{"numero_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_sha256": "d07f50eed6c845c12363e11f135ed15bc99ebcd6594109af560ce6ebc376824d", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1911/03/15_01/bmtnabh_1911-03-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1911/03/15_01/bmtnabh_1911-03-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c002", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.2", "titre_corps": "iiOILEAU & SYLVIE, histoire d'une romance, par A. 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L'un d'eux a conté son\npèlerinage et sa déconvenue ; cas extraordinaire assurément, et qui ne\n\n1 Supplément des Antiquités de Paris, avec tout ce qui s'est fait et passé de plus remarquable depuis Vannée 1610\njusquà présent ; par D. H. 1., avocat au parlement (Jobert ?). Paris, 1639, in-40, p. 96.\n* Ce sont des béquilles."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.4", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2144, "texte": "prouve rien contre la foi des autres : il n'avait pas, au fond, le désir d'être\nguéri. Il était poète ; écoutez sa plainte : •\nJ'ai beau m'en aller à Saint-Prit.\nCe saint, qui de tous maux guérit,\nNe saurait me guérir de mon amour extrême.\nBelle Philis, il le faut avouer,\nSi vous ne prenez soin de me guérir vous-même,\nJe ne sais plus du tout à quel saint me vouer.\nQuel rimeur a tourné cela ?... Chaulieu ? ... Benserade ?... Sûre-\nment quelque profès en l'art des ruelles. Non, vous en êtes à la foi\ntrès près et très loin. L'auteur de cette épigramme, ainsi parlait-or\nalors, ne la récitait que pour s'en moquer, et pour en faire voir lc\nridicule : \" Quand je mourrai, disait-il en riant, je veux la laisser à M. de\nBenserade. Elle lui appartient de droit ; j'entends pour le style.\" Le tour\nde main était en effet celui de Benserade ; mais la main, —!qui l'eût dit:\ncelle de Boileau. Ainsi le satirique du grand siècle,\nDe tout faux bel esprit l'ennemi redouté,\nconfessa-t-il que, dans un écart de jeunesse, il avait dérobé une fleur au\njardin des Précieuses.\nLe zèle indiscret d'un Brossette, l'avocat lyonnais, commentateur et\nconfident de Boileau, a conservé le madrigal ; n'osant pas cependant,\naprès cette condamnation qu'il rapporte lui-même, le mettre, au rang des\nœuvres avouées, il l'a rélégué dans le demi-jour d'une note, au bas de la\npage \\Mais ce n'est pas à nous de railler sa dévotion, puisqu'elle a\nperpétué le souvenir de cet événement : Boileau est venu à Saint-Prix.\nEn quel temps ? En quelle compagnie ? Belle matière pour l'historien\ndu village ! Il n'aura garde de la laisser échapper. Que les personnes de\nhaute littérature ne se hâtent pas de sourire de sa gravité et de sa décou-\nverte. Les petites choses tiennent à de plus grandes ; il est possible que\ntout ne soit pas à dédaigner, pour les commentateurs et les biographes\nde Despréaux, dans le mince tribut offert par Saint-Prix à la mémoire\ndu poète.\n\n1 Œuvres de M. Boileau-Despréaux, avec des éclaircissements, etc., rédigés par M. Brossette, augmentés, etc., far\nM. de Saint-Marc. Paris, David et Durand, 1747, 5 vol. petit in-8. T. 11, p. 389."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.5", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 1997, "texte": "I\nRelisons le quatrain bien connu 1 :\nSur le portrait\nde Rocinante, cheval de don Guichot.\nTel fut ce roi des bons chevaux,\nRocinante, la fleur des coursiers d'lbérie,\nQui, trottant jour et nuit, et par monts et par vaux,\nGalopa, dit l'histoire, une fois en sa vie.\nBrossette en prend occasion pour raconter cette anecdote : \" L'auteur\nfait ici le portrait d'un méchant cheval sur lequel, étant fort jeune, il\navait été voir sa maîtresse au village de Saint-Prix, près Saint-Denis\n(voyez Poésies diverses,iv). Il avait fait de ce voyage une relation en vers\net en prose, et M. de La Fontaine, auquel il la montra, s'arrêta principa-\nlement aux quatre vers qui sont ici. Il supprima le reste. Il se souvenait\npourtant d'une autre épigramme qui faisait partie de cette relation.\"\nC'est celle que nous avons transcrite plus haut. Les éditeurs de Boileau\ndatent ces bluettes de 1656 à 1660.\n\" Voyez Poésies diverses^\" dit Brossette, pour abréger. En s'y\nreportant, on saura quelle était la \" maîtresse \" que le jeune cavalier allait\nvoir à Saint-Prix : \" une fille fort spirituelle, nommée Marie Poncher,\nqu'on appelait dans le monde Ml!e de Bertouville. Cette aimable et\nvertueuse personne 2... \" Mais j'interromps l'auteur au milieu de sa phrase,\nparce que de ce peu de mots naissent plusieurs questions qu'il faut éclair-\ncir avant de l'écouter davantage.\n\" L'aimable et vertueuse personne \" dont il parle était ainsi une fille\ndu meilleur monde, digne du pur hommage des vingt ans de Boileau.\n\" Maîtresse \" doit s'entendre dans un sens très usité au XVIIe siecle, et\nque le nôtre ne connaît plus guère. Ces vers de Malherbe l'assimilent à\nla dame des anciens chevaliers :\nL'on ne peut trop louer trois sortes de personnes :\nSon saint, sa maîtresse et son roi.\n\n1 Œuvres, édit. Saint-Marc, même page.\n2 Œuvres,édit. Saint-Marc, p. 425. \" Bertouville \"ou \" Bretouville, \" comme était Brossette ; c'est le\nmême vocable. On verra plus loin ma raison de préférer la première forme."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.6", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2029, "texte": "Un roman semble commencer, dont il faut définir les personnages\nPour Boileau, ce qui le touche alors est fort connu ; il n'avait pas beau-\ncoup plus de vingt ans, et venait à peine de descendre de cette guérite\nsituée au-dessus du toit paternel, où l'on avait logé sa triste enfance.\nFils, frère, oncle, cousin, beau-frère de greffier,\nil étudiait la procédure chez le greffier du parlement, son beau-frère\nJean Dongois ; il se faisait recevoir avocat, sans aller plus loin qu'une\npremière cause.\nSon père, soixante ans au travail appliqué,\nEn mourant, lui laissa, pour rouler et pour vivre,\nUn revenu léger et son exemple à suivre.\nDans la poudre du greffe un poète\nDès lors, à la richesse, il fallut renoncer \\..\nAinsi la vie s'annonçait pour lui médiocre, incertaine. D'une façon\nprécise, il trouva dans le patrimoine paternel douze mille écus et une\npetite noblesse, si jamais il y eut noblesse ailleurs que dans un mémoire\npayé fort cher à un généalogiste mal famé et dans un arrêt critiqué par\nles d'Hozier et les Clairambault. Le clerc de Dongois se croyait simple-\nment alors \"né d'aïeux avocats Tel se présente, en sa jeunesse et en sa\nmodestie, échappé de basoche, avocat naïf, poète à peine éveillé, ce\nNicolas qui aurait été amoureux et accueilli de Mlle Poncher.\nIl est plus long de dire la naissance de cette jeune fille.\nLes Poncher, ou \" Ponchier \" devrait-on plutôt dire, famille touran-\ngelle peu ancienne, quelques prétentions qu'elle ait eues, s'annoncent\npompeusement, au musee du Louvre, par une statue de chevalier couchée\nsur un tombeau : un financier du XVIe siècle gît dans cette armure. Le\nplus connu est Etienne, évêque de Paris, puis archevêque de Sens, chan-\ncelier, homme d'État éminent, mêlé aux grandes affaires de l'époque. Le\nJour?ial d un Bourgeois de Pans sous I lui consacre\nune seule ligne, mais qui a son prix : \" Il était très homme de bien en\nson temps. \" Son neveu François, fils de Louis, qui le remplaça à\n\n1 Œuvres,édit. Saint-Marc, Épître V, vers 112, 108 et s., 11 1-19"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.7", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 3013, "texte": "levêché de Paris, n'y montra aucune vertu. Encore plus indigne de lui\nfut, peut-être, son neveu Jean, fils de Jean, général de Languedoc,\npuis trésorier des guerres, un financier de l'école de Semblançay, et qui\neut la même fin : il fut pendu. 1 II y eut une histoire horrible de cadavre\ndisputé entre les gens de justice et la famille, et finalement mis en pièces,\npour abréger la honte du gibet.2 Depuis, on a douté de la culpabilité de\nce malheureux, comme de celle de Semblançay. Les amnisties d'ailleurs\nne tardaient guère, et le lustre d'une famille ne souffrait pas d'une\npareille tragédie. 3 Un fils du supplicié, s'appelant Etienne comme son\ngrand-oncle, fut archevêque de Tours ; un second, vice-président de la\nChambre des comptes ; un autre, maître des requêtes ; une fille, enfin,\népousa son cousin Jacques Hurault, frère du chancelier de Cheverny.\nNul de ces quatre enfants ne laissa de postérité.\nBeaucoup de personnes ont cru que là s'arrêtait la descendance des\nPonchier. Mais ne s'est-elle pas perpétuée irrégulièrement ? On en va\njuger. Dans certain procès dont il sera question plus loin, un mémoire a\nété produit où il est prétendu que l'évêque de Paris François, marié,\navant qu'il ne fût d'église, à Jeanne du Hautbois, en eut un fils. Celui-\nci, qui s'appelait François comme son père, ayant embrassé, l'un des\npremiers, le parti de la Réforme, fut, \" pour ce, contraint de quitter le\nroyaume et tous les biens qu'il y avait, pour se retirer en Allemagne et\nen Suisse. \" On le mit, conformément à la loi, sous la tutelle de son\ncousin germain Etienne, archevêque de Tours, dont il avait été le secré-\ntaire. Il se fit ministre de la nouvelle religion, et vécut obscurément, ayant,\npour sa foi, tout abandonné, patrie, fortune et son nom même. Mais, sur\nce point délicat, ne disons rien au delà des textes \"Il avait fait fonction\nde ministre de ladite religion pendant quarante-cinq à cinquante ans,\ncontraint à ce sujet de déguiser son nom, s'étant fait appeler quelquefois\nde Cherpon, et il s'était enfin retiré en Suisse, où on l'avait vu porter le\n\n1 Le 24 septembre 1535.\n2 Journal d'un Bourgeois de Paris sous le règne de François /er. Paris, Renouard, 1854; édition Lalanne,\nP- *37, 455> 4^2.\n3 Les procès de financiers ont été maintes fois revisés par Phistoire. Voici sur celui de Poncher une note\nqui expliquera le doute dont j'ai parlé : \" Sous François ier, Jean de Ponchier, accusé par Renier Gentil, italien,\nson commis, qui lui avait dérobé ses quittances, et ne pouvant se justifier faute de cela, fut pendu en l'an 1528\n[date erronée, nous le savons], et le même Gentil, accusé depuis par un homme qui avait été son domestique et\nqui était lors président aux Enquêtes, et les quittances qu'il avait prises ayant été trouvées chez lui, fut aussi\npendu, et la mémoire de Poncher rétablie.\" Bibl. nat. Mss. Pièces originales, vol. 2327, PONCHER, n° 374.\n4 Voir particulièrement, parmi les Pièces originales déjà citées, les nos 384, 481 à 484, 502 et 564."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.8", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2511, "texte": "nom et les armes de Ponchier, qui sont\npagné de trois coquilles de sable. \" Armes incomplètes, pour le dire en\npassant.\nPuis, quel revirement inattendu ! \"Il fut retiré de l'hérésie par les\nsoins de ses parents, étant avancé en âge. Il rentra dans l'Église, et mourut\nen bon catholique. Il s'était mésallié.\" En effet, il avait épousé successi-\nvement deux filles de bourgeois, l'une de Paris, l'autre d'Orléans. Trois\nfils qu'ils eut d'elles, Jean, Daniel et Abraham, revinrent en France, et\nà propos d'un procès avec les habitants de Loudun, se firent reconnaître\nla qualité de noble par la Cour des aides, en 1610. Leur patrimoine avait\npassé dans la famille du trésorier, à cause de la tutelle qu'elle avait eue\nde leur aïeul fugitif, et, des mains de Marguerite Hurault, la dernière de\ncette blanche, à celles du chancelier de Cheverny, son beau-frère. Pour\nleur rendre quelques titres dont ils avaient affaire dans leur procès, on les\nobligea de renoncer a l'héritage de Marguerite, traité assurément léonin,\net leur spoliation fut ainsi consommée. Marguerite était morte en 1 582,\nce qui fit croire que les Ponchier s'éteignirent cette année-là. Voilà\nune opinion publique gênante.\nCependant Abraham, le seul à considérer ici, tira parti de la connais-\nsance de l'allemand qu'il avait acquise dans sa jeunesse, et se fit recevoir\n\" secrétaire et interprète du roi en la langue germanique.\" Marie Le\nGrand, une fille de bourgeoisie qu'il épousa, encore une mésalliance,\nlui donna cinq enfants, parmi lesquels Laurent, lieutenant aux gardes\nfrançaises en 1645, et Rodolphe, truchement au régiment des gardes\nSuisses en 16541. Laurent signait les quittances d'appointements de son\nemploi : \"de Poncher Bertouville\". \" Ce nom marque le terme de notre\nlongue poursuite : 1 officier aux gardes eut une fille appelée Marie, notre\nhéroïne, ainsi placée dans une curieuse généalogie.\nNos reserves sont faites ; acceptons désormais la prétention de son\naïeul. C était une \"Poncher\", forme nouvelle de \" Ponchier \",—\nissue, non de la branche luxuriante des financiers, mais d'un rameau\nbataid, et deperi en terre etrangere ; une fille noble, peut-être, mais très\nrapprochée de la roture par sa lignée féminine ; spirituelle, elle l'a\nprouve, et sans dot. Elle est de plain pied, en vérité, avec le jeune\n\n1 Les autres se nommaient François, Denise et Marie.\n\" Pièces originales, nos 260 et 261. Ici on écrit \" Bertouville plus loin \" Bretouville J'ai préféré\nnaturellement l'orthographe de la signature."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.9", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 2247, "texte": "Despréaux ; elle a pu le rencontrer sur son chemin, et, l'ayant vu, sans\ndérogeance y penser.\nII\nUn nouveau problème est de savoir l'occasion de cette rencontre.\nLa réponse, qu'on m'en croie sur parole d'abord, se trouvera dans\nces lignes de Brossette : \" Mlle de Bertouville était nièce d'un chanoine de\nSaint-Paterne, au diocèse de Beauvais.\" La réponse, ai-je dit, est là ; mais\nil faut quelque effort pour l'en dégager.\nSi vous refeuilletez les Pièces originelles du dossier Poncher, vous\nfinirez par y découvrir, sur un petit papier, long et large comme le doigt,\net de l'écriture la plus fine, une note concernant le baptême d'un frère\nde MUe de Bertouville \\ La mère de l'enfant s'appelait Jeanne Vialard, et\nle parrain, un oncle évidemment, nommé Claude Vialard, était abbe\nd'Épernay et archidiacre de Reims. Ces titres ne sont pas ceux de 1 oncle\nsignalé par Brossette ; mais la Gallia qui donne la serie des\nabbés d'Epernay, avec quelques mots sur chacun d eux, concilie aisement\nnos textes2. Le chanoine et l'abbe ne font qu une seule pet sonne, ayant\nnom \" Claude Violart \", mal écrit \" Vialard dans la note-ci-dessus.\nL'abbé a troqué son bénéfice, en 1645 3, contre un canonicat ala Sainte-\nChapelle.\nLà, certainement, Boileau s'est lié avec le chanoine ; je nen ai pas\nla preuve écrite, mais une explication si naturelle, que personne n y\ncontredira. Il faut assurer ce premier pas vers la reunion cherchée.\nTout rattachait Boileau a la Sainte-Chapelle : ses origines, les\npremières habitudes de la vie. Il a passe sa jeunesse dans la coui du Palais,\nétudiant successivement le droit et la théologie, a 1 ombre de 1 eglise ou\nil avait été baptisé. Il est né dans une maison de la sixième chanoinie,\nsituée rue de Galilée, une rue de l'enclos. Cette chanoinie eut pour\ntitulaire, entre autres, Jacques Tardieu, qui la resigna, et devint le\n\n1 N° 555. \"19 juillet 1642 —Baptême de Claude, fils de Laurent de Poncher, sieur de Bretouville,\ncapitaine de cavalerie et de Jeanne Vialard.\n\" Parrain : Claude Vialard, abbé d'Épernay, chanoine et archidiacre de Reims.\n\" Marraine : Marie Le Grand, femme d'Abraham de Poncher, secrétaire et interprète ordinaire du roi.\n2 Tome IX, col. 287.\nIl le possédait en depuis 1639."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.10", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3004, "texte": "lieutenant criminel avare, bafoué dans la dixième satire \\ Il avait tenu sur\nles fonts Jacques Boileau, frère de Nicolas, futur docteur de Sorbonne\ndestiné à être le successeur médiat de son parrain, dans la même\nchanoinie. Chanoine également Gilles Dongois, le neveu de Despréaux\nné la même année que lui, son camarade au collège de Beauvais, son\ncompagnon de toute la vie2. On voit quels liens nombreux unirent la\nfamille et le chapitre.\nBoileau était mieux préparé pour devenir l'historiographe du chantre\nque celui du roi, et il conta plus allègrement l'assaut du lutrin que la\ncampagne de Flandre. Il a écrit dans quelque avis au lecteur de son\npoème, afin de calmer les susceptibilités du voisinage : \" Principalement\nles chanoines de la Sainte-Chapelle sont tous gens, non seulement d'une\nfort grande probité, mais de beaucoup d'esprit, et entre lesquels il y en a\ntels à qui je demanderais aussi volontiers leur sentiment sur mes ouvrages\nqu'à beaucoup de Messieurs de l'Académie.\" Puis il assurait qu'il avait\neu soin de faire ses personnages d'un caractère \" directement opposé \" au\ncaractère de ceux qui desservaient cette église3. La vérité, connue depuis\nlongtemps, est qu'il eut moins de scrupules, et qu'il mit en scène au\nmoins cinq chanoines, sans compter les chapelains et les personnages\naccessoires4. Peu importe d'ailleurs ; le passage cité prouve surtout que\nle monde de la Sainte-Chapelle était à ce point ouvert et familier à l'auteur\ndu Lutrin^qu'il dut se défendre d'y avoir choisi ses modèles.\nConcluons donc que l'invraisemblable serait qu'il n'eût pas connu\nViolart. Sûrement, il fréquenta sa maison, qui était celle de la cinquième\nchanoinie, toutes ces demeures canoniales se touchaient; il y vit sa\nniece, distingua cette agréable compagne de ses dernières années ; voilà,\nsans forcer les choses, nos jeunes gens réunis. Tout n'est pas dit cependant:\nle chemin leur reste a faire de la cour du Palais à Saint-Prix. Là est le\n\nM d Épinay était une Tardieu d Esclavelles ; les Tardieu de Maleyssie, anciens propriétaires du\nchâteau de Maugarny, à Margency, sont de la même famille.\nGilles Dongois, né le 9 mars 1636, fut élevé, au collège, avec son frère aîné, Nicolas, et ses trois oncles,\nGilles, Jacques et Nicolas Boileau. Il était fils de Jean Dongois, greffier de la Grand' Chambre du parlement de\nParis. Son frere Nicolas fut greffier en chef du même parlement, \"l'illustre M. Dongois' , comme dit\nDespréaux dans une note de la sixième épitre.\n3 Œuvres,édit. Saint-Marc, t. 11, p. 177.\nVoici les noms des douze chanoines, en 1672, dans l'ordre des chanoinies : Danse, du Tronchay, Gobert,\nBarjot, Aubery, de Broglio, Dongois, Barrin, qui était en même temps chantre, Le Cyrier de Neufchelles,\nO ivier, Le Fèvre de 1 Aubrière, du Fos. On sait que Danse, Aubery, Tardieu de Gaillerbois, prédécesseur de\nBroglio, Le Fèvre et Barrin figurent dans le Lutrin. Danse, Aubery et Le Fèvre, sous les noms de Evrard, Allain\net Fabri, sont très nettement ridiculisés."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.11", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 2868, "texte": "rendez-vous signalé dès le début, et où il les faut conduire, parce que, là\nseulement, l'historien du village a le droit de s'emparer d'eux.\nLe passage ou, si l'on veut, la transition est inattendue et fort\nsimple : Boileau, qui s'y connaissait, l'eût appréciée. Claude Violart n'était\npas seulement chanoine et prieur de Saint-Paterne, comme on l'a dit\njusqu'ici, mais en même temps prieur de Saint-Prix, de notre Saint-\nPrix. Le bonhomme cumulait ; le cas n'était pas rare. Gilles Dongois\nnous l'apprend, dans ses Mémoires p\nChapelle du palais royal de Paris. 1\nIl donne, à propos de chacune des douze chanoinies, numérotées\ncomme des fauteuils à l'Académie française, la liste de ceux qui les\nont occupées, avec quelques traits de leur carrière. Voici dans son entier\nla notice consacrée à Violart ; le lecteur ira tout droit au point où je ne\nsuis arrivé qu'après beaucoup d'hésitations et de circuits: \"Claude Violart,\nnatif de Reims, fut reçu le 31 décembre 1644, au lieu d'Antoine Loisel,\nauquel il donna l'abbaye d'Epernay, au diocèse de Reims, pour cette\nchanoinie. Il avait été archidiacre de Reims, et posséda sa chanoinie,\navec les prieurés de Saint-Prix, proche Paris, de Saint-Paterne, faubourg\nde Pont-Sainte-Maxence, jusques à sa mort, arrivée au mois de février\n1662, par une apoplexie qui le prit ; il est enterré à la basse chapelle. \"\nAjoutons qu'il succéda, dans le prieuré de Saint-Prix, à Antoine de\nMontholon et à Pierre Doizet, chanoines comme lui de l'église de Reims.\nCe fut une série de trois prêtres de la même origine, interrompue après\nViolart. 2\nLa suite de notre histoire est aisée à comprendre ; le prieur, à de\ncertaines époques, allait à Saint-Prix toucher le fermage de la dîme,\ncueillir les fruits de son jardin, disputer avec le curé, Messire Robert\nCuvernon, docteur de Sorbonne, comme fut Jacques Boileau. Il y avait\nune vieille querelle, incessamment reprise, entre prieurs et curés : ceux-là\nvoulant réduire ceux-ci au rang de vicaires perpétuels, pour jouir, à titre\nde curés primitifs, de tous les droits honorifiques et utiles. Doizet,\nMontholon et, avant eux, un prieur avocat au parlement, Guillaume\n\n1 Recueillis par M. Gilles Dongois, chanoine de la même église, prêtre licencié en théologie, conseiller en la\nchambre souveraine du clergé et en celle du diocèse de Paris. Revus et mis en ordre après son décès. Archives\nnationales, LL 630, 631, 632. Ces trois volumes sont trois copies des mêmes mémoires, avec certaines différen-\nces qu'il n'y a pas lieu de signaler ici.\n2 Archives départementales de Seine-et-Oise. On peut consulter aussi, à la bibliothèque de Pointoise, un\nExtrait de /'histoire manuscrite de Vabbaye de Saint-Martin par dom Racine, religieux de la congrégation de Saint-\nMaur, mort à Saint-Denis en France, en 1577. La publication de cet ouvrage est due à Pihan de la Forest."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.12", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2327, "texte": "Dompoint avaient plaidé là-dessus. L'histoire de maint prieuré a été\nécrite par des procureurs. 1\nLe voyage de Saint-Prix était de quatre grandes lieues, et le vieux\nprêtre réclamait l'assistance de Marie Poncher ; mais\nLa solitude effraie une âme de vingt ans.\nPour y faire diversion, un jour, on invita Despréaux.\nIII\nA Saint-Prix, le voyageur, arrivant la première fois, pouvait hésiter,\ncar il y avait deux prieurés : l'un en face de l'église, l'autre à côté. Un\npaysan consulté eût dit bonnement : \" C'est ici le prieuré blanc ; là le\nprieuré noir. \" Dans l'usage populaire, on les désignait par la couleur\nde la robe des moines collateurs de ces bénéfices. Le premier, appelé\nprieuré du Bois-Saint-Père, et dont le siège primitif était dans la solitude\ndu vallon de Sainte-Radegonde, dépendait de Saint-Victor de Paris.\nL'autre, le prieuré de Saint-Prix proprement dit, membre de Saint-Martin\nde Pontoise, était celui où Despréaux avait affaire. S'il avait frappé par\nmégarde à la porte du prieuré blanc, il eût été surpris, sans doute, d'y\ntrouver un religieux appelé Sevin ; le professeur sous lequel il avait fait\nsa troisième au collège de Beauvais, et qui, reconnaissant ses dispositions,\nl'avait encouragé à suivre la carrière poétique.2\nLe prieuré noir nous est fort connu. Des déclarations de 1551, de\n1730, et de 1746 3 en ont donné les traits sommaires ; puis, la Révolution\n1 ayant adjugé en bloc à un spéculateur jacobin, le cadastre de 1832 l'a\ntrouve intact, et tel on l'a vu jusqu'en 1840, où il fut morcelé et vendu.4\nLa contenance, d'un hectare environ, avait à peine varié en trois siècles ;\nles bâtiments restaient pareillement situés et disposés, s'appuyant d'un\ncote a la terrasse du cimetiere, de l'autre au mur de l'église. Une baie\nintérieure s'ouvrait dans ce mur commun, sur un bas côté, et permettait\n\n1 Voir à la Bibliothèque nationale : Factum pour M\" Robert Cuvernon, curé Je Saint-Prix, contre M'Claude\nViolart, prieur de Saint-Prix. (S. 1. n. d.) in-40. Collection Thoisy, 283, f° 292.\nŒuvres, édit. Berriat-Saint-Prix, t. I, p. xxvij. Édition Saint-Marc, t. I, p. xxxiv.\nAichives de Seine-et-Oise, fonds de Saint IVlartin-du-Pontoise, carton 46, ire et 3e liasses.\nApiès la mort de Jean-Abraham Lebreton, coloriste, \" dont le père le tenait d'un acquéreur de biens\nnationaux."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.13", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2216, "texte": "de voir de là, comme d'une tribune, l'affluence des pèlerins et la célébra-\ntion des offices. Lebeuf remarquait avec raison que le prieuré et l'église\nparoissiale ne formaient alors \" qu'un seul et même édifice. \" 1\nAu delà des bâtiments, s'ouvrait le jardin, \" à l'endroit où le village\nforme une espèce d'amphithéâtre, qui est aperçu de Paris. \" L'enclos\navait pour limite : au levant, le jardin et le bois de l'école actuelle ; au\ncouchant et au nord, il était bordé, sauf l'enclave de l'église et du cime-\ntière, par le chemin de la Croix-Jacques et celui qui passe sous la Solitude ;\nau sud, il descendait jusqu'à la grande rue, comprenant même, selon les\nprieurs, la fontaine aujourd'hui communale, miraculeuse dans le temps\ndu pèlerinage. Des terrasses successives s'étageaient sur la pente, \" partagée\nen un fruitier et un potager, \" avec \" une étoile plantée de charmille. \"\nTel est le cadre des promenades du poète et de son amie ; au\npremier plan, des légumes, des espaliers, de maigres verdures, l'ombre du\nclocher et du cimetière, la nudité et la mélancolie d'un jardin de curé ;\nau loin, par-dessus les toits du village, la plaine, les coteaux opposés,\nsurmontés de nombreux moulins, et, tout à gauche, une échappée vers ce\nParis qu'on veut oublier, car on serait heureux\nIci, dans un vallon, bornant tous ses désirs.\nUne voix secrète ne murmurait-elle pas déjà cette strophe imprévue\ndans l'œuvre de Boileau, digne de Racine et des compagnes d'Esther :\nO fortuné séjour ! ô champs aimés des deux !\nQue pour jamais, foulant vos prés délicieux,\nNe puis-je ici fixer ma course vagabonde,\nEt, connu de vous seuls, oublier tout le monde !\nCette veine de beaux vers aurait pu sourdre à Saint-Prix mieux\nqu'à Hautile, vingt ans plus tard.2\nCependant le couple ne fait que passer, et l'image aussitôt s'évanouit.\nBrossette ne laisse pas le temps d'y rêver : \" Mlle de Bertouville, nous a-t-il\ndit, était nièce d'un chanoine de la Sainte-Chapelle, qui possédait le\nprieuré simple de Saint-Paterne au diocèse de Beauvais. \" Et, poussant\ntout de suite au-delà, l'historien ajoute ; \" Le bénéfice, qui rapportait\n\nHistoire du diocèse de Paris, t. 111, p. 423.\nEpître VI, vers 23, 39 et suiv."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.14", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2501, "texte": "huit cents livres, vaqua par mort du chanoine, et, sur le conseil de la\nnièce, qui présumait que l'évêque de Beauvais, collateur du prieuré, ne\nsongerait pas de sitôt à le remplir, M. Despréaux s'en fit pourvoir en\ncour de Rome.\"\nLa séparation est faite, pour une cause inconnue, mais de bon\naccord, semble-t-il, et, si l'on peut dire, de bonne amitié. Amitié durable\net efficace ; il y a quelque chose de maternel et d'adroit dans le soin que\nMlk de Bertouville eut de son ancien compagnon du prieuré. Son oncle\nmort, voilà des prébendes vacantes ; vite, il faut doter le jeune homme\nde la meilleure. Elle connaît un détour de la procédure canonique ; en\npassant par Rome, on arrivera plus tôt que l'évêque de Beauvais, et on\nsoufflera, c'est le mot, le bénéfice au collateur. Ainsi fut fait, et\nNicolas, qui n'était pas grand clerc, se réveilla, un jour, prieur de Saint-\nPaterne.\nA-t-on remarqué que ce prieuré rapportait huit cents livres ? Celui\nde Saint-Prix n'en produisait que cinq cent cinquante. 1 La fine conseil-\nlère visa le premier ; mais supposez au contraire Saint-Paterne le moins\nriche : Boileau, n'en doutez pas, eût été prieur de Saint-Prix. Notre\néglise a manqué cet honneur, comme une jeune fille un beau mariage,\nfaute d argent. Elle eut à la place Antoine Colombel, curé de Saint-Ger-\nmain-l'Auxerrois.\nPourquoi Boileau n'aurait-il pas cumulé, comme son prédécesseur?\nSi l'on se fût avisé de poser cette question à lui-même, il y a fort à parier\nqu'on se serait attiré quelque boutade dans le genre de celle qu'il lança à\ncertain amateur de prébendes, et que Brossette lui rappelait en ces termes:\n\" Vous dîtes, un jour, à cet abbé, possesseur d'un abbaye et de plusieurs\nprieures : \"Qu est devenu ce temps de candeur et d'innocence,\nMonsieur l'abbé, où vous trouviez la multiplicité des bénéfices si\n\" dangereuse Ah ! Monsieur, vous répondit-il, si vous saviez que cela\nest bon pour vivre ! Je ne doute pas, lui répliquâtes-vous, que cela\nne soit bon pour vivre ; mais pour mourir, monsieur l'abbé, pour\nmourir ! Je voudrais bien, continue Brossette, savoir la vérité de ce\nfait, le nom de cet abbe... \" Boileau, qui d'ordinaire ne refusait pas de\ns expliquer avec son commentateur sur les moindres vétilles, ne répondit\npas, cette fois, a sa question. Il se tut, on peut croire, pour ne pas toucher\n\nMémoires des intendants sur l état des généralités...t. ler,Ier, publié par\nA. M. de Boislisle, p. 32. Lebeuf, t. 111, p. 425, trouve cette appréciation exagérée."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.15", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2787, "texte": "F • r\ndu même trait la mémoire d'un ami : l'ancien abbé d'Epernay, prieur de\nSaint-Paterne et de Saint-Prix \\\nCertes, on doit avoir toute confiance en Brossette, car l'épreuve est\nfaite de sa véracité ; cela n'empêche pas qu'il ne faille prendre pied autant\nqu'on le peut sur le terrain de l'histoire. Essayons donc de retrouver la\ntrace authentique de Boileau prieur de Saint-Paterne. On désignait sous\nce vocable un prieuré dépendant de l'abbaye de Saint-Symphorien de\nBeauvais 2 et situé à Pontpoint, Pontpoint dans le Valois, comme on\ndisait jadis ; village du canton de Pont-Sainte-Maxence, selon la géogra-\nphie administrative moderne. Aucun titre du xvnf siècle concernant\nce prieuré ne subsiste malheureusement aux archives de Beauvais 3 ; mais\nle pouillé du diocèse a ceci de fort curieux : \" Procédures de M. Thomas\nGoguet, receveur des décimes du diocèse de Beauvais, tendant à ce qu'il\nlui soit permis de saisir les revenus du prieuré de Saint-Paterne sur\nMe Nicolas Boileau, nouveau prieur, pour arrérages dus par Mc Claude\nViolart4, son prédécesseur, mort en février 1662, du décembre 1662 ; à\nlaquelle saisie ledit Boileau s'oppose, prétendant que ledit receveur n'a\nfait ses diligences pour se faire payer ci devant, à laquelle \\_sic\\ il est tenu\npar l'ordonnance d'Henri IV du 20 mars 1599, art. 16, qui porte que\nle receveur ne pourra faire aucune demande au nouveau successeur qu'en\nfaisant apparoir de diligence.\" Donc ce point d'histoire est aujourd'hui\néclairci : Boileau était prieur de Saint-Paterne en décembre 1662, l'année\nfinissant de la mort de Claude Violart.\nOn a vu avant lui un avocat au parlement, Guillaume Dompoint,\nprieur de Saint-Prix ; des laïques possédaient ainsi parfois des bénéfices ;\nmais on en pouvait avoir des scrupules, et il en vint à Boileau, après un\nassez long temps. Son biographe les conte ainsi : \" Il en jouit [du prieuré]\npendant huit ans, sans prendre l'habit ecclésiastique, et sans trop se mettre\nen peine de faire un bon usage du revenu. M. le premier président de\nLamoignon, s'entretenant un jour avec M. Despréaux, lui fit comprendre\nqu'en se conduisant de la sorte, il ne pouvait pas garder ce bénéfice en\nsûreté de conscience. M. Despréaux le reconnut ; il fit sa démission entre\n\n1 Auguste Laverdet, Correspondance entre Boileau-Despréaux et Brossette. Paris, 1858, p. 36.\n2 Une abbaye dont le célèbre abbé de Rancé eut la commende vers le même temps ; il la résigna en faveur\nde son précepteur Jean Faviers, l'année qui précéda l'investiture de Boileau. (Gallia christiana, t. IX, col. 812.)\n3 Inuensaire sommaire, t. lerIer de la série H, p. 475 et 476.\n4 Le pouillé porte, à la vérité : \" Claude Viellart \" ; mais on m'accordera que l'inexactitude se corrige\nd elle-même, après ce qui a été dit."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.16", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2332, "texte": "les mains de l'évêque de Beauvais. Il fit plus : supputa ce qu'il en avait\nretiré depuis le temps qu'il en jouissait, et cette somme, qui montait à\nsix mille livres, fut employée à faire la dot du M'lc de Bertouville... Cette\naimable et vertueuse fille se fit religieuse dans un couvent du faubourg\nSaint-Germain.\" Singulier jeu de la destinée que cette alternance de la\nvie cléricale des deux amis. Boileau, à la vérité, n'en fut pas gêné, même\npour médire ; mais Marie Poncher s'y ensevelit, et le voile l'a pour\njamais dérobée à la curiosité des historiens.\nLouis Racine et de Boze ont raconté de même la résignation du\nprieuré ; mais Brossette seul parle de l'affectation des revenus à la nièce\ndu chanoine, les autres veulent que cet argent ait servi à différentes\nœuvres de piété, \" dont la principale fut le soulagement des pauvres du\nlieu. \" Maintenons à Boileau le mérite de l'idée la plus délicate ; cette\nconclusion est préférable, non à cause de son agrément, mais parce qu'elle\na une origine plus sûre et plus de vraisemblance. Brossette a eu, sur la\nvie de son ami, des confidences sincères, qu'il a rapportées avec exactitude.\nLes commentateurs, toujours fertiles en critiques à l'égard de leurs\ndevanciers, l'ont combattu en d'autres points, mais reconnu impeccable\nsur ce terrain 1 Or, le fait dont il s'agit a sa source évidente dans ces\népanchements après lesquels le satirique disait à son futur éditeur : Vou\nsaurez bientôt votre Boileau mieux que moi-même.\nD'ailleurs, à bien considérer les choses, Despréaux avait un devoir\nà remplir envers son ingénieuse protectrice. L'idée de briguer le prieuré\nétait d'elle, le prieuré venait de son oncle, et souvent on obtenait de\ngratifier un neveu d'un bénéfice. L'adresse de Ml!e de Bertouville fit que\nBoileau eut tout l'avgntage de la parenté : elle le dota véritablement. Plus\ntard, il lui rendit la pareille, mû par la reconnaissance, non moins que\npar un tendre ressouvenir du passé.\nIV\nCette histoire a un épilogue, épilogue, en vers, comme il sied à un\npoète. C'est Brossette encore qui nous le fait connaître : \" Quelque temps\naprès, dit-il, se promenant seul au Jardin du roi, Boileau se rappela les\ndoux moments qu'il avait passés autrefois avec elle à la campagne [avec\n\n1 Œuvres, édit. Berriat-Saint-Prix, t. I, p. lxx, clxx ; t. 111, p. 466."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.17", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2069, "texte": "Marie Poncher, à Saint-Prix]. Il fit alors ces vers, qui furent mis en\nmusique par le fameux Lambert, en 1671, et que le roi prenait plaisir à\nse faire chanter, de temps en temps, par l'illustre Mlle de LeufFroy :1\nVoici les lieux charmants où mon âme ravie\nPassait à contempler Silvie\nCes tranquilles moments si doucement perdus.\nQue je l'aimais alors ! Que je la trouvais belle !\nMon cœur, vous soupirez au nom de l'infidèle :\nAvez-vous oublié que vous ne l'aimez plus ?\nC'est ici que, souvent, errant dans les prairies,\nMa main, des fleurs les plus chéries,\nLui faisait des présents si tendrement reçus.\nQue je l'aimais alors ! Que je la trouvais belle !\nMon cœur, vous soupirez au nom de l'infidèle :\nAvez-vous oublié que vous ne 1 aimez plus ?\nLouis Racine a parlé de cette romance comme faite \" pour une Iris\nen l'air. \" Le xvme siècle, peu tendre au poète, l'a vertement critiquée.\nD'Alembert sourit de \" deux vers d'amour que Boileau a eu le malheur\nde faire;\" Marmontel prend à ce propos le ton et les paroles du\n«5 Misanthrope :\nCe n'est que jeux d'esprit, affectation pure.\nC'est dire de grands mots a propos d une petite chose, dun lieu\ncommun sobrement et aimablement traite : 1 eternel combat de la raison\net du sentiment, l'une résolue à se retremper dans 1 oubli, 1 autie se\nlaissant amollir aux langueurs du souvenir. Mais toute defense est\nsuperflue ; de notre part aussi, n'est-ce pas trop de paroles pour deux\nvers d'amour, \" et une cause dès longtemps gagnée ?\nLa postérité n'a pas cesse d'avoir le meme gout que Louis XIV.\n\" Vers à mettre en chant,\" avait dit Boileau : jamais souhait ne fut mieux\nrempli. A chaque génération, un musicien a pris poui theme ces paioles.\nTel qui en a oublié l'auteur les retrouve chantantes au fond de sa mémoire.\n\n1 Titon du Tillet a cité dans son Parnasse françois (éd. 1732, p. 391) Mlle Lefroid parmi les \" eleves\ncélèbre» de Lambert et les dames qui ont excellé dans l'art de chanter et de toucher du clavecin. Etait-elle\nparente de Lefroid de Méreaux, organiste de SL Sauveur en i 775 ?"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.18", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1161, "texte": "C'était, il y a quelques années, J. B. Weckerlin, amis du temps pass;\nEt, avant lui, Victoi IVIasse, dont la Silvie de 1860 a encore du charrti\nEt aussi Mathias, vers 1840 etc... Mais quelle fut au juste la musiqn'\nde l'illustre Lambert, celle dont Brossette raconte et vante le prestV\nauprès du Grand Roi ? A défaut d'une réponse certaine, j'en proposer!\ndeux, qui peuvent rendre vraisemblables la notoriété de cet air. L'une s'\ntrouve dans un recueil de chansons du XVIII6 siècle 1 l'autre en un manus\ncrit de la Bibliothèque Nationale.2 Ces deux mélodies vont suivre\nharmonisées par M.M. Ch. Silver et E. Diet. On jugera de leur grâce\nLa piemière convient évidemment mieux que la seconde à l'époque e\nau style du beau-père de Lully.\n. ,musi(ïue seule a su &arder si longtemps le secrèt de Boileau et\nde M de Bertouville. Je lui rends Silvie, ou du moins ce que j'ai aperçu\nde cette figure attrayante, et si tôt évanouie.\nAIR DU XVIIe SIÈCLE\nBib. Nat. Vm 730\nHarmonisé par CHARLES SILVER.\n\nAuguste Rey.\n\n' Tstf\\v\"T7lU iïtfîHaye GOSSC et J- Neaulme '7.9 (T. IV p. 192.)\n53)- La musique de cet air ainsi que celle du Recueil de la Haye est anonyme."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.19", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 24, "texte": "2"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.20", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 86, "texte": "AIR DU XVII SIÈCLE\nChansons de Neaulme\nLa Haye 1727\nHarmonisé par E. 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Bien que de;\nhommes compétents (Morell Mackenzie, Manuel Jarcia, Battaille W\nBurgett, Lennox Brorone, Bonnier) en aient démontré la nécessité elle\nn est pas encore entrée dans les mœurs. Chaque jour on voit, quand il\ns agit d'un entraînement sportif quelconque, le médecin devenir le colla-\nborateur du professeur d'escrime, de boxe, d'équitation et donner son avi;\nsur 1 état des différents organes qu'on va soumettre à l'entraînement\nLorsqu'il s'agit d'un organe aussi fragile que l'appareil vocal rien de cela\nn est observe et cependant, tant au point de vue théorique pour l'étude\nde la physiologie de la voix qu'au point de vue pratique pour l'établisse-\nment d'une méthode logique de chant, il est nécessaire que le profesw\nde chant apporte ses connaissances artistiques au laryngologiste qui lui\nfournira des données scientifiques certaines.\n. p°nvaincus de 1 importance de cette collaboration, M. Fournieret\nmoi avons réalisée depuis plus d'un an. C'est en soumettant systémati-\nquement les méthodes de chant les plus usitées, à un examen critique,\nque notre attention a été attirée sur un point de la physiologie vocale,\nqui sil n a pas été méconnu a été du moins laissé dans l'ombre. Il s'agit\nde 1 influence physiologique de la mimique faciale sur le fonctionnement\ne organe phonétique et des résultats obtenus par l'adaptation réflexe\ndu \" geste laryngé \" au \" geste facial. \"\n. Pour donner toute la clarté désirable à notre communication il est\nin îspensa le de rappeler, très brièvement, que l'appareil vocal se compose\nessentiellement de trois parties."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.25", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 24, "texte": "GESTES FACIAL ET LARYNGÉ"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.25", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2362, "texte": "Une anche vibrante\nUne soufflerie\nDes résonnateurs.\ni° V Anche vibrante est formée par les cordes vocales inférieures, qui\nlimitent entre elles un orifice appelé glotte. Cette anche est au plus haut\npoint, perfectionnée, réalisant les conditions idéales auxquelles aucune\nanche mécanique ne saurait prétendre.\n2° La Soufflerie qui met en branle le courant d'air expiré n'est autre\nque les poumons mobilisés par les mouvements de la cage thoracique\n(respiration costale, thoracique) et les mouvements du diaphragme\n(respiration abdominale, diaphragmatique).\n30 Les résonnateursplacés au dessous, mais surtout au dessus de\nl'anche donnent au son né au niveau de la glotte : le timbre, l'ampleur,\nune partie de l'intensité, la couleur, en un mot les qualités qui en font\nla voix humaine. Supprimons ces résonnateurs nous n'obtenons qu'un\n\"son\" et non \" la voix.\"Ces résonnateurs sont : d'une part (résonnateurs\ninférieurs) : la cage thoracique; d'autre part (résonnateurs supérieurs) :\nles uns, de forme fixe, immuable : les fosses nasales et les sinus, les\nautres, de forme variable, se modifiant au gré de la volonté : le larynx,\nla bouche, le vestibule bucco-labial.\nLe point spécial sur lequel nous voulons insister est le suivant :\n\" Tout état psychique, tout sentiment se traduisant par une mimique\nfaciale correspondante exerce une influence directe, inconsciente, réflexe\nsur les différentes parties de cet appareil (anche, soufflerie, résonnateurs).\nParmi ces états psychiques nous en trouverons qui placent cet\nappareil dans les meilleures conditions de fonctionnement.\nEtudions ce qui se passe dans les sentiments extrêmes qui\ns'accompagnent d'une expression physionomique très accentuée.\nL'inquiétude, celle qu'éprouvent involontairement la plupart des\ndébutants, et que tout chanteur exercé peut traduire par des mouvements\nmimiques, produit sur le masque facial une contraction des muscles\nsourciliers, péri-orbitaires, des muscles des joues, des lèvres, du plancher\nde la bouche. Cette contraction est parfois accentuée au point d'être\npénible, douloureuse même. L'examen du larynx, au miroir laryngosco-\npique, nous montre, si nous faisons émettre des sons de plus en plus\nélevés que les cordes vocales obéissent mal à la volonté, sont animées de\nmouvements incoordonnés, se rapprochent difficilement ce qui se traduit,"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.26", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2406, "texte": "pour le professeur de chant, par un chevrotement ou l'impossibilité <jç\ntenir un son sans détoner. Il m'a été donné d'observer fréquemment cet\nétat de choses. Je pourrais citer l'observation d'une chanteuse dont la\nvoix détonait uniquement parce que son professeur lui ordonnait de;\ncontractions anormales du visage ce qui plaçait la glotte dans les plUs\nmauvaises conditions d'émission.\nDu côté de la soufflerie cette influence s'exerce comme du côte\nde 1 anche. A la contraction des muscles de la face correspond une con-\ntraction de tous les muscles respiratoires. La respiration est incomplète\nsans ampleur, irrégulière ce que l'on constate facilement au spiromètre!\nObservons maintenant ce qui se manifeste dans un état psychique\nopposé tel que le calme, la sérénité, la tranquillité, la confiance en soi.\nLa mimique faciale est tout autre : un sourire éclaire le regard ; les\nmuscles sourciliers, sus-orbitaires et péri-orbitaires conservent toute leur\nmobilité ; les muscles des joues, de la bouche, des lèvres obéissent parfai-\ntement a la volonté. Plus de contractions, plus de raideur, plus d'obstacle\nau fonctionnement des muscles des résonnateurs.\nDu cote de la glotte on constate au laryngoscope un état identique.\nFaisant emettre un son sous le contrôle du miroir on voit les cordes\nvocales se rapprocher sans hésitation, régulièrement plus ou moins suivant\nla hauteur du son émis : nuances multiples, difficiles à décrire, mais\nfacilement constatée par un œil exercé.\nDe son cote, la respiration est calme ; son rythme est physiologique-\nment normal.\nPar d autres exemples nous pourrions démontrer plus longuement\nque tout état psychique se manifestant par une certaine mimique, place\n1 ensemble de 1 organe phonétique dans une attitude correspondante. On\npeut dire qu il y a parallélisme entre l'attitude de la face, l'attitude de la\nglotte et de l'appareil respiratoire,\nL anatomie en nous montrant que les mêmes nerfs innervent à la\nfois certains muscles des resonnateurs et les muscles du larynx nous\nfournissent une explication de ce fait.\nOr, si nous ne pouvons, à notre gré, créer un état psychique\ndéterminé, nous pouvons du moins, artificiellement, provoquer une\nmimique determinee et placer ainsi l'organe phonétique dans l'attitude\ndesiree. En un mot, créant un \" geste \" nous créons d'une façon\nreflexe un \"geste laryngé\"un \"geste respiratoire,\" avec leurs attitudes"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.28", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2488, "texte": "appropriées. Le geste facial, le geste vocal, le geste respiratoire s acco-\nmodent, se font équilibre entre eux et doivent présenter entre eux la plus\nparfaite harmonie.\nPratiquement, dans l'enseignement du chant nous allons tirer de\nces faits des données qui rendront à l'élève des services inespérés.\nNous les utiliserons dès les premières leçons. L'élève, qu'il ait ou\nnon chanté, se présente devant le professeur, dans cet état d'inquiétude\nabsolument impropre à l'émission de la voix. Le masque est contracté,\nles sourcils froncés. Lui demandons nous de chanter : il se raidit, baisse\nla tête, crispe les poings et sur une respiration haletante, la bouche à\npeine ouverte il émet avec force un- son sans ampleur, sans timbre.\nToutes les contractions qu'il s'est imposées ont eu pour effet d'obtenir un\nson étranglé guttural ou ouvert qui craque dès qu'il chante dans le\nregistre haut de la tessiture de sa voix.\nPour corriger ces défauts nous aurons bien garde de suivre l'exemple\nde la plupart des professeurs de chant qui parlent à l'élève de respiration\nabdominale ou costale, d'attaque en coup de glotte, de culbute vocale,\nde sombrer : conseils difficilement compréhensibles aux plus initiés et\ntoujours incompris par les profanes. Nous exagérerions à coup sûr\nl'inquiétude de cet élève. Nous ne voulons pas qu'en chantant, son atten-\ntion soit uniquement fixée sur sa respiration, sur l'état de son larynx ou\nde ses résonnateurs. Tout acte physiologique est mal exécuté quand on\npense uniquement à son exécution. Nous nous efforcerons avant tout et\npar dessus tout de corriger la mimique faciale et de faire naître dans son\nesprit les idées ou les sentiments les plus propres à la modifier dans le\nsens que nous désirons.\nEnvisageons séparément la respiration puis l'émission et l'articulation.\nPour la respiration :\nWard (Bréviaire du chanteur) préconise la respiration abdominale ;\nArchainbaud (Ecole du chant pour toutes les voix) l'abdominale et la\nthoracique ; Crosti (gradus du chanteur) enseigne de respirer du thorax\ncomme lorsqu'on est couché sur le dos ; Mayan (le chant et la voix)\nn'admet que la respiration abdominale et ne s'occupe que de ce mode\nrespiratoire ; Martini (émission de la voix) et Verdhurt (la voix et le\nmécanisme du chant) ont des conceptions différentes. D'autres professeurs,\ndans leur enseignement font à leurs élèves la recommandation absurde de\n\" créer une poche d'air entre le ventre et le sommet des poumons \" ;"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.29", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2578, "texte": "d'autres font exercer leurs élèves à respirer au lit uniquement par le\nventre, en maintenant le thorax comprimé par un poids ou un corset. Voilà\nautant de systèmes, au milieu desquels il est impossible de se retrouver\npuisque l'un approuve ce que l'autre condamne quant à nous, convaincus\nd'après les donnés les plus sûres à la physiologie humaine que la respira-\ntion, même dans le chant, est à la fois thoracique (costale) et diaphrag-\nmatique (abdominale), qu'on emploie les deux modes respiratoires, que\nl'un aide, complète l'autre, que l'on ne peut employer l'un à l'exclusion\nde 1 autre ; nous nous garderons d'emettre des prescriptions exclusives\ndraconiennes. \" De l'intronisation d'un mode forcé de respiration, parti-\nculièrement de la respiration diaphragmatique, date en France et en\nItalie, comme le fait remarquer Bonnier, la disparition si rapide des voix\nqui passent par l'enseignement officiel ou privé.\"\nNous évitons de parler à l'élève de tel ou tel mode de respiration.\nSi nous lui en parlions nous serions certains de voir sa respiration qui\nétait naturelle, libre, devenir guindée, nerveuse, gênée, maladroite.\nNous allons le laisser respirer d'instinct. \" Il faut dans le chant ne\npas trop s'écarter du rythme respiratoire normal et ne pas trop opposer\nune inspiration rapide et brusque à une expiration lente et contenue\"\nBonnier. Les modifications que nous désirerons obtenir dans sa façon de\nrespirer nous les obtiendrons presque toujours en faisant varier l'état\npsychique et la mimique faciale. L'homme gai, dont le visage est\nillumine par la joie respire d une façon allègre, légère et tout autrement\nque 1 homme triste, accable qui pousse de longs soupirs préparateurs d'une\nmanifestation vocale de sa douleur. L'un et l'autre réalisent, naturellement,\n1 appropriation respiratoire parfaite à la phrase qu'ils vont chanter.\nPour remission et l'articulation nous voyons enseigner les choses les\nplus étranges : les uns font chanter la bouche fermée, d'autres la bouche\nmaintenue ouverte par des bâtonnets de longueur différente. Certains\npréconisent 1 ouverture en longueur de la bouche, ou font relever une des\ncommissures labiales. Quelques-uns font boucher une ou les deux\nnarines, etc.\nPouiquoi ignorer ou aller a l'encontre des données physiologiques.\nPouiquoi oublier que \" dans 1 articulation, le geste buccal est comme\n1 écrit Bonnier un veritaDle geste physionomique comme le geste\nlaryngé. Pour 1 intensité, comme pour la hauteur, du son la gesticula-\ntion qui accentue le timbre est un effort d'accomodation vocale, c'est un"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.30", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2403, "texte": "renforcement du son par l'action de la paroi buccale. C'est dans la bouche\nque le son prend sa dernière empreinte, sa signification verbale, sa beauté,\nsa forme, sa plastique auditive.\nNous saurons, quant à nous, utiliser au maximum ces résonnateurs\nbuceaux qui donneront à la voix l'accent d'intensité : (ampleur et force)\net l'accent de timbre.\nLes meilleurs professeurs sont ceux au masque mobile. Ils enseignent,\nsans le savoir, avec leur masque. Leurs élèves imitent leur mimique et\nobtiennent des résultats qu'ils attribuent souvent à d'autres détails de\ntechnique.\nNous dirons à l'élève d'utiliser doute sa mimique à l'expression d'un\nsentiment et à l'articulation la plus complète de toutes les syllabes\nchantées depuis les notes les plus graves jusqu'aux plus aiguës.\njamais il ne devra vocaliser avec un visage qui n'exprime que\nl'inquiétude ou qui n'exprime rien. Il faut que toujours son visage tra-\nvaille, que l'ouverture de la bouche, que l'éclat et l'ouverture des yeux se\nmodifient d'après les pensées qui traversent son esprit.\nDans un seul cas : la bouche demeurera immobile et fixe dans une\nattitude, c'est pour l'émission de sons posés, ne devant pas varier d'inten-\nsité. Cette attitude fixe du visage détermine une attitude analogue de\nl'organe vocal.\nLa question de F attaque des sons est différemment comprise par les\ndifférents professeurs. Les uns conseillent l'attaque en coup de glotte\n(Crosté, Garcia, Faure) d'autres sur l'air expiré, sur la respiration\n(Marie Sasse de Martini, Archainbaud.) Ici comme pour la respiration,\ncomme pour l'articulation : avis partagés, multiples, contradictoires.\nM. Marcel blâme l'attaque en coup de glotte parce qu'elle est brutale et\nne permet pas de modifier le son au cas où l'intonation ne serait pas juste.\nIl ajoute : \" les partisans connus de l'attaque par le coup de glotte se\nréduisent à 2 : Garcia qui ne s'en servait jamais et Faure qui s'est toujours\ngardé d'en faire usage. \" Quant à nous : Sans parler à l'élève du coup\nde glotte dont il comprendrait difficilement le mécanisme et sachant que\nce mouvement de la glotte est naturel, instinctif, réflexe dans l'éclat de\nrire, dans le sanglot, dans l'explosion de colère, dans l'imprécation haineuse\ncommençant par une interjection nous l'apprendrons à l'élève sans qu il\ns'en aperçoive en lui faisant exprimer par la mimique un sentiment\napproprié."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.31", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1992, "texte": "Lorsque nous désirons une attaque sans brutalité, sur le souffle, noUs\ndemanderons à l'élève de se composer un visage calme, légèrement\nsouriant, un instant avant l'attaque du son.\nTout autant que l'attaque la question du \" est des plu;\ndiscutées. Sans aborder longuement ce sujet rappelons seulement qu'il est\nessentiel que le passage de \" la voix de poitrine \" en \" voix de tête \"\nc est a diie que le renforcement susglottique du son succède au renfor-\ncement sous glottique, progressivement sans à coup, sans que la voix\nchange de couleur. Pour cela voici ce que nous conseillons à l'élève : au\nlieu de lui dire, pour obtenir cette sorte de soudure : d'amincir le haut\nde la voix de poitrine et de grossir le bas de la voix de tête, au lieu de\nfaire sombrer au passage, nous lui disons : \" Placez votre mimique et en\nsomme vos résonnateurs buccaux dans la position qu ils occuperont le\npassage une fois lait. Prenez le départ dans la même attitude que celle\nque vous aurez à l'arrivée. \"\nNous venons de voir rapidement tout le profit qu'un chanteur\npeut tiiei de 1a culture de sa mimique faciale, au point de vue purement\nvocal : rythme respiratoire, attaque du son s'adaptant sans recherche et\nsans fatigue a 1 expression la plus parfaite d'un sentiment ; émission et\narticulation aussi complété que possible par l'utilisation de tous les réson-\nnateurs buccaux, assurant la portée maxima de la voix avec le minimum\nde fatigue pour le larynx.\nA ces avantages s'ajoutent naturellement ceux qui dérivent de l'édu-\ncation mimique du chanteur qui en cultivant sa voix, de cette façon,\ndevient progressivement un acteur.\nNous ne ptétendons pas donner a 1 adaptation du \"geste laryngé\" au\ngeste facial 1 importance d une méthode de chant. C'est un point qu'il\nétait nécessaire de mettre en lumière et qui doit tenir une place prépon-\ndérante dans l'enseignement du chant.\nAncien interne et Ténor\nassistant cCotolaryngologie\ndes Hôpitaux de Paris.\n\nDr Paul Laurens & Renè Fournier."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c015", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 27, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.6", "titre_corps": "LA COLÈRE", "titre_sommaire": "LA COLÈRE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.27", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 23, "texte": "LA COLÈRE\nGESTE\nLARYNGÉ"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c016", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 27, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.7", "titre_corps": "ET", "titre_sommaire": "ET", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.27", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 36, "texte": "ET\nL'EFFROI"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c017", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 27, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.8", "titre_corps": "GESTE FACIAL", "titre_sommaire": "GESTE FACIAL", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.27", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 79, "texte": "GESTE\nFACIAL\npar R. 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Singuliers vocables ! Pour quelques mélomanes qui\nles ont entendu prononcer jadis, ils évoquent l'idée certaine d'imprécises\nmystifications, localisées on ne sait où, entre Montmartre et la Rose-\nCroix, entre Willy et Péladan. Pour les autres, ils ne représentent rien\ndu tout. N 'a-t-on pas mis en' doute l'existence même de cette entité\nfalote, disparue d'ailleurs depuis quelques temps de la circulation\nmusicale ?\nHé bien, ayons le courage de le proclamer, Il permane, Il se\nprénommé Erik. Il est compositeur comme vous et moi, et ses œuvres\ns'exposent au public bénévole, grâce à l'intervention de Claude Debussy\net de Maurice Ravel en personne.\nOui, Erik Satie existe bel et bien, depuis le 17 mai 1866, jour\nmémorable, ou la prévoyance d'une mère, d'origine écossaise (pourquoi\npas ?) le fit naitre à Honfleur, sa patrie. On ajoute que le Conservatoire\nde musique, sous la triple figure de Lavignac-Taudou-Mathias, l'accueillit\nen 1879, et guida ses premiers pas vers les Muses. \"\n'vous consacrer au piano \", lui avouaient ses professeurs d'harmonie !"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.33", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2382, "texte": "\" Comme vous semblez fait pour la \" répétait sans cesse lt\nhongrois Mathias, élève de Chopin ! Erik Satie s'en remit au hasard,),\nplus grand de tous les maîtres. Il se joua à lui même des (1886\net des Sarabandes(lBB7) de son cru, conciliant ainsi toutes les prédictions\ncelles de la Science et celles de la Virtuosité. Et il fit bien.\nLes Gymnopédiessuivirent (1888), puis les (1890), et\nles musiques de scène pour le Fi/s wagnérie kaldéenne du\nSar Péladan (1891). Erik Satie voguait en pleine Rose-Croix ! L'influence\nancestrale et l'astucieux attrait du rare, le tenaient captif des mystères de\nl'ogive et de la cantilène grégorienne, qu'il allait méditer en de longue*\nstations à Notre-Dame. Les Sonneries de la Rose-Croix (1892), Y Hymne au\ndrapeau destiné au Prince de Byzancede Péladan, le pour la\nHéroïque du Ciel de Jules Bois (1894), la Messe des Pauvres (1895), et\nles Danses gothiques, neuvaines pour le\nde mon âme, mise sous l'invocation de Sa (1893), furent pour Erik\nSatie comme autant d'initiations musicales à un état d'esprit aujourd'hui\nlointain.\nFaut-il insister sur Uspud,ballet chrétien à un personnage (1892)\nécrit pour affirmer quelques convictions harmoniques, d'ailleurs dépourvues\nde toute bienséance, et qui faillit brouiller le Maître avec notre Académie\nNationale! Faut-il rappeler que ni Bertrand—régnante—, ni le Ministre,\nson supérieur, n'ayant daignés répondre au génie méconnu, celui-ci\nenvoya ses témoins à l'imprudent Directeur de l'Opéra, et fut aussitôt\nconvoqué pour se voir éconduit dans toutes les formes de la\npolitesse.\nGlissons sur ce premier appel de la loufoquerie au sein d'une âme\nidéaliste, et sur le second aussi, plus inquiétant encore, puisqu'il engagea\nErik Satie (à la mort de Guiraud) à solliciter les suffrages de l'lnstitut.\nQue ne donnerait-on pas pour avoir assisté aux visites académiques de ce\ncandidat fantaisiste ? Seul paraît-il, Gustave Moreau se montra touché\npar les déclarations de son futur collègue.\nOr, en ce temps là, s'accusait chez Erik le goût des ironies\nproéminentes, et la perversité des singularités verbales la seule sans\ndoute que se puisse permettre un Rose Croix. Connaissez vous les\nPièces Froides (1897) avec eur -dir faire fuir et leur Danse de travers?\nIgnorez vous les Morceaux en forme (1903} et leur maniérisme\nterminologique ? Sans méchanceté pourtant, sans rosserie ces simples"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.34", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 10, "texte": "ERIK SATIE"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.34", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2913, "texte": "boutades ont contribué à tenir Erik Satie à distance de ce qu'on nommait\nalors le Grand Collectif Ignare,le public que met en fuite le seul mot de\npoire. Et, ni le Choral et fugue de 1908 ni les œuvres récentes n'ont pu\nréconcilier ces deux grandeurs incommensurables qui du reste ne cherchent\npas à se mesurer. Erik Satie n'a jamais demandé à se faire jouer, Erik Satie\nrépugne à se voir imprimé \\\nAujourd'hui, le goût de la fantaisie, peut-être plus encore que le\nrigoureux devoir, pousse Erik du côté de la rue Saint Jacques, vers le\ncontrepoint et l'austère enseignement de la Schola, tel un ver rongeur\nqui s'introduit dans la fugue, sous les auspices de Roussel et de\nVincent d'lndy. Cette dernière incarnation, que nous réserve-t-elle\nencore ?\nHé quoi dira-t-on ? Voilà bien des mots pour un inconnu. Le père\nÜbu n'en aurait certainement pas perdu la moitié pour résumer son\nopinion lapidaire !\nAinsi parle l'envie.\nM ais la compétence distingue sans grand effort de lucidité\nau delà des contingences fumeuses, quelques flammes de vie impérissable.\nLe cas Satie n'est point négligeable. Il pose, sous une forme spécieuse le\nproblème des origines du style moderne à la fin du XIXe siècle musical.\nN'est-ce rien'? La Sarabande qu'on lira plus loin est de septembre 1887 ;\ncelle de Debussy a 15 ans de moins, et peut-être quinze fois plus de\nmaturité, mais la date seule importe ici. Le Fils des Etoiles et les Danses\ngothiques précèdent et la Damoiselle Elue d'une façon significative,\net qu'on chercherait vainement ailleurs.\nJouez ces quelques pages, qui sonnent encore en 1911, et savourez\nl'imprévu dont elles conservent encore tout le charme. Leur coloris\nparticulier est fait de taches harmoniques subtilement accolées, de\nsonorités juxtaposées sans souci des cadences admises et des résolutions\nimposées. Ne dirait-on pas un Monteverde moderne (o blasphème !) qui\nessaie sur sa palette des couleurs indécises ? En ce tournant du XIXe siècle,\n\n1 Ont paru : chez Rouart Lerolle et Cie : Trois Préludes pour le Fils des Etoiles et les Gymnopédies. Là aussi\nvont bientôt voir le jour les Morceaux en forme de Poire. La Librairie de l'Art Indépendant a publié sous\nforme de plaquettes minuscules et rarissimes: Uspud\" Commune qui mundi nefas, \" extrait delà Messe des\nPauvres ; \"Intende votis supplicium 99 (avec quelques notes de plainchant). Deux Gnossiennes ont paru dans le\nFigaro Musical de septembre 1893, une autre dans la revue de Jules Bois \"Le Cœur \" de même date ; le\nPrélude pour la Porte Héroïque du Ciel a aussi trouvé favorable accueil dans ce Cœur (juillet 1894) ainsi que\ndes fragments de la Messe des Pauvres (juin 1895). Aux œuvres du maître il convient d'ajouter des esquisses\npour un Poisson Rêveur (1900) et pour une pantomime anglaise en collaboration avec Jules Dépaquit Jack in\nthe box (19 ? ?). Enfin quelques Valses destinées au répertoire de Mlle Paulette Darty."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.35", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2556, "texte": "comme àla fin du XVIe, le renouveau est venu de Xirrésolution. L'arti ~\na pris plaisir à ces dissonnances fugitives, ou l'école ne voulait voir q.\ndes frôlements licencieux. En isolant pour les manier à son aise ces obje\nde sa prédilection, il a donné la personnalité musicale et la vie à d\nêtres sonores retenus dans les limbes de la musique. Et c'est bien unÉ\ncertaine sensualité de l'oreille qui a toujours et ainsi guidé l'harmonie\nnovateur, aux dépens même de sa raison constructive et logique. C'est 1-\nmême souci de l'effet sensoriel qui complique à l'excès l'orchestre d'Or/;\net qui pousse un élève de Lavignac aux limites de la mystificatio-\nauriculaire. Erik Satie est un type achevé de cette école buissonnière\ndont la musique a toujours tiré profit et lumière. Il erre, nomade de !\ntonalité, braconnier des rythmes, attentif aux mille voix de l'impercep-\ntible, curieux de tout et de rien. Et voilà qu'il se surprend à jouer avec\nles objets défendus, que le Conservatoire lui apprit à rendre inoffensif-\nmais qu'il triture avec la plus grande imprudence. Le public ricane ei\npasse. La gloire est ailleurs. Mais l'esprit de la musique en qui Nietschc\navait foi, veille et se souvient. Une révolution dans l'état harmonique de\nla France s'opère doucement. Vingt cinq ans se passent et tout à coup oc\ns'aperçoit qu'Erik Satie a été novateur sans le savoir. Telle est la vie.\nL'auteur des Gnossiennes fut l'éclaireur inaperçu d'une troupe\naujourd'hui victorieuse. La campagne musicale qui triomphe en ces\ntemps ci, se préparait a peine quand Erik Satie donnait déjà l'assaut.\nPour lui seul, par plaisir, par amour de la couleur nouvelle et du geste\nimprévu, il lançait les fusées de ses grands accords, mineurs et psalmo-\ndiques, disposait l'échelle de ses neuvièmes, et se livrait aux ingéniosités\nde son tempérament atonal. C'est la singularité outrancière et paradoxale\nqui a empêché le succès direct de ces efforts, mais c'est bien elle aussi\nqui eut le mérite de la découverte. Si l'absurde de 1886 est devenu la\nréalité de 1910, si les trouvailles d'un simple ont rénové le langage des\nhabiles, 1 histoire de la musique doit le savoir, comme le savent quelques\ninitiés.\nLe mente de ce méconnu fut donc son audace. Sa baguette ingénue\ns est inclinée la première vers la source fraiche, que d'autres ont depuis\nfait jaillir abondemment. La musique lui mit dans la main ce bon grain,\nou cette ivraie peu importe qui leva quelques années plus tard en\nétonnantes moissons. N est ce pas une curieuse chose que ce Prérav(a)elite?\n\nJ. E."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c020", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 36, "image_fin": 36, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.10", "titre_corps": "Erik Satie Par Antoine de La Rochefoucauld", "titre_sommaire": "Erik Satie Par Antoine de La Rochefoucauld", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.36", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 42, "texte": "Erik Satie\nPar Antoine de La Rochefoucauld"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c021", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 37, "image_fin": 42, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.11", "titre_corps": "SARABANDE", "titre_sommaire": "SARABANDE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.37", "debut_caractere": 3, "fin_caractere_exclue": 264, "texte": "SARABANDE\nPOUR PIANO\nSoudain s'ouvrit la Nue et les Maudits tombèrent\nHurlant et se heurtent en un lourd tourbillon ;\nEt quand Ils furent seuls dans la nuit sans rayon}\nIls se virent tout noirs. Alors ils blasphémèrent.\nJ. P. CONTAMINE DE LATOUR\n(La Perdition)."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.39", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 49, "texte": "SECUNDO\nERIK SATIE"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.40", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 47, "texte": "PRIMO\nERIK SATIE"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.41", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 49, "texte": "SECUNDO\nERIK SATIE"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.42", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 47, "texte": "PRIMO\nERIK SATIE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c028", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 43, "image_fin": 44, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.12", "titre_corps": "DANSES GOTHIQUES", "titre_sommaire": "DANSES GOTHIQUES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.43", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 82, "texte": "DANSES GOTHIQUES\nI. 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Mon\nPère étoit né avec cette force d'âme ! aussi fut-il le plus tendre et le plus\nrespectueux des fils ! le meillieure des Pères ! des frères et des époux ! et\ndevint par sa noble conduite et son esprit, ses talens, l'un des artistes les\nplus considérés de son tems. Mais, suivons-le dans sa fugue nocturne.\nIl avoit donc pris place dans le coche, qui cheminoit doucement\nvers Bordeaux, et pendant les 180 lieues qu'il avoit à parcourir, plus il\n\n1 Le théâtre de Bordeaux, à cette époque, jouissait d'une renommée méritée. Il était un des premiers à\nmonter les ouvrages qui réussissaient à l'Opéra de Paris. C'est ainsi que les œuvres de Rameau furent toujours\nconnues par les bordelais, peu de temps, après leur création à Paris.\nN. B Nous devons à Pobligeance de notre correspondant de Senlis, M. Tinel, frère du Directeur du\nConservatoire de Bruxelles, et aux recherches précieuses de M. Cultru, ancien sécretaire de la mairie de\nSenlis les renseignements suivants, qui confirment et qui rectifient aussi les souvenirs biographiques de\nBcrton, parus dans notre S. I. M. de janvier. On trouve dans les actes de la paroisse Notre Dame de\nSenlis le 18 décembre 1732 la mention de naissance de Louis Pierre Berton, fils de Pierre Berton, musicien de\nl église de Senlis et de Poucette Maquart. C'est Poncle de Henri Montan dont il est parlé à la page 9 (S. I. M.\nde janvier). Les registres indiquent son élection comme maire de Senlis et pensionnaire de la Nation le\n16 décembre 1792. En outre on trouve mention de la naissance de Marie-Magdeleine le 13 février 1734,\net (le Marie, le 1 mai 1735, du même Pierre Berton, musicien. On pourrait conclure de ces actes que\nPierre Berton, le grand père de Henri, était avant tout musicien et attaché à l'église de Senlis, bien plutôt que\nagriculteur comme le voudrait faire supposer son petit fils (S. I. M. janvier p. 3)."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.46", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2574, "texte": "s'éloignoit de la capitale, plus ses esprits le ramenoient vers la rue a,\nfers. Sa première pensée étoit toujours pour sa bonne, sa tendre mère\ntrembloit souvent en pensant à la sévérité de son père, il étoit p]\ntranquille en songeant à son oncle, toutes ses pensées venoit se heurt\ndans sa pauvre tête et portoient à chaque instant le trouble en ses esprit\nquelques fois même il vouloit arrêter et retourner à Paris, mais F honneur\nce mot pris dans sa véritable acception, lui disoit : tu as commis ur,\nfaute, il faut la réparer dignement, et par ta conduite à venir te la fajr.\npardonner. Une brillante carrière s'offre à toi, sache en profiter et .\nparcourir avec honneur. Ce penser consolateur venoit un peu calmer\ntrouble de son âme, et cette douce espérance venoit aussi l'aider à reprer,\ndre courage, car, pour une jeune tête, pour une tête d'artiste surtot\nl'Espérance est le roman du cœur, c vieillards,\nsouvenir en est F histoire.ll arrive enfin à Bordeaux, content d'êtr\ndébloqué de son coche, mais tourmenté par l'attente d'une réponse à s\nsuplique, il demande, il questionne tout le monde, depuis le maitre et '\nmaitresse de l'auberge, le marmiton, la fille de service et jusqu'aux valet\nd'écurie, personne n'a entendu parler d'une lettre pour M. Berton. !\nalloit se désoler de nouveau, lorsqu'un grand laquais gascon se mit à dire\nMoussu de le Berton, mon maître est z espère\ndes galons, sei voire seigneurerie veut Mon Père sans le laisser finir s\nharangue, ayant, au mot galon, pressenti l'intervention du cher oncle, h.\ndit : mon ami conduis moi de suitte chez ton maître. Il fut accueil\nparfaitement car ce marchand étoit le correspondant de son oncle et h\nplus son ami. Il lui remit la lettre de ses Parents ; l'effet touchant qu'élit\nproduisit sur mon Père, intéressa de suite le marchand et toute sa famille\nen sa faveur ; après la première effusion de sentiment de piété filiale, or\nlui remit aussi un petit ballot à son adresse, il s'empressa de l'ouvrir e:\nsa joie fut encore extrême, surtout en trouvant en dessus des effets qui!\ncontenoit, un billet ainsi conçu :\nMon cher neveu,\na Tu as une bien mauvaise tête ! Tu as fait une grosse faute mais tu vas la réparer ave;\nhonneur ! Tu es un brave garçon, cependant il faut encore te corriger d'un autre petit défau:\ncar tu es par trop étourdi, comment tu pars de Paris comme un bombe et ce, avec les seu\nvêtements que tu as sur toi, c'est impardonable. M. Berton, premier violoncelle solo du Grau;\nThéâtre de Bordeaux iroit se présenter à son nouveau directeur vêtu comme le dernier crin-"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.47", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2915, "texte": "crin de l'orchestre. Non personne de nous ne veut le souffrir. Aussi nous nous empressons de\nréparer ton oubli. D'abord nous t'envoyons de la part de ta bonne mère 12 belles chemises de\ntoille de Hollande et 12 belles paires de bas de fil, ta belle-sœur y joint 6 paires de beaux bas\nde soie de Grenoble, ton père a voulu qu'on ajoutât à ce premier petit envoi 2 belles paires de\nmanchettes de dentelle avec jabot idem et de son choix. Quant à moi je crois utile de t'envoyer\nde quoi garnir en galons d'or deux habillements complets, c'est-à-dire habit, veste et culotte\nc'est la mode maintenant et d'ailleurs je m'en rapportes à toi pour dirriger Mrs les tailleurs\nde Bordeaux, car ton penchant à la coquetterie nous est connu et a fort souvent inquietté ton\nBrave Père ; je n'ai pas toujours été de son avis à ce sujet, tu es jeune, joli homme, artiste\ndistingué, je trouve cela tout simple ; mais pas de folies Monsieur mon neveu, pas d'extrava-\ngance, aie toujours devant toi ton noble but, marche y avec constance, avec courage et tu\narriveras. Tu te nommes Berton, tu es un brave garçon, cela suffit.