{"numero_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_sha256": "72354dfa84dbe9befa91afe9cdbfed336e3512e2f232b5d4b16210527fc4ff14", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1911/02/15_01/bmtnabh_1911-02-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1911/02/15_01/bmtnabh_1911-02-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c002", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.2", "titre_corps": "J LÉONARD DE VINCPMUSICIEN, PAR J. 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Dans le langage du second Faust on l'appellerait le\nmagicien, et Prospero semble son portrait, car il prononce à chaque\ninstant cette fameuse conjuration des Quatre, qui commande aux gnomes\ncomme aux ondines, aux salamandres comme aux sylphes. Le même\npersonnage a trouvé la théorie des fossiles, celle de la combustion, il a\nanalysé le mouvement de l'eau, il a tenté la conquête de l'air.\nEt notre étonnement deviendrait de la stupeur, si nous possédions\ntoutes les notes de cet être prodigieux, qui depuis l'an 1519 se sont\nperdues et dont cinq mille pages seulement ont été conservées. En con-\ntemplant l'universalité de Léonard, il taut se souvenir qu il lut surtout un\nartiste. Ses recherches ont leur point de départ dans une préoccupation\nd'appliquer chaque science aux arts du dessin. Définissant le peintre,\nl'homme universel, et réalisant en lui-même cette conception, il a étudié la\nmusique dans son sens monumental, c'est-à-dire au point de vue de\nl'acoustique.\nOn trouve de nombreuses notes sur le mécanisme sonore :\n318. Les sons s'éloignent de leurs causes par des mouvements\ncirculaires, en les gardant toujours pour centre. {A. 61, r.)\n\ni Toutes les citations sans références sont prises des 14 chapitres du éditeui)"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.4", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2215, "texte": "319- Tout coup frappé saute eun i,.\nla percussion.\n320. Le son retourne a l'oreille par une oblique semblable a la hn.\nd'incidence : il est réfléchi comme le rayon i\nLe principe qui guide le grand physicien dans sa recherche est\ncelui-ci : (\n\"La proportion se trouve non seulement dans les nombres «\nmesures, mais dans les sons ' ' (K. 49, 2.)\nOn pourrait multiplier ce genre de notes, sans grand intérêt. Le>\ncroquis parlent plus explicitement que les griffonnages. Ils établissent utv>\ndécouverte du Maître dont on ne pouvait pas s'apercevoir, avant ce-\nderniers temps.\nJe ne crois pas abuser du terme, en l'appliquant au renouvellement\nd'une invention antique, d'autant plus qu'elle se trouve ici, comme un effort\nd'adaptation aux mœurs modernes.\nLe manuscrit B nous montre un (p. 52, r.),^\nthéâtre pour entendre la messe.Ces désignations sont de la main du Vinci,\nLe premier offre l'aspect de la scène athénienne, le second place l'autei\nau centre de quatre hémicycles. Au manuscrit ASH. 1 se rencontre\nencore \" un lieu pour prêcher. \"\nCe n'est pas l'occasion de faire valoir l'originalité de cet aute!\npyramidal au centre de quatre hémicycles, qui présente comme une\nheureuse réalisation du haut-lieu (bamoth) du temps primitif. Tout 1e\nmonde a remarqué que le seul défaut de la sublime cathédrale rçside dans\nla quasi invisibilité de l'officiant, pour la plupart des fidèles. Le théâtre\npour prêcher a une véritable importance musicale que les représentation!\nde plein air ont démontré. Il n'existe pas au monde une salle comparable\npour l'acoustique au monument d'Orange. Un orateur de voix ordinaire, *\nmais articulateur, s'y ferait entendre, sans effort, de dix mille personnes: ce\nqui est à peu près impossible dans une église de la chrétienneté, ou dans\naucune salle connue.\nEt chose singulière, ce fameux mur, qui fait table d'harmonie àla\nvoix parlée, qui l'épouse, la colore, l'amplifie, dénature le chant, '\nl'amincit et ne lui conserve pas, ce qu'on appelerait en peinture, ses valeurs,\nIl en est même pour le quatuor qui s'émiette et pâlit. A Béziers, par\nexemple, vingt harpes ne valent pas autant de cigales, pour la quantité\n\n1 Textes choisis de Léonard, p. 156. (Mercure de France)."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.5", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2544, "texte": "sonore, tandis que les instruments soufflés, cuivres ou bois, gardent, avec\nl'individualité de leur timbre, une réelle puissance. J'ai fait exécuter à\nl'Amphitheatre de Nîmes, une marche des mousquetaires pour hautbois\nqui dans la petite salle de la répétition, parut la plus mince chose du monde;\net dans le colossal monument elle soutint sans paraître mièvre, un\ndéfilé de cent cinquante figurants, parmi un décor de dix-neuf mètres de\nhauteur. Ces constatations expérimentales, que des spécialistes un jour\nréduiront en lois d application pratique, restent pour l'instant des curiosités.\nToutefois le conservatoire de l'avenir n'attribuera pas la même salle à la\ndéclamation et à la polyphonie, en vertu de ce fait constaté qu'à Orange\nle récitatif de Gluck qui se rapproche beaucoup du ton de la tragédie\ns'épanouit magnifiquement, là où le cantabile avorte, sans effet.\nOn est excusable de propos rompus en ce chapitre, l'acoustique\npratique n'ayant pas de lois connues, du moins de nos architectes.\nL'invention de Léonard pourrait se formuler ainsi : La forme\narchitectonique la plus propre à faire parvenir la voix parlée à un grand\nnombre d'auditeurs est celle du théâtre attique : c'est-à-dire l'orateur ou\nl'acteur en contrebas d'une disposition de gradins en hémicycle. Ce qui\nest exactement le contraire de la disposition habituelle où l'orateur sur-\nplombe un auditoire au rez du sol. On objectera qu'il s'agissait dans\nl'antiquité d'un spectacle hypètre. Autant que l'expérience peut être\nconcluante dans une salle vide, j'ai retrouvé au théâtre Palladio de Vicence\net au théâtre Farnèse de Parme les deux seules imitations du théâtre\nancien couvert, les mêmes qualités acoustiques d'Orange.\nLéonard attentif à tout, note le 8 avril 1502 : \" Qu'on fasse une\nharmonie avec les diverses chutes d'eau, comme tu as vu à la fontaine de\nRimini (L. 78.)\nAilleurs il s'occupe des vases sonores (L. 63, r.) ou plus exactement,\ndes vases acoustiques (echea) dont le goulot était tourné de façon à\nrecevoir et à renvoyer l'onde sonore. Dès le XIe et jusqu'au XVIIe, on\ntrouve, surtout dans les voûtes, ces pots acoustiques qui ne sont pas de\nfacture spéciale mais des poteries ordinaires de la région. Le Maître, selon\nson habitude de perfectionner ce qu'il étudiait a cherché une forme\nappropriée à la destination.\nUne ligne suffira pour témoigner de l'enthousiasme du Vinci :\n\" Après la musique vient la sculpture, art très digne, mais non de telle\nexcellence, ni tant de génie que la musique \". Le désintéressement qui"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.6", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2460, "texte": "préside à cette opinion augmente sa valeur, car nulle part Léonard ne se\nflatte de ses talents musicaux tandis qu'il se prétend, et peut-être à tort,\naussi grand sculpteur que peintre.\n\" Il est possible de connaître avec l'oreille la distance d'un coup de\ntonnerre, en voyant son éclair, par la ressemblance de la voix avec\nl'écho\n\" Le coup frappé ressaute, en arrière, par un angle égal à celui delà\npercussion. L'oreille reçoit les voix diverses par des lignes droites, courbes\net brisées, et aucune torsion ne peut empêcher son office. \" (Ap. 19, r.)\nEn divers passages il note les moyens d'entendre sur la mer\nl'approche des navires, sur terre le creusement d'une mine et se préoccupe\nsouvent de l'écho et des répercussions sonores.\nIl existe au musée Arlaten un bizarre instrument que Mistral\nappelle le Bramabioii(brame bœuf) et que Léonard décrit ainsi :\n\" Si tu prends un petit vase sonore et si tu le couvres d'un parchemin\nde veau mouillé, et lorsqu'il sera sec si tu y enfonces une petite corde\ncirée, et que tu la retires avec un gant ciré au moyen de ce qui enduit le\ntrou des ruches, tu entendras un bruit étrange. (A. Institut, p. 52, verso.)\nLe manuscrit H nous montre un archet de viole (28, r. et v.) On\ntrouve ailleurs le croquis d'un tambour de fête.\n\" Pourquoi as-tu mis la musique parmi les arts libéraux ? Ou efface\nla, ou mets y la peinture ! \"\nRien n'irrite aussi constamment le Maître que l'idée d'une concep-\ntion manuelle de la peinture. Il veut lui conquérir la qualité d'art libéral\npar excellence et il plaide contre les autres arts, sauf contre la musique.\n\" subordonnée à l'ouïe qui vient après l'œil \". Elle semble l'avoir charmé.\nLe langage Leonardien manque de rigueur, comme la langue\nitalienne elle-même. Certains mots ont plutôt besoin d'identification que\nde traduction. Ainsi faudrait-il préciser ce que le Maître entend par une\nproportion harmonique. Cela me paraît être les parties de la polyphonie\nvocale qu'il envisage, lorsqu'il dit : \"Notre âme est faite d'harmonie et\nl'harmonie ne s'engendre que de la simultanéité où la proportion de;\nobjets se fait voir ou entendre \". On ne donnerait pas aujourd'hui une\nautre définition. \" Lorsque beaucoup de voix diverses chantent en même\ntemps, il en résulte une proportion harmonique qui contente tellement le\nsens de l'âme que les auditeurs restent en une si vive admiration, qu'il;\nsemblent à demi pâmés \". Il s'agit d'une pièce à plusieurs parties, de ce:"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.7", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2309, "texte": "art qui aura son apogée dans la messe du Pape Marcel et le Sine\ndie en te s de Vittoria.\nLe quattro viole da arco est habituel au temps de Léonard. Mais on\npréférait entendre une seule voix. Castiglione nous l'affirme \" pour mieux\ngoûter et juger Le maître de la joconde professe un avis contraire. Il\ntient pour la polyphonie vocale, ce qui indique combien, même en ses\ngoûts, il devançait son temps. Ses exemples sont tous pris du chant à\nparties ; quand il compare l'harmonie à la ligne périphérique du contour\ndes figures, il faut entendre la mélodie : car ailleurs il écrira : \" des pro-\nportions résulte une harmonie concertante qui parle à l'œil en même\ntemps que la musique à l'oreille \". Dans son langage notre harmonie\nactuelle correspond à sa conception du modelé (en le considérant comme\nsynonyme du clair obscur) car le modelé n'est que le clair obscur appliqué\nau relief des corps.\nIl avait trente ans, lorsque Laurent le Magnifique 1 envoya avec\nAtaiante Miglioretti, porter un luth au duc de Milan.\nCe luth il l'avait construit lui-même presque entièrement en argent,\nen forme d'une tête de cheval. On ne trouve nul croquis de cet étonnant\ninstrument dans les manuscrits, pour cette raison que le fait se passe en\n1483 et que les plus anciens feuillets du maître sont de 1495.\nCe luth n'avait pas été conçu seulement au point de vue décoratif :\nle biographe anonyme précise, que cette apparence de bizarrerie s inspirait\nd'un dessein pratique, pour augmenter à la fois la force et la douceur du\nson, \" en jouant sur cet instrument, il surpassa tous les musiciens qui\ns'étaient réunis pour se taire entendre par le duc '.\nPaul love témoigne qu' \" il chantait admiraolement, en s accom-\npagnant sur la lyre \".\nOr Ludovic était un dilettante ; à son habitude il attirait a sa cour\n\" toute sorte d'artistes, joueurs de lyre et de flûte, chanteurs, danseurs,\nmimes \".\nIl serait difficile de faire le tableau de la musique a la cour de Milan\nen 1483.\nLéonard avait pu entendre en 1475 avec chants que donna\nAnge Politien ; et Céphale et VAurore de Nicolo de Carreggio, executee a\nFerrare en 1487, donnerait l'idée la plus juste de l'art d alors, assez com-\nplexe, car il mêlait le concert vocal au ballet et au drame.\nNul doute qu'au mariage de Jean Galeas avec Isabelle d Aragon"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.8", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2430, "texte": "comme à celui de Ludovic avec Béatrix d'Esté, comme à celui de\nl'empereur Maximilien avec Bianca la nièce du duc, il n'y ait eu de<\nparties de musique importantes dont on trouverait les traces dans les\npoésies latines de l'époque, les mêmes qui nous apprennent qu'en 1494 la\nstatue colossale de Francesco Sforza fut exposée sous un arc de triomphe\ndevant le château.\nLa place de la musique dans la Renaissance italienne n'a pas été bien\nmarquée : d'après les textes, les virtuoses semblent nombreux, par rapport\naux compositeurs. A la cour de Léon X, l'exécutant reçoit le titre de\ncomte et un bourg en apanage, comme le juif Giovan Maria. C'était un\nvioloniste. L'Apollon du Parnasse de Raphaël représenterait un autre\nmaître de l'archet, Jacopo Sansecondo. Dans le traité de la peinture,\nLomazzo cite trois grands peintres comme remarquables musiciens.\nL'instrument de prédilection de Léonard était la lyre.\nIl y aurait un curieux chapitre à écrire sur les instruments dont on\nn'a jamais joué. Le quattrocento en fournit beaucoup qui ont été ou\nempruntés aux bas-reliefs et aux camées, ou inventés par des peintres.\nLe Cortegianonous apprend que les instruments à vent passaient,\ncomme la flûte au temps d'Alcibiade, pour déformer le visage.\nQuel fut le maître de Léonard, en musique ? Peut-être Antonio\nSquarcealupi, un des quinze membres de la formée par\nle Magnifique, laquelle est postérieure à l'Académie Philharmonique de\nVérone. Ce Squarcealupi fut organiste et facteur d'orgues.\nLe chapitre IV du Traité de la Peinture constitue un véritable\nparallèle entre celle-ci et la musique.\n\" La musique doit être appelée la sœur de la peinture, subordonnée\nà l'ouïe, qui vient après l'œil \".\nLa hiérarchie des arts, Léonard l'établit d'après la dignité des sens\nauxquels ils correspondent. Il semble ramener au toucher les trois dimen-\nsions de la sculpture ; il humilie franchement la littérature au-dessous des\nautres arts du dessin. Son parallèle entre la peinture et la poésie conclut\ncontre celle-là. Enfin la musique a le second rang \" parce qu'elle subit\ndes arrêts depuis sa création jusque dans sa première manifestation \". Il la\ntraite d \" aventureuse Suivant cette idée Léonard reproche à l'art\nmusical de ne pas se présenter d'un coup, comme une fresque ou un\ntableau et d'avoir besoin d'une succession de temps pour se développer et\nsurtout de se manifester que note après note, sans qu'il soit possible"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.9", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2471, "texte": "d'obtenir un effet de simultanéité. D'un coup d'oeil, on embrasse le\n\" Jugement Dernier\" et \"l'Ecole d'Athènes\" : une symphonie emprunte\nfatalement à la durée son développement.\nLe leitmotiv, tel que Wagner l'a manié, remédie autant qu'il est\npossible à ce caractère aventureux de l'harmonie : il fait réentendre et\nrevoir des scènes antérieures ; et la marche funèbre de Siegfried prend la\nprécision d'une oraison funèbre, déroulant avec la vie du héros l'histoire\ndu fatal anneau. Léonard compare l'impression musicale à un polyèdre\nqui tourne et dont on ne perçoit un côté qu'à la disparition du précédent\net au préjudice du suivant. La musique est par excellence l'art du\nmouvement, tandis que les autres arts sont statiques, et le mouvement\nimplique l'idée de temps : la preuve en est dans les cinq dénominations\nusuelles qui correspondent à cinq degrés de mouvement.\n\" Ce qui fait la noblesse d'une chose c'est son éternité : la musique\nqui va se consumant à mesure qu'elle naît, n'égale pas la peinture, qui\nvitrifiée devient éternelle \".\nCette opinion manque de rigueur : la musique est une Belle au bois\ndormant qui va renaissant chaque fois que l'éveille le baiser du Prince\ncharmant, et tant que dure ce baiser, la Belle vit en toute jeunesse et\nbeauté : de l'intensité de ce baiser dépend l'éclat de sa jeunesse et de sa\nbeauté. Exécuter une œuvre musicale équivaut à l incantation de la Magie:\nsans doute et littéralement, on lit les notes comme les mots et on les\nexprime sur les divers instruments selon des règles précises : et le mot\nd'évocation paraît bien romantique, pour signifier exécution. Mais, ni\nl'exacte lecture ni la stricte observance technique n'aboutissent à un\nrésultat esthétique, sans un ébranlement plus ou moins heureux de la\nsensibilité, et la comparaison du baiser a plus d'exactitude qu'on ne\ncroirait. Tout acte d'art est un acte d'amour, mais surtout en musique, à\ncause de l'identité d'action de l'onde sonore et des ondes nerveuses de la\nsensation passionnelle.\n\" L'harmonie se compose, comme si on traçait une ligne de circon-\nférence analogue au contour des membres qui engendre la beaute\nhumaine. \" Cela doit signifier le dessin mélodique.\nMalheureusement \" son invention musicale ne comporte pas la\nproportion harmonique simultanée \". Cette simultanéité est impossible au\nsens rigoureux : elle s'opère dans la mémoire de l'auditeur.\nLe plaisir musical n'atteint pas sa plénitude a la première exécution ;"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.10", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2301, "texte": "à moins d'une interprétation foudroyante. Le wagnérien n'a connu ses\nextases que par saturation. Réentendre, là se trouve la plus vive joie\nparce que la mémoire arrive à produire cette simultanéité que Léonard\nentrevoit comme l'idéal intangible de l'harmonie.\nSur quelques expressions on suppose aisément le caractère des com-\npositions antérieures à 1500. D'abord, il n'est jamais question de poly-\nphonie instrumentale.\n\"La musique ne commande qu'à la voix dit le Maître. Elle n'était\nni dramatique, ni passionnée, plutôt décorative ou berceuse.\n\" La musique, en son temps harmonique, forme les suaves mélodies\nde ses voix variées.\nN'oublions pas que les compositeurs flamands régnent, que Palestrina\nne viendra que dans un demi siècle : et qu'on pouvait tout prévoir,\nmême l'aviation, mais non l'art de cParsifal.\n\" Bien que les objets offerts à l'œil se touchent l'un l'autre, de main\nen main, néanmoins ma règle de XX en XX brasses, demeure, comme a\nfait le musicien pour les voix, qui, bien qu'unies et appliquées ensemble,\ngardent cet ordre, de peu de degrés d'une voix à l'autre, on demande\nquelle est la première, la seconde, la troisième, la quatrième, et cinquième,\net comment de degrés en degrés il a été donné des noms pour la variété\nde hausser ou baisser la voix.\n\"Le charme agit instantanément pour le détail, comme pour\nl'ensemble. \"\n\" 90. Généralement, tant pour l'entente de la composition qu'en\nparticulier pour l'entente des parties composantes qui forment le tout, le\npoète reste, quant à la figuration des choses corporelles, bien loin derrière\nle peintre, comme le musicien reste en deçà des choses invisibles. \"\nLe commentaire devient très difficile. La règle en question régit la\nperspective ou plutôt la triple perspective.\nIl la définit \" l'art de prendre, par pyramides, les formes et les\ncouleurs des objets (200). Comment rapprocher la loi auditive de la loi\noptique ? Prenez n'importe quelle composition vous déterminerez aisément\nles divers plans et par l'éloignement du premier la proportion des figures,\nEn musique les plans changent sans cesse ou plutôt les figures changent\nsans cesse de plan et par conséquent de proportions. Mais que sont les\nfigures en musique ? Insaisissables dans la musique pure et souvent\nindistinctes dans la musique classique."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.11", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2492, "texte": "Il ne serait pas impossible d'écrire un chapitre de la perspective\nharmonique. Le principal défaut des compositeurs contemporains consiste\nà noyer dans une musicalité étrangère à l'action les péripéties de la fable,\nc'est-à-dire, à fausser les plans perspectifs.\nDans le Traité de F ombre et de la lumière, on trouverait la matière de\ndéveloppements analogiques ; il est plus opportun de rechercher la musi-\ncalité dans l'œuvre de ce grand artiste.\nQuoiqu'on ait dit, le Vinci n'a jamais dédaigné la peinture: seule-\nment il la concevait, comme un confluent des connaissances humaines.\nLe géologue et le botaniste de génie a créé l'art du paysage : c'était\nl'opinion de Corot et les manuscrits étudiés depuis lors lui ont donné\nraison. Que retrouvons-nous de l'art musical dans les cadres du Maître ?\nD'abord le troisième mode. La Joconle la ne\nsont pas en majeur comme les Titien et les Véronese, ni en mineur\ncomme Rembrandt ou Prudhon. Aucune catégorie des anciens rythmes et\nmodes ne correspond à ces peintures. Nul ne sait le sexe du Saint Jean,\nl'âge de la Sainte Anne, ni le site de Monna Lisa. Si pour la Sainte Anne\non peut dire que cela représente les quatre degrés de la vie organique\npour les deux autres, on ne sait si la Lisa est une madone et le Saint Jean\nun diable ?\nCes représentations sacrées irriteraient l'odorat d'un inquisiteur un\npeu subtil, par une vague odeur de soufre. Indéfini des formes, indéfini\ndes expressions, indéfini des couleurs. Qui sait de quelle ton est la robe de\nla Lisa ? C'est donc bien la volonté du Maître de produire cette impres-\nsion d'indéfini : et l'indéfini est proprement du domaine musical.\nTant qu'on exprime des idées comme dans les discours de Cinna, la\nmusique nuirait ; quand on peint des débats passionnels la déclamation\nsuffit : pour rendre des états d'âme, espoir désespoir, ivresse ou angoisse,\nla musique seule y peut, elle dit l'indicible, ce qui échappe à la précision\nde la forme et à l'énoncé littéraire.\nIl y a, au Louvre, d'autres belles dames que la Joconde. Pourquoi\nseule est-elle fée ? Comment parle-t-elle à tant d'individus si différents,\net à chacun différement ? N'est ce pas le propre de la musique de se\nmodaliser suivant l'auditeur? Les Chœurs de la Neuvième signifient aussi\nbien la résurrection de la chair, que la proclamation de la Republique\nidéale ; ils serviraient à l'entrée des croisés à Jérusalem, aussi bien qu a\nune proclamation des Droits de l'homme. L'accent d'un enthousiasme"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.12", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2479, "texte": "collectif peut émouvoir aussi bien une paroisse qu'une loge, et la\nNeuvième aurait servi à la Fête de l'Etre Suprême comme à Saint Pierre.\nSi on se rend compte, en outre que Léonard a évité d'hébraïser ses\napôtres, les vêtant de costumes abstraits on concevra que sa \" Cène \" tend à\nuniversaliser le moment décisif de la vie du Christ. Il évite la date, il\névite la localisation. Un seul point est clair : il peint en clé de subtilité\ntroisième mode, par opposition à la clé d'intensité (Michel Ange) et à la\nclé d'harmonie (Raphaël).\nOr, la subtilité se définit la multiplicité des rapports harmonisés\nsimultanément. Le Saint Jean, ange et démon, adolescent et vierge,\nironique et séducteur ; la Joconde,Madone et Chimère, perverse et sage,\nintémérable et coquette, sont les éternelles blasons de la subtilité, c'est à\ndire de l'indéfini.\nLa sensation musicale, la moins positive de toutes celles que donne\nl'art, dépend non seulement de l'idiosyncrasie mais encore de la diathèse\nmomentanée. La musique que nous écoutons détermine des vibrations\nsentimentales, sans aucune similitude avec celles du maître, quand il\ncomposa.\nLes réalistes, ces déshérités de l'inspiration, représentent des faits\ntrès précis ; ce sont des narrateurs et une fois qu'on a constaté leur fidélité\non les quitte. \" il était une fois une belle femme \" dit le Titien \" il y eut\nun martyr \" dira Ribera. Point d'énigme, point de mystère.\nLéonard musicien de l'expression nous fait entendre \" beaucoup de\nvoix diverses qui chantent en même temps \" dans une âme. Et nous nous\nefforçons de saisir la proportion harmonique de ces voix, parcequ'elle est\ninsaisissable. Qu'on y regarde bien, le secret du grand florentin réside\ndans cette simultanéité des rapports qu'il ne trouvait pas dans la musique\nde son temps et qu'il sut mettre dans ses œuvres.\nParmi les contemporains, un peintre a subi profondément l'influence\nde la musique; Hébert, surtout dans ses dernières œuvres a poursuivi une\nrecherche de l'harmonisation des valeurs assez semblable à celle du Vinci.\nJ'ai écrit ailleurs que le maître de la Cène était le plus grand musi-\ncien de la palette : je ne peux reproduire ici la démonstration de ce\njugement. Il faudrait établir d'abord les analogies d'un art et à l'autre et\n« ) * 1 0 •\nje n ai du me proposer ici que de recueillir les principaux traits de\nLéonard comme musicien. Pour finir je donnerai sa réfutation de l'idée\nPythagoricienne, sur l'harmonie des sphères (F. 56, r.)"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.13", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 1494, "texte": "\" Du frottement des cieux, s'il fait son ou non ?\nLe son résulte du coup d'un corps dur frappant l'air, et s'il est fait entre\ndeux corps, c'est au moyen de l'air. Il s'en suivrait que les cieux ne\nproduisent pas de son, en se frottant, faute d'air entre eux ; si ce frotte-\nment avait lieu, depuis tant de siècles, durant lesquels ils ont tournés, ils\nseraient abolis par leur immense vitesse quotidienne. S'ils faisaient son, ce\nson ne se répandrait pas puisque le son produit sous l'eau s'entend peu et\ns'entendrait moins ou pas du tout, dans les corps denses; le frottement des\ncorps polis ne fait pas de bruit ; ainsi il n'y en aurait pas au frottement\ndes cieux. S'ils n'ont pas été polis par le frottement, ils sont globuleux et\nrugueux, et dès lors, leur contact n'est pas constant, et le vide se produit,\nle vide inexistant dans la nature. Donc le frottement aurait usé les extré-\nmités de chaque ciel et surtout vers le milieu plutôt que vers les pôles,\npuisqu'au milieu il est plus rapide. En outre le frottement et le son\ncesseraient, les sphères s'arrêteraient à moins que les uns tournassent à\nl'Orient et les autres au Septentrion. (Les manuscrits de l'lnstitut, p. 269,\nSansot.)\nEst-il nécessaire d'ajouter que le Maître a pris au littéral une expres-\nsion figurée, et a réfuté physiquement une image, comme il est arrivé aux\ntraducteurs de la Bible de changer en statue de sel la femme de Loth\nqui fut simplement fnitriféeJ, pétrifiée, au moral ?\n\nPeladan."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c006", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 14, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.4", "titre_corps": "RAMEAU, SON GENDRE ET SES DESCENDANTS.", "titre_sommaire": "RAMEAU, SON GENDRE ET SES DESCENDANTS.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.14", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1491, "texte": "RAMEAU, SON GENDRE ET SES\nDESCENDANTS.\nLa biographie de Rameau s'est considérablement enrichie depuis\ndeux ans; successivement, MM. Léon Val las et Paul-Marie Masson lui\nont apporté d'importantes contributions, le premier, en découvrant que\nRameau fut organiste à Lyon de 171 3 à 1715 ', le second, en montrant\nque, de septembre 1706 à la fin de 1708, époque pendant laquelle on\navait perdu la trace du musicien, celui-ci se trouvait encore à Paris.2\nL'année 1723 marque l'établissement définitif de Rameau dans la\ncapitale ; il y mène une vie assez dure, puisqu'il ne dispose guère, pour\nsubsister, que du produit de ses leçons. Le début de ses relations avec le\nfastueux financier Le Riche de la Pouplinière, un de ces Mécènes\nomnipotents qui pesèrent sur la situation sociale de la plupart des\nmusiciens du XVIIIe siècle, semble devoir se placer entre 1727 et 1732.\nC'est chez la Pouplinière, dans la maison qu'il louait à Paris, rue des\nPetits-Champs, que Rameau rencontra l'abbé Pellegrin, et c'est là aussi,\nqu'eut lieu la fameuse répétition d après laquelle\nl'abbé librettiste déchira le billet de garantie souscrit par le compositeur,\nLe financier, qui se piquait d'art et de littérature, put, en 1737, entendre\nassocier son nom à celui du grand Haendel. Ce fut à propos du ballet du\nTriomphe de /' joué le 9 mai à l'Opéra, et dont les vers étaient\nde Lefranc de Pompignan et la musique de Grenet. Le bruit courait,\n\n1 Revue musicale de Lyon, 13 février 1910.\n2 S. I. M. 15 mai 1910."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.15", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2747, "texte": "avant la première, que Lefranc avait eu le fermier général \" pour com-\npagnon poète et qu'un \" fameux musicien italien établi en Angleterre,\nnommé Hendelli, y avait fait beaucoup de morceaux 'V Sitôt la repré-\nsentation terminée, les potins reprenaient leur cours, et les nouvellistes\npubliaient que Grenet s'était fait aider par Clérambault ; \"on avait\nmême dit, d'avance, que la musique était à?lndel, pour leur faire plus\nd'honneur ; \" le 3e acte, qui avait mérité l'approbation générale, se voyait\nattribué à Rameau ou à un musicien italien, c'est-à-dire à Rameau ou à\nHaendel, considéré alors comme un compositeur transalpin. 2 Retenons\nseulement de ces racontars de cafés et de salons l'hypothèse, admise un\nmoment, d'une collaboration de la Pouplinière avec Haendel ou avec\nRameau ; la chose est piquante et valait d'être notée.\nNous devons à l'obligeance de M. Georges Cucuel qui prépare un\nimportant travail sur la Pouplinière et son temps, quelques renseignements\nprécis concernant les divers logis habités par le Pollion français. La\nPouplinière quitta, en 1739, sa maison de la rue des Petits-Champs pour\nacheter l'hôtel où il devait mourir, 59 rue de Richelieu ; ce ne fut que\nbeaucoup plus tard, en 1747, que le financier loua le château de Passy,\noù le ménage Rameau alla passer la saison d'été jusqu'en 1753. D'après\nM. Cucuel, des fêtes extrêmement brillantes illustrèrent l'inauguration\ndes salons de la rue Richelieu, et le cénacle de gens de lettres, de savants\net d'artistes que le riche Mécène groupait autour de lui, s'augmenta de\nplusieurs personnalités intéressantes. Le peintre La Tour, introduit par\nl'abbé Hubert, vint y exécuter les portraits de la Pouplinière et de sa\nfemme, portraits qui figurent au musée de St. Quentin. Rameau, parvenu\nà la célébrité après ses retentissants opéras d'Hippolyte, de Castor et de\nDardanus, entretenait alors avec ses protecteurs des rapports extrêmement\ncordiaux. Nous en rencontrons la preuve dans ce fait que la femme du\nfinancier, Thérèse des Hayes, servait de marraine à son fils Alexandre, né\nle 5 décembre 1740.3 L'intimité de Rameau avec les la Pouplinière se\nmanifeste encore par la dédicace au financier d'une des Pièces en Concerts\ndu recueil de 1741, la La Pouplinière. Aux environs de 1740, le nom de\nRameau est dans toutes les bouches ; les uns, les fidèles \" Ramoneurs \",\nportent le musicien aux nues, tandis que la coterie adverse accumule les\n\n1 Galettes à la main.Bib. de la ville de Paris. Ms. 26700. 9 mai 1737\n2 Gaaettes à la main,. Ms. 26700, 10 mai 1737. Le 24 décembre 1756, on chantait au Concert Spirituel\n\" un air italien du fameux M. Haendel.\" (M. Brenet : p. 196).\n3L.de la Laurencie : Quelques documents sur J. Ph. 15 juin 1907."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.16", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2473, "texte": "brocards et les caricatures. Celles-ci foisonnent à l'époque de Dardanua\net nous avons publié une des plus curieuses de ces estampes satiriques\ncelle qui montre Rameau \" bercé par des dans un bransle en\nl'air, couché tout de son long et emmaillotté avec des bandes de musique\noù sont indiquées ses principales pièces de clavecin.\" 1 II n'y aurait rien\nd'étonnant à ce que La Tour, après avoir peint les portraits de ses\namphitryons, se fût laissé séduire par le masque énergique d'un des plus\nillustres familiers de la maison et eût cherché, lui aussi, à fixer les traits\nde l'homme qui excitait la verve des caricaturistes. On peut donc supposer\nque le peintre de St. Quentin exécuta, vers cette époque, la saisissante\n\" préparation \" pour le portrait de Rameau provenant de la collection\nMennechet et que nous reproduisons aujourd'hui. A la vérité, en l'absence\nde documents décisifs, nous ne proposons la date de 1740 que comme\nune hypothèse et sous les plus expresses réserves. Il convient toutefois d'ob-\nserver que le Rameau de La Tour apparaît comme plus jeune que celui\nde Jean Restout, gravé par Benoist, et qui semble pouvoir se placer\nvers 1750.\nMais, pas plus que ce dernier portrait, le pastel de La Tour ne\nfigura aux salons annuels ; parfois, dans les livrets de ces salons, on voit\nmentionner à l'actif du peintre de St. Quentin plusieurs têtes sous le\nmême numéro ; peut-être, le portrait de Rameau fut-il exposé parmi ces\neffigies anonymes. Chose singulière : des quatre portraits récemment\nlégués à la ville de St. Quentin, celui de Rameau est le seul qui ne\ns'accompagne d'aucune identification explicite ; les trois autres, le\nMondonville, la Clairon vieille, et frère Fiacre de Nazareth, sont cités\ndans le testament par lequel Jean-François de La Tour, frère du pastel-\nliste, léguait le 20 septembre 1806, à l'Ecole gratuite de dessin de\nSt. Quentin, 39 dessins et tableaux pour être vendus à Paris, après quoi,\nle prix de vente devait être réparti entre la dite Ecole et diverses œuvres\ncharitables de la ville.2\nEt pourtant, nul doute ne saurait être admis sur l'identification du\nquatrième pastel : il s'agit bien là de Rameau, de notre Rameau. Naguère,\n-M. Huchet, aichitecte-expert a St. Quentin reconnut du premier coup\nle musicien de Castor . JVUVT. Eck et Elie Fleury ne sont pas moins\n\n' Voir notre ouvrage de la collection des \"Musiciens célèbres. \"\nM \"at'°n EUreaU Cmtral Bienfahance de Séance du 30 mars 1807. Communiqué par"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.17", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2557, "texte": "catégoriques. Il suffit, pour se convaincre du bien fondé de leur apprécia-\ntion, de comparer la \" préparation \" de La Tour avec les autres portraits\nde Rameau. Les marques caractéristiques, communes à tous ces portraits,\nconsistent d'abord, dans les deux sillons qui creusent profondément les\njoues, ensuite, dans la longueur excessive du bas du visage. D'autres\ndétails sont aussi extrêmement typiques : sourcils peu fournis, méplats\ndes tempes très accusés, forte saillie des pommettes 3, bouche pincée,\nmenton arqué. Le pastel de La Tour a quelque chose d'ironique et de\nvivant que ne présentent pas les autres images de Rameau ; ce n'est point\nlà le vieillard grave, emmuré dans sa méditation, qu'on nous représente\nd'ordinaire; c'est un homme plus jeune, dont les lèvres malicieuses vont,\nsemble-t-il, laisser jaillir le sarcasme et dont l'œil brille avec une singu-\nlière intensité. Remarquons cependant que, dans la plupart de ses por-\ntraits, le peintre de St. Quentin donne aux personnages qui ont posé\ndevant lui le même œil profond ; voyez, par exemple, la \" préparation \"\nde Voltaire, les portraits de Rousseau, de Mlle Fel, de d'Alembert. La\nTour, avec sa pénétration coutumière, nous révèle un Rameau polémiste,\net dégage nettement tout ce qu'il y avait de combatif dans l'esprit du\nmusicien.\nCombatif, il l'était en effet, et on sait avec quelle énergie tenace il\nsavait défendre ses idées : justement, en 1741, il prenait à partie l'acadé-\nmicien lyonnais Bollioud de Mermet, à propos du \" tempérament \", et\nécrivait à Christin, secrétaire de l'Académie de Lyon, une longue et\ncurieuse lettre que M. Léon Vallas a eu la bonne fortune de découvrir\net de publier.2\nLe Rameau de La Tour fait partie de la collection que M. Menne-\nchet de Barival légua à la ville de St. Quentin en 1903. Un décret du\n11 avril 1905 autorisait la ville à accepter ce legs dont elle entra en\npossession au mois d'août de la même année. M. Mennechet avait hérité\nde ce pastel à la mort de son beau-père, M. Paillet, ancien commissaire-\nexpert du Musée royal qui se trouvait mieux placé que quiconque pour\nréaliser d'intéressantes acquisitions, et cela, à des prix qui nous paraissent\naujourd'hui déconcertants. On sait, par exemple, que le portrait de\nMondonville fut payé \" raisonnablement \", c'est-à-dire 2 lors de\nla vente des œuvres de La Tour tentée à Paris en 1808 ! M. Théophile\n\n1 Très visible sur le buste de Caffieri qui figura au Salon du 1761 sous le N° 133.\n2 Léon Vallas : La Musique à Lyon au XVÎIV siècle, I, 210, 211, 212."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.18", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2267, "texte": "Eck pense que M. Paillet l'acheta à cette vente. Peut-être obtint-i:'\nle Rameau par dessus le marché ? Quoiqu'il en soit, ce pastel complète\ntrès heureusement l'iconographie déjà connue du grand musicien\nBurney signalait en 1770 un portrait de Rameau que l'organiste Bal-\nbastre avait fait peindre sur son clavecin de Ruckert. Rameau y était\nentouré des principales scènes de Castor et Pollux. \"La terre, l'enfer\nles Champs Elysées y sont représentés, écrit Burney. On voit le célèbre\ncompositeur lui-même, assis sur un banc de gazon dans les Champs\nElysées ; il tient une lyre à la main ; ce portrait est frappant de ressem-\nblance, car je vis Rameau, en 1764...\"1 Où se trouve le clavecin ainsi\ndécoré ?\nLes relations que Rameau continua à entretenir avec la Pouplinière\njusqu'en 1753 lui permirent d'utiliser pour sa pastorale d'Acante et%\nCéphiseles clarinettistes allemands que le financier avait appelés à Paris\net un document des archives de l'Opéra nous renseigne sur les salaire*\ntouchés par ces instrumentistes à cette occasion. On trouve, en effet,\nsous la rubrique : Sujets employés par extraordinaire dans différents opéras\nl'état ci-après :\nIndes galantes .... 2e trompette . . Stoffel 6 livres par représentation\nAcante et Céphise. . . . clarinettes . . . Gaspard Procksch. . 6 livres\nFlieger 6 livres\nSchencker 6 livres 4\nLouis ........ 6 livres\nProcksch, Flieger et Schencker, musiciens de La Pouplinière, reçu-\nrent chacun 126 Livres pour l'ensemble des représentations. 2\nMais l'activité de Rameau ne s'exerçait pas seulement à Paris ; elle\ns'étendait à la province, ainsi que le prouvent deux manuscrits de la\nBibliothèque de Dijon3 relatifs aux rapports qui se nouèrent entre la\nSociété littéraire du président Richard de Ruffey et le célèbre théoricien. \"\nDans sa seance du 14 juin 1752, la Société décidait de créer une classe\nd associes reservee a des Bourguignons illustres et ne résidant pas à Dijon, ,\nCrebillon, Buffon, Rameau, Piron. Aussitôt nommé, Rameau, désireux\n\nCh. Burney :De l Etat présent de la musique en France— I? 31. (Edition de 1809.) statistique des\nclavecins des Ruckers donnée dans le tome IV du Dictionnaire de Grove ne mentionne pas le clavecin de\nBalbastre.\n2 Arch. Opéra. Historique. IL\n3 Mss. 1628, 482."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.21", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2121, "texte": "de montrer le cas qu'il faisait de la distinction que lui accordaient ses\ncompatriotes, communique à l'Assemblée ses Réflexions sur la manière de\nformer la voix.Cette communication provoqua, de la part des présidents\nde Cœurderoy et de Brosses, d'intéressantes remarques bien instructives\nau point de vue des idées qui régnaient alors sur le \" sentiment naturel de\nla musique . Cœurderoy cite \"un fait singulier concernant un peintre\nde Dijon, sourd et muet de naissance. Cet artisan, pendant qu'il est\noccupé à son ouvrage, forme, par un bourdonnement, une espèce\nd'harmonie monotone, dont il marque exactement la mesure par une\nexpiration forcée, et imite, sans le sçavoir, les autres ouvriers qui sont\npresque tous dans l'habitude de chanter, lorsque leur travail ne demande\npas une grande application Comme de Brosses qui trouve que les\ncomparaisons de Rameau entre l'exercice des autres organes et celui de\nla voix, \" sont d'une très bonne métaphysique \", Cœurderoy estime qu'il\nexiste des analogies entre la vue et l'ouïe ; il assure qu'il y a \" des yeux\nqui voient faux \" et, à l'appui de son dire, il signale le peintre Jouvenet\nqui voyait tout en jaune.\nRameau soumit même à la Société Ruffey son mémoire sur\n1 Indentité des Octaves auquel un M 1 Lardillon consacra une savante étude.\nLorsqu'en 1761,1 a Société Richard de Ruffey cessa d'exister, Rameau\nfut élu à l'Académie de Dijon, sa rivale victorieuse.1\n-M\n* *\nNous avons indiqué, dans un précédent travail, que, du mariage de\nClaude-François Rameau avec Marie-Françoise-Suzanne Dubois, naquit,\nle 28 mai 1773, un fils qui reçut les prénoms de Louis-Antoine. 2 A son\nretour de l'armée, en l'an V, Louis-Antoine Rameau adressait aux\nmembres du Comité d'administration du Théâtre de la République et des\nArts la lettre ci-après :\nCitoyens,\nLouis-Antoine Rameau jouissait en 1791 (vieux style) de ses\nentrées à l'Opéra, comme un hommage de ce spectacle à la mémoire de\nson grand'père. Il n'a pas pu en profiter pendant tout le temps qu'il a été\n\n1 Communication de M. Oursel, Conservateur de la Bib. de Dijon.\nS. I. M. 15 juin 1907.\n2"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.22", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1411, "texte": "retenu aux armées. Revenu dans ses foyers et craignant que, pendant son\nabsence, on ne l'ait rayé de la liste, il sollicite les citoyens administrateur\nde lui confirmer cette faveur, honorable pour lui et pour l'administration\nRAMEAU. 1\nUne note inscrite en marge de cette pétition nous apprend qUe\nsatisfaction lui fut donnée. Après 1796, on perd la trace de ce petit fi],\nde Rameau, mais, l'année suivante, une nièce maternelle de l'auteur de\nT)ardanus sollicite les Directeurs de l'Académie de musique de luj\naccorder \" une modique pension... pour lui aider à subsister avec moins\nde peine et ecarter l'affreuse misère qui la poursuit...\" et cela, afin\nd'honorer \" la mémoire de son oncle.\" Il s'agit de Jeanne Parisot, femme\nMarchand, qui appartient probablement àla lignée des Mangot,2 de ces\nMangot dont un représentant, probablement Jacques Simon, le beau-frère\nde Rameau, fut maître de musique du Concert de Lyon, où il fit\nreprésenter, en 1749, le Triomphe de Vénus, ballet héroïque de sa com-\nposition.3 C'est sans doute à Jacques Simon Mangot qu'il convient\nd attribuer le Duo de l\\â.r. M_angot, du fonds Decroix, que nous reprodui-\nsons ici, et, qui consiste en un Air a boire dont la qualité mélodique et\nles§amusants détails ne sont point sans mérite.\n\n* Arch Opéra. Carton. 48. Communiqué par M. Fargues.\n2 Arch. Opéra. 26 fructidor an VI, Carton 49.\ns Léon Vallas. Loc. cit.y p. 91."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.25", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2608, "texte": "Des deux filles que Rameau eut de son mariage avec Marie-Louise\nMangot, l'une se fit religieuse et l'autre, comme on sait, épousa, en\n1765, un gentilhomme du Comtat-Venaissin, François-Marie de Gaultier.\nLors de notre travail de 1907, nous manifestions l'espoir que des recher-\nches ultérieures vinssent compléter ce que nous avions découvert sur la\ndescendance de Rameau. Or il est une Providence pour les chercheurs,\net en l'espèce, cette Providence s'est manifestée pour nous sous les traits\nde M. Belleudy, ancien préfet de Vaucluse, qui a bien voulu nous fournir\nles plus précieuses indications.\nLe mousquetaire que Marie-Alexandrine Rameau prenait pour\népoux en 1765 s'intitulait sur son contrat de mariage \"fils majeur de\n25 ans \" ; ses 25 ans, il les avait bien en effet, étant né, à Mazan, le\n31 mars 1728, ainsi qu'en témoigne son acte de baptême1.\nVoici maintenant ses états de services, tels qu'ils ressortent du\ncontrôle de la ire compagnie des Mousquetaires du roi, conservé aux\narchives du Ministère de la Guerre. Présenté à la ire compagnie par le\nmarquis de La Palun, Gaultier y était reçu le lerIer mars 1753, devenait\nporte étendard le 27 juin 1773 et se voyait promu sous-brigadier le\n10 avril 1774. Le 4 juin de la même année, il obtenait une pension de\n300 livres sur l'ordinaire des guerres en considération de ses services; fait\nchevalier de Saint-Louis le 28 mai 1775, il était licencié avec sa compa-\ngnie le 23 décembre, en exécution de l'ordonnance du roi du 15 décembre\n1775.2 Son certificat porte qu'il a très bien servi et qu'il conserve la moitié\nde ses appointements, soit 660 livres. Gaultier jouissait donc depuis sa\nréforme, c'est-à-dire depuis la fin de 1775, de 960 livres de \"grâces\npécuniaires \" qui, déduction faite des retenues d'usage, donnaient un mon-\ntant net de 849 livres 12 deniers ; le roi, par brevet du 1 juillet 1779'\nlui confirmait la jouissance de ce revenu sous forme de pension sur le\ntrésor royal3.\nL'ancien mousquetaire émigra dans les premiers jours de février\n1792, et alla se réfugier en Allemagne. Il ne devait jamais revoir la\nFrance. Le 7 décembre 1801, âgé de 73 ans, le gendre de Rameau\nmourait à Munster, succombant à une attaque d'apoplexie. Son acte de\ndécès que nous empruntons aux registres de l'église de St. Martin\n\n1 Aprilis 1728 : \" Anno quo supra, die prima Aprilis, baptisatus fuit Franciscus Maria Gautier, heri\nnatus, ex nobile Sauveur et de Mlla Maria Rosa de Guignet, conjug. \" Etat civil de Mazan.\nJ Arch. Ministère de la Guerre, Contrôle de la ire compagnie, f° 47.\nArch. du Ministère de la Guerre."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.26", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2295, "texte": "de Munster associe î allemand au latin, en un charabia cocasse\npédant : ' c\n\" Franciscus Maria de Gauthier, dominus de Blaigne3 et Piemelan, etc\nquondam Unterbrigadier der ersten compagnie von der Mosquetereri\n(Muscetariorum) des Kônigs von Frankreich und oberster Lieutnant\ndessen Dienst, natus 30 Martis 1728 2 à Mazan, diocesis Carpentosacensi;\nin Comitatu Avenionensi, defunctus 7™Decemb. 1801 hora medi-\nsecundœ matutinœ, tactus apoplexia\nDe son mariage avec la fille de Rameau, Gaultier avait eu, outre\nles 5^enfants nés à Andrésy et dont nous avons déjà publié les actes de\naptême, deux fils nés a Paris, l'un André-Claude-Louis-Marie, en 1767\n1 autre, Paul-Marie-Auguste, en 17713. Marie-Alexandrine Rameau sur-\nvécut a son mari d'un peu plus de 7 ans ; elle rentra dans le Comtat et\nmourut a Mazan le 18 février 18084. '\nLe portrait que nous joignons à cet article et dont nous devons li\nphotographie à l'extrême obligeance de M. Belleudy, nous fait voir e'„\nGaultier un homme d'assez grand air et de teint coloré ; revêtu de\nuniforme des mousquetaires de la î™ compagnie, Gaultier porte la sou.\nbreveste bleue doublée de rouge et garnie d'un double bordé d'argent que\ndécrit 1 Etat militaire de la France de 1765. On aperçoit même, au milieu\nde la poitrine, une partie de \" la croix blanche avec quatre fleurs de lus\naux branches ornées de flammes \" qui décorait cette brillante tenue.\nG est un pastel d une bonne facture et dont l'authenticité ne saurait être\nmise en doute, car il n'a jamais quitté la famille Gaultier depuis l'époque\nou Mane-Alexandrine Rameau est venue mourir à Mazan. Il appartient\nactuellement a M. Aimé-Marie-Félix Baudet, propriétaire au quartier\nde Terraud, en Mazan, qui n'est autre que l'arriére petit-fils du\nmousquetaire.\n, . .Et.' e\" ,effet' André-Claude-Louis-Marie de Gaultier, l'aîné des fils\nde Mane-Alexandrine Rameau, épousa le 18 floréal an XIII, à Venasque\n(Vaucluse), une demoiselle Marie-Angélique-Reine Mourre St. Martin.'\nIJe ce mariage naquirent deux filles :\n\nlwture à'S Blayne' * é,é P« «■*\" àla suite tm\n* Erreur, c est le 31 mars que naquit Gaultier.\n4 r^tCT^\\Ven^Ue,(ya\"duSe) Acte de mariase d'André Claude Louis-Marie de Gaultier\nGreffe du Tribunal civil de Carpentras. Décès de 1808.\n5 Etat civil de Venasque. (Vaucluse),"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.27", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 587, "texte": "i° François-Alexandrine-Adèle, morte à Mazan, le 23 mai 1889,\ncélibataire.\n20 Marie-Françoise-Cécile-Amable, mariée le 9 février 1832 à\nFrançois-Félix-Joseph Baudet de Mazan. Cette union fut particulière-\nment féconde, puisque l'arrière-petite fille de Rameau donna a son mari\n9 enfants, dont M. Aimé-Marie-Félix Baudet, célibataire, né le 25\nnovembre 1S 3 6 et détenteur du portrait de François-Marie de Gaultier,\ncomme aîné des enfants mâles issus du mariage Baudet-Gaultier. M.\nBaudet, de Terraud, a donc pour bisaïeul le grand Rameau.\nLionel de La Laurencie."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c012", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 19, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.5", "titre_corps": "Rameau par Latour Portrait inédit qui appartient au Musée de St. Quentin", "titre_sommaire": "Rameau par Latour Portrait inédit qui appartient au Musée de St. Quentin", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.19", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 72, "texte": "Rameau par Latour\nPortrait inédit qui appartient au Musée de St. Quentin"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c013", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.6", "titre_corps": "François de Gaultier Pastel appartenant à M. 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Thibaut", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.28", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1283, "texte": "LE CONCERT CLASSIQUE ORIENTAL\n\nPour l'européen qui n'a pas franchi les frontières de son pays natal,\ncomme pour celui qui a parcouru ou habité l'Orient, cette simple étude\nsur le Concert classique Oriental aura tout l'intérêt d'une véritable révé-\nlation.\nLa musique orientale est d'ordinaire très mal connue, attendu qu'il\nest extrêmement difficile pour un étranger de pénétrer dans le home sacré\nd'un musulman, et ensuite, par la raison jusque là péremptoire, que sous\nle trop long et dur régime de l'ex sultan Abdul-Hamid II, le retrait absolu\ndu droit de réunion privée avait coupé court à toute manifestation d'art\nmusical symphonique dans l'intérieur des belles résidences des princes et\ndes nobles Ottomans.\nA côté de la musique de la rue et des cafénés qui se perd dans le\nbruit sourd des tams-tams, il en est une autre dont les maîtres et les\nartistes ont conservé jalousement le secret, musique faite de charme et de\npoesie intense, par laquelle se révèle l'âme d'un peuple à l'imagination\nenfantine et tendre, sur laquelle la beauté des choses agit fortement,\net qui sait rendre ses impressions d'une façon spontanée et personnelle.\nAu premier abord, cette musique a toute l'étrangeté d'une langue\ninconnue, il faut savoir l'écouter, la comprendre, son charme vous pénètre"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.29", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2491, "texte": "bientôt et vous l'aimez pour toutes les sensations insoupçonnées et véri-\ntablement exquises qu'elle vous procure.\nLa contexture du discours musical des orientaux est d'un genre tout\nparticulier et d'une parfaite régularité mélodique et rythmique. Il n'est\npas besoin d'une grande attention pour voir comment les divers membres\nde phrase dont la réunion constitue la mélopée, sont exactement mesurés\nsur les divisions logiques des propositions, comme ils en suivent les élans\net les repos, les répétitions ou les alternances. En même temps, le souci\ndu compositeur de traduire fidèlement les sentiments poétiques de son\ntexte n'apparaît pas moins évident. Qui nous dira les secrets de son art ?\nJe ne crains pas de le déclarer ici : il n'en est pas à certains égards, de plus\nsavant.\nSuivant le système antique, les périodes se développent généralement\ndans l'espace d'une quarte ou d'une quinte avec répétitions à la quarte ou\nquinte supérieures. Jamais de sauts brusques d'octave au cours d'une même\nphrase mélodique, jamais de changements criards d'une tonalité en une\nautre fort éloignée, nul ne saurait ménager les transitions avec plus d'in-\ngéniosité et d'adresse.\nPour donner à la mélodie le dessin, la couleur, cet accent d'expression\npassionnée qui la caractérise, le compositeur a fréquemment recours aux\nchangements de rythmes, aux métaboles de modes et de tons en suivant\noour son choix, les idées toujours en cours, et très fondées du reste, sur\nes effets et les sentiments que chacun d'eux serait particulièrement apte\nà produire. Ajoutez à cela, les vocalises nouvelles, les cadences tradition-\nnelles, les formules de convention mises en vogue par les grands maîtres,\nformules que personne ne discute et qui paraissent au contraire, centupler\nl'effet et la valeur expressive.\nAu point de vue de la mélopée, la musique orientale est plutôt\nsystaltique que diastaltique. Elle excelle à exprimer les passions tendres et\naffectueuses, les passions tristes et capables de \" resserrer le cœur ' au\nsens où les grecs entendaient cette expression, et rarement a 1 épanouir en\nexcitant la joie, le courage, la magnanimité, les grands sentiments. Elle\nconvient aux pensées amoureuses et mystiques, aux plaintes, aux regrets\net aux expressions de même nature ; les sujets tragiques ou héroïques lui\nsont interdits.\nCe qui rend cette musique supérieurement expressive dans le domaine\nqu'elle s'est choisie, c'est qu'elle a conservé son accent oral et maintenu la"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.30", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2233, "texte": "justesse des rapports harmoniques des sons. Un oriental sera toujour\nchoqué par nos consonnances où les proportions naturelles sont altérée;\nLe piano le mieux accordé à notre gré, lui paraîtra toujours faux, l'har\nmonie de nos fanfares n'est pour lui qu'un grand bruit.\nLe choix et la nature des instruments symphoniques des orientaux\nsont parfaitement en rapport avec le genre de musique exécuté. La flûte\nde roseau ou néï\\ 1 tendre et mystique, le violon dont la voix variée comme\ncelle du rossignol sait tous les secrets chemins du cœur, pour les\nfrémissements de la colère et l'emportement des passions violentes, le\ngai et sautillant, le tambour aux sons également harmonieux et métalliques\nles te/s, les Koudoums et les mazlars qui marquent non pas la mesure\nmonotone, mais les rythmes irrémissibles et variés qui servent de guide aux\naccents du chant.2\nL'absence d'harmonie au sens que nous donnons à ce mot, permet\nl'emploi ordinaire de mouvements très vifs. A part l'Oude qui exécute le\nchant par antiphonie à l'octave inférieure, tous les instruments jouent à\nl'unisson, avec cette particularité, que chaque musicien se donne libre\ncarrière pour agrémenter le dessin mélodique de savantes et délicates\nfioritures qui en sont le coloris.\nJe dois la musique du concert classique oriental dont j'entreprends\nici la publication, à la parfaite obligeance de mon ami et célèbre musicien\nturc Raouf Yecta bey. Pour éviter toute complication typographique, j'ai\nomis, les passages en térérems exceptés, le texte poétique persan de ces com-\npositions symphoniques, me contentant d'en donner une traduction littérale\net syllabique.\nLe présent concert est composé dans le mode Neva et ses tons relatifs.\nL'ambitus du mode Néva est le suivant :\n\nCf. notre article sur le Neï : Bulletin français de la S. I. Avril 1900 pp. 334-363.\n*ra musique orientale est comme celle des anciens grecs une musique rythmique alors que la nôtre est\nessentiellement métrique ; ce que nous appelons rythme n'est en effet, que la perception d'un mètre musical qui\nreste à notre insu un véritable principe de monotonie. Pour l'étude des rythmes de la musique orientale cf. mes\narticles sur la matière : Revue Musicale i#r Août, ier Sept. 1906."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.31", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1627, "texte": "La forme classique de la symphonie orientale comprend neuf mor-\nceaux :\n1. Le Taksim 4. Les Murabba 7. Les charké\n2. Le Péchrev5. Le Naki8.\n3. Le Kiâr 6. LïAghir Sémaï 9. Le Péchrev sémaï\nLe TaKsim.\nLe taksim est une espèce d'impromptu musical de fantaisie affranchi\nde toute mesure et de tout rythme avec lequel, par une musique douce\net affectueuse, on dispose l'oreille et le cœur à l'émotion. Le caractère\nparticulier de ce morceau étant d'être une improvisation sur le mode\nfondamental du concert avec métaboles obligées dans les tons relatifs, il ne\npeut manquer d'attirer de ce chef, l'attention des auditeurs orientaux qui\njugent par là du genre, du goût et du degré d'habileté de l'artiste. Aussi\nbien, est-il de règle de confier l'exécution du taksim au premier musicien,\nles autres instrumentistes l'accompagnent discrètement en faisant des\ntenues.\nLe Péchrev.\nLe Péchrev est une sorte d'ouverture instrumentale où sont marqués\nd'une manière plus positive, les sons caractéristiques du mode fondamental\ndu concert, les tons relatifs dans lesquels il sera permis de moduler, ainsi\nque les transitions propres à cet effet.\nLe péchrev produit en tête de notre concert oriental est du musicien\nZéqui Mehmed Aga, premier joueur de tambour du Sultan Mahmoud II.\nElève du célèbre joueur de tambour le juif Isac, il enseigna lui-même le\njeu de cet instrument au Sultan Selim III, le sultan musicien, alors qu il\nn'était que prince du sang. Il eut pour fils le célèbre compositeur de\npéchrevs Osman bey.\nPÉCHEREV.\nRythme Dévri-Kébir\nMusique de MEHMED AGA\nlf'-r Joueur de tambour du Sult an MAHMOUD II-"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.32", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 258, "texte": "Le Kiâr.\nCe mot persan signifie travail, et désigne un morceau de longue\nhaleine et pratiquement fort difficile.\nLa plupart des Kiârs ont été composés par Abd-el-Kader et les\nanciens auteurs. Le mouvement de ces pièces symphoniques est générale-"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.33", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1234, "texte": "ment moderato, cependant quelques unes d'entre elles, d'un mouvement,\nrapide sont des plus goûtées.\nLa musique des Kiârs est ordinairement composée sur des poésies\nerotiques ou de philosophie mystique, voire sur des éloges poétiques du\nprophète et des membres de sa famille. Les Kiârs de ce dernier genre sont\nles plus anciens.\nLa poésie du Kiâr que nous publions ici est la célèbre chanson du\nrossignol et delà rose du poète persan Hafiz Chirazi mort en 791 ou\n794 de l'Egire à Chiraz. Son Divan ou recueil de poésies, est considéré\ncomme le chef d'œuvre de la poésie persane. La musique de ce Kiâr\nmodèle du genre, est du célèbre Itri, un des plus grands compositeurs de\nmusique turque. Il vivait sous le règne du sultan Mahmoud IV qui l'avait\nen prédilection. Cet illustre musicien avait dit-on, une voix assez ordinaire\nmais sa grande virtuosité lui attirait nombre d'admirateurs. Itri composa\nplus de mille morceaux, mais étant donné le défaut de notation chez les\nOrientaux, c'est tout au plus si la tradition à pu sur ce nombre, en con-\nserver une dizaine qu'il serait temps de recueillir.\nKIAR.\n\nI) Les exclamations entre parenthèse ne font pas partie du texte poétique; elles sont le fait du\nmusicien."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.36", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 131, "texte": "+4\n<D Le compedteur fTR] intewjate ici par par fcmtaisie un vers emprunté à une autre pièce\npoétique d>HAFIZ CHIRAZI r"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.38", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 520, "texte": "Les Murahba.\nMurabbà signifie quatre. Le Murabba est également dit besté : composé.\nIl se compose d'un quatrain dont la musique des Ier 2e et 4e vers est iden-\ntique. Le troisième vers est appelé <£Meyan le à cause de sa situation ;\nil se chante sur la corde la plus élevée du mode. En bonne règle, il doit\ny avoir deux murabba dans un concert classique.\nLe icr murabba de notre concert est du célèbre Itrt, le second, de\nDédé Ismaïl effendi.Né à Constantinople en 1196 de l'Egire. Dédé Ismaïl\n\n3"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.39", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 698, "texte": "entra en 1214 dans le téké,couvent de Mevévis ou derviches tourneu:\nde Yeni Kapou, où il eut pour maître de musique le supérieur même J\ntéké: Ali Nantki effendi. Le Sultan Selim III ayant eu la curiosité\nl'entendre, le manda près de lui et récompensa son talent. Dans la suite,lt\nSultan Mahmoud II le nomma Ier Muezzin de sa mosquée. Dédé Ismaï\nest un des musiciens turcs dont la tradition a conserve le plus de cou.\npositions. Il mourut à la Mecque en cours de pelerinage en 1261.\nPREMIER MURABBA.\nMusique 4e ITRI\n\nf2)Djem; sekah de Perse légendaire, possédait une ccrape magique ornée de pierres précieuses\ndans laquelle le genre humain sa réllétait tout entier comme en un miroir. J"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.41", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 198, "texte": "SECOND MURABBA.\n\n(l)OULVI est un nom de guerre adopté par quatre poètes ottomans du Xe; siècle. J'ignore quel est\njcelui de ces personnages auquel il faut attribuer la présente poésie ."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.42", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 419, "texte": "Le Nakich.\nCe mot persan signifie ornement et désigne une ancienne composition\nde moyenne étendue, chargée de mélismes dits équivalant aux\ntra-la-la, de nos chansons populaires.\nRégulièrement, le nakich est intercallé entre les deux murabba dans\nun concert classique.\nLe nakich reproduit dans notre concert est une composition moderne\nde Raouf Tecta bey sur une poésie de Hafiz Chirazi.\nNAKISCH."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.44", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 319, "texte": "L'Aghir Sémaï.\nLes sémaï sont des pièces de la symphonie orientale d'un caractère\nplus ou moins lent. <tAghir sémaï signifie sémaï lent ; il se compose ordi-\nnairement dans les mesures 10/4 et 6/4.\nL'Aghir Aksak sémaï du présent concert est de effendi.\nAGHIR SÉMAI.\nMusique de BEDE IMAIL EFFENDI"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.45", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 382, "texte": "Les CharKi.\nLes charkisont des chansons d un rythme court cju on intercale i\nvolonté, entre l'Aghir sémaï et le Yuruk semai. Nous ne donnerons ici\nqu'une seule de ces pièces, composition de Raouf Tecta bey.\nCHARKI.\nRythme SENGUIN SÉMAÏ (J=6o)\nMusiqu*» de RàQUF YECTA BEY.\n\nMï 7 p roman deMEDJNOUN et deLEILA est a ce p\n/ait un point d'honneur drle prendre au moins ■une"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.46", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 233, "texte": "Le Yuruli sémaï.\nGenre de Sémaï lent au commencement accéléré au milieu puis\nralenti à la fin. Celui qui figure dans notre concert, est de\nYURUK SÉMAI.\nRythme YCRUK SEMAI (J = 96)\nMusique de DÉDÉ IMAIL EFFENDI"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.47", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 460, "texte": "Le Péchrev sémaï.