamment agités\npar l'homme, qui lève ses bras l'un après l'autre."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.46", "texte": "BOURRÉE DES FOULARDS\n683\n\nFIGURE 2\n\nUn trio danse encore sur place. Le danseur du vis à vis prenant sa cavalière de droite par\nla taille la fait passer sous le foulard de sa cavalière de gauche, et ramène ainsi la première a sa\nplace. De même avec la cavalière de gauche. Et le second trio en fait autant."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.47", "texte": "684\nS. I. M.\n\nFIGURE 3\n\nLorsqu'il y a plus de deux groupes de trois pour cette bourrée les danseurs, en conservant\ntoujours le pas de la bourrée, et réunissant dans leur main droite les deux foulards conduisent\nleurs danseuses au plus grand danseur. Celui-ci réunit dans sa main droite tous les bouts de\nfoulard et arrive ainsi à avoir autour de lui toutes les danseuses. Levant alors le bras, il se trouve\nau centre d'un cerle d'où les foulards rayonnent en parapluie. Les danseuses font un tour à\ndroite puis un tour à gauche, cependant que les hommes dansent sur place. Puis, ceux-ci\nviennent reprendre leurs danseuses, laissant glisser leurs mains sur les foulards pour ne pas les\nlaisser choir... Lentement les danseuses passent sous les foulards et terminent par une révérence.\nCes figures se dansent sur quatre, huit, seize mesures, suivant l'éloignement des vis-à-vis."}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.48", "texte": "MÉMOIRES INÉDITS DE STEPHEN HELLER\n\n(Fin\nLes Comédiens s'établirent dans la grange, qui sur un coffre, qui\nsur un matelas, qui sur un tas de guenilles dramatiques. On plaça le\ngrand paravent sur des bancs pour s'en servir comme de table. Trois ou\nquatre manteaux, couleur de muraille, provenant de la derniere conjura-\ntion de Fiesque servirent de nappe. Pour compléter le service de table\non apporta des poignards ébréchés, des coutelas rouilles, des bouts de\nlances dépareillés, et autres armes: sur la table, force gobelets detain et\nlampions. On commença à boire, à manger, à chanter, et a jurer ; ce fut\nbientôt un vacarme épouvantable. Je commençais a me sentir mai a 1 aise,\nlorsque Zerline, assise à mes côtés me fit signe de la suivre."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.49", "texte": "686\nS. I. M.\n\nNous allâmes dans une petite pièce qui sentait singulièrement\nl'écurie ; elle mit une nappe blanche sur une table ; des fruits, des gâteaux\net du vin de Tokay, ce noble vin de ma patrie, qu'on appelle le Roi des\nVins et le Vin des Rois. Elle faisait les honneurs avec une grâce enchan-\nteresse ; avant de me faire boire, elle effleurait mon verre, de ses lèvres\nfraîches et vermeilles. Elle appuyait doucement son bras frais et rond sur\nle mien, puis, ôtant la flèche d'or de ses cheveux et couronna ma tête de\nses longues tresses.\n\"Dis moi franchement, Maestro, comment me trouves-tu ?... \"\n\" Oh, mais tu n'es pas une femme ! Je croyais que des êtres\npareils n'existaient que dans ces beaux livres que je lisais en cachette au\ngrenier de la maison paternelle. \"\n\" Oh, Caro, viens avec moi ; reste avec nous ; est-ce que cette\nvie libre et indépendante ne t'attire pas? Tu es artiste, tu dois aimer\nce changement continuel, ces jours d'orgueil et de découragement, ces\ntriomphes et ces humiliations, cette abondance et cette misère; tout\ncela n'est il pas fait pour t'attirer invinciblement ? Tu écriras une Sym-\nphonie héroïque et un autre Don Juan, où il n'y aura point de Mazetto.\nTu seras mes seules amours ! \"\n\" Oh, Zerline, mais je me sens comme en délire... Mais dis moi,\nil me semble que tu es mariée avec Mazetto ? \"\n\" Le vin et l'amour ont troublé ton cerveau. Tout cela n'était\nqu'un jeu, une farce sublime. \"\n\" Mais, Zerlina, je me rappelle ; tu as écouté les galanteries d'un\ngentilhomme qui s'appelait Don Juan. Oh, un bien bel homme, et si\nbien mis. \"\n\\\n\" Laisse donc, chéri, tout cela n'était qu'un jeu, n'était qu'une\nfarce. \"\n\" Eh, ce que vous me disiez tout à l'heure n'était pas une farce\naussi, une comédie? \"\n\"O, caro giovino, vois-tu ces yeux ? Etaient-ils aussi brillants\nquand ils regardaient le beau gentilhomme? Vois-tu ce sourire. Etait-il\naussi radieux ? Et cette main, pressait-elle amoureusement son bras,\ncomme je presse en ce moment le tien ?\n• • • • • ##••••••\nJ'allais tomber évanoui, dans ses bras qui s'ouvraient pour me\nsoutenir lorsqu'une voix, terrible, se fit entendre."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.50", "texte": "STEPHEN HELLER\n\n687\n\nLa porte s'ouvrit avec fracas et mon père entra. En le voyant, je\nme sentis brisé de douleur. \"Un souvenir, m'écriai-je, un souvenir,\nZerline, de cette soirée ! \"\n\" Ah, je t'en donnerai, des mèches de cheveux ! \" s'écria mon père\nfurieux. Et je sentis ses doigts dans ma chevelure, comme s'il eût voulu\nme donner une toute autre mèche que celle que je désirais.\nNous traversâmes la grange où se trouvaient pêle mêle les comédiens,\nles officiers, et les autres convives, couchés, qui sur la table, qui par\nterre, grotesquement affublés de manteaux de pourpre, d'hermine,\nd'habits vénitiens et de casques moyen âge ; tous ronflant à faire trembler\nles planches, naguère spectatrices de leur grandeur.\nMon père, armé d'un misérable rat de cave, trébucha sur plusieurs\npremiers lieutenants qui lui barraient le chemin et sa crainte d avoir\noffensé la force armée fit une diversion utile à sa colère.\nArrivé à l'auberge il était bien minuit il me dit d une voix\nassez douce :\n\"Va te coucher, scélérat de fils, et sois prêt demain matin à\n6 heures, à faire nos malles. \"\n\"Nos malles, répétai-je ; il me semble qu'une de nos malles se\ntrouve actuellement sous la garde de l'aubergiste de Bochina, qui 1 a\nretenue, en manière de souvenir de notre part.\n\"Je sais cela aussi bien que toi, fils dénaturé, mais j'ai acheté\nune seconde malle ici, parce que nos effets ne sauraient tenir en une seule.\n\" Pour ce qui est de nos effets, j'espère que vous avez fait\nacquisition d'une toute petite malle. D ailleurs, il est bon d avoir toujours\ndeux malles et je vous conseille, mon pere, d en avoir toujouis une toute\nprête à laisser aux aubergistes, en gage d'amitie.\n\"Tu rabâches toujours la même chose ; va te coucher, garçon,\nje te pardonne tout.\"\n« Mais enfin, vous ne pouvez me condamner sans m'avoir\nentendu.\" ? t .\nSilence, je te répété cjue mon t est cissuie. IVlciis en\nrevanche, tu improviseras dans deux concerts consécutifs, que je vais\nmonter à Galitzin.\" . , .\n_ \" Oh, mon père, ne pardonnez pas, je vous en prie. J ai commis\nune grave faute ; j'ai bu du vin et j'ai beaucoup mangé ; il est impossible\nque vous me pardonniez... oh, je ne le ierai plus de longtemps... Et puis"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.51", "texte": "688\nS. I. M.\n\nZerline m'a prié de vouloir bien avoir la complaisance de l'aimer d'un\namour éternel.\"\n— \" Malheureux, tu déshonores mes cheveux gris.\"\n\" Grisonnants, mon père, ne vous abusez pas.\"\n— \" Et qu'as-tu répondu à l'insolente proposition de Mlle Zerline ?\"\n— \" Je n'ai pas cru devoir refuser un aussi léger service. Je lui ai\npromis de l'aimer aussi éternellement que je pourrais.\"\n— Tu me fais des contes. D'ailleurs, je sais que tu es un homme\nraisonnable. Tu as quatorze ans maintenant : à cet âge, et grâce à\nl'éducation que je t'ai donnée, on connaît le monde et les hommes.\nAinsi, je me couche tranquillement; fais en autant, sois content et je te\npromets que tu dîneras après demain au plus tard.\"\nJe me couchai en dévorant mes larmes. Le lendemain, nous quittâmes\nLeutschau. Et je n'ai plus jamais entendu parler de Zerline.\n*\n* *\nUNE TOURNÉE EN HONGRIE.\nNous fîmes un voyage affreux, de Cracovie à Varsovie ; c'était en\n1828-29 et l'hiver, même pour la Pologne, était des plus rigoureux.\nNous fûmes huit jours en route, souffrant horriblement du froid, de la\nfaim, et de la crainte de voir apparaître des loups affamés : notre cocher\ncroyait déjà les entendre hurler au loin, et tenait, comme c'est l'usage\nen Pologne, un cheval débridé, à côté de ceux qui traînaient la voiture,\npour l'abandonner aux loups en cas de danger. Ils seraient tombés tous\nsur le malheureux animal et auraient laissé aux autres le temps de\ns'enfuir.\nIl n'y a ni chemins, ni auberges, ni village, jusqu'à Rodom, à cent\nverstes de Varsovie. Nous avions un peu de jambon et du pain, que le\nfroid avait rendus presque immangeables. Un peu d'eau de vie, dont le\nfroid ôtait toute la force, nous ravivait de temps à autre. Nous grelottions\ndans nos petits manteaux de drap. On avait bien conseillé à mon père de\nse pourvoir de quelques pelisses, mais il avait saisi cette occasion de\nm'apprendre à supporter le froid. Et lui, pauvre père, n'en souffrait-il pas ?\nJe le vois encore tout transi sous cette glace neigeuse, qui dans ce pays\nabominable vous blesse, comme autant de coups d'épingles."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.52", "texte": "STEPHEN HELLER\n689\n\nPlusieurs fois, nous dûmes nous frotter le nez, les mains et les\noreilles avec de la neige, pour les raviver, car on ne les sentait plus.\nEnfin, nous arrivâmes à Varsovie. Mon père était sain et sauf, mais\nmoi, je tombai malade. Aujourd'hui ; je bénis mon père de ce voyage\nterrible. J'en suis sorti parfaitement bien et je sais ce que c'est que le\nfroid. Mon père me soigna avec une tendresse et un amour qui me firent\nun bien immense. Je vis son cœur sous cette écorce qui l'enveloppait si\nrudement ; mon amour et ma vénération pour lui redoublèrent.\nNous arrivâmes à Bartfeld, aux confins de la Pologne et de la Hon-\ngrie, au mois de Juin 1828. La ville était remplie de magnats hongrois\nqui, fiers de leur compatriote enfant prodige, me comblèrent de préve-\nnances. Le Comte de Szirmay, un des plus riches propriétaires de Tokay\nétait seul de toute la ville à posséder un piano. Il me le prêta pour mon\nConcert, qui devait se donner à quatre heures de l'après-midi dans la salle\nde Jeu. Le succès d'un Concert dans une ville d'eaux, Bartfeld est\nconnu en Hongrie par ses eaux minérales d'un goût exquis, dépend\nsurtout du temps qu'il fera. Il y avait, près de la salle de jeu une petite\ncolline, qui habituellement se couvrait de nuages lorsque le temps allait\nse gâter. Cent fois au moins, mon père alla l'examiner ; son anxiété me\ndonnait un inextinguible fou rire. Enfin ; la pluie se mit à tomber tout\ndoucement, et les hôtels de Bartfeld rentrèrent pour jouer au Pharaon, au\nMacao, les jeux de hasard les plus diaboliques et les plus aimés des\nHongrois. La banque se tenait dans la salle même où j'allais jouer. Mon\ngénéreux protecteur, le Comte de Szirmay, très considéré par tout le\nmonde à cause de son rang et de sa fortune se plaça à l'entrée du salon, et\nobligea tous ceux qui y entraient pour jouer, à prendre un billet à la caisse\nétablie près de là, et tenue par son heydespèce de valet de chambre en\nuniforme de haute fantaisie.\nLe piano, un misérable petit piano carré, grand comme une\ntable, fut apporté par un domestique, qui le transportait sous son\nbras, et le Comte vint me chercher dans mon trou d'attente pour me\nprésenter à l'honorable assemblée. Un hurrah effroyable me salua de tous\nles coins de la salle. Il s'adressait aussi bien à mon costume qu'à ma répu-\ntation de jeune pianiste hongrois. Le Comte avait obtenu de mon père la\npermission de me faire faire un petit costume national. Il détestait l'habit,\nles pantalons et la cravate blanche, alors de rigueur chez tout artiste. Il\nm'avait fait faire une redingote noire, (bekesch), chamarrée de brande-\n\n4"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.53", "texte": "690\nS. I. M.\n\nbourgs de soie et des pantalons collants, également ornés de dessins pleins\nde goût et de simplicité dans leur richesse ; puis des bottes, (czismas) qui\nse mettaient par dessus les pantalons, et qui arrivaient à la hauteur du\nmollet. Une cravate noire à bouts frangés d'or et un calpac, espèce de\ncasquette en martre doublée de velours noir, qui ne se porte jamais sur la\ntête mais sous le bras gauche, complétaient ce costume, qui m'allait très\nbien.\nUne misérable troupe de Comédiens qui donnait des représentations\nà Bartfeld pendant la saison d'été, prêta son secours de remplissage à mon\nconcert. M118 Célia, soubrette d'un âge avancé et d'un port grandiose,\ndéclama un monologue d'une comédie de Kotzebue ; M. Kalisch, ténor\nde la première scène lyrique de Raab, dit un air de Moïse d'Elcia, qu'il\navait lui-même transposé pour ténor. Enfin, pour la bonne bouche, une\nbande de Zingaros exécutèrent sur le Cimbalon, violon et basse des danses\nhongroises merveilleusement pittoresques.\nPendant toute la durée du Concert, on ne cessa de fumer de magni-\nfiques pipes d'écume de mer et de jouer au Pharaon, à la grande table\nverte, d'où l'on entendait crier : T'aroli, le tout entremêlé de\ncris et de jurons, comme ne les possède aucune autre langue.\n■si?\n* *\nUNE VISITE A KALKBRENNER (1838).\nMa nouvelle résidence était située Cité Bergère, où j'avais une\nméchante chambre, passablement obscure et humide. Je n'osais demander\ndu bois, car mon père m'avait dans sa dernière lettre, prévenu sur les\ndangers de cet article à Paris.\nAvant tout, je me dirigeai Rue Cadet, No 24, où demeurait mon\nespérance capitale, mon ancre de salut, sous le nom de Kalkbrenner.\nIl me reçut avec un sourire inneffable, qui me parut d'un triste\nprésage. La première question qu'il m'adressa fut celle-ci : combien\nd'argent pouvez vous dépenser à Paris ? Mais, M. Kalkbrenner, répondis-\nje en pâlissant, aucun argent, vous savez bien qu'un artiste n'a point\nd'argent.\n\" Comment, point d'argent ! est ce que par hasard, je ne serais point\nartiste, moi ! Je suis riche, très riche, quoique les temps soient passés où"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.54", "texte": "STEPHEN HELLER\n691\n\n! je gagnais cent vingt, cent trente, et même cent quarante mille livres bon\nan mal an. Voyez un peu mon appartement, mon cher Stephen ; voyez,\net ne soyez pas timide avec moi, que diable : on ne devient pas fier en\nacquérant un nom célèbre. Voyez, je vous prie, (il souriait toujours,) ce\nI plafond, ces papiers, ce tapis, ces glaces de Venise, ces tableaux. Avez-\nvous vu de pareils appartements dans votre pauvre Allemagne, chez les\npauvres artistes de là-bas, sans fortune comme sans réputation ?\nSavez-vous que je paie neuf mille francs de loyer ? \"\nIci, je joignis les mains et je dis : \" Ah, M. Kalkbrenner ! \"\n\" Venez, mon cher, nous irons faire un tour. Je vous présenterai à\nmes éditeurs ; mon Dieu, il n'y en a pas d'autres dans Paris ! —Je composai\navant hier une charmante pensée fugitive que je jouai hier soir chez\nMme d'Appony :on répandit des larmes. C'est que, voyez-vous, mon cher,\nc'est peut-être la plus belle œuvre qui soit jusqu'à présent sortie de ma\nplume. Voulez-vous l'entendre ?\n\" Mais, je serais trop heureux ! \"\n\" Vous allez entendre quelque chose de neuf. \"\nEt il me joua un méchant petit morceau, vieux d'invention comme\nde forme ; tiède et fort comme du thé qui a bouilli dix fois.\nIl me regarda avec une espèce d'avidité qui me fit faire presque à mon\ninsu, des contorsions et des cabrioles admiratives.\nNous sortons ensemble. Je parle ordinairement un peu bas. Le bruit\ndes rues de Paris couvre ma voix ; et à chaque instant, M. Kalkbrenner me\ncrie : \" Parlez haut, très haut. On voit que vous êtes habitué aux misé-\nrables petites villes d'Allemagne. Pauvre provincial que vous êtes ! Je ferai\nnon seulement votre éducation musicale, mais je m'efforcerai de vous\ndécrotter, de vous rendre présentable à Paris. Voyez-vous, mon cher, on\nvous rirait au nez si vous restiez comme vous êtes. Vous êtes gauche,\ntimide, vous parlez le Français horriblement mal ; vous marchez d'un air\ndisgracieux ; vous avez l'air trop sérieux, trop mélancolique. Enfin, il\nfaut vous régénérer tout à fait, je vous trouve très ridicule.\n\" Mais, M. Kalkbrenner, fis-je, il me semble qu'on ne peut trouver\nridicule un homme tout à fait sans prétention, comme moi.\n\" Si, si, mon cher, vous ne pouvez oser vous montrer dans un salon\nde Paris. Vous ne savez pas ce que c'est qu'un salon de Paris. Voyez-vous,\nmon cher, j'ai toujours été près du trône, moi ; j ai converse avec des Rois,\navec des Reines ;et Mme la Duchesse de Berry était pour moi comme une"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.55", "texte": "692\nS. I. M.\n\nsœur ne Test pas pour son frère. Cette longue pratique avec les chef\nd'une grande nation m'a donné ces manières distinguées, cette aisano\nqu'on me voit. Est-ce que vous sauriez parler à une Duchesse, vous serie:\nbête comme une oie ! Moi, je donne des leçons à Son Altesse Royale 1:\nDuchesse d'Orléans. Charmante femme que cette Duchesse d'Orléans\nJe crois très importante ma mission d'inculquer les principes de mon ar\nà une princesse qui un jour sera Reine ! ! ! Cela influera sur le pays qu'elk\ngouvernera. On me bénira alors, parceque j'aurai été son maître.... Voye2\ncomme on me salue de toutes parts.... je ne puis faire un pas sans rencon-\ntrer des amis intimes... Celui qui vient de me saluer était le Duc de\nNoailles. Le petit gros homme avant lui, le général de Sparre, pair de\nFrance.... Justement, voici la Comtesse d'Osmond; \" .... bonjour, chère\nComtesse, êtes vous reposée du Raout charmant de la Princesse de\nBelgiojoso ? \" I\nNous étions arrivés rue Richelieu, chez l'éditeur Schlesinger, auquel\nM. Kalkbrenner me présenta en disant : \" Cher Maurice, je vous présente\nun nouvel élève à moi ; il joue, et il compose aussi un peu. Mais tout\ncela est pauvre, petit et sans style Enfin, nous le formerons. J'ai vu\nquelques articles de lui dans la Gazette de Leipzick : pas mal, pas mal du\ntout. Vous pourriez l'employer pour votre journal de Musique. Ainsi\nBlanchard, ce misérable, vient de critiquer ma Polonaise en Mi. Dites à\nStephen de faire un nouvel article sur ma Polonaise. Il est capable d'en\ncomprendre toutes les qualités. \"\nM. Schlesinger lui répondit : \" Avec plaisir, cher Monsieur, mais\nje vous prie de ne pas trop me presser sur l'argent que je vous dois pour\nvotre fantaisie brillante op. 86 sur Guido et Ginevra. Je n'ai pas d'argent,\nfoi d'honnête homme, mais vous aurez l'article demandé, d'ici quinze\njours dans ma Gazette musicale. \"\n\" Vous êtes un farceur, mon cher Maurice, reprit M. Kalkbren-\nner, je vous connais. Faites passer l'article de Stephen sur ma Polonaise\net confiez lui encore quelques autres œuvres de moi. \"\n\" Mon cher Kalkbrenner, je vous avoue que votre fantaisie bril-\nlante op. 86, ne va pas bien ! \"\n\" Allons donc, vous êtes, parole d'honneur, le premier éditeur\nqui me parle ainsi ! Je vous enrichis, vous autres drôles \"\n\" Vous autres drôles de compositeurs, vous nous donnez pour de\nbon argent, de mauvaises croûtes !\""}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.56", "texte": "STEPHEN HELLER\n693\n\n\" Que vous ne nous payez pas, coquins d'éditeurs. \"\n\" Que vous, marauds, vous voudriez voir payées, avant de les\navoir écrites. \"\n\" Vous êtes toujours très gai, mon cher Maurice. \"\n\" Mais oui, je ne grave en ce moment aucun morceau de vous. \"\n\" Ecoutez, mon cher Maurice, faites passer l'article de Stephen\npour dimanche prochain. \"\n\"Vous l'aurez, vous l'aurez, mais avouez que cela paraîtra fort\nétrange de voir deux articles de suite sur le même morceau. Enfin, ça ne\nfait rien ; mais vous ne me presserez pas quant à l'argent, n'est ce pas,\nmon cher Kalkbrenner ? \"\n\" Non, non, mais que je voie l'article dimanche prochain ! \"\n\" Vous l'aurez, cher ami.\n\" Donc adieu, mon cher Maurice, sans rancune.\n\" Adieu, mon cher Kalkbrenner, sans rancune. \"\nJe vous fais grâce de mes réflexions pendant ce colloque. C'était\npour moi chose toute neuve d'entendre un éditeur parler ainsi à un artiste\nde grand renom. Cette manière de quêter un article me surprit désagréa-\nblement. Et puis, M. Kalkbrenner avait vraiment une singulière façon de\nme recommander !\nQuelques jours après, M. Kalkbrenner me mena dans son salon où je\ntrouvai un jeune homme, qui étudiait en compagnie d'une barre de bois\nsur laquelle étaient appuyés ses avant-bras. D'abord, je crus que c'étaient\nlà d'espèces de ceps, où les mains du malheureux patient devaient expier\nquelque crime musical. Je vis sur le pupitre devant l'infortuné jeune\nhomme \"Polonaise brillante pour le piano, op. 86, par tred. Kalk-\nbrenner. \"\nJe me rappelai le rédacteur malappris, dont j'avais entendu parler\nl'autre jour, et l'idée que quelqu horrible vengeance se tramait la, se\nprésenta aussitôt à mon esprit.\nPourtant, je me trompais. M. Kalkbrenner me dit : \"Voila ; mon\ncher, un condisciple ; il est déjà avancé et vous suivrez ses conseils. Tous\nles huit jours, je vous donnerai une leçon, moi-meme. Si j en étais empê-\nché, un de mes meilleurs élèves, Camille Stamaty, me remplacerait.\nD'abord, un petit examen avant de commencer : avez-vous assez d argent\npour me payer les quinze cents francs pour trois ans que doivent me payei\ntous les élèves qui se destinent à l'art ? Si vous n avez pas d aigent"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.57", "texte": "694\nS. I. M.\n\ncomptant à me donner 500 francs d'avance, vous me souscrirez\nun papier de ce genre :\n\"Vous me donnez votre parole d'honneur de ne jamais professer une\nautre méthode que la mienne. Si vous composez quelque chose, vous ne\nle donnerez à aucun éditeur sans ma permission. Je ne veux pas que mes\nélèves me compromettent, en livrant à la publicité des compositions\nmédiocres ou mauvaises. Vous n'accepterez point d'élèves, sous aucune\ncondition, sans ma permission.\nMaintenant, dites moi quel est le ton qui a 32 dièzes. \"\n\" Hein ? \" fis-je.\nIl répéta d'une voix plus accentuée.\n\" Pardon, répondis-je, je crois ne pas bien entendre. \"\n—\" S Allemand, s'écria-t-il, je vous demande, corbleu, quel est\nle ton, le nom du ton, le mode enfin, où il y a 32 dièzes à la clef? \"\nA mon tour, la colère me prit. Cependant, je me contins encore.\n\"Je ne suis pas habitué à ce bruit des rues de Paris, fis-je avec\nassez de calme. Peut-être ai-je des bourdonnements dans l'oreille. Parole\nd'honneur, je crois que vous plaisantez. \"\n\" Mille diables ! Vous croyez que je plaisante, mauvais plaisant\nque vous êtes. Vous n'êtes tous que des manœuvres, et non pas des artistes.\nVous croyez en savoir assez, quand vous connaissez vos 24 modes\nmajeurs et mineurs. Moi, je ne me contente pas du nécessaire. Moi, j'en\nsais plus qu'il n'en faut à un artiste. Je suis de première force au billard,\nde seconde force en équitation, je fais des armes comme Collignon, mon\nmaître ; je joue à tous les jeux de cartes avec supériorité. Tout cela n'est\npas nécessaire, n'est ce pas ? Voyons, le ton de 32 Dièzes ? \"\nIci, je ne fus plus maître de moi. Je commençais à voir des taches\nrouges et vertes, signes de mes grandes colères. Je me sentais monter le\nsang à la tête. Ma langue était lourde, et comme retenue par un poids\nimmense.\nComment, me dis-je, toi, Stephen, tu te laisserais ainsi maltraiter par\nun misérable paon, stupide, orgueilleux et niais. Tu serais désormais\nesclave d'un homme qui commet journellement une Fantaisie ou une\nPolonaise, et qui porte atteinte à la pudeur des jeunes artistes inexpéri-\nmentés, qui n'ont au monde que leur réputation, si tant est qu'ils en aient.