{"numero_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_sha256": "c6113b5652b346c6aba2a4ad56268206e8c851348e3306d77dfacfe35462c4c6", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1911/04/15_01/bmtnabh_1911-04-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1911/04/15_01/bmtnabh_1911-04-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c002", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.2", "titre_corps": "iHOMMAGE A E. 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Mais elles restent liées\nlongtemps encore après leur conception et leur publication a leui cieateui.\nEt c'est pourquoi les contemporains les jugent autrement que la postérité\nne fera. Ils y mettent leurs passions humaines, ils sont hommes, et l'artiste\nn'est pas moins homme qu'eux, il lest meme plus doulouieusement pai\nla richesse de sa sensibilité consciente et par son besoin instinctif d'attirer\nsur soi, fût-ce à son détriment, les élans d autiui. L œuvie est moyen\nd'attaque et de défense, et elle subit le contre-coup de la fortune de celui\nqui l'a animée. Au milieu du tumulte vital des êtres grouillant dans le\nmême coin du monde, elle est exaltée parfois, elle se perd souvent, et les\nraisons qu'un observateur philosophe peut donner de son soit sont toujours\nextérieures à l'œuvre elle-même. Survient la mort, sur ce point la vieillesse\néquivaut à la mort, les hommes sont tombés soit dans l'oubli soit dans\nle souvenir, et l'homme-artiste partage la commune destinée. C est 1 œuvie\nalors qui prend toute sa valeur individuelle en entrant dans la seconde\nphase de sa vie. Elle est détachée. Elle devient la proie intellectuelle\nde tous et de personne. C'est ce que son créateur, et les amis, et leb\nennemis de celui-ci appellent: la postérité. Devant cette postéiité une\nœuvre très forte maintiendra quelque chose de son ciéateui en tant\nqu'homme. Elle fera naître et développera sa légende, laquelle naturel-"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.4", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2891, "texte": "lement portera le double reflet du temps où a vécu l'homme qui en est\nsujet et du temps où la légende elle-même vit. Car enfin il faut bien\ntoujours conclure qu'il n'y a que le présent qui compte, ou qui paraît\ncompter.\nJe crois que l'œuvre d'Emmanuel Chabrier en est au point précis où\nelle se sépare des hommes qui ont lutté avec elle, pour et contre. J'avance\nque la date de la reprise de Gwendolineà l'Opéra se trouve prendre cette\nimportance historique de marquer l'événement. Peut-être pourrais-je dire\nmieux : de dénoncer l'avènement de la musique de Chabrier dans cette\nsorte de domaine esthétique où elle vivra sa vie libérée... ce qui ne prétend\npas la mettre hors la vie humaine, ce qui ne veut pas la placer en je ne\nsais quel empyrée glorieux et vague, classique paradis de chefs-d'œuvre,\nà l'abri de toute mésaventure mais aussi de toute activité. Au contraire,\npuisque c'est l'appeler à la communion générale.\nJe lai sse à chacun sa personnelle jouissance musicale, la conscience\nqu'il en prendra, le besoin qu'il éprouvera de la déclarer ou de s'en taire,\nde l'exalter ou de la dénigrer. Je laisse aux critiques musicaux 1 de toutes\nles générations que nous pouvons voir ou prévoir le rôle d'écrire l'histoire\nde la vie, des œuvres, de l'influence d'Emmanuel Chabrier. Mais ce que\nje veux faire remarquer, c'est ceci : en même temps que l'œuvre se dissocie\nde la personne même (il ne s'agit pas tant de la mort matérielle et stricte\nde l'individu que de cette mort lente, ami à ami, que cause la disparition\nsuccessive des hommes qui, ayant vécu avec lui, lui ont survécu, et en les\ncerveaux desquels il continuait donc de vivre), il apparaît que la légende\nse forme, que Chabrier devient un type, que son nom prononcé commence\nà évoquer une silhouette assez nette, qu'aussitôt un faisceau d'idées se\ndégage de cette évocation, et non point seulement chez les musiciens,\nmais chez tout artiste.\nOui, chez tout artiste. Il y a là une espèce du phénomène des\n\" Correspondances \" baudelairiennes, et qui est en rapport avec ce que\nl'on connaît des mœurs spirituelles de Chabrier. Il est certain en effet que\nson expansion cérébrale, dont la vibration et l'intensité ont frappé tous\n\n1 II faut déjà signaler, en plus des pages éparses dans les journaux et revues, et de l'un des Profils de Musi-\nciens, par Hugues Imbert (Paris, Fischbacher, 1888), l'étude très vivante et très sûre de M. J. Desaymard, dans\nla Revue cTAuvergne, publiée en brochure (Clermont-Ferrand, Imprimerie Mont-Louis, 1908) et le livre de\nM. R. Martineau : Emmanuel Chabrier (Paris, Dorbon aîné, 1910), àla riche et exacte documentation. On sait\nque M. Robert Brussel prépare un ouvrage considérable sur Emmanuel Chabrier dont on connaît quelques\nesquisses importantes, entre autres l'article de la Revue d'Art dramatique, Octobre 1899 : Emmanuel Chabrier ti\nle Rire musical, qui fait autorité."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.6", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1369, "texte": "ceux qui l'ont connu, encore que commandée par la musique, n'a point\nété exclusive. Il ne faut pas se moquer du violon d'lngres si\nLes parfums, les couleurs et les sons se répondent.\nMais, non plus, ne faut-il point offrir le violoniste Ingres en exemple aux\nmusiciens ! Je préviens\ndonc que si j'insiste sur\nles aspects généraux de\nChabrier, ce n'est pa»\nméconnaître sa géniale\nspécialisation, c'est ren-\ndre hommage à l'artiste\ncomplet qu'il fut. Et j'en\ntrouve un assentiment\ndans ce fait que parmi\nles nombreux articles qui\nfurent écrits à l'occasion\nde la première représen-\ntation de à\nParis, et parmi les nécro-\nlogies qui les suivirent\nde près, jamais leurs divers\nauteurs n'ont comparé\nChabrier à un autre mu-\nsicien... mais ayant l'hu-\nmaine manie de la com-\nparaison ils ont évoqué\nRabelais, et ces somptueux peintres : Rubens, Jordaens, Véronèse.\nLes contemporains sculpteurs, peintres, dessinateurs, photographes,\nnous ont conservé un assez grand nombre de portraits d'Emmanuel\nChabrier. A quelques pages plus loin une suite de reproductions qui forme\nune iconographie choisie et curieusement composée le prouvera. Mais\navant même que de la feuilleter ne vous figurez-vous pas, rien qu'à l'appel\ndu nom, l'homme petit, trapu, replet, bedonnant, le ventre comme gros\ndu rire qui éclate intarissablement à la bouche, les gestes vifs et incessants"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.6", "debut_caractere": 1446, "fin_caractere_exclue": 1650, "texte": "1 Influence n'est pas comparaison : je sais qu'on y a beaucoup parlé de Wagner, et un peu de César Franck\nDe meme est-ce comparer Debussy et Ravel à Chabrier que d'indiquer Chabrier comme leur précurseur."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.7", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 2742, "texte": "allégeant de leurs signes de joie le corps un peu massif et épais ; au repos,\nvous songez à l'ample front découvert et vous animez les yeux de ce\nregard révélateur de l'âme et qui chez Chabrier était si tendrement quêteur\nde douceur réciproque.\nVolontiers on assied Chabrier au piano. La tradition en est cause\nqui se souvient de l'extraordinaire pianiste qu'il fut. Très singulier en\neffet. Voici le témoignage d'Henry Bauer \" Ce n'était ni le pianiste\ncorrect, ni le virtuose agile, rompu aux difficultés, oh ! que non ! mais\nun tempérament endiablé qui s'incorporait dans un instrument. \" Voici\ncelui d'Alfred Bruneau : \" Il jouait du piano comme jamais on n'en avait\njoué avant lui et comme jamais on n'en jouera. Le spectacle de Chabrier\ns'avançant du fond d'un salon orné de femmes élégantes vers l'instrument\ndébile et exécutant Espanaen un feu d'artifice de cordes cassées, de\nmarteaux en miettes et de touches pulvérisées, était chose de drôlerie\ninénarrable, qui atteignait à la grandeur épique. \" Ce Chabrier-là, c'est\ncelui que nous fixe le célèbre dessin de Détaillé, c'est celui de la légende\nnaissante, ce n'est pas le compositeur plus sérieux, un peu froid en sa\nressemblance cependant exacte, que Fantin-Latour posa —et fit poser\ndevant un piano. 1 Sur le piano de Fantin, il exécute, pieusement enthou-\nsiaste, du Wagner. Sur le piano de Détaillé il improvise le quadrille de\nTristan !\nComment Chabrier n'a-t-il pas rendu exubérant cet\nPiano ? Je soupçonne qu'il aima beaucoup plus les admirables Fantin-\nLatour si imprégnés des motifs de Wagner qu'on les dirait sonores, et\nqu'on les entend en même temps qu'on les voit. Mais il est sûr que Cha-\nbrier adora Manet. Leur amitié est connue. Des faits matériels la constatent.\n11 y eut plus qu'une liaison sincère et serrée entre deux amis : il y eut la\npassion de l'artiste pour l'artiste. Son tempérament de perpétuel jouisseur\nintellectuel le portait, lorsqu'il se détournait de son travail musical, vers\nla lumière picturale des grands impressionnistes. Les murs de son salon\nn'étaient plus des murs, mais autant de fenêtres plus étincelantes que\ncelles qui donnaient sur les toits de Montmartre : Claude Monet, Sisley,\nRenoir triomphaient. Et si 'amais un jour qu'il faut souhaiter, retour de\n\n1 Je signale aux amateurs des jeux du hasard l'historique de ce tableau inscrit dans le Courrier Musical du\n' r Janvier 1907 par son possesseur Adolphe Julien. On y verra comment Chabrier ne devint le modèle de\nFantin-Latour que par rencontre, comment la réunion des divers personnages ne fut nullement préméditée, fut\nmême assez artificielle, n'eut pas le caractère wagnérien qu'on lui attribua, et qu'on continuera peut-être à\nlui attribuer,"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.8", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 63, "texte": ">\na\nH\nO\na\n&\no\na\n\"d\nM\n>\nO\nTn\nSi-\no\nc-\na>\nH-1\noo\noo\nFantin-Latour"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.9", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 2635, "texte": "lointaines collections américaines, le Bar aux Folies-Bergère et le Skating,\nj'Edouard Manet, rejoignaient X Olympia au Louvre, il serait juste de se\nsouvenir que leur premier logis après l'atelier fut le modeste appartement\nJe l'avenue Trudaine où ces tableaux vécurent dix ans dans l'atmosphère\nnon d'un collectionneur, mais d'un artiste digne d'être soutenu et excité\npar eux à de nouvelles œuvres correspondantes.\nLe goût de la peinture sera certainement un des traits qui ne s'effa-\nceront pas de la mémoire légendaire de Chabrier. On remarquera que\nc'est un goût qui s'est exercé non pas à propos de chefs d'oeuvre de\nmusée, mais en faveur et communion d'artistes de son temps, lesquels le\nmonde alors méprisait et blasonnait. Il a discerné leur génie sous les sottises\ncontemporaires, et naturelles, et nécessaires. Il a souffert pour eux. Ont-ils\nsouffert pour lui... car enfin le génie de Chabrier, très daté si l'on veut, et\nc'est le caractère des grands artistes d'être de leur époque avant d'être des\nsuivantes, et tout à fait en accord avec le leur, a eu à souffrir terriblement\nde son ambiance temporelle. Comme eux il fut tenu à l'écart, moins\nattaqué sans doute, mais, suprême torture pour un musicien, mis au\nsilence ! Le plus français sans doute de nos musiciens modernes fut con-\ndamné au chemin de croix à l'étranger, puis en province, et l'on sait les\nstations de Gwendolineavant l'Opéra de Paris.\nGwendoline fut représentée pour la première fois à Paris le\n27 Décembre 1893. Si soudain nous nous ramenons a cette date, quelle\nville frissonnante et tumultueuse se reveille : en Juillet, troubles du\nQuartier-Latin ; en Octobre, arrivée des marins russes ; en Décembre, la\nbombe de la Chambre des Députés. Le bruit court qu a la première de\nGwendoline, à laquelle assisteront le président de la Republique et\nMme Carnot, un anarchiste renouvellera 1 exploit de Vaillant. N\" avait-on\npoint donné ordre que la quatrième galerie restât eclairée ? D autie paît\non chuchottait qu'un câble de soutien du lustre de 1 Opéra avait ete scie.\nLa représentation n'en fut pas moins triomphale. Les courriers mondains\nnotent la présence de la Reine de Serbie, Nathalie, \" éblouissante en îobe\nHanche, avec une parure de diamants, un bijou en forme de poignaid\ndans la tresse de ses cheveux d'ébène, \" accompagnée de sa dame d hon-\nneur Draga Muschina... laquelle ne vit point sans doute sinteiposeï,\nentre elle et le spectacle de Gwendoline mourant embrassee de son Haiald,\nle spectre de la future tragédie qui la clouerait sanglante dans une ai moue\ndu palais de Belgrade contre son royal mari."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.10", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1865, "texte": "J'ai parcouru les articles du lendemain. Ils sont décents mais d'une\nbanalité obligeante. On éprouve combien le temps fait au chef-d'œuvre.\nIl y est évidemment question d'une réparation. On veut bien s'apercevoir\ndu long voyage à l'étranger, et des stages du concert. C'est à peine s'il\nperce le regret de l'irréparable. J'ai évoqué un tragique soudain. Voici\nun autre tragique moins rouge, non moins terrifiant à la réflexion. Si\nGwendoline avait été jouée avec le succès mérité dès 1886, non à Bruxelles\nmais à Paris, au lieu du découragement, de la lassitude causée par les\nefforts sans cesse à répéter pour la faire revenir en France, pensez à l'exal-\ntation productive de Chabrier pendant ces sept ans là ! Et comme elle\nsonne dure et stupide cette phrase que je copie dans le compte-rendu\noptimiste d'un journaliste lyonnais : \" Tout vient à point à qui sait\nattendre... les auteurs ont maintenant oublié leurs déboires.\nMais il ne savait donc point, cet indifférent, ce content de soi et des\nautres, que l'ovation de la répétion générale s'adressant a la loge d'Emma-\nnuel Chabrier avait touché\nun homme déjà frappé en\nson esprit... Sa femme, deux\njeunes gens, ses fils, sont\nautour de lui ; que guettent-\nils avec cette anxiété ? Une\nlueur du regard aimé qui leur\ndonnera cette joie un peu\nconsolatrice que leur cher\nmalade a compris le triomphe\nde sa bien-aimée\nEst-on assuré qu'elle ait lui?...\nOn a dit qu'à parler\nd'Emmanuel Chabrier il est\nimpossible de s'attrister long-\ntemps tant il a de vie, de\nforce, d'allégresse. Peut-être.\nTout de même après une telle évocation qu'on pourrait faire suivre\nd'autres deuils, il faut une courageuse confiance dans l'art et une forte\nconscience de l'être tendant à persévérer dans son être. C'est l'exaltante\nleçon que nous offrent en Chabrier l'artiste et l'homme. A l'appui, lisons\nsa correspondance."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.11", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 2756, "texte": "Cette correspondance est d'une pétulance inouïe avec mille mouvements\nà revers sentimental. Je ne suis pas partisan de l'exhibition systématique\ndes papiers intimes, non plus que des rognures de chefs d'œuvre retrou-\nvées dans les tiroirs. Mais quand l'exception est belle, et qu'une haute\nraison, qui n'est donc ni de commerce, ni de badaudage, ni de vengeance,\nsoutient ceux qui publient ce genre de documents, et qu'ils ne le font\nqu'avec pudeur, j'estime qu'ils agissent dignement. Qui donc, ayant lu les\nLettres a Nanine,en mésestimera Emmanuel Chabrier, qui donc, prenant\ntexte d'une phrase de ces lettres sera imprégné d'autre chose que de bonté\nactive ? Je crois qu'il serait regrettable de ne pas connaître beaucoup des\nlettres familiales et amicales, pour les mêmes motifs, pour d'autres aussi.\nD'abord elles confirment l'intensité de la vie cérébrale chez Chabrier.\n11 ne faudrait pas croire que toute correspondance d'artiste présente ce\ncaractère, pas même celles des artistes littéraires. Au contraire nous\nsaisissons ici sur le vif cet épanouissement d'un être selon le mode intel-\nlectuel. Il y a de l'art spontané à chaque paragraphe et voilà, à mon\navis, la meilleure justification de la publication des lettres, beaucoup plus\nque les petits renseignements qu'elles peuvent fournir, plus même que\ncertaines opinions et certaines malices qu'on y lira d'ailleurs avec plaisir\nbien humain. Il y a de l'art, et l'Emmanuel Chabrier artiste complet que\nj'ai présenté plus haut s'y révèle sous un autre aspect. J'ai parlé de ses\namitiés de peintres. Ses amitiés avec des hommes de lettres ne furent ni\nmoins nombreuses, ni de moins bonne qualité. Il n'est point de biographe\nqui n'en parle, qui n'en parlera. Mais lui-même, s'il s'est refusé à faire ce\nque Berlioz et Reyer acceptèrent, à écrire régulièrement sur son art,\nc'est qu'il sentait que tout chez lui était d'élan (Catulle Mendès disait\nqu'il avait des fringales de travail), et qu'il y avait une impossibilité de\ncontenir, de maîtriser par méthode et habileté, l'éruption de son tempe-\nl'ament. Ainsi il avait pris souveraine conscience de la richesse de son\ngénie lequel ne pouvait procéder par retranchement mais par adjonction,\nn'est pas par défaut de style, ni de goût de l'exercer. Un exemple\nextrait d'une lettre à sa femme montrera le contraire très nettement :\nMaman, je t'envoie les clefs qu'avait la grand'mère, c'est-à-dire celle de 1 ar-\ngenterie, je crois, et les secondes de la maison. Mais impossible de trouver celle\ndu secrétaire...\n\nKn 1890 une revue demanda à Chabrier de devenir son collaborateur mensuel pour des i Letties\nconfidentielles sur la musique M. R. Martineau a retrouvé la lettre de rçfus, et Ta publiée dans son liwe,"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.13", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 2837, "texte": "C'est une lettre brève,1 écrite très vite, aux renseignements précis.\nIl n'y a rien à y ajouter. Pourquoi la publier ? Parce que le texte que je\nviens d'inscrire est tronqué. Et Chabrier si pressé qu'il fut dans ce billet\naeu le naturel besoin de caractériser les clefs, de traduire la personnalité\nqu'elles avaient pour lui : tout singulariser, n'est-ce pas l'essence de l'artiste?\nVoici le texte exact, où je souligne ce que j'avais retranché :\nMaman, je t'envoie les clefs qu'avait la grand'mère, c'est-à-dire celle de\nl'argenterie, je crois, celle qui a Vair bêle,et les secondes de la maison,\ndes lubies. Mais impossible de trouver celle du secrétaire...\nAinsi s'exprime spontanément dans son particulier cet artiste complet\net incessant. Celui-là n'a pas fait deux parts dans sa vie et ne va pas à l'art\ncomme à un bureau. Dans une lettre à sa femme,2 toute intime, toute\nconfidentielle, éclate cette méditation descriptive et lyrique qui n'a point\nété faite pour la galerie et que je place ici en hommage au goût et à la\npuissance littéraires d'Emmanuel Chabrier :\nDu reste, la mer, ma mer chérie, est toujours là, et tu sais si je l'aime. C'est\nbête comme chou, mais je reste là des heures à regarder comme en extase. Cette\nimmensité me tait faire mille réflexions, ces levers de soleil, ces couchers avec ces\ntons dorés, violets, ces petites barques au loin, ces majestueux et prud'hommesques\nvapeurs qui viennent du Hâvre et vont soit à Southampton, soit dans la mer du\nNord, cette mer qui a tous les tons de la palette, du plus clair au plus sombre,\navec des diaphanéités inouïes, des reflets incomparables, des verts émeraude à faire\nenvie à ta sœur, des expressions vagues de bleu à désespérer Lamartine, et des\nmoutonnements sur les rocs à inspirer des vers d'un kilomètre à Hugo ; avec des\nfrissons, des spasmes, des soupirs à étouffer Musset, avec des aiguilles, des coins\ninconnus, des phosphorescences, des reflets métalliques à faire pâmer Monet ou à\nesquinter la verve voulue de Baudelaire, que te dirai-je ? toute cette poésie, toute\ncette peinture, toute cette harmonie, ce bruit haletant et cadencé de la vague qui\nmeurt et qui contient depuis Beethoven jusqu'à Shakespeare en passant par Michel\nAnge, tout ça me transporte, me paralyse, m'énerve, me comble, me crible de joies.\nC'est inouï ce que j'éprouve sur les bords de la mer.\nEt maintenant écoutez Gwendolifie... n'y a-t-il pas correspondance ?\nAlors, vraiment nous comprenons quelle erreur ce serait de ne voir\nen Chabrier qu'un musicien gai, qu'un auteur bouffe même dans le sens\nle plus élevé du mot. Sans doute il faut regretter qu'il n'ait pu traiter\nmusicalement un Pantagruel, qu'il n'ait pu selon son désir, que nous\n\n1 Elle figure en reproduction autographique dans l'étude de M. J. Desaymard.\nLettre inédite. ' •"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.14", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1573, "texte": "apprend Emile Bergerat, s'attaquer à un Falstaff, et que soit erroné le fait\npublié par le Monde Illustré du30 Décembre 1893 : \"on a parlé d'un\nDon Quichotte que M. Chabrier aurait tout prêt en portefeuille.\" Mais si\ncorporellement Emmanuel Chabrier fut plutôt Sancho, que son âme était\nà la Don Quichotte ! Il fut un tendre, un sentimental. Les hommes\nméchants et égoïstes ne sont jamais vraiment gais. Un sot peut être gai,\nmais ne sera que gai. Une gaîté qui n'a pas une armature de mélancolie,\nquin estpasgonneedebonté\ndevient vite très irritante.\nLa gaîté de Chabrier a\ntoujours cette mélancolie\net cette bonté.\nIl ne peut s'empêcher\nde plaindre son prochain le\nplus quelconque :\nCe matin à 4 h. la maison\nclose a été réveillée par le\nmarchand de poulets. 11 vend\nici les poulets à 4 h. du matin ;\nà 5 h. il les vend à Tours, à\n6 h. à Blois, à 7 h. à Etampes.\n11 revient de là à Neuillé avec\nson panier vide, se couche et\nrecommence le lendemain. Et\ncet homme est pauvre !\nQue l'ironie a de force\ncompatissante après cette\ngéographie qui, d'un départ\nréel, s'élance avec une\nfougue approximative à la\nRabelais !\nA un instant angoissant de sa vie, lorsque le départ brusque d'un\nbanquier l'éprouve en sa fortune, dans la même lettre où il confie àsa\nfemme sa crainte d'avoir à modifier leur train de maison, il a ce cri vers\ncelui qui l'a entraîné à placer de l'argent dans cette banque et qui était\nle caissier : \" ... Et lui, bonnejean, s'il perd sa place, ils sont à la misère\ntous les quatre ; ah ! c'est du propre...\" Où il semble n'y avoir place que"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.15", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 2003, "texte": "pour désolation personnelle, Chabrier a pense a autrui malheureux !\nEt pour sa famille ! Il est tout en appels d'amour conjugal et paternel.\nSes fils... Soyez sûr que si pour la perte d'un serin il écrit à son petit\nAndré : \" Mon petit chéri, ça nous a fait de la peine de savoir que ton\npetit oiseau était mort. La maman s'est mise à pleurer, et ton pauvre\nbougre de père avait aussi la larme à l'œil, \" ce n'est que la plus stricte\nvérité. Et je ne puis me retenir, malgré son caractère très privé, de publier\ncet émouvant début de lettre :\nMa bonne chère femme, ta lettre si tendre d'hier matin m'a fait un plaisir\nextrême. Je l'ai lue et relue trente fois. Voilà les lettres que j'aime et je dirai plus,\nles lettres que je crois mériter. Toutefois, tu ne me parles pas de notre Marcel :\nil est toujours à se promener quand tu m'écris ; arrange-toi donc de manière à ce\nqu'il soit là quand tu es pour fermer ta lettre ; je voudrais que ta main prît la\nsienne et qu'il traçât quelques lignes qui dictées par la mère et comprises par le\n(ils allassent droit au cœur du père. Notre Marcel comprendrait fort bien qu'il\nécrit à son \" bougre de père \" et mon souvenir, pendant que tu lui tiendrais la\nmain, ne l'abandonnerait pas. Tout artificiel que soit ce genre d'exercice, sa pensée\npendant ce temps-là serait toute avec moi et c'est tout ce qu'on peut lui demander\net attendre de lui. Je ne vis que par vous et pour vous...\nL'admirable Carrière ! s'écriera qui aura l'esprit cousin de Chabrier : la\nmère, l'enfant... de loin le père créant par son désir cette scène de sérénité.\nMais il nous faut bien songer que ces trois êtres sont rentrés si tôt\ndans la grande paix des morts.\nUn à un, nous allons, nous aussi, y rentrer, cependant que forte et\nvibrante, radieuse de la silhouette légendaire de son créateur, homme si\nsimplement humain, l'œuvre d'Emmanuel Chabrier s'efforcera de vivre\nglorieusement ce que ''appelle la seconde vie esthétique.\n\nLegrand-Chabrier."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c005", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 5, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.3.2", "titre_corps": "Collection André Chabrier", "titre_sommaire": "Collection André Chabrier", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.5", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 51, "texte": "Collection André Chabrier\nChabrier par Manet (1879)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c006", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 6, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.3.3", "titre_corps": "Collection André Chabrier", "titre_sommaire": "Collection André Chabrier", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.6", "debut_caractere": 1371, "fin_caractere_exclue": 1444, "texte": "Collection André Chabrier\nBuste de Chabrier par Constantin Meunier (1886)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c007", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.3.4", "titre_corps": "A. 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Brussel dans la revue d Art dramatique en I 899*\nNous remercions très sincèrement MM. Charles Lecocq, Edouard Moullé et\nPaul Vidal qui ont bien voulu nous confier, pour les publier, ces précieux\nautographes. Nous devons une particulière reconnaissance à M. André\nChabrier, fils du maître, qui a pris soin de réunir ces documents et grou-\nper autour d'eux l'abondante iconographie qui orne ces pages.\n\nA CHARLES LECOCQ\n\n1891.\nMerci, camarade. J'ai bien regretté aussi de ne point vous serrer la dextre à\nla sortie.\nCe Grieg, mais je ne con-\nnais que ça ! C'est ravissant,\nnous jouerons ça à- 4 pattes au\nprochain vendredi soir. Avez-\nvous aussi —à 4 m. les œuvres\nd'un nommé Schubert, qui avait\ndes idées ?.. nous en distillerons\négalement.\nA c'te heure, je réduis cette\nexcellente Sulamite pour le piano;\nc'est plus compliqué que \"j'ai du\nbon tabac\"; ça me donne du mal\npour ne pas rendre la chose\ninabordable. A propos d'ina-\nbordable, le Sl' Réty est rétif à\nGwendoline ;je n'ai pas de chance\navec le Figaro ; ça me fait une\npeine de chien, car ils sont là une\ncollection de erands artistes et\nO\nc'est vraiment pénible de déplaire\nà d'aussi impeccables connais-\nseurs. Dorénavant, je soumettrai\nce que je ferai à M. Darcours ; il\n«t toujours bon de consulter les uns et les autres : si l'on veut être original, il n y\na décidément pas d'autre manière de procéder."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.18", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1276, "texte": "A bientôt, mon bon ami. Mes compliments bien empressés à Madame Lecocq\net à vous de tout cœur.\n\nEmmanuel Chabrier,\n13, avenue Trudaine.\n\nA CHARLES LECOCQ\n\nLa Membrolle,3o mai 1891.\nMon bon Lecocq,\nJe farfouille dans mes petits papiers et j'y retrouve votre si charmant sixain\nqu'Enoch m'avais remis il y a quelques jours. Entre parenthèses, impossible d'aller\npousser ma pointe à Asnières\nj'ai passé fort peu de temps à\nParis et j'étais pincé par le Con-\ncours de la Ville de Paris et un\nconcert chez le Ministre des\nBeaux-Arts où B. et Madame\nB. 0nt.... mettons chanté ( ! ? ! ?)\nenfin ! le duo du second acte de\nGwendollne. J'ai cru que mes che-\nveux allaient repousser pour pro-\ntester et se dresser sur mon chet;\nnon, hélas, c'est bien de la bonne\ncalvitie !... Du reste, l'on n'écou-\ntait pas, les hommes suaient, les\nfemmes éventaient leurs nichons,\ntous bavardaient. Et que de peine\nl'on se donne pour faire répéter\nsa pauvre et chère musique, que\nde déplacements, que de temps\nperdu, que de ... compliments et\nplatitudes dans ce triste métier\nque nous faisons pour ne pas\natteindre le but ! Et s'ils lisaient\nces lignes, ils me traiteraient de\ntriple ingrat. Mais c'est ainsi,\nn'insistons pas. De toute façon, le Ministre a été charmant pour moi et je lui"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.19", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 811, "texte": "L's reconnaissant : il ne les changera pas, ni moi, ni vous, ni personne. Ça n'est\nI-jsdrôle, et il faut subir.\nje me remets à Briséïs, mais que c'est\nur! Je crois que je me ramollis, je ne\n■•oiive que des foutaises ! Nous allons\nimper, mon pauv'vieux, pomper ferme;\nIv a peut-être encore quelque chose à\n::re de mon sacré cerveau, mais je n'ai\nis la facilité de papa Rossini ; homme\nilodique, viens à mon aide !\nA propos du petit sixain, par trop\nleiiveillant, mais si réussi, dites-moi,\nin lieu de ce petit bout de papier que\nvous m'avez laissé, mettez-moi donc\nnsique ces six vers sur un bout de pa-\nlier réglé ,• paroles et musique de\nCharles Lecocq et envoyez-moi ça :\ne le conserverai, ça me fera plaisir.\nJe vous embrasse affectueusement\ntous les deux.\n\nEmmanuel Chabrier."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.19", "debut_caractere": 831, "fin_caractere_exclue": 1724, "texte": "A EDOUARD MOULLÉ\n\nSaint-Pair 22, est-ce le 22 ? enfin jeudi ;\nhier, pour toi qui me lis.\nMerci de ta bonne grosse lettre, bourrée d'observations critiques et sincères.\nJe suis bien de ton avis; Gwendoline, c'est du Liebig musical; c'est trop compact;\nil faudrait en prendre une boulette pour mettre dans un honnête délayage et agiter\navant de servir le morceau; mais je compose sans ambition, sans entraînement\n■nimédiat ; je ne crois jamais que je serai joué ; je fais un peu des études, comme les\npeintres, qui accrochent ça dans un coin de l'atelier en se disant : un chic tableau\npour plus tard !\nQuant à un four avec Gwendoline,c'est un four immense, mais je me\n•offrirai certainement. Les poëmes d'opéra sont tous assommants ; lire le livret du\nRoi de Lahore,c'est à vomir debout ; item de ça s'est joué tout\nJe même ; Guillaume Tell a même réussi. Je vois bien ; ce que me répondrait\n\n2"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.20", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2557, "texte": "Prudhomme ; je n'ai pas la prétention de me comparer au cygne de je ne sais n]u j\noù, de Pesaro je crois ; mais Gwendolineserait un ouvrage curieux et \\\nferait autour de son cercueil beaucoup de discours ; on ne l'enterrerait pas sans\nbruit, ignominieusement ; du reste, cet ouvrage n'est pas terminé ; et le poërr\ndoit tôt ou tard être modifié.\nPour le moment, je travaille à la douce aux Muscadins.\nLà, plus de légende, plus de rythmes bizarres ; c'est du drame à la Dumas\npère ; il faut que ça sente la France à cette époque, et la couleur de celà est très\ndifficile à trouver. Ce n'est pas le pays du Bleu où j'aime à baigner ma rêverie et\nà puiser des rythmes pas de farfadets, rien ; des patriotes, des chants\net dam, des phrases carrées par la base ; avec mon horreur de la banalité, tu penses\nsi la chose se complique !\nLe sujet me plaît surtout parce que j'y vois une réalisation très prochaine de\nmes vœux : être joué ; en haut lieu, cette époque fixera l'attention ; ça ne s'est pas\nfait : j'ai des chances, j'en suis convaincu ; mais fatalement la musique qu'il faut\nmettre là dedans est moins mon affaire que Gwendoline ou autres ouvrages d'une\nforme poétique. Enfin, tu verras. Je n'en ai pas encore abattu lourd ; je me\nballade, j'en prends, j'en laisse.\nRasé le voyage en Italie. On a craint que les Italiens et les Français ne se\nflanquassent leurs bugles à la tête ; les Lyonnais surtout qui ont la clarinette près\ndu bonnet. Le concours a été renvoyé à l'année prochaine. Nous tâcherons de nous\nfaire coller du Jury à cette époque.\nJe suis dérangé par un tonneau de cidre qui arrive. Je reprendrai tantôt.\nVendredi 711 1/2 m. ça a duré longtemps, la mise en place du tonneau.\nMa femme est à Cauterets avec sa mère jusqu'au 16 juillet et comme je ne\npuis pas m'ahurir indéfiniment sur le même sujet, je vais m'offrir un brin de\nballade ; où ? St. Malo, Jersey, Jersey, St. Malo, Londres est trop loin. Et toi\nbougeras-tu de Paris, cette année-ci ? et ta femme et le petit, c'est de l'Asnières\nforcé à perpêt ? le vrai crampon dans la vie, ce n'est pas la femme, comme l'a dit\nun grincheux enclin au paradoxe, c'est bien une maison de commerce ! comment\nlâcher ça ? il faut alors se défalquer et ce n'est plus drôle ; mettre carrément la clé\nsous la porte, il n'y faut pas compter ; bref celui qui fait ici-bas tout ce qu'il veut,\nest encore un joli veinard.\nAllons, bonne santé, mes enfants, je vous embrasse bien cordialement tous\nles trois.\nMille affect. compl. à ta chère mère et une forte accolade à Albert.\n\nTon Emmanuel."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.21", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 1034, "texte": "A EDOUARD MOULLÉ\n\nGrenade, 4 novembre 1882.\n\"Trop de fleurs ! \" disait Granier, dans je ne sais plus quoi... trop de mer-\n-Ules ! m'écrierai-je à mon tour ! nous sommes rassasiés, repus, soûls de chefs-\nfoeuvres ! Oui, cher vieux camarade, c'est un bien admirable pays que celui-là !\nes cathédrales de Burgos, d'Avila, de iolède et de Sévii le, le musée de Madrid,\n:Cartuja jdei.-Mira-\n:)rès, la blanche\nLadix, le radieux\n\\lalaga, ici l'Alham-\ni?ra,le Généralife, la\n; Sierra Nevada,\n.ordoue que nous\nliions voir dans quel-\njuesjours puis Mûr-\nie, puis Valence,\nLlche au milieu des\ncimiers et Barce-\nionne et Saragosse\n-nous aurons tout\nni, tout parcouru, et\nians un mois, il fau-\n\"a la quitter cette\nJorable Espagne\n■■ dire adieu aux\nEspagnoles, car,\nne te dis que ça,\n:i'es sont réussies,\n•s petites mâtines !\nJe n'ai pas vu une\ncnime vraiment lai-\n!:e depuis que je suis\n11:1 Andalousie :je ne\n:!,\"le pas des pieds,\n:ls$ont si petits que je ne les ai jamais vus, les mains sont mignonnes et soignées"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.22", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2218, "texte": "et le bras d'un contour exquis je ne te pat le que de ce qu elles montrent 5 mais |\ntout cela, elles le montrent bien ; ajoute à celà les arabesques, accroche-cœurs et 1\nautres ingéniosités de la chevelure, l'éventail de rigueur, la fleur dans le chignon,\nle peigne sur le côté, bien en dehors, le châle roulé à fleurs en crêpe de Chine et\nà longue frange noué autour de la taille, le bras nu et l'œil bordé de cils qu'elles j\npourraient friser tant ils sont grands, la peau d'un blanc mat ou de couleur\norange, selon la race, tout ça riant, gesticulant, dansant, buvant et se fichant pas\nmal de Montceau-les Mines ;\nVoilà l'Andalousie.\nTous les soirs, nous roulons avec Alice les cafés-concerts, où se chantent les\nMalaguénas, les Solédas, les Zapatéados et les Péténéras ; puis les danses, qui sont\nabsolument arabes, c'est tout dire ; si tu les voyais tortiller du derrière, se\ndéhancher, se contorsionner, je crois que tu ne demanderais pas à t en aller !... A\nMalaga, la chose devint tellement forte que j'ai dû sortir mon épouse de là-dedans:\nce n'était même plus drôle. Ça ne s'écrit pas, mais ça se retient et je te le racon-\nterai. Je n'ai pas besoin de te dire que j'ai noté une masse de choses ; le tango,\nune manière de danse ou la femme imite avec son derrière le tangage du navire\nest la seule à 2 temps ; tout le reste, tout, est à 3/4 (Séville) ou à 3/8 (Malaga et\nCadix) ; dans le Nord, c'est autre chose, il y a du 5/8 très curieux. Le 2/4 du\ntango est toujours genre habanèra ; voici le tableau : une ou deux femmes dansent,\n2 drôles grattent n'importe quoi sur de maigres guitares, et 5 à 6 femmes hurlent,\navec une voix très cocasse et des triolets impossibles à écrire, car elles changent\nl'air _ des bribes d'air à chaque instant, hurlent, dis-je, des machines dans ce\ngenre là\navec les syllabes, les paroles, les ports de voix, les mains qui claquent et frappent\nles six croches en accusant la 3me et la 6me j les cris de Anda ! Anda !la Salud ! eso\nes la Mariquita ! gracia, nationidad ! Baïla, la chiquilla ! Anda ! Anda ! Consuelo!\nOlé, la lola, olé la Carmen! que gracia! que élégancia! tout ça pour exciter la jeune\npersonne à la danse ! c'est vertigineux, c'est inénarrable !"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.23", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 559, "texte": "La Sévillana, c'est autre chose : c'est le 3/4 dans ce genre-ci (et avec\n■jstagnettes)\nTout ça prend une allure extraordinaire avec deux accroche-cœurs, une paire de\ncastagnettes et une guitare. Les Malaguénas ne peuvent pour ainsi dire pas\ns'écrire : c'est une mélopée qui a pourtant une forme et qui se termine toujours\nsur la dominante ; la guitare fournit quand même un 3/8 et le bonhomme (quand\ncen est un) est toujours assis à côté de son guitariste, tient une canne entre ses\n'ambes et bat avec le 3/8 sur ce rythme-là :"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.24", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 249, "texte": "toujours syncopé ; les femmes elles-mêmes, d'instinct, syncopent les mesures M\nmille manières et arrivent, dans la danse, avec les pieds, a frapper un nombre inou 1\nde rythmes, leurs talons frappent des choses comme celles-ci ;\n(4 fois)"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.25", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 1956, "texte": "I :out ça avec le talon ; c'est du rythme et de la danse : les airs que gratte la\n-uitare n'ont pas de valeur ; du reste ils ne peuvent s'entendre, avec les cris de\nI \\nda ! la chiquilla ! que gracia ! que élegancia ! Anda ! Olé ! Olé ! la chiquirritita\nplus on crie, plus la danseuse rit à pleines dents et se déhanche et est folle de\nson corps. L\nSi tu veux une course de taureaux nous en avons 15 sur la conscience,\n; faut m'écrire avant,poste restante, à Valen(Espana) —où j'aurai le plaisir de\nte lire !\nI Avec les meilleures amitiés d'Alice pour la bonne madame Moullé et pour ta\nchère femme, bon souvenir à Albertito et bésitos au chiquirritito,\nton Emmanuel.\nLes miens vont bien, ils planturent à Bordeaux avec Nanon chez ma\nbelle-sœur.\n\nA PAUL VIDAL\nTon Emmanuel Chabrier.\n9 août 1893.\nMon bon petit Vidal,\nJe suis ici avec ma smala et nous rentrons ma femme et moi à Paris vendredi\nprochain. Nous te prions tous deux de venir samedi matin déjeuner chez nous à\n11 heures et demie. Catulle Mendès que j'ai prévenu par le même courier viendra.\nNous serons quatre. J'ai beaucoup travaillé mon piano. Je pourrais te remplacer.\nJe ne serais même pas fâché de faire voir à ma rentrée à l'opéra que j'ai encore\nmes jolis doigts d'autrefois. Ça épaterait Gailhard et les chœurs. C'est effrayant ce\nque j'ai fait de progrès, depuis dix-huit jours. Si tu es matinal, viens à dix heures\nprécises. Je te ferai prendre un bon apéritif et je te jouerai tout le premier acte de\nParsifal.\n\nA MADAME EMMANUEL CHABRIER\n\nBrunswick, 1888.\nHier soir, petite maman, soirée au théâtre. On jouait une bougrerie\n-opérette, dans le style de Boieldieu suivie d'un mince ballet avec d'assez jolies\nîemmes à la clef. A 10 h., M. Litolff, son beau-frère Wilhem et moi, sommes\n;'llés souper près du théâtre. Ah! il tait bien les choses, le nommé Litolff! Huîtres,\nentrecôtes à la Béarnaise, coq de bruyère, plat sucré et vins à l'avenant, avec un"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.26", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1288, "texte": "fin verre de Kummel pour pousser la digestion. Mme Litolff était restée àla\nmaison. A minuit, adieu.\nVendredi de 10 à i heure, pendant que ces messieurs causaient d'affaires\nje roulais dans Brunswick qui est la ville la plus allemande, la plus moyen âge, U\nplus curieuse que j'aie jamais visitée. C'est une merveille ; tout le temps, j'aurais\nvoulu t'avoir près de moi. Tu te serais ébahie à chaque pas. En été, ce doit être\nravissant, mais il y a partout un bon pied de neige et ce manteau blanc répand un\npeu de tristesse et embrume l'air : on C'est plus pittoresque\nencore que Nuremberg, paraît-il. Mais il est possible que les habitants de Nurem-\nberg ne soient pas de cet avis. Enfin, c'est délicieux, je t'expliquerai tout cela de\nvive voix.\nJe viens de déjeuner superbement ; et après un peu de musique au salon, je\nremonte au bureau et te gratifie de cette littérature, pendant que Wilhem, quia\ndéposé des parents partout, va voir quelques cousines. Je suppose qu'il y a aussi\ndes cousins.\nCe soir, soirée chez les LitolfF ; demain, pas grand' chose, et vers minuit,\ndemain, départ pour Cologne.\nSoigne bien le petit. Embrasse notre Marcel, amitiés à la Nanine.\nJe commence à avoir besoin de la maman.\nFRAGMENT D'UNE LETTRE DE CHABRIER A VINCENT D'INDY\n\nTon Emmanuel."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.27", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 1590, "texte": "A MADAME EMMANUEL CHABRIER\n\nKarlsruhe, (Janvier 1888).\nA 11 h. nous avons vu le Pudlitz au th. dans son cabinet. On lui donne de\nl'Excellence gros comme le bras. C'est convenu, c'est arrangé : \" alors, je puis\nécrire à mes éditeurs pour hâter la traduction, faire annoncer la bonne nouvelle\ndans les journaux \" \" Attendez ; je veux terminer tout à fait, vous dire\nce que nous donnons au\ncompositeur ; ça dépend\nde la longueur de l'ou-\nvrage ; je vous ferai pré-\nvenir, je pense que vous\nserez content. Mais je\nconsidère l'affaire comme\nconclue ; je vous donne\nPlank, Oberlinder et\nMlle Mailhac. A demain !\"\nA 1 h., dîner ; j'ai raconté\nnotre entrevue à Mottl\nqui va presser ce vieillard\naimable mais temporisa-\nteur. Après dîner, Mottl\nnous a dit de l'accompag-\nner chez lui ; nous avons\njoué l'ouverture à 4 mains,\nle premier chœur, la lé-\ngende (qu'il trouve admi-\nrablement écrite) et tout\nle troisième tableau, la\nbataille. Il est très enlevé; il répétait : jamô Vendredi soir, nous lisons\ndevant lui le rôle de Gwendoline à Mlle Mailhac, chez elle. C'est la première\nfois que Mottl se met en aussi grands frais pour quelqu'un. Je le crois fort sincère.\n\" répétait aussi : original, personnel, etc. Nous l'avons quitté vers 3 h. et demie\nnous avons fait un tour en ville et nous nous sommes rendus dans les grands\njardins de la ville où, sur un petit lac gelé, nobles, bourgeois et vilains pati-\nnaient gaiement. Pudlitz ayant prié Van Dyck de chanter demain à 5 h. et demie\nchez le Grand Duc, Van Dyck avait prié Bopt de tenir le piano et devait chanter"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.28", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2506, "texte": "entre autres choses, \" Chanson de Jeanne \" ; donc, à 6 h. Bopt arrive à l'hôtel, mais 1\nVan Dyck a un sale enrouement et ne veut pas chanter dans cet état là. Sur mor ,\nconseil, il.vient de filer chez le Fauvel de l'endroit pour savoir ce qu'il doit faire.\nS'il devait ne pas chanter, il se procurera une attestation du médecin qu'il mon-\ntrera à Pudlitz. Ces gens là, quand on ne fait pas leurs trente-six volontés, sont |\ntoujours prêts à croire qu'on y met de la mauvaise volonté. Je n'ai pas été invité à\naller à cette soirée chez le Grand Duc et j'en suis d'autant plus heureux que pendant\n-(• ~ #\nle concert, je serai à la répétition de Siegfried qui a un bien autre intérêt pour moi,\nA la promenade, tantôt, nous l'avons rencontré (le Grand Duc), se promenant\navec sa femme, la fille de Guillaume, à pied, tous les deux suivis par un simple\nchien-loup, marchant assez vite ; il était en uniforme, l'éternelle casquette à bor-\ndure rouge et un long manteau, le bout du sabre dépassant un peu. C'est un\nhomme de haute t'aille, dans les 55 à 60 ; longue barbe, très droit, énergique.\nA leur passage, les hommes saluent très bas ; les militaires s'arrêtent et font le\nsalut militaire ; les femmes y vont d'un demi-génuflexion, comme dans les opéras\ncomiques, quand une jeune paysanne tire sa révérence au bailli. C'est tout à fait\nédifiant.\nSur toutes les places, les militaires font l'exercice ; ah ! ils n'ont guère le temps\nd'engraisser ; cet art là est plus compliqué que le contrepoint.\nCe soir, soirée glaireuse, souper à 9 h., coucher à 11 h. S'il fallait vivre ici,\nah, non !\nVan Dyck se fait attendre.\nVan Dyck est de retour. Défense absolue de chanter pendant trois jours. Ce\nsacré concert n'aura pas lieu. Pudlitz est prévenu. Tout va bien.\nEmbrassades générales et à demain.\n\nTon Emmanuel.\n\nA MADAME EMMANUEL CHABRIER\n\nKarlsruhe, mardi 4 mars 1890.\nCe matin, l'intendant est venu me prendre et nous sommes allés ensemble\nchez le Grand Duc, le Carnot de l'endroit. Il a été d'une amabilité parfaite et à\ntrouvé le moyen de me dire qu'il était personnellement heureux qu'un compositeur\nfrançais vint se faire applaudir à Karlsruhe, que les deux nations étaient faites pour\ns'aimer et que la présence d'un artiste EMINENT le touchait profondément. C'est\nlui qui me remerciait ! ! ! Il m'a reçu en costume, avec d'énormes poignées de\nmain. C'est un allemand, évidemment, mais il a l'air bon comme le pain.\nPuis, (1 h. un quart), toujours avec l'intendant et dans son équipage, nous"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.29", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 1017, "texte": "sommes allés déjeuner chez le frère, le Prince Guillaume. Celui-là, c'est encore\nJuS joli ; il est venu nous attendre à sa porte ; et tout ça parle des français\ndonnants ; de 57 à 60 ans, avec des barbes superbes et des airs très chics. La\nPrincesse est d'origine russe. A table, je connaissais à peu\nprès tout le monde, car j'ai depuis huit jours roulé ma\nbosse dans tout le gratin solennel de la localité. On était\nune quinzaine, après le déjeuner, exquis caré,\nliqueurs, cigarettes, valse du roi sur un Erard, puis\nmusique à 4 mains avec Mottl. A trois heures et demie,\non a pris congé les uns des autres. Mais ce que ces\n2ens là sont aimables, tu ne te le figures pas. 11 m'a\n. il-\ndit qu'il était HONORÉ de me recevoir. ! ! !\nJe viens de faire quelques visites d'adieu, (car de-\nmain je passe presque toute la journée à Bade), et à 6 h.\net demie, je vais avec l'intendant chez la Grande Duchesse qui tient, dit-on a\nme faire bavarder et est curieuse de me voir.\nA demain, le loup."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.29", "debut_caractere": 1037, "fin_caractere_exclue": 2295, "texte": "Emmanuel.\n\nA MADAME EMMANUEL CHABRIER\n\nha M.embrolle, 26 april 1890\nJe vois, la petite maman que tu ne ten es pas si mal tirée que ça, avec ta\ngrosse malle et tes accessoires • on t aura prise pour la femme du prefet de police,\nàce que je suppose, tu fais trembler le personnel des gares et le sergent de ville\nse roule à tes pieds • ]e ne te vais pas a la cheville, la petite femme, le loup est\ndépassé !\nEmbrasse bien les petits loups pour moi et particulièrement le louveteau qui\naccomplit demain un acte caractéristique et plein de douceur. Recommande-lui de\ndemander à celui qu'il invoque de nous protéger tous, nous qui cherchons a fane\nde notre mieux et qui ne sommes pas des méchants ; dis-lui cie demander pour la\nmaman la bonne vue et la santé, des bulletins propres pour le grand frere, et\npour le pauvre père beaucoup d'inspirations et un peu d argent. Ça fait pas mal\nd'affaires, tout ça, et le bon Dieu est toujours très occupe, mais les jours de\npremière communion, je suis certain qu il dresse spécialement ses oreilles divines\npour écouter les petits enfants épris du ciel et frises pour la circonstance, et que\nfinalement il doit être très doux, très coulant, très accessible, et les petits enfants,\nc est si roublard ! J'espère énormément."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.30", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1344, "texte": "Tâche de trouver quelques heures dans l'après-midi pour aller avec tes\njeunes calices embrasser la pauvre vieille qui s'embête là-bas et vous attend de\ntout son cœur! Fais-\nle, je t'en prie: pOUr\nles enfants, c'est un\npieux devoir, c'es;\nensuite un plaisir,\nça leur apprend à se\nsouvenir et ça les\nrend bons. Si la pa-\nresse est la mère de\ntous les vices, l'ingra-\ntitude en est le père.\nLa grand mère,\n'pas de tous les\nvices, est dans\ndes rages bleues ; on\nne peut pas fourrer\nle nez dehors ; ce ne\nsont que giboulées,\naverses, vents dé-\nchaînés ; la nuit, ça\npleure, ça hurle sous\nles portes et la rafale secoue de grands frissons la maison tout entière ; c'est\nimbecile parce que ça manque de majesté, de grandeur, de décor ; au bord de la\nmer, dans la solitude des hautes montagnes, je me lécherais, mais à la Membrolle,\nc est grotesque et lugubre. Hier matin, en ouvrant ma fenêtre, ça pleuvait, ça\nventait infernalement et tous ces grands bêtas de peupliers se courbaient tous du\ncote de Tours, comme pour saluer celles de la cathédrale ; ça finissait par\nm amuser, aïe donc, aïe donc, ils étaient d'une politesse exquise. Les marronniers,\ndes durs a cuir, sen foutaient, mais les sacrés pommiers, fiers d'être en fleurs\ndepuis quelques jours, avaient des accès de folle rage de voir ainsi s'éparpiller\naux cinq cents diables"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.31", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 1658, "texte": "Raconte-moi bien tout ce que tu fais ; moi, ma vie est tellement simple\nnu'elle tient entre une table et un piano. Si je n'avais pas cette richesse d imagi-\nnation qui fait ton orgueil et ta joie, je ne serais guère fichu de remplir ces\nquatre pages. Tantôt, la grand'mère m'a raconté à déjeuner l'histoire de ses\nbonnes pendant qu'elle était à Chatou ; cette histoire, palpitante comme un cœur\nje jeune fille, ou même de ma Chtite à l'approche du bien aimé au casque d'or,\nnaturellement cette histoire, dis-je, fera le sujet de ma prochaine. Tu vois que\n•u as encore de fiers moments à passer ici bas, où tous les lilas meurent, comme\nle chante Mme E.\nA demaingue !\n\nLe père Lustucru,\nEmmanuel\n\nA MARCEL CHABRIER\n\nLa Membrolle, 16 mai 1890.\nMon petit Marcel,\nJe te remercie de la lettre que tu\nm'as écrite il y a quelques jours et de\ncelle que tu vas m'écrire, si j'en crois\nM. Enoch qui m'a adressé deux mots\nce matin et me raconte votre ballade au\nJardin des Plantes. Il n'est pas mauvais,\nde temps à autre, d'aller faire aux betes\nune petite visite ; ça repose de 1 homme.\nToutefois, il faut toujours raisonner ce\nque l'on voit et ne passer devant aucun\nobjet, aucun animal, aucun produit sans\nse demander à quoi ça sert, comment ça\nvit et ne pas s'attacher uniquement à\nla torme. A ton âge, une promenade\nde ce genre doit toujours contenir un\nenseignement, ne pas être un pur spec-\ntacle pour les yeux ; ton petit cerveau\ndoit être la partie. Il y a tant de\ngens, et de ceux qui se croient malins,\nqui vont à l'Exposition de peinture,\nvisiter les églises, se promener au bois,\nassister à un cours, s'installer au theatre,"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.32", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 890, "texte": "et qui reviennent de tout cela la tête vide, n'ayant rien observé, me s'étant rien\nassimilé de ce qu'ils ont vu ; c'est du troupeau qui passe, ça tue le temps, en\nattendant le dîner, qui est la grosse affaire. Pénétre-toi bien de ce que je te\ndis là, tu ne seras jamais assez curieux, dans le sens où je l'entends, naturelle-\nment, et c'est maintenant que les belles curiosités doivent s'éveiller dans ton\nesprit. Lâchons les singes et causons d'autre chose.\nM. Loiseau est en train de gaver le cher frère ; il est venu même hier, jour\nférié, excessivement férié ; le petit a l'air de travailler, mais il doit avoir une croûte\nsur l'intellect ; ça sera long à gratter cette épaisseur avant de trouver le bon nanan!\nJe n'ai jamais pu lui faire comprendre que s'accordait quand il y avait des\nchiffres devant et que ce mot était invariable quand ils étaient placés après ; on lui"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.33", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 2151, "texte": "jit : as-tu compris ? oui, papa, et il vous dit tout le contraire. Il y a certai-\nement chez M. Pasteur des pères de famille chez lesquels la rage s'est évidem-\nment développée au fréquent contact de moutards pareils. Enfin, il ne faut pas\nquitter toute espérance ; Dante était d'un autre avis, mais il n'avait peut-être\npas d'enfants.\nNous avons une nouvelle bonne, une veuve d'un jardinier de Mettray, dans\nles trente ans ; elle a l'air un peu dame, mais il y a de la bonne volonté. Espérons.\n\nE. C.\n\nA MARCEL CHABRIER\n\nLa Membrolle, 13 juin 89.\nMon bon petit Marcel,\nCertes, je suis heureux de voir que tu es galant auprès des demoiselles ; la\nfemme est créée et mise au monde pour recevoir nos hommages et être aimée ; ça,\nc'est convenu. Mais, pour le moment, il ne faut pas que Vun empêche Vautre, et\nl'autre, c'est l'examen, c'est l'entrée en seconde ; c'est la que doit surtout porter ta\ngalanterie. Si tu veux me faire grand plaisir, sois insinuant auprès de la version\nlatine, tendre avec le thème latin, plein de délicatesse pour la version grecque ;\nmets-toi à deux genoux devant l'Histoire et envoie des baisers à la Géographie ;\nsois courtois envers le calcul et plein de feu auprès de la Narration.\nPour le quart d'heure, tâche d'oublier les petites et souviens-toi que si tu\nveux plus tard être libre, tu as encore trois ou quatre ans à ne penser qu'à tes études.\nTu comprends que nous sommes enchantés que l'on te trouve gentil, mais\nnon devoir est de te rappeler au tien encore et toujours.\nFais-moi donc une carte d'Allemagne avec les royaumes ou auchès unis, avec les\net les cours d'eaux principaux, et envoie-moi ça. Sépare bien chaque\npays par un trait au crayon bleu ou rouge, Bade, Bavière, Wurtemberg, etc.\nEcris-moi souvent. Je t'aime tant !\nCancans : Angèle se marie le 8 juillet et sa sœur la remplace ici.\nUn de mes amis, le baron Taylor, qui était aveugle, vient de mourir.\nLe fils d'Auguste Valin se marie le 19 juin. Je suis de noce, turellemment.\nLe jardin est ravissant. J'ai enlevé ce matin plus de 300 gratte-culs.\nCi-inclus, un timbre de Buenos-Ayres ; il se trouvait sur l'enveloppe"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.34", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 236, "texte": "d'une lettre de Nicolini, écrite, ces jours-ci, à la grand'mère. Tu dois l'avoir;\nenfin, ça ne fait rien.\nNe me laisse pas sans lettres, je t'en prie !\nEmbrasse la pauvre mère, André et la vieille Nanine.\n\nTon papa\nEmmauel."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c014", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.5.1", "titre_corps": "Ces lettres sont inédites, à l'exception de celle du 26 avril 1890, publiée", "titre_sommaire": "Ces lettres sont inédites, à l'exception de celle du 26 avril 1890, publiée", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.17", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 536, "texte": "Ces lettres sont inédites, à l'exception de celle du 26 avril 1890, publiée\nen partie par notre collègue R. Brussel dans la revue d Art dramatique en I 899*\nNous remercions très sincèrement MM. Charles Lecocq, Edouard Moullé et\nPaul Vidal qui ont bien voulu nous confier, pour les publier, ces précieux\nautographes. Nous devons une particulière reconnaissance à M. André\nChabrier, fils du maître, qui a pris soin de réunir ces documents et grou-\nper autour d'eux l'abondante iconographie qui orne ces pages."