\n■ , P\nMorceau final du concert classique oriental exécuté >par lesirinstru\nments seuls. En bonne règle, cette pièce reproduit en les agrémentant è\nnouvelles broderies, les principaux motifs du Péchrev initial ; elle s'écrr\ndans la mesure 10/8.\nLe péchrev qui termine notre présent concert est une composition è\nmon ami Raouf Tecta bey à qui je dois tout le mérite de la présente étude\nPÉCHEREY SÉ M AI.\nMusique de RAOUF YECTA BEY"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.48", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 683, "texte": "Je me plais à espérer que la publication de ce concert classique\nOttoman attirera l'attention des amateurs de musique exotique et de\nvrai musicien, non pas tant par la richesse des motifs mélodiques qu il\nrenferme, que par le jeu des rythmes et des tonalités qui s y manifestent.\nIl ne faut pas l'oublier, la musique orientale est comme la nôtre, fille de\nla musique grecque. Si la polyphonie a prive durant de longs siècles 1 art\noccidental de ses rythmes originaux et de ses tonalités fondamentales, la\nloi qui préside à son évolution le ramènera tôt ou tard, a son point de\ndépart et au respect légitime des lois naturelles de 1 acoustique.\n\nR. P. Thibaut."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c038", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 37, "image_fin": 37, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.8", "titre_corps": "Carnaval de Schumann “Les papillons” Esquisse par Mademoiselle P. C. 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Jean-Aubry", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.49", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1574, "texte": "“VISUALISED MUSIC”\nDE MISS PAMELA COLMAN SMITH.\n\nDans son admirable étude sur Richard Wagner, Charles Baudelaire\na écrit ceci : \" Ce qui serait surprenant c'est que le son ne put m\n\" suggérer la couleur, que les couleurs ne pussent pas donner l'idée d'une\n\" mélodie et que les sons et la couleur fussent impropres à traduire de\n44 idées : les choses s'étant toujours exprimées par une analogie réciproque\n\" depuis le jour où Dieu a proféré le monde comme une complexée:\n\" indivisible totalité Et c'est bien l'impression que l'on éprouve quanc\non a vu les esquisses de Miss Smith, ses cahiers de notations picturales et\nqu'elle appelle de \" la musique visualisée\nElle entend de la musique, pièce symphonique ou pièce de piano e:\npour elle aussitôt l'impression sonore se transforme en une expressior\ngraphique. Je l'ai vue au concert, ou dans le coin d'un salon où l'or,\nfaisait de la musique, ramassée sur elle-même son carnet sur les genoux,\nle pinceau de sépia à la main, écoutant l'œuvre, suivant le rythme,\net souriante, sans hâte, comme si elle avait le temps de noter son impres-\nsion et en quelques instants, le temps d'une vingtaine de mesure, la\nfeuille balafrée, carressée, effleurée présente une de ces esquisses variées,\ncomme l'une de cette série charmante d'après le Carnaval de Schumann,\ncomme celles d'après le Chant de la Terre de Séverac, la Vallée de\nCloches de Ravel, les Images ou les Estampes de Debussy ou comme\ncelles d'après la symphonie du Nouveau Monde de Dvorak, Yut mineur,\nou Yhéroïque de Beethoven, les pièces de Bach, Scarlatti, Purcel, Byrd."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.50", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3455, "texte": "Voici au reste comment Miss Pamela Colman Smith s'exprime\ntouchant ces impressions en une \"Note\" que je traduis aussi identique-\nment que possible :\n\" Ce ne sont pas là des représentations d'un thème musical ou de notes furtives, non plus\nque des illustrations conscientes du titre donné à un morceau de musique, mais ce qu'il m'en\nsemble lorsque j'entends de la musique, des pensées éveillées et libérées à l'appel des sonorités.\nJe les note rapidement, parfois elles sont si étranges que je m'en étonne au fur et à\nmesure de leur apparition. Une vitalité subconsciente les anime.\nQuand je prends mon pinceau et que la musique commence c'est comme si j'ouvrais une\nporte sur un pays merveilleux. Là s'offrent largement à ma vue des plaines, des montagnes et\nune mer houleuse et lorsque la musique forme un filet sonore, les personnages qui habitent ces\ncontrées entrent en scène : majestueuses Reines aux gestes lents couronnées de joyaux et de\nriches parures gaies ou tristes qui gravissent la montagne ou se tiennent sur le rivage pour\ncontempler les hôtes de l'eau. Ceux-ci, calmes s'inclinent ou s'évanouissent bientôt, ils agitent\nles embruns, et se courbant, plongent dans les profondeurs. Ce sont aussi les habitants de\nla grande plaine : ils sont de pierre et immobiles.\nLes arbres, qui sommeillent jusqu'à ce qu'un elfe, d'une baguette magique, éveille à la vie\nle feuillage.\nJe vois souvent des tours, blanches et hautes, dressées contre le ciel qui s'assombrit.\nCes hautes et blanches tours qu'on voit au loin\nCouronnant la cime des monts comme d'une couronne de neige\nLeur silence est si lourdement suspendu dans l'air\nQue la pensée suffoque.\nUne multitude en désordre, portant des lances, et qui traverse la scène en toute hâte.\nLes couchers de soleil qui s'amoindrissent du rose au gris et des nuages que le vent chasse à\ntravers le ciel.\nLongtemps le paysage que suscitait en moi Beethoven demeura désert, collines, plaines,\ntours en ruines, églises au bord de la mer. Puis j'aperçus au loin une petite compagnie de\nporte-lances, traversant à cheval la plaine. Maintenant la mer retentissante est forte du sel des\nembruns cinglants, et pleine d'une vie essentielle ; et voici les cavaliers des vagues et la Reine\ndes marées qui porte en sa main la lune nacrée, et voici l'écume étincelant sur la vague\ncouleur d'encre. Souvent, en entendant Bach, j'entends sonner des cloches dans le ciel,\nagitées par des cordes tournoyant aux mains de jeunes filles vêtues de robes brunes ; et c'est\nune fraîcheur rare comme une matinée sur la montagne en des brumes opalines qui se pour-\nsuivent.\nChopin conduit la nuit : des jardins, où le mystère et la crainte sont embusqués en tous\nles buissons, mais la joie et la passion palpitent dans l'air, et la froide lune contemple la scène.\nIl y a un jardin que je vois souvent, en un clair de lune brillant sur les feuilles de la vigne, et\nsur les roses mourantes, dont les pâles pétales s'effeuillent, il y a de grands arbres, vagues, un\nciel empourpré, et des amants qui se promènent. J'ai montré à plusieurs personnes un croquis\nde ce jardin, en leur demandant de jouer la musique d'après laquelle je l'avais destinée. Toutes\nsans hésitation, jouèrent la même pièce. Je n'en sais plus le nom, mais je sais bien quelle est\nla musique de ce paysage \".\nQu'on n'aille point croire que Miss Colman Smith est une inspirée,\nsans culture, et sans technique, une \" extralucide \" de la peinture ou de"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.51", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 1881, "texte": "la musique : à côté de son œuvre \" musicale \" Miss Smith a témoigné\ndans des publications anglaises et américaines d'une imagination et d'une\ntechnique également sûres et séduisantes. Là son art respire une \" ironie\ncordiale \" si je puis ainsi dire, un \" humour \" sans mélancolie, une gaieté\nqui marque une joie de vivre, une nature expansive jusque dans la gravité\nqui se dégage de sa \" visualised music\nAu reste c'est en toute simplicité qu'elle parle de son art et de ses\ninterprétations de la musique : le contraire lui semblerait \" surprenant \"\ncomme le disait Baudelaire : tantôt c'est une idée qui la hante et qu'elle\nexprime graphiquement en un symbolisme concentré et pourtant simple,\ntantôt c'est l'évocation on croirait simplement matérielle d'un\npaysage qui lui suffit pour transcrire son impression et pour la prolonger\nà nos yeux. Mais toujours c'est la même simplicité de moyens et la\nmarque d'une émotion profonde ou d'une sensation rythmique qui ne l'est\npas moins.\nHenri de Régnier a noté touchant Stéphane Mallarmé :\n\" Il suivait le crayon levé, l'arabesque multiple de la symphonie, et\n\" notait, sur un papier, sa réponse, peut-être à la voix universelle qu'est\n\" la musique. Puis le morceau fini, le feuillet s'éclipsait jusqu'à ce que la\n\" reprise du concert autorisât ce même usage mystérieux \"\nQue notait ainsi Mallarmé ? Nul ne l'a su exactement mais pour ce\nprodigieux harmoniste du verbe, la phrase sonore s'exprimait en paroles:\na nature de Miss Smith est de la même famille et il n'est pas excessif\nd'approcher du nom vénéré de Mallarmé, celui d'une artiste qui goûte\navidement les plus purs lyriques de sa race, qui a donné du grand poète\nirlandais W. B. Yeats un portrait révélateur et qui peut provoquer dans\nses esquisses chez tous ceux qui aiment la musique des impressions\ndélicates et des voluptés sereines.\n\nG. Jean-Aubry."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c042", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 52, "image_fin": 53, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.10", "titre_corps": "A PROPOS DU CRESCENDO", "titre_sommaire": "A PROPOS DU CRESCENDO", "signature_source": "Georges Cucuel", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.52", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1753, "texte": "Dans un intéressant article paru ici même le 15 octobre 1910\nM. Michel Brenet a essayé de retrouver les plus anciens exemples de\nl'emploi du crescendo en France. Sans doute les partitions sont en général\ndépourvues de tout signe dynamique, mais il est évident qu'on s'inquié-\ntait fort de pareilles nuances, à une époque où le goût recherchait avant\ntout l'expression, et que la chose existait sans conteste. Mais il y a plus,\nle mot lui même se rencontre dès 1752 dans une œuvre qui n'est pas sans\nimportance : le premier trio de Gossec '.\n8 x iLa partie de premier violon porte en effet à la 27e mesure de l'allé-\ngro«initial la mention suivante :\nO &\nLe mot même se trouve confirmé par l'allure de la phrase musicale :\nle crescendo porte sur trois mesures ; suit un decrescendo fort net, quoi-\nque non indiqué, à la quatrième mesure. Le fait que Gossec connaissait\nle crescendo en 1752 l'année où M. Brenet le signale dans le Te Deum\nde Calvière est assez significatif dans la querelle qui se livre actuelle-\nment autour des origines de la dynamique musicale. Si Gossec, encore\ntrès jeune 2, a employé le terme même de crescendo, c'est qu'il en avait\nvu des exemples autour de lui, c'est que la chose avait été pratiquée avant\nle séjour de Stamitz, c'est qu'enfin la musique française n'avait rien à\napprendre sous ce rapport de l'école de Mannheim.\nIl serait intéressant de noter les influences que Gossec avait pu subir à\nParis ; il paraît certain qu'en 1752 il était violoniste 3 dans l'orchestre de\n\n1 Sei Sonate a due Violini e Basso, composte del Francisco Gosséi di Anversa. op. i. (Paris. Le Clerc)\nBibl. Nat. Vmy. 1241.\n2 II était né en 1734 et arrivé à Paris en 1751.\n3 Choron et Fayolle : Dictionnaire historique des musiciens. I. 283-284."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.53", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 37, "texte": "A PROPOS DU CRESCENDO\nGeorges Cucuel."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.53", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 1727, "texte": "La Poupelinière, mais non directeur de cet orchestre, dont il ne prit la\ntête qu'après le séjour de Stamitz chez le fermier général. En dehors des\nsouvenirs contemporains, aucun document ne mentionne Gossec dans ce\nmilieu avant 1760 ; nous savons que le 31 juillet 1760 le curé de Passv\nfit condamner par défaut Gossec à une amende de 34 livres dix sols et\naux dépens. Les causes ne sont pas énoncées, mais La Poupelinière est\n\"réputé débiteur des dites sommes1.\" Toute la jeunesse de Gossec pré-\nsente encore bien des points obscurs et nous y reviendrons ultérieurement.\nL'analyse de ces trios d'une inspiration assez sèche d'ailleurs\nmontrerait le fréquent usage de ces Forte et de ces Piano en contraste,\nqui nous est présenté comme l'une des \" manières \" caractéristiques de\nl'école de Mannheim. On en trouvera surtout la preuve dans le double\nmenuet du second trio. Ce n'est donc pas en Allemagne, mais en France\nou en Italie que Gossec débutant aura rencontré ses modèles2.\nIl est probable que de nouveaux exemples contemporains ou même\nantérieurs du crescendo en France nous seront bientôt révélés. Ainsi\ns'accumuleront peu à peu les arguments en faveur de l'ancienne musique\nsymphonique française qui a sa vie réelle et qui porte en elle même assez\nd'armes pour répondre à touss.\n\n1 Arch. Nat. Prévoté de Passy Z2 3862.\n2 Kamienski : Mannheim und Italien. Sammelbânde der I. M. G. 1908-1909. 307-317.\n3 Le terme de Crescendo, sinon la nuance elle même, n'a été employé par Gossec que dans le premier\ndes six trios, et dans ce trio que dans la partie de premier violon, ce qui s'explique bien, si l'on considère le rôle\nprépondérant de cet instrument qui était celui de Gossec."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c046", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c046", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 54, "image_fin": 59, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.11", "titre_corps": "LES LIVRES", "titre_sommaire": "LES LIVRES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.54", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2600, "texte": "GUILMANT (Alexandre).\nV orgue desXVl\\ XVII avec la collaborat\nles notices biographiques de ANDRÉ PIRRO. (Meudon, chez l'auteur,\n10 vol. in fol.)\nIl est souvent question ici même, et dans les travaux de\nchacun de nous de ces Denkmaeler qui font la gloire de l'Alle-\nmagne musicale, et dont les grands volumes viennent chaque\nannée se ranger docilement sur les rayons de nos bibliothèques.\nLà, il est vrai, ils se couvrent parfois de poussière et le lecteur les\nvénère peut-être autant, sinon plus qu'il ne les consulte. Mais\ncependant ces imposantes collections, dont MM. Breitkopf et\nHaertel supportent le poids, rendent les plus éminents services à\nla cause de l'érudition et servent aussi indirectement la pratique\nde nos concerts. Ni Bach, ni Haendel, pour ne citer que ceux-là\nn'auraient pris pied si aisément dans notre vie musicale, sans les\n150 volumes (environ quatre mètres cubes de papier) que repré-\nsentent les éditions complètes de leurs œuvres.\nMais, nous aussi, en France, nous avons nos\nSeulement il nous manque un Breitkopf pour les mettre en\nœuvre et les multiplier avec méthode. MM. Durand ont fait avec\nRameau une expérience dont chacun leur sait gré, mais qui ne semble pas devoir se renouveler\nsitôt. Un autre éditeur parisien (ne le nommons pas, il déteste la réclame) eut jadis la bonne\nfortune de trouver en notre collègue Henry Expert un amoureux du XVIe, et l'honneur\nd'éditer sans frais cette merveilleuse Collection des Cette tentative\n1 intéressa si peu qu'à peine son existence était-elle connue des employés de sa maison ! Çà et\nlà s'annoncent les amorces timides de collections musicologiques, mais elles ne servent guère\nqu'à démontrer, dans notre librairie musicale, l'absence de propagande efficace.\nIl est cependant une œuvre qui se poursuit, sans le secours d'aucun éditeur, et grâce à la\ncollaboration de deux maîtres de la bonne musique. C'est l'Archive de l'Orgue rédigée par\nMM. A. Guilmant et A. Pirro, deux de nos plus éminents collègues. Depuis quinze ans,\nprès de trois mille pages infolio, formant dix gros volumes, ont peu à peu vu le jour, à Meudon\nchez M. Guilmant lui même, et forment un véritable monument élevé à la gloire de la\nmusique. Aujourd'hui, où tout se sait, il peut sembler incroyable qu'un pareil édifice ne soit\npas mieux et plus universellement connu. Cela tient d'abord à la modestie des auteurs, puis\naussi à ce fait que l'orgue est un instrument spécialisé, dont peu de musiciens ont la pratique et\npeu d'amateurs la jouissance. L'imagination du profane est alarmée à l'idée de se plonger dans\nles archives de nos vieux maîtres.\n\n4"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.55", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3999, "texte": "Ces craintes sont vaines. Ce que nous découvrons, dans ces quelques centaines de pièCes\nde clavier, c'est le meilleur de notre effort instrumental et harmonique français de 1600 J\n1750 environ. Certes le vieux Tite/ouze(1623) chimérique et idéaliste, est bien de son temps\net le Liber Frat. Crue.de la Bibliothèque de Liège ne saurait en aucune façon se comparer à\nla Valse Mignonne. Mais notre siècle, où règne l'austérité musicale sous la forme sonate, où la\nreligiosité a élu domicile au sein de la musique de concert, est bien fait pour s'intéresser à ce»\nfugues, à ces hymnes et magnificats, à ces fantaisies. Il est capable de tirer enseignement de\nces recherches de clavier qui ont assoupli la matière musicale pendant deux siècles. Gigault\n(1685) et de Grigny(1707) sont plus près de César Franck que de Lully. Et qui sait ce\nqu'aurait produit un Dandrieuou un Marchand s'il leur avait été permis d'ôter leur perruque!\nL'agrément de l'oreille n'est point du reste le seul en cause ici. Il y va de l'honneur de\nnos maîtres d'être connus et de l'intérêt de notre culture générale de pratiquer l'ancien. De\nce point de vue, qui est celui de la musicologie, le recueil de M. Guilmant est excellent, car\nil n'est pas une anthologie mais une suite de sans retouches, et sans autre\nsouci d'adaptation que celui de la registration moderne. Nous sommes ici vraiment sur le\nterrain de la science. Et de même la part qui revient à M. Pirro, part bio-bibliographique,\nmérite toute notre reconnaissance. Il faut avoir erré dans documentation des archives et\ndes bibliothèques pour savoir tout ce que représente d'efforts une notice comme celle qui\nprécède l'œuvre de N. Lebègue, par exemple. Tel rapprochement, qui semblera tout naturel,\ntelle identification, telle indication de source, suppose d'immenses dépouillements et en\nparticulier dans un fond jusqu'ici non catalogué, comme celui de la Bibliothèque Nationale.\nOn ne prend pas Pirro en défaut et c'est lui qui au contraire redresse à l'occasion nos erreurs,\nJe lui suis tout particulièrement obligé d'avoir signalé une mauvaise lecture dans mes Actes\nd'état civil du Châtelet. (art. Mahieux).\nUne critique cependant. Il en faut toujours. La présentation de ces volumes pourrait\nêtre un peu moins triste. Les poinçons de musique sont bien gros ! Et le lecteur, du moins\ncelui que n'est pas absolument gagné à notre cause, aimerait sans doute un air un peu plus\nengageant dans l'ensemble. Je ne formule d'ailleurs cette réserve que dans l'intérêt d'une\npublication, dont je souhaite vivement la diffusion. Et puis aussi parce que je ne sépare pas la\nbeauté formelle, la volupté plastique, de la science elle-même. Je sais qu'on m'en fait parfois\ngrief, et que je passe pour frivole aux yeux des Mais MM. Guilmant et Pirro\nne sont pas de ceux-là. Heureusement !\nJ. E.\nKINKELDEY (Otto). — Orgel und Klavier in der Musik des XVl* Jahrhunderts. (Breit-\nkopf 191 o in 8° de X + 226 + 86 pp. de musique. Mk. 8.)\nLe temps n'est pas bien éloigné ou la musique instrumentale se voyait reléguée au dernier\nrang de l'histoire, et si l'on voulait continuer aujourd'hui l'œuvre de vandalisme, qui détruisit\nau XIXe siècle une partie de la célèbre Collection Philidor, il ne serait pas impossible qu'on\ns'attaquat encore de préférence aux volumes de ce fonds qui ne portent pas de textes littéraires.\nEn tout cas un des derniers grands recueils de la musicologie, le catalogue des Mss de musique\ndu British Muséum, commencé en 1906 par le dépouillement de la musique religieuse, pour-\nsuivi en 1908 par la musique vocale profane, nous a fait attendre quatre ans la publication des\nséries instrumentales. C'est là un indice. Dans l'ordre des préséances historiques nous en sommes\nencore au protocole du moyen-âge ; nous faisons passer d'abord l'église, ensuite le théâtre, enfin\nle concert et alors seulement apparaît la musique pure, comme honteuse et humiliée.\nUne contribution à l'histoire des instruments à claviers au XVIe siècle doit donc être"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.56", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 10, "texte": "LES LIVRES"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.56", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 4179, "texte": "considérée comme un véritable service rendu nos études. Nous avons grand besoin de replacer\nla musique instrumentale à son rang, de montrer qu'elle n'est pas un laissé pour compte des\ngrand maîtres, mais un agent de perpétuelle rénovation de l'énergie sonore. M. Kinkeldey, qui\nfait honneur à l'école musicologique de Berlin, nous montre comment au XVIe siècle l'instru-\nment à clavier s'était déjà suffisamment perfectionné pour se trouver au premier plan de la vie\nmusicale. Nous voyons son état, son rôle dans la pédagogie, dans l'art, et enfin les résultats de\nson activité sur l'évolution de la musique elle même.\nDepuis Virdung (1511) jusqu'à Cerone (1613), depuis Ramis de Pereia (1482) jusqu'à\nPraetorius (1618), les théoriciens mis à contribution par M. K. nous indiquent l'emploi des\ninstruments à clavier, orgue, clavicorde, clavecin, comme un fait établi avec lequel le musicien\ndoit compter. Et ce sont les Espagnols qui les premiers coordonnent en doctrine l'enseignement\ndevenu nécessaire à la pratique de ces instruments. Juan Bermudo dans sa Declaracion de\ninstrumentes musicales de 1549, et Sancta Maria dans son Arte de taner Fantasia de 1565 se\nmontrent des maîtres tout à fait étonnants de précision. Ils conduisent l'élève depuis les premiers\nrudiments du doigté et des exercices jusqu'à l'improvisation et à la lecture à vue des œuvres\npolyphoniques publiées en parties séparées. Il faut bien avouer que l'effort demandé par un\nmaître claveciniste du XVIe à un élève du cours supérieur surprendrait nos modernes pianistes,\ns'ils avaient par exemple à réaliser avec leur dix doigts séance tenante les parties d'une piece de\nJosquin. Car, la tablature et la mise en partition étaient considérées par ces maîtres comme un\nartifice enfantin, tout au plus bon pour les commençants.\nDe toutes ces disciplines auxquelles était soumis l'élève, durant les dix ou quinze ans\nnécessaires à son apprentissage, une des plus nécessaires était celle des ornements. On ne\nsaurait trop remarquer à notre époque l'extrême importance de l'ornement dans la musique\nancienne et nous renvoyons les sceptiques au livre de M. K. Ils y verront ce qu'on entendait,\nmême avant les XVIe par une exécution à l'orgue ou au luth et comment les maîtres les plus\nfameux, dès qu'ils écrivaient pour un soliste, habillaient leurs œuvres les plus severes sous des\ncouleurs à la mode, qui nous stupéfient aujourd'hui. C'est un fait. Rendre une œuvre apte aux\nexécutants du clavier, des cordes ou de la voix, c'était faire subir a cette œuvre une transfor-\nmation qui la rendit bigarrée, frétillante et comme taillée a facette. Et cela est aussi bien\naccepté par un contemporain de Dufay comme Squarcialupi (1450), par un admirateur de\nMorales ou de Willaert comme Sancta Maria (155°) (lue Par un r^ de Palestrina comme\nMerulo, ou comme de Buus. Dans notre appréciation de la musique ancienne nous sommes\nbien souvent victime des textes que nous ne savons plus interpréter, et qui se présentent a nous\ncomme des cadavres. M. K. a le mérite de nous replacer en pleine pratique instrumentale et\nen pleine vie sonore.\nLe rôle du clavier dans la musique d'intimité et même dans la musique de grandes fetes\nétait considérable au XVIe siècle. Le tableau que nous trace M. K.. en s appuyant sur les\nrécits officiels, sur les correspondances d'ambassadeurs (particulièrement vénitiens) et sur quel-\nques correspondances allemandes retrouvées est tout à fait curieux. V oir notament les lettres\nd'un jeune étudiant Nurenbergeois à Leipzig (15 5 5) raconte les progrès de son instruction\nsur le clavicorde et ses leçons de chant. Ce sont là d'excellentes pièces à conviction. Les\ngrandes descriptions de divertissements princiers nous montrent les instruments d harmonie\ndans leurs rapports avec les instruments monodiques. Et la aussi nous avons beaucoup a\napprendre, car nous allons à l'aveuglette dans nos restitutions d'orchestres nous\nlaissons guider par un sentiment tout arbitraire des valeurs instrumentales. Et meme parfois\n(faut-il le dire) nous opposons ce sentiment à la vérité même du document, nous parions pour\nnous mêmes contre les anciens. Ce qui n'est guère raisonnable."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.57", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3956, "texte": "Croyons plutôt un Praetorius qui nous dit merveille d'une exécution d'un\nde Jacques de Wert exécuté par 2 enfants, i mezzo, 2 théorbes, 2 luths, 2 cistres, 4 clavecins,\n7 violes de gambe, de 2 flûtes traversières, et une contrebasse. Ou bien encore G. Cini (1565)\nqui dans l'intermède d'un drame laisse concerter : quatre clavecins, quatre violes, deux\ntrombones, deux flûtes ténors, un cornet, une flûte traversière et deux luths. Prêtons aussi\nattention aux fêtes musicales organisées par Roland de Lassus lors des noces du duc Guillaume V\nde Bavière à Munich en 1568. C'est là comme un résumé de ce que le concert pouvait offrir\nau dilettante au XVIe siècle :\nPendant le banquet la musique commença à se donner libre cours. Aux hors d'œuvres on\nentendit une Battagliad'Annibal Paduano pour trombones et cornetti alti. Puis, au premier\nservice : un motet de Lassus à six parties pour 5 cornets et deux trombones. Au second\nservice : une pièce d'Alessandro Striggio pour six grands trombones, dont la basse descendait\nune octave plus bas que les trombones ordinaires. Au troisième service des motèts à six de\nCiprien de Rore pour 6 violes. Au quatrième service des pièces à 12 d'Annibal, pour 6\nvioles, 5 trombones, 1 cornet et une régale. Au cinquième service une musique anonyme\ncomposée de 6 grandes violes de gambe, 6 flûtes, 6 voix et I clavecin. Au sixième service:\n1 clavecin, I trombone, I flûte, I luth, I cornemuse, 1 cornet, 1 gambe et 1 piffaro. Au\nseptième service : une composition où les instruments étaient divisés en trois chœurs: d'un\ncoté 4 violes de gambes, d'un autre 4 grandes flûtes, enfin une doucaine, 1 cornemuse, 1 fifre,\n1 cornet. Au dessert toute la chapelle chanta, et en outre Lassus fit entendre un petit\nensemble de chanteurs de choix. Les fêtes se poursuivirent ainsi, avec musique obligée. A\nun des repas du soir Lassus fit exécuter une œuvre à cinq de Madalena Casulana et une com-\nposition de Catharina Willaert, rendant ainsi hommage aux dames ; puis une de lui\nà six, sur six flûtes et six voix. Comme tout cela est loin de l'éternel polyphonie vocale et\ngrise qu'on nous impose dans les restitutions modernes! Comme cela chatoie et comme on sent\nla volupté de l'oreille dans ces dispositifs toujours variés, cette volupté dont on veut nous priver\naujourd'hui sous prétexte de tradition historique !\nLe livre de M. K. mériterait une étude approfondie de la part de tous ceux qui s'intéres-\nsent à la musique ancienne. (Voir en particulier le chapitre sur le Bien qu'il soit\nconçu à l'allemande, c'est à dire avec la seule préoccupation de mettre en ordre des documents,\nsans conclusion même à la fin de ses 215 pages, il forme un guide précieux pour l'érudit et\npour le curieux qui s'aventure dans ces parages. On peut le considérer comme un excellent\npoint de départ, comme un ouvrage auquel il faudra désormais se référer chaque fois qu'on\nparlera de musique instrumentale ancienne.\nJ. E.\nDAFNER (Hugo). Musikwissenschaft und Universitaet (Breitkopf in 12° de 23 pp,)\nUn professeur de l'Université de Leipzig ayant dans un moment d'abandon parlé de\n\" musicologie, chinoiserie et autres enseignements subalternes M. Dafner s'est mis à écrire\ncette brochure qui est vengeresse et dit des choses très justes. Cette petite escarmouche n'est\npas la dernière que nous aurons à subir. La musicologie se trouve dans une situation très\ndélicate. Tous ses efforts sont condamnés si elle ne parvient pas à capter la bienveillance du\nsentiment ; le musicologue travaille pour l'auditeur et l'auditeur veut jouir. C'est là une\ninfériorité aux yeux de la science désintéressée. D'autre part la musicologie, pour s'élever àla\nhauteur des autres disciplines de l'esprit s'efforce de s'en tenir à la stricte connaissance du\npassé et des faits. Par là elle mécontente l'art et les artistes, qui se moquent pas mal des faits,\nsi ces faits ne leur sont pas agréables. Des deux côtés de la barricade, il n'y a encore qu'un"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.58", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3190, "texte": "très petit public d'indépendants, assez clairvoyants pour faire un choix entre les recherches\nscientifiques et les joies auditives, entre la chimie et la cuisine. Les autres mettent au contraire\ntous leurs soins à augmenter la confusion. Pour les universitaires, nous sommes des musiciens,\npour les musiciens nous sommes des universitaires. La plaisanterie finira certainement un jour,\nlorsque ceux qui ont intérêt à la perpétuer verront clair.\nPROCEEDINGS of the musical Association de 1910 (Novello in 12° de 130 pp.)\nLes procès-verbaux de cette association qui est affiliée à la section de Londres de notre\nSociété comprennent cette année les communications suivantes : L. Nicole \"\nnastics\". F. Korbay \" Hungarian Folk-Songs\". H. C. de Lafontaine \" \".\nEdwin Evans \" French Music of To-Day \". H. Cummings \" Dr. Ame W. W. Starmer\n\" Chimes and Chime Tunes\". Southgate \" Flûte \". Nos confrères anglais apportent aiusi\ntous les ans une contribution très intéressante à l'histoire de la musique.\nTHAYER (A. W.) —L. von Beethovens Leben, zweite Auflage von Hugo Riemann.\nVol. 11. (Breitkopf 1910 io 8° de 646 pp. Mk 12).\nM. le Professeur Riemann, dont l'énergique activité apparaît à tous les coins de la\nmusicologie, a voulu cette fois mettre sur pied et en ordre le second volume de Xhayer, déjà\ntraduit en allemand par Deithers en 1871. C'est un remaniement complet, nécessité par trente\nans de travaux divers sur Beethoven, et un livre qui restera définitif pendant de longues années.\nANDRE ROUVEYRE. Phèdre, dessins de Rouveyre tirés sur bois par Vibert à\n1.000 exemplaires. (Edition du Mercure de France 1910 in-4 °, 5 Frs. —)\nAu moment où il est question de sabotage racinien, et où l'auteur de Phèdre semble\ntout prêt de se rapprocher d'Octave Mirbeau dans l'opinion publique, le livre, où plutôt, le\ncarnet illustré de M. Rouveyre fera sensation. Il n'appartient pas à la musique, mais nous\nsommes heureux de pouvoir l'annoncer ici, et nous ne pouvons mieux le juger qu'en citant\nnotre éminent confrère M. de Fourcaud, qui écrivait à propos de Rouveyre : \"ce qui carac-\ntérise, à mon avis, le talent de l'auteur, c'est sa quasi constante volonté de décomposer les\nformes suivant les lois d'une géométrie mystérieuse en rapport avec les expressions. Certaines\nde ses images se dérobent au premier regard. Pour les dépouiller et les analyser totalement, il\nfaut quelque obstination. Mais, dans le temps même où la sagacité s'exerce, le mystère de ces\ndécompositions agit et l'on entrevoit des intensions subtiles ajustées à des conformations\nparticulières éclaircies peu à peu. Les hommes, les femmes nous apparaissent ainsi, plus encore\ntels qu'ils seront demain que tels qu'ils sont aujourd'hui. On dirait que le dessinateur a le\npressentiment ou la prescience du devenir de ses modèles. Son ironie ressemble à une vue en\nprofondeur. Cet art apparaît finalement moins divertissant que propre à inspirer des reflexions\nfortes et amères. En ce point, il a je ne sais quoi de philosophique, de pessimiste et de septen-\ntrional. Mais allez donc médire d'un ironiste qui s'essaie à définir les hommes et nous laisse\nplongés en de mélancoliques pensées sur notre propre vie. \""}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.59", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 824, "texte": "LIVRES REÇUS\nTHOMAS-SAN-GALLI (Dr.) Beeth (Munich in-8\" de 120 pp.)\nHELLOUIN (FRÉDÉRIC) et PICARD (JOSEPH). —■ Un musicien oublié : Catel\n(Fischbacher 1910 in-16 de 69 pp.)\nMAHILLON (VICTOR CHARLES). Quelques expériences sur la vibration des tuyaux\nà bouche et a anche, (Gand. Ad. Hoste ; petit in-8° de 51 PP*)\nBULLETINO DELL* ASSOCIAZIONE DEI MUSICOLOGI. Catak#\nde lie opere vocali di opere del theatro.(Pezzi vocali di opere del theatro de Parme (suite et fin.)\nid. Archivio délia R. Académie Filurmonia de Bologne.\nLA LAURENCIE (LIONEL DE). (Collection des Maîtres de la Musique.\nAlcan 1911. in-12°).\nGASTOUE (AMÉDÉE). L'art G(lbid. 1911.)\nKOUZMINE (M.) Carillons de Vamour, paroles et musique de l'auteur. Illustra-\ntions, hors texte de SOUDEÏKINE et THÉOPHYLACTOY. (MOSCOU, édition \" Le Scorpion \" in-40.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c048", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c048", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 54, "image_fin": 58, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.11.2", "titre_corps": "GUILMANT (Alexandre).", "titre_sommaire": "GUILMANT (Alexandre).", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.54", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2600, "texte": "GUILMANT (Alexandre).\nV orgue desXVl\\ XVII avec la collaborat\nles notices biographiques de ANDRÉ PIRRO. (Meudon, chez l'auteur,\n10 vol. in fol.)\nIl est souvent question ici même, et dans les travaux de\nchacun de nous de ces Denkmaeler qui font la gloire de l'Alle-\nmagne musicale, et dont les grands volumes viennent chaque\nannée se ranger docilement sur les rayons de nos bibliothèques.\nLà, il est vrai, ils se couvrent parfois de poussière et le lecteur les\nvénère peut-être autant, sinon plus qu'il ne les consulte. Mais\ncependant ces imposantes collections, dont MM. Breitkopf et\nHaertel supportent le poids, rendent les plus éminents services à\nla cause de l'érudition et servent aussi indirectement la pratique\nde nos concerts. Ni Bach, ni Haendel, pour ne citer que ceux-là\nn'auraient pris pied si aisément dans notre vie musicale, sans les\n150 volumes (environ quatre mètres cubes de papier) que repré-\nsentent les éditions complètes de leurs œuvres.\nMais, nous aussi, en France, nous avons nos\nSeulement il nous manque un Breitkopf pour les mettre en\nœuvre et les multiplier avec méthode. MM. Durand ont fait avec\nRameau une expérience dont chacun leur sait gré, mais qui ne semble pas devoir se renouveler\nsitôt. Un autre éditeur parisien (ne le nommons pas, il déteste la réclame) eut jadis la bonne\nfortune de trouver en notre collègue Henry Expert un amoureux du XVIe, et l'honneur\nd'éditer sans frais cette merveilleuse Collection des Cette tentative\n1 intéressa si peu qu'à peine son existence était-elle connue des employés de sa maison ! Çà et\nlà s'annoncent les amorces timides de collections musicologiques, mais elles ne servent guère\nqu'à démontrer, dans notre librairie musicale, l'absence de propagande efficace.\nIl est cependant une œuvre qui se poursuit, sans le secours d'aucun éditeur, et grâce à la\ncollaboration de deux maîtres de la bonne musique. C'est l'Archive de l'Orgue rédigée par\nMM. A. Guilmant et A. Pirro, deux de nos plus éminents collègues. Depuis quinze ans,\nprès de trois mille pages infolio, formant dix gros volumes, ont peu à peu vu le jour, à Meudon\nchez M. Guilmant lui même, et forment un véritable monument élevé à la gloire de la\nmusique. Aujourd'hui, où tout se sait, il peut sembler incroyable qu'un pareil édifice ne soit\npas mieux et plus universellement connu. Cela tient d'abord à la modestie des auteurs, puis\naussi à ce fait que l'orgue est un instrument spécialisé, dont peu de musiciens ont la pratique et\npeu d'amateurs la jouissance. L'imagination du profane est alarmée à l'idée de se plonger dans\nles archives de nos vieux maîtres.\n\n4"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.55", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3999, "texte": "Ces craintes sont vaines. Ce que nous découvrons, dans ces quelques centaines de pièCes\nde clavier, c'est le meilleur de notre effort instrumental et harmonique français de 1600 J\n1750 environ. Certes le vieux Tite/ouze(1623) chimérique et idéaliste, est bien de son temps\net le Liber Frat. Crue.de la Bibliothèque de Liège ne saurait en aucune façon se comparer à\nla Valse Mignonne. Mais notre siècle, où règne l'austérité musicale sous la forme sonate, où la\nreligiosité a élu domicile au sein de la musique de concert, est bien fait pour s'intéresser à ce»\nfugues, à ces hymnes et magnificats, à ces fantaisies. Il est capable de tirer enseignement de\nces recherches de clavier qui ont assoupli la matière musicale pendant deux siècles. Gigault\n(1685) et de Grigny(1707) sont plus près de César Franck que de Lully. Et qui sait ce\nqu'aurait produit un Dandrieuou un Marchand s'il leur avait été permis d'ôter leur perruque!\nL'agrément de l'oreille n'est point du reste le seul en cause ici. Il y va de l'honneur de\nnos maîtres d'être connus et de l'intérêt de notre culture générale de pratiquer l'ancien. De\nce point de vue, qui est celui de la musicologie, le recueil de M. Guilmant est excellent, car\nil n'est pas une anthologie mais une suite de sans retouches, et sans autre\nsouci d'adaptation que celui de la registration moderne. Nous sommes ici vraiment sur le\nterrain de la science. Et de même la part qui revient à M. Pirro, part bio-bibliographique,\nmérite toute notre reconnaissance. Il faut avoir erré dans documentation des archives et\ndes bibliothèques pour savoir tout ce que représente d'efforts une notice comme celle qui\nprécède l'œuvre de N. Lebègue, par exemple. Tel rapprochement, qui semblera tout naturel,\ntelle identification, telle indication de source, suppose d'immenses dépouillements et en\nparticulier dans un fond jusqu'ici non catalogué, comme celui de la Bibliothèque Nationale.\nOn ne prend pas Pirro en défaut et c'est lui qui au contraire redresse à l'occasion nos erreurs,\nJe lui suis tout particulièrement obligé d'avoir signalé une mauvaise lecture dans mes Actes\nd'état civil du Châtelet. (art. Mahieux).\nUne critique cependant. Il en faut toujours. La présentation de ces volumes pourrait\nêtre un peu moins triste. Les poinçons de musique sont bien gros ! Et le lecteur, du moins\ncelui que n'est pas absolument gagné à notre cause, aimerait sans doute un air un peu plus\nengageant dans l'ensemble. Je ne formule d'ailleurs cette réserve que dans l'intérêt d'une\npublication, dont je souhaite vivement la diffusion. Et puis aussi parce que je ne sépare pas la\nbeauté formelle, la volupté plastique, de la science elle-même. Je sais qu'on m'en fait parfois\ngrief, et que je passe pour frivole aux yeux des Mais MM. Guilmant et Pirro\nne sont pas de ceux-là. Heureusement !\nJ. E.\nKINKELDEY (Otto). — Orgel und Klavier in der Musik des XVl* Jahrhunderts. (Breit-\nkopf 191 o in 8° de X + 226 + 86 pp. de musique. Mk. 8.)\nLe temps n'est pas bien éloigné ou la musique instrumentale se voyait reléguée au dernier\nrang de l'histoire, et si l'on voulait continuer aujourd'hui l'œuvre de vandalisme, qui détruisit\nau XIXe siècle une partie de la célèbre Collection Philidor, il ne serait pas impossible qu'on\ns'attaquat encore de préférence aux volumes de ce fonds qui ne portent pas de textes littéraires.\nEn tout cas un des derniers grands recueils de la musicologie, le catalogue des Mss de musique\ndu British Muséum, commencé en 1906 par le dépouillement de la musique religieuse, pour-\nsuivi en 1908 par la musique vocale profane, nous a fait attendre quatre ans la publication des\nséries instrumentales. C'est là un indice. Dans l'ordre des préséances historiques nous en sommes\nencore au protocole du moyen-âge ; nous faisons passer d'abord l'église, ensuite le théâtre, enfin\nle concert et alors seulement apparaît la musique pure, comme honteuse et humiliée.\nUne contribution à l'histoire des instruments à claviers au XVIe siècle doit donc être"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.56", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 4179, "texte": "considérée comme un véritable service rendu nos études. Nous avons grand besoin de replacer\nla musique instrumentale à son rang, de montrer qu'elle n'est pas un laissé pour compte des\ngrand maîtres, mais un agent de perpétuelle rénovation de l'énergie sonore. M. Kinkeldey, qui\nfait honneur à l'école musicologique de Berlin, nous montre comment au XVIe siècle l'instru-\nment à clavier s'était déjà suffisamment perfectionné pour se trouver au premier plan de la vie\nmusicale. Nous voyons son état, son rôle dans la pédagogie, dans l'art, et enfin les résultats de\nson activité sur l'évolution de la musique elle même.\nDepuis Virdung (1511) jusqu'à Cerone (1613), depuis Ramis de Pereia (1482) jusqu'à\nPraetorius (1618), les théoriciens mis à contribution par M. K. nous indiquent l'emploi des\ninstruments à clavier, orgue, clavicorde, clavecin, comme un fait établi avec lequel le musicien\ndoit compter. Et ce sont les Espagnols qui les premiers coordonnent en doctrine l'enseignement\ndevenu nécessaire à la pratique de ces instruments. Juan Bermudo dans sa Declaracion de\ninstrumentes musicales de 1549, et Sancta Maria dans son Arte de taner Fantasia de 1565 se\nmontrent des maîtres tout à fait étonnants de précision. Ils conduisent l'élève depuis les premiers\nrudiments du doigté et des exercices jusqu'à l'improvisation et à la lecture à vue des œuvres\npolyphoniques publiées en parties séparées. Il faut bien avouer que l'effort demandé par un\nmaître claveciniste du XVIe à un élève du cours supérieur surprendrait nos modernes pianistes,\ns'ils avaient par exemple à réaliser avec leur dix doigts séance tenante les parties d'une piece de\nJosquin. Car, la tablature et la mise en partition étaient considérées par ces maîtres comme un\nartifice enfantin, tout au plus bon pour les commençants.\nDe toutes ces disciplines auxquelles était soumis l'élève, durant les dix ou quinze ans\nnécessaires à son apprentissage, une des plus nécessaires était celle des ornements. On ne\nsaurait trop remarquer à notre époque l'extrême importance de l'ornement dans la musique\nancienne et nous renvoyons les sceptiques au livre de M. K. Ils y verront ce qu'on entendait,\nmême avant les XVIe par une exécution à l'orgue ou au luth et comment les maîtres les plus\nfameux, dès qu'ils écrivaient pour un soliste, habillaient leurs œuvres les plus severes sous des\ncouleurs à la mode, qui nous stupéfient aujourd'hui. C'est un fait. Rendre une œuvre apte aux\nexécutants du clavier, des cordes ou de la voix, c'était faire subir a cette œuvre une transfor-\nmation qui la rendit bigarrée, frétillante et comme taillée a facette. Et cela est aussi bien\naccepté par un contemporain de Dufay comme Squarcialupi (1450), par un admirateur de\nMorales ou de Willaert comme Sancta Maria (155°) (lue Par un r^ de Palestrina comme\nMerulo, ou comme de Buus. Dans notre appréciation de la musique ancienne nous sommes\nbien souvent victime des textes que nous ne savons plus interpréter, et qui se présentent a nous\ncomme des cadavres. M. K. a le mérite de nous replacer en pleine pratique instrumentale et\nen pleine vie sonore.\nLe rôle du clavier dans la musique d'intimité et même dans la musique de grandes fetes\nétait considérable au XVIe siècle. Le tableau que nous trace M. K.. en s appuyant sur les\nrécits officiels, sur les correspondances d'ambassadeurs (particulièrement vénitiens) et sur quel-\nques correspondances allemandes retrouvées est tout à fait curieux. V oir notament les lettres\nd'un jeune étudiant Nurenbergeois à Leipzig (15 5 5) raconte les progrès de son instruction\nsur le clavicorde et ses leçons de chant. Ce sont là d'excellentes pièces à conviction. Les\ngrandes descriptions de divertissements princiers nous montrent les instruments d harmonie\ndans leurs rapports avec les instruments monodiques. Et la aussi nous avons beaucoup a\napprendre, car nous allons à l'aveuglette dans nos restitutions d'orchestres nous\nlaissons guider par un sentiment tout arbitraire des valeurs instrumentales. Et meme parfois\n(faut-il le dire) nous opposons ce sentiment à la vérité même du document, nous parions pour\nnous mêmes contre les anciens. Ce qui n'est guère raisonnable."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.57", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3956, "texte": "Croyons plutôt un Praetorius qui nous dit merveille d'une exécution d'un\nde Jacques de Wert exécuté par 2 enfants, i mezzo, 2 théorbes, 2 luths, 2 cistres, 4 clavecins,\n7 violes de gambe, de 2 flûtes traversières, et une contrebasse. Ou bien encore G. Cini (1565)\nqui dans l'intermède d'un drame laisse concerter : quatre clavecins, quatre violes, deux\ntrombones, deux flûtes ténors, un cornet, une flûte traversière et deux luths. Prêtons aussi\nattention aux fêtes musicales organisées par Roland de Lassus lors des noces du duc Guillaume V\nde Bavière à Munich en 1568. C'est là comme un résumé de ce que le concert pouvait offrir\nau dilettante au XVIe siècle :\nPendant le banquet la musique commença à se donner libre cours. Aux hors d'œuvres on\nentendit une Battagliad'Annibal Paduano pour trombones et cornetti alti. Puis, au premier\nservice : un motet de Lassus à six parties pour 5 cornets et deux trombones. Au second\nservice : une pièce d'Alessandro Striggio pour six grands trombones, dont la basse descendait\nune octave plus bas que les trombones ordinaires. Au troisième service des motèts à six de\nCiprien de Rore pour 6 violes. Au quatrième service des pièces à 12 d'Annibal, pour 6\nvioles, 5 trombones, 1 cornet et une régale. Au cinquième service une musique anonyme\ncomposée de 6 grandes violes de gambe, 6 flûtes, 6 voix et I clavecin. Au sixième service:\n1 clavecin, I trombone, I flûte, I luth, I cornemuse, 1 cornet, 1 gambe et 1 piffaro. Au\nseptième service : une composition où les instruments étaient divisés en trois chœurs: d'un\ncoté 4 violes de gambes, d'un autre 4 grandes flûtes, enfin une doucaine, 1 cornemuse, 1 fifre,\n1 cornet. Au dessert toute la chapelle chanta, et en outre Lassus fit entendre un petit\nensemble de chanteurs de choix. Les fêtes se poursuivirent ainsi, avec musique obligée. A\nun des repas du soir Lassus fit exécuter une œuvre à cinq de Madalena Casulana et une com-\nposition de Catharina Willaert, rendant ainsi hommage aux dames ; puis une de lui\nà six, sur six flûtes et six voix. Comme tout cela est loin de l'éternel polyphonie vocale et\ngrise qu'on nous impose dans les restitutions modernes! Comme cela chatoie et comme on sent\nla volupté de l'oreille dans ces dispositifs toujours variés, cette volupté dont on veut nous priver\naujourd'hui sous prétexte de tradition historique !\nLe livre de M. K. mériterait une étude approfondie de la part de tous ceux qui s'intéres-\nsent à la musique ancienne. (Voir en particulier le chapitre sur le Bien qu'il soit\nconçu à l'allemande, c'est à dire avec la seule préoccupation de mettre en ordre des documents,\nsans conclusion même à la fin de ses 215 pages, il forme un guide précieux pour l'érudit et\npour le curieux qui s'aventure dans ces parages. On peut le considérer comme un excellent\npoint de départ, comme un ouvrage auquel il faudra désormais se référer chaque fois qu'on\nparlera de musique instrumentale ancienne.\nJ. E.\nDAFNER (Hugo). Musikwissenschaft und Universitaet (Breitkopf in 12° de 23 pp,)\nUn professeur de l'Université de Leipzig ayant dans un moment d'abandon parlé de\n\" musicologie, chinoiserie et autres enseignements subalternes M. Dafner s'est mis à écrire\ncette brochure qui est vengeresse et dit des choses très justes. Cette petite escarmouche n'est\npas la dernière que nous aurons à subir. La musicologie se trouve dans une situation très\ndélicate. Tous ses efforts sont condamnés si elle ne parvient pas à capter la bienveillance du\nsentiment ; le musicologue travaille pour l'auditeur et l'auditeur veut jouir. C'est là une\ninfériorité aux yeux de la science désintéressée. D'autre part la musicologie, pour s'élever àla\nhauteur des autres disciplines de l'esprit s'efforce de s'en tenir à la stricte connaissance du\npassé et des faits. Par là elle mécontente l'art et les artistes, qui se moquent pas mal des faits,\nsi ces faits ne leur sont pas agréables. Des deux côtés de la barricade, il n'y a encore qu'un"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.58", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3190, "texte": "très petit public d'indépendants, assez clairvoyants pour faire un choix entre les recherches\nscientifiques et les joies auditives, entre la chimie et la cuisine. Les autres mettent au contraire\ntous leurs soins à augmenter la confusion. Pour les universitaires, nous sommes des musiciens,\npour les musiciens nous sommes des universitaires. La plaisanterie finira certainement un jour,\nlorsque ceux qui ont intérêt à la perpétuer verront clair.\nPROCEEDINGS of the musical Association de 1910 (Novello in 12° de 130 pp.)\nLes procès-verbaux de cette association qui est affiliée à la section de Londres de notre\nSociété comprennent cette année les communications suivantes : L. Nicole \"\nnastics\". F. Korbay \" Hungarian Folk-Songs\". H. C. de Lafontaine \" \".\nEdwin Evans \" French Music of To-Day \". H. Cummings \" Dr. Ame W. W. Starmer\n\" Chimes and Chime Tunes\". Southgate \" Flûte \". Nos confrères anglais apportent aiusi\ntous les ans une contribution très intéressante à l'histoire de la musique.\nTHAYER (A. W.) —L. von Beethovens Leben, zweite Auflage von Hugo Riemann.\nVol. 11. (Breitkopf 1910 io 8° de 646 pp. Mk 12).\nM. le Professeur Riemann, dont l'énergique activité apparaît à tous les coins de la\nmusicologie, a voulu cette fois mettre sur pied et en ordre le second volume de Xhayer, déjà\ntraduit en allemand par Deithers en 1871. C'est un remaniement complet, nécessité par trente\nans de travaux divers sur Beethoven, et un livre qui restera définitif pendant de longues années.\nANDRE ROUVEYRE. Phèdre, dessins de Rouveyre tirés sur bois par Vibert à\n1.000 exemplaires. (Edition du Mercure de France 1910 in-4 °, 5 Frs. —)\nAu moment où il est question de sabotage racinien, et où l'auteur de Phèdre semble\ntout prêt de se rapprocher d'Octave Mirbeau dans l'opinion publique, le livre, où plutôt, le\ncarnet illustré de M. Rouveyre fera sensation. Il n'appartient pas à la musique, mais nous\nsommes heureux de pouvoir l'annoncer ici, et nous ne pouvons mieux le juger qu'en citant\nnotre éminent confrère M. de Fourcaud, qui écrivait à propos de Rouveyre : \"ce qui carac-\ntérise, à mon avis, le talent de l'auteur, c'est sa quasi constante volonté de décomposer les\nformes suivant les lois d'une géométrie mystérieuse en rapport avec les expressions. Certaines\nde ses images se dérobent au premier regard. Pour les dépouiller et les analyser totalement, il\nfaut quelque obstination. Mais, dans le temps même où la sagacité s'exerce, le mystère de ces\ndécompositions agit et l'on entrevoit des intensions subtiles ajustées à des conformations\nparticulières éclaircies peu à peu. Les hommes, les femmes nous apparaissent ainsi, plus encore\ntels qu'ils seront demain que tels qu'ils sont aujourd'hui. On dirait que le dessinateur a le\npressentiment ou la prescience du devenir de ses modèles. Son ironie ressemble à une vue en\nprofondeur. Cet art apparaît finalement moins divertissant que propre à inspirer des reflexions\nfortes et amères. En ce point, il a je ne sais quoi de philosophique, de pessimiste et de septen-\ntrional. Mais allez donc médire d'un ironiste qui s'essaie à définir les hommes et nous laisse\nplongés en de mélancoliques pensées sur notre propre vie. \""}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c049", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c049", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 59, "image_fin": 59, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.11.3", "titre_corps": "LIVRES REÇUS", "titre_sommaire": "LIVRES REÇUS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.59", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 824, "texte": "LIVRES REÇUS\nTHOMAS-SAN-GALLI (Dr.) Beeth (Munich in-8\" de 120 pp.)\nHELLOUIN (FRÉDÉRIC) et PICARD (JOSEPH). —■ Un musicien oublié : Catel\n(Fischbacher 1910 in-16 de 69 pp.)\nMAHILLON (VICTOR CHARLES). Quelques expériences sur la vibration des tuyaux\nà bouche et a anche, (Gand. Ad. Hoste ; petit in-8° de 51 PP*)\nBULLETINO DELL* ASSOCIAZIONE DEI MUSICOLOGI. Catak#\nde lie opere vocali di opere del theatro.(Pezzi vocali di opere del theatro de Parme (suite et fin.)\nid. Archivio délia R. Académie Filurmonia de Bologne.\nLA LAURENCIE (LIONEL DE). (Collection des Maîtres de la Musique.\nAlcan 1911. in-12°).\nGASTOUE (AMÉDÉE). L'art G(lbid. 1911.)\nKOUZMINE (M.) Carillons de Vamour, paroles et musique de l'auteur. Illustra-\ntions, hors texte de SOUDEÏKINE et THÉOPHYLACTOY. (MOSCOU, édition \" Le Scorpion \" in-40.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c050", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c050", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 60, "image_fin": 60, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.12", "titre_corps": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.60", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1330, "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE\nSÉANCE DU MARDI 24 JANVIER 1911.\nLa séance est ouverte à 9 heures, sous la présidence de M. Ch. Malherbe, président.\nPrésents : MM. Malherbe, Prod'homme, Lefeuve, Westarp, Dr. Marage, Ruelle,\nSalabert, Mmes F. Tiger, Pereyra, Babaïan, Capoy, Delhez.\nExcusés MM. Ecorcheville, Mmes Gallet, Daubresse.\nCandidatures : M. Grosfils, 35, avenue Elisée Reclus, présenté par MM. Laloy et\nProd'homme ; admis à l'unanimité.\nM. Auguste Bosc, 61, rue du Rocher, présenté par MM. Malherbe et Ecorcheville.\nAdmis à l'unanimité.\nL'ordre du jour appelle la communication de M. Fournier et Dr. Paul Laurens, sur\n\" l'influence physiologique de la mimique faciale sur le fonctionnement de l'organe phoné-\ntique \" et sur \" l'adaptation reflexe du geste laryngé au geste facial. \"\nLe secrétaire donne ensuite lecture d'une lettre de MUe Pereyra faisant part d'un vœu\némis par l'Ortsgruppe de Berlin, tendant à ce que la Société ou ses éditeurs prennent l'initi-\ntive de publication musicales seraient comme la continuation de celles de Rob. Eitner. Ce\nvœu devant être présenté au Congrès de Londres, où il recevra une solution, le Président prie\nMUe Pereyra de se tenir au courant de ce que fera l'Ortsgruppe et la Section de Berlin, et\nd'en saisir en temps utile la Section de Paris.\nLa séance est levée à 11 heures."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c051", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c051", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 61, "image_fin": 64, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.13", "titre_corps": "Leurs Mains", "titre_sommaire": "Leurs Mains", "signature_source": "P. Jobbé-Duval", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.61", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1709, "texte": "Leurs Mains\n\n1\nGABRIEL\nPour des mains bizarres, elles le sont ! On dirait celles du Président Krttger. Doigt,\ncourts, paumes énormes !\nCes mains ne paraissent pas appartenir à un homme jeune. On a lutté, bataillé, mais\navec une chance indémentie, malgré une vie très mouvementée. Est-ce vraiment de la chance\npure ? C'est que, il y a une telle énergie, une telle combativité, dans ces mains. Quelle\nremarquable ligne de tête. Il n'est pas possible d'être doué d'un cerveau mieux équilibré. On\nest ordonné. On a le sentiment administratif, l'instinct de la diplomatie à toute épreuve,\nAssurément, ces mains ne sont pas du premier venu. Sont-elles d'un artiste ? Il se pourrait,\nbien qu'elles évoquent un sens pratique rare chez l'artiste. Il y a des contradictions qui\ndéroutent. Pourtant, le Mont de Venus proéminent est un témoignage de goût musical. Dans\nce cas, la vocation n'est pas fougueuse. Ce n'est pas à dire qu'elle manque d'intérêt, car on\nest très intelligent et on a infiniment de goût.\nOui, mais si le Don n'est pas ce qu'il y a de précieux dans ces mains, il y a tout de\nmeme quelque chose de grand. On est un Géni On pressent, on\nfait tout a temps, pour soi comme pour les autres. On est fait pour commander. Si on est pas\nun militaire, on est alors un chef de bataillon dans le civil, et on conduit les hommes à la victoire,\nCes mains sont celles d un Kriiger bon, sensuel, honnête. Elles sont aussi d'un Bonaparte\ntendre, qui n aurait pas fait de peine à Joséphine et qui aurait bien tourné.\n\n1 A suivre aux prochains numéros les mains de G. HUE,\nS. LAZZARI, X. LEROUX, MASSENET, MESSAGER, PAULIN,\nM. RAVEL, SAINT-SAENS, VIDAL, WIDOR.\nLes clichés que nous produisom\nsont de {Mr. Taul Berger,"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.64", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1, "texte": "5"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.64", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 2897, "texte": "RAOUL GUNSBOURG\nNature fort complexe, faite d'éléments très divers où il en est d'assez hétéroclites, mélange\nde grandeur, de petitesse, de sincérité, d'artificiel.\nÇa n'est pas la Suisse. Ça n'est pas Meudon. Ça n'est pas Luna Park non plus. Et\npourtant cette nature s'apparente à tout cela. Quel chaos ! Essayons en l'inventaire.\nLa grande Nature : Dévorante activité, logique, belle volonté, allant jusqu'à l'énergie\nforcenée. Bon cœur permettant une générosité, surtout d'à propos. Jolie pratique de la vie, grande\nsuite dans les idées. Sentiment délicat de la forme et de la couleur. Dons artistiques évidents,\nsauf pour la littérature pour laquelle on doit avoir l'esprit sinon fermé au verrou de sûreté, du\nmoins à une bonne serrure qui nous paraît difficilement crochetable.\nLa petite Nature : Manque de réflexion. Invincible penchant à se laisser entraîner par ses\ninstincts. Imagination baroque, parfois sans aucun intérêt et souvent folle.\nLa Nature artificielle : Elle a sa place et sa force. Que de rochers en carton pâte ! Que\nde soleils et de clairs de lune obtenus à coups de lampes à arc et de tubes de Gessler !\nBien que de la droite et de la gauche, les beaux petits doigts grassouillets indiquent à\nquel point on peut se laisser aller à ses appétits, ce ne sont pas eux les plus caractéristques. A\nla rigueur ils peuvent faire illusion. Non, la grande preuve, c'est l'intérieur des mains.\nDans la gauche : siège de tout ce qui est bon et qui dénonce belle ligne de vie, de cœur\net de tête.\nDans la main droite, au contraire Ah cette main droite ! Laissez-là toujours gantée,\nMonsieur. Si vous ne pouvez supporter les gants, évitez alors de la retourner, cette main.\nCachez ce qu'elle a dans le ventre, ou si vous préférez ce qu'elle a dans la paume.\nDésordonnée la ligne de tête va se perdre dans le gros ce qui prouve\nimagination débordante, désiquilibrée, toute prête à verser dans l'incohérence. Quant à la\nligne de cœur.... ah ! quelle Danseuse.... Décidément cette main droite est le véritable sabotage\nde la gauche. La C. G. T. a dû passer par là.\nEn résumé, si l'analyse fut assez facile, grâce à la franchise des éléments, déterminer la\nportée de ceux-ci est assez ardue.\nOn a des aptitudes pour beaucoup de choses dans la main gauche. Mais dans la droite, le\nréseau des lignes est si défavorablement installé qu'il est possible de croire à des déraillements.\nPourtant une très belle ligne de soleil est la preuve indiscutable d'une mise en vue, d'une\nréussite considérable.\nAlors ? Alors, il est évident que l'on a bien des chances pour réussir mais qu'un je ne sais\nquoi énorme vous en empêche. Il serait assez original que la ligne de fortune bien accusée en\nsoit la cause.\nAu point de vue intellectuel et social, ces mains sont, si l'on peut dire, ni homme, ni\nfemme : Elles sont auvergnates.\nCopyright by S. I. éM. Février 1911.\n\nP. Jobbé-Duval."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c052", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c052", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 62, "image_fin": 62, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.13.1", "titre_corps": "Mains de G. Fauré.", "titre_sommaire": "Mains de G. Fauré.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.62", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 18, "texte": "Mains de G. 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Ainsi pour ce qu\nconcerne les œuvres de Stradivarius, on peut citer entre autres : le Hellier, le Toscan lt\nBetts, l'Allard, le Duport, le Dauphin, le Boissier, le Messie, le Rode, le Kreutzer. Nom\ndevons à Vidal, qui fut l'ami du luthier Vuillaume, et de son gendre le violoniste Alard, une\nanecdote relatant comment fut baptisé le Messie :\nCe magnifique violon, unique en son genre, absolument neuf, resta pendant soixante an-\ndans la collection du Comte Cozio de Salabue à Milan. Il fut acheté par Tarisio en 1824,\nCe dernier, lors de ses fréquentes visites à Paris, en parlait toujours avec emphase, tout en se\ngardant de le faire voir, certain d'en obtenir un prix considérable quand il le voudrait. Un\njour, se trouvant chez Vuillaume, il recommençait son thème favori : \"Si vous pouviez voir\nmon fameux violon de Salabue ! \"\n\" ça ! mais, dit Alard qui était présent, votre violon est donc comme le Messie ;on\nl'attend toujours et il ne paraît jamais ! \"\nLe violon était baptisé. Il ne fut acheté par Vuillaume qu'en 1855, un an après la\nmort de Tarisio.\nTous les instruments de Stradivarius excitent l'admiration des connaisseurs par la\nperfection de leur architecture, la splendeur de leur vernis, et la noblesse de leur sonorité,\nIl en est un qui, abstraction faite de toutes ces qualités, vous émeut par le seul fait de son\nexistence, et a sa vue, il est impossible de ne pas être pénétré d'un sentiment de respect\nquasi religieux, c'est : \" Le Chant du Cygne.\"Ce violon est en effet le chant du cygne du\nmaître ; il est le dernier sorti des mains du vieil Antonio, et l'inscription qu'il porte en ses\nflancs a, pour me servir de l'heureuse expression de M. M. Hill, quelque chose de pathétique;\nelle nous apprend que son auteur était alors âgé de 93 ar*s • Déjà dans le cours des dernières\nannées de sa vie, Stradivarius, par une coquetterie de vieillard, avait inscrit son âge dans\nplusieurs instruments. On en connaît quatre : un de 1732, deux de 1736, et celui faisant\n1 objet de la présente notice. C est grâce à ces renseignements que l'on put retrouver parmi\nles archives de Crémone la date exacte de la naissance et de la mort du plus grand luthier\nqui fut jamais.