{"numero_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_sha256": "6482fce89c30905d0d95353a5c51c3fcfcda44338bf12c96e0240036b330585e", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1911/01/15_01/bmtnabh_1911-01-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1911/01/15_01/bmtnabh_1911-01-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c003", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 3, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.3", "titre_corps": "SOUVENIRS DE FAMILLE DE H. 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Lyr.\nCAUSERIE SUR LE CHEF D'ORCHESTRE, par Stievenard. 0 REVUES DES REVUES. 0\nTHÉÂTRES ET CONCERTS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c004", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 6, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.4", "titre_corps": "CaVaillé-Coll-Mutin", "titre_sommaire": "CaVaillé-Coll-Mutin", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.6", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 40, "texte": "CaVaillé-Coll-Mutin\n\n15, AVENUE DU MAINE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c005", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 6, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.4.1", "titre_corps": "Chargé de la Construction de l'Orgue monumental de Saint-Pierre de Rome", "titre_sommaire": "Chargé de la Construction de l'Orgue monumental de Saint-Pierre de Rome", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.6", "debut_caractere": 42, "fin_caractere_exclue": 113, "texte": "Chargé de la Construction de l'Orgue monumental de Saint-Pierre de Rome"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c006", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 13, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.5", "titre_corps": "SOUVENIRS DE H. 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A\nscandales interprètent, chacun à sa maniéré, des accidents auxquels on a donné l'appa-\nrence d'un drame, il me paraît infiniment curieux de faire revivre un ancêtre des Berton,\nle plus illustre à coup sûr, le plus intéressant aussi, c'est-à-dire Pierre Montan Berton\n(1727-1780) artiste de mérite, directeur de l'Académie royale de Musique et collabora-\nteur de Gluck.\nLe hasard qui favorise les chercheurs, m'\ngraphe., une sorte de biographie anecdotique du\nson fils.\nLe narrateur qui se laisse aller parfois aux\nproduisit, lui aussi, quantité d'ouvrages parmi lesquels certains sont d'une forme très\ndramatique et d'une écriture originale. Né à Paris 1767 > 1760,\nd'après son propre aveu, il remplit une carrière\ninexpliquées, et récompensée de distinctions\nl'influence italienne, il se montra souvent injust\nMais doué d'une volonté inébranlable, il produisit avec acharnement et se fit estimer dans\ntous les genres, depuis la cantate et l'oratorio jusqu'à Vopéra-comique et le drame lyrique.\nIl écrivit plus de quarante ouvrages, fut professeur (1795)\ndirecteur de la musique à l'Opéra (1807), chef de chant dans le même théâtre (1809)\net membre de l'Institut(1815). Il mourut en 1844.\nLes Souvenirs, dont nous publions ici le manuscrit inédit, se rapportent tous a\nPierre Montan Berton, musicien de talent, et qui se trouva placé par la fortune a un"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.14", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1761, "texte": "tournant de notre histoire musicale. Son entrée à Vopéra coïncide avec ce mouvem\nnouveau, dont Gluck assura le triomphe et qui était déjà préparé par la poussée\nHaendel, Hasse, Jomelli, et des Allemands\nseconde moitié du XVIIIe siècle. Berton\nVorchestre de l'opéra, fut ennemi déclaré du style français, solennel et fleuri, imposa k\nsouple et nuancé, travailla à colorer Vinstrumentatio\ntoute V acception que ce mot aurait pu mériter\nTrial, Laborde ou Garnier différentes partitions, mais c est surtout comme arrangeur (\nœuvres de Lully et de Campra qu'il se rendit Vécole françai\nen la rajeunissant, et pet mit a l opéra d attendre la venue des grandes œuvres de\nfin du siècle.\nChose curieuse, mais qui n'étonnera pas ceux qui connaissent les difficultés où l'Opt-\ns est toujours débattu, Berton, fils de bourgeois avisés, se montra bon musicien, tandis m\nsuccomba a sa tâche administrative. Il eut le\navec Trial ae 1767 à 1769, et fut obligé de résilier son contrat. Alors intervinn\nDauvergne et Joliveau, et ce quatuor administratif eut un septennant médiocre. Enfin\nr7 76, grâce ala commandite dun ami des Berton, Buffault, marchand de soie, Piei\nBerton se trouva seul à diriger l'Académie r 1778\nVismes et mourait en 1780 des suites d'un long surmenage.\n\nM. Teneo.\n\nSOUVENIRS\nDE FAMILLE HISTORIQUES ET ARTISTIQUES\nDE\nHENRY MONTAN BERTON\nMEMBRE DE L'INSTITUT ROYAL DE FRANCE\n\" Les détails sont nécessaires pour donner de Pintérl\naux événements \"\n1 TF 77 T> MME DE STAËL, (de l'Allemagne)\nà v *jbre 1836.\nAVIS\nCet espece de livre ou plutôt de journal, doit être parcouru avei\nautant d indulgence que j'ai mis peu de prétention littéraire à l'écrire,\n\nmais trïpTrso^net311 Eert°n *** 69 lorsqu'il rédigea ses souvenirs écrits dans un style décous:"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.15", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 25, "texte": "SOUVENIRS DE H. M. BERTON"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.15", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2535, "texte": "Ce que j'y dis est le résumé des faits dont j'ai été témoin, de ceux que\nj'ai recueilli d'après les récits, les conversations de mon Père, de son frère\nLouis, de son ami Granier, du sieur Cavalier et d'autres parents et amis\nde la famille Berton. Le sieur Cavalier fut mon maître de solfège, l'ami\nGranier après la mort de mon Père se chargea de continuer mon éduca-\ntion musicale pour le violon et la composition. Je cite ici ces deux\nderniers à dessein car ce sont eux qui ayant suivi mon Père dans les\npremiers pas de sa carrière m'ont foit le narré de tout ce qu'il lui est\nadvenu dans son séjour à Bordeaux. En lisant le contenu du 4me chapitre\non sentira je l'espère que je n'ai pu en recueillir les faits de la bouche de\nmon Père, car je n'avois que i 3 ans lorsque j'eus la douleur de le perdre\net j'en avois 16 lorsque MM. Granier et Cavalier ne craignirent pas de\ns'entretenir de ces faits un peu érotiques1 en ma présence.\nLA RUE AUX FERS\nAvant de parler de moi, je crois devoir parler de ma famille et\nsurtout de mon honorable Père. C'est un devoir que je remplis ici, avec\nun sentiment religieux osant espérer qu'on ne me blâmera pas d'avoir eu\nl'orgueil plébéien, de faire connoître la souche dont je suis un des rejetons.\nIl paroît que le goût de la musique étoit inné dans la famille des\nBerton car mon grand-père quoique fils d'un riche cultivateur des\nenvirons d'Amiens fut placé par ses parents comme enfant de chœur à la\nmaîtrise de cette ville pour y faire son éducation et surtout pour y\napprendre la musique. En ce tems on tenoit fort à honneur de suivre la\nmême carrière que ses Pères, aussi lorsque son éducation fut terminée\nmon Grand Père se livra entièrement aux soins de l'agriculture, l'instruc-\ntion qu'il avoit acquise dans ses études le rendoit apte à remplir la place\nde régisseur des fermes qui étoient sous la direction de son Père et de ses\nassociés. Cette fonction l'obligeoit à faire de fréquents voyages à Paris\npour y traiter avec les principaux marchands de grain de la capitale. Il\nlogeoit habituellement chez son frère Gustave Berton, l'un des plus riches\nmarchands de galons de le rue aux fers.2 C'est de cette lignée que\n\n1 Le terme \" erotique \" est exagéré. Nos lecteurs jugeront.\n2 La rue aux Fers parallèle à la rue de la Ferronnerie, proche des Innocents C'est là qu'habita le poè\nlyrique Lepage à qui, railleuse, Ninon de Lenclos disait : \" Comment ne seriez- vous pas heureux? Il ne vous\nfaut que du pain, du fromage, du petit vin et la première venue.\""}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.16", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2624, "texte": "descendent les Berton de Gahors. Auguste Berton est avoué dans cette vil!(\net le nom de son frère, Michel Berton, avocat aux conseils du Roi e 1\naussi avantageusement connu dans les lettres qu'il est célèbre au barreaj\nMon Grand Père logeoit donc chez son frère dans cette rue aux fers, qj\nà cette époque présentoit à l'œil observateur un tableau accusateur d(\nl'impéritie et de l'insouciance coupable du Gouvernement, car d'un cot'\nde cette rue on voyait une partie de l'enceinte d'un cloaque infecte di-\nCimetière des Innocents !! ! où chaque jour on venoit remuer la terre, pou\ny déposer les restes des pauvres plébiens qui n'avoient pu laisser assez <T\nfortune pour se faire inhumer dans une église mais pour ajouter encore!\ns'il se peut, à cette barbare et insalubre indifférence, l'on avoit consacr\nles terrains contigus à l'apport de tous les approvisionnements de bouch!\nde la capitale ! c'est à dire à la grande halle î ! ! Les quatre cotés di\ncimetière étoient bordés par des maisons, savoir celles de la rue St. Déni\\\nde la Féronerie, de la Lingerie et enfin la rue aux Fers. Au coin de cett j\ndernieie et de celle St. Denis on voyoït ce chef-d'œuvre de Jean Goujon *\nLa fontaine dite des Innocents ! pour la raison je pense qu'elle était atte*\nnante a la petite eglise de ce nom dont l'entrée donnoit dans la ru*\nSt. Denis : les parties des rues aux Fers et de celle de la Féronerie qu!\navoient vue sur le cimetière étoient à leur rex-de-chaussée flanquées df\ndeux especes de galeries ou passages, qui communiquoient des\nadjacentes a celle St. Denis. On avoit pratique dans l'intérieur, dei\npetites boutiques ; ces passages portoient le nom de Charnier des Innocent\nparce que leur toiture à jour servoient à recueillir le trop plein dr\ncimetiere, lon y rangeoit ostensiblement avec ordre et symétrie le\nextraits des fosses encombrées ; quoi qu'à cette époqu*\nM. Azaïs1 n'eut pas encore écrit son livre des compensations, le hasard\nou plutôt l'instinct des masses, vint en apporter une à ce dégoûtai/\nspectacle ! car les promeneurs d'alors dans leurs courses étoient souveni\nobliges d abaisser leurs yeux pour éviter l'aspect des ossements et dev\ntêtes de morts qui planoient au dessus d'eux trouvoient une aimable com (\npensation dans la vue des fraîches et jolies marchandes de modes dont \\&r\npetites boutiques du charnier des Innocents étoient ornées et abondamment\npourvues. L existence de ces demoiselles est devenue historique, et plu\n\nfi* 618 d'Un musicien ui est l'auteur d'une Méthode de\ndes idéologues6\"\" ComPematlons <1U1 Pochait la résignation, fut protégé par Napoléon P\", pourtant enne»'"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.17", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2764, "texte": "d'un mousquetaire ou d'un clerc de notaire de cette époque auroient pu\nnous rendre bon compte de leurs hauts faits.1 De plus, je pense qu'un\nPoète pouroit aussi trouver matière à faire de fort beaux vers, sur le\nplus que bizarre assemblage, des attributs de la Mort, et la vue des objets\nqui nous font le plus chérir la vie. Au surplus, comme je ne suis ni\npoète ni mousquetaire je me récuse et reprends ma petite description.\nHeureusement toutes ces anomalies gouvernementales ont disparues.\nLe cimetière a fait place à notre Grande halle, la fontaine à trouvé la\nsienne dans son point central. Des artistes du premier mérite ont été\nchargés de la completter et ce chef d'œuvre de l'art statuaire est devenu\nl'un des plus beaux ornements de notre vieille Lutèce. Grâces soient\ndonc rendues à l'administrateur habile et philantrope qui sut d'une main\nbardie faire disparaitre du centre de la première ville du monde civilisé\n:ette tache mortuaire et insalubre.2 Mais je reviens à ma chère rue aux\nfers car sans elle, je le crois, cher lecteur, je n'aurois pas aujourd'hui le\nbonheur de causer avec toi. Or donc, dans cette rue, la maison attenante\nï la fontaine, étoit vis à vis du magasin de galons de mon grand oncle ;\nlans cette maison étoit le magasin de toile d'une aimable veuve et\nmarchande lingère. Cette dame étoit mère de deux fort jolies demoiselles ;\na cadette Melle Anette avoit une très belle voix, et chaque soir, tout en\npliant les pièces de dentelles de batiste elle chantoit des Noëls: à cette\nîpoque les boutiques les plus opulentes n'étoient pas closes, et de l'un à\n'autre coté de la rue on pouvoit facilement voir et entendre. Aussi, cette\npour mon grand père, fut l'étincelle électrique qui vint rallumer\ndans son âme l'amour de la musique ; mais un autre amour l'attendoit\n:hez la marchande de toile. Son cher frère qui avoit l'esprit fin et délié et\nmême un peu jovial, et qui étoit très bien avec la voisine ayant deviné sa\nlaissante flamme l'y présenta le soir même. Après les civilités d'usage, on\nm vint à faire l'éloge de la voix de M6lle Anette. La maman dit qu'elle\nivoit l'intention de lui donner un maître de chant et qu'à cet effet elle\nvouloit consulter M. l'abbé XXX maitre de chapelle des Innocents. Mon\nçrand oncle s'empressa de prendre la parole et dit : ma chère voisine je\nme trouve heureux de vous avoir présenté mon frère, il est excellent\nmusicien, il a été comme moi pendant six ans enfant de chœur à la cathé-\n\n1 Ce quartier avait connu la belle Ferronnière, castillane de naissance et maîtresse de François ler.Ier.\nJean Jacques Berger, préfet de la Seine, né en 1791, mort en 1859, qui donna son nom à l'ancienne\n'lie aux dont la véritable appellation était rue au Fèvre, selon Jaillot."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.18", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2464, "texte": "drale d'Amiens d'ailleurs il est très bien avec l'abbé XXX qui veut l'avoi ;\ncomme chantre honoraire pour faire briller ses mérites les jours de grand\nfête, et il vous en rendra bon compte. Il a des mœurs, de la conduite, d\nplus il est mon frère, c'est donc l'homme qu'il vous faut, et sans attendr\nla réponse de la voisine, riant sous cape du trouble de la belle Anette (\nde celui de son frère, il prend respectueusement congé de ces dames sar\nlaisser proférer un seul mot à son frère. Il l'entraina vivement hors de ]\nmaison. Celui-ci stupéfait arrivé dans la rue lui dit: Mais mon frère -\nPas de mais, je t'ai deviné, je sais ton secret, les beaux yeux d'Anett\nplus que sa voix ont subjugué ton tendre cœur ; tu l'aimes ! tu l'adores\nElle le mérite, elle est belle, sage, bien élevée, appartient à une famill\nopulente et chez qui régnent des mœurs patriarchales, tu ne déplais pas\nla belle Anette ; tu plairas à la mère, j'étois l'ami intime de son épou\nje suis le sien !... tout s'arrangera pour le mieux. Allons chez l'abbé,\nsuis très bien avec lui, il a beaucoup d'estime pour moi, car d'après me\ngoût, mes connoissances musicales, je suis toujours le premier à faii\nremarquer la beauté de ses compositions, il fera donc tout pour m'êti\nagréable, allons le visiter, demain tu seras chantre honoraire de la chapel\ndes Innocents, après demain il te présentera pour être professeur de chai\nde la belle Anette, le reste est ton affaire, quant à moi je répons de cet!\nunion et si elle a lieu comme je l'espère je mets deux mille écus dans\ncorbeille de mariage. Allons, suis moi, entrons chez l'abbé, c'est moi qi\nvais porter la parole ; à tout ce que je dirai tu diras toujours ouiy car\nvais faire de la diplomatie et celle la ne tendra pas à faire dépeupler\nmonde, tout au contraire, car elle sera toute en faveur de la belle Anet\net de son tendre amant. Suis moi donc, sois tranquille, le succès est certai1\ncompte sur l'amitié de ton frère Gustave.\nLE DUO D'ARMIDE\nL'abbé reçut mon grand oncle à son ordinaire, c'est à dire à br\nouverts, ainsi que son frère qu'il combla de politesse, surtout lorsqu\neut fait connoissance avec son savoir musical ; l'abbé ayant en port\nfeuille un o salutarisde sa composition, pour 3 voix, voulant éprouver\ntalent du jeune musicien s'empressa de lui présenter la partie de premi\nténor, pris celle du 2e ténor pour lui et distribua celle de basse à m\ntrès cher grand oncle qui par parenthèse (m'a dit souvent mon Pèi"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.19", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2777, "texte": "avoit une très belle voix de cette nature. J'ai eu le bonheur de connoitre\nce brave et estimable oncle dans ma plus tendre enfance ; mon Père, qui\nconservoit un souvenir d'affectueuse reconnoissance pour tout ce qu'il\navait fait pour le sien, me menait assez souvent avec lui, lorsqu'il alloit\nle visiter dans sa boutique de galons et comme tout ce qui est un peu\nextraordinaire, frappe toujours les enfants et se grave profondément dans\nleur mémoire, j'ai gardé souvenance de ces moments, et je le vois encore\ndans sa boutique, me caressant en me donnant des bonbons ; la tête\ncouverte d'un bonnet de velours noir, qui bien entendu étoit ornée de\nbeaux galons d'or ; mais ce qui me charmoit le plus étoit sa robe de\nchambre de Perse, car sur l'un des bras j'admiroi un joli petit singe, sur\nl'autre un beau peroquet, et enfin sur les épaules et les reins une magni-\nfique queue de paon,qui y trouvoit assez de latitude pour s'y étendre\npompeusement.1 J'avouroi que j'ai éprouvé une double jouissance la\npremière fois que j'ai vu et entendu l'excellent bouffe La Blache dans la\nCenerentoia, j'ai cru revoir mon oncle. Mais allons le rejoindre chez l'abbé.\nSa diplomatie avoit réussi, son frère avoit été admis d'emblée comme\nchantre honoraire de sa chapelle, le lendemain, de l'aveu de l'abbé, il fut\naccepté comme maitre de chant de la belle Anette, à dater de ce moment\nles leçons commencèrent et souvent, il en donnoit plus tôt deux qu'une\npar jour! aussi les progrès furent-ils rapides. Tous les dimanches et fêtes,\naprès avoir été le matin à la grande messe et au prône, l'après diné à\nvêpre et à complies, le soir on se reunissoit, un jour chez la marchande\nde toile et l'autre chez le marchand de galons. M. l'abbé étoit toujours\nde la partie, à huit heures on soupoit gaiment en société, et selon les\nmœurs du temps, tour à tour chacun disoit à table sa chanson, con-\nvenablement les demoiselles ne chantoient que des noëls. Un jour le\nmaitre électrisé par la voix de son élève, chante avec la plus touchante\nexpression le délicieux air, charmante son frère lui riposte avec\nsa verve ordinaire en entonant de sa belle voix de bariton, l'air Vive\nquatre. Mais le très cher oncle qui ne perdoit pas de vue le but de sa\ndiplomatie matrimoniale s'interrompant tout à coup en interpelant l'abbé,\nlui dit : Mon cher, des airs, des romances, des chansons, et même des\nnoëls c'est fort bien ! c'est très bien ! c'est charmant ! mais tout cela n'est\nque de la mélodie, j'aime fort la mélodie car elle est l'âme de la musique,\n\n1 Ce petit détail est caractéristique. A cette époque, en effet, on portait chez soi d'invraisemblables robes\nde chambre, dites de Perse et qui étaient illustrées de fantasmagories assez singulières, imitées de l'oriental."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.20", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2348, "texte": "elle est à ce bel art ce que la pensée est à la poésie, le dessin à la peinture\ncependant je voudrais un peu de coloris, c'est à dire de l'harmonie, ç\nvous le savez mieux que moi, une seule voix ne peut nous faire entendr\nque de la mélodie, et il en faut plusieurs, au moins deux, pour nous fair\njouir du charme de l'harmonie. Il nous faudroit donc un duo pour un\nvoix de dessus, et une voix de ténor. Vous n'en pouvez avoir dans vr\nbelles compositions, vos messes, vos motets : eh bien, lorsque dans !\njournée on a rempli tous ses devoirs, on peut très bien et très inoçamei\nchanter le soir quelques morceaux d'opéra ! pour exemple un de ceux d\nl'immortel Lully ! celui d'Armide !\" \" Aimons nous, tout nous y convie.\nAh ! ne faites pas la grimace, l'abbé, cela ne peut être considéré comme u\npéché, car tout le monde le sait et le dit à la cour, le grand roi qui es\nmort il y a environ 10 ans le chantoit fort souvent avec Mme de Main\ntenon, sans pour cela cesser d'être le roi très chrétien et l'empêcher c\nrecevoir l'absolution du père Lettelier^après avoir signé la d\nYédit de Nantes II! L'abbé s'inclinant respectueusement ne répondit qui\npar un amen. Le duo fut apris, étudié; mais le maitre etl'écolière s'iden\ntifièrent avec la situation prirent si bien l'esprit des paroles à la lettre\nque quelques mois après on crut ne pouvoir rien faire de mieux que di\nles marier. Cette union fut heureuse et fructueuse sous tous les rapports\ncar ma grande mère, en 6 années donna le jour à 5 enfants. Elle avoi\nreçu en dote le magazin de lingerie de sa mère. Mon grand père continu\nson commerce de graines, mais (ce que j'ai souvent entendu raconter ci\nfamille) c'est que M. le chantre honoraire cultivoit avec beaucoup plu\nde ferveur le culte à'Euterpe que celui de Céres, qu'il étoit a Paris plu\nsouvent près de sa chère Anette qu'il n'étoit à Amiens près de ses parent\net qu'enfin cet heureux couple n'a cessé jusqu'au dernier moment, d\nchanter le duo d'Armide.\nNAISSANCE DE MON PÈRE, SA PREMIÈRE ÉDUCATION\nSON ENTRÉE DANS LE MONDE, SES SUCCÈS\nJ'ai dit précédament que ma Grande mère, tout en chantant le du\nd'Armide avec son époux, donna le jour à 5 enfants, 4 garçons et un\nfille. Voici l'ordre dans lequel ils ont fait leur entrée dans le monde:\n\nArmide, tragédie de Quinault, Versailles, 6 Janvier 1683, Paris, 23 avril, même année."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.23", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2692, "texte": "le lerIer Pierre Montan\nle 2me Louis Michel Berton, mon oncle\nle 3me André Charles\nle 4me Alexandre Edouard\nle çme Marie Elisabhete 1\nSelon les goûts et l'usage de ses Pères, mon aïeul, plaça tour à tour ses\nquatre fils comme enfants de chœur à la maitrise de la cathédrale de\nSenlis. Les études des 3 premiers furent fructueuses, car ils sortirent de\nla maitrise en sachant bien le latin et surtout la musique. Quant à mon\npauvre oncle Alexandre, il fit peut de progrets, et son père eut le chagrin\nde ne pouvoir en faire qu'un soldat. Cependant comme il avoit quelques\nnotions musicales, et des inclinations martiales, il parvint à jouer fort bien\ndu fifre, et c'est en cette qualité qu'il fut admis dans le régiment des\ngardes françaises, mais la bataille de Fontenoi vint metre un terme à son\nexistence. Mon oncle Louis quoique étant devenu bon musicien, voyant les\nsuccès précoces de son frère ainé dans cet art eut le bon esprit de suivre\nune autre carrière, il entra commis dans la ferme générale à l'âge de\n16 ans et devint par la suite directeur dans la ville de Senlis,\nplace qu'il garda jusqu'à la supression de cette administration. En 1793\nil fut incarcéré. Au 9 thermidor il retrouva sa liberté, au retour de l'orde\net à la création de la chambre des comptes, il y fut nommé chef de\ndivision, fonction qu'il remplit avec honneur jusqu'au 20 mars de l'an\n1815, jour de sa mort.\nMon oncle André en quittant la maîtrise, demanda l'autorisation à\nson Père d'entrer au séminaire, il embrassa l'état éclésiastique sans cesser\npour cela de se livrer aux études approfondies de la composition musicale\net l'abbé Berton, grâce aux bons conseils qu'il recevoit de son ainé, fut\nbientôt en état de remplir avec talent, la place de maître de chapelle de\nla cathédrale de Poitiers. Il remplit ses fonctions pendant plus de\n40 années et la mort seule, qui vint le frapper 1804, y mit un terme.\nMon Père Pierre Mont an Berton est né à Rocroy en 1727. \" Elevé\n\n1 C'est la première fois que l'on donne les noms des frères et de la sœur du fameux Berton.\n2 Sorte de percepteur relevant de la Cour des Aides.\n3 Le lieu exact de sa naissance est Maubert-Fontaine (canton de Rocroy). Voici son acte de naissance :\n\" Extrait du registre de la paroisse de Nicolas de Maubert-Fontaine, diocèse de Reims ; l'an mil sept cent\nvingt sept, le septième janvier, je soussigné Jean-Baptiste Poucelet, prêtre, curé de Maubert-Fontaine, ai\nbaptisé le fils de Pierre Berton et de Poucette Macquant, ses père et mère, mariés ensemble, habitans de cette\nparoisse, auquel on a imposé les noms de Pierre Montant. Les parrain et marraine ont été Montant Macquant\net Poucette Foudrillon. \""}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.24", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2696, "texte": "comme enfant de chœur à Senlis, à l'âge de 10 ans il fit exécuter avec\nsuccès à la cathédrale de cette ville, un motet de sa composition, à grand\nchœur et orchestre. A son retour à Paris dans la maison paternelle, il\ncontinua ses études sous la direction du maitre de chapelle des Innocents.\nA l'âge où la voix d'homme se forme, c'est à dire entre 15 et 16 ans, il\nen eut une fort belle de taille ou baryton. Mon grand oncle qui avoit\nautant d'amitié pour le fils que pour le père, étant par ses liaisons musi-\ncales intimement lié aussi avec le maitre de chapelle de Notre Dame, fit\nde suite agréer son cher neveu, comme chanteur solo de la métropole:\nmais comme le profanne cherche souvent à envahir la possesion du sacré,\nun certain chanteur coryphée à l'opéra, le nommé Cavalier Furet qui\nétoit toujours à la piste de belles voix et salarié pour ce fait par le\nDirecteur, ayant entendu chanter mon Père, lui en fit un récit si brillant\nde sa voix, qu'il fut autorisé à lui proposer de signer de suite un engage-\nment avec la direction de l'Academie royale de musique; ce mot Académie\nroyale de musique fut magique pour mon Père, indécis, tourmenté par\ncette fièvre d'avenir, qu'ont tous les jeunes artistes, il hésite un moment,\nmais en fin il se décide à signer. Quelques mois après, il fit son début\nen voici le récit c'est lui qui parle. \" Dès la veille de mon début je\nne pu rien prendre ni à déjeuner, ni à diner, ni à souper, pourtant à cet\nâge j'avais un formidable apétit, apétit de jeune homme de 18 ans. Le\njour ce fut encore pire, car je ne pu boire seulement un verre d'eau, je\nsentois bien déjà que j'étois peu propre à remplir les fonctions d'acteur,\nmais j'étois annoncé, et malgré mon invincible timidité je fus contraint\nde paroitre sur la scène. Malgré ma peur, ma voix sortoit encore assez\nbien, et malgré ma gaucherie, mon physique parut aussi fort bien, on\naprécia l'un et l'autre, mais en disant en chorus, ah ! qu'il est froid —il\nest trop froid il ne fera jamais rien. Le cher public avoit heureuse-\nment raison, car moi-même en pensant à ce moment, je suis encore\ntransit du froid de la peur. Ainsi après la pièce, j'allai bien vite me jetter\naux pieds du Directeur pour le suplier de résilier mon engagement,1 ce\nqu il fit de suitte avec toute la grâce possible, en me disant : jeune homme,\nvous etes appelé à faire un grand musicien, que ce petit échec ne vous\ndécouragé pas ; vous savez très bien la composition, je connois de vos\n\nJe nai découvert aucune trace de rengagement de Berton comme chanteur à l'Académie Royale de\nMusique, mais ce début malheureux ne saurait être mis en doute. C'est un incident bien curieux de la vie du\nfutur compositeur."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.25", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2771, "texte": "œuvres, et j'ai remarqué de très bonnes choses, vous êtes bon organiste,\nbon clavesiniste, et jouez fort bien du violoncelle. Eh bien ! la direction\ndu grand opéra de Bordeaux ma sollicité pour lui envoyer un bon violon-\ncelliste, en état d'accompagner sur la partition près du clavecin, vous\navez donc toutes les qualités requises pour occuper cette place, et je leur\nfais un véritable cadeau en vous y envoyant. Voici votre commission\net les cent cinquante francs d'avance pour vos frais de route. Permettez-\nmoi, me dit encore ce brave directeur, d'ajouter à votre petit trésor cette\nfaible somme de cent francs, elle est à vous, car c'est le premier mois des\nmodiques appointements que je comptais vous offrir. Allez cher enfant,\npartez le plus tôt possible, pensez quelquefois à votre directeur d'un jour,\ndu courage, de la pérséverance et vous arriverez, nous nous révérons un\njour à Paris, je l'espère, j'en ai l'assurance, comptez sur moi, adieu bon\njeune homme, partez.\nEn nous faisant le naré de sa mésaventure dramatique lorsqu'il\nprononçoit le nom de Francœur1 de ce brave et loyal directeur, mon père\nsouvent ne pouvoient retenir les larmes d'atendrissement que lui fesoit\nrepandre le souvenir d'une action si bienveillante. Dans son trouble, sa\njoie, la crainte de ses parents, avec un reste de sa gaucherie scènique, il\nremercia son bienfaiteur, et prit promptement congé de lui. Mais arrivé\ndans la rue une autre peur vint le saisir, celle de sa rentrée sous le toit\nparternel, car son père avoit blâmé ce début, et son oncle, l'un des mar-\nguillers du parterre de l'opéra, avoit été fort couroucé contre lui de ce\nqu'il ne l'avoit pas invité aux répétitions pour recevoir des avis, et il\nl'avoit vu sortir du parterre en haussant les épaules le jour de son début\net avant la fin de la pièce : quant à sa mère il savoit bien qu'un fils ne\npeut avoir de meilleur avocat. Après bien des hésitations il prit en fin\nson parti, celui d'aller au bureau des voitures pour Bordeaux. Il y trouve\nune place pour le jour même. Elle partoit un peu avant minuit, il la\nretint. Mais avant de s'embarquer il se rendit chez un ami commun, il\nlui fit part de son irrévocable résolution et exigeant de lui sur l'honneur\nle secret jusqu'au moment du départ, il écrivit à sa mère une lettre dans\nla quelle, il sollicitoit son pardon, en faisant connoitre le but de son\ndépart, sans oublier le petit trésor, les 250 francs qu'il avoit en poche\n\n1 François Francœur, le collaborateur de Rebel, devint en 1736 inspecteur de PAcadémie Royale de\nMusique, puis directeur de ce théâtre de 1751 à 1767. Son neveu et fils adoptif, Louis Joseph Francœur fut\naussi directeur de l'Opéra avec Celleur en 1792 et arrêté comme suspect à l'époque de la Terreur."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.26", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2723, "texte": "et l'espérance d'un brillant avenir, auquel il devrai renoncer s'il ne\nrecouvroit l'amitié de ses parents, mais qu'il s'éloignoit confiant sur sa\ntendresse de mère, pour obtenir de son Père l'oublie de toutes ses fautes\net la bénédiction de toute la famille. La lettre fut remise à l'ami et portée\npar lui un moment après le départ de mon Père. Au reçu de la lettre\nmon grand Père ne dit mot, et se croisant les bras, poussa un long\nsoupire. Son frère jura, car le très cher oncle s'en acquitoit fort bien\nquand il s'i mettoit. La pauvre mère versa un torrent de larmes. Les\npleurs d'une femme, d'une mère, surtout, sont d'éloquentes paroles!\nAussi mon Grand Père rompant le silence, tout à coup étreignit sa\nfemme dans ses bras en lui disant : ma bonne, ma chère Anette, calme\ntoi, tu reverras bientôt ton fils, il se corrigera.... \" Qu'appelez vous\nse corriger, dit son frère en l'interompant, car sa colère s'étoit éteinte à\nl'aspect des pleurs de sa belle-sœur, se corriger, se corriger, moi je dis qu'il\nl'est déjà, et l'action qu'il vient de faire, est celle d'un homme de cœur,\nqui veut par des moyens honorables réparer sa faute. Il parle avec un peu\nd'orgeuil du petit trésor qu'il a en poche, il a raison d'en être satisfait, je\nle fus bien aussi moi lorsque je vendis pour pareille somme de 250 francs\nma première pièce de galon d'or. Mais qu'elle différence, il est artiste lui\net le véritable trésor de ces messieurs est dans leurs têtes, au bout de leurs\ndoigts, tandis que le reste des humains est obligé d'avoir recours à la ma-\ntière pour produire un objet quelconque. Il a donc bien fait, il a l'âme d'un\nvéritable artiste, oui, mon neveu votre fils ira loin et par son talen illus-\ntrera le nom de Berton. Nous allons lui écrire, je prends la plume, et vais\nau nom de tous lui donner l'absolution entière de toutes ses fautes, des\nencouragements, des conseils amicals et enfin la bénédiction de tous trois.\"\nMon Grand Père fit un signe d'aprobation, ma Grande mère s'age-\nnouilla en faisant une invocation à la Ste Vierge, pour la prospérité de\nson cher fils. La lettre écrite chacun la signa. Mon Grand Père se\nchargea d'écrire la suscription, elle étoit conçue ainsi, Monsieur Pierre\nMontan 'Berton, premier violoncelle solo du Grand opéra au théâtre de Bordeaux\nLe très cher oncle se chargea aussi de lui faire parvenir la lettre\npromtement et sans frais par un de ses corespondans dans cette ville, et\npour que son petit trésor représentât une somme ronde dit qu'il alloit y\najouter les 250 de sa première vente de galon. Ainsi cette journée qui\navoit ete si orageuse pour tous, finit par ce calme heureux dont jouissent\nles âmes vertueuses après avoir fait une bonne action. (A suivre.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c008", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 13, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.5.2", "titre_corps": "Au lendemain d'un mystère familial qui éclair ci,", "titre_sommaire": "Au lendemain d'un mystère familial qui éclair ci,", "signature_source": "M. Teneo", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.13", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1544, "texte": "Au lendemain d'un mystère familial qui éclair ci,\npublic a été ramenée vers un nom qui, depuis plus de cent cinquante ans, s est affirmé dans\nle domaine des arts; je veux parler desBERTON. A\nscandales interprètent, chacun à sa maniéré, des accidents auxquels on a donné l'appa-\nrence d'un drame, il me paraît infiniment curieux de faire revivre un ancêtre des Berton,\nle plus illustre à coup sûr, le plus intéressant aussi, c'est-à-dire Pierre Montan Berton\n(1727-1780) artiste de mérite, directeur de l'Académie royale de Musique et collabora-\nteur de Gluck.\nLe hasard qui favorise les chercheurs, m'\ngraphe., une sorte de biographie anecdotique du\nson fils.\nLe narrateur qui se laisse aller parfois aux\nproduisit, lui aussi, quantité d'ouvrages parmi lesquels certains sont d'une forme très\ndramatique et d'une écriture originale. Né à Paris 1767 > 1760,\nd'après son propre aveu, il remplit une carrière\ninexpliquées, et récompensée de distinctions\nl'influence italienne, il se montra souvent injust\nMais doué d'une volonté inébranlable, il produisit avec acharnement et se fit estimer dans\ntous les genres, depuis la cantate et l'oratorio jusqu'à Vopéra-comique et le drame lyrique.\nIl écrivit plus de quarante ouvrages, fut professeur (1795)\ndirecteur de la musique à l'Opéra (1807), chef de chant dans le même théâtre (1809)\net membre de l'Institut(1815). Il mourut en 1844.\nLes Souvenirs, dont nous publions ici le manuscrit inédit, se rapportent tous a\nPierre Montan Berton, musicien de talent, et qui se trouva placé par la fortune a un"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.14", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1281, "texte": "tournant de notre histoire musicale. Son entrée à Vopéra coïncide avec ce mouvem\nnouveau, dont Gluck assura le triomphe et qui était déjà préparé par la poussée\nHaendel, Hasse, Jomelli, et des Allemands\nseconde moitié du XVIIIe siècle. Berton\nVorchestre de l'opéra, fut ennemi déclaré du style français, solennel et fleuri, imposa k\nsouple et nuancé, travailla à colorer Vinstrumentatio\ntoute V acception que ce mot aurait pu mériter\nTrial, Laborde ou Garnier différentes partitions, mais c est surtout comme arrangeur (\nœuvres de Lully et de Campra qu'il se rendit Vécole françai\nen la rajeunissant, et pet mit a l opéra d attendre la venue des grandes œuvres de\nfin du siècle.\nChose curieuse, mais qui n'étonnera pas ceux qui connaissent les difficultés où l'Opt-\ns est toujours débattu, Berton, fils de bourgeois avisés, se montra bon musicien, tandis m\nsuccomba a sa tâche administrative. Il eut le\navec Trial ae 1767 à 1769, et fut obligé de résilier son contrat. Alors intervinn\nDauvergne et Joliveau, et ce quatuor administratif eut un septennant médiocre. Enfin\nr7 76, grâce ala commandite dun ami des Berton, Buffault, marchand de soie, Piei\nBerton se trouva seul à diriger l'Académie r 1778\nVismes et mourait en 1780 des suites d'un long surmenage.\n\nM. 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Le sieur Cavalier fut mon maître de solfège, l'ami\nGranier après la mort de mon Père se chargea de continuer mon éduca-\ntion musicale pour le violon et la composition. Je cite ici ces deux\nderniers à dessein car ce sont eux qui ayant suivi mon Père dans les\npremiers pas de sa carrière m'ont foit le narré de tout ce qu'il lui est\nadvenu dans son séjour à Bordeaux. En lisant le contenu du 4me chapitre\non sentira je l'espère que je n'ai pu en recueillir les faits de la bouche de\nmon Père, car je n'avois que i 3 ans lorsque j'eus la douleur de le perdre\net j'en avois 16 lorsque MM. Granier et Cavalier ne craignirent pas de\ns'entretenir de ces faits un peu érotiques1 en ma présence.\nLA RUE AUX FERS\nAvant de parler de moi, je crois devoir parler de ma famille et\nsurtout de mon honorable Père. C'est un devoir que je remplis ici, avec\nun sentiment religieux osant espérer qu'on ne me blâmera pas d'avoir eu\nl'orgueil plébéien, de faire connoître la souche dont je suis un des rejetons.\nIl paroît que le goût de la musique étoit inné dans la famille des\nBerton car mon grand-père quoique fils d'un riche cultivateur des\nenvirons d'Amiens fut placé par ses parents comme enfant de chœur à la\nmaîtrise de cette ville pour y faire son éducation et surtout pour y\napprendre la musique. En ce tems on tenoit fort à honneur de suivre la\nmême carrière que ses Pères, aussi lorsque son éducation fut terminée\nmon Grand Père se livra entièrement aux soins de l'agriculture, l'instruc-\ntion qu'il avoit acquise dans ses études le rendoit apte à remplir la place\nde régisseur des fermes qui étoient sous la direction de son Père et de ses\nassociés. Cette fonction l'obligeoit à faire de fréquents voyages à Paris\npour y traiter avec les principaux marchands de grain de la capitale. Il\nlogeoit habituellement chez son frère Gustave Berton, l'un des plus riches\nmarchands de galons de le rue aux fers.2 C'est de cette lignée que\n\n1 Le terme \" erotique \" est exagéré. Nos lecteurs jugeront.\n2 La rue aux Fers parallèle à la rue de la Ferronnerie, proche des Innocents C'est là qu'habita le poè\nlyrique Lepage à qui, railleuse, Ninon de Lenclos disait : \" Comment ne seriez- vous pas heureux? Il ne vous\nfaut que du pain, du fromage, du petit vin et la première venue.\""}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.16", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2624, "texte": "descendent les Berton de Gahors. Auguste Berton est avoué dans cette vil!(\net le nom de son frère, Michel Berton, avocat aux conseils du Roi e 1\naussi avantageusement connu dans les lettres qu'il est célèbre au barreaj\nMon Grand Père logeoit donc chez son frère dans cette rue aux fers, qj\nà cette époque présentoit à l'œil observateur un tableau accusateur d(\nl'impéritie et de l'insouciance coupable du Gouvernement, car d'un cot'\nde cette rue on voyait une partie de l'enceinte d'un cloaque infecte di-\nCimetière des Innocents !! ! où chaque jour on venoit remuer la terre, pou\ny déposer les restes des pauvres plébiens qui n'avoient pu laisser assez <T\nfortune pour se faire inhumer dans une église mais pour ajouter encore!\ns'il se peut, à cette barbare et insalubre indifférence, l'on avoit consacr\nles terrains contigus à l'apport de tous les approvisionnements de bouch!\nde la capitale ! c'est à dire à la grande halle î ! ! Les quatre cotés di\ncimetière étoient bordés par des maisons, savoir celles de la rue St. Déni\\\nde la Féronerie, de la Lingerie et enfin la rue aux Fers. Au coin de cett j\ndernieie et de celle St. Denis on voyoït ce chef-d'œuvre de Jean Goujon *\nLa fontaine dite des Innocents ! pour la raison je pense qu'elle était atte*\nnante a la petite eglise de ce nom dont l'entrée donnoit dans la ru*\nSt. Denis : les parties des rues aux Fers et de celle de la Féronerie qu!\navoient vue sur le cimetière étoient à leur rex-de-chaussée flanquées df\ndeux especes de galeries ou passages, qui communiquoient des\nadjacentes a celle St. Denis. On avoit pratique dans l'intérieur, dei\npetites boutiques ; ces passages portoient le nom de Charnier des Innocent\nparce que leur toiture à jour servoient à recueillir le trop plein dr\ncimetiere, lon y rangeoit ostensiblement avec ordre et symétrie le\nextraits des fosses encombrées ; quoi qu'à cette époqu*\nM. Azaïs1 n'eut pas encore écrit son livre des compensations, le hasard\nou plutôt l'instinct des masses, vint en apporter une à ce dégoûtai/\nspectacle ! car les promeneurs d'alors dans leurs courses étoient souveni\nobliges d abaisser leurs yeux pour éviter l'aspect des ossements et dev\ntêtes de morts qui planoient au dessus d'eux trouvoient une aimable com (\npensation dans la vue des fraîches et jolies marchandes de modes dont \\&r\npetites boutiques du charnier des Innocents étoient ornées et abondamment\npourvues. L existence de ces demoiselles est devenue historique, et plu\n\nfi* 618 d'Un musicien ui est l'auteur d'une Méthode de\ndes idéologues6\"\" ComPematlons <1U1 Pochait la résignation, fut protégé par Napoléon P\", pourtant enne»'"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.17", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2764, "texte": "d'un mousquetaire ou d'un clerc de notaire de cette époque auroient pu\nnous rendre bon compte de leurs hauts faits.1 De plus, je pense qu'un\nPoète pouroit aussi trouver matière à faire de fort beaux vers, sur le\nplus que bizarre assemblage, des attributs de la Mort, et la vue des objets\nqui nous font le plus chérir la vie. Au surplus, comme je ne suis ni\npoète ni mousquetaire je me récuse et reprends ma petite description.\nHeureusement toutes ces anomalies gouvernementales ont disparues.\nLe cimetière a fait place à notre Grande halle, la fontaine à trouvé la\nsienne dans son point central. Des artistes du premier mérite ont été\nchargés de la completter et ce chef d'œuvre de l'art statuaire est devenu\nl'un des plus beaux ornements de notre vieille Lutèce. Grâces soient\ndonc rendues à l'administrateur habile et philantrope qui sut d'une main\nbardie faire disparaitre du centre de la première ville du monde civilisé\n:ette tache mortuaire et insalubre.2 Mais je reviens à ma chère rue aux\nfers car sans elle, je le crois, cher lecteur, je n'aurois pas aujourd'hui le\nbonheur de causer avec toi. Or donc, dans cette rue, la maison attenante\nï la fontaine, étoit vis à vis du magasin de galons de mon grand oncle ;\nlans cette maison étoit le magasin de toile d'une aimable veuve et\nmarchande lingère. Cette dame étoit mère de deux fort jolies demoiselles ;\na cadette Melle Anette avoit une très belle voix, et chaque soir, tout en\npliant les pièces de dentelles de batiste elle chantoit des Noëls: à cette\nîpoque les boutiques les plus opulentes n'étoient pas closes, et de l'un à\n'autre coté de la rue on pouvoit facilement voir et entendre. Aussi, cette\npour mon grand père, fut l'étincelle électrique qui vint rallumer\ndans son âme l'amour de la musique ; mais un autre amour l'attendoit\n:hez la marchande de toile. Son cher frère qui avoit l'esprit fin et délié et\nmême un peu jovial, et qui étoit très bien avec la voisine ayant deviné sa\nlaissante flamme l'y présenta le soir même. Après les civilités d'usage, on\nm vint à faire l'éloge de la voix de M6lle Anette. La maman dit qu'elle\nivoit l'intention de lui donner un maître de chant et qu'à cet effet elle\nvouloit consulter M. l'abbé XXX maitre de chapelle des Innocents. Mon\nçrand oncle s'empressa de prendre la parole et dit : ma chère voisine je\nme trouve heureux de vous avoir présenté mon frère, il est excellent\nmusicien, il a été comme moi pendant six ans enfant de chœur à la cathé-\n\n1 Ce quartier avait connu la belle Ferronnière, castillane de naissance et maîtresse de François ler.Ier.\nJean Jacques Berger, préfet de la Seine, né en 1791, mort en 1859, qui donna son nom à l'ancienne\n'lie aux dont la véritable appellation était rue au Fèvre, selon Jaillot."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.18", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2464, "texte": "drale d'Amiens d'ailleurs il est très bien avec l'abbé XXX qui veut l'avoi ;\ncomme chantre honoraire pour faire briller ses mérites les jours de grand\nfête, et il vous en rendra bon compte. Il a des mœurs, de la conduite, d\nplus il est mon frère, c'est donc l'homme qu'il vous faut, et sans attendr\nla réponse de la voisine, riant sous cape du trouble de la belle Anette (\nde celui de son frère, il prend respectueusement congé de ces dames sar\nlaisser proférer un seul mot à son frère. Il l'entraina vivement hors de ]\nmaison. Celui-ci stupéfait arrivé dans la rue lui dit: Mais mon frère -\nPas de mais, je t'ai deviné, je sais ton secret, les beaux yeux d'Anett\nplus que sa voix ont subjugué ton tendre cœur ; tu l'aimes ! tu l'adores\nElle le mérite, elle est belle, sage, bien élevée, appartient à une famill\nopulente et chez qui régnent des mœurs patriarchales, tu ne déplais pas\nla belle Anette ; tu plairas à la mère, j'étois l'ami intime de son épou\nje suis le sien !... tout s'arrangera pour le mieux. Allons chez l'abbé,\nsuis très bien avec lui, il a beaucoup d'estime pour moi, car d'après me\ngoût, mes connoissances musicales, je suis toujours le premier à faii\nremarquer la beauté de ses compositions, il fera donc tout pour m'êti\nagréable, allons le visiter, demain tu seras chantre honoraire de la chapel\ndes Innocents, après demain il te présentera pour être professeur de chai\nde la belle Anette, le reste est ton affaire, quant à moi je répons de cet!\nunion et si elle a lieu comme je l'espère je mets deux mille écus dans\ncorbeille de mariage. Allons, suis moi, entrons chez l'abbé, c'est moi qi\nvais porter la parole ; à tout ce que je dirai tu diras toujours ouiy car\nvais faire de la diplomatie et celle la ne tendra pas à faire dépeupler\nmonde, tout au contraire, car elle sera toute en faveur de la belle Anet\net de son tendre amant. Suis moi donc, sois tranquille, le succès est certai1\ncompte sur l'amitié de ton frère Gustave.\nLE DUO D'ARMIDE\nL'abbé reçut mon grand oncle à son ordinaire, c'est à dire à br\nouverts, ainsi que son frère qu'il combla de politesse, surtout lorsqu\neut fait connoissance avec son savoir musical ; l'abbé ayant en port\nfeuille un o salutarisde sa composition, pour 3 voix, voulant éprouver\ntalent du jeune musicien s'empressa de lui présenter la partie de premi\nténor, pris celle du 2e ténor pour lui et distribua celle de basse à m\ntrès cher grand oncle qui par parenthèse (m'a dit souvent mon Pèi"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.19", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2777, "texte": "avoit une très belle voix de cette nature. J'ai eu le bonheur de connoitre\nce brave et estimable oncle dans ma plus tendre enfance ; mon Père, qui\nconservoit un souvenir d'affectueuse reconnoissance pour tout ce qu'il\navait fait pour le sien, me menait assez souvent avec lui, lorsqu'il alloit\nle visiter dans sa boutique de galons et comme tout ce qui est un peu\nextraordinaire, frappe toujours les enfants et se grave profondément dans\nleur mémoire, j'ai gardé souvenance de ces moments, et je le vois encore\ndans sa boutique, me caressant en me donnant des bonbons ; la tête\ncouverte d'un bonnet de velours noir, qui bien entendu étoit ornée de\nbeaux galons d'or ; mais ce qui me charmoit le plus étoit sa robe de\nchambre de Perse, car sur l'un des bras j'admiroi un joli petit singe, sur\nl'autre un beau peroquet, et enfin sur les épaules et les reins une magni-\nfique queue de paon,qui y trouvoit assez de latitude pour s'y étendre\npompeusement.1 J'avouroi que j'ai éprouvé une double jouissance la\npremière fois que j'ai vu et entendu l'excellent bouffe La Blache dans la\nCenerentoia, j'ai cru revoir mon oncle. Mais allons le rejoindre chez l'abbé.\nSa diplomatie avoit réussi, son frère avoit été admis d'emblée comme\nchantre honoraire de sa chapelle, le lendemain, de l'aveu de l'abbé, il fut\naccepté comme maitre de chant de la belle Anette, à dater de ce moment\nles leçons commencèrent et souvent, il en donnoit plus tôt deux qu'une\npar jour! aussi les progrès furent-ils rapides. Tous les dimanches et fêtes,\naprès avoir été le matin à la grande messe et au prône, l'après diné à\nvêpre et à complies, le soir on se reunissoit, un jour chez la marchande\nde toile et l'autre chez le marchand de galons. M. l'abbé étoit toujours\nde la partie, à huit heures on soupoit gaiment en société, et selon les\nmœurs du temps, tour à tour chacun disoit à table sa chanson, con-\nvenablement les demoiselles ne chantoient que des noëls. Un jour le\nmaitre électrisé par la voix de son élève, chante avec la plus touchante\nexpression le délicieux air, charmante son frère lui riposte avec\nsa verve ordinaire en entonant de sa belle voix de bariton, l'air Vive\nquatre. Mais le très cher oncle qui ne perdoit pas de vue le but de sa\ndiplomatie matrimoniale s'interrompant tout à coup en interpelant l'abbé,\nlui dit : Mon cher, des airs, des romances, des chansons, et même des\nnoëls c'est fort bien ! c'est très bien ! c'est charmant ! mais tout cela n'est\nque de la mélodie, j'aime fort la mélodie car elle est l'âme de la musique,\n\n1 Ce petit détail est caractéristique. A cette époque, en effet, on portait chez soi d'invraisemblables robes\nde chambre, dites de Perse et qui étaient illustrées de fantasmagories assez singulières, imitées de l'oriental."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.20", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2348, "texte": "elle est à ce bel art ce que la pensée est à la poésie, le dessin à la peinture\ncependant je voudrais un peu de coloris, c'est à dire de l'harmonie, ç\nvous le savez mieux que moi, une seule voix ne peut nous faire entendr\nque de la mélodie, et il en faut plusieurs, au moins deux, pour nous fair\njouir du charme de l'harmonie. Il nous faudroit donc un duo pour un\nvoix de dessus, et une voix de ténor. Vous n'en pouvez avoir dans vr\nbelles compositions, vos messes, vos motets : eh bien, lorsque dans !\njournée on a rempli tous ses devoirs, on peut très bien et très inoçamei\nchanter le soir quelques morceaux d'opéra ! pour exemple un de ceux d\nl'immortel Lully ! celui d'Armide !\" \" Aimons nous, tout nous y convie.\nAh ! ne faites pas la grimace, l'abbé, cela ne peut être considéré comme u\npéché, car tout le monde le sait et le dit à la cour, le grand roi qui es\nmort il y a environ 10 ans le chantoit fort souvent avec Mme de Main\ntenon, sans pour cela cesser d'être le roi très chrétien et l'empêcher c\nrecevoir l'absolution du père Lettelier^après avoir signé la d\nYédit de Nantes II! L'abbé s'inclinant respectueusement ne répondit qui\npar un amen. Le duo fut apris, étudié; mais le maitre etl'écolière s'iden\ntifièrent avec la situation prirent si bien l'esprit des paroles à la lettre\nque quelques mois après on crut ne pouvoir rien faire de mieux que di\nles marier. Cette union fut heureuse et fructueuse sous tous les rapports\ncar ma grande mère, en 6 années donna le jour à 5 enfants. Elle avoi\nreçu en dote le magazin de lingerie de sa mère. Mon grand père continu\nson commerce de graines, mais (ce que j'ai souvent entendu raconter ci\nfamille) c'est que M. le chantre honoraire cultivoit avec beaucoup plu\nde ferveur le culte à'Euterpe que celui de Céres, qu'il étoit a Paris plu\nsouvent près de sa chère Anette qu'il n'étoit à Amiens près de ses parent\net qu'enfin cet heureux couple n'a cessé jusqu'au dernier moment, d\nchanter le duo d'Armide.\nNAISSANCE DE MON PÈRE, SA PREMIÈRE ÉDUCATION\nSON ENTRÉE DANS LE MONDE, SES SUCCÈS\nJ'ai dit précédament que ma Grande mère, tout en chantant le du\nd'Armide avec son époux, donna le jour à 5 enfants, 4 garçons et un\nfille. Voici l'ordre dans lequel ils ont fait leur entrée dans le monde:\n\nArmide, tragédie de Quinault, Versailles, 6 Janvier 1683, Paris, 23 avril, même année."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.23", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2692, "texte": "le lerIer Pierre Montan\nle 2me Louis Michel Berton, mon oncle\nle 3me André Charles\nle 4me Alexandre Edouard\nle çme Marie Elisabhete 1\nSelon les goûts et l'usage de ses Pères, mon aïeul, plaça tour à tour ses\nquatre fils comme enfants de chœur à la maitrise de la cathédrale de\nSenlis. Les études des 3 premiers furent fructueuses, car ils sortirent de\nla maitrise en sachant bien le latin et surtout la musique. Quant à mon\npauvre oncle Alexandre, il fit peut de progrets, et son père eut le chagrin\nde ne pouvoir en faire qu'un soldat. Cependant comme il avoit quelques\nnotions musicales, et des inclinations martiales, il parvint à jouer fort bien\ndu fifre, et c'est en cette qualité qu'il fut admis dans le régiment des\ngardes françaises, mais la bataille de Fontenoi vint metre un terme à son\nexistence. Mon oncle Louis quoique étant devenu bon musicien, voyant les\nsuccès précoces de son frère ainé dans cet art eut le bon esprit de suivre\nune autre carrière, il entra commis dans la ferme générale à l'âge de\n16 ans et devint par la suite directeur dans la ville de Senlis,\nplace qu'il garda jusqu'à la supression de cette administration. En 1793\nil fut incarcéré. Au 9 thermidor il retrouva sa liberté, au retour de l'orde\net à la création de la chambre des comptes, il y fut nommé chef de\ndivision, fonction qu'il remplit avec honneur jusqu'au 20 mars de l'an\n1815, jour de sa mort.\nMon oncle André en quittant la maîtrise, demanda l'autorisation à\nson Père d'entrer au séminaire, il embrassa l'état éclésiastique sans cesser\npour cela de se livrer aux études approfondies de la composition musicale\net l'abbé Berton, grâce aux bons conseils qu'il recevoit de son ainé, fut\nbientôt en état de remplir avec talent, la place de maître de chapelle de\nla cathédrale de Poitiers. Il remplit ses fonctions pendant plus de\n40 années et la mort seule, qui vint le frapper 1804, y mit un terme.\nMon Père Pierre Mont an Berton est né à Rocroy en 1727. \" Elevé\n\n1 C'est la première fois que l'on donne les noms des frères et de la sœur du fameux Berton.\n2 Sorte de percepteur relevant de la Cour des Aides.\n3 Le lieu exact de sa naissance est Maubert-Fontaine (canton de Rocroy). Voici son acte de naissance :\n\" Extrait du registre de la paroisse de Nicolas de Maubert-Fontaine, diocèse de Reims ; l'an mil sept cent\nvingt sept, le septième janvier, je soussigné Jean-Baptiste Poucelet, prêtre, curé de Maubert-Fontaine, ai\nbaptisé le fils de Pierre Berton et de Poucette Macquant, ses père et mère, mariés ensemble, habitans de cette\nparoisse, auquel on a imposé les noms de Pierre Montant. Les parrain et marraine ont été Montant Macquant\net Poucette Foudrillon. \""}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.24", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2696, "texte": "comme enfant de chœur à Senlis, à l'âge de 10 ans il fit exécuter avec\nsuccès à la cathédrale de cette ville, un motet de sa composition, à grand\nchœur et orchestre. A son retour à Paris dans la maison paternelle, il\ncontinua ses études sous la direction du maitre de chapelle des Innocents.\nA l'âge où la voix d'homme se forme, c'est à dire entre 15 et 16 ans, il\nen eut une fort belle de taille ou baryton. Mon grand oncle qui avoit\nautant d'amitié pour le fils que pour le père, étant par ses liaisons musi-\ncales intimement lié aussi avec le maitre de chapelle de Notre Dame, fit\nde suite agréer son cher neveu, comme chanteur solo de la métropole:\nmais comme le profanne cherche souvent à envahir la possesion du sacré,\nun certain chanteur coryphée à l'opéra, le nommé Cavalier Furet qui\nétoit toujours à la piste de belles voix et salarié pour ce fait par le\nDirecteur, ayant entendu chanter mon Père, lui en fit un récit si brillant\nde sa voix, qu'il fut autorisé à lui proposer de signer de suite un engage-\nment avec la direction de l'Academie royale de musique; ce mot Académie\nroyale de musique fut magique pour mon Père, indécis, tourmenté par\ncette fièvre d'avenir, qu'ont tous les jeunes artistes, il hésite un moment,\nmais en fin il se décide à signer. Quelques mois après, il fit son début\nen voici le récit c'est lui qui parle. \" Dès la veille de mon début je\nne pu rien prendre ni à déjeuner, ni à diner, ni à souper, pourtant à cet\nâge j'avais un formidable apétit, apétit de jeune homme de 18 ans. Le\njour ce fut encore pire, car je ne pu boire seulement un verre d'eau, je\nsentois bien déjà que j'étois peu propre à remplir les fonctions d'acteur,\nmais j'étois annoncé, et malgré mon invincible timidité je fus contraint\nde paroitre sur la scène. Malgré ma peur, ma voix sortoit encore assez\nbien, et malgré ma gaucherie, mon physique parut aussi fort bien, on\naprécia l'un et l'autre, mais en disant en chorus, ah ! qu'il est froid —il\nest trop froid il ne fera jamais rien. Le cher public avoit heureuse-\nment raison, car moi-même en pensant à ce moment, je suis encore\ntransit du froid de la peur. Ainsi après la pièce, j'allai bien vite me jetter\naux pieds du Directeur pour le suplier de résilier mon engagement,1 ce\nqu il fit de suitte avec toute la grâce possible, en me disant : jeune homme,\nvous etes appelé à faire un grand musicien, que ce petit échec ne vous\ndécouragé pas ; vous savez très bien la composition, je connois de vos\n\nJe nai découvert aucune trace de rengagement de Berton comme chanteur à l'Académie Royale de\nMusique, mais ce début malheureux ne saurait être mis en doute. C'est un incident bien curieux de la vie du\nfutur compositeur."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.25", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2771, "texte": "œuvres, et j'ai remarqué de très bonnes choses, vous êtes bon organiste,\nbon clavesiniste, et jouez fort bien du violoncelle. Eh bien ! la direction\ndu grand opéra de Bordeaux ma sollicité pour lui envoyer un bon violon-\ncelliste, en état d'accompagner sur la partition près du clavecin, vous\navez donc toutes les qualités requises pour occuper cette place, et je leur\nfais un véritable cadeau en vous y envoyant. Voici votre commission\net les cent cinquante francs d'avance pour vos frais de route. Permettez-\nmoi, me dit encore ce brave directeur, d'ajouter à votre petit trésor cette\nfaible somme de cent francs, elle est à vous, car c'est le premier mois des\nmodiques appointements que je comptais vous offrir. Allez cher enfant,\npartez le plus tôt possible, pensez quelquefois à votre directeur d'un jour,\ndu courage, de la pérséverance et vous arriverez, nous nous révérons un\njour à Paris, je l'espère, j'en ai l'assurance, comptez sur moi, adieu bon\njeune homme, partez.\nEn nous faisant le naré de sa mésaventure dramatique lorsqu'il\nprononçoit le nom de Francœur1 de ce brave et loyal directeur, mon père\nsouvent ne pouvoient retenir les larmes d'atendrissement que lui fesoit\nrepandre le souvenir d'une action si bienveillante. Dans son trouble, sa\njoie, la crainte de ses parents, avec un reste de sa gaucherie scènique, il\nremercia son bienfaiteur, et prit promptement congé de lui. Mais arrivé\ndans la rue une autre peur vint le saisir, celle de sa rentrée sous le toit\nparternel, car son père avoit blâmé ce début, et son oncle, l'un des mar-\nguillers du parterre de l'opéra, avoit été fort couroucé contre lui de ce\nqu'il ne l'avoit pas invité aux répétitions pour recevoir des avis, et il\nl'avoit vu sortir du parterre en haussant les épaules le jour de son début\net avant la fin de la pièce : quant à sa mère il savoit bien qu'un fils ne\npeut avoir de meilleur avocat. Après bien des hésitations il prit en fin\nson parti, celui d'aller au bureau des voitures pour Bordeaux. Il y trouve\nune place pour le jour même. Elle partoit un peu avant minuit, il la\nretint. Mais avant de s'embarquer il se rendit chez un ami commun, il\nlui fit part de son irrévocable résolution et exigeant de lui sur l'honneur\nle secret jusqu'au moment du départ, il écrivit à sa mère une lettre dans\nla quelle, il sollicitoit son pardon, en faisant connoitre le but de son\ndépart, sans oublier le petit trésor, les 250 francs qu'il avoit en poche\n\n1 François Francœur, le collaborateur de Rebel, devint en 1736 inspecteur de PAcadémie Royale de\nMusique, puis directeur de ce théâtre de 1751 à 1767. Son neveu et fils adoptif, Louis Joseph Francœur fut\naussi directeur de l'Opéra avec Celleur en 1792 et arrêté comme suspect à l'époque de la Terreur."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.26", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2723, "texte": "et l'espérance d'un brillant avenir, auquel il devrai renoncer s'il ne\nrecouvroit l'amitié de ses parents, mais qu'il s'éloignoit confiant sur sa\ntendresse de mère, pour obtenir de son Père l'oublie de toutes ses fautes\net la bénédiction de toute la famille. La lettre fut remise à l'ami et portée\npar lui un moment après le départ de mon Père. Au reçu de la lettre\nmon grand Père ne dit mot, et se croisant les bras, poussa un long\nsoupire. Son frère jura, car le très cher oncle s'en acquitoit fort bien\nquand il s'i mettoit. La pauvre mère versa un torrent de larmes. Les\npleurs d'une femme, d'une mère, surtout, sont d'éloquentes paroles!\nAussi mon Grand Père rompant le silence, tout à coup étreignit sa\nfemme dans ses bras en lui disant : ma bonne, ma chère Anette, calme\ntoi, tu reverras bientôt ton fils, il se corrigera.... \" Qu'appelez vous\nse corriger, dit son frère en l'interompant, car sa colère s'étoit éteinte à\nl'aspect des pleurs de sa belle-sœur, se corriger, se corriger, moi je dis qu'il\nl'est déjà, et l'action qu'il vient de faire, est celle d'un homme de cœur,\nqui veut par des moyens honorables réparer sa faute. Il parle avec un peu\nd'orgeuil du petit trésor qu'il a en poche, il a raison d'en être satisfait, je\nle fus bien aussi moi lorsque je vendis pour pareille somme de 250 francs\nma première pièce de galon d'or. Mais qu'elle différence, il est artiste lui\net le véritable trésor de ces messieurs est dans leurs têtes, au bout de leurs\ndoigts, tandis que le reste des humains est obligé d'avoir recours à la ma-\ntière pour produire un objet quelconque. Il a donc bien fait, il a l'âme d'un\nvéritable artiste, oui, mon neveu votre fils ira loin et par son talen illus-\ntrera le nom de Berton. Nous allons lui écrire, je prends la plume, et vais\nau nom de tous lui donner l'absolution entière de toutes ses fautes, des\nencouragements, des conseils amicals et enfin la bénédiction de tous trois.\"\nMon Grand Père fit un signe d'aprobation, ma Grande mère s'age-\nnouilla en faisant une invocation à la Ste Vierge, pour la prospérité de\nson cher fils. La lettre écrite chacun la signa. Mon Grand Père se\nchargea d'écrire la suscription, elle étoit conçue ainsi, Monsieur Pierre\nMontan 'Berton, premier violoncelle solo du Grand opéra au théâtre de Bordeaux\nLe très cher oncle se chargea aussi de lui faire parvenir la lettre\npromtement et sans frais par un de ses corespondans dans cette ville, et\npour que son petit trésor représentât une somme ronde dit qu'il alloit y\najouter les 250 de sa première vente de galon. Ainsi cette journée qui\navoit ete si orageuse pour tous, finit par ce calme heureux dont jouissent\nles âmes vertueuses après avoir fait une bonne action. (A suivre.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c010", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.5.4", "titre_corps": "Henri M. Berton", "titre_sommaire": "Henri M. Berton", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.21", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 34, "texte": "Henri M. 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Ecorcheville", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.27", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1257, "texte": "LE PROBLÈME DES ORNEMENTS\nDANS LA MUSIQUE\n\nA IVand a Landowska.\nDe toutes les difficultés que nous rencontrons dans l'exécution de la\nmusique ancienne, il en est une particulièrement sensible, celle qui naît\ndes ornements mélodiques. Chacun connaît ces petits artifices d'un langage\nmusical aujourd hui desuet, et dont les formes grimaçantes ou menues se\nglissent jusque dans les textes de nos grands classiques.\nLe débutant, qui ouvre pour l'anonner quelque volume des \" Bonnes\nTraditions du pianiste\", maudit la présence de ces intrus. Le virtuose, qui\naccueille nos vieux maîtres dans son répertoire, se heurte, lui aussi, à\n1 enigme des agréments. Personne n'échappe à l'obsession de ces postiches\nde la musique. Et l'historien moins que tout autre.\nIl fut un temps où l'ornement, et particulièrement l'ornement fran-\nçais des XVII-XVIIIe siècles, était considéré comme l'organe témoin d'un\nmauvais gout disparu. Napoléon à Versailles, ne cachait pas son dédain\nce qu il appelait, en architecture, \" les ornements a la Turcaret \". De\nmeme, en musique, l'esprit nouveau du XIXe siècle laissa tomber dans le\nmépris les procédés d'ornementation, qui avaient fait la gloire des artistes\nsous 1 ancien régime. Une tradition, dont on ne connaît pas encore les"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.28", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2712, "texte": "origines \\se forma. Elle recommandait une exécution rigide et imper\nsonnelle de tout ce qui avait précédé le romantisme ; elle sacrifiait tout;\nfantaisie à l'idéal imaginaire d'une pureté classique. Les délicatesses de\nornements furent remplacées par la tyrannie de la carrure, et la doctrim\nelle-même (si tant est qu'elle existât alors) vint en aide à ces préventions\nMais voici que l'admiration historique, bien timide d'abord, s'avis\nde remettre en honneur la musique ancienne, et de suite le problème de\nornements se trouva posé. Le pianiste semble l'avoir aperçu le premie\ndans sa redoutable précision. On sait, en efFet, le soin des vieux claveci\nnistes pour \" agrémenter \" abondamment leurs pièces les plus légères ! Et\ncomme l'historien se plait aux généralisations rapides, on voulut avoi\ndécouvert dans le \" clavecinisme \" la véritable origine et la cause premier\ndu goût bizarre des ornements musicaux. Couperin le Grand n'avait-i\npas écrit : \" Les sons du clavecin étant décidés, chacun en particulier, e\npar conséquent ne pouvant être enflés, ni diminués il a paru presqui\ninsoutenable jusqu'à présent qu'on put donner l'âme à cet instrument \"!\nCe qui pouvait rattacher l'ornementation à une nécessité de la facturi\ninstrumentale.\nMalheureusement la solution n'était pas si simple. Bientôt on décou\nvrit que les violonistes, les violistes, hautboïstes et autres virtuoses d'in-\nstruments sacrifiaient aux mêmes pratiques, et avec non moins d'ardeur\nOn vit par exemple un Français dès le début du règne de Louis XIV\nféliciter les instruments à vent d'avoir enfin pu s'élever jusqu'au style\norné 3. Puis le luth, ce rescapé de la musique, vint apporter son témoi-\ngnage foudroyant, et nous avouer, avec le Père Mersenne que la modt\ndes ornements passait déjà vers la fin du règne de Louis XIII, après avoii\nfait fureur sous le roi Henri. Enfin le italien, à peine disparu d(\nl'histoire, nous rappela au souvenir de Tosi, de Martini, et découvriî\nencore un nouvel horizon. Un instant il sembla que l'art du chant, ei\ndu chant transalpin, fut le père de ces modes et qu'on dut lui en laisseï\ntoutes les responsabilités.\n\n1 II est à croire que des hommes comme Berton, Kreutzer, Gossec firent beaucoup pour démocratiser 1\nmusique et lui enlever sa poudre et ses fards,\n2 L'art de toucher le clavecin, p. 15.\n3 \" Les hautbois font les cadences aussi justes, les tremblements aussi doux, et les diminutions aussi régulière\nque les voix les mieux instruites, et que les instruments les plus parfaits... et de la manière dont on en jou\nmaintenant chez le Roi, et à Paris, il y aurait peu de choses à en désirer. \" (Michel de Pures, Idée des sfectadt\nanciens et nouveaux. Paris 1668, 120 p. 274.)"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.29", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 2623, "texte": "Mais l'histoire est implacable. Le grand art du XVIe lui-même\n'parut atteint de cette contagion des ornements. Qui l'aurait cru ? Les\nimotets de Palestrina, les polyphonies de Josquin n'étaient pas à l'abri de\n'la virtuosité des exécutants. Les lignes sévères, l'intrigue de leurs\ncontrepoints allaient se briser en mille facettes colorées dans le gosier\ndes chanteurs, sous les doigts des violistes ou des organistes. Il nous\n'reste encore aujourd'hui des doctrines écrites, des livres imprimés\npour guider le professionel dans l'exécution de ces difficultés. Et si l'on\nsonge combien la théorie suit de loin la pratique, ne faut-il pas supposer\nà ces délicatesses de gosier, à ces tours de mains, une antiquité beaucoup\nplus reculée, et qui nous conduit jusqu'en plein moyen-âge ? Qui sait\nd'ailleurs si le problème du chant grégorien ne relève pas en quelque\nmanière de celui de l'ornementation mélodique ? Ces neumes de Byzance\nque le brave Notker, au IXe siècle, cherche à épeler de son mieux, et\nqu'il voudrait faire entrer dans la symétrie d'une mesure raisonnable, ne\nsont-ce pas les vocalises d'un chant qui succombe sous les ornements ?\nNotker se trouve aussi emprunté devant ces volutes qu'un professeur du\nConservatoire de 1880 devant les ornements de Couperin, aussi scandalisé\nqu'un violoniste de nos jours devant la célèbre édition hollandaise des\nSonates de Corelli ! Et nous voilà reportés aux confins de la culture\nantique en face d'une musique où l'art ornemental surabonde ! Qui sait\njusqu'où pourront nous mener les travaux de l'érudition future dans\ncette voie !\nAinsi s'établit peu à peu et s'impose enfin la question des ornements\ndans l'histoire de la musique. Il n'est plus possible de voir dans l'orne-\nment un accessoire indifférent. L'ornement est de tous les temps ; il est\nun personnage de premier plan. Nous en savons assez maintenant sur son\ncompte pour ne pas le classer parmi les accidents de l'évolution. Il repré-\nsente une valeur constante qu'il convient de dégager, parmi l'enchevêtre-\nment des données et des textes que nous fournit l'histoire. Ces témoignages\nsont nombreux et leur abondance même nous désoriente. Toutes les\népoques et toutes les mentalités musicales ont connu la puissance des\nornements ; elles s'en sont accommodé comme elles ont pu, tantôt s'y\nabandonnant, tantôt cherchant à s'y soustraire, parfois l'éludant ou trou-\nvant au contraire un terrain de cordiale entente. La musicologie nous\noffre une vue d'ensemble de ces vicissitudes. Les musiciens et leurs\nœuvres, qui commencent à sortir de l'ombre du passé, manquent rarement"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.30", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2640, "texte": "de nous donner une indication sur ce sujet essentiel. Il arrive même ql(\nle silence des documents, et la réserve voulue de la notation à l'égard de\nornements nous soient précieux. Car alors les ouvrages didactiques, non\nrenseignent sur les procédés secrets de l'interprétation ; ou bien les artiste\nen quelques manuscrits à leur usage, éclairent tout à coup un moment c\ncette pratique clandestine. Et comme toujours, lorsqu'il s'agit d'intérê\nmanifestes, les opinions s'opposent, l'incertitude des terminologies,\nmultiplicité des signes, la combativité des doctrines obscurcissent le déba\nLe domaine des ornements musicaux est celui de l'arbitraire, des convet\ntions tacites et des sous-entendus. Il n'en a que plus d'attrait pour\nchercheur de la vérité.\nL'historien moderne n'a d'ailleurs pas attendu jusqu'à ce jour poi\ndiriger ses recherches de ce côté. Plusieurs ouvrages ont tenté de se rend\nmaîtres de cette matière ingrate. Les plus anciens, ceux de Farrenc\nDannreuther2 et de Wagner3 sont de simples travaux d'approches. Lt\nplus récents, ceux de Goldschmidt4 et de Beyschlag 5 embrassent tout i\nsujet et font preuve d'une vaste érudition.6 Après les efforts de ces expie\nrateurs on peut dire que la topographie générale du pays des ornemen\nest connue. La France n'a malheureusement aucun nom récent à metti\nici en avant. Notre musicologie, restée si longtemps, comme la musiqu\nelle même, un art d'agrément, n'a pu s'élever encore jusqu'à l'étude de\nquestions proprement musicales. Il lui a fallu, pour avoir droit d'existei\nse prêter aux volontés de la littérature, de la philosophie, de la pratique\ndans l'enseignement comme au théâtre, dans les livres comme dans le\nconcerts son témoignage est suspect, son autorité incertaine.\nNotre public commence à peine à entrevoir ce qu'il y a d'humai\ndans l'évolution d'un art comme la musique, si longtemps maintenu dar\nle cercle de la biographie anecdotique, et de l'esthétique incertaine. 1\nest étonné de voir en musique de véritables problèmes, dont la solutio\nn'intéresse pas seulement les techniciens ou les spécialistes, mais tous 1<\nhonnêtes gens,car ils nous montrent l'activité humaine aux prises avec un\n\n1 Farrenc. Trésor des pianistes (Traité des abréviations employées par les clavecinistes).\n2 Dannreuther. Musical ornementation (London, 1893).\n3 E. D. Wagner. Musikalische Ornamentik (Berlin 1869).\n4 Die Lehre <von der <vokalen Ornamentik. B. d. I. 1907\n0 Die Ornamentik der Musik. 1908.\nD autres enfin ont localisé leurs recherches ; tel Kuhlo, Über melodische V der Tonkunst\net Max Kuhn die £ er%ierungskunst in der Gesangmusik des 16-17 Jahrhunderts (1902)."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.31", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 2251, "texte": "des plus grandes difficultés qu'elle ait rencontrée :\nsentiment. La France, amie de la raison et de la méthode, devrait être la\npremière à se laisser séduire par la nouveauté de ces recherches. Le\nproblème des ornements lui en offrirait l'occasion. Il n'en est pas de\nplus accessible ni de plus plein.\n1 LES ORNEMENTS POSTICHES\nj\n\" Il en est de ces ornements comme de nos habits, dont toutes les\n\"formes et les figures sont presque également belles en elles-mêmes, mais\nJqui ont un agrément extraordinaire, lorsqu'elles sont à la mode.\" Ainsi\ncécrit, vers la fin du 17e siècle, Perraultx, homme perspicace, et de sage\nJlcritique. C'est en effet aux yeux que parlent tout d'abord les ornements\nde la musique et ce sont leurs modes de notation qui les ont rendu célè-\nbres. Tout le monde connaît aujourd'hui les figures ornementales qui\nillustrent et qui encombrent bien souvent les œuvres des XVIIe et\n;rXVIIP siècle. Crochets, petites notes, avec ou sans barres, traits verticaux\nuou obliques, virgules, croix, sinuosités plus ou moins prolongées, tous ces\n''minuscules hiéroglyphes, familiers à nos ancêtres, ont à peu près livré\n;,leurs secrets à nos modernes. Peut-être nous manque-t-il encore quelques\n\"indications du côté de la musique de luth.3 Mais on peut dire que l'en-\nsemble de ce matériel sténographique est aujourd'hui patiemment rassem-\nblé. Il reste à le classer avec méthode et clarté.\n1 Cette tâche n'est pas aisée. Les ouvrages qui l'ont tentée semblent\n1 avoir obéi à deux préoccupations également fâcheuses. Les uns, ce sont\nUes plus anciens, cherchent avant tout à dégager la fonction harmonique\n} des ornements. Les Marpurg, Bach, Turk, et même les Faume ou Wagner\n(sont des praticiens, qui écrivent pour des élèves. La valeur de l'ornement\nlet les services qu'il peut rendre, leur sert de critérium. Cette simplifica-\ntion utile, sans doute est manifestement insuffisante aujourd'hui. D'autres,\net ce sont les modernes, ont tout sacrifié à la chronologie. Méthode\nséduisante mais dangereuse. L'ornement est un individu dans la vie\n\n1 Parallèles, I. p. 140.\n2 L'article de Miss Dodge paru dans nos Recueils Internationaux contient de nombreux documents, mais\nne laisse pas d'être assez confus.\n2"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.32", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2016, "texte": "musicale. Connaître son âge n'est pas tout, il convient de savoir qui\nest. Sa position dans la pratique musicale ou dans l'évolution des styl\nne le désigne pas assez clairement à notre esprit. Et puis, le grand défa\nde ces nomenclatures est d'être incomplètes ou tendancieuses. Nous attei\ndons encore l'œuvre impartial, l'état de science que l'érudition nous de\ndonner. Ce serait, il me semble, une sorte de Dictionnaire, où se trouv\nrait répertoriée toute la documentation que le sujet comporte, et ai\néchapperait au dogmatisme d'un Beyschlag ou d'un Goldschmidt.1 Q\naura la patience de se consacrer à un pareil labeur? Qui se bornera à noi\nfaire connaître la vérité historique sans vouloir aussitôt nous donner d\nconseils d'esthète ?\nIl est singulier qu'on n'ait pas, en attendant, tenté un de ces class\nments morphologiques si utiles aux sciences naissantes ; et si bit\nindiqué ici, puisque la forme, l'aspect extérieur est ce que nous connais\nsons le mieux dans les ornements du chant. Ne voit-on pas en effet qt\ntoutes les figures de ces postiches se laisseraient assez facilement rangi\nen deux séries :\nLES OSCILLATIONS ET LES APPUIS.\nPar Oscillation (O) s'entend un déplacement mélodique, soit ascei\ndant soit descendant, qui se termine par un retour à la note d'origine.\nSous le nom d'Appui (A) se groupent tous les mouvements, e\nquelque sens que ce soit, dont le point de départ est plus accentué que\npoint d'arrivée :\nIl n est pas à. agrément^aujourd'hui catalogué, dont on ne puis;\navoir raison, croyons-nous a la faveur de cette classification simpliste.\n\n. NoiJs ne prétendons pas avoir dépouillé toute la littérature des ornements postiches. Ala liste suivante\nconvient d ajouter les ouvrages allemands et italiens dont la nomenclature se trouve aisément dans les bibï\ngraphies :\nD'Anglebert. Pièces de Clavecin. Paris 1689.\nBouin. La Vielleuse habile. Paris (vers 1740).\nBrisson. Motets à deux voix. Paris 1749.\nButerne. Méthode de musique. Paris 1752.\nChambonnières. Pièces d.e clavecin."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.33", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 2483, "texte": "Les oscillations inférieures\ns'appellent pincé,ou martellement,\nmordent (allemand) beat (anglais). Elles se représentent ordinairement par\nun V*quelquefois et particulièrement chez les luthistes par une virgule\n) exceptionellement par +, Il ou V. Le nombre de ces battements est\nnaturellement variable, ainsi que sa rapidité et son dynamisme même. Le\npincé peut donc être simple, double, continué, intermittent etc...\nL'oscillation supérieure\nest la figure complémentaire de la\nprécédente. Elle porte le nom de tremblement, cadence, pralltriller (alld),\nshake (anglais), trillo (italien); et se note : t., //. +. tr. selon les\nauteurs. Comme le pincé, le tremblement varie le nombre et la valeur de\nses oscillations. Mais il pousse cette liberté plus loin encore ; on comprend\naisément pourquoi. Le tremblement a plus d'élan que le pincé, son geste est\nplus facile que l'infléchissement de son congénère. Il représente un effort\nqui dépasse son but, et que la nature même de la pesanteur ramène à sa\nposition normale ; il forme chute, ou cadence. Nous nous trouvons ici en\nprésence d'une série de transformations, et surtout d'une nomenclature\nqui déroute les chercheurs d'ornements : cadence molle (lente), sanglotée\n(avec crescendo et decrescendo), progressiv (de plus en plus ou de moins\nen moins accélérée), coupée, jetée, feinte, appuyée,\nsans appui, imparfaite, ouverte, fermée...\n\nCouperin. U art de toucher le clavecin. Paris 1717. Pièces de clavecin. L. I à IV.\nDandrien. Pièces de clavecin. Paris 1724.\nDieupart. Six Suites de clavecin. Londres.\nDavid. Méthode très intelligible pour bien apprendre la musique. Paris.\nDenis. Nouveau système de musique pratique. Paris 1747.\nDupuit. Principes pour toucher la vielle. Paris 1740.\nFouquet. Les caractères de la Paix. Paris 1752.\nGeminiani, A treatise of good Taste. Londres 1749.\nLacassagne. Traité général des agréments du chant. Paris 1766.\nLecuyer. Principes de Vart du chant. Paris 1769.\nLeroux (Gaspard). Pièces de clavecin. Paris 1705.\nMetoyen. Démonstration des principes de musique. Paris.\nMondonville. Pièces de clavecin avec voix ou violon. Paris.\nRameau. Pièces de clavecin, et Nouvelles Suites des pièces.\nPasquali. The Art offingering the harpsichord. Londres 1750.\nSaint Lambert. Les Principes du clavecin (1702). Nouveau Traité de Vaccompagnement au clavecin (1707).\nToinon. Recueil de Trios nouveaux. Paris 1699.\nTartini. Traité des agréments de la musique, traduit par Denis."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.34", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1332, "texte": "Toutes ces nuances1 qui prennent un air d'indépendance, dans «\nclassement chronologique, doivent rentrer dans la catégorie des trembi\nments à laquelle ils appartiennent logiquement.\nLes Appuis (a)constituent une des principales ressources de l'inver\ntion ornementale. On les nomme : por appogiature,\n(anglais), Vorhaltou Vorschlag(allemand). Ils se marquent, tantôt pari,\nsignes suivants : ( \\ V +, tantôt, et plus souvent encore, par une petit\nnote postiche :\nLa physionomie essentielle des appuis ne varie guère. Effort tri\nsimple et très élémentaire accompli par l'accentuation musicale, ils vienner\nordinairement retarder ou accélérer, en un mot déplacer les valeurs d\nl'harmonie. Ils ignorent les subtiles grimaces des oscillations, et nou\nverrons qu'ils recourent eux-mêmes à l'oscillation lorsqu'ils veulei\ngrimacer à leur tour.\nC'est parmi les Appuis qu'il faut aussi classer deux variétés d'agrc\nments, dont on pourrait etre tenté de faire des espèces autonomes : lt\nCoulés et les Accacciature.\n1 ULe oxx^atté' foaring (anglais) représente bien, en effet l'élan o\nla chute d une voix, qui se glisse entre deux ou plusieurs notes, diatom\nquement ou chromatiquement.\nCe remplissage est précisément destiné à donner au mouvemei\nmélodique plus d aisance et à la matière musicale plus de conductibilité\n\n~ 4 M °° *."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.35", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 1579, "texte": "C'est pour rapprocher, et appuyer l'une sur l'autre les notes extrêmes d'un\nmouvement disjoint que le coulé s'est établi et généralisé. Ce caractère de\nliaison insistante apparaît très nettement d'ailleurs dans le le plus fré-\nquent, celui que les classiques ont érigé en véritable maniéré :\net dont l'exécution variable, vétilleuse, forme à elle seule un petit\nproblème. Où placer en effet le point d'appui ? Sur la finale ou sur\nla note coulée ? Faut-il dire :\nou bien :\nOu bien supprimer tout appui\nce qui est certainement\ncommode, mais plat. \" Il faut effleurer le son de note du milieu d'une\nmanière tendre et caressante \" nous dit l'auteur de la Belle Vielleuse vers\n1750. C'est-à-dire insister tout en glissant. Les difficultés du sont\ndonc d'ordre dynamique, comme celles de Yappogiature proprement dite.\nLe Coulé,et ses dérivés, le passage,la le moderne etc...\nsont en réalité des Appuis de grande amplitude.\nTout au contraire, réduisons cette amplitude à rien, et rapprochons\nles deux notes de l'Appui, jusqu'à ce qu'elles se précipitent l'une sur\nl'autre dans le temps et dans l'espace, et nous aurons Y Accaciatura, un\nAppui dont la valeur est sensiblement égale à zéro :\nLe Roux et d'Anglebert la nomment ce qui la\nrattache logiquement aux Appuis. Rameau la connaît sous forme\npegement Jîguré. Marpourg en fait un Pincé étouffé, indiquant par la que\ncet Appui, en son exiguité, ne se distingue guère d'une oscillation incom-\nplète. Couperin a laissé un charmant exemple de ce style :\n\n1 Pièces de Clavecin L. IV. p. 31. UArlequine."