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c015", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 17, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.5.2", "titre_corps": "A CHARLES LECOCQ", "titre_sommaire": "A CHARLES LECOCQ", "signature_source": "Emmanuel Chabrier, 13, avenue Trudaine", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.17", "debut_caractere": 538, "fin_caractere_exclue": 1502, "texte": "A CHARLES LECOCQ\n\n1891.\nMerci, camarade. J'ai bien regretté aussi de ne point vous serrer la dextre à\nla sortie.\nCe Grieg, mais je ne con-\nnais que ça ! C'est ravissant,\nnous jouerons ça à- 4 pattes au\nprochain vendredi soir. Avez-\nvous aussi —à 4 m. les œuvres\nd'un nommé Schubert, qui avait\ndes idées ?.. nous en distillerons\négalement.\nA c'te heure, je réduis cette\nexcellente Sulamite pour le piano;\nc'est plus compliqué que \"j'ai du\nbon tabac\"; ça me donne du mal\npour ne pas rendre la chose\ninabordable. A propos d'ina-\nbordable, le Sl' Réty est rétif à\nGwendoline ;je n'ai pas de chance\navec le Figaro ; ça me fait une\npeine de chien, car ils sont là une\ncollection de erands artistes et\nO\nc'est vraiment pénible de déplaire\nà d'aussi impeccables connais-\nseurs. Dorénavant, je soumettrai\nce que je ferai à M. Darcours ; il\n«t toujours bon de consulter les uns et les autres : si l'on veut être original, il n y\na décidément pas d'autre manière de procéder."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.18", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 148, "texte": "A bientôt, mon bon ami. 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Entre parenthèses, impossible d'aller\npousser ma pointe à Asnières\nj'ai passé fort peu de temps à\nParis et j'étais pincé par le Con-\ncours de la Ville de Paris et un\nconcert chez le Ministre des\nBeaux-Arts où B. et Madame\nB. 0nt.... mettons chanté ( ! ? ! ?)\nenfin ! le duo du second acte de\nGwendollne. J'ai cru que mes che-\nveux allaient repousser pour pro-\ntester et se dresser sur mon chet;\nnon, hélas, c'est bien de la bonne\ncalvitie !... Du reste, l'on n'écou-\ntait pas, les hommes suaient, les\nfemmes éventaient leurs nichons,\ntous bavardaient. Et que de peine\nl'on se donne pour faire répéter\nsa pauvre et chère musique, que\nde déplacements, que de temps\nperdu, que de ... compliments et\nplatitudes dans ce triste métier\nque nous faisons pour ne pas\natteindre le but ! Et s'ils lisaient\nces lignes, ils me traiteraient de\ntriple ingrat. Mais c'est ainsi,\nn'insistons pas. De toute façon, le Ministre a été charmant pour moi et je lui"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.19", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 811, "texte": "L's reconnaissant : il ne les changera pas, ni moi, ni vous, ni personne. Ça n'est\nI-jsdrôle, et il faut subir.\nje me remets à Briséïs, mais que c'est\nur! Je crois que je me ramollis, je ne\n■•oiive que des foutaises ! Nous allons\nimper, mon pauv'vieux, pomper ferme;\nIv a peut-être encore quelque chose à\n::re de mon sacré cerveau, mais je n'ai\nis la facilité de papa Rossini ; homme\nilodique, viens à mon aide !\nA propos du petit sixain, par trop\nleiiveillant, mais si réussi, dites-moi,\nin lieu de ce petit bout de papier que\nvous m'avez laissé, mettez-moi donc\nnsique ces six vers sur un bout de pa-\nlier réglé ,• paroles et musique de\nCharles Lecocq et envoyez-moi ça :\ne le conserverai, ça me fera plaisir.\nJe vous embrasse affectueusement\ntous les deux.\n\nEmmanuel Chabrier."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c018", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.5.3.1", "titre_corps": "Chabrier au collège (1857)", "titre_sommaire": "Chabrier au collège (1857)", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.18", "debut_caractere": 1278, "fin_caractere_exclue": 1304, "texte": "Chabrier au collège (1857)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c019", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 19, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.5.3.2", "titre_corps": "Chabrier en 1862", "titre_sommaire": "Chabrier en 1862", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.19", "debut_caractere": 813, "fin_caractere_exclue": 829, "texte": "Chabrier en 1862"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c020", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 19, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.5.4", "titre_corps": "A EDOUARD MOULLÉ", "titre_sommaire": "A EDOUARD MOULLÉ", "signature_source": "Ton Emmanuel", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.19", "debut_caractere": 831, "fin_caractere_exclue": 1724, "texte": "A EDOUARD MOULLÉ\n\nSaint-Pair 22, est-ce le 22 ? enfin jeudi ;\nhier, pour toi qui me lis.\nMerci de ta bonne grosse lettre, bourrée d'observations critiques et sincères.\nJe suis bien de ton avis; Gwendoline, c'est du Liebig musical; c'est trop compact;\nil faudrait en prendre une boulette pour mettre dans un honnête délayage et agiter\navant de servir le morceau; mais je compose sans ambition, sans entraînement\n■nimédiat ; je ne crois jamais que je serai joué ; je fais un peu des études, comme les\npeintres, qui accrochent ça dans un coin de l'atelier en se disant : un chic tableau\npour plus tard !\nQuant à un four avec Gwendoline,c'est un four immense, mais je me\n•offrirai certainement. Les poëmes d'opéra sont tous assommants ; lire le livret du\nRoi de Lahore,c'est à vomir debout ; item de ça s'est joué tout\nJe même ; Guillaume Tell a même réussi. Je vois bien ; ce que me répondrait\n\n2"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.20", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2557, "texte": "Prudhomme ; je n'ai pas la prétention de me comparer au cygne de je ne sais n]u j\noù, de Pesaro je crois ; mais Gwendolineserait un ouvrage curieux et \\\nferait autour de son cercueil beaucoup de discours ; on ne l'enterrerait pas sans\nbruit, ignominieusement ; du reste, cet ouvrage n'est pas terminé ; et le poërr\ndoit tôt ou tard être modifié.\nPour le moment, je travaille à la douce aux Muscadins.\nLà, plus de légende, plus de rythmes bizarres ; c'est du drame à la Dumas\npère ; il faut que ça sente la France à cette époque, et la couleur de celà est très\ndifficile à trouver. Ce n'est pas le pays du Bleu où j'aime à baigner ma rêverie et\nà puiser des rythmes pas de farfadets, rien ; des patriotes, des chants\net dam, des phrases carrées par la base ; avec mon horreur de la banalité, tu penses\nsi la chose se complique !\nLe sujet me plaît surtout parce que j'y vois une réalisation très prochaine de\nmes vœux : être joué ; en haut lieu, cette époque fixera l'attention ; ça ne s'est pas\nfait : j'ai des chances, j'en suis convaincu ; mais fatalement la musique qu'il faut\nmettre là dedans est moins mon affaire que Gwendoline ou autres ouvrages d'une\nforme poétique. Enfin, tu verras. Je n'en ai pas encore abattu lourd ; je me\nballade, j'en prends, j'en laisse.\nRasé le voyage en Italie. On a craint que les Italiens et les Français ne se\nflanquassent leurs bugles à la tête ; les Lyonnais surtout qui ont la clarinette près\ndu bonnet. Le concours a été renvoyé à l'année prochaine. Nous tâcherons de nous\nfaire coller du Jury à cette époque.\nJe suis dérangé par un tonneau de cidre qui arrive. Je reprendrai tantôt.\nVendredi 711 1/2 m. ça a duré longtemps, la mise en place du tonneau.\nMa femme est à Cauterets avec sa mère jusqu'au 16 juillet et comme je ne\npuis pas m'ahurir indéfiniment sur le même sujet, je vais m'offrir un brin de\nballade ; où ? St. Malo, Jersey, Jersey, St. Malo, Londres est trop loin. Et toi\nbougeras-tu de Paris, cette année-ci ? et ta femme et le petit, c'est de l'Asnières\nforcé à perpêt ? le vrai crampon dans la vie, ce n'est pas la femme, comme l'a dit\nun grincheux enclin au paradoxe, c'est bien une maison de commerce ! comment\nlâcher ça ? il faut alors se défalquer et ce n'est plus drôle ; mettre carrément la clé\nsous la porte, il n'y faut pas compter ; bref celui qui fait ici-bas tout ce qu'il veut,\nest encore un joli veinard.\nAllons, bonne santé, mes enfants, je vous embrasse bien cordialement tous\nles trois.\nMille affect. compl. à ta chère mère et une forte accolade à Albert.\n\nTon Emmanuel."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c021", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 21, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.5.5", "titre_corps": "A EDOUARD MOULLÉ", "titre_sommaire": "A EDOUARD MOULLÉ", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.21", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 1034, "texte": "A EDOUARD MOULLÉ\n\nGrenade, 4 novembre 1882.\n\"Trop de fleurs ! \" disait Granier, dans je ne sais plus quoi... trop de mer-\n-Ules ! m'écrierai-je à mon tour ! nous sommes rassasiés, repus, soûls de chefs-\nfoeuvres ! Oui, cher vieux camarade, c'est un bien admirable pays que celui-là !\nes cathédrales de Burgos, d'Avila, de iolède et de Sévii le, le musée de Madrid,\n:Cartuja jdei.-Mira-\n:)rès, la blanche\nLadix, le radieux\n\\lalaga, ici l'Alham-\ni?ra,le Généralife, la\n; Sierra Nevada,\n.ordoue que nous\nliions voir dans quel-\njuesjours puis Mûr-\nie, puis Valence,\nLlche au milieu des\ncimiers et Barce-\nionne et Saragosse\n-nous aurons tout\nni, tout parcouru, et\nians un mois, il fau-\n\"a la quitter cette\nJorable Espagne\n■■ dire adieu aux\nEspagnoles, car,\nne te dis que ça,\n:i'es sont réussies,\n•s petites mâtines !\nJe n'ai pas vu une\ncnime vraiment lai-\n!:e depuis que je suis\n11:1 Andalousie :je ne\n:!,\"le pas des pieds,\n:ls$ont si petits que je ne les ai jamais vus, les mains sont mignonnes et soignées"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.22", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2218, "texte": "et le bras d'un contour exquis je ne te pat le que de ce qu elles montrent 5 mais |\ntout cela, elles le montrent bien ; ajoute à celà les arabesques, accroche-cœurs et 1\nautres ingéniosités de la chevelure, l'éventail de rigueur, la fleur dans le chignon,\nle peigne sur le côté, bien en dehors, le châle roulé à fleurs en crêpe de Chine et\nà longue frange noué autour de la taille, le bras nu et l'œil bordé de cils qu'elles j\npourraient friser tant ils sont grands, la peau d'un blanc mat ou de couleur\norange, selon la race, tout ça riant, gesticulant, dansant, buvant et se fichant pas\nmal de Montceau-les Mines ;\nVoilà l'Andalousie.\nTous les soirs, nous roulons avec Alice les cafés-concerts, où se chantent les\nMalaguénas, les Solédas, les Zapatéados et les Péténéras ; puis les danses, qui sont\nabsolument arabes, c'est tout dire ; si tu les voyais tortiller du derrière, se\ndéhancher, se contorsionner, je crois que tu ne demanderais pas à t en aller !... A\nMalaga, la chose devint tellement forte que j'ai dû sortir mon épouse de là-dedans:\nce n'était même plus drôle. Ça ne s'écrit pas, mais ça se retient et je te le racon-\nterai. Je n'ai pas besoin de te dire que j'ai noté une masse de choses ; le tango,\nune manière de danse ou la femme imite avec son derrière le tangage du navire\nest la seule à 2 temps ; tout le reste, tout, est à 3/4 (Séville) ou à 3/8 (Malaga et\nCadix) ; dans le Nord, c'est autre chose, il y a du 5/8 très curieux. Le 2/4 du\ntango est toujours genre habanèra ; voici le tableau : une ou deux femmes dansent,\n2 drôles grattent n'importe quoi sur de maigres guitares, et 5 à 6 femmes hurlent,\navec une voix très cocasse et des triolets impossibles à écrire, car elles changent\nl'air _ des bribes d'air à chaque instant, hurlent, dis-je, des machines dans ce\ngenre là\navec les syllabes, les paroles, les ports de voix, les mains qui claquent et frappent\nles six croches en accusant la 3me et la 6me j les cris de Anda ! Anda !la Salud ! eso\nes la Mariquita ! gracia, nationidad ! Baïla, la chiquilla ! Anda ! Anda ! Consuelo!\nOlé, la lola, olé la Carmen! que gracia! que élégancia! tout ça pour exciter la jeune\npersonne à la danse ! c'est vertigineux, c'est inénarrable !"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.23", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 559, "texte": "La Sévillana, c'est autre chose : c'est le 3/4 dans ce genre-ci (et avec\n■jstagnettes)\nTout ça prend une allure extraordinaire avec deux accroche-cœurs, une paire de\ncastagnettes et une guitare. Les Malaguénas ne peuvent pour ainsi dire pas\ns'écrire : c'est une mélopée qui a pourtant une forme et qui se termine toujours\nsur la dominante ; la guitare fournit quand même un 3/8 et le bonhomme (quand\ncen est un) est toujours assis à côté de son guitariste, tient une canne entre ses\n'ambes et bat avec le 3/8 sur ce rythme-là :"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.24", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 249, "texte": "toujours syncopé ; les femmes elles-mêmes, d'instinct, syncopent les mesures M\nmille manières et arrivent, dans la danse, avec les pieds, a frapper un nombre inou 1\nde rythmes, leurs talons frappent des choses comme celles-ci ;\n(4 fois)"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.25", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 776, "texte": "I :out ça avec le talon ; c'est du rythme et de la danse : les airs que gratte la\n-uitare n'ont pas de valeur ; du reste ils ne peuvent s'entendre, avec les cris de\nI \\nda ! la chiquilla ! que gracia ! que élegancia ! Anda ! Olé ! Olé ! la chiquirritita\nplus on crie, plus la danseuse rit à pleines dents et se déhanche et est folle de\nson corps. L\nSi tu veux une course de taureaux nous en avons 15 sur la conscience,\n; faut m'écrire avant,poste restante, à Valen(Espana) —où j'aurai le plaisir de\nte lire !\nI Avec les meilleures amitiés d'Alice pour la bonne madame Moullé et pour ta\nchère femme, bon souvenir à Albertito et bésitos au chiquirritito,\nton Emmanuel.\nLes miens vont bien, ils planturent à Bordeaux avec Nanon chez ma\nbelle-sœur."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c022", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.5.5.1", "titre_corps": "Photograhie prise a Chatou en 1889", "titre_sommaire": "Photograhie prise a Chatou en 1889", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.21", "debut_caractere": 1036, "fin_caractere_exclue": 1110, "texte": "Photograhie prise a Chatou en 1889\nCh. Lamoureux E. Chabrier Victor Wilder"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c023", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.5.5.2", "titre_corps": "Chabrier en Famille (1883).", "titre_sommaire": "Chabrier en Famille (1883).", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.24", "debut_caractere": 251, "fin_caractere_exclue": 278, "texte": "Chabrier en Famille (1883)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c028", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 25, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.5.6", "titre_corps": "A PAUL VIDAL", "titre_sommaire": "A PAUL VIDAL", "signature_source": "Ton Emmanuel Chabrier", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.25", "debut_caractere": 778, "fin_caractere_exclue": 1513, "texte": "A PAUL VIDAL\nTon Emmanuel Chabrier.\n9 août 1893.\nMon bon petit Vidal,\nJe suis ici avec ma smala et nous rentrons ma femme et moi à Paris vendredi\nprochain. Nous te prions tous deux de venir samedi matin déjeuner chez nous à\n11 heures et demie. Catulle Mendès que j'ai prévenu par le même courier viendra.\nNous serons quatre. J'ai beaucoup travaillé mon piano. Je pourrais te remplacer.\nJe ne serais même pas fâché de faire voir à ma rentrée à l'opéra que j'ai encore\nmes jolis doigts d'autrefois. Ça épaterait Gailhard et les chœurs. C'est effrayant ce\nque j'ai fait de progrès, depuis dix-huit jours. Si tu es matinal, viens à dix heures\nprécises. Je te ferai prendre un bon apéritif et je te jouerai tout le premier acte de\nParsifal."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c029", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 25, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.5.7", "titre_corps": "A MADAME EMMANUEL CHABRIER", "titre_sommaire": "A MADAME EMMANUEL CHABRIER", "signature_source": "Ton Emmanuel", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.25", "debut_caractere": 1515, "fin_caractere_exclue": 1956, "texte": "A MADAME EMMANUEL CHABRIER\n\nBrunswick, 1888.\nHier soir, petite maman, soirée au théâtre. On jouait une bougrerie\n-opérette, dans le style de Boieldieu suivie d'un mince ballet avec d'assez jolies\nîemmes à la clef. A 10 h., M. Litolff, son beau-frère Wilhem et moi, sommes\n;'llés souper près du théâtre. Ah! il tait bien les choses, le nommé Litolff! Huîtres,\nentrecôtes à la Béarnaise, coq de bruyère, plat sucré et vins à l'avenant, avec un"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.26", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1288, "texte": "fin verre de Kummel pour pousser la digestion. Mme Litolff était restée àla\nmaison. A minuit, adieu.\nVendredi de 10 à i heure, pendant que ces messieurs causaient d'affaires\nje roulais dans Brunswick qui est la ville la plus allemande, la plus moyen âge, U\nplus curieuse que j'aie jamais visitée. C'est une merveille ; tout le temps, j'aurais\nvoulu t'avoir près de moi. Tu te serais ébahie à chaque pas. En été, ce doit être\nravissant, mais il y a partout un bon pied de neige et ce manteau blanc répand un\npeu de tristesse et embrume l'air : on C'est plus pittoresque\nencore que Nuremberg, paraît-il. Mais il est possible que les habitants de Nurem-\nberg ne soient pas de cet avis. Enfin, c'est délicieux, je t'expliquerai tout cela de\nvive voix.\nJe viens de déjeuner superbement ; et après un peu de musique au salon, je\nremonte au bureau et te gratifie de cette littérature, pendant que Wilhem, quia\ndéposé des parents partout, va voir quelques cousines. Je suppose qu'il y a aussi\ndes cousins.\nCe soir, soirée chez les LitolfF ; demain, pas grand' chose, et vers minuit,\ndemain, départ pour Cologne.\nSoigne bien le petit. Embrasse notre Marcel, amitiés à la Nanine.\nJe commence à avoir besoin de la maman.\nFRAGMENT D'UNE LETTRE DE CHABRIER A VINCENT D'INDY\n\nTon Emmanuel."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c031", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 27, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.5.8", "titre_corps": "A MADAME EMMANUEL CHABRIER", "titre_sommaire": "A MADAME EMMANUEL CHABRIER", "signature_source": "Ton Emmanuel", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.27", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 1590, "texte": "A MADAME EMMANUEL CHABRIER\n\nKarlsruhe, (Janvier 1888).\nA 11 h. nous avons vu le Pudlitz au th. dans son cabinet. On lui donne de\nl'Excellence gros comme le bras. C'est convenu, c'est arrangé : \" alors, je puis\nécrire à mes éditeurs pour hâter la traduction, faire annoncer la bonne nouvelle\ndans les journaux \" \" Attendez ; je veux terminer tout à fait, vous dire\nce que nous donnons au\ncompositeur ; ça dépend\nde la longueur de l'ou-\nvrage ; je vous ferai pré-\nvenir, je pense que vous\nserez content. Mais je\nconsidère l'affaire comme\nconclue ; je vous donne\nPlank, Oberlinder et\nMlle Mailhac. A demain !\"\nA 1 h., dîner ; j'ai raconté\nnotre entrevue à Mottl\nqui va presser ce vieillard\naimable mais temporisa-\nteur. Après dîner, Mottl\nnous a dit de l'accompag-\nner chez lui ; nous avons\njoué l'ouverture à 4 mains,\nle premier chœur, la lé-\ngende (qu'il trouve admi-\nrablement écrite) et tout\nle troisième tableau, la\nbataille. Il est très enlevé; il répétait : jamô Vendredi soir, nous lisons\ndevant lui le rôle de Gwendoline à Mlle Mailhac, chez elle. C'est la première\nfois que Mottl se met en aussi grands frais pour quelqu'un. Je le crois fort sincère.\n\" répétait aussi : original, personnel, etc. Nous l'avons quitté vers 3 h. et demie\nnous avons fait un tour en ville et nous nous sommes rendus dans les grands\njardins de la ville où, sur un petit lac gelé, nobles, bourgeois et vilains pati-\nnaient gaiement. Pudlitz ayant prié Van Dyck de chanter demain à 5 h. et demie\nchez le Grand Duc, Van Dyck avait prié Bopt de tenir le piano et devait chanter"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.28", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1818, "texte": "entre autres choses, \" Chanson de Jeanne \" ; donc, à 6 h. Bopt arrive à l'hôtel, mais 1\nVan Dyck a un sale enrouement et ne veut pas chanter dans cet état là. Sur mor ,\nconseil, il.vient de filer chez le Fauvel de l'endroit pour savoir ce qu'il doit faire.\nS'il devait ne pas chanter, il se procurera une attestation du médecin qu'il mon-\ntrera à Pudlitz. Ces gens là, quand on ne fait pas leurs trente-six volontés, sont |\ntoujours prêts à croire qu'on y met de la mauvaise volonté. Je n'ai pas été invité à\naller à cette soirée chez le Grand Duc et j'en suis d'autant plus heureux que pendant\n-(• ~ #\nle concert, je serai à la répétition de Siegfried qui a un bien autre intérêt pour moi,\nA la promenade, tantôt, nous l'avons rencontré (le Grand Duc), se promenant\navec sa femme, la fille de Guillaume, à pied, tous les deux suivis par un simple\nchien-loup, marchant assez vite ; il était en uniforme, l'éternelle casquette à bor-\ndure rouge et un long manteau, le bout du sabre dépassant un peu. C'est un\nhomme de haute t'aille, dans les 55 à 60 ; longue barbe, très droit, énergique.\nA leur passage, les hommes saluent très bas ; les militaires s'arrêtent et font le\nsalut militaire ; les femmes y vont d'un demi-génuflexion, comme dans les opéras\ncomiques, quand une jeune paysanne tire sa révérence au bailli. C'est tout à fait\nédifiant.\nSur toutes les places, les militaires font l'exercice ; ah ! ils n'ont guère le temps\nd'engraisser ; cet art là est plus compliqué que le contrepoint.\nCe soir, soirée glaireuse, souper à 9 h., coucher à 11 h. S'il fallait vivre ici,\nah, non !\nVan Dyck se fait attendre.\nVan Dyck est de retour. Défense absolue de chanter pendant trois jours. Ce\nsacré concert n'aura pas lieu. Pudlitz est prévenu. Tout va bien.\nEmbrassades générales et à demain.\n\nTon Emmanuel."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c032", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 27, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.5.8.1", "titre_corps": "Van Dyck et Chabrier (1890)", "titre_sommaire": "Van Dyck et Chabrier (1890)", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.27", "debut_caractere": 1592, "fin_caractere_exclue": 1619, "texte": "Van Dyck et Chabrier (1890)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c033", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 28, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.5.9", "titre_corps": "A MADAME EMMANUEL CHABRIER", "titre_sommaire": "A MADAME EMMANUEL CHABRIER", "signature_source": "Emmanuel", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.28", "debut_caractere": 1820, "fin_caractere_exclue": 2506, "texte": "A MADAME EMMANUEL CHABRIER\n\nKarlsruhe, mardi 4 mars 1890.\nCe matin, l'intendant est venu me prendre et nous sommes allés ensemble\nchez le Grand Duc, le Carnot de l'endroit. Il a été d'une amabilité parfaite et à\ntrouvé le moyen de me dire qu'il était personnellement heureux qu'un compositeur\nfrançais vint se faire applaudir à Karlsruhe, que les deux nations étaient faites pour\ns'aimer et que la présence d'un artiste EMINENT le touchait profondément. C'est\nlui qui me remerciait ! ! ! Il m'a reçu en costume, avec d'énormes poignées de\nmain. C'est un allemand, évidemment, mais il a l'air bon comme le pain.\nPuis, (1 h. un quart), toujours avec l'intendant et dans son équipage, nous"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.29", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 1017, "texte": "sommes allés déjeuner chez le frère, le Prince Guillaume. Celui-là, c'est encore\nJuS joli ; il est venu nous attendre à sa porte ; et tout ça parle des français\ndonnants ; de 57 à 60 ans, avec des barbes superbes et des airs très chics. La\nPrincesse est d'origine russe. A table, je connaissais à peu\nprès tout le monde, car j'ai depuis huit jours roulé ma\nbosse dans tout le gratin solennel de la localité. On était\nune quinzaine, après le déjeuner, exquis caré,\nliqueurs, cigarettes, valse du roi sur un Erard, puis\nmusique à 4 mains avec Mottl. A trois heures et demie,\non a pris congé les uns des autres. Mais ce que ces\n2ens là sont aimables, tu ne te le figures pas. 11 m'a\n. il-\ndit qu'il était HONORÉ de me recevoir. ! ! !\nJe viens de faire quelques visites d'adieu, (car de-\nmain je passe presque toute la journée à Bade), et à 6 h.\net demie, je vais avec l'intendant chez la Grande Duchesse qui tient, dit-on a\nme faire bavarder et est curieuse de me voir.\nA demain, le loup."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.29", "debut_caractere": 1037, "fin_caractere_exclue": 1046, "texte": "Emmanuel."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c034", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 29, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.5.9.1", "titre_corps": "Chabrier en 1887", "titre_sommaire": "Chabrier en 1887", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.29", "debut_caractere": 1019, "fin_caractere_exclue": 1035, "texte": "Chabrier en 1887"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c035", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 29, "image_fin": 31, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.5.10", "titre_corps": "A MADAME EMMANUEL CHABRIER", "titre_sommaire": "A MADAME EMMANUEL CHABRIER", "signature_source": "Le père Lustucru, Emmanuel", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.29", "debut_caractere": 1048, "fin_caractere_exclue": 2295, "texte": "A MADAME EMMANUEL CHABRIER\n\nha M.embrolle, 26 april 1890\nJe vois, la petite maman que tu ne ten es pas si mal tirée que ça, avec ta\ngrosse malle et tes accessoires • on t aura prise pour la femme du prefet de police,\nàce que je suppose, tu fais trembler le personnel des gares et le sergent de ville\nse roule à tes pieds • ]e ne te vais pas a la cheville, la petite femme, le loup est\ndépassé !\nEmbrasse bien les petits loups pour moi et particulièrement le louveteau qui\naccomplit demain un acte caractéristique et plein de douceur. Recommande-lui de\ndemander à celui qu'il invoque de nous protéger tous, nous qui cherchons a fane\nde notre mieux et qui ne sommes pas des méchants ; dis-lui cie demander pour la\nmaman la bonne vue et la santé, des bulletins propres pour le grand frere, et\npour le pauvre père beaucoup d'inspirations et un peu d argent. Ça fait pas mal\nd'affaires, tout ça, et le bon Dieu est toujours très occupe, mais les jours de\npremière communion, je suis certain qu il dresse spécialement ses oreilles divines\npour écouter les petits enfants épris du ciel et frises pour la circonstance, et que\nfinalement il doit être très doux, très coulant, très accessible, et les petits enfants,\nc est si roublard ! J'espère énormément."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.30", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1344, "texte": "Tâche de trouver quelques heures dans l'après-midi pour aller avec tes\njeunes calices embrasser la pauvre vieille qui s'embête là-bas et vous attend de\ntout son cœur! Fais-\nle, je t'en prie: pOUr\nles enfants, c'est un\npieux devoir, c'es;\nensuite un plaisir,\nça leur apprend à se\nsouvenir et ça les\nrend bons. Si la pa-\nresse est la mère de\ntous les vices, l'ingra-\ntitude en est le père.\nLa grand mère,\n'pas de tous les\nvices, est dans\ndes rages bleues ; on\nne peut pas fourrer\nle nez dehors ; ce ne\nsont que giboulées,\naverses, vents dé-\nchaînés ; la nuit, ça\npleure, ça hurle sous\nles portes et la rafale secoue de grands frissons la maison tout entière ; c'est\nimbecile parce que ça manque de majesté, de grandeur, de décor ; au bord de la\nmer, dans la solitude des hautes montagnes, je me lécherais, mais à la Membrolle,\nc est grotesque et lugubre. Hier matin, en ouvrant ma fenêtre, ça pleuvait, ça\nventait infernalement et tous ces grands bêtas de peupliers se courbaient tous du\ncote de Tours, comme pour saluer celles de la cathédrale ; ça finissait par\nm amuser, aïe donc, aïe donc, ils étaient d'une politesse exquise. Les marronniers,\ndes durs a cuir, sen foutaient, mais les sacrés pommiers, fiers d'être en fleurs\ndepuis quelques jours, avaient des accès de folle rage de voir ainsi s'éparpiller\naux cinq cents diables"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.31", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 726, "texte": "Raconte-moi bien tout ce que tu fais ; moi, ma vie est tellement simple\nnu'elle tient entre une table et un piano. Si je n'avais pas cette richesse d imagi-\nnation qui fait ton orgueil et ta joie, je ne serais guère fichu de remplir ces\nquatre pages. Tantôt, la grand'mère m'a raconté à déjeuner l'histoire de ses\nbonnes pendant qu'elle était à Chatou ; cette histoire, palpitante comme un cœur\nje jeune fille, ou même de ma Chtite à l'approche du bien aimé au casque d'or,\nnaturellement cette histoire, dis-je, fera le sujet de ma prochaine. Tu vois que\n•u as encore de fiers moments à passer ici bas, où tous les lilas meurent, comme\nle chante Mme E.\nA demaingue !\n\nLe père Lustucru,\nEmmanuel"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c036", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c036", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 30, "image_fin": 30, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.5.10.1", "titre_corps": "Chabrier s'amusant avec ses fils", "titre_sommaire": "Chabrier s'amusant avec ses fils", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.30", "debut_caractere": 1346, "fin_caractere_exclue": 1378, "texte": "Chabrier s'amusant avec ses fils"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c038", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 31, "image_fin": 33, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.5.11", "titre_corps": "A MARCEL CHABRIER", "titre_sommaire": "A MARCEL CHABRIER", "signature_source": "E. 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A ton âge, une promenade\nde ce genre doit toujours contenir un\nenseignement, ne pas être un pur spec-\ntacle pour les yeux ; ton petit cerveau\ndoit être la partie. Il y a tant de\ngens, et de ceux qui se croient malins,\nqui vont à l'Exposition de peinture,\nvisiter les églises, se promener au bois,\nassister à un cours, s'installer au theatre,"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.32", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 890, "texte": "et qui reviennent de tout cela la tête vide, n'ayant rien observé, me s'étant rien\nassimilé de ce qu'ils ont vu ; c'est du troupeau qui passe, ça tue le temps, en\nattendant le dîner, qui est la grosse affaire. Pénétre-toi bien de ce que je te\ndis là, tu ne seras jamais assez curieux, dans le sens où je l'entends, naturelle-\nment, et c'est maintenant que les belles curiosités doivent s'éveiller dans ton\nesprit. Lâchons les singes et causons d'autre chose.\nM. Loiseau est en train de gaver le cher frère ; il est venu même hier, jour\nférié, excessivement férié ; le petit a l'air de travailler, mais il doit avoir une croûte\nsur l'intellect ; ça sera long à gratter cette épaisseur avant de trouver le bon nanan!\nJe n'ai jamais pu lui faire comprendre que s'accordait quand il y avait des\nchiffres devant et que ce mot était invariable quand ils étaient placés après ; on lui"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.33", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 533, "texte": "jit : as-tu compris ? oui, papa, et il vous dit tout le contraire. Il y a certai-\nement chez M. Pasteur des pères de famille chez lesquels la rage s'est évidem-\nment développée au fréquent contact de moutards pareils. Enfin, il ne faut pas\nquitter toute espérance ; Dante était d'un autre avis, mais il n'avait peut-être\npas d'enfants.\nNous avons une nouvelle bonne, une veuve d'un jardinier de Mettray, dans\nles trente ans ; elle a l'air un peu dame, mais il y a de la bonne volonté. Espérons.\n\nE. C."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c039", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c039", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 32, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.5.11.1", "titre_corps": "Chabrier a Wimereux (1887)", "titre_sommaire": "Chabrier a Wimereux (1887)", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.32", "debut_caractere": 892, "fin_caractere_exclue": 918, "texte": "Chabrier a Wimereux (1887)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c041", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c041", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 33, "image_fin": 34, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.5.12", "titre_corps": "A MARCEL CHABRIER", "titre_sommaire": "A MARCEL CHABRIER", "signature_source": "Ton papa Emmauel", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.33", "debut_caractere": 535, "fin_caractere_exclue": 2151, "texte": "A MARCEL CHABRIER\n\nLa Membrolle, 13 juin 89.\nMon bon petit Marcel,\nCertes, je suis heureux de voir que tu es galant auprès des demoiselles ; la\nfemme est créée et mise au monde pour recevoir nos hommages et être aimée ; ça,\nc'est convenu. Mais, pour le moment, il ne faut pas que Vun empêche Vautre, et\nl'autre, c'est l'examen, c'est l'entrée en seconde ; c'est la que doit surtout porter ta\ngalanterie. Si tu veux me faire grand plaisir, sois insinuant auprès de la version\nlatine, tendre avec le thème latin, plein de délicatesse pour la version grecque ;\nmets-toi à deux genoux devant l'Histoire et envoie des baisers à la Géographie ;\nsois courtois envers le calcul et plein de feu auprès de la Narration.\nPour le quart d'heure, tâche d'oublier les petites et souviens-toi que si tu\nveux plus tard être libre, tu as encore trois ou quatre ans à ne penser qu'à tes études.\nTu comprends que nous sommes enchantés que l'on te trouve gentil, mais\nnon devoir est de te rappeler au tien encore et toujours.\nFais-moi donc une carte d'Allemagne avec les royaumes ou auchès unis, avec les\net les cours d'eaux principaux, et envoie-moi ça. Sépare bien chaque\npays par un trait au crayon bleu ou rouge, Bade, Bavière, Wurtemberg, etc.\nEcris-moi souvent. Je t'aime tant !\nCancans : Angèle se marie le 8 juillet et sa sœur la remplace ici.\nUn de mes amis, le baron Taylor, qui était aveugle, vient de mourir.\nLe fils d'Auguste Valin se marie le 19 juin. Je suis de noce, turellemment.\nLe jardin est ravissant. J'ai enlevé ce matin plus de 300 gratte-culs.\nCi-inclus, un timbre de Buenos-Ayres ; il se trouvait sur l'enveloppe"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.34", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 236, "texte": "d'une lettre de Nicolini, écrite, ces jours-ci, à la grand'mère. 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Machabey", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.47", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1825, "texte": "CADENCES ET TONALITÉS\n\nLa thèse que je vais présenter ici aussi brièvement que possible, ne\nconstitue pas une découverte. Je ne prétends pas qu'on ne découvrira plus\nrien en musique, comme ce savant anglais qui proclamait définitivement\nclose l'ère des découvertes chimiques; je ne dis pas non plus, [je ne le crois\nmême pas], que cette thèse une fois établie conservera sa valeur pour les\népoques à venir. Mais j'ai seulement l'intention de mettre en lumière, de\nvulgariser, des tendances, des essais, des hardiesses, qui sont encore con-\nsidérés comme des exceptions, et je voudrais montrer que ces exceptions\napparentes doivent être envisagées comme la forme moderne de la loi,\ndans le domaine de la musique.\nLes dogmes ne sont pas immuables : qu'ils soient religieux, scienti-\nfiques ou artistiques (car chaque forme de la pensée humaine a ses dogmes),\nils évoluent tous avec une rapidité proportionnelle à celle de l'évolution\ngénérale de la société qu'ils semblent régir ; malgré cela, ce n'est pas\ntoujours sans difficultés qu'une phase nouvelle remplace une phase ancienne,\net bien souvent un ensemble d'idées surannées se prolonge parmi d'autres,\nrecentes, comme les dernières traînées nuageuses d'un orage sur le ciel\nredevenu bleu.\nC'est précisément, je crois, ce qui arrive de nos jours pour la musique,\net le dogme musical que je viens attaquer présentement, est celui de la\ntonalité.\nLes historiens de la musique se plaisent à nous montrer la longue\névolution de cette tonalité depuis l'antique échelle pentatonique des\nChinois et des Hindous, jusqu'à la gamme actuellement en usage. Mais\ncest surtout depuis le moyen âge que le phénomène devient intéressant\npour nous : c'est d'abord la substitution d'une seule échelle aux nombreux\nmodes ecclésiastiques ; puis sa transposition, à partir des différents degrés"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.48", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2392, "texte": "qui la composent; puis l'emploi, pour les points de départ, des degrés (\nchromatiques ; l'introduction progressive des \" altérations \" qui ne modifient\npas la tonalité fondamentale ; les licences, toujours de plus en plus nom-\nbreuses et plus hardies, qui se rencontrent dans les plus austères composi-\ntions etc. etc. Il suffit d'ailleurs de lire, dans l'ordre chronologique, un |\ncertain nombre d'oeuvres musicales depuis H. Schiitz jusqu'à M. Debussy\npour se rendre compte de l'incessant envahissement de l'écriture\ndans le domaine du défendu théorique. Cependant un fait qui domine cet\nexamen, c'est (sauf pour les œuvres modernes) l'uniformité, la rigidité de\nla cadence parfaite. 1\nOr, cette cadence parfaite est inséparable d'autres faits :\ni° Unité tonale :\n2° Croyance à la proximité des tonalités [sol voisin d'ut etc.] ce qui\nengendra cette règle d'école :le 2me thème d'une sonate doit être au relatif\nou à la dominante du ton principal. Nous verrons à quoi se réduit ce\nton principal, même dans certaines œuvres absolument classiques.\n30 Théorie des notes attractives et toutes les règles d'Harmonie\nrelatives à l'enchaînement des accords ;\n40 Construction même de la fugue, dont nous parlerons assez\nlonguement.\nEnfin cette cadence parfaite est encore et surtout étroitement dépen-\ndante de la structure de notre gamme diatonique, et par conséquent, de\nla conviction enracinée encore de nos jours, que cette gamme est scien-\ntifique !\nOn invoque, il est vrai, à ce sujet, le parallélisme presque parfait\nentre la gamme tempérée, la résonnance du corps sonore et la progression\npar quintes successives. Or, on pourrait demander pourquoi, puisque cette\ncorrespondance n'est pas parfaite,il se fait que l'on considère cependant\nla gamme comme scientifique ? Mais vraiment ce serait jouer sur les mots\net les chiffres, et produire de faibles arguments, que de contester de cette\nfaçon la légitimité de la gamme. Je demanderai seulement (après quelques\nauteurs) pourquoi la gamme a 7 notes et pourquoi on adopte la génération\ntes\npar 5 pour trouver ces 7 notes.\nPour les réponses \" scientifiques \" détaillées, à ces 2 questions, je\n\n1 Assurément, dans le début, on trouve employée concurremment avec elle, la plagale ; mais ce n'est la\nqu'un de ces prolongements dont je parlais, et qui provient simplement des habitudes engendrées par le long\nemploi des modes d'église."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.49", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2398, "texte": "i renvoie à tous les ouvrages de théorie musicale et de physique qui les ont\njaitées depuis 3 siècles environ ; je me borne à dire qu'elles se résument\nai fin de compte au cercle vicieux suivant :\ni° La gamme a 7 sons parce que la génération par quintes donne\n• sons \" naturels \" ; les autres sont \" altérés \" et le dernier correspond\nsensiblement au ler.Ier. [C'est la justification des musiciens.]\n2° La résonnance du monocorde fournit une série de sons dont\nes premiers (4) correspondent à ceux de la gamme musicale et\ndont les autres, s'en éloignent de plus en plus. [C'est la proposition\ndes physiciens.]\nIl suffit de considérer ces deux explications, qui s'appuient l'une sur\n'autre, pour se rendre compte que la gamme actuelle manque absolument\nde cette base scientifique qu'on lui prétend et qui la rendrait immuable ;\nen réalité, notre oreille occidentale s'y est habituée, comme il est facile de\nle voir par la comparaison avec les intervalles employés par des peuples\nappartenant à des civilisations différentes [voir l'échelle grecque actuelle,\nl'échelle hindoue etc.] ; notre gamme n'en est pas moins utile et surtout\npratique ; elle répond à nos besoins beaucoup mieux probablement que si\nl'on se fût avisé d'instaurer une échelle sur chaque komma de l'octave,\nattendu que l'écriture polyphonique compliquée de nos auteurs modernes\ns'accommoderait mal d'une justesse si difficilement réalisable.\nJe crois d'ailleurs, sans insister autrement sur le sujet, que les 7 notes\nde la gamme trouvent leur explication dans les théories de l'lnde, de la\nChaldée, de l'Egypte, de la Grèce, et même dans les témoignages des\nPères de l'Eglise, et qui se résument à ceci :\nLes 7 notes de la gamme correspondent aux 7 planètes connues des\nanciens.\nComme, après des recherches personnelles, je suis arrivé à cette\nconclusion qui est également celle de M. Combarieu [à qui je laisse\nd'ailleurs tout l'honneur de l'avoir, le premier établie] je ne puis que\nrenvoyer le lecteur à son très bel ouvrage : La Musique et la Magie ; je\ncrois que les faits et documents les plus authentiques et les plus convain-\ncants en faveur de la constitution artificielle de la gamme heptatonique s'y\ntrouvent réunis.\nLe problème se pose donc ainsi :\nLa gamme diatonique de 7 sons, qui est devenue celle, chromatique,\nde 12 sons, est légitimée par son emploi général, par les ressources qu'elle"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.50", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2231, "texte": "offre et la facilité avec laquelle elle est maniée. Quelle est, en ce cas, la\nvaleur de la cadence parfaite et de toutes les lois qui s'y rattachent ?\nAutrement dit, puisque l'échelle diatonique semble aujourd'hui\ninvulnérable, la cadence parfaite qui s'y rattache l'est-elle aussi ?\nJe réponds: Non. La cadence de Dominante à Tonique n'est pas liée\nà la gamme d'une façon aussi étroite qu'on le croit. Une cadence affirme et\naffermit une tonalité ; mais elle l'affermit par son caractère concluant ;\nqu'elle éclate au début ou à la fin d'une phrase, elle conclut. Or, il s'agit\nde savoir : «\ni° Pourquoi elle conclut.\n2° Si elle est seule à posséder ce pouvoir.\nA la première question la réponse est à peu près unanime : elle\nconclut d'abord parce qu'il y a un rapport immédiat entre la fondamentale\net sa ste5te ,et que cette fondamentale se présente alors comme le dernier\nterme de la résonnance, qu'on descendrait au lieu de remonter; et ensuite,\nparce que l'oreille y est habituée.\nRéponses sans valeur : encore une fois, pourquoi choisit-on l'har-\nmonique 3 plutôt que 2 ou 5 ? Pourquoi la s*® inférieure en usage dans\ntoute l'antiquité n'a-t-elle plus droit de cité ? Evidemment c'est que notre\nsens auditif a évolué, et c'est ce qu'il faut retenir ; nous entendons autre-\nment qu'il y a quelques centaines d'années et notre musique peut et doit\nne plus obéir aux mêmes règles : l'antiquité nous présente des phases\nfrappantes de cette évolution, et son témoignage est tellement irréfutable\nque je m'appuierai en partie sur lui dans ce qui suit. Tout ce qui est\néducation est essentiellement modifiable, et on n'a pas le droit d'astreindre\nl'oreille à des formules figées par le prestige d'un dogme, lorsqu'elle est\nsusceptible d'entendre et comprendre autre chose, et plus de choses.\nQuant à la seconde question, à savoir : la cadence parfaite est-elle\nseule concluante ? il est facile d'y répondre négativement, et pour ce faire\nj'irai puiser mes arguments, non dans la musique harmonique, mais dans\nla monodie, ce qui sera, je crois, plus persuasif encore.\nIl me semble, en effet, que la chute de seconde majeure a un carac-\ntère nettement conclusif et je citerai à ce propos la phrase ambrosienne\nsuivante :"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.51", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2228, "texte": "Il faut remarquer que M. d'lndy étudie également la cadence en\n;hors de toute préoccupation harmonique ; mais il veut absolument que\nmélodie oscille de la T à la D, et vice-versa. Et nos amateurs d'inter-\nrétations \" scientifiques \" diraient que le la, constituant la seconde, est en\nnction de dominante : c'est la ste5te de la dominante de sol ; ce serait donc\nir suite d'un sentiment \"instinctif\" de la cadence parfaite que, même\n:rangers à l'harmonie, les anciens concluaient si logiquement et si par-\nlement au moyen de ce second degré, qui en réalité appartient à notre\njrmule D T. Il n'est pas besoin d'insister sur la vanité de telles interpré-\ntions, qui, pour vouloir \" quand même \" être scientifiques, sont outrées\ni invraisemblables.\nDe plus comment interprêter dans le même sens le caractère, con-\nîuant de la tierce majeure ?\nIl est vrai que c'est la 306 de l'accord parfait de tonique, mais alors,\nsi la 306 est susceptible de former une cadence parfaite, pourquoi choisir à\ntout jamais la ste5te ?\nIl est enfin très remarquable que les cadences se présentent à nous\nians un ordre chronologique [tout au moins pour la musique occidentale] :\nLa 2de descendante, la 3eo majeure, la 4te ou cadence plagale, puis la ste5te ou\ncadence parfaite ; celle-ci semble avoir fait son temps, du moins comme\nloi unique, et partager son règne avec ses aînées, dans notre musique\nmoderne.\nMais je dois encore, avant de terminer la critique particulière de la\ncadence, attirer l'attention sur le fait suivant : la cadence réside autant dans\nl'intention de l'auteur et l'exécution de l'instrumentiste ou du chanteur\nque dans l'enchaînement sonore ; et je ne puis m'empêcher de rappeler\n'opinion de M. Schuré au sujet de notre cadence. Les Grecs, pense-t-il,\npar suite de l'union intime de la musique, de la poésie et du geste, con-\ncluaient avec ce dernier : le geste finissait le discours et l'action. Lorsque\nh mimique disparut sous l'influence des idées chrétiennes, il fallut trouver\ndans la musique même un élément conclusif, et ce fut la cadence. On est\ndonc fondé à regarder la cadence comme un \" geste musical \" qui a eu ses\nmodes, qui s'est développé, enrichi, affecte aujourd'hui la formule D. T,"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.52", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2139, "texte": "mais n'est nullement obligé d'être figé dans un moule unique, présenté\ncomme tel par l'enseignement dogmatique.\nLa cadence est tellement un geste, qu'elle en est presque la représen-\ntation graphique. Qui peut contester que la formule\nsoit plus affirmative que la formule\nC'est cependant la même harmonie ; mais le premier enchaînement\nest plus caractéristique que le 2me à cause du mouvement mélodique\nsol-do, de la basse qui présente une analogie manifeste avec le geste oratoire.\n[Qu'on ne me fasse pas dire, surtout, que ce mouvement mélodique est\nune imitation voulue du geste oratoire !]\nonc, la cadence n'offre, pas plus que la gamme, une base scienti-\nfique ; elle n'est pas seule à posséder le caractère affirmatif qui fait son\nimportance. C'est donc un dogme : s'il était immuable, ce serait un fait\nunique dans l'histoire de l'univers, car en dehors de la vérité des chiffres,\nrien n'est incontestable et la cadence, quoi qu'on en puisse dire, n'a rien\nde l'évidence mathématique. La formule D. T. est d'introduction récente\ndans n„otre musique : elle est une conséquence de l'évolution tonale ;\ncomme celle-ci continue sa route [ainsi que nous allons le voir] la cadence\ndite parfaite doit évoluer parallèlement et changer de constitution ou\nperdre de son importance. Consacrée d'abord par l'usage, elle le fut\nensuite par F école, qui oppose en musique comme partout une inertie\nénorme (et utile en un sens) aux mouvements du sentiment.\nOr, la cadence est la base de toute la musique depuis 3 siècles :\nd'éminents professeurs ont eu la perspicacité, pour faire analyser la musique\nclassique, de réduire les mouvements de la basse à des stes5tes et des 4tes. Mais\nsi cette constitution harmonique a pour cause la structure de la mélodie\net par conséquent de la gamme à laquelle elle appartient, en revanche,\nelle eut un retentissement considérable et très visible sur la mélodie qui\ns'est limitée sous l'influence de l'éducation et de l'habitude à des\ncontours susceptibles d'être classés dans l'échelle tonale, et d'être harmo-\nnisés suivant les lois qui en dépendent et sont, en définitive, celles de la\ncadence."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.53", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2662, "texte": "Mais ici surgit un fait nouveau : plus nous approchons de notre\népoque, plus la ligne mélodique se charge de notes qui n'appartiennent\npas à sa constitution initiale : ce sont les fameuses \" altérations \" des\nharmonistes et nous nous trouvons alors en face d'un véritable subterfuge\npour expliquer [toujours \" scientifiquement \"] un fait qui paraît anormal.\nOn peut, par exemple, en Ut majeur employer le Ré b qui entraîne le\nla b : c'est le \" second degré baissé \" ce qui, je crois, n'explique absolu-\nment rien ; on peut \" faire un emprunt \" au mode mineur et se servir du\nmi b, du la b. Dans l'accord de \" sixte augmentée \", le fa $ est légitime\nen compagnie du la b [ou du sol f ?....] enfin \" l'altération ascendante \" du\nrdegré, la 112, est bien connu de tous les élèves. On ajoute que toutes ces\nnotes peuvent être utilisées à la condition qu'elles se résolvent naturelle-\nment. En réalité nous nous trouvons en face du fait suivant : la gamme,\nde diatonique qu'elle était, est devenue chromatique et on a continué à\nl'harmoniser avec le système diatonique ! C'est pourquoi il faut résoudre\nles notes altérées : aucune agrégation diatonique ne leur correspondant\nexactement, il faut les faire aboutir sur des notes de la gamme, dites\nnaturelles, qui correspondent à des harmonies diatoniques. Le jour où l'on\naura reconnu la légitimité de la gamme chromatique, et fondé un système\nd'harmonie chromatique, la résolution des notes attractives sera inutile.\nCette résolution n'a d'ailleurs rien de scientifique : pourquoi le si\nqui est assimilé au 15® harmonique du doit-il se résoudre sur cette\nnote ? Pourquoi le mi, qui ne se trouve à côté du fa que par suite du\nclassement opéré arbitrairement dans les harmoniques doit-il se résoudre\nsur ce voisin d'occasion ? Il y a là, un fait de convention et aussi d'usage\nqui se rattache à l'importance de la cadence parfaite. D'autre part les\nmusiciens affirment presque unanimement que c'est de la résolution des\nnotes attractives que proviennent toute la passionnalité, toute l'émotivité\nde la musique moderne. Je le crois parfaitement, mais je ferai observer\nque c'est là un fait d'ordre expressif et non d'ordre scientifique qu'il n'y\na aucune corrélation entre eux et qu'enfin il est assez croyable que les\nmusiciens n'auront pas toujours que cette seule ressource d'expression : ils\ny ont déjà ajouté le chromatisme, l'orchestration, et même la non\nrésolution des sensibles !\nLa constatation de ce désaccord entre la gamme et l'harmonie nous\nconduit à une autre constatation riche d'enseignements et de conséquences.\nComment se fait-il qu'un Beethoven ait construit un si admirable"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.54", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2486, "texte": "édifice sur des bases aussi peu homogènes? Evidemment ou peut alléguer\nl'habitude mais le véritable mot de l'énigme, c'est que l'oreille s'est\naffinée, s'est fatiguée de l'ancienne monotonie et s'est habituée à d'autres\nagrégations que celles fournies par le système diatonique ; c'est que l'oreille,\npar suite d'une évolution insoupçonnée, a contredit et contredit plus que\njamais la prétendue science des théoriciens ! Le fait est constatable tous\nles jours : l'accord de ste5te augmentée est prohibé par les traités ; pourtant\nl'auditeur est agréablement surpris par les accords de \"Pelléas et Mélisande.\"\nEt les exemples sont légions : de nos jours ils ne sont plus l'exception,\nmais la loi ou tout au moins l'habitude qui devient souvent la loi.\nPar un graduel enchaînement, nous nous trouvons amenés à traiter\ndes questions de plus en plus importantes : l'oreille en s'habituant au\ndésaccord d'une tonalité chromatique et d'une harmonie diatonique [car\nc'est le fond de la musique depuis plus d'un siècle] nous prouve 2 choses\ni° La valeur toute relative de la cadence.\n2° Son aptitude à accepter comme des agrégations rejetées\npar les traités.\nQuelle est donc maintenant la valeur de la Tonalité ?\nJe ne dis pas qu'elle soit nulle, mais elle a infiniment diminué.\nComme il n'est pas important d'entrer dans le détail des faits, je\nciterai seulement les preuves les plus frappantes :\nLes premières fugues, les premières suites, etc. sont absolument\nmonotoniques. Qu'on jette un coup d'œil sur une sonate moderne : elle est\ncriblée d'accidents, l'armature en est constamment annulée ou exagérée\npar les signes accidentels, dès la 2me note jusqu'à l'avant-dernière, il n'y a\nguère que la ire &la dernière (et encore) qui appartiennent nettement à\nla tonalité indiquée par l'armature, et celle-ci semble bien plutôt destinée\nà localiser les thèmes principaux dans des registres déterminés, et surtout\nà établir un point d'appui et de comparaison pour la construction de tout\nl'édifice, qu'à régir, par un système diatonique déterminé, toute l'œuvre\nqui en est pourvue.\nQu'en conclure, si ce n'est que l'oreille et la pratique ont devancé les\nthéories et les enseignements ? Et pourtant ce sont les chefs de la musique\nmoderne, des artistes remarquablement instruits qui malmènent si cava-\nlièrement les antiques lois de la tonalité.\nAutre fait. On écoute un long passage écrit dans une seule tonalité.\nVienne une note étrangère qui se prolonge ou se répète : la tonalité"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.55", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2684, "texte": "précédente disparaît sans laisser de souvenir pour faire place à celle à laquelle\nappartient la note modulante. Le véritable effet expressif a lieu pendant la\ntransition : une fois la nouvelle tonalité établie l'intérêt, l'expression nous\nviennent du contour mélodique, de l'orchestration, de l'harmonisation, etc.