\nDans les instruments antérieurs au \" Chant du Cygne,\" l'indication d'âge est de la\nmain de Stradivarius. Pour ce dernier, il n en est point de même. L'inscription:\nest d une autre écriture que la sienne. On se demanda longtemps à qui on devait l'attribuer,\njusqu au jour ou 1 on découvrit dans un violon de son fils Omobono, une étiquette manuscrite,"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.66", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2659, "texte": "libellée en caractères particuliers, et en tous points semblables à celle \" d'anni 93.\" L'auteur\nétait trouvé. C'était donc Omobono qui pieusement laissa à la postérité le témoignage de la\nverte et lucide vieillesse de son père.\n\"Le Chant du Cygne,\" compagnon de gloire du célèbre virtuose et professeur Joseph\nWhite, possède des qualités acoustiques exceptionnelles, et sous ce rapport il rivalise\navantageusement avec tous ses aînés. Il est même d'une robustesse toute particulière. 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Par l'entremise de\ndifférentes agences, il se mit en rapport avec un grand nombre de musiciens d'orchestre, et les\nauditions commencèrent.\nPour les instruments à vent (flûtes, hautbois, clarinettes et bassons) les inscriptions furent"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.67", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3681, "texte": "nombreuses, et il trouva, au-delà de ses espérances, des artistes possédant une jolie sonorité\nune musicalité parfaite, toutes les qualités nécessaires au véritable musicien d'orchestre.\nPour les instruments à cordes, le violon particulièrement, la désillusion fut grande. Jl\nentendit des artistes jouant parfaitement de leur instrument, mais trop \" virtuoses \" ; insuffi,\nsamment assouplis et d'une musicalité incomplète. 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Il nous faut reconnaître que les\n\" pupitres de violon \" de nos grands orchestres symphoniques sont très faibles. Et ce n'est\npoint là une opinion qui m'est personnelle ! Sous la plume de nos critiques appelés à juger les\nexécutions de nos six sociétés de concerts (Société des Concerts du Conservatoire ; Concerts\nLamoureux ; Concerts Colonne ; Philharmonia ; Concerts Séchiari et Concerts Hasselmans)\nnous retrouvons pour les deux derniers tiers de ces associations : harmonie parfaite, quatuor\nfaible. Et je sais, par expérience, que ces associations éprouvent, malgré les concours organisés\nà cet effet, d'insurmontables difficultés à établir des \" pupitres de violon \" pouvant donner\nune satisfaction, même relative.\nA quelles causes attribuer ces difficultés ?\nCe n'est pas le nombre de violonistes qui fait défaut. En effet, lors de la formation de\n\" Symphonia \" en octobre 1909, les chefs d'orchestre Paul Vidal, Busser, Bachelet, etc.,\nfirent appel aux violonistes. 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L'évo-\nlution de la musique moderne, en dirigeant le goût du public dans une voie nouvelle, a voué\nà un oubli prochain les manifestations, souvent contestables au pur point de vue artistique, des\nvirtuoses. Le Concerto est mort, et il contraîne fatalement dans sa chute le Concertiste,\nle virtuose.\nEt ce changement qui s'opère dans le goût du public, ce mépris des compositeurs\nmodernes pour toute création de \" musique de soliste \", cette évolution enfin n'a été\nremarquée par aucun de nos professeurs officiels. 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Ainsi pour ce qu\nconcerne les œuvres de Stradivarius, on peut citer entre autres : le Hellier, le Toscan lt\nBetts, l'Allard, le Duport, le Dauphin, le Boissier, le Messie, le Rode, le Kreutzer. Nom\ndevons à Vidal, qui fut l'ami du luthier Vuillaume, et de son gendre le violoniste Alard, une\nanecdote relatant comment fut baptisé le Messie :\nCe magnifique violon, unique en son genre, absolument neuf, resta pendant soixante an-\ndans la collection du Comte Cozio de Salabue à Milan. Il fut acheté par Tarisio en 1824,\nCe dernier, lors de ses fréquentes visites à Paris, en parlait toujours avec emphase, tout en se\ngardant de le faire voir, certain d'en obtenir un prix considérable quand il le voudrait. Un\njour, se trouvant chez Vuillaume, il recommençait son thème favori : \"Si vous pouviez voir\nmon fameux violon de Salabue ! \"\n\" ça ! mais, dit Alard qui était présent, votre violon est donc comme le Messie ;on\nl'attend toujours et il ne paraît jamais ! \"\nLe violon était baptisé. Il ne fut acheté par Vuillaume qu'en 1855, un an après la\nmort de Tarisio.\nTous les instruments de Stradivarius excitent l'admiration des connaisseurs par la\nperfection de leur architecture, la splendeur de leur vernis, et la noblesse de leur sonorité,\nIl en est un qui, abstraction faite de toutes ces qualités, vous émeut par le seul fait de son\nexistence, et a sa vue, il est impossible de ne pas être pénétré d'un sentiment de respect\nquasi religieux, c'est : \" Le Chant du Cygne.\"Ce violon est en effet le chant du cygne du\nmaître ; il est le dernier sorti des mains du vieil Antonio, et l'inscription qu'il porte en ses\nflancs a, pour me servir de l'heureuse expression de M. M. Hill, quelque chose de pathétique;\nelle nous apprend que son auteur était alors âgé de 93 ar*s • Déjà dans le cours des dernières\nannées de sa vie, Stradivarius, par une coquetterie de vieillard, avait inscrit son âge dans\nplusieurs instruments. On en connaît quatre : un de 1732, deux de 1736, et celui faisant\n1 objet de la présente notice. C est grâce à ces renseignements que l'on put retrouver parmi\nles archives de Crémone la date exacte de la naissance et de la mort du plus grand luthier\nqui fut jamais.\nDans les instruments antérieurs au \" Chant du Cygne,\" l'indication d'âge est de la\nmain de Stradivarius. Pour ce dernier, il n en est point de même. L'inscription:\nest d une autre écriture que la sienne. 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C'est tout un nouveau programme à suivre, et je mè\npropose de l'exposer dans une prochaine étude.\n\nArmand Forest."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c059", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c059", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 72, "image_fin": 72, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.15", "titre_corps": "LE CHANT DU CYGNE STRADIVARIUS.", "titre_sommaire": "LE CHANT DU CYGNE STRADIVARIUS.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.72", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 31, "texte": "LE CHANT DU CYGNE STRADIVARIUS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c060", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c060", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 73, "image_fin": 77, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.16", "titre_corps": "Questions sociales", "titre_sommaire": "Questions sociales", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.73", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3107, "texte": "Questions\nsociales\n\nDE LA CONDITION DES “PROFESSEUSES” DE MUSIQUE\n\nJe n ignore pas que le mot professeur n'a pas, jusqu'à présent du moins, de féminin\nrégulier, en français. Le dictionnaire de l'Académie n'étant, comme chacun sait, qu'à la\nlettre B, il ne faut pas désespérer, le moment venu, de voir figurer, à côté de : professeur, son\nféminin : professeuse, substantif qui désigne trop souvent, pour de malheureuses femmes, la\nplus pénible, la plus ingrate des carrières libérales. Escrimeur fait escrimeuse et lutteur fait\nlutteuse. Combien sont-elles de lutteuses pour la vie dans cette classe des professeurs de\nmusique demandant à la distribution quotidienne des principes d'un art un pain chèrement\ngagné. # , §!\nA priori, et en les considérant seulement au point de vue social, toutes choses égales\nd'ailleurs, on peut diviser les \" professeuses \" de musique en trois catégories. Les \" arrivées\"\ncelles qui gagnent largement leur vie par le seul exercice de leur profession ; elles sont relati-\nvement peu ; ensuite celles qui vivent seulement de cette profession, et enfin celles qui\nvégètent, pauvres hères, fraction trop nombreuse et chaque jour augmentée de ce que nous\navons appelé dans une précédente étude le prolétariat intellectuel féminin. 1\nLes plus favorisées des u professeuses \" doivent en général leur heureux sort à plusieurs\ncauses. Quelquefois la situation de fortune de leur famille leur a permis de conduire, sans hâte,\nune longue période d'étude, de payer, à de bons maîtres, des leçons coûteuses, d'acquérir ainsi\nun talent exceptionnel et d'arriver ce n'est jamais sans un consciencieux travail à\ngrouper, par la suite une clientèle d'élèves nombreuse et rémunératrice. Dans certains cas,\nau-contraire, la famille de l'artiste lui a été peu utile, elle reste besoigneuse, la femme qui sort\ndu rang n'a alors que plus de mérite, si, à force de ténacité, de travail et aussi de chance c'est\nun facteur dont il faut tenir compte elle réussit à conquérir la renommée du bon professeur\net tous les avantages correspondants. C'est le plus souvent après un travail acharné, comme\nlauréate du Conservatoire, qu'elle obtient ce résultat.\nOn conçoit qu'il est très difficile, en appréciant la situation d'un certain individu, à un\nmoment donné de sa carrière, d'établir la part exacte des diverses influences qui ont contribué\na l'amener au point où on le considère. Bien des causes entrent en jeu qui contribuent à créer,\nou à maintenir, la position sociale qu'il occupe : famille, relations, argent, sans parler des\nqualités personnelles du sujet. Pour en revenir à nos u professeuses \" de musique nous trouvons,\na Paris, et dans quelques grandes villes de France, des musiciennes de talent ; pianistes, orga-\nnistes, violonistes, cantatrices qui arrivent à occuper des situations fort enviables. Les prix de\nleurs leçons varient, généralement entre 10 frs et 30 frs l'heure. Certaines demandent beaucoup\nplus : nous citerons une artiste, professeur de chant, dont la gloire déclinante n'est plus aujour-\n\n1 M. Daubresse le Prolétariat intellectuel féminin. La Revue (Novembre 1909.)"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.74", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4161, "texte": "d'hui qu'un souvenir, elle avait une réputation mondiale et était arrivée à demander 60 frs\npour 20 minutes de leçon. Une clientèle de belles étrangères : américaines, australiennes\nrusses (peu de françaises) acceptaient sans sourciller ces prix ridicules afin de pouvoir se dire\nl'élève de Y illustrissima diva.\nEn dehors des leçons particulières, beaucoup de ces grands professeurs donnent des cours\nfort suivis et sont entourés d'un essaim de jeunes répétitrices qui transmettent de proche en\nproche, moyennant finances, leurs inappréciables conseils. Répétitrices de piano, accompagna-\ntrices-répétitrices pour le chant, ces jeunes sous-ordres ont en général la plus lourde respon-\nsabilité mais, protégées par la dame de céans, elles font, à l'ombre de sa gloire, une fructueuse\ncarrière.\nEn moyenne, et en dehors des toutes premières grandes vedettes, les professeurs-femmes\nde cette catégorie réussissent à gagner de 12000 à 20000 frs par an. Il est très difficile de\ndonner un chiffre exact en ces matières délicates, chacun, suivant les caractères, cachant ou\naugmentant le chiffre de ses recettes de façon à dérouter toute enquête indiscrète.\nSi, de ces régions dorées, nous abaissons nos regards vers une population plus modeste\nnous avons tout le groupe des professeuses de classe moyenne qui n'attendent pas l'élève dans\nleurs riches salons mais vont bel et bien, à domicile, porter leur enseignement. Du matin au\nsoir, ouvrières laborieuses, à pied, en omnibus, en tramway, en métropolitain, elles vont, de\nNeuilly à Pantin, et de Grenelle à la Bastille, faisant répéter doy rèy mi, fay aux petites filles,\nexécuter, plus ou moins bien, une sonate aux plus grandes, ou encore chanter du Chaminade\naux demoiselles à marier. Cette dure profession exige un capital-santé de premier ordre, une\ninépuisable patience, une bonne humeur sans lassitude, un certain savoir-faire pour être\nbien vue des familles et un amour de la musique assez modéré pour supporter, sans dégoût,\nl'énorme quantité d'œuvres médiocres qu'il faut faire étudier aux élèves et qui leur plaisent,\ncar s'il y a l'élève sérieux, qui travaille six heures par jour en vue du Conservatoire, il y a\nsurtout l'élève-amateur, qui ne demande qu'un certain vernis musical, une apparence d'instruc-\ntion artistique.\nIci le professeur, soit qu'il ait une clientèle de quartier, soit que ses leçons se trouvent\ndisséminées aux quatre coins de la ville, impose des conditions beaucoup plus modiques que\ncelles dont nous parlions précédemment. Les prix des leçons varient de 5 à 1 o frs pour une\nheure ; le plus souvent, elles sont comptées au mois, les leçons perdues restant à la charge de\nl'élève. Le bénéfice du professeur est très souvent diminué par les habitudes de notre éducation\nmusicale. En effet beaucoup de ces pauvres artistes enseignantes se croient obligées d'organiser\nfréquemment des matinées d'élèves ou des concours mensuels, trimestriels, annuels, dans lesquels\ndéfile, de la plus petite à la plus grande toute la troupe enfantine. Il en résulte, pour l'organi-\nsatrice, de grands frais supplémentaires. Quelques \"professeuses\" se font entendre elles-mêmes,\ncroyant de leur honneur de donner annuellement un concert leur concert ! Longtemps\nà l'avance, elles retiennent une des nombreuses salles parisiennes, elles \" s'entraînent \" entre\nles leçons, pour conserver le précieux mécanisme nécessaire à leur future exhibition, ce méca-\nnisme qui fait 1 admiration des familles. Que d'angoisses, que de peines, que de travail avant\ncette trop fameuse seance. A quel prix s'achète l'ennui que trop souvent, la pauvre femme\nimpose a son public en 1 obligeant a prendre des billets, d'abord, et ensuite à écouter, dans des\nconditions plus ou moins bonnes, 1 une des Rapsodiesde Liszt ou la de Chopin.\nD'autres \" professeuses, \" lasses de végéter à Paris, sans grand succès, ont étendu leur\nclientèle en province. Elles font la navette entre la capitale et quelque ville voisine augmen-\ntant ainsi leurs ressources. J en connais une, femme aussi charmante que courageuse, qui\nainsi quatre villes par semaine à des distances variant entre 120 et 200 kilomètres de Paris."}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.75", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 4139, "texte": "On ignore trop quel labeur écrasant acceptent des mères de famille pour faire face aux\nexigences que la vie contemporaine impose aux plus humbles d'entre nous ; car, on ne saurait\ntrop le redire, le devoir de la femme travailleuse est toujours double de celui de l'homme : à sa\ntâche de professionnelle elle ajoute toujours sa tâche de maîtresse de maison. Prenez un profes-\nseur homme. Il se lève le matin, fait un bout de toilette et court à ses affaires. La femme doit,\nnon-seulement procéder à sa toilette, mais encore, si elle est mariée, il faut,\nqu'elle assure l'ordre et la subsistance de la maisonnée ; les enfants ont besoin de son assistance,\navant de gagner l'école ou le collège ; il faut qu'elle s'approvisionne elle-même ou qu'elle style\nune domestique, engagée à bas prix, souvent médiocre, (quand elle n'est pas malhonnête) afin\nqu'au retour le mari trouve la maison en état et le repas cuit à point. Les hommes ignorent\nle détail, la fatigue, la monotonie sans cesse renouvelée de ces soins du ménage qui s'ajoutent\nau labeur professionnel pour l'entraver et l'alourdir encore. Que j'en ai connu de ces femmes\nméritantes, énergiques, braves devant la vie, si dure pour elles, attachées à leurs humbles\ndevoirs, modestes, ignorantes de leur valeur, d'autant plus admirables dans leur simplicité et si\nfrançaises par cette jolie qualité de courage dont la quotidienne intrépidité reste toujours\nsouriante.\nC'est à ces vaillantes que je songeais lorsqu'en 1904, avec l'aide de quelques femmes\nd'initiative et de dévouement, je fondai l'Union des Femmes Professeurs et Compositeurs de\nMusique. Nous projetions alors la création de maisons de retraites pour les musiciennes vieillies\net celle d'une caisse des \"Trente ans de Professorat. \" Nous n'avons pas ici à retracer l'histo-\nrique de ce premier groupe de femmes musiciennes. D'autres suivirent. En 1907, les professeurs\nde l'enseignement secondaire, sur l'initiative de M. Mutelet, inspecteur de l'enseignement\nprimaire, à Paris, créaient une association d'aide mutuelle. En 1910,\navait pour fondatrice Mme Tassart. C'est un début. Les professeuses de musique commencent\nà comprendre qu'elles auraient quelque avantage à se solidariser et à reconstituer, à leur profit,\nsous une forme actuelle, une corporation féminine capable de veiller à leurs intérêts et au\nbesoin de les défendre. Ces petits groupements ne sont que les ébauches d'une organisation\nbeaucoup plus vaste qui pourrait comprendre, sans distinction d'enseignement public ou privé,\ntoutes les musiciennes de France.\nRevenons à nos professeurs de deuxième catégorie. Leur gain annuel varie entre 2000 et\n6000 frs, suivant les prix des leçons, la notoriété et l'âge du professeur, le quartier dans lequel\nelle exerce, les forces et le temps dont elle dispose. Une mère de famille a moins de temps\nqu'une célibataire, une femme de santé délicate fournit un moindre travail qu'une plus robuste\ncréature. Le grand ennemi des professeuses c'est le chômage, nous y reviendrons.\nIl nous reste peu de place pour parler de l'infortunée dernière classe. On y trouve des\nfemmes âgées, qui n'ont presque plus de clientèle ; des malchanceuses ou des imprévoyantes\nqui gaspillent leurs gains à mesure qu'elles les reçoivent, et aussi un grand nombre de jeunes\nignorantes qui s'intitulent professeurs sans le moindre droit àce titre ;1 sans culture générale,\nsans technique suffisante, sans principes pédagogiques arrêtés, elles enseignent de travers ce\nqu'elles ont mal appris et dégoûtent, au rabais, les jeunes élèves d'un enseignement qui aurait\npu, quelquefois être fructueux. Beaucoup de ces infortunées font payer leurs conseils (Et quels\nconseils !) un prix dérisoire : 0.25 fr. à 0.50 l'heure. Elles font des cours à 1 fr. 50 par mois. Il\ny en à d'autres qui ajoutent à l'enseignement un métier n'ayant avec l'art d'Euterpe que les\nplus singuliers rapports. C'est ainsi qu'en venant me demander de leur procurer des leçons de\n\n' Notre excellent confrère le Monde Musical commence une campagne pour engager les professeurs à se munir\nde titres de capacité nous ne saurions trop l'approuver."}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.76", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3590, "texte": "musique, certaines bonnes personnes m'ont proposé d'acheter : des broderies, d'autres d I\nmouchoirs, d'autres des images de sainteté et même du rhum. Ce serait très drôle si ce nV\nnavrant. Concluons par un dernier fait, dont je garantis l'exactitude. Une dame, professeur J\npiano, trouvant sa clientèle de rapport insuffisant, s'est mise éleveuse d'escargots, le métier\ndu bon, paraît-il, elle était satisfaite, mais, aux dernières inondations, tous ses pensionnaires\ncoquille ont été noyés. Triste, triste.\nNous voila loin des leçons a 3 frs la minute. Chaque profession a ainsi son aristocratie\ndemi-classe, et sa plèbe besoigneuse. Les unes et les autres sont intéressantes à des titres divers\nSans entrer dans d'inutiles détails, il était bon d'engager les musiciennes à réfléchir à lei/\npropre condition et il fallait la leur exposer. Donner des matinées, des concerts de familles\nenseigner les élèves c'est fort louable ; travailler tant que les forces le permettent et se résigner\naux mauvais jours, quand ils viennent, c'est méritoire ; mais il serait plus sage de prévenir le\nmauvais jours, ou au moins de les rendre supportables, par une meilleure organisation du trava\naccepte. Ces modestes etudes n'ont d'autre but que de provoquer cette organisation meilleureqUt\nnous appelons de tous nos vœux pour ceux et celles de notre corporation et en particulier pou-\nles professeuses de musique.\n\nM. Daubresse.\n\nLA MUSIQUE DANS LES LYCÉES, COLLÈGES ET ECOLES\nPRIMAIRES SUPÉRIEURES.\n\nLorsque, il y a quelques années, le regretté maître Bourgault-Ducoudray adressa a.\nSous-Seci etane d Etat aux Beaux-arts son rapport très documenté sur l'enseignement de '\nmusique dans les ecoles pnmaiies, tous les professeurs de musique et avec eux tous k>\nmusiciens sincèrement épris de leur art se prirent à espérer qu'une solution définitive\nallait enfin intervenir en faveur du chant.\nC'est en vain que déjà en 1880 le même auteur avait adressé au ministre de l'lnstruc-\ntion publique un remarquable travail sur les \" modifications et améliorations \" qu'il y\naurait lieu d'introduire dans l'Enseignement du chant.\nNous n'avons pas l'intention de faire un résumé, même succinct, des nombreuse-\n-3 eformes pioposées a cette epoque par M. Bourgault-iDucoudray ; nous prouverons simplemem\nque, si certaines améliorations proposées par l'honorable rapporteur furent adoptées pour le\nplus grand bien de l'enseignement du chant, beaucoup trop cependant sont restées lettre\nmorte ; et il est triste de constater que tous les efforts, toutes les tentatives d'organisation\ndu chant dans les lycees ont echoue devant 1 indifférence des pouvoirs publics.\nVoici quelques lignes de ce rapport ; elles semblent écrites d'hier : « Les places de pro-\nfesseui de musique dans les Ecoles devraient être assez largement rétribuées pour tenter les\nhommes de valeur. Si elles offraient des avantages suffisants, leur création aurait pour effet\nde fixer dans les villes de province des professeurs vraiment artistes qui manquent partout\nactuellement. Lu même coup, le niveau général de l'instruction s'élèverait dans toutes les\nclasses de la société française... \"\nlie saura,t m>eiix dire; et, en créant des examens pour le Certificat d'aptitude a\nEnseignement du chant dans les Ecoles normales et primaires supérieures, (Examens\ntrès sérieux qui ont lieu chaque année à Paris), il semblait bien que les vœux du rapporteur\nallaient etre complètement realises. Il n'en a rien été malheureusement ; il n'en est rien\nencore aujourd'hui et il est possible de constater que malgré l'obtention du Certificat (degré"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.77", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 3461, "texte": "simple ou degre supérieur) les emplois de professeur de musique dans les écoles sont si peu\nrétribués qu'il est a peu près impossible à un musicien de valeur d'accepter une situation\naussi dérisoire.\nDans la plupart des Ecoles normales, les professeurs de chant qui n'avaient droit qu'à\nune allocation annuelle de 300 francs, ont reçu il y a deux ans une très légère augmentation\ncorrespondant a une augmentation d'heures motivée par l'introduction du chant au Brevet\nsupérieur.\nPar contre, les professeurs de musique des Ecoles supérieures, munis des deux diplômes,\npréparant leurs eleves aux épreuves musicales du Brevet élémentaire et du Brevet supérieur,\nreçoivent lorsqu'ils sont payés par l'état, l'humiliante somme de 16 francs par mois pour\n4 heures d'enseignement par semaine dans des classes qui atteignent parfois plus de 60 élèves l\nNous n ignorons pas qu'un décret ministériel paru il y a deux ans fixe au taux de cent\nfrancs, l'heure employée à l'enseignement de la musique dans les Ecoles primaires supérieures ;\nmais ce décret n'est en réalité applicable qu'aux seuls professeurs de lettres, d'arithmétique ou\nde sciences qui voudront bien se charger du chant sous la forme d'heures supplémentaires.\nDans les lycées de garçons, la situation du maître chargé de l'enseignement de la musique\n11' est guère plus enviable. Ici, pas de règlement, pas de programme. La musique n'y est\nenseignée que dans les classes enfantines et la situation pécuniaire du professeur est subor-\ndonnée à celle du lycée. Il en résulte que ce sont les proviseurs qui règlent selon leurs goûts\npersonnels et selon les ressources dont ils disposent l'emploi du temps des maîtres de chant ;\net comme il n'existe pas de diplôme spécial pour cet emploi, les cours ne sont soumis a\naucun contrôle. Aussi voit-on dans les lycées de garçons des professeurs de musique vocale,\nmunis du certificat des Ecoles normales recevoir, sans classement, une allocation moyenne de\nquatre à six cents francs par an, tandis qu'à côté d'eux celle des professeurs de gymnastique\nvarie entre 1200 et 2000 francs.\nNous savons bien qu'avec leur faible traitement les professeurs de musique des lycées\nprofitent du u Casuel \" c'est-à-dire des leçons particulières ; mais il est parfaitement reconnu\nque ce côté du métier est très aléatoire et que les élèves ne sont nombreux que tout autant\nque le maître jouit d'une vogue trop souvent passagère ; aussi, lorsque vers l'âge de soixante\nans, il n'a plus ou presque plus d'élèves, il ne lui reste, si on veut bien le garder, que la\nmaigre ressource de ses appointements mensuels de 50 francs sans espoir de se reposer\njamais puisqu'il n'a droit à aucune retraite.\nPlus heureuses que leurs collègues hommes, les maîtresses de chant des collèges de jeunes\nfilles ont une situation officielle que peuvent envier les professeurs des lycées de garçons.\nLeur traitement varie de 1000 à 2000 fr.\nIl est donc à souhaiter qu'on réglemente l'enseignement du chant : il importe qu'on\nremédie à ces inégalités choquantes si préjudiciables aux progrès de l'art musical.\nEt puisque la Commission extra-parlementaire réunie en Décembre 1907 avouait que\n1 Enseignement de la musique n'est pas officiellement organisé, souhaitons que l'on relève\nau plus tôt le traitement des professeurs de chant ; on relèvera du même coup la dignité\net le prestige de ceux que l'on entend appeler souvent \" les derniers parias de l'université.\n\nNoel Laffont."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c062", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c062", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 73, "image_fin": 76, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.16.2", "titre_corps": "DE LA CONDITION DES “PROFESSEUSES” DE MUSIQUE", "titre_sommaire": "DE LA CONDITION DES “PROFESSEUSES” DE MUSIQUE", "signature_source": "M. Daubresse", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.73", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 3107, "texte": "DE LA CONDITION DES “PROFESSEUSES” DE MUSIQUE\n\nJe n ignore pas que le mot professeur n'a pas, jusqu'à présent du moins, de féminin\nrégulier, en français. Le dictionnaire de l'Académie n'étant, comme chacun sait, qu'à la\nlettre B, il ne faut pas désespérer, le moment venu, de voir figurer, à côté de : professeur, son\nféminin : professeuse, substantif qui désigne trop souvent, pour de malheureuses femmes, la\nplus pénible, la plus ingrate des carrières libérales. Escrimeur fait escrimeuse et lutteur fait\nlutteuse. 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Daubresse le Prolétariat intellectuel féminin. La Revue (Novembre 1909.)"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.74", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4161, "texte": "d'hui qu'un souvenir, elle avait une réputation mondiale et était arrivée à demander 60 frs\npour 20 minutes de leçon. Une clientèle de belles étrangères : américaines, australiennes\nrusses (peu de françaises) acceptaient sans sourciller ces prix ridicules afin de pouvoir se dire\nl'élève de Y illustrissima diva.\nEn dehors des leçons particulières, beaucoup de ces grands professeurs donnent des cours\nfort suivis et sont entourés d'un essaim de jeunes répétitrices qui transmettent de proche en\nproche, moyennant finances, leurs inappréciables conseils. Répétitrices de piano, accompagna-\ntrices-répétitrices pour le chant, ces jeunes sous-ordres ont en général la plus lourde respon-\nsabilité mais, protégées par la dame de céans, elles font, à l'ombre de sa gloire, une fructueuse\ncarrière.\nEn moyenne, et en dehors des toutes premières grandes vedettes, les professeurs-femmes\nde cette catégorie réussissent à gagner de 12000 à 20000 frs par an. Il est très difficile de\ndonner un chiffre exact en ces matières délicates, chacun, suivant les caractères, cachant ou\naugmentant le chiffre de ses recettes de façon à dérouter toute enquête indiscrète.\nSi, de ces régions dorées, nous abaissons nos regards vers une population plus modeste\nnous avons tout le groupe des professeuses de classe moyenne qui n'attendent pas l'élève dans\nleurs riches salons mais vont bel et bien, à domicile, porter leur enseignement. Du matin au\nsoir, ouvrières laborieuses, à pied, en omnibus, en tramway, en métropolitain, elles vont, de\nNeuilly à Pantin, et de Grenelle à la Bastille, faisant répéter doy rèy mi, fay aux petites filles,\nexécuter, plus ou moins bien, une sonate aux plus grandes, ou encore chanter du Chaminade\naux demoiselles à marier. Cette dure profession exige un capital-santé de premier ordre, une\ninépuisable patience, une bonne humeur sans lassitude, un certain savoir-faire pour être\nbien vue des familles et un amour de la musique assez modéré pour supporter, sans dégoût,\nl'énorme quantité d'œuvres médiocres qu'il faut faire étudier aux élèves et qui leur plaisent,\ncar s'il y a l'élève sérieux, qui travaille six heures par jour en vue du Conservatoire, il y a\nsurtout l'élève-amateur, qui ne demande qu'un certain vernis musical, une apparence d'instruc-\ntion artistique.\nIci le professeur, soit qu'il ait une clientèle de quartier, soit que ses leçons se trouvent\ndisséminées aux quatre coins de la ville, impose des conditions beaucoup plus modiques que\ncelles dont nous parlions précédemment. Les prix des leçons varient de 5 à 1 o frs pour une\nheure ; le plus souvent, elles sont comptées au mois, les leçons perdues restant à la charge de\nl'élève. Le bénéfice du professeur est très souvent diminué par les habitudes de notre éducation\nmusicale. En effet beaucoup de ces pauvres artistes enseignantes se croient obligées d'organiser\nfréquemment des matinées d'élèves ou des concours mensuels, trimestriels, annuels, dans lesquels\ndéfile, de la plus petite à la plus grande toute la troupe enfantine. Il en résulte, pour l'organi-\nsatrice, de grands frais supplémentaires. Quelques \"professeuses\" se font entendre elles-mêmes,\ncroyant de leur honneur de donner annuellement un concert leur concert ! Longtemps\nà l'avance, elles retiennent une des nombreuses salles parisiennes, elles \" s'entraînent \" entre\nles leçons, pour conserver le précieux mécanisme nécessaire à leur future exhibition, ce méca-\nnisme qui fait 1 admiration des familles. Que d'angoisses, que de peines, que de travail avant\ncette trop fameuse seance. A quel prix s'achète l'ennui que trop souvent, la pauvre femme\nimpose a son public en 1 obligeant a prendre des billets, d'abord, et ensuite à écouter, dans des\nconditions plus ou moins bonnes, 1 une des Rapsodiesde Liszt ou la de Chopin.\nD'autres \" professeuses, \" lasses de végéter à Paris, sans grand succès, ont étendu leur\nclientèle en province. Elles font la navette entre la capitale et quelque ville voisine augmen-\ntant ainsi leurs ressources. J en connais une, femme aussi charmante que courageuse, qui\nainsi quatre villes par semaine à des distances variant entre 120 et 200 kilomètres de Paris."}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.75", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 4139, "texte": "On ignore trop quel labeur écrasant acceptent des mères de famille pour faire face aux\nexigences que la vie contemporaine impose aux plus humbles d'entre nous ; car, on ne saurait\ntrop le redire, le devoir de la femme travailleuse est toujours double de celui de l'homme : à sa\ntâche de professionnelle elle ajoute toujours sa tâche de maîtresse de maison. Prenez un profes-\nseur homme. Il se lève le matin, fait un bout de toilette et court à ses affaires. La femme doit,\nnon-seulement procéder à sa toilette, mais encore, si elle est mariée, il faut,\nqu'elle assure l'ordre et la subsistance de la maisonnée ; les enfants ont besoin de son assistance,\navant de gagner l'école ou le collège ; il faut qu'elle s'approvisionne elle-même ou qu'elle style\nune domestique, engagée à bas prix, souvent médiocre, (quand elle n'est pas malhonnête) afin\nqu'au retour le mari trouve la maison en état et le repas cuit à point. Les hommes ignorent\nle détail, la fatigue, la monotonie sans cesse renouvelée de ces soins du ménage qui s'ajoutent\nau labeur professionnel pour l'entraver et l'alourdir encore. Que j'en ai connu de ces femmes\nméritantes, énergiques, braves devant la vie, si dure pour elles, attachées à leurs humbles\ndevoirs, modestes, ignorantes de leur valeur, d'autant plus admirables dans leur simplicité et si\nfrançaises par cette jolie qualité de courage dont la quotidienne intrépidité reste toujours\nsouriante.\nC'est à ces vaillantes que je songeais lorsqu'en 1904, avec l'aide de quelques femmes\nd'initiative et de dévouement, je fondai l'Union des Femmes Professeurs et Compositeurs de\nMusique. Nous projetions alors la création de maisons de retraites pour les musiciennes vieillies\net celle d'une caisse des \"Trente ans de Professorat. \" Nous n'avons pas ici à retracer l'histo-\nrique de ce premier groupe de femmes musiciennes. D'autres suivirent. En 1907, les professeurs\nde l'enseignement secondaire, sur l'initiative de M. Mutelet, inspecteur de l'enseignement\nprimaire, à Paris, créaient une association d'aide mutuelle. En 1910,\navait pour fondatrice Mme Tassart. C'est un début. Les professeuses de musique commencent\nà comprendre qu'elles auraient quelque avantage à se solidariser et à reconstituer, à leur profit,\nsous une forme actuelle, une corporation féminine capable de veiller à leurs intérêts et au\nbesoin de les défendre. Ces petits groupements ne sont que les ébauches d'une organisation\nbeaucoup plus vaste qui pourrait comprendre, sans distinction d'enseignement public ou privé,\ntoutes les musiciennes de France.\nRevenons à nos professeurs de deuxième catégorie. Leur gain annuel varie entre 2000 et\n6000 frs, suivant les prix des leçons, la notoriété et l'âge du professeur, le quartier dans lequel\nelle exerce, les forces et le temps dont elle dispose. Une mère de famille a moins de temps\nqu'une célibataire, une femme de santé délicate fournit un moindre travail qu'une plus robuste\ncréature. Le grand ennemi des professeuses c'est le chômage, nous y reviendrons.\nIl nous reste peu de place pour parler de l'infortunée dernière classe. On y trouve des\nfemmes âgées, qui n'ont presque plus de clientèle ; des malchanceuses ou des imprévoyantes\nqui gaspillent leurs gains à mesure qu'elles les reçoivent, et aussi un grand nombre de jeunes\nignorantes qui s'intitulent professeurs sans le moindre droit àce titre ;1 sans culture générale,\nsans technique suffisante, sans principes pédagogiques arrêtés, elles enseignent de travers ce\nqu'elles ont mal appris et dégoûtent, au rabais, les jeunes élèves d'un enseignement qui aurait\npu, quelquefois être fructueux. Beaucoup de ces infortunées font payer leurs conseils (Et quels\nconseils !) un prix dérisoire : 0.25 fr. à 0.50 l'heure. Elles font des cours à 1 fr. 50 par mois. Il\ny en à d'autres qui ajoutent à l'enseignement un métier n'ayant avec l'art d'Euterpe que les\nplus singuliers rapports. C'est ainsi qu'en venant me demander de leur procurer des leçons de\n\n' Notre excellent confrère le Monde Musical commence une campagne pour engager les professeurs à se munir\nde titres de capacité nous ne saurions trop l'approuver."}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.76", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1427, "texte": "musique, certaines bonnes personnes m'ont proposé d'acheter : des broderies, d'autres d I\nmouchoirs, d'autres des images de sainteté et même du rhum. Ce serait très drôle si ce nV\nnavrant. Concluons par un dernier fait, dont je garantis l'exactitude. Une dame, professeur J\npiano, trouvant sa clientèle de rapport insuffisant, s'est mise éleveuse d'escargots, le métier\ndu bon, paraît-il, elle était satisfaite, mais, aux dernières inondations, tous ses pensionnaires\ncoquille ont été noyés. Triste, triste.\nNous voila loin des leçons a 3 frs la minute. Chaque profession a ainsi son aristocratie\ndemi-classe, et sa plèbe besoigneuse. Les unes et les autres sont intéressantes à des titres divers\nSans entrer dans d'inutiles détails, il était bon d'engager les musiciennes à réfléchir à lei/\npropre condition et il fallait la leur exposer. Donner des matinées, des concerts de familles\nenseigner les élèves c'est fort louable ; travailler tant que les forces le permettent et se résigner\naux mauvais jours, quand ils viennent, c'est méritoire ; mais il serait plus sage de prévenir le\nmauvais jours, ou au moins de les rendre supportables, par une meilleure organisation du trava\naccepte. Ces modestes etudes n'ont d'autre but que de provoquer cette organisation meilleureqUt\nnous appelons de tous nos vœux pour ceux et celles de notre corporation et en particulier pou-\nles professeuses de musique.\n\nM. Daubresse."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c063", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c063", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 76, "image_fin": 77, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.16.3", "titre_corps": "LA MUSIQUE DANS LES LYCÉES, COLLÈGES ET ECOLES PRIMAIRES SUPÉRIEURES.", "titre_sommaire": "LA MUSIQUE DANS LES LYCÉES, COLLÈGES ET ECOLES PRIMAIRES SUPÉRIEURES.", "signature_source": "Noel Laffont", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.76", "debut_caractere": 1429, "fin_caractere_exclue": 3590, "texte": "LA MUSIQUE DANS LES LYCÉES, COLLÈGES ET ECOLES\nPRIMAIRES SUPÉRIEURES.\n\nLorsque, il y a quelques années, le regretté maître Bourgault-Ducoudray adressa a.\nSous-Seci etane d Etat aux Beaux-arts son rapport très documenté sur l'enseignement de '\nmusique dans les ecoles pnmaiies, tous les professeurs de musique et avec eux tous k>\nmusiciens sincèrement épris de leur art se prirent à espérer qu'une solution définitive\nallait enfin intervenir en faveur du chant.\nC'est en vain que déjà en 1880 le même auteur avait adressé au ministre de l'lnstruc-\ntion publique un remarquable travail sur les \" modifications et améliorations \" qu'il y\naurait lieu d'introduire dans l'Enseignement du chant.\nNous n'avons pas l'intention de faire un résumé, même succinct, des nombreuse-\n-3 eformes pioposées a cette epoque par M. Bourgault-iDucoudray ; nous prouverons simplemem\nque, si certaines améliorations proposées par l'honorable rapporteur furent adoptées pour le\nplus grand bien de l'enseignement du chant, beaucoup trop cependant sont restées lettre\nmorte ; et il est triste de constater que tous les efforts, toutes les tentatives d'organisation\ndu chant dans les lycees ont echoue devant 1 indifférence des pouvoirs publics.\nVoici quelques lignes de ce rapport ; elles semblent écrites d'hier : « Les places de pro-\nfesseui de musique dans les Ecoles devraient être assez largement rétribuées pour tenter les\nhommes de valeur. Si elles offraient des avantages suffisants, leur création aurait pour effet\nde fixer dans les villes de province des professeurs vraiment artistes qui manquent partout\nactuellement. Lu même coup, le niveau général de l'instruction s'élèverait dans toutes les\nclasses de la société française... \"\nlie saura,t m>eiix dire; et, en créant des examens pour le Certificat d'aptitude a\nEnseignement du chant dans les Ecoles normales et primaires supérieures, (Examens\ntrès sérieux qui ont lieu chaque année à Paris), il semblait bien que les vœux du rapporteur\nallaient etre complètement realises. Il n'en a rien été malheureusement ; il n'en est rien\nencore aujourd'hui et il est possible de constater que malgré l'obtention du Certificat (degré"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.77", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 3461, "texte": "simple ou degre supérieur) les emplois de professeur de musique dans les écoles sont si peu\nrétribués qu'il est a peu près impossible à un musicien de valeur d'accepter une situation\naussi dérisoire.\nDans la plupart des Ecoles normales, les professeurs de chant qui n'avaient droit qu'à\nune allocation annuelle de 300 francs, ont reçu il y a deux ans une très légère augmentation\ncorrespondant a une augmentation d'heures motivée par l'introduction du chant au Brevet\nsupérieur.\nPar contre, les professeurs de musique des Ecoles supérieures, munis des deux diplômes,\npréparant leurs eleves aux épreuves musicales du Brevet élémentaire et du Brevet supérieur,\nreçoivent lorsqu'ils sont payés par l'état, l'humiliante somme de 16 francs par mois pour\n4 heures d'enseignement par semaine dans des classes qui atteignent parfois plus de 60 élèves l\nNous n ignorons pas qu'un décret ministériel paru il y a deux ans fixe au taux de cent\nfrancs, l'heure employée à l'enseignement de la musique dans les Ecoles primaires supérieures ;\nmais ce décret n'est en réalité applicable qu'aux seuls professeurs de lettres, d'arithmétique ou\nde sciences qui voudront bien se charger du chant sous la forme d'heures supplémentaires.\nDans les lycées de garçons, la situation du maître chargé de l'enseignement de la musique\n11' est guère plus enviable. Ici, pas de règlement, pas de programme. La musique n'y est\nenseignée que dans les classes enfantines et la situation pécuniaire du professeur est subor-\ndonnée à celle du lycée. Il en résulte que ce sont les proviseurs qui règlent selon leurs goûts\npersonnels et selon les ressources dont ils disposent l'emploi du temps des maîtres de chant ;\net comme il n'existe pas de diplôme spécial pour cet emploi, les cours ne sont soumis a\naucun contrôle. Aussi voit-on dans les lycées de garçons des professeurs de musique vocale,\nmunis du certificat des Ecoles normales recevoir, sans classement, une allocation moyenne de\nquatre à six cents francs par an, tandis qu'à côté d'eux celle des professeurs de gymnastique\nvarie entre 1200 et 2000 francs.\nNous savons bien qu'avec leur faible traitement les professeurs de musique des lycées\nprofitent du u Casuel \" c'est-à-dire des leçons particulières ; mais il est parfaitement reconnu\nque ce côté du métier est très aléatoire et que les élèves ne sont nombreux que tout autant\nque le maître jouit d'une vogue trop souvent passagère ; aussi, lorsque vers l'âge de soixante\nans, il n'a plus ou presque plus d'élèves, il ne lui reste, si on veut bien le garder, que la\nmaigre ressource de ses appointements mensuels de 50 francs sans espoir de se reposer\njamais puisqu'il n'a droit à aucune retraite.\nPlus heureuses que leurs collègues hommes, les maîtresses de chant des collèges de jeunes\nfilles ont une situation officielle que peuvent envier les professeurs des lycées de garçons.\nLeur traitement varie de 1000 à 2000 fr.\nIl est donc à souhaiter qu'on réglemente l'enseignement du chant : il importe qu'on\nremédie à ces inégalités choquantes si préjudiciables aux progrès de l'art musical.\nEt puisque la Commission extra-parlementaire réunie en Décembre 1907 avouait que\n1 Enseignement de la musique n'est pas officiellement organisé, souhaitons que l'on relève\nau plus tôt le traitement des professeurs de chant ; on relèvera du même coup la dignité\net le prestige de ceux que l'on entend appeler souvent \" les derniers parias de l'université.\n\nNoel Laffont."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c064", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c064", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 78, "image_fin": 79, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.17", "titre_corps": "A. Travers les Revues", "titre_sommaire": "A. Travers les Revues", "signature_source": "M.-D. Calvocoressi", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.78", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3076, "texte": "A. Travers les Revues\n\nLA JEUNE ECOLE RUSSE. Une excellente étude de M. Karatyguine {Abolie\nde Sc Pétersbourg, nos net 12) vient nous apporter des lumières sur ce sujet peu connu d!\nnous, et grâce aux renseignements de toute nature qu'elle contient, constitue un précieux\ncomplément aux histoires de la musique russe, qui s'arrêtent aux \" Cinq \" et à leu\ncontemporains.\nLaissant de côté les \" épigones \" parmi lesquels il cite MM. Zolotarew, Kalafati Spen\ndiarow, Pogojew, Malichewsky, Barmotine, Amani, etc., M. Karatyguine consacre là\npremière partie de son étude à M. Steinberg, \" qui peu à peu se dégage des influences et\naffirmera tantôt une puissante personnalité\" et à M. Stravinsky, de qui il pense le plus grand\nbien, encore qu il lui trouve moins de profondeur de pensée.\nL influence des novateurs français se fait sentir non seulement sur ce compositeur mais\nsur Prokofew, M. Minskowsky et quelques autres. La deuxième partie est surtout\nconsacrée à MM. Akimenko et I chesnokow, classés comme \" impressionnistes \" ; MM\nPetrow-Boïarinow, Sénilow, Gniéssin subissent une part d'influence allemande. Parmi les\ncompositeurs peut dans quelque mesure qualifier d'\" éclectiques organiques \" (c'est à\ndire doués d'une part plus ou moins grande de personnalité) sont MM. Tchérepnine\nKryjanowski, Tchernow. '\n. , UNE ÉCOLE DE CRITIQUE MUSICALE. - Dans le Mmkal Tim„ de jan»i„\nM. Lrnest Newman, faisant à un récent article déjà signalé ici (La Critique Musicale\ndevoirs, méthodes) l'honneur de le prendre pour point de départ, se demande pourquoi la\ncritique n est pas enseignée, au même titre que l'exécution. Le critique débutant est obligé\nde se former lui-même. Il est des connaissances de métier élémentaires et fondamentales qu'il\ndevrait pouvoir acquérir autrement que par les lentes leçons de l'expérience personnelle.\nAinsi, bien des tâtonnements lui seraient évités, sans que cet enseignement risque d'atténuer\nsa personnalité de critique plus que l'enseignement du métier de compositeur n'atténue la\npersonnalité des artistes.\nM Newman n'admet pas l'efficacité de la distinction \" jugements d'opinion \" et « iuee-\nments de fait . J \" h J &\n, Lt ,?^CA?,EnNCL[ MUSICALE DE BERLIN. _ Dans le\n(janvier) M. Gerald Cumberland, revenant de Berlin, constate que la vie musicale y est\ncongestionnée le public suralimenté, blasé, incapable d'enthousiasme. De plus de\ndix-huit cents récitals donnés en six mois (octobre 1909-mars 1910), la majeure partie se\ndéroulé devant des salles a moitié vides ; presqu'aucun ne fait recette. Les artistes vont à\nBerlin chercher du prestige . Les comptes-rendus des critiques berlinois \" valent leur\npoids de radium au point de vue professionnel, encore que ces malheureux critiques sur-\nmenés doivent entendre s ris le peuvent, et juger s'ils l'osent, jusqu'à six concerts en une\nsoiree. Le prix exagere qu on attribue à leurs comptes-rendus \"très honnêtes mais ternes \" ne\nsaurait se maintenir quand on saura ce qu'est en réalité le Berlin musical.\nL'auteur critique ensuite l'enseignement de célèbres professeurs berlinois qui prennent"}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.79", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2588, "texte": "des élèves, leur font payer le prix fort et se bornent à \" surveiller \" les leçons données par\nquelque répétiteur peu rétribué.\nIl conclut qu'en Allemagne comme en Angleterre, comme en France, la vie musicale\nse concentre trop dans les capitales et qu'une sage décentralisation serait à tous les égards\navantageuse.\nFRANZ LISZT ET LES BIOGRAPHES. Dans les Bayreuther Blâtter (décembre)\nM. Edouard Reuss examine longuement le gros volume du docteur Julius Kapp sur Franz\nLiszt et conclut que nous n'avons pas encore la biographie complète et définitive du maître.\nIl rectifie certaines erreurs et signale certaines invraisemblances.\nBEETHOVEN CHEZ LE PRINCE LOUIS-FERDINAND DE PRUSSE.\nDans la Neue Zeitschrift filr Musik(l2 janvier) très littéraire évocation, par M. Erwin von\nŒrtzen, de cet épisode de la vie de Beethoven.\nL'INSTRUMENTATION DU « MESSIE \" DE HAENDEL. Une très utile\net curieuse Note sur ce sujet par M. Félix Raugel, dans la de décembre.\nLE PUBLIC RUSSE. Retour de Russie, M. Chevillard a confié à un rédacteur\nd'Excelsiorses impressions, d'où je détache les remarques suivantes :\n\" Le public russe n'est peut-être pas aussi cultivé, aussi intelligent musicalement que\ncelui de Paris, mais il a une sorte de spontanéité, d'enthousiasme, qu'on ne rencontre plus\nchez nous que rarement. Quant aux orchestres russes, ils sont, en effet, moins bons que les\nnôtres ; mais est-ce bien leur faute ? Ils n'ont pas de chef ! Ils n'obéissent guère qu'à des\nconducteurs de passage qui apportent chacun leur méthode, leur style, leur école d'orchestre,\nd'où il résulte pour eux une impersonnalité qui les met au second plan. Mais il est certain\nqu'ils ont une grande souplesse de compréhension, une chaleur, une fougue étonnantes. Ils\nsont mêmes très démonstratifs et j'ai été très ému, vraiment très ému, de l'ovation qu'ils\nm'ont faite à l'issue des répétitions. Le public russe n'est pas très musicien... et la preuve,\nc'est qu'il est peut-être le seul à ne pas comprendre comme ils le méritent ses admirables\ncompositeurs. Ils sont là cinq : Balakiref, Borodine, Rimsky-Korsakof, Moussorgski et C. Cui,\nqui ont accompli en musique ce tour de force de connaître à fond le passé de toute la musique\net d'en faire entièrement abstraction quand ils composaient ; de sorte que leurs œuvres ont à\nla fois la solidité d'un art longuement éprouvé et le charme d'une inspiration entièrement\nnouvelle. Mais ne vous figurez pas que ces musiciens de génie sont mis à leur place, dans\nleur pays ; nous en faisons beaucoup plus de cas chez nous ! \"\n\nM.-D. Calvocoressi."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c066", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c066", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 84, "image_fin": 90, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.18", "titre_corps": "Théatres et Concerts", "titre_sommaire": "Théatres et Concerts", "signature_source": "F. Guérillot", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.84", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3016, "texte": "Théatres et Concerts\n\n*\nL'ANCEIRE, opéra en trois actes de\nC'est une jolie pièce, une très jolie pièce que VAncêtre, dont le doyen de nos maître\nvient de nous donner la primeur à l'opéra comique. On y voit un excellent ermite -\nbrillant officier du premier Empire, une charmante orpheline, deux femmes héroïques, et'ut\nfoule que secoue la vendetta des Corses. Le tout dans une décor méditerranéen et envelop >\nd'une musique, un peu ancestrale naturellement, mais de fraîche et bien agréable couleur. F\npaities lyriques, et surtout la scene religiosodu début, qui s'accompagne du bruissement dt\nabeilles, m ont parues les meilleures. M. Saint-Saëns se joue de toutes les ressources de 1\nmusique avec une aisance delicieuse, et qui nous repose de la musique continuellement\nagressive qu'on si souvent et partout. Je me plais moins aux moments particulièrement\ndi amatiques. C est piobaolement aftane de gout. La formule d'opéra qui séduit ici l'auteur de\nY Ancêtre me paraît relever surtout d'une convention qui n'est plus de mode aujourd'hui\nCertains effets, et surtout certains rythmes avec lesquels Meyerbeer et Verdi ont triomphé\nsont maintenant passé dans d'autres régions de la musique, et nous sommes tout étonnés de\nles retrouver dans un drame lyrique de si haute tenue. Je ne sais si je me trompe mais le\ngrand mérite de cette partition revient au symphoniste, amoureux de la forme belle et 1\ndéveloppement discret.\nJ. E.\nEn fait de nouveautés nous eûmes en ce mois de Janvier Israël en Egypte, de Haendel\nqui date de 1738 et deux Symphonies de M. Gustav Mahler, un peu plus récentes, il est vrai'\nmais jouées partout en Allemagne.\nLe Conservatoire est dans son rôle lorsqu'il donne de grandes œuvres anciennes, comme\nes oratorios. Israël, joue une fois au 7 rocadéro il y a quelques années, ne l'avait pas encore été\ndans son intégralité rue Bergère. L'œuvre est plus curieuse que vraiment attachante Cette\nmassive architecture de gros blocs juxtaposés à la hâte (Israël fut écrit en trois semaines) ces\nchœurs intéressants si 011 les prend séparément et monotones par leur succession, ces soli/peu\nnombreux, du reste, alourdis de vocalises, interrompus par un dialogue avec l'orchestre, tout\ncela mente 1 accueil respectueux mais peu enthousiaste de l'autre jour. L'exécution fréquem-\nment ralentie par M. Messager, y contribua-t-elle, malgré sa correcte précision ? Quoiqu'il en\nsoit, cette musique a des moyens expressifs, des intentions qui nous échappent un peu et,\ndécidément, plus on entend Haendel, plus on aime Bach.\nN exagérons rien toutefois ; il y a trois duos dans la seconde partie celui de basses\nsurtout qui sont du très bon Haendel ; MM. Journet et Cerdan, Melle Lapeyrette y déploy-\nèrent la bravoure de leurs voix.\nAu Concert précédent, le Psaume 136 de M. Guy Ropartz plut par sa simplicité exprès-\nsive et 1 ouverture de Phedre de M. Massenet sembla un peu vieillie. M. Schellins dont\nnous reparlerons tout à l'heure joua avec une sobriété de bon goût le Concerto en mi\nmineur de Chopin."}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.85", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4061, "texte": "Dans la '1 ragédie de Salomé, de M. Florent Schmitt, qui fut une des nouveautés du\nmois au Chatelet, se trouve une Danse de l'Effroi. C'est bien la sensation que nous valut cette\noeuvre ahurissante écrite sur un stupéfiant livret. Il paraît que sur cette musique amorphe et\nsans rythme la Loïe Fuller dansa en 1907, ce qui n'est pas sans mérite. De nombreux amis\nont applaudi cette reprise dont le besoin ne se faisait pas sentir, du moment qu'il n'y avait plus\nde danses lumineuses. Mais nous apprécions trop le talent de M. Florent Schmitt pour ne pas\nlui demander un dédommagement prochain et nécessaire. Le Poème Symphonique pour\npiano et orchestre, de M. Pierné, que joua M. Risler, est tout autre. Ce n'est pas de la\nmusique à programme, c'est tout simplement de la musique, expressive et bien écrite, sauf\nquelques arpèges inutiles du piano. Comme l'indiquait le programme, la Sarabande, de\nM. Roger Ducasse est plus un prétexte à symphonie qu'une danse ; c'est une lamentation et\nune marche funèbre intéressante et bien écrite, sans prétentions et fracas superflus.\nAnticipant d'une dizaine de mois sur l'anniversaire exact, M. Pierné a célébré la naissance\nde Liszt de façon un peu maigre par des lieder qu'un accompagnement au piano dans cette\nimmensité du Chatelet a vraiment desservis, malgré tout le talent de M. Eugène Wagner,\nl'accompagnateur idéal la Mephisto Walzer toujours amusante et le long et un peu sopori-\nfique poème de Liszt \"Ce qu'on entend sur la montagne\". Il faudra commémorer Liszt encore\nune fois et avec un peu plus de majesté.\nUne excellente idée de M. Pierné fut, par contre, celle de donner avec Melle Chenal et\nM. Franz la 2 e scène du lerIer Acte de ce magnifique Fervaal qui marque une date dans la\nmusique française et dont tous ceux qui l'ont entendu désirent ardemment la reprise, puis le\n3e Acte de Hulda, cet enfant chéri autant que tardif du \" père Franck \" où il y a certes de\nbien belles choses mais de grises aussi et pour lequel le grand jour de la scène serait à redouter.\nAjoutez à cela la symphonie de Franck dirigée con amore par M. Pierné et la symphonie\nfantastique dirigée senza furia, et vous aurez à peu près le bilan très brillant du\nChatelet en Janvier.\nAvant d'en venir à la Cinquième symphonie du \" Beethoven Moderne \" c'est-à-dire\nM. Gustav Mahler, qui fut deux dimanches de suite le great event du Concert Lamoureux,\nnotons un Poème symphonique pour piano et orchestre de M. Marcel Noël et un autre, la\ntorêt, pour orchestre de Mme Rita Strohl, œuvres différentes de valeur et diversement accueil-\nlies. On fut sévère pour Mme Strohl dont, il est vrai, on attendait mieux après ses Chansons\nde Bilitis qui se laissent entendre même après celles de M. Debussy. Quant à M. Noël son\ndébut est remarquable et, pour un ancien sous-préfet (nous dit-on), ce n'est pas une œuvre\nindifférente et de la musique d'amateur. On lui a fait un légitime succès.\nDeux symphonies de M. Mahler, la 4e et la se,5e, en une semaine ! Avec les deux entendues\nl'an dernier nous aurons bientôt ouï tout l'œuvre de ce musicien rompu à la science de l'or-\nchestre, mais épris de l'étrange et du colossal. Le sens français de la proportion et de la mesure\nréagit un peu contre ce goût du mélange. M. Chevillard a révélé la Cinquième et M. Lassalle,\navec le Tonkiinstler Orchester, de Munich, la Quatrième. Exécutions parfaites ce qui est\ncertes un mérite avec ces œuvres là et rendant sûrement et complètement tout ce qu'y a\nmis l'auteur. Et malgré tout, les auditeurs sincères ont fait des réserves. A côté de ces\nbizarreries orchestrales, de ces sonorités outrancières et plus étranges qu'heureuses, il nous fau-\ndrait aussi des motifs distingués de forme, symphoniquement développés, un plan, de l'ordre et\ndu goût.\nM. Joseph Lassalle a donc ramené à Paris, au cours d'une tournée à travers la France, la\nBelgique et la Suisse, le bon orchestre que nous avions déjà entendu. Il y a donné trois con-\ncerts. Tout a été dit sur les qualités et les défauts des orchestres allemands. Celui-ci a les uns"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.87", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2574, "texte": "et ies autres. En outre il nous a paru assez inégal, vraiment excellent dans l'Ouverture des\nMaîtres Chanteurs, dans le Prélude de Tristan, dans Faust de Liszt, moins bon dans l'Ap-\nnrenti Sorcier, dans la 4e symphonie de Mahler, dans la Mort et Tranfiguration de R. Strauss\nF . « • 1 f « /—« 1 « T~* • »\nmédiocre dans le ballet de Cephale et Procis, de\nGrétry, et dans des œuvres de Mozart. La Faust\nSinfonie dure autant que toute autre, mais on ne\nj'en aperçoit qu'en regardant sa montre, elle ne\nfait pas bâiller, et on la trouve aussi intéressante\nchaque fois qu'on l'entend.\nSi la musicographie prend enfin droit de cité\nchez nous, le mérite en revient surtout à M. Expert\nqui sait, par son érudition aimable, sa foi et son in-\nlassable activité, faire passer ses convictions dans nos\nesprits. M. Expert est partout. Il organise et com-\nmente tous les samedis à l'Opéra-Comique des con-\ncerts sur l'histoire de la monodie, il conduit son\nexcellente petite phalange des chanteurs de la Re-\nnaissance, il donne tous les jeudis à l'Ecole des hautes\nEtudes Sociales une séance de musique dramatique\nallant de Monteverde à Grétry et de M. Massenet à M. Debussy ; enfin un de ces derniers\ndimanches il faisait entendre le Tableau Parlant, cette charmante petite œuvre de Grétry.\nEn vérité, je vous le dis, cette activité là sera récompensée, elle l'est déjà.\nA l'Opéra Comique nous eûmes des fragments de Haendel et de Bach, de l'époque de\nGluck, Piccini et Sacchini, enfin des pères de l'opéra comique français, Dauvergne, Duni,\nPhilidor, Monsigny, Grétry et Dalayrac.\nS'il y avait quelques duos et trios et un\npetit orchestre, ce serait parfait, car on\nentend de jolies voix et plusieurs artistes\nde style et de goût. Il ne faut mécon\ntenter personne, mais constatons que\nMclle Nicot Vauchelet est toujours la\nplus applaudie.\nLe Concert Annuel on préfé-\nrerait mensuel des Chanteurs de la\nRenaissance a prouvé qu'ils ont atteint\nla perfection comme la justesse, l'ensem-\nble et nuances. Ce fut un enchantement\net pas un des auditeurs, je vous assure,\nn'a trouvé compliquée et inexpressive\nnotre musique du XVIe ainsi chantée.\nIl y eut aussi un pianiste, interprète\nremarquable de Chopin, M. Victor Gille\net M. Miguel Llobet, qui joue de la\nguitare comme on n'en a jamais joué.\nUne des importantes réunions d'amateurs, l'Orchestre, que dirige avec ardeur M. Victor\nCharpentier, a donné dans sa nouvelle salle rue des Martyrs une séance de Chœurs et Orches-\ntre. Ce n'est plus la belle chapelle du faubourg S 1 Honoré avec son grand orgue. Mais c'est"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.88", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3824, "texte": "toujours un groupe nombreux et homogène d'exécutants zélés. Trop de violons, évideinm\nmais M. Charpentier choisit des œuvres où le quatuor domine (4e symphonie d'Haydn, Bail'\nd'Orphée); chœurs un peu insuffisants, mais on joue des pages simples et de grand effet\nd'Orphée, Mors et Vita, de Gounod). Il y eut un intermède charmant : un des Concerv\nBrandebourgeois, de Bach, joué à la perfection par MM. Condamine, Chabrier et M\"'e '\nde Lausnay.\nPlus vivante que jamais, la Société Nationale donna deux séances en Janvier. A la nr\nmière, un Quatuor à Cordes de M. d'lndy dont les 2c et 3e mouvements ont une clarté\nfait un peu défaut au reste, des Novelettes, pour quatuor, de Glazounow, bien vulgaires v!i\nment, des mélodies peu personnelles de M. Albert Groz, enfin Quatre Prélude pour piano I\nM. Debussy, très jolis et très fins, admirablement joués par M. Virïes, et trois mélodies non\nvelles du même, le Promenoir des Amants, dont la première surtout est charmante. Au deu\nxième concert, presque tout fut inédit et plusieurs œuvres méritent de le rester. Le succès f\npour M. Albert Roussel, dont Melle Selva joua une Suite pour piano, très personnelle t-\nvivante, avec des effets qu'on voudrait entendre transportés à l'orchestre. Le Quatuor Tour\net Mclle Selva jouèrent le Quintette de A. de Castillon et la belle Sonate de violon de MC,\nRopartz.\nLa Société 1 îvaie, S. I., est entree dans sa deuxième année d'existence avec un concc\nfarci d'œuvres nouvelles, ce qui n'implique pas forcément un intérêt primordial. La Sonatine\nde M. Huré pour violon (M. Viardot) a du charme. Une rhapsodie pour clarinette J\nIVL Debussy, pai recherches de sonorités, a quelque peu déconcerté et sans raison\nl'auditoire. Quant aux œuvres de M. Erik Satie,1 que M. Ravel voulut bien jouer au piano'\nelles ont pour elles d'avoir précédé M. Debussy. Espérons une prochaine séance meilleure.\nExcusons-nous de mentionner pour la première fois l'œuvre que M. de Saunières pôursu\ndepuis plusieuis années a 1 Eguse de la Sorbonne, de faire entendre, avec des moyens quelque.\nfois un peu minces, des messes et des oratonos. L accoustique voudrait plus de choristes et le*\nœuvres voudraient... plus de répétitions. Songez qu'on a donné le Messie, la Création, l'Oral\nrio de Noël, etc. et que l'autre dimanche, c'était la Messe en ut de Beethoven ! Il fc\napplaudir à cette initiative.