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.36", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 516, "texte": "Et Alexandre Scarlatti, dans un ms. récemment découvert 1 not\nmontre l'Accaciatura en Italie :\n. XVIII siècle Geminiani2 s'est appliqué à nous initier à cett\npratique, et voici une basse continue en accaciations qui étonnera les par\ntisans modernes des réalisations plaquées\nDans la basse ce procédé, un peu irritant à la longue paraît s etrt\nconserve jusqu a nos jours. Le professeur Niecks raconte dans un excelle»\n\n1 Publié par S. Shedlock (Londres Bach et C° 1909).\n* A Treatise of good Taste, p. 6."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.37", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 1909, "texte": "article sur ce sujet \\qu'il s'attira, il y a quelques années, l'observation sui-\nvante de la part d'un organiste anglais : \" Mais, vous ne tirez pas des basses\ntout ce quelles peuvent donner l\" Et comme le professeur s'étonnait l'orga-\nniste, exécuta la basse dans le style suivant, qui est celui de Yaccaciatura :\nOn nous pardonnera de descendre jusqu'à ces détails. L'ornementa-\ntion de la musique ancienne, la perruque de nos vieux maîtres, ne se laisse\npas saisir sans ménagements. Et peut-être la musique moderne est-elle au\ncontraire un peu sommaire pour ces subtiles pratiques. 11 nous faut d'ailleurs\naccomplir encore une formalité nécessaire avant d'en être quittes envers\nce petit monde des postiches de la musique. Nous avons à tenir compte\nde ce que nous nommons en français, d'un vocable naturellement italien,\nle Groupetto. Avec le Pincé le Tremblement et X Appogiature, le, Groupetto\ncomplète la série des ornements classiques, de ceux que le lecteur doit\nconnaître s'il veut goûter une partition de Gluck ou de Mozart. On le\nrencontre chez les théoriciens appelé groupe, tour de gorge ou de gozier,\ndouble cadence, doublé, turn (anglais), circulo (italien), Doppelschlag\n(allemand) avec sa graphie coquette et notoire.\nFaut-il le considérer comme le représentant autorisé d'une troisième\npuissance ornementale, à côté des Oscillations et des Appuis ? Ce seiait\nlui faire trop d'honneur. Lç, groupetto n'a pas dans la famille des agréments\ndu chant une situation indépendante. On ne peut voir en lui qu une résul-\ntante. Il naît de la rencontre, de l'échange, du jeu naturel et réciproque\ndes Oscillations et des Appuis.\nEn veut-on la preuve ? Demandons-nous quelles peuvent-etre les\ncombinaisons possibles réalisées par l'association méthodique des deux\ngrandes forces ornementales, les O et les A. Soient par exemple :\n\n1 Monthly musical Record, i août 1909."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.38", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 406, "texte": "Nous obtiendrons facilement le tableau suivant :\n„rUSICIen * etonnerande ces barbares, qui décomposent l\nde Sel inrnn m°ntJÎM' telles des Photographies instantanées, une séri\nles condensé H\"'' * \"f1\"0\"8 4 C£S SchèmeS leUr asPe« vivant 0\nrapprochés nar -T™6 Tous ces élément\net nous aurons ' • <intlte> concourront alors àla synthèse du groufeti\ngaranti .a vTacité\" V'S'°n mUSJCa'e Préalable «»"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.39", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 556, "texte": "Ces petites formules, au nombre de 36, présentent chacune un sens\ninstructif, mais toutes ne sont pas nécessairement des \" \" Dans\nles Nos 6, 7, 9, 12, 22 et 23 on retrouve de simples oscillations prolon-\ngées. Les formes 17, 20, 21, 29 et 31 ont gardé l'anonymat dans la\nnomenclature ornementale.1 Dans les autres enfin, à partir du N° 13, il\nfaut voir des variantes ornées des dispositifs qui les précédent. Ainsi par\nexemple :\ns'inspirent manifestement de\n\n1 Faut-il voir le N° 36 dans le u Pincé renversé\" de Marpourg ?"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.40", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2134, "texte": "C'est donc dans les formules du début de ce tableau que nous trc\nverons nos groupetticaractérisés.\nLe N° 2 correspond au Groppo de Marpourg, et à la double Cadet»\ndont la Vielleuse habile nous dit : \" elle se prépare en dessous, se bat (\n1 air, emprunte une note au-dessous de la note cadencée pour aller »\ncelle qui la termine. \"\nLe JN° 5 se rencontre également chez l'universel Marpourg, t\ncomme une espèce rare du Troublé ou Ctrcolo Mezzo, avec un signe\npeu familier.\nLe N° 11 est signalé par D'Anglebert et Saint Lambert, sous\nnom de Double Chute.\nMais les numéros 3 et 10 sont connus de tous. Voilà les fornu\ntypiques du groupetto, celles qui méritent de se parer du petit accei\ncirconflexe révélateur ; celles qui ont \" cadencé \" pendant deux sièc!\ndans notre musique. Les étudier de près serait citer tous les théoriciei\nde l'art ornemental, et s'engager plus que nous ne l'avons fait encort\ndans le maquis des doctrines enchevêtrées. Pour les uns le groupetto es\nresté un tremblement, pour ceux là un doublé, Tartini voit en lui u\nMordant,et Saint Lambert un Trembl Et tous ces comment;\nteurs peuvent avoir raison, car le groupetto est bien un hvbride, un\nvariété composite.\nHâtons-nous de conclure. L'histoire nous montre les agrémen,\npostiches sous des formes multiples, et sous des noms infiniment diversi\nnés. C est à peine si l'analyse commence à débrouiller ce chaos. Et not\nevons nous peisuader que cette variété, cette complexité forment !\ncaractère dominant de l'ornementation musicale. Il est cependant possibli\nnous venons de le dire, et tout au moins pour certains instrument\nœj UDC classification très large, capable de guider nos recherches. 1\nsutht de nous représenter les postiches comme dépendants de deux grand\ntypes, les Oscillations et les Appuis. A la faveur de cette expérience, 0:\npourra sans doute avoir raison du classement de cette morphologie rebelle\n, moins, en se laissant guider par la physionomie des ornement!\nEvite-t-on les erreurs de la chronologie, les confusions de l'harmonie, qi\nnous présentent sous des noms divers, et dans des rôles différents, le\nmemes entités musicales."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.41", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 380, "texte": "Ce premier résultat sera surtout sensible à ceux qui s'efforcent de\nrestaurer la pratique des musiques anciennes. Il ne saurait bien entendu\nrésoudre le problème des ornements, tel qu'il se pose devant la critique,\navec tout le cortège d'idées et de discussions qu'il suppose, et que nous\nallons essayer de préciser.\n[A suivre).\n\nJ. Ecorcheville."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c038", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 42, "image_fin": 55, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.7", "titre_corps": "Un nouveau système de Notation Musicale", "titre_sommaire": "Un nouveau système de Notation Musicale", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.42", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1369, "texte": "Un nouveau système\nde Notation Musicale\nCONFÉRENCE FAITE A LA SORBONNE\nLE 9 DÉCEMBRE 1910 PAR M. A. MENCHACA\n\n1\nMESDAMES, MESSIEURS :\nEn affrontant cette glorieuse et redoutable tribune que je dois à l'hospitalière bienvei\nlance de Monsieur le Recteur de l'Université de Paris, je veux que ma première parole»\nun hommage d admiration pour ce beau et grand pays qu'est la France. u m\nIl y aurait mauvais goût de ma part à entonner ici un hymne à l'intelligence du peup\nfrançais, et à sa sympathie pour tout ce qui répresente un progrès. Il est de notoriété que!\nfrançais est artiste par tempérament, créateur passionné de beauté et aimant la nouveauté ;ji\ndonc l espoir que vous écouterez avec bienveillance les idées que je vais avoir l'honneur <\nvous exposer. (Applaudissements.)\nAvant tout, je m empresse de vous dire qu'il se s'agît pas d'une nouveauté dont l'ess\nreste a faire Mon système musical est en pratique depuis cinq ans à Buenos-Aires, Capiti\nde la République Argentine, à la Plata, Capitale de la Province de Buenos-Aires et dar.\n\nmanLT,TJIT,°nS r^r.odu}re fn entier la conférence de M. Menchaca ; malheureusement la place 0\natr °f geSf ? enJonner à»« que la partie essentielle, celle dans laquelle M. Menchm\nap es avoir retracé l histoire de la Notation, expose son propre système.\ndu fwaha, chargé\ndu rtgaro, M. Gustave Lyon. Le public très nombreux fit"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.43", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3719, "texte": "diverses villes importantes de cette même province, Avellaneda, Anilmes, Lomas de Zamora\netc., et à Montevideo, Capitale de la République de l'Uruguay. Les résultats sont chaque jour\nplus satisfaisants.\nCe n est donc pas, mesdames et messieurs, un sentiment de vanité qui m'amène devant\nvous ; j'obéis à ma profonde conviction, à mon ardent désir de répandre l'enseignement de ma\nnouvelle théorie et de ma nouvelle écriture musicale.\nFermement et sans aucun amour propre personnel, je crois cet enseignement précieux\npour le progrès de la musique, par cela même qu'il est accessible à toutes les intelligences et\nqu'il offre aux compositeurs un merveilleux et très souple instrument pour l'expression de\nleur pensée.\nEn étudiant la nature intime de la musique, j'ai trouvé que son erreur fondamentale\nconsistait à avoir pris pour base ce qu'on appelle une de sept notes, c'est-à-\n-dire l'une des nombreuses séries partielles qui dérivent de la gamme générale sans laquelle\nelles ne pourraient exister, au lieu d'y avoir compris les douze notes qui forment la véritable\nsuccession de sons musicaux que la nature nous fournit.\nCette erreur est analogue à celle que l'on commettrait si l'on prétendait former l'alphabet\nde la langue espagnole ou autre avec quinze lettres seulement, en laissant sans aucune repré-\nsentation les autres articulations de la voix. A quelles complications, à quelles tortures phoné-\ntiques une telle omission ne nous condamnerait-elles pas ? Peut-on s'imaginer les difficultés de\nla syntaxe, de la prosodie, et de l'orthographe, si le C était appelé un B dièze et le G un H\nbémol ?\nLes sons que l'art musical utilise sont au nombre de douze, et puisque tous ont la même\nentité, la même importance en eux-mêmes et dans les combinaisons sonores, il n'y a aucune\nraison qui justifie le fait de réserver uniquement ce privilège à sept notes, en en éliminant cinq,\nen les faisant figurer comme de simples accidents, et en troublant ainsi tout système rationnel\nde représentation graphique où doivent régner la règle et la logique qui régissent l'expression\nconventionnelle de tous les signes.\nOn sait que toutes les écritures primitives, hiérogliphique, idéologique, cunéiforme, figura-\ntive, etc. ont été les rudimentaires échelons qu'ont gravis le génie et la faculté inventive de\nl'homme, jusqu'au moment où apparut la grande découverte du système alphabétique, qui\npermet la plus parfaite réprésentation graphique et phonétique de la parole. Pourquoi donc le\nvéritable système alphabétique, ne serait-il pas appliqué à la musique ?\nEn prenant donc pour base ce qu'on a appelé gamme de do naturel (comme si les autres\nsons n'étaient pas naturels), c'est-à-dire l'une des trente-six séries partielles que l'on peut\nobtenir de l'unique et véritable échelle des sons, dénommée improprement aujourd'hui\nchromatique, on a établi un alphabet incomplet ; on a exclu cinq sons qui, comme les sept\nautres, pouvant être sensibles, toniques, dominants, etc., ont dû être représentés comme des\naltérations ou des modifications de ces derniers,' et ont donné lieu à l'invention des dièzes, des\nbémols et des bécarres simples et doubles qui non seulement ont introduit une grande con-\nfusion dans la théorie et l'écriture, mais ont aussi créé une fausse notion de la véritable valeur\ndes sons musicaux.\nEn outre, comme la portée de cinq lignes contient à peine une partie insignifiante de\n1 échelle générale des sons, on a été obligé d'établir des lignes supplémentaires et de creer, en\nles plaçant à des endroits différents, des clefs de fa, de do et de sol, sans lesquelles la portée ne\nsignifie rien, d'où il résulte que la même note peut représenter tous les sons, qu'un même son"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.44", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3408, "texte": "peut être exprimé par toutes les notes, et que l'instrument le plus commun et le plus complf\nc'est-à-dire le piano, ainsi que ceux du même genre, l'orgue et l'harmonium, ont une notatir\ndifférente pour chaque main.\nIl s'ensuit que la lecture à première vue de la musique actuelle n'est que le privilège\nquelques professeurs et des rares individus qui ont un coup d'œil exceptionnellement sûr, u,\ngrande intuition, et connaissent les règles de l'harmonie et de la composition, grâce à quoi\ndevinent plutôt qu'ils ne lisent.\nIl me semble et je crois que la plupart des personnes penseront de même que,\nqui est véritablement rationnel et logique, ce qui se rapproche des procédés scientifiques\nà plus forte raison s'il s'agit de la musique, regardée aujourd'hui comme un art-science, c\ndans toute formation de méthodes théoriques et pratiques l'on doit prendre pour base ce qui e\nle plus étendu, ce qui est réellement fondamental et non ce qui est relatif, partiel, et ne repu\nsente qu'une des nombreuses modalités de ce qui est principal. On sait que tous les moyei\ndont nous nous servons pour rendre sensibles les productions de l'esprit humain dans le domaii\nsans bornes de la science, de l'art et de l'industrie, ne sont que de pures inventions, de simpl,\nconventions ; mais ces moyens seront d'autant plus logiques, d'autant plus représentatifs de;\nque l'on désire, qu'ils seront plus simples, plus nets et plus généraux quand à leur applicatif\net qu'ils se soumettront le plus possible à toutes les règles invariables préalablement formulé\nLorsque ce jugement se forma ainsi dans mon esprit, d'une manière claire et absolue,\npensai alors qu'en établissant un alphabet de douze notes, et qu'en déterminant, au moyenl\ntrès simples indications, la durée de chaque son et la position que, du fait de sa gravité, ce st\noccupe sur l'échelle générale, je parviendrais à former un sytème complet, graphiquemei\nsimplifié, débarrassé de la portée, des lignes supplémentaires, des clefs, des dièzes, des bémt\net des bécarres, et que je supprimerais en outre tout ce fatras de complications inutiles <s\ndérivent de l'erreur originelle déjà signalée :\ni° Gamme naturelle : Toutes les gammes sont naturelles ou bien aucune n'a cet!\npropriété.\nElles sont aussi naturelles que les sons.\n2e Gamme chromatique : Les sons n'ont pas de couleurs, sinon dans le symbolisme c\nla poésie décadente.\n3° Gammes ou échelles dia- La comparaison avec l'échelle n'est pas adéquate ici, puisqii\ntoniques majeures et mi- l'égalité des intervalles disparait ;le qualificatif diatonique, qi\nneures : signifie entre deux tons, ne qualifie absolument rien, et enl;\nces gammes ne sont ni majeures ni mineures : elles sont exat\ntement pareilles ou équivalentes, puisqu'elles commencent et s\nterminent aux mêmes sons, qu'elles ont le même nombrel\nnotes et que la somme de leurs intervalles est toujours la mêmi\nla disposition entre ces derniers variant seulement.\n4° Gammes mineures har- Elles sont aussi harmoniques et mélodiques les unes quels\nmoniques et mélodiques : autres.\n5° Tons et demi-tons diato- Cette distinction n'est qu'une pure subtilité, car la valeï\nniques et chromatiques : réelle des uns et des autres est la même.\n6° Sons homonymes et en- Simple orthographe musicale qui disparait avec les dièzesd\nharmoniques : les bémols.\n7 Octa\\es . Tout consideie, les notes ne se comptent pas par octaves\nmais par douzaines."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.45", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4032, "texte": "Et enfin les intervalles majeurs et mineurs, augmentés, diminués, suraugmentés, subdi-\nminués qui offrent des complications excessives, dues aussi aux altérations accidentelles, et\navec lesquels on forme des tableaux, espèces de logarithmes musicaux qui sont un vrai rébus\npour les étudiants.\nJe fais en sorte d'être bref, afin de ne pas trop étendre cette exposition, mais je ne puis\nasser sous silence la plus grande subtilité de la théorie actuelle, c'est-à-dire l'intervalle du\ncoma qui a déterminé la théorie du tempérament, ou soit de l'échelle appelée tempérée.\nL'on prétend qu'entre le fa dièze, par exemple, et le sol bémol, qui sont absolument la\nmême note, il existe un tout petit intervalle, une espèce d'infusoire de la tonalité, qu'une\noreille d'une finesse extrême peut seule percevoir. Et, pour ce qui concerne le piano, comme\ncette supercherie aboutit à une seule et même touche, identique pour les deux notes différemment\nindiquées, les théoriciens disent alors : \" Non, cette différence est perçue dans le violon, dans\nles instruments à cordes, dans l'orchestre. \"\nIl faut croire alors que si les dièzes et les bémols sont différents, l'intervalle du coma sera\ndifférent aussi, et il serait joli, l'accord des instruments de 1 orchestre, si ce fameux intervalle\nse produisait seulement dans les quatre instruments à cordes, et non dans l'imposante masse\ndes instruments de cuivre et de bois, et des tables d'harmonie ! Ceci est sans réplique.\nOn nous enseigne aussi qu'une note dièzée ou bémolisée est une note naturelle\nhaussée ou baissée d'un demi-ton, c'est-à-dire que le do dièze et le mi bémol, par exemple, ne\nsont autres respectivement que le do et le mi naturels, le premier élevé d'un demi-ton, et le\nsecond baissé d'un demi-ton également.\nC'est une des plus grandes erreurs de la théorie actuelle : les sons ne montent ni ne\ndescendent. Le do dièze et le mi bémol sont des sons tout a fait différents du do et du mi\nappelés naturels, et sont aussi naturels que ces derniers ; ils ont leur nombre propie de vibra-\ntions, et la preuve la plus concluante et la plus irréfutable nous est fournie par la theoiie\nmême, où toutes les notes que celle-ci nomme naturelles, peuvent etre a la fois des diezes,\ndes bémols, des doubles dièzes et des doules bémols. Et penser que tout ceci provient du fait\nd'avoir éliminé les cinq sons de l'alphabet musical, de la malheureuse invention des accidents\nou sons amphibologiques, qui donnent lieu à une confusion de plus en plus grande, a mesure\nque l'on avance dans l'étude de la musique ! Que l'on ajoute, pour finir, qu il n y a meme\npas un seul nom parmi ceux que l'on a attribués à la valeur des notes, qui ait ete bien applique,\nen commençant par les plus longues, qui s'appellent brève et semi-brève 1 et en finissant par les\nplus vertigineuses qui s'appelaient harmonieusement 2 des quintuples et des sextuples croches,\naujourd'hui hors d'usage, fort heureusement. (Applaudissements.)\nJe crois avoir mis en évidence les erreurs du système actuel, digne, a tous égards, de la\nplus profonde vénération, quels qu'en soient les défauts, car c'est grâce a cette méthode qu ont\npu être écrits et conservés les chants les plus touchants, les plus belles mélodies et les plus\nsublimes conceptions du génie des maîtres, anciens et modernes.\nMais tout meurt, tout évolue ; tout, dans un laps de temps plus ou moins long, accom-\nplit sa mission sur la terre, et doit fatalement disparaître pour faire place à ce qui est nouveau,\na ce qui surgit comme une éclosion du milieu ambiant, de la poussée du progrès, de 1 accéléra-\ntion générale de la vie et des nouvelles aspirations qui réclament des procédés scientifiques\nmeilleurs et plus rapides.\nMon système est établi sur la base d'un alphabet complet, qui exprime théoriquement et\npratiquement les douze sons constitutifs de la véritable échelle des sons, ce 1 echelle meie et\n\n1 Conservées dans le plain-chant avec cette dénomination.\nEn espagnol on les appelait : garrapateas et semigarrapateas."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.46", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2950, "texte": "unique, source éternelle de l'art musical. Afin de les représenter, j'ai imaginé et essayé dit\nsystèmes : d'abord, en plaçant les sons sur une portée de trois lignes, puis sur deux et en\nsur une seule ligne, ce qui était le but où tendaient mes efforts, car je crois, en principe g£\nral, que ce qui est un et simple est la base de la précision et de la clarté, en même temps t\nle premier élément de la variété. C'est pour cela que je ne fus satisfait que lorsque je parvi»\nramener tous les signes à une seule figure graphique qui changeant de position au-dessus\nau-dessous de la ligne de la portée, représente distinctement les douze sons fondamentaux\nl'échelle générale.\nCe système établit pour la première fois les trois conditions qui déterminent le son\nnombre, la hauteur et la durée,auxquels correspondent trois éléments graphiques :\nLa figure qui représente les sons d'une manière fixe et invariable, suivant la direction\nson sommet (on en trouvera le dessin dans les pages suivantes).\nLa perpendiculaire courte |, ou longue qui exprime la du son, la\nlaquelle il appartient, la place qu'il occupe dans l'échelle générale.\nLe point • qui détermine la durée.\nUNITÉS\nCe système repose sur trois unités essentiel qui n'ont jamais été employées ni mi\nconnues jusqu'à ce jour.\ni° Unité graphique : un seul signe pour tous les sons, facilitant la lecture sans fatis\npour la mémoire.\n2° Unité de durée :la seconde, qui permet, avec ses et d'exprit\net de mesurer n'importe quelle fraction de temps, simplifie la théorie et réduit pratiquer\ntoutes les mesures à une seule, avec l'unique mesure unitaire, établissant à la fois l'orig\nvéritable du mouvement et du rythme, comme effet de la combinaison des durées eti\naccents.\n30 Unité d'intervalle qui constate scientifiquement les différences de gravité entre uni\net un autre, donne les formes intervallaires inaltérables des accords et ramène à des lira\nexactes l'étude de l'harmonie.\nQuant à l'appellation des notes, une série quelconque de syllabes peut servir à cet ei\net je citerai seulement à titre de curiosité, quelques propositions faites à diverses époques,\nappuyées sur des règles phonétiques fort savantes.\nHubert Waelrant soutenait que les notes devaient être prononcées d'une manière î\ndouce et harmonieuse, ainsi qu'il suit : bo, ce, di, ga, 10, ma, ni.\nDaniel Hitzler, au commencement du XVIIe siècle pensait que la gamme était p\neuphonique avec les noms suivants : la, be, ce, de, me, fe, ge.\nEnfin, Flamery, prétendait que l'on devrait employer trois ordres de syllabes aveci\nvoyelles différentes : ta, ra, ma, fa, sa, la, ja, pour les notes normales ; te, re, me, fe, se, le,\npour les bémols, et enfin to, ro, mo, fo, so, 10, jo, pour les dièzes. Cela ne manque pas d'c\nginalité, n'est-ce pas ?\nEn considei ant que la fluidité qui peut se trouver dans l'articulation de l'ensemble d'u\nsuccession de syllabes, dépend avant tout de l'habitude de les énoncer, ou de les entett"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.48", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2010, "texte": "prononcer, j'ai pris pour base celles que l'usage a déjà consacrées, et j'y ai ajouté les cinq\nnouvelles suivantes :\nJ'ai nommé ' ; sé \" le la dièze ou si bémol.\n\" dou \" le do dièze ou ré bémol.\n„ \" ro \" le ré dièze ou mi bémol.\nv \" fé \" le fa dièze ou sol bémol.\nu nou \" le sol dièze ou la bémol.\nJe nomme et j'écris les douze notes, en les plaçant de la manière suivante, dans l'ordre\nqui leur correspond :\nJe commence par nommer le la, parce que c'est cette note qui sert de diapason universel.\nJe prends neuf séries de notes ou douzaines comme la précédente, dont l'une est centrale,\nquatre sont montantes et quatre descendantes et je les nomme ainsi : sous-profonde, profonde,\ngrave, basse, centrale, haute, brillante, aiguë et suraiguë. Cette division permet de déterminer\nd'une manière brève et précise tous les sons de l'échelle générale ou l'un de ces sons seule-\nment, ce que l'on obtient aujourd'hui qu'en se servant d'une longue phrase.\nJe choisis au hasard et comme exemple, une note quelconque : ainsi le do brillant, dans\nmon système, est la note qu'il faudrait aujourd'hui déterminer comme il suit : \" premier sur\nla portée, clef de sol sur la seconde ligne \". Une autre note, le central, équivaut à celle-ci :\n\" premier la sous la portée, clef de sol sur la seconde ligne \"ou bien à: \" sur la cinquième\nligne de la portée, clef de fa sur la quatrième ligne Il en est de même pour toutes les\nautres notes, et je vous fais grâce des divers noms qui correspondent aux mêmes notes à mesure\nque l'on change les clefs, ainsi que la position de ces dernières sur les lignes de la portée.\nPar une ligne particulière, courte ou longue, au-dessus et au-dessous du signe, on fixe\ngraphiquement la place que chaque note occupe sur l'échelle générale, c'est-à-dire la série ou la\ndouzaine à laquelle elle appartient. Si la note est centrale, elle ne souffre aucune modification :\nSi elle appartient aux séries montantes, on ajoute une ligne perpendiculaire à sa partie\nsupérieure :"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.49", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1734, "texte": "Si la note appartient aux séries descendantes, le signe porte la ligne perpendiculaire à $\npartie inférieure :\nFt ainsi de suite pour les autres notes. La durée est désignée par des noms pl\nappropriés à leur sujet que ceux qu'on emploie aujourd'hui, exprimant par eux-memes\nvaleur de chaque son, et sont représentés par un point placé en divers endroits de la not\nT'appelle temporelle la note qui vaut un temPsyun coup du bâton du chef d orchestre ou,\nbattement du cœur, dure une seconde et constitue l'unité de mesure. Cette note, graph,„\nment représentée, ne reçoit aucune modification .\nJ'ai choisi le point comme l'élément graphique représentatif des diverses valeurs\nIl y a deux notes simples plus importantes que l'unité ou deux multiples : la double,!\nvaut deux temps, et la longue, dont la durée est la plus grande et qui vaut quatre temps ; e!\nse distinguent par la place que le point occupe sur le signe qui les représente : la double i\nla partie aiguë, et la longue sur le milieu de la courbe.\nexemple :\nPassons maintenant aux notes dont la durée est moindre que 1 unité de temps, ou soit\nsous-multiples. Ces notes sont de quatre binaires c la demie, qui vaut un demi-temps,\nqu'aujourd'hui nous nommons la croche ; la quarte, un quart de temps (double crocli\nY octave, un huitième de temps (triple croche) et la un seizième de temps (quadri\ncroche). Il y a, en outre, deux notes ternaires, la tierce et la sexte, qui valent respective®;\nle tiers et le sixième de l'unité, et qui, dans le système courant, ne peuvent être représent\nsans l'aide du triolet ou du sextolet.\nCes différentes valeurs se marquent toujours par un point placé sur la partie superie\nou inférieure, courbe ou aiguë de la figure.\nExemple :"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.50", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3430, "texte": "Ces notes représentent des fractions de la seconde, c'est-à-dire une durée réelle de temps\net non une durée relative comme dans le système de la musique en vogue.\nAinsi, si pour traduire certaines œuvres classiques, il fallait écrire les fameuses sextuples\ncroches, il suffirait de calculer quelle est la valeur réelle qu'elles comportent, selon le mouve-\nment auxquelles elles sont assujetties.\nLes silences correspondants à chacune de ces valeurs, je les représente au moyen d'une\npetite ligne horizontale sur laquelle le point, placé de la même façon que sur les figures,\ndétermine la durée.\nExemple :\nLes intervalles sont tous exacts. J'appelle degré l'unité d'intervalle, qui équivaut à ce\nqu'on nomme aujourd'hui le demi-ton ; de sorte qu'entre une note et une autre quelconque\nde la gamme, il y aura des intervalles de un, de deux, de trois, de quatre, de cinq etc. selon\nle nombre de degrés de différence. Les intervalles sont simples jusqu'à celui de douze degrés\net composés quand ils sont plus étendus, à partir du treizième et au-delà.\nCette partie est d'une simplicité si élémentaire qu'il suffit de l'énoncer pour la connaître ;\nelle abrégera et facilitera immensément l'étude de l'harmonie et de la composition.\nLa théorie intervallaire est entièrement nouvelle et avant tout scientifique. Elle enseigne\net démontre : que l'intervalle n'est pas une distance entre un son et un autre, mais une\ndifférence de hauteur, de nombre et d'amplitudes de vibrations, que les intervalles sont toujours exacts\net constitués précisément par l'ensemble de sons possibles qui sont latents, et pour ainsi dire en\npuissance, entre les douze sons qui forment l'échelle soumise à la loi et d'harmonie successive\nréclamée par la conformation physiologique de nos organes percepteurs ; que les intervalles\nétant en réalité le néanty le vide intermédiaire, la passivité de sons non créés parce qu'inutiles,\nils ne peuvent être ni harmoniques, ni mélodiques, ni ni chromatiques, ni susceptibles\nd'être augmentés ou diminués en majeures ou mineures.\nJe n'ai pas pu m'expliquer comment, jusqu'à ce jour, on n'a jamais vu qu'une 2e, 3e, 4%\n7e, etc., cesse d'être ce qu'elle est, si on l'augmente ou la diminue.\nSi l'on objecte que les termes de majeure, mineure, augmenté, diminué, sont conventionnels,\nje dis qu'il est incorrect, impropre, contradictoire et même d'une lamentable pauvreté\nd'expression d'employer comme termes conventionnels, des mots d'une signification très nette\ndans le langage usuel, et pis encore, dans une science que sa précision fait qualifier d'exacte.\nLe nouveau système crée Vunité d'intervalle, c'est-à-dire la différence de hauteur entre deux\nsons immédiatement voisins dans l'échelle. En réalité il n'y a pas deux intervalles égaux, parce\nque à mesure que les sons deviennent plus aigus l'amplitude de leurs vibrations diminue tandis\nque leur nombre augmente. Mais pour faciliter le calcul, dans l'étude de l'harmonie, de la\ncomposition ou de /'entonométrie (solfège chanté) le degré improprement appelé demi-ton,\nreprésente une valeur typique, uniforme, de véritable équivalence pour l'oreille, et d'ailleurs\nla diminution d'amplitude du son se trouve compensée par une plus grande rapidité vibratoire,\net vice versa. Entre la et se il y a un degré, entre la et si, deux, entre la et doy trois, etc.\nLa formation des séries vient ensuite ; elle est, comme on le verra, très facile, e"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.51", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2458, "texte": "remplace ce que l'on appelle aujourd'hui les gammes diatoniques, majeures, mineures harmo.\nniques et mineures mélodiques, l'une des parties les plus compliquées et les plus difficiles de!,\nthéorie actuelle. La connaissance parfaite des gammes majeures qui comprennent un dièZt\njusqu'à celles qui en ont sept, et de celles qui renferment de un à sept bémols, avec leurs\naltérations de doubles bémols et de doubles dièzes ; et, en outre, la possession des mineures\nharmoniques et mélodiques qui, avec les gammes naturelles de et de majeures et\nmineures, font un total de quarante-huit gammes, parmi lesquelles il y en a qui sont horno-\nnymes, c'est-à-dire, qui ont le même nom et une notation distincte, tout en étant en elles,\nmêmes exactement pareilles, cette connaissance, dis-je, exige une étude patiente, une attention\nsoutenue et ne parvient à être bien acquise qu'après plusieurs années d'études et des aptitudes\nnaturelles nettement marquées.\nDans mon système, les trente-six séries qui existent en réalité, sont apprises presque sur\nle champ, après la simple énonciation des règles fort simples et invariables qui en déterminent\nla formation.\nChacun des douze sons fondamentaux de l'échelle des sons, sert de point de départ on\nde naissance à trois séries que l'on distingue les unes des autres par la valeur et la place de\nleurs intervalles. Elles comprennent douze gammes de la première (gammes majeures), douze\nappartenant à la seconde (mineures harmoniques) et douze à la troisième (mineures mélo-\ndiques). Chaque série renferme sept intervalles, en comptant depuis la note initiale et qui lui\ndonne son nom, jusqu'à l'homonyme suivante que j'appelle\nLes premières séries ont leurs intervalles comme il suit : 1\", 2°, 40, 50 et 6° de deux\ndegrés ; 30 et 70 d'un seul, et elles se forment invariablement avec trois notes suivies du même\nrang et quatre de l'autre. »\nExemple :\nIl en est de même pour toutes les notes, en commençant par n'importe laquelle de la\ngamme, ce qui fait que les douze premières séries, ou soit les douze gammes majeures du\nsystème actuel, sont ainsi ramenées à une seule formule.\nDans les secondes séries, qui sont les plus irrégulières, les intervalles gardent invariable-\nment cette disposition : i°, 30 et 40 de deux degrés ; 2°, 50 et 70 d'un degré et le 6° de\n3 degrés, et ils sont formés par deux notes d'un rang, trois de l'autre, une du premier, un\nintervalle de trois degrés et la semblable.\nExemple :"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.52", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2905, "texte": "Les troisièmes séries offrent la particularité suivante : elles montent et descendent de\ndeux façons différentes :en montant leurs intervalles sont de i°, 30, 40, 50, 6° de deux degrés,\net 2° et 70 d'un degré ; en descendant, le i°, le 30, le 40, le 6° et le 70 de deux degrés et\nle i° et le 5° d'un seul degré. On les forme ainsi : deux notes d'un rang et cinq de l'autre en\nmontant, et trois, trois et deux en descendant.\nIl faut remarquer, en premier Heu, que chacune des douze gammes des trois séries se\nforme de la même manière et qu'on n'a pas besoin d'altérer les sons ; celles qui commencent\nle rang inférieur sont exactement opposées à celles du rang supérieur ; et, en second lieu, l'on\nverra que la somme des degrés des intervalles ne varie pas :\nires séries 2.2. 1.2. 2 . 2.1. \\\n2mes s£rjes 2. 1.2.2. 1.3.1. [ I 2\n3mes séries aller .... 2. 1.2.2.2.2.1. (\nretour. . . . 2.1.2.2.1.2.2. /\nLe système actuel commet donc une erreur en donnant le nom d octaves aux intervalles\nexistant entre deux notes semblables ; ce sont en réalité, des douzaines.\nL'énonciation des séries se simplifie et se précise aussi d'une façon remarquable. Au lieu\nde : gamme de mi bémol (ou ré dièze), on dit simplement : première série de ro ou bien plus\nsimplement encore lerIer de ro ; au lieu de dire : gamme de fa dieze (ou sol bémol) mineure\nharmonique on dit : seconde série de je ou 2e de fè ; et au lieu de gamme de sol dieze (ou\nla bémol) mineure mélodique, troisième de non.\nLes quarante-huit gammes du système courant si remplies de difficultés et toutes différen-\ntes, sont réduites par la nouvelle méthode au nombre des trente-six qui existent reellement, et\nsuivant les régies que j'ai établies et qui en régissent la formation, invariablement, elles obéis-\nsent toutes à trois formules fort simples que les petits enfants mêmes apprennent en une\nseule leçon.\nOr, une question se présente \\ cette loi d'harmonie dans la succession des sons qui con-\nstituent les séries selon la dispositon et la valeur des intervalles, de quoi dépend-elle ?\nEst-ce un caprice de pure forme ; est-ce une modalité d origine essentielle, particulière a\nla nature intime des sons, ou est-ce seulement un phénomène externe, de vibrations d ondes,\ndû à notre pouvoir de perception ou à la constitution de 1 ouïe ? Si celle-ci avait une orga-\nnisation différente et recevait autrement l'impression sonore, la distribution ou la valeur des\nintervalles serait-elle alors la même ? Y aurait-il rien de changé dans les successions qui nous\nparaissent agréables, comme si les sons étaient enchaînés l'un a 1 autre par une attraction\ncachée, constituant la base ou la matière sonore, si je puis m exprimer ainsi, dans laquelle\ns'incarne toute beauté harmonique ou mélodique ? Assurément non ; mais il est hors de\nque dans les conditions existantes, ces lois sont le produit de la combinaison des propriétés phy-"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.53", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4153, "texte": "siques du son et de notre capacité auditive : voilà le fait tel qu'il se produit ; il nous imprs\nsionne ainsi et c'est ainsi que nous devons 1 étudier.\nLe mouvement la plus grande force d extériorisation, celle qui caractérisé le\nl'expression des sentiments ou états d'âme dans 1 art musical, n est pas autre chose, scienti.\nfiquement, que le produit de la combinaison de la duree des sons. Jusqu a ce jour on a commis |\nlourde erreur de prendre l'effet pour la cause, de subordonner les durées au mouvement p2;\nl'indication des termes vagues : Adagio, Andante, Presto, etc., mettant ainsi en contradiction!;\nthéorie et la pratique. Par exemple, une blanche vaut quatre croches et logiquement ut\nmorceau écrit avec ces dernières devrait être quatre fois plus rapide qu'écrit avec les blanches\nCependant si les blanches se règlent par un presto et les croches par un lento, les première\ndureront moins que les secondes. Le métronome lui-même ne parvient pas à supprimer],\ndifficulté, parce qu'il n'a pas comme régulateur une unité de durée.\nMon système supprime, comme inutile et antiscientifique, toute la nomenclature de;\nmouvements, car ces termes largo, andante, andantino, allegro, moderato. etc., sont des vocable\nsans précision, sujets à interprétation, dont la valeur diffère suivant le tempérament particulie\nde chacun. Les mouvements sont un effet des durées et leur loi invariable est qu'ils son:\nd'autant plus lents ou d'autant plus rapides que les sons sont plus larges ou plus brefs. Qu'oi\ndonne à chaque son la durée qui lui correspond et le mouvement naîtra tout seul. Les indica-\ntions ne sont admissibles qu'en ce qui concerne la couleur, l'expression, laissant toute latitud:\nà l'interprète de manifester son goût, son style personnel mais le mouvement doit être précisèmn\ncelui que l'auteur a voulu établir.\nLa mesure est la mensuration exacte du temps, c'est-à-dire de la durée des sons musicaux\nBattre la mesure c'est donner à chaque note la valeur quantitative qui lui correspond. Rousseai\na ramené à trois toutes les mesures connues : deux, trois et quatre temps. Mon système es\nplus simple encore : il les remplace toutes par l'unique mesure de F unité de temps : la seconk\nPrenons, par exemple, une phrase musicale de douze temps : avec le système de la porté\n(pentagramme), elle peut se diviser en trois mesures de quatre temps, en quatre de trois temps\nen six de deux temps, en deux de six temps. Avec mon système on arrive au même résulte\nen mesurant seulement l'unité, ce qui supprime toutes les inutiles divisions en fractions égales\nLes notes qui doivent être accentuées, s'accentuent isolément, comme les lettres dans I;\nparole. N'oublions pas que la mesure est seulement un \" procédé pour mensurer la durée de\nsons \" et que l'accentuation et la distribution des pauses et silences, qui mettent en relief le\ncontours de l'idée mélodique, sont choses distinctes et indépendantes. Je remplace les barre\nséparatives des mesures par des signes divers correspondant à virgule, point et virgule, dem\npoints, point final, point d interrogation, point d'exclamation, etc., qui donnent à la phrast\nmusicale la même précision et la même clareté que la ponctuation dans le langage écrit.\nCet expose suffirait pour 1 enseignement de la plus grande partie des amateurs ; pour cem\nqui, se bornant a 1 interprétation, n approfondissent pas la connaissance de l'art, et ne préten-\ndent pas faire œuvre de compositeurs, en donnant ainsi des preuves de bon sens ; mais je doii\najouter que mon système offre des avantages d'une valeur plus transcendantale.\nLorsque les traites d harmonie et de composition s'y adapteront, on pourra voir qu'ils\nseront réduits a un quart de leur volume actuel, ainsi que le temps que leur étude exigf\naujourd hui. Leurs réglés deviendront forcément faciles, claires et précises, car l'accumulatiot\ndes intervalles de la théorie courante qui est la cause de complications inutiles dans la forma'\ntion des accords disparait, ne laissant place qu'aux intervalles justes, puisque le nombre 4\nvibrations de chaque son est invariable, et la différence comprise entre un son et un autre l'es\négalement."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.54", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3973, "texte": "Que l'on ajoute un chapitre d'abréviations et de signes complémentaires, et l'on aura\nune vue d'ensemble du système, dont vous aurez, je le crois, une idée exacte après la simple\nexposition que je viens d'en faire. Enfin, cette nouvelle notation s'apprend à lire et à écrire à\nla fois, et elle est adaptable aux machines à écrire avec un nombre moindre de touches que\ncelles que l'on a tant généralisées pour l'écriture ordinaire.\nQuant au clavier pour piano, harmoniums, etc., je me bornerai à dire que l'on a fait en\nsorte de le perfectionner, à plusieurs reprises, mais sans résultat définitif.\nEn 1716, le facteur français Marius présenta à l'Académie des Sciences quatre modèles\ndifférents qu'il appela clavecins à marteaux, et, bien avant lui, en 1546, suivant Lacroix,\nNicolas Vicentino inventa un instrument qu'il dénomma Archicembalo et qui contenait six\nrangs de touches. Le clavecin de Zarlino construit en 1548 par Dominico de Pesaro, était\nanatogue à celui de Vincentino. Le clavier moderne de Janko, qui comprend aussi six rangées\nde touches, doit ressembler à ces derniers instruments.\nLe clavier que j'ai inventé tend simplement à mettre le piano dans les conditions requises\npour le transformer en un véritable instrument à cordes. Une corde tendue, vibrant, nous\ndonne le modèle le plus naturel de tout instrument de musique. Comment les sons se produi-\nsent-ils à mesure que les points extrêmes se rapprochent ? Ils se produisent en une suite\ninterrompue et sont séparés par des intervalles équivalents, c est-a-dire que, pour notre\noreille, ils semblent être absolument pareils. Ces différences dans la gravite nous donnent la\nmesure d'intervalle, établi par la nature même. Donc, c est la véritable echelle des sons,\nl'échelle mère, génératrice de toutes les séries partielles, qui doit servir de base au clavier, et\nnon celle que l'on appelle aujourd'hui gamme de do naturel majeur, qui, sans y avoir aucun\ndroit, a été proclamée reine et maîtresse de toute la musique.\nMon innovation consiste en ceci que les touches alternent sans solution de continuité,\nc'est-à-dire qu'elles comprennent invariablement une touche inférieure et supérieure, a\nsavoir une blanche et une noire. On met ainsi le clavier en rapport avec 1 intérieur du piano\net les degrés d'intervalles correspondent à la distance matérielle des touches, ce qui n'arrive pas\nactuellement. Cette modification, si simple en apparence, change fondamentalement le doigté\net la technique du piano, en les rendant extraordinairement faciles, et outre d autres\navantages que l'étude révélera peu à peu, le nouveau clavier offre des maintenant les suivants .\nl° La gamme (chromatique) s'exécute avec une égalité et une surete plus grandes, et 1 on\npeut employer indistinctement deux, trois ou quatre doigts.\n2° Les séries (gammes majeures et mineures) se font avec le même doigte, et on les sait\ntoutes, si l'on en connaît seulement trois.\n2° La transposition d'un ton à un autre ou le passage d une serie a une autre p us\nélevé ou plus basse, ne présente pas la moindre difficulté.\n40 Ce nouveau clavier favorise immensément la lecture de la nouvelle notation, car les\nnotes que l'on écrit sous l'unique ligne de la portée correspondent toujours aux touches blanches\net celles que l'on écrit au-dessus aux touches noires. j i • •\nEt enfin, il est plus riche que le clavier ordinaire, car ce que lon moyen e ce ui ci\npeut se faire avec plus de facilité par le nouveau clavier, et ce que l'on exécute avec le nouveau\nne peut s'exécuter avec l'ancien. Cela est concluant. y\nJe crois que le clavier continu, une fois que toutes les méthodes que 1 on doit y approprier\nseront écrites, car tout est à refaire, donnera lieu a des progrès considérables quant au mécanisme,\npermettra d'écrire et de vaincre les grandes difficultés que l'on ne peut surmonter au moyen\ndu clavier ordinaire et, enfin, fera que l'art du pianiste gagne beaucoup en variété, en ongina ît\net en éclat."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.55", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1342, "texte": "Mesdames, Messieurs :\nJ'ignore le sort réservé à l'effort que j'ai fait, je soumets mon œuvre au jugement imp\ntial des esprits intelligents et à l'attention du monde musical. Si, comme on l'a dit-\npeupler que de diviser, c est aussi enseigner que de simplifier, et je crois avoir fait un gra,.\npas en ce sens, en essayant d'établir l'art musical sur des fondements plus scientifiques, de\ndiriger par des procédés plus logiques et plus simples, en en abrégeant et en en facilita;\nl'enseignement, et en travaillant à sa croissante propagation.\nJe ci ois avoir prouve les bases scientifiques de mon système, la logique de sa théorie et\nclarté de sa graphique. Jai le ferme espoir que Paris et par Paris j'entends la France v\njugera impartialement mon œuvre, qu il 1 expérimentera loyalement et sans préjugés, et qu'\nn'hésitera pas à l'adopter, si les résultats lui semblent concluants. & '\ns r a France, pays de clait bon sens, de culture supérieure et de généreuse initiative\nn hesitera pas, j en suis sur, maigre tout son respect des traditions, à accueillir mon système\ncomme elle accueille toutes les vérités, tous les procédés de simplification dans l'industrie |f,\narts et la science, de quelque pays qu'ils lui viennent, montrant ainsi que, pour elle, la v'érit\net la grandeur ignorent les frontières. (Vifs applaudissements)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c040", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 47, "image_fin": 47, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.7.2", "titre_corps": "(Cliché Fémina.)", "titre_sommaire": "(Cliché Fémina.)", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.47", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 34, "texte": "(Cliché Fémina.)\nM. 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Le 3 1 août au matin il quittait joyeux son hôtel, et\nle hasard le mit aux prises avec le capitaine de Romilly. Que se passa-t-il ?\nY eut-il imprudence de la part de notre collègue qui tirait sans plastron,\navec une veste usagée ? Faut-il croire à une coïncidence fatale de deux\nmouvements contraires, à un faux pas? Nul le saura jamais, et ne pourra\nexpliquer l'incident qui surprit tous les assistants. L'épée de M. de Ro-\nmilly pénétra toute mouchetée dans le corps de son adversaire, à la base\ndu poumon, produisant une blessure déchirante. L'entrée de l'air qui\nsuivit cette perforation, entraîna la mort par étouffement. Ramené chez\nlui, Aubry succombait quelques heures plus tard à ce que les médecins\nnomment l'emphysème traumatique.\nEn cette fin d'août, Paris était vide. La musique et la musicologie\nse trouvaient en vacances. Prévenus en hâte, ceux d'entre nous qui purent\nrentrer à temps se réunirent dans la petite église de Sk François de Sales.\nPuis, à Meudon, devant la tombe ouverte, quelques paroles de désolation\net d'adieu cherchèrent à rendre l'émotion de tous. M. Jules Combarieu,\nprofesseur au Collège de France, ami personnel d'Aubry, parla le premier.\nM. Romain Rolland, maître de conférence à la Faculté des Lettres,"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.58", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3583, "texte": "retenu malheureusement en Italie, avait charge M. Dacier, bibliothé-\ncaire à la Bibliothèque Nationale, de lire ces quelques mots :\nLa musique française vient de faire une perte irréparable. Pierre Aubry était un des\npremiers qui avaient fondé chez nous l'histoire musicale. Il lui avait ouvert des voies nouvel-\nles. Il projetait d'élever un monument de science, qui reste malheureusement interrompe\nmais dont les premières assises et les fragments epars etonnent par leur haidiesse et leur\nsolidité.\nSa vaste science était comme un fleuve qui s'amasse lentement. Depuis quinze ans, il\npréparait son grand travail sur l'art musical du moyen âge. Il n'était point presse ; il voulait\nque la construction fût durable ; il savait qu'elle le serait ; il marchait a pas surs. Son œuvre\nétait faite à la fois d'enthousiasme artistique et de critique sévère. Il avait l'amour sacré de la\nFrance, de son glorieux passé, et surtout de ce XIIIe siècle héroïque, où la pensee française se\nrépandait à pleins flots sur l'Europe. Le moyen âge français lui semblait justement un sommet .\nde l'humanité, un de ces splendides jardins de la civilisation, où toutes les forces de 1 ame,\nharmonieusement unies, donnent leur plus belle floraison. Il avait retrouve la clef perdue qui\nouvrait la porte de ce monde disparu. Entre temps, il s'occupait de la chanson populaire et\nde l'iconographie musicale. Il en avait amassé un trésor unique en France, et peut-etre en\nEurope. Il y a moins de deux mois, il m'exposait le plan d'une étude du Folk-lore européen,\nqui devait embrasser une dizaine d'années de cours.\nIl avait sur les autres musicologues la supériorité d'une instruction et d'aptitudes vrai '\nment universelles, qui enveloppaient à la fois la science et l'art, la paléographie et la musique,\nles études de droit et d'histoire. Il connaissait aussi bien la littérature que la peinture, la\nsculpture, l'architecture de l'époque qu'il étudiait. Il n'était pas moins instruit de l'histoire\néconomique et sociale du même temps. Il avait un large esprit de synthèse qui savait, au\nmoyen de tant d'éléments divers, reconstituer la vie. Et cette science était claire. Que de fois\nj'ai admiré, en l'entendant, l'art qu'il avait de rendre accessible à tous un des enseignements\nles plus difficiles ! Ce même art rehaussait le prix de ses livres les plus érudits, qui sont des\nmodèles de style.\nCe grand savant était un homme simple et bon, qui vivait en dehors de toutes les cote-\nries, dédaigneux de toute réclame, méprisant fièrement le succès bruyant et facile. Il avait le\njuste sentiment de la grande œuvre qu'il élevait ; mais nul n'était plus empressé à mettre\nmodestement sa science au service de toute cause utile. La Schola Cantorum et VEcole des HauUi\nEtudes Sociales savent tout ce qu'elles lui doivent.\nC'est un profond chagrin pour moi d'avoir à dire adieu à celui qui fut notre fidèle com-\npagnon de travaux, le collègue le plus dévoué ! Son souvenir ne s'effacera pas, non seulement\nde la pensée de ceux qui l'ont connu, mais de cette science musicale à laquelle il avait voue\nsa vie. Son nom reste attaché à l'histoire de ce beau moyen- âge français qu'il aimait. Heureux,\nmalgré tout le tragique d'une mort si soudaine et si prématurée, heureux ceux qui, comme\nlui, s'endorment après avoir bien travaillé ! Le champ qu'ils ont labouré se couvrira de mois-\nsons, qui parleront d'eux longtemps encore après qu'ils ne seront plus là pour les voir.\nLa funèbre cérémonie à laquelle nous venions d'assister laissera dans\nnos mémoires le souvenir d'un bien douloureux événement."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.59", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 2466, "texte": "Pierre Aubry était né à Paris le 14 février 1874. Jeune, il avait\nperdu son père et sa mère à quelques jours de distance, et avait vu\ns'apesantir sur lui la gravité de la vie. Ses études, achevées brillamment\nau Collège Stanislas, le guidaient naturellement vers les lettres. Quelques\npoésies, publiées en 1892, annonçaient déjà chez lui le goût des arts.\nCette union féconde d'un tempérament studieux et du souci des formes\nparfaites décidèrent de la carrière du jeune bachelier, bientôt licencié\nès-lettres (1894).\nVers cette époque, se formait autour de Paul Desjardin\nl'Action sorte d'entente idéale pour le devoir présent, qui séduisit\nun grand nombre d'entre nous. Aubry s'intéressa aux tendances gene-\nreuses de ce groupe et lui apporta sa propre contribution sous la forme\nd'un Recueil des chants héroïques de l préfacé par Gaston\nParis (1896). Dès ce premier ouvrage la musique et la paléographie se\ntrouvaient réunies.\nAlors commence pour Aubry une période d'activité et de recheiches\nappliquées à l'universalité des connaissances humaines. En 1896 il passe sa\nlicence en droit ; il sort diplôme de 1 Ecole des Chartes, a la suite d une\nthèse retentissante sur la Philologie musicale des 1 rouveres. En 1898-1899\nil professe à l'lnstitut Catholique de Paris un cours de musicologie\nmédiévale. En 1898 il entre à l'Ecole des Langues Orientales et api es\navoir obtenu, en 1900, son diplôme d'armenien, il entrepiend en 1901\nune mission officielle d'études musicales au Xurkestan. Et cette simul-\ntanéité ne lui suffit pas. Partout il se prodigue, cherchant a eveiller, non\nseulement en lui-même, mais chez les plus indifférents, le sens de cette\nunion de la musique et de l'histoire documentaire, s efforçant, pai de\nmultiples conférences, toujours désintéressées, de rétablir 1 alliance entie\nl'art et l'érudition, dont il apercevait à travers le moyen âge les résultats\nféconds.\nAubry était venu à la Société Internationale de musique en 1904\ns'était montré collègue essentiellement dévoué. En 19°9 avait affionte\nles fatigues du Congrès de Vienne, et cette annee même il s était fait un\nplaisir de prendre part au Congrès de Londres de 191 1. Lorsqu une\ncommission de réédition des textes théoriques musicaux du moyen âge\n[Corpus Scriptorum de musica)s'était formée parmi nous, Aubry avait tout\nnaturellement été désigné par la musicologie internationale, pour repré-\nsenter la France dans cette compagnie. Je fus charge par lui de repie-"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.60", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2521, "texte": "senter ses vues, à la séance de la commission qui se tint à Munich ç-\nseptembre dernier et dans laquelle les savants, venus de tous les pa\\\nd'Europe manifestèrent par une touchante sympathie, leurs sentiments\";\nl'égard de leur malheureux collègue.\nOn ne saurait en vérité établir de périodes dans une vie si courte F\npoui tant si remplie. Aubry, maître de sa destinée avait embrassé 1,\nmusicologie d'une vue large et qu'aucun obstacle n'arrêtait. Les charte\net leur paléographie lui étaient cheres et avaient été son premier souci\nLe moyen âge était reste son fait. Il en avait fait le tour avec méthode e\npatience. Tantôt allant aux origines lointaines du chant liturgique, et de\nneumes grégoriens, tantôt mettant au jour les plus belles manifestation\nde Pars mensurabilis et du motet parisien du XII-XIIP siècle. Ou hier\nprovoquant les amateurs du XIVe par ses facsimilés du Roman de Fau%\nOu encore, s attaquant aux chansonniers, trouvères et troubadours, e:\nformant pour se documenter, une admirable bibliothèque de folk-lon\neuropéen. C'étaient ses travaux d'approche, qu'il complétait et vérifiai:\npar des monographies et des livres, par des conférences et des article:\nsavants, parfois accompagnes d'une brusque échappée sur les temi\nmodernes et d'une incursion vers le XVIIIe de vers les Idk\nde Pie X,vers les Ombres en couleurs de Dorival et le livret d\nIl avait rêvé d'un Grétry pour la collection Alcan, et préparait une\niconographie de la harpe en collaboration avec Gustave Lyon î Tout était\npour lui 1 occasion d agrandir le cercle de ses préoccupations musico-\nlogiques.\nCe caractère d universalité, au milieu de la spécialisation, cette ten-\ndance au '< Nihil a me alienum puto \", ce souci de rechercher le beat\ndans k vérité du document médiéval donneront en France à Aubry la\nplace d un novateur. Aubry avait sur ses devanciers les Fétis, les Cousse-\nmaker, les Lavoix cette supériorité d'être un paléographe de goût et dt\nmétier tout à la fois. Aubry était suffisamment artiste pour sentir tout\nattrait de la musique, mais suffisamment historien pour échapper à li\ntyrannie de son propre goût. C'est là un équilibre rare, un exemplt\nqui ne saurait trop être proposé à tous ceux qui s'engageront dans II\nvoie de la musicologie. Le chemin est ouvert et jalonné. Se trouvera-t-ii\nparmi nos jeunes, des Chai tes ou de la Sorbonne, un audacieux et an\npatient qui tentera l'aventure que notre collègue n'a pu mener à bien, J\nqui, résistant aux sollicitations du XVII' ou XVIII' siècle, dirigera se"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.61", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 142, "texte": "1 regards vers Guillaume de Machau, Philippe de Vitry ou Perrotin ?\nNmis le souhaitons vivement\n\nJ. Ecorcheville."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c056", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c056", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 61, "image_fin": 64, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.10", "titre_corps": "BIBLIOGRAPHIE DES OUVRAGES DE PIERRE AUBRY", "titre_sommaire": "BIBLIOGRAPHIE DES OUVRAGES DE PIERRE AUBRY", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.61", "debut_caractere": 144, "fin_caractere_exclue": 3066, "texte": "BIBLIOGRAPHIE DES OUVRAGES DE PIERRE AUBRY\nA propos de dictée musicale. Revue musicale,\n1906, pp. 321\"329> mus-\nTirage à part. Paris, édit. de la Schola,\n1906, gr. in-B°, 11 p.\nLes abus de la musique d'église au XIIe et au\nXIIIe siècle. Trib. de St. Gervais, 1903, p. 57-\n62.\nAu Turkestan, notes sur quelques habitudes\nmusicales chez les Tadjiks et chez les Sartes.\nM. Musical, 15 juin 1905.\nTirage à part. Paris, édit- du Mercure\nMusical, 1905, gr. in-B°, 14 p.\n\"Les Caractères de la danse\", histoire d'un\ndivertissement, pendant la première moitié du\nXVIIIe siècle. Avec un portrait de Mlle Prévost\net une réalisation de la partition originale de\nJ.-F. Rebel (en collaboration avec Emile Dacier).\nParis, H. Champion, 1905, gr. in-B°, 24 p.\nCent motets du XIIIe siècle, publiés d'après le\nms. Ed. IV, 6, de Bamberg. Paris, Société Int.\nde musique, 1908, 3 vol. in-40. I. Reproduction\nphototypique du ms. 11. Transcription en notation\nmoderne et mise en partition. 111. Etudes et com-\nmentaires.\nLa chanson de \" Bele Aelis Trib. de\nSt. Gervais, p. 151-156, mus.\nRepublié dans : la Chanson de \" Bele Aelis\npar le trouvère Baud de La Quarrière (en collabo-\nration avec R. Mayer et J. Bédier). Paris,\nPicard et fils, 1904, gr. in-B°.\nLa chanson populaire dans les textes musicaux\ndu moyen âge. Revue musicale, 1904, pp. 594\"\n604, mus.\nTirage à part. Paris, H. Champion, I9°s>\ngr. in-B°, 11 p.\nLe Chansonnier de l'Arsenal. Trouvères du\nXIKXIIIe siècle. Reproduction phototypique du\nms. 5198 de la Bibliothèque de l'Arsenal (en col-\nlaboration avec A. Jeanroy).— Paris, P. Geuthner,\n1910, gr. in-40, facsimilés. (Livraisons 1 à 5).\nLes chansons de croisade (en collaboration avec\nJoseph Bédier). Paris, H. Champion, 1909, in-B°,\nxxxvi-318 p., musique.\nLe chant populaire géorgien. Revue musicale,\nI9°s> PP- 157-161, mus.\nCharles Bordes et la renaissance des études\nmusicologiques en France. Trib. de St. Gervais,\n1909 (n° Charles Bordes, p. 16-18).\nComment fut perdu et retrouvé le saint clou de\nl'abbaye de Saint-Denys, 1233. Revue Mabillon,\n1906, pp. 185-192, 286-300 ; 1907, pp. 43-50,\n147-182.\nCOMPTES-RENDUS ;\nL'ancienne maîtrise de Notre-Dame de\nChartres, par M. l'abbé Clerval.— Trib. de St. Ger-\nvais, 1899, p. 95-96.\nA propos du Congrès Musical de Strassbourg.\nCommunication sur l'art mesuré et le rythme\ngrégorien faite au Congrès et insérée en réponse à\nun article du P. Dechevrens intitulé : \" Un Inci-\ndent du Congrès de Strassbourg, lettre à S. G.\nMgr Foucault \", paru dans Etudes du 5 octobre\n1905 ; et accompagnée d'une réponse de M. A.\nGastoué. Etudes, 1906, t. CVI, p, 85-98.\nAristoxène de Tarente et la musique de\nl'antiquité, par L. Laloy ; Histoire du chant\nliturgique à Paris, par A. Gastoué. Trib. de Saint\nGervais, 1904, p. 387-388.\nCenni sull' origine e sul progresso délia\nmusica liturgica, da F. Consolo ; l'Art dit grégo-\nrien d'après la notation neumatique, par G. Hou-\ndard. Moyen âge, p. 265-272."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.62", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3680, "texte": "Chants et Chansons du Nivernais par A. Mil-\nlien. —S. 1. M., 15 août, 1910.\nLe congrès musical de Clermont.\nmusical, ler juillet 1905.\nUn compte-rendu avant la lettre (l'Anti-\nphonaire de Hakter). Trib. de St. Gervais, 1900»\np. 50.\nConcert Zielinska. 1908, p. 805.\nCours théorique et pratique de plain-chant\nromain grégorien, par A. Gastoué. Revue mu-\nsicale, 1904, p. 2174.\nL'éducation musicale, par A, Lavignac.\nTrib. de St. Gerv., 1903, p. 79.\nL'introduction à la paléographie musicale\nbyzantine de M. A. Gastoué.\nvais, 1908, p. 191-192.\nE.Lemaître et H.Clouzot. 30 Noëls poitevins\ndu 15e au 18e siècle. —5. I. M., 1908, p. 103 1.\nLes maîtres violonistes de l'école française\ndu XVIIIe siècle : J.-M. Leclair, par A. Guilmant\net J. Debroux. Revue I9°s> PP- 291_\n293, mus.\nNotes bibliographiques (Le Rythme du\nchant dit grégorien, par A. Houdard ; Etudes\nde science musicale, par le P. A. Dechevrens).\nTrib. de St. Gervais, 1899, p. 127.\nPaléographie musicale. Les principaux manus-\ncrits du chant grégorien, ambrosien, mozarabe,\ngallican, publiés par les Bénédictins de Solesmes.\nBibliothèque deT Ecole des 1 895? PP- 691-\n696.\nRépertoire de musique arabe et maure...\nsous la direction de Rouanet. —S. 15 juin\n1910.\nLe rythme du chant dit grégorien, par\nA. Houdard. Trib. de St. Gervais, 1898, p. 45\"\"\n48.\nLe rythme des mélodies grégoriennes par J.\nArtigarum. Bibl. éc. Ch 1900, 55 7.\nVan Duyse. Het nederlandsche Lied.\nS. I. M., 1908, p. 1029.\nLes vraies mélodies grégoriennes, par le P. A.\nDechevrens ; Die Jenaer Liederhandschrift, her-\nausgegeben von A. Holz, Fr. Saran und E. Ber-\nnoulli. Trib.de St. Gervaisp. 399-400, 1902.\nLa danse au moyen âge. Revue music4\n1909, pp. 109 et suiv.\nEn marge de la théorie musicale. Un théorèm,\ninédit relatif à la transposition. Paris, édit. de\nla Schola Gantorum, 1907, gr. in-B°, 10 p.\nRevue musicale. Janvier 1907.\nEsquisse d'une bibliographie de la chanson\nlaire hors de France. Revue musicale, iço;\npp. 131-142.\nTir. à part sous le titre : Esquisse d'une\nbibliographie de la chanson populaire en Europe,\nParis, A. Picard et fils, 1905, gr. in-B°, 37\n(Essais de musicologie comparée).\nEssais de musicologie comparée. Voir : Esquisse\nd'une bibliographie de la chanson populaire ; le\nrythme tonique dans la poésie lithurgique.\nEstampies et danses royales, les plus anciens\ntextes de la musique instrumentale du moyen âge,\nParis, Fischbacher, 1907, gr. in-B°, 35 p., mus,\nEtude lexicographique sur le mot \" Schola \",|\npropos de la \" Schola Cantorum Trib. h\nSt. Gervais, 1900, pp. 171-175.\nLes fêtes musicales d'Avignon et l'œuvre 4\nSaint-Gervais (3, 4 et 5 août 1899). Pan.\nimpr. de L. de Soye et fils, 1899, in-B°. (Extrait à\nCorrespondant).\nHuit chants héroïques de l'ancienne France,\nXIIe-XVIIIe siècles, poèmes et musique. Préface à\nM. Gaston Paris. Paris, Union pour l'ach\nmorale, 1896, in-40, 19 p. (Ed. sans la musique)\n1896, 2e édit. Ibid, in-40, 18-25 p. (Avec!\nmusique).\nL'idée religieuse dans la poésie lyrique et II\nmusicologie religieuse française au moyen âge, m\nl'épître farcie de Saint-Etienne. Tribune i\nSt. Gervais, 1897, pp. 37~4°> 52-55, 84-88;\n1898, pp. 150-154, 202-207, 248-255 et 28É\n288 ; mus.\nRepublié sous le titre : L'ldée religieuse\ndans la poésie lyrique et la musique française ac\nmoyen âge. Les épîtres farcies. Paris, édit, dt\nla Schola Gantorum, 1897, gr. in-B°, 38 p., mus,\nLes idées de S. S. Pie X sur le chant de l'Eglise,\nParis, impr. de L. de Soye et fils, 1904, gr. in-8;\n28 p. (Extr. du Correspondant, 1904).\nL'inspiration religieuse dans la poésie musical;\nen France, du moyen âge à la Révolution (confé-\nrence du 8 décembre 1898).— Trib. de St. Gerùi\n1899, pp. 16-20, 40-47, mus."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.63", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 4007, "texte": ". Tirage à part : Paris, édit. de la Schola Can-\ntorum, 1899, gr. in-B°, 15 p.\nIntroduction à : Chants populaires arméniens de\nG. Boyadjian. Paris, E. Demets, 1904, in-fol.\nIter Hispanicum. Notices et extraits de\nmanuscrits de musique conservés dans les bibliothè-\nques d'Espagne ; Recueil de la Société internationale\nde musique, VIII, 3-4 et IX, 1-2.\nTirage à part: Paris, P. Geuthner, 1908,\nin-40, 84 p., mus. et fascimilés.\nJean-Ferry Rebel, (1664 ?-1747). Revue\nmusicale, 1905, pp. 301-307, mus. Cette notice a\nété ensuite intercalée dans \" les Caractères de la\ndanse\", de J.-F. Rebel (en collaboration avec\nEmile Dacier) ; voir plus haut.\nLes jongleurs dans l'histoire : Saint-Julien des\nMénétriers. Trib. de St. Gervais, 1900, p. 322-\n327. 353-302-\nLais et descorts français du XIIIe siècle (en\ncollaboration avec L. Jeanroy et A. Brandin).\nParis, Welter, 1901, in-fol.\nLa légende dorée du jongleur. Revue musi-\ncale, 1901, pp. 154-159, 199-202.\nLe \" Letabundus \" et les chansons de Noël au\nXIIIe siècle. Tribune de St. Gervais, 1898,\npp. 276-286, mus.\nLettre ouverte à M. Maurice Emmanuel sur la\nrythmique musicale des trouvères. Revue musi-\ncale, mai 1910, p. 261-270.\nMélanges de musicologie critique. Voir : la\nMusicologie médiévale, histoire et méthodes ;\nles plus anciens monuments de la musique française.\nLa musique de danse au moyen âge : une\n\" estampida \" de Rambaut de Vaqueiras.\nRevue musicale, 1904, pp. 305, 311, mus.\nIl existe un tirage à part :\nLa musique et les musiciens d'église en Nor-\nmandie au XIIIe siècle, d'après le \" Journal des\nvisites pastorales \" d'Odon Rigaud. Mercure\nMusical, avril à juillet 1906.\nIl existe un tirage à part.\nLa musicologie médiévale, histoire et méthodes ;\ncours professé à l'lnstitut catholique de Paris,\n1898-1899... —Paris, H. Welter, 1900, in-fol.\n(Mélanges de musicologie critique).\nMusique du moyen âge : l'œuvre mélodique\ndes troubadours et des trouvères, examen critique\ndu système de M. Hugo Riemann. Revue musi-\ncale, 1907, pp. 317-332, 347-360, 389-395, mus.\net facsimilés.\nLes notations mesurées du XIIe au XVIe siècle,\nleçon d'ouverture du cours de musicologie sacrée\nà l'lnstitut catholique de Paris. Trib. de St.\nGervais, 1900, pp. 120-126, 153-158.\nL'origine des proses. Revue musicale, 1902,\npp. 518-521.\nLes papiers de Th. Nisard. Tribune de\nSt. Gervais, 1899, PP- 262-270.\nPhilologie musicale des trouvères. (Positions de\nthèses de l'Ecole des Chartes). Toulouse, E. Privât,\n1898, in-B°.\nLes plus anciens monuments de la musique\nfrançaise. Paris, H. Welter, 1905, gr. in-40,\n24 p. et facsimilés. (Mélanges de musicologie cri-\ntique).\nLes plus anciens textes de musique instrumen-\ntale. Mercure musical, 15 septembre, 1906.\nPoésies. Paris, 1892, in-B°.\nLes proses. Tribune de St. Gervais, 1899,\npp- 334-343 ; pp- 9'12' 35-38, 106-no,\n218-224 ; 1901, pp. 44-49, mus.\nLes proses d'Adam de Saint-Victor (en collabo-\nration avec l'abbé Misset). Paris, H. Welter,\n1901.\nQuatre poésies de Marcabru, troubadour gascon\ndu XIIe siècle (texte, musique et traduction).\nTrib. de St. Gervais, 1904, pp. 107-118, mus.\nIl existe un tirage à part.\nLes raisons historiques du rythme oratoire.\nTrib. de St. Gervais, 1900, pp. 283-290.\nRecherches sur les \" ténors \" français dans les\nmotets du XIIIe siècle. Paris, H. Champion,\n1907, gr. in-B°, 40 p., mus.).\nRecherches sur les \" ténors \" latins dans les\nmotets du XIIIe siècle, d'après le manuscrit de\nMontpellier. Trib. de St. Gervais, 1907, pp.\n145-151,169-179.\nTirage à part : Paris, H. Champion, 1907,\ngr. in-B°.\nRefrains et rondeaux du XIIIe siècle (Riemann-\nFestchrift). Leipzig, Breitkopf u. Hœrtel, 1909.\nLe rôle du chant liturgique et sa place dans la\ncivilisation générale du moyen-âge (conférence du\n23 décembre 1897).— Trib. de St. Gervais, 1898,\npp. 4-11, 31-38, 61-65, mus-\n— Tirage à part : Paris, éd. de la \" Scola can-\ntorum \" (s. d.), gr. in-B°.\nRoman de Fauvel, reproduction photographique\ndu ms. de la Bib. Nat. fr. 146. Paris, Geuthner,\n1907, in-fol."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.64", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3758, "texte": "Le Rythme tonique dans la poésie liturgique et\ndans le chant des églises chrétiennes au moyen âge.\nParis, H. Welter, 1903, gr. in-B°, 84 p. (Essais de\nmusicologie comparée.)\nLa Rythmique musicale des troubadours et des\ntrouvères. Revue musicale, I9°7> ju*n> juillet.\nTirage à part : Paris, H. Champion, 1907,\ngr. in-B°, 38 p., mus.\nLes Sources de l'oratorio au moyen-âge. Trib.\nde St. Gervais, 1899 (n° Perosi> P- mus.).\nSouvenirs de collège (Poésies). Paris. Impri-\nmerie des Apprentis orphelins, 1892, in-B°, 120 p.\nSouvenir d'une mission d'études musicales en\nArménie. Paris, Scola, 1902, in-B°.\nLe Système musical de l'Eglise arménienne.\nTrib. de St. Gervais, 1901, p. 325-332 ; 1902,\np. 23-38, 72-85, 110-113, 320-327, facsimilés ;\n19°3? P- 136-146 ; 287-288, mus.\nTrouvères et troubadours. Paris, F. Ale an,\n1909, in-16, 233 p. (Les Maîtres de la musique).\n2e édit., 1909, in-16.\nUn chant historique latin du 13e siècle: le\nSaint-Clou de Saint-Denys. Mercure musical\\\n15 octobre 1905.\nUn coin pittoresque de la vie artistique au\nXIIIe siècle. (Sur deux chansons de recueil Cangé)\nRevue musicale, 1904, pp. 484-494, mus.\nTirage à part : Paris, A. Picard et fils, 1504\ngr. in-B°.\nUn \" Explicit \" en musique du roman de\nFauvel. Mercure musical, 15 avril 1906.\nUn théorème inédit relatif à la transposition\nVoir : En marge de la théorie musicale.\nUne chanson provençale (?) à la Vierge, par A.\nJeanroy et P. Aubry. Annales du Midi, t. XII\njanvier 1900.\nUne grève de musiciens à Rome en Pan 312\navant Jésus-Christ. Revue musicale, 1903,\npp. 49-51.\nUne question de phonétique : l'accent secon-\ndaire posttonique. Trib. de St. Gervais, 1898,\npp. 107-110.\nVieilles chansons françaises du XIIIe siècle.\nTrib. de St. Gervais, 1906, pp. 196-220 ; 1907,\npp. 29-34, mus.\nZur modalen Interprétation der Melodien\nder Troubadours und Trouvères. Caecilia, sep-\ntembre 1907, p. 131-133.\nLes papiers de Pierre Aubry contiennent un certain nombre de\nmanuscrits. Nous citerons parmi eux :\nAllocution aux fêtes musicales d'Avignon, le\n3 août 1899.\nAurélien de Réomé, texte, traduction et notes\nen vue d'une édition de la Musica Disciplina.\nAvant-propos pour le recueil de chants popu-\nlaires arméniens de M. Eghiasarian.\nLa conception de la musique à travers les diverses\ncivilisations. Conférence à la Société des Etudes\nhistoriques, 1897.\nLa Condition juridique des musiciens au moyen\nâge. Ms. d'une thèse de doctorat en droit.\nHistoire de la musique instrumentale au XIIIe\nsiècle. Conférences faites en février 1908.\nXIVe siècle, en février 1909. XVe siècle, en\nfévrier 1910.\nL'ltalie et le chant liturgique. Conférence à la\nSociété des Etudes italiennes en 1898.\nLa lyrique française. Conférence à Toulouse, à la\nSociété archéologique du Midi de la France, en\nfévrier 1898.\nLa musique arménienne liturgique et populaire.\nConférence à la soirée d'art arménien organisée au\nprofit des orphelins d'Arménie, le 15 février 1903,\nLa naissance de l'idée de patrie et sa propaga-\ntion par les chansons populaires. Conférence faite\nà la Patrie française, le 22 janvier 1901.\nL'œuvre musicale des troubadours. Conférence 1\nl'Université nouvelle de Bruxelles, le 15 mars 1907.\nLe peuple arménien et son art musical. Con-\nférence chez Pleyel, le 2 juin 1899.\nLe plain chant et sa place dans la civilisation\nfrançaise du moyen âge. Conférence faite à la\nSchola, en décembre 1897.\nLa psalmodie. Conférence (?).\nLes réformes du chant liturgique. Conférence\nfaite à la Société des Etudes historiques en 1896.\nLe style farci dans la littérature, en Orient et en\nOccident. Conférence faite à la Société Biblio-\ngraphique et des publications populaires le ler dé-\ncembre 1898.\nUn chansonnier du 15e siècle. Conférence faite\nà la Société des Etudes historiques, le 22 mai 1902."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c057", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c057", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 65, "image_fin": 74, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.11", "titre_corps": "LES LIVRES", "titre_sommaire": "LES LIVRES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.65", "debut_caractere": 3, "fin_caractere_exclue": 2691, "texte": "GOEHLINGER (Franz August). Geschichte des Klavi-\nchords.(Basel, E. Birkhauser, in-8° de 132 pp.)\nCette brochure est une thèse de doctorat passée devant la\nFaculté des Lettres de l'Université de Bâle. Elle touche à un\nsujet qui n'avait été traité jusqu'ici que par Krebs dans les Vier-\nteljahrsschrift (1892) et qui est loin d'être épuisé. M. Goehlinger\napporte aux recherches de Krebs de nouvelles contributions, à\nsavoir : plusieurs textes du moyen âge, une étude sur le clavicorde\naux XVIIe et XVIIIe siècles, les descriptions très précises des\ninstruments qu'il a pu rencontrer dans les musées d'Europe, enfin\nune liste de tous les facteurs d'instruments à claviers du XVe au\nXIXe siècle, avec une notice sommaire pour chacun d'eux.\nC'est donc là un ouvrage extrêmement substanciel en son petit\nformat, et absolument indispensable à tous ceux qui veulent con-\nnaître les origines des instruments à claviers.\nLe clavicorde. comme on le sait ou comme on l'ignore, est\nun instrument dont les cordes sont frappées par un dispositif de\nmétal ou de plumes. En cela il diffère du clavecin dont les cordes\nsont pincées et en cela aussi il peut être considéré comme une\nsolution primitive et imparfaite du problème résolu de nos jours\npar le piano. On n'est guère fixé sur l'origine de cet instrument\net sur la valeur des mots qui le désignent au moyen âge. Vers 1150 dans le Roman de\nBrut on trouve déjà u psaltèrios et monacordes \". Au XIVe siècle, on voit le roi Jean I d'Aragon\ndemander un \" exaquir\" (échiquier) qu'il nomme u isturment semblant qui sona ah\ncordis\". (1388) Dans l'ouvrage d'Eberhardus Cersne de Minden \" Der Minne Regel \" rédigées\n1404, l'instrument et sa nomenclature semblent s'être précisés et on trouve côte à côte :\n\" monocor dium, clavicordium, clavicymbalum Tout cela marque une certaine hésitation, que vient\nconfirmer une document que j'ai en ce moment sous les yeux. C'est une quittance du 19\ndécembre 1447 de 11 livres tournois, donnée par Jean le Flament, trésorier général du\nComte à \" Lorens Vorganiste pour ung instrument a jouer nomme ung clavicembale...\"\nOr, on voit fort bien sur le manuscrit que les mots ung clavicembale, laissés primitivement en\nblanc, ont été ajoutés ensuite d'une autre encre.\nA ces doutes des contemporains, joignez le manque de documents iconographiques pour\nles instruments à claviers jusqu'au XVIIe siècle, et vous verrez combien la question du\nclavicorde et de ses congénères est difficile à éclaircir. M. Goehlinger a cependant contribué\npour sa part à la mettre au point. Il faut lui en savoir un véritable gré.\nMATTHESON. Grundlage elner Ehrenpforte... réédition par Max Schneider (Berlin\nLiepmannsshon 1910 in-40 de 340 pp.)"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.66", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3755, "texte": "S'il est parmi les musiciens un être original et captivant c'est bien ce brave Mattheson\nl'âme de la musique moderne dans la première moitié du XVIIIe siècle. Faire revivre la\nfigure de cet homme endiablé, qui a remué l'art de son temps, serait une œuvre infiniment\nagréable et utile. Et je m'étonne un peu que M. Schneider ne l'ait pas tentée dans une préface de\ncette réédition. La Grundlage de Mattheson est l'ancêtre du Dictionnaire biographique de\nRiemann. Elle parut en 1740, et contient le curriculutn vitae> comme on disait alors, d'un\ngrand nombre de musiciens contemporains. Certains ont envoyé eux-mêmes leur biographie,\nPour d'autres Matheson s'est servi de ce qu'il pouvait obtenir. La France lui est connue\nsurtout par l'Histoire de la Musique de Bonnet. La réédition de Schneider contient, outre les\ntables, un appendice où se trouvent des notes rédigées par Mattheson en vue d'une seconde\nédition, qui ne parut pas. L'ouvrage est disposé de telle manière que les pages correspondent\nexactement avec celles de l'édition de 1740, ce qui est précieux pour les références. Enfin\nM. Schneider a placé, en marge, des renvois qui nous indiquent les ouvrages modernes, où les\nallégations de Mattheson ont été contrôlées par l'érudition. Nous pouvons ainsi comparer\nl'historien de 1740 à l'historien de 1910. Et dire qu'un jour viendra où nos plus volumineux\nouvrages paraîtront eux-mêmes sous cette forme d'une exhumation archéologique !\nROUCHE (Jacques). L'Art théâtral (Paris E. Cornély et C° 1910 in-8'\nde 82 pp., 5 frs.)\nDans ce luxueux ouvrage M. Rouché résume l'état présent d'une question passionnante:\nl'art de la décoration au théâtre. Il nous montre ce qu'a fait l'Allemagne, ce qu'a produit la\nRussie, quelles sont les idées de M. E. G. Craig en Angleterre et de M. Appia en Suisse, et\nenfin les procédés de M. Fortuny, et Kemendy. Ce livre est comme une préface et presque\nun manifeste qui précèdent la campagne artistique menée par M. Rouché au Théâtre des Jrts,\nIl faut espérer que cette propagande en faveur d'un renouveau décoratif au théâtre aura ses\nconséquences hors du théâtre lui-même. Je ne serais pas éloigné de croire et je souhaite\nvivement que M. Rouché soit le sauveur que nous attendons tous et qui nous débarassera des\ntrois Louis perpétuellement imités. Puissent, grâce à sa belle audace, les Arts Décoratifs\nFrançais se libérer des marchands de bric à brac !\nHEEGER (Dr. Georg) et WUST (Wilhelm).\n(Kaiserlautern, H. Kayser. 2 vol. in-8° de 300 pp.)\nCes deux volumes, patiemment rédigés, accroissent encore le patrimoine du folklore musical\nallemand. Cette fois, il s'agit du Palatinat, un des coins de l'Allemagne où l'on chante le plus,\nM. le Dr. Heeger avait surtout entre les mains les paroles de ces chansons, et il hésitait à les\npublier, lorsqu'il eut le bonheur de rencontrer un précieux collaborateur en M. Wust,\nStrafantaltslehrer à Kaiserlautern. L'ouvrage put alors voir le jour sous cette forme imposante,\nLes mélodies sont publiées ici de la façon suivante : d'abord la musique et ses paroles, puis les\ncouplets, puis l'indication des sources, enfin les variantes et le commentaire s'il y a lieu. Dans\nces 450 chansons populaires la construction est ordinairement moderne, avec une prédilection\npour les mouvements de septième. La mesure ne m'a pas paru aussi libre que M. Wust\nl'annonce, sauf quelques exemples où les rythmes à deux temps se croisent avec les rythmes à\ntrois temps.\nKRETZSCHMAR (Hermann). Gesammeîte Aufsaetze ueber Muù\\. réunis par le\nDr A. Heuss (Lpz. F. W. Grunow, in 8° de 580 pp.; Mk 7,50).\nIl n'est personne qui ne sache que M. le professeur et Conseiller H. Kretzschmar,\nprofesseur à l'Université de Berlin, successeur de Joachim à la Hochschule, directeur de l'ln-"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.67", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 10, "texte": "LES LIVRES"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.67", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3741, "texte": "stitut de Musique religieuse au même lieu, et ancien président de la Société Internationale de\nMusique est une des personnalités les plus en vue de la musicologie. Or, et ceci est piquant, le\nlivre dont il s'agit ici, appartient plutôt au journalisme et nous montre M. Kretzschmar sous\nun jour où il n'est pas connu en France. Ces Aufsaetze sont les chroniques parues dans le\nGrenzbote de 1880 à 1906. Ils portent un peu sur tout ; ils touchent à l'histoire avec les\n\"Journal d'un anglais en France au XVIIÎme à la politique avec les\nBismarck,\" à la nouvelle avec \" Frau Potiphar.\"Mais leur véritable centre est musical, et ici\nnous assistons au spectacle, encore si rare d'un critique, qui sait être un historien. Le chapitre\nsur Brahms, sur le Lied allemand depuis Wagner (1898) sur le Lied allemand depuis Schumann\n(1880) sont de véritables études. Les comptes-rendus des représentations wagnériennes à\nLeipzig en 1903 et 1904 se tiennent au contraire dans le ton de la chronique. Une remarque\nà faire : lorsque M. Kretzschmar écrit en 1882 son étude sur la musique de clavier depuis la\nmort de Schumann il ne trouve à citer en France que quatre noms: Saint-Saëns, Franck, Alkan\net Argenton. En somme, un livre plein d'idées, et que notre collègue le Dr Heuss a eu bien\nraison de ne pas laisser ignoré dans les colonnes du Grenzbote.\nBURKERT (Otto). Fuehrer durch di\nbearheitet.(Lpz. Leuckart 1909 in 120 de 388 pp. Mk. 3.)\nTrès bonne bibliographie dont tout organiste devrait se servir pour s'orienter dans la\nlittérature de son instrument. Ce répertoire contient la liste des méthodes, des exercices et des\npièces liturgiques. Puis les sonates, préludes variations et pièces diverses. Enfin les œuvres à 4\nmains, celles à lire à vue, celles avec instruments ; les transcriptions, et les accompagnements\nde la voix. Une dernière partie comprend les livres, les revues et les périodiques qui s'occupent\nde l'orgue. Une table termine le tout.\nNEF (Karl). Die Musik an der Universitaet (Tirage à part de la Festschrift zur\nFeier des 450 jâhrigen Bestehens der Universitaet.)\nDans les 34 pages de cet in 40 notre collègue M. Nef donne une idée très nette de la vie\nmusicale à Baie depuis le milieu du XVm® siècle. Sait-on qu'en 1465 il y avait déjà un titu-\nlaire pour l'enseignement de la musique à l'Université de Bâle ? Nous possédons dans le\ntMusice plane de Keinspeck (1496) et dans le Clarissima Interpretatio de Prasperg (1501) les\npreuves et les exemples de cet enseignement qui visait surtout la musique d'église. Une figure\nintéressante parmi les musiciens bâlois, est celle de Samuel Marschal, né à Tournai vers 1554\net mort à Bâle en 1640. On devrait bien un jour inspecter les œuvres et les mss. laissés par\ncet organiste de mérite, l'un des plus éminents représentants de l'école fleurie de Flandres. La\nbrochure de Nef se termine par quelques transcriptions de musique de luth, malheureusement\nréalisées dans cette manière fractionnée que je n'ai jamais pu trouver judicieuse. J. E.\nKLOSS (Erich). Richard Wagner ueber die {Meistersinger. (Lpz. Breitkopf in 120 de\n86 pp.; Mk. 1,50).\nC'est une ingénieuse idée d'avoir réuni en une brochure toutes les opinions de Wagner\nlui-même sur ses propres Meistersinger. On voit ainsi comment l'œuvre s'est développée dans\nl'esprit du maître et comment il en concevait l'exécution.\nJOHN (E. H. H.). V olkslieder und Volkstuemliche Lied\n(Annaberg R. Liesche 1909 in 8° de 240 pp.; Mk. 4,80).\nM. John, Seminaroberlehrerà Annaberg dans la Saxe montagneuse, est un folkloriste avisé.\nIl a voulu compléter l'œuvre entreprise et déjà publiée par un apport musical fort remarquable,\net qui est le fruit de dix années de recherches. Les amateurs de chansons populaires trouveront"}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.68", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4007, "texte": "dans ce volume une intéressante contribution. Il n'est que temps de noter ces mélodies qu\ns'en vont, ou plutôt qui sont remplacées par un nouvel état de la musique européenne, qU!\ndeviendra plus tard objet d'étude à son tour.\nVARAVILLE (Jules de). La jeunesse de Mozart (Vichy, Vexenat in 8° de 24 pp.)\nPetite brochure qui résume la vie de Mozart et signale parmi les portraits une toile\njusqu'ici inconnue de 1787.\nWUSTEMANN (Rudolf.)— Musikgeshich Band I (Lpz. Teubner 1909 in-11\nde XXVI 506 pp.) *\nCe volume, dont le compte rendu s'est fait bien longtemps attendre, est le premier des\ntrois tomes d'une histoire de la musique à Leipzig, conçue et rédigée à l'occasion du cinquème\ncentenaire célébré par l'illustre Université de cette ville saxone. Il traite des origines et s'arrête\nau milieu du XVIIe siècle. C'est un monument consciencieux et considérable d'une belle\nérudition, et dont l'apparition met au point un certain nombre de questions musicologiques.