\nCela revient à dire que la tonalité de Si M. n'est pas plus claire que celle\nde La M. ou de Sol: elle produit, après l'une d'elles, un effet de clarté au\nmoment où elle s'impose et où les deux tonalités ne sont pas encore\nséparées ; la séparation faite, l'effet disparaît. Assurément cet effet peut\nêtre saisissant ; Bach l'avait utilisé dans ses cantates, Beethoven dans ses\nœuvres instrumentales, et M. d'lndy dans sa belle brochure sur Franck\net dans son Traîté de Composition fait voir tout le parti qu'on en peut\ntirer. Seulement il faudrait généraliser : dans une œuvre symphonique,\npar exemple, où tout l'intérêt, toute l'expression proviennent de la musi-\nque seule, et par conséquent, où tout doit concourir à les faire naître, la\nmodulation habile ne nous donne qu'une satisfaction intermittente, puisque\nle saisissement produit dure à peu près l'instant de cette modulation\noù alors, il faudrait moduler tout le temps ! Et c'est à peu près ce qui\narrive avec le chromatisme et une harmonie appropriée, qui, bien que ne\nfigurant pas encore dans les traités, sont employés déjà couramment par\nles éclaireurs de l'art musical.\nDe l'établissement des faits précédents résulte la conséquence la plus\nimportante de la présente thèse. Elle touche à la construction musicale\nelle-même, et s'attaque aux lois qui régissent l'édification de la fugue et\nde la sonate. J'ai peut-être quelque témérité à exposer les idées suivantes,\npuisqu'elles constituent une opposition aux enseignements des maîtres les\nplus incontestés et les plus vénérés. Pourtant comme elles résultent logique-\nment des conclusions qui précèdent, je crois devoir pousser jusqu'au bout\nmes déductions.\nPourquoi s'obstine-t-on à construire des fugues monotoniques P\nPourquoi le 2me motif d'une sonate est-il àun ton voisin de celui du\ndébut ? Je sais qu'à la première question on objecte l'autorité de Bach :\ntoutes ses fugues sont monotoniques, même les plus longues, et elles forment,\npar leurs entrées successives et régulières une vaste cadence. Je suis per-\nsuadé que cette objection n'a pas de valeur : d'abord j'ai fait remarquer la\nfragilité de la valeur attribuée à la cadence, je n'y reviens donc pas; ensuite,\nBach a créé la fugue [malgré tous ses précurseurs], il faut donc le replacer\na son époque : la nouvelle tonalité était encore mal établie, quoi qu'on en"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.56", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2670, "texte": "dise,et en tous cas on n'en avait pas découvert toutes les ressources ;de plus\nle \" Clavecin bien tempéré \" de 1722 fait usage contre la coutume, de toutes\nles tonalités : certaines d'entre elles [d'une armature très chargée] étaient\ninusitées dans la pratique, d'autres rarement employées ; les témoignagnes\nsont, à ce sujet, irréfutables. Ajoutons que la fugue typique est celle d'orgue,\nqui a conservé toute l'austérité de l'atmosphère ecclésiastique. Les autres\nformes instrumentales, la Suite en particulier, étaient monotoniques. Quoi\nd'étonnant à ce que la fugue le fût ? Et c'était même sous ce rapport la\nforme la plus perfectionnée, puisqu'elle faisait entendre le sujet principal\nà des tons relativement éloignés [2me degré, 3me mineurs]. De la structure\nmonotonique de la fugue de Bach, on ne peut donc tirer un argument qui\njustifie la copie servile qu'on en a fait depuis 200 ans : persister dans la\n\" fugue d'école\" c'est arrêter volontairement son évolution.\nDe plus, j'ajouterai qu'il y a eu erreur d'interprétation, quant aux\nentrées successives de la fugue : ces entrées correspondent à une constitu-\ntion rythmique et non tonale de cette forme, comme il est facile de s'en\nrendre compte par l'analyse rythmique des fugues de clavecin et surtout\nd'orgue. La liberté avec laquelle Bach dispose ses entrées, l'absence de\ncertaines d'entre elles, qui devraient pourtant figurer, si véritablement c'est\nle régime tonal qui domine, etc. ne peuvent s'expliquer que par un équi-\nlibre rythmique. Si l'on considère alors la succession des entrées d'une\nfugue de Bach, comme dominées par le souci ou l'intuition d'un agence-\nment régi par le rythme et non la tonalité, on se trouve parfaitement fondé\nà proclamer que ces différentes entrées ne sont pas astreintes à former une\ncadence tonale, et que leur enchaînement doit avoir pour but, seulement,\nde souligner par des modulations les phases les plus caractéristiques, les\nstrophes, les systèmes etc. : par conséquent le choix des tonalités affectées\nà ces entrées ne dépend que du caractère général qu'on veut donner à\nl'œuvre d'art, et n'est donc astreint qu'à cette sorte de symétrie expressive,\nqui constitue, au-dessus de la structure scholastique, un rythme poétique,\nmusical et artistique, très supérieur et d'origine beaucoup plus intuitive\nque scientifique.\nPour la sonate, la différence de tonalité entre le 2me thème et le premier\nn'est que l'extension et la consécration par l'usage, de la disposition\nadoptée dans la suite primitive ; donc, d'un enchaînement historique\ntrès naturel (comme pour la fugue) à une époque où l'emploi des tons\nte r 1 • r » t. • 11 1\néloignés était rare."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.57", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2625, "texte": "Ajoutons à cela que la science très peu étendue des instrumentistes\nétait un obstacle sérieux aux armatures chargées ainsi qu'au trop grand\nnombre d'accidents nécessités par de nombreuses modulations : il faut se\nsouvenir qu'à la fin du XIX s. les musiciens de certains grands orchestres\ndéclaraient impossible à jouer certain passage de Franck. Beethoven, déjà,\nrencontra les mêmes difficultés !\nIl était donc naturel que pour varier la tonalité initiale, (ut par ex.)\non n'employât que le ton de sol, introduisant seulement le fa #, ou fa avec\nsi b, ou la min. avec sol 112. Si le ton de sol l'emporte, c'est, comme je l'ai fait\npressentir plus haut, à cause de l'importance toujours grandissante de la\ncadence parfaite. Mais ce qui est consacré par une époque ne l'est pas\npour une autre : et nous avons le droit de nous demander si depuis la\ngénéralisation de la tonalité chromatioue il est encore logique que le\n2me thème d'une sonate soit à la Dominante ou au relatif majeur du ton\ninitial. Je crois inutile de revenir sur ce que j'ai dit précédemment et qui\ncontient la réponse à cette question. Le peu d'importance d'une tonalité\ndès qu'elle est remplacée par une autre, le peu de persistance de la ire et\nson évanouissement au bout de quelques notes, suffisent à prouver qu'il\nn'y a plus aujourd'hui aucun lien réel, pratique, et obligatoire, entre le\nir et le 2me thème d'une sonate, au point de vue tonal. L'habitude\nd'intercaler entre eux deux un pont souvent étendu et modulant, a détruit\nau reste la prépondérance illusoire du ton initial, dit ton principal.\nBeethoven avait déjà réalisé ce progrès dans certaines de ses œuvres\n[voir par exemple sonate 31 n° 1, 0.53-0.81 etc.] où un éminent maître\nmoderne s'étonne de voir que le 2me thème est, par exemple, en si, alors\nque le premier est en sol. Assurément, c'est une exception chez Beethoven,\nqui était encore sous l'influence de son époque, et qui eut assez à faire de\nrenouveler les formes,sans s'occuper particulièrement de la mais\ncela prouve aussi qu'il ne voyait pas une absolue nécessité à écrire le\n2me thème àun ton voisin du ir. Le choix de cette 2c:e tonalité dépendra\nd'une foule de circonstances, principalement de la tonalité à laquelle\naboutit le développement musical du thème initial ou du pont de\nl'allure même du 2rae thème du régistre où il doit se faire entendre\netc. Mais il ne peut au nom d'aucune loi, d'aucune expérience, être déter-\nminé à l'avance par la tonalité dite principale, souvent effacée elle-même\ndès les premières mesures.\nIl reste un point à examiner : Une pièce musicale doit-elle finir dans"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.58", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2526, "texte": "la tonalité où elle débute ? Je dis : oui; non pour satisfaire les lois de la\ntonalité, mais celles de ce rythme tout artistique dont je parlais tout à\nl'heure.\nLes deux piliers sur lesquels s'appuie l'arche d'un pont sont égaux,\net sont coupés par un même plan horizontal : nous aimons à retrouver\ncette symétrie dans toute œuvre artistique et principalement musicale.\nA vrai dire, elle satisfait l'œil, l'intelligence surtout de l'auteur, mais peu\nl'oreille de l'auditeur, qui, je m'en suis rendu compte, ne pense que bien\nrarement à comparer le point de départ et le point d'arrivée ; je me suis\nà cet effet, amusé à écrire une assez longue composition [car il n'en existe\npas à ma connaissance, de cette forme, dans les éditions actuelles] qui\ndébute en ut b passe par de nombreuses tonalités et se termine après une\nimportante péroraison en ut f Maj. Personne, en l'entendant, n'a jamais\nsongé à remarquer que je commençais dans un ton et finissais dans un\nautre : preuve frappante de l'effacement d'une tonalité par l'imposition\nd'une autre, et aussi que l'auditeur n'est pas gêné par un manque de symé-\ntrie qui contrarie vivement l'auteur.\nJe crois donc que ce qui doit dominer la composition, c'est l'intelli-\ngence du rythme^de la proportion^de la et non les lois\ntonales dont je ne conteste pas l'importance et la légitimité pour les\npériodes antérieures, mais qui sont à peu près illusoires de nos jours, comme\nje pense l'avoir établi.\nJe ne puis que refaire ici l'observation du début : Je n'ai rien décou-\nvert, j'ai seulement mis en valeur des faits devenus courants, devenus la loi\net qui réduisent l'autorité des dogmes actuellement imposés par les écoles.\nAinsi, l'ancienne tonalité plain-chantaise subsistait et semblait régner en\nmaîtresse au temps de Glaréan, alors que depuis 3 ou 4 siècles les compo-\nsiteurs du peuple se servaient de la gamme actuelle, exclue du système\necclésiastique.\nIl n'est pas besoin, je pense, d'insister sur les \" faits courants \" dont\nje veux parler : la musique de Claude Debussy d'une part, celle de R. Strauss\nd'autre part, que les théoriciens se font forts de ramener à l'étroitesse de\nleurs traités, d'analyser et de condenser dans leurs formules de cadence,\nsont l'irréfutable preuve que l'échelle chromatique règne, sans prépondé-\nrance des degrés dits \" naturels \" sur les degrés dits \" altérés. \" Les uns\ncomme les autres sont des produits légitimes de la génération des sons par\nQuintes, et ils ont tous la même importance dans l'échelle moderne : c'est"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.59", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1506, "texte": "au compositeur à les disposer suivant un ordre adapté à ce qu'il veut\npeindre ou exprimer.\nJe résume donc ici les conclusions auxquelles nous nous sommes\narrêtés au cours de cette étude. Je ne me dissimule pas les nombreuses\nobjections de détail qu'elles peuvent soulever; mais j'ose espérer néanmoins\nqu'un jour viendra, où elles auront place dans les traités de solfège,\nd'harmonie et de composition musicale.\ni° La gamme est la série des sons chromatiques contenus dans\nl'octave.\n2° La cadence parfaite n'a pas plus de valeur que la cadence au\n2e degré, ou plagale etc. Le choix de la cadence dépendra de\nla nature de la phrase musicale.\n3° La résolution des notes attractives, nécessaire avec un système\nd'harmonie diatonique devient inutile avec une harmonie\nchromatique [qu'il faudrait peut-être instituer ? ]\n4° L'enchaînement traditionnel des tonalités de la fugue et de la\nsonate n'est plus impératif pour la composition moderne.\n5° Les lois de la construction musicale dérivent directement du\nrythme, c'est-à-dire de l'équilibre dans l'étendue, la forme,\nl'importance, et le degré d'émotivité des fragments constitutifs\nde l'édifice musical.\nIl va sans dire que ces réformes bien loin de supprimer l'étude de la\nmusique classique ne font que l'instaurer sur des bases nouvelles : les\nfugues de Bach deviennent une source d'enseignements, dont les rythmi-\nciens allemands eux-mêmes, Westphal excepté, ne soupçonnèrent peut-\nêtre pas la richesse inépuisable.\n\nA. Machabey."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c066", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c066", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 60, "image_fin": 66, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.14", "titre_corps": "LES PRÉCURSEURS DU VIOLON", "titre_sommaire": "LES PRÉCURSEURS DU VIOLON", "signature_source": "Lucien Greilsamer", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.60", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3025, "texte": "Ctmmunieaiitn faite à la Société International*\nMESSIEURS,\nDans le courant de l'année dernière, notre distinguée collègue Miss Kathleen Schlesinger,\npublia à Londres, un livre très documenté, 1 attribuant à notre quatuor à cordes une origine\ndifférente de celle que les auteurs lui ont assignée jusqu'à ce jour. Ce qui m'a fait si longtemps\ndifférer le moment de vous présenter cet ouvrage, malgré le désir que j'en avais, c'est la foule\nd'incertitudes nouvelles qu'il ajoutait à mes incertitudes anciennes, et aussi, dois-je le dire, la\ncrainte que, vu sa nature, vous ne vous en désintéressiez.\nCependant un tel sujet me parait devoir entrer naturellement dans le cadre d'études de\nmusicologie, études où il n'est pas toujours suffisant de s'occuper uniquement de l'évolution\nde la pensée, mais où il est parfois nécessaire de connaître parallèlement les moyens matériels\npar lesquels cette pensée fut exprimée. Cette branche de la musicologie a peu d'adeptes, et je\nne serais pas éloigné d'imputer bien des insuccès à ce que nous avons fait porter nos recherches\nuniquement sur la théorie, en négligeant de vouloir connaître comment cette théorie fut\nréalisée matériellement. La création d'un corpus iconographique rendrait de grands services\ndans ce sens, et je crois savoir que notre regretté collègue Aubry y avait songé pour son usage\npersonnel. Laisserons-nous à l'Etranger l'initiative d'une telle entreprise ?\nLa musique, comme les autres arts, vit de réalisations, non de spéculations, et elle peut\nse passer, sans cesser d'exister, de tout l'appareil scientifique dont on a des tendances à vouloir\nl'envelopper. Nous ignorerions le rapport numérique ou de vibrations existant entre les deux\nnotes d'une quinte, que notre oreille n'en constaterait pas moins la justesse ou la fausseté,\naussi exactement que l'appareil de physique le plus parfait, sans l'ombre d'une hésitation, d'un\nseul coup. Ce n'est donc pas le calcul cérébral qui est juge dans ce cas, c'est le sens de l'ouïe.\nLe calcul vient seulement constater un phénomène se produisant dans un de nos sens, et le\ntraduire, pour le mettre à la portée de notre intellect. La plus belle composition n'existe pas\nmusicalement, s'il nous manque les moyens matériels de l'exécuter, et Beethoven devenu sourd,\nresta encore musicien par la seule force du souvenir : il n'est pas de musicien né sourd, pas\nplus qu'il n'y a de peintre né aveugle. Il pourrait se trouver un statuaire dans ces conditions.\nIl parait donc impossible de comprendre un art passé à qui en ignore la réalisation,\net même, pour la musique, toute pensée transcrite dans un autre ton, réalisée sur un autre\ninstrument, ou chantée par un autre voix est m pervertie, alors que\nelle peut paraître identique. Quand il s'agit de musique vocale, cela s'étend au delà du timbre\net du registre, la question de langue et d'accent tonique intervenant à son tour.\n\n1 The instruments of the modem Orchestra and early records of the frecursors of the u 'tolin family. (London\nW. Reeve» 2 vol. in-8° 1910.)"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.61", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 25, "texte": "LES PRÉCURSEURS DU VIOLON"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.61", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 4253, "texte": "Pour rester dans le domaine instrumental, il serait bien intéressant par exemple, de savoir\ncomment les grecs et les romains jouaient de ces fameuses cithares dont les écrivains anciens\nfont tant de cas, qui eurent leurs Paganinis Citharœdi, et qui inspirèrent à l'empereur Néron\nune telle passion. Nous pourrions certainement nous en faire une idée peut-être éloignée, mais\nau moins correcte, si nous voulions un instant cesser de lire pour regarder, car les documents\nabondent, les musées en sont remplis : Vases grecs, vases romains, bas reliefs, statues, images\nde toutes sortes. Qu'y trouvons-nous presqu'invariablement ?\nL'exécutant tenant de la main droite le plectre, destiné ainsi que son nom\nl'indique, à frapper les cordes ou à les frotter violemment. Pourquoi cet objet ? évidemment\nen vue de ménager les doigts délicats : le coup frappé devant être énergique ou rapide, et cela\nprobablement à seule fin d'avoir la possibilité de faire sonner plusieurs cordes simultanément.\nLa position de la main gauche va confirmer notre hypothèse. Les doigts ne sont pas posés\narrondis sur les cordes comme pour les pincer, ainsi que le font les harpistes ; la main est\nouverte, et les phalanges sont posées à plat, position dans laquelle il est impossible de mettre\nune corde en vibration. Pourquoi ? C'est bien simple. Les doigts ont seulement pour but de\nservir d'étouffoirs, d'empêcher certaines cordes de vibrer, tandis que les autres, celles restées\nlibres, entreront en vibration lorsqu'elles seront frappées par le plectre. Aussi voyons-nous sur\ncertains vases grecs et romains représentés des citharistes en train de jouer, et ayant deux ou\ntrois doigts posés sur une seule corde. Tout cela est généralement dessiné avec la netteté et le\nprécision que les anciens ont sû mettre dans leurs productions artistiques, et qui en font en\nmême temps des œuvres documentaires.\nD'autres fois, nous voyons l'exécutant privé du plectre, et jouant des deux mains. Alors,\ntandis que la main gauche garde la position dont j'ai parlé plus haut, les doigts de la main\ndroite sont serrés les uns contre les autres, et le bras est levé dans l'attitude que l'on prendrait\nsi l'on allait frapper violemment. Et c'est de la même manière que les anciens Egyptiens\njouaient eux aussi de la Kithara. Il est bien entendu qu'il est question ici de la Cithare, et non\nde la harpe ou analogues.\nEt si ces hypothèses suggérées par une représentation matérielle se justifiaient, elles\nimpliqueraient l'idée que les anciens ont pratiqué l'harmonie. J'y songeais encore une fois en\nvoyant défiler sous mes yeux les images de documentation excellente sur la Cithare qui\nabondent dans le livre de Miss Schlesinger. Mais, ainsi que je l'ai dit en commençant, tel n'est\npas le but de cet ouvrage. Il s'agit de déterminer l'origine des instruments de la famille du\nviolon. Jusqu'à présent, on avait admis d'une façon générale que cette famille devait son\norigine à l'lnde, où, depuis les temps les plus reculés on a joué d'un instrument à archet assez\nprimitif appelé ravanastron.Cet instrument ne se perfectionna pas, et maintenant il est aban-\ndonné au peuple de la dernière classe, et à de pauvres moines bouddhistes qui vont de porte en\nporte, demander l'aumône. D'après la tradition de l'lnde, il a été inventé par Ravana, roi de\nCeylan, cinq mille ans avant l'ère chrétienne. Le ou plutôt l'une de ses trans-\nformations, en passant chez d'autres peuples, est devenu le des Arabes, introduit en\nEspagne au 8\"'e siècle, par les Maures. Ici se présente un document écrit, qui embrouille\nsingulièrement la question : c'est le poëme de Venance Fortunat, évêque de Poitiers, signalant\nvers 570 l'existence du crowt. Or, si l'on admet que cet instrument d'origine celtique était\ndéjà un instrument à archet du temps de l'évêque en question, et rien ne l'indique, ni un écrit,\nni un monument figuré ou une image quelconque, il faudrait remonter à Vorigine indo-germa-\nnique des celtes, pour y reconnaître la filiation avec le ravanastron. Rien n'est moins certain, et au\ncontraire, les documents semblent concorder pour nous apprendre que l'on n'appliqua l'archet\nau crowt que vers le onzième siècle, et qu'auparavant les cordes en étaient pincées comme"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.62", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 4096, "texte": "dans la rota. Pour ce dernier instrument, il ne saurait plus y avoir de doutes, depuis la mise en\nlumière de la phrase du moine Notker de St Gall (une des 3 écoles de musique fondées par\nCharlemagne), phrase datant de la 2me moitié du I0me siècle :\n\" Les lyres et les rotes ont respectivement 7 cordes et ces 7 cordes sont mises en vibration\npar le même moyen \" qui corrobore la lettre de Cuthbert, archevêque de Canterbury (750)\ndans lesquelles il est dit que la cythare et la rota sont une seule et même chose. J'ajouterai\nque ni l'antiquité grecque ni l'antiquité romaine ne paraissent avoir connu l'emploi de l'archet,\npuisqu'aucun écrit n'en parle, et qu'on ne le voit figurer sur aucun monument.\nD'autre part, si comme nous le supposons, l'archet fut introduit en Europe avec le rebab\npar les Maures, un document probant nous apprend qu'il était connu au commencement du\n9me siècle : Le manuscrit de l'abbé Gerbert nous montre un instrument monocorde, en forme\nde poire, n'ayant rien de commun avec le crowt, et mis en vibrations par une main tenant un\narchet.\nEn se basant sur ce fait que le crowt ne fut pas en Europe l'instrument à archet révélé,\ntombé du ciel ou créé d'une pièce, mais que l'adjonction de l'archet n'est qu'un épisode de\nplus aux transformations subies par lui, puisque pendant longtemps il fut seulement pincé,\npuis servit à double fin, pincé et frotté, puis finalement seulement frotté, et que d'autres\ninstruments furent munis de l'archet bien avant lui, Miss Schlesinger a cru devoir écarter\ncomplètement la question d'archet, pour établir la généalogie du plus noble des instruments,\nen considérant uniquement la forme du corps sonore.\nLe paradoxe posé, et l'archet mis hors de cause, l'auteur établit que deux familles bien\ndistinctes d'instruments à cordes ont existé depuis la plus haute antiquité : la première, ayant\npour ancêtre la lyre ou Chelis,à fond fortement voûté et creusé d'une seule pièce, par consé-\nquent sans éclisses, avec une table d'harmonie absolument plate ; la seconde, dérivant de la\nKetharah asiatique devenue la citharagrecque, ayant le dos et la table d'harmonie relativement\nplats, et reliés par des éclisses placées perpendiculairement à l'un et à l'autre. Il est à noter\nque les monuments anciens reproduisent une foule d'instruments à cordes munis de manches,\nsemblables à la mandoline, la pandoura etc., appartenant donc à la première famille, tandis\nque, à part deux exemples douteux, que le consciencieux auteur ne manque pas de nous\ndonner, ils ne nous représentent nulle part des instruments munis de manches ayant la forme\nplate, et pourvus d'éclisses. Chose curieuse, depuis l'origine, nous voyons ces deux dynasties\nvivre et se perpétuer parallèlement, non seulement, dans les instruments à cordes pincées\ncomme la mandoline et la guitare, mais aussi dans les instruments à archet, où l'antique rebec\nn'est jamais complètement évincé par les violes et les violons. Déchu au rang d'instrument\npour ménétriers, il les cotoie longtemps, puis avant de disparaître, il s'anoblit tout d'un coup,\ndevient la pochette gondole ou bateau, et continue sous cette forme à servir Terpichore,\njusqu'à la révolution française.\nIl semble donc bien probable que les instruments de la famille du violon, caractérisés\nprécisément par les éclisses et le peu d'élévation des voûtes du fond et de la table, dérivent de\nla cithare. Où ? Comment ? Sous quelle influence ? A quelle époque la transformation s'est-\nelle produite ? Voilà ce que la sagacité de l'auteur a crû devoir trouver dans un manuscrit\nappelé le psaultier d'Utrecht. La date et l'origine de ce manuscrit sont incertaines, et différents\nspécialistes les ont cherchées sans se mettre d'accord. Il parait sage de ne pas le faire remonter\nau delà du 9™e siècle de notre ère. Quelques archéologues y trouvent les signes certains\nd'une origine orientale ; les scènes, les costumes, les ornements, la faune et la flore, tout\nsemble dénoter l'œuvre d'un artiste vivant à Alexandrie avant la destruction de la bibliothèque\n(638), ou tout au moins la copie d'une telle œuvre."}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.65", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 3788, "texte": "Les illustrations de ce psaultier montrent quelques petits bonhommes armés d'instru-\nments à cordes pincées, parmi lesquels on peut reconnaître la cithare, puis sa première transfor-\nmation la rota, et enfin une sorte qui nous est inconnue. On dirait le corps d'une cithare\nprivée de ses colonnettes et de leur traverse (Kerata et Zugon), et auquel on aurait adapté un\nmanche d'une longueur hors de proportion, trop long, comme en ont beaucoup d'instruments\norientaux anciens ; sur l'un d'eux on voit très nettement des frettes indiquant la division des\ncordes, comme en sont pourvues les guitares modernes ou les violes anciennes. Miss Schlesinger\nvoit dans ces images la représentation des transformations qu'a subie la cithare pour devenir\nla viole.\nNous nous figurons volontiers une transition lente et logique s'opérant dans la transfor-\nmation de la cithare en rota, de la rota en crowt. Ce dernier muni de l'archet est déjà la\nviole ou le violon primitif. Pour lui donner la forme définitive, il ne reste plus qu'à supprimer\nles deux bras de la rote devenus inutiles, et le manche se dégage avec sa longueur normale.\nMiss Schlesinger préfère, en se basant sur cet unique manuscrit de date et d'origine\nincertaines, abandonner le crowt, et admettre à la cithare l'adjonction d'un manche de\nlongueur anormale, concordant avec la suppression des parties devenues inutiles.\nNous supposons que la transformation s'est faite en Occident, tandis que l'auteur la\nveut en Orient.\nSi fragile que nous paraisse cette partie de la thèse, j'estime que la circonspection est de\nrigueur en ces matières. Ainsi nous trouvons le dessin d'un violon de forme guitare à archet,\ndans un manuscrit grec datant de 1066, écrit à Cœsarée par l'archiprêtre Théodorus. Cet\ninstrument oriental est en avance sur ceux de la même forme que nous ne voyons guère\napparaître en Occident avant le I2me siècle.\nL'histoire est complexe en général ; l'histoire de l'art l'est au plus haut degré. Elle est\nintimement liée aux migrations des peuples, aux pérégrinations des voyageurs pacifiques, et aux\nguerres de conquêtes. De cette variété de contacts plus ou moins prolongés, naissent de nou-\nvelles combinaisons, où nous trouvons que ni la race ni le climat n'influent sur l'art, et où se\nprésente parfois le contraste singulier du vaincu adoptant l'esthétique du vainqueur, tandis\nqu'ailleurs les vainqueurs sont envahis et vaincus à leur tour par l'idéal artistique de ceux\nqu'ils viennent d'asservir.\nNous voyons pour l'Espagne trois sources d'importation :\ni° L'Asie faisant connaître à ce pays par l'intermédiaire de voyageurs comme les phéni-\nciens, la kitarah qu'elle avait déjà donnée aux grecs.\n2° Rome apportant à son tour la cithare et la lyre, qu'elle tenait des grecs.\n30 Les maures, introduisant lors de leur conquête, leurs instruments à cordes pincées.\nPour la Gaule que se passe-t-il ?\nD'après le témoignage de Diodore, c. à d. Avant Jules César, les Gaulois auraient eu\ndes bardes qui se servaient d'un instrument semblable à la lyre. De qui tenaient-ils cet\ninstrument ? Peut-être des Ibères ?\nLes Bretons aussi possédèrent la lyre, bien avant les temps historiques et les invasions\nconnues. L'axiome cher à Fétis : Tout ce qui est dans VOccident vient de /'Orient, serait peut-\nêtre vrai seulement à partir d'une certaine époque, et savons-nous si l'Orient n a pas fait la\nque rendre à l'Occident ce qu'il tenait de lui à des époques antérieures ?\nUn point me reste à examiner, et j'aurais aimé le voir au moins soupçonne dans le livre\nqui nous occupe : puisque l'archet est connu depuis une si haute antiquité, pourquoi la géné-\nralisation de son emploi en est-elle si moderne ?\nMettons encore une fois notre méthode en pratique, et examinons avant de disserte!.\n\n5"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.66", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 4111, "texte": "Nous avons sous les yeux toute la famille des instruments à archet de l'lnde, depuis le\nRavanastran cinquante fois centenaire, jusqu a la Sarangi et ses congeneies. Prenons main-\ntenant la famille du Rebab arabe depuis la conquête Maure, jusqu'au rebec européen. Nous\nnous rendons compte, sans qu il y ait 1 ombie d un doute possible, que la sonoiite de tels\ninstruments devait être extrêmement faible, presque nulle. Il leur manquait la chose\nessentielle, sans laquelle il ne peut y avoir de sonorité dans le vrai sens du mot et qui est l'âme\nde notre quatuor, je l'ai nommée : Pâme tout simplement. Dans les instruments indiens,\nla table d'harmonie est une peau tendue sans ouvertures. Par où aurait-on pu fixer l'âme,\net en admettant qu'on y ait réussi, à quoi aurait-elle servi, devant la minceur et le peu de\nrésistance de cette table ? Quant aux instruments genre rebec, à table d'harmonie en bois,\nplate, nous les trouvons dans les temps anciens, et même jusqu'au i Jm(i siècle, presque toujours\nornés de rosaces sculptées, ajourées, plus ou moins grandes, mais par lesquelles il eut été\nimpossible de poser et de régler une âme. Les rebecs à ouies normales et bien posées sont\nrares, et beaucoup sont des objets de curiosité de fabrication moderne et de haute fantaisie.\nFait digne d'attention, alors qu'apparaissent, même assez tôt des instruments, munis\nd'ouïes admettant la possibilité d'une âme, et capables de produire une sonorité incomparable-\nment supérieure, nous voyons parallèlement se perpétuer la famille de ces instruments à\nsonorité minime et défectueuse, et cela jusqu'au cœur du ijme siècle, âge dorde la lutherie\nitalienne. Il est probable que, tandis que des esprits éclairés et des oreilles délicates encoura-\ngeaient les progrès dûs à cette invention merveilleuse, Vâme, des retardataires continuaient, au\nnom de la sainte routine, à préférer des sonorités de mauvaise qualité. Et cela n'est pas pour\nnous surprendre ! Nous savons que les violes jouirent encore longtemps d'une certaine faveur,\nalors que le quatuor à cordes était définitivement constitué depuis plus d'un siècle.\nIl semble impossible de déterminer quand l'âme fut trouvée, et de connaître le nom de\nson inventeur, sans lequel notre musique symphonique moderne n'existerait pas.\nOn a rarement l'occasion de se rendre compte de l'infériorité sonore des instruments à\narchet par rapport à la guitare et à la mandoline, lorsqu'ils sont joués en plein air. Ecoutez\ndans ces conditions un ensemble ainsi composé : de loin, vous ne percevrez pas le son des\ncordes frottées ; seules, les mandolines et les guitares parleront à votre oreille. En vous rappro-\nchant beaucoup, vous finirez par entendre peu à peu les violons, altos et violoncelles. Ces\ninstruments acquièrent toute leur puissance uniquement dans la salle de concert, et encore\nfaut-il que cette dernière soit construite dans des proportions favorables.\nVous semble-t-il hardi de déduire d'une telle observation que les instruments à archet\ndurent prendre toute leur importance dans des pays au climat tempéré, où la vie publique et\nprivée se passe presque complètement dans les habitations. Il n'est pas ridicule de supposer que\nsi les grecs et les romains connurent les instruments à archet primitifs et sans âme des indiens,\nc'est à dire doués d'une sonorité infime, ils les méprisèrent, leur préférant les cithares\néclatantes. Et de même encore aujourd'hui, le peuple italien et espagnol vivant beaucoup en\nplein air, a une prédilection pour la guitare et la mandoline, qui ne se pratiquent guère dans\nles pays au climat plus rude comme l'Angleterre, l'Allemagne et la France.\nMiss Schlesinger a recherché les origines de la famille du violon, en faisant abstraction de\nl'archet, et en s'intéressant uniquement à la forme du corps sonore. Je concluerais volontiers,\nen affirmant que ce corps sonore à son tour, ne commença à vibrer et à vivre, que le jour où\nun génial anonyme le dota d'une âme, et que c'est à partir de ce moment, et pas avant, que\nle premier instrument de la famille du violon fut véritablement créé.\n\nLucien Greilsamer."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c068", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c068", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 63, "image_fin": 63, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.15", "titre_corps": "cliché W. Reeves", "titre_sommaire": "cliché W. 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L'importante\nrubrique Air occupe à elle seule presque tout le volume. Les recueils d'airs manuscrits des\nXVII et XVIII siècles, parmi lesquels les recherches étaient si longues et si malaisées, ont été\ncomplètement dépouillés par M. Ecorcheville, et chaque pièce musicale qu'ils contiennent a\nété signalée d'une façon brève mais sûre par une indication thématique. Rien qu'à parcourir le\nvolume et à lire tous ces petits bouts de musique, on apprend ou l'on devine bien des choses,\nqui éclairent et précisent notre connaissance de l'art musical français sous l'ancien régime."}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.69", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 10, "texte": "LES LIVRES"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.69", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2941, "texte": "M. 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Ensayo de Critica Musical. (San Sébastian 1910 ; in-8° de 68 pp.)\nPOUGIN (ARTHUR). Marie Malibran. Histoire d'une cantatrice (Pion ; in-12 de\n284 pp ; frs. 3.50).\nMusiciens du 19e siècle. (Fischbacher, in-12° de 275 pp.)\nMULLER (WALTHER). J. A. Hasse Public, der I. M. G.\nBeihefte IX (Lpz. Breitkopf ; in-8° de 178 pp. Mk. 5.)\nKINSKY (G.) Musikhistoriches Muséum von W. Heyer in K'âln. (Lpz. Breitkopf\n1910 in-40 de 480 pp. Mk. 24).\nPOCHHAMMER (A.) L'anneau analyse dramatique et musicale,\ntraduit de l'allemand par J. CHANTAVOINE. (F. Alcan in-120 de 170 pp. 2 fcs.)\nREY-PAILHADE (EMILE DE). Ess\nl'esthétique du son. Les instruments anciens et modernes(Fischbacher 1911 in-8° de 162 pp.)\nPADEREWSKI (I. L.). Ala mémoire (Paris Agence polonaise\nde presse 45 rue de Rennes, in-40 de 16 pp.)\nALTMANN (WILHELM). R. Wagne V Bd. I.\n(Breitkopf 1911 in-8° de 240 pp. Mk. 6).\nHASE (OSCAR VON). Breitkopf et Haertel, Gedenkschrift und Arbeitsbericht (Breitkopf\n1910 in-40 de 134 pp.)\nHEVESY (ANDRÉ DE). Petites amies de Beethoven.(Paris, H. Champion, 191 o,\nin-12° de 118 pp.)\nKWARTALNIK MUZYCZNY Revue musicale trimestrielle publié par la Section\nPslonaise de la Société International de musique. N° I, janvier 19 II (Varsovie in-40 de 112 pp. et\n16 pp. de musique en supplément).\nSONIKY (S.). Théorie de la pose de la voix. Traduction du russe par Mle L.\nMARVILLE. (Fischbacher 1911 in-12° de 233 pp.)\nDENKMAELER DER TONKUNST IN OESTERREICH.\nvol. 1 et 2.(Wien, Certaria, 1911, in-fol.)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c074", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c074", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 70, "image_fin": 70, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.18", "titre_corps": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.70", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3366, "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE\nASSEMBLÉE GÉNÉRALE EXTRAORDINAIRE DU 27 MARS 1911\nLa séance est ouverte à 4 heures précises, sous la présidence de M. Ch. Malherbe, président.\nAssistaient à cette séance : MM. Laloy, L. de La Laurencie, Prod homme, Ecoicheville,\nWagner, de Bertha, Docteur Laugier, A. Laugier, Poirée, Mutin, Mmeo Gallet, Wiener-\nNewton, Roche, MM. Bouvet, Bosc, Quittard, Mme Brenet, MM. Chantavoine, Cucuel,\nG. Lefeuve, Mme Lefeuve, MM. Greilsamer, Ch. Legrand, Mlle Sauvrezis, M. Raymond-\nDuval, Mlle Pereyra, MM. Guérillot, Landormy, Calvocoressi, Mme Filliaux-Tiger.\nS'étaient fait représenter : M. Astruc, M 1 Babaian, MM. Baudin, Boutarel, Biussel,\nComte de Camondo, Mme Capoy, M. Cesbron, Comtesse de Chabannes, MUe Daubresse,\nM. Expert, Mme Fouquier, MM. Gandillot, A. Gastoué, E. Gaveau, Mlle Girod, MM. Gri-\nveau, A. Guilmant, Hébert, Mme L. Laloy, MM. Lejeune, H. Marcel, Maus, L. de Morsier,\nMoskowsky, Ogier, Ch. Petit, Philipp, A. Pirro, IVlax Rikoff, G. de Saint-Foix, Ch. Sautelet,\nSchneider, Salabert, J. d'Udine, R. Vinès.\nLe Président ouvre la séance en rappelant les raisons qui ont motive la reunion de cette\nAssemblée Générale extraordinaire, pour faire suite à l'Assemblée Générale du mois de\ndécembre, dont l'ordre du jour n'avait pu être épuisé.\nIl donne ensuite la parole au Trésorier dont le rapport annuel n'avait pu être lu à l'As-\nsemblée Générale de décembre. Ce rapport est approuvé à l'unanimité.\nLa candidature de M. Jacques Pasquier, présentée par Mme Gallet et M. Ecorcheville est\nadoptée à l'unanimité.\nLes modifications proposées aux Statuts, et dont le principe avait été adopté à la dernière\nAssemblée Générale, mais dont le texte n'avait pas été rédigé, sont adoptées à l'unanimité.\nLe Président rappelle ensuite, qu'un certain nombre de nos membres ne paraissent pas se\nrendre un compte exact du fonctionnement de notre Société, ainsi que le prouve une question\nposée par M. Chantavoine, lors de l'Assemblée Générale de décembre. Le Président indique\nsuccessivement tous les organismes de notre Société, il montre que les Sections ont la plus grande\nautonomie, et sont loin de régler leurs travaux les unes sur les autres. En outre, certaines de ces\nSections publient des Bulletins particuliers, c'est le cas de la Section de Londres, de Varsovie,\net aussi de la Section de Paris. Le Président fait alors l'historique de la création de la revue\nS.I.M. créée par un vote de décembre 1906, et avec le concours de l'éditeur Fortin. Il montre\nla part prépondérante de quelques membres de la Société dans la gestion de cette publication, et\ntermine en demandant à l'Assemblée Générale de sanctionner par un traité qui lui est soumis,\nles droits de tous ceux qui ont contribué à la prospérité de la Revue. Ce Contrat mis aux voix\nest adopté. La Séance est suspendue pour permettre à nos Collègues de prendre part au vote du\nComité qui donne les résultats suivants :\nSont élus membres du Comité : MM. A. Boschot, J. Ecorcheville, L. Laloy, L. de La\nLaurencie, Ch. Malherbe, A. Mutin, J.-G. Prod'Homme, H. Quittard, E. Wagner.\nLa Séance est levée à 6 heures 1/2.\nLe Comité dans sa séance du 4 avril, se conformant à l'article IV des statuts a élu :\nCh. Malherbe, président; J. Ecorcheville, vice-président; J. Prod'homme, secrétaire général;\nL. de La Laurencie, secrétaire-adjoint-archiviste ; A. Mutin, trésorier."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c075", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c075", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 71, "image_fin": 71, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.19", "titre_corps": "Revues et Périodiques reçus", "titre_sommaire": "Revues et Périodiques reçus", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.71", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2401, "texte": "Revues et Périodiques reçus\nNous publions la liste des revues et périodiques que nous recevons dans les bureaux de la Section\nie Paris. Nous attirons tout particulièrement Vattention de nos collègues parisiens sur cette collection quils\nne connaissent pas tous et qu'ils pourront consulter au siège de la Section, 22, rue Saint-Augustin\nles Jeudis après-midi.\nArs et Labor, Milan.\nL'Art Décoratif, Paris.\nArt Moderne, Bruxelles.\nArte Musical, Lisbonne.\nBalance, Moscou.\nBayreuther Blâtter, Bayreuth.\nBibliofilia, Florence.\nChronique Médicale, Paris.\nCœcilia, Strasbourg.\nComoedia illustré, Paris.\nCourrier musical, Paris.\nCronaca Musicale, Pesaro.\nDeutsche Militar Musiker-\nzeitung, Berlin.\nDeutsche Sângerbundeszeit-\nung. Leipzig,\nLe Diapason, Bruxelles.\nThe Etude, Philadelphie.\nExpress Musical, Lyon.\nLe Feu, Marseille.\nLa Française, Paris.\nGazette Musicale Russe,\nSt. Pèterbourg.\nGrande Revue, Paris.\nGuide du Concert, Paris.\nGuide Musical, Bruxelles.\nHudebni Revue, Prag.\nDie Kirchenmusik, Pader-\nborn.\nLeonard's Illustrierte Musik-\nzeitung, Berlin.\nMénestrel, Paris.\nMercure de France, Paris.\nDer Merker, Vienne.\nMonde artiste, Paris.\nMonde Musical, Paris.\nMonde Artistico, Milan.\nMonthly Musical Record,\nLondres.\nMunchner Neueste Nach-\nrichten, Munich.\nMusica, Paris.\nMusica, Rome.\nMusica musicisti, Milan.\nMusical America, New-York.\nMusical Antiquary, Londres.\nMusical Courier, New-York.\nMusical Opinion, Londres.\nMusica Sacro-Hispana, Bil-\nbao.\nMusical Standard, Londres.\nMusical Times, Londres.\nMusician, Boston.\nMusikalisches Wochenblatt,\nLeipzig.\nMusique, Moscou.\nNew Music Review, New-\nYork.\nNouvelle revue française,\nParis.\nLa Nuova Musica, Florence.\nL'Occident, Paris.\nL'Orfeo, Rome.\nPan, Ta; 'is.\nRevista Musical, Buenos-Aires.\nRevista Musical Catalana, Bar-\ncelone.\nRevista Musicale Italiana, Turin.\nRevue bibliographique belge,\nBruxelles.\nRevue du Chant Grégorien,\nGrenoble.\nRevue de Hongrie, Budapest.\nRevue des Lettres et des Arts,\nNice.\nRevue Musicale, Paris.\nRevue Musicale de Lyon.\nRevue de Synthèse Historique,\nTaris.\nRheinische Musik und Theater\nZeitung, Cologne.\nLa Rinascita Musicale, Parme.\nSanta Cecilia, Turin.\nSchweitzerische Musik Zeitung,\nZurich.\nSignale fur die Musikalische\nWelt, Berlin.\nSymphonia, Naples.\nThéatra. Marseille.\nTribune de St. Gervais, Taris.\nVers et Prose, Paris.\nVie Musicale, Lausanne.\nZeitschrift fur Instrumentenbau,\nLeipzig.\nZenevilag, Budapest."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c076", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c076", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 72, "image_fin": 75, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.20", "titre_corps": "Leurs Mains", "titre_sommaire": "Leurs Mains", "signature_source": "Pierre Jobbé-Duval", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.72", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2192, "texte": "Leurs Mains\n\nXAVIER LE RO U X\nGrands Dieux ! On les prend tous à témoin, ils ne seront pas de trop pour s'étonner...\nQuelles mains compliquées. Doigts et ongles courts. Mont du Pouce énorme, belle ligne\nimaginative, sens pratique de l'argent absent. Beaucoup de cœur, de tendresse et d'idéal. S'il\nn'est pas question d'un artiste de valeur et qui est musicien, compositeur, Madame de Thèbes\ndéclare ne plus connaître la chiromancie.\nQue peut-on faire si ce n'est de la Musique ?\nLe rythme, la mathématique, l'imagination essentielle à tout compositeur se trouve dans\nces mains.\nLa ligne de Soleil est belle, donc Réputation. On a réussi jeune. On est en vue.\nOn n'est pas prêt de s'amoindrir par dépression intellectuelle ou physique. On est\nintéressant à tous points de vue. Les points de vue sont beaux, agrestes, avec un rien de\nrocailleux, de sauvage, de bohémien qui séduit Madame de Thèbes.\nMais quelle exubérance, quelle indépendance folles ! Cet homme a-t-il du vif argent ou\ndu feu dans les veines ? C'est mieux qu'un vivant, c'est la vie même, avec toute sa force de\nmouvement, de fermentation. Quelle nature, quelle riche nature ! Mais, que l'on se méfie, on\nn'est pas tout à fait de son époque. On a le sang d'un autre âge. On est dépourvu de ruse.\nOn n'a pour ainsi dire, aucune diplomatie. On a déjà dû se colleter comme un furieux avec une\nfoule de choses et de gens qui vous répugnaient. On a dû faire des tours de casse-cou qui ont\nréussi. Attention pour l'avenir, les meilleurs express peuvent dérailler. Enfin comme on doit\nêtre du Midi plutôt que de l'Ouest... Toutefois ne brûlons pas trop les stations. Attention\naux signaux. La destinée est, en effet, jalonnée de violences qui ne manquent pas de grandeurs,\nde beautés, mais de danger aussi.\nAh oui ! que l'on est fait pour une vie intensive et passionnante ! Mais encore une fois,\nle frein dans les descentes, s'il vous plaît ! Bien que, Oui, pourquoi ne pas l'avouer, on\nsautera des précipices comme une petite fille joue à la corde,... Avec les pouces dont on\ndispose, il est clair que l'on est merveilleusement défendu contre l'adversité. Il serait donc bien\nétrange que la Fatalité vous touche. Si elle le fait...."}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.75", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3677, "texte": "M ASSENE T\nL'harmonie dans la silhouette interne autant qu'externe prouve que ces mains ne\nrelèvent pas seulement d'un modèle bien équilibré, mais d'un type personnel, d'un caractère.\nRace sans aucun de ce mélange ni hésitation qui font les races mixtes, sinon bâtardes. Nous\ncroyons pouvoir dire, qu'il s'agit d'un pur sang. La classification étant toute à sa gloire, le\npropriétaire nous en passera l'expression un peu hyppique, un peu cavalière...\nAprès cette première reconnaissance sur la forme extérieure sur le modelé des mains,\ncette frontière de la Destinée, entrons dans le pays : dans les paumes. Quelles lignes peu\naccusées. Quelle écriture fine. Que la bonne Fatalité a légèrement gravé ! Coquetterie ou\npudeur ? En effet, tous les bons sorts ne sont guère visibles qu'à la loupe. Vraiment le langage\nJe ces mains prend l'allure d'une confidence cachée aux profanes, mais palpitante pour l'initié.\nLes signes qui se correspondent et se confirment les uns les autres ne laissent pas de doute\nNous tenons un artiste. Comme ces mains sont fortement sensuelles et d'une sensualité qui\npromet une longue carrière, si nous n'avions pas une telle abondance un tel chœur de signes\nartistiques, nous pourrions croire un instant qu'il s'agit aussi d'un incorrigible amoureux. Mais\nnon, l'argument du pouce délié, signe d'idéalisme, renforcé par celui non moins puissant\nconstitué par l'égalité presque exacte de la hauteur des doigts avec celle de la paume, prouve\nqu'il s'agit vraiment d'un être voué aux arts. N'est-il pas aussi grand amoureux des femmes\nque de son art ? Le succès pourtant certain près des femmes doit être moindre encore que\ncelui remporté par sa vocation. Succès qui doit être une gloire.\nSans doute moins grande que les dons, mais appréciable, il entre dans cette gloire une\nbonne part de travail, d'acquis. On doit avoir le travail très facile. On se laissera fatalement\nentraîner à la surproduction. Mais c'est un vice que l'on peut se permettre car on est doué\nd'une remarquable force créatrice et toujours pleine d'intérêts.\nHomme et artiste : être excessivement nerveux, d'une tendresse aussi communicative\nqu'instinctive, excessive mais non préméditée. Si l'on se fie aux signes intéressant les Arts,\nnous trouvons une bien moins grande exagération des sentiments superficiels. La ligne de\ndirection moins faillible prouve que le raisonnement, la pratique a plus de place, de force,\nd'autorité. D'où l'on peut déduire que son Art est merveilleusement servi par une excessive\nsensualité. Si on est un tendre et un sensuel, on est volontiers un combatif. On se manifeste\ntel par accès. Ce ne sont pas là tressaillements de mauvaise humeur, mais un sorte d'apport de\nfantaisie qui est un charme de plus. On est très serviable. On aime la jeunesse. On doit en être\naimé, car on a l'un de ses instincts les plus caractéristiques : la spontanéité.\nOn est fait pour être heureux tout en s'énervant prodigieusement et souvent pour des\npréoccupations puériles : On doit être beaucoup grand Homme et un peu grand Enfant.\nCes mains seraient celles de notre maître Massenet que Madame de Thèbes n'en serait\nnullement surprise. Mais la célèbre chiromancienne conclut à une ressemblance frappante\ngiflante puisqu'il s'agit de mains. \" Ces mains\nplus à moi qu à d'autres spécialistes, le Maître na \"\nVos yeux me font peur. Ils me vrillent. Vous devez trop bien voir. Vous aurez, mes mains\nplus tard, quand je serai très très vieux.\nVoilà ce que me disait le Maître un jour\nDumas... Et j'attends toujours!\nMadame de Thèbes sait aujourd'hui qu'elle n'attendra plus.\nA suivre aux prochains numéros,\nMaurice Ravel, Saint-Saëns,\n\nPierre Jobbé-Duval."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c077", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c077", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 73, "image_fin": 73, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.21", "titre_corps": "Mains de Xavier Leroux.", "titre_sommaire": "Mains de Xavier Leroux.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.73", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 41, "texte": "Mains de Xavier Leroux.\nCliché P. 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Daubresse", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.76", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3007, "texte": "Questions\nSociales\n\nDE L'INFLUENCE DU MILIEU SUR L'ÉDUCATION\nMUSICALE\nDans les pages magistrales qui ouvrent sa Philosophie de l Ait, 1 adniiiabie Taine expose\nune théorie qui lui est particulièrement chère, dont la portée fut incalculable qui reste\ncomme le fondement d'une nouvelle esthétique. Elle pourrait se defînii . de 1 influence du\nmilieu sur la production de l'œuvre d'art\". Si nous le rappelons ici, c est qu il nous est\npossible de l'appliquer à notre modeste sujet et d'en voir se développer, dans une autre direction,\nles utiles conséquences. Il suffit d'un mot change pour le faiie appaïaitre ; disons . de 1 influen-\nce du milieu sur Y acquisition artistique ; acquisition n étant pas entendue dans le sens d achat,\nmais bien comme l'assimilation longue et patiente de i œuvre d un maître, ou de plusieurs\nmaîtres, par celui qui les étudie. Cette nécessite du milieu favorable, a en juger par la façon\ndont se comportent un grand nombre de nos contemporains, parait, en matière d enseignement\nartistique, ou méconnue, ou totalement négligée, et tel qui ne songerait pas a cultiver le hou-\nblon en Provence et la vigne dans le Pas de Calais ne trouve pas etiange d essayer la culture\nd'un art dans des conditions de \" température morale \", comme dit Taine, des plus nuisibles a\nson entreprise.\nLe milieu s'entend du point où se trouvent réunies l'ensemble des circonstances, ou au\nmoins le plus grand nombre possible des circonstances, favorables au développement d'un être.\nQu'il s'agisse de la culture d'une plante ou de celle d'une intelligence, la définition est la\nmême ; l'une et l'autre doivent trouver, en un certain lieu, les substances qui sont utiles a leur\ncroissance et, dans leur constitution, la possibilité de les assimiler. La plante tire les sucs qu'elle\nréclame du sol nourricier, et l'être humain des permanents combats de ses sens avec la réalite.\nIdéales antennes, frémissant à toutes espèces de choc, sa vue, son ouïe, son odorat, le renseig-\nnent, l'instruisent en lui apportant cette quantité d'excitations sous lesquelles il réagit ; actions\net réactions qui constituent tout l'essentiel d'une existence humaine.\nChaque sens a son domaine propre d'où il tire le nécessaire, l'utile et le superflu. Le\nnécessaire, pour mon oreille, c'est de m'avertir de l'approche du danger : d'entendre, par\nexemple, l'affreuse trompe d'une redoutable automobile, agent de meurtre entré dans notre\ncivilisation ; l'utile c'est de m'apporter la parole d'autrui ; le superflu c'est l'entrée au jardin\nfleuri des sons organisés, au paradis, plein de miracles, de la divine Musique. Si nous ne crai-\ngnions d'amorcer une complication inutile nous dirions volontiers que l'homme a \" trois '\noreilles, ou, si l'on veut, trois centres auditifs : Uoreille simple, /'oreille verbale et Voreille musicale.\nToutes trois ont besoin, pour arriver à leur degré de perfection, d'un continuel exercice, dans\nun milieu choisi ; or, si les deux premières sont longuement, quotidiennement et forcément"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.77", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 4319, "texte": "laquées par les conditions mêmes de notre existence, la troisième l'est, trop souvent, d'une\njçon intermittente, restreinte, incomplète, sans méthode, sans goût, d'où suivent plusieurs\n-ésultats fâcheux.\nAcceptons, pour un instant, cette multiplication d'oreilles et considérons l'oreille musicale.\n)n commence à l'éduquer, chez l'enfant, assez tard, quand l'oreille verbale est déjà formée.\nPourquoi l'exerce-t-on ? Quels sont les motifs de la décision prise ? Est-ce parce que l'enfant\nu't preuve de dispositions musicales exceptionnelles ? Le cas est rare. Est-ce pour lui assurer,\nes son jeune âge, un supplément de joie, et, comme nous le disions, l'entrée radieuse du jardin\nje la Musique? Ceci est la moindre préoccupation des parents. On fait commencer la\nnusique, à un enfant, qxaelquefois pour lui donner une profession : on le destine à la musique\nomme on le destinerait à la banque ou au commerce ; quelquefois pour obéir à un préjugé\nocial. Il était, jadis, dans les habitudes d'une bonne éducation d'être musicien, toute chose\nétant démocratisée, l'ensemble des coutumes qui institue une bonne éducation a été adopté\nar un grand nombre de gens qui, autrefois, n'y auraient point songé. De cette façon ils acqui-\nrent pas toujours l'éducation bonne mais les signes, les marques, en un mot, les apparences\nj'une chose si enviable. Ainsi, et par l'effet d'une mode nouvelle, l'enseignement de la musique\ni pris une grande extension. Décidant d'instruire l'enfant de la musique, les familles ne se\niemandent pas quelles sont les conditions les meilleures pour la culture de l'esprit musical chez\neur progéniture et surtout elles ne s'interrogent pas sur le point de savoir en quoi elles peuvent\ncontribuer à cette culture autrement que par des leçons cher payées. Il est à remarquer que les\nfamilles se posent rarement des questions sur le psychisme collectif qu'elles constituent ou, si\nl'on veut, sur la qualité de leur âme collective et le degré d'influence qu'elle exerce sur l'enfant.