\nComment, toi, dont différentes compositions ont été signalées par Schumann\nau monde musical, comme des morceaux génialement fous, tu ne serais"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.58", "texte": "STEPHEN HELLER\n695\n\nqu'un manœuvre, et tu prendrais des leçons d'un élève de M. Kalkbrenner !\nNon, ce ne sera pas !\n\" M. Kalkbrenner, dis-je d'une voix tremblante d'indignation, je\nsuis assez musicien pour pouvoir me passer de tout guide, fût-ce votre\nguide-mains breveté lui-même. Il fut un temps où je travaillais huit\nheures par jour ; je jouais vos polonaises et je souffrais beaucoup.\npassati !Je n'aime plus les brandebourgs et les passementeries musicales.\nDepuis la révolution de 1830, nous autres nous avons\nchassé les mauvais rois. L'ancien régime des Polonaises a été remplacé\npar celui des bonnes Sonates constitutionnelles. Et gare à vos perruques\npoudreuses !\"\nPar malheur, M. Le Chevalier Kalkbrenner est pourvu d'une perru-\nque en toutes lettres.\nIl me regarda, stupéfait, et chercha quelqu'arme ou bâton.\nJe m'armai aussitôt d'un guide-mains, qui traînait d'un air soucieux\ndans un coin de la chambre.\nAprès un long silence M. le Chevalier s'écria : \"Jamais, tant que\nje vivrai, vous n'aurez ni élèves, ni éditeur !\n\" Au moins, répondis-je, j'aurai toujours le loisir d'écrire dans la\nGazette musicale, dont M. Schlesinger m'ouvre les colonnes, quelque bonne\ncritique sur les Polonaises des temps modernes, et sur la décadence des\nCompositeurs Pianistes, ci-devant capitalistes d'un revenu de 120, 130,\net même 140 mille livres, bon an mal an. \"\nJe saluai et je partis, heureux de m'être délivré de ce Chevalier....\nd'industrie, puisqu'il fabriquait des pianos avec M. Pleyel.\nMais je tremblais en voyant diminuer tous les jours mon capital de\n700 Francs. Car M. Schlesinger accepta bien mes articles pour sa gazette,\nmais ne voulut pas entendre parler de mes compositions.\n\nStephen Heller."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.59", "texte": "Plusieurs de nos lecteurs ont été surpris de ne pas trouver dans notre der-\nnier numéro des fragmentsd'œuvres des\nnous sommes heureux de pouvoir satisfaire\nintention que nous avons retardé la publication de cette musique à laquelle nous\ndésirions donner toute la place quelle mérite.\n9\n\nL'ORGIA\nPoème symphonique en forme de Scherzo (Fragments)\nThème I :\nA. Gasco"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.60", "texte": "LA JEUNE ÉCOLE ITALIENNE\n\n697\n\nCe thème donne lieu à de nombreuses variations et modifications. Le\nplus important de ces développements est celui qui précède de peu la con-\nclusion de la pièce et auquel on arrive par un crescendo en progession :"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.61", "texte": "698\nS. I. M.\n\nIV. Episode Sentimental :"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.62", "texte": "LA JEUNE ÉCOLE ITALIENNE\n699\n\nV :"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.63", "texte": "700\nS. I. M.\n\nQUATUOR A CORDES\n(Fragment)\nA. G"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.64", "texte": "QUATUOR A CORDES\n\n(Fragment)\nF. Tommazini"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.65", "texte": "RIE MANN (Prof. Hugo). —\n(Schlesingersche Musikbibliothek N° l2.Lpz. Berlin in 12° ; 1.80.)\nC'est là un excellent petit guide conducteur à travers les\ndifficiles quatuors de Beethoven, que contiennent les parties les\nplus audacieuses de l'œuvre du maître. M. Riemann a naturelle-\nment employé pour ces analyses son système de chiffrage, qui se\nrévèle comme parfait pour ces sortes de travaux, où il s'agit avant\ntout de mettre de l'ordre dans les conventions musicales. Je ne\ncesserai de le répéter, le chiffrage riemannien n'a rien à voir avec\nl'acoustique des physiciens ; il constitue une habile simplification\nà l'usage des musiciens, qui veulent connaître les fonctions des\ndifférentes personnalités harmoniques. Pour ceux-là il est infini-\nment utile.\nHORNBOSTEL (Erich von). —\naus Norwestbrasilien.(Tirage à part. Berlin in 40 de 15 pp.)\nNotre confrère de Berlin, bien connu pour ses études de\nfolklore musical exotique, a eu la bonne fortune de pouvoir\nétudier toute une collection de flûtes de Pan, du Brésil, telles\nqu'elles sont encore employées par les indigènes du Nord-Ouest de ce pays. Il en a tiré\nd'intéressantes constatations et conclut en attribuant aux Indiens du Brésil une oreille\nassez juste, la volonté de systématiser l'ordre des sons, et le goût des séries purement\ndiatoniques.\nPETERS. Katalog der Munkbibliothek Pneu bearbeitet von Dr Rudolf Schwartz,\nBand I. Buecher und Schriften. (Lpz. in 40 de 225 pp.)\nTout le monde connaît la belle et riche bibliothèque, dont la maison Peters a voulu\ngratifier le public musical de Leipzig. M. R. Schwartz, qui en est le conservateur éclairé\nvient de mettre la main à une refonte de son catalogue. L'ouvrage ne comprend encore que\nle premier volume, soit les livres et écrits sur la musique. Il est divisé en classes méthodiques ;\nbibliographies ; périodiques ; histoire ; biographies ; méthodes ; méthodes de chant ; instru-\nments et instrumentation ; méthodes d'instruments ; esthétique. Il contient à la fin une table\nalphabétique des noms cités. C'est un répertoire commode et qui rendra service non seulement\nà ceux qui ont le bonheur de le consulter dans la bibliothèque Peters, mais à ceux que la\nbibliographie soutient dans leurs travaux habituels."}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.66", "texte": "LES LIVRES\n\n703\n\nLEMAITRE (Henri). Histoire du dépôt légal (France). Publications de la\nsociété française de bibliographie. (Picard et fils in 8° de 128 pp.)\nCet ouvrage touche peu à la musique, dont le dépôt légal ne s'est jamais beaucoup\nsoucie. Nous voyons cependant qu'en 1714 les graveurs de musique sont rappelés àla loi de\ndépôt, ainsi qu en 1738 et 1740 ; en 1745 le censeur Simon insiste pour se faire remettre les\ncantates de Bernier. De nos jours, il paraît qu'un exemplaire de la musique déposée va à la\nBibliothèque Nationale, un autre au Conservatoire, et le troisième au Sous-Secrétariat des\nBeaux-Arts, qui envoie la musique de chambre à la bibliothèque de l'opéra et le reste en\nprovince. Il faut admirer le discernement des Beaux-Arts, qui précisément font parvenir àla\nbibliothèque d un théâtre subventionné la musique écrite pour la chambre !\nVIRGILI (Virgilio). Bernardo Pasquini (Pescia E. Nuvci 1908 in 12°).\nr_ Utile petit ouvrage a consulter et qui peut-etre 1 amorce de la grande monographie que\nmérité le claveciniste Pasquini, l'une des meilleures gloires italiennes.\nILLUSTRIRTER TONKUENSTLER KALENDER (Mtinchen G. Muller 1910\nM. M. J. Seiling et E. Istel ont donné un aspect nouveau au calendrier musical. Sur les\npages de droite se trouve le quantième et l'annonce du jour : puis des portraits de musiciens\ndont c'est l'aniversaire et enfin divers renseignements et dates utiles. Sur la page de gauche\nles habituelles annonces qui permettent à ces ouvrages de voir le jour. Une idée ingénieuse\nest d'avoir indiqué le jour pour 1910, 1911 et 1912. De la sorte le calendrier pourra servir\npendant plusieurs années. L'iconographie est habilement choisie, et le présentation des annon-\nces fort artistique.\nBACH-JAHRBUCH année 1909. (Breitkopf in-120 de 160 pp.)\nLa société Bach, après avoir rendu au monde le grand service de rééditer et de mettre\nau jour toutes les œuvres du maître, ne s'est pas complètement dissoute. Elle continue de\nvivre sous le nom de Neue Bachgesellschaft ; elle organise des fêtes comme celles de Duis-\nbourg, où, il y a quelques mois, Mme Landowska a fait triompher le clavecin ; elle publie un\nBulletin annuel. Celui de 1909* dirigé par notre collègue Arnold Schering, contient les\narticles suivants : R. Handke \" Zum Linearprinzip J. S. Bach. \" K. Nef. Bachs Verhaeltniss zur\nKlaviermusif^. \" Oppel \" Zur Ténor Arie der Kantate 166.\" Dannreuther \" Traduction alle-\nmande de son chapitre sur F ornementation chez Bach 99 Wustmann \" Konnte Bach Gemeinde bei\nsienen einfachen Choralsaetzen mitsingen 99 Oppel u Buxtehudes musikalischer Nachrufbeirn Tode\nseines Vaters 99 Wustemann u Matthâuspassion. 99 Schering uZu den Beschluessen des Dessauer\nKirchengesangvereintagcs. Tous les amis de Bach et de son art devraient se passionner pour ces\nquestions, qui paraissent minutieuses mais qui nous initient à la restauration méthodique et\ncertaine de l'art du XVIIIe siècle.\nFONDI (Enrico). La vita e Fopéra litteraria del musicista Benedetto Marcello (Roma\nModes in-12,0 de 134 pp. Lire 2).\nJe ne puis comprendre la pensée qui a présidé à la composition de ce volume. La matière\nen est divisée en chapitres qui ont l'air de s'ignorer les uns les autres, et dont chacun com-\nprend en forme d'appendice sa propre bibliographie, de telle sorte qu'il est impossible de faire"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.67", "texte": "y 04\nS . I. M .\n\naucune recherche utile dans ce fatras. L'auteur paraît cependant s'être donné bien du mal.\nSes sources sont nombreuses, et il a lu les ouvrages qui l'avaient précédé sur ce sujet. Pourquoi\nn'en a-t-il pas tiré meilleur parti ? On ne saurait trouver de plus joli sujet que celui de la vie\net des œuvres de ce gentilhomme de lettres et de musique Benedetto Marcello. M.M. Bour-\ngault-Ducoudray et Bellaigue en savent quelque chose.\nLÉVÊQUE (R. P. Dom). Saint Grégoire le Grand et l'ordre bénédictin. (In-I2° de\nXXII-330 pages, 4 fr. 50. Sethielleux, 10, rue Casette, Paris).\nTARDUCCI (Prof. T.) Storia di S. Gregorio Magno e del suo tempo. (In-8° de 500 p.\n6 fr. Pustet, Rome.)\nSaint Grégoire le Grand est décidément à l'ordre du jour. Est-ce la rénovation du chant\nqui porte son nom qui a valu cela ? Tant mieux ; car, malgré l'intérêt et le charme du chant\ngrégorien, il tint en somme peu de place dans la vie de ce grand pontife, qui est de plus un\ngrand homme. C'est dire que, dans les deux ouvrages que nous annonçons, on trouvera peu\nde musicologie : en revanche, ceux de nos lecteurs qui sont tentés par l'histoire d'une curieuse\népoque y trouveront maints détails attachants.\n\nA. Gastoué.\n\nLIVRES REÇUS\nBERGER (Achille). Théorie Scientifique du violon (Paris. Demets, in-40 de 115 p.)\nKINKELDEY (Otto). Ein Beitrag (Leipzig,\n1910, Breitkopf et Hartel, in-40 de 320 P-)\nKRETZSCHMAR (Hermann) (Leipzig,\n1910, Fr. Wilh. Grunow ; in- 4° ùe 577 p.)\nLENOEL-ZEVORT (Alix). (Paris,\nG. Ficker ; in-120 de 523 p.)\nRIEMANN (Prof. Dr Hugo). Beethov [Meisterfuhrer, 12)\n(Berlin, Schlesinger : in-8°).\nTHIBAUT (P.J.)- Panégyrique de Flmaculée. (Paris, Alph. Picard, 1909 ; in-40\nde 52 p.)\nVIERGE (Louis). De Mozart à (Pau. Imprimerie Vignancour 1907 ;\nin-8° oblong de 53 p.)\nCHARRIER (Pierre). Les droits du critique théatral, littéraire, musical et artistique.\nPréface de Me René Lafon. (Paris Schleicher frères, in 12° de 132 pp. Fr. 2.50)."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.68", "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE\nSÉANCE DU LUNDI 7 NOVEMBRE 1910\nLa Seance est ouverte a 2 heures a la Bibliothèque Nationale. Assistaient à cette Séance :\nM. Malherbe, Président, MM. Ecorcheville, L. de la Laurencie, J.-G. Prod'Homme, Poiréej\nDauriac, M. et Mme Lefeuve, Ch. Legrand, Ch. Petit, Cesbron, Laugier, H. Marcel)\nM. Gandillot, G. Knosp, F. Guérillot, Tiersot, A. de Bertha, Mme Brenet, Mlle Babaian,\nMlle Daubresse, A. Trotot, E. Wagner, H. Quittard, L. Greilsamer, A. Boschot, Laugier,\nDocteur Marage.\nLa Séance est consacrée à l'audition des instruments anciens (luth, théorbe, clavecin,\nclavicorde), que notre Collègue de Boston, M. Arnold Dolmetsch, est parvenu à reconstituer\naprès de patientes recherches. M. Malherbe souligne tout l'intérêt d'une telle reconstitution,\net remercie M. Dolmetsch de bien vouloir consacrer à notre Section, quelques moments de\nson court séjour à Paris.\nM. Dolmetsch prend ensuite la parole. Il dit ses premières études pour la reconstitution\ndes instruments anciens, d'abord en Angleterre, puis en Amérique où il eut la bonne fortune\nde rencontrer en MM. Chickering et fils, les facteurs de pianos de Boston, d'enthousiastes\nadmirateurs, qui, en mettant à sa disposition leur personnel et leurs ateliers, lui permirent de\npoursuivre efficacement ses expériences.\nM. Dolmetsch exécute sur le luth des pièces anglaises, françaises et écossaises ; sur le\nclavicorde, une Chaconne de Haendel, deux sonates de Scarlatti, une toccata de Purcell, la\nSuite en mi de Rameau ; celle en Sol de Bach ; sur le clavicorde, des pièces du Clavecin bien\ntempéré, et du livre de Anna-Magdalena Bach, une Sonate de Mozart.\nMiss Victoria Harrell et Mademoiselle Madeleine Bonnard, chantent l'une et l'autre,\naccompagnées au théorbe.\nAu cours de cette audition, M. Dolmetsch donne différentes explications, tant sur ses\ninstruments que sur la musique qu'il exécute, en insistant sur l'utilité des instruments anciens,\nau point de vue de la compréhension des œuvres anciennes.\nPuis, M. Dauriac parle de la famille Dolmetsch ; il rappelle que le grand'père de\nM. Arnold Dolmetsch se rendit de Stuttgard à Zurich au début du XIXe siècle, et qu'il prit\npart avec Naegeli aux célèbres éditions de Bach. Ses fils furent des virtuoses : l'un d'eux\nécrivit vers 1860 un morceau intitulé \" Le Hamac. \"\nLa Séance est levée à 4 heures 1/2.\nS"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.69", "texte": "LA COMMISSION DU CORPUS\nSCRIPTORUM DE MUSICA MÆDII ÆVI\n\nIl y a quelques années l'un de nos plus éminents collègues M. le Dr Guido Adler,\nprofesseur à l'Université de Vienne, et le promoteur de ces grand Denkmaeler qui ont rendu\ntant de services à l'histoire musicale lança l'idée d'un vaste de tous les traités de théorie\nmusicale du moyen âge. Cette entreprise considérable ne pouvait réussir qu'avec l'appui d'un\ncomité international, qui se forma dans notre société et qui se mit aussitôt à l'œuvre.\nCette commission, après avoir constitué ses règlements se réunit à Vienne en 1909, et\nvient se d'être convoquée à nouveau à Munich en ybre dernier. Notre pauvre collègue\nPierre Aubry, qui se trouvait à la tête du groupe français, ne pouvant se déplacer à cette\népoque m'avait chargé de le représenter à la séance de septembre, puisque aussi bien nos fêtes\nfrançaises m'obligeaient à me trouver en Bavière à ce moment.\nCette conférence se tint à l'Université de Munich le 15 septembre en présence de\nM.M. Guido Adler [Autriche),président, le R.P. don Amelli J. Ecorcheville\nA. Thurlings recteur de l'Université de Berne et P. Wagner [Suisse), Johannes Wolf [Prusse),\nH. Abert [Saxe), Sandberger et Th. Kroyer [Bavière), Ludwig (Strassbourg), Chybinski et\nJachimecki [Pologne),Scheurleer [Pays-Bas).S'étaient excusés M.M. Barcly Squire\nDom Gaisser [Rome), Kretschmar [Berlin), Krohn (Helsingsfors), Dom Mocquereau [lle de\nWight), Sachetti [St. Petersbourg),Woolridge [Ox\nAprès les formalités d'usage et les discours de bienvenue, le président fit l'éloge de\nnos collègues Pierre Aubry (Paris), F. Haberl (Ratisbonne), O. Koller. Chaque nation\nprésenta un rapport sur les travaux de la commission dans son pays. En Autriche, en Suisse et\nen Angleterre, les travaux de bibliographie et de dépouillement des bibliothèques sont terminés.\nEn Allemagne ils sont en train et seront achevés pour le congrès de Londres (1911). En\nItalie, ils suivent les dépouillements de la société des Musicologi Italiani. En Belgique et en\nFrance rien n'a encore été fait. La France s'engage à terminer la bibliographie d'ici le congrès\nde Londres, à la réserve du fonds latin de la bibliothèque nationale. La Russie oppose à toute\nentreprise Internationale une inertie complète et la plus mauvaise volonté. M. Jachimecki est\nchargé de poursuivre ses efforts de ce côté. En Espagne notre collègue M. Collet a pris des\ndispositions pour achever cette bibliographie aussi vite que les conditions du travail dans ce\npays le permettent. En Hollande M. Scheurleer s'entendra avec le Professeur Wolf.\nLe professeur Sandberger pose la question financière. Le gouvernement d'Autriche-\nHongrie avait accordé un crédit de 3000 couronnes qui permit de dresser la bibliographie\ndans ce pays. Il a désormais inscrit au budget de l'lnstruction publique 5000 couronnes affectés\nau Corpus. A Berlin, l'Académie des Beaux-Arts a donné une somme de 1,50° mk- et se\npropose de continuer une contribution de ce genre, à la condition que le Corpus observe\ncertaines prescriptions paléographiques. La Suisse estime que le gouvernement confédéral"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.70", "texte": "S. I. M.\n707\n\ndonnera par annuités une somme de 5000 francs. La Bavière obtiendra quelque chose, la\nHollande aussi. En Angleterre les Académies ont été pressenties. En France aucune demande\nn'a encore été faite. L'ensemble de la publication comprenant tous les traités du VIP au\nXVIe siècle, avec les frais de bibliographie et l'appareil critique nécessaire atteindra certainement\nle chiffre de 150.000 francs.\nLes matériaux à mettre en œuvre et à publier seront ainsi réparties :\nl° 'Période preguidonienne, les Bénédictins de Solesme.\n2° Guido et ses commentateurs, Dom Amelli.\n30 Les traites liturgiques de 1200 à 1600, MM. Hermann Mtiller et Mathias.\n40 U Ars Antiqua,MM. Ludwig et Ecorcheville.\n5° U Ars Nova, M. Johannes Wolf.\n6° De 1450 1600, MM. Reitsch et Kroyer.\nA la demande de MM. Gastoné et Dom Gaisser une question concernant les traités\nbyzatins se trouve posée. La commission, bien que n'ayant eu en vue que les traités de langue\nlatins ou vulgaire, est disposée à entendre les propositions qui lui seront faites à ce sujet.\nM. Ecorcheville est chargé de représenter la France dans la commission du Corpus en\nremplacement de M. Aubry et de diriger d'une commun accord avec ses collègues les travaux\ndu Corpus en France.\nL'entreprise considérable que constitue cette édition critique semble donc en bonne\nvoie. Les travaux préparatoires de bibliographie seront sans doute achevés dans l'Europe\nentière d'ici trois ans ; ils le seraient l'année prochaine si l'ltalie et l'Espagne se hâtaient. La\nbesogne se trouve dès maintenant divisée entre différentes compétences. La France a tenu à\nconserver dans sa part l'art des mensuralistes du XIIIe siècle, art éminement parisien.\nMalheureusement la mort de Pierre Aubry enlève à notre pays le seul savant qui eut\nvéritablement droit de s'adjuger ce labeur, et nous avons du prier notre collègue le Dr Ludwig\nde l'Université de Strasbourg de bien vouloir se substituer à lui, et s'associer à nous. De\nnotre côté, une fois la bibliographie achevée sommairement, grâce aux catalogues des Mss.\ndes Bibliothèques de France, nous espérons trouver auprès de notre gouvernement et de nos\nAcadémies les ressources qui nous permettrons de former un matériel photographique complet\nde tous ces Mss. et contribuer ainsi à ce grand oeuvre international.\nLa commission du Corpus se réunira à nouveau à Londres au printemps prochain.\n\nJ. E."}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.71", "texte": "RECTIFICATION\nJ. Ecorcheville.\nJe reçois du Président de notre Section de Paris la lettre suivante :\nParis, 29 Novembre 1910.\nMonsieur le Directeur,\nUne notice nécrologique sur M. Pierre Aubry a été publiée dans le Bulletin de la S. I. M. du 15 Octobre\ndernier. Absent de Paris quand ce N° a paru, je viens seulement d'en prendre connaissance, et j'y trouve, à ma\ngrande surprise, la dite note signée de mon nom.\nLa vérité m'oblige à déclarer hautement qu'il a été fait un regrettable abus de ma signature, car je n'ai\npas rédigé cet article ; je n'en suis l'auteur, ni direct, ni indirect ; donc, je le désavoue pleinement.\nVeuillez faire dans le prochain N° de la S. I. M. une rectification que je juge indispensable à mon hon-\nneur personnel, et agréer l'assurance de ma considération très distinguée.\nCHARLES MALHERBE\nPrésident de la Société Internationale de Musique\n(Section de Paris)\nJ'insère d'autant plus volontiers cette rectification que je suis moi-même l'auteur de ce\ntexte nécrologique. En disposant dans cette circonstance de la signature de notre président,\nj'avais cru accomplir un acte purement administratif. Je n'avais pu encore réunir les matériaux\nde l'article que je compte consacrer à Pierre Aubry et qui paraîtra dans notre numéro de janvier.\n\nCONGRÈS DE LONDRES\n\nLe congrès qui doit réunir nos membres à Londres à la fin de mai prochain, paraît devoir\nêtre particulièrement brillant. Lors du congrès de 1909, à Vienne, le gouvernement austro-\nhongrois, la Ville et différentes institutions avaient réuni un fonds de 100,000 francs pour\nhonorer la musique et les congressistes. L'Angleterre a eu recours à un autre système. Elle\nvient de former un comité de garantie dont les fonds réunis à ce jour s'élèvent à 8.000 livres\nst. soit 200.000 fr. On peut donc être assuré que nous serons bien reçus.\nLe comité de patronage présidé par M. Balfour comprend les noms suivants : duchesse\nd'Abercorn, duchesse de Norfolk, duchesse de Sutherland, comte et comtesse of Clonmell,\ncomte de Dysart, comte Howe, comte de Pembroke et Montgommery, comte de Plymouth,\ncomte de Shaftesbury, comtesse de Randor, Vicomte Iveagh, Lady Arthur Hill, Lady North-\ncote, Lady Mary Trefusis, Lord Alverstone, Lord Burnham, Lord Arthur Hill, Lord\nHoward de Walden, Lord Ludlow, Lord Strathcona, Baron Frédéric d'Erlanger, RH. Charles\nStuart Wortley, H. A. Nelson Hood, H. Harry Lawson, Sir Edgar Speyer.\nA la tête de la section de Londres se trouvent Sir Alexander Mackenzie, président,\ndirecteur du Royal Collège of Music, MM. Mac Lean, Cummings, Sir Hubert Parry,\nFrederick Bridge, C.V. Stanford, Granville Bantock, Littleton, Niecks etc.\nLes comités ont pris part à une première réunion le 14 décembre à la Mansion House,\nsur l'invitation du Lord Maire de Londres et sous la présidence de M. Balfour. Le pro-\ngramme général soumis à l'approbation des membres comprend à côté des travaux proprement\ndits du congrès, les solennités suivantes :\nUne réception générale. Deux concerts au Queen Hall. Un concert historique de\nmusique de chambre organisé par M. Fuller Maitland Une audition de la Société Hudders-\nfîeld Choral (300 choristes). Deux exécutions d'ancienne musique religieuse anglaise à St.\nPaul et à Westminster. Une audition d'orchestres militaires groupés. Une soirée à\nl'opéra. Un thé. Un Banquet au Savoy."}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.72", "texte": "GEORGES CESAR-FRANCK\n\nGeorges César-Franck\n\n(27 Novembre 1848-10 Septembre 1910).\nC'est avec une douloureuse stupeur que nous avons appris, au cours des vacances\ndernières, la disparition brutale et subite de Georges Cesar-Franck. Rien ne pouvait taiie\nprévoir la fin prématurée de cette intelligence restée si jeune, si active, qui rappelait souvent\ncelle de son Père. On ne peut croire que cet esprit si lumineux se soit éteint pour toujours,\nque cette voix extraordinaire, si chaude et si vibrante, se soit tue a jamais.\nLa mort de Georges Franck est une grande perte pour l'Université de France et pour\nl'art français. Professeur d'histoire de l'art dans l'enseignement secondaire et supérieur, il avait\nprovoqué de grands enthousiasmes, au Lycée Lakanal, à la Sorbonne, à l'Ecole Normale de\nSèvres, au Cours Patin Bastard. Partout où il professait il était apprécié et il était aimé.