\"\nJe t'embrasse de tout cœur, ton oncle :\nGUSTAVE BERTON.\nN. B. Comme il faut acheter des étoffes et payer de suitte ces messieurs des tailleurs\nmon ami, mon corespondant te comptera de ma part la somme de 250 livres pour arrondir\nton petit trésor.\nL'émotion, la joie de mon Père étoit à son comble ! Le brave\ncorrespondant, l'aimoit déjà comme son propre fils, il se chargeât de lui\nfaire retenir de suite un logement dans la Ville car ayant trois fort jolies\ndemoiselles, il ne jugea pas fort prudent de faire habiter ce jeune et beau\njouvenceau, sous le même toit que ces trois jolies jouvencelles: en\nracontant ce fait mon Père sourioit souvent de souvenir, et disoit que\nmalgré ses principes de morale, il avoit toujours pensé que le papa avoit\nagi fort sagement.\nLe tailleur fut mandé, l'habit galonné fut promptement confectionné\net M. le violoncelle solo put bientôt se présenter convenablement chez son\nnouveau directeur. Il en fut reçu à merveille car le bon, le bienveillant\nM. Francœur, avoit eu l'attention de lui écrire pour le lui recommander\nvivement et vanter ses mérites. Dès le jour même le Directeur le conduisit\nau théâtre et en le présentant à toute la troupe reunie fit un discours\npompeux dans lequel il enumeroit avec emphase, car le cher directeur\netoit des bords de la Garonne, tous les talents du virtuose que lui en-\nvoyait de Paris, M. le sur-intendant de la musique du Roi, directeur et\nadministrateur général de son Académie Royale de musique. Mon Père\nrepondit modestement, qu'il ne croyoit pas mériter tous ces éloges, mais\nqu'il feroit ses efforts pour s'en rendre digne un jour et surtout conquérir\n1 estime et l'amitié de ses nouveaux camarades ; un houra approbateur de\ntoute la troupe fut la réponse à cette courte et modeste allocution. Le"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.48", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2734, "texte": "directeur qui étoit un homme actif, voulant ne pas perdre un seul instar,\npour ses intérêts et pour la gloire de son théâtre, prenant la main d'un-\njeune et belle personne dit : \"j'ai l'honneur de présenter au célèbre conv,\npositeur Berton la divine Gambilla,1 c'est Therpsicore descendue parm-\nnous sous les traits de Vénus ! Elle est Bearnoise et née à Pau, comme |t\nVerd Galant et sait aussi bien danser qu'il savait battre les Ligueur\nMlle Gambilla doit donc débuter incessament ; mais pour que le jour sois\nun jour mémorable dans les fastes de ma direction je veux que votre début\nsur le violoncelle s'effectue le même jour et pour cet effet, je vous prie d:\ncomposer un solo pour votre instrument, un air de danse par exemple, e\nmanière de sarabande, car la divine Gambilla brille surtout dans le genr;\nsérieux. Vos deux débuts réunis feront fureur j'en suis assuré. Von\nconnaissez le goût des bordelais pour la danse et pour la mélodie, ton\ndeux comptez sur un triomphe éclatant.\" M. le compositeur qui, pendan:\nce discours étoit resté en admiration devant les charmes de la jeur:\nTherpsicore, quand il falu répondre, rougit d'abord et tout troublé qui\nétoit dit qu'il se trouvoit heureux de pouvoir contribuer par ses faible\ntalens, au triomphe de la belle Gambilla. Notre Therpsicore qui pourtac:\nétoit plus jeune que lui, car elle n'avoit que ans, mais qui aparameo:\navoit un peu plus d'expérience, ayant remarqué avec orgueil le motif ti-\nson trouble s'avançat vers lui en le remerciant, avec toutes les grâce\nd'une coquetterie sentimentale ; tout à coup, en changeant de ton et lu\nprenant familièrement la main elle lui dit : Mon cher Maestro, mon che:\nconfrère, j'aime les affaires qui vont vite, très vite, ainsi donc, sans faço:\nacceptez aujourd'hui mon diner, car il faut que nous nous consulte\ntous deux pour bien nous entendre, j'ai un clavecin chez moi, non\ncauserons de notre affaire pendant le repas et après mais cela ne regarè\nque nous, ainsi MMrs et MMmes j'ai l'honneur de vous saluer.2 En disan:\nces derniers mots elle prit vivement le bras du maitre, et l'emmena che:\nelle. Le diné se passa très bien si ce n'est que dans le commencement l\nfut un peu silencieux, le Maestro n'étoit que galant et respectueux\nl'impétuosité de notre Bearnoise ne s'accomodait guère de ces manière\nde Novice, aussi avec son esprit, ses grâces, car elle en avoit beaucouj\n\n1 Malgré de nombreuses recherches, je n'ai rien trouvé concernant Mlle Gambilla, vraisemblablem::\ndemeurée en province toute sa vie.\n2 Ce petit tableau des mœurs théâtrales au 18e siècle, à l'allure des menus romans de Pépoque et, i\nfois encore, on sent que le narrateur y a dépensé une verve qui ne saurait passer pour un récit sténographié."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.49", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2936, "texte": "elle parvint facilement à retrouver sous l'envellope du Maestro le jeune\nartiste de 18 ans.1 Au dessert ils étoient tous deux à l'unisson et d'un\nparfait accord, et dégustant du Soterne de première qualité, portoient\ntour à tour des toastes à leurs succès futurs. Le maestro qui s'étoit sin-\ngulièrement enhardit, lui demanda la permission de porter aussi la santé\nde sa bonne et digne mère. A ces mots, tout à coup, en lui prenant\naffectueusement la main, elle lui dit: Vous êtes un brave garçon je vous\nestime! Et moi aussi Monsieur j'ai des parents, j'ai un brave Père, un\npauvre militaire infirme et je n'exerce mon art avec tant d'ardeur que\ndans le but de le secourir. Buvons tous deux aux auteurs de nos jours,\nmais un genou en terre, Monsieur, un genou en terre pour porter leur\nsanté! car pour nous ici bas, un Père ! une Mère ! sont les représentans\nde la Divinité ; tous deux le verre en main s'agenouillèrent, mais étant\nnécessairement par leur position très raprochés l'un de l'autre, leurs jeunes\ntêtes déjà un peu échauffées par les fumées du Soterne, en fixant leurs\nregards, sur l'étrangeté de leur situation, partirent simultanément d'éclats\nde rire immodérés. Gambilla qui, de sa nature, étoit très rieuse et le\nMaestro qui ne l'étoit pas moins, se livrèrent aux élans d'une douce et\naimable hilarité ! ! ! Mais après quelques instants d'un mutisme mutuel,\ntout à coup Gambilla se levant subitement en battant un entrechat, dit :\nc'est très amusant de rire comme cela, mais au fait ce ne sont que des\nbêtises, mets toi au clavecin cher ami ! et compose moi une belle sara-\nbande, pendant ce tems j'en réglerai les pas.\nLe lendemain la sarabande fut copiée, réglée, et répétée généralement\ndeux jours après eurent lieu les débuts de nos jeunes artistes. Le directeur,\nhomme habile, et passé maître en forfanteries gascognes, profita de\nl'occasion pour déployer sur une affiche de 6 pieds de haut sur 4 de large\nle pathos accoutumé de MM. les directeurs des spectacles de Province ;\nles noms de Gambilla et de Berton y étoient précédés et suivis des\nepithètes les plus gigantesques que puisse fournir le dictionnaire de\n1 Académie ; et les incomparables ! les admirables ! les célébrissimes etc. etc.\netc. y abondoient.2 Le succès fut immense pendant plus de 20 représen-\n\n1 Si l'on en croit Henri Berton, son père serait arrivé à Bordeaux en 1745- Fétis dit qu il chanta à\nOpéra de 1744 à 1746. Les documents administratifs manquant totalement pour cette période, il ne nous est\npas possible de rectifier. S'il est vrai que Pierre Berton avait 18 ans à son arrivée à Bordeaux, ¥ étis fait erreur\nCn c^ qu'il passa deux années à Marseille comme chanteur, avant de gagner Bordeaux.\n111 y aurait une bien curieuse étude à faire sur les annonces des spectacles au XVIII( siècle. Parmi tant\nautres jai retenu celle qui annonçait un concert spirituel au bénéfice d'un certain Raymond, Maître de"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.50", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2478, "texte": "tations ; à chacune les bouquets, les couronnes, les vers en l'honneur des\ndeux jeunes débutants, pleuvoient dans la salle ainsi que les écus dans la\ncaisse du directeur. Aussi ce dernier, dans son enchantement, son ravisse-\nment, fit-il la galenterie d'envoyer à son incomparable danseuse une\ncorbeille garnie d'évantails chinois, de gants de Grenoble, de pots de\npommade de rouge et de mouches venant de Paris, et de plus une belle\népée damasquinée, qu'il la priait par un petit écrit de sa main, très\ngracieux mais un peu malin, de vouloir bien l'offrir de sa part à son\ncélèbre compositeur, pensant qu'en vrai chevalier françois il lui seroit\nplus agréable d'être armé par la main de sa belle... camarade que par\nla sienne.\nIl n'étoit donc bruit dans tout Bordeaux que des talens, des mérites\nde la belle danseuse et du jeune compositeur. Les hommes vantoient les\ngrâces, les beaux yeux, la légèreté de la moderne Therpsicore, les dames\nla suavité mélodieuse des compositions et de l'exécution du moderne\nAmphion. Les peuples du midi, en général, sont fort chauds en toutes\nchoses et surtout en fait de beaux-arts, aussi mon Père devint-il de suitte\nl'homme à la mode de tout Bordeaux. Il fut recherché par les premières\nmaisons de la noblesse, de la magistrature et du haut commerce ; il ne\nsavoit auquel entendre, car toutes les belles dames de la ville, vouloient\nrecevoir des leçons de chant ou de clavecin du jeune et intéressant profes-\nseur. Les hommes vouloient aussi la recevoir de violoncelle et même de\ncomposition. De plus, tous les dimanches et fêtes, il alloit toucher l'orgue\nà la cathédrale. Les moins pieuses de ces dames s'étoient alors fait dévotes,\net, se gardoient de manquer à aucun des offices où se faisoit entendre\nle Professeur et écoutoient véritablement avec une componction évan-\ngelique !\nUn événement inattendu vint tout à coup changer, mais d'une\nmanière heureuse pour lui, sa position artistique, car en un jour, de\n\nmusique d'un théâtre de province. M. Raymond qui avait composé \"La résurrection9\" oratoire à grand orches-\ntre, s'adressait par avance aux dames, en ces termes :\nSexe charmant, à qui je cherche à plaire,\nViens embellir le séjour des talens ;\nPar ta présence échauffe mes accens :\nUn seul de tes regards et m anime et m'éclaire,\nEh ! que m importe à moi ce Laurier si <vanté\nDont le génie se couronne\nCe sceau de Vimmortalité,\nSi ce n'est point la Beauté qui le donne.\nEt tout cela pour trente sols par personne."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.51", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2720, "texte": "simple caporal qu'il étoit, il devint général, c'est à dire que depuis de\nlongues années le sceptre de l'orchestre étoit entre les mains d'un homme\nqui avoit eu du talent, mais il avoit près de 80 ans, et la mort vint rendre\ninopinément cette place vacante. Alors quoique l'usage fut de donner\ncette place par concours, le directeur décida que puisqu'il étoit reconnu\nen principe qu'un musicien compositeur étoit plus apte à remplir ces\nfonctions qu'un autre professeur du même art, il y nommoit le sieur\nPierre Montan Berton. L'influence de Gambilla ne nuisit pas à cette\nrésolution, mais il n'en étoit pas besoin, car il entendoit, trop bien ses\nintérêts pour agir différament, d'ailleurs il estimoit le beau caractère de\nmon Père et admiroit son talent ; il prit possession le jour même de sa\nnouvelle fonction et les remplit à la satisfaction de tous. Malheureuse-\nment cette nomination fit surgire quelques jalousies cachées et vint attiser\nle feu de quelques ambitions deçues. Deux des musiciens de l'orchestre\nqui avoient des prétentions à cette place le provoquèrent en duel, car il\nest de notoriété publique que MM. les Bordelais sont de leur nature fort\nqueréleurs et très grands fèrailleurs. Le cartel fut accepté et fixé au len-\ndemain matin. Mon Père prit pour témoin le premier violon solo de\nl'orchestre, son ami M. Granier. Le duel eut donc lieu le lendemain ;\ndans la première rencontre il fut heureux, car ayant désarmé deux fois\nson adversaire, il eut le bonheur de lui accorder la vie. La seconde ren-\ncontre n'eut pas tout à fait la même issue, en blessant assez grièvement\nson adversaire il reçut un coup d'épée au bras droit. L'affaire ainsi\nterminée on s'embrassa comme de coutume en se jurant une éternelle\namitié, quel bizare, quel barbare usage est resté dans nos mœurs, dans les\nmœurs d'un peuple qui a la prétention de se donner pour l'un des plus\ncivilisés du Globe ! La mort ou seulement un peu de sang répandu, tous\nles outrages sont effacés, toutes les haines sont éteintes... ô pauvre huma-\nnité, ô mais c'est assez philosopher, alons retrouvé notre pauvre\nblessé. Sa prouesse étoit déjà connue dans toute la ville, et lorsqu'il arriva\nchez lui il trouva son domicile envahi par ses amis, ses camarades, et bien\nentendu Gambilla en tête avec le cher directeur. Ils furent tous rassures\npromtement car la blessure étoit légère. Gambilla seule ne pouvoit calmer\nson émoi, et voulut elle-même étancher son sang avec son mouchoir ;\npuis elle dit au directeur que, vu l'émotion qu'elle venoit d'éprouver, il ne\ndevoit pas compter sur elle pour la représentation. Le blessé voyant 1 effroi\ndu pauvre directeur, s'empressa de dire de suite, qu'il allait mettre un"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.52", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2870, "texte": "écharpe au bras droit, et qu'il conduira tout aussi bien avec le gauche,\nCette résolution fut aprouvée par tout le monde, surtout par le directeur,\nChacun se retira chez soi, mais dans son chemin, chacun ne manquoit\npas de raconter l'aventure du duel et de ses suites à ses amis ; aussi le soir\nla salle fut-elle comble et lorsque M. le chef-d'orchestre vint y prendre\nsa place, il fut reçu par un salve d'aplaudissements unanimes, qui redou-\nblèrent encore lorsqu'on le vit prendre de la main gauche son bâton de\nmesure. Gambilla dansa encore mieux qu'à son ordinaire, on dit même\nqu'au lieu de battre des entrechats à six elle en fit à huit,1 lorsqu'elle vit\npleuvoir sur l'orchestre une grelle de bouquets, de couronnes de lauriers\nque quelques malins avoient accompagnés de couronnes de mirthes,\nAprès le spectacle les amateurs et les artistes improvisèrent un banquet\ndans lequel on portât maints toasts en l'honneur du héros de la fête. Mais\ncomme dans toute espèce d'action, dramatique ou non et de telle nature\nqu'elle soit, un péripétie est toujours d'un bon effet, heureusement pour\nmon Père, il en advint une dans cette joyeuse fête, qui lui ouvrit la\ncarrière qu'il sut depuis parcourir avec tant d'éclat. Vers la fin de la soirée\non vint lui annoncer qu'un personnage se disant porteur d'une dépêche\ndésiroit la lui remettre de suite ; on fit introduire l'envoyé, qui n'étoit\nautre que le sieur Cavalier' dont j'ai déjà parlé comme de l'un des limiers\ndu directeur de l'Opéra, aussitôt qu'il put aborder mon Père, en lui\nprenant la main et l'embrassant, il lui dit: \"Mon cher M. Berton c'est\nencore moi qui vient vous enlever, non comme jadis à vos pieuses fonc-\ntions,2 mais aujourd'hui aux plaisirs, aux douces jouissances de mes chers\ncompatriotes, MM. et MMmes de Bordeaux, qui j'ose l'espérer me par-\ndonneront de mettre chargé de cette mission, en faveur de son motif. \"\nPuis remettant à mon père la missive scellée des armes du Roi il lui dit:\nTenez et lisez à haute voix. Mon Père en romp le cachet et y trouve\ndeux écrits, le premier étoit un ordre du Roi de se rendre de se suitte\na Paris près du directeur de son Académie Royale de Musique, le second\npapier etoit une lettre du bon M. Francœur dans laquelle il lui disoit que\ntoutes ses prévisions à son égard s'étant réalisées,il ne pouvoit rien faire de\nmieux que l'attacher au service de S. M. qu'ayant appris sans étonnement\n\nSi cela est vrai, M 1 Gambilla peut passer pour avoir été la première à réussir un pareil exercice de\nvitesse, car nous ne connaisons rien de pareil à l'Opéra de Paris avant 1762.\nC est-a-dire lorsqu il était baryton solo à la maîtrise de Notre-Dame. Notre étrange directeur a voulu\nsans nul doute escamoter plusieurs années, car nous sommes présentement en 1755, et s'il est vrai que Pierre\nBerton arriva à Bordeaux en 1745» es dates ne concordent pas."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.53", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 1594, "texte": "ses nombreux succès à Bordeaux, qu'en conséquence la place de maître\nde musique et chef d'orchestre de Grand Opéra de Paris étant vancante\nen cet instant, lui étoit dévolue et qu'il étoit invité à en venir de suitte\nprendre possession. Ses vrais amis qui étoient nombreux, et même le\ndirecteur, malgré la peine que tous éprouvoient de le perdre, le félicitèrent\nsincèrement de la marque honorable qu'il venoit de recevoir. Gambilla\nfut la seulle qui ne put prendre part à ces touchants regrets, car la\npauvrette s'étoit évanouie en entendant la lecture de l'ordre Royal. L'ami\nGranier qui étoit véritablement le Pilade de mon Père, lui fit sentir qu'il\ndevoit de suitte obéir à cette ordre et l'entraina hors des lieux où, comme\nun autre Renaud une nouvelle Armide pouvoit par ses enchantements\nlui faire oublier un moment son devoir. Une voiture l'attendoit à sa\nporte ; tous les maitres de poste avoient reçu l'ordre de lui fournir des\nchevaux sur la route de Bordeaux à Paris. Arrivé dans son domicile,\navant de la quitter pour toujours, il voulut écrire à Gambilla et chargeât\nson ami de la lettre. Pendant ce temps l'ami avoit réuni tous ses effets et\nen faisant charger sa malle, il lui dit qu'il avoit pris cette précaution\npour qu'il ne fit pas la même étourderie qu'à son départ de Paris, mais\nqu'il lui avoit laissé le plaisir d'emporter son épée, car elle étoit ornee\nd'un beau nœud de rubans formé par la jolie main de Gambilla. Les deux\namis s'embrassèrent tendrement en se renouvellant les serments d une\namitié qui ne s'est jamais démentie.\n( A suiv"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c034", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 54, "image_fin": 58, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.14", "titre_corps": "LES LIVRES", "titre_sommaire": "LES LIVRES", "signature_source": "Gaston Knosp", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.54", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2481, "texte": "CHILESOTTI (OSCAR) : U (Turin,\nBocca frères, 1910, in-12 de VI-168 pp.)\nEcrivant un volume de vulgarisation destiné à la Pieeola Biblio-\nteca di Seienze Moderne,notre savant collègue Mr O. Chilesotti\ns'est proposé de parcourir rapidement les grandes étapes de\nl'évolution de la Musique. Il montre comment les idées directrices\némises sur l'évolution en général dans les Premiers Principes\nd'Hubert Spencer s'appliquent aux transformations successives\nqu'a subies l'art musical, et, avec une clarté et une maîtrise par-\nfaites, il brosse un vaste tableau d'histoire, qu'éclairent çà et là\nses vues personnelles d'érudit et de chercheur. C'est ainsi que\nM. Chilesotti revendique justement pour l'ltalie l'honneur d'avoir\napporté des éléments infiniment précieux à la constitution de l'art\nmoderne. Signalons surtout les chapitres consacrés à l'étude de\nl'origine des formes instrumentales, de l'opéra et de l'oratorio.\nL'auteur clôt la première partie de son livre par l'examen du\nrythme, des modes, des tons, de la théorie musicale et même de\nla notation si tentante pour les inventeurs de systèmes.\nDans une 2e partie, M. Chilesotti traite des sons musicaux et\nrésume l'ensemble des connaissances acquises par la science con-\ntemporaine au sujet des diverses échelles : échelle grecque, échelles naturelle et tempérée,\nsystème des 53 degrés, puis échelles servant de base aux musiques exotiques: échelles chinoise,\narabo-persane, indoue, turque. Peut-être, aurait-on pu désirer un peu plus de précision à l'égard\ndes sources d'où découlent ces échelles mais, nous le répétons, il s'agit ici de vulgarisation,\net l'auteur ne pouvait étendre son appareil critique. Son livre est un excellent vade-mecum,\nun précieux résumé des questions qui touchent à la Musique considérée historiquement.\nLIONEL DE LA LAURENCIE.\nBELPAIRE, M. E. Beethoven een Kunst- (Anvers, Opdebeek, 191\nin-B°, 474 p.)\nMelle Belpaire, qui occupe une situation active et distinguée dans la vie musicale anversoise,\na condensé dans ce beau livre, très étudié et sérieusement documenté, le résultat de longues\nméditations et d'attentives analyses consacrées au maître de Bonn, auquel elle a voué depuis\nson enfance un culte enthousiaste.\nSans négliger les sources bibliographiques telles que la correspondance de Beethoven, les\nlivres de Schindler, Wegeler, Ries et von Breuning, l'auteur donne une place prépondérante à\nl'analyse psychologique et s'attache, tout au long de son livre, à établir une relation étroite"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.55", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 10, "texte": "LES LIVRES"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.55", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3665, "texte": "entre la vie sentimentale et l'œuvre de son héros, à élucider notamment le troublant problème\nde la création des œuvres les plus sereines au milieu des plus douleureuses crises physiques et\nmorales. Une des parties les plus personnelles de l'ouvrage est le chapitre dans lequel l'auteur\ns'efforce de montrer que Beethoven ne fut pas seulement un déiste, comme Schindler tend à\nle prouver, mais un catholique convaincu. La dernière partie du livre est consacrée à de péné-\ntrantes analyses esthétiques, dans lesquelles celles de la Missa solemnis et des sonates de piano\ntiennent la première place.\nIl nous plaît qu'une main de femme ait écrit ce livre qui résume des années de travail et de\nrêverie aimante sur un maître qui fut surtout un grand et noble passionné et dont l'amour,\nsous sa forme la plus délicate, parfuma toute la vie.\nEcrit dans une langue ferme, précise et coloré, l'ouvrage est préfacé d'une superbe dessin\nde P. de Mets d'après le masque de Beethoven. E. CLOSSON.\nGASTOUE. A. Traite d'harmonisation du chant grégorien sur un plan nouveau. (Lyon,\nJanin, 191 o, in-8° de 130 p.)\nM. Gastoué s'est décidé à publier après quinze années d'enseignement et de pratique un\nimportant et fécond travail qui contribuera beaucoup à fixer d'excellents principes d accom-\npagnement du chant grégorien. Dans une introduction extrêmement intéressante 1 auteur\nesquisse une histoire de l'accompagnement du chant liturgique depuis le moyen âge, illustrée\nd'exemples extraits d'anciens manuscrits.\nLa première partie résume les notions d'harmonie indispensables (intervalles et accords), la\ndeuxième est consacrée à l'étude de la modalité et du contrepoint avec un essai sur la con-\nstruction tonale des pièces de pl. chant, la troisième partie enfin traite de 1 application pratique\nde l'harmonisation aux voix et aux instruments ainsi que des styles des différents morceaux\nliturgiques : récitatifs, chants simples, chants ornés.\nL'ouvrage s'enrichit de nombreux exemples excellemment écrits par A. Gastoue et les\nprincipaux auteurs qui se sont occupés d'harmonisation du chant liturgique : Bordes, brun,\nChassang, Dom Delpech, Guilmant, d'lndy, Mathias, P. Wagner etc...\nCes exemples sont choisis spécialement pour tous les tons du pl. chant et tous les genres de\nla mélodie liturgique. Cet ouvrage écrit par un savant dont 1 autorite et la compétence sont\nincontestées, est appelé à rendre les plus grands services non seulement aux musiciens d eglise\nmais à tous les artistes soucieux de toujours mieux connaître leur art pour le mieux aimei.\nJOSEPH BONNET.\nFARAL (Edmond). Les Jongleurs en France au moyen âge, thèse pour le doctorat es\nlettres présentée à la Faculté des lettres de l'Université de Paris. (Paris, Champion, 1910 ;\ngr. in-B°, x-339 p.)\nQu est-ce qu'un jongleur ? Telle est la question que 1 auteur se pose tout d abord. Elle\ndomine, en effet, l'ensemble de sa thèse, et l'enquête instituée dans son savant travail a poui\nobjet d'y répondre.\nC'est au ixe siècle, d'après G. Paris et les textes cites, que les jongleurs auraient fait\nFrance leur première apparition : u on ne les trouve pas expressément mentionnes pius tôt\nIP. 2-3. Cf. p. 272-273 et Gaston PARIS, La littérature franç. au moyen âge, 3E édit., p. 39- Contrai-\nrement à cette assertion, je trouve les jongleurs mentionnés au VIIT siècle dans un des premiers capitulaiies de\nCharlemagne (23 mars 789) : Ut episcopi et abbates et abbatissœ cupplas canu?n non habeant net fakones nec\naccipitres nec joculatores. Alfr. Boretius, Capitularia Reg. Franc., lBB3, p. 64, c. 31 (dans es\nMonum. histor. Germ., Leg. sect. II.) Pertz. Monum. histor. Germ.y Leg. t. I. p. 69."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.56", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3539, "texte": "Cependant, dans chaque branche de leur activité professionnelle, chantres épiques et histrions,\nils eurent ailleurs, sinon des ancêtres, au moins des prédécesseurs. Sans parler des scaldes\nseptentrionaux, les bardes celtiques sur la rote, et les scôps germaniques sur la harpe\ncélébraient bien avant eux la vaillance de leurs héros.\nD'autre part, Rome eut de bonne heure ses mimes. Eux, il est vrai, ne chantaient pas\nde geste, mais ils n'en étaient pas moins populaires. Leurs farces, leurs parades, leurs exhibitions\ngrotesques et licencieuses faisaient les délices des Romains de la décadence. Répandus dans\ntoutes les provinces de l'empire, ils survécurent aux invasions, et, pendant tout le moyen âge>\nle latin ecclésiastique ne cessa d'employer mimus comme synonyme dz joculator.\nEst-ce donc à ces bouffons nomades, dont la Grèce fut le berceau, est-ce, au contraire,\naux poètes épiques de la Germanie qu'il convient de rattacher la filiation de nos jongleurs ?\nOu bien encore, le dualisme qui caractérise leur profession ne résulterait-il pas de ces deux\nfacteurs réunis sous une même appellation ?\nDans cette question d'origine, obscure comme tant d'autres qui mettent deux systèmes\naux prises, romanisme contre germanisme, M. Faral prend nettement parti pour le premier:\nil est romaniste intransigeant. Donc, d'après sa thèse, nos jongleurs descendraient directement\net exclusivement des mimes latins ; ils les auraient continués pendant tout le moyen âge, et\npar eux l'esprit mimique des histrions de Rome aurait été transmis aux bateleurs du Pont-\nNeuf et aux Enfants sans souci.\nQuoi qu'il en soit de cette conjecture, une chose est certaine : c'est que, descendants\ndirects ou simplement collatéraux des mimes, ils héritèrent de l'hostilité de l'Eglise contre\nleurs prédécesseurs. Cette vieille et légitime antipathie s'explique d'ailleurs par des raisons\nnouvelles. La jonglerie comptait parmi ses adeptes une foule de nomades en rupture de\nclergie, clercs ribauds ou goliards, comme on les appelait, dont les mœurs et la propagande\ncausaient un double scandale. Leur infamie justifiait l'anathème.\nMais en dehors de ces déclassés et parallèlement aux jongleurs laïcs, des clercs animés d'un\ntout autre esprit versifiaient les vies des saints et les légendes dévotes ; ils les récitaient ensuite\nen public, soit dans les églises, soit dans les pèlerinages, en même temps que les jongleurs y\nchantaient leurs chansons de geste, tout comme dans les cours seigneuriales et les assemblées\npopulaires. Ceux-là étaient à l'abri des censures de l'Eglise ; elle les approuvait, elle les\nencourageait.\nIl n'en était pas moins pénible pour une élite, où généralement l'exécutant se doublait\nd'un compositeur, le jongleur d'un trouvère, de se voir confondus sous une même désignation\navec de vulgaires baladins. Aussi les voit-on prendre au xme siècle le nom de ménestrels. Un\ntrouvère anonyme d'Arras le constate :\nMais, pour le temps de maintenant,\nSe vont menestreus appelant,\nEt ceulx qui mainent singe et ours\nSe font appeler jougleours\nA ce propos, M. Faral fait observer que l'usage s'établit à la fin du XIIe siècle, parmi les\ngrands seigneurs, d'attacher un jongleur à leur service, ministerium d'où ministerellus ; leurs\nconfrères auraient, à leur tour, autant par intérêt que par vanité, adopté cette même\ndénomination.\nSur ces ménestrels et ces jongleurs, sur leurs relations soit avec les seigneurs, soit avec\nles bourgeois et le peuple, sur leur condition morale et sociale, sur les largesses inouïes dont les"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.57", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3271, "texte": "uns étaient comblés dans les châteaux, tandis que les autres traînaient une existence misérable\nde la place publique à la taverne, sur leurs corporations enfin et leurs confréries, auxquelles\nles puys semblent se rattacher, le livre de M. Faral nous offre une suite de chapitres remplis\nde faits curieux, de rapprochements ingénieux, de commentaires érudits, qui font de son\nenquête, en dehors même de la thèse qu'elle a pour objet, une contribution des plus intéres-\nsantes pour l'histoire du moyen âge.\nA. GUESNON.\nŒUVRES EN PROSE DE RICHARD WAGNER (T. IV ET VII) TRA\nDUITES EN FRANÇAIS PAR J. G. PROD'HOMME ET F. CAILLÉ.\ncommunication à mes amis(1851) \"Musique (1860)\n(Paris Delagrave, in-8° jésus ; 3 fr. 50)\nIl n'y a plus rien à dire de l'heureuse idée qu'eut M. Prod'homme lorsqu'il entreprit cet\nimportant travail. Félicitons-le ainsi que son collaborateur M. F. Caillé de la précision et de\nl'élégance de la traduction qu'il vient de nous donner.\nLOGAN (MAURICE S.). CMusicology (New-York, Hinds, Noble & Eldredge\nin-120 232 pp.).\nCe livre est destiné aux élèves et lecteurs qui veulent se rendre un compte exact des\nprincipes de la musique. L'auteur ne donne pas à ce terme de musicologie le même sens que\nnous et son ouvrage est en anglais l'équivalent de celui de Lavignac en français \" La musique\net les musiciens. \" M. Logan traite d'abord des éléments de la musique, (son rythme, expres-\nsion, échelles, écriture, tons et modes). Puis, vient ce qu'il nomme la structure musicale, c'est-\nà-dire les formes harmoniques, leur emploi, et les notions essentielles du contrepoint. Puis un\nchapitre sur l'acoustique, un autre sur les \" sources du son, \" et enfin un appendice qui résume\ncertaines questions, (les modes grecs, le tempérament le diapason etc...) Tout ceci en un\nformat réduit, et avec une concision qu'il faut admirer. L'auteur ne fait aucune mention de ce\nque nous appelons précisément la musicologie, c'est-à-dire l'histoire. Il donne par contre\nles notions pratiques et précises que le jeune homme devrait connaître en sortant de ses\nhumanités, s'il était question de musique dans l'enseignement des humanistes. Il y aurait\npeut-être lieu de traduire ce volume en français.\nGASCUE (F.). de la Sonata.Conferencias musicales (San Sébastian,\nFuenterrabia 14, in-8° de 330 pp. Pes. 3,50).\nCes 16 conférences qui s'étendent des virginalistes anglais jusqu'à César Franck forment\nune intéressante tentative sur un sujet encore peu vulgarisé. L'auteur se déclare amateur, ce\nqui est trop modeste. Il est fort probablement un élève de M. Vincent d'lndy, et emprunte à\nla Schola ses théories historiques. C'est dire que l'Ouvrage est sérieusement fait. Il n'apportera\npas de nouvelles lumières mais il fera pénétrer le goût du savoir chez des gens qui l'ont à\npeine. On ne saurait trop multiplier les conférences de ce genre qui éveillent d'utiles\ncuriosités. J. L.\nPARNAS (Kornelia). t\"Maria. Une Idylle en musique entre Chopin et Maria IVodzinska,\n(facsimilé du manuscrit de Chopin reproduit et publié pour la première fois par\nLeipzig, Breitkopf et Hârtel.)\nDe nos jours, il est rare de rencontrer encore quelque inédit concernant Chopin dont la\nvie et l'œuvre furent épluchées presque dans les plus intime replis. La maison Breitkopf et"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.58", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2415, "texte": "Hartel de Leipzig se devait de révéler au monde musical en général, aux nombreux amis de\nChopin en particulier, ce carnet d'une époque heureuse de la vie si courte du musicien polo,\nnais. \" Maria \" est une sorte de cahier musical de Chopin que possède actuellement une des-\ncendante de Maria Wodzinska ; il contient un nocturne en ut dièze mineur,\nexpressione plus huit mélodies parmi lesquelles le \" Souhait \" connu de tous, mais dont c'est\nici l'écriture originale. Cette pièce fut vulgarisée par Leichtentritt,Opienski et d'autres en leurs\nmonographies.\nL'édition établie par les éditeurs de Leipzig est une reproduction photograhique du carnet\nde Chopin ; nous y revoyons cette écriture musicale claire que nous connaissons par d'autres\nmanuscrits de Chopin reproduits un peu partout. On serait même porté à considérer ces textes\nmusicaux comme autant de copies plutôt, copies établies par Chopin, car il leur manque ce\nqui caractérise des croquis : ratures, corrections, erreurs. Une chose curieuse, aussi, c'est la\ngrande divergence de pensée entre le nocturne (du Chopin des beaux jours) et les mélodies dont\nplus d'une ne saurait résister à l'examen critique. En tant que compositeur vocal, Chopin se\nsoumet à la mode de son époque... et ce n'est pas toujours bien original... Mais Berlioz n'est-il\npas là aussi, avec sa chanson des chemins de fer ?\nCe carnet nous révèle encore la véritable raison pour laquelle les fiançailles de Chopin et\nde Maria furent rompues. Bien des choses s'expliquent par ce nouveau document.\nDisons pour terminer que les éditeurs ont tenu compte du goût des bibliophiles ; habillée\nd'un cuir rouge orné de fers discrets où l'on distingue, bien en place, le nom de \"Maria\",\ncette nouvelle publication sera certes la bienvenue de tous les amis de Chopin ; une version\nfrançaise ne saurait que contribuer à sa vulgarisation auprès du grand public français.\nUNE BONNE NOUVELLE. La Faculté des Lettres vient de recevoir de\nMme Pierre Aubry deux importantes donations : d'une part, donation de la Bibliothèque\nMusicologique de son mari ; d'autre part, donation d'une somme de 100.000 fr. à charge\npar la Faculté des Lettres d'utiliser les intérêts de cette somme à favoriser et encourager\nles études de Musicologie (voyages, missions, édition de travaux etc.)\nQuant à la Bibliothèque, une salle spéciale lui sera affecté qui portera le nom de\nPierre Aubry.\n\nGaston Knosp."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c037", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 59, "image_fin": 59, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.15", "titre_corps": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.59", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2519, "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE\nSÉANCE DU VENDREDI 17 FÉVRIER 1911.\nLa Séance est ouverte à 4 heures 1/2 chez MM. Gaveau & Cie, 45, rue la Boëtie, sous\nla présidence de M. Ecorcheville, Vice-Président. Assistaient à cette séance : MM. Laloy,\nProd'Homme, Mmes Gallet, Daubresse, Pereyra ; MM. Cesbron, Legrand, Greilsamer, Gué-\nrillot, de Bertha, Calmann-Lévy, Raymond-Duval, Trotrot, Ruelle, Cucuel, Bosc et Westarp.\nS'étaient fait excuser : M™e Filliaux-Tiguer, M. Raugel et M. Grofils.\nAprès la lecture du procès-verbal M. Greilsamer a la parole pour lire une communication\nsur : UOrigine des instruments a Archet d'après un livre de Miss Kathleen Schlesinger1. Une dis-\ncussion s'engage au sujet de cette communication entre MM. Calmann-Lévy, Greilsamer,\nCesbron et Ecorcheville.\nM. Greilsamer ayant signalé l'intérêt des collections d'iconographie, M. Ecorcheville\nannonce que Miss Schlesinger a pris l'initiative d'une collection de ce genre qui paraîtra à\nLondres chez l'Editeur Reeves, et comprendra surtout des reproductions du moyen âge d'après\nles documents réunis en Angleterre. Il ajoute, que l'importante collection d'iconographie in-\nstrumentale réunie par notre regretté collègue Pierre Aubry, a été donnée à la Revue S.I.M.\npar Mme Aubry, ainsi qu'une somme destinée à compléter cette collection. Notre Société en\neffet, n'étant pas reconnue d'utilité publique, n'est pas qualifiée pour recevoir les dons et les legs.\nGrâce à cette générosité, ceux d'entre nous qui voudront entreprendre des traveaux d'icono-\ngraphie musicale, trouveront à la Section un matériel tout à fait complet, et cette documenta-\ntion permettra de mettre au jour de très utiles monographies. Notre Collègue M. Gustave\nLyon avait entrepris avec Pierre Aubry, une monographie de ce genre sur la harpe qui paraîtra\nprochainement. Viendra ensuite, une monographie sur le luth, et une autre sur les instruments\nà clavier. Ces ouvrages comprendront un très grand nombre de reproductions. M. Ecorche-\nville demande à la Section de s'associer aux remerciements que la Revue S.I.M. a déjà adressés\nà Madame Aubry.\nMme Gallet demande qu'une note soit adressée à tous ceux de nos Collègues qui désire-\nraient s'inscrire pour le Congrès de Londres. Elle s'offre à faire des démarches pour obtenir une\nréduction de demi-place sur le réseau du Nord. 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Me voici dans \"le pays des palmiers d'où pleut sur les yeux la\nparesse....\" Il fait un froid de Sibérie. Depuis vingt ans, me disent les\ngens du pays \" la clime \" devient de plus en plus rigoureuse. Il faut croire\nque tout s'use avec le temps, même le soleil du midi. Les petites anda-\nlouses parcourent les rues, entortillées dans leurs chaîes, en montiant a\npeine leurs beaux yeux de velours et leurs casques noirs ornés d'une fleur\nou d'un ruban voyant ; d'autres plus pauvres peut-etre, decorent leuis\npetites têtes gelées de quelques branches de persil, ce qui les rend\nencore plus appétissantes."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.63", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2543, "texte": "Le public applaudit plus qua l'ordinaire, pour se chauffer les main '\net j'en profite. j\nJe me suis déjà faite à ma chambre d'hôtel glaciale, aux cris dést\npérés des marchands de poisson, au carillon sourd des chèvres, qui m\nréveille chaque matin et aux gens du pays qui me gâtent, et voir:\nque demain il faudra partir. Les forains séjournent plus longtemps sur\nune place. A peine ai-je commencé à prendre racine quelque pan\nà peine ai-je lié quelques nouvelles amitiés prometteuses, il fai],\nquitter tout et m'en aller loin, loin. C'est souvent triste de partir. Quo;\nque, qui sait, le souvenir des choses vaut peut-être la réalité; les Heur\nd'un arbre sont souvent plus belles que les fruits... et l'on coupe la branche\naux bourgeons mi-ouverts. Demain on emballera le clavecin, on bouclera\nles malles et on sen ira jusqu a Valencia. J'adore les voyages et je lç,\nsupporte sans aucune peine, car je suis comme un caprice de Bach'\nsolidement bâtie et peu capricieuse. Il faut le dire, on ne voyage nulle\npart comme en Espagne. Avec le système des billets kilométriques,\nchaque kilométré en première revient a peine à cinq centimes et pou-\nune quarantaine de sous, il y a de quoi s'amuser pour toute un journée\nEt quelle joie de traverser sur la Rossinante à vapeur les montagnes de\nl'Andalousie ou les belles plaines de la Castille qui rappellent celles de\nmon pays. Et les fougueux rapides qui, lancés à toute vitesse, savent\ncependant garder leur mouvement de largo maestoso : ils sont graves.\nimposants, comme les Espagnols eux-mêmes ; car le premier devoir de\n1 Espagnol, a dit je ne sais plus quel père d'église, est d'être grave, le\nsecond, d'aimer Dieu. Plus je voyage ici, plus j'aime le public espagnol;\npeu discipliné, assez bruyant, il est très attentif, très bon enfant et il a,\na 1 instar des Slaves, ce penchant naturel vers la musique, cet appétit\nnaturel de la musique. Et meme les critiques d'ici sont souvent d'une\nbonhomie touchante et cherchent par tous les moyens à créer un lien de\nsympathie entre 1 artiste et ses auditeurs. A Vittoria, par exemple, la\npi esse a ete non seulement enthousiaste, mais d'une unanimité parfaite\nsui les moindies détails. Vous aurez beau chercher des cas semblables a\nPaiis °u a Beilin. Il est vrai qu a Vittoria il n'y a qu'un seul journal, mais\nquand même...\nJ inauguie la une nouvelle Société de concerts ; l'ancienne a péri-\nclité il y a deux ans. Ge sont les quatuors qui l'ont tuée,\" me dit-on.\nLa Sociedad Filar?nonicû de JVladrid, la plus riche de l'Espagne, fait venir"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.64", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2351, "texte": "les quatuors les plus célèbres de l'Europe ; comme ces Messieurs ne\npouvaient faire autrement que passer par Vittoria, le cercle local ne\nmanquait jamais l'occasion de les engager. Or, le public de Vittoria,\ncomme tous les publics, aime soit les solistes, soit l'orchestre, le quatuor\nn'est ni l'un, ni l'autre. Et puis, gémissent les mélomanes d'ici, on\nnous imposait jusqu'à quatre cuartetto par soir, c'est dur, surtout pour\nune petite ville comme nous. Et même pour une grande ville comme\nmoi.\nLe président du cercle et le prefetto de Vittoria que j'ai connu ancien-\nnement comme président de la Société artistique de Logrène m'ont\namenée au théâtre de Zarzuelas; j'aime ces petits actes entrecoupés de\nchant et de danses au caractère local. En fait de pièces espagnoles on\ndonnait la Princesa de los Do/aros ; croyez moi, cher ami, ce n'est pas\ndrôle, même en espagnol ; il est vrai que la pièce a été exécutée par de\ntout jeunes chanteurs qui étaient encore aphones. Quelques membres de\nla Société de Malaga ont organisé pour moi une petite fête intime de\nmusique andalouse. Les danses ont été interprêtées non par des profes-\nsionnels, mais par des jeunes filles de la société qui étaient charmantes de\ngrâce naturelle. Les deux jeunes gens qui pinçaient la guitare, fort bien\nd'ailleurs m'ont appris peu de choses, car je m'intéresse depuis longtemps\nà la musique populaire d'Andalousie. Ils ont joué cependant deux\ndinos adorables, deux petites merveilles ! Je les ai notés soigneusement et\nen été, quand j'aurai plus de temps j'en ferai peut-être trois symphonies.\nAlcazar, 16 Janvier.\nJ'ai quitté hier, Malaga, c'était un dimanche et les membres du\nComité sont venus m'accompagner. \" Tous les de votre femme\navait dit l'un d'eux à mon mari, viendront aujourd'hui a Yestacion. La\ngare était noire de monde et j'étais très fière d'avoir tant d'amateurs. Mais\nquelle désillusion ! je me suis aperçu bientôt que je n'étais la ni la seule,\nni la principale soliste ; la vraie attraction pour cette foule était le très\ngrand, le très célèbre Forrero, senor Pastor qui prenait le meme train que\nmoi. Quelle coïncidence bizarre ! Mais que voulez-vous, les grands esprits\nse rencontrent.\nOn a annoncé à Grenade, à grand fracas deux concerts organises par\nle gouvernement de la Ville. Faute de temps j'ai dû refuser a mon grand,"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.65", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2321, "texte": "très grand regret, car j'ai gardé de cette ville le souvenir le plus charman-\nj'y ai des amis très dévoués, et j'ai rarement rencontré le public aus;\nconfiant, aussi enthousiaste. Tu verras demain, m'avait dit mon mari j-\nveille du quatrième concert, tu verras qu'après la première partie i\npublic te fera une ovation toute spontanée, on te jetera des pigeons, on\nte chantera des sérénades sous les fenêtres...\nQu'en sais-tu ?\nMon pressentiment ne me trompe jamais, me répondit-il\ngravité, c'est notre ami Gomcz de la Cruz qui m'en a averti, m\nrecommandant de ne rien te dire ; c'est une surprise.\nEt le soir je fus surprise quand, après le Concerto Italien, j'entend;\ndes chants venant de la rue ; on me demanda de sortir sur le balcon r\nje vis une cinquantaine de jeunes gens, entourés d'une foule noire qui\nchantait pour moi des œuvres de Mendelssohn, de Schuhmann ; j'aurais\npréféré des chants populaires andalous, mais je fus quand même profon-\ndément touchée et émue. C'étaient les membres de VOrfeo de Grenade,\nqui tenaient, me disaient-ils, à me remercier ainsi.\nValence, 20\nJ'ai été attendue à la gare par le Directeur du Fecitro Principal et\npar mon ami Chavarri, homme central de Valence ; critique d'art, com-\npositeur, dessinateur, carricaturiste et professeur d'esthétique, M. Chavarri1\na de très grandes influences ici dans toutes les questions d'art. Une\nréception avec examen d'élèves m'a été offerte par le Conservatoire local.\nJ'ai passé toute une journée à la foire, toujours à la recherche de\nmusique et danses espagnoles, mais c'est si rare de trouver quelque chose\nde vraiment intéressant. Sous l'influence des nègres, la danse des hommes '\ns'est alourdie en légèretés acrobatiques, sans jamais atteindre leur burles-\nque, et les bonnes danseuses sont aussi très rares. J'ai vu, par contre,\nplusieuis petites menageries, des cinématographes, une femme à barbe et\nla belle Anagonaise, la plus grosse femme du monde. Dans les théâtres\ndes variétés, on peut lire dans tous les coins la recommandation suivante;\nIl est T îgoureusement interdit au pubhc de jeter des tnwiondices aux artiski\nIl faut cioire que les tentatives sont encore assez fréquentes et cela m'a\nfait penser a la fameuse annonce américaine\ntirer sur le pianiste, il fait ce qu'il peut.Ne croyez pas que cela m'inspirât\nt"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.66", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2373, "texte": "des inquiétudes pour mon concert. Oh, non ! Les gens qui, de leur\npropre gré, se décident à entendre toute une soirée de la musique\nancienne, sont des hommes résignés à tout et ce ne sont pas eux, qui\nvont protester ou manifester ; et puis ce sont des gens de l'élite, des gens\ndistingués, des gens réservés, trop réservés et qui n'oseront rien jeter à\nune femme, même pas une fleur. Pourvu qu'ils viennent !... car il n'y a\nrien d'aussi pénible et d'aussi terrible que de jouer dans un grand théâtre\ndevant des banquettes vides. Surtout quand on n'a pas l'éloquence de\nPlanté. On m'a raconté à Lograno qu'il y avait donné un concert ; il y a\nquelques années ; la date était mal choisie et il y avait fort peu de monde\ndans la salle. \" Nous ne sommes pas bien nombreux ce soir, a-t-il dit,\nen se présentant devant le public, mais approchez donc, Messieurs, des-\ncendez et venez ici sur l'estrade. \" On croyait à une plaisanterie, mais\nquand on vit le vieux maître traîner lui-même les chaises pour les placer\nautour du piano, on se pressa de l'aider et bientôt le public tout entier se\ntrouvait sur la scène.\" Déchirons le programme, a-t-il dit alors, je\nvous jouerai tout ce que vous désirerez.\" La séance, parsemée de petites\nallocutions, dura jusqu'à minuit. Le public, enchanté, ne ménagea pas\nd'ovations au maître qui en fut tellement touché qu'il embrassa l'un\naprès l'autre, tous ses auditeurs.\nBarcelone, le 27 Janvier\nOn m'a demandé à Valence de donner un second concert ; faute de\ntemps, j'ai refusé et je suis partie en laissant au public de profonds\nregrets et une troupe de Liliputiens qui est venue prendre ma place au\nthéâtre Principal.\nJe suis arrivée à Barcelone le jour de la grande fête annuelle à\nYOrfeo Catala.C'est une solennité au caractère moyen-âgeux qui ne\nmanque pas de pompe et de grandeur. Elle est toujours précédée d'un\nconcours de musique chorale. Le premier lauréat choisit parmi les jeunes\nfilles de Catalogne, une reine, qui, assise sur un trône, ayant à ses pieds\ntous les hauts dignitaires de la ville, distribue les nombreux prix aux\ngagnants du concours. La première récompense à été décernée à un\nmusicien peu connu encore M. Lambert, pour une pièce chorale, sous le\ntitre Agonie. C'est une œuvre pour chœurs mixtes, assez compliquée où\nles voix sont traitées d'une manière instrumentale ; elle m'a parue un peu"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.67", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2548, "texte": "confuse, mais je me garderai bien de porter un jugement après une seul\naudition. Car nous autres musiciens, nous manquons souvent de ce gén\ndu jugement clairvoyant qui fait qu'un ex-militaire, un marchande\nchevaux, un étudiant en droit ou un petit professionnel raté peut, apr-\navoir entendu quelques mesures d'une œuvre, déterminer sa valeur min\ntieusement exacte et vous dire même, si ce genre d'art a ou n'a n 3\nd'avenir. Nous autres musiciens, nous nous attachons trop aux détail\nnous passons parfois des années pour pénétrer l'esprit d'une pièce, qu'U[\ncritique analysera en trois minutes ; nous finissons parfois par découvr\ndes beautés dans les œuvres qui nous paraissaient nues, et des banalit\ndans celles qui nous charmaient au premier abord ; cela crée en nous à\nhésitations dangereuses, cela tue en nous la spontanéité du jugement t\ncette belle assurance qui ne doute de rien et qui a fait la gloire de tar-\nde (ne citons personne).\nAprès de nombreux discours, les chœurs de YOrféo Catalâ or\nexécuté la plupart des œuvres couronnées. Elles ont presque toutes pou-\nbase des motifs populaires. Une jeune fille qui chante dans les chœurs\nobtenu un prix pour un recueil de chansons populaires et elle en a chant\nquelques unes qui sont de toute beauté. Il est intéressant à remarquer qu;\nles chansons catalanes ont rarement un caractère oriental et elles s\nrapprochent beaucoup de nos chants polonais. Après la fête, les directeur\nde Yorféo sont venus passer la soirée chez moi à l'hôtel, je leur ai chant\nplusieurs chansons de mon pays et ils ont été frappés de la ressemblant:\navec les leurs.\nC'était la première fois que j'avais l'occasion d'entendre les chœur\nde YOrféo Catala.Comme beauté des voix, ils ne peuvent être compare\nqu aux chœurs de la Chapelle Impériale de St Pétersbourg, mais je\ndonnerai la preference à ceux de Barcelone, parce que leur répertoire\ndénoté toujours une grande culture et parce qu'ils sont dirigés avec infini-\nment de goût, où rien n'est sacrifié à l'effet brutal ou à la virtuosité vide\nUn autre régal m'attendait à la soirée intime chez M. Cabot, prési-\ndent de YOrféo Catala où l'ami Granados nous a joué ses goyescas. C'est\nune nouvelle serie que je ne connaissais pas encore; nous l'avons forcé 2\nbisser chaque piece et je me fais fête de les réentendre bientôt à Paris.\nDepuis longtemps déjà je rêvais d'aller à Majorque, à Valldemosa,\nvoir la maison de Chopin, voir le pays, où il a tant souffert, où il a écri*\npeut-etre ses plus belles œuvres. Et voici qu'une lettre m'arrive de Palma"}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.68", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 1832, "texte": "où l'on m'engage pour deux concerts. J'accepte des deux mains, malgré\ntoutes les difficultés que cela représentait, puisqu'il fallait décommander\nd'autres concerts et entreprendre un voyage par une mer tellement mau-\nvaise qu'on n'était pas sûr le matin si le bateau partirait le soir.\n}'ai passé hier la nuit en compagnie de Granados et de Xenius\ndans les théâtres populaires, dans les caves où l'on danse, toujours à la\nrecherche de musique espagnole. Les cinématographes, les gramophones\net les orgues de barbarie y font des ravages terribles, il ne nous restait\npas d'autre ressource que d'aller nous consoler dans un grand music-hall\nfranco-espagnol. Or, tandis que les chastes Andalouses accompagnent\nleurs chansons de gestes indécents, les frivoles parisiennes de Toulon\ndébitent des chants à vous fendre le cœur, chansons morales, chansons à\nthèse : \"ne faites pas pleurer une femme qui aime,\" une fille mère est\nune maman \" comme une autre,\" \" une gueuse amoureuse qui s'en va de\nla poitrine \" comme une vraie dame aux Quel domage que\nles voix soient si atrocement fausses ! On dirait des chanteuses mondaines !\nj'ai entendu ici pour la première fois le Garroteux, que Granados adore\net qu'il m'a fait aimer. Le couplet en est très amusant :\n\" M'dites pas d'choses à double sens\nM'dites pas d'choses à double sens\nCar mon père est architecte\nDe la ligue de Xères...\"\nCette adaptation française est de notre ami Xenius, écrivain très\nestimé ici, professeur de philosophie, auteur de différents ouvrages philo-\nsophiques et qui, comme vous voyez ne manque pas de dispositions\npoétiques.\nJe n'ai pas dormi cette nuit, je suis trop heureuse d aller a Majorque.\nLa mer continue à être mauvaise, le bateau sorti de Barcelone avant hier\na dû rebrousser chemin. J'aime mieux ne pas y penser, je ne suis pas en"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.69", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 265, "texte": "bons termes avec la mer qui ne manque jamais l'occasion de me joue\nun mauvais tour. JYlais je partirai quand meme quel temps qu il fasse\nQu'importe ! Je me ns des tempetes, je me ris des naufrages... et v\ntremble quand même...\nA TTT T\n\nWanda Landowska."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c043", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c043", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 70, "image_fin": 70, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.18", "titre_corps": "Le RosenKavalier", "titre_sommaire": "Le RosenKavalier", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.70", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 62, "texte": "Le\nRosenKavalier"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.70", "debut_caractere": 82, "fin_caractere_exclue": 166, "texte": "Costumes dessinés par le\nProfesseur Roller\nReproduction autorisée par M. 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C'est le plus vigoureux rameau poussé sur le tronc wagnérien,\nle seul où la sève se porte quand le reste desséche. Humperdinck, Max\nSchillings, Pfitzner, Weingartner, Frienzl, Eugène d'Albert tiennent du\nmaître de Bayreuth quelques excellents secrets de facture. Leur œuvre\nn'est pourtant qu'un diminutif de la sienne. Leur tempérament n'a pas\nla force de soulever ou d'écarter la masse confuse des réminiscences. Leur\nindividualité n'est pas assez puissante pour exprimer ses réactions intimes\nau contact de la vie. Seul, Richard Strauss parvient à réaliser ses propriétés\npersonnelles, à faire œuvre originale. Sa fantaisie se pousse dans tous les\nsens mais son irrésistible penchant à se diversifier, à se disperser sur mille\nobjets est corrigé par un besoin non moins impérieux d'unité. Strauss a\ntouché tous les genres. Il passe indifféremment du drame à la comédie,\nà la force et met partout l'empreinte de sa personnalité. Après Salomé,\naprès Elektra,voici le Rosenkava/ier.Le compositeur nous éloigne des\nsombres drames. Il nous ramène à Feursa première tentative dans la\ncomédie lyrique. A vrai dire, le Kosenkavan'ajoute rien à la définition\nque les œuvres précédentes nous donnent du génie de Richard Strauss,\nmais par une sorte d'éclosion régulière et de croissance continue ce même\ngénie ne cesse de grandir, de s'épurer.\nDans le champ que lui a tracé le librettiste, Strauss prend ses coudées\nfranches et donne toute sa mesure. Il a, nous le savons, d'effrayants besoins\nd'action, de sensations. Sa puissance de vision est illimitée. Dans l'intensité\nde son impression ce n'est pas lui-même qu'il cherche d'exprimer tout\nd'abord, c'est tout ce qui n'est pas lui. Il ne se pouvait qu'il ne demeurât\npas à certaines pages du Rosenkavalier, joyeusement objectif. Mais, on y\ndécouvre partout et toujours des coins d'adorable poésie, d'exquise sensi-\nbilité. Nul sujet ne lui permettait mieux de projeter son tempérament\nsur l'humanité, d'exprimer la concordance, l'harmonie de sa nature\navec les dispositions intimes et subjectives de son âme de poëte. Ici,\nle cœur même pour ainsi dire l'intelligence. Le trait dominant du Rosen-\nkavalier et comme la source intarissable de l'émotion c'est la place que\nStrauss donne au sentiment. Nous retrouvons le créateur de Ttll Eulen-"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.72", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2488, "texte": "spiegel plus souple, plus lyrique, plus sensible que jamais. C'est ici qu'e,\nson âme tont entière.\nM. Hugo von Hofïinansthal a puisé dans la chronique galante ri-\nVienne le sujet de sa comédie conçue dans le style rococo, écrite dans!\nplus savoureux dialecte viennois qui soit. L'action se déroule sous i\nrégence de Marie-Thérèse. Le rideau se lève et nous sommes dans]:\nchambre à coucher de la Maréchale de Werdenberg, femme délicieu\nau déclin de sa beauté et qui devient amoureuse de l'amour. Le feld.\nMarschall fait campagne ou plutôt il chasse l'ours et le loup-cervier dan\nles forêts de Croatie. En son absence, la princesse s'est éprise d'un jou-\nvenceau de noble extraction, le comte Octavian de Rofrano un séduisant\net hardi Chérubin. Le matin se lève. Les oiseaux gazouillent. Octavian et\nla Maréchale se perdent en de troublantes rêveries. Mais voici du tumulte\nparmi la livrée, du bruit dans les antichambres. Le Maréchal serait-il oc\nretour ? Il ne s'agit heureusement que d'un importun, le baron Ochs rie\nLerchenau, hobereau de haute naissance, provincial mal appris et rit\nsolide bêtise. Parent éloigné de la princesse, ce lui est un prétexte pot:\nse présenter chez elle à une heure indue. Il trouble un doux tête-à-tête\nPar peur du scandale, Octavian n'a que le temps de se déguiser en 1\nsoubrette Mariandl.\nLe baron est un coureur de dot ; il ne rougit pas d'une mésalliance.\nIl vient précisément faire part à sa cousine de ses fiançailles avec Sophie,\nla fille du richissime Faninal, un fournisseur aux armées, tout récemment\nanobli. Il veut aussi la prier de désigner le gentilhomme qui, selonk\ncoutume viennoise, se chargera de porter à l'élue la Rose d'argent, gage\nde son amour. Mais la vue de la soubrette dilurée émoustille ce vieux\ngalantin de baron. Sur le champ il lui donne un rendez-vous, h\nMaréchale qui médite de jouer un bon tour à son butor de cousin, fait\nchoix d'Octavian lui-même. Le baron s'en va tout ravi. Et soudain la\nMaréchale s'abîme en de mélancoliques et sentimentales pensées. N'a-t-\n-elle pas surpris en sa noble chevelure les ombres argentées du temps qui\ns enfuit ? Elle pressent que son \" \", Octavian se détachera bientôt\nd'elle. Pourquoi l'a-t-elle donc envoyé comme messager d'amour auprè\nde la douce et belle Sophie ?\nLe deuxième acte nous mène chez Faninal, le Chevalier à la Rose\nse présente à Sophie suivant le cérémonial d'usage. Demeuré seuls en\npresence, les deux enfants ont tôt fait de s'enflammer l'un pour l'autre"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.73", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2590, "texte": "Des intrigants italiens, Valzacchi, Annina, postés là par le baron le pré-\nviennent sans retard. Notre lourdaud s'emporte, tempête, injurie Octavian\nqui croise le fer avec lui. Blessé au bras, Ochs von Lerchenau, se console\nà la pensée du gai rendez-vous qui l'attend en compagnie de la soubrette.\nLe troisième acte se passe dans un cabinet particulier d'une auberge\nde banlieue, toute la mise en scène est truquée, machinée pour mystifier\net confondre le baron. Octavian, sous son déguisement, ne cesse de le\nberner de la belle façon. La Maréchale, Faninal et sa fille arrivent à point\npour dénouer la pièce qui se termine par le mariage d'Octavian et de\nSophie. Les deux fiancés chantent leur bonheur énamoure cependant que\nla princesse de Werdenberg s'efface avec une tendresse exquise, avec un\ndélicat héroïsme devant l'aube naissante de leur amour printanier.\nLe poëme de M. Hugo von Hoffmansthal est inégal et mêlé.\nMaintes scènes forment un appendice dont on ne sent pas 1 utilité. Ï1 est\ndifficile qu'il en soit autrement dans une œuvre spécialement écrite pour\nménager au musicien les occasions de donner carrière a sa verve en\nbrossant de vastes fresques drolatiques. Au reste, le comique n est pas\ntoujours du meilleur aloi. Hoffmansthal veut du reel et il épaissit et il\nalourdit. En revanche que de morceaux sont d'un grand, d un noble poëte.\nUne fraîcheur réelle de sentiment s'épanouit a travers toutes les niaiseiies\nde ce rococo.\nLe sujet n'est pas nouveau. 11 offre une matière commune a nos\nécrivains du XVIIIe siècle. C'est une comedie d intrigues avec des allusions\nbouffonnes aux mœurs, aux préjugés nobiliaires de 1 epoque, une\neffrontée dérision de ce milieu galant et cosmopolite. On y singe gro-\ntesquement les manières et surtout le jargon baroque et solennel de la\ncour d'Autriche. (Sei Er gut, mein Schatz, Sei Er ganz still.\nGeniert Siesich leicht..., Komm' da ganz nah....) A mieux diie,\nc'est une farce viennoise du goût des pièces représentées jadis a la\nstadt, ala Lêopoldstadtet, qui ne signifierait rien, ou pas grand'chose, ou\nrien de réel si les données ne servaient à mettre en lumière des sentiments\nde l'âme humaine. L'humanité reconnaît en la Maréchale un exemplaiie\nde sa commune nature, que de femmes, â l'automne de leui vie, ont ete\nou pu être Marie-Thérèse de Werdenberg! Octavian et Sophie sont\nexquis de sensibilité, d'abandon ingénu. Ces deux êtres destinés à s aimet\nreprésentent en eux ces moments enthousiastes de la vie ou la jeunesse\nradieuse, belle de sa plénitude et du sentiment qu'elle en a. Autour do ce"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.74", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1525, "texte": "couple charmant, mettez les convoitises et les brutalités d'un Ochs vc\nLerchenau, gentilhomme vaniteux, sot et lourd, vous aurez alors ur\ncomédie pathétique et réelle et qui malgré la frivolité du sujet, malg-\nle libertinage du milieu reste chaste.\nVoilà ce qui devait offrir un débouché de plus au bouillonnerne-\nintense qui fermente en Richard Strauss. Sous ces apparences violentes 1\ncompositeur d\"lLlektra cache une rare puissance de tendresse et de se;\nsualité qui lui a permis de dégager de ce poème toute la puissant\npoétique. Il y a trouvé l'une des plus riches sources du lyrisme qu'il y ar\nun des sentiments les plus universels, un de ceux qui prennent l'indivic\ntout entier et jusqu'au fond. En passant à travers son imagination [\npremier acte tout entier, la scène initiale du second, le duo et le trio c\nla fin deviennent une symphonie d'amour. Sa musique est comme le voii\nau travers duquel transparaissent les conditions éternelles, les réalitc\ndouloureuses et tendres de la passion. Chez la Princesse de Werdenber;\nles pages voluptueuses et résignées de l'automne de sa vie sont trempét\nd'une mollesse élégiaque. C'est un cri de l'âme possédée et privée de soi\nbien que nous rendent ces mélodies dont on pourra goûter la délicieu;\nlassitude, l'expression alanguie :\nOctavian n'est pas sans rapports avec Chérubin. Superbe d'audace\nce Rofrano s'elance joyeusement de toute sa nature chevaleresque ver\nl'amour. Il est tout bouillant de désirs effrontés. Le pensée de la femm\nne cesse de l'obséder :"}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.75", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2033, "texte": "La grâce virginale de Sophie contraste et l'on ne saurait exprimer\navec plus de délicatesse les premiers troubles et le ravissement d'une âme\nqui s'éveille au souffle de l'amour.\nChanté par le hautbois, ce thème infiniment simple et doux s'ac-\ncompagne du motif de la Rose d'argent\nlequel est une trouvaille harmonique des plus rares. Rien de plus frais, de\nplus ami de l'oreille que ces notes argentines subtilement égrenées par\ntrois violons solos, le célesta, deux harpes et une flûte assemblés. Un\nduo s'ensuit. Les deux enfants tâchent de forcer le mystère d'âme\npar lequel ils se sentent envahis. Par le développement des thèmes\nd'Octavian, le quatuor solo amène une de ces puissantes effusions lyriques\nque l'on retrouve dans le finale de dans la et\ndans quelques-uns de ses plus beaux lieder :\nFruhlingsfeier. Strauss atteint alors à une pureté, à une sincérité d'émotion\nqui l'égalent aux plus grands poëtes de la musique. Le trio (ré bémol\nmajeur, 3/4) et le duo final du 3° acte (sol majeur 4/4) appartiennent au\nmême genre de beauté. Il y a, dans ces passages pleins de constrastes, où\nparmi le bonheur énamouré de Sophie et d'Octavian, la Adaréchale cache\nses larmes (thème V), il y a une abondance mélodique, une liberté de\nforme dont on ne saurait dire le charme et la distinction. La musique y\nest d'une pénétrante sentimentalité, ni fade ni fausse, et d'un pathétique\nintérieur et contenu. C'est dans cette partie de son œuvre que Strauss a\ndéployé librement son génie et mis le plus de poésie véritable. Le thème\nprésenté par le librettiste est usé mais le compositeur le renouvelle à force\nde grâce imprévue, de lyrisme abondant. Ce que tout le monde a dit, il\nle dit mais comme personne sinon Mozart.\nOn n'aurait que la moitié de Strauss si l'on ne regardait que la poésie\nsentimentale de sa musique. Son lyrisme est tempéré par les éléments\ndescriptifs et comiques qui lui viennent de cet étourdissant milieu. A\ncôté des scènes pathétiques on trouve une partie bouffe et même burlesque"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.76", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 1565, "texte": "des mieux réussies du moins en ce qui concerne la musique. On sent qut\nStrauss s'y est trouvé à son aise. L'étoffe de son style, l'hilarité de ses\n\" bois \" nous en avertit. Son naturel ne l'incline-t-il pas à reproduis\nl'effort et le mouvement de la vie dans toutes ses directions. Strauss n'a\nsouci que de la vie. De là sa verve tempétueuse, son énorme gaieté et k\npittoresque comique de son œuvre. De là sa bouffonnerie qui n'est en\nsomme qu'une reproduction singulièrement agrandie de la réalité. Le\nBaron, Faninal, les laquais et tous les comparses de l'action forment une\ncollection de grotesques lestement enlevés.\nTous ces personnages sont caractérisés thématiquement, dramatique-\nment par leurs attitudes, par leurs actes, par leur langage, par leurs\nmobiles sentimentaux. Strauss a le don de l'intuition psychologique. 1]\nexcelle à trouver la formule musicale qui contient tout l'individu. La\nMaréchale, Faninal, Sophie ne possèdent qu'un seul thème. Ailleurs,\nil s'applique à marquer le caractère par ses diverses nuances. Il est\nencore un peintre sagace auquel rien n'échappe des formes sensibles, des\napparences vivantes. A côté des thèmes générateurs, surgissent des motifs\naccessoires, pittoresques ou de signification psychologique destinés à\ncompléter le portrait, à renforcer la trame du développement musical.\nLes conversations galantes, la sottise, la fatuité, la \" Grandezza les\nimpatiences, les incohérences du Baron, sa tendance à la congestion, tout\ncela fait l'objet de motifs distincts. D'un bout à l'autre de l'œuvre ce sont"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.77", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2023, "texte": "vigoureux portraits, rapides croquis. D'un bout à l'autre grouillent des\nformes vivantes, agissantes, gesticulantes. La livrée du Baron, celle de\nFaninal, l'invisible Maréchal, l'intrigant Valzacchi, Annina, le coiffeur,\nle commissaire, les oiseaux ont chacun leur thème. Le négrillon lui-même\nbénéficie de ce motif prime-sautier :\nEncore qu'incomplète, cette nomenclature me dispense de souligner\nici la profusion des éléments thématiques. Il n'est pas une mesure de cette\npartition si complexe qui ne vive de leurs substances mélodiques et\nrythmiques. La richesse du langage symphonique du ne\nconsiste pas seulement dans l'abondance des thèmes mais encore et surtout\ndans les différentes inflexions que prend le même thème d'après l'intério-\nrité du sentiment, dans les incessantes et fécondes combinaisons que\ndétermine l'augmentation ou le dédoublement. Nul n'est plus heureux\nque Richard Strauss dans la transformation de ses thèmes. L'enchaînement\nlogique, le développement organique de ses idées, la solidité de leurs\nassises tonales se réclament de la grande tradition classique. Que la force,\nl'originalité, la brusque fierté de certains accents rappellent manifestement\ntel leitmotiv des poèmes symphoniques, il n'y a pas à le contester. Don\nJuan, Don Quichotte, Till Eulenspiegel, la Sinfonia Domestica, la Sonate\nde violon lui fournissait des rythmes pressants et vigoureux. Sa fécondité\nd'invention n'en est pas moins incroyable. De même le style nous apparaît\nforgé des matériaux employés avec prédilection par Richard Strauss à ses\nautres œuvres. On reconnaît aisément ses arabesques de triolet, ses dessins\nflottants, ses successions de tierce, de quarte et de sixte, ses traits chromati-\nques ascendants, ses sauts furibonds d'octave, ses capricieux intervalles\nmélodiques, ses gamines descendantes par tons entiers. Il continue d'user\ndes combinaisons étranges, inconnues pour les effets d'harmonie qu'il en\npeut tirer. Il en fait une dépense curieuse. Sa polyphonie reste d'une"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.78", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2053, "texte": "audace, d'une complexité inouïe mais qu'on ne s'y trompe pas, toute\nles impossibilités matérielles, tous les tours de force auxquels son génie\ncontrepointique se livre, disparaissent comme naturellement dans la clarté\nde l'ensemble. L'écriture du Rosenkavalfrappe par sa limpidité de\ncristal, par ses harmonies veloutées et aussi par l'esprit éclatant, ingénieux\net pétillant du dialogue. Strauss a su dompter les élans fougueux et le\nbrutalités inconscientes auxquelles sa démoniaque nature nous avait pour\nainsi dire accoutumés. L'intime poésie du sujet n'est pas écrasée sous le\npoids d'une orchestration de plomb, le génie de l'instrumentation atteint\nses dernières limites. Par surcroit, le Rosenkavalier s'impose par la\nspontanéité, la sincérité de l'inspiration.\nEnfin, il y a toujours chez Strauss, et ceci est d'un maître, une\nteinte dramatique précise qui donne à chacune de ses œuvres son atmos-\nphère particulière son caractère et sa couleur. La musique du Rosenkavalier\ns'enveloppe d'une grâce, d'une distinction chevaleresque, d'une mélancolie\nvoluptueuse par où le fonds viennois du sujet transparaît. Voilà qui nous\nrepose des couleurs violentes et ses deux reliefs de Salomé et d'Elektra. A\nforce de goût, de mesure, de sobriété, Strauss parvient à multiplier en\nquelque sorte sa puissance. Le ton local, le caractère singulier des\nmélodies, tout cela est attrappé avec un rare bonheur d'expression. Il\nincombait notamment et à ce délicieux menuet en la majeur :\net aux valses fameuses de créer le milieu. Elles sont exquises et langou-\nreuses à souhait ces valses viennoises !\nEn s'abandonnant au fil de leurs savoureux on ne soup-\nçonnerait jamais qu'elles ne viennent là que comme un bafouement de la\nmentalité rudimentaire du Baron, comme une parodie des creuses aspira-\ntions de cette société dénuée de cervelle.\nPour cette œuvre unique, le Comte de Seebach, l'intendant de\nThéâtre Royal de Dresde, a su ménager une interprétation unique. Le\nrôle principal, dans cette formidable partition, revient au chef d'orchestre"}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.79", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1066, "texte": "et M. von Schuch a montré toute la fougue juvénile, tout l'éclat\net aussi toute la délicatesse que le compositeur pouvait souhaiter.\n\\[me Sierns par la concentration de son jeu, la noblesse de son chant s'est\nrévélée une incomparable Maréchale. Le rôle d'Octavian est lourd à\nporter. Mlle von Osten l'a rempli avec l'effronterie, le hardiesse de\nl'élégance qui convient. Mme Minnie Nast toute charmante de voix et de\ntournure, prête à Sophie la grâce et la force inconsciente de la jeunesse.\nElle nous en a donné une image inoubliable. Deux glorieux vétérans de\nla troupe de Dresde se distinguèrent dans les rôles du Baron et de Faninal,\nj'ai nommé Messieurs Perron et Scheidemantel. Il convient de mentionner\naussi une foule de petits rôles, Letinn, l'intrigant, le notaire, les laquais\nqui ont été impeccablement rendus. Quant à la mise en scène, elle fait le\nplus grand honneur à M. Tôlier, mais n'oublions pas que tous ces\nsomptueux décors ont été brossés par le Professeur Roller de Vienne.\nLe succès fut éclatant.\n6\n\nLazare Ponnelle."