\nSi l'on s'avisait de cultiver l'oreille verbale d'un enfant à intervalles espacés, par exemple\nsion lui parlait et le faisait parler ou écrire seulement trois fois par semaine, ou une heure\nchaque jour, il est probable que ses progrès seraient peu rapides et qu'il trouverait difficilement\na exprimer les choses les plus simples. Chacun sent le ridicule d'une telle méthode et ne songe\npas à la mettre en pratique. Petits garçons et petites filles, nous dirions volontiers, petits cita-\ndins, arrivent, dès le plus jeune âge, à une facilité d'élocution surprenante parce qu'ils sont\nplacés dans un milieu \" verbal \" où la stimulation est, pour ainsi dire, constante. Mais ce qui\nsemble tout naturel pour le perfectionnement de l'oreille verbale n'est même pas envisage pour\nl'oreille musicale, en sorte que, pour beaucoup d'élèves, l'enseignement de la musique consiste\nà prendre deux ou trois leçons par semaine, avec un professeur, et à travailler, une heure environ\nchaque jour, seul, ou avec un répétiteur, et, pour le reste du temps, à ne jamais entendre de\nmusique et à ne jamais entendre quelqu'un s'intéresser à la musique. L'élève, à ce point de vue\nspécial de la musique, est un peu comme un poisson qu'on voudrait faire vivre hors de l'eau,\nou une plante qu'on tenterait de faire pousser les racines à l'air. Il ne plonge pas dans le milieu\nnécessaire à son développement musical. J'en appelle à tous les professeurs. Combien ont-ils,\ndans leur clientèle, de familles où les parents AIMENT la musique ; la pratiquent\niisintèressèe; la font pratiquer à leur enfant, non comme un ennuyeux devoir ajouté aux autres,\nmais comme la plus délicieuse des récréations. Quel est l'élève qui a, dans sa petite chambre,\nparmi ses meilleurs souvenirs, les bustes les portraits, les images enfin des Beethoven, des\nRameau, des Bach et des Haendel ?... Où sont les maisons familiales dans lesquelles on organise\ndes séances de musique de chambre où l'enfant est admis a tenir sa petite partie ? Dans quelles\nréunions mondaines remplace-t-on le stupide boston par des chœurs ou les voix juvéniles for-\nmeraient le plus charmant ensemble ?... A quel âge met-on entre les mains du jeune homme, ou\n\nIl y a des maisons à Paris où l'on vend, bon marchéj ces petits bustes de cjuelcjues centimètres de haut."}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.78", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3987, "texte": "de la jeune fille, les biographies des maîtres de la musique, leur faisant comprendre et sentir que\nces admirables génies ont vécu, ont souffert, ont chanté et qu'ils sont plus grands que les autres\net à jamais vénérés parce que leur voix est la voix du temps où ils vécurent ; parce que, grâce\nà eux, les générations passées nous ont transmis le son même de leur âme et le secret harmo-\nnieux des émotions dont elles vibrèrent. Créer un milieu musical, au futur musicien, c'est lui\nfaire la musique aussi naturelle que la parole, aussi nécessaire que l'air qu'il respire, c'est, non\npas lui rappeler, à heure fixe, le pénible devoir d'étudier le piano, le violon, ou la flûte, mais\nmêler à toute sa vie enfantine, le son mélodieux des instruments et la joie du plus beau de\ntous : la voix humaine.\nN'y a-t-il pas un de nos maîtres modernes qui écrira, pour les enfants, de petits quatuors,\nde modestes quintettes, très mélodiques, très simples ; construits en honnêtes quatre parties\nchantant correctement. Cela constituerait pour les apprentis violonistes, altistes et violoncellis-\ntes, une excellente préparation à l'étude des grands classiques. N'y a-t-il pas une maîtresse de\nmaison qui profitera de l'adoption, en France, des mœurs américaines qui, de plus en plus,\npermettent aux jeunes gens et aux jeunes filles de se réunir plus facilement entre eux que ne\nle comportaient nos habitudes françaises, pour instituer des réunions chorales et entremêler les\ninterminables parties de tennis d'un divertissement d'une qualité plus rare. Quels sont ceux\nqui prendront à tâche de faire entrer la musique dans le tissu de notre vie comme la plus belle\nfleur jetée sur le gris terne de nos jours.\nQuelqu'un m'objecte : Ce que vous demandez pour la musique, cette création d'un milieu\nmusical, le peintre, enthousiaste de son art, le réclamera pour la peinture ; le sculpteur pour le\nsien ; le poète joindra sa voix aux deux autres ; il ne manquera plus que le danseur s'y ajoute\net, si nous écoutons tous ces gens, nous passerons notre temps à préparer nos enfants à l'exi-\nstence et non à les laisser vivre. En outre nous avons assez de soins et d'affaires, sommes accablés\nd'assez de soucis pour n'avoir point le loisir de tant de créations.\nPuissent les dieux accorder à mon modeste effort l'inappréciable faveur de voir les\npeintres, les sculpteurs, les poètes, les danseurs je préfère les rythmiciens 1 réunis et\nclamant d'une seule et formidable voix : \" Assez de laideurs et de hideurs dans notre société\nmoderne. Si nous avons supporté trop longtemps leur vue odieuse, révoltons nous enfin, unis-\nsons-nous, créons, pour nos descendants, pour nos fils et nos filles, un milieu plus salubre.\nAssez diront les peintres, de ces affreuses caricatures qui déshonorent tant de journaux et\nexposent l'horreur de leurs lignes désarticulées à toutes les devantures.\nAssez, diront les sculpteurs de ces modes qui sont un défi à l'esthétique et laissent le\npromeneur étonné croire, en voyant passer beaucoup de femmes, à un perpétuel et triste carnaval.\nAssez diront les rythmiciens de tant d'attitudes faussement gracieuses, ou lâchement\nabandonnées, brutales ou grotesques.\nAssez, diront les musiciens, de tant de scies populaires que répètent, ridicules phonographes\nhumains, tous les gars de nos provinces. Ecoutez les chanter, un soir de fête, et vous entendrez\nces voix mâles qui pourraient s'unir en de si beaux et si touchants accords, s'érail ler en lançant\na la face du ciel étoilé, qu'ils outragent, les plus bas refrains des cafés-concerts parisiens.\nAssez, diront les poètes de cette littérature qui présente comme héros, au théâtre, ou dans\ndes livres, les pires détraqués, les unités malades d'une société déséquilibrée, tous ces tarés qui\nreclament plutôt les bons soins d'un aliéniste que la bruyante publicité des grandes vedettes. \"\nEt vous prétendez que vous n'avez pas le temps de travailler à une pareille oeuvre ?...\n\n1 Adepte de la Gymnastique Rythmique."}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.79", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 914, "texte": "Juels soucis plus importants avez-vous donc que la préparation de demain et l'avenir même de\n■os enfants ?...\nOui, je sais, la conclusion dépasse les prémisses, l'influence du milieu sur l'éducation\nnusicale nous entraîne bien loin et cette revue n'est pas une tribune pour les rénovateurs\nje l'ordre social. C'est possible, mais quand un artiste a l'honneur de signer la rubrique\n■'Questions Sociales \" il ne peut pas s'enfermer dans la tour d'ivoire et y goûter le repos de\n'indifférence et du dilettantisme ; il ne peut pas se désintéresser du temps où il vit et d'une\nsociété où descendent peu à peu les ombres inquiétantes d'une nuit sans lendemain. Passionné-\nment il désire que son Art soit le vivifiant, le bienfaisant, le divin rayon de lumière vainqueur\nJes nuages qui nous enténèbrent, et, de la pointe de sa flèche d'or éveillant, de nouveau, le\nmonde à la Beauté.\n\nM. Daubresse."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c082", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c082", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 80, "image_fin": 80, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.24", "titre_corps": "A Travers les Revues", "titre_sommaire": "A Travers les Revues", "signature_source": "M. D. Calvocoressi", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.80", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3542, "texte": "A Travers les Revues\nM. D. Calvocoressi.\nBEAUMARCHAIS MUSICIEN. —Sur ce sujet piquant et mal connu en général,\nune étude encyclopédique fort bien faite de M. G. Roulleaux-Dugage jette une pleine lumière.\nFinancier, dramaturge, commerçant, artiste, le célèbre auteur du Barbier de Séville est un\nmusicien moins célèbre sans doute, mais digne de quelque attention, il avait pour la musique\nun \" penchant effréné,\" et ne la délaissa jamais. Il jouait de la guitare, de la flûte, de la viole et\nde la harpe, et perfectionna ce dernier instrument d'appréciable manière (ses améliorations furent\nreprises par un certain Cousineau, en 1772). Plus tard musicien en titre des filles de Louis XV,\nil composa des œuvres diverses, fort goûtées en leur temps, maintenant perdues pour la plupart.\nIl improvisait, paraît-il, de façon charmante, il mérite d'être compté comme un précurseur des\nmusiciens folkloristes modernes, car il recueillit sur place des thèmes nationaux espagnols. Sa\ncorrespondance fourmille en aperçus sur la musique, qui \" fut pour lui une passion, un moyen\net un délassement. \"\nM. Roulleaux-Dugage examine le rôle de Beaumarchais dans la querelle des Ramistes et\nle montre enthousiaste partisan de Rameau puis de Gluck. Puis, il retrace l'histoire de l'Opéra\nTarare et indique qu'on trouve dans Beaumarchais, un prédécesseur de Richard Wagner.\nu Beaumarchais, conclut-il, 11e fut pas un grand musicien, mais il aima la musique, la comprit\net la défendit de toute son énergie. Son génie intuitif et précurseur ouvrit des horizons plus\nlarges aux musiciens futurs...\"\nUN POÈME SYMPHONIQUE SUR PELLÉAS ET MÉLISANDE. —Le\ncorrespondant berlinois du Musical Times nous apprend (1 mars) l'apparition de cette œuvre,\ndue à M. Arnold Schônberg. Il paraît qu'elle est curieuse et attrayante. Elle dure 50 minutes.\nY sont évoquées : les figures de Pelléas, Mélisande, Roland, Yniold, et des scènes caractéris-\ntiques, la Fontaine, la Fenêtre, etc. M. Schônberg paraît-il, est peu connu sauf à Vienne; mais\nlà, chacune de ses œuvres provoque un véritable succès de scandale. Hé, hé !M. Schônberg est\npeut-être de ceux dont le nom est à retenir; il est certaine partition, de titre non sans analogie\navec celle dont il est ici question, qui scandalisa fort le public avant que de devenir glorieuse...\nDARGOM YGSKI ET WAGNER.— La comparaison que résume ce titre ne surpren-\ndra pas autrement quiconque a lu la Musique en Russie du M. César Cui. Mouxyka l'excellente\npetite revue moscovite, publie (26 février) un article, extrait d'un recueil posthume d'essais\npar Rimsky Korsakow, où elle est traitée à fond. La question de la valeur des œuvres de\nDargomygski, tant au point de vue intrinsèque qu'à celui de la réforme dont elles sont grosses,\nest mise hors de doute par Rimsky-Korsakow, Stassow et M. Cui. Elle n'a jamais été abordée\nencore hors la Russie.\nCEUVRES NOUVELLES Dll, L'ECOLE RUSSE. —Le même numéro contient\nune étude du Promèthèe de M. Scriabine par M. Léonid Sabanéiew, et le suivant (5 mars) est\nen majeure partie consacré à M. Vassilenko et à ses œuvres.\nQUE PEUT-ON METTRE EN MUSIQUE ? Sous ce titre, l'éminent chef d'or-\nchestre Weingartner émet quelques vérités premières qui se trouvent imprimées dans la\nRheiniscke Musik-und Theater-Zeitung(4 mars). \"Il ne faut point mettre en musique la Gazette\nde Hollande \" pourrait servir d'épigraphe à cet essai, sévère au reste pour certains opéras\nmodernes \" dont tout l'intérêt est dans les paroles \", et qui conclut que l'on ne doit s'inspirer\nque d'un texte vraiment inspirateur."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c083", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c083", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 83, "image_fin": 84, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.25", "titre_corps": "L'Édition Musicale", "titre_sommaire": "L'Édition Musicale", "signature_source": "V. 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Lafoey, de ne faire que mention-\nner ici son quatorpour piano et cordes, (1) œuvre de longue haleine, qui nécessitera une sérieuse\nétude, et sa réduction pour piano 4 mains des Souve de Vincent d'lndy ; (1) De même, nous\nne ferons que signaler en passant une étude de concert pour violon et piano, transcrite\nd'après Graun (2), par M. Herwegh, et une Sonate de Scarlatti, transcrite pour piano\nseul par M. L. Delafosse (1). Puis, deux nouvelles partitions piano et chant : Elsen,\nd'Adalbert Mercier (2), et le Rosenkavalier, de R. Strauss (3).\nExaminons donc, parmi beaucoup d'autres œuvres récentes, celles qui sont destinées à\nl'église. Egalement respectueuses, également soumises aux intentions du Motu Proprio de\n1903, les unes nous viennent d'ltalie où elles sont consciencieusement éditées par Marcello\nCapra (4), les autres de France. Mais il n'y a guère lieu de distinguer ici entre les écoles.\nPartout même recueillement et même sérénité un peu vague, franchise absolue de l'harmonie\net de la tonalité, correction et aisance parfaites de l'écriture vocale. Demandons-nous cepen-\ndant si le St. Père en prescrivant à la musique d'église \" la bonté, le sérieux et la gravité \"\nexigeait une abdication aussi totale du style et de la couleur r M. Ravanello, met en\nmusique, dans ses Lamentationes et Responsoria à trois voix, les Leçons de Jerémie. A quelles\nenvolées magnifiques ne prêterait pas un texte comme celui-là ? Mais tout accent dramatique\nest aujourd'hui proscrit de l'église et les déplorations prophétiques elles-mêmes y ont gagné une\nsereine indifférence. Avec M. Marabini, maître de chapelle à Faenza, le\ncette pa°;e poignante entre toutes, est devenu une suite de cantiques a trois VOÎX. Avec\nM. Botazzo, le Miserere, fait songer à d'agréables leçons de Solfège. La Messe in dominica\nResurrectioms, ne comportant que de l'allégresse, inspire plus heureusement M. AmatllCCi\nmaître de chapelle du dôme de Pise ; il s'en tire fort dévotement avec des Alléluias en vocali-\nses. Toute cette Messe est écrite pour Chœur à l'unisson.\nDira-t-on que le génie italien, essentiellement dramatique, suit ici une voie qui lui est\ncontraire ? En France, nous ne sommes pas beaucoup mieux partagés. M. de la Tombelle,\navec une messe, trois motets et un petit salut à trois voix mixtes, affirme à peine une personalité\nun peu plus nette. Cependant, notons le Tantuui Ergo de son petit saluty ou la phiase liturgique,\nconfiée aux ténors, est entourée par les autres voix, des broderies les plus ingénieuses ; et son\nmotet, oremus pro pontijice, charmant de naïvete, de confiance et d abandon.\nPassons rapidement sur 6 pièces symphoniquespour Orgue ou Harmonium, de Rene\nLambinet (5), grandes improvisations fort décousues, dont, je 1 avoue, la raison d etre\nm'échappe ; et arrivons à la jeune école indépendante, représentée par un de\nRoger Dlicasse (1) pour voix seule. La franchise mélodique de tout a 1 heure a fait place\nici au chromatisme le plus subtil, mais le recueillement n en est pas amoindri ; rien de plu->"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.84", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 641, "texte": "religieux, au contraire, que cette mystérieuse phrase de la fin : o dulcis Virgo Maria ! dont les\nmille détours précèdent d'une supplication caressante le dernier Amen.\nTout ceci ne nous engagera pourtant pas à prédire à notre musique d'église une période\nde bien haute vitalité. Ouvrons maintenant une livraison de publiés par\nl'Abbé Brun ; la dernière parue, Ire de la 8e série, chants en l'honneur de St Joseph.\nQuelle verdure, quelle jeunesse et quelle spontanéité. Auprès de cet art grégorien libre, indé-\npendant, insoucieux de toute carrure, l'art de notre église actuelle ne fait-il pas l'effet d'un\nart vieilli ?\n\nV. P."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c086", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c086", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 85, "image_fin": 85, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.26", "titre_corps": "Cours et Conférences", "titre_sommaire": "Cours et Conférences", "signature_source": "G. Rouchés", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.85", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2932, "texte": "Cours et Conférences\nG. Rouchés.\nSOCIÉTÉ FRANCO-JAPONAISE. 7 Mars. M. Heikuro Miyamoto. Les No, drames\nlyriques du Japon.\nLe No, mot qui, dans un sens plus général, signifie l'art scénique est d'origine\nreligieuse. Dès une époque reculée 011 exécutait des parades mystiques, des pantomimes dansées\npour distraire les assistants, puis vinrent les chants, sacres ou profanes, qu iineiprêtaient des\npèlerins. C'est au XIIIe siècle que le no prend son essor. A côté du proprement dit, il faut\ndistinguer le no bouffon ou chioguen.Le fondateur du no moderne est Motokio. En 1460,\n3 jours durant, il y a une représentation de no près de Kioto. A Yedo les premières lepresen-\ntations eurent lieu en 1607 seulement. .\nLe no se joue sur une estrade carrée ouverte de trois cotes et adossee a un mut de bois. A\ngauche un passage conduit aux coulisses. Les spectateurs se tiennent autour de l'estrade. Sur\ncette sorte de scène, d'une part sont les déclamateurs, de l'autre les musiciens (une flûte, un\ntambour, deux tambourins). L'action est rapide. Les acteurs sont masqués et vêtus somptueuse-\nment. Cinq écoles célèbres gardent les traditions, les ecoles Kambe, Komparo, Kongo, Kito\net Hosko. Les différences entre ces écoles consistent dans la maniéré de moduler. Chacune\nd'elles a ses partisans, est généralement entretenue par une famille riche et possédé une garde\nrobe somptueuse remontant à 300 ans.\nTrois cents no nous sont parvenus. Ils sont dûs en majorité a des bonzes. Les bonzes\nfurent au moyen-âge les gardiens de la littérature et certains allèrent voyager en Chine. Les\nno en vers, en prose poétique, en simple prose ont eu une grande influence sur la littérature et\nle'théâtre. Certains critiques d'Occident, que M. Miyamoto trouve injustes dans l'occasion,\ndéplorent dans le no l'abus du pibo,sorte de jeu de mots.\nHAUTES ÉTUDES SOCIALES io et 17 mars, M. de la Laurencie, les pastorales\nen musique aux XVIIe siècle en France.\nM de la Laurencie indique les origines italo-espagnoles de la pastoiale, de;, pu son-\nnais habituels, son histoire au début du XVIIe siècle avec Montchrestien, Nicolas Chrestien,\nAlexandre Hardy. Le premier, Favier, compose des pastorales en musique II ne réussit pas.\nNos musiciens préfèrent le ballet qui parfois se rapproche assez de la pastorale. Andromède de\nCorneille est une véritable tragédie lyrique. Avec Perrin et Cambert (La Pastorale d Issy,\nAriane de Bacchus, Pomone) c'est une éclosion du genre. Lully, musiciens Mollier,\nOudot en composèrent. La pastorale subsista pendant le XVIII siecle. En 1791 on joue a\ndernière Corisandre.\nSORBONNE. Signalons la très remarquable confiance fait le 31 mars par J. H. Davies\nde l'University Collège du pays de Galles, sur le FOLK LORE GALLOIS avec audition de chants\nnationaux par un quatuor gallois. Nous reviendrons sur cette manifestation qui honore la\nSorbonne, et ou l'on recouvrait l'infatigable artiste de votre compatriote Mme Barbier."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c087", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c087", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 86, "image_fin": 86, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.27", "titre_corps": "SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.86", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3251, "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇAISE\nDES AMIS DE LA MUSIQUE\nLe Conseil d'administration des Amis de la musique a pris dans ses séances dernières\nune série de décisions dont les membres de la société ont accueilli la nouvelle avec joie.\nTout d'abord, et d'accord avec M. Gabriel Astruc, il a été décidé d'organiser sous le\npatronage de la société un grand Festival Beethoven,dirigé par Félix Weingartner et composé\nde quatre concerts qui auront lieu au début de mai. Les Amis de la musique, inscrits dans les\ndélais qui leur ont été indiqués, seront conviés gracieusement aux répétitions générales des\nauditions remarquables.\nEn outre le Conseil a pris l'initiative de réunir périodiquement les membres de la Société,\npour leur permettre de se connaitre et de se voir dans l'intimité. La première de ces réunions,\norganisée le 5 avril chez M.M. Pleyel Lyon et Cie, qui avaient très généreusement Imis leurs\nsalons à la disposition de la société, eut le plus vif succès.\nEnfin, à l'exemple des Amis de Louvre, des Promenades Musicales à travers Paris, ont été\ndécidées. Elles ont commencé par une visite à la Salle Aeolian, le 31 mars, sous la conduite\nde M. L. Laloy, maitre de conférences suppléant à la Faculté des Lettres, et avec le\nconcours de Mlle Hatto de l'opéra comique et de M. F. Touche, professeur au Conservatoire.\nDans la salle éclatante, qui ressemble à quelque Grotte de Fingal, une centaine d'Amis de la\nmusique ont eu le rare plaisir d'entendre un musicologue parler des instruments mécaniques et\nde leur application à l'art moderne de la musique.\n\" Les instruments mécaniques, rappelle le conférencier, ont en Europe un assez fâcheux\nrenom, parceque nous n'en connaissons que les formes rudimentaires, triviales, appropriées à\nla mendicité, ou à la publicité, à la torture des oreilles dans l'un et l'autre cas. C'est le piano\nà manivelle trainé dans nos campagnes ou même en quelques rues désertes de Paris par un\nâne plus qu'évangélique, et dont le tumulte discord ameute les marmots. C'est l'orgue si bien\nnommé de Barbarie, dont on conjure volontiers la hantisse monotone par le sacrifice de\nquelque billon. Ce sont enfin les orgues dorés et chamarrés de quelques fêtes foraines parmi le\ntournoiement des chevaux de bois.\"\nM. Laloy montre comment l'idée du mécanisme appliqué aux instruments s'est peu à\npeu épurée, d'abord grâce aux instruments de simple enregistrement, puis grâce aux\ninstruments d'interprétation. Il expose en quoi consiste la supériorité des appareils Aeolian\net insiste particulièrement sur leurs facultés expressives qui seules permettent de faire de la\nvraie musique.\nAprès cette conférence, qu'il faudrait pouvoir citer en entier, les différentes ressources du\npianola ont été présentées, seules d'abord, puis unies au violon, mêlées à la voix humaine, et\nenfin associées à l'orgue puissant et multiple, dans l'interprétation des de\nSchumann, Obertassde Wieniawski et Kammenoi-de Rubinstein. Les Amis de la\nmusique ont eu l'agréable surprise de constater que la souplesse du Pianola permet\npagner très délicatement les inflexions d'une belle voix comme celle de Mlle Hatto ou le jeu\nexpressif et varié d'un maitre comme F. Touche. Tous ceux qui ont assisté à cette démonstra-\ntion en conserveront le plus agréable souvenir."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c088", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c088", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 87, "image_fin": 96, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.28", "titre_corps": "Théatres et Concerts", "titre_sommaire": "Théatres et Concerts", "signature_source": "F. Guérillot", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.87", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3263, "texte": "Théatres et Concerts\n\nELSEN, drame lyrique, musique cV Adalbert Mercier, Ferval,\nThéâtre Lyrique.\nBien que l'auteur de cette œuvre se nomme Ferval, il n'y a aucun rapport entre le\nlyrisme de Vincent d'lndy et celui de A. Mercier. L'œuvre, couronnée par la Ville de Paris\net qui vient de voir la scène, est avant tout destinée à ce que Shakespeare appelait\nTout s'y passe fort bien, au bord de la mer chez des pêcheurs endurcis, mais cependant\naccessibles à la passion dramatique et dramatisée. La musique est habile dans sa simplicité,\nd'un style aisé, qui plaira, sans rien révolutionner. Et après tout n'est-ce pas le droit du\ncompositeur de chercher le bon succès de la millième, le succès des Dragons de Villars et de\nFaust ? L'idiome musical que parle M. Mercier est un peu le langage de tout le monde ; je\nne lui en fais pas un crime. Le public lui en fera un mérite, car il est un peu las du\ntranscendant, et de ce perpétuel effort vers un génie qui ne vient pas. M. C.\nAUTOUR DE LA CRÈCHE, texte et musique de Jean H— Un piano, une\nharpe, un hautbois, un violon, un célesta-mustel, un récitant et un petit chœur mixte, il n'en\nfaut pas plus à la conviction religieuse, aidée du talent musical, pour nous enchanter pendant\nune heure, M. Alexis Rostand et Mme Rostand nous conviaient àce régal en leur hôtel de\nl'Avenue de Villiers, et, par une transition raffinée, une la Sonate de Lekeu, œuvre de\nmusique pure, transportait l'auditeur de ces émotions religieuses, jusqu au îiie profane et a\nl'opéra bouffe, le Relai imprévu, de Jarry et Terrasse.\nM. Griset tour à tour suppliant ou féroce, aguicheur ou foudroyant prêtait à cet ensemble\nl'autorité de sa direction. Et là devant trois cents personnes dont la Figaro a donné les noms\néclatants l'œuvre de Jean Hubert a pris conscience d elle meme. Cette petite piece d un\nmysticisme calme qui dépasse de beaucoup les limites d'un salon à toute la suavité d'un conte\npopulaire. Le hautbois (bravo François Jean !) y règne et apporte son leit motif de musette ;\nles patres s'agenouillent, l'étoile luit, le récitant ténorise, le chœur s'en mêle, le célesta aidé\nde la harpe pique ses notes claires, un solo de violon plane sur le tout, et 1 impiession est\nd'une religiosité reposante. L'auteur connaît à la fois la Passion de St. Mathieu et Marie-\nMagdeleine, et ses admirations de l'empêchent pas de rester oersonnel. N'assisterons-nous pas\nun jour à son triomphe a 1 opéra comique ? J*\nMars fut au Conservatoire un mois de demi repos : un seul conceit et une seule\nnouveauté, le Concerto de piano de Liapounow.La merveilleuse technique et le souple talent\nde M. Ricardo Vines ont bien rendu cette œuvre où des idées personnelles sont présentées\navec adresse et cohésion, sans rien de subversif. Et l'auditoire fut à peine dégelé. C'est\ndécourageant. Il s'était trop dépensé pour la Symphonie en ut mineur de Saint-Saëns,\ndésormais consacrée. L'exécution en fut d'ailleurs excellente, ainsi que pour les et 8e\nBéatitudes, de Franck. Et ce fut tout.\nLa première partie du Faust, de Schumann, la deuxième de la Damnation, et tout le\nFaust de Liszt avec le chœur final ont formé un superbe triptyque deux dimanches de\nsuite, aux Concerts Lamoureux. Certes, de ces trois tableaux aucun n'a vieilli, mais celui de"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.88", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3924, "texte": "Liszt ne vit-il pas d'un lyrisme plus jeune et plus sincère que jamais ! On ne peut se lasser\nde cette musique toute de charme et de séduction. IVI Raunay et ]VI. Paulct furent juste-\nment applaudis dans Berlioz et Schumann. M. Seagle a une belle voix, mais son accent\nétranger est désastreux.\nVoici enfin deux nouveautés de quelque importance : une de M. Casa-\ndesus et une Légende symphonique de M. Henri Lutz. Une Petite Suite, transcription de trois\npetits, tout petits morceaux pour piano à quatre mains, de M. Roger Ducasse, ne compte\nguère. Il y a beaucoup de vie et d'action dans l'œuvre de M. Casaoesus, extraite de sa\npartition du Moissonneur, pour un drame de M. Charbonnel, toute imprégnée d'airs limousins,\ntrès sincère, très mélodique, un peu simple peut-etre. La Société de Chant Choral et la\nSociété des Instruments anciens (unis dans un Intermezzo à l'orchestre), M. Teissié (baryton)\net Mme Buisson (mezzo) ont mis en valeur cette agréable musique. De M. Henri Lutz le\nConte \"Il était trois jeunes princesses \" n'a pas, lui non plus, d'excessives prétentions. Le\nscénario voudrait plus de développement musical. C'est trop court, défaut bien rare, car c'est\njoliment écrit et plein d'heureux commencements. L'emploi de trois voix de femmes, en\nmélopée, sans paroles, est ingénieux et bien réalisé. N'a-t-on pas entendu quelque chose de ce\ngenre l'an dernier à la S. M. I. ? Mais moins réussi, me semble-t-il, que l'œuvre intéressante\nde M. Lutz.\nM. Chevillard donna ce mois-ci deux instrumentistes de valeur : M. Hekking dans le\nConcerto de Violoncelle un peu vieilli de Haydn, et M. Cari Flesch dans le Concerto\npour violon —un peu long —de Brahms. Mlle Alice Verlet fut empêchée de chanter au\ndernier concert, par un deuil soudain et tragique pour lequel nous lui présentons nos profondes\ncondoléances.\nOn était en droit d'avoir quelque s craintes lorsque M. Pierné annonça la Messe en rè, de\nBeethoven. Le Conservatoire avait le monopole de cette œuvre d'exécution vraiment ardue\npour les chœurs qui y ont un rôle plus complexe encore que dans la messe en si mineur de Bach\net d'une teinture plus étendue. Les ensembles furent, au Châtelet, aussi bons que possible.\nL'imperfection, tient sur cette scène trop vaste, à l'éparpillement des exécutants. Les sons\nn'arrivent pas à l'oreille avec une absolue simultanéité, ceux des instruments à percussion, en\nparticulier. En outre, pour presque tous les auditeurs du rez de chaussée, Ls détails d'orchestre\nsont étouffés par les chœurs.\nLe succès fut considérable et M. Pierné doit en être fier. Trois exécutions ne l'ont pas\népuisé, bien loin de la. Les solistes (Mmes Mellot Joubert et Philip, MM. Nansen et Gebelin)\ny contribuèrent. M. Touche eut dans le solo de violon du Benedictus un succès prévu.\nAprès cela, un \" Festival Wagner \", fût il même orné d'\" Artistes du Théâtre Bayreuth\"\nperd de son intérêt. Gros succès de recette, salle comble, applaudissements copieux à M. Hein-\nrich Hensel et à Mme Leffler Burckard, mais transplantation au moins inutile d'œuvres essen-\ntiellement dramatiques.\nEn terminant sa trop courte série de concerts, M. Hasselmans passa son bâton de comman-\ndement à M. Casella pour diriger sa deuxième symphonie. Qui eut cru ce jeune pianiste calme,\nmince et pacifique, capable de perpétrer cet horrifique vacarme ? Il s'est trompé de porte et, avec\nses crescendos furieux grimpant au pas de charge jusqu'à une explosion de gong, de cloches, de\ngrosse-caisse et de cymbales, son œuvre accompagnerait mieux une pantomime militaire à\nl'Hippodrome. Comme Strauss et Malher, M. Casella trouve trop pauvre le vieil orchestre.\nMais son effroyable complexité de rythmes et de timbres, ses motifs assez vulgaires ne rendent\nguère ses intentions. Il les exprimait en un programme, m'a-t-on assuré. Que pouvait-il bien\ndire ? L'andante seul a un calme relatif, très relatif, car, après un début expressif et bien déduit,"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.90", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3198, "texte": "dation frénétique reprend. M. Casella écrira, dès qu'il le voudra, de jolies choses ; qu'il le\nnouveauté mieux venue est la Menace,poème lyrique de M. Roussel. M Engel y\n•t la partie de ténor. Mais l'intérêt en est surtout dans une orchestration très moderne, très\nrt,-PQçive et sans excentricités. . . r\n\"P Deux concerts Séchiari : Au premier, trois Bde Villon, rmses en musique de for\n•réable façon par M. Debussy et chantées par M. Clark, ont eu un grand succès Elles sont\nif style différent, délicatesse, recueillement et entrain, toutes trois bien venues. De M. Debussy\nLlement trois Ariettes Oubliées,mais souvent entendues, dont Miss Maggie Teyte fut\n'interprète idéale. Il y eut encore M. Risler et M. Victor Gilles au piano, c est dire que les\n,v séances furent intéressantes. L'orchestre est en progrès. r .\nLa deuxième partie de la Passion selon S\" fut exécutée pour la première fois\nla Société T S Bach le 17 mars. Les deux concerts où elle donna cette grande œuvre\nlarquent certainement dans l'évolution de la Société devenue prospère (et riche, ce qui ne gâte\nÏÏ Nous voici loin des débuts modestes, salle de l'Union et personne plus que nous\nn'applaudit à ce rapide succès. Mais il ne faut pas s'amollir dans les delices de Capoue et nous\nmihaitons à M Bret de la fermeté dans le commandement. Les chœurs sont précis et jus es,\n! t s nuancés les mouvements sont en général trop lents. Comme solistes ce fut très\n?atisfaisant Mme Altmann-Kuntz chanta avec beaucoup de style, M\"'e Mary Mayrand avec\ne belle voix Le ténor Baldzun dans la partie difficile du récitant et les deux basses Geist et\nraterhaus furent justement applaudis. En mai, nous aurons l'Ode Funèbre et l'amusant Défi\nle Ph^bUgo\"hd®t)P1ja\"nfl.Echo desParis,'a l'autre jour excellement parlé de la Société Haendel\n, * ifM ]? nupel Ils ont de o-rands éléments de succès, et, le premier de tous, la foi\n!tuTœu \"i fiiut donc suivre leurs efforts et les encourager en >eur conseillant d'étendre\n1 domaine car on éprouverait quelque lassitude au culte trop exclusif de Haendel. A la\nséance de mars nous eûmes du Maître une charmante sonate pour deux hautbois et basson e\nla Fête d'Alexandre dont certaines pages ont conservé tous leur intérêt, malgré un le\nune matinée de charité, donnée sous de hauts patronages et sous la direction\nde M Widor (Il y manqua seulement l'habit vert du nouveau mem re e )• y\ntual'exquise suite d'Orchestre du d'avril,puis un Concerto de Bach pour piano deux\nflûtes et orchestre. M. Delafosse nous parut y avoir un jeu mais il joua mieux u p ,\nun Alîegro de Widor et deux pièces de sa composition. M\"' Edw.na —e P* «t\napprécier une voix agréable, un immense chapeau et un enorme manchon. C est, m assure ,\n\" '\"\"CTrVcomTer- oumt\"/eu près - avec les Concerts d'Orchestre il faut citer\nest r-\nviolon de M. Chevillard étaient de M René Lenormand et\nM\"e Suzanne Cesbron. Copieux programme. Les mélodies étaient. dM. K nieaan_\nde musiciens anonymes persans, annamites et polynésien.. L <le Fauré\ndées ce qu'on n'eût peut-être pas fait pour des heder de Schumann ou de *a . nurand\ndCCS' Les cinq CuJ, de-Tur\nparler avec'intérêt alors que nous sommes condamnés à moins qu une\n\n7"}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.91", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3920, "texte": "nomenclature, à la mention de quelques noms? Sachez donc que ce fut un superbe résumé de\nnotre musique de chambre depuis un quart de siècle, car, partis de Lalo (3e trio) et de\nM. Saint-Saëns (trio, quatuor, sonate de violoncelle), nous sommes arrivés à M.M. Samazeuilh\nA. Roussel et M. Ravel, en passant par MM. Widor, d'lndy, Magnard, Dukas, Debussy'\nRopartz et Witkowski. Pas d'œuvres absolument inédites, mais plusieurs encore peu connues\ndu public, comme les Préludes de M. Debussy. Quelle revue glorieuse et quelle admirable\nexécution ! Songez donc, MIIe Selva, le Quatuor Hayot, MM. Thibaut, Parent, Salmon\nPollain, Risler, Vines, Lortat, Debussy... artistes bien français dans de la musique bien\nfrançaise. C'est là une initiative qui fait doublement honneur à MM. Durand car la totalité de\nla recette alla à des œuvres de charité.\nLa déjà vénérable (quarante ans, 380 concerts) Société et la jeune nous\nont comblés en ce mois surabondant, chacune avec deux séances. A la Nationale, un\nCordes de M. Turina, œuvre personnelle, recherchée sans excès, un peu flottante et imprécise\nde forme, très intéressante ; une sonate de violon, longue et diffuse, de M. Jongen ; un\nagréable et bien écrit de M. Thirion ; quatre ballades françaises fort réussies, exquises, de\nM. Raymond Bonheur, chantée à quatre voix par les élèves de Mn,e Bathori ; enfin les cinq\npièces sur le nom d'Haydn que notre Revue a suggérées et publiées, voilà, avec des œuvres\ndeja entendues, le bilan mensuel. A la 5.M.1., le connu, distingué, expressif\ncomplexe, de M. Florent Schmitt et le deuxième Quatuor de R. Gliere, très debussyste'\nont encadré une sonate de violon de Mme de Polignac et une de M. Barlow, bien\nécrite, pas trop longue, mélodique, mais trop tendue, trop grandiloquente. Rien à d'ire des\nmélodies de MM. Berthet et Melchers et de Y pour orgue de M. Koechlin ; beaucoup\nde bravos à Mme Landowska exquise, comme toujours, dans des valses de Schubert et des danses\npolonaises anciennes.\nLa première séance des \" Auditions Modernes \" 11e nous a rien valu de pénible mais rien\nde très bon : le Quatuor beaucoup trop Beethovenien de M. Binenbaum, la sonate de violon de\nM. Jemain, pages estimables, le trio de M. A. Laurent, un peu trop debussyste. La Société\ndes Compositeurs de Musique a consacré sa troisième séance à un Quatuor de M. Ganaye que\nnous n avons pas entendu, a quatre agréables mélodies de Bellenot, deux (dont une char-\nmante, le Chèvrefeuille) de Mme de Faye Jozin et un trio piano (MM. Laparra, Drœgmans\net Schiedenhelm) non sans mérite de Mme C. P. Simon.\n1 Union des femmes piofesseurs et Compositeurs, où l'on sent l'impulsion active de\nMme M. Gallet, une bonne séance d'œuvres de Fauré (Mme Long, Quatuor Riant Réol) et\nune d'oeuvres de membres de la société : trio agréable de Mn,e Bourdeney, mélodies très fines\net discrètes de Mmo Delage-Prat, moins intéressante de Mme Grodvolle.\nSalle Gaveau Maurice Desrez, célèbre le printemps. Bravo pour l'audace juvénile de cet\nadolescent épris de lyrisme !\nme A l'amphithéâtre Richelieu des chanteurs folklorisent sous la direction de\nMme Barbier, qui a réussi à galles-vaniser ces musiciens aux voix robustes.\nLes excellentes séances de la Philharmonique ont pris fin avec l'apothéose de M Kreisler\n1 admirable violoniste, dans un Concert avec Orchestre : Un Concerto de Vivaldi un peu\nmince, le Concerto en ré de Mozart, la sonate de Tartini (le trille du diable) et, sur de's rappels\nsans fin, le prélude de la 2e sonate de violon seul de Bach. Exécution impeccable, plus expres-\nsive, heureusement, que la figure impassible de l'exécutant. Mais pourquoi cet orgue indiscret\ndans le Concerto de Vivaldi et la sonate de Tartini .? Mme Gerda Magnus joua avec quelque\nsecheresse 1 c Concerto de piano en ré mineur de Bach. Au concert précédent, M. Casais,\nvioloncelliste idéal, avait joué une suite de M. Moor, une sonate, de J. S. Bach et une sonate"}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.94", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3883, "texte": "de Beethoven, ces deux dernières sensiblement préférables ; Mlle Maria Freund avait intelli-\ngemment chanté des lieder de Schumann et de Wagner. Disons au revoir à M. Rey, imprésa-\nrio heureux qui a toujours salle comble.\nAu Cercle Musical, de belles séances avec le Quatuor Touche, M. Lucien Wurmser,\nM. Vierne, M. Marneff et Mme Raunay et surtout avec Debussy dirigeant les Gymnopédies de\nErik Satie. Rappelons enfin les Soirées d'Art, plus prospères que jamais. M. Van Dyck, MTne\nRaunay dans des lieder, le Quintette de M. Chevillard et beaucoup d'autres belles œuvres\nremplirent la salle chaque samedi.\nQuatrième séance tchèque du Quatuor Lejeune. Le Quatuor de M. Kunc est bien,\ncelui de M. Suk (si b) est mieux. L'intermezzo est une page charmante. Il y a dans les\nmélodies qu'à chantées avec goût Mme Kacerovska une exquise mélancolie. Ce sont de bien\njolies choses.\nLe Pax Quatuor continue avec succès ses séances classiques sous la direction de Mme Muller\nde Beaupré. Le Quatuor Lefeuve donna le 29 une soirée où, à côté du Quatuor de A. de\nCastillon, qu'on entend toujours avec plaisir, figurèrent la suite pour piano, très originale, de\nM. A. Roussel (M. Motte Lacroix), d'agréables mélodies de M. Orban (Mme Bathori) et un\nQuatuor à cordes nouveau de M. Blanchart du Val que nous eûmes le regret de manquer.\nEnfin le Quatuor Saïler fit entendre le Concert de Chausson et la petite sérénade avec\nflûte, de Beethoven. Exécution excellente. Mlle Charny chanta de plus mélodies de M. Paul\nVidal dont plusieurs eurent les honneurs du bis.\nLe Trio Chaigneau auquel nous avons dû des heures musicales agréables, revit cette année\nbien que deux de ses charmantes partenaires soient devenues Mme Piazza et Mme Joachim. Il\ndonne avec d'intéressants concours cinq ou six séances dont la première, toute de Bach, nous\nvalut le Concerto pour trois pianos trop rarement entendu et la seconde le Quintette en sol\nMineur, de Boccherini, dont le menuet est resté populaire, la sonate en rè de Mozart pour\ndeux pianos, une jolie sarabande pour deux flûtes (qu'on fit répéter) et la Cantate Orphée, de\nRameau (Mlle Germaine Sanderson).\nUn contre temps avait empêché le Quatuor Vocal Mauguière (Mme 3 Maud Herlenn,\nMirey, MM. Mauguière et Sigwalt) de donner le concert annoncé pour février. Nous l'eûmes\nle 13 Mars. Nous avons trop peu de quatuor vocaux chantant juste et bien. Celui-ci est\npresque parfait. Programme tout moderne où à côté de Quatuors de MM. Lenormand,\nLabori Kœchlin et Alexandre Georges, figurèrent des soli de chacun des partenaires et de\nM. Marsick. On applaudit surtout l'Oiseau Bleu, de Mme Toutain Grun et les œuvres de\nM. A. Georges, musique toujours claire et expressive.\nCe mois fut abondant en cantatrices de Concerts. Qu'elles nous pardonnent nos oublis et\nnotre laconisme. lVIme qui donna deux séances de lieder, accompagnée par\nM. Casella, est excellente dans ces œuvres intimes et de petite étendue. Ces qualités sont aussi\ncelles de MUe Skarbek qui fut applaudie salle Pleyel. Nous avons déjà dit tout le mérite et\nl'intelligence de Mlle Chevalet, au talent très souple. La charmante Mlle Sonia Darbell—avec\nl'orchestre de IVI. Chevillard, lui-même, avec M. Capet, lui-meme donna un beau concert.\nSon contralto a du charme, mais manque un peu d'étoffe. 1 riomphe de M. Capet qui revint\njouer une partie de la 2e sonate de violon seul de Bach. ]VI*le Darbell chanta une mélodie de\nM. Marcel Samuel Rousseau, dont l'orchestration est curieuse. Deux mentions très honorables\nenfin pour IVI^e Alice Nobya (jolies mélodies de 3VI. Levade) et pour IVI Gotha Weckman,\ncantatrice finlandaise qui chanta au Pax Quatuor, de belles mélodies des auteurs de la-bas,\nSibelius et Merikanto. Mme Povla Frisch, cantatrice danoise, si souvent applaudie, mérite\nmieux qu'une mention. Klle chanta en grande artiste des lieder de Schubert et de Schumann"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.95", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3957, "texte": "à une séance de piano (M. Casella qui nous fit, ce soir là, oublier sa symphonie) et de violon-\ncelle (M. Hekking, d'Amsterdam, au jeu simple et expressif.)\nM. Charles Sautelet, ténor et diseur exquis des œuvres modernes, donna à la fin du\nmois un concert un peu long, mais bien composé. Il fut bon dans des mélodies de Schubert et\nde Schumann, excellent dans celles de M. Louis Aubert qui sont de délicates petites choses\ntristes et subtiles, et dans deux de M. Gabriel Dupont est charmante).\nM. Motte Lacroix joua beaucoup de morceaux de piano et M. Fleury, flûtiste, un joli\nMadrigal de M. Aubert.\nN'oublions par une brillante réception de Mme Capoy, où la maîtresse de maison fit\nvaloir son style impeccable entre M. Chanoine d'Avranches, voix vigoureuse, M. Lefeuve,\nvoix chaude, et M. Raoul d'Harcourt, voix pathétique. La flûte en bois d'Hennebains, le brio\nde Melle Himmel, le charme des élèves de Mo\"' Capoy s'ajoutaient à cet ensemble exquis.\nLe violon, est entré ce mois-ci en lutte ouverte avec le piano. Que d'artistes, que de bons\nartistes ! Nous avons parle de IVI. Kreisler. Glorifions IVL Enesco, un des concertistes\n\" faisant \" salle comble partout. Son Concert avec Orchestre salle Gaveau, avec Y Invention\nen sib de Bach, le Concerto de Brahms, le 3e de Saint Saëns, fut triomphal, car de\ncharmantes auditrices lui lancèrent leurs bouquets et peut-être des baisers. me suis borné à\ndes bravos, surtout dans le Concerto de Saint Saëns. IVL Enesco a toujours son jeu ample et\npuissant. L'archéologue du violon, M. Debroux, qui est en même temps un exécutant hors de\npair, a donné une séance avec orchestre d'un réel intérêt. Leclair et Aubert ne m'étaient pas\ninconnus, mais John Humphries, mais Hertel, mais Tessarini ? La littérature du violon au\n•XVIII siecle est considérable. JVI. Carembat a, lui aussi, donné une séance de concertos à lui\ndédiés, dont un bien venu de M. de Francmesnil. Il y a déployé sa solide technique et son\nbeau style. Nommons enfin les \" dii et deœ minores \", Mlle Yvonne Astruc, entendue déjà\nen février, Mlle Simonne Pilon, à la précoce virtuosité, Mlle Béatrix Leech, Mlle Christiane\nRoussel, MIIe Sizes, toute jeune et déjà remarquable, Mme Debaets-Iwanoffska, Mlle Léonie\nLapié, le sexe laid est décidément évincé et nous n'avons guère entendu que MM. Ca-\nlascione, Tracol, un de nos meilleurs violonistes, et Vela, qui joua une intéressante et nouvelle\nsonate de M. R. Villar.\nDans le domaine du violoncelle, nous rencontrons d'abord Mme Delune, artiste toujours\nintelligente et distinguée, qui fit entendre à la salle du journal Les Modes des œuvres de\nM. Louis Delune, notamment son Poème dont nous avons déjà dit tout l'intérêt. Le programme\ncomprenait une douzaine de mélodies de M. Delune que Mlle Jackson et M. Cotiartmîrent\nen valeur. M. René Jullien donna une agréable séance Salle Erard avec le concours de\nM. Lazare Levy et M. Antonio Sala s'avéra comme bon virtuose à la Salle Gaveau.\nDes quatre séances de piano qu a annoncées M. Ed. Risler, la troisième eut lieu le <5 mars\nconsacrée à une sonate de M. Théodore Dubois, d'une clarté toute française, à des ballades\n(celle de M Fauré transcrite pour deux pianos, avec l'auteur au second) et à des rapsodies\nNous entendîmes quelques jours après M. Risler au Concert Durand dans les remarquables\nPromenades de M. Magnard et dans la savante et terrible de M. Dukas. On a épuisé\ntoutes les louanges pour Mme Wanda Landowska. Qu'elle joue du clavecin, il semble qu'on\nn a jamais pu en jouer mieux qu'elle ; qu'elle joue du piano, il semble que seule elle puisse\njouer, dans une vaste salle et sur un grand Pleyel ouvert, du Mozart avec cette discrétion et\ncette finesse Ce concert du 28 mars fut merveilleux. Après les cinq pièces de virginalistes\nanglais qu elle joua a ravir (les deux de Peerson semblent dater d'hier) on la rappela au point\nquelle dut jouer encore trois morceaux [Conce de Bach, deux de\nRameau). Et que de fleurs !"}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.96", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2076, "texte": "M. Paul Goldschmidt est un vrai pianiste et ses deux récitals d'œuvres vraiment pianisti—\naes (Schumann, Chopin, Lizst) le prouvent. Il a une remarquable sonorité. Il faut en dire\njtant de Mlle Adeline Bailet qui triompha des Etudes transcendantes de Lizst, et de la jeune\n[lle Lewinsohn au talent très délicat, déjà très appréciée car on refusa du monde à son concert.\n;[lle Rose Landsmann nous intéressa surtout par son interprétation de pièces romantiques de\nichumann où elle fut très personnelle. Mlle Hélène Barry a une belle virtuosité et du style.\nAprès avoir mentionné avec éloges la charmante séance de Mme Fleury Monchablon,\nmondée par la flûte enchantée de M. Fleury et la voix agréable de Mme Mellot Joubert,\nlOUS citerons encore un groupe de pianistes nullement négligeables : M. Vargas-Nunez,\n',ille Nelly Eminger, M. Montoriol Torrès. Que de pianistes, mon Dieu ! et, ma foi, que de\nions pianistes !\nIl me reste encore quelques lignes pour citer à la hâte une Fête de la Poésie féminine,\nprésidée par Mme la duchesse de Rohan, où la musique tint une large place. Mlle Mitza\niosario, à la belle voix de soprano, fut applaudie dans des lieder de Beethoven.\nDeux sociétés artistiques, très actives et dignes d'intérêt, la Société Symphonique des\n?ostes, Télégraphes et Téléphones et la Société Artistique et Littéraire de l'Ouest ont\n:onvoqué la S.I.M. à des séances dont nous fumes fort satisfaits. Cette dernière réunit\nies noms comme le Trio Chaigneau, Ml]e Suzanne Cesbron, M\"e Sauvrezis, M\"'e Delage\n3rat, c'est dire qu'on y fait réellement de la musique.\nMlle Ariane Hugon, de l'Opéra, sait avec quel intérêt nous suivons ses Interprétations\n;e la Musique par le geste, la danse et l'expression. Elle se montre profondément artiste dans\n;ette œuvre et sa foi sera récompensée. Nous reviendrons sur ses séances dans notre numéro\niu 15 mai.\nEnfin il faut magnifier le talent, l'incroyable talent de Granados. Qui n'a pas entendu\nGranados jouer ses Goyescas, ne se doute pas de ce que peut être le style moderne espagnol.\n\nF. Guérillot."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c089", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c089", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 89, "image_fin": 89, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.29", "titre_corps": "CHARLES SAUTELET", "titre_sommaire": "CHARLES SAUTELET", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.89", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 16, "texte": "CHARLES SAUTELET"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c090", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c090", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 96, "image_fin": 96, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.30", "titre_corps": "LA LÉPREUSE", "titre_sommaire": "LA LÉPREUSE", "signature_source": "J. 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Cette heureuse solution nous fera\nsublier le jugement qui avait clôturé le récent procès avec un admirable mépris des droits du\ncompositeur de musique."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c091", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c091", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 96, "image_fin": 100, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.31", "titre_corps": "Province", "titre_sommaire": "Province", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.96", "debut_caractere": 2388, "fin_caractere_exclue": 2937, "texte": "Province\nCommençons aujourd'hui notre tour de France par AîlllSCy ou le Cercle Musical donne\n>on premier Concert de l'année, avec un programme dont la variété fait le plus grand honneur\ni M. Jean Ritz ; une Brunette de Duvernoy et une mélodie de Jean Ritz intitulée Hiver\nmettent en valeur les grandes qualités vocales de IVI. Cons ; IVI. Emmanuel Ritz se joue des\ndifficultés pianistiques des pièces de Debussy, d'lndy et Th. Dubois; M. Ressicaud joue du\nhautbois à ravir ; enfin les dames de la Chorale mixte chantent avec enthousiasme une mélodie"}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.97", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3437, "texte": "bretonne harmonisée par Bourgault-Ducoudray. A Nancy, M. Guy Ropartz donne la\npremière audition de la belle Symphonie française de Th. Dubois, d'un concerto de Mme joutard-\nLoevensohn, joué par M. Marix Loevensohn, et d'un entr'acte pour un drame inédit de\nDuparc, aux Etoiles ; la harpe de Mlle J. Poulain vibre dans un concerto de Haendel.\nValenciennes chôme quelque peu et nous annonce une mauvaise nouvelle : la mort de\nM. Ch. Deromby président dévoué de la Société des Orphéonistes Valenciennois. A Cambrai\non fête la cinquantième année d'existence de l'union Orphéonique et cela très dignement ; et\nles éloges ne sont pas ménagés à M. Léon Morand, le promoteur de cette belle manifestation\nmusicale. St Quentin possède en Mme Marchand une conférencière très érudite qui expose\nl'histoire de la Sonate ; MUe Marchand, pianiste et M. Jenck, violoniste jouent du Mozart, du\nBeethoven et du Lekeu.\nAbbeville accueille chaleureusement des artistes de Paris tels que le quatuor Morhange-\nPelletier, M. Claveau, etc. ce qui n'empêchera pas, espérons-le, les artistes abbevillois de faire\napprécier, eux aussi, leur talent. De Saint-Lo on nous annonce la naissance d'une Société\nphilharmonique ; le nouveau-né parle ou plutôt balbutie paraît-il ; mais il grandira ! Par\ncontre, la Musique municipale et la Chorale sont très éloquentes.\nQuittons Saint-Lô les oreilles encore toutes carressées des harmonies que M. Levatois fait\néclore chaque dimanche à l'orgue de Notre-Dame et gagnons la Roche-SUr-YOïl ou\nM. Lejus fait exécuter par la Philharmonique dont il est le dévoué directeur, l'Ouverture de\nla Sirène d'Auber et bien d'autres choses heureusement plus modernes telles que les fragments\nde sa délicate pantomime Amours de Masques.\nA Bourges c'est encore une Société Philharmonique qui nous révèle une violoniste,\nMme Chemet au jeu sympathique et vibrant : bravos, bis, rappels... L'Orchestre de la\nMétropole, ses chœurs, les enfants de la maîtrise attirent un public nombreux et enthousiaste.\nA Guéret, M. Caillard conférencie sur Musset et Chopin qu'interprète Mme Lemoine\nsans mièvrerie.\nA Limoges, la Société Philharmonique poursuit son œuvre de vulgarisation méritoire\nmais a le tort d'intercaler entre les diverses parties de la ire symphonie de Beethoven\nplusieurs morceaux peu beethovéniens. Mme Marie Robert fait un tour de force en sachant\nfaire apprécier par un public ordinairement indolent quatre mélodies de Moussorzsky.\nArrivons à Bordeaux. La Ste Cécile clôture brillamment sa saison sous la\ndirection de Bùsser et avec le concours de Capet et du harpiste Jandelly. Les musiciens\nbordelais sont d'une activité inlassable : Prof. Gaspard, MM. Lespine et Falcon (sonates\nmodernes) le violoniste Jostz... Pau voit arriver (pas en aéroplane) le meilleur de l'Opéra\nComique, de l'Opéra et de la Monnaie porteurs des partitions de Mme Butterfly, Werther et\nLohengrin. Toujours même succès pour les Concerts Classiques.\nA Lyon, enfin, la Société Lyonnaise de musique ancienne donne un concert avec le\nconcours de MM. Amédée Reuschel (clavecin), Maurice Reuschel (viole d'amour et violon),\nAlexis Ticiec (viole de gambe), MUe Henriette Porte (chant) ; Couperin, Lully, Rameau,\nBach, Hândel sont interprétés avec finesse par des artistes qui les comprennent et qui\nles aiment.\nMais voilà un long voyage ; regagnons Paris et attendons le mois prochain pour constater\na nouveau la vitalité de la musique en province."}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.100", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 647, "texte": "MONUMENT CHABRIER\nElevé nous les auspices de la Revue régionaliste La Veillée d'Auvergne, il sera inauguré à\nmbert (Puy-de-Dôme) en Septembre 1911.\nLe monument consiste en un buste en bronze, fondu d'après l'original exécuté par\nConstantin Meunier ( cet original a été offert par M. André Chabriei) et reposant sur un\nde dont le sculptural a été confié au sculpteur Vaury.\nLes fêtes d'inauguration seront présidées par M. Dujardin-Beaumetx.\nAjoutons que les souscriptions destinées à couvrir les frais de ce monument sont reçues\niez M. Enoch, 27 Boulevard des Italiens et aux bureaux de la Vallée d'Auvergne,\n:8 Rue Jacob."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c092", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c092", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 100, "image_fin": 102, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.32", "titre_corps": "Belgique", "titre_sommaire": "Belgique", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.100", "debut_caractere": 649, "fin_caractere_exclue": 3015, "texte": "Belgique\nLa saison s'achève, sans vif éclat, surtout à notre point de vue belge. Sans doute, jamais\neut-être autant d'auditions ne furent organisées : mais nous sommes au règne du mercantilisme\n:du bluff. Les compositeurs belges tentent, quand même, un geste de défense. Il n'est point\nirvenu encore à réveiller l'âme engourdie. La voix profonde de notre art ne s'écoute plus,\nans le désert de la Cité. Parlez de la Musique belge : on sourit, on feint d'ignorer ses forces\nlujours vives et jeunes. N'a-t-011 pas vu récemment tel directeur d'un théâtre subsidié\nrétendre net que nos musiciens sont incapables de créer œuvre viable à la scène (c'est à\nre œuvre de gros rapport !)... Il faut, ma foi, reconnaître que l'expérience leur a manqué,\nîque le public n'a guère pu juger de leur savoir-faire, depuis bientôt dix ans !