\nC'était une nature d'artiste. Durant les vacances, seul moment où il goûtait un peu de\nrepos, il s'adonnait à l'aquarelle avec passion. Il a laisse a ses enfants et a quelques raies amis,\ndes souvenirs pleins de vérité. Il était merveilleusement doué pour la musique. Sa mère\nd'abord, puis son père avaient dirigé son éducation musicale. Au Collège Rollin, où il avait\nfait des études excellentes sous les soins affectueux du Directeur des Etudes, M. Auguste\nPierceau, son parent, il avait un piano, placé sur le palier de 1 escalier montant aux dortoirs,\net aux heures de récréation, il étudiait Mozart, Bach, Beethoven. En rhétorique, il s était\ndéjà acquis une célébrité musicale ; camarades, élèves des autres classes, maîtres d'études,\nprofesseurs, et même quelquefois les grandes autorites se groupaient autour de son piano. Le\nDimanche, il prenait sa leçon avec son pere. Peu a peu César Fianck mettait son fils au\ncourant de son travail de chaque jour, et de ses projets d'avenir. Ils jouaient souvent ensemble\nà quatre mains et c'était une oie pour le père de voir son fils comprendre et rendre comme\nlui la musique."}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.73", "texte": "Personne n'a mieux connu César Franck que son fils Georges. S'il ne lui ressemblait\npas d'une façon frappante au point de vue physique il avait pourtant les mêmes gestes, la\nmême démarche, parfois même les mêmes éclats de voix. Comme son père, il s'était réservé\nun \" Temps de la Pensée, \" et il y méditait le plan de ses admirables leçons de la Sorbonne\nqui rappellent tout à fait, parait-il, la manière et la méthode de notre grand Michelet.\nCes Cours de la Sorbonne, limités d'abord à quelques leçons chaque année avaient eu tout\nde suite un immense succès. Etendus, en 1899 à l'année entière, ils avaient été transférés du\nvieil amphithéâtre provisoire, à l'amphithéâtre Guizot ; puis, celui-ci devenant trop petit à son\ntour, au grand amphithéâtre Richelieu. Georges Franck y développa, en un admirable cycle\nde leçons, toute l'histoire de l'art moderne, depuis les origines de l'art chrétien jusqu'au\npréraphaélisme anglais.\nIl n'avait rien d'un orateur, si l'on entend par talent oratoire un certain ensemble d'artifices\nde parole, plus ou moins persuasifs. Et cependant, nul orateur n'a jamais captivé son public\ncomme il captivait le sien : son érudition, toujours de niveau avec les dernières découvertes de\nl'archéologie et de l'histoire, inspirait tout de suite la confiance. La sincérité de ses convictions,\nla chaleur avec laquelle il les exposait, rendaient son enthousiasme contagieux et irrésistible.\nSe trouvait-on en face d'une tradition mal établie, fut-elle consacrée par toutes les sanctions\nimaginables, il n'hésitait pas à la saper par la base, s'acharnant, s'indignant, avec une véhémence\ndont il était le premier à sourire. Malgré l'acharnement qu'il mettait à défendre ses théories,\nGeorges Franck n'était point un démolisseur. Son esprit très fin ne s'exerçait jamais aux\ndépens de personne. Avait-il à dépeindre deux artistes tout différents : dédaigneux d'un facile\nparallèle, il ne les opposait pas l'un à l'autre, il les rapprochait, cherchant plutôt les points de\ncontact que les divergences. Et une harmonie profonde résultait de sa parole. Son vocabulaire\nlui -même avait gardé quelque chose de musical, comme s'il n'avait pu se défaire de certains\nmots appris dés l'enfance : une cathédrale était une symphonie de pierre, tel motif en était le\nthème conducteur et les mots de rythme et d'harmonie étaient de ceux qui revenaient\nconstamment à ses lèvres. Pour beaucoup de ses auditrices, il est resté le type de l'initiateur\nartistique ; comme son père, il exerçait une sorte de rayonnement sur ceux qui l'approchaient\net il réussissait à leur communiquer quelque chose de ses enthousiasmes artistiques.\nSon immense labeur ne lui avait jamais permis de mener à bonne fin un projet qui lui\ntenait de bien près au cœur : publier une vie de son père, et nous rendre le César Franck\nintime, vivant et vécu que lui seul aurait pu écrire. L'œuvre ne sera pas faite et nous ne\nsaurions trop le déplorer : Georges Franck est mort trop tôt. Ses forces le trahirent brusque-\nment cet été en terre étrangère, sur les bords de ce lac de Thun qu'il affectionnait particu-\nlièrement. Ses élèves perdent en lui un maître irremplaçable, un ami charmant et dévoué qui\nsavait d'un regard vous redonner courage et vous remettre dans le bon chemin. On le regrettera\nlongtemps, toujours, et il sera beaucoup pleuré parcequ'il était très aimé.\nL'un de ses plus chères élèves, la petit fille d'un grand savant, vient de prendre l'initiative\nd'un mouvement touchant. Il s'est formé grâce à elle un Comité d'élèves et d'amis qui aura\npour but d'ériger un monument au cimetière de Sceaux où repose Georges César-Franck.\nLa Souscription fermée le I 1 Janvier prochain, est ouverte aux adresses suivantes :\nM. Daux, proviseur du Lycée Lakanal.\nM-1I(' Belugon, Directrice de l'Ecole de Sèvres.\nMlUeS.Bastard et Cote des Combes, au cours Patin, 4 rue Pasquier.\nM. Pierre Lafenestre, 5 Avenue Lakanal, Bourg la Reine.\nMlle Vallery Radot, 3 rue St Dominique.\nEt aux bureaux de la Revue Musicale S. I. M., 22 Rue St. Augustin,\n\nR. F."}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.74", "texte": "LES FÊTES DE CHOPIN A LEMBERG\nAu centre: Paderewski, et près de lui Madame Landowska"}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.75", "texte": "CONCERTS ANNONCÉS\nSALLE GAVEAU\nI Décembre. Salle des Concerts — Concert du CERCLE MILITAIRE 9 heures\n4 )> >> „ Concert LAMOUREUX 3 heures\n5 ,, Salle des Quatuors— Concert U. F. P. C 2 heures\n6 „ Salle des Concerts — Société PHILHARMONIQUE 9 heures\n8 „ Salle des Quatuors — Audition Le Faure Boucherit 1 heure\n10 „ Salle des Concerts — Concert HASSELMANS (orchestre) .... 3 heures\n11 „ „ „ —Concert LAMOUREUX 3 heures\n14 ,, „ „ — Concert MARTEAU (avec orchestre) ... 9 heures\n15 » » » — Rep. publique Société BACH 4 heures\n15 >y ), * y — Concert de L'ORCHESTRE MÉDICAL (provi-\nsoirement) 9 heures\n,, „ „ — Société BACH 9 heures\n18 „ „ „ — Concert LAMOUREUX 3 heures\n19 v Salle des Quatuors — Concert U. F. P. C 2 heures\n20 ,, Salle des Concerts — Concert Auguste LAMI (orchestre) ... 9 heures\n22 „ Salle des Quatuors — Concert RAALS (piano) 9 heures\n24 ,, Salle des Concerts — Concert HASSELMANS 3 heures\n24 >> y y „ —30 ans de Théâtre 9 heures\n25 y, yy — Concert LAMOUREUX heures\n29 „ ,, „ — Rep. publique SCHOLA\n3° yy y, „ — Concert SCHOLA CANTORUM 9 heures\nSALLE PLEYEL\n11 Décembre Matinée d Eleves de Madame Abran Cassan i heure\n12 „ Le Quatuor Morhange-Pelletier 9 heures\nH ,, Le Quatuor Lejeune 9 heures\n15 ,, Mademoiselle R. Léuars et Monsieur Bizet 9 heures\n18 ,, Matinée d'Elèves de Madame Legrin 1 heure\n19 ,, Madame Roger-Miclos-Battaille 9 heures\n\nGUITARE\nMUe B» DORE\nÉLÈVE DE MIGUEL LLOBET\nLeçons Cours Ensemble\nSpeaKs english Habla espanol\n8, Rue Furstenberg Vie\nMIGUEL LLOBET\nGuitariste virtuose\nde la Cour d'Espagne\nCONCERTS\nLEÇONS\nTéléphone 829.80\nPARIS. 28, Rue Demours. XVIT."}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.76", "texte": "Les Fêtes Chopin à Lemberg\n\nLes fêtes de musique polonaise à Lemberg ont été vraiment imposantes et j'ai pu\nconstater non sans orgueil national qu'elles ne cédaient en rien aux fêtes de Haydn à Vienne,\naux 'Bachfesteà Duisburg et aux Festivals de musique française à Munich.\nLa participation très active de Paderewski a donné à cette fête un éclat et une splendeur\ntoute particulière ; c'est que le grand interprète de Chopin, glorieux dans le monde entier\ncomme musicien, a encore d'autres titres à l'admiration dans son pays natal, ceux de grand\npatriote et de donateur généreux. Après avoir doté la ville de Cracovie d'un monument\nsuperbe il a offert à la ville de Lemberg de patronner les fêtes en l'honneur de Chopin, qu'il\ns'engageait à interpréter dans tous les concerts. Malheureusement, des névralgies qu'il ressen-\ntit ces temps derniers et que nous espérons passagères, l'ont forcé à ne tenir sa promesse qu'à\nmoitié : il se fit entendre à plusieurs reprises mais comme... orateur. Nous savions déjà par\nses discours à Cracovie que Paderewski orateur est aussi grand que Paderewski pianiste, mais\nsa conférence sur Chopin au concert de l'inauguration a surpassé toutes nos attentes.\nLes journaux polonais ont donné in extenso ses quelques pages de belle littérature, mais je\ncrois que je n'oserai jamais les lire car elles manqueront toujours pour moi de ces accents\nfiévreux, de ces nobles transports, de ces modulations capricieuses et de toute cette infinité de\nnuances que possède l'art inégalable de notre orateur-musicien. Lassés, fatigués par une\nmatinée trop remplie de musique et de conférences, nous entendîmes ce discours enflammé\ndurant une heure et demie sans un moment d'impatience ou de défaillance.\nSon langage très recherché, très ciselé, est cependant simple, clair, naturel,\ncomme le doit être celui d'un tribun populaire, mais un tribun aux gestes nobles, aux\nmanières aristocratiques, harmonieux même dans ses exclamations les plus dramatiques et\ndans ses défis les plus explosifs lancés à la face de nos oppresseurs. Et quand il a terminé par\ncette phrase risquée dans la bouche de tout autre : \" Chopin, c'est nous ! s'il est grand, il l'est\npar notre grandeur et s'il est beau, il l'est par notre beauté ! \" Paderewski fut vraiment\nbeau.\nJe m'arrête de crainte de tomber malgré mon enthousiasme très sincère dans un ton\ndéclamatoire que j'abhorre. Les critiques et les fabricants de compte-rendus ont abusé des\nadjectifs louangeurs, ont assez souillé les mots : \" divin, admirable, grandiose, colossal \" et je\nne me sens point la force d'en inventer d'autres dans le wagon où j'écris cette lettre de\nPologne.\nPaderewski a été fêté comme un roi. \" Pourquoi me gâter ainsi, se plaint-il dans un\nde ses discours suivants ; à Cracovie on parlait de moi plus que du Grunwald, ici à Lemberg\nvous me donnez plus de place qu'à Chopin... que faire, c'est bien là notre nature polonaise,\nexcessive, sans frein, sans mesure, c'est le tempo de notre caractère, qui fait que nous\ndonnons toujours ou trop ou pas assez \"\nEtait-ce peut-être une allusion à sa jeunesse quand, pauvre, il a dû quitter son pays,\nchassé par les ricanements des pions et des critiques qui lui refusaient tout talent parce\nqu'il ne levait pas assez haut son quatrième doigt ! Et il a dû courir le monde durant de\nlongues années, dévoré par une nostalgie égale à celle de Chopin, jusqu'au jour où il devint\nle grand musicien et l'interprète célèbre dans le monde entier. Virtuose, il ne le fut jamais,\ndu moins dans le sens que nous donnons à ce terme à l'heure présente. Le virtuose c'est le\n\na"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.77", "texte": "7 io\nS. I. M.\n\ncalculateur qui combine froidement ses effets pour éblouir le public ; c'est le joyeux commis-\nvoyageur en art qui, le soir, penché sur son clavier, nous parle souffrances, c'est le chercheur\nde réclame sans scrupule, le coureur de dot et de gain, qui, armé de son archet, veut nous\ndonner des leçons d'amour et de désintéressement.\nToute la vie, toute la carrière de notre grand compatriote fut toujours sincère, noble et\ngénéreuse et les honneurs qui lui ont été rendus durant ces dernières fêtes furent des plus\nmérités et nullement excessifs.\nLe Concert d'lnauguration nous a apporté une œuvre de circonstance de Zygmunt\nNoskowski, compositeur de talent, mort l'année dernière ; le titre en est un peu prétentieux :\nLa Fie de la Nation. Ce sont des variations symphoniques sur le thème du Prélude en la mai.\nde Chopin. J'avoue avoir manqué le Te Deumd'Elsner qui fut, comme 011 le sait, le maître\nde Chopin. Mais cette pièce a suivi le discours de Paderewski, qui fut le plus beau poème\nsymphonique en paroles et après lequel on \" ne veut rien de plus, on ne veut rien de\nmieux, pour contenter l'esprit et l'oreille et les yeux. \"\nLe deuxième Concert fut entièrement consacré à la musique polonaise ancienne. Le\nprogramme, très intéressant, comprenait des œuvres totalement inconnues et même inédites :\ndes chœurs a capellade Jean Polak (Joannes Polonus) de la fin du XVIe siècle et de Waclaw\nSzamotulski du commencement du même siècle ; une petite cantate de Bartholomieï Pekiel\ndu XVIIe siècle ; un Magnificat de Nicolaï Zielenski du commencement du XVIIe siècle ;\nune sonate pour deux violons et orgue ou clavecin de S. S. Szarzynski du XVIIe siècle et\ntoute une série de pièces de luth et de clavecin de Podbielski, Dlugoraj, Diomedes Cato et\nautres que M\"10 Wanda Landowska a exécutées au clavecin.\nEt cela nous fut une véritable joie de constater que ce programme a intéressé au plus\nhaut degré non seulement les musiciens, mais le très nombreux public, car la grande salle du\nthéâtre de Skarbek était archicomble. Quant à la soliste de la soirée, une vague parenté qui\nme lie à cette personne m'empêche de dire tout le bien ou tout le mal que j'en pense. Il\nserait à désirer que les œuvres de l'ancienne musique polonaise qui moisissent dans les biblio-\nthèques ou chez des collectionneurs parussent, à l'instar des Denkmaeler der Oesterreicher\nTonkunst,sous le contrôle des musiciens instruits qui les sauvegarderaient de toute transcription\nsacrilège.\nM. Maurice Rosenthal est venu de très loin pour prendre part au troisième concert.\nPeu de musiciens savent que l'éblouissant pianiste est polonais natif de Lemberg. Il a rayé de\nson programme toute pièce pouvant donner lieu à une exhibition de la virtuosité, nous prou-\nvant ainsi que, pour honorer Chopin, on doit éviter les tours de force, les sauts périlleux, le\nfracas inutile, et garder tout cela pour le gros public.\nAu quatrième concert nous avons entendu M. Schelling, un élève de Paderewski que\nle maître entourait de soins paternels. Cependant M. Schelling doit son succès à ses mérites\npersonnels, c'est un pianiste de tout premier ordre, au toucher délicat, à la sonorité ronde et\npleine et d'un goût sûr.\nLe cinquième concert a été consacré aux compositeurs vivants. Après du\nvieux maître Ladislas Zelenski tirée de son opéra \" [anek \" nous avons entendu un poème\nsymphonique de M. Ludomir Rozycki, qui compte parmi les plus intéressants compositeurs\nde la jeune Pologne. A peine âgé de 26 ans M. Rozycki a écrit plusieurs opéras et toutes une\nsérie de pièces symphoniques. Son poème An hellest de toute beauté. Le prof. Melcer, com-\npositeur qui compte en même temps parmi nos meilleurs pianistes, a exécuté son\npour piano et orchestre qui fut récompensé en 1895 au concours Rubinstein. Le de la\nsoirée, la symphonie en si mineur de Paderewski dirigée par M. Opienski fut accueillie avec"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.78", "texte": "FÊTES DE CHOPIN\n711\n\ndes ovations très prolongées. On connaît cette œuvre à Paris où elle a été exécutée sous la\ndirection de M. Messager.\nLe sixième, le concert populaire, fut précédé d'une conférence de M. Edouard\nWalter et comportait un très riche programme, très varié, qu'il nous a été impossible de\nsuivre, car en dehors des concerts, des réunions, nous avons eu une avalanche de réceptions.\nParmi les plus réussies nous devons compter celle de S. Ex. Tchorznicki le président du\nComité et celle de la Csse Pélagie Skarbek la petite fille de Frédéric Skarbek qui fut le parrain\net le protecteur de Chopin et qui elle-même est une artiste de grand talent, d'ailleurs bien\nconnue à Paris.\nLe banquet offert par la société littéraire et artistique suivi d'une séance musicale impro-\nvisée fut parfait, d'atmosphère cordiale et enjouée.\nLe Congrès des musiciens polonais a été présidé par l'abbé Surzynski, le fameux historien\nde la musique religieuse en Pologne. Dans son discours d'ouverture le président a souligné les\ngrands mérites pour la musicographie du Dr A. Chybinski et du Dr Jachimecki. Les travaux\nont été divisés en trois sections. Parmi les très intéressantes conférences je mentionnerai celles\ndu Dr Berson sur La réforme dans la notation de celle de M. Henri Opienski sur\nLa nécessité des cours d'Histoire de la musique, celle de M. Rosenzwejg sur L'Avenir de\nl'esthétique musicale. M. Ignace Fuhrman, le secrétaire du Comité Chopin, a parlé de F unifica-\ntion de la nomenclature musicale en Pologne.Mme Cornelie Parnass nous a fait connaître quelques\npetites pièces inconnues et quelques variantes de Chopin ainsi qu'un album de compositions\ninédites de celle qui lui inspira son premier amour, Marie Wodzinska. Je parlerai dans le\nprochain numéro des décisions du comité et du mouvement musicographique en Pologne.\nQu'il me soit permis maintenant d'adresser de chaleureuses félicitations au Président, à\nSon Excellence Alexandre Tchorznicki, au vice-président, au grand écrivain Adam\nKrechowiecki, et surtout à M. Stanislas Niewiadomski, notre Schubert polonais, qui fut\nl'énergique organisateur de toutes ces fêtes, ainsi qu'à son vaillant adjudant M. Ignace\nFuhrman.\n\nHenri Lew Landowski."}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.79", "texte": "Théâtres et Concerts\n\nMACBETH. Drame lyrique, musique d\nIl est toujours un peu téméraire d'inoculer le virus de la musique à une œuvre profondé-\nment saine, et qui se porte à merveille depuis des siècles. Ce qui précisément crée le chef\nd'œuvre, c'est un certain équilibre de tous les éléments de vie, et de toutes les convenances\nartistiques. Le Macbeth de M. Bloch en est un nouvel exemple après tant d'autres, et un\nexemple saisissant par le redoutable talent musical qu'il nous révèle. Séduit par l'horreur de ce\ndrame, M. Bloch a pensé qu'il trouverait là une occasion de montrer son art trépidant et\ncomplexe. Et en vérité, ce musicien arrive à nous donner une parfaite idée de la façon dont il\nmanie, ce que Victor Hugo appelait \" l'informe hurlant. \" Mais n'aurait-il pu le faire, et\nbeaucoup mieux, à ses propres risques, sans entraîner Shakespeare dans l'aventure ?\nL'horreur de Macbeth a fait naître dans l'imagination de Shakespeare une intrigue qu'on\npeut appeler littéraire, c'est-à-dire, dans laquelle la poésie, et l'intelligence claire, lucide, logique\nont leur part. La pièce anglaise nous élève ainsi au-dessus de la brutalité des événements, elle\ndonne un sens à la réalité qu'elle éclaire. Mais la musique, et surtout celle de M. Bloch ne\ns'adresse plus qu'aux sens exaspérés. Elle nous replonge dans la grossièreté du fait divers. Elle\ndonne le frisson, c'est entendu, mais rien que le frisson. Les paroles disparues dans le fracas\nd'un orchestre moderne, il reste tout juste une lamentable histoire qui se traîne dans un joli\ndécor moyen âge, et qui étire pendant quatre heures et demie son mélodrame vieillot.\nOn peut très bien concevoir le drame musical comme une crise rapide, et pour ainsi dire\nhystérique. C'est le cas de Salomé et d'Elektra. Mais Richard Strauss, lorsqu'il tente de nous\nasséner un terrible coup, nous tient tout juste une heure et demie, et sans entr'acte. Le coup\nest porté, et chacun se retire. C'est juste le procédé opposé à celui de Shakespeare qui veut que\nson auditeur se resaisisse, et se dégage pour ainsi dire du drame lui-même. Macbeth, encore une\nfois, perd tout à être mise en musique, puisqu'elle perd l'élément shakespearien qui la rendait\nprécieuse.\nLes critiques d'ordre esthétique que je formule ici contre la pièce de l'Opéra-Comique,\nn'atteignent pas le talent très réel et très fougueux du solide musicien qu'est M. Bloch, et que\nnous espérons bien voir à l'œuvre une autre fois.\nLa 84e année des Concerts du Conservatoire, le Millième Concert Colonne,la 30e année des\nConcerts Lamoureux ! Faut-il conclure de ces chiffres que la France se convertit sincèrement\nà la musique et qu'elle y devient une fonction sociale ? Quoi qu'il en soit, l'évolution est trop\nbien établie pour cesser ou même se ralentir. Après avoir entendu de la musique par snobisme,\nquelques centaines de Parisiens l'entendent par goût et par besoin et finissent par la comprendre.\nC'est la symphonie Héroïque qui a ouvert la saison au bien jouée certes\npar l'orchestre, mais assez alourdie aussi par M. Messager dans certains passages, le milieu du\nfinale par exemple, ou le mouvement fut par trop lent. La Thamar, de Balakirew, qu'on\ndonnait pour la première fois, est une de ses meilleures pages. Avec quelques développements,\nil en eût fait un merveilleux ballet. Mais n'y cherchez pas autre chose que du pittoresque. La\nNuit, chœur de Saint-Saëns pour voix de femmes, arrivait des Concerts Colonne au Conser-"}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.80", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n713\n\nvatoire sans éclat, ainsi qu'il convient, trop calme même. Mlle Campredon a fort agréablement\nchanté les trilles du solo. Dans le Concerto de piano en sol, de Beethoven, Mme Alem-Chené\na eu de la finesse et du charme, à défaut de puissance. L'œuvre exige d'ailleurs peu de force.\nLa deuxième symphonie de Balakirew, au Concert Lamoùreux, fut une vraie nouveauté\ncar c'est peut-être la dernière œuvre de l'auteur et elle n'avait été exécutée qu'une fois à\nSt Petersbourg, l'an dernier. Le développement symphonique y fait défaut, et à vrai dire, elle\nn'a de symphonie que le titre. C'est un peu simple de facture, cela manque de procédé et de\nstyle. Mais quelle sincérité dans les motifs et dans leur présentation et quelles jolies trouvailles\nsonores ! Le poème symphonique de M. Lucien Lambert, \" Prom'nons nous dans les bois \"\nest une page aimable et amusante. M. Cheviilard l'a fait suivre des Murmures de la Forêt,\nde Siegfried, avec quelque malice. On a beaucoup applaudi le Don Juan, de M. Strauss. C'est\n['antithèse de Balakirew. On attendait beaucoup des fragments d'Eros vainqueur, les scènes\nlyriques de M. de Bréville, représentées avec succès à Bruxelles. On eut quelque déception.\nNon que cette musique soit banale, mais, écrite dans une tonalité volontairement grise, discrète,\net infiniment distinguée elle porte peu et le public ne lui a pas rendu justice. Baba-Yaga, de\nLiadow, est une drôlerie musicale tout à fait réjouissante, présentée avec une dextérité\nmerveilleuse et fort bien rendue par l'orchestre de M. Cheviilard. Mais quel bariolage que ces\nprogrammes où Liadow coudoie M. de Bréville !\nM. Cheviilard a jusqu'ici, heureusement choisi ses solistes : Mlle Dehelly, dans un\nConcerto de Liszt, Mmes Isnardon et Le Senne, Mlle Calo, Mlle Croiza, M. de Lausnay\ndans un Concerto de Lalo, etc.\nC'est par Beethoven que M. Pierné a célébré le millième Concert de /'Association\nArtistique (Concert National le 2 mars 1873, Association Artistique en 1875). M. Kreisler\njoua le Concerto de violon, M. Clark chanta les Lieder de Gellert, l'orchestre brilla dans la\n3e ouverture de Léonore, M. Mounet Sully dit les vers de M. Emile Moreau à la gloire de\nColonne, enfin Chœurs et Orchestre s'unirent pour la 9e Symphonie. Une précédente séance\navait été consacrée à Franck et à Wagner, où Mlle Selva avait joué les Djinns ; à une autre\nM. D'lndy avait conduit son Wallenstein et reçu un triomphal accueil ; le Paradou, de\nM. Bruneau est toujours intéressant, quoiqu'on dise. Enfin citons un poème de M. Taillade\npour voix et Orchestre, l'Enfant, sur des vers de Victor Hugo, qui fut à peu près la seule\nnouveauté du mois, page pittoresque, expressive et l'écriture experte.