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c050", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c050", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 79, "image_fin": 79, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.19.1", "titre_corps": "Caricature de R. Strauss par Krotowski.", "titre_sommaire": "Caricature de R. 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La caractéristique de son art est d'être tout-à.f\nmathématique. On doit composer ou interpréter en savant. Dénuée qu'elle doit être de\ncharme résultant de l'imagination pure, cette musique car décidément on doit r\nmusicien doit être plutôt goûtée des professionnels érudits. Ceux-ci ne peuvent être o\ntrès pondérés, seuls capables d'être vraiment intéressés par les côtés savants, froids, sc\nrationnels de ce musicien.\nOn a dû avoir les débuts difficiles, tourmentés. On a dû être très peu aidé, pour ainsi c\njamais. Si l'on n'a pas eu pour soi l'appui des gens et la faveur des circonstances, on a pu s't\npasser. Avec ses dons personnels, on était armé pour la lutte. A défaut de veine, on a\nrésignation qui doit aller jusqu'à un héroïsme intime, obscur, allié à une persévérance élevée\nla hauteur d'une indémontable opiniâtreté. On a dû arriver à une belle réussite. Si l'on se :\naux mains, elle ne doit pas être encore tout-à-fait complète. L'épanouissement viendra à\nune vieillesse heureuse ; selon toute probabilité on est destiné à vivre vieux.\nL'opiniâtreté dont on dispose n'empêche pas que l'on doute de soi. C'est un doute q\nest une forme discrète de la modestie. Il n'a rien de nuisible. Il ne ralentit en rien la péri:\nvérance. S'il est inséparable de ce tempérament, il y tient un rôle neutre, absolument inoffens\nQuand on fait un projet, on doit se dire : Il y a N'importe\nOn fait tout pour réussir. On a beaucoup de peine. Mais on s'en tire.\nSi l'on dispose d'une forte autorité pour soi, on en a autant pour son prochain et mêir i\npour sa prochaine. On est en effet un autoritaire. D'une race spéciale et bien connue : ce:\ndes autoritaires en dedans.Ceux-là, qui avec l'apparence de toujours céder, n'en font pas raoir\ntout ce qu'ils veulent, pour le moins tout ce que les autres ne veulent pas, ce qui revient,\npeu près au même. Toutefois, comme on est très bon, fort intelligent et logique, on ne doit p..\nexercer souvent son autorité mal à propos. On doit même être utile aux gens qui vous sor\nseulement sympathiques. On doit même être volontiers faible, puisque l'on a des doi.\nconiques, ceux des sujets très bons, accueillants, serviables, hélas sans défense. On ne doit pi-\nsavoir refuser en des circonstances où cela serait pourtant nécessaire. Peut-être par ci par !:•\nfait-on preuve de timide protestation, puisque le Mont de Mars légèrement accentué peut faire\nsupposer que l'on est un combatif. Supposons-le. N'en croyons rien !..."}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.83", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2165, "texte": "S. LAZZARI\nIl n'est pas douteux que nous sommes en présence d'un homme sinon des pays\nchauds, du moins des pays ensoleillés. Peut-être ne s'agit-il pas du plein midi, mais au\nmoins du Midi moins le quart.\nLes mains sont en effet très latines.\nAvec un rien de rudesse, mais avec beaucoup d'élégance, ces mains nerveuses, avec\ndes doigts presque carrés, des phalanges grasses, signalent un caractère artiste, intelligent,\ncordiale gourmand et sensuel. Si l'ensemble de ces mains est sympathique et de bon aloi,\nles détails n'ont rien d'amoindrissant. Au contraire il y a confirmation.\nOn est imaginatif et idéaliste. On l'est avec logique, puisque ne l'oublions pas, les\ndoigts carrés indiquent non seulement l'équilibre, mais la raison dans les sentiments et la\nproportion dans les instincts.\nTous les astres sont écrits dans ces mains. Donc belles aptitudes.\nLes dons artistiques dominent. Si on est musisien, on est trop indépendant pour être\nexécutant. On doit être plutôt un compositeur. On a dû se spécialiser dans une mélodie\nassez forte, assez en chair,puisque les lignes de tête et de cœur font penser que l'on est\nun fort, non un mièvre.\nQuoiqu'il en soit, on est sûrement un artiste de valeur. Toutefois, une double ligne\nde Soleil est l'affirmative absolue d'un éparpillement dans son art. On adû compliquer sa\nvie. Il est visible que l'on est un nerveux, un irritable, mais un irritable assez bien por-\ntant, quoique dyspeptique et rhumatisant. On doit s exaspérer avec des muscles, plutôt\nqu'avec des nerfs. L'agitation qui doit vous être familière doit avoir la forme d'une grosse\nactivité. On doit être un bon garçon, mais un bon garçon très malin, car si l'esprit de\ndiplomatie fait défaut on a par contre celui d'à propos. On est un persévérant et un ambitieux.\nSans cette double ligne de Soleil on avait tout pour arriver très jeune. Toutefois, avec\ntous les dons, il serait bien extraordinaire que l'on arrive très vieux.\nEn tout cas, réussite car ces mains sont celles d'un homme fort et d'un artiste de\ntalent.\nA suivre au prochain numéro, M.M. Xavier\nLeroux, Massenet, Me\nrice Ravel, Saint-Sa'éns, // idor .\n\nPierre Jobbé-Duval."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c060", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c060", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 81, "image_fin": 81, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.20.1", "titre_corps": "Mains de G. Hue.", "titre_sommaire": "Mains de G. 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N'est-ce pas un excellent moyen pour étouffer précocement\ntout sentiment artistique, musical, toute intelligence chez ces petits, de les astreindre à une\nsi longue immobilité ; cet excès de travail digital, fait au dépens du développement général\néloigne de plus en plus les « exécutants \" de la vie normale. Non seulement étude\nexagéree se fait au détriment des connaissances générales que tout être humain doit acquérir\nmais par son excès étend l'ignorance du virtuose jusqu'au domaine musical.\nIl est nécessaire de se spécialiser ; mais l'exclusion totale de tout ce qui ne concerne pas\nla spécialisation est une exagération dangereuse. Il ne suffit pas de former des machines à\njouer, sans plus. Le mal vient d'une erreur grossière qui consiste à croire que les progrès\ndépendent du nombre d'heures consacrées à l'étude. Les maîtres ayant laissé des écrits \"sur\nétude instrumentale s accordent tous sur ce point, je me contenterai d'en citer quelques-uns\nparmi les plus autorises par leur expérience et leurs observations :\n\"La valeur du virtuose n'est pas en raison directe du nombre d'heures passées au piano,\nma,s bien dans e degré d'attention apporté à la tenue des mains, à l'observance des doigtés,\na I attaque du clavier. (H. HEBERT, Le sentiment musical chez F enfant.}\n\" Les progrès de l'élève dépendent plus du soin consciencieux apporté aux études que du\nnombre d heures passées au piano. La volonté et la réflexion donnent de meilleurs résultats\nque de longues heures employées sans discernement... il faut concentrer toute son attention,\ns observer, s écouter pour éviter les défauts que la force de la routine rend plus tard si difficile\na corriger. (MARMONTEL, Conseils d'un Professeur.)"}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.85", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3727, "texte": "\" On peut agir sans travailler.\" (CONDILLAC.)\n•' La correction de mon mécanisme est la conséquence de ma manière de travailler et\nnon du temps pendant lequel je travaille.\" (G. DEMERY,\n\" Les lois physiologiques condamnent toute étude trop prolongée ; les lois de l'esthétique\nmusicale la condamnent de même. Pour l'enseignement de la musique, la fonction\norganique a la propriété des toxiques ; elle est médicamenteuse à faible dose ; à forte dose elle\nest destructive.\" (MARIE JAELL, La musique et la\nCe n'est donc pas la quantité du travail qu'il faut, mais bien sa qualité.\nSavoir travailler utilement, permet de diminuer considérablement le temps passé à l'étude.\nLe but a poursuivre n'est-il pas de réaliser un maximum de progrès avec un minimum de travail ?\nIl importe, avant toute autre chose, de dépenser une forte somme d\"* attention, par\nconséquent, de connaître les moyens suceptibles de lui donner toute sa force et de là pouvoir\nconserver le plus longtemps possible.\nC'est principalement chez les enfants que l'attention est de courte durée, on ne peut\nrien prétendre faire assimiler d'utile à un cerveau vagabond. Plus l'enfant sera jeune plus les\nleçons devront être courtes. Elles pourront se répéter plusieurs fois par jour, étant séparées par\ndes repos et par d'autres études. Vouloir les prolonger quand les doigts seuls sont en action,\nc'est les faire agir en pure perte. Dès que les centres psychiques cessent d'être en activité, que\nseuls les centres polygonaux travaillent il est nuisible de jouer ; non seulement le temps se\nperd sans profit, mais on contracte des habitudes mauvaises qui seront très difficiles à déraciner.\nJe me permettrai de citer encore HEBERT qui écrit fort justement : \" Le travail qui n'est\nplus soumis à l'attention devient improductif, inutile, dangereux, pour la santé comme\npour le piano.\n\" Jeu réfléchi = Progrès.\n\" Jeu machinal = Recul, déformation.\n\" Les bonnes habitudes étant moins difficiles à contracter que les mauvaises à éviter,\nil importe non de faire beaucoup, mais de bien faire.\"\nQue de fois les parents partent de ce principe faux qui consiste à augmenter les heures\nd'études pour suppléer à l'insuffisance de progrès ; ce qui entretient cette si déplorable erreur,\nc'est que cet excès de travail donne parfois une amélioration du mécanisme, amélioration que\nje qualifierai de trompeuse et qui ne sera jamais en rapport avec le temps dépensé.\nJe ne puis parler de la durée de l'étude sans citer un ouvrage, aujourd'hui peu connu,\nécrit par LEVACHER, basé sur l'anatomie de la main, élaboré sur les conseils du Docteur\nAUZIAS DE TURENNE, professeur à la faculté de médecine, annoté par CRUVEILHER, professeur\nd'anatomie pathologique à la faculté de médecine, ouvrage qui fut très recommandé par\nTHALBERG, De Vanatomie de la main considérée dans ses rapports avec l'exécution de la musique\ninstrumentale :\n\"Un pli dans la main de même que dans une étoffe se forme d'autant plus vite qu'il est\nplus marqué, il s'ensuit donc qu'on devra apprendre un morceau d'autant plus vite, qu'on\nindiquera davantage les plis de la main, en envoyant dans les doigts une plus grande somme\nde volonté. La durée du temps est en raison inverse de la somme de volonté dépensée. Les\nrésultats d'une étude de deux heures peuvent être égaux à ceux d'une étude de quatre. Si un\npassage d'un morceau exige, pour être exécuté nettement, deux heures d'études avec une\nsomme de volonté représentée par I, il n'exigera plus qu'une heure, avec une somme de\nvolonté représentée par II.\"\nIl ressort de tout ce qui précède que le progrès est proportionnel à l'effort, on peut dire :\nproportionel à la somme d'attention dépensée. Nous devons donc rechercher les moyens capables"}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.86", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2336, "texte": "d'augmenter et de prolonger l'attention. Les centres du cerveau étant occupés ailleurs, c'est\nen vain que les doigts enfoncent les touches ; l'impression est si faible, si légère, qu'elle ne\nlaisse pas de trace ou, si elle en laisse, elles sont bien minimes par rapport au nombre d'heures\nque 1 on aura consacrées à une étude ainsi faite ; non seulement le mécanisme progressera\ntrès lentement, mais la mémoire sera rebelle et ne s'assimilera que péniblement et incom-\nplètement les œuvres étudiées.\nNous en avons un exemple bien typique dans la facilité qu'ont généralement les\ndébutants pour retenu par cœur ce qu ils jouent ; cette mémoire très fréquemment semble\ns'atrophier au fur et à mesure des progrès réalisés.\nL'hypothèse, émise par GRASSET, de l'existence de deux ordres distincts de centres\npsychiques, les uns supei leurs, les auties inférieurs, vient à l'appui de ce que j'avance et\npermet de bien faire comprendre la nécessité absolue de dépenser une forte dose d'attention\ndurant l'étude.\nA chaque grande fonction nerveuse correspond un groupe différent de cellules nerveuses\nde neuromes, -un centre particulier dont la lésion entraîne le trouble de la fonction corres-\npondante ; à chaque fonction psychique correspond un centre spécial ; il y a des centres\ndifférents pour les fonctions psychiques supérieures, volontaires et conscientes, et pour les\nfonctions psychiques inférieures, automatiques et inconscientes.\nSuivant cette hypothèse de deux ordres distincts de centres psychiques, supérieurs et\ninférieurs, sans rien préjuger du siège de ces centres dans l'écorce cérébrale, Grasset a proposé\nle schéma ci-apres, qui n est d ailleurs qu un moyen commode de démonstration et d'en-\nseignement. Nous empruntons ce schéma à une très intéressante étude : Les idées médicales du\nPJ tfesseur Grasset, publiée par le 1)' Sicard de\nAccoucheurs.\n\"En O sont réunis tous les neurones psychiques supérieurs : centre de la personnalité\nconsciente, de la volonté, du contrôle, du Moi. Les centres psychiques inférieurs forment le\npolygone AVTEMK.\nEn A arrivent les diverses impressions auditives, en V les impressions visuelles, en T les\nimpressions tactiles. De E partent les expressions graphiques (écriture), de M les expressions\nverbales (langage parle), de K les expressions kinétiques (mouvements généraux)."}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.87", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 3931, "texte": "Il va sans dire que chacun de ces points représente une région et comprend des\nmultitudes de neurones. De plus, ces points ne sont pris que comme exemples et on conçoit\nqu'il y a beaucoup d'autres centres polygonaux (goût, odorat...)\nDonc, en O sont réunis les centres des actes psychiques volontaires et conscients ; dans\nle polygone, les centres des actes psychiques inconscients.\nA l'état normal, tous ces centres sont reliés entre eux par des fibres qui assurent leur\ncollaboration et leur synergie. Entre O et les centres moteurs du polygone, il y a non\nseulement les voies centrifuges qui permettent à O d'envoyer ses ordres à EMK, mais aussi\ndes voies centripètes qui donnent à O la conscience de ce qui se passe en EMK, même\nquand l'activité de EMK a été provoquée, non par O lui même, mais directement par les\nautres centres polygonaux AVT. Les actes qui se passent dans le polygone ne deviennent\nconscients que quand O les connaît.\"\nLe pianiste qui déchiffre de la musique la lit par une impression centripète V. Du\ncentre visuel V, les impressions, (si sa pensée est distraite du morceau qu'il déchiffre,) au lieu\nde pénétrer jusqu'à O centre psychique supérieur vont directement en E et en K et\nproduisent dans les bras, les mains et les doigts les mouvements correspondants nécessaires. Si\nles centres psychiques supérieurs O n'interviennent pas, le pianiste peut penser a tout autre\nchose qu'au morceau qu'il déchiffre et il n'y aura en ce cas ni etude sérieuse ni reellement\nproductive.\nQuand on commence à apprendre un instrument, on joue d abord avec tous ses centres\npsychiques vVOKk ; c'est une des principales raisons pour laquelle à ce stade de l'etude\nainsi que je l'ai dit précédemment l'élève retient très facilement ses morceaux par cœur,\nfaculté qui fréquemment s'atténue considérablement lorsqu ayant acquis une plus giande\nfacilité de lecture, de connaissance du clavier, l'élève s'habitue a jouer de plus en plus avec\nvVKk et dégage davantage le centre O qu'il peut finir par occuper a autre chose pendant\nqu'il joue ou déchiffre uniquement avec les centres polygonaux.\nCette faculté pourra quelquefois être utilisée. Dans un chapitre reserve a la mémoire\nmusicale chez les instrumentistes j'aurai occasion de parler des avantages que 1 on peut en tirer.\nPour que les progrès répondent au nombre d'heures que lon consacie a 1 etude il est\nabsolument indispensable de travailler consciemment et d'agir avec tous ses centres psychiques,\n0 compris, c'est la période d'assimilation, d'impression, d enregistrement. Tous les moyens\nde travail devront converger vers un but unique : augmenter la conscience ; dans 1 exécution au\ncontraire on pourra sans danger laisser agir seuls les centres polygonaux, 1 automatisme\npossédera la bonne empreinte, on aura créé des réflexes, O pourra s occuper ailleuis, 1 artiste\nne pensera plus les notes ni les mouvements, il se dégagera et reportera tous ses soins sur\nl'interprétation, la direction générale de l'œuvre à faire revivre, ses centres psychiques seront\nle chef d'orchestre et les centres polygonaux ultérieurement dressés referont ce qu a 1 aide de\nla pensée consciente ils auront déjà fait ; cet automatisme rend de precieux services a\nl'exécutant, c'est à lui qu'il peut jouer sans arrêt, sans être influence pai les bruits divers\nd'une salle de concerts qui malgré lui peuvent le distraire durant qu il joue, c est lui qui\nproduit cette mémoire tactile, musculaire, mémoire des doigts, des formes, des distances,\ndes intervalles.\nCette double fonction des centres polygonaux et psychiques devient telle chez les\ninstrumentistes entraînés que certains pianistes écoutant jouer un confrere suivent des yeux\nl'enfoncement des touches, éprouvant par la vision un renforcement de 1 impression auditive.\nC'est V centre visuel venant renforcer A centre auditif.\nLISZT, (dit Madame Jaëll, dans son très intéressant ouvrage, \" La musique et la"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.88", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3353, "texte": "Psychophysiologie;') pendant qu'il écrivait de la musique, posait parfois la main sur sa table d\ntravail dans le but d'établir réellement avec les doigts les intervalles des notes qu'il voula!\nécrire comme s il se les représentait ainsi sous forme de mouvements d'attaque. Pendant nu 1\nmaintenait les me mes intervalles, il semblait faire un effort d'attention pour les mieu*\nentendre, et paraissait ensuite approuver ou ne pas approuver les combinaisons musical*\nainsi scrutées. cs\nCe qui revient à dire que O demandait à K de lui envoyer une intensification de\n1 impression qu il conservait et dont il avait une mémoire d'impression venue de K et de A.\nn voit par ce qui précédé qu'il importe de rechercher les moyens susceptibles de\nmaintenir l attention. On obtiendra de cette manière, avec un minimum de travail l'in\ndépendance des doigts et des mains, la vélocité et la mémoire.\n\nL. E. Gratia.\n\nL'ORGANISTE MODERNE.\n\nDans un article paru récemment dans « Echo de Paris 1 le maître Saint-Saëns enga-\ngea* vivement les jeunes organistes catholiques à improviser, à donner libre cours à leur insni-\nration, en un mot a se lancer résolument dans l'imprévu.\n«t\\ /f_PiUC oi)s~n°us (a | église), disait-il ? Quelques morceaux de Sébastien Bach ou de\n« j/i'j ' rePetes à satiété ; morceaux fort beaux assurément, mais morceaux de concert\ndéplaces dans un Office catholique, avec lequel ils ne s'accordent point...\"\nans vouloir critiquer M. Saint-Saëns, qui de l'avis des maîtres actuels de l'orgue fut et\nest encore un merveilleux improvisateur, j'essaierai cependant de montrer, par un portrait\nrapide des organistes actuels que l'abus de l'improvisation et la recherche de la virtuosité à\ng ise nous mettent dans un état d'infériorité, par rapport aux organistes de certaines nations:\nla Belgique et 1 Allemagne notamment.\nJe crois que l'on peut dire avec assez de vraisemblance que nous avons aujourd'hui en\n.r rance deux Ecoles d orgue : les improvisateurs et les exécutants.\nLes premiers, pour la plupart elèves ou disciples de César Franck, improvisent constam-\nment, suivant en cela le conseil de leur maître pour qui l'orgue était uniquement un instrument\nd improvisation.\n* 6S aut.res' Proce^ant de la manière de Widor, le très érudit interprète de Bach et des\nMaîtres Anciens \" exécutent ' les morceaux de grande envergure tels que l'offertoire et la\nsortie de la messe et donnent libre cours à leur inspiration seulement dans les pièces de peu\nd importance : élévations, antiennes, versets de magnificat etc.\nQuelle est, de ces deux méthodes, la plus conforme à la fois, à l'art de l'organiste et à la\nliturgie catholique ?\nEtudions d'abord les improvisateurs. Us sont de deux sortes : ceux qui ont fait de fortes\nétudes musicales et ceux qui ignorent à peu près le contrepoint et la fugue : j'ai presque envie\nd ajouter : et 1 harmonie.\nA Ne croyez pas que ces derniers soient peu nombreux. Us sont légion, surtout parmi les\nmaîtres de chapelle. Ceux-ci, pour la plupart ignorent \" tout \" de l'orgue. Pianistes, quand ils\nne sont pas de vieux chantres (et l'on en trouve encore, même à Paris), ils manient l'orgue en\nle jeu lie, le doigté de substitution sont pour eux lettre morte. Leur pied gauche\npique de temps en temps quelque note de basse qu'il laisse traîner ensuite lamentablement,\n\n1 \" Echo de Paris \" du 8 janvier 1911,"}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.89", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 3795, "texte": "tandis que leur pied droit éternellement rivé à la pédale expressive communique à la malheu-\nreuse \" boîte\" des mouvements désordonnés qui font de l'orgue un gigantesque accordéon.\nVienne le moment de l'offertoire ; l'organiste est-il bon musicien, il improvisera quelque-\nfois intelligemment une pièce dans une forme bien déterminée, avec un plan logique et bien\nconçu. Cette improvisation préparée, réfléchie, voulue est intéressante, c'est une preuve de\nvolonté et d'activité cérébrale.\n\" Le bon Franck, me disait dernièrement mon maître Widor, se prenait à réfléchir, un\n\" doigt sur le front au moment de commencer l'offertoire. Pendant deux minutes, le silence\n\" planait solennel, mais comme l'offertoire ne durait que trois ou quatre minutes, à peine le\n\" Père Franck avait-il exposé son thème qu'il fallait s'arrêter et Widor ajoute : \" Je l'entendis\n\" un jour improviser tout à fait remarquablement : c'était à l'inauguration de l'orgue de la\n\" Trinité, il avait eu le temps de réfléchir et de préparer son improvisation\"\nMais combien d'organistes préparent leurs improvisations ?\nD'autre part, l'improvisateur, même savant, même doué, vous fatigue à la longue. D'abord\nil n'est pas toujours inspiré, il est plus ou moins bien disposé. Ensuite il a toujours le même\ncaractère, le même tempérament, la monotonie résulte de sa \" personnalité \" Si on le suit\npendant quelque temps, on remarque encore qu'il ne varie guère ses thèmes, pas plus que ses\n\"harmonies \", les mêmes formules reviennent constamment: il joue suivant l'habitude tech-\nnique des doigts, sa pensée et sa volonté sont nulles.\nAu contraire, jouez un dimanche un choral de X, le dimanche suivant un andante de Y,\nsoyez éclectique, l'auditeur s'intéressera, il écoutera avec attention, il s'initiera peu à peu au\nvrai style de l'orgue.\nJ\nIl y a encore un autre genre d'improvisateur. C'est celui qui ne sait rien. Il est incapable\nde jouer médiocrement un morceau \"écrit\". Aussi improvise-t-il. Sur quoi r Trop souvent\nhélas ! sur un motif d'opéra plus ou moins \" opérette \".\nIl remplit alors de joie et les braves vicaires somnolant dans leurs stalles et la foule peu\nrecueillie, qui se croyant au théâtre, chantonne en sourdine le motif favori.\nPour en finir avec les improvisateurs, je livre à la vindicte des vrais artistes certains musi-\nciens peu scrupuleux, qui ne possédant pas la virtuosité nécessaire à l'exécution de morceaux\nréputés difficiles, n'hésitent pas à prendre les thèmes de ces pièces, et à substituer aux dévelop-\npements des auteurs, des rengaines venues au bout de leur doigts.\nLes auditeurs compétents ne s'y trompent pas, mais les auditeurs compétents sont rares.\nCombien d'exemples je pourrais citer de ces odieux organistes, improvisateurs sans talent,\nexécutants éxécrables, vandales de la musique, qui ne craignent pas de mutiler, d'arranger, de\ndéranger plutôt à leur convenance les œuvres des maîtres ? Combien de fois ai-je entendu ainsi\ndénaturer la grande fus;ue en sol mineur de Bach, la superbe Toccata de Widor et le troisième\nchoral de Franck ?\nSi nous étudions maintenant les éxécutants, nous remarquerons qu'il il y a parmi eux de\nsimples virtuoses et quelques-uns, peu nombreux, qui sont de vrais artistes.\nLes virtuoses font de leur tribune une véritable salle de concert. On les voit entoures\nd une foule de u snobs \" parmi lesquels l'élément féminin domine, faire briller leur virtuosité\nde mains et de u pieds \". Ils ne jouent pas de chorals, pièces trop lentes et trop religieuses,\nmais ils exécutent des fugues de concert dans un mouvement exagère, avec une registration\nassourdissante. Pour eux, l'orgue est un instrument destiné uniquement a faire valoir leur\nmécanisme. La liturgie catholique : ils s'en moquent, ils l'ignorent. Offertoire, communion,"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.90", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3236, "texte": "versets, tout est matière à virtuosité. Ceux-là ne sont pas dignes du nom d'artistes, leur place\nn'est pas à l'église, mais à la salle du Trocadéro.\nOù trouverons-nous donc le véritable organiste, l'artiste religieux vraiment digne de ce\nnom ?\nCelui-là est rare. Il ne fait pas de réclame, il est modeste, il se cache. On ignore son\nnom, il est seul à sa tribune, il joue des pièces qu'on ne remarque pas car sa musique aide au\nrecueillement et à la prière, sa voix calme et reposante porte auprès de Dieu les vœux de la\nfoule.\nS'il improvise, c'est rarement, seulement lorsque les exigences de la liturgie l'y contrai-\ngnent. Mais il fait sa nourriture quotidienne des chorals de Bach, de Walther, de Knecht, de\nSchwenke, de Sorge, de Rinck, de Hesse, de ces vieux maîtres qui composaient leurs pièces en\npriant. Pieux interprète de ces antiques cantilènes, il ne dédaigne pas non plus les œuvres\nmodernes des Franck, des Boellmann, des Widor, des Gigout, des Saint-Saëns. Il ne recherche\npas le bruit ; son orgue n'est pas une fanfare aux cuivres éclatants, mais un quator à cordes à\nla sonorité onctueuse et presque divine.\n\nEugène Lesierre\nOrganiste de Saint-Jean-Saint-François.\n\nNotes Juridiques\nLA FÊTE CHEZ THÉRÈSE.\n\nLe maître de ballet est-il le collaborateur de l'écrivain et du musicien dans la composition\nd'un ballet. ? Telle est la très intéressante question que viennent de poser au Tribunal Madame\nStichel, maîtresse de ballet de l'opéra, d'une part, Madame Catulle Mendès et M. Hahn\nd'autre part, à propos de La Fête chez Thérèse.\nLa question vaut la peine d'être tranchée, car si la maîtresse de ballet est considérée\ncomme collaboratrice, elle jouit de tous les droits de l'auteur : son nom doit figurer dans le titre\nde 1 ouvrage imprimé et sur l'affiche annonçant la représentation ; son consentement est néces-\nsaire pour l'édition et l'exécution du ballet; elle a droit à une part égale à celle de ses coauteurs\ndans les bénéfices produits par l'exploitation de l'œuvre commune.\nDans son jugement du 10 février1, le tribunal civil de la Seine vient d'admettre cette\nsolution, consacrant Madame Stichel collaboratrice de M. Hahn et feu Catulle Mendès.\n\" Attendu, décide-t-il, que lorsqu'il s'agit d'un divertissement intercalé dans un opéra, le\nu maître ou la maîtresse de ballet ne sauraient prétendre à un droit effectif de collaboration ;\ni 6 que le sujet traité dans ce divertissement, d'ailleurs de courte durée, est en général des plus\n\" banal et parle aux yeux, en laissant l'esprit forcément indifférent ; qu'il ne comporte que\n\" rarement une idee nouvelle, et que le rôle du maître de ballet se réduit à employer pour\n\" régler le divertissement, la musique telle qu'elle est ;\nu Mais attendu que, lorsqu'il est question d'un ballet dit d'action, qui constitue par lui\n\" seul une piece, il exige les mêmes conditions, de clarté et d'intérêt que n'importe quel autre\nu genre de pièce ; qu'alors, les scènes mimées prennent au même titre que les scènes dansées,\nic une importance toute spéciale ; que, pour retenir l'attention des spectateurs, il faut, quels-\nu qu aient été les développements donnés par le librettiste à son scénario, que le maître de\n\n1 \" Gazette du Palais \" 16 février, 1911."}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.91", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2483, "texte": "« ballet, qui n'est plus un simple metteur en scène, \" s'ingénie à ce que le jeu des physionomies,.\n« les attitudes et les gestes des principaux sujets reproduisent la volonté, la répulsion, l'indiffé-\n\" rence, la révolte, la coquetterie, l'admiration, en un mot les diverses sensations par lesquels\n« doivent passer les personnages qu'ils représentent ;\n\" Attendu que pour donner à l'action un intérêt scénique qui ne saurait, quelle que soit\n«]a valeur de l'œuvre, résulter ni de la musique ni du livret, il est en outre indispensable que\nule maître de ballet tire du scénario des idées nouvelles, des situations originales, et qu'il\n« comprenne que, si pour les faire valoir il ne peut se laisser enserrer par la musique, il doit\n\" demander au compositeur quelques mesures de moins ou de plus, ou même l'amener à modi-\n« fier les rythmes de telle ou telle partie de sa partition ;\n\" Attendu que le travail du maître de ballet est des plus délicats puisque c'est lui qui,\n\"après avoir étudié le livret et la partition, ala charge de décrire, par tous les moyens possibles,\n\" tous les mouvements visibles par lesquels se manifestent les sentiments humains, de tirer le\n\"meilleur parti des motifs qui lui sont fournis, de régler, de façon à éviter des \"déjà vu\",\n\" les pas et les ensembles qui seront dansés et de s'entendre avec le compositeur pour le rema-\n\" niement de la musique, en raison du genre et du tempérament des chefs d'emploi qui, de par\n\" leur titularisation, doivent remplir les principaux rôles ; qu'il est donc permis de dire qu'un\n\" ballet d'action est une œuvre d'art dont le mérite revient en grande partie au chorégraphe.\"\nAinsi, le maître de ballet doit être considéré, en principe dans les \" ballets d'action \",\ncomme le collaborateur du librettiste et du compositeur. C'est aller un peu loin. Sans doute le\nmaître de ballet peut être et est souvent en réalité un collaborateur, mais il arrive aussi qu il\nn'est qu'un metteur en scène. Et alors il n'y a pas de raison pour lui accorder un privilège que\nl'on refuse au metteur en scène ordinaire ou au décorateur 1. Quoi qu'il en soit, la solution est\nintéressante tant par les considérations sur lesquelles elle s'appuie que par la contribution qu elle\napporte au chapitre de la collaboration 2.\n\nGeorges Baudin.\n\nIT. C. Seine 16 juillet, 188 i. La Loi, 17 Juillet, 1881.\n1 C. F. T. C. Seine, 29 mars, 1861. Pataille IS6I, page 288. T. C. Seine 12 février 1879. Le Droit,.\n14 février 1879."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c064", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c064", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 84, "image_fin": 88, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.21.2", "titre_corps": "ESSAI SUR L'ÉTUDE DU PIANO DURÉE DU TRAVAIL", "titre_sommaire": "ESSAI SUR L'ÉTUDE DU PIANO DURÉE DU TRAVAIL", "signature_source": "L. E. Gratia", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.84", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 1890, "texte": "ESSAI SUR L'ÉTUDE DU PIANO\nDURÉE DU TRAVAIL\n\nN est-il pas pénible de voir de jeunes enfants passer six, sept, huit heures, quelquefois\nplus, assis devant un clavier ? N'est-ce pas un excellent moyen pour étouffer précocement\ntout sentiment artistique, musical, toute intelligence chez ces petits, de les astreindre à une\nsi longue immobilité ; cet excès de travail digital, fait au dépens du développement général\néloigne de plus en plus les « exécutants \" de la vie normale. Non seulement étude\nexagéree se fait au détriment des connaissances générales que tout être humain doit acquérir\nmais par son excès étend l'ignorance du virtuose jusqu'au domaine musical.\nIl est nécessaire de se spécialiser ; mais l'exclusion totale de tout ce qui ne concerne pas\nla spécialisation est une exagération dangereuse. Il ne suffit pas de former des machines à\njouer, sans plus. Le mal vient d'une erreur grossière qui consiste à croire que les progrès\ndépendent du nombre d'heures consacrées à l'étude. Les maîtres ayant laissé des écrits \"sur\nétude instrumentale s accordent tous sur ce point, je me contenterai d'en citer quelques-uns\nparmi les plus autorises par leur expérience et leurs observations :\n\"La valeur du virtuose n'est pas en raison directe du nombre d'heures passées au piano,\nma,s bien dans e degré d'attention apporté à la tenue des mains, à l'observance des doigtés,\na I attaque du clavier. (H. HEBERT, Le sentiment musical chez F enfant.}\n\" Les progrès de l'élève dépendent plus du soin consciencieux apporté aux études que du\nnombre d heures passées au piano. La volonté et la réflexion donnent de meilleurs résultats\nque de longues heures employées sans discernement... il faut concentrer toute son attention,\ns observer, s écouter pour éviter les défauts que la force de la routine rend plus tard si difficile\na corriger. (MARMONTEL, Conseils d'un Professeur.)"}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.85", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3727, "texte": "\" On peut agir sans travailler.\" (CONDILLAC.)\n•' La correction de mon mécanisme est la conséquence de ma manière de travailler et\nnon du temps pendant lequel je travaille.\" (G. DEMERY,\n\" Les lois physiologiques condamnent toute étude trop prolongée ; les lois de l'esthétique\nmusicale la condamnent de même. Pour l'enseignement de la musique, la fonction\norganique a la propriété des toxiques ; elle est médicamenteuse à faible dose ; à forte dose elle\nest destructive.\" (MARIE JAELL, La musique et la\nCe n'est donc pas la quantité du travail qu'il faut, mais bien sa qualité.\nSavoir travailler utilement, permet de diminuer considérablement le temps passé à l'étude.\nLe but a poursuivre n'est-il pas de réaliser un maximum de progrès avec un minimum de travail ?\nIl importe, avant toute autre chose, de dépenser une forte somme d\"* attention, par\nconséquent, de connaître les moyens suceptibles de lui donner toute sa force et de là pouvoir\nconserver le plus longtemps possible.\nC'est principalement chez les enfants que l'attention est de courte durée, on ne peut\nrien prétendre faire assimiler d'utile à un cerveau vagabond. Plus l'enfant sera jeune plus les\nleçons devront être courtes. Elles pourront se répéter plusieurs fois par jour, étant séparées par\ndes repos et par d'autres études. Vouloir les prolonger quand les doigts seuls sont en action,\nc'est les faire agir en pure perte. Dès que les centres psychiques cessent d'être en activité, que\nseuls les centres polygonaux travaillent il est nuisible de jouer ; non seulement le temps se\nperd sans profit, mais on contracte des habitudes mauvaises qui seront très difficiles à déraciner.\nJe me permettrai de citer encore HEBERT qui écrit fort justement : \" Le travail qui n'est\nplus soumis à l'attention devient improductif, inutile, dangereux, pour la santé comme\npour le piano.\n\" Jeu réfléchi = Progrès.\n\" Jeu machinal = Recul, déformation.\n\" Les bonnes habitudes étant moins difficiles à contracter que les mauvaises à éviter,\nil importe non de faire beaucoup, mais de bien faire.\"\nQue de fois les parents partent de ce principe faux qui consiste à augmenter les heures\nd'études pour suppléer à l'insuffisance de progrès ; ce qui entretient cette si déplorable erreur,\nc'est que cet excès de travail donne parfois une amélioration du mécanisme, amélioration que\nje qualifierai de trompeuse et qui ne sera jamais en rapport avec le temps dépensé.\nJe ne puis parler de la durée de l'étude sans citer un ouvrage, aujourd'hui peu connu,\nécrit par LEVACHER, basé sur l'anatomie de la main, élaboré sur les conseils du Docteur\nAUZIAS DE TURENNE, professeur à la faculté de médecine, annoté par CRUVEILHER, professeur\nd'anatomie pathologique à la faculté de médecine, ouvrage qui fut très recommandé par\nTHALBERG, De Vanatomie de la main considérée dans ses rapports avec l'exécution de la musique\ninstrumentale :\n\"Un pli dans la main de même que dans une étoffe se forme d'autant plus vite qu'il est\nplus marqué, il s'ensuit donc qu'on devra apprendre un morceau d'autant plus vite, qu'on\nindiquera davantage les plis de la main, en envoyant dans les doigts une plus grande somme\nde volonté. La durée du temps est en raison inverse de la somme de volonté dépensée. Les\nrésultats d'une étude de deux heures peuvent être égaux à ceux d'une étude de quatre. Si un\npassage d'un morceau exige, pour être exécuté nettement, deux heures d'études avec une\nsomme de volonté représentée par I, il n'exigera plus qu'une heure, avec une somme de\nvolonté représentée par II.\"\nIl ressort de tout ce qui précède que le progrès est proportionnel à l'effort, on peut dire :\nproportionel à la somme d'attention dépensée. Nous devons donc rechercher les moyens capables"}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.86", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2336, "texte": "d'augmenter et de prolonger l'attention. Les centres du cerveau étant occupés ailleurs, c'est\nen vain que les doigts enfoncent les touches ; l'impression est si faible, si légère, qu'elle ne\nlaisse pas de trace ou, si elle en laisse, elles sont bien minimes par rapport au nombre d'heures\nque 1 on aura consacrées à une étude ainsi faite ; non seulement le mécanisme progressera\ntrès lentement, mais la mémoire sera rebelle et ne s'assimilera que péniblement et incom-\nplètement les œuvres étudiées.\nNous en avons un exemple bien typique dans la facilité qu'ont généralement les\ndébutants pour retenu par cœur ce qu ils jouent ; cette mémoire très fréquemment semble\ns'atrophier au fur et à mesure des progrès réalisés.\nL'hypothèse, émise par GRASSET, de l'existence de deux ordres distincts de centres\npsychiques, les uns supei leurs, les auties inférieurs, vient à l'appui de ce que j'avance et\npermet de bien faire comprendre la nécessité absolue de dépenser une forte dose d'attention\ndurant l'étude.\nA chaque grande fonction nerveuse correspond un groupe différent de cellules nerveuses\nde neuromes, -un centre particulier dont la lésion entraîne le trouble de la fonction corres-\npondante ; à chaque fonction psychique correspond un centre spécial ; il y a des centres\ndifférents pour les fonctions psychiques supérieures, volontaires et conscientes, et pour les\nfonctions psychiques inférieures, automatiques et inconscientes.\nSuivant cette hypothèse de deux ordres distincts de centres psychiques, supérieurs et\ninférieurs, sans rien préjuger du siège de ces centres dans l'écorce cérébrale, Grasset a proposé\nle schéma ci-apres, qui n est d ailleurs qu un moyen commode de démonstration et d'en-\nseignement. Nous empruntons ce schéma à une très intéressante étude : Les idées médicales du\nPJ tfesseur Grasset, publiée par le 1)' Sicard de\nAccoucheurs.\n\"En O sont réunis tous les neurones psychiques supérieurs : centre de la personnalité\nconsciente, de la volonté, du contrôle, du Moi. Les centres psychiques inférieurs forment le\npolygone AVTEMK.\nEn A arrivent les diverses impressions auditives, en V les impressions visuelles, en T les\nimpressions tactiles. De E partent les expressions graphiques (écriture), de M les expressions\nverbales (langage parle), de K les expressions kinétiques (mouvements généraux)."}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.87", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 3931, "texte": "Il va sans dire que chacun de ces points représente une région et comprend des\nmultitudes de neurones. De plus, ces points ne sont pris que comme exemples et on conçoit\nqu'il y a beaucoup d'autres centres polygonaux (goût, odorat...)\nDonc, en O sont réunis les centres des actes psychiques volontaires et conscients ; dans\nle polygone, les centres des actes psychiques inconscients.\nA l'état normal, tous ces centres sont reliés entre eux par des fibres qui assurent leur\ncollaboration et leur synergie. Entre O et les centres moteurs du polygone, il y a non\nseulement les voies centrifuges qui permettent à O d'envoyer ses ordres à EMK, mais aussi\ndes voies centripètes qui donnent à O la conscience de ce qui se passe en EMK, même\nquand l'activité de EMK a été provoquée, non par O lui même, mais directement par les\nautres centres polygonaux AVT. Les actes qui se passent dans le polygone ne deviennent\nconscients que quand O les connaît.\"\nLe pianiste qui déchiffre de la musique la lit par une impression centripète V. Du\ncentre visuel V, les impressions, (si sa pensée est distraite du morceau qu'il déchiffre,) au lieu\nde pénétrer jusqu'à O centre psychique supérieur vont directement en E et en K et\nproduisent dans les bras, les mains et les doigts les mouvements correspondants nécessaires. Si\nles centres psychiques supérieurs O n'interviennent pas, le pianiste peut penser a tout autre\nchose qu'au morceau qu'il déchiffre et il n'y aura en ce cas ni etude sérieuse ni reellement\nproductive.\nQuand on commence à apprendre un instrument, on joue d abord avec tous ses centres\npsychiques vVOKk ; c'est une des principales raisons pour laquelle à ce stade de l'etude\nainsi que je l'ai dit précédemment l'élève retient très facilement ses morceaux par cœur,\nfaculté qui fréquemment s'atténue considérablement lorsqu ayant acquis une plus giande\nfacilité de lecture, de connaissance du clavier, l'élève s'habitue a jouer de plus en plus avec\nvVKk et dégage davantage le centre O qu'il peut finir par occuper a autre chose pendant\nqu'il joue ou déchiffre uniquement avec les centres polygonaux.\nCette faculté pourra quelquefois être utilisée. Dans un chapitre reserve a la mémoire\nmusicale chez les instrumentistes j'aurai occasion de parler des avantages que 1 on peut en tirer.\nPour que les progrès répondent au nombre d'heures que lon consacie a 1 etude il est\nabsolument indispensable de travailler consciemment et d'agir avec tous ses centres psychiques,\n0 compris, c'est la période d'assimilation, d'impression, d enregistrement. Tous les moyens\nde travail devront converger vers un but unique : augmenter la conscience ; dans 1 exécution au\ncontraire on pourra sans danger laisser agir seuls les centres polygonaux, 1 automatisme\npossédera la bonne empreinte, on aura créé des réflexes, O pourra s occuper ailleuis, 1 artiste\nne pensera plus les notes ni les mouvements, il se dégagera et reportera tous ses soins sur\nl'interprétation, la direction générale de l'œuvre à faire revivre, ses centres psychiques seront\nle chef d'orchestre et les centres polygonaux ultérieurement dressés referont ce qu a 1 aide de\nla pensée consciente ils auront déjà fait ; cet automatisme rend de precieux services a\nl'exécutant, c'est à lui qu'il peut jouer sans arrêt, sans être influence pai les bruits divers\nd'une salle de concerts qui malgré lui peuvent le distraire durant qu il joue, c est lui qui\nproduit cette mémoire tactile, musculaire, mémoire des doigts, des formes, des distances,\ndes intervalles.\nCette double fonction des centres polygonaux et psychiques devient telle chez les\ninstrumentistes entraînés que certains pianistes écoutant jouer un confrere suivent des yeux\nl'enfoncement des touches, éprouvant par la vision un renforcement de 1 impression auditive.\nC'est V centre visuel venant renforcer A centre auditif.\nLISZT, (dit Madame Jaëll, dans son très intéressant ouvrage, \" La musique et la"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.88", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 912, "texte": "Psychophysiologie;') pendant qu'il écrivait de la musique, posait parfois la main sur sa table d\ntravail dans le but d'établir réellement avec les doigts les intervalles des notes qu'il voula!\nécrire comme s il se les représentait ainsi sous forme de mouvements d'attaque. Pendant nu 1\nmaintenait les me mes intervalles, il semblait faire un effort d'attention pour les mieu*\nentendre, et paraissait ensuite approuver ou ne pas approuver les combinaisons musical*\nainsi scrutées. cs\nCe qui revient à dire que O demandait à K de lui envoyer une intensification de\n1 impression qu il conservait et dont il avait une mémoire d'impression venue de K et de A.\nn voit par ce qui précédé qu'il importe de rechercher les moyens susceptibles de\nmaintenir l attention. On obtiendra de cette manière, avec un minimum de travail l'in\ndépendance des doigts et des mains, la vélocité et la mémoire.\n\nL. E. Gratia."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c065", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c065", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 86, "image_fin": 86, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.21.2.1", "titre_corps": "Schéma du centre O et du polygone AVTEMK: O, centre psychique supérieur; de la personnalité consciente, de la volonté, du contrôle, du Moi; A, centre auditif; V, centre visuel; T, centre tactile, sensibilité générale; E, centre de l'écriture; M, centre de la parole; K, centre kinétique, mouvements généraux.", "titre_sommaire": "Schéma du centre O et du polygone AVTEMK: O, centre psychique supérieur; de la personnalité consciente, de la volonté, du contrôle, du Moi; A, centre auditif; V, centre visuel; T, centre tactile, sensibilité générale; E, centre de l'écriture; M, centre de la parole; K, centre kinétique, mouvements généraux.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.86", "debut_caractere": 2338, "fin_caractere_exclue": 2650, "texte": "Schéma du centre O et du poly-\ngone AVTEMK:\nO, centre psychique supérieur;\nde la personnalité consciente, de\nla volonté, du contrôle, du Moi;\nA, centre auditif; V, centre visuel;\nT, centre tactile, sensibilité géné-\nrale; E, centre de l'écriture; M,\ncentre de la parole; K, centre\nkinétique, mouvements généraux."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c066", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c066", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 88, "image_fin": 90, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.21.3", "titre_corps": "L'ORGANISTE MODERNE.", "titre_sommaire": "L'ORGANISTE MODERNE.", "signature_source": "Eugène Lesierre ; Organiste de Saint-Jean-Saint-François", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.88", "debut_caractere": 914, "fin_caractere_exclue": 3353, "texte": "L'ORGANISTE MODERNE.\n\nDans un article paru récemment dans « Echo de Paris 1 le maître Saint-Saëns enga-\ngea* vivement les jeunes organistes catholiques à improviser, à donner libre cours à leur insni-\nration, en un mot a se lancer résolument dans l'imprévu.\n«t\\ /f_PiUC oi)s~n°us (a | église), disait-il ? Quelques morceaux de Sébastien Bach ou de\n« j/i'j ' rePetes à satiété ; morceaux fort beaux assurément, mais morceaux de concert\ndéplaces dans un Office catholique, avec lequel ils ne s'accordent point...\"\nans vouloir critiquer M. Saint-Saëns, qui de l'avis des maîtres actuels de l'orgue fut et\nest encore un merveilleux improvisateur, j'essaierai cependant de montrer, par un portrait\nrapide des organistes actuels que l'abus de l'improvisation et la recherche de la virtuosité à\ng ise nous mettent dans un état d'infériorité, par rapport aux organistes de certaines nations:\nla Belgique et 1 Allemagne notamment.\nJe crois que l'on peut dire avec assez de vraisemblance que nous avons aujourd'hui en\n.r rance deux Ecoles d orgue : les improvisateurs et les exécutants.\nLes premiers, pour la plupart elèves ou disciples de César Franck, improvisent constam-\nment, suivant en cela le conseil de leur maître pour qui l'orgue était uniquement un instrument\nd improvisation.\n* 6S aut.res' Proce^ant de la manière de Widor, le très érudit interprète de Bach et des\nMaîtres Anciens \" exécutent ' les morceaux de grande envergure tels que l'offertoire et la\nsortie de la messe et donnent libre cours à leur inspiration seulement dans les pièces de peu\nd importance : élévations, antiennes, versets de magnificat etc.\nQuelle est, de ces deux méthodes, la plus conforme à la fois, à l'art de l'organiste et à la\nliturgie catholique ?\nEtudions d'abord les improvisateurs. Us sont de deux sortes : ceux qui ont fait de fortes\nétudes musicales et ceux qui ignorent à peu près le contrepoint et la fugue : j'ai presque envie\nd ajouter : et 1 harmonie.\nA Ne croyez pas que ces derniers soient peu nombreux. Us sont légion, surtout parmi les\nmaîtres de chapelle. Ceux-ci, pour la plupart ignorent \" tout \" de l'orgue. Pianistes, quand ils\nne sont pas de vieux chantres (et l'on en trouve encore, même à Paris), ils manient l'orgue en\nle jeu lie, le doigté de substitution sont pour eux lettre morte. Leur pied gauche\npique de temps en temps quelque note de basse qu'il laisse traîner ensuite lamentablement,\n\n1 \" Echo de Paris \" du 8 janvier 1911,"}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.89", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 3795, "texte": "tandis que leur pied droit éternellement rivé à la pédale expressive communique à la malheu-\nreuse \" boîte\" des mouvements désordonnés qui font de l'orgue un gigantesque accordéon.\nVienne le moment de l'offertoire ; l'organiste est-il bon musicien, il improvisera quelque-\nfois intelligemment une pièce dans une forme bien déterminée, avec un plan logique et bien\nconçu. Cette improvisation préparée, réfléchie, voulue est intéressante, c'est une preuve de\nvolonté et d'activité cérébrale.\n\" Le bon Franck, me disait dernièrement mon maître Widor, se prenait à réfléchir, un\n\" doigt sur le front au moment de commencer l'offertoire. Pendant deux minutes, le silence\n\" planait solennel, mais comme l'offertoire ne durait que trois ou quatre minutes, à peine le\n\" Père Franck avait-il exposé son thème qu'il fallait s'arrêter et Widor ajoute : \" Je l'entendis\n\" un jour improviser tout à fait remarquablement : c'était à l'inauguration de l'orgue de la\n\" Trinité, il avait eu le temps de réfléchir et de préparer son improvisation\"\nMais combien d'organistes préparent leurs improvisations ?\nD'autre part, l'improvisateur, même savant, même doué, vous fatigue à la longue. D'abord\nil n'est pas toujours inspiré, il est plus ou moins bien disposé. Ensuite il a toujours le même\ncaractère, le même tempérament, la monotonie résulte de sa \" personnalité \" Si on le suit\npendant quelque temps, on remarque encore qu'il ne varie guère ses thèmes, pas plus que ses\n\"harmonies \", les mêmes formules reviennent constamment: il joue suivant l'habitude tech-\nnique des doigts, sa pensée et sa volonté sont nulles.\nAu contraire, jouez un dimanche un choral de X, le dimanche suivant un andante de Y,\nsoyez éclectique, l'auditeur s'intéressera, il écoutera avec attention, il s'initiera peu à peu au\nvrai style de l'orgue.\nJ\nIl y a encore un autre genre d'improvisateur. C'est celui qui ne sait rien. Il est incapable\nde jouer médiocrement un morceau \"écrit\". Aussi improvise-t-il. Sur quoi r Trop souvent\nhélas ! sur un motif d'opéra plus ou moins \" opérette \".\nIl remplit alors de joie et les braves vicaires somnolant dans leurs stalles et la foule peu\nrecueillie, qui se croyant au théâtre, chantonne en sourdine le motif favori.\nPour en finir avec les improvisateurs, je livre à la vindicte des vrais artistes certains musi-\nciens peu scrupuleux, qui ne possédant pas la virtuosité nécessaire à l'exécution de morceaux\nréputés difficiles, n'hésitent pas à prendre les thèmes de ces pièces, et à substituer aux dévelop-\npements des auteurs, des rengaines venues au bout de leur doigts.\nLes auditeurs compétents ne s'y trompent pas, mais les auditeurs compétents sont rares.\nCombien d'exemples je pourrais citer de ces odieux organistes, improvisateurs sans talent,\nexécutants éxécrables, vandales de la musique, qui ne craignent pas de mutiler, d'arranger, de\ndéranger plutôt à leur convenance les œuvres des maîtres ? Combien de fois ai-je entendu ainsi\ndénaturer la grande fus;ue en sol mineur de Bach, la superbe Toccata de Widor et le troisième\nchoral de Franck ?\nSi nous étudions maintenant les éxécutants, nous remarquerons qu'il il y a parmi eux de\nsimples virtuoses et quelques-uns, peu nombreux, qui sont de vrais artistes.\nLes virtuoses font de leur tribune une véritable salle de concert. On les voit entoures\nd une foule de u snobs \" parmi lesquels l'élément féminin domine, faire briller leur virtuosité\nde mains et de u pieds \". Ils ne jouent pas de chorals, pièces trop lentes et trop religieuses,\nmais ils exécutent des fugues de concert dans un mouvement exagère, avec une registration\nassourdissante. Pour eux, l'orgue est un instrument destiné uniquement a faire valoir leur\nmécanisme. La liturgie catholique : ils s'en moquent, ils l'ignorent. Offertoire, communion,"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.90", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1196, "texte": "versets, tout est matière à virtuosité. Ceux-là ne sont pas dignes du nom d'artistes, leur place\nn'est pas à l'église, mais à la salle du Trocadéro.\nOù trouverons-nous donc le véritable organiste, l'artiste religieux vraiment digne de ce\nnom ?\nCelui-là est rare. Il ne fait pas de réclame, il est modeste, il se cache. On ignore son\nnom, il est seul à sa tribune, il joue des pièces qu'on ne remarque pas car sa musique aide au\nrecueillement et à la prière, sa voix calme et reposante porte auprès de Dieu les vœux de la\nfoule.\nS'il improvise, c'est rarement, seulement lorsque les exigences de la liturgie l'y contrai-\ngnent. Mais il fait sa nourriture quotidienne des chorals de Bach, de Walther, de Knecht, de\nSchwenke, de Sorge, de Rinck, de Hesse, de ces vieux maîtres qui composaient leurs pièces en\npriant. Pieux interprète de ces antiques cantilènes, il ne dédaigne pas non plus les œuvres\nmodernes des Franck, des Boellmann, des Widor, des Gigout, des Saint-Saëns. Il ne recherche\npas le bruit ; son orgue n'est pas une fanfare aux cuivres éclatants, mais un quator à cordes à\nla sonorité onctueuse et presque divine.\n\nEugène Lesierre\nOrganiste de Saint-Jean-Saint-François."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c067", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c067", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 90, "image_fin": 91, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.21.4", "titre_corps": "Notes Juridiques", "titre_sommaire": "Notes Juridiques", "signature_source": "Georges Baudin", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.90", "debut_caractere": 1198, "fin_caractere_exclue": 3236, "texte": "Notes Juridiques\nLA FÊTE CHEZ THÉRÈSE.\n\nLe maître de ballet est-il le collaborateur de l'écrivain et du musicien dans la composition\nd'un ballet. ? Telle est la très intéressante question que viennent de poser au Tribunal Madame\nStichel, maîtresse de ballet de l'opéra, d'une part, Madame Catulle Mendès et M. Hahn\nd'autre part, à propos de La Fête chez Thérèse.\nLa question vaut la peine d'être tranchée, car si la maîtresse de ballet est considérée\ncomme collaboratrice, elle jouit de tous les droits de l'auteur : son nom doit figurer dans le titre\nde 1 ouvrage imprimé et sur l'affiche annonçant la représentation ; son consentement est néces-\nsaire pour l'édition et l'exécution du ballet; elle a droit à une part égale à celle de ses coauteurs\ndans les bénéfices produits par l'exploitation de l'œuvre commune.\nDans son jugement du 10 février1, le tribunal civil de la Seine vient d'admettre cette\nsolution, consacrant Madame Stichel collaboratrice de M. Hahn et feu Catulle Mendès.\n\" Attendu, décide-t-il, que lorsqu'il s'agit d'un divertissement intercalé dans un opéra, le\nu maître ou la maîtresse de ballet ne sauraient prétendre à un droit effectif de collaboration ;\ni 6 que le sujet traité dans ce divertissement, d'ailleurs de courte durée, est en général des plus\n\" banal et parle aux yeux, en laissant l'esprit forcément indifférent ; qu'il ne comporte que\n\" rarement une idee nouvelle, et que le rôle du maître de ballet se réduit à employer pour\n\" régler le divertissement, la musique telle qu'elle est ;\nu Mais attendu que, lorsqu'il est question d'un ballet dit d'action, qui constitue par lui\n\" seul une piece, il exige les mêmes conditions, de clarté et d'intérêt que n'importe quel autre\nu genre de pièce ; qu'alors, les scènes mimées prennent au même titre que les scènes dansées,\nic une importance toute spéciale ; que, pour retenir l'attention des spectateurs, il faut, quels-\nu qu aient été les développements donnés par le librettiste à son scénario, que le maître de\n\n1 \" Gazette du Palais \" 16 février, 1911."}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.91", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2483, "texte": "« ballet, qui n'est plus un simple metteur en scène, \" s'ingénie à ce que le jeu des physionomies,.\n« les attitudes et les gestes des principaux sujets reproduisent la volonté, la répulsion, l'indiffé-\n\" rence, la révolte, la coquetterie, l'admiration, en un mot les diverses sensations par lesquels\n« doivent passer les personnages qu'ils représentent ;\n\" Attendu que pour donner à l'action un intérêt scénique qui ne saurait, quelle que soit\n«]a valeur de l'œuvre, résulter ni de la musique ni du livret, il est en outre indispensable que\nule maître de ballet tire du scénario des idées nouvelles, des situations originales, et qu'il\n« comprenne que, si pour les faire valoir il ne peut se laisser enserrer par la musique, il doit\n\" demander au compositeur quelques mesures de moins ou de plus, ou même l'amener à modi-\n« fier les rythmes de telle ou telle partie de sa partition ;\n\" Attendu que le travail du maître de ballet est des plus délicats puisque c'est lui qui,\n\"après avoir étudié le livret et la partition, ala charge de décrire, par tous les moyens possibles,\n\" tous les mouvements visibles par lesquels se manifestent les sentiments humains, de tirer le\n\"meilleur parti des motifs qui lui sont fournis, de régler, de façon à éviter des \"déjà vu\",\n\" les pas et les ensembles qui seront dansés et de s'entendre avec le compositeur pour le rema-\n\" niement de la musique, en raison du genre et du tempérament des chefs d'emploi qui, de par\n\" leur titularisation, doivent remplir les principaux rôles ; qu'il est donc permis de dire qu'un\n\" ballet d'action est une œuvre d'art dont le mérite revient en grande partie au chorégraphe.\"\nAinsi, le maître de ballet doit être considéré, en principe dans les \" ballets d'action \",\ncomme le collaborateur du librettiste et du compositeur. C'est aller un peu loin. Sans doute le\nmaître de ballet peut être et est souvent en réalité un collaborateur, mais il arrive aussi qu il\nn'est qu'un metteur en scène. Et alors il n'y a pas de raison pour lui accorder un privilège que\nl'on refuse au metteur en scène ordinaire ou au décorateur 1. Quoi qu'il en soit, la solution est\nintéressante tant par les considérations sur lesquelles elle s'appuie que par la contribution qu elle\napporte au chapitre de la collaboration 2.\n\nGeorges Baudin.\n\nIT. C. Seine 16 juillet, 188 i. La Loi, 17 Juillet, 1881.\n1 C. F. T. C. Seine, 29 mars, 1861. Pataille IS6I, page 288. T. C. Seine 12 février 1879. Le Droit,.\n14 février 1879."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c069", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c069", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 98, "image_fin": 99, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.22", "titre_corps": "A Travers les Revues", "titre_sommaire": "A Travers les Revues", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.98", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3218, "texte": "A Travers les Revues\nLA MUSIQUE DE CHAMBRE EN ALLEMAGNE. Dans Y Art Modem,\n(8-29 janvier), résumé clair et complet, sous forme d'une conférence, par G. Siptermans.\nEST-IL PERMIS DE «SIMPLIFIER\" CE QU'UN COMPOSITEUR ÉCRIT?\nOui, dans certains cas, répond La Revue Musicale de Lyon (29 Janvier). Il s'agissait en l'espèce\nde la Sonate pour piano et violon de M. Witkowski. Melle Selva, nous est-il dit, schématisa une\nœuvre très et peut-être trop complexe ; elle en dessina largement à grands traits les lignes\nessentielles en noyant dans l'ombre d'un indistinct trémolo un accompagnement qui se recom-\nmande par une recherche excessive d'écriture et par la surcharge perpétuelle de dessins com-\npliqués et presque injouables, donnant ainsi \" une leçon opportune et utile\nCependant, la Revue Musicale de Lyon constate que : Cette simplification si intelligente\net si légitime a surpris certains amateurs pervertis par un fâcheux byzantinisme, et l'un de\nceux-ci, qui avait essayé de suivre l'exécution sur la partition, demandait sérieusement à la\nsortie s'il serait possible de se procurer une copie de la transcription qu'avait jouée Melle Selva.\nFaut-il croire cela paraît être la morale de l'article qu'on ne peut-être fidèle à\n1' \" esprit \" d'une musique qu'en sacrifiant plus ou moins la \" lettre \" ? Si cela est vrai com-\nbien de nos compositeurs ne seraient-ils pas de grands coupables, ou de grands maladroits ? En\ntous cas, prévenus, ils n'ont qu'à bien se tenir.\nDe même (il est curieux de remarquer comme il y a des idées, des thèses qui sont en\n1 air) le Times dans un article intitulé De la valeur de /'lndistinct, conclut :\n\" Une composition, tout comme un tableau, n'est point sur un seul plan : à l'une comme\na l'autre, il faut une perspective. Et en musique, la perspective c'est que certaines parties en\nsoient relativement inaudibles... Une exécution n'est point un inventaire de notes... \"\nCOMPARAISONS. Du Times,ce parallèle entre de Strauss et\nMèlisande :\n\" Il est incontestable que l'œuvre française (qu'elle soit ou non fidèle à l'esprit de\nMaeterlinck) montre une autorité, une certitude du traitement musical, une rectitude artisti-\nque à quoi l'œuvre allemande ne saurait prétendre. Aucun détail de la musique de Debussy\nne montre 1 hésitation : le plus infime effet est médité, réalisé de propos délibéré. On peut le\nprendre ou le laisser de côté, mais on ne saurait rien y changer sans être forcé de tout refaire\ndepuis le commencement. Tel ou tel détail de la partition de Strauss pourrait être supprimé\nou change sans inconvénient grave. Mais, de la conception d'ensemble jusqu'au moindre\ndétail, il y a chez M. Debussy une conscience, un bonheur de réalisation qui ont pour résul-\ntat que Pellèas en son genre est une œuvre d'art complète et parfaite.\nLE NATIONALISME ET CHOPIN. Dans son discours de Lemberg, M. Pa-\nderewsky ayant parlé de Chopin comme d'un pur polonais, M. A de Bertha, dans la\nMusicale (Janvier) rétablit la vérité comme il y avait lieu de le faire en l'espèce, en rappelant\nl'origine loraine du père de Chopin et insistant sur le fait qu'en étudiant la vie et l'œuvre du\nmaître, il est impossible de faire abstraction de la part d'influences françaises qu'il a subies."}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.99", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2806, "texte": "LE CHANT DES OISEAUX. Sur ce sujet comme sur les intonations des cris\nd'animaux en général, étude fort documentée et détaillée de M. E. von Hornbostel dans notre\nBulletin mensuel International de Février. Le problème qui y est abordé semble, dans l'état actuel\ndes choses, intéresser plutôt les sciences naturelles que la science musicale; mais sait-on jamais ?\nMOUSSORGSKY EN RUSSIE. Dans le I0me n° de Mouzyka (Moscou)\nM. Derjanowsky, à l'occasion du vingt-cinquième anniversaire de la première représentation de\nKhovanchtchina, proteste contre l'indifférence presque générale que l'on continue de témoigner\nà Moussorgsky dans sa patrie.\nLes nos 7etB de cette intéressante revue contiennent des extraits de la correspondance\nRimsky-Korsakow avec Stassow, qui sont très importants pour l'histoire de l'opéra Sadko.\nSCRIABINE ET MEDTNER. Le Guide du Concert, excellente publication qui\ndonne hebdomadairement des renseignements neufs et précieux sur les divers programmes du\nmoment, publie (nos 20 et suivants) une étude enthousiaste de M. Alfred Swann sur ces deux\ncompositeurs. Et cet article d'un critique anglais vient donner une nouvelle preuve des diver-\ngences qui existent, selon les pays entre amateurs de musique russe : problème qui mériterait\nbien au surplus de tenter la sagacité des exégètes des \" nationalismes musicaux \".\nDANS CINQUANTE ANS. La revue musicale russe (Janvier et Février) contient,\nsous ce titre, un curieux article du curieux esprit qu'est le compositeur Wladimir Rébikow.\nH ANS VON BULOW. Le considérable article que M. Karl Heckel, dans la\nNeue Zeitschr'ift fur CMusik (Février) consacré à cet artiste, porte comme sous-titre \"La\ntragédie d'un musicien de l'avenir, étude psychologique \" et comme épigraphe \" la lame a\nusé le fourreau. On en comprend dès lors la tendance, et c'est avec la plus vive sympathie\nqu'on lira ces pages où la remarquable, vivante et- forte figure de Biilow est évoquée de la\nmanière la plus convaincante.\nDON FERNANDO DE LAS INFANTAS. Avec le numéro de Janvier de la\nRèvista {Musical (Bilbao) s'achève la biographie critique de ce maître espagnol peu connu du\nXVIme siècle, que nous vaut l'érudition patiente de M. Rafaël Mitjana. \" Théologien véhé-\nment et hétérodoxe, tenace défenseur des traditions grégoriennes, compositeur génial et\nd'inspiration ardente et haute \", Fernando de las Infantas se montre encore, nous dit M. Mit-\njana, un théoricien de mérite peu commun, dont l'ouvrage Plura modulationum généra vulgo\nquae contrapuncta appellantur(Venise, 1579) a une grande valeur en dépit de la tendance qu'on\ny remarque à vouloir asservir l'inspiration aux procédés scolastiques. Novateur par certains\ncôtés, Fernando de las Infantas fut un de ceux qui provoquèrent la. décadence de l'art de la\npolyphonie vocale."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c070", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c070", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 100, "image_fin": 101, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.23", "titre_corps": "L'Édition Musicale", "titre_sommaire": "L'Édition Musicale", "signature_source": "V. 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Ici une remarqué\ns'impose ; le propre d'une réduction pour piano est, d'habitude, de pouvoir être jouée\nnormalement et non pas de commencer à trois mains, de continuer à 4, le tout de façon\ninexécutable, avec adjonctions soudaines de harpes, clarinettes, etc. Et puis, sans être possédé\nde la manie des analogies, on pourra trouver que certain solo, confié dans la partition originale\nau Cor anglais, rappelle un peu trop le Troisième Acte de Tristan : certaines coïncidences\nfrisent de près le démarquage.\nM. de Bertha, un des derniers représentants de la pure école romantique nous envoie\nun beau Nocturne où l'on reconnaît bien le compatriote de Liszt. Notre ami Henri Collet\nse taille un succès à Madrid, avec son poème symphonique pour piano, El Escortai, (3) œuvre\nde solide structure et de qualités toutes françaises : sachons gré à M. Collet d'avoir évité ce\nstyle pseudo espagnol qui commence à devenir fastidieux.\nUne original petite Suite, les Bucoliques,(4) d'Edouard Perrill, nous vient de\nMontpellier ; nous goûtons surtout son second morceau, Vendémiaire terminé si allègrement\npar une amusante fantaisie sur un air populaire ; si son troisième morceau, Clair de lune, est\nun peu nuageux, ce qui est du reste légitime, le quatrième, Temple dans le bosquet, redevient\nen revanche, d'un tour aisé, imprévu et charmant.\nJ'avoue que le dernier morceau de M. Samazeuilh, (6) avec ses\nharmonies à la fois doucâtres et grinçantes, a commencé par éveiller chez moi l'idée de\ncertaines sucreries acidulées, presque corrosives. Ayant eu la bonne fortune d'entendre\nM. Samazeuilh exécuter lui-même ces six pages hérissées d'accidents et de difficultés;\nil m a fallu faire amende honorable nous sommes rarement indulgents pour les morceaux\nqui sont trop au-dessus de nos moyens.\nLe contraire peut-être vrai aussi ; et peut-être est-ce pour cela que j'ai pris autant de\nplaisii a une Petite Suite de Roger Dlicasso (6) une toute petite Suite, presqu'enfantine,\nmais moderne a souhait, et d'une distinction exquise : M. Ducasse sait être simple avec une\nprodigieuse habileté.\nPassons aux Transcriptions: une Toccata d'après le final du sme5me Concerto de St. Saens\n(6), réduite pour deux pianos a 4 mains par Edouard Risler, puis une\nchromatiques (6), de St. Saens aussi, réduite de même. L'opportunité de ce travail me parait\nau moins douteuse : ces tierces perdront tout caractère à être jouées par deux mains différentes;\net de plus, une étude est une étude, et gagne bien rarement à être transformée en un facile\nmorceau de salon.\nU Impromptu de M. Desrez (5) ne manque pas d'envolée, mais je sais où il a pris des\nailes ; il les a empruntées à l'oiseau de Siegfried et aussi à celui de M. Henselt.\nM. Desrez se montre wagnérien convaincu avec ses deux mélodies : (7),\npour baryton, et Helas tout travaille(7). Il faut être bien puissamment inspiré, pour soutenir,"}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.101", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2032, "texte": "avec un si gros développement d'effets et de moyens, une tension dramatique aussi continue\ncUr des paroles de Victor Hugo par dessus le marché.\nLa musique de chant est souvent favorable à ceux qui, ne se sentant pas de grandes\nambitions ont la prudence de rester dans une opportune demi teinte Ainsi rendons hommage,\nàM. Cyril Scott, qui vient d'écrire The trysting tr et The Valley rf Silence (i), il a\nQuelquefois fait pire. M. Swan HenneSSy, très heureusement inspiré par des vers de\nHérédia écrit une jolie Epiphanie(B), pour voix moyennes, mais malmène un peu Leconte de\nl'lsle dans Annie(s), Chanson Ecossaise, ou la mélodie et les paroles ont quelque peine a\ns'accorder. Du même auteur, le Revenant (8), et Là-bas (8), tous deux pour Baryton.\nM Rhené Bâton nous donne un volume de (6) pour les voix\nmoyennes. Peut-être avons-nous vu déjà un peu trop de ces Lieder français d expressivité\ntoute intérieure et de tendresse toute contenue ; peut-être la musique ghsse-t-elle par ce e\nvoie facile, à un alanguissement regrettable ? Toutefois, ce recueil discret est bien une des\nme'U Avec ïe^Printemps (7), poème musical pour piano et violon, nous retrouverons M. Desrez,\ntouiours ami des grands effets et pleine d'une ardeur fervente que j admire. Apres cela, a\nLa Petite Pièce pour Clarinette (6) de Debussy nous paraîtra presque facile : ajoutons qu elle\nexiste pour violon et piano comme pour piano à deux mains, et qu'elle reste en toutes situa-\ntions. délicieusement aérienne. • . . « ,V/tf\nLa Sonate pour violoncelle du Léo Sachs (9), n'est peut-etre pas fort originale d idees\nmais elle a de la «râce, de l'élégance et parfois même un lyrisme tout a fait t>ympathiqu .\nravoue prendre plus de plaisiA ces morceaux d'écriture nette et aisée qu'à beaucoup\nd'œuvres rébarbatives où l'idée se voile d'inextricables complications.\nSignalons la partition piano et chant de l'Heure Espagnole de Maurice Ravel (6).\nM. Durand nous fait moins attendre que M. Carré : soyons en très reconnaissatfsfli^^H\n\nV. P."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c072", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c072", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 102, "image_fin": 104, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.24", "titre_corps": "Les Musiciens Belges", "titre_sommaire": "Les Musiciens Belges", "signature_source": "M. SCHLEISINGER ; René Lyr", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.102", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3697, "texte": "Les Musiciens Belges\nM. SCHLEISINGER\n\nTout récemment encore, j'écrivais : \" Les musiciens doivent soutenir, pour s'imposer a\nl'attention, une lutte en quelque sorte matérielle, physique, autant, peut-être, qu'intellectuelle,\"\nOr, les artistes, généralement, ne naissent point dans l'opulence. D'autre part, requis par une\nvocation impérieuse, ils ne possèdent que bien rarement le sens pratique, l'esprit d'organisation\nla volonté persévérante indispensables pour triompher dans le \" Struggle for live Capables de\ntous les efforts, de toutes les audaces, par crises fougueuses, ils sont aussi fort vite désemparés\net ils traversent des périodes de lassitude sans réaction. Ces grands enfants du Rêve ont vrai-\nment besoin d'être soutenus, en ce qui concerne, spécialement, le combat social. Constatations\nfaciles, dira-t-on ! Certes ! Elles nous serviront à présenter ici l'un de ces hommes qui\nsemblent désignés pour l'apostolat du mécénisme. Et tout d'abord, que personne ne s'y\ntrompe : nous ne sommes pas de ceux qui s'agenouillent devant l'Or-tout-Puissant. Nous\nn'estimons pas nos semblables au poids de leurs rentes, mais à la vigueur, au sens élevé de\nl'action qu'ils accomplissent. Dans notre société anarchique, où se heurtent toutes les forces\nennemies, il est certain que la répartition des moyens de vivre n'est pas en proportion de la\nvaleur de chacun, et il apparaît profondément injuste par exemple, que les génies meurent de\nfaim quand les impuissants sont repus. Mais outre que la capacité de sentir et la possession du\nmonde, en vérité, n'appartiennent qu'aux Créateurs, nous songeons que c'est là décret mysté-\nrieux du destin. Or donc, en attendant, que s'instaure peut-être une république\nathénienne un peu durable où la dîme serait aux artistes, l'oligarchie possédante de notre\ntemps se décharge du souci d'entretenir les \" producteurs \" de Beauté sur une élite, banquière\nde ce crédit sacré. Celle-ci établit une apparence d'équilibre : incontestablement son rôle est\nbon, et ces banqyiers là méritent le respect.