\nM. Wustemann nous montre d'abord la vie musicale de Leipzig au moyen âge, avec ses\nclercs, ses Minnesaenger, et la fondation (1254) de la célèbre Thomasschule. C'est l'habituel\nspectacle de la musique religieuse, peu à peu envahie par la musique profane, avec laquelle elle\nse rencontre aux fêtes et aux Passions. En 1409 se crée l'Université et pendant le XVe siècle\nviennent, de toute l'Allemagne, des musiciens réaliser à Leipzig ce que nous appelons aujour-\nd'hui des tournées de concerts. La Ville organise elle-même ses Stadtpfeifter en 1479, et au\nXVIe siècle on se livre avec acharnement à toute sorte de musique, ainsi que le prouve un\ncertain nombre d'inventaires après décès, très judicieusement cités par M. W. Et voici Luther\navec ses chants qui enflamment l'Allemagne. Voici Ammerbach, le père de l'orgue, qui moder-\nnise à outrance les polyphonies qui lui tombent sous la main.\nUn second âge commence, celui du Barroque, de 1550 à 1650, qui va nous montrer\nSethe Calvisius (Kahlwitz,) H. Schein et les temps de la guerre suédoise. M. W. a successivement\nétudié les éléments de cette renaissance barroque, dans le public (Thomasschule, étudiants,\nbourgeois) et dans la musique (formes vocales, instrumentales, d'église ou de société.) Il nous\nmontre toute la grandeur de Calvisius, prédécesseur de Bach et vraiment digne de lui, homme\nd étonnante lecture, maître de ses idées et de ses vues pédagogiques, substituant Zarlino à\nAgricola, entreprenant méthodiquement une réforme moderniste de la musique et faisant de\nLeipzig une lumière musicale dont l'éclat n'est pas encore tout à fait disparu. Chemin faisant\nM. W. signale des sources inconnues et dont il tire un très bon parti, par exemple les tabla-\ntures de luth mss. et imprimées qui datent de la fin du XVIe et du XVIIe siècle, et qui montrent\n1 importance du luth dans l'histoire. 1 rès intéressantes aussi sont ses remarques sur les \" colora-\ntui en des organistes. Enfin les textes de musique abondent ici j le lecteur sait donc de quoi\non lui parle. Quelques illustrations, vieux bois dus à un certain Bretschneider du XVIIe siècle,\ndonnent à notre œil un point de repère dans ces descriptions.\nPeut-etre la méthode de ce livre déroutera-t-elle un peu le lecteur français, toujours si\ndifficile a contenter. Elle est, comme dans tous les ouvrages allemands, essentiellement analy-\ntique. Le livre s ouvre, se charge de faits, et se termine lorsque l'ordre de ces faits est épuisé.\nIci, nous aimons plus de synthèse, c est-a-dire nous demandons au document de se mettre un\npeu au service des idees générales. Je sais bien que ce goût de la littérature nous a souvent fait\ndu tort, en musique surtout. Mais il nous vaut, par contre, des qualités de composition, qui ne\nsont pas méprisables. Pour se dégager d un spectacle comme celui de la vie musicale de Leipzig\nà travers les siècles, il faut un effort d'attention et d'abstraction, dont l'auteur et le lecteur\nprennent chacun leur paît. Le tout est de savoir comment se répartira cet effort. Wustemann,"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.69", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3635, "texte": "comme tous ses concitoyens nous laisse la part belle, trop belle même. Le travail d'assimilation\nd'un livre pareil, est donc assez lourd pour le lecteur. Mais cette critique n'enlève rien au\nnoids de l'ouvrage ni à son utilité.\nJ. E.\nBERGER (Achille). Théorie scientifique du violon. (Paris, Desmets, 1910, in-8° de\n120 pages.)\nDe toutes les parties de la musique, la plus pauvre, la plus abandonnée est celle qui a\ntrait aux théories instrumentales. Voici, au sujet de la théorie du violon, un livre plein d'intérêt.\nL'auteur se place à un point de vue nouveau. Pour lui, le des principes d'une\ntechnique n'est définissable que si l'on assiste à la formation en quelque sorte naturelle de\nl'instrument et de la technique. Qu'est-ce, en effet, que jouer d'un instrument ? C'est utiliser\nde soi une certaine force. Qu'est-ce qui peut nous déterminer à choisir telle force plutôt que\ntelle autre ? C'est la démonstration que telle force satisfait le plus exactement possible aux lois\nqui régissent tel corps sonore. Mais ce corps sonore trouve-t-il en l'homme un serviteur\ndocile ? Non, les mouvements de l'homme sont limités, et le corps sonore, à son tour, doit se\nsoumettre. C'est de ces concessions réciproques, réglées, d'une part, par le besoin du plus\nsimple, de l'autre, par le désir de tel timbre, que l'instrument et la technique naissent et se\ndéveloppent. Cette méthode, on le voit, peut être féconde en résultats. Son application peut\nchanger l'aspect de l'enseignement technique en le faisant devenir rationnel d'empirique qu'il\nest actuellement, et explique d'une manière précise certains détails de la forme de l'instrument.\nC'est ce que fait M. Berger pour le violon, et cela avec beaucoup de simplicité et de talent.\nL. G.\nRADICIOTTI (G.) G. B. Pergolèse. (Rome, Ed. musica in-8° de 292 pp., Lire 10).\nAu deux centième anniversaire de G. B. Pergolèse la ville de Jesi vient d elever un\nmonument, (enfin !) à la mémoire de son plus illustre enfant. C est un monument aussi que\nl'étude qui vient de consacrer à son compatriote Monsieur Joseph Radiciotti. Pergolese, sa\nvie, son œuvre, son influence sur l'art : Tel est à la fois le titre et le plan de 1 ouvrage, dont\nchaque partie est traitée avec une érudition, une compétence, une conscience et si je puis\ndire une piété qui n'exclut cependant pas l'indépendance ni meme, parfois, la sévérité du\njugement. De nombreux exemples dans le texte, un certain nombre d illustrations\nphotogravées et de curieux dessins complètent admirablement 1 ouvrage qui constitue certaine-\nment une des monographies de musiciens les plus réussies qui ait paru dans ces dernieres\nannées où on en a tant publié.\nIl vient tard, mais il vient, le juste et complet hommage au souvenir de cet exttaordi-\nnaire adolescent qui, à 22 ans, inventa l'opéra buflfa de la Serva Padrona, comme d un œuf,\ntoutes les comédies musicales, (du Matriomonio, des Noces et du Barbier, jusqu a la Fille de\nMadame Angot, en passant par le Domino noir) sont sorties. Qui miné par ta phtisie,\npar la chute de son \" Olympiade \" chute rendue plus cruelle et plus sensible par 1\ndu succès précédant, mourut à vingt-cinq ans, en jetant le plus sublime cri, peut-etre, qui\njamais ait jailli de la rencontre de la jeunesse avec la m0rt..... ce sublime Stabat, qui, n en\ndéplaise à Berlioz, n'a pas volé sa réputation.... qui enchantait Rousseau, faisait pleurer des\npoètes allemands (Tieck) et enthousiasmait Wagner qui, seul peut-être, trouva dans Parsifac\ndes cris de douleur aussi intenses que cet étonnant \" Vidit Suum , ou lon entend vraiment\nle souffle de la mort passer à votre oreille.\nFLEDIRMAUS."}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.70", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3723, "texte": "JOSEPH HARDY. Rodolphe Kreutzer. Sa jeunesse a Versailles (1766-1789) avec un\nportrait inédit de Rodolphe Kreutzer et 3 fac-similés d'autographes. (Paris, Fischbacher, 1910,\ngr. in-8° de 70 pp.)\nM. Joseph Hardy, professeur de violon au Conservatoire de Versailles, a publié dans la\nRevue d'Histoire de Versailles une série d'articles sur le célèbre violoniste Rodolphe Kreutzer\nqui naquit dans cette ville le 15 novembre 1766. Ce sont ces articles qu'il rassemble aujour-\nd'hui en une élégante plaquette ornée d'un portrait inédit du musicien.\nL'ouvrage de M. Hardy n'est que la première partie d'une monographie que son auteur\ncompte consacrer à Kreutzer et qui comblera une lacune regrettable, car, à l'exception des\nnotices bien succintes et trop souvent erronées du Dictionnaire des {Musiciens de Choron et\nlayolle, de la Biographie SHichaud et de la Biographie universelle des Musiciens de Fétis, nous\nne possédons, jusqu'à présent, aucun travail d'ensemble sur le compositeur des fameuses Etudes,\nKreutzer était d'origine prussienne. Son père, Jean-Jacob, bourgeois de Breslau, vint à\nVersailles où il s'engagea, comme clarinettiste dans la musique du régiment des Gardes Suisses,\nM. Hardy nous conte, par le détail, la jeunesse laborieuse de Rodolphe Kreutzer à Versailles;\nil ne se borne pas à faire état de documents imprimés, tels que coupures des journaux de\nl'époque, relatant les succès du jeune virtuose du concert spirituel ; il met encore à contribu-\ntion le précieux état-civil de Versailles, les archives du Bailliage, de la Prévôté de l'Hôtel,\ncelles des notaires, enfin les collections particulières. C'est ainsi que, grâce aux papiers conservés\npar M. Trinquand, nous apprenons le prix qu'Antoine Stamitz recevait pour les leçons de\nviolon données à Kreutzer, et payées par le comte d'Artois. Ces leçons revenaient à 1 livre et\ndemie l'heure, ce qui n'est pas cher ; il est vrai que cela se passait en l'an de grâce 1778;\ndepuis, tout a singulièrement augmenté.\nAu reste, M. Hardy fournit d'intéressants renseignements sur Antoine Stamitz et sur la\nplupart des artistes de la fin du XVIIIe siècle ; il s'efforce, au prix de quelques digressions, de\nsituer son héros dans le milieu cosmopolite et remuant du concert spirituel, et silhouette\nquelques physionomies curieuses, comme celle du baron mélomane de Bagge.\nOuvrage très sérieusement documenté qui nous laisse dans l'impatience de lire la\nbiographie complète de Rodolphe Kreutzer.\nLIONEL DE LA LAURENCIE.\nCHARRIER (Pierre). Les droits du critique théâtral, littéraire, musical et artistique\nLeurs limites. (1 vol. in-120 Schleicher frères édit.)\nNos lois sur la propriété artistique sont si laconiques que l'on n'y trouve guère autre\nchose que l'affirmation d'un principe général, la reconnaissance des droits de l'artiste. C'est\ndonc dans la jurisprudence qu'il faut chercher la solution des questions infiniment variées qui\nse posent chaque jour en cette matière. M. Charrier a eu l'heureuse idée de réunir dans un\nouvrage savamment ordonné et très condensé les décisions relatives aux droits du critique. Le\nsujet est intéressant par lui-même, et aussi par les procès fameux qu'il évoque. Chacun lira ce\npetit livre qui, sans commentaires ni développements inutiles, nous présente, sous une forme\npratique, un ensemble d'utiles renseignements. L'avocat y trouvera facilement, classées avec\nméthode, les solutions de jurisprudence qui jusqu'ici étaient éparses dans les grands recueils;\nle critique y puisera de precieux enseignements qui le mettront en garde contre les accès\nd numeur méchante ; 1 amateur d'art lui devra de savoir apprécier comme il convient les\nquerelles si fréquentes entre l'Art et la Critique.\nGEORGES BAUDIN."}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.71", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3903, "texte": "TRAITÉ DES PRINCIPES DE LA MUSIQUE, (Paris, Hamelle, in-40.)\nDans un ouvrage qui traite des principes de la Musique il paraît difficile, et il peut être\ndangereux d'innover. Le livre que M. E. Stièvenard vient de publier, témoigne d'un très\nlouable effort, heureux parfois, vers l'agrandissement et la rénovation de certaines notions\nélémentaires. Le chapitre du Rythme, en particulier, rompt avec les vieilles habitudes. Il ne se\nconfond point avec celui de la mesure. L'auteur prend soin d'insister sur l'indépendance, trop\npeu proclamée jusqu'ici par les pédagogues, du rythme et de la mesure.\nOn peut 11e point partager toutes les idées de M. Stièvenard, sur l'anacrouse, entre autres,\nà laquelle il fait peut-être plus d'honneur qu'elle ne mérite; car elle n'est, le plus souvent,\nqu'une apparence. Mais, sans compter qu'il faut bien, en un traité élémentaire et pratique\nprésenter les choses en raccourci et avec une précision parfois un peu contrainte, il y a lieu de\nsavoir gré à l'auteur de celui-ci d'avoir démontré que les rythmes, à tout instant, enjambent les\nmesures, et d'avoir par là même indiqué que la barre, auxiliaire utile de la battue, ne doit pas\nimposer au lecteur, ni lui en imposer. Sans doute M. Stièvenard se croit obligé, afin de ne\npoint scandaliser les élèves, ni les maîtres surtout, d'accepter et de définir le \"temps fort; \" en\nrevanche il a le courage de montrer par de nombreux exemples, et bien choisis, que c'est là une\nsimple concession à des usages invétérés et que la définition reçoit à chaque page d une œuvre,\nqui n'est point musique de danse, les plus formels démentis. Il s'efforce d'introduire dans 1 exé-\ncution musicale le respect de la pensée rythmique, et il indique plusieurs moyens de rehausser\nles dessins formés par les durées et leurs groupements. En un livre de pédagogie cette pré-\noccupation est rare et mérite d'être signalée. Les élèves ne sont pas appelés, en général, a\nétudier les livres d'Hugo Riemann. Il est bon que les professeurs, en France, introduisent\npeu à peu les apprentis musiciens à la connaissance des faits qui contreviennent a la routine.\nDans le chapitre sur la Transposition, dans l'exposé consacré à la Voix humaine et au\nQuatuor Vocal, M. Stièvenard fait preuve du désir de donner à son lecteur, avec des notions\nprécises, la raison même des faits. L'étude de la tonalité a suggéré a 1 auteur plusieurs obser-\nvations relatives à la production du son et à la naissance des echelles, capables d eveiller la\ncuriosité des élèves et de les orienter vers l'Histoire de la Musique, complément nécessaire de\nla théorie.\nMAURICE EMMANUEL.\nM. P. BELAIEV ET SON ŒUVRE MUSICALE. (Brochure in-8° de 16 pp.\ns. 1. n. d.\nUn exemple qui devrait être proposé à tous nos éditeurs parisiens, et surtout, a ceux\nd'entre eux qui se trouvent à la tête d'une grande maison d édition et charge d un\nest celui de Belaïev de Saint-Pétersbourg. Né en 1836, et marchand de bois de son metier,\nBélaïev était passionné de cette musique italienne et allemande qui sévissait alors en Russie. Le\nbon hasard le mit en présence de Borodine vers 1880, et a partir de ce moment, il se trouva\nengagé dans le groupe des grands réformateurs de la musique russe. Pour soutenir ce mouvement,\nil fonda en 1885 une Maison d'Editions Musicales à Leipzig. Ce fut la première pierre d'un\nédifice qu'il complétera petit à petit par la création de Concerts, de soirees, de prix divers, et\nde gratifications de toute dature. En 1904* mourait, laissant un capital de 1.500.000 roubles\nàla disposition de ses éxécuteurs testamentaires, Rimski, Glazounov, & Liadov qui étaient\nchargés d'entretenir un certain nombre de fondations musicales (prix, concerts, concours &\nassistances aux compositeurs). Tous ces renseignements nous sont fournis par une petite brochure\nqui vient de paraître à la Maison Roder de Leipzig, et que nous ne saurions tiop signaler à"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.73", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3731, "texte": "l'attention de tous les amis de la musique. Ajoutons, que c'est notre Collègue M. Rouart, qui\nest à Paris dépositaire de ces éditions, et nous souhaitons vivement qu'il hérite du même esprit\nde générosité.\nCURZON (H. de). Meyerbeer.(Collection Laurens in 12°.)\nMeyerbeer est un problème. Quand on voit les divergences d'opinions dont sa musique a\nprovoqué l'explosion, on se prend à douter de la valeur de toute critique musicale. M. est et a\nété à la fois un dieu et un diable pour les amateurs, et aujourd'hui encore, malgré le recul, il\nprovoque d'invincibles antipathies à côté de très réels applaudissements. M. de Curzon a très\njustement senti la difficulté d'un pareil sujet, et s'en est tiré le plus habilement du monde en\nfaisant la part également belle aux adversaires et aux partisans du maître. Il a très justement\nmis en valeur les qualités d'adaptation de M., qui font de lui moins un artiste créateur, qu'un\nextraordinaire metteur en scène. La curiosité, l'assimilation, le perpétuel éveil d'une sensibilité\ninquiète, le génie de l'acclimatation, voilà les qualités de Giacomo, celles qui lui concilient\nl'admiration de l'abbé Vogler, celles qui le déterminent à s'enfermer pendant dix mois\naprès avoir entendu le pianiste Hummel, afin de shumeliser entièrement, celles qui le\nfont écrire d'ltalie \"il me semble être italien de naissance, \" celle qui nous le montrent compulsant\nles œuvres de tous les temps, et ne trouvant jamais les siennes assez complètes \"Meyerbeer fait\nce qu'il veut, \" écrivait Weber. Et c'est vrai, mais il ne sait pas exactement ce qu'il veut.\nIl veut tout ce qu'il lui serait possible de vouloir, s'il était à la fois Luther et Cimarosa, Lully\net Beethoven, et dans son œuvre voisinent le choral \" Ein'feste Burg \" à côté de la IXe\nsymphonie. Il est probable que c'est précisément cette mise au point des valeurs musicales de\ntous les temps, ce gigantesque kaleidoskope historico-dramatique, dont les auditeurs de 1850\nont apprécié le cosmopolitisme. Meyerbeer même, lorqu'il écrit pour lui, semble instinctivement\nn'écrire que pour le public ; et le public l'a récompensé de cette intuition. Jamais d ailleurs\npareilles ressources musicales n'avaient été mises au service de l'opéra. M. peut donc etre\nconsidéré comme un très grand homme, sans être pourtant un grand artiste. Notre collègue\nde Curzon a eu le courage de le dire, et d'appuyer ses opinions de témoignages intéressants\n(ceux de Weber en particulier). Il faut lui savoir gré de ce volume, clairement écrit, et judicieu-\nsement illustré.\nJ. E.\nTHIBAUT (P. J.) 'Panégyrique de r Immaculée dans les cha\nliturgie grecque.(ln-8° de 52 pages, 10 fr. Paris, A. Picard).\nCette publication, qui est la mise au point d'une étude présentée au \" Congres mariai\nde Rome par l'auteur, le P. Thibaut, des Augustins de l'Assomption, un des rarissimes musi-\ncologues byzantinisants, offre une mine assez abondante de mélodies traditionnelles de\nl'église grecque, rigoureusement transcrites par l'auteur sur les livres en usage. (Deux ou trois\nle sont toutefois d'après d'anciens manuscrits ; mais la lecture de ceux-ci est soumise a tant\nd'incertitudes, que le texte présenté ainsi doit être accepté sous toutes réserves).\nOn trouvera dans ce livre une bonne partie des troparia, kathismata et autres chants\nanalogues les plus populaires de l'art byzantin actuel, tel qu'il a été fixé depuis Pierre de\nPeloponnène et la réforme de Chrysanthe de Madyte,\nDans une trop brève introduction, le P. 1 hibaut fait remarquer qu en dépit des attaques\ndes grecs modernes contre la \" définition dogmatique \" de l'lmmaculée-Conception de la Su\nVierge, c'est-à-dire sa préservation, dès les premiers instants de son existence, de tout péché,"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.74", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2470, "texte": "cette croyance de l'église n'en est pas moins inscrite en toutes lettres dans les livres liturgiqU{,\ndont se servent, depuis une longue suite de siècles, les églises grecques, soit unies à Romt\nsoit séparées. (Cf. également p. 47.).\nLe P. Thibaut, à l'appui de ce fait, a extrait, des divers offices liturgiques grecs, une\nsoixantaine de chants à l'lmmaculée, qui forment un très intéressant ensemble. Tous évidem-\nment, ne sont pas captivants, mais il en est de très beaux et de charmants, tel le petit joyau\ndu Trçv wêato TÏ)TCL(p. 20). Chaque chant, transcrit en notation moderne, est accompagné '\nde sa traduction française.\nJ'aurais aimé que paroles et chants portent l'indication de leurs origines. Telle œuvre de\nSaint Jean Damascène par exemple, passe ainsi inaperçue; et ceux qui n'ont pas l'habitude de\nla liturgie byzantine ne sauront distinguer les ades L'ensemble n'en demeure\npas moins d'un intérêt certain : en utilisant ce livre, on pensera que le rythme de ces pièces\ndoit être très souple dans l'exécution, et qu'il ne faut pas trop s'attacher aux passages\nornementés, qui varient d'une édition à l'autre.\nI\n\nLIVRES REÇUS\n- NOUVELLES CHANSONS POUR LES JEUNES FILLES. Trois cahiers. Châng-\nHàï, Imprimerie du Commerce, 1908. Prix du cahier : 20 cents.\nRECUEIL DE CHANSONS. A l'usage de l'enseignement primaire, spécial et\nsecondaire. Châng-Hàï. Imprimerie du Commerce, 1909. Prix du cahier : 50 cents.\nRECUEIL DE CHANSONS POUR LES ÉLÈVES. Châng-Hàï. Librairie des\nSciences, irt édition, 1906 ; 2e édition, 1907. Prix : 20 cents.\nÎStJÏNglfclll RECUEIL DE CHANSONS PATRIOTIQUES, par Oû Kouô-Siaî, de Ts'iên-\nT'âng. A l'usage de l'enseignement primaire supérieur. Hâng-Tcheou. Librairie de Morale\net d'Histoire, 1907. Prix : 35 cents.\nMÉTHODE DE MUSIQUE ET DE CHANT A L'USAGE DE L'EN-\nSEIGNEMENT PRIMAIRE ÉLÉMENTAIRE. Châng-Hàï. Librairie scientifique illustrée, ire édition,\n1907 ; 2e édition, 1908. Prix : 12 cents.\nJEUX CHANTES. Châng-Hàï. Imprimerie du Commerce, 1906. Prix:\n25 cents.\nCes volumes chinois nous ont été envoyés par notre ami M. Hou-Té-Van, ministre Plénipotentaire du\nCéleste Empire à Vienne, auxquel nous offrons ici tous nos remerciements.\nSTORCK (KARL). Musik und Musiker in Karikatur und S(Oldenburg in\ngr. G. Stalling, in 40 d. 448-48 pp. Mk. 20).\nCHILESOTTI (O.). Uevoluzione délia musica. (Torino. Bocca. in 12° d. 165 pp.\nLire 3).\nHOFFMANN (Dr. B') Kunst und (Lpz. Quelle und Meyer, 1908\nin-12 de 230 pp ; Mk. 4.20)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c059", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c059", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 65, "image_fin": 74, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.11.2", "titre_corps": "GOEHLINGER (Franz August). 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Goehlinger\napporte aux recherches de Krebs de nouvelles contributions, à\nsavoir : plusieurs textes du moyen âge, une étude sur le clavicorde\naux XVIIe et XVIIIe siècles, les descriptions très précises des\ninstruments qu'il a pu rencontrer dans les musées d'Europe, enfin\nune liste de tous les facteurs d'instruments à claviers du XVe au\nXIXe siècle, avec une notice sommaire pour chacun d'eux.\nC'est donc là un ouvrage extrêmement substanciel en son petit\nformat, et absolument indispensable à tous ceux qui veulent con-\nnaître les origines des instruments à claviers.\nLe clavicorde. comme on le sait ou comme on l'ignore, est\nun instrument dont les cordes sont frappées par un dispositif de\nmétal ou de plumes. En cela il diffère du clavecin dont les cordes\nsont pincées et en cela aussi il peut être considéré comme une\nsolution primitive et imparfaite du problème résolu de nos jours\npar le piano. On n'est guère fixé sur l'origine de cet instrument\net sur la valeur des mots qui le désignent au moyen âge. Vers 1150 dans le Roman de\nBrut on trouve déjà u psaltèrios et monacordes \". Au XIVe siècle, on voit le roi Jean I d'Aragon\ndemander un \" exaquir\" (échiquier) qu'il nomme u isturment semblant qui sona ah\ncordis\". (1388) Dans l'ouvrage d'Eberhardus Cersne de Minden \" Der Minne Regel \" rédigées\n1404, l'instrument et sa nomenclature semblent s'être précisés et on trouve côte à côte :\n\" monocor dium, clavicordium, clavicymbalum Tout cela marque une certaine hésitation, que vient\nconfirmer une document que j'ai en ce moment sous les yeux. C'est une quittance du 19\ndécembre 1447 de 11 livres tournois, donnée par Jean le Flament, trésorier général du\nComte à \" Lorens Vorganiste pour ung instrument a jouer nomme ung clavicembale...\"\nOr, on voit fort bien sur le manuscrit que les mots ung clavicembale, laissés primitivement en\nblanc, ont été ajoutés ensuite d'une autre encre.\nA ces doutes des contemporains, joignez le manque de documents iconographiques pour\nles instruments à claviers jusqu'au XVIIe siècle, et vous verrez combien la question du\nclavicorde et de ses congénères est difficile à éclaircir. M. Goehlinger a cependant contribué\npour sa part à la mettre au point. Il faut lui en savoir un véritable gré.\nMATTHESON. Grundlage elner Ehrenpforte... réédition par Max Schneider (Berlin\nLiepmannsshon 1910 in-40 de 340 pp.)"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.66", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3755, "texte": "S'il est parmi les musiciens un être original et captivant c'est bien ce brave Mattheson\nl'âme de la musique moderne dans la première moitié du XVIIIe siècle. Faire revivre la\nfigure de cet homme endiablé, qui a remué l'art de son temps, serait une œuvre infiniment\nagréable et utile. Et je m'étonne un peu que M. Schneider ne l'ait pas tentée dans une préface de\ncette réédition. La Grundlage de Mattheson est l'ancêtre du Dictionnaire biographique de\nRiemann. Elle parut en 1740, et contient le curriculutn vitae> comme on disait alors, d'un\ngrand nombre de musiciens contemporains. Certains ont envoyé eux-mêmes leur biographie,\nPour d'autres Matheson s'est servi de ce qu'il pouvait obtenir. La France lui est connue\nsurtout par l'Histoire de la Musique de Bonnet. La réédition de Schneider contient, outre les\ntables, un appendice où se trouvent des notes rédigées par Mattheson en vue d'une seconde\nédition, qui ne parut pas. L'ouvrage est disposé de telle manière que les pages correspondent\nexactement avec celles de l'édition de 1740, ce qui est précieux pour les références. Enfin\nM. Schneider a placé, en marge, des renvois qui nous indiquent les ouvrages modernes, où les\nallégations de Mattheson ont été contrôlées par l'érudition. Nous pouvons ainsi comparer\nl'historien de 1740 à l'historien de 1910. Et dire qu'un jour viendra où nos plus volumineux\nouvrages paraîtront eux-mêmes sous cette forme d'une exhumation archéologique !\nROUCHE (Jacques). L'Art théâtral (Paris E. Cornély et C° 1910 in-8'\nde 82 pp., 5 frs.)\nDans ce luxueux ouvrage M. Rouché résume l'état présent d'une question passionnante:\nl'art de la décoration au théâtre. Il nous montre ce qu'a fait l'Allemagne, ce qu'a produit la\nRussie, quelles sont les idées de M. E. G. Craig en Angleterre et de M. Appia en Suisse, et\nenfin les procédés de M. Fortuny, et Kemendy. Ce livre est comme une préface et presque\nun manifeste qui précèdent la campagne artistique menée par M. Rouché au Théâtre des Jrts,\nIl faut espérer que cette propagande en faveur d'un renouveau décoratif au théâtre aura ses\nconséquences hors du théâtre lui-même. Je ne serais pas éloigné de croire et je souhaite\nvivement que M. Rouché soit le sauveur que nous attendons tous et qui nous débarassera des\ntrois Louis perpétuellement imités. Puissent, grâce à sa belle audace, les Arts Décoratifs\nFrançais se libérer des marchands de bric à brac !\nHEEGER (Dr. Georg) et WUST (Wilhelm).\n(Kaiserlautern, H. Kayser. 2 vol. in-8° de 300 pp.)\nCes deux volumes, patiemment rédigés, accroissent encore le patrimoine du folklore musical\nallemand. Cette fois, il s'agit du Palatinat, un des coins de l'Allemagne où l'on chante le plus,\nM. le Dr. Heeger avait surtout entre les mains les paroles de ces chansons, et il hésitait à les\npublier, lorsqu'il eut le bonheur de rencontrer un précieux collaborateur en M. Wust,\nStrafantaltslehrer à Kaiserlautern. L'ouvrage put alors voir le jour sous cette forme imposante,\nLes mélodies sont publiées ici de la façon suivante : d'abord la musique et ses paroles, puis les\ncouplets, puis l'indication des sources, enfin les variantes et le commentaire s'il y a lieu. Dans\nces 450 chansons populaires la construction est ordinairement moderne, avec une prédilection\npour les mouvements de septième. La mesure ne m'a pas paru aussi libre que M. Wust\nl'annonce, sauf quelques exemples où les rythmes à deux temps se croisent avec les rythmes à\ntrois temps.\nKRETZSCHMAR (Hermann). Gesammeîte Aufsaetze ueber Muù\\. réunis par le\nDr A. Heuss (Lpz. F. W. Grunow, in 8° de 580 pp.; Mk 7,50).\nIl n'est personne qui ne sache que M. le professeur et Conseiller H. Kretzschmar,\nprofesseur à l'Université de Berlin, successeur de Joachim à la Hochschule, directeur de l'ln-"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.67", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3741, "texte": "stitut de Musique religieuse au même lieu, et ancien président de la Société Internationale de\nMusique est une des personnalités les plus en vue de la musicologie. Or, et ceci est piquant, le\nlivre dont il s'agit ici, appartient plutôt au journalisme et nous montre M. Kretzschmar sous\nun jour où il n'est pas connu en France. Ces Aufsaetze sont les chroniques parues dans le\nGrenzbote de 1880 à 1906. Ils portent un peu sur tout ; ils touchent à l'histoire avec les\n\"Journal d'un anglais en France au XVIIÎme à la politique avec les\nBismarck,\" à la nouvelle avec \" Frau Potiphar.\"Mais leur véritable centre est musical, et ici\nnous assistons au spectacle, encore si rare d'un critique, qui sait être un historien. Le chapitre\nsur Brahms, sur le Lied allemand depuis Wagner (1898) sur le Lied allemand depuis Schumann\n(1880) sont de véritables études. Les comptes-rendus des représentations wagnériennes à\nLeipzig en 1903 et 1904 se tiennent au contraire dans le ton de la chronique. Une remarque\nà faire : lorsque M. Kretzschmar écrit en 1882 son étude sur la musique de clavier depuis la\nmort de Schumann il ne trouve à citer en France que quatre noms: Saint-Saëns, Franck, Alkan\net Argenton. En somme, un livre plein d'idées, et que notre collègue le Dr Heuss a eu bien\nraison de ne pas laisser ignoré dans les colonnes du Grenzbote.\nBURKERT (Otto). Fuehrer durch di\nbearheitet.(Lpz. Leuckart 1909 in 120 de 388 pp. Mk. 3.)\nTrès bonne bibliographie dont tout organiste devrait se servir pour s'orienter dans la\nlittérature de son instrument. Ce répertoire contient la liste des méthodes, des exercices et des\npièces liturgiques. Puis les sonates, préludes variations et pièces diverses. Enfin les œuvres à 4\nmains, celles à lire à vue, celles avec instruments ; les transcriptions, et les accompagnements\nde la voix. Une dernière partie comprend les livres, les revues et les périodiques qui s'occupent\nde l'orgue. Une table termine le tout.\nNEF (Karl). Die Musik an der Universitaet (Tirage à part de la Festschrift zur\nFeier des 450 jâhrigen Bestehens der Universitaet.)\nDans les 34 pages de cet in 40 notre collègue M. Nef donne une idée très nette de la vie\nmusicale à Baie depuis le milieu du XVm® siècle. Sait-on qu'en 1465 il y avait déjà un titu-\nlaire pour l'enseignement de la musique à l'Université de Bâle ? Nous possédons dans le\ntMusice plane de Keinspeck (1496) et dans le Clarissima Interpretatio de Prasperg (1501) les\npreuves et les exemples de cet enseignement qui visait surtout la musique d'église. Une figure\nintéressante parmi les musiciens bâlois, est celle de Samuel Marschal, né à Tournai vers 1554\net mort à Bâle en 1640. On devrait bien un jour inspecter les œuvres et les mss. laissés par\ncet organiste de mérite, l'un des plus éminents représentants de l'école fleurie de Flandres. La\nbrochure de Nef se termine par quelques transcriptions de musique de luth, malheureusement\nréalisées dans cette manière fractionnée que je n'ai jamais pu trouver judicieuse. J. E.\nKLOSS (Erich). Richard Wagner ueber die {Meistersinger. (Lpz. Breitkopf in 120 de\n86 pp.; Mk. 1,50).\nC'est une ingénieuse idée d'avoir réuni en une brochure toutes les opinions de Wagner\nlui-même sur ses propres Meistersinger. On voit ainsi comment l'œuvre s'est développée dans\nl'esprit du maître et comment il en concevait l'exécution.\nJOHN (E. H. H.). V olkslieder und Volkstuemliche Lied\n(Annaberg R. Liesche 1909 in 8° de 240 pp.; Mk. 4,80).\nM. John, Seminaroberlehrerà Annaberg dans la Saxe montagneuse, est un folkloriste avisé.\nIl a voulu compléter l'œuvre entreprise et déjà publiée par un apport musical fort remarquable,\net qui est le fruit de dix années de recherches. Les amateurs de chansons populaires trouveront"}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.68", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4007, "texte": "dans ce volume une intéressante contribution. Il n'est que temps de noter ces mélodies qu\ns'en vont, ou plutôt qui sont remplacées par un nouvel état de la musique européenne, qU!\ndeviendra plus tard objet d'étude à son tour.\nVARAVILLE (Jules de). La jeunesse de Mozart (Vichy, Vexenat in 8° de 24 pp.)\nPetite brochure qui résume la vie de Mozart et signale parmi les portraits une toile\njusqu'ici inconnue de 1787.\nWUSTEMANN (Rudolf.)— Musikgeshich Band I (Lpz. Teubner 1909 in-11\nde XXVI 506 pp.) *\nCe volume, dont le compte rendu s'est fait bien longtemps attendre, est le premier des\ntrois tomes d'une histoire de la musique à Leipzig, conçue et rédigée à l'occasion du cinquème\ncentenaire célébré par l'illustre Université de cette ville saxone. Il traite des origines et s'arrête\nau milieu du XVIIe siècle. C'est un monument consciencieux et considérable d'une belle\nérudition, et dont l'apparition met au point un certain nombre de questions musicologiques.\nM. Wustemann nous montre d'abord la vie musicale de Leipzig au moyen âge, avec ses\nclercs, ses Minnesaenger, et la fondation (1254) de la célèbre Thomasschule. C'est l'habituel\nspectacle de la musique religieuse, peu à peu envahie par la musique profane, avec laquelle elle\nse rencontre aux fêtes et aux Passions. En 1409 se crée l'Université et pendant le XVe siècle\nviennent, de toute l'Allemagne, des musiciens réaliser à Leipzig ce que nous appelons aujour-\nd'hui des tournées de concerts. La Ville organise elle-même ses Stadtpfeifter en 1479, et au\nXVIe siècle on se livre avec acharnement à toute sorte de musique, ainsi que le prouve un\ncertain nombre d'inventaires après décès, très judicieusement cités par M. W. Et voici Luther\navec ses chants qui enflamment l'Allemagne. Voici Ammerbach, le père de l'orgue, qui moder-\nnise à outrance les polyphonies qui lui tombent sous la main.\nUn second âge commence, celui du Barroque, de 1550 à 1650, qui va nous montrer\nSethe Calvisius (Kahlwitz,) H. Schein et les temps de la guerre suédoise. M. W. a successivement\nétudié les éléments de cette renaissance barroque, dans le public (Thomasschule, étudiants,\nbourgeois) et dans la musique (formes vocales, instrumentales, d'église ou de société.) Il nous\nmontre toute la grandeur de Calvisius, prédécesseur de Bach et vraiment digne de lui, homme\nd étonnante lecture, maître de ses idées et de ses vues pédagogiques, substituant Zarlino à\nAgricola, entreprenant méthodiquement une réforme moderniste de la musique et faisant de\nLeipzig une lumière musicale dont l'éclat n'est pas encore tout à fait disparu. Chemin faisant\nM. W. signale des sources inconnues et dont il tire un très bon parti, par exemple les tabla-\ntures de luth mss. et imprimées qui datent de la fin du XVIe et du XVIIe siècle, et qui montrent\n1 importance du luth dans l'histoire. 1 rès intéressantes aussi sont ses remarques sur les \" colora-\ntui en des organistes. Enfin les textes de musique abondent ici j le lecteur sait donc de quoi\non lui parle. Quelques illustrations, vieux bois dus à un certain Bretschneider du XVIIe siècle,\ndonnent à notre œil un point de repère dans ces descriptions.\nPeut-etre la méthode de ce livre déroutera-t-elle un peu le lecteur français, toujours si\ndifficile a contenter. Elle est, comme dans tous les ouvrages allemands, essentiellement analy-\ntique. Le livre s ouvre, se charge de faits, et se termine lorsque l'ordre de ces faits est épuisé.\nIci, nous aimons plus de synthèse, c est-a-dire nous demandons au document de se mettre un\npeu au service des idees générales. Je sais bien que ce goût de la littérature nous a souvent fait\ndu tort, en musique surtout. Mais il nous vaut, par contre, des qualités de composition, qui ne\nsont pas méprisables. Pour se dégager d un spectacle comme celui de la vie musicale de Leipzig\nà travers les siècles, il faut un effort d'attention et d'abstraction, dont l'auteur et le lecteur\nprennent chacun leur paît. Le tout est de savoir comment se répartira cet effort. Wustemann,"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.69", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3635, "texte": "comme tous ses concitoyens nous laisse la part belle, trop belle même. Le travail d'assimilation\nd'un livre pareil, est donc assez lourd pour le lecteur. Mais cette critique n'enlève rien au\nnoids de l'ouvrage ni à son utilité.\nJ. E.\nBERGER (Achille). Théorie scientifique du violon. (Paris, Desmets, 1910, in-8° de\n120 pages.)\nDe toutes les parties de la musique, la plus pauvre, la plus abandonnée est celle qui a\ntrait aux théories instrumentales. Voici, au sujet de la théorie du violon, un livre plein d'intérêt.\nL'auteur se place à un point de vue nouveau. Pour lui, le des principes d'une\ntechnique n'est définissable que si l'on assiste à la formation en quelque sorte naturelle de\nl'instrument et de la technique. Qu'est-ce, en effet, que jouer d'un instrument ? C'est utiliser\nde soi une certaine force. Qu'est-ce qui peut nous déterminer à choisir telle force plutôt que\ntelle autre ? C'est la démonstration que telle force satisfait le plus exactement possible aux lois\nqui régissent tel corps sonore. Mais ce corps sonore trouve-t-il en l'homme un serviteur\ndocile ? Non, les mouvements de l'homme sont limités, et le corps sonore, à son tour, doit se\nsoumettre. C'est de ces concessions réciproques, réglées, d'une part, par le besoin du plus\nsimple, de l'autre, par le désir de tel timbre, que l'instrument et la technique naissent et se\ndéveloppent. Cette méthode, on le voit, peut être féconde en résultats. Son application peut\nchanger l'aspect de l'enseignement technique en le faisant devenir rationnel d'empirique qu'il\nest actuellement, et explique d'une manière précise certains détails de la forme de l'instrument.\nC'est ce que fait M. Berger pour le violon, et cela avec beaucoup de simplicité et de talent.\nL. G.\nRADICIOTTI (G.) G. B. Pergolèse. (Rome, Ed. musica in-8° de 292 pp., Lire 10).\nAu deux centième anniversaire de G. B. Pergolèse la ville de Jesi vient d elever un\nmonument, (enfin !) à la mémoire de son plus illustre enfant. C est un monument aussi que\nl'étude qui vient de consacrer à son compatriote Monsieur Joseph Radiciotti. Pergolese, sa\nvie, son œuvre, son influence sur l'art : Tel est à la fois le titre et le plan de 1 ouvrage, dont\nchaque partie est traitée avec une érudition, une compétence, une conscience et si je puis\ndire une piété qui n'exclut cependant pas l'indépendance ni meme, parfois, la sévérité du\njugement. De nombreux exemples dans le texte, un certain nombre d illustrations\nphotogravées et de curieux dessins complètent admirablement 1 ouvrage qui constitue certaine-\nment une des monographies de musiciens les plus réussies qui ait paru dans ces dernieres\nannées où on en a tant publié.\nIl vient tard, mais il vient, le juste et complet hommage au souvenir de cet exttaordi-\nnaire adolescent qui, à 22 ans, inventa l'opéra buflfa de la Serva Padrona, comme d un œuf,\ntoutes les comédies musicales, (du Matriomonio, des Noces et du Barbier, jusqu a la Fille de\nMadame Angot, en passant par le Domino noir) sont sorties. Qui miné par ta phtisie,\npar la chute de son \" Olympiade \" chute rendue plus cruelle et plus sensible par 1\ndu succès précédant, mourut à vingt-cinq ans, en jetant le plus sublime cri, peut-etre, qui\njamais ait jailli de la rencontre de la jeunesse avec la m0rt..... ce sublime Stabat, qui, n en\ndéplaise à Berlioz, n'a pas volé sa réputation.... qui enchantait Rousseau, faisait pleurer des\npoètes allemands (Tieck) et enthousiasmait Wagner qui, seul peut-être, trouva dans Parsifac\ndes cris de douleur aussi intenses que cet étonnant \" Vidit Suum , ou lon entend vraiment\nle souffle de la mort passer à votre oreille.\nFLEDIRMAUS."}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.70", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3723, "texte": "JOSEPH HARDY. Rodolphe Kreutzer. Sa jeunesse a Versailles (1766-1789) avec un\nportrait inédit de Rodolphe Kreutzer et 3 fac-similés d'autographes. (Paris, Fischbacher, 1910,\ngr. in-8° de 70 pp.)\nM. Joseph Hardy, professeur de violon au Conservatoire de Versailles, a publié dans la\nRevue d'Histoire de Versailles une série d'articles sur le célèbre violoniste Rodolphe Kreutzer\nqui naquit dans cette ville le 15 novembre 1766. Ce sont ces articles qu'il rassemble aujour-\nd'hui en une élégante plaquette ornée d'un portrait inédit du musicien.\nL'ouvrage de M. Hardy n'est que la première partie d'une monographie que son auteur\ncompte consacrer à Kreutzer et qui comblera une lacune regrettable, car, à l'exception des\nnotices bien succintes et trop souvent erronées du Dictionnaire des {Musiciens de Choron et\nlayolle, de la Biographie SHichaud et de la Biographie universelle des Musiciens de Fétis, nous\nne possédons, jusqu'à présent, aucun travail d'ensemble sur le compositeur des fameuses Etudes,\nKreutzer était d'origine prussienne. Son père, Jean-Jacob, bourgeois de Breslau, vint à\nVersailles où il s'engagea, comme clarinettiste dans la musique du régiment des Gardes Suisses,\nM. Hardy nous conte, par le détail, la jeunesse laborieuse de Rodolphe Kreutzer à Versailles;\nil ne se borne pas à faire état de documents imprimés, tels que coupures des journaux de\nl'époque, relatant les succès du jeune virtuose du concert spirituel ; il met encore à contribu-\ntion le précieux état-civil de Versailles, les archives du Bailliage, de la Prévôté de l'Hôtel,\ncelles des notaires, enfin les collections particulières. C'est ainsi que, grâce aux papiers conservés\npar M. Trinquand, nous apprenons le prix qu'Antoine Stamitz recevait pour les leçons de\nviolon données à Kreutzer, et payées par le comte d'Artois. Ces leçons revenaient à 1 livre et\ndemie l'heure, ce qui n'est pas cher ; il est vrai que cela se passait en l'an de grâce 1778;\ndepuis, tout a singulièrement augmenté.\nAu reste, M. Hardy fournit d'intéressants renseignements sur Antoine Stamitz et sur la\nplupart des artistes de la fin du XVIIIe siècle ; il s'efforce, au prix de quelques digressions, de\nsituer son héros dans le milieu cosmopolite et remuant du concert spirituel, et silhouette\nquelques physionomies curieuses, comme celle du baron mélomane de Bagge.\nOuvrage très sérieusement documenté qui nous laisse dans l'impatience de lire la\nbiographie complète de Rodolphe Kreutzer.\nLIONEL DE LA LAURENCIE.\nCHARRIER (Pierre). Les droits du critique théâtral, littéraire, musical et artistique\nLeurs limites. (1 vol. in-120 Schleicher frères édit.)\nNos lois sur la propriété artistique sont si laconiques que l'on n'y trouve guère autre\nchose que l'affirmation d'un principe général, la reconnaissance des droits de l'artiste. C'est\ndonc dans la jurisprudence qu'il faut chercher la solution des questions infiniment variées qui\nse posent chaque jour en cette matière. M. Charrier a eu l'heureuse idée de réunir dans un\nouvrage savamment ordonné et très condensé les décisions relatives aux droits du critique. Le\nsujet est intéressant par lui-même, et aussi par les procès fameux qu'il évoque. Chacun lira ce\npetit livre qui, sans commentaires ni développements inutiles, nous présente, sous une forme\npratique, un ensemble d'utiles renseignements. L'avocat y trouvera facilement, classées avec\nméthode, les solutions de jurisprudence qui jusqu'ici étaient éparses dans les grands recueils;\nle critique y puisera de precieux enseignements qui le mettront en garde contre les accès\nd numeur méchante ; 1 amateur d'art lui devra de savoir apprécier comme il convient les\nquerelles si fréquentes entre l'Art et la Critique.\nGEORGES BAUDIN."}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.71", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3903, "texte": "TRAITÉ DES PRINCIPES DE LA MUSIQUE, (Paris, Hamelle, in-40.)\nDans un ouvrage qui traite des principes de la Musique il paraît difficile, et il peut être\ndangereux d'innover. Le livre que M. E. Stièvenard vient de publier, témoigne d'un très\nlouable effort, heureux parfois, vers l'agrandissement et la rénovation de certaines notions\nélémentaires. Le chapitre du Rythme, en particulier, rompt avec les vieilles habitudes. Il ne se\nconfond point avec celui de la mesure. L'auteur prend soin d'insister sur l'indépendance, trop\npeu proclamée jusqu'ici par les pédagogues, du rythme et de la mesure.\nOn peut 11e point partager toutes les idées de M. Stièvenard, sur l'anacrouse, entre autres,\nà laquelle il fait peut-être plus d'honneur qu'elle ne mérite; car elle n'est, le plus souvent,\nqu'une apparence. Mais, sans compter qu'il faut bien, en un traité élémentaire et pratique\nprésenter les choses en raccourci et avec une précision parfois un peu contrainte, il y a lieu de\nsavoir gré à l'auteur de celui-ci d'avoir démontré que les rythmes, à tout instant, enjambent les\nmesures, et d'avoir par là même indiqué que la barre, auxiliaire utile de la battue, ne doit pas\nimposer au lecteur, ni lui en imposer. Sans doute M. Stièvenard se croit obligé, afin de ne\npoint scandaliser les élèves, ni les maîtres surtout, d'accepter et de définir le \"temps fort; \" en\nrevanche il a le courage de montrer par de nombreux exemples, et bien choisis, que c'est là une\nsimple concession à des usages invétérés et que la définition reçoit à chaque page d une œuvre,\nqui n'est point musique de danse, les plus formels démentis. Il s'efforce d'introduire dans 1 exé-\ncution musicale le respect de la pensée rythmique, et il indique plusieurs moyens de rehausser\nles dessins formés par les durées et leurs groupements. En un livre de pédagogie cette pré-\noccupation est rare et mérite d'être signalée. Les élèves ne sont pas appelés, en général, a\nétudier les livres d'Hugo Riemann. Il est bon que les professeurs, en France, introduisent\npeu à peu les apprentis musiciens à la connaissance des faits qui contreviennent a la routine.\nDans le chapitre sur la Transposition, dans l'exposé consacré à la Voix humaine et au\nQuatuor Vocal, M. Stièvenard fait preuve du désir de donner à son lecteur, avec des notions\nprécises, la raison même des faits. L'étude de la tonalité a suggéré a 1 auteur plusieurs obser-\nvations relatives à la production du son et à la naissance des echelles, capables d eveiller la\ncuriosité des élèves et de les orienter vers l'Histoire de la Musique, complément nécessaire de\nla théorie.\nMAURICE EMMANUEL.\nM. P. BELAIEV ET SON ŒUVRE MUSICALE. (Brochure in-8° de 16 pp.\ns. 1. n. d.\nUn exemple qui devrait être proposé à tous nos éditeurs parisiens, et surtout, a ceux\nd'entre eux qui se trouvent à la tête d'une grande maison d édition et charge d un\nest celui de Belaïev de Saint-Pétersbourg. Né en 1836, et marchand de bois de son metier,\nBélaïev était passionné de cette musique italienne et allemande qui sévissait alors en Russie. Le\nbon hasard le mit en présence de Borodine vers 1880, et a partir de ce moment, il se trouva\nengagé dans le groupe des grands réformateurs de la musique russe. Pour soutenir ce mouvement,\nil fonda en 1885 une Maison d'Editions Musicales à Leipzig. Ce fut la première pierre d'un\nédifice qu'il complétera petit à petit par la création de Concerts, de soirees, de prix divers, et\nde gratifications de toute dature. En 1904* mourait, laissant un capital de 1.500.000 roubles\nàla disposition de ses éxécuteurs testamentaires, Rimski, Glazounov, & Liadov qui étaient\nchargés d'entretenir un certain nombre de fondations musicales (prix, concerts, concours &\nassistances aux compositeurs). Tous ces renseignements nous sont fournis par une petite brochure\nqui vient de paraître à la Maison Roder de Leipzig, et que nous ne saurions tiop signaler à"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.73", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3731, "texte": "l'attention de tous les amis de la musique. Ajoutons, que c'est notre Collègue M. Rouart, qui\nest à Paris dépositaire de ces éditions, et nous souhaitons vivement qu'il hérite du même esprit\nde générosité.\nCURZON (H. de). Meyerbeer.(Collection Laurens in 12°.)\nMeyerbeer est un problème. Quand on voit les divergences d'opinions dont sa musique a\nprovoqué l'explosion, on se prend à douter de la valeur de toute critique musicale. M. est et a\nété à la fois un dieu et un diable pour les amateurs, et aujourd'hui encore, malgré le recul, il\nprovoque d'invincibles antipathies à côté de très réels applaudissements. M. de Curzon a très\njustement senti la difficulté d'un pareil sujet, et s'en est tiré le plus habilement du monde en\nfaisant la part également belle aux adversaires et aux partisans du maître. Il a très justement\nmis en valeur les qualités d'adaptation de M., qui font de lui moins un artiste créateur, qu'un\nextraordinaire metteur en scène. La curiosité, l'assimilation, le perpétuel éveil d'une sensibilité\ninquiète, le génie de l'acclimatation, voilà les qualités de Giacomo, celles qui lui concilient\nl'admiration de l'abbé Vogler, celles qui le déterminent à s'enfermer pendant dix mois\naprès avoir entendu le pianiste Hummel, afin de shumeliser entièrement, celles qui le\nfont écrire d'ltalie \"il me semble être italien de naissance, \" celle qui nous le montrent compulsant\nles œuvres de tous les temps, et ne trouvant jamais les siennes assez complètes \"Meyerbeer fait\nce qu'il veut, \" écrivait Weber. Et c'est vrai, mais il ne sait pas exactement ce qu'il veut.\nIl veut tout ce qu'il lui serait possible de vouloir, s'il était à la fois Luther et Cimarosa, Lully\net Beethoven, et dans son œuvre voisinent le choral \" Ein'feste Burg \" à côté de la IXe\nsymphonie. Il est probable que c'est précisément cette mise au point des valeurs musicales de\ntous les temps, ce gigantesque kaleidoskope historico-dramatique, dont les auditeurs de 1850\nont apprécié le cosmopolitisme. Meyerbeer même, lorqu'il écrit pour lui, semble instinctivement\nn'écrire que pour le public ; et le public l'a récompensé de cette intuition. Jamais d ailleurs\npareilles ressources musicales n'avaient été mises au service de l'opéra. M. peut donc etre\nconsidéré comme un très grand homme, sans être pourtant un grand artiste. Notre collègue\nde Curzon a eu le courage de le dire, et d'appuyer ses opinions de témoignages intéressants\n(ceux de Weber en particulier). Il faut lui savoir gré de ce volume, clairement écrit, et judicieu-\nsement illustré.\nJ. E.\nTHIBAUT (P. J.) 'Panégyrique de r Immaculée dans les cha\nliturgie grecque.(ln-8° de 52 pages, 10 fr. Paris, A. Picard).\nCette publication, qui est la mise au point d'une étude présentée au \" Congres mariai\nde Rome par l'auteur, le P. Thibaut, des Augustins de l'Assomption, un des rarissimes musi-\ncologues byzantinisants, offre une mine assez abondante de mélodies traditionnelles de\nl'église grecque, rigoureusement transcrites par l'auteur sur les livres en usage. (Deux ou trois\nle sont toutefois d'après d'anciens manuscrits ; mais la lecture de ceux-ci est soumise a tant\nd'incertitudes, que le texte présenté ainsi doit être accepté sous toutes réserves).\nOn trouvera dans ce livre une bonne partie des troparia, kathismata et autres chants\nanalogues les plus populaires de l'art byzantin actuel, tel qu'il a été fixé depuis Pierre de\nPeloponnène et la réforme de Chrysanthe de Madyte,\nDans une trop brève introduction, le P. 1 hibaut fait remarquer qu en dépit des attaques\ndes grecs modernes contre la \" définition dogmatique \" de l'lmmaculée-Conception de la Su\nVierge, c'est-à-dire sa préservation, dès les premiers instants de son existence, de tout péché,"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.74", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1138, "texte": "cette croyance de l'église n'en est pas moins inscrite en toutes lettres dans les livres liturgiqU{,\ndont se servent, depuis une longue suite de siècles, les églises grecques, soit unies à Romt\nsoit séparées. (Cf. également p. 47.).\nLe P. Thibaut, à l'appui de ce fait, a extrait, des divers offices liturgiques grecs, une\nsoixantaine de chants à l'lmmaculée, qui forment un très intéressant ensemble. Tous évidem-\nment, ne sont pas captivants, mais il en est de très beaux et de charmants, tel le petit joyau\ndu Trçv wêato TÏ)TCL(p. 20). Chaque chant, transcrit en notation moderne, est accompagné '\nde sa traduction française.\nJ'aurais aimé que paroles et chants portent l'indication de leurs origines. Telle œuvre de\nSaint Jean Damascène par exemple, passe ainsi inaperçue; et ceux qui n'ont pas l'habitude de\nla liturgie byzantine ne sauront distinguer les ades L'ensemble n'en demeure\npas moins d'un intérêt certain : en utilisant ce livre, on pensera que le rythme de ces pièces\ndoit être très souple dans l'exécution, et qu'il ne faut pas trop s'attacher aux passages\nornementés, qui varient d'une édition à l'autre.\nI"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c060", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c060", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 72, "image_fin": 72, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.11.3", "titre_corps": "Pergolese Caricature de Ghezzi (Bib. du Vatican)", "titre_sommaire": "Pergolese Caricature de Ghezzi (Bib. du Vatican)", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.72", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 61, "texte": "Pergolese\nCaricature de Ghezzi (Bib. du Vatican)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c061", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c061", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 74, "image_fin": 74, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.11.4", "titre_corps": "LIVRES REÇUS", "titre_sommaire": "LIVRES REÇUS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.74", "debut_caractere": 1140, "fin_caractere_exclue": 2470, "texte": "LIVRES REÇUS\n- NOUVELLES CHANSONS POUR LES JEUNES FILLES. Trois cahiers. Châng-\nHàï, Imprimerie du Commerce, 1908. Prix du cahier : 20 cents.\nRECUEIL DE CHANSONS. A l'usage de l'enseignement primaire, spécial et\nsecondaire. Châng-Hàï. Imprimerie du Commerce, 1909. Prix du cahier : 50 cents.\nRECUEIL DE CHANSONS POUR LES ÉLÈVES. Châng-Hàï. Librairie des\nSciences, irt édition, 1906 ; 2e édition, 1907. Prix : 20 cents.\nÎStJÏNglfclll RECUEIL DE CHANSONS PATRIOTIQUES, par Oû Kouô-Siaî, de Ts'iên-\nT'âng. A l'usage de l'enseignement primaire supérieur. Hâng-Tcheou. Librairie de Morale\net d'Histoire, 1907. Prix : 35 cents.\nMÉTHODE DE MUSIQUE ET DE CHANT A L'USAGE DE L'EN-\nSEIGNEMENT PRIMAIRE ÉLÉMENTAIRE. Châng-Hàï. Librairie scientifique illustrée, ire édition,\n1907 ; 2e édition, 1908. Prix : 12 cents.\nJEUX CHANTES. Châng-Hàï. Imprimerie du Commerce, 1906. Prix:\n25 cents.\nCes volumes chinois nous ont été envoyés par notre ami M. Hou-Té-Van, ministre Plénipotentaire du\nCéleste Empire à Vienne, auxquel nous offrons ici tous nos remerciements.\nSTORCK (KARL). Musik und Musiker in Karikatur und S(Oldenburg in\ngr. G. Stalling, in 40 d. 448-48 pp. Mk. 20).\nCHILESOTTI (O.). Uevoluzione délia musica. (Torino. Bocca. in 12° d. 165 pp.\nLire 3).\nHOFFMANN (Dr. B') Kunst und (Lpz. Quelle und Meyer, 1908\nin-12 de 230 pp ; Mk. 4.20)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c062", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c062", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 75, "image_fin": 75, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.12", "titre_corps": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.75", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2497, "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE\nASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU JEUDI 22 DÉCEMBRE 1910\nL'Assemblée Générale est ouverte à 4 heures, chez MM. Gaveau, 45, rue de La Boëtie,\nsous la présidence de M. Charles Malherbe.\nAssistaient à cette séance : MM. Malherbe, Ecorcheville, Prod homme, L. de\nLa Laurencie, Boschot, de Bertha, Laugier, Trotrot, Mlle Daubresse, Landormy, Calvoco-\nressi, Vinès, Marnold, Greilsamer, M. Brenet, Knosp, G. Lefeuve, Mme G. Lefeuve,\nMM. Guérillot, Legrand, Chantavoine, Emmanuel, Lichtenberger, Mutin, MmLS Filliaux-\nTiger, Wiener-Newton, Gallet, MM. Ténéo, Calmann-Lévy, Dauriac, Gastoué.\nS'étaient fait excuser : MM. Laloy, Henri-Martin-Barzun, G. Astruc, de Morsier,\nGriveau Gaveau, Mmes Laloy, Uchard-Delhez, Capoy, M,le Sauvrezis, MM. Lyon, Baudin,\nMme Landowska, MM. Quittard, Th. Reinach, J. d'Udine, Mozkowski, Philipp, Sautelet,\nBrussel, Gariel, Boutarel, Rouart, Ml,es Girod, Chevalet, Mrae Fouquier, MM. Poiree,\nHerwegh & Ogier.\nAprès la lecture du procès-verbal de la dernière Assemblée generale, le Piesident indique\nla modification à l'article iv des Statuts, présentée par le Comité, et qui consiste, à augmenter\nle nombre des membres de ce Comité. L'Assemblée vote, le principe de cette modification,\net ajourne l'élection du Comité, afin de permettre aux candidatures de se présenter.\nLa parole est donnée au Secrétaire général pour son rapport.\nLa candidature de M. Cucuel, présentée par M. Brenet M. L.*de La Laurencie, est\nadoptée à l'unanimité.\nLe Président donne lecture d'une lettre de M. Chantavoine, posant une question,\nrelative à la revue 5.1.M., et à l'entente conclue entre la Société et cette revue dans la\nséance de juin dernier. Après avoir entendu les explications de M. Ecorcheville, la question\nest renvoyée au Comité.\nLe Président donne ensuite lecture d'une lettre de M. Maurice Emmanuel, relative à la\nséance du Corpus, tenue à Munich en septembre dernier. Une discussion s'engage a ce\npropos, d'où il résulte, que la Commission du Corpus n'a nullement eu la éliminer\nde ses travaux les bonnes volontés des musicologues français qui se présenteraient eventue e-\ninent, et reprendraient la place laissée vacante par notre collègue Pierre Aubiy.\nSur la proposition de M. Mutin, l'élection du Comité sortant est ajournée, de façon à\ncoïncider avec les élections du Comité complémentaire sil y a lieu.\nLe Trésorier ayant été empêché d'assister à la réunion, son rapport sera entendu dans\nla prochaine Assemblée.\nLa séance est levée à 6 heures 1/4*"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c063", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c063", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 76, "image_fin": 85, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.13", "titre_corps": "Leurs Mains", "titre_sommaire": "Leurs Mains", "signature_source": "Pierre-Jobbé Duval", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.76", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2661, "texte": "Leurs Mains\n\nProcurez-vous les silhouettes crâniennes\nce sera facile. Vous verrez ensuite un ph\nFaite a brûle pourpoint, autant que peut brûler un glacé, boueux et malfaisant soir <j.\nnovembre, cette commande était bien surprenante Mon voisin de route, ou plutôt de rue\nétait il sérieux? C'est que, surtout connu comme érudit musicographe, il est encore un de no!\nfastueux humoristes. Sa maniéré de pince sans rire, d opérateur à froid l'apparente avec l'inou\nbliable Marc Twain, et en fait un redoutable mais discret émule de notre Tristan Bernarc\nce professionnel de l'esprit à qui l'on prête tout de même un peu plus qu'il ne donne. '\nCe n était pas 1 humoriste qui parlait, mais le musicien, le Directeur de.... metton,\nde la première Revue musicale.\nSoit ! mais, pour atteindre un but aussi élevé, certains travaux d'approche, sont indu-\npensables. Avant la tete, il faut conquérir le <u\npoint de vue chiromancie ne seront pas moins suggestives que celles de crânes.\nSi vous voulez.V ous continuerez ensui Vous\nSollicités de bien vouloir faire photographier leurs mains, des Maîtres se sont étonnti\navec bonne humeur, d'autres ont accepté sans question, ni réserve D'un projet témé-\nraire a une réalisation que 1 on craint difficile il n'y a donc pas si loin quand on s'adresse àde\nfameux artistes qui sont en plus spirituels et bienveillants. A tous exprimons notre vive recon-\nnaissance doublée de nos excuses pour les avoir ainsi dérangés dans leurs multiples occupations.\nCar nous avons pu réunir les mains des seize musiciens que voici :\nBRUNEAU FAURE LEROUX RAVEL\nBUSSER GUNSBOURG MASSENET S 4 SAËNS\nCHEVILLARD HUE MESSAGER VIDAL\nDUBOIS LAZZARI PAULIN WIDOR.\nLes séances de pose chez le Maître photographe Paul Berger n'ont pas manqué de saveur.\nUn connaît 1 artiste. Des compositions harmonieuses, originales, personnelles, de surprenants\neffets de clair-obscur, apparentent sa photographie à l'eau forte et en font un Art véritable.\n, °n esf moins familiarisé avec l'homme. C'est un nerveux, un fébrile, vraiment curieux\na observer lorsqu il est passionné, par d'illustres modèles, ainsi qu'il en a connu pas mal\net comme, pour cette étude nous nous lui en avons envoyé pendant quelaues jours une\nmoyenne d un toutes les heures... de clarté. 1\nDans ces moments-là, M. Paul Berger devient un Frégoli inconscient. Il est Clown\npar ses contorsions et ses grimaces, barnum par ses boniments, danseur par ses bonds, ses\nbras arrondis et levés en anse du panier...\nPoum !un saut pour ouvrir ou fermer les rideaux, régler l'éclairage dont il ne confie\nfe soin a personne.\ndéfavorable' gr°ndement SOUrd' Des eux terribles. C'est pour le ciel nuageux, gris,"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.77", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3403, "texte": "Un sourire, la main sur le cœur, les jarrets cambrés, une petite histoire. C'est pour faire\npatienter le modèle.... On sait quand un photographe vous tient, mais pas quand il vous\nlâche, ou ce n'est qu'après... Mais ces MM. étaient tous d'excellente humeur M. Saint-Saëns\nvoulait réveiller le chien qui s'obstinait à dormir sur le canapé, contait des histoires gaillardes,\nfaisait connaissance avec les sansonnets de M. Berger qu'il voulait rendre à la liberté pas\nM. Berger, les sansonnets...\nM. Massenet admirait un portrait de Melle Lucy Arbell en effet admirable.\nM Chevillard demandait si ces photographies de mains n'étaient pas un subterfuge hypocrite\ndestiné à compléter le service authropométrique de M. Bertillon... En somme charmantes\naprès-midi. Beaucoup d'entrain.\n* *\nOn est libre de ne pas croire àla science de Mme de Thèbes. Peut-on, ne pas en avoir\nl'extrême curiosité ? Cornues énormes livres, oiseaux vivants, serpents empaillés ? Décor\ncharlatanesque, grotesque, risible ? Du tout. Une femme de chambre correcte, jeune, agréable,\nintroduit au salon. Bonne atmosphère tiède, discret parfum. On le croit d'Orient. Encens,\nmyrrhe, benjoin ? Tout simplement du thyn grillé. Sur la cheminée de marbre blanc où\nbrûle une lampe montée sur un grand vase de céramique grise et brillante, en terre cuite,\nle buste de Madame de Thèbes préside entre deux petits éléphants qui se regardent en\nchiens pardon en éléphants de faïence qu'ils sont. En face et près du foyer habité par\nune salamandre petite mais qui a du tempérament, une table aux angles ornés de trompes\nd'éléphants (les armes de la maison) porte des vases persans, des mains de bronze et de\nplâtre Dans la pénombre somnole un ameublement de bon goût ancien. Sur la tenture\ncramoisie miroitent les glaces et un grand nombre de portraits.\nLe cabinet de travail, normal et cossu. Flatteusement dédicacées, des photos de savants,\nd'artistes, de comédiens, d'empereurs. Dans une petite armoire vitree, des moulages, jolies\nmains fuselées, élégantes, faites pour le luxe, l'oisiveté, les caresses. D autres grossières, de-\nformées, de pauvres pattes constituées pour toutes les besognes.\nUne porte ouverte sans éclat mais avec décision. Une portière soulevée. Cheveux drus et\ngrisonnants, visage énergique, masculin et spirituel grande, forte, un air assez imposant mais très\ncordial de grande bourgeoise ; une voix assez autoritaire, un rien aiguë: c est Madame de Thebes.\nAinsi qu'il a été convenu, sans aucune indication pouvant la guider Mme de Thebes va\nnous donner sa consultation. Mais avant, elle fait observer que ce travail est complique d une\ngrosse difficulté. Il y a lacune dans les moyens d'investigations portant sur des photographies,\net non sur des mains vivantes, dont la couleur, la température, la transparence, la consistance\naideraient considérablement dans la diagnostique.\nMèfiez-vous Madame. Ce sont peut-être des ma\nArmée de la loupe professionnelle, dans la solitude et le calme de la nuit qui font sa\nréponse assez impressionnante, Madame de Thèbes réplique :\nCondamnés à mort ?... Il yen a parfois. M\nQue les Maîtres se rassurent. Leurs mains ne portent pas le signe fatal. Ils sont tous des\ncondamnés à vivre. Les consultations que je viens d'avoir avec Madame de Thèbes et\nd'après lesquelles j'ai rédigé ces fiches et mis, si l'on peut dire, ces mains.... sur pieds... vont\nle leur prouver."}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.78", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2820, "texte": "ALFRED BRUNEAU\n0i »\nPenchant plutôt du côté des arts que des sciences. Peut-être de la musique. On d,\navoir l'inspiration si non entravée du moins réglée par un esprit très méthodique leqt.\ndoit faire aboutir cette inspiration à un résultat très appréciable, accusant une vive pe:.\nsonnalité. D'un genre plutôt sévère pouvant aller jusqu'à l'âpreté non dénuée de lyrism.\nTravail jamais désordonné ni livré au hasard. Résultat artistique dû aux qualités (,\ngrande puissance et logique indiquées par le pouce.\nIntelligence très claire, élégante et vive. Impulsif. Ne s'est pas cantonné dans m\nseul plaisir ou métier : très éclectique. Aime tous les arts, en particulier la littérature,\nmoins la poésie ou bien rarement, puisque, idéaliste et impulsif on l'est avec une gran;-\net indéfectible provision de logique perfectionnée de psychologie et d'indéniable esp:\ncritique. On ne s'enthouisiasme pas sur des apparences, si jolies, si trompeuses soient-e!k-\nOn n' est pas amateur de fantaisie, mais plutôt de réalisme.\nNous avons parlé d'impulsion. On en trouve plutôt les restes, on peut même dire,\nen donnant au mot son acception absolue : Oui, on a dû être autrefois bit;\nplus impulsif. Mais la vie vous a dressé. Il semble qu'aujourd'hui on soit prêt à tous le\ncoups de dents, sans jamais en parler, car si on n'est pas vaniteux, on est très intelligemme:\norgueilleux, pas à l'impériale, mais à l'intérieur : en dedans.\nSi on s'en rapporte aux indications de chance assez tourmentée, on n'a pas dû faire\nsa carrière sans mal. Est-ce la lenteur des bonnes circonstances tout de même appréciai\nen qualité si ce n'est en quantité ? Nous croyons plutôt que les causes d'obstructio:\ndans la réussite rapide, vinrent de cet esprit critique, manifesté par des mots à l'emporte-\npièce, par une spirituelle et carrée franchise d'opinion, qui ne devait pas revenir sur ses arrêt\npuisque l'on est un féroce entêté.\nComme on est très psychologue et d'une finesse cousine germaine de la malice,\nelle n'est sœur du même lit, comme on a une main aussi volontaire que légitimeme:\nambitieuse, on a dû arriver. Il se peut que ce ne soit pas jeune ; mais l'arrivée n'es:\npas douteuse. Elle présente une interruption assez longue, suivie d'une reprise définitive.\nLa réussite et la connaissance de la vie ont transformé l'esprit acerbe. On en a toc-\njours, mais on sait s'en servir. L'arme est maintenant sans danger pour soi sinon pourle\nautres, car elle est restée redoutable.\nAu total, on est très intelligent. C'est la grande cause d'où résultent art véritable\net cœur bienveillant.\nAvant de quitter la main, la chiromancienne insiste près du sujet pour q»\nne force pas avec des travaux excessifs son système cérébral qui, bien que résistant, de\ncependant être assez fragile, comme toutes les machines de grande précision."}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.81", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 1904, "texte": "B USSE\nCes mains ne sont pas extrêmement révélatrices. La profession du sujet n'est pas\ntrès facile à déterminer. Sans doute, une certaine allure du Mont de Venus indique l'amour\nde la musique. Quelques autres signes nous prouvent aussi que l'on est doué pour elle.\nMais, où est l'irréfutable indication qui prouverait la vocation ? Toutefois, si ces mains\nn'ont pas le paraphe absolu d'une spécialité, par contre, elles ont en elles une indiscutable\nDestinée artistique.\nBien qu'incomplète, la nature du sujet n'en est pas moins fort intéressante. Elle a\ndû manifester déjà une fort attachante vitalité intellectuelle. Ces mains son loin d etre\nneutres. Pour ne pas avoir produit l'apothéose, elles ont donné des preuves. Bien que nous\ncroyons l'inconnu plutôt musicien, admettons qu'il soit artiste peintre. Caractérisons le\ntalent, en disant que cet artiste est surtout capable de croquis, de pochades, tout à fait\nremarquables, mais pas de grandes fresques.\nCes mains sont les premières parmi les secondes.\nSoyons justes, il faut bien dire aussi que lon a contre soi une très mauvaise ligne\nde réussite. On n'est certainement pas un veinard ! Que l'on se console. Si l'on n'est pas\nle grand élu de la Chance, on est appelé dans la seconde moitié de sa vie à profiter des\nremords de la Veine, qui pourrait bien avoir des petits béguins. Par exemple n hériterait-on\npas ? Ne gagnerait-on pas un lot, sinon gros, du moins gentillet ? Cette manne serait\nbien agréable et bien utile à l'esprit d'indépendance dont on doit être pourvu, nous pour-\nrions même dire affligé. Un esprit d indépendance qui doit aller jusqu a faire oublier\nses intérêts, bien que la ligne de tête plaide en faveur dun esprit très pratique.\nAllons, que l'on se décourage pas ! Le plus dur de la partie est joue. Voici venu\nle tour des atouts, de la petite partie de consolation, la vraie, pas celle du bonneteur..."}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.82", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2708, "texte": "CHEVILLARD\nRésolu, batailleur, énergique. A lui seul le pouce gros et robustement enraciné v\nun chêne : est un aveu de volonté formidable allant jusqu'à l'emportement, jusqu'à la violer.\nIl ne s'en suit pas que ce pouce est d'un méchant. Au contraire. Bonté certaine,\nsans tendresse, faiblesse, ni niaiserie. Bonté qui doit se manifester avec une justice\ntoyable. On n'est pas le vulgaire bourru bi\nAvec un telle destinée dans les mains, serait-on un subalterne? Jamais ! S'il est s\nque l'on n'est pas fait pour obéir, on ne l'est pas davantage pour rester neutre, en deh\nde l'action. On est fait pour agir. On est qualifié pour le commandement. On de\nl'exercer avec adresse et mathématique, puisqu'on est doué d'un très belle de ligne directit\nOn ne peut souffrir la plus petite influence en aucune occasion, ce qui ne veut pas c\nirritabilité mais résolution.\nLa très grande vitalité dont on jouit, doit par moments, prendre la taille de féro\nénergie. On doit avoir une énorme puissance de travail. Il ne doit pas s'accomplir ai\nla patience et la pesanteur du bœuf creusant le sillon, mais avec impétuosité. Organi\npour le commandement, la bataille, on doit donner l'assaut, en toute conna:\nsance de cause puisque l'on est, nous l'avons dit, guidé par une remarquable lie;\nde direction. Il n'y aurait rien d'étonnant à ce que l'on soit un militaire qui aurait\nsurprenantes facultés d'intendant. En effet, la majorité des doigts, beaux et carrés appr\ntient aux gens qui ont en plus du sens pratique de la vie celui plus spécial des chiffres. 0\ndoit être accompli homme d'affaires. Est-ce dans la vie militaire ? Si c'est dans la vie civi\non est un fameux général, en redingote : grand industriel, commerçant, financier ? En toi\ncas un remueur de chiffres. Et cependant, différentes places de la main, plus le coniqi\ndoigt d'Apollon, dénoncent un véritable goût pour les Arts...\nQuoiqu'il en soit, une excellente ligne de soleil est l'indice d'une très belle réussit\nOn doit être en vue. On n'en tire pas vanité. On est simple et serviable en tou:\noccasion.\nSi dans l'exercice de son métier, on est ardent, inflexible, au repos on doit aime\nplaisanter rire et bien manger. On est plus gourmand que sensuel ? A-t-on jamais péri,\nun temps considérable avec l'amour ? C'est douteux. On a toujours dû le considérer œ\npeu comme une distraction... On est plutôt un grand affectueux qu'un grand amouretc\nOn n a pas du sen repentir, on n a pas gaspillé sa jeunesse qui a été laborieuse. On e\nappelé a réussir si ce n est deja fait, ce qui nous paraît certain. En passant, un conseil\nque l'on prenne soin de sa vessie et de ses reins qui doivent être la partie faible du su\nbien constitué dans l'ensemble."}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.85", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3151, "texte": "THÉODORE DUBOIS\nA en juger par les mains dont l'une ne ressemble pas du tout à l'autre, nous sommes\nen présence d'une nature très complexe et difficile à définir.\nDans la main droite : imagination, impulsion, prodigalité.\nDans la main gauche : réserve, terre à terre, avarice.\nCependant... on a des doigts coniques, donc on est bon, un peu à l'étourdi. Bien\nsouvent après l'on doit s'apercevoir que l'on a été... disons trop bon. Si l'on est bon avec\nimpulsion, car on est un grand, incorrigible et incurable impulsif, on doit l'être avec mé-\nlancolie, non bon d'instinct mais parce que le Monde vous paraît vraiment digne de ten-\ndresse, de pitié. C'est un idéal... On le perdra probablement avant qu'il nous reprenne...\nGrâce à un très bon cœur, on a dû presque toujours être à la disposition du prochain.\nOn a donné beaucoup. On a reçu moins. On n'a pas dû être toujours très heureux.\nEnnuis, déceptions, chagrins, sont-ils tout à fait étrangers à un farouche amour d'indé-\npendance ?\nLa sensibilité dont on est riche, est accompagnée d'une certaine réflexion ou plutôt\ndun certaine hésitation, car son impulsion n'empêche par le contrôle, le sentiment avec\nl'objet qui l'inspire... Mais c'est après. Quand il n'est plus temps ! Comme on est un grand\nimaginatif, on s'exagère les choses. D'avoir été faible, parfois dupe, on s'en veut plus qu'il\nn'est besoin. Alors, on se jure de ne plus recommencer... mais l'on réitère. Ce sera tou-\njours ainsi. Il faut mieux en prendre son parti, s'en faire une philosophie. Ce serait un\nmoyen de vivre à peu près tranquille, de ne plus être en perpétuel désaccord avec ce que\nl'on veut et ce que l'on fait.\nAvec de tels signes d'impressionnabilité, de tendresse, de prime saut, que l'on détient\nen tant qu'homme, il est vraiment bizarre que l'on soit à ce point différent, en tant\nqu'artiste. Car on doit être artiste.\nSi la main ne ment pas, on doit avoir un art sévère, impeccable.\nToutefois, cette gravité ne doit ni déplaire, ni fatiguer. Elle a son charme. Ne s'agit-il\npas dun art essentiellement harmonieux, Quoiqu'il en soit, ce genre a dû conquérir.\nOn a en effet une très jolie carrière avec précoce et très belle réputation vers trente ans. Pour-\ntant, on n'a pas dû avoir la grande impatience de se faire connaître quand même. Si on a les mains\nd un homme volontiers fier, on n'a certainement pas celles d'un ambitieux. On ne l'est pas assez.\nN'a-t-on pas eu des chagrins sérieux qui sont restés les vieux ennemis, les vieux hommes\nde mauvaise compagnie ? N'a-t-on pas été déçu en affection plutôt qu'en amour ? L'absence\ntotale de sensualité semble en effet avoir épargné les grandes aventures et les terribles\ncrises passionnelles.\nOn est en somme un cérébral. On a une intelligence très éclectique, dont l'appétit\ndoit aller parfois jusqu'à la boulimie. Partant de cela, on doit aimer, rechercher une variété,\nun renouvellement de connaissances, de vues, de sensations, qui infailliblement ont dû\nv°us faire voyager, ou tout au moins vous en ont donné le désir ardent. Le contraire\nétonnerait violemment.\nAu prochain numéro Î\nFAURÉ, GUNSBOURG, HUÉ, LAZZARI.\n\nPierre-Jobbé Duval."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c064", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c064", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 79, "image_fin": 79, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.14", "titre_corps": "Mains de M. Alfred Bruneau.", "titre_sommaire": "Mains de M. 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Ils étaient\nproprement vêtus, mais d'une façon tellement surannée qu'aucun notaire de la plus attardée\nprovince ne se fût exhibé, à notre époque, sous des accoutrements si vieillots. L'un d'eux, très\nfort, le visage gras et l'air ecclésiastique, semblait s'amuser médiocrement, bien qu'il écrivît\nsans cesse quelque chose sur un gros calepin graisseux. Ses compagnons le traitaient avec\ndéférence. Le plus petit des trois, les traits fins, le nez busqué, l'aspect fort distingué, malgré\nsa mise extrêmement modeste, affichait un état de plaisir intense. Il tressautait continuellement\nsur son fauteuil, aux rythmes de l'orchestre. Le dernier un nez fureteur chaussé de lunettes,\nsous une tignasse frisée paraissait plus préoccupé d'admirer le galbe des jolies personnes en\nscène que de suivre le spectacle.\nIl me semblait bien les reconnaître tous trois et ma raison qui, tout autre soir, eût démenti\nla rencontre, acceptait cette histoire de bonhomme Noël comme toute naturelle... L'atavisme !\nA un moment, une jeune personne, toute vêtue d'or, sa jolie tête emprisonnée dans un\nturban d'or surmonté d'une aigrette, se mit à lancer, avec des trémoussements épileptiques et\nd'ailleurs beaucoup de talent, des couplets endiablés, où il était question d'une certaine Cava-\nlieri: \" Nina, Nina, comme à ce jeu-là !...\" Le visage de mon gros vieux se dérida, il suça son\ncrayon et je vis qu'il notait, sur son carnet, le thème de la chanson célèbre Funiculi-Funicula,\nsur laquelle étaient adaptés ces couplets de la revue. Le plus petit des trois, la face épanouie,\nfrappa la cuisse de son voisin et, avec un accent allemand prononcé :\nAvouez, Franz, fit-il, que c'est épatant !\nFranz, les joues enflammées, ne quittait pas des yeux Mlle Marnac.\nEpatante ! répondit-il avec le même accent.\nMoi, je te parle de la musique !...\nMais Franz maintenant suivait des yeux Mlle Marville; et quand celle-ci s'étendit sur un\nlit de repos, dans la pose célèbre du portrait de David :\nMadame Régamier ! fit-il si haut que les femmes de la baignoire voisine éclatèrent de\nnre. Elles étaient d'ailleurs aussi stupides que richement vêtues, ces femmes, et ne connaissaient\nni Mme Récamier ni aucun des personnages historiques mis en scène.\nEt celle-là, Wolfgang ? demanda le petit père aux lunettes.\nMais Wolfgang n'écoutait plus que la musique ;\n- C'est un génie colossal, Monsieur, le compositeur de cette revue, me glissa-t-il à\n1 oreille. Quelle invention mélodique, quelle variété de rythmes, quelle abondance de coupes !\nIe n'ai pas de programme ; savez-vous le nom de ce maestro ?\nMon Dieu, Maître, ce serait long à vous expliquer. Il y a plusieurs compositeurs. Je"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.88", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3354, "texte": "vous raconterai cela tout à l'heure, si vous me permettez de vous offrir une chope à la sr-\nainsi qu'à M. Bach et à M. Schubert.\nVous nous connaissez ?\nPas personnellement, mais...\nChut, chut ! me fit Mozart, qu'un nouvel air plongeait dans l'extase.\nUne demi-heure après nous étions attablés chez un bistro. Bach demeurait silencieux r\nses deux compagnons me racontèrent que, venus pour une semaine sur la terre, ils ava\nchoisi Paris comme lieu d'excursion, parce qu'aux Champs-Elysées tous les derniers débarc\nde bonne foi affirmaient qu'actuellement l'école française offre, en musique, plus d'intérêt t\nnouveauté qu'aucune autre.\nDepuis quatre ou cinq jours, me dit Schubert, nous sommes allés aux Coiio\nSymphoniques, à l'Opéra-Comique, à l'Opéra, à la Gaîté. Nous avons entendu jouer beauc\nde notre musique, ce qui nous a flattés. Nous ne l'avons d'ailleurs pas tout de suite reconn\non la joue si fort et si vite ! Et puis nous avons entendu de la musique de vos auteurs viv?.\nNous n'y avons rien compris du tout. Mais rien de rien ! C'est un bruit vide de sens, dér\nde toute tonalité, sans la moindre trace d'idées quelconques. Je crois qu'on s'est moqué de n\nRimsky nous avait bien prévenu, le jour de notre départ.\nRimsky est un garçon si superficiel ! lâcha le père Bach, qui n'avait pas l'air d'écoir\nEnfin nous avons échoué ce soir à ce spectacle des où nous avons ei\nplaisir de. vous rencontrer. Quelle joie, cher Monsieur, quelle joie ! Nous ne comprenons\nles paroles ; la musique n'est peut-être pas toujours d'un goût parfait et manque un pet\ndéveloppement. Mais quelle verve, que de thèmes, quelle finesse de lignes si souvent et qi\norchestration logique et plantureuse ! L'excellent chef d'orchestre ! et puis quels interné-\nM. le professeur d'Udine ! Ceux de vos grands théâtres manquent de vie, de sentiment.\n\" stimmung. \" Ils ont l'air de s'ennuyer si fort, d'avoir si peur de s'extérioriser ! Leur d.\nn'est pas musicalique.\nCela s'appelle le grand style, cher Maître, la crainte de l'emphase.\nLe grand style, Seigneur Christ ! Mais c'est un de vos auteurs gaulois qui a dit .\nle style est de l'homme même. Cette Mlle Marnac, qui a de,si jolis bras et de si jolies jarak\nn'a pas peur de l'emphase. C'est vraiment une musicienne. Je crois qu'elle a beaucoup\nstyle ; il est de la femme même.\nElle entrera plus tard à l'Opéra, quand elle l'aura perdu.\nFaut-il qu'elle le perde ?\nNécessairement, pour entrer à l'Opéra.\nAlors nous n'irons plus à votre Opéra national.\nC'est comme les danses; mais je vous expliquerai cela un autre soir... Il se fait ti\net vous êtes sans doute fatigués.\nEh bien ! si vous nous faisiez le plaisir de venir demain à \" l'ôlymbia \" ? N'est-ce:\nainsi que vous dites ?\nN'y allez point, chers Maîtres! Vous verriez danser MIIe Odette Aubert ; c'est\nfort joli spectacle. Et vous y entendriez encore des airs qui vous enchanteraient. M\n1 Olympia a deja quelque chose de grandiose et de quasi officiel, qui glace les interprc:\nCertaines étoiles y dansent et y chantent d'une façon presque aussi ennuyeuse que dans\nacadémies. Nous ferions mieux d'aller soit àla Scala, où Mlle Aimée Favart ferait vos délie\nMaître Mozart, soit a Ba-Ta-Clan où, comme vous le dites, s'extériorise si puissamm:\nMlle Marthelette. Mais peut-être n'avez-vous plus qu'une soirée à passer en ce monde?\nQu'une seule, précisément."}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.89", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 41, "texte": "UNE RENCONTRE AU MUSIC-HALL\nJean d'Udine."}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.89", "debut_caractere": 47, "fin_caractere_exclue": 2880, "texte": "Eh bien ! venez à la Cigale. Je vous y retiendrai une loge. A Paris vous êtes chez moi.\nJe les quittai dans la rue. Jean Sébastien s'en fut seul se coucher et les deux autres, très\n' joyeux, s'en furent aussi se coucher.\nJe les rejoignis le lendemain, Boulevard Rochechouart. Bach avait passé sa journée à\nécrire des fugues sur Funiculi,la Mattchicheet le et un merveilleux prélude sur\nl'étonnante chanson de la Posada dans XAmour en de Valverde. Il voulut bien m'en\noffrir le manuscrit, que j'ai cédé fort avantageusement à l'excellent M. Malherbe. Je n'ai pas\nle sens historique et je préfère aux autographes peu lisibles une bonne édition de Peters.\nMozart avait improvisé, sur une table de café, trois Ouvertures fort modernes, mais d'un\nmodernisme beaucoup plus voisin de celui de M. Bosc ou de celui de M. Borel-Clerc que de\ncelui de M. Debussy. Schubert ne nous dit pas ce qu'il avait fait.\nLa soirée fut exquise. Vilbert, dans diverses scènes de la revue, en Caruso, en vieux\nmédecin et en M. Fallières, nous parut génial. Marthe Lenclud dansa et chanta ; mes invités\nlui trouvèrent plus de talent comme chanteuse que comme danseuse. Je n'osai pas leur faire\nobserver que ses jambes seules et non son gosier étaient des transfuges de l'Opéra. Ils auraient\nfini par humilier mon amour-propre de contribuable. Mais quand Miss Campton fut en scène,\nje finis par croire, avec mes trois revenants, que nous assistions au spectacle le plus parfait de\nParis.\nOn ne sait plus, disait lyriquement l'auteur des on ne sait plus si ce\nsont les mollets de cette personne qui font naître cette symphonie, dans laquelle le cappel-\nmeister a introduit une partie si ingénieuse de kleiderbtirste : Tch, tch, tch !! ! Tch, tch,\ntch! ! ! ou si c'est l'orchestre qui s'épanouit dans les mouvements de cette gracieuse divette.....\nEt puis elle chante à merveille. C'est une artiste.