\nMM. Séchiari et Hasselmans ont eu, pour leur rentrée, la récompense de leur per-\nsévérante initiative, car les salles étaient élégamment garnies. Un concert symphonique dans\nla semaine, quatre en matinée le Dimanche ne sont plus excessifs pour nos goûts. Mais\nil faut encore à ces deux jeunes orchestres un effort pour arriver à une exécution tout à tait\nd'aplomb. Pourquoi ne pas donner deux fois de suite les œuvres importantes et se ménager\nainsi plus de répétitions ?\nA la première séance Séchiari, on a applaudi les Trois Sorcières, de M. Léo Sachs,\nœuvre de couleur sombre, dramatique, quelque peu Wagnérienne, bien chantee par Mme Rose\nFéart. De M. Ch. Quef, une Suite Flamande, violente et populaire, presque trop. Le joli\npetit Concerto qu'est la Haffner Serenade, de Mozart, a fourni une occasion de briller à\nM. Bittar. Est-il bien vrai qu'elle n'avait jamais été jouée à Paris ? M. Hollmann, parfait\ndans la mélodie Kol Nidrei, de Max Bruch, s'est fait entendre aussi dans un concerto de sa\ncomposition, \" œuvre aimable et brève \" du \" roi des violoncellistes.\" Ainsi s exprimait le\nprogramme. Inclinons-nous.\nUn enrouement de M. Fabert causa quelque trouble au programme de M. Hasselmans\net nous priva de deux nouveautés. Correcte et bien écrite sans plus est 1 ouverture de"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.81", "texte": "7*4\nS. I. M.\n\nM. Louis Dumas. Il faut espérer de M. Dumas, dont le Cercle de l'Art Moderne va donner\nun quatuor à cordes. Exécution un peu flottante de la 3e symphonie de Saint-Saëns, mais, par\ncontre, absolue perfection de M. Hayot dans le Concerto de Violon de Lalo et le Rondo\nCapriccioso de Saint-Saëns, qu'il a joués en grand virtuose et en grand artiste. Nous avons\nencore des violonistes à Paris.\nFeurwerk, de M. Strawinsky, aeu quelques enthousiastes. Beaucoup— et nous sommes\ndu nombre n'ont vu que trente-six chandelles à ce Feu d'Artifice et tous nos sentiments\npour la \" nation alliée et amie \" ne nous empêcheront pas de le dire. L'exécution était\nd'ailleurs plutôt vacillante.\nIl est assez délicat de parler des concerts historiques de l'Opéra Comique. M. Carré et\nM. Expert ont la louable intention d'initier le public, en seize séances, à l'histoire de la\nmélodie moderne. Qu'ils en soient loués et remerciés. Mais une toute petite conférence de\nM. Expert est insuffisante. Hâtons-nous de dire que l'auditoire en digérerait mal une plus\nlongue. Puis, au lieu de ce défilé de mélodies, quelques scènes importantes bien choisies, avec\nun petit orchestre au lieu d'un piano, donneraient une idée plus exacte de l'évolution musicale.\nL'Opéra-Comique l'avait essayé il y a quelques années, ce nous semble. Quoiqu'il en soit,\nM. Expert parle avec désinvolture et précision et, des artistes entendus dans les trois pre-\nmières séances, plusieurs furent très agréables; Mlles Bilbaut Vauchelet, Hatto, Lucy Vau-\nthrin et Martyl, MM. Francell et Gilles sont à nommer tout d'abord.\nLa Société Philharmonique a fait plus que le maximum avec MM. Kreisler et Harold\nBauer, car nous avons vu \" refuser du monde.\" Ce fut une belle séance où la virtuosité ne\nnuisit pas à une interprétation profondément artistique. Ces talents ont les mêmes mérites de\nfinesse et de pondération, la même qualité de son, la même discrétion de nuances. Au troisième\nconcert, affluence un peu moindre. Le double Quintette (M. Sechiari premier violon) donnait\nle septuor de Beethoven et une \" symphonie de chambre, \" avec piano, de M. Wolff Ferrari,\ndont il y a peu à dire en bien et en mal. Par contre, le petit trio sérénade (flûte, violon, alto)\nde Beethoven est toujours exquis, joué par des artistes comme M. Sechiari, Hennebains et\nVieux, et Mlle Helbronner a une voix agréable, égale et une excellente diction.\nLa Société J. S. Bach va donner la Passion selon St-Matthieu. Elle y a préludé par la\ncantate nuptiale pour soprano et la cantate profane \" Nous avons un nouveau gouverneur \".\nqui est une des œuvres de Bach les plus imprévues. Le vieux cantor y fait la critique de ce\nmoderne style qui allait bientôt être celui d'Haydn.\nM. Raugel dirige la Société Hœndelavec une foi qui transporterait des montagnes mais\nqui ne remédiera jamais à la défectuosité des églises pour les oratorios et l'orchestre. Il faut\nqu'il nous redonne le T. e Deum de Hasndel ailleurs qu'à S 1 Eustache. Pour parler de cette\ngrande œuvre, il eût fallu l'entendre sans résonnances, et sans échos. Revenons donc vite à la\nsalle de la rue de Trévise.\nToujours soucieux d'instruire son auditoire fidèle, la Schola a donné pour son premier\nconcert mensuel des \" suites \" de Bach, Haendel, Debussy, d'lndy, où son orchestre a montré\ndes progrès. M.'le Selva a commencé une série de concerts sur la sonate de piano avant\nBeethoven. Voilà des programmes comme il n'y en a pas assez. Dans le même sentiment\ndidactique, MUes Pironnay donneront d'ici àla fin de décembre sept séances avec conférences\nde M. Landormy sur la musique depuis le commencement du XIXe siècle. C'est la suite d'une\nsérie \" d'illustrations \" de l'histoire musicale.\nL'Union des femmes Professeurs et compositeurs est d'une incontestable activité. Elle aura\nbientôt, nous assure-t-on, son orchestre, entièrement féminin, bien entendu. Dès maintenant,\nelle donne deux concerts par mois d'une bonne tenue artistique. Le sexe laid y est admis sans"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.82", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n715\n\nêtre obligé de se laisser raser, à Tencontre de ce que prétendait irrévérencieusement je ne sais\nplus qui. Avec Mme Forte-Gex (violon), MlleCaffaret (piano), MJle Laskine (harpe), Mme Bathory\njchant), Mlle Bonnard et son XV •io de la Reine le programme n'avait rien d'ennuyeux, et les\nartistes ont été fort applaudies.\nHâtons-nous de mentionner le trio Kellert^déjà entendu l'an dernier et en appréciables\nprogrès, les trois concerts de M. Spalding,un des violonistes excellents de notre époque de virtuoses,\nun très intéressant concert du Lied Moderne où M\"\"' Marteau de Milleville a donné des œuvres\nvocales de Mme Delage Prat, de MM. Georges Hue, Langlois et Pessard (Mme Delage Prat\net M. Hue excellent dans les petits tableaux de genre,) puis le très\nbeau Qoncert Choral de la Société Spœl, de La Haye. Avons-nous des chœurs capables de chanter\nà Cappella avec ce sentiment, ce goût et cette justesse ? C'est douteux.\nMoussorgski, Mme Marie Olénine, M. Cortot ! Si vous êtes insensible à ces trois noms\nsur un programme, ne vous dites pas musicien. La séance à laquelle nous venons d'assister rue\nd'Athènes fut vraiment et absolument belle. Ce Moussorgski vous secoue, vous boulverse, sans\nrien emprunter à aucune école, sans obéir à aucun système. On ne lui résiste pas. Et quelle\ninterprètes que Mme Olénine, àla foi d'apôtre, et M. Cortot ! Ils donneront encore un concert\nle quatrième le 19 décembre, après que le S. I. M. aura paru. Allez y, c'est la grâce que\nje vous souhaite.\nLe \" Vax Quatuor\"commence sa deuxième année d'existence. Très belle exécution du\nOB quatuor de Beethoven et du 3e de Schumann par iVLVL Louis Carembat, G. 1 ouit-t,\nDrouet, A. Cruque, et de la sonate en sol mineur de Haendel pour piano et violoncelle,\njouée par M. Cruque et Mme Muller de Beaupré, l'infatigable organisatrice, dans un style\nadmirable.\nGardons-nous d'oublier le Concert de la Soc où l'art musical russe fut\nsavamment commenté par M. Louis Thomas. Citer le nom de Mme Raymonde Delaunois et\nde M. E. Trillat qui interprétèrent des œuvres de Moussorgsky, Blumenfeld, Borodine,\nBalakirew, Rachmaninoff, c'est dire tout le succès que remporta cette remarquable séance.\nEnfin reconnaissons la belle interprétation de M'lle Raunay dans deux cantates de\nSchûtz, et surtout dans la fille de Jephté de Carissimi. Il y aurait beaucoup a dire sut\ncette séance qui nous a promené de la fin du XVIII'' siècle allemand au milieu du\nXVIIe italien. L'intention est louable, la réalisation pleine de noblesse mais l'ensemble,\nmené militairement par Chevillard, manquait un peu de cet abandon qui est nécessaire\npour séduire pleinement. N importe ! Un bon point a cette belle initiative.\nLa dernière matinée donnée par Challet et M^m< Challet-Vicq était consacrée\naux œuvres de IVIM. Aubert et Duteil d Ozanne.\nDe ce dernier, la charmante Suite en forme de Sonate pour piano et violon était\nje crois, plus connue du public que le cycle de mélodies.\n\nF. Guérillot.\n\nProvince.\nLE HAVRE. UN CONCERT ESPAGNOL. Le Havre vient d'être témoin\nd'une manifestation touchante et significative en faveur de la musique espagnole. Grâce au\nconcours de Mme Miguel Alzieu, de MUe Launay, de M. de Falla, et du quatuor Willaume-\nFeuillard, Les Havrais ont eu la primeur d'un musique vraiment nouvelle."}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.83", "texte": "ADMINISTRATION DE CONCERTS A. DANDELOT, 83, RUE D'AMSTERDAM\nSALLE DES AGRICULTEURS : 8, RUE D'ATHENES\nQUATRE RÉCITALS DE LA\n<<\nAISON DU LIED DE MOSCOU\nPIANO\nCHANT: MME MARIE OLENINE D'ALHEIM\nM. ALFRED CORTOT. M. ALEXANDRE OLÉNINE.\nPREMIER RÉCITAL, LUNDI 28 NOVEMBRE\nBach : Zuversicht und Trost.\nBeethoven : In questa Tomba oscura.\nBerlioz : La Mort d'Ophelie\nLiszt : Die Drei Zigeuner.\nMoussorgski.\nSans Soleil !\n(Poëmes de Golenitchef-Koutouzof.)\nEntre quatre murs. Perdu dans la foule. Soir de\nFête. Spleen. Elégie. Sur l'eau.\nChants et Dits populaires\nLa Berceuse du paysan. La Berceuse du Pauvre.\nLe dit de l'Orpheline. Chant hébraïque. -—-Je\nsais un frais jardinet. La Foire de Saratschinsk.\nDans la Forêt. Le Dnieper.. Le liopak.\n\" Pour les Enfants \"\nChanson d'Enfant. La Pie. Le Cousin et l'Araignée.\nChants et Danses de la Mort\nSérénade. Berceuse. —Le Chasse-Neige.— La Guerre.\nMme M. Olénine. —M. A. Cortot.\nDEUXIEME RÉCITAI, LUNDI S DÉCEMBRE\nMême moi, ô nuit !\nEsprits du Ciel.\nJe l'ai aimé.\nLe Din.\nBalakiref :\nNuit sans étoiles.\nChanson de Sélim.\nJe suis triste.\nMon enfant reste avec moi.\nFranz Liszt :\nSonate Si Mineur\nDu bist wie eine Blume. Ihr glorken von Marling.\nVergiftet sind meine Lieder. Es muss ein Wun-\nderbares sein. Anfangs wolet ich fast verzagen.\nDie Stille Wasserrose. Das Veilchen. Ich\nliebe dich. Gebet.\nChopin :\nZyczenie. Smutna rzeka.\nMiosna. Melooya.\nPiosnka litweska Leciliocie drzewa.\nVojak.\nMme M. Olénine.\nM. A. Cortot.\nTROISIÈME RÉCITAL, LUNDII2 DÉCEMBRE\nSchubert (Winterreise).\nGute Nacht. Die Wetterfahne. Gefror'ne Thrânen.\nErstarrung. Der Lindenbaum. Wasserflut.\nAuf dem Flusse. Riickblick. Das Irr-\nlicht. Rost. Frtihlingstraum. Einsamkeit.\nDie Post. Die Greise Kopf. Die Krahe.\nLetzte Hoftnung. Im Dorfe. Der Stiirmiche\nMorgen. Taiischung. Der Wegweiser. Das\nWirtshaus. Mut. Die Nebensonnen der\nleiermann.\nDer Wanderer Schmidt <von Lu beck.\nRobert Schumann.\nKinderscenen.\nMoussorgski.\n\" La Chambre d'Enfants \"\nDis moi, veux-tu grand'mère. La Prière.\nDans le Coin. Le Chat matelot.\nLe Hanneton. A cheval sur un bâton.\nBerceuse de la poupée.\nMme M. Olénine. —M. A. Cortot.\nQUATRIÈME RÉCITAL, LUNDII9 DÉCEMBRE\nChants populaires.\nLa Chanson de Roland (La Mort).\nChanson de Burns.\nMy hearts in the Highland. fohn Anderson, My\nJo. Oh wert thou in the cauld blast. Scots, wha\nhae wi' Wallace bled. The Chevalier's Lament.\nPhemie. Mary Morison. Les adieux de Mac-\nPherson.\nSept Chansons populaires.\nEspaonoli, Russe, Flamande, Limousine, Ecossaise, Ita-\nlienne, Hébraïque.\nLa vie d'une femme.\n(Chants populaires Russes) (A. Olénine).\nBerceuse. Chanson de Noël. Rêverie. Sous ma\nfenêtre. —Je ne dis pas mon secret.— Bénédiction.\nChant Nuptial. Chanson de table. Tristesse.\nChant de fileuse.\nMme M. Olénine. —M. A. Olénine.\nPrix des places : Estrade et Fauteuil de Face Ire1re Série : 10 frs. 2me Série : 6 frs.\nFauteuil de Côté : 4 frs. Parterre : 2 frs. Balcon : 3 frs. Galerie : 1 fr.\nLocation :A la salle des Agriculteurs chez M.M. DURAND & Cie, 4, place de la Madeleine. ORUS,\n1 16, Boulevard Haussmann. —M. ESCHIG, 13, rue Laffitte.— FORTIN, 51, rue Saint-Placide &\nà 1 Administration de Concerts. A. DANDELOT, 83, rue d'Amsterdam, Téléphone : 110,35."}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.84", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n717\n\nCe n est pas aux lecteurs de notre Revue que j'apprendrai l'existence de la Musique\nModerne Espagnole; M. Henri Collet a publié ici même en 1908 deux articles auxquels\ndevront toujours recourir ceux qui voudront avoir sur la question les grandes données\nclaires.\nLe grand Albeniz, deux ans avant sa mort, m'avait déjà entretenu des efforts faits dans\nson pays pour dégager une musique vraiment nationale et personnelle, du sein des influences\nitalianisantes ou vulgaires qui en submergeaient le caractère initial profond, ardent, mélancolique\net colore. u II n y a pas que moi comme musicien espagnol \" me disait-il avec cette sympathie\ndébordante et cette familiarité enthousiaste que nous avons tous connue et que nous ne\ncesserons pas de regretter.\nEt deja lui seul n'ètait-il pas un témoignage merveilleux de la vitalité du génie espagnol,\ndes ressources trop méconnues de la pensée et de la sensibilité de ce peuple ? Ses propres\nœuvres ne restent-elles pas une beauté digne de tous les enthousiasmes ?\nAussi ai-je cru devoir dignement dédier ce concert et ceux qui le suivront dans d'autres\nvilles françaises et étrangères \" A la mémoire d'Albeniz \" et en faire débuter chacune des\ndeux parties par deux pièces tirées d'lberia.\nC'est à Henri Collet que nous devons de pouvoir débrouiller les grandes directrices de la\nrenaissance espagnole musicale : personnellement c'est à lui que je dç>is d'avoir pu être mis en\nrelations avec plusieurs compositeurs et d'avoir entre les mains des œuvres manuscrites qui\nfurent parmi les plus émouvantes de ce concert.\nOutre quatre pièces d'Albeniz (Evocation, El Puerto, Triana, Ameria) j'avais choisi\npour représenter les œuvres de piano la suite Sevil/a de Turinay et les Quatre Pièces Espagnoles\nde Manuel de Falla. Ce sont là des œuvres que Paris connaît, puisqu'elles y ont été inter-\nprétées, et éditées, et que leurs auteurs y vivent actuellement.\nManuel de Falla vint jouer lui-même ses pièces ; il me semble difficile qu'on puisse\ntrouver un meilleur interprète de ces œuvres délicates et nuancées : surtout de u Cubana \"\net \" Montanesa \" qui sont parmi les plus adorables pages que nous devions à la littérature\nmoderne du piano.\nComme mélodies, la délicieuse Chanson de VEtoile tirée des \" Pireneos \" de Pedrell et une\ngrave et belle mélodie de Morera \" l'Hiver.\"\nJe ne prétends certes pas avoir ainsi représenté complètement ces deux dramaturges, dont\nles œuvres dépassent considérablement les moyens et le cadre d'une séance de musique de\nchambre, mais je crois que ce sont là deux pages susceptibles d'indiquer à l'auditeur qu'il aurait\nintérêt à pousser plus loin sa connaissance du Wagner espagnol, ainsi que certains appelent\nPedrell, et de l'auteur d'Emporium.\nTrois mélodies populaires harmonisées par Olmeda représentaient mal Olmeda lui-même\ndont je pense donner quelque jour la Sonate, mais pouvaient donner au public la mesure du\nchant populaire d'Espagne qui n'est pas toujours selon nos idées préconçues. Deux mélodies\nde Villar et deux de Manuel de Falla complétaient le programme ; les premières plus con-\nformes à l'esthétique classique, les deux autres dignes de rivaliser avec nos mélodies les plus\nmodernes, au bon sens du mot.\nJ'avais cru devoir choisir précisément des œuvres qui en représentassent aussi les autres\naspects, l'aspect mélancolique et cependant ardent et inquiet dans les \"Caprichos romanticos\"\nde del Campo, grave et farouche dans la mélodie de Morera, délicat et naïf dans la chanson\nde l'Etoile de Pedrell, mélancolique et religieux dans les thèmes populaires.\n\n1 ier Concert de Musique Espagnole moderne. Le Havre le dimanche le 30 octobre 1910."}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.85", "texte": "718\nS. I. M.\n\nQuatre pièces de Falla, quatre pièces d'Albeniz, et la Sévilla de Turina, représentaient\ndans ce concert le côté coloré, vibrant, expansif de l'Espagne.\nL'impossibilité où l'on est en province de répéter fréquemment des expériences du genre\nde celle-ci contraint à donner plutôt des indications que des exposés complets. Aussi pourrait-on\npuiser intarissablement dans les recueils de mélodies populaires soit parmi celles qui furent\nrecueillies par Olmeda, soit parmi les chansons catalanes qu'édita Morera.\nC'est là qu'on trouvera les indices du véritable caractère musical de l'Espagne sur lequel\nla plupart s'abusent. D'ailleurs il n'est peut-être pas de pays en Europe que les Français connais-\nsent aussi mal que l'Espagne, non seulement en tant que pays, mais en ce qui touche sa\nlittérature, ses beaux arts, et à plus forte raison sa musique, puisqu'on ignorait encore Victoria\net Cabezon en France il y a moins de dix ans et qu'on y ignore aujourd'hui un compositeur de la\nvaleur de Conrado del Campo.\nLe public s'est trouvé en face d'une œuvre admirable, pleine, originale personnelle et\nemue, les \" Caprichos romanticos''''de Conrado del suite d'impressions d'après des poèmes\ndu poète espagnol Becquer ; peut-être peut-on trouver dans le final, à la première audition,\nquelque longueur, (c'est un sentiment dont on revient ensuite) cette suite pour quatuor d'archets\nsonne d'une façon que n'atteint peut-être pas, même le quatuor de Debussy, il y a là une\ncombinaison de timbres et de nuances vraiment exquise.\nCe quatuor, en un autre programme, aurait été accueilli avec un vif succès : il n'a trouvé\nvraiment que 1 enthousiasme des musiciens et parmi ceux-là un certain nombre m'ont déclaré\nque ce n était pas espagnol.\nSavent-ils ce que c'est que d'être espagnol ? Voici une œuvre au moins doublement espagnole\npar ie caractère de son auteur, et par les thèmes littéraires sur lesquels elle s'appuie ; parce que\nbecquer était un mélancolique, un poète à la façon de Henri Heine ou de Verlaine, dirons\nnous qu'il est un écrivain allemand ou français ?\nMais u faudra du temps pour remonter un préjugé qui a de trop nombreuses références.\nPour des Français, l'art espagnol c'est un art objectif et joyeux, il n'y a pas à sortir de là: et\nc'est peut-être pourquoi, comme le faisaient remarquer il y a peu de temps encore M. Charles\nMalherbe d une part, et Henri Gauthier-Villars, les Espagnols comprennent si difficilement nos\ninterprétations de l'Espagne.\nLe champ est vaste, l'école musicale espagnole est riche : n'attendons pas cinquante ans\ncomme on 1 a fait pour les Russes pour nous apercevoir que nous nous trouvons en face d'une\nfloraison admirable nee du sol même, susceptible de donner à nos oreilles et à nos âmes des\nsensations délicieuses et des émotions rajeunissantes.\nJ ai tente dans le programme analytique 1 de ce concert d'esquisser une bibliographie des\nauteurs espagnols contemporains : mais ce n'est là qu'une esquisse : s'il est vrai qu'on y trouvera\npresque totale la bibliographie de Conrado del Campo, de Xurina, de Falla, les autres ne sont\nque des résumés qui pourront donner un simple aperçu de l'abondance de ce mouvement.\nLa cordiale confraternité d'Henri Collet, l'appui de jeunes écrivains espagnols tels qu'Al-\nfonso Hernandez Cata, l'amitié de quelques-uns de ces compositeurs, le souvenir d'Albeniz, la\nbonne volonté de mes interprètes m'ont aidé à réaliser une entreprise hasardeuse que je songe\nà renouveler dans d'autres villes.\nSi d autres veulent s'y employer nous unirons nos efforts : il faut faire la justice sur ce\n\nCe programme analytique est une brochure de trente deux pages rédigée en français et en espagnol et\ncontenant des notices sur Albeniz Olmeda Pedrell Morera Conrado Del Campo Perez\nCasas Falla— et Turina."}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.86", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n7*9\n\npoint : et pour cela il vaut mieux ne compter que sur nous-mêmes ; n'attendons rien des\npouvoirs publics ni de ses représentants.\nAu Havre, je me souviendrai toujours de la sympathie que ma tentative a rencontrée\nauprès des membres du Corps consulaire, mais je me rappellerai toujours aussi que le seul consul\nqui m'ait refusé son appui a été le consul d'Espagne : tant il est vrai que l'ironie ne perd jamais\nses droits ! et puis cela n'empêche pas la lumière de se faire, n'est-ce pas ?...\nG. JEAN-AUBRY.\nARMENTIERES. M. le Principal du Collège de Garçons a donné, comme tous les\nans, un Concert sous le patronage de l'Association Amicale des anciens élèves.\nLa fanfare du Commerce, sous la direction de son sous-chef, M. Ducouraut, exécuta\nbrillamment la Polonaise de Vuillermin et la Marche et Cortège de Léo Delibes ; Mlle Marthe\nDuderguy, cantatrice, Messieurs Edouard Debruyne, baryton, André, diseur humoristique, et\nDelabarre, pianiste, charmèrent ensuite l'auditoire et furent chaleureusement acclamés.\nNous devons une mention toute spéciale à notre sympathique professeur de violon,\nM. Paul Dujardin qui, dans deux morceaux hérissés de difficultés, qu'il enleva d'ailleurs en\nvéritable virtuose, sut tenir en haleine toute la salle, qui lui fît une ovation bien méritée.\nNos meilleurs compliments et tous nos regrets de n'avoir pas plus souvent l'occasion de\nl'entendre. H. D.\nDOUAI. —La société des Concerts Populaires a donné le 20 novembre son itr concert\nannuel avec le concours du célèbre violoniste Jules Roucherit. Cet artiste a été incomparable\ncomme pureté de style et comme sonorité dans l'interprétation du classique (concerto en\nla de Mozart, Romance en sol de Beethoven, sonate de Leclair), étourdissant de verve, de\nbrio, de fantaisie dans la Polonaise en Ré de Wienawski. Les œuvres pour orchestre,\ninscrites au programme étaient : L'ouverture du songe d'une nuit d'été, Mendelsshon ;\nl'Andante de la symphonie en ut m. de Dukas ; la symphonie en Ré m. Haydn.\nElles ont été dirigées par M. Paul Cuelenaere, avec une fermeté, une sûreté et un sens\nartistique dignes des plus grands éloges. Il a prouvé une fois de plus qu'il possède un profond\ntalent mûri par une longue expérience.\nA signaler une belle manifestation d'art choral. Voici les principaux numéros d'une\ntrès intéressante audition donnée par la société chorale mixte La Lyre de Douai.\nLa Forêt, scène chorale pr. 4 voix d'hommes, Th. Dubois ; Chanson de mai, chœur\nmixte, Ch. Lefebvre ; Symphonie religieuse, 4e partie (voix mixtes), Bourgault-Ducoudray ; Nos\nPères, chœur à 7 voix, Bcurgault-Ducoudray ; Les voix au vent, pr. 4 voix d'hommes,\nLefèvre Derodè ; l'Etoile, (chœur de femmes), H. AJ.arèchal ; Romance du soir, (voix mixtes),\nSt-Saëns ; Notre Dame de la mer, Th. Dubois. A. G.\nBERNAY. —Un concours de musique aura lieu dans notre ville le 30 juillet 1911. Le\nrèglement sera prochainement adressé aux Sociétés. On peut, dès à présent, s'adresser pour\ntous renseignements à M. Célos, secrétaire général du Concours Musical de Bernay.\nRENNES. Entre la Société de Concerts, qui s'est adjugée le lot des grandes auditions\nsymphoniques, et l'Association Artistique, qui inlassablement se consacre à la musique de\nchambre, est venue prendre place une nouvelle société qui se propose \" de faire executer les\nœuvres inédites de compositeurs bretons et de découvrir des talents musicaux inconnus en\nBretagne Tentative intéressante dont nous devons remercier l'actif et intelligent promoteur,"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.87", "texte": "720\nS. 1. M.