\nM. Myrtil Schleisinger, comme le disait excellement Pourquoi Pasy feuille humoristi-\nque belge, compte parmi les quelque vingt personnes dont la curiosité et le goût ont assuré\na Bruxelles une réputation universelle au point de vue musical. Dans notre haute bour-\ngeoisie satisfaite et pratique, terriblement pratique, il est un de ceux trop rares qui ont\neu le courage de lutter contre le \" snobisme de la platitude, \" un de ceux qui se sont aperçu\nqu il ne suffisait pas de gagner beaucoup d'argent pour être un bon citoyen. Les dilet-\ntantes, les professionnels savent ce qu'on lui doit ; la musique belge peut lui vouer recon-\nnaissance.\nDepuis son entrée le 11 novembre 1871 au Cercle Artistique qui est resté le foyer d'art par\nexcellence, en Belgique, nombreuses lui furent les occasions de témoigner à nos compositeurs\nson dévouement. Peu a peu, il est arrivé à occuper au Cercle une situation prépondérante. Elu\nmembre de la commission en 1891, il fut économe de 1894 à 1897, secrétaire de 1897 à 1906,\net vice-président, depuis lors; on peut dire qu'il est Y âme de la Société. C'est lui qui, grâce à\nun esprit éminemment conciliateur, y tranche les conflits, c'est lui surtout qui s'y occupe de la\nmusique. Il est 1 organisateur discret dont on n'aperçoit pas l'action mais, sans qui rien ne\nmarche. En dehors du Cercle Artistique, M. Schleisinger a fondé, avec Isaye, Guide,\nKufferath les célèbres concerts Isaye dont il fut, et est encore le Président très écouté.\nIl s est aussi beaucoup intéressé à la Monnaie. A ce propos qu'il nous soit permis de conter\nune anecdote très amusante, d autant plus qu'inédite et peu connue. Lorsqu'il s'agit de"}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.104", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2272, "texte": "de remplacer Calabresis, M. Schleisinger fut amené à s'occuper de la candidature des actuels\ndirecteurs. M. Kufferath vint en effet lui rendre visite, porteur d'une lettre dont le signataire,\nEmile Mottl, s'engageait à' prendre la direction de l'orchestre de notre theatre national, si\nKufferath et Guidé étaient nommés. Une telle promesse, l'attrait exceptionnel, 1 immense\navantage qu'il y trouva pour Bruxelles décidèrent le mecene enthousiaste. Il se mit en cam-\npagne T Kufferath et Guidé furent nommés. Mais quelques jours après, Mottl adressait à\nM. Schleisinger une missive éplorée ; le bâton de capellmeister de l'opéra de Vienne, idéal de\nson existence entière, était devenu vacant; il suppliait qu'on lui rendît sa parole... Elle lui fut\nrendue, immédiatement. M. Sylvain Dupuis prit la baguette, et Mottl hélas, ne fut point\nnommé à Vienne. On cite nombre d'autres historiettes qui tendent à prouver, quoiqu'il n'en\nveuille convenir, l'influence primordiale exercée par M. Schleisinger sur le ar-\ntistique du pays. Les années n'ont d'ailleurs pas ralenti l'activité d'une déjà longue carrière :\nactuellement encore, il œuvre pour doter la capitale belge d'une salle des digne d elle.\nCette entreprise plus qu'aux trois quarts réalisée, a rencontre certaines difficultés d ordre pré-\ncuniaire, qui purent décourager les promoteurs. \"Mais, s'écriait devant nous M. Schleisinger,\nce serait donc la première fois de ma vie que je n'arriverais pas; dusse-je lutter seul, je\nlutterai, et je triompherai Saluons l'énergie calme de ces paroles, nous savons ce que peut\nla force patiente et tranquillement assurée qui les inspire.\nComme on le voit, cet homme d'action fervent, passionné de musique, épris de littéra-\nture, ce collectionneur d'œuvres d'art, ne s'est pas contenté de jouir des subtils plaisir esthé-\ntiques. Il a voulu, sincèrement, que les fidèles fussent nombreux, a cette sainte communion.\nDans l'ombre où il affectionna toujours de se tenir, il a semé, très simplement, beaucoup de\nbien. Les musiciens lui sauront gré d'avoir servi leur cause, avec désintéressement, vaillance,\net d'avoir su tenir une haute mission. —Il nous plaisait de le dire ici, lui réservant une place\nd'honneur : celle des ouvriers du Beau.\n\nRené Lyr."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c074", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c074", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 103, "image_fin": 103, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.25", "titre_corps": "Schleisinger", "titre_sommaire": "Schleisinger", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.103", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 12, "texte": "Schleisinger"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c075", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c075", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 105, "image_fin": 112, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.26", "titre_corps": "Théâtres et Concerts", "titre_sommaire": "Théâtres et Concerts", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.105", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2308, "texte": "Théâtres et Concerts\n\nr\nHELIOGABALE, tragédie de Sicard, musique de Déodat de Séverac, exécutée aux Conc,»,\nHasselmans lelB février. \"\nM. de Séverac appartient à ce groupe de jeunes qui a renouvelé la musique française en\nplaçant très haut son idéal. Sa volonté, peut-etre plus encore que son art. nous séduit Hi-\nl'abord. Il y a là une force vive et fraîche qui\ns'épand en toute sincérité, une vigueur parfois\nrustique, enfin une maîtrise de musicien conscient\nde soi. Héliogabale offre à ce tempérament le\ncontraste attendu de l'orgie romaine et de la piété\nchrétienne. Tout cela prête à de beaux effets.\nMais il m'a semblé que beaucoup d'entre nous\nattendaient, au cours de cette audition, (si vail-\nlamment conduite par M. Hasselmans) l'effort\nd'une personnalité qui doit s'affirmer. Et pour\ntout dire l'esthétique de M. de Séverac m'a paru\nun peu indécise. Elle se rapproche dans cette\nœuvre de l'éclectisme cher à M. Saint-Saëns, et\nqui eut sa raison d'être au moment où il fallait\nsauver la musique française de son anémie à tout\nprix et par n'importe quels moyens. Que voyons-\nnous en effet du côté payen ? Des décorations\nmusicales d'opéra, qui ne se précisent que pour\nnous rappeler (d'exquise façon du reste) les envi-\nrons de Barcelone ; de la musique agreste, fraîche\net saine, pour exprimer ce qu'il y eut de plus\nfaisandé dans la dépravation ? Et du côté chrétien !\nUn alleluya mis à part, il reste la grandiloquence\ndes invocations, la piété facile des cantiques, la\nmarche sage et bien réglée des chorals. Mais je\nne sens pas le frisson mystique qui secoua et fit\néclater le vieux monde romain. Une fois de plus\nje me suis rendu compte de la presque impossibi-\nlité qu'il y a pour un de nos contemporains à prier\nen musique, sinon a 1 Eglise du moins pour l'Église. Nous sommes modernistes, quoique que nous\nfassions, lorsqu il s agit de sentiment et non plus d'autorité. Ici, malgré les efforts de l'auteur\nle payen et le chrétien se fondent en un même style large, sobre, moyen. Et M. de Séverac a\ntrop bonne santé pour se montrer vicieux avec Héliogabale ou mystique avec Claudien. Sa\npartition française, temperee comme notre pays, se tient à mi-chemin entre le soleil brûlant\nqui affole les pretres asiatiques et 1 ombre froide des catacombes, où tremblent les disciples\nde Jésus.\nJ. E."}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.106", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3701, "texte": "LE MARCHAND DE SABLE, conte lyrique en un acte de G-J. Aubry, musique de\nA. Roussel, exécuté chez M. et Madame Pollet, le 18 février.\nPeu de supplices sont comparables à celui d'entendre de la musique dans le monde :\nbien que les programmes soient généralement composés avec un mauvais goût très sûr il faut\nsimuler une hypocrite béatitude et feindre d'y prendre un plaisir extrême, de l'embrasure de\nporte où l'on vous a parqué.\nD'aimables hôtes, d'accointance avec quelque enchanteur, j'imagine, accomplirent\npourtant le prodige de métamorphoser cette ennuyeuse corvée en le plus délicat des plaisirs.\nRien ne manquait à la fête ni la propice élégance du cadre, ni la mansuétude de l'éclairage\n■discrètement répartie, ni l'auditoire vraiment unique comptant tout ce que Paris et... l'Espagne\nrenferment de notabilités musicales ou simplement touchant à la musique. La reprise de\nPelléas qui avait lieu le même soir dut certainement se ressentir de cette concurrence.\nLes œuvres exécutées choisies de la plus heureuse façon, appartenaient toutes à l'Ecole\nfrançaise contemporaine. Plusieurs étaient en cette occasion pour la première fois présentés au\npublic : de M. P. Le Flem, deux gracieuses pièces pour harpe chromatique \" Clair de lune\nsous bois \"et \" Danse désuète \" confiées aux doigts agiles de MUe Dalliès et de M. Gustave\nSamazeuilh les \" Naïades au soir, \" pour piano, ondoyantes et souples à souhait.\nMais le principal attrait de la soirée résidait dans la première représentation à Paris du\n\" Marchand de sable qui passe, \" conte en un acte dont le cercle de l'Art moderne au\nHavre avait déjà eu la primeur. Pour accompagner les vers ailés de M. J. G. Aubry et en\ncompléter la signification, M. Albert Roussel a composé une musique de scène volontairement\nlointaine et voilée mais d'un si tendre accent et toute parfumée de senteurs sylvestres.\nNous ne saurions donc témoigner trop de gré aux accueillants mécènes qui ménagèrent\nà notre gourmandise ce savoureux festin et ne leur demanderons plus qu'une chose, c'est de\nrecommencer souvent.\nRENÉ CHALUPT.\nLa Nuit de Noël, première partie de l'Oratorio Christus, de Liszt, que le Conservatoire a\ndonnée le 12 février n'a eu qu'un accueil respectueux. A la fois scolastique et romantique,\ncette œuvre d'un génie inégal mais enfin incontesté, déroute au premier abord, il faut\nl'avouer. Ces variations singulières de motifs liturgiques, ce plain chant modernisé, rythmé et\norchestré, ce Stabat mater speciosa, par exemple, adaptation de l'autre Stabat, tout cela surprend.\nMais ensuite on en saisit le sens profondément mystique et on admire. Et quelle orchestration\ningénieuse et variée ! Il ne faut pas demander aux abonnés un effort, une curiosité et une\nrecherche ; cela les fatigue. L'oreiller bien doux des symphonies classiques est nécessaire à\nleur bonheur.\nIls aiment aussi les virtuoses et, ce jour là, ils ont applaudi M. André Hekking dans le\nConcerto de Violoncelle de M. Saint Saëns,très justement d'ailleurs car il l'a joué de merveilleuse\nfaçon et l'œuvre est vraiment le type du concerto moderne.\nMozart fut mollement dirigée, disons le sans ambages. L'ouverture tourbillonnante de la\nFiancée vendue, fut seule capable de réveiller l'orchestre et son chef.\nLe Concert du 26, avec la Symphonie en la de Beethoven, Antar et /'ouverture du Carnaval\nromain,ne pouvait être languissant. On ne peut dormir en jouant cette musique là. Aussi\n1 exécution en fut-elle parfaite. La Cantate t<'pou une des plus anciennement\njouées à Paris, était reprise. Bien exécutée aussi par l'orchestre, assez bien par les chœurs et\nles solistes, il y manquait la foi et la sentimentalité que veulent les Cantates de Bach."}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.107", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4130, "texte": "M. Chevillâtd a employé deux concerts presque uniquement avec la première scène du\ndeuxième acte de Tristan. Mlle Borgo, qui vient de chanter Isolde en Allemagne, est vibrante\net dramatique. M. Tanzler et Mlle Berk auraient formé avec elle une interprétation absolu,\nment satisfaisante. Mais comment les voix peuvent-elles lutter contre un orchestre de concert,\nplacé à l'inverse de la volonté de Wagner ?\nUn Pobne Pastoral de M. Gaubert, le distingué flûtiste, a plu par son charme et par\nl'absence de toute excentricité sonore ou rythmique ; un Concerto pour violon de M. d'Ambrosio\neut pour pricipal mérite de faire valoir la virtuosité de M. Geloso ; la Chanson triste de\nM. Duparc a encore gagné à la délicate orchestration qu'il vient d'y ajouter et sa nouvelle oeuvre\nsymphonique, Aux Etoiles, est d'une poésie discrète et intime, comme ce qu'écrit ce trop peu\nprodigue artiste. Voilà pour les nouveautés. Quant aux solistes, le triomphe excessif de\nM. Sauer dans le Concerto de Schumann, alors qu'on applaudit à peine des œuvres de tout premier\nordre, fut déconcertant. Pour le public l'interprétation et celle-là n'est ni sans défauts ni\nsans sécheresse est tout et l'œuvre ne compte guère. La Symphonie Rhénane et Y Ouverture\nd'Hermann et Dorothée furent écoutées avec intérêt, rien de plus. Au Concert précédent,\nMlle Wzingartner dans un concerto de piano de Bach et Mme Trampaczynska dans des lieder de\nSaint Saëns et de Lalo eurent des applaudissements mérités.\nL orchestre du Chatelet a fait place à la féerie le Dimanche gras et profité de cette trêve\npour répéter la Messe en ré, œuvre plutôt ardue pour les chœurs. En février il nous donna\ndeux nouveautés de haut goût : la rapsodie espagnole, pour piano, d'Albeniz, orchestrée par\nM. Enesco avec toute la verve et le mordant qu'y eut apportés l'auteur, bien jouée au piano par\nM. Riboy puis surtout une suite de piano de Moussorgs/(iy Tableaux d'une Exposition, orchestrée\naussi avec un rare bonheur par M. Touchmalow. Cette œuvre qui déplace et élargit le\ndomaine traditionnel de la musique, m'a paru avoir peu de prise sur le public. Et pourquoi ?\nY a-t~il là une confusion des arts ? Et en quoi cette soi-disant confusion choquerait elle ?\nMoussorgski, pour lequel toute sensation se traduisait en musique, a voulu nous donner\n1 impression qui lui causèrent des peintures. Y arrive-t-il ? Oui, à mon sens, et bien mieux\nencore que les grandes fugues d'orgue ne donnent une impression architecturale.\nNouveau triomphe de M. Sauer, dans le Concerto de Schumann ; triomphe plus justifié\nencore de M. Boucherit dans le Concerto de violon de Mozart. Le mois fut bon pour les solistes.\nM. HasselmanSy jeune entre les jeunes, a la louable ambition de varier ses programmes.\nLa symphonie uLe nouveau Monde \" de Dvorak était presque une nouveauté, n'ayant été\njouée qu'une fois par M. Chevillard.\nLe Variations symphoniques de Boellmann (M. Salmon), un joli mais mince Prélude d'un\nballet, de M. Ducassey les Trois Sorcières, de M, Léo Sachs, à l'orchestration très personnelle,\nun Cortege un peu cuivré, de M. Tournier, voilà à peu près le concert du 4 février.\nLe jeudi 16, en matinée, M. Le Borne a inauguré encore un Concert symphonique, dont\nnous ne pouvons rien dire, n'y ayant pas été conviés. M. Le Borne est plus qualifié que\npersonne pour devenir un Capelmeister éminent, mais sa tentative n'est-elle pas imprudente ?\nM. Sechiari nous a gâtes par une première audition de Debussy ; trois Ballades de Villon,\nfort bien chantées par M. Clark et dirigées par l'auteur ; il nous a montré aussi l'excellence de\npremiers violons en leur faisant exécuter le Moto Perpetuo de Paganini ; et je vous assure\nqu ils se sont acquittés d'une tâche aussi lourde de très brillante façon.\nAux concerts historiques de VOpéra Comique, on arrive au XIXe siècle italien, français et\nallemand, et les artistes se sentent un peu plus à l'aise. Les lieder de Haydn ont bien quelques\nrides, Nicolo a vieilli et quelques autres aussi, mais on a plaisir à entendre Mlle Charbonntl\ndans du Mehul et du Mozart, Mlle Martyl, dans du Boïeldieu, Mlle Fauchelet, dans des airs a"}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.108", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3899, "texte": "vocalises, M. Tirmont dans Adélaïde, de Beethoven, Mlle Hatîo dans \" A la bien aimée\nabsente \", et M. Expert dans sa trop brève conférence,\nVoici toute une série d'oeuvres nouvelles aux trois ou quatre sociétés qui accueillent les\njeunes, sans préjudice de quelques arrivés. A la Société Nationale deux séances, une bonne, une\nexcellente. Le premier soir, un quatuor avec piano intéressant et assez personnel de M.\nMarcel Labey, des pièces du piano, de M. Gabriel Dupont, quelque peu prétentieuses et bruyantes,\nune légende, très romantique, pour violon, de M. Ermend Bonal, des mélodies de MM.\nFrancis James et Bertelin. L'autre programme fut tout àla gloire de Chabrier, de M. Albéric\nMagnard et de Mlle Selva qui ne quitta pas le piano.\nLa Sulamitey de Chabrier, (Mme Raunay et les choeurs féminins de la Cécilia) n'a pas\nvieilli; ses pièces de piano, \" Sous Bois \" et \"Scherzo Valse \" jouées par Mlle Selva sont\ntoujours exquises. Mais arrivons au grand succès de M. Magnard, dans son Quintette pour\ninstruments à vent et piano, sa nouvelle sonate de violoncelle (M. Pollain) et les trois mélodies\nqu'a chantées Mme Raunay, exceptionnellement en voix. Musique claire, ne sentant pas\nl'effort, exprimant des pensées modernes dans une forme classique, supérieure a tant dœuvres\nminces d'idées et pénibles de réalisation, On acclama l'auteur dont on n'aperçut que le dos,\ncomme il fuyait devant les applaudissements. M. Magnard a tout pour lui, même la\nmodestie.\nDeux concerts aussi à la Société musicale indépendante. Une Sonate de Vloloncelle, de M.\nCasella, intéressante, mais œuvre de jeunesse ; des Improvisations sur Londres, pour piano, de\nM. Grovlezy nous ont laissé assez bon souvenir ; des mélodies russes de MM. Stravinski et\nRachmaninojf ont du caractère ; un trio de M. A. Doyen en a peu ; des lieder suédois de M.\nJarnefelt sont trop embrumés. Ajoutons à cela les quatuor de MM. Debussy et Faure (ne\ntrouvez vous pas qu'à entendre souvent celui de Debussy, il y a un certain... Dechet) et de\nfort agréables Variations à danser, pour piano, de M. Léon Aloreau, originales et bien écrites.\nLa Société des Compositeurs de musique entre une sonate de violon de M. Grovlez, mélodique\net distinguée mais un peu longuette, et un Quintette avec piano de M. Celler, clair, pas\nennuyeux et d'heureuse augure a fait entendre une suite pour piano de M. Albert Roussely\nassez cherchée, mais intéressante (Mlle Selva), une chanson du temps passé de M. Falkenberg\npour deux voix (Mlle Ciampi, belle voix, bien égale et bien timbrée, M. Georges Petit,\nbaryton agréable) très applaudie ainsi que deux mélodies du meme ; enfin deux mélodies de\nM. Bonnal, dont la seconde a de l'allure.\nDes deux Concerts de /'Edition Mutuelle nous n'avons entendu que le premier, peu\nmarquant en somme, malgré des pièces de chant de piano de M. de Severac et de M. Le Flemy\nune petite suite enfantine agréable, de M. Orban et surtout le Quintette de M. Turinay joué\nheureusement en fin de séance.\nM. Raugel a tant de foi et dirige l'orchestre et les chœurs de la Société Hœndel avec un\nbonheur si triomphant qu'on n'ose lui faire des critiques. D ailleurs son concert du 7 fevi ier\nétait intéressant avec deux concertos (un pour cordes, l'autre pour orgue), un air de Josue,\nbien chanté par une basse dont le nom ne figurait pas au programme, et un de Samson (Mme\nDelly Friedland). Après cela, deux belles pages de Schûtz.\nNous avons parlé des soirées du jeudi à F Ecole des hautes Etudes sociales ou M. Expert a\ndonné une idée très suffisante de la musique dramatique en France et en Italie aux XVIIe et\nXVIIIe siècles. La séance sur Rameau fut très caractéristique du grand maître français. Celles\nsur Gluck nous fit connaître des œuvres peu jouées en France. Et maintenant ce sera six\nconcerts de musique française contemporaine (MM. Massenet, Saint Saëns, Dubois, d Indy,\nWidor et Debussy)."}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.109", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3779, "texte": "Schumann et Franck ont fourni deux heures de bonne musique à des femm»\nprofesseurs et compositeurs. Mme Roger Miclos, dans les Etudes symphoniques et les Scènes d'Enfants\nfut, comme toujours, une grande artiste. Mlle Astruc joua agréablement le Chant du soir pour\nviolon. Bonne exécution du Quintette de Franck (Mme Chailley-Richez et le Quatuor féminin\ndu Perray).\nQue dire des deux soirées du Quatuor Ros à la ? On ne peut rêver une\nexécution plus parfaite. C'est \"le Quatuor\", il n'y en a pas de meilleur, toute épithète est\ninutile. Et quels programmes ! des quatuors de Mozart (ré min.) de Beethoven (l'op. 131) et de\nHaydn, puis, avec M. Wurmserau piano, un Quintette de Brahms, un de Mozart et un de\nDvorak. Il fallut le beau talent de M. Cortot et la voix de JVlme Elena Gerhardt pour soutenir\nl'intérêt à la séance qui suivit.\nLa Schola, sous la direction intelligente de M. Marcel Cabey, M. d'lndy nous reviendra\nbientôt, espérons le a donné 1 'Orphée et Eurydde dans sa version primitive, c'est-\nà-dire sans les additions singulières qu'on y fit et avec le rôle d'Orphée chanté par un ténor.\nBon ensemble (M. Plamondon, Mmes Jeanne Lacoste et Lucien Fontaine).\nLe troisième concert tchèque du Quatuor comprenait des quatuors de Foerster et\nde Novak. Nous voici dans les œuvres contemporaines, la première assez classique de forme\navec un adagio agréable, la seconde un peu disparate mais intéressante. M. joua\nune suite Slovaque,de Novak,amusante de rythme dans les deux premiers morceaux, gracieuse\nde mélodie au troisième, de jolies Impressions de et, du même, des\nrappelant Liszt et Chopin. Le chant eut moins d intérêt. Le 'Pax Quatuor nous voilà un Tris\nde 'P.JParay dont nous lui savons gré.\nAu profit de sa colonie de vacances, la donna un concert salle Gaveau.\nAssistance peu nombreuse. Il faut cependant encourager cette œuvre vraiment touchante et\nqui servira de modèle aux maîtrises de Paris, maintenant que les églises semblent vouloir\nrenoncer à la musique de théâtre.\nLe Quartette vocal de Paris devrait lui aussi être imité. Il est vrai qu'il est plus facile de\ngrouper tant bien que mal des instruments a cordes que de réunir quatre artistes chantant juste\net intelligemment à Capella. Nous n'avons presque rien de ce genre à Paris. Le Quartette vocal\na des voix excellentes et d'une remarquable sûreté (Mlle Bonnard, Mme Chadeigne, M. Paultt\net M. de Laromiginaire). Il donne des œuvres allant de Jannequin à M. Florent Schmitt\n(agréables chansons, accompagnées au piano a quatre mains) et peut-on mieux corser un\npiogiamme ? M. Ricardo Cinesjoua une dizaine de ces pièces modernes où il triomphe.\nLe Quatuor Godebskifit entendre à la Salle Gaveau le quatuor de M. Ravel, bien mis en\n\\ aleur, surtout 1 andante, et un trio de Haydn ; 1 ardent y donna un\ncopieux et varié concert le ir février ; le Quatu y joua le lendemain\nun quatuor de IVlozart et le premier de Schumann. C'est un ensemble fin et homogène.\nAvant daffiontei la teirible légion des pianistes, écrasants ce mois-ci, mentionnons les\ndeux Concerts Cortot Thibaut. La encore, pas d'épithètes. Sauf quelque affectation dans le style,\nM. Thibaut est nors de pair et lorsque M. Cortot est bon ce qui est presque toujours\nil est idéalement bon. M. P)ebroux s adresse avec ses œuvres anciennes du violon à un public\nplus restreint. Mais de quel intérêt fut sa seance du 15 février ! Du reste la musique moderne\ny tenait une large place. Les danses populaires grecques qu'ont recueillies MM. Fernol et\nMaurice Emmanuel, ont beaucoup de couleur et de variété. On fut charmé des huit pièces de\nMax Bruch, pour Clarinette et piano. Ce sont de charmantes petites pages d'une distinction\net d'une sonorité exquises et elles furent jouées par MM. Mimart et Eugène Wagner. Quoi de\nplus ?"}, {"page_pdf": 110, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.110", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3551, "texte": "Nous ne pouvons parler que par ouï dire du succès qu'eut le concert de Mme Georges\nfMarty. Des artistes comme MM. Caz eneuve, et des compositeurs comme\nMM. Piernèet Hue lui apporteront le concours de leur talent et leur sympathie. Espérons\nentendre bientôt la voix si bien stylée de Mme Marty.\nM. Rislera annoncé deux concerts, le premier (qui a eu lieu) avec le concours de\nM. Diemer, le second avec lui de M. Faurè.Ce sont des fêtes pour qui aime et comprend la\nmusique M. Risler y joua sa merveilleuse transcription du Til Eulenspiegel de R. Strauss. Il\nfaut renoncer à dépeindre le délire du public aux deux Concerts Sauer, salle Erard : acclamations,\nrappels, fleurs, trois ou quatre morceaux joués \"en bis \". On se serait cru à Madrid ou à\nBuenos-Ayres. M. Harold Bauer qui a, lui aussi, un beau talent, mais plus discret, a été fêté\nle 22 février. M. Maurice Dumesni/, et M. Jean Batalla, deux gloires de la jeune école\nfrançaise de piano, ont donné d'excellentes séances. M. Dumesnil a été remarquable dans des\nsonates de Beethoven. Un groupe d'élèves de M. Philipp, Mines Fourgeaud, Déroché,\nGuismar Novaes, Mlles Boynet, Lewinsohn et Gullor, a célébré Mozart dans ses œuvres de\npiano peu connues, comme le Concerto à trois pianos. Ce fut un régal artistique. Mme Déroché\ndonna, avec le concours de M. Philipp, un récital intéressant Salle Pleyel.\nIntéressante aussi l'audition des élèves de Mlle Kobl.\nAis-je encore la place de signaler l'initiative si précieuse qui s'appelle le\net qui peut consacrer à l'audition d'œuvre par concours ou difficiles à mettre sur pied, des\nforces artistiques de premières ordres ? La première séance, consacrée à Bach, a été triom-\nphante. S. I. M. apprécie tout particulièrement cette fondation originale et courageuse.\nSignalons encore Yheure de musique donnée par les artistes aveugles de ? Association Lalentin\nHatiy ; on y joua la belle Sonate pour piano et violon de Henri de Saussine.\nNous voici réduits à mentionner à la hâte toute une série d'artistes louables, quelques-uns\nremarquables, qui se sont fait entendre en ce mois surabondant. Et nous ne parlons que de\nceux que nous entendîmes ! Mlle G aida,Mmes et Mme\nMme Pobéguin, Mlle Aussenac, Mlle Magny. Il faudrait donner quelques lignes à M. Szanto,\nbrillant interprète de Liszt et de Beethoven, à M. si remarquable dans les œuvres\nde Chopin qu'il joua sobrement et en mesure, ce qui n'est pas ordinaire et à Mlle de Laulerie,\npianiste au charme très féminin qui eut foule dans 1 elegante salle de 1 hôtel des Modes.\nIl nous faut encore rappeler la Société Artistiq où l'on entendit des œuvres\ncharmantes de Mmes Mel Bonis et Sauvreziset Mlle harpiste excellente, un concert\nde musique pour deux harpes fort intéressant, donné par Mlle Emma Marguerite et\nM. Bertheaume,de la Schola, un concert du Lied (Mme Marteau de Milleville) où\nfigurèrent des œuvres de M. Théodore Dubois, de IVI. Esclavy, de M. Marcel Bernheim et\nde Mlle Bourdeney ; enfin une très artistique matinée, au Palais de la Mode, où, à côté de\nMmes Heglonet Marguerite Carré,on applaudit le beau soprano de Mlle M. dans\ndes œuvres de M. Marsick, une jolie pantomime, de M. Egon Stuart\nWilfort, à la salle des fêtes du Journal. Enfin, et terminons par là, une première audition d'un\ntrès remarquable Trio pour piano et cordre de M.\nF. Guérillot.\nNous apprenons avec plaisir la nomination de M. Félix Raugel, l'un des directeurs\nde la Société Hândel comme maître de chapelle de l'église St-Eustache et nous lui adressons\nnos très sincères félicitations."}, {"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.111", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2199, "texte": "Pendant la durée du Salon de la Libre Esthétique, qui sera inauguré du 15 au 20 mars,\ndes auditions de musique nouvelle seront données tous les mardis avec le concours de\nMmes Demest et Marie-Anne Weber, Mlles Marguerite Rollet et Blanche Selva, MM. E.\nBosquet, E. Chaumont, L. Van Hout, M. Dambois, le Quatuor Zimmer, les compositeur,\nMarcel Labey, J. Jongen, Poldowski, etc. Parmi les œuvres qui seront présentées au public,\nciton un quintette de M. Léon Delcroix, une sonate pour piano et violon de M. Uribe, un\nEpithalame pour trois violons de M. Jongen, un quatuor de M. Marcel Labey, un quintette\nde M. Florent Schmidt, une Suite pour piano de M. Albert Roussel, des pièces vocales de\nMM. Debussy, V. Buffin, P. Coindreau, V. Vreuls, Poldowski, etc.\nLes titulaires de cartes permanentes du Salon auront libre accès aux concerts.\nDepuis quelque temps les employés des P. T. T. se sont révélés plutôt bruyamment à\nl'attention de l'opinion publique. Pourtant, tout n'a pas encore été dit sur leur compte et la\nSociété.\nCette intéressante Société entre, en effet, dans sa lome année d'existence. Elle a déjà\ndonné 15 grands Concerts dans la Salle d'Horticulture, sans compter les 5 ou 6 manifestations\nannuelles de bienfaisance où son concours est sollicité. Dans ses programmes, très éclectiques,\nnous retrouvons les noms universellement consacrés de Mozart et Beethoven, Wagner,\nTschaïkowski et Borodine, Mendelssohn, Berlioz, Massenet, Saint-Saëns, etc.\nSes 60 exécutants, recrutés dans le personnel des P. T. T. sont sous l'intelligente\ndirection artistique de M. Th. Dureau, excellent musicien (ayant d'ailleurs de qui tenir par\nson père) habile chef d'orchestre, violoncelliste accompli.\nSi la Symphonie des P. T. T. n'est pas très connue de la foule, en revanche, bon nombre\nd'artistes et non des moindres ne l'ignorent point : Mlles Soyer, Marié de L'lsle,\nPaniss, Demellier ; Mmes Vicq Challet, Rimé-Saintel, Riant-Réol ; MM. Nuibo, Souchon,\nChambon, Chappelin, Revol, etc. etc., leur ont prêté leur précieux concours.\nFaire aimer la musique et par là même ôter à un grand nombre d'employés tout désir de\ndistractions vulgaires, tel est le but très louable de cette Société."}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.112", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 398, "texte": "Nous savons aussi que la Symphonie des P. T. T. fait le meilleur accueil aux jeunes\ncompositeurs et aux artistes de talent.\nAjoutons que la Symphonie possède un actif et sympathique Vice-Président en la\npersonne de notre confrere M. E. Rimé, et que son distingué et aimable Président est\nM. Vidal de Eirac, duecteur des bureaux ambulants, Chevalier de la Légion d'Honneur."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c076", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c076", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 105, "image_fin": 105, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.26.1", "titre_corps": "M. Hasselmans", "titre_sommaire": "M. 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A Valenciennes, M. Théry donne avec succès une audition\nd'élèves et triomphe lui-même en exécutant les Variations Symphoniques de C. Franck ;\nMlle Rollier et Mme Caponsacchi interprètent brillamment une sonate de Saint Saëns ; les\nOrphéonistes Valenciennois donnent leur concert annuel. Douai est la ville des Sociétés"}, {"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.113", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2538, "texte": "Chorales : \" Les Mélomanes\" et \" la Lyre\" sont aussi parfaites l'une que l'autre. M. Culenaere\nchef d'orchestre des Concerts Populaires plaide la cause de la bonne musique en exécutant la\nSymphonie de Dukas. Reims accueille avec enthousiasme la Sonatine de Ravel et son\ninterprète, M. Paul Dazy. On attend, à Bernay, que la température soit plus clémente\npour donner (le 30 juillet) un concours international de Musique (7000 frs de prix !)\nA Angers Rhené-Baton se montre éclectique et conduit avec autant d'aisance l'ouver-\nture de l'Epreuve Villageoise de Grétry que l'ltalia de Casella.\nTout Nantes se rue vers la Salle de la Renaissance pour écouter \"\ndes Grands Concerts\" qui vient de naître et qui promet beaucoup ; car M. Louis Morin en est\nle chef. Le Tonkiïnstler Orchester,ne se méprenant pas sur les goûts musicaux des Nantais\nremporte un grand succès. A la Roche-SUr-Yon, la Société Orphéonique se fait applaudir\ncomme elle le mérite.\nQue de musique à Bordeaux : le Q\nsymphoniques de Raoul Duprat, la Société Ste Ceci le, (privée momentanément de son excellent\nchef M. Pennequin à qui nous souhaitons un prompt rétablissement) le\nA Bayonne, signalons tout particulièrement interprète délicat de\ndélicates musiques.\nNous voici en plein midi. A Pau \" V \" du Bruneau voisine avec la\n\" S alomé\" de Mariotte. Les Concerts Classiques ne craignent pas la concurrence de l'Orchestre\nde Lassalle et leur chef, M. Brunei, les mène à la victoire. A Hyères, la colonie étrangère\napprécie l'orchestre de M. Le Rey comme il convient.\nA Lyon, en l'église Ste Bonaventure, on a fêté les noces d'or de l'organiste titulaire,\nM. Léon Reuschel : 5° ans de présence au grand orgue de la même église ! A cette occasion\nun salut solennel a été célébré. MM. Amédée et Maurice Reuschel s'y sont fait entendre aux\ncôtés de leur père. A la Salle BéalyM. Amédée Reuschel donne une audition de Musique de\nChambre consacrée à ses œuvres. Le Tonkùns exécuté la 4e Symphonie de\nBruckner. Ala Société des Grands ConcertsWitkowski dirige la 90 de Beethoven. Ambert,\nprès de Clermont-Ferrand décide l'exécution du monument à Emmanuel Chabrier. Le buste\nsera fondu d'après un plâtre fait, du vivant du compositeur, par Constantin Meunier. Belfort\nfait un accueil chaleureux à M. Van Campo et à son quatuor, à Mlle Schoeffer, pianiste et à\nM. Cabrol, clarinettiste. Enfin à Nancy, Guy Ropartz ouvre les portes des Concerts du\nConservatoire à Blanche Selva qui se couvre de lauriers dans un Concerto de Beethoven et la\nRapsodie basque de Ch. Bordes."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c080", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c080", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 113, "image_fin": 115, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.28", "titre_corps": "Belgique", "titre_sommaire": "Belgique", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.113", "debut_caractere": 2540, "fin_caractere_exclue": 3290, "texte": "Belgique\nMlle Jeanne Samuel, violoniste, M. Léopold Samuel, violoncelliste, nous ont offert trois\nséances vraiment remarquables, avec la collaboration d'artistes fort distingués, parmi lesquels,\nhors pair, nous citerons Mlle Laenen, pianiste douée d'un tempérament tout à fait exception-\nnel, d'une merveilleuse intelligence, d'un talent vif, pénétrant, sachant mettre en lumière les\nsubtilités les plus intimes des oeuvres qu'elle interprète ; M. Bureau, chanteur à la voix sym-\npathique, chaleureuse. La place, en vérité, nous manque pour détailler ici les programmes\néclectiques, salués d'un gros succès, de ces soirées. Nous retiendrons seulement la troisième,\nentièrement consacrée aux œuvres de MM. Edouard Samuel, professeur d'harmonie au Con-"}, {"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.114", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3777, "texte": "scrvatoire de Bruxelles, Lèopold Samuel, son fils. J'aurai tout prochainement l'occasion de dire\nla grande valeur des travaux scolastiques et historiques de M. un musicien\nsavant, qui possède une âme de ferveur, d'enthousiasme sincères. Ses compositions sont toujours\nbelles, et de profonde musicalité. Quant à M. il confirme victorieusement les\npromesses que nous offrirent ses premiers lieder entendus. Nous avons rarement éprouvé une\némotion aussi sympathique à celle du créateur qu'à l'audition des Trois Poèmes (Heures claires)\nde Verhaeren, sur lesquels il écrivit de merveilleuses évocations musicales. Infiniment délicat\net fluidique, l'art du jeune compositeur atteste une nature riche et passionnée. C'est en poète\nautant qu'en musicien inspiré que Lèopold Samuel enveloppe ses visions d'un charme immatériel,\néthéré, fait de nuances, de lumières et de couleurs atténuées, de prenante mélancolie.\nPrésentons aussi tous nos compliments à Mlle violoniste de la meilleure école,\nexquisement gracieuse. Son jeu compréhensif et sérieux, la souplesse expressive, la clarté,\nl'élégance de son talent révèlent une âme certainement sensible, encore que volontaire.\nR. L.\n—Le IVe concert Tsayeétait intéressant au plus haut point parce que son programme sortait\nun peu de la routine habituelle. Il était consacré aux modernes. La symphonie de Léon Delcroix\nnous a paru pleine de promesses. Pourtant, le métier semble bien y étouffer le sentiment,\nl'œuvre, malgré l'allure que le chef d'orchestre sut lui donner, reste un peu sèche. On entendit\nensuite Lenore, de Duparc, Viviane de Chausson, œuvre d'une belle musicalité. Le pianiste\nrusse Gabrilovitzchjoua en soliste : son talent est vigoureux.\nLe IIe Concert Durant était consacré à la musique française, de même. D'exquises\npièces de Sènaillè (v. 1700) et de Le clair (v. 1750) furent délicieusement nuancées par l'émi-\nnent violoniste de LL. MM. le Roi et la Reine des Belges : M. Edouard Deru.\nde Bizet, Carnaval Romain de Berlioz, Marche Héroïque de St-Saëns, Prélude de Fervaal de\nVincent d'lndy, Suite Française de Roger-Ducasse, Rapsodie espagnole lumineuse, pleine de vie\net personnelle, de Ravel, Image n°3 moins intéressante, de Debussy. M.\nrendit dans un style admirable, avec la rigueur toute classique qu'il apporte dans ses\nexécutions le concerto de Lalo op 20. Concert vivant dirigé par M. Durant avec conscience\net non sans vigueur.\n—Le Deuxième Concert de la Société Bach fut rehaussé d'un vif éclat par la collaboration\nde Mme Wanda-Landowska.Cette admirable interprète des vieux maîtres, cette artiste passionnée\nqui sut rendre la vie à la musique d'autrefois, grâce à des trésors d'intelligence et des dons\nmerveilleux, exécuta sur le clavecin plusieurs pièces de et le Concerto en sol mineur pour\nclavecin, avec orchestre. Nous n'avons plus à dire l'admiration vouée à Mme Landowska ;\nelle fut fêtée comme il convient par le public bruxellois que son nom seul fait accourir. Au\nreste, le Concert Bach fut remarquable en tous points, l'orchestre était bien stylé bien conduit\nMme Reddigius, MM. Kohman, Frœlich et MM. Busser et Minet furent parfaits.\nCari Friedberg a trouvé gros succès à son 2me récital. Ce pianiste possède en vérité une\ntechnique remarquable, et un sentiment parfois délicat. aussi nous donna un\nrécital : ce grand artiste est des meilleurs maîtres modernes du clavier. Le deuxième con-\ncert des Compositeurs Belges aura lieu le 13 mars. Au programme : Gilson, Jaspar, Nawet, et\nMoulaert. Compte-rendu au n° prochain.\nLe compositeur Charles Mêlant vient de trouver nouveaux succès. Le théâtre de PAlca-\nzara représenté son Miroir aux alouettes qui à donné gros bénéfice a 1\nses Images vont passer au même théâtre. D'autre part son petit drame lyrique, Réveil"}, {"page_pdf": 115, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.115", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2808, "texte": "fut un véritable régal, au Théâtre lyrique.Madame Du Plessy qui interprétait le rôle\ndifficile de la sœur se montra très émouvante. Magistralement enlevée par 200 exécutants\nla partition, chœur et orchestre fit grande impression. Nos félicitations au toujours jeune\net actif maestro.\nGAND. Le Quo Vadis? de Jean Nouguès vient d'être monté à notre\nc'est une pièce qui tient plus du cinématographe que du théâtre lyrique. Il peut être constaté\nà l'honneur des Gantois, que l'œuvre n'a pas eu de succès.\nAu troisième des concerts d'hiver si méritoirement dirigés par M. Edouard Brahy, Mark\nHambourg a fait applaudir dans Rameau une virtuosité étourdissante, qui montre combien\nstudieuse a été la retraite dans laquelle le célèbre pianiste s'est plongée pendant deux ans. On\na moins goûté ses interprétations très discutables de Beethoven et de Chopin.\nPAUL BERGMANS.\nr\nLIEGE. On a beaucoup applaudi deux sociétés étrangères : celle des Concerts d'autrefoh\ndétentrice de la finesse française et l'orchestre munichois dirigé par Lassalle\norchester) représentant de la discipline germanique. Notons aussi deux récitals de piano, l'un de\nMark Hambourg, l'autre de Louis Closson, qui consacrait sa séance à Liszt. Puis une séance de\nSonates où le jeune violoniste René Bohet s'affirma artiste d'avenir. Sa partenaire pianiste,\nMlle Dosogne, montra de l'habileté. M. L. Charlier a dirigé une audition de musique slave des\nplus réussies.\nLe promoteur de la musique russe à Liège qui, dès 1885, fit entendre les œuvres principales\nde Borodine, Rimsky-Korsakoff etc. M. Théodore Fadoul, vient de recevoir le brevet de\nchevalier de l'ordre impérial de Saint Stanislas. C'est presque \"trente ans de la vie d'un...\npianiste. \"\nDR DWELSHAUVERS.\nMALINES. Le congrès archéologique qui se tiendra de 5 au 11 août comprend une\nsection musicologique des plus intéressantes à laquelle les musiciens étrangers à la Belgique\ndevraient s'intéresser, car elle représentera une tribune libre pour la discussion de toutes les\nquestions d'intérêt musicologique cosmopolite. On annonce déjà l'étude du séjour de Frescobaldi\nà Malines (1607), du descripitif chez Bach, de l'importance de Pergolesi et de Sammaritani\ndans la genèse de la Symphonie, des facteurs d'orgue Liégeois, de Brebas, de maître Simon maître\ndes ménestrel de la vielle (1313) de la pénétration de l'opéra italien en Belgique au XVIIe siècle,\nde l'origine des ménestrels dans nos provinces, des recherches faites et à faire dans les fonds\nmusicaux de la province de Liège etc. etc. Malines est aux portes de Bruxelles où l'on peut\nloger ; la cotisation du congrès est de dix francs seulement, y compris les imprimés du congrès\n(sans ceux-ci, 5 francs). Pour tous renseignements musicaux, s'adresser à M. Ed. van\nJDoorselaer, 34, rue des Tanneurs, Malines."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c081", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c081", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 116, "image_fin": 116, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.29", "titre_corps": "ALBERTO BACHMANN", "titre_sommaire": "ALBERTO BACHMANN", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 116, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.116", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 782, "texte": "ALBERTO BACHMANN\nA. Bachman n'est pas né en\n1715 et mort en 1800 comme on\npourrait le croire en lisant le Ré-\npertoire de Pazdirek, mais en\n1875, et se trouve être encore en\npleine vigueur. Ce qui ne l'em-\npêche pas d'être virtuose émérite,\net de se recommander de ses\nmaîtres Ysaye, Hubay et Pétri de\nDresde.\nDepuis vingt ans il parcourt\nl'Europe et l'Amérique, propa-\ngeant le goût de toutes les musiques\nanciennes et modernes. C'est le\nvioloniste le plus occupé de la\nterre. Virtuose, professeur, com-\npositeur, il trouve encore le moyen\nde réviser des oeuvres anciennes\ncomme celles de Vivaldi. Ses pro-\npres Concertos ont étonné le monde\ndu violon. Sa combativité lui peut-\nêtre fait quelque tort, mais son ar-\nchet lui a concilié la faveur du\npublic."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c083", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c083", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 117, "image_fin": 121, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.30", "titre_corps": "Etranger", "titre_sommaire": "Etranger", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 117, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.117", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3517, "texte": "Etranger\nMILAN. Depuis quelques temps la vie musicale à Milan est réduite à un véritable\nminimum. Ce qui fut jadis un des centres de l'activité artistique de l'Europe est aujourd'hui\nplongé dans une sorte de léthargie. Si nous passions en revue toutes les manifestations musi-\ncales qu'il nous est donné d'entendre ici, nous constaterions qu il manque a chacune d elle\nsoit le véritable élément de succès, soit l'attrait de l'actualité, soit une exécution de premier\nordre. De tout ce que nous avons eu depuis huit mois il reste à peine vingt ou vingt-cinq\nauditions dont on puisse parler.\nMilan compte cependant deux sociétés imposantes : le Quartetto et l'Associatione italiant\ndei Amici délia Musica. On peut même leur adjoindre la Società dei Concertl Sinfonici. Et l'on\nparle d'une nouvelle Società per le Audizioni musicali, réservee aux jeunes. Ces institutions font\nleur possible pour satisfaire leur public. En particulier le Quartetto fait passer devant nous les\nproductions internationales de la musique de chambre. Il nous fait entendre des virtuoses\ncomme Micha Eleman, Vianna da Motta ou Melle Gerhardt, qui se couvrent de lauriers. Les\nAmici délia Musica sont plus éclectiques et s'intéressent à tout notre glorieux passé musical.\nC'est ainsi qu'ils ont donné YOrfeo de IVlonteverde et la Serva Padrona et au theatre Manzoni\nle Stabat de Pergolèse sous la direction de comte Guido Visconti di Modrone, avec le con-\ncours de la marquise Paveri, de Mclle Chiarini. Enfin le quatuor Polo da Milano aeu 1 heu-\nreuse idée de consacrer une séance à la musique de chambre italienne du XVIIIe (Pergolese,\nBoccherini et Pugnani).\nA l'opéra Siegfried et Simon Boccanegra de Verdi nous ont permis d applaudir MM. Bor-\ngetti, Rattistini, Agostinellei. Nous attendons le Matrimonio Segreto et la Saffo de Pacini. On\nprépare également Ariane et Barbe bleue, dont on dit merveille et le Rosencavalier. Espérons\nque ces grandes œuvres donneront un peu de relief à notre saison et que nous traverserons\nrapidement cette crise de la musique à Milan.\nCARLO CENSI.\nLA HAYE. On sait l'importance de la vie musicale hollandaise et le rôle que nos\nartistes jouent dans l'Europe entière. Des cantatrices comme Mmes de Haam, Tilly Koenen,\nJulia Culp, des chanteurs comme Meschaert, Urlus van Roy, Albers etc... les chœurs\nd'Averkamps et de Spoel, des orchestres comme celui de Mengelberg ont une réputation\nmondiale. Le grand défaut ici comme en plusieurs pays c'est l'abus des concerts et 1 encom-\nbrement des programmes qui ne permet pas aux jeunes de se faire entendre. On admet\ndifficilement qu'une ville comme La Haye de 300.000 habitants ait besoin de deux grands\nconcerts symphoniques par semaine, d'un opéra français et d'une avalanche d auditions de\ntoutes sortes. Et lorsque le printemps ramènera quelque calme, le Casino de Scheveningue\nouvrira ses portes à la musique. Tout bon dilettante de La Haye est abonne a ce casino et\nva chaque jour assister aux concerts de Scheveningue. Il ne lui reste donc pas une minute de\nrepos dans l'année entière !\nIl convient de signaler parmi ce flot notre grand pianiste Cari Oberstadt, Mclle Signori\nFranchilucci à la voix habile mais faible, Lilly Lehman, (pour moi une des plus grandes canta-\ntrices modernes) le chœur de Spoel qui donna un intéressant programme et que d ailleurs vous\navez pu applaudir à Paris dernièrement. Au théâtre La dame Blanche en français et Quo Va dis\nen Hollandais (Rembrandt Theater d'Amsterdam). Le baron van Zuylen a dirige avec un"}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.118", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3878, "texte": "-uccès fou plusieurs concerts de l'orchestre populaire. Enfin au premier avril grande fête\nBeethoven, festival monstre destiné à propager et à réaliser l'idée d'une maison Beethoven,\nsorte de temple dédié au Maître. N'oublions pas aussi le Théâtre Wagner qui va s'édifier à\nScheveningue et dont l'inauguration coïncidera avec celle du Palais de la Paix. Beethoven,\nWagner et la Paix ! On ne dira pas que les Hollandais restent inactifs.\n\"Ajoutons qu'à Harlem, l'Orchestre dirigé par M. Viotta a exécuté de remarquables\nvariations sur un thème de Hândel, de M. Louis Delune.\nA. S.\nLEIPZIG. Qu'il est loin, bien loin, le temps heureux où Leipzig se paraît avec\nraison du titre de \" centre musical de l'Allemagne ! \" Il est passé, ce temps et le \" centre\nmusical \" s'est singulièrement rétréci ; il ne s'applique plus qu'à la Saxe. Le vrai centre\nmusical de l'Allemagne, abandonnant Leipzig a longtemps évolué. Ce fut d'abord Berlin ;\nmais la Musique ne se sentit pas à l'aise dans cette grande ville-caserne et c'est vers Munich\nque se tournent à présent les regards de ceux qui on à cœur l'activité artistique de l'Alle-\nmagne. Dans dix ans, Munich sera la capitale intellectuelle et artistique de l'empire.\nLeipzig est donc détrônée, par sa propre faute ; elle est tombée au rang des villes d'acti-\nvité musicale secondaire, comme Dresde, Hambourg, Cologne, etc. On y fait encore beaucoup\nde musique, il est vrai, mais beaucoup de médiocre et, fréquemment, l'auditoire est très restreint.\nLa psychologie du lipzien, au point de vue musical est très curieuse.\nLeipzig sait qu'elle possède la meilleure salle de concerts qui existe au monde, que son\norchestre du Gewandhaus est parfait et universellement renommé. Il lui suffit donc de main-\ntenir cette réputation et, pour cela, de soutenir les concerts du Gewandhaus. C'est ainsi que\nnous voyons ces séances suivies par le Tout-Leipzig. Peu importe que l'on aime ou com-\nprenne la musique ; on s'y rend, on paie pour que la ville possède toujours le meilleur orchestre\nd'Allemagne. D'ailleurs, ces grands concerts sont avant tout des réunions mondaines ; les\nvrais amateurs de musique suivent les répétitions générales.\nLe public mondain de la ville ayant donc fait acte de bon citoyen en s'abonnant aux\ngrands concerts sus-nommés se désintéresse complètement ou à peu près des autres séances\nmusicales quelqu'intéressantes qu'elles puissent être. Les concerts Gôhler et Windentein ne\nsont fréquentés que par des rares amateurs de musique, les amis personnels des chefs d'or-\nchestre ; les élèves du conservatoire de musique et les étudiants. Quant aux récitals et concerts\nparticuliers, ils n'obtiennent un public qu'après une ample distribution de cartes gratuites.\nAjoutons que le fait de remettre ces billets non payant à profusion amène un disintéressement\ngénéral du public pour ces récitals. Que de gens pourvus de u freibillet \" les remettent a leur\nconcierge ou à leurs domestiques !\nL'activité musicale lipzienne tombe donc par la faute du grand public qui ne la soutient\npas suffisamment. Cette indifférence coupable a pour résultat d'écarter de Leipzig les grands\nartistes en tournée, les grandes manifestations artistiques, etc. Il n'y a plus, en notre ville,\nque trois noms à retenir, à placer hors paix : H. Riemann, Nikisch et Gôhler. Si ces trois\npersonnalités venaient à disparaître, Leipzig tomberait au niveau des villes de province\nfrançaises.\nAprès ces considérations générales, examinons en détails les différentes manifestations\nMusicales auxquelles il nous fut donné d'assister ici depuis le début de la saison d hiver.\nA tout seigneur, tout honneur. Parlons d'abord des concerts du Gewandhaus.\nFaire l'éloge du chef d'orchestre Nikisch serait oiseux ; Paris l'a applaudi dernieiement\nsait qu'il compte parmi les plus grands maîtres du bâton. Et, cependant, il est assez inégal"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.119", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 4018, "texte": "dans sa direction. Certaines exécutions étaient médiocres. Nous y avons notamment entendu\nune parodie de la Damnation de Faust de Berlioz, du plus mauvais goût. Mais, lorsqu'il dirige\nBrahms, T schaïkowsky ou Mozart, l'exécution est impeccable. Et comme il faut déplorer que\nle cycle d'œuvres présentées au Gewandhaus soit si restreint ! Encore et toujours la 5e et la\nde Beethoven, la pathétique de Tschaïkowsky, les 4 symphonies de Brahms, celle en sol de\nMozart et celle en ut de Schubert ! Nous aimons beaucoup les symphonies de Beethoven •\nmais qu'il serait agréable qu'on les enfermât dix ans dans un tiroir ! On en est sursaturé. Et\nil y a tant d œuvres laissées dans l'ombre ! Cette année, nous avons entendu jusqu'à présent\nles symphonies en ut et en si mineur de Schubert, la de Draescke, la se,5e, la 7e, la 8e\nde Beethoven, la 6e de Tschaïkowsky, la Dante-Symphonie de Liszt, celle en soLmin, et en\nmi bde Mozart, la 5e de Bruckner, la 3e de Brahms; les variations de Brahms sur un thème\nd'Haydn, le 3e concerto grosso de Bach, un sérénade de Mozart ; les de Mendels-\ns°hn, ouverture du Brachi de Bagdad de Cornélius, variations de Berger, prélude de\nouverture Rosamondede Schubert, messe en mi de Schubert, madrigal de Palestrina, Fan-\ntaisie et fugue pour orgue, de Liszt (K. Sharibe), de Dukas, la 4e symphonie\nde Brahms, ouverture du Freischiïtzy le Préludes de Liszt, ouverture, scherzo et final de\nSchumann, Istarde d Indy. Parmi ces œuvres, il faut citer particulièrement la de\nDraescke, la Dante symphonie de Liszt un peu longue, cependant le concerto grosso de\nBach, 1 apprenti sorcier de Dukas et, avant tout la superbe symphonie en si b de Bruckner,\nQu il est triste de constater qu'en France la majorité des intelligences sont fermées aux œuvres\nde ce maître symphoniste ! Après Berlin, qui avons-nous en France à présenter aux côtés de\nBruckner et de Mahler ? Pourquoi nos jeunes compositeurs ne viennent-ils pas étudier deux\nou trois ans en Allemagne ; sans compromettre leur originalité, ils acquerraient un bon solide\nqui leur manque.\nA cote de ces exécutions orchestrales, signalons celle de avec le superbe Possart.\nAh ! que c était beau ! Hélas, après le beau temps, la pluie ! Pauvre Berlioz, s'il avait entendu sa\nDamnation de Faust massacree comme elle le fut au 9e concert du Gewandhaus, il se fut écrié:\n\" Feux tonnerre !\"et il eût étranglé chanteur et chef d'orchestre ! ô cette course à l'abîme\ntransformée en marche funebre, excécutee dans le plus beau lento qu'on puisse imaginer. Et les\nchœurs de femmes stridents et aigus à donner le frisson ! Les Français qui s'étaient rendus à\ncette exécution étaient indignés.\nPour en revenir a des meilleurs souvenirs, citons la du pianiste E. Schelling,\nune œuvre des plus intéressantes; Schelling deviendra certes l'un des bons compositeurs moder-\nnes , comme exécutant il mérité autant d'éloges que comme compositeur. Parmi les autres\nsolistes applaudis citons le grand Isaye (concerto grosso n° 8 de Corelli et concerto de Beet-\nhoven) ; Pugno (3e concerto de Beethoven et les Djinns), Marteau (concerto de Mendelssohn) ;\ncitons encore les cantatrices E. Gerhardt, Marg. Siems (airs de Mozart et Donizetti), le Dr F.\nvon Kraus. Un excellent violoniste, Alex. Schmulle s'est imposé de nous faire entendre le con-\ncerto de violon de Max Reger et la pianiste Frieda Kwast-Hodapp le concerto de piano du\nmeme compositeur.\nNous croyons préférable de ne pas parler des travaux du Dr Max Reger. On pourrait ici\napplique le mot de Cherubini : \" on n a pas besoin \".\nL'un des concerts du Gewandhaus fut dirigé par Fritz Steinbach, le célèbre chef d'orchestre\ndu Kursaal de Cologne ; sa direction de la 5e de Beethoven et des variations de Brahms fut\nmagistrale. Pour connaître et apprécier Brahms, il faut l'avoir entendu interprété par Steinbach.\nomme n°us 1 avons dit plus haut, l'activité musicale au Gewandhaus est intéressante, mais\nelle devait 1 etre davantage. Du temps de Reinecke, imbu des idées classiques, une certaine"}, {"page_pdf": 120, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.120", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 4253, "texte": "mutine s'expliquait assurément ; à présent, il devrait en être autrement. Les bonnes symphonies\nSSes (Borodine, Rimsky, Glazounow), françaises (Saint-Saëns, Magnard), etc. devraient tenir\n..ne meilleure place dans les programmes de cette société.\nMais, à côté du Gewandhaus à l'allure officielle s'est constituée une société musicale\n— elle date de deux ans, à peine qui a donné une regain de vitalité au mouvement\nmusicien lipsien. Cette société a choisi comme chef d'orchestre Georges Gôhler, l'une des\npersonnalités les plus intéressantes de l'Allemagne musicale. Gôhler est un vrai chef d'orchestre\net non un batteur de mesure. L'interprétation qu'il présente des œuvres exécutés par son\norchestre est parfaite de rythme, de précision, de clarté. Que l'on voudrait voir cet homme\na la tête d'un ensemble symphonique comme celui du Gewandhaus ! il serait un digne\nsuccesseur de Nikisch. Ce n'est pas sans peine que Gôhler s'est maintenu à la tête de la\n«Musikalische Gesellschaft \". De basses critiques, des cabales honteuses ont été tramées contre\nlui par les curieux, les jaloux et les incapables, qui sont légion à Leipzig. Mais il se sentait fort\net il a triomphé de toutes les difficultés. Gôhler, qui est en outre un musicologue apprécié,,\noffre à son public des programmes extrêmement variés et du plus haut intérêt. Il se dévoue\nbeaucoup pour faire connaître la musique française ; c'est ainsi qu'il a dirigé cet hiver Ibèria de\nDebussy, la Fantastique de Berlioz et qu'il annonce la Damoiselle élue de Debussy. L exécution\nde la Symphonie Fantastique du plus grand des maîtres français fut superbe. Il n'y a qu'un détail\na critiquer : l'emploi de pianos au lieu de cloche lors du \" songe d'une nuit de Sabbat . Mais\nla marche au supplice fut enlevée avec un brio étonnant. Nous avons en outre entendu Jehovah,\noratorio de Handel, donné aux le concours du Riedel-Verein (solistes: Eisa Hensel-Schweitzer\nA. Legdheeker, Dr Rœmer, Dr Fr. Plaschki).\nOn se rappelle que le Riedel-Verein qui a participe a 1 exécution de la 8e symphonie de\nMabler à Munich obtient, par l'exécution de cette œuvre, un très vif succès qui s'est répété\naprès celle de Leipzig. A d'autres concerts furent donnés les symphonies en si mineur de\nSchubert, en ut mineur (40 2) de Bruckner, la 8e de Beethoven, une Partita de Fischer pour\ncordes et trompettes, une symphonie concertante de Mozart pour violon et alto (M et M\nPetschnikoff), un concerto de violon de Haydn (Petschnikoff), Lucregia, cantate de Handel\n(A. Legdheeker). A citer tout spécialement le concerto en la, de Liszt, (Ella Raffelson), les\nhndertotenlieder et Lieder einen fahrenden gesellen de G. Mahler (soliste : Cari Leydstiom). Ces\ndeux dernières œuvres, écrites pour ténor et orchestre comptent parmi les meilleuies dues a la\nplume du grand symphoniste. Outre les concerts de la u Société Musicale , G. Gôhler dirige\négalement ceux du Riedel-Verein, la meilleure des sociétés chorales lipsiennes. C est peut-on\ndire, la seule qui présente des exécutions intéressantes, car les chœurs du Gewandhaus et ceux\ndu Bach-Verein sont des plus médiocres. Le premier concert du Riedel-Verein présentait un\nchoix d'œuvres à cappella de Hugo Wolf, Liszt, Grieg, agrémente d œuvres pour orgue (soliste.\nMax Fest) de Puitti (sonate) Eurier Bossi (Pastorale), Brahms (préludé) et Bach (préludé). Ces\nexécutions ont lieu à l'église Saint-Thomas, où Bach tint jadis les grandes oigues ; que la\nmusique religieuse est impressionnante, entendue dans l'ombre et le calme du temple ; on y sent\nsuivant l'expression allemande intraduisible et si caractéristique, une vraie Stimmung. Pouiquoi\nne pas tenter l'essai chez nous? Il est vrai que cela serait peut-etre dificile a realiseï a cause des\nmisérables questions religieuses; on vient d'en avoir la preuve a Liege, en Wallonie; la société\nBach nouvellement fondée par M. Dwelshauvers a rencontre de nombieuse difficultés et oppo-\nsitions de la part du public catholique parce qu'elle projetait de donner ses séances dans le\ntemple protestant de la ville ! Les allemands, plus rigoristes que nous au point de vue religieux\nne voient cependant aucune inconvénient à laisser exécuter de bonne musique religieuse dans\n'ES églises. PAUL MAGNETTE."}, {"page_pdf": 121, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.121", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1287, "texte": "TRIESTE. Notre mouvement musical est devenu très important. Le théâtre Verdi\nnous a donné La Vestale de Spontini et Boris Godounojf de Moussorgsky, sous l'excellente\ndirection de M. R. Ferrari. Et nous aurons bientôt le Crépuscule, Salomè et le Chevalier à la Rost.\nLes virtuoses sont venus nous rendre visite: Pablo Casais, Franz von Vescey, Maria Carreras\nle jeune hollandais Jan Sickesz.\nLe \" Quatuor de Trieste\"est une des manifestations les plus importantes de notre vie\nmusicale. Les artistes qui le composent (MM. Jancovich, Viezzoli. Dudovich, Baraldi)\nmontrent une parfaite compréhension des œuvres modernes : Quatuor de Debussy, œuvres de\nd'lndy, Ravel, Reger, Strauss, Borodine, Tchaïkowsky, Dvorak, Sinding, etc...\nSignalons, entre autres nouveautés musicales le quatuor de M. Carlo Perinello, professeur\nau Conservatoire de Trieste, qui nous fut révélé dernièrement et efforçons-nous d'attendre sans\ntrop d'impatience l'exécution d'un poème symphonique du même auteur intitulé \" La rafale\nde printemps.\" jy/L jsf.\n1\nGENEVE. Le piofesseur K.ling a organisé un intéressant concert au cours duquel\nIVI. Kling fils s est fait entendre sur la viole d amour ; un double quatuor vocal exécuta à la\nperfection trois psaumes de L. sous la direction du professeur Kling."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c084", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c084", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 122, "image_fin": 122, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.31", "titre_corps": "Cours et Conférences", "titre_sommaire": "Cours et Conférences", "signature_source": "Gabriel Rouchés", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 122, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.122", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2949, "texte": "Cours et Conférences\nGabriel Rouchés.\nLES GRANDES EPOQUES DE LA MUSIQUE. Dans ses dernières conférences\nM. Landormy a parlé de la vie et de l'œuvre de César Franck, puis il a passé en revue ses\nsuccesseurs immédiats et à leur suite ceux qu'on pourrait appeler ses petits fils, notamment la\njeune génération sortie de la Schola. Pour la fin, M. L. avait gardé les impressionnistes et les\nindépendants, dont le premier en date fut Chabrier. La personnalité de M. Debussy fut\nanalysée avec infiniment de mesure et de circonspection.\nINSTITUT FRANÇAIS DE FLORENCE. (Université de Grenoble). M. Paul-\nMarie Masson, chargé de conférences d'histoire de la musique, fait cette année son cours\npublic sur La musique française depuis le seizième siècle jusquà Gluck. Voici les titres de quelques\nleçons ou groupes de leçons professées depuis le début de décembre, date de l'ouverture du\ncours : La musique en France à la fin du XFQ siècle, La polyphonie franco-flamande, La \" chanson\nfrançaise \" du XVlQ siècle, La musique instrumentale en France au 2f/7/0 siècle, UHumanisme et\nia Réforme dans la musique française, Le ballet de cour, Uair de cour dans la première moitié du\nXVI/e siècle, Jean-Baptiste Lulli et les origines de l'opéra français.\nCours réservé aux étudiants inscrits : Explication historique et critique de textes musi-\ncaux relatifs à l'histoire de l'opéra italien au XVIIe siècle.\nHAUTES ETUDES SOCIALES.— M. Pirro consacra quatre séances (13,20,27 Janvier\net 3 Février) à étudier la musique instrumentale de Buxtehude dont l'an dernier il avait ana-\nlysé les cantates. M. P. s'est tout d'abord occupé des sonates pour cordes et clavecins, ce qui\nFa amené, comme entrée en matière, à parler de la musique de chambre en Allemagne à cette\népoque, constituée par deux groupes principaux : les suites, à l'origine formées par des danses,\nles sonates que les Italiens avaient introduites. M. P. a ensuite entretenu son auditoire des\npièces pour orgues, puis des chorals pour orgues et enfin des pièces pour clavecins.\nM. Calvocoressi (10 Février) a passé en revue les dernières manifestations du théâtre\nlyrique. Macbeth accueillie avec sévérité, mais sans antipathie est une œuvre honorable, mais\ndéplaisante, le sujet prêtant peu à la musique ; l'auteur avait trop présumé de ses forces. Le\nlivret de Don Quichotte est un abominable sacrilège, où M. Cain s'est inspiré non du chef\nd'oeuvre de Cervantès, mais d'une élucubration du savetier poète Le Lorrain. Quant a la\nmusique, M. Massenet n'a cherché qu'à plaire.\nL Ancêtre de Saint Saëns est d'une plus haute tenue artistique mais on n'y trouve rien\nqui étonne.\nLe Miracle de Georges Huë permet à M. C. de critiquer avec justesse le fameux article\ndu cahier des charges de l'opéra. Le Miracle est un gros opéra. M. Georges Huë s y est\nessouflé.\nM. Prunières (17, 24 Février) a montré comment l'opéra italien s'implanta en France\ngrâce à Mazarin et comment les éléments nationaux prévalurent."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c085", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c085", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 123, "image_fin": 124, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.32", "titre_corps": "Çà et Là", "titre_sommaire": "Çà et Là", "signature_source": "L. Lépagnole", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 123, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.123", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3346, "texte": "Çà et Là\n\nLE CŒUR DE L'AMIRAL DUQUESNE.\nEn 1901 la coquette ville d'Aubonne, construite sur les bords du Léman, organisa\nun concours de musique, qui réunit la plus grande partie des sociétés du canton de Vaud.\nAubonne, située en plein vignoble Vaudois, a conservé les mœurs des anciens habitants\ndu pays. Les jeunes filles portent encore le costume traditionnel, jupe rouge, brassières noires\net chemisettes blanche. C'est à la fois, coquet et pittoresque.\nLe concours devait avoir lieu à 10 heures. On avait choisi comme local, un vieux temple\nprotestant, austère et froid, aux parois des murs gris et humides étaient inscrits des versets de\nla Bible.\nAu centre, une chaire et à l'extrémité nord une tribune sur laquelle on avait installé le\nlutrin et les orgues. Le jury dont je faisais partie prit place sur cette tribune en attendant les\norphéonistes concurrents. Nous étions convoqués pour 10 heures, mais les musiques que nous\navions à juger, nous faisaient compter de longues pauses. En Suisse, les discours priment l'har-\nmonie, comme il s'agissait de remettre le drapeau fédéral aux Sociétés Vaudoises, cela prit\nbeaucoup plus de temps qu'il avait été prévu, car les orateurs étaient nombreux et abondants.\nA onze heures, nous attendions encore.\nPendant ce long loisir, l'éminent compositeur J. Ritz et moi, furetions dans tous les coins\ndu vieil édifice, pour y cherher quelques dates, quelques anciens souvenirs du temps passé mais\nrien, deux ou trois pierres tombales sans grande importance, quelques inscriptions sans valeur.\nNous allions battre en retraite, lorsque dans un angle bien éclairé par de larges vitraux nous\naperçûmes une grande plaque de marbre scellée dans la muraille. Nous nous approchâmes\navec curiosité et à notre grand étonnement nous lûmes cette inscription :\n\" Arrête tes pas, voyageur. Ici est conservé le cœur d'un invincible héros: le très noble et\ntrès illustre Abraham Duquesne, de Walgrand, de Monrose, de Quérichaud, d'lndrette. etc.\namiral des flottes françaises, dont l'âme est dans ces lieux, mais dont le corps n'a trouvé encore\nnulle part de sépulture. Toutefois, jamais ne sera enseveli le souvenir de ses exploits. Si tu\npeux ignorer la fidélité incorruptible d'un si grand homme envers son prince, son courage iné-\nbranlable dans les combats, sa sagesse extraordinaire dans les conseils, la noblesse et l'élévation\nde son âme, son zèle ardent pour la vraie Religion, interroge la Cour, l'Armée, l'Eglise ou\nplutôt l'Asie, l'Afrique et les deux mers.\nMais si tu demandes pourquoi il a été élevé un superbe monument au vaillant Ruyter, et\naucun au vainqueur de Ruyter, le respect du au roi dont la puissance s'étend au loin, empêche\nde répondre. Henri son fils aimé, seigneur de cette terre et patron de cette église, lui à érigé\ndans le deuil et les larmes ce triste monument de sa douleur en l'année 1700 \"\nIl était donc vrai que le cœur du grand amiral reposait dans ce modeste temple des bords\ndu Léman. Cette inscription empreinte d'un sens mystique, laisse échapper une amertune que\nles dessous de l'histoire peuvent seuls expliquer.\nDuquesne, naquit à Dieppe en 1610, d'une famille protestante. Il fut le vainqueur en\n1676 du fameux Ruyter, amiral hollandais surnommé le roi de la mer et la terreur delà\nManche. Il bombarda Alger en 1683, et Gènes, en 1684. Louis XIV fit rendre les honneurs"}, {"page_pdf": 124, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.124", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 962, "texte": "3U vaincu de Duquesne, mais parce que celui-ci était protestant, il ne put jamais s'éléver\nqu'au grade de lieutenant-général. La révocation de l'édit de Nantes le disgracia, il fut oublié\net mourut au Bouchet en 1688.\nJe dois à l'obligeance de M. Perret, syndic d'Aubonne, quelques renseignements complé-\nmentaires sur ce curieux monument peu connu des touristes et des étrangers.\nIl y a plusieurs années, une délégation de la ville de Dieppe, se rendit à Aubonne pour\nêtre autorisée à reprendre le cœur du grand Marin et à le reporter dans sa ville natale.\nLa municipalité Vaudoise s'y opposa une grande cérémonie eut lieu, la pierre fut descellée\net les délégués Dieppois purent constater que le cœur de leur illustre compatriote était encore\nintact et bien conservé.\nAinsi qu'on le voit la musique mène à beaucoup de choses, et les lecteurs de\nMusicale, grâce au concours d'Aubonne profiteront d'une intéressante leçon d'histoire.\n\nL. Lépagnole."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c087", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c087", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "couv. 2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.33", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1233, "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇA\nAMIS T>E LA MUSIQUE\nCOMITÉ D'HONNEUR\nM. le Président d\nM. le Ministre de V Instruction Publique et des Beaux-Arts.\nM. le Sous-Secrétaire d\nM. Gabriel FAURÈ, Dir\nM. Henry MARCEL, ancien Directeur des Beaux-Arts, Administrateur général\nde la Bibliothèque\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nPRÉSIDENT\nM. LE COMTE GASTON CHANDON DE\nBRIAILLES.\nVICE-PRÉSIDENTS\nM. LE PRINCE A. D'ARENBERG,\nM. LOUIS BARTHOU, député,\ndes sceaux.\nM. GUSTAVE BERLY,\nM. ADOLPHE BRISSON,\nTRÉSORIER\nM. LÉO SACHS.\nDIRECTEUR ARTISTIQUE\nM. GUSTAVE BRET.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL\nM. J. ECORCHEVILLE, docteur ès-lettres.\nSECRÉTAIRE DU CONSEIL\nM. J. PASQUIER.\nMEMBRES DU CONSEIL\nMME ALEXANDRE ANDRÉ.\nMME LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, d\nraire au ministère des finances.\nM. LÉON BOURGEOIS,\nministre.\nM. FRANZ CUSTOT.\nMME MICHEL EPHRUSSI.\nM. GEORGES GAIFFE.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE.\nM. JEAN WEBER,\nM. Louis HAVET, de Vlnstitut, ptofesseut\nau Collège de Fra\nMME DANIEL HERMANN.\nMME HENRY HOTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nMME LA COMTESSE PAUL DE POURTALÈS.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND,\nFaculté aes Lettres\nM. 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Le Ttesor d Orphée, par Antoine Francisque, tablature de\nluth, transcrite pour piano à deux mains; i volume in 40 de 100 pages ... sfp\nJ. ECORCHEVILLE. Actes d'Etat civil d'artistes musiciens insinués au\nChâtelet de Paris (1539-1650) ; 1 volume in-40\nA. GASTOUE. Catalogue des mss. de musique byzantine conservés dans\nles bibliothèques de France; 1 volume in-40 \" 20 fr\nP. AUBRY. Cent motets du XHIe siècle, tirés du ms. Ed. VI-4 de la\nBibliothèque de Bamberg; 3 volumes in-40 • 150 fr\nP. AUBRY. Le Chansonnier français de l'Arsenal (XHIe siècle), 15 livrai-\nsons ti imesti ielles de 32 planches phototypiques avec la transcription des\nmélodies en notation moderne. Notices par M. A. Jeanroy, professeur à la\nFaculté des Lettres de Toulouse. La livraison 10 fr\n(On ne souscrit qu'à l'ensemble de la publication.)\nSC* BREIIsfST. Les Musiciens de la Sainte~ —Un volume\nin-4* de 300 pages 15 fr\nJ. ECORCHE VILLE. Catalogue du fonds de Musique ancienne de la Biblio-\nthèque Nationale (jusqu'en 1750.) Huit volumes de 250 pages chacun,\ncontenant dix mille thèmes de musique, et de nombreux fac-similé. L'ouvragé\ncomPlet 500 ft.