\nTandis que les virtuoses, petits et grands, se donnent carrière, les traficants nous offrent\nattristant spectacle de leurs querelles intéressées. Ils osent se réclamer de l'Art chacun\nievant son coffre-fort de l'Art qu'ils méprisent et vendent. Mais les éloges d'une presse\nénale, les compliments balourds d'artistes qui se devraient, et à leurs œuvres, une attitude\nus orgueilleuse, ne réussissent pas à donner le change. Qu'importent, après tout, les trahisons\nlies palinodies : la vraie gloire est à ceux qui travaillent pour l'Avenir.\nParmi les nombreuses séances dont nous avons pris tâche de signaler ici les plus\narquantes, bien peu furent révélatrices ou même simplement de nature à susciter un\nathousiasme. Auteurs, interprètes attestent généralement beaucoup de métier, mais une\niplorable sécheresse de cœur. D'autre part, les dilections des snobs, stylés par la critique, vont\nux acrobates et aux farceurs. J'al\\ sur ma table de travail, une montagne de programmes,\négants d'ailleurs, ornés pour la plupart d'agréables figures. J'en détacherai, tout d'abord, la\n■odeste feuille me rappelant la deuxième séance de la Société Nationale des Compositeurs belges\nancien groupe). Elle porte les noms de Jaspar, Mawet, Gilson, Moulaert, Wilfords et Gresnick\n•ompositeur belge du 18e s.). Madame Fassin, cantatrice, Mtre Laenen, pianiste, MM. Dant-\n-nberg, corniste, Brosa, violoniste, y prêtaient leur concours. Ils firent apprécier des mélodies\nPressantes de M. Jaspar (dont nous reparlerons), une Fantaisie pour cor du même, rêverie sous"}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.101", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3861, "texte": "bois, interrompue par la chasse ; un air de Gesnick, quelques lieder sur des poèmes délicats de\nVerlaine, du toujours distingué, tendre et sincère mélodiste Lucien Mawet. La Petite Suite de\nPaul Gilson est une charmante œuvrette. Nocturne surtout nous séduit. Cette page émue évoque\nla nuit silencieuse, calme et grave, où les étoiles, mélancoliquement, se penchent vers les bois,\ndans l'onde noire d'un étang où voguent, pâles clartés voyageuses, des cygnes... Des visions\ntristes et douces, angoissantes aussi, parfois, envahissent le songe : une voix chante. De Ray,\nMoulaert, les Variazoni quasi sonata retinrent déjà notre attention. Ces pages, où une person-\nnalité peu sûre d'elle-même encore dans le choix des moyens, se cherche avec sincérité,\ncontiennent un Andante large et beau, de structure puissante, de haute élévation, de grande\nligne, et digne, par la forme concentrée, de l'épithète classique.\nMathieu Crikboom nous a offert aussi quatre séances remarquables. Ce violoniste, au\nstyle parfait, d'élégance, de finesse, de distinction aristocratiques, virtuose impeccable\nn'occupe pas, nous semble-t-il, malgré sa très brillante carrière mondiale, la place qu'il mérite,\ndans la littérature musicale de l'époque. Les astres en feu du ciel de l'art ont le défaut de\nnuire au rayonnement plus discret, mais non moins lumineux et splendide, des modestes\nétoiles. M. Crickboom nous apparait artiste sincère son jeu sobre, bellement sonore ; sa compré-\nhension, sa conscience, sa chaleur de sentiment révèlent une esthétique profonde et une vitalité\nexceptionnelle. Ses concerts lui furent l'occasion d'un nouveau succès que nous notons avec\nun réel plaisir.\nLe cinquième concert Isaye amenait au pupitre Elgar, et le maître E. Isaye lui-même,\nM. Gérardy, soliste, qui nous revient des Amériques, joua le concerto pour violoncelle et\norchestre de M. J. Jongen, œuvre bien faite, mais sèche un peu. Quant à la symphonie d'Elgar,\nc'est une œuvre admirable tout simplement, conçue, réalisée en dehors des écoles. L'orchestre,\nsous la direction de l'auteur, fut homogène, et fervent.\nOn nous annonce la troisième séance des Compositeurs belges, avec au programme : Lekeu,\nJongen, Lebrun, Wambach, Eekhautte, Mestdag, Samuel (Léopold) et Freniolle, le\n6e concert Isaye, avec le concours du grand virtuose, des récitals de piano : Jean Jansens,\nRamon Soria, Mme Egçermont Robba, etc. Compte-rendus au n° prochain.\nR. L.\nSalie Astorias, le baryton italien Giuseppe Guisto, charma la plus brillante assistance, à ses\nroulades napolitaines, le pianiste Charles Henusse, avec grand art, joua l'lmpromptu de\nSchubert et le mauve Clair de Luuey des meilleures impressions de Debussy. A la Schola\nMusicale le concert donné à l'occasion de la remise des diplômes aux lauréats des derniers con-\ncours fut l'occasion, pour cette bonne institution, de faire apprécier son enseignement. Les\nélèves exécutèrent remarquablement le programme consacré à Hândel, Mozart, Saint Saens,\nLizst, Delibes et Gounod. Salle Erardy Mme Thiery-Merck s'est fait entendre avantageu-\nsement dans un récital éclectique. —A la Grande Harmonie, MIIe G. François et Miss Gladys\nMay ne, élevés de G. de Greef ont révélé de sérieuses qualités. Madame la Comtesse de\nScharbek, la distinguée cantatrice polonaise, accompagnée par Jean Hure, a trouvé le succès\nhabituel, à son récital.\nM. Joseph Lefebure compositeur gantois bien connu entreprend une tournée consacrée\na 1 exécution de ses œuvres de musique de chambre. Nous recommandons chaleureusement ce\nmusicien aux organisateurs, aux sociétés, aux amateurs.\nA Fierviers, Mlle Marthe Lorrain, cantatrice et Maurice Jaspar, pianiste, avec le concours\nde Mlle A. Cholet, violoniste, Mr Camille Vranken, violoncelliste, et Ch. Delchevalerie\nhomme de lettres, ont donné une séance consacrée à Albert Dupuis, avec le plus vif succès."}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.102", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2013, "texte": "Nécrologie, L'éminent directeur de Conservatoire de Liège, M. Théodore Radoux,\nfient de mourir. Il était né à Liège en 1835. Prix de Rome en 1859, il fut nommé directeur\n• en 1872. Parmi ses principales œuvres ; citons: representee en\n[BB2, Caïn,un poème lyrique ! Patrin, le Festin 1 etude sur etc.\n\\f. Radoux était membre de l'Académie de Belgique depuis 1874.\nGAND. Grand succès pour le Till Eude Richard Strauss au 2 concert\nd'abonnement du Conservatoire royal. M. Mathieu a eu l'heureuse idée de jouer\nl'œuvre, dont l'originalité et l'humour n'en furent que mieux appréciés. .\nAu 4e concert d'hiver, M. Brahy a fait applaudir l'admirable Dante-symphonie de Lizst, la\nlapsodie norwèglenne de Lalo, etc. Le beau contralto de Mme Raveau a été goûté, quoique\nl'articulation et la prononciation laissent à désirer.\nNotons les concerts donnés par les pianistes Jules Firquet, doué d'un mécanisme remar-\nquable, et Ohpélie Vertroost, talent distingué et aimable, ainsi que la causerie de M. Mathieu\nsur les opéras de Mozart, avec le concours d'un joli soprano très sopranisant, M Cecil Lriey.\nPAUL BERGMANS.\nLIÈGE. Grand succès pour Kreisler, qui s'est fait entendre dans le Concerto de\nBeethoven au troisième Concert Debefve.\nA l'Œuvre des Artistes, M. René Lyr a fait une très attachante causerie sur les jeunes\nmusiciens belges, illustrée d'exécution de M™ Fassin, MM. Jaspar et Vranken ; la meme\nsociété a apporté tous ses soins àla \" Célébration Grétry soiree fort reussre donnée a 1 occa-\nsion de la reconstitution prochaine de la maison natale du maître. ...\nLe premier concert de la Société Bach a obtenu un succès sur lequel je ne puis insister,\nayant dirigé cette séance : l'intérêt montré par le public pour les œuvres instrumentales des\nplus sérieuses qui la composaient est d un bon augure.\nM. Maurice Jaspar dirigea au Conservatoire une audition Mendelssohn et M. Loui\nLavoy fit entendre en un récital la meilleure partie de l'œuvre d'orgue de César b ranck.\nDR. DWELSHAUWERS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c093", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c093", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 102, "image_fin": 113, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.33", "titre_corps": "Etranger", "titre_sommaire": "Etranger", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.102", "debut_caractere": 2015, "fin_caractere_exclue": 2948, "texte": "Etranger\nMUNICH. Résumer en quelques pages quatre mois de la vie musicale de la ville\nd'Allemagne où, immédiatement après Berlin, elle est la plus exubérante, n est pas chose\naisée Te demande l'indulgence pour la nomenclature assez sèche qui va suivre. La moyenne\ndes concerts es. à Berlin de 7 à 8 par soir; à Munich de 4 à 5- La sarson, commencée\npresque aussitôt après le festival français, a été du reste et sera, dit-on, 1 une des plus\nsantés que nous ayons eues depuis longtemps. Je vais essayer de grouper autant que possible,\npar auteur et par maisons» les nouvelles essentielles.\nAu Kclrwerein,c'est le grand triomphe du cycle Bruckner avec M. Ferdinand Lcewe\nle vrai spécialiste du Maître qu'il a aimé, fréquenté, appuyé avant personne édité etu\nioué mieux que personne. Nous en sommes a la Quatrum, Symphmit, et décidément il se\ndémontre que le génie du musicien veut qu'on passe outre toutes les critiques que Pai is, ces"}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.103", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4108, "texte": "dernières années, s'est appropriées, identiques à celles de l'Autriche d'il y a vingt ou trente ans\nPour nous, vivant en Allemagne et nous efforçant de comprendre les choses du point de vue\nallemand, la cause est entendue. Là où l'on a dit nous disons\nappliqué,et nous constatons la réalisation d'une forme cyclique différente de celle de Franck\nmais aussi fortement organique. Bien plus, nous prétendons qu'entendues aussi souvent que\ncelles de Beethoven ou de Brahms, ces symphonies sont aussi fécondes en surprises et en\nenseignements, et nous constatons avec joie qu'elles sont la moelle substantifîque de la génération\nmontante. Il faudra donc compter avec elles de plus en plus. Les soi-disantes fautes de goût\nde mesure, sont inherentes non à Bruckner, mais à l'Allemagne toute entière : il resterait donc\nà établir si elles existent véritablement, le goût du voisin ayant autant de chances d'avoir sa\nraison d etre que le mien, et la question des goûts et des couleurs restant en somme à tout\njamais îeservee pour les gens sages, qui ne croient à aucun absolu réalisable sur cette terre. Si\nfaute de mesure il y a, du moins n'y a-t-il jamais faute de proportions. Enfin les \" intermina-\nbles recommencements\", le \"Bruckner-Sisyphe\" des critiques d'antan, finissent par apparaître\nce qu ils sont vraiment, de grands ensembles décoratifs musicaux. Tout cela, qui est du domaine\nde la discussion, importe du reste assez peu. L'essentiel est que nous soyons émus, empoignés\net surtout eleves par cet idéal tant bafoue, d un chrétien, d'un Autrichien et d'un naïf, qui se\ntrouve avoir ete 1 un des plus solides, des plus grandioses constructeurs qui aient jamais existé.\nEt je conseille a doute des triomphes qu'on peut remporter avec de telles œuvres, auprès\nd un public musical d elite, qui n a rien à voir avec celui d'été, simplement de prêter l'oreille\nau bruit qui piovient de ces Lundis de M. Ferdinand Lœwe. La tentative était plus hardie\nque de produire n'importe quelle nouveauté de Delius, de Schoenberg ou des vôtres. Il est\ndésormais prouve que 1 on peut sans indigestion se repaître de Bruckner en bloc, toute une\nsaison au même titre que du plus grand classique.\nA m™e public a pas mal sifflé la Première de Mahler, la plus dangereuse, plus\nmeme que la Cinquième, dans certaines salles. Nous qui applaudissions, c'était de ce que\nM. Lœwe nous 1 eut donnée ; mais nous ne faisons aucune difficulté à déclarer que, s'il est\n1 homme de Bruckner, de Brahms et de Beethoven, il n'est pas celui de Mahler. Au surplus\nne le donne-t-il que par devoir ou acquit de conscience. Qu'il y renonce désormais! Il a mieux\na faire que de lutter contre sa conviction et son tempérament : on sent trop que l'amour n'y\nest pas. Or si cette musique ne peut guère se passer de la nervosité et des saccades frénétiques\ndes chefs d orchestre formés par Mahler, elle ne saurait encore moins se jouer sans feu et sans\namour. C est pour ces raisons justement que la Quatrième symphonie, avec M. Goehler, a connu\nun véritable triomphe : Quant aux Lteder d avec Mottl et Mme Preuze\nMatzenauer ce fut bouleversant. Vraiment on a beau jeu de parler de mégalomanie ou de\nmusique juive en presence de telles œuvres ! Jaillies tout droit du cœur, elles vont tout droit\nau cœur, eU etrangete de la première minute passée, elles apparaissent, simples et sincères à\nun point qu aucun musicien depuis Schubert n'avait atteint.\nLa révélation de M. Adolphe Schoenberg, d'abord par les solistes du avec\nSex uor J erklarte Nacht (impossible d'interpréter autrement que Des tenèbres à la lumière\nun mot a mot qui donne Nuit transfigurée) ensuite par le groupe Rosé de Vienne, avec les\nm'e^d^Malile\"3 reCCnteS' a lévénement important pour Munich, depuis le VIIIme Sympho-\nNous nous tiouvons en presence d un admirable tempérament musical, capable des plus\ngrandes choses dans des données à peu près normales, à preuve les opus 4 et 7, et nui\npeu a peu, par la force-meme de son développement logique, en arrive à rejeter par dessus\ntoute entrave tonale et a se développer dans un chromatisme, fluide et versicolore, où le"}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.104", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3885, "texte": "public munichois, encore que prévenu, a paru perdre pied un peu trop facilement. Les profes-\nsionnels se sont fâches tout rouge. Mes dix années de vie bavaroise ne m'avaient encore jamais\nréserve un spectacle aussi désolant que celui de cette salle pendant l'héroïque exécution de\n\\op il {Trois morceaux de piano),par la conviction courageuse de Mlle Etta Werndorff. Pour\nla première fois en Allemagne, j ai vu une salle non\niy, intimidation a l égard de qui désirait y parvenir.Je ne prétends pas, pour ma part, avoir\npénétré de prime abord tout le mystère et la sombre fascination de l'op 10, quatuor avec chant\naux deux dernières de ses parties, (soliste Marie Gutheil Schoder, s'il vous plaît) ; mais aussi\nvrai que le Festival français ne nous a rien apporté de nouveau, nous avons senti là, non\ncomme on 1 affirme, une divagation anarchiste voulue, mais l'entraînement d'une sincérité\ndans des voies qui mènent tout droit vers des contrées inconnues, où la beauté nouvelle forcé-\nment nous attend. Nous sommes là quelques-uns, prêts à nous porter garant qu'il ne ment\npas et ne joue pas a 1 Erostrate, le Maître de tant de si profondément sentis et du\nmagnifique, formidable op \"jen un seul morceau. M. Schœnberg n'est pas le novateur-\ndestructeur, que l'on veut bien dire, mais simplement l'homme \"qui a lu plus avant ce jour\n1a... Je sens en lui un de ces maîtres dont l'œuvre de l'esprit est inséparable de l'œuvre de\nl'âme et meme de la chair, et il m'étonnerait fort que la génération suivante ne trouve pas\nen ces musiques, si redoutables aujourd'hui, ce quelque chose de profondement humain et de\npoignant que j'y ai entrevu à certains tournants. Les pays de mon choix parce que j'ai l'heur\nde m y plaire ne seront jamais ceux de l'impassibilité voulue, de l'objectivisme musical.\nDe l'activité de M. Paul Prill je me vois forcé à mon grand regret de ne retenir que la\nbelle symphonie de M. Sgambati, dédiée à la reine Marguerite d'ltalie. Il faudrait la rappro-\ncher de celle charmante, fa majeur, de Gœtz que M. Mottl a exhumée. Elle porte sa date et\nmême la marque d'une étude raisonnée des symphonies de Brahms, mais s'il fallait prouver\nqu'on peut être, de nos jours aussi, italien avec un grand cachet de distinction, je citerais\nd'emblée cette œuvre, sereine et délicate, que notre temps peut méconnaître, mais qui n'en a\npas moins sa place marquée dans la production symphonique du dernier quart du dix-neu-\nvième siècle.\nJanvier 1911. WILLIAM RITTER.\nTURIN. I. LA MUSICALITÉ PIÉMONTAISE\nPourra-t-on jamais déterminer la marche et la durée de certains préjugés dont naturelle-\nment on ignore l'origine, et n'y a-t-il pas pour les pays comme pour les individus de curieuses\ndestinées qui agissent pendant des siècles au détriment des populations ?\nTel est précisément le cas de la \"musicalité Piémontaise.\" La petite région au pied des\nAlpes est la terre qui a alimenté plus constamment le sentiment de la liberté nationale, qui a\npréparé l'unité de l'ltalie, qui a raffermi à chaque époque les plus émouvantes traditions de\npatriotisme. Mais combien de fois on a écrit que le nom de Piémont signifiait vertu civique,\nforce, fidélité, héroïsme, mais qu'en fait d'art et de lettres le berceau de l'unité Italienne\nn avait jamais pu s'élever au niveau de beaucoup d'autres provinces sœurs ?\nIl faut déclarer que malgré de telles déclamations peu d'injustices ont été si frappantes :\ntoutes les formes du Beau en effet ont été comprises et appréciées en Piémont, et dans la\nSavoie (qui n'a formé qu'une famille seule avec le Piémont jusqu'au 1860), toutes les nobles\nexplications de l'esprit ont été acceptées et admirées et appuyées, tous les artistes ont été\nreçus avec empressement et avec la plus large hospitalité par les Princes de la Maison de\nSavoie et par les familles Seigneuriales depuis le Moyen Age. C'est le côté extérieur, c'est"}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.105", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3974, "texte": "pour ainsi dire la mise en scène qui quelque fois a fait défaut chez les Piémontais, dont le\nnaturel est aussi franc que rude, et qui n'ont en général pas la facilité de parole communica-\ntive d'autres confrères italiens, c'est le caractère septentrional du pays, peu souriant en général\nqui comme décor ne favorise pas les reliefs des monuments, c'est le milieu enfin qui n'est\npas toujours favorable aux impressions momentanées mais ce n'est pas le goût ni l'amour\npour les manifestations artistiques qui ont manqué en aucun temps à nos aïeux. Les\nterres Piémontaises sont parsemées d'églises, de sanctuaires qui gardent des chefs-d'œuvre de\nmaîtres tels que Defendente et Gaudenzio Ferrari qui a rivalisé avec Raphaël, les trésors\ndu Moyen âge se trouvent partout, les châteaux ont une importence architecturale de premier\nordre, l'Université de Turin a été une école de réputation Européenne, les Académies scienti-\nfiques, littéraires, artistiques ont tenu une place fort remarquable, Bref : dans aucun temps,\nl'art de la guerre dans lequel les Piémontais ont excellé n'a rien ôté aux arts de la paix.\nLa musique pour son compte n'a jamais été dédaignée, elle a suivi le développement social,\nelle a été l'apanage de la partie intellectuelle, elle a été soigneusement cultivée surtout dans le\nmilieu des familles nobles, qui accueillaient, fêtaient, entouraient de milles égards les artistes\net les poëtes, et personne n'ignore comment le Tasse a été, d'après son témoignage, reçu à la\nCour de Savoie. De la Provence surtout les troubadours et les maîtres de chapelle migraient en\nSavoie, s'éparpillaient dans le Piémont, y lançaient leurs couplets, leurs refrains romantiques,\nleurs histoires d'amour, et aussi leurs compositions d'église, inspirées en général plus par l'école\nflamande que par le style italien : le commerce artistique était plus actif avec la région des\nGaules qu'avec les maisons princières de Lombardie et de Vénétiequi entretenaient cependant\ndes musiciens en quantité.\nUn fait assez singulier est que ni les questions rélatives à la musique d'Eglise ni le mouve-\nment qui s'est déclaré à la suite de la Gamerata dei Bardi n'aient été guère sensibles en\nPiémont et en Savoie. A la vérité les recherches sur la musicalité Subalpine avant le\nXVII siècle et dans ce siècle n'ont pas donné de résultats essentiels : les documents que les\nArchives nous offrent ne sont pas nombreux et manquent de précision et de détails. Avec une\nlarge érudition et une patience de Bénédictins deux historiens, M. François Rabut, qui était\nil y a une trentaine d'années professeur à Dijon, et le général Auguste Dufour ont étudié\nl'argument dans un beau volume. [Les musiciens,\nSavoie du XIII au XIX siecle-Chambèry 1878). Mais de tout ce que les savants auteurs ont\namassé nous ne pouvons pas conclure à une notion exacte du mouvement artistique, ni nous\nrenseigner sur le naturel intime musical des habitants.\n11. LE CHANSON POPULAIRE\nIl faudrait étudier les chansons passées et les mélodies qui fleurissaient chez le peuple, ou,\npour mieux dire il aurait fallu les étudier il y a quelque dizaine d'années lorsque l'élément\nd'origine, quoique ayant subi le contact des invasions successives était encore connaissable à\ntravers les dérivations. Mais à présent la besogne est beaucoup plus difficile, car à partir de\nla première moitié du XIX siècle le Piémont a vu une immensité d'agglomérations d'émigrés\ndes autres régions d'ltalie qui sont venus former la grande famille nationale, qu'on a reçu à\nbras ouverts et qui ont apporté de nouveaux éléments rythmiques, de nouveaux types de chants,\ntoute une flore musicale différente de la loca le. La napolitaine, la véni-\ntienne, le stornello de la Toscane, la canzone lombarde ont gagné chaque jour de sympathie et\nd'importance en Piémont, la monferrina,la scianf ërla, la et les autres formes originaires du\npays perdirent de plus en plus le terrain au point d'avoir presque disparu. Dans les montagnes,"}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.107", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 58, "texte": "TROIS CHANSONS POPULAIRES CATALANES\nexécutées à la fete de"}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.108", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3823, "texte": "dans des endroits reculés au temps des fenaisons, dans les plaines à l'époque des vendanges,\nen quelque village éloigné vers Noël on trouvera encore quelqu'écho de strophes aborigènes\nd'allure originale, mais le peu qui reste va être englouti par le mouvement des touristes,\net par cette tendance à centralisation qui souvent n'a rien à voir avec la civilisation mais qui\nest néfaste pour la couleur locale.\nArmé de grande patience et d'une vive perspicacité, un fokloriste attentif a essayé il y\na plus de six lustres de fixer quelques-uns des moments musicaux du peuple Piémontais.\nEt dans une étude devenue extrêmement rare, a relevé une une\nune berceuse,une espèce de fabliau en style de cantique, une et des\n\" empreintes d'une naïve et délicieuse rusticité!\" Malheureusement M. Edmond Van der\nStraeten dans ce mémoire {Turin Musical Audenarde, Imprimerie Bevernaege van\nEeckaute 1880) n'a pas reporté les mélodies, qu'il avait selon toute probabilité notées, et qui\négarées dans ses papiers dispersés après sa mort se seront perdues ; nous ne pouvons donc plus\navoir d'idée de cette trouvaille, ces \"joyaux mélodiques\" déjà si maltraités par le temps,\nn'existeront plus dans une forme appréciable. Quant aux compositions déclarées Piémontaises\ndans quelques textes (comme par exemple dans le opuscule curieux de\nT. B. Hullin \" professeur de danse et de musique à Paris \") il s'agit simplement de pont-neufs\nles plus anodins, les plus filandreux, les plus insipides qui se puissent entendre.\nLe Piémont a produit assez de poëtes qui se sont servi du patois pour\npour tous les malheurs,et aussi pour la satire et la plaisanterie :le Père Isler, par exemple, en\n1700 a laissé une suite de chansons d'une banalité grossière qui ne les a pas empêchées de\ndevenir populaires, mais le Docteur Calvo, le véritable Tyrtée du pays, et Brofferio patriote\nde premier ordre ont largement racheté la dignité de la Muse Piédémontaine. Les chants de\nCalvo et surtout de Brofferio sont encore vivants dans la bouche du peuple : cependant les airs\nsur lesquels se déroulent les couplets sont en général des dérivations de motifs d'opéras et n'ont\nrien de caractéristique régional.\nA l'état actuel, l'authenticité Piémontaise mélodique des chansons que l'on entend est fort\nrare : parmi les échantillons j'en citerais deux, pour ainsi dire de genre\nprày Antoine, l'âne est dans le pré, et Umerlo Va pers lu coua, le merle a perdu la queue) et une\nplus moderne et patriotique {Noï soma i fieni d'Giandouia, Nous sommes les enfants de Jacques\nde la douille). Mais le riche écrin a désormais perdu une grande partie de ses bijoux : et\nl'insouciance des contemporains malheureusement contribue à effacer complètement le peu qui\nreste des précieux souvenirs du pays.\nIppolito Valetta.\nBARCELONE. Nous avons eu, tout dernièrement, la Cinquième\nlMusica Catalana. Ainsi que j'ai dû le dire ici même, cette fête a été créée par YOrfeô\nCatalà. Elle est à la Musique ce que les Jeux Floraux sont à la Poésie. C'est, en somme,\nun véritable concours musical dans lequel tous les compositeurs catalans sont conviés. On\nadmet toute sorte de compositions musicales : chœurs, quatuors, recueils de chansons\npopulaires, etc. La dernière Festa a été, ainsi que les précédentes, extrêmement brillante.\nLa belle estrade de YOrfeô offrait un aspect vraiment superbe. Comme toujours, toutes les\nautorités, ainsi que toutes nos principales associations, avaient été invitées. Outre le Jury de la\nFête, la direction de YOrfeô et les choristes, tous, de YOrfeô Català, on voyait, donc, sur\nl'estrade, des représentants du Conseil Communal, du Conseil Provincial, de Monseigneur\nl'Evêque, de 1' \" Ateneoßarcelonês\" \" Lliga Re\" Unw Catalanista\" \" Associacio'\nMusical,\" etc. On entendit, d'abord, les discours de M. Cabot, Président de de\n\n8"}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.109", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3613, "texte": "M. Martinez Imbert, Président du Jury, et de M. Francesc Pujol, Secrétaite du Jury, qui fit\nune critique très sérieuse des compositions reçues. Puis, M. Vidal commença la lecture des\nnoms des compositeurs lauréats. Ce fut M. Joan B. Lambert qui gagna la Il\nnomma, donc, la Reine de la Fête.\nVoici, maintenant, le nom des compositeurs lauréats :\nM. Joan B. Lambert gagna, ainsi que nous l'avons dit, la Fleur naturelle.\nM. l'Abbé Romeu : prix offert par Monseigneur Cortés.\nM. R. Villar (quatuor pour instruments à cordes) : prix offert par 1' \" Ateneo Harcelants.\"\nM. J. Maso (recueil de chansons populaires), Mlle Pilar Roca (recueil de chansons popu-\nlaires) : prix offert par le \" Centro Excursionista de Catalunya. \"\nM. J. Cumellas (Recueil de Lieder originaux) : prix offert par la \" Lliga Reglonalista. \"\nMr. C. Sadurni (trois mélodies) : prix offert par 1' \" \"\nM. l'Abbé M. Virïas (composition chorale) : prix offert par \" Quelques amateurs de la\nmusique catalane. \"\nM. F. Fornells (transcriptions en notation moderne d'un grand nombre d'anciennes com-\npositions catalanes) : prix offert par la maison éditoriale Dotesio.\nM. J. Sancho Marraco, M. J. Cumellas (chansons populaires harmonisées) : prix offert\npar les choristes de YOrfeô Català.\nMM. F. Brunet, A. Gelabert et A. Perez gagnèrent, enfin, quelques prix également.\nUOrfeâ Català chanta, il va sans dire, quelques-unes de ces compositions et il y en eût\nune [Canço de breçol Berceuse —de la Province de Tarragona) d'un bel qui\nplut tout particulièrement à Madame Wanda Landowska !... Lopez Chavarri n'ayant pu\nassister à la Fête on lit son vibrant discours et, pour terminer, on chanta, comme toujours,\nun hymne catalaniste que YOrfeô a rendu populaire ! Une belle et noble fête, en somme,\ndans laquelle tout fut beau : musique, discours, décors, toilettes !... Ai-je besoin d'ajouter\nque grâce à ces fêtes, que YOrfeô Català eut la bonne idée d'organiser, on doit à bien de nos\ncompositeurs des pages qu'ils n'auraient peut-être jamais écrites ?\nF. LLIURAT.\nMALAGA. La vie musicale en Andalousie est peu intense, à en juger seulement\naux signes extérieurs où se reconnaît communément cette activité.\nLes représentations lyriques, outre qu'elles sont peu fréquentes et généralement médiocres,\nsont peu instructives parce qu'on y ressasse toujours la même musique, propice uniquement aux\nacrobaties vocales des \" divi \" ou demi-\" divi \" aimés de nos publics. Il y a quelques années,\nl'école vériste imposa ici, comme partout, le clinquant de son pseudo-réalisme ; plus tard, la\nmusique \" digestive \" des \" Veuve Joyeuse \", \" Rêve de Valse \", etc., est venue aggraver encore\nune situation qui serait mauvaise partout, mais qui devenait ici particulièrement détestable\nparce que notre public a manqué, jusqu'à une date toute récente, du contrepoids nécessaire : je\nveux parler des concerts de musique pure.\nUn musicien de notre ville, qui est, en même temps qu'un brillant pianiste, un homme\nd'action, a entrepris de combler cette lacune. Par sa volonté tenace, par ses efforts inlassables,\nM. José Barranco, dont le nom est familier à bon nombre d'artistes éminents, a su réaliser ce\nmiracle d animer d'une vie nouvelle le corps expirant de notre Société Philharmonique, dont\nle Bureau lui a, il convient de le dire, prêté un appui résolu. C'est donc grâce à\nM. Barranco que nous avons pu applaudir, depuis l'année dernière, des artistes tels que les\npianistes Malats et Granados, le violoncelliste Antonio Sala, le savant et délicat guitarriste\nMiguel Llobet, le quatuor à cordes Telmo Vela, dont le chef, renonçant pour un temps à la"}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.112", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3508, "texte": "musique de chambre, fait actuellement applaudir à Paris son jeu exact et vibrant et son exquise\nmusicalité.\nPlus récemment, deux auditions particulièrement suivies nous permirent d'acclamer la\nvirtuosité impeccable et le jeu délicat, élégant, sobre et fin du violoniste Fernandez Bordas,\nl'ami et le commentateur de Sarasate, et celui, infiniment varié, généreux, opulent, tumultueux,\npuissant et magnifique de M. Harold Bauer, dont l'Erard vibra comme un merveilleux\norchestre.\nLes séances suivantes ne furent pas moins brillantes ; je diffère jusqu'à une prochaine\nchronique d'en rendre compte parce que je tiens, pour compléter l'esquisse de la situation\nmusicale dans notre région, à dire aujourd'hui quelques mots de la musique espagnole.\nIl semblerait que le caractère si spécial et l'intensité d'expression si poignante de ses chants\npopulaires nationaux dussent appeler ce pays à tenir une place importante dans l'évolution\nmusicale du monde. Or, il n'en est rien, et chacun peut constater qu'à quelques exceptions\nprès (c'est surtout au regretté Albeniz que je pense en faisant cette restriction), la musique\nespagnole la plus universellement goûtée est due à des maîtres étrangers : Bizet, Lalo, Chabrier,\nSaint-Saëns, —je cite les premiers noms qui se présentent à mon souvenir, —alors que l'œuvre\ndes compositeurs hispaniques demeure généralement inconnue.\nCela tient sans doute à ce que l'Espagne n'a pas produit, je parle toujours en général,—\nde musiciens comparables aux grands musiciens étrangers : cependant, à côté de cette explica-\ntion évidemment simpliste et qui n'explique rien, on peut se demander s'il n'existerait pas, à\ncette situation, quelque raison profonde, que l'on trouverait peut-être dans une certaine incom-\npatibilité entre les moyens d'expression et le sens même de l'évolution générale de la musique,\net la nature extrêmement particularisée du tempérament musical espagnol. Je me propose de\ndévelopper quelque jour cette idée qui me paraît contenir une part de vérité.\nH. C.\nMADRID. En remplacement du maître Breton, M. de Roda, érudit critique musical\na été nommé Directeur du Conservatoire. Notre distingué confrère est rempli de novations, et,\nen le félicitant chaudement, nous désirons qu'il réussisse. Une nouvelle sensationnelle à\nMadrid a été d'apprendre que le jury du concours international viennois de 30.000 marks à\ndécerner au meilleur symphoniste moderne, avait distingué le jeune Oscar Eplà, tout-à-fait\ninconnu à Madrid, musicien de 24 ans résidant à Alicante. La nouvelle, publiée à grand fracas\ndans tous les journaux, est-elle exacte ? Nous espérons qu'un génie a été découvert. Au\nThéâtre Royal, apparition première et sensationnelle de Tristan et Isolde. Succès éclatant pour\nWagner et ses interprètes. Le Quatuor Frances a donné quatre beaux concerts ; le pianiste\nLarregha a ébloui l'auditoire élégant du Théâtre Espagnol, par son jeu si pur et son tempéra-\nment de Nivarrais. Enfin, à l'Athénée, le signataire de ces lignes organisa un concert\nWagnérien, avec le concours du célèbre baryton Challis, le \" Van Rooy \" américain, et du\nQuatuor Espagnol. La presse accueillit avec enthousiasme ce long et réussi concert, ce dont je\nla remercie HENRI COLLET.\nBILBAO. Rosenthal, Vines, le trio Hollandais, le quatuor Rosé ont traversé notre\nville. Académie de musique a donné un bon concert d'élèves. La Société Chorale a repris ses\ntravaux, en vue de la prochaine saison d'opéra basque, qui s'ouvre le mois prochain.\nJ. C. G."}, {"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.113", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 647, "texte": "SARAGOSSE. La Société Philharmonique continue d'intéressantes séances. MM. Ma-\nriano Perello (violon) et Ricardo Vines (piano) exécutent du Beethoven, du Debussy, du\nGranados ; Mme Elvira Beltran de Tarrago, interprète Schubert, Chopin et Grieg d'une\nfaçon remarquable.\n\\\nTOLEDE. Wadham Nicholl a remporté un très grand succès comme organiste et\ncompositeur.\nPORTO. 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GabrielFAUßE, D\nM. Henry MARCEL, ancien Directeur Beaux-Arts,\nde la Bibliothèque Nationale.\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nPRÉSIDENT\nM. LE COMTE GASTON CHANDON DE\nBRIAILLES.\nVICE-PRÉSIDENTS\nM. LE PRINCE A. D'ARENBERG,\nM. Louis BARTHOU,\ndes sceaux.\nM. GUSTAVE BERLY,\nM. ADOLPHE BRISSON,\nTRESORIER\nM. LÉO SACHS.\nDIRECTEUR ARTISTIQUE\nM. GUSTAVE BRET.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL\nM. J. ECORCHEVILLE, docteur ès-lettru\nSECRÉTAIRE DU CONSEIL\nM. J. PASQUIER.\nMEMBRES DU CONSEIL\nMME ALEXANDRE ANDRÉ.\nMME LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, d\nraire au ministère\nM. LÉON BOURGEOIS,\nministre.\nM. FRANZ CUSTOT.\nMFFLE MICHEL EPHRUSSI.\nM. GEORGES GAIFFE.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE.\nM. JEAN WEBER,\nM. Louis HAVET, de Vlnstitut, ptofessew\nau Collège de France.\nMME DANIEL HERMANN.\nMME H ENRY HOTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nMME LA COMTESSE PAUL DE POURTALÈS.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND, K\nFaculté des Lettres de Paris.\nM. Louis SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nMME TERNAUX-COMPANS.\nagrégé de V Université."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c098", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c098", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 81, "image_fin": 81, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.36", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.81", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 27, "texte": "ŒUVRES DE\nS. B. 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Petit orch. Partition 3.00\nMatériel 2,50\nParties supplémentaires. . 0.50\nNovelette. Petit orchestre. Partition . 3.50\nMatériel 5-°°\nParties supplémentaires. . 0.50\nGRAND ORCHESTRE\nElude en ut mineur. Partition . . . 3-5°\nMatériel complet . . . . 5.00\nParties supplémentaires. . 0.50\nImpromptu Caprice. Partition . . . 3-5°\nMatériel complet .... 5.00\nParties supplémentaires. . 0.50\nMarche Nuptiale. Partition .... 3.50\nMatériel complet . . . . 5.00\nParties supplémentaires. . 0.50\nNocturne. 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Un grand Sommeil\n2. Le Rideau de ma Voisine\n3. Salut à toi.\n4. D une Prison\n5. La mort d'un Enfant\n6• L'heure exquise\n7. Les Présents\n8. Ces doux Yeux\nQ. Aubade\n10. Ariel\n11. Page d'Album\n12. Chanson (O ma Charmante)\n13. A ma Bien-Aimée\n14. Toujours\n15. La première Larme\n16. Sirène\n17. Lettre à Ninon\n18. La mort d'un Enfant (avec violon\nobligé).\n19. La Première\n20. Le plus doux Chemin\n21. Chanson des Petits Souliers\n22. Chanson Lithuanienne\n23. Avec un Bouquet\n24. Crépuscule\n25. Crépuscule (avec alto obligé)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c101", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c101", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 81, "image_fin": 81, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.39", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.81", "debut_caractere": 1643, "fin_caractere_exclue": 1713, "texte": "A.Z. MATELOT Editions littéraires et musicales\n11, rue Bergère, PARIS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c102", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c102", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 82, "image_fin": 82, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.40", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.82", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 45, "texte": "J. HAMELLE, ÉDITEUR\n22, BOULEVARD MALESHERBES"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c103", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c103", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 82, "image_fin": 82, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.41", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.82", "debut_caractere": 47, "fin_caractere_exclue": 392, "texte": "Vient de paraître :\nRŒ33\n® 1\nNET 3 FR,\nJ. AUBERT musicien du duc de Bourbon, pasé de la chambre du roy fut, avec\nLeclair un des violonistes les plus fêtés vers 1730. Ses sonates à 2 violons sans basse,\ndont l'édition est aujourd'hui rarissime, méritent d'attirer l'attention de tous les\namateurs de la belle technique du XVIII0 siècle française."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c104", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c104", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 82, "image_fin": 82, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.42", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.82", "debut_caractere": 394, "fin_caractere_exclue": 619, "texte": "E. STIEVENARD\nLES PRINCIPES DE LA MUSIQUE\nCe traité ouvre l'accès de l'harmonie et du contrepoint\nd'une manière toute nouvelle et essentiellement publique. Chaque\nchapitre est suivi d'exercices et de devoirs.\n1 vol. net 4 fr."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c105", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c105", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 92, "image_fin": 92, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.43", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.92", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2037, "texte": "THÉÂTRE SARAH-BERNHARDT Mai=Juin 1911\nGRANDE SAISON RUSSE\nOPÉRAS ET BALLETS\norganisée par l'Association pour la PROPAGATION DE LA MUSIQUE SLAVE\nAVEC LE CONCOURS\nd'artistes des Théâtres Impériaux de Russie et des principaux Théâtres de France et de\nl'Etranger :\nMmes Van Brandt, M. Boyer, Czapiinska, Drouziakina, Héglon, Korolewicz,\nLitvinne, Makarova, Marcia, Tcherkaskaïa, Thevenet, Zakharova, etc.\nMM. Baklanow, Bolchakow, Bourbon, Léon David, Didur, Nivette,\nRousselière, Séveilhac, Smirnow, Vallier etc.\nDanse: Mme Julia Sèdova, MM. Clustine, Légat etc.\nREPERTOIRE\nOPÉRAS, joués en Russe et en Français\nLA ROUSSALKA\n(Dargomyjski)\nLA FIANCÉE DU TSAR\n(Rimsky-Korsakow)\nLA NUIT DE MAI\n(Rimsky-Korsakow)\nE DE PIQUE\nLA\n(Tchaïkowsky)\nLE DEMON\n(Rubinstein)\nONEGU NE\n(Tchaïkowsky)\n■BALLETS\nLA BELLE AU BOIS DORMANT\n(Tchaïkowsky)\nctat\nLE LAC DES CYGNES\n(Tchaïkowsky) i\nLA FORET ENCHANTEE\n(Drigo)\nKONIOK GORBOUNOK\n(Puni)\nIl y aura trois abonnements de six spectacles\nSÉRIE A. Les Mardis 2, 9, 16, 23, 30 Mai et 6 Juin\n~ B. Les Jeudis 4, 11, 18, 25 Mai, let 8 Juin\n~ C. Les Samedis 6, 13, 20, 27 Mai, 3et 10 Juin\nPRIX DES PLACES pour chaque abonnement de six représentations\nAvant-Scènes du rez-de-chaussée, la place : 180 fr. ; Avant-Scènes de Balcon, 180 fr. ; Baig-\nnoires, 150 fr.; Loges de Balcon, 150 fr.; Fauteuils d'Orchestre ler,Ier, 2e, 3e et 4e rangs, 150 fr.;\nFauteuils d'Orchestre, se,5e, 6\", 7e et 8e rangs, 120 fr.; Fauteuils d'orchestre 11e, 12e, 13e et 14e rangs,\n90 fr.; Fauteuil de Balcon, lerIer rang, 150 fr.; Fauteuils de Balcon, 2e rang, 120 fr.; Avant-Scènes\nde ire Galerie, 72 fr.; Loges de ire Galerie à salon, 72 fr.; Loges couvertes de ire Galerie, 54 fr.;\nFauteuils de ire Galerie, 54 fr.; Avant-Scènes de 2e Galerie, 30 fr.; Stalles de Parterre, 21 fr.;\nFauteuils de 2e Galerie, 30 fr. ; Stalles de 2e Galerie, 15 fr.; Stalles d'Amphithéâtre, 6 fr\nDroit des pauvres (pour les places de 5 fr. et au-dessus) 10 0/0 en sus.\nLes abonnements sont reçus dès aujourd'hui au bureau de location du Théâtre\nSarah-Bernhardt."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c106", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c106", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 93, "image_fin": 93, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.44", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.93", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 374, "texte": "Société Musicale G. ASTRUC & Cie, 32, rue Louis-le-Grand\nTROIS CONCERTS\nDONNÉS PAR\nJAN KUBELIK\nlre CONCERT\nle Mardi 18 Avril 1911, à 9 heures du soir\nSALLE GAVEAU\n2™ CONCERT\nle Mardi 25 Avril 1911, à 9 heures du soir\nà I'OPÉRA\n3\" CONCERT\nle Samedi 29 Avril 1911, à 9 heures du soir\nau TROCADERO\nAVEC LE CONCOURS DE\nI'ORCHESTRE COLONNE\nsous la direction de M. GABRIEL PIERNÉ."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c107", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c107", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 98, "image_fin": 98, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.45", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.98", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 149, "texte": "SOCIETE MUSICALE INDEPENDANTE\nil, RUE BERGERE\nPARIS\nTéléphone 234-31\nt\n»\nsr\nS's—\nmmm:\n$\nCi\nii, RUE BERGERE\nPARIS\nTéléphone 234-31\nEXTRAIT DES STATUTS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c108", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c108", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 98, "image_fin": 98, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.46", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.98", "debut_caractere": 151, "fin_caractere_exclue": 1135, "texte": "ART. I. Une Société est formée sous le nom\nde Société Musicale Indépendante entre\nles soussignés qui en composent le\nComité et tous ceux qui, par la suite,\nadhéreront aux présents Statuts.\nART. 11. Le siège de la Société est à Paris,\nil, rue Bergère.\nART. 111. La Société a pour objet de faire\nconnaître par l'exécution, les oeuvres de\nla musique moderne, française ou étran-\ngère, éditées ou non, sans aucune ex-\nception de genre, ni de style.\nART. IV. La Société comprend :\ni° Des Fondateurs, ayant versé à titre\nde don une somme minimum de 500 fr.\n20 Des Sociétaires, versant une coti-\nsation annuelle de 30 fr. exigible au\ndébut de chaque exercice et susceptible\nd'être rachetée par un versement uni-\nque de 300 fr.\nART. V. Tout sociétaire a le droit de pro-\nposer ses oeuvres pour l'exécution.\nART. IX. Chacun des Sociétaires aura droit\nà trois places pour chaque concert. Cha-\nque Membre Fondateur aura droit à\ntrois places réservées et à deux invita-\ntions pour chaque concert."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c109", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c109", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 98, "image_fin": 98, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.47", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.98", "debut_caractere": 1137, "fin_caractere_exclue": 1962, "texte": "ART. XII. La Société, poursuivant un but\npurement artistique, ne pourra disposer\ndes fonds recueillis par souscriptions,\ncotisations ou dons, que pour étendre\nsa sphère d'action. Tout excédent de\nrecettes, à l'expiration d'un exercice,\nsera intégralement affecté à l'organisa-\ntion de concerts supplémentaires.\nL'administration artistique de la Société\nIndépendante est assurée par le Comité\nsoussigné, sous la Présidence effective de\nM. GABRIEL FAURÉ, Directeur du Conser-\nvatoire.\nLe Comité :\nGABRIEL FAURÉ, LOUIS AUBERT, ANDRÉ\nCAPLET, ROGER DUCASSE, JEAN HURE,\nCHARLES KOECHLIN, MAURICE RAVEL,\nFLORENT SCHMITT, EMILE VUILLERMOZ.\nSecrétaire général : A.-Z, MATHOT.\nEnvoyer les adhésions, les souscriptions, les\nmanuscrits et les demandes d'exécution au Se-\ncrétariat général de la Société, n, Rue Bergère.\nTéléphone 234-31."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c110", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c110", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 98, "image_fin": 98, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.48", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.98", "debut_caractere": 1964, "fin_caractere_exclue": 2135, "texte": "Les prochains concerts auront lieu SALLE GAVEAU aux dates suivantes :\n12me concert î 24 Avril\n13me concert : (sans noms d'auteurs) 9 Mai\n14me concert : (orchestre) 23 Mai."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c111", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c111", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 99, "image_fin": 99, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.49", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.99", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 71, "texte": "Administration de Concerts A. 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MAX ESCHIG, i 3, RUE LAFFITTE, 13, PARIS\nTÉLÉPHONE 108-I4\nqui vous enverra immédiatement toutes les conditions\nSERVICE POUR PARIS ET LA PROVINCE\n•••• » tXi s '• •• •\nÉDITION POPULAIRE SIMROCK\nLES CHEFS-D'ŒUVRE DE BRAHMS, BRUCH,\nDVORAK, SCHUTT, ETC.\nPOUR LA MOITIÉ DE LEURS PRIX ANCIENS!\nDEMANDEZ LE CATALOGUE SPÉCIAL"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c119", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c119", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 111, "image_fin": 111, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.57", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.111", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 22, "texte": "ŒUVRES DE\nEMANUEL MOOR"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c120", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c120", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 111, "image_fin": 111, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.58", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.111", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 889, "texte": "PIANO A DEUX MAINS\nImpressions pour piano, op. 86.\nEn recueil .\nSéparément N° i\ny)\nyy\nyy\n2\n3\n4\n5\n6\niïarpe\nK.oo\ni-7S\ni-5°\nI-5°\n1.50\ni-75\ni-75\n2.00\n6.00\n4.00\n5.0°\n3-50\n8.00\nS-°°\n24.00\n(Op. 102) Prélude\n(Op. 103) Deuxième sonate\n(Op. 99) Trois pièces pour\nchromatique ou Piano\n(Op. xo6) 2me Suite. . .\nVIOLON ET PIANO\n(Op. 101) Largo (piano ou orgue) . .\nVIOLON ET PIANO\nSonate (op. 54)\nRhapsodie (op. 84) (réduction de\nl'orchestre pour piano). . . .\nVIOLON ET ORCHESTRE\n(Op. 84) Rhapsodie (partition et maté-\nriel)\nVIOLON SEUL\n(Op. 100) Quatre préludes .... 3.00\nVIOLON ET VIOLONCELLE\n(Op. 109) Suite 4.00\nVIOLONCELLE ET PIANO\n(Op. 105) Largo 2.00\nVIOLONCELLE ET PIANO\nSonate (op. 76) 7.00\nDEUX VIOLONCELLES SEULS\n(Op. 110) Suite 4.00\nDEUX PIANOS A DEUX MAINS\nConcerto (op. 85) (réduction de l'or-\nchestre) 12.00\nConeertstiick (op. 88) (réduction de\nl'orchestre) 8.00"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c121", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c121", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 111, "image_fin": 111, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.59", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.111", "debut_caractere": 891, "fin_caractere_exclue": 2003, "texte": "MUSIQUE VOCALE\n(Op. 88). Premier recueil, n° i à 7.\nLe recueil complet 6.00\nSéparément :\nN° 1. Bonjour mon cœur (RONSARD) 2.00\n~ 2. Mignonne, allons voir (RON-\nSARD) 1.50\n„ 3. Sonnet pour Marie (RONSARD) 1.50\n~ 4. Terre, ouvre-moi (RONSARD) . 1.50\n„ 5. A vous, troupe légère (J. DU\nBELLAY) 1.75\n„6. Chanson (RONSARD). . . . 1.50\n» 7» Quand je te vois (RONSARD) . 1.50\n(Op. 91) Deuxième recueil n° 1 à\n6, le recueil complet.... 6.00\nSéparément :\nN° 1. Tristesse (A. DE MUSSET) . . 1.75\n~ 2. Extase (V. HUGO) . . . . 1.50\n~ 3. La Nuit (E. BUSSY) . . . . 1.50\n„4. Menuet (F. GREGH). . . . 1.50\n„ 5. Fuite de Centaure (J. DE HE-\nREDIA) 1.75\n„ 6. Chanson (Th. GAUTIER) . . 2.50\n(Op. 104). La Jeune Tarentine . . . 3.00\n(Op. 94). Lieder (Texte français et\nallemand). Traduction fran-\nçaise de MME CHEVILLARD . .\nI. Berceuse 1,25\n11. Gretchen 1.75\n111. Un astre tombe . . 1.50\nIV. Chacun, voyant ma\npeine 1.50\nV. Adieu 1.50\n(Op. m) N° 1. Les Trois fils d'or\n(LECONTE DE LISLE). . . . 1.75\n(Op. 112) N° 2. Plaintive Tourte-\nrelle (TH, GAUTIER) . . . 1.75\n(Op. m) Troisième recueil, n° 1\nà 7. Le recueil complet. . . 6.00"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c122", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c122", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 111, "image_fin": 111, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.60", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.111", "debut_caractere": 2005, "fin_caractere_exclue": 2074, "texte": "A.Z. MATHOT, ÉDITIONS LITTÉRAIRES ET MUSICALES\nii, RUE BERGÈRE, PARIS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c123", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c123", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 114, "image_fin": 114, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.61", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.114", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 18, "texte": "Courrier Financier"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c124", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c124", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 114, "image_fin": 114, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.62", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.114", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 3271, "texte": "Le \"malheur d'être rentier voilà une plaie sociale qui, au premier abord, ne semble\nas présenter beaucoup de gravité. Et pourtant l'accroissement constant du coût de l'existence\n• la diminution du revenu sont deux aspects caractéristiques de l'évolution économique qui ne\nont pas fait pour améliorer la situation du rentier.\nChaque jour, d'éminents économistes constatent que la difficulté devient de plus en plus\nrande de placer son argent et d'obtenir un rendement à peu près rémunérateur en conservant\nes valeurs dites de premier ordre, de tout repos. Cela n'est pas tout à fait nouveau et on pour-\niit retrouver des principes analogues dans les lois économiques formulées il y a quelque\n:uatre-vingts ans par Jacques Laffitte dans ses Réflexions sur les réductions de la Rente et Vétat\n:u crédit.\nEt, en fait, l'homme vivant sur une œuvre passée doit devenir continuellement plus pau-\nre, parce que le temps le transporte, avec la richesse d'autrefois, au milieu d'une richesse\nmijours croissante et toujours plus disproportionnée à la sienne. A défaut de travail, il n'y a\n:u'un moyen de se soutenir au niveau des valeurs actuelles, c'est de diminuer la consommation.\n11 faut ou travailler ou se réduire. Le capitaliste a le rôle de l'oisif ; sa peine doit être l'écono-\nme ; elle n'est pas trop sévère. Capitalistes et rentiers, petits et grands, font aujourd'hui l'ex-\nlérience de cette loi économique et peuvent à leurs dépens, s'assurer de la vérité des réflexions\nle Jacques Laffitte.\nNous ajouterons que ce rôle d'oisif dont il porte la peine, n'est pas obligatoire pour le\napitaliste, pour le rentier ; il ne lui est pas imposé par ses fonctions comme une nécessité, il\nni appartient, tout au contraire, d'en sortir, et pour cela, il n'a qu'à appliquer le remède que\nni indique Jacques Laffitte, en lui signalant le mal dont il souffre : ne point rester inactif et se\nlivrer au labeur propre à celui qui possède, en faisant travailler ses capitaux. Et c'est ici qu'in-\nervient cette source de richesse toujours productive que nous appellerons indifféremment arbi-\n:rage ou spéculation au comptant.\nNous étonnerons peut-être un certain nombre de nos lecteurs en leur faisant remarquer\n]uau surplus, en allant au fond des choses, on se rend compte que celui qui fait un placement\npécule, c'est-à-dire prévoit, puisqu'il est amené à réfléchir avant de fixer son choix sur telle\nu telle valeur ; et, loin de s'exclure, les termes spéculation et placement se complètent au\ncontraire l'un l'autre. Aussi, lorsque nous conseillons de spéculer au comptant, nous qui avons\niris pour règle de guider nos lecteurs vers de bons placements, tout au plus prenons-nous une\norme différente pour leur indiquer le mode de placement le plus lucratif.\nSi nous admettons que la circulation du capital est un élément essentiel de la richesse\nrivée et publique ; si, d'autre part, nous énonçons cette vérité évidente : que, par l'opportunité\nes échanges, le discernement des achats et des ventes à effectuer à bon escient, également par\niréalisation en temps utile des bénéfices ou des pertes, on a des chances sérieuses d'accroître\ns revenus, nous aurons démontré l'utilité des arbitrages.\nSociété Auxiliaire de Banques Régionales\n74, rue de la Victoire, Paris."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c125", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c125", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 115, "image_fin": 115, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.63", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 115, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.115", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 354, "texte": "R.ouart, Lerolle ô Cie\nÉDITEURS DE MUSIQUE\n18, BOULEVARD DE STRASBOURG - PARIS\nDépositaires exclusifs de l'édition\nUniverselle\n«KKBHBEgHHEZ9HMSSnBaBHMHHfIBEOBHaUHBanKSB\nEdition classique, la meilleure, la plus moderne et la\nmoins chère.\nŒuvres de Bruckner, Mahler, A. Strauss etc.\nG. Mahler -4e Symphonie 4 mains . nette 12 fr.\n„ „ part, de poche ~ 8 fr."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c126", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c126", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 116, "image_fin": 116, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.64", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 116, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.116", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 816, "texte": "S. I. M.\nAncien Mercure Musical\nREVUE MUSICALE MENSUELLE\nfondée par la\nSociété Internationale de Musique\n(SECTION DE PARIS)\nFrance et Belgique :\nLe numéro : 1 fr. 50\nUn an: 15 fr.