\nLes Soirées d'Art, de M. Barreau ont toujours une salle comble. Il y a, je vous assure\nencore bien des gens qu'attirent un quatuor de Beethoven joué par M. Geloso et ses partenaire\net des mélodies de Schubert ou de Schumann chantées par Mme Raunay ou Muie Mellot\nJoubert. Tout le monde n'est pas affamé d'inédit et de compliqué.\nLa Société des Compositeurs de Musique a présenté à ses adhérents une sonate de violon\nde M. Jemain et un trio de M. Déré, des mélodies de M. Bertelin, d'agréables et très délicate\nBerceuses de M. Georges Guiraud, bien écrites pour la voix et que Mnie Durand Texte afa\napplaudir.\nCe fut un regret pour moi de manquer la deuxième séance de musique tchèque à\nQuatuor Lejeune. Sauf le Quatuor en fa et des Chansons de Dvorak et une suite pour piano\nde Jos. Suck, on en était encore aux précurseurs ou soi disant tels (car ce sont des tchèque\nécrivant a l'Allemande). Je serai fidèle aux prochaines séances.\nLe Quatuor Capet avec les Quatuors de Beethoven et le Quatuor Parent avec les œuvre\nd/orgue, de piano et de musique de chambre de Franck ont attiré beaucoup de monde salle\nGaveau et à la Scola, malgré le torrent des concerts d'artistes qui submerge tout. En Févriere:\nMais, M. Parent donnera tous les Quatuors de Beethoven et ses dernières sonates de piano,\nhuit conceits pout la somme de dix francs ! M. Parent est un odieux spéculateur, décidément\n\n1 S. I. M. publiera prochainement une étude sur cet artiste ignoré."}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.89", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3930, "texte": "Mentionnons le bon Quatuor 1 racol qui donna à son deuxième concert un Quatuor de\nSchubert.\n.1, Ala Société Philharmonique, en attendant le Quatuor Rosé, deux séances de M. Ysave\nPugno avec trois sonates de Brahms, jouées avec finesse et intimité, ainsi qu'il faut, les deux de\nSchumann et celle de Franck. Au Cercle Musical un programme très soigné de musique\nancienne avec M. Diémer et M. Fritz Kreisler, ce qui me dispense d'en dire plus long. De la\nmusique ancienne également au Pax Quatuor (Mme Muller de Beaupré) au profit de la Croix\nRouge avec la Manécanterie. Ces braves petits chanteurs ont de la bonne volonté et sont en\nréels progrès.\nNous avons retrouvé les matinées de l'Union des femmes Professeurs et Compositeurs,\nque préside Mme Gallet avec deux programmes: Schubert et Chopin; Weber et Mendelssohn.\nDe ce dernier, un trio fut très bien rendu par Mme 3 Lachaud-Gaudefroy, Marcucci-Magrini\net Hélène Colin. Un autre groupe féminin, le trio de la Reine, au titre un peu cherché,\n(Melles Chassaing, claveciniste ; Bonnard, cantatrice et Schreiber, altiste) a donné un concert\ntrès joliment composé d'œuvres du XVIIIe, intelligemment jouées.\nM. Wael-Munck, s'inspirant de ce que font les concerts Touche et Rouge, a donné deux\nséances de Concertos de piano ou de violon avec orchestre réduit, bonne idée de vulgarisation,\nmais rien de plus, car on ne peut guère remplacer par un orgue Mustel ou un piano les cors,\nbassons, et hautbois. MM. Nat (piano) et Tinlot (violon) s'y firent justement applaudir au\npremier concert, MM. Bedetti (violoncelle) et Hemery (violon) au second. Ce sont du reste des\nnoms connus. M. Yves Nat donna quelques jours après une bonne séance de sonates, avec\nM. Robert Krettly, salle Erard.\nLes concerts d'artistes n'ont guère commencé avant Janvier, mais ils donnent avec une\nterrible frénésie durant laquelle nous capitulons lâchement. Il faut bien cependant mentionner\ndes cantatrices comme Melle Hugon, de la Schola qui accompagnée par M. d'lndy fît entendre\ndes oeuvres de Hugo Wolf, de Franck, de d'lndy et fut encadrée par le Quatuor Lefeuve qui\njoua des œuvres de Paul Dupin. Melle Minnie Tracey, un peu enrouée ce soir-là, donna un\nconcert salle Gaveau avec Mme Caponsacchi, l'excellente violoncelliste et MM. Huré et Jeisler\nau piano. Melle Marguerite Babaïan eut un programme élaboré et commenté par M. Laloy, ce\nqui assurait l'originalité et la valeur. En effet elle chanta du Debussy, naturellement, puis des\nChansons de Troubadours reconstituées par M. Jean Becq. Un intelligent pianiste il y en a,\nje vous assure M. Franz Liebich joua de la musique ancienne anglaise et française et des\nPréludes de Debussy.\nRappelons quelques pianistes. M. Risler qui va donner quatre concerts, un par mois,\ncommença par les variations du Beethoven sur une valse de Diabelli, Prélude Aria et final, de\nFranck, programme digne de lui. M. Ernest Schelling, après s'être fait applaudir au Conserva-\ntoire, donna deux récitals (au lieu des trois annoncés) où Chopin qu'il interprète avec un charme\net une discrétion remarquables, tenait la première place. Melle Veluard, une gloire de la Schola,\nn aime pas la petite musique. Avec M. Firmin Touche elle joua la sonate de violon de d'lndy\net une de M. Groz que nous regrettons d'avoir manquée (elle commençait le programme), puis\nseule des pièces de Bordes, de Séverac et de Debussy. On a dit plusieurs fois ici tout le mérite\nde Mclle Veluard. Enfin, M. Etlin et MeUe Pauline Aubert, cette dernière avec M. Charles\nRené, le distingué compositeur trop rarement entendu, termineront la liste des virtuoses du\npiano, dont nous avons entendu les concerts. *\nMelle Lenars, protaganiste de la harpe chromatique, donne cet hiver trois séances. Ala\nseconde, accompagnée sur l'orgue Mustel par M. Bizet, elle joua beaucoup de jolies choses\ndont plusieurs de M. Léo Sachs et Mme Vicq Challet en chanta avec son succès habituel.\n\n7"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.90", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1270, "texte": "Nous retrouvons M. Debroux cette fois-ci dans des œuvres modernes de violon,\nexception. Quelle sûreté et quelle mémoire ! A ses deux prochains concerts, il reviendra san;\ndoute à son cher XVIIIe siècle. M. Szigeti et M. Brou ont donné deux séances intéressantes\nM. Brou qui a joué la suite de M. Moskowski pour deux violons, avec M. Bachmann t.\nl'auteur, a une exceptionnelle qualité de son. Le programme nous a dit qu'il jouait un violon\nde M. Greilsamer et nous n'en fûmes pas surpris.\nDeux lignes seulement pour mentionner l'heure de musique organisée le dimanche pJr\nMelle Sauvrezis pour les enfants. C'est un excellent complément des leçons. Et gardons-nous\nd'oublier \"La Française\" qui organise des auditions de Musique Moderne; on y trouve les\nnoms de B. Godard, Toutain-Grtin, Delmas et bien d'autres que nous nous excusons dent\npouvoir citer.\nNous apprenons que M. Etienne Gaveau vient d'acquérir pour une Société au\ncapital de 3,000,000 les Etablissements Gaveau frères.\nM. Etienne Gaveau devient seul directeur général de ces importants Etablissements.\nNous sommes heureux de le féliciter et souhaitons à la nouvelle Société d'augmenter\nencore la prospérité de cette célèbre marque de pianos si appréciée du public et des artistes.\n\nF. Guérillot."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c067", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c067", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 86, "image_fin": 86, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.18.1", "titre_corps": "Les Tonkünstler de Munich", "titre_sommaire": "Les Tonkünstler de Munich", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.86", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 39, "texte": "Les Tonkünstler de Munich"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c068", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c068", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 87, "image_fin": 87, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.18.2", "titre_corps": "M. 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Dans le Nord, à Lille, Cortot\nremplace Sechiari au pupitre des Concerts popul (si cette veine pouvait nous arriver à\nMarigny !), Mme Jeanne Robert-Thieffy brille à côté de Spalding. Le quatuor Gurmont\ndonne d'excellentes séances et l'Union Chorale des Orphéonistes Lillois se prodigue magnifique-\nment dans la Messe en ré de Lorenzo Perosi. A Arras la 'Philharmonique se plie à la direction\nde M. Philippe ; M,le Lalotte mêle Debussy à Marsick et M. Leleu violonise du Max Bruch.\nA Douai P. de Wailly propage la bonne musique, M. Tirquet et Mlle Braquaval se couvrent\nde lauriers. Signalons à Soissons l'heureuse initiative de M,ne Berthe Mathias, sous la forme\nde trois concerts l'un de musique ancienne, l'autre comprenant les Romantiques et le troisième\nles Modernes. Hé ! mais il semble que voilà une ville mûre pour la musicologie !\nEn Normandie Caen entend avec joie M. Vergriete dans un Concerto de Mozart et\napplaudit la Sérénade de Wiener. Mais c'est Rouen que signale surtout à notre attention\nl'excellent et consciencieux critique d'art P. L. Robert, dont on n'a pas oublié ici la publica-\ntion des Lettres inédites de Boieldieu. La saison foudroyante a débuté par douze concerts.\nExcellent régime pour les mélomanes indolents ! Comment citer tous ces noms brillants : ce\nsont d'abord d'éminents professeurs rouennais Mu,e Duprat, MUo Hébert, MM. Dubreuil,\nDuhautbois et Quesnot ; puis des étrangers et parmi eux l'excellente Renée Doire et le\nblond Lazare Levy. Et puis Spalding, MIIe Duranton, Edouard Bernard, Victor Staub, Cortot,\nMlle Calo impérieusement dramatique, M,ne Capoy, notre collègue infatigable. Enfin\nP. L. Robert et Mme Marie Robert ont cherché et réussi à fixer la physionomie de Liszt,\nl'un en conférencier disert, l'autre en artiste unanimement applaudie. Ajoutons que l'exécu-\ntion du Faust de Schumann signalée dans notre chronique de janvier, était due aux soins et\nà la direction du Maître Haelling, le chef vaillant et sûr de La Gamme."}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.91", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1905, "texte": "De Vannes, il nous revient que les professeurs du ont donné\nrécemment leur premier concert. Bravo Laroche ! A Bourges Risler effarouche les braves\ndilettantes, peu accoutumés à la Soirée dans Grenade, et la dirigée par\nM. Alfroy révèle une pianiste, dont le nom est à retenir, Mlle M. A. Bodin. Poitiers délire,\nsous le charme de Ysaye-Pugno, que l'habile violoniste Rittberger a réussi à attirer. Angers\ncontinue à être une des villes les plus musicales de France. M.Paulet y fait entendre des Noëls,\net Ferté célèbre l'inondation en jouant St. François de Paule marchant sur les eaux. D'Ollone\nexécute le quatuor de Ravel (pas à lui seul).\nDans le centre, àClermont Ferrand, les Concerts Soulacroup font entendre MIIeM. Revel,\ndans des œuvres de Charpentier et de Rabaud. Enfin Bordeaux nous comble. y fait\njouer le prodigieux trompette Théo Charlier ; le accueille le trio Hugo\nHermann et G. Enesco avec sa rapsodie. Samazeuilh se voit fort bien interprété. Au\nPhilharmonique nous avons la surprise d'une révélation, celle du violoniste Szigetti. N'oubliez\npas ce nom là. [e n'ajoute rien sur les artistes connus et en tournée que nous avons déjà\nrencontrés plusieurs fois dans ces courtes notes.\nPau nous donne au théâtre [Palais d'hiver)une bonne saison avec M\"!e Dangerville et\nM. Guve, tous deux de l'opéra-comique. Et les festival-conférences organisés par l'érudit\nAlonso réussissent pleinement. Narbonne se félicite de sa dirigée par Emile\nFabre où voisinent sur les programmes Schubert, P. Lacombe et Georges Hue. Marseille\nsignale quelques efforts parfaitement réussis : le concert de piano de Mme Maurel Franquin,\ncelui de VAssociation Musicale, avec Mlle Técheney, celui de M. Milhaud, violoniste fort bien\nsecondé par Mlle Heskia. A Chateauroux M. de Dubor et MUc Elty (de l'opéra) en chan-\ntent avec leurs chants du premier Empire.\nQue pourrions demander de plus !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c071", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c071", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 91, "image_fin": 93, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.20", "titre_corps": "Belgique", "titre_sommaire": "Belgique", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.91", "debut_caractere": 1907, "fin_caractere_exclue": 3505, "texte": "Belgique\nBRUXELLES. Nombreuses manifestations remarquables en Janvier. La section\nbelge S.I. M. a donné salle Erard, une audition d'œuvres de Ch. Tournemire, élève de\nCésar Franck. M. Charles Delgouffre présenta le compositeur, dont les bonnes œuvres\ntrouvèrent excellents interprètes en Mme Béon, organiste, MM. Ch. Delgouftre pianiste,\nVan Isterdael, violoncelliste, Renard, violoniste, Rogister altiste. Les Elèves de Y Académie\nRoyale des Beaux-Arts organisaient, le 14, une très belle soirée à la Grande Harmonie. Plusieurs\nartistes de La Monnaie y prêtaient leur concours. Musique et danse furent en honneur, aux\napplaudissements d'un public choisi parmi lequel nous avons remarqué : MM. I .ambotte,\nHymans, E. Acker, etc. L 'orchestre Lasalle,donnait jeudi 19, à l'Alhambra, une seconde\naudition. Exécution parfaite de la symphonie de Berlioz; Mort et Transfiguration, de\nStrauss ; Sérénade, de Mozart ; Prélude des Maîtres Chanteurs de Wagner. Le jeune et\nvigoureux capellmeister possède une extraordinaire vitalité et un enthousiasme communicatif.\nAu Cercle Artistique, Fritz Kreislernous offrit un récital exquis. Accompagne parfaite-\nment, quoiqu'au pied levé, par le virtuose Châties Hènusse, le célèbre violoniste fit valoir un son\ndélicat, une finesse d'interprétation, une grâce charmeuse, et des qualités techniques tout a fait\nexceptionnelles Salle des Palais, le brillant virtuose belge Arthur Van Dooren célébra,\nanticipativement, le lundi 16 janvier, le centenaire de Le docteur Dwelshauvers,\nmusicologue savant, résuma l'oeuvre, le caractère et l'influence du Maître. M\"\" Weber"}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.92", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3874, "texte": "chanta quelques lieders, Arthur Van Dooren interpréta avec une pureté technique éton-\nnante la 8e Rapsodie Polonaise, et S 1 François marchant sur les Flots. Aucun pianiste ne\npourrait prétendre, chez nous, à rivaliser avec Van Dooren quant à la virtuosité. Applaudi\nchaleureusement, en toute justice fêté, l'artiste nous offrit en bis la délicieuse trans- ,\nposée en la majeur Salle Studio, Marguerite dans un récital éclectique, nous fit\nconnaître un beau prélude de Paul Gilson et les Variazoni quasi sonata de Raymond Moulaert, l\nCette importante composition d'un musicien consciencieux, atteste de solides qualités ; une\nscience approfondie, sûre d'elle-même et dédaigneuse de l'effet superficiel ; une pensée réflé-\nchie sérieuse, qui n'exclut pas une certaine allure personnelle par endoits. Mlk' Laenen possède\nun très remarquable talent, et elle mérite des compliments pour l'avoir mis au service de nos\ncompositeurs. Mlle Godenne, pianiste, M. Hildebrandt, violoniste, donnaient le 26 un très\njintéressant programme, avec le concours de 1 orchestre Isaye. Ces excellents artistes trouveront (\nun succès mérité. Le réputé pianiste russe Marc Meytschiek a triomphé dans un récital, àla\nGrande Harmonie. Cet artiste est en possession d'un mécanisme peu ordinaire, mais son ■\ninetrprétation est froide. A son premier récital, Mathieu Crickboom nous fit apprécier une\nfois de plus, la distinction, l'élégance, le charme d'un jeu impeccable et pur. Le deuxième\nconcert Durant (musique française) sera donné avec l'éminent concours d\nvioloniste de LL. MM.le Roi et la Reine, dont nous aurons le plaisir d'entretenir plus\nlonguement bientôt nos lecteurs. On annonce tiois séances données pai IVi Jeannt |\nSamuel, M. L. Samuel, violoncelliste compositeur et MUu Laenen les 8, 20 février et 3 mars\nSalle Mercelis (Ixelles), cette troisième séance : œuvres de MM. Dimanche\n5 février, concert du Conservatoire. Récitals 2 mars, 23 mars et 30 Avril. Séance\nZoelner 1 février. Compte-rendus au prochain n°.\nM. Stiènon du Pré a remporté beau succès à avec son acte:\nconte,libretto de Gaston Dumestre. La presse fut unanime à reconnaître le charme gracieux\nde cette œuvrette.\n—M. et Mme Gaston Haardt offraient, le 28 janvier, en leur somptueux hôtel de la\nchaussée de Charleroi une soirée très brillante. L'élite artistique et mondaine de la capitale s'y\nrencontra. Le programme musical très heureux, nous permit d'apprécier surtout les œuvres\nbelges : Roman d Amour,poème de Lucien Solmusique de M.\nl'ensemble harmonieusement fondu, nuancé, demanderait une analyse serieuse, et deux mélo-\ndies de M. Leopold Samuel nous révélant une personnalité intéressante ; ce jeune musicien\npossède une technique fouillée, sûre d'elle-même ; son art nous apparaît sincere et vivant. Les ,\nbeaux vers de Verhaeren, \" Très doucement, plus doucement encore \" lui ont inspiré une page\nexquise, où chante la poésie fluidique et berceuse d'un soir d'ete. Mme MellCS de\nMadré, Willia M. Bureau, accompagnés par l'excellent pianiste Minet ; des chœurs bien\nconduits par M. Soubre charmèrent l'auditoire nomereux de près de trois cent personnes appar-\ntenant aux mondes de la politique, les arts de la magistrature de la finance de l'armée, du\nbarreau.\nF\nPROVINCE. A Mons,M. Léo Jadina trouvé le plus réel succès, à son grand-con-\ncert symphonique. Les œuvres de ce jeune musicien témoignent de vitalité, en même temps\nqu'elles font apprécier une culture musicale étendue et elles donnent des espérances sérieuses.\nMelle Hélène Dinsart annonce un récital de piano pour le 6 mars. A Tournay, les Concert;\nSymphoniques dirigés par M. Delooze glorifiaient dimanche 29 janvier César Franck. Grande fut\nl'affluence en la bonne ville des \" cinq-clochers \" et les fervents de musique ont ajouté un peu\nencore à la reconnaissance qu'ils vouent au vaillant musicien. A l'audition annuelle Je\n- L"}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.93", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2739, "texte": "la classe de M. Lebrun fut un régal. Toutes ne s félicitations à l'excellent professeur A Liègey\nM. Lucien Mawet a fait applaudir une fois encore son A capella dans les salons de Y Œuvre\nles Artistes.\nBibliographie. 3\\/lenuet de Léo Jadin. La marche des petits Bohémiens du même. Suite pour\nvioloncelle de Jean Strauven. (Ed. Oertel. Rue de la Régence, Bruxelles).\nIII Co?icert Tsaye donné par le Tonkunsler Orchester de Munich et dirigé par son chef\nJoseph Lasalle un français : 80 musiciens jouant avec une tenue irréprochable, une coordina-\ntion et une unité surprenantes ; un directeur jeune, grand, mince, souple, au geste ample et\nexpressif, à la figure ouverte et intelligente. Ce concert remarquable, non seulement par son\nexécution mais par son intéressant programme, débuta par le Concerto grosso en ré mineur\nde Haendel, musique calme, reposante, pacifique. La Symphonie n° 4 en sol majeur de Malher\nqui suivait est bien longue quoique fantasque et divagatoire, parfois vivante : le lied de la fin fut\nchanté par Mademoiselle Eisa Flith de Munich. Cette charmante cantatrice interpréta aussi la\nmélodie de Schubert : la Doute Puissance.\nMais, quel enthousiasme, quelle émotion dans cette seconde partie du Concert ; Don\nJuan, poème symphonique de R. Strauss nous fit venir à chacun la chair de poule : musique\nnerveuse, vivante, voluptueuse d'une sensualité presque vicieuse.\nLe public fit à Lasalle une ovation fort émouvante toute de reconnaissance après l'audition\ndu Prélude et mort d'Iseult et l'Ouverture du Tanhauser : cette exécution finale fut une vraie\nperfection, mais quel travail préparatoire n'a-t-il pas fallu ? Nous sommes évidemment loin de\ncela à Bruxelles, où la règle est de \" bâcler \" les Concerts.\nLe Quatuor Zcelner, (le père et ses enfants), nous promet 3 séances intéressantes de musi-\nque de chambre. Nous connaissons ces artistes jeunes, consciencieux, enthousiastes ! Habitués\ntous dès l'enfance la plus tendre à travailler dans l'athmosphère affectueuse et reposante du\nfoyer paternel, ils y ont acquis une similitude de qualités, l'unité et la coordination, indispen-\nsables à la mise en valeur d'un quatuor. Ils ne jouent mercredi prochain que des quatuors de\nBeethoven, n° VI, 11° X, n° XI.\n]■ C.\nNECROLOGIE. — Un stupide accident d'automobile a coûté, récemment, la vie\nà Mlle Nelly Blockx, fille de M. Jean Blockx, directeur du Conservatoire Royal d'Anvers,\nauteur célèbre de Princesse d?Auberge, la Fiancée de la mer, Milen\\a, Baldie. Le pays tout entier\net en particulier les musiciens de Flandre et de Wallonie ont ressenti douloureusement ce deuil\ncruel. La rédaction du S.I.M. présente au père affligé, l'hommage respectueux de ses condo-\nléances très émues. R« L."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c072", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c072", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 93, "image_fin": 96, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.21", "titre_corps": "Etranger", "titre_sommaire": "Etranger", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.93", "debut_caractere": 2741, "fin_caractere_exclue": 3295, "texte": "Etranger\nFLORENCE. Le théâtre de la Pergola, sous l'intelligente direction de MM. Galletti\net Geri, tend à reprendre, dans la vie musicale de l'ltalie et de l'Europe, la place qu'il occu-\npait autrefois. Il a ouvert ses portes avec une représentation du Don Juan de Mozart, qui m'a\nparu bien meilleure que certains journaux italiens n'ont voulu le reconnaître. Si quelques\nrôles de femmes étaient manifestement insuffisants, le rôle de Don Juan fut incarne a mer-\nveille par M. Mattia Battistini, le grand artiste qu'on n'avait pas eu depuis longtemps le"}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.94", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3648, "texte": "plaisir d'entendre sur les scènes italiennes, M. Navarrini fut un Leporello très original\nM\"e De Hidalgo une Zerlina délicieuse, et l'orchestre, dirigé au clavecin par M. Arturo Vigna'\nfit des efforts louables et souvent heureux pour rendre le chef-d'œuvre de Mozart avec légèreté\net fermeté. Après avoir mentionné des exécutions intéressantes de Cavalleria rusticana. de\nRagliacci et de Tosca, il faut féliciter M.M. Galletti et Geri d'avoir osé remettre àla scène\nune œuvre oubliée, la Llnda diChamounix, de Donizzetti, dont ils ont donné avec le con-\ncours de M. Battistini une représentation modèle. Il faut les féliciter aussi, et peut-être\nsurtout, d'avoir tenté un effort pour nous donner des œuvres toutes récentes, et même, peut-on\ndire, la plus récente de toutes, ce fameux Rosede Richard Strauss, qu'on nous a\npromis pour ce printemps et que nous attendons avec impatience.\nLa Libéra esteticay que les Parisiens n'ont pas oubliée, poursuit en Italie son œuvre\nexcellente : une série de six concerts, organisée par M\"'e Ida Isori et M. Paolo Litta avec le\nconcours de M.YVitwer, violoniste bâlois de grand mérite, nous ont permis d'entendre quelques-\nunes des plus charmantes œuvres vocales et instrumentales de la musique italienne des XVIIe\net XVIIIe' siècles. Les trois concerts déjà donnés ont reçu un accueil fort sympathique du\npublic cultivé de Florence et ont valu un succès mérité à la parfaite cantatrice et à ses colla-\nborateurs.\nA signaler aussi un intéressant concert de harpe chromatique Pleyel par Mme Wurmser-\nDelcourt, virtuose parisienne. P. M. M.\nBERLIN. I andis que le D 1 Julius Kapp le dernier biographe de Wagner publie sous\nle titre Jung-W agner,un volume d'articles inédits datant de 1834 à 1843 que Wagner avait\néliminés de ses œuvres complètes ; l'antiquaire Stargardt a la bonne fortune de reconnaître\ndans un lot de paperasses provenant de la famille Wesendonck un manuscrit musical inédit\ndu maître de Bayreuth. C'est l'arrangement pour violon-solo et petit orchestre (à dix\nparties) du lied Trœume(Rêves) que Wagner fît en décembre 1857 et qu'il exécuta avec\ndix-huit musiciens de choix, appelés de Zurich, devant la chambre à coucher de Mathilde\nWesendonck, le matin d un des anniversaires de sa bienfaitrice. Glasenapp, dans sa grande\nbiographie, mentionne cette orchestration, mais on ne savait plus où elle avait passé. C'est à\nqui en auia 1 autographe maintenant. Les dix pages sont écrites tout entières de la main de\nWagner et portent à la fin ses initiales avec le paraphe habituel.\nMUNICH. Dans sa sonee de récitations classiques du 6 décembre IVI. de Possart\napportait deux mélodrames nouveaux : le Château au bord de la mer de Uhland, avec musique\nde Richaid Stiauss, executee d après le manuscrit; et M'uchka de la Marosy une histoire tzigane\nde Lenau, mise en musique par Josef Pembaut (op. 93).\nes amis d Otto Vrieslander vont publier par souscription, un nouvel album de\n48 liedet récemment écrits par le compositeur du Pierrot lunaire, sur des poèmes de Conrad\nFerdinand Meyer. C est un beau geste en faveur d'un musicien doué, très sincère et très\nartiste.\nVIENNE. Le conseil municipal de la K.K. capitale semble n'avoir attendu que le\ndeces du bourgmestre nationaliste Dr Lueger pour saccager la ville. On démolit sans merci,\nau profit de rues à l'américaine ; et avec les anciennes demeures, pleines de souvenirs, c'est le\ncachet vieux Vienne de la bonne ville qui disparait grand train.\n. nll f-e |a Johannesgasse, à côté du palais des Chanoinesses, on a éventré une solide\nmaison du XIII siècle, toute en pierres de taille, à l'escalier étroit, tortueux et noir, qui selon"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.95", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3637, "texte": "toutes vraisemblances avait abrité un des logis volants de Beethoven. La destruction du\nvénérable Freihaiuest pire encore. Les princes de Starhemberg ont habité tant qu'ils ont vécu\ncet immense caravansérail, où fut enterré en 1701 le défenseur de Vienne, Ernest Roger de\nStarhemberg. Il avait encore aujourd'hui ceci de curieux d'être la maison la plus chargée\nd'impôts de la ville : elle occupait un emplacement de 25000 mètres carrés et contenait 340\nlogements. Deux souvenirs de la vie de Mozart s'y rattachaient. C'est au jardin que fut\ncomposée la Flûte enchantée,dans une espèce de hutte, religieusement transportée depuis sur le\nKapuzinerberg à Salzbourg ce qui déroute considérablement la rêverie des fidèles visiteurs ;\net c'est dans le Théâtre du Freihaus qu'avait eu lieu la première de l'opéra, sous la direction\nde Schikaneder.\nLe Dr Egon Wellesz a fait à la salle Urania une très intéressante et instruc-\ntive conférence sur le développement actuel de la Musique en France ; il exposa la manière\net les tendances des musiciens français contemporains Debussy, Dukas, Chausson, Dupont,\nChabrier, Ravel et des espagnols Albeniz, de Falla, Turina qui se rattachent à l'Ecole fran-\nçaise. Medames Berthe Jahn et Marie Panthès, M. Robert Pollak interprétèrent d'une façon\nparfaite quelques œuvres de ces compositeurs ; le public Viennois leur fît le plus grand succès\nainsi qu'au conférencier M. Wellesz qu'on ne saurait trop féliciter de l'heureuse idée qu'il a de\nrépandre le goût de la musique française en Autriche. Mais pourquoi la colonie française n'est-elle\npas venue écouter sa musique et en entendre causer ? Pas même M. Crozier, qu'on aurait pu\ncroire plus mélomane.\nBAYREUTH. Le Musikverein fêtait ce 20 Novembre ses cinquante ans d'existence.\nIl a compté à sa tête des musiciens de valeur, Anton Seidel, Kellermann, le Kapellmeister\nwagnérien Franz Fischer, Engelbert Humperdinck ; grâce à sa fusion avec le chorverein\nlocal, réalisée par Julius Kniese il fut à même de prendre une part importante dans la vie\nmusicale de l'Allemagne du Sud, en exécutant de grandes oeuvres. Richard Wagner encouragea\ntoujours ses efforts et ne dédaigna pas de diriger parfois ses auditions. Pour ce jubilé, la Société\navait étudié le Requiem allemand de Brahms, ce qui témoigne d'une absence louable de parti-\npris ou de rivalité d'écoles. Avec MIIe Mathilde Gilow de Berlin et M. Geise-Winkel de\nWiesbaden comme solistes principaux, l'œuvre, dirigée par M. Ludwig Hartmann, maître au\nSéminaire, remporta le plus franc succès, et le plus mérité par les choristes et instrumentistes,\nauprès du public d'invités accourus à la fête.\nNURENBERG a une vie musicale très développée, un théâtre municipal qui donne\nl'opéra et l'opérette, des concerts symphoniques dirigés par M. Bruch, et deux sociétés chora-\nles, le Liederkran-z, et le Chorverein qui offrent des auditions très soignées.\nLe premier Concert n'apportait rien moins que trois œuvres nouvelles : une\nla majeur,manuscrite de H. Zilcher, de belle venue et très bien accueillie ;un moins\nheureux de W. Mauke ; et une Symphonie encore, en du premier Kapellmeister du\nThéâtre M. Bernard Xittel, ouvrage qui ne manque ni d'adresse, ni d'invention, ni d'origina-\nlité, et qui remporta un très grand succès. Au théâtre, la première de l'opérette le doux\npoison de M. Gorter, un Nurembergeois, qui dirigeait lui-même et que les acclamations du\npublic appelèrent plusieurs fois à la rampe.\nDRESDE. Beaucoup de Beethoven, de Brahms et de Schumann sur les affiches de\nnos concerts. Le virtuose témoigne d'une parfaite indifférence pour toute nouveauté musicale."}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.96", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 4011, "texte": "MM. Schôr, Daucher, Mirz et Gaillard nous ont donne une superbe audition du\nquatuor à cordes de Ravel. Musique quasi géniale par ses sonorités, combien peu organiqUç\ndans sa structure !\nDe Bruckner, j'entendais le jour des Morts la Messe en mi mineur pour chœur à 8 voix\net orchestre. Quel imprévu, quelle nouveauté, quelle fête pour l'imagination !\nJe vous parlerai le mois prochain des œuvres de M. Mallinson, un anglais, ainsi que du\nconcert d'oeuvres d'orchestre de M. Jaques Dalcroze. Citons parmi les interprètes d'oeuvres\nde musique de chambre les noms de Mme Jaques Dalcroze (lieder italiens, allemands,\nMme Tilly Koenen (charmantes scènes enfantines hollandaises), M. Paul Aron (Children's\nCorner de Debussy), le violoniste Marteau.\nUne belle institution, ici, sont les concerts d'orgue du samedi après-midi, à la Kreuz- et\nla Frauen Kirche. Composés de collégiens, les chœurs chantent clair et juste.\nDe temps en temps, un tout vieux musicien, de ceux qui dorment dans la poussière des\nbibliothèques, un Jean Eckard, un Pretorius, un Bôhm, par mégarde, se fait entendre, et c'est\nalors pour l'auditeur une surprise inattendue, combien agréable !\nA l'Opéra, on donne Tiefland de E. d'Albert, et cette semaine le Ring du Niebelungen.\nL'orchestre y est magnifique de précision et de souplesse. Les répétitions du Rosen Kavalier\nde M. Strauss se poursuivent activement et l'on parle d'une musique vive, alerte, raffinée.\nPRAGUE. —La Hndebni Revue [Revue musicale) constate dans son numéro de décembre\nque le S. I. M. est la seule revue de France, qui sache quelque chose du mouvement musical\ntchèque. Dès lors faisons comme le nègre... Fêtes le 5 décembre pour célébrer les quarante\nans du compositeur Vitiezlav Novak, né à Kamenice sur la Lipa. Distingué d'abord par le\nProf. Stecker, élève ensuite de Dvorak, qu'il scandalisait autant par ses hardiesses que par son\nincrédulité religieuse, M. Novak est aujourd'hui avec MM. Suk, Ostrcil, Foerster et\nKovarovic, en Bohème, Nesvera et Janacek en Moravie, à la tête de la vie musicale slave\nd'Autriche. Sa Sonate héroïque et sa Suite slovaque pour piano (Mojmir Urbanek, éditeur, Prague)\ndonneront la meilleure idée de son originalité à ceux qui, de longtemps sans doute, n'auront\npas l'occasion d'entendre l'orchestre de Dans les Tatry ou du Chant de /'Eternel Désir. - Le\n25 novembre le Théâtre National a donné Boris Godounov dans la version Rimsky Korsakof.\nLa critique tchèque s'est déclarée à Tunanimité contre l'étranger, qui avait osé conseiller d'en\nrevenir à la version originale. La Hudebni Revue se range à l'opinion, qui pourrait la mener\nloin, que n'importe qui a le droit de modifier une œuvre \" quand c'est pour l'améliorer \" et\nM. A. Silhan dans la Narodni Listy nous décoche ce trait : \" Tant qu'on n'aura pas prouvé\nque l'original de Moussorgski valait mieux, il faut donner Boris avec les remaniements\nRimsky.\" Alors comment saura-t-on jamais ce qu'il vaut, cet original ? Le Narodni Divadlo a\ndu reste eu l'impudence de couper l'acte entier de la scène du peuple sur la grande route, le\nplus typique de Moussorgski ! C'est sans doute aussi pour le plus grand bien de l'œuvrer Le\nplus grand bien dans ces conditions serait de la supprimer toute entière. Evidemment Smetana\nétait un imbécile, qui écrivait de Jakbenice, le 7 octobre 1875, à M. Joseph Jiranek qu'il ne\nsupporterait aucune correction à ses pièces de piano et qui, ailleurs encore, protestait contre les\nremaniements de ses Deux Veuves à Hambourg. Il est vrai que si Mahler, à New York, sans\nchanger une seule note, accentue seulement, d'une façon à lui, telle danse de la Prodana Nevesîa}\ntoute la Bohème proteste. Les revues et journaux de Prague citent les témoignages russes\nfavorables aux remaniements de Boris. Ignorent-ils que les temps ont changé et les points de\nvue de la critique aussi ? Et que ce qui était impossible avant Pelleas ne l'est plus aujourd'hui.'\nEt que d'autres témoignages pour le Boris original peuvent désormais se produire en aussi"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c074", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c074", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 98, "image_fin": 103, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.23", "titre_corps": "L'Orchestre Médical", "titre_sommaire": "L'Orchestre Médical", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.98", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3475, "texte": "L'Orchestre Médical\nIl y a quelques années, les Docteurs Vaucaire, Destouches, Kortz, Duchesne, Daniel\nse réunissaient régulièrement pour faire de la musique ; à ceux-ci se joignirent bientôt\nd'autres médecins. Un jour ils se comptèrent : ils étaient trente. L'idée leur vient alors de\nconstituer un véritable orchestre ; ils font appel à leurs confrères musiciens et cet appel est\nentendu. L'Orchestre Médical est créé. Le 2 Février dernier il donnait à la Salle Gaveau Un\nconcert des plus intéressants. Nos lecteurs seront peut-être curieux de connaître la composition\nde cette phalange musico-médicale dont le président est le Dr Richelot et les vice-présidents\nles D!> Blondel et Lebreton ; la voici : Aux pupitres de lers violons nous trouvons : les\nD\" Bloch-Wormser, Boucher, Bourg, Casse, Chaperon, David, Delorme, Didsbury, Doyen\nDurand-Fardel, Gauchas, Gerboud, Guichard, Krauss, Levaditi, Lebreton, Levisti, Mathias'\nMilian, Regnard, M\"\"-' Nicolle. Aux pupitres de les Drs Ancibure, Arnold'\nAstrug, Bloch, Carra, Chirol-Jardet, Guyochin, Jahan, Jaïs, Kortz, Lombard, Michaux\nMounier, Morhange, M\"' Pokitonoff, Thin. Les sont tenus par les Drs Destouches'\nGaudier, Isambert, Michaux, Picot, Trognon, Stora, Vaucaire ; les par les\nDs Blandin, Bourgeois, Dubois, Garin, Gigon, Hatry, Lauth, Riffaud, Saïssy, Theuveny;\nles contre basses par les D 1 Dumont, Laurent de Belloc, Thiéblement. Pour les instruments;!\nvent nous trouvons les Drs Coupé, Daniel, Greuet, Iselin, Monmarson [flûtes), les Drs Fies-\nsinger et Pein [Hautbois),le Dl' Magnin [Cor les Drs Granger et Michelin -\nruttes), les D Dubieton et Quentin [Bassons), les D'5 Violet et Vorimèse [Cors), les Drs Lan-\nquetin et Lecussant [ti otnpettes), le D Kaffer [trombone), le D' Lagarde [tuba). Simbales et bat-\ntit te .D Duchesne, Robert-Simon, Vincent, Virally. Les sont confiées à MelleS Las-\nkine et Labatut, toutes deux filles de médecins et premiers prix du conservatoire. Nous\nn'avons pas parlé du chef d'orchestre : c'est M. Henri Busser, le chef d'orchestre de l'opéra\nqui est gendre du Dl' Sichel.\nIl ne suffit pas d etie médecin et musicien pour faire partie de l'orchestre médical ; tout\ncandidat doit satisfaire à un examen préalable ; c'est dire la qualité des exécutions.\nQuant au but de cette association, il est double et doublement louable : faire de l'art en\nfaisant du bien. Les médecins de 1 O. M. veulent donner des concerts dans les hôpitaux pour\ndistraire leurs malades, prêter leur concours à des œuvres de bienfaisance : le Concert du\nFevriet était donne au profit de la \" Maison du Médecin \", maison de retraite située à\nBiezolles et Loire) et destinée a recevoir les vieillards pour lesquels la fortune fut sévère\npendant l'exercice de leur profession de médecin.\nMais parlons de ce concert et disons tout de suite qu'il fut plein d'intérêt. D'excellente\nmusique, une exécution précise et toute imprégnée d'un besoin d'idéal à satisfaire, des vers du\nA/rme Tr°nt°^a tS ai Mounet, une piece d'ombre, des interprêtes parfaits,\nM L Vaucaire, la femme du Docteur, Mme Damnas de l'opéra, Mlle Lilv Laskine Mme Nicolle\nle Dr. Gigon, n'y avait-il pas là de quoi intérêsser l'élégante' assistance qui se 'pressait Salle'\nGaveau : On fit aux œuvres du Dr. Richelot et du Dr. Blondel sur lesquelles nous ne pouvons\nmalheureusement pas nous étendre tout le succès qu'elles méritent. Ce fut une très belle soirée\net 1 orchestre médical peut se féliciter d'une << opération \" aussi bien réussie"}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.100", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3959, "texte": "grand nombre ? En attendant la musique de Moussorgski gagne du terrain même à\nPrague. Au dernier concert de la Société du lied on a entendu au complet Chambre d'enfants et\nChants et danse de la Mort. A signaler aux derniers programmes de la Philharmonie\ntchèque : le 6 novembre : l'ouverture Au printemps de Goldmark ; la sérénade cordes de\nJ. Jerabek et la Deuxième symphonie de Dvorak. Le 18 novembre : Spriditisy l'ouverture de\n[. Wihtol pour une légende dramatique lettone, un scherzo idyllique de J. Kricka et la Troi-\nsième symphonie de Dvorak. Le 20 novembre, le programme est entièrement consacré à Joseph\nSuk : sa Première sa Fantaisie pour violon et orchestre et le scherzo fantastique.\nLe 19 décembre a eu lieu le concert annuel, donné par les journalistes tchèques. Au\nprogramme : Les Idèals, épopée de la vie d'un artiste, du jeune compositeur Rudolf Karel\nBelisanta poème symphonique de M. Emil Polak, un Tchèque d'Amérique. Il existe encore\nune sœur de Smetana, Ludmila. Elle a eu quatre-vingt dix ans, le 23 novembre. Elle vit à\nVienne dans l'indigence. L'Hôtel de Ville de Prague a usé de munificence à son égard et lui\na fait remettre cérémonieusement par le conseiller Neumann... cent couronnes! En\nMoravie on continue à s'occuper du Père Augustin Krzizkovski, le précurseur de Smetana\ndont nous avons parlé. On vient de lui élever un monument à Neplachovice, près de\nHolasovice, son lieu de naissance. Les deux villages sont en Silésie autrichienne près de Krnov\n[allemand: Jaegerndorf), mais tandis que Holasovice est devenu allemand et n'a pas voulu du\nmonument, Neplachovice, demeuré tchèque, l'a accueilli. Il a même fallu occuper militaire-\nment le premier pour que la petite cérémonie décidée put avoir lieu devant le maison natale :\nil s'agissait d'y chanter, en tchèque bien entendu, quelques œuvres du maître. A la messe on\nentendit outre son Sanctus, le Pasteur et le Pèlerin. Il s'agit maintenant de lui ériger à Brno\n(Brunn), capitale de la Moravie, une statue. Un comité s'est fondé, dont le secrétaire est le\nProf. Aloys Kolisek, c'est un prêtre de Hodonin, qui a pris l'heureuse initiative de\ndemander au Théâtre National de Brno qu'une représentation de gala fut donnée en faveur de\nce monument, et, là est l'important, que l'œuvre choisie soit Jej't Pastorkyna, le chef d'œuvre\nsi discuté du compositeur le plus avancé de Moravie : Léo Janacek. Existe-t-il un mot fran-\nçais pour traduire P astorkyna ? C'est la belle fille, dans le sens: fille d'un premier mariage consi-\ndérée, lors d'un second, du point de vue du mari ou de la femme, dont elle n'est pas. La\nrevue Dalibor de Prague, l'une des plus anciennes revues musicales tchèques sera dirigée désor-\nmais par M. Rudolf Zamrzla, chef d'orchestre au Théâtre National, en remplacement du\nmusicologue A. Rektorys, qui fonde la revue Smetana, dont le premier numéro vient de paraî-\ntre et affiche des tendances u avancées \".\nWILLIAM RITTER.\nHELSINGSFORS. Si l'on veut bien considérer que la musique finlandaise est\nencore bien peu de chose, on devra reconnaître que la vie des concerts est toute proportion\ngardée assez active dans notre capitale (140.000 hab.) A vrai dire la politique violente prati-\nquée par la Russie à notre égard est fatale à l'art musical, et lui a fait grand tort depuis quel-\nques années.\nLa Finlande possède surtout un grand nombre d'artistes que j'appellerai voyageurs,\nparce qu'ils sont sans cesse en tournée. Les plus célèbres émigrent facilement, et leurs noms\nvous sont connus. Je citerai par exemple : Ml3e Aino Acté, Irma Tervani, Jaernefelt, Mally\nBurjam, Jenny Spennert etc.... Toutes ces forces musicales ne sont pas groupées, et\nHelsingsfors n'a même pas d'opéra permanent. La raison doit en être attribuée a la dualité\ndes langues qui règne chez nous et nous divise. La langue des classes aisées est le suédois.\nMais le Sénat (composé d'officiers russes et de membres du partie des vieux finnois) et d une"}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.101", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3886, "texte": "façon générale les fonctionnaires sont attachés au finlandais, par haine de l'élément suédois 1 1\nen résulte qu'un groupement musical suédois serait sans caractère officiel, et un groupemèn\nfilandais sans public. Aussi 1 opéra construit et assuré par la générosité du précédent Sén-.\nfinlandais a-t-ii formellement refusé de jouer des pièces suédoises. Il ne donne que des œuvre\nétrangères ou des œuvres finlandaises. Les premières sont empruntées au répertoire habituel\ndes grandes scènes d'Europe. Les autres nous ont montré ces temps derniers : de Mda-\ntin, Daniel Hjortde Palmgren, et Elïman Sude Merikanto. Il est probable que vou,\nconnaissez fort peu ces œuvres et leurs auteurs.\nSelim Palmgren, compositeur éminent de Lieder et d'œuvres chorales a mis en musiqUe\nun drame de notre plus grand écrivain J. J. Wecksel, et qui se nomme Il y,\nla de très joues scenes et des effets raffines, pourtant l'ensemble peut-être considéré comme la\ntentative d un artiste audacieux. L'harmonie de Palmgren est en effet dans cette pièce basé\ntoute entière sur la gamme par tons entiers. Les motifs conducteurs n'ont rien de très prenant\net il n'y a nul effort de polyphonie ou de contrepoint. La musique n'a donc d'autre effet icj\nque celui d une atmosphère delicate répandue autour de l'action dramatique.\nTout autre est Elïman Surma, composé par le musicien populaire Mérikanto sur un\nlivret de Jalmari Finne. Ici la musique simple, naturelle, vise à l'originalité des thèmes et\nobtint un grand succès auprès du public.\nLes Concerts Symphoniques(io par saison) se trouvent sous la direction du professeur\nRobert Kajanus, qui cède de temps à autre le bâton à un chef étranger. Nous avons eu\nGlazounov, et sa nouvelle Symphonie Finlandaise, puis un certain nombre de solistes éminents\nparmi lesquels Gabriel Faure et Capet. Comme on le voit il y a une vie musicale à Helsings-\nfors, maigre la difficulté de la politique.\nGOSTA WHALSTROEM\nBOSI ON. Boston est accablé de musique. Les Concerts symphoniques (deux fois\npar semaine) et 1 Opéra (cinq fois par semaine) empêchent le public de prendre sa part des\nauditions plus restreintes. On donne bien force billets, mais il semble que les auditeurs attell-\nent qu on leur envoie en plus une voiture pour se rendre au concert. Malgré tout, le pianiste\nrançais A. Borchard a eu une bonne presse ; son exécution de Beethoven et de Mozart a\nplu ; avec Chopin il prend peut-être un peu trop de liberté.\nL'Enfant Prodigue de Debussy a été donné à l'Opéra. Il y a ici une partie de fougeux\nDebussystes qui, bien que peu nombreux, applaudit ferme à toute œuvre du maître. L'ouvrage\na u reste paru très compréhensible et plutôt dans le genre de Massenet. Seulement on peut\nire que c est une cantate et non un opéra. Boston est comme toutes les grandes villes\naméricaines en fait d'opéra ; un grand chanteur excite plus d'intérêt qu'une grande œuvre.\nAinsi la Boheme faisait de petites salles. Mme Melba apparaît et aussitôt tout est plein. Faust\nnous a été donné avec la nouvelle mise en scène de l'Opéra. Puis la Habanera de Laparra.\nAu concert, a signaler The Culprut Fayy poème symphonique du compositeur américain\nHenry Hadley, œuvre d'orchestration délicate, la symphonie en mi mineur de Rachmaninov,\nintéressante, et ayant cette couleur d'amertume qui plaît tant aux Russes, mais un peu\nlongue. Un symphoniste moderne ne saurait d'ailleurs rien dire d'intéressant et, moins d'une\neure. De Scriabine le \" Poème de l'Extase \" a plu. Cette sorte d'extase se vend en gros en\nRussie. Le « Brigg Fair\" de Delius sur un sujet anglais a été accueilli froidement. Delius\nn a pas encore prouvé ses droits au titre d'iconoclaste de la musique. Enfin Granville Bartock\neut u succès avec son Omar Khayyany assez moderne-style, mais bien traité. Le dommage est\nque e pub îc ne saurait comprendre la marche d'une œuvre comme celle-ci, sans préparation."}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.102", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3489, "texte": "Tous ces compositeurs écrivent pour l'avenir. Mais le pauvre peuple du présent n'a-t-il donc\npas aussi lieu d'attendre un peu de considération.\nLouis C. ELSON\nMADRID. Pour la première fois, je vais attirer l'attention des lecteurs de la S.I.M.\nsur une représentation du Théâtre Royal. J'ai trop critiqué l'interprétation donnée (en\ncet Opéra peu accueillant), pour ne pas insister sur le spectacle vraiment inouï qu'il me fut\nloisible de contempler ces jours-ci. Il s'agit de l'Or du Rhin où nous entendîmes un Albérkh\nque je qualifierai de prodigieux. C'est un artiste que je n'ai pas l'heur de connaître. Ce que\nj'en sais par le programme, c'est qu'il s'appelle Challis, et j'ignore son prénom comme sa\nnationalité. Mais sans chercher à en connaître plus long, je veux dire ici l'impression qu'il\nnous a causée. Ce chanteur a d'abord une voix auprès de laquelle celles de Chaliapine ou de\nTitta Ruffo, sont enfantines. Puis il dit son rôle d'une façon qui touche au collosal : c'est\nl'Albérich tel que Wagner l'imagina et ne le vit jamais u réalisé \" quant à la qualité de son,\net à l'ampleur vocale indispensables pour l'expression de personnages surhumains. Tout en\nconservant un timbre d'une égalité merveilleuse, cette voix rugit, se lamente, se déchaîne, se\nramasse, pleure, rit, et, par dessus tout, parle...\nJe n'ai vu Challis que dans un rôle : cela m'a suffi pour me former une opinion que\nj'étends au répertoire entier des barytons et basses-chantantes Wagnériens. Challis devra\nconnaître auprès des publics internationaux le triomphe réservé aux rares \" créateurs \".\nLe reste de l'interprétation, autour d'un pareil artiste, m'a paru seulement suffisant. Sans\nlui je serais sans doute plus louangeur.\nHENRI COLLET.\nSARAGOSSE. La Société Philharmonique de Saragosse est toujours très florissante ;\nnous avons applaudi tour à tour le trio Holander, le pianiste Harold Bauer et le violoniste\nFernandez Bordas, Mmes Emilia Quintero et Emilia Frassinessi, le quatuor Rosé. Tous ces\nartistes nous ont donné des exécutions vraiment remarquables.\nMOSCOU. La Société russe des Amis de la Musique qui compte déjà 15 ans d'existence,\nfêtait dernièrement son centième concert ; il était consacré à Serge Rachmaninow qui, lui-\nmême, exécuta la partie de piano de son concerto. Emile Compère dirigea la Symphonie de\nRachmaninow d'une façon parfaite. N'oublions pas que c'est à l'avocat Arcadi Michailovitch\nKerzine et à sa femme que nous devons l'existence de cette Société dont les débuts furent très\nsimples mais très intéressants ; les exécutions ne consistaient alors qu'en lieder et musique de\nchambre ; aujourd'hui c'est dans la grande salle de l'assemblée de la noblesse de Moscou qu'ont\nlieu les concerts. Notre Société des Amis de la Musique porte le nom de Société Kerzine ; la\nplace qu'elle occupe dans la vie musicale de Moscou est très importante. Souhaitons lui une\nnouvelle ère de prospérité.\nE. VON T.\nTOKYO. Le développement de la musique occidentale s'accentue de plus en plus\ndans la capitale du Japon. YS Académie de Musique de Tokyo est un conservatoire, où l'instruction\neuropéenne est largement distribuée tandis que des professeurs indigènes s'efforcent de ne pas\nlaisser tomber en désuétude complète la musique autochtone. Le Japonais est naturellement\nartiste, et avant l'intrusion de notre musique, il faisait déjà tous ses efforts pour cultiver son art\nNational. Mais aujourd'hui ce qu'on peut entendre de mieux au Japon est européen. La"}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.103", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2096, "texte": "musique instrumentale l'emporte naturellement sur la musique vocale, car il manque 1:!\nJaponais un gozier susceptible de rendre nos mélodies. De temps à autre on a l'agréai,\nsurprise d'entendre des voix que l'Européen peut considérer comme acceptables, mais on ser\ncombien l'organe japonais a de peine à se plier à ces émissions. La majorité des élèves 6\nl'Académie de Tokyo est féminine, car les femmes montrent ordinairement plus de disposition,\npour la musique que les hommes. Le violon et le piano sont les instruments préférés.\nCependant les musiques militaires font aussi de bon ouvrage, et il est regrettable de voir\nla musique d'orchestre confinée dans les régiments et les escadres. Dans l'orchestre, l'élèv-\ndu conservatoire se comporte très bien. Mais aucun n'est encore parvenu à prendre le bâtor\nLes deux chefs d'orchestre de l'Académie sont MM. Junquer et Reuter, tous deux Allemands\nQuelques malentendus survenus parmi les professeurs européens l'année dernière ont provocW\nle retour en Allemagne du Dr von Koeber, qui se trouvait ici depuis quinze ans, et quV\npeut considérer comme le père de la musique européenne au Japon. C'est une perte irréparabk\nL'orchestre de l'Académie organise régulièrement des concerts patronés par la meilleur\nsociété de Tokyo. Voici le programme de celui qui eut lieu le 27 novembre dernier à 2 h\nUyeno Park : sous la direction de M. Junker.\nRequiem de Brahms. (Bariton M. Shimidzu). Concerto en ré de Rubinstein (M\nReuter). L'arlésienne. Air d'Odysseus de Bruch (Miss Makajima). Chœur de vois\nde femmes de Brahms. Ouverture d'Oberon.\nLe Théâtre National est maintenant terminé, et l'ouverture- de cette salle attirer\ncertainement l'attention japonaise sur notre opéra, bien que le drame doive former pendant u\ncertain temps le principal répertoire de cette institution.\n{De notre correspondant particulier : J. BRYAN.)\nPRIME GRATUITE. Aux vingt premiers lecteurs qui nous en feront la demande,\nnous serons très heureux d'adresser l'intéressante brochure de M. Emile Baux, Notes et docu-\nments inédits sur P Opéra-Comique et quelques un"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c076", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c076", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 99, "image_fin": 99, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.24", "titre_corps": "UN ORCHESTRE A TOKYO.", "titre_sommaire": "UN ORCHESTRE A TOKYO.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.99", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 21, "texte": "UN ORCHESTRE A TOKYO."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c077", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c077", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 104, "image_fin": 104, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.25", "titre_corps": "Çà et Là", "titre_sommaire": "Çà et Là", "signature_source": "Albert Jeanneret", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.104", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3259, "texte": "Çà et Là\nAlbert Jeanneret.\nLES DANSES ANCIENNES A DRESDE\nA \"Jean d\nLe 29 novembre dernier s'est produit à Dresde, à la salle du Vereinhauss un événement,\ndont on n'a pas en France signalé l'intérêt et dont cependant la portée sera considérable.\nPour la première fois un historien de la musique s'est attaqué, avec tous les éléments dont la\nscience dispose, à la reconstitution des danses françaises du XVIIe siècle. Certes, nous avons\ntous vu, et ici, comme à Paris, ou dans toute autre grande capitale, des travestis à perruque\névoluer sur un rythme de gavotte ou de menuet. Mais entre ces à peu près, souvent agréables\nd'ailleurs, et le problème de la danse ancienne il y a une certaine distance.\nM. le professeur Richard Buchmayer, de Dresde, l'un de nos collègues les plus avertis\net les plus épris de l'art rétrospectif a voulu franchir ce pas. Et, après maints tâtonnements, il\nest parvenu à une réalisation qui a tout au moins le mérite d'être historique. Laissons la parole\nau savant professeur, auquel je me suis empressé d'imposer la fâcheuse interview.\n\" Je me suis toujours intéressé à la musique ancienne, dit M. Buchmayer, et j'ai donné\ndans mes récitals de piano plus d'un programme d'œuvres oubliées, que m'ont fournies les\nbibliothèques de Dresde, Lunebourg, Londres, Berlin etc. Tout naturellement j'en suis venu\nà me demander quelle corrélation pouvait bien exister entre cette musique si expressive et\nles mouvements du corps qu'elle accompagnait si souvent. Je m'entourai de tous les ouvrages\nthéoriques et didactiques anciens, et me plongeai dans les 900 volumes du Mercure Galant.\nUne fois armé de notions claires et précises je pus aller de 1 avant. J eus le bonheur\nd'intéresser à ces recherches Mlles Clara et Martha Gaebler de l'Opéra royal de Dresde et\nnos essais pratiques commencèrent. Je divise les danses anciennes en danses de société et danses\nde théâtre. Les premières soumises à l'étiquette et aux rigueurs de la bienséance mondaine.\nLes autres s'inspirant au contraire de la liberté des postures et des \" entrees . Danses a\ndeux, ou à un personnage, danses de Pécour, courante où triomphait le Grand Roi, ou\nfigures de ballet sur la musique de Lully, toutes ces formes disparues des rythmes corporels\npeuvent être aujourd'hui reproduits, grâce aux qui ont jadis pris soin den\nécrire et d'en décrire les différents pas. Ce qui manque, c'est la persévérance nécessaire pour\naccomplir un travail fidèle (mais ingrat) de reconstitution précisé. Et c est de ce cote\nque j'ai dirigé mes efforts.\nReviendrons-nous aux danses de Louis XIV ? Ce n'est pas la la question ; les reconsti-\ntutions de ce genre ont pour but de connaître le passé, et non pas d'inspirer le présent ou\nl'avenir.\nCe qu'a obtenu M. Buchmayer, guidant MlleS Goebler, c'est à dire l'érudition alliée àla\ncompétence pratique, il faut venir à Dresde pour le voir. A moins... que Paris ne veuille\ns'offrir le luxe d'un divertissement de ce genre véritablement royal. Tout est possible. Mais\nn'est-il pas curieux de voir la danse défunte restaurée précisément au meme moment et au\nmême lieu où Jaques-Dalcroze instaure un art tout nouveau de la chorégraphie, et qui\nsait si l'ancien n'est pas, en cette circonstance, plus près de l'avenir que nous ne le croyons ?"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c078", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c078", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 105, "image_fin": 106, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.26", "titre_corps": "L'Édition Musicale", "titre_sommaire": "L'Édition Musicale", "signature_source": "V. 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ÎNon, car il nous envoie en meme temps une -oh\ncombien ! qui est évidemment ce que l'on peut faire de plus osé en ce genre, musiqut\nagressive, baroque et révolutionnaire, d'une acidité à laquelle l'oreille a besoin de s'habituer.\nM. Herbert Pryer nous représente assez bien, au contraire, la musique d'hier, ou\nmême celle d'avant hier avec ses pièces diverses pour piano (2). Etude-Caprice, Improvisation\nHumoresque : tout ceci est bien terne ; ce n'est même pas de la musique de salon, puisqœ\ntout brillant y fait défaut. Deux petites Valses, un Menuet de Concert et une Gavotte, du même\nauteur viennent nous prouver une fois de plus combien il est plus facile de manier le pastiche\nque de faire œuvre originale. M. Swan Henessy (2), plaira à tous avec ses quatre jolies\nValses, Op 32. Je goûte surtout la 2e intitulée Espagne, ou le rythme se martèle d'un\nclaquement de castagnettes et la 3e, intitulée Suisse, danse montagnarde où l'on entend !e\nbruit de gros souliers ferrés battant le sol.\nMM. Hugo Rasch, Swan Henessy, G. Loth, A. Delacroix et Herbert\nFryer ont réuni en un seul cahier diverses pièces et Variations sur le même thème (2). Ce\ntheme 11 est ni foi t mélodieux, ni fort suggestif. Bien souvent, nos auteurs ont eu plus l'air de\nse battre avec lui que de s y adapter. Cependant M. Loth a encore trouvé moyen d'y surajouter\nie motif de deux chansons enfantines bien connues. M. Rasch, moins complexe, en a extrait\n8 très agrcables vanations ; c est a elles que vont toutes nos préférences.\nPassons aux Transcriptions : un musicien bien élevé ne peut se dispenser aujourd'hui\nd avoii crue une petite collection qui porte son nom : et où les auteurs anciens, parfois\nagréablement retouches, viennent reprendre, grâce à lui, un lustre nouveau. Ceci n'est point\npour chercher querelle à M. Kovacs, qui nous donne l'occasion de relire deux délicieuses\npièces du Fitzwilliam Virginal Book : Barafostus et dont il a\ntianscrit en toutes notes, les vétilleux ornements. Sa collection (2) comprend encore une\nEtude et Ti ois Caprices de Scarlatti, etincelants de verre et de gaieté. Mais pourquoi venir\npioposer au lecteur une version simplifiée des passages qui offrent quelque difficulté ? Le\nlecteur n'est que trop porté à ce genre de trahisons ; et que dirait M. Kovacs, si Scarlatti,\nusant d une juste réciprocité, revenait sur terre pour remettre au gout de son temps la\nBourrée Bourrue de tout à l'heure."}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.106", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 3143, "texte": "M\"° Selva vient de transcrire Trois Chorals de Franck (3). Ces radieux chefs d'oeuvre\nne s'accommodent pas toujours très aisément des ressources restreintes du piano ; et la main\ngauche y accomplit pas mal de sauts périlleux, sans parvenir à jouer au complet les basses\nconfiées originairement au pédalier.\nM. Chariot réduit à deux mains les Contes de m (3) et Mme\nDelage Prat le Scherzo du2e Concerto de Théod (4), morceau d'une tenue toute\nclassique, qui rappelle par endroits certaines pages de Mendelssohn. M. Ducasse transcrit\nlui même, pour deux, et pour quatre mains son (3), musique de rêve\naux sonorités mystérieuses et captivantes. M. Swan Henessy compose une amusante et\nfacile petite Suite à 4 mains d'après d'anciens airs irlandais (2).\nCHANT. Le dernier Fascicule des Chan (5) est consacré à des Airs\nbretons du pays de Vannes, dont le dialecte, très différent du breton usuel avait été jusqu'ici\nun obstacle à tout dépouillement du Folk Lore en cette région.\nIl est bien rare de voir poète et musicien réaliser une aussi intime et harmonieuse\nassociation que M. René Lyr et Harold Bridgman dans leurs trois Poèmes : Le Soir,\nTa Joue,et Plain Chant du soleil(6) pour voix graves. Le vers et la mélodie, enveloppés d'une\nmême subtilité, ont recours aux raffinements les plus quintessenciés du langage poétique et du\nlangage musical. Et avouons le, s'il est quelquefois nécessaire de s'y reprendre à deux fois pour\nsaisir la mélodie un peu nuageuse de M. Bridgman, le même effort ne sera pas de trop, pour\ncomprendre dans toute sa profondeur, la pensée de M. René Lyr.\nMême modernisme ; mêmes raffinements de part et d'autre, dans (7)\nmusique de MUe Sauvrezis sur des paroles de Mallarmé ; mais ici, le contour mélodique\nest plus aisément saisissable ; quelques passages sont d'une très jolie couleur. mélodie\npour voix moyennes, de Crocé Spinelli (3), sur des paroles de Richepin, rentre dans la\ncatégorie des morceaux de salon.\nINSTRUMENTS. M. Vatielli publie deux pour violoncelle de\nlachini(B), bien caractéristiques de l'ancienne école italienne par la haute simplicité de leur\nécriture. Le Concerto pour violoncelle de J. Jongen (3) (partie d'orchestre réduite au piano)\nest une œuvre d'une haute tenue ; dans l'andante, certaines phrases douloureuses et alanguies\nrappellent les Ballades de Chopin ; le finale d'un rythme très franc, donne au contraire une\nvive impression de vigueur et de santé.\nLa place me manque pour analyser longuement le Trio du jeune Korngold. L'auteur\nqui a passé l'âge heureux des enfants prodiges, cherche sans doute à se défendre de tout\nreproche de puérilité ; et les défauts que l'on s'attendrait à trouver chez un musicien de\n'3 ans, sont justement ceux qui lui manquent le plus. Cette œuvre sévère et compliquée\npeut prendre rang parmi les productions les plus mures de l'école allemande contemporaine.\nA la dernière minute, je vois arriver la Sonate en Ré mineur pour piano et violoncelle de\nnotre collègue Bertelill (2) ; je n'ai que le temps de jeter un coup d'œil sur une admirable\ncouverture d'un rouge pompéien, qui est à elle seule un régal pour les yeux.\n\nV. P."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c080", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c080", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "couv. 2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.27", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1321, "texte": "w\nSOCIÉTÉ FRANÇAISE DES\nAMISWDE LA MUSIQUE\nCOMITE D'HONNEUR\n«\nM. le Président de la République.\nM. le Ministre de F Instruction Publique et des Beaux-Arts.\nNI. le Sous-Secrétaire d\nM. Gabriel F JURE, Dir\nM. Henry MARCEL, ancien Directeur\nde la Bibliothèque Nationale.\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nPRESIDENT\nM. LE COMTE GASTON CHANDON DE\nBRIAILLES.\nVICE-PRÉSIDENTS\nM. LE PRINCE A. D'ARENBERG, de!lnstitut.\nM. Louis BARTHOU, député, ancien garde\ndes sceaux.\nM. GUSTAVE BERLY, banquier.\nM. ADOLPHE BRISSON, homme de lettres.\nTRESORIER\nM. LÉO SACHS.\nDIRECTEUR ARTISTIQUE\nM. GUSTAVE BRET.\nSECRÉTAIRE GENERAL\nM. J. ECORCHEVILLE,\nSECRÉTAIRE DU CONSEIL\nM. J. PASQUIER.\nMEMBRES DU CONSEIL\nMME ALEXANDRE ANDRÉ.\nMME LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, directeur général hono-\nraire au ministère des finances.\nM. LÉON BOURGEOIS, sénateur, ancien\nministre.\nM. FRANZ CUSTOT.\nMME MICHEL EPHRUSSI.\nM. GEORGES GAIFFE.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE.\nM. JEAN WEBER,\nM. Louis HAVET, de Vlnstituty professeur\nau Collège de France.\nMME DANIEL HERMANN.\nMME H ENRY HOTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nMME LA COMTESSE PAUL DE PoURTALÈS.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND,\nFaculté des Lettres de Paris.\nM. LOUIS SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nMME TERNAUX-COMPANS.\nagrégé de V Université."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c081", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c081", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 70, "image_fin": 70, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.28", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.70", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 425, "texte": "Rouart, L,erolle ù Cie\nÉDITEURS DE MUSIQUE\n18, BOULEVARD DE STRASBOURG - PARIS\nLe plus grand abonnement de France\nservice : Maison G A VEAU, 45, rue de la Boëtie.\nTOUTE LA MUSIQUE en lecture\nDépositaires exclusifs de l'édition Universelle\nEdition classique, la meilleure, la plus moderne et la\nmoins chères.\nŒuvres de Bruckner, Mahler, A. Strauss etc.\nG. Mahler -4e Symphonie 4 mains . nette 12 fr.\n„ „ part, de poche „ 8 fr."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c082", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c082", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 71, "image_fin": 71, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.29", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.71", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1017, "texte": "LES PIANOS\nSTEINWAY\nProclamés par tes\ncomme tes meilleurs\nE. MOULLÊ\nAGENT GÉNÉRAL\n1, RUE 'BLANCHE, PARIS.\nLettre d'HECTOR BERLIOZ\nParis, 25 Septembre 1867.\nMessieurs Steinway et Fils,\nJ'ai entendu les magnifiques pianos qui sortent de\nvotre fabrique. Permettez-moi de vous faire mes\ncompliments sur leur excellence et les rares qualités\nqu'ils possèdent.\nLeur sonorité est splendide et essentiellement\nnoble ; en plus vous avez découvert le secret de\ndiminuer jusqu'à un point imperceptible l'harmonie\ndéplaisante de la septième mineure, qui jusqu'à\nprésent se faisait entendre à la huitième et neu-\nvième vibration des plus longues cordes, rendant\nainsi les sons cacophoniques. Comme tant d'autres améliorations, celle-ci est un grand progrès dans\nla fabrication des pianos et un progrès pour lequel tous les artistes et amateurs doués d'un goût\ndélicat vous devront de la reconnaissance.\nVeuillez accepter, Messieurs, avec mes compliments l'assurance de mon respect.\n»\n:■\n•*»<\nÀ *\nm\nmr\nI\n■Syv\nk K î.\nHECTOR BERLIOZ."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c083", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c083", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 80, "image_fin": 80, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.30", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.80", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2661, "texte": "Administration de Concerts : A. DANDELOT, 83, Rue d'Amsterdam.\nCINQ SEANCES de Musique de\nChambre Moderne Française\nSous le Patronage de MM. A. DURAND & FILS, Éditeurs\nSALLE ÉRARD\nLes Mercredis î, b, 15, 22 et 29 Mars 191 j à 9 heures clu soir.\nAvec le Concours de : Mesdemoiselles Blanche SELVA et Marthe DRON, et de MM. Claude DEBUSSY,\nCHEV1LLARD, Alfred CORTOT, Robert LORTAT, Armand PARENT, Fernand POLLAIN*\nEdouard R1SLER, Jacques TH1BAUD, Ricardo VINES, et le Quatuor: MM. HAYOT, ANDRÉ,\nDENAYER, SALMON.\nPremière séance, Mercredi 1 Mars\nPROGRAMMES\nC. SAINT-SAENS Quatuor à Cordes. — MM. HAYOT,\nANDRÉ, DENAYER, SALMON.\nSonate pour Violon et Piano.\nMM. Jacques THIBAUD et Al-\nfred CORTOT.\nGaspard de la Nuit, 3 Poèmes\npour Piano.\nOndine — Le Gibet — Scarbo.\nM. RICARDO VINES.\nTroisième Trio pour Violon, Vio-\nloncelle, et Piano.\nMM. HAYOT, SALMON et Ro-\nbert-LoRTAT.\nG. SAMAZEUILH\nMaurice RAVEL\nE. LALO\nDeuxième séance, Mercredi 8 Mars\nROGER-DUCASSE\nA. ROUSSEL\nC. SAINT-SAENS\nVincent D'INDY\nQuatuor à Cordes. — MM. HAYOT,\nANDRÉ, DENAYER, SALMON.\nRustiques, pour Piano.\nDanse au bord de F eau.\nPromenade sentimentale en forêt.\nRetour de Fête.\nMademoiselle Blanche SELVA.\nDeuxième Sonate, pour Violoncelle\net Piano.\nMM. SALMON et Robert-Lon-\nTAT.\nSonate pour Piano.\nMademoiselle Blanche SELVA.\nTroisième séance, Mercredi 15 Mars\nClaude DEBUSSY Quatuor à Cordes.—-MM. HAYOT\nANDRÉ, DENAYER, SALMON.\nAlberic MAGNARD Promenades, Pièces pour Piano.\nEnvoi. - Bois de Boulogne.\nP illebon-Saint-Cloud-St-Germain.\nTrianon.- Rambouillet.\nM. Edouard RISLER.\nSonate pour Violoncelle et Piano,\nMM. SALMON et L'AUTEUR.\nSonate pour Piano.\nC. CHEVILLARD\nPaul DUKAS\nQuatrième séance, Mercredi 22 Mars\nG.M. WITKOWSKI Quatuor à Cordes. — MM. HAYOT,\nANDRÉ, DENAYER, SALMON.\nVariations, Interlude et Finale, sur\nun Thème de J.-Ph. RAMEAU.\nMademoiselle Blanche SELVA.\nSonate pour Violon et Piano.\nM. Armand PARENT et Mlle\nMarthe DRON.\nQuatuor pour Violon, Alto, Vio-\nloncelle et Piano.\nMM. HAYOT, DENAYER, SAL-\nMON et Robert-LORTAT.\nPaul DUKAS\nVincent D'INDY\nCh.M. WIDOR\nVincent D'INDY\nJ. GUY-ROPARTZ\nClaude D EBUSSY\nC. SAINT-SAENS\nM. Edouard RISLER.\nCinquième séance, Mercredi 29 Mars\nDeuxième Quatuor à cordes. MM. HAYOT, ANDRÉ, DENAYER, SALMON.\nSonate, pour Violoncelle et Piano. MM. Fernand POLLAIN et Robert-LoRTAT.\nPréludes pour Piano. L'AUTEUR.\nDeuxième Trio pour Violon, Violoncelle et Piano. MM. HAYOT, SALMON et Robert-LoRTAT.\nPRIX DES PLACES :\nParquet g fr\nlre Galerie, I\" Rang 4 fr\nlre. Galerie, 2'™ Rang 3 fr.\n2\",c Galerie 2 fr.\nBlLLETS chez MM. DURAND & Cie 4, Place de laMadeleine ; et à l'ADMINISTRATION DE CONCERTS\nA* DANDELOT, 83, Rue d Amsterdam. Teleph. 113-25."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c084", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c084", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 81, "image_fin": 81, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.31", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.81", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 61, "texte": "Administration de Concerts: A. 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PHILIPP,\nR. KRETTLY, DARRIEUX,\nM 11\" Lily SCHREIBER, M. D. ALEXANIAN\nPROGRAMME\n1. Quintette op. i C. CHEVILLARD\nMlle Madeleine FOURGEAUD.\nMM. R. KRETTLY, DARRIEUX.\nMllc L. SCHREIBER. M. D. ALEXANIAN.\n2. Variations à 2 Pianos (op. 40) . TARENGHI\nMlU> Mad. FOURGEAUD, M. I. PHILIPP.\n3. Deux Chants Polonais . . . CHOPIN-LISZT\nSonnet de Pétrarque (NU 123). LISZT\nChanson du P.uisseau. . . . CH. M. WIDOR\nBarcarolle n° 1 I. PHILITP\nPièce Romantique (op. 80) . M. MOSZKOWSKI\nEté TH. RITTER\nMlle Madeleine FOURGEAUD.\n4. Romance . ( . CH. M. WIDOR\nIntermezzo pour 2 Pianos | . NICOLAEÏW\nCaprice . \\ v. I. PHILIPP\nMl!e Mad. FOURGEAUD, M. I. PHILIPP.\n5. Sonate op. 13 (Piano et Violon) G. FAURÉ\nMUo Mad. FOURGEAUD, M. R. KRETTLY.\nRIX DES PLACES :\nParquets, Fauteuil: 10 fr. 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BACH-LISZT\nAndante Varié en fa mineur. . . HAYDN\nToccata en sol SCARLATTI\nEtudes n° 1 op. ....\n„ n° 2 op. 10 Y CHOPIN\nValse en la bémol\nEtudes Symphoniques op. 13 . . SCHUMANN\nPièce Romantique en fa majeur. . L. DIÉMER\nLe Vent dans ia Plaine .... CL. DEBUSSY\nValse en mi ERNEST MORET\nNocturne (pour la main gauche seule) SCRIABINE\nCampanella LISZT\nPft!X DES PLACES :\nFauteuil de Parquet 10 fr.\nFauteuil de Première Galerie . . . . 5 fr.\nFauteuil de Deuxième Galerie . . . . 3 fr."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c087", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c087", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 81, "image_fin": 81, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.34", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.81", "debut_caractere": 1713, "fin_caractere_exclue": 1954, "texte": "BILLETS à la SALLE ERARD. 13. Rue du Mai) : chez MM DURAND & Cie 4. Place de la Madeleine; GRUS, 116,\nBoulevard Haussmann ; MAX ESCHIG, 13, Rue Laffitte et à I'ADMINISTR ATIO N DE CONCERIS\nA. 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Fauteuil de Parquet, i\" Série : 10 fr. 2' Série : 6 fr*\nFauteuil de Première Galerie, i*r rang : 8 fr. 2me rang : 5 fr. Fauteuil de Deuxième Galerie : 4 tr.\nBILLETS à la SALLE ÉRARD, 13, Rue du Mail ; chez MM. DURAND & C'% 4, Place de la Madeleine :\nCRUS, 116, Boulevard Haussmann ; MAX ESCHIG, 13, Rue Laffitte et à I'ADMINISTRATION DE\nCONCERTS A. DANDELOT, 83, Rue d'Amsterdam, Tél. 113-25."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c089", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c089", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 82, "image_fin": 82, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.36", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.82", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 84, "texte": "A. 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Op. 48 Sonate 8 fr.\nCHEVILLARD (C.) Op. 7\nSonate 7 fr.\nGROVLEZ (G.) Sonate . . 8 fr.\nd'INDY (V.) Op. 59 Sonate\nen ut 8 fr.\nJONGEN (J.) Op. 34 2e So-\nnate I 0 fr.\nLALO (E.) Op. 12 Sonate 7 fr.\nLAZZARI (S.) 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Op. 36 Sonate 7 fr,\nROPARTZ (Guy) Sonate en\nré mineur 7 fr\nSAINT-SAENS (C.) Op. 75\n1\" Sonate en ré mineur . 7 fr.\n>d. Op. 102\n2\" Sonate en mi bémol . 6 fr.\nSAMAZEUILH (G.) Sonate 8 fr.\nVIERNE (L.) Sonate ... 8 fr.\nWITKOWSKI(G.M.) 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SAINT-SAËNS, Edouard LALO, Vincent d'INDY,\nA. de CASTILLON, C.M. \"VVIDOR, Claude DEBUSSY,\nPaul DUKAS, Gabriel PIERNÉ, Emile BERNARD,\nCharles LEFEBVRE, C. CHEVILLARD, GUY-ROPARTZ,\nG.M. WITKOWSKI, Maurice RAVEL, ROGER-DUCASSE, etc.\nCLASSIQUES FRANÇAIS\nŒuvres de Rameau, Couperin, Caix d'HerVelois.\nGrand abonnement à la lecture musicale française et étrangère.\nPlus de 50.000 morceaux et Partitions.\nDépôt exclusif pour la France des Editions Peters."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c094", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c094", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 83, "image_fin": 83, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.41", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.83", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 17, "texte": "CONCERTS ANNONCÉS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c095", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c095", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 83, "image_fin": 83, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.42", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.83", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 896, "texte": "SALLES PLEYEL\n22, rue Rochechouart\nConcerts du mois de Février 1911\nGrande Salle\n15 M. J. Debroux. (9 heures du soir).\n16 Mlle Lénars et Mr Bizet, (9 heures du soir).\n17 M. Maurice Dumesnil, (9 heures du soir).\n19 M. Pli. Courras, (Elèves) (1 heure du soir).\n20 Mllr C. Déroché, (9 heures du soir).\n21 Mlle Hél. Chalot, (9 heures du soir).\n22 M,ne H. Bétille, (9 heures du soir).\n23 La Société des Compositeurs de musique,\n(9 heures de soir).\n24 Mlle E. Gaïda, (9 heures du soir).\n25 Mme C. Chevillard, (Elèves) (1 h. du soir).\n25 La Société Nationale de musique, (9 heures\ndu soir).\n27 Mrae Martin Curv, (9 heures du soir).\nSalle des Quatuors\n15 Le Quatuor Calliat (9 heures du soir).\n19 Mmp Bernandin, (Elèves) (1 heure du soir).\n21 La Société de musique nouvelle, (9 heures\ndu soir).\n23 M™ Buisson, (Elèves) (1 heure du soir).\n26 Mell<* Companyo, (Elèves) (1 heure du soir)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c096", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c096", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 83, "image_fin": 83, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.43", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.83", "debut_caractere": 898, "fin_caractere_exclue": 1597, "texte": "SALLES GAVEAU\n4.5 et 47, rue La Bo£tie\nConcerta du mois de Février 1911\nSalle des Concerts\n15 Manecanterie (des petits Chanteurs de la\nCroix de Bois) (9 heures)\n16 Concert Aussenac & Ch. W. Clarck (9 h.)\n18 Concert Hasselmans heures)\n19 Concert Lamoureux (3 heures)\n19 Solidarité Commerciale (9 heures)\n20 Société Musicale Indépendante (9 heures)\n21 Société Philharmonique (9 heures)\n23 Répétition publique de la Schola (4 heures)\n24 Concert Schola Cantorum (9 heures)\n26 Concert Lamoureux (3 heures)\n27 Cercle Musical (9 heures)\nSalle des Quatuors\n15 Audition des élèves de Monsieur Carambat\n(2 heures)\n16 Audition des élèves de M,m' Lefaure Bou-\ncherit (2 heures)\n20 Concert U. F. P. 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Emii Sauer, piano (9 heures du soir).\n16 M,He Fourgeaud, piano (9 heures du soir).\n17 MM. Ferté & Fournier, piano et violoncelle\n(9 heures du soir).\n18 M. Batalla, piano (9 heures du soir).\n19 \\{Mio Legrenay, matinée d'élèves (i| heures\ndu soir).\n20 M. Durosoir, violon et orchestre (9 h. du soir).\nERARD\ns de Février 1911\n21 M. de Radvvan, piano (9 heures du soir).\n22 M. Emil Sauer, piano (9 heures du soir).\n23 M. Edouard Risler, piano (9 heures du soir).\n24 MM. Ferté & Fournier, piano et violoncelle\n(9 heures du soir).\n25 M. Emil Frey, piano (9 heures du soir).\n26 M. Broche, matinée d'élèves (i£ h. du soir).\n27 Mme Baltus-Jacquard, piano (9 h. du soir)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c098", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c098", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 107, "image_fin": 107, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.45", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.107", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 18, "texte": "Courrier Financier"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c099", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c099", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 107, "image_fin": 107, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.46", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.107", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 3252, "texte": "L'activité financière d'un pays, comme l'ensemble de son évolution économique -\nsoumise à d'incessantes modifications.\nCes modifications répondent à des besoins nouveaux de toute nature, à des transforrr,:\ntions de la vie sociale, des habitudes, voire même des goûts.\nQui aurait pu prédire, il.y a une vingtaine d'années, au moment où les principal\némissions consistaient en valeurs de chemins de fer français, de charbonnages ou de min»!\nsud-africaines, que, dix ans après, 1a presque totalité des capitaux serait absorbée par 4\némissions de fonds d'Etats étrangers et d'obligations de chemins de fer garanties par des Etat, •\nDe même, la modalité de ces placements s'est modifiée, en ce sens que l'on procc\nmaintenant plutôt par émissions publiques que par introduction en Bourse, et le marché de\nspéculation est de plus en plus délaissé au profit des achats directs, aux guichets des banque*\nC'est en partie à cet état de choses qu'il faut attribuer le nombre croissant des émissir-\ndont le montant pour la seule année 1910 dépasse le chiffre de 5 milliards de francs ;cV\naussi une des raisons qui peuvent décider les capitalistes à 11e pas s'effrayer de l'abondance d-\noffres qui leur sont faites depuis quelques années.\nIl y en a d'autres dont l'importance n'est pas moindre :\nTout d'abord, ne perdons pas de vue que nous allons entrer dans une période intens:.\nd'amortissements et de remboursements des emprunts qui ont été émis vers le milieu du siècH\ndernier.\nD'un autre côté, on constate que, depuis quelque temps, le taux moyen de placemet ;\nde la fortune mobilière française s'est accru d'une façon constante. Cette transformation sV [\nopérée sous forme d'arbitrage des bonnes vieilles valeurs françaises contre des titres rapporta-\n-4 et 5 _°/o-\nSi l'on calcule l'augmentation de revenu qui peut se produire de ce fait sur l'ensemls\ndes valeurs mobilières étrangères détenues par les portefeuilles français, on est frappé :\nl'importance du chiffre qui s'ajoute de ce fait à ceux que nous avons donnés ci-dessus.\nEn effet, l'ensemble de notre fortune mobilière est évalué approximativement à ut\nmilliards de francs, sur lesquels 40 milliards environ représentent des valeurs étrangères\nfonds d'Etats, obligations de chemins de fer, actions, etc., qui correspondent, en prenac:\ncomme base le taux moyen de 4 °/y l'an, à 1,600 millions de revenus annuels. Or, t\nsupposant, que, par suite des arbitrages qui continuent à se produire régulièrement, le tau\nmoyen de ces placements soit porté à 5 °/0 et il n'y a là aucune exagération il faudra\ntabler de ce fait sur une augmentation de revenus d'environ 400 millions, qui viendrait:\ns'ajouter aux sommes provenant des amortissements, remboursements, etc., et augmente\nd'autant le chiffre de disponibilités annuelles.\nOn voit qu'il n'y a pas lieu de s'exagérer l'importance de l'augmentation des émission-'\nenregistrées ces temps derniers : elle est due, en grande partie, à ce fait que nous travers®:\nen ce moment une période de grandes transformations et tout fait présumer que, de pluse\"\nplus, les capitaux disponibles seront suffisants pour répondre au développement de l'outilla?\néconomique mondial.\nSociété Auxiliaire des Banques Régionales\n34, Rue de la Victoire, Paris."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c100", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c100", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 108, "image_fin": 108, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.47", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.108", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 532, "texte": "ê\n*\n*\nv ' <-\nwwm\n>-***\niwmm <*\nmm\n*\nvtm\nU\nIShh\nr'nX> 4\nyWW?'&- VW?:WL „\nIî • s„ ■ « '--y , %. %&'.*& *>.\nET\nmmsmmmmm\nI S?mr n. ■\n• -\nK\ny ~ <»! r ~A\\ *\n41'& S i'C Ïià&fj?\n#■•■;■;< * - w:>..\nii\nFW ïjfv®'\n:-> < :\n\\M, . .Î * -- :■ ■ Y\nW< •*j» 'Y ■■ \". ,( •\nà V.M?! »Vi ' 1\n!\n;****ss■ /..\n*T -,\n. iOdjGufs\n',£stey:,\n'S ''t ' * t\nf II\n•* iw&s\n<•...\" Usé\n- •■* > v '< ' >£-. * » ■< '-y >\n's. ' «fc v ïH-'v '.#&ê wS&% ■•\nm\n*#l\n'4*>* ■>- ';.* • v 4\n1 MûvéadßŒl\n«f V, M\nil\n«S\n?Î:«-2Œ\nPis\ni.Vi\ntes»»».»»**\nr?<??\n»w; ;i.j\nw-niiwnimri\nM»\n»\n«MM\n."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c101", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c101", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 108, "image_fin": 108, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.48", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.108", "debut_caractere": 534, "fin_caractere_exclue": 3193, "texte": "UNE MAISON D'ÉDITION MODERNE\nParis compte de grands éditeurs de musique. Il n'en connaît pas de mieux organisés que la\nmaison Cosicillat et Cie. MM. Costallat et Cie ont été les premiers à faire pénétrer en France\nl'édition des grands classiques étrangers. Depuis 1895, ils furent les représentants actifs et\nautorisés de MM. Breitkopf et Haertel, chez qui Beethovèn, Haendel, Bach, Haydn, Mozart\nPalestrina, Liszt, Vittoria, Schumann et tant d'autres grands musiciens ont paru en éditions\ncomplètes et soigneusement revisées. Grâce à ce dépôt, MM. Costallat ont introduit chez nous un\ngenre d'ouvrages que les éditeurs de musique se refusaient presque tous à adopter, celui des publi-\ncations et livres de musicologie. Ils ont ainsi contribué effectivement à combler l'abîme qui existait\ntout récemment encore entre la librairie proprement dite et l'édition musicale. Parmi ces\nvolumes se trouve entre autres la célèbre biographie de Bach par le Dr Schweitzer, qui fait\nautorité aujourd'hui, et le manuel bibliographique de Pazdirek, ouvrage colossal, qui contient en\nses volumes le répertoire de la musique en librairie dans le monde entier.\nSi la maison Costallat est, de tous nos éditeurs, la plus solidement outillée pour le répertoire\ncosmopolite, elle est, d'autre part, et par ses origines une des plus françaises puisqu'elle tient en\ngrande partie son fonds de Richault, fondé à Paris en 1805, éditeur de Berlioz et des grands\nromantiques. La Damnation de Faust, que l'Opéra vient de remettre en scène, et l'Enfance du\nChrist, qui s'y montrera peut-être un jour, donnent à ces éditeurs une glorieuse renommée.\nCitons encore parmi les modernes édités par la maison Costallat : A Coquard, Maurice\nLe Boucher, Léon Moreau, A. Mercier, qui vient d'être couronné par la ville de Paris, etc...\nEnfin, non content de joindre la musique à la musicologie, le détail au gros, l'étranger au\nfrançais et l'ancien au moderne, MM. Costallat et Cie ont eu l'heureuse idée d'associer à leur\nfonds la vente et la location d'instruments à clavier. Grâce à l'ancienne et puissante maison\naméricaine G. Estey, de New-York, dont ils sont à Paris les représentants, ils offrent au public\nle piano, l'auto-piano, et les orgues, sans lesquels les textes publiés restent muets.\nOn ne saurait donc s'étonner de l'extension prise par la Maison Costallat dans ses locaux\nde la Chaussée d'Antin. Ces agrandissements font d'elle une maison dédition moderne au sens le\nPlus étendu de ce mot, où le lecteur et l'amateur de musique\ntrouveront tout ce dont ils ont besoin, tout ce qui peut servir àla HENRI DAVENEY.\nthéorie comme à la pratique, à la lecture comme à l'exécution. A. M."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-02-15-01-c102", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-02-15_01#c102", "volume": "bmtnabh_1911-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 109, "image_fin": 109, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.2.49", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.109", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 643, "texte": "Bibliothèque Tournante Terquem\nPOUR LIVRES ET MUSIQUE\nAPPUI-LIVRES, CHEVALETS, CLASSEURS A RIDEAUX\nARTICLES DE BUREAUX RICHES ET HAUTE FANTAISIE\nEM. TERQUEM\n19, RUE SCRIBE\niiî\na\nlllljjl\n!!!!!!\nlia\n•S*\nTOUT MUSICIEN\ndoit avoir une BIBLIOTHÈQUE TOUR-\nP- ■ - ■\nNANTE TERQUEM adaptée spécialement\npourra musique. Il n'est pas de CASIER A\nMUSIQUE plus élégant, plus pratique et meil-\nleur marché.\nTOUT MUSICIEN devrait grâce au\n\" Terqi \" relier sa musique lui-même sans perte\nde temps, et mieux qu'un relieur dont les\nvolumes NE S'OUVRENT PAS.\nDemandez nos catalogues et no\nEM. TERQUEM\nl ■\nTéléphone 303=59 19, Ï*U6 Scï\"lt)6, PARIS Téléphone 303-59"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.1", "texte": "yil« Année.\nN° 2»\n15 Février 1911.\njtsfcj», jßEii\nv JH HH EkÊB ■ H\nl HS9H Sf/ W^mÊÉÊÊm\n■ H H ■\n» m H\nHIiHI . MB wß&&ÊnœmË flHßrai H\na «HmHHH ,ZWBf fB H\njjk « ■ ■ ■ H V ■\nJÊËÊÈki mBSÈÊBËBÈSBf\njfl Rt HH|w nj H\nREVUE MUSICALE MENSUELLE\nRÉDACTION :\n22' Rue s*. Augustin, PARIS.\nLibrairie CH. DELAGRAVE\n15» rue Soufflot, PARIS,\nLe numéro :\nFrance et Belgique 1 fr,so Union 2 fr. |\nUn an 15 fr. 20 fr. t\nCopyright bl S. I. M. 1911.\n\nJ LÉONARD DE VINCPMUSICIEN, PAR J. PÉIADAN 0 RAMEAU ET SES DESCENDANTS, (AVEC\nLPortraits inédits), par B. de la Laurencie. 0LE CONCERT CLASSIQUE ORIENTAL, par P. Thibaut.\nyISUALISED MUSIC DE P. C. G. J. Aubry. 0 A PROPOS DU CRESCENDO, par\nG, LES LIVRES.\nLEURS MAINS (Mains de G. Fauré, et R. Gunsbourg),par Jobbé-Duval. LUTHERIE, par Greilsamer.\nQUESTIONS SOCIALES, par M. Daubresse. 0 A TRAVERS LES REVUES, 0 L'ÉDITION\nMUSICALE. 0 THEATRES ET CONCERTS."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.2", "texte": "w\nSOCIÉTÉ FRANÇAISE DES\nAMISWDE LA MUSIQUE\nCOMITE D'HONNEUR\n«\nM. le Président de la République.\nM. le Ministre de F Instruction Publique et des Beaux-Arts.\nNI. le Sous-Secrétaire d\nM. Gabriel F JURE, Dir\nM. Henry MARCEL, ancien Directeur\nde la Bibliothèque Nationale.\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nPRESIDENT\nM. LE COMTE GASTON CHANDON DE\nBRIAILLES.\nVICE-PRÉSIDENTS\nM. LE PRINCE A. D'ARENBERG, de!lnstitut.\nM. Louis BARTHOU, député, ancien garde\ndes sceaux.\nM. GUSTAVE BERLY, banquier.\nM. ADOLPHE BRISSON, homme de lettres.\nTRESORIER\nM. LÉO SACHS.\nDIRECTEUR ARTISTIQUE\nM. GUSTAVE BRET.\nSECRÉTAIRE GENERAL\nM. J. ECORCHEVILLE,\nSECRÉTAIRE DU CONSEIL\nM. J. PASQUIER.\nMEMBRES DU CONSEIL\nMME ALEXANDRE ANDRÉ.\nMME LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, directeur général hono-\nraire au ministère des finances.\nM. LÉON BOURGEOIS, sénateur, ancien\nministre.\nM. FRANZ CUSTOT.\nMME MICHEL EPHRUSSI.\nM. GEORGES GAIFFE.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE.\nM. JEAN WEBER,\nM. Louis HAVET, de Vlnstituty professeur\nau Collège de France.\nMME DANIEL HERMANN.\nMME H ENRY HOTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nMME LA COMTESSE PAUL DE PoURTALÈS.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND,\nFaculté des Lettres de Paris.\nM. LOUIS SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nMME TERNAUX-COMPANS.\nagrégé de V Université."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.3", "texte": "LÉONARD DE VINCI\nCOMME MUSICIEN\n\nQuel ' que soit le sujet que l'on étudie, qu'il s'agisse d'aviation,\nd'ophtalmologie, de balistique ou de chiromancie, il y a un homme qu'on\nrencontre toujours. Dans le langage du second Faust on l'appellerait le\nmagicien, et Prospero semble son portrait, car il prononce à chaque\ninstant cette fameuse conjuration des Quatre, qui commande aux gnomes\ncomme aux ondines, aux salamandres comme aux sylphes. Le même\npersonnage a trouvé la théorie des fossiles, celle de la combustion, il a\nanalysé le mouvement de l'eau, il a tenté la conquête de l'air.\nEt notre étonnement deviendrait de la stupeur, si nous possédions\ntoutes les notes de cet être prodigieux, qui depuis l'an 1519 se sont\nperdues et dont cinq mille pages seulement ont été conservées. En con-\ntemplant l'universalité de Léonard, il taut se souvenir qu il lut surtout un\nartiste. Ses recherches ont leur point de départ dans une préoccupation\nd'appliquer chaque science aux arts du dessin. Définissant le peintre,\nl'homme universel, et réalisant en lui-même cette conception, il a étudié la\nmusique dans son sens monumental, c'est-à-dire au point de vue de\nl'acoustique.\nOn trouve de nombreuses notes sur le mécanisme sonore :\n318. Les sons s'éloignent de leurs causes par des mouvements\ncirculaires, en les gardant toujours pour centre. {A. 61, r.)\n\ni Toutes les citations sans références sont prises des 14 chapitres du éditeui)\n\nI"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.4", "texte": "2\nS. I. M.\n\n319- Tout coup frappé saute eun i,.\nla percussion.\n320. Le son retourne a l'oreille par une oblique semblable a la hn.\nd'incidence : il est réfléchi comme le rayon i\nLe principe qui guide le grand physicien dans sa recherche est\ncelui-ci : (\n\"La proportion se trouve non seulement dans les nombres «\nmesures, mais dans les sons ' ' (K. 49, 2.)\nOn pourrait multiplier ce genre de notes, sans grand intérêt. Le>\ncroquis parlent plus explicitement que les griffonnages. Ils établissent utv>\ndécouverte du Maître dont on ne pouvait pas s'apercevoir, avant ce-\nderniers temps.\nJe ne crois pas abuser du terme, en l'appliquant au renouvellement\nd'une invention antique, d'autant plus qu'elle se trouve ici, comme un effort\nd'adaptation aux mœurs modernes.\nLe manuscrit B nous montre un (p. 52, r.),^\nthéâtre pour entendre la messe.Ces désignations sont de la main du Vinci,\nLe premier offre l'aspect de la scène athénienne, le second place l'autei\nau centre de quatre hémicycles. Au manuscrit ASH. 1 se rencontre\nencore \" un lieu pour prêcher. \"\nCe n'est pas l'occasion de faire valoir l'originalité de cet aute!\npyramidal au centre de quatre hémicycles, qui présente comme une\nheureuse réalisation du haut-lieu (bamoth) du temps primitif. Tout 1e\nmonde a remarqué que le seul défaut de la sublime cathédrale rçside dans\nla quasi invisibilité de l'officiant, pour la plupart des fidèles. Le théâtre\npour prêcher a une véritable importance musicale que les représentation!\nde plein air ont démontré. Il n'existe pas au monde une salle comparable\npour l'acoustique au monument d'Orange. Un orateur de voix ordinaire, *\nmais articulateur, s'y ferait entendre, sans effort, de dix mille personnes: ce\nqui est à peu près impossible dans une église de la chrétienneté, ou dans\naucune salle connue.\nEt chose singulière, ce fameux mur, qui fait table d'harmonie àla\nvoix parlée, qui l'épouse, la colore, l'amplifie, dénature le chant, '\nl'amincit et ne lui conserve pas, ce qu'on appelerait en peinture, ses valeurs,\nIl en est même pour le quatuor qui s'émiette et pâlit. A Béziers, par\nexemple, vingt harpes ne valent pas autant de cigales, pour la quantité\n\n1 Textes choisis de Léonard, p. 156. (Mercure de France)."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.5", "texte": "LÉONARD DE VINCI\n3\n\nsonore, tandis que les instruments soufflés, cuivres ou bois, gardent, avec\nl'individualité de leur timbre, une réelle puissance. J'ai fait exécuter à\nl'Amphitheatre de Nîmes, une marche des mousquetaires pour hautbois\nqui dans la petite salle de la répétition, parut la plus mince chose du monde;\net dans le colossal monument elle soutint sans paraître mièvre, un\ndéfilé de cent cinquante figurants, parmi un décor de dix-neuf mètres de\nhauteur. Ces constatations expérimentales, que des spécialistes un jour\nréduiront en lois d application pratique, restent pour l'instant des curiosités.\nToutefois le conservatoire de l'avenir n'attribuera pas la même salle à la\ndéclamation et à la polyphonie, en vertu de ce fait constaté qu'à Orange\nle récitatif de Gluck qui se rapproche beaucoup du ton de la tragédie\ns'épanouit magnifiquement, là où le cantabile avorte, sans effet.\nOn est excusable de propos rompus en ce chapitre, l'acoustique\npratique n'ayant pas de lois connues, du moins de nos architectes.\nL'invention de Léonard pourrait se formuler ainsi : La forme\narchitectonique la plus propre à faire parvenir la voix parlée à un grand\nnombre d'auditeurs est celle du théâtre attique : c'est-à-dire l'orateur ou\nl'acteur en contrebas d'une disposition de gradins en hémicycle. Ce qui\nest exactement le contraire de la disposition habituelle où l'orateur sur-\nplombe un auditoire au rez du sol. On objectera qu'il s'agissait dans\nl'antiquité d'un spectacle hypètre. Autant que l'expérience peut être\nconcluante dans une salle vide, j'ai retrouvé au théâtre Palladio de Vicence\net au théâtre Farnèse de Parme les deux seules imitations du théâtre\nancien couvert, les mêmes qualités acoustiques d'Orange.\nLéonard attentif à tout, note le 8 avril 1502 : \" Qu'on fasse une\nharmonie avec les diverses chutes d'eau, comme tu as vu à la fontaine de\nRimini (L. 78.)\nAilleurs il s'occupe des vases sonores (L. 63, r.) ou plus exactement,\ndes vases acoustiques (echea) dont le goulot était tourné de façon à\nrecevoir et à renvoyer l'onde sonore. Dès le XIe et jusqu'au XVIIe, on\ntrouve, surtout dans les voûtes, ces pots acoustiques qui ne sont pas de\nfacture spéciale mais des poteries ordinaires de la région. Le Maître, selon\nson habitude de perfectionner ce qu'il étudiait a cherché une forme\nappropriée à la destination.\nUne ligne suffira pour témoigner de l'enthousiasme du Vinci :\n\" Après la musique vient la sculpture, art très digne, mais non de telle\nexcellence, ni tant de génie que la musique \". Le désintéressement qui"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.6", "texte": "4\nS. I. M.\n\npréside à cette opinion augmente sa valeur, car nulle part Léonard ne se\nflatte de ses talents musicaux tandis qu'il se prétend, et peut-être à tort,\naussi grand sculpteur que peintre.\n\" Il est possible de connaître avec l'oreille la distance d'un coup de\ntonnerre, en voyant son éclair, par la ressemblance de la voix avec\nl'écho\n\" Le coup frappé ressaute, en arrière, par un angle égal à celui delà\npercussion. L'oreille reçoit les voix diverses par des lignes droites, courbes\net brisées, et aucune torsion ne peut empêcher son office. \" (Ap. 19, r.)\nEn divers passages il note les moyens d'entendre sur la mer\nl'approche des navires, sur terre le creusement d'une mine et se préoccupe\nsouvent de l'écho et des répercussions sonores.\nIl existe au musée Arlaten un bizarre instrument que Mistral\nappelle le Bramabioii(brame bœuf) et que Léonard décrit ainsi :\n\" Si tu prends un petit vase sonore et si tu le couvres d'un parchemin\nde veau mouillé, et lorsqu'il sera sec si tu y enfonces une petite corde\ncirée, et que tu la retires avec un gant ciré au moyen de ce qui enduit le\ntrou des ruches, tu entendras un bruit étrange. (A. Institut, p. 52, verso.)\nLe manuscrit H nous montre un archet de viole (28, r. et v.) On\ntrouve ailleurs le croquis d'un tambour de fête.\n\" Pourquoi as-tu mis la musique parmi les arts libéraux ? Ou efface\nla, ou mets y la peinture ! \"\nRien n'irrite aussi constamment le Maître que l'idée d'une concep-\ntion manuelle de la peinture. Il veut lui conquérir la qualité d'art libéral\npar excellence et il plaide contre les autres arts, sauf contre la musique.\n\" subordonnée à l'ouïe qui vient après l'œil \". Elle semble l'avoir charmé.\nLe langage Leonardien manque de rigueur, comme la langue\nitalienne elle-même. Certains mots ont plutôt besoin d'identification que\nde traduction. Ainsi faudrait-il préciser ce que le Maître entend par une\nproportion harmonique. Cela me paraît être les parties de la polyphonie\nvocale qu'il envisage, lorsqu'il dit : \"Notre âme est faite d'harmonie et\nl'harmonie ne s'engendre que de la simultanéité où la proportion de;\nobjets se fait voir ou entendre \". On ne donnerait pas aujourd'hui une\nautre définition. \" Lorsque beaucoup de voix diverses chantent en même\ntemps, il en résulte une proportion harmonique qui contente tellement le\nsens de l'âme que les auditeurs restent en une si vive admiration, qu'il;\nsemblent à demi pâmés \". Il s'agit d'une pièce à plusieurs parties, de ce:"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.7", "texte": "LÉONARD DE VINCI\n5\n\nart qui aura son apogée dans la messe du Pape Marcel et le Sine\ndie en te s de Vittoria.\nLe quattro viole da arco est habituel au temps de Léonard. Mais on\npréférait entendre une seule voix. Castiglione nous l'affirme \" pour mieux\ngoûter et juger Le maître de la joconde professe un avis contraire. Il\ntient pour la polyphonie vocale, ce qui indique combien, même en ses\ngoûts, il devançait son temps. Ses exemples sont tous pris du chant à\nparties ; quand il compare l'harmonie à la ligne périphérique du contour\ndes figures, il faut entendre la mélodie : car ailleurs il écrira : \" des pro-\nportions résulte une harmonie concertante qui parle à l'œil en même\ntemps que la musique à l'oreille \". Dans son langage notre harmonie\nactuelle correspond à sa conception du modelé (en le considérant comme\nsynonyme du clair obscur) car le modelé n'est que le clair obscur appliqué\nau relief des corps.\nIl avait trente ans, lorsque Laurent le Magnifique 1 envoya avec\nAtaiante Miglioretti, porter un luth au duc de Milan.\nCe luth il l'avait construit lui-même presque entièrement en argent,\nen forme d'une tête de cheval. On ne trouve nul croquis de cet étonnant\ninstrument dans les manuscrits, pour cette raison que le fait se passe en\n1483 et que les plus anciens feuillets du maître sont de 1495.\nCe luth n'avait pas été conçu seulement au point de vue décoratif :\nle biographe anonyme précise, que cette apparence de bizarrerie s inspirait\nd'un dessein pratique, pour augmenter à la fois la force et la douceur du\nson, \" en jouant sur cet instrument, il surpassa tous les musiciens qui\ns'étaient réunis pour se taire entendre par le duc '.\nPaul love témoigne qu' \" il chantait admiraolement, en s accom-\npagnant sur la lyre \".\nOr Ludovic était un dilettante ; à son habitude il attirait a sa cour\n\" toute sorte d'artistes, joueurs de lyre et de flûte, chanteurs, danseurs,\nmimes \".\nIl serait difficile de faire le tableau de la musique a la cour de Milan\nen 1483.\nLéonard avait pu entendre en 1475 avec chants que donna\nAnge Politien ; et Céphale et VAurore de Nicolo de Carreggio, executee a\nFerrare en 1487, donnerait l'idée la plus juste de l'art d alors, assez com-\nplexe, car il mêlait le concert vocal au ballet et au drame.\nNul doute qu'au mariage de Jean Galeas avec Isabelle d Aragon"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.8", "texte": "6\nS. I. M.\n\ncomme à celui de Ludovic avec Béatrix d'Esté, comme à celui de\nl'empereur Maximilien avec Bianca la nièce du duc, il n'y ait eu de<\nparties de musique importantes dont on trouverait les traces dans les\npoésies latines de l'époque, les mêmes qui nous apprennent qu'en 1494 la\nstatue colossale de Francesco Sforza fut exposée sous un arc de triomphe\ndevant le château.\nLa place de la musique dans la Renaissance italienne n'a pas été bien\nmarquée : d'après les textes, les virtuoses semblent nombreux, par rapport\naux compositeurs. A la cour de Léon X, l'exécutant reçoit le titre de\ncomte et un bourg en apanage, comme le juif Giovan Maria. C'était un\nvioloniste. L'Apollon du Parnasse de Raphaël représenterait un autre\nmaître de l'archet, Jacopo Sansecondo. Dans le traité de la peinture,\nLomazzo cite trois grands peintres comme remarquables musiciens.\nL'instrument de prédilection de Léonard était la lyre.\nIl y aurait un curieux chapitre à écrire sur les instruments dont on\nn'a jamais joué. Le quattrocento en fournit beaucoup qui ont été ou\nempruntés aux bas-reliefs et aux camées, ou inventés par des peintres.\nLe Cortegianonous apprend que les instruments à vent passaient,\ncomme la flûte au temps d'Alcibiade, pour déformer le visage.\nQuel fut le maître de Léonard, en musique ? Peut-être Antonio\nSquarcealupi, un des quinze membres de la formée par\nle Magnifique, laquelle est postérieure à l'Académie Philharmonique de\nVérone. Ce Squarcealupi fut organiste et facteur d'orgues.\nLe chapitre IV du Traité de la Peinture constitue un véritable\nparallèle entre celle-ci et la musique.\n\" La musique doit être appelée la sœur de la peinture, subordonnée\nà l'ouïe, qui vient après l'œil \".\nLa hiérarchie des arts, Léonard l'établit d'après la dignité des sens\nauxquels ils correspondent. Il semble ramener au toucher les trois dimen-\nsions de la sculpture ; il humilie franchement la littérature au-dessous des\nautres arts du dessin. Son parallèle entre la peinture et la poésie conclut\ncontre celle-là. Enfin la musique a le second rang \" parce qu'elle subit\ndes arrêts depuis sa création jusque dans sa première manifestation \". Il la\ntraite d \" aventureuse Suivant cette idée Léonard reproche à l'art\nmusical de ne pas se présenter d'un coup, comme une fresque ou un\ntableau et d'avoir besoin d'une succession de temps pour se développer et\nsurtout de se manifester que note après note, sans qu'il soit possible"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.9", "texte": "LÉONARD DE VINCI\n7\n\nd'obtenir un effet de simultanéité. D'un coup d'oeil, on embrasse le\n\" Jugement Dernier\" et \"l'Ecole d'Athènes\" : une symphonie emprunte\nfatalement à la durée son développement.\nLe leitmotiv, tel que Wagner l'a manié, remédie autant qu'il est\npossible à ce caractère aventureux de l'harmonie : il fait réentendre et\nrevoir des scènes antérieures ; et la marche funèbre de Siegfried prend la\nprécision d'une oraison funèbre, déroulant avec la vie du héros l'histoire\ndu fatal anneau. Léonard compare l'impression musicale à un polyèdre\nqui tourne et dont on ne perçoit un côté qu'à la disparition du précédent\net au préjudice du suivant. La musique est par excellence l'art du\nmouvement, tandis que les autres arts sont statiques, et le mouvement\nimplique l'idée de temps : la preuve en est dans les cinq dénominations\nusuelles qui correspondent à cinq degrés de mouvement.\n\" Ce qui fait la noblesse d'une chose c'est son éternité : la musique\nqui va se consumant à mesure qu'elle naît, n'égale pas la peinture, qui\nvitrifiée devient éternelle \".\nCette opinion manque de rigueur : la musique est une Belle au bois\ndormant qui va renaissant chaque fois que l'éveille le baiser du Prince\ncharmant, et tant que dure ce baiser, la Belle vit en toute jeunesse et\nbeauté : de l'intensité de ce baiser dépend l'éclat de sa jeunesse et de sa\nbeauté. Exécuter une œuvre musicale équivaut à l incantation de la Magie:\nsans doute et littéralement, on lit les notes comme les mots et on les\nexprime sur les divers instruments selon des règles précises : et le mot\nd'évocation paraît bien romantique, pour signifier exécution. Mais, ni\nl'exacte lecture ni la stricte observance technique n'aboutissent à un\nrésultat esthétique, sans un ébranlement plus ou moins heureux de la\nsensibilité, et la comparaison du baiser a plus d'exactitude qu'on ne\ncroirait. Tout acte d'art est un acte d'amour, mais surtout en musique, à\ncause de l'identité d'action de l'onde sonore et des ondes nerveuses de la\nsensation passionnelle.\n\" L'harmonie se compose, comme si on traçait une ligne de circon-\nférence analogue au contour des membres qui engendre la beaute\nhumaine. \" Cela doit signifier le dessin mélodique.\nMalheureusement \" son invention musicale ne comporte pas la\nproportion harmonique simultanée \". Cette simultanéité est impossible au\nsens rigoureux : elle s'opère dans la mémoire de l'auditeur.\nLe plaisir musical n'atteint pas sa plénitude a la première exécution ;"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.10", "texte": "8\nS. I. M.\n\nà moins d'une interprétation foudroyante. Le wagnérien n'a connu ses\nextases que par saturation. Réentendre, là se trouve la plus vive joie\nparce que la mémoire arrive à produire cette simultanéité que Léonard\nentrevoit comme l'idéal intangible de l'harmonie.\nSur quelques expressions on suppose aisément le caractère des com-\npositions antérieures à 1500. D'abord, il n'est jamais question de poly-\nphonie instrumentale.\n\"La musique ne commande qu'à la voix dit le Maître. Elle n'était\nni dramatique, ni passionnée, plutôt décorative ou berceuse.\n\" La musique, en son temps harmonique, forme les suaves mélodies\nde ses voix variées.\nN'oublions pas que les compositeurs flamands régnent, que Palestrina\nne viendra que dans un demi siècle : et qu'on pouvait tout prévoir,\nmême l'aviation, mais non l'art de cParsifal.\n\" Bien que les objets offerts à l'œil se touchent l'un l'autre, de main\nen main, néanmoins ma règle de XX en XX brasses, demeure, comme a\nfait le musicien pour les voix, qui, bien qu'unies et appliquées ensemble,\ngardent cet ordre, de peu de degrés d'une voix à l'autre, on demande\nquelle est la première, la seconde, la troisième, la quatrième, et cinquième,\net comment de degrés en degrés il a été donné des noms pour la variété\nde hausser ou baisser la voix.\n\"Le charme agit instantanément pour le détail, comme pour\nl'ensemble. \"\n\" 90. Généralement, tant pour l'entente de la composition qu'en\nparticulier pour l'entente des parties composantes qui forment le tout, le\npoète reste, quant à la figuration des choses corporelles, bien loin derrière\nle peintre, comme le musicien reste en deçà des choses invisibles. \"\nLe commentaire devient très difficile. La règle en question régit la\nperspective ou plutôt la triple perspective.\nIl la définit \" l'art de prendre, par pyramides, les formes et les\ncouleurs des objets (200). Comment rapprocher la loi auditive de la loi\noptique ? Prenez n'importe quelle composition vous déterminerez aisément\nles divers plans et par l'éloignement du premier la proportion des figures,\nEn musique les plans changent sans cesse ou plutôt les figures changent\nsans cesse de plan et par conséquent de proportions. Mais que sont les\nfigures en musique ? Insaisissables dans la musique pure et souvent\nindistinctes dans la musique classique."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.11", "texte": "LÉONARD DE VINCI\n9\n\nIl ne serait pas impossible d'écrire un chapitre de la perspective\nharmonique. Le principal défaut des compositeurs contemporains consiste\nà noyer dans une musicalité étrangère à l'action les péripéties de la fable,\nc'est-à-dire, à fausser les plans perspectifs.\nDans le Traité de F ombre et de la lumière, on trouverait la matière de\ndéveloppements analogiques ; il est plus opportun de rechercher la musi-\ncalité dans l'œuvre de ce grand artiste.\nQuoiqu'on ait dit, le Vinci n'a jamais dédaigné la peinture: seule-\nment il la concevait, comme un confluent des connaissances humaines.\nLe géologue et le botaniste de génie a créé l'art du paysage : c'était\nl'opinion de Corot et les manuscrits étudiés depuis lors lui ont donné\nraison. Que retrouvons-nous de l'art musical dans les cadres du Maître ?\nD'abord le troisième mode. La Joconle la ne\nsont pas en majeur comme les Titien et les Véronese, ni en mineur\ncomme Rembrandt ou Prudhon. Aucune catégorie des anciens rythmes et\nmodes ne correspond à ces peintures. Nul ne sait le sexe du Saint Jean,\nl'âge de la Sainte Anne, ni le site de Monna Lisa. Si pour la Sainte Anne\non peut dire que cela représente les quatre degrés de la vie organique\npour les deux autres, on ne sait si la Lisa est une madone et le Saint Jean\nun diable ?\nCes représentations sacrées irriteraient l'odorat d'un inquisiteur un\npeu subtil, par une vague odeur de soufre. Indéfini des formes, indéfini\ndes expressions, indéfini des couleurs. Qui sait de quelle ton est la robe de\nla Lisa ? C'est donc bien la volonté du Maître de produire cette impres-\nsion d'indéfini : et l'indéfini est proprement du domaine musical.\nTant qu'on exprime des idées comme dans les discours de Cinna, la\nmusique nuirait ; quand on peint des débats passionnels la déclamation\nsuffit : pour rendre des états d'âme, espoir désespoir, ivresse ou angoisse,\nla musique seule y peut, elle dit l'indicible, ce qui échappe à la précision\nde la forme et à l'énoncé littéraire.\nIl y a, au Louvre, d'autres belles dames que la Joconde. Pourquoi\nseule est-elle fée ? Comment parle-t-elle à tant d'individus si différents,\net à chacun différement ? N'est ce pas le propre de la musique de se\nmodaliser suivant l'auditeur? Les Chœurs de la Neuvième signifient aussi\nbien la résurrection de la chair, que la proclamation de la Republique\nidéale ; ils serviraient à l'entrée des croisés à Jérusalem, aussi bien qu a\nune proclamation des Droits de l'homme. L'accent d'un enthousiasme"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.12", "texte": "10\nS. I. M.\n\ncollectif peut émouvoir aussi bien une paroisse qu'une loge, et la\nNeuvième aurait servi à la Fête de l'Etre Suprême comme à Saint Pierre.\nSi on se rend compte, en outre que Léonard a évité d'hébraïser ses\napôtres, les vêtant de costumes abstraits on concevra que sa \" Cène \" tend à\nuniversaliser le moment décisif de la vie du Christ. Il évite la date, il\névite la localisation. Un seul point est clair : il peint en clé de subtilité\ntroisième mode, par opposition à la clé d'intensité (Michel Ange) et à la\nclé d'harmonie (Raphaël).\nOr, la subtilité se définit la multiplicité des rapports harmonisés\nsimultanément. Le Saint Jean, ange et démon, adolescent et vierge,\nironique et séducteur ; la Joconde,Madone et Chimère, perverse et sage,\nintémérable et coquette, sont les éternelles blasons de la subtilité, c'est à\ndire de l'indéfini.\nLa sensation musicale, la moins positive de toutes celles que donne\nl'art, dépend non seulement de l'idiosyncrasie mais encore de la diathèse\nmomentanée. La musique que nous écoutons détermine des vibrations\nsentimentales, sans aucune similitude avec celles du maître, quand il\ncomposa.\nLes réalistes, ces déshérités de l'inspiration, représentent des faits\ntrès précis ; ce sont des narrateurs et une fois qu'on a constaté leur fidélité\non les quitte. \" il était une fois une belle femme \" dit le Titien \" il y eut\nun martyr \" dira Ribera. Point d'énigme, point de mystère.\nLéonard musicien de l'expression nous fait entendre \" beaucoup de\nvoix diverses qui chantent en même temps \" dans une âme. Et nous nous\nefforçons de saisir la proportion harmonique de ces voix, parcequ'elle est\ninsaisissable. Qu'on y regarde bien, le secret du grand florentin réside\ndans cette simultanéité des rapports qu'il ne trouvait pas dans la musique\nde son temps et qu'il sut mettre dans ses œuvres.\nParmi les contemporains, un peintre a subi profondément l'influence\nde la musique; Hébert, surtout dans ses dernières œuvres a poursuivi une\nrecherche de l'harmonisation des valeurs assez semblable à celle du Vinci.\nJ'ai écrit ailleurs que le maître de la Cène était le plus grand musi-\ncien de la palette : je ne peux reproduire ici la démonstration de ce\njugement. Il faudrait établir d'abord les analogies d'un art et à l'autre et\n« ) * 1 0 •\nje n ai du me proposer ici que de recueillir les principaux traits de\nLéonard comme musicien. Pour finir je donnerai sa réfutation de l'idée\nPythagoricienne, sur l'harmonie des sphères (F. 56, r.)"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.13", "texte": "LÉONARD DE VINCI\n11\n\n\" Du frottement des cieux, s'il fait son ou non ?\nLe son résulte du coup d'un corps dur frappant l'air, et s'il est fait entre\ndeux corps, c'est au moyen de l'air. Il s'en suivrait que les cieux ne\nproduisent pas de son, en se frottant, faute d'air entre eux ; si ce frotte-\nment avait lieu, depuis tant de siècles, durant lesquels ils ont tournés, ils\nseraient abolis par leur immense vitesse quotidienne. S'ils faisaient son, ce\nson ne se répandrait pas puisque le son produit sous l'eau s'entend peu et\ns'entendrait moins ou pas du tout, dans les corps denses; le frottement des\ncorps polis ne fait pas de bruit ; ainsi il n'y en aurait pas au frottement\ndes cieux. S'ils n'ont pas été polis par le frottement, ils sont globuleux et\nrugueux, et dès lors, leur contact n'est pas constant, et le vide se produit,\nle vide inexistant dans la nature. Donc le frottement aurait usé les extré-\nmités de chaque ciel et surtout vers le milieu plutôt que vers les pôles,\npuisqu'au milieu il est plus rapide. En outre le frottement et le son\ncesseraient, les sphères s'arrêteraient à moins que les uns tournassent à\nl'Orient et les autres au Septentrion. (Les manuscrits de l'lnstitut, p. 269,\nSansot.)\nEst-il nécessaire d'ajouter que le Maître a pris au littéral une expres-\nsion figurée, et a réfuté physiquement une image, comme il est arrivé aux\ntraducteurs de la Bible de changer en statue de sel la femme de Loth\nqui fut simplement fnitriféeJ, pétrifiée, au moral ?\n\nPeladan."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.14", "texte": "RAMEAU, SON GENDRE ET SES\nDESCENDANTS.\nLa biographie de Rameau s'est considérablement enrichie depuis\ndeux ans; successivement, MM. Léon Val las et Paul-Marie Masson lui\nont apporté d'importantes contributions, le premier, en découvrant que\nRameau fut organiste à Lyon de 171 3 à 1715 ', le second, en montrant\nque, de septembre 1706 à la fin de 1708, époque pendant laquelle on\navait perdu la trace du musicien, celui-ci se trouvait encore à Paris.2\nL'année 1723 marque l'établissement définitif de Rameau dans la\ncapitale ; il y mène une vie assez dure, puisqu'il ne dispose guère, pour\nsubsister, que du produit de ses leçons. Le début de ses relations avec le\nfastueux financier Le Riche de la Pouplinière, un de ces Mécènes\nomnipotents qui pesèrent sur la situation sociale de la plupart des\nmusiciens du XVIIIe siècle, semble devoir se placer entre 1727 et 1732.\nC'est chez la Pouplinière, dans la maison qu'il louait à Paris, rue des\nPetits-Champs, que Rameau rencontra l'abbé Pellegrin, et c'est là aussi,\nqu'eut lieu la fameuse répétition d après laquelle\nl'abbé librettiste déchira le billet de garantie souscrit par le compositeur,\nLe financier, qui se piquait d'art et de littérature, put, en 1737, entendre\nassocier son nom à celui du grand Haendel. Ce fut à propos du ballet du\nTriomphe de /' joué le 9 mai à l'Opéra, et dont les vers étaient\nde Lefranc de Pompignan et la musique de Grenet. Le bruit courait,\n\n1 Revue musicale de Lyon, 13 février 1910.\n2 S. I. M. 15 mai 1910."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.15", "texte": "RAMEAU ET SON GENDRE\n!3\n\navant la première, que Lefranc avait eu le fermier général \" pour com-\npagnon poète et qu'un \" fameux musicien italien établi en Angleterre,\nnommé Hendelli, y avait fait beaucoup de morceaux 'V Sitôt la repré-\nsentation terminée, les potins reprenaient leur cours, et les nouvellistes\npubliaient que Grenet s'était fait aider par Clérambault ; \"on avait\nmême dit, d'avance, que la musique était à?lndel, pour leur faire plus\nd'honneur ; \" le 3e acte, qui avait mérité l'approbation générale, se voyait\nattribué à Rameau ou à un musicien italien, c'est-à-dire à Rameau ou à\nHaendel, considéré alors comme un compositeur transalpin. 2 Retenons\nseulement de ces racontars de cafés et de salons l'hypothèse, admise un\nmoment, d'une collaboration de la Pouplinière avec Haendel ou avec\nRameau ; la chose est piquante et valait d'être notée.\nNous devons à l'obligeance de M. Georges Cucuel qui prépare un\nimportant travail sur la Pouplinière et son temps, quelques renseignements\nprécis concernant les divers logis habités par le Pollion français. La\nPouplinière quitta, en 1739, sa maison de la rue des Petits-Champs pour\nacheter l'hôtel où il devait mourir, 59 rue de Richelieu ; ce ne fut que\nbeaucoup plus tard, en 1747, que le financier loua le château de Passy,\noù le ménage Rameau alla passer la saison d'été jusqu'en 1753. D'après\nM. Cucuel, des fêtes extrêmement brillantes illustrèrent l'inauguration\ndes salons de la rue Richelieu, et le cénacle de gens de lettres, de savants\net d'artistes que le riche Mécène groupait autour de lui, s'augmenta de\nplusieurs personnalités intéressantes. Le peintre La Tour, introduit par\nl'abbé Hubert, vint y exécuter les portraits de la Pouplinière et de sa\nfemme, portraits qui figurent au musée de St. Quentin. Rameau, parvenu\nà la célébrité après ses retentissants opéras d'Hippolyte, de Castor et de\nDardanus, entretenait alors avec ses protecteurs des rapports extrêmement\ncordiaux. Nous en rencontrons la preuve dans ce fait que la femme du\nfinancier, Thérèse des Hayes, servait de marraine à son fils Alexandre, né\nle 5 décembre 1740.3 L'intimité de Rameau avec les la Pouplinière se\nmanifeste encore par la dédicace au financier d'une des Pièces en Concerts\ndu recueil de 1741, la La Pouplinière. Aux environs de 1740, le nom de\nRameau est dans toutes les bouches ; les uns, les fidèles \" Ramoneurs \",\nportent le musicien aux nues, tandis que la coterie adverse accumule les\n\n1 Galettes à la main.Bib. de la ville de Paris. Ms. 26700. 9 mai 1737\n2 Gaaettes à la main,. Ms. 26700, 10 mai 1737. Le 24 décembre 1756, on chantait au Concert Spirituel\n\" un air italien du fameux M. Haendel.\" (M. Brenet : p. 196).\n3L.de la Laurencie : Quelques documents sur J. Ph. 15 juin 1907."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.16", "texte": "*4\nS. I. M.\n\nbrocards et les caricatures. Celles-ci foisonnent à l'époque de Dardanua\net nous avons publié une des plus curieuses de ces estampes satiriques\ncelle qui montre Rameau \" bercé par des dans un bransle en\nl'air, couché tout de son long et emmaillotté avec des bandes de musique\noù sont indiquées ses principales pièces de clavecin.\" 1 II n'y aurait rien\nd'étonnant à ce que La Tour, après avoir peint les portraits de ses\namphitryons, se fût laissé séduire par le masque énergique d'un des plus\nillustres familiers de la maison et eût cherché, lui aussi, à fixer les traits\nde l'homme qui excitait la verve des caricaturistes. On peut donc supposer\nque le peintre de St. Quentin exécuta, vers cette époque, la saisissante\n\" préparation \" pour le portrait de Rameau provenant de la collection\nMennechet et que nous reproduisons aujourd'hui. A la vérité, en l'absence\nde documents décisifs, nous ne proposons la date de 1740 que comme\nune hypothèse et sous les plus expresses réserves. Il convient toutefois d'ob-\nserver que le Rameau de La Tour apparaît comme plus jeune que celui\nde Jean Restout, gravé par Benoist, et qui semble pouvoir se placer\nvers 1750.\nMais, pas plus que ce dernier portrait, le pastel de La Tour ne\nfigura aux salons annuels ; parfois, dans les livrets de ces salons, on voit\nmentionner à l'actif du peintre de St. Quentin plusieurs têtes sous le\nmême numéro ; peut-être, le portrait de Rameau fut-il exposé parmi ces\neffigies anonymes. Chose singulière : des quatre portraits récemment\nlégués à la ville de St. Quentin, celui de Rameau est le seul qui ne\ns'accompagne d'aucune identification explicite ; les trois autres, le\nMondonville, la Clairon vieille, et frère Fiacre de Nazareth, sont cités\ndans le testament par lequel Jean-François de La Tour, frère du pastel-\nliste, léguait le 20 septembre 1806, à l'Ecole gratuite de dessin de\nSt. Quentin, 39 dessins et tableaux pour être vendus à Paris, après quoi,\nle prix de vente devait être réparti entre la dite Ecole et diverses œuvres\ncharitables de la ville.2\nEt pourtant, nul doute ne saurait être admis sur l'identification du\nquatrième pastel : il s'agit bien là de Rameau, de notre Rameau. Naguère,\n-M. Huchet, aichitecte-expert a St. Quentin reconnut du premier coup\nle musicien de Castor . JVUVT. Eck et Elie Fleury ne sont pas moins\n\n' Voir notre ouvrage de la collection des \"Musiciens célèbres. \"\nM \"at'°n EUreaU Cmtral Bienfahance de Séance du 30 mars 1807. Communiqué par"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.17", "texte": "RAMEAU ET SON GENDRE\n1S\n\ncatégoriques. Il suffit, pour se convaincre du bien fondé de leur apprécia-\ntion, de comparer la \" préparation \" de La Tour avec les autres portraits\nde Rameau. Les marques caractéristiques, communes à tous ces portraits,\nconsistent d'abord, dans les deux sillons qui creusent profondément les\njoues, ensuite, dans la longueur excessive du bas du visage. D'autres\ndétails sont aussi extrêmement typiques : sourcils peu fournis, méplats\ndes tempes très accusés, forte saillie des pommettes 3, bouche pincée,\nmenton arqué. Le pastel de La Tour a quelque chose d'ironique et de\nvivant que ne présentent pas les autres images de Rameau ; ce n'est point\nlà le vieillard grave, emmuré dans sa méditation, qu'on nous représente\nd'ordinaire; c'est un homme plus jeune, dont les lèvres malicieuses vont,\nsemble-t-il, laisser jaillir le sarcasme et dont l'œil brille avec une singu-\nlière intensité. Remarquons cependant que, dans la plupart de ses por-\ntraits, le peintre de St. Quentin donne aux personnages qui ont posé\ndevant lui le même œil profond ; voyez, par exemple, la \" préparation \"\nde Voltaire, les portraits de Rousseau, de Mlle Fel, de d'Alembert. La\nTour, avec sa pénétration coutumière, nous révèle un Rameau polémiste,\net dégage nettement tout ce qu'il y avait de combatif dans l'esprit du\nmusicien.\nCombatif, il l'était en effet, et on sait avec quelle énergie tenace il\nsavait défendre ses idées : justement, en 1741, il prenait à partie l'acadé-\nmicien lyonnais Bollioud de Mermet, à propos du \" tempérament \", et\nécrivait à Christin, secrétaire de l'Académie de Lyon, une longue et\ncurieuse lettre que M. Léon Vallas a eu la bonne fortune de découvrir\net de publier.2\nLe Rameau de La Tour fait partie de la collection que M. Menne-\nchet de Barival légua à la ville de St. Quentin en 1903. Un décret du\n11 avril 1905 autorisait la ville à accepter ce legs dont elle entra en\npossession au mois d'août de la même année. M. Mennechet avait hérité\nde ce pastel à la mort de son beau-père, M. Paillet, ancien commissaire-\nexpert du Musée royal qui se trouvait mieux placé que quiconque pour\nréaliser d'intéressantes acquisitions, et cela, à des prix qui nous paraissent\naujourd'hui déconcertants. On sait, par exemple, que le portrait de\nMondonville fut payé \" raisonnablement \", c'est-à-dire 2 lors de\nla vente des œuvres de La Tour tentée à Paris en 1808 ! M. Théophile\n\n1 Très visible sur le buste de Caffieri qui figura au Salon du 1761 sous le N° 133.\n2 Léon Vallas : La Musique à Lyon au XVÎIV siècle, I, 210, 211, 212."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.18", "texte": "16\nS. I. M.\n\nEck pense que M. Paillet l'acheta à cette vente. Peut-être obtint-i:'\nle Rameau par dessus le marché ? Quoiqu'il en soit, ce pastel complète\ntrès heureusement l'iconographie déjà connue du grand musicien\nBurney signalait en 1770 un portrait de Rameau que l'organiste Bal-\nbastre avait fait peindre sur son clavecin de Ruckert. Rameau y était\nentouré des principales scènes de Castor et Pollux. \"La terre, l'enfer\nles Champs Elysées y sont représentés, écrit Burney. On voit le célèbre\ncompositeur lui-même, assis sur un banc de gazon dans les Champs\nElysées ; il tient une lyre à la main ; ce portrait est frappant de ressem-\nblance, car je vis Rameau, en 1764...\"1 Où se trouve le clavecin ainsi\ndécoré ?\nLes relations que Rameau continua à entretenir avec la Pouplinière\njusqu'en 1753 lui permirent d'utiliser pour sa pastorale d'Acante et%\nCéphiseles clarinettistes allemands que le financier avait appelés à Paris\net un document des archives de l'Opéra nous renseigne sur les salaire*\ntouchés par ces instrumentistes à cette occasion. On trouve, en effet,\nsous la rubrique : Sujets employés par extraordinaire dans différents opéras\nl'état ci-après :\nIndes galantes .... 2e trompette . . Stoffel 6 livres par représentation\nAcante et Céphise. . . . clarinettes . . . Gaspard Procksch. . 6 livres\nFlieger 6 livres\nSchencker 6 livres 4\nLouis ........ 6 livres\nProcksch, Flieger et Schencker, musiciens de La Pouplinière, reçu-\nrent chacun 126 Livres pour l'ensemble des représentations. 2\nMais l'activité de Rameau ne s'exerçait pas seulement à Paris ; elle\ns'étendait à la province, ainsi que le prouvent deux manuscrits de la\nBibliothèque de Dijon3 relatifs aux rapports qui se nouèrent entre la\nSociété littéraire du président Richard de Ruffey et le célèbre théoricien. \"\nDans sa seance du 14 juin 1752, la Société décidait de créer une classe\nd associes reservee a des Bourguignons illustres et ne résidant pas à Dijon, ,\nCrebillon, Buffon, Rameau, Piron. Aussitôt nommé, Rameau, désireux\n\nCh. Burney :De l Etat présent de la musique en France— I? 31. (Edition de 1809.) statistique des\nclavecins des Ruckers donnée dans le tome IV du Dictionnaire de Grove ne mentionne pas le clavecin de\nBalbastre.\n2 Arch. Opéra. Historique. IL\n3 Mss. 1628, 482."