\nSOUS PRESSE\nH. QUITTARD. L'Œuvre de clavecin d d'après l'édition de\n1670 et le manuscrit Vlll7 1852 de la Bibliothèque nationale. Un volume\nin-40 de 100 pages de musique g »,\nEN PRÉPARATION\nA. PIRRO. Les correspondants du Père Publication de la cor-\nrespondance musicale adressée à Mersenne et conservée à la Bibliothèque\nNationale. Vol. I (J.B. Dont) Un volume in-40 de 200 pages\nDE LA TIAURENCIE. Les Musiciens de la Maison du Roy aux XVII0 et\nXVIII0 siècles. (Inventaire musical de la Série O' des Archives nationales)\nDeux volumes de 200 pages chacun.\nE. BLOCHET. Traité de Musique, composé par Sharaf ed-Din Haroun.\n(XIII siecle), d après le manuscrit original de la Bibliothèque Nationale.\nTraduction et fac-similé du texte Arabe. Un volume in-40 de 100 pages.\nH. DE CURZON. Correspondance des Directeurs de l'Opéra, conservée aux\nArchives Nationales. Un volume in-40 de 150 pages.\nL. LALOY. Kîn pou.Recueil d'Airs pour le ou luth chinois transcrits\nde la tablature.\nLE COMITÉ DE LA PUBLICATION :\nP. Aubry, M. Brenet, L. Dauriac, J. Ecorcheville, H, Expert, L. delà Laurencie,\nCh. Malherbe, E. Poirée, G. Prod'homme, R. Rolland, J. 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Le Printemps\npoème musical pour piano et Violon\n(a) Moderato (b) Scherzo\n(c) Intermezzo (d) Rondo\nM. GELOSO L'auteur\n11. Hélas ! tout travaille !\npoésie de V. Hugo.\nM. PLAMONDON L'auteur\n111. L'Antéchrist! (fragments)\npoésie de V. Hugo.\nM. JAN REDER L'auteur\nIV. 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La Prière du Poète\npoésie de R. de Montesquiou\nExtase\npoésie de V. Hugo\nM. PLAMONDON L'auteur\nVI. Si vous n'avez rien à me\ndire\npoésie de V. Hugo\nA l'Epreuve\npoésie de Carmen Sylva\nM. JAN REDER L'auteur\nVIL Deux morceaux pour piano\n(a) La chanson du Rossignol\n(b) Impromptu L'auteur\nVIII. Pluie d'Eté\npoésie lyrique : poésie de V. Hugo\nM. 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ROUSSEL\nC. SAINT-SAENS\nVincent D'INDY\nQuatuor à Cordes. MM. HAYOT,\nANDRÉ, DENAYER, SALMON.\nRustiques, pour Piano.\nDanse au bord de l'eau.\nPromenade sentimentale en forêt.\nRetour de Fête.\nMademoiselle Blanche SELVA.\nDeuxième Sonate, pour Violoncelle\net Piano.\nMM. 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WITKOWSKI Quatuor à Cordes. MM. HAYOT,\nANDRÉ, DENAYER, SALMON.\nPaul DUKAS Variations, Interlude et Finale, sur\nun Thème de J.-Ph. RAMEAU-\nMademoiselle Blanche SELVA.\nVincent D'INDY Sonate pour Violon et Piano.\nM. Armand PARENT et Mlle\nMarthe DRON.\nCh.-WiDOR Quatuor pour Violon, Alto, Vio-\nloncelle et Piano.\nMM. 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MM. HAYOT, ANDRÉ, DENAYER, SALMON.\nJ. GUY-ROPARTZ Sonate, pour Violoncelle et Piano. MM. Fernand POLLAIN et Robert-LoRTAT.\nClaude DEBUSSY Préludes pour Piano. L'AUTEUR.\nC. SAINT-SAENS Deuxième Trio pour Violon, Violoncelle et Piano. MM. HAYOT, SALMON et Robert-LoRTAT.\nPRIX DES PLACES :\nParquet 6 fr.\nIre Galerie, ler1er Rang 4 fr.\nIre. Galerie, 2me Rang 3 fr.\n2me Galerie 2 fr.\nBILLETS chez MM. DURAND & Cie 4, Place de la Madeleine ; et à I'ADMINISTRATION DE CONCERTS\nA. DANDELOT, 83, Rue d'Amsterdam. Teleph. 113-25."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c108", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c108", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 95, "image_fin": 95, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.54", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.95", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 423, "texte": "Rouart, Lerolle ô Cia\nÉDITEURS DE MUSIQUE\n18, BOULEVARD DE STRASBOURG - PARIS\n*\nLe plus grand abonnement de France\nservice : Maison GAVEAU, 45, rue de la Boëtie.\nTOUTE LA MUSIQUE en lecture\nDépositaires exclusifs de l'édition Universelle\nEdition classique, la meilleure, la plus moderne et la\nmoins chère.\nŒuvres de Bruckner, Mahler, A. Strauss etc.\nG. Mahler -4e Symphonie 4 mains . nette 12 fr.\n„ „ part, de poche „ 8 fr."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c109", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c109", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 96, "image_fin": 96, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.55", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.96", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 653, "texte": "Bibliothèque Tournante Terquem\nPOUR LIVRES ET MUSIQUE\nAPPUI-LIVRES, CHEVALETS, CLASSEURS A RIDEAUX\nARTICLES DE BUREAUX RICHES ET HAUTE FANTAISIE\nEM. TERQUEM\n19, RUE SCRIBE\nTOUT MUSICIEN\ndoit avoir une BIBLIOTHÈQUE TOUR-\nNANTE TERQUEM adaptée spécialement\npour la musique. Il n'est pas de CASIER A\nMUSIQUE plus élégant, plus pratique et meil-\nleur marché.\nTOUT MUSICIEN devrait grâce au\n\" Terqi \" relier sa musique lui-même sans perte\nde temps, et mieux qu'un relieur dont les\nvolumes NE S'OUVRENT PAS.\nDemandez nos catalogues et nos prospectus envoyés franco :\nEM. TERQUEM\nTéléphone 303=59 19, fUe Scribe, PARIS Téléphone 303=59\n3B*\nf\ntfc\nsrï:\nm\nm\nM\nfiw"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c110", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c110", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 97, "image_fin": 97, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.56", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.97", "debut_caractere": 3, "fin_caractere_exclue": 64, "texte": "CONCERTS ANNONCES\nSALLES PLEYEL\nConcerts du mois de Mars 1911"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c111", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c111", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 97, "image_fin": 97, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.57", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.97", "debut_caractere": 66, "fin_caractere_exclue": 524, "texte": "Grande Salle\n15 Mr Joseph Debroux (3me séance)\n16 M™ la Comtesse de Skarbek .\n17 MUe Georgette Guller . .\n18 Mlle Carcassonne (avec orchestre)\n19 Mlle J. Moutel (Elèves) . . . .\n20 Mlle Stella Goudeket (2me séance)\n20 Ml-6 Mitault-Steiger\n21 Mr Léon Perlmutter\n22 Mlle Adeline Bailer\n24 Mlle Pauline Girard\n25 Mme Camille Cheviliard (Elèves)\n25 La Société Nationale de Musique\n(5me séance)\n26 Mlle Alice Sauvrezis (Elèves). .\n27 Le Quatuor Capet (5™ séance)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c112", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c112", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 97, "image_fin": 97, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.58", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.97", "debut_caractere": 526, "fin_caractere_exclue": 959, "texte": "28 Mme Wanda Lancîowska . . .\n29 Mme Riss-Arbeau\n30 La Société des Compositeurs de\nMusique (3me séance) . . . .\n31 Le Quatuor Capet (6me séance) .\nSalle des Quatuors\n16 M,le Hortense Parent (Elèves) .\n17 La Société de Musique Nouvelle\n(2me séance)\n18 Mlle Henriette Gaston . . . .\n19 Mme Asselin (Elèves) . . . .\n25 Mr Henri Schikel\n26 Mmc Edouard Lyon (Elèves) . .\n29 Le Quatuor Calliat (3me séance).\n30 Mme M. Ferant (Elèves) . . ."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c113", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c113", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 97, "image_fin": 97, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.59", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.97", "debut_caractere": 961, "fin_caractere_exclue": 2718, "texte": "SALLE ERARD\n15 Mars. Société de Musique Moderne Française ii heures du soir\n16 ~ Mlle Landsmann (Piano) iè heures du soir\n17 „ Mr Wittacker (Piano) . . . ij heures du soir\n18 „ Orphelinat de l'lmprimerie Nationale (Concert de Charité) . . i£ heures du soir\n19 „ Mll<J Thuillier (Matinée d'élèves) heures du soir\n20 „ Mme Stiévenard (Piano) 9 heures du soir\n21 ~ Mlle Ferrère-Jullien (Piano) , 9 heures du soir\n22 „ Société de Musique Moderne Française. 9 heures du soir\n24 ~ Mr et Mme Fleury (Piano et Flûte) 9 heures du soir\n26 „ Mr Wintzvveiller (Matinée d'élèves) iè heures du soir\n27 ~ Mr Lazare Lévy (Piano) . . . . 9 heures du soir\n28 „ Mr Marcel Crandjany (Harpe) . . ' 9 heures du soir\n29 „ Société de Musique Moderne Française 9 heures du soir\n30 „ Mr Montoriol-Tarrès (Piano) 9 heures du soir\n31 ~ Mr Rierra (Audition d'élèves) 9 heures du soir\nSALLES GAVEAU\n15 Mars. Salle des Concerts Concert Leech 9 heures\n16 „ „ Répétition Publique Bach , 4 heures\n16 „ „ Mission G, Smith heures\n17 „ „ Mission G. Smith . 2\\ heures\n17 „ „ Concert Société Bach 9 heures\n18 „ „ Mission G. Smith heures\n18 „ ~ Concert Cercle Musical 9 heures\n19 „ ~ Concert Lamoureux • . • 3 heures\n20 „ „ Mission Smith 8 heures\n20 „ „ Mission Smith 2\\ heures\n20 „ ~ Concert Leech (avec orchestre) 9 heures\n21 „ „ Concert Sonia Darbell (avec orchestre) 9 heures\n22 ~ „ Concert Villy Bansen 9 heures\n24 M „ Société Musicale Indépendante 9 heures\n25 v „ Concert Cercle Musical (orchestre) 9 heures\n26 „ ~ Concert Lamoureux 3 heures\n27 „ „ Concert Madame Kutscherra 9 heures\n29 „ ,t Concert Infante Vela Sala . , 9 heures\n30 „ „ Concert Desrez 9 heures\n20 Mars. Salle des Quatuors Concert U.F.P.C. , 2 heures\n29 n ~ Conférence de Mgr. 8010 4 heures\n30 „ v Audition Résiliât 2 heures"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c114", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c114", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 99, "image_fin": 99, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.60", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.99", "debut_caractere": 2808, "fin_caractere_exclue": 2977, "texte": "Le prochain numéro de la S. 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M. sera en grande partie consacré\nEMMANUEL CHABRIER\nLettres inédites « Vingt portraits inédits de Chabrier\nQuadrille sur Tristan à 4 mains"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c115", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c115", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 121, "image_fin": 121, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.61", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 121, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.121", "debut_caractere": 1289, "fin_caractere_exclue": 1893, "texte": "SOCIÉTÉ MUSICALE G. ASTRUC & Co.\nSALLE PLEYEL, 22, rue Rochechouart\nMARDI 28 MARS 1911, à 9 heures précises du soir\nWanda LANDOWSKA\nPIANO ET CLAVECIN\nPROGRAMME\nI. Sonate en ré majeur (au piano) .... W.A. MOZART\nFantaisie chromatique et Fugue (au clavecin) . . J.S. BACH\nII. Deux polonaises (au piano) ..... W. FR. BACH\nLe Coucou (au piano) GASP. KERL\nPréludes et fugues du Clavecin bien tempéré (au clavecin) J.S. BACH\nIII. Virginalistes anglais de l'époque de Shakespeare (au clavecin)\nOn houve des billets : chez MM. DURAND, 4, place de la Madeleine, chezGRUS, 116, Boulevard\nHaussmann et chez Madame L"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c116", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c116", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 125, "image_fin": 125, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.62", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 125, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.125", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 18, "texte": "Courrier Financier"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c117", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c117", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 125, "image_fin": 125, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.63", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 125, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.125", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 3371, "texte": "La baisse continue des cours des obligations et actions de nos grandes Compagnies de\nChemins de fer est actuellement un des événements financiers les plus préoccupants.\nDes économistes éminents lui ont attribué une telle importance qu'un Syndicat vient de\nse constituer sous la Présidence de M. A. Lebon, Ancien Ministre, pour la défense des\nintérêts des porteurs de valeurs des Chemins de fer français.\nQue cette baisse ininterrompue soit due, en grande partie, à des causes particulières, telles\nque la désorganisation du personnel de nos grandes Compagnies, l'Etatisation de certaines lignes,\nles préoccupations d'ordre fiscal, etc.., cela est certain ; mais il y a une autre cause plus\nimportante et, en tout cas, plus générale qui vient précisément d'être mise en évidence par\nM. Neymark, dans une conférence faite au dernier dîner mensuel de la Société d'Economie\nPolitique et qui mérite de retenir un instant notre attention.\nM. Neymark, constate qu'il y a toujours en France u abondances d'épargnes annuelles,\nde capitaux disponibles, de ressources \" mais que, de plus en plus, nos capitaux ont tendance à\némigrer à l'étranger ; et, à son avis, les causes de cette émigration sont de trois sortes :\nD'abord, l'obsession fiscale, les attaques continuelles contre le capital, et ce qu'une\ncertaine école appelle le \" capitalisme. \"\nEnsuite, l'absence de grandes entreprises françaises nouvelles ayant besoin de nombreux\ncapitaux.\nMais, à son avis, la cause la plus efficiente est la diminution du rendement des titres à\nrevenu fixe et l'accroissement des besoins et des dépenses.\nLe capitaliste, par nécessité ou pour se donner un peu plus de bien-être et de satisfaction\nmatérielle, est incité à chercher des placements plus productifs. Ce qui est aujourd'hui besoin\npour nous était luxe pour nos parents, et nos arrière-parents n'y songeaient même pas. Le\ncapitaliste a voulu accroître son revenu ; il a commencé par se porter sur des titres qui\nrapportaient un peu plus que les autres, il y a eu une véritable poussée et, suivant une\nexpression d'Adam Smith, le possesseur d'un capital s'est mis à la recherche d'un autre\npossesseur de capital pour le déloger de son placement, si ce placement rapportait davantage\nque le sien propre.\nCela se comprend si l'on considère que les placements en Fonds étrangers effectués\npar nous depuis une trentaine d'années — particulièrement depuis 1890 — ont été fort\nproductifs ; ils ont donné un accroissement de capital et une augmentation de revenu sensibles.\nA l'exception des fonds anglais, pour des causes spéciales, tous les autres fonds étrangers\nachetés à cette époque et depuis cette époque, sauf encore en 1897 et 1898, époque à\nlaquelle tous les fonds d'Etat, sans aucune distinction, ont atteint leurs plus hauts cours, tous\nont procuré ou donné un accroissement de capital et une augmentation de revenu.\nCette opinion d'un éminent Economiste était d'autant plus intéressante à connaître qu'il\nne s'agit pas d'une appréciation personnelle, mais de la constatation pure et simple d'une\norientation nouvelle des capitaux.\nIl est certain que, dès à présent, on 11e peut pas présager utilement de l'influence que\nprendra sur la cote des valeurs de nos grandes Compagnies de Chemins de fer, la constitution\nd'un Comité de Défense. Ce que l'on peut dire, c'est que la Présidence en a été assumée par"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c118", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c118", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 126, "image_fin": 126, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.64", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 126, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.126", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 648, "texte": "un homme de grande valeur, très à même de rallier à son inflnence l'élite du monde financier\net par conséquent de former un groupement influent.\nLa question qui se pose donc est de savoir si la volonté humaine peut réagir utilement\ncontre les événements ou si l'évolution naturelle des forces économiques n'est pas plus\npuissante que les digues qu'on cherche à lui opposer.\nNous souhaitons, dans l'intérêt des nombreux porteurs d'actions et surtout d'obligations\nde Chemins de fer, que l'avenir donne raison à M. A. Lebon et à ceux qui l'auront suivi.\nSociété Auxiliaire des Banques Régionales\n34, rue de la Victoire, Paris."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-03-15-01-c119", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-03-15_01#c119", "volume": "bmtnabh_1911-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 127, "image_fin": 127, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.2.65", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 127, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.127", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1028, "texte": "NOS CORRESPONDANTS EN PROVINCE\nLangres\nLaon\nLaval\nLe Havre\nLe Puy\nLille\nLimoges\nLo rient\nLyon\nMâcoti\nMarseille\nM on tanban\nMontbeliard\nMont de Marsan\nMontluçon\nMontpellier\nMoulins\nNancy\nNantes\nNarbonne\nNevers\nNice\nNîmes\nNiort\nOr an\nPau\nPerigeux\nPoitiers\nPrivas\nReims\nRennes\nRethel\nRodez\nRouen\nSables dOlonne\nSaint Brieuc\nSaint Etienne\nSaint Jean de Luz\nSaint Lo\nSaint Quentin\nSalon\nSaumur\nSedan\nSentis\nToulon\nToulouse\nTours\nTrouville\nValence\nValenciennes\nVannes\nVerdun\nVersailles\nVesoul\nMM. P. Balland\nSt. Maurice\nP. Morton\nJ. G, Aubry\nM. Versepuy\nP. Cavro\nCh. Lalo\nCh. Sinoir\nE. Baux\nOberdoerfer\nJ. Bon ni n\nAbadie\nvan Campo\nDarrieux\nHours\nE. Pétrin\nL. Vierge\nParisot\nDr. Ballereau\nE. L. Fabre\nGauthron-Petit\nH, Fortis\nL. Blanc\nSutter\nPerret-Boutry\nL. Daran\nF. Courtey\nM. Hachette\nA. Ruff\nP. Dazy\nH. Delalande\nDr. Gobinet\nL. Froment\nP. L. Robert\nPineault\nGaudu\nE, Michel\nMlle Genty\nP. Levatois\nMme Marchand\nL. Liautaud\nFouquet\nA. Parisset\nTinel\nGrégoire\nHugounenc\nHennion\nPoret\nDepeux\nL. Théry\nP. Tarnier\nDeshayes\nHardy\nLanzoni"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.1", "texte": "yije Année.\nN° 3.\n- • , * ■ -\n15 Mars 1911.\nI ! 1 ■ jS OH\ni «11» a h ■ ■\nwssb\nREVUE MUSICALE MENSUELLE\nRÉDACTION :\n2J' Rue St. Augustin, PARIS.\nTéléphone 204.20\nLibrairie CH. DELAGRAVE\n15, rue Souffîot, PARIS,\nLe numéro: y.,\nFrance 6t Belgique 1fr,50 Union 2 fp.\nUn an - 15fr. - 20 fr.\nCopyright by S. I. M 1911*\n\niiOILEAU & SYLVIE, histoire d'une romance, par A. Rey. 0 GESTt. FACIAL & GESTE. LARYNGÉ,\n»r R, Fournier et Dr P. Laurens. 0 ERIK SATIE, par J. lE. avec un |poftra't par Antoine de Urocheroucau.d.\nû SOUVENIRS DE FAMILLE DE H. M. BLRTON, pa* M. ieneo, {Suite).\n0 LES LIVRES 0\ni |\nLETTRE DE VOYAGE, par Wanda Undowska, <vec un portrait de Granados par N«» r * LEURS\nMAINS, (Mains de G. HHt et de S.toO. par P. LE IRCSENRAVAUER p.\nLazare Ponelle. 0 A TRAVERS LES REVUES * LEDITION MUSICALE.\n0 THEATRES ET CONCERTS. 0"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.2", "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇA\nAMIS T>E LA MUSIQUE\nCOMITÉ D'HONNEUR\nM. le Président d\nM. le Ministre de V Instruction Publique et des Beaux-Arts.\nM. le Sous-Secrétaire d\nM. Gabriel FAURÈ, Dir\nM. Henry MARCEL, ancien Directeur des Beaux-Arts, Administrateur général\nde la Bibliothèque\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nPRÉSIDENT\nM. LE COMTE GASTON CHANDON DE\nBRIAILLES.\nVICE-PRÉSIDENTS\nM. LE PRINCE A. D'ARENBERG,\nM. LOUIS BARTHOU, député,\ndes sceaux.\nM. GUSTAVE BERLY,\nM. ADOLPHE BRISSON,\nTRÉSORIER\nM. LÉO SACHS.\nDIRECTEUR ARTISTIQUE\nM. GUSTAVE BRET.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL\nM. J. ECORCHEVILLE, docteur ès-lettres.\nSECRÉTAIRE DU CONSEIL\nM. J. PASQUIER.\nMEMBRES DU CONSEIL\nMME ALEXANDRE ANDRÉ.\nMME LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, d\nraire au ministère des finances.\nM. LÉON BOURGEOIS,\nministre.\nM. FRANZ CUSTOT.\nMME MICHEL EPHRUSSI.\nM. GEORGES GAIFFE.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE.\nM. JEAN WEBER,\nM. Louis HAVET, de Vlnstitut, ptofesseut\nau Collège de Fra\nMME DANIEL HERMANN.\nMME HENRY HOTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nMME LA COMTESSE PAUL DE POURTALÈS.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND,\nFaculté aes Lettres\nM. Louis SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nMME TERNAUX-COMPANS.\nagrégé de V Université."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.3", "texte": "I\n\nBOILEAU ET SILVIE\nHISTOIRE D'UNE ROMANCE\n\nLe Supplément des de Ppublié en 1639, peu avant le\ntemps qui va nous occuper, donne, sous le titre \" du lieu de Saint-Prix\nla page suivante 1 :\nA cinq lieues de Paris, et deux de Montmorency, du même côté, est le village\nde Saint-Prix, célèbre pour la dévotion qu'une bonne partie de la France a à ce\nsaint martyr, vu qu'au mois de juillet, le douzième, jour de sa fête, et le dimanche\nensuite, il s'y trouve si grande quantité de peuple, tant de Paris que de divers\nendroits, qu'il n'est presque pas possible d'entrer en l'église, et, tout le long de\nl'année, ce ne sont que pèlerinages pour des personnes impotentes des bras et des\njambes, dont plusieurs, selon leur foi, en ont ressenti de grands soulagements ;\nbeaucoup de miracles s'y sont faits, qui rendent la vénération plus ardente ; son\nautel est entouré de potences2, mains, jambes et pieds de cire, les uns les y ayant\nlaissées (sic) après avoir reçu guérison ; les autres, pour l'accomplissement du voeu\nqu'ils y font, y laissent ces jambes et bras de cire.\nLe sanctuaire de Saint-Prix, fréquenté surtout par le peuple, nous dit-\non, attirait aussi parfois les beaux esprits. L'un d'eux a conté son\npèlerinage et sa déconvenue ; cas extraordinaire assurément, et qui ne\n\n1 Supplément des Antiquités de Paris, avec tout ce qui s'est fait et passé de plus remarquable depuis Vannée 1610\njusquà présent ; par D. H. 1., avocat au parlement (Jobert ?). Paris, 1639, in-40, p. 96.\n* Ce sont des béquilles."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.4", "texte": "2\nS. I. M.\n\nprouve rien contre la foi des autres : il n'avait pas, au fond, le désir d'être\nguéri. Il était poète ; écoutez sa plainte : •\nJ'ai beau m'en aller à Saint-Prit.\nCe saint, qui de tous maux guérit,\nNe saurait me guérir de mon amour extrême.\nBelle Philis, il le faut avouer,\nSi vous ne prenez soin de me guérir vous-même,\nJe ne sais plus du tout à quel saint me vouer.\nQuel rimeur a tourné cela ?... Chaulieu ? ... Benserade ?... Sûre-\nment quelque profès en l'art des ruelles. Non, vous en êtes à la foi\ntrès près et très loin. L'auteur de cette épigramme, ainsi parlait-or\nalors, ne la récitait que pour s'en moquer, et pour en faire voir lc\nridicule : \" Quand je mourrai, disait-il en riant, je veux la laisser à M. de\nBenserade. Elle lui appartient de droit ; j'entends pour le style.\" Le tour\nde main était en effet celui de Benserade ; mais la main, —!qui l'eût dit:\ncelle de Boileau. Ainsi le satirique du grand siècle,\nDe tout faux bel esprit l'ennemi redouté,\nconfessa-t-il que, dans un écart de jeunesse, il avait dérobé une fleur au\njardin des Précieuses.\nLe zèle indiscret d'un Brossette, l'avocat lyonnais, commentateur et\nconfident de Boileau, a conservé le madrigal ; n'osant pas cependant,\naprès cette condamnation qu'il rapporte lui-même, le mettre, au rang des\nœuvres avouées, il l'a rélégué dans le demi-jour d'une note, au bas de la\npage \\Mais ce n'est pas à nous de railler sa dévotion, puisqu'elle a\nperpétué le souvenir de cet événement : Boileau est venu à Saint-Prix.\nEn quel temps ? En quelle compagnie ? Belle matière pour l'historien\ndu village ! Il n'aura garde de la laisser échapper. Que les personnes de\nhaute littérature ne se hâtent pas de sourire de sa gravité et de sa décou-\nverte. Les petites choses tiennent à de plus grandes ; il est possible que\ntout ne soit pas à dédaigner, pour les commentateurs et les biographes\nde Despréaux, dans le mince tribut offert par Saint-Prix à la mémoire\ndu poète.\n\n1 Œuvres de M. Boileau-Despréaux, avec des éclaircissements, etc., rédigés par M. Brossette, augmentés, etc., far\nM. de Saint-Marc. Paris, David et Durand, 1747, 5 vol. petit in-8. T. 11, p. 389."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.5", "texte": "BOILEAU ET SILVIE\n3\n\nI\nRelisons le quatrain bien connu 1 :\nSur le portrait\nde Rocinante, cheval de don Guichot.\nTel fut ce roi des bons chevaux,\nRocinante, la fleur des coursiers d'lbérie,\nQui, trottant jour et nuit, et par monts et par vaux,\nGalopa, dit l'histoire, une fois en sa vie.\nBrossette en prend occasion pour raconter cette anecdote : \" L'auteur\nfait ici le portrait d'un méchant cheval sur lequel, étant fort jeune, il\navait été voir sa maîtresse au village de Saint-Prix, près Saint-Denis\n(voyez Poésies diverses,iv). Il avait fait de ce voyage une relation en vers\net en prose, et M. de La Fontaine, auquel il la montra, s'arrêta principa-\nlement aux quatre vers qui sont ici. Il supprima le reste. Il se souvenait\npourtant d'une autre épigramme qui faisait partie de cette relation.\"\nC'est celle que nous avons transcrite plus haut. Les éditeurs de Boileau\ndatent ces bluettes de 1656 à 1660.\n\" Voyez Poésies diverses^\" dit Brossette, pour abréger. En s'y\nreportant, on saura quelle était la \" maîtresse \" que le jeune cavalier allait\nvoir à Saint-Prix : \" une fille fort spirituelle, nommée Marie Poncher,\nqu'on appelait dans le monde Ml!e de Bertouville. Cette aimable et\nvertueuse personne 2... \" Mais j'interromps l'auteur au milieu de sa phrase,\nparce que de ce peu de mots naissent plusieurs questions qu'il faut éclair-\ncir avant de l'écouter davantage.\n\" L'aimable et vertueuse personne \" dont il parle était ainsi une fille\ndu meilleur monde, digne du pur hommage des vingt ans de Boileau.\n\" Maîtresse \" doit s'entendre dans un sens très usité au XVIIe siecle, et\nque le nôtre ne connaît plus guère. Ces vers de Malherbe l'assimilent à\nla dame des anciens chevaliers :\nL'on ne peut trop louer trois sortes de personnes :\nSon saint, sa maîtresse et son roi.\n\n1 Œuvres, édit. Saint-Marc, même page.\n2 Œuvres,édit. Saint-Marc, p. 425. \" Bertouville \"ou \" Bretouville, \" comme était Brossette ; c'est le\nmême vocable. On verra plus loin ma raison de préférer la première forme."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.6", "texte": "4\nS. I. M.\n\nUn roman semble commencer, dont il faut définir les personnages\nPour Boileau, ce qui le touche alors est fort connu ; il n'avait pas beau-\ncoup plus de vingt ans, et venait à peine de descendre de cette guérite\nsituée au-dessus du toit paternel, où l'on avait logé sa triste enfance.\nFils, frère, oncle, cousin, beau-frère de greffier,\nil étudiait la procédure chez le greffier du parlement, son beau-frère\nJean Dongois ; il se faisait recevoir avocat, sans aller plus loin qu'une\npremière cause.\nSon père, soixante ans au travail appliqué,\nEn mourant, lui laissa, pour rouler et pour vivre,\nUn revenu léger et son exemple à suivre.\nDans la poudre du greffe un poète\nDès lors, à la richesse, il fallut renoncer \\..\nAinsi la vie s'annonçait pour lui médiocre, incertaine. D'une façon\nprécise, il trouva dans le patrimoine paternel douze mille écus et une\npetite noblesse, si jamais il y eut noblesse ailleurs que dans un mémoire\npayé fort cher à un généalogiste mal famé et dans un arrêt critiqué par\nles d'Hozier et les Clairambault. Le clerc de Dongois se croyait simple-\nment alors \"né d'aïeux avocats Tel se présente, en sa jeunesse et en sa\nmodestie, échappé de basoche, avocat naïf, poète à peine éveillé, ce\nNicolas qui aurait été amoureux et accueilli de Mlle Poncher.\nIl est plus long de dire la naissance de cette jeune fille.\nLes Poncher, ou \" Ponchier \" devrait-on plutôt dire, famille touran-\ngelle peu ancienne, quelques prétentions qu'elle ait eues, s'annoncent\npompeusement, au musee du Louvre, par une statue de chevalier couchée\nsur un tombeau : un financier du XVIe siècle gît dans cette armure. Le\nplus connu est Etienne, évêque de Paris, puis archevêque de Sens, chan-\ncelier, homme d'État éminent, mêlé aux grandes affaires de l'époque. Le\nJour?ial d un Bourgeois de Pans sous I lui consacre\nune seule ligne, mais qui a son prix : \" Il était très homme de bien en\nson temps. \" Son neveu François, fils de Louis, qui le remplaça à\n\n1 Œuvres,édit. Saint-Marc, Épître V, vers 112, 108 et s., 11 1-19"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.7", "texte": "BOILEAU ET SILVIE\n5\n\nlevêché de Paris, n'y montra aucune vertu. Encore plus indigne de lui\nfut, peut-être, son neveu Jean, fils de Jean, général de Languedoc,\npuis trésorier des guerres, un financier de l'école de Semblançay, et qui\neut la même fin : il fut pendu. 1 II y eut une histoire horrible de cadavre\ndisputé entre les gens de justice et la famille, et finalement mis en pièces,\npour abréger la honte du gibet.2 Depuis, on a douté de la culpabilité de\nce malheureux, comme de celle de Semblançay. Les amnisties d'ailleurs\nne tardaient guère, et le lustre d'une famille ne souffrait pas d'une\npareille tragédie. 3 Un fils du supplicié, s'appelant Etienne comme son\ngrand-oncle, fut archevêque de Tours ; un second, vice-président de la\nChambre des comptes ; un autre, maître des requêtes ; une fille, enfin,\népousa son cousin Jacques Hurault, frère du chancelier de Cheverny.\nNul de ces quatre enfants ne laissa de postérité.\nBeaucoup de personnes ont cru que là s'arrêtait la descendance des\nPonchier. Mais ne s'est-elle pas perpétuée irrégulièrement ? On en va\njuger. Dans certain procès dont il sera question plus loin, un mémoire a\nété produit où il est prétendu que l'évêque de Paris François, marié,\navant qu'il ne fût d'église, à Jeanne du Hautbois, en eut un fils. Celui-\nci, qui s'appelait François comme son père, ayant embrassé, l'un des\npremiers, le parti de la Réforme, fut, \" pour ce, contraint de quitter le\nroyaume et tous les biens qu'il y avait, pour se retirer en Allemagne et\nen Suisse. \" On le mit, conformément à la loi, sous la tutelle de son\ncousin germain Etienne, archevêque de Tours, dont il avait été le secré-\ntaire. Il se fit ministre de la nouvelle religion, et vécut obscurément, ayant,\npour sa foi, tout abandonné, patrie, fortune et son nom même. Mais, sur\nce point délicat, ne disons rien au delà des textes \"Il avait fait fonction\nde ministre de ladite religion pendant quarante-cinq à cinquante ans,\ncontraint à ce sujet de déguiser son nom, s'étant fait appeler quelquefois\nde Cherpon, et il s'était enfin retiré en Suisse, où on l'avait vu porter le\n\n1 Le 24 septembre 1535.\n2 Journal d'un Bourgeois de Paris sous le règne de François /er. Paris, Renouard, 1854; édition Lalanne,\nP- *37, 455> 4^2.\n3 Les procès de financiers ont été maintes fois revisés par Phistoire. Voici sur celui de Poncher une note\nqui expliquera le doute dont j'ai parlé : \" Sous François ier, Jean de Ponchier, accusé par Renier Gentil, italien,\nson commis, qui lui avait dérobé ses quittances, et ne pouvant se justifier faute de cela, fut pendu en l'an 1528\n[date erronée, nous le savons], et le même Gentil, accusé depuis par un homme qui avait été son domestique et\nqui était lors président aux Enquêtes, et les quittances qu'il avait prises ayant été trouvées chez lui, fut aussi\npendu, et la mémoire de Poncher rétablie.\" Bibl. nat. Mss. Pièces originales, vol. 2327, PONCHER, n° 374.\n4 Voir particulièrement, parmi les Pièces originales déjà citées, les nos 384, 481 à 484, 502 et 564."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.8", "texte": "6\nS. I. M.\n\nnom et les armes de Ponchier, qui sont\npagné de trois coquilles de sable. \" Armes incomplètes, pour le dire en\npassant.\nPuis, quel revirement inattendu ! \"Il fut retiré de l'hérésie par les\nsoins de ses parents, étant avancé en âge. Il rentra dans l'Église, et mourut\nen bon catholique. Il s'était mésallié.\" En effet, il avait épousé successi-\nvement deux filles de bourgeois, l'une de Paris, l'autre d'Orléans. Trois\nfils qu'ils eut d'elles, Jean, Daniel et Abraham, revinrent en France, et\nà propos d'un procès avec les habitants de Loudun, se firent reconnaître\nla qualité de noble par la Cour des aides, en 1610. Leur patrimoine avait\npassé dans la famille du trésorier, à cause de la tutelle qu'elle avait eue\nde leur aïeul fugitif, et, des mains de Marguerite Hurault, la dernière de\ncette blanche, à celles du chancelier de Cheverny, son beau-frère. Pour\nleur rendre quelques titres dont ils avaient affaire dans leur procès, on les\nobligea de renoncer a l'héritage de Marguerite, traité assurément léonin,\net leur spoliation fut ainsi consommée. Marguerite était morte en 1 582,\nce qui fit croire que les Ponchier s'éteignirent cette année-là. Voilà\nune opinion publique gênante.\nCependant Abraham, le seul à considérer ici, tira parti de la connais-\nsance de l'allemand qu'il avait acquise dans sa jeunesse, et se fit recevoir\n\" secrétaire et interprète du roi en la langue germanique.\" Marie Le\nGrand, une fille de bourgeoisie qu'il épousa, encore une mésalliance,\nlui donna cinq enfants, parmi lesquels Laurent, lieutenant aux gardes\nfrançaises en 1645, et Rodolphe, truchement au régiment des gardes\nSuisses en 16541. Laurent signait les quittances d'appointements de son\nemploi : \"de Poncher Bertouville\". \" Ce nom marque le terme de notre\nlongue poursuite : 1 officier aux gardes eut une fille appelée Marie, notre\nhéroïne, ainsi placée dans une curieuse généalogie.\nNos reserves sont faites ; acceptons désormais la prétention de son\naïeul. C était une \"Poncher\", forme nouvelle de \" Ponchier \",—\nissue, non de la branche luxuriante des financiers, mais d'un rameau\nbataid, et deperi en terre etrangere ; une fille noble, peut-être, mais très\nrapprochée de la roture par sa lignée féminine ; spirituelle, elle l'a\nprouve, et sans dot. Elle est de plain pied, en vérité, avec le jeune\n\n1 Les autres se nommaient François, Denise et Marie.\n\" Pièces originales, nos 260 et 261. Ici on écrit \" Bertouville plus loin \" Bretouville J'ai préféré\nnaturellement l'orthographe de la signature."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.9", "texte": "BOILEAU ET SILVIE\n7\n\nDespréaux ; elle a pu le rencontrer sur son chemin, et, l'ayant vu, sans\ndérogeance y penser.\nII\nUn nouveau problème est de savoir l'occasion de cette rencontre.\nLa réponse, qu'on m'en croie sur parole d'abord, se trouvera dans\nces lignes de Brossette : \" Mlle de Bertouville était nièce d'un chanoine de\nSaint-Paterne, au diocèse de Beauvais.\" La réponse, ai-je dit, est là ; mais\nil faut quelque effort pour l'en dégager.\nSi vous refeuilletez les Pièces originelles du dossier Poncher, vous\nfinirez par y découvrir, sur un petit papier, long et large comme le doigt,\net de l'écriture la plus fine, une note concernant le baptême d'un frère\nde MUe de Bertouville \\ La mère de l'enfant s'appelait Jeanne Vialard, et\nle parrain, un oncle évidemment, nommé Claude Vialard, était abbe\nd'Épernay et archidiacre de Reims. Ces titres ne sont pas ceux de 1 oncle\nsignalé par Brossette ; mais la Gallia qui donne la serie des\nabbés d'Epernay, avec quelques mots sur chacun d eux, concilie aisement\nnos textes2. Le chanoine et l'abbe ne font qu une seule pet sonne, ayant\nnom \" Claude Violart \", mal écrit \" Vialard dans la note-ci-dessus.\nL'abbé a troqué son bénéfice, en 1645 3, contre un canonicat ala Sainte-\nChapelle.\nLà, certainement, Boileau s'est lié avec le chanoine ; je nen ai pas\nla preuve écrite, mais une explication si naturelle, que personne n y\ncontredira. Il faut assurer ce premier pas vers la reunion cherchée.\nTout rattachait Boileau a la Sainte-Chapelle : ses origines, les\npremières habitudes de la vie. Il a passe sa jeunesse dans la coui du Palais,\nétudiant successivement le droit et la théologie, a 1 ombre de 1 eglise ou\nil avait été baptisé. Il est né dans une maison de la sixième chanoinie,\nsituée rue de Galilée, une rue de l'enclos. Cette chanoinie eut pour\ntitulaire, entre autres, Jacques Tardieu, qui la resigna, et devint le\n\n1 N° 555. \"19 juillet 1642 —Baptême de Claude, fils de Laurent de Poncher, sieur de Bretouville,\ncapitaine de cavalerie et de Jeanne Vialard.\n\" Parrain : Claude Vialard, abbé d'Épernay, chanoine et archidiacre de Reims.\n\" Marraine : Marie Le Grand, femme d'Abraham de Poncher, secrétaire et interprète ordinaire du roi.\n2 Tome IX, col. 287.\nIl le possédait en depuis 1639."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.10", "texte": "8\nS. I. M.\n\nlieutenant criminel avare, bafoué dans la dixième satire \\ Il avait tenu sur\nles fonts Jacques Boileau, frère de Nicolas, futur docteur de Sorbonne\ndestiné à être le successeur médiat de son parrain, dans la même\nchanoinie. Chanoine également Gilles Dongois, le neveu de Despréaux\nné la même année que lui, son camarade au collège de Beauvais, son\ncompagnon de toute la vie2. On voit quels liens nombreux unirent la\nfamille et le chapitre.\nBoileau était mieux préparé pour devenir l'historiographe du chantre\nque celui du roi, et il conta plus allègrement l'assaut du lutrin que la\ncampagne de Flandre. Il a écrit dans quelque avis au lecteur de son\npoème, afin de calmer les susceptibilités du voisinage : \" Principalement\nles chanoines de la Sainte-Chapelle sont tous gens, non seulement d'une\nfort grande probité, mais de beaucoup d'esprit, et entre lesquels il y en a\ntels à qui je demanderais aussi volontiers leur sentiment sur mes ouvrages\nqu'à beaucoup de Messieurs de l'Académie.\" Puis il assurait qu'il avait\neu soin de faire ses personnages d'un caractère \" directement opposé \" au\ncaractère de ceux qui desservaient cette église3. La vérité, connue depuis\nlongtemps, est qu'il eut moins de scrupules, et qu'il mit en scène au\nmoins cinq chanoines, sans compter les chapelains et les personnages\naccessoires4. Peu importe d'ailleurs ; le passage cité prouve surtout que\nle monde de la Sainte-Chapelle était à ce point ouvert et familier à l'auteur\ndu Lutrin^qu'il dut se défendre d'y avoir choisi ses modèles.\nConcluons donc que l'invraisemblable serait qu'il n'eût pas connu\nViolart. Sûrement, il fréquenta sa maison, qui était celle de la cinquième\nchanoinie, toutes ces demeures canoniales se touchaient; il y vit sa\nniece, distingua cette agréable compagne de ses dernières années ; voilà,\nsans forcer les choses, nos jeunes gens réunis. Tout n'est pas dit cependant:\nle chemin leur reste a faire de la cour du Palais à Saint-Prix. Là est le\n\nM d Épinay était une Tardieu d Esclavelles ; les Tardieu de Maleyssie, anciens propriétaires du\nchâteau de Maugarny, à Margency, sont de la même famille.\nGilles Dongois, né le 9 mars 1636, fut élevé, au collège, avec son frère aîné, Nicolas, et ses trois oncles,\nGilles, Jacques et Nicolas Boileau. Il était fils de Jean Dongois, greffier de la Grand' Chambre du parlement de\nParis. Son frere Nicolas fut greffier en chef du même parlement, \"l'illustre M. Dongois' , comme dit\nDespréaux dans une note de la sixième épitre.\n3 Œuvres,édit. Saint-Marc, t. 11, p. 177.\nVoici les noms des douze chanoines, en 1672, dans l'ordre des chanoinies : Danse, du Tronchay, Gobert,\nBarjot, Aubery, de Broglio, Dongois, Barrin, qui était en même temps chantre, Le Cyrier de Neufchelles,\nO ivier, Le Fèvre de 1 Aubrière, du Fos. On sait que Danse, Aubery, Tardieu de Gaillerbois, prédécesseur de\nBroglio, Le Fèvre et Barrin figurent dans le Lutrin. Danse, Aubery et Le Fèvre, sous les noms de Evrard, Allain\net Fabri, sont très nettement ridiculisés."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.11", "texte": "BOILEAU ET SILVIE\n9\n\nrendez-vous signalé dès le début, et où il les faut conduire, parce que, là\nseulement, l'historien du village a le droit de s'emparer d'eux.\nLe passage ou, si l'on veut, la transition est inattendue et fort\nsimple : Boileau, qui s'y connaissait, l'eût appréciée. Claude Violart n'était\npas seulement chanoine et prieur de Saint-Paterne, comme on l'a dit\njusqu'ici, mais en même temps prieur de Saint-Prix, de notre Saint-\nPrix. Le bonhomme cumulait ; le cas n'était pas rare. Gilles Dongois\nnous l'apprend, dans ses Mémoires p\nChapelle du palais royal de Paris. 1\nIl donne, à propos de chacune des douze chanoinies, numérotées\ncomme des fauteuils à l'Académie française, la liste de ceux qui les\nont occupées, avec quelques traits de leur carrière. Voici dans son entier\nla notice consacrée à Violart ; le lecteur ira tout droit au point où je ne\nsuis arrivé qu'après beaucoup d'hésitations et de circuits: \"Claude Violart,\nnatif de Reims, fut reçu le 31 décembre 1644, au lieu d'Antoine Loisel,\nauquel il donna l'abbaye d'Epernay, au diocèse de Reims, pour cette\nchanoinie. Il avait été archidiacre de Reims, et posséda sa chanoinie,\navec les prieurés de Saint-Prix, proche Paris, de Saint-Paterne, faubourg\nde Pont-Sainte-Maxence, jusques à sa mort, arrivée au mois de février\n1662, par une apoplexie qui le prit ; il est enterré à la basse chapelle. \"\nAjoutons qu'il succéda, dans le prieuré de Saint-Prix, à Antoine de\nMontholon et à Pierre Doizet, chanoines comme lui de l'église de Reims.\nCe fut une série de trois prêtres de la même origine, interrompue après\nViolart. 2\nLa suite de notre histoire est aisée à comprendre ; le prieur, à de\ncertaines époques, allait à Saint-Prix toucher le fermage de la dîme,\ncueillir les fruits de son jardin, disputer avec le curé, Messire Robert\nCuvernon, docteur de Sorbonne, comme fut Jacques Boileau. Il y avait\nune vieille querelle, incessamment reprise, entre prieurs et curés : ceux-là\nvoulant réduire ceux-ci au rang de vicaires perpétuels, pour jouir, à titre\nde curés primitifs, de tous les droits honorifiques et utiles. Doizet,\nMontholon et, avant eux, un prieur avocat au parlement, Guillaume\n\n1 Recueillis par M. Gilles Dongois, chanoine de la même église, prêtre licencié en théologie, conseiller en la\nchambre souveraine du clergé et en celle du diocèse de Paris. Revus et mis en ordre après son décès. Archives\nnationales, LL 630, 631, 632. Ces trois volumes sont trois copies des mêmes mémoires, avec certaines différen-\nces qu'il n'y a pas lieu de signaler ici.\n2 Archives départementales de Seine-et-Oise. On peut consulter aussi, à la bibliothèque de Pointoise, un\nExtrait de /'histoire manuscrite de Vabbaye de Saint-Martin par dom Racine, religieux de la congrégation de Saint-\nMaur, mort à Saint-Denis en France, en 1577. La publication de cet ouvrage est due à Pihan de la Forest."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.12", "texte": "10\nS. I. M.\n\nDompoint avaient plaidé là-dessus. L'histoire de maint prieuré a été\nécrite par des procureurs. 1\nLe voyage de Saint-Prix était de quatre grandes lieues, et le vieux\nprêtre réclamait l'assistance de Marie Poncher ; mais\nLa solitude effraie une âme de vingt ans.\nPour y faire diversion, un jour, on invita Despréaux.\nIII\nA Saint-Prix, le voyageur, arrivant la première fois, pouvait hésiter,\ncar il y avait deux prieurés : l'un en face de l'église, l'autre à côté. Un\npaysan consulté eût dit bonnement : \" C'est ici le prieuré blanc ; là le\nprieuré noir. \" Dans l'usage populaire, on les désignait par la couleur\nde la robe des moines collateurs de ces bénéfices. Le premier, appelé\nprieuré du Bois-Saint-Père, et dont le siège primitif était dans la solitude\ndu vallon de Sainte-Radegonde, dépendait de Saint-Victor de Paris.\nL'autre, le prieuré de Saint-Prix proprement dit, membre de Saint-Martin\nde Pontoise, était celui où Despréaux avait affaire. S'il avait frappé par\nmégarde à la porte du prieuré blanc, il eût été surpris, sans doute, d'y\ntrouver un religieux appelé Sevin ; le professeur sous lequel il avait fait\nsa troisième au collège de Beauvais, et qui, reconnaissant ses dispositions,\nl'avait encouragé à suivre la carrière poétique.2\nLe prieuré noir nous est fort connu. Des déclarations de 1551, de\n1730, et de 1746 3 en ont donné les traits sommaires ; puis, la Révolution\n1 ayant adjugé en bloc à un spéculateur jacobin, le cadastre de 1832 l'a\ntrouve intact, et tel on l'a vu jusqu'en 1840, où il fut morcelé et vendu.4\nLa contenance, d'un hectare environ, avait à peine varié en trois siècles ;\nles bâtiments restaient pareillement situés et disposés, s'appuyant d'un\ncote a la terrasse du cimetiere, de l'autre au mur de l'église. Une baie\nintérieure s'ouvrait dans ce mur commun, sur un bas côté, et permettait\n\n1 Voir à la Bibliothèque nationale : Factum pour M\" Robert Cuvernon, curé Je Saint-Prix, contre M'Claude\nViolart, prieur de Saint-Prix. (S. 1. n. d.) in-40. Collection Thoisy, 283, f° 292.\nŒuvres, édit. Berriat-Saint-Prix, t. I, p. xxvij. Édition Saint-Marc, t. I, p. xxxiv.\nAichives de Seine-et-Oise, fonds de Saint IVlartin-du-Pontoise, carton 46, ire et 3e liasses.\nApiès la mort de Jean-Abraham Lebreton, coloriste, \" dont le père le tenait d'un acquéreur de biens\nnationaux."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.13", "texte": "BOILEAU ET SILVIE\n11\n\nde voir de là, comme d'une tribune, l'affluence des pèlerins et la célébra-\ntion des offices. Lebeuf remarquait avec raison que le prieuré et l'église\nparoissiale ne formaient alors \" qu'un seul et même édifice. \" 1\nAu delà des bâtiments, s'ouvrait le jardin, \" à l'endroit où le village\nforme une espèce d'amphithéâtre, qui est aperçu de Paris. \" L'enclos\navait pour limite : au levant, le jardin et le bois de l'école actuelle ; au\ncouchant et au nord, il était bordé, sauf l'enclave de l'église et du cime-\ntière, par le chemin de la Croix-Jacques et celui qui passe sous la Solitude ;\nau sud, il descendait jusqu'à la grande rue, comprenant même, selon les\nprieurs, la fontaine aujourd'hui communale, miraculeuse dans le temps\ndu pèlerinage. Des terrasses successives s'étageaient sur la pente, \" partagée\nen un fruitier et un potager, \" avec \" une étoile plantée de charmille. \"\nTel est le cadre des promenades du poète et de son amie ; au\npremier plan, des légumes, des espaliers, de maigres verdures, l'ombre du\nclocher et du cimetière, la nudité et la mélancolie d'un jardin de curé ;\nau loin, par-dessus les toits du village, la plaine, les coteaux opposés,\nsurmontés de nombreux moulins, et, tout à gauche, une échappée vers ce\nParis qu'on veut oublier, car on serait heureux\nIci, dans un vallon, bornant tous ses désirs.\nUne voix secrète ne murmurait-elle pas déjà cette strophe imprévue\ndans l'œuvre de Boileau, digne de Racine et des compagnes d'Esther :\nO fortuné séjour ! ô champs aimés des deux !\nQue pour jamais, foulant vos prés délicieux,\nNe puis-je ici fixer ma course vagabonde,\nEt, connu de vous seuls, oublier tout le monde !\nCette veine de beaux vers aurait pu sourdre à Saint-Prix mieux\nqu'à Hautile, vingt ans plus tard.2\nCependant le couple ne fait que passer, et l'image aussitôt s'évanouit.\nBrossette ne laisse pas le temps d'y rêver : \" Mlle de Bertouville, nous a-t-il\ndit, était nièce d'un chanoine de la Sainte-Chapelle, qui possédait le\nprieuré simple de Saint-Paterne au diocèse de Beauvais. \" Et, poussant\ntout de suite au-delà, l'historien ajoute ; \" Le bénéfice, qui rapportait\n\nHistoire du diocèse de Paris, t. 111, p. 423.\nEpître VI, vers 23, 39 et suiv."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.14", "texte": "12\nS. I. M.\n\nhuit cents livres, vaqua par mort du chanoine, et, sur le conseil de la\nnièce, qui présumait que l'évêque de Beauvais, collateur du prieuré, ne\nsongerait pas de sitôt à le remplir, M. Despréaux s'en fit pourvoir en\ncour de Rome.\"\nLa séparation est faite, pour une cause inconnue, mais de bon\naccord, semble-t-il, et, si l'on peut dire, de bonne amitié. Amitié durable\net efficace ; il y a quelque chose de maternel et d'adroit dans le soin que\nMlk de Bertouville eut de son ancien compagnon du prieuré. Son oncle\nmort, voilà des prébendes vacantes ; vite, il faut doter le jeune homme\nde la meilleure. Elle connaît un détour de la procédure canonique ; en\npassant par Rome, on arrivera plus tôt que l'évêque de Beauvais, et on\nsoufflera, c'est le mot, le bénéfice au collateur. Ainsi fut fait, et\nNicolas, qui n'était pas grand clerc, se réveilla, un jour, prieur de Saint-\nPaterne.\nA-t-on remarqué que ce prieuré rapportait huit cents livres ? Celui\nde Saint-Prix n'en produisait que cinq cent cinquante. 1 La fine conseil-\nlère visa le premier ; mais supposez au contraire Saint-Paterne le moins\nriche : Boileau, n'en doutez pas, eût été prieur de Saint-Prix. Notre\néglise a manqué cet honneur, comme une jeune fille un beau mariage,\nfaute d argent. Elle eut à la place Antoine Colombel, curé de Saint-Ger-\nmain-l'Auxerrois.\nPourquoi Boileau n'aurait-il pas cumulé, comme son prédécesseur?\nSi l'on se fût avisé de poser cette question à lui-même, il y a fort à parier\nqu'on se serait attiré quelque boutade dans le genre de celle qu'il lança à\ncertain amateur de prébendes, et que Brossette lui rappelait en ces termes:\n\" Vous dîtes, un jour, à cet abbé, possesseur d'un abbaye et de plusieurs\nprieures : \"Qu est devenu ce temps de candeur et d'innocence,\nMonsieur l'abbé, où vous trouviez la multiplicité des bénéfices si\n\" dangereuse Ah ! Monsieur, vous répondit-il, si vous saviez que cela\nest bon pour vivre ! Je ne doute pas, lui répliquâtes-vous, que cela\nne soit bon pour vivre ; mais pour mourir, monsieur l'abbé, pour\nmourir ! Je voudrais bien, continue Brossette, savoir la vérité de ce\nfait, le nom de cet abbe... \" Boileau, qui d'ordinaire ne refusait pas de\ns expliquer avec son commentateur sur les moindres vétilles, ne répondit\npas, cette fois, a sa question. Il se tut, on peut croire, pour ne pas toucher\n\nMémoires des intendants sur l état des généralités...t. ler,Ier, publié par\nA. M. de Boislisle, p. 32. Lebeuf, t. 111, p. 425, trouve cette appréciation exagérée."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.15", "texte": "BOILEAU ET SILVIE\n13\n\nF • r\ndu même trait la mémoire d'un ami : l'ancien abbé d'Epernay, prieur de\nSaint-Paterne et de Saint-Prix \\\nCertes, on doit avoir toute confiance en Brossette, car l'épreuve est\nfaite de sa véracité ; cela n'empêche pas qu'il ne faille prendre pied autant\nqu'on le peut sur le terrain de l'histoire. Essayons donc de retrouver la\ntrace authentique de Boileau prieur de Saint-Paterne. On désignait sous\nce vocable un prieuré dépendant de l'abbaye de Saint-Symphorien de\nBeauvais 2 et situé à Pontpoint, Pontpoint dans le Valois, comme on\ndisait jadis ; village du canton de Pont-Sainte-Maxence, selon la géogra-\nphie administrative moderne. Aucun titre du xvnf siècle concernant\nce prieuré ne subsiste malheureusement aux archives de Beauvais 3 ; mais\nle pouillé du diocèse a ceci de fort curieux : \" Procédures de M. Thomas\nGoguet, receveur des décimes du diocèse de Beauvais, tendant à ce qu'il\nlui soit permis de saisir les revenus du prieuré de Saint-Paterne sur\nMe Nicolas Boileau, nouveau prieur, pour arrérages dus par Mc Claude\nViolart4, son prédécesseur, mort en février 1662, du décembre 1662 ; à\nlaquelle saisie ledit Boileau s'oppose, prétendant que ledit receveur n'a\nfait ses diligences pour se faire payer ci devant, à laquelle \\_sic\\ il est tenu\npar l'ordonnance d'Henri IV du 20 mars 1599, art. 16, qui porte que\nle receveur ne pourra faire aucune demande au nouveau successeur qu'en\nfaisant apparoir de diligence.\" Donc ce point d'histoire est aujourd'hui\néclairci : Boileau était prieur de Saint-Paterne en décembre 1662, l'année\nfinissant de la mort de Claude Violart.\nOn a vu avant lui un avocat au parlement, Guillaume Dompoint,\nprieur de Saint-Prix ; des laïques possédaient ainsi parfois des bénéfices ;\nmais on en pouvait avoir des scrupules, et il en vint à Boileau, après un\nassez long temps. Son biographe les conte ainsi : \" Il en jouit [du prieuré]\npendant huit ans, sans prendre l'habit ecclésiastique, et sans trop se mettre\nen peine de faire un bon usage du revenu. M. le premier président de\nLamoignon, s'entretenant un jour avec M. Despréaux, lui fit comprendre\nqu'en se conduisant de la sorte, il ne pouvait pas garder ce bénéfice en\nsûreté de conscience. M. Despréaux le reconnut ; il fit sa démission entre\n\n1 Auguste Laverdet, Correspondance entre Boileau-Despréaux et Brossette. Paris, 1858, p. 36.\n2 Une abbaye dont le célèbre abbé de Rancé eut la commende vers le même temps ; il la résigna en faveur\nde son précepteur Jean Faviers, l'année qui précéda l'investiture de Boileau. (Gallia christiana, t. IX, col. 812.)\n3 Inuensaire sommaire, t. lerIer de la série H, p. 475 et 476.\n4 Le pouillé porte, à la vérité : \" Claude Viellart \" ; mais on m'accordera que l'inexactitude se corrige\nd elle-même, après ce qui a été dit."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.16", "texte": "14\nS. I. M.\n\nles mains de l'évêque de Beauvais. Il fit plus : supputa ce qu'il en avait\nretiré depuis le temps qu'il en jouissait, et cette somme, qui montait à\nsix mille livres, fut employée à faire la dot du M'lc de Bertouville... Cette\naimable et vertueuse fille se fit religieuse dans un couvent du faubourg\nSaint-Germain.\" Singulier jeu de la destinée que cette alternance de la\nvie cléricale des deux amis. Boileau, à la vérité, n'en fut pas gêné, même\npour médire ; mais Marie Poncher s'y ensevelit, et le voile l'a pour\njamais dérobée à la curiosité des historiens.\nLouis Racine et de Boze ont raconté de même la résignation du\nprieuré ; mais Brossette seul parle de l'affectation des revenus à la nièce\ndu chanoine, les autres veulent que cet argent ait servi à différentes\nœuvres de piété, \" dont la principale fut le soulagement des pauvres du\nlieu. \" Maintenons à Boileau le mérite de l'idée la plus délicate ; cette\nconclusion est préférable, non à cause de son agrément, mais parce qu'elle\na une origine plus sûre et plus de vraisemblance. Brossette a eu, sur la\nvie de son ami, des confidences sincères, qu'il a rapportées avec exactitude.\nLes commentateurs, toujours fertiles en critiques à l'égard de leurs\ndevanciers, l'ont combattu en d'autres points, mais reconnu impeccable\nsur ce terrain 1 Or, le fait dont il s'agit a sa source évidente dans ces\népanchements après lesquels le satirique disait à son futur éditeur : Vou\nsaurez bientôt votre Boileau mieux que moi-même.\nD'ailleurs, à bien considérer les choses, Despréaux avait un devoir\nà remplir envers son ingénieuse protectrice. L'idée de briguer le prieuré\nétait d'elle, le prieuré venait de son oncle, et souvent on obtenait de\ngratifier un neveu d'un bénéfice. L'adresse de Ml!e de Bertouville fit que\nBoileau eut tout l'avgntage de la parenté : elle le dota véritablement. Plus\ntard, il lui rendit la pareille, mû par la reconnaissance, non moins que\npar un tendre ressouvenir du passé.\nIV\nCette histoire a un épilogue, épilogue, en vers, comme il sied à un\npoète. C'est Brossette encore qui nous le fait connaître : \" Quelque temps\naprès, dit-il, se promenant seul au Jardin du roi, Boileau se rappela les\ndoux moments qu'il avait passés autrefois avec elle à la campagne [avec\n\n1 Œuvres, édit. Berriat-Saint-Prix, t. I, p. lxx, clxx ; t. 111, p. 466."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.17", "texte": "BOILEAU ET SILVIE\ni 5\n\nMarie Poncher, à Saint-Prix]. Il fit alors ces vers, qui furent mis en\nmusique par le fameux Lambert, en 1671, et que le roi prenait plaisir à\nse faire chanter, de temps en temps, par l'illustre Mlle de LeufFroy :1\nVoici les lieux charmants où mon âme ravie\nPassait à contempler Silvie\nCes tranquilles moments si doucement perdus.\nQue je l'aimais alors ! Que je la trouvais belle !\nMon cœur, vous soupirez au nom de l'infidèle :\nAvez-vous oublié que vous ne l'aimez plus ?\nC'est ici que, souvent, errant dans les prairies,\nMa main, des fleurs les plus chéries,\nLui faisait des présents si tendrement reçus.\nQue je l'aimais alors ! Que je la trouvais belle !\nMon cœur, vous soupirez au nom de l'infidèle :\nAvez-vous oublié que vous ne 1 aimez plus ?\nLouis Racine a parlé de cette romance comme faite \" pour une Iris\nen l'air. \" Le xvme siècle, peu tendre au poète, l'a vertement critiquée.\nD'Alembert sourit de \" deux vers d'amour que Boileau a eu le malheur\nde faire;\" Marmontel prend à ce propos le ton et les paroles du\n«5 Misanthrope :\nCe n'est que jeux d'esprit, affectation pure.\nC'est dire de grands mots a propos d une petite chose, dun lieu\ncommun sobrement et aimablement traite : 1 eternel combat de la raison\net du sentiment, l'une résolue à se retremper dans 1 oubli, 1 autie se\nlaissant amollir aux langueurs du souvenir. Mais toute defense est\nsuperflue ; de notre part aussi, n'est-ce pas trop de paroles pour deux\nvers d'amour, \" et une cause dès longtemps gagnée ?\nLa postérité n'a pas cesse d'avoir le meme gout que Louis XIV.\n\" Vers à mettre en chant,\" avait dit Boileau : jamais souhait ne fut mieux\nrempli. A chaque génération, un musicien a pris poui theme ces paioles.\nTel qui en a oublié l'auteur les retrouve chantantes au fond de sa mémoire.\n\n1 Titon du Tillet a cité dans son Parnasse françois (éd. 1732, p. 391) Mlle Lefroid parmi les \" eleves\ncélèbre» de Lambert et les dames qui ont excellé dans l'art de chanter et de toucher du clavecin. Etait-elle\nparente de Lefroid de Méreaux, organiste de SL Sauveur en i 775 ?"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.18", "texte": "16\nS. I. M.\n\nC'était, il y a quelques années, J. B. Weckerlin, amis du temps pass;\nEt, avant lui, Victoi IVIasse, dont la Silvie de 1860 a encore du charrti\nEt aussi Mathias, vers 1840 etc... Mais quelle fut au juste la musiqn'\nde l'illustre Lambert, celle dont Brossette raconte et vante le prestV\nauprès du Grand Roi ? A défaut d'une réponse certaine, j'en proposer!\ndeux, qui peuvent rendre vraisemblables la notoriété de cet air. L'une s'\ntrouve dans un recueil de chansons du XVIII6 siècle 1 l'autre en un manus\ncrit de la Bibliothèque Nationale.2 Ces deux mélodies vont suivre\nharmonisées par M.M. Ch. Silver et E. Diet. On jugera de leur grâce\nLa piemière convient évidemment mieux que la seconde à l'époque e\nau style du beau-père de Lully.\n. ,musi(ïue seule a su &arder si longtemps le secrèt de Boileau et\nde M de Bertouville. Je lui rends Silvie, ou du moins ce que j'ai aperçu\nde cette figure attrayante, et si tôt évanouie.\nAIR DU XVIIe SIÈCLE\nBib. Nat. Vm 730\nHarmonisé par CHARLES SILVER.\n\nAuguste Rey.\n\n' Tstf\\v\"T7lU iïtfîHaye GOSSC et J- Neaulme '7.9 (T. IV p. 192.)\n53)- La musique de cet air ainsi que celle du Recueil de la Haye est anonyme."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.19", "texte": "BOILEAU ET SILVIE\nI 7\n\n2"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.20", "texte": "18\nS. I. M.\n\nAIR DU XVII SIÈCLE\nChansons de Neaulme\nLa Haye 1727\nHarmonisé par E. DIET"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.21", "texte": "BOILEAU ET SILVIE\n19"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.22", "texte": "20\nS. I. M.\n\nSOUVENIRS\n2&USI QUE DE\n-VICTOR MASSÉ\nPublié avee L'autorisation de M\\ê L. GRU 13 rt FILS > Editeurs."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.23", "texte": "BOILEAU ET SILVIE\n21"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.24", "texte": "Conférence faite à la Société Internationale le 24 1911.\nMessieurs,\nDepuis fort longtemps on a insisté sur la nécessité d'une collabora-\ntion entre le professeur de chant et le laryngologiste. Bien que de;\nhommes compétents (Morell Mackenzie, Manuel Jarcia, Battaille W\nBurgett, Lennox Brorone, Bonnier) en aient démontré la nécessité elle\nn est pas encore entrée dans les mœurs. Chaque jour on voit, quand il\ns agit d'un entraînement sportif quelconque, le médecin devenir le colla-\nborateur du professeur d'escrime, de boxe, d'équitation et donner son avi;\nsur 1 état des différents organes qu'on va soumettre à l'entraînement\nLorsqu'il s'agit d'un organe aussi fragile que l'appareil vocal rien de cela\nn est observe et cependant, tant au point de vue théorique pour l'étude\nde la physiologie de la voix qu'au point de vue pratique pour l'établisse-\nment d'une méthode logique de chant, il est nécessaire que le profesw\nde chant apporte ses connaissances artistiques au laryngologiste qui lui\nfournira des données scientifiques certaines.\n. p°nvaincus de 1 importance de cette collaboration, M. Fournieret\nmoi avons réalisée depuis plus d'un an. C'est en soumettant systémati-\nquement les méthodes de chant les plus usitées, à un examen critique,\nque notre attention a été attirée sur un point de la physiologie vocale,\nqui sil n a pas été méconnu a été du moins laissé dans l'ombre. Il s'agit\nde 1 influence physiologique de la mimique faciale sur le fonctionnement\ne organe phonétique et des résultats obtenus par l'adaptation réflexe\ndu \" geste laryngé \" au \" geste facial. \"\n. Pour donner toute la clarté désirable à notre communication il est\nin îspensa le de rappeler, très brièvement, que l'appareil vocal se compose\nessentiellement de trois parties."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.25", "texte": "GESTES FACIAL ET LARYNGÉ\n\n23\n\nUne anche vibrante\nUne soufflerie\nDes résonnateurs.\ni° V Anche vibrante est formée par les cordes vocales inférieures, qui\nlimitent entre elles un orifice appelé glotte. Cette anche est au plus haut\npoint, perfectionnée, réalisant les conditions idéales auxquelles aucune\nanche mécanique ne saurait prétendre.\n2° La Soufflerie qui met en branle le courant d'air expiré n'est autre\nque les poumons mobilisés par les mouvements de la cage thoracique\n(respiration costale, thoracique) et les mouvements du diaphragme\n(respiration abdominale, diaphragmatique).\n30 Les résonnateursplacés au dessous, mais surtout au dessus de\nl'anche donnent au son né au niveau de la glotte : le timbre, l'ampleur,\nune partie de l'intensité, la couleur, en un mot les qualités qui en font\nla voix humaine. Supprimons ces résonnateurs nous n'obtenons qu'un\n\"son\" et non \" la voix.\"Ces résonnateurs sont : d'une part (résonnateurs\ninférieurs) : la cage thoracique; d'autre part (résonnateurs supérieurs) :\nles uns, de forme fixe, immuable : les fosses nasales et les sinus, les\nautres, de forme variable, se modifiant au gré de la volonté : le larynx,\nla bouche, le vestibule bucco-labial.\nLe point spécial sur lequel nous voulons insister est le suivant :\n\" Tout état psychique, tout sentiment se traduisant par une mimique\nfaciale correspondante exerce une influence directe, inconsciente, réflexe\nsur les différentes parties de cet appareil (anche, soufflerie, résonnateurs).\nParmi ces états psychiques nous en trouverons qui placent cet\nappareil dans les meilleures conditions de fonctionnement.\nEtudions ce qui se passe dans les sentiments extrêmes qui\ns'accompagnent d'une expression physionomique très accentuée.\nL'inquiétude, celle qu'éprouvent involontairement la plupart des\ndébutants, et que tout chanteur exercé peut traduire par des mouvements\nmimiques, produit sur le masque facial une contraction des muscles\nsourciliers, péri-orbitaires, des muscles des joues, des lèvres, du plancher\nde la bouche. Cette contraction est parfois accentuée au point d'être\npénible, douloureuse même. L'examen du larynx, au miroir laryngosco-\npique, nous montre, si nous faisons émettre des sons de plus en plus\nélevés que les cordes vocales obéissent mal à la volonté, sont animées de\nmouvements incoordonnés, se rapprochent difficilement ce qui se traduit,"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.26", "texte": "24\nS. I. M.\n\npour le professeur de chant, par un chevrotement ou l'impossibilité <jç\ntenir un son sans détoner. Il m'a été donné d'observer fréquemment cet\nétat de choses. Je pourrais citer l'observation d'une chanteuse dont la\nvoix détonait uniquement parce que son professeur lui ordonnait de;\ncontractions anormales du visage ce qui plaçait la glotte dans les plUs\nmauvaises conditions d'émission.\nDu côté de la soufflerie cette influence s'exerce comme du côte\nde 1 anche. A la contraction des muscles de la face correspond une con-\ntraction de tous les muscles respiratoires. La respiration est incomplète\nsans ampleur, irrégulière ce que l'on constate facilement au spiromètre!\nObservons maintenant ce qui se manifeste dans un état psychique\nopposé tel que le calme, la sérénité, la tranquillité, la confiance en soi.\nLa mimique faciale est tout autre : un sourire éclaire le regard ; les\nmuscles sourciliers, sus-orbitaires et péri-orbitaires conservent toute leur\nmobilité ; les muscles des joues, de la bouche, des lèvres obéissent parfai-\ntement a la volonté. Plus de contractions, plus de raideur, plus d'obstacle\nau fonctionnement des muscles des résonnateurs.\nDu cote de la glotte on constate au laryngoscope un état identique.\nFaisant emettre un son sous le contrôle du miroir on voit les cordes\nvocales se rapprocher sans hésitation, régulièrement plus ou moins suivant\nla hauteur du son émis : nuances multiples, difficiles à décrire, mais\nfacilement constatée par un œil exercé.\nDe son cote, la respiration est calme ; son rythme est physiologique-\nment normal.\nPar d autres exemples nous pourrions démontrer plus longuement\nque tout état psychique se manifestant par une certaine mimique, place\n1 ensemble de 1 organe phonétique dans une attitude correspondante. On\npeut dire qu il y a parallélisme entre l'attitude de la face, l'attitude de la\nglotte et de l'appareil respiratoire,\nL anatomie en nous montrant que les mêmes nerfs innervent à la\nfois certains muscles des resonnateurs et les muscles du larynx nous\nfournissent une explication de ce fait.\nOr, si nous ne pouvons, à notre gré, créer un état psychique\ndéterminé, nous pouvons du moins, artificiellement, provoquer une\nmimique determinee et placer ainsi l'organe phonétique dans l'attitude\ndesiree. En un mot, créant un \" geste \" nous créons d'une façon\nreflexe un \"geste laryngé\"un \"geste respiratoire,\" avec leurs attitudes"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.27", "texte": "LA COLÈRE\nGESTE\nLARYNGÉ\n\nET\nL'EFFROI\n\nGESTE\nFACIAL\npar R. Fournier\nLA TENDRESSE"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.28", "texte": "GESTES FACIAL ET LARYNGÉ\n25\n\nappropriées. Le geste facial, le geste vocal, le geste respiratoire s acco-\nmodent, se font équilibre entre eux et doivent présenter entre eux la plus\nparfaite harmonie.\nPratiquement, dans l'enseignement du chant nous allons tirer de\nces faits des données qui rendront à l'élève des services inespérés.\nNous les utiliserons dès les premières leçons. L'élève, qu'il ait ou\nnon chanté, se présente devant le professeur, dans cet état d'inquiétude\nabsolument impropre à l'émission de la voix. Le masque est contracté,\nles sourcils froncés. Lui demandons nous de chanter : il se raidit, baisse\nla tête, crispe les poings et sur une respiration haletante, la bouche à\npeine ouverte il émet avec force un- son sans ampleur, sans timbre.\nToutes les contractions qu'il s'est imposées ont eu pour effet d'obtenir un\nson étranglé guttural ou ouvert qui craque dès qu'il chante dans le\nregistre haut de la tessiture de sa voix.\nPour corriger ces défauts nous aurons bien garde de suivre l'exemple\nde la plupart des professeurs de chant qui parlent à l'élève de respiration\nabdominale ou costale, d'attaque en coup de glotte, de culbute vocale,\nde sombrer : conseils difficilement compréhensibles aux plus initiés et\ntoujours incompris par les profanes. Nous exagérerions à coup sûr\nl'inquiétude de cet élève. Nous ne voulons pas qu'en chantant, son atten-\ntion soit uniquement fixée sur sa respiration, sur l'état de son larynx ou\nde ses résonnateurs. Tout acte physiologique est mal exécuté quand on\npense uniquement à son exécution. Nous nous efforcerons avant tout et\npar dessus tout de corriger la mimique faciale et de faire naître dans son\nesprit les idées ou les sentiments les plus propres à la modifier dans le\nsens que nous désirons.\nEnvisageons séparément la respiration puis l'émission et l'articulation.\nPour la respiration :\nWard (Bréviaire du chanteur) préconise la respiration abdominale ;\nArchainbaud (Ecole du chant pour toutes les voix) l'abdominale et la\nthoracique ; Crosti (gradus du chanteur) enseigne de respirer du thorax\ncomme lorsqu'on est couché sur le dos ; Mayan (le chant et la voix)\nn'admet que la respiration abdominale et ne s'occupe que de ce mode\nrespiratoire ; Martini (émission de la voix) et Verdhurt (la voix et le\nmécanisme du chant) ont des conceptions différentes. D'autres professeurs,\ndans leur enseignement font à leurs élèves la recommandation absurde de\n\" créer une poche d'air entre le ventre et le sommet des poumons \" ;"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.29", "texte": "2 6\nS. I. M.\n\nd'autres font exercer leurs élèves à respirer au lit uniquement par le\nventre, en maintenant le thorax comprimé par un poids ou un corset. Voilà\nautant de systèmes, au milieu desquels il est impossible de se retrouver\npuisque l'un approuve ce que l'autre condamne quant à nous, convaincus\nd'après les donnés les plus sûres à la physiologie humaine que la respira-\ntion, même dans le chant, est à la fois thoracique (costale) et diaphrag-\nmatique (abdominale), qu'on emploie les deux modes respiratoires, que\nl'un aide, complète l'autre, que l'on ne peut employer l'un à l'exclusion\nde 1 autre ; nous nous garderons d'emettre des prescriptions exclusives\ndraconiennes. \" De l'intronisation d'un mode forcé de respiration, parti-\nculièrement de la respiration diaphragmatique, date en France et en\nItalie, comme le fait remarquer Bonnier, la disparition si rapide des voix\nqui passent par l'enseignement officiel ou privé.\"\nNous évitons de parler à l'élève de tel ou tel mode de respiration.\nSi nous lui en parlions nous serions certains de voir sa respiration qui\nétait naturelle, libre, devenir guindée, nerveuse, gênée, maladroite.\nNous allons le laisser respirer d'instinct. \" Il faut dans le chant ne\npas trop s'écarter du rythme respiratoire normal et ne pas trop opposer\nune inspiration rapide et brusque à une expiration lente et contenue\"\nBonnier. Les modifications que nous désirerons obtenir dans sa façon de\nrespirer nous les obtiendrons presque toujours en faisant varier l'état\npsychique et la mimique faciale. L'homme gai, dont le visage est\nillumine par la joie respire d une façon allègre, légère et tout autrement\nque 1 homme triste, accable qui pousse de longs soupirs préparateurs d'une\nmanifestation vocale de sa douleur. L'un et l'autre réalisent, naturellement,\n1 appropriation respiratoire parfaite à la phrase qu'ils vont chanter.\nPour remission et l'articulation nous voyons enseigner les choses les\nplus étranges : les uns font chanter la bouche fermée, d'autres la bouche\nmaintenue ouverte par des bâtonnets de longueur différente. Certains\npréconisent 1 ouverture en longueur de la bouche, ou font relever une des\ncommissures labiales. Quelques-uns font boucher une ou les deux\nnarines, etc.\nPouiquoi ignorer ou aller a l'encontre des données physiologiques.\nPouiquoi oublier que \" dans 1 articulation, le geste buccal est comme\n1 écrit Bonnier un veritaDle geste physionomique comme le geste\nlaryngé. Pour 1 intensité, comme pour la hauteur, du son la gesticula-\ntion qui accentue le timbre est un effort d'accomodation vocale, c'est un"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.30", "texte": "GESTES FACIAL ET LARYNGÉ\n27\n\nrenforcement du son par l'action de la paroi buccale. C'est dans la bouche\nque le son prend sa dernière empreinte, sa signification verbale, sa beauté,\nsa forme, sa plastique auditive.\nNous saurons, quant à nous, utiliser au maximum ces résonnateurs\nbuceaux qui donneront à la voix l'accent d'intensité : (ampleur et force)\net l'accent de timbre.\nLes meilleurs professeurs sont ceux au masque mobile. Ils enseignent,\nsans le savoir, avec leur masque. Leurs élèves imitent leur mimique et\nobtiennent des résultats qu'ils attribuent souvent à d'autres détails de\ntechnique.\nNous dirons à l'élève d'utiliser doute sa mimique à l'expression d'un\nsentiment et à l'articulation la plus complète de toutes les syllabes\nchantées depuis les notes les plus graves jusqu'aux plus aiguës.\njamais il ne devra vocaliser avec un visage qui n'exprime que\nl'inquiétude ou qui n'exprime rien. Il faut que toujours son visage tra-\nvaille, que l'ouverture de la bouche, que l'éclat et l'ouverture des yeux se\nmodifient d'après les pensées qui traversent son esprit.\nDans un seul cas : la bouche demeurera immobile et fixe dans une\nattitude, c'est pour l'émission de sons posés, ne devant pas varier d'inten-\nsité. Cette attitude fixe du visage détermine une attitude analogue de\nl'organe vocal.\nLa question de F attaque des sons est différemment comprise par les\ndifférents professeurs. Les uns conseillent l'attaque en coup de glotte\n(Crosté, Garcia, Faure) d'autres sur l'air expiré, sur la respiration\n(Marie Sasse de Martini, Archainbaud.) Ici comme pour la respiration,\ncomme pour l'articulation : avis partagés, multiples, contradictoires.