\nC'est une grande artiste ! affirma le père Bach.\nSi tu avais le temps de faire des démarches, Wolfgang, dit Schubert, tu devrais\ntâcher de faire monter ta Zauberflote dans un de ces cafés-concerts.\nNous nous quittâmes à regret aux environs de minuit. Mozart et Schubert voulaient\nprofiter de leurs dernières heures à Montmartre. Mais Bach s'approcha de moi dans l'ombre\ndu boulevard :\nCher Monsieur, me confia-t-il, je trouve que l'on dit beaucoup de malpropretés dans\nces établissements et, vous l'avouerai-je, j'espérais, au contraire, y voir des formes corporelles\nun peu moins gazées, un peu de la beauté antique moins parcimonieusement dévoilée.\nAh ! Maître, cher et grand Maître, lui répondis-je, je partage votre sentiment. Mais,\nil n'y a que les âmes pures, comme les nôtres, à en juger de la sorte. Il faut notre candeur pour\ntrouver les couplets de ces revues malpropres et leur mises en scène un peu trop pudibondes*\nC'est dommage.\nC'est bien dommage !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c071", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c071", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 90, "image_fin": 91, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.19", "titre_corps": "Les Musiciens Belges", "titre_sommaire": "Les Musiciens Belges", "signature_source": "Nicolas Daneau ; René Lyr", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.90", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3253, "texte": "Les Musiciens Belges\nNicolas Daneau\n\n1\nNicolas Daneau est né à Binche (province de Hainaut) en 1866. Il fît ses études à l'Athé-\nRoyal de Charleroi, puis tint un emploi dans une Banque de la région. Dès la tendre enfanj'\nil avait affirmé des dispositions exceptionnelles pour la carrière musicale. A quinze am\ncomposait déjà des marches, des mélodies, au grand chagrin de ses parents, qui firent v\npour le détourner d'une vocation pleine de menaces, il est vrai, d'incertitudes et de dan»\nComme de coutume, les objurgations, les conseils, les réprimandes furent impuissants ;\npetit employé suivait les cours de l'Académie de musique de Charleroi, sous la direction\nl'éminent chef d'orchestre Julien Simar. De jour en jour s'affermissait sa volonté d'ê-\ncompositeur : il se sentait artiste, et bientôt, rompant les rênes qui s'efforçaient àle main ter-\nbrisant d'un coup les résistances familiales, il se donna à l'art, àla musique, tout entier -\nLe conservatoire de Gand l'accueillit en 1891. Daneau avait donc vingt-cinq ans : bien qu\neût des notions très étendues et qu'il pratiquât la science harmonique, le jeune homr\ntémoignait ainsi d'une persévérance admirable. Dans la classe de composition de Sam\n(Adolphe) il conquit d'emblée et par acclamations du jury le premier prix de fugue, avec\nplus grande distinction. Deux ans après, il se présentait au concours pour le Prix de Roir\nSa fugue et son Sanctus, œuvre mémorable, le classèrent premier à l'examen préparatoir\nMais à l'épreuve définitive, il n'eut qu'une mention honorable. Il avait obtenu néanmoins tre\nsuffrages sur sept pour le second prix. La cantate imposée était Lady I] pr\nà nouveau part au même concours en 1895 et décrocha le premier second prix à l'unanimr\navec la cantate Caliirhoè. Le concours de Rome, comme tous les concours, n'a pas\nsignification au point de vue artistique, hâtons-nous de le dire : les examinateurs ont pot\nmission, non de déceler l'originalité, l'inspiration, l'audace du génie, mais d'apprécier\nmétier, la science de l'élève. Si donc, nous notons ici les distinctions remportées par Nico:\nDaneau c'est simplement à titre documentaire, et non pour lui reprocher de n'avoir pas et\nle Grand Prix !\nAu reste, sa réputation était faite. En 1896, l'Académie de Tournai l'appelait à\ndirection de ses cours. Son activité infatigable, son talent et sa haute culture donnèrent\nl'établissement une impulsion presque unique, et valurent àla cité des le bo:\nrenom qu'elle possède, grâce à ses Concerts Symd'être le petit Bayreuth de Belgique\nLe gouvernement français, qui avait conféré à notre compatriote les palmes académique,\nlui a offert îecemment la rosette d officier de l'lnstruction publique, reconnaissant, parc,\nmarques honorifiques, le mérité du musicien dont les cantates et œuvres chorales furer\nimposées aux tournois de Paris, Valenciennes, Marseille, Tourcoing, Roubaix, et autres ville\ncélèbres par les rencontres internationales dont elles sont le théâtre.\n* *\nDaneau a compose en effet de fort nombreuses cantates commémoratives et des chœur\nqui jouissent de consideiation. Rappelons la iS\n\n1 A paraître : Victor Vreuls, Paul Gilson, Lucien Mawet, Mortelmans, Eugène Isaye, Ryelandt, Ra«'\nMathieu, Jongen, Van Dooren, Gérardy, Crikboom, etc... etc..."}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.91", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3863, "texte": "0S les murs d'Anvers ; La Chasse Maudite,imposée en division d'honneur au concours de\nGenève ; les chœurs prescrits en 3e division et en division d'excellence à Anvers ; les Vaincus,\n,ur des paroles de Paul Verlaine, œuvre puissante et fougueuse, largement mouvementée et fort\nmpressionante ; Les Glaneuses de charbon, écrit en 1909, et imposé au concours de Maubeuge\n(Nord), etc...\nAu théâtre, il a donné deux opéras. Linasur un livret de Frantz Ruty, fut\nreprésenté à Tournai, Gand, Bruges, Charleroi, Anvers, avec un vif succès. Il convient de\nremarquer ici que le poème fut ébauché par Jean Poel, puis achevé par Ruty alors que\nle compositeur avait déjà réalisé en partie ses commentaires musicaux. Néanmoins, il garde\nune excellente tenue ; on y rencontre, ça et là, de beaux élans, d'agréables vers. C'est l'histoire\nd'une vendetta. L'amour des primitifs, rouge, sanglant, farouche, l'anime avec sa passion\nbrutale et sauvage, mais avec sa poésie âpre et poignante aussi. On peut lui reprocher une\ncertaine monotonie, un manque d'action, l'abus de la note romantique et de l'effet facile. Par\ncontre, la musique est variée. L'orchestration est somptueuse, pleine d'expression sonore et de\ncouleur. La partition bien ordonnée, d'une bâtisse solide, atteste une technique impeccable.\nUnario contient de belles pages, dont l'air de Giselle, le Chant funèbre, les Duos d'amour et le\nFinale mouvementé du troisième acte.C'est une œuvre remarquable, digne des meilleures scènes.\nJ'ai signalé, dans S. I. M, la représentation de poème de Charles Hervé. Diotimos,\nson héros, c'est le vagabond, le chemineau dont la destinée est de voyager toujours, de marcher,\npar les routes, de l'aube au soir, sans loi, sans roi, sans compagnon. Le libretto, une fois\nencore, manque d'action scènique. C'est la figuration d'une idylle, au sein de la vie agreste de\nl'antiquité, évoquant tels épisodes de l'odyssée ! Les qualités de la musique sont identiques à\ncelles que nous venons de reconnaître dans Orchestration fouillée, architecture\nparfaite, correction et distinction des chœurs, délicatesse de l'idée et fraîcheur mélodique. Le\nthème répondait aux dilections du compositeur. L'indépendance, la fierté du poète, lui furent\nfraternelles et la tendresse persuasive de Myrtis lui était sans doute connue. Aussi l'œuvre est\nempreinte d'une sincère émotion ; nous en retiendrons la scène l'air de\ncelui de Myrtis, le grand choral du premier acte. Ces deux opéras et ont mis\nDaneau en bonne place dans le mouvement musical belge.\nAjoutons qu'il a terminé, depuis leur représentation : le Sphynx paroles de Georges Spitz-\nmûller, d'après le roman de Maurice Vaucaire : Let du même.\nD'autre part, une nomenclature de tous ses ouvrages serait fastidieuse et longue. Presque\ntous furent édités par la maison Cranz de Bruxelles. Qu'il nous suffise d'en avoir signalé les\npages capitales.\nLa science polyphonique du musicien est étendue ; son sentiment mélodique charme et\nséduit. Il écrit merveilleusement pour la voix; ses chœurs sont toujours parfaitement homo-\ngènes, souples, fondus, bien conduits ; il excelle dans le maniement des ensembles.\n* *\nFoncièrement classique, encore qu'il use de moyens plus modernes, N. Daneau met\nson effort à traduire, avec distinction, ses ferveurs. Son tempérament est d'énergie et de force :\nf le discipline à l'archaïsme \" wagnérisant \" de ses moyens.\nSans doute ne recherche-t-il pas les combinaisons d'accords, de timbres, de sonorités rares,\n'\"entendues. Sa joie n'est pas dans la trouvaille, ni dans les singularités. Son œuvre ne révèle\npas une individualité puissamment originale, elle est pourtant personnelle par les idées et par\n' émotion. Artisan probe, 11 n'a peut-être pas dit son dernier mot : mais son talent solide\net sûr réclame attention, et sa tâche, vouée au culte du Beau, nous honore.\n\nRené Lyr."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c072", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c072", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 92, "image_fin": 98, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.20", "titre_corps": "Causerie sur le Chef d'Orchestre", "titre_sommaire": "Causerie sur le Chef d'Orchestre", "signature_source": "Emile Stiévenard", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.92", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2568, "texte": "Causerie\nsur le\nChef d'Orchestre\n\nLes méchantes langues prétendent que les médecins découvrent chaque jour à la paui\nhumanité quelque maladie nouvelle. Je crois cependant pouvoir leur en signaler une,\n\" rhabdomanie qui a échappé jusqu'ici à leur attention.\nCette affection se manifeste chez les musiciens par un dérangement cérébral dans leqc\nl'imagination est frappée d'une idée fixe: diriger un orchestre; elle présente quelqi\ncas graves où, pour satisfaire sa manie, le malade sacrifie tout : argent, famille, avenir.\nJ'ai un camarade, par exemple, qui a laissé une situation très lucrative en Amérique po.\nrevenir à Paris, afin d'y diriger quoi?... l'orchestre du théâtre de Cluny!... Je connaisi\nchâtelain de Normandie qui délaissa sa famille et son domaine durant des mois dans le l.\nunique de faire entendre aux Parisiens le répertoire symphonique. (Il est bon d'ajouter q\ncette bizarre fantaisie coûta si cher à notre rhabdomane qu'il revint chez lui parfaitement gué\nJe pourrais citer bien d'autres cas, mais à quoi bon ! Qu'on se souvienne plutôt qu'il\na quelques années cette épidémie (car la rhabdomanie est contagieuse) prit à un ceru\nmoment des proportions inquiétantes, si bien que le public se mit à bouder les concer\nappréhendant de voir un virtuose estimé friser le ridicule par sa façon de conduire les exéc.\ntants. A gesticuler avec le bâton magique, on en avait vu perdre cravate et faux-c\nenvoyer bâton et manchettes au milieu des spectateurs, ou, ce qui est plus fâcheux,\ntrouver mal d'émotion dans un passage pathétique.\nC'était risible et pénible à la fois.\nMais le plus regrettable est que de toutes ces tentatives, le résultat fut moins \\\nbrillant; il ne nous révéla aucun Richter, nul Lamoureux, même en herbe. Et pourta;\nces artistes n'étaient pas les premiers venus ! D'où vient alors cet insuccès ? Simplement\nce qu'il n'est pas donné à tout musicien de diriger habilement un orchestre, même qrn\nce musicien connaît l'harmonie, le contrepoint, la fugue, la composition et qu'il jouet\nbien d'un instrument.\nEn vérité, on ne s'improvise pas chef d'orchestre ! Indépendamment du tempérant\nartiste (qualité essentielle pour comprendre les œuvres et partant les faire exécuter dans If-\nvrai mouvement), du savoir musical et de l'expérience il y faut certaines qualités phy\nques sans lesquelles le meilleur musicien devient un chef médiocre.\nCes qualités sont :\n1. L'autorité suffisante pour imposer une attention soutenue aux exécutants.\n2. Un bras qui, par ses mouvements, a le pouvoir de faire comprendre les intente\nde celui qui le dirige."}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.93", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 3921, "texte": "Comme nous le voyons, ces deux qualités sont étrangères à l'art musical, mais n'en sont\npas moins essentielles dans la pratique.\nPar l'autorité on voit souvent accomplir des prodiges. L'hiver dernier, pour faire exé-\ncuter la messe en ré de Beethoven par 250 exécutants, dont la majeure partie étaient des\nélèves de la Schola, Monsieur d'lndy a eu autant besoin de son prestige que de son talent.\nPour interpréter une oeuvre aussi difficile, il était en effet indispensable, en cette occu-\nrence, que le chef bénéficiât d'une attention exceptionnelle de la part des exécutants. Tel\nou tel artiste de talent aurait pu diriger la messe de Beethoven à la place de M. d'lndy,\nmais nul n'aurait obtenu un résultat égal à celui auquel nous avons assisté parce que\npersonne ne pourrait, à la Schola, être écouté comme l'est M. d'lndy.\nDire pour quelles raisons un chef a ou n'a pas d'autorité allongerait par trop cette cause-\nrie, le principal est de savoir que la discipline est une condition essentielle pour obtenir de\nbelles exécutions. En définitive, l'orchestre est une machine intelligente mais passive : elle\nn'obéit qu'à celui qui sait la commander.\nA l'Opéra, quand M. Messager conduit \"La Walkyrie \" l'interprétation est bien\nsupérieure à ce qu'elle était sous la direction de M. Mangin, qui était pourtant, lui aussi,\nun solide musicien. Pourquoi donc cette différence ? Parce que M. Messager a de l'autorité\net que M. Mangin n'en avait pas; aujourd'hui tout le monde fait attention et regarde le chef,\ntandis que naguère il en était autrement.\nIl n'est pas indispensable toutefois d'avoir la notoriété de M. d'lndy ou de M. Messager\npour s'imposer à un orchestre, on peut même être complètement inconnu en se présentant\npour la première fois aux exécutants, et, après quelques minutes d'exercice avoir gagné la\nconfiance et, par conséquent, l'attention nécessaire qui permet de mettre en valeur tous les\ndétails d'une oeuvre musicale. Ceci est affaire d'expérience, de tact et de fermeté de caractère.\nA ce sujet, je ne puis oublier comment le Kapellmeister Mengelberg se présenta à un\norchestre parisien : sans discours préalable et très simplement, il demanda au moment de\ncommencer sa répétition que l'on changeât la place habituelle de quelques instrumentistes ;\npuis, sans partition, sachant d'avance ce qu'il voulait, et ce que chaque instrument pouvait\nlui donner, il tint l'orchestre durant deux heures sur une ouverture de Beethoven que\ntout le monde savait à peu près par cœur. Les exécutants, interloquées tout d'abord par\nun pareil bouleversement dans leurs habitudes, comprirent vite qu'ils avaient affaire à quelqu'un\nqui savait, qui pouvait et qui voulait; ils en eurent la preuve au concert où l'ouverture\nainsi travaillée fut bissée d'enthousiasme.\nLa qualité du bras est un don physique qui tient à l'être humain lui-même. La pra-\ntique peut développer ce don chez ceux qui y sont prédisposés; mais, chez ceux qui n'ont\npas de prédisposition antérieure l'éducation la plus soignée ne donnera rien; ils resteront\ndevant une barrière fermée. C'est pourquoi l'on voit des chefs d'orchestre ayant 25 ans\nd'exercice être inférieurs à de quasi-débutants.\nL'habitude défaire de l'orchestre permet d'apprécier l'importance du bras directeur; on\nse rend compte comment certains gestes défectueux du chef peuvent jeter du désordre dans\n1* polyphonie, combien une mesure molle ou imprécise rend les interprètes hésitants et\noccasionne inévitablement des accrocs dans l'exécution.\nA ce propos je dois signaler ici un petit fait amusant qui se produit quand 1 orchestre est\ndirigé par un débutant : lorsque celui-ci veut commencer un morceau et qu'il fait le signe\ndu départ Souvent, au lieu de l'attaque générale qu'il croit commander avec sa baguette,\nil bat son premier temps à vide (c'est-à-dirc sans un départ) au grand etonnement de tout le\nmonde et surtout au sien."}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.94", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3835, "texte": "Quand ce \" faux-départ \" se produit, le débutant chef d'orchestre croit assez\nque cet accident est la conséquence de l'inattention des exécutants, tandis qu'en\nil provient de ce que personne n'a saisi le signe indiquant l'attaque.\nLe fait précédent n'est d'ailleurs qu'un indice d'une bizarrerie que je m'explique n\nla fonction de chef d'orchestre a une tendance à griser le titulaire de cette fonction au po\nde lui faire perdre la notion de la vérité dans bien des cas.\nPar exemple, après un grand succès orchestral alors que toute la salle appiau\n(comme cela arrive généralement après les ouvertures de \" Léonore \" ou du u\nd'Ys \") vous voyez le chef saluer avec un air de fierté, un air qui dit : \" Comme je £\nle faire marcher orchestre, hein !\" La valeur de l'œuvre on n'y pense guère\nplus d ailleurs qu a la cohésion des instrumentistes. Le chef seul récolte les lauriers\nmeme quand il na ete qu une brindille emportée par l'enthousiasme des exécutai\nJai assisté un jour à une audition du concerto pour piano de Schumann qui ff;\"\nfait voir les dernières limites où peut aller ce non-sens. L'orchestre était excellent fi\nplupart des instrumentistes étaient de la Société des concerts du Conservatoire) et le pians-\njouait très bien sa partie. Seul, le chef d'orchestre ne connaissait pas ce concerto e*\ncomme cela arrive trop souvent hélas ! il n'avait pas pris la précaution de le lire ava-\nla répétition.\nQu arriva-t-il ? A la répétition, le chef suivit tant bien que mal ce qu'il entendait, nia\nau concert il voulut faire sentir qu'il était là (le malheureux !) et, pour ne parler que\nfinal du concerto, il se mit à presser le mouvement au point que le pianiste et l'orchest-\nétaient sur des charbons ardents afin de suivre la folle baguette et éviter par cela une dérou;-\nL'œuvre se termina néanmoins sans accroc grâce à la qualité exceptionnelle des exécutan:\nependant, le chef qui 11 avait rien compris à l'œuvre, ni vu goutte dans sa partition salua\navec la satisfaction de quelqu'un qui aurait fait un acte héroïque.\nJe \\iens de parier ici d un vulgaire batteur de mesure, regardons maintenant du côté de\nvrais artistes; nous n'aurons pas de peine à découvrir que beaucoup de compositeurs éméritt\nsont des chefs d'orchestre maladroits.\nN avons-nous pas vu aux festivals russes, à l'Opéra, un maître illustre dirigeant la neu-\nvième symphonie de Beethoven; ce soir-là, pour qui regardait et écoutait ce n'était pas 1\nchef qui conduisait 1 orchestre, mais l'orchestre qui conduisait le chef. (Ce fut d'ailleurs for\nheureux, car le contraire eut amené une débâcle à certains changements de mouvement\nPersonne ne contestera pourtant le talent de ce musicien, pas plus que le bon vouloir de\nexécutants. Le mal venait tout bonnement du manque de vigueur et de précision dans It\nbras directeur.\nLe cas précédent n est pas isolé, et Beethoven gâta souvent l'exécution de ses symphonie\nen voulant les diriger. Mais il n'est pas utile de remonter si loin. Il me souvient duce\nrépétition d'un grand orchestre, répétition où quelques compositeurs étaient chargés de pré-\nsenter une de leurs œuvres en la faisant exécuter eux-mêmes. Certes, ces auteurs avaient\ndu talent et connaissaient, comme on peut croire, leur partition. Malgré cela, les exécution\nfurent en général médiocres ; ces chefs d'orchestre improvisés étaient d'une insigne gaucherie\net avec les meilleures intentions du monde ils nuisaient à l'interprétation de leur propre\npensee musicale. '\nPourquoi Charles Lamoureux fut-il un chef incomparable ? Parce qu'il avait une grande\nautorite sur ses artistes, une mesure énergique et précise, une volonté de fer et un tempéra-\nment très artiste. (Quel est le chef d'orchestre assez audacieux aujourd'hui pour se permettre\ne tenir cent personnes de 9 heures du matin à 2 heures de l'après-midi, c'est-à-dire dure:"}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.96", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 3999, "texte": "cinq heures de suite, sous prétexte que l'interprétation d'une oeuvre ne répond pas à ses\nvues? C'est pourtant ce que faisait Lamoureux au cirque des Champs Elysées, et cela parfois\npar un froid sibérien.\nPour Lamoureux, l'art passait avant toute autre considération et pour rien au monde\nil n'aurait laissé un détail d'exécution indécis à la répétition qui précédait le concert. Je l'ai\nvu changer son programme la veille du concert dominical et remplacer le concerto de\nLiszt par un autre morceau, parce que le pianiste Harold Bauer avait voulu, à la répétition,\nlaisser un petit intervalle entre la terminaison de l'orchestre et le premier solo du piano.\nLamoureux jugeait ce silence dangereux pour sa direction et s'obstinait à n'en pas vouloir.\nLe pianiste de son côté fut aussi entêté, si bien qu'après avoir recommencé plusieurs fois sans\nconcession de part ni d'autre le virtuose ferma brusquement le couvercle du clavier et quitta la\nsalle. La répétition du concerto n'alla pas plus loin que le premier accord du piano.\nAvouons qu'il serait difficile de faire de la musique si tous les artistes étaient aussi peu\nconciliants. On peut obtenir d'excellents résultats sans pousser l'intransigeance trop loin,\nd'autant que certains chefs obtiennent en parlant courtoisement ce que d'autres ne peuvent\nobtenir par des moyens brusques.\nJamais, par exemple, je n'ai eu une idée aussi nette de ce qu'est un véritable chef\net de ce qui le différencie d'un batteur de mesure, qu'il y a deux ans quand Mottl est\nvenu diriger l'orchestre Chevillard.\nAvec une seule répétition, Mottl, par ses qualités naturelles et sa grande expérience\nput jouer de l'orchestre avec une aisance et une précision inouïes. Son visage réflétait le\nplaisir qu'il éprouvait de voir ses intentions comprises et fidèlement rendues. Au moyen\nde signes imperceptibles (pour les personnes étrangères aux choses de l'orchestre) Mottl\njouait de l'orchestre avec le même plaisir que Planté joue du piano. Les cent musiciens\nn'étaient plus pour lui qu'un seul instrument souple et intelligent qui traduisait sa compré-\nhension musicale. Dans des cas semblables, le fâcheux intermédiaire, dont parle Berlioz\ndans son \"Art du Chef d'orchestre\", n'existe plus; la pensée du compositeur arrive sans\naucune déformation à l'âme de l'auditeur, et c'est là proprement ce qui constitue les belles\ninterprétations.\nL'on voit souvent un même chef diriger et des concerts et des représentations lyriques.\nCes deux fonctions ne sont pas sans doute incompatibles; elles demandent cependant chacune\ndes aptitudes particulières, si bien que l'on peut exceller au concert et se montrer quelconque\nau théâtre, et réciproquement. Cela est affaire de tempérament et de caractère. Au théâtre\nplus qu'au concert, le chef a de la difficulté à tenir en main tout son monde; la rampe est\nun obstacle permanent à un bon ensemble entre les artistes de la scène et ceux de l'orchestre.\nD'autre part, l'action scènique et l'indifférence des chanteurs pour la mesure sont des points\ndélicats qui ne se règlent qu'avec de l'autorité, de la souplesse, et un esprit toujours en éveil sur\nles passages où peuvent se produire des écarts de mesure. Si, par exemple, un chanteur\n(à tort ou à raison) presse ou retarde le mouvement par instant, il est indispensable que le\nchef soit prêt à suivre ces changements avec adresse, afin d'éviter que l'unité de mesure\nne soit rompue entre les acteurs et les musiciens.\nPrécipiter la fin d'une phrase à un artiste, laisser s'établir un balancement entre la scène\net l'orchestre, manifester de l'impatience par paroles ou par coups de baguette sur le pupitre,\nsont autant de fautes qui déroutent les exécutants et gênent les auditeurs. L'attention n est\nplus dès lors sur l'œuvre interprétée mais sur le chef.\nIl est donc de la plus haute importance de garder son sang-froid au pupitre directorial du\nthéâtre. Cependant tous les tempéraments ne s'y prêtent pas. Alex. Luigini était un modèle"}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.97", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4066, "texte": "parfait à ce point de vue. Je le vois encore conduisant les représentations de \" l'Ou-\ngan\" à l'Opéra-Comique ; pour suivre la première chanteuse (qui était alors Mc Dell\nou plutôt pour atténuer ses écarts de mesure, Luigini était obligé durant les 4 actes c\nl'ouvrage de faire des prodiges d'adresse afin d'éviter qu'à tout moment la scène ne distend\nl'orchestre, ou réciproquement. Il fallait à Luigini plus que du talent et de l'expérience\nil lui fallait une mesure extrêmement souple et une présence d'esprit rare.\nSuivre les chanteurs est évidemment nécessaire dans une certaine limite et les bons che\nd'orchestre s'y prêtent quand l'intérêt artistique est en jeu, mais ce qui serait préférable dans la\nplupart des cas c'est que les chanteurs veuillent bien tenir compte du mouvement. Au théâtre\"\ndès que commence l'exécution il ne doit y avoir qu'un maître: le chef d'orchestre. Ç\nprincipe est en vigueur dans certains théâtres étrangers et il y donne d'excellents résulta-\nChez nous, au contraire, la plupart des chefs se plient aux mouvements fantaisistes des char,\nteurs. La conséquence en est doublement fâcheuse : d'abord l'œuvre interprétée en souffre\nensuite les exécutants ne se sentant plus tenus par une direction ferme se laissent aile-\ninsensiblement à un manque d'attention qui conduit à la cacophonie.\nAu concert ces malentendus ont moins de raisons de se produire. Ici, tous les exécutant;\nsont assis, et partant, forcément plus attentifs aux indications du chef que s'ils avaient\npenser à une action scènique. Et puis surtout, ils sont groupés.\nLe groupement permet au chef d'avoir tout le monde en quelque sorte sous la main, e;\nde plus il lui donne l'occasion, quand il est expérimenté, d'user par moment, commeir\ndirai-je... d'un peu de cabotinage dans ses gestes et sa mimique, en vue d'échauffer l'ima.\ngination des exécutants et d'obtenir par cet artifice le maximum de puissance dans le\ngrandes envolées musicales.\nLe chef étant en définitive l'âme de l'orchestre, tous ses faits et gestes influencent les\nexécutants; s'il sent fortement l'œuvre qu'il dirige, son émotion se reflète sur son visas\net se communique aux interprètes. Ce fait a été reconnu si précieux que certains Kapell-\nmeisters (Nikisch et Weintgarner entre autres) l'emploient avec succès.\nPosséder une haute culture musicale, être doué d'un tempérament artiste et de qualité\nphysiques propres à se faire comprendre et à se faire obéir, ne constituent pas encore le che:\ncomplet. Il y faut 1 apprentissage. Mille détails dont chacun a son importance pratique\nne s apprennent qu'à l'école du chef d'orchestre. Effectivement cette école existe et a existé de\ntout temps, mais beaucoup de musiciens paraissent l'ignorer. Certains l'ignorent même\nau point d'avoir préconisé la création d'une classe spéciale au Conservatoire. Mais à que\nbon, Grand Dieu ! cette classe est vivante : c'est l'orchestre lui-même.\nC'est en faisant de l'orchestre que se sont formés la plupart des grands chefs tels que\nLamouieux, Taffanel, Colonne et Luigini, pour ne citer que des Français qui ne sont plus.\nL oichestre est en quelque sorte 1 atelier ou se montent pièce par pièce les œuvres musicale\nC est donc la que le musicien qui veut devenir chef peut apprendre ce qu'il lui est\nindispensable de savoir au point de vue matériel de l'exécution. A l'exemple de ce qu\nse fait en Allemagne ou 1 ingénieur, au sortir de l'école entre dans un atelier en qualité\nd ouvrier afin de mettre en application ses connaissances acquises; ainsi, en travaillant\nà 1 orchestre, le musicien saura comment se comporte chacun des rouages de son intelligente\nmachine. Une foule de riens, inaperçus de ceux qui n'y prêtent pas attention, deviendront\npour lui des indications utiles. Il se rendra compte de ce que peuvent donner respective-\nment les instiuments comme force et comme douceur; (peu de chefs savent obtenir li\ngamme des nuances entre les deux pôles de la dynamique : le pianissimo et le fortissimo ; J'Ï\nmeme iemarqué que dans les orchestres où l'on fait beaucoup de musique on a une"}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.98", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1072, "texte": "tendance à rester dans un permanent mezzoforte); comment on fait partir et comment on\narrête avec sûreté; les gestes utiles et les gestes nuisibles à l'ensemble ; la manière de faire\ntravailler un passage scabreux; pourquoi certains traits exécutés par tels ou tels instruments\nmanquent d'unité; l'avantage de battre les temps à certains moments, la division des\ntemps à certains autres; pourquoi tel ou tel instrument ne joue pas juste dans certains cas,\net comment on peut corriger ces défauts. (Combien y a-t-il de chefs d'orchestres qui sachent\nque dans la nuance \" pianissimo \" la flûte, de par sa nature, joue trop bas, tandis que la\nclarinette au contraire joue trop haut.)\nLa connaissance de tous ces détails s'acquiert par la pratique et non par les manuels.\nEn résumé, tout musicien peut, avec quelque talent, devenir un batteur de mesure, mais\nrares sont ceux qui possèdent les qualités du vrai chef, c'est-à-dire de celui qui obtient d'un\norchestre tout ce qu'il peut donner pour le bien de l'art musical.\n\nEmile Stiévenard"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c075", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c075", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 95, "image_fin": 95, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.21", "titre_corps": "M. 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Guérillot", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.99", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3489, "texte": "Théâtres et Concerts\n\nLE MIRACLE, opéra de M. Georges Hiïe, livret de M.M. Gheusi et Miranne.\nCouvrons d'abord de fleurs M\"e Chenal et M. Muratore, deux des plus belles voix qu,\nnons ayons en France, et félicitons le maître Vidal dont les bras vigilants soutiennent pendan-\nquatre heures l'édifice sonore de Georges Hue. Et puis cherchons ce qu'il conviendrait de dire\nsur ce nouvel opéra. Ce n est pas très facile. Il n'y a rien qui enflamme particulièrement ni\nqui rebute, dans cette belle maison a cinq etages de style flamboyant, où vraiment tout est\ninstalle P notre commodité. Les auteurs sont partis de cette conception, vieille comme\nl'opéra lui-même et qui consiste à se mettre enquête d'un prétexte à offrir à un musicien\nScribe ne procédait pas autrement et Meyerbeer s'en trouvait bien. Le malheur est qu'un\ncertain Wagner est venu boulverser cette entente cordiale du librettiste et du musicien, et\nqu il a réussi (le misérable !) a mettre à la mode un art qui précisément ne se contente plu;\nde prétextes, mais réclame autre chose. De là un malentendu dont le Miracle n'est pas seul à\nsouffrir. Un musicien raffine et subtil comme Georges Hue possède toute la technique qui est\nla résultante musicale du drame wagnérien. Un librettiste comme M. X. survient et lui donne\n1 occasion de se comporter comme un musicien de 1840. Il s'en suit un je ne sais quoi, qui\nn'a ni les mérites de pur agrément de l'ancien opéra, ni la portée du drame wagnérien, et qui\nflotte entre toutes les sympathies, sans pouvoir s'en assurer aucune.\nLe grand coupable là dedans, voyez-vous, c'est Wagner ou plutôt encore Wahnfried, qui\na laissé tous les bienfaits du wagnérisme à la merci de notre Académie Nationale de musique\nJe me souviens qu'étant dans le salon de Mm* Wagner il y a quinze ans, je me permis dé\nblâmer vivement la concession de toutes les œuvres wagnériennes qui allait être accordée\nà notre Opéra de Paris. Livrer ces drames lyriques à une institution créée pour une esthétique\nabsolument et reposant sur des exigences que ces drames avaient précisément pour\nmission de ruiner, c'était commettre non pas seulement une dangereuse hardiesse, mais une\nvéritable imprudence. Ce que tout le monde pouvait alors prévoir est arrivé. La caricature de\nWagner s est installée chez nous comme un modèle. La musique dont Wagner voulait faire un\nmoyen, est redevenu le but. Et nous nous retrouvons aujourd'hui, après dix ans d'expériences\ncontinuellement faussées, au point où Meyerbeer nous avait laissés. On recommence à dresser\ndes mises en scènes et des intrigues pour permettre à des musiciens de s'y étaler. Et c'est\nlogique car l'opéra n'est pas capable d'autre chose. Son hérédité, son public et son dispositif\nmeme obligent à être un divertissement. Pourquoi s'insurger contre le bon sens et l'histoire?\nQue 1 opéra nous donne donc des pièces divertissantes. Il vivra et prospérera. Avec\net la, l/euve ll sera, dans 1a réalité et dans le succès.\nMais qu'on cesse de mettre d'excellents artistes comme Georges Hue à la torture pour\nnous imposer ce dont personne ne veut. Qu'on cesse d'employer un style musical, créé par la\np 1 osophie et les besoins d'un génie universel, pour couvrir quelques tableaux vivants, et\nquelques fariboles d une archéologie douteuse. Si la musique est de nouveau le principal et la\npiece 1 accessoire, fort bien, je n'y vois pas d'inconvénient, surtout à l'opéra. Mais alors qu'elle\nvise a effet et qu elle 1 obtienne. Et le malentendu se dissipera.\nJ. E."}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.100", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4201, "texte": "Le Conservatoire observe sagement la trêve des confiseurs. Il n'y eut donc qu'un concert\nen Décembre, éclectique et intéressant. Quatre ou cinq illustres morts: Lotti, Costeley, Mozart,\nMendelssohn, Schumann et un vivant, très vivant, M. Paul Dukas avec son éxubérant Apprenti\nSorcier. Le Concerto de violon en ré, de Mozart, eut un interprète digne de lui en M. Henri\nMarteau qui, après de grands succès en Allemagne, se souvient qu'il doit un peu à son pays\nson beau et pur talent. Quelques jours après, il donnait Salle Gaveau, avec l'Orchestre Sechiari,\nle beau Concerto de Théodore Dubois. Il n'y a que des chœurs du Conservatoire pour chanter\nabsolument bien à Cappella et nous faire savourer les exquises petites choses de la Renaissance\nFrançaise ou les pages austères de l'Ecole Palestrinienne. Le songe d'une nuit d'été ne vieillit\npas. Dussions-nous paraître vieux jeux, avouons que Mendelssohn a écrit quelques œuvres\nacceptables et que celle-ci est du nombre. Avec tout l'auditoire nous l'avons vigoureusement\napplaudie. Mais que deviendront ces délicatesses dans la future salle, hélas ?\nM. Siegfried Wagner et M. Vidal ont suppléé M. Chevillard dans deux de ces quatre\nmatinées du mois. Le premier a eu un succès prévu de snobisme, bien qu'il n'en fût pas à son\ndébut ici et, par contre, un accueil très froid prévu aussi de la critique. Qu'il est difficile\nde faire apprécier exactement des œuvres pourtant estimables, intéressantes même et bien\nécrites, comme ce que nous entendîmes de Sternengebot et du duc Wildfang, quand on les\nsigne d'un tel nom ! Comme chef-d'orchestre, on a trouvé à M. Siegfried Wagner de la\nmollesse. C'est possible, mais il lui eût fallu toutes les perfections pour qu'on lui reconnût\nquelques qualités, or il n'est pas parfait. Deux lignes aux autres nouveautés du mois. Des\nfragments symphoniques des frères Hillemacher extraits de leur drame lyrique Claudie, ont\nplu par leur joliesse délicate. En Bohême, de Balakirew, n'ajoute rien à sa gloire. Voilà pour\nles nouveautés. Il serait juste cependant d'y comprendre, malgré les deux cent cinquante ans\nqui nous séparent du Père de la musique Allemande, les deux Cantates de Schûtz qui furent\ndonnées le 18 décembre, car de cet admirable musicien si puissant et si expressif nous ignorons\npresque tout. Mmc Raunay les chanta avec goût. On ne lui reprochera pas d'être exclusive\nd'opinions car elle avait chanté quelques jours auparavant la Fille de Jephté, de Carissimi, dans\nune soirée à laquelle contribuèrent les Chœurs de la Cœcilia et l'Orchestre Lamoureux, et,\nquelques jours après, la Belle Hélène, d'Offenbach, au profit de l'œuvre des Trente ans de\nThéâtre.\nComme autres solistes, nous eûmes M. Van Dyck, dans Wagner, bien entendu, et M. Harold\nBauer, grand artiste et grand pianiste, dans les Variations Symphoniques de Franck.\nLes programmes du Chatelet sont toujours très touflus. Il y règne un peu du désordre qui\nse mettra bientôt dans l'Orchestre si M. Pierné ne tient pas d'une main ferme les rênes du\ngouvernement. Toutefois n'exagérons rien, le mois fut intéressant puisqu'il nous valut des\noeuvres comme le Ménétrier, de M. d'Ollone et surtout le premier acte de Guercœur, de\nM. Albéric Magnard. Le Ménétrier est un poème symphonique pour Violon principal et pour\nOrchestre ; le sujet en est vraiment musical et a été musicalement traité avec une pureté et\nune distinction incontestables, dans une teinte un peu trop uniforme de mélancolie. Ce n'est\npas parfait, c'est très bien. M. Enesco tint en grand artiste et en grand violoniste comme\ntoujours, le rôle du violon principal. A ce même concert il fut moins heureux avec sa sym-\nphonie concertante j'allais écrire déconcertante pour violoncelle et orchestre, œuvre\nincohérente et sincèrement ennuyeuse, que M. Salmon ne put sauver, malgré tout son talent.\nLe 18, après une Hymne pour voix d'hommes, de César Franck, inédite en France, de\nbelle tenue, mais peu marquante en somme, nous eûmes le premier acte de Guercœur.\nLouons d'abord l'exécution, surtout la partie vocale, et soyons brefs sur l'œuvre dont S. I. M.\nparlera sans doute avec détails. Ce premier acte vaut par la musique, car, dramatiquement, il"}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.101", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2945, "texte": "languit. Des abstractions: Vérité, Beauté, Souffrance, et pas d'Action. Mais ces idées,\nrêves n'est-ce pas le vrai domaine de la musique ? M. Magnard l'a compris et l'inspiration |t\nest venue, abondamment et clairement mélodique, toujours distinguée de forme, soutenue n-.-\npar un orchestre original mais bien équilibré. Espérons une deuxième audition à brève échéant\npour confirmer ce succès.\nS. I. M. que M. Sechiari affecte d'ignorer, aurait quelque droit d'ignorer ses concert;\nNous y fûmes cependant et entendîmes l'exquise Symphonie concertante pour violon et alto\nde Mozart, la Bme8me de Beethoven, dirigée lentement dans les deuxième et troisième mouvements\nune belle œuvre, un peu courte, de M. Sibelius, le Cygne de Tonuela, un insignifia-\nConcertstuck, pour piano de M. Brands-Buys, une Symphonie agréable mais peu personnelle\nde M. X. Scharwenka, enfin le Concerto de violoncelle de Lalo fort bien joué par M. Hekkim\n(d'Amsterdam).\nM. Hasselmans jeune et infatigable, donna trois Concerts. Son orchestre est toujour\nun peu inégal mais en progrès certain. Disons seulement qu'il fut excellent dans les Impres-\nsions d'ltalie de Charpentier, rarement mieux jouées, dans l'Entre Acte de Messidor, dar\nAntar. Il y eut plusieurs nouveautés, de valeur inégale aussi. Soror Dolorosa de M. Carraud,\nest une page d'un beau caractère où l'équilibre entre la voix et l'orchestre, sagement observé,\ndonne à la musique une expression profonde. Ancun effet banal dans l'orchestre, rie\nd'inutile ni d'inexpressif ; la voix mettant en valet:\nles intentions du poème et n'abdiquant par son rôle\nprépondérant. Mlle Bréval y fut excellente. Le<\nElfes, poème de Leconte de Lisle, sur lequel M.\nLabori a écrit de la musique n'a pu être sauvé pa:\nMnie Litvinne. Une certaine adresse dans les ryth-\nmes ne remédie pas à la monotonie d'un refait\nde deux vers obstinément répétés par le chœur. J'a\nressenti aux Funérailles du Poète, poème sympho-\nnique de M. Max d'Ollone, de l'émotion, certaine-\nment. Cette œuvre, inspirée d'une page de M\nBarrés sur les funérailles de V. Hugo, donne, sans\nprocédés soi disant descriptifs l'impression de I 2\nfoule silencieuse roulant ses vagues par les ruts.\nC'est une évocation très réussie. De M. Richarii\nStrauss, M. Wurmser pianiste prestigieux, joua une\n\" Burlesque \", peu burlesque, mais assez intéres-\nsante en somme, quoi qu'on en ait dit. Il y a là,\ncomme c'était à prévoir, quelques jolis effets, de\ntimbales notamment. Quoique déjà jouée une oc\ndeux fois, la Symphonie Sacra de M. Widor es:\npresque une nouveauté. Cette grande et puissante\nœuvre, écrite sur un thème liturgique, est une de;\nmeilleures de l'auteur. La fugue qui la termine s\nune majestueuse ampleur.\nL'Opéra Comique continue par les Maître;\nVénitiens et Napolitains du Bel Canto son histoire\nde la mélodie, œuvres intéressantes par certains\ndétails mais dont on comprend que le succès ait peu duré. Ne médisons pas trop cependant de"}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.102", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4172, "texte": "cet amuseur exquis de Pergolèse, de Léo et de Jomelli savants et dramatiques. Et puis n'est-il\npas agréable d'entendre Mlle Raveau, Mlle Nicot Vauchelet, Mlle Brohly, MIIe Mérentié,\nMlle Heilbronner, Mlle Lutz, MM. Francell, Coulomb, Gilles, Belhomme\nAla Salle Mors, Mœe Hugon ne danse pas, elle mime, elle transforme la musique en\ninterprétations expressives. Elle a eu le plus grand succès dans des œuvres de Bœllmann,\nGrieg, Debussy et Rameau. Elle représente chez nous une émule d'lsadora Duncan, et\nmontre combien le problème rythmique intéresse en ce moment l'artiste et le public. Il faut\nespérer que ces tentatives renouvelleront ce que notre orchestique a de vieillot et de suranné.\nAla Société Philharmonique, Mme Povla Frisch, bien en voix, a chanté toute une série\nde lieder avec une réelle souplesse et une profonde intelligence des œuvres, et M. Ernest\nSchelling, pianiste fin et discret, a fait une délicate impression. En aurions-nous fini avec les\ndompteurs de piano qui nous ont terrifiés trop souvent ces dernières années ?\nLa Société J. S. Bach a enfin donné la première partie de la Passion selon S'. Mathieu,\navec une solennité qui a un peu refroidi cette grande œuvre avec un éclatant succès.\nExécution précise et qu'on ne saurait trop louer dans l'ensemble, chœurs d'une bonne sonorité,\nhomogènes et justes, orchestre presque parfait. Des solistes, c'est surtout à Mme Kaempert\n(mezzo), et à M. Baldzum (ténor) que doivent aller les éloges.\nC'est par l'Ode à Ste Cécile que la Société Haendel a fêté son patron. Ce serait exagérer\nque de dire que l'œuvre n'a pas vieilli, mais cette glorification des divers instruments\n(violoncelle, trompette, timbale, violon, flûte et orgue) accompagnant chacun en solo un air\nde chant, est assez curieuse. L'air avec violoncelle est très beau, très expressif et l'air avec\ntrompette que chante le ténor a de l'allure. L'ouverture est suivant l'usage de Haendel, prise\ndans d'autres œuvres, dans des Concertos d'orgue. Mme Mellot Joubert chanta agréablement.\nIl y eut encore des fragments de l'Allégro e il Pensieroso, un concerto de Harpe, des Noëls,\npour orgue, de Nicolas Lebègue, etc... mais il n'y eut pas autant de monde dans la salle\nque le méritait l'œuvre intéressante et de dévouement artistique de MM. Raugel et Borrel.\nSans valoir le premier, tout en œuvres de Moussorgski, les trois derniers concerts de\nMme Olénine et de M. Cortot ont été des meilleurs de l'hiver, bien certainement. Ces deux\nadmirables artistes vous donnent la compréhension absolue d'une œuvre, vous la révèlent. Les\nKinderscenen, de Schumann, la Chambre d'enfants de Moussorgski n'existaient pas pour nous\navant eux. Mme Olénine n'est pas une cantatrice parfaite, elle est beaucoup mieux. Mais il\nfaudrait entrer dans le détail de ces quatre soirées. Une ligne seulement sur les concours pour\nl'harmonisation de chants populaires russes, écossais et autres. Nous nous sommes laissé dire\nque l'intervention de son illustre père n'avait pas nuit au classement du Comte Serge Tolstoï.\nMM. Ravel et Paul Vidal, n'ont eu besoin de personne pour triompher l'année suivante.\nIl y a là un accompagnement d'une chanson espagnole par M. Ravel qui est une petite\nmerveille, \"un milagrito,\" plusieurs de M. Vidal qui sont parfaits de style et d'harmonies.\nIl faudrait parler aussi de la Schola qui commença son hiver par une séance consacrée à\nla suite ancienne et moderne (œuvres de Bach, Hasndel, MM. d'lndy et Debussy dirigées\npar M. Marcel Labey), et une autre de Motets et de Madrigaux très intéressante, conduite\npar M. d'lndy. Melle Selva a donné en décembre quatre séances sur l'histoire de la Sonate pour\npiano, qu'elle est mieux que personne à même d'illustrer. Elle y eut un vif succès. Une autre\nprofesseur de la Schola, Mtlle Claire Hugon y donna un beau concert de chant ancien\n(Monteverde, Haendel, Haydn) et moderne (Chausson et M. Dupin).\nAutres programmes didactiques. M. Lejeune continue cette année l'histoire du Quatuor\nà Cordes par l'Ecole Tchèque. Première séance avec le Quatuor en mi-mineur, de Smetana,\nqu'on entend toujours avec intérêt, un autre peu caractéristique d'un certain Zach, du"}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.103", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1783, "texte": "XVIIIe, une jolie suite pour harpe, de Krumpholz, de la même époque et de curieuses J\ndies populaires. (Mme Sorga a une belle et puissante voix).\nRappelons encore les séances du Pax-Quatuor, celles de l'Union des femmes professer\net compositeurs (le Quatuor féminin Leroux, à la matinée du 19, nous a plu par sa sonor\nhomogène et son exécution intelligente), celles de la u Sourdine \" (Quatuor Lederer\nvraiment excellent et à la soirée du 20, M. Charles René au piano avec son autorité et;;\nmaîtrise habituelles. Celle de Mmes Sorga, Delherba et Wormere toute imprégnée d'un\nferveur mystique et vibrante (Caldara, Scarlatti, Hândel).\nVoici deux charmantes reconstitutions que nous mentionnons bien tardivement:;\nsamedis du Théâtre de Madame, au Gymnase où, après une conférence spirituelle et doct.\nmentee de Mme Yvette Guilbert, on entendit toute une serie de chansons françaises ancienne\net 1 amusant Devin du Village, de Rousseau, chanté et dansé en costumes et décors, avecu:\nénorme succès ; puis le Théâtre de Monsieur, ressuscité rue des Mathurins par M. Victo:\nSilvestre qui, après une parade, de Collé, donna Annette et Lubin, de Mme Favart et Biais\net Ie Tableau parlant, de Grétry. Souhaitons vie et bonheur à ces deux tentatives artistique*\nLes Concerts Rouge et les Concerts Touche sont des œuvres puissantes de vulgarisatior\nLeurs programmes sont d'une incroyable variété. Le 20, M. Touche a donné l'or du Rhi\nintégralement, avec de bons artistes, dont l'excellente cantatrice Mme Chadeigne.\nil Trois lignes enfin pour mentionner une soirée de vraie musique donnée par une associa-\ntion provinciale à Paris (l'Orne), où nous entendîmes M. Gilles, de l'Opéra Comique c\nMelle Suzanne Decourt qui en sera bientôt, si nous ne nous trompons ; enfin le Lyceum, 0."}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.104", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 574, "texte": "la musique tient toujours une grande place : le 2 décembre inauguration du nouvel hôtel avec\nun orchestre conduit par M. Le Borne interprétant des œuvres de membres du cercle\n(Mmeß de Polignac, Gignoux, Constantin Gilles, Paul Simon) et des artistes comme\nMD'e Delhez et M£ll<? Marthe Girod ;le 9, œuvres de M. Henri Lutz, distinguées d'inspira-\ntion et d'écriture; le 16, le Quatuor Godebski, très bon dans des œuvres classiques et\nMnie Jeanne Delune violoncelliste exquise dans des variations de Beethoven et un adagio de\nTartini.\n\nF. Guérillot"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c077", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c077", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 101, "image_fin": 101, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.22.1", "titre_corps": "Croquis de Thevenaz.", "titre_sommaire": "Croquis de Thevenaz.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.101", "debut_caractere": 2947, "fin_caractere_exclue": 2977, "texte": "Croquis de Thevenaz.\nMme Hugon"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c078", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c078", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 103, "image_fin": 103, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.22.2", "titre_corps": "Croquis de P. 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Jenck et Gosselin s'appliquent à faire revivre\nRameau, Hasndel, Schumann et Franck. A Valenciennes et à Armentières c'est\nEdouard Bernard, pianiste de la Schola, qui propage Bach et d'lndy. A Dunkerque,\nCécile donne à la chorale ula Jeune France \"l'occasion de mêler Saint-Saëns à Radoux\net Lacome à Beethoven, et à M. Bouillard, flûtiste, de se produire sous la direction d'Eugène\nThéry, chef d'orchestre vaillant. C'est encore la même sainte qui autorise à Abbeville\nï Association des Artistes Musiciens à célébrer une Messe aux accents de la Marche Nuptiale\nde Mendelssohn, d'un Menuet de Sonate, de la Méditation de Thais et d'une Pastorale de\nParés. (Nous voilà un peu loin de la Schola !)\nLa Normandie est représentée par notre ami Aubry, qui Se trouve en excursions\nmusicologiques, avec Joachim Nin du côté d'Epernay, mais qui rentre au Havre commencer\nle cours dont la Ville l'a chargé. A Rouen, Mme Capoy impose le Faust de Schumann. A\nCherbourg le Théâtre ressucite l'opérette, et la dirigée par M.\nCarara, s'offre devant nombre d'officiers de marine américains, des programmes somptueux.\nLorient et son Théâtre ont trouvé le moyen de résoudre le problème du nationalisme\nmusical d'une manière qui satisfera certainement M. Leroux. Ils jouent la Reine Fiamette\n(tout simplement) sous le bâton intelligent de M. Moll, chef d'orchestre héroïque, et sous la\ndirection de M. Delabrianne, régisseur parfait. Nantes écoute avec plaisir le trio Hallez, le\nPianiste Arcourt et le concert Hermann. A Caen l'Ecole nationale s'affirme brillamment avec\nla Rapsodie normande de M. Mancini.\nLa Roche sur Yon possède, grâce à l'initiative de MM. Rousse, Blay et Bertault\nune Société des Matinées Musicales,sur laquelle beaucoup de grandes villes pourraient prendre\nexemple, et qui donne au public de l'Ecole Normale d'instituteurs une excellente formation.\nM\"e Lucyle Panis vient d'y faire applaudir du Gluck et du Léo Sachs, et M. Arcouet\ndu Bach et du Liszt. ALa Rochelle, où Mme Mathé lutte pour la bonne cause la Société\nPhilharmonique demande à Plamondon du Méhul, à Geloso du Max Bruch, ce qui n'est pas\nmal, pour une société qui compte 98 ans d'existence. Un bon point pour le vénérable\nDr Drouineau !"}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.107", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3784, "texte": "Descendons jusqu'à Bordeaux. Là c'est un déluge de musique. Stc (encore elle\navec Pennequin donne une première d'lberia. Quo Vadis voisine avec Blanche Selva, Lazar.\nLévy avec Billard-Bonis. Le quatuor Gaspard^(Feillou, Yho et Rosoor) se lance dans le gra„.\nclassique. Le Cercle Philharmonique s'emplit et, à l'Alahambra, Fauchois célèbre Beethoven\nL'l Orphéon-Harmonie des Tramways de Bordeaux sous la direction de Candeau se met lui-mêi*.\nde la partie. Citons aussi l'excellente audition de MUe Bouillet.\nPlus saa;e est St. Jean de Lutz, qui aux classes d'ensemble de la %Ul\najoute une cîasse de piano sous l'autorité de Blanche Selva et sous la direction immédiate c\nMlle Genty, si vivement appréciée.\nA Limoges Mme Capoy, infatigable, triomphe encore, à côté du trio délicat t\nMIIeS Laval, Clément et Baillet. A Ghléret même, Leroux, Massenet, Guiraud, Gouno\nl'emportent sur Leoncavallo, grâce à l'habile initiative de M.. Fourat. Rien à dire c\nCarpentras, où un grand concours d'Orphéon se prépare, et où M. Simon a l'ingénier\nidée de composer une polka pour clochettes (ad libitum pour fanfare) intitulée la Clochelinet;:\nA Nimes on vise très haut. La Chambre consacre une séance à l'histoire de\nFugue, par Blanche Selva. La Société des Concerts du Conservatoire fait entendre la Maîtrise,\nla Cathédrale de Monaco, dans un répertoire de XVIe et XVIIe siècles, au milieu duquel,\nglisse Col Nidrei de Bruch, par Tagliapietra ! A Arles Mrae Franquin-Maurel mériterait c-\ntrouver plus d'empressement lorsqu'elle consacre un concert à un programme sévère. ;\nMontpellier, depuis que Bordes a disparu on hésite, et l'on compte surtout sur M. Gerva\net sur M. Perrin pour galvaniser un public un peu froid. La a cependa:\ndonné un belle audition et MIIe Selva a passé par ici avec la Sonate de Dukas, ainsi que ;\nquatuor Zimmer avec des œuvres très modernes.\nA Nice la saison s'annonce bien. Le directeur de Y Opéra M. Villefranck a su s'attache\nd'excellentes recrues, par exemple M. Jaume \" qui a, paraît-il, réellement des ut de poitrine\ndont aucun n'est esquivé \", et MM. Rouard, Galinier etc. Au Casino M. Miranne organiser\nsélections d'opéra. Même de Bruxelles nous vient ici l'orphéon des \" Artisans Réunis'\\i\nparfaite maîtrise. A Yières le Casino va rouvrir sous la direction de M. Lerey.\nAnnecy compte un musicien fort actif, M. Jean Ritz, qui non content d'organis:\nau Cercle Musical des festivals classiques avec Mlle Ritz, M. Cons et les dames de la Chor;\nMixte, met encore sur pied un grand concours international de musique en Italie lors c\nl'exposition de Turin au printemps prochain. Tous nos compliments à M. Ritz.\nLe public musical de Clermont-Ferrand possède un orchestre symphonique depi\ntreize ans déjà, dont M. Soulacroup soutient l'activité avec une persistance admirable,!\ndernier concert a fait entendre la charmante Set leur répertoire i\nvieux airs (Mlle Delcourt, MM. Bleuzet, Nanny, Desmont, Fleury, Michaux).\nRemontons à l'Est. Reims et les Concerts se paient comme pianiste Vince:\nd'lndy (Bravo Vaysman !), Nancy consacre un concert à César Franck (Bravo Ropartz!)\nEnfin au centre, à Angers, ville musicale par excellence, Rhené Bâton fait mervei:\net, dans un concerto de Corelli, une de ces œuvres que l'ennui accompagne généralement,\ntaille un succès d'émotion. A Poitiers Hollmann et Blitz se prêtent un mutuel appui. Et\nMans XAssociation des Artistes ravit le Nouvelliste de la Sarthe par son exécute:\nbrillante du Val d'lnspruck de M. de Schepper. A Moulins, Risler et Mme Batk\némerveillent.\nLyon et les Grands Concerts de Witkowski célèbrent dignement César Franck, a\nl'appui des chœurs de la Schola, de Mlle Vallin et de M. Thébaud. M.M. Reuchsel:\nentendre des œuvres anciennes. Mlle Selva et Risler, Mme Bazelaire, Mlle Baudot et l'excelk"}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.108", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1291, "texte": "violoniste Maurice Faudray, Armand ferté, A. Tett,... Que sais-je encore! Tout le monde\nrivalise pour tâcher d'entraîner vers l'art le Lyonnais un peu réclacitrant.\nBelley, grâce à M. Baetz, entend un excellent concert, et la voix de MUe Brillat-\nSavarin, fort applaudie. Charleville a sa Philhar tout comme Berlin, et dirigée par\nA. Tridémy. On y goûte Rose Féart et Cros S 1 Ange, et un jeune violoniste dont il faut\nretenir le nom Ch. Roussel. A \"Vesoul, la gymnastique coudoie la musique; les amateurs\nchantent d'aimables chansons, et M. Lanzoni organise une fantaisie sur Martha pour quatuor ;\nle cor lui-même se met de la partie, et, au Chalet des Trompes une société dirigée avec\nautorité par M. Jobbard fait salle comble.\nTerminons par Oran. La direction du théâtre peu gracieuse a cru devoir ne pas\nadmettre les louanges possibles de notre collaborateur. (Nos lecteurs s'en consoleront-ils?) Mais\nBorodine voisine avec Rameau dans les séances du ce qui est plus intéressante\nCe petit tour de France en musique montre combien le plus subtil des arts se propage à\ntravers notre pays, et jusque dans les centres les plus éloignés. Il témoigne aussi presque partout\nd'une tendance vers la bonne musique, vers l'idéal, et vers ses interprètes les plus autorisés."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c080", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c080", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 108, "image_fin": 111, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.24", "titre_corps": "Belgique", "titre_sommaire": "Belgique", "signature_source": "Dr Dwelshauvers", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.108", "debut_caractere": 1293, "fin_caractere_exclue": 3574, "texte": "Belgique\n\nBRUXELLES. Concert Dupin. Sous les auspices de la S. I. M. nous avons eu, le 13.\nDécembre, Salle Erard, une audition d'oeuvres de Paul Dupin.\nGeorges Dwelshauvers retraça l'existence pénible du musicien. Sa parole éloquente sut\ncommuniquer à l'auditoire, en grande partie composé d'artistes, la sympathie pour le créateur\nsans laquelle ne peut revivre vraiment une œuvre exécutée en public. L'Art de Dupin est\ncomplexe, comme celui des décadents. Sa technique, quoi que l'on en ait dit, n'atteste pas\nl'autodidacte. Ses faiblesses, viennent peut-être d'un souci exagéré de Mais qu'im-\nportent les artifices du langage, le verbe est ému, sincère et direct. C'est un aspect de la\nnature panthéiste de Paul Dupin que nous révéla son Il nous rendait des\nsoirs vécus, où les tristesses et les murmures pleuraient dans notre cœur, enivré d'espérance,\npourtant ! Invocation à F Enfant nous montre un autre sentiment, aux accentuations de vraie\npoésie. La sérénade à la mansarde est faite aussi de cet impressionisme et de cette émotion\nspontanée. Parfois, des duretés, des cris âpres, des révoltes, certain nous\nrappela les origines à la fois flamandes et bretonnes du musicien. Il se rapproche par endroits\ndes slaves frustes et sauvages, parce que sans doute sa plainte monte des entrailles du sol. Tout\ncela, conçu, réalisé en l'horreur du poncif, des procédés en usage, à l'exception de Bienvenue\n«u Petit,qui fait penser à Schubert. Les mélodies prennent couleur à l'accompagnement des\ncordes. Les quatuors bien construits, sont de sonorités pleines. On pourrait reprocher à Dupin\nquelque monotonie dans ses rythmes.\nLes interprètes avaient la Foi. Le quatuor Lejeune groupe des artistes de grande valeur,\nsavent s'effacer, en tant qu'instrumentistes, devant l'œuvre qu'ils jouent M. Remy Lejeune\npossède une fort jolie voix, mélodieuse et prenante. Et surtout, la fillette du compositeur, touchante\nt: sympathique, en sa robette simple, avec sa physionomie douce qu'aggrave parfois un pli\nolontaire. Le public ovationna l'auteur, et la soirée fut, vraiment, un gros succès moral, que la\ncritique a consacré.\nD'un très intéressant article de M. Samuprofesseur au Conservatoire Royal de\nBruxelles, président de la Fédération des syndicats musicaux de Belgique, dont la noble"}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.109", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3699, "texte": "attitude, toute d'indépendance et de dévouement, fait notre admiration, nous découpons ces\nlignes dédiées aux musiciens belges :\n« C'est donc à nous-mêmes, ô confrères compositeurs, que nous devons nous en\nprendre si nous prêtons le flanc à toutes les attaques, à toutes les vilenies dont on\nnous abreuve, grâce au règne de l'ignorance et du snobisme. Nous drapant dans notre dignité\net forts de notre supériorité intellectuelle, nous dédaignons les coups et nous nous renfermons,\nchacun de notre côté, dans un isolement qui est l'unique cause de notre faiblesse et de notre\ninertie. Le moment ne serait-il pas venu de secouer enfin cette torpeur maladive ? QUe\nl'exemple de nos confrères étrangers nous inspire la confiance et la persévérance nécessaires\npour aboutir au résultat rêvé. C'est par suite d'un appui mutuel que les compositeurs français,\nrusses, Scandinaves, etc., sont parvenus à s'affirmer d'abord dans leurs pays respectifs et à\nfranchir ensuite les frontières. Sera-t-il dit que notre école belge contemporaine, si riche en\néléments de premier rang, se contentera éternellement du rôle modeste que la majorité peu\néclairée de notre public lui assigne à la remorque de ses sœurs européennes ?\nNous convions nos confrères compositeurs à venir étudier la raison d'être de notre force\nd'action et à appliquer à leur cause sympathique entre toutes, nos systèmes mûrement élaboré\net expérimentés.\nQue la Ligue des compositeurs belges,après s'être constituée sur des bases solides dans notre\npays s'efforce ensuite de fonder l'œuvre de Y expansion artistique, due à son initiative, et nous\nconsidérerons la plaie signalée plus haut comme définitivement cicatrisée.\"\nNous faisons nôtre le vœu de M. Samuel, et nous promettons à une\nteurs belges l'appui du S. I. M.\nANVERS. Concerts de musique sacrée. Exécution de Josuè. L'exécution de Josué de\nHsendel a valu un véritable triomphe aux concerts de musique sacrée et à son talentueux chef,\nM. Ontrop. Jamais il ne fut entendu à travers des chœurs aussi parfaits, un orchestre aus;\nsouple et homogène. Les solistes étaient de première valeur. Melle Verbena, Mrs Denys, Van\nOort et Van Son ont interprété les soli en chanteurs classiques hors pair. Ce concert, pars:\nmise au point irréprochable, et l'impression profonde qu'il a laissée, fait augurer pour le moi'\nd'Avril une exécution superbe de la Messe en si mineur de Bach. La saison prochaine cette\nvaillante société fête le dixième anniversaire de son existence, à cette occasion elle fera entendre\nFranciscus de Tinel et la Passion selon S 4 Mathieu de Bach.\nGAND. Concerts d'hiver. Voici des années que M. Edouard Brahy sème la bonne\nparole musicale à Gand, dans ces \" concerts d'hiver, \" dus à l'initiative éclairée de quelque\nvéritables amateurs d'art, et qui ont rapidement conquis la faveur du public au point de boni\nla salle du Grand Théâtre. Ce compréhensif et très sûr chef d'orchestre nous a donné des fête\nartistiques d'une haute valeur.\nNous n'avions pas encore entendu la symphonie en d'Hermann Gœtz, très répanduee:\nAllemagne, paraît-il, et nous l'avons écoutée avec une attentive curiosité. C'est une ceirc\nd'aimable inspiration, dont l'écriture probe et consciencieuse atteste une science consommé\nIl s'en dégage beaucoup de charme sans que l'on y soit frappé par de ces traits absolume:\noriginaux, révélant le génie créateur.\nLe prélude du Messidor de Bruneau est une belle page dramatique, bien connue, cornu\nl'ouverture de Rienzi.Notons le début, plein de promesses, de notre compatriote J. Jongen;»\nFantaisie sur deux no'ëls populaires (d'allure très profane, comme beaucoup de noëls) est d't\ntravail soigné et d'un coloris orchestral chaud et vibrant."}, {"page_pdf": 110, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.110", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3586, "texte": "La partie vocale était réservée àla cantatrice berlinoise, Mme Tilia Hill. Elle chanta l'air\ntfOblronet ces cinq poèmes de Mathilde Wesendonck, mis en musique par Richard Wagner\nen manière d'études pour Tristan, qu'on ne peut entendre sans évoquer l'angoissant roman de\nla Colline verte à Ztirich.\nAu théâtre flamand. C'est un véritable festival d'opérette viennoise. Et dire que l'Etat\net la Ville subsidient ce théâtre pour favoriser l'art dramatique flamande !\nAu bénéfice du vaillant et talentueux chef d'orchestre, M. Oscar Roels, on a repris aussi\nune traduction, celle du Joli Gilles de Ferdinand Poise :\nOù est le temps où l'on jouait au théâtre flamand les opéras de Blockx ?\nAu Conservatoire. —Le premier concert d'abonnement était consacré à Mozart, et plus\nspécialement à la musique instrumentale du maître de Salzbourg, dont M. Mathieu, avait fait\nune heureuse sélection. Interprétation soignée et chaleureusement applaudie. Un succès tout\nparticulier a été réservé au nouveau professeur de flûte, M. Aug. Strauwen, les auditeurs sont\nsortis du concert ravis et très reconnaissants à M. Mathieu, l'éminent directeur du\nConservatoire.\nLIEGE. Nos diverses institutions musicales ont repris dès octobre leur coutumière\nactivité, sans aborder encore d'oeuvre nouvelle importante. Peut-être pourrait-on faire exception\npour M. Jules Debefve qui, dans les concerts qu'il dirige, a donné la symphonie en majeur\nde Balakirev. C'était un hommage au grand mort d'hier. Un hommage rare, car si Mily\nBalakirev est très connu, si les pianistes se sont emparés de quelques-unes de ses difficiles\nmerveilles, telle Islamey,les orchestres ont été jusqu'ici peu occupés de sa musique. Il reste le\ndm ex m*chinayle pédagogue un peu lointain du groupe des Cinq, dont l'influence se manifeste\nindirectement, plutôt par ses disciples que par ses oeuvres.\nSa symphonie en ut, fort bien écrite mais sans grand élan, a semblé moins colorée que\nles pages de Borodine ou de Rimsky. Sur un public peu habitué aux harmonies slaves, elle\nferait grande impression. A Liège, où dès 1885 M. Théodore Jadoul révéla l'œuvre de\nCui, de Borodine et de leurs amis, dont les oeuvres ont continue à émailler fréquemment les\nprogrammes, la surprise n'existe plus. Mais il reste le plaisir d'apprécier une oeuvre sincère et\nde belle venue et de faire connaissance plus intime avec l'un des grands noms, trônant dans\nl'actualité musicale.\nDans le même concert, on a applaudi, moins qu'il ne le mérite cependant, l'archet\nprestigieux de Hugo Heermann qui donna une version impeccable, mais un peu froide, du\nconcerto de Brahms. Au Conservatoire, M. et Mme Hensel Schweitzer furent fêtés en des\nsoli wagnériens et M. Henri Seguin partagea leur succès.\nLes concerts gratuits de la fondation Dumont Lamarche nous promettent d'intéressantes\nséances et déjà ils nous en ont donné deux, parmi lesquelles il convient de mettre hors pair\ncelle dont fut chargé le Quatuor Char lier.\nL'Œuvr e des Artistes a consacré une Heure de Musique à Henry Woollett, le compositeur\nHâvrois que l'on commence à apprécier un peu partout et qui, d'autre part, est imposé à\nl'attention du monde savant par son excellente Histoire de la Musique. Avec la collaboration de\nM. Charles Herman, violoniste et de Mme Marceline Herman, cantatrice, il a obtenu un\ndouble succès de compositeur et d'exécutant.\nDeux séances de la même société furent consacrées au XVIIIe siècle : l'une à la musique\npour deux violons Bach, Haendel, Pergolesi l'autre à Wilhelm Friedmann Bach dont\non fêta le bicentenaire et à Graun, l'auteur de"}, {"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.111", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 565, "texte": "Ajoutons à cette liste très incomplète, mais je ne cite que les séances d'un attra\nspécial ou d'une signification méritant d'être notée en dehors de Liège une excellen-\nexécution d'oeuvres modernes, entre autres des quintettes de Franck, par la groupe Pian;]\nArchets de Bruxelles.\nNous remettons au mois prochain la chronique théâtrale, les débuts de la saison n'ai>\nguère d'importance générale et les airs se trouvant encore très partagés.\nAccusé de réception : Echos des Pays-Bas ; chants populaires harmonisés par M. Alexand-\nBéon.\n\nDr Dwelshauvers."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c081", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c081", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 111, "image_fin": 117, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.25", "titre_corps": "Etranger", "titre_sommaire": "Etranger", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.111", "debut_caractere": 567, "fin_caractere_exclue": 3429, "texte": "Etranger\nL'OPERA A LONDRES. C'est à M. Thomas Beecham, décidément que reviennent\ntous les honneurs de l'année. Non pas que les représentations données sous sa direction\naient été sans reproche, mais il a montré ce que peuvent faire à Londres un peu d'initiative e\npas mal d argent. Nous devons lui en être reconnaissants, sans toutefois nous croire obligés\ncomme la plupart des critiques anglais, de proclamer l'excellence de son orchestre et la\nperfection de ses chanteurs.\nCertes l'interprétation d'Elektra par des artistes telles que Mme Mildenburg et Miss Edith\nWalker ne mérita que les louanges, auxquelles Richard Strauss lui-même ajouta des remercie-\nments enthousiastes ; mais les autres opéras montés par M. Beecham ne furent remarquables\nni par le talent des musiciens, ni par la qualité des voix, ni par l'harmonie des décors er;\nun pays pourtant où la mise en scène s'affirme presque toujours admirable. Il semble sur-\nprenant que de tous ces opéras,~ le plus complexe et le plus difficile ait été le mieux rendu,\nSans doute M. Beecham avait-il donné à Elektra tous ses soins, sachant que Richard Strauss\nserait en prise aux interviewers et que les quotidiens s'extasieraient sur les détails pittoresques\nde la piece comme sur la difficulté de la partition : musiciens supplémentaires à l'orchestre ou\nvrais moutons sur la scène. Elektra triompha donc plusieurs soirs de suite, avec ou sans le\ncompositeur et malgré le prix augmenté des places.\nCependant la plus recente saison de M. Beecham donna des résultats artistiques bien\nmoins satisfaisants. Les Contes d'Hoffmann manquèrent de mystère romantique, Werther de\ncharme Massenetique, Shamus 0 Brien de verve irlandaise, les Noces de Figaro et VEnlèvement\nau Serail de style classique. A vrai dire, toutes les représentions furent sans \" atmosphère la\nplupart des chanteurs anglais ne brillèrent pas par ces qualités ou vocales ou scéniques que\nnous nous attendons à apprécier chez leurs rivaux de l'Opéra-comique, de l'Opéra ou de\nCovent garden, 1 orchestre trop nombreux alourdit ces œuvres légères de déchaînements\nwagneriens; les traductions, pénibles, ajoutèrent à la déformation générale et des artistes telles\nque Miss Maggie Xeyte et Mlle Alice Verlet ne purent qu'obtenir un succès personnel sans\nsauver un ensemble fâcheux.\nCes expériences tendent a prouver que l'Opéra-comique n'est pas près de s'implantera\nLondres, puisque les chanteurs anglais s'avèrent presque tous incapables de l'interpréter conve-\nnablement. Et c est la le point important de cette question qui fait chaque jour couler tant\nd encre . il n y a pas de chanteurs anglais parce qu'il n'y a pas d'opéra en anglais, et vice-versa;\nil n y a pas de raison pour que ça finisse. C'est à ce déplorable état de choses que M. Beecham\nvient de tenter de remedier. Il continuera ses essais en October à Covent Garden, puis plus"}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.112", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3880, "texte": "tard à Drury Lane, avec un programme comprenant : Boris Godounoff, La Dame de Pique, Le\nChemineau, Salomèet la Koangade M. Delius comme nouveautés, en plus des opéras qui\nforment le fond de tout répertoire sérieux qui se respecte.\nQuant à la dernière saison de Covent Garden elle fut ce que fut la saison précédente\n(sans doute ce que sera la saison prochaine). Mme Melba, Mme Tetrazzini et M. Sammarco\nnous y éblouirent à tour de rôle dans des opéras italiens anciens ou modernes, Pèllèas et Louise\nobtinrent leurs quatre représentations habituelles et la nouveauté de l'année, la cette\nfois, remplit deux salles sur la fin de l'été. Mais nous sommes habitués maintenant à toujours\nentendre la même chose au Royal Opéra, y compris les séries du avec Richter et des\nartistes allemands de moins en moins capables et de moins en moins célèbres.\nEn somme, le public élégant s'y rend, saison après saison, pour passer le soirée et écouter\ndes artistes admirables dans des rôles du répertoire, non pour y entendre de la musique. Et le\npublic musical va aux représentations de M. Beecham pour s'instruire et entendre des œuvres\npeu connues ou inconnues en Angleterre. Covent Garden est une tradition, M. Beecham une\ntentative. Quelles admirables soirées nous passerions dans un théâtre qui posséderait les étoiles\nde l'Opéra et le répertoire, de M. Beecham. Peut-être l'initative de ce dernier excitera-t-elle\nd'une noble émulation les membres du Syndicat de Covent Garden ? Souhaitons seulement\nque ces deux opéras rivaux, divisant un public il faut le dire restreint, ne se fassent pas tort\nmutuellement et ne ruinent pas pour jamais l'avenir de l'opéra à Londres.\nX. MARCEL BOULESTIN.\nODESSA. Odessa est au meilleur sens du mot, une ville très musicale, et cela tient\nen partie, à ce que la bonne moitié de la population de cette cité cosmopolite est composée\nd'lsraélites dont on connaît le goût inné pour les arts et pour la musique en particulier.\nL'étranger qui promène son regard au hasard de la lorgnette sur l'orchestre ou sur la bril-\nlante assistance qui envahit d'ordinaire l'opéra les jours de grands concerts, ne distingue partout\nque profils sémites, et se demande incontinent s'il ne serait pas tombe d aventure, en pleine\ncapitale du royaume d'lsraël. Antisémite, qu'il ferme les yeux, tout en prêtant une oreille\nattentive, il est sûr pour une fois, d'en avoir pour son argent !\nComme le faisait tout récemment remarquer ici même Mme Wanda Landowska, la\nprovince russe grâce à l'lnstitution créée par Antoine et Nicolas Rubinstein, sous le nom de\nSociétés Impériales de Musique,\" la province russe est mieux organisée pour la musique que la\nprovince française \". Toutefois, il est étonnant qu'Odessa n'ait que des écoles de musique, alors\nque des villes moins importantes comme Kieff, Zaroslavv, Rostoff, Tamleoff, Karkoff, Orel,\nWoronèje, Stavropole, Kasan, Astrakan sont dotées de magnifiques conservatoires. JLe soin\nd'assurer le succès de la saison musicale dans la ville illustrée par notre duc de Richelieu,\nretombe en entier sur la Société Impériale de Musique et sur l'initiative privée.\nLa Société Impériale de Musique, section d'Odessasous la sage et intelligente direction de\nson estimé président M. Orloff, organise chaque année sept ou huit grands concerts sympho-\nniques exécutés au grand théâtre de la ville, et une série égale de concerts de musique de\nchambre donnés d'ordinaire à l'école impériale de musique. Les troupes et les artistes de\npassage donnent en outre, au gré des impressarii, nombre de grandes et belles auditions qui\ntrouvent toujours un public fidèle et nombreux.\nLa saison musicale 1909-1910 a été particulièrement brillante.\nSans atteindre à la haute renommée des célèbres orchestres de St. Petersbourg et de\nMoscou, le grand orchestre d'Odessa jouit d'une excellente réputation. 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Malichewsky présentait comme pièce de fond,\nla 2e symphonie d. mol de Balakireff. De l'avis général, le quatrième concert fut remarquable\nentre tous, le célèbre compositeur finlandais P. Kaïanonce y donna la symphonie en ré bémol\nde César Franck et le Carnaval de Paris de Saint-Saëns.\nAvec le cinquième concert exécuté sous l'habile direction de M. Oscar Frida de Berlin,\nla Société Impériale de Musique célébrait le 50e anniversaire de sa fondation. Le concert\nsuivant dirigé par M. I. Malichewsky présente fort peu d'intérêt. Tout autre fut le 7e concert\nsous la direction du célèbre compositeur norvégien X. Sinding qui fit interpréter quatre de ses\nmeilleures œuvres : \"Ie symphonie en rè bémol op. 21 \", u Fortepiano-concert en ré majeur,\nop. 6\", \" Fatum thème et variations pour forte piano, œuvre particulièrement remarquable et\n\" Rondo infinito \" pour grand orchestre et fortepiano. M. K. Riccène tenait avec une\nextraordinaire maîtrise la partie concertante. Son jeu d'une étonnante précision mathématique\ntout en suscitant une chaude admiration, ne laissa pas cependant de paraître quelque peu\nvigoureuse à l'ensemble des auditeurs russes.\nDans le 8e et dernier concert symphonique, M. I. Malichewsky nous fit entendre avec\nquelque intérêt une de ses compositions non la meilleure sans doute, intitulée u2e symphonie\nnuptiale une \" suite \" pour grand orchestre d'A. Vichnégradsky, \" Poésie \"de Grieg et\n\"Trois palmes\", tableau symphonique oriental d'A. Cpendiarow. Bien que personnellement\nj'aie fort goûté cette dernière pièce, elle m'a donné lieu d'observer une fois de plus combien\nl'emploi judicieux de quelques-uns des rythmes originaux usités dans la musique des peuples de\nl'Orient, serait autrement caractéristique par lui-même, de la douleur locale, que le simple jeu\nrenforcé des instruments de percussion : Grosse caisse, tambour de basque, tymbales et cym-\nbales.\nSans avoir la même importance, les concerts de musique de chambre donnés par la\nSociété Impériale de Musique, n'en présentèrent pas moins le plus vif intérêt. On y interpréta\nde préférence des œuvres de Beethoven, Schubert, Grieg, R. Strauss, Tchaïkowsky, Gla-\nzounow, Rimsky-Korsakow et Borodine.\nLe plus beau succès de la saison revint à l'illustre ténor L. B. SobinofF dans un concert\nparticulier qu'il donna dans la grande salle de la Bourse d'Odessa où se pressaient près de trois\nmille personnes.\nSobinofF a la voix ultra sympathique ce qui est ici le suprême compliment. Cette\nsympathie vient de ce que cette voix est merveilleusement juste dans toute l'étendue de son\nregistre, d une souplesse parfaite, d'une pureté de timbre idéale qui en rend la portée\nprodigieuse. La diction du premier ténor de la Russie est impeccable, noble et simple à la fois,\nson interprétation musicale est classique dans toute l'acception et la beauté du terme.\nL'éclatant succès, ou pour mieux dire, le triomphe remporté en cette occasion par\nSobinofF dut lui être d'autant plus sensible qu'il avait à ses débuts, voilà quelques années,\néprouvé en compagnie de Chaliapine, les premières joies du succès sur le théâtre même\nd'Odessa. • ...."}, {"page_pdf": 116, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.116", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2644, "texte": "L'exposition industrielle et commerciale organisée cette année à Odessa, favorisa à\nmaintes reprises d'intéressantes manifestations d'art musical. Un excellent orchestre de\nVarsovie sous la direction d'un maître des plus judicieux : M. P. C. Térépentiew, donna trois\nmois durant, sur le terrain même de l'exposition, une série de concerts symphoniques vérita-\nblement remarquables. Je regrette de ne pouvoir en dire davantage, par la raison que je n ai pu\nles suivre régulièrement, le comité d'organisation composé en majeure partie d'israelites, ayant\njugé de son intérêt de faire bon marché des us et coutumes internationales, en récusant, même\nsans forme, ma carte de membre correspondant de l'l. S. M.\nDRALLO-BING.\nBUDAPEST. La saison musicale à Budapest est marquée, cette année, par la visite\nde plusieurs compositeurs et virtuoses célèbres : après Richard Strauss, Ernest Dohnanqi,\nRachmaninoff, Claude Debussy nous a donné, le 5 décembre, un grand concert. Il était\nattendu avec une prodigieuse impatience, et cela ne surprendra point ceux qui connaissent le\ngoût des Hongrois pour tout ce qui est <c moderne, \" qu'il s agisse de musique, de peinture,\nd'architecture ou de poésie. De fait, on remarquait, dans la salle, a cote des innombrables\nmélomanes pestois, une cohorte de jeunes peintres desireux de connaître une musique qu on\nleur avait dit être \" impressionniste\" comme leur peinture.\nLa salle de la Redoute, qui peut contenir 1500 personnes, était bondée. C'était une dure\népreuve pour la musique de Debussy qu'une audition dans une salle aussi haute, aussi déme-\nsurément vaste. . r -v 1\nLe grand succès de la soirée fut pour le quatuor en sol mineur, exécuté par le quatuor\nWaldbauer. Son chef, M. Emeric Waldbauer, fils d'un musicien distingué de Budapest, n'a\npas dix-neuf ans ; MM. Molnâr et Temesvâri second violon et alto ne sont guère plus\nâgés ; le doyen de la troupe, M. Kerpély, violoncelliste, vient d'avoir tout juste vingt-cinq ans.\nLes applaudissements interminables qui ont accompagne la fin du conceit ont ete suiv.s\nde la scène qui attend toutes les gloires étrangères à Budapest : la quête de l'autographe.\nM. Debussy a été assailli par toute une bande d'admirateurs, armés de stylographes et de\ncartes-postales, qui le suppliaient de leur accorder les honneurs de sa griffe. \" Ils sont trop .\ns'écria le maître, et il s'enfuit éperdument, poursuivi par les stylos. Ce fut une verita e\nchasse : il n'y manquait que des fanfares de trompe.\nJ HUBERT MORAND.\nNEW-YORK. Pour la première fois, un grand compositeur. Puccini, a donné à\nl'Opéra de New-York la primeur d'une de ses œuvres :"}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.117", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2208, "texte": "C'est aussi la première fois qu'un étranger prend pour thème un scénario américain, '\ntexte est en effet emprunté à un mélodrame de l'Américain Belasco, traduit par des librettis-.\nitaliens. Le prix des loges avait été doublé. C'était Caruso qui jouait le rôle du cowboy outl;\nJohnson. Voici le sujet de cet opéra :\nUne jeune fille aime le criminel Johnson. Elle se sauve. Galopade effrénée dans la for;\ncoups de feu, etc., tout cela très réaliste, rappelant plus le cinématographe que l'opéra. En;\nscène de lynchage par des mineurs. Minnie sauve son amant en promettant aux lyncheurs qu'\nse réformera. L'enthousiasme des Américains a été énorme. On a remis à Puccini,\nloge qui était décorée de drapeaux italiens et américains, une couronne en argent.\nHumperdinck donnera également une premièrt ici, et propablement aussi Mascagni.\nOVIEDO. Nous aurons bientôt la joie d'entendre Vines, Maria Carreras, le tr\nH. Hermann, le quatuor Rosé, Casais, Granadez et l'orchestre symphonique de Madrid dirij\npar le maître Arlos.\nSARAGOSSE. Le trio Holandes, le pianiste H. Bauer, le violoniste A. Fernandt\nBordas ont prêté leur concours à deux concerts donnés par la Philarmonique au Grand Théâtre\nMADRID. Grâce à l'initiative de M. Cecilio de Roda, des concours ont\ninstitués pour récompenser les efforts dispersés des musicologues et des compositeurs espagnol\nC est ainsi qu'Arregui et de la Vina ont eu des prix de 2000 pesetas, pour des œuvres sympht\nniques, ainsi que le modeste musicologue Agejas, pour son exégèse et son édition du \"vihuelista\nLuis Millan.\nDeux pianistes, l'un virtuose : Moritz Rosenthal, l'autre, apprenti : Adolph Borschke,sot\nvenus charmer les belles Madrilègnes, et désespérer les musiciens. Le trio Pichot-Costa, aii\nde Maria Gay, joua un peu de vraie musique. Maria Gay a interprété, à l'opéra. Carmcr.\nOrphéa et Dalila.\nCADIX. Vorchestre §ymphiniqneexécute la Petite Suite de Debussy qui reçoit à\npublic un accueil enthousiaste.\nMILAN. Ida Isori et Paolo Litta partagent leur triomphe avec M. Ysaye et le la:\nd'Amour de Litta est acclamé.\nBERLIN. Du 18 au 24 janvier un festival Théodore Dubois sera organisé ici pi'\nH. Marteau, qui jouera le concerto pour violon du maître."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c082", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c082", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 118, "image_fin": 118, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.26", "titre_corps": "Cours et Conférences", "titre_sommaire": "Cours et Conférences", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 118, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.118", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1851, "texte": "Cours et Conférences\nSOCIÉTÉ FRANCO-JAPONAISE. La telle était le\nsujet d'une conférence donnée par la S. F.-J. le mois dernier, dans la salle de la Société d'en-\ncouragement. M. Ch. Leroux, actuellement directeur de l'Harmonie des Mines de Blanzy\nétait bien désigné pour traiter un tel sujet : membre de la Mission Militaire Française au\nJapon, il avait recueilli des renseignements précis sur la musique Japonaise qui, comme on le\nsait, est resté purement monodique. M. Leroux expliqua les rapports de cette musique avec\nl'astronomie, sa notation très spéciale, ses diapasons ; il présenta les différents instruments\nusités en musique classique, le \" chô \" orgue portatif à dix-sept tuyaux, les guitares \" Béwa \"\net \" Shamizen \", les instruments à cordes frappées \" Koto \", les flûtes \" Shukuhacai \" et les\ninstruments à percussion. Un concert suivit cette conférence ; on entendit le Kimigayo, air\nnational japonais, deux, pièces recueillies aux concerts de la Cour, intitulées et\ngrâce au gramophone, on put se faire une idée de la Musique de chambre. Lés oreilles occi-\ndentales ne sont pas exercées à ces musiques et certaines d'entre elles qui ont pour les Japonais\nun caractère dramatique et terrifiant nous font sourire. A la fin de cette intéressante séance,\nun film d'art fit passer sous les yeux des spectateurs les couleurs chatoyantes des costumes des\nacteurs Japonais.