\nSix mois : 8 fr.\nEurope :\nLe numéro : 2 fr.\nUn an: 20 fr.\nSix mois: 12 fr.\nEtats-Unis\nLe numéro : 50 cents. Un an: $ 5.00\nS. I. M. publie à part et sous couverture spéciale\nla seconde partie de sa revue, celle qui traite\nde l'actualité. Cette annexe s'appelle :\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\nFrance et Belgique :\nméro fr. 0.40\nfr. 4.00\n■-\nc-.\nUnion postale :\nLe numéro fr. 0.60\nUn an fr. 6.00\nDirecteur; J. ECORCHEVILLE\nSecrétaire de te Rédaction :\nCH. LF JRAND\n22, rue St. Augustin, PARIS.\nLe Directeur et le Secrétaire de la Rédaction reçoivent\nle mercredi et le samedi de 4 à 7 heures.\nRédacteur pour la Belgique\nRENE LYR\nBoitsfort-Bruxelles,"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c127", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c127", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 117, "image_fin": 117, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.65", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 117, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.117", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 163, "texte": "CONCERTS ITALIENS DE MUSIQUE ANCIENNE\nwm»\nBERA ESTETICA\n( Mme IDA ISORI, cantatrice florentine\nFondateurs : | pAOLO littA, pianiste-composlteup\nCOMITÉ DE PATRONAGE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-04-15-01-c128", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-04-15_01#c128", "volume": "bmtnabh_1911-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 117, "image_fin": 117, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.2.66", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 117, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.117", "debut_caractere": 165, "fin_caractere_exclue": 2117, "texte": "PRÉSIDENTE D'HONNEUR\nSA MAJESTÉ LA REINE MÈRE, LA RBIME MARQBERlTE D'ITALIE\nCOMITÉ DE PRÉSIDENCE :\nS. Exc. Madame l'Ambassadrice d'Italie, Donna Bice Tittoni à Paris.\nS. Exc. Mme la PceBse Ruspoli di Poggio Suasa Talleyrand Périgord à Paris.\nMadame la Princesse Strozzi-Corsini à Florence.\nMadame la Comtesse Béatrice Pandolfini-Corsini à Florence.\nMadame la marquise E. de Montagliari à Paris.\nMademoiselle Elena Vacaresco, femme de lettres, auteur dramatique à Paris.\nS. Exc. Le Prince Ruspoli di Poggio Suasa à Paris.\nLe duc Melzi d'Eril, duc de Lodi.\nLe Comte Brunetta d'Usseaux.\nLe Commandeur Trezza di -Musella.\nMEMBRES HONORAIRES:\nM. Gabrieleid'Annunzio, homme de lettres, auteur dramatique à Florence.\nM. W. Bopp, Directeur de l'Académie Imp. et Roy. de Musique à Vienne.\nM. Alfred Bruneau, compositeur de musique à Paris.\nM. Carolus-Duran, Direct.de l'Acad.de France à Rome et membre de l'Institut.\nM. Claude Debussy, compositeur de musique à Paris.\nM. Louis Dièmer, Prof, au Cons. Nat. de musique à Paris.\nM. Vincent d'Indy, compos. de musique, Direct, de la Schola Cantoruma Paris.\nM. I. Massenet, compositeur de musique, membre de l'Institut.\nM. E. Mathieu, compos. de musique, Direct, du Cons. Royal de Mus. à Gand.\nM. A. Messager.compos.de musique, Direct.de l'Acad.Nat.d,. musique à Paris-\nM. E. Parent, professeur à la Schola Cantorum de Paris\nM. Dr Max Reger, compositeur de musique et Directeur M. à Leipzig.\nM. Dr Richard Straùss, compositeur de musique, Generalmùsik director à Berlin.\nM. S1 Saëns, compositeur de musique, membre de .'ostitut à Paris.\nM. E. Tinel, compos. de musique, Direct, du Cons. Roy. musique à Bruxelles.\nM. P. Vidal, compositeur de musique et chef d'orchestre à l'Opéra de Paris.\nM. Eugène Ysaye, virtuose, compositeur de Musique et Directeur des concerts\nYsaye à Bruxelles.\n\" : /. - ■ ■' ' J :\"J L ■ /' / S|\n* - > /\nSIEGE SOCIAL : — 3, Via Michel? di Lando, - FLORENCE\n■m--1\nV'I ' • ' • i U ' :\ni :• . - • J"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.1", "texte": "4onée.\nN° 4.\n15 Avril 1911.\n■ ■\n■ m m\nmë ■HH\nWBÊÊ :U>/ï?F&* BÈ \\^£'£?\nEVUE MUSICALE MENSUELLE\nFACTION :\n\"■ *\"gu«tin, PARIS.\n\" on* 204.20\nLibrairie CH. DELAGRAVE\n15, rue Soufflot, PARIS,\nLe numéro:\nFrance et Belgique 1fr.50 Union 2 fr\nUn an 15fr. 20 f\nCopyright by S. I. M 1911.\n\niHOMMAGE A E. CHABRIER, par Legrand-Chabrier. LETTRES INÉDITES ET QUA-\nSUR DES MOTIFS DE TRISTAN, par Chabrier. CADENCES ET TONALITÉS, par\nA. Machabey. fit LES PRÉCURSEURS DU VIOLON, par L. Greilsamer.\nH| fit LES LIVRES a\nMAINS, (Mains de X. Leroux et de J. Massenet), par P. Jobbé-Duvaî. fit QUESTIONS\nCIALES, par M. Daubresse. 0 A TRAVERS LES REVUES. L'ÉDITION MUSICALE.\nCOURS ET CONFÉRENCES fi>LES AMIS DE LA MUSIQUE.\nfif THÉÂTRES ET CONCERTS, a"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.2", "texte": "I\nSOCIÉTÉ FRANÇAISE T>ES\nAMIS DE LA MUSIQUE\nCOMITÉ D'HONNEUR\nM. le Président\nM. le Ministre de Vlnstruction Publique et des Beaux-Arts.\nM. le Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts.\nM. GabrielFAUßE, D\nM. Henry MARCEL, ancien Directeur Beaux-Arts,\nde la Bibliothèque Nationale.\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nPRÉSIDENT\nM. LE COMTE GASTON CHANDON DE\nBRIAILLES.\nVICE-PRÉSIDENTS\nM. LE PRINCE A. D'ARENBERG,\nM. Louis BARTHOU,\ndes sceaux.\nM. GUSTAVE BERLY,\nM. ADOLPHE BRISSON,\nTRESORIER\nM. LÉO SACHS.\nDIRECTEUR ARTISTIQUE\nM. GUSTAVE BRET.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL\nM. J. ECORCHEVILLE, docteur ès-lettru\nSECRÉTAIRE DU CONSEIL\nM. J. PASQUIER.\nMEMBRES DU CONSEIL\nMME ALEXANDRE ANDRÉ.\nMME LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, d\nraire au ministère\nM. LÉON BOURGEOIS,\nministre.\nM. FRANZ CUSTOT.\nMFFLE MICHEL EPHRUSSI.\nM. GEORGES GAIFFE.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE.\nM. JEAN WEBER,\nM. Louis HAVET, de Vlnstitut, ptofessew\nau Collège de France.\nMME DANIEL HERMANN.\nMME H ENRY HOTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nMME LA COMTESSE PAUL DE POURTALÈS.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND, K\nFaculté des Lettres de Paris.\nM. Louis SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nMME TERNAUX-COMPANS.\nagrégé de V Université."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.3", "texte": "EN HOMMAGE A\nEMMANUEL CHABRIER\n\nLes œuvres d'art vivent de leur vie propre. Mais elles restent liées\nlongtemps encore après leur conception et leur publication a leui cieateui.\nEt c'est pourquoi les contemporains les jugent autrement que la postérité\nne fera. Ils y mettent leurs passions humaines, ils sont hommes, et l'artiste\nn'est pas moins homme qu'eux, il lest meme plus doulouieusement pai\nla richesse de sa sensibilité consciente et par son besoin instinctif d'attirer\nsur soi, fût-ce à son détriment, les élans d autiui. L œuvie est moyen\nd'attaque et de défense, et elle subit le contre-coup de la fortune de celui\nqui l'a animée. Au milieu du tumulte vital des êtres grouillant dans le\nmême coin du monde, elle est exaltée parfois, elle se perd souvent, et les\nraisons qu'un observateur philosophe peut donner de son soit sont toujours\nextérieures à l'œuvre elle-même. Survient la mort, sur ce point la vieillesse\néquivaut à la mort, les hommes sont tombés soit dans l'oubli soit dans\nle souvenir, et l'homme-artiste partage la commune destinée. C est 1 œuvie\nalors qui prend toute sa valeur individuelle en entrant dans la seconde\nphase de sa vie. Elle est détachée. Elle devient la proie intellectuelle\nde tous et de personne. C'est ce que son créateur, et les amis, et leb\nennemis de celui-ci appellent: la postérité. Devant cette postéiité une\nœuvre très forte maintiendra quelque chose de son ciéateui en tant\nqu'homme. Elle fera naître et développera sa légende, laquelle naturel-\n\nCopyright by S. I. M. 15 avril 1911."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.4", "texte": "2\nS. I. M.\n\nlement portera le double reflet du temps où a vécu l'homme qui en est\nsujet et du temps où la légende elle-même vit. Car enfin il faut bien\ntoujours conclure qu'il n'y a que le présent qui compte, ou qui paraît\ncompter.\nJe crois que l'œuvre d'Emmanuel Chabrier en est au point précis où\nelle se sépare des hommes qui ont lutté avec elle, pour et contre. J'avance\nque la date de la reprise de Gwendolineà l'Opéra se trouve prendre cette\nimportance historique de marquer l'événement. Peut-être pourrais-je dire\nmieux : de dénoncer l'avènement de la musique de Chabrier dans cette\nsorte de domaine esthétique où elle vivra sa vie libérée... ce qui ne prétend\npas la mettre hors la vie humaine, ce qui ne veut pas la placer en je ne\nsais quel empyrée glorieux et vague, classique paradis de chefs-d'œuvre,\nà l'abri de toute mésaventure mais aussi de toute activité. Au contraire,\npuisque c'est l'appeler à la communion générale.\nJe lai sse à chacun sa personnelle jouissance musicale, la conscience\nqu'il en prendra, le besoin qu'il éprouvera de la déclarer ou de s'en taire,\nde l'exalter ou de la dénigrer. Je laisse aux critiques musicaux 1 de toutes\nles générations que nous pouvons voir ou prévoir le rôle d'écrire l'histoire\nde la vie, des œuvres, de l'influence d'Emmanuel Chabrier. Mais ce que\nje veux faire remarquer, c'est ceci : en même temps que l'œuvre se dissocie\nde la personne même (il ne s'agit pas tant de la mort matérielle et stricte\nde l'individu que de cette mort lente, ami à ami, que cause la disparition\nsuccessive des hommes qui, ayant vécu avec lui, lui ont survécu, et en les\ncerveaux desquels il continuait donc de vivre), il apparaît que la légende\nse forme, que Chabrier devient un type, que son nom prononcé commence\nà évoquer une silhouette assez nette, qu'aussitôt un faisceau d'idées se\ndégage de cette évocation, et non point seulement chez les musiciens,\nmais chez tout artiste.\nOui, chez tout artiste. Il y a là une espèce du phénomène des\n\" Correspondances \" baudelairiennes, et qui est en rapport avec ce que\nl'on connaît des mœurs spirituelles de Chabrier. Il est certain en effet que\nson expansion cérébrale, dont la vibration et l'intensité ont frappé tous\n\n1 II faut déjà signaler, en plus des pages éparses dans les journaux et revues, et de l'un des Profils de Musi-\nciens, par Hugues Imbert (Paris, Fischbacher, 1888), l'étude très vivante et très sûre de M. J. Desaymard, dans\nla Revue cTAuvergne, publiée en brochure (Clermont-Ferrand, Imprimerie Mont-Louis, 1908) et le livre de\nM. R. Martineau : Emmanuel Chabrier (Paris, Dorbon aîné, 1910), àla riche et exacte documentation. On sait\nque M. Robert Brussel prépare un ouvrage considérable sur Emmanuel Chabrier dont on connaît quelques\nesquisses importantes, entre autres l'article de la Revue d'Art dramatique, Octobre 1899 : Emmanuel Chabrier ti\nle Rire musical, qui fait autorité."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.5", "texte": "Collection André Chabrier\nChabrier par Manet (1879)"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.6", "texte": "4\nS. I. M.\n\nceux qui l'ont connu, encore que commandée par la musique, n'a point\nété exclusive. Il ne faut pas se moquer du violon d'lngres si\nLes parfums, les couleurs et les sons se répondent.\nMais, non plus, ne faut-il point offrir le violoniste Ingres en exemple aux\nmusiciens ! Je préviens\ndonc que si j'insiste sur\nles aspects généraux de\nChabrier, ce n'est pa»\nméconnaître sa géniale\nspécialisation, c'est ren-\ndre hommage à l'artiste\ncomplet qu'il fut. Et j'en\ntrouve un assentiment\ndans ce fait que parmi\nles nombreux articles qui\nfurent écrits à l'occasion\nde la première représen-\ntation de à\nParis, et parmi les nécro-\nlogies qui les suivirent\nde près, jamais leurs divers\nauteurs n'ont comparé\nChabrier à un autre mu-\nsicien... mais ayant l'hu-\nmaine manie de la com-\nparaison ils ont évoqué\nRabelais, et ces somptueux peintres : Rubens, Jordaens, Véronèse.\nLes contemporains sculpteurs, peintres, dessinateurs, photographes,\nnous ont conservé un assez grand nombre de portraits d'Emmanuel\nChabrier. A quelques pages plus loin une suite de reproductions qui forme\nune iconographie choisie et curieusement composée le prouvera. Mais\navant même que de la feuilleter ne vous figurez-vous pas, rien qu'à l'appel\ndu nom, l'homme petit, trapu, replet, bedonnant, le ventre comme gros\ndu rire qui éclate intarissablement à la bouche, les gestes vifs et incessants\n\nCollection André Chabrier\nBuste de Chabrier par Constantin Meunier (1886)\n\n1 Influence n'est pas comparaison : je sais qu'on y a beaucoup parlé de Wagner, et un peu de César Franck\nDe meme est-ce comparer Debussy et Ravel à Chabrier que d'indiquer Chabrier comme leur précurseur."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.7", "texte": "EN HOMMAGE A EMMANUEL CHABRIER\n5\n\nallégeant de leurs signes de joie le corps un peu massif et épais ; au repos,\nvous songez à l'ample front découvert et vous animez les yeux de ce\nregard révélateur de l'âme et qui chez Chabrier était si tendrement quêteur\nde douceur réciproque.\nVolontiers on assied Chabrier au piano. La tradition en est cause\nqui se souvient de l'extraordinaire pianiste qu'il fut. Très singulier en\neffet. Voici le témoignage d'Henry Bauer \" Ce n'était ni le pianiste\ncorrect, ni le virtuose agile, rompu aux difficultés, oh ! que non ! mais\nun tempérament endiablé qui s'incorporait dans un instrument. \" Voici\ncelui d'Alfred Bruneau : \" Il jouait du piano comme jamais on n'en avait\njoué avant lui et comme jamais on n'en jouera. Le spectacle de Chabrier\ns'avançant du fond d'un salon orné de femmes élégantes vers l'instrument\ndébile et exécutant Espanaen un feu d'artifice de cordes cassées, de\nmarteaux en miettes et de touches pulvérisées, était chose de drôlerie\ninénarrable, qui atteignait à la grandeur épique. \" Ce Chabrier-là, c'est\ncelui que nous fixe le célèbre dessin de Détaillé, c'est celui de la légende\nnaissante, ce n'est pas le compositeur plus sérieux, un peu froid en sa\nressemblance cependant exacte, que Fantin-Latour posa —et fit poser\ndevant un piano. 1 Sur le piano de Fantin, il exécute, pieusement enthou-\nsiaste, du Wagner. Sur le piano de Détaillé il improvise le quadrille de\nTristan !\nComment Chabrier n'a-t-il pas rendu exubérant cet\nPiano ? Je soupçonne qu'il aima beaucoup plus les admirables Fantin-\nLatour si imprégnés des motifs de Wagner qu'on les dirait sonores, et\nqu'on les entend en même temps qu'on les voit. Mais il est sûr que Cha-\nbrier adora Manet. Leur amitié est connue. Des faits matériels la constatent.\n11 y eut plus qu'une liaison sincère et serrée entre deux amis : il y eut la\npassion de l'artiste pour l'artiste. Son tempérament de perpétuel jouisseur\nintellectuel le portait, lorsqu'il se détournait de son travail musical, vers\nla lumière picturale des grands impressionnistes. Les murs de son salon\nn'étaient plus des murs, mais autant de fenêtres plus étincelantes que\ncelles qui donnaient sur les toits de Montmartre : Claude Monet, Sisley,\nRenoir triomphaient. Et si 'amais un jour qu'il faut souhaiter, retour de\n\n1 Je signale aux amateurs des jeux du hasard l'historique de ce tableau inscrit dans le Courrier Musical du\n' r Janvier 1907 par son possesseur Adolphe Julien. On y verra comment Chabrier ne devint le modèle de\nFantin-Latour que par rencontre, comment la réunion des divers personnages ne fut nullement préméditée, fut\nmême assez artificielle, n'eut pas le caractère wagnérien qu'on lui attribua, et qu'on continuera peut-être à\nlui attribuer,"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.8", "texte": ">\na\nH\nO\na\n&\no\na\n\"d\nM\n>\nO\nTn\nSi-\no\nc-\na>\nH-1\noo\noo\nFantin-Latour\n\nA. Boisseau Camille Benoit\nAdolphe Jullien Emmanuel Chabrier\nAppartient a M. Adolphe Jullien\nA. Lascoux\nVincent D'Indy Amédér Pigron"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.9", "texte": "EN HOMMAGE A EMMANUEL CHABRIER\n7\n\nlointaines collections américaines, le Bar aux Folies-Bergère et le Skating,\nj'Edouard Manet, rejoignaient X Olympia au Louvre, il serait juste de se\nsouvenir que leur premier logis après l'atelier fut le modeste appartement\nJe l'avenue Trudaine où ces tableaux vécurent dix ans dans l'atmosphère\nnon d'un collectionneur, mais d'un artiste digne d'être soutenu et excité\npar eux à de nouvelles œuvres correspondantes.\nLe goût de la peinture sera certainement un des traits qui ne s'effa-\nceront pas de la mémoire légendaire de Chabrier. On remarquera que\nc'est un goût qui s'est exercé non pas à propos de chefs d'oeuvre de\nmusée, mais en faveur et communion d'artistes de son temps, lesquels le\nmonde alors méprisait et blasonnait. Il a discerné leur génie sous les sottises\ncontemporaires, et naturelles, et nécessaires. Il a souffert pour eux. Ont-ils\nsouffert pour lui... car enfin le génie de Chabrier, très daté si l'on veut, et\nc'est le caractère des grands artistes d'être de leur époque avant d'être des\nsuivantes, et tout à fait en accord avec le leur, a eu à souffrir terriblement\nde son ambiance temporelle. Comme eux il fut tenu à l'écart, moins\nattaqué sans doute, mais, suprême torture pour un musicien, mis au\nsilence ! Le plus français sans doute de nos musiciens modernes fut con-\ndamné au chemin de croix à l'étranger, puis en province, et l'on sait les\nstations de Gwendolineavant l'Opéra de Paris.\nGwendoline fut représentée pour la première fois à Paris le\n27 Décembre 1893. Si soudain nous nous ramenons a cette date, quelle\nville frissonnante et tumultueuse se reveille : en Juillet, troubles du\nQuartier-Latin ; en Octobre, arrivée des marins russes ; en Décembre, la\nbombe de la Chambre des Députés. Le bruit court qu a la première de\nGwendoline, à laquelle assisteront le président de la Republique et\nMme Carnot, un anarchiste renouvellera 1 exploit de Vaillant. N\" avait-on\npoint donné ordre que la quatrième galerie restât eclairée ? D autie paît\non chuchottait qu'un câble de soutien du lustre de 1 Opéra avait ete scie.\nLa représentation n'en fut pas moins triomphale. Les courriers mondains\nnotent la présence de la Reine de Serbie, Nathalie, \" éblouissante en îobe\nHanche, avec une parure de diamants, un bijou en forme de poignaid\ndans la tresse de ses cheveux d'ébène, \" accompagnée de sa dame d hon-\nneur Draga Muschina... laquelle ne vit point sans doute sinteiposeï,\nentre elle et le spectacle de Gwendoline mourant embrassee de son Haiald,\nle spectre de la future tragédie qui la clouerait sanglante dans une ai moue\ndu palais de Belgrade contre son royal mari."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.10", "texte": "8\nS. I. M.\n\nJ'ai parcouru les articles du lendemain. Ils sont décents mais d'une\nbanalité obligeante. On éprouve combien le temps fait au chef-d'œuvre.\nIl y est évidemment question d'une réparation. On veut bien s'apercevoir\ndu long voyage à l'étranger, et des stages du concert. C'est à peine s'il\nperce le regret de l'irréparable. J'ai évoqué un tragique soudain. Voici\nun autre tragique moins rouge, non moins terrifiant à la réflexion. Si\nGwendoline avait été jouée avec le succès mérité dès 1886, non à Bruxelles\nmais à Paris, au lieu du découragement, de la lassitude causée par les\nefforts sans cesse à répéter pour la faire revenir en France, pensez à l'exal-\ntation productive de Chabrier pendant ces sept ans là ! Et comme elle\nsonne dure et stupide cette phrase que je copie dans le compte-rendu\noptimiste d'un journaliste lyonnais : \" Tout vient à point à qui sait\nattendre... les auteurs ont maintenant oublié leurs déboires.\nMais il ne savait donc point, cet indifférent, ce content de soi et des\nautres, que l'ovation de la répétion générale s'adressant a la loge d'Emma-\nnuel Chabrier avait touché\nun homme déjà frappé en\nson esprit... Sa femme, deux\njeunes gens, ses fils, sont\nautour de lui ; que guettent-\nils avec cette anxiété ? Une\nlueur du regard aimé qui leur\ndonnera cette joie un peu\nconsolatrice que leur cher\nmalade a compris le triomphe\nde sa bien-aimée\nEst-on assuré qu'elle ait lui?...\nOn a dit qu'à parler\nd'Emmanuel Chabrier il est\nimpossible de s'attrister long-\ntemps tant il a de vie, de\nforce, d'allégresse. Peut-être.\nTout de même après une telle évocation qu'on pourrait faire suivre\nd'autres deuils, il faut une courageuse confiance dans l'art et une forte\nconscience de l'être tendant à persévérer dans son être. C'est l'exaltante\nleçon que nous offrent en Chabrier l'artiste et l'homme. A l'appui, lisons\nsa correspondance.\n\nAppartient à Mme Costallat\nChabrier par H. Royet (1889)"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.11", "texte": "EN HOMMAGE A EMMANUEL CHABRIER\n9\n\nCette correspondance est d'une pétulance inouïe avec mille mouvements\nà revers sentimental. Je ne suis pas partisan de l'exhibition systématique\ndes papiers intimes, non plus que des rognures de chefs d'œuvre retrou-\nvées dans les tiroirs. Mais quand l'exception est belle, et qu'une haute\nraison, qui n'est donc ni de commerce, ni de badaudage, ni de vengeance,\nsoutient ceux qui publient ce genre de documents, et qu'ils ne le font\nqu'avec pudeur, j'estime qu'ils agissent dignement. Qui donc, ayant lu les\nLettres a Nanine,en mésestimera Emmanuel Chabrier, qui donc, prenant\ntexte d'une phrase de ces lettres sera imprégné d'autre chose que de bonté\nactive ? Je crois qu'il serait regrettable de ne pas connaître beaucoup des\nlettres familiales et amicales, pour les mêmes motifs, pour d'autres aussi.\nD'abord elles confirment l'intensité de la vie cérébrale chez Chabrier.\n11 ne faudrait pas croire que toute correspondance d'artiste présente ce\ncaractère, pas même celles des artistes littéraires. Au contraire nous\nsaisissons ici sur le vif cet épanouissement d'un être selon le mode intel-\nlectuel. Il y a de l'art spontané à chaque paragraphe et voilà, à mon\navis, la meilleure justification de la publication des lettres, beaucoup plus\nque les petits renseignements qu'elles peuvent fournir, plus même que\ncertaines opinions et certaines malices qu'on y lira d'ailleurs avec plaisir\nbien humain. Il y a de l'art, et l'Emmanuel Chabrier artiste complet que\nj'ai présenté plus haut s'y révèle sous un autre aspect. J'ai parlé de ses\namitiés de peintres. Ses amitiés avec des hommes de lettres ne furent ni\nmoins nombreuses, ni de moins bonne qualité. Il n'est point de biographe\nqui n'en parle, qui n'en parlera. Mais lui-même, s'il s'est refusé à faire ce\nque Berlioz et Reyer acceptèrent, à écrire régulièrement sur son art,\nc'est qu'il sentait que tout chez lui était d'élan (Catulle Mendès disait\nqu'il avait des fringales de travail), et qu'il y avait une impossibilité de\ncontenir, de maîtriser par méthode et habileté, l'éruption de son tempe-\nl'ament. Ainsi il avait pris souveraine conscience de la richesse de son\ngénie lequel ne pouvait procéder par retranchement mais par adjonction,\nn'est pas par défaut de style, ni de goût de l'exercer. Un exemple\nextrait d'une lettre à sa femme montrera le contraire très nettement :\nMaman, je t'envoie les clefs qu'avait la grand'mère, c'est-à-dire celle de 1 ar-\ngenterie, je crois, et les secondes de la maison. Mais impossible de trouver celle\ndu secrétaire...\n\nKn 1890 une revue demanda à Chabrier de devenir son collaborateur mensuel pour des i Letties\nconfidentielles sur la musique M. R. Martineau a retrouvé la lettre de rçfus, et Ta publiée dans son liwe,"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.12", "texte": "Collection André Chabrier\nChabrier par A. Hirsch (1876)"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.13", "texte": "EN HOMMAGE A EMMANUEL CHABRIER\n11\n\nC'est une lettre brève,1 écrite très vite, aux renseignements précis.\nIl n'y a rien à y ajouter. Pourquoi la publier ? Parce que le texte que je\nviens d'inscrire est tronqué. Et Chabrier si pressé qu'il fut dans ce billet\naeu le naturel besoin de caractériser les clefs, de traduire la personnalité\nqu'elles avaient pour lui : tout singulariser, n'est-ce pas l'essence de l'artiste?\nVoici le texte exact, où je souligne ce que j'avais retranché :\nMaman, je t'envoie les clefs qu'avait la grand'mère, c'est-à-dire celle de\nl'argenterie, je crois, celle qui a Vair bêle,et les secondes de la maison,\ndes lubies. Mais impossible de trouver celle du secrétaire...\nAinsi s'exprime spontanément dans son particulier cet artiste complet\net incessant. Celui-là n'a pas fait deux parts dans sa vie et ne va pas à l'art\ncomme à un bureau. Dans une lettre à sa femme,2 toute intime, toute\nconfidentielle, éclate cette méditation descriptive et lyrique qui n'a point\nété faite pour la galerie et que je place ici en hommage au goût et à la\npuissance littéraires d'Emmanuel Chabrier :\nDu reste, la mer, ma mer chérie, est toujours là, et tu sais si je l'aime. C'est\nbête comme chou, mais je reste là des heures à regarder comme en extase. Cette\nimmensité me tait faire mille réflexions, ces levers de soleil, ces couchers avec ces\ntons dorés, violets, ces petites barques au loin, ces majestueux et prud'hommesques\nvapeurs qui viennent du Hâvre et vont soit à Southampton, soit dans la mer du\nNord, cette mer qui a tous les tons de la palette, du plus clair au plus sombre,\navec des diaphanéités inouïes, des reflets incomparables, des verts émeraude à faire\nenvie à ta sœur, des expressions vagues de bleu à désespérer Lamartine, et des\nmoutonnements sur les rocs à inspirer des vers d'un kilomètre à Hugo ; avec des\nfrissons, des spasmes, des soupirs à étouffer Musset, avec des aiguilles, des coins\ninconnus, des phosphorescences, des reflets métalliques à faire pâmer Monet ou à\nesquinter la verve voulue de Baudelaire, que te dirai-je ? toute cette poésie, toute\ncette peinture, toute cette harmonie, ce bruit haletant et cadencé de la vague qui\nmeurt et qui contient depuis Beethoven jusqu'à Shakespeare en passant par Michel\nAnge, tout ça me transporte, me paralyse, m'énerve, me comble, me crible de joies.\nC'est inouï ce que j'éprouve sur les bords de la mer.\nEt maintenant écoutez Gwendolifie... n'y a-t-il pas correspondance ?\nAlors, vraiment nous comprenons quelle erreur ce serait de ne voir\nen Chabrier qu'un musicien gai, qu'un auteur bouffe même dans le sens\nle plus élevé du mot. Sans doute il faut regretter qu'il n'ait pu traiter\nmusicalement un Pantagruel, qu'il n'ait pu selon son désir, que nous\n\n1 Elle figure en reproduction autographique dans l'étude de M. J. Desaymard.\nLettre inédite. ' •"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.14", "texte": "I 2\nS. I. M.\n\napprend Emile Bergerat, s'attaquer à un Falstaff, et que soit erroné le fait\npublié par le Monde Illustré du30 Décembre 1893 : \"on a parlé d'un\nDon Quichotte que M. Chabrier aurait tout prêt en portefeuille.\" Mais si\ncorporellement Emmanuel Chabrier fut plutôt Sancho, que son âme était\nà la Don Quichotte ! Il fut un tendre, un sentimental. Les hommes\nméchants et égoïstes ne sont jamais vraiment gais. Un sot peut être gai,\nmais ne sera que gai. Une gaîté qui n'a pas une armature de mélancolie,\nquin estpasgonneedebonté\ndevient vite très irritante.\nLa gaîté de Chabrier a\ntoujours cette mélancolie\net cette bonté.\nIl ne peut s'empêcher\nde plaindre son prochain le\nplus quelconque :\nCe matin à 4 h. la maison\nclose a été réveillée par le\nmarchand de poulets. 11 vend\nici les poulets à 4 h. du matin ;\nà 5 h. il les vend à Tours, à\n6 h. à Blois, à 7 h. à Etampes.\n11 revient de là à Neuillé avec\nson panier vide, se couche et\nrecommence le lendemain. Et\ncet homme est pauvre !\nQue l'ironie a de force\ncompatissante après cette\ngéographie qui, d'un départ\nréel, s'élance avec une\nfougue approximative à la\nRabelais !\nA un instant angoissant de sa vie, lorsque le départ brusque d'un\nbanquier l'éprouve en sa fortune, dans la même lettre où il confie àsa\nfemme sa crainte d'avoir à modifier leur train de maison, il a ce cri vers\ncelui qui l'a entraîné à placer de l'argent dans cette banque et qui était\nle caissier : \" ... Et lui, bonnejean, s'il perd sa place, ils sont à la misère\ntous les quatre ; ah ! c'est du propre...\" Où il semble n'y avoir place que\n\nChabrier en 1888"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.15", "texte": "EN HOMMAGE A EMMANUEL CHABRIER\n1 3\n\npour désolation personnelle, Chabrier a pense a autrui malheureux !\nEt pour sa famille ! Il est tout en appels d'amour conjugal et paternel.\nSes fils... Soyez sûr que si pour la perte d'un serin il écrit à son petit\nAndré : \" Mon petit chéri, ça nous a fait de la peine de savoir que ton\npetit oiseau était mort. La maman s'est mise à pleurer, et ton pauvre\nbougre de père avait aussi la larme à l'œil, \" ce n'est que la plus stricte\nvérité. Et je ne puis me retenir, malgré son caractère très privé, de publier\ncet émouvant début de lettre :\nMa bonne chère femme, ta lettre si tendre d'hier matin m'a fait un plaisir\nextrême. Je l'ai lue et relue trente fois. Voilà les lettres que j'aime et je dirai plus,\nles lettres que je crois mériter. Toutefois, tu ne me parles pas de notre Marcel :\nil est toujours à se promener quand tu m'écris ; arrange-toi donc de manière à ce\nqu'il soit là quand tu es pour fermer ta lettre ; je voudrais que ta main prît la\nsienne et qu'il traçât quelques lignes qui dictées par la mère et comprises par le\n(ils allassent droit au cœur du père. Notre Marcel comprendrait fort bien qu'il\nécrit à son \" bougre de père \" et mon souvenir, pendant que tu lui tiendrais la\nmain, ne l'abandonnerait pas. Tout artificiel que soit ce genre d'exercice, sa pensée\npendant ce temps-là serait toute avec moi et c'est tout ce qu'on peut lui demander\net attendre de lui. Je ne vis que par vous et pour vous...\nL'admirable Carrière ! s'écriera qui aura l'esprit cousin de Chabrier : la\nmère, l'enfant... de loin le père créant par son désir cette scène de sérénité.\nMais il nous faut bien songer que ces trois êtres sont rentrés si tôt\ndans la grande paix des morts.\nUn à un, nous allons, nous aussi, y rentrer, cependant que forte et\nvibrante, radieuse de la silhouette légendaire de son créateur, homme si\nsimplement humain, l'œuvre d'Emmanuel Chabrier s'efforcera de vivre\nglorieusement ce que ''appelle la seconde vie esthétique.\n\nLegrand-Chabrier."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.16", "texte": "Chabrier deux mois avant sa mort (1894)"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.17", "texte": "Lettres d'Emmanuel Chabrier\n\nCes lettres sont inédites, à l'exception de celle du 26 avril 1890, publiée\nen partie par notre collègue R. Brussel dans la revue d Art dramatique en I 899*\nNous remercions très sincèrement MM. Charles Lecocq, Edouard Moullé et\nPaul Vidal qui ont bien voulu nous confier, pour les publier, ces précieux\nautographes. Nous devons une particulière reconnaissance à M. André\nChabrier, fils du maître, qui a pris soin de réunir ces documents et grou-\nper autour d'eux l'abondante iconographie qui orne ces pages.\n\nA CHARLES LECOCQ\n\n1891.\nMerci, camarade. J'ai bien regretté aussi de ne point vous serrer la dextre à\nla sortie.\nCe Grieg, mais je ne con-\nnais que ça ! C'est ravissant,\nnous jouerons ça à- 4 pattes au\nprochain vendredi soir. Avez-\nvous aussi —à 4 m. les œuvres\nd'un nommé Schubert, qui avait\ndes idées ?.. nous en distillerons\négalement.\nA c'te heure, je réduis cette\nexcellente Sulamite pour le piano;\nc'est plus compliqué que \"j'ai du\nbon tabac\"; ça me donne du mal\npour ne pas rendre la chose\ninabordable. A propos d'ina-\nbordable, le Sl' Réty est rétif à\nGwendoline ;je n'ai pas de chance\navec le Figaro ; ça me fait une\npeine de chien, car ils sont là une\ncollection de erands artistes et\nO\nc'est vraiment pénible de déplaire\nà d'aussi impeccables connais-\nseurs. Dorénavant, je soumettrai\nce que je ferai à M. Darcours ; il\n«t toujours bon de consulter les uns et les autres : si l'on veut être original, il n y\na décidément pas d'autre manière de procéder.\n\nChabrier et sa mère (1848)\n\nCopyright by S. I. M. 1911."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.18", "texte": "16\nS. I. M.\n\nA bientôt, mon bon ami. Mes compliments bien empressés à Madame Lecocq\net à vous de tout cœur.\n\nEmmanuel Chabrier,\n13, avenue Trudaine.\n\nA CHARLES LECOCQ\n\nLa Membrolle,3o mai 1891.\nMon bon Lecocq,\nJe farfouille dans mes petits papiers et j'y retrouve votre si charmant sixain\nqu'Enoch m'avais remis il y a quelques jours. Entre parenthèses, impossible d'aller\npousser ma pointe à Asnières\nj'ai passé fort peu de temps à\nParis et j'étais pincé par le Con-\ncours de la Ville de Paris et un\nconcert chez le Ministre des\nBeaux-Arts où B. et Madame\nB. 0nt.... mettons chanté ( ! ? ! ?)\nenfin ! le duo du second acte de\nGwendollne. J'ai cru que mes che-\nveux allaient repousser pour pro-\ntester et se dresser sur mon chet;\nnon, hélas, c'est bien de la bonne\ncalvitie !... Du reste, l'on n'écou-\ntait pas, les hommes suaient, les\nfemmes éventaient leurs nichons,\ntous bavardaient. Et que de peine\nl'on se donne pour faire répéter\nsa pauvre et chère musique, que\nde déplacements, que de temps\nperdu, que de ... compliments et\nplatitudes dans ce triste métier\nque nous faisons pour ne pas\natteindre le but ! Et s'ils lisaient\nces lignes, ils me traiteraient de\ntriple ingrat. Mais c'est ainsi,\nn'insistons pas. De toute façon, le Ministre a été charmant pour moi et je lui\n\nChabrier au collège (1857)"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.19", "texte": "LETTRES D'EMMANUEL CHABRIER\n17\n\nL's reconnaissant : il ne les changera pas, ni moi, ni vous, ni personne. Ça n'est\nI-jsdrôle, et il faut subir.\nje me remets à Briséïs, mais que c'est\nur! Je crois que je me ramollis, je ne\n■•oiive que des foutaises ! Nous allons\nimper, mon pauv'vieux, pomper ferme;\nIv a peut-être encore quelque chose à\n::re de mon sacré cerveau, mais je n'ai\nis la facilité de papa Rossini ; homme\nilodique, viens à mon aide !\nA propos du petit sixain, par trop\nleiiveillant, mais si réussi, dites-moi,\nin lieu de ce petit bout de papier que\nvous m'avez laissé, mettez-moi donc\nnsique ces six vers sur un bout de pa-\nlier réglé ,• paroles et musique de\nCharles Lecocq et envoyez-moi ça :\ne le conserverai, ça me fera plaisir.\nJe vous embrasse affectueusement\ntous les deux.\n\nEmmanuel Chabrier.\n\nChabrier en 1862\n\nA EDOUARD MOULLÉ\n\nSaint-Pair 22, est-ce le 22 ? enfin jeudi ;\nhier, pour toi qui me lis.\nMerci de ta bonne grosse lettre, bourrée d'observations critiques et sincères.\nJe suis bien de ton avis; Gwendoline, c'est du Liebig musical; c'est trop compact;\nil faudrait en prendre une boulette pour mettre dans un honnête délayage et agiter\navant de servir le morceau; mais je compose sans ambition, sans entraînement\n■nimédiat ; je ne crois jamais que je serai joué ; je fais un peu des études, comme les\npeintres, qui accrochent ça dans un coin de l'atelier en se disant : un chic tableau\npour plus tard !\nQuant à un four avec Gwendoline,c'est un four immense, mais je me\n•offrirai certainement. Les poëmes d'opéra sont tous assommants ; lire le livret du\nRoi de Lahore,c'est à vomir debout ; item de ça s'est joué tout\nJe même ; Guillaume Tell a même réussi. Je vois bien ; ce que me répondrait\n\n2"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.20", "texte": "18\nS. I. M.\n\nPrudhomme ; je n'ai pas la prétention de me comparer au cygne de je ne sais n]u j\noù, de Pesaro je crois ; mais Gwendolineserait un ouvrage curieux et \\\nferait autour de son cercueil beaucoup de discours ; on ne l'enterrerait pas sans\nbruit, ignominieusement ; du reste, cet ouvrage n'est pas terminé ; et le poërr\ndoit tôt ou tard être modifié.\nPour le moment, je travaille à la douce aux Muscadins.\nLà, plus de légende, plus de rythmes bizarres ; c'est du drame à la Dumas\npère ; il faut que ça sente la France à cette époque, et la couleur de celà est très\ndifficile à trouver. Ce n'est pas le pays du Bleu où j'aime à baigner ma rêverie et\nà puiser des rythmes pas de farfadets, rien ; des patriotes, des chants\net dam, des phrases carrées par la base ; avec mon horreur de la banalité, tu penses\nsi la chose se complique !\nLe sujet me plaît surtout parce que j'y vois une réalisation très prochaine de\nmes vœux : être joué ; en haut lieu, cette époque fixera l'attention ; ça ne s'est pas\nfait : j'ai des chances, j'en suis convaincu ; mais fatalement la musique qu'il faut\nmettre là dedans est moins mon affaire que Gwendoline ou autres ouvrages d'une\nforme poétique. Enfin, tu verras. Je n'en ai pas encore abattu lourd ; je me\nballade, j'en prends, j'en laisse.\nRasé le voyage en Italie. On a craint que les Italiens et les Français ne se\nflanquassent leurs bugles à la tête ; les Lyonnais surtout qui ont la clarinette près\ndu bonnet. Le concours a été renvoyé à l'année prochaine. Nous tâcherons de nous\nfaire coller du Jury à cette époque.\nJe suis dérangé par un tonneau de cidre qui arrive. Je reprendrai tantôt.\nVendredi 711 1/2 m. ça a duré longtemps, la mise en place du tonneau.\nMa femme est à Cauterets avec sa mère jusqu'au 16 juillet et comme je ne\npuis pas m'ahurir indéfiniment sur le même sujet, je vais m'offrir un brin de\nballade ; où ? St. Malo, Jersey, Jersey, St. Malo, Londres est trop loin. Et toi\nbougeras-tu de Paris, cette année-ci ? et ta femme et le petit, c'est de l'Asnières\nforcé à perpêt ? le vrai crampon dans la vie, ce n'est pas la femme, comme l'a dit\nun grincheux enclin au paradoxe, c'est bien une maison de commerce ! comment\nlâcher ça ? il faut alors se défalquer et ce n'est plus drôle ; mettre carrément la clé\nsous la porte, il n'y faut pas compter ; bref celui qui fait ici-bas tout ce qu'il veut,\nest encore un joli veinard.\nAllons, bonne santé, mes enfants, je vous embrasse bien cordialement tous\nles trois.\nMille affect. compl. à ta chère mère et une forte accolade à Albert.\n\nTon Emmanuel."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.21", "texte": "LETTRES D'EMMANUEL CHABRIER\n19\n\nA EDOUARD MOULLÉ\n\nGrenade, 4 novembre 1882.\n\"Trop de fleurs ! \" disait Granier, dans je ne sais plus quoi... trop de mer-\n-Ules ! m'écrierai-je à mon tour ! nous sommes rassasiés, repus, soûls de chefs-\nfoeuvres ! Oui, cher vieux camarade, c'est un bien admirable pays que celui-là !\nes cathédrales de Burgos, d'Avila, de iolède et de Sévii le, le musée de Madrid,\n:Cartuja jdei.-Mira-\n:)rès, la blanche\nLadix, le radieux\n\\lalaga, ici l'Alham-\ni?ra,le Généralife, la\n; Sierra Nevada,\n.ordoue que nous\nliions voir dans quel-\njuesjours puis Mûr-\nie, puis Valence,\nLlche au milieu des\ncimiers et Barce-\nionne et Saragosse\n-nous aurons tout\nni, tout parcouru, et\nians un mois, il fau-\n\"a la quitter cette\nJorable Espagne\n■■ dire adieu aux\nEspagnoles, car,\nne te dis que ça,\n:i'es sont réussies,\n•s petites mâtines !\nJe n'ai pas vu une\ncnime vraiment lai-\n!:e depuis que je suis\n11:1 Andalousie :je ne\n:!,\"le pas des pieds,\n:ls$ont si petits que je ne les ai jamais vus, les mains sont mignonnes et soignées\n\nPhotograhie prise a Chatou en 1889\nCh. Lamoureux E. Chabrier Victor Wilder"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.22", "texte": "20\ns. 1. M.\n\net le bras d'un contour exquis je ne te pat le que de ce qu elles montrent 5 mais |\ntout cela, elles le montrent bien ; ajoute à celà les arabesques, accroche-cœurs et 1\nautres ingéniosités de la chevelure, l'éventail de rigueur, la fleur dans le chignon,\nle peigne sur le côté, bien en dehors, le châle roulé à fleurs en crêpe de Chine et\nà longue frange noué autour de la taille, le bras nu et l'œil bordé de cils qu'elles j\npourraient friser tant ils sont grands, la peau d'un blanc mat ou de couleur\norange, selon la race, tout ça riant, gesticulant, dansant, buvant et se fichant pas\nmal de Montceau-les Mines ;\nVoilà l'Andalousie.\nTous les soirs, nous roulons avec Alice les cafés-concerts, où se chantent les\nMalaguénas, les Solédas, les Zapatéados et les Péténéras ; puis les danses, qui sont\nabsolument arabes, c'est tout dire ; si tu les voyais tortiller du derrière, se\ndéhancher, se contorsionner, je crois que tu ne demanderais pas à t en aller !... A\nMalaga, la chose devint tellement forte que j'ai dû sortir mon épouse de là-dedans:\nce n'était même plus drôle. Ça ne s'écrit pas, mais ça se retient et je te le racon-\nterai. Je n'ai pas besoin de te dire que j'ai noté une masse de choses ; le tango,\nune manière de danse ou la femme imite avec son derrière le tangage du navire\nest la seule à 2 temps ; tout le reste, tout, est à 3/4 (Séville) ou à 3/8 (Malaga et\nCadix) ; dans le Nord, c'est autre chose, il y a du 5/8 très curieux. Le 2/4 du\ntango est toujours genre habanèra ; voici le tableau : une ou deux femmes dansent,\n2 drôles grattent n'importe quoi sur de maigres guitares, et 5 à 6 femmes hurlent,\navec une voix très cocasse et des triolets impossibles à écrire, car elles changent\nl'air _ des bribes d'air à chaque instant, hurlent, dis-je, des machines dans ce\ngenre là\navec les syllabes, les paroles, les ports de voix, les mains qui claquent et frappent\nles six croches en accusant la 3me et la 6me j les cris de Anda ! Anda !la Salud ! eso\nes la Mariquita ! gracia, nationidad ! Baïla, la chiquilla ! Anda ! Anda ! Consuelo!\nOlé, la lola, olé la Carmen! que gracia! que élégancia! tout ça pour exciter la jeune\npersonne à la danse ! c'est vertigineux, c'est inénarrable !"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.23", "texte": "LETTRES D'EMMANUEL CHABRIER\n21\n\nLa Sévillana, c'est autre chose : c'est le 3/4 dans ce genre-ci (et avec\n■jstagnettes)\nTout ça prend une allure extraordinaire avec deux accroche-cœurs, une paire de\ncastagnettes et une guitare. Les Malaguénas ne peuvent pour ainsi dire pas\ns'écrire : c'est une mélopée qui a pourtant une forme et qui se termine toujours\nsur la dominante ; la guitare fournit quand même un 3/8 et le bonhomme (quand\ncen est un) est toujours assis à côté de son guitariste, tient une canne entre ses\n'ambes et bat avec le 3/8 sur ce rythme-là :"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.24", "texte": "22\nS. I. M.\n\ntoujours syncopé ; les femmes elles-mêmes, d'instinct, syncopent les mesures M\nmille manières et arrivent, dans la danse, avec les pieds, a frapper un nombre inou 1\nde rythmes, leurs talons frappent des choses comme celles-ci ;\n(4 fois)\n\nChabrier en Famille (1883)."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.25", "texte": "LETTRES D'EMMANUEL CHABRIER\n23\n\nI :out ça avec le talon ; c'est du rythme et de la danse : les airs que gratte la\n-uitare n'ont pas de valeur ; du reste ils ne peuvent s'entendre, avec les cris de\nI \\nda ! la chiquilla ! que gracia ! que élegancia ! Anda ! Olé ! Olé ! la chiquirritita\nplus on crie, plus la danseuse rit à pleines dents et se déhanche et est folle de\nson corps. L\nSi tu veux une course de taureaux nous en avons 15 sur la conscience,\n; faut m'écrire avant,poste restante, à Valen(Espana) —où j'aurai le plaisir de\nte lire !\nI Avec les meilleures amitiés d'Alice pour la bonne madame Moullé et pour ta\nchère femme, bon souvenir à Albertito et bésitos au chiquirritito,\nton Emmanuel.\nLes miens vont bien, ils planturent à Bordeaux avec Nanon chez ma\nbelle-sœur.\n\nA PAUL VIDAL\nTon Emmanuel Chabrier.\n9 août 1893.\nMon bon petit Vidal,\nJe suis ici avec ma smala et nous rentrons ma femme et moi à Paris vendredi\nprochain. Nous te prions tous deux de venir samedi matin déjeuner chez nous à\n11 heures et demie. Catulle Mendès que j'ai prévenu par le même courier viendra.\nNous serons quatre. J'ai beaucoup travaillé mon piano. Je pourrais te remplacer.\nJe ne serais même pas fâché de faire voir à ma rentrée à l'opéra que j'ai encore\nmes jolis doigts d'autrefois. Ça épaterait Gailhard et les chœurs. C'est effrayant ce\nque j'ai fait de progrès, depuis dix-huit jours. Si tu es matinal, viens à dix heures\nprécises. Je te ferai prendre un bon apéritif et je te jouerai tout le premier acte de\nParsifal.\n\nA MADAME EMMANUEL CHABRIER\n\nBrunswick, 1888.\nHier soir, petite maman, soirée au théâtre. On jouait une bougrerie\n-opérette, dans le style de Boieldieu suivie d'un mince ballet avec d'assez jolies\nîemmes à la clef. A 10 h., M. Litolff, son beau-frère Wilhem et moi, sommes\n;'llés souper près du théâtre. Ah! il tait bien les choses, le nommé Litolff! Huîtres,\nentrecôtes à la Béarnaise, coq de bruyère, plat sucré et vins à l'avenant, avec un"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.26", "texte": "24\ns. I. M.\n\nfin verre de Kummel pour pousser la digestion. Mme Litolff était restée àla\nmaison. A minuit, adieu.\nVendredi de 10 à i heure, pendant que ces messieurs causaient d'affaires\nje roulais dans Brunswick qui est la ville la plus allemande, la plus moyen âge, U\nplus curieuse que j'aie jamais visitée. C'est une merveille ; tout le temps, j'aurais\nvoulu t'avoir près de moi. Tu te serais ébahie à chaque pas. En été, ce doit être\nravissant, mais il y a partout un bon pied de neige et ce manteau blanc répand un\npeu de tristesse et embrume l'air : on C'est plus pittoresque\nencore que Nuremberg, paraît-il. Mais il est possible que les habitants de Nurem-\nberg ne soient pas de cet avis. Enfin, c'est délicieux, je t'expliquerai tout cela de\nvive voix.\nJe viens de déjeuner superbement ; et après un peu de musique au salon, je\nremonte au bureau et te gratifie de cette littérature, pendant que Wilhem, quia\ndéposé des parents partout, va voir quelques cousines. Je suppose qu'il y a aussi\ndes cousins.\nCe soir, soirée chez les LitolfF ; demain, pas grand' chose, et vers minuit,\ndemain, départ pour Cologne.\nSoigne bien le petit. Embrasse notre Marcel, amitiés à la Nanine.\nJe commence à avoir besoin de la maman.\nFRAGMENT D'UNE LETTRE DE CHABRIER A VINCENT D'INDY\n\nTon Emmanuel."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.27", "texte": "LETTRES D'EMMANUEL CHABRIER\n25\n\nA MADAME EMMANUEL CHABRIER\n\nKarlsruhe, (Janvier 1888).\nA 11 h. nous avons vu le Pudlitz au th. dans son cabinet. On lui donne de\nl'Excellence gros comme le bras. C'est convenu, c'est arrangé : \" alors, je puis\nécrire à mes éditeurs pour hâter la traduction, faire annoncer la bonne nouvelle\ndans les journaux \" \" Attendez ; je veux terminer tout à fait, vous dire\nce que nous donnons au\ncompositeur ; ça dépend\nde la longueur de l'ou-\nvrage ; je vous ferai pré-\nvenir, je pense que vous\nserez content. Mais je\nconsidère l'affaire comme\nconclue ; je vous donne\nPlank, Oberlinder et\nMlle Mailhac. A demain !\"\nA 1 h., dîner ; j'ai raconté\nnotre entrevue à Mottl\nqui va presser ce vieillard\naimable mais temporisa-\nteur. Après dîner, Mottl\nnous a dit de l'accompag-\nner chez lui ; nous avons\njoué l'ouverture à 4 mains,\nle premier chœur, la lé-\ngende (qu'il trouve admi-\nrablement écrite) et tout\nle troisième tableau, la\nbataille. Il est très enlevé; il répétait : jamô Vendredi soir, nous lisons\ndevant lui le rôle de Gwendoline à Mlle Mailhac, chez elle. C'est la première\nfois que Mottl se met en aussi grands frais pour quelqu'un. Je le crois fort sincère.\n\" répétait aussi : original, personnel, etc. Nous l'avons quitté vers 3 h. et demie\nnous avons fait un tour en ville et nous nous sommes rendus dans les grands\njardins de la ville où, sur un petit lac gelé, nobles, bourgeois et vilains pati-\nnaient gaiement. Pudlitz ayant prié Van Dyck de chanter demain à 5 h. et demie\nchez le Grand Duc, Van Dyck avait prié Bopt de tenir le piano et devait chanter\n\nVan Dyck et Chabrier (1890)"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.28", "texte": "2 6\ns. r, M.\n\nentre autres choses, \" Chanson de Jeanne \" ; donc, à 6 h. Bopt arrive à l'hôtel, mais 1\nVan Dyck a un sale enrouement et ne veut pas chanter dans cet état là. Sur mor ,\nconseil, il.vient de filer chez le Fauvel de l'endroit pour savoir ce qu'il doit faire.\nS'il devait ne pas chanter, il se procurera une attestation du médecin qu'il mon-\ntrera à Pudlitz. Ces gens là, quand on ne fait pas leurs trente-six volontés, sont |\ntoujours prêts à croire qu'on y met de la mauvaise volonté. Je n'ai pas été invité à\naller à cette soirée chez le Grand Duc et j'en suis d'autant plus heureux que pendant\n-(• ~ #\nle concert, je serai à la répétition de Siegfried qui a un bien autre intérêt pour moi,\nA la promenade, tantôt, nous l'avons rencontré (le Grand Duc), se promenant\navec sa femme, la fille de Guillaume, à pied, tous les deux suivis par un simple\nchien-loup, marchant assez vite ; il était en uniforme, l'éternelle casquette à bor-\ndure rouge et un long manteau, le bout du sabre dépassant un peu. C'est un\nhomme de haute t'aille, dans les 55 à 60 ; longue barbe, très droit, énergique.\nA leur passage, les hommes saluent très bas ; les militaires s'arrêtent et font le\nsalut militaire ; les femmes y vont d'un demi-génuflexion, comme dans les opéras\ncomiques, quand une jeune paysanne tire sa révérence au bailli. C'est tout à fait\nédifiant.\nSur toutes les places, les militaires font l'exercice ; ah ! ils n'ont guère le temps\nd'engraisser ; cet art là est plus compliqué que le contrepoint.\nCe soir, soirée glaireuse, souper à 9 h., coucher à 11 h. S'il fallait vivre ici,\nah, non !\nVan Dyck se fait attendre.\nVan Dyck est de retour. Défense absolue de chanter pendant trois jours. Ce\nsacré concert n'aura pas lieu. Pudlitz est prévenu. Tout va bien.\nEmbrassades générales et à demain.\n\nTon Emmanuel.\n\nA MADAME EMMANUEL CHABRIER\n\nKarlsruhe, mardi 4 mars 1890.\nCe matin, l'intendant est venu me prendre et nous sommes allés ensemble\nchez le Grand Duc, le Carnot de l'endroit. Il a été d'une amabilité parfaite et à\ntrouvé le moyen de me dire qu'il était personnellement heureux qu'un compositeur\nfrançais vint se faire applaudir à Karlsruhe, que les deux nations étaient faites pour\ns'aimer et que la présence d'un artiste EMINENT le touchait profondément. C'est\nlui qui me remerciait ! ! ! Il m'a reçu en costume, avec d'énormes poignées de\nmain. C'est un allemand, évidemment, mais il a l'air bon comme le pain.\nPuis, (1 h. un quart), toujours avec l'intendant et dans son équipage, nous"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.29", "texte": "LETTRES D'EMMANUEL CHABRIER\n27\n\nsommes allés déjeuner chez le frère, le Prince Guillaume. Celui-là, c'est encore\nJuS joli ; il est venu nous attendre à sa porte ; et tout ça parle des français\ndonnants ; de 57 à 60 ans, avec des barbes superbes et des airs très chics. La\nPrincesse est d'origine russe. A table, je connaissais à peu\nprès tout le monde, car j'ai depuis huit jours roulé ma\nbosse dans tout le gratin solennel de la localité. On était\nune quinzaine, après le déjeuner, exquis caré,\nliqueurs, cigarettes, valse du roi sur un Erard, puis\nmusique à 4 mains avec Mottl. A trois heures et demie,\non a pris congé les uns des autres. Mais ce que ces\n2ens là sont aimables, tu ne te le figures pas. 11 m'a\n. il-\ndit qu'il était HONORÉ de me recevoir. ! ! !\nJe viens de faire quelques visites d'adieu, (car de-\nmain je passe presque toute la journée à Bade), et à 6 h.\net demie, je vais avec l'intendant chez la Grande Duchesse qui tient, dit-on a\nme faire bavarder et est curieuse de me voir.\nA demain, le loup.\n\nChabrier en 1887\n\nEmmanuel.\n\nA MADAME EMMANUEL CHABRIER\n\nha M.embrolle, 26 april 1890\nJe vois, la petite maman que tu ne ten es pas si mal tirée que ça, avec ta\ngrosse malle et tes accessoires • on t aura prise pour la femme du prefet de police,\nàce que je suppose, tu fais trembler le personnel des gares et le sergent de ville\nse roule à tes pieds • ]e ne te vais pas a la cheville, la petite femme, le loup est\ndépassé !\nEmbrasse bien les petits loups pour moi et particulièrement le louveteau qui\naccomplit demain un acte caractéristique et plein de douceur. Recommande-lui de\ndemander à celui qu'il invoque de nous protéger tous, nous qui cherchons a fane\nde notre mieux et qui ne sommes pas des méchants ; dis-lui cie demander pour la\nmaman la bonne vue et la santé, des bulletins propres pour le grand frere, et\npour le pauvre père beaucoup d'inspirations et un peu d argent. Ça fait pas mal\nd'affaires, tout ça, et le bon Dieu est toujours très occupe, mais les jours de\npremière communion, je suis certain qu il dresse spécialement ses oreilles divines\npour écouter les petits enfants épris du ciel et frises pour la circonstance, et que\nfinalement il doit être très doux, très coulant, très accessible, et les petits enfants,\nc est si roublard ! J'espère énormément."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.30", "texte": "28\nS. I. M.\n\nTâche de trouver quelques heures dans l'après-midi pour aller avec tes\njeunes calices embrasser la pauvre vieille qui s'embête là-bas et vous attend de\ntout son cœur! Fais-\nle, je t'en prie: pOUr\nles enfants, c'est un\npieux devoir, c'es;\nensuite un plaisir,\nça leur apprend à se\nsouvenir et ça les\nrend bons. Si la pa-\nresse est la mère de\ntous les vices, l'ingra-\ntitude en est le père.\nLa grand mère,\n'pas de tous les\nvices, est dans\ndes rages bleues ; on\nne peut pas fourrer\nle nez dehors ; ce ne\nsont que giboulées,\naverses, vents dé-\nchaînés ; la nuit, ça\npleure, ça hurle sous\nles portes et la rafale secoue de grands frissons la maison tout entière ; c'est\nimbecile parce que ça manque de majesté, de grandeur, de décor ; au bord de la\nmer, dans la solitude des hautes montagnes, je me lécherais, mais à la Membrolle,\nc est grotesque et lugubre. Hier matin, en ouvrant ma fenêtre, ça pleuvait, ça\nventait infernalement et tous ces grands bêtas de peupliers se courbaient tous du\ncote de Tours, comme pour saluer celles de la cathédrale ; ça finissait par\nm amuser, aïe donc, aïe donc, ils étaient d'une politesse exquise. Les marronniers,\ndes durs a cuir, sen foutaient, mais les sacrés pommiers, fiers d'être en fleurs\ndepuis quelques jours, avaient des accès de folle rage de voir ainsi s'éparpiller\naux cinq cents diables\n\nChabrier s'amusant avec ses fils"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.31", "texte": "LETTRES D'EMMANUEL CHABRIER\n29\n\nRaconte-moi bien tout ce que tu fais ; moi, ma vie est tellement simple\nnu'elle tient entre une table et un piano. Si je n'avais pas cette richesse d imagi-\nnation qui fait ton orgueil et ta joie, je ne serais guère fichu de remplir ces\nquatre pages. Tantôt, la grand'mère m'a raconté à déjeuner l'histoire de ses\nbonnes pendant qu'elle était à Chatou ; cette histoire, palpitante comme un cœur\nje jeune fille, ou même de ma Chtite à l'approche du bien aimé au casque d'or,\nnaturellement cette histoire, dis-je, fera le sujet de ma prochaine. Tu vois que\n•u as encore de fiers moments à passer ici bas, où tous les lilas meurent, comme\nle chante Mme E.\nA demaingue !\n\nLe père Lustucru,\nEmmanuel\n\nA MARCEL CHABRIER\n\nLa Membrolle, 16 mai 1890.\nMon petit Marcel,\nJe te remercie de la lettre que tu\nm'as écrite il y a quelques jours et de\ncelle que tu vas m'écrire, si j'en crois\nM. Enoch qui m'a adressé deux mots\nce matin et me raconte votre ballade au\nJardin des Plantes. Il n'est pas mauvais,\nde temps à autre, d'aller faire aux betes\nune petite visite ; ça repose de 1 homme.