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.19", "texte": "Rameau par Latour\nPortrait inédit qui appartient au Musée de St. Quentin"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.20", "texte": "François de Gaultier\nPastel appartenant à M. Baudet de Terræud"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.21", "texte": "RAMEAU ET SON GENDRE\nI 7\n\nde montrer le cas qu'il faisait de la distinction que lui accordaient ses\ncompatriotes, communique à l'Assemblée ses Réflexions sur la manière de\nformer la voix.Cette communication provoqua, de la part des présidents\nde Cœurderoy et de Brosses, d'intéressantes remarques bien instructives\nau point de vue des idées qui régnaient alors sur le \" sentiment naturel de\nla musique . Cœurderoy cite \"un fait singulier concernant un peintre\nde Dijon, sourd et muet de naissance. Cet artisan, pendant qu'il est\noccupé à son ouvrage, forme, par un bourdonnement, une espèce\nd'harmonie monotone, dont il marque exactement la mesure par une\nexpiration forcée, et imite, sans le sçavoir, les autres ouvriers qui sont\npresque tous dans l'habitude de chanter, lorsque leur travail ne demande\npas une grande application Comme de Brosses qui trouve que les\ncomparaisons de Rameau entre l'exercice des autres organes et celui de\nla voix, \" sont d'une très bonne métaphysique \", Cœurderoy estime qu'il\nexiste des analogies entre la vue et l'ouïe ; il assure qu'il y a \" des yeux\nqui voient faux \" et, à l'appui de son dire, il signale le peintre Jouvenet\nqui voyait tout en jaune.\nRameau soumit même à la Société Ruffey son mémoire sur\n1 Indentité des Octaves auquel un M 1 Lardillon consacra une savante étude.\nLorsqu'en 1761,1 a Société Richard de Ruffey cessa d'exister, Rameau\nfut élu à l'Académie de Dijon, sa rivale victorieuse.1\n-M\n* *\nNous avons indiqué, dans un précédent travail, que, du mariage de\nClaude-François Rameau avec Marie-Françoise-Suzanne Dubois, naquit,\nle 28 mai 1773, un fils qui reçut les prénoms de Louis-Antoine. 2 A son\nretour de l'armée, en l'an V, Louis-Antoine Rameau adressait aux\nmembres du Comité d'administration du Théâtre de la République et des\nArts la lettre ci-après :\nCitoyens,\nLouis-Antoine Rameau jouissait en 1791 (vieux style) de ses\nentrées à l'Opéra, comme un hommage de ce spectacle à la mémoire de\nson grand'père. Il n'a pas pu en profiter pendant tout le temps qu'il a été\n\n1 Communication de M. Oursel, Conservateur de la Bib. de Dijon.\nS. I. M. 15 juin 1907.\n2"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.22", "texte": "18\nS. I. M.\n\nretenu aux armées. Revenu dans ses foyers et craignant que, pendant son\nabsence, on ne l'ait rayé de la liste, il sollicite les citoyens administrateur\nde lui confirmer cette faveur, honorable pour lui et pour l'administration\nRAMEAU. 1\nUne note inscrite en marge de cette pétition nous apprend qUe\nsatisfaction lui fut donnée. Après 1796, on perd la trace de ce petit fi],\nde Rameau, mais, l'année suivante, une nièce maternelle de l'auteur de\nT)ardanus sollicite les Directeurs de l'Académie de musique de luj\naccorder \" une modique pension... pour lui aider à subsister avec moins\nde peine et ecarter l'affreuse misère qui la poursuit...\" et cela, afin\nd'honorer \" la mémoire de son oncle.\" Il s'agit de Jeanne Parisot, femme\nMarchand, qui appartient probablement àla lignée des Mangot,2 de ces\nMangot dont un représentant, probablement Jacques Simon, le beau-frère\nde Rameau, fut maître de musique du Concert de Lyon, où il fit\nreprésenter, en 1749, le Triomphe de Vénus, ballet héroïque de sa com-\nposition.3 C'est sans doute à Jacques Simon Mangot qu'il convient\nd attribuer le Duo de l\\â.r. M_angot, du fonds Decroix, que nous reprodui-\nsons ici, et, qui consiste en un Air a boire dont la qualité mélodique et\nles§amusants détails ne sont point sans mérite.\n\n* Arch Opéra. Carton. 48. Communiqué par M. Fargues.\n2 Arch. Opéra. 26 fructidor an VI, Carton 49.\ns Léon Vallas. Loc. cit.y p. 91."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.23", "texte": "RAMEAU ET SON GENDRE\n19"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.24", "texte": "20\nS. I. M."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.25", "texte": "RAMEAU ET SON GENDRE\n2 I\n\nDes deux filles que Rameau eut de son mariage avec Marie-Louise\nMangot, l'une se fit religieuse et l'autre, comme on sait, épousa, en\n1765, un gentilhomme du Comtat-Venaissin, François-Marie de Gaultier.\nLors de notre travail de 1907, nous manifestions l'espoir que des recher-\nches ultérieures vinssent compléter ce que nous avions découvert sur la\ndescendance de Rameau. Or il est une Providence pour les chercheurs,\net en l'espèce, cette Providence s'est manifestée pour nous sous les traits\nde M. Belleudy, ancien préfet de Vaucluse, qui a bien voulu nous fournir\nles plus précieuses indications.\nLe mousquetaire que Marie-Alexandrine Rameau prenait pour\népoux en 1765 s'intitulait sur son contrat de mariage \"fils majeur de\n25 ans \" ; ses 25 ans, il les avait bien en effet, étant né, à Mazan, le\n31 mars 1728, ainsi qu'en témoigne son acte de baptême1.\nVoici maintenant ses états de services, tels qu'ils ressortent du\ncontrôle de la ire compagnie des Mousquetaires du roi, conservé aux\narchives du Ministère de la Guerre. Présenté à la ire compagnie par le\nmarquis de La Palun, Gaultier y était reçu le lerIer mars 1753, devenait\nporte étendard le 27 juin 1773 et se voyait promu sous-brigadier le\n10 avril 1774. Le 4 juin de la même année, il obtenait une pension de\n300 livres sur l'ordinaire des guerres en considération de ses services; fait\nchevalier de Saint-Louis le 28 mai 1775, il était licencié avec sa compa-\ngnie le 23 décembre, en exécution de l'ordonnance du roi du 15 décembre\n1775.2 Son certificat porte qu'il a très bien servi et qu'il conserve la moitié\nde ses appointements, soit 660 livres. Gaultier jouissait donc depuis sa\nréforme, c'est-à-dire depuis la fin de 1775, de 960 livres de \"grâces\npécuniaires \" qui, déduction faite des retenues d'usage, donnaient un mon-\ntant net de 849 livres 12 deniers ; le roi, par brevet du 1 juillet 1779'\nlui confirmait la jouissance de ce revenu sous forme de pension sur le\ntrésor royal3.\nL'ancien mousquetaire émigra dans les premiers jours de février\n1792, et alla se réfugier en Allemagne. Il ne devait jamais revoir la\nFrance. Le 7 décembre 1801, âgé de 73 ans, le gendre de Rameau\nmourait à Munster, succombant à une attaque d'apoplexie. Son acte de\ndécès que nous empruntons aux registres de l'église de St. Martin\n\n1 Aprilis 1728 : \" Anno quo supra, die prima Aprilis, baptisatus fuit Franciscus Maria Gautier, heri\nnatus, ex nobile Sauveur et de Mlla Maria Rosa de Guignet, conjug. \" Etat civil de Mazan.\nJ Arch. Ministère de la Guerre, Contrôle de la ire compagnie, f° 47.\nArch. du Ministère de la Guerre."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.26", "texte": "22\nS. I. M.\n\nde Munster associe î allemand au latin, en un charabia cocasse\npédant : ' c\n\" Franciscus Maria de Gauthier, dominus de Blaigne3 et Piemelan, etc\nquondam Unterbrigadier der ersten compagnie von der Mosquetereri\n(Muscetariorum) des Kônigs von Frankreich und oberster Lieutnant\ndessen Dienst, natus 30 Martis 1728 2 à Mazan, diocesis Carpentosacensi;\nin Comitatu Avenionensi, defunctus 7™Decemb. 1801 hora medi-\nsecundœ matutinœ, tactus apoplexia\nDe son mariage avec la fille de Rameau, Gaultier avait eu, outre\nles 5^enfants nés à Andrésy et dont nous avons déjà publié les actes de\naptême, deux fils nés a Paris, l'un André-Claude-Louis-Marie, en 1767\n1 autre, Paul-Marie-Auguste, en 17713. Marie-Alexandrine Rameau sur-\nvécut a son mari d'un peu plus de 7 ans ; elle rentra dans le Comtat et\nmourut a Mazan le 18 février 18084. '\nLe portrait que nous joignons à cet article et dont nous devons li\nphotographie à l'extrême obligeance de M. Belleudy, nous fait voir e'„\nGaultier un homme d'assez grand air et de teint coloré ; revêtu de\nuniforme des mousquetaires de la î™ compagnie, Gaultier porte la sou.\nbreveste bleue doublée de rouge et garnie d'un double bordé d'argent que\ndécrit 1 Etat militaire de la France de 1765. On aperçoit même, au milieu\nde la poitrine, une partie de \" la croix blanche avec quatre fleurs de lus\naux branches ornées de flammes \" qui décorait cette brillante tenue.\nG est un pastel d une bonne facture et dont l'authenticité ne saurait être\nmise en doute, car il n'a jamais quitté la famille Gaultier depuis l'époque\nou Mane-Alexandrine Rameau est venue mourir à Mazan. Il appartient\nactuellement a M. Aimé-Marie-Félix Baudet, propriétaire au quartier\nde Terraud, en Mazan, qui n'est autre que l'arriére petit-fils du\nmousquetaire.\n, . .Et.' e\" ,effet' André-Claude-Louis-Marie de Gaultier, l'aîné des fils\nde Mane-Alexandrine Rameau, épousa le 18 floréal an XIII, à Venasque\n(Vaucluse), une demoiselle Marie-Angélique-Reine Mourre St. Martin.'\nIJe ce mariage naquirent deux filles :\n\nlwture à'S Blayne' * é,é P« «■*\" àla suite tm\n* Erreur, c est le 31 mars que naquit Gaultier.\n4 r^tCT^\\Ven^Ue,(ya\"duSe) Acte de mariase d'André Claude Louis-Marie de Gaultier\nGreffe du Tribunal civil de Carpentras. Décès de 1808.\n5 Etat civil de Venasque. (Vaucluse),"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.27", "texte": "RAMEAU ET SON GENDRE\n23\n\ni° François-Alexandrine-Adèle, morte à Mazan, le 23 mai 1889,\ncélibataire.\n20 Marie-Françoise-Cécile-Amable, mariée le 9 février 1832 à\nFrançois-Félix-Joseph Baudet de Mazan. Cette union fut particulière-\nment féconde, puisque l'arrière-petite fille de Rameau donna a son mari\n9 enfants, dont M. Aimé-Marie-Félix Baudet, célibataire, né le 25\nnovembre 1S 3 6 et détenteur du portrait de François-Marie de Gaultier,\ncomme aîné des enfants mâles issus du mariage Baudet-Gaultier. M.\nBaudet, de Terraud, a donc pour bisaïeul le grand Rameau.\nLionel de La Laurencie."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.28", "texte": "LE CONCERT CLASSIQUE ORIENTAL\n\nPour l'européen qui n'a pas franchi les frontières de son pays natal,\ncomme pour celui qui a parcouru ou habité l'Orient, cette simple étude\nsur le Concert classique Oriental aura tout l'intérêt d'une véritable révé-\nlation.\nLa musique orientale est d'ordinaire très mal connue, attendu qu'il\nest extrêmement difficile pour un étranger de pénétrer dans le home sacré\nd'un musulman, et ensuite, par la raison jusque là péremptoire, que sous\nle trop long et dur régime de l'ex sultan Abdul-Hamid II, le retrait absolu\ndu droit de réunion privée avait coupé court à toute manifestation d'art\nmusical symphonique dans l'intérieur des belles résidences des princes et\ndes nobles Ottomans.\nA côté de la musique de la rue et des cafénés qui se perd dans le\nbruit sourd des tams-tams, il en est une autre dont les maîtres et les\nartistes ont conservé jalousement le secret, musique faite de charme et de\npoesie intense, par laquelle se révèle l'âme d'un peuple à l'imagination\nenfantine et tendre, sur laquelle la beauté des choses agit fortement,\net qui sait rendre ses impressions d'une façon spontanée et personnelle.\nAu premier abord, cette musique a toute l'étrangeté d'une langue\ninconnue, il faut savoir l'écouter, la comprendre, son charme vous pénètre"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.29", "texte": "LE CONCERT ORIENTAL\n2Ç\n\nbientôt et vous l'aimez pour toutes les sensations insoupçonnées et véri-\ntablement exquises qu'elle vous procure.\nLa contexture du discours musical des orientaux est d'un genre tout\nparticulier et d'une parfaite régularité mélodique et rythmique. Il n'est\npas besoin d'une grande attention pour voir comment les divers membres\nde phrase dont la réunion constitue la mélopée, sont exactement mesurés\nsur les divisions logiques des propositions, comme ils en suivent les élans\net les repos, les répétitions ou les alternances. En même temps, le souci\ndu compositeur de traduire fidèlement les sentiments poétiques de son\ntexte n'apparaît pas moins évident. Qui nous dira les secrets de son art ?\nJe ne crains pas de le déclarer ici : il n'en est pas à certains égards, de plus\nsavant.\nSuivant le système antique, les périodes se développent généralement\ndans l'espace d'une quarte ou d'une quinte avec répétitions à la quarte ou\nquinte supérieures. Jamais de sauts brusques d'octave au cours d'une même\nphrase mélodique, jamais de changements criards d'une tonalité en une\nautre fort éloignée, nul ne saurait ménager les transitions avec plus d'in-\ngéniosité et d'adresse.\nPour donner à la mélodie le dessin, la couleur, cet accent d'expression\npassionnée qui la caractérise, le compositeur a fréquemment recours aux\nchangements de rythmes, aux métaboles de modes et de tons en suivant\noour son choix, les idées toujours en cours, et très fondées du reste, sur\nes effets et les sentiments que chacun d'eux serait particulièrement apte\nà produire. Ajoutez à cela, les vocalises nouvelles, les cadences tradition-\nnelles, les formules de convention mises en vogue par les grands maîtres,\nformules que personne ne discute et qui paraissent au contraire, centupler\nl'effet et la valeur expressive.\nAu point de vue de la mélopée, la musique orientale est plutôt\nsystaltique que diastaltique. Elle excelle à exprimer les passions tendres et\naffectueuses, les passions tristes et capables de \" resserrer le cœur ' au\nsens où les grecs entendaient cette expression, et rarement a 1 épanouir en\nexcitant la joie, le courage, la magnanimité, les grands sentiments. Elle\nconvient aux pensées amoureuses et mystiques, aux plaintes, aux regrets\net aux expressions de même nature ; les sujets tragiques ou héroïques lui\nsont interdits.\nCe qui rend cette musique supérieurement expressive dans le domaine\nqu'elle s'est choisie, c'est qu'elle a conservé son accent oral et maintenu la"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.30", "texte": "26\nS. I. M.\n\njustesse des rapports harmoniques des sons. Un oriental sera toujour\nchoqué par nos consonnances où les proportions naturelles sont altérée;\nLe piano le mieux accordé à notre gré, lui paraîtra toujours faux, l'har\nmonie de nos fanfares n'est pour lui qu'un grand bruit.\nLe choix et la nature des instruments symphoniques des orientaux\nsont parfaitement en rapport avec le genre de musique exécuté. La flûte\nde roseau ou néï\\ 1 tendre et mystique, le violon dont la voix variée comme\ncelle du rossignol sait tous les secrets chemins du cœur, pour les\nfrémissements de la colère et l'emportement des passions violentes, le\ngai et sautillant, le tambour aux sons également harmonieux et métalliques\nles te/s, les Koudoums et les mazlars qui marquent non pas la mesure\nmonotone, mais les rythmes irrémissibles et variés qui servent de guide aux\naccents du chant.2\nL'absence d'harmonie au sens que nous donnons à ce mot, permet\nl'emploi ordinaire de mouvements très vifs. A part l'Oude qui exécute le\nchant par antiphonie à l'octave inférieure, tous les instruments jouent à\nl'unisson, avec cette particularité, que chaque musicien se donne libre\ncarrière pour agrémenter le dessin mélodique de savantes et délicates\nfioritures qui en sont le coloris.\nJe dois la musique du concert classique oriental dont j'entreprends\nici la publication, à la parfaite obligeance de mon ami et célèbre musicien\nturc Raouf Yecta bey. Pour éviter toute complication typographique, j'ai\nomis, les passages en térérems exceptés, le texte poétique persan de ces com-\npositions symphoniques, me contentant d'en donner une traduction littérale\net syllabique.\nLe présent concert est composé dans le mode Neva et ses tons relatifs.\nL'ambitus du mode Néva est le suivant :\n\nCf. notre article sur le Neï : Bulletin français de la S. I. Avril 1900 pp. 334-363.\n*ra musique orientale est comme celle des anciens grecs une musique rythmique alors que la nôtre est\nessentiellement métrique ; ce que nous appelons rythme n'est en effet, que la perception d'un mètre musical qui\nreste à notre insu un véritable principe de monotonie. Pour l'étude des rythmes de la musique orientale cf. mes\narticles sur la matière : Revue Musicale i#r Août, ier Sept. 1906."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.31", "texte": "LE CONCERT ORIENTAL\n27\n\nLa forme classique de la symphonie orientale comprend neuf mor-\nceaux :\n1. Le Taksim 4. Les Murabba 7. Les charké\n2. Le Péchrev5. Le Naki8.\n3. Le Kiâr 6. LïAghir Sémaï 9. Le Péchrev sémaï\nLe TaKsim.\nLe taksim est une espèce d'impromptu musical de fantaisie affranchi\nde toute mesure et de tout rythme avec lequel, par une musique douce\net affectueuse, on dispose l'oreille et le cœur à l'émotion. Le caractère\nparticulier de ce morceau étant d'être une improvisation sur le mode\nfondamental du concert avec métaboles obligées dans les tons relatifs, il ne\npeut manquer d'attirer de ce chef, l'attention des auditeurs orientaux qui\njugent par là du genre, du goût et du degré d'habileté de l'artiste. Aussi\nbien, est-il de règle de confier l'exécution du taksim au premier musicien,\nles autres instrumentistes l'accompagnent discrètement en faisant des\ntenues.\nLe Péchrev.\nLe Péchrev est une sorte d'ouverture instrumentale où sont marqués\nd'une manière plus positive, les sons caractéristiques du mode fondamental\ndu concert, les tons relatifs dans lesquels il sera permis de moduler, ainsi\nque les transitions propres à cet effet.\nLe péchrev produit en tête de notre concert oriental est du musicien\nZéqui Mehmed Aga, premier joueur de tambour du Sultan Mahmoud II.\nElève du célèbre joueur de tambour le juif Isac, il enseigna lui-même le\njeu de cet instrument au Sultan Selim III, le sultan musicien, alors qu il\nn'était que prince du sang. Il eut pour fils le célèbre compositeur de\npéchrevs Osman bey.\nPÉCHEREV.\nRythme Dévri-Kébir\nMusique de MEHMED AGA\nlf'-r Joueur de tambour du Sult an MAHMOUD II-"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.32", "texte": "28\nS. I. M.\n\nLe Kiâr.\nCe mot persan signifie travail, et désigne un morceau de longue\nhaleine et pratiquement fort difficile.\nLa plupart des Kiârs ont été composés par Abd-el-Kader et les\nanciens auteurs. Le mouvement de ces pièces symphoniques est générale-"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.33", "texte": "LE CONCERT ORIENTAL\n29\n\nment moderato, cependant quelques unes d'entre elles, d'un mouvement,\nrapide sont des plus goûtées.\nLa musique des Kiârs est ordinairement composée sur des poésies\nerotiques ou de philosophie mystique, voire sur des éloges poétiques du\nprophète et des membres de sa famille. Les Kiârs de ce dernier genre sont\nles plus anciens.\nLa poésie du Kiâr que nous publions ici est la célèbre chanson du\nrossignol et delà rose du poète persan Hafiz Chirazi mort en 791 ou\n794 de l'Egire à Chiraz. Son Divan ou recueil de poésies, est considéré\ncomme le chef d'œuvre de la poésie persane. La musique de ce Kiâr\nmodèle du genre, est du célèbre Itri, un des plus grands compositeurs de\nmusique turque. Il vivait sous le règne du sultan Mahmoud IV qui l'avait\nen prédilection. Cet illustre musicien avait dit-on, une voix assez ordinaire\nmais sa grande virtuosité lui attirait nombre d'admirateurs. Itri composa\nplus de mille morceaux, mais étant donné le défaut de notation chez les\nOrientaux, c'est tout au plus si la tradition à pu sur ce nombre, en con-\nserver une dizaine qu'il serait temps de recueillir.\nKIAR.\n\nI) Les exclamations entre parenthèse ne font pas partie du texte poétique; elles sont le fait du\nmusicien."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.34", "texte": "30\nS. I. M."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.35", "texte": "LE CONCERT ORIENTAL\n31"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.36", "texte": "32\nS. I. M.\n\n+4\n<D Le compedteur fTR] intewjate ici par par fcmtaisie un vers emprunté à une autre pièce\npoétique d>HAFIZ CHIRAZI r"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.37", "texte": "Carnaval de Schumann “Les papillons”\nEsquisse par Mademoiselle P. C. Smith."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.38", "texte": "LE CONCERT ORIENTAL\n33\n\nLes Murahba.\nMurabbà signifie quatre. Le Murabba est également dit besté : composé.\nIl se compose d'un quatrain dont la musique des Ier 2e et 4e vers est iden-\ntique. Le troisième vers est appelé <£Meyan le à cause de sa situation ;\nil se chante sur la corde la plus élevée du mode. En bonne règle, il doit\ny avoir deux murabba dans un concert classique.\nLe icr murabba de notre concert est du célèbre Itrt, le second, de\nDédé Ismaïl effendi.Né à Constantinople en 1196 de l'Egire. Dédé Ismaïl\n\n3"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.39", "texte": "34\nS. I. M.\n\nentra en 1214 dans le téké,couvent de Mevévis ou derviches tourneu:\nde Yeni Kapou, où il eut pour maître de musique le supérieur même J\ntéké: Ali Nantki effendi. Le Sultan Selim III ayant eu la curiosité\nl'entendre, le manda près de lui et récompensa son talent. Dans la suite,lt\nSultan Mahmoud II le nomma Ier Muezzin de sa mosquée. Dédé Ismaï\nest un des musiciens turcs dont la tradition a conserve le plus de cou.\npositions. Il mourut à la Mecque en cours de pelerinage en 1261.\nPREMIER MURABBA.\nMusique 4e ITRI\n\nf2)Djem; sekah de Perse légendaire, possédait une ccrape magique ornée de pierres précieuses\ndans laquelle le genre humain sa réllétait tout entier comme en un miroir. J"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.40", "texte": "LE CONCERT ORIENTAL\n35"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.41", "texte": "36\nS. I. M.\n\nSECOND MURABBA.\n\n(l)OULVI est un nom de guerre adopté par quatre poètes ottomans du Xe; siècle. J'ignore quel est\njcelui de ces personnages auquel il faut attribuer la présente poésie ."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.42", "texte": "LE CONCERT ORIENTAL\n37\n\nLe Nakich.\nCe mot persan signifie ornement et désigne une ancienne composition\nde moyenne étendue, chargée de mélismes dits équivalant aux\ntra-la-la, de nos chansons populaires.\nRégulièrement, le nakich est intercallé entre les deux murabba dans\nun concert classique.\nLe nakich reproduit dans notre concert est une composition moderne\nde Raouf Tecta bey sur une poésie de Hafiz Chirazi.\nNAKISCH."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.43", "texte": "38\nS. I. M."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.44", "texte": "LE CONCERT ORIENTAL\n39\n\nL'Aghir Sémaï.\nLes sémaï sont des pièces de la symphonie orientale d'un caractère\nplus ou moins lent. <tAghir sémaï signifie sémaï lent ; il se compose ordi-\nnairement dans les mesures 10/4 et 6/4.\nL'Aghir Aksak sémaï du présent concert est de effendi.\nAGHIR SÉMAI.\nMusique de BEDE IMAIL EFFENDI"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.45", "texte": "40\nS, I. M.\n\nLes CharKi.\nLes charkisont des chansons d un rythme court cju on intercale i\nvolonté, entre l'Aghir sémaï et le Yuruk semai. Nous ne donnerons ici\nqu'une seule de ces pièces, composition de Raouf Tecta bey.\nCHARKI.\nRythme SENGUIN SÉMAÏ (J=6o)\nMusiqu*» de RàQUF YECTA BEY.\n\nMï 7 p roman deMEDJNOUN et deLEILA est a ce p\n/ait un point d'honneur drle prendre au moins ■une"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.46", "texte": "LE CONCERT ORIENTAL\n41\n\nLe Yuruli sémaï.\nGenre de Sémaï lent au commencement accéléré au milieu puis\nralenti à la fin. Celui qui figure dans notre concert, est de\nYURUK SÉMAI.\nRythme YCRUK SEMAI (J = 96)\nMusique de DÉDÉ IMAIL EFFENDI"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.47", "texte": "42\nS. I. M.\n\nLe Péchrev sémaï.\n■ , P\nMorceau final du concert classique oriental exécuté >par lesirinstru\nments seuls. En bonne règle, cette pièce reproduit en les agrémentant è\nnouvelles broderies, les principaux motifs du Péchrev initial ; elle s'écrr\ndans la mesure 10/8.\nLe péchrev qui termine notre présent concert est une composition è\nmon ami Raouf Tecta bey à qui je dois tout le mérite de la présente étude\nPÉCHEREY SÉ M AI.\nMusique de RAOUF YECTA BEY"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.48", "texte": "LE CONCERT ORIENTAL\n43\n\nJe me plais à espérer que la publication de ce concert classique\nOttoman attirera l'attention des amateurs de musique exotique et de\nvrai musicien, non pas tant par la richesse des motifs mélodiques qu il\nrenferme, que par le jeu des rythmes et des tonalités qui s y manifestent.\nIl ne faut pas l'oublier, la musique orientale est comme la nôtre, fille de\nla musique grecque. Si la polyphonie a prive durant de longs siècles 1 art\noccidental de ses rythmes originaux et de ses tonalités fondamentales, la\nloi qui préside à son évolution le ramènera tôt ou tard, a son point de\ndépart et au respect légitime des lois naturelles de 1 acoustique.\n\nR. P. Thibaut."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.49", "texte": "“VISUALISED MUSIC”\nDE MISS PAMELA COLMAN SMITH.\n\nDans son admirable étude sur Richard Wagner, Charles Baudelaire\na écrit ceci : \" Ce qui serait surprenant c'est que le son ne put m\n\" suggérer la couleur, que les couleurs ne pussent pas donner l'idée d'une\n\" mélodie et que les sons et la couleur fussent impropres à traduire de\n44 idées : les choses s'étant toujours exprimées par une analogie réciproque\n\" depuis le jour où Dieu a proféré le monde comme une complexée:\n\" indivisible totalité Et c'est bien l'impression que l'on éprouve quanc\non a vu les esquisses de Miss Smith, ses cahiers de notations picturales et\nqu'elle appelle de \" la musique visualisée\nElle entend de la musique, pièce symphonique ou pièce de piano e:\npour elle aussitôt l'impression sonore se transforme en une expressior\ngraphique. Je l'ai vue au concert, ou dans le coin d'un salon où l'or,\nfaisait de la musique, ramassée sur elle-même son carnet sur les genoux,\nle pinceau de sépia à la main, écoutant l'œuvre, suivant le rythme,\net souriante, sans hâte, comme si elle avait le temps de noter son impres-\nsion et en quelques instants, le temps d'une vingtaine de mesure, la\nfeuille balafrée, carressée, effleurée présente une de ces esquisses variées,\ncomme l'une de cette série charmante d'après le Carnaval de Schumann,\ncomme celles d'après le Chant de la Terre de Séverac, la Vallée de\nCloches de Ravel, les Images ou les Estampes de Debussy ou comme\ncelles d'après la symphonie du Nouveau Monde de Dvorak, Yut mineur,\nou Yhéroïque de Beethoven, les pièces de Bach, Scarlatti, Purcel, Byrd."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.50", "texte": "S. I. M.\n45\n\nVoici au reste comment Miss Pamela Colman Smith s'exprime\ntouchant ces impressions en une \"Note\" que je traduis aussi identique-\nment que possible :\n\" Ce ne sont pas là des représentations d'un thème musical ou de notes furtives, non plus\nque des illustrations conscientes du titre donné à un morceau de musique, mais ce qu'il m'en\nsemble lorsque j'entends de la musique, des pensées éveillées et libérées à l'appel des sonorités.\nJe les note rapidement, parfois elles sont si étranges que je m'en étonne au fur et à\nmesure de leur apparition. Une vitalité subconsciente les anime.\nQuand je prends mon pinceau et que la musique commence c'est comme si j'ouvrais une\nporte sur un pays merveilleux. Là s'offrent largement à ma vue des plaines, des montagnes et\nune mer houleuse et lorsque la musique forme un filet sonore, les personnages qui habitent ces\ncontrées entrent en scène : majestueuses Reines aux gestes lents couronnées de joyaux et de\nriches parures gaies ou tristes qui gravissent la montagne ou se tiennent sur le rivage pour\ncontempler les hôtes de l'eau. Ceux-ci, calmes s'inclinent ou s'évanouissent bientôt, ils agitent\nles embruns, et se courbant, plongent dans les profondeurs. Ce sont aussi les habitants de\nla grande plaine : ils sont de pierre et immobiles.\nLes arbres, qui sommeillent jusqu'à ce qu'un elfe, d'une baguette magique, éveille à la vie\nle feuillage.\nJe vois souvent des tours, blanches et hautes, dressées contre le ciel qui s'assombrit.\nCes hautes et blanches tours qu'on voit au loin\nCouronnant la cime des monts comme d'une couronne de neige\nLeur silence est si lourdement suspendu dans l'air\nQue la pensée suffoque.\nUne multitude en désordre, portant des lances, et qui traverse la scène en toute hâte.\nLes couchers de soleil qui s'amoindrissent du rose au gris et des nuages que le vent chasse à\ntravers le ciel.\nLongtemps le paysage que suscitait en moi Beethoven demeura désert, collines, plaines,\ntours en ruines, églises au bord de la mer. Puis j'aperçus au loin une petite compagnie de\nporte-lances, traversant à cheval la plaine. Maintenant la mer retentissante est forte du sel des\nembruns cinglants, et pleine d'une vie essentielle ; et voici les cavaliers des vagues et la Reine\ndes marées qui porte en sa main la lune nacrée, et voici l'écume étincelant sur la vague\ncouleur d'encre. Souvent, en entendant Bach, j'entends sonner des cloches dans le ciel,\nagitées par des cordes tournoyant aux mains de jeunes filles vêtues de robes brunes ; et c'est\nune fraîcheur rare comme une matinée sur la montagne en des brumes opalines qui se pour-\nsuivent.\nChopin conduit la nuit : des jardins, où le mystère et la crainte sont embusqués en tous\nles buissons, mais la joie et la passion palpitent dans l'air, et la froide lune contemple la scène.\nIl y a un jardin que je vois souvent, en un clair de lune brillant sur les feuilles de la vigne, et\nsur les roses mourantes, dont les pâles pétales s'effeuillent, il y a de grands arbres, vagues, un\nciel empourpré, et des amants qui se promènent. J'ai montré à plusieurs personnes un croquis\nde ce jardin, en leur demandant de jouer la musique d'après laquelle je l'avais destinée. Toutes\nsans hésitation, jouèrent la même pièce. Je n'en sais plus le nom, mais je sais bien quelle est\nla musique de ce paysage \".\nQu'on n'aille point croire que Miss Colman Smith est une inspirée,\nsans culture, et sans technique, une \" extralucide \" de la peinture ou de"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.51", "texte": "4-6\nVISUALISED MUSIC\n\nla musique : à côté de son œuvre \" musicale \" Miss Smith a témoigné\ndans des publications anglaises et américaines d'une imagination et d'une\ntechnique également sûres et séduisantes. Là son art respire une \" ironie\ncordiale \" si je puis ainsi dire, un \" humour \" sans mélancolie, une gaieté\nqui marque une joie de vivre, une nature expansive jusque dans la gravité\nqui se dégage de sa \" visualised music\nAu reste c'est en toute simplicité qu'elle parle de son art et de ses\ninterprétations de la musique : le contraire lui semblerait \" surprenant \"\ncomme le disait Baudelaire : tantôt c'est une idée qui la hante et qu'elle\nexprime graphiquement en un symbolisme concentré et pourtant simple,\ntantôt c'est l'évocation on croirait simplement matérielle d'un\npaysage qui lui suffit pour transcrire son impression et pour la prolonger\nà nos yeux. Mais toujours c'est la même simplicité de moyens et la\nmarque d'une émotion profonde ou d'une sensation rythmique qui ne l'est\npas moins.\nHenri de Régnier a noté touchant Stéphane Mallarmé :\n\" Il suivait le crayon levé, l'arabesque multiple de la symphonie, et\n\" notait, sur un papier, sa réponse, peut-être à la voix universelle qu'est\n\" la musique. Puis le morceau fini, le feuillet s'éclipsait jusqu'à ce que la\n\" reprise du concert autorisât ce même usage mystérieux \"\nQue notait ainsi Mallarmé ? Nul ne l'a su exactement mais pour ce\nprodigieux harmoniste du verbe, la phrase sonore s'exprimait en paroles:\na nature de Miss Smith est de la même famille et il n'est pas excessif\nd'approcher du nom vénéré de Mallarmé, celui d'une artiste qui goûte\navidement les plus purs lyriques de sa race, qui a donné du grand poète\nirlandais W. B. Yeats un portrait révélateur et qui peut provoquer dans\nses esquisses chez tous ceux qui aiment la musique des impressions\ndélicates et des voluptés sereines.\n\nG. Jean-Aubry."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.52", "texte": "Dans un intéressant article paru ici même le 15 octobre 1910\nM. Michel Brenet a essayé de retrouver les plus anciens exemples de\nl'emploi du crescendo en France. Sans doute les partitions sont en général\ndépourvues de tout signe dynamique, mais il est évident qu'on s'inquié-\ntait fort de pareilles nuances, à une époque où le goût recherchait avant\ntout l'expression, et que la chose existait sans conteste. Mais il y a plus,\nle mot lui même se rencontre dès 1752 dans une œuvre qui n'est pas sans\nimportance : le premier trio de Gossec '.\n8 x iLa partie de premier violon porte en effet à la 27e mesure de l'allé-\ngro«initial la mention suivante :\nO &\nLe mot même se trouve confirmé par l'allure de la phrase musicale :\nle crescendo porte sur trois mesures ; suit un decrescendo fort net, quoi-\nque non indiqué, à la quatrième mesure. Le fait que Gossec connaissait\nle crescendo en 1752 l'année où M. Brenet le signale dans le Te Deum\nde Calvière est assez significatif dans la querelle qui se livre actuelle-\nment autour des origines de la dynamique musicale. Si Gossec, encore\ntrès jeune 2, a employé le terme même de crescendo, c'est qu'il en avait\nvu des exemples autour de lui, c'est que la chose avait été pratiquée avant\nle séjour de Stamitz, c'est qu'enfin la musique française n'avait rien à\napprendre sous ce rapport de l'école de Mannheim.\nIl serait intéressant de noter les influences que Gossec avait pu subir à\nParis ; il paraît certain qu'en 1752 il était violoniste 3 dans l'orchestre de\n\n1 Sei Sonate a due Violini e Basso, composte del Francisco Gosséi di Anversa. op. i. (Paris. Le Clerc)\nBibl. Nat. Vmy. 1241.\n2 II était né en 1734 et arrivé à Paris en 1751.\n3 Choron et Fayolle : Dictionnaire historique des musiciens. I. 283-284."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.53", "texte": "A PROPOS DU CRESCENDO\nGeorges Cucuel.\n\n48\n\nLa Poupelinière, mais non directeur de cet orchestre, dont il ne prit la\ntête qu'après le séjour de Stamitz chez le fermier général. En dehors des\nsouvenirs contemporains, aucun document ne mentionne Gossec dans ce\nmilieu avant 1760 ; nous savons que le 31 juillet 1760 le curé de Passv\nfit condamner par défaut Gossec à une amende de 34 livres dix sols et\naux dépens. Les causes ne sont pas énoncées, mais La Poupelinière est\n\"réputé débiteur des dites sommes1.\" Toute la jeunesse de Gossec pré-\nsente encore bien des points obscurs et nous y reviendrons ultérieurement.\nL'analyse de ces trios d'une inspiration assez sèche d'ailleurs\nmontrerait le fréquent usage de ces Forte et de ces Piano en contraste,\nqui nous est présenté comme l'une des \" manières \" caractéristiques de\nl'école de Mannheim. On en trouvera surtout la preuve dans le double\nmenuet du second trio. Ce n'est donc pas en Allemagne, mais en France\nou en Italie que Gossec débutant aura rencontré ses modèles2.\nIl est probable que de nouveaux exemples contemporains ou même\nantérieurs du crescendo en France nous seront bientôt révélés. Ainsi\ns'accumuleront peu à peu les arguments en faveur de l'ancienne musique\nsymphonique française qui a sa vie réelle et qui porte en elle même assez\nd'armes pour répondre à touss.\n\n1 Arch. Nat. Prévoté de Passy Z2 3862.\n2 Kamienski : Mannheim und Italien. Sammelbânde der I. M. G. 1908-1909. 307-317.\n3 Le terme de Crescendo, sinon la nuance elle même, n'a été employé par Gossec que dans le premier\ndes six trios, et dans ce trio que dans la partie de premier violon, ce qui s'explique bien, si l'on considère le rôle\nprépondérant de cet instrument qui était celui de Gossec."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.54", "texte": "GUILMANT (Alexandre).\nV orgue desXVl\\ XVII avec la collaborat\nles notices biographiques de ANDRÉ PIRRO. (Meudon, chez l'auteur,\n10 vol. in fol.)\nIl est souvent question ici même, et dans les travaux de\nchacun de nous de ces Denkmaeler qui font la gloire de l'Alle-\nmagne musicale, et dont les grands volumes viennent chaque\nannée se ranger docilement sur les rayons de nos bibliothèques.\nLà, il est vrai, ils se couvrent parfois de poussière et le lecteur les\nvénère peut-être autant, sinon plus qu'il ne les consulte. Mais\ncependant ces imposantes collections, dont MM. Breitkopf et\nHaertel supportent le poids, rendent les plus éminents services à\nla cause de l'érudition et servent aussi indirectement la pratique\nde nos concerts. Ni Bach, ni Haendel, pour ne citer que ceux-là\nn'auraient pris pied si aisément dans notre vie musicale, sans les\n150 volumes (environ quatre mètres cubes de papier) que repré-\nsentent les éditions complètes de leurs œuvres.\nMais, nous aussi, en France, nous avons nos\nSeulement il nous manque un Breitkopf pour les mettre en\nœuvre et les multiplier avec méthode. MM. Durand ont fait avec\nRameau une expérience dont chacun leur sait gré, mais qui ne semble pas devoir se renouveler\nsitôt. Un autre éditeur parisien (ne le nommons pas, il déteste la réclame) eut jadis la bonne\nfortune de trouver en notre collègue Henry Expert un amoureux du XVIe, et l'honneur\nd'éditer sans frais cette merveilleuse Collection des Cette tentative\n1 intéressa si peu qu'à peine son existence était-elle connue des employés de sa maison ! Çà et\nlà s'annoncent les amorces timides de collections musicologiques, mais elles ne servent guère\nqu'à démontrer, dans notre librairie musicale, l'absence de propagande efficace.\nIl est cependant une œuvre qui se poursuit, sans le secours d'aucun éditeur, et grâce à la\ncollaboration de deux maîtres de la bonne musique. C'est l'Archive de l'Orgue rédigée par\nMM. A. Guilmant et A. Pirro, deux de nos plus éminents collègues. Depuis quinze ans,\nprès de trois mille pages infolio, formant dix gros volumes, ont peu à peu vu le jour, à Meudon\nchez M. Guilmant lui même, et forment un véritable monument élevé à la gloire de la\nmusique. Aujourd'hui, où tout se sait, il peut sembler incroyable qu'un pareil édifice ne soit\npas mieux et plus universellement connu. Cela tient d'abord à la modestie des auteurs, puis\naussi à ce fait que l'orgue est un instrument spécialisé, dont peu de musiciens ont la pratique et\npeu d'amateurs la jouissance. L'imagination du profane est alarmée à l'idée de se plonger dans\nles archives de nos vieux maîtres.\n\n4"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.55", "texte": "50\nS. I. M.\n\nCes craintes sont vaines. Ce que nous découvrons, dans ces quelques centaines de pièCes\nde clavier, c'est le meilleur de notre effort instrumental et harmonique français de 1600 J\n1750 environ. Certes le vieux Tite/ouze(1623) chimérique et idéaliste, est bien de son temps\net le Liber Frat. Crue.de la Bibliothèque de Liège ne saurait en aucune façon se comparer à\nla Valse Mignonne. Mais notre siècle, où règne l'austérité musicale sous la forme sonate, où la\nreligiosité a élu domicile au sein de la musique de concert, est bien fait pour s'intéresser à ce»\nfugues, à ces hymnes et magnificats, à ces fantaisies. Il est capable de tirer enseignement de\nces recherches de clavier qui ont assoupli la matière musicale pendant deux siècles. Gigault\n(1685) et de Grigny(1707) sont plus près de César Franck que de Lully. Et qui sait ce\nqu'aurait produit un Dandrieuou un Marchand s'il leur avait été permis d'ôter leur perruque!\nL'agrément de l'oreille n'est point du reste le seul en cause ici. Il y va de l'honneur de\nnos maîtres d'être connus et de l'intérêt de notre culture générale de pratiquer l'ancien. De\nce point de vue, qui est celui de la musicologie, le recueil de M. Guilmant est excellent, car\nil n'est pas une anthologie mais une suite de sans retouches, et sans autre\nsouci d'adaptation que celui de la registration moderne. Nous sommes ici vraiment sur le\nterrain de la science. Et de même la part qui revient à M. Pirro, part bio-bibliographique,\nmérite toute notre reconnaissance. Il faut avoir erré dans documentation des archives et\ndes bibliothèques pour savoir tout ce que représente d'efforts une notice comme celle qui\nprécède l'œuvre de N. Lebègue, par exemple. Tel rapprochement, qui semblera tout naturel,\ntelle identification, telle indication de source, suppose d'immenses dépouillements et en\nparticulier dans un fond jusqu'ici non catalogué, comme celui de la Bibliothèque Nationale.\nOn ne prend pas Pirro en défaut et c'est lui qui au contraire redresse à l'occasion nos erreurs,\nJe lui suis tout particulièrement obligé d'avoir signalé une mauvaise lecture dans mes Actes\nd'état civil du Châtelet. (art. Mahieux).\nUne critique cependant. Il en faut toujours. La présentation de ces volumes pourrait\nêtre un peu moins triste. Les poinçons de musique sont bien gros ! Et le lecteur, du moins\ncelui que n'est pas absolument gagné à notre cause, aimerait sans doute un air un peu plus\nengageant dans l'ensemble. Je ne formule d'ailleurs cette réserve que dans l'intérêt d'une\npublication, dont je souhaite vivement la diffusion. Et puis aussi parce que je ne sépare pas la\nbeauté formelle, la volupté plastique, de la science elle-même. Je sais qu'on m'en fait parfois\ngrief, et que je passe pour frivole aux yeux des Mais MM. Guilmant et Pirro\nne sont pas de ceux-là. Heureusement !\nJ. E.\nKINKELDEY (Otto). — Orgel und Klavier in der Musik des XVl* Jahrhunderts. (Breit-\nkopf 191 o in 8° de X + 226 + 86 pp. de musique. Mk. 8.)\nLe temps n'est pas bien éloigné ou la musique instrumentale se voyait reléguée au dernier\nrang de l'histoire, et si l'on voulait continuer aujourd'hui l'œuvre de vandalisme, qui détruisit\nau XIXe siècle une partie de la célèbre Collection Philidor, il ne serait pas impossible qu'on\ns'attaquat encore de préférence aux volumes de ce fonds qui ne portent pas de textes littéraires.\nEn tout cas un des derniers grands recueils de la musicologie, le catalogue des Mss de musique\ndu British Muséum, commencé en 1906 par le dépouillement de la musique religieuse, pour-\nsuivi en 1908 par la musique vocale profane, nous a fait attendre quatre ans la publication des\nséries instrumentales. C'est là un indice. Dans l'ordre des préséances historiques nous en sommes\nencore au protocole du moyen-âge ; nous faisons passer d'abord l'église, ensuite le théâtre, enfin\nle concert et alors seulement apparaît la musique pure, comme honteuse et humiliée.\nUne contribution à l'histoire des instruments à claviers au XVIe siècle doit donc être"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.56", "texte": "LES LIVRES\n\n51\n\nconsidérée comme un véritable service rendu nos études. Nous avons grand besoin de replacer\nla musique instrumentale à son rang, de montrer qu'elle n'est pas un laissé pour compte des\ngrand maîtres, mais un agent de perpétuelle rénovation de l'énergie sonore. M. Kinkeldey, qui\nfait honneur à l'école musicologique de Berlin, nous montre comment au XVIe siècle l'instru-\nment à clavier s'était déjà suffisamment perfectionné pour se trouver au premier plan de la vie\nmusicale. Nous voyons son état, son rôle dans la pédagogie, dans l'art, et enfin les résultats de\nson activité sur l'évolution de la musique elle même.\nDepuis Virdung (1511) jusqu'à Cerone (1613), depuis Ramis de Pereia (1482) jusqu'à\nPraetorius (1618), les théoriciens mis à contribution par M. K. nous indiquent l'emploi des\ninstruments à clavier, orgue, clavicorde, clavecin, comme un fait établi avec lequel le musicien\ndoit compter. Et ce sont les Espagnols qui les premiers coordonnent en doctrine l'enseignement\ndevenu nécessaire à la pratique de ces instruments. Juan Bermudo dans sa Declaracion de\ninstrumentes musicales de 1549, et Sancta Maria dans son Arte de taner Fantasia de 1565 se\nmontrent des maîtres tout à fait étonnants de précision. Ils conduisent l'élève depuis les premiers\nrudiments du doigté et des exercices jusqu'à l'improvisation et à la lecture à vue des œuvres\npolyphoniques publiées en parties séparées. Il faut bien avouer que l'effort demandé par un\nmaître claveciniste du XVIe à un élève du cours supérieur surprendrait nos modernes pianistes,\ns'ils avaient par exemple à réaliser avec leur dix doigts séance tenante les parties d'une piece de\nJosquin. Car, la tablature et la mise en partition étaient considérées par ces maîtres comme un\nartifice enfantin, tout au plus bon pour les commençants.\nDe toutes ces disciplines auxquelles était soumis l'élève, durant les dix ou quinze ans\nnécessaires à son apprentissage, une des plus nécessaires était celle des ornements. On ne\nsaurait trop remarquer à notre époque l'extrême importance de l'ornement dans la musique\nancienne et nous renvoyons les sceptiques au livre de M. K. Ils y verront ce qu'on entendait,\nmême avant les XVIe par une exécution à l'orgue ou au luth et comment les maîtres les plus\nfameux, dès qu'ils écrivaient pour un soliste, habillaient leurs œuvres les plus severes sous des\ncouleurs à la mode, qui nous stupéfient aujourd'hui. C'est un fait. Rendre une œuvre apte aux\nexécutants du clavier, des cordes ou de la voix, c'était faire subir a cette œuvre une transfor-\nmation qui la rendit bigarrée, frétillante et comme taillée a facette. Et cela est aussi bien\naccepté par un contemporain de Dufay comme Squarcialupi (1450), par un admirateur de\nMorales ou de Willaert comme Sancta Maria (155°) (lue Par un r^ de Palestrina comme\nMerulo, ou comme de Buus. Dans notre appréciation de la musique ancienne nous sommes\nbien souvent victime des textes que nous ne savons plus interpréter, et qui se présentent a nous\ncomme des cadavres. M. K. a le mérite de nous replacer en pleine pratique instrumentale et\nen pleine vie sonore.\nLe rôle du clavier dans la musique d'intimité et même dans la musique de grandes fetes\nétait considérable au XVIe siècle. Le tableau que nous trace M. K.. en s appuyant sur les\nrécits officiels, sur les correspondances d'ambassadeurs (particulièrement vénitiens) et sur quel-\nques correspondances allemandes retrouvées est tout à fait curieux. V oir notament les lettres\nd'un jeune étudiant Nurenbergeois à Leipzig (15 5 5) raconte les progrès de son instruction\nsur le clavicorde et ses leçons de chant. Ce sont là d'excellentes pièces à conviction. Les\ngrandes descriptions de divertissements princiers nous montrent les instruments d harmonie\ndans leurs rapports avec les instruments monodiques. Et la aussi nous avons beaucoup a\napprendre, car nous allons à l'aveuglette dans nos restitutions d'orchestres nous\nlaissons guider par un sentiment tout arbitraire des valeurs instrumentales. Et meme parfois\n(faut-il le dire) nous opposons ce sentiment à la vérité même du document, nous parions pour\nnous mêmes contre les anciens. Ce qui n'est guère raisonnable."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.57", "texte": "52\nS. I. M.\n\nCroyons plutôt un Praetorius qui nous dit merveille d'une exécution d'un\nde Jacques de Wert exécuté par 2 enfants, i mezzo, 2 théorbes, 2 luths, 2 cistres, 4 clavecins,\n7 violes de gambe, de 2 flûtes traversières, et une contrebasse. Ou bien encore G. Cini (1565)\nqui dans l'intermède d'un drame laisse concerter : quatre clavecins, quatre violes, deux\ntrombones, deux flûtes ténors, un cornet, une flûte traversière et deux luths. Prêtons aussi\nattention aux fêtes musicales organisées par Roland de Lassus lors des noces du duc Guillaume V\nde Bavière à Munich en 1568. C'est là comme un résumé de ce que le concert pouvait offrir\nau dilettante au XVIe siècle :\nPendant le banquet la musique commença à se donner libre cours. Aux hors d'œuvres on\nentendit une Battagliad'Annibal Paduano pour trombones et cornetti alti. Puis, au premier\nservice : un motet de Lassus à six parties pour 5 cornets et deux trombones. Au second\nservice : une pièce d'Alessandro Striggio pour six grands trombones, dont la basse descendait\nune octave plus bas que les trombones ordinaires. Au troisième service des motèts à six de\nCiprien de Rore pour 6 violes. Au quatrième service des pièces à 12 d'Annibal, pour 6\nvioles, 5 trombones, 1 cornet et une régale. Au cinquième service une musique anonyme\ncomposée de 6 grandes violes de gambe, 6 flûtes, 6 voix et I clavecin. Au sixième service:\n1 clavecin, I trombone, I flûte, I luth, I cornemuse, 1 cornet, 1 gambe et 1 piffaro. Au\nseptième service : une composition où les instruments étaient divisés en trois chœurs: d'un\ncoté 4 violes de gambes, d'un autre 4 grandes flûtes, enfin une doucaine, 1 cornemuse, 1 fifre,\n1 cornet. Au dessert toute la chapelle chanta, et en outre Lassus fit entendre un petit\nensemble de chanteurs de choix. Les fêtes se poursuivirent ainsi, avec musique obligée. A\nun des repas du soir Lassus fit exécuter une œuvre à cinq de Madalena Casulana et une com-\nposition de Catharina Willaert, rendant ainsi hommage aux dames ; puis une de lui\nà six, sur six flûtes et six voix. Comme tout cela est loin de l'éternel polyphonie vocale et\ngrise qu'on nous impose dans les restitutions modernes! Comme cela chatoie et comme on sent\nla volupté de l'oreille dans ces dispositifs toujours variés, cette volupté dont on veut nous priver\naujourd'hui sous prétexte de tradition historique !\nLe livre de M. K. mériterait une étude approfondie de la part de tous ceux qui s'intéres-\nsent à la musique ancienne. (Voir en particulier le chapitre sur le Bien qu'il soit\nconçu à l'allemande, c'est à dire avec la seule préoccupation de mettre en ordre des documents,\nsans conclusion même à la fin de ses 215 pages, il forme un guide précieux pour l'érudit et\npour le curieux qui s'aventure dans ces parages. On peut le considérer comme un excellent\npoint de départ, comme un ouvrage auquel il faudra désormais se référer chaque fois qu'on\nparlera de musique instrumentale ancienne.\nJ. E.\nDAFNER (Hugo). Musikwissenschaft und Universitaet (Breitkopf in 12° de 23 pp,)\nUn professeur de l'Université de Leipzig ayant dans un moment d'abandon parlé de\n\" musicologie, chinoiserie et autres enseignements subalternes M. Dafner s'est mis à écrire\ncette brochure qui est vengeresse et dit des choses très justes. Cette petite escarmouche n'est\npas la dernière que nous aurons à subir. La musicologie se trouve dans une situation très\ndélicate. Tous ses efforts sont condamnés si elle ne parvient pas à capter la bienveillance du\nsentiment ; le musicologue travaille pour l'auditeur et l'auditeur veut jouir. C'est là une\ninfériorité aux yeux de la science désintéressée. D'autre part la musicologie, pour s'élever àla\nhauteur des autres disciplines de l'esprit s'efforce de s'en tenir à la stricte connaissance du\npassé et des faits. Par là elle mécontente l'art et les artistes, qui se moquent pas mal des faits,\nsi ces faits ne leur sont pas agréables. Des deux côtés de la barricade, il n'y a encore qu'un"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.58", "texte": "LES LIVRES\n53\n\ntrès petit public d'indépendants, assez clairvoyants pour faire un choix entre les recherches\nscientifiques et les joies auditives, entre la chimie et la cuisine. Les autres mettent au contraire\ntous leurs soins à augmenter la confusion. Pour les universitaires, nous sommes des musiciens,\npour les musiciens nous sommes des universitaires. La plaisanterie finira certainement un jour,\nlorsque ceux qui ont intérêt à la perpétuer verront clair.\nPROCEEDINGS of the musical Association de 1910 (Novello in 12° de 130 pp.)\nLes procès-verbaux de cette association qui est affiliée à la section de Londres de notre\nSociété comprennent cette année les communications suivantes : L. Nicole \"\nnastics\". F. Korbay \" Hungarian Folk-Songs\". H. C. de Lafontaine \" \".\nEdwin Evans \" French Music of To-Day \". H. Cummings \" Dr. Ame W. W. Starmer\n\" Chimes and Chime Tunes\". Southgate \" Flûte \". Nos confrères anglais apportent aiusi\ntous les ans une contribution très intéressante à l'histoire de la musique.\nTHAYER (A. W.) —L. von Beethovens Leben, zweite Auflage von Hugo Riemann.\nVol. 11. (Breitkopf 1910 io 8° de 646 pp. Mk 12).\nM. le Professeur Riemann, dont l'énergique activité apparaît à tous les coins de la\nmusicologie, a voulu cette fois mettre sur pied et en ordre le second volume de Xhayer, déjà\ntraduit en allemand par Deithers en 1871. C'est un remaniement complet, nécessité par trente\nans de travaux divers sur Beethoven, et un livre qui restera définitif pendant de longues années.\nANDRE ROUVEYRE. Phèdre, dessins de Rouveyre tirés sur bois par Vibert à\n1.000 exemplaires. (Edition du Mercure de France 1910 in-4 °, 5 Frs. —)\nAu moment où il est question de sabotage racinien, et où l'auteur de Phèdre semble\ntout prêt de se rapprocher d'Octave Mirbeau dans l'opinion publique, le livre, où plutôt, le\ncarnet illustré de M. Rouveyre fera sensation. Il n'appartient pas à la musique, mais nous\nsommes heureux de pouvoir l'annoncer ici, et nous ne pouvons mieux le juger qu'en citant\nnotre éminent confrère M. de Fourcaud, qui écrivait à propos de Rouveyre : \"ce qui carac-\ntérise, à mon avis, le talent de l'auteur, c'est sa quasi constante volonté de décomposer les\nformes suivant les lois d'une géométrie mystérieuse en rapport avec les expressions. Certaines\nde ses images se dérobent au premier regard. Pour les dépouiller et les analyser totalement, il\nfaut quelque obstination. Mais, dans le temps même où la sagacité s'exerce, le mystère de ces\ndécompositions agit et l'on entrevoit des intensions subtiles ajustées à des conformations\nparticulières éclaircies peu à peu. Les hommes, les femmes nous apparaissent ainsi, plus encore\ntels qu'ils seront demain que tels qu'ils sont aujourd'hui. On dirait que le dessinateur a le\npressentiment ou la prescience du devenir de ses modèles. Son ironie ressemble à une vue en\nprofondeur. Cet art apparaît finalement moins divertissant que propre à inspirer des reflexions\nfortes et amères. En ce point, il a je ne sais quoi de philosophique, de pessimiste et de septen-\ntrional. Mais allez donc médire d'un ironiste qui s'essaie à définir les hommes et nous laisse\nplongés en de mélancoliques pensées sur notre propre vie. \""}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.59", "texte": "54\ns. I. M.\n\nLIVRES REÇUS\nTHOMAS-SAN-GALLI (Dr.) Beeth (Munich in-8\" de 120 pp.)\nHELLOUIN (FRÉDÉRIC) et PICARD (JOSEPH). —■ Un musicien oublié : Catel\n(Fischbacher 1910 in-16 de 69 pp.)\nMAHILLON (VICTOR CHARLES). Quelques expériences sur la vibration des tuyaux\nà bouche et a anche, (Gand. Ad. Hoste ; petit in-8° de 51 PP*)\nBULLETINO DELL* ASSOCIAZIONE DEI MUSICOLOGI. Catak#\nde lie opere vocali di opere del theatro.(Pezzi vocali di opere del theatro de Parme (suite et fin.)\nid. Archivio délia R. Académie Filurmonia de Bologne.\nLA LAURENCIE (LIONEL DE). (Collection des Maîtres de la Musique.\nAlcan 1911. in-12°).\nGASTOUE (AMÉDÉE). L'art G(lbid. 1911.)\nKOUZMINE (M.) Carillons de Vamour, paroles et musique de l'auteur. Illustra-\ntions, hors texte de SOUDEÏKINE et THÉOPHYLACTOY. (MOSCOU, édition \" Le Scorpion \" in-40.)"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.60", "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE\nSÉANCE DU MARDI 24 JANVIER 1911.\nLa séance est ouverte à 9 heures, sous la présidence de M. Ch. Malherbe, président.\nPrésents : MM. Malherbe, Prod'homme, Lefeuve, Westarp, Dr. Marage, Ruelle,\nSalabert, Mmes F. Tiger, Pereyra, Babaïan, Capoy, Delhez.\nExcusés MM. Ecorcheville, Mmes Gallet, Daubresse.\nCandidatures : M. Grosfils, 35, avenue Elisée Reclus, présenté par MM. Laloy et\nProd'homme ; admis à l'unanimité.\nM. Auguste Bosc, 61, rue du Rocher, présenté par MM. Malherbe et Ecorcheville.\nAdmis à l'unanimité.\nL'ordre du jour appelle la communication de M. Fournier et Dr. Paul Laurens, sur\n\" l'influence physiologique de la mimique faciale sur le fonctionnement de l'organe phoné-\ntique \" et sur \" l'adaptation reflexe du geste laryngé au geste facial. \"\nLe secrétaire donne ensuite lecture d'une lettre de MUe Pereyra faisant part d'un vœu\némis par l'Ortsgruppe de Berlin, tendant à ce que la Société ou ses éditeurs prennent l'initi-\ntive de publication musicales seraient comme la continuation de celles de Rob. Eitner. Ce\nvœu devant être présenté au Congrès de Londres, où il recevra une solution, le Président prie\nMUe Pereyra de se tenir au courant de ce que fera l'Ortsgruppe et la Section de Berlin, et\nd'en saisir en temps utile la Section de Paris.\nLa séance est levée à 11 heures."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.61", "texte": "Leurs Mains\n\n1\nGABRIEL\nPour des mains bizarres, elles le sont ! On dirait celles du Président Krttger. Doigt,\ncourts, paumes énormes !\nCes mains ne paraissent pas appartenir à un homme jeune. On a lutté, bataillé, mais\navec une chance indémentie, malgré une vie très mouvementée. Est-ce vraiment de la chance\npure ? C'est que, il y a une telle énergie, une telle combativité, dans ces mains. Quelle\nremarquable ligne de tête. Il n'est pas possible d'être doué d'un cerveau mieux équilibré. On\nest ordonné. On a le sentiment administratif, l'instinct de la diplomatie à toute épreuve,\nAssurément, ces mains ne sont pas du premier venu. Sont-elles d'un artiste ? Il se pourrait,\nbien qu'elles évoquent un sens pratique rare chez l'artiste. Il y a des contradictions qui\ndéroutent. Pourtant, le Mont de Venus proéminent est un témoignage de goût musical. Dans\nce cas, la vocation n'est pas fougueuse. Ce n'est pas à dire qu'elle manque d'intérêt, car on\nest très intelligent et on a infiniment de goût.\nOui, mais si le Don n'est pas ce qu'il y a de précieux dans ces mains, il y a tout de\nmeme quelque chose de grand. On est un Géni On pressent, on\nfait tout a temps, pour soi comme pour les autres. On est fait pour commander. Si on est pas\nun militaire, on est alors un chef de bataillon dans le civil, et on conduit les hommes à la victoire,\nCes mains sont celles d un Kriiger bon, sensuel, honnête. Elles sont aussi d'un Bonaparte\ntendre, qui n aurait pas fait de peine à Joséphine et qui aurait bien tourné.\n\n1 A suivre aux prochains numéros les mains de G. HUE,\nS. LAZZARI, X. LEROUX, MASSENET, MESSAGER, PAULIN,\nM. RAVEL, SAINT-SAENS, VIDAL, WIDOR.\nLes clichés que nous produisom\nsont de {Mr. Taul Berger,"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.62", "texte": "Mains de G. Fauré."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.63", "texte": "Mains de R. Gunsbourg."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.64", "texte": "5\n\nLEURS MAINS\n57\n\nRAOUL GUNSBOURG\nNature fort complexe, faite d'éléments très divers où il en est d'assez hétéroclites, mélange\nde grandeur, de petitesse, de sincérité, d'artificiel.\nÇa n'est pas la Suisse. Ça n'est pas Meudon. Ça n'est pas Luna Park non plus. Et\npourtant cette nature s'apparente à tout cela. Quel chaos ! Essayons en l'inventaire.\nLa grande Nature : Dévorante activité, logique, belle volonté, allant jusqu'à l'énergie\nforcenée. Bon cœur permettant une générosité, surtout d'à propos. Jolie pratique de la vie, grande\nsuite dans les idées. Sentiment délicat de la forme et de la couleur. Dons artistiques évidents,\nsauf pour la littérature pour laquelle on doit avoir l'esprit sinon fermé au verrou de sûreté, du\nmoins à une bonne serrure qui nous paraît difficilement crochetable.\nLa petite Nature : Manque de réflexion. Invincible penchant à se laisser entraîner par ses\ninstincts. Imagination baroque, parfois sans aucun intérêt et souvent folle.\nLa Nature artificielle : Elle a sa place et sa force. Que de rochers en carton pâte ! Que\nde soleils et de clairs de lune obtenus à coups de lampes à arc et de tubes de Gessler !\nBien que de la droite et de la gauche, les beaux petits doigts grassouillets indiquent à\nquel point on peut se laisser aller à ses appétits, ce ne sont pas eux les plus caractéristques. A\nla rigueur ils peuvent faire illusion. Non, la grande preuve, c'est l'intérieur des mains.\nDans la gauche : siège de tout ce qui est bon et qui dénonce belle ligne de vie, de cœur\net de tête.\nDans la main droite, au contraire Ah cette main droite ! Laissez-là toujours gantée,\nMonsieur. Si vous ne pouvez supporter les gants, évitez alors de la retourner, cette main.\nCachez ce qu'elle a dans le ventre, ou si vous préférez ce qu'elle a dans la paume.\nDésordonnée la ligne de tête va se perdre dans le gros ce qui prouve\nimagination débordante, désiquilibrée, toute prête à verser dans l'incohérence. Quant à la\nligne de cœur.... ah ! quelle Danseuse.... Décidément cette main droite est le véritable sabotage\nde la gauche. La C. G. T. a dû passer par là.\nEn résumé, si l'analyse fut assez facile, grâce à la franchise des éléments, déterminer la\nportée de ceux-ci est assez ardue.\nOn a des aptitudes pour beaucoup de choses dans la main gauche. Mais dans la droite, le\nréseau des lignes est si défavorablement installé qu'il est possible de croire à des déraillements.\nPourtant une très belle ligne de soleil est la preuve indiscutable d'une mise en vue, d'une\nréussite considérable.\nAlors ? Alors, il est évident que l'on a bien des chances pour réussir mais qu'un je ne sais\nquoi énorme vous en empêche. Il serait assez original que la ligne de fortune bien accusée en\nsoit la cause.\nAu point de vue intellectuel et social, ces mains sont, si l'on peut dire, ni homme, ni\nfemme : Elles sont auvergnates.\nCopyright by S. I. éM. Février 1911.\n\nP. Jobbé-Duval."}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.65", "texte": "Les Instruments\n\nLES VIOLONS CÉLÈBRES. - Le Chant du Cygne\n\nDans le monde de la lutherie, chaque violon célèbre est connu sous une appellation\nrappelant, soit un épisode de sa carrière,soit le nom d'un de ses différents propriétaires, on\nbien encore une particularité caractéristique à l'instrument lui-même. Ainsi pour ce qu\nconcerne les œuvres de Stradivarius, on peut citer entre autres : le Hellier, le Toscan lt\nBetts, l'Allard, le Duport, le Dauphin, le Boissier, le Messie, le Rode, le Kreutzer. Nom\ndevons à Vidal, qui fut l'ami du luthier Vuillaume, et de son gendre le violoniste Alard, une\nanecdote relatant comment fut baptisé le Messie :\nCe magnifique violon, unique en son genre, absolument neuf, resta pendant soixante an-\ndans la collection du Comte Cozio de Salabue à Milan. Il fut acheté par Tarisio en 1824,\nCe dernier, lors de ses fréquentes visites à Paris, en parlait toujours avec emphase, tout en se\ngardant de le faire voir, certain d'en obtenir un prix considérable quand il le voudrait. Un\njour, se trouvant chez Vuillaume, il recommençait son thème favori : \"Si vous pouviez voir\nmon fameux violon de Salabue ! \"\n\" ça ! mais, dit Alard qui était présent, votre violon est donc comme le Messie ;on\nl'attend toujours et il ne paraît jamais ! \"\nLe violon était baptisé. Il ne fut acheté par Vuillaume qu'en 1855, un an après la\nmort de Tarisio.\nTous les instruments de Stradivarius excitent l'admiration des connaisseurs par la\nperfection de leur architecture, la splendeur de leur vernis, et la noblesse de leur sonorité,\nIl en est un qui, abstraction faite de toutes ces qualités, vous émeut par le seul fait de son\nexistence, et a sa vue, il est impossible de ne pas être pénétré d'un sentiment de respect\nquasi religieux, c'est : \" Le Chant du Cygne.