\n\nM. G. Lavello. Saluons donc la jeune Société de Musique Bretonne et souhaitons lui longue et\nprospère existence.\nVif succès pour le premier concert dont le programme réunissait éclectiquement les\nœuvres les plus variées (non toujours inédites par exemple !) des compositeurs les plus divers ;\nd'où programme abondant, trop abondant même... Je cite par ordre alphabétique pour ne\nfroisser personne et faciliter les recherches des musicographes futurs : J. Béesau, Ch. Bodin,\nH. Bogé, Bourgault-Ducoudray, Boussagol (je croyais le sympathique directeur du Conserva-\ntoire de Rennes né sur les bords de la Garonne ?), C. A. Collin, Marcel Labey, P. Ladrnirault,\nP. Le Flem, Guy Ropartz, Mme Ch. Sohy. Pour être exact je dois dire qu'une indisposition\nd'interprète a nécessité la substitution impromptu de C. Franck et de Chausson à M. J. Bëesau\net à Bourgault Ducoudray. C'était fâcheux pour M. Bëesau, bien que les deux recueils déjà\npubliés de ses remarquables mélodies l'empêchent d'être considéré comme un talent à découvrir;\nquant à notre excellent compatriote Bourgault-Ducoudray, il ne pourra plus, hélas! protester.\nEn somme plusieurs œuvres de premier ordre, les autres intéressantes, aucune indigne de\nl'exécution publique.\nToutefois une critique : pourquoi n'avoir fait entendre que des fragments du quatuor en\nsol mineur de Guy Ropartz et de la sonate en rè-mineur pour piano et violon de M. Ch. Bodin ?\nLe but de la société est de faire connaître des œuvres de compositeurs bretons ; les mutiler\nc'est justement empêcher de les connaître et de les juger, qu'il s'agisse aussi bien du quatuor\nde Ropartz, œuvre classée à qui respect est dû, que de ia sonate encore inédite de M. Bodin ;\nseul le premier mouvement de cette sonate a été exécuté ; il semble bien annoncer une\ncomposition de réelle valeur et déceler chez son auteur une remarquable personnalité musicale ;\nje n'en ai que plus de regret d'ignorer si la fin vaut le commencement.\nDonc, plus de coupures : si l'œuvre est bonne, tant mieux ; si elle ne vaut rien, tant\nmieux encore, parce que du même coup le talent inconnu.... vous comprenez ?\nLa Société des Concerts a donné sa première séance le 20 novembre. Le programme\ncomprenait des œuvres de Wagner fort bien interprétées par Mme Germaine Le Senne, de\nl'opéra, Mr Mascal, baryton du théâtre de Rennes, les Variations Symphoniques pour piano et\norchestre de César Franck, et la fantaisie en ta pour piano de Chopin, exécutées par\nMelle Marthe Bouvaist, avec tout l'art que l'on sait.\nNANTES. —La saison des conférences et des concerts a débuté le 11 novembre par\nun intéressante conférence de M. Paul Landormy sur \" le passé et l'avenir de la musique fran-\nçaise. \" Le présent ne fut pas négligé non plus et la conférence fut entrecoupée d'auditions\nd'un choix d'oeuvres modernes exécutées par le conférencier, qui possède une fort jolie voix et\nsurtout une diction et un sentiment parfaits, et par Mme Landormy, pianiste du Quatuor\nParent.\nLa Société Beethoven inaugurait sa seconde année d'existence par un concert donné le\n18 novembre. J ai parlé déjà, l'an passé, des excellents artistes qui la comprend. Au programme :\nBeethoven, Saint-Saëns, Sgambatti.\nLe 25 novembre, nous avons assisté au concert donné par le pianiste Edouard Bernard,\nprofesseur àla Schola cautorum, avec le concours de Mme Paul-Dieij. M. Bernard exécuta, en\nun style sobre et puissant, un programme où les pièces de résistance étaient la sonate op 81\nde Beethoven et le poème des montagnes de d'lndy. Quant à Madame Paul-Diey, il faut citer\nsurtout les u Cloches\" Debussy et le \"Manoir de Rosemonde\" de Henri Dupare qu'elle chanta\navec infiniment de goût.\nLa municipalité Nantaise a voté récemment un subvention destinée à la reprise des con-"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.88", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\ny 2i\n\ncerts symphoniqucs populaires interrompus depuis de longues années déjà. Espérons que, cette\nfois, un effort sérieux sera fait pour doter notre ville de concerts dignes d'elle.\nJ. B.\nAUCH. Nous apprenons que la vaillante société de gymnastique \" UAvant Garde\nAuscetaine \" dirigée avec autorité par le sympathique M. Maugis, vient de grouper sous sa\nbannière une phalange d'excellents musiciens.\nNos félicitations à \" UAvant Garde''''pour cette heureuse innovation qui nous procurera\nle plaisir d'entendre une nouvelle société.\nPOITIERS. Très intéressant concert donné par le ténor Rodolphe Plamondon avec\nle concours de Mme Laverdin, professeur de chant à Poitiers, M. Bas, hautboïste et M. J.\nMasson, pianiste. Au programme des œuvres de Bach, Couperin, Schubert, le concerto pour\nhautbois de Hândel, les duos d'Orphée et de Tristan et Isolde qui valurent à leurs interprètes\nle plus vif et le plus légitime succès.\nM. H.\nTOURS. A la belle matinée artistique pour l'lnauguration de\nTourangelles, une partie de concert nous a permis d'applaudir la réputée cantatrice mondaine\nM\"le Maurice Gallet, directrice de I'U.F. P. C. dont Mme Bonis-Billard, brillante violoniste\net MIIe Lily Laskine, remarquable harpiste sont parmi les membres de valeur : elles furent\nvivement applaudies toutes les trois, et de même, le jeune et charmant ténor M. Pasquier.\nAu Concert Plamondon-Bas-Masson, peu de monde, mais accueil chaleureux, et bien mérité\npar l'excellent ténor, l'impeccable hautboïste, et le très délicat pianiste, ainsi que par leur\nprogramme de tout premier choix. Pas grand monde non plus au Concect du violoniste\nM. A. Spalding et du pianiste M. A. Oswald, qui sont pourtant déjà des virtuoses d'une belle\nforce... Trop de concerts à l'horizon pour que les amateurs veuillent les suivre tous !...\n*\n* *\nCe fut une belle soirée que celle du 27 novembre ; Mlle Wyda et M. Liéron donnaient,\nen effet, leur première séance de Sonates piano et violon. Ces deux artistes ont donné de\nparfaites exécutions de la Sonate en fa majeur de Mozart, de celle en si mineur de Richard\nBarth (ir® audition) et de celle en fa majeur de Grieg.\nH. H.\nCAEN. L'Ecole nationale de musique a ouvert la saison des concerts classiques en\nexécutant devant un public très nombreux : l'ouverture de la de Saint-Saëns, le\nDixtuor de Th. Dubois, l'air de ballet des scènes Pittoresques, la marche nuptiale du Conte\nd'Avril de Widor; Mme F. a merveilleusement chanté la Sérénade de Schubert et la cantilène\nde la Fée d'Argonges de M. Mancini, directeur de l'Ecole dont l'orchestre a fait entendre\négalement la Rapsodie Normande.\nANGERS. Aux deux derniers concerts ont triomphé deux solistes : l'une\nMme Caponsacchi Jeisler dont le talent de violoncelliste déjà connu et apprécié à Angers\na remporté une véritable ovation dans le concerto de Lalo et le Lied de V. d'lndy 1 autre,\nMelle Jeanne Blancard, dont le jeu musical et élégant a parfaitement interprété les Variations\nSymphoniques de Franck, et des pages de Chopin et de Granados.\nLe compositeur Ed. Trémisot est venu conduire son ouverture de Pyrame et Thisbé,\nfort bien accueillie du public, et l'orchestre sous la belle direction de Rhené-Baton nous a fait"}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.89", "texte": "722\nS. I. M.\n\nconnaître la Symphonie de Chausson, au poignant Andante, au Final d'une si admirable\nélévation.\nCitons encore la symphonie en Mi b de Schumann, les Airs de Ballet de Parysatis de\nSaint-Saëns et ceux des Indes galantes de Rameau, amusant contraste au même concert, le\nprélude du 3e Acte de Tristan admirablement interprété par M. Englebert, et la rutilante\nouverture de Gwendoline de Chabrier. M. B.\nSENLIS. La Manècanterie des Petits C a exécuté à la\nCathédrale une messe de Vittoria.\nAu théâtre, représentation de Faust, plus que sommaire, hélas !\nAu patronage de S 1 Rieul, Ml' l'Abbé Dourlent commence une série d'auditions de\nJeanne d'Arc, de Gounod ; Orchestre d'amateurs de la Ville, renforcé par quelques artistes de\nParis.\nNANCY. Les concerts du Conservatoire viennent de reprendre. Le premier était\nconsacré à l'audition intégrale et présentée chronologiquement des œuvres de concert de César\nFranck : les Eolides(lB76), le Chasseur Maudit (1882), (1884),\nniques (1885), la Procession(lBBB), la Symphonie (1886-1888). MUe Marthe Dron\njoua avec son talent habituel la partie de piano des Djinns et des variations symphoniques ;\nla Procession fut excellemment chantée par Mme Schaefifer-Labriet. Quant à l'orchestre, sous\nla direction de M. Guy-Ropartz, il n'est plus d'éloges qu'on puisse lui faire.\n\nÉditions M. Senart, B. Roudanez et Cie PARIS\nSiège Social : 20, Rue du Dragon Vente au détail : 9, Rue de Médicis\nCHANTS DE FRANCE ET D'ITALIE\nPubliés sous la direction artistique de\nHenry Expert\nexécutés aux Concerts Historiques de l'Opéra Comique\nChansons Mondaines\nharmonisées par\nEmile Desportes\nMa bergère est tendre et fidèle\nN'oubliez pas votre houlette\nLa Bergère fileuse\nPuisque ma bergère\nViens charmante Annette\nJe ne connaissais point l'amour\nAmants qui près d'une maîtresse\nLoin de vos yeux je soupire\nPhilis, le long de la prairie\nMon père m'y a marié\nchaque 0.50 fr.\nAirs de Cour\nréduction au Clavier par\nHenry Expert\n\"de Boesset\"\nPhilis vous avez tant d'appas\nDivine Amarillis\n\"de Guedron \"\nBeaux yeux les doux vainqueurs\nhé, pourquoi n'oserai-je pas\n\" de Tessier \"\nDancez devant ces beaux yeux\nBrouttez Camusettes.\nchaque 0 50 fr,"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.90", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n723\n\nANNECY. Concert très intéressant donné par l'excellent pianiste, M. Edouard\nBernard et Mme Paul Diey, cantatrice.\nAu programme, des œuvres de Rameau, Bach, Scarlatti, Beethoven, Liszt, Moussorgsky,\nBaiakirew, V incent d'lndy ; toutes ont valu de chaleureux applaudissements à M. Bernard.\nM\"u' Paul Diey a interprété avec beaucoup de charme et de style un air de Bach et des\nmélodies de Schumann, Chabner, Duparc et Debussy. T. R.\nCHAMBERY. Nous avons eu dans la grande salle des Concerts du théâtre, un\ngrand Concert donné par le célèbre pianiste Bernard ainsi que la cantatrice Mme Paul Diey.\nAu programme, des œuvres de Bach, Beethoven, Rameau, Scarlatti, Listz, Vincent\nd'lndy, furent exécutées comme sait le faire Edouard Bernard.\nMme Paul Diey ravit l'auditoire par l'excellence de sa voix et de sa diction dans des\nmélodies de Schumann, Chabrier, Claude Debussy et Henri Duparc ; elle fut longuement\nacclamée.\nBORDEAUX. Très intéressante audition, donnée à la Salle Franklin, par le jeune\net déjà célèbre violoniste \" A. Spalding,\" la virtuosité éblouissante et la technique irréprochable\ndu jeune artiste, se sont davantage affirmées, depuis l'an dernier où il se fît déjà entendre.\nLe pianiste Alfredo Oswald aussi bon accompagnateur, qu'excellent concertiste recueillit\nsa part du succès, surtout dans la sonate à \"Kreutzer,\" et le concerto de \" Mendelssohn. \"\nVAlhambra Théâtre,vient de faire une ouverture sensationnelle avec \" l'Arlesienne,\"\nl'œuvre si dramatique de \" Daudet. \"\nLa partition de \" Bizet \" a été admirablement exécutée par l'orchestre du Conservatoire,\nsous l'habile et expressive direction du Maître Pennequin et les chœurs vraiment parfaits,\nconduits dans la coulisse par Monsieur Valentin Gendreu, chef des chœurs du Conservatoire\ncontribuèrent, pour leur juste part,au succès de l'œuvre.\nCes belles soirées auront de nombreux lendemain, le programme publié par les sympathi-\nques directeur de la salle désormais classique de l'Alhambra : MM. Dufey, Lemarchant, et\nMauret, nous promet une saison fertile en manifestations aussi artistiqnes.\nLa Messe traditionnelle, que donne chaque année, à l'Eglise Notre Dame,\nSainte Cécile,avec le concours des chœurs et de l'orchestre du Conservatoire de Musique, a eu\nlieu le 22 novembre et a remporté son succès accoutumé. Cette année la messe choisie était\ncelle de Saint-Saëns, à 4 voix, soli, chœurs orchestre et deux orgues. L'exécution de cette belle\nœuvre de jeunesse du grand Maître Français, fut rendue par les chœurs et l'orchestre, sous la\ndirection de leur chef Pennequin, d'une façon irréprochable.\nMesdames \" Guérin-Lernos \", \"Tilland de Fiers\", et Messieurs A. D... et Soum, qui\nchantaient les soli, et Messieurs \" Combes et Grange \" les distingués organistes de la paroisse,\ncontribuèrent pour une bonne part au succès de cette belle manifestation musicale.\nPuisque nous parlons de la Société Sainte Cécile, disons un mot du programme musical\nde ses concerts classiques de la saison 1910-1911. A part les symphonies de Beethoven,\nMozart et Haydn, dont l'audition est obligée, le Comité se propose de nous faire entendre, les\nsymphonies modernes de C. Franck, Bruckner, Dukas, Gedalge, des œuvres chorales, comme\nla cantate Réformation de Bach, le Messie de Hândel, le chant Elégiaque de Beethoven, des\nchœurs de Costeley, le concerto Brandebourgeois, de J. S. Bach, un concerto grosso de\nHandel, du Schumann, du Wagner, du Liszt, du Rimsky Korsakof, du Saint-Saëns, du\nChausson, du d'lndy, du Debussy et du R. Strauss. Comme on le voit par ce programme, si\nlargement éclectique, la Société Sainte Cécile poursuit dignement le chemin qu'elle s'est tracé."}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.91", "texte": "72 +\nS. I. M.\n\nLe peu de place dont nous disposons nous force à parler très brièvement, du\nSalon d'Automne,où se firent applaudir, Mme Guerin-Lemer, et Tillant de Fiers, et le\nvioloniste Salm, sans oublier Mlle Laurentine Barbarin, qui fut aussi brillante exécutante\nqu'accompagnatrice consciencieuse; du Concert des jeunes aveugles organisé par Gartin\nSarreau, où le talent du violonist Bartien, fut une fois de plus très apprécié, aussi que celui des\nnombreux élèves, de l'organisation, qui lui prêtaient leur concours.\nDeux mots pour finir, sur la première séance intime du jeune harpiste Janœlly, l'exellent\nartiste, et ses partenaires. Mlle Lalanne, et le flûtiste Berqeen y furent très fêtés, dans un\nprogrammme des plus intéressants.\nVALENTIN GENDREU.\nCHERBOURG. — Concert 'Magne. — Les joies artistiques sont rares en notre ville —\nles joies musicales surtout. Ce n'est point, sans doute, faute d'auditoire; juger ainsi serait\nfaire insulte au goût artistique très sûr qui distingue nos officiers de marine et nos officiers de\nterre — nombreux à Cherbourg. Une initiative artistique vraiment digne de considération\nrecueillerait ici, j'en suis sûr, l'approbation d'un public sélect et éclairé, qui déplore la rareté\ndes manifestations d'arts qu'abrite notre cité. Lorsqu'on saura que ces manifestations se bornent\nannuellement à deux ou trois concerts de notre société Philharmonique locale, augmentée de\ntrès rares tournées (la tournée Hollmann par exemple) on jugera de la légitimité des plaintes\nexhalées par les musicophiles — nombreux je le répète — qui résident en notre ville.\nLe cas n'est pas unique. Elles sont bien rares les cités privées du moindre rudiment\nd'école musicale et par suite en proie à une désespérante pénurie de bonne, de vraie musique.\nMais c'est assez se lamenter. Je dois enregistrer avec une réelle satisfaction, le succès\nqu'a remporté ici l'audition sélecte offerte aux mélomanes par la Maison Magne. Le grand\nsalon de l'Hôtel-de-Ville en lequel fut donné ce concert admirablement composé parut aux\nauditeurs d'une exiguité criante. Mieux, on refusa du monde. Successivement Mllu Marke\nDœrken, soliste de Concerts Colonne, dans des œuvres de Gluck, Sokolow, Strauss,\nM. Vangeon, violoncelliste des Concerts Colonne dans des concertos de Saint-Saëns, Lalo,\nGriez, Popper M. Barozzi violoniste, Ier prix du Conservatoire, dans le concerto en sol mineur\nde Max Bruch et MM. Magne et Penau, pianistes, obtinrent les ovations les plus chaleu-\nreuses et les plus sincères. Il convient de confondre en un même éloge mêlé de gratitude les\njeunes virtuoses qui viennent d'obtenir en cette circonstance un si franc succès.\nLYON. — La Société des Grands Concerts a repris ses séances toujours très suivies.\nL'orchestre de M. Witkowski est en progrès constants ; le quatuor à cordes, en particulier,\nest d'une parfaite homogénéité et conduit par des chefs de pupitre éprouvés et sûrs de leurs\nattaques.\nAu premier concert, le violoniste Boucherit s'est fait applaudir dans un concerto\nd'Haydn et dans les romances en fa et en sol de Beethoven. Les ouvertures d'Athahe et\nà'Obèron et spécialement la symphonie d ' Antar,admirablement détaillée, ont été très appréciées\ndu public. Le succès, au second concert, a été partagé par le pianiste Cortot et l'orchestre.\nFort bien accompagné, le concerto en la mineur de Schumann a reçu la plus merveilleuse\ninterprétation ainsi que la Fantaisie pour piano, chœurs et orchestre de Beethoven, qui n'avait\npas été jouée à Lyon depuis trente ans. Trois pièces de Debussy, des fragments de Dardanus,\nde Rameau et l'ouverture des Maîtres chanteurs — les morceaux de résistance du programme\n— ont été excellement nuancés et enlevés par l'orchestre sous l'habile direction de son chef\néminent."}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.92", "texte": "La stèle placée par le comité du monument Wagner sur le mur du Palais Vendramin.\n\nLE MONUMENT WAGNER A VENISE"}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.93", "texte": "M. Max Rikof parlant au nom du comité de souscription du monument Wagner,\nau Palais Vendramin,\n\nLE MONUMENT WAGNER A VENISE"}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.94", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n725\n\nSignalons encore une intéressante séance de musique classique, à la salle Beal, par\nMIIe Blanche Selva et MM. Chanel et Allard, et une audition de musique ancienne, donnée à\nla salle Rameau, par la société des Concerts d'autref\nAVIGNON. En attendant les concerts annoncés pour la première quinzaine de\nDécembre avec M. Firmin Touche et le quatuor Zimmer, le Grand-Théâtre a rouvert ses\nportes. Carmen,en représentation extraordinaire, a valu un triomphe éclatant à Mlle Char-\nbonnel, de l'Opéra-Comique. Les autres œuvres de l'éternel répertoire :\nHuguenots, Mignon,ont permis à la troupe d'affirmer un ensemble assez homogène dans\nlequel il faut remarquer : Mlle Ruiss, exquisse musicienne, M. de Roqueville, M. Fourès,\nMme Broglia, M. Storel, Mme Moutini, M. Moisson.\nMOULINS. LaSte Cécile. Le dimanche 27 novembre, la jeune\na fort bien célébré la fête de Ste Cécile. A la messe de midi, en l'église Cathédrale, elle a\ninterprété, sous la ferme direction de son \" chef, \" M. E. Vincent, plusieurs chœurs religieux\nqu'elle a rendus avec un ensemble parfait et un rare souci des nuances. On a beaucoup\ngoûté la jolie voix de ténor de M. Pierre Concasty, dans le solo d'un Notre Père de M. l'abbé\nRadureau, maître de chapelle à S 1 Pierre de Moulins. La pieuse mélodie était accompagnée et\nsoutenue par une large et belle phrase de violon que détailla excellement M. Bourgougnon,\nprofesseur de cordes au lycée Banville.\nPlusieurs solennités artistiques nous sont annoncées pour cet hiver. La lyre Moulinoise\nprépare déjà ses deux concerts de la saison, dont l'un sera aussi original qu'intéressant. Il y\naura, nous dit-on, une conférence sur la musique. Il y aura... Mais, chut ! Nous avons promis\nd'être discret.\nDUNKERQUE. — Notre premier concert a été donné au profit des Ecoles Mater-\nnelles et avec le concours de Mlle Yvonne Dubel, de l'opéra. M. G. Dantu, ténor de l'opéra\ncomique, et M. Paul Bazeloire, Ier prix de violoncelle du Conservatoire de Paris, qui s'est\ndistingué dans 5 morceaux de genre différent.\nEn plus d'une partie dramatique, l'orchestre du théâtre municipal dirigé par son Chef\nEug. Théry, a donné la Marche, Cortège de Gounod, les mélodies élégiaques de Grieg et\nl'ouverture des noces de Figaro.\n— Notre Théâtre Municipal sous la direction de M. Lussiez (3e année) obtient avec sa\ntroupe d'opéra, un gros et continuel succès. Cette phalange est composée de MUe Electra\nTésoroue, Messieurs Bensa, ténor, Monet, baryton et Bugel, basse. De temps à autre\nMme Lussiez, femme du sympathique directeur, ex-contralto des théâtres de Marseille, New-\nOrléans et Toulouse, Mlle Blanche Semet, contralto du théâtre de Pau, prêtent leur excellent\nconcours. Nous avons eu ou aurons ces temps-ci : Le Trouvère, la Favorite, Lucie de Lamer-\nmoor, la Dame Blanche, Messaline, etc. F. S.\n\nBelgique\nBRUXELLES. Premier Concert de la Société J: S. Bach. Nous venons d'entendre\npour la première fois, à Bruxelles, les Cantates \" Ich bin ein Gùter Hirt \" \" Eine feste Burg \"\n\" Apollon et Pan \".\nb"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.95", "texte": "Rouart, Lerolle & C\nle\nÉDITEURS DE MUSIQUE\n18, BOULEVARD DE STRASBOURG - PARIS\nLe plus grand abonnement de France\nservice : Maison GAVEAU, 45, rue de la Boëtie.\nTOUTE LA MUSIQUE en lecture\nReprésentation exclusive des Éditions Rélaïeff, Hansen,\nJurgenson, Universelle et Zimmermann.\nDépositaires exclusifs des œuvres de G. MAHLER\nIre SYMPHONIE EN RÉ MAJEUR\n2me SYMPHONIE EN DO MINEUR\n3me SYMPHONIE EN RÉ MINEUR\n4me SYMPHONIE EN SOL MAJEUR\nChaque piano à 4 mains net fr. 12\n„ petite partition d'orchestre net fr. 8"}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.96", "texte": "FACTEUR\nDE\nPIANOS\nGAVEAU\nFACTEUR\nDE\nPIANOS\nSiège Social : 45 et 47, rue de la Boëtie (VIIIe) PARIS\nRayon spécial de Musique\n(vente et abonnement)\nTÉLÉPHONE : 528=20\nAdresse Télégraphique :\nGAVEAU=PIANOS=PARIS\nSALLES\nDE\nCONCERTS\nUsine modèle à Fontenay»\nsous=Bois (Seine)\nAgence générale à Bruxelles\nDépôt des éditions\nde la S.I.M.\n*2\n»—r\ntdk !;&&■ :■ . «W: h! ■ VAi'i .. ■\n\"ivxvsr- ■\n■\nmm\nmmfri\nMEMBRE DU JURY HORS CONCOURS\nBARCELONE 1888, Moscou 1891, CHICAGO 1893, AMSTERDAM 1895\nPARIS 1900.\nDIPLÔMES D'HONNEUR\nAMSTERDAM 1883, ANVERS 1885, BRUXELLES 1888\nGRANDS PRIX\nHANOÏ 1893, LIÈGE 1905."}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.97", "texte": "728\nS. I. M.\n\nL'exécution fut remarquable. M. Zimmer y apporta le talent, la conscience, le\ndévouement religieux de son apostolat. Il avait groupé des éléments d'élite. Mme Tilia\nHill, soprano, Else Schùnemann, alto, MM. Van Kempen, ténor, Stephany, basse, Jan Reder,\nbasse, Baldzùn, ténor. Sans doute pourrait-on se permettre quelques critiques, si l'on vou-\nlait obtenir l'idéal d'une reconstitution réelle. Mais on approche de la perfection. M. Zimmer\net ceux qui lui prêtèrent appui méritent notre gratitude.\n4 Décembre 1910. R. L.\n—La nouvelle \" Académie de musique\" installée rue Mercelis, 15, sous la direction de\nM. Th. Ysaye a donné jusqu'ici deux séances de musique de chambre.\nLa première consacrée à l'école française contemporaine, et précédée d'une excellente\nconférence de M. Lebroussart ; la seconde nous touchait particulièrement, puisqu'elle réunis-\nsait, sous le vocable d'Ecole belge \"les trois noms de Franck (le quintette), de Lekeu (la sonate\nde piano et violon), et de J. Jongen (trio 1) la tendance franckiste était donc seule représentée.\nAprès une intéressante causerie de M. Van den borren, MM. Th. Ysaye, Chaumont, Franckin,\nDolhaerd, Van Hout, et M. Jongen, dans son beau trio en si mineur, ont donné, des œuvres\ninscrites au programme, une interprétation vivante et fort applaudie.