\nM. Marcel blâme l'attaque en coup de glotte parce qu'elle est brutale et\nne permet pas de modifier le son au cas où l'intonation ne serait pas juste.\nIl ajoute : \" les partisans connus de l'attaque par le coup de glotte se\nréduisent à 2 : Garcia qui ne s'en servait jamais et Faure qui s'est toujours\ngardé d'en faire usage. \" Quant à nous : Sans parler à l'élève du coup\nde glotte dont il comprendrait difficilement le mécanisme et sachant que\nce mouvement de la glotte est naturel, instinctif, réflexe dans l'éclat de\nrire, dans le sanglot, dans l'explosion de colère, dans l'imprécation haineuse\ncommençant par une interjection nous l'apprendrons à l'élève sans qu il\ns'en aperçoive en lui faisant exprimer par la mimique un sentiment\napproprié."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.31", "texte": "2 8\nS. I. M.\n\nLorsque nous désirons une attaque sans brutalité, sur le souffle, noUs\ndemanderons à l'élève de se composer un visage calme, légèrement\nsouriant, un instant avant l'attaque du son.\nTout autant que l'attaque la question du \" est des plu;\ndiscutées. Sans aborder longuement ce sujet rappelons seulement qu'il est\nessentiel que le passage de \" la voix de poitrine \" en \" voix de tête \"\nc est a diie que le renforcement susglottique du son succède au renfor-\ncement sous glottique, progressivement sans à coup, sans que la voix\nchange de couleur. Pour cela voici ce que nous conseillons à l'élève : au\nlieu de lui dire, pour obtenir cette sorte de soudure : d'amincir le haut\nde la voix de poitrine et de grossir le bas de la voix de tête, au lieu de\nfaire sombrer au passage, nous lui disons : \" Placez votre mimique et en\nsomme vos résonnateurs buccaux dans la position qu ils occuperont le\npassage une fois lait. Prenez le départ dans la même attitude que celle\nque vous aurez à l'arrivée. \"\nNous venons de voir rapidement tout le profit qu'un chanteur\npeut tiiei de 1a culture de sa mimique faciale, au point de vue purement\nvocal : rythme respiratoire, attaque du son s'adaptant sans recherche et\nsans fatigue a 1 expression la plus parfaite d'un sentiment ; émission et\narticulation aussi complété que possible par l'utilisation de tous les réson-\nnateurs buccaux, assurant la portée maxima de la voix avec le minimum\nde fatigue pour le larynx.\nA ces avantages s'ajoutent naturellement ceux qui dérivent de l'édu-\ncation mimique du chanteur qui en cultivant sa voix, de cette façon,\ndevient progressivement un acteur.\nNous ne ptétendons pas donner a 1 adaptation du \"geste laryngé\" au\ngeste facial 1 importance d une méthode de chant. C'est un point qu'il\nétait nécessaire de mettre en lumière et qui doit tenir une place prépon-\ndérante dans l'enseignement du chant.\nAncien interne et Ténor\nassistant cCotolaryngologie\ndes Hôpitaux de Paris.\n\nDr Paul Laurens & Renè Fournier."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.32", "texte": "Erik Satie !... Singuliers vocables ! Pour quelques mélomanes qui\nles ont entendu prononcer jadis, ils évoquent l'idée certaine d'imprécises\nmystifications, localisées on ne sait où, entre Montmartre et la Rose-\nCroix, entre Willy et Péladan. Pour les autres, ils ne représentent rien\ndu tout. N 'a-t-on pas mis en' doute l'existence même de cette entité\nfalote, disparue d'ailleurs depuis quelques temps de la circulation\nmusicale ?\nHé bien, ayons le courage de le proclamer, Il permane, Il se\nprénommé Erik. Il est compositeur comme vous et moi, et ses œuvres\ns'exposent au public bénévole, grâce à l'intervention de Claude Debussy\net de Maurice Ravel en personne.\nOui, Erik Satie existe bel et bien, depuis le 17 mai 1866, jour\nmémorable, ou la prévoyance d'une mère, d'origine écossaise (pourquoi\npas ?) le fit naitre à Honfleur, sa patrie. On ajoute que le Conservatoire\nde musique, sous la triple figure de Lavignac-Taudou-Mathias, l'accueillit\nen 1879, et guida ses premiers pas vers les Muses. \"\n'vous consacrer au piano \", lui avouaient ses professeurs d'harmonie !"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.33", "texte": "3°\nS. I. M.\n\n\" Comme vous semblez fait pour la \" répétait sans cesse lt\nhongrois Mathias, élève de Chopin ! Erik Satie s'en remit au hasard,),\nplus grand de tous les maîtres. Il se joua à lui même des (1886\net des Sarabandes(lBB7) de son cru, conciliant ainsi toutes les prédictions\ncelles de la Science et celles de la Virtuosité. Et il fit bien.\nLes Gymnopédiessuivirent (1888), puis les (1890), et\nles musiques de scène pour le Fi/s wagnérie kaldéenne du\nSar Péladan (1891). Erik Satie voguait en pleine Rose-Croix ! L'influence\nancestrale et l'astucieux attrait du rare, le tenaient captif des mystères de\nl'ogive et de la cantilène grégorienne, qu'il allait méditer en de longue*\nstations à Notre-Dame. Les Sonneries de la Rose-Croix (1892), Y Hymne au\ndrapeau destiné au Prince de Byzancede Péladan, le pour la\nHéroïque du Ciel de Jules Bois (1894), la Messe des Pauvres (1895), et\nles Danses gothiques, neuvaines pour le\nde mon âme, mise sous l'invocation de Sa (1893), furent pour Erik\nSatie comme autant d'initiations musicales à un état d'esprit aujourd'hui\nlointain.\nFaut-il insister sur Uspud,ballet chrétien à un personnage (1892)\nécrit pour affirmer quelques convictions harmoniques, d'ailleurs dépourvues\nde toute bienséance, et qui faillit brouiller le Maître avec notre Académie\nNationale! Faut-il rappeler que ni Bertrand—régnante—, ni le Ministre,\nson supérieur, n'ayant daignés répondre au génie méconnu, celui-ci\nenvoya ses témoins à l'imprudent Directeur de l'Opéra, et fut aussitôt\nconvoqué pour se voir éconduit dans toutes les formes de la\npolitesse.\nGlissons sur ce premier appel de la loufoquerie au sein d'une âme\nidéaliste, et sur le second aussi, plus inquiétant encore, puisqu'il engagea\nErik Satie (à la mort de Guiraud) à solliciter les suffrages de l'lnstitut.\nQue ne donnerait-on pas pour avoir assisté aux visites académiques de ce\ncandidat fantaisiste ? Seul paraît-il, Gustave Moreau se montra touché\npar les déclarations de son futur collègue.\nOr, en ce temps là, s'accusait chez Erik le goût des ironies\nproéminentes, et la perversité des singularités verbales la seule sans\ndoute que se puisse permettre un Rose Croix. Connaissez vous les\nPièces Froides (1897) avec eur -dir faire fuir et leur Danse de travers?\nIgnorez vous les Morceaux en forme (1903} et leur maniérisme\nterminologique ? Sans méchanceté pourtant, sans rosserie ces simples"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.34", "texte": "ERIK SATIE\n\n3i\n\nboutades ont contribué à tenir Erik Satie à distance de ce qu'on nommait\nalors le Grand Collectif Ignare,le public que met en fuite le seul mot de\npoire. Et, ni le Choral et fugue de 1908 ni les œuvres récentes n'ont pu\nréconcilier ces deux grandeurs incommensurables qui du reste ne cherchent\npas à se mesurer. Erik Satie n'a jamais demandé à se faire jouer, Erik Satie\nrépugne à se voir imprimé \\\nAujourd'hui, le goût de la fantaisie, peut-être plus encore que le\nrigoureux devoir, pousse Erik du côté de la rue Saint Jacques, vers le\ncontrepoint et l'austère enseignement de la Schola, tel un ver rongeur\nqui s'introduit dans la fugue, sous les auspices de Roussel et de\nVincent d'lndy. Cette dernière incarnation, que nous réserve-t-elle\nencore ?\nHé quoi dira-t-on ? Voilà bien des mots pour un inconnu. Le père\nÜbu n'en aurait certainement pas perdu la moitié pour résumer son\nopinion lapidaire !\nAinsi parle l'envie.\nM ais la compétence distingue sans grand effort de lucidité\nau delà des contingences fumeuses, quelques flammes de vie impérissable.\nLe cas Satie n'est point négligeable. Il pose, sous une forme spécieuse le\nproblème des origines du style moderne à la fin du XIXe siècle musical.\nN'est-ce rien'? La Sarabande qu'on lira plus loin est de septembre 1887 ;\ncelle de Debussy a 15 ans de moins, et peut-être quinze fois plus de\nmaturité, mais la date seule importe ici. Le Fils des Etoiles et les Danses\ngothiques précèdent et la Damoiselle Elue d'une façon significative,\net qu'on chercherait vainement ailleurs.\nJouez ces quelques pages, qui sonnent encore en 1911, et savourez\nl'imprévu dont elles conservent encore tout le charme. Leur coloris\nparticulier est fait de taches harmoniques subtilement accolées, de\nsonorités juxtaposées sans souci des cadences admises et des résolutions\nimposées. Ne dirait-on pas un Monteverde moderne (o blasphème !) qui\nessaie sur sa palette des couleurs indécises ? En ce tournant du XIXe siècle,\n\n1 Ont paru : chez Rouart Lerolle et Cie : Trois Préludes pour le Fils des Etoiles et les Gymnopédies. Là aussi\nvont bientôt voir le jour les Morceaux en forme de Poire. La Librairie de l'Art Indépendant a publié sous\nforme de plaquettes minuscules et rarissimes: Uspud\" Commune qui mundi nefas, \" extrait delà Messe des\nPauvres ; \"Intende votis supplicium 99 (avec quelques notes de plainchant). Deux Gnossiennes ont paru dans le\nFigaro Musical de septembre 1893, une autre dans la revue de Jules Bois \"Le Cœur \" de même date ; le\nPrélude pour la Porte Héroïque du Ciel a aussi trouvé favorable accueil dans ce Cœur (juillet 1894) ainsi que\ndes fragments de la Messe des Pauvres (juin 1895). Aux œuvres du maître il convient d'ajouter des esquisses\npour un Poisson Rêveur (1900) et pour une pantomime anglaise en collaboration avec Jules Dépaquit Jack in\nthe box (19 ? ?). Enfin quelques Valses destinées au répertoire de Mlle Paulette Darty."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.35", "texte": "32\nS. I. M.\n\ncomme àla fin du XVIe, le renouveau est venu de Xirrésolution. L'arti ~\na pris plaisir à ces dissonnances fugitives, ou l'école ne voulait voir q.\ndes frôlements licencieux. En isolant pour les manier à son aise ces obje\nde sa prédilection, il a donné la personnalité musicale et la vie à d\nêtres sonores retenus dans les limbes de la musique. Et c'est bien unÉ\ncertaine sensualité de l'oreille qui a toujours et ainsi guidé l'harmonie\nnovateur, aux dépens même de sa raison constructive et logique. C'est 1-\nmême souci de l'effet sensoriel qui complique à l'excès l'orchestre d'Or/;\net qui pousse un élève de Lavignac aux limites de la mystificatio-\nauriculaire. Erik Satie est un type achevé de cette école buissonnière\ndont la musique a toujours tiré profit et lumière. Il erre, nomade de !\ntonalité, braconnier des rythmes, attentif aux mille voix de l'impercep-\ntible, curieux de tout et de rien. Et voilà qu'il se surprend à jouer avec\nles objets défendus, que le Conservatoire lui apprit à rendre inoffensif-\nmais qu'il triture avec la plus grande imprudence. Le public ricane ei\npasse. La gloire est ailleurs. Mais l'esprit de la musique en qui Nietschc\navait foi, veille et se souvient. Une révolution dans l'état harmonique de\nla France s'opère doucement. Vingt cinq ans se passent et tout à coup oc\ns'aperçoit qu'Erik Satie a été novateur sans le savoir. Telle est la vie.\nL'auteur des Gnossiennes fut l'éclaireur inaperçu d'une troupe\naujourd'hui victorieuse. La campagne musicale qui triomphe en ces\ntemps ci, se préparait a peine quand Erik Satie donnait déjà l'assaut.\nPour lui seul, par plaisir, par amour de la couleur nouvelle et du geste\nimprévu, il lançait les fusées de ses grands accords, mineurs et psalmo-\ndiques, disposait l'échelle de ses neuvièmes, et se livrait aux ingéniosités\nde son tempérament atonal. C'est la singularité outrancière et paradoxale\nqui a empêché le succès direct de ces efforts, mais c'est bien elle aussi\nqui eut le mérite de la découverte. Si l'absurde de 1886 est devenu la\nréalité de 1910, si les trouvailles d'un simple ont rénové le langage des\nhabiles, 1 histoire de la musique doit le savoir, comme le savent quelques\ninitiés.\nLe mente de ce méconnu fut donc son audace. Sa baguette ingénue\ns est inclinée la première vers la source fraiche, que d'autres ont depuis\nfait jaillir abondemment. La musique lui mit dans la main ce bon grain,\nou cette ivraie peu importe qui leva quelques années plus tard en\nétonnantes moissons. N est ce pas une curieuse chose que ce Prérav(a)elite?\n\nJ. E."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.36", "texte": "Erik Satie\nPar Antoine de La Rochefoucauld"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.37", "texte": "3\n\nSARABANDE\nPOUR PIANO\nSoudain s'ouvrit la Nue et les Maudits tombèrent\nHurlant et se heurtent en un lourd tourbillon ;\nEt quand Ils furent seuls dans la nuit sans rayon}\nIls se virent tout noirs. Alors ils blasphémèrent.\nJ. P. CONTAMINE DE LATOUR\n(La Perdition)."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.38", "texte": "3+\nSARABANDE"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.39", "texte": "MORCEAUX EN FORME DE POIRE\n35\n\nSECUNDO\nERIK SATIE"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.40", "texte": "36\nMORCEAUX EN FORME DE POIRE\n\nPRIMO\nERIK SATIE"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.41", "texte": "MORCEAUX EN FORME DE POIRE\n37\n\nSECUNDO\nERIK SATIE"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.42", "texte": "38\nMORCEAUX EN FORME DE POIRE\n\nPRIMO\nERIK SATIE"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.43", "texte": "DANSES GOTHIQUES\nI. A L'OCCASION D'UNE GRANDE PEINE\nMars 1893\nTrèâ lent\nERIK SATIE"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.44", "texte": "40\nDANSES GOTHIQUES"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.45", "texte": "DÉPART POUR BORDEAUX\n(Suite)\n1\nPour les âmes bien faites, l'honneur est le culte de la vertu, et chez\nl'homme qui est appelé à le pratiquer, toutes les actions de sa vie se\nressentent de cette influence divine qui le fait marcher avec courage et\npersévérance vers le bien, et vient l'aider à éviter et fuir le mal ! Mon\nPère étoit né avec cette force d'âme ! aussi fut-il le plus tendre et le plus\nrespectueux des fils ! le meillieure des Pères ! des frères et des époux ! et\ndevint par sa noble conduite et son esprit, ses talens, l'un des artistes les\nplus considérés de son tems. Mais, suivons-le dans sa fugue nocturne.\nIl avoit donc pris place dans le coche, qui cheminoit doucement\nvers Bordeaux, et pendant les 180 lieues qu'il avoit à parcourir, plus il\n\n1 Le théâtre de Bordeaux, à cette époque, jouissait d'une renommée méritée. Il était un des premiers à\nmonter les ouvrages qui réussissaient à l'Opéra de Paris. C'est ainsi que les œuvres de Rameau furent toujours\nconnues par les bordelais, peu de temps, après leur création à Paris.\nN. B Nous devons à Pobligeance de notre correspondant de Senlis, M. Tinel, frère du Directeur du\nConservatoire de Bruxelles, et aux recherches précieuses de M. Cultru, ancien sécretaire de la mairie de\nSenlis les renseignements suivants, qui confirment et qui rectifient aussi les souvenirs biographiques de\nBcrton, parus dans notre S. I. M. de janvier. On trouve dans les actes de la paroisse Notre Dame de\nSenlis le 18 décembre 1732 la mention de naissance de Louis Pierre Berton, fils de Pierre Berton, musicien de\nl église de Senlis et de Poucette Maquart. C'est Poncle de Henri Montan dont il est parlé à la page 9 (S. I. M.\nde janvier). Les registres indiquent son élection comme maire de Senlis et pensionnaire de la Nation le\n16 décembre 1792. En outre on trouve mention de la naissance de Marie-Magdeleine le 13 février 1734,\net (le Marie, le 1 mai 1735, du même Pierre Berton, musicien. On pourrait conclure de ces actes que\nPierre Berton, le grand père de Henri, était avant tout musicien et attaché à l'église de Senlis, bien plutôt que\nagriculteur comme le voudrait faire supposer son petit fils (S. I. M. janvier p. 3).\n\n4"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.46", "texte": "42\nS. I. M.\n\ns'éloignoit de la capitale, plus ses esprits le ramenoient vers la rue a,\nfers. Sa première pensée étoit toujours pour sa bonne, sa tendre mère\ntrembloit souvent en pensant à la sévérité de son père, il étoit p]\ntranquille en songeant à son oncle, toutes ses pensées venoit se heurt\ndans sa pauvre tête et portoient à chaque instant le trouble en ses esprit\nquelques fois même il vouloit arrêter et retourner à Paris, mais F honneur\nce mot pris dans sa véritable acception, lui disoit : tu as commis ur,\nfaute, il faut la réparer dignement, et par ta conduite à venir te la fajr.\npardonner. Une brillante carrière s'offre à toi, sache en profiter et .\nparcourir avec honneur. Ce penser consolateur venoit un peu calmer\ntrouble de son âme, et cette douce espérance venoit aussi l'aider à reprer,\ndre courage, car, pour une jeune tête, pour une tête d'artiste surtot\nl'Espérance est le roman du cœur, c vieillards,\nsouvenir en est F histoire.ll arrive enfin à Bordeaux, content d'êtr\ndébloqué de son coche, mais tourmenté par l'attente d'une réponse à s\nsuplique, il demande, il questionne tout le monde, depuis le maitre et '\nmaitresse de l'auberge, le marmiton, la fille de service et jusqu'aux valet\nd'écurie, personne n'a entendu parler d'une lettre pour M. Berton. !\nalloit se désoler de nouveau, lorsqu'un grand laquais gascon se mit à dire\nMoussu de le Berton, mon maître est z espère\ndes galons, sei voire seigneurerie veut Mon Père sans le laisser finir s\nharangue, ayant, au mot galon, pressenti l'intervention du cher oncle, h.\ndit : mon ami conduis moi de suitte chez ton maître. Il fut accueil\nparfaitement car ce marchand étoit le correspondant de son oncle et h\nplus son ami. Il lui remit la lettre de ses Parents ; l'effet touchant qu'élit\nproduisit sur mon Père, intéressa de suite le marchand et toute sa famille\nen sa faveur ; après la première effusion de sentiment de piété filiale, or\nlui remit aussi un petit ballot à son adresse, il s'empressa de l'ouvrir e:\nsa joie fut encore extrême, surtout en trouvant en dessus des effets qui!\ncontenoit, un billet ainsi conçu :\nMon cher neveu,\na Tu as une bien mauvaise tête ! Tu as fait une grosse faute mais tu vas la réparer ave;\nhonneur ! Tu es un brave garçon, cependant il faut encore te corriger d'un autre petit défau:\ncar tu es par trop étourdi, comment tu pars de Paris comme un bombe et ce, avec les seu\nvêtements que tu as sur toi, c'est impardonable. M. Berton, premier violoncelle solo du Grau;\nThéâtre de Bordeaux iroit se présenter à son nouveau directeur vêtu comme le dernier crin-"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.47", "texte": "SOUVENIRS DE H. M. BERTON\n43\n\ncrin de l'orchestre. Non personne de nous ne veut le souffrir. Aussi nous nous empressons de\nréparer ton oubli. D'abord nous t'envoyons de la part de ta bonne mère 12 belles chemises de\ntoille de Hollande et 12 belles paires de bas de fil, ta belle-sœur y joint 6 paires de beaux bas\nde soie de Grenoble, ton père a voulu qu'on ajoutât à ce premier petit envoi 2 belles paires de\nmanchettes de dentelle avec jabot idem et de son choix. Quant à moi je crois utile de t'envoyer\nde quoi garnir en galons d'or deux habillements complets, c'est-à-dire habit, veste et culotte\nc'est la mode maintenant et d'ailleurs je m'en rapportes à toi pour dirriger Mrs les tailleurs\nde Bordeaux, car ton penchant à la coquetterie nous est connu et a fort souvent inquietté ton\nBrave Père ; je n'ai pas toujours été de son avis à ce sujet, tu es jeune, joli homme, artiste\ndistingué, je trouve cela tout simple ; mais pas de folies Monsieur mon neveu, pas d'extrava-\ngance, aie toujours devant toi ton noble but, marche y avec constance, avec courage et tu\narriveras. Tu te nommes Berton, tu es un brave garçon, cela suffit.\"\nJe t'embrasse de tout cœur, ton oncle :\nGUSTAVE BERTON.\nN. B. Comme il faut acheter des étoffes et payer de suitte ces messieurs des tailleurs\nmon ami, mon corespondant te comptera de ma part la somme de 250 livres pour arrondir\nton petit trésor.\nL'émotion, la joie de mon Père étoit à son comble ! Le brave\ncorrespondant, l'aimoit déjà comme son propre fils, il se chargeât de lui\nfaire retenir de suite un logement dans la Ville car ayant trois fort jolies\ndemoiselles, il ne jugea pas fort prudent de faire habiter ce jeune et beau\njouvenceau, sous le même toit que ces trois jolies jouvencelles: en\nracontant ce fait mon Père sourioit souvent de souvenir, et disoit que\nmalgré ses principes de morale, il avoit toujours pensé que le papa avoit\nagi fort sagement.\nLe tailleur fut mandé, l'habit galonné fut promptement confectionné\net M. le violoncelle solo put bientôt se présenter convenablement chez son\nnouveau directeur. Il en fut reçu à merveille car le bon, le bienveillant\nM. Francœur, avoit eu l'attention de lui écrire pour le lui recommander\nvivement et vanter ses mérites. Dès le jour même le Directeur le conduisit\nau théâtre et en le présentant à toute la troupe reunie fit un discours\npompeux dans lequel il enumeroit avec emphase, car le cher directeur\netoit des bords de la Garonne, tous les talents du virtuose que lui en-\nvoyait de Paris, M. le sur-intendant de la musique du Roi, directeur et\nadministrateur général de son Académie Royale de musique. Mon Père\nrepondit modestement, qu'il ne croyoit pas mériter tous ces éloges, mais\nqu'il feroit ses efforts pour s'en rendre digne un jour et surtout conquérir\n1 estime et l'amitié de ses nouveaux camarades ; un houra approbateur de\ntoute la troupe fut la réponse à cette courte et modeste allocution. Le"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.48", "texte": "44\nS. I. M.\n\ndirecteur qui étoit un homme actif, voulant ne pas perdre un seul instar,\npour ses intérêts et pour la gloire de son théâtre, prenant la main d'un-\njeune et belle personne dit : \"j'ai l'honneur de présenter au célèbre conv,\npositeur Berton la divine Gambilla,1 c'est Therpsicore descendue parm-\nnous sous les traits de Vénus ! Elle est Bearnoise et née à Pau, comme |t\nVerd Galant et sait aussi bien danser qu'il savait battre les Ligueur\nMlle Gambilla doit donc débuter incessament ; mais pour que le jour sois\nun jour mémorable dans les fastes de ma direction je veux que votre début\nsur le violoncelle s'effectue le même jour et pour cet effet, je vous prie d:\ncomposer un solo pour votre instrument, un air de danse par exemple, e\nmanière de sarabande, car la divine Gambilla brille surtout dans le genr;\nsérieux. Vos deux débuts réunis feront fureur j'en suis assuré. Von\nconnaissez le goût des bordelais pour la danse et pour la mélodie, ton\ndeux comptez sur un triomphe éclatant.\" M. le compositeur qui, pendan:\nce discours étoit resté en admiration devant les charmes de la jeur:\nTherpsicore, quand il falu répondre, rougit d'abord et tout troublé qui\nétoit dit qu'il se trouvoit heureux de pouvoir contribuer par ses faible\ntalens, au triomphe de la belle Gambilla. Notre Therpsicore qui pourtac:\nétoit plus jeune que lui, car elle n'avoit que ans, mais qui aparameo:\navoit un peu plus d'expérience, ayant remarqué avec orgueil le motif ti-\nson trouble s'avançat vers lui en le remerciant, avec toutes les grâce\nd'une coquetterie sentimentale ; tout à coup, en changeant de ton et lu\nprenant familièrement la main elle lui dit : Mon cher Maestro, mon che:\nconfrère, j'aime les affaires qui vont vite, très vite, ainsi donc, sans faço:\nacceptez aujourd'hui mon diner, car il faut que nous nous consulte\ntous deux pour bien nous entendre, j'ai un clavecin chez moi, non\ncauserons de notre affaire pendant le repas et après mais cela ne regarè\nque nous, ainsi MMrs et MMmes j'ai l'honneur de vous saluer.2 En disan:\nces derniers mots elle prit vivement le bras du maitre, et l'emmena che:\nelle. Le diné se passa très bien si ce n'est que dans le commencement l\nfut un peu silencieux, le Maestro n'étoit que galant et respectueux\nl'impétuosité de notre Bearnoise ne s'accomodait guère de ces manière\nde Novice, aussi avec son esprit, ses grâces, car elle en avoit beaucouj\n\n1 Malgré de nombreuses recherches, je n'ai rien trouvé concernant Mlle Gambilla, vraisemblablem::\ndemeurée en province toute sa vie.\n2 Ce petit tableau des mœurs théâtrales au 18e siècle, à l'allure des menus romans de Pépoque et, i\nfois encore, on sent que le narrateur y a dépensé une verve qui ne saurait passer pour un récit sténographié."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.49", "texte": "SOUVENIRS DE H. M. BERTON\n45\n\nelle parvint facilement à retrouver sous l'envellope du Maestro le jeune\nartiste de 18 ans.1 Au dessert ils étoient tous deux à l'unisson et d'un\nparfait accord, et dégustant du Soterne de première qualité, portoient\ntour à tour des toastes à leurs succès futurs. Le maestro qui s'étoit sin-\ngulièrement enhardit, lui demanda la permission de porter aussi la santé\nde sa bonne et digne mère. A ces mots, tout à coup, en lui prenant\naffectueusement la main, elle lui dit: Vous êtes un brave garçon je vous\nestime! Et moi aussi Monsieur j'ai des parents, j'ai un brave Père, un\npauvre militaire infirme et je n'exerce mon art avec tant d'ardeur que\ndans le but de le secourir. Buvons tous deux aux auteurs de nos jours,\nmais un genou en terre, Monsieur, un genou en terre pour porter leur\nsanté! car pour nous ici bas, un Père ! une Mère ! sont les représentans\nde la Divinité ; tous deux le verre en main s'agenouillèrent, mais étant\nnécessairement par leur position très raprochés l'un de l'autre, leurs jeunes\ntêtes déjà un peu échauffées par les fumées du Soterne, en fixant leurs\nregards, sur l'étrangeté de leur situation, partirent simultanément d'éclats\nde rire immodérés. Gambilla qui, de sa nature, étoit très rieuse et le\nMaestro qui ne l'étoit pas moins, se livrèrent aux élans d'une douce et\naimable hilarité ! ! ! Mais après quelques instants d'un mutisme mutuel,\ntout à coup Gambilla se levant subitement en battant un entrechat, dit :\nc'est très amusant de rire comme cela, mais au fait ce ne sont que des\nbêtises, mets toi au clavecin cher ami ! et compose moi une belle sara-\nbande, pendant ce tems j'en réglerai les pas.\nLe lendemain la sarabande fut copiée, réglée, et répétée généralement\ndeux jours après eurent lieu les débuts de nos jeunes artistes. Le directeur,\nhomme habile, et passé maître en forfanteries gascognes, profita de\nl'occasion pour déployer sur une affiche de 6 pieds de haut sur 4 de large\nle pathos accoutumé de MM. les directeurs des spectacles de Province ;\nles noms de Gambilla et de Berton y étoient précédés et suivis des\nepithètes les plus gigantesques que puisse fournir le dictionnaire de\n1 Académie ; et les incomparables ! les admirables ! les célébrissimes etc. etc.\netc. y abondoient.2 Le succès fut immense pendant plus de 20 représen-\n\n1 Si l'on en croit Henri Berton, son père serait arrivé à Bordeaux en 1745- Fétis dit qu il chanta à\nOpéra de 1744 à 1746. Les documents administratifs manquant totalement pour cette période, il ne nous est\npas possible de rectifier. S'il est vrai que Pierre Berton avait 18 ans à son arrivée à Bordeaux, ¥ étis fait erreur\nCn c^ qu'il passa deux années à Marseille comme chanteur, avant de gagner Bordeaux.\n111 y aurait une bien curieuse étude à faire sur les annonces des spectacles au XVIII( siècle. Parmi tant\nautres jai retenu celle qui annonçait un concert spirituel au bénéfice d'un certain Raymond, Maître de"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.50", "texte": "46\nS. I. M.\n\ntations ; à chacune les bouquets, les couronnes, les vers en l'honneur des\ndeux jeunes débutants, pleuvoient dans la salle ainsi que les écus dans la\ncaisse du directeur. Aussi ce dernier, dans son enchantement, son ravisse-\nment, fit-il la galenterie d'envoyer à son incomparable danseuse une\ncorbeille garnie d'évantails chinois, de gants de Grenoble, de pots de\npommade de rouge et de mouches venant de Paris, et de plus une belle\népée damasquinée, qu'il la priait par un petit écrit de sa main, très\ngracieux mais un peu malin, de vouloir bien l'offrir de sa part à son\ncélèbre compositeur, pensant qu'en vrai chevalier françois il lui seroit\nplus agréable d'être armé par la main de sa belle... camarade que par\nla sienne.\nIl n'étoit donc bruit dans tout Bordeaux que des talens, des mérites\nde la belle danseuse et du jeune compositeur. Les hommes vantoient les\ngrâces, les beaux yeux, la légèreté de la moderne Therpsicore, les dames\nla suavité mélodieuse des compositions et de l'exécution du moderne\nAmphion. Les peuples du midi, en général, sont fort chauds en toutes\nchoses et surtout en fait de beaux-arts, aussi mon Père devint-il de suitte\nl'homme à la mode de tout Bordeaux. Il fut recherché par les premières\nmaisons de la noblesse, de la magistrature et du haut commerce ; il ne\nsavoit auquel entendre, car toutes les belles dames de la ville, vouloient\nrecevoir des leçons de chant ou de clavecin du jeune et intéressant profes-\nseur. Les hommes vouloient aussi la recevoir de violoncelle et même de\ncomposition. De plus, tous les dimanches et fêtes, il alloit toucher l'orgue\nà la cathédrale. Les moins pieuses de ces dames s'étoient alors fait dévotes,\net, se gardoient de manquer à aucun des offices où se faisoit entendre\nle Professeur et écoutoient véritablement avec une componction évan-\ngelique !\nUn événement inattendu vint tout à coup changer, mais d'une\nmanière heureuse pour lui, sa position artistique, car en un jour, de\n\nmusique d'un théâtre de province. M. Raymond qui avait composé \"La résurrection9\" oratoire à grand orches-\ntre, s'adressait par avance aux dames, en ces termes :\nSexe charmant, à qui je cherche à plaire,\nViens embellir le séjour des talens ;\nPar ta présence échauffe mes accens :\nUn seul de tes regards et m anime et m'éclaire,\nEh ! que m importe à moi ce Laurier si <vanté\nDont le génie se couronne\nCe sceau de Vimmortalité,\nSi ce n'est point la Beauté qui le donne.\nEt tout cela pour trente sols par personne."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.51", "texte": "SOUVENIRS DE H. M. BERTON\n47\n\nsimple caporal qu'il étoit, il devint général, c'est à dire que depuis de\nlongues années le sceptre de l'orchestre étoit entre les mains d'un homme\nqui avoit eu du talent, mais il avoit près de 80 ans, et la mort vint rendre\ninopinément cette place vacante. Alors quoique l'usage fut de donner\ncette place par concours, le directeur décida que puisqu'il étoit reconnu\nen principe qu'un musicien compositeur étoit plus apte à remplir ces\nfonctions qu'un autre professeur du même art, il y nommoit le sieur\nPierre Montan Berton. L'influence de Gambilla ne nuisit pas à cette\nrésolution, mais il n'en étoit pas besoin, car il entendoit, trop bien ses\nintérêts pour agir différament, d'ailleurs il estimoit le beau caractère de\nmon Père et admiroit son talent ; il prit possession le jour même de sa\nnouvelle fonction et les remplit à la satisfaction de tous. Malheureuse-\nment cette nomination fit surgire quelques jalousies cachées et vint attiser\nle feu de quelques ambitions deçues. Deux des musiciens de l'orchestre\nqui avoient des prétentions à cette place le provoquèrent en duel, car il\nest de notoriété publique que MM. les Bordelais sont de leur nature fort\nqueréleurs et très grands fèrailleurs. Le cartel fut accepté et fixé au len-\ndemain matin. Mon Père prit pour témoin le premier violon solo de\nl'orchestre, son ami M. Granier. Le duel eut donc lieu le lendemain ;\ndans la première rencontre il fut heureux, car ayant désarmé deux fois\nson adversaire, il eut le bonheur de lui accorder la vie. La seconde ren-\ncontre n'eut pas tout à fait la même issue, en blessant assez grièvement\nson adversaire il reçut un coup d'épée au bras droit. L'affaire ainsi\nterminée on s'embrassa comme de coutume en se jurant une éternelle\namitié, quel bizare, quel barbare usage est resté dans nos mœurs, dans les\nmœurs d'un peuple qui a la prétention de se donner pour l'un des plus\ncivilisés du Globe ! La mort ou seulement un peu de sang répandu, tous\nles outrages sont effacés, toutes les haines sont éteintes... ô pauvre huma-\nnité, ô mais c'est assez philosopher, alons retrouvé notre pauvre\nblessé. Sa prouesse étoit déjà connue dans toute la ville, et lorsqu'il arriva\nchez lui il trouva son domicile envahi par ses amis, ses camarades, et bien\nentendu Gambilla en tête avec le cher directeur. Ils furent tous rassures\npromtement car la blessure étoit légère. Gambilla seule ne pouvoit calmer\nson émoi, et voulut elle-même étancher son sang avec son mouchoir ;\npuis elle dit au directeur que, vu l'émotion qu'elle venoit d'éprouver, il ne\ndevoit pas compter sur elle pour la représentation. Le blessé voyant 1 effroi\ndu pauvre directeur, s'empressa de dire de suite, qu'il allait mettre un"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.52", "texte": "+8\nS. I. M.\n\nécharpe au bras droit, et qu'il conduira tout aussi bien avec le gauche,\nCette résolution fut aprouvée par tout le monde, surtout par le directeur,\nChacun se retira chez soi, mais dans son chemin, chacun ne manquoit\npas de raconter l'aventure du duel et de ses suites à ses amis ; aussi le soir\nla salle fut-elle comble et lorsque M. le chef-d'orchestre vint y prendre\nsa place, il fut reçu par un salve d'aplaudissements unanimes, qui redou-\nblèrent encore lorsqu'on le vit prendre de la main gauche son bâton de\nmesure. Gambilla dansa encore mieux qu'à son ordinaire, on dit même\nqu'au lieu de battre des entrechats à six elle en fit à huit,1 lorsqu'elle vit\npleuvoir sur l'orchestre une grelle de bouquets, de couronnes de lauriers\nque quelques malins avoient accompagnés de couronnes de mirthes,\nAprès le spectacle les amateurs et les artistes improvisèrent un banquet\ndans lequel on portât maints toasts en l'honneur du héros de la fête. Mais\ncomme dans toute espèce d'action, dramatique ou non et de telle nature\nqu'elle soit, un péripétie est toujours d'un bon effet, heureusement pour\nmon Père, il en advint une dans cette joyeuse fête, qui lui ouvrit la\ncarrière qu'il sut depuis parcourir avec tant d'éclat. Vers la fin de la soirée\non vint lui annoncer qu'un personnage se disant porteur d'une dépêche\ndésiroit la lui remettre de suite ; on fit introduire l'envoyé, qui n'étoit\nautre que le sieur Cavalier' dont j'ai déjà parlé comme de l'un des limiers\ndu directeur de l'Opéra, aussitôt qu'il put aborder mon Père, en lui\nprenant la main et l'embrassant, il lui dit: \"Mon cher M. Berton c'est\nencore moi qui vient vous enlever, non comme jadis à vos pieuses fonc-\ntions,2 mais aujourd'hui aux plaisirs, aux douces jouissances de mes chers\ncompatriotes, MM. et MMmes de Bordeaux, qui j'ose l'espérer me par-\ndonneront de mettre chargé de cette mission, en faveur de son motif. \"\nPuis remettant à mon père la missive scellée des armes du Roi il lui dit:\nTenez et lisez à haute voix. Mon Père en romp le cachet et y trouve\ndeux écrits, le premier étoit un ordre du Roi de se rendre de se suitte\na Paris près du directeur de son Académie Royale de Musique, le second\npapier etoit une lettre du bon M. Francœur dans laquelle il lui disoit que\ntoutes ses prévisions à son égard s'étant réalisées,il ne pouvoit rien faire de\nmieux que l'attacher au service de S. M. qu'ayant appris sans étonnement\n\nSi cela est vrai, M 1 Gambilla peut passer pour avoir été la première à réussir un pareil exercice de\nvitesse, car nous ne connaisons rien de pareil à l'Opéra de Paris avant 1762.\nC est-a-dire lorsqu il était baryton solo à la maîtrise de Notre-Dame. Notre étrange directeur a voulu\nsans nul doute escamoter plusieurs années, car nous sommes présentement en 1755, et s'il est vrai que Pierre\nBerton arriva à Bordeaux en 1745» es dates ne concordent pas."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.53", "texte": "SOUVENIRS DE H. M. BERTON\n49\n\nses nombreux succès à Bordeaux, qu'en conséquence la place de maître\nde musique et chef d'orchestre de Grand Opéra de Paris étant vancante\nen cet instant, lui étoit dévolue et qu'il étoit invité à en venir de suitte\nprendre possession. Ses vrais amis qui étoient nombreux, et même le\ndirecteur, malgré la peine que tous éprouvoient de le perdre, le félicitèrent\nsincèrement de la marque honorable qu'il venoit de recevoir. Gambilla\nfut la seulle qui ne put prendre part à ces touchants regrets, car la\npauvrette s'étoit évanouie en entendant la lecture de l'ordre Royal. L'ami\nGranier qui étoit véritablement le Pilade de mon Père, lui fit sentir qu'il\ndevoit de suitte obéir à cette ordre et l'entraina hors des lieux où, comme\nun autre Renaud une nouvelle Armide pouvoit par ses enchantements\nlui faire oublier un moment son devoir. Une voiture l'attendoit à sa\nporte ; tous les maitres de poste avoient reçu l'ordre de lui fournir des\nchevaux sur la route de Bordeaux à Paris. Arrivé dans son domicile,\navant de la quitter pour toujours, il voulut écrire à Gambilla et chargeât\nson ami de la lettre. Pendant ce temps l'ami avoit réuni tous ses effets et\nen faisant charger sa malle, il lui dit qu'il avoit pris cette précaution\npour qu'il ne fit pas la même étourderie qu'à son départ de Paris, mais\nqu'il lui avoit laissé le plaisir d'emporter son épée, car elle étoit ornee\nd'un beau nœud de rubans formé par la jolie main de Gambilla. Les deux\namis s'embrassèrent tendrement en se renouvellant les serments d une\namitié qui ne s'est jamais démentie.\n( A suiv"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.54", "texte": "CHILESOTTI (OSCAR) : U (Turin,\nBocca frères, 1910, in-12 de VI-168 pp.)\nEcrivant un volume de vulgarisation destiné à la Pieeola Biblio-\nteca di Seienze Moderne,notre savant collègue Mr O. Chilesotti\ns'est proposé de parcourir rapidement les grandes étapes de\nl'évolution de la Musique. Il montre comment les idées directrices\némises sur l'évolution en général dans les Premiers Principes\nd'Hubert Spencer s'appliquent aux transformations successives\nqu'a subies l'art musical, et, avec une clarté et une maîtrise par-\nfaites, il brosse un vaste tableau d'histoire, qu'éclairent çà et là\nses vues personnelles d'érudit et de chercheur. C'est ainsi que\nM. Chilesotti revendique justement pour l'ltalie l'honneur d'avoir\napporté des éléments infiniment précieux à la constitution de l'art\nmoderne. Signalons surtout les chapitres consacrés à l'étude de\nl'origine des formes instrumentales, de l'opéra et de l'oratorio.\nL'auteur clôt la première partie de son livre par l'examen du\nrythme, des modes, des tons, de la théorie musicale et même de\nla notation si tentante pour les inventeurs de systèmes.\nDans une 2e partie, M. Chilesotti traite des sons musicaux et\nrésume l'ensemble des connaissances acquises par la science con-\ntemporaine au sujet des diverses échelles : échelle grecque, échelles naturelle et tempérée,\nsystème des 53 degrés, puis échelles servant de base aux musiques exotiques: échelles chinoise,\narabo-persane, indoue, turque. Peut-être, aurait-on pu désirer un peu plus de précision à l'égard\ndes sources d'où découlent ces échelles mais, nous le répétons, il s'agit ici de vulgarisation,\net l'auteur ne pouvait étendre son appareil critique. Son livre est un excellent vade-mecum,\nun précieux résumé des questions qui touchent à la Musique considérée historiquement.\nLIONEL DE LA LAURENCIE.\nBELPAIRE, M. E. Beethoven een Kunst- (Anvers, Opdebeek, 191\nin-B°, 474 p.)\nMelle Belpaire, qui occupe une situation active et distinguée dans la vie musicale anversoise,\na condensé dans ce beau livre, très étudié et sérieusement documenté, le résultat de longues\nméditations et d'attentives analyses consacrées au maître de Bonn, auquel elle a voué depuis\nson enfance un culte enthousiaste.\nSans négliger les sources bibliographiques telles que la correspondance de Beethoven, les\nlivres de Schindler, Wegeler, Ries et von Breuning, l'auteur donne une place prépondérante à\nl'analyse psychologique et s'attache, tout au long de son livre, à établir une relation étroite"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.55", "texte": "LES LIVRES\n\n51\n\nentre la vie sentimentale et l'œuvre de son héros, à élucider notamment le troublant problème\nde la création des œuvres les plus sereines au milieu des plus douleureuses crises physiques et\nmorales. Une des parties les plus personnelles de l'ouvrage est le chapitre dans lequel l'auteur\ns'efforce de montrer que Beethoven ne fut pas seulement un déiste, comme Schindler tend à\nle prouver, mais un catholique convaincu. La dernière partie du livre est consacrée à de péné-\ntrantes analyses esthétiques, dans lesquelles celles de la Missa solemnis et des sonates de piano\ntiennent la première place.\nIl nous plaît qu'une main de femme ait écrit ce livre qui résume des années de travail et de\nrêverie aimante sur un maître qui fut surtout un grand et noble passionné et dont l'amour,\nsous sa forme la plus délicate, parfuma toute la vie.\nEcrit dans une langue ferme, précise et coloré, l'ouvrage est préfacé d'une superbe dessin\nde P. de Mets d'après le masque de Beethoven. E. CLOSSON.\nGASTOUE. A. Traite d'harmonisation du chant grégorien sur un plan nouveau. (Lyon,\nJanin, 191 o, in-8° de 130 p.)\nM. Gastoué s'est décidé à publier après quinze années d'enseignement et de pratique un\nimportant et fécond travail qui contribuera beaucoup à fixer d'excellents principes d accom-\npagnement du chant grégorien. Dans une introduction extrêmement intéressante 1 auteur\nesquisse une histoire de l'accompagnement du chant liturgique depuis le moyen âge, illustrée\nd'exemples extraits d'anciens manuscrits.\nLa première partie résume les notions d'harmonie indispensables (intervalles et accords), la\ndeuxième est consacrée à l'étude de la modalité et du contrepoint avec un essai sur la con-\nstruction tonale des pièces de pl. chant, la troisième partie enfin traite de 1 application pratique\nde l'harmonisation aux voix et aux instruments ainsi que des styles des différents morceaux\nliturgiques : récitatifs, chants simples, chants ornés.\nL'ouvrage s'enrichit de nombreux exemples excellemment écrits par A. Gastoue et les\nprincipaux auteurs qui se sont occupés d'harmonisation du chant liturgique : Bordes, brun,\nChassang, Dom Delpech, Guilmant, d'lndy, Mathias, P. Wagner etc...\nCes exemples sont choisis spécialement pour tous les tons du pl. chant et tous les genres de\nla mélodie liturgique. Cet ouvrage écrit par un savant dont 1 autorite et la compétence sont\nincontestées, est appelé à rendre les plus grands services non seulement aux musiciens d eglise\nmais à tous les artistes soucieux de toujours mieux connaître leur art pour le mieux aimei.\nJOSEPH BONNET.\nFARAL (Edmond). Les Jongleurs en France au moyen âge, thèse pour le doctorat es\nlettres présentée à la Faculté des lettres de l'Université de Paris. (Paris, Champion, 1910 ;\ngr. in-B°, x-339 p.)\nQu est-ce qu'un jongleur ? Telle est la question que 1 auteur se pose tout d abord. Elle\ndomine, en effet, l'ensemble de sa thèse, et l'enquête instituée dans son savant travail a poui\nobjet d'y répondre.\nC'est au ixe siècle, d'après G. Paris et les textes cites, que les jongleurs auraient fait\nFrance leur première apparition : u on ne les trouve pas expressément mentionnes pius tôt\nIP. 2-3. Cf. p. 272-273 et Gaston PARIS, La littérature franç. au moyen âge, 3E édit., p. 39- Contrai-\nrement à cette assertion, je trouve les jongleurs mentionnés au VIIT siècle dans un des premiers capitulaiies de\nCharlemagne (23 mars 789) : Ut episcopi et abbates et abbatissœ cupplas canu?n non habeant net fakones nec\naccipitres nec joculatores. Alfr. Boretius, Capitularia Reg. Franc., lBB3, p. 64, c. 31 (dans es\nMonum. histor. Germ., Leg. sect. II.) Pertz. Monum. histor. Germ.y Leg. t. I. p. 69."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.56", "texte": "52\nS. I. M.\n\nCependant, dans chaque branche de leur activité professionnelle, chantres épiques et histrions,\nils eurent ailleurs, sinon des ancêtres, au moins des prédécesseurs. Sans parler des scaldes\nseptentrionaux, les bardes celtiques sur la rote, et les scôps germaniques sur la harpe\ncélébraient bien avant eux la vaillance de leurs héros.\nD'autre part, Rome eut de bonne heure ses mimes. Eux, il est vrai, ne chantaient pas\nde geste, mais ils n'en étaient pas moins populaires. Leurs farces, leurs parades, leurs exhibitions\ngrotesques et licencieuses faisaient les délices des Romains de la décadence. Répandus dans\ntoutes les provinces de l'empire, ils survécurent aux invasions, et, pendant tout le moyen âge>\nle latin ecclésiastique ne cessa d'employer mimus comme synonyme dz joculator.\nEst-ce donc à ces bouffons nomades, dont la Grèce fut le berceau, est-ce, au contraire,\naux poètes épiques de la Germanie qu'il convient de rattacher la filiation de nos jongleurs ?\nOu bien encore, le dualisme qui caractérise leur profession ne résulterait-il pas de ces deux\nfacteurs réunis sous une même appellation ?\nDans cette question d'origine, obscure comme tant d'autres qui mettent deux systèmes\naux prises, romanisme contre germanisme, M. Faral prend nettement parti pour le premier:\nil est romaniste intransigeant. Donc, d'après sa thèse, nos jongleurs descendraient directement\net exclusivement des mimes latins ; ils les auraient continués pendant tout le moyen âge, et\npar eux l'esprit mimique des histrions de Rome aurait été transmis aux bateleurs du Pont-\nNeuf et aux Enfants sans souci.\nQuoi qu'il en soit de cette conjecture, une chose est certaine : c'est que, descendants\ndirects ou simplement collatéraux des mimes, ils héritèrent de l'hostilité de l'Eglise contre\nleurs prédécesseurs. Cette vieille et légitime antipathie s'explique d'ailleurs par des raisons\nnouvelles. La jonglerie comptait parmi ses adeptes une foule de nomades en rupture de\nclergie, clercs ribauds ou goliards, comme on les appelait, dont les mœurs et la propagande\ncausaient un double scandale. Leur infamie justifiait l'anathème.\nMais en dehors de ces déclassés et parallèlement aux jongleurs laïcs, des clercs animés d'un\ntout autre esprit versifiaient les vies des saints et les légendes dévotes ; ils les récitaient ensuite\nen public, soit dans les églises, soit dans les pèlerinages, en même temps que les jongleurs y\nchantaient leurs chansons de geste, tout comme dans les cours seigneuriales et les assemblées\npopulaires. Ceux-là étaient à l'abri des censures de l'Eglise ; elle les approuvait, elle les\nencourageait.\nIl n'en était pas moins pénible pour une élite, où généralement l'exécutant se doublait\nd'un compositeur, le jongleur d'un trouvère, de se voir confondus sous une même désignation\navec de vulgaires baladins. Aussi les voit-on prendre au xme siècle le nom de ménestrels. Un\ntrouvère anonyme d'Arras le constate :\nMais, pour le temps de maintenant,\nSe vont menestreus appelant,\nEt ceulx qui mainent singe et ours\nSe font appeler jougleours\nA ce propos, M. Faral fait observer que l'usage s'établit à la fin du XIIe siècle, parmi les\ngrands seigneurs, d'attacher un jongleur à leur service, ministerium d'où ministerellus ; leurs\nconfrères auraient, à leur tour, autant par intérêt que par vanité, adopté cette même\ndénomination.\nSur ces ménestrels et ces jongleurs, sur leurs relations soit avec les seigneurs, soit avec\nles bourgeois et le peuple, sur leur condition morale et sociale, sur les largesses inouïes dont les"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.57", "texte": "LES LIVRES\n53\n\nuns étaient comblés dans les châteaux, tandis que les autres traînaient une existence misérable\nde la place publique à la taverne, sur leurs corporations enfin et leurs confréries, auxquelles\nles puys semblent se rattacher, le livre de M. Faral nous offre une suite de chapitres remplis\nde faits curieux, de rapprochements ingénieux, de commentaires érudits, qui font de son\nenquête, en dehors même de la thèse qu'elle a pour objet, une contribution des plus intéres-\nsantes pour l'histoire du moyen âge.\nA. GUESNON.\nŒUVRES EN PROSE DE RICHARD WAGNER (T. IV ET VII) TRA\nDUITES EN FRANÇAIS PAR J. G. PROD'HOMME ET F. CAILLÉ.\ncommunication à mes amis(1851) \"Musique (1860)\n(Paris Delagrave, in-8° jésus ; 3 fr. 50)\nIl n'y a plus rien à dire de l'heureuse idée qu'eut M. Prod'homme lorsqu'il entreprit cet\nimportant travail. Félicitons-le ainsi que son collaborateur M. F. Caillé de la précision et de\nl'élégance de la traduction qu'il vient de nous donner.\nLOGAN (MAURICE S.). CMusicology (New-York, Hinds, Noble & Eldredge\nin-120 232 pp.).\nCe livre est destiné aux élèves et lecteurs qui veulent se rendre un compte exact des\nprincipes de la musique. L'auteur ne donne pas à ce terme de musicologie le même sens que\nnous et son ouvrage est en anglais l'équivalent de celui de Lavignac en français \" La musique\net les musiciens. \" M. Logan traite d'abord des éléments de la musique, (son rythme, expres-\nsion, échelles, écriture, tons et modes). Puis, vient ce qu'il nomme la structure musicale, c'est-\nà-dire les formes harmoniques, leur emploi, et les notions essentielles du contrepoint. Puis un\nchapitre sur l'acoustique, un autre sur les \" sources du son, \" et enfin un appendice qui résume\ncertaines questions, (les modes grecs, le tempérament le diapason etc...) Tout ceci en un\nformat réduit, et avec une concision qu'il faut admirer. L'auteur ne fait aucune mention de ce\nque nous appelons précisément la musicologie, c'est-à-dire l'histoire. Il donne par contre\nles notions pratiques et précises que le jeune homme devrait connaître en sortant de ses\nhumanités, s'il était question de musique dans l'enseignement des humanistes. Il y aurait\npeut-être lieu de traduire ce volume en français.\nGASCUE (F.). de la Sonata.Conferencias musicales (San Sébastian,\nFuenterrabia 14, in-8° de 330 pp. Pes. 3,50).\nCes 16 conférences qui s'étendent des virginalistes anglais jusqu'à César Franck forment\nune intéressante tentative sur un sujet encore peu vulgarisé. L'auteur se déclare amateur, ce\nqui est trop modeste. Il est fort probablement un élève de M. Vincent d'lndy, et emprunte à\nla Schola ses théories historiques. C'est dire que l'Ouvrage est sérieusement fait. Il n'apportera\npas de nouvelles lumières mais il fera pénétrer le goût du savoir chez des gens qui l'ont à\npeine. On ne saurait trop multiplier les conférences de ce genre qui éveillent d'utiles\ncuriosités. J. L.\nPARNAS (Kornelia). t\"Maria. Une Idylle en musique entre Chopin et Maria IVodzinska,\n(facsimilé du manuscrit de Chopin reproduit et publié pour la première fois par\nLeipzig, Breitkopf et Hârtel.)\nDe nos jours, il est rare de rencontrer encore quelque inédit concernant Chopin dont la\nvie et l'œuvre furent épluchées presque dans les plus intime replis. La maison Breitkopf et"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.58", "texte": "54\nS. I. M.\n\nHartel de Leipzig se devait de révéler au monde musical en général, aux nombreux amis de\nChopin en particulier, ce carnet d'une époque heureuse de la vie si courte du musicien polo,\nnais. \" Maria \" est une sorte de cahier musical de Chopin que possède actuellement une des-\ncendante de Maria Wodzinska ; il contient un nocturne en ut dièze mineur,\nexpressione plus huit mélodies parmi lesquelles le \" Souhait \" connu de tous, mais dont c'est\nici l'écriture originale. Cette pièce fut vulgarisée par Leichtentritt,Opienski et d'autres en leurs\nmonographies.\nL'édition établie par les éditeurs de Leipzig est une reproduction photograhique du carnet\nde Chopin ; nous y revoyons cette écriture musicale claire que nous connaissons par d'autres\nmanuscrits de Chopin reproduits un peu partout. On serait même porté à considérer ces textes\nmusicaux comme autant de copies plutôt, copies établies par Chopin, car il leur manque ce\nqui caractérise des croquis : ratures, corrections, erreurs. Une chose curieuse, aussi, c'est la\ngrande divergence de pensée entre le nocturne (du Chopin des beaux jours) et les mélodies dont\nplus d'une ne saurait résister à l'examen critique. En tant que compositeur vocal, Chopin se\nsoumet à la mode de son époque... et ce n'est pas toujours bien original... Mais Berlioz n'est-il\npas là aussi, avec sa chanson des chemins de fer ?\nCe carnet nous révèle encore la véritable raison pour laquelle les fiançailles de Chopin et\nde Maria furent rompues. Bien des choses s'expliquent par ce nouveau document.\nDisons pour terminer que les éditeurs ont tenu compte du goût des bibliophiles ; habillée\nd'un cuir rouge orné de fers discrets où l'on distingue, bien en place, le nom de \"Maria\",\ncette nouvelle publication sera certes la bienvenue de tous les amis de Chopin ; une version\nfrançaise ne saurait que contribuer à sa vulgarisation auprès du grand public français.\nUNE BONNE NOUVELLE. La Faculté des Lettres vient de recevoir de\nMme Pierre Aubry deux importantes donations : d'une part, donation de la Bibliothèque\nMusicologique de son mari ; d'autre part, donation d'une somme de 100.000 fr. à charge\npar la Faculté des Lettres d'utiliser les intérêts de cette somme à favoriser et encourager\nles études de Musicologie (voyages, missions, édition de travaux etc.)\nQuant à la Bibliothèque, une salle spéciale lui sera affecté qui portera le nom de\nPierre Aubry.\n\nGaston Knosp."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.59", "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE\nSÉANCE DU VENDREDI 17 FÉVRIER 1911.\nLa Séance est ouverte à 4 heures 1/2 chez MM. Gaveau & Cie, 45, rue la Boëtie, sous\nla présidence de M. Ecorcheville, Vice-Président. Assistaient à cette séance : MM. Laloy,\nProd'Homme, Mmes Gallet, Daubresse, Pereyra ; MM. Cesbron, Legrand, Greilsamer, Gué-\nrillot, de Bertha, Calmann-Lévy, Raymond-Duval, Trotrot, Ruelle, Cucuel, Bosc et Westarp.\nS'étaient fait excuser : M™e Filliaux-Tiguer, M. Raugel et M. Grofils.\nAprès la lecture du procès-verbal M. Greilsamer a la parole pour lire une communication\nsur : UOrigine des instruments a Archet d'après un livre de Miss Kathleen Schlesinger1. Une dis-\ncussion s'engage au sujet de cette communication entre MM. Calmann-Lévy, Greilsamer,\nCesbron et Ecorcheville.\nM. Greilsamer ayant signalé l'intérêt des collections d'iconographie, M. Ecorcheville\nannonce que Miss Schlesinger a pris l'initiative d'une collection de ce genre qui paraîtra à\nLondres chez l'Editeur Reeves, et comprendra surtout des reproductions du moyen âge d'après\nles documents réunis en Angleterre. Il ajoute, que l'importante collection d'iconographie in-\nstrumentale réunie par notre regretté collègue Pierre Aubry, a été donnée à la Revue S.I.M.\npar Mme Aubry, ainsi qu'une somme destinée à compléter cette collection. Notre Société en\neffet, n'étant pas reconnue d'utilité publique, n'est pas qualifiée pour recevoir les dons et les legs.\nGrâce à cette générosité, ceux d'entre nous qui voudront entreprendre des traveaux d'icono-\ngraphie musicale, trouveront à la Section un matériel tout à fait complet, et cette documenta-\ntion permettra de mettre au jour de très utiles monographies. Notre Collègue M. Gustave\nLyon avait entrepris avec Pierre Aubry, une monographie de ce genre sur la harpe qui paraîtra\nprochainement. Viendra ensuite, une monographie sur le luth, et une autre sur les instruments\nà clavier. Ces ouvrages comprendront un très grand nombre de reproductions. M. Ecorche-\nville demande à la Section de s'associer aux remerciements que la Revue S.I.M. a déjà adressés\nà Madame Aubry.\nMme Gallet demande qu'une note soit adressée à tous ceux de nos Collègues qui désire-\nraient s'inscrire pour le Congrès de Londres. Elle s'offre à faire des démarches pour obtenir une\nréduction de demi-place sur le réseau du Nord. Nos membres sont tous priés de vouloir bien\nfaire connaître leur intention à ce sujet avant le premier Avril.\nLe Séance est levée à 6 heures.\n1 Cette communication paraîtra prochainement ici"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.60", "texte": "PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ\nINTERNATIONALE DE MUSIQUE\nSECTION DE PARIS.\n\nPARUS\nQUiTTARD. Le Ttesor d Orphée, par Antoine Francisque, tablature de\nluth, transcrite pour piano à deux mains; i volume in 40 de 100 pages ... sfp\nJ. ECORCHEVILLE. Actes d'Etat civil d'artistes musiciens insinués au\nChâtelet de Paris (1539-1650) ; 1 volume in-40\nA. GASTOUE. Catalogue des mss. de musique byzantine conservés dans\nles bibliothèques de France; 1 volume in-40 \" 20 fr\nP. AUBRY. Cent motets du XHIe siècle, tirés du ms. Ed. VI-4 de la\nBibliothèque de Bamberg; 3 volumes in-40 • 150 fr\nP. AUBRY. Le Chansonnier français de l'Arsenal (XHIe siècle), 15 livrai-\nsons ti imesti ielles de 32 planches phototypiques avec la transcription des\nmélodies en notation moderne. Notices par M. A. Jeanroy, professeur à la\nFaculté des Lettres de Toulouse. La livraison 10 fr\n(On ne souscrit qu'à l'ensemble de la publication.)\nSC* BREIIsfST. Les Musiciens de la Sainte~ —Un volume\nin-4* de 300 pages 15 fr\nJ. ECORCHE VILLE. Catalogue du fonds de Musique ancienne de la Biblio-\nthèque Nationale (jusqu'en 1750.) Huit volumes de 250 pages chacun,\ncontenant dix mille thèmes de musique, et de nombreux fac-similé. L'ouvragé\ncomPlet 500 ft.\nSOUS PRESSE\nH. QUITTARD. L'Œuvre de clavecin d d'après l'édition de\n1670 et le manuscrit Vlll7 1852 de la Bibliothèque nationale. Un volume\nin-40 de 100 pages de musique g »,\nEN PRÉPARATION\nA. PIRRO. Les correspondants du Père Publication de la cor-\nrespondance musicale adressée à Mersenne et conservée à la Bibliothèque\nNationale. Vol. I (J.B. Dont) Un volume in-40 de 200 pages\nDE LA TIAURENCIE. Les Musiciens de la Maison du Roy aux XVII0 et\nXVIII0 siècles. (Inventaire musical de la Série O' des Archives nationales)\nDeux volumes de 200 pages chacun.\nE. BLOCHET. Traité de Musique, composé par Sharaf ed-Din Haroun.\n(XIII siecle), d après le manuscrit original de la Bibliothèque Nationale.\nTraduction et fac-similé du texte Arabe. Un volume in-40 de 100 pages.\nH. DE CURZON. Correspondance des Directeurs de l'Opéra, conservée aux\nArchives Nationales. Un volume in-40 de 150 pages.\nL. LALOY. Kîn pou.Recueil d'Airs pour le ou luth chinois transcrits\nde la tablature.\nLE COMITÉ DE LA PUBLICATION :\nP. Aubry, M. Brenet, L. Dauriac, J. Ecorcheville, H, Expert, L. delà Laurencie,\nCh. Malherbe, E. Poirée, G. Prod'homme, R. Rolland, J. Tiersot."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.61", "texte": "M. GRANADOS\npar Nestor."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.62", "texte": "5\n\nLETTRES DE VOYAGE\n\nA mon ami Xenius\nMalaga,, le14\n. Me voici dans \"le pays des palmiers d'où pleut sur les yeux la\nparesse....\" Il fait un froid de Sibérie. Depuis vingt ans, me disent les\ngens du pays \" la clime \" devient de plus en plus rigoureuse. Il faut croire\nque tout s'use avec le temps, même le soleil du midi. Les petites anda-\nlouses parcourent les rues, entortillées dans leurs chaîes, en montiant a\npeine leurs beaux yeux de velours et leurs casques noirs ornés d'une fleur\nou d'un ruban voyant ; d'autres plus pauvres peut-etre, decorent leuis\npetites têtes gelées de quelques branches de persil, ce qui les rend\nencore plus appétissantes."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.63", "texte": "58\ns. I. M.\n\nLe public applaudit plus qua l'ordinaire, pour se chauffer les main '\net j'en profite. j\nJe me suis déjà faite à ma chambre d'hôtel glaciale, aux cris dést\npérés des marchands de poisson, au carillon sourd des chèvres, qui m\nréveille chaque matin et aux gens du pays qui me gâtent, et voir:\nque demain il faudra partir. Les forains séjournent plus longtemps sur\nune place. A peine ai-je commencé à prendre racine quelque pan\nà peine ai-je lié quelques nouvelles amitiés prometteuses, il fai],\nquitter tout et m'en aller loin, loin. C'est souvent triste de partir. Quo;\nque, qui sait, le souvenir des choses vaut peut-être la réalité; les Heur\nd'un arbre sont souvent plus belles que les fruits... et l'on coupe la branche\naux bourgeons mi-ouverts. Demain on emballera le clavecin, on bouclera\nles malles et on sen ira jusqu a Valencia. J'adore les voyages et je lç,\nsupporte sans aucune peine, car je suis comme un caprice de Bach'\nsolidement bâtie et peu capricieuse. Il faut le dire, on ne voyage nulle\npart comme en Espagne. Avec le système des billets kilométriques,\nchaque kilométré en première revient a peine à cinq centimes et pou-\nune quarantaine de sous, il y a de quoi s'amuser pour toute un journée\nEt quelle joie de traverser sur la Rossinante à vapeur les montagnes de\nl'Andalousie ou les belles plaines de la Castille qui rappellent celles de\nmon pays. Et les fougueux rapides qui, lancés à toute vitesse, savent\ncependant garder leur mouvement de largo maestoso : ils sont graves.\nimposants, comme les Espagnols eux-mêmes ; car le premier devoir de\n1 Espagnol, a dit je ne sais plus quel père d'église, est d'être grave, le\nsecond, d'aimer Dieu. Plus je voyage ici, plus j'aime le public espagnol;\npeu discipliné, assez bruyant, il est très attentif, très bon enfant et il a,\na 1 instar des Slaves, ce penchant naturel vers la musique, cet appétit\nnaturel de la musique. Et meme les critiques d'ici sont souvent d'une\nbonhomie touchante et cherchent par tous les moyens à créer un lien de\nsympathie entre 1 artiste et ses auditeurs. A Vittoria, par exemple, la\npi esse a ete non seulement enthousiaste, mais d'une unanimité parfaite\nsui les moindies détails. Vous aurez beau chercher des cas semblables a\nPaiis °u a Beilin. Il est vrai qu a Vittoria il n'y a qu'un seul journal, mais\nquand même...\nJ inauguie la une nouvelle Société de concerts ; l'ancienne a péri-\nclité il y a deux ans. Ge sont les quatuors qui l'ont tuée,\" me dit-on.\nLa Sociedad Filar?nonicû de JVladrid, la plus riche de l'Espagne, fait venir"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.64", "texte": "LETTRES DE VOYAGE\n59\n\nles quatuors les plus célèbres de l'Europe ; comme ces Messieurs ne\npouvaient faire autrement que passer par Vittoria, le cercle local ne\nmanquait jamais l'occasion de les engager. Or, le public de Vittoria,\ncomme tous les publics, aime soit les solistes, soit l'orchestre, le quatuor\nn'est ni l'un, ni l'autre. Et puis, gémissent les mélomanes d'ici, on\nnous imposait jusqu'à quatre cuartetto par soir, c'est dur, surtout pour\nune petite ville comme nous. Et même pour une grande ville comme\nmoi.\nLe président du cercle et le prefetto de Vittoria que j'ai connu ancien-\nnement comme président de la Société artistique de Logrène m'ont\namenée au théâtre de Zarzuelas; j'aime ces petits actes entrecoupés de\nchant et de danses au caractère local. En fait de pièces espagnoles on\ndonnait la Princesa de los Do/aros ; croyez moi, cher ami, ce n'est pas\ndrôle, même en espagnol ; il est vrai que la pièce a été exécutée par de\ntout jeunes chanteurs qui étaient encore aphones. Quelques membres de\nla Société de Malaga ont organisé pour moi une petite fête intime de\nmusique andalouse. Les danses ont été interprêtées non par des profes-\nsionnels, mais par des jeunes filles de la société qui étaient charmantes de\ngrâce naturelle. Les deux jeunes gens qui pinçaient la guitare, fort bien\nd'ailleurs m'ont appris peu de choses, car je m'intéresse depuis longtemps\nà la musique populaire d'Andalousie. Ils ont joué cependant deux\ndinos adorables, deux petites merveilles ! Je les ai notés soigneusement et\nen été, quand j'aurai plus de temps j'en ferai peut-être trois symphonies.\nAlcazar, 16 Janvier.\nJ'ai quitté hier, Malaga, c'était un dimanche et les membres du\nComité sont venus m'accompagner. \" Tous les de votre femme\navait dit l'un d'eux à mon mari, viendront aujourd'hui a Yestacion. La\ngare était noire de monde et j'étais très fière d'avoir tant d'amateurs. Mais\nquelle désillusion ! je me suis aperçu bientôt que je n'étais la ni la seule,\nni la principale soliste ; la vraie attraction pour cette foule était le très\ngrand, le très célèbre Forrero, senor Pastor qui prenait le meme train que\nmoi. Quelle coïncidence bizarre ! Mais que voulez-vous, les grands esprits\nse rencontrent.\nOn a annoncé à Grenade, à grand fracas deux concerts organises par\nle gouvernement de la Ville. Faute de temps j'ai dû refuser a mon grand,"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.65", "texte": "60\nS. I. M.\n\ntrès grand regret, car j'ai gardé de cette ville le souvenir le plus charman-\nj'y ai des amis très dévoués, et j'ai rarement rencontré le public aus;\nconfiant, aussi enthousiaste. Tu verras demain, m'avait dit mon mari j-\nveille du quatrième concert, tu verras qu'après la première partie i\npublic te fera une ovation toute spontanée, on te jetera des pigeons, on\nte chantera des sérénades sous les fenêtres...\nQu'en sais-tu ?\nMon pressentiment ne me trompe jamais, me répondit-il\ngravité, c'est notre ami Gomcz de la Cruz qui m'en a averti, m\nrecommandant de ne rien te dire ; c'est une surprise.\nEt le soir je fus surprise quand, après le Concerto Italien, j'entend;\ndes chants venant de la rue ; on me demanda de sortir sur le balcon r\nje vis une cinquantaine de jeunes gens, entourés d'une foule noire qui\nchantait pour moi des œuvres de Mendelssohn, de Schuhmann ; j'aurais\npréféré des chants populaires andalous, mais je fus quand même profon-\ndément touchée et émue. C'étaient les membres de VOrfeo de Grenade,\nqui tenaient, me disaient-ils, à me remercier ainsi.\nValence, 20\nJ'ai été attendue à la gare par le Directeur du Fecitro Principal et\npar mon ami Chavarri, homme central de Valence ; critique d'art, com-\npositeur, dessinateur, carricaturiste et professeur d'esthétique, M. Chavarri1\na de très grandes influences ici dans toutes les questions d'art. Une\nréception avec examen d'élèves m'a été offerte par le Conservatoire local.\nJ'ai passé toute une journée à la foire, toujours à la recherche de\nmusique et danses espagnoles, mais c'est si rare de trouver quelque chose\nde vraiment intéressant. Sous l'influence des nègres, la danse des hommes '\ns'est alourdie en légèretés acrobatiques, sans jamais atteindre leur burles-\nque, et les bonnes danseuses sont aussi très rares. J'ai vu, par contre,\nplusieuis petites menageries, des cinématographes, une femme à barbe et\nla belle Anagonaise, la plus grosse femme du monde. Dans les théâtres\ndes variétés, on peut lire dans tous les coins la recommandation suivante;\nIl est T îgoureusement interdit au pubhc de jeter des tnwiondices aux artiski\nIl faut cioire que les tentatives sont encore assez fréquentes et cela m'a\nfait penser a la fameuse annonce américaine\ntirer sur le pianiste, il fait ce qu'il peut.Ne croyez pas que cela m'inspirât\nt"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.66", "texte": "LETTRES DE VOYAGE\n6i\n\ndes inquiétudes pour mon concert. Oh, non ! Les gens qui, de leur\npropre gré, se décident à entendre toute une soirée de la musique\nancienne, sont des hommes résignés à tout et ce ne sont pas eux, qui\nvont protester ou manifester ; et puis ce sont des gens de l'élite, des gens\ndistingués, des gens réservés, trop réservés et qui n'oseront rien jeter à\nune femme, même pas une fleur. Pourvu qu'ils viennent !... car il n'y a\nrien d'aussi pénible et d'aussi terrible que de jouer dans un grand théâtre\ndevant des banquettes vides. Surtout quand on n'a pas l'éloquence de\nPlanté. On m'a raconté à Lograno qu'il y avait donné un concert ; il y a\nquelques années ; la date était mal choisie et il y avait fort peu de monde\ndans la salle. \" Nous ne sommes pas bien nombreux ce soir, a-t-il dit,\nen se présentant devant le public, mais approchez donc, Messieurs, des-\ncendez et venez ici sur l'estrade. \" On croyait à une plaisanterie, mais\nquand on vit le vieux maître traîner lui-même les chaises pour les placer\nautour du piano, on se pressa de l'aider et bientôt le public tout entier se\ntrouvait sur la scène.\" Déchirons le programme, a-t-il dit alors, je\nvous jouerai tout ce que vous désirerez.\" La séance, parsemée de petites\nallocutions, dura jusqu'à minuit. Le public, enchanté, ne ménagea pas\nd'ovations au maître qui en fut tellement touché qu'il embrassa l'un\naprès l'autre, tous ses auditeurs.\nBarcelone, le 27 Janvier\nOn m'a demandé à Valence de donner un second concert ; faute de\ntemps, j'ai refusé et je suis partie en laissant au public de profonds\nregrets et une troupe de Liliputiens qui est venue prendre ma place au\nthéâtre Principal.\nJe suis arrivée à Barcelone le jour de la grande fête annuelle à\nYOrfeo Catala.C'est une solennité au caractère moyen-âgeux qui ne\nmanque pas de pompe et de grandeur. Elle est toujours précédée d'un\nconcours de musique chorale. Le premier lauréat choisit parmi les jeunes\nfilles de Catalogne, une reine, qui, assise sur un trône, ayant à ses pieds\ntous les hauts dignitaires de la ville, distribue les nombreux prix aux\ngagnants du concours. La première récompense à été décernée à un\nmusicien peu connu encore M. Lambert, pour une pièce chorale, sous le\ntitre Agonie. C'est une œuvre pour chœurs mixtes, assez compliquée où\nles voix sont traitées d'une manière instrumentale ; elle m'a parue un peu"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.67", "texte": "6 2\nS. I. M.\n\nconfuse, mais je me garderai bien de porter un jugement après une seul\naudition. Car nous autres musiciens, nous manquons souvent de ce gén\ndu jugement clairvoyant qui fait qu'un ex-militaire, un marchande\nchevaux, un étudiant en droit ou un petit professionnel raté peut, apr-\navoir entendu quelques mesures d'une œuvre, déterminer sa valeur min\ntieusement exacte et vous dire même, si ce genre d'art a ou n'a n 3\nd'avenir. Nous autres musiciens, nous nous attachons trop aux détail\nnous passons parfois des années pour pénétrer l'esprit d'une pièce, qu'U[\ncritique analysera en trois minutes ; nous finissons parfois par découvr\ndes beautés dans les œuvres qui nous paraissaient nues, et des banalit\ndans celles qui nous charmaient au premier abord ; cela crée en nous à\nhésitations dangereuses, cela tue en nous la spontanéité du jugement t\ncette belle assurance qui ne doute de rien et qui a fait la gloire de tar-\nde (ne citons personne).\nAprès de nombreux discours, les chœurs de YOrféo Catalâ or\nexécuté la plupart des œuvres couronnées. Elles ont presque toutes pou-\nbase des motifs populaires. Une jeune fille qui chante dans les chœurs\nobtenu un prix pour un recueil de chansons populaires et elle en a chant\nquelques unes qui sont de toute beauté. Il est intéressant à remarquer qu;\nles chansons catalanes ont rarement un caractère oriental et elles s\nrapprochent beaucoup de nos chants polonais. Après la fête, les directeur\nde Yorféo sont venus passer la soirée chez moi à l'hôtel, je leur ai chant\nplusieurs chansons de mon pays et ils ont été frappés de la ressemblant:\navec les leurs.\nC'était la première fois que j'avais l'occasion d'entendre les chœur\nde YOrféo Catala.Comme beauté des voix, ils ne peuvent être compare\nqu aux chœurs de la Chapelle Impériale de St Pétersbourg, mais je\ndonnerai la preference à ceux de Barcelone, parce que leur répertoire\ndénoté toujours une grande culture et parce qu'ils sont dirigés avec infini-\nment de goût, où rien n'est sacrifié à l'effet brutal ou à la virtuosité vide\nUn autre régal m'attendait à la soirée intime chez M. Cabot, prési-\ndent de YOrféo Catala où l'ami Granados nous a joué ses goyescas. C'est\nune nouvelle serie que je ne connaissais pas encore; nous l'avons forcé 2\nbisser chaque piece et je me fais fête de les réentendre bientôt à Paris.\nDepuis longtemps déjà je rêvais d'aller à Majorque, à Valldemosa,\nvoir la maison de Chopin, voir le pays, où il a tant souffert, où il a écri*\npeut-etre ses plus belles œuvres. Et voici qu'une lettre m'arrive de Palma"}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.68", "texte": "LETTRES DE VOYAGE\n63\n\noù l'on m'engage pour deux concerts. J'accepte des deux mains, malgré\ntoutes les difficultés que cela représentait, puisqu'il fallait décommander\nd'autres concerts et entreprendre un voyage par une mer tellement mau-\nvaise qu'on n'était pas sûr le matin si le bateau partirait le soir.\n}'ai passé hier la nuit en compagnie de Granados et de Xenius\ndans les théâtres populaires, dans les caves où l'on danse, toujours à la\nrecherche de musique espagnole. Les cinématographes, les gramophones\net les orgues de barbarie y font des ravages terribles, il ne nous restait\npas d'autre ressource que d'aller nous consoler dans un grand music-hall\nfranco-espagnol. Or, tandis que les chastes Andalouses accompagnent\nleurs chansons de gestes indécents, les frivoles parisiennes de Toulon\ndébitent des chants à vous fendre le cœur, chansons morales, chansons à\nthèse : \"ne faites pas pleurer une femme qui aime,\" une fille mère est\nune maman \" comme une autre,\" \" une gueuse amoureuse qui s'en va de\nla poitrine \" comme une vraie dame aux Quel domage que\nles voix soient si atrocement fausses ! On dirait des chanteuses mondaines !\nj'ai entendu ici pour la première fois le Garroteux, que Granados adore\net qu'il m'a fait aimer. Le couplet en est très amusant :\n\" M'dites pas d'choses à double sens\nM'dites pas d'choses à double sens\nCar mon père est architecte\nDe la ligue de Xères...