\"Ce violon est en effet le chant du cygne du\nmaître ; il est le dernier sorti des mains du vieil Antonio, et l'inscription qu'il porte en ses\nflancs a, pour me servir de l'heureuse expression de M. M. Hill, quelque chose de pathétique;\nelle nous apprend que son auteur était alors âgé de 93 ar*s • Déjà dans le cours des dernières\nannées de sa vie, Stradivarius, par une coquetterie de vieillard, avait inscrit son âge dans\nplusieurs instruments. On en connaît quatre : un de 1732, deux de 1736, et celui faisant\n1 objet de la présente notice. C est grâce à ces renseignements que l'on put retrouver parmi\nles archives de Crémone la date exacte de la naissance et de la mort du plus grand luthier\nqui fut jamais.\nDans les instruments antérieurs au \" Chant du Cygne,\" l'indication d'âge est de la\nmain de Stradivarius. Pour ce dernier, il n en est point de même. L'inscription:\nest d une autre écriture que la sienne. On se demanda longtemps à qui on devait l'attribuer,\njusqu au jour ou 1 on découvrit dans un violon de son fils Omobono, une étiquette manuscrite,"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.66", "texte": "LES INSTRUMENTS\n59\n\nlibellée en caractères particuliers, et en tous points semblables à celle \" d'anni 93.\" L'auteur\nétait trouvé. C'était donc Omobono qui pieusement laissa à la postérité le témoignage de la\nverte et lucide vieillesse de son père.\n\"Le Chant du Cygne,\" compagnon de gloire du célèbre virtuose et professeur Joseph\nWhite, possède des qualités acoustiques exceptionnelles, et sous ce rapport il rivalise\navantageusement avec tous ses aînés. Il est même d'une robustesse toute particulière. Dans les\ndétails de main d'oeuvre, on reconnaît la signature du maître, et il clôt magistralement la\nsérie des violons dits de la dernière manière.Sa structure est d'un aspect mâle et vigoureux,\nles bords et les coins un peu épais ; le vernis brun, dans lequel perce une pointe de rouge\norange, ne le cède en-rien sous le rapport de la transparence et de la pâte, à celui qui\nrecouvre ses prédécesseurs, et ce vernis est appliqué avec une habileté qui déconcerte, étant\ndonné l'âge avancé de Stradivarius.\nCe joyau de la lutherie, objet enviable sous tant de rapports, inspira à Jules de Marthold\nun sonnet enthousiaste, dont je me plais à faire l'éloquente et poétique conclusion d'une\nsèche et aride notice :\nLe Maître a terminé son chef-d'œuvre et le signe,\nL'érable et le sapin contiennent tous les chants,\nNaissance, hymen ou mort, les aubes, les couchants,\nEspoirs, douleurs, sanglots, où son génie insigne\nAsservit à jamais la forme curviligne,\nCris du cœur, voix du ciel, choc des flots, paix des champs.\nCe violon sublime aux crescendo touchants,\nLyre où l'écho renaît, sera son chant du Cygne.\nQuand il a tout prévu géométriquement,\nComme l'artiste sait que le froid calcul ment,\nEmu de Dieu, foyer qui nous prête sa flamme,\nSubissant l'inconnu, mystérieuse loi,\nPour revivre en ce bois il dédouble son âme,\nAnimant la matière au souffle de sa foi.\n* Les photographies du \" Chant de Cygne \" que nous reproduisons ici, ont été fournies par le propriétaire\nde l'instrument, M. J. White, et l'étiquette est tirée du livre \" Antonio Stradivari \" de MM. William\nE. Hill & Sons, avec l'aimable autorisation des auteurs.\n\nLucien Greilsamer.\n\nVIRTUOSES ET MUSICIENS.\n\nL'été dernier, un \" Capellmeister \" américain débarquait à Paris. Le but de son voyage\nétait de recruter, parmi les instrumentistes français, quelques éléments qui manquaient à la\nperfection de son orchestre. Les offres pécuniaires étaient tentantes. Par l'entremise de\ndifférentes agences, il se mit en rapport avec un grand nombre de musiciens d'orchestre, et les\nauditions commencèrent.\nPour les instruments à vent (flûtes, hautbois, clarinettes et bassons) les inscriptions furent"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.67", "texte": "60\nS. I. M.\n\nnombreuses, et il trouva, au-delà de ses espérances, des artistes possédant une jolie sonorité\nune musicalité parfaite, toutes les qualités nécessaires au véritable musicien d'orchestre.\nPour les instruments à cordes, le violon particulièrement, la désillusion fut grande. Jl\nentendit des artistes jouant parfaitement de leur instrument, mais trop \" virtuoses \" ; insuffi,\nsamment assouplis et d'une musicalité incomplète. Et il s'en fut, comme les années précé-\ndentes, chercher en Allemagne ce qu'il n'avait pu trouver à Paris.\nLe maestro Toscanini affirmait que pour former un orchestre idéal, il faudrait |e\ncomposer ainsi :\nFlûtes, hautbois, clarinettes et bassons : éléments français ; violons, altos, violoncelles\net cuivres : éléments allemands ; contrebasses : éléments italiens.\nJe m'élève hautement contre une telle opinion, principalement en ce qui concerne les\n\" cuivres \" et les contrebasses.\nJ'ai entendu les grands orchestres américains : ils sont composés de \" cuivres \" allemands\net j'ai constaté avec plaisir que la comparaison à établir entre les cuivres de ces orchestres et\nceux de nos orchestres français était toute à l'avantage de ces derniers. C'est un progrès récent\nmais réel.\nEn ce qui concerne les contrebassistes, nos instrumentistes n'ont rien à envier à leurs\ncollègues italiens.\nIl n'en est pas de même, hélas, de nos violonistes. Il nous faut reconnaître que les\n\" pupitres de violon \" de nos grands orchestres symphoniques sont très faibles. Et ce n'est\npoint là une opinion qui m'est personnelle ! Sous la plume de nos critiques appelés à juger les\nexécutions de nos six sociétés de concerts (Société des Concerts du Conservatoire ; Concerts\nLamoureux ; Concerts Colonne ; Philharmonia ; Concerts Séchiari et Concerts Hasselmans)\nnous retrouvons pour les deux derniers tiers de ces associations : harmonie parfaite, quatuor\nfaible. Et je sais, par expérience, que ces associations éprouvent, malgré les concours organisés\nà cet effet, d'insurmontables difficultés à établir des \" pupitres de violon \" pouvant donner\nune satisfaction, même relative.\nA quelles causes attribuer ces difficultés ?\nCe n'est pas le nombre de violonistes qui fait défaut. En effet, lors de la formation de\n\" Symphonia \" en octobre 1909, les chefs d'orchestre Paul Vidal, Busser, Bachelet, etc.,\nfirent appel aux violonistes. Le chiffre des inscriptions dépassa cent ; à peine quinze\ndonnèrent satisfaction ; le reste était notoirement insuffisant.\nEt pourtant, le Conservatoire fournit, chaque année, une moyenne de six premiers et\nseconds prix et de nombreux accessits ; tous jeunes gens connaissant parfaitement la technique\nde leur instrument. Malgré cette qualité réelle, ils ne sont pas aptes à tenir convenablement\nun emploi dans l'un de nos grands orchestres ; moins encore à participer dignement à\nl'exécution d'une œuvre de \" musique de chambre \".\nQue leur manque-t-il donc ?\nIls n'ont pas été initiés aux difficultés de la musique d'orchestre ; il leur manque la\nmodestie, la probité artistique ; ils ne savent pas qu'ils ont à jouer un rôle d'ensemble ; qu'ils\ndoivent se considérer partie intégrante d'un tout, et qu'ils doivent faire, momentanément,\nabstraction complète de leur personnalité pour traduire la seule pensée de l'auteur que le\nchef d'orchestre s'efforce de réaliser.\nAu cours des années passées au Conservatoire, ils n'ont travaillé qu'en vue du résultat\na obtenir a la fin de l'année scolaire : le seul but visé est le \" Premier Prix \" ; ce premier\nprix qui, bien dénommé, n'est en effet qu'un \" Premier Prix de Violon \" ; le travail\nmusical n existe pas dans ces classes, et ce ne sont que longues heures consacrées à l'étude"}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.68", "texte": "LES INSTRUMENTS\n61\n\nde concertos très compliqués ; affolants de difficultés de technique ; de ces fameux concertos\nqui doivent mener tout droit au non moins fameux premier prix : à la Gloire.\nEt tous ces élèves sont guidés, sont poussés dans cette voie par quatre Professeurs,\nexcellents, certes, mais qui ne songent qu'à la lutte engagée entre eux ; lutte qui fera sortir\nvictorieux celui-là des quatre qui aura obtenu, parmi ses élèves, le plus grand nombre de\nrécompenses, le plus grand nombre de Premiers Prix. A celui-là, les bonnes leçons iront de\npréférence, jusqu'au jour où les résultats du concours favoriseront un de ses collègues ; la\nroue de la Fortune aura tourné, et ainsi se justifiera à leurs propres yeux la raison d'être de\nleur fonction.\nEn somme, ils ne font que continuer la manière établie depuis... la création, au Conser-\nvatoire, des classes de violon ; ils cherchent ce que leurs prédécesseurs ont trouvé avec\nbonheur ; ils créent, ils créent des \" virtuoses \".\nEt voilà leur erreur ! Ils ne voient pas, dans leur lutte aveugle, que le chemin sur lequel\nils engagent leurs créatures est terriblement court, et que demain même, ce chemin n'existera\nplus. Non, la carrière de Virtuose n'existera plus demain, et les Isaye, les Kreisler, les\nThibaud, qui tiennent encore parfois l'affiche des Grands Concerts, seront les derniers. L'évo-\nlution de la musique moderne, en dirigeant le goût du public dans une voie nouvelle, a voué\nà un oubli prochain les manifestations, souvent contestables au pur point de vue artistique, des\nvirtuoses. Le Concerto est mort, et il contraîne fatalement dans sa chute le Concertiste,\nle virtuose.\nEt ce changement qui s'opère dans le goût du public, ce mépris des compositeurs\nmodernes pour toute création de \" musique de soliste \", cette évolution enfin n'a été\nremarquée par aucun de nos professeurs officiels. Et ils créent, ils créent toujours des virtuoses\npour leur gloire personnelle, alors qu'il s'agirait surtout de créer des musiciens solides,\ndocumentés, et possédant non pas seulement de la virtuosité, mais une instruction musicale\nirréprochable.\nQuelle responsabilité n'assument-ils pas envers ces jeunes gens qui viennent, chaque\nannée, grossir le nombre des violonistes, insuffisamment armés pour les seuls emplois que\nl'évolution de la musique moderne laisse à leur disposition ? Et de quelle triste mentalité ces\nmalheureux élèves sont-ils empreints ? Il n'est pas un premier prix qui ne se croie en droit de\ndevenir un \" grand virtuose \" : d'aucuns même se croient déjà u arrives ' . Et tous tentent\nde suivre cette voie fatale ; ils y perdent leurs meilleures années ; après une longue lutte\nstérile, ils retombent dans la réalité et essaient de reprendre la seule voie actuellement\npossible : la collaboration à un ensemble orchestral. Mais pour la plupart d'entre eux, il est\ntrop tard ; les années perdues les rejettent en arrière ; ils n'ont pas acquis ce qu il leur fallait\nconnaître, et ils sont restés \" premiers prix \" avec, en plus, la désillusion d un effort inutile-\nment accompli.\nVoilà où vont nos violonistes actuels. Voilà où les conduit 1 enseignement du Conserva-\ntoire, et voilà la cause de notre faiblesse qui fait rechercher ailleurs les elements foits et\npuissants que nous ne pouvons produire.\nIl est temps de réagir : il y a dix ans déjà que l'enseignement du violon au Conservatoiie\naurait dû prendre une orientation nouvelle. A cette époque, je prévoyais déjà ce que _n°tre\ninsouciance nous oblige maintenant à subir ; déjà dans des conversations privées j avais\nexprimé mes craintes, exposé mes idées. Plusieurs années de voyages a 1 Etranger m ont\npermis de comparer les différentes méthodes d'enseignement. La constatation des faits m a\nconvaincu que je vois juste et m'encourage à jeter ce cri d'alarme."}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.69", "texte": "6 2\nS. I. M.\n\nSuivons une voie différente de celle que nous avons suivie jusqu'à présent. Hormis cela\npoint de salut !\nL'Ecole française se meurt, et bientôt ne sera plus qu'un vain mot.\nJ'ose espérer que mon appel sera entendu. Une grande réforme s'impose. Il aura\ncertes, de grosses difficultés à surmonter. C'est tout un nouveau programme à suivre, et je mè\npropose de l'exposer dans une prochaine étude.\n\nArmand Forest."}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.70", "texte": "Rouart, L,erolle ù Cie\nÉDITEURS DE MUSIQUE\n18, BOULEVARD DE STRASBOURG - PARIS\nLe plus grand abonnement de France\nservice : Maison G A VEAU, 45, rue de la Boëtie.\nTOUTE LA MUSIQUE en lecture\nDépositaires exclusifs de l'édition Universelle\nEdition classique, la meilleure, la plus moderne et la\nmoins chères.\nŒuvres de Bruckner, Mahler, A. Strauss etc.\nG. Mahler -4e Symphonie 4 mains . nette 12 fr.\n„ „ part, de poche „ 8 fr."}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.71", "texte": "LES PIANOS\nSTEINWAY\nProclamés par tes\ncomme tes meilleurs\nE. MOULLÊ\nAGENT GÉNÉRAL\n1, RUE 'BLANCHE, PARIS.\nLettre d'HECTOR BERLIOZ\nParis, 25 Septembre 1867.\nMessieurs Steinway et Fils,\nJ'ai entendu les magnifiques pianos qui sortent de\nvotre fabrique. Permettez-moi de vous faire mes\ncompliments sur leur excellence et les rares qualités\nqu'ils possèdent.\nLeur sonorité est splendide et essentiellement\nnoble ; en plus vous avez découvert le secret de\ndiminuer jusqu'à un point imperceptible l'harmonie\ndéplaisante de la septième mineure, qui jusqu'à\nprésent se faisait entendre à la huitième et neu-\nvième vibration des plus longues cordes, rendant\nainsi les sons cacophoniques. Comme tant d'autres améliorations, celle-ci est un grand progrès dans\nla fabrication des pianos et un progrès pour lequel tous les artistes et amateurs doués d'un goût\ndélicat vous devront de la reconnaissance.\nVeuillez accepter, Messieurs, avec mes compliments l'assurance de mon respect.\n»\n:■\n•*»<\nÀ *\nm\nmr\nI\n■Syv\nk K î.\nHECTOR BERLIOZ."}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.72", "texte": "LE CHANT DU CYGNE STRADIVARIUS."}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.73", "texte": "Questions\nsociales\n\nDE LA CONDITION DES “PROFESSEUSES” DE MUSIQUE\n\nJe n ignore pas que le mot professeur n'a pas, jusqu'à présent du moins, de féminin\nrégulier, en français. Le dictionnaire de l'Académie n'étant, comme chacun sait, qu'à la\nlettre B, il ne faut pas désespérer, le moment venu, de voir figurer, à côté de : professeur, son\nféminin : professeuse, substantif qui désigne trop souvent, pour de malheureuses femmes, la\nplus pénible, la plus ingrate des carrières libérales. Escrimeur fait escrimeuse et lutteur fait\nlutteuse. Combien sont-elles de lutteuses pour la vie dans cette classe des professeurs de\nmusique demandant à la distribution quotidienne des principes d'un art un pain chèrement\ngagné. # , §!\nA priori, et en les considérant seulement au point de vue social, toutes choses égales\nd'ailleurs, on peut diviser les \" professeuses \" de musique en trois catégories. Les \" arrivées\"\ncelles qui gagnent largement leur vie par le seul exercice de leur profession ; elles sont relati-\nvement peu ; ensuite celles qui vivent seulement de cette profession, et enfin celles qui\nvégètent, pauvres hères, fraction trop nombreuse et chaque jour augmentée de ce que nous\navons appelé dans une précédente étude le prolétariat intellectuel féminin. 1\nLes plus favorisées des u professeuses \" doivent en général leur heureux sort à plusieurs\ncauses. Quelquefois la situation de fortune de leur famille leur a permis de conduire, sans hâte,\nune longue période d'étude, de payer, à de bons maîtres, des leçons coûteuses, d'acquérir ainsi\nun talent exceptionnel et d'arriver ce n'est jamais sans un consciencieux travail à\ngrouper, par la suite une clientèle d'élèves nombreuse et rémunératrice. Dans certains cas,\nau-contraire, la famille de l'artiste lui a été peu utile, elle reste besoigneuse, la femme qui sort\ndu rang n'a alors que plus de mérite, si, à force de ténacité, de travail et aussi de chance c'est\nun facteur dont il faut tenir compte elle réussit à conquérir la renommée du bon professeur\net tous les avantages correspondants. C'est le plus souvent après un travail acharné, comme\nlauréate du Conservatoire, qu'elle obtient ce résultat.\nOn conçoit qu'il est très difficile, en appréciant la situation d'un certain individu, à un\nmoment donné de sa carrière, d'établir la part exacte des diverses influences qui ont contribué\na l'amener au point où on le considère. Bien des causes entrent en jeu qui contribuent à créer,\nou à maintenir, la position sociale qu'il occupe : famille, relations, argent, sans parler des\nqualités personnelles du sujet. Pour en revenir à nos u professeuses \" de musique nous trouvons,\na Paris, et dans quelques grandes villes de France, des musiciennes de talent ; pianistes, orga-\nnistes, violonistes, cantatrices qui arrivent à occuper des situations fort enviables. Les prix de\nleurs leçons varient, généralement entre 10 frs et 30 frs l'heure. Certaines demandent beaucoup\nplus : nous citerons une artiste, professeur de chant, dont la gloire déclinante n'est plus aujour-\n\n1 M. Daubresse le Prolétariat intellectuel féminin. La Revue (Novembre 1909.)\n\n6"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.74", "texte": "66\nS. I. M.\n\nd'hui qu'un souvenir, elle avait une réputation mondiale et était arrivée à demander 60 frs\npour 20 minutes de leçon. Une clientèle de belles étrangères : américaines, australiennes\nrusses (peu de françaises) acceptaient sans sourciller ces prix ridicules afin de pouvoir se dire\nl'élève de Y illustrissima diva.\nEn dehors des leçons particulières, beaucoup de ces grands professeurs donnent des cours\nfort suivis et sont entourés d'un essaim de jeunes répétitrices qui transmettent de proche en\nproche, moyennant finances, leurs inappréciables conseils. Répétitrices de piano, accompagna-\ntrices-répétitrices pour le chant, ces jeunes sous-ordres ont en général la plus lourde respon-\nsabilité mais, protégées par la dame de céans, elles font, à l'ombre de sa gloire, une fructueuse\ncarrière.\nEn moyenne, et en dehors des toutes premières grandes vedettes, les professeurs-femmes\nde cette catégorie réussissent à gagner de 12000 à 20000 frs par an. Il est très difficile de\ndonner un chiffre exact en ces matières délicates, chacun, suivant les caractères, cachant ou\naugmentant le chiffre de ses recettes de façon à dérouter toute enquête indiscrète.\nSi, de ces régions dorées, nous abaissons nos regards vers une population plus modeste\nnous avons tout le groupe des professeuses de classe moyenne qui n'attendent pas l'élève dans\nleurs riches salons mais vont bel et bien, à domicile, porter leur enseignement. Du matin au\nsoir, ouvrières laborieuses, à pied, en omnibus, en tramway, en métropolitain, elles vont, de\nNeuilly à Pantin, et de Grenelle à la Bastille, faisant répéter doy rèy mi, fay aux petites filles,\nexécuter, plus ou moins bien, une sonate aux plus grandes, ou encore chanter du Chaminade\naux demoiselles à marier. Cette dure profession exige un capital-santé de premier ordre, une\ninépuisable patience, une bonne humeur sans lassitude, un certain savoir-faire pour être\nbien vue des familles et un amour de la musique assez modéré pour supporter, sans dégoût,\nl'énorme quantité d'œuvres médiocres qu'il faut faire étudier aux élèves et qui leur plaisent,\ncar s'il y a l'élève sérieux, qui travaille six heures par jour en vue du Conservatoire, il y a\nsurtout l'élève-amateur, qui ne demande qu'un certain vernis musical, une apparence d'instruc-\ntion artistique.\nIci le professeur, soit qu'il ait une clientèle de quartier, soit que ses leçons se trouvent\ndisséminées aux quatre coins de la ville, impose des conditions beaucoup plus modiques que\ncelles dont nous parlions précédemment. Les prix des leçons varient de 5 à 1 o frs pour une\nheure ; le plus souvent, elles sont comptées au mois, les leçons perdues restant à la charge de\nl'élève. Le bénéfice du professeur est très souvent diminué par les habitudes de notre éducation\nmusicale. En effet beaucoup de ces pauvres artistes enseignantes se croient obligées d'organiser\nfréquemment des matinées d'élèves ou des concours mensuels, trimestriels, annuels, dans lesquels\ndéfile, de la plus petite à la plus grande toute la troupe enfantine. Il en résulte, pour l'organi-\nsatrice, de grands frais supplémentaires. Quelques \"professeuses\" se font entendre elles-mêmes,\ncroyant de leur honneur de donner annuellement un concert leur concert ! Longtemps\nà l'avance, elles retiennent une des nombreuses salles parisiennes, elles \" s'entraînent \" entre\nles leçons, pour conserver le précieux mécanisme nécessaire à leur future exhibition, ce méca-\nnisme qui fait 1 admiration des familles. Que d'angoisses, que de peines, que de travail avant\ncette trop fameuse seance. A quel prix s'achète l'ennui que trop souvent, la pauvre femme\nimpose a son public en 1 obligeant a prendre des billets, d'abord, et ensuite à écouter, dans des\nconditions plus ou moins bonnes, 1 une des Rapsodiesde Liszt ou la de Chopin.\nD'autres \" professeuses, \" lasses de végéter à Paris, sans grand succès, ont étendu leur\nclientèle en province. Elles font la navette entre la capitale et quelque ville voisine augmen-\ntant ainsi leurs ressources. J en connais une, femme aussi charmante que courageuse, qui\nainsi quatre villes par semaine à des distances variant entre 120 et 200 kilomètres de Paris."}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.75", "texte": "QUESTIONS SOCIALES\n67\n\nOn ignore trop quel labeur écrasant acceptent des mères de famille pour faire face aux\nexigences que la vie contemporaine impose aux plus humbles d'entre nous ; car, on ne saurait\ntrop le redire, le devoir de la femme travailleuse est toujours double de celui de l'homme : à sa\ntâche de professionnelle elle ajoute toujours sa tâche de maîtresse de maison. Prenez un profes-\nseur homme. Il se lève le matin, fait un bout de toilette et court à ses affaires. La femme doit,\nnon-seulement procéder à sa toilette, mais encore, si elle est mariée, il faut,\nqu'elle assure l'ordre et la subsistance de la maisonnée ; les enfants ont besoin de son assistance,\navant de gagner l'école ou le collège ; il faut qu'elle s'approvisionne elle-même ou qu'elle style\nune domestique, engagée à bas prix, souvent médiocre, (quand elle n'est pas malhonnête) afin\nqu'au retour le mari trouve la maison en état et le repas cuit à point. Les hommes ignorent\nle détail, la fatigue, la monotonie sans cesse renouvelée de ces soins du ménage qui s'ajoutent\nau labeur professionnel pour l'entraver et l'alourdir encore. Que j'en ai connu de ces femmes\nméritantes, énergiques, braves devant la vie, si dure pour elles, attachées à leurs humbles\ndevoirs, modestes, ignorantes de leur valeur, d'autant plus admirables dans leur simplicité et si\nfrançaises par cette jolie qualité de courage dont la quotidienne intrépidité reste toujours\nsouriante.\nC'est à ces vaillantes que je songeais lorsqu'en 1904, avec l'aide de quelques femmes\nd'initiative et de dévouement, je fondai l'Union des Femmes Professeurs et Compositeurs de\nMusique. Nous projetions alors la création de maisons de retraites pour les musiciennes vieillies\net celle d'une caisse des \"Trente ans de Professorat. \" Nous n'avons pas ici à retracer l'histo-\nrique de ce premier groupe de femmes musiciennes. D'autres suivirent. En 1907, les professeurs\nde l'enseignement secondaire, sur l'initiative de M. Mutelet, inspecteur de l'enseignement\nprimaire, à Paris, créaient une association d'aide mutuelle. En 1910,\navait pour fondatrice Mme Tassart. C'est un début. Les professeuses de musique commencent\nà comprendre qu'elles auraient quelque avantage à se solidariser et à reconstituer, à leur profit,\nsous une forme actuelle, une corporation féminine capable de veiller à leurs intérêts et au\nbesoin de les défendre. Ces petits groupements ne sont que les ébauches d'une organisation\nbeaucoup plus vaste qui pourrait comprendre, sans distinction d'enseignement public ou privé,\ntoutes les musiciennes de France.\nRevenons à nos professeurs de deuxième catégorie. Leur gain annuel varie entre 2000 et\n6000 frs, suivant les prix des leçons, la notoriété et l'âge du professeur, le quartier dans lequel\nelle exerce, les forces et le temps dont elle dispose. Une mère de famille a moins de temps\nqu'une célibataire, une femme de santé délicate fournit un moindre travail qu'une plus robuste\ncréature. Le grand ennemi des professeuses c'est le chômage, nous y reviendrons.\nIl nous reste peu de place pour parler de l'infortunée dernière classe. On y trouve des\nfemmes âgées, qui n'ont presque plus de clientèle ; des malchanceuses ou des imprévoyantes\nqui gaspillent leurs gains à mesure qu'elles les reçoivent, et aussi un grand nombre de jeunes\nignorantes qui s'intitulent professeurs sans le moindre droit àce titre ;1 sans culture générale,\nsans technique suffisante, sans principes pédagogiques arrêtés, elles enseignent de travers ce\nqu'elles ont mal appris et dégoûtent, au rabais, les jeunes élèves d'un enseignement qui aurait\npu, quelquefois être fructueux. Beaucoup de ces infortunées font payer leurs conseils (Et quels\nconseils !) un prix dérisoire : 0.25 fr. à 0.50 l'heure. Elles font des cours à 1 fr. 50 par mois. Il\ny en à d'autres qui ajoutent à l'enseignement un métier n'ayant avec l'art d'Euterpe que les\nplus singuliers rapports. C'est ainsi qu'en venant me demander de leur procurer des leçons de\n\n' Notre excellent confrère le Monde Musical commence une campagne pour engager les professeurs à se munir\nde titres de capacité nous ne saurions trop l'approuver."}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.76", "texte": "68\nS. I. M.\n\nmusique, certaines bonnes personnes m'ont proposé d'acheter : des broderies, d'autres d I\nmouchoirs, d'autres des images de sainteté et même du rhum. Ce serait très drôle si ce nV\nnavrant. Concluons par un dernier fait, dont je garantis l'exactitude. Une dame, professeur J\npiano, trouvant sa clientèle de rapport insuffisant, s'est mise éleveuse d'escargots, le métier\ndu bon, paraît-il, elle était satisfaite, mais, aux dernières inondations, tous ses pensionnaires\ncoquille ont été noyés. Triste, triste.\nNous voila loin des leçons a 3 frs la minute. Chaque profession a ainsi son aristocratie\ndemi-classe, et sa plèbe besoigneuse. Les unes et les autres sont intéressantes à des titres divers\nSans entrer dans d'inutiles détails, il était bon d'engager les musiciennes à réfléchir à lei/\npropre condition et il fallait la leur exposer. Donner des matinées, des concerts de familles\nenseigner les élèves c'est fort louable ; travailler tant que les forces le permettent et se résigner\naux mauvais jours, quand ils viennent, c'est méritoire ; mais il serait plus sage de prévenir le\nmauvais jours, ou au moins de les rendre supportables, par une meilleure organisation du trava\naccepte. Ces modestes etudes n'ont d'autre but que de provoquer cette organisation meilleureqUt\nnous appelons de tous nos vœux pour ceux et celles de notre corporation et en particulier pou-\nles professeuses de musique.\n\nM. Daubresse.\n\nLA MUSIQUE DANS LES LYCÉES, COLLÈGES ET ECOLES\nPRIMAIRES SUPÉRIEURES.\n\nLorsque, il y a quelques années, le regretté maître Bourgault-Ducoudray adressa a.\nSous-Seci etane d Etat aux Beaux-arts son rapport très documenté sur l'enseignement de '\nmusique dans les ecoles pnmaiies, tous les professeurs de musique et avec eux tous k>\nmusiciens sincèrement épris de leur art se prirent à espérer qu'une solution définitive\nallait enfin intervenir en faveur du chant.\nC'est en vain que déjà en 1880 le même auteur avait adressé au ministre de l'lnstruc-\ntion publique un remarquable travail sur les \" modifications et améliorations \" qu'il y\naurait lieu d'introduire dans l'Enseignement du chant.\nNous n'avons pas l'intention de faire un résumé, même succinct, des nombreuse-\n-3 eformes pioposées a cette epoque par M. Bourgault-iDucoudray ; nous prouverons simplemem\nque, si certaines améliorations proposées par l'honorable rapporteur furent adoptées pour le\nplus grand bien de l'enseignement du chant, beaucoup trop cependant sont restées lettre\nmorte ; et il est triste de constater que tous les efforts, toutes les tentatives d'organisation\ndu chant dans les lycees ont echoue devant 1 indifférence des pouvoirs publics.\nVoici quelques lignes de ce rapport ; elles semblent écrites d'hier : « Les places de pro-\nfesseui de musique dans les Ecoles devraient être assez largement rétribuées pour tenter les\nhommes de valeur. Si elles offraient des avantages suffisants, leur création aurait pour effet\nde fixer dans les villes de province des professeurs vraiment artistes qui manquent partout\nactuellement. Lu même coup, le niveau général de l'instruction s'élèverait dans toutes les\nclasses de la société française... \"\nlie saura,t m>eiix dire; et, en créant des examens pour le Certificat d'aptitude a\nEnseignement du chant dans les Ecoles normales et primaires supérieures, (Examens\ntrès sérieux qui ont lieu chaque année à Paris), il semblait bien que les vœux du rapporteur\nallaient etre complètement realises. Il n'en a rien été malheureusement ; il n'en est rien\nencore aujourd'hui et il est possible de constater que malgré l'obtention du Certificat (degré"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.77", "texte": "QUESTIONS SOCIALES\n6g\n\nsimple ou degre supérieur) les emplois de professeur de musique dans les écoles sont si peu\nrétribués qu'il est a peu près impossible à un musicien de valeur d'accepter une situation\naussi dérisoire.\nDans la plupart des Ecoles normales, les professeurs de chant qui n'avaient droit qu'à\nune allocation annuelle de 300 francs, ont reçu il y a deux ans une très légère augmentation\ncorrespondant a une augmentation d'heures motivée par l'introduction du chant au Brevet\nsupérieur.\nPar contre, les professeurs de musique des Ecoles supérieures, munis des deux diplômes,\npréparant leurs eleves aux épreuves musicales du Brevet élémentaire et du Brevet supérieur,\nreçoivent lorsqu'ils sont payés par l'état, l'humiliante somme de 16 francs par mois pour\n4 heures d'enseignement par semaine dans des classes qui atteignent parfois plus de 60 élèves l\nNous n ignorons pas qu'un décret ministériel paru il y a deux ans fixe au taux de cent\nfrancs, l'heure employée à l'enseignement de la musique dans les Ecoles primaires supérieures ;\nmais ce décret n'est en réalité applicable qu'aux seuls professeurs de lettres, d'arithmétique ou\nde sciences qui voudront bien se charger du chant sous la forme d'heures supplémentaires.\nDans les lycées de garçons, la situation du maître chargé de l'enseignement de la musique\n11' est guère plus enviable. Ici, pas de règlement, pas de programme. La musique n'y est\nenseignée que dans les classes enfantines et la situation pécuniaire du professeur est subor-\ndonnée à celle du lycée. Il en résulte que ce sont les proviseurs qui règlent selon leurs goûts\npersonnels et selon les ressources dont ils disposent l'emploi du temps des maîtres de chant ;\net comme il n'existe pas de diplôme spécial pour cet emploi, les cours ne sont soumis a\naucun contrôle. Aussi voit-on dans les lycées de garçons des professeurs de musique vocale,\nmunis du certificat des Ecoles normales recevoir, sans classement, une allocation moyenne de\nquatre à six cents francs par an, tandis qu'à côté d'eux celle des professeurs de gymnastique\nvarie entre 1200 et 2000 francs.\nNous savons bien qu'avec leur faible traitement les professeurs de musique des lycées\nprofitent du u Casuel \" c'est-à-dire des leçons particulières ; mais il est parfaitement reconnu\nque ce côté du métier est très aléatoire et que les élèves ne sont nombreux que tout autant\nque le maître jouit d'une vogue trop souvent passagère ; aussi, lorsque vers l'âge de soixante\nans, il n'a plus ou presque plus d'élèves, il ne lui reste, si on veut bien le garder, que la\nmaigre ressource de ses appointements mensuels de 50 francs sans espoir de se reposer\njamais puisqu'il n'a droit à aucune retraite.\nPlus heureuses que leurs collègues hommes, les maîtresses de chant des collèges de jeunes\nfilles ont une situation officielle que peuvent envier les professeurs des lycées de garçons.\nLeur traitement varie de 1000 à 2000 fr.\nIl est donc à souhaiter qu'on réglemente l'enseignement du chant : il importe qu'on\nremédie à ces inégalités choquantes si préjudiciables aux progrès de l'art musical.\nEt puisque la Commission extra-parlementaire réunie en Décembre 1907 avouait que\n1 Enseignement de la musique n'est pas officiellement organisé, souhaitons que l'on relève\nau plus tôt le traitement des professeurs de chant ; on relèvera du même coup la dignité\net le prestige de ceux que l'on entend appeler souvent \" les derniers parias de l'université.\n\nNoel Laffont."}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.78", "texte": "A. Travers les Revues\n\nLA JEUNE ECOLE RUSSE. Une excellente étude de M. Karatyguine {Abolie\nde Sc Pétersbourg, nos net 12) vient nous apporter des lumières sur ce sujet peu connu d!\nnous, et grâce aux renseignements de toute nature qu'elle contient, constitue un précieux\ncomplément aux histoires de la musique russe, qui s'arrêtent aux \" Cinq \" et à leu\ncontemporains.\nLaissant de côté les \" épigones \" parmi lesquels il cite MM. Zolotarew, Kalafati Spen\ndiarow, Pogojew, Malichewsky, Barmotine, Amani, etc., M. Karatyguine consacre là\npremière partie de son étude à M. Steinberg, \" qui peu à peu se dégage des influences et\naffirmera tantôt une puissante personnalité\" et à M. Stravinsky, de qui il pense le plus grand\nbien, encore qu il lui trouve moins de profondeur de pensée.\nL influence des novateurs français se fait sentir non seulement sur ce compositeur mais\nsur Prokofew, M. Minskowsky et quelques autres. La deuxième partie est surtout\nconsacrée à MM. Akimenko et I chesnokow, classés comme \" impressionnistes \" ; MM\nPetrow-Boïarinow, Sénilow, Gniéssin subissent une part d'influence allemande. Parmi les\ncompositeurs peut dans quelque mesure qualifier d'\" éclectiques organiques \" (c'est à\ndire doués d'une part plus ou moins grande de personnalité) sont MM. Tchérepnine\nKryjanowski, Tchernow. '\n. , UNE ÉCOLE DE CRITIQUE MUSICALE. - Dans le Mmkal Tim„ de jan»i„\nM. Lrnest Newman, faisant à un récent article déjà signalé ici (La Critique Musicale\ndevoirs, méthodes) l'honneur de le prendre pour point de départ, se demande pourquoi la\ncritique n est pas enseignée, au même titre que l'exécution. Le critique débutant est obligé\nde se former lui-même. Il est des connaissances de métier élémentaires et fondamentales qu'il\ndevrait pouvoir acquérir autrement que par les lentes leçons de l'expérience personnelle.\nAinsi, bien des tâtonnements lui seraient évités, sans que cet enseignement risque d'atténuer\nsa personnalité de critique plus que l'enseignement du métier de compositeur n'atténue la\npersonnalité des artistes.\nM Newman n'admet pas l'efficacité de la distinction \" jugements d'opinion \" et « iuee-\nments de fait . J \" h J &\n, Lt ,?^CA?,EnNCL[ MUSICALE DE BERLIN. _ Dans le\n(janvier) M. Gerald Cumberland, revenant de Berlin, constate que la vie musicale y est\ncongestionnée le public suralimenté, blasé, incapable d'enthousiasme. De plus de\ndix-huit cents récitals donnés en six mois (octobre 1909-mars 1910), la majeure partie se\ndéroulé devant des salles a moitié vides ; presqu'aucun ne fait recette. Les artistes vont à\nBerlin chercher du prestige . Les comptes-rendus des critiques berlinois \" valent leur\npoids de radium au point de vue professionnel, encore que ces malheureux critiques sur-\nmenés doivent entendre s ris le peuvent, et juger s'ils l'osent, jusqu'à six concerts en une\nsoiree. Le prix exagere qu on attribue à leurs comptes-rendus \"très honnêtes mais ternes \" ne\nsaurait se maintenir quand on saura ce qu'est en réalité le Berlin musical.\nL'auteur critique ensuite l'enseignement de célèbres professeurs berlinois qui prennent"}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.79", "texte": "A TRAVERS LES REVUES\n71\n\ndes élèves, leur font payer le prix fort et se bornent à \" surveiller \" les leçons données par\nquelque répétiteur peu rétribué.\nIl conclut qu'en Allemagne comme en Angleterre, comme en France, la vie musicale\nse concentre trop dans les capitales et qu'une sage décentralisation serait à tous les égards\navantageuse.\nFRANZ LISZT ET LES BIOGRAPHES. Dans les Bayreuther Blâtter (décembre)\nM. Edouard Reuss examine longuement le gros volume du docteur Julius Kapp sur Franz\nLiszt et conclut que nous n'avons pas encore la biographie complète et définitive du maître.\nIl rectifie certaines erreurs et signale certaines invraisemblances.\nBEETHOVEN CHEZ LE PRINCE LOUIS-FERDINAND DE PRUSSE.\nDans la Neue Zeitschrift filr Musik(l2 janvier) très littéraire évocation, par M. Erwin von\nŒrtzen, de cet épisode de la vie de Beethoven.\nL'INSTRUMENTATION DU « MESSIE \" DE HAENDEL. Une très utile\net curieuse Note sur ce sujet par M. Félix Raugel, dans la de décembre.\nLE PUBLIC RUSSE. Retour de Russie, M. Chevillard a confié à un rédacteur\nd'Excelsiorses impressions, d'où je détache les remarques suivantes :\n\" Le public russe n'est peut-être pas aussi cultivé, aussi intelligent musicalement que\ncelui de Paris, mais il a une sorte de spontanéité, d'enthousiasme, qu'on ne rencontre plus\nchez nous que rarement. Quant aux orchestres russes, ils sont, en effet, moins bons que les\nnôtres ; mais est-ce bien leur faute ? Ils n'ont pas de chef ! Ils n'obéissent guère qu'à des\nconducteurs de passage qui apportent chacun leur méthode, leur style, leur école d'orchestre,\nd'où il résulte pour eux une impersonnalité qui les met au second plan. Mais il est certain\nqu'ils ont une grande souplesse de compréhension, une chaleur, une fougue étonnantes. Ils\nsont mêmes très démonstratifs et j'ai été très ému, vraiment très ému, de l'ovation qu'ils\nm'ont faite à l'issue des répétitions. Le public russe n'est pas très musicien... et la preuve,\nc'est qu'il est peut-être le seul à ne pas comprendre comme ils le méritent ses admirables\ncompositeurs. Ils sont là cinq : Balakiref, Borodine, Rimsky-Korsakof, Moussorgski et C. Cui,\nqui ont accompli en musique ce tour de force de connaître à fond le passé de toute la musique\net d'en faire entièrement abstraction quand ils composaient ; de sorte que leurs œuvres ont à\nla fois la solidité d'un art longuement éprouvé et le charme d'une inspiration entièrement\nnouvelle. Mais ne vous figurez pas que ces musiciens de génie sont mis à leur place, dans\nleur pays ; nous en faisons beaucoup plus de cas chez nous ! \"\n\nM.-D. Calvocoressi."}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.80", "texte": "Administration de Concerts : A. DANDELOT, 83, Rue d'Amsterdam.\nCINQ SEANCES de Musique de\nChambre Moderne Française\nSous le Patronage de MM. A. DURAND & FILS, Éditeurs\nSALLE ÉRARD\nLes Mercredis î, b, 15, 22 et 29 Mars 191 j à 9 heures clu soir.\nAvec le Concours de : Mesdemoiselles Blanche SELVA et Marthe DRON, et de MM. Claude DEBUSSY,\nCHEV1LLARD, Alfred CORTOT, Robert LORTAT, Armand PARENT, Fernand POLLAIN*\nEdouard R1SLER, Jacques TH1BAUD, Ricardo VINES, et le Quatuor: MM. HAYOT, ANDRÉ,\nDENAYER, SALMON.\nPremière séance, Mercredi 1 Mars\nPROGRAMMES\nC. SAINT-SAENS Quatuor à Cordes. — MM. HAYOT,\nANDRÉ, DENAYER, SALMON.\nSonate pour Violon et Piano.\nMM. Jacques THIBAUD et Al-\nfred CORTOT.\nGaspard de la Nuit, 3 Poèmes\npour Piano.\nOndine — Le Gibet — Scarbo.\nM. RICARDO VINES.\nTroisième Trio pour Violon, Vio-\nloncelle, et Piano.\nMM. HAYOT, SALMON et Ro-\nbert-LoRTAT.\nG. SAMAZEUILH\nMaurice RAVEL\nE. LALO\nDeuxième séance, Mercredi 8 Mars\nROGER-DUCASSE\nA. ROUSSEL\nC. SAINT-SAENS\nVincent D'INDY\nQuatuor à Cordes. — MM. HAYOT,\nANDRÉ, DENAYER, SALMON.\nRustiques, pour Piano.\nDanse au bord de F eau.\nPromenade sentimentale en forêt.\nRetour de Fête.\nMademoiselle Blanche SELVA.\nDeuxième Sonate, pour Violoncelle\net Piano.\nMM. SALMON et Robert-Lon-\nTAT.\nSonate pour Piano.\nMademoiselle Blanche SELVA.\nTroisième séance, Mercredi 15 Mars\nClaude DEBUSSY Quatuor à Cordes.—-MM. HAYOT\nANDRÉ, DENAYER, SALMON.\nAlberic MAGNARD Promenades, Pièces pour Piano.\nEnvoi. - Bois de Boulogne.\nP illebon-Saint-Cloud-St-Germain.\nTrianon.- Rambouillet.\nM. Edouard RISLER.\nSonate pour Violoncelle et Piano,\nMM. SALMON et L'AUTEUR.\nSonate pour Piano.\nC. CHEVILLARD\nPaul DUKAS\nQuatrième séance, Mercredi 22 Mars\nG.M. WITKOWSKI Quatuor à Cordes. — MM. HAYOT,\nANDRÉ, DENAYER, SALMON.\nVariations, Interlude et Finale, sur\nun Thème de J.-Ph. RAMEAU.\nMademoiselle Blanche SELVA.\nSonate pour Violon et Piano.\nM. Armand PARENT et Mlle\nMarthe DRON.\nQuatuor pour Violon, Alto, Vio-\nloncelle et Piano.\nMM. HAYOT, DENAYER, SAL-\nMON et Robert-LORTAT.\nPaul DUKAS\nVincent D'INDY\nCh.M. WIDOR\nVincent D'INDY\nJ. GUY-ROPARTZ\nClaude D EBUSSY\nC. SAINT-SAENS\nM. Edouard RISLER.\nCinquième séance, Mercredi 29 Mars\nDeuxième Quatuor à cordes. MM. HAYOT, ANDRÉ, DENAYER, SALMON.\nSonate, pour Violoncelle et Piano. MM. Fernand POLLAIN et Robert-LoRTAT.\nPréludes pour Piano. L'AUTEUR.\nDeuxième Trio pour Violon, Violoncelle et Piano. MM. HAYOT, SALMON et Robert-LoRTAT.\nPRIX DES PLACES :\nParquet g fr\nlre Galerie, I\" Rang 4 fr\nlre. Galerie, 2'™ Rang 3 fr.\n2\",c Galerie 2 fr.\nBlLLETS chez MM. DURAND & Cie 4, Place de laMadeleine ; et à l'ADMINISTRATION DE CONCERTS\nA* DANDELOT, 83, Rue d Amsterdam. Teleph. 113-25."}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.81", "texte": "Administration de Concerts: A. DANDELOT, 83, Rue d'Amsterdam.\n\nSALLE ERARD, 13, Rue du Mail\nJeudi 2 Mars 1911, à 9 heures précises\n(Ouverture des Portes à heures)\nCONCERT\nDONNE PAR\nADELEINE FOURGEAUD\nAvec le Concours de fvlM.\nI. PHILIPP,\nR. KRETTLY, DARRIEUX,\nM 11\" Lily SCHREIBER, M. D. ALEXANIAN\nPROGRAMME\n1. Quintette op. i C. CHEVILLARD\nMlle Madeleine FOURGEAUD.\nMM. R. KRETTLY, DARRIEUX.\nMllc L. SCHREIBER. M. D. ALEXANIAN.\n2. Variations à 2 Pianos (op. 40) . TARENGHI\nMlU> Mad. FOURGEAUD, M. I. PHILIPP.\n3. Deux Chants Polonais . . . CHOPIN-LISZT\nSonnet de Pétrarque (NU 123). LISZT\nChanson du P.uisseau. . . . CH. M. WIDOR\nBarcarolle n° 1 I. PHILITP\nPièce Romantique (op. 80) . M. MOSZKOWSKI\nEté TH. RITTER\nMlle Madeleine FOURGEAUD.\n4. Romance . ( . CH. M. WIDOR\nIntermezzo pour 2 Pianos | . NICOLAEÏW\nCaprice . \\ v. I. PHILIPP\nMl!e Mad. FOURGEAUD, M. I. PHILIPP.\n5. Sonate op. 13 (Piano et Violon) G. FAURÉ\nMUo Mad. FOURGEAUD, M. R. KRETTLY.\nRIX DES PLACES :\nParquets, Fauteuil: 10 fr. Premier Balcon: 5 fr.\n\nSALLE ÉRARD, 13, Rue du Mail\nSamedi 1S Février i 9 ii, à 9 heures précises\n(Ouverture des Portes à B.J heures)\nRÉCITAL DE PIANO\nDONNÉ PAR\nJEAN BATALLÀ\nPRIX DIÉMER (1906)\nPROGRAMME\nFantaisie et Fugue en sol mineur . BACH-LISZT\nAndante Varié en fa mineur. . . HAYDN\nToccata en sol SCARLATTI\nEtudes n° 1 op. ....\n„ n° 2 op. 10 Y CHOPIN\nValse en la bémol\nEtudes Symphoniques op. 13 . . SCHUMANN\nPièce Romantique en fa majeur. . L. DIÉMER\nLe Vent dans ia Plaine .... CL. DEBUSSY\nValse en mi ERNEST MORET\nNocturne (pour la main gauche seule) SCRIABINE\nCampanella LISZT\nPft!X DES PLACES :\nFauteuil de Parquet 10 fr.\nFauteuil de Première Galerie . . . . 5 fr.\nFauteuil de Deuxième Galerie . . . . 3 fr.\n\nBILLETS à la SALLE ERARD. 13. Rue du Mai) : chez MM DURAND & Cie 4. Place de la Madeleine; GRUS, 116,\nBoulevard Haussmann ; MAX ESCHIG, 13, Rue Laffitte et à I'ADMINISTR ATIO N DE CONCERIS\nA. DANDELOI , 83, Rue d'Amsterdam, 1 eleph. 1 13-25.\n\nSALLE ERARI), 13, Rue du Mail\nDEUXIÈME RÉCITAL DE PIANO\nDONNÉ PAR\nBMIL SAUER\nLe 22 Février 1911 a 9 eures très précises du soir (Ouvertures des Portes h. 1/2)\nPRIX DES PLACES : Fauteuil Réservée : 20 <r. Fauteuil de Parquet, i\" Série : 10 fr. 2' Série : 6 fr*\nFauteuil de Première Galerie, i*r rang : 8 fr. 2me rang : 5 fr. Fauteuil de Deuxième Galerie : 4 tr.\nBILLETS à la SALLE ÉRARD, 13, Rue du Mail ; chez MM. DURAND & C'% 4, Place de la Madeleine :\nCRUS, 116, Boulevard Haussmann ; MAX ESCHIG, 13, Rue Laffitte et à I'ADMINISTRATION DE\nCONCERTS A. DANDELOT, 83, Rue d'Amsterdam, Tél. 113-25."}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.82", "texte": "A. DURAND & FILS, Éditeurs de Musique\n(DURAND & Cie)\n4, Place de la Madeleine, PARIS\n\nSONATES VIOLON & PIANO\nRÉPERTOIRE MODERNE\n\nPRIX\nBERNARD (E.) Op. 48 Sonate 8 fr.\nCHEVILLARD (C.) Op. 7\nSonate 7 fr.\nGROVLEZ (G.) Sonate . . 8 fr.\nd'INDY (V.) Op. 59 Sonate\nen ut 8 fr.\nJONGEN (J.) Op. 34 2e So-\nnate I 0 fr.\nLALO (E.) Op. 12 Sonate 7 fr.\nLAZZARI (S.) Op. 24 Sonate 7 fr.\n\nPRI \\\nPIERNE (G.) Op. 36 Sonate 7 fr,\nROPARTZ (Guy) Sonate en\nré mineur 7 fr\nSAINT-SAENS (C.) Op. 75\n1\" Sonate en ré mineur . 7 fr.\n>d. Op. 102\n2\" Sonate en mi bémol . 6 fr.\nSAMAZEUILH (G.) Sonate 8 fr.\nVIERNE (L.) Sonate ... 8 fr.\nWITKOWSKI(G.M.) Sonate 10 fr.\n\nGRAND CHOIX DE MUSIQUE DE CHAMBRE FRANÇAISE & ÉTRANGÈRE\nŒuvres de C. SAINT-SAËNS, Edouard LALO, Vincent d'INDY,\nA. de CASTILLON, C.M. \"VVIDOR, Claude DEBUSSY,\nPaul DUKAS, Gabriel PIERNÉ, Emile BERNARD,\nCharles LEFEBVRE, C. CHEVILLARD, GUY-ROPARTZ,\nG.M. WITKOWSKI, Maurice RAVEL, ROGER-DUCASSE, etc.\nCLASSIQUES FRANÇAIS\nŒuvres de Rameau, Couperin, Caix d'HerVelois.\nGrand abonnement à la lecture musicale française et étrangère.\nPlus de 50.000 morceaux et Partitions.\nDépôt exclusif pour la France des Editions Peters."}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.83", "texte": "CONCERTS ANNONCÉS\n\nSALLES PLEYEL\n22, rue Rochechouart\nConcerts du mois de Février 1911\nGrande Salle\n15 M. J. Debroux. (9 heures du soir).\n16 Mlle Lénars et Mr Bizet, (9 heures du soir).\n17 M. Maurice Dumesnil, (9 heures du soir).\n19 M. Pli. Courras, (Elèves) (1 heure du soir).\n20 Mllr C. Déroché, (9 heures du soir).\n21 Mlle Hél. Chalot, (9 heures du soir).\n22 M,ne H. Bétille, (9 heures du soir).\n23 La Société des Compositeurs de musique,\n(9 heures de soir).\n24 Mlle E. Gaïda, (9 heures du soir).\n25 Mme C. Chevillard, (Elèves) (1 h. du soir).\n25 La Société Nationale de musique, (9 heures\ndu soir).\n27 Mrae Martin Curv, (9 heures du soir).\nSalle des Quatuors\n15 Le Quatuor Calliat (9 heures du soir).\n19 Mmp Bernandin, (Elèves) (1 heure du soir).\n21 La Société de musique nouvelle, (9 heures\ndu soir).\n23 M™ Buisson, (Elèves) (1 heure du soir).\n26 Mell<* Companyo, (Elèves) (1 heure du soir).\n\nSALLES GAVEAU\n4.5 et 47, rue La Bo£tie\nConcerta du mois de Février 1911\nSalle des Concerts\n15 Manecanterie (des petits Chanteurs de la\nCroix de Bois) (9 heures)\n16 Concert Aussenac & Ch. W. Clarck (9 h.)\n18 Concert Hasselmans heures)\n19 Concert Lamoureux (3 heures)\n19 Solidarité Commerciale (9 heures)\n20 Société Musicale Indépendante (9 heures)\n21 Société Philharmonique (9 heures)\n23 Répétition publique de la Schola (4 heures)\n24 Concert Schola Cantorum (9 heures)\n26 Concert Lamoureux (3 heures)\n27 Cercle Musical (9 heures)\nSalle des Quatuors\n15 Audition des élèves de Monsieur Carambat\n(2 heures)\n16 Audition des élèves de M,m' Lefaure Bou-\ncherit (2 heures)\n20 Concert U. F. P. C, (2 heures)\n\nSALLE\nConcerts du\n15 M. Emii Sauer, piano (9 heures du soir).\n16 M,He Fourgeaud, piano (9 heures du soir).\n17 MM. Ferté & Fournier, piano et violoncelle\n(9 heures du soir).\n18 M. Batalla, piano (9 heures du soir).\n19 \\{Mio Legrenay, matinée d'élèves (i| heures\ndu soir).\n20 M. Durosoir, violon et orchestre (9 h. du soir).\nERARD\ns de Février 1911\n21 M. de Radvvan, piano (9 heures du soir).\n22 M. Emil Sauer, piano (9 heures du soir).\n23 M. Edouard Risler, piano (9 heures du soir).\n24 MM. Ferté & Fournier, piano et violoncelle\n(9 heures du soir).\n25 M. Emil Frey, piano (9 heures du soir).\n26 M. Broche, matinée d'élèves (i£ h. du soir).\n27 Mme Baltus-Jacquard, piano (9 h. du soir)."}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.84", "texte": "Théatres et Concerts\n\n*\nL'ANCEIRE, opéra en trois actes de\nC'est une jolie pièce, une très jolie pièce que VAncêtre, dont le doyen de nos maître\nvient de nous donner la primeur à l'opéra comique. On y voit un excellent ermite -\nbrillant officier du premier Empire, une charmante orpheline, deux femmes héroïques, et'ut\nfoule que secoue la vendetta des Corses. Le tout dans une décor méditerranéen et envelop >\nd'une musique, un peu ancestrale naturellement, mais de fraîche et bien agréable couleur. F\npaities lyriques, et surtout la scene religiosodu début, qui s'accompagne du bruissement dt\nabeilles, m ont parues les meilleures. M. Saint-Saëns se joue de toutes les ressources de 1\nmusique avec une aisance delicieuse, et qui nous repose de la musique continuellement\nagressive qu'on si souvent et partout. Je me plais moins aux moments particulièrement\ndi amatiques. C est piobaolement aftane de gout. La formule d'opéra qui séduit ici l'auteur de\nY Ancêtre me paraît relever surtout d'une convention qui n'est plus de mode aujourd'hui\nCertains effets, et surtout certains rythmes avec lesquels Meyerbeer et Verdi ont triomphé\nsont maintenant passé dans d'autres régions de la musique, et nous sommes tout étonnés de\nles retrouver dans un drame lyrique de si haute tenue. Je ne sais si je me trompe mais le\ngrand mérite de cette partition revient au symphoniste, amoureux de la forme belle et 1\ndéveloppement discret.\nJ. E.\nEn fait de nouveautés nous eûmes en ce mois de Janvier Israël en Egypte, de Haendel\nqui date de 1738 et deux Symphonies de M. Gustav Mahler, un peu plus récentes, il est vrai'\nmais jouées partout en Allemagne.\nLe Conservatoire est dans son rôle lorsqu'il donne de grandes œuvres anciennes, comme\nes oratorios. Israël, joue une fois au 7 rocadéro il y a quelques années, ne l'avait pas encore été\ndans son intégralité rue Bergère. L'œuvre est plus curieuse que vraiment attachante Cette\nmassive architecture de gros blocs juxtaposés à la hâte (Israël fut écrit en trois semaines) ces\nchœurs intéressants si 011 les prend séparément et monotones par leur succession, ces soli/peu\nnombreux, du reste, alourdis de vocalises, interrompus par un dialogue avec l'orchestre, tout\ncela mente 1 accueil respectueux mais peu enthousiaste de l'autre jour. L'exécution fréquem-\nment ralentie par M. Messager, y contribua-t-elle, malgré sa correcte précision ? Quoiqu'il en\nsoit, cette musique a des moyens expressifs, des intentions qui nous échappent un peu et,\ndécidément, plus on entend Haendel, plus on aime Bach.\nN exagérons rien toutefois ; il y a trois duos dans la seconde partie celui de basses\nsurtout qui sont du très bon Haendel ; MM. Journet et Cerdan, Melle Lapeyrette y déploy-\nèrent la bravoure de leurs voix.\nAu Concert précédent, le Psaume 136 de M. Guy Ropartz plut par sa simplicité exprès-\nsive et 1 ouverture de Phedre de M. Massenet sembla un peu vieillie. M. Schellins dont\nnous reparlerons tout à l'heure joua avec une sobriété de bon goût le Concerto en mi\nmineur de Chopin.\n\nCopyright by S. I. {M., Février 1911."}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.85", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n77\n\nDans la '1 ragédie de Salomé, de M. Florent Schmitt, qui fut une des nouveautés du\nmois au Chatelet, se trouve une Danse de l'Effroi. C'est bien la sensation que nous valut cette\noeuvre ahurissante écrite sur un stupéfiant livret. Il paraît que sur cette musique amorphe et\nsans rythme la Loïe Fuller dansa en 1907, ce qui n'est pas sans mérite. De nombreux amis\nont applaudi cette reprise dont le besoin ne se faisait pas sentir, du moment qu'il n'y avait plus\nde danses lumineuses. Mais nous apprécions trop le talent de M. Florent Schmitt pour ne pas\nlui demander un dédommagement prochain et nécessaire. Le Poème Symphonique pour\npiano et orchestre, de M. Pierné, que joua M. Risler, est tout autre. Ce n'est pas de la\nmusique à programme, c'est tout simplement de la musique, expressive et bien écrite, sauf\nquelques arpèges inutiles du piano. Comme l'indiquait le programme, la Sarabande, de\nM. Roger Ducasse est plus un prétexte à symphonie qu'une danse ; c'est une lamentation et\nune marche funèbre intéressante et bien écrite, sans prétentions et fracas superflus.\nAnticipant d'une dizaine de mois sur l'anniversaire exact, M. Pierné a célébré la naissance\nde Liszt de façon un peu maigre par des lieder qu'un accompagnement au piano dans cette\nimmensité du Chatelet a vraiment desservis, malgré tout le talent de M. Eugène Wagner,\nl'accompagnateur idéal la Mephisto Walzer toujours amusante et le long et un peu sopori-\nfique poème de Liszt \"Ce qu'on entend sur la montagne\". Il faudra commémorer Liszt encore\nune fois et avec un peu plus de majesté.\nUne excellente idée de M. Pierné fut, par contre, celle de donner avec Melle Chenal et\nM. Franz la 2 e scène du lerIer Acte de ce magnifique Fervaal qui marque une date dans la\nmusique française et dont tous ceux qui l'ont entendu désirent ardemment la reprise, puis le\n3e Acte de Hulda, cet enfant chéri autant que tardif du \" père Franck \" où il y a certes de\nbien belles choses mais de grises aussi et pour lequel le grand jour de la scène serait à redouter.\nAjoutez à cela la symphonie de Franck dirigée con amore par M. Pierné et la symphonie\nfantastique dirigée senza furia, et vous aurez à peu près le bilan très brillant du\nChatelet en Janvier.\nAvant d'en venir à la Cinquième symphonie du \" Beethoven Moderne \" c'est-à-dire\nM. Gustav Mahler, qui fut deux dimanches de suite le great event du Concert Lamoureux,\nnotons un Poème symphonique pour piano et orchestre de M. Marcel Noël et un autre, la\ntorêt, pour orchestre de Mme Rita Strohl, œuvres différentes de valeur et diversement accueil-\nlies. On fut sévère pour Mme Strohl dont, il est vrai, on attendait mieux après ses Chansons\nde Bilitis qui se laissent entendre même après celles de M. Debussy. Quant à M. Noël son\ndébut est remarquable et, pour un ancien sous-préfet (nous dit-on), ce n'est pas une œuvre\nindifférente et de la musique d'amateur. On lui a fait un légitime succès.\nDeux symphonies de M. Mahler, la 4e et la se,5e, en une semaine ! Avec les deux entendues\nl'an dernier nous aurons bientôt ouï tout l'œuvre de ce musicien rompu à la science de l'or-\nchestre, mais épris de l'étrange et du colossal. Le sens français de la proportion et de la mesure\nréagit un peu contre ce goût du mélange. M. Chevillard a révélé la Cinquième et M. Lassalle,\navec le Tonkiinstler Orchester, de Munich, la Quatrième. Exécutions parfaites ce qui est\ncertes un mérite avec ces œuvres là et rendant sûrement et complètement tout ce qu'y a\nmis l'auteur. Et malgré tout, les auditeurs sincères ont fait des réserves. A côté de ces\nbizarreries orchestrales, de ces sonorités outrancières et plus étranges qu'heureuses, il nous fau-\ndrait aussi des motifs distingués de forme, symphoniquement développés, un plan, de l'ordre et\ndu goût.\nM. Joseph Lassalle a donc ramené à Paris, au cours d'une tournée à travers la France, la\nBelgique et la Suisse, le bon orchestre que nous avions déjà entendu. Il y a donné trois con-\ncerts. Tout a été dit sur les qualités et les défauts des orchestres allemands. Celui-ci a les uns"}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.86", "texte": "7 8\nS. I. M.\n\nLes Tonkünstler de Munich"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.87", "texte": "THEATRES ET CONCERTS\n79\n\net ies autres. En outre il nous a paru assez inégal, vraiment excellent dans l'Ouverture des\nMaîtres Chanteurs, dans le Prélude de Tristan, dans Faust de Liszt, moins bon dans l'Ap-\nnrenti Sorcier, dans la 4e symphonie de Mahler, dans la Mort et Tranfiguration de R. Strauss\nF . « • 1 f « /—« 1 « T~* • »\nmédiocre dans le ballet de Cephale et Procis, de\nGrétry, et dans des œuvres de Mozart. La Faust\nSinfonie dure autant que toute autre, mais on ne\nj'en aperçoit qu'en regardant sa montre, elle ne\nfait pas bâiller, et on la trouve aussi intéressante\nchaque fois qu'on l'entend.\nSi la musicographie prend enfin droit de cité\nchez nous, le mérite en revient surtout à M. Expert\nqui sait, par son érudition aimable, sa foi et son in-\nlassable activité, faire passer ses convictions dans nos\nesprits. M. Expert est partout. Il organise et com-\nmente tous les samedis à l'Opéra-Comique des con-\ncerts sur l'histoire de la monodie, il conduit son\nexcellente petite phalange des chanteurs de la Re-\nnaissance, il donne tous les jeudis à l'Ecole des hautes\nEtudes Sociales une séance de musique dramatique\nallant de Monteverde à Grétry et de M. Massenet à M. Debussy ; enfin un de ces derniers\ndimanches il faisait entendre le Tableau Parlant, cette charmante petite œuvre de Grétry.\nEn vérité, je vous le dis, cette activité là sera récompensée, elle l'est déjà.\nA l'Opéra Comique nous eûmes des fragments de Haendel et de Bach, de l'époque de\nGluck, Piccini et Sacchini, enfin des pères de l'opéra comique français, Dauvergne, Duni,\nPhilidor, Monsigny, Grétry et Dalayrac.\nS'il y avait quelques duos et trios et un\npetit orchestre, ce serait parfait, car on\nentend de jolies voix et plusieurs artistes\nde style et de goût. Il ne faut mécon\ntenter personne, mais constatons que\nMclle Nicot Vauchelet est toujours la\nplus applaudie.\nLe Concert Annuel on préfé-\nrerait mensuel des Chanteurs de la\nRenaissance a prouvé qu'ils ont atteint\nla perfection comme la justesse, l'ensem-\nble et nuances. Ce fut un enchantement\net pas un des auditeurs, je vous assure,\nn'a trouvé compliquée et inexpressive\nnotre musique du XVIe ainsi chantée.\nIl y eut aussi un pianiste, interprète\nremarquable de Chopin, M. Victor Gille\net M. Miguel Llobet, qui joue de la\nguitare comme on n'en a jamais joué.\nUne des importantes réunions d'amateurs, l'Orchestre, que dirige avec ardeur M. Victor\nCharpentier, a donné dans sa nouvelle salle rue des Martyrs une séance de Chœurs et Orches-\ntre. Ce n'est plus la belle chapelle du faubourg S 1 Honoré avec son grand orgue. Mais c'est\n\nJosé Lasalle par Bils\n\nM. Snoeck, par Bils"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.88", "texte": "80\nS. I. M.\n\ntoujours un groupe nombreux et homogène d'exécutants zélés. Trop de violons, évideinm\nmais M. Charpentier choisit des œuvres où le quatuor domine (4e symphonie d'Haydn, Bail'\nd'Orphée); chœurs un peu insuffisants, mais on joue des pages simples et de grand effet\nd'Orphée, Mors et Vita, de Gounod). Il y eut un intermède charmant : un des Concerv\nBrandebourgeois, de Bach, joué à la perfection par MM. Condamine, Chabrier et M\"'e '\nde Lausnay.\nPlus vivante que jamais, la Société Nationale donna deux séances en Janvier. A la nr\nmière, un Quatuor à Cordes de M. d'lndy dont les 2c et 3e mouvements ont une clarté\nfait un peu défaut au reste, des Novelettes, pour quatuor, de Glazounow, bien vulgaires v!i\nment, des mélodies peu personnelles de M. Albert Groz, enfin Quatre Prélude pour piano I\nM. Debussy, très jolis et très fins, admirablement joués par M. Virïes, et trois mélodies non\nvelles du même, le Promenoir des Amants, dont la première surtout est charmante. Au deu\nxième concert, presque tout fut inédit et plusieurs œuvres méritent de le rester. Le succès f\npour M. Albert Roussel, dont Melle Selva joua une Suite pour piano, très personnelle t-\nvivante, avec des effets qu'on voudrait entendre transportés à l'orchestre. Le Quatuor Tour\net Mclle Selva jouèrent le Quintette de A. de Castillon et la belle Sonate de violon de MC,\nRopartz.\nLa Société 1 îvaie, S. I., est entree dans sa deuxième année d'existence avec un concc\nfarci d'œuvres nouvelles, ce qui n'implique pas forcément un intérêt primordial. La Sonatine\nde M. Huré pour violon (M. Viardot) a du charme. Une rhapsodie pour clarinette J\nIVL Debussy, pai recherches de sonorités, a quelque peu déconcerté et sans raison\nl'auditoire. Quant aux œuvres de M. Erik Satie,1 que M. Ravel voulut bien jouer au piano'\nelles ont pour elles d'avoir précédé M. Debussy. Espérons une prochaine séance meilleure.\nExcusons-nous de mentionner pour la première fois l'œuvre que M. de Saunières pôursu\ndepuis plusieuis années a 1 Eguse de la Sorbonne, de faire entendre, avec des moyens quelque.\nfois un peu minces, des messes et des oratonos. L accoustique voudrait plus de choristes et le*\nœuvres voudraient... plus de répétitions. Songez qu'on a donné le Messie, la Création, l'Oral\nrio de Noël, etc. et que l'autre dimanche, c'était la Messe en ut de Beethoven ! Il fc\napplaudir à cette initiative.\nLes Soirées d'Art, de M. Barreau ont toujours une salle comble. Il y a, je vous assure\nencore bien des gens qu'attirent un quatuor de Beethoven joué par M. Geloso et ses partenaire\net des mélodies de Schubert ou de Schumann chantées par Mme Raunay ou Muie Mellot\nJoubert. Tout le monde n'est pas affamé d'inédit et de compliqué.\nLa Société des Compositeurs de Musique a présenté à ses adhérents une sonate de violon\nde M. Jemain et un trio de M. Déré, des mélodies de M. Bertelin, d'agréables et très délicate\nBerceuses de M. Georges Guiraud, bien écrites pour la voix et que Mnie Durand Texte afa\napplaudir.\nCe fut un regret pour moi de manquer la deuxième séance de musique tchèque à\nQuatuor Lejeune. Sauf le Quatuor en fa et des Chansons de Dvorak et une suite pour piano\nde Jos. Suck, on en était encore aux précurseurs ou soi disant tels (car ce sont des tchèque\nécrivant a l'Allemande). Je serai fidèle aux prochaines séances.\nLe Quatuor Capet avec les Quatuors de Beethoven et le Quatuor Parent avec les œuvre\nd/orgue, de piano et de musique de chambre de Franck ont attiré beaucoup de monde salle\nGaveau et à la Scola, malgré le torrent des concerts d'artistes qui submerge tout. En Févriere:\nMais, M. Parent donnera tous les Quatuors de Beethoven et ses dernières sonates de piano,\nhuit conceits pout la somme de dix francs ! M. Parent est un odieux spéculateur, décidément\n\n1 S. I. M. publiera prochainement une étude sur cet artiste ignoré."}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.89", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n81\n\nMentionnons le bon Quatuor 1 racol qui donna à son deuxième concert un Quatuor de\nSchubert.\n.1, Ala Société Philharmonique, en attendant le Quatuor Rosé, deux séances de M. Ysave\nPugno avec trois sonates de Brahms, jouées avec finesse et intimité, ainsi qu'il faut, les deux de\nSchumann et celle de Franck. Au Cercle Musical un programme très soigné de musique\nancienne avec M. Diémer et M. Fritz Kreisler, ce qui me dispense d'en dire plus long. De la\nmusique ancienne également au Pax Quatuor (Mme Muller de Beaupré) au profit de la Croix\nRouge avec la Manécanterie. Ces braves petits chanteurs ont de la bonne volonté et sont en\nréels progrès.\nNous avons retrouvé les matinées de l'Union des femmes Professeurs et Compositeurs,\nque préside Mme Gallet avec deux programmes: Schubert et Chopin; Weber et Mendelssohn.\nDe ce dernier, un trio fut très bien rendu par Mme 3 Lachaud-Gaudefroy, Marcucci-Magrini\net Hélène Colin. Un autre groupe féminin, le trio de la Reine, au titre un peu cherché,\n(Melles Chassaing, claveciniste ; Bonnard, cantatrice et Schreiber, altiste) a donné un concert\ntrès joliment composé d'œuvres du XVIIIe, intelligemment jouées.