\nJ. F.\nConcert populaire du 20 novembre. M. Dupuis avait composé pour ce concert un\nprogramme varié : l'ouverture tragique de Brahms, un poème symphonique de M. Van Winckel,\nd'harmonie et d'orchestration très contemporaines, mais un peu mince d'idées ; un autre poème\nsymphonique, très beau, \"Sauge fleurie\" de Vincent d'lndy, puis le \" Chasseur maudit : \" le\ntout exécuté avec conscience, mais sans grande chaleur : En outre M. Mischa Elman.\nM. Elman est un violoniste extraordinaire : technique et pureté de son. Il s'est merveilleuse-\nment servi de ses dons naturels contre le concerto de Beethoven, et au profit de cette peu\nsympathique Symphonie Espagnole de Lalo ; aussi, pour servir en \"bis\" une petite valse infecte\net un arrangement de Wilhelmy sur le chant de concours de Walther ô Cendres de\nWahnfried !\nJ. F.\nRécital Fritz Kretsler. Fritz Kreisler, dont la réputation aujourd'hui est sans conteste\ncelle d'un grand violoniste, excelle à rendre la vie aux compositions des anciens maîtres. Le\nrécital qu'il a donné le 14 novembre à la Grande Harmonie offrait aux gens de goût une série\nd'œuvres de Haendel, Pergnani, Martini, Couperin, Dittersdorf, Francœur et Tartini, qui ont\nfait leurs délices.\nJ. F.\nCONCERT ISAYE. Un critique grincheux eût pu, naguère, reprocher à Jacques\nThibaut une certaine afféterie, un recherche d'expression outrée, nuisant fréquemment à\nl'ampleur que réclame l'interprétation des chefs-d'œuvre. Aujourd'hui, tel reproche n'est\nplus de mise. L'artiste a su, tantôt, donner une très noble ligne à ce dangereux concerto de\nBrahms. Il a su joindre, à sa sonorité merveilleuse, une sobre et belle harmonie. Thibaud est\nun des grands violonistes de notre temps. Il possède le charme, la grandeur la somptuosité, la\npassion. Aussi, dans l'admirable concerto en mi de a-t-il déchaîné un enthousiasme\nlégitime.\nE. Isaye accompagnait son éminent élève à l'orchestre, avec une touchante sollicitude.\nL'ouverture de Tremisot et une œuvre pleine, d'une nouveauté harmonique évidente.\nŒuvre moderne, elle a pris couleur sous le bâton chaleureux du Maître."}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.98", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n729\n\nLa symphonie funèbre de G, Huberty, hommage asa mémoire présente, a cote\nje passages véritablement libres, et élevés, trop de longueurs, sous lesquelles succombe\nl'expression. _ ,\nUne œuvre fraîche de Svendsen terminait le concert qui fut un succès.\nLA SCOLA MUSICAE, donnait, le 14 novembre dernier, sa première séance d'hiver,\n£n son local, 90 rue Gallait, à Schaarbeek. M. Scharrès, professeur à l'institution, fit valoir\nj'excellents dons et sa haute culture dans un récital pour piano ; Mlle Chl Lechien ui\nprêtait le précieux concours d'une jolie voix, assez bien conduite, comprehensive et emue.\nA.u programme : Bach, Beethoven, Brahms, d'lndy, Chopin, Liszt, Saint-Saëns, 1 schai-\ntorsky, \"M. de Falla. Cette soirée eut vif succès auprès d'un public choisi.\nAu 10 décembre aussi, concert de la C sous le Haut Patronage de M. e\nMinistre de France. Le compte rendu au prochain n°.\nLa deuxième séance de sonates par Mlle Tambuyser et M. Jores aeu heu le 7 décembre,\ni la salle Allemande. Les deux artistes y ont trouvé l'occasion de faire valoir leurs très\nréelles qualités. . _ ,\nAu 21 décembre, concert à la Grande Harmonie, par M\"'° Marie Leroy la cantatrice\ncélèbre, et M. Dumesnil, pianiste ; œuvres de M. Moor.\nCari Friedberg 1 éminent professeur de piano au Conservatoire ue Cologne donnait e\n70 novembre à la Grande Harmonie, un récital, qui fut une véritable fête d'Art, Bramhs,\nSchubert, Schuman, Chopin, Liszt trouvèrent en lui un interprète merveilleux, plein e\nsubtilité, de finesse, et parfaitement maître du clavier.\nNous n'avons pu encore rendre compte ici des examens a 1 Institut des Hautes Etu es\nmusicales et dramatiques d'lxelles. M. Henry Thiebaut le distingué directeur nous avait invité\nà faire partie des jurys, et nous avons eu l'occasion d'apprécier a sa va eur le caractère de\nl'enseignement donné par le corps professoral qu'il a groupe. L Ecole de la rue Souveraine\nse recommande par l'élévation des cours où la littérature, l'esthétique, 1 art vont de pan avec la\nméthode et la science. En ce qui concerne la session présente, disons simplement que l en-\nsemble des résultats des examens comporte plus de 150 distinctions. Les artistes appelées a es\ndécerner furent unanimes à féliciter M. Thiebaut et ses collaborateurs pour ce beau\nsuccès. ...\nNos lecteurs apprendront avec plaisir la haute marque de distinction que vient\nd'accorder au célèbre violoncelliste belge Edouard Jacobs, S. M. Guillaume 11. En souvenir de\nl'audition dont nous rapportions le succès dans notre dernier numéro 1 Empereur d Allemagne\na fait parvenir à l'artiste les insignes d'officier de l'ordre de 1 Aigle Rouge. Toutes nos\nfélicitations.\nWATERMAEL-BOITSFORT. Le Cercle Royal: «Bien faire et laisser dire \"\nde Watermael, sous la présidence d'honneur de M. Sam Wiener et la vice-presidence\nd'honneur de M. Schlim fêtait le 20 novembre, son 25e anniversaire. Cette fete fut 1 occasion\nd'une audition musicale choisie, à laquelle prêtèrent leur concours Madame Boulanger,\nprofesseur à l'Ecole de Musique de Boitsfort, MM. Demont, professeur au Conservatoire\nRoyal de Bruxelles, Fernand Pierard, moniteur au Conservatoire Royal de Bruxelles, Jean\nBuytinx, soliste de la Monnaie, et M. Ernest Jhek, le sympathique directeur de 1 Ecole de\nMusique et du Cercle symphonique de Boitsfort. Réunion intime et joyeuse, ou on\nentendit 'des pages de ftendel, Beethoven, Mozart, Weber, etc., et une ouverture gracieuse\nde Jhek."}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.99", "texte": "73°\nS. I. M.\n\nANVERS. Le Gala de la Wallonie a trouvé cette année un vif succès. Un public\nnombreux et choisi se pressait au théâtre Royal. M. De Vos bourgmestre, M. l'Echevin Mme\net Mlle Desguin, M. et Mme Van Kuyck, MM. Meunier, Lagonge et Beaurain, président,\ntrésorier, secrétaire, respectivement, de La Wallonie occupaient la loge d'honneur. Le ténor\nFrancell, Mll' Korsoff de l'opéra comique, Mme Savelle, Ista, Suzel, Lejeune, MM. Boussa,\nDuron et Dezan y prêtaient leurs concours.\nLa Société des Nouveaux concerts a offert, pour la première fois, au public musical anver-\nsois, un acte de Parsifal.Mm« Litvinne et Van Dyck en furent les interprêtes éminents. Le\nchœur des Blumenmâdchen était ravissant, et l'exécution, parfaitement stylée, consciencieuse et\ncompréhensive, fait grand honneur à l'excellent musicien Lodewyk Mortelmans, directeur de\nla société.\nOn annonce à Anvers la fondation de concerts classiques, sous la direction de M. L. de\nVocht. On peut avoir renseignements au Cercle catholique ou au secrétariat : 27, Champ\nVleminckx, Anvers.\nGAND. Au Conservatoire Royal. La distribution des prix a eu lieu le 20 novembre\net a été accompagnée de la traditionnelle audition d'éleves lauréats. Cette séance reflète natu-\nrellement le niveau des derniers concours, qui ont été d'une honorable moyenne, sans plus.\nL'éminent directeur du Conservatoire, M. Mathieu, a dirigé l'ouverture des Noces de\nGamache de Mendelssohn, ainsi que le bel air d'Odile de son opéra Richilde, chanté par\nMl)e Maria Bultiauw, Pour les autres numéros du programme, il a cédé le bâton à ses\ndistingués professeurs: M. Léo Vanderhaegen 1 (chant), qui fit exécuter un air:\n(A ma lyre),de son opéra flamand Lina, par M. de Raeve ;M. Albert Zimmer (violon), dont\nles élèves, MM. Fred. Ghigo et Cari Van Styvoort jouèrent le largo du concerto en mineur\npour deux violons, de J.-S. Bach, et M. Ed. Potjes (piano), dont l'élève, Mlle Germaine Van-\nden Abeele s'est attaquée au concerto en la mineur de Grieg.\nAu Cercle Artistique et Littéraire. La saison a débuté par une audition du quatuor\n\" blanc, \" composé de Mulles Corinne Coryn (ier violon), Germaine Schellinck (2d violon),\nHyacinthe Slingeneyer (alto) et Daisy Jean (violoncelle). Très vif succès pour l'interprétation\nbien comprise et bien fondue du quatuor en mi bémol de Mozart et du difficultueux quatuor\nen la mineur de Brahms. L'idée de jouer en morceau isolé la célèbre de Men-\ndelssohn, et d'en faire un \" morceau des paletots, \" m'a paru une petite faute de goût.\n\n1 On sait que M, Léo Vanderhaegen est un de nos jeunes compositeurs en qui les musiciens ont mis leur\nconfiance. On doit représenter cette année même à Gand une de ses œuvres.\n\nLA SCOLA MUSIC^E\nInstitut musical de ler1er ordre, 90 rue Gallait.\nBRUXELLES\nChant, déclamation, instruments, harmonie,\nesthétique musicale, littérature française.\nÉtudes complètes."}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.100", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n731\n\nM. Sydney Vantyn s'est fait applaudir aussi dans son récital consacré à Schumann et à\nChopin. Du premier, les Etudes symphoniques et les Kreisleriana, du second, la grande sonate\nen si bémol mineur, l'impromptu en fa dièse, le nocturne en fa dièse et la polonaise en la\nbémol. Ce pianiste est un poète dont la pensée s'alanguit volontiers en une rêverie mélan-\ncolique, et qui aimer à noyer dans la brume les contours des phrases.\nAu Collègue musical. Poursuivant l'instructive série de ses soirées musicales, le\nCollège musical a convié ses élèves et leur parents à une audition d'oeuvres de César Franck.\nLa directrice Mme Vierset a rendu un hommage éloquent à ce grand et pur artiste, dont des\npages choisies ont été rendues avec talent par Mmes Krické et D'Hondt, en passe de prendre\nrang parmi nos meilleurs amateurs, et Mile H. Slingeneyer, professeur de violon au Collège ;\nau piano d'accompagnement, Mile J. Raepsaet.\nDR PAUL BERGMANS.\nMONS. M. le Dr Dwelshauvers donnait, à l'U. P. de Mons, une conférence\nconsacrée à Liszt, dont on fête le centenaire cette année. Il a retracé la carrière du\ngrand musicien, avec une émotion pieuse, il évoqua sa noble et pure figure, des plus admirables\nde la musique. Ii analysa son génie, que Ton n'a pas assez compris encore. Liszt ne fut pas\nseulement un éblouissant virtuose, un technicien merveilleux, il fut et reste avant tout un\nsublime inspiré. Que de trésors son œuvre profonde pleine de poésie et d'émotion vivantes,\nrécèle. Telle page, comme François de Paule, marchant sur les flots sont parmi les chefs-\nd'œuvre impérissables. Nous n'essayerons pas, en deux mots hâtifs, d'en résumer la splendeur.\nTelles mélodies et telles pièces pianistiques chantent la plus subtile et fluidique impression.\nLe pianiste et compositeur belge, Arthur Van Dooren dont nous esquisserons prochainement\nla silhouette, fit revivre ces pages, au recueillement d'un auditoire ému. Ml!e Tombeur\nchanta délicieusement 3 lieder français et 3 lieder allemands, qu'accompagnait au piano\nM. le Dr Dwelshauvers.\nL'organiste de S 1 Waudru, M. Léon Jadm, compositeur talentueux, donnera le\n12 décembre au Théâtre de Mons une audition de ses œuvres, avec le concours d'un\norchestre et de chœurs forment ensemble de 200 exécutants et de Mme Feltesse, cantatrice\ndu Lyrique d'Anvers. Mlle Sodoyer, MM. Tondeur, Conrardy, Reumont. Au programme :\nGeneviève de Brabant, cantate, sur des vers de V. Gille, un chœur d'E. Depas, un poème\nsymphonique, un Appasionata pour violoncelle et une mélodie : Le Soir, sur un poème de\nRené Lyr.\nMALINES. 1 Les amateurs du carillon purent se réjouir. Ils eurent l'occasion d'assister\nà de très beaux concours les 21 et 22 Août. Chaque concurrent devait exécuter deux morceaux\nau choix, plus un morceau imposé. Het Lied der Vlamingen, extrait de l'oratorio De Schelde de\nPeter Benoit. Pour clore la première journée, fête de nuit et Concert par le Cercle Mozart,\nsous la direction de M. J. Em. Strauwen.\nAu cours de la deuxième journée, les meilleurs des dix-sept carillonneurs se firent\nentendre. Voici les pièces exécutées par les concurrents :\n1. C. De Mette : Andante de la sixième symphonie, Haydn ; Souvenir de Mignon, A.\nThomas ; 2. E. Redouté, de Mons : Les Pêcheurs de perles, Bizet ; La Voix des chênes,\nGoublier ; 3. A. Rolliers, de Saint-Nicolas : Les Cloches de Corneville, R. Planquette ; Het\nLied van den Smidy R. Andelhof ; 4. A. Schrynkel, d'Audenarde : Marche solennelle, A. Mailly;\n\n1 Le compte-rendu ci-après s'étant égaré, nous nous excusons auprès de notre correspondent M. Collaer et\nauprès de nos lecteurs, de le donner ce mois seulement. (N. de la R.)"}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.101", "texte": "A. DURAND & FILS, Éditeurs de Musique\n(DURAND & Cie)\n4, Place de la Madeleine, PARIS\nMusique de Chambre nouvelle\nGRAND CHOIX DE MUSIQUE DE CHAMBRE FRANÇAISE & ÉTRANGÈRE\nŒuvres de C. SAINT-SAËNS, Edouard LALO, Vincent d'INDY,\nA. de CASTILLON, C.M. WIDOR, Claude DEBUSSY,\nPaul DUKAS, Gabriel PIERNÉ, Emile BERNARD,\nCharles LEFEBVRE, C. CHEVILLARD, GUY-ROPARTZ,\nG.M. WITKOWSKI, Maurice RAVEL, ROGER-DUCASSE, etc.\nCLASSIQUES FRANÇAIS\nŒuVres de Rameau, Couper\nGrand abonnement à la lecture musicale française et étrangère.\nPlus de 50.000 morceaux et Partitions.\nDépôt exclusif pour la France des Editions Peters."}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.102", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n733\n\nextraits de Tannhàuser, Wagner ; 5- J* Van de Plas, de Louvain : Préludes i et 2, Van den\nGheyn ; U enclume, Alb. Parlow ; 6. Em. Verrees, de Turnhout : Les Rameaux, Faure ;\nQuand Voiseau chante, Tagliafico ; intermède de Cavalleria rusticana, Mascagni.\nOutre ces pièces, chaque concurrent devait exécuter un morceau impose, un Andante\ncantabile, composé spécialement par M. J. Denyn, le carillonneur de Malines.\nLes prix ont été décernés comme suit :\nPremier prix, M, Van de Plas, Jul., de Louvain; deuxième prix, M. Rolliers, Saint-\nNicolas ; troisième prix, M. Redouté, de Mons ; quatrième prix, M. De Mette, d Alost ;\ncinquième prix, M. Schrynkel, d'Audenarde ; sixième prix, M. Verrees, de Turnhout ;\nseptième prix, M. Nauwelaerts, de Lierre ; huitième prix, M. Oyen, de Bonsecours-Peruwelz ;\nneuvième prix, M. Van Zuylen, de Gouda : dixième prix M. Van de Plas, Th., de Diest ;\nonzième prix, M. Van Beers, de Malines ; douzième prix, M. De Lange, de Rotteidam.\nConcours d'honneur : premier prix (prix du roi, objet d'art) : M. Rolliers de Saint-Nicolas,\nà l'unanimité ; deuxième prix (objet d'art) : M. Redoute, de Mons, par trois voix contre\ndeux. Diplôme d'honneur : M. Jules Van de Plas, de Louvain.\nPuis M. J. Denyn, du haut de la tour de Saint-Rombaut exécuta en parfait virtuose\ndes airs variés, de vieilles chansons françaises, etc... Enfin, sous la direction de M. Henri\nDubois, professeur de cor à l'Académie de Musique, les cors et trompettes sonnèrent des\nintermèdes ; la fête se termina par l'exécution d un postludium de Jet Denyn,\nARLON. A la fête des « Artisans, \" du 26 novembre, on a applaudi la belle voix\nde Mlle Mary Schwartz, cantatrice d'Arlon, dans Y Air des Saison (V. 19 Air du Çld\n(Massenet), et Viens, mon bien-aimè (Chaminade). Un artiste-amateur arlonais, M Paul Henrion,\nbaryton, a fait admirer un organe bien étoffé dans la Roi de Lahore et dans la Romance a VEtoile\ndu Tannhaùser, . A J\nD'autre part, les fervents de l'extension ont eu l'occasion de goûter la musique de reve de\nMerovak, l'Homme des Cathédrales. Bientôt deux soirées musicales leur seront offertes par\nMlle E. Spierkel, professeur à l'Ecole de musique, d'Arlon. L'une, de 11 décembre, consacrée,\nen grande partie, à Léon Boëllmann, avec le concours de M Cholet, violonce iste, e\nBruxelles ; l'autre, du 8 janvier, consacrée aux Clavecinistes du 16e et du 17e siecle et a his-\ntoire de la sonate. . .\nLe 15 janvier, Mr René Lyr, fera une conférence sur quelques musiciens IVallons.\nElle sera \" illustrée \" par une douzaine de lieder chantés par Mlle Mary Schwartz, canta-\ntrice et professeur de chant.\nEnfin, le 2 avril, Mr G. Dwelshauvers, professeur à l'Université de Bruxelles, bien connu\ncomme musicologue, parlera de l'évolution de la musique en France depuis 1870. con\nférence sera accompagnée d'auditions musicales. J*\n\nÉtranger\nAIX-LES-BAINS. Au grand Cercle d'Aix-les-Bains, très intéressante audition des\nDanses à 5 temps de notre Collègue Julien Tiersot. L'orchestre sous la direction de Léon\nJehin, a donné une exécution vraiment brillante de cette musique dont le rythme inac-\ncoutumé n'est pas sans offrir de notables difficultés.\nAjoutons à cela, une excellente représentation de Proserpine, et particulièrement une"}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.103", "texte": "734\nS. I. M.\n\nétonnante représentation des Maîtres Chanteurs avec MM. Delmas, Laffitte Riddez et\nMme Magne. '\nSUISSE ROMANDE. Les conservatoires de musique ont donné le siçnal du\ncommencement de la saison. Ces établissements d'éducation jouent, en effet, dans nos\npetites villes un rôle plus essentiel que dans les grands centres. Notre vie musicale est trop\netioite pour se disperser, ou donner naissance a des tendances, a des organismes absolument\nindépendants. C est toujouis le meme groupe, la mcme elite que i on retrouve dans la plupart\nde ses manifestations. La plupart de nos personnalités musicales appartiennent, à des titres\ndivers, a nos Conservatoires. Ceux-ci deviennent aussi, tout naturellement, des sortes de foyers\ninteresses, directement ou non, à tout ce qui est de la musique chez nous. Leur action n'en\nest ou n en peut etre que plus grande. Il semble bien, d'ailleurs, que leurs directeurs s'en\nrendent compte, et fassent effort pour la rendre aussi bienfaisante que possible et lui donner\ntoute sa portée. C'est ainsi qu'à Fribourg, grâce au talent et à l'intelligent labeur de\nM.. Antoine Hartmann, le Conservatoire a fait, uans ses six années d'existence, des progrès\nincessants, ajoutant chaque semestre à son programme de nouveaux cours et augmentant\nrégulièrement le nombre et la qualité de ses élèves.\nA Lausanne, après une période de développement croissant, le Conservatoire vient de\nfranchir une étape décisive : il a créé des classes normales et des classes de perfectionnement,\nde telle sorte que ses eieves pourront y parcourir désormais le cycle complet des études\nmusicales ; en meme temps, il devient à demi-officiel, c'est-à-dire que ses diplômes seront\ndélivrés sous les auspices et avec les sceaux du département de l'lnstruction publique du\nCanton de Vaud et de la Ville de Lausanne. Enfin, et c'est là l'essentiel, il marque de plus en\nplus sa volonté de favoriser selon ses moyens le développement musical de cette ville dans tous\nles domaines, en prenant une part directe dans l'administration et l'organisation de l'Orchestre\net de certaines institutions comme celle qui nous donnera l'an prochain au Théâtre du Jorat\ndes représentations modèles de 1 Orphée de Gluck. Cette transformation du Conservatoire, qui\nne manquera pas d avoir sur la vie musicale Lausannoise une influence salutaire, est essen-\ntiellement 1 oeuvre de son directeur M. Jules Nicati. Pianiste éminent, mais surtout ami\ndévoué et desinteresse de la musique, M. Nicati a exercé depuis quelques années une\nactivité intense dans notre vie musicale. IVÎais cette activité était cachée, elle se déroulait à\nl'ombre des comités et des bureaux ; la Réforme du Conservatoire que M. Nicati a signée\nvient heureusement la mettre en pleine lumière ; elle a permis enfin à notre public de lui\nrendre le juste hommage qui lui était dû.\n\nApplication\nraisonnêe des\nmeilleurs procédés\npédagogiques\net techniques\nemployés par les\ngrands maîtres\ncontemporains\nfrançais\net étrangers.\n\nLEÇONS de PIANO\nVIOLONS, SOLFÈGE HARMONIE\nPAR CORRESPONDA\nCOURS SINAT\nRue Franklin, 5, *PAR"}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.104", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n735\n\nQuant au Conservatoire de Genève, il n'est pas plus indépendant de son milieu que les\nprécédents ; un de ses professeurs de piano, M. Stavenhagen, est directeur des concerts d'abonne-\nment ; l'excellent organiste Barblan y enseigne le contrepoint et la composition ; et il a partagé\navec le pays tout entier les regrets qu'a causés le départ de M. Jaques-Dalcroze pour Dresde.\nMais il ne présente pas au même degré que les Conservatoires de Lausanne et de Fribourg le\nspectacle d'une évolution incessante, pour la bonne raison que, plus ancien et mieux doté\nqu'eux, il est depuis plusieurs années en pleine prospérité.\nAprès les Conservatoires, les Salles de Conserts ont ouvert leurs portes. Ce fut d'abord le\nKursaal de Montreux. M. F. de Lacerda y a recommencé une nouvelle série de ces programmes\ndont j'ai souvent relevé ici la tenue intelligente, la richesse et le goût. Reprenant en mains son\norchestre fatigué et quelque peu déformé par les concerts en plein air, il l'a ramené en quelques\nsemaines à ce jeu sûr, si beau de style et de sonorité que l'on admirait ces années dernières.\nL'exécution magistrale que ce petit orchestre a donnée de Tod und Verklarung de Richard\nStrauss est à cet égard significative. Le sommet de cette première période de concerts est marqué\npar la VIIme Symphonie de Beethoven, dont l'interprétation mit en valeur de manière excep-\ntionnelle le sens de l'équilibre et des valeurs rythmiques.\nLes concerts d'abonnement de Genève ont publié leurs programmes. La même sincérité\nque j'employai ce printemps à parler de la direction de M. Stavenhagen me permettra de louer\nle sérieux effort que dénotent ces programmes. Jamais encore M. Stavenhagen ne nous en avait\ndonné de si équitables et de si heureusement composés. Représenter la France par la Symphonie\nde Franck, la Mer de Debussy et la Rhapsodie espagnole de Ravel est sûrement une pensée\nlouable, de la part d'un musicien aussi éminemment tudesque. Et sans doute, c'est encore moins\nqu'on en attendrait d'une ville aussi romane que Genève ; mais c'est mieux que Genève ne\nfît jamais.\nLes concerts d'abonnement de Lausanne ne sont pas annoncés ; ils ne le seront peut-être\npas cet hiver. Le néfaste Casino dont je vous ai déjà parlé a amené l'orchestre à un état pire\nque le néant, car il ne suffirait pas de le reconstruire entièrement, il faudrait encore le décrasser\nd'une ambiance détestable et perfide.\nE. ANSERMET.\nMOSCOU. Nous sommes menacés d'une avalanche de concerts symphoniques.\nDix concerts de la Société Impériale de musique seront conduits par Emile Konpère, dix autres\n(avec un programme historique) par Serge Wassilevksky. La Société Philharmonique aura pour\nchef d'orchestre : M. Koats, Gab. Fauré, W. Mengelberg, F. Mottl, F. Weingartner,\nS. Rachmaninow, Al. Ziloti. S. Kussewitzki, dirigera une partie de ses concerts, secondé par\nOse. Fried de Berlin, et Arth. Nikisch. Les amis de la musique russe, (M. Kerzin) donneront\n4 à 5 concerts symphoniques conduits par Em. Konpère. Ajoutons encore les \" Oratorio \",\nau nombre de 5 avec orchestre et chœurs, conduits par M. W. Boulytchew.\nLa Société Impériale commença ses concerts avec Schumann : Godfried Galston, M. Capet\net Casadesus se firent entendre.\nLa Symphonie de Scriabine u L'Extase \", fut exécutée avec succès. C'est une œuvre\nforte qui fit grande impression.