\"\nCette adaptation française est de notre ami Xenius, écrivain très\nestimé ici, professeur de philosophie, auteur de différents ouvrages philo-\nsophiques et qui, comme vous voyez ne manque pas de dispositions\npoétiques.\nJe n'ai pas dormi cette nuit, je suis trop heureuse d aller a Majorque.\nLa mer continue à être mauvaise, le bateau sorti de Barcelone avant hier\na dû rebrousser chemin. J'aime mieux ne pas y penser, je ne suis pas en"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.69", "texte": "64\nS. I. M.\n\nbons termes avec la mer qui ne manque jamais l'occasion de me joue\nun mauvais tour. JYlais je partirai quand meme quel temps qu il fasse\nQu'importe ! Je me ns des tempetes, je me ris des naufrages... et v\ntremble quand même...\nA TTT T\n\nWanda Landowska."}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.70", "texte": "SOPHIE\nVON FANINAL\n\nBARON OCHS\nVON LERCHENAU\n\nLe\nRosenKavalier\n\nOCTAVIAN ROFRANO\n\nCostumes dessinés par le\nProfesseur Roller\nReproduction autorisée par M. M. Furstner\n\nHERR\nVON FANINAL\n\nPRINCESSE\nWERDENBERG"}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.71", "texte": "“Le Chevalier à la Rose”\n\nPAR RICHARD STRAUSS\nStrauss c'est toute la musique dramatique de l'Allemagne contem-\nporaine. C'est le plus vigoureux rameau poussé sur le tronc wagnérien,\nle seul où la sève se porte quand le reste desséche. Humperdinck, Max\nSchillings, Pfitzner, Weingartner, Frienzl, Eugène d'Albert tiennent du\nmaître de Bayreuth quelques excellents secrets de facture. Leur œuvre\nn'est pourtant qu'un diminutif de la sienne. Leur tempérament n'a pas\nla force de soulever ou d'écarter la masse confuse des réminiscences. Leur\nindividualité n'est pas assez puissante pour exprimer ses réactions intimes\nau contact de la vie. Seul, Richard Strauss parvient à réaliser ses propriétés\npersonnelles, à faire œuvre originale. Sa fantaisie se pousse dans tous les\nsens mais son irrésistible penchant à se diversifier, à se disperser sur mille\nobjets est corrigé par un besoin non moins impérieux d'unité. Strauss a\ntouché tous les genres. Il passe indifféremment du drame à la comédie,\nà la force et met partout l'empreinte de sa personnalité. Après Salomé,\naprès Elektra,voici le Rosenkava/ier.Le compositeur nous éloigne des\nsombres drames. Il nous ramène à Feursa première tentative dans la\ncomédie lyrique. A vrai dire, le Kosenkavan'ajoute rien à la définition\nque les œuvres précédentes nous donnent du génie de Richard Strauss,\nmais par une sorte d'éclosion régulière et de croissance continue ce même\ngénie ne cesse de grandir, de s'épurer.\nDans le champ que lui a tracé le librettiste, Strauss prend ses coudées\nfranches et donne toute sa mesure. Il a, nous le savons, d'effrayants besoins\nd'action, de sensations. Sa puissance de vision est illimitée. Dans l'intensité\nde son impression ce n'est pas lui-même qu'il cherche d'exprimer tout\nd'abord, c'est tout ce qui n'est pas lui. Il ne se pouvait qu'il ne demeurât\npas à certaines pages du Rosenkavalier, joyeusement objectif. Mais, on y\ndécouvre partout et toujours des coins d'adorable poésie, d'exquise sensi-\nbilité. Nul sujet ne lui permettait mieux de projeter son tempérament\nsur l'humanité, d'exprimer la concordance, l'harmonie de sa nature\navec les dispositions intimes et subjectives de son âme de poëte. Ici,\nle cœur même pour ainsi dire l'intelligence. Le trait dominant du Rosen-\nkavalier et comme la source intarissable de l'émotion c'est la place que\nStrauss donne au sentiment. Nous retrouvons le créateur de Ttll Eulen-"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.72", "texte": "66\nS. I. M.\n\nspiegel plus souple, plus lyrique, plus sensible que jamais. C'est ici qu'e,\nson âme tont entière.\nM. Hugo von Hofïinansthal a puisé dans la chronique galante ri-\nVienne le sujet de sa comédie conçue dans le style rococo, écrite dans!\nplus savoureux dialecte viennois qui soit. L'action se déroule sous i\nrégence de Marie-Thérèse. Le rideau se lève et nous sommes dans]:\nchambre à coucher de la Maréchale de Werdenberg, femme délicieu\nau déclin de sa beauté et qui devient amoureuse de l'amour. Le feld.\nMarschall fait campagne ou plutôt il chasse l'ours et le loup-cervier dan\nles forêts de Croatie. En son absence, la princesse s'est éprise d'un jou-\nvenceau de noble extraction, le comte Octavian de Rofrano un séduisant\net hardi Chérubin. Le matin se lève. Les oiseaux gazouillent. Octavian et\nla Maréchale se perdent en de troublantes rêveries. Mais voici du tumulte\nparmi la livrée, du bruit dans les antichambres. Le Maréchal serait-il oc\nretour ? Il ne s'agit heureusement que d'un importun, le baron Ochs rie\nLerchenau, hobereau de haute naissance, provincial mal appris et rit\nsolide bêtise. Parent éloigné de la princesse, ce lui est un prétexte pot:\nse présenter chez elle à une heure indue. Il trouble un doux tête-à-tête\nPar peur du scandale, Octavian n'a que le temps de se déguiser en 1\nsoubrette Mariandl.\nLe baron est un coureur de dot ; il ne rougit pas d'une mésalliance.\nIl vient précisément faire part à sa cousine de ses fiançailles avec Sophie,\nla fille du richissime Faninal, un fournisseur aux armées, tout récemment\nanobli. Il veut aussi la prier de désigner le gentilhomme qui, selonk\ncoutume viennoise, se chargera de porter à l'élue la Rose d'argent, gage\nde son amour. Mais la vue de la soubrette dilurée émoustille ce vieux\ngalantin de baron. Sur le champ il lui donne un rendez-vous, h\nMaréchale qui médite de jouer un bon tour à son butor de cousin, fait\nchoix d'Octavian lui-même. Le baron s'en va tout ravi. Et soudain la\nMaréchale s'abîme en de mélancoliques et sentimentales pensées. N'a-t-\n-elle pas surpris en sa noble chevelure les ombres argentées du temps qui\ns enfuit ? Elle pressent que son \" \", Octavian se détachera bientôt\nd'elle. Pourquoi l'a-t-elle donc envoyé comme messager d'amour auprè\nde la douce et belle Sophie ?\nLe deuxième acte nous mène chez Faninal, le Chevalier à la Rose\nse présente à Sophie suivant le cérémonial d'usage. Demeuré seuls en\npresence, les deux enfants ont tôt fait de s'enflammer l'un pour l'autre"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.73", "texte": "LE CHEVALIER A LA ROSE\n67\n\nDes intrigants italiens, Valzacchi, Annina, postés là par le baron le pré-\nviennent sans retard. Notre lourdaud s'emporte, tempête, injurie Octavian\nqui croise le fer avec lui. Blessé au bras, Ochs von Lerchenau, se console\nà la pensée du gai rendez-vous qui l'attend en compagnie de la soubrette.\nLe troisième acte se passe dans un cabinet particulier d'une auberge\nde banlieue, toute la mise en scène est truquée, machinée pour mystifier\net confondre le baron. Octavian, sous son déguisement, ne cesse de le\nberner de la belle façon. La Maréchale, Faninal et sa fille arrivent à point\npour dénouer la pièce qui se termine par le mariage d'Octavian et de\nSophie. Les deux fiancés chantent leur bonheur énamoure cependant que\nla princesse de Werdenberg s'efface avec une tendresse exquise, avec un\ndélicat héroïsme devant l'aube naissante de leur amour printanier.\nLe poëme de M. Hugo von Hoffmansthal est inégal et mêlé.\nMaintes scènes forment un appendice dont on ne sent pas 1 utilité. Ï1 est\ndifficile qu'il en soit autrement dans une œuvre spécialement écrite pour\nménager au musicien les occasions de donner carrière a sa verve en\nbrossant de vastes fresques drolatiques. Au reste, le comique n est pas\ntoujours du meilleur aloi. Hoffmansthal veut du reel et il épaissit et il\nalourdit. En revanche que de morceaux sont d'un grand, d un noble poëte.\nUne fraîcheur réelle de sentiment s'épanouit a travers toutes les niaiseiies\nde ce rococo.\nLe sujet n'est pas nouveau. 11 offre une matière commune a nos\nécrivains du XVIIIe siècle. C'est une comedie d intrigues avec des allusions\nbouffonnes aux mœurs, aux préjugés nobiliaires de 1 epoque, une\neffrontée dérision de ce milieu galant et cosmopolite. On y singe gro-\ntesquement les manières et surtout le jargon baroque et solennel de la\ncour d'Autriche. (Sei Er gut, mein Schatz, Sei Er ganz still.\nGeniert Siesich leicht..., Komm' da ganz nah....) A mieux diie,\nc'est une farce viennoise du goût des pièces représentées jadis a la\nstadt, ala Lêopoldstadtet, qui ne signifierait rien, ou pas grand'chose, ou\nrien de réel si les données ne servaient à mettre en lumière des sentiments\nde l'âme humaine. L'humanité reconnaît en la Maréchale un exemplaiie\nde sa commune nature, que de femmes, â l'automne de leui vie, ont ete\nou pu être Marie-Thérèse de Werdenberg! Octavian et Sophie sont\nexquis de sensibilité, d'abandon ingénu. Ces deux êtres destinés à s aimet\nreprésentent en eux ces moments enthousiastes de la vie ou la jeunesse\nradieuse, belle de sa plénitude et du sentiment qu'elle en a. Autour do ce"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.74", "texte": "68\nS. I. M.\n\ncouple charmant, mettez les convoitises et les brutalités d'un Ochs vc\nLerchenau, gentilhomme vaniteux, sot et lourd, vous aurez alors ur\ncomédie pathétique et réelle et qui malgré la frivolité du sujet, malg-\nle libertinage du milieu reste chaste.\nVoilà ce qui devait offrir un débouché de plus au bouillonnerne-\nintense qui fermente en Richard Strauss. Sous ces apparences violentes 1\ncompositeur d\"lLlektra cache une rare puissance de tendresse et de se;\nsualité qui lui a permis de dégager de ce poème toute la puissant\npoétique. Il y a trouvé l'une des plus riches sources du lyrisme qu'il y ar\nun des sentiments les plus universels, un de ceux qui prennent l'indivic\ntout entier et jusqu'au fond. En passant à travers son imagination [\npremier acte tout entier, la scène initiale du second, le duo et le trio c\nla fin deviennent une symphonie d'amour. Sa musique est comme le voii\nau travers duquel transparaissent les conditions éternelles, les réalitc\ndouloureuses et tendres de la passion. Chez la Princesse de Werdenber;\nles pages voluptueuses et résignées de l'automne de sa vie sont trempét\nd'une mollesse élégiaque. C'est un cri de l'âme possédée et privée de soi\nbien que nous rendent ces mélodies dont on pourra goûter la délicieu;\nlassitude, l'expression alanguie :\nOctavian n'est pas sans rapports avec Chérubin. Superbe d'audace\nce Rofrano s'elance joyeusement de toute sa nature chevaleresque ver\nl'amour. Il est tout bouillant de désirs effrontés. Le pensée de la femm\nne cesse de l'obséder :"}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.75", "texte": "LE CHEVALIER A LA ROSE\n69\n\nLa grâce virginale de Sophie contraste et l'on ne saurait exprimer\navec plus de délicatesse les premiers troubles et le ravissement d'une âme\nqui s'éveille au souffle de l'amour.\nChanté par le hautbois, ce thème infiniment simple et doux s'ac-\ncompagne du motif de la Rose d'argent\nlequel est une trouvaille harmonique des plus rares. Rien de plus frais, de\nplus ami de l'oreille que ces notes argentines subtilement égrenées par\ntrois violons solos, le célesta, deux harpes et une flûte assemblés. Un\nduo s'ensuit. Les deux enfants tâchent de forcer le mystère d'âme\npar lequel ils se sentent envahis. Par le développement des thèmes\nd'Octavian, le quatuor solo amène une de ces puissantes effusions lyriques\nque l'on retrouve dans le finale de dans la et\ndans quelques-uns de ses plus beaux lieder :\nFruhlingsfeier. Strauss atteint alors à une pureté, à une sincérité d'émotion\nqui l'égalent aux plus grands poëtes de la musique. Le trio (ré bémol\nmajeur, 3/4) et le duo final du 3° acte (sol majeur 4/4) appartiennent au\nmême genre de beauté. Il y a, dans ces passages pleins de constrastes, où\nparmi le bonheur énamouré de Sophie et d'Octavian, la Adaréchale cache\nses larmes (thème V), il y a une abondance mélodique, une liberté de\nforme dont on ne saurait dire le charme et la distinction. La musique y\nest d'une pénétrante sentimentalité, ni fade ni fausse, et d'un pathétique\nintérieur et contenu. C'est dans cette partie de son œuvre que Strauss a\ndéployé librement son génie et mis le plus de poésie véritable. Le thème\nprésenté par le librettiste est usé mais le compositeur le renouvelle à force\nde grâce imprévue, de lyrisme abondant. Ce que tout le monde a dit, il\nle dit mais comme personne sinon Mozart.\nOn n'aurait que la moitié de Strauss si l'on ne regardait que la poésie\nsentimentale de sa musique. Son lyrisme est tempéré par les éléments\ndescriptifs et comiques qui lui viennent de cet étourdissant milieu. A\ncôté des scènes pathétiques on trouve une partie bouffe et même burlesque"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.76", "texte": "7°\nS . I. M .\n\ndes mieux réussies du moins en ce qui concerne la musique. On sent qut\nStrauss s'y est trouvé à son aise. L'étoffe de son style, l'hilarité de ses\n\" bois \" nous en avertit. Son naturel ne l'incline-t-il pas à reproduis\nl'effort et le mouvement de la vie dans toutes ses directions. Strauss n'a\nsouci que de la vie. De là sa verve tempétueuse, son énorme gaieté et k\npittoresque comique de son œuvre. De là sa bouffonnerie qui n'est en\nsomme qu'une reproduction singulièrement agrandie de la réalité. Le\nBaron, Faninal, les laquais et tous les comparses de l'action forment une\ncollection de grotesques lestement enlevés.\nTous ces personnages sont caractérisés thématiquement, dramatique-\nment par leurs attitudes, par leurs actes, par leur langage, par leurs\nmobiles sentimentaux. Strauss a le don de l'intuition psychologique. 1]\nexcelle à trouver la formule musicale qui contient tout l'individu. La\nMaréchale, Faninal, Sophie ne possèdent qu'un seul thème. Ailleurs,\nil s'applique à marquer le caractère par ses diverses nuances. Il est\nencore un peintre sagace auquel rien n'échappe des formes sensibles, des\napparences vivantes. A côté des thèmes générateurs, surgissent des motifs\naccessoires, pittoresques ou de signification psychologique destinés à\ncompléter le portrait, à renforcer la trame du développement musical.\nLes conversations galantes, la sottise, la fatuité, la \" Grandezza les\nimpatiences, les incohérences du Baron, sa tendance à la congestion, tout\ncela fait l'objet de motifs distincts. D'un bout à l'autre de l'œuvre ce sont"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.77", "texte": "LE CHEVALIER A LA ROSE\n71\n\nvigoureux portraits, rapides croquis. D'un bout à l'autre grouillent des\nformes vivantes, agissantes, gesticulantes. La livrée du Baron, celle de\nFaninal, l'invisible Maréchal, l'intrigant Valzacchi, Annina, le coiffeur,\nle commissaire, les oiseaux ont chacun leur thème. Le négrillon lui-même\nbénéficie de ce motif prime-sautier :\nEncore qu'incomplète, cette nomenclature me dispense de souligner\nici la profusion des éléments thématiques. Il n'est pas une mesure de cette\npartition si complexe qui ne vive de leurs substances mélodiques et\nrythmiques. La richesse du langage symphonique du ne\nconsiste pas seulement dans l'abondance des thèmes mais encore et surtout\ndans les différentes inflexions que prend le même thème d'après l'intério-\nrité du sentiment, dans les incessantes et fécondes combinaisons que\ndétermine l'augmentation ou le dédoublement. Nul n'est plus heureux\nque Richard Strauss dans la transformation de ses thèmes. L'enchaînement\nlogique, le développement organique de ses idées, la solidité de leurs\nassises tonales se réclament de la grande tradition classique. Que la force,\nl'originalité, la brusque fierté de certains accents rappellent manifestement\ntel leitmotiv des poèmes symphoniques, il n'y a pas à le contester. Don\nJuan, Don Quichotte, Till Eulenspiegel, la Sinfonia Domestica, la Sonate\nde violon lui fournissait des rythmes pressants et vigoureux. Sa fécondité\nd'invention n'en est pas moins incroyable. De même le style nous apparaît\nforgé des matériaux employés avec prédilection par Richard Strauss à ses\nautres œuvres. On reconnaît aisément ses arabesques de triolet, ses dessins\nflottants, ses successions de tierce, de quarte et de sixte, ses traits chromati-\nques ascendants, ses sauts furibonds d'octave, ses capricieux intervalles\nmélodiques, ses gamines descendantes par tons entiers. Il continue d'user\ndes combinaisons étranges, inconnues pour les effets d'harmonie qu'il en\npeut tirer. Il en fait une dépense curieuse. Sa polyphonie reste d'une"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.78", "texte": "72\nS. I. M.\n\naudace, d'une complexité inouïe mais qu'on ne s'y trompe pas, toute\nles impossibilités matérielles, tous les tours de force auxquels son génie\ncontrepointique se livre, disparaissent comme naturellement dans la clarté\nde l'ensemble. L'écriture du Rosenkavalfrappe par sa limpidité de\ncristal, par ses harmonies veloutées et aussi par l'esprit éclatant, ingénieux\net pétillant du dialogue. Strauss a su dompter les élans fougueux et le\nbrutalités inconscientes auxquelles sa démoniaque nature nous avait pour\nainsi dire accoutumés. L'intime poésie du sujet n'est pas écrasée sous le\npoids d'une orchestration de plomb, le génie de l'instrumentation atteint\nses dernières limites. Par surcroit, le Rosenkavalier s'impose par la\nspontanéité, la sincérité de l'inspiration.\nEnfin, il y a toujours chez Strauss, et ceci est d'un maître, une\nteinte dramatique précise qui donne à chacune de ses œuvres son atmos-\nphère particulière son caractère et sa couleur. La musique du Rosenkavalier\ns'enveloppe d'une grâce, d'une distinction chevaleresque, d'une mélancolie\nvoluptueuse par où le fonds viennois du sujet transparaît. Voilà qui nous\nrepose des couleurs violentes et ses deux reliefs de Salomé et d'Elektra. A\nforce de goût, de mesure, de sobriété, Strauss parvient à multiplier en\nquelque sorte sa puissance. Le ton local, le caractère singulier des\nmélodies, tout cela est attrappé avec un rare bonheur d'expression. Il\nincombait notamment et à ce délicieux menuet en la majeur :\net aux valses fameuses de créer le milieu. Elles sont exquises et langou-\nreuses à souhait ces valses viennoises !\nEn s'abandonnant au fil de leurs savoureux on ne soup-\nçonnerait jamais qu'elles ne viennent là que comme un bafouement de la\nmentalité rudimentaire du Baron, comme une parodie des creuses aspira-\ntions de cette société dénuée de cervelle.\nPour cette œuvre unique, le Comte de Seebach, l'intendant de\nThéâtre Royal de Dresde, a su ménager une interprétation unique. Le\nrôle principal, dans cette formidable partition, revient au chef d'orchestre"}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.79", "texte": "LE CHEVALIER A LA ROSE\n73\n\net M. von Schuch a montré toute la fougue juvénile, tout l'éclat\net aussi toute la délicatesse que le compositeur pouvait souhaiter.\n\\[me Sierns par la concentration de son jeu, la noblesse de son chant s'est\nrévélée une incomparable Maréchale. Le rôle d'Octavian est lourd à\nporter. Mlle von Osten l'a rempli avec l'effronterie, le hardiesse de\nl'élégance qui convient. Mme Minnie Nast toute charmante de voix et de\ntournure, prête à Sophie la grâce et la force inconsciente de la jeunesse.\nElle nous en a donné une image inoubliable. Deux glorieux vétérans de\nla troupe de Dresde se distinguèrent dans les rôles du Baron et de Faninal,\nj'ai nommé Messieurs Perron et Scheidemantel. Il convient de mentionner\naussi une foule de petits rôles, Letinn, l'intrigant, le notaire, les laquais\nqui ont été impeccablement rendus. Quant à la mise en scène, elle fait le\nplus grand honneur à M. Tôlier, mais n'oublions pas que tous ces\nsomptueux décors ont été brossés par le Professeur Roller de Vienne.\nLe succès fut éclatant.\n6\n\nLazare Ponnelle.\n\nCaricature de R. Strauss par Krotowski."}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.80", "texte": "Leurs Mains\n\nGEORGES HUE\nOn doit être un artiste, c'est probable; un musicien, peut-être un exécutant, les ma\nétant essentiellement professionnelles. La caractéristique de son art est d'être tout-à.f\nmathématique. On doit composer ou interpréter en savant. Dénuée qu'elle doit être de\ncharme résultant de l'imagination pure, cette musique car décidément on doit r\nmusicien doit être plutôt goûtée des professionnels érudits. Ceux-ci ne peuvent être o\ntrès pondérés, seuls capables d'être vraiment intéressés par les côtés savants, froids, sc\nrationnels de ce musicien.\nOn a dû avoir les débuts difficiles, tourmentés. On a dû être très peu aidé, pour ainsi c\njamais. Si l'on n'a pas eu pour soi l'appui des gens et la faveur des circonstances, on a pu s't\npasser. Avec ses dons personnels, on était armé pour la lutte. A défaut de veine, on a\nrésignation qui doit aller jusqu'à un héroïsme intime, obscur, allié à une persévérance élevée\nla hauteur d'une indémontable opiniâtreté. On a dû arriver à une belle réussite. Si l'on se :\naux mains, elle ne doit pas être encore tout-à-fait complète. L'épanouissement viendra à\nune vieillesse heureuse ; selon toute probabilité on est destiné à vivre vieux.\nL'opiniâtreté dont on dispose n'empêche pas que l'on doute de soi. C'est un doute q\nest une forme discrète de la modestie. Il n'a rien de nuisible. Il ne ralentit en rien la péri:\nvérance. S'il est inséparable de ce tempérament, il y tient un rôle neutre, absolument inoffens\nQuand on fait un projet, on doit se dire : Il y a N'importe\nOn fait tout pour réussir. On a beaucoup de peine. Mais on s'en tire.\nSi l'on dispose d'une forte autorité pour soi, on en a autant pour son prochain et mêir i\npour sa prochaine. On est en effet un autoritaire. D'une race spéciale et bien connue : ce:\ndes autoritaires en dedans.Ceux-là, qui avec l'apparence de toujours céder, n'en font pas raoir\ntout ce qu'ils veulent, pour le moins tout ce que les autres ne veulent pas, ce qui revient,\npeu près au même. Toutefois, comme on est très bon, fort intelligent et logique, on ne doit p..\nexercer souvent son autorité mal à propos. On doit même être utile aux gens qui vous sor\nseulement sympathiques. On doit même être volontiers faible, puisque l'on a des doi.\nconiques, ceux des sujets très bons, accueillants, serviables, hélas sans défense. On ne doit pi-\nsavoir refuser en des circonstances où cela serait pourtant nécessaire. Peut-être par ci par !:•\nfait-on preuve de timide protestation, puisque le Mont de Mars légèrement accentué peut faire\nsupposer que l'on est un combatif. Supposons-le. N'en croyons rien !..."}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.81", "texte": "Mains de G. Hue.\nClichés P. Berger."}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.82", "texte": "Mains de S. Laźari.\nClichés P. Berger."}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.83", "texte": "LEURS MAINS\n75\n\nS. LAZZARI\nIl n'est pas douteux que nous sommes en présence d'un homme sinon des pays\nchauds, du moins des pays ensoleillés. Peut-être ne s'agit-il pas du plein midi, mais au\nmoins du Midi moins le quart.\nLes mains sont en effet très latines.\nAvec un rien de rudesse, mais avec beaucoup d'élégance, ces mains nerveuses, avec\ndes doigts presque carrés, des phalanges grasses, signalent un caractère artiste, intelligent,\ncordiale gourmand et sensuel. Si l'ensemble de ces mains est sympathique et de bon aloi,\nles détails n'ont rien d'amoindrissant. Au contraire il y a confirmation.\nOn est imaginatif et idéaliste. On l'est avec logique, puisque ne l'oublions pas, les\ndoigts carrés indiquent non seulement l'équilibre, mais la raison dans les sentiments et la\nproportion dans les instincts.\nTous les astres sont écrits dans ces mains. Donc belles aptitudes.\nLes dons artistiques dominent. Si on est musisien, on est trop indépendant pour être\nexécutant. On doit être plutôt un compositeur. On a dû se spécialiser dans une mélodie\nassez forte, assez en chair,puisque les lignes de tête et de cœur font penser que l'on est\nun fort, non un mièvre.\nQuoiqu'il en soit, on est sûrement un artiste de valeur. Toutefois, une double ligne\nde Soleil est l'affirmative absolue d'un éparpillement dans son art. On adû compliquer sa\nvie. Il est visible que l'on est un nerveux, un irritable, mais un irritable assez bien por-\ntant, quoique dyspeptique et rhumatisant. On doit s exaspérer avec des muscles, plutôt\nqu'avec des nerfs. L'agitation qui doit vous être familière doit avoir la forme d'une grosse\nactivité. On doit être un bon garçon, mais un bon garçon très malin, car si l'esprit de\ndiplomatie fait défaut on a par contre celui d'à propos. On est un persévérant et un ambitieux.\nSans cette double ligne de Soleil on avait tout pour arriver très jeune. Toutefois, avec\ntous les dons, il serait bien extraordinaire que l'on arrive très vieux.\nEn tout cas, réussite car ces mains sont celles d'un homme fort et d'un artiste de\ntalent.\nA suivre au prochain numéro, M.M. Xavier\nLeroux, Massenet, Me\nrice Ravel, Saint-Sa'éns, // idor .\n\nPierre Jobbé-Duval."}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.84", "texte": "Les Instruments\n\nESSAI SUR L'ÉTUDE DU PIANO\nDURÉE DU TRAVAIL\n\nN est-il pas pénible de voir de jeunes enfants passer six, sept, huit heures, quelquefois\nplus, assis devant un clavier ? N'est-ce pas un excellent moyen pour étouffer précocement\ntout sentiment artistique, musical, toute intelligence chez ces petits, de les astreindre à une\nsi longue immobilité ; cet excès de travail digital, fait au dépens du développement général\néloigne de plus en plus les « exécutants \" de la vie normale. Non seulement étude\nexagéree se fait au détriment des connaissances générales que tout être humain doit acquérir\nmais par son excès étend l'ignorance du virtuose jusqu'au domaine musical.\nIl est nécessaire de se spécialiser ; mais l'exclusion totale de tout ce qui ne concerne pas\nla spécialisation est une exagération dangereuse. Il ne suffit pas de former des machines à\njouer, sans plus. Le mal vient d'une erreur grossière qui consiste à croire que les progrès\ndépendent du nombre d'heures consacrées à l'étude. Les maîtres ayant laissé des écrits \"sur\nétude instrumentale s accordent tous sur ce point, je me contenterai d'en citer quelques-uns\nparmi les plus autorises par leur expérience et leurs observations :\n\"La valeur du virtuose n'est pas en raison directe du nombre d'heures passées au piano,\nma,s bien dans e degré d'attention apporté à la tenue des mains, à l'observance des doigtés,\na I attaque du clavier. (H. HEBERT, Le sentiment musical chez F enfant.}\n\" Les progrès de l'élève dépendent plus du soin consciencieux apporté aux études que du\nnombre d heures passées au piano. La volonté et la réflexion donnent de meilleurs résultats\nque de longues heures employées sans discernement... il faut concentrer toute son attention,\ns observer, s écouter pour éviter les défauts que la force de la routine rend plus tard si difficile\na corriger. (MARMONTEL, Conseils d'un Professeur.)"}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.85", "texte": "LES INTRUMENTS\n77\n\n\" On peut agir sans travailler.\" (CONDILLAC.)\n•' La correction de mon mécanisme est la conséquence de ma manière de travailler et\nnon du temps pendant lequel je travaille.\" (G. DEMERY,\n\" Les lois physiologiques condamnent toute étude trop prolongée ; les lois de l'esthétique\nmusicale la condamnent de même. Pour l'enseignement de la musique, la fonction\norganique a la propriété des toxiques ; elle est médicamenteuse à faible dose ; à forte dose elle\nest destructive.\" (MARIE JAELL, La musique et la\nCe n'est donc pas la quantité du travail qu'il faut, mais bien sa qualité.\nSavoir travailler utilement, permet de diminuer considérablement le temps passé à l'étude.\nLe but a poursuivre n'est-il pas de réaliser un maximum de progrès avec un minimum de travail ?\nIl importe, avant toute autre chose, de dépenser une forte somme d\"* attention, par\nconséquent, de connaître les moyens suceptibles de lui donner toute sa force et de là pouvoir\nconserver le plus longtemps possible.\nC'est principalement chez les enfants que l'attention est de courte durée, on ne peut\nrien prétendre faire assimiler d'utile à un cerveau vagabond. Plus l'enfant sera jeune plus les\nleçons devront être courtes. Elles pourront se répéter plusieurs fois par jour, étant séparées par\ndes repos et par d'autres études. Vouloir les prolonger quand les doigts seuls sont en action,\nc'est les faire agir en pure perte. Dès que les centres psychiques cessent d'être en activité, que\nseuls les centres polygonaux travaillent il est nuisible de jouer ; non seulement le temps se\nperd sans profit, mais on contracte des habitudes mauvaises qui seront très difficiles à déraciner.\nJe me permettrai de citer encore HEBERT qui écrit fort justement : \" Le travail qui n'est\nplus soumis à l'attention devient improductif, inutile, dangereux, pour la santé comme\npour le piano.\n\" Jeu réfléchi = Progrès.\n\" Jeu machinal = Recul, déformation.\n\" Les bonnes habitudes étant moins difficiles à contracter que les mauvaises à éviter,\nil importe non de faire beaucoup, mais de bien faire.\"\nQue de fois les parents partent de ce principe faux qui consiste à augmenter les heures\nd'études pour suppléer à l'insuffisance de progrès ; ce qui entretient cette si déplorable erreur,\nc'est que cet excès de travail donne parfois une amélioration du mécanisme, amélioration que\nje qualifierai de trompeuse et qui ne sera jamais en rapport avec le temps dépensé.\nJe ne puis parler de la durée de l'étude sans citer un ouvrage, aujourd'hui peu connu,\nécrit par LEVACHER, basé sur l'anatomie de la main, élaboré sur les conseils du Docteur\nAUZIAS DE TURENNE, professeur à la faculté de médecine, annoté par CRUVEILHER, professeur\nd'anatomie pathologique à la faculté de médecine, ouvrage qui fut très recommandé par\nTHALBERG, De Vanatomie de la main considérée dans ses rapports avec l'exécution de la musique\ninstrumentale :\n\"Un pli dans la main de même que dans une étoffe se forme d'autant plus vite qu'il est\nplus marqué, il s'ensuit donc qu'on devra apprendre un morceau d'autant plus vite, qu'on\nindiquera davantage les plis de la main, en envoyant dans les doigts une plus grande somme\nde volonté. La durée du temps est en raison inverse de la somme de volonté dépensée. Les\nrésultats d'une étude de deux heures peuvent être égaux à ceux d'une étude de quatre. Si un\npassage d'un morceau exige, pour être exécuté nettement, deux heures d'études avec une\nsomme de volonté représentée par I, il n'exigera plus qu'une heure, avec une somme de\nvolonté représentée par II.\"\nIl ressort de tout ce qui précède que le progrès est proportionnel à l'effort, on peut dire :\nproportionel à la somme d'attention dépensée. Nous devons donc rechercher les moyens capables"}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.86", "texte": "78\nS. I. M.\n\nd'augmenter et de prolonger l'attention. Les centres du cerveau étant occupés ailleurs, c'est\nen vain que les doigts enfoncent les touches ; l'impression est si faible, si légère, qu'elle ne\nlaisse pas de trace ou, si elle en laisse, elles sont bien minimes par rapport au nombre d'heures\nque 1 on aura consacrées à une étude ainsi faite ; non seulement le mécanisme progressera\ntrès lentement, mais la mémoire sera rebelle et ne s'assimilera que péniblement et incom-\nplètement les œuvres étudiées.\nNous en avons un exemple bien typique dans la facilité qu'ont généralement les\ndébutants pour retenu par cœur ce qu ils jouent ; cette mémoire très fréquemment semble\ns'atrophier au fur et à mesure des progrès réalisés.\nL'hypothèse, émise par GRASSET, de l'existence de deux ordres distincts de centres\npsychiques, les uns supei leurs, les auties inférieurs, vient à l'appui de ce que j'avance et\npermet de bien faire comprendre la nécessité absolue de dépenser une forte dose d'attention\ndurant l'étude.\nA chaque grande fonction nerveuse correspond un groupe différent de cellules nerveuses\nde neuromes, -un centre particulier dont la lésion entraîne le trouble de la fonction corres-\npondante ; à chaque fonction psychique correspond un centre spécial ; il y a des centres\ndifférents pour les fonctions psychiques supérieures, volontaires et conscientes, et pour les\nfonctions psychiques inférieures, automatiques et inconscientes.\nSuivant cette hypothèse de deux ordres distincts de centres psychiques, supérieurs et\ninférieurs, sans rien préjuger du siège de ces centres dans l'écorce cérébrale, Grasset a proposé\nle schéma ci-apres, qui n est d ailleurs qu un moyen commode de démonstration et d'en-\nseignement. Nous empruntons ce schéma à une très intéressante étude : Les idées médicales du\nPJ tfesseur Grasset, publiée par le 1)' Sicard de\nAccoucheurs.\n\"En O sont réunis tous les neurones psychiques supérieurs : centre de la personnalité\nconsciente, de la volonté, du contrôle, du Moi. Les centres psychiques inférieurs forment le\npolygone AVTEMK.\nEn A arrivent les diverses impressions auditives, en V les impressions visuelles, en T les\nimpressions tactiles. De E partent les expressions graphiques (écriture), de M les expressions\nverbales (langage parle), de K les expressions kinétiques (mouvements généraux).\n\nSchéma du centre O et du poly-\ngone AVTEMK:\nO, centre psychique supérieur;\nde la personnalité consciente, de\nla volonté, du contrôle, du Moi;\nA, centre auditif; V, centre visuel;\nT, centre tactile, sensibilité géné-\nrale; E, centre de l'écriture; M,\ncentre de la parole; K, centre\nkinétique, mouvements généraux."}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.87", "texte": "LES INSTRUMENTS\n79\n\nIl va sans dire que chacun de ces points représente une région et comprend des\nmultitudes de neurones. De plus, ces points ne sont pris que comme exemples et on conçoit\nqu'il y a beaucoup d'autres centres polygonaux (goût, odorat...)\nDonc, en O sont réunis les centres des actes psychiques volontaires et conscients ; dans\nle polygone, les centres des actes psychiques inconscients.\nA l'état normal, tous ces centres sont reliés entre eux par des fibres qui assurent leur\ncollaboration et leur synergie. Entre O et les centres moteurs du polygone, il y a non\nseulement les voies centrifuges qui permettent à O d'envoyer ses ordres à EMK, mais aussi\ndes voies centripètes qui donnent à O la conscience de ce qui se passe en EMK, même\nquand l'activité de EMK a été provoquée, non par O lui même, mais directement par les\nautres centres polygonaux AVT. Les actes qui se passent dans le polygone ne deviennent\nconscients que quand O les connaît.\"\nLe pianiste qui déchiffre de la musique la lit par une impression centripète V. Du\ncentre visuel V, les impressions, (si sa pensée est distraite du morceau qu'il déchiffre,) au lieu\nde pénétrer jusqu'à O centre psychique supérieur vont directement en E et en K et\nproduisent dans les bras, les mains et les doigts les mouvements correspondants nécessaires. Si\nles centres psychiques supérieurs O n'interviennent pas, le pianiste peut penser a tout autre\nchose qu'au morceau qu'il déchiffre et il n'y aura en ce cas ni etude sérieuse ni reellement\nproductive.\nQuand on commence à apprendre un instrument, on joue d abord avec tous ses centres\npsychiques vVOKk ; c'est une des principales raisons pour laquelle à ce stade de l'etude\nainsi que je l'ai dit précédemment l'élève retient très facilement ses morceaux par cœur,\nfaculté qui fréquemment s'atténue considérablement lorsqu ayant acquis une plus giande\nfacilité de lecture, de connaissance du clavier, l'élève s'habitue a jouer de plus en plus avec\nvVKk et dégage davantage le centre O qu'il peut finir par occuper a autre chose pendant\nqu'il joue ou déchiffre uniquement avec les centres polygonaux.\nCette faculté pourra quelquefois être utilisée. Dans un chapitre reserve a la mémoire\nmusicale chez les instrumentistes j'aurai occasion de parler des avantages que 1 on peut en tirer.\nPour que les progrès répondent au nombre d'heures que lon consacie a 1 etude il est\nabsolument indispensable de travailler consciemment et d'agir avec tous ses centres psychiques,\n0 compris, c'est la période d'assimilation, d'impression, d enregistrement. Tous les moyens\nde travail devront converger vers un but unique : augmenter la conscience ; dans 1 exécution au\ncontraire on pourra sans danger laisser agir seuls les centres polygonaux, 1 automatisme\npossédera la bonne empreinte, on aura créé des réflexes, O pourra s occuper ailleuis, 1 artiste\nne pensera plus les notes ni les mouvements, il se dégagera et reportera tous ses soins sur\nl'interprétation, la direction générale de l'œuvre à faire revivre, ses centres psychiques seront\nle chef d'orchestre et les centres polygonaux ultérieurement dressés referont ce qu a 1 aide de\nla pensée consciente ils auront déjà fait ; cet automatisme rend de precieux services a\nl'exécutant, c'est à lui qu'il peut jouer sans arrêt, sans être influence pai les bruits divers\nd'une salle de concerts qui malgré lui peuvent le distraire durant qu il joue, c est lui qui\nproduit cette mémoire tactile, musculaire, mémoire des doigts, des formes, des distances,\ndes intervalles.\nCette double fonction des centres polygonaux et psychiques devient telle chez les\ninstrumentistes entraînés que certains pianistes écoutant jouer un confrere suivent des yeux\nl'enfoncement des touches, éprouvant par la vision un renforcement de 1 impression auditive.\nC'est V centre visuel venant renforcer A centre auditif.\nLISZT, (dit Madame Jaëll, dans son très intéressant ouvrage, \" La musique et la"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.88", "texte": "8o\nS. I. M.\n\nPsychophysiologie;') pendant qu'il écrivait de la musique, posait parfois la main sur sa table d\ntravail dans le but d'établir réellement avec les doigts les intervalles des notes qu'il voula!\nécrire comme s il se les représentait ainsi sous forme de mouvements d'attaque. Pendant nu 1\nmaintenait les me mes intervalles, il semblait faire un effort d'attention pour les mieu*\nentendre, et paraissait ensuite approuver ou ne pas approuver les combinaisons musical*\nainsi scrutées. cs\nCe qui revient à dire que O demandait à K de lui envoyer une intensification de\n1 impression qu il conservait et dont il avait une mémoire d'impression venue de K et de A.\nn voit par ce qui précédé qu'il importe de rechercher les moyens susceptibles de\nmaintenir l attention. On obtiendra de cette manière, avec un minimum de travail l'in\ndépendance des doigts et des mains, la vélocité et la mémoire.\n\nL. E. Gratia.\n\nL'ORGANISTE MODERNE.\n\nDans un article paru récemment dans « Echo de Paris 1 le maître Saint-Saëns enga-\ngea* vivement les jeunes organistes catholiques à improviser, à donner libre cours à leur insni-\nration, en un mot a se lancer résolument dans l'imprévu.\n«t\\ /f_PiUC oi)s~n°us (a | église), disait-il ? Quelques morceaux de Sébastien Bach ou de\n« j/i'j ' rePetes à satiété ; morceaux fort beaux assurément, mais morceaux de concert\ndéplaces dans un Office catholique, avec lequel ils ne s'accordent point...\"\nans vouloir critiquer M. Saint-Saëns, qui de l'avis des maîtres actuels de l'orgue fut et\nest encore un merveilleux improvisateur, j'essaierai cependant de montrer, par un portrait\nrapide des organistes actuels que l'abus de l'improvisation et la recherche de la virtuosité à\ng ise nous mettent dans un état d'infériorité, par rapport aux organistes de certaines nations:\nla Belgique et 1 Allemagne notamment.\nJe crois que l'on peut dire avec assez de vraisemblance que nous avons aujourd'hui en\n.r rance deux Ecoles d orgue : les improvisateurs et les exécutants.\nLes premiers, pour la plupart elèves ou disciples de César Franck, improvisent constam-\nment, suivant en cela le conseil de leur maître pour qui l'orgue était uniquement un instrument\nd improvisation.\n* 6S aut.res' Proce^ant de la manière de Widor, le très érudit interprète de Bach et des\nMaîtres Anciens \" exécutent ' les morceaux de grande envergure tels que l'offertoire et la\nsortie de la messe et donnent libre cours à leur inspiration seulement dans les pièces de peu\nd importance : élévations, antiennes, versets de magnificat etc.\nQuelle est, de ces deux méthodes, la plus conforme à la fois, à l'art de l'organiste et à la\nliturgie catholique ?\nEtudions d'abord les improvisateurs. Us sont de deux sortes : ceux qui ont fait de fortes\nétudes musicales et ceux qui ignorent à peu près le contrepoint et la fugue : j'ai presque envie\nd ajouter : et 1 harmonie.\nA Ne croyez pas que ces derniers soient peu nombreux. Us sont légion, surtout parmi les\nmaîtres de chapelle. Ceux-ci, pour la plupart ignorent \" tout \" de l'orgue. Pianistes, quand ils\nne sont pas de vieux chantres (et l'on en trouve encore, même à Paris), ils manient l'orgue en\nle jeu lie, le doigté de substitution sont pour eux lettre morte. Leur pied gauche\npique de temps en temps quelque note de basse qu'il laisse traîner ensuite lamentablement,\n\n1 \" Echo de Paris \" du 8 janvier 1911,"}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.89", "texte": "LES INSTRUMENTS\n81\n\ntandis que leur pied droit éternellement rivé à la pédale expressive communique à la malheu-\nreuse \" boîte\" des mouvements désordonnés qui font de l'orgue un gigantesque accordéon.\nVienne le moment de l'offertoire ; l'organiste est-il bon musicien, il improvisera quelque-\nfois intelligemment une pièce dans une forme bien déterminée, avec un plan logique et bien\nconçu. Cette improvisation préparée, réfléchie, voulue est intéressante, c'est une preuve de\nvolonté et d'activité cérébrale.\n\" Le bon Franck, me disait dernièrement mon maître Widor, se prenait à réfléchir, un\n\" doigt sur le front au moment de commencer l'offertoire. Pendant deux minutes, le silence\n\" planait solennel, mais comme l'offertoire ne durait que trois ou quatre minutes, à peine le\n\" Père Franck avait-il exposé son thème qu'il fallait s'arrêter et Widor ajoute : \" Je l'entendis\n\" un jour improviser tout à fait remarquablement : c'était à l'inauguration de l'orgue de la\n\" Trinité, il avait eu le temps de réfléchir et de préparer son improvisation\"\nMais combien d'organistes préparent leurs improvisations ?\nD'autre part, l'improvisateur, même savant, même doué, vous fatigue à la longue. D'abord\nil n'est pas toujours inspiré, il est plus ou moins bien disposé. Ensuite il a toujours le même\ncaractère, le même tempérament, la monotonie résulte de sa \" personnalité \" Si on le suit\npendant quelque temps, on remarque encore qu'il ne varie guère ses thèmes, pas plus que ses\n\"harmonies \", les mêmes formules reviennent constamment: il joue suivant l'habitude tech-\nnique des doigts, sa pensée et sa volonté sont nulles.\nAu contraire, jouez un dimanche un choral de X, le dimanche suivant un andante de Y,\nsoyez éclectique, l'auditeur s'intéressera, il écoutera avec attention, il s'initiera peu à peu au\nvrai style de l'orgue.\nJ\nIl y a encore un autre genre d'improvisateur. C'est celui qui ne sait rien. Il est incapable\nde jouer médiocrement un morceau \"écrit\". Aussi improvise-t-il. Sur quoi r Trop souvent\nhélas ! sur un motif d'opéra plus ou moins \" opérette \".\nIl remplit alors de joie et les braves vicaires somnolant dans leurs stalles et la foule peu\nrecueillie, qui se croyant au théâtre, chantonne en sourdine le motif favori.\nPour en finir avec les improvisateurs, je livre à la vindicte des vrais artistes certains musi-\nciens peu scrupuleux, qui ne possédant pas la virtuosité nécessaire à l'exécution de morceaux\nréputés difficiles, n'hésitent pas à prendre les thèmes de ces pièces, et à substituer aux dévelop-\npements des auteurs, des rengaines venues au bout de leur doigts.\nLes auditeurs compétents ne s'y trompent pas, mais les auditeurs compétents sont rares.\nCombien d'exemples je pourrais citer de ces odieux organistes, improvisateurs sans talent,\nexécutants éxécrables, vandales de la musique, qui ne craignent pas de mutiler, d'arranger, de\ndéranger plutôt à leur convenance les œuvres des maîtres ? Combien de fois ai-je entendu ainsi\ndénaturer la grande fus;ue en sol mineur de Bach, la superbe Toccata de Widor et le troisième\nchoral de Franck ?\nSi nous étudions maintenant les éxécutants, nous remarquerons qu'il il y a parmi eux de\nsimples virtuoses et quelques-uns, peu nombreux, qui sont de vrais artistes.\nLes virtuoses font de leur tribune une véritable salle de concert. On les voit entoures\nd une foule de u snobs \" parmi lesquels l'élément féminin domine, faire briller leur virtuosité\nde mains et de u pieds \". Ils ne jouent pas de chorals, pièces trop lentes et trop religieuses,\nmais ils exécutent des fugues de concert dans un mouvement exagère, avec une registration\nassourdissante. Pour eux, l'orgue est un instrument destiné uniquement a faire valoir leur\nmécanisme. La liturgie catholique : ils s'en moquent, ils l'ignorent. Offertoire, communion,"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.90", "texte": "82\nS. I. M.\n\nversets, tout est matière à virtuosité. Ceux-là ne sont pas dignes du nom d'artistes, leur place\nn'est pas à l'église, mais à la salle du Trocadéro.\nOù trouverons-nous donc le véritable organiste, l'artiste religieux vraiment digne de ce\nnom ?\nCelui-là est rare. Il ne fait pas de réclame, il est modeste, il se cache. On ignore son\nnom, il est seul à sa tribune, il joue des pièces qu'on ne remarque pas car sa musique aide au\nrecueillement et à la prière, sa voix calme et reposante porte auprès de Dieu les vœux de la\nfoule.\nS'il improvise, c'est rarement, seulement lorsque les exigences de la liturgie l'y contrai-\ngnent. Mais il fait sa nourriture quotidienne des chorals de Bach, de Walther, de Knecht, de\nSchwenke, de Sorge, de Rinck, de Hesse, de ces vieux maîtres qui composaient leurs pièces en\npriant. Pieux interprète de ces antiques cantilènes, il ne dédaigne pas non plus les œuvres\nmodernes des Franck, des Boellmann, des Widor, des Gigout, des Saint-Saëns. Il ne recherche\npas le bruit ; son orgue n'est pas une fanfare aux cuivres éclatants, mais un quator à cordes à\nla sonorité onctueuse et presque divine.\n\nEugène Lesierre\nOrganiste de Saint-Jean-Saint-François.\n\nNotes Juridiques\nLA FÊTE CHEZ THÉRÈSE.\n\nLe maître de ballet est-il le collaborateur de l'écrivain et du musicien dans la composition\nd'un ballet. ? Telle est la très intéressante question que viennent de poser au Tribunal Madame\nStichel, maîtresse de ballet de l'opéra, d'une part, Madame Catulle Mendès et M. Hahn\nd'autre part, à propos de La Fête chez Thérèse.\nLa question vaut la peine d'être tranchée, car si la maîtresse de ballet est considérée\ncomme collaboratrice, elle jouit de tous les droits de l'auteur : son nom doit figurer dans le titre\nde 1 ouvrage imprimé et sur l'affiche annonçant la représentation ; son consentement est néces-\nsaire pour l'édition et l'exécution du ballet; elle a droit à une part égale à celle de ses coauteurs\ndans les bénéfices produits par l'exploitation de l'œuvre commune.\nDans son jugement du 10 février1, le tribunal civil de la Seine vient d'admettre cette\nsolution, consacrant Madame Stichel collaboratrice de M. Hahn et feu Catulle Mendès.\n\" Attendu, décide-t-il, que lorsqu'il s'agit d'un divertissement intercalé dans un opéra, le\nu maître ou la maîtresse de ballet ne sauraient prétendre à un droit effectif de collaboration ;\ni 6 que le sujet traité dans ce divertissement, d'ailleurs de courte durée, est en général des plus\n\" banal et parle aux yeux, en laissant l'esprit forcément indifférent ; qu'il ne comporte que\n\" rarement une idee nouvelle, et que le rôle du maître de ballet se réduit à employer pour\n\" régler le divertissement, la musique telle qu'elle est ;\nu Mais attendu que, lorsqu'il est question d'un ballet dit d'action, qui constitue par lui\n\" seul une piece, il exige les mêmes conditions, de clarté et d'intérêt que n'importe quel autre\nu genre de pièce ; qu'alors, les scènes mimées prennent au même titre que les scènes dansées,\nic une importance toute spéciale ; que, pour retenir l'attention des spectateurs, il faut, quels-\nu qu aient été les développements donnés par le librettiste à son scénario, que le maître de\n\n1 \" Gazette du Palais \" 16 février, 1911."}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.91", "texte": "LES INSTRUMENTS\n«3\n\n« ballet, qui n'est plus un simple metteur en scène, \" s'ingénie à ce que le jeu des physionomies,.\n« les attitudes et les gestes des principaux sujets reproduisent la volonté, la répulsion, l'indiffé-\n\" rence, la révolte, la coquetterie, l'admiration, en un mot les diverses sensations par lesquels\n« doivent passer les personnages qu'ils représentent ;\n\" Attendu que pour donner à l'action un intérêt scénique qui ne saurait, quelle que soit\n«]a valeur de l'œuvre, résulter ni de la musique ni du livret, il est en outre indispensable que\nule maître de ballet tire du scénario des idées nouvelles, des situations originales, et qu'il\n« comprenne que, si pour les faire valoir il ne peut se laisser enserrer par la musique, il doit\n\" demander au compositeur quelques mesures de moins ou de plus, ou même l'amener à modi-\n« fier les rythmes de telle ou telle partie de sa partition ;\n\" Attendu que le travail du maître de ballet est des plus délicats puisque c'est lui qui,\n\"après avoir étudié le livret et la partition, ala charge de décrire, par tous les moyens possibles,\n\" tous les mouvements visibles par lesquels se manifestent les sentiments humains, de tirer le\n\"meilleur parti des motifs qui lui sont fournis, de régler, de façon à éviter des \"déjà vu\",\n\" les pas et les ensembles qui seront dansés et de s'entendre avec le compositeur pour le rema-\n\" niement de la musique, en raison du genre et du tempérament des chefs d'emploi qui, de par\n\" leur titularisation, doivent remplir les principaux rôles ; qu'il est donc permis de dire qu'un\n\" ballet d'action est une œuvre d'art dont le mérite revient en grande partie au chorégraphe.\"\nAinsi, le maître de ballet doit être considéré, en principe dans les \" ballets d'action \",\ncomme le collaborateur du librettiste et du compositeur. C'est aller un peu loin. Sans doute le\nmaître de ballet peut être et est souvent en réalité un collaborateur, mais il arrive aussi qu il\nn'est qu'un metteur en scène. Et alors il n'y a pas de raison pour lui accorder un privilège que\nl'on refuse au metteur en scène ordinaire ou au décorateur 1. Quoi qu'il en soit, la solution est\nintéressante tant par les considérations sur lesquelles elle s'appuie que par la contribution qu elle\napporte au chapitre de la collaboration 2.\n\nGeorges Baudin.\n\nIT. C. Seine 16 juillet, 188 i. La Loi, 17 Juillet, 1881.\n1 C. F. T. C. Seine, 29 mars, 1861. Pataille IS6I, page 288. T. C. Seine 12 février 1879. Le Droit,.\n14 février 1879."}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.92", "texte": "Librairie CH. DELAGRAVE, 15, rue Soufflot, PARIS\nNOUVELLES PUBLICATIONS\nT. S. F. La Télégraphie sans fil\nPAR G.-E. PETIT et BOUTHILLON\nIn-8° illustré, br .... 5 fr. ; toile fers spéciaux .... 6\n\nLa Voiture de Tourisme\nPAR E. LESSARD\nManuel pratique de l'automobile. In-8° illustré ; br. 3 fr. 50 ; toile . . . 5 fr.\n\nDe la Terre aux Astres\nPAR MILLOCHAU\nAstronomie a la portée de tous.ln-8° ill. photo., br. 5 fr. ; toile fers spéciaux. 6 fr. 50\n\nJLe Frigorifique\nPAR CH. TELLIER Préface de A. CTARSONVAL\nHistoire d'une invention moderne. In-8° illustré, br 15 fr.\nRAPPEL. La Technique du Froid. (LEHNERT ; Trad. G. DERMINE)\nIn-8° ill. toile 6 fr\n\nSténographie et Dactylographie\nPAR NAVARRE\nIn-iB° ill., toile ....\n\nL'Hygiène du Violon\nde I'ALTO et du VIOLONCELLE\nPAR L. GREILSAMER\nConseils pratiques sur P acquisition, P e\nIn-40 illustré, br 3 fr, ; rel 4 fr>\n\nAndré Chénier\nPAR P. DIMOFF\nTo2H6 11. Poemesy Hymnes, Theatre. In-iB°, tiré sur beau papier vergé teinté,\nbr 3 fr. 50 ; rel. mouton 6 fr.\nRAPPEL. Tome I. Bucoliques. i vol. br. 3 fr. 50 ; rel. mouton . . 6 fr."}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.93", "texte": "Société Musicale G. ASTRUC et Cie, 32, rue Louis-le-Grand, Pavillon de Hanovre,\nSALLE GAVEAU, 45, rue de La Boëtie, PARIS\nLe «Jeudi 30 Mars 1911 à 9 heures précises du soir\nCONCERT DE PRINTEMPS\ndonné pour l'audition d'œuvres de\nM. MAURICE DESRE2\navec le concours de\nMM. PLAMONDON, JAN REDER et ALBERT GELOSO\nPROGRAMME\n\nI. Le Printemps\npoème musical pour piano et Violon\n(a) Moderato (b) Scherzo\n(c) Intermezzo (d) Rondo\nM. GELOSO L'auteur\n11. Hélas ! tout travaille !\npoésie de V. Hugo.\nM. PLAMONDON L'auteur\n111. L'Antéchrist! (fragments)\npoésie de V. Hugo.\nM. JAN REDER L'auteur\nIV. Fantaisie pour piano sur un\nTHÈME MILITAIRE en forme de Sonate.\nPremier mouvement L'auteur\n\nV. La Prière du Poète\npoésie de R. de Montesquiou\nExtase\npoésie de V. Hugo\nM. PLAMONDON L'auteur\nVI. Si vous n'avez rien à me\ndire\npoésie de V. Hugo\nA l'Epreuve\npoésie de Carmen Sylva\nM. JAN REDER L'auteur\nVIL Deux morceaux pour piano\n(a) La chanson du Rossignol\n(b) Impromptu L'auteur\nVIII. Pluie d'Eté\npoésie lyrique : poésie de V. Hugo\nM. PLAMONDON L'auteur\n\nBillets : 10 fr. 8 fr. 6 fr. 5 fr. 4 fr. 3 fr. 2 fr.\n\nLocation : à la SALLE GAVEAU, 45, rue la Boëtie ; chez DURAND ET FILS, éditeurs,\n4, place de la Madeleine (de 9h. à 11 h. et de 2h. à 6 h.) ; chez GRUS et CIC\néditeurs, place Saint Augustin ; chez LAUDY, 224, boulevard Saint Germain ; chez\nVILLENEUVE, TURRON, 51, rue Saint Placide, et à la Société Musicale G.\nASTRUC et Cie, 32, rue Louis-le-Grand, Paris."}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.94", "texte": "Administration de Concerts: A. DANDELOT, 83, Rue d'Amsterdam\nCINQ SÉANCES de Musique de\nChambre Moderne Française\nSous le Patronage de MM. A. DURAND & FILS, Éditeurs\nSALLE ÉRARD\nLes Mercredis 1,8, 15, 22 et 29 Mars 1911 à 9 heures du soir.\nAvec le Concours de : Mesdemoiselles Blanche SELVA et Marthe DRON, et de MM. Claude DEBUSSY\nCHEVILLARD, Alfred CORTOT, Robert LORTAT, Armand PARENT, Fernand POLLAIN-\nEdouard RISLER, Jacques THIBAUD, Ricardo VINES, et le Quatuor: MM. HAYOT, ANDRÉ\nDENAYER, SALMON.\nPROGRAMMES\n\nPremière séance, Mercredi 1 Mars\nC. SAINT-SAENS\nG. SAMAZEUILH\nMaurice RAVEL\nE. LALO\nQuatuor à Cordes. MM. HAYOT,\nANDRÉ, DENAYER, SALMON.\nSonate pour Violon et Piano.\nMM. Jacques THIBAUD et Al-\nfred CORTOT.\nGaspard de la Nuit, 3 Poèmes\npour Piano.\nOndine Le Gibet Scarbo.\nM. RICARDO VINES.\nTroisième Trio pour Violon, Vio-\nloncelle, et Piano.\nMM. HAYOT, SALMON et Ro-\nbert-LoRTAT.\n\nDeuxième séance, Mercredi 8 Mars\nROGER-DUCASSE\nA. ROUSSEL\nC. SAINT-SAENS\nVincent D'INDY\nQuatuor à Cordes. MM. HAYOT,\nANDRÉ, DENAYER, SALMON.\nRustiques, pour Piano.\nDanse au bord de l'eau.\nPromenade sentimentale en forêt.\nRetour de Fête.\nMademoiselle Blanche SELVA.\nDeuxième Sonate, pour Violoncelle\net Piano.\nMM. SALMON et Robert-LoR-\nTAT.\nSonate pour Piano.\nMademoiselle Blanche SELVA.\n\nTroisième séance, Mercredi 15 Mars\nClaude DEBUSSY Quatuor à Cordes. MM. HAYOT\nANDRÉ, DENAYER, SALMON.\nAlbéric MAGNARD Promenades, Pièces pour Piano.\nEnvoi. - Bois de Boulogne.\nVillebon-Saint-Cloud-St-Germain.\nTrianon.- Rambouillet.\nM. Edouard RISLER.\nC. CHEVILLARD Sonate pour Violoncelle et Piano,\nMM. SALMON et L'AUTEUR.\nPaul DUKAS Sonate pour Piano.\nM. Edouard RISLER.\n\nQuatrième séance» Mercredi 22 Mars\nG.M. WITKOWSKI Quatuor à Cordes. MM. HAYOT,\nANDRÉ, DENAYER, SALMON.\nPaul DUKAS Variations, Interlude et Finale, sur\nun Thème de J.-Ph. RAMEAU-\nMademoiselle Blanche SELVA.\nVincent D'INDY Sonate pour Violon et Piano.\nM. Armand PARENT et Mlle\nMarthe DRON.\nCh.-WiDOR Quatuor pour Violon, Alto, Vio-\nloncelle et Piano.\nMM. HAYOT DENAYER, SAL-\nMON et Robert-LORTAT.\n\nCinquième séance, Mercredi 29 Mars\nVincent D INDY Deuxième Quatuor a cordes. MM. HAYOT, ANDRÉ, DENAYER, SALMON.\nJ. GUY-ROPARTZ Sonate, pour Violoncelle et Piano. MM. Fernand POLLAIN et Robert-LoRTAT.\nClaude DEBUSSY Préludes pour Piano. L'AUTEUR.\nC. SAINT-SAENS Deuxième Trio pour Violon, Violoncelle et Piano. MM. HAYOT, SALMON et Robert-LoRTAT.\nPRIX DES PLACES :\nParquet 6 fr.\nIre Galerie, ler1er Rang 4 fr.\nIre. Galerie, 2me Rang 3 fr.\n2me Galerie 2 fr.\nBILLETS chez MM. DURAND & Cie 4, Place de la Madeleine ; et à I'ADMINISTRATION DE CONCERTS\nA. DANDELOT, 83, Rue d'Amsterdam. Teleph. 113-25."}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.95", "texte": "Rouart, Lerolle ô Cia\nÉDITEURS DE MUSIQUE\n18, BOULEVARD DE STRASBOURG - PARIS\n*\nLe plus grand abonnement de France\nservice : Maison GAVEAU, 45, rue de la Boëtie.\nTOUTE LA MUSIQUE en lecture\nDépositaires exclusifs de l'édition Universelle\nEdition classique, la meilleure, la plus moderne et la\nmoins chère.\nŒuvres de Bruckner, Mahler, A. Strauss etc.\nG. Mahler -4e Symphonie 4 mains . nette 12 fr.\n„ „ part, de poche „ 8 fr."}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.96", "texte": "Bibliothèque Tournante Terquem\nPOUR LIVRES ET MUSIQUE\nAPPUI-LIVRES, CHEVALETS, CLASSEURS A RIDEAUX\nARTICLES DE BUREAUX RICHES ET HAUTE FANTAISIE\nEM. TERQUEM\n19, RUE SCRIBE\nTOUT MUSICIEN\ndoit avoir une BIBLIOTHÈQUE TOUR-\nNANTE TERQUEM adaptée spécialement\npour la musique. Il n'est pas de CASIER A\nMUSIQUE plus élégant, plus pratique et meil-\nleur marché.\nTOUT MUSICIEN devrait grâce au\n\" Terqi \" relier sa musique lui-même sans perte\nde temps, et mieux qu'un relieur dont les\nvolumes NE S'OUVRENT PAS.\nDemandez nos catalogues et nos prospectus envoyés franco :\nEM. TERQUEM\nTéléphone 303=59 19, fUe Scribe, PARIS Téléphone 303=59\n3B*\nf\ntfc\nsrï:\nm\nm\nM\nfiw"}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.97", "texte": "7\n\nCONCERTS ANNONCES\nSALLES PLEYEL\nConcerts du mois de Mars 1911\n\nGrande Salle\n15 Mr Joseph Debroux (3me séance)\n16 M™ la Comtesse de Skarbek .\n17 MUe Georgette Guller . .\n18 Mlle Carcassonne (avec orchestre)\n19 Mlle J. Moutel (Elèves) . . . .\n20 Mlle Stella Goudeket (2me séance)\n20 Ml-6 Mitault-Steiger\n21 Mr Léon Perlmutter\n22 Mlle Adeline Bailer\n24 Mlle Pauline Girard\n25 Mme Camille Cheviliard (Elèves)\n25 La Société Nationale de Musique\n(5me séance)\n26 Mlle Alice Sauvrezis (Elèves). .\n27 Le Quatuor Capet (5™ séance).\n\n28 Mme Wanda Lancîowska . . .\n29 Mme Riss-Arbeau\n30 La Société des Compositeurs de\nMusique (3me séance) . . . .\n31 Le Quatuor Capet (6me séance) .\nSalle des Quatuors\n16 M,le Hortense Parent (Elèves) .\n17 La Société de Musique Nouvelle\n(2me séance)\n18 Mlle Henriette Gaston . . . .\n19 Mme Asselin (Elèves) . . . .\n25 Mr Henri Schikel\n26 Mmc Edouard Lyon (Elèves) . .\n29 Le Quatuor Calliat (3me séance).\n30 Mme M. Ferant (Elèves) . . .\n\nSALLE ERARD\n15 Mars. Société de Musique Moderne Française ii heures du soir\n16 ~ Mlle Landsmann (Piano) iè heures du soir\n17 „ Mr Wittacker (Piano) . . . ij heures du soir\n18 „ Orphelinat de l'lmprimerie Nationale (Concert de Charité) . . i£ heures du soir\n19 „ Mll<J Thuillier (Matinée d'élèves) heures du soir\n20 „ Mme Stiévenard (Piano) 9 heures du soir\n21 ~ Mlle Ferrère-Jullien (Piano) , 9 heures du soir\n22 „ Société de Musique Moderne Française. 9 heures du soir\n24 ~ Mr et Mme Fleury (Piano et Flûte) 9 heures du soir\n26 „ Mr Wintzvveiller (Matinée d'élèves) iè heures du soir\n27 ~ Mr Lazare Lévy (Piano) . . . . 9 heures du soir\n28 „ Mr Marcel Crandjany (Harpe) . . ' 9 heures du soir\n29 „ Société de Musique Moderne Française 9 heures du soir\n30 „ Mr Montoriol-Tarrès (Piano) 9 heures du soir\n31 ~ Mr Rierra (Audition d'élèves) 9 heures du soir\nSALLES GAVEAU\n15 Mars. Salle des Concerts Concert Leech 9 heures\n16 „ „ Répétition Publique Bach , 4 heures\n16 „ „ Mission G, Smith heures\n17 „ „ Mission G. Smith . 2\\ heures\n17 „ „ Concert Société Bach 9 heures\n18 „ „ Mission G. Smith heures\n18 „ ~ Concert Cercle Musical 9 heures\n19 „ ~ Concert Lamoureux • . • 3 heures\n20 „ „ Mission Smith 8 heures\n20 „ „ Mission Smith 2\\ heures\n20 „ ~ Concert Leech (avec orchestre) 9 heures\n21 „ „ Concert Sonia Darbell (avec orchestre) 9 heures\n22 ~ „ Concert Villy Bansen 9 heures\n24 M „ Société Musicale Indépendante 9 heures\n25 v „ Concert Cercle Musical (orchestre) 9 heures\n26 „ ~ Concert Lamoureux 3 heures\n27 „ „ Concert Madame Kutscherra 9 heures\n29 „ ,t Concert Infante Vela Sala . , 9 heures\n30 „ „ Concert Desrez 9 heures\n20 Mars. Salle des Quatuors Concert U.F.P.C. , 2 heures\n29 n ~ Conférence de Mgr. 8010 4 heures\n30 „ v Audition Résiliât 2 heures"}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.98", "texte": "A Travers les Revues\nLA MUSIQUE DE CHAMBRE EN ALLEMAGNE. Dans Y Art Modem,\n(8-29 janvier), résumé clair et complet, sous forme d'une conférence, par G. Siptermans.\nEST-IL PERMIS DE «SIMPLIFIER\" CE QU'UN COMPOSITEUR ÉCRIT?\nOui, dans certains cas, répond La Revue Musicale de Lyon (29 Janvier). Il s'agissait en l'espèce\nde la Sonate pour piano et violon de M. Witkowski. Melle Selva, nous est-il dit, schématisa une\nœuvre très et peut-être trop complexe ; elle en dessina largement à grands traits les lignes\nessentielles en noyant dans l'ombre d'un indistinct trémolo un accompagnement qui se recom-\nmande par une recherche excessive d'écriture et par la surcharge perpétuelle de dessins com-\npliqués et presque injouables, donnant ainsi \" une leçon opportune et utile\nCependant, la Revue Musicale de Lyon constate que : Cette simplification si intelligente\net si légitime a surpris certains amateurs pervertis par un fâcheux byzantinisme, et l'un de\nceux-ci, qui avait essayé de suivre l'exécution sur la partition, demandait sérieusement à la\nsortie s'il serait possible de se procurer une copie de la transcription qu'avait jouée Melle Selva.\nFaut-il croire cela paraît être la morale de l'article qu'on ne peut-être fidèle à\n1' \" esprit \" d'une musique qu'en sacrifiant plus ou moins la \" lettre \" ? Si cela est vrai com-\nbien de nos compositeurs ne seraient-ils pas de grands coupables, ou de grands maladroits ? En\ntous cas, prévenus, ils n'ont qu'à bien se tenir.\nDe même (il est curieux de remarquer comme il y a des idées, des thèses qui sont en\n1 air) le Times dans un article intitulé De la valeur de /'lndistinct, conclut :\n\" Une composition, tout comme un tableau, n'est point sur un seul plan : à l'une comme\na l'autre, il faut une perspective. Et en musique, la perspective c'est que certaines parties en\nsoient relativement inaudibles... Une exécution n'est point un inventaire de notes... \"\nCOMPARAISONS. Du Times,ce parallèle entre de Strauss et\nMèlisande :\n\" Il est incontestable que l'œuvre française (qu'elle soit ou non fidèle à l'esprit de\nMaeterlinck) montre une autorité, une certitude du traitement musical, une rectitude artisti-\nque à quoi l'œuvre allemande ne saurait prétendre. Aucun détail de la musique de Debussy\nne montre 1 hésitation : le plus infime effet est médité, réalisé de propos délibéré. On peut le\nprendre ou le laisser de côté, mais on ne saurait rien y changer sans être forcé de tout refaire\ndepuis le commencement. Tel ou tel détail de la partition de Strauss pourrait être supprimé\nou change sans inconvénient grave. Mais, de la conception d'ensemble jusqu'au moindre\ndétail, il y a chez M. Debussy une conscience, un bonheur de réalisation qui ont pour résul-\ntat que Pellèas en son genre est une œuvre d'art complète et parfaite.\nLE NATIONALISME ET CHOPIN. Dans son discours de Lemberg, M. Pa-\nderewsky ayant parlé de Chopin comme d'un pur polonais, M. A de Bertha, dans la\nMusicale (Janvier) rétablit la vérité comme il y avait lieu de le faire en l'espèce, en rappelant\nl'origine loraine du père de Chopin et insistant sur le fait qu'en étudiant la vie et l'œuvre du\nmaître, il est impossible de faire abstraction de la part d'influences françaises qu'il a subies."}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.99", "texte": "A TRAVERS LES REVUES\n91\n\nLE CHANT DES OISEAUX. Sur ce sujet comme sur les intonations des cris\nd'animaux en général, étude fort documentée et détaillée de M. E. von Hornbostel dans notre\nBulletin mensuel International de Février. Le problème qui y est abordé semble, dans l'état actuel\ndes choses, intéresser plutôt les sciences naturelles que la science musicale; mais sait-on jamais ?\nMOUSSORGSKY EN RUSSIE. Dans le I0me n° de Mouzyka (Moscou)\nM. Derjanowsky, à l'occasion du vingt-cinquième anniversaire de la première représentation de\nKhovanchtchina, proteste contre l'indifférence presque générale que l'on continue de témoigner\nà Moussorgsky dans sa patrie.\nLes nos 7etB de cette intéressante revue contiennent des extraits de la correspondance\nRimsky-Korsakow avec Stassow, qui sont très importants pour l'histoire de l'opéra Sadko.\nSCRIABINE ET MEDTNER. Le Guide du Concert, excellente publication qui\ndonne hebdomadairement des renseignements neufs et précieux sur les divers programmes du\nmoment, publie (nos 20 et suivants) une étude enthousiaste de M. Alfred Swann sur ces deux\ncompositeurs. Et cet article d'un critique anglais vient donner une nouvelle preuve des diver-\ngences qui existent, selon les pays entre amateurs de musique russe : problème qui mériterait\nbien au surplus de tenter la sagacité des exégètes des \" nationalismes musicaux \".\nDANS CINQUANTE ANS. La revue musicale russe (Janvier et Février) contient,\nsous ce titre, un curieux article du curieux esprit qu'est le compositeur Wladimir Rébikow.\nH ANS VON BULOW. Le considérable article que M. Karl Heckel, dans la\nNeue Zeitschr'ift fur CMusik (Février) consacré à cet artiste, porte comme sous-titre \"La\ntragédie d'un musicien de l'avenir, étude psychologique \" et comme épigraphe \" la lame a\nusé le fourreau. On en comprend dès lors la tendance, et c'est avec la plus vive sympathie\nqu'on lira ces pages où la remarquable, vivante et- forte figure de Biilow est évoquée de la\nmanière la plus convaincante.\nDON FERNANDO DE LAS INFANTAS. Avec le numéro de Janvier de la\nRèvista {Musical (Bilbao) s'achève la biographie critique de ce maître espagnol peu connu du\nXVIme siècle, que nous vaut l'érudition patiente de M. Rafaël Mitjana. \" Théologien véhé-\nment et hétérodoxe, tenace défenseur des traditions grégoriennes, compositeur génial et\nd'inspiration ardente et haute \", Fernando de las Infantas se montre encore, nous dit M. Mit-\njana, un théoricien de mérite peu commun, dont l'ouvrage Plura modulationum généra vulgo\nquae contrapuncta appellantur(Venise, 1579) a une grande valeur en dépit de la tendance qu'on\ny remarque à vouloir asservir l'inspiration aux procédés scolastiques. Novateur par certains\ncôtés, Fernando de las Infantas fut un de ceux qui provoquèrent la. décadence de l'art de la\npolyphonie vocale.\n\nLe prochain numéro de la S. I. M. sera en grande partie consacré\nEMMANUEL CHABRIER\nLettres inédites « Vingt portraits inédits de Chabrier\nQuadrille sur Tristan à 4 mains"}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.100", "texte": "L'Édition Musicale\n\n(i) Elkin and Co. (2) Carisch et Jânichen. (3) Dotésio. (4) Robert à Béziers. (5) Demets (6) Dura-\n(7) Astruc. (8) Hamelle. (9) Eschig.\nLa musique pour piano seul nous arrive ce mois ci des quatre coins de l'Europe\nL'Angleterre nous envoie une Valse Caprice de Cyril Scott (i) assez brillante mais bien\nvide d'idées, morceau à succès pour les auditoires bourgeois. L'ltalie, un grand poème Music?,1\nDafnie Cloe (2), de Ricci Signorini, réduit au piano par l'auteur. Ici une remarqué\ns'impose ; le propre d'une réduction pour piano est, d'habitude, de pouvoir être jouée\nnormalement et non pas de commencer à trois mains, de continuer à 4, le tout de façon\ninexécutable, avec adjonctions soudaines de harpes, clarinettes, etc. Et puis, sans être possédé\nde la manie des analogies, on pourra trouver que certain solo, confié dans la partition originale\nau Cor anglais, rappelle un peu trop le Troisième Acte de Tristan : certaines coïncidences\nfrisent de près le démarquage.\nM. de Bertha, un des derniers représentants de la pure école romantique nous envoie\nun beau Nocturne où l'on reconnaît bien le compatriote de Liszt. Notre ami Henri Collet\nse taille un succès à Madrid, avec son poème symphonique pour piano, El Escortai, (3) œuvre\nde solide structure et de qualités toutes françaises : sachons gré à M. Collet d'avoir évité ce\nstyle pseudo espagnol qui commence à devenir fastidieux.\nUne original petite Suite, les Bucoliques,(4) d'Edouard Perrill, nous vient de\nMontpellier ; nous goûtons surtout son second morceau, Vendémiaire terminé si allègrement\npar une amusante fantaisie sur un air populaire ; si son troisième morceau, Clair de lune, est\nun peu nuageux, ce qui est du reste légitime, le quatrième, Temple dans le bosquet, redevient\nen revanche, d'un tour aisé, imprévu et charmant.\nJ'avoue que le dernier morceau de M. Samazeuilh, (6) avec ses\nharmonies à la fois doucâtres et grinçantes, a commencé par éveiller chez moi l'idée de\ncertaines sucreries acidulées, presque corrosives. Ayant eu la bonne fortune d'entendre\nM. Samazeuilh exécuter lui-même ces six pages hérissées d'accidents et de difficultés;\nil m a fallu faire amende honorable nous sommes rarement indulgents pour les morceaux\nqui sont trop au-dessus de nos moyens.\nLe contraire peut-être vrai aussi ; et peut-être est-ce pour cela que j'ai pris autant de\nplaisii a une Petite Suite de Roger Dlicasso (6) une toute petite Suite, presqu'enfantine,\nmais moderne a souhait, et d'une distinction exquise : M. Ducasse sait être simple avec une\nprodigieuse habileté.\nPassons aux Transcriptions: une Toccata d'après le final du sme5me Concerto de St. Saens\n(6), réduite pour deux pianos a 4 mains par Edouard Risler, puis une\nchromatiques (6), de St. Saens aussi, réduite de même. L'opportunité de ce travail me parait\nau moins douteuse : ces tierces perdront tout caractère à être jouées par deux mains différentes;\net de plus, une étude est une étude, et gagne bien rarement à être transformée en un facile\nmorceau de salon.\nU Impromptu de M. Desrez (5) ne manque pas d'envolée, mais je sais où il a pris des\nailes ; il les a empruntées à l'oiseau de Siegfried et aussi à celui de M. Henselt.\nM. Desrez se montre wagnérien convaincu avec ses deux mélodies : (7),\npour baryton, et Helas tout travaille(7). Il faut être bien puissamment inspiré, pour soutenir,"}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.101", "texte": "L'ÉDITION MUSICALE\n93\n\navec un si gros développement d'effets et de moyens, une tension dramatique aussi continue\ncUr des paroles de Victor Hugo par dessus le marché.\nLa musique de chant est souvent favorable à ceux qui, ne se sentant pas de grandes\nambitions ont la prudence de rester dans une opportune demi teinte Ainsi rendons hommage,\nàM. Cyril Scott, qui vient d'écrire The trysting tr et The Valley rf Silence (i), il a\nQuelquefois fait pire. M. Swan HenneSSy, très heureusement inspiré par des vers de\nHérédia écrit une jolie Epiphanie(B), pour voix moyennes, mais malmène un peu Leconte de\nl'lsle dans Annie(s), Chanson Ecossaise, ou la mélodie et les paroles ont quelque peine a\ns'accorder. Du même auteur, le Revenant (8), et Là-bas (8), tous deux pour Baryton.\nM Rhené Bâton nous donne un volume de (6) pour les voix\nmoyennes. Peut-être avons-nous vu déjà un peu trop de ces Lieder français d expressivité\ntoute intérieure et de tendresse toute contenue ; peut-être la musique ghsse-t-elle par ce e\nvoie facile, à un alanguissement regrettable ? Toutefois, ce recueil discret est bien une des\nme'U Avec ïe^Printemps (7), poème musical pour piano et violon, nous retrouverons M. Desrez,\ntouiours ami des grands effets et pleine d'une ardeur fervente que j admire. Apres cela, a\nLa Petite Pièce pour Clarinette (6) de Debussy nous paraîtra presque facile : ajoutons qu elle\nexiste pour violon et piano comme pour piano à deux mains, et qu'elle reste en toutes situa-\ntions. délicieusement aérienne. • . . « ,V/tf\nLa Sonate pour violoncelle du Léo Sachs (9), n'est peut-etre pas fort originale d idees\nmais elle a de la «râce, de l'élégance et parfois même un lyrisme tout a fait t>ympathiqu .\nravoue prendre plus de plaisiA ces morceaux d'écriture nette et aisée qu'à beaucoup\nd'œuvres rébarbatives où l'idée se voile d'inextricables complications.\nSignalons la partition piano et chant de l'Heure Espagnole de Maurice Ravel (6).\nM. Durand nous fait moins attendre que M. Carré : soyons en très reconnaissatfsfli^^H\n\nV. P."