\nM. Wael-Munck, s'inspirant de ce que font les concerts Touche et Rouge, a donné deux\nséances de Concertos de piano ou de violon avec orchestre réduit, bonne idée de vulgarisation,\nmais rien de plus, car on ne peut guère remplacer par un orgue Mustel ou un piano les cors,\nbassons, et hautbois. MM. Nat (piano) et Tinlot (violon) s'y firent justement applaudir au\npremier concert, MM. Bedetti (violoncelle) et Hemery (violon) au second. Ce sont du reste des\nnoms connus. M. Yves Nat donna quelques jours après une bonne séance de sonates, avec\nM. Robert Krettly, salle Erard.\nLes concerts d'artistes n'ont guère commencé avant Janvier, mais ils donnent avec une\nterrible frénésie durant laquelle nous capitulons lâchement. Il faut bien cependant mentionner\ndes cantatrices comme Melle Hugon, de la Schola qui accompagnée par M. d'lndy fît entendre\ndes oeuvres de Hugo Wolf, de Franck, de d'lndy et fut encadrée par le Quatuor Lefeuve qui\njoua des œuvres de Paul Dupin. Melle Minnie Tracey, un peu enrouée ce soir-là, donna un\nconcert salle Gaveau avec Mme Caponsacchi, l'excellente violoncelliste et MM. Huré et Jeisler\nau piano. Melle Marguerite Babaïan eut un programme élaboré et commenté par M. Laloy, ce\nqui assurait l'originalité et la valeur. En effet elle chanta du Debussy, naturellement, puis des\nChansons de Troubadours reconstituées par M. Jean Becq. Un intelligent pianiste il y en a,\nje vous assure M. Franz Liebich joua de la musique ancienne anglaise et française et des\nPréludes de Debussy.\nRappelons quelques pianistes. M. Risler qui va donner quatre concerts, un par mois,\ncommença par les variations du Beethoven sur une valse de Diabelli, Prélude Aria et final, de\nFranck, programme digne de lui. M. Ernest Schelling, après s'être fait applaudir au Conserva-\ntoire, donna deux récitals (au lieu des trois annoncés) où Chopin qu'il interprète avec un charme\net une discrétion remarquables, tenait la première place. Melle Veluard, une gloire de la Schola,\nn aime pas la petite musique. Avec M. Firmin Touche elle joua la sonate de violon de d'lndy\net une de M. Groz que nous regrettons d'avoir manquée (elle commençait le programme), puis\nseule des pièces de Bordes, de Séverac et de Debussy. On a dit plusieurs fois ici tout le mérite\nde Mclle Veluard. Enfin, M. Etlin et MeUe Pauline Aubert, cette dernière avec M. Charles\nRené, le distingué compositeur trop rarement entendu, termineront la liste des virtuoses du\npiano, dont nous avons entendu les concerts. *\nMelle Lenars, protaganiste de la harpe chromatique, donne cet hiver trois séances. Ala\nseconde, accompagnée sur l'orgue Mustel par M. Bizet, elle joua beaucoup de jolies choses\ndont plusieurs de M. Léo Sachs et Mme Vicq Challet en chanta avec son succès habituel.\n\n7"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.90", "texte": "82\nS. I. M.\n\nNous retrouvons M. Debroux cette fois-ci dans des œuvres modernes de violon,\nexception. Quelle sûreté et quelle mémoire ! A ses deux prochains concerts, il reviendra san;\ndoute à son cher XVIIIe siècle. M. Szigeti et M. Brou ont donné deux séances intéressantes\nM. Brou qui a joué la suite de M. Moskowski pour deux violons, avec M. Bachmann t.\nl'auteur, a une exceptionnelle qualité de son. Le programme nous a dit qu'il jouait un violon\nde M. Greilsamer et nous n'en fûmes pas surpris.\nDeux lignes seulement pour mentionner l'heure de musique organisée le dimanche pJr\nMelle Sauvrezis pour les enfants. C'est un excellent complément des leçons. Et gardons-nous\nd'oublier \"La Française\" qui organise des auditions de Musique Moderne; on y trouve les\nnoms de B. Godard, Toutain-Grtin, Delmas et bien d'autres que nous nous excusons dent\npouvoir citer.\nNous apprenons que M. Etienne Gaveau vient d'acquérir pour une Société au\ncapital de 3,000,000 les Etablissements Gaveau frères.\nM. Etienne Gaveau devient seul directeur général de ces importants Etablissements.\nNous sommes heureux de le féliciter et souhaitons à la nouvelle Société d'augmenter\nencore la prospérité de cette célèbre marque de pianos si appréciée du public et des artistes.\n\nF. Guérillot.\n\nProvince.\nC'est un peu partout l'époque des inondations musicales. Dans le Nord, à Lille, Cortot\nremplace Sechiari au pupitre des Concerts popul (si cette veine pouvait nous arriver à\nMarigny !), Mme Jeanne Robert-Thieffy brille à côté de Spalding. Le quatuor Gurmont\ndonne d'excellentes séances et l'Union Chorale des Orphéonistes Lillois se prodigue magnifique-\nment dans la Messe en ré de Lorenzo Perosi. A Arras la 'Philharmonique se plie à la direction\nde M. Philippe ; M,le Lalotte mêle Debussy à Marsick et M. Leleu violonise du Max Bruch.\nA Douai P. de Wailly propage la bonne musique, M. Tirquet et Mlle Braquaval se couvrent\nde lauriers. Signalons à Soissons l'heureuse initiative de M,ne Berthe Mathias, sous la forme\nde trois concerts l'un de musique ancienne, l'autre comprenant les Romantiques et le troisième\nles Modernes. Hé ! mais il semble que voilà une ville mûre pour la musicologie !\nEn Normandie Caen entend avec joie M. Vergriete dans un Concerto de Mozart et\napplaudit la Sérénade de Wiener. Mais c'est Rouen que signale surtout à notre attention\nl'excellent et consciencieux critique d'art P. L. Robert, dont on n'a pas oublié ici la publica-\ntion des Lettres inédites de Boieldieu. La saison foudroyante a débuté par douze concerts.\nExcellent régime pour les mélomanes indolents ! Comment citer tous ces noms brillants : ce\nsont d'abord d'éminents professeurs rouennais Mu,e Duprat, MUo Hébert, MM. Dubreuil,\nDuhautbois et Quesnot ; puis des étrangers et parmi eux l'excellente Renée Doire et le\nblond Lazare Levy. Et puis Spalding, MIIe Duranton, Edouard Bernard, Victor Staub, Cortot,\nMlle Calo impérieusement dramatique, M,ne Capoy, notre collègue infatigable. Enfin\nP. L. Robert et Mme Marie Robert ont cherché et réussi à fixer la physionomie de Liszt,\nl'un en conférencier disert, l'autre en artiste unanimement applaudie. Ajoutons que l'exécu-\ntion du Faust de Schumann signalée dans notre chronique de janvier, était due aux soins et\nà la direction du Maître Haelling, le chef vaillant et sûr de La Gamme."}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.91", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n83\n\nDe Vannes, il nous revient que les professeurs du ont donné\nrécemment leur premier concert. Bravo Laroche ! A Bourges Risler effarouche les braves\ndilettantes, peu accoutumés à la Soirée dans Grenade, et la dirigée par\nM. Alfroy révèle une pianiste, dont le nom est à retenir, Mlle M. A. Bodin. Poitiers délire,\nsous le charme de Ysaye-Pugno, que l'habile violoniste Rittberger a réussi à attirer. Angers\ncontinue à être une des villes les plus musicales de France. M.Paulet y fait entendre des Noëls,\net Ferté célèbre l'inondation en jouant St. François de Paule marchant sur les eaux. D'Ollone\nexécute le quatuor de Ravel (pas à lui seul).\nDans le centre, àClermont Ferrand, les Concerts Soulacroup font entendre MIIeM. Revel,\ndans des œuvres de Charpentier et de Rabaud. Enfin Bordeaux nous comble. y fait\njouer le prodigieux trompette Théo Charlier ; le accueille le trio Hugo\nHermann et G. Enesco avec sa rapsodie. Samazeuilh se voit fort bien interprété. Au\nPhilharmonique nous avons la surprise d'une révélation, celle du violoniste Szigetti. N'oubliez\npas ce nom là. [e n'ajoute rien sur les artistes connus et en tournée que nous avons déjà\nrencontrés plusieurs fois dans ces courtes notes.\nPau nous donne au théâtre [Palais d'hiver)une bonne saison avec M\"!e Dangerville et\nM. Guve, tous deux de l'opéra-comique. Et les festival-conférences organisés par l'érudit\nAlonso réussissent pleinement. Narbonne se félicite de sa dirigée par Emile\nFabre où voisinent sur les programmes Schubert, P. Lacombe et Georges Hue. Marseille\nsignale quelques efforts parfaitement réussis : le concert de piano de Mme Maurel Franquin,\ncelui de VAssociation Musicale, avec Mlle Técheney, celui de M. Milhaud, violoniste fort bien\nsecondé par Mlle Heskia. A Chateauroux M. de Dubor et MUc Elty (de l'opéra) en chan-\ntent avec leurs chants du premier Empire.\nQue pourrions demander de plus !\n\nBelgique\nBRUXELLES. Nombreuses manifestations remarquables en Janvier. La section\nbelge S.I. M. a donné salle Erard, une audition d'œuvres de Ch. Tournemire, élève de\nCésar Franck. M. Charles Delgouffre présenta le compositeur, dont les bonnes œuvres\ntrouvèrent excellents interprètes en Mme Béon, organiste, MM. Ch. Delgouftre pianiste,\nVan Isterdael, violoncelliste, Renard, violoniste, Rogister altiste. Les Elèves de Y Académie\nRoyale des Beaux-Arts organisaient, le 14, une très belle soirée à la Grande Harmonie. Plusieurs\nartistes de La Monnaie y prêtaient leur concours. Musique et danse furent en honneur, aux\napplaudissements d'un public choisi parmi lequel nous avons remarqué : MM. I .ambotte,\nHymans, E. Acker, etc. L 'orchestre Lasalle,donnait jeudi 19, à l'Alhambra, une seconde\naudition. Exécution parfaite de la symphonie de Berlioz; Mort et Transfiguration, de\nStrauss ; Sérénade, de Mozart ; Prélude des Maîtres Chanteurs de Wagner. Le jeune et\nvigoureux capellmeister possède une extraordinaire vitalité et un enthousiasme communicatif.\nAu Cercle Artistique, Fritz Kreislernous offrit un récital exquis. Accompagne parfaite-\nment, quoiqu'au pied levé, par le virtuose Châties Hènusse, le célèbre violoniste fit valoir un son\ndélicat, une finesse d'interprétation, une grâce charmeuse, et des qualités techniques tout a fait\nexceptionnelles Salle des Palais, le brillant virtuose belge Arthur Van Dooren célébra,\nanticipativement, le lundi 16 janvier, le centenaire de Le docteur Dwelshauvers,\nmusicologue savant, résuma l'oeuvre, le caractère et l'influence du Maître. M\"\" Weber"}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.92", "texte": "84\nS. I. M.\n\nchanta quelques lieders, Arthur Van Dooren interpréta avec une pureté technique éton-\nnante la 8e Rapsodie Polonaise, et S 1 François marchant sur les Flots. Aucun pianiste ne\npourrait prétendre, chez nous, à rivaliser avec Van Dooren quant à la virtuosité. Applaudi\nchaleureusement, en toute justice fêté, l'artiste nous offrit en bis la délicieuse trans- ,\nposée en la majeur Salle Studio, Marguerite dans un récital éclectique, nous fit\nconnaître un beau prélude de Paul Gilson et les Variazoni quasi sonata de Raymond Moulaert, l\nCette importante composition d'un musicien consciencieux, atteste de solides qualités ; une\nscience approfondie, sûre d'elle-même et dédaigneuse de l'effet superficiel ; une pensée réflé-\nchie sérieuse, qui n'exclut pas une certaine allure personnelle par endoits. Mlk' Laenen possède\nun très remarquable talent, et elle mérite des compliments pour l'avoir mis au service de nos\ncompositeurs. Mlle Godenne, pianiste, M. Hildebrandt, violoniste, donnaient le 26 un très\njintéressant programme, avec le concours de 1 orchestre Isaye. Ces excellents artistes trouveront (\nun succès mérité. Le réputé pianiste russe Marc Meytschiek a triomphé dans un récital, àla\nGrande Harmonie. Cet artiste est en possession d'un mécanisme peu ordinaire, mais son ■\ninetrprétation est froide. A son premier récital, Mathieu Crickboom nous fit apprécier une\nfois de plus, la distinction, l'élégance, le charme d'un jeu impeccable et pur. Le deuxième\nconcert Durant (musique française) sera donné avec l'éminent concours d\nvioloniste de LL. MM.le Roi et la Reine, dont nous aurons le plaisir d'entretenir plus\nlonguement bientôt nos lecteurs. On annonce tiois séances données pai IVi Jeannt |\nSamuel, M. L. Samuel, violoncelliste compositeur et MUu Laenen les 8, 20 février et 3 mars\nSalle Mercelis (Ixelles), cette troisième séance : œuvres de MM. Dimanche\n5 février, concert du Conservatoire. Récitals 2 mars, 23 mars et 30 Avril. Séance\nZoelner 1 février. Compte-rendus au prochain n°.\nM. Stiènon du Pré a remporté beau succès à avec son acte:\nconte,libretto de Gaston Dumestre. La presse fut unanime à reconnaître le charme gracieux\nde cette œuvrette.\n—M. et Mme Gaston Haardt offraient, le 28 janvier, en leur somptueux hôtel de la\nchaussée de Charleroi une soirée très brillante. L'élite artistique et mondaine de la capitale s'y\nrencontra. Le programme musical très heureux, nous permit d'apprécier surtout les œuvres\nbelges : Roman d Amour,poème de Lucien Solmusique de M.\nl'ensemble harmonieusement fondu, nuancé, demanderait une analyse serieuse, et deux mélo-\ndies de M. Leopold Samuel nous révélant une personnalité intéressante ; ce jeune musicien\npossède une technique fouillée, sûre d'elle-même ; son art nous apparaît sincere et vivant. Les ,\nbeaux vers de Verhaeren, \" Très doucement, plus doucement encore \" lui ont inspiré une page\nexquise, où chante la poésie fluidique et berceuse d'un soir d'ete. Mme MellCS de\nMadré, Willia M. Bureau, accompagnés par l'excellent pianiste Minet ; des chœurs bien\nconduits par M. Soubre charmèrent l'auditoire nomereux de près de trois cent personnes appar-\ntenant aux mondes de la politique, les arts de la magistrature de la finance de l'armée, du\nbarreau.\nF\nPROVINCE. A Mons,M. Léo Jadina trouvé le plus réel succès, à son grand-con-\ncert symphonique. Les œuvres de ce jeune musicien témoignent de vitalité, en même temps\nqu'elles font apprécier une culture musicale étendue et elles donnent des espérances sérieuses.\nMelle Hélène Dinsart annonce un récital de piano pour le 6 mars. A Tournay, les Concert;\nSymphoniques dirigés par M. Delooze glorifiaient dimanche 29 janvier César Franck. Grande fut\nl'affluence en la bonne ville des \" cinq-clochers \" et les fervents de musique ont ajouté un peu\nencore à la reconnaissance qu'ils vouent au vaillant musicien. A l'audition annuelle Je\n- L"}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.93", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n85\n\nla classe de M. Lebrun fut un régal. Toutes ne s félicitations à l'excellent professeur A Liègey\nM. Lucien Mawet a fait applaudir une fois encore son A capella dans les salons de Y Œuvre\nles Artistes.\nBibliographie. 3\\/lenuet de Léo Jadin. La marche des petits Bohémiens du même. Suite pour\nvioloncelle de Jean Strauven. (Ed. Oertel. Rue de la Régence, Bruxelles).\nIII Co?icert Tsaye donné par le Tonkunsler Orchester de Munich et dirigé par son chef\nJoseph Lasalle un français : 80 musiciens jouant avec une tenue irréprochable, une coordina-\ntion et une unité surprenantes ; un directeur jeune, grand, mince, souple, au geste ample et\nexpressif, à la figure ouverte et intelligente. Ce concert remarquable, non seulement par son\nexécution mais par son intéressant programme, débuta par le Concerto grosso en ré mineur\nde Haendel, musique calme, reposante, pacifique. La Symphonie n° 4 en sol majeur de Malher\nqui suivait est bien longue quoique fantasque et divagatoire, parfois vivante : le lied de la fin fut\nchanté par Mademoiselle Eisa Flith de Munich. Cette charmante cantatrice interpréta aussi la\nmélodie de Schubert : la Doute Puissance.\nMais, quel enthousiasme, quelle émotion dans cette seconde partie du Concert ; Don\nJuan, poème symphonique de R. Strauss nous fit venir à chacun la chair de poule : musique\nnerveuse, vivante, voluptueuse d'une sensualité presque vicieuse.\nLe public fit à Lasalle une ovation fort émouvante toute de reconnaissance après l'audition\ndu Prélude et mort d'Iseult et l'Ouverture du Tanhauser : cette exécution finale fut une vraie\nperfection, mais quel travail préparatoire n'a-t-il pas fallu ? Nous sommes évidemment loin de\ncela à Bruxelles, où la règle est de \" bâcler \" les Concerts.\nLe Quatuor Zcelner, (le père et ses enfants), nous promet 3 séances intéressantes de musi-\nque de chambre. Nous connaissons ces artistes jeunes, consciencieux, enthousiastes ! Habitués\ntous dès l'enfance la plus tendre à travailler dans l'athmosphère affectueuse et reposante du\nfoyer paternel, ils y ont acquis une similitude de qualités, l'unité et la coordination, indispen-\nsables à la mise en valeur d'un quatuor. Ils ne jouent mercredi prochain que des quatuors de\nBeethoven, n° VI, 11° X, n° XI.\n]■ C.\nNECROLOGIE. — Un stupide accident d'automobile a coûté, récemment, la vie\nà Mlle Nelly Blockx, fille de M. Jean Blockx, directeur du Conservatoire Royal d'Anvers,\nauteur célèbre de Princesse d?Auberge, la Fiancée de la mer, Milen\\a, Baldie. Le pays tout entier\net en particulier les musiciens de Flandre et de Wallonie ont ressenti douloureusement ce deuil\ncruel. La rédaction du S.I.M. présente au père affligé, l'hommage respectueux de ses condo-\nléances très émues. R« L.\n\nEtranger\nFLORENCE. Le théâtre de la Pergola, sous l'intelligente direction de MM. Galletti\net Geri, tend à reprendre, dans la vie musicale de l'ltalie et de l'Europe, la place qu'il occu-\npait autrefois. Il a ouvert ses portes avec une représentation du Don Juan de Mozart, qui m'a\nparu bien meilleure que certains journaux italiens n'ont voulu le reconnaître. Si quelques\nrôles de femmes étaient manifestement insuffisants, le rôle de Don Juan fut incarne a mer-\nveille par M. Mattia Battistini, le grand artiste qu'on n'avait pas eu depuis longtemps le"}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.94", "texte": "86\nS. I. M.\n\nplaisir d'entendre sur les scènes italiennes, M. Navarrini fut un Leporello très original\nM\"e De Hidalgo une Zerlina délicieuse, et l'orchestre, dirigé au clavecin par M. Arturo Vigna'\nfit des efforts louables et souvent heureux pour rendre le chef-d'œuvre de Mozart avec légèreté\net fermeté. Après avoir mentionné des exécutions intéressantes de Cavalleria rusticana. de\nRagliacci et de Tosca, il faut féliciter M.M. Galletti et Geri d'avoir osé remettre àla scène\nune œuvre oubliée, la Llnda diChamounix, de Donizzetti, dont ils ont donné avec le con-\ncours de M. Battistini une représentation modèle. Il faut les féliciter aussi, et peut-être\nsurtout, d'avoir tenté un effort pour nous donner des œuvres toutes récentes, et même, peut-on\ndire, la plus récente de toutes, ce fameux Rosede Richard Strauss, qu'on nous a\npromis pour ce printemps et que nous attendons avec impatience.\nLa Libéra esteticay que les Parisiens n'ont pas oubliée, poursuit en Italie son œuvre\nexcellente : une série de six concerts, organisée par M\"'e Ida Isori et M. Paolo Litta avec le\nconcours de M.YVitwer, violoniste bâlois de grand mérite, nous ont permis d'entendre quelques-\nunes des plus charmantes œuvres vocales et instrumentales de la musique italienne des XVIIe\net XVIIIe' siècles. Les trois concerts déjà donnés ont reçu un accueil fort sympathique du\npublic cultivé de Florence et ont valu un succès mérité à la parfaite cantatrice et à ses colla-\nborateurs.\nA signaler aussi un intéressant concert de harpe chromatique Pleyel par Mme Wurmser-\nDelcourt, virtuose parisienne. P. M. M.\nBERLIN. I andis que le D 1 Julius Kapp le dernier biographe de Wagner publie sous\nle titre Jung-W agner,un volume d'articles inédits datant de 1834 à 1843 que Wagner avait\néliminés de ses œuvres complètes ; l'antiquaire Stargardt a la bonne fortune de reconnaître\ndans un lot de paperasses provenant de la famille Wesendonck un manuscrit musical inédit\ndu maître de Bayreuth. C'est l'arrangement pour violon-solo et petit orchestre (à dix\nparties) du lied Trœume(Rêves) que Wagner fît en décembre 1857 et qu'il exécuta avec\ndix-huit musiciens de choix, appelés de Zurich, devant la chambre à coucher de Mathilde\nWesendonck, le matin d un des anniversaires de sa bienfaitrice. Glasenapp, dans sa grande\nbiographie, mentionne cette orchestration, mais on ne savait plus où elle avait passé. C'est à\nqui en auia 1 autographe maintenant. Les dix pages sont écrites tout entières de la main de\nWagner et portent à la fin ses initiales avec le paraphe habituel.\nMUNICH. Dans sa sonee de récitations classiques du 6 décembre IVI. de Possart\napportait deux mélodrames nouveaux : le Château au bord de la mer de Uhland, avec musique\nde Richaid Stiauss, executee d après le manuscrit; et M'uchka de la Marosy une histoire tzigane\nde Lenau, mise en musique par Josef Pembaut (op. 93).\nes amis d Otto Vrieslander vont publier par souscription, un nouvel album de\n48 liedet récemment écrits par le compositeur du Pierrot lunaire, sur des poèmes de Conrad\nFerdinand Meyer. C est un beau geste en faveur d'un musicien doué, très sincère et très\nartiste.\nVIENNE. Le conseil municipal de la K.K. capitale semble n'avoir attendu que le\ndeces du bourgmestre nationaliste Dr Lueger pour saccager la ville. On démolit sans merci,\nau profit de rues à l'américaine ; et avec les anciennes demeures, pleines de souvenirs, c'est le\ncachet vieux Vienne de la bonne ville qui disparait grand train.\n. nll f-e |a Johannesgasse, à côté du palais des Chanoinesses, on a éventré une solide\nmaison du XIII siècle, toute en pierres de taille, à l'escalier étroit, tortueux et noir, qui selon"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.95", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n8?\n\ntoutes vraisemblances avait abrité un des logis volants de Beethoven. La destruction du\nvénérable Freihaiuest pire encore. Les princes de Starhemberg ont habité tant qu'ils ont vécu\ncet immense caravansérail, où fut enterré en 1701 le défenseur de Vienne, Ernest Roger de\nStarhemberg. Il avait encore aujourd'hui ceci de curieux d'être la maison la plus chargée\nd'impôts de la ville : elle occupait un emplacement de 25000 mètres carrés et contenait 340\nlogements. Deux souvenirs de la vie de Mozart s'y rattachaient. C'est au jardin que fut\ncomposée la Flûte enchantée,dans une espèce de hutte, religieusement transportée depuis sur le\nKapuzinerberg à Salzbourg ce qui déroute considérablement la rêverie des fidèles visiteurs ;\net c'est dans le Théâtre du Freihaus qu'avait eu lieu la première de l'opéra, sous la direction\nde Schikaneder.\nLe Dr Egon Wellesz a fait à la salle Urania une très intéressante et instruc-\ntive conférence sur le développement actuel de la Musique en France ; il exposa la manière\net les tendances des musiciens français contemporains Debussy, Dukas, Chausson, Dupont,\nChabrier, Ravel et des espagnols Albeniz, de Falla, Turina qui se rattachent à l'Ecole fran-\nçaise. Medames Berthe Jahn et Marie Panthès, M. Robert Pollak interprétèrent d'une façon\nparfaite quelques œuvres de ces compositeurs ; le public Viennois leur fît le plus grand succès\nainsi qu'au conférencier M. Wellesz qu'on ne saurait trop féliciter de l'heureuse idée qu'il a de\nrépandre le goût de la musique française en Autriche. Mais pourquoi la colonie française n'est-elle\npas venue écouter sa musique et en entendre causer ? Pas même M. Crozier, qu'on aurait pu\ncroire plus mélomane.\nBAYREUTH. Le Musikverein fêtait ce 20 Novembre ses cinquante ans d'existence.\nIl a compté à sa tête des musiciens de valeur, Anton Seidel, Kellermann, le Kapellmeister\nwagnérien Franz Fischer, Engelbert Humperdinck ; grâce à sa fusion avec le chorverein\nlocal, réalisée par Julius Kniese il fut à même de prendre une part importante dans la vie\nmusicale de l'Allemagne du Sud, en exécutant de grandes oeuvres. Richard Wagner encouragea\ntoujours ses efforts et ne dédaigna pas de diriger parfois ses auditions. Pour ce jubilé, la Société\navait étudié le Requiem allemand de Brahms, ce qui témoigne d'une absence louable de parti-\npris ou de rivalité d'écoles. Avec MIIe Mathilde Gilow de Berlin et M. Geise-Winkel de\nWiesbaden comme solistes principaux, l'œuvre, dirigée par M. Ludwig Hartmann, maître au\nSéminaire, remporta le plus franc succès, et le plus mérité par les choristes et instrumentistes,\nauprès du public d'invités accourus à la fête.\nNURENBERG a une vie musicale très développée, un théâtre municipal qui donne\nl'opéra et l'opérette, des concerts symphoniques dirigés par M. Bruch, et deux sociétés chora-\nles, le Liederkran-z, et le Chorverein qui offrent des auditions très soignées.\nLe premier Concert n'apportait rien moins que trois œuvres nouvelles : une\nla majeur,manuscrite de H. Zilcher, de belle venue et très bien accueillie ;un moins\nheureux de W. Mauke ; et une Symphonie encore, en du premier Kapellmeister du\nThéâtre M. Bernard Xittel, ouvrage qui ne manque ni d'adresse, ni d'invention, ni d'origina-\nlité, et qui remporta un très grand succès. Au théâtre, la première de l'opérette le doux\npoison de M. Gorter, un Nurembergeois, qui dirigeait lui-même et que les acclamations du\npublic appelèrent plusieurs fois à la rampe.\nDRESDE. Beaucoup de Beethoven, de Brahms et de Schumann sur les affiches de\nnos concerts. Le virtuose témoigne d'une parfaite indifférence pour toute nouveauté musicale."}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.96", "texte": "88\nS. L M.\n\nMM. Schôr, Daucher, Mirz et Gaillard nous ont donne une superbe audition du\nquatuor à cordes de Ravel. Musique quasi géniale par ses sonorités, combien peu organiqUç\ndans sa structure !\nDe Bruckner, j'entendais le jour des Morts la Messe en mi mineur pour chœur à 8 voix\net orchestre. Quel imprévu, quelle nouveauté, quelle fête pour l'imagination !\nJe vous parlerai le mois prochain des œuvres de M. Mallinson, un anglais, ainsi que du\nconcert d'oeuvres d'orchestre de M. Jaques Dalcroze. Citons parmi les interprètes d'oeuvres\nde musique de chambre les noms de Mme Jaques Dalcroze (lieder italiens, allemands,\nMme Tilly Koenen (charmantes scènes enfantines hollandaises), M. Paul Aron (Children's\nCorner de Debussy), le violoniste Marteau.\nUne belle institution, ici, sont les concerts d'orgue du samedi après-midi, à la Kreuz- et\nla Frauen Kirche. Composés de collégiens, les chœurs chantent clair et juste.\nDe temps en temps, un tout vieux musicien, de ceux qui dorment dans la poussière des\nbibliothèques, un Jean Eckard, un Pretorius, un Bôhm, par mégarde, se fait entendre, et c'est\nalors pour l'auditeur une surprise inattendue, combien agréable !\nA l'Opéra, on donne Tiefland de E. d'Albert, et cette semaine le Ring du Niebelungen.\nL'orchestre y est magnifique de précision et de souplesse. Les répétitions du Rosen Kavalier\nde M. Strauss se poursuivent activement et l'on parle d'une musique vive, alerte, raffinée.\nPRAGUE. —La Hndebni Revue [Revue musicale) constate dans son numéro de décembre\nque le S. I. M. est la seule revue de France, qui sache quelque chose du mouvement musical\ntchèque. Dès lors faisons comme le nègre... Fêtes le 5 décembre pour célébrer les quarante\nans du compositeur Vitiezlav Novak, né à Kamenice sur la Lipa. Distingué d'abord par le\nProf. Stecker, élève ensuite de Dvorak, qu'il scandalisait autant par ses hardiesses que par son\nincrédulité religieuse, M. Novak est aujourd'hui avec MM. Suk, Ostrcil, Foerster et\nKovarovic, en Bohème, Nesvera et Janacek en Moravie, à la tête de la vie musicale slave\nd'Autriche. Sa Sonate héroïque et sa Suite slovaque pour piano (Mojmir Urbanek, éditeur, Prague)\ndonneront la meilleure idée de son originalité à ceux qui, de longtemps sans doute, n'auront\npas l'occasion d'entendre l'orchestre de Dans les Tatry ou du Chant de /'Eternel Désir. - Le\n25 novembre le Théâtre National a donné Boris Godounov dans la version Rimsky Korsakof.\nLa critique tchèque s'est déclarée à Tunanimité contre l'étranger, qui avait osé conseiller d'en\nrevenir à la version originale. La Hudebni Revue se range à l'opinion, qui pourrait la mener\nloin, que n'importe qui a le droit de modifier une œuvre \" quand c'est pour l'améliorer \" et\nM. A. Silhan dans la Narodni Listy nous décoche ce trait : \" Tant qu'on n'aura pas prouvé\nque l'original de Moussorgski valait mieux, il faut donner Boris avec les remaniements\nRimsky.\" Alors comment saura-t-on jamais ce qu'il vaut, cet original ? Le Narodni Divadlo a\ndu reste eu l'impudence de couper l'acte entier de la scène du peuple sur la grande route, le\nplus typique de Moussorgski ! C'est sans doute aussi pour le plus grand bien de l'œuvrer Le\nplus grand bien dans ces conditions serait de la supprimer toute entière. Evidemment Smetana\nétait un imbécile, qui écrivait de Jakbenice, le 7 octobre 1875, à M. Joseph Jiranek qu'il ne\nsupporterait aucune correction à ses pièces de piano et qui, ailleurs encore, protestait contre les\nremaniements de ses Deux Veuves à Hambourg. Il est vrai que si Mahler, à New York, sans\nchanger une seule note, accentue seulement, d'une façon à lui, telle danse de la Prodana Nevesîa}\ntoute la Bohème proteste. Les revues et journaux de Prague citent les témoignages russes\nfavorables aux remaniements de Boris. Ignorent-ils que les temps ont changé et les points de\nvue de la critique aussi ? Et que ce qui était impossible avant Pelleas ne l'est plus aujourd'hui.'\nEt que d'autres témoignages pour le Boris original peuvent désormais se produire en aussi"}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.98", "texte": "L'Orchestre Médical\nIl y a quelques années, les Docteurs Vaucaire, Destouches, Kortz, Duchesne, Daniel\nse réunissaient régulièrement pour faire de la musique ; à ceux-ci se joignirent bientôt\nd'autres médecins. Un jour ils se comptèrent : ils étaient trente. L'idée leur vient alors de\nconstituer un véritable orchestre ; ils font appel à leurs confrères musiciens et cet appel est\nentendu. L'Orchestre Médical est créé. Le 2 Février dernier il donnait à la Salle Gaveau Un\nconcert des plus intéressants. Nos lecteurs seront peut-être curieux de connaître la composition\nde cette phalange musico-médicale dont le président est le Dr Richelot et les vice-présidents\nles D!> Blondel et Lebreton ; la voici : Aux pupitres de lers violons nous trouvons : les\nD\" Bloch-Wormser, Boucher, Bourg, Casse, Chaperon, David, Delorme, Didsbury, Doyen\nDurand-Fardel, Gauchas, Gerboud, Guichard, Krauss, Levaditi, Lebreton, Levisti, Mathias'\nMilian, Regnard, M\"\"-' Nicolle. Aux pupitres de les Drs Ancibure, Arnold'\nAstrug, Bloch, Carra, Chirol-Jardet, Guyochin, Jahan, Jaïs, Kortz, Lombard, Michaux\nMounier, Morhange, M\"' Pokitonoff, Thin. Les sont tenus par les Drs Destouches'\nGaudier, Isambert, Michaux, Picot, Trognon, Stora, Vaucaire ; les par les\nDs Blandin, Bourgeois, Dubois, Garin, Gigon, Hatry, Lauth, Riffaud, Saïssy, Theuveny;\nles contre basses par les D 1 Dumont, Laurent de Belloc, Thiéblement. Pour les instruments;!\nvent nous trouvons les Drs Coupé, Daniel, Greuet, Iselin, Monmarson [flûtes), les Drs Fies-\nsinger et Pein [Hautbois),le Dl' Magnin [Cor les Drs Granger et Michelin -\nruttes), les D Dubieton et Quentin [Bassons), les D'5 Violet et Vorimèse [Cors), les Drs Lan-\nquetin et Lecussant [ti otnpettes), le D Kaffer [trombone), le D' Lagarde [tuba). Simbales et bat-\ntit te .D Duchesne, Robert-Simon, Vincent, Virally. Les sont confiées à MelleS Las-\nkine et Labatut, toutes deux filles de médecins et premiers prix du conservatoire. Nous\nn'avons pas parlé du chef d'orchestre : c'est M. Henri Busser, le chef d'orchestre de l'opéra\nqui est gendre du Dl' Sichel.\nIl ne suffit pas d etie médecin et musicien pour faire partie de l'orchestre médical ; tout\ncandidat doit satisfaire à un examen préalable ; c'est dire la qualité des exécutions.\nQuant au but de cette association, il est double et doublement louable : faire de l'art en\nfaisant du bien. Les médecins de 1 O. M. veulent donner des concerts dans les hôpitaux pour\ndistraire leurs malades, prêter leur concours à des œuvres de bienfaisance : le Concert du\nFevriet était donne au profit de la \" Maison du Médecin \", maison de retraite située à\nBiezolles et Loire) et destinée a recevoir les vieillards pour lesquels la fortune fut sévère\npendant l'exercice de leur profession de médecin.\nMais parlons de ce concert et disons tout de suite qu'il fut plein d'intérêt. D'excellente\nmusique, une exécution précise et toute imprégnée d'un besoin d'idéal à satisfaire, des vers du\nA/rme Tr°nt°^a tS ai Mounet, une piece d'ombre, des interprêtes parfaits,\nM L Vaucaire, la femme du Docteur, Mme Damnas de l'opéra, Mlle Lilv Laskine Mme Nicolle\nle Dr. Gigon, n'y avait-il pas là de quoi intérêsser l'élégante' assistance qui se 'pressait Salle'\nGaveau : On fit aux œuvres du Dr. Richelot et du Dr. Blondel sur lesquelles nous ne pouvons\nmalheureusement pas nous étendre tout le succès qu'elles méritent. Ce fut une très belle soirée\net 1 orchestre médical peut se féliciter d'une << opération \" aussi bien réussie"}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.99", "texte": "UN ORCHESTRE A TOKYO."}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.100", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n89\n\ngrand nombre ? En attendant la musique de Moussorgski gagne du terrain même à\nPrague. Au dernier concert de la Société du lied on a entendu au complet Chambre d'enfants et\nChants et danse de la Mort. A signaler aux derniers programmes de la Philharmonie\ntchèque : le 6 novembre : l'ouverture Au printemps de Goldmark ; la sérénade cordes de\nJ. Jerabek et la Deuxième symphonie de Dvorak. Le 18 novembre : Spriditisy l'ouverture de\n[. Wihtol pour une légende dramatique lettone, un scherzo idyllique de J. Kricka et la Troi-\nsième symphonie de Dvorak. Le 20 novembre, le programme est entièrement consacré à Joseph\nSuk : sa Première sa Fantaisie pour violon et orchestre et le scherzo fantastique.\nLe 19 décembre a eu lieu le concert annuel, donné par les journalistes tchèques. Au\nprogramme : Les Idèals, épopée de la vie d'un artiste, du jeune compositeur Rudolf Karel\nBelisanta poème symphonique de M. Emil Polak, un Tchèque d'Amérique. Il existe encore\nune sœur de Smetana, Ludmila. Elle a eu quatre-vingt dix ans, le 23 novembre. Elle vit à\nVienne dans l'indigence. L'Hôtel de Ville de Prague a usé de munificence à son égard et lui\na fait remettre cérémonieusement par le conseiller Neumann... cent couronnes! En\nMoravie on continue à s'occuper du Père Augustin Krzizkovski, le précurseur de Smetana\ndont nous avons parlé. On vient de lui élever un monument à Neplachovice, près de\nHolasovice, son lieu de naissance. Les deux villages sont en Silésie autrichienne près de Krnov\n[allemand: Jaegerndorf), mais tandis que Holasovice est devenu allemand et n'a pas voulu du\nmonument, Neplachovice, demeuré tchèque, l'a accueilli. Il a même fallu occuper militaire-\nment le premier pour que la petite cérémonie décidée put avoir lieu devant le maison natale :\nil s'agissait d'y chanter, en tchèque bien entendu, quelques œuvres du maître. A la messe on\nentendit outre son Sanctus, le Pasteur et le Pèlerin. Il s'agit maintenant de lui ériger à Brno\n(Brunn), capitale de la Moravie, une statue. Un comité s'est fondé, dont le secrétaire est le\nProf. Aloys Kolisek, c'est un prêtre de Hodonin, qui a pris l'heureuse initiative de\ndemander au Théâtre National de Brno qu'une représentation de gala fut donnée en faveur de\nce monument, et, là est l'important, que l'œuvre choisie soit Jej't Pastorkyna, le chef d'œuvre\nsi discuté du compositeur le plus avancé de Moravie : Léo Janacek. Existe-t-il un mot fran-\nçais pour traduire P astorkyna ? C'est la belle fille, dans le sens: fille d'un premier mariage consi-\ndérée, lors d'un second, du point de vue du mari ou de la femme, dont elle n'est pas. La\nrevue Dalibor de Prague, l'une des plus anciennes revues musicales tchèques sera dirigée désor-\nmais par M. Rudolf Zamrzla, chef d'orchestre au Théâtre National, en remplacement du\nmusicologue A. Rektorys, qui fonde la revue Smetana, dont le premier numéro vient de paraî-\ntre et affiche des tendances u avancées \".\nWILLIAM RITTER.\nHELSINGSFORS. Si l'on veut bien considérer que la musique finlandaise est\nencore bien peu de chose, on devra reconnaître que la vie des concerts est toute proportion\ngardée assez active dans notre capitale (140.000 hab.) A vrai dire la politique violente prati-\nquée par la Russie à notre égard est fatale à l'art musical, et lui a fait grand tort depuis quel-\nques années.\nLa Finlande possède surtout un grand nombre d'artistes que j'appellerai voyageurs,\nparce qu'ils sont sans cesse en tournée. Les plus célèbres émigrent facilement, et leurs noms\nvous sont connus. Je citerai par exemple : Ml3e Aino Acté, Irma Tervani, Jaernefelt, Mally\nBurjam, Jenny Spennert etc.... Toutes ces forces musicales ne sont pas groupées, et\nHelsingsfors n'a même pas d'opéra permanent. La raison doit en être attribuée a la dualité\ndes langues qui règne chez nous et nous divise. La langue des classes aisées est le suédois.\nMais le Sénat (composé d'officiers russes et de membres du partie des vieux finnois) et d une"}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.101", "texte": "90\nS. I. M.\n\nfaçon générale les fonctionnaires sont attachés au finlandais, par haine de l'élément suédois 1 1\nen résulte qu'un groupement musical suédois serait sans caractère officiel, et un groupemèn\nfilandais sans public. Aussi 1 opéra construit et assuré par la générosité du précédent Sén-.\nfinlandais a-t-ii formellement refusé de jouer des pièces suédoises. Il ne donne que des œuvre\nétrangères ou des œuvres finlandaises. Les premières sont empruntées au répertoire habituel\ndes grandes scènes d'Europe. Les autres nous ont montré ces temps derniers : de Mda-\ntin, Daniel Hjortde Palmgren, et Elïman Sude Merikanto. Il est probable que vou,\nconnaissez fort peu ces œuvres et leurs auteurs.\nSelim Palmgren, compositeur éminent de Lieder et d'œuvres chorales a mis en musiqUe\nun drame de notre plus grand écrivain J. J. Wecksel, et qui se nomme Il y,\nla de très joues scenes et des effets raffines, pourtant l'ensemble peut-être considéré comme la\ntentative d un artiste audacieux. L'harmonie de Palmgren est en effet dans cette pièce basé\ntoute entière sur la gamme par tons entiers. Les motifs conducteurs n'ont rien de très prenant\net il n'y a nul effort de polyphonie ou de contrepoint. La musique n'a donc d'autre effet icj\nque celui d une atmosphère delicate répandue autour de l'action dramatique.\nTout autre est Elïman Surma, composé par le musicien populaire Mérikanto sur un\nlivret de Jalmari Finne. Ici la musique simple, naturelle, vise à l'originalité des thèmes et\nobtint un grand succès auprès du public.\nLes Concerts Symphoniques(io par saison) se trouvent sous la direction du professeur\nRobert Kajanus, qui cède de temps à autre le bâton à un chef étranger. Nous avons eu\nGlazounov, et sa nouvelle Symphonie Finlandaise, puis un certain nombre de solistes éminents\nparmi lesquels Gabriel Faure et Capet. Comme on le voit il y a une vie musicale à Helsings-\nfors, maigre la difficulté de la politique.\nGOSTA WHALSTROEM\nBOSI ON. Boston est accablé de musique. Les Concerts symphoniques (deux fois\npar semaine) et 1 Opéra (cinq fois par semaine) empêchent le public de prendre sa part des\nauditions plus restreintes. On donne bien force billets, mais il semble que les auditeurs attell-\nent qu on leur envoie en plus une voiture pour se rendre au concert. Malgré tout, le pianiste\nrançais A. Borchard a eu une bonne presse ; son exécution de Beethoven et de Mozart a\nplu ; avec Chopin il prend peut-être un peu trop de liberté.\nL'Enfant Prodigue de Debussy a été donné à l'Opéra. Il y a ici une partie de fougeux\nDebussystes qui, bien que peu nombreux, applaudit ferme à toute œuvre du maître. L'ouvrage\na u reste paru très compréhensible et plutôt dans le genre de Massenet. Seulement on peut\nire que c est une cantate et non un opéra. Boston est comme toutes les grandes villes\naméricaines en fait d'opéra ; un grand chanteur excite plus d'intérêt qu'une grande œuvre.\nAinsi la Boheme faisait de petites salles. Mme Melba apparaît et aussitôt tout est plein. Faust\nnous a été donné avec la nouvelle mise en scène de l'Opéra. Puis la Habanera de Laparra.\nAu concert, a signaler The Culprut Fayy poème symphonique du compositeur américain\nHenry Hadley, œuvre d'orchestration délicate, la symphonie en mi mineur de Rachmaninov,\nintéressante, et ayant cette couleur d'amertume qui plaît tant aux Russes, mais un peu\nlongue. Un symphoniste moderne ne saurait d'ailleurs rien dire d'intéressant et, moins d'une\neure. De Scriabine le \" Poème de l'Extase \" a plu. Cette sorte d'extase se vend en gros en\nRussie. Le « Brigg Fair\" de Delius sur un sujet anglais a été accueilli froidement. Delius\nn a pas encore prouvé ses droits au titre d'iconoclaste de la musique. Enfin Granville Bartock\neut u succès avec son Omar Khayyany assez moderne-style, mais bien traité. Le dommage est\nque e pub îc ne saurait comprendre la marche d'une œuvre comme celle-ci, sans préparation."}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.102", "texte": "THEATRES ET CONCERTS\n91\n\nTous ces compositeurs écrivent pour l'avenir. Mais le pauvre peuple du présent n'a-t-il donc\npas aussi lieu d'attendre un peu de considération.\nLouis C. ELSON\nMADRID. Pour la première fois, je vais attirer l'attention des lecteurs de la S.I.M.\nsur une représentation du Théâtre Royal. J'ai trop critiqué l'interprétation donnée (en\ncet Opéra peu accueillant), pour ne pas insister sur le spectacle vraiment inouï qu'il me fut\nloisible de contempler ces jours-ci. Il s'agit de l'Or du Rhin où nous entendîmes un Albérkh\nque je qualifierai de prodigieux. C'est un artiste que je n'ai pas l'heur de connaître. Ce que\nj'en sais par le programme, c'est qu'il s'appelle Challis, et j'ignore son prénom comme sa\nnationalité. Mais sans chercher à en connaître plus long, je veux dire ici l'impression qu'il\nnous a causée. Ce chanteur a d'abord une voix auprès de laquelle celles de Chaliapine ou de\nTitta Ruffo, sont enfantines. Puis il dit son rôle d'une façon qui touche au collosal : c'est\nl'Albérich tel que Wagner l'imagina et ne le vit jamais u réalisé \" quant à la qualité de son,\net à l'ampleur vocale indispensables pour l'expression de personnages surhumains. Tout en\nconservant un timbre d'une égalité merveilleuse, cette voix rugit, se lamente, se déchaîne, se\nramasse, pleure, rit, et, par dessus tout, parle...\nJe n'ai vu Challis que dans un rôle : cela m'a suffi pour me former une opinion que\nj'étends au répertoire entier des barytons et basses-chantantes Wagnériens. Challis devra\nconnaître auprès des publics internationaux le triomphe réservé aux rares \" créateurs \".\nLe reste de l'interprétation, autour d'un pareil artiste, m'a paru seulement suffisant. Sans\nlui je serais sans doute plus louangeur.\nHENRI COLLET.\nSARAGOSSE. La Société Philharmonique de Saragosse est toujours très florissante ;\nnous avons applaudi tour à tour le trio Holander, le pianiste Harold Bauer et le violoniste\nFernandez Bordas, Mmes Emilia Quintero et Emilia Frassinessi, le quatuor Rosé. Tous ces\nartistes nous ont donné des exécutions vraiment remarquables.\nMOSCOU. La Société russe des Amis de la Musique qui compte déjà 15 ans d'existence,\nfêtait dernièrement son centième concert ; il était consacré à Serge Rachmaninow qui, lui-\nmême, exécuta la partie de piano de son concerto. Emile Compère dirigea la Symphonie de\nRachmaninow d'une façon parfaite. N'oublions pas que c'est à l'avocat Arcadi Michailovitch\nKerzine et à sa femme que nous devons l'existence de cette Société dont les débuts furent très\nsimples mais très intéressants ; les exécutions ne consistaient alors qu'en lieder et musique de\nchambre ; aujourd'hui c'est dans la grande salle de l'assemblée de la noblesse de Moscou qu'ont\nlieu les concerts. Notre Société des Amis de la Musique porte le nom de Société Kerzine ; la\nplace qu'elle occupe dans la vie musicale de Moscou est très importante. Souhaitons lui une\nnouvelle ère de prospérité.\nE. VON T.\nTOKYO. Le développement de la musique occidentale s'accentue de plus en plus\ndans la capitale du Japon. YS Académie de Musique de Tokyo est un conservatoire, où l'instruction\neuropéenne est largement distribuée tandis que des professeurs indigènes s'efforcent de ne pas\nlaisser tomber en désuétude complète la musique autochtone. Le Japonais est naturellement\nartiste, et avant l'intrusion de notre musique, il faisait déjà tous ses efforts pour cultiver son art\nNational. Mais aujourd'hui ce qu'on peut entendre de mieux au Japon est européen. La"}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.103", "texte": "9 2\nS. I. M.\n\nmusique instrumentale l'emporte naturellement sur la musique vocale, car il manque 1:!\nJaponais un gozier susceptible de rendre nos mélodies. De temps à autre on a l'agréai,\nsurprise d'entendre des voix que l'Européen peut considérer comme acceptables, mais on ser\ncombien l'organe japonais a de peine à se plier à ces émissions. La majorité des élèves 6\nl'Académie de Tokyo est féminine, car les femmes montrent ordinairement plus de disposition,\npour la musique que les hommes. Le violon et le piano sont les instruments préférés.\nCependant les musiques militaires font aussi de bon ouvrage, et il est regrettable de voir\nla musique d'orchestre confinée dans les régiments et les escadres. Dans l'orchestre, l'élèv-\ndu conservatoire se comporte très bien. Mais aucun n'est encore parvenu à prendre le bâtor\nLes deux chefs d'orchestre de l'Académie sont MM. Junquer et Reuter, tous deux Allemands\nQuelques malentendus survenus parmi les professeurs européens l'année dernière ont provocW\nle retour en Allemagne du Dr von Koeber, qui se trouvait ici depuis quinze ans, et quV\npeut considérer comme le père de la musique européenne au Japon. C'est une perte irréparabk\nL'orchestre de l'Académie organise régulièrement des concerts patronés par la meilleur\nsociété de Tokyo. Voici le programme de celui qui eut lieu le 27 novembre dernier à 2 h\nUyeno Park : sous la direction de M. Junker.\nRequiem de Brahms. (Bariton M. Shimidzu). Concerto en ré de Rubinstein (M\nReuter). L'arlésienne. Air d'Odysseus de Bruch (Miss Makajima). Chœur de vois\nde femmes de Brahms. Ouverture d'Oberon.\nLe Théâtre National est maintenant terminé, et l'ouverture- de cette salle attirer\ncertainement l'attention japonaise sur notre opéra, bien que le drame doive former pendant u\ncertain temps le principal répertoire de cette institution.\n{De notre correspondant particulier : J. BRYAN.)\nPRIME GRATUITE. Aux vingt premiers lecteurs qui nous en feront la demande,\nnous serons très heureux d'adresser l'intéressante brochure de M. Emile Baux, Notes et docu-\nments inédits sur P Opéra-Comique et quelques un"}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.104", "texte": "Çà et Là\nAlbert Jeanneret.\nLES DANSES ANCIENNES A DRESDE\nA \"Jean d\nLe 29 novembre dernier s'est produit à Dresde, à la salle du Vereinhauss un événement,\ndont on n'a pas en France signalé l'intérêt et dont cependant la portée sera considérable.\nPour la première fois un historien de la musique s'est attaqué, avec tous les éléments dont la\nscience dispose, à la reconstitution des danses françaises du XVIIe siècle. Certes, nous avons\ntous vu, et ici, comme à Paris, ou dans toute autre grande capitale, des travestis à perruque\névoluer sur un rythme de gavotte ou de menuet. Mais entre ces à peu près, souvent agréables\nd'ailleurs, et le problème de la danse ancienne il y a une certaine distance.\nM. le professeur Richard Buchmayer, de Dresde, l'un de nos collègues les plus avertis\net les plus épris de l'art rétrospectif a voulu franchir ce pas. Et, après maints tâtonnements, il\nest parvenu à une réalisation qui a tout au moins le mérite d'être historique. Laissons la parole\nau savant professeur, auquel je me suis empressé d'imposer la fâcheuse interview.\n\" Je me suis toujours intéressé à la musique ancienne, dit M. Buchmayer, et j'ai donné\ndans mes récitals de piano plus d'un programme d'œuvres oubliées, que m'ont fournies les\nbibliothèques de Dresde, Lunebourg, Londres, Berlin etc. Tout naturellement j'en suis venu\nà me demander quelle corrélation pouvait bien exister entre cette musique si expressive et\nles mouvements du corps qu'elle accompagnait si souvent. Je m'entourai de tous les ouvrages\nthéoriques et didactiques anciens, et me plongeai dans les 900 volumes du Mercure Galant.\nUne fois armé de notions claires et précises je pus aller de 1 avant. J eus le bonheur\nd'intéresser à ces recherches Mlles Clara et Martha Gaebler de l'Opéra royal de Dresde et\nnos essais pratiques commencèrent. Je divise les danses anciennes en danses de société et danses\nde théâtre. Les premières soumises à l'étiquette et aux rigueurs de la bienséance mondaine.\nLes autres s'inspirant au contraire de la liberté des postures et des \" entrees . Danses a\ndeux, ou à un personnage, danses de Pécour, courante où triomphait le Grand Roi, ou\nfigures de ballet sur la musique de Lully, toutes ces formes disparues des rythmes corporels\npeuvent être aujourd'hui reproduits, grâce aux qui ont jadis pris soin den\nécrire et d'en décrire les différents pas. Ce qui manque, c'est la persévérance nécessaire pour\naccomplir un travail fidèle (mais ingrat) de reconstitution précisé. Et c est de ce cote\nque j'ai dirigé mes efforts.\nReviendrons-nous aux danses de Louis XIV ? Ce n'est pas la la question ; les reconsti-\ntutions de ce genre ont pour but de connaître le passé, et non pas d'inspirer le présent ou\nl'avenir.\nCe qu'a obtenu M. Buchmayer, guidant MlleS Goebler, c'est à dire l'érudition alliée àla\ncompétence pratique, il faut venir à Dresde pour le voir. A moins... que Paris ne veuille\ns'offrir le luxe d'un divertissement de ce genre véritablement royal. Tout est possible. Mais\nn'est-il pas curieux de voir la danse défunte restaurée précisément au meme moment et au\nmême lieu où Jaques-Dalcroze instaure un art tout nouveau de la chorégraphie, et qui\nsait si l'ancien n'est pas, en cette circonstance, plus près de l'avenir que nous ne le croyons ?"}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.105", "texte": "L'Édition\nMusicale\n\n(i) A la Coopérative des Compositeurs. (2) Demets. (3) Durand. (4) Heugel. (5) Rouart. (6) Impri\nmerie Nationale de Bruxelles (Laeken). (7) Sér.art et Roudanez. (8) Venturi à Bologne. (9) Universal Editio\nà Leipzig.\nPIANO. Deux Toccatas : l'une de M. Louvier (1), qui ne nous révélera rien de\nbien nouveau et une de M. Kovacs (2), d'allure fort modeste, elle aussi ; M. Kovacs devien-\ndrait-il réactionnaire ? ÎNon, car il nous envoie en meme temps une -oh\ncombien ! qui est évidemment ce que l'on peut faire de plus osé en ce genre, musiqut\nagressive, baroque et révolutionnaire, d'une acidité à laquelle l'oreille a besoin de s'habituer.\nM. Herbert Pryer nous représente assez bien, au contraire, la musique d'hier, ou\nmême celle d'avant hier avec ses pièces diverses pour piano (2). Etude-Caprice, Improvisation\nHumoresque : tout ceci est bien terne ; ce n'est même pas de la musique de salon, puisqœ\ntout brillant y fait défaut. Deux petites Valses, un Menuet de Concert et une Gavotte, du même\nauteur viennent nous prouver une fois de plus combien il est plus facile de manier le pastiche\nque de faire œuvre originale. M. Swan Henessy (2), plaira à tous avec ses quatre jolies\nValses, Op 32. Je goûte surtout la 2e intitulée Espagne, ou le rythme se martèle d'un\nclaquement de castagnettes et la 3e, intitulée Suisse, danse montagnarde où l'on entend !e\nbruit de gros souliers ferrés battant le sol.\nMM. Hugo Rasch, Swan Henessy, G. Loth, A. Delacroix et Herbert\nFryer ont réuni en un seul cahier diverses pièces et Variations sur le même thème (2). Ce\ntheme 11 est ni foi t mélodieux, ni fort suggestif. Bien souvent, nos auteurs ont eu plus l'air de\nse battre avec lui que de s y adapter. Cependant M. Loth a encore trouvé moyen d'y surajouter\nie motif de deux chansons enfantines bien connues. M. Rasch, moins complexe, en a extrait\n8 très agrcables vanations ; c est a elles que vont toutes nos préférences.\nPassons aux Transcriptions : un musicien bien élevé ne peut se dispenser aujourd'hui\nd avoii crue une petite collection qui porte son nom : et où les auteurs anciens, parfois\nagréablement retouches, viennent reprendre, grâce à lui, un lustre nouveau. Ceci n'est point\npour chercher querelle à M. Kovacs, qui nous donne l'occasion de relire deux délicieuses\npièces du Fitzwilliam Virginal Book : Barafostus et dont il a\ntianscrit en toutes notes, les vétilleux ornements. Sa collection (2) comprend encore une\nEtude et Ti ois Caprices de Scarlatti, etincelants de verre et de gaieté. Mais pourquoi venir\npioposer au lecteur une version simplifiée des passages qui offrent quelque difficulté ? Le\nlecteur n'est que trop porté à ce genre de trahisons ; et que dirait M. Kovacs, si Scarlatti,\nusant d une juste réciprocité, revenait sur terre pour remettre au gout de son temps la\nBourrée Bourrue de tout à l'heure."}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.106", "texte": "L'ÉDITION MUSICALE\n95\n\nM\"° Selva vient de transcrire Trois Chorals de Franck (3). Ces radieux chefs d'oeuvre\nne s'accommodent pas toujours très aisément des ressources restreintes du piano ; et la main\ngauche y accomplit pas mal de sauts périlleux, sans parvenir à jouer au complet les basses\nconfiées originairement au pédalier.\nM. Chariot réduit à deux mains les Contes de m (3) et Mme\nDelage Prat le Scherzo du2e Concerto de Théod (4), morceau d'une tenue toute\nclassique, qui rappelle par endroits certaines pages de Mendelssohn. M. Ducasse transcrit\nlui même, pour deux, et pour quatre mains son (3), musique de rêve\naux sonorités mystérieuses et captivantes. M. Swan Henessy compose une amusante et\nfacile petite Suite à 4 mains d'après d'anciens airs irlandais (2).\nCHANT. Le dernier Fascicule des Chan (5) est consacré à des Airs\nbretons du pays de Vannes, dont le dialecte, très différent du breton usuel avait été jusqu'ici\nun obstacle à tout dépouillement du Folk Lore en cette région.\nIl est bien rare de voir poète et musicien réaliser une aussi intime et harmonieuse\nassociation que M. René Lyr et Harold Bridgman dans leurs trois Poèmes : Le Soir,\nTa Joue,et Plain Chant du soleil(6) pour voix graves. Le vers et la mélodie, enveloppés d'une\nmême subtilité, ont recours aux raffinements les plus quintessenciés du langage poétique et du\nlangage musical. Et avouons le, s'il est quelquefois nécessaire de s'y reprendre à deux fois pour\nsaisir la mélodie un peu nuageuse de M. Bridgman, le même effort ne sera pas de trop, pour\ncomprendre dans toute sa profondeur, la pensée de M. René Lyr.\nMême modernisme ; mêmes raffinements de part et d'autre, dans (7)\nmusique de MUe Sauvrezis sur des paroles de Mallarmé ; mais ici, le contour mélodique\nest plus aisément saisissable ; quelques passages sont d'une très jolie couleur. mélodie\npour voix moyennes, de Crocé Spinelli (3), sur des paroles de Richepin, rentre dans la\ncatégorie des morceaux de salon.\nINSTRUMENTS. M. Vatielli publie deux pour violoncelle de\nlachini(B), bien caractéristiques de l'ancienne école italienne par la haute simplicité de leur\nécriture. Le Concerto pour violoncelle de J. Jongen (3) (partie d'orchestre réduite au piano)\nest une œuvre d'une haute tenue ; dans l'andante, certaines phrases douloureuses et alanguies\nrappellent les Ballades de Chopin ; le finale d'un rythme très franc, donne au contraire une\nvive impression de vigueur et de santé.\nLa place me manque pour analyser longuement le Trio du jeune Korngold. L'auteur\nqui a passé l'âge heureux des enfants prodiges, cherche sans doute à se défendre de tout\nreproche de puérilité ; et les défauts que l'on s'attendrait à trouver chez un musicien de\n'3 ans, sont justement ceux qui lui manquent le plus. Cette œuvre sévère et compliquée\npeut prendre rang parmi les productions les plus mures de l'école allemande contemporaine.\nA la dernière minute, je vois arriver la Sonate en Ré mineur pour piano et violoncelle de\nnotre collègue Bertelill (2) ; je n'ai que le temps de jeter un coup d'œil sur une admirable\ncouverture d'un rouge pompéien, qui est à elle seule un régal pour les yeux.\n\nV. P."}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.107", "texte": "Courrier Financier\n\nL'activité financière d'un pays, comme l'ensemble de son évolution économique -\nsoumise à d'incessantes modifications.\nCes modifications répondent à des besoins nouveaux de toute nature, à des transforrr,:\ntions de la vie sociale, des habitudes, voire même des goûts.\nQui aurait pu prédire, il.y a une vingtaine d'années, au moment où les principal\némissions consistaient en valeurs de chemins de fer français, de charbonnages ou de min»!\nsud-africaines, que, dix ans après, 1a presque totalité des capitaux serait absorbée par 4\némissions de fonds d'Etats étrangers et d'obligations de chemins de fer garanties par des Etat, •\nDe même, la modalité de ces placements s'est modifiée, en ce sens que l'on procc\nmaintenant plutôt par émissions publiques que par introduction en Bourse, et le marché de\nspéculation est de plus en plus délaissé au profit des achats directs, aux guichets des banque*\nC'est en partie à cet état de choses qu'il faut attribuer le nombre croissant des émissir-\ndont le montant pour la seule année 1910 dépasse le chiffre de 5 milliards de francs ;cV\naussi une des raisons qui peuvent décider les capitalistes à 11e pas s'effrayer de l'abondance d-\noffres qui leur sont faites depuis quelques années.\nIl y en a d'autres dont l'importance n'est pas moindre :\nTout d'abord, ne perdons pas de vue que nous allons entrer dans une période intens:.\nd'amortissements et de remboursements des emprunts qui ont été émis vers le milieu du siècH\ndernier.\nD'un autre côté, on constate que, depuis quelque temps, le taux moyen de placemet ;\nde la fortune mobilière française s'est accru d'une façon constante. Cette transformation sV [\nopérée sous forme d'arbitrage des bonnes vieilles valeurs françaises contre des titres rapporta-\n-4 et 5 _°/o-\nSi l'on calcule l'augmentation de revenu qui peut se produire de ce fait sur l'ensemls\ndes valeurs mobilières étrangères détenues par les portefeuilles français, on est frappé :\nl'importance du chiffre qui s'ajoute de ce fait à ceux que nous avons donnés ci-dessus.\nEn effet, l'ensemble de notre fortune mobilière est évalué approximativement à ut\nmilliards de francs, sur lesquels 40 milliards environ représentent des valeurs étrangères\nfonds d'Etats, obligations de chemins de fer, actions, etc., qui correspondent, en prenac:\ncomme base le taux moyen de 4 °/y l'an, à 1,600 millions de revenus annuels. Or, t\nsupposant, que, par suite des arbitrages qui continuent à se produire régulièrement, le tau\nmoyen de ces placements soit porté à 5 °/0 et il n'y a là aucune exagération il faudra\ntabler de ce fait sur une augmentation de revenus d'environ 400 millions, qui viendrait:\ns'ajouter aux sommes provenant des amortissements, remboursements, etc., et augmente\nd'autant le chiffre de disponibilités annuelles.\nOn voit qu'il n'y a pas lieu de s'exagérer l'importance de l'augmentation des émission-'\nenregistrées ces temps derniers : elle est due, en grande partie, à ce fait que nous travers®:\nen ce moment une période de grandes transformations et tout fait présumer que, de pluse\"\nplus, les capitaux disponibles seront suffisants pour répondre au développement de l'outilla?\néconomique mondial.\nSociété Auxiliaire des Banques Régionales\n34, Rue de la Victoire, Paris."}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.108", "texte": "ê\n*\n*\nv ' <-\nwwm\n>-***\niwmm <*\nmm\n*\nvtm\nU\nIShh\nr'nX> 4\nyWW?'&- VW?:WL „\nIî • s„ ■ « '--y , %. %&'.*& *>.\nET\nmmsmmmmm\nI S?mr n. ■\n• -\nK\ny ~ <»! r ~A\\ *\n41'& S i'C Ïià&fj?\n#■•■;■;< * - w:>..\nii\nFW ïjfv®'\n:-> < :\n\\M, . .Î * -- :■ ■ Y\nW< •*j» 'Y ■■ \". ,( •\nà V.M?! »Vi ' 1\n!\n;****ss■ /..\n*T -,\n. iOdjGufs\n',£stey:,\n'S ''t ' * t\nf II\n•* iw&s\n<•...\" Usé\n- •■* > v '< ' >£-. * » ■< '-y >\n's. ' «fc v ïH-'v '.#&ê wS&% ■•\nm\n*#l\n'4*>* ■>- ';.* • v 4\n1 MûvéadßŒl\n«f V, M\nil\n«S\n?Î:«-2Œ\nPis\ni.Vi\ntes»»».»»**\nr?<??\n»w; ;i.j\nw-niiwnimri\nM»\n»\n«MM\n.\n\nUNE MAISON D'ÉDITION MODERNE\nParis compte de grands éditeurs de musique. Il n'en connaît pas de mieux organisés que la\nmaison Cosicillat et Cie. MM. Costallat et Cie ont été les premiers à faire pénétrer en France\nl'édition des grands classiques étrangers. Depuis 1895, ils furent les représentants actifs et\nautorisés de MM. Breitkopf et Haertel, chez qui Beethovèn, Haendel, Bach, Haydn, Mozart\nPalestrina, Liszt, Vittoria, Schumann et tant d'autres grands musiciens ont paru en éditions\ncomplètes et soigneusement revisées. Grâce à ce dépôt, MM. Costallat ont introduit chez nous un\ngenre d'ouvrages que les éditeurs de musique se refusaient presque tous à adopter, celui des publi-\ncations et livres de musicologie. Ils ont ainsi contribué effectivement à combler l'abîme qui existait\ntout récemment encore entre la librairie proprement dite et l'édition musicale. Parmi ces\nvolumes se trouve entre autres la célèbre biographie de Bach par le Dr Schweitzer, qui fait\nautorité aujourd'hui, et le manuel bibliographique de Pazdirek, ouvrage colossal, qui contient en\nses volumes le répertoire de la musique en librairie dans le monde entier.\nSi la maison Costallat est, de tous nos éditeurs, la plus solidement outillée pour le répertoire\ncosmopolite, elle est, d'autre part, et par ses origines une des plus françaises puisqu'elle tient en\ngrande partie son fonds de Richault, fondé à Paris en 1805, éditeur de Berlioz et des grands\nromantiques. La Damnation de Faust, que l'Opéra vient de remettre en scène, et l'Enfance du\nChrist, qui s'y montrera peut-être un jour, donnent à ces éditeurs une glorieuse renommée.\nCitons encore parmi les modernes édités par la maison Costallat : A Coquard, Maurice\nLe Boucher, Léon Moreau, A. Mercier, qui vient d'être couronné par la ville de Paris, etc...\nEnfin, non content de joindre la musique à la musicologie, le détail au gros, l'étranger au\nfrançais et l'ancien au moderne, MM. Costallat et Cie ont eu l'heureuse idée d'associer à leur\nfonds la vente et la location d'instruments à clavier. Grâce à l'ancienne et puissante maison\naméricaine G. Estey, de New-York, dont ils sont à Paris les représentants, ils offrent au public\nle piano, l'auto-piano, et les orgues, sans lesquels les textes publiés restent muets.\nOn ne saurait donc s'étonner de l'extension prise par la Maison Costallat dans ses locaux\nde la Chaussée d'Antin. Ces agrandissements font d'elle une maison dédition moderne au sens le\nPlus étendu de ce mot, où le lecteur et l'amateur de musique\ntrouveront tout ce dont ils ont besoin, tout ce qui peut servir àla HENRI DAVENEY.\nthéorie comme à la pratique, à la lecture comme à l'exécution. A. M."}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110215-01.1.109", "texte": "Bibliothèque Tournante Terquem\nPOUR LIVRES ET MUSIQUE\nAPPUI-LIVRES, CHEVALETS, CLASSEURS A RIDEAUX\nARTICLES DE BUREAUX RICHES ET HAUTE FANTAISIE\nEM. TERQUEM\n19, RUE SCRIBE\niiî\na\nlllljjl\n!!!!!!\nlia\n•S*\nTOUT MUSICIEN\ndoit avoir une BIBLIOTHÈQUE TOUR-\nP- ■ - ■\nNANTE TERQUEM adaptée spécialement\npourra musique. 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