\nAux Concerts historiques du Dimanche se firent entendre Jacques Handelin, organiste,\nA. Ziloti, pianiste. La second concert avait inscrit à son programme des œuvres de Hândel,\nMuffat, Grétry, Rameau. M. W. Boulytchew donna une très bonne exécution des Saisons de\nHaydn. Félicitons le chœur qui chanta les œuvres de du Fay, Okeghem, J. des Prés, Arcadelt, etc.\nMusique de Chambre. Marc Meiteliek fut le premier pianiste de la saison sa"}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.105", "texte": "736\nS. I. M.\n\ntechnique est admirable. Citons aussi les séances fort intéressantes d'Al. Goldenweiser,\npianiste, et B. Sibor, violoniste, qui exécutèrent toutes les sonates de Beethoven pour violon et\npiano.\nL'enfant prodige, Irène Eneri, (13 ans) vint se faire entendre avec un programme, qui\nferait honneur à un grand pianiste.\nELLEN VON TIDEBÔHL.\nSTRASBOURG. Le départ pour Mayence du premier chef d'orchestre de l'opéra,\nAlbert Gorter et la nomination de Hans Pfitzner comme directeur font entrer notre Théâtre\nMunicipal dans une nouvelle phase de son développement ; l'avenir dira si nous avions raison\nde bien augurer de ces changements. La saison ne nous promet, aucune nouveauté ; jusqu'à\nprésent, on a donné Freischûtz avec Mmes Mahlundorst, Croissant et M. Wissiak; Fidelio,\nCzar et Charpentier, de Lortzing, Iseyl et Tiefland, de l'Albert, le Secret de Suzanne de Wolf\nFerrari, Carmen, les Huguenots, etc. Est-il préférable de représenter beaucoup d'œuvres qui\nn'auront eu que peu de répétitions chacune, ou au contraire peu d'œuvres mais fréquemment\nrépétées ? Cette question ne se pose pas.\nParmi les concerts, signalons ceux de Frédéric Lamond, pianiste, qui donne son audition\nau Théâtre, de M\"'e Fila Plaichinger qui chante au concert la mort d'lseult et des scènes\nd'Electra, de Mme Spiro-Rombro de Rome, violoniste émérite. Le programme du premier\nconcert municipal fut très goûté du public (Symphonies de Mozart et de Brahms.) Triomphe\npour Pfitzner qui conduit l'Orchestre et pour le pianiste Ed. Risler. Le quatuor Capet nous\ndonne des exécutions parfaites du 3e quatuor op. 59 de Beethoven et de celui de Debussy.\nAu lel1e1 Concert populaire, le chef d'Orchestre Fried dirige avec autorité la symphonie Italienne\nde Mendelssohn et le pianiste Bœswillwald se couvre de gloire dans l'exécution du Concerto\nen la Mineur de Grieg.\nS. S.\nVIENNE. La démission de Weingartner était tout à fait inattendue. La presse\naffirmait que Weingartner était heureux de la sympathie que lui témoignait l'lntendant, le\nComte Montenuova, et qu'il ne pouvait être question d'une crise à l'Opéra, la situation\nfinancière étant excellente. Puis, soudain, on appela M. Gregor, de l'Opéra-Comique de\nBerlin, dont on n'avait pas encore parlé ; il excelle à mettre à la scène ; c'est là une qualité\nindispensable à la Direction d'un théâtre privé, mais insuffisante pour diriger le premier des\nthéâtres allemands de musique. M. Gregor a affirmé à la Presse son intention de respecter les\ntraditions de l'Opéra ; de cette façon, il s'assure sa sympathie. Il serait à souhaiter qu'il fît\ndavantage. Espérons qu'il nous donnera des exécutions aussi bonnes que celles de Mahler. Il\npromet de tout faire pour rappeler Mahler comme premier chef d'orchestre, car il est évident ;\nqu'agir autrement constituerait la plus lourde des fautes. Le choix de Mahler est pour la\nnouvelle direction une question vitale.\n\" Quo Vadis\", l'opéra français, a remporté un très grand succès à l'opéra Populaire.\nL'opéra de Franz Schveker \" der ferne Klang \" est accepté à l'Opéra et doit être représenté\nau commencement de la saison prochaine.\nLONDRES. La \"Philarmonic Society \" vient de donner la première audition de\nla dernière œuvre de Sir Edward Elgar, son Concerto pour violon, qui a été accueilli par des\nacclamations enthousiastes s'adressant au compositeur et à l'interprète, M. Kreisler. Ce\nConcerto, plein de charme et de sérénité forme un heureux contraste avec sa symphonie et\ndeviendra sans doute plus populaire encore ; la forme en est classique et l'orchestration"}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.106", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n737\n\nmoderne ; on y retrouve toutes les qualités sérieuses de Sir Edward Elgar, sa conviction et sa\nsincérité habituelles.\nNEW-YORK. La Société des Instruments à vent Barrère annonce trois intéressantes\nséances. On y entendra parmi les œuvres de musiques française moderne :\nde Inghelbrecht, pour flûte et harpe, le Quintette d'André Caplet, la petite suite de Debussy\n(transcrite pour instrument à vent), le Dixtuord'Enesco.\nfït\nBARCELONE. UOrféo Qautata vient d'organiser, dans son Palace, les cinq premiers\nconcerts de la saison. On nous a donné une excellente exécution de Gluck, qu'on\nn'avait plus entendu, chez nous, depuis de longues années. Outre la collaboration des' beaux\nchoeurs de la maison, toujours superbes, on s'était assuré le concours de notre compatriote\nMaria Gay et de Mlles Aline Béran et de Furnells. L'œuvre de Gluck a été exécutée deux\nfois et le succès en a été colossal. Faut-il ajouter que Maria Gay et les chœurs ont été admi-\nrables et que le maître Millet a dirigé en artiste l'ouvrage dont-il s'agit ? Maria Gay était\nencore engagée pour nous donner un récital de Lieder. Elle a fort bien dit de très belles paçes\nde Beethoven, Salvator Rosa, Giordano, Haendel, Mozart, Schumann, Schubert, Brahms,\nBorodine, Perilhou et R. Hahn ainsi que quelques chansons populaires. Dans cette même\nséance, le Trio Pichot-Costa s'est également fait entendre. L. Pichot a enfin joué le concerto\nen mi de J.-S. Bach dans une des séances de cette première série. Après les concerts dont\nnous venons de parler, Jacques Thibaud et notre Granados ont donné deux séances de Sonates\navec le plus grand succès. Bach, Mozart, Beethoven, Schumann et César Franck ont été les\nauteurs choisis par ces deux artistes. C'a été un régal.\nUOrquesta Simfonica de Barcelona a donné (toujours au Palace de la Musica), son tout\npremier concert. Il s'agit d'une société de concerts nouvellement organisée que le maître\nLamote de Grignon dirige. Le concert de présentation a fort bien réussi. Au programme,\nY Héroïque de Beethoven, La nit de Nadal (chœurs, solistes et orchestre), de Lamote, Marche\nde la Symphonie Fantastique,de Berlioz, Fêtes,de Debussy, et, enfin, de\nDukas. L'orchestre, sous la direction du maître Lamote, a bien débuté.\nLa nit de Nadal est, croyons-nous, une des premières choses que Lamote ait écrites.\nC'est de la musique infiniment sincère et volontiers catalane. Une partition, en somme, remplie\nde jolies choses.\nRosenthal a donné enfin deux concerts. Son mécanisme est extraordinaire, oui, d'accord.\nMais est-il bien sûr que tous les esprits sérieux qui assistent aux concerts, de bonne foi,\nentendre de la musique,ne sont-ils pas toujours un peu déçus en écoutant ces virtuoses dont le\nbut principal consiste, dirait-on, à épater les badau !... F. LLIURAT.\nCADIX. On ne saurait trop louer l'activité du directeur de l'Académie de Santa\nCecilia ; grâce à lui, et à lui seulement, (car notre Société ne reçoit aucune subvention)\nl'Académie de Santa Cecilia se développe de jour en jour. C'est ainsi que nous pouvons avoir\nde superbes exécutions comme celle qu'il nous fut donné d'entendre de la 9e Symphonie de\nBeethoven, au 13e Concert.\nLe programme du concert donné à l'occasion de la fête de Sainte-Cécile comprenait\nnotamment une Leçon de Solfège à deux chœurs du directeur M. A. Galvez, des fragments\nde Parsifal de Wagner, l'hymne à Sainte-Cécile de Sancho Marraco. M r Rafaël Olivares Bel\nexécuta le Rondo Capriccioso de S 1 Saëns et les ovations ne lui furent pas ménagées.\nS. V."}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.107", "texte": "DÉSIREZ-VOUS CONNAITRE L'ADRESSE\nd'une Maison donnant en LECTURE non seulement de la\nMusique Française\nMAIS ÉGALEMENT ET SURTOUT\nr\nToute la Musique Etrangère\nET MÊME DES\nPartitions d'Orchestre ?\nADRESSEZ-VOUS A\nM. 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Inutile\nde dire son succès.\nM. D. F.\nOVIEDO. — A la Philharmonique Ricardo Vines triomphe dans la Sonate Appasionata\nde Beethoven, et les œuvres de Schumann, Chopin, Fauré, Debussy, Falla, Turina, Granados\net Albeniz.\nP. A. B."}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.109", "texte": "Questions Sociales\n\nLIBERTÉ, ÉGALITÉ.... GRATUITÉ.\nIl y a quelques mois nous dénoncions, ici même, l'abus du \" gracieux concours \",\nruineux pour les artistes et vraiment peu honorable pour les \" donneurs de concerts \" qui ne\ncraignent pas d'en profiter. Aujourd'hui nous voudrions appeler l'attention de nos bienveillants\nlecteurs sur un autre genre d'abus non moins regrettable et beaucoup plus important. C'est\ndire que son examen dépassera un peu le cadre habituel de ces modestes études musico-sociales.\nEgalité... Gratuite.Cette possible devise, dont le troisième terme ne figure pas\nsur nos monuments, représente l'un des plus formidables bluffs que l'impersonnel Etat propose\nà la béate admiration de la foule troupeau qu'il est censé représenter. Mettons à part l'illusoire:\n\" Liberté \" ; \" l'Egalité \" plus bouffonne encore, et considérons seulement la \" gratuité \"\nd'une irrésistible séduction pour ceux qui s'imaginent en jouir.\nToute chose a une valeur, dit la science économique et le bon sens ; valeur variable\ndépendant des lois de l'offre et de la demande et de quelques autres facteurs que nous n'avons\npas à examiner ici. Travail musculaire, manuel, intellectuel, peuvent se mesurer et s'échanger\navec d'autres équivalences ; en général, dans notre société civilisée, c'est l'argent qui sert de\ndénominateur commun.\nOr il advint que les utopistes, puis les gens habiles amateurs de popularité, se proposèrent\nd'accomoder au goût moderne le panem et circenses,délices de la plèbe romaine. Ils inaugurèrent\nles échanges \" gratis \" et l'objet du troc, si l'on peut ainsi parler, porta notamment sur le\ntravail intellectuel. Notre panem, tout spiritualisé, nous fut distribué sous forme d'enseigne-\nment laïque, obligatoire et gratuit. Encouragés par cette première tentative d'un Etat paternel\net imprévoyant, de bons esprits ne craignirent point de demander, par la suite, le théâtre\ngratuit ; pour réformer, purifier, amender le goût populaire ; puis le pain gratuit le pain\nréel de pur froment et enfin le vêtement gratuit à l'usage des non-favorisés de la fortune.\nSi cela continue nous jouirons tous un jour de ces inappréciables bienfaits, ce sera l'Eldorado....\net l'égalité dans la ruine. Car vous imaginez bien qu'il n'y a là qu'un trompe-l'œil, un tour\nde passe-passe (électoral) et pour tout dire un de ces mensonges sociaux dont, naïfs, nous nous\npayons si facilement. L'enseignement est gratuit mais.... le contribuable paie de lourds impôts\npour en profiter. Dans les écoles nos chères écoles, laïques et obligatoires certains élèves\nsont alimentés et vêtus gratuitement mais.... des gens bénévoles remplissent la caisse. Il y a\ndes représentations et des concerts gratuits mais.... 1 Etat, c est-a-dire tout le monde, subven-\ntionne les organisateurs. En sorte qu'il y a toujours quelqu'un qui paie pour ceux qui ne\ndéboursent rien et même beaucoup de ces derniers arrivent à payer, seulement sous une autre\nrubrique, de sorte qu'ils ne saisissent pas tout de suite l'ingéniosité du mécanisme.\nA la suite de l'Etat, de grandes associations d'enseignement s'organisèrent et firent appel\naux professeurs pour répandre, gracieusement,dans des cours, nombreux et variés, le savoir\nqu'ils possédaient. Les musiciens ne furent pas les derniers à répondre à l'invite et se mirent à\nenseigner qui le piano, qui le violon et qui le chant.\nQu'espèrent donc les artistes en se prêtant à cette comédie et se mêlant aux distributeurs\nde pâtée intellectuelle pour les gens du commun ?"}, {"page_pdf": 110, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.110", "texte": "QUESTIONS SOCIALES\n741\n\nLes uns désirent et obtiennent, pour ce fait, quelques menues distinctions : diplômes,\nmédailles et bouts de ruban dont leur vanité puérile s'enorgueillit. Les autres attendent que,\ndans le nombre des élèves attirés par l'enseigne : cc Ici on instruit gratis, \" il s'en trouve\nquelqu'un, plus riche que les autres, qui paie les conseils du maître. Espoir trop souvent déçu.\nLa vérité c'est qu'en agissant ainsi l'artiste travaille à sa propre ruine, qu'il contribue à\npropager une idée fausse : celle de la gratuité possible du travail intellectuel ; qu'il adopte une\nattitude sans dignité et déprécie son enseignement.\nSi l'on veut bien réfléchir un instant et ne pas s'attarder aux vaines apparences d'une\nprétendue noblesse qui placerait l'artiste comme hors du monde où il vit, on reconnaîtra qu'il\nest soumis, comme toute unité sociale, à des nécessités économiques pressantes. Il lui faut,\npour tout dire, comme le commerçant, l'industriel, l'agriculteur, le plus souvent gagner sa vie\npar l'exploitation du capital intellectuel dont il est pourvu. Rares sont les musiciens pour\nnous en tenir à notre corporation pour lesquels l'art n'est qu'un luxe ; bien au contraire le\nplus grand nombre doit vivre d'un travail soutenu et rémunéré. Or, que dirait-on d'un com-\nmerçant, d'un industriel qui s'aviserait de distribuer gracieusement au public les marchan-\ndises de son magasin ou les produits de sa fabrique ? Cet homme est fou s'exclamerait-on ; il\ncourt à sa perte et réduit à la misère, tombera bientôt à notre charge. En va-t-il donc\nautrement pour celui qui dilapide son intelligence et ses forces sans un légitime profit ? Et\nfait-on autre chose en instaurant des cours gratuits?...\nEn second lieu l'artiste qui consent à jouer cette comédie pseudo-philanthropique\ncontribue à répandre dans le public l'idée de la non-valeur du travail intellectuel. Les plus\nhonnêtes gens commencent à s'en persuader. Ils acceptent, et même sollicitent, qu'on les\ninstruise, eux, ou leurs enfants, à titre gracieux et tel qui n'aurait pas l'idée saugrenue d'aller\ndemander à son boulanger de le nourrir gracieusement lui et sa famille, ou à son tailleur de\nl'habiller sans argent, n'est nullement gêné de recevoir et même d'exiger des leçons de\nmusique qui ne lui coûtent rien. Cette habitude est analogue à celle de beaucoup de personnes,\nfort à leur aise, qui ont la manie d'aller au théâtre avec des billets donnés.\nLes artistes ont beaucoup travaillé et regrettablement à donner d'eux-mêmes une fort\npiètre idée. Certains cours de musique ont lutté de réclame... et de gratuité. Ici on offre la\nmusique aux élèves, là on leur distribue à certaines époques, des livrets de caisse d'épargne ;\nailleurs on leur prépare fréquemment des five o*clock tea, intermèdes des leçons austères, trans-\nformés, à certains jours, en réceptions où la mère peut conduire sa fille et même lui trouver\nun mari ! Tout le monde musical a connu une brave dame dont les nombreux automnes\ns'agrémentaient, aux grands jours, d'une couronne de pâquerettes (Innocence et simplicité).\nElle mariait ses élèves. Le plus drôle c'est que les jeunes filles reconnaissantes, lorsque\n\" l'affaire \" était conclue demandaient à la marieuse la permission de lui adresser un petit\nsouvenir. Invariablement celle-ci demandait certain service d'argenterie, objet de ses désirs.\nOn acquiesçait, on envoyait le service,... qui repartait bien vite chez l'orfèvre en attendant\nun prochain retour. Le marchand et la dame s'entendaient moyennant un bénéfice honnête.\nTout l'entourage connaissait le procédé et en riait sous cape. Ce n'est qu'une anecdote, il ne\nfaut pas généraliser et conclure que tous les professeurs en usent d'aussi étrange façon, mais\nbeaucoup arrivent à des compromis discutables et à des attitudes peu conformes à la dignité\net à l'intégrité de leur caractère. Ils cherchent, par des moyens détournés, à obtenir la\nrémunération qu'ils ne peuvent plus demander à visage découvert puisqu'ils ont avili eux-\nmêmes le prix de leurs leçons.\nAu moins attendent-ils quelque reconnaissance de leurs élèves avec de telles façons d'agir?\nAucune. Les gens estiment peu ce qui ne leur coûte rien. Un instinct obscur leur fait\nc"}, {"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.111", "texte": "742\nS. I. M.\n\npressentir que si on leur donne quelque chose, sans rien exiger en échange, c'est que l'objet\nn'a pas de valeur, ils le méprisent comme le prospectus reçu dans la rue et qu'ils jettent, fripé,\nsans même le lire.\nSi, de la considération du préjudice matériel, nous passons à un autre point de vue, il ne\nnous satisfera pas davantage. Moralement, l'artiste qui accepte de distribuer les éléments d'une\nscience ou d'un art à tort et à travers est fort coupable. Il trompe sciemment ceux qui vien-\nnent à lui ; il laisse croire qu'il peut donner le meilleur de lui-même, remplir la tâche admirable\ndu véritable maître, assumer tous les devoirs qu'elle comporte, prodiguer ses soins et cela à tout\nvenant ; aux inconnus, aux mal doués, aux indifférents, à tout ce que le hasard de la route met\nsur son chemin. Eh ! bien, ce n'est pas vrai. S'il plaît à un musicien, par amitié pour un élève\nde lui donner ses conseils, nul n'y trouve à redire. Si un sujet exceptionnellement doué, et\npauvre, intéresse un maître qui consente à l'éduquer, dans l'intérêt même de l'art, rien de mieux,\net nous pourrions citer ici bien des noms vénérés de grands artistes qui ont généreusement secondé\nde véritables vocations. Grâces leur en soient rendues et éternelle reconnaissance ; mais notre\nsujet est tout autre, nous faisons allusion à ces élèves quelconques qui, avec plus ou moins\nd'exactitude, suivent les cours gratuits qu'on leur ouvre si indiscrètement, Mimis-Pinsonnettes\net autres petites filles que la musique sensibilise ; primaires récemment sortis de l'école commu-\nnale, nourris de mots plus que d'idées et nullement préparés, (sauf de très rares exceptions) à\nrecevoir un enseignement artistique profitable. Ni leur éducation première, ni le milieu dans\nlequel ils se trouvent, en général, ne constituent un terrain d'évolution favorable à la culture et\nà la croissance d'un art donné. Nous traiterons prochainement cette question du milieu nécessaire\nau développement des facultés artistiques chez l'enfant.\nQu'on veuille bien croire qu'en engageant ici les artistes à renoncer à de si fâcheuses\nhabitudes : supprimant les gracieux concours et fermant les cours gratuits, nous ne voulons pas les\ninciter à n'obéir qu'à des mobiles mesquins, intéressés ; cette revue n'ouvre pas un cours de\nmercantilisme, mais, fidèle au programme que nous nous sommes tracé, nous voulons leur faire\nprendre une vue plus nette, plus claire de leurs véritables intérêts, les amener à une estimation\nd'eux-mêmes moins peureuse, à une attitude plus résolue et, entre eux à une \" entente cordiale \"\nbien nécessaire. i\n\nM. Daubresse.\n\nCONSERVATOIRE DE LAUSANNE\nINSTITUT DE MUSIQUE\nClasses Normales Classes de Virtuosité. Classes secondaires et primaires\nDIPLOMES OFFICIELS\nDÉLIVRÉS SOUS LES AUSPICES ET LES SCEAUX DE L'ÉTAT ET DE LA VILLE\nRenseignements: Mr. J. NICATI, Directeur.\nH 13291 L"}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.112", "texte": "Cours et Conférences\nG. Rouchés.\nLES GRANDES ÉPOQUES DE LA MUSIQUE. D'accord avec les organisa-\ntrices Mlles Pironnay, M. Landormy a pris, cette année, pour sujet : La musique française au\nXIXe siècle et commencement du XXe. Il a d'abord montré que de 1800 à 1860, elle fut pure-\nment théâtrale sous ces deux formes de l'Opéra Comique et de l'Opéra.\nToutefois, M. L. estime avec raison que la supériorité des français au XIXe siècle s'est\naffirmée, non au théâtre, mais au concert, la véritable école de l'amateur et du compositeur.\nMlles Mary et Fernande Pironnay dont il faut louer la voix et l'intelligence exécutèrent\nles exemples accompagnant ces intéressantes leçons avec le concours de chanteurs de talent :\nMlles Malnory, Grignard, Plisson, MM. Landormy et Josselin et des distingués pianistes,\nMme Landormy et M. Motte-Lacroix.\nHAUTES ETUDES SOCIALES. Les conférences musicales ont repris, à FEcole\ndes Hautes Etudes sociales, 16 rue de la Sorbonne, depuis le 18 novembre. Voici la liste de\nces conférences : L'art populaire dans le chant grégorien, 18 novembre, A. Gastoue. Le mois\nmusical, 25 novembre, Calvocoressi. Nature et évolution de l'art musical, 2, 9, 16, 23,\n30 décembre, Jean Marnold. La Musique en Allemagne au XVIIe siecle (suite), 13, 20,\n27 janvier, 3 février, André Pirro. Le mois musical, 10 février, Calvocoressi. La musique\nitalienne en France sous Mazarin, 17> 24 février, Henry Prunières. Le mois musical,\n3 mars, Calvocoressi. Les pastorales en musique au XVIIe siecle en France, 10, 17 mars,\nLionel de la Laurencie. Légende et histoire de l'Ecole russe au XIXe siecle, 24> 31 mars>\nLouis Laloy. Le mois musical, 7 avril, Calvocoressi.\nM. GASTOUÉ. U art populaire dans le chant grégorien. M. Gastoue (18 novembre)\ndéfinit avec précision l'art grégorien celui dont les lois régissent le chant liturgique officiel\nde l'église latine et délimitent la participation de chacun, clerc ou fidele. On ne doit pas\nconfondre les chants officiels avec d'autres qui sont écrits d après les chants liturgiques et qui\nsont tout à fait en dehors.\nDès le IVe siècle, les papes préoccupés par cette question d'une musique liturgique,\nessaient d'établir une règle générale. Le monde romain a complètement sombre. Ses jeux\npopulaires ne subsistent qu'à Byzance, là même où le culte chrétien atteint sa plus grande\nsplendeur. Vainqueurs et vaincus n'ont qu'une seule religion. L Eglise veut restaurer les Arts,\nsurtout la musique. Ces efforts successifs sont synthétisés par Saint Grégoire dont M. G.\nretrace la vie. Ce pontife musicien par goût fonde la Scho/a cantorumy corporation de chantres\navec une école annexe. Il crée en même temps 2 antiphonaires romains, repertoire de chants\ndestinés les uns àla Schola, les autres au peuple.\nCe recueil fut augmenté par la suite, il y a lieu de distinguer le fonds primitif. M. G.\ns'occupant de la partie populaire établit trois divisions : les pièces venues du peuple, les pièces\nécrites pour le peuple, celles enfin bâties sur des thèmes populaiies."}, {"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.113", "texte": "A travers les revues\n\nLA CRITIQUE MUSICALE. \" Comment la faire ? \" se demande (<Signale, 2 nov.)\nM. le Dr Niemann, à qui cet épineux problème inspire de fort sagaces réflexions. Reprenant\npour le compte de la critique musicale les vues émises relativement à la critique d'art par\nM. Richard Muther dans son Histoire de la peinture au dix-neuvième siècle, il recommande de\nne point trop s'en tenir aux considérations d'histoire ou de tradition. La connaissance\nde l'histoire de l'art aide bien peu à une juste et libre intelligence des œuvres d'art. Qui-\nconque veut faciliter aux masses l'accès des chefs-d'œuvre doit être capable de deviner le\nsecret de ces chefs-d'œuvre et non pas seulement de les analyser. La \" spécialisation \"\ndu musicographe, c'est le plus grand des dangers. L'art n'est-il point la joie, la vie universelles?\nLe Courrier Musical (octobre-décembre) publie, sur le même suj'et, la leçon faite en 1908\nà l'Ecole des Hautes Etudes Sociales par le signataire de la présente rubrique, qui s'est efforcé\nde résumer quelques conseils pratiques, basés principalement sur la distinction des \" jugements\nd'opinion \" et des \" jugements de fait \", et aussi, plus généralement, de tracer le portrait du\ncritique idéal, \" portrait qu'on esquisse plus facilement qu'on ne l'incarne \".