\n* *\nA l'Union Chrétienne à eu lieu, a l'occasion de Noël une très intéressante conférence\nde M. Maury sur les Noëls populaires encore en usage dans certaines parties de la France.\n*\n* *\nINSTITUT GÉNÉRAL PSYCHOLOGIQUE. Notre collègue M. Lionel Dauriac\na commencé la série de ses entretiens sur 1 intelligence et la culture musicales. Les 14 et 21\nDécembre il démontrait la \"Réalité\" de l'intelligence musicale ;le 11 Janvier il parlait des\n\" troubles du langage musical"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c083", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c083", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 120, "image_fin": 121, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.27", "titre_corps": "A Travers les Revues", "titre_sommaire": "A Travers les Revues", "signature_source": "M.-D. Calvocoressi", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 120, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.120", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3637, "texte": "A Travers les Revues\n\nL'AVENIR DE LA MUSIQUE ANGLAISE. Si l'on en croit M. Francis Toye\n(English Review, Octobre 191 o) il est des plus brillants :\" La musique anglaise a beaucoup\nde qualités, des défauts aisés à corriger. Il est difficile de voir à qui l'avenir appartient si ce n'est\nà nous. Nous n'avons besoin que de confiance en nous-mêmes\". En effet, M. Toye estime\nque des deux pays considérés comme prééminents en matière de musique, l'Allemagne et la\nFrance, le premier \" ne doit sa réputation qu'à l'accident d'avoir jadis possédé tous les plus\ngrands noms de l'histoire musicale, si bien que le public ébloui ne voit pas la banqueroute de la\nmusique allemande moderne La France au contraire \" peut s'enorgueillir de la plus belle\nécole qui soit aujourd'hui... Mais il ne manque pas de signes montrant que sa gloire est à\nl'apogée \". Sa musique est peut-être trop \" spéciale \" et peut aboutir à une impasse. Mais le\npire est qu'elle reste trop loin du peuple, n'est écrite que pour une minorité d'amateurs. La\nmusique anglaise n'a point ce défaut d'être trop raffinée. Elle devient profondément nationale,\net M. Toye laisse entendre qu'elle ne fera que croître et embellir. Il ne traite des autres écoles\nque par prétérition.\nLA CRISE DU THEATRE LYRIQUE. M. Maurice Kufferath, en qui s'ob-\nserve la combinaison fort rare du sens artistique et du sens commun, diagnostique avec clair-\nvoyance et sans ambages les causes du mal [Guide de Décembre) :\n\" Le malheur est que beaucoup de nos jeunes dramatistes lyriques, et je n'en excepte ni\nles allemands, ni les belges, ne sont qu'intéressants. Leurs partitions sont bien écrites sou-\nvent, elles ont des parties charmantes, curieuses captivantes ; mais voilà : elles manquent de\nsouffle, de verve, de caractère.\n\" A la plupart fait défaut cette chose essentielle, sur laquelle tout récemment un auteur\napplaudi, M. Alfred Capus, insistait avec tant de raison : le métier théâtral. Musiciens, ils le\nsont; mais il ne savent pas, il ne se doutent pas de ce qu'est le théâtre. Ils travaillent en cham-\nbre, sans se soucier de ce que l'atmosphère de la scène fera de leurs créations. Presque tous\nmanifestent même un mépris souverain pour les productions de leurs prédécesseurs ; ils les\nignorent de parti pris et se vantent de n'être jamais allé voir ni Faust, ni Les Huguenots, ni\nGuilliaume Tell, ni La Juive, ni les drames de Wagner. Il est de bon ton, dans quelques\ncénacles, de manifester le plus parfait dédain pour le théâtre qui ne serait qu'une forme infé-\nrieure de l'art poétique et musical. Et ainsi presque toujours, sous des partitions d'une valeur\nquelquefois supérieure, se place un poème dramatique mal bâti, mal développé, où rien n'est\npréparé, d'où la vie est absente et qui fatalement ne produit aucun effet. Une fois épuisée la\nsympathie des amis et celle des amis des amis, c'est le vide dans les salles. La foule ne suit pas,\nelle se dérobe et elle a raison, car ceux qui lui parlent n'ont rien à lui dire ou, s'ils ont quel-\nque chose à dire, ils le disent gauchement ou incomplètement. A10r5...! \"\nA PROPOS DE FRANZ LISZT. Le Musical Standard (24 Décembre) publie\ndes extraits fort malicieux de l'Autobiographie de M. Emil Sauer, où les leçons données par\nLiszt à Weimar (en 1884 et 1885) sont alertement décrites. L'auteur reproche à Liszt trop d'in-\ndulgence pour les jolies élèves, pas mal de sévérité pour ceux qui ne jouaient point de sa\nmusique à lui, et trop de complaisances pour les fruits secs des Conservatoires. Seuls ceux dont\nl'éducation technique était complète pouvaient, dit M. Sauer, profiter des conseils que donnait\nLiszt à cette époque."}, {"page_pdf": 121, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.121", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1942, "texte": "Dans le précédent numéro, M. Georges Lowe fait l'éloge des trop\ndédaignées, dit-il, par la critique.\nLA MUSIQUE BELGE MODERNE. M. Charles Van den Borren\n17 Novembre et 4 Décembre) nous parle de cette musique, qu'il est bien placé pour connaître\navec clairvoyance et impartialité.\nLE MACBETH DE M. BLOCH. Les comptes-rendus parus depuis la date où\nj'arrêtais ma dernière chronique ne nous révèlent aucun partisan nouveau, et sonnent pour la\nplupart la même note. Dans le Journal des Débats,M. Jullien se montre sévère pour \" les amis\nqui ont conduit le jeune compositeur à un aussi complet échec \".\nIl est vrai qu'une note du Journal remet les choses au point et donne une leçon bien\nsentie aux détracteurs :\n\"Le propre d'une oeuvre aussi nouvelle, aussi profondément étrange que est de\n\" soulever des polémiques parmi les connaisseurs. Les uns, au nom de principes techniques, s'en\n\" prennent à la structure de l'œuvre ; les autres, moins savants, s'en prennent au sujet qui,\n\" disent-ils, n'est pas musical; les autres, enfin, applaudissent et se laissent conquérir par l'œuvre\n\"et sont tout à l'émotion qu'ils ressentent. Ces polémiques, fort courtoises et pacifiques, du\n\" reste, se sont renouvelées, avant-hier soir, à l'Opéra-Comique, où était donné\n\" pour la première fois en spectacle hors de l'abonnement. Jamais on n'avait vu salle plus\n\" vibrante, plus impressionnée. La plupart des spectateurs s'accordaient pour reconnaître que\n\"la musique que M. Ernest Bloch a écrite sur le livret de M. Edmond Fleg est lyrique,\n\" combien le procédé y apparaît peu et combien surtout la partition est le contraire d'une\n\" partition savante. Etc...\"\nAllons, tant mieux, tant mieux !\nUN NOUVEAU CONFRERE. A Moscou vient de se fonder Musique, hebdo-\nmadaire, sous la direction de M. Vladimir Derjanowsky, qui a rendu de bons services à la\nmusique, et en particulier à la musique française moderne. Tous nos vœux !\n\nM.-D. Calvocoressi."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c084", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c084", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 4, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.28", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.4", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1247, "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇA\nAMIS 'DE LA MUS I QUE\nCOMITÉ D'HONNEUR\nM. le Président de\nM. le Ministre de l'lnstruction\n* f\nM. le Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts.\nM. Gabriel FAURÊ, Dir\nM. Henry MARCEL, ancien Directeur des Beaux-Arts, Administrateur général\nde la Bibliothèque Nationale.\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\ni\nBUREAU\nPRESIDENT\nM. LE COMTE GASTON CHANDON DE\nBRIAILLES.\nVICE-PRESIDENTS\nM. LE PRINCE A. D'ARENBERG,\nM. Louis BARTHOU,\ndes sceaux.\nM. GUSTAVE BERLY, banquier.\nM. ADOLPHE BRISSON,\nTRESORIER\nM. LÉO SACHS.\nDIRECTEUR ARTISTIQUE\nM. GUSTAVE BRET.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL\nM. J. ECORCHEVILLE, docteur es-lettres.\nSECRÉTAIRE DU CONSEIL\nM. J. PASQUIER.\nMEMBRES DU CONSEIL\nMME ALEXANDRE ANDRÉ.\nMME LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, d\nraire au ministère des finances.\nM. LÉON BOURGEOIS, sénateur, ancien\nministre.\nM. FRANZ CUSTOT.\nMME MICHEL EPHRUSSI.\nM. GEORGES GAIFFE.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE.\nM. JEAN WEBER,\nM. Louis HAVET, d\nau Collège de France.\nMME DANIEL HERMANN.\nMME H ENRY HOTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nMME LA COMTESSE PAUL DE POURTALÈS*\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND,\nFaculté des Lettres\nM. 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Vente et Achat\nCatalogues envoyés franco sur demande, gravures et impressions pour le compte des auteurs, copie, reliure,\nPRIX MODÉRÉS.\nEN VENTE :\nW. de LE N Z\nBEETHOVEN et ses Trois Styles\nÉDITION NOUVELLE\nAvec un avant-propos et une bibliographie des ouvrages relatifs à Beethoven\nPAR M. D. CALVOCORESSI\net orné d'un portrait de Beethoven avec signature et fac-similé d'écriture.\n■\nIl a été tiré 100 exemplaires numérotés de cet ouvrage sur papier de Hollande.\n——-n—-\nUn volume in-i6, net 6 fr. relié 7 fr. sur Hollande 12 fr."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c086", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c086", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 5, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.30", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.5", "debut_caractere": 777, "fin_caractere_exclue": 2670, "texte": "La Librairie Musicale de GUSTAVE LEGOUIX, 4, RUE CHAUVEAU-LAGARDE, désirant combler\nune lacune qui prive les artistes et les amateurs de la connaissance d'un grand nombre de petits chefs-d'œuvre,\nces ouvrages n'existant qu'en partitions d'orchestre, pour la plupart introuvables maintenant, croit le moment\nfavorable, étant donné le mouvement musical actuel qui tend à s'intéresser de plus en plus aux Maîtres du\nXVIIIs siècle, de lancer une souscription pour la publication d'un certain nombre de partitions d'Opéras-Comiques\nde Monsigny, Duny, Favart, Dézède, Philidor, Délia Maria, etc.\nCette publication faite avec le plus grand soin, d'après les éditions originales, contiendra la partition piano\net chant, réduite d'après la partition d'orchestre, le livret, le portrait de l'auteur, la date de la représentation,\nla distribution et la liste des souscripteurs.\nLes trois premières œuvres publiées seront :\ni° MONSIGNY. ON NE S'AVISE JAMAIS DE TOUT, opéra comique de Sedaine, la réduction a été\nfaite par CHARLES LECOCQ, le célèbre, érudit et délicieux compositeur.\n2° ANNETTE et LUBIN, la fameuse comédie à Ariettes de M. et Mme Favart, avec musique composée et\narrangée par Biaise, réduction piano et chant de M. Robert Montfort, le distingué et consciencieux musicien,\nTranscripteur de l'orchésographie de Thomas Arbeau et auteur lui-même des charmantes œuvres.\n30 LA CLOCHETTE, opéra comique d'Anseaume, musique de Duny, arrangement piano et chant de\nCH. LECOCQ.\nLe prix de souscription pour ces trois ouvrages qui paraîtront ensemble, très soigneusement gravés et ornés\nde titres, portraits, d'après les originaux, a été fixé à 15 fr. payables à la livraison.\nSi, comme il y a lieu de l'espérer, le succès répond à notre attente, nous continuerons par la publication\nd'autres œuvres.\nBiaise et Babet de Déxède. Le Prisonnier de Délia Maria. 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(pays)\n( adresse )\ndéclare souscrire (nombre) exemplaires des 3 partitions suivantes :\nMONSIGNY : ON NE S'AVISE JAMAIS DE TOUT.\nBLAISE-FAVART : ANNETTE ET LUBIN.\nDUNY : LA CLOCHETTE.\nPour la somme de 15 francs, payable à la livraison des 3 ouvrages.\nSIGNATURE,\nN. B. Les souscripteurs de l'étranger et de la province auront 1.50 de plus à payer pour frais de port.et\nremboursement. , «\nEnvoyer ce bulletin de souscription avant le 15 Janvier 1911."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c088", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c088", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 7, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.32", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.7", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 534, "texte": "FACTEUR\nDE\nPIANOS\nFACTEUR\nDE\nPIANOS\nSiège Social : 45 et 47, rue de la Boëtie (VIIIe) PARIS\nRayon spécial de Musique\n(vente et abonnement)\nTÉLÉPHONE : 528-20\nAdresse Télégraphique :\nGAVEAU=PIANOS=PARIS\nSALLES\nDE\nCONCERTS\nUsine modèle à Fonienay=\nsous=Bois (Seine)\nAgence générale à Bruxelles\n\\\nDépôt des éditions\nde la S.I.M.\nY\nMEMBRE DU JURY HORS CONCOURS\nBARCELONE 1888, Moscou 1891, CHICAGO 1893, AMSTERDAM 1895\nPARIS 1900.\nDIPLÔMES D'HONNEUR\nAMSTERDAM 1883, ANVERS 1885, BRUXELLES 1888\nGRANDS PRIX\nHANOÏ 1893, LIÈGE 1905. . .... ,"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c089", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c089", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.33", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.8", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1163, "texte": "A. DURAND & FILS, Éditeurs de Musique\n(DURAND & Cie) '\n4, Place de la Madeleine, PARIS\nSONATES VIOLON & PIANO\nRÉPERTOIRE MODERNE\nPRIX\nBERNARD (E.) Op. 48 Sonate 8 fr.\nCHEVILLARD (C.) Op. 7\nSonate 7 fr.\nGROVLEZ (G.) Sonate . . 8 fr.\nd INDY (V.) Op. 5g Sonate\nen ut V.\".... . 8 fr.\nJONGEN (J.) Op. 34 20 So-\nnate 10 fr.\nLALO (E.) Op. 12 Sonate 7 fr.\nLAZZARI (S.) Op. 24 Sonate 7 fr.\nPRIX\nPIERNE (G.) Op. 36 Sonate 7 fr.\nROPARTZ (Guy) Sonate en\nré mineur 7 fr.\nSAINT-SAENS (C.) Op. 75\ni° Sonate en ré mineur . 7 fr.\nid. Op. 102\n2° Sonate en mi bémol . 6 fr.\nSA M A ZEUILH (G.) Sonate 8 fr.\nVIERNE (L.) Sonate ... 8 fr.\nWIXKO WSKI (G.M.) Sonate 10 fr.\nGRAND CHOIX DE MUSIQUE DE CHAMBRE FRANÇAISE & ÉTRANGÈRE\nŒuvres de C. SAINT-SAËNS, Edouard LALO, Vincent d'INDY\nA. de CASTILLON, C.M. WIDOR, Claude DEBUSSY,\nPaul DUKAS, Gabriel PIERNÉ, Emile BERNARD\nCharles LEFEBVRE, C. CHEVILLARD, GUY-ROPARTZ\nG.M. WITKOWSKI, Maurice RAVEL, ROGER-DUCASSE, etc.\nCLASSIQUES FRANÇAIS\nŒuvres de Rameau, Couper in, Caix d'HerVeîois.\n\\\nGrand abonnement à la lecture musicale française et étrangère.\nPlus de 50.000 morceaux et Partitions.\nDepot exclusif pour la France des Editions Peters."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c090", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c090", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 9, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.34", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.9", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1035, "texte": "LES PIANOS\nSTEINWA Y\nProdamés par les\ncomme les meilleurs du monde entier.\nE. MOULLÊ\nAGENT GÉNÉRAL\n1, RUE \"BLANCHE,\n*B^\nSV l\nte» ?.>V < S\n.v :,y VV;'.\nV\nLettre d'HECTOR BERLIOZ\nParis, 25 Septembre 1867.\nMessieurs Steinway et Fils,\nJ'ai entendu les magnifiques pianos qui sortent de\nvotre fabrique. Permettez-moi de vous faire mes\ncompliments sur leur excellence et les rares qualités\nqu'ils possèdent.\nLeur sonorité est splendide et essentiellement\nnoble ; en plus vous avez découvert le secret de\ndiminuer jusqu'à un point imperceptible l'harmonie\ndéplaisante de la septième mineure, qui jusqu'à\nprésent se faisait entendre à la huitième et neu-\n. vième vibration des plus longues cordes, rendant\nf 1^1, . s?ns cacop}lonicj|ues. Comme tant d'autres améliorations, celle-ci est un grand progrès dans\nla fabrication des pianos et un progrès pour lequel tous les artistes et amateurs doués d'un gout\ndélicat vous devront de la reconnaissance.\nVeuillez accepter, Messieurs, avec mes compliments l'assurance de mon respect.\nHECTOR BERLIOZ."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c091", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c091", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 10, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.35", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.10", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 48, "texte": "G. Schirmer (Inc.) New York\nEditeurs de Musique."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c092", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c092", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 10, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.36", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.10", "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 83, "texte": "QUELQUES PUBLICATIONS IMPORTANTES"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c093", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c093", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 10, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.37", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.10", "debut_caractere": 85, "fin_caractere_exclue": 1108, "texte": "GABRIEL FAURÉ\nQuintette en Ré mineur, pour piano, deux\nviolons, alto et Violoncelle. 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LOEFFLER.\nLa Mont de Tintaciles, Poème dramatique,\npour grand orchestre et viole d'amour.\nPartition, net fr. 25.00 Parties, net fr, 50.00\nRéduction pour piano à 4 mains, par Marcel\nLabey net fr. 10.00\nLa VillaneSle du Diable, Fantaisie Sympho-\nnique pour grand orchestre et orgue.\nPartition, net fr. 25.00 Parties, net fr. 50.00\nRéduction pour piano à 4 mains, par Marcel\nLabay . net fr. 10.00\nDeux Rapsodies, pour hautbois, alto et\npiano (L'étang, La cornemuse,) net fr. 6.25\nUn poème Païen, (d'après Virgil) pour grand\norchestre avec piano, cor anglais et trois\ntrompettes obligato. '\nPartition; net fr. 50.00 Parties, net fr. 75.00\nRéduction pour deux pianos, (en partition)\npar H. Gebhard net fr. 7.50\nQuatre Mélodies, pour chant et piano. Poé-\nsies de Gustave Kahn.\n1. Timbres oubliés. 2. Adieux pour jamais.\n3, Les soirs d'automne. 4. Les Paons.\nChacune, net fr. 2.50 Le recueil net fr. 10.00\nQuatre poèmes pour voix, alto et piano.\n1. La cloche fêlée . . . . net fr. 2.50\n2. Dansons la gigue .... net fr. 2.50\n3. Le son du cor s'afflige vers\nles bois net fr, 2.50\n4. 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THOMSON\nZIGEUNER RHAPSODIE\nV\nPour Violon et Orchestre\nRéduction : VIOLON ET PIANO, net 6\n'■*' ' '\nEN LOCATION LB MATÉRIEL D'ORCHESTRB\nCHOPIN-THOMSON\nMAZURKA op. 7 No. I. Violon et Piano, net 2.00\nEN PRÉPARATION :\nROOVERSLIEFDE\nDRAMR LYRIQUE EN UN ACTE DE P. 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QUITTARD. Le Trésor d'Orphée, par Antoine Francisque, tablature de\nluth, transcrite pour piano à deux mains; i volume in 4° de 100 pages ... 5 ft»,\nJ. ECORCHEVILLE. Actes d'Etat civil d'artistes musiciens insinués au\nChâtelet de Paris (1539-1650); 1 volume in-40 10 fr.\nA. GASTOUE. Catalogue des mss. de musique byzantine conservés dans\nles bibliothèques de France; 1 volume in-40 20 ft>\nP« AUBRY. Cent motets du Xllle siècle, tirés du ms. Ed. VI-4 de la\nBibliothèque de Bamberg; 3 volumes in-4» • • • 150 fr\nP. AUBRY. Le Chansonnier français de l'Arsenal (Xllle siècle), 15 livrai-\nsons trimestiielles de 32 planches phototypiques avec la transcription des\nmélodies en notation moderne. Notices par M. A. Jeanroy, professeur à la\nFaculté des Lettres de Toulouse. La livraison 10 fr\n(On ne souscrit qu'à l'ensemble de la publication.)\nM. BRENET. Les Musiciens de la Sainte-Chapelle du Palais. Un volume\nin-4' de 3°o pages 15 fr.\nJ. ECORCHEVILLE. Catalogue du fonds de Musique ancienne de la Biblio-\nthèque Nationale (jusqu'en 1750.) Huit volumes de 250 pages chacun,\ncontenant dix mille thèmes de musique, et de nombreux fac-similé. L'ouvrage\ncomPlet . 500 fr.\nSOUS PRESSE\nQUITTARD. L Œuvre de clavecin de d'après l'édition de\n1670 et le manuscrit Vm7 1852 de la Bibliothèque nationale. Un volume\nm-48 de 100 pages de musique 5 ft\nEN PRÉPARATION\nA. PIRRO. Les correspondants du Père Mersenne. Publication de la cor-\nrespondance musicale adressée à Mersenne et conservée à la Bibliothèque\nNationale. Vol. I (J-.h. Doni) Un volume in-40 de 200 pages\nL. DE LA LAURENCIE. Les Musiciens de la Maison du Roy aux XVII8 et\nXVIII* siècles. (Inventaire musical de la Série O1 des Archives nationales)\nDeux volumes de 200 pages chacun.\nm' T?f?HET\\ \"3, Tratii de MusiVue> composé par Sharaf ed-Din Haroun.\n( II siecle) d après le manuscrit original de la Bibliothèque Nationale\nTraduction et fac-similé du texte Arabe. Un volume in-48 de 100 pages.\nH. DE CURZON. Correspondance des D conservée aux\nArchives Nationales. —Un volume in-40 de Is° pages.\nL' 7~ Kîn t°ù- Recueil d'Airs pour le k'în ou luth chinois, transcrits\nde la tablature.\nLE COMITÉ DE LA PUBLICATION :\nP. flubry, M. Brenet, L. Dauriac, J. Ecorchevllle, H. Expert, L. delà Laurencle.\nCh. Malherbe, E. Poirée, G. Prod'homme, R. Rolland, J. 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DANDELOT, 83, RUE D'AMSTERDAM\nSALLE ERARD : 13, RUE DU MAIL\nDEUX RÉCITALS DE PIANO\ndonnés par EMIL SAUER\nles» RÉCITAL\nMercredi 15 Février 1911, à 9 h. du soir\ni. Prélude et Fugue (ré\nJ.-S. BACH\nBEETHOVEN\nFR. SCHUBERT\nJ. MENDELSSOHN\nmajeur) ....\n2. Sonate op. 109\n3. a) Impromptu op. 90 n° 3\nb) Scherzo op. 16 n° 1\n4. Carnaval de Vienne\nop. 26 ... . R. SCHUMANN\n5. a) Barcarolle op. 60 >\nb) Nocturne op. 27 n* 1\nc) Etude op. 25 n° 12 >\n6. à) Etude. Caprice (édition\nPeters) ....\nb) Rêve Angélique .\nc) R àkôczy Marche\n(Rhapsodie n° 15) .\nPRIX DES PLACES : Fauteuil Réservé 20 frs.\nFauteuil de Première Galerie ler1er rang 8 frs. 2me\nFR. CHOPIN\nE. SAUER\nA. RUBINSTEIN\nFR. LISZT\n2me RÉCITAL\nMercredi 22 Février 1911, à 9 h. du soir\n1. Sonate n° 1 ré majeur E. SAUER\n(Motto: Ils marchaient en plein\nprintemps, baignes de Soleil.\n2. ci) Impromptu op. 14-2 n° 3 FR. SCHUBERT\nb) Prélude op. 104 n° 1\n3. Carnaval (scènes mig-\nnonnes op. 9) .\n4. a) Ballade op. 47\nb) Berceuse op. 57\nc) Valse op. 42\nSi oiseau j'étais\nb) Clair de Lune (redem.)\nc) Moto perpetuo en octa-\nves (Edition Peters)\n6. a) Sonette de Petrarcan°3\nb) Tarentella, \"Venezia e\nNapoli \"\nFauteuil de Parquet, 1™ série 10 frs. 2e série 6 frs.\nrang 5 frs. Fauteuil de deuxième Galerie 4 frs.\n}\nJ. MENDELSSOHN\nR. SCHUMANN\nFR. CHOPIN\nA. HEUSELT\nCL. DEBUSSY\nE. SAUER\nFR. LISZT\nBillets chez M.M. A. DURAND & Cie, 4, Place de la Madeleine. —L. GRUS, 116, Boulevard\nHaussman. MAX ESCHIG, 13, rue Laffitte. A la Salle Erard, 13, rue du Mail & à\nl'Administration de Concerts. A. DANDELOT, 83, rue d'Amsterdam."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c101", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c101", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 105, "image_fin": 105, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.45", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.105", "debut_caractere": 1588, "fin_caractere_exclue": 2505, "texte": "SALLE DES AGRICULTEURS : 8, RUE D'ATHENES\nDEUX AUDITIONS DE MÉLODIES\nde RENÉ LENORMAND\nlère Audition le Jeudi 26 Janvier, à 9 heures\nAVEC LE CONCOURS DE\nMlle Blanche Vallin, des grands Concerts de Lyon.\nMlle Suzanne Cesbron, de l'Opéra Comique.\nM. Rodolphe Plamondon, de l'Opéra.\nM. LUCIEN BERTON, professeur au Con-\nservatoire.\nM. DusKé.\nMme Patorni-Casadesus.\nMlle Juliette Laval.\nAu Piano : L'Auteur.\n2me Audition (date à fixer ultérieurement)\nAVEC LE CONCOURS DE\nMm#\nM. GEORGES MAUGUIERE\nAu Piano : l'Auteur.\nMELLOT-JOUBERT ï , .\n3EORGES MAUGUIERE J\nPRIX DES PLACES : Fauteuil lre Série :10 frs. Fauteuil 2niw Série : 6 frs.\nBalcon : 6 frs. Galerie : 3 frs. Entrée : 2 frs.\nLocation : A la salle des Agriculteurs chez M. M. DURAND & Cie, 4, place delà Madeleine. L. G RUS,\n116, Boulevard Haussmann. MAX ESCHIG, 13, rue Laffite & à l'Administration des Concerts.\nA. DANDELOT, 83, rue d'Amsterdam, Téléphone 113-25."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c102", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c102", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 106, "image_fin": 106, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.46", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.106", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 514, "texte": "Rouart, Lerolle Cie\nÉDITEURS DE MUSIQUE\n18, BOULEVARD DE STRASBOURG - PARIS\nLe plus grand abonnement de France\nservice : Maison GAVEAU, 45, rue de la Boëtie.\nTOWTE LA MUSIQUE en lecture\nReprésentation exclusive des Éditions Bélaïeff, Hansen,\nJurgenson, Universelle et Zimmermann.\nDépositaires exclusifs des œuvres de G. MAHLER\nIre SYMPHONIE EN RÉ MAJEUR\n2me SYMPHONIE EN DO MINEUR\n3me SYMPHONIE EN RÉ MINEUR\n4me SYMPHONIE EN SOL MAJEUR\nChaque piano à 4 mains . . net fr. 12\n„ petite partition d'orchestre net fr. 8"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c103", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c103", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 113, "image_fin": 113, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.47", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.113", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 523, "texte": "DÉSIREZ-VOUS CONNAITRE L'ADRESSE\nd'une Maison donnant en LECTURE non seulement de ]â\nMusique Française\nMAIS ÉGALEMENT ET SURTOUT\nToute la Musique Etrangère\nET MÊME DES\nPartitions d'Orchestre ?\nADRESSEZ-VOUS A\nM. MAX ESGHIG, 13, RUE LAFFITTE, 13, PARIS\n»*. • -\nTÉLÉPHONE 108-I4\nqui vous enverra immédiatement toutes les conditions\n.\nSERVICE POUR PARIS ET LA PROVINCE\nÉDITION POPULAIRE SIMROCK\nà*?\nLES CHEFS-D'ŒUVRE DE BRAHMS, BRUCH,\nDVORAK, SCHUTT, ETC.\nr\nPOUR LA MOITIÉ DE LEURS PRIX ANCIENS i\nDEMANDEZ LE CATALOGUE SPÉCIAL"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c104", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c104", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 114, "image_fin": 114, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.48", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.114", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1900, "texte": "CONCERTS ANNONCÉS\n18 Janvier,\n19 '\n23\n15\n21\n22\n27\n29\n30\n31\n)>\n>)\n))\n)>\n))\n1>\n))\nSALLE GAVEAU\nSalle des Quatuors Quatuor Muller de Beaupré . . . . «\n- Audition des Elèves de M. Jean Canivet.\n- Union des Femmes Professeurs & Com-\npositeurs\nSalle des Concerts Concert Lamoureux\nConcert Hasselmans\nConcert Lamoureux\nMademoiselle Minnie Tracey\n- Concert Lamoureux\nCercle Musical . 4 . .\nSociété Philharmonique (Quatuor Rosé) .\nSALLE PLEYEL\nM 1 Jeanne Grémand (Elèves)\n—M. J* Debroux (ire Séance)\nMu® R, Lénars et Mr J. Bizet\nM*\" Paul Aubert ...\n—La Quatuor Capet (3œe Séance)\nLe Quatuor P. Viardot . . .\n1— La Société des Compositeurs de Musique (ire\nM. Theodor Szanto ,\nLa Société Nationale de Musique (ire séance\nM\"e Breton Halmagrand (Elèves) , .\nM\"® Roger Miclos Battaille . ...\nMr Waël Munck\n-La Société de Musique Nouvelle . .\n- Mr Edouard Tourey (Elèves) ....\n- Mr Lucien Wurmser (Elèves)\n- Mr Lucien Wurmser (Elèves)\n15 Janvier. Grande Salle\n18\n19\n20\n23\n25\n26\n27\n28\n29\n30\n31\n16\n22\n29\nSalle\ndes Quatuors\n»\nSALLE DES AGRICULTEURS\n26 Janvier. Œuvres de M. René Lenormand\nij heures\n3 heures\n2\n3\n3\n3\n9\n3\n9\n9\nheures\nheures\nheures\nheures\nheures\nheures\nheures\nheures\n1 heure\n9 heures\n9 heures\n9 heures\n9 heures\n9 heures\n9 heures\n9 heures\n9 heures\n1 heure\n9 heures\n9 heures\n9 heures\n1 ha*re\n1 heure\n9 heures\n9 heures\nSALLE ERARD\n15 Janvier.\n16\n17\n18\n*9\n20\n21\n22\n23\n24\n25\n26\n27\n28\n29\n30\n31\nMlle PAULINE ROUX\nM. PHILIPP\nLE SOUTIEN\nM. SCHELLÏNG . . . .\nMlle HUGON . . . .\nM. BEDEL\nM. WAEL-MUNCK\nMmi ALVIN ......\nM. SCHELLING.\nM. EXPERT .\nMlle VELUARD\nMlle NOVAES\nCERCLE CATHOLIQUE DE LA VILLETTE.\nMM. NAT &KRETTLY\nMme MARECHAL-MOELLINGER . . . .\nM. LEDERER. . . .. . . , . ... .\nM. PHILIPP\nMatinée d'élèves\nAudition d'élèves\nConcert de Charité\nPiano\nPiano et Chant\nConcert de charité\nConcert d'Orchestre\nMatinée d'élèves\nPiano\nChant\nPiano\nPiano\nConcert de charité\nPiano et Violon\nMatinée d'élèves\nViolon\nPiano"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c105", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c105", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 116, "image_fin": 116, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.49", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 116, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.116", "debut_caractere": 2646, "fin_caractere_exclue": 2881, "texte": "GUITARE\nM\"* B. DORE\nÉLÈVE DE MIGUEL LLOBET\nLeçons Cours Ensemble\nSpeaKs english Habla espanol\n8, Rue Furstenberg Vie\nTéléphone 829.80 PARIS. 28, Rue Demours. XVII».\nMIGUEL LLOBET\nGuitariste virtuose\nde la Cour d'Espagne\nCONCERTS\nLEÇONS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c106", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c106", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 119, "image_fin": 119, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.50", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 119, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.119", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 337, "texte": "LA HAYE SALLE DILIQENTIA\nMERCREDI 1\" Février 1911\nProgramme de la 3me Séance de Sonates\ndonnée par M. CH. VAN IBTERDAEL, violoncelliste\navec le concours de M. WILLEM ANDRIESSEN, pianiste,\nprofesseur au Conservatoire de la Haye.\nSonate n° 2 op. 58 de Mendelssohn.\nSonate en sol mineur de Bruno Mugellini.\nSonate op. 22 de Joseph Ryelandt."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c107", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c107", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 119, "image_fin": 119, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.51", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 119, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.119", "debut_caractere": 339, "fin_caractere_exclue": 1192, "texte": "Éditions M. Senart, B. Roudanez et Cie PARIS\nSiège Social : 20, Rue du Dragon Vente au détail : 9, Rue de Médicis\nCHANTS DE FRANCE ET D'ITALIE\nPubliés sous la direction artistique de\nHenry Expert\n\" exécutés aux Concerts Historiques de l'Opéra Comique \"\nChansons Mondaines\nharmonisées par\nEmile Desportes\nMa bergère est tendre et fidèle\nN'oubliez pas votre houlette\nLa Bergère fileuse\nPuisque ma bergère\nViens charmante Annette\nJe ne connaissais point l'amour\nAmants qui près d'une maîtresse\nLoin de vos yeux je soupire\nPhilis, le long de la prairie\nMon père m'y a marié\nchaque 0.50 fr.\nAirs de Cour\nréduction au Clavier par\nHenry Expert\n\"de Boesset \"\nPhilis vous avez tant d'appas\nDivine Amarillis\n\"de Guedron \"\nBeaux yeux les doux vainqueurs\nhé, pourquoi n'oserai-je pas\n44 de Tessier \"\nDancez devant ces beaux yeux\nBrouttez Camusettes.\nchaque 0 50 fr."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c108", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c108", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 119, "image_fin": 119, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.52", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 119, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.119", "debut_caractere": 1194, "fin_caractere_exclue": 1451, "texte": "CONSERVATOIRE DE LAUSANNE\nINSTITUT DE MUSIQUE\nClasses Normales Classes de Virtuosité. 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Se contenterait de 1.000 frs. pour débuter. Ecrire: \" A.F.St.\" au Konzertbureau, Emil\nGutmann, Munich, Theatinerstrasse, 38."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c110", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c110", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 121, "image_fin": 121, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.54", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 121, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.121", "debut_caractere": 2372, "fin_caractere_exclue": 2512, "texte": "Application\nraisonnêe des\nmeilleurs procédés\npédagogiques\net techniques\nemployés par les\ngrands maîtres\ncontemporains\nfrançais\net étrangers•"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c111", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c111", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 121, "image_fin": 121, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.55", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 121, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.121", "debut_caractere": 2514, "fin_caractere_exclue": 2606, "texte": "LEÇONS de PIANO\nVIOLONS, SOLFÈGE HARMONIE\nPAR CORRESPONDANCE\nCOURS SINAT\nRue Franklin,s, PAR"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c112", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c112", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 122, "image_fin": 122, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.56", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 122, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.122", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 18, "texte": "Courrier Financier"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c113", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c113", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 122, "image_fin": 122, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.57", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 122, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.122", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 3408, "texte": "Le vieux dicton assure que \" la musique adoucit les moeurs. \" Les lecteurs de S. L M.\nont bien le droit de revendiquer cette heureuse influence.\nUne revue ne doit pas être pour son lecteur un bréviaire exclusif et si, à l'époque compliquée\noù nous vivons, la spécialisation est devenue une règle essentielle, du moins ne doit-on pas\nexclure toute incursion dans un domaine étranger à la matière que l'on traite. Nos lecteurs ne\nnous en voudront sans doute pas de leur donner quelques indications générales sur un sujet\nd'une importance certaine puisqu'il intéresse directement leurs ressources pécuniaires.\nD'ailleurs, quel est celui d'entre eux qui ne possède pas dans son portefeuille une obligation\nCommunale ou un quart Ville de Paris, avec l'espoir de décrocher un jour le gros lot, qui le\nmettra définitivement à l'abri des nécessités journalières ?\nNous avons donc l'intention de publier tous les mois, non pas une de ces revues\nsavantes qui tranchent définitivement les questions ardues, mais une causerie amicale, dans\nlaquelle nous tiendrons nos lecteurs au courant des mouvements financiers et de\nMarché. Il va sans dire qu'une revue mensuelle ne saurait avoir la précision absolue d un\narticle journalier ; du moins pourrons-nous leur donner une indication générale et, a 1 occasion,\nquelques conseils qui, nous l'espérons, pourront leur être utiles.\nPrécisément, la fin de l'année 1910 — qui se termina sur d et\nles premiers jours de Janvier 1911, ont été marques par un marche actif piesageant bien les\ndispositions de la Bourse. Le fait est d'autant plus notoire que ce regain d activité s est justement\nproduit en pleine \" trêve des confiseurs \" c'est-à-dire pendant cette période de calme qui\ncommence vers le milieu de Décembre pour se clore a 1 echeance des coupons de Janvier. On\na fait quelques affaires, parfois même des affaires actives par rapport au peu d amplitude des\ntransactions précédentes.\nL'indication est bonne parce que 1910 avait été caractérisé par le développement e a\nreprise économique et financière qui ne s'était que dessinée en 19°9» aPr^s deux années de cr^se.\nL'activité qui s'est manifestée d'une façon spéciale dans l'Industrie, est caractérisée par la\nprogression des chiffres de production de la houille et de la fonte et par le développement au\nCommerce Extérieur qui enregistre une augmentation de 5 à 6 °/0 pour les onze premiers\nmoisdei9io. ,\nDe même, le trafic des Chemins de fer eut accusé une plus-value a celle de annee\nprécédente s'il n'avait été momentanément arrêté par la grève que l'on sait et la crise des\ntransports qui l'a suivie. . . .,\nEnfin, les émissions ont été fort nombreuses ; remarquons que la caractéristique boursière\n! de 1910 est l'abandon presque complet du Marché par la spéculation au profit des transactions\nau Comptant. . , - . ,\nSans rien présager pour l'année 1911 — car il est toujours délicat de aire es pronos ics\n— il nous sera permis de constater que la situation politique internationale ne suscite aucune\nappréhension sérieuse. Le double système de la triple alliance et de la triple entente constitue\nune base solide à la politique internationale et si l'on a pu craindre un moment que la mort\nd'Edouard VII — diplomate de haute lignée — ne vint rompre l'équilibre européen, du\nmoins la nomination à la Chancellerie de Berlin, de M. de Bethmann-Hollweg, fut le signal\nd une politique conciliante."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-01-15-01-c114", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-01-15_01#c114", "volume": "bmtnabh_1911-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 123, "image_fin": 123, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.2.58", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 123, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.123", "debut_caractere": 168, "fin_caractere_exclue": 526, "texte": "Il est propable qu'au point de vue du jeu des forces naturelles, l'année qui s'ouvrç\npourra être moins favorisée que celle qui vient de s'écouler. Dans ces conditions, la reprj\ncommencée depuis un an, nous semble posséder tous les éléments possible pour se poursui\nsans incident.\nSociété Auxiliaire des Banques Régionales,\nA, 9\n34, rue de la Victoire, Paris."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.1", "texte": "Periodicals\nShelve with Bound Journals"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.2", "texte": "Jlrittcefmi ÏÏmtiersitjj.\n(Bnltth\nutùr\n(ênluk\nJsUttt&rx&l JFttttfr"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.3", "texte": "[fil* Année.\nN° 1.\n15 Janvier 1911.\n» fl B JMr ' ■ n\n■ ■ 1 MÊ 1 I\nH WE H\nl |g, ■ Mfâ: n HHH n n\n- il v 8 m V l|\nH jrap aBS ■\nREVUE MUSICALE MENSUELLE\nRÉDACTION :\n2, Rue St. Augustin, PARIS.\nTéléphone 204.20\nLibrairie CH. DELAGR.AVE\n15, rue Soufflot,\nLe numéros\nFrance et Belgique 1fr.50 Union 2 fr.\nUn an 15fr. 20 fr.\n—-—■\nCopyright by S. !• M. 1911®\n\nSOUVENIRS DE FAMILLE DE H. BERTON, par M. Ténéo. 0 LE PROBLÈME DES ORNE-\nMENTS DANS LA MUSIQUE, par J. Ecorcheville. UNE CONFÉRENCE MUSICALE ALA\nSORBONNE, par A. Menchaca. 0 PIERRE AUBRY. 0 LES LIVRES. 0 LEURS MAINS,\n(Mains de A. Bruneau, H. Busser, Chevillard, Th. Dubois), par P. Jobbé-Duval. 0 UNE RENCONTRE\nAU CAFÉ-CONCERT, par Jean d'Udine. OMUSICIENS BELGES, (N. Daneau), par R. Lyr.\nCAUSERIE SUR LE CHEF D'ORCHESTRE, par Stievenard. 0 REVUES DES REVUES. 0\nTHÉÂTRES ET CONCERTS."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.4", "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇA\nAMIS 'DE LA MUS I QUE\nCOMITÉ D'HONNEUR\nM. le Président de\nM. le Ministre de l'lnstruction\n* f\nM. le Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts.\nM. Gabriel FAURÊ, Dir\nM. Henry MARCEL, ancien Directeur des Beaux-Arts, Administrateur général\nde la Bibliothèque Nationale.\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\ni\nBUREAU\nPRESIDENT\nM. LE COMTE GASTON CHANDON DE\nBRIAILLES.\nVICE-PRESIDENTS\nM. LE PRINCE A. D'ARENBERG,\nM. Louis BARTHOU,\ndes sceaux.\nM. GUSTAVE BERLY, banquier.\nM. ADOLPHE BRISSON,\nTRESORIER\nM. LÉO SACHS.\nDIRECTEUR ARTISTIQUE\nM. GUSTAVE BRET.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL\nM. J. ECORCHEVILLE, docteur es-lettres.\nSECRÉTAIRE DU CONSEIL\nM. J. PASQUIER.\nMEMBRES DU CONSEIL\nMME ALEXANDRE ANDRÉ.\nMME LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, d\nraire au ministère des finances.\nM. LÉON BOURGEOIS, sénateur, ancien\nministre.\nM. FRANZ CUSTOT.\nMME MICHEL EPHRUSSI.\nM. GEORGES GAIFFE.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE.\nM. JEAN WEBER,\nM. Louis HAVET, d\nau Collège de France.\nMME DANIEL HERMANN.\nMME H ENRY HOTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nMME LA COMTESSE PAUL DE POURTALÈS*\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND,\nFaculté des Lettres\nM. Louis SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nMME TERNAUX-COMPANS.\nagrégé de V Université."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.5", "texte": "LIBRAIRIE MUSICALE DE GUSTAVE LEGOUIX, 4, rue Chauveau-Lagarde - PARIS 8e\nSpécialité de musique d'occasion ; partitions piano et chant, partitions d'orchestre ; écrits sur la musique ;\nmusique instrumentale ; méthodes ; ouvrages rares et curieux. Vente et Achat\nCatalogues envoyés franco sur demande, gravures et impressions pour le compte des auteurs, copie, reliure,\nPRIX MODÉRÉS.\nEN VENTE :\nW. de LE N Z\nBEETHOVEN et ses Trois Styles\nÉDITION NOUVELLE\nAvec un avant-propos et une bibliographie des ouvrages relatifs à Beethoven\nPAR M. D. CALVOCORESSI\net orné d'un portrait de Beethoven avec signature et fac-similé d'écriture.\n■\nIl a été tiré 100 exemplaires numérotés de cet ouvrage sur papier de Hollande.\n——-n—-\nUn volume in-i6, net 6 fr. relié 7 fr. sur Hollande 12 fr.\n\nLa Librairie Musicale de GUSTAVE LEGOUIX, 4, RUE CHAUVEAU-LAGARDE, désirant combler\nune lacune qui prive les artistes et les amateurs de la connaissance d'un grand nombre de petits chefs-d'œuvre,\nces ouvrages n'existant qu'en partitions d'orchestre, pour la plupart introuvables maintenant, croit le moment\nfavorable, étant donné le mouvement musical actuel qui tend à s'intéresser de plus en plus aux Maîtres du\nXVIIIs siècle, de lancer une souscription pour la publication d'un certain nombre de partitions d'Opéras-Comiques\nde Monsigny, Duny, Favart, Dézède, Philidor, Délia Maria, etc.\nCette publication faite avec le plus grand soin, d'après les éditions originales, contiendra la partition piano\net chant, réduite d'après la partition d'orchestre, le livret, le portrait de l'auteur, la date de la représentation,\nla distribution et la liste des souscripteurs.\nLes trois premières œuvres publiées seront :\ni° MONSIGNY. ON NE S'AVISE JAMAIS DE TOUT, opéra comique de Sedaine, la réduction a été\nfaite par CHARLES LECOCQ, le célèbre, érudit et délicieux compositeur.\n2° ANNETTE et LUBIN, la fameuse comédie à Ariettes de M. et Mme Favart, avec musique composée et\narrangée par Biaise, réduction piano et chant de M. Robert Montfort, le distingué et consciencieux musicien,\nTranscripteur de l'orchésographie de Thomas Arbeau et auteur lui-même des charmantes œuvres.\n30 LA CLOCHETTE, opéra comique d'Anseaume, musique de Duny, arrangement piano et chant de\nCH. LECOCQ.\nLe prix de souscription pour ces trois ouvrages qui paraîtront ensemble, très soigneusement gravés et ornés\nde titres, portraits, d'après les originaux, a été fixé à 15 fr. payables à la livraison.\nSi, comme il y a lieu de l'espérer, le succès répond à notre attente, nous continuerons par la publication\nd'autres œuvres.\nBiaise et Babet de Déxède. Le Prisonnier de Délia Maria. Le Maréchal-Ferrant de Philidor, etc. etc.\n\nBULLETIN DE SOUSCRIPTION\nJe soussigné (nom) ! (pays)\n( adresse )\ndéclare souscrire (nombre) exemplaires des 3 partitions suivantes :\nMONSIGNY : ON NE S'AVISE JAMAIS DE TOUT.\nBLAISE-FAVART : ANNETTE ET LUBIN.\nDUNY : LA CLOCHETTE.\nPour la somme de 15 francs, payable à la livraison des 3 ouvrages.\nSIGNATURE,\nN. B. Les souscripteurs de l'étranger et de la province auront 1.50 de plus à payer pour frais de port.et\nremboursement. , «\nEnvoyer ce bulletin de souscription avant le 15 Janvier 1911."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.6", "texte": "CaVaillé-Coll-Mutin\n\n15, AVENUE DU MAINE\n\nChargé de la Construction de l'Orgue monumental de Saint-Pierre de Rome"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.7", "texte": "FACTEUR\nDE\nPIANOS\nFACTEUR\nDE\nPIANOS\nSiège Social : 45 et 47, rue de la Boëtie (VIIIe) PARIS\nRayon spécial de Musique\n(vente et abonnement)\nTÉLÉPHONE : 528-20\nAdresse Télégraphique :\nGAVEAU=PIANOS=PARIS\nSALLES\nDE\nCONCERTS\nUsine modèle à Fonienay=\nsous=Bois (Seine)\nAgence générale à Bruxelles\n\\\nDépôt des éditions\nde la S.I.M.\nY\nMEMBRE DU JURY HORS CONCOURS\nBARCELONE 1888, Moscou 1891, CHICAGO 1893, AMSTERDAM 1895\nPARIS 1900.\nDIPLÔMES D'HONNEUR\nAMSTERDAM 1883, ANVERS 1885, BRUXELLES 1888\nGRANDS PRIX\nHANOÏ 1893, LIÈGE 1905. . .... ,"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.8", "texte": "A. DURAND & FILS, Éditeurs de Musique\n(DURAND & Cie) '\n4, Place de la Madeleine, PARIS\nSONATES VIOLON & PIANO\nRÉPERTOIRE MODERNE\nPRIX\nBERNARD (E.) Op. 48 Sonate 8 fr.\nCHEVILLARD (C.) Op. 7\nSonate 7 fr.\nGROVLEZ (G.) Sonate . . 8 fr.\nd INDY (V.) Op. 5g Sonate\nen ut V.\".... . 8 fr.\nJONGEN (J.) Op. 34 20 So-\nnate 10 fr.\nLALO (E.) Op. 12 Sonate 7 fr.\nLAZZARI (S.) Op. 24 Sonate 7 fr.\nPRIX\nPIERNE (G.) Op. 36 Sonate 7 fr.\nROPARTZ (Guy) Sonate en\nré mineur 7 fr.\nSAINT-SAENS (C.) Op. 75\ni° Sonate en ré mineur . 7 fr.\nid. Op. 102\n2° Sonate en mi bémol . 6 fr.\nSA M A ZEUILH (G.) Sonate 8 fr.\nVIERNE (L.) Sonate ... 8 fr.\nWIXKO WSKI (G.M.) Sonate 10 fr.\nGRAND CHOIX DE MUSIQUE DE CHAMBRE FRANÇAISE & ÉTRANGÈRE\nŒuvres de C. SAINT-SAËNS, Edouard LALO, Vincent d'INDY\nA. de CASTILLON, C.M. WIDOR, Claude DEBUSSY,\nPaul DUKAS, Gabriel PIERNÉ, Emile BERNARD\nCharles LEFEBVRE, C. CHEVILLARD, GUY-ROPARTZ\nG.M. WITKOWSKI, Maurice RAVEL, ROGER-DUCASSE, etc.\nCLASSIQUES FRANÇAIS\nŒuvres de Rameau, Couper in, Caix d'HerVeîois.\n\\\nGrand abonnement à la lecture musicale française et étrangère.\nPlus de 50.000 morceaux et Partitions.\nDepot exclusif pour la France des Editions Peters."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.9", "texte": "LES PIANOS\nSTEINWA Y\nProdamés par les\ncomme les meilleurs du monde entier.\nE. MOULLÊ\nAGENT GÉNÉRAL\n1, RUE \"BLANCHE,\n*B^\nSV l\nte» ?.>V < S\n.v :,y VV;'.\nV\nLettre d'HECTOR BERLIOZ\nParis, 25 Septembre 1867.\nMessieurs Steinway et Fils,\nJ'ai entendu les magnifiques pianos qui sortent de\nvotre fabrique. Permettez-moi de vous faire mes\ncompliments sur leur excellence et les rares qualités\nqu'ils possèdent.\nLeur sonorité est splendide et essentiellement\nnoble ; en plus vous avez découvert le secret de\ndiminuer jusqu'à un point imperceptible l'harmonie\ndéplaisante de la septième mineure, qui jusqu'à\nprésent se faisait entendre à la huitième et neu-\n. vième vibration des plus longues cordes, rendant\nf 1^1, . s?ns cacop}lonicj|ues. Comme tant d'autres améliorations, celle-ci est un grand progrès dans\nla fabrication des pianos et un progrès pour lequel tous les artistes et amateurs doués d'un gout\ndélicat vous devront de la reconnaissance.\nVeuillez accepter, Messieurs, avec mes compliments l'assurance de mon respect.\nHECTOR BERLIOZ."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.10", "texte": "G. Schirmer (Inc.) New York\nEditeurs de Musique.\n\nQUELQUES PUBLICATIONS IMPORTANTES\n\nGABRIEL FAURÉ\nQuintette en Ré mineur, pour piano, deux\nviolons, alto et Violoncelle. Net fr. 12.00\nTHÉODORE YSAYE\n«\nOp. 9. Concerto en Mi bémol, pour piano\navec accompagnement d'orchestre.\nPartition, net fr. 75.00. Parties, net fr. 62.50.\nPiano principal avec réduction de l'orchestre\npour un second piano (en partition) netfr. 10.00\nOp. 13. Fantaisie sur un thème Wallon\npour grand orchestre.\nPartition, net fr. 12.50. Parties, net fr. 25.00\nOp. 14. Symphonie en Fa majeur, pour\ngrand orchestre.\nPartition, net fr. 30.00. Parties, net fr. 50.00\nOp. 15. Le Cygne. Esquisse symphonique\npour grand orchestre.\nPartition, net fr. 12.50 Parties, net fr. 25.00.\nSYLVSO LAZZARi\nTrois chansons de Shéhérazade (Poésies\nde Tristan Klingsor.)\n1. Demande net fr, 1.50\n2. Chanson des beaux amants . net fr. 1.90\n3. Le passé . net fr. 1.50\nLe recueil, net fr. 5.00\nTrois Poésies d?Emiie Blémont (d'après\nHenri Heine.)\n1. Nuit en Mer. ..... net fr. 1.90\n2. Une femme ...... net fr. 1.90\n3. Malentendu net fr. 1.50\nLe recueil, net fr. 5.00\n\nLES ŒUVRES PUBLIEES\nDE\nCHARLES M. LOEFFLER.\nLa Mont de Tintaciles, Poème dramatique,\npour grand orchestre et viole d'amour.\nPartition, net fr. 25.00 Parties, net fr, 50.00\nRéduction pour piano à 4 mains, par Marcel\nLabey net fr. 10.00\nLa VillaneSle du Diable, Fantaisie Sympho-\nnique pour grand orchestre et orgue.\nPartition, net fr. 25.00 Parties, net fr. 50.00\nRéduction pour piano à 4 mains, par Marcel\nLabay . net fr. 10.00\nDeux Rapsodies, pour hautbois, alto et\npiano (L'étang, La cornemuse,) net fr. 6.25\nUn poème Païen, (d'après Virgil) pour grand\norchestre avec piano, cor anglais et trois\ntrompettes obligato. '\nPartition; net fr. 50.00 Parties, net fr. 75.00\nRéduction pour deux pianos, (en partition)\npar H. Gebhard net fr. 7.50\nQuatre Mélodies, pour chant et piano. Poé-\nsies de Gustave Kahn.\n1. Timbres oubliés. 2. Adieux pour jamais.\n3, Les soirs d'automne. 4. Les Paons.\nChacune, net fr. 2.50 Le recueil net fr. 10.00\nQuatre poèmes pour voix, alto et piano.\n1. La cloche fêlée . . . . net fr. 2.50\n2. Dansons la gigue .... net fr. 2.50\n3. Le son du cor s'afflige vers\nles bois net fr, 2.50\n4. Sérénade net fr. 2,50\n\nDépôt à Paris : A. DURAND «S FILS, 4 Place de la Made-\nleine. MAX ESCHIC, 13, rue Laffitte.\nDépôt à Leipzig: FRIEDRICH HOFMEISTER.\nBerlin: ALBERT STAHL."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.11", "texte": "VIENT DE PARAITRE\nA LA\nMAI SO N B E ETH OVE\nGEORGES OERTEL\nRUE DE LA REGENCE, 17-19, BRUXELLES.\nG. THOMSON\nZIGEUNER RHAPSODIE\nV\nPour Violon et Orchestre\nRéduction : VIOLON ET PIANO, net 6\n'■*' ' '\nEN LOCATION LB MATÉRIEL D'ORCHESTRB\nCHOPIN-THOMSON\nMAZURKA op. 7 No. I. Violon et Piano, net 2.00\nEN PRÉPARATION :\nROOVERSLIEFDE\nDRAMR LYRIQUE EN UN ACTE DE P. GILSON\nPARTITION : Piano et Chant."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.12", "texte": ". \"i\nV., ,\nSi\nm\nA i*Ç\n#W\n/~«f\nScéW«\n&2\n?v*\n•.t. J\n*n\nV\n■?' ■\nm\nr*\n«S*\n-*>■\n«*#£ ' .-/o '\n\"\"* \"V— 'f r~*\n- jvX r- > v _ - _ y*-\nv-^>*>v \"T-^\ni\\-\nï$\n£2£\n*+•\n::>\ntfVÎ.'ifg\n|slr\ni/-Ç\nMl\n2?W>\nM\ni\niil\nPw\njS>J\nVO\nPli\ni\n1\ntmm\nï>\nmm\nm\nm\n-■-■):\nM\nm\nm\n<<vi*\n?&\n;< •■■•\nmm\nv^rate\nmvi\n.N-V\nm\n■\nKC\n™ï\n6221\nfe\"\nmm\nîamt»\n«*??£?\n.;, v\n'<■>%\n,\nii<i\nI\n-r---\n\"£S Jp\n•v\nfl\nl^(î\\\n«re\n*\n«»\n#532$\n?\ni€;t-\n-V*\nIfeë^BS^^lP\n'•:î\"\nfe\ns>i-\n«\nrr?*~\nBS®\n■'\nK Mi\nf^S-Vi^*^'-^^-v p!?-. !,\n588&fe^!S&£!S?3S*\n'\n-\n*« &t'\n«*\n'*^&j*<£ry*rïr. i*-i\nsf?\nM\n]\n$3\ne+vsis\nko*#.\n»\nri\ni\nSPs\niJiis\n:\nJffî\ni\nfe\n?»\nTRAINS FÏÏIM PÎDESdfJoorcudendit\n•m\n\\nj \"S W,\nfe'>K'\nmm\n. e/WtAu\nm\n■r-V\nm >4?jm\n. :\nWirnas*\nr..\"» y l'ji*.\nN *jj&,,~LXtK'3si\niM\nVv\nSf M\ny ■\ni^ïfi\nïY'V\n%'•\n-es\n/•\nÊî\ny/-..\n5W\nliilMfP\nM\n;' r\nkZ., -->>!\nssârîi\n'■S5\nMv\n:\n«ï*\n71b\nîsrnfl\n'îv.',î>' 'i-if-,c/-'>i4 •\nS4| ■;■'\n» ? • '2'- ;'i <£sr('t\nI \\'i . r?^\"^?Â-vi\n•' \"1 *, '»« i .v-^.rv-■ -r \\~-^rd\nés§&i\n?yî\n-'V.\ni\n'Uka\n<-}\ni\nv\n&\n.\ni\n,<tm\n&%■\nWr\nm\nii—'\nW-.-.-'-r'\n■ri.\nJ : A, .■\n>r P\nrt •*« S »\nséiïd\ns^'îa\ni-r—''sSfe?\nr^î\n—•—:rr\nVr~'.\nur\n\\^C\nç-^T:\n~r\n;Pi-\nS^i^jk\n- />\nfh\nÇT:**yfjf»b * - «\"M\néTifejs\n,'*-V '-\ny^>\na\ns. » t r:\n'raw\nvr^.,c*É«e^\n.'■ M\"'î t vXf;sS>y^!BC3\nr^-\n-> V\n• ' iiiT ir .l it 'V _\n% * «i-V ■^,Jt«'->' ~*\" '•'\nr ■?*::.•?\n\",\"'\"*t'''3»i\n~«5'\n:'*«^.r\n.. - .v _ -y*\n#Ci\ny2t--—'\nV\nSi la fourmi était prêteuse"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.13", "texte": "Au lendemain d'un mystère familial qui éclair ci,\npublic a été ramenée vers un nom qui, depuis plus de cent cinquante ans, s est affirmé dans\nle domaine des arts; je veux parler desBERTON. A\nscandales interprètent, chacun à sa maniéré, des accidents auxquels on a donné l'appa-\nrence d'un drame, il me paraît infiniment curieux de faire revivre un ancêtre des Berton,\nle plus illustre à coup sûr, le plus intéressant aussi, c'est-à-dire Pierre Montan Berton\n(1727-1780) artiste de mérite, directeur de l'Académie royale de Musique et collabora-\nteur de Gluck.\nLe hasard qui favorise les chercheurs, m'\ngraphe., une sorte de biographie anecdotique du\nson fils.\nLe narrateur qui se laisse aller parfois aux\nproduisit, lui aussi, quantité d'ouvrages parmi lesquels certains sont d'une forme très\ndramatique et d'une écriture originale. Né à Paris 1767 > 1760,\nd'après son propre aveu, il remplit une carrière\ninexpliquées, et récompensée de distinctions\nl'influence italienne, il se montra souvent injust\nMais doué d'une volonté inébranlable, il produisit avec acharnement et se fit estimer dans\ntous les genres, depuis la cantate et l'oratorio jusqu'à Vopéra-comique et le drame lyrique.\nIl écrivit plus de quarante ouvrages, fut professeur (1795)\ndirecteur de la musique à l'Opéra (1807), chef de chant dans le même théâtre (1809)\net membre de l'Institut(1815). Il mourut en 1844.\nLes Souvenirs, dont nous publions ici le manuscrit inédit, se rapportent tous a\nPierre Montan Berton, musicien de talent, et qui se trouva placé par la fortune a un"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.14", "texte": "2\nS. I. M.\n\ntournant de notre histoire musicale. Son entrée à Vopéra coïncide avec ce mouvem\nnouveau, dont Gluck assura le triomphe et qui était déjà préparé par la poussée\nHaendel, Hasse, Jomelli, et des Allemands\nseconde moitié du XVIIIe siècle. Berton\nVorchestre de l'opéra, fut ennemi déclaré du style français, solennel et fleuri, imposa k\nsouple et nuancé, travailla à colorer Vinstrumentatio\ntoute V acception que ce mot aurait pu mériter\nTrial, Laborde ou Garnier différentes partitions, mais c est surtout comme arrangeur (\nœuvres de Lully et de Campra qu'il se rendit Vécole françai\nen la rajeunissant, et pet mit a l opéra d attendre la venue des grandes œuvres de\nfin du siècle.\nChose curieuse, mais qui n'étonnera pas ceux qui connaissent les difficultés où l'Opt-\ns est toujours débattu, Berton, fils de bourgeois avisés, se montra bon musicien, tandis m\nsuccomba a sa tâche administrative. Il eut le\navec Trial ae 1767 à 1769, et fut obligé de résilier son contrat. Alors intervinn\nDauvergne et Joliveau, et ce quatuor administratif eut un septennant médiocre. Enfin\nr7 76, grâce ala commandite dun ami des Berton, Buffault, marchand de soie, Piei\nBerton se trouva seul à diriger l'Académie r 1778\nVismes et mourait en 1780 des suites d'un long surmenage.\n\nM. Teneo.\n\nSOUVENIRS\nDE FAMILLE HISTORIQUES ET ARTISTIQUES\nDE\nHENRY MONTAN BERTON\nMEMBRE DE L'INSTITUT ROYAL DE FRANCE\n\" Les détails sont nécessaires pour donner de Pintérl\naux événements \"\n1 TF 77 T> MME DE STAËL, (de l'Allemagne)\nà v *jbre 1836.\nAVIS\nCet espece de livre ou plutôt de journal, doit être parcouru avei\nautant d indulgence que j'ai mis peu de prétention littéraire à l'écrire,\n\nmais trïpTrso^net311 Eert°n *** 69 lorsqu'il rédigea ses souvenirs écrits dans un style décous:"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.15", "texte": "SOUVENIRS DE H. M. BERTON\n\n3\n\nCe que j'y dis est le résumé des faits dont j'ai été témoin, de ceux que\nj'ai recueilli d'après les récits, les conversations de mon Père, de son frère\nLouis, de son ami Granier, du sieur Cavalier et d'autres parents et amis\nde la famille Berton. Le sieur Cavalier fut mon maître de solfège, l'ami\nGranier après la mort de mon Père se chargea de continuer mon éduca-\ntion musicale pour le violon et la composition. Je cite ici ces deux\nderniers à dessein car ce sont eux qui ayant suivi mon Père dans les\npremiers pas de sa carrière m'ont foit le narré de tout ce qu'il lui est\nadvenu dans son séjour à Bordeaux. En lisant le contenu du 4me chapitre\non sentira je l'espère que je n'ai pu en recueillir les faits de la bouche de\nmon Père, car je n'avois que i 3 ans lorsque j'eus la douleur de le perdre\net j'en avois 16 lorsque MM. Granier et Cavalier ne craignirent pas de\ns'entretenir de ces faits un peu érotiques1 en ma présence.\nLA RUE AUX FERS\nAvant de parler de moi, je crois devoir parler de ma famille et\nsurtout de mon honorable Père. C'est un devoir que je remplis ici, avec\nun sentiment religieux osant espérer qu'on ne me blâmera pas d'avoir eu\nl'orgueil plébéien, de faire connoître la souche dont je suis un des rejetons.\nIl paroît que le goût de la musique étoit inné dans la famille des\nBerton car mon grand-père quoique fils d'un riche cultivateur des\nenvirons d'Amiens fut placé par ses parents comme enfant de chœur à la\nmaîtrise de cette ville pour y faire son éducation et surtout pour y\napprendre la musique. En ce tems on tenoit fort à honneur de suivre la\nmême carrière que ses Pères, aussi lorsque son éducation fut terminée\nmon Grand Père se livra entièrement aux soins de l'agriculture, l'instruc-\ntion qu'il avoit acquise dans ses études le rendoit apte à remplir la place\nde régisseur des fermes qui étoient sous la direction de son Père et de ses\nassociés. Cette fonction l'obligeoit à faire de fréquents voyages à Paris\npour y traiter avec les principaux marchands de grain de la capitale. Il\nlogeoit habituellement chez son frère Gustave Berton, l'un des plus riches\nmarchands de galons de le rue aux fers.2 C'est de cette lignée que\n\n1 Le terme \" erotique \" est exagéré. Nos lecteurs jugeront.\n2 La rue aux Fers parallèle à la rue de la Ferronnerie, proche des Innocents C'est là qu'habita le poè\nlyrique Lepage à qui, railleuse, Ninon de Lenclos disait : \" Comment ne seriez- vous pas heureux? Il ne vous\nfaut que du pain, du fromage, du petit vin et la première venue.\""}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.16", "texte": "+\nS. I. M.\n\ndescendent les Berton de Gahors. Auguste Berton est avoué dans cette vil!(\net le nom de son frère, Michel Berton, avocat aux conseils du Roi e 1\naussi avantageusement connu dans les lettres qu'il est célèbre au barreaj\nMon Grand Père logeoit donc chez son frère dans cette rue aux fers, qj\nà cette époque présentoit à l'œil observateur un tableau accusateur d(\nl'impéritie et de l'insouciance coupable du Gouvernement, car d'un cot'\nde cette rue on voyait une partie de l'enceinte d'un cloaque infecte di-\nCimetière des Innocents !! ! où chaque jour on venoit remuer la terre, pou\ny déposer les restes des pauvres plébiens qui n'avoient pu laisser assez <T\nfortune pour se faire inhumer dans une église mais pour ajouter encore!\ns'il se peut, à cette barbare et insalubre indifférence, l'on avoit consacr\nles terrains contigus à l'apport de tous les approvisionnements de bouch!\nde la capitale ! c'est à dire à la grande halle î ! ! Les quatre cotés di\ncimetière étoient bordés par des maisons, savoir celles de la rue St. Déni\\\nde la Féronerie, de la Lingerie et enfin la rue aux Fers. Au coin de cett j\ndernieie et de celle St. Denis on voyoït ce chef-d'œuvre de Jean Goujon *\nLa fontaine dite des Innocents ! pour la raison je pense qu'elle était atte*\nnante a la petite eglise de ce nom dont l'entrée donnoit dans la ru*\nSt. Denis : les parties des rues aux Fers et de celle de la Féronerie qu!\navoient vue sur le cimetière étoient à leur rex-de-chaussée flanquées df\ndeux especes de galeries ou passages, qui communiquoient des\nadjacentes a celle St. Denis. On avoit pratique dans l'intérieur, dei\npetites boutiques ; ces passages portoient le nom de Charnier des Innocent\nparce que leur toiture à jour servoient à recueillir le trop plein dr\ncimetiere, lon y rangeoit ostensiblement avec ordre et symétrie le\nextraits des fosses encombrées ; quoi qu'à cette époqu*\nM. Azaïs1 n'eut pas encore écrit son livre des compensations, le hasard\nou plutôt l'instinct des masses, vint en apporter une à ce dégoûtai/\nspectacle ! car les promeneurs d'alors dans leurs courses étoient souveni\nobliges d abaisser leurs yeux pour éviter l'aspect des ossements et dev\ntêtes de morts qui planoient au dessus d'eux trouvoient une aimable com (\npensation dans la vue des fraîches et jolies marchandes de modes dont \\&r\npetites boutiques du charnier des Innocents étoient ornées et abondamment\npourvues. L existence de ces demoiselles est devenue historique, et plu\n\nfi* 618 d'Un musicien ui est l'auteur d'une Méthode de\ndes idéologues6\"\" ComPematlons <1U1 Pochait la résignation, fut protégé par Napoléon P\", pourtant enne»'"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.17", "texte": "SOUVENIRS DE H. M. BERTON\na\n\nd'un mousquetaire ou d'un clerc de notaire de cette époque auroient pu\nnous rendre bon compte de leurs hauts faits.1 De plus, je pense qu'un\nPoète pouroit aussi trouver matière à faire de fort beaux vers, sur le\nplus que bizarre assemblage, des attributs de la Mort, et la vue des objets\nqui nous font le plus chérir la vie. Au surplus, comme je ne suis ni\npoète ni mousquetaire je me récuse et reprends ma petite description.\nHeureusement toutes ces anomalies gouvernementales ont disparues.\nLe cimetière a fait place à notre Grande halle, la fontaine à trouvé la\nsienne dans son point central. Des artistes du premier mérite ont été\nchargés de la completter et ce chef d'œuvre de l'art statuaire est devenu\nl'un des plus beaux ornements de notre vieille Lutèce. Grâces soient\ndonc rendues à l'administrateur habile et philantrope qui sut d'une main\nbardie faire disparaitre du centre de la première ville du monde civilisé\n:ette tache mortuaire et insalubre.2 Mais je reviens à ma chère rue aux\nfers car sans elle, je le crois, cher lecteur, je n'aurois pas aujourd'hui le\nbonheur de causer avec toi. Or donc, dans cette rue, la maison attenante\nï la fontaine, étoit vis à vis du magasin de galons de mon grand oncle ;\nlans cette maison étoit le magasin de toile d'une aimable veuve et\nmarchande lingère. Cette dame étoit mère de deux fort jolies demoiselles ;\na cadette Melle Anette avoit une très belle voix, et chaque soir, tout en\npliant les pièces de dentelles de batiste elle chantoit des Noëls: à cette\nîpoque les boutiques les plus opulentes n'étoient pas closes, et de l'un à\n'autre coté de la rue on pouvoit facilement voir et entendre. Aussi, cette\npour mon grand père, fut l'étincelle électrique qui vint rallumer\ndans son âme l'amour de la musique ; mais un autre amour l'attendoit\n:hez la marchande de toile. Son cher frère qui avoit l'esprit fin et délié et\nmême un peu jovial, et qui étoit très bien avec la voisine ayant deviné sa\nlaissante flamme l'y présenta le soir même. Après les civilités d'usage, on\nm vint à faire l'éloge de la voix de M6lle Anette. La maman dit qu'elle\nivoit l'intention de lui donner un maître de chant et qu'à cet effet elle\nvouloit consulter M. l'abbé XXX maitre de chapelle des Innocents. Mon\nçrand oncle s'empressa de prendre la parole et dit : ma chère voisine je\nme trouve heureux de vous avoir présenté mon frère, il est excellent\nmusicien, il a été comme moi pendant six ans enfant de chœur à la cathé-\n\n1 Ce quartier avait connu la belle Ferronnière, castillane de naissance et maîtresse de François ler.Ier.\nJean Jacques Berger, préfet de la Seine, né en 1791, mort en 1859, qui donna son nom à l'ancienne\n'lie aux dont la véritable appellation était rue au Fèvre, selon Jaillot."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.18", "texte": "6\nS. I. M.\n\ndrale d'Amiens d'ailleurs il est très bien avec l'abbé XXX qui veut l'avoi ;\ncomme chantre honoraire pour faire briller ses mérites les jours de grand\nfête, et il vous en rendra bon compte. Il a des mœurs, de la conduite, d\nplus il est mon frère, c'est donc l'homme qu'il vous faut, et sans attendr\nla réponse de la voisine, riant sous cape du trouble de la belle Anette (\nde celui de son frère, il prend respectueusement congé de ces dames sar\nlaisser proférer un seul mot à son frère. Il l'entraina vivement hors de ]\nmaison. Celui-ci stupéfait arrivé dans la rue lui dit: Mais mon frère -\nPas de mais, je t'ai deviné, je sais ton secret, les beaux yeux d'Anett\nplus que sa voix ont subjugué ton tendre cœur ; tu l'aimes ! tu l'adores\nElle le mérite, elle est belle, sage, bien élevée, appartient à une famill\nopulente et chez qui régnent des mœurs patriarchales, tu ne déplais pas\nla belle Anette ; tu plairas à la mère, j'étois l'ami intime de son épou\nje suis le sien !... tout s'arrangera pour le mieux. Allons chez l'abbé,\nsuis très bien avec lui, il a beaucoup d'estime pour moi, car d'après me\ngoût, mes connoissances musicales, je suis toujours le premier à faii\nremarquer la beauté de ses compositions, il fera donc tout pour m'êti\nagréable, allons le visiter, demain tu seras chantre honoraire de la chapel\ndes Innocents, après demain il te présentera pour être professeur de chai\nde la belle Anette, le reste est ton affaire, quant à moi je répons de cet!\nunion et si elle a lieu comme je l'espère je mets deux mille écus dans\ncorbeille de mariage. Allons, suis moi, entrons chez l'abbé, c'est moi qi\nvais porter la parole ; à tout ce que je dirai tu diras toujours ouiy car\nvais faire de la diplomatie et celle la ne tendra pas à faire dépeupler\nmonde, tout au contraire, car elle sera toute en faveur de la belle Anet\net de son tendre amant. Suis moi donc, sois tranquille, le succès est certai1\ncompte sur l'amitié de ton frère Gustave.\nLE DUO D'ARMIDE\nL'abbé reçut mon grand oncle à son ordinaire, c'est à dire à br\nouverts, ainsi que son frère qu'il combla de politesse, surtout lorsqu\neut fait connoissance avec son savoir musical ; l'abbé ayant en port\nfeuille un o salutarisde sa composition, pour 3 voix, voulant éprouver\ntalent du jeune musicien s'empressa de lui présenter la partie de premi\nténor, pris celle du 2e ténor pour lui et distribua celle de basse à m\ntrès cher grand oncle qui par parenthèse (m'a dit souvent mon Pèi"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.19", "texte": "SOUVENIRS DE H. M. BERTON\n7\n\navoit une très belle voix de cette nature. J'ai eu le bonheur de connoitre\nce brave et estimable oncle dans ma plus tendre enfance ; mon Père, qui\nconservoit un souvenir d'affectueuse reconnoissance pour tout ce qu'il\navait fait pour le sien, me menait assez souvent avec lui, lorsqu'il alloit\nle visiter dans sa boutique de galons et comme tout ce qui est un peu\nextraordinaire, frappe toujours les enfants et se grave profondément dans\nleur mémoire, j'ai gardé souvenance de ces moments, et je le vois encore\ndans sa boutique, me caressant en me donnant des bonbons ; la tête\ncouverte d'un bonnet de velours noir, qui bien entendu étoit ornée de\nbeaux galons d'or ; mais ce qui me charmoit le plus étoit sa robe de\nchambre de Perse, car sur l'un des bras j'admiroi un joli petit singe, sur\nl'autre un beau peroquet, et enfin sur les épaules et les reins une magni-\nfique queue de paon,qui y trouvoit assez de latitude pour s'y étendre\npompeusement.1 J'avouroi que j'ai éprouvé une double jouissance la\npremière fois que j'ai vu et entendu l'excellent bouffe La Blache dans la\nCenerentoia, j'ai cru revoir mon oncle. Mais allons le rejoindre chez l'abbé.\nSa diplomatie avoit réussi, son frère avoit été admis d'emblée comme\nchantre honoraire de sa chapelle, le lendemain, de l'aveu de l'abbé, il fut\naccepté comme maitre de chant de la belle Anette, à dater de ce moment\nles leçons commencèrent et souvent, il en donnoit plus tôt deux qu'une\npar jour! aussi les progrès furent-ils rapides. Tous les dimanches et fêtes,\naprès avoir été le matin à la grande messe et au prône, l'après diné à\nvêpre et à complies, le soir on se reunissoit, un jour chez la marchande\nde toile et l'autre chez le marchand de galons. M. l'abbé étoit toujours\nde la partie, à huit heures on soupoit gaiment en société, et selon les\nmœurs du temps, tour à tour chacun disoit à table sa chanson, con-\nvenablement les demoiselles ne chantoient que des noëls. Un jour le\nmaitre électrisé par la voix de son élève, chante avec la plus touchante\nexpression le délicieux air, charmante son frère lui riposte avec\nsa verve ordinaire en entonant de sa belle voix de bariton, l'air Vive\nquatre. Mais le très cher oncle qui ne perdoit pas de vue le but de sa\ndiplomatie matrimoniale s'interrompant tout à coup en interpelant l'abbé,\nlui dit : Mon cher, des airs, des romances, des chansons, et même des\nnoëls c'est fort bien ! c'est très bien ! c'est charmant ! mais tout cela n'est\nque de la mélodie, j'aime fort la mélodie car elle est l'âme de la musique,\n\n1 Ce petit détail est caractéristique. A cette époque, en effet, on portait chez soi d'invraisemblables robes\nde chambre, dites de Perse et qui étaient illustrées de fantasmagories assez singulières, imitées de l'oriental."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.20", "texte": "8\nS. I. M.\n\nelle est à ce bel art ce que la pensée est à la poésie, le dessin à la peinture\ncependant je voudrais un peu de coloris, c'est à dire de l'harmonie, ç\nvous le savez mieux que moi, une seule voix ne peut nous faire entendr\nque de la mélodie, et il en faut plusieurs, au moins deux, pour nous fair\njouir du charme de l'harmonie. Il nous faudroit donc un duo pour un\nvoix de dessus, et une voix de ténor. Vous n'en pouvez avoir dans vr\nbelles compositions, vos messes, vos motets : eh bien, lorsque dans !\njournée on a rempli tous ses devoirs, on peut très bien et très inoçamei\nchanter le soir quelques morceaux d'opéra ! pour exemple un de ceux d\nl'immortel Lully ! celui d'Armide !\" \" Aimons nous, tout nous y convie.\nAh ! ne faites pas la grimace, l'abbé, cela ne peut être considéré comme u\npéché, car tout le monde le sait et le dit à la cour, le grand roi qui es\nmort il y a environ 10 ans le chantoit fort souvent avec Mme de Main\ntenon, sans pour cela cesser d'être le roi très chrétien et l'empêcher c\nrecevoir l'absolution du père Lettelier^après avoir signé la d\nYédit de Nantes II! L'abbé s'inclinant respectueusement ne répondit qui\npar un amen. Le duo fut apris, étudié; mais le maitre etl'écolière s'iden\ntifièrent avec la situation prirent si bien l'esprit des paroles à la lettre\nque quelques mois après on crut ne pouvoir rien faire de mieux que di\nles marier. Cette union fut heureuse et fructueuse sous tous les rapports\ncar ma grande mère, en 6 années donna le jour à 5 enfants. Elle avoi\nreçu en dote le magazin de lingerie de sa mère. Mon grand père continu\nson commerce de graines, mais (ce que j'ai souvent entendu raconter ci\nfamille) c'est que M. le chantre honoraire cultivoit avec beaucoup plu\nde ferveur le culte à'Euterpe que celui de Céres, qu'il étoit a Paris plu\nsouvent près de sa chère Anette qu'il n'étoit à Amiens près de ses parent\net qu'enfin cet heureux couple n'a cessé jusqu'au dernier moment, d\nchanter le duo d'Armide.\nNAISSANCE DE MON PÈRE, SA PREMIÈRE ÉDUCATION\nSON ENTRÉE DANS LE MONDE, SES SUCCÈS\nJ'ai dit précédament que ma Grande mère, tout en chantant le du\nd'Armide avec son époux, donna le jour à 5 enfants, 4 garçons et un\nfille. Voici l'ordre dans lequel ils ont fait leur entrée dans le monde:\n\nArmide, tragédie de Quinault, Versailles, 6 Janvier 1683, Paris, 23 avril, même année."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.21", "texte": "Henri M. Berton\n(Musée de l'Opéra)"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.22", "texte": "Henri M. Berton (Enfant)"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.23", "texte": "SOUVENIRS DE H. M. BERTON\n9\n\nle lerIer Pierre Montan\nle 2me Louis Michel Berton, mon oncle\nle 3me André Charles\nle 4me Alexandre Edouard\nle çme Marie Elisabhete 1\nSelon les goûts et l'usage de ses Pères, mon aïeul, plaça tour à tour ses\nquatre fils comme enfants de chœur à la maitrise de la cathédrale de\nSenlis. Les études des 3 premiers furent fructueuses, car ils sortirent de\nla maitrise en sachant bien le latin et surtout la musique. Quant à mon\npauvre oncle Alexandre, il fit peut de progrets, et son père eut le chagrin\nde ne pouvoir en faire qu'un soldat. Cependant comme il avoit quelques\nnotions musicales, et des inclinations martiales, il parvint à jouer fort bien\ndu fifre, et c'est en cette qualité qu'il fut admis dans le régiment des\ngardes françaises, mais la bataille de Fontenoi vint metre un terme à son\nexistence. Mon oncle Louis quoique étant devenu bon musicien, voyant les\nsuccès précoces de son frère ainé dans cet art eut le bon esprit de suivre\nune autre carrière, il entra commis dans la ferme générale à l'âge de\n16 ans et devint par la suite directeur dans la ville de Senlis,\nplace qu'il garda jusqu'à la supression de cette administration. En 1793\nil fut incarcéré. Au 9 thermidor il retrouva sa liberté, au retour de l'orde\net à la création de la chambre des comptes, il y fut nommé chef de\ndivision, fonction qu'il remplit avec honneur jusqu'au 20 mars de l'an\n1815, jour de sa mort.\nMon oncle André en quittant la maîtrise, demanda l'autorisation à\nson Père d'entrer au séminaire, il embrassa l'état éclésiastique sans cesser\npour cela de se livrer aux études approfondies de la composition musicale\net l'abbé Berton, grâce aux bons conseils qu'il recevoit de son ainé, fut\nbientôt en état de remplir avec talent, la place de maître de chapelle de\nla cathédrale de Poitiers. Il remplit ses fonctions pendant plus de\n40 années et la mort seule, qui vint le frapper 1804, y mit un terme.\nMon Père Pierre Mont an Berton est né à Rocroy en 1727. \" Elevé\n\n1 C'est la première fois que l'on donne les noms des frères et de la sœur du fameux Berton.\n2 Sorte de percepteur relevant de la Cour des Aides.\n3 Le lieu exact de sa naissance est Maubert-Fontaine (canton de Rocroy). Voici son acte de naissance :\n\" Extrait du registre de la paroisse de Nicolas de Maubert-Fontaine, diocèse de Reims ; l'an mil sept cent\nvingt sept, le septième janvier, je soussigné Jean-Baptiste Poucelet, prêtre, curé de Maubert-Fontaine, ai\nbaptisé le fils de Pierre Berton et de Poucette Macquant, ses père et mère, mariés ensemble, habitans de cette\nparoisse, auquel on a imposé les noms de Pierre Montant. Les parrain et marraine ont été Montant Macquant\net Poucette Foudrillon. \""}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.24", "texte": "10\nS. I. M.\n\ncomme enfant de chœur à Senlis, à l'âge de 10 ans il fit exécuter avec\nsuccès à la cathédrale de cette ville, un motet de sa composition, à grand\nchœur et orchestre. A son retour à Paris dans la maison paternelle, il\ncontinua ses études sous la direction du maitre de chapelle des Innocents.\nA l'âge où la voix d'homme se forme, c'est à dire entre 15 et 16 ans, il\nen eut une fort belle de taille ou baryton. Mon grand oncle qui avoit\nautant d'amitié pour le fils que pour le père, étant par ses liaisons musi-\ncales intimement lié aussi avec le maitre de chapelle de Notre Dame, fit\nde suite agréer son cher neveu, comme chanteur solo de la métropole:\nmais comme le profanne cherche souvent à envahir la possesion du sacré,\nun certain chanteur coryphée à l'opéra, le nommé Cavalier Furet qui\nétoit toujours à la piste de belles voix et salarié pour ce fait par le\nDirecteur, ayant entendu chanter mon Père, lui en fit un récit si brillant\nde sa voix, qu'il fut autorisé à lui proposer de signer de suite un engage-\nment avec la direction de l'Academie royale de musique; ce mot Académie\nroyale de musique fut magique pour mon Père, indécis, tourmenté par\ncette fièvre d'avenir, qu'ont tous les jeunes artistes, il hésite un moment,\nmais en fin il se décide à signer. Quelques mois après, il fit son début\nen voici le récit c'est lui qui parle. \" Dès la veille de mon début je\nne pu rien prendre ni à déjeuner, ni à diner, ni à souper, pourtant à cet\nâge j'avais un formidable apétit, apétit de jeune homme de 18 ans. Le\njour ce fut encore pire, car je ne pu boire seulement un verre d'eau, je\nsentois bien déjà que j'étois peu propre à remplir les fonctions d'acteur,\nmais j'étois annoncé, et malgré mon invincible timidité je fus contraint\nde paroitre sur la scène. Malgré ma peur, ma voix sortoit encore assez\nbien, et malgré ma gaucherie, mon physique parut aussi fort bien, on\naprécia l'un et l'autre, mais en disant en chorus, ah ! qu'il est froid —il\nest trop froid il ne fera jamais rien. Le cher public avoit heureuse-\nment raison, car moi-même en pensant à ce moment, je suis encore\ntransit du froid de la peur. Ainsi après la pièce, j'allai bien vite me jetter\naux pieds du Directeur pour le suplier de résilier mon engagement,1 ce\nqu il fit de suitte avec toute la grâce possible, en me disant : jeune homme,\nvous etes appelé à faire un grand musicien, que ce petit échec ne vous\ndécouragé pas ; vous savez très bien la composition, je connois de vos\n\nJe nai découvert aucune trace de rengagement de Berton comme chanteur à l'Académie Royale de\nMusique, mais ce début malheureux ne saurait être mis en doute. C'est un incident bien curieux de la vie du\nfutur compositeur."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.25", "texte": "SOUVENIRS DE H. M. BERTON\n11\n\nœuvres, et j'ai remarqué de très bonnes choses, vous êtes bon organiste,\nbon clavesiniste, et jouez fort bien du violoncelle. Eh bien ! la direction\ndu grand opéra de Bordeaux ma sollicité pour lui envoyer un bon violon-\ncelliste, en état d'accompagner sur la partition près du clavecin, vous\navez donc toutes les qualités requises pour occuper cette place, et je leur\nfais un véritable cadeau en vous y envoyant. Voici votre commission\net les cent cinquante francs d'avance pour vos frais de route. Permettez-\nmoi, me dit encore ce brave directeur, d'ajouter à votre petit trésor cette\nfaible somme de cent francs, elle est à vous, car c'est le premier mois des\nmodiques appointements que je comptais vous offrir. Allez cher enfant,\npartez le plus tôt possible, pensez quelquefois à votre directeur d'un jour,\ndu courage, de la pérséverance et vous arriverez, nous nous révérons un\njour à Paris, je l'espère, j'en ai l'assurance, comptez sur moi, adieu bon\njeune homme, partez.\nEn nous faisant le naré de sa mésaventure dramatique lorsqu'il\nprononçoit le nom de Francœur1 de ce brave et loyal directeur, mon père\nsouvent ne pouvoient retenir les larmes d'atendrissement que lui fesoit\nrepandre le souvenir d'une action si bienveillante. Dans son trouble, sa\njoie, la crainte de ses parents, avec un reste de sa gaucherie scènique, il\nremercia son bienfaiteur, et prit promptement congé de lui. Mais arrivé\ndans la rue une autre peur vint le saisir, celle de sa rentrée sous le toit\nparternel, car son père avoit blâmé ce début, et son oncle, l'un des mar-\nguillers du parterre de l'opéra, avoit été fort couroucé contre lui de ce\nqu'il ne l'avoit pas invité aux répétitions pour recevoir des avis, et il\nl'avoit vu sortir du parterre en haussant les épaules le jour de son début\net avant la fin de la pièce : quant à sa mère il savoit bien qu'un fils ne\npeut avoir de meilleur avocat. Après bien des hésitations il prit en fin\nson parti, celui d'aller au bureau des voitures pour Bordeaux. Il y trouve\nune place pour le jour même. Elle partoit un peu avant minuit, il la\nretint. Mais avant de s'embarquer il se rendit chez un ami commun, il\nlui fit part de son irrévocable résolution et exigeant de lui sur l'honneur\nle secret jusqu'au moment du départ, il écrivit à sa mère une lettre dans\nla quelle, il sollicitoit son pardon, en faisant connoitre le but de son\ndépart, sans oublier le petit trésor, les 250 francs qu'il avoit en poche\n\n1 François Francœur, le collaborateur de Rebel, devint en 1736 inspecteur de PAcadémie Royale de\nMusique, puis directeur de ce théâtre de 1751 à 1767. Son neveu et fils adoptif, Louis Joseph Francœur fut\naussi directeur de l'Opéra avec Celleur en 1792 et arrêté comme suspect à l'époque de la Terreur."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.26", "texte": "12\nS. I. M.\n\net l'espérance d'un brillant avenir, auquel il devrai renoncer s'il ne\nrecouvroit l'amitié de ses parents, mais qu'il s'éloignoit confiant sur sa\ntendresse de mère, pour obtenir de son Père l'oublie de toutes ses fautes\net la bénédiction de toute la famille. La lettre fut remise à l'ami et portée\npar lui un moment après le départ de mon Père. Au reçu de la lettre\nmon grand Père ne dit mot, et se croisant les bras, poussa un long\nsoupire. Son frère jura, car le très cher oncle s'en acquitoit fort bien\nquand il s'i mettoit. La pauvre mère versa un torrent de larmes. Les\npleurs d'une femme, d'une mère, surtout, sont d'éloquentes paroles!\nAussi mon Grand Père rompant le silence, tout à coup étreignit sa\nfemme dans ses bras en lui disant : ma bonne, ma chère Anette, calme\ntoi, tu reverras bientôt ton fils, il se corrigera.... \" Qu'appelez vous\nse corriger, dit son frère en l'interompant, car sa colère s'étoit éteinte à\nl'aspect des pleurs de sa belle-sœur, se corriger, se corriger, moi je dis qu'il\nl'est déjà, et l'action qu'il vient de faire, est celle d'un homme de cœur,\nqui veut par des moyens honorables réparer sa faute. Il parle avec un peu\nd'orgeuil du petit trésor qu'il a en poche, il a raison d'en être satisfait, je\nle fus bien aussi moi lorsque je vendis pour pareille somme de 250 francs\nma première pièce de galon d'or. Mais qu'elle différence, il est artiste lui\net le véritable trésor de ces messieurs est dans leurs têtes, au bout de leurs\ndoigts, tandis que le reste des humains est obligé d'avoir recours à la ma-\ntière pour produire un objet quelconque. Il a donc bien fait, il a l'âme d'un\nvéritable artiste, oui, mon neveu votre fils ira loin et par son talen illus-\ntrera le nom de Berton. Nous allons lui écrire, je prends la plume, et vais\nau nom de tous lui donner l'absolution entière de toutes ses fautes, des\nencouragements, des conseils amicals et enfin la bénédiction de tous trois.\"\nMon Grand Père fit un signe d'aprobation, ma Grande mère s'age-\nnouilla en faisant une invocation à la Ste Vierge, pour la prospérité de\nson cher fils. La lettre écrite chacun la signa. Mon Grand Père se\nchargea d'écrire la suscription, elle étoit conçue ainsi, Monsieur Pierre\nMontan 'Berton, premier violoncelle solo du Grand opéra au théâtre de Bordeaux\nLe très cher oncle se chargea aussi de lui faire parvenir la lettre\npromtement et sans frais par un de ses corespondans dans cette ville, et\npour que son petit trésor représentât une somme ronde dit qu'il alloit y\najouter les 250 de sa première vente de galon. Ainsi cette journée qui\navoit ete si orageuse pour tous, finit par ce calme heureux dont jouissent\nles âmes vertueuses après avoir fait une bonne action. (A suivre.)"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.27", "texte": "LE PROBLÈME DES ORNEMENTS\nDANS LA MUSIQUE\n\nA IVand a Landowska.\nDe toutes les difficultés que nous rencontrons dans l'exécution de la\nmusique ancienne, il en est une particulièrement sensible, celle qui naît\ndes ornements mélodiques. Chacun connaît ces petits artifices d'un langage\nmusical aujourd hui desuet, et dont les formes grimaçantes ou menues se\nglissent jusque dans les textes de nos grands classiques.\nLe débutant, qui ouvre pour l'anonner quelque volume des \" Bonnes\nTraditions du pianiste\", maudit la présence de ces intrus. Le virtuose, qui\naccueille nos vieux maîtres dans son répertoire, se heurte, lui aussi, à\n1 enigme des agréments. Personne n'échappe à l'obsession de ces postiches\nde la musique. Et l'historien moins que tout autre.\nIl fut un temps où l'ornement, et particulièrement l'ornement fran-\nçais des XVII-XVIIIe siècles, était considéré comme l'organe témoin d'un\nmauvais gout disparu. Napoléon à Versailles, ne cachait pas son dédain\nce qu il appelait, en architecture, \" les ornements a la Turcaret \". De\nmeme, en musique, l'esprit nouveau du XIXe siècle laissa tomber dans le\nmépris les procédés d'ornementation, qui avaient fait la gloire des artistes\nsous 1 ancien régime. Une tradition, dont on ne connaît pas encore les"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.28", "texte": "14\nS. I. M.