\nToutefois, il faut toujours raisonner ce\nque l'on voit et ne passer devant aucun\nobjet, aucun animal, aucun produit sans\nse demander à quoi ça sert, comment ça\nvit et ne pas s'attacher uniquement à\nla torme. A ton âge, une promenade\nde ce genre doit toujours contenir un\nenseignement, ne pas être un pur spec-\ntacle pour les yeux ; ton petit cerveau\ndoit être la partie. Il y a tant de\ngens, et de ceux qui se croient malins,\nqui vont à l'Exposition de peinture,\nvisiter les églises, se promener au bois,\nassister à un cours, s'installer au theatre,"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.32", "texte": "3°\nS. I. M.\n\net qui reviennent de tout cela la tête vide, n'ayant rien observé, me s'étant rien\nassimilé de ce qu'ils ont vu ; c'est du troupeau qui passe, ça tue le temps, en\nattendant le dîner, qui est la grosse affaire. Pénétre-toi bien de ce que je te\ndis là, tu ne seras jamais assez curieux, dans le sens où je l'entends, naturelle-\nment, et c'est maintenant que les belles curiosités doivent s'éveiller dans ton\nesprit. Lâchons les singes et causons d'autre chose.\nM. Loiseau est en train de gaver le cher frère ; il est venu même hier, jour\nférié, excessivement férié ; le petit a l'air de travailler, mais il doit avoir une croûte\nsur l'intellect ; ça sera long à gratter cette épaisseur avant de trouver le bon nanan!\nJe n'ai jamais pu lui faire comprendre que s'accordait quand il y avait des\nchiffres devant et que ce mot était invariable quand ils étaient placés après ; on lui\n\nChabrier a Wimereux (1887)"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.33", "texte": "LETTRES D'EMMANUEL CHABRIER\n31\n\njit : as-tu compris ? oui, papa, et il vous dit tout le contraire. Il y a certai-\nement chez M. Pasteur des pères de famille chez lesquels la rage s'est évidem-\nment développée au fréquent contact de moutards pareils. Enfin, il ne faut pas\nquitter toute espérance ; Dante était d'un autre avis, mais il n'avait peut-être\npas d'enfants.\nNous avons une nouvelle bonne, une veuve d'un jardinier de Mettray, dans\nles trente ans ; elle a l'air un peu dame, mais il y a de la bonne volonté. Espérons.\n\nE. C.\n\nA MARCEL CHABRIER\n\nLa Membrolle, 13 juin 89.\nMon bon petit Marcel,\nCertes, je suis heureux de voir que tu es galant auprès des demoiselles ; la\nfemme est créée et mise au monde pour recevoir nos hommages et être aimée ; ça,\nc'est convenu. Mais, pour le moment, il ne faut pas que Vun empêche Vautre, et\nl'autre, c'est l'examen, c'est l'entrée en seconde ; c'est la que doit surtout porter ta\ngalanterie. Si tu veux me faire grand plaisir, sois insinuant auprès de la version\nlatine, tendre avec le thème latin, plein de délicatesse pour la version grecque ;\nmets-toi à deux genoux devant l'Histoire et envoie des baisers à la Géographie ;\nsois courtois envers le calcul et plein de feu auprès de la Narration.\nPour le quart d'heure, tâche d'oublier les petites et souviens-toi que si tu\nveux plus tard être libre, tu as encore trois ou quatre ans à ne penser qu'à tes études.\nTu comprends que nous sommes enchantés que l'on te trouve gentil, mais\nnon devoir est de te rappeler au tien encore et toujours.\nFais-moi donc une carte d'Allemagne avec les royaumes ou auchès unis, avec les\net les cours d'eaux principaux, et envoie-moi ça. Sépare bien chaque\npays par un trait au crayon bleu ou rouge, Bade, Bavière, Wurtemberg, etc.\nEcris-moi souvent. Je t'aime tant !\nCancans : Angèle se marie le 8 juillet et sa sœur la remplace ici.\nUn de mes amis, le baron Taylor, qui était aveugle, vient de mourir.\nLe fils d'Auguste Valin se marie le 19 juin. Je suis de noce, turellemment.\nLe jardin est ravissant. J'ai enlevé ce matin plus de 300 gratte-culs.\nCi-inclus, un timbre de Buenos-Ayres ; il se trouvait sur l'enveloppe"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.34", "texte": "32\nS. I. M.\n\nd'une lettre de Nicolini, écrite, ces jours-ci, à la grand'mère. Tu dois l'avoir;\nenfin, ça ne fait rien.\nNe me laisse pas sans lettres, je t'en prie !\nEmbrasse la pauvre mère, André et la vieille Nanine.\n\nTon papa\nEmmauel."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.35", "texte": "A onsieur LASCOUX.\nSOUVENIRS DE MUNICH\nQUADRILLE\npour piano à quatre mains\nSUR\nles Thèmes F avons\nDE\nTRISTAN & ISEULT\nPAR\nEMMANUEL CHABRIER\nCopyright MCMXI by André Chabner\nTous droits d édition, d'exécution, de reproduction et d'arrangements réserves pour tous pays."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.36", "texte": "PANTALON\nSECONDA"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.37", "texte": "PANTALON\n\nPRIMA"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.38", "texte": "ÉTÉ\nSECONDA"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.39", "texte": "ÉTÉ\n\nPRIMA"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.40", "texte": "POULE\nSECONDA"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.41", "texte": "p;o U L E\n\nPRIMA"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.42", "texte": "PASTOURELLE\nSECONDA"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.43", "texte": "PASTOURELLE\n\nPRIMA"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.44", "texte": "GALOP\nSECONDA"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.45", "texte": "GALOP\n\nPRIMA"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.46", "texte": "Chabrier, par E. Detaille (1887)"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.47", "texte": "CADENCES ET TONALITÉS\n\nLa thèse que je vais présenter ici aussi brièvement que possible, ne\nconstitue pas une découverte. Je ne prétends pas qu'on ne découvrira plus\nrien en musique, comme ce savant anglais qui proclamait définitivement\nclose l'ère des découvertes chimiques; je ne dis pas non plus, [je ne le crois\nmême pas], que cette thèse une fois établie conservera sa valeur pour les\népoques à venir. Mais j'ai seulement l'intention de mettre en lumière, de\nvulgariser, des tendances, des essais, des hardiesses, qui sont encore con-\nsidérés comme des exceptions, et je voudrais montrer que ces exceptions\napparentes doivent être envisagées comme la forme moderne de la loi,\ndans le domaine de la musique.\nLes dogmes ne sont pas immuables : qu'ils soient religieux, scienti-\nfiques ou artistiques (car chaque forme de la pensée humaine a ses dogmes),\nils évoluent tous avec une rapidité proportionnelle à celle de l'évolution\ngénérale de la société qu'ils semblent régir ; malgré cela, ce n'est pas\ntoujours sans difficultés qu'une phase nouvelle remplace une phase ancienne,\net bien souvent un ensemble d'idées surannées se prolonge parmi d'autres,\nrecentes, comme les dernières traînées nuageuses d'un orage sur le ciel\nredevenu bleu.\nC'est précisément, je crois, ce qui arrive de nos jours pour la musique,\net le dogme musical que je viens attaquer présentement, est celui de la\ntonalité.\nLes historiens de la musique se plaisent à nous montrer la longue\névolution de cette tonalité depuis l'antique échelle pentatonique des\nChinois et des Hindous, jusqu'à la gamme actuellement en usage. Mais\ncest surtout depuis le moyen âge que le phénomène devient intéressant\npour nous : c'est d'abord la substitution d'une seule échelle aux nombreux\nmodes ecclésiastiques ; puis sa transposition, à partir des différents degrés\n\n4"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.48", "texte": "46\ns. 1. M.\n\nqui la composent; puis l'emploi, pour les points de départ, des degrés (\nchromatiques ; l'introduction progressive des \" altérations \" qui ne modifient\npas la tonalité fondamentale ; les licences, toujours de plus en plus nom-\nbreuses et plus hardies, qui se rencontrent dans les plus austères composi-\ntions etc. etc. Il suffit d'ailleurs de lire, dans l'ordre chronologique, un |\ncertain nombre d'oeuvres musicales depuis H. Schiitz jusqu'à M. Debussy\npour se rendre compte de l'incessant envahissement de l'écriture\ndans le domaine du défendu théorique. Cependant un fait qui domine cet\nexamen, c'est (sauf pour les œuvres modernes) l'uniformité, la rigidité de\nla cadence parfaite. 1\nOr, cette cadence parfaite est inséparable d'autres faits :\ni° Unité tonale :\n2° Croyance à la proximité des tonalités [sol voisin d'ut etc.] ce qui\nengendra cette règle d'école :le 2me thème d'une sonate doit être au relatif\nou à la dominante du ton principal. Nous verrons à quoi se réduit ce\nton principal, même dans certaines œuvres absolument classiques.\n30 Théorie des notes attractives et toutes les règles d'Harmonie\nrelatives à l'enchaînement des accords ;\n40 Construction même de la fugue, dont nous parlerons assez\nlonguement.\nEnfin cette cadence parfaite est encore et surtout étroitement dépen-\ndante de la structure de notre gamme diatonique, et par conséquent, de\nla conviction enracinée encore de nos jours, que cette gamme est scien-\ntifique !\nOn invoque, il est vrai, à ce sujet, le parallélisme presque parfait\nentre la gamme tempérée, la résonnance du corps sonore et la progression\npar quintes successives. Or, on pourrait demander pourquoi, puisque cette\ncorrespondance n'est pas parfaite,il se fait que l'on considère cependant\nla gamme comme scientifique ? Mais vraiment ce serait jouer sur les mots\net les chiffres, et produire de faibles arguments, que de contester de cette\nfaçon la légitimité de la gamme. Je demanderai seulement (après quelques\nauteurs) pourquoi la gamme a 7 notes et pourquoi on adopte la génération\ntes\npar 5 pour trouver ces 7 notes.\nPour les réponses \" scientifiques \" détaillées, à ces 2 questions, je\n\n1 Assurément, dans le début, on trouve employée concurremment avec elle, la plagale ; mais ce n'est la\nqu'un de ces prolongements dont je parlais, et qui provient simplement des habitudes engendrées par le long\nemploi des modes d'église."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.49", "texte": "CADENCES ET TONALITÉS\n47\n\ni renvoie à tous les ouvrages de théorie musicale et de physique qui les ont\njaitées depuis 3 siècles environ ; je me borne à dire qu'elles se résument\nai fin de compte au cercle vicieux suivant :\ni° La gamme a 7 sons parce que la génération par quintes donne\n• sons \" naturels \" ; les autres sont \" altérés \" et le dernier correspond\nsensiblement au ler.Ier. [C'est la justification des musiciens.]\n2° La résonnance du monocorde fournit une série de sons dont\nes premiers (4) correspondent à ceux de la gamme musicale et\ndont les autres, s'en éloignent de plus en plus. [C'est la proposition\ndes physiciens.]\nIl suffit de considérer ces deux explications, qui s'appuient l'une sur\n'autre, pour se rendre compte que la gamme actuelle manque absolument\nde cette base scientifique qu'on lui prétend et qui la rendrait immuable ;\nen réalité, notre oreille occidentale s'y est habituée, comme il est facile de\nle voir par la comparaison avec les intervalles employés par des peuples\nappartenant à des civilisations différentes [voir l'échelle grecque actuelle,\nl'échelle hindoue etc.] ; notre gamme n'en est pas moins utile et surtout\npratique ; elle répond à nos besoins beaucoup mieux probablement que si\nl'on se fût avisé d'instaurer une échelle sur chaque komma de l'octave,\nattendu que l'écriture polyphonique compliquée de nos auteurs modernes\ns'accommoderait mal d'une justesse si difficilement réalisable.\nJe crois d'ailleurs, sans insister autrement sur le sujet, que les 7 notes\nde la gamme trouvent leur explication dans les théories de l'lnde, de la\nChaldée, de l'Egypte, de la Grèce, et même dans les témoignages des\nPères de l'Eglise, et qui se résument à ceci :\nLes 7 notes de la gamme correspondent aux 7 planètes connues des\nanciens.\nComme, après des recherches personnelles, je suis arrivé à cette\nconclusion qui est également celle de M. Combarieu [à qui je laisse\nd'ailleurs tout l'honneur de l'avoir, le premier établie] je ne puis que\nrenvoyer le lecteur à son très bel ouvrage : La Musique et la Magie ; je\ncrois que les faits et documents les plus authentiques et les plus convain-\ncants en faveur de la constitution artificielle de la gamme heptatonique s'y\ntrouvent réunis.\nLe problème se pose donc ainsi :\nLa gamme diatonique de 7 sons, qui est devenue celle, chromatique,\nde 12 sons, est légitimée par son emploi général, par les ressources qu'elle"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.50", "texte": "+8\nS. I. M.\n\noffre et la facilité avec laquelle elle est maniée. Quelle est, en ce cas, la\nvaleur de la cadence parfaite et de toutes les lois qui s'y rattachent ?\nAutrement dit, puisque l'échelle diatonique semble aujourd'hui\ninvulnérable, la cadence parfaite qui s'y rattache l'est-elle aussi ?\nJe réponds: Non. La cadence de Dominante à Tonique n'est pas liée\nà la gamme d'une façon aussi étroite qu'on le croit. Une cadence affirme et\naffermit une tonalité ; mais elle l'affermit par son caractère concluant ;\nqu'elle éclate au début ou à la fin d'une phrase, elle conclut. Or, il s'agit\nde savoir : «\ni° Pourquoi elle conclut.\n2° Si elle est seule à posséder ce pouvoir.\nA la première question la réponse est à peu près unanime : elle\nconclut d'abord parce qu'il y a un rapport immédiat entre la fondamentale\net sa ste5te ,et que cette fondamentale se présente alors comme le dernier\nterme de la résonnance, qu'on descendrait au lieu de remonter; et ensuite,\nparce que l'oreille y est habituée.\nRéponses sans valeur : encore une fois, pourquoi choisit-on l'har-\nmonique 3 plutôt que 2 ou 5 ? Pourquoi la s*® inférieure en usage dans\ntoute l'antiquité n'a-t-elle plus droit de cité ? Evidemment c'est que notre\nsens auditif a évolué, et c'est ce qu'il faut retenir ; nous entendons autre-\nment qu'il y a quelques centaines d'années et notre musique peut et doit\nne plus obéir aux mêmes règles : l'antiquité nous présente des phases\nfrappantes de cette évolution, et son témoignage est tellement irréfutable\nque je m'appuierai en partie sur lui dans ce qui suit. Tout ce qui est\néducation est essentiellement modifiable, et on n'a pas le droit d'astreindre\nl'oreille à des formules figées par le prestige d'un dogme, lorsqu'elle est\nsusceptible d'entendre et comprendre autre chose, et plus de choses.\nQuant à la seconde question, à savoir : la cadence parfaite est-elle\nseule concluante ? il est facile d'y répondre négativement, et pour ce faire\nj'irai puiser mes arguments, non dans la musique harmonique, mais dans\nla monodie, ce qui sera, je crois, plus persuasif encore.\nIl me semble, en effet, que la chute de seconde majeure a un carac-\ntère nettement conclusif et je citerai à ce propos la phrase ambrosienne\nsuivante :"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.51", "texte": "CADENCES ET TONALITÉS\n49\n\nIl faut remarquer que M. d'lndy étudie également la cadence en\n;hors de toute préoccupation harmonique ; mais il veut absolument que\nmélodie oscille de la T à la D, et vice-versa. Et nos amateurs d'inter-\nrétations \" scientifiques \" diraient que le la, constituant la seconde, est en\nnction de dominante : c'est la ste5te de la dominante de sol ; ce serait donc\nir suite d'un sentiment \"instinctif\" de la cadence parfaite que, même\n:rangers à l'harmonie, les anciens concluaient si logiquement et si par-\nlement au moyen de ce second degré, qui en réalité appartient à notre\njrmule D T. Il n'est pas besoin d'insister sur la vanité de telles interpré-\ntions, qui, pour vouloir \" quand même \" être scientifiques, sont outrées\ni invraisemblables.\nDe plus comment interprêter dans le même sens le caractère, con-\nîuant de la tierce majeure ?\nIl est vrai que c'est la 306 de l'accord parfait de tonique, mais alors,\nsi la 306 est susceptible de former une cadence parfaite, pourquoi choisir à\ntout jamais la ste5te ?\nIl est enfin très remarquable que les cadences se présentent à nous\nians un ordre chronologique [tout au moins pour la musique occidentale] :\nLa 2de descendante, la 3eo majeure, la 4te ou cadence plagale, puis la ste5te ou\ncadence parfaite ; celle-ci semble avoir fait son temps, du moins comme\nloi unique, et partager son règne avec ses aînées, dans notre musique\nmoderne.\nMais je dois encore, avant de terminer la critique particulière de la\ncadence, attirer l'attention sur le fait suivant : la cadence réside autant dans\nl'intention de l'auteur et l'exécution de l'instrumentiste ou du chanteur\nque dans l'enchaînement sonore ; et je ne puis m'empêcher de rappeler\n'opinion de M. Schuré au sujet de notre cadence. Les Grecs, pense-t-il,\npar suite de l'union intime de la musique, de la poésie et du geste, con-\ncluaient avec ce dernier : le geste finissait le discours et l'action. Lorsque\nh mimique disparut sous l'influence des idées chrétiennes, il fallut trouver\ndans la musique même un élément conclusif, et ce fut la cadence. On est\ndonc fondé à regarder la cadence comme un \" geste musical \" qui a eu ses\nmodes, qui s'est développé, enrichi, affecte aujourd'hui la formule D. T,"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.52", "texte": "50\nS. I. M.\n\nmais n'est nullement obligé d'être figé dans un moule unique, présenté\ncomme tel par l'enseignement dogmatique.\nLa cadence est tellement un geste, qu'elle en est presque la représen-\ntation graphique. Qui peut contester que la formule\nsoit plus affirmative que la formule\nC'est cependant la même harmonie ; mais le premier enchaînement\nest plus caractéristique que le 2me à cause du mouvement mélodique\nsol-do, de la basse qui présente une analogie manifeste avec le geste oratoire.\n[Qu'on ne me fasse pas dire, surtout, que ce mouvement mélodique est\nune imitation voulue du geste oratoire !]\nonc, la cadence n'offre, pas plus que la gamme, une base scienti-\nfique ; elle n'est pas seule à posséder le caractère affirmatif qui fait son\nimportance. C'est donc un dogme : s'il était immuable, ce serait un fait\nunique dans l'histoire de l'univers, car en dehors de la vérité des chiffres,\nrien n'est incontestable et la cadence, quoi qu'on en puisse dire, n'a rien\nde l'évidence mathématique. La formule D. T. est d'introduction récente\ndans n„otre musique : elle est une conséquence de l'évolution tonale ;\ncomme celle-ci continue sa route [ainsi que nous allons le voir] la cadence\ndite parfaite doit évoluer parallèlement et changer de constitution ou\nperdre de son importance. Consacrée d'abord par l'usage, elle le fut\nensuite par F école, qui oppose en musique comme partout une inertie\nénorme (et utile en un sens) aux mouvements du sentiment.\nOr, la cadence est la base de toute la musique depuis 3 siècles :\nd'éminents professeurs ont eu la perspicacité, pour faire analyser la musique\nclassique, de réduire les mouvements de la basse à des stes5tes et des 4tes. Mais\nsi cette constitution harmonique a pour cause la structure de la mélodie\net par conséquent de la gamme à laquelle elle appartient, en revanche,\nelle eut un retentissement considérable et très visible sur la mélodie qui\ns'est limitée sous l'influence de l'éducation et de l'habitude à des\ncontours susceptibles d'être classés dans l'échelle tonale, et d'être harmo-\nnisés suivant les lois qui en dépendent et sont, en définitive, celles de la\ncadence."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.53", "texte": "CADENCES ET TONALITÉS\n51\n\nMais ici surgit un fait nouveau : plus nous approchons de notre\népoque, plus la ligne mélodique se charge de notes qui n'appartiennent\npas à sa constitution initiale : ce sont les fameuses \" altérations \" des\nharmonistes et nous nous trouvons alors en face d'un véritable subterfuge\npour expliquer [toujours \" scientifiquement \"] un fait qui paraît anormal.\nOn peut, par exemple, en Ut majeur employer le Ré b qui entraîne le\nla b : c'est le \" second degré baissé \" ce qui, je crois, n'explique absolu-\nment rien ; on peut \" faire un emprunt \" au mode mineur et se servir du\nmi b, du la b. Dans l'accord de \" sixte augmentée \", le fa $ est légitime\nen compagnie du la b [ou du sol f ?....] enfin \" l'altération ascendante \" du\nrdegré, la 112, est bien connu de tous les élèves. On ajoute que toutes ces\nnotes peuvent être utilisées à la condition qu'elles se résolvent naturelle-\nment. En réalité nous nous trouvons en face du fait suivant : la gamme,\nde diatonique qu'elle était, est devenue chromatique et on a continué à\nl'harmoniser avec le système diatonique ! C'est pourquoi il faut résoudre\nles notes altérées : aucune agrégation diatonique ne leur correspondant\nexactement, il faut les faire aboutir sur des notes de la gamme, dites\nnaturelles, qui correspondent à des harmonies diatoniques. Le jour où l'on\naura reconnu la légitimité de la gamme chromatique, et fondé un système\nd'harmonie chromatique, la résolution des notes attractives sera inutile.\nCette résolution n'a d'ailleurs rien de scientifique : pourquoi le si\nqui est assimilé au 15® harmonique du doit-il se résoudre sur cette\nnote ? Pourquoi le mi, qui ne se trouve à côté du fa que par suite du\nclassement opéré arbitrairement dans les harmoniques doit-il se résoudre\nsur ce voisin d'occasion ? Il y a là, un fait de convention et aussi d'usage\nqui se rattache à l'importance de la cadence parfaite. D'autre part les\nmusiciens affirment presque unanimement que c'est de la résolution des\nnotes attractives que proviennent toute la passionnalité, toute l'émotivité\nde la musique moderne. Je le crois parfaitement, mais je ferai observer\nque c'est là un fait d'ordre expressif et non d'ordre scientifique qu'il n'y\na aucune corrélation entre eux et qu'enfin il est assez croyable que les\nmusiciens n'auront pas toujours que cette seule ressource d'expression : ils\ny ont déjà ajouté le chromatisme, l'orchestration, et même la non\nrésolution des sensibles !\nLa constatation de ce désaccord entre la gamme et l'harmonie nous\nconduit à une autre constatation riche d'enseignements et de conséquences.\nComment se fait-il qu'un Beethoven ait construit un si admirable"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.54", "texte": "52\nS. I. M.\n\nédifice sur des bases aussi peu homogènes? Evidemment ou peut alléguer\nl'habitude mais le véritable mot de l'énigme, c'est que l'oreille s'est\naffinée, s'est fatiguée de l'ancienne monotonie et s'est habituée à d'autres\nagrégations que celles fournies par le système diatonique ; c'est que l'oreille,\npar suite d'une évolution insoupçonnée, a contredit et contredit plus que\njamais la prétendue science des théoriciens ! Le fait est constatable tous\nles jours : l'accord de ste5te augmentée est prohibé par les traités ; pourtant\nl'auditeur est agréablement surpris par les accords de \"Pelléas et Mélisande.\"\nEt les exemples sont légions : de nos jours ils ne sont plus l'exception,\nmais la loi ou tout au moins l'habitude qui devient souvent la loi.\nPar un graduel enchaînement, nous nous trouvons amenés à traiter\ndes questions de plus en plus importantes : l'oreille en s'habituant au\ndésaccord d'une tonalité chromatique et d'une harmonie diatonique [car\nc'est le fond de la musique depuis plus d'un siècle] nous prouve 2 choses\ni° La valeur toute relative de la cadence.\n2° Son aptitude à accepter comme des agrégations rejetées\npar les traités.\nQuelle est donc maintenant la valeur de la Tonalité ?\nJe ne dis pas qu'elle soit nulle, mais elle a infiniment diminué.\nComme il n'est pas important d'entrer dans le détail des faits, je\nciterai seulement les preuves les plus frappantes :\nLes premières fugues, les premières suites, etc. sont absolument\nmonotoniques. Qu'on jette un coup d'œil sur une sonate moderne : elle est\ncriblée d'accidents, l'armature en est constamment annulée ou exagérée\npar les signes accidentels, dès la 2me note jusqu'à l'avant-dernière, il n'y a\nguère que la ire &la dernière (et encore) qui appartiennent nettement à\nla tonalité indiquée par l'armature, et celle-ci semble bien plutôt destinée\nà localiser les thèmes principaux dans des registres déterminés, et surtout\nà établir un point d'appui et de comparaison pour la construction de tout\nl'édifice, qu'à régir, par un système diatonique déterminé, toute l'œuvre\nqui en est pourvue.\nQu'en conclure, si ce n'est que l'oreille et la pratique ont devancé les\nthéories et les enseignements ? Et pourtant ce sont les chefs de la musique\nmoderne, des artistes remarquablement instruits qui malmènent si cava-\nlièrement les antiques lois de la tonalité.\nAutre fait. On écoute un long passage écrit dans une seule tonalité.\nVienne une note étrangère qui se prolonge ou se répète : la tonalité"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.55", "texte": "CADENCES ET TONALITÉS\n53\n\nprécédente disparaît sans laisser de souvenir pour faire place à celle à laquelle\nappartient la note modulante. Le véritable effet expressif a lieu pendant la\ntransition : une fois la nouvelle tonalité établie l'intérêt, l'expression nous\nviennent du contour mélodique, de l'orchestration, de l'harmonisation, etc.\nCela revient à dire que la tonalité de Si M. n'est pas plus claire que celle\nde La M. ou de Sol: elle produit, après l'une d'elles, un effet de clarté au\nmoment où elle s'impose et où les deux tonalités ne sont pas encore\nséparées ; la séparation faite, l'effet disparaît. Assurément cet effet peut\nêtre saisissant ; Bach l'avait utilisé dans ses cantates, Beethoven dans ses\nœuvres instrumentales, et M. d'lndy dans sa belle brochure sur Franck\net dans son Traîté de Composition fait voir tout le parti qu'on en peut\ntirer. Seulement il faudrait généraliser : dans une œuvre symphonique,\npar exemple, où tout l'intérêt, toute l'expression proviennent de la musi-\nque seule, et par conséquent, où tout doit concourir à les faire naître, la\nmodulation habile ne nous donne qu'une satisfaction intermittente, puisque\nle saisissement produit dure à peu près l'instant de cette modulation\noù alors, il faudrait moduler tout le temps ! Et c'est à peu près ce qui\narrive avec le chromatisme et une harmonie appropriée, qui, bien que ne\nfigurant pas encore dans les traités, sont employés déjà couramment par\nles éclaireurs de l'art musical.\nDe l'établissement des faits précédents résulte la conséquence la plus\nimportante de la présente thèse. Elle touche à la construction musicale\nelle-même, et s'attaque aux lois qui régissent l'édification de la fugue et\nde la sonate. J'ai peut-être quelque témérité à exposer les idées suivantes,\npuisqu'elles constituent une opposition aux enseignements des maîtres les\nplus incontestés et les plus vénérés. Pourtant comme elles résultent logique-\nment des conclusions qui précèdent, je crois devoir pousser jusqu'au bout\nmes déductions.\nPourquoi s'obstine-t-on à construire des fugues monotoniques P\nPourquoi le 2me motif d'une sonate est-il àun ton voisin de celui du\ndébut ? Je sais qu'à la première question on objecte l'autorité de Bach :\ntoutes ses fugues sont monotoniques, même les plus longues, et elles forment,\npar leurs entrées successives et régulières une vaste cadence. Je suis per-\nsuadé que cette objection n'a pas de valeur : d'abord j'ai fait remarquer la\nfragilité de la valeur attribuée à la cadence, je n'y reviens donc pas; ensuite,\nBach a créé la fugue [malgré tous ses précurseurs], il faut donc le replacer\na son époque : la nouvelle tonalité était encore mal établie, quoi qu'on en"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.56", "texte": "54\nS. I. M.\n\ndise,et en tous cas on n'en avait pas découvert toutes les ressources ;de plus\nle \" Clavecin bien tempéré \" de 1722 fait usage contre la coutume, de toutes\nles tonalités : certaines d'entre elles [d'une armature très chargée] étaient\ninusitées dans la pratique, d'autres rarement employées ; les témoignagnes\nsont, à ce sujet, irréfutables. Ajoutons que la fugue typique est celle d'orgue,\nqui a conservé toute l'austérité de l'atmosphère ecclésiastique. Les autres\nformes instrumentales, la Suite en particulier, étaient monotoniques. Quoi\nd'étonnant à ce que la fugue le fût ? Et c'était même sous ce rapport la\nforme la plus perfectionnée, puisqu'elle faisait entendre le sujet principal\nà des tons relativement éloignés [2me degré, 3me mineurs]. De la structure\nmonotonique de la fugue de Bach, on ne peut donc tirer un argument qui\njustifie la copie servile qu'on en a fait depuis 200 ans : persister dans la\n\" fugue d'école\" c'est arrêter volontairement son évolution.\nDe plus, j'ajouterai qu'il y a eu erreur d'interprétation, quant aux\nentrées successives de la fugue : ces entrées correspondent à une constitu-\ntion rythmique et non tonale de cette forme, comme il est facile de s'en\nrendre compte par l'analyse rythmique des fugues de clavecin et surtout\nd'orgue. La liberté avec laquelle Bach dispose ses entrées, l'absence de\ncertaines d'entre elles, qui devraient pourtant figurer, si véritablement c'est\nle régime tonal qui domine, etc. ne peuvent s'expliquer que par un équi-\nlibre rythmique. Si l'on considère alors la succession des entrées d'une\nfugue de Bach, comme dominées par le souci ou l'intuition d'un agence-\nment régi par le rythme et non la tonalité, on se trouve parfaitement fondé\nà proclamer que ces différentes entrées ne sont pas astreintes à former une\ncadence tonale, et que leur enchaînement doit avoir pour but, seulement,\nde souligner par des modulations les phases les plus caractéristiques, les\nstrophes, les systèmes etc. : par conséquent le choix des tonalités affectées\nà ces entrées ne dépend que du caractère général qu'on veut donner à\nl'œuvre d'art, et n'est donc astreint qu'à cette sorte de symétrie expressive,\nqui constitue, au-dessus de la structure scholastique, un rythme poétique,\nmusical et artistique, très supérieur et d'origine beaucoup plus intuitive\nque scientifique.\nPour la sonate, la différence de tonalité entre le 2me thème et le premier\nn'est que l'extension et la consécration par l'usage, de la disposition\nadoptée dans la suite primitive ; donc, d'un enchaînement historique\ntrès naturel (comme pour la fugue) à une époque où l'emploi des tons\nte r 1 • r » t. • 11 1\néloignés était rare."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.57", "texte": "CADENCES ET TONALITÉS\n55\n\nAjoutons à cela que la science très peu étendue des instrumentistes\nétait un obstacle sérieux aux armatures chargées ainsi qu'au trop grand\nnombre d'accidents nécessités par de nombreuses modulations : il faut se\nsouvenir qu'à la fin du XIX s. les musiciens de certains grands orchestres\ndéclaraient impossible à jouer certain passage de Franck. Beethoven, déjà,\nrencontra les mêmes difficultés !\nIl était donc naturel que pour varier la tonalité initiale, (ut par ex.)\non n'employât que le ton de sol, introduisant seulement le fa #, ou fa avec\nsi b, ou la min. avec sol 112. Si le ton de sol l'emporte, c'est, comme je l'ai fait\npressentir plus haut, à cause de l'importance toujours grandissante de la\ncadence parfaite. Mais ce qui est consacré par une époque ne l'est pas\npour une autre : et nous avons le droit de nous demander si depuis la\ngénéralisation de la tonalité chromatioue il est encore logique que le\n2me thème d'une sonate soit à la Dominante ou au relatif majeur du ton\ninitial. Je crois inutile de revenir sur ce que j'ai dit précédemment et qui\ncontient la réponse à cette question. Le peu d'importance d'une tonalité\ndès qu'elle est remplacée par une autre, le peu de persistance de la ire et\nson évanouissement au bout de quelques notes, suffisent à prouver qu'il\nn'y a plus aujourd'hui aucun lien réel, pratique, et obligatoire, entre le\nir et le 2me thème d'une sonate, au point de vue tonal. L'habitude\nd'intercaler entre eux deux un pont souvent étendu et modulant, a détruit\nau reste la prépondérance illusoire du ton initial, dit ton principal.\nBeethoven avait déjà réalisé ce progrès dans certaines de ses œuvres\n[voir par exemple sonate 31 n° 1, 0.53-0.81 etc.] où un éminent maître\nmoderne s'étonne de voir que le 2me thème est, par exemple, en si, alors\nque le premier est en sol. Assurément, c'est une exception chez Beethoven,\nqui était encore sous l'influence de son époque, et qui eut assez à faire de\nrenouveler les formes,sans s'occuper particulièrement de la mais\ncela prouve aussi qu'il ne voyait pas une absolue nécessité à écrire le\n2me thème àun ton voisin du ir. Le choix de cette 2c:e tonalité dépendra\nd'une foule de circonstances, principalement de la tonalité à laquelle\naboutit le développement musical du thème initial ou du pont de\nl'allure même du 2rae thème du régistre où il doit se faire entendre\netc. Mais il ne peut au nom d'aucune loi, d'aucune expérience, être déter-\nminé à l'avance par la tonalité dite principale, souvent effacée elle-même\ndès les premières mesures.\nIl reste un point à examiner : Une pièce musicale doit-elle finir dans"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.58", "texte": "56\nS. I. M.\n\nla tonalité où elle débute ? Je dis : oui; non pour satisfaire les lois de la\ntonalité, mais celles de ce rythme tout artistique dont je parlais tout à\nl'heure.\nLes deux piliers sur lesquels s'appuie l'arche d'un pont sont égaux,\net sont coupés par un même plan horizontal : nous aimons à retrouver\ncette symétrie dans toute œuvre artistique et principalement musicale.\nA vrai dire, elle satisfait l'œil, l'intelligence surtout de l'auteur, mais peu\nl'oreille de l'auditeur, qui, je m'en suis rendu compte, ne pense que bien\nrarement à comparer le point de départ et le point d'arrivée ; je me suis\nà cet effet, amusé à écrire une assez longue composition [car il n'en existe\npas à ma connaissance, de cette forme, dans les éditions actuelles] qui\ndébute en ut b passe par de nombreuses tonalités et se termine après une\nimportante péroraison en ut f Maj. Personne, en l'entendant, n'a jamais\nsongé à remarquer que je commençais dans un ton et finissais dans un\nautre : preuve frappante de l'effacement d'une tonalité par l'imposition\nd'une autre, et aussi que l'auditeur n'est pas gêné par un manque de symé-\ntrie qui contrarie vivement l'auteur.\nJe crois donc que ce qui doit dominer la composition, c'est l'intelli-\ngence du rythme^de la proportion^de la et non les lois\ntonales dont je ne conteste pas l'importance et la légitimité pour les\npériodes antérieures, mais qui sont à peu près illusoires de nos jours, comme\nje pense l'avoir établi.\nJe ne puis que refaire ici l'observation du début : Je n'ai rien décou-\nvert, j'ai seulement mis en valeur des faits devenus courants, devenus la loi\net qui réduisent l'autorité des dogmes actuellement imposés par les écoles.\nAinsi, l'ancienne tonalité plain-chantaise subsistait et semblait régner en\nmaîtresse au temps de Glaréan, alors que depuis 3 ou 4 siècles les compo-\nsiteurs du peuple se servaient de la gamme actuelle, exclue du système\necclésiastique.\nIl n'est pas besoin, je pense, d'insister sur les \" faits courants \" dont\nje veux parler : la musique de Claude Debussy d'une part, celle de R. Strauss\nd'autre part, que les théoriciens se font forts de ramener à l'étroitesse de\nleurs traités, d'analyser et de condenser dans leurs formules de cadence,\nsont l'irréfutable preuve que l'échelle chromatique règne, sans prépondé-\nrance des degrés dits \" naturels \" sur les degrés dits \" altérés. \" Les uns\ncomme les autres sont des produits légitimes de la génération des sons par\nQuintes, et ils ont tous la même importance dans l'échelle moderne : c'est"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.59", "texte": "CADENCES ET TONALITÉS\n57\n\nau compositeur à les disposer suivant un ordre adapté à ce qu'il veut\npeindre ou exprimer.\nJe résume donc ici les conclusions auxquelles nous nous sommes\narrêtés au cours de cette étude. Je ne me dissimule pas les nombreuses\nobjections de détail qu'elles peuvent soulever; mais j'ose espérer néanmoins\nqu'un jour viendra, où elles auront place dans les traités de solfège,\nd'harmonie et de composition musicale.\ni° La gamme est la série des sons chromatiques contenus dans\nl'octave.\n2° La cadence parfaite n'a pas plus de valeur que la cadence au\n2e degré, ou plagale etc. Le choix de la cadence dépendra de\nla nature de la phrase musicale.\n3° La résolution des notes attractives, nécessaire avec un système\nd'harmonie diatonique devient inutile avec une harmonie\nchromatique [qu'il faudrait peut-être instituer ? ]\n4° L'enchaînement traditionnel des tonalités de la fugue et de la\nsonate n'est plus impératif pour la composition moderne.\n5° Les lois de la construction musicale dérivent directement du\nrythme, c'est-à-dire de l'équilibre dans l'étendue, la forme,\nl'importance, et le degré d'émotivité des fragments constitutifs\nde l'édifice musical.\nIl va sans dire que ces réformes bien loin de supprimer l'étude de la\nmusique classique ne font que l'instaurer sur des bases nouvelles : les\nfugues de Bach deviennent une source d'enseignements, dont les rythmi-\nciens allemands eux-mêmes, Westphal excepté, ne soupçonnèrent peut-\nêtre pas la richesse inépuisable.\n\nA. Machabey."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.60", "texte": "Ctmmunieaiitn faite à la Société International*\nMESSIEURS,\nDans le courant de l'année dernière, notre distinguée collègue Miss Kathleen Schlesinger,\npublia à Londres, un livre très documenté, 1 attribuant à notre quatuor à cordes une origine\ndifférente de celle que les auteurs lui ont assignée jusqu'à ce jour. Ce qui m'a fait si longtemps\ndifférer le moment de vous présenter cet ouvrage, malgré le désir que j'en avais, c'est la foule\nd'incertitudes nouvelles qu'il ajoutait à mes incertitudes anciennes, et aussi, dois-je le dire, la\ncrainte que, vu sa nature, vous ne vous en désintéressiez.\nCependant un tel sujet me parait devoir entrer naturellement dans le cadre d'études de\nmusicologie, études où il n'est pas toujours suffisant de s'occuper uniquement de l'évolution\nde la pensée, mais où il est parfois nécessaire de connaître parallèlement les moyens matériels\npar lesquels cette pensée fut exprimée. Cette branche de la musicologie a peu d'adeptes, et je\nne serais pas éloigné d'imputer bien des insuccès à ce que nous avons fait porter nos recherches\nuniquement sur la théorie, en négligeant de vouloir connaître comment cette théorie fut\nréalisée matériellement. La création d'un corpus iconographique rendrait de grands services\ndans ce sens, et je crois savoir que notre regretté collègue Aubry y avait songé pour son usage\npersonnel. Laisserons-nous à l'Etranger l'initiative d'une telle entreprise ?\nLa musique, comme les autres arts, vit de réalisations, non de spéculations, et elle peut\nse passer, sans cesser d'exister, de tout l'appareil scientifique dont on a des tendances à vouloir\nl'envelopper. Nous ignorerions le rapport numérique ou de vibrations existant entre les deux\nnotes d'une quinte, que notre oreille n'en constaterait pas moins la justesse ou la fausseté,\naussi exactement que l'appareil de physique le plus parfait, sans l'ombre d'une hésitation, d'un\nseul coup. Ce n'est donc pas le calcul cérébral qui est juge dans ce cas, c'est le sens de l'ouïe.\nLe calcul vient seulement constater un phénomène se produisant dans un de nos sens, et le\ntraduire, pour le mettre à la portée de notre intellect. La plus belle composition n'existe pas\nmusicalement, s'il nous manque les moyens matériels de l'exécuter, et Beethoven devenu sourd,\nresta encore musicien par la seule force du souvenir : il n'est pas de musicien né sourd, pas\nplus qu'il n'y a de peintre né aveugle. Il pourrait se trouver un statuaire dans ces conditions.\nIl parait donc impossible de comprendre un art passé à qui en ignore la réalisation,\net même, pour la musique, toute pensée transcrite dans un autre ton, réalisée sur un autre\ninstrument, ou chantée par un autre voix est m pervertie, alors que\nelle peut paraître identique. Quand il s'agit de musique vocale, cela s'étend au delà du timbre\net du registre, la question de langue et d'accent tonique intervenant à son tour.\n\n1 The instruments of the modem Orchestra and early records of the frecursors of the u 'tolin family. (London\nW. Reeve» 2 vol. in-8° 1910.)"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.61", "texte": "LES PRÉCURSEURS DU VIOLON\n\n59\n\nPour rester dans le domaine instrumental, il serait bien intéressant par exemple, de savoir\ncomment les grecs et les romains jouaient de ces fameuses cithares dont les écrivains anciens\nfont tant de cas, qui eurent leurs Paganinis Citharœdi, et qui inspirèrent à l'empereur Néron\nune telle passion. Nous pourrions certainement nous en faire une idée peut-être éloignée, mais\nau moins correcte, si nous voulions un instant cesser de lire pour regarder, car les documents\nabondent, les musées en sont remplis : Vases grecs, vases romains, bas reliefs, statues, images\nde toutes sortes. Qu'y trouvons-nous presqu'invariablement ?\nL'exécutant tenant de la main droite le plectre, destiné ainsi que son nom\nl'indique, à frapper les cordes ou à les frotter violemment. Pourquoi cet objet ? évidemment\nen vue de ménager les doigts délicats : le coup frappé devant être énergique ou rapide, et cela\nprobablement à seule fin d'avoir la possibilité de faire sonner plusieurs cordes simultanément.\nLa position de la main gauche va confirmer notre hypothèse. Les doigts ne sont pas posés\narrondis sur les cordes comme pour les pincer, ainsi que le font les harpistes ; la main est\nouverte, et les phalanges sont posées à plat, position dans laquelle il est impossible de mettre\nune corde en vibration. Pourquoi ? C'est bien simple. Les doigts ont seulement pour but de\nservir d'étouffoirs, d'empêcher certaines cordes de vibrer, tandis que les autres, celles restées\nlibres, entreront en vibration lorsqu'elles seront frappées par le plectre. Aussi voyons-nous sur\ncertains vases grecs et romains représentés des citharistes en train de jouer, et ayant deux ou\ntrois doigts posés sur une seule corde. Tout cela est généralement dessiné avec la netteté et le\nprécision que les anciens ont sû mettre dans leurs productions artistiques, et qui en font en\nmême temps des œuvres documentaires.\nD'autres fois, nous voyons l'exécutant privé du plectre, et jouant des deux mains. Alors,\ntandis que la main gauche garde la position dont j'ai parlé plus haut, les doigts de la main\ndroite sont serrés les uns contre les autres, et le bras est levé dans l'attitude que l'on prendrait\nsi l'on allait frapper violemment. Et c'est de la même manière que les anciens Egyptiens\njouaient eux aussi de la Kithara. Il est bien entendu qu'il est question ici de la Cithare, et non\nde la harpe ou analogues.\nEt si ces hypothèses suggérées par une représentation matérielle se justifiaient, elles\nimpliqueraient l'idée que les anciens ont pratiqué l'harmonie. J'y songeais encore une fois en\nvoyant défiler sous mes yeux les images de documentation excellente sur la Cithare qui\nabondent dans le livre de Miss Schlesinger. Mais, ainsi que je l'ai dit en commençant, tel n'est\npas le but de cet ouvrage. Il s'agit de déterminer l'origine des instruments de la famille du\nviolon. Jusqu'à présent, on avait admis d'une façon générale que cette famille devait son\norigine à l'lnde, où, depuis les temps les plus reculés on a joué d'un instrument à archet assez\nprimitif appelé ravanastron.Cet instrument ne se perfectionna pas, et maintenant il est aban-\ndonné au peuple de la dernière classe, et à de pauvres moines bouddhistes qui vont de porte en\nporte, demander l'aumône. D'après la tradition de l'lnde, il a été inventé par Ravana, roi de\nCeylan, cinq mille ans avant l'ère chrétienne. Le ou plutôt l'une de ses trans-\nformations, en passant chez d'autres peuples, est devenu le des Arabes, introduit en\nEspagne au 8\"'e siècle, par les Maures. Ici se présente un document écrit, qui embrouille\nsingulièrement la question : c'est le poëme de Venance Fortunat, évêque de Poitiers, signalant\nvers 570 l'existence du crowt. Or, si l'on admet que cet instrument d'origine celtique était\ndéjà un instrument à archet du temps de l'évêque en question, et rien ne l'indique, ni un écrit,\nni un monument figuré ou une image quelconque, il faudrait remonter à Vorigine indo-germa-\nnique des celtes, pour y reconnaître la filiation avec le ravanastron. Rien n'est moins certain, et au\ncontraire, les documents semblent concorder pour nous apprendre que l'on n'appliqua l'archet\nau crowt que vers le onzième siècle, et qu'auparavant les cordes en étaient pincées comme"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.62", "texte": "6o\nS. I. NI,\n\ndans la rota. Pour ce dernier instrument, il ne saurait plus y avoir de doutes, depuis la mise en\nlumière de la phrase du moine Notker de St Gall (une des 3 écoles de musique fondées par\nCharlemagne), phrase datant de la 2me moitié du I0me siècle :\n\" Les lyres et les rotes ont respectivement 7 cordes et ces 7 cordes sont mises en vibration\npar le même moyen \" qui corrobore la lettre de Cuthbert, archevêque de Canterbury (750)\ndans lesquelles il est dit que la cythare et la rota sont une seule et même chose. J'ajouterai\nque ni l'antiquité grecque ni l'antiquité romaine ne paraissent avoir connu l'emploi de l'archet,\npuisqu'aucun écrit n'en parle, et qu'on ne le voit figurer sur aucun monument.\nD'autre part, si comme nous le supposons, l'archet fut introduit en Europe avec le rebab\npar les Maures, un document probant nous apprend qu'il était connu au commencement du\n9me siècle : Le manuscrit de l'abbé Gerbert nous montre un instrument monocorde, en forme\nde poire, n'ayant rien de commun avec le crowt, et mis en vibrations par une main tenant un\narchet.\nEn se basant sur ce fait que le crowt ne fut pas en Europe l'instrument à archet révélé,\ntombé du ciel ou créé d'une pièce, mais que l'adjonction de l'archet n'est qu'un épisode de\nplus aux transformations subies par lui, puisque pendant longtemps il fut seulement pincé,\npuis servit à double fin, pincé et frotté, puis finalement seulement frotté, et que d'autres\ninstruments furent munis de l'archet bien avant lui, Miss Schlesinger a cru devoir écarter\ncomplètement la question d'archet, pour établir la généalogie du plus noble des instruments,\nen considérant uniquement la forme du corps sonore.\nLe paradoxe posé, et l'archet mis hors de cause, l'auteur établit que deux familles bien\ndistinctes d'instruments à cordes ont existé depuis la plus haute antiquité : la première, ayant\npour ancêtre la lyre ou Chelis,à fond fortement voûté et creusé d'une seule pièce, par consé-\nquent sans éclisses, avec une table d'harmonie absolument plate ; la seconde, dérivant de la\nKetharah asiatique devenue la citharagrecque, ayant le dos et la table d'harmonie relativement\nplats, et reliés par des éclisses placées perpendiculairement à l'un et à l'autre. Il est à noter\nque les monuments anciens reproduisent une foule d'instruments à cordes munis de manches,\nsemblables à la mandoline, la pandoura etc., appartenant donc à la première famille, tandis\nque, à part deux exemples douteux, que le consciencieux auteur ne manque pas de nous\ndonner, ils ne nous représentent nulle part des instruments munis de manches ayant la forme\nplate, et pourvus d'éclisses. Chose curieuse, depuis l'origine, nous voyons ces deux dynasties\nvivre et se perpétuer parallèlement, non seulement, dans les instruments à cordes pincées\ncomme la mandoline et la guitare, mais aussi dans les instruments à archet, où l'antique rebec\nn'est jamais complètement évincé par les violes et les violons. Déchu au rang d'instrument\npour ménétriers, il les cotoie longtemps, puis avant de disparaître, il s'anoblit tout d'un coup,\ndevient la pochette gondole ou bateau, et continue sous cette forme à servir Terpichore,\njusqu'à la révolution française.\nIl semble donc bien probable que les instruments de la famille du violon, caractérisés\nprécisément par les éclisses et le peu d'élévation des voûtes du fond et de la table, dérivent de\nla cithare. Où ? Comment ? Sous quelle influence ? A quelle époque la transformation s'est-\nelle produite ? Voilà ce que la sagacité de l'auteur a crû devoir trouver dans un manuscrit\nappelé le psaultier d'Utrecht. La date et l'origine de ce manuscrit sont incertaines, et différents\nspécialistes les ont cherchées sans se mettre d'accord. Il parait sage de ne pas le faire remonter\nau delà du 9™e siècle de notre ère. Quelques archéologues y trouvent les signes certains\nd'une origine orientale ; les scènes, les costumes, les ornements, la faune et la flore, tout\nsemble dénoter l'œuvre d'un artiste vivant à Alexandrie avant la destruction de la bibliothèque\n(638), ou tout au moins la copie d'une telle œuvre."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.63", "texte": "cliché W. Reeves\nLe Roi David\nminiature du psaultier de Lothaire, IXme siècle"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.64", "texte": "cliché W. Reeves\nBas relief antique montrant la Cithare et le Barbiton. (Musée du Louvre)."}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.65", "texte": "LES PRÉCURSEURS DU VIOLON\n61\n\nLes illustrations de ce psaultier montrent quelques petits bonhommes armés d'instru-\nments à cordes pincées, parmi lesquels on peut reconnaître la cithare, puis sa première transfor-\nmation la rota, et enfin une sorte qui nous est inconnue. On dirait le corps d'une cithare\nprivée de ses colonnettes et de leur traverse (Kerata et Zugon), et auquel on aurait adapté un\nmanche d'une longueur hors de proportion, trop long, comme en ont beaucoup d'instruments\norientaux anciens ; sur l'un d'eux on voit très nettement des frettes indiquant la division des\ncordes, comme en sont pourvues les guitares modernes ou les violes anciennes. Miss Schlesinger\nvoit dans ces images la représentation des transformations qu'a subie la cithare pour devenir\nla viole.\nNous nous figurons volontiers une transition lente et logique s'opérant dans la transfor-\nmation de la cithare en rota, de la rota en crowt. Ce dernier muni de l'archet est déjà la\nviole ou le violon primitif. Pour lui donner la forme définitive, il ne reste plus qu'à supprimer\nles deux bras de la rote devenus inutiles, et le manche se dégage avec sa longueur normale.\nMiss Schlesinger préfère, en se basant sur cet unique manuscrit de date et d'origine\nincertaines, abandonner le crowt, et admettre à la cithare l'adjonction d'un manche de\nlongueur anormale, concordant avec la suppression des parties devenues inutiles.\nNous supposons que la transformation s'est faite en Occident, tandis que l'auteur la\nveut en Orient.\nSi fragile que nous paraisse cette partie de la thèse, j'estime que la circonspection est de\nrigueur en ces matières. Ainsi nous trouvons le dessin d'un violon de forme guitare à archet,\ndans un manuscrit grec datant de 1066, écrit à Cœsarée par l'archiprêtre Théodorus. Cet\ninstrument oriental est en avance sur ceux de la même forme que nous ne voyons guère\napparaître en Occident avant le I2me siècle.\nL'histoire est complexe en général ; l'histoire de l'art l'est au plus haut degré. Elle est\nintimement liée aux migrations des peuples, aux pérégrinations des voyageurs pacifiques, et aux\nguerres de conquêtes. De cette variété de contacts plus ou moins prolongés, naissent de nou-\nvelles combinaisons, où nous trouvons que ni la race ni le climat n'influent sur l'art, et où se\nprésente parfois le contraste singulier du vaincu adoptant l'esthétique du vainqueur, tandis\nqu'ailleurs les vainqueurs sont envahis et vaincus à leur tour par l'idéal artistique de ceux\nqu'ils viennent d'asservir.\nNous voyons pour l'Espagne trois sources d'importation :\ni° L'Asie faisant connaître à ce pays par l'intermédiaire de voyageurs comme les phéni-\nciens, la kitarah qu'elle avait déjà donnée aux grecs.\n2° Rome apportant à son tour la cithare et la lyre, qu'elle tenait des grecs.\n30 Les maures, introduisant lors de leur conquête, leurs instruments à cordes pincées.\nPour la Gaule que se passe-t-il ?\nD'après le témoignage de Diodore, c. à d. Avant Jules César, les Gaulois auraient eu\ndes bardes qui se servaient d'un instrument semblable à la lyre. De qui tenaient-ils cet\ninstrument ? Peut-être des Ibères ?\nLes Bretons aussi possédèrent la lyre, bien avant les temps historiques et les invasions\nconnues. L'axiome cher à Fétis : Tout ce qui est dans VOccident vient de /'Orient, serait peut-\nêtre vrai seulement à partir d'une certaine époque, et savons-nous si l'Orient n a pas fait la\nque rendre à l'Occident ce qu'il tenait de lui à des époques antérieures ?\nUn point me reste à examiner, et j'aurais aimé le voir au moins soupçonne dans le livre\nqui nous occupe : puisque l'archet est connu depuis une si haute antiquité, pourquoi la géné-\nralisation de son emploi en est-elle si moderne ?\nMettons encore une fois notre méthode en pratique, et examinons avant de disserte!.\n\n5"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.66", "texte": "6 2\nS. I » M •\n\nNous avons sous les yeux toute la famille des instruments à archet de l'lnde, depuis le\nRavanastran cinquante fois centenaire, jusqu a la Sarangi et ses congeneies. Prenons main-\ntenant la famille du Rebab arabe depuis la conquête Maure, jusqu'au rebec européen. Nous\nnous rendons compte, sans qu il y ait 1 ombie d un doute possible, que la sonoiite de tels\ninstruments devait être extrêmement faible, presque nulle. Il leur manquait la chose\nessentielle, sans laquelle il ne peut y avoir de sonorité dans le vrai sens du mot et qui est l'âme\nde notre quatuor, je l'ai nommée : Pâme tout simplement. Dans les instruments indiens,\nla table d'harmonie est une peau tendue sans ouvertures. Par où aurait-on pu fixer l'âme,\net en admettant qu'on y ait réussi, à quoi aurait-elle servi, devant la minceur et le peu de\nrésistance de cette table ? Quant aux instruments genre rebec, à table d'harmonie en bois,\nplate, nous les trouvons dans les temps anciens, et même jusqu'au i Jm(i siècle, presque toujours\nornés de rosaces sculptées, ajourées, plus ou moins grandes, mais par lesquelles il eut été\nimpossible de poser et de régler une âme. Les rebecs à ouies normales et bien posées sont\nrares, et beaucoup sont des objets de curiosité de fabrication moderne et de haute fantaisie.\nFait digne d'attention, alors qu'apparaissent, même assez tôt des instruments, munis\nd'ouïes admettant la possibilité d'une âme, et capables de produire une sonorité incomparable-\nment supérieure, nous voyons parallèlement se perpétuer la famille de ces instruments à\nsonorité minime et défectueuse, et cela jusqu'au cœur du ijme siècle, âge dorde la lutherie\nitalienne. Il est probable que, tandis que des esprits éclairés et des oreilles délicates encoura-\ngeaient les progrès dûs à cette invention merveilleuse, Vâme, des retardataires continuaient, au\nnom de la sainte routine, à préférer des sonorités de mauvaise qualité. Et cela n'est pas pour\nnous surprendre ! Nous savons que les violes jouirent encore longtemps d'une certaine faveur,\nalors que le quatuor à cordes était définitivement constitué depuis plus d'un siècle.\nIl semble impossible de déterminer quand l'âme fut trouvée, et de connaître le nom de\nson inventeur, sans lequel notre musique symphonique moderne n'existerait pas.