}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.102", "texte": "Les Musiciens Belges\nM. SCHLEISINGER\n\nTout récemment encore, j'écrivais : \" Les musiciens doivent soutenir, pour s'imposer a\nl'attention, une lutte en quelque sorte matérielle, physique, autant, peut-être, qu'intellectuelle,\"\nOr, les artistes, généralement, ne naissent point dans l'opulence. D'autre part, requis par une\nvocation impérieuse, ils ne possèdent que bien rarement le sens pratique, l'esprit d'organisation\nla volonté persévérante indispensables pour triompher dans le \" Struggle for live Capables de\ntous les efforts, de toutes les audaces, par crises fougueuses, ils sont aussi fort vite désemparés\net ils traversent des périodes de lassitude sans réaction. Ces grands enfants du Rêve ont vrai-\nment besoin d'être soutenus, en ce qui concerne, spécialement, le combat social. Constatations\nfaciles, dira-t-on ! Certes ! Elles nous serviront à présenter ici l'un de ces hommes qui\nsemblent désignés pour l'apostolat du mécénisme. Et tout d'abord, que personne ne s'y\ntrompe : nous ne sommes pas de ceux qui s'agenouillent devant l'Or-tout-Puissant. Nous\nn'estimons pas nos semblables au poids de leurs rentes, mais à la vigueur, au sens élevé de\nl'action qu'ils accomplissent. Dans notre société anarchique, où se heurtent toutes les forces\nennemies, il est certain que la répartition des moyens de vivre n'est pas en proportion de la\nvaleur de chacun, et il apparaît profondément injuste par exemple, que les génies meurent de\nfaim quand les impuissants sont repus. Mais outre que la capacité de sentir et la possession du\nmonde, en vérité, n'appartiennent qu'aux Créateurs, nous songeons que c'est là décret mysté-\nrieux du destin. Or donc, en attendant, que s'instaure peut-être une république\nathénienne un peu durable où la dîme serait aux artistes, l'oligarchie possédante de notre\ntemps se décharge du souci d'entretenir les \" producteurs \" de Beauté sur une élite, banquière\nde ce crédit sacré. Celle-ci établit une apparence d'équilibre : incontestablement son rôle est\nbon, et ces banqyiers là méritent le respect.\nM. Myrtil Schleisinger, comme le disait excellement Pourquoi Pasy feuille humoristi-\nque belge, compte parmi les quelque vingt personnes dont la curiosité et le goût ont assuré\na Bruxelles une réputation universelle au point de vue musical. Dans notre haute bour-\ngeoisie satisfaite et pratique, terriblement pratique, il est un de ceux trop rares qui ont\neu le courage de lutter contre le \" snobisme de la platitude, \" un de ceux qui se sont aperçu\nqu il ne suffisait pas de gagner beaucoup d'argent pour être un bon citoyen. Les dilet-\ntantes, les professionnels savent ce qu'on lui doit ; la musique belge peut lui vouer recon-\nnaissance.\nDepuis son entrée le 11 novembre 1871 au Cercle Artistique qui est resté le foyer d'art par\nexcellence, en Belgique, nombreuses lui furent les occasions de témoigner à nos compositeurs\nson dévouement. Peu a peu, il est arrivé à occuper au Cercle une situation prépondérante. Elu\nmembre de la commission en 1891, il fut économe de 1894 à 1897, secrétaire de 1897 à 1906,\net vice-président, depuis lors; on peut dire qu'il est Y âme de la Société. C'est lui qui, grâce à\nun esprit éminemment conciliateur, y tranche les conflits, c'est lui surtout qui s'y occupe de la\nmusique. Il est 1 organisateur discret dont on n'aperçoit pas l'action mais, sans qui rien ne\nmarche. En dehors du Cercle Artistique, M. Schleisinger a fondé, avec Isaye, Guide,\nKufferath les célèbres concerts Isaye dont il fut, et est encore le Président très écouté.\nIl s est aussi beaucoup intéressé à la Monnaie. A ce propos qu'il nous soit permis de conter\nune anecdote très amusante, d autant plus qu'inédite et peu connue. Lorsqu'il s'agit de"}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.103", "texte": "Schleisinger"}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.104", "texte": "LES MUSICIENS BELGES\n95\n\nde remplacer Calabresis, M. Schleisinger fut amené à s'occuper de la candidature des actuels\ndirecteurs. M. Kufferath vint en effet lui rendre visite, porteur d'une lettre dont le signataire,\nEmile Mottl, s'engageait à' prendre la direction de l'orchestre de notre theatre national, si\nKufferath et Guidé étaient nommés. Une telle promesse, l'attrait exceptionnel, 1 immense\navantage qu'il y trouva pour Bruxelles décidèrent le mecene enthousiaste. Il se mit en cam-\npagne T Kufferath et Guidé furent nommés. Mais quelques jours après, Mottl adressait à\nM. Schleisinger une missive éplorée ; le bâton de capellmeister de l'opéra de Vienne, idéal de\nson existence entière, était devenu vacant; il suppliait qu'on lui rendît sa parole... Elle lui fut\nrendue, immédiatement. M. Sylvain Dupuis prit la baguette, et Mottl hélas, ne fut point\nnommé à Vienne. On cite nombre d'autres historiettes qui tendent à prouver, quoiqu'il n'en\nveuille convenir, l'influence primordiale exercée par M. Schleisinger sur le ar-\ntistique du pays. Les années n'ont d'ailleurs pas ralenti l'activité d'une déjà longue carrière :\nactuellement encore, il œuvre pour doter la capitale belge d'une salle des digne d elle.\nCette entreprise plus qu'aux trois quarts réalisée, a rencontre certaines difficultés d ordre pré-\ncuniaire, qui purent décourager les promoteurs. \"Mais, s'écriait devant nous M. Schleisinger,\nce serait donc la première fois de ma vie que je n'arriverais pas; dusse-je lutter seul, je\nlutterai, et je triompherai Saluons l'énergie calme de ces paroles, nous savons ce que peut\nla force patiente et tranquillement assurée qui les inspire.\nComme on le voit, cet homme d'action fervent, passionné de musique, épris de littéra-\nture, ce collectionneur d'œuvres d'art, ne s'est pas contenté de jouir des subtils plaisir esthé-\ntiques. Il a voulu, sincèrement, que les fidèles fussent nombreux, a cette sainte communion.\nDans l'ombre où il affectionna toujours de se tenir, il a semé, très simplement, beaucoup de\nbien. Les musiciens lui sauront gré d'avoir servi leur cause, avec désintéressement, vaillance,\net d'avoir su tenir une haute mission. —Il nous plaisait de le dire ici, lui réservant une place\nd'honneur : celle des ouvriers du Beau.\n\nRené Lyr."}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.105", "texte": "Théâtres et Concerts\n\nr\nHELIOGABALE, tragédie de Sicard, musique de Déodat de Séverac, exécutée aux Conc,»,\nHasselmans lelB février. \"\nM. de Séverac appartient à ce groupe de jeunes qui a renouvelé la musique française en\nplaçant très haut son idéal. Sa volonté, peut-etre plus encore que son art. nous séduit Hi-\nl'abord. Il y a là une force vive et fraîche qui\ns'épand en toute sincérité, une vigueur parfois\nrustique, enfin une maîtrise de musicien conscient\nde soi. Héliogabale offre à ce tempérament le\ncontraste attendu de l'orgie romaine et de la piété\nchrétienne. Tout cela prête à de beaux effets.\nMais il m'a semblé que beaucoup d'entre nous\nattendaient, au cours de cette audition, (si vail-\nlamment conduite par M. Hasselmans) l'effort\nd'une personnalité qui doit s'affirmer. Et pour\ntout dire l'esthétique de M. de Séverac m'a paru\nun peu indécise. Elle se rapproche dans cette\nœuvre de l'éclectisme cher à M. Saint-Saëns, et\nqui eut sa raison d'être au moment où il fallait\nsauver la musique française de son anémie à tout\nprix et par n'importe quels moyens. Que voyons-\nnous en effet du côté payen ? Des décorations\nmusicales d'opéra, qui ne se précisent que pour\nnous rappeler (d'exquise façon du reste) les envi-\nrons de Barcelone ; de la musique agreste, fraîche\net saine, pour exprimer ce qu'il y eut de plus\nfaisandé dans la dépravation ? Et du côté chrétien !\nUn alleluya mis à part, il reste la grandiloquence\ndes invocations, la piété facile des cantiques, la\nmarche sage et bien réglée des chorals. Mais je\nne sens pas le frisson mystique qui secoua et fit\néclater le vieux monde romain. Une fois de plus\nje me suis rendu compte de la presque impossibi-\nlité qu'il y a pour un de nos contemporains à prier\nen musique, sinon a 1 Eglise du moins pour l'Église. Nous sommes modernistes, quoique que nous\nfassions, lorsqu il s agit de sentiment et non plus d'autorité. Ici, malgré les efforts de l'auteur\nle payen et le chrétien se fondent en un même style large, sobre, moyen. Et M. de Séverac a\ntrop bonne santé pour se montrer vicieux avec Héliogabale ou mystique avec Claudien. Sa\npartition française, temperee comme notre pays, se tient à mi-chemin entre le soleil brûlant\nqui affole les pretres asiatiques et 1 ombre froide des catacombes, où tremblent les disciples\nde Jésus.\nJ. E.\n\nM. Hasselmans"}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.106", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n97\n\nLE MARCHAND DE SABLE, conte lyrique en un acte de G-J. Aubry, musique de\nA. Roussel, exécuté chez M. et Madame Pollet, le 18 février.\nPeu de supplices sont comparables à celui d'entendre de la musique dans le monde :\nbien que les programmes soient généralement composés avec un mauvais goût très sûr il faut\nsimuler une hypocrite béatitude et feindre d'y prendre un plaisir extrême, de l'embrasure de\nporte où l'on vous a parqué.\nD'aimables hôtes, d'accointance avec quelque enchanteur, j'imagine, accomplirent\npourtant le prodige de métamorphoser cette ennuyeuse corvée en le plus délicat des plaisirs.\nRien ne manquait à la fête ni la propice élégance du cadre, ni la mansuétude de l'éclairage\n■discrètement répartie, ni l'auditoire vraiment unique comptant tout ce que Paris et... l'Espagne\nrenferment de notabilités musicales ou simplement touchant à la musique. La reprise de\nPelléas qui avait lieu le même soir dut certainement se ressentir de cette concurrence.\nLes œuvres exécutées choisies de la plus heureuse façon, appartenaient toutes à l'Ecole\nfrançaise contemporaine. Plusieurs étaient en cette occasion pour la première fois présentés au\npublic : de M. P. Le Flem, deux gracieuses pièces pour harpe chromatique \" Clair de lune\nsous bois \"et \" Danse désuète \" confiées aux doigts agiles de MUe Dalliès et de M. Gustave\nSamazeuilh les \" Naïades au soir, \" pour piano, ondoyantes et souples à souhait.\nMais le principal attrait de la soirée résidait dans la première représentation à Paris du\n\" Marchand de sable qui passe, \" conte en un acte dont le cercle de l'Art moderne au\nHavre avait déjà eu la primeur. Pour accompagner les vers ailés de M. J. G. Aubry et en\ncompléter la signification, M. Albert Roussel a composé une musique de scène volontairement\nlointaine et voilée mais d'un si tendre accent et toute parfumée de senteurs sylvestres.\nNous ne saurions donc témoigner trop de gré aux accueillants mécènes qui ménagèrent\nà notre gourmandise ce savoureux festin et ne leur demanderons plus qu'une chose, c'est de\nrecommencer souvent.\nRENÉ CHALUPT.\nLa Nuit de Noël, première partie de l'Oratorio Christus, de Liszt, que le Conservatoire a\ndonnée le 12 février n'a eu qu'un accueil respectueux. A la fois scolastique et romantique,\ncette œuvre d'un génie inégal mais enfin incontesté, déroute au premier abord, il faut\nl'avouer. Ces variations singulières de motifs liturgiques, ce plain chant modernisé, rythmé et\norchestré, ce Stabat mater speciosa, par exemple, adaptation de l'autre Stabat, tout cela surprend.\nMais ensuite on en saisit le sens profondément mystique et on admire. Et quelle orchestration\ningénieuse et variée ! Il ne faut pas demander aux abonnés un effort, une curiosité et une\nrecherche ; cela les fatigue. L'oreiller bien doux des symphonies classiques est nécessaire à\nleur bonheur.\nIls aiment aussi les virtuoses et, ce jour là, ils ont applaudi M. André Hekking dans le\nConcerto de Violoncelle de M. Saint Saëns,très justement d'ailleurs car il l'a joué de merveilleuse\nfaçon et l'œuvre est vraiment le type du concerto moderne.\nMozart fut mollement dirigée, disons le sans ambages. L'ouverture tourbillonnante de la\nFiancée vendue, fut seule capable de réveiller l'orchestre et son chef.\nLe Concert du 26, avec la Symphonie en la de Beethoven, Antar et /'ouverture du Carnaval\nromain,ne pouvait être languissant. On ne peut dormir en jouant cette musique là. Aussi\n1 exécution en fut-elle parfaite. La Cantate t<'pou une des plus anciennement\njouées à Paris, était reprise. Bien exécutée aussi par l'orchestre, assez bien par les chœurs et\nles solistes, il y manquait la foi et la sentimentalité que veulent les Cantates de Bach."}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.107", "texte": "98\nS. I. M.\n\nM. Chevillâtd a employé deux concerts presque uniquement avec la première scène du\ndeuxième acte de Tristan. Mlle Borgo, qui vient de chanter Isolde en Allemagne, est vibrante\net dramatique. M. Tanzler et Mlle Berk auraient formé avec elle une interprétation absolu,\nment satisfaisante. Mais comment les voix peuvent-elles lutter contre un orchestre de concert,\nplacé à l'inverse de la volonté de Wagner ?\nUn Pobne Pastoral de M. Gaubert, le distingué flûtiste, a plu par son charme et par\nl'absence de toute excentricité sonore ou rythmique ; un Concerto pour violon de M. d'Ambrosio\neut pour pricipal mérite de faire valoir la virtuosité de M. Geloso ; la Chanson triste de\nM. Duparc a encore gagné à la délicate orchestration qu'il vient d'y ajouter et sa nouvelle oeuvre\nsymphonique, Aux Etoiles, est d'une poésie discrète et intime, comme ce qu'écrit ce trop peu\nprodigue artiste. Voilà pour les nouveautés. Quant aux solistes, le triomphe excessif de\nM. Sauer dans le Concerto de Schumann, alors qu'on applaudit à peine des œuvres de tout premier\nordre, fut déconcertant. Pour le public l'interprétation et celle-là n'est ni sans défauts ni\nsans sécheresse est tout et l'œuvre ne compte guère. La Symphonie Rhénane et Y Ouverture\nd'Hermann et Dorothée furent écoutées avec intérêt, rien de plus. Au Concert précédent,\nMlle Wzingartner dans un concerto de piano de Bach et Mme Trampaczynska dans des lieder de\nSaint Saëns et de Lalo eurent des applaudissements mérités.\nL orchestre du Chatelet a fait place à la féerie le Dimanche gras et profité de cette trêve\npour répéter la Messe en ré, œuvre plutôt ardue pour les chœurs. En février il nous donna\ndeux nouveautés de haut goût : la rapsodie espagnole, pour piano, d'Albeniz, orchestrée par\nM. Enesco avec toute la verve et le mordant qu'y eut apportés l'auteur, bien jouée au piano par\nM. Riboy puis surtout une suite de piano de Moussorgs/(iy Tableaux d'une Exposition, orchestrée\naussi avec un rare bonheur par M. Touchmalow. Cette œuvre qui déplace et élargit le\ndomaine traditionnel de la musique, m'a paru avoir peu de prise sur le public. Et pourquoi ?\nY a-t~il là une confusion des arts ? Et en quoi cette soi-disant confusion choquerait elle ?\nMoussorgski, pour lequel toute sensation se traduisait en musique, a voulu nous donner\n1 impression qui lui causèrent des peintures. Y arrive-t-il ? Oui, à mon sens, et bien mieux\nencore que les grandes fugues d'orgue ne donnent une impression architecturale.\nNouveau triomphe de M. Sauer, dans le Concerto de Schumann ; triomphe plus justifié\nencore de M. Boucherit dans le Concerto de violon de Mozart. Le mois fut bon pour les solistes.\nM. HasselmanSy jeune entre les jeunes, a la louable ambition de varier ses programmes.\nLa symphonie uLe nouveau Monde \" de Dvorak était presque une nouveauté, n'ayant été\njouée qu'une fois par M. Chevillard.\nLe Variations symphoniques de Boellmann (M. Salmon), un joli mais mince Prélude d'un\nballet, de M. Ducassey les Trois Sorcières, de M, Léo Sachs, à l'orchestration très personnelle,\nun Cortege un peu cuivré, de M. Tournier, voilà à peu près le concert du 4 février.\nLe jeudi 16, en matinée, M. Le Borne a inauguré encore un Concert symphonique, dont\nnous ne pouvons rien dire, n'y ayant pas été conviés. M. Le Borne est plus qualifié que\npersonne pour devenir un Capelmeister éminent, mais sa tentative n'est-elle pas imprudente ?\nM. Sechiari nous a gâtes par une première audition de Debussy ; trois Ballades de Villon,\nfort bien chantées par M. Clark et dirigées par l'auteur ; il nous a montré aussi l'excellence de\npremiers violons en leur faisant exécuter le Moto Perpetuo de Paganini ; et je vous assure\nqu ils se sont acquittés d'une tâche aussi lourde de très brillante façon.\nAux concerts historiques de VOpéra Comique, on arrive au XIXe siècle italien, français et\nallemand, et les artistes se sentent un peu plus à l'aise. Les lieder de Haydn ont bien quelques\nrides, Nicolo a vieilli et quelques autres aussi, mais on a plaisir à entendre Mlle Charbonntl\ndans du Mehul et du Mozart, Mlle Martyl, dans du Boïeldieu, Mlle Fauchelet, dans des airs a"}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.108", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n99\n\nvocalises, M. Tirmont dans Adélaïde, de Beethoven, Mlle Hatîo dans \" A la bien aimée\nabsente \", et M. Expert dans sa trop brève conférence,\nVoici toute une série d'oeuvres nouvelles aux trois ou quatre sociétés qui accueillent les\njeunes, sans préjudice de quelques arrivés. A la Société Nationale deux séances, une bonne, une\nexcellente. Le premier soir, un quatuor avec piano intéressant et assez personnel de M.\nMarcel Labey, des pièces du piano, de M. Gabriel Dupont, quelque peu prétentieuses et bruyantes,\nune légende, très romantique, pour violon, de M. Ermend Bonal, des mélodies de MM.\nFrancis James et Bertelin. L'autre programme fut tout àla gloire de Chabrier, de M. Albéric\nMagnard et de Mlle Selva qui ne quitta pas le piano.\nLa Sulamitey de Chabrier, (Mme Raunay et les choeurs féminins de la Cécilia) n'a pas\nvieilli; ses pièces de piano, \" Sous Bois \" et \"Scherzo Valse \" jouées par Mlle Selva sont\ntoujours exquises. Mais arrivons au grand succès de M. Magnard, dans son Quintette pour\ninstruments à vent et piano, sa nouvelle sonate de violoncelle (M. Pollain) et les trois mélodies\nqu'a chantées Mme Raunay, exceptionnellement en voix. Musique claire, ne sentant pas\nl'effort, exprimant des pensées modernes dans une forme classique, supérieure a tant dœuvres\nminces d'idées et pénibles de réalisation, On acclama l'auteur dont on n'aperçut que le dos,\ncomme il fuyait devant les applaudissements. M. Magnard a tout pour lui, même la\nmodestie.\nDeux concerts aussi à la Société musicale indépendante. Une Sonate de Vloloncelle, de M.\nCasella, intéressante, mais œuvre de jeunesse ; des Improvisations sur Londres, pour piano, de\nM. Grovlezy nous ont laissé assez bon souvenir ; des mélodies russes de MM. Stravinski et\nRachmaninojf ont du caractère ; un trio de M. A. Doyen en a peu ; des lieder suédois de M.\nJarnefelt sont trop embrumés. Ajoutons à cela les quatuor de MM. Debussy et Faure (ne\ntrouvez vous pas qu'à entendre souvent celui de Debussy, il y a un certain... Dechet) et de\nfort agréables Variations à danser, pour piano, de M. Léon Aloreau, originales et bien écrites.\nLa Société des Compositeurs de musique entre une sonate de violon de M. Grovlez, mélodique\net distinguée mais un peu longuette, et un Quintette avec piano de M. Celler, clair, pas\nennuyeux et d'heureuse augure a fait entendre une suite pour piano de M. Albert Roussely\nassez cherchée, mais intéressante (Mlle Selva), une chanson du temps passé de M. Falkenberg\npour deux voix (Mlle Ciampi, belle voix, bien égale et bien timbrée, M. Georges Petit,\nbaryton agréable) très applaudie ainsi que deux mélodies du meme ; enfin deux mélodies de\nM. Bonnal, dont la seconde a de l'allure.\nDes deux Concerts de /'Edition Mutuelle nous n'avons entendu que le premier, peu\nmarquant en somme, malgré des pièces de chant de piano de M. de Severac et de M. Le Flemy\nune petite suite enfantine agréable, de M. Orban et surtout le Quintette de M. Turinay joué\nheureusement en fin de séance.\nM. Raugel a tant de foi et dirige l'orchestre et les chœurs de la Société Hœndel avec un\nbonheur si triomphant qu'on n'ose lui faire des critiques. D ailleurs son concert du 7 fevi ier\nétait intéressant avec deux concertos (un pour cordes, l'autre pour orgue), un air de Josue,\nbien chanté par une basse dont le nom ne figurait pas au programme, et un de Samson (Mme\nDelly Friedland). Après cela, deux belles pages de Schûtz.\nNous avons parlé des soirées du jeudi à F Ecole des hautes Etudes sociales ou M. Expert a\ndonné une idée très suffisante de la musique dramatique en France et en Italie aux XVIIe et\nXVIIIe siècles. La séance sur Rameau fut très caractéristique du grand maître français. Celles\nsur Gluck nous fit connaître des œuvres peu jouées en France. Et maintenant ce sera six\nconcerts de musique française contemporaine (MM. Massenet, Saint Saëns, Dubois, d Indy,\nWidor et Debussy)."}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.109", "texte": "100\nS. I. M.\n\nSchumann et Franck ont fourni deux heures de bonne musique à des femm»\nprofesseurs et compositeurs. Mme Roger Miclos, dans les Etudes symphoniques et les Scènes d'Enfants\nfut, comme toujours, une grande artiste. Mlle Astruc joua agréablement le Chant du soir pour\nviolon. Bonne exécution du Quintette de Franck (Mme Chailley-Richez et le Quatuor féminin\ndu Perray).\nQue dire des deux soirées du Quatuor Ros à la ? On ne peut rêver une\nexécution plus parfaite. C'est \"le Quatuor\", il n'y en a pas de meilleur, toute épithète est\ninutile. Et quels programmes ! des quatuors de Mozart (ré min.) de Beethoven (l'op. 131) et de\nHaydn, puis, avec M. Wurmserau piano, un Quintette de Brahms, un de Mozart et un de\nDvorak. Il fallut le beau talent de M. Cortot et la voix de JVlme Elena Gerhardt pour soutenir\nl'intérêt à la séance qui suivit.\nLa Schola, sous la direction intelligente de M. Marcel Cabey, M. d'lndy nous reviendra\nbientôt, espérons le a donné 1 'Orphée et Eurydde dans sa version primitive, c'est-\nà-dire sans les additions singulières qu'on y fit et avec le rôle d'Orphée chanté par un ténor.\nBon ensemble (M. Plamondon, Mmes Jeanne Lacoste et Lucien Fontaine).\nLe troisième concert tchèque du Quatuor comprenait des quatuors de Foerster et\nde Novak. Nous voici dans les œuvres contemporaines, la première assez classique de forme\navec un adagio agréable, la seconde un peu disparate mais intéressante. M. joua\nune suite Slovaque,de Novak,amusante de rythme dans les deux premiers morceaux, gracieuse\nde mélodie au troisième, de jolies Impressions de et, du même, des\nrappelant Liszt et Chopin. Le chant eut moins d intérêt. Le 'Pax Quatuor nous voilà un Tris\nde 'P.JParay dont nous lui savons gré.\nAu profit de sa colonie de vacances, la donna un concert salle Gaveau.\nAssistance peu nombreuse. Il faut cependant encourager cette œuvre vraiment touchante et\nqui servira de modèle aux maîtrises de Paris, maintenant que les églises semblent vouloir\nrenoncer à la musique de théâtre.\nLe Quartette vocal de Paris devrait lui aussi être imité. Il est vrai qu'il est plus facile de\ngrouper tant bien que mal des instruments a cordes que de réunir quatre artistes chantant juste\net intelligemment à Capella. Nous n'avons presque rien de ce genre à Paris. Le Quartette vocal\na des voix excellentes et d'une remarquable sûreté (Mlle Bonnard, Mme Chadeigne, M. Paultt\net M. de Laromiginaire). Il donne des œuvres allant de Jannequin à M. Florent Schmitt\n(agréables chansons, accompagnées au piano a quatre mains) et peut-on mieux corser un\npiogiamme ? M. Ricardo Cinesjoua une dizaine de ces pièces modernes où il triomphe.\nLe Quatuor Godebskifit entendre à la Salle Gaveau le quatuor de M. Ravel, bien mis en\n\\ aleur, surtout 1 andante, et un trio de Haydn ; 1 ardent y donna un\ncopieux et varié concert le ir février ; le Quatu y joua le lendemain\nun quatuor de IVlozart et le premier de Schumann. C'est un ensemble fin et homogène.\nAvant daffiontei la teirible légion des pianistes, écrasants ce mois-ci, mentionnons les\ndeux Concerts Cortot Thibaut. La encore, pas d'épithètes. Sauf quelque affectation dans le style,\nM. Thibaut est nors de pair et lorsque M. Cortot est bon ce qui est presque toujours\nil est idéalement bon. M. P)ebroux s adresse avec ses œuvres anciennes du violon à un public\nplus restreint. Mais de quel intérêt fut sa seance du 15 février ! Du reste la musique moderne\ny tenait une large place. Les danses populaires grecques qu'ont recueillies MM. Fernol et\nMaurice Emmanuel, ont beaucoup de couleur et de variété. On fut charmé des huit pièces de\nMax Bruch, pour Clarinette et piano. Ce sont de charmantes petites pages d'une distinction\net d'une sonorité exquises et elles furent jouées par MM. Mimart et Eugène Wagner. Quoi de\nplus ?"}, {"page_pdf": 110, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.110", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n101\n\nNous ne pouvons parler que par ouï dire du succès qu'eut le concert de Mme Georges\nfMarty. Des artistes comme MM. Caz eneuve, et des compositeurs comme\nMM. Piernèet Hue lui apporteront le concours de leur talent et leur sympathie. Espérons\nentendre bientôt la voix si bien stylée de Mme Marty.\nM. Rislera annoncé deux concerts, le premier (qui a eu lieu) avec le concours de\nM. Diemer, le second avec lui de M. Faurè.Ce sont des fêtes pour qui aime et comprend la\nmusique M. Risler y joua sa merveilleuse transcription du Til Eulenspiegel de R. Strauss. Il\nfaut renoncer à dépeindre le délire du public aux deux Concerts Sauer, salle Erard : acclamations,\nrappels, fleurs, trois ou quatre morceaux joués \"en bis \". On se serait cru à Madrid ou à\nBuenos-Ayres. M. Harold Bauer qui a, lui aussi, un beau talent, mais plus discret, a été fêté\nle 22 février. M. Maurice Dumesni/, et M. Jean Batalla, deux gloires de la jeune école\nfrançaise de piano, ont donné d'excellentes séances. M. Dumesnil a été remarquable dans des\nsonates de Beethoven. Un groupe d'élèves de M. Philipp, Mines Fourgeaud, Déroché,\nGuismar Novaes, Mlles Boynet, Lewinsohn et Gullor, a célébré Mozart dans ses œuvres de\npiano peu connues, comme le Concerto à trois pianos. Ce fut un régal artistique. Mme Déroché\ndonna, avec le concours de M. Philipp, un récital intéressant Salle Pleyel.\nIntéressante aussi l'audition des élèves de Mlle Kobl.\nAis-je encore la place de signaler l'initiative si précieuse qui s'appelle le\net qui peut consacrer à l'audition d'œuvre par concours ou difficiles à mettre sur pied, des\nforces artistiques de premières ordres ? La première séance, consacrée à Bach, a été triom-\nphante. S. I. M. apprécie tout particulièrement cette fondation originale et courageuse.\nSignalons encore Yheure de musique donnée par les artistes aveugles de ? Association Lalentin\nHatiy ; on y joua la belle Sonate pour piano et violon de Henri de Saussine.\nNous voici réduits à mentionner à la hâte toute une série d'artistes louables, quelques-uns\nremarquables, qui se sont fait entendre en ce mois surabondant. Et nous ne parlons que de\nceux que nous entendîmes ! Mlle G aida,Mmes et Mme\nMme Pobéguin, Mlle Aussenac, Mlle Magny. Il faudrait donner quelques lignes à M. Szanto,\nbrillant interprète de Liszt et de Beethoven, à M. si remarquable dans les œuvres\nde Chopin qu'il joua sobrement et en mesure, ce qui n'est pas ordinaire et à Mlle de Laulerie,\npianiste au charme très féminin qui eut foule dans 1 elegante salle de 1 hôtel des Modes.\nIl nous faut encore rappeler la Société Artistiq où l'on entendit des œuvres\ncharmantes de Mmes Mel Bonis et Sauvreziset Mlle harpiste excellente, un concert\nde musique pour deux harpes fort intéressant, donné par Mlle Emma Marguerite et\nM. Bertheaume,de la Schola, un concert du Lied (Mme Marteau de Milleville) où\nfigurèrent des œuvres de M. Théodore Dubois, de IVI. Esclavy, de M. Marcel Bernheim et\nde Mlle Bourdeney ; enfin une très artistique matinée, au Palais de la Mode, où, à côté de\nMmes Heglonet Marguerite Carré,on applaudit le beau soprano de Mlle M. dans\ndes œuvres de M. Marsick, une jolie pantomime, de M. Egon Stuart\nWilfort, à la salle des fêtes du Journal. Enfin, et terminons par là, une première audition d'un\ntrès remarquable Trio pour piano et cordre de M.\nF. Guérillot.\nNous apprenons avec plaisir la nomination de M. Félix Raugel, l'un des directeurs\nde la Société Hândel comme maître de chapelle de l'église St-Eustache et nous lui adressons\nnos très sincères félicitations."}, {"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.111", "texte": "102\nS. I. M.\n\nPendant la durée du Salon de la Libre Esthétique, qui sera inauguré du 15 au 20 mars,\ndes auditions de musique nouvelle seront données tous les mardis avec le concours de\nMmes Demest et Marie-Anne Weber, Mlles Marguerite Rollet et Blanche Selva, MM. E.\nBosquet, E. Chaumont, L. Van Hout, M. Dambois, le Quatuor Zimmer, les compositeur,\nMarcel Labey, J. Jongen, Poldowski, etc. Parmi les œuvres qui seront présentées au public,\nciton un quintette de M. Léon Delcroix, une sonate pour piano et violon de M. Uribe, un\nEpithalame pour trois violons de M. Jongen, un quatuor de M. Marcel Labey, un quintette\nde M. Florent Schmidt, une Suite pour piano de M. Albert Roussel, des pièces vocales de\nMM. Debussy, V. Buffin, P. Coindreau, V. Vreuls, Poldowski, etc.\nLes titulaires de cartes permanentes du Salon auront libre accès aux concerts.\nDepuis quelque temps les employés des P. T. T. se sont révélés plutôt bruyamment à\nl'attention de l'opinion publique. Pourtant, tout n'a pas encore été dit sur leur compte et la\nSociété.\nCette intéressante Société entre, en effet, dans sa lome année d'existence. Elle a déjà\ndonné 15 grands Concerts dans la Salle d'Horticulture, sans compter les 5 ou 6 manifestations\nannuelles de bienfaisance où son concours est sollicité. Dans ses programmes, très éclectiques,\nnous retrouvons les noms universellement consacrés de Mozart et Beethoven, Wagner,\nTschaïkowski et Borodine, Mendelssohn, Berlioz, Massenet, Saint-Saëns, etc.\nSes 60 exécutants, recrutés dans le personnel des P. T. T. sont sous l'intelligente\ndirection artistique de M. Th. Dureau, excellent musicien (ayant d'ailleurs de qui tenir par\nson père) habile chef d'orchestre, violoncelliste accompli.\nSi la Symphonie des P. T. T. n'est pas très connue de la foule, en revanche, bon nombre\nd'artistes et non des moindres ne l'ignorent point : Mlles Soyer, Marié de L'lsle,\nPaniss, Demellier ; Mmes Vicq Challet, Rimé-Saintel, Riant-Réol ; MM. Nuibo, Souchon,\nChambon, Chappelin, Revol, etc. etc., leur ont prêté leur précieux concours.\nFaire aimer la musique et par là même ôter à un grand nombre d'employés tout désir de\ndistractions vulgaires, tel est le but très louable de cette Société."}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.112", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n103\n\nNous savons aussi que la Symphonie des P. T. T. fait le meilleur accueil aux jeunes\ncompositeurs et aux artistes de talent.\nAjoutons que la Symphonie possède un actif et sympathique Vice-Président en la\npersonne de notre confrere M. E. Rimé, et que son distingué et aimable Président est\nM. Vidal de Eirac, duecteur des bureaux ambulants, Chevalier de la Légion d'Honneur.\n\nM. Th. Dureau\nCroquis de R. Bonfils.\n\nProvince\nEst-ce la fin de l'hiver ou l'approche du printemps qui donne à l'activité musicale de la\nprovince cette vigueur ? A Valenciennes, M. Théry donne avec succès une audition\nd'élèves et triomphe lui-même en exécutant les Variations Symphoniques de C. Franck ;\nMlle Rollier et Mme Caponsacchi interprètent brillamment une sonate de Saint Saëns ; les\nOrphéonistes Valenciennois donnent leur concert annuel. Douai est la ville des Sociétés"}, {"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.113", "texte": "104\nS. I. M.\n\nChorales : \" Les Mélomanes\" et \" la Lyre\" sont aussi parfaites l'une que l'autre. M. Culenaere\nchef d'orchestre des Concerts Populaires plaide la cause de la bonne musique en exécutant la\nSymphonie de Dukas. Reims accueille avec enthousiasme la Sonatine de Ravel et son\ninterprète, M. Paul Dazy. On attend, à Bernay, que la température soit plus clémente\npour donner (le 30 juillet) un concours international de Musique (7000 frs de prix !)\nA Angers Rhené-Baton se montre éclectique et conduit avec autant d'aisance l'ouver-\nture de l'Epreuve Villageoise de Grétry que l'ltalia de Casella.\nTout Nantes se rue vers la Salle de la Renaissance pour écouter \"\ndes Grands Concerts\" qui vient de naître et qui promet beaucoup ; car M. Louis Morin en est\nle chef. Le Tonkiïnstler Orchester,ne se méprenant pas sur les goûts musicaux des Nantais\nremporte un grand succès. A la Roche-SUr-Yon, la Société Orphéonique se fait applaudir\ncomme elle le mérite.\nQue de musique à Bordeaux : le Q\nsymphoniques de Raoul Duprat, la Société Ste Ceci le, (privée momentanément de son excellent\nchef M. Pennequin à qui nous souhaitons un prompt rétablissement) le\nA Bayonne, signalons tout particulièrement interprète délicat de\ndélicates musiques.\nNous voici en plein midi. A Pau \" V \" du Bruneau voisine avec la\n\" S alomé\" de Mariotte. Les Concerts Classiques ne craignent pas la concurrence de l'Orchestre\nde Lassalle et leur chef, M. Brunei, les mène à la victoire. A Hyères, la colonie étrangère\napprécie l'orchestre de M. Le Rey comme il convient.\nA Lyon, en l'église Ste Bonaventure, on a fêté les noces d'or de l'organiste titulaire,\nM. Léon Reuschel : 5° ans de présence au grand orgue de la même église ! A cette occasion\nun salut solennel a été célébré. MM. Amédée et Maurice Reuschel s'y sont fait entendre aux\ncôtés de leur père. A la Salle BéalyM. Amédée Reuschel donne une audition de Musique de\nChambre consacrée à ses œuvres. Le Tonkùns exécuté la 4e Symphonie de\nBruckner. Ala Société des Grands ConcertsWitkowski dirige la 90 de Beethoven. Ambert,\nprès de Clermont-Ferrand décide l'exécution du monument à Emmanuel Chabrier. Le buste\nsera fondu d'après un plâtre fait, du vivant du compositeur, par Constantin Meunier. Belfort\nfait un accueil chaleureux à M. Van Campo et à son quatuor, à Mlle Schoeffer, pianiste et à\nM. Cabrol, clarinettiste. Enfin à Nancy, Guy Ropartz ouvre les portes des Concerts du\nConservatoire à Blanche Selva qui se couvre de lauriers dans un Concerto de Beethoven et la\nRapsodie basque de Ch. Bordes.\n\nBelgique\nMlle Jeanne Samuel, violoniste, M. Léopold Samuel, violoncelliste, nous ont offert trois\nséances vraiment remarquables, avec la collaboration d'artistes fort distingués, parmi lesquels,\nhors pair, nous citerons Mlle Laenen, pianiste douée d'un tempérament tout à fait exception-\nnel, d'une merveilleuse intelligence, d'un talent vif, pénétrant, sachant mettre en lumière les\nsubtilités les plus intimes des oeuvres qu'elle interprète ; M. Bureau, chanteur à la voix sym-\npathique, chaleureuse. La place, en vérité, nous manque pour détailler ici les programmes\néclectiques, salués d'un gros succès, de ces soirées. Nous retiendrons seulement la troisième,\nentièrement consacrée aux œuvres de MM. Edouard Samuel, professeur d'harmonie au Con-"}, {"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.114", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\nios\n\nscrvatoire de Bruxelles, Lèopold Samuel, son fils. J'aurai tout prochainement l'occasion de dire\nla grande valeur des travaux scolastiques et historiques de M. un musicien\nsavant, qui possède une âme de ferveur, d'enthousiasme sincères. Ses compositions sont toujours\nbelles, et de profonde musicalité. Quant à M. il confirme victorieusement les\npromesses que nous offrirent ses premiers lieder entendus. Nous avons rarement éprouvé une\némotion aussi sympathique à celle du créateur qu'à l'audition des Trois Poèmes (Heures claires)\nde Verhaeren, sur lesquels il écrivit de merveilleuses évocations musicales. Infiniment délicat\net fluidique, l'art du jeune compositeur atteste une nature riche et passionnée. C'est en poète\nautant qu'en musicien inspiré que Lèopold Samuel enveloppe ses visions d'un charme immatériel,\néthéré, fait de nuances, de lumières et de couleurs atténuées, de prenante mélancolie.\nPrésentons aussi tous nos compliments à Mlle violoniste de la meilleure école,\nexquisement gracieuse. Son jeu compréhensif et sérieux, la souplesse expressive, la clarté,\nl'élégance de son talent révèlent une âme certainement sensible, encore que volontaire.\nR. L.\n—Le IVe concert Tsayeétait intéressant au plus haut point parce que son programme sortait\nun peu de la routine habituelle. Il était consacré aux modernes. La symphonie de Léon Delcroix\nnous a paru pleine de promesses. Pourtant, le métier semble bien y étouffer le sentiment,\nl'œuvre, malgré l'allure que le chef d'orchestre sut lui donner, reste un peu sèche. On entendit\nensuite Lenore, de Duparc, Viviane de Chausson, œuvre d'une belle musicalité. Le pianiste\nrusse Gabrilovitzchjoua en soliste : son talent est vigoureux.\nLe IIe Concert Durant était consacré à la musique française, de même. D'exquises\npièces de Sènaillè (v. 1700) et de Le clair (v. 1750) furent délicieusement nuancées par l'émi-\nnent violoniste de LL. MM. le Roi et la Reine des Belges : M. Edouard Deru.\nde Bizet, Carnaval Romain de Berlioz, Marche Héroïque de St-Saëns, Prélude de Fervaal de\nVincent d'lndy, Suite Française de Roger-Ducasse, Rapsodie espagnole lumineuse, pleine de vie\net personnelle, de Ravel, Image n°3 moins intéressante, de Debussy. M.\nrendit dans un style admirable, avec la rigueur toute classique qu'il apporte dans ses\nexécutions le concerto de Lalo op 20. Concert vivant dirigé par M. Durant avec conscience\net non sans vigueur.\n—Le Deuxième Concert de la Société Bach fut rehaussé d'un vif éclat par la collaboration\nde Mme Wanda-Landowska.Cette admirable interprète des vieux maîtres, cette artiste passionnée\nqui sut rendre la vie à la musique d'autrefois, grâce à des trésors d'intelligence et des dons\nmerveilleux, exécuta sur le clavecin plusieurs pièces de et le Concerto en sol mineur pour\nclavecin, avec orchestre. Nous n'avons plus à dire l'admiration vouée à Mme Landowska ;\nelle fut fêtée comme il convient par le public bruxellois que son nom seul fait accourir. Au\nreste, le Concert Bach fut remarquable en tous points, l'orchestre était bien stylé bien conduit\nMme Reddigius, MM. Kohman, Frœlich et MM. Busser et Minet furent parfaits.\nCari Friedberg a trouvé gros succès à son 2me récital. Ce pianiste possède en vérité une\ntechnique remarquable, et un sentiment parfois délicat. aussi nous donna un\nrécital : ce grand artiste est des meilleurs maîtres modernes du clavier. Le deuxième con-\ncert des Compositeurs Belges aura lieu le 13 mars. Au programme : Gilson, Jaspar, Nawet, et\nMoulaert. Compte-rendu au n° prochain.\nLe compositeur Charles Mêlant vient de trouver nouveaux succès. Le théâtre de PAlca-\nzara représenté son Miroir aux alouettes qui à donné gros bénéfice a 1\nses Images vont passer au même théâtre. D'autre part son petit drame lyrique, Réveil"}, {"page_pdf": 115, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.115", "texte": "106\nS. I. M.\n\nfut un véritable régal, au Théâtre lyrique.Madame Du Plessy qui interprétait le rôle\ndifficile de la sœur se montra très émouvante. Magistralement enlevée par 200 exécutants\nla partition, chœur et orchestre fit grande impression. Nos félicitations au toujours jeune\net actif maestro.\nGAND. Le Quo Vadis? de Jean Nouguès vient d'être monté à notre\nc'est une pièce qui tient plus du cinématographe que du théâtre lyrique. Il peut être constaté\nà l'honneur des Gantois, que l'œuvre n'a pas eu de succès.\nAu troisième des concerts d'hiver si méritoirement dirigés par M. Edouard Brahy, Mark\nHambourg a fait applaudir dans Rameau une virtuosité étourdissante, qui montre combien\nstudieuse a été la retraite dans laquelle le célèbre pianiste s'est plongée pendant deux ans. On\na moins goûté ses interprétations très discutables de Beethoven et de Chopin.\nPAUL BERGMANS.\nr\nLIEGE. On a beaucoup applaudi deux sociétés étrangères : celle des Concerts d'autrefoh\ndétentrice de la finesse française et l'orchestre munichois dirigé par Lassalle\norchester) représentant de la discipline germanique. Notons aussi deux récitals de piano, l'un de\nMark Hambourg, l'autre de Louis Closson, qui consacrait sa séance à Liszt. Puis une séance de\nSonates où le jeune violoniste René Bohet s'affirma artiste d'avenir. Sa partenaire pianiste,\nMlle Dosogne, montra de l'habileté. M. L. Charlier a dirigé une audition de musique slave des\nplus réussies.\nLe promoteur de la musique russe à Liège qui, dès 1885, fit entendre les œuvres principales\nde Borodine, Rimsky-Korsakoff etc. M. Théodore Fadoul, vient de recevoir le brevet de\nchevalier de l'ordre impérial de Saint Stanislas. C'est presque \"trente ans de la vie d'un...\npianiste. \"\nDR DWELSHAUVERS.\nMALINES. Le congrès archéologique qui se tiendra de 5 au 11 août comprend une\nsection musicologique des plus intéressantes à laquelle les musiciens étrangers à la Belgique\ndevraient s'intéresser, car elle représentera une tribune libre pour la discussion de toutes les\nquestions d'intérêt musicologique cosmopolite. On annonce déjà l'étude du séjour de Frescobaldi\nà Malines (1607), du descripitif chez Bach, de l'importance de Pergolesi et de Sammaritani\ndans la genèse de la Symphonie, des facteurs d'orgue Liégeois, de Brebas, de maître Simon maître\ndes ménestrel de la vielle (1313) de la pénétration de l'opéra italien en Belgique au XVIIe siècle,\nde l'origine des ménestrels dans nos provinces, des recherches faites et à faire dans les fonds\nmusicaux de la province de Liège etc. etc. Malines est aux portes de Bruxelles où l'on peut\nloger ; la cotisation du congrès est de dix francs seulement, y compris les imprimés du congrès\n(sans ceux-ci, 5 francs). Pour tous renseignements musicaux, s'adresser à M. Ed. van\nJDoorselaer, 34, rue des Tanneurs, Malines."}, {"page_pdf": 116, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.116", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n107\n\nALBERTO BACHMANN\nA. Bachman n'est pas né en\n1715 et mort en 1800 comme on\npourrait le croire en lisant le Ré-\npertoire de Pazdirek, mais en\n1875, et se trouve être encore en\npleine vigueur. Ce qui ne l'em-\npêche pas d'être virtuose émérite,\net de se recommander de ses\nmaîtres Ysaye, Hubay et Pétri de\nDresde.\nDepuis vingt ans il parcourt\nl'Europe et l'Amérique, propa-\ngeant le goût de toutes les musiques\nanciennes et modernes. C'est le\nvioloniste le plus occupé de la\nterre. Virtuose, professeur, com-\npositeur, il trouve encore le moyen\nde réviser des oeuvres anciennes\ncomme celles de Vivaldi. Ses pro-\npres Concertos ont étonné le monde\ndu violon. Sa combativité lui peut-\nêtre fait quelque tort, mais son ar-\nchet lui a concilié la faveur du\npublic."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.117", "texte": "108\nS. I. M.\n\nEtranger\nMILAN. Depuis quelques temps la vie musicale à Milan est réduite à un véritable\nminimum. Ce qui fut jadis un des centres de l'activité artistique de l'Europe est aujourd'hui\nplongé dans une sorte de léthargie. Si nous passions en revue toutes les manifestations musi-\ncales qu'il nous est donné d'entendre ici, nous constaterions qu il manque a chacune d elle\nsoit le véritable élément de succès, soit l'attrait de l'actualité, soit une exécution de premier\nordre. De tout ce que nous avons eu depuis huit mois il reste à peine vingt ou vingt-cinq\nauditions dont on puisse parler.\nMilan compte cependant deux sociétés imposantes : le Quartetto et l'Associatione italiant\ndei Amici délia Musica. On peut même leur adjoindre la Società dei Concertl Sinfonici. Et l'on\nparle d'une nouvelle Società per le Audizioni musicali, réservee aux jeunes. Ces institutions font\nleur possible pour satisfaire leur public. En particulier le Quartetto fait passer devant nous les\nproductions internationales de la musique de chambre. Il nous fait entendre des virtuoses\ncomme Micha Eleman, Vianna da Motta ou Melle Gerhardt, qui se couvrent de lauriers. Les\nAmici délia Musica sont plus éclectiques et s'intéressent à tout notre glorieux passé musical.\nC'est ainsi qu'ils ont donné YOrfeo de IVlonteverde et la Serva Padrona et au theatre Manzoni\nle Stabat de Pergolèse sous la direction de comte Guido Visconti di Modrone, avec le con-\ncours de la marquise Paveri, de Mclle Chiarini. Enfin le quatuor Polo da Milano aeu 1 heu-\nreuse idée de consacrer une séance à la musique de chambre italienne du XVIIIe (Pergolese,\nBoccherini et Pugnani).\nA l'opéra Siegfried et Simon Boccanegra de Verdi nous ont permis d applaudir MM. Bor-\ngetti, Rattistini, Agostinellei. Nous attendons le Matrimonio Segreto et la Saffo de Pacini. On\nprépare également Ariane et Barbe bleue, dont on dit merveille et le Rosencavalier. Espérons\nque ces grandes œuvres donneront un peu de relief à notre saison et que nous traverserons\nrapidement cette crise de la musique à Milan.\nCARLO CENSI.\nLA HAYE. On sait l'importance de la vie musicale hollandaise et le rôle que nos\nartistes jouent dans l'Europe entière. Des cantatrices comme Mmes de Haam, Tilly Koenen,\nJulia Culp, des chanteurs comme Meschaert, Urlus van Roy, Albers etc... les chœurs\nd'Averkamps et de Spoel, des orchestres comme celui de Mengelberg ont une réputation\nmondiale. Le grand défaut ici comme en plusieurs pays c'est l'abus des concerts et 1 encom-\nbrement des programmes qui ne permet pas aux jeunes de se faire entendre. On admet\ndifficilement qu'une ville comme La Haye de 300.000 habitants ait besoin de deux grands\nconcerts symphoniques par semaine, d'un opéra français et d'une avalanche d auditions de\ntoutes sortes. Et lorsque le printemps ramènera quelque calme, le Casino de Scheveningue\nouvrira ses portes à la musique. Tout bon dilettante de La Haye est abonne a ce casino et\nva chaque jour assister aux concerts de Scheveningue. Il ne lui reste donc pas une minute de\nrepos dans l'année entière !\nIl convient de signaler parmi ce flot notre grand pianiste Cari Oberstadt, Mclle Signori\nFranchilucci à la voix habile mais faible, Lilly Lehman, (pour moi une des plus grandes canta-\ntrices modernes) le chœur de Spoel qui donna un intéressant programme et que d ailleurs vous\navez pu applaudir à Paris dernièrement. Au théâtre La dame Blanche en français et Quo Va dis\nen Hollandais (Rembrandt Theater d'Amsterdam). Le baron van Zuylen a dirige avec un"}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.118", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n109\n\n-uccès fou plusieurs concerts de l'orchestre populaire. Enfin au premier avril grande fête\nBeethoven, festival monstre destiné à propager et à réaliser l'idée d'une maison Beethoven,\nsorte de temple dédié au Maître. N'oublions pas aussi le Théâtre Wagner qui va s'édifier à\nScheveningue et dont l'inauguration coïncidera avec celle du Palais de la Paix. Beethoven,\nWagner et la Paix ! On ne dira pas que les Hollandais restent inactifs.\n\"Ajoutons qu'à Harlem, l'Orchestre dirigé par M. Viotta a exécuté de remarquables\nvariations sur un thème de Hândel, de M. Louis Delune.\nA. S.\nLEIPZIG. Qu'il est loin, bien loin, le temps heureux où Leipzig se paraît avec\nraison du titre de \" centre musical de l'Allemagne ! \" Il est passé, ce temps et le \" centre\nmusical \" s'est singulièrement rétréci ; il ne s'applique plus qu'à la Saxe. Le vrai centre\nmusical de l'Allemagne, abandonnant Leipzig a longtemps évolué. Ce fut d'abord Berlin ;\nmais la Musique ne se sentit pas à l'aise dans cette grande ville-caserne et c'est vers Munich\nque se tournent à présent les regards de ceux qui on à cœur l'activité artistique de l'Alle-\nmagne. Dans dix ans, Munich sera la capitale intellectuelle et artistique de l'empire.\nLeipzig est donc détrônée, par sa propre faute ; elle est tombée au rang des villes d'acti-\nvité musicale secondaire, comme Dresde, Hambourg, Cologne, etc. On y fait encore beaucoup\nde musique, il est vrai, mais beaucoup de médiocre et, fréquemment, l'auditoire est très restreint.\nLa psychologie du lipzien, au point de vue musical est très curieuse.\nLeipzig sait qu'elle possède la meilleure salle de concerts qui existe au monde, que son\norchestre du Gewandhaus est parfait et universellement renommé. Il lui suffit donc de main-\ntenir cette réputation et, pour cela, de soutenir les concerts du Gewandhaus. C'est ainsi que\nnous voyons ces séances suivies par le Tout-Leipzig. Peu importe que l'on aime ou com-\nprenne la musique ; on s'y rend, on paie pour que la ville possède toujours le meilleur orchestre\nd'Allemagne. D'ailleurs, ces grands concerts sont avant tout des réunions mondaines ; les\nvrais amateurs de musique suivent les répétitions générales.\nLe public mondain de la ville ayant donc fait acte de bon citoyen en s'abonnant aux\ngrands concerts sus-nommés se désintéresse complètement ou à peu près des autres séances\nmusicales quelqu'intéressantes qu'elles puissent être. Les concerts Gôhler et Windentein ne\nsont fréquentés que par des rares amateurs de musique, les amis personnels des chefs d'or-\nchestre ; les élèves du conservatoire de musique et les étudiants. Quant aux récitals et concerts\nparticuliers, ils n'obtiennent un public qu'après une ample distribution de cartes gratuites.\nAjoutons que le fait de remettre ces billets non payant à profusion amène un disintéressement\ngénéral du public pour ces récitals. Que de gens pourvus de u freibillet \" les remettent a leur\nconcierge ou à leurs domestiques !\nL'activité musicale lipzienne tombe donc par la faute du grand public qui ne la soutient\npas suffisamment. Cette indifférence coupable a pour résultat d'écarter de Leipzig les grands\nartistes en tournée, les grandes manifestations artistiques, etc. Il n'y a plus, en notre ville,\nque trois noms à retenir, à placer hors paix : H. Riemann, Nikisch et Gôhler. Si ces trois\npersonnalités venaient à disparaître, Leipzig tomberait au niveau des villes de province\nfrançaises.\nAprès ces considérations générales, examinons en détails les différentes manifestations\nMusicales auxquelles il nous fut donné d'assister ici depuis le début de la saison d hiver.\nA tout seigneur, tout honneur. Parlons d'abord des concerts du Gewandhaus.\nFaire l'éloge du chef d'orchestre Nikisch serait oiseux ; Paris l'a applaudi dernieiement\nsait qu'il compte parmi les plus grands maîtres du bâton. Et, cependant, il est assez inégal"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.119", "texte": "110\nS. I. M.\n\ndans sa direction. Certaines exécutions étaient médiocres. Nous y avons notamment entendu\nune parodie de la Damnation de Faust de Berlioz, du plus mauvais goût. Mais, lorsqu'il dirige\nBrahms, T schaïkowsky ou Mozart, l'exécution est impeccable. Et comme il faut déplorer que\nle cycle d'œuvres présentées au Gewandhaus soit si restreint ! Encore et toujours la 5e et la\nde Beethoven, la pathétique de Tschaïkowsky, les 4 symphonies de Brahms, celle en sol de\nMozart et celle en ut de Schubert ! Nous aimons beaucoup les symphonies de Beethoven •\nmais qu'il serait agréable qu'on les enfermât dix ans dans un tiroir ! On en est sursaturé. Et\nil y a tant d œuvres laissées dans l'ombre ! Cette année, nous avons entendu jusqu'à présent\nles symphonies en ut et en si mineur de Schubert, la de Draescke, la se,5e, la 7e, la 8e\nde Beethoven, la 6e de Tschaïkowsky, la Dante-Symphonie de Liszt, celle en soLmin, et en\nmi bde Mozart, la 5e de Bruckner, la 3e de Brahms; les variations de Brahms sur un thème\nd'Haydn, le 3e concerto grosso de Bach, un sérénade de Mozart ; les de Mendels-\ns°hn, ouverture du Brachi de Bagdad de Cornélius, variations de Berger, prélude de\nouverture Rosamondede Schubert, messe en mi de Schubert, madrigal de Palestrina, Fan-\ntaisie et fugue pour orgue, de Liszt (K. Sharibe), de Dukas, la 4e symphonie\nde Brahms, ouverture du Freischiïtzy le Préludes de Liszt, ouverture, scherzo et final de\nSchumann, Istarde d Indy. Parmi ces œuvres, il faut citer particulièrement la de\nDraescke, la Dante symphonie de Liszt un peu longue, cependant le concerto grosso de\nBach, 1 apprenti sorcier de Dukas et, avant tout la superbe symphonie en si b de Bruckner,\nQu il est triste de constater qu'en France la majorité des intelligences sont fermées aux œuvres\nde ce maître symphoniste ! Après Berlin, qui avons-nous en France à présenter aux côtés de\nBruckner et de Mahler ? Pourquoi nos jeunes compositeurs ne viennent-ils pas étudier deux\nou trois ans en Allemagne ; sans compromettre leur originalité, ils acquerraient un bon solide\nqui leur manque.\nA cote de ces exécutions orchestrales, signalons celle de avec le superbe Possart.\nAh ! que c était beau ! Hélas, après le beau temps, la pluie ! Pauvre Berlioz, s'il avait entendu sa\nDamnation de Faust massacree comme elle le fut au 9e concert du Gewandhaus, il se fut écrié:\n\" Feux tonnerre !\"et il eût étranglé chanteur et chef d'orchestre ! ô cette course à l'abîme\ntransformée en marche funebre, excécutee dans le plus beau lento qu'on puisse imaginer. Et les\nchœurs de femmes stridents et aigus à donner le frisson ! Les Français qui s'étaient rendus à\ncette exécution étaient indignés.\nPour en revenir a des meilleurs souvenirs, citons la du pianiste E. Schelling,\nune œuvre des plus intéressantes; Schelling deviendra certes l'un des bons compositeurs moder-\nnes , comme exécutant il mérité autant d'éloges que comme compositeur. Parmi les autres\nsolistes applaudis citons le grand Isaye (concerto grosso n° 8 de Corelli et concerto de Beet-\nhoven) ; Pugno (3e concerto de Beethoven et les Djinns), Marteau (concerto de Mendelssohn) ;\ncitons encore les cantatrices E. Gerhardt, Marg. Siems (airs de Mozart et Donizetti), le Dr F.\nvon Kraus. Un excellent violoniste, Alex. Schmulle s'est imposé de nous faire entendre le con-\ncerto de violon de Max Reger et la pianiste Frieda Kwast-Hodapp le concerto de piano du\nmeme compositeur.\nNous croyons préférable de ne pas parler des travaux du Dr Max Reger. On pourrait ici\napplique le mot de Cherubini : \" on n a pas besoin \".\nL'un des concerts du Gewandhaus fut dirigé par Fritz Steinbach, le célèbre chef d'orchestre\ndu Kursaal de Cologne ; sa direction de la 5e de Beethoven et des variations de Brahms fut\nmagistrale. Pour connaître et apprécier Brahms, il faut l'avoir entendu interprété par Steinbach.\nomme n°us 1 avons dit plus haut, l'activité musicale au Gewandhaus est intéressante, mais\nelle devait 1 etre davantage. Du temps de Reinecke, imbu des idées classiques, une certaine"}, {"page_pdf": 120, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.120", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n111\n\nmutine s'expliquait assurément ; à présent, il devrait en être autrement. Les bonnes symphonies\nSSes (Borodine, Rimsky, Glazounow), françaises (Saint-Saëns, Magnard), etc. devraient tenir\n..ne meilleure place dans les programmes de cette société.\nMais, à côté du Gewandhaus à l'allure officielle s'est constituée une société musicale\n— elle date de deux ans, à peine qui a donné une regain de vitalité au mouvement\nmusicien lipsien. Cette société a choisi comme chef d'orchestre Georges Gôhler, l'une des\npersonnalités les plus intéressantes de l'Allemagne musicale. Gôhler est un vrai chef d'orchestre\net non un batteur de mesure. L'interprétation qu'il présente des œuvres exécutés par son\norchestre est parfaite de rythme, de précision, de clarté. Que l'on voudrait voir cet homme\na la tête d'un ensemble symphonique comme celui du Gewandhaus ! il serait un digne\nsuccesseur de Nikisch. Ce n'est pas sans peine que Gôhler s'est maintenu à la tête de la\n«Musikalische Gesellschaft \". De basses critiques, des cabales honteuses ont été tramées contre\nlui par les curieux, les jaloux et les incapables, qui sont légion à Leipzig. Mais il se sentait fort\net il a triomphé de toutes les difficultés. Gôhler, qui est en outre un musicologue apprécié,,\noffre à son public des programmes extrêmement variés et du plus haut intérêt. Il se dévoue\nbeaucoup pour faire connaître la musique française ; c'est ainsi qu'il a dirigé cet hiver Ibèria de\nDebussy, la Fantastique de Berlioz et qu'il annonce la Damoiselle élue de Debussy. L exécution\nde la Symphonie Fantastique du plus grand des maîtres français fut superbe. Il n'y a qu'un détail\na critiquer : l'emploi de pianos au lieu de cloche lors du \" songe d'une nuit de Sabbat . Mais\nla marche au supplice fut enlevée avec un brio étonnant. Nous avons en outre entendu Jehovah,\noratorio de Handel, donné aux le concours du Riedel-Verein (solistes: Eisa Hensel-Schweitzer\nA. Legdheeker, Dr Rœmer, Dr Fr. Plaschki).\nOn se rappelle que le Riedel-Verein qui a participe a 1 exécution de la 8e symphonie de\nMabler à Munich obtient, par l'exécution de cette œuvre, un très vif succès qui s'est répété\naprès celle de Leipzig. A d'autres concerts furent donnés les symphonies en si mineur de\nSchubert, en ut mineur (40 2) de Bruckner, la 8e de Beethoven, une Partita de Fischer pour\ncordes et trompettes, une symphonie concertante de Mozart pour violon et alto (M et M\nPetschnikoff), un concerto de violon de Haydn (Petschnikoff), Lucregia, cantate de Handel\n(A. Legdheeker). A citer tout spécialement le concerto en la, de Liszt, (Ella Raffelson), les\nhndertotenlieder et Lieder einen fahrenden gesellen de G. Mahler (soliste : Cari Leydstiom). Ces\ndeux dernières œuvres, écrites pour ténor et orchestre comptent parmi les meilleuies dues a la\nplume du grand symphoniste. Outre les concerts de la u Société Musicale , G. Gôhler dirige\négalement ceux du Riedel-Verein, la meilleure des sociétés chorales lipsiennes. C est peut-on\ndire, la seule qui présente des exécutions intéressantes, car les chœurs du Gewandhaus et ceux\ndu Bach-Verein sont des plus médiocres. Le premier concert du Riedel-Verein présentait un\nchoix d'œuvres à cappella de Hugo Wolf, Liszt, Grieg, agrémente d œuvres pour orgue (soliste.\nMax Fest) de Puitti (sonate) Eurier Bossi (Pastorale), Brahms (préludé) et Bach (préludé). Ces\nexécutions ont lieu à l'église Saint-Thomas, où Bach tint jadis les grandes oigues ; que la\nmusique religieuse est impressionnante, entendue dans l'ombre et le calme du temple ; on y sent\nsuivant l'expression allemande intraduisible et si caractéristique, une vraie Stimmung. Pouiquoi\nne pas tenter l'essai chez nous? Il est vrai que cela serait peut-etre dificile a realiseï a cause des\nmisérables questions religieuses; on vient d'en avoir la preuve a Liege, en Wallonie; la société\nBach nouvellement fondée par M. Dwelshauvers a rencontre de nombieuse difficultés et oppo-\nsitions de la part du public catholique parce qu'elle projetait de donner ses séances dans le\ntemple protestant de la ville ! Les allemands, plus rigoristes que nous au point de vue religieux\nne voient cependant aucune inconvénient à laisser exécuter de bonne musique religieuse dans\n'ES églises. PAUL MAGNETTE."}, {"page_pdf": 121, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.121", "texte": "112\nS. I. M.\n\nTRIESTE. Notre mouvement musical est devenu très important. Le théâtre Verdi\nnous a donné La Vestale de Spontini et Boris Godounojf de Moussorgsky, sous l'excellente\ndirection de M. R. Ferrari. Et nous aurons bientôt le Crépuscule, Salomè et le Chevalier à la Rost.\nLes virtuoses sont venus nous rendre visite: Pablo Casais, Franz von Vescey, Maria Carreras\nle jeune hollandais Jan Sickesz.\nLe \" Quatuor de Trieste\"est une des manifestations les plus importantes de notre vie\nmusicale. Les artistes qui le composent (MM. Jancovich, Viezzoli. Dudovich, Baraldi)\nmontrent une parfaite compréhension des œuvres modernes : Quatuor de Debussy, œuvres de\nd'lndy, Ravel, Reger, Strauss, Borodine, Tchaïkowsky, Dvorak, Sinding, etc...\nSignalons, entre autres nouveautés musicales le quatuor de M. Carlo Perinello, professeur\nau Conservatoire de Trieste, qui nous fut révélé dernièrement et efforçons-nous d'attendre sans\ntrop d'impatience l'exécution d'un poème symphonique du même auteur intitulé \" La rafale\nde printemps.\" jy/L jsf.\n1\nGENEVE. Le piofesseur K.ling a organisé un intéressant concert au cours duquel\nIVI. Kling fils s est fait entendre sur la viole d amour ; un double quatuor vocal exécuta à la\nperfection trois psaumes de L. sous la direction du professeur Kling.\n\nSOCIÉTÉ MUSICALE G. ASTRUC & Co.\nSALLE PLEYEL, 22, rue Rochechouart\nMARDI 28 MARS 1911, à 9 heures précises du soir\nWanda LANDOWSKA\nPIANO ET CLAVECIN\nPROGRAMME\nI. Sonate en ré majeur (au piano) .... W.A. MOZART\nFantaisie chromatique et Fugue (au clavecin) . . J.S. BACH\nII. Deux polonaises (au piano) ..... W. FR. BACH\nLe Coucou (au piano) GASP. KERL\nPréludes et fugues du Clavecin bien tempéré (au clavecin) J.S. BACH\nIII. Virginalistes anglais de l'époque de Shakespeare (au clavecin)\nOn houve des billets : chez MM. DURAND, 4, place de la Madeleine, chezGRUS, 116, Boulevard\nHaussmann et chez Madame L"}, {"page_pdf": 122, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.122", "texte": "Cours et Conférences\nGabriel Rouchés.\nLES GRANDES EPOQUES DE LA MUSIQUE. Dans ses dernières conférences\nM. Landormy a parlé de la vie et de l'œuvre de César Franck, puis il a passé en revue ses\nsuccesseurs immédiats et à leur suite ceux qu'on pourrait appeler ses petits fils, notamment la\njeune génération sortie de la Schola. Pour la fin, M. L. avait gardé les impressionnistes et les\nindépendants, dont le premier en date fut Chabrier. La personnalité de M. Debussy fut\nanalysée avec infiniment de mesure et de circonspection.\nINSTITUT FRANÇAIS DE FLORENCE. (Université de Grenoble). M. Paul-\nMarie Masson, chargé de conférences d'histoire de la musique, fait cette année son cours\npublic sur La musique française depuis le seizième siècle jusquà Gluck. Voici les titres de quelques\nleçons ou groupes de leçons professées depuis le début de décembre, date de l'ouverture du\ncours : La musique en France à la fin du XFQ siècle, La polyphonie franco-flamande, La \" chanson\nfrançaise \" du XVlQ siècle, La musique instrumentale en France au 2f/7/0 siècle, UHumanisme et\nia Réforme dans la musique française, Le ballet de cour, Uair de cour dans la première moitié du\nXVI/e siècle, Jean-Baptiste Lulli et les origines de l'opéra français.\nCours réservé aux étudiants inscrits : Explication historique et critique de textes musi-\ncaux relatifs à l'histoire de l'opéra italien au XVIIe siècle.\nHAUTES ETUDES SOCIALES.— M. Pirro consacra quatre séances (13,20,27 Janvier\net 3 Février) à étudier la musique instrumentale de Buxtehude dont l'an dernier il avait ana-\nlysé les cantates. M. P. s'est tout d'abord occupé des sonates pour cordes et clavecins, ce qui\nFa amené, comme entrée en matière, à parler de la musique de chambre en Allemagne à cette\népoque, constituée par deux groupes principaux : les suites, à l'origine formées par des danses,\nles sonates que les Italiens avaient introduites. M. P. a ensuite entretenu son auditoire des\npièces pour orgues, puis des chorals pour orgues et enfin des pièces pour clavecins.\nM. Calvocoressi (10 Février) a passé en revue les dernières manifestations du théâtre\nlyrique. Macbeth accueillie avec sévérité, mais sans antipathie est une œuvre honorable, mais\ndéplaisante, le sujet prêtant peu à la musique ; l'auteur avait trop présumé de ses forces. Le\nlivret de Don Quichotte est un abominable sacrilège, où M. Cain s'est inspiré non du chef\nd'oeuvre de Cervantès, mais d'une élucubration du savetier poète Le Lorrain. Quant a la\nmusique, M. Massenet n'a cherché qu'à plaire.\nL Ancêtre de Saint Saëns est d'une plus haute tenue artistique mais on n'y trouve rien\nqui étonne.\nLe Miracle de Georges Huë permet à M. C. de critiquer avec justesse le fameux article\ndu cahier des charges de l'opéra. Le Miracle est un gros opéra. M. Georges Huë s y est\nessouflé.\nM. Prunières (17, 24 Février) a montré comment l'opéra italien s'implanta en France\ngrâce à Mazarin et comment les éléments nationaux prévalurent."}, {"page_pdf": 123, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.123", "texte": "Çà et Là\n\nLE CŒUR DE L'AMIRAL DUQUESNE.\nEn 1901 la coquette ville d'Aubonne, construite sur les bords du Léman, organisa\nun concours de musique, qui réunit la plus grande partie des sociétés du canton de Vaud.\nAubonne, située en plein vignoble Vaudois, a conservé les mœurs des anciens habitants\ndu pays. Les jeunes filles portent encore le costume traditionnel, jupe rouge, brassières noires\net chemisettes blanche. C'est à la fois, coquet et pittoresque.\nLe concours devait avoir lieu à 10 heures. On avait choisi comme local, un vieux temple\nprotestant, austère et froid, aux parois des murs gris et humides étaient inscrits des versets de\nla Bible.\nAu centre, une chaire et à l'extrémité nord une tribune sur laquelle on avait installé le\nlutrin et les orgues. Le jury dont je faisais partie prit place sur cette tribune en attendant les\norphéonistes concurrents. Nous étions convoqués pour 10 heures, mais les musiques que nous\navions à juger, nous faisaient compter de longues pauses. En Suisse, les discours priment l'har-\nmonie, comme il s'agissait de remettre le drapeau fédéral aux Sociétés Vaudoises, cela prit\nbeaucoup plus de temps qu'il avait été prévu, car les orateurs étaient nombreux et abondants.\nA onze heures, nous attendions encore.\nPendant ce long loisir, l'éminent compositeur J. Ritz et moi, furetions dans tous les coins\ndu vieil édifice, pour y cherher quelques dates, quelques anciens souvenirs du temps passé mais\nrien, deux ou trois pierres tombales sans grande importance, quelques inscriptions sans valeur.\nNous allions battre en retraite, lorsque dans un angle bien éclairé par de larges vitraux nous\naperçûmes une grande plaque de marbre scellée dans la muraille. Nous nous approchâmes\navec curiosité et à notre grand étonnement nous lûmes cette inscription :\n\" Arrête tes pas, voyageur. Ici est conservé le cœur d'un invincible héros: le très noble et\ntrès illustre Abraham Duquesne, de Walgrand, de Monrose, de Quérichaud, d'lndrette. etc.\namiral des flottes françaises, dont l'âme est dans ces lieux, mais dont le corps n'a trouvé encore\nnulle part de sépulture. Toutefois, jamais ne sera enseveli le souvenir de ses exploits. Si tu\npeux ignorer la fidélité incorruptible d'un si grand homme envers son prince, son courage iné-\nbranlable dans les combats, sa sagesse extraordinaire dans les conseils, la noblesse et l'élévation\nde son âme, son zèle ardent pour la vraie Religion, interroge la Cour, l'Armée, l'Eglise ou\nplutôt l'Asie, l'Afrique et les deux mers.\nMais si tu demandes pourquoi il a été élevé un superbe monument au vaillant Ruyter, et\naucun au vainqueur de Ruyter, le respect du au roi dont la puissance s'étend au loin, empêche\nde répondre. Henri son fils aimé, seigneur de cette terre et patron de cette église, lui à érigé\ndans le deuil et les larmes ce triste monument de sa douleur en l'année 1700 \"\nIl était donc vrai que le cœur du grand amiral reposait dans ce modeste temple des bords\ndu Léman. Cette inscription empreinte d'un sens mystique, laisse échapper une amertune que\nles dessous de l'histoire peuvent seuls expliquer.\nDuquesne, naquit à Dieppe en 1610, d'une famille protestante. Il fut le vainqueur en\n1676 du fameux Ruyter, amiral hollandais surnommé le roi de la mer et la terreur delà\nManche. Il bombarda Alger en 1683, et Gènes, en 1684. Louis XIV fit rendre les honneurs"}, {"page_pdf": 124, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.124", "texte": "ÇA ET LA\nH 5\n\n3U vaincu de Duquesne, mais parce que celui-ci était protestant, il ne put jamais s'éléver\nqu'au grade de lieutenant-général. La révocation de l'édit de Nantes le disgracia, il fut oublié\net mourut au Bouchet en 1688.\nJe dois à l'obligeance de M. Perret, syndic d'Aubonne, quelques renseignements complé-\nmentaires sur ce curieux monument peu connu des touristes et des étrangers.\nIl y a plusieurs années, une délégation de la ville de Dieppe, se rendit à Aubonne pour\nêtre autorisée à reprendre le cœur du grand Marin et à le reporter dans sa ville natale.\nLa municipalité Vaudoise s'y opposa une grande cérémonie eut lieu, la pierre fut descellée\net les délégués Dieppois purent constater que le cœur de leur illustre compatriote était encore\nintact et bien conservé.\nAinsi qu'on le voit la musique mène à beaucoup de choses, et les lecteurs de\nMusicale, grâce au concours d'Aubonne profiteront d'une intéressante leçon d'histoire.\n\nL. Lépagnole."}, {"page_pdf": 125, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.125", "texte": "Courrier Financier\n\nLa baisse continue des cours des obligations et actions de nos grandes Compagnies de\nChemins de fer est actuellement un des événements financiers les plus préoccupants.\nDes économistes éminents lui ont attribué une telle importance qu'un Syndicat vient de\nse constituer sous la Présidence de M. A. Lebon, Ancien Ministre, pour la défense des\nintérêts des porteurs de valeurs des Chemins de fer français.\nQue cette baisse ininterrompue soit due, en grande partie, à des causes particulières, telles\nque la désorganisation du personnel de nos grandes Compagnies, l'Etatisation de certaines lignes,\nles préoccupations d'ordre fiscal, etc.., cela est certain ; mais il y a une autre cause plus\nimportante et, en tout cas, plus générale qui vient précisément d'être mise en évidence par\nM. Neymark, dans une conférence faite au dernier dîner mensuel de la Société d'Economie\nPolitique et qui mérite de retenir un instant notre attention.\nM. Neymark, constate qu'il y a toujours en France u abondances d'épargnes annuelles,\nde capitaux disponibles, de ressources \" mais que, de plus en plus, nos capitaux ont tendance à\némigrer à l'étranger ; et, à son avis, les causes de cette émigration sont de trois sortes :\nD'abord, l'obsession fiscale, les attaques continuelles contre le capital, et ce qu'une\ncertaine école appelle le \" capitalisme. \"\nEnsuite, l'absence de grandes entreprises françaises nouvelles ayant besoin de nombreux\ncapitaux.\nMais, à son avis, la cause la plus efficiente est la diminution du rendement des titres à\nrevenu fixe et l'accroissement des besoins et des dépenses.\nLe capitaliste, par nécessité ou pour se donner un peu plus de bien-être et de satisfaction\nmatérielle, est incité à chercher des placements plus productifs. Ce qui est aujourd'hui besoin\npour nous était luxe pour nos parents, et nos arrière-parents n'y songeaient même pas. Le\ncapitaliste a voulu accroître son revenu ; il a commencé par se porter sur des titres qui\nrapportaient un peu plus que les autres, il y a eu une véritable poussée et, suivant une\nexpression d'Adam Smith, le possesseur d'un capital s'est mis à la recherche d'un autre\npossesseur de capital pour le déloger de son placement, si ce placement rapportait davantage\nque le sien propre.\nCela se comprend si l'on considère que les placements en Fonds étrangers effectués\npar nous depuis une trentaine d'années — particulièrement depuis 1890 — ont été fort\nproductifs ; ils ont donné un accroissement de capital et une augmentation de revenu sensibles.\nA l'exception des fonds anglais, pour des causes spéciales, tous les autres fonds étrangers\nachetés à cette époque et depuis cette époque, sauf encore en 1897 et 1898, époque à\nlaquelle tous les fonds d'Etat, sans aucune distinction, ont atteint leurs plus hauts cours, tous\nont procuré ou donné un accroissement de capital et une augmentation de revenu.\nCette opinion d'un éminent Economiste était d'autant plus intéressante à connaître qu'il\nne s'agit pas d'une appréciation personnelle, mais de la constatation pure et simple d'une\norientation nouvelle des capitaux.\nIl est certain que, dès à présent, on 11e peut pas présager utilement de l'influence que\nprendra sur la cote des valeurs de nos grandes Compagnies de Chemins de fer, la constitution\nd'un Comité de Défense. Ce que l'on peut dire, c'est que la Présidence en a été assumée par"}, {"page_pdf": 126, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.126", "texte": "COURRIER FINANCIER\n117\n\nun homme de grande valeur, très à même de rallier à son inflnence l'élite du monde financier\net par conséquent de former un groupement influent.\nLa question qui se pose donc est de savoir si la volonté humaine peut réagir utilement\ncontre les événements ou si l'évolution naturelle des forces économiques n'est pas plus\npuissante que les digues qu'on cherche à lui opposer.\nNous souhaitons, dans l'intérêt des nombreux porteurs d'actions et surtout d'obligations\nde Chemins de fer, que l'avenir donne raison à M. A. Lebon et à ceux qui l'auront suivi.\nSociété Auxiliaire des Banques Régionales\n34, rue de la Victoire, Paris."}, {"page_pdf": 127, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110315-01.1.127", "texte": "NOS CORRESPONDANTS EN PROVINCE\nLangres\nLaon\nLaval\nLe Havre\nLe Puy\nLille\nLimoges\nLo rient\nLyon\nMâcoti\nMarseille\nM on tanban\nMontbeliard\nMont de Marsan\nMontluçon\nMontpellier\nMoulins\nNancy\nNantes\nNarbonne\nNevers\nNice\nNîmes\nNiort\nOr an\nPau\nPerigeux\nPoitiers\nPrivas\nReims\nRennes\nRethel\nRodez\nRouen\nSables dOlonne\nSaint Brieuc\nSaint Etienne\nSaint Jean de Luz\nSaint Lo\nSaint Quentin\nSalon\nSaumur\nSedan\nSentis\nToulon\nToulouse\nTours\nTrouville\nValence\nValenciennes\nVannes\nVerdun\nVersailles\nVesoul\nMM. P. Balland\nSt. Maurice\nP. Morton\nJ. G, Aubry\nM. Versepuy\nP. Cavro\nCh. Lalo\nCh. Sinoir\nE. Baux\nOberdoerfer\nJ. Bon ni n\nAbadie\nvan Campo\nDarrieux\nHours\nE. Pétrin\nL. Vierge\nParisot\nDr. Ballereau\nE. L. Fabre\nGauthron-Petit\nH, Fortis\nL. Blanc\nSutter\nPerret-Boutry\nL. Daran\nF. Courtey\nM. Hachette\nA. Ruff\nP. Dazy\nH. Delalande\nDr. Gobinet\nL. Froment\nP. L. Robert\nPineault\nGaudu\nE, Michel\nMlle Genty\nP. Levatois\nMme Marchand\nL. Liautaud\nFouquet\nA. Parisset\nTinel\nGrégoire\nHugounenc\nHennion\nPoret\nDepeux\nL. Théry\nP. Tarnier\nDeshayes\nHardy\nLanzoni"}]}