\n\norigines \\se forma. Elle recommandait une exécution rigide et imper\nsonnelle de tout ce qui avait précédé le romantisme ; elle sacrifiait tout;\nfantaisie à l'idéal imaginaire d'une pureté classique. Les délicatesses de\nornements furent remplacées par la tyrannie de la carrure, et la doctrim\nelle-même (si tant est qu'elle existât alors) vint en aide à ces préventions\nMais voici que l'admiration historique, bien timide d'abord, s'avis\nde remettre en honneur la musique ancienne, et de suite le problème de\nornements se trouva posé. Le pianiste semble l'avoir aperçu le premie\ndans sa redoutable précision. On sait, en efFet, le soin des vieux claveci\nnistes pour \" agrémenter \" abondamment leurs pièces les plus légères ! Et\ncomme l'historien se plait aux généralisations rapides, on voulut avoi\ndécouvert dans le \" clavecinisme \" la véritable origine et la cause premier\ndu goût bizarre des ornements musicaux. Couperin le Grand n'avait-i\npas écrit : \" Les sons du clavecin étant décidés, chacun en particulier, e\npar conséquent ne pouvant être enflés, ni diminués il a paru presqui\ninsoutenable jusqu'à présent qu'on put donner l'âme à cet instrument \"!\nCe qui pouvait rattacher l'ornementation à une nécessité de la facturi\ninstrumentale.\nMalheureusement la solution n'était pas si simple. Bientôt on décou\nvrit que les violonistes, les violistes, hautboïstes et autres virtuoses d'in-\nstruments sacrifiaient aux mêmes pratiques, et avec non moins d'ardeur\nOn vit par exemple un Français dès le début du règne de Louis XIV\nféliciter les instruments à vent d'avoir enfin pu s'élever jusqu'au style\norné 3. Puis le luth, ce rescapé de la musique, vint apporter son témoi-\ngnage foudroyant, et nous avouer, avec le Père Mersenne que la modt\ndes ornements passait déjà vers la fin du règne de Louis XIII, après avoii\nfait fureur sous le roi Henri. Enfin le italien, à peine disparu d(\nl'histoire, nous rappela au souvenir de Tosi, de Martini, et découvriî\nencore un nouvel horizon. Un instant il sembla que l'art du chant, ei\ndu chant transalpin, fut le père de ces modes et qu'on dut lui en laisseï\ntoutes les responsabilités.\n\n1 II est à croire que des hommes comme Berton, Kreutzer, Gossec firent beaucoup pour démocratiser 1\nmusique et lui enlever sa poudre et ses fards,\n2 L'art de toucher le clavecin, p. 15.\n3 \" Les hautbois font les cadences aussi justes, les tremblements aussi doux, et les diminutions aussi régulière\nque les voix les mieux instruites, et que les instruments les plus parfaits... et de la manière dont on en jou\nmaintenant chez le Roi, et à Paris, il y aurait peu de choses à en désirer. \" (Michel de Pures, Idée des sfectadt\nanciens et nouveaux. Paris 1668, 120 p. 274.)"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.29", "texte": "LES ORNEMENTS DANS LA MUSIQUE\nr5\n\nMais l'histoire est implacable. Le grand art du XVIe lui-même\n'parut atteint de cette contagion des ornements. Qui l'aurait cru ? Les\nimotets de Palestrina, les polyphonies de Josquin n'étaient pas à l'abri de\n'la virtuosité des exécutants. Les lignes sévères, l'intrigue de leurs\ncontrepoints allaient se briser en mille facettes colorées dans le gosier\ndes chanteurs, sous les doigts des violistes ou des organistes. Il nous\n'reste encore aujourd'hui des doctrines écrites, des livres imprimés\npour guider le professionel dans l'exécution de ces difficultés. Et si l'on\nsonge combien la théorie suit de loin la pratique, ne faut-il pas supposer\nà ces délicatesses de gosier, à ces tours de mains, une antiquité beaucoup\nplus reculée, et qui nous conduit jusqu'en plein moyen-âge ? Qui sait\nd'ailleurs si le problème du chant grégorien ne relève pas en quelque\nmanière de celui de l'ornementation mélodique ? Ces neumes de Byzance\nque le brave Notker, au IXe siècle, cherche à épeler de son mieux, et\nqu'il voudrait faire entrer dans la symétrie d'une mesure raisonnable, ne\nsont-ce pas les vocalises d'un chant qui succombe sous les ornements ?\nNotker se trouve aussi emprunté devant ces volutes qu'un professeur du\nConservatoire de 1880 devant les ornements de Couperin, aussi scandalisé\nqu'un violoniste de nos jours devant la célèbre édition hollandaise des\nSonates de Corelli ! Et nous voilà reportés aux confins de la culture\nantique en face d'une musique où l'art ornemental surabonde ! Qui sait\njusqu'où pourront nous mener les travaux de l'érudition future dans\ncette voie !\nAinsi s'établit peu à peu et s'impose enfin la question des ornements\ndans l'histoire de la musique. Il n'est plus possible de voir dans l'orne-\nment un accessoire indifférent. L'ornement est de tous les temps ; il est\nun personnage de premier plan. Nous en savons assez maintenant sur son\ncompte pour ne pas le classer parmi les accidents de l'évolution. Il repré-\nsente une valeur constante qu'il convient de dégager, parmi l'enchevêtre-\nment des données et des textes que nous fournit l'histoire. Ces témoignages\nsont nombreux et leur abondance même nous désoriente. Toutes les\népoques et toutes les mentalités musicales ont connu la puissance des\nornements ; elles s'en sont accommodé comme elles ont pu, tantôt s'y\nabandonnant, tantôt cherchant à s'y soustraire, parfois l'éludant ou trou-\nvant au contraire un terrain de cordiale entente. La musicologie nous\noffre une vue d'ensemble de ces vicissitudes. Les musiciens et leurs\nœuvres, qui commencent à sortir de l'ombre du passé, manquent rarement"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.30", "texte": "16\nS. [. M.\n\nde nous donner une indication sur ce sujet essentiel. Il arrive même ql(\nle silence des documents, et la réserve voulue de la notation à l'égard de\nornements nous soient précieux. Car alors les ouvrages didactiques, non\nrenseignent sur les procédés secrets de l'interprétation ; ou bien les artiste\nen quelques manuscrits à leur usage, éclairent tout à coup un moment c\ncette pratique clandestine. Et comme toujours, lorsqu'il s'agit d'intérê\nmanifestes, les opinions s'opposent, l'incertitude des terminologies,\nmultiplicité des signes, la combativité des doctrines obscurcissent le déba\nLe domaine des ornements musicaux est celui de l'arbitraire, des convet\ntions tacites et des sous-entendus. Il n'en a que plus d'attrait pour\nchercheur de la vérité.\nL'historien moderne n'a d'ailleurs pas attendu jusqu'à ce jour poi\ndiriger ses recherches de ce côté. Plusieurs ouvrages ont tenté de se rend\nmaîtres de cette matière ingrate. Les plus anciens, ceux de Farrenc\nDannreuther2 et de Wagner3 sont de simples travaux d'approches. Lt\nplus récents, ceux de Goldschmidt4 et de Beyschlag 5 embrassent tout i\nsujet et font preuve d'une vaste érudition.6 Après les efforts de ces expie\nrateurs on peut dire que la topographie générale du pays des ornemen\nest connue. La France n'a malheureusement aucun nom récent à metti\nici en avant. Notre musicologie, restée si longtemps, comme la musiqu\nelle même, un art d'agrément, n'a pu s'élever encore jusqu'à l'étude de\nquestions proprement musicales. Il lui a fallu, pour avoir droit d'existei\nse prêter aux volontés de la littérature, de la philosophie, de la pratique\ndans l'enseignement comme au théâtre, dans les livres comme dans le\nconcerts son témoignage est suspect, son autorité incertaine.\nNotre public commence à peine à entrevoir ce qu'il y a d'humai\ndans l'évolution d'un art comme la musique, si longtemps maintenu dar\nle cercle de la biographie anecdotique, et de l'esthétique incertaine. 1\nest étonné de voir en musique de véritables problèmes, dont la solutio\nn'intéresse pas seulement les techniciens ou les spécialistes, mais tous 1<\nhonnêtes gens,car ils nous montrent l'activité humaine aux prises avec un\n\n1 Farrenc. Trésor des pianistes (Traité des abréviations employées par les clavecinistes).\n2 Dannreuther. Musical ornementation (London, 1893).\n3 E. D. Wagner. Musikalische Ornamentik (Berlin 1869).\n4 Die Lehre <von der <vokalen Ornamentik. B. d. I. 1907\n0 Die Ornamentik der Musik. 1908.\nD autres enfin ont localisé leurs recherches ; tel Kuhlo, Über melodische V der Tonkunst\net Max Kuhn die £ er%ierungskunst in der Gesangmusik des 16-17 Jahrhunderts (1902)."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.31", "texte": "LES ORNEMENTS DANS LA MUSIQUE\n*7\n\ndes plus grandes difficultés qu'elle ait rencontrée :\nsentiment. La France, amie de la raison et de la méthode, devrait être la\npremière à se laisser séduire par la nouveauté de ces recherches. Le\nproblème des ornements lui en offrirait l'occasion. Il n'en est pas de\nplus accessible ni de plus plein.\n1 LES ORNEMENTS POSTICHES\nj\n\" Il en est de ces ornements comme de nos habits, dont toutes les\n\"formes et les figures sont presque également belles en elles-mêmes, mais\nJqui ont un agrément extraordinaire, lorsqu'elles sont à la mode.\" Ainsi\ncécrit, vers la fin du 17e siècle, Perraultx, homme perspicace, et de sage\nJlcritique. C'est en effet aux yeux que parlent tout d'abord les ornements\nde la musique et ce sont leurs modes de notation qui les ont rendu célè-\nbres. Tout le monde connaît aujourd'hui les figures ornementales qui\nillustrent et qui encombrent bien souvent les œuvres des XVIIe et\n;rXVIIP siècle. Crochets, petites notes, avec ou sans barres, traits verticaux\nuou obliques, virgules, croix, sinuosités plus ou moins prolongées, tous ces\n''minuscules hiéroglyphes, familiers à nos ancêtres, ont à peu près livré\n;,leurs secrets à nos modernes. Peut-être nous manque-t-il encore quelques\n\"indications du côté de la musique de luth.3 Mais on peut dire que l'en-\nsemble de ce matériel sténographique est aujourd'hui patiemment rassem-\nblé. Il reste à le classer avec méthode et clarté.\n1 Cette tâche n'est pas aisée. Les ouvrages qui l'ont tentée semblent\n1 avoir obéi à deux préoccupations également fâcheuses. Les uns, ce sont\nUes plus anciens, cherchent avant tout à dégager la fonction harmonique\n} des ornements. Les Marpurg, Bach, Turk, et même les Faume ou Wagner\n(sont des praticiens, qui écrivent pour des élèves. La valeur de l'ornement\nlet les services qu'il peut rendre, leur sert de critérium. Cette simplifica-\ntion utile, sans doute est manifestement insuffisante aujourd'hui. D'autres,\net ce sont les modernes, ont tout sacrifié à la chronologie. Méthode\nséduisante mais dangereuse. L'ornement est un individu dans la vie\n\n1 Parallèles, I. p. 140.\n2 L'article de Miss Dodge paru dans nos Recueils Internationaux contient de nombreux documents, mais\nne laisse pas d'être assez confus.\n2"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.32", "texte": "18\nS. I. M.\n\nmusicale. Connaître son âge n'est pas tout, il convient de savoir qui\nest. Sa position dans la pratique musicale ou dans l'évolution des styl\nne le désigne pas assez clairement à notre esprit. Et puis, le grand défa\nde ces nomenclatures est d'être incomplètes ou tendancieuses. Nous attei\ndons encore l'œuvre impartial, l'état de science que l'érudition nous de\ndonner. Ce serait, il me semble, une sorte de Dictionnaire, où se trouv\nrait répertoriée toute la documentation que le sujet comporte, et ai\néchapperait au dogmatisme d'un Beyschlag ou d'un Goldschmidt.1 Q\naura la patience de se consacrer à un pareil labeur? Qui se bornera à noi\nfaire connaître la vérité historique sans vouloir aussitôt nous donner d\nconseils d'esthète ?\nIl est singulier qu'on n'ait pas, en attendant, tenté un de ces class\nments morphologiques si utiles aux sciences naissantes ; et si bit\nindiqué ici, puisque la forme, l'aspect extérieur est ce que nous connais\nsons le mieux dans les ornements du chant. Ne voit-on pas en effet qt\ntoutes les figures de ces postiches se laisseraient assez facilement rangi\nen deux séries :\nLES OSCILLATIONS ET LES APPUIS.\nPar Oscillation (O) s'entend un déplacement mélodique, soit ascei\ndant soit descendant, qui se termine par un retour à la note d'origine.\nSous le nom d'Appui (A) se groupent tous les mouvements, e\nquelque sens que ce soit, dont le point de départ est plus accentué que\npoint d'arrivée :\nIl n est pas à. agrément^aujourd'hui catalogué, dont on ne puis;\navoir raison, croyons-nous a la faveur de cette classification simpliste.\n\n. NoiJs ne prétendons pas avoir dépouillé toute la littérature des ornements postiches. Ala liste suivante\nconvient d ajouter les ouvrages allemands et italiens dont la nomenclature se trouve aisément dans les bibï\ngraphies :\nD'Anglebert. Pièces de Clavecin. Paris 1689.\nBouin. La Vielleuse habile. Paris (vers 1740).\nBrisson. Motets à deux voix. Paris 1749.\nButerne. Méthode de musique. Paris 1752.\nChambonnières. Pièces d.e clavecin."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.33", "texte": "LES ORNEMENTS DANS LA MUSIQUE\n19\n\nLes oscillations inférieures\ns'appellent pincé,ou martellement,\nmordent (allemand) beat (anglais). Elles se représentent ordinairement par\nun V*quelquefois et particulièrement chez les luthistes par une virgule\n) exceptionellement par +, Il ou V. Le nombre de ces battements est\nnaturellement variable, ainsi que sa rapidité et son dynamisme même. Le\npincé peut donc être simple, double, continué, intermittent etc...\nL'oscillation supérieure\nest la figure complémentaire de la\nprécédente. Elle porte le nom de tremblement, cadence, pralltriller (alld),\nshake (anglais), trillo (italien); et se note : t., //. +. tr. selon les\nauteurs. Comme le pincé, le tremblement varie le nombre et la valeur de\nses oscillations. Mais il pousse cette liberté plus loin encore ; on comprend\naisément pourquoi. Le tremblement a plus d'élan que le pincé, son geste est\nplus facile que l'infléchissement de son congénère. Il représente un effort\nqui dépasse son but, et que la nature même de la pesanteur ramène à sa\nposition normale ; il forme chute, ou cadence. Nous nous trouvons ici en\nprésence d'une série de transformations, et surtout d'une nomenclature\nqui déroute les chercheurs d'ornements : cadence molle (lente), sanglotée\n(avec crescendo et decrescendo), progressiv (de plus en plus ou de moins\nen moins accélérée), coupée, jetée, feinte, appuyée,\nsans appui, imparfaite, ouverte, fermée...\n\nCouperin. U art de toucher le clavecin. Paris 1717. Pièces de clavecin. L. I à IV.\nDandrien. Pièces de clavecin. Paris 1724.\nDieupart. Six Suites de clavecin. Londres.\nDavid. Méthode très intelligible pour bien apprendre la musique. Paris.\nDenis. Nouveau système de musique pratique. Paris 1747.\nDupuit. Principes pour toucher la vielle. Paris 1740.\nFouquet. Les caractères de la Paix. Paris 1752.\nGeminiani, A treatise of good Taste. Londres 1749.\nLacassagne. Traité général des agréments du chant. Paris 1766.\nLecuyer. Principes de Vart du chant. Paris 1769.\nLeroux (Gaspard). Pièces de clavecin. Paris 1705.\nMetoyen. Démonstration des principes de musique. Paris.\nMondonville. Pièces de clavecin avec voix ou violon. Paris.\nRameau. Pièces de clavecin, et Nouvelles Suites des pièces.\nPasquali. The Art offingering the harpsichord. Londres 1750.\nSaint Lambert. Les Principes du clavecin (1702). Nouveau Traité de Vaccompagnement au clavecin (1707).\nToinon. Recueil de Trios nouveaux. Paris 1699.\nTartini. Traité des agréments de la musique, traduit par Denis."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.34", "texte": "20\nS. I. M.\n\nToutes ces nuances1 qui prennent un air d'indépendance, dans «\nclassement chronologique, doivent rentrer dans la catégorie des trembi\nments à laquelle ils appartiennent logiquement.\nLes Appuis (a)constituent une des principales ressources de l'inver\ntion ornementale. On les nomme : por appogiature,\n(anglais), Vorhaltou Vorschlag(allemand). Ils se marquent, tantôt pari,\nsignes suivants : ( \\ V +, tantôt, et plus souvent encore, par une petit\nnote postiche :\nLa physionomie essentielle des appuis ne varie guère. Effort tri\nsimple et très élémentaire accompli par l'accentuation musicale, ils vienner\nordinairement retarder ou accélérer, en un mot déplacer les valeurs d\nl'harmonie. Ils ignorent les subtiles grimaces des oscillations, et nou\nverrons qu'ils recourent eux-mêmes à l'oscillation lorsqu'ils veulei\ngrimacer à leur tour.\nC'est parmi les Appuis qu'il faut aussi classer deux variétés d'agrc\nments, dont on pourrait etre tenté de faire des espèces autonomes : lt\nCoulés et les Accacciature.\n1 ULe oxx^atté' foaring (anglais) représente bien, en effet l'élan o\nla chute d une voix, qui se glisse entre deux ou plusieurs notes, diatom\nquement ou chromatiquement.\nCe remplissage est précisément destiné à donner au mouvemei\nmélodique plus d aisance et à la matière musicale plus de conductibilité\n\n~ 4 M °° *."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.35", "texte": "LES ORNEMENTS DANS LA MUSIQUE\n2 I\n\nC'est pour rapprocher, et appuyer l'une sur l'autre les notes extrêmes d'un\nmouvement disjoint que le coulé s'est établi et généralisé. Ce caractère de\nliaison insistante apparaît très nettement d'ailleurs dans le le plus fré-\nquent, celui que les classiques ont érigé en véritable maniéré :\net dont l'exécution variable, vétilleuse, forme à elle seule un petit\nproblème. Où placer en effet le point d'appui ? Sur la finale ou sur\nla note coulée ? Faut-il dire :\nou bien :\nOu bien supprimer tout appui\nce qui est certainement\ncommode, mais plat. \" Il faut effleurer le son de note du milieu d'une\nmanière tendre et caressante \" nous dit l'auteur de la Belle Vielleuse vers\n1750. C'est-à-dire insister tout en glissant. Les difficultés du sont\ndonc d'ordre dynamique, comme celles de Yappogiature proprement dite.\nLe Coulé,et ses dérivés, le passage,la le moderne etc...\nsont en réalité des Appuis de grande amplitude.\nTout au contraire, réduisons cette amplitude à rien, et rapprochons\nles deux notes de l'Appui, jusqu'à ce qu'elles se précipitent l'une sur\nl'autre dans le temps et dans l'espace, et nous aurons Y Accaciatura, un\nAppui dont la valeur est sensiblement égale à zéro :\nLe Roux et d'Anglebert la nomment ce qui la\nrattache logiquement aux Appuis. Rameau la connaît sous forme\npegement Jîguré. Marpourg en fait un Pincé étouffé, indiquant par la que\ncet Appui, en son exiguité, ne se distingue guère d'une oscillation incom-\nplète. Couperin a laissé un charmant exemple de ce style :\n\n1 Pièces de Clavecin L. IV. p. 31. UArlequine."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.36", "texte": "22\nS. I. M.\n\nEt Alexandre Scarlatti, dans un ms. récemment découvert 1 not\nmontre l'Accaciatura en Italie :\n. XVIII siècle Geminiani2 s'est appliqué à nous initier à cett\npratique, et voici une basse continue en accaciations qui étonnera les par\ntisans modernes des réalisations plaquées\nDans la basse ce procédé, un peu irritant à la longue paraît s etrt\nconserve jusqu a nos jours. Le professeur Niecks raconte dans un excelle»\n\n1 Publié par S. Shedlock (Londres Bach et C° 1909).\n* A Treatise of good Taste, p. 6."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.37", "texte": "LES ORNEMENTS DANS LA MUSIQUE\n23\n\narticle sur ce sujet \\qu'il s'attira, il y a quelques années, l'observation sui-\nvante de la part d'un organiste anglais : \" Mais, vous ne tirez pas des basses\ntout ce quelles peuvent donner l\" Et comme le professeur s'étonnait l'orga-\nniste, exécuta la basse dans le style suivant, qui est celui de Yaccaciatura :\nOn nous pardonnera de descendre jusqu'à ces détails. L'ornementa-\ntion de la musique ancienne, la perruque de nos vieux maîtres, ne se laisse\npas saisir sans ménagements. Et peut-être la musique moderne est-elle au\ncontraire un peu sommaire pour ces subtiles pratiques. 11 nous faut d'ailleurs\naccomplir encore une formalité nécessaire avant d'en être quittes envers\nce petit monde des postiches de la musique. Nous avons à tenir compte\nde ce que nous nommons en français, d'un vocable naturellement italien,\nle Groupetto. Avec le Pincé le Tremblement et X Appogiature, le, Groupetto\ncomplète la série des ornements classiques, de ceux que le lecteur doit\nconnaître s'il veut goûter une partition de Gluck ou de Mozart. On le\nrencontre chez les théoriciens appelé groupe, tour de gorge ou de gozier,\ndouble cadence, doublé, turn (anglais), circulo (italien), Doppelschlag\n(allemand) avec sa graphie coquette et notoire.\nFaut-il le considérer comme le représentant autorisé d'une troisième\npuissance ornementale, à côté des Oscillations et des Appuis ? Ce seiait\nlui faire trop d'honneur. Lç, groupetto n'a pas dans la famille des agréments\ndu chant une situation indépendante. On ne peut voir en lui qu une résul-\ntante. Il naît de la rencontre, de l'échange, du jeu naturel et réciproque\ndes Oscillations et des Appuis.\nEn veut-on la preuve ? Demandons-nous quelles peuvent-etre les\ncombinaisons possibles réalisées par l'association méthodique des deux\ngrandes forces ornementales, les O et les A. Soient par exemple :\n\n1 Monthly musical Record, i août 1909."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.38", "texte": "24\nS. I. M.\n\nNous obtiendrons facilement le tableau suivant :\n„rUSICIen * etonnerande ces barbares, qui décomposent l\nde Sel inrnn m°ntJÎM' telles des Photographies instantanées, une séri\nles condensé H\"'' * \"f1\"0\"8 4 C£S SchèmeS leUr asPe« vivant 0\nrapprochés nar -T™6 Tous ces élément\net nous aurons ' • <intlte> concourront alors àla synthèse du groufeti\ngaranti .a vTacité\" V'S'°n mUSJCa'e Préalable «»"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.39", "texte": "LES ORNEMENTS DANS LA MUSIQUE\n25\n\nCes petites formules, au nombre de 36, présentent chacune un sens\ninstructif, mais toutes ne sont pas nécessairement des \" \" Dans\nles Nos 6, 7, 9, 12, 22 et 23 on retrouve de simples oscillations prolon-\ngées. Les formes 17, 20, 21, 29 et 31 ont gardé l'anonymat dans la\nnomenclature ornementale.1 Dans les autres enfin, à partir du N° 13, il\nfaut voir des variantes ornées des dispositifs qui les précédent. Ainsi par\nexemple :\ns'inspirent manifestement de\n\n1 Faut-il voir le N° 36 dans le u Pincé renversé\" de Marpourg ?"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.40", "texte": "2 6\nS. I. M.\n\nC'est donc dans les formules du début de ce tableau que nous trc\nverons nos groupetticaractérisés.\nLe N° 2 correspond au Groppo de Marpourg, et à la double Cadet»\ndont la Vielleuse habile nous dit : \" elle se prépare en dessous, se bat (\n1 air, emprunte une note au-dessous de la note cadencée pour aller »\ncelle qui la termine. \"\nLe JN° 5 se rencontre également chez l'universel Marpourg, t\ncomme une espèce rare du Troublé ou Ctrcolo Mezzo, avec un signe\npeu familier.\nLe N° 11 est signalé par D'Anglebert et Saint Lambert, sous\nnom de Double Chute.\nMais les numéros 3 et 10 sont connus de tous. Voilà les fornu\ntypiques du groupetto, celles qui méritent de se parer du petit accei\ncirconflexe révélateur ; celles qui ont \" cadencé \" pendant deux sièc!\ndans notre musique. Les étudier de près serait citer tous les théoriciei\nde l'art ornemental, et s'engager plus que nous ne l'avons fait encort\ndans le maquis des doctrines enchevêtrées. Pour les uns le groupetto es\nresté un tremblement, pour ceux là un doublé, Tartini voit en lui u\nMordant,et Saint Lambert un Trembl Et tous ces comment;\nteurs peuvent avoir raison, car le groupetto est bien un hvbride, un\nvariété composite.\nHâtons-nous de conclure. L'histoire nous montre les agrémen,\npostiches sous des formes multiples, et sous des noms infiniment diversi\nnés. C est à peine si l'analyse commence à débrouiller ce chaos. Et not\nevons nous peisuader que cette variété, cette complexité forment !\ncaractère dominant de l'ornementation musicale. Il est cependant possibli\nnous venons de le dire, et tout au moins pour certains instrument\nœj UDC classification très large, capable de guider nos recherches. 1\nsutht de nous représenter les postiches comme dépendants de deux grand\ntypes, les Oscillations et les Appuis. A la faveur de cette expérience, 0:\npourra sans doute avoir raison du classement de cette morphologie rebelle\n, moins, en se laissant guider par la physionomie des ornement!\nEvite-t-on les erreurs de la chronologie, les confusions de l'harmonie, qi\nnous présentent sous des noms divers, et dans des rôles différents, le\nmemes entités musicales."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.41", "texte": "LES ORNEMENTS DANS LA MUSIQUE\n27\n\nCe premier résultat sera surtout sensible à ceux qui s'efforcent de\nrestaurer la pratique des musiques anciennes. Il ne saurait bien entendu\nrésoudre le problème des ornements, tel qu'il se pose devant la critique,\navec tout le cortège d'idées et de discussions qu'il suppose, et que nous\nallons essayer de préciser.\n[A suivre).\n\nJ. Ecorcheville."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.42", "texte": "Un nouveau système\nde Notation Musicale\nCONFÉRENCE FAITE A LA SORBONNE\nLE 9 DÉCEMBRE 1910 PAR M. A. MENCHACA\n\n1\nMESDAMES, MESSIEURS :\nEn affrontant cette glorieuse et redoutable tribune que je dois à l'hospitalière bienvei\nlance de Monsieur le Recteur de l'Université de Paris, je veux que ma première parole»\nun hommage d admiration pour ce beau et grand pays qu'est la France. u m\nIl y aurait mauvais goût de ma part à entonner ici un hymne à l'intelligence du peup\nfrançais, et à sa sympathie pour tout ce qui répresente un progrès. Il est de notoriété que!\nfrançais est artiste par tempérament, créateur passionné de beauté et aimant la nouveauté ;ji\ndonc l espoir que vous écouterez avec bienveillance les idées que je vais avoir l'honneur <\nvous exposer. (Applaudissements.)\nAvant tout, je m empresse de vous dire qu'il se s'agît pas d'une nouveauté dont l'ess\nreste a faire Mon système musical est en pratique depuis cinq ans à Buenos-Aires, Capiti\nde la République Argentine, à la Plata, Capitale de la Province de Buenos-Aires et dar.\n\nmanLT,TJIT,°nS r^r.odu}re fn entier la conférence de M. Menchaca ; malheureusement la place 0\natr °f geSf ? enJonner à»« que la partie essentielle, celle dans laquelle M. Menchm\nap es avoir retracé l histoire de la Notation, expose son propre système.\ndu fwaha, chargé\ndu rtgaro, M. Gustave Lyon. Le public très nombreux fit"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.43", "texte": "LA NOTATION MUSICALE\n2 9\n\ndiverses villes importantes de cette même province, Avellaneda, Anilmes, Lomas de Zamora\netc., et à Montevideo, Capitale de la République de l'Uruguay. Les résultats sont chaque jour\nplus satisfaisants.\nCe n est donc pas, mesdames et messieurs, un sentiment de vanité qui m'amène devant\nvous ; j'obéis à ma profonde conviction, à mon ardent désir de répandre l'enseignement de ma\nnouvelle théorie et de ma nouvelle écriture musicale.\nFermement et sans aucun amour propre personnel, je crois cet enseignement précieux\npour le progrès de la musique, par cela même qu'il est accessible à toutes les intelligences et\nqu'il offre aux compositeurs un merveilleux et très souple instrument pour l'expression de\nleur pensée.\nEn étudiant la nature intime de la musique, j'ai trouvé que son erreur fondamentale\nconsistait à avoir pris pour base ce qu'on appelle une de sept notes, c'est-à-\n-dire l'une des nombreuses séries partielles qui dérivent de la gamme générale sans laquelle\nelles ne pourraient exister, au lieu d'y avoir compris les douze notes qui forment la véritable\nsuccession de sons musicaux que la nature nous fournit.\nCette erreur est analogue à celle que l'on commettrait si l'on prétendait former l'alphabet\nde la langue espagnole ou autre avec quinze lettres seulement, en laissant sans aucune repré-\nsentation les autres articulations de la voix. A quelles complications, à quelles tortures phoné-\ntiques une telle omission ne nous condamnerait-elles pas ? Peut-on s'imaginer les difficultés de\nla syntaxe, de la prosodie, et de l'orthographe, si le C était appelé un B dièze et le G un H\nbémol ?\nLes sons que l'art musical utilise sont au nombre de douze, et puisque tous ont la même\nentité, la même importance en eux-mêmes et dans les combinaisons sonores, il n'y a aucune\nraison qui justifie le fait de réserver uniquement ce privilège à sept notes, en en éliminant cinq,\nen les faisant figurer comme de simples accidents, et en troublant ainsi tout système rationnel\nde représentation graphique où doivent régner la règle et la logique qui régissent l'expression\nconventionnelle de tous les signes.\nOn sait que toutes les écritures primitives, hiérogliphique, idéologique, cunéiforme, figura-\ntive, etc. ont été les rudimentaires échelons qu'ont gravis le génie et la faculté inventive de\nl'homme, jusqu'au moment où apparut la grande découverte du système alphabétique, qui\npermet la plus parfaite réprésentation graphique et phonétique de la parole. Pourquoi donc le\nvéritable système alphabétique, ne serait-il pas appliqué à la musique ?\nEn prenant donc pour base ce qu'on a appelé gamme de do naturel (comme si les autres\nsons n'étaient pas naturels), c'est-à-dire l'une des trente-six séries partielles que l'on peut\nobtenir de l'unique et véritable échelle des sons, dénommée improprement aujourd'hui\nchromatique, on a établi un alphabet incomplet ; on a exclu cinq sons qui, comme les sept\nautres, pouvant être sensibles, toniques, dominants, etc., ont dû être représentés comme des\naltérations ou des modifications de ces derniers,' et ont donné lieu à l'invention des dièzes, des\nbémols et des bécarres simples et doubles qui non seulement ont introduit une grande con-\nfusion dans la théorie et l'écriture, mais ont aussi créé une fausse notion de la véritable valeur\ndes sons musicaux.\nEn outre, comme la portée de cinq lignes contient à peine une partie insignifiante de\n1 échelle générale des sons, on a été obligé d'établir des lignes supplémentaires et de creer, en\nles plaçant à des endroits différents, des clefs de fa, de do et de sol, sans lesquelles la portée ne\nsignifie rien, d'où il résulte que la même note peut représenter tous les sons, qu'un même son"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.44", "texte": "3°\nS. I. M.\n\npeut être exprimé par toutes les notes, et que l'instrument le plus commun et le plus complf\nc'est-à-dire le piano, ainsi que ceux du même genre, l'orgue et l'harmonium, ont une notatir\ndifférente pour chaque main.\nIl s'ensuit que la lecture à première vue de la musique actuelle n'est que le privilège\nquelques professeurs et des rares individus qui ont un coup d'œil exceptionnellement sûr, u,\ngrande intuition, et connaissent les règles de l'harmonie et de la composition, grâce à quoi\ndevinent plutôt qu'ils ne lisent.\nIl me semble et je crois que la plupart des personnes penseront de même que,\nqui est véritablement rationnel et logique, ce qui se rapproche des procédés scientifiques\nà plus forte raison s'il s'agit de la musique, regardée aujourd'hui comme un art-science, c\ndans toute formation de méthodes théoriques et pratiques l'on doit prendre pour base ce qui e\nle plus étendu, ce qui est réellement fondamental et non ce qui est relatif, partiel, et ne repu\nsente qu'une des nombreuses modalités de ce qui est principal. On sait que tous les moyei\ndont nous nous servons pour rendre sensibles les productions de l'esprit humain dans le domaii\nsans bornes de la science, de l'art et de l'industrie, ne sont que de pures inventions, de simpl,\nconventions ; mais ces moyens seront d'autant plus logiques, d'autant plus représentatifs de;\nque l'on désire, qu'ils seront plus simples, plus nets et plus généraux quand à leur applicatif\net qu'ils se soumettront le plus possible à toutes les règles invariables préalablement formulé\nLorsque ce jugement se forma ainsi dans mon esprit, d'une manière claire et absolue,\npensai alors qu'en établissant un alphabet de douze notes, et qu'en déterminant, au moyenl\ntrès simples indications, la durée de chaque son et la position que, du fait de sa gravité, ce st\noccupe sur l'échelle générale, je parviendrais à former un sytème complet, graphiquemei\nsimplifié, débarrassé de la portée, des lignes supplémentaires, des clefs, des dièzes, des bémt\net des bécarres, et que je supprimerais en outre tout ce fatras de complications inutiles <s\ndérivent de l'erreur originelle déjà signalée :\ni° Gamme naturelle : Toutes les gammes sont naturelles ou bien aucune n'a cet!\npropriété.\nElles sont aussi naturelles que les sons.\n2e Gamme chromatique : Les sons n'ont pas de couleurs, sinon dans le symbolisme c\nla poésie décadente.\n3° Gammes ou échelles dia- La comparaison avec l'échelle n'est pas adéquate ici, puisqii\ntoniques majeures et mi- l'égalité des intervalles disparait ;le qualificatif diatonique, qi\nneures : signifie entre deux tons, ne qualifie absolument rien, et enl;\nces gammes ne sont ni majeures ni mineures : elles sont exat\ntement pareilles ou équivalentes, puisqu'elles commencent et s\nterminent aux mêmes sons, qu'elles ont le même nombrel\nnotes et que la somme de leurs intervalles est toujours la mêmi\nla disposition entre ces derniers variant seulement.\n4° Gammes mineures har- Elles sont aussi harmoniques et mélodiques les unes quels\nmoniques et mélodiques : autres.\n5° Tons et demi-tons diato- Cette distinction n'est qu'une pure subtilité, car la valeï\nniques et chromatiques : réelle des uns et des autres est la même.\n6° Sons homonymes et en- Simple orthographe musicale qui disparait avec les dièzesd\nharmoniques : les bémols.\n7 Octa\\es . Tout consideie, les notes ne se comptent pas par octaves\nmais par douzaines."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.45", "texte": "LA NOTATION MUSICALE\n3i\n\nEt enfin les intervalles majeurs et mineurs, augmentés, diminués, suraugmentés, subdi-\nminués qui offrent des complications excessives, dues aussi aux altérations accidentelles, et\navec lesquels on forme des tableaux, espèces de logarithmes musicaux qui sont un vrai rébus\npour les étudiants.\nJe fais en sorte d'être bref, afin de ne pas trop étendre cette exposition, mais je ne puis\nasser sous silence la plus grande subtilité de la théorie actuelle, c'est-à-dire l'intervalle du\ncoma qui a déterminé la théorie du tempérament, ou soit de l'échelle appelée tempérée.\nL'on prétend qu'entre le fa dièze, par exemple, et le sol bémol, qui sont absolument la\nmême note, il existe un tout petit intervalle, une espèce d'infusoire de la tonalité, qu'une\noreille d'une finesse extrême peut seule percevoir. Et, pour ce qui concerne le piano, comme\ncette supercherie aboutit à une seule et même touche, identique pour les deux notes différemment\nindiquées, les théoriciens disent alors : \" Non, cette différence est perçue dans le violon, dans\nles instruments à cordes, dans l'orchestre. \"\nIl faut croire alors que si les dièzes et les bémols sont différents, l'intervalle du coma sera\ndifférent aussi, et il serait joli, l'accord des instruments de 1 orchestre, si ce fameux intervalle\nse produisait seulement dans les quatre instruments à cordes, et non dans l'imposante masse\ndes instruments de cuivre et de bois, et des tables d'harmonie ! Ceci est sans réplique.\nOn nous enseigne aussi qu'une note dièzée ou bémolisée est une note naturelle\nhaussée ou baissée d'un demi-ton, c'est-à-dire que le do dièze et le mi bémol, par exemple, ne\nsont autres respectivement que le do et le mi naturels, le premier élevé d'un demi-ton, et le\nsecond baissé d'un demi-ton également.\nC'est une des plus grandes erreurs de la théorie actuelle : les sons ne montent ni ne\ndescendent. Le do dièze et le mi bémol sont des sons tout a fait différents du do et du mi\nappelés naturels, et sont aussi naturels que ces derniers ; ils ont leur nombre propie de vibra-\ntions, et la preuve la plus concluante et la plus irréfutable nous est fournie par la theoiie\nmême, où toutes les notes que celle-ci nomme naturelles, peuvent etre a la fois des diezes,\ndes bémols, des doubles dièzes et des doules bémols. Et penser que tout ceci provient du fait\nd'avoir éliminé les cinq sons de l'alphabet musical, de la malheureuse invention des accidents\nou sons amphibologiques, qui donnent lieu à une confusion de plus en plus grande, a mesure\nque l'on avance dans l'étude de la musique ! Que l'on ajoute, pour finir, qu il n y a meme\npas un seul nom parmi ceux que l'on a attribués à la valeur des notes, qui ait ete bien applique,\nen commençant par les plus longues, qui s'appellent brève et semi-brève 1 et en finissant par les\nplus vertigineuses qui s'appelaient harmonieusement 2 des quintuples et des sextuples croches,\naujourd'hui hors d'usage, fort heureusement. (Applaudissements.)\nJe crois avoir mis en évidence les erreurs du système actuel, digne, a tous égards, de la\nplus profonde vénération, quels qu'en soient les défauts, car c'est grâce a cette méthode qu ont\npu être écrits et conservés les chants les plus touchants, les plus belles mélodies et les plus\nsublimes conceptions du génie des maîtres, anciens et modernes.\nMais tout meurt, tout évolue ; tout, dans un laps de temps plus ou moins long, accom-\nplit sa mission sur la terre, et doit fatalement disparaître pour faire place à ce qui est nouveau,\na ce qui surgit comme une éclosion du milieu ambiant, de la poussée du progrès, de 1 accéléra-\ntion générale de la vie et des nouvelles aspirations qui réclament des procédés scientifiques\nmeilleurs et plus rapides.\nMon système est établi sur la base d'un alphabet complet, qui exprime théoriquement et\npratiquement les douze sons constitutifs de la véritable échelle des sons, ce 1 echelle meie et\n\n1 Conservées dans le plain-chant avec cette dénomination.\nEn espagnol on les appelait : garrapateas et semigarrapateas."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.46", "texte": "32\nS. I. M.\n\nunique, source éternelle de l'art musical. Afin de les représenter, j'ai imaginé et essayé dit\nsystèmes : d'abord, en plaçant les sons sur une portée de trois lignes, puis sur deux et en\nsur une seule ligne, ce qui était le but où tendaient mes efforts, car je crois, en principe g£\nral, que ce qui est un et simple est la base de la précision et de la clarté, en même temps t\nle premier élément de la variété. C'est pour cela que je ne fus satisfait que lorsque je parvi»\nramener tous les signes à une seule figure graphique qui changeant de position au-dessus\nau-dessous de la ligne de la portée, représente distinctement les douze sons fondamentaux\nl'échelle générale.\nCe système établit pour la première fois les trois conditions qui déterminent le son\nnombre, la hauteur et la durée,auxquels correspondent trois éléments graphiques :\nLa figure qui représente les sons d'une manière fixe et invariable, suivant la direction\nson sommet (on en trouvera le dessin dans les pages suivantes).\nLa perpendiculaire courte |, ou longue qui exprime la du son, la\nlaquelle il appartient, la place qu'il occupe dans l'échelle générale.\nLe point • qui détermine la durée.\nUNITÉS\nCe système repose sur trois unités essentiel qui n'ont jamais été employées ni mi\nconnues jusqu'à ce jour.\ni° Unité graphique : un seul signe pour tous les sons, facilitant la lecture sans fatis\npour la mémoire.\n2° Unité de durée :la seconde, qui permet, avec ses et d'exprit\net de mesurer n'importe quelle fraction de temps, simplifie la théorie et réduit pratiquer\ntoutes les mesures à une seule, avec l'unique mesure unitaire, établissant à la fois l'orig\nvéritable du mouvement et du rythme, comme effet de la combinaison des durées eti\naccents.\n30 Unité d'intervalle qui constate scientifiquement les différences de gravité entre uni\net un autre, donne les formes intervallaires inaltérables des accords et ramène à des lira\nexactes l'étude de l'harmonie.\nQuant à l'appellation des notes, une série quelconque de syllabes peut servir à cet ei\net je citerai seulement à titre de curiosité, quelques propositions faites à diverses époques,\nappuyées sur des règles phonétiques fort savantes.\nHubert Waelrant soutenait que les notes devaient être prononcées d'une manière î\ndouce et harmonieuse, ainsi qu'il suit : bo, ce, di, ga, 10, ma, ni.\nDaniel Hitzler, au commencement du XVIIe siècle pensait que la gamme était p\neuphonique avec les noms suivants : la, be, ce, de, me, fe, ge.\nEnfin, Flamery, prétendait que l'on devrait employer trois ordres de syllabes aveci\nvoyelles différentes : ta, ra, ma, fa, sa, la, ja, pour les notes normales ; te, re, me, fe, se, le,\npour les bémols, et enfin to, ro, mo, fo, so, 10, jo, pour les dièzes. Cela ne manque pas d'c\nginalité, n'est-ce pas ?\nEn considei ant que la fluidité qui peut se trouver dans l'articulation de l'ensemble d'u\nsuccession de syllabes, dépend avant tout de l'habitude de les énoncer, ou de les entett"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.47", "texte": "(Cliché Fémina.)\nM. Angel Menchaca"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.48", "texte": "LA NOTATION MUSICALE\n33\n\nprononcer, j'ai pris pour base celles que l'usage a déjà consacrées, et j'y ai ajouté les cinq\nnouvelles suivantes :\nJ'ai nommé ' ; sé \" le la dièze ou si bémol.\n\" dou \" le do dièze ou ré bémol.\n„ \" ro \" le ré dièze ou mi bémol.\nv \" fé \" le fa dièze ou sol bémol.\nu nou \" le sol dièze ou la bémol.\nJe nomme et j'écris les douze notes, en les plaçant de la manière suivante, dans l'ordre\nqui leur correspond :\nJe commence par nommer le la, parce que c'est cette note qui sert de diapason universel.\nJe prends neuf séries de notes ou douzaines comme la précédente, dont l'une est centrale,\nquatre sont montantes et quatre descendantes et je les nomme ainsi : sous-profonde, profonde,\ngrave, basse, centrale, haute, brillante, aiguë et suraiguë. Cette division permet de déterminer\nd'une manière brève et précise tous les sons de l'échelle générale ou l'un de ces sons seule-\nment, ce que l'on obtient aujourd'hui qu'en se servant d'une longue phrase.\nJe choisis au hasard et comme exemple, une note quelconque : ainsi le do brillant, dans\nmon système, est la note qu'il faudrait aujourd'hui déterminer comme il suit : \" premier sur\nla portée, clef de sol sur la seconde ligne \". Une autre note, le central, équivaut à celle-ci :\n\" premier la sous la portée, clef de sol sur la seconde ligne \"ou bien à: \" sur la cinquième\nligne de la portée, clef de fa sur la quatrième ligne Il en est de même pour toutes les\nautres notes, et je vous fais grâce des divers noms qui correspondent aux mêmes notes à mesure\nque l'on change les clefs, ainsi que la position de ces dernières sur les lignes de la portée.\nPar une ligne particulière, courte ou longue, au-dessus et au-dessous du signe, on fixe\ngraphiquement la place que chaque note occupe sur l'échelle générale, c'est-à-dire la série ou la\ndouzaine à laquelle elle appartient. Si la note est centrale, elle ne souffre aucune modification :\nSi elle appartient aux séries montantes, on ajoute une ligne perpendiculaire à sa partie\nsupérieure :"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.49", "texte": "34\ns- l- M-\n\nSi la note appartient aux séries descendantes, le signe porte la ligne perpendiculaire à $\npartie inférieure :\nFt ainsi de suite pour les autres notes. La durée est désignée par des noms pl\nappropriés à leur sujet que ceux qu'on emploie aujourd'hui, exprimant par eux-memes\nvaleur de chaque son, et sont représentés par un point placé en divers endroits de la not\nT'appelle temporelle la note qui vaut un temPsyun coup du bâton du chef d orchestre ou,\nbattement du cœur, dure une seconde et constitue l'unité de mesure. Cette note, graph,„\nment représentée, ne reçoit aucune modification .\nJ'ai choisi le point comme l'élément graphique représentatif des diverses valeurs\nIl y a deux notes simples plus importantes que l'unité ou deux multiples : la double,!\nvaut deux temps, et la longue, dont la durée est la plus grande et qui vaut quatre temps ; e!\nse distinguent par la place que le point occupe sur le signe qui les représente : la double i\nla partie aiguë, et la longue sur le milieu de la courbe.\nexemple :\nPassons maintenant aux notes dont la durée est moindre que 1 unité de temps, ou soit\nsous-multiples. Ces notes sont de quatre binaires c la demie, qui vaut un demi-temps,\nqu'aujourd'hui nous nommons la croche ; la quarte, un quart de temps (double crocli\nY octave, un huitième de temps (triple croche) et la un seizième de temps (quadri\ncroche). Il y a, en outre, deux notes ternaires, la tierce et la sexte, qui valent respective®;\nle tiers et le sixième de l'unité, et qui, dans le système courant, ne peuvent être représent\nsans l'aide du triolet ou du sextolet.\nCes différentes valeurs se marquent toujours par un point placé sur la partie superie\nou inférieure, courbe ou aiguë de la figure.\nExemple :"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.50", "texte": "LA NOTATION MUSICALE\n35\n\nCes notes représentent des fractions de la seconde, c'est-à-dire une durée réelle de temps\net non une durée relative comme dans le système de la musique en vogue.\nAinsi, si pour traduire certaines œuvres classiques, il fallait écrire les fameuses sextuples\ncroches, il suffirait de calculer quelle est la valeur réelle qu'elles comportent, selon le mouve-\nment auxquelles elles sont assujetties.\nLes silences correspondants à chacune de ces valeurs, je les représente au moyen d'une\npetite ligne horizontale sur laquelle le point, placé de la même façon que sur les figures,\ndétermine la durée.\nExemple :\nLes intervalles sont tous exacts. J'appelle degré l'unité d'intervalle, qui équivaut à ce\nqu'on nomme aujourd'hui le demi-ton ; de sorte qu'entre une note et une autre quelconque\nde la gamme, il y aura des intervalles de un, de deux, de trois, de quatre, de cinq etc. selon\nle nombre de degrés de différence. Les intervalles sont simples jusqu'à celui de douze degrés\net composés quand ils sont plus étendus, à partir du treizième et au-delà.\nCette partie est d'une simplicité si élémentaire qu'il suffit de l'énoncer pour la connaître ;\nelle abrégera et facilitera immensément l'étude de l'harmonie et de la composition.\nLa théorie intervallaire est entièrement nouvelle et avant tout scientifique. Elle enseigne\net démontre : que l'intervalle n'est pas une distance entre un son et un autre, mais une\ndifférence de hauteur, de nombre et d'amplitudes de vibrations, que les intervalles sont toujours exacts\net constitués précisément par l'ensemble de sons possibles qui sont latents, et pour ainsi dire en\npuissance, entre les douze sons qui forment l'échelle soumise à la loi et d'harmonie successive\nréclamée par la conformation physiologique de nos organes percepteurs ; que les intervalles\nétant en réalité le néanty le vide intermédiaire, la passivité de sons non créés parce qu'inutiles,\nils ne peuvent être ni harmoniques, ni mélodiques, ni ni chromatiques, ni susceptibles\nd'être augmentés ou diminués en majeures ou mineures.\nJe n'ai pas pu m'expliquer comment, jusqu'à ce jour, on n'a jamais vu qu'une 2e, 3e, 4%\n7e, etc., cesse d'être ce qu'elle est, si on l'augmente ou la diminue.\nSi l'on objecte que les termes de majeure, mineure, augmenté, diminué, sont conventionnels,\nje dis qu'il est incorrect, impropre, contradictoire et même d'une lamentable pauvreté\nd'expression d'employer comme termes conventionnels, des mots d'une signification très nette\ndans le langage usuel, et pis encore, dans une science que sa précision fait qualifier d'exacte.\nLe nouveau système crée Vunité d'intervalle, c'est-à-dire la différence de hauteur entre deux\nsons immédiatement voisins dans l'échelle. En réalité il n'y a pas deux intervalles égaux, parce\nque à mesure que les sons deviennent plus aigus l'amplitude de leurs vibrations diminue tandis\nque leur nombre augmente. Mais pour faciliter le calcul, dans l'étude de l'harmonie, de la\ncomposition ou de /'entonométrie (solfège chanté) le degré improprement appelé demi-ton,\nreprésente une valeur typique, uniforme, de véritable équivalence pour l'oreille, et d'ailleurs\nla diminution d'amplitude du son se trouve compensée par une plus grande rapidité vibratoire,\net vice versa. Entre la et se il y a un degré, entre la et si, deux, entre la et doy trois, etc.\nLa formation des séries vient ensuite ; elle est, comme on le verra, très facile, e"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.51", "texte": "36\nS. I. M.\n\nremplace ce que l'on appelle aujourd'hui les gammes diatoniques, majeures, mineures harmo.\nniques et mineures mélodiques, l'une des parties les plus compliquées et les plus difficiles de!,\nthéorie actuelle. La connaissance parfaite des gammes majeures qui comprennent un dièZt\njusqu'à celles qui en ont sept, et de celles qui renferment de un à sept bémols, avec leurs\naltérations de doubles bémols et de doubles dièzes ; et, en outre, la possession des mineures\nharmoniques et mélodiques qui, avec les gammes naturelles de et de majeures et\nmineures, font un total de quarante-huit gammes, parmi lesquelles il y en a qui sont horno-\nnymes, c'est-à-dire, qui ont le même nom et une notation distincte, tout en étant en elles,\nmêmes exactement pareilles, cette connaissance, dis-je, exige une étude patiente, une attention\nsoutenue et ne parvient à être bien acquise qu'après plusieurs années d'études et des aptitudes\nnaturelles nettement marquées.\nDans mon système, les trente-six séries qui existent en réalité, sont apprises presque sur\nle champ, après la simple énonciation des règles fort simples et invariables qui en déterminent\nla formation.\nChacun des douze sons fondamentaux de l'échelle des sons, sert de point de départ on\nde naissance à trois séries que l'on distingue les unes des autres par la valeur et la place de\nleurs intervalles. Elles comprennent douze gammes de la première (gammes majeures), douze\nappartenant à la seconde (mineures harmoniques) et douze à la troisième (mineures mélo-\ndiques). Chaque série renferme sept intervalles, en comptant depuis la note initiale et qui lui\ndonne son nom, jusqu'à l'homonyme suivante que j'appelle\nLes premières séries ont leurs intervalles comme il suit : 1\", 2°, 40, 50 et 6° de deux\ndegrés ; 30 et 70 d'un seul, et elles se forment invariablement avec trois notes suivies du même\nrang et quatre de l'autre. »\nExemple :\nIl en est de même pour toutes les notes, en commençant par n'importe laquelle de la\ngamme, ce qui fait que les douze premières séries, ou soit les douze gammes majeures du\nsystème actuel, sont ainsi ramenées à une seule formule.\nDans les secondes séries, qui sont les plus irrégulières, les intervalles gardent invariable-\nment cette disposition : i°, 30 et 40 de deux degrés ; 2°, 50 et 70 d'un degré et le 6° de\n3 degrés, et ils sont formés par deux notes d'un rang, trois de l'autre, une du premier, un\nintervalle de trois degrés et la semblable.\nExemple :"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.52", "texte": "LA NOTATION MUSICALE\n37\n\nLes troisièmes séries offrent la particularité suivante : elles montent et descendent de\ndeux façons différentes :en montant leurs intervalles sont de i°, 30, 40, 50, 6° de deux degrés,\net 2° et 70 d'un degré ; en descendant, le i°, le 30, le 40, le 6° et le 70 de deux degrés et\nle i° et le 5° d'un seul degré. On les forme ainsi : deux notes d'un rang et cinq de l'autre en\nmontant, et trois, trois et deux en descendant.\nIl faut remarquer, en premier Heu, que chacune des douze gammes des trois séries se\nforme de la même manière et qu'on n'a pas besoin d'altérer les sons ; celles qui commencent\nle rang inférieur sont exactement opposées à celles du rang supérieur ; et, en second lieu, l'on\nverra que la somme des degrés des intervalles ne varie pas :\nires séries 2.2. 1.2. 2 . 2.1. \\\n2mes s£rjes 2. 1.2.2. 1.3.1. [ I 2\n3mes séries aller .... 2. 1.2.2.2.2.1. (\nretour. . . . 2.1.2.2.1.2.2. /\nLe système actuel commet donc une erreur en donnant le nom d octaves aux intervalles\nexistant entre deux notes semblables ; ce sont en réalité, des douzaines.\nL'énonciation des séries se simplifie et se précise aussi d'une façon remarquable. Au lieu\nde : gamme de mi bémol (ou ré dièze), on dit simplement : première série de ro ou bien plus\nsimplement encore lerIer de ro ; au lieu de dire : gamme de fa dieze (ou sol bémol) mineure\nharmonique on dit : seconde série de je ou 2e de fè ; et au lieu de gamme de sol dieze (ou\nla bémol) mineure mélodique, troisième de non.\nLes quarante-huit gammes du système courant si remplies de difficultés et toutes différen-\ntes, sont réduites par la nouvelle méthode au nombre des trente-six qui existent reellement, et\nsuivant les régies que j'ai établies et qui en régissent la formation, invariablement, elles obéis-\nsent toutes à trois formules fort simples que les petits enfants mêmes apprennent en une\nseule leçon.\nOr, une question se présente \\ cette loi d'harmonie dans la succession des sons qui con-\nstituent les séries selon la dispositon et la valeur des intervalles, de quoi dépend-elle ?\nEst-ce un caprice de pure forme ; est-ce une modalité d origine essentielle, particulière a\nla nature intime des sons, ou est-ce seulement un phénomène externe, de vibrations d ondes,\ndû à notre pouvoir de perception ou à la constitution de 1 ouïe ? Si celle-ci avait une orga-\nnisation différente et recevait autrement l'impression sonore, la distribution ou la valeur des\nintervalles serait-elle alors la même ? Y aurait-il rien de changé dans les successions qui nous\nparaissent agréables, comme si les sons étaient enchaînés l'un a 1 autre par une attraction\ncachée, constituant la base ou la matière sonore, si je puis m exprimer ainsi, dans laquelle\ns'incarne toute beauté harmonique ou mélodique ? Assurément non ; mais il est hors de\nque dans les conditions existantes, ces lois sont le produit de la combinaison des propriétés phy-"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.53", "texte": "3»\ns. I. M.\n\nsiques du son et de notre capacité auditive : voilà le fait tel qu'il se produit ; il nous imprs\nsionne ainsi et c'est ainsi que nous devons 1 étudier.\nLe mouvement la plus grande force d extériorisation, celle qui caractérisé le\nl'expression des sentiments ou états d'âme dans 1 art musical, n est pas autre chose, scienti.\nfiquement, que le produit de la combinaison de la duree des sons. Jusqu a ce jour on a commis |\nlourde erreur de prendre l'effet pour la cause, de subordonner les durées au mouvement p2;\nl'indication des termes vagues : Adagio, Andante, Presto, etc., mettant ainsi en contradiction!;\nthéorie et la pratique. Par exemple, une blanche vaut quatre croches et logiquement ut\nmorceau écrit avec ces dernières devrait être quatre fois plus rapide qu'écrit avec les blanches\nCependant si les blanches se règlent par un presto et les croches par un lento, les première\ndureront moins que les secondes. Le métronome lui-même ne parvient pas à supprimer],\ndifficulté, parce qu'il n'a pas comme régulateur une unité de durée.\nMon système supprime, comme inutile et antiscientifique, toute la nomenclature de;\nmouvements, car ces termes largo, andante, andantino, allegro, moderato. etc., sont des vocable\nsans précision, sujets à interprétation, dont la valeur diffère suivant le tempérament particulie\nde chacun. Les mouvements sont un effet des durées et leur loi invariable est qu'ils son:\nd'autant plus lents ou d'autant plus rapides que les sons sont plus larges ou plus brefs. Qu'oi\ndonne à chaque son la durée qui lui correspond et le mouvement naîtra tout seul. Les indica-\ntions ne sont admissibles qu'en ce qui concerne la couleur, l'expression, laissant toute latitud:\nà l'interprète de manifester son goût, son style personnel mais le mouvement doit être précisèmn\ncelui que l'auteur a voulu établir.\nLa mesure est la mensuration exacte du temps, c'est-à-dire de la durée des sons musicaux\nBattre la mesure c'est donner à chaque note la valeur quantitative qui lui correspond. Rousseai\na ramené à trois toutes les mesures connues : deux, trois et quatre temps. Mon système es\nplus simple encore : il les remplace toutes par l'unique mesure de F unité de temps : la seconk\nPrenons, par exemple, une phrase musicale de douze temps : avec le système de la porté\n(pentagramme), elle peut se diviser en trois mesures de quatre temps, en quatre de trois temps\nen six de deux temps, en deux de six temps. Avec mon système on arrive au même résulte\nen mesurant seulement l'unité, ce qui supprime toutes les inutiles divisions en fractions égales\nLes notes qui doivent être accentuées, s'accentuent isolément, comme les lettres dans I;\nparole. N'oublions pas que la mesure est seulement un \" procédé pour mensurer la durée de\nsons \" et que l'accentuation et la distribution des pauses et silences, qui mettent en relief le\ncontours de l'idée mélodique, sont choses distinctes et indépendantes. Je remplace les barre\nséparatives des mesures par des signes divers correspondant à virgule, point et virgule, dem\npoints, point final, point d interrogation, point d'exclamation, etc., qui donnent à la phrast\nmusicale la même précision et la même clareté que la ponctuation dans le langage écrit.\nCet expose suffirait pour 1 enseignement de la plus grande partie des amateurs ; pour cem\nqui, se bornant a 1 interprétation, n approfondissent pas la connaissance de l'art, et ne préten-\ndent pas faire œuvre de compositeurs, en donnant ainsi des preuves de bon sens ; mais je doii\najouter que mon système offre des avantages d'une valeur plus transcendantale.\nLorsque les traites d harmonie et de composition s'y adapteront, on pourra voir qu'ils\nseront réduits a un quart de leur volume actuel, ainsi que le temps que leur étude exigf\naujourd hui. Leurs réglés deviendront forcément faciles, claires et précises, car l'accumulatiot\ndes intervalles de la théorie courante qui est la cause de complications inutiles dans la forma'\ntion des accords disparait, ne laissant place qu'aux intervalles justes, puisque le nombre 4\nvibrations de chaque son est invariable, et la différence comprise entre un son et un autre l'es\négalement."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.54", "texte": "LA NOTATION MUSICALE\n39\n\nQue l'on ajoute un chapitre d'abréviations et de signes complémentaires, et l'on aura\nune vue d'ensemble du système, dont vous aurez, je le crois, une idée exacte après la simple\nexposition que je viens d'en faire. Enfin, cette nouvelle notation s'apprend à lire et à écrire à\nla fois, et elle est adaptable aux machines à écrire avec un nombre moindre de touches que\ncelles que l'on a tant généralisées pour l'écriture ordinaire.\nQuant au clavier pour piano, harmoniums, etc., je me bornerai à dire que l'on a fait en\nsorte de le perfectionner, à plusieurs reprises, mais sans résultat définitif.\nEn 1716, le facteur français Marius présenta à l'Académie des Sciences quatre modèles\ndifférents qu'il appela clavecins à marteaux, et, bien avant lui, en 1546, suivant Lacroix,\nNicolas Vicentino inventa un instrument qu'il dénomma Archicembalo et qui contenait six\nrangs de touches. Le clavecin de Zarlino construit en 1548 par Dominico de Pesaro, était\nanatogue à celui de Vincentino. Le clavier moderne de Janko, qui comprend aussi six rangées\nde touches, doit ressembler à ces derniers instruments.\nLe clavier que j'ai inventé tend simplement à mettre le piano dans les conditions requises\npour le transformer en un véritable instrument à cordes. Une corde tendue, vibrant, nous\ndonne le modèle le plus naturel de tout instrument de musique. Comment les sons se produi-\nsent-ils à mesure que les points extrêmes se rapprochent ? Ils se produisent en une suite\ninterrompue et sont séparés par des intervalles équivalents, c est-a-dire que, pour notre\noreille, ils semblent être absolument pareils. Ces différences dans la gravite nous donnent la\nmesure d'intervalle, établi par la nature même. Donc, c est la véritable echelle des sons,\nl'échelle mère, génératrice de toutes les séries partielles, qui doit servir de base au clavier, et\nnon celle que l'on appelle aujourd'hui gamme de do naturel majeur, qui, sans y avoir aucun\ndroit, a été proclamée reine et maîtresse de toute la musique.\nMon innovation consiste en ceci que les touches alternent sans solution de continuité,\nc'est-à-dire qu'elles comprennent invariablement une touche inférieure et supérieure, a\nsavoir une blanche et une noire. On met ainsi le clavier en rapport avec 1 intérieur du piano\net les degrés d'intervalles correspondent à la distance matérielle des touches, ce qui n'arrive pas\nactuellement. Cette modification, si simple en apparence, change fondamentalement le doigté\net la technique du piano, en les rendant extraordinairement faciles, et outre d autres\navantages que l'étude révélera peu à peu, le nouveau clavier offre des maintenant les suivants .\nl° La gamme (chromatique) s'exécute avec une égalité et une surete plus grandes, et 1 on\npeut employer indistinctement deux, trois ou quatre doigts.\n2° Les séries (gammes majeures et mineures) se font avec le même doigte, et on les sait\ntoutes, si l'on en connaît seulement trois.\n2° La transposition d'un ton à un autre ou le passage d une serie a une autre p us\nélevé ou plus basse, ne présente pas la moindre difficulté.\n40 Ce nouveau clavier favorise immensément la lecture de la nouvelle notation, car les\nnotes que l'on écrit sous l'unique ligne de la portée correspondent toujours aux touches blanches\net celles que l'on écrit au-dessus aux touches noires. j i • •\nEt enfin, il est plus riche que le clavier ordinaire, car ce que lon moyen e ce ui ci\npeut se faire avec plus de facilité par le nouveau clavier, et ce que l'on exécute avec le nouveau\nne peut s'exécuter avec l'ancien. Cela est concluant. y\nJe crois que le clavier continu, une fois que toutes les méthodes que 1 on doit y approprier\nseront écrites, car tout est à refaire, donnera lieu a des progrès considérables quant au mécanisme,\npermettra d'écrire et de vaincre les grandes difficultés que l'on ne peut surmonter au moyen\ndu clavier ordinaire et, enfin, fera que l'art du pianiste gagne beaucoup en variété, en ongina ît\net en éclat."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.55", "texte": "40\nS I. M.\n\nMesdames, Messieurs :\nJ'ignore le sort réservé à l'effort que j'ai fait, je soumets mon œuvre au jugement imp\ntial des esprits intelligents et à l'attention du monde musical. Si, comme on l'a dit-\npeupler que de diviser, c est aussi enseigner que de simplifier, et je crois avoir fait un gra,.\npas en ce sens, en essayant d'établir l'art musical sur des fondements plus scientifiques, de\ndiriger par des procédés plus logiques et plus simples, en en abrégeant et en en facilita;\nl'enseignement, et en travaillant à sa croissante propagation.\nJe ci ois avoir prouve les bases scientifiques de mon système, la logique de sa théorie et\nclarté de sa graphique. Jai le ferme espoir que Paris et par Paris j'entends la France v\njugera impartialement mon œuvre, qu il 1 expérimentera loyalement et sans préjugés, et qu'\nn'hésitera pas à l'adopter, si les résultats lui semblent concluants. & '\ns r a France, pays de clait bon sens, de culture supérieure et de généreuse initiative\nn hesitera pas, j en suis sur, maigre tout son respect des traditions, à accueillir mon système\ncomme elle accueille toutes les vérités, tous les procédés de simplification dans l'industrie |f,\narts et la science, de quelque pays qu'ils lui viennent, montrant ainsi que, pour elle, la v'érit\net la grandeur ignorent les frontières. (Vifs applaudissements)."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.56", "texte": "Pierre Aubry."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.57", "texte": "PIERRE AUBRY\n1874-1910\n\nLe 27 août dernier, je recevais d'Aubry une lettre datée de Dieppe,\ntoute pleine de joyeuse assurance et de cordiale sympathie.\nQuelques jours plus tard, une dépêche annonçait la mort subite,\nincompréhensible de notre malheureux ami\nAubry avait la passion de l'escrime. Depuis le collège Stanislas\noù il était le champion de la salle d'armes, il n'avait cessé de cultiver\nl'épée, par goût et par hygiène. Pendant son séjour à Dieppe, cet été,\nil avait plusieurs fois rencontré, dans de sérieux tournois, des amateurs de\nce sport redoutable. Le 3 1 août au matin il quittait joyeux son hôtel, et\nle hasard le mit aux prises avec le capitaine de Romilly. Que se passa-t-il ?\nY eut-il imprudence de la part de notre collègue qui tirait sans plastron,\navec une veste usagée ? Faut-il croire à une coïncidence fatale de deux\nmouvements contraires, à un faux pas? Nul le saura jamais, et ne pourra\nexpliquer l'incident qui surprit tous les assistants. L'épée de M. de Ro-\nmilly pénétra toute mouchetée dans le corps de son adversaire, à la base\ndu poumon, produisant une blessure déchirante. L'entrée de l'air qui\nsuivit cette perforation, entraîna la mort par étouffement. Ramené chez\nlui, Aubry succombait quelques heures plus tard à ce que les médecins\nnomment l'emphysème traumatique.\nEn cette fin d'août, Paris était vide. La musique et la musicologie\nse trouvaient en vacances. Prévenus en hâte, ceux d'entre nous qui purent\nrentrer à temps se réunirent dans la petite église de Sk François de Sales.\nPuis, à Meudon, devant la tombe ouverte, quelques paroles de désolation\net d'adieu cherchèrent à rendre l'émotion de tous. M. Jules Combarieu,\nprofesseur au Collège de France, ami personnel d'Aubry, parla le premier.\nM. Romain Rolland, maître de conférence à la Faculté des Lettres,"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.58", "texte": "42\nS. I. M.\n\nretenu malheureusement en Italie, avait charge M. Dacier, bibliothé-\ncaire à la Bibliothèque Nationale, de lire ces quelques mots :\nLa musique française vient de faire une perte irréparable. Pierre Aubry était un des\npremiers qui avaient fondé chez nous l'histoire musicale. Il lui avait ouvert des voies nouvel-\nles. Il projetait d'élever un monument de science, qui reste malheureusement interrompe\nmais dont les premières assises et les fragments epars etonnent par leur haidiesse et leur\nsolidité.\nSa vaste science était comme un fleuve qui s'amasse lentement. Depuis quinze ans, il\npréparait son grand travail sur l'art musical du moyen âge. Il n'était point presse ; il voulait\nque la construction fût durable ; il savait qu'elle le serait ; il marchait a pas surs. Son œuvre\nétait faite à la fois d'enthousiasme artistique et de critique sévère. Il avait l'amour sacré de la\nFrance, de son glorieux passé, et surtout de ce XIIIe siècle héroïque, où la pensee française se\nrépandait à pleins flots sur l'Europe. Le moyen âge français lui semblait justement un sommet .\nde l'humanité, un de ces splendides jardins de la civilisation, où toutes les forces de 1 ame,\nharmonieusement unies, donnent leur plus belle floraison. Il avait retrouve la clef perdue qui\nouvrait la porte de ce monde disparu. Entre temps, il s'occupait de la chanson populaire et\nde l'iconographie musicale. Il en avait amassé un trésor unique en France, et peut-etre en\nEurope. Il y a moins de deux mois, il m'exposait le plan d'une étude du Folk-lore européen,\nqui devait embrasser une dizaine d'années de cours.\nIl avait sur les autres musicologues la supériorité d'une instruction et d'aptitudes vrai '\nment universelles, qui enveloppaient à la fois la science et l'art, la paléographie et la musique,\nles études de droit et d'histoire. Il connaissait aussi bien la littérature que la peinture, la\nsculpture, l'architecture de l'époque qu'il étudiait. Il n'était pas moins instruit de l'histoire\néconomique et sociale du même temps. Il avait un large esprit de synthèse qui savait, au\nmoyen de tant d'éléments divers, reconstituer la vie. Et cette science était claire. Que de fois\nj'ai admiré, en l'entendant, l'art qu'il avait de rendre accessible à tous un des enseignements\nles plus difficiles ! Ce même art rehaussait le prix de ses livres les plus érudits, qui sont des\nmodèles de style.\nCe grand savant était un homme simple et bon, qui vivait en dehors de toutes les cote-\nries, dédaigneux de toute réclame, méprisant fièrement le succès bruyant et facile. Il avait le\njuste sentiment de la grande œuvre qu'il élevait ; mais nul n'était plus empressé à mettre\nmodestement sa science au service de toute cause utile. La Schola Cantorum et VEcole des HauUi\nEtudes Sociales savent tout ce qu'elles lui doivent.\nC'est un profond chagrin pour moi d'avoir à dire adieu à celui qui fut notre fidèle com-\npagnon de travaux, le collègue le plus dévoué ! Son souvenir ne s'effacera pas, non seulement\nde la pensée de ceux qui l'ont connu, mais de cette science musicale à laquelle il avait voue\nsa vie. Son nom reste attaché à l'histoire de ce beau moyen- âge français qu'il aimait. Heureux,\nmalgré tout le tragique d'une mort si soudaine et si prématurée, heureux ceux qui, comme\nlui, s'endorment après avoir bien travaillé ! Le champ qu'ils ont labouré se couvrira de mois-\nsons, qui parleront d'eux longtemps encore après qu'ils ne seront plus là pour les voir.\nLa funèbre cérémonie à laquelle nous venions d'assister laissera dans\nnos mémoires le souvenir d'un bien douloureux événement."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.59", "texte": "PIERRE AUBRY\n43\n\nPierre Aubry était né à Paris le 14 février 1874. Jeune, il avait\nperdu son père et sa mère à quelques jours de distance, et avait vu\ns'apesantir sur lui la gravité de la vie. Ses études, achevées brillamment\nau Collège Stanislas, le guidaient naturellement vers les lettres. Quelques\npoésies, publiées en 1892, annonçaient déjà chez lui le goût des arts.\nCette union féconde d'un tempérament studieux et du souci des formes\nparfaites décidèrent de la carrière du jeune bachelier, bientôt licencié\nès-lettres (1894).\nVers cette époque, se formait autour de Paul Desjardin\nl'Action sorte d'entente idéale pour le devoir présent, qui séduisit\nun grand nombre d'entre nous. Aubry s'intéressa aux tendances gene-\nreuses de ce groupe et lui apporta sa propre contribution sous la forme\nd'un Recueil des chants héroïques de l préfacé par Gaston\nParis (1896). Dès ce premier ouvrage la musique et la paléographie se\ntrouvaient réunies.\nAlors commence pour Aubry une période d'activité et de recheiches\nappliquées à l'universalité des connaissances humaines. En 1896 il passe sa\nlicence en droit ; il sort diplôme de 1 Ecole des Chartes, a la suite d une\nthèse retentissante sur la Philologie musicale des 1 rouveres. En 1898-1899\nil professe à l'lnstitut Catholique de Paris un cours de musicologie\nmédiévale. En 1898 il entre à l'Ecole des Langues Orientales et api es\navoir obtenu, en 1900, son diplôme d'armenien, il entrepiend en 1901\nune mission officielle d'études musicales au Xurkestan. Et cette simul-\ntanéité ne lui suffit pas. Partout il se prodigue, cherchant a eveiller, non\nseulement en lui-même, mais chez les plus indifférents, le sens de cette\nunion de la musique et de l'histoire documentaire, s efforçant, pai de\nmultiples conférences, toujours désintéressées, de rétablir 1 alliance entie\nl'art et l'érudition, dont il apercevait à travers le moyen âge les résultats\nféconds.\nAubry était venu à la Société Internationale de musique en 1904\ns'était montré collègue essentiellement dévoué. En 19°9 avait affionte\nles fatigues du Congrès de Vienne, et cette annee même il s était fait un\nplaisir de prendre part au Congrès de Londres de 191 1. Lorsqu une\ncommission de réédition des textes théoriques musicaux du moyen âge\n[Corpus Scriptorum de musica)s'était formée parmi nous, Aubry avait tout\nnaturellement été désigné par la musicologie internationale, pour repré-\nsenter la France dans cette compagnie. Je fus charge par lui de repie-"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.60", "texte": "44\nS. I. M.\n\nsenter ses vues, à la séance de la commission qui se tint à Munich ç-\nseptembre dernier et dans laquelle les savants, venus de tous les pa\\\nd'Europe manifestèrent par une touchante sympathie, leurs sentiments\";\nl'égard de leur malheureux collègue.\nOn ne saurait en vérité établir de périodes dans une vie si courte F\npoui tant si remplie. Aubry, maître de sa destinée avait embrassé 1,\nmusicologie d'une vue large et qu'aucun obstacle n'arrêtait. Les charte\net leur paléographie lui étaient cheres et avaient été son premier souci\nLe moyen âge était reste son fait. Il en avait fait le tour avec méthode e\npatience. Tantôt allant aux origines lointaines du chant liturgique, et de\nneumes grégoriens, tantôt mettant au jour les plus belles manifestation\nde Pars mensurabilis et du motet parisien du XII-XIIP siècle. Ou hier\nprovoquant les amateurs du XIVe par ses facsimilés du Roman de Fau%\nOu encore, s attaquant aux chansonniers, trouvères et troubadours, e:\nformant pour se documenter, une admirable bibliothèque de folk-lon\neuropéen. C'étaient ses travaux d'approche, qu'il complétait et vérifiai:\npar des monographies et des livres, par des conférences et des article:\nsavants, parfois accompagnes d'une brusque échappée sur les temi\nmodernes et d'une incursion vers le XVIIIe de vers les Idk\nde Pie X,vers les Ombres en couleurs de Dorival et le livret d\nIl avait rêvé d'un Grétry pour la collection Alcan, et préparait une\niconographie de la harpe en collaboration avec Gustave Lyon î Tout était\npour lui 1 occasion d agrandir le cercle de ses préoccupations musico-\nlogiques.\nCe caractère d universalité, au milieu de la spécialisation, cette ten-\ndance au '< Nihil a me alienum puto \", ce souci de rechercher le beat\ndans k vérité du document médiéval donneront en France à Aubry la\nplace d un novateur. Aubry avait sur ses devanciers les Fétis, les Cousse-\nmaker, les Lavoix cette supériorité d'être un paléographe de goût et dt\nmétier tout à la fois. Aubry était suffisamment artiste pour sentir tout\nattrait de la musique, mais suffisamment historien pour échapper à li\ntyrannie de son propre goût. C'est là un équilibre rare, un exemplt\nqui ne saurait trop être proposé à tous ceux qui s'engageront dans II\nvoie de la musicologie. Le chemin est ouvert et jalonné. Se trouvera-t-ii\nparmi nos jeunes, des Chai tes ou de la Sorbonne, un audacieux et an\npatient qui tentera l'aventure que notre collègue n'a pu mener à bien, J\nqui, résistant aux sollicitations du XVII' ou XVIII' siècle, dirigera se"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.61", "texte": "OUVRAGES DE PIERRE AUBRY\n45\n\n1 regards vers Guillaume de Machau, Philippe de Vitry ou Perrotin ?\nNmis le souhaitons vivement\n\nJ. Ecorcheville.\n\nBIBLIOGRAPHIE DES OUVRAGES DE PIERRE AUBRY\nA propos de dictée musicale. Revue musicale,\n1906, pp. 321\"329> mus-\nTirage à part. Paris, édit. de la Schola,\n1906, gr. in-B°, 11 p.\nLes abus de la musique d'église au XIIe et au\nXIIIe siècle. Trib. de St. Gervais, 1903, p. 57-\n62.\nAu Turkestan, notes sur quelques habitudes\nmusicales chez les Tadjiks et chez les Sartes.\nM. Musical, 15 juin 1905.\nTirage à part. Paris, édit- du Mercure\nMusical, 1905, gr. in-B°, 14 p.\n\"Les Caractères de la danse\", histoire d'un\ndivertissement, pendant la première moitié du\nXVIIIe siècle. Avec un portrait de Mlle Prévost\net une réalisation de la partition originale de\nJ.-F. Rebel (en collaboration avec Emile Dacier).\nParis, H. Champion, 1905, gr. in-B°, 24 p.\nCent motets du XIIIe siècle, publiés d'après le\nms. Ed. IV, 6, de Bamberg. Paris, Société Int.\nde musique, 1908, 3 vol. in-40. I. Reproduction\nphototypique du ms. 11. Transcription en notation\nmoderne et mise en partition. 111. Etudes et com-\nmentaires.\nLa chanson de \" Bele Aelis Trib. de\nSt. Gervais, p. 151-156, mus.\nRepublié dans : la Chanson de \" Bele Aelis\npar le trouvère Baud de La Quarrière (en collabo-\nration avec R. Mayer et J. Bédier). Paris,\nPicard et fils, 1904, gr. in-B°.\nLa chanson populaire dans les textes musicaux\ndu moyen âge. Revue musicale, 1904, pp. 594\"\n604, mus.\nTirage à part. Paris, H. Champion, I9°s>\ngr. in-B°, 11 p.\nLe Chansonnier de l'Arsenal. Trouvères du\nXIKXIIIe siècle. Reproduction phototypique du\nms. 5198 de la Bibliothèque de l'Arsenal (en col-\nlaboration avec A. Jeanroy).— Paris, P. Geuthner,\n1910, gr. in-40, facsimilés. (Livraisons 1 à 5).\nLes chansons de croisade (en collaboration avec\nJoseph Bédier). Paris, H. Champion, 1909, in-B°,\nxxxvi-318 p., musique.\nLe chant populaire géorgien. Revue musicale,\nI9°s> PP- 157-161, mus.\nCharles Bordes et la renaissance des études\nmusicologiques en France. Trib. de St. Gervais,\n1909 (n° Charles Bordes, p. 16-18).\nComment fut perdu et retrouvé le saint clou de\nl'abbaye de Saint-Denys, 1233. Revue Mabillon,\n1906, pp. 185-192, 286-300 ; 1907, pp. 43-50,\n147-182.\nCOMPTES-RENDUS ;\nL'ancienne maîtrise de Notre-Dame de\nChartres, par M. l'abbé Clerval.— Trib. de St. Ger-\nvais, 1899, p. 95-96.\nA propos du Congrès Musical de Strassbourg.\nCommunication sur l'art mesuré et le rythme\ngrégorien faite au Congrès et insérée en réponse à\nun article du P. Dechevrens intitulé : \" Un Inci-\ndent du Congrès de Strassbourg, lettre à S. G.\nMgr Foucault \", paru dans Etudes du 5 octobre\n1905 ; et accompagnée d'une réponse de M. A.\nGastoué. Etudes, 1906, t. CVI, p, 85-98.\nAristoxène de Tarente et la musique de\nl'antiquité, par L. Laloy ; Histoire du chant\nliturgique à Paris, par A. Gastoué. Trib. de Saint\nGervais, 1904, p. 387-388.\nCenni sull' origine e sul progresso délia\nmusica liturgica, da F. Consolo ; l'Art dit grégo-\nrien d'après la notation neumatique, par G. Hou-\ndard. Moyen âge, p. 265-272."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.62", "texte": "46\nS. I. M.\n\nChants et Chansons du Nivernais par A. Mil-\nlien. —S. 1. M., 15 août, 1910.\nLe congrès musical de Clermont.\nmusical, ler juillet 1905.\nUn compte-rendu avant la lettre (l'Anti-\nphonaire de Hakter). Trib. de St. Gervais, 1900»\np. 50.\nConcert Zielinska. 1908, p. 805.\nCours théorique et pratique de plain-chant\nromain grégorien, par A. Gastoué. Revue mu-\nsicale, 1904, p. 2174.\nL'éducation musicale, par A, Lavignac.\nTrib. de St. Gerv., 1903, p. 79.\nL'introduction à la paléographie musicale\nbyzantine de M. A. Gastoué.\nvais, 1908, p. 191-192.\nE.Lemaître et H.Clouzot. 30 Noëls poitevins\ndu 15e au 18e siècle. —5. I. M., 1908, p. 103 1.\nLes maîtres violonistes de l'école française\ndu XVIIIe siècle : J.-M. Leclair, par A. Guilmant\net J. Debroux. Revue I9°s> PP- 291_\n293, mus.\nNotes bibliographiques (Le Rythme du\nchant dit grégorien, par A. Houdard ; Etudes\nde science musicale, par le P. A. Dechevrens).\nTrib. de St. Gervais, 1899, p. 127.\nPaléographie musicale. Les principaux manus-\ncrits du chant grégorien, ambrosien, mozarabe,\ngallican, publiés par les Bénédictins de Solesmes.\nBibliothèque deT Ecole des 1 895? PP- 691-\n696.\nRépertoire de musique arabe et maure...\nsous la direction de Rouanet. —S. 15 juin\n1910.\nLe rythme du chant dit grégorien, par\nA. Houdard. Trib. de St. Gervais, 1898, p. 45\"\"\n48.\nLe rythme des mélodies grégoriennes par J.\nArtigarum. Bibl. éc. Ch 1900, 55 7.\nVan Duyse. Het nederlandsche Lied.\nS. I. M., 1908, p. 1029.\nLes vraies mélodies grégoriennes, par le P. A.\nDechevrens ; Die Jenaer Liederhandschrift, her-\nausgegeben von A. Holz, Fr. Saran und E. Ber-\nnoulli. Trib.de St. Gervaisp. 399-400, 1902.\nLa danse au moyen âge. Revue music4\n1909, pp. 109 et suiv.\nEn marge de la théorie musicale. Un théorèm,\ninédit relatif à la transposition. Paris, édit. de\nla Schola Gantorum, 1907, gr. in-B°, 10 p.\nRevue musicale. Janvier 1907.\nEsquisse d'une bibliographie de la chanson\nlaire hors de France. Revue musicale, iço;\npp. 131-142.\nTir. à part sous le titre : Esquisse d'une\nbibliographie de la chanson populaire en Europe,\nParis, A. Picard et fils, 1905, gr. in-B°, 37\n(Essais de musicologie comparée).\nEssais de musicologie comparée. Voir : Esquisse\nd'une bibliographie de la chanson populaire ; le\nrythme tonique dans la poésie lithurgique.\nEstampies et danses royales, les plus anciens\ntextes de la musique instrumentale du moyen âge,\nParis, Fischbacher, 1907, gr. in-B°, 35 p., mus,\nEtude lexicographique sur le mot \" Schola \",|\npropos de la \" Schola Cantorum Trib. h\nSt. Gervais, 1900, pp. 171-175.\nLes fêtes musicales d'Avignon et l'œuvre 4\nSaint-Gervais (3, 4 et 5 août 1899). Pan.\nimpr. de L. de Soye et fils, 1899, in-B°. (Extrait à\nCorrespondant).\nHuit chants héroïques de l'ancienne France,\nXIIe-XVIIIe siècles, poèmes et musique. Préface à\nM. Gaston Paris. Paris, Union pour l'ach\nmorale, 1896, in-40, 19 p. (Ed. sans la musique)\n1896, 2e édit. Ibid, in-40, 18-25 p. (Avec!\nmusique).\nL'idée religieuse dans la poésie lyrique et II\nmusicologie religieuse française au moyen âge, m\nl'épître farcie de Saint-Etienne. Tribune i\nSt. Gervais, 1897, pp. 37~4°> 52-55, 84-88;\n1898, pp. 150-154, 202-207, 248-255 et 28É\n288 ; mus.\nRepublié sous le titre : L'ldée religieuse\ndans la poésie lyrique et la musique française ac\nmoyen âge. Les épîtres farcies. Paris, édit, dt\nla Schola Gantorum, 1897, gr. in-B°, 38 p., mus,\nLes idées de S. S. Pie X sur le chant de l'Eglise,\nParis, impr. de L. de Soye et fils, 1904, gr. in-8;\n28 p. (Extr. du Correspondant, 1904).\nL'inspiration religieuse dans la poésie musical;\nen France, du moyen âge à la Révolution (confé-\nrence du 8 décembre 1898).— Trib. de St. Gerùi\n1899, pp. 16-20, 40-47, mus."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.63", "texte": "OUVRAGES DE PIERRE AUBRY\n47\n\n. Tirage à part : Paris, édit. de la Schola Can-\ntorum, 1899, gr. in-B°, 15 p.\nIntroduction à : Chants populaires arméniens de\nG. Boyadjian. Paris, E. Demets, 1904, in-fol.\nIter Hispanicum. Notices et extraits de\nmanuscrits de musique conservés dans les bibliothè-\nques d'Espagne ; Recueil de la Société internationale\nde musique, VIII, 3-4 et IX, 1-2.\nTirage à part: Paris, P. Geuthner, 1908,\nin-40, 84 p., mus. et fascimilés.\nJean-Ferry Rebel, (1664 ?-1747). Revue\nmusicale, 1905, pp. 301-307, mus. Cette notice a\nété ensuite intercalée dans \" les Caractères de la\ndanse\", de J.-F. Rebel (en collaboration avec\nEmile Dacier) ; voir plus haut.\nLes jongleurs dans l'histoire : Saint-Julien des\nMénétriers. Trib. de St. Gervais, 1900, p. 322-\n327. 353-302-\nLais et descorts français du XIIIe siècle (en\ncollaboration avec L. Jeanroy et A. Brandin).\nParis, Welter, 1901, in-fol.\nLa légende dorée du jongleur. Revue musi-\ncale, 1901, pp. 154-159, 199-202.\nLe \" Letabundus \" et les chansons de Noël au\nXIIIe siècle. Tribune de St. Gervais, 1898,\npp. 276-286, mus.\nLettre ouverte à M. Maurice Emmanuel sur la\nrythmique musicale des trouvères. Revue musi-\ncale, mai 1910, p. 261-270.\nMélanges de musicologie critique. Voir : la\nMusicologie médiévale, histoire et méthodes ;\nles plus anciens monuments de la musique française.\nLa musique de danse au moyen âge : une\n\" estampida \" de Rambaut de Vaqueiras.\nRevue musicale, 1904, pp. 305, 311, mus.\nIl existe un tirage à part :\nLa musique et les musiciens d'église en Nor-\nmandie au XIIIe siècle, d'après le \" Journal des\nvisites pastorales \" d'Odon Rigaud. Mercure\nMusical, avril à juillet 1906.\nIl existe un tirage à part.\nLa musicologie médiévale, histoire et méthodes ;\ncours professé à l'lnstitut catholique de Paris,\n1898-1899... —Paris, H. Welter, 1900, in-fol.\n(Mélanges de musicologie critique).\nMusique du moyen âge : l'œuvre mélodique\ndes troubadours et des trouvères, examen critique\ndu système de M. Hugo Riemann. Revue musi-\ncale, 1907, pp. 317-332, 347-360, 389-395, mus.\net facsimilés.\nLes notations mesurées du XIIe au XVIe siècle,\nleçon d'ouverture du cours de musicologie sacrée\nà l'lnstitut catholique de Paris. Trib. de St.\nGervais, 1900, pp. 120-126, 153-158.\nL'origine des proses. Revue musicale, 1902,\npp. 518-521.\nLes papiers de Th. Nisard. Tribune de\nSt. Gervais, 1899, PP- 262-270.\nPhilologie musicale des trouvères. (Positions de\nthèses de l'Ecole des Chartes). Toulouse, E. Privât,\n1898, in-B°.\nLes plus anciens monuments de la musique\nfrançaise. Paris, H. Welter, 1905, gr. in-40,\n24 p. et facsimilés. (Mélanges de musicologie cri-\ntique).\nLes plus anciens textes de musique instrumen-\ntale. Mercure musical, 15 septembre, 1906.\nPoésies. Paris, 1892, in-B°.\nLes proses. Tribune de St. Gervais, 1899,\npp- 334-343 ; pp- 9'12' 35-38, 106-no,\n218-224 ; 1901, pp. 44-49, mus.\nLes proses d'Adam de Saint-Victor (en collabo-\nration avec l'abbé Misset). Paris, H. Welter,\n1901.\nQuatre poésies de Marcabru, troubadour gascon\ndu XIIe siècle (texte, musique et traduction).\nTrib. de St. Gervais, 1904, pp. 107-118, mus.\nIl existe un tirage à part.\nLes raisons historiques du rythme oratoire.\nTrib. de St. Gervais, 1900, pp. 283-290.\nRecherches sur les \" ténors \" français dans les\nmotets du XIIIe siècle. Paris, H. Champion,\n1907, gr. in-B°, 40 p., mus.).