\nEn même temps que le D 1 Niemann, le Dr W.A. Thomas San-Galli aborde le même\nproblème [Musikalisches W lichenblatt,3 novembre) mais au point de vue de l'enseignement\nplutôt qu'à celui de la critique ; il arrive aux mêmes inévitables conclusions : \" Point de con-\nnaissance de l'art sans art.ll y a une chronologie, une philologie, une mathématique de la\nmusique mais ce ne sont que des sciences auxiliaires. Qui veut enseigner la science musi-\ncale doit être musicien et artiste. \"\nLES PETITES PROFESSIONS DES INSTRUMENTISTES. Dans le Musi-\nkalisches IVichenblatt du 3 novembre, M. Léopold Schmidl montre à quelles besognes supplé-\nmentaires sont obligés de se livrer en Allemagne les petits musiciens d'orchestre. Il est assez\nnaturel d'apprendre que beaucoup sont copistes, fabricants d'anches, voire régleurs de rouleaux\nperforés pour appareils automatiques. Mais il paraît qu'à Berlin, il en est beaucoup qui\npratiquent avec succès l'élevage des volailles (M. Schmidl ne dit point si ce sont spécialement\nles clarinettistes), la photographie ou le commerce des timbres-poste. Un timbalier de la même\nville est détective et très apprécié comme tel.\nHUGO WOLF. Dans la New {Music de Décembre, M. Bayard Quincy\nMorgan revient sur quelques-unes des opinions exprimées sur ce compositeur par M. Ernest\nNewman dans son excellente biographie, et les discutes avec preuves à l'appui. Il voudrait\nfaire des réserves sur deux points : d'abord sur le degré de \" l'effacement de l'individualité du\ncompositeur au profit de celle de la composition \" puis, sur \"sa magistrale adaptation de la\nmusique aux textes. \"\nDEBUSSY ET LE NATIONALISME MUSICAL. Sous ce titre, M. Ernest\nNewman, à propos de l'interview de l'auteur de publiée par 1\nArtiste, se demande Tintes,Novembre) comment il est possible de s'imaginer qu'on\nne sera vraiment Français, en musique, qu'en se déclarant foncièrement différent des Alle-\nmands. Ceci, dit-il, est déplorable ; \" et quand M. Debussy affirme que ni l'une ni l'autre de\nces races ne devrait essayer de toucher le sens musical de l'autre il ne fait que colorer de"}, {"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.114", "texte": "A TRAVERS LES REVUES\n745\n\nmauvaise sociologie un accès d'humeur. Existent-t-ils, L'esprit français, L'esprit allemand,\nL'esprit anglais ? La Bruyère n'a-t-il pas dit que la raison est de tous les pays ?\nDans la dernière de ses vivantes chroniques des Marges, M. Vuillermoz en arrive, par\nun chemin un peu différent, exactement, au même point :\n\" Certes, dit-il, la musique a mieux à faire qu'à ambitionner la gloire d'un volapuk ou\nd'un espéranto supérieurs ; les nuances ethniques qui brillent en elle sont de précieuses parures,\ndont elle ne doit pas chercher à se dépouiller, mais nos facultés d'assimilation nous permettent\nd'en tirer le plus heureux parti pour l'enrichissement de notre art. Nous crions volontiers à\nl'incompatibilité des races, lorsque nous nous trouvons en face d'un Reger excessif ou d'un\nMahler trop copieux, sans nous souvenir que les plus délicats de nos amateurs digèrent\nBorodine, Glazounow ou Moussorgsky plus aisément que Bruneau ou Widor, tandis que les\nmoins dégoûtés de nos compatriotes ont trouvé dans Mascagni, Puccini et Léoncavallo la\nnourriture convenant le mieux à leur estomac bien français. \"\nIl s'est dit tellement de sottises, depuis quelques années, de ce problème de la nationalité\nmusicale devenu le tarte a la crème de certains, qu'il est tout à fait réjouissant de constater un\nmouvement en faveur de ce qu'indique le simple bon sens.\nLA GAMME PAR TONS. Très bonne étude esthétique et technique de M.\nClutsam (Musical Times, novembre et décembre) sur cette vexata quaestio de tous les\nthéoriciens, avec beaucoup d'exemples où l'on s'étonne seulement de ne voir cités ni le\nRousslàn de Glinka, ni l'extraordinaire finale du Convive de Pierre de Dargomyjski. Mais ce\ntravail est fort nourri, et mérite d'être lu.\nLE \" MACBETH \" DE M. BLOCH. Il est encore un peu tôt, au moment où\nil me faut livrer à l'impression cette chronique, pour se faire une idée d'ensemble de l'opinion\nde la chronique sur cette œuvre : seuls les comptes-rendus du lendemain sont à ma disposition.\nJe compléterai donc la prochaine fois les présentes notes.\nEn général, la critique rend hommage à la probité d'aspirations qui décèle chez M. Bloch\nle fait d'avoir choisi pareil sujet et la manière dont il l'a traité. Mais en même temps, la\nplupart des commentateurs se demandent si Macbeth offrait une matière bien convenable a un\ndrame lyrique : l'honneur y est trop uniforme, trouvent MM. Fauré (Figaro\\ Carraud\n(.Liberté), Hahn ( Journal), Boschot (Echo de Paris) et moi-même (Gil Blas). M. Hahn ajoute\nqu'un tel choix permet de classer le compositeur parmi ceux \"qui estiment que la musique\ndéchoit et se prostitue dès qu'elle cesse d'être revêche, ardue, brutalement dissonnante, et qui\nfinissent par être usincères\" dans le culte soigneux de la laideur et dans une sorte d'avide\naspiration vers l'ennui \". M. Gauthier-Villars (Comœdia) estime, bien qu'en définitive 1 element\nféerique et l'intrigue sont insuffisamment empoignants pour nous, que le \" substratum psycho-\nlogique n'est pas aussi riche et nuancé que de coutume \".\nLes avis diffèrent sur la valeur de l'adaptation réalisée par M. Fleg. Comedia, le \"Journal\\\nle Figaro, /'Echo de Paris estiment que le librettiste s'est fort bien tiré de sa tâche. Le Gil\n*Blas est de l'avis opposé, et reproche notamment à M. Fleg d'avoir ajouté certains détails ; la\nmême remarque est faite, avec de meilleurs exemples à l'appui par MM. Souday (Eclair) et\nplus accessoirement, Carraud.\n\\j Eclair, Y Echo de Paris, Paris-Journal (M. Prodhomme) et le Gil Blas jugent severe-\nment la musique. Au contraire, la Liberté et le Figaro, tout en n'approuvant pas sans réserves\nreconnaissent à l'œuvre beaucoup de grandes qualités. Comœdia analyse de près la partition qui\nest déclarée \" extraordinairement vivante, agissante, et gesticulante.\" En somme, presque tous\nles comptes-rendus, même sévères, sont assez sympathiques à M. Bloch et à sa première œuvre.\n\nM.-D. Calvocoressi."}, {"page_pdf": 115, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.115", "texte": "L'Édition Musicale\n\n(i) Chez Cari Simon à Berlin. (2) Chez Enoch. (3) A l'édition mutuelle. (4) A la coopérative des\ncompositeurs. (5) Chez Foetisch. (6) Chez Carisch et Jànichen. (7) Chez Eschig. (8) Chez Justin Robert\nORGUE. J'avoue que je ne vis pas sans un certain effarement, arriver, la semaine\npassée un volumineux paquet de musique, qui me parut représenter à tout le moins l'œuvre\ncomplété de Sigfrid Karg Elert (i). Mon Dieu, me dis-je, si ces trente-sept morceaux\nressemblent seulement de loin à la sonate reçue le mois dernier, il me faudra au bas mot une\nannée entière de travail avant de pouvoir en donner le plus léger aperçu aux lecteurs de la\nS. I. M., qui du reste, ne m'en sauront pas le moindre gré. Inquiétude déplacée ; M. Elert\nn'est nullement le musicien rébarbatif que j'avais imaginé. Il convient de faire deux parts dans\nson œuvre : ses improvisations, Fantaisies, Préludes, Postludes, Variations pour grand orgue me\nséduisent fort peu: écrire des Variations me paraît déjà fâcheux ; les publier l'est encore bien\ndavantage. Devant cette perpétuelle redondance des idées, devant ces développements surabon-\ndants, oiseux et souvent injustifiés, on ne peut s'empêcher de songer que les qualités d'un\nimprovisateur deviennent bien facilement des défauts. Dans plusieurs œuvres dont la mise au\n• A -\npoint parait cependant plus poussée, la Fantaisie et Fugue Op. 39 d'une assez grandiose tenue,\ndans la belle Passacaglia Es Moll dans les Sonatines en G. Dur et en A Moll, nous retrouve-\nrons ce même caractère d'improvisation hâtive. Au contraire dans de très courtes pièces comme\nles Madrigale, (Zehn schlichte Weisen) son Humoreske, son Capriccietto, la personnalité de\nM. Elert nous paraît très nette et très saisissable. Nous trouverons chez lui de la candeur, de\nde la spontanéité, un certain mysticisme qui fait songer à Schubert ; à côté de cela, un\nimprévu dans les rythmes et les dissonnances, un tour audacieux et burlesque, que viennent\nencore accentuer des nuances de caractère très soigneusement indiquées : a mit grotesken\nhumor, \" \" mit einem stich in kokette. \" Un des morceaux est même intitulé \" Piquanterie \"\nLe comique, ici est peut-être involontaire. M. Elert manie fort joliment le pastiche, sa\nSonatine en E AAoll, sa partit a en Z). Dur, charmantes d'un bout à l'autre, sont d'excellentes\nimitations des classiques allemands du XVIIIe. Malheureusement, il n'échappe àla tentation\nde retoucher les œuvres d'autrui : quand il transcrit Y Ave Maria d? Arcadelt, ou la Sarabande\nde Corelli, il n'y a encore que demi mal. Mais à quoi bon transcrire POUR HARMONIUM\nune Suite de clavecin de Rameau: n'est-ce pas àla fois une faute d'histoire et une faute de goût ?\nPIANO. Tous les morceaux que je viens d'énumérer sont écrits pour grand orgue,\nharmonium ou harmonium d'art. Les pages intitulées Aphorismen sont destinées au contraire\nau piano. Courtes, amusantes et caractérisées, je les recommanderai à tous ceux qui veulent\nse faire, plus aisément que je ne lai pu, une idée de la personnalité de M. Elert.\nCeci m'amène à quelques productions pour piano seul. D'abord, un petit Album de\n10 morceaux très faciles \"Les menottes, \" par Mme Toutain-Grrun (2). Ceci répond à une\ntendance toute nouvelle : on s'est avisé récemment que nos enfants, pour avoir de petites\nmains n'étaient pas forcément dépourvus de toute espèce de goût ; et qu'un artiste pouvait\nsans déchéance, composer à leur intention. Les Contes de ma mère fOie, de Ravel, ont été\nécrits dans ce sens. Encore quelques années, nous verrons disparaître des \" Méthodes \" ces\npetits morceaux insipides ou infects sur lesquels nous avons tous pâli dans le temps jadis. En\nattendant, il faudrait que le volume de Mme Toutain-Grun soit entre les mains de tous les\nprofesseurs de piano."}, {"page_pdf": 116, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.116", "texte": "L'ÉDITION MUSICALE\n747\n\nChopin est toujours de mode, il inspire à M. Jemain une Ballade en Si Bémol (3), à\nM. Louvier une Nuit tombante (4) d'une désespérante fadeur, et à M. Hans Hllber, Six\nEtudes Lyriques (5). Rien d'ennuyeux comme ces retours d'un romantisme hors de mise. Ce\nqui était fort intéressant en 1850 ne l'est plus nullement. Et pourquoi s'acharner à ce genre\nhybride des Etudes qui ne sont ni des morceaux, ni des exercices. Je sais bien que ce système\nnous a valu des chefs d'œuvres comme les études de Chopin. Mais cependant, pour s'exercer\naux arpèges de main gauche, il n'est nul besoin de les nommer Sur Yeau, et pour travailler les\nnotes répétées, d'en faire une Matinée brumeuse. Ne suis-je pas trop sévère pour des œuvres de\nbonne tenue.\nAprès Chopin, Wagner, et Wagner trahi par un de ses pires imitateurs, par un Italien.\nLe Giuda de Keriothy (6) de M. Kiicci Signorini est un ténébreux poème pour grand\norchestre, où des pages d'une intensité dramatique, outrageusement tendue, voisinent avec les\nplus plates vulgarités. Pourquoi en avoir tenté cette transcription pour piano, surchargée,\nillisible et presque injouable.\nAllons vite goûter un peu de repos avec le charmant Paysage de M. Plljol (3) une\ncontrée paisible, herbeuse, dominée par de hautes collines qui ne sont pas encore des montagnes,\net parfumée d'un grand souffle de brise alpestre ; voilà, à mon idée, ce que M. Pujol a voulu\nnous peindre. Nous sommes entrés ici dans le domaine de la grande musique.\nNous y resterons, avec deux admirables pièces d'Albeniz, (3) Zortzico, danse à cinq\ntemps, et La Vega, premier morceau d'une Suite pour piano inspirée par l'Alhambra de\nGrenade. Par la fluidité des modulations, et l'exquise recherche de la couleur sonore, il est\nd'un bout à l'autre un régal exquis pour l'oreille. Ceux qui ne veulent voir en Albeniz que\nle champion tapageur d'une école ultra moderne, seront peut être surpris de ce morceau.\nCHANT. Pour ne pas quitter cette musique espagnole si séduisante, passons aux\nquatre Chansons d'enfants de Joseph Civil Y Castellvi, (3) (Beau Soleil, Saint Ange\nGardien, La fleur d'Amour). Ces petites mélodies d'un tour imprévu, qu'une traduction\nfrançaise assez baroque rend encore plus déconcertantes, ont quelque de chose de jeune, de\nfrais, de malhabile, infiniment sympathique.\nM. Siefert nous offre un poème qui porte ce titre éminemment suggestif.\nquune présence de veilleuse...(3) vous devinez que les vers sont de Rodenbach ; vous devinez\naussi tout ce qu'un prestigieux clair obscuriste a su dépenser d'ingéniosité dans la description\nde ces pénombres musicales : malgré tant d'habileté, devant cette petite veilleuse, je regrette\nle grand soleil d'Espagne.\nENSEMBLE. Le Lied d'Eugène Cools (6) est un excellent morceau de salon,\ndépourvu de toute nouveauté (pour flûte et violoncelle). Enfin, nous recevons la dernière\nminute, un très bel Aria pour violon, de Clément Robert (8). L'auteur s'y montre,\ncomme toujours un mélodiste de premier ordre. La pureté presque classique de son dessin,\nl'aisance de ses moludations, et la très haute tenue de son style nous font augurer grand bien\nde trois pièces qu'il nous promet pour l'an prochain ; Prélude, Arabesque et Finale.\nORCHESTRE. La collection des petites partitions d'orchestre de Durand s'est\naugmentée de trois volumes : La Foi de Saint Saens ; Etude Symphonique d'après La Nef,\nde Samazeuilh, et Y Etude pour le Palais Hanié, de Florent Schmitt. Nous y reviendrons.\nN. B. Nous attirons l'attention de nos lecteurs sur l'intéressante publication par souscription annoncée dans le présent\nnuméro pour une série de chefs-d'œuvre du XVIIIe siècle : opéras-comiques ds Favart, Duny, Monsigny, arrangés pour\npiano et chant. Cette publication, dont l'apparition coïncide avec les représentations données au Théâtre de Monsieur, ne\npeut manquer de recevoir des amateurs de bonne musique française le meilleur accueil.\n\nV. P."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.117", "texte": "Çà et Là\nNous apprenons avec plaisir que notre excellent collègue Laloy a été nommé à la\nsuppléance du cours de M. Romain Rolland à la Sorbonne.\nM. Paul Le Flem reprend ses cours d'harmonie (17 rue Froidevaux). Il commencera\nun cours d'orchestration pratique qui comprendra : i° L'analyse orchestrale d'œuvres anciennes\net modernes ; 2° Des essais d'orchestration sous la direction du professeur ; 30 Des corrections\nd'essàis présentés par les élèves.\nSchola Cantorum. Monsieur Vincent d'lndy vient de créer un cours supérieur de\nviolon à la Schola Cantorum.\nC'est M. Armand Parent, déjà titulaire du cours du deuxième degré qui a été désigné\npour le diriger.\nUn directeur français en Colombie. M. G. Uribe, élève de Vincent d'lndy, auteur\nd'une sonate et de lieds appréciés, vient d'être nommé directeur de l'ancienne Académie\nnationale de musique de Bogota (capitale de la Colombie), où il prépare d'importantes\nréformes.\nLa littérature musicale russe s'enrichit chaque jour de nouvelles découvertes, les\nfolkoloristes sont inlassables. Dans la seule province de Perni ils ont recueilli plus de 52\nchansons populaires. Les paysans les chantent dans les églises et pendant les cérémonies\nnuptiales. Chants d'amour ; chansons de brigands. Chose curieuse, aucune de ces petites\ncompositions ne célèbre le vin ou l'alcool. Les paysans ne chantent pas les mélodies originales;\nils en inventent selon leur fantaisie.\nLes théâtres de Lisbonne deviennent républicains ainsi le Théâtre Royal prend le nom\nde Théâtre-Lyrique et le Théâtre Donna Amélia s'appelle Théâtre de la République.\nDe quelques fauteuils académiques. Les titulaires :\n1 & fauteuil : Méhul, Boïeldieu, Reicha, Havély, Clapisson, Gounod, Théodore Dubois.\n2e fauteuil : Cherubini, Onslow, Reber, Saint-Saëns.\n3e fautueil : Gossec, Auber, Victor Massé, Léo Delibes, Guiraud, Paladilhe.\n4e fauteuil : Grétry, Monsigny, Catel, Paër, Spontini, Ambroise Thomas, Ch. Lenepveu,\nWidor.\n5e fauteuil : Berton, Adolphe Adam, Berlioz, Félicien David, Reyer, Fauré.\n6e fauteuil : Lesueur, Bazin, Massenet.\nSait-on que Brahms ne se contentait pas des lauriers du compositeur, mais briguait ceux\nde l'historien. Il travailla, jusqu'à sa mort, à une\nA noter une définition de la musique par Christiani auteur des\nforte. \" Cet art (la musique) a sa loi fondamentale dans la loi de la beauté. La beauté présuppose\nla symétrie. La symétrie est visible dans le rythme. Le rythme rend audicible la symétrie par le\nmouvement symétrique. Le mouvement symétrique est donc le principal élément de la\nmusique. \"\n\nTous droits réservés pour tous pays y compris la Scandinavie et l'Extrême Orient.\n: MARCEL FREDET.\nImpr. par THE ST. CATHERINE PRESS LTD. Bruges, Belgique."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.118", "texte": "S. I. M.\nREVUE MUSICALE MENSUELLE\nOrgane de la Section de Paris de la Société Inter-\nnationale de Musique et de la Société Française\ndes Amis de la Musique.\nFrance et Belgique :\nLe numéro : 1 fr. 50\nUn an: 15 fr.\nSix mois : 8 fr.\nÉtats-Unis :\nLe numéro; 50 cents. Un an: $ 5.00\nEurope :\nLe numéro : 2 fr.\nUn an: 20 fr.,\nSix mois: 12 fr.\nS. I. M. publie à part et sous couverture spéciale\nla seconde partie de sa revue, celle qui traite\nde l'actualité. Cette annexe s'appelle :\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\nFrance et Belgique :\nLe numéro fr. 0.40\nUn an fr. 4.00\nUnion postale :\nLe numéro fr. 0.60\nUn an fr. 6.00\nDirecteur: J. ECORCHEVILLE\nSecrétaire de la Rédaction :\nCH. LEGRAND\n22, rue St. Augustin, PARIS.\nRédacteur pour la Belgique:\nRENE LYR\nBoitsfort-Bruxelles.\nLe Directeur et le Secrétaire de la Rédaction reçoivent\nle mercredi et le samedi de 4 à 7 heures."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19101215-01.1.119", "texte": "Salle PHILHARMONIQUE\nVia Ghibellina, 83, FLORENCE\n\" LA LIBERA ESTETICA \"\nPrésidence d'honneur de B.M. la Reine Marguerite d'ltalie\nItalienne Ancienne * S * \"inS.-1\nCONCERTS de Musique\njf.\nIDA ISORI G. YSAYE\nPAOLO LITTA\ni\n■\nPREMIER CONCERT\nLundi 5 Décembre 1910, â 9 heures du soir\n1.\n2.\nb) Giga ata ) iranscriPti°n Par P- Litta.\nc) Pastorale \\\nd) Capriccio >\nc) Studio J\n(Paolo Litta)\nà) Inno dell'opera 44 EURIDICE \"...\nb) Fere selvagge\nc) Lamento dell'opera 4' ARIANNA \"\nd) Aria di Medea dell'opera \"GIASONE\"\n(Madame Ida Isori)\n3. Sonate pour violon et basse chiffrée .\n(Messieurs G. Ysaye et Paolo Litta)\n4. a) \"Caro laccio\"\nb) \"Toglietemi la vita ancor\" , . .\nc) Il mio bel foco\nd) Non posso disperar\né) Che fiero costume .......\n(Madame Ida Isori)\n5. Sonate pour violon et basse chiffrée .\n(Messieurs G. Ysaye et Paolo Litta)\nBenedetto Marcello (1686-1739)\nDomenico Scarlatti (1683-1757)\nlacopo Péri (1560-1625)\nGiulio Caccini (1550-1615)\nClaudio Monteverdi (1568-1643)\nF. Cavalli (1599-1676)\nE. Barbella (1704-1773)\nGas-parini (1665-1737)\nAless. Scarlatti (1659-1725)\nBenedetto Marcello (1686-1739)\nDe Luca (15-16)\nLegrenzi (1625-1690)\nPorpora (1686-1767)\nI\n»\nTROISIÈME CONCERT\nLundi 19 Décembre 1910, à 9 heures du soir\n1. Sonate pour violon et basse chiffrée .\n(Messieurs G. Ysaye et Paolo Litta)\n2. a) Amarilli (Madrigale)\nb) Corne raggio di sol\nc) Lungi amor\nd) Tre giorni son che Nina . . . .\n(Madame Ida Isori)\n3. Sonate pour violon et basse chiffrée .\n(Messieurs G. Ysave et Paolo Litta)\n4. a) Gran pazzia (opéra ERITREA) . .\nb) Mi nutrite di speranza\nc) Sento nel cor\nd) Caro mio ben . ,\n(Madame Ida Isori)\n5. Sonate pour violon et basse chiffrée .\n(Messieurs G. Ysaye et Paolo Litta)\nLocatelli (1550-1615)\nCaccini (1550-1615)\nCaldara (1671-1763)\nFasolo (16...-16)\nPergolesi (1710-1736)\nTessarini (1690-1762)\nFr. Cavalli (1599-1676)\nLegrenzi (1625-1690)\nA. Scarlatti(l6s9-1725)\nGiordant (1743-1798)\nTartini (1692-1770)\nI\nCINQUIÈME CONCERT\nLundi 9 Janvier 1911, à 9 heures du soir\n1. Sonate pour violon et basse chiffrée .\n(Messieurs G. Ysaye et Paolo Litta)\n2. a) Lamento di Ottavia (INCOR. I>l\nPOPPEA)\nb) Aria (GIASONE)\nc) Se tu délia mia morte\na) Arietta •\n(Madame Ida Isori)\n3. Sonate pour violon et basse chiffrée .\n(Messieurs G. Ysaye et Paolo Litta)\n4. a) Arietta . .\nb) Dimmi amor\nc) Pur dicesti\nd) Recitativo ed Aria dell'op. OLIMPIADE\n(Madame Ida Isori)\n5. Sonate pour violon et basse chiffrée .\n(Messieurs G. Ysaye et Paolo Litta)\nMossi (1690-1750).\n3 Z)p p i\nCl. Monteverdi (1568-1643)\nF. Cavalli (1599-1676)\nA. Scarlatti (1659-1725)\nlomelli (1714-1774)\nTartini (1652-1770)\nA. Falconiefi (...-16...)\nArcangelo del Leuto (15...-16...)\nAnt Lotti (1667-1740)\nPergolesi (1710-1736) <\nNardini (1722-1793)\n5, 12, 19 et 26 Décembre\n9 et 16 Janvier 1911\n(9 heures du soir)\ni\n1910\nDEUXIÈME CONCERT\nLundi 1 2 Décembre 1 910, à 9 heures du soir\ni\n1. Sonate pour violon et basse chiffrée . Veracini (1685-1750)\n(Messieurs G. Ysaye et Paolo Litta)\n2. a) Racconto délia messaggera (ORFEO)\nb) Lasciar d'amarti\nc) Se tu m'ami\nd) Intorno all'idol mio\n(Madame Ida Isori)\n3, Sonate pour violon et basse chiffrée .\n(Messieurs G. Ysaye et Paolo Litta)\n4. a) Son tutta duolo\nb) Sebben crudel .......\nc) Piangete ohimè .\nd) La Moliiîara\n(Madame Ida Isori)\n5. Sonate pour violon et basse chiffrée .\n(Messieurs G. Ysaye et Paolo Litta)\nMonteverdi (1568-1643)\nGasparini (1665-1737)\nG. B. Pergolesi (1710-1736)\nCesti (1620-1669)\nVivaldi (.... 1743)\nAlesz. Scarlatti (1659-1725)\nCaldara (1671-1763)\nCarissimi (1604-1674)\nPaisiello (1741-1816)\nNardini (1722-1793)\nQUATRIÈME CONCERT\nLundi 26 Décembre 1910, à 9 heures du soir\n1. Sonate pour violon et basse chiffrée .\n(Messieurs G. Ysaye et Paolo Litta)\n2. a) Un certo non so che\nb) Insegnatemi a morire\nc) Cangia tue voglie\nd) O cessate di piagarmi\n(Madame Ida Isori)\n3. Sonate pour violon et basse chiffrée .\n(Messieurs G. Ysaye et Paolo Litta)\n4. a) Non è grave\nb) Benchè speranza\nc) Cosi amor .\nd) Vado ben spesso ,\n(Madame Ida Isori)\n5. Sonate pour violon et basse chiffrée .\n(Messieurs G Ysaye et Paolo Litta)\nCorelli (1673-1713)\nVivaldi (16...-1743)\nCesti (1620-1669)\nFasolo (16...-16...)\nA. Scarlatti (1659-1725)\nMascitti (1700-1750)\nBenedetto Marcello (1686-1739)\nBononcini (1672-1748)\nA. Stradella (1645-1681)\nSalvatore Posa (1615-1673)\nDalVAbaco (1675-1742)\n.\n1.\n2.\nSIXIÈME CONCERT\nLundi 16 Janvier 191 1, à 9 heures du soir\nSonate pour violon et basse chiffrée . Geminiani (1666-1762)\n(Messieurs G. Ysaye et Paolo Litta)\nlacopo Péri (1560-1625)\nG. Caccini (1550-1615)\n. . . . . Cimarosa (1749-1804)\nZINGARI IN\n3.\n4.\n5.\na) Bellissima regina\nè) Arietta\nc) Bel nume ....\ndi) Aria dell'opera \" GLI\nFIERA \"\n(Madame Ida Isori)\nSonate pour violon et basse chiffrée .\n(Messieurs G. Ysaye et Paolo Litta)\na) Amor dormiglione\nb) Ombra cara\nc) Il ciel mi divide. Recitativo ed\naria dell'opera14 ALESSANDRO NELLE\nINDIE\"\n(Madame Ida Isori)\nSonate pour violon et basse chiffrée\n(Messieurs G Ysaye et Paolo Litta)\nPaisiello (1741-1816)\nCorelli (1653-1713)\nBarbara Strozzi (1625-16...)\nTommaso Traetta (1727-1779)\nPiccinni (1728-1800)\nPorpora (1686-1767)"}]}