\nRecherches sur les \" ténors \" latins dans les\nmotets du XIIIe siècle, d'après le manuscrit de\nMontpellier. Trib. de St. Gervais, 1907, pp.\n145-151,169-179.\nTirage à part : Paris, H. Champion, 1907,\ngr. in-B°.\nRefrains et rondeaux du XIIIe siècle (Riemann-\nFestchrift). Leipzig, Breitkopf u. Hœrtel, 1909.\nLe rôle du chant liturgique et sa place dans la\ncivilisation générale du moyen-âge (conférence du\n23 décembre 1897).— Trib. de St. Gervais, 1898,\npp. 4-11, 31-38, 61-65, mus-\n— Tirage à part : Paris, éd. de la \" Scola can-\ntorum \" (s. d.), gr. in-B°.\nRoman de Fauvel, reproduction photographique\ndu ms. de la Bib. Nat. fr. 146. Paris, Geuthner,\n1907, in-fol."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.64", "texte": "48\nS. I. M.\n\nLe Rythme tonique dans la poésie liturgique et\ndans le chant des églises chrétiennes au moyen âge.\nParis, H. Welter, 1903, gr. in-B°, 84 p. (Essais de\nmusicologie comparée.)\nLa Rythmique musicale des troubadours et des\ntrouvères. Revue musicale, I9°7> ju*n> juillet.\nTirage à part : Paris, H. Champion, 1907,\ngr. in-B°, 38 p., mus.\nLes Sources de l'oratorio au moyen-âge. Trib.\nde St. Gervais, 1899 (n° Perosi> P- mus.).\nSouvenirs de collège (Poésies). Paris. Impri-\nmerie des Apprentis orphelins, 1892, in-B°, 120 p.\nSouvenir d'une mission d'études musicales en\nArménie. Paris, Scola, 1902, in-B°.\nLe Système musical de l'Eglise arménienne.\nTrib. de St. Gervais, 1901, p. 325-332 ; 1902,\np. 23-38, 72-85, 110-113, 320-327, facsimilés ;\n19°3? P- 136-146 ; 287-288, mus.\nTrouvères et troubadours. Paris, F. Ale an,\n1909, in-16, 233 p. (Les Maîtres de la musique).\n2e édit., 1909, in-16.\nUn chant historique latin du 13e siècle: le\nSaint-Clou de Saint-Denys. Mercure musical\\\n15 octobre 1905.\nUn coin pittoresque de la vie artistique au\nXIIIe siècle. (Sur deux chansons de recueil Cangé)\nRevue musicale, 1904, pp. 484-494, mus.\nTirage à part : Paris, A. Picard et fils, 1504\ngr. in-B°.\nUn \" Explicit \" en musique du roman de\nFauvel. Mercure musical, 15 avril 1906.\nUn théorème inédit relatif à la transposition\nVoir : En marge de la théorie musicale.\nUne chanson provençale (?) à la Vierge, par A.\nJeanroy et P. Aubry. Annales du Midi, t. XII\njanvier 1900.\nUne grève de musiciens à Rome en Pan 312\navant Jésus-Christ. Revue musicale, 1903,\npp. 49-51.\nUne question de phonétique : l'accent secon-\ndaire posttonique. Trib. de St. Gervais, 1898,\npp. 107-110.\nVieilles chansons françaises du XIIIe siècle.\nTrib. de St. Gervais, 1906, pp. 196-220 ; 1907,\npp. 29-34, mus.\nZur modalen Interprétation der Melodien\nder Troubadours und Trouvères. Caecilia, sep-\ntembre 1907, p. 131-133.\nLes papiers de Pierre Aubry contiennent un certain nombre de\nmanuscrits. Nous citerons parmi eux :\nAllocution aux fêtes musicales d'Avignon, le\n3 août 1899.\nAurélien de Réomé, texte, traduction et notes\nen vue d'une édition de la Musica Disciplina.\nAvant-propos pour le recueil de chants popu-\nlaires arméniens de M. Eghiasarian.\nLa conception de la musique à travers les diverses\ncivilisations. Conférence à la Société des Etudes\nhistoriques, 1897.\nLa Condition juridique des musiciens au moyen\nâge. Ms. d'une thèse de doctorat en droit.\nHistoire de la musique instrumentale au XIIIe\nsiècle. Conférences faites en février 1908.\nXIVe siècle, en février 1909. XVe siècle, en\nfévrier 1910.\nL'ltalie et le chant liturgique. Conférence à la\nSociété des Etudes italiennes en 1898.\nLa lyrique française. Conférence à Toulouse, à la\nSociété archéologique du Midi de la France, en\nfévrier 1898.\nLa musique arménienne liturgique et populaire.\nConférence à la soirée d'art arménien organisée au\nprofit des orphelins d'Arménie, le 15 février 1903,\nLa naissance de l'idée de patrie et sa propaga-\ntion par les chansons populaires. Conférence faite\nà la Patrie française, le 22 janvier 1901.\nL'œuvre musicale des troubadours. Conférence 1\nl'Université nouvelle de Bruxelles, le 15 mars 1907.\nLe peuple arménien et son art musical. Con-\nférence chez Pleyel, le 2 juin 1899.\nLe plain chant et sa place dans la civilisation\nfrançaise du moyen âge. Conférence faite à la\nSchola, en décembre 1897.\nLa psalmodie. Conférence (?).\nLes réformes du chant liturgique. Conférence\nfaite à la Société des Etudes historiques en 1896.\nLe style farci dans la littérature, en Orient et en\nOccident. Conférence faite à la Société Biblio-\ngraphique et des publications populaires le ler dé-\ncembre 1898.\nUn chansonnier du 15e siècle. Conférence faite\nà la Société des Etudes historiques, le 22 mai 1902."}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.65", "texte": "4\n\nGOEHLINGER (Franz August). Geschichte des Klavi-\nchords.(Basel, E. Birkhauser, in-8° de 132 pp.)\nCette brochure est une thèse de doctorat passée devant la\nFaculté des Lettres de l'Université de Bâle. Elle touche à un\nsujet qui n'avait été traité jusqu'ici que par Krebs dans les Vier-\nteljahrsschrift (1892) et qui est loin d'être épuisé. M. Goehlinger\napporte aux recherches de Krebs de nouvelles contributions, à\nsavoir : plusieurs textes du moyen âge, une étude sur le clavicorde\naux XVIIe et XVIIIe siècles, les descriptions très précises des\ninstruments qu'il a pu rencontrer dans les musées d'Europe, enfin\nune liste de tous les facteurs d'instruments à claviers du XVe au\nXIXe siècle, avec une notice sommaire pour chacun d'eux.\nC'est donc là un ouvrage extrêmement substanciel en son petit\nformat, et absolument indispensable à tous ceux qui veulent con-\nnaître les origines des instruments à claviers.\nLe clavicorde. comme on le sait ou comme on l'ignore, est\nun instrument dont les cordes sont frappées par un dispositif de\nmétal ou de plumes. En cela il diffère du clavecin dont les cordes\nsont pincées et en cela aussi il peut être considéré comme une\nsolution primitive et imparfaite du problème résolu de nos jours\npar le piano. On n'est guère fixé sur l'origine de cet instrument\net sur la valeur des mots qui le désignent au moyen âge. Vers 1150 dans le Roman de\nBrut on trouve déjà u psaltèrios et monacordes \". Au XIVe siècle, on voit le roi Jean I d'Aragon\ndemander un \" exaquir\" (échiquier) qu'il nomme u isturment semblant qui sona ah\ncordis\". (1388) Dans l'ouvrage d'Eberhardus Cersne de Minden \" Der Minne Regel \" rédigées\n1404, l'instrument et sa nomenclature semblent s'être précisés et on trouve côte à côte :\n\" monocor dium, clavicordium, clavicymbalum Tout cela marque une certaine hésitation, que vient\nconfirmer une document que j'ai en ce moment sous les yeux. C'est une quittance du 19\ndécembre 1447 de 11 livres tournois, donnée par Jean le Flament, trésorier général du\nComte à \" Lorens Vorganiste pour ung instrument a jouer nomme ung clavicembale...\"\nOr, on voit fort bien sur le manuscrit que les mots ung clavicembale, laissés primitivement en\nblanc, ont été ajoutés ensuite d'une autre encre.\nA ces doutes des contemporains, joignez le manque de documents iconographiques pour\nles instruments à claviers jusqu'au XVIIe siècle, et vous verrez combien la question du\nclavicorde et de ses congénères est difficile à éclaircir. M. Goehlinger a cependant contribué\npour sa part à la mettre au point. Il faut lui en savoir un véritable gré.\nMATTHESON. Grundlage elner Ehrenpforte... réédition par Max Schneider (Berlin\nLiepmannsshon 1910 in-40 de 340 pp.)"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.66", "texte": "5o\nS. I. M.\n\nS'il est parmi les musiciens un être original et captivant c'est bien ce brave Mattheson\nl'âme de la musique moderne dans la première moitié du XVIIIe siècle. Faire revivre la\nfigure de cet homme endiablé, qui a remué l'art de son temps, serait une œuvre infiniment\nagréable et utile. Et je m'étonne un peu que M. Schneider ne l'ait pas tentée dans une préface de\ncette réédition. La Grundlage de Mattheson est l'ancêtre du Dictionnaire biographique de\nRiemann. Elle parut en 1740, et contient le curriculutn vitae> comme on disait alors, d'un\ngrand nombre de musiciens contemporains. Certains ont envoyé eux-mêmes leur biographie,\nPour d'autres Matheson s'est servi de ce qu'il pouvait obtenir. La France lui est connue\nsurtout par l'Histoire de la Musique de Bonnet. La réédition de Schneider contient, outre les\ntables, un appendice où se trouvent des notes rédigées par Mattheson en vue d'une seconde\nédition, qui ne parut pas. L'ouvrage est disposé de telle manière que les pages correspondent\nexactement avec celles de l'édition de 1740, ce qui est précieux pour les références. Enfin\nM. Schneider a placé, en marge, des renvois qui nous indiquent les ouvrages modernes, où les\nallégations de Mattheson ont été contrôlées par l'érudition. Nous pouvons ainsi comparer\nl'historien de 1740 à l'historien de 1910. Et dire qu'un jour viendra où nos plus volumineux\nouvrages paraîtront eux-mêmes sous cette forme d'une exhumation archéologique !\nROUCHE (Jacques). L'Art théâtral (Paris E. Cornély et C° 1910 in-8'\nde 82 pp., 5 frs.)\nDans ce luxueux ouvrage M. Rouché résume l'état présent d'une question passionnante:\nl'art de la décoration au théâtre. Il nous montre ce qu'a fait l'Allemagne, ce qu'a produit la\nRussie, quelles sont les idées de M. E. G. Craig en Angleterre et de M. Appia en Suisse, et\nenfin les procédés de M. Fortuny, et Kemendy. Ce livre est comme une préface et presque\nun manifeste qui précèdent la campagne artistique menée par M. Rouché au Théâtre des Jrts,\nIl faut espérer que cette propagande en faveur d'un renouveau décoratif au théâtre aura ses\nconséquences hors du théâtre lui-même. Je ne serais pas éloigné de croire et je souhaite\nvivement que M. Rouché soit le sauveur que nous attendons tous et qui nous débarassera des\ntrois Louis perpétuellement imités. Puissent, grâce à sa belle audace, les Arts Décoratifs\nFrançais se libérer des marchands de bric à brac !\nHEEGER (Dr. Georg) et WUST (Wilhelm).\n(Kaiserlautern, H. Kayser. 2 vol. in-8° de 300 pp.)\nCes deux volumes, patiemment rédigés, accroissent encore le patrimoine du folklore musical\nallemand. Cette fois, il s'agit du Palatinat, un des coins de l'Allemagne où l'on chante le plus,\nM. le Dr. Heeger avait surtout entre les mains les paroles de ces chansons, et il hésitait à les\npublier, lorsqu'il eut le bonheur de rencontrer un précieux collaborateur en M. Wust,\nStrafantaltslehrer à Kaiserlautern. L'ouvrage put alors voir le jour sous cette forme imposante,\nLes mélodies sont publiées ici de la façon suivante : d'abord la musique et ses paroles, puis les\ncouplets, puis l'indication des sources, enfin les variantes et le commentaire s'il y a lieu. Dans\nces 450 chansons populaires la construction est ordinairement moderne, avec une prédilection\npour les mouvements de septième. La mesure ne m'a pas paru aussi libre que M. Wust\nl'annonce, sauf quelques exemples où les rythmes à deux temps se croisent avec les rythmes à\ntrois temps.\nKRETZSCHMAR (Hermann). Gesammeîte Aufsaetze ueber Muù\\. réunis par le\nDr A. Heuss (Lpz. F. W. Grunow, in 8° de 580 pp.; Mk 7,50).\nIl n'est personne qui ne sache que M. le professeur et Conseiller H. Kretzschmar,\nprofesseur à l'Université de Berlin, successeur de Joachim à la Hochschule, directeur de l'ln-"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.67", "texte": "LES LIVRES\n\n5i\n\nstitut de Musique religieuse au même lieu, et ancien président de la Société Internationale de\nMusique est une des personnalités les plus en vue de la musicologie. Or, et ceci est piquant, le\nlivre dont il s'agit ici, appartient plutôt au journalisme et nous montre M. Kretzschmar sous\nun jour où il n'est pas connu en France. Ces Aufsaetze sont les chroniques parues dans le\nGrenzbote de 1880 à 1906. Ils portent un peu sur tout ; ils touchent à l'histoire avec les\n\"Journal d'un anglais en France au XVIIÎme à la politique avec les\nBismarck,\" à la nouvelle avec \" Frau Potiphar.\"Mais leur véritable centre est musical, et ici\nnous assistons au spectacle, encore si rare d'un critique, qui sait être un historien. Le chapitre\nsur Brahms, sur le Lied allemand depuis Wagner (1898) sur le Lied allemand depuis Schumann\n(1880) sont de véritables études. Les comptes-rendus des représentations wagnériennes à\nLeipzig en 1903 et 1904 se tiennent au contraire dans le ton de la chronique. Une remarque\nà faire : lorsque M. Kretzschmar écrit en 1882 son étude sur la musique de clavier depuis la\nmort de Schumann il ne trouve à citer en France que quatre noms: Saint-Saëns, Franck, Alkan\net Argenton. En somme, un livre plein d'idées, et que notre collègue le Dr Heuss a eu bien\nraison de ne pas laisser ignoré dans les colonnes du Grenzbote.\nBURKERT (Otto). Fuehrer durch di\nbearheitet.(Lpz. Leuckart 1909 in 120 de 388 pp. Mk. 3.)\nTrès bonne bibliographie dont tout organiste devrait se servir pour s'orienter dans la\nlittérature de son instrument. Ce répertoire contient la liste des méthodes, des exercices et des\npièces liturgiques. Puis les sonates, préludes variations et pièces diverses. Enfin les œuvres à 4\nmains, celles à lire à vue, celles avec instruments ; les transcriptions, et les accompagnements\nde la voix. Une dernière partie comprend les livres, les revues et les périodiques qui s'occupent\nde l'orgue. Une table termine le tout.\nNEF (Karl). Die Musik an der Universitaet (Tirage à part de la Festschrift zur\nFeier des 450 jâhrigen Bestehens der Universitaet.)\nDans les 34 pages de cet in 40 notre collègue M. Nef donne une idée très nette de la vie\nmusicale à Baie depuis le milieu du XVm® siècle. Sait-on qu'en 1465 il y avait déjà un titu-\nlaire pour l'enseignement de la musique à l'Université de Bâle ? Nous possédons dans le\ntMusice plane de Keinspeck (1496) et dans le Clarissima Interpretatio de Prasperg (1501) les\npreuves et les exemples de cet enseignement qui visait surtout la musique d'église. Une figure\nintéressante parmi les musiciens bâlois, est celle de Samuel Marschal, né à Tournai vers 1554\net mort à Bâle en 1640. On devrait bien un jour inspecter les œuvres et les mss. laissés par\ncet organiste de mérite, l'un des plus éminents représentants de l'école fleurie de Flandres. La\nbrochure de Nef se termine par quelques transcriptions de musique de luth, malheureusement\nréalisées dans cette manière fractionnée que je n'ai jamais pu trouver judicieuse. J. E.\nKLOSS (Erich). Richard Wagner ueber die {Meistersinger. (Lpz. Breitkopf in 120 de\n86 pp.; Mk. 1,50).\nC'est une ingénieuse idée d'avoir réuni en une brochure toutes les opinions de Wagner\nlui-même sur ses propres Meistersinger. On voit ainsi comment l'œuvre s'est développée dans\nl'esprit du maître et comment il en concevait l'exécution.\nJOHN (E. H. H.). V olkslieder und Volkstuemliche Lied\n(Annaberg R. Liesche 1909 in 8° de 240 pp.; Mk. 4,80).\nM. John, Seminaroberlehrerà Annaberg dans la Saxe montagneuse, est un folkloriste avisé.\nIl a voulu compléter l'œuvre entreprise et déjà publiée par un apport musical fort remarquable,\net qui est le fruit de dix années de recherches. Les amateurs de chansons populaires trouveront"}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.68", "texte": "52\nS. I. M.\n\ndans ce volume une intéressante contribution. Il n'est que temps de noter ces mélodies qu\ns'en vont, ou plutôt qui sont remplacées par un nouvel état de la musique européenne, qU!\ndeviendra plus tard objet d'étude à son tour.\nVARAVILLE (Jules de). La jeunesse de Mozart (Vichy, Vexenat in 8° de 24 pp.)\nPetite brochure qui résume la vie de Mozart et signale parmi les portraits une toile\njusqu'ici inconnue de 1787.\nWUSTEMANN (Rudolf.)— Musikgeshich Band I (Lpz. Teubner 1909 in-11\nde XXVI 506 pp.) *\nCe volume, dont le compte rendu s'est fait bien longtemps attendre, est le premier des\ntrois tomes d'une histoire de la musique à Leipzig, conçue et rédigée à l'occasion du cinquème\ncentenaire célébré par l'illustre Université de cette ville saxone. Il traite des origines et s'arrête\nau milieu du XVIIe siècle. C'est un monument consciencieux et considérable d'une belle\nérudition, et dont l'apparition met au point un certain nombre de questions musicologiques.\nM. Wustemann nous montre d'abord la vie musicale de Leipzig au moyen âge, avec ses\nclercs, ses Minnesaenger, et la fondation (1254) de la célèbre Thomasschule. C'est l'habituel\nspectacle de la musique religieuse, peu à peu envahie par la musique profane, avec laquelle elle\nse rencontre aux fêtes et aux Passions. En 1409 se crée l'Université et pendant le XVe siècle\nviennent, de toute l'Allemagne, des musiciens réaliser à Leipzig ce que nous appelons aujour-\nd'hui des tournées de concerts. La Ville organise elle-même ses Stadtpfeifter en 1479, et au\nXVIe siècle on se livre avec acharnement à toute sorte de musique, ainsi que le prouve un\ncertain nombre d'inventaires après décès, très judicieusement cités par M. W. Et voici Luther\navec ses chants qui enflamment l'Allemagne. Voici Ammerbach, le père de l'orgue, qui moder-\nnise à outrance les polyphonies qui lui tombent sous la main.\nUn second âge commence, celui du Barroque, de 1550 à 1650, qui va nous montrer\nSethe Calvisius (Kahlwitz,) H. Schein et les temps de la guerre suédoise. M. W. a successivement\nétudié les éléments de cette renaissance barroque, dans le public (Thomasschule, étudiants,\nbourgeois) et dans la musique (formes vocales, instrumentales, d'église ou de société.) Il nous\nmontre toute la grandeur de Calvisius, prédécesseur de Bach et vraiment digne de lui, homme\nd étonnante lecture, maître de ses idées et de ses vues pédagogiques, substituant Zarlino à\nAgricola, entreprenant méthodiquement une réforme moderniste de la musique et faisant de\nLeipzig une lumière musicale dont l'éclat n'est pas encore tout à fait disparu. Chemin faisant\nM. W. signale des sources inconnues et dont il tire un très bon parti, par exemple les tabla-\ntures de luth mss. et imprimées qui datent de la fin du XVIe et du XVIIe siècle, et qui montrent\n1 importance du luth dans l'histoire. 1 rès intéressantes aussi sont ses remarques sur les \" colora-\ntui en des organistes. Enfin les textes de musique abondent ici j le lecteur sait donc de quoi\non lui parle. Quelques illustrations, vieux bois dus à un certain Bretschneider du XVIIe siècle,\ndonnent à notre œil un point de repère dans ces descriptions.\nPeut-etre la méthode de ce livre déroutera-t-elle un peu le lecteur français, toujours si\ndifficile a contenter. Elle est, comme dans tous les ouvrages allemands, essentiellement analy-\ntique. Le livre s ouvre, se charge de faits, et se termine lorsque l'ordre de ces faits est épuisé.\nIci, nous aimons plus de synthèse, c est-a-dire nous demandons au document de se mettre un\npeu au service des idees générales. Je sais bien que ce goût de la littérature nous a souvent fait\ndu tort, en musique surtout. Mais il nous vaut, par contre, des qualités de composition, qui ne\nsont pas méprisables. Pour se dégager d un spectacle comme celui de la vie musicale de Leipzig\nà travers les siècles, il faut un effort d'attention et d'abstraction, dont l'auteur et le lecteur\nprennent chacun leur paît. Le tout est de savoir comment se répartira cet effort. Wustemann,"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.69", "texte": "LES LIVRES\n53\n\ncomme tous ses concitoyens nous laisse la part belle, trop belle même. Le travail d'assimilation\nd'un livre pareil, est donc assez lourd pour le lecteur. Mais cette critique n'enlève rien au\nnoids de l'ouvrage ni à son utilité.\nJ. E.\nBERGER (Achille). Théorie scientifique du violon. (Paris, Desmets, 1910, in-8° de\n120 pages.)\nDe toutes les parties de la musique, la plus pauvre, la plus abandonnée est celle qui a\ntrait aux théories instrumentales. Voici, au sujet de la théorie du violon, un livre plein d'intérêt.\nL'auteur se place à un point de vue nouveau. Pour lui, le des principes d'une\ntechnique n'est définissable que si l'on assiste à la formation en quelque sorte naturelle de\nl'instrument et de la technique. Qu'est-ce, en effet, que jouer d'un instrument ? C'est utiliser\nde soi une certaine force. Qu'est-ce qui peut nous déterminer à choisir telle force plutôt que\ntelle autre ? C'est la démonstration que telle force satisfait le plus exactement possible aux lois\nqui régissent tel corps sonore. Mais ce corps sonore trouve-t-il en l'homme un serviteur\ndocile ? Non, les mouvements de l'homme sont limités, et le corps sonore, à son tour, doit se\nsoumettre. C'est de ces concessions réciproques, réglées, d'une part, par le besoin du plus\nsimple, de l'autre, par le désir de tel timbre, que l'instrument et la technique naissent et se\ndéveloppent. Cette méthode, on le voit, peut être féconde en résultats. Son application peut\nchanger l'aspect de l'enseignement technique en le faisant devenir rationnel d'empirique qu'il\nest actuellement, et explique d'une manière précise certains détails de la forme de l'instrument.\nC'est ce que fait M. Berger pour le violon, et cela avec beaucoup de simplicité et de talent.\nL. G.\nRADICIOTTI (G.) G. B. Pergolèse. (Rome, Ed. musica in-8° de 292 pp., Lire 10).\nAu deux centième anniversaire de G. B. Pergolèse la ville de Jesi vient d elever un\nmonument, (enfin !) à la mémoire de son plus illustre enfant. C est un monument aussi que\nl'étude qui vient de consacrer à son compatriote Monsieur Joseph Radiciotti. Pergolese, sa\nvie, son œuvre, son influence sur l'art : Tel est à la fois le titre et le plan de 1 ouvrage, dont\nchaque partie est traitée avec une érudition, une compétence, une conscience et si je puis\ndire une piété qui n'exclut cependant pas l'indépendance ni meme, parfois, la sévérité du\njugement. De nombreux exemples dans le texte, un certain nombre d illustrations\nphotogravées et de curieux dessins complètent admirablement 1 ouvrage qui constitue certaine-\nment une des monographies de musiciens les plus réussies qui ait paru dans ces dernieres\nannées où on en a tant publié.\nIl vient tard, mais il vient, le juste et complet hommage au souvenir de cet exttaordi-\nnaire adolescent qui, à 22 ans, inventa l'opéra buflfa de la Serva Padrona, comme d un œuf,\ntoutes les comédies musicales, (du Matriomonio, des Noces et du Barbier, jusqu a la Fille de\nMadame Angot, en passant par le Domino noir) sont sorties. Qui miné par ta phtisie,\npar la chute de son \" Olympiade \" chute rendue plus cruelle et plus sensible par 1\ndu succès précédant, mourut à vingt-cinq ans, en jetant le plus sublime cri, peut-etre, qui\njamais ait jailli de la rencontre de la jeunesse avec la m0rt..... ce sublime Stabat, qui, n en\ndéplaise à Berlioz, n'a pas volé sa réputation.... qui enchantait Rousseau, faisait pleurer des\npoètes allemands (Tieck) et enthousiasmait Wagner qui, seul peut-être, trouva dans Parsifac\ndes cris de douleur aussi intenses que cet étonnant \" Vidit Suum , ou lon entend vraiment\nle souffle de la mort passer à votre oreille.\nFLEDIRMAUS."}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.70", "texte": "54\nS. I. M.\n\nJOSEPH HARDY. Rodolphe Kreutzer. Sa jeunesse a Versailles (1766-1789) avec un\nportrait inédit de Rodolphe Kreutzer et 3 fac-similés d'autographes. (Paris, Fischbacher, 1910,\ngr. in-8° de 70 pp.)\nM. Joseph Hardy, professeur de violon au Conservatoire de Versailles, a publié dans la\nRevue d'Histoire de Versailles une série d'articles sur le célèbre violoniste Rodolphe Kreutzer\nqui naquit dans cette ville le 15 novembre 1766. Ce sont ces articles qu'il rassemble aujour-\nd'hui en une élégante plaquette ornée d'un portrait inédit du musicien.\nL'ouvrage de M. Hardy n'est que la première partie d'une monographie que son auteur\ncompte consacrer à Kreutzer et qui comblera une lacune regrettable, car, à l'exception des\nnotices bien succintes et trop souvent erronées du Dictionnaire des {Musiciens de Choron et\nlayolle, de la Biographie SHichaud et de la Biographie universelle des Musiciens de Fétis, nous\nne possédons, jusqu'à présent, aucun travail d'ensemble sur le compositeur des fameuses Etudes,\nKreutzer était d'origine prussienne. Son père, Jean-Jacob, bourgeois de Breslau, vint à\nVersailles où il s'engagea, comme clarinettiste dans la musique du régiment des Gardes Suisses,\nM. Hardy nous conte, par le détail, la jeunesse laborieuse de Rodolphe Kreutzer à Versailles;\nil ne se borne pas à faire état de documents imprimés, tels que coupures des journaux de\nl'époque, relatant les succès du jeune virtuose du concert spirituel ; il met encore à contribu-\ntion le précieux état-civil de Versailles, les archives du Bailliage, de la Prévôté de l'Hôtel,\ncelles des notaires, enfin les collections particulières. C'est ainsi que, grâce aux papiers conservés\npar M. Trinquand, nous apprenons le prix qu'Antoine Stamitz recevait pour les leçons de\nviolon données à Kreutzer, et payées par le comte d'Artois. Ces leçons revenaient à 1 livre et\ndemie l'heure, ce qui n'est pas cher ; il est vrai que cela se passait en l'an de grâce 1778;\ndepuis, tout a singulièrement augmenté.\nAu reste, M. Hardy fournit d'intéressants renseignements sur Antoine Stamitz et sur la\nplupart des artistes de la fin du XVIIIe siècle ; il s'efforce, au prix de quelques digressions, de\nsituer son héros dans le milieu cosmopolite et remuant du concert spirituel, et silhouette\nquelques physionomies curieuses, comme celle du baron mélomane de Bagge.\nOuvrage très sérieusement documenté qui nous laisse dans l'impatience de lire la\nbiographie complète de Rodolphe Kreutzer.\nLIONEL DE LA LAURENCIE.\nCHARRIER (Pierre). Les droits du critique théâtral, littéraire, musical et artistique\nLeurs limites. (1 vol. in-120 Schleicher frères édit.)\nNos lois sur la propriété artistique sont si laconiques que l'on n'y trouve guère autre\nchose que l'affirmation d'un principe général, la reconnaissance des droits de l'artiste. C'est\ndonc dans la jurisprudence qu'il faut chercher la solution des questions infiniment variées qui\nse posent chaque jour en cette matière. M. Charrier a eu l'heureuse idée de réunir dans un\nouvrage savamment ordonné et très condensé les décisions relatives aux droits du critique. Le\nsujet est intéressant par lui-même, et aussi par les procès fameux qu'il évoque. Chacun lira ce\npetit livre qui, sans commentaires ni développements inutiles, nous présente, sous une forme\npratique, un ensemble d'utiles renseignements. L'avocat y trouvera facilement, classées avec\nméthode, les solutions de jurisprudence qui jusqu'ici étaient éparses dans les grands recueils;\nle critique y puisera de precieux enseignements qui le mettront en garde contre les accès\nd numeur méchante ; 1 amateur d'art lui devra de savoir apprécier comme il convient les\nquerelles si fréquentes entre l'Art et la Critique.\nGEORGES BAUDIN."}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.71", "texte": "LES LIVRES\n55\n\nTRAITÉ DES PRINCIPES DE LA MUSIQUE, (Paris, Hamelle, in-40.)\nDans un ouvrage qui traite des principes de la Musique il paraît difficile, et il peut être\ndangereux d'innover. Le livre que M. E. Stièvenard vient de publier, témoigne d'un très\nlouable effort, heureux parfois, vers l'agrandissement et la rénovation de certaines notions\nélémentaires. Le chapitre du Rythme, en particulier, rompt avec les vieilles habitudes. Il ne se\nconfond point avec celui de la mesure. L'auteur prend soin d'insister sur l'indépendance, trop\npeu proclamée jusqu'ici par les pédagogues, du rythme et de la mesure.\nOn peut 11e point partager toutes les idées de M. Stièvenard, sur l'anacrouse, entre autres,\nà laquelle il fait peut-être plus d'honneur qu'elle ne mérite; car elle n'est, le plus souvent,\nqu'une apparence. Mais, sans compter qu'il faut bien, en un traité élémentaire et pratique\nprésenter les choses en raccourci et avec une précision parfois un peu contrainte, il y a lieu de\nsavoir gré à l'auteur de celui-ci d'avoir démontré que les rythmes, à tout instant, enjambent les\nmesures, et d'avoir par là même indiqué que la barre, auxiliaire utile de la battue, ne doit pas\nimposer au lecteur, ni lui en imposer. Sans doute M. Stièvenard se croit obligé, afin de ne\npoint scandaliser les élèves, ni les maîtres surtout, d'accepter et de définir le \"temps fort; \" en\nrevanche il a le courage de montrer par de nombreux exemples, et bien choisis, que c'est là une\nsimple concession à des usages invétérés et que la définition reçoit à chaque page d une œuvre,\nqui n'est point musique de danse, les plus formels démentis. Il s'efforce d'introduire dans 1 exé-\ncution musicale le respect de la pensée rythmique, et il indique plusieurs moyens de rehausser\nles dessins formés par les durées et leurs groupements. En un livre de pédagogie cette pré-\noccupation est rare et mérite d'être signalée. Les élèves ne sont pas appelés, en général, a\nétudier les livres d'Hugo Riemann. Il est bon que les professeurs, en France, introduisent\npeu à peu les apprentis musiciens à la connaissance des faits qui contreviennent a la routine.\nDans le chapitre sur la Transposition, dans l'exposé consacré à la Voix humaine et au\nQuatuor Vocal, M. Stièvenard fait preuve du désir de donner à son lecteur, avec des notions\nprécises, la raison même des faits. L'étude de la tonalité a suggéré a 1 auteur plusieurs obser-\nvations relatives à la production du son et à la naissance des echelles, capables d eveiller la\ncuriosité des élèves et de les orienter vers l'Histoire de la Musique, complément nécessaire de\nla théorie.\nMAURICE EMMANUEL.\nM. P. BELAIEV ET SON ŒUVRE MUSICALE. (Brochure in-8° de 16 pp.\ns. 1. n. d.\nUn exemple qui devrait être proposé à tous nos éditeurs parisiens, et surtout, a ceux\nd'entre eux qui se trouvent à la tête d'une grande maison d édition et charge d un\nest celui de Belaïev de Saint-Pétersbourg. Né en 1836, et marchand de bois de son metier,\nBélaïev était passionné de cette musique italienne et allemande qui sévissait alors en Russie. Le\nbon hasard le mit en présence de Borodine vers 1880, et a partir de ce moment, il se trouva\nengagé dans le groupe des grands réformateurs de la musique russe. Pour soutenir ce mouvement,\nil fonda en 1885 une Maison d'Editions Musicales à Leipzig. Ce fut la première pierre d'un\nédifice qu'il complétera petit à petit par la création de Concerts, de soirees, de prix divers, et\nde gratifications de toute dature. En 1904* mourait, laissant un capital de 1.500.000 roubles\nàla disposition de ses éxécuteurs testamentaires, Rimski, Glazounov, & Liadov qui étaient\nchargés d'entretenir un certain nombre de fondations musicales (prix, concerts, concours &\nassistances aux compositeurs). Tous ces renseignements nous sont fournis par une petite brochure\nqui vient de paraître à la Maison Roder de Leipzig, et que nous ne saurions tiop signaler à"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.72", "texte": "56\nS. I. M.\n\nPergolese\nCaricature de Ghezzi (Bib. du Vatican)"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.73", "texte": "LES LIVRES\n57\n\nl'attention de tous les amis de la musique. Ajoutons, que c'est notre Collègue M. Rouart, qui\nest à Paris dépositaire de ces éditions, et nous souhaitons vivement qu'il hérite du même esprit\nde générosité.\nCURZON (H. de). Meyerbeer.(Collection Laurens in 12°.)\nMeyerbeer est un problème. Quand on voit les divergences d'opinions dont sa musique a\nprovoqué l'explosion, on se prend à douter de la valeur de toute critique musicale. M. est et a\nété à la fois un dieu et un diable pour les amateurs, et aujourd'hui encore, malgré le recul, il\nprovoque d'invincibles antipathies à côté de très réels applaudissements. M. de Curzon a très\njustement senti la difficulté d'un pareil sujet, et s'en est tiré le plus habilement du monde en\nfaisant la part également belle aux adversaires et aux partisans du maître. Il a très justement\nmis en valeur les qualités d'adaptation de M., qui font de lui moins un artiste créateur, qu'un\nextraordinaire metteur en scène. La curiosité, l'assimilation, le perpétuel éveil d'une sensibilité\ninquiète, le génie de l'acclimatation, voilà les qualités de Giacomo, celles qui lui concilient\nl'admiration de l'abbé Vogler, celles qui le déterminent à s'enfermer pendant dix mois\naprès avoir entendu le pianiste Hummel, afin de shumeliser entièrement, celles qui le\nfont écrire d'ltalie \"il me semble être italien de naissance, \" celle qui nous le montrent compulsant\nles œuvres de tous les temps, et ne trouvant jamais les siennes assez complètes \"Meyerbeer fait\nce qu'il veut, \" écrivait Weber. Et c'est vrai, mais il ne sait pas exactement ce qu'il veut.\nIl veut tout ce qu'il lui serait possible de vouloir, s'il était à la fois Luther et Cimarosa, Lully\net Beethoven, et dans son œuvre voisinent le choral \" Ein'feste Burg \" à côté de la IXe\nsymphonie. Il est probable que c'est précisément cette mise au point des valeurs musicales de\ntous les temps, ce gigantesque kaleidoskope historico-dramatique, dont les auditeurs de 1850\nont apprécié le cosmopolitisme. Meyerbeer même, lorqu'il écrit pour lui, semble instinctivement\nn'écrire que pour le public ; et le public l'a récompensé de cette intuition. Jamais d ailleurs\npareilles ressources musicales n'avaient été mises au service de l'opéra. M. peut donc etre\nconsidéré comme un très grand homme, sans être pourtant un grand artiste. Notre collègue\nde Curzon a eu le courage de le dire, et d'appuyer ses opinions de témoignages intéressants\n(ceux de Weber en particulier). Il faut lui savoir gré de ce volume, clairement écrit, et judicieu-\nsement illustré.\nJ. E.\nTHIBAUT (P. J.) 'Panégyrique de r Immaculée dans les cha\nliturgie grecque.(ln-8° de 52 pages, 10 fr. Paris, A. Picard).\nCette publication, qui est la mise au point d'une étude présentée au \" Congres mariai\nde Rome par l'auteur, le P. Thibaut, des Augustins de l'Assomption, un des rarissimes musi-\ncologues byzantinisants, offre une mine assez abondante de mélodies traditionnelles de\nl'église grecque, rigoureusement transcrites par l'auteur sur les livres en usage. (Deux ou trois\nle sont toutefois d'après d'anciens manuscrits ; mais la lecture de ceux-ci est soumise a tant\nd'incertitudes, que le texte présenté ainsi doit être accepté sous toutes réserves).\nOn trouvera dans ce livre une bonne partie des troparia, kathismata et autres chants\nanalogues les plus populaires de l'art byzantin actuel, tel qu'il a été fixé depuis Pierre de\nPeloponnène et la réforme de Chrysanthe de Madyte,\nDans une trop brève introduction, le P. 1 hibaut fait remarquer qu en dépit des attaques\ndes grecs modernes contre la \" définition dogmatique \" de l'lmmaculée-Conception de la Su\nVierge, c'est-à-dire sa préservation, dès les premiers instants de son existence, de tout péché,"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.74", "texte": "58\nS. I. M.\n\ncette croyance de l'église n'en est pas moins inscrite en toutes lettres dans les livres liturgiqU{,\ndont se servent, depuis une longue suite de siècles, les églises grecques, soit unies à Romt\nsoit séparées. (Cf. également p. 47.).\nLe P. Thibaut, à l'appui de ce fait, a extrait, des divers offices liturgiques grecs, une\nsoixantaine de chants à l'lmmaculée, qui forment un très intéressant ensemble. Tous évidem-\nment, ne sont pas captivants, mais il en est de très beaux et de charmants, tel le petit joyau\ndu Trçv wêato TÏ)TCL(p. 20). Chaque chant, transcrit en notation moderne, est accompagné '\nde sa traduction française.\nJ'aurais aimé que paroles et chants portent l'indication de leurs origines. Telle œuvre de\nSaint Jean Damascène par exemple, passe ainsi inaperçue; et ceux qui n'ont pas l'habitude de\nla liturgie byzantine ne sauront distinguer les ades L'ensemble n'en demeure\npas moins d'un intérêt certain : en utilisant ce livre, on pensera que le rythme de ces pièces\ndoit être très souple dans l'exécution, et qu'il ne faut pas trop s'attacher aux passages\nornementés, qui varient d'une édition à l'autre.\nI\n\nLIVRES REÇUS\n- NOUVELLES CHANSONS POUR LES JEUNES FILLES. Trois cahiers. Châng-\nHàï, Imprimerie du Commerce, 1908. Prix du cahier : 20 cents.\nRECUEIL DE CHANSONS. A l'usage de l'enseignement primaire, spécial et\nsecondaire. Châng-Hàï. Imprimerie du Commerce, 1909. Prix du cahier : 50 cents.\nRECUEIL DE CHANSONS POUR LES ÉLÈVES. Châng-Hàï. Librairie des\nSciences, irt édition, 1906 ; 2e édition, 1907. Prix : 20 cents.\nÎStJÏNglfclll RECUEIL DE CHANSONS PATRIOTIQUES, par Oû Kouô-Siaî, de Ts'iên-\nT'âng. A l'usage de l'enseignement primaire supérieur. Hâng-Tcheou. Librairie de Morale\net d'Histoire, 1907. Prix : 35 cents.\nMÉTHODE DE MUSIQUE ET DE CHANT A L'USAGE DE L'EN-\nSEIGNEMENT PRIMAIRE ÉLÉMENTAIRE. Châng-Hàï. Librairie scientifique illustrée, ire édition,\n1907 ; 2e édition, 1908. Prix : 12 cents.\nJEUX CHANTES. Châng-Hàï. Imprimerie du Commerce, 1906. Prix:\n25 cents.\nCes volumes chinois nous ont été envoyés par notre ami M. Hou-Té-Van, ministre Plénipotentaire du\nCéleste Empire à Vienne, auxquel nous offrons ici tous nos remerciements.\nSTORCK (KARL). Musik und Musiker in Karikatur und S(Oldenburg in\ngr. G. Stalling, in 40 d. 448-48 pp. Mk. 20).\nCHILESOTTI (O.). Uevoluzione délia musica. (Torino. Bocca. in 12° d. 165 pp.\nLire 3).\nHOFFMANN (Dr. B') Kunst und (Lpz. Quelle und Meyer, 1908\nin-12 de 230 pp ; Mk. 4.20)."}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.75", "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE\nASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU JEUDI 22 DÉCEMBRE 1910\nL'Assemblée Générale est ouverte à 4 heures, chez MM. Gaveau, 45, rue de La Boëtie,\nsous la présidence de M. Charles Malherbe.\nAssistaient à cette séance : MM. Malherbe, Ecorcheville, Prod homme, L. de\nLa Laurencie, Boschot, de Bertha, Laugier, Trotrot, Mlle Daubresse, Landormy, Calvoco-\nressi, Vinès, Marnold, Greilsamer, M. Brenet, Knosp, G. Lefeuve, Mme G. Lefeuve,\nMM. Guérillot, Legrand, Chantavoine, Emmanuel, Lichtenberger, Mutin, MmLS Filliaux-\nTiger, Wiener-Newton, Gallet, MM. Ténéo, Calmann-Lévy, Dauriac, Gastoué.\nS'étaient fait excuser : MM. Laloy, Henri-Martin-Barzun, G. Astruc, de Morsier,\nGriveau Gaveau, Mmes Laloy, Uchard-Delhez, Capoy, M,le Sauvrezis, MM. Lyon, Baudin,\nMme Landowska, MM. Quittard, Th. Reinach, J. d'Udine, Mozkowski, Philipp, Sautelet,\nBrussel, Gariel, Boutarel, Rouart, Ml,es Girod, Chevalet, Mrae Fouquier, MM. Poiree,\nHerwegh & Ogier.\nAprès la lecture du procès-verbal de la dernière Assemblée generale, le Piesident indique\nla modification à l'article iv des Statuts, présentée par le Comité, et qui consiste, à augmenter\nle nombre des membres de ce Comité. L'Assemblée vote, le principe de cette modification,\net ajourne l'élection du Comité, afin de permettre aux candidatures de se présenter.\nLa parole est donnée au Secrétaire général pour son rapport.\nLa candidature de M. Cucuel, présentée par M. Brenet M. L.*de La Laurencie, est\nadoptée à l'unanimité.\nLe Président donne lecture d'une lettre de M. Chantavoine, posant une question,\nrelative à la revue 5.1.M., et à l'entente conclue entre la Société et cette revue dans la\nséance de juin dernier. Après avoir entendu les explications de M. Ecorcheville, la question\nest renvoyée au Comité.\nLe Président donne ensuite lecture d'une lettre de M. Maurice Emmanuel, relative à la\nséance du Corpus, tenue à Munich en septembre dernier. Une discussion s'engage a ce\npropos, d'où il résulte, que la Commission du Corpus n'a nullement eu la éliminer\nde ses travaux les bonnes volontés des musicologues français qui se présenteraient eventue e-\ninent, et reprendraient la place laissée vacante par notre collègue Pierre Aubiy.\nSur la proposition de M. Mutin, l'élection du Comité sortant est ajournée, de façon à\ncoïncider avec les élections du Comité complémentaire sil y a lieu.\nLe Trésorier ayant été empêché d'assister à la réunion, son rapport sera entendu dans\nla prochaine Assemblée.\nLa séance est levée à 6 heures 1/4*"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.76", "texte": "Leurs Mains\n\nProcurez-vous les silhouettes crâniennes\nce sera facile. Vous verrez ensuite un ph\nFaite a brûle pourpoint, autant que peut brûler un glacé, boueux et malfaisant soir <j.\nnovembre, cette commande était bien surprenante Mon voisin de route, ou plutôt de rue\nétait il sérieux? C'est que, surtout connu comme érudit musicographe, il est encore un de no!\nfastueux humoristes. Sa maniéré de pince sans rire, d opérateur à froid l'apparente avec l'inou\nbliable Marc Twain, et en fait un redoutable mais discret émule de notre Tristan Bernarc\nce professionnel de l'esprit à qui l'on prête tout de même un peu plus qu'il ne donne. '\nCe n était pas 1 humoriste qui parlait, mais le musicien, le Directeur de.... metton,\nde la première Revue musicale.\nSoit ! mais, pour atteindre un but aussi élevé, certains travaux d'approche, sont indu-\npensables. Avant la tete, il faut conquérir le <u\npoint de vue chiromancie ne seront pas moins suggestives que celles de crânes.\nSi vous voulez.V ous continuerez ensui Vous\nSollicités de bien vouloir faire photographier leurs mains, des Maîtres se sont étonnti\navec bonne humeur, d'autres ont accepté sans question, ni réserve D'un projet témé-\nraire a une réalisation que 1 on craint difficile il n'y a donc pas si loin quand on s'adresse àde\nfameux artistes qui sont en plus spirituels et bienveillants. A tous exprimons notre vive recon-\nnaissance doublée de nos excuses pour les avoir ainsi dérangés dans leurs multiples occupations.\nCar nous avons pu réunir les mains des seize musiciens que voici :\nBRUNEAU FAURE LEROUX RAVEL\nBUSSER GUNSBOURG MASSENET S 4 SAËNS\nCHEVILLARD HUE MESSAGER VIDAL\nDUBOIS LAZZARI PAULIN WIDOR.\nLes séances de pose chez le Maître photographe Paul Berger n'ont pas manqué de saveur.\nUn connaît 1 artiste. Des compositions harmonieuses, originales, personnelles, de surprenants\neffets de clair-obscur, apparentent sa photographie à l'eau forte et en font un Art véritable.\n, °n esf moins familiarisé avec l'homme. C'est un nerveux, un fébrile, vraiment curieux\na observer lorsqu il est passionné, par d'illustres modèles, ainsi qu'il en a connu pas mal\net comme, pour cette étude nous nous lui en avons envoyé pendant quelaues jours une\nmoyenne d un toutes les heures... de clarté. 1\nDans ces moments-là, M. Paul Berger devient un Frégoli inconscient. Il est Clown\npar ses contorsions et ses grimaces, barnum par ses boniments, danseur par ses bonds, ses\nbras arrondis et levés en anse du panier...\nPoum !un saut pour ouvrir ou fermer les rideaux, régler l'éclairage dont il ne confie\nfe soin a personne.\ndéfavorable' gr°ndement SOUrd' Des eux terribles. C'est pour le ciel nuageux, gris,"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.77", "texte": "LEURS MAINS\n61\n\nUn sourire, la main sur le cœur, les jarrets cambrés, une petite histoire. C'est pour faire\npatienter le modèle.... On sait quand un photographe vous tient, mais pas quand il vous\nlâche, ou ce n'est qu'après... Mais ces MM. étaient tous d'excellente humeur M. Saint-Saëns\nvoulait réveiller le chien qui s'obstinait à dormir sur le canapé, contait des histoires gaillardes,\nfaisait connaissance avec les sansonnets de M. Berger qu'il voulait rendre à la liberté pas\nM. Berger, les sansonnets...\nM. Massenet admirait un portrait de Melle Lucy Arbell en effet admirable.\nM Chevillard demandait si ces photographies de mains n'étaient pas un subterfuge hypocrite\ndestiné à compléter le service authropométrique de M. Bertillon... En somme charmantes\naprès-midi. Beaucoup d'entrain.\n* *\nOn est libre de ne pas croire àla science de Mme de Thèbes. Peut-on, ne pas en avoir\nl'extrême curiosité ? Cornues énormes livres, oiseaux vivants, serpents empaillés ? Décor\ncharlatanesque, grotesque, risible ? Du tout. Une femme de chambre correcte, jeune, agréable,\nintroduit au salon. Bonne atmosphère tiède, discret parfum. On le croit d'Orient. Encens,\nmyrrhe, benjoin ? Tout simplement du thyn grillé. Sur la cheminée de marbre blanc où\nbrûle une lampe montée sur un grand vase de céramique grise et brillante, en terre cuite,\nle buste de Madame de Thèbes préside entre deux petits éléphants qui se regardent en\nchiens pardon en éléphants de faïence qu'ils sont. En face et près du foyer habité par\nune salamandre petite mais qui a du tempérament, une table aux angles ornés de trompes\nd'éléphants (les armes de la maison) porte des vases persans, des mains de bronze et de\nplâtre Dans la pénombre somnole un ameublement de bon goût ancien. Sur la tenture\ncramoisie miroitent les glaces et un grand nombre de portraits.\nLe cabinet de travail, normal et cossu. Flatteusement dédicacées, des photos de savants,\nd'artistes, de comédiens, d'empereurs. Dans une petite armoire vitree, des moulages, jolies\nmains fuselées, élégantes, faites pour le luxe, l'oisiveté, les caresses. D autres grossières, de-\nformées, de pauvres pattes constituées pour toutes les besognes.\nUne porte ouverte sans éclat mais avec décision. Une portière soulevée. Cheveux drus et\ngrisonnants, visage énergique, masculin et spirituel grande, forte, un air assez imposant mais très\ncordial de grande bourgeoise ; une voix assez autoritaire, un rien aiguë: c est Madame de Thebes.\nAinsi qu'il a été convenu, sans aucune indication pouvant la guider Mme de Thebes va\nnous donner sa consultation. Mais avant, elle fait observer que ce travail est complique d une\ngrosse difficulté. Il y a lacune dans les moyens d'investigations portant sur des photographies,\net non sur des mains vivantes, dont la couleur, la température, la transparence, la consistance\naideraient considérablement dans la diagnostique.\nMèfiez-vous Madame. Ce sont peut-être des ma\nArmée de la loupe professionnelle, dans la solitude et le calme de la nuit qui font sa\nréponse assez impressionnante, Madame de Thèbes réplique :\nCondamnés à mort ?... Il yen a parfois. M\nQue les Maîtres se rassurent. Leurs mains ne portent pas le signe fatal. Ils sont tous des\ncondamnés à vivre. Les consultations que je viens d'avoir avec Madame de Thèbes et\nd'après lesquelles j'ai rédigé ces fiches et mis, si l'on peut dire, ces mains.... sur pieds... vont\nle leur prouver."}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.78", "texte": "6 2\nS. I. M.\n\nALFRED BRUNEAU\n0i »\nPenchant plutôt du côté des arts que des sciences. Peut-être de la musique. On d,\navoir l'inspiration si non entravée du moins réglée par un esprit très méthodique leqt.\ndoit faire aboutir cette inspiration à un résultat très appréciable, accusant une vive pe:.\nsonnalité. D'un genre plutôt sévère pouvant aller jusqu'à l'âpreté non dénuée de lyrism.\nTravail jamais désordonné ni livré au hasard. Résultat artistique dû aux qualités (,\ngrande puissance et logique indiquées par le pouce.\nIntelligence très claire, élégante et vive. Impulsif. Ne s'est pas cantonné dans m\nseul plaisir ou métier : très éclectique. Aime tous les arts, en particulier la littérature,\nmoins la poésie ou bien rarement, puisque, idéaliste et impulsif on l'est avec une gran;-\net indéfectible provision de logique perfectionnée de psychologie et d'indéniable esp:\ncritique. On ne s'enthouisiasme pas sur des apparences, si jolies, si trompeuses soient-e!k-\nOn n' est pas amateur de fantaisie, mais plutôt de réalisme.\nNous avons parlé d'impulsion. On en trouve plutôt les restes, on peut même dire,\nen donnant au mot son acception absolue : Oui, on a dû être autrefois bit;\nplus impulsif. Mais la vie vous a dressé. Il semble qu'aujourd'hui on soit prêt à tous le\ncoups de dents, sans jamais en parler, car si on n'est pas vaniteux, on est très intelligemme:\norgueilleux, pas à l'impériale, mais à l'intérieur : en dedans.\nSi on s'en rapporte aux indications de chance assez tourmentée, on n'a pas dû faire\nsa carrière sans mal. Est-ce la lenteur des bonnes circonstances tout de même appréciai\nen qualité si ce n'est en quantité ? Nous croyons plutôt que les causes d'obstructio:\ndans la réussite rapide, vinrent de cet esprit critique, manifesté par des mots à l'emporte-\npièce, par une spirituelle et carrée franchise d'opinion, qui ne devait pas revenir sur ses arrêt\npuisque l'on est un féroce entêté.\nComme on est très psychologue et d'une finesse cousine germaine de la malice,\nelle n'est sœur du même lit, comme on a une main aussi volontaire que légitimeme:\nambitieuse, on a dû arriver. Il se peut que ce ne soit pas jeune ; mais l'arrivée n'es:\npas douteuse. Elle présente une interruption assez longue, suivie d'une reprise définitive.\nLa réussite et la connaissance de la vie ont transformé l'esprit acerbe. On en a toc-\njours, mais on sait s'en servir. L'arme est maintenant sans danger pour soi sinon pourle\nautres, car elle est restée redoutable.\nAu total, on est très intelligent. C'est la grande cause d'où résultent art véritable\net cœur bienveillant.\nAvant de quitter la main, la chiromancienne insiste près du sujet pour q»\nne force pas avec des travaux excessifs son système cérébral qui, bien que résistant, de\ncependant être assez fragile, comme toutes les machines de grande précision."}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.79", "texte": "Mains de M. Alfred Bruneau."}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.80", "texte": "Mains de M. Busser."}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.81", "texte": "LEURS MAINS\n63\n\nB USSE\nCes mains ne sont pas extrêmement révélatrices. La profession du sujet n'est pas\ntrès facile à déterminer. Sans doute, une certaine allure du Mont de Venus indique l'amour\nde la musique. Quelques autres signes nous prouvent aussi que l'on est doué pour elle.\nMais, où est l'irréfutable indication qui prouverait la vocation ? Toutefois, si ces mains\nn'ont pas le paraphe absolu d'une spécialité, par contre, elles ont en elles une indiscutable\nDestinée artistique.\nBien qu'incomplète, la nature du sujet n'en est pas moins fort intéressante. Elle a\ndû manifester déjà une fort attachante vitalité intellectuelle. Ces mains son loin d etre\nneutres. Pour ne pas avoir produit l'apothéose, elles ont donné des preuves. Bien que nous\ncroyons l'inconnu plutôt musicien, admettons qu'il soit artiste peintre. Caractérisons le\ntalent, en disant que cet artiste est surtout capable de croquis, de pochades, tout à fait\nremarquables, mais pas de grandes fresques.\nCes mains sont les premières parmi les secondes.\nSoyons justes, il faut bien dire aussi que lon a contre soi une très mauvaise ligne\nde réussite. On n'est certainement pas un veinard ! Que l'on se console. Si l'on n'est pas\nle grand élu de la Chance, on est appelé dans la seconde moitié de sa vie à profiter des\nremords de la Veine, qui pourrait bien avoir des petits béguins. Par exemple n hériterait-on\npas ? Ne gagnerait-on pas un lot, sinon gros, du moins gentillet ? Cette manne serait\nbien agréable et bien utile à l'esprit d'indépendance dont on doit être pourvu, nous pour-\nrions même dire affligé. Un esprit d indépendance qui doit aller jusqu a faire oublier\nses intérêts, bien que la ligne de tête plaide en faveur dun esprit très pratique.\nAllons, que l'on se décourage pas ! Le plus dur de la partie est joue. Voici venu\nle tour des atouts, de la petite partie de consolation, la vraie, pas celle du bonneteur..."}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.82", "texte": "64\nS. I. M.\n\nCHEVILLARD\nRésolu, batailleur, énergique. A lui seul le pouce gros et robustement enraciné v\nun chêne : est un aveu de volonté formidable allant jusqu'à l'emportement, jusqu'à la violer.\nIl ne s'en suit pas que ce pouce est d'un méchant. Au contraire. Bonté certaine,\nsans tendresse, faiblesse, ni niaiserie. Bonté qui doit se manifester avec une justice\ntoyable. On n'est pas le vulgaire bourru bi\nAvec un telle destinée dans les mains, serait-on un subalterne? Jamais ! S'il est s\nque l'on n'est pas fait pour obéir, on ne l'est pas davantage pour rester neutre, en deh\nde l'action. On est fait pour agir. On est qualifié pour le commandement. On de\nl'exercer avec adresse et mathématique, puisqu'on est doué d'un très belle de ligne directit\nOn ne peut souffrir la plus petite influence en aucune occasion, ce qui ne veut pas c\nirritabilité mais résolution.\nLa très grande vitalité dont on jouit, doit par moments, prendre la taille de féro\nénergie. On doit avoir une énorme puissance de travail. Il ne doit pas s'accomplir ai\nla patience et la pesanteur du bœuf creusant le sillon, mais avec impétuosité. Organi\npour le commandement, la bataille, on doit donner l'assaut, en toute conna:\nsance de cause puisque l'on est, nous l'avons dit, guidé par une remarquable lie;\nde direction. Il n'y aurait rien d'étonnant à ce que l'on soit un militaire qui aurait\nsurprenantes facultés d'intendant. En effet, la majorité des doigts, beaux et carrés appr\ntient aux gens qui ont en plus du sens pratique de la vie celui plus spécial des chiffres. 0\ndoit être accompli homme d'affaires. Est-ce dans la vie militaire ? Si c'est dans la vie civi\non est un fameux général, en redingote : grand industriel, commerçant, financier ? En toi\ncas un remueur de chiffres. Et cependant, différentes places de la main, plus le coniqi\ndoigt d'Apollon, dénoncent un véritable goût pour les Arts...\nQuoiqu'il en soit, une excellente ligne de soleil est l'indice d'une très belle réussit\nOn doit être en vue. On n'en tire pas vanité. On est simple et serviable en tou:\noccasion.\nSi dans l'exercice de son métier, on est ardent, inflexible, au repos on doit aime\nplaisanter rire et bien manger. On est plus gourmand que sensuel ? A-t-on jamais péri,\nun temps considérable avec l'amour ? C'est douteux. On a toujours dû le considérer œ\npeu comme une distraction... On est plutôt un grand affectueux qu'un grand amouretc\nOn n a pas du sen repentir, on n a pas gaspillé sa jeunesse qui a été laborieuse. On e\nappelé a réussir si ce n est deja fait, ce qui nous paraît certain. En passant, un conseil\nque l'on prenne soin de sa vessie et de ses reins qui doivent être la partie faible du su\nbien constitué dans l'ensemble."}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.83", "texte": "Mains de M. Chevillard.\nClichés Paul Berger"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.84", "texte": "Mains de M. Théodore Dubois.\nClichés Paul Berger."}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.85", "texte": "LEURS MAINS\n65\n\nTHÉODORE DUBOIS\nA en juger par les mains dont l'une ne ressemble pas du tout à l'autre, nous sommes\nen présence d'une nature très complexe et difficile à définir.\nDans la main droite : imagination, impulsion, prodigalité.\nDans la main gauche : réserve, terre à terre, avarice.\nCependant... on a des doigts coniques, donc on est bon, un peu à l'étourdi. Bien\nsouvent après l'on doit s'apercevoir que l'on a été... disons trop bon. Si l'on est bon avec\nimpulsion, car on est un grand, incorrigible et incurable impulsif, on doit l'être avec mé-\nlancolie, non bon d'instinct mais parce que le Monde vous paraît vraiment digne de ten-\ndresse, de pitié. C'est un idéal... On le perdra probablement avant qu'il nous reprenne...\nGrâce à un très bon cœur, on a dû presque toujours être à la disposition du prochain.\nOn a donné beaucoup. On a reçu moins. On n'a pas dû être toujours très heureux.\nEnnuis, déceptions, chagrins, sont-ils tout à fait étrangers à un farouche amour d'indé-\npendance ?\nLa sensibilité dont on est riche, est accompagnée d'une certaine réflexion ou plutôt\ndun certaine hésitation, car son impulsion n'empêche par le contrôle, le sentiment avec\nl'objet qui l'inspire... Mais c'est après. Quand il n'est plus temps ! Comme on est un grand\nimaginatif, on s'exagère les choses. D'avoir été faible, parfois dupe, on s'en veut plus qu'il\nn'est besoin. Alors, on se jure de ne plus recommencer... mais l'on réitère. Ce sera tou-\njours ainsi. Il faut mieux en prendre son parti, s'en faire une philosophie. Ce serait un\nmoyen de vivre à peu près tranquille, de ne plus être en perpétuel désaccord avec ce que\nl'on veut et ce que l'on fait.\nAvec de tels signes d'impressionnabilité, de tendresse, de prime saut, que l'on détient\nen tant qu'homme, il est vraiment bizarre que l'on soit à ce point différent, en tant\nqu'artiste. Car on doit être artiste.\nSi la main ne ment pas, on doit avoir un art sévère, impeccable.\nToutefois, cette gravité ne doit ni déplaire, ni fatiguer. Elle a son charme. Ne s'agit-il\npas dun art essentiellement harmonieux, Quoiqu'il en soit, ce genre a dû conquérir.\nOn a en effet une très jolie carrière avec précoce et très belle réputation vers trente ans. Pour-\ntant, on n'a pas dû avoir la grande impatience de se faire connaître quand même. Si on a les mains\nd un homme volontiers fier, on n'a certainement pas celles d'un ambitieux. On ne l'est pas assez.\nN'a-t-on pas eu des chagrins sérieux qui sont restés les vieux ennemis, les vieux hommes\nde mauvaise compagnie ? N'a-t-on pas été déçu en affection plutôt qu'en amour ? L'absence\ntotale de sensualité semble en effet avoir épargné les grandes aventures et les terribles\ncrises passionnelles.\nOn est en somme un cérébral. On a une intelligence très éclectique, dont l'appétit\ndoit aller parfois jusqu'à la boulimie. Partant de cela, on doit aimer, rechercher une variété,\nun renouvellement de connaissances, de vues, de sensations, qui infailliblement ont dû\nv°us faire voyager, ou tout au moins vous en ont donné le désir ardent. Le contraire\nétonnerait violemment.\nAu prochain numéro Î\nFAURÉ, GUNSBOURG, HUÉ, LAZZARI.\n\nPierre-Jobbé Duval."}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.86", "texte": "PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ\nINTERNATIONALE DE MUSIQUE\nSECTION DE PARIS.\n\nPARUS\nH. QUITTARD. Le Trésor d'Orphée, par Antoine Francisque, tablature de\nluth, transcrite pour piano à deux mains; i volume in 4° de 100 pages ... 5 ft»,\nJ. ECORCHEVILLE. Actes d'Etat civil d'artistes musiciens insinués au\nChâtelet de Paris (1539-1650); 1 volume in-40 10 fr.\nA. GASTOUE. Catalogue des mss. de musique byzantine conservés dans\nles bibliothèques de France; 1 volume in-40 20 ft>\nP« AUBRY. Cent motets du Xllle siècle, tirés du ms. Ed. VI-4 de la\nBibliothèque de Bamberg; 3 volumes in-4» • • • 150 fr\nP. AUBRY. Le Chansonnier français de l'Arsenal (Xllle siècle), 15 livrai-\nsons trimestiielles de 32 planches phototypiques avec la transcription des\nmélodies en notation moderne. Notices par M. A. Jeanroy, professeur à la\nFaculté des Lettres de Toulouse. La livraison 10 fr\n(On ne souscrit qu'à l'ensemble de la publication.)\nM. BRENET. Les Musiciens de la Sainte-Chapelle du Palais. Un volume\nin-4' de 3°o pages 15 fr.\nJ. ECORCHEVILLE. Catalogue du fonds de Musique ancienne de la Biblio-\nthèque Nationale (jusqu'en 1750.) Huit volumes de 250 pages chacun,\ncontenant dix mille thèmes de musique, et de nombreux fac-similé. L'ouvrage\ncomPlet . 500 fr.\nSOUS PRESSE\nQUITTARD. L Œuvre de clavecin de d'après l'édition de\n1670 et le manuscrit Vm7 1852 de la Bibliothèque nationale. Un volume\nm-48 de 100 pages de musique 5 ft\nEN PRÉPARATION\nA. PIRRO. Les correspondants du Père Mersenne. Publication de la cor-\nrespondance musicale adressée à Mersenne et conservée à la Bibliothèque\nNationale. Vol. I (J-.h. Doni) Un volume in-40 de 200 pages\nL. DE LA LAURENCIE. Les Musiciens de la Maison du Roy aux XVII8 et\nXVIII* siècles. (Inventaire musical de la Série O1 des Archives nationales)\nDeux volumes de 200 pages chacun.\nm' T?f?HET\\ \"3, Tratii de MusiVue> composé par Sharaf ed-Din Haroun.\n( II siecle) d après le manuscrit original de la Bibliothèque Nationale\nTraduction et fac-similé du texte Arabe. Un volume in-48 de 100 pages.\nH. DE CURZON. Correspondance des D conservée aux\nArchives Nationales. —Un volume in-40 de Is° pages.\nL' 7~ Kîn t°ù- Recueil d'Airs pour le k'în ou luth chinois, transcrits\nde la tablature.\nLE COMITÉ DE LA PUBLICATION :\nP. flubry, M. Brenet, L. Dauriac, J. Ecorchevllle, H. Expert, L. delà Laurencle.\nCh. Malherbe, E. Poirée, G. Prod'homme, R. Rolland, J. Tiersot."}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.87", "texte": "5\n\nPour Willy.\nLe soir du réveillon, dans la cohue qui remplissait le \" brillant établissement de la rue\nRicher \" (comme on dit à la quatrième page des gazettes), je me suis trouvé placé, sur un\nmauvais strapontin fort coûteux, dans le voisinage de trois spectateurs étranges. Ils étaient\nproprement vêtus, mais d'une façon tellement surannée qu'aucun notaire de la plus attardée\nprovince ne se fût exhibé, à notre époque, sous des accoutrements si vieillots. L'un d'eux, très\nfort, le visage gras et l'air ecclésiastique, semblait s'amuser médiocrement, bien qu'il écrivît\nsans cesse quelque chose sur un gros calepin graisseux. Ses compagnons le traitaient avec\ndéférence. Le plus petit des trois, les traits fins, le nez busqué, l'aspect fort distingué, malgré\nsa mise extrêmement modeste, affichait un état de plaisir intense. Il tressautait continuellement\nsur son fauteuil, aux rythmes de l'orchestre. Le dernier un nez fureteur chaussé de lunettes,\nsous une tignasse frisée paraissait plus préoccupé d'admirer le galbe des jolies personnes en\nscène que de suivre le spectacle.\nIl me semblait bien les reconnaître tous trois et ma raison qui, tout autre soir, eût démenti\nla rencontre, acceptait cette histoire de bonhomme Noël comme toute naturelle... L'atavisme !\nA un moment, une jeune personne, toute vêtue d'or, sa jolie tête emprisonnée dans un\nturban d'or surmonté d'une aigrette, se mit à lancer, avec des trémoussements épileptiques et\nd'ailleurs beaucoup de talent, des couplets endiablés, où il était question d'une certaine Cava-\nlieri: \" Nina, Nina, comme à ce jeu-là !...\" Le visage de mon gros vieux se dérida, il suça son\ncrayon et je vis qu'il notait, sur son carnet, le thème de la chanson célèbre Funiculi-Funicula,\nsur laquelle étaient adaptés ces couplets de la revue. Le plus petit des trois, la face épanouie,\nfrappa la cuisse de son voisin et, avec un accent allemand prononcé :\nAvouez, Franz, fit-il, que c'est épatant !\nFranz, les joues enflammées, ne quittait pas des yeux Mlle Marnac.\nEpatante ! répondit-il avec le même accent.\nMoi, je te parle de la musique !...\nMais Franz maintenant suivait des yeux Mlle Marville; et quand celle-ci s'étendit sur un\nlit de repos, dans la pose célèbre du portrait de David :\nMadame Régamier ! fit-il si haut que les femmes de la baignoire voisine éclatèrent de\nnre. Elles étaient d'ailleurs aussi stupides que richement vêtues, ces femmes, et ne connaissaient\nni Mme Récamier ni aucun des personnages historiques mis en scène.\nEt celle-là, Wolfgang ? demanda le petit père aux lunettes.\nMais Wolfgang n'écoutait plus que la musique ;\n- C'est un génie colossal, Monsieur, le compositeur de cette revue, me glissa-t-il à\n1 oreille. Quelle invention mélodique, quelle variété de rythmes, quelle abondance de coupes !\nIe n'ai pas de programme ; savez-vous le nom de ce maestro ?\nMon Dieu, Maître, ce serait long à vous expliquer. Il y a plusieurs compositeurs. Je"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.88", "texte": "68\nS. I. M.\n\nvous raconterai cela tout à l'heure, si vous me permettez de vous offrir une chope à la sr-\nainsi qu'à M. Bach et à M. Schubert.\nVous nous connaissez ?\nPas personnellement, mais...\nChut, chut ! me fit Mozart, qu'un nouvel air plongeait dans l'extase.\nUne demi-heure après nous étions attablés chez un bistro. Bach demeurait silencieux r\nses deux compagnons me racontèrent que, venus pour une semaine sur la terre, ils ava\nchoisi Paris comme lieu d'excursion, parce qu'aux Champs-Elysées tous les derniers débarc\nde bonne foi affirmaient qu'actuellement l'école française offre, en musique, plus d'intérêt t\nnouveauté qu'aucune autre.\nDepuis quatre ou cinq jours, me dit Schubert, nous sommes allés aux Coiio\nSymphoniques, à l'Opéra-Comique, à l'Opéra, à la Gaîté. Nous avons entendu jouer beauc\nde notre musique, ce qui nous a flattés. Nous ne l'avons d'ailleurs pas tout de suite reconn\non la joue si fort et si vite ! Et puis nous avons entendu de la musique de vos auteurs viv?.\nNous n'y avons rien compris du tout. Mais rien de rien ! C'est un bruit vide de sens, dér\nde toute tonalité, sans la moindre trace d'idées quelconques. Je crois qu'on s'est moqué de n\nRimsky nous avait bien prévenu, le jour de notre départ.\nRimsky est un garçon si superficiel ! lâcha le père Bach, qui n'avait pas l'air d'écoir\nEnfin nous avons échoué ce soir à ce spectacle des où nous avons ei\nplaisir de. vous rencontrer. Quelle joie, cher Monsieur, quelle joie ! Nous ne comprenons\nles paroles ; la musique n'est peut-être pas toujours d'un goût parfait et manque un pet\ndéveloppement. Mais quelle verve, que de thèmes, quelle finesse de lignes si souvent et qi\norchestration logique et plantureuse ! L'excellent chef d'orchestre ! et puis quels interné-\nM. le professeur d'Udine ! Ceux de vos grands théâtres manquent de vie, de sentiment.\n\" stimmung. \" Ils ont l'air de s'ennuyer si fort, d'avoir si peur de s'extérioriser ! Leur d.\nn'est pas musicalique.\nCela s'appelle le grand style, cher Maître, la crainte de l'emphase.\nLe grand style, Seigneur Christ ! Mais c'est un de vos auteurs gaulois qui a dit .\nle style est de l'homme même. Cette Mlle Marnac, qui a de,si jolis bras et de si jolies jarak\nn'a pas peur de l'emphase. C'est vraiment une musicienne. Je crois qu'elle a beaucoup\nstyle ; il est de la femme même.\nElle entrera plus tard à l'Opéra, quand elle l'aura perdu.\nFaut-il qu'elle le perde ?\nNécessairement, pour entrer à l'Opéra.\nAlors nous n'irons plus à votre Opéra national.\nC'est comme les danses; mais je vous expliquerai cela un autre soir... Il se fait ti\net vous êtes sans doute fatigués.\nEh bien ! si vous nous faisiez le plaisir de venir demain à \" l'ôlymbia \" ? N'est-ce:\nainsi que vous dites ?\nN'y allez point, chers Maîtres! Vous verriez danser MIIe Odette Aubert ; c'est\nfort joli spectacle. Et vous y entendriez encore des airs qui vous enchanteraient. M\n1 Olympia a deja quelque chose de grandiose et de quasi officiel, qui glace les interprc:\nCertaines étoiles y dansent et y chantent d'une façon presque aussi ennuyeuse que dans\nacadémies. Nous ferions mieux d'aller soit àla Scala, où Mlle Aimée Favart ferait vos délie\nMaître Mozart, soit a Ba-Ta-Clan où, comme vous le dites, s'extériorise si puissamm:\nMlle Marthelette. Mais peut-être n'avez-vous plus qu'une soirée à passer en ce monde?\nQu'une seule, précisément."}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.89", "texte": "UNE RENCONTRE AU MUSIC-HALL\nJean d'Udine.\n\n69\n\nEh bien ! venez à la Cigale. Je vous y retiendrai une loge. A Paris vous êtes chez moi.\nJe les quittai dans la rue. Jean Sébastien s'en fut seul se coucher et les deux autres, très\n' joyeux, s'en furent aussi se coucher.\nJe les rejoignis le lendemain, Boulevard Rochechouart. Bach avait passé sa journée à\nécrire des fugues sur Funiculi,la Mattchicheet le et un merveilleux prélude sur\nl'étonnante chanson de la Posada dans XAmour en de Valverde. Il voulut bien m'en\noffrir le manuscrit, que j'ai cédé fort avantageusement à l'excellent M. Malherbe. Je n'ai pas\nle sens historique et je préfère aux autographes peu lisibles une bonne édition de Peters.\nMozart avait improvisé, sur une table de café, trois Ouvertures fort modernes, mais d'un\nmodernisme beaucoup plus voisin de celui de M. Bosc ou de celui de M. Borel-Clerc que de\ncelui de M. Debussy. Schubert ne nous dit pas ce qu'il avait fait.\nLa soirée fut exquise. Vilbert, dans diverses scènes de la revue, en Caruso, en vieux\nmédecin et en M. Fallières, nous parut génial. Marthe Lenclud dansa et chanta ; mes invités\nlui trouvèrent plus de talent comme chanteuse que comme danseuse. Je n'osai pas leur faire\nobserver que ses jambes seules et non son gosier étaient des transfuges de l'Opéra. Ils auraient\nfini par humilier mon amour-propre de contribuable. Mais quand Miss Campton fut en scène,\nje finis par croire, avec mes trois revenants, que nous assistions au spectacle le plus parfait de\nParis.\nOn ne sait plus, disait lyriquement l'auteur des on ne sait plus si ce\nsont les mollets de cette personne qui font naître cette symphonie, dans laquelle le cappel-\nmeister a introduit une partie si ingénieuse de kleiderbtirste : Tch, tch, tch !! ! Tch, tch,\ntch! ! ! ou si c'est l'orchestre qui s'épanouit dans les mouvements de cette gracieuse divette.....\nEt puis elle chante à merveille. C'est une artiste.\nC'est une grande artiste ! affirma le père Bach.\nSi tu avais le temps de faire des démarches, Wolfgang, dit Schubert, tu devrais\ntâcher de faire monter ta Zauberflote dans un de ces cafés-concerts.\nNous nous quittâmes à regret aux environs de minuit. Mozart et Schubert voulaient\nprofiter de leurs dernières heures à Montmartre. Mais Bach s'approcha de moi dans l'ombre\ndu boulevard :\nCher Monsieur, me confia-t-il, je trouve que l'on dit beaucoup de malpropretés dans\nces établissements et, vous l'avouerai-je, j'espérais, au contraire, y voir des formes corporelles\nun peu moins gazées, un peu de la beauté antique moins parcimonieusement dévoilée.\nAh ! Maître, cher et grand Maître, lui répondis-je, je partage votre sentiment. Mais,\nil n'y a que les âmes pures, comme les nôtres, à en juger de la sorte. Il faut notre candeur pour\ntrouver les couplets de ces revues malpropres et leur mises en scène un peu trop pudibondes*\nC'est dommage.\nC'est bien dommage !"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.90", "texte": "Les Musiciens Belges\nNicolas Daneau\n\n1\nNicolas Daneau est né à Binche (province de Hainaut) en 1866. Il fît ses études à l'Athé-\nRoyal de Charleroi, puis tint un emploi dans une Banque de la région. Dès la tendre enfanj'\nil avait affirmé des dispositions exceptionnelles pour la carrière musicale. A quinze am\ncomposait déjà des marches, des mélodies, au grand chagrin de ses parents, qui firent v\npour le détourner d'une vocation pleine de menaces, il est vrai, d'incertitudes et de dan»\nComme de coutume, les objurgations, les conseils, les réprimandes furent impuissants ;\npetit employé suivait les cours de l'Académie de musique de Charleroi, sous la direction\nl'éminent chef d'orchestre Julien Simar. De jour en jour s'affermissait sa volonté d'ê-\ncompositeur : il se sentait artiste, et bientôt, rompant les rênes qui s'efforçaient àle main ter-\nbrisant d'un coup les résistances familiales, il se donna à l'art, àla musique, tout entier -\nLe conservatoire de Gand l'accueillit en 1891. Daneau avait donc vingt-cinq ans : bien qu\neût des notions très étendues et qu'il pratiquât la science harmonique, le jeune homr\ntémoignait ainsi d'une persévérance admirable. Dans la classe de composition de Sam\n(Adolphe) il conquit d'emblée et par acclamations du jury le premier prix de fugue, avec\nplus grande distinction. Deux ans après, il se présentait au concours pour le Prix de Roir\nSa fugue et son Sanctus, œuvre mémorable, le classèrent premier à l'examen préparatoir\nMais à l'épreuve définitive, il n'eut qu'une mention honorable. Il avait obtenu néanmoins tre\nsuffrages sur sept pour le second prix. La cantate imposée était Lady I] pr\nà nouveau part au même concours en 1895 et décrocha le premier second prix à l'unanimr\navec la cantate Caliirhoè. Le concours de Rome, comme tous les concours, n'a pas\nsignification au point de vue artistique, hâtons-nous de le dire : les examinateurs ont pot\nmission, non de déceler l'originalité, l'inspiration, l'audace du génie, mais d'apprécier\nmétier, la science de l'élève. Si donc, nous notons ici les distinctions remportées par Nico:\nDaneau c'est simplement à titre documentaire, et non pour lui reprocher de n'avoir pas et\nle Grand Prix !\nAu reste, sa réputation était faite. En 1896, l'Académie de Tournai l'appelait à\ndirection de ses cours. Son activité infatigable, son talent et sa haute culture donnèrent\nl'établissement une impulsion presque unique, et valurent àla cité des le bo:\nrenom qu'elle possède, grâce à ses Concerts Symd'être le petit Bayreuth de Belgique\nLe gouvernement français, qui avait conféré à notre compatriote les palmes académique,\nlui a offert îecemment la rosette d officier de l'lnstruction publique, reconnaissant, parc,\nmarques honorifiques, le mérité du musicien dont les cantates et œuvres chorales furer\nimposées aux tournois de Paris, Valenciennes, Marseille, Tourcoing, Roubaix, et autres ville\ncélèbres par les rencontres internationales dont elles sont le théâtre.\n* *\nDaneau a compose en effet de fort nombreuses cantates commémoratives et des chœur\nqui jouissent de consideiation. Rappelons la iS\n\n1 A paraître : Victor Vreuls, Paul Gilson, Lucien Mawet, Mortelmans, Eugène Isaye, Ryelandt, Ra«'\nMathieu, Jongen, Van Dooren, Gérardy, Crikboom, etc... etc..."}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.91", "texte": "LES MUSICIENS BELGES\n71\n\n0S les murs d'Anvers ; La Chasse Maudite,imposée en division d'honneur au concours de\nGenève ; les chœurs prescrits en 3e division et en division d'excellence à Anvers ; les Vaincus,\n,ur des paroles de Paul Verlaine, œuvre puissante et fougueuse, largement mouvementée et fort\nmpressionante ; Les Glaneuses de charbon, écrit en 1909, et imposé au concours de Maubeuge\n(Nord), etc...\nAu théâtre, il a donné deux opéras. Linasur un livret de Frantz Ruty, fut\nreprésenté à Tournai, Gand, Bruges, Charleroi, Anvers, avec un vif succès. Il convient de\nremarquer ici que le poème fut ébauché par Jean Poel, puis achevé par Ruty alors que\nle compositeur avait déjà réalisé en partie ses commentaires musicaux. Néanmoins, il garde\nune excellente tenue ; on y rencontre, ça et là, de beaux élans, d'agréables vers. C'est l'histoire\nd'une vendetta. L'amour des primitifs, rouge, sanglant, farouche, l'anime avec sa passion\nbrutale et sauvage, mais avec sa poésie âpre et poignante aussi. On peut lui reprocher une\ncertaine monotonie, un manque d'action, l'abus de la note romantique et de l'effet facile. Par\ncontre, la musique est variée. L'orchestration est somptueuse, pleine d'expression sonore et de\ncouleur. La partition bien ordonnée, d'une bâtisse solide, atteste une technique impeccable.\nUnario contient de belles pages, dont l'air de Giselle, le Chant funèbre, les Duos d'amour et le\nFinale mouvementé du troisième acte.C'est une œuvre remarquable, digne des meilleures scènes.\nJ'ai signalé, dans S. I. M, la représentation de poème de Charles Hervé. Diotimos,\nson héros, c'est le vagabond, le chemineau dont la destinée est de voyager toujours, de marcher,\npar les routes, de l'aube au soir, sans loi, sans roi, sans compagnon. Le libretto, une fois\nencore, manque d'action scènique. C'est la figuration d'une idylle, au sein de la vie agreste de\nl'antiquité, évoquant tels épisodes de l'odyssée ! Les qualités de la musique sont identiques à\ncelles que nous venons de reconnaître dans Orchestration fouillée, architecture\nparfaite, correction et distinction des chœurs, délicatesse de l'idée et fraîcheur mélodique. Le\nthème répondait aux dilections du compositeur. L'indépendance, la fierté du poète, lui furent\nfraternelles et la tendresse persuasive de Myrtis lui était sans doute connue. Aussi l'œuvre est\nempreinte d'une sincère émotion ; nous en retiendrons la scène l'air de\ncelui de Myrtis, le grand choral du premier acte. Ces deux opéras et ont mis\nDaneau en bonne place dans le mouvement musical belge.\nAjoutons qu'il a terminé, depuis leur représentation : le Sphynx paroles de Georges Spitz-\nmûller, d'après le roman de Maurice Vaucaire : Let du même.\nD'autre part, une nomenclature de tous ses ouvrages serait fastidieuse et longue. Presque\ntous furent édités par la maison Cranz de Bruxelles. Qu'il nous suffise d'en avoir signalé les\npages capitales.\nLa science polyphonique du musicien est étendue ; son sentiment mélodique charme et\nséduit. Il écrit merveilleusement pour la voix; ses chœurs sont toujours parfaitement homo-\ngènes, souples, fondus, bien conduits ; il excelle dans le maniement des ensembles.\n* *\nFoncièrement classique, encore qu'il use de moyens plus modernes, N. Daneau met\nson effort à traduire, avec distinction, ses ferveurs. Son tempérament est d'énergie et de force :\nf le discipline à l'archaïsme \" wagnérisant \" de ses moyens.\nSans doute ne recherche-t-il pas les combinaisons d'accords, de timbres, de sonorités rares,\n'\"entendues. Sa joie n'est pas dans la trouvaille, ni dans les singularités. Son œuvre ne révèle\npas une individualité puissamment originale, elle est pourtant personnelle par les idées et par\n' émotion. Artisan probe, 11 n'a peut-être pas dit son dernier mot : mais son talent solide\net sûr réclame attention, et sa tâche, vouée au culte du Beau, nous honore.\n\nRené Lyr."}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.92", "texte": "Causerie\nsur le\nChef d'Orchestre\n\nLes méchantes langues prétendent que les médecins découvrent chaque jour à la paui\nhumanité quelque maladie nouvelle. Je crois cependant pouvoir leur en signaler une,\n\" rhabdomanie qui a échappé jusqu'ici à leur attention.\nCette affection se manifeste chez les musiciens par un dérangement cérébral dans leqc\nl'imagination est frappée d'une idée fixe: diriger un orchestre; elle présente quelqi\ncas graves où, pour satisfaire sa manie, le malade sacrifie tout : argent, famille, avenir.\nJ'ai un camarade, par exemple, qui a laissé une situation très lucrative en Amérique po.\nrevenir à Paris, afin d'y diriger quoi?... l'orchestre du théâtre de Cluny!... Je connaisi\nchâtelain de Normandie qui délaissa sa famille et son domaine durant des mois dans le l.\nunique de faire entendre aux Parisiens le répertoire symphonique. (Il est bon d'ajouter q\ncette bizarre fantaisie coûta si cher à notre rhabdomane qu'il revint chez lui parfaitement gué\nJe pourrais citer bien d'autres cas, mais à quoi bon ! Qu'on se souvienne plutôt qu'il\na quelques années cette épidémie (car la rhabdomanie est contagieuse) prit à un ceru\nmoment des proportions inquiétantes, si bien que le public se mit à bouder les concer\nappréhendant de voir un virtuose estimé friser le ridicule par sa façon de conduire les exéc.\ntants. A gesticuler avec le bâton magique, on en avait vu perdre cravate et faux-c\nenvoyer bâton et manchettes au milieu des spectateurs, ou, ce qui est plus fâcheux,\ntrouver mal d'émotion dans un passage pathétique.\nC'était risible et pénible à la fois.\nMais le plus regrettable est que de toutes ces tentatives, le résultat fut moins \\\nbrillant; il ne nous révéla aucun Richter, nul Lamoureux, même en herbe. Et pourta;\nces artistes n'étaient pas les premiers venus ! D'où vient alors cet insuccès ? Simplement\nce qu'il n'est pas donné à tout musicien de diriger habilement un orchestre, même qrn\nce musicien connaît l'harmonie, le contrepoint, la fugue, la composition et qu'il jouet\nbien d'un instrument.\nEn vérité, on ne s'improvise pas chef d'orchestre ! Indépendamment du tempérant\nartiste (qualité essentielle pour comprendre les œuvres et partant les faire exécuter dans If-\nvrai mouvement), du savoir musical et de l'expérience il y faut certaines qualités phy\nques sans lesquelles le meilleur musicien devient un chef médiocre.\nCes qualités sont :\n1. L'autorité suffisante pour imposer une attention soutenue aux exécutants.\n2. Un bras qui, par ses mouvements, a le pouvoir de faire comprendre les intente\nde celui qui le dirige."}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.93", "texte": "CAUSERIE SUR LE CHEF D'ORCHESTRE\n73\n\nComme nous le voyons, ces deux qualités sont étrangères à l'art musical, mais n'en sont\npas moins essentielles dans la pratique.\nPar l'autorité on voit souvent accomplir des prodiges. L'hiver dernier, pour faire exé-\ncuter la messe en ré de Beethoven par 250 exécutants, dont la majeure partie étaient des\nélèves de la Schola, Monsieur d'lndy a eu autant besoin de son prestige que de son talent.\nPour interpréter une oeuvre aussi difficile, il était en effet indispensable, en cette occu-\nrence, que le chef bénéficiât d'une attention exceptionnelle de la part des exécutants. Tel\nou tel artiste de talent aurait pu diriger la messe de Beethoven à la place de M. d'lndy,\nmais nul n'aurait obtenu un résultat égal à celui auquel nous avons assisté parce que\npersonne ne pourrait, à la Schola, être écouté comme l'est M. d'lndy.\nDire pour quelles raisons un chef a ou n'a pas d'autorité allongerait par trop cette cause-\nrie, le principal est de savoir que la discipline est une condition essentielle pour obtenir de\nbelles exécutions. En définitive, l'orchestre est une machine intelligente mais passive : elle\nn'obéit qu'à celui qui sait la commander.\nA l'Opéra, quand M. Messager conduit \"La Walkyrie \" l'interprétation est bien\nsupérieure à ce qu'elle était sous la direction de M. Mangin, qui était pourtant, lui aussi,\nun solide musicien. Pourquoi donc cette différence ? Parce que M. Messager a de l'autorité\net que M. Mangin n'en avait pas; aujourd'hui tout le monde fait attention et regarde le chef,\ntandis que naguère il en était autrement.\nIl n'est pas indispensable toutefois d'avoir la notoriété de M. d'lndy ou de M. Messager\npour s'imposer à un orchestre, on peut même être complètement inconnu en se présentant\npour la première fois aux exécutants, et, après quelques minutes d'exercice avoir gagné la\nconfiance et, par conséquent, l'attention nécessaire qui permet de mettre en valeur tous les\ndétails d'une oeuvre musicale. Ceci est affaire d'expérience, de tact et de fermeté de caractère.\nA ce sujet, je ne puis oublier comment le Kapellmeister Mengelberg se présenta à un\norchestre parisien : sans discours préalable et très simplement, il demanda au moment de\ncommencer sa répétition que l'on changeât la place habituelle de quelques instrumentistes ;\npuis, sans partition, sachant d'avance ce qu'il voulait, et ce que chaque instrument pouvait\nlui donner, il tint l'orchestre durant deux heures sur une ouverture de Beethoven que\ntout le monde savait à peu près par cœur. Les exécutants, interloquées tout d'abord par\nun pareil bouleversement dans leurs habitudes, comprirent vite qu'ils avaient affaire à quelqu'un\nqui savait, qui pouvait et qui voulait; ils en eurent la preuve au concert où l'ouverture\nainsi travaillée fut bissée d'enthousiasme.\nLa qualité du bras est un don physique qui tient à l'être humain lui-même. La pra-\ntique peut développer ce don chez ceux qui y sont prédisposés; mais, chez ceux qui n'ont\npas de prédisposition antérieure l'éducation la plus soignée ne donnera rien; ils resteront\ndevant une barrière fermée. C'est pourquoi l'on voit des chefs d'orchestre ayant 25 ans\nd'exercice être inférieurs à de quasi-débutants.\nL'habitude défaire de l'orchestre permet d'apprécier l'importance du bras directeur; on\nse rend compte comment certains gestes défectueux du chef peuvent jeter du désordre dans\n1* polyphonie, combien une mesure molle ou imprécise rend les interprètes hésitants et\noccasionne inévitablement des accrocs dans l'exécution.\nA ce propos je dois signaler ici un petit fait amusant qui se produit quand 1 orchestre est\ndirigé par un débutant : lorsque celui-ci veut commencer un morceau et qu'il fait le signe\ndu départ Souvent, au lieu de l'attaque générale qu'il croit commander avec sa baguette,\nil bat son premier temps à vide (c'est-à-dirc sans un départ) au grand etonnement de tout le\nmonde et surtout au sien."}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.94", "texte": "74\nS. I. M.\n\nQuand ce \" faux-départ \" se produit, le débutant chef d'orchestre croit assez\nque cet accident est la conséquence de l'inattention des exécutants, tandis qu'en\nil provient de ce que personne n'a saisi le signe indiquant l'attaque.\nLe fait précédent n'est d'ailleurs qu'un indice d'une bizarrerie que je m'explique n\nla fonction de chef d'orchestre a une tendance à griser le titulaire de cette fonction au po\nde lui faire perdre la notion de la vérité dans bien des cas.\nPar exemple, après un grand succès orchestral alors que toute la salle appiau\n(comme cela arrive généralement après les ouvertures de \" Léonore \" ou du u\nd'Ys \") vous voyez le chef saluer avec un air de fierté, un air qui dit : \" Comme je £\nle faire marcher orchestre, hein !\" La valeur de l'œuvre on n'y pense guère\nplus d ailleurs qu a la cohésion des instrumentistes. Le chef seul récolte les lauriers\nmeme quand il na ete qu une brindille emportée par l'enthousiasme des exécutai\nJai assisté un jour à une audition du concerto pour piano de Schumann qui ff;\"\nfait voir les dernières limites où peut aller ce non-sens. L'orchestre était excellent fi\nplupart des instrumentistes étaient de la Société des concerts du Conservatoire) et le pians-\njouait très bien sa partie. Seul, le chef d'orchestre ne connaissait pas ce concerto e*\ncomme cela arrive trop souvent hélas ! il n'avait pas pris la précaution de le lire ava-\nla répétition.\nQu arriva-t-il ? A la répétition, le chef suivit tant bien que mal ce qu'il entendait, nia\nau concert il voulut faire sentir qu'il était là (le malheureux !) et, pour ne parler que\nfinal du concerto, il se mit à presser le mouvement au point que le pianiste et l'orchest-\nétaient sur des charbons ardents afin de suivre la folle baguette et éviter par cela une dérou;-\nL'œuvre se termina néanmoins sans accroc grâce à la qualité exceptionnelle des exécutan:\nependant, le chef qui 11 avait rien compris à l'œuvre, ni vu goutte dans sa partition salua\navec la satisfaction de quelqu'un qui aurait fait un acte héroïque.\nJe \\iens de parier ici d un vulgaire batteur de mesure, regardons maintenant du côté de\nvrais artistes; nous n'aurons pas de peine à découvrir que beaucoup de compositeurs éméritt\nsont des chefs d'orchestre maladroits.\nN avons-nous pas vu aux festivals russes, à l'Opéra, un maître illustre dirigeant la neu-\nvième symphonie de Beethoven; ce soir-là, pour qui regardait et écoutait ce n'était pas 1\nchef qui conduisait 1 orchestre, mais l'orchestre qui conduisait le chef. (Ce fut d'ailleurs for\nheureux, car le contraire eut amené une débâcle à certains changements de mouvement\nPersonne ne contestera pourtant le talent de ce musicien, pas plus que le bon vouloir de\nexécutants. Le mal venait tout bonnement du manque de vigueur et de précision dans It\nbras directeur.\nLe cas précédent n est pas isolé, et Beethoven gâta souvent l'exécution de ses symphonie\nen voulant les diriger. Mais il n'est pas utile de remonter si loin. Il me souvient duce\nrépétition d'un grand orchestre, répétition où quelques compositeurs étaient chargés de pré-\nsenter une de leurs œuvres en la faisant exécuter eux-mêmes. Certes, ces auteurs avaient\ndu talent et connaissaient, comme on peut croire, leur partition. Malgré cela, les exécution\nfurent en général médiocres ; ces chefs d'orchestre improvisés étaient d'une insigne gaucherie\net avec les meilleures intentions du monde ils nuisaient à l'interprétation de leur propre\npensee musicale. '\nPourquoi Charles Lamoureux fut-il un chef incomparable ? Parce qu'il avait une grande\nautorite sur ses artistes, une mesure énergique et précise, une volonté de fer et un tempéra-\nment très artiste. (Quel est le chef d'orchestre assez audacieux aujourd'hui pour se permettre\ne tenir cent personnes de 9 heures du matin à 2 heures de l'après-midi, c'est-à-dire dure:"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.95", "texte": "M. Nicolas Daneau."}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.96", "texte": "CAUSERIE SUR LE CHEF D'ORCHESTRE\n75\n\ncinq heures de suite, sous prétexte que l'interprétation d'une oeuvre ne répond pas à ses\nvues? C'est pourtant ce que faisait Lamoureux au cirque des Champs Elysées, et cela parfois\npar un froid sibérien.\nPour Lamoureux, l'art passait avant toute autre considération et pour rien au monde\nil n'aurait laissé un détail d'exécution indécis à la répétition qui précédait le concert. Je l'ai\nvu changer son programme la veille du concert dominical et remplacer le concerto de\nLiszt par un autre morceau, parce que le pianiste Harold Bauer avait voulu, à la répétition,\nlaisser un petit intervalle entre la terminaison de l'orchestre et le premier solo du piano.\nLamoureux jugeait ce silence dangereux pour sa direction et s'obstinait à n'en pas vouloir.\nLe pianiste de son côté fut aussi entêté, si bien qu'après avoir recommencé plusieurs fois sans\nconcession de part ni d'autre le virtuose ferma brusquement le couvercle du clavier et quitta la\nsalle. La répétition du concerto n'alla pas plus loin que le premier accord du piano.\nAvouons qu'il serait difficile de faire de la musique si tous les artistes étaient aussi peu\nconciliants. On peut obtenir d'excellents résultats sans pousser l'intransigeance trop loin,\nd'autant que certains chefs obtiennent en parlant courtoisement ce que d'autres ne peuvent\nobtenir par des moyens brusques.\nJamais, par exemple, je n'ai eu une idée aussi nette de ce qu'est un véritable chef\net de ce qui le différencie d'un batteur de mesure, qu'il y a deux ans quand Mottl est\nvenu diriger l'orchestre Chevillard.\nAvec une seule répétition, Mottl, par ses qualités naturelles et sa grande expérience\nput jouer de l'orchestre avec une aisance et une précision inouïes. Son visage réflétait le\nplaisir qu'il éprouvait de voir ses intentions comprises et fidèlement rendues. Au moyen\nde signes imperceptibles (pour les personnes étrangères aux choses de l'orchestre) Mottl\njouait de l'orchestre avec le même plaisir que Planté joue du piano. Les cent musiciens\nn'étaient plus pour lui qu'un seul instrument souple et intelligent qui traduisait sa compré-\nhension musicale. Dans des cas semblables, le fâcheux intermédiaire, dont parle Berlioz\ndans son \"Art du Chef d'orchestre\", n'existe plus; la pensée du compositeur arrive sans\naucune déformation à l'âme de l'auditeur, et c'est là proprement ce qui constitue les belles\ninterprétations.\nL'on voit souvent un même chef diriger et des concerts et des représentations lyriques.\nCes deux fonctions ne sont pas sans doute incompatibles; elles demandent cependant chacune\ndes aptitudes particulières, si bien que l'on peut exceller au concert et se montrer quelconque\nau théâtre, et réciproquement. Cela est affaire de tempérament et de caractère. Au théâtre\nplus qu'au concert, le chef a de la difficulté à tenir en main tout son monde; la rampe est\nun obstacle permanent à un bon ensemble entre les artistes de la scène et ceux de l'orchestre.\nD'autre part, l'action scènique et l'indifférence des chanteurs pour la mesure sont des points\ndélicats qui ne se règlent qu'avec de l'autorité, de la souplesse, et un esprit toujours en éveil sur\nles passages où peuvent se produire des écarts de mesure. Si, par exemple, un chanteur\n(à tort ou à raison) presse ou retarde le mouvement par instant, il est indispensable que le\nchef soit prêt à suivre ces changements avec adresse, afin d'éviter que l'unité de mesure\nne soit rompue entre les acteurs et les musiciens.\nPrécipiter la fin d'une phrase à un artiste, laisser s'établir un balancement entre la scène\net l'orchestre, manifester de l'impatience par paroles ou par coups de baguette sur le pupitre,\nsont autant de fautes qui déroutent les exécutants et gênent les auditeurs. L'attention n est\nplus dès lors sur l'œuvre interprétée mais sur le chef.\nIl est donc de la plus haute importance de garder son sang-froid au pupitre directorial du\nthéâtre. Cependant tous les tempéraments ne s'y prêtent pas. Alex. Luigini était un modèle"}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.97", "texte": "76\nS. I. M.\n\nparfait à ce point de vue. Je le vois encore conduisant les représentations de \" l'Ou-\ngan\" à l'Opéra-Comique ; pour suivre la première chanteuse (qui était alors Mc Dell\nou plutôt pour atténuer ses écarts de mesure, Luigini était obligé durant les 4 actes c\nl'ouvrage de faire des prodiges d'adresse afin d'éviter qu'à tout moment la scène ne distend\nl'orchestre, ou réciproquement. Il fallait à Luigini plus que du talent et de l'expérience\nil lui fallait une mesure extrêmement souple et une présence d'esprit rare.\nSuivre les chanteurs est évidemment nécessaire dans une certaine limite et les bons che\nd'orchestre s'y prêtent quand l'intérêt artistique est en jeu, mais ce qui serait préférable dans la\nplupart des cas c'est que les chanteurs veuillent bien tenir compte du mouvement. Au théâtre\"\ndès que commence l'exécution il ne doit y avoir qu'un maître: le chef d'orchestre. Ç\nprincipe est en vigueur dans certains théâtres étrangers et il y donne d'excellents résulta-\nChez nous, au contraire, la plupart des chefs se plient aux mouvements fantaisistes des char,\nteurs. La conséquence en est doublement fâcheuse : d'abord l'œuvre interprétée en souffre\nensuite les exécutants ne se sentant plus tenus par une direction ferme se laissent aile-\ninsensiblement à un manque d'attention qui conduit à la cacophonie.\nAu concert ces malentendus ont moins de raisons de se produire. Ici, tous les exécutant;\nsont assis, et partant, forcément plus attentifs aux indications du chef que s'ils avaient\npenser à une action scènique. Et puis surtout, ils sont groupés.\nLe groupement permet au chef d'avoir tout le monde en quelque sorte sous la main, e;\nde plus il lui donne l'occasion, quand il est expérimenté, d'user par moment, commeir\ndirai-je... d'un peu de cabotinage dans ses gestes et sa mimique, en vue d'échauffer l'ima.\ngination des exécutants et d'obtenir par cet artifice le maximum de puissance dans le\ngrandes envolées musicales.\nLe chef étant en définitive l'âme de l'orchestre, tous ses faits et gestes influencent les\nexécutants; s'il sent fortement l'œuvre qu'il dirige, son émotion se reflète sur son visas\net se communique aux interprètes. Ce fait a été reconnu si précieux que certains Kapell-\nmeisters (Nikisch et Weintgarner entre autres) l'emploient avec succès.\nPosséder une haute culture musicale, être doué d'un tempérament artiste et de qualité\nphysiques propres à se faire comprendre et à se faire obéir, ne constituent pas encore le che:\ncomplet. Il y faut 1 apprentissage. Mille détails dont chacun a son importance pratique\nne s apprennent qu'à l'école du chef d'orchestre. Effectivement cette école existe et a existé de\ntout temps, mais beaucoup de musiciens paraissent l'ignorer. Certains l'ignorent même\nau point d'avoir préconisé la création d'une classe spéciale au Conservatoire. Mais à que\nbon, Grand Dieu ! cette classe est vivante : c'est l'orchestre lui-même.\nC'est en faisant de l'orchestre que se sont formés la plupart des grands chefs tels que\nLamouieux, Taffanel, Colonne et Luigini, pour ne citer que des Français qui ne sont plus.\nL oichestre est en quelque sorte 1 atelier ou se montent pièce par pièce les œuvres musicale\nC est donc la que le musicien qui veut devenir chef peut apprendre ce qu'il lui est\nindispensable de savoir au point de vue matériel de l'exécution. A l'exemple de ce qu\nse fait en Allemagne ou 1 ingénieur, au sortir de l'école entre dans un atelier en qualité\nd ouvrier afin de mettre en application ses connaissances acquises; ainsi, en travaillant\nà 1 orchestre, le musicien saura comment se comporte chacun des rouages de son intelligente\nmachine. Une foule de riens, inaperçus de ceux qui n'y prêtent pas attention, deviendront\npour lui des indications utiles. Il se rendra compte de ce que peuvent donner respective-\nment les instiuments comme force et comme douceur; (peu de chefs savent obtenir li\ngamme des nuances entre les deux pôles de la dynamique : le pianissimo et le fortissimo ; J'Ï\nmeme iemarqué que dans les orchestres où l'on fait beaucoup de musique on a une"}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.98", "texte": "CAUSERIE SUR LE CHEF D'ORCHESTRE\n77\n\ntendance à rester dans un permanent mezzoforte); comment on fait partir et comment on\narrête avec sûreté; les gestes utiles et les gestes nuisibles à l'ensemble ; la manière de faire\ntravailler un passage scabreux; pourquoi certains traits exécutés par tels ou tels instruments\nmanquent d'unité; l'avantage de battre les temps à certains moments, la division des\ntemps à certains autres; pourquoi tel ou tel instrument ne joue pas juste dans certains cas,\net comment on peut corriger ces défauts. (Combien y a-t-il de chefs d'orchestres qui sachent\nque dans la nuance \" pianissimo \" la flûte, de par sa nature, joue trop bas, tandis que la\nclarinette au contraire joue trop haut.)\nLa connaissance de tous ces détails s'acquiert par la pratique et non par les manuels.\nEn résumé, tout musicien peut, avec quelque talent, devenir un batteur de mesure, mais\nrares sont ceux qui possèdent les qualités du vrai chef, c'est-à-dire de celui qui obtient d'un\norchestre tout ce qu'il peut donner pour le bien de l'art musical.\n\nEmile Stiévenard"}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.99", "texte": "Théâtres et Concerts\n\nLE MIRACLE, opéra de M. Georges Hiïe, livret de M.M. Gheusi et Miranne.\nCouvrons d'abord de fleurs M\"e Chenal et M. Muratore, deux des plus belles voix qu,\nnons ayons en France, et félicitons le maître Vidal dont les bras vigilants soutiennent pendan-\nquatre heures l'édifice sonore de Georges Hue. Et puis cherchons ce qu'il conviendrait de dire\nsur ce nouvel opéra. Ce n est pas très facile. Il n'y a rien qui enflamme particulièrement ni\nqui rebute, dans cette belle maison a cinq etages de style flamboyant, où vraiment tout est\ninstalle P notre commodité. Les auteurs sont partis de cette conception, vieille comme\nl'opéra lui-même et qui consiste à se mettre enquête d'un prétexte à offrir à un musicien\nScribe ne procédait pas autrement et Meyerbeer s'en trouvait bien. Le malheur est qu'un\ncertain Wagner est venu boulverser cette entente cordiale du librettiste et du musicien, et\nqu il a réussi (le misérable !) a mettre à la mode un art qui précisément ne se contente plu;\nde prétextes, mais réclame autre chose. De là un malentendu dont le Miracle n'est pas seul à\nsouffrir. Un musicien raffine et subtil comme Georges Hue possède toute la technique qui est\nla résultante musicale du drame wagnérien. Un librettiste comme M. X. survient et lui donne\n1 occasion de se comporter comme un musicien de 1840. Il s'en suit un je ne sais quoi, qui\nn'a ni les mérites de pur agrément de l'ancien opéra, ni la portée du drame wagnérien, et qui\nflotte entre toutes les sympathies, sans pouvoir s'en assurer aucune.\nLe grand coupable là dedans, voyez-vous, c'est Wagner ou plutôt encore Wahnfried, qui\na laissé tous les bienfaits du wagnérisme à la merci de notre Académie Nationale de musique\nJe me souviens qu'étant dans le salon de Mm* Wagner il y a quinze ans, je me permis dé\nblâmer vivement la concession de toutes les œuvres wagnériennes qui allait être accordée\nà notre Opéra de Paris. Livrer ces drames lyriques à une institution créée pour une esthétique\nabsolument et reposant sur des exigences que ces drames avaient précisément pour\nmission de ruiner, c'était commettre non pas seulement une dangereuse hardiesse, mais une\nvéritable imprudence. Ce que tout le monde pouvait alors prévoir est arrivé. La caricature de\nWagner s est installée chez nous comme un modèle. La musique dont Wagner voulait faire un\nmoyen, est redevenu le but. Et nous nous retrouvons aujourd'hui, après dix ans d'expériences\ncontinuellement faussées, au point où Meyerbeer nous avait laissés. On recommence à dresser\ndes mises en scènes et des intrigues pour permettre à des musiciens de s'y étaler. Et c'est\nlogique car l'opéra n'est pas capable d'autre chose. Son hérédité, son public et son dispositif\nmeme obligent à être un divertissement. Pourquoi s'insurger contre le bon sens et l'histoire?\nQue 1 opéra nous donne donc des pièces divertissantes. Il vivra et prospérera. Avec\net la, l/euve ll sera, dans 1a réalité et dans le succès.\nMais qu'on cesse de mettre d'excellents artistes comme Georges Hue à la torture pour\nnous imposer ce dont personne ne veut. Qu'on cesse d'employer un style musical, créé par la\np 1 osophie et les besoins d'un génie universel, pour couvrir quelques tableaux vivants, et\nquelques fariboles d une archéologie douteuse. Si la musique est de nouveau le principal et la\npiece 1 accessoire, fort bien, je n'y vois pas d'inconvénient, surtout à l'opéra. Mais alors qu'elle\nvise a effet et qu elle 1 obtienne. Et le malentendu se dissipera.\nJ. E."}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.100", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n79\n\nLe Conservatoire observe sagement la trêve des confiseurs. Il n'y eut donc qu'un concert\nen Décembre, éclectique et intéressant. Quatre ou cinq illustres morts: Lotti, Costeley, Mozart,\nMendelssohn, Schumann et un vivant, très vivant, M. Paul Dukas avec son éxubérant Apprenti\nSorcier. Le Concerto de violon en ré, de Mozart, eut un interprète digne de lui en M. Henri\nMarteau qui, après de grands succès en Allemagne, se souvient qu'il doit un peu à son pays\nson beau et pur talent. Quelques jours après, il donnait Salle Gaveau, avec l'Orchestre Sechiari,\nle beau Concerto de Théodore Dubois. Il n'y a que des chœurs du Conservatoire pour chanter\nabsolument bien à Cappella et nous faire savourer les exquises petites choses de la Renaissance\nFrançaise ou les pages austères de l'Ecole Palestrinienne. Le songe d'une nuit d'été ne vieillit\npas. Dussions-nous paraître vieux jeux, avouons que Mendelssohn a écrit quelques œuvres\nacceptables et que celle-ci est du nombre. Avec tout l'auditoire nous l'avons vigoureusement\napplaudie. Mais que deviendront ces délicatesses dans la future salle, hélas ?\nM. Siegfried Wagner et M. Vidal ont suppléé M. Chevillard dans deux de ces quatre\nmatinées du mois. Le premier a eu un succès prévu de snobisme, bien qu'il n'en fût pas à son\ndébut ici et, par contre, un accueil très froid prévu aussi de la critique. Qu'il est difficile\nde faire apprécier exactement des œuvres pourtant estimables, intéressantes même et bien\nécrites, comme ce que nous entendîmes de Sternengebot et du duc Wildfang, quand on les\nsigne d'un tel nom ! Comme chef-d'orchestre, on a trouvé à M. Siegfried Wagner de la\nmollesse. C'est possible, mais il lui eût fallu toutes les perfections pour qu'on lui reconnût\nquelques qualités, or il n'est pas parfait. Deux lignes aux autres nouveautés du mois. Des\nfragments symphoniques des frères Hillemacher extraits de leur drame lyrique Claudie, ont\nplu par leur joliesse délicate. En Bohême, de Balakirew, n'ajoute rien à sa gloire. Voilà pour\nles nouveautés. Il serait juste cependant d'y comprendre, malgré les deux cent cinquante ans\nqui nous séparent du Père de la musique Allemande, les deux Cantates de Schûtz qui furent\ndonnées le 18 décembre, car de cet admirable musicien si puissant et si expressif nous ignorons\npresque tout. Mmc Raunay les chanta avec goût. On ne lui reprochera pas d'être exclusive\nd'opinions car elle avait chanté quelques jours auparavant la Fille de Jephté, de Carissimi, dans\nune soirée à laquelle contribuèrent les Chœurs de la Cœcilia et l'Orchestre Lamoureux, et,\nquelques jours après, la Belle Hélène, d'Offenbach, au profit de l'œuvre des Trente ans de\nThéâtre.\nComme autres solistes, nous eûmes M. Van Dyck, dans Wagner, bien entendu, et M. Harold\nBauer, grand artiste et grand pianiste, dans les Variations Symphoniques de Franck.\nLes programmes du Chatelet sont toujours très touflus. Il y règne un peu du désordre qui\nse mettra bientôt dans l'Orchestre si M. Pierné ne tient pas d'une main ferme les rênes du\ngouvernement. Toutefois n'exagérons rien, le mois fut intéressant puisqu'il nous valut des\noeuvres comme le Ménétrier, de M. d'Ollone et surtout le premier acte de Guercœur, de\nM. Albéric Magnard. Le Ménétrier est un poème symphonique pour Violon principal et pour\nOrchestre ; le sujet en est vraiment musical et a été musicalement traité avec une pureté et\nune distinction incontestables, dans une teinte un peu trop uniforme de mélancolie. Ce n'est\npas parfait, c'est très bien. M. Enesco tint en grand artiste et en grand violoniste comme\ntoujours, le rôle du violon principal. A ce même concert il fut moins heureux avec sa sym-\nphonie concertante j'allais écrire déconcertante pour violoncelle et orchestre, œuvre\nincohérente et sincèrement ennuyeuse, que M. Salmon ne put sauver, malgré tout son talent.\nLe 18, après une Hymne pour voix d'hommes, de César Franck, inédite en France, de\nbelle tenue, mais peu marquante en somme, nous eûmes le premier acte de Guercœur.\nLouons d'abord l'exécution, surtout la partie vocale, et soyons brefs sur l'œuvre dont S. I. M.\nparlera sans doute avec détails. Ce premier acte vaut par la musique, car, dramatiquement, il"}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.101", "texte": "80\nS. I. M.\n\nlanguit. Des abstractions: Vérité, Beauté, Souffrance, et pas d'Action. Mais ces idées,\nrêves n'est-ce pas le vrai domaine de la musique ? M. Magnard l'a compris et l'inspiration |t\nest venue, abondamment et clairement mélodique, toujours distinguée de forme, soutenue n-.-\npar un orchestre original mais bien équilibré. Espérons une deuxième audition à brève échéant\npour confirmer ce succès.\nS. I. M. que M. Sechiari affecte d'ignorer, aurait quelque droit d'ignorer ses concert;\nNous y fûmes cependant et entendîmes l'exquise Symphonie concertante pour violon et alto\nde Mozart, la Bme8me de Beethoven, dirigée lentement dans les deuxième et troisième mouvements\nune belle œuvre, un peu courte, de M. Sibelius, le Cygne de Tonuela, un insignifia-\nConcertstuck, pour piano de M. Brands-Buys, une Symphonie agréable mais peu personnelle\nde M. X. Scharwenka, enfin le Concerto de violoncelle de Lalo fort bien joué par M. Hekkim\n(d'Amsterdam).\nM. Hasselmans jeune et infatigable, donna trois Concerts. Son orchestre est toujour\nun peu inégal mais en progrès certain. Disons seulement qu'il fut excellent dans les Impres-\nsions d'ltalie de Charpentier, rarement mieux jouées, dans l'Entre Acte de Messidor, dar\nAntar. Il y eut plusieurs nouveautés, de valeur inégale aussi. Soror Dolorosa de M. Carraud,\nest une page d'un beau caractère où l'équilibre entre la voix et l'orchestre, sagement observé,\ndonne à la musique une expression profonde. Ancun effet banal dans l'orchestre, rie\nd'inutile ni d'inexpressif ; la voix mettant en valet:\nles intentions du poème et n'abdiquant par son rôle\nprépondérant. Mlle Bréval y fut excellente. Le<\nElfes, poème de Leconte de Lisle, sur lequel M.\nLabori a écrit de la musique n'a pu être sauvé pa:\nMnie Litvinne. Une certaine adresse dans les ryth-\nmes ne remédie pas à la monotonie d'un refait\nde deux vers obstinément répétés par le chœur. J'a\nressenti aux Funérailles du Poète, poème sympho-\nnique de M. Max d'Ollone, de l'émotion, certaine-\nment. Cette œuvre, inspirée d'une page de M\nBarrés sur les funérailles de V. Hugo, donne, sans\nprocédés soi disant descriptifs l'impression de I 2\nfoule silencieuse roulant ses vagues par les ruts.\nC'est une évocation très réussie. De M. Richarii\nStrauss, M. Wurmser pianiste prestigieux, joua une\n\" Burlesque \", peu burlesque, mais assez intéres-\nsante en somme, quoi qu'on en ait dit. Il y a là,\ncomme c'était à prévoir, quelques jolis effets, de\ntimbales notamment. Quoique déjà jouée une oc\ndeux fois, la Symphonie Sacra de M. Widor es:\npresque une nouveauté. Cette grande et puissante\nœuvre, écrite sur un thème liturgique, est une de;\nmeilleures de l'auteur. La fugue qui la termine s\nune majestueuse ampleur.\nL'Opéra Comique continue par les Maître;\nVénitiens et Napolitains du Bel Canto son histoire\nde la mélodie, œuvres intéressantes par certains\ndétails mais dont on comprend que le succès ait peu duré. Ne médisons pas trop cependant de\n\nCroquis de Thevenaz.\nMme Hugon"}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.102", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n81\n\ncet amuseur exquis de Pergolèse, de Léo et de Jomelli savants et dramatiques. Et puis n'est-il\npas agréable d'entendre Mlle Raveau, Mlle Nicot Vauchelet, Mlle Brohly, MIIe Mérentié,\nMlle Heilbronner, Mlle Lutz, MM. Francell, Coulomb, Gilles, Belhomme\nAla Salle Mors, Mœe Hugon ne danse pas, elle mime, elle transforme la musique en\ninterprétations expressives. Elle a eu le plus grand succès dans des œuvres de Bœllmann,\nGrieg, Debussy et Rameau. Elle représente chez nous une émule d'lsadora Duncan, et\nmontre combien le problème rythmique intéresse en ce moment l'artiste et le public. Il faut\nespérer que ces tentatives renouvelleront ce que notre orchestique a de vieillot et de suranné.\nAla Société Philharmonique, Mme Povla Frisch, bien en voix, a chanté toute une série\nde lieder avec une réelle souplesse et une profonde intelligence des œuvres, et M. Ernest\nSchelling, pianiste fin et discret, a fait une délicate impression. En aurions-nous fini avec les\ndompteurs de piano qui nous ont terrifiés trop souvent ces dernières années ?\nLa Société J. S. Bach a enfin donné la première partie de la Passion selon S'. Mathieu,\navec une solennité qui a un peu refroidi cette grande œuvre avec un éclatant succès.\nExécution précise et qu'on ne saurait trop louer dans l'ensemble, chœurs d'une bonne sonorité,\nhomogènes et justes, orchestre presque parfait. Des solistes, c'est surtout à Mme Kaempert\n(mezzo), et à M. Baldzum (ténor) que doivent aller les éloges.\nC'est par l'Ode à Ste Cécile que la Société Haendel a fêté son patron. Ce serait exagérer\nque de dire que l'œuvre n'a pas vieilli, mais cette glorification des divers instruments\n(violoncelle, trompette, timbale, violon, flûte et orgue) accompagnant chacun en solo un air\nde chant, est assez curieuse. L'air avec violoncelle est très beau, très expressif et l'air avec\ntrompette que chante le ténor a de l'allure. L'ouverture est suivant l'usage de Haendel, prise\ndans d'autres œuvres, dans des Concertos d'orgue. Mme Mellot Joubert chanta agréablement.\nIl y eut encore des fragments de l'Allégro e il Pensieroso, un concerto de Harpe, des Noëls,\npour orgue, de Nicolas Lebègue, etc... mais il n'y eut pas autant de monde dans la salle\nque le méritait l'œuvre intéressante et de dévouement artistique de MM. Raugel et Borrel.\nSans valoir le premier, tout en œuvres de Moussorgski, les trois derniers concerts de\nMme Olénine et de M. Cortot ont été des meilleurs de l'hiver, bien certainement. Ces deux\nadmirables artistes vous donnent la compréhension absolue d'une œuvre, vous la révèlent. Les\nKinderscenen, de Schumann, la Chambre d'enfants de Moussorgski n'existaient pas pour nous\navant eux. Mme Olénine n'est pas une cantatrice parfaite, elle est beaucoup mieux. Mais il\nfaudrait entrer dans le détail de ces quatre soirées. Une ligne seulement sur les concours pour\nl'harmonisation de chants populaires russes, écossais et autres. Nous nous sommes laissé dire\nque l'intervention de son illustre père n'avait pas nuit au classement du Comte Serge Tolstoï.\nMM. Ravel et Paul Vidal, n'ont eu besoin de personne pour triompher l'année suivante.\nIl y a là un accompagnement d'une chanson espagnole par M. Ravel qui est une petite\nmerveille, \"un milagrito,\" plusieurs de M. Vidal qui sont parfaits de style et d'harmonies.\nIl faudrait parler aussi de la Schola qui commença son hiver par une séance consacrée à\nla suite ancienne et moderne (œuvres de Bach, Hasndel, MM. d'lndy et Debussy dirigées\npar M. Marcel Labey), et une autre de Motets et de Madrigaux très intéressante, conduite\npar M. d'lndy. Melle Selva a donné en décembre quatre séances sur l'histoire de la Sonate pour\npiano, qu'elle est mieux que personne à même d'illustrer. Elle y eut un vif succès. Une autre\nprofesseur de la Schola, Mtlle Claire Hugon y donna un beau concert de chant ancien\n(Monteverde, Haendel, Haydn) et moderne (Chausson et M. Dupin).\nAutres programmes didactiques. M. Lejeune continue cette année l'histoire du Quatuor\nà Cordes par l'Ecole Tchèque. Première séance avec le Quatuor en mi-mineur, de Smetana,\nqu'on entend toujours avec intérêt, un autre peu caractéristique d'un certain Zach, du"}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.103", "texte": "82\nS. I. M.\n\nXVIIIe, une jolie suite pour harpe, de Krumpholz, de la même époque et de curieuses J\ndies populaires. (Mme Sorga a une belle et puissante voix).\nRappelons encore les séances du Pax-Quatuor, celles de l'Union des femmes professer\net compositeurs (le Quatuor féminin Leroux, à la matinée du 19, nous a plu par sa sonor\nhomogène et son exécution intelligente), celles de la u Sourdine \" (Quatuor Lederer\nvraiment excellent et à la soirée du 20, M. Charles René au piano avec son autorité et;;\nmaîtrise habituelles. Celle de Mmes Sorga, Delherba et Wormere toute imprégnée d'un\nferveur mystique et vibrante (Caldara, Scarlatti, Hândel).\nVoici deux charmantes reconstitutions que nous mentionnons bien tardivement:;\nsamedis du Théâtre de Madame, au Gymnase où, après une conférence spirituelle et doct.\nmentee de Mme Yvette Guilbert, on entendit toute une serie de chansons françaises ancienne\net 1 amusant Devin du Village, de Rousseau, chanté et dansé en costumes et décors, avecu:\nénorme succès ; puis le Théâtre de Monsieur, ressuscité rue des Mathurins par M. Victo:\nSilvestre qui, après une parade, de Collé, donna Annette et Lubin, de Mme Favart et Biais\net Ie Tableau parlant, de Grétry. Souhaitons vie et bonheur à ces deux tentatives artistique*\nLes Concerts Rouge et les Concerts Touche sont des œuvres puissantes de vulgarisatior\nLeurs programmes sont d'une incroyable variété. Le 20, M. Touche a donné l'or du Rhi\nintégralement, avec de bons artistes, dont l'excellente cantatrice Mme Chadeigne.\nil Trois lignes enfin pour mentionner une soirée de vraie musique donnée par une associa-\ntion provinciale à Paris (l'Orne), où nous entendîmes M. Gilles, de l'Opéra Comique c\nMelle Suzanne Decourt qui en sera bientôt, si nous ne nous trompons ; enfin le Lyceum, 0.\n\nCroquis de P. Thevenaz.\nMme Olénine. M. A. Cortot."}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.104", "texte": "6\n\nTHÉÂTRES ET CONCERTS\n«3\n\nla musique tient toujours une grande place : le 2 décembre inauguration du nouvel hôtel avec\nun orchestre conduit par M. Le Borne interprétant des œuvres de membres du cercle\n(Mmeß de Polignac, Gignoux, Constantin Gilles, Paul Simon) et des artistes comme\nMD'e Delhez et M£ll<? Marthe Girod ;le 9, œuvres de M. Henri Lutz, distinguées d'inspira-\ntion et d'écriture; le 16, le Quatuor Godebski, très bon dans des œuvres classiques et\nMnie Jeanne Delune violoncelliste exquise dans des variations de Beethoven et un adagio de\nTartini.\n\nF. Guérillot\n\nProvince.\nLe développement de notre revue hors Paris, et la collaboration soutenue de nos vaillants\ncorrespondants, de plus en plus nombreux, nous valent une telle abondance de compte-rendus,\nque nous nous voyons dans la nécessité de consacrer à la province une chronique d'ensemble.\nNos lecteurs pourront ainsi embrasser d'un coup d'œil l'activité régionale de la musique\nfrançaise, et nos correspondants ne nous en voudront pas de condenser en une seule rubrique\ntoutes les indications qu'ils ont bien voulu nous confier.\nCommençons par le Nord, où Mme Marchand s'est faite, â St. Quentin, le champion\nde la bonne musique, et où Mlle Marchand, MM. Jenck et Gosselin s'appliquent à faire revivre\nRameau, Hasndel, Schumann et Franck. A Valenciennes et à Armentières c'est\nEdouard Bernard, pianiste de la Schola, qui propage Bach et d'lndy. A Dunkerque,\nCécile donne à la chorale ula Jeune France \"l'occasion de mêler Saint-Saëns à Radoux\net Lacome à Beethoven, et à M. Bouillard, flûtiste, de se produire sous la direction d'Eugène\nThéry, chef d'orchestre vaillant. C'est encore la même sainte qui autorise à Abbeville\nï Association des Artistes Musiciens à célébrer une Messe aux accents de la Marche Nuptiale\nde Mendelssohn, d'un Menuet de Sonate, de la Méditation de Thais et d'une Pastorale de\nParés. (Nous voilà un peu loin de la Schola !)\nLa Normandie est représentée par notre ami Aubry, qui Se trouve en excursions\nmusicologiques, avec Joachim Nin du côté d'Epernay, mais qui rentre au Havre commencer\nle cours dont la Ville l'a chargé. A Rouen, Mme Capoy impose le Faust de Schumann. A\nCherbourg le Théâtre ressucite l'opérette, et la dirigée par M.\nCarara, s'offre devant nombre d'officiers de marine américains, des programmes somptueux.\nLorient et son Théâtre ont trouvé le moyen de résoudre le problème du nationalisme\nmusical d'une manière qui satisfera certainement M. Leroux. Ils jouent la Reine Fiamette\n(tout simplement) sous le bâton intelligent de M. Moll, chef d'orchestre héroïque, et sous la\ndirection de M. Delabrianne, régisseur parfait. Nantes écoute avec plaisir le trio Hallez, le\nPianiste Arcourt et le concert Hermann. A Caen l'Ecole nationale s'affirme brillamment avec\nla Rapsodie normande de M. Mancini.\nLa Roche sur Yon possède, grâce à l'initiative de MM. Rousse, Blay et Bertault\nune Société des Matinées Musicales,sur laquelle beaucoup de grandes villes pourraient prendre\nexemple, et qui donne au public de l'Ecole Normale d'instituteurs une excellente formation.\nM\"e Lucyle Panis vient d'y faire applaudir du Gluck et du Léo Sachs, et M. Arcouet\ndu Bach et du Liszt. ALa Rochelle, où Mme Mathé lutte pour la bonne cause la Société\nPhilharmonique demande à Plamondon du Méhul, à Geloso du Max Bruch, ce qui n'est pas\nmal, pour une société qui compte 98 ans d'existence. Un bon point pour le vénérable\nDr Drouineau !"}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.105", "texte": "ADMINISTRATION DE CONCERTS A. DANDELOT, 83, RUE D'AMSTERDAM\nSALLE ERARD : 13, RUE DU MAIL\nDEUX RÉCITALS DE PIANO\ndonnés par EMIL SAUER\nles» RÉCITAL\nMercredi 15 Février 1911, à 9 h. du soir\ni. Prélude et Fugue (ré\nJ.-S. BACH\nBEETHOVEN\nFR. SCHUBERT\nJ. MENDELSSOHN\nmajeur) ....\n2. Sonate op. 109\n3. a) Impromptu op. 90 n° 3\nb) Scherzo op. 16 n° 1\n4. Carnaval de Vienne\nop. 26 ... . R. SCHUMANN\n5. a) Barcarolle op. 60 >\nb) Nocturne op. 27 n* 1\nc) Etude op. 25 n° 12 >\n6. à) Etude. Caprice (édition\nPeters) ....\nb) Rêve Angélique .\nc) R àkôczy Marche\n(Rhapsodie n° 15) .\nPRIX DES PLACES : Fauteuil Réservé 20 frs.\nFauteuil de Première Galerie ler1er rang 8 frs. 2me\nFR. CHOPIN\nE. SAUER\nA. RUBINSTEIN\nFR. LISZT\n2me RÉCITAL\nMercredi 22 Février 1911, à 9 h. du soir\n1. Sonate n° 1 ré majeur E. SAUER\n(Motto: Ils marchaient en plein\nprintemps, baignes de Soleil.\n2. ci) Impromptu op. 14-2 n° 3 FR. SCHUBERT\nb) Prélude op. 104 n° 1\n3. Carnaval (scènes mig-\nnonnes op. 9) .\n4. a) Ballade op. 47\nb) Berceuse op. 57\nc) Valse op. 42\nSi oiseau j'étais\nb) Clair de Lune (redem.)\nc) Moto perpetuo en octa-\nves (Edition Peters)\n6. a) Sonette de Petrarcan°3\nb) Tarentella, \"Venezia e\nNapoli \"\nFauteuil de Parquet, 1™ série 10 frs. 2e série 6 frs.\nrang 5 frs. Fauteuil de deuxième Galerie 4 frs.\n}\nJ. MENDELSSOHN\nR. SCHUMANN\nFR. CHOPIN\nA. HEUSELT\nCL. DEBUSSY\nE. SAUER\nFR. LISZT\nBillets chez M.M. A. DURAND & Cie, 4, Place de la Madeleine. —L. GRUS, 116, Boulevard\nHaussman. MAX ESCHIG, 13, rue Laffitte. A la Salle Erard, 13, rue du Mail & à\nl'Administration de Concerts. A. DANDELOT, 83, rue d'Amsterdam.\n\nSALLE DES AGRICULTEURS : 8, RUE D'ATHENES\nDEUX AUDITIONS DE MÉLODIES\nde RENÉ LENORMAND\nlère Audition le Jeudi 26 Janvier, à 9 heures\nAVEC LE CONCOURS DE\nMlle Blanche Vallin, des grands Concerts de Lyon.\nMlle Suzanne Cesbron, de l'Opéra Comique.\nM. Rodolphe Plamondon, de l'Opéra.\nM. LUCIEN BERTON, professeur au Con-\nservatoire.\nM. DusKé.\nMme Patorni-Casadesus.\nMlle Juliette Laval.\nAu Piano : L'Auteur.\n2me Audition (date à fixer ultérieurement)\nAVEC LE CONCOURS DE\nMm#\nM. GEORGES MAUGUIERE\nAu Piano : l'Auteur.\nMELLOT-JOUBERT ï , .\n3EORGES MAUGUIERE J\nPRIX DES PLACES : Fauteuil lre Série :10 frs. Fauteuil 2niw Série : 6 frs.\nBalcon : 6 frs. Galerie : 3 frs. Entrée : 2 frs.\nLocation : A la salle des Agriculteurs chez M. M. DURAND & Cie, 4, place delà Madeleine. L. G RUS,\n116, Boulevard Haussmann. MAX ESCHIG, 13, rue Laffite & à l'Administration des Concerts.\nA. DANDELOT, 83, rue d'Amsterdam, Téléphone 113-25."}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.106", "texte": "Rouart, Lerolle Cie\nÉDITEURS DE MUSIQUE\n18, BOULEVARD DE STRASBOURG - PARIS\nLe plus grand abonnement de France\nservice : Maison GAVEAU, 45, rue de la Boëtie.\nTOWTE LA MUSIQUE en lecture\nReprésentation exclusive des Éditions Bélaïeff, Hansen,\nJurgenson, Universelle et Zimmermann.\nDépositaires exclusifs des œuvres de G. MAHLER\nIre SYMPHONIE EN RÉ MAJEUR\n2me SYMPHONIE EN DO MINEUR\n3me SYMPHONIE EN RÉ MINEUR\n4me SYMPHONIE EN SOL MAJEUR\nChaque piano à 4 mains . . net fr. 12\n„ petite partition d'orchestre net fr. 8"}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.107", "texte": "86\nS. I. M.\n\nDescendons jusqu'à Bordeaux. Là c'est un déluge de musique. Stc (encore elle\navec Pennequin donne une première d'lberia. Quo Vadis voisine avec Blanche Selva, Lazar.\nLévy avec Billard-Bonis. Le quatuor Gaspard^(Feillou, Yho et Rosoor) se lance dans le gra„.\nclassique. Le Cercle Philharmonique s'emplit et, à l'Alahambra, Fauchois célèbre Beethoven\nL'l Orphéon-Harmonie des Tramways de Bordeaux sous la direction de Candeau se met lui-mêi*.\nde la partie. Citons aussi l'excellente audition de MUe Bouillet.\nPlus saa;e est St. Jean de Lutz, qui aux classes d'ensemble de la %Ul\najoute une cîasse de piano sous l'autorité de Blanche Selva et sous la direction immédiate c\nMlle Genty, si vivement appréciée.\nA Limoges Mme Capoy, infatigable, triomphe encore, à côté du trio délicat t\nMIIeS Laval, Clément et Baillet. A Ghléret même, Leroux, Massenet, Guiraud, Gouno\nl'emportent sur Leoncavallo, grâce à l'habile initiative de M.. Fourat. Rien à dire c\nCarpentras, où un grand concours d'Orphéon se prépare, et où M. Simon a l'ingénier\nidée de composer une polka pour clochettes (ad libitum pour fanfare) intitulée la Clochelinet;:\nA Nimes on vise très haut. La Chambre consacre une séance à l'histoire de\nFugue, par Blanche Selva. La Société des Concerts du Conservatoire fait entendre la Maîtrise,\nla Cathédrale de Monaco, dans un répertoire de XVIe et XVIIe siècles, au milieu duquel,\nglisse Col Nidrei de Bruch, par Tagliapietra ! A Arles Mrae Franquin-Maurel mériterait c-\ntrouver plus d'empressement lorsqu'elle consacre un concert à un programme sévère. ;\nMontpellier, depuis que Bordes a disparu on hésite, et l'on compte surtout sur M. Gerva\net sur M. Perrin pour galvaniser un public un peu froid. La a cependa:\ndonné un belle audition et MIIe Selva a passé par ici avec la Sonate de Dukas, ainsi que ;\nquatuor Zimmer avec des œuvres très modernes.\nA Nice la saison s'annonce bien. Le directeur de Y Opéra M. Villefranck a su s'attache\nd'excellentes recrues, par exemple M. Jaume \" qui a, paraît-il, réellement des ut de poitrine\ndont aucun n'est esquivé \", et MM. Rouard, Galinier etc. Au Casino M. Miranne organiser\nsélections d'opéra. Même de Bruxelles nous vient ici l'orphéon des \" Artisans Réunis'\\i\nparfaite maîtrise. A Yières le Casino va rouvrir sous la direction de M. Lerey.\nAnnecy compte un musicien fort actif, M. Jean Ritz, qui non content d'organis:\nau Cercle Musical des festivals classiques avec Mlle Ritz, M. Cons et les dames de la Chor;\nMixte, met encore sur pied un grand concours international de musique en Italie lors c\nl'exposition de Turin au printemps prochain. Tous nos compliments à M. Ritz.\nLe public musical de Clermont-Ferrand possède un orchestre symphonique depi\ntreize ans déjà, dont M. Soulacroup soutient l'activité avec une persistance admirable,!\ndernier concert a fait entendre la charmante Set leur répertoire i\nvieux airs (Mlle Delcourt, MM. Bleuzet, Nanny, Desmont, Fleury, Michaux).\nRemontons à l'Est. Reims et les Concerts se paient comme pianiste Vince:\nd'lndy (Bravo Vaysman !), Nancy consacre un concert à César Franck (Bravo Ropartz!)\nEnfin au centre, à Angers, ville musicale par excellence, Rhené Bâton fait mervei:\net, dans un concerto de Corelli, une de ces œuvres que l'ennui accompagne généralement,\ntaille un succès d'émotion. A Poitiers Hollmann et Blitz se prêtent un mutuel appui. Et\nMans XAssociation des Artistes ravit le Nouvelliste de la Sarthe par son exécute:\nbrillante du Val d'lnspruck de M. de Schepper. A Moulins, Risler et Mme Batk\némerveillent.\nLyon et les Grands Concerts de Witkowski célèbrent dignement César Franck, a\nl'appui des chœurs de la Schola, de Mlle Vallin et de M. Thébaud. M.M. Reuchsel:\nentendre des œuvres anciennes. Mlle Selva et Risler, Mme Bazelaire, Mlle Baudot et l'excelk"}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.108", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n87\n\nvioloniste Maurice Faudray, Armand ferté, A. Tett,... Que sais-je encore! Tout le monde\nrivalise pour tâcher d'entraîner vers l'art le Lyonnais un peu réclacitrant.\nBelley, grâce à M. Baetz, entend un excellent concert, et la voix de MUe Brillat-\nSavarin, fort applaudie. Charleville a sa Philhar tout comme Berlin, et dirigée par\nA. Tridémy. On y goûte Rose Féart et Cros S 1 Ange, et un jeune violoniste dont il faut\nretenir le nom Ch. Roussel. A \"Vesoul, la gymnastique coudoie la musique; les amateurs\nchantent d'aimables chansons, et M. Lanzoni organise une fantaisie sur Martha pour quatuor ;\nle cor lui-même se met de la partie, et, au Chalet des Trompes une société dirigée avec\nautorité par M. Jobbard fait salle comble.\nTerminons par Oran. La direction du théâtre peu gracieuse a cru devoir ne pas\nadmettre les louanges possibles de notre collaborateur. (Nos lecteurs s'en consoleront-ils?) Mais\nBorodine voisine avec Rameau dans les séances du ce qui est plus intéressante\nCe petit tour de France en musique montre combien le plus subtil des arts se propage à\ntravers notre pays, et jusque dans les centres les plus éloignés. Il témoigne aussi presque partout\nd'une tendance vers la bonne musique, vers l'idéal, et vers ses interprètes les plus autorisés.\n\nBelgique\n\nBRUXELLES. Concert Dupin. Sous les auspices de la S. I. M. nous avons eu, le 13.\nDécembre, Salle Erard, une audition d'oeuvres de Paul Dupin.\nGeorges Dwelshauvers retraça l'existence pénible du musicien. Sa parole éloquente sut\ncommuniquer à l'auditoire, en grande partie composé d'artistes, la sympathie pour le créateur\nsans laquelle ne peut revivre vraiment une œuvre exécutée en public. L'Art de Dupin est\ncomplexe, comme celui des décadents. Sa technique, quoi que l'on en ait dit, n'atteste pas\nl'autodidacte. Ses faiblesses, viennent peut-être d'un souci exagéré de Mais qu'im-\nportent les artifices du langage, le verbe est ému, sincère et direct. C'est un aspect de la\nnature panthéiste de Paul Dupin que nous révéla son Il nous rendait des\nsoirs vécus, où les tristesses et les murmures pleuraient dans notre cœur, enivré d'espérance,\npourtant ! Invocation à F Enfant nous montre un autre sentiment, aux accentuations de vraie\npoésie. La sérénade à la mansarde est faite aussi de cet impressionisme et de cette émotion\nspontanée. Parfois, des duretés, des cris âpres, des révoltes, certain nous\nrappela les origines à la fois flamandes et bretonnes du musicien. Il se rapproche par endroits\ndes slaves frustes et sauvages, parce que sans doute sa plainte monte des entrailles du sol. Tout\ncela, conçu, réalisé en l'horreur du poncif, des procédés en usage, à l'exception de Bienvenue\n«u Petit,qui fait penser à Schubert. Les mélodies prennent couleur à l'accompagnement des\ncordes. Les quatuors bien construits, sont de sonorités pleines. On pourrait reprocher à Dupin\nquelque monotonie dans ses rythmes.\nLes interprètes avaient la Foi. Le quatuor Lejeune groupe des artistes de grande valeur,\nsavent s'effacer, en tant qu'instrumentistes, devant l'œuvre qu'ils jouent M. Remy Lejeune\npossède une fort jolie voix, mélodieuse et prenante. Et surtout, la fillette du compositeur, touchante\nt: sympathique, en sa robette simple, avec sa physionomie douce qu'aggrave parfois un pli\nolontaire. Le public ovationna l'auteur, et la soirée fut, vraiment, un gros succès moral, que la\ncritique a consacré.\nD'un très intéressant article de M. Samuprofesseur au Conservatoire Royal de\nBruxelles, président de la Fédération des syndicats musicaux de Belgique, dont la noble"}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.109", "texte": "88\nS. I. M.\n\nattitude, toute d'indépendance et de dévouement, fait notre admiration, nous découpons ces\nlignes dédiées aux musiciens belges :\n« C'est donc à nous-mêmes, ô confrères compositeurs, que nous devons nous en\nprendre si nous prêtons le flanc à toutes les attaques, à toutes les vilenies dont on\nnous abreuve, grâce au règne de l'ignorance et du snobisme. Nous drapant dans notre dignité\net forts de notre supériorité intellectuelle, nous dédaignons les coups et nous nous renfermons,\nchacun de notre côté, dans un isolement qui est l'unique cause de notre faiblesse et de notre\ninertie. Le moment ne serait-il pas venu de secouer enfin cette torpeur maladive ? QUe\nl'exemple de nos confrères étrangers nous inspire la confiance et la persévérance nécessaires\npour aboutir au résultat rêvé. C'est par suite d'un appui mutuel que les compositeurs français,\nrusses, Scandinaves, etc., sont parvenus à s'affirmer d'abord dans leurs pays respectifs et à\nfranchir ensuite les frontières. Sera-t-il dit que notre école belge contemporaine, si riche en\néléments de premier rang, se contentera éternellement du rôle modeste que la majorité peu\néclairée de notre public lui assigne à la remorque de ses sœurs européennes ?\nNous convions nos confrères compositeurs à venir étudier la raison d'être de notre force\nd'action et à appliquer à leur cause sympathique entre toutes, nos systèmes mûrement élaboré\net expérimentés.\nQue la Ligue des compositeurs belges,après s'être constituée sur des bases solides dans notre\npays s'efforce ensuite de fonder l'œuvre de Y expansion artistique, due à son initiative, et nous\nconsidérerons la plaie signalée plus haut comme définitivement cicatrisée.\"\nNous faisons nôtre le vœu de M. Samuel, et nous promettons à une\nteurs belges l'appui du S. I. M.\nANVERS. Concerts de musique sacrée. Exécution de Josuè. L'exécution de Josué de\nHsendel a valu un véritable triomphe aux concerts de musique sacrée et à son talentueux chef,\nM. Ontrop. Jamais il ne fut entendu à travers des chœurs aussi parfaits, un orchestre aus;\nsouple et homogène. Les solistes étaient de première valeur. Melle Verbena, Mrs Denys, Van\nOort et Van Son ont interprété les soli en chanteurs classiques hors pair. Ce concert, pars:\nmise au point irréprochable, et l'impression profonde qu'il a laissée, fait augurer pour le moi'\nd'Avril une exécution superbe de la Messe en si mineur de Bach. La saison prochaine cette\nvaillante société fête le dixième anniversaire de son existence, à cette occasion elle fera entendre\nFranciscus de Tinel et la Passion selon S 4 Mathieu de Bach.\nGAND. Concerts d'hiver. Voici des années que M. Edouard Brahy sème la bonne\nparole musicale à Gand, dans ces \" concerts d'hiver, \" dus à l'initiative éclairée de quelque\nvéritables amateurs d'art, et qui ont rapidement conquis la faveur du public au point de boni\nla salle du Grand Théâtre. Ce compréhensif et très sûr chef d'orchestre nous a donné des fête\nartistiques d'une haute valeur.\nNous n'avions pas encore entendu la symphonie en d'Hermann Gœtz, très répanduee:\nAllemagne, paraît-il, et nous l'avons écoutée avec une attentive curiosité. C'est une ceirc\nd'aimable inspiration, dont l'écriture probe et consciencieuse atteste une science consommé\nIl s'en dégage beaucoup de charme sans que l'on y soit frappé par de ces traits absolume:\noriginaux, révélant le génie créateur.\nLe prélude du Messidor de Bruneau est une belle page dramatique, bien connue, cornu\nl'ouverture de Rienzi.Notons le début, plein de promesses, de notre compatriote J. Jongen;»\nFantaisie sur deux no'ëls populaires (d'allure très profane, comme beaucoup de noëls) est d't\ntravail soigné et d'un coloris orchestral chaud et vibrant."}, {"page_pdf": 110, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.110", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n89\n\nLa partie vocale était réservée àla cantatrice berlinoise, Mme Tilia Hill. Elle chanta l'air\ntfOblronet ces cinq poèmes de Mathilde Wesendonck, mis en musique par Richard Wagner\nen manière d'études pour Tristan, qu'on ne peut entendre sans évoquer l'angoissant roman de\nla Colline verte à Ztirich.\nAu théâtre flamand. C'est un véritable festival d'opérette viennoise. Et dire que l'Etat\net la Ville subsidient ce théâtre pour favoriser l'art dramatique flamande !\nAu bénéfice du vaillant et talentueux chef d'orchestre, M. Oscar Roels, on a repris aussi\nune traduction, celle du Joli Gilles de Ferdinand Poise :\nOù est le temps où l'on jouait au théâtre flamand les opéras de Blockx ?\nAu Conservatoire. —Le premier concert d'abonnement était consacré à Mozart, et plus\nspécialement à la musique instrumentale du maître de Salzbourg, dont M. Mathieu, avait fait\nune heureuse sélection. Interprétation soignée et chaleureusement applaudie. Un succès tout\nparticulier a été réservé au nouveau professeur de flûte, M. Aug. Strauwen, les auditeurs sont\nsortis du concert ravis et très reconnaissants à M. Mathieu, l'éminent directeur du\nConservatoire.\nLIEGE. Nos diverses institutions musicales ont repris dès octobre leur coutumière\nactivité, sans aborder encore d'oeuvre nouvelle importante. Peut-être pourrait-on faire exception\npour M. Jules Debefve qui, dans les concerts qu'il dirige, a donné la symphonie en majeur\nde Balakirev. C'était un hommage au grand mort d'hier. Un hommage rare, car si Mily\nBalakirev est très connu, si les pianistes se sont emparés de quelques-unes de ses difficiles\nmerveilles, telle Islamey,les orchestres ont été jusqu'ici peu occupés de sa musique. Il reste le\ndm ex m*chinayle pédagogue un peu lointain du groupe des Cinq, dont l'influence se manifeste\nindirectement, plutôt par ses disciples que par ses oeuvres.\nSa symphonie en ut, fort bien écrite mais sans grand élan, a semblé moins colorée que\nles pages de Borodine ou de Rimsky. Sur un public peu habitué aux harmonies slaves, elle\nferait grande impression. A Liège, où dès 1885 M. Théodore Jadoul révéla l'œuvre de\nCui, de Borodine et de leurs amis, dont les oeuvres ont continue à émailler fréquemment les\nprogrammes, la surprise n'existe plus. Mais il reste le plaisir d'apprécier une oeuvre sincère et\nde belle venue et de faire connaissance plus intime avec l'un des grands noms, trônant dans\nl'actualité musicale.\nDans le même concert, on a applaudi, moins qu'il ne le mérite cependant, l'archet\nprestigieux de Hugo Heermann qui donna une version impeccable, mais un peu froide, du\nconcerto de Brahms. Au Conservatoire, M. et Mme Hensel Schweitzer furent fêtés en des\nsoli wagnériens et M. Henri Seguin partagea leur succès.\nLes concerts gratuits de la fondation Dumont Lamarche nous promettent d'intéressantes\nséances et déjà ils nous en ont donné deux, parmi lesquelles il convient de mettre hors pair\ncelle dont fut chargé le Quatuor Char lier.\nL'Œuvr e des Artistes a consacré une Heure de Musique à Henry Woollett, le compositeur\nHâvrois que l'on commence à apprécier un peu partout et qui, d'autre part, est imposé à\nl'attention du monde savant par son excellente Histoire de la Musique. Avec la collaboration de\nM. Charles Herman, violoniste et de Mme Marceline Herman, cantatrice, il a obtenu un\ndouble succès de compositeur et d'exécutant.\nDeux séances de la même société furent consacrées au XVIIIe siècle : l'une à la musique\npour deux violons Bach, Haendel, Pergolesi l'autre à Wilhelm Friedmann Bach dont\non fêta le bicentenaire et à Graun, l'auteur de"}, {"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.111", "texte": "90\nS. I. M.\n\nAjoutons à cette liste très incomplète, mais je ne cite que les séances d'un attra\nspécial ou d'une signification méritant d'être notée en dehors de Liège une excellen-\nexécution d'oeuvres modernes, entre autres des quintettes de Franck, par la groupe Pian;]\nArchets de Bruxelles.\nNous remettons au mois prochain la chronique théâtrale, les débuts de la saison n'ai>\nguère d'importance générale et les airs se trouvant encore très partagés.\nAccusé de réception : Echos des Pays-Bas ; chants populaires harmonisés par M. Alexand-\nBéon.\n\nDr Dwelshauvers.\n\nEtranger\nL'OPERA A LONDRES. C'est à M. Thomas Beecham, décidément que reviennent\ntous les honneurs de l'année. Non pas que les représentations données sous sa direction\naient été sans reproche, mais il a montré ce que peuvent faire à Londres un peu d'initiative e\npas mal d argent. Nous devons lui en être reconnaissants, sans toutefois nous croire obligés\ncomme la plupart des critiques anglais, de proclamer l'excellence de son orchestre et la\nperfection de ses chanteurs.\nCertes l'interprétation d'Elektra par des artistes telles que Mme Mildenburg et Miss Edith\nWalker ne mérita que les louanges, auxquelles Richard Strauss lui-même ajouta des remercie-\nments enthousiastes ; mais les autres opéras montés par M. Beecham ne furent remarquables\nni par le talent des musiciens, ni par la qualité des voix, ni par l'harmonie des décors er;\nun pays pourtant où la mise en scène s'affirme presque toujours admirable. Il semble sur-\nprenant que de tous ces opéras,~ le plus complexe et le plus difficile ait été le mieux rendu,\nSans doute M. Beecham avait-il donné à Elektra tous ses soins, sachant que Richard Strauss\nserait en prise aux interviewers et que les quotidiens s'extasieraient sur les détails pittoresques\nde la piece comme sur la difficulté de la partition : musiciens supplémentaires à l'orchestre ou\nvrais moutons sur la scène. Elektra triompha donc plusieurs soirs de suite, avec ou sans le\ncompositeur et malgré le prix augmenté des places.\nCependant la plus recente saison de M. Beecham donna des résultats artistiques bien\nmoins satisfaisants. Les Contes d'Hoffmann manquèrent de mystère romantique, Werther de\ncharme Massenetique, Shamus 0 Brien de verve irlandaise, les Noces de Figaro et VEnlèvement\nau Serail de style classique. A vrai dire, toutes les représentions furent sans \" atmosphère la\nplupart des chanteurs anglais ne brillèrent pas par ces qualités ou vocales ou scéniques que\nnous nous attendons à apprécier chez leurs rivaux de l'Opéra-comique, de l'Opéra ou de\nCovent garden, 1 orchestre trop nombreux alourdit ces œuvres légères de déchaînements\nwagneriens; les traductions, pénibles, ajoutèrent à la déformation générale et des artistes telles\nque Miss Maggie Xeyte et Mlle Alice Verlet ne purent qu'obtenir un succès personnel sans\nsauver un ensemble fâcheux.\nCes expériences tendent a prouver que l'Opéra-comique n'est pas près de s'implantera\nLondres, puisque les chanteurs anglais s'avèrent presque tous incapables de l'interpréter conve-\nnablement. Et c est la le point important de cette question qui fait chaque jour couler tant\nd encre . il n y a pas de chanteurs anglais parce qu'il n'y a pas d'opéra en anglais, et vice-versa;\nil n y a pas de raison pour que ça finisse. C'est à ce déplorable état de choses que M. Beecham\nvient de tenter de remedier. Il continuera ses essais en October à Covent Garden, puis plus"}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.112", "texte": "THEATRES ET CONCERTS\n91\n\ntard à Drury Lane, avec un programme comprenant : Boris Godounoff, La Dame de Pique, Le\nChemineau, Salomèet la Koangade M. Delius comme nouveautés, en plus des opéras qui\nforment le fond de tout répertoire sérieux qui se respecte.\nQuant à la dernière saison de Covent Garden elle fut ce que fut la saison précédente\n(sans doute ce que sera la saison prochaine). Mme Melba, Mme Tetrazzini et M. Sammarco\nnous y éblouirent à tour de rôle dans des opéras italiens anciens ou modernes, Pèllèas et Louise\nobtinrent leurs quatre représentations habituelles et la nouveauté de l'année, la cette\nfois, remplit deux salles sur la fin de l'été. Mais nous sommes habitués maintenant à toujours\nentendre la même chose au Royal Opéra, y compris les séries du avec Richter et des\nartistes allemands de moins en moins capables et de moins en moins célèbres.\nEn somme, le public élégant s'y rend, saison après saison, pour passer le soirée et écouter\ndes artistes admirables dans des rôles du répertoire, non pour y entendre de la musique. Et le\npublic musical va aux représentations de M. Beecham pour s'instruire et entendre des œuvres\npeu connues ou inconnues en Angleterre. Covent Garden est une tradition, M. Beecham une\ntentative. Quelles admirables soirées nous passerions dans un théâtre qui posséderait les étoiles\nde l'Opéra et le répertoire, de M. Beecham. Peut-être l'initative de ce dernier excitera-t-elle\nd'une noble émulation les membres du Syndicat de Covent Garden ? Souhaitons seulement\nque ces deux opéras rivaux, divisant un public il faut le dire restreint, ne se fassent pas tort\nmutuellement et ne ruinent pas pour jamais l'avenir de l'opéra à Londres.\nX. MARCEL BOULESTIN.\nODESSA. Odessa est au meilleur sens du mot, une ville très musicale, et cela tient\nen partie, à ce que la bonne moitié de la population de cette cité cosmopolite est composée\nd'lsraélites dont on connaît le goût inné pour les arts et pour la musique en particulier.\nL'étranger qui promène son regard au hasard de la lorgnette sur l'orchestre ou sur la bril-\nlante assistance qui envahit d'ordinaire l'opéra les jours de grands concerts, ne distingue partout\nque profils sémites, et se demande incontinent s'il ne serait pas tombe d aventure, en pleine\ncapitale du royaume d'lsraël. Antisémite, qu'il ferme les yeux, tout en prêtant une oreille\nattentive, il est sûr pour une fois, d'en avoir pour son argent !\nComme le faisait tout récemment remarquer ici même Mme Wanda Landowska, la\nprovince russe grâce à l'lnstitution créée par Antoine et Nicolas Rubinstein, sous le nom de\nSociétés Impériales de Musique,\" la province russe est mieux organisée pour la musique que la\nprovince française \". Toutefois, il est étonnant qu'Odessa n'ait que des écoles de musique, alors\nque des villes moins importantes comme Kieff, Zaroslavv, Rostoff, Tamleoff, Karkoff, Orel,\nWoronèje, Stavropole, Kasan, Astrakan sont dotées de magnifiques conservatoires. JLe soin\nd'assurer le succès de la saison musicale dans la ville illustrée par notre duc de Richelieu,\nretombe en entier sur la Société Impériale de Musique et sur l'initiative privée.\nLa Société Impériale de Musique, section d'Odessasous la sage et intelligente direction de\nson estimé président M. Orloff, organise chaque année sept ou huit grands concerts sympho-\nniques exécutés au grand théâtre de la ville, et une série égale de concerts de musique de\nchambre donnés d'ordinaire à l'école impériale de musique. Les troupes et les artistes de\npassage donnent en outre, au gré des impressarii, nombre de grandes et belles auditions qui\ntrouvent toujours un public fidèle et nombreux.\nLa saison musicale 1909-1910 a été particulièrement brillante.\nSans atteindre à la haute renommée des célèbres orchestres de St. Petersbourg et de\nMoscou, le grand orchestre d'Odessa jouit d'une excellente réputation. Il fait merveille sous la"}, {"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.113", "texte": "DÉSIREZ-VOUS CONNAITRE L'ADRESSE\nd'une Maison donnant en LECTURE non seulement de ]â\nMusique Française\nMAIS ÉGALEMENT ET SURTOUT\nToute la Musique Etrangère\nET MÊME DES\nPartitions d'Orchestre ?\nADRESSEZ-VOUS A\nM. 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J* Debroux (ire Séance)\nMu® R, Lénars et Mr J. Bizet\nM*\" Paul Aubert ...\n—La Quatuor Capet (3œe Séance)\nLe Quatuor P. Viardot . . .\n1— La Société des Compositeurs de Musique (ire\nM. Theodor Szanto ,\nLa Société Nationale de Musique (ire séance\nM\"e Breton Halmagrand (Elèves) , .\nM\"® Roger Miclos Battaille . ...\nMr Waël Munck\n-La Société de Musique Nouvelle . .\n- Mr Edouard Tourey (Elèves) ....\n- Mr Lucien Wurmser (Elèves)\n- Mr Lucien Wurmser (Elèves)\n15 Janvier. Grande Salle\n18\n19\n20\n23\n25\n26\n27\n28\n29\n30\n31\n16\n22\n29\nSalle\ndes Quatuors\n»\nSALLE DES AGRICULTEURS\n26 Janvier. Œuvres de M. René Lenormand\nij heures\n3 heures\n2\n3\n3\n3\n9\n3\n9\n9\nheures\nheures\nheures\nheures\nheures\nheures\nheures\nheures\n1 heure\n9 heures\n9 heures\n9 heures\n9 heures\n9 heures\n9 heures\n9 heures\n9 heures\n1 heure\n9 heures\n9 heures\n9 heures\n1 ha*re\n1 heure\n9 heures\n9 heures\nSALLE ERARD\n15 Janvier.\n16\n17\n18\n*9\n20\n21\n22\n23\n24\n25\n26\n27\n28\n29\n30\n31\nMlle PAULINE ROUX\nM. PHILIPP\nLE SOUTIEN\nM. SCHELLÏNG . . . .\nMlle HUGON . . . .\nM. BEDEL\nM. WAEL-MUNCK\nMmi ALVIN ......\nM. SCHELLING.\nM. EXPERT .\nMlle VELUARD\nMlle NOVAES\nCERCLE CATHOLIQUE DE LA VILLETTE.\nMM. NAT &KRETTLY\nMme MARECHAL-MOELLINGER . . . .\nM. LEDERER. . . .. . . , . ... .\nM. PHILIPP\nMatinée d'élèves\nAudition d'élèves\nConcert de Charité\nPiano\nPiano et Chant\nConcert de charité\nConcert d'Orchestre\nMatinée d'élèves\nPiano\nChant\nPiano\nPiano\nConcert de charité\nPiano et Violon\nMatinée d'élèves\nViolon\nPiano"}, {"page_pdf": 115, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.115", "texte": "94\nS. I. M.\n\nbaguette d'un Safonoff ou d'un Kaïanonce, mais en dépit des feuilles locales qui trahissent par\ntrop la décadence de l'admiration, il se relâche parfois et manque par instant de précision sous\nla direction quelque peu saccadée de son coryphée habituel M. P. I. Malichewsky, par ailleurs\ncompositeur de réel mérite, excellent disciple de Glazounow.\nLe célèbre maître d'orchestre de Moscou M. Safonoff, appelé à diriger les deux premiers\nconcerts de la saison, nous fit goûter entre autres compositions orchestrales, la sme5me symphonie\nde Tchaïkowsky, la sérénade en ré de Mozart, la cinquième symphonie de Beethoven et le\ndélicieux tableau symphonique : Le Printemps, de Glazounow.\nLe troisième concert dirigé par M. B. I. Malichewsky présentait comme pièce de fond,\nla 2e symphonie d. mol de Balakireff. De l'avis général, le quatrième concert fut remarquable\nentre tous, le célèbre compositeur finlandais P. Kaïanonce y donna la symphonie en ré bémol\nde César Franck et le Carnaval de Paris de Saint-Saëns.\nAvec le cinquième concert exécuté sous l'habile direction de M. Oscar Frida de Berlin,\nla Société Impériale de Musique célébrait le 50e anniversaire de sa fondation. Le concert\nsuivant dirigé par M. I. Malichewsky présente fort peu d'intérêt. Tout autre fut le 7e concert\nsous la direction du célèbre compositeur norvégien X. Sinding qui fit interpréter quatre de ses\nmeilleures œuvres : \"Ie symphonie en rè bémol op. 21 \", u Fortepiano-concert en ré majeur,\nop. 6\", \" Fatum thème et variations pour forte piano, œuvre particulièrement remarquable et\n\" Rondo infinito \" pour grand orchestre et fortepiano. M. K. Riccène tenait avec une\nextraordinaire maîtrise la partie concertante. Son jeu d'une étonnante précision mathématique\ntout en suscitant une chaude admiration, ne laissa pas cependant de paraître quelque peu\nvigoureuse à l'ensemble des auditeurs russes.\nDans le 8e et dernier concert symphonique, M. I. Malichewsky nous fit entendre avec\nquelque intérêt une de ses compositions non la meilleure sans doute, intitulée u2e symphonie\nnuptiale une \" suite \" pour grand orchestre d'A. Vichnégradsky, \" Poésie \"de Grieg et\n\"Trois palmes\", tableau symphonique oriental d'A. Cpendiarow. Bien que personnellement\nj'aie fort goûté cette dernière pièce, elle m'a donné lieu d'observer une fois de plus combien\nl'emploi judicieux de quelques-uns des rythmes originaux usités dans la musique des peuples de\nl'Orient, serait autrement caractéristique par lui-même, de la douleur locale, que le simple jeu\nrenforcé des instruments de percussion : Grosse caisse, tambour de basque, tymbales et cym-\nbales.\nSans avoir la même importance, les concerts de musique de chambre donnés par la\nSociété Impériale de Musique, n'en présentèrent pas moins le plus vif intérêt. On y interpréta\nde préférence des œuvres de Beethoven, Schubert, Grieg, R. Strauss, Tchaïkowsky, Gla-\nzounow, Rimsky-Korsakow et Borodine.\nLe plus beau succès de la saison revint à l'illustre ténor L. B. SobinofF dans un concert\nparticulier qu'il donna dans la grande salle de la Bourse d'Odessa où se pressaient près de trois\nmille personnes.\nSobinofF a la voix ultra sympathique ce qui est ici le suprême compliment. Cette\nsympathie vient de ce que cette voix est merveilleusement juste dans toute l'étendue de son\nregistre, d une souplesse parfaite, d'une pureté de timbre idéale qui en rend la portée\nprodigieuse. La diction du premier ténor de la Russie est impeccable, noble et simple à la fois,\nson interprétation musicale est classique dans toute l'acception et la beauté du terme.\nL'éclatant succès, ou pour mieux dire, le triomphe remporté en cette occasion par\nSobinofF dut lui être d'autant plus sensible qu'il avait à ses débuts, voilà quelques années,\néprouvé en compagnie de Chaliapine, les premières joies du succès sur le théâtre même\nd'Odessa. • ...."}, {"page_pdf": 116, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.116", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n95\n\nL'exposition industrielle et commerciale organisée cette année à Odessa, favorisa à\nmaintes reprises d'intéressantes manifestations d'art musical. Un excellent orchestre de\nVarsovie sous la direction d'un maître des plus judicieux : M. P. C. Térépentiew, donna trois\nmois durant, sur le terrain même de l'exposition, une série de concerts symphoniques vérita-\nblement remarquables. Je regrette de ne pouvoir en dire davantage, par la raison que je n ai pu\nles suivre régulièrement, le comité d'organisation composé en majeure partie d'israelites, ayant\njugé de son intérêt de faire bon marché des us et coutumes internationales, en récusant, même\nsans forme, ma carte de membre correspondant de l'l. S. M.\nDRALLO-BING.\nBUDAPEST. La saison musicale à Budapest est marquée, cette année, par la visite\nde plusieurs compositeurs et virtuoses célèbres : après Richard Strauss, Ernest Dohnanqi,\nRachmaninoff, Claude Debussy nous a donné, le 5 décembre, un grand concert. Il était\nattendu avec une prodigieuse impatience, et cela ne surprendra point ceux qui connaissent le\ngoût des Hongrois pour tout ce qui est <c moderne, \" qu'il s agisse de musique, de peinture,\nd'architecture ou de poésie. De fait, on remarquait, dans la salle, a cote des innombrables\nmélomanes pestois, une cohorte de jeunes peintres desireux de connaître une musique qu on\nleur avait dit être \" impressionniste\" comme leur peinture.\nLa salle de la Redoute, qui peut contenir 1500 personnes, était bondée. C'était une dure\népreuve pour la musique de Debussy qu'une audition dans une salle aussi haute, aussi déme-\nsurément vaste. . r -v 1\nLe grand succès de la soirée fut pour le quatuor en sol mineur, exécuté par le quatuor\nWaldbauer. Son chef, M. Emeric Waldbauer, fils d'un musicien distingué de Budapest, n'a\npas dix-neuf ans ; MM. Molnâr et Temesvâri second violon et alto ne sont guère plus\nâgés ; le doyen de la troupe, M. Kerpély, violoncelliste, vient d'avoir tout juste vingt-cinq ans.\nLes applaudissements interminables qui ont accompagne la fin du conceit ont ete suiv.s\nde la scène qui attend toutes les gloires étrangères à Budapest : la quête de l'autographe.\nM. Debussy a été assailli par toute une bande d'admirateurs, armés de stylographes et de\ncartes-postales, qui le suppliaient de leur accorder les honneurs de sa griffe. \" Ils sont trop .\ns'écria le maître, et il s'enfuit éperdument, poursuivi par les stylos. Ce fut une verita e\nchasse : il n'y manquait que des fanfares de trompe.\nJ HUBERT MORAND.\nNEW-YORK. Pour la première fois, un grand compositeur. Puccini, a donné à\nl'Opéra de New-York la primeur d'une de ses œuvres :\n\nGUITARE\nM\"* B. DORE\nÉLÈVE DE MIGUEL LLOBET\nLeçons Cours Ensemble\nSpeaKs english Habla espanol\n8, Rue Furstenberg Vie\nTéléphone 829.80 PARIS. 28, Rue Demours. XVII».\nMIGUEL LLOBET\nGuitariste virtuose\nde la Cour d'Espagne\nCONCERTS\nLEÇONS"}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.117", "texte": "96\nS. I. M.\n\nC'est aussi la première fois qu'un étranger prend pour thème un scénario américain, '\ntexte est en effet emprunté à un mélodrame de l'Américain Belasco, traduit par des librettis-.\nitaliens. Le prix des loges avait été doublé. C'était Caruso qui jouait le rôle du cowboy outl;\nJohnson. Voici le sujet de cet opéra :\nUne jeune fille aime le criminel Johnson. Elle se sauve. Galopade effrénée dans la for;\ncoups de feu, etc., tout cela très réaliste, rappelant plus le cinématographe que l'opéra. En;\nscène de lynchage par des mineurs. Minnie sauve son amant en promettant aux lyncheurs qu'\nse réformera. L'enthousiasme des Américains a été énorme. On a remis à Puccini,\nloge qui était décorée de drapeaux italiens et américains, une couronne en argent.\nHumperdinck donnera également une premièrt ici, et propablement aussi Mascagni.\nOVIEDO. Nous aurons bientôt la joie d'entendre Vines, Maria Carreras, le tr\nH. Hermann, le quatuor Rosé, Casais, Granadez et l'orchestre symphonique de Madrid dirij\npar le maître Arlos.\nSARAGOSSE. Le trio Holandes, le pianiste H. Bauer, le violoniste A. Fernandt\nBordas ont prêté leur concours à deux concerts donnés par la Philarmonique au Grand Théâtre\nMADRID. Grâce à l'initiative de M. Cecilio de Roda, des concours ont\ninstitués pour récompenser les efforts dispersés des musicologues et des compositeurs espagnol\nC est ainsi qu'Arregui et de la Vina ont eu des prix de 2000 pesetas, pour des œuvres sympht\nniques, ainsi que le modeste musicologue Agejas, pour son exégèse et son édition du \"vihuelista\nLuis Millan.\nDeux pianistes, l'un virtuose : Moritz Rosenthal, l'autre, apprenti : Adolph Borschke,sot\nvenus charmer les belles Madrilègnes, et désespérer les musiciens. Le trio Pichot-Costa, aii\nde Maria Gay, joua un peu de vraie musique. Maria Gay a interprété, à l'opéra. Carmcr.\nOrphéa et Dalila.\nCADIX. Vorchestre §ymphiniqneexécute la Petite Suite de Debussy qui reçoit à\npublic un accueil enthousiaste.\nMILAN. Ida Isori et Paolo Litta partagent leur triomphe avec M. Ysaye et le la:\nd'Amour de Litta est acclamé.\nBERLIN. Du 18 au 24 janvier un festival Théodore Dubois sera organisé ici pi'\nH. Marteau, qui jouera le concerto pour violon du maître."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.118", "texte": "Cours et Conférences\nSOCIÉTÉ FRANCO-JAPONAISE. La telle était le\nsujet d'une conférence donnée par la S. F.-J. le mois dernier, dans la salle de la Société d'en-\ncouragement. M. Ch. Leroux, actuellement directeur de l'Harmonie des Mines de Blanzy\nétait bien désigné pour traiter un tel sujet : membre de la Mission Militaire Française au\nJapon, il avait recueilli des renseignements précis sur la musique Japonaise qui, comme on le\nsait, est resté purement monodique. M. Leroux expliqua les rapports de cette musique avec\nl'astronomie, sa notation très spéciale, ses diapasons ; il présenta les différents instruments\nusités en musique classique, le \" chô \" orgue portatif à dix-sept tuyaux, les guitares \" Béwa \"\net \" Shamizen \", les instruments à cordes frappées \" Koto \", les flûtes \" Shukuhacai \" et les\ninstruments à percussion. Un concert suivit cette conférence ; on entendit le Kimigayo, air\nnational japonais, deux, pièces recueillies aux concerts de la Cour, intitulées et\ngrâce au gramophone, on put se faire une idée de la Musique de chambre. Lés oreilles occi-\ndentales ne sont pas exercées à ces musiques et certaines d'entre elles qui ont pour les Japonais\nun caractère dramatique et terrifiant nous font sourire. A la fin de cette intéressante séance,\nun film d'art fit passer sous les yeux des spectateurs les couleurs chatoyantes des costumes des\nacteurs Japonais.\n* *\nA l'Union Chrétienne à eu lieu, a l'occasion de Noël une très intéressante conférence\nde M. Maury sur les Noëls populaires encore en usage dans certaines parties de la France.\n*\n* *\nINSTITUT GÉNÉRAL PSYCHOLOGIQUE. Notre collègue M. Lionel Dauriac\na commencé la série de ses entretiens sur 1 intelligence et la culture musicales. Les 14 et 21\nDécembre il démontrait la \"Réalité\" de l'intelligence musicale ;le 11 Janvier il parlait des\n\" troubles du langage musical"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.119", "texte": "LA HAYE SALLE DILIQENTIA\nMERCREDI 1\" Février 1911\nProgramme de la 3me Séance de Sonates\ndonnée par M. CH. VAN IBTERDAEL, violoncelliste\navec le concours de M. WILLEM ANDRIESSEN, pianiste,\nprofesseur au Conservatoire de la Haye.\nSonate n° 2 op. 58 de Mendelssohn.\nSonate en sol mineur de Bruno Mugellini.\nSonate op. 22 de Joseph Ryelandt.\n\nÉditions M. Senart, B. Roudanez et Cie PARIS\nSiège Social : 20, Rue du Dragon Vente au détail : 9, Rue de Médicis\nCHANTS DE FRANCE ET D'ITALIE\nPubliés sous la direction artistique de\nHenry Expert\n\" exécutés aux Concerts Historiques de l'Opéra Comique \"\nChansons Mondaines\nharmonisées par\nEmile Desportes\nMa bergère est tendre et fidèle\nN'oubliez pas votre houlette\nLa Bergère fileuse\nPuisque ma bergère\nViens charmante Annette\nJe ne connaissais point l'amour\nAmants qui près d'une maîtresse\nLoin de vos yeux je soupire\nPhilis, le long de la prairie\nMon père m'y a marié\nchaque 0.50 fr.\nAirs de Cour\nréduction au Clavier par\nHenry Expert\n\"de Boesset \"\nPhilis vous avez tant d'appas\nDivine Amarillis\n\"de Guedron \"\nBeaux yeux les doux vainqueurs\nhé, pourquoi n'oserai-je pas\n44 de Tessier \"\nDancez devant ces beaux yeux\nBrouttez Camusettes.\nchaque 0 50 fr.\n\nCONSERVATOIRE DE LAUSANNE\nINSTITUT DE MUSIQUE\nClasses Normales Classes de Virtuosité. Classes secondaires et primaires\nDIPLOMES OFFICIELS\nDéfJVßîfrS SOUS LES AUSPICES ET LES SCEAUX DE L'ÉTAT ET DE LA VILLE\nRenseignements; Mr. J. NICATI, Directeur.\nH 13291 L"}, {"page_pdf": 120, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.120", "texte": "A Travers les Revues\n\nL'AVENIR DE LA MUSIQUE ANGLAISE. Si l'on en croit M. Francis Toye\n(English Review, Octobre 191 o) il est des plus brillants :\" La musique anglaise a beaucoup\nde qualités, des défauts aisés à corriger. Il est difficile de voir à qui l'avenir appartient si ce n'est\nà nous. Nous n'avons besoin que de confiance en nous-mêmes\". En effet, M. Toye estime\nque des deux pays considérés comme prééminents en matière de musique, l'Allemagne et la\nFrance, le premier \" ne doit sa réputation qu'à l'accident d'avoir jadis possédé tous les plus\ngrands noms de l'histoire musicale, si bien que le public ébloui ne voit pas la banqueroute de la\nmusique allemande moderne La France au contraire \" peut s'enorgueillir de la plus belle\nécole qui soit aujourd'hui... Mais il ne manque pas de signes montrant que sa gloire est à\nl'apogée \". Sa musique est peut-être trop \" spéciale \" et peut aboutir à une impasse. Mais le\npire est qu'elle reste trop loin du peuple, n'est écrite que pour une minorité d'amateurs. La\nmusique anglaise n'a point ce défaut d'être trop raffinée. Elle devient profondément nationale,\net M. Toye laisse entendre qu'elle ne fera que croître et embellir. Il ne traite des autres écoles\nque par prétérition.\nLA CRISE DU THEATRE LYRIQUE. M. Maurice Kufferath, en qui s'ob-\nserve la combinaison fort rare du sens artistique et du sens commun, diagnostique avec clair-\nvoyance et sans ambages les causes du mal [Guide de Décembre) :\n\" Le malheur est que beaucoup de nos jeunes dramatistes lyriques, et je n'en excepte ni\nles allemands, ni les belges, ne sont qu'intéressants. Leurs partitions sont bien écrites sou-\nvent, elles ont des parties charmantes, curieuses captivantes ; mais voilà : elles manquent de\nsouffle, de verve, de caractère.\n\" A la plupart fait défaut cette chose essentielle, sur laquelle tout récemment un auteur\napplaudi, M. Alfred Capus, insistait avec tant de raison : le métier théâtral. Musiciens, ils le\nsont; mais il ne savent pas, il ne se doutent pas de ce qu'est le théâtre. Ils travaillent en cham-\nbre, sans se soucier de ce que l'atmosphère de la scène fera de leurs créations. Presque tous\nmanifestent même un mépris souverain pour les productions de leurs prédécesseurs ; ils les\nignorent de parti pris et se vantent de n'être jamais allé voir ni Faust, ni Les Huguenots, ni\nGuilliaume Tell, ni La Juive, ni les drames de Wagner. Il est de bon ton, dans quelques\ncénacles, de manifester le plus parfait dédain pour le théâtre qui ne serait qu'une forme infé-\nrieure de l'art poétique et musical. Et ainsi presque toujours, sous des partitions d'une valeur\nquelquefois supérieure, se place un poème dramatique mal bâti, mal développé, où rien n'est\npréparé, d'où la vie est absente et qui fatalement ne produit aucun effet. Une fois épuisée la\nsympathie des amis et celle des amis des amis, c'est le vide dans les salles. La foule ne suit pas,\nelle se dérobe et elle a raison, car ceux qui lui parlent n'ont rien à lui dire ou, s'ils ont quel-\nque chose à dire, ils le disent gauchement ou incomplètement. A10r5...! \"\nA PROPOS DE FRANZ LISZT. Le Musical Standard (24 Décembre) publie\ndes extraits fort malicieux de l'Autobiographie de M. Emil Sauer, où les leçons données par\nLiszt à Weimar (en 1884 et 1885) sont alertement décrites. L'auteur reproche à Liszt trop d'in-\ndulgence pour les jolies élèves, pas mal de sévérité pour ceux qui ne jouaient point de sa\nmusique à lui, et trop de complaisances pour les fruits secs des Conservatoires. Seuls ceux dont\nl'éducation technique était complète pouvaient, dit M. Sauer, profiter des conseils que donnait\nLiszt à cette époque."}, {"page_pdf": 121, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.121", "texte": "100\nS. I. M.\n\nDans le précédent numéro, M. Georges Lowe fait l'éloge des trop\ndédaignées, dit-il, par la critique.\nLA MUSIQUE BELGE MODERNE. M. Charles Van den Borren\n17 Novembre et 4 Décembre) nous parle de cette musique, qu'il est bien placé pour connaître\navec clairvoyance et impartialité.\nLE MACBETH DE M. BLOCH. Les comptes-rendus parus depuis la date où\nj'arrêtais ma dernière chronique ne nous révèlent aucun partisan nouveau, et sonnent pour la\nplupart la même note. Dans le Journal des Débats,M. Jullien se montre sévère pour \" les amis\nqui ont conduit le jeune compositeur à un aussi complet échec \".\nIl est vrai qu'une note du Journal remet les choses au point et donne une leçon bien\nsentie aux détracteurs :\n\"Le propre d'une oeuvre aussi nouvelle, aussi profondément étrange que est de\n\" soulever des polémiques parmi les connaisseurs. Les uns, au nom de principes techniques, s'en\n\" prennent à la structure de l'œuvre ; les autres, moins savants, s'en prennent au sujet qui,\n\" disent-ils, n'est pas musical; les autres, enfin, applaudissent et se laissent conquérir par l'œuvre\n\"et sont tout à l'émotion qu'ils ressentent. Ces polémiques, fort courtoises et pacifiques, du\n\" reste, se sont renouvelées, avant-hier soir, à l'Opéra-Comique, où était donné\n\" pour la première fois en spectacle hors de l'abonnement. Jamais on n'avait vu salle plus\n\" vibrante, plus impressionnée. La plupart des spectateurs s'accordaient pour reconnaître que\n\"la musique que M. Ernest Bloch a écrite sur le livret de M. Edmond Fleg est lyrique,\n\" combien le procédé y apparaît peu et combien surtout la partition est le contraire d'une\n\" partition savante. Etc...\"\nAllons, tant mieux, tant mieux !\nUN NOUVEAU CONFRERE. A Moscou vient de se fonder Musique, hebdo-\nmadaire, sous la direction de M. Vladimir Derjanowsky, qui a rendu de bons services à la\nmusique, et en particulier à la musique française moderne. Tous nos vœux !\n\nM.-D. Calvocoressi.\n\nonri A /I Vmnl 01 • Un ieune musicien expérimenté, élève\nV» VJI.AXAVPA • JE VINCENT D'INDY, ayant suivi les\nCours de la Schola Cantorum de Paris, et ceux du Conservatoire de Lausanne (violon et piano),\ndemande emploi de Chef d'Orchçstre auprès d'une Société Symphonique, d'un Casino, ou d'une\nChorale. Se contenterait de 1.000 frs. pour débuter. Ecrire: \" A.F.St.\" au Konzertbureau, Emil\nGutmann, Munich, Theatinerstrasse, 38.\n\nApplication\nraisonnêe des\nmeilleurs procédés\npédagogiques\net techniques\nemployés par les\ngrands maîtres\ncontemporains\nfrançais\net étrangers•\n\nLEÇONS de PIANO\nVIOLONS, SOLFÈGE HARMONIE\nPAR CORRESPONDANCE\nCOURS SINAT\nRue Franklin,s, PAR"}, {"page_pdf": 122, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.122", "texte": "Courrier Financier\n\nLe vieux dicton assure que \" la musique adoucit les moeurs. \" Les lecteurs de S. L M.\nont bien le droit de revendiquer cette heureuse influence.\nUne revue ne doit pas être pour son lecteur un bréviaire exclusif et si, à l'époque compliquée\noù nous vivons, la spécialisation est devenue une règle essentielle, du moins ne doit-on pas\nexclure toute incursion dans un domaine étranger à la matière que l'on traite. Nos lecteurs ne\nnous en voudront sans doute pas de leur donner quelques indications générales sur un sujet\nd'une importance certaine puisqu'il intéresse directement leurs ressources pécuniaires.\nD'ailleurs, quel est celui d'entre eux qui ne possède pas dans son portefeuille une obligation\nCommunale ou un quart Ville de Paris, avec l'espoir de décrocher un jour le gros lot, qui le\nmettra définitivement à l'abri des nécessités journalières ?\nNous avons donc l'intention de publier tous les mois, non pas une de ces revues\nsavantes qui tranchent définitivement les questions ardues, mais une causerie amicale, dans\nlaquelle nous tiendrons nos lecteurs au courant des mouvements financiers et de\nMarché. Il va sans dire qu'une revue mensuelle ne saurait avoir la précision absolue d un\narticle journalier ; du moins pourrons-nous leur donner une indication générale et, a 1 occasion,\nquelques conseils qui, nous l'espérons, pourront leur être utiles.\nPrécisément, la fin de l'année 1910 — qui se termina sur d et\nles premiers jours de Janvier 1911, ont été marques par un marche actif piesageant bien les\ndispositions de la Bourse. Le fait est d'autant plus notoire que ce regain d activité s est justement\nproduit en pleine \" trêve des confiseurs \" c'est-à-dire pendant cette période de calme qui\ncommence vers le milieu de Décembre pour se clore a 1 echeance des coupons de Janvier. On\na fait quelques affaires, parfois même des affaires actives par rapport au peu d amplitude des\ntransactions précédentes.\nL'indication est bonne parce que 1910 avait été caractérisé par le développement e a\nreprise économique et financière qui ne s'était que dessinée en 19°9» aPr^s deux années de cr^se.\nL'activité qui s'est manifestée d'une façon spéciale dans l'Industrie, est caractérisée par la\nprogression des chiffres de production de la houille et de la fonte et par le développement au\nCommerce Extérieur qui enregistre une augmentation de 5 à 6 °/0 pour les onze premiers\nmoisdei9io. ,\nDe même, le trafic des Chemins de fer eut accusé une plus-value a celle de annee\nprécédente s'il n'avait été momentanément arrêté par la grève que l'on sait et la crise des\ntransports qui l'a suivie. . . .,\nEnfin, les émissions ont été fort nombreuses ; remarquons que la caractéristique boursière\n! de 1910 est l'abandon presque complet du Marché par la spéculation au profit des transactions\nau Comptant. . , - . ,\nSans rien présager pour l'année 1911 — car il est toujours délicat de aire es pronos ics\n— il nous sera permis de constater que la situation politique internationale ne suscite aucune\nappréhension sérieuse. Le double système de la triple alliance et de la triple entente constitue\nune base solide à la politique internationale et si l'on a pu craindre un moment que la mort\nd'Edouard VII — diplomate de haute lignée — ne vint rompre l'équilibre européen, du\nmoins la nomination à la Chancellerie de Berlin, de M. de Bethmann-Hollweg, fut le signal\nd une politique conciliante."}, {"page_pdf": 123, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110115-01.1.123", "texte": "102\nS. I. M.\nTous droits réservés pour tous pays y compris la Scandinavie et l'Extrême Orient.\nMARCEL FREDRT.\nImpr. par THE ST. CATHERINE PRESS LTD. Bruges, Belgique.\n\nIl est propable qu'au point de vue du jeu des forces naturelles, l'année qui s'ouvrç\npourra être moins favorisée que celle qui vient de s'écouler. Dans ces conditions, la reprj\ncommencée depuis un an, nous semble posséder tous les éléments possible pour se poursui\nsans incident.\nSociété Auxiliaire des Banques Régionales,\nA, 9\n34, rue de la Victoire, Paris."}]}