\nOn a rarement l'occasion de se rendre compte de l'infériorité sonore des instruments à\narchet par rapport à la guitare et à la mandoline, lorsqu'ils sont joués en plein air. Ecoutez\ndans ces conditions un ensemble ainsi composé : de loin, vous ne percevrez pas le son des\ncordes frottées ; seules, les mandolines et les guitares parleront à votre oreille. En vous rappro-\nchant beaucoup, vous finirez par entendre peu à peu les violons, altos et violoncelles. Ces\ninstruments acquièrent toute leur puissance uniquement dans la salle de concert, et encore\nfaut-il que cette dernière soit construite dans des proportions favorables.\nVous semble-t-il hardi de déduire d'une telle observation que les instruments à archet\ndurent prendre toute leur importance dans des pays au climat tempéré, où la vie publique et\nprivée se passe presque complètement dans les habitations. Il n'est pas ridicule de supposer que\nsi les grecs et les romains connurent les instruments à archet primitifs et sans âme des indiens,\nc'est à dire doués d'une sonorité infime, ils les méprisèrent, leur préférant les cithares\néclatantes. Et de même encore aujourd'hui, le peuple italien et espagnol vivant beaucoup en\nplein air, a une prédilection pour la guitare et la mandoline, qui ne se pratiquent guère dans\nles pays au climat plus rude comme l'Angleterre, l'Allemagne et la France.\nMiss Schlesinger a recherché les origines de la famille du violon, en faisant abstraction de\nl'archet, et en s'intéressant uniquement à la forme du corps sonore. Je concluerais volontiers,\nen affirmant que ce corps sonore à son tour, ne commença à vibrer et à vivre, que le jour où\nun génial anonyme le dota d'une âme, et que c'est à partir de ce moment, et pas avant, que\nle premier instrument de la famille du violon fut véritablement créé.\n\nLucien Greilsamer."}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.67", "texte": "VINEE (Anselme). Principes du■* Système et de\n/'Harmonie théorique et appliquée. (J. Hamelle, I9°9> in\n300 pages).\n\" Ante cœlum et terram...\" Nous voici revenons aux\n\" genèses, \" aux \" principes, \" aux \" systèmes intégraux \" qui,\ndepuis l'antiquité la plus reculée, ont fait régner, sur l'harmonie\nen général et sur l'harmonie des sons en particulier, un désaccord\nparfait. Cependant une consciencieuse tentative de conciliation\nentre Ptolémée et Pythagore est faite par le savant auteur de ce\nnouvel ouvrage, et cela suffit déjà à attirer sur lui toute l'estime\net l'attention de ceux que ces inépuisables problèmes passionnent\nencore.\nIl n'est pas possible de donner en une brève bibliographie\nl'analyse et la critique du livre très substantiel de M. Anselme\nVinée : un grand souci d'ordre et de clarté s'y manifeste à chaque\npage, mais les notions en cause sont de celles qui ne peuvent\nguère être dissociées des discussions philosophiques qu'elles sou-\nlèvent. En mathématicien déterminé, l'auteur préfère la plupart\ndu temps procéder par affirmations et u supposer le problème\nrésolu.\" La méthode a de grands avantages : elle nous conduit\nà l'énoncé des véritables lois, dont plusieurs sont extrêmement fécondes, notamment celles\nqui concernant les flexions de la voix s'adaptant aux agrégations harmoniques émises par des\ninstruments à sons fixes. Il pourrait bien y avoir ici la solution de la querelle entre les défen-\nseurs et les contempteurs (également outranciers) du tempérament : on regrette que quelques\naperçus sur le rôle expressif donc éminemment musical, de ces flexions aient été passes sous\nsilence: il /eussent complété avantageusement les considérations fort justes de 1 auteur sur\nles sons régulateurs, nécessairement inhérents à cette hiérarchie sonore que les musiciens s essaient\ndiversement à arbitrer. Cette plasticité des intervalles sonores étant constatée et admise, on\nne voit pas bien l'utilité qu'il y a à faire dépendre tout le Système intégral de quatre progressions\ntriples différentes ayant pour origine quatre sons en intervalles de tierces majeures superposées.\nRien n'est moins \" intégral \" que cette conception, rien n'est moins conforme au principe\nphilosophique unité dans Vœuvre d\"*art. Mais ce serait un jeu trop facile que celui qui consiste-\nrait à relever des contradictions de détail dans un ouvrage dont l'ensemble se tient au contraire\nfort bien et où éclate à chaque instant la pensée très une et très cohérente de 1 auteur.\nPourquoi cependant l'énoncé très nettement formulé du rôle de la progression triple (p. 13)\nen ses deux sens, ascendant et descendant, n'a-t-il pas suffi à mettre M. Vinée en défiance\ncontre l'extrême subtilité de sa conception des accords parfaits mineurs gouvernés par leurs\nmédiantes ? Rejeter toute la loi de symétrie des deux modes, sous prétexte que \" les expériences"}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.68", "texte": "64\nS. I. M.\n\nsur lesquelles elle s'appuie peuvent être exactes sans avoir un intérêt formel\" et qu'une\nterminologie plus logique appellerait dans certains cas \" cadence parfaite ce que les traites\nappellent \" cadence plagale, \" voilà certes qui ne paraîtra pas en rapport, comme sérieux,\ncomme raisonnement et comme expression, avec l'ensemble d'un ouvrage où nous lisons, entre\nautres excellentes choses, cette réflexion d'une si profonde vérité: \"...Ceux qui croient\ntrouver dans un exposé des principes de l'art une évidence de démonstration analogue a celle\ndes entités mathématiques se font illusion. Les divers procédés possibles de l'art se pénètrent\ntellement qu'ils peuvent à chaque instant s'analyser de plusieurs manières suivant des tendances\nmultiples, non infinies toutefois. Or le hasard ne peut produire que le chaos, donc rien dans\nl'ordre esthétique, et l'intuition du génie n'est qu'une logique suprême, quoique souvent\ninconsciente et involontaire à son état naissant et subissant du reste l'influence de l'éducation\net de la tradition ; car, si grand qu'il soit, un artiste est toujours plus ou moins un conti-\nnuateur. \" A. S.\nGREILSAMER (Lucien). L'hygiène du yiolon, de Valto et du violoncelle. (Paris,\nCh. Delagrave, petit in-40 de 124 pp ; frs. 3).\nQue les violonistes, altistes, violoncellistes se réjouissent : M. Greilsamer, dont on\nconnaît la compétence en matière de lutherie, vient d'écrire à leur intention un livre où se\ntrouvent groupés tous les préceptes d'hygiène que devrait connaître tout exécutant soucieux de\nmaintenir son instrument en parfaite santé. Ces préceptes sont en général peu suivis ; bien\ndes artistes s'étonnent des malaises qu'éprouvent souvent leurs instruments et cependant, ces\nmalaises, on peut les prévenir. Il faut si peu de chose pour priver un instrument à cordes de\nses qualités les meilleures.\nEn traitant des questions d'hygiène, M. G. est tout naturellement amené à étudier\nl'anatomie des instruments à cordes ; les chapitres où il étudie\ntruquage, pour n'en citer que quelques uns sont des plus instructifs.\nCe livre, qui se termine par une nomenclature de tous les termes usités en lutherie et par\nun index bibliographique des ouvrages à consulter, permet de devenir connaisseur. Il rendra\nservice aux professionels qui y trouveront complétées les connaissances qu'ils peuvent avoir, et\naux amateurs qui y apprendront beaucoup. CH. L.\nECORCHEVILLE (Jules). Catalogue\nNationale. (Publications annexes de la société internationale de musique, section de Paris),\nVol. I, (Paris, Terquem et Cie, 1910, in-40 24*PP-)-\nTous ceux qui ont travaillé à la Bibliothèque Nationale de Paris sur des questions d'histoire\nmusicale savent combien il est difficile, faute de catalogues spéciaux, d'établir rapidement et\nd'une façon complète la bibliographie d'un auteur ou d'un sujet. La publication monumentale\nentreprise par notre collègue Jules Ecorcheville et attendue avec impatience sera donc d'un\nprécieux secours pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de la musique. M. Ecorcheville a\ndroit à la reconnaissance unanime de tous ses confrères en musicologie. Le premier volume de\nson Catalogue permet déjà d'apprécier les services que rendra l'œuvre complète. L'importante\nrubrique Air occupe à elle seule presque tout le volume. Les recueils d'airs manuscrits des\nXVII et XVIII siècles, parmi lesquels les recherches étaient si longues et si malaisées, ont été\ncomplètement dépouillés par M. Ecorcheville, et chaque pièce musicale qu'ils contiennent a\nété signalée d'une façon brève mais sûre par une indication thématique. Rien qu'à parcourir le\nvolume et à lire tous ces petits bouts de musique, on apprend ou l'on devine bien des choses,\nqui éclairent et précisent notre connaissance de l'art musical français sous l'ancien régime."}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.69", "texte": "LES LIVRES\n\n65\n\nM. Ecorcheville a limité son dépouillement àla date de 1750» estimant, à cause de l'évo-\nlution rapide de la musique française à cette époque, qu'il convenait de \" réserver le dernier\ntiers du siècle au classement qui doit embrasser la période révolutionnaire, le romantisme et les\ntemps modernes \". Il y a ainsi un certain nombre d'auteurs qui, ayant vécu autour de 1750,\nne se trouveront inventoriés qu'à moitié. Un petit nombre, heureusement. Toutefois on peut\nse demander si M. Ecorcheville n'aurait pas pu opérer cette délimitation d'une manière un\npeu plus souple : par exemple, s'arrêter nettement à 1750 pour les recueils et les anonymes,\nmais mentionner d'une façon complète les œuvres des auteurs qui en 1750 ont déjà commen-\ncé à produire, quitte à distinguer par un artifice typographique celles qui sont postérieures à\nla date choisie pour limite. D'ailleurs, ce n'est là qu'une critique de détail, à laquelle l'auteur\naurait peut-être à opposer quelques bonnes raisons. Ce catalogue, conçu avec toute la méthode\nd'un bibliographe exercé, imprimé luxueusement et avec une netteté parfaite, sera un instru-\nment de travail indispensable pour le musicologue. Il est à souhaiter que la publication se\npoursuive dans les meilleures conditions possibles et que les différentes lettres se succèdent\nrapidement. Quand elles seront toutes réunies, cela fera un bel alphabet de science musicale.\n\nPaul-Marie Masson.\n\nLIVRES REÇUS\nGASCUE (F.) Ensayo de Critica Musical. (San Sébastian 1910 ; in-8° de 68 pp.)\nPOUGIN (ARTHUR). Marie Malibran. Histoire d'une cantatrice (Pion ; in-12 de\n284 pp ; frs. 3.50).\nMusiciens du 19e siècle. (Fischbacher, in-12° de 275 pp.)\nMULLER (WALTHER). J. A. Hasse Public, der I. M. G.\nBeihefte IX (Lpz. Breitkopf ; in-8° de 178 pp. Mk. 5.)\nKINSKY (G.) Musikhistoriches Muséum von W. Heyer in K'âln. (Lpz. Breitkopf\n1910 in-40 de 480 pp. Mk. 24).\nPOCHHAMMER (A.) L'anneau analyse dramatique et musicale,\ntraduit de l'allemand par J. CHANTAVOINE. (F. Alcan in-120 de 170 pp. 2 fcs.)\nREY-PAILHADE (EMILE DE). Ess\nl'esthétique du son. Les instruments anciens et modernes(Fischbacher 1911 in-8° de 162 pp.)\nPADEREWSKI (I. L.). Ala mémoire (Paris Agence polonaise\nde presse 45 rue de Rennes, in-40 de 16 pp.)\nALTMANN (WILHELM). R. Wagne V Bd. I.\n(Breitkopf 1911 in-8° de 240 pp. Mk. 6).\nHASE (OSCAR VON). Breitkopf et Haertel, Gedenkschrift und Arbeitsbericht (Breitkopf\n1910 in-40 de 134 pp.)\nHEVESY (ANDRÉ DE). Petites amies de Beethoven.(Paris, H. Champion, 191 o,\nin-12° de 118 pp.)\nKWARTALNIK MUZYCZNY Revue musicale trimestrielle publié par la Section\nPslonaise de la Société International de musique. N° I, janvier 19 II (Varsovie in-40 de 112 pp. et\n16 pp. de musique en supplément).\nSONIKY (S.). Théorie de la pose de la voix. Traduction du russe par Mle L.\nMARVILLE. (Fischbacher 1911 in-12° de 233 pp.)\nDENKMAELER DER TONKUNST IN OESTERREICH.\nvol. 1 et 2.(Wien, Certaria, 1911, in-fol.)."}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.70", "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE\nASSEMBLÉE GÉNÉRALE EXTRAORDINAIRE DU 27 MARS 1911\nLa séance est ouverte à 4 heures précises, sous la présidence de M. Ch. Malherbe, président.\nAssistaient à cette séance : MM. Laloy, L. de La Laurencie, Prod homme, Ecoicheville,\nWagner, de Bertha, Docteur Laugier, A. Laugier, Poirée, Mutin, Mmeo Gallet, Wiener-\nNewton, Roche, MM. Bouvet, Bosc, Quittard, Mme Brenet, MM. Chantavoine, Cucuel,\nG. Lefeuve, Mme Lefeuve, MM. Greilsamer, Ch. Legrand, Mlle Sauvrezis, M. Raymond-\nDuval, Mlle Pereyra, MM. Guérillot, Landormy, Calvocoressi, Mme Filliaux-Tiger.\nS'étaient fait représenter : M. Astruc, M 1 Babaian, MM. Baudin, Boutarel, Biussel,\nComte de Camondo, Mme Capoy, M. Cesbron, Comtesse de Chabannes, MUe Daubresse,\nM. Expert, Mme Fouquier, MM. Gandillot, A. Gastoué, E. Gaveau, Mlle Girod, MM. Gri-\nveau, A. Guilmant, Hébert, Mme L. Laloy, MM. Lejeune, H. Marcel, Maus, L. de Morsier,\nMoskowsky, Ogier, Ch. Petit, Philipp, A. Pirro, IVlax Rikoff, G. de Saint-Foix, Ch. Sautelet,\nSchneider, Salabert, J. d'Udine, R. Vinès.\nLe Président ouvre la séance en rappelant les raisons qui ont motive la reunion de cette\nAssemblée Générale extraordinaire, pour faire suite à l'Assemblée Générale du mois de\ndécembre, dont l'ordre du jour n'avait pu être épuisé.\nIl donne ensuite la parole au Trésorier dont le rapport annuel n'avait pu être lu à l'As-\nsemblée Générale de décembre. Ce rapport est approuvé à l'unanimité.\nLa candidature de M. Jacques Pasquier, présentée par Mme Gallet et M. Ecorcheville est\nadoptée à l'unanimité.\nLes modifications proposées aux Statuts, et dont le principe avait été adopté à la dernière\nAssemblée Générale, mais dont le texte n'avait pas été rédigé, sont adoptées à l'unanimité.\nLe Président rappelle ensuite, qu'un certain nombre de nos membres ne paraissent pas se\nrendre un compte exact du fonctionnement de notre Société, ainsi que le prouve une question\nposée par M. Chantavoine, lors de l'Assemblée Générale de décembre. Le Président indique\nsuccessivement tous les organismes de notre Société, il montre que les Sections ont la plus grande\nautonomie, et sont loin de régler leurs travaux les unes sur les autres. En outre, certaines de ces\nSections publient des Bulletins particuliers, c'est le cas de la Section de Londres, de Varsovie,\net aussi de la Section de Paris. Le Président fait alors l'historique de la création de la revue\nS.I.M. créée par un vote de décembre 1906, et avec le concours de l'éditeur Fortin. Il montre\nla part prépondérante de quelques membres de la Société dans la gestion de cette publication, et\ntermine en demandant à l'Assemblée Générale de sanctionner par un traité qui lui est soumis,\nles droits de tous ceux qui ont contribué à la prospérité de la Revue. Ce Contrat mis aux voix\nest adopté. La Séance est suspendue pour permettre à nos Collègues de prendre part au vote du\nComité qui donne les résultats suivants :\nSont élus membres du Comité : MM. A. Boschot, J. Ecorcheville, L. Laloy, L. de La\nLaurencie, Ch. Malherbe, A. Mutin, J.-G. Prod'Homme, H. Quittard, E. Wagner.\nLa Séance est levée à 6 heures 1/2.\nLe Comité dans sa séance du 4 avril, se conformant à l'article IV des statuts a élu :\nCh. Malherbe, président; J. Ecorcheville, vice-président; J. Prod'homme, secrétaire général;\nL. de La Laurencie, secrétaire-adjoint-archiviste ; A. Mutin, trésorier."}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.71", "texte": "Revues et Périodiques reçus\nNous publions la liste des revues et périodiques que nous recevons dans les bureaux de la Section\nie Paris. Nous attirons tout particulièrement Vattention de nos collègues parisiens sur cette collection quils\nne connaissent pas tous et qu'ils pourront consulter au siège de la Section, 22, rue Saint-Augustin\nles Jeudis après-midi.\nArs et Labor, Milan.\nL'Art Décoratif, Paris.\nArt Moderne, Bruxelles.\nArte Musical, Lisbonne.\nBalance, Moscou.\nBayreuther Blâtter, Bayreuth.\nBibliofilia, Florence.\nChronique Médicale, Paris.\nCœcilia, Strasbourg.\nComoedia illustré, Paris.\nCourrier musical, Paris.\nCronaca Musicale, Pesaro.\nDeutsche Militar Musiker-\nzeitung, Berlin.\nDeutsche Sângerbundeszeit-\nung. Leipzig,\nLe Diapason, Bruxelles.\nThe Etude, Philadelphie.\nExpress Musical, Lyon.\nLe Feu, Marseille.\nLa Française, Paris.\nGazette Musicale Russe,\nSt. Pèterbourg.\nGrande Revue, Paris.\nGuide du Concert, Paris.\nGuide Musical, Bruxelles.\nHudebni Revue, Prag.\nDie Kirchenmusik, Pader-\nborn.\nLeonard's Illustrierte Musik-\nzeitung, Berlin.\nMénestrel, Paris.\nMercure de France, Paris.\nDer Merker, Vienne.\nMonde artiste, Paris.\nMonde Musical, Paris.\nMonde Artistico, Milan.\nMonthly Musical Record,\nLondres.\nMunchner Neueste Nach-\nrichten, Munich.\nMusica, Paris.\nMusica, Rome.\nMusica musicisti, Milan.\nMusical America, New-York.\nMusical Antiquary, Londres.\nMusical Courier, New-York.\nMusical Opinion, Londres.\nMusica Sacro-Hispana, Bil-\nbao.\nMusical Standard, Londres.\nMusical Times, Londres.\nMusician, Boston.\nMusikalisches Wochenblatt,\nLeipzig.\nMusique, Moscou.\nNew Music Review, New-\nYork.\nNouvelle revue française,\nParis.\nLa Nuova Musica, Florence.\nL'Occident, Paris.\nL'Orfeo, Rome.\nPan, Ta; 'is.\nRevista Musical, Buenos-Aires.\nRevista Musical Catalana, Bar-\ncelone.\nRevista Musicale Italiana, Turin.\nRevue bibliographique belge,\nBruxelles.\nRevue du Chant Grégorien,\nGrenoble.\nRevue de Hongrie, Budapest.\nRevue des Lettres et des Arts,\nNice.\nRevue Musicale, Paris.\nRevue Musicale de Lyon.\nRevue de Synthèse Historique,\nTaris.\nRheinische Musik und Theater\nZeitung, Cologne.\nLa Rinascita Musicale, Parme.\nSanta Cecilia, Turin.\nSchweitzerische Musik Zeitung,\nZurich.\nSignale fur die Musikalische\nWelt, Berlin.\nSymphonia, Naples.\nThéatra. Marseille.\nTribune de St. Gervais, Taris.\nVers et Prose, Paris.\nVie Musicale, Lausanne.\nZeitschrift fur Instrumentenbau,\nLeipzig.\nZenevilag, Budapest.\n\n6"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.72", "texte": "Leurs Mains\n\nXAVIER LE RO U X\nGrands Dieux ! On les prend tous à témoin, ils ne seront pas de trop pour s'étonner...\nQuelles mains compliquées. Doigts et ongles courts. Mont du Pouce énorme, belle ligne\nimaginative, sens pratique de l'argent absent. Beaucoup de cœur, de tendresse et d'idéal. S'il\nn'est pas question d'un artiste de valeur et qui est musicien, compositeur, Madame de Thèbes\ndéclare ne plus connaître la chiromancie.\nQue peut-on faire si ce n'est de la Musique ?\nLe rythme, la mathématique, l'imagination essentielle à tout compositeur se trouve dans\nces mains.\nLa ligne de Soleil est belle, donc Réputation. On a réussi jeune. On est en vue.\nOn n'est pas prêt de s'amoindrir par dépression intellectuelle ou physique. On est\nintéressant à tous points de vue. Les points de vue sont beaux, agrestes, avec un rien de\nrocailleux, de sauvage, de bohémien qui séduit Madame de Thèbes.\nMais quelle exubérance, quelle indépendance folles ! Cet homme a-t-il du vif argent ou\ndu feu dans les veines ? C'est mieux qu'un vivant, c'est la vie même, avec toute sa force de\nmouvement, de fermentation. Quelle nature, quelle riche nature ! Mais, que l'on se méfie, on\nn'est pas tout à fait de son époque. On a le sang d'un autre âge. On est dépourvu de ruse.\nOn n'a pour ainsi dire, aucune diplomatie. On a déjà dû se colleter comme un furieux avec une\nfoule de choses et de gens qui vous répugnaient. On a dû faire des tours de casse-cou qui ont\nréussi. Attention pour l'avenir, les meilleurs express peuvent dérailler. Enfin comme on doit\nêtre du Midi plutôt que de l'Ouest... Toutefois ne brûlons pas trop les stations. Attention\naux signaux. La destinée est, en effet, jalonnée de violences qui ne manquent pas de grandeurs,\nde beautés, mais de danger aussi.\nAh oui ! que l'on est fait pour une vie intensive et passionnante ! Mais encore une fois,\nle frein dans les descentes, s'il vous plaît ! Bien que, Oui, pourquoi ne pas l'avouer, on\nsautera des précipices comme une petite fille joue à la corde,... Avec les pouces dont on\ndispose, il est clair que l'on est merveilleusement défendu contre l'adversité. Il serait donc bien\nétrange que la Fatalité vous touche. Si elle le fait...."}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.73", "texte": "Mains de Xavier Leroux.\nCliché P. Berger."}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.74", "texte": "Mains de Massenet.\nCliché P. Berger."}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.75", "texte": "LEURS MAINS\n69\n\nM ASSENE T\nL'harmonie dans la silhouette interne autant qu'externe prouve que ces mains ne\nrelèvent pas seulement d'un modèle bien équilibré, mais d'un type personnel, d'un caractère.\nRace sans aucun de ce mélange ni hésitation qui font les races mixtes, sinon bâtardes. Nous\ncroyons pouvoir dire, qu'il s'agit d'un pur sang. La classification étant toute à sa gloire, le\npropriétaire nous en passera l'expression un peu hyppique, un peu cavalière...\nAprès cette première reconnaissance sur la forme extérieure sur le modelé des mains,\ncette frontière de la Destinée, entrons dans le pays : dans les paumes. Quelles lignes peu\naccusées. Quelle écriture fine. Que la bonne Fatalité a légèrement gravé ! Coquetterie ou\npudeur ? En effet, tous les bons sorts ne sont guère visibles qu'à la loupe. Vraiment le langage\nJe ces mains prend l'allure d'une confidence cachée aux profanes, mais palpitante pour l'initié.\nLes signes qui se correspondent et se confirment les uns les autres ne laissent pas de doute\nNous tenons un artiste. Comme ces mains sont fortement sensuelles et d'une sensualité qui\npromet une longue carrière, si nous n'avions pas une telle abondance un tel chœur de signes\nartistiques, nous pourrions croire un instant qu'il s'agit aussi d'un incorrigible amoureux. Mais\nnon, l'argument du pouce délié, signe d'idéalisme, renforcé par celui non moins puissant\nconstitué par l'égalité presque exacte de la hauteur des doigts avec celle de la paume, prouve\nqu'il s'agit vraiment d'un être voué aux arts. N'est-il pas aussi grand amoureux des femmes\nque de son art ? Le succès pourtant certain près des femmes doit être moindre encore que\ncelui remporté par sa vocation. Succès qui doit être une gloire.\nSans doute moins grande que les dons, mais appréciable, il entre dans cette gloire une\nbonne part de travail, d'acquis. On doit avoir le travail très facile. On se laissera fatalement\nentraîner à la surproduction. Mais c'est un vice que l'on peut se permettre car on est doué\nd'une remarquable force créatrice et toujours pleine d'intérêts.\nHomme et artiste : être excessivement nerveux, d'une tendresse aussi communicative\nqu'instinctive, excessive mais non préméditée. Si l'on se fie aux signes intéressant les Arts,\nnous trouvons une bien moins grande exagération des sentiments superficiels. La ligne de\ndirection moins faillible prouve que le raisonnement, la pratique a plus de place, de force,\nd'autorité. D'où l'on peut déduire que son Art est merveilleusement servi par une excessive\nsensualité. Si on est un tendre et un sensuel, on est volontiers un combatif. On se manifeste\ntel par accès. Ce ne sont pas là tressaillements de mauvaise humeur, mais un sorte d'apport de\nfantaisie qui est un charme de plus. On est très serviable. On aime la jeunesse. On doit en être\naimé, car on a l'un de ses instincts les plus caractéristiques : la spontanéité.\nOn est fait pour être heureux tout en s'énervant prodigieusement et souvent pour des\npréoccupations puériles : On doit être beaucoup grand Homme et un peu grand Enfant.\nCes mains seraient celles de notre maître Massenet que Madame de Thèbes n'en serait\nnullement surprise. Mais la célèbre chiromancienne conclut à une ressemblance frappante\ngiflante puisqu'il s'agit de mains. \" Ces mains\nplus à moi qu à d'autres spécialistes, le Maître na \"\nVos yeux me font peur. Ils me vrillent. Vous devez trop bien voir. Vous aurez, mes mains\nplus tard, quand je serai très très vieux.\nVoilà ce que me disait le Maître un jour\nDumas... Et j'attends toujours!\nMadame de Thèbes sait aujourd'hui qu'elle n'attendra plus.\nA suivre aux prochains numéros,\nMaurice Ravel, Saint-Saëns,\n\nPierre Jobbé-Duval."}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.76", "texte": "Questions\nSociales\n\nDE L'INFLUENCE DU MILIEU SUR L'ÉDUCATION\nMUSICALE\nDans les pages magistrales qui ouvrent sa Philosophie de l Ait, 1 adniiiabie Taine expose\nune théorie qui lui est particulièrement chère, dont la portée fut incalculable qui reste\ncomme le fondement d'une nouvelle esthétique. Elle pourrait se defînii . de 1 influence du\nmilieu sur la production de l'œuvre d'art\". Si nous le rappelons ici, c est qu il nous est\npossible de l'appliquer à notre modeste sujet et d'en voir se développer, dans une autre direction,\nles utiles conséquences. Il suffit d'un mot change pour le faiie appaïaitre ; disons . de 1 influen-\nce du milieu sur Y acquisition artistique ; acquisition n étant pas entendue dans le sens d achat,\nmais bien comme l'assimilation longue et patiente de i œuvre d un maître, ou de plusieurs\nmaîtres, par celui qui les étudie. Cette nécessite du milieu favorable, a en juger par la façon\ndont se comportent un grand nombre de nos contemporains, parait, en matière d enseignement\nartistique, ou méconnue, ou totalement négligée, et tel qui ne songerait pas a cultiver le hou-\nblon en Provence et la vigne dans le Pas de Calais ne trouve pas etiange d essayer la culture\nd'un art dans des conditions de \" température morale \", comme dit Taine, des plus nuisibles a\nson entreprise.\nLe milieu s'entend du point où se trouvent réunies l'ensemble des circonstances, ou au\nmoins le plus grand nombre possible des circonstances, favorables au développement d'un être.\nQu'il s'agisse de la culture d'une plante ou de celle d'une intelligence, la définition est la\nmême ; l'une et l'autre doivent trouver, en un certain lieu, les substances qui sont utiles a leur\ncroissance et, dans leur constitution, la possibilité de les assimiler. La plante tire les sucs qu'elle\nréclame du sol nourricier, et l'être humain des permanents combats de ses sens avec la réalite.\nIdéales antennes, frémissant à toutes espèces de choc, sa vue, son ouïe, son odorat, le renseig-\nnent, l'instruisent en lui apportant cette quantité d'excitations sous lesquelles il réagit ; actions\net réactions qui constituent tout l'essentiel d'une existence humaine.\nChaque sens a son domaine propre d'où il tire le nécessaire, l'utile et le superflu. Le\nnécessaire, pour mon oreille, c'est de m'avertir de l'approche du danger : d'entendre, par\nexemple, l'affreuse trompe d'une redoutable automobile, agent de meurtre entré dans notre\ncivilisation ; l'utile c'est de m'apporter la parole d'autrui ; le superflu c'est l'entrée au jardin\nfleuri des sons organisés, au paradis, plein de miracles, de la divine Musique. Si nous ne crai-\ngnions d'amorcer une complication inutile nous dirions volontiers que l'homme a \" trois '\noreilles, ou, si l'on veut, trois centres auditifs : Uoreille simple, /'oreille verbale et Voreille musicale.\nToutes trois ont besoin, pour arriver à leur degré de perfection, d'un continuel exercice, dans\nun milieu choisi ; or, si les deux premières sont longuement, quotidiennement et forcément"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.77", "texte": "QUESTIONS SOCIALES\n71\n\nlaquées par les conditions mêmes de notre existence, la troisième l'est, trop souvent, d'une\njçon intermittente, restreinte, incomplète, sans méthode, sans goût, d'où suivent plusieurs\n-ésultats fâcheux.\nAcceptons, pour un instant, cette multiplication d'oreilles et considérons l'oreille musicale.\n)n commence à l'éduquer, chez l'enfant, assez tard, quand l'oreille verbale est déjà formée.\nPourquoi l'exerce-t-on ? Quels sont les motifs de la décision prise ? Est-ce parce que l'enfant\nu't preuve de dispositions musicales exceptionnelles ? Le cas est rare. Est-ce pour lui assurer,\nes son jeune âge, un supplément de joie, et, comme nous le disions, l'entrée radieuse du jardin\nje la Musique? Ceci est la moindre préoccupation des parents. On fait commencer la\nnusique, à un enfant, qxaelquefois pour lui donner une profession : on le destine à la musique\nomme on le destinerait à la banque ou au commerce ; quelquefois pour obéir à un préjugé\nocial. Il était, jadis, dans les habitudes d'une bonne éducation d'être musicien, toute chose\nétant démocratisée, l'ensemble des coutumes qui institue une bonne éducation a été adopté\nar un grand nombre de gens qui, autrefois, n'y auraient point songé. De cette façon ils acqui-\nrent pas toujours l'éducation bonne mais les signes, les marques, en un mot, les apparences\nj'une chose si enviable. Ainsi, et par l'effet d'une mode nouvelle, l'enseignement de la musique\ni pris une grande extension. Décidant d'instruire l'enfant de la musique, les familles ne se\niemandent pas quelles sont les conditions les meilleures pour la culture de l'esprit musical chez\neur progéniture et surtout elles ne s'interrogent pas sur le point de savoir en quoi elles peuvent\ncontribuer à cette culture autrement que par des leçons cher payées. Il est à remarquer que les\nfamilles se posent rarement des questions sur le psychisme collectif qu'elles constituent ou, si\nl'on veut, sur la qualité de leur âme collective et le degré d'influence qu'elle exerce sur l'enfant.\nSi l'on s'avisait de cultiver l'oreille verbale d'un enfant à intervalles espacés, par exemple\nsion lui parlait et le faisait parler ou écrire seulement trois fois par semaine, ou une heure\nchaque jour, il est probable que ses progrès seraient peu rapides et qu'il trouverait difficilement\na exprimer les choses les plus simples. Chacun sent le ridicule d'une telle méthode et ne songe\npas à la mettre en pratique. Petits garçons et petites filles, nous dirions volontiers, petits cita-\ndins, arrivent, dès le plus jeune âge, à une facilité d'élocution surprenante parce qu'ils sont\nplacés dans un milieu \" verbal \" où la stimulation est, pour ainsi dire, constante. Mais ce qui\nsemble tout naturel pour le perfectionnement de l'oreille verbale n'est même pas envisage pour\nl'oreille musicale, en sorte que, pour beaucoup d'élèves, l'enseignement de la musique consiste\nà prendre deux ou trois leçons par semaine, avec un professeur, et à travailler, une heure environ\nchaque jour, seul, ou avec un répétiteur, et, pour le reste du temps, à ne jamais entendre de\nmusique et à ne jamais entendre quelqu'un s'intéresser à la musique. L'élève, à ce point de vue\nspécial de la musique, est un peu comme un poisson qu'on voudrait faire vivre hors de l'eau,\nou une plante qu'on tenterait de faire pousser les racines à l'air. Il ne plonge pas dans le milieu\nnécessaire à son développement musical. J'en appelle à tous les professeurs. Combien ont-ils,\ndans leur clientèle, de familles où les parents AIMENT la musique ; la pratiquent\niisintèressèe; la font pratiquer à leur enfant, non comme un ennuyeux devoir ajouté aux autres,\nmais comme la plus délicieuse des récréations. Quel est l'élève qui a, dans sa petite chambre,\nparmi ses meilleurs souvenirs, les bustes les portraits, les images enfin des Beethoven, des\nRameau, des Bach et des Haendel ?... Où sont les maisons familiales dans lesquelles on organise\ndes séances de musique de chambre où l'enfant est admis a tenir sa petite partie ? Dans quelles\nréunions mondaines remplace-t-on le stupide boston par des chœurs ou les voix juvéniles for-\nmeraient le plus charmant ensemble ?... A quel âge met-on entre les mains du jeune homme, ou\n\nIl y a des maisons à Paris où l'on vend, bon marchéj ces petits bustes de cjuelcjues centimètres de haut."}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.78", "texte": "7*\nS, L M.\n\nde la jeune fille, les biographies des maîtres de la musique, leur faisant comprendre et sentir que\nces admirables génies ont vécu, ont souffert, ont chanté et qu'ils sont plus grands que les autres\net à jamais vénérés parce que leur voix est la voix du temps où ils vécurent ; parce que, grâce\nà eux, les générations passées nous ont transmis le son même de leur âme et le secret harmo-\nnieux des émotions dont elles vibrèrent. Créer un milieu musical, au futur musicien, c'est lui\nfaire la musique aussi naturelle que la parole, aussi nécessaire que l'air qu'il respire, c'est, non\npas lui rappeler, à heure fixe, le pénible devoir d'étudier le piano, le violon, ou la flûte, mais\nmêler à toute sa vie enfantine, le son mélodieux des instruments et la joie du plus beau de\ntous : la voix humaine.\nN'y a-t-il pas un de nos maîtres modernes qui écrira, pour les enfants, de petits quatuors,\nde modestes quintettes, très mélodiques, très simples ; construits en honnêtes quatre parties\nchantant correctement. Cela constituerait pour les apprentis violonistes, altistes et violoncellis-\ntes, une excellente préparation à l'étude des grands classiques. N'y a-t-il pas une maîtresse de\nmaison qui profitera de l'adoption, en France, des mœurs américaines qui, de plus en plus,\npermettent aux jeunes gens et aux jeunes filles de se réunir plus facilement entre eux que ne\nle comportaient nos habitudes françaises, pour instituer des réunions chorales et entremêler les\ninterminables parties de tennis d'un divertissement d'une qualité plus rare. Quels sont ceux\nqui prendront à tâche de faire entrer la musique dans le tissu de notre vie comme la plus belle\nfleur jetée sur le gris terne de nos jours.\nQuelqu'un m'objecte : Ce que vous demandez pour la musique, cette création d'un milieu\nmusical, le peintre, enthousiaste de son art, le réclamera pour la peinture ; le sculpteur pour le\nsien ; le poète joindra sa voix aux deux autres ; il ne manquera plus que le danseur s'y ajoute\net, si nous écoutons tous ces gens, nous passerons notre temps à préparer nos enfants à l'exi-\nstence et non à les laisser vivre. En outre nous avons assez de soins et d'affaires, sommes accablés\nd'assez de soucis pour n'avoir point le loisir de tant de créations.\nPuissent les dieux accorder à mon modeste effort l'inappréciable faveur de voir les\npeintres, les sculpteurs, les poètes, les danseurs je préfère les rythmiciens 1 réunis et\nclamant d'une seule et formidable voix : \" Assez de laideurs et de hideurs dans notre société\nmoderne. Si nous avons supporté trop longtemps leur vue odieuse, révoltons nous enfin, unis-\nsons-nous, créons, pour nos descendants, pour nos fils et nos filles, un milieu plus salubre.\nAssez diront les peintres, de ces affreuses caricatures qui déshonorent tant de journaux et\nexposent l'horreur de leurs lignes désarticulées à toutes les devantures.\nAssez, diront les sculpteurs de ces modes qui sont un défi à l'esthétique et laissent le\npromeneur étonné croire, en voyant passer beaucoup de femmes, à un perpétuel et triste carnaval.\nAssez diront les rythmiciens de tant d'attitudes faussement gracieuses, ou lâchement\nabandonnées, brutales ou grotesques.\nAssez, diront les musiciens, de tant de scies populaires que répètent, ridicules phonographes\nhumains, tous les gars de nos provinces. Ecoutez les chanter, un soir de fête, et vous entendrez\nces voix mâles qui pourraient s'unir en de si beaux et si touchants accords, s'érail ler en lançant\na la face du ciel étoilé, qu'ils outragent, les plus bas refrains des cafés-concerts parisiens.\nAssez, diront les poètes de cette littérature qui présente comme héros, au théâtre, ou dans\ndes livres, les pires détraqués, les unités malades d'une société déséquilibrée, tous ces tarés qui\nreclament plutôt les bons soins d'un aliéniste que la bruyante publicité des grandes vedettes. \"\nEt vous prétendez que vous n'avez pas le temps de travailler à une pareille oeuvre ?...\n\n1 Adepte de la Gymnastique Rythmique."}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.79", "texte": "QUESTIONS SOCIALES\n73\n\nJuels soucis plus importants avez-vous donc que la préparation de demain et l'avenir même de\n■os enfants ?...\nOui, je sais, la conclusion dépasse les prémisses, l'influence du milieu sur l'éducation\nnusicale nous entraîne bien loin et cette revue n'est pas une tribune pour les rénovateurs\nje l'ordre social. C'est possible, mais quand un artiste a l'honneur de signer la rubrique\n■'Questions Sociales \" il ne peut pas s'enfermer dans la tour d'ivoire et y goûter le repos de\n'indifférence et du dilettantisme ; il ne peut pas se désintéresser du temps où il vit et d'une\nsociété où descendent peu à peu les ombres inquiétantes d'une nuit sans lendemain. Passionné-\nment il désire que son Art soit le vivifiant, le bienfaisant, le divin rayon de lumière vainqueur\nJes nuages qui nous enténèbrent, et, de la pointe de sa flèche d'or éveillant, de nouveau, le\nmonde à la Beauté.\n\nM. Daubresse."}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.80", "texte": "A Travers les Revues\nM. D. Calvocoressi.\nBEAUMARCHAIS MUSICIEN. —Sur ce sujet piquant et mal connu en général,\nune étude encyclopédique fort bien faite de M. G. Roulleaux-Dugage jette une pleine lumière.\nFinancier, dramaturge, commerçant, artiste, le célèbre auteur du Barbier de Séville est un\nmusicien moins célèbre sans doute, mais digne de quelque attention, il avait pour la musique\nun \" penchant effréné,\" et ne la délaissa jamais. Il jouait de la guitare, de la flûte, de la viole et\nde la harpe, et perfectionna ce dernier instrument d'appréciable manière (ses améliorations furent\nreprises par un certain Cousineau, en 1772). Plus tard musicien en titre des filles de Louis XV,\nil composa des œuvres diverses, fort goûtées en leur temps, maintenant perdues pour la plupart.\nIl improvisait, paraît-il, de façon charmante, il mérite d'être compté comme un précurseur des\nmusiciens folkloristes modernes, car il recueillit sur place des thèmes nationaux espagnols. Sa\ncorrespondance fourmille en aperçus sur la musique, qui \" fut pour lui une passion, un moyen\net un délassement. \"\nM. Roulleaux-Dugage examine le rôle de Beaumarchais dans la querelle des Ramistes et\nle montre enthousiaste partisan de Rameau puis de Gluck. Puis, il retrace l'histoire de l'Opéra\nTarare et indique qu'on trouve dans Beaumarchais, un prédécesseur de Richard Wagner.\nu Beaumarchais, conclut-il, 11e fut pas un grand musicien, mais il aima la musique, la comprit\net la défendit de toute son énergie. Son génie intuitif et précurseur ouvrit des horizons plus\nlarges aux musiciens futurs...\"\nUN POÈME SYMPHONIQUE SUR PELLÉAS ET MÉLISANDE. —Le\ncorrespondant berlinois du Musical Times nous apprend (1 mars) l'apparition de cette œuvre,\ndue à M. Arnold Schônberg. Il paraît qu'elle est curieuse et attrayante. Elle dure 50 minutes.\nY sont évoquées : les figures de Pelléas, Mélisande, Roland, Yniold, et des scènes caractéris-\ntiques, la Fontaine, la Fenêtre, etc. M. Schônberg paraît-il, est peu connu sauf à Vienne; mais\nlà, chacune de ses œuvres provoque un véritable succès de scandale. Hé, hé !M. Schônberg est\npeut-être de ceux dont le nom est à retenir; il est certaine partition, de titre non sans analogie\navec celle dont il est ici question, qui scandalisa fort le public avant que de devenir glorieuse...\nDARGOM YGSKI ET WAGNER.— La comparaison que résume ce titre ne surpren-\ndra pas autrement quiconque a lu la Musique en Russie du M. César Cui. Mouxyka l'excellente\npetite revue moscovite, publie (26 février) un article, extrait d'un recueil posthume d'essais\npar Rimsky Korsakow, où elle est traitée à fond. La question de la valeur des œuvres de\nDargomygski, tant au point de vue intrinsèque qu'à celui de la réforme dont elles sont grosses,\nest mise hors de doute par Rimsky-Korsakow, Stassow et M. Cui. Elle n'a jamais été abordée\nencore hors la Russie.\nCEUVRES NOUVELLES Dll, L'ECOLE RUSSE. —Le même numéro contient\nune étude du Promèthèe de M. Scriabine par M. Léonid Sabanéiew, et le suivant (5 mars) est\nen majeure partie consacré à M. Vassilenko et à ses œuvres.\nQUE PEUT-ON METTRE EN MUSIQUE ? Sous ce titre, l'éminent chef d'or-\nchestre Weingartner émet quelques vérités premières qui se trouvent imprimées dans la\nRheiniscke Musik-und Theater-Zeitung(4 mars). \"Il ne faut point mettre en musique la Gazette\nde Hollande \" pourrait servir d'épigraphe à cet essai, sévère au reste pour certains opéras\nmodernes \" dont tout l'intérêt est dans les paroles \", et qui conclut que l'on ne doit s'inspirer\nque d'un texte vraiment inspirateur."}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.81", "texte": "ŒUVRES DE\nS. B. SCHLÉSINGER\n\nPIANO\nEtude en ut mineur 1 -75\nImpromptu-Caprice 2.00\nMarche Nuptiale 2-°°\nNocturne 2-°°\nNovelette i-7S\nFeuille d'Album i-5°\nPETIT ORCHESTRE\nMarche Nuptiale. Petit orch. Partition 3.00\nMatériel 2,50\nParties supplémentaires. . 0.50\nNovelette. Petit orchestre. Partition . 3.50\nMatériel 5-°°\nParties supplémentaires. . 0.50\nGRAND ORCHESTRE\nElude en ut mineur. Partition . . . 3-5°\nMatériel complet . . . . 5.00\nParties supplémentaires. . 0.50\nImpromptu Caprice. Partition . . . 3-5°\nMatériel complet .... 5.00\nParties supplémentaires. . 0.50\nMarche Nuptiale. Partition .... 3.50\nMatériel complet . . . . 5.00\nParties supplémentaires. . 0.50\nNocturne. Partition 3-5°\nMatériel complet .... 5.00\nParties supplémentaires. . 0.50\nMÉLODIES, ROMANCES\nA riel\nA ma Bien-Aimée\nAubade\nAve Maria\n\nChanson des Pciits Souliers\nChanson (O ma Charmante)\nChevauchée\nD'une Prison (i en ré bémol)\n(2 en mi bémol)\nFeuilles dAlbum\nL'Heure exquise\nLettre a Ninon\nLa mort d'un Enfant\nPage d'Album\nNe pleure pas ma Blonde\nLe plus doux chemin\nLa première Larme\nSirène\nToujours\nier Receuil de Mélodies (25 Mélodies) 3e éd.\n1. Un grand Sommeil\n2. Le Rideau de ma Voisine\n3. Salut à toi.\n4. D une Prison\n5. La mort d'un Enfant\n6• L'heure exquise\n7. Les Présents\n8. Ces doux Yeux\nQ. Aubade\n10. Ariel\n11. Page d'Album\n12. Chanson (O ma Charmante)\n13. A ma Bien-Aimée\n14. Toujours\n15. La première Larme\n16. Sirène\n17. Lettre à Ninon\n18. La mort d'un Enfant (avec violon\nobligé).\n19. La Première\n20. Le plus doux Chemin\n21. Chanson des Petits Souliers\n22. Chanson Lithuanienne\n23. Avec un Bouquet\n24. Crépuscule\n25. Crépuscule (avec alto obligé).\n\nA.Z. MATELOT Editions littéraires et musicales\n11, rue Bergère, PARIS."}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.82", "texte": "J. HAMELLE, ÉDITEUR\n22, BOULEVARD MALESHERBES\n\nVient de paraître :\nRŒ33\n® 1\nNET 3 FR,\nJ. AUBERT musicien du duc de Bourbon, pasé de la chambre du roy fut, avec\nLeclair un des violonistes les plus fêtés vers 1730. Ses sonates à 2 violons sans basse,\ndont l'édition est aujourd'hui rarissime, méritent d'attirer l'attention de tous les\namateurs de la belle technique du XVIII0 siècle française.\n\nE. STIEVENARD\nLES PRINCIPES DE LA MUSIQUE\nCe traité ouvre l'accès de l'harmonie et du contrepoint\nd'une manière toute nouvelle et essentiellement publique. Chaque\nchapitre est suivi d'exercices et de devoirs.\n1 vol. net 4 fr."}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.83", "texte": "L'Édition\nMusicale\n\n(i) chez Durand. (2) Costallat. (3) Furstner. (4) à Turin. (5) chez\nl'auteur, rue de Marsan, à Bordeaux.\nIl est peut-être opportun de signaler ici quelques morceaux\nJe musique d'église, dont l'apparition simultanée ne saurait être in-\ndifférente à ceux que préoccupe l'avenir de l'art religieux. Nous\ndemanderons donc pardon à M. Lafoey, de ne faire que mention-\nner ici son quatorpour piano et cordes, (1) œuvre de longue haleine, qui nécessitera une sérieuse\nétude, et sa réduction pour piano 4 mains des Souve de Vincent d'lndy ; (1) De même, nous\nne ferons que signaler en passant une étude de concert pour violon et piano, transcrite\nd'après Graun (2), par M. Herwegh, et une Sonate de Scarlatti, transcrite pour piano\nseul par M. L. Delafosse (1). Puis, deux nouvelles partitions piano et chant : Elsen,\nd'Adalbert Mercier (2), et le Rosenkavalier, de R. Strauss (3).\nExaminons donc, parmi beaucoup d'autres œuvres récentes, celles qui sont destinées à\nl'église. Egalement respectueuses, également soumises aux intentions du Motu Proprio de\n1903, les unes nous viennent d'ltalie où elles sont consciencieusement éditées par Marcello\nCapra (4), les autres de France. Mais il n'y a guère lieu de distinguer ici entre les écoles.\nPartout même recueillement et même sérénité un peu vague, franchise absolue de l'harmonie\net de la tonalité, correction et aisance parfaites de l'écriture vocale. Demandons-nous cepen-\ndant si le St. Père en prescrivant à la musique d'église \" la bonté, le sérieux et la gravité \"\nexigeait une abdication aussi totale du style et de la couleur r M. Ravanello, met en\nmusique, dans ses Lamentationes et Responsoria à trois voix, les Leçons de Jerémie. A quelles\nenvolées magnifiques ne prêterait pas un texte comme celui-là ? Mais tout accent dramatique\nest aujourd'hui proscrit de l'église et les déplorations prophétiques elles-mêmes y ont gagné une\nsereine indifférence. Avec M. Marabini, maître de chapelle à Faenza, le\ncette pa°;e poignante entre toutes, est devenu une suite de cantiques a trois VOÎX. Avec\nM. Botazzo, le Miserere, fait songer à d'agréables leçons de Solfège. La Messe in dominica\nResurrectioms, ne comportant que de l'allégresse, inspire plus heureusement M. AmatllCCi\nmaître de chapelle du dôme de Pise ; il s'en tire fort dévotement avec des Alléluias en vocali-\nses. Toute cette Messe est écrite pour Chœur à l'unisson.\nDira-t-on que le génie italien, essentiellement dramatique, suit ici une voie qui lui est\ncontraire ? En France, nous ne sommes pas beaucoup mieux partagés. M. de la Tombelle,\navec une messe, trois motets et un petit salut à trois voix mixtes, affirme à peine une personalité\nun peu plus nette. Cependant, notons le Tantuui Ergo de son petit saluty ou la phiase liturgique,\nconfiée aux ténors, est entourée par les autres voix, des broderies les plus ingénieuses ; et son\nmotet, oremus pro pontijice, charmant de naïvete, de confiance et d abandon.\nPassons rapidement sur 6 pièces symphoniquespour Orgue ou Harmonium, de Rene\nLambinet (5), grandes improvisations fort décousues, dont, je 1 avoue, la raison d etre\nm'échappe ; et arrivons à la jeune école indépendante, représentée par un de\nRoger Dlicasse (1) pour voix seule. La franchise mélodique de tout a 1 heure a fait place\nici au chromatisme le plus subtil, mais le recueillement n en est pas amoindri ; rien de plu->"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.84", "texte": "78\nS. I. M.\n\nreligieux, au contraire, que cette mystérieuse phrase de la fin : o dulcis Virgo Maria ! dont les\nmille détours précèdent d'une supplication caressante le dernier Amen.\nTout ceci ne nous engagera pourtant pas à prédire à notre musique d'église une période\nde bien haute vitalité. Ouvrons maintenant une livraison de publiés par\nl'Abbé Brun ; la dernière parue, Ire de la 8e série, chants en l'honneur de St Joseph.\nQuelle verdure, quelle jeunesse et quelle spontanéité. Auprès de cet art grégorien libre, indé-\npendant, insoucieux de toute carrure, l'art de notre église actuelle ne fait-il pas l'effet d'un\nart vieilli ?\n\nV. P."}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.85", "texte": "Cours et Conférences\nG. Rouchés.\nSOCIÉTÉ FRANCO-JAPONAISE. 7 Mars. M. Heikuro Miyamoto. Les No, drames\nlyriques du Japon.\nLe No, mot qui, dans un sens plus général, signifie l'art scénique est d'origine\nreligieuse. Dès une époque reculée 011 exécutait des parades mystiques, des pantomimes dansées\npour distraire les assistants, puis vinrent les chants, sacres ou profanes, qu iineiprêtaient des\npèlerins. C'est au XIIIe siècle que le no prend son essor. A côté du proprement dit, il faut\ndistinguer le no bouffon ou chioguen.Le fondateur du no moderne est Motokio. En 1460,\n3 jours durant, il y a une représentation de no près de Kioto. A Yedo les premières lepresen-\ntations eurent lieu en 1607 seulement. .\nLe no se joue sur une estrade carrée ouverte de trois cotes et adossee a un mut de bois. A\ngauche un passage conduit aux coulisses. Les spectateurs se tiennent autour de l'estrade. Sur\ncette sorte de scène, d'une part sont les déclamateurs, de l'autre les musiciens (une flûte, un\ntambour, deux tambourins). L'action est rapide. Les acteurs sont masqués et vêtus somptueuse-\nment. Cinq écoles célèbres gardent les traditions, les ecoles Kambe, Komparo, Kongo, Kito\net Hosko. Les différences entre ces écoles consistent dans la maniéré de moduler. Chacune\nd'elles a ses partisans, est généralement entretenue par une famille riche et possédé une garde\nrobe somptueuse remontant à 300 ans.\nTrois cents no nous sont parvenus. Ils sont dûs en majorité a des bonzes. Les bonzes\nfurent au moyen-âge les gardiens de la littérature et certains allèrent voyager en Chine. Les\nno en vers, en prose poétique, en simple prose ont eu une grande influence sur la littérature et\nle'théâtre. Certains critiques d'Occident, que M. Miyamoto trouve injustes dans l'occasion,\ndéplorent dans le no l'abus du pibo,sorte de jeu de mots.\nHAUTES ÉTUDES SOCIALES io et 17 mars, M. de la Laurencie, les pastorales\nen musique aux XVIIe siècle en France.\nM de la Laurencie indique les origines italo-espagnoles de la pastoiale, de;, pu son-\nnais habituels, son histoire au début du XVIIe siècle avec Montchrestien, Nicolas Chrestien,\nAlexandre Hardy. Le premier, Favier, compose des pastorales en musique II ne réussit pas.\nNos musiciens préfèrent le ballet qui parfois se rapproche assez de la pastorale. Andromède de\nCorneille est une véritable tragédie lyrique. Avec Perrin et Cambert (La Pastorale d Issy,\nAriane de Bacchus, Pomone) c'est une éclosion du genre. Lully, musiciens Mollier,\nOudot en composèrent. La pastorale subsista pendant le XVIII siecle. En 1791 on joue a\ndernière Corisandre.\nSORBONNE. Signalons la très remarquable confiance fait le 31 mars par J. H. Davies\nde l'University Collège du pays de Galles, sur le FOLK LORE GALLOIS avec audition de chants\nnationaux par un quatuor gallois. Nous reviendrons sur cette manifestation qui honore la\nSorbonne, et ou l'on recouvrait l'infatigable artiste de votre compatriote Mme Barbier."}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.86", "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇAISE\nDES AMIS DE LA MUSIQUE\nLe Conseil d'administration des Amis de la musique a pris dans ses séances dernières\nune série de décisions dont les membres de la société ont accueilli la nouvelle avec joie.\nTout d'abord, et d'accord avec M. Gabriel Astruc, il a été décidé d'organiser sous le\npatronage de la société un grand Festival Beethoven,dirigé par Félix Weingartner et composé\nde quatre concerts qui auront lieu au début de mai. Les Amis de la musique, inscrits dans les\ndélais qui leur ont été indiqués, seront conviés gracieusement aux répétitions générales des\nauditions remarquables.\nEn outre le Conseil a pris l'initiative de réunir périodiquement les membres de la Société,\npour leur permettre de se connaitre et de se voir dans l'intimité. La première de ces réunions,\norganisée le 5 avril chez M.M. Pleyel Lyon et Cie, qui avaient très généreusement Imis leurs\nsalons à la disposition de la société, eut le plus vif succès.\nEnfin, à l'exemple des Amis de Louvre, des Promenades Musicales à travers Paris, ont été\ndécidées. Elles ont commencé par une visite à la Salle Aeolian, le 31 mars, sous la conduite\nde M. L. Laloy, maitre de conférences suppléant à la Faculté des Lettres, et avec le\nconcours de Mlle Hatto de l'opéra comique et de M. F. Touche, professeur au Conservatoire.\nDans la salle éclatante, qui ressemble à quelque Grotte de Fingal, une centaine d'Amis de la\nmusique ont eu le rare plaisir d'entendre un musicologue parler des instruments mécaniques et\nde leur application à l'art moderne de la musique.\n\" Les instruments mécaniques, rappelle le conférencier, ont en Europe un assez fâcheux\nrenom, parceque nous n'en connaissons que les formes rudimentaires, triviales, appropriées à\nla mendicité, ou à la publicité, à la torture des oreilles dans l'un et l'autre cas. C'est le piano\nà manivelle trainé dans nos campagnes ou même en quelques rues désertes de Paris par un\nâne plus qu'évangélique, et dont le tumulte discord ameute les marmots. C'est l'orgue si bien\nnommé de Barbarie, dont on conjure volontiers la hantisse monotone par le sacrifice de\nquelque billon. Ce sont enfin les orgues dorés et chamarrés de quelques fêtes foraines parmi le\ntournoiement des chevaux de bois.\"\nM. Laloy montre comment l'idée du mécanisme appliqué aux instruments s'est peu à\npeu épurée, d'abord grâce aux instruments de simple enregistrement, puis grâce aux\ninstruments d'interprétation. Il expose en quoi consiste la supériorité des appareils Aeolian\net insiste particulièrement sur leurs facultés expressives qui seules permettent de faire de la\nvraie musique.\nAprès cette conférence, qu'il faudrait pouvoir citer en entier, les différentes ressources du\npianola ont été présentées, seules d'abord, puis unies au violon, mêlées à la voix humaine, et\nenfin associées à l'orgue puissant et multiple, dans l'interprétation des de\nSchumann, Obertassde Wieniawski et Kammenoi-de Rubinstein. Les Amis de la\nmusique ont eu l'agréable surprise de constater que la souplesse du Pianola permet\npagner très délicatement les inflexions d'une belle voix comme celle de Mlle Hatto ou le jeu\nexpressif et varié d'un maitre comme F. Touche. Tous ceux qui ont assisté à cette démonstra-\ntion en conserveront le plus agréable souvenir."}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.87", "texte": "Théatres et Concerts\n\nELSEN, drame lyrique, musique cV Adalbert Mercier, Ferval,\nThéâtre Lyrique.\nBien que l'auteur de cette œuvre se nomme Ferval, il n'y a aucun rapport entre le\nlyrisme de Vincent d'lndy et celui de A. Mercier. L'œuvre, couronnée par la Ville de Paris\net qui vient de voir la scène, est avant tout destinée à ce que Shakespeare appelait\nTout s'y passe fort bien, au bord de la mer chez des pêcheurs endurcis, mais cependant\naccessibles à la passion dramatique et dramatisée. La musique est habile dans sa simplicité,\nd'un style aisé, qui plaira, sans rien révolutionner. Et après tout n'est-ce pas le droit du\ncompositeur de chercher le bon succès de la millième, le succès des Dragons de Villars et de\nFaust ? L'idiome musical que parle M. Mercier est un peu le langage de tout le monde ; je\nne lui en fais pas un crime. Le public lui en fera un mérite, car il est un peu las du\ntranscendant, et de ce perpétuel effort vers un génie qui ne vient pas. M. C.\nAUTOUR DE LA CRÈCHE, texte et musique de Jean H— Un piano, une\nharpe, un hautbois, un violon, un célesta-mustel, un récitant et un petit chœur mixte, il n'en\nfaut pas plus à la conviction religieuse, aidée du talent musical, pour nous enchanter pendant\nune heure, M. Alexis Rostand et Mme Rostand nous conviaient àce régal en leur hôtel de\nl'Avenue de Villiers, et, par une transition raffinée, une la Sonate de Lekeu, œuvre de\nmusique pure, transportait l'auditeur de ces émotions religieuses, jusqu au îiie profane et a\nl'opéra bouffe, le Relai imprévu, de Jarry et Terrasse.\nM. Griset tour à tour suppliant ou féroce, aguicheur ou foudroyant prêtait à cet ensemble\nl'autorité de sa direction. Et là devant trois cents personnes dont la Figaro a donné les noms\néclatants l'œuvre de Jean Hubert a pris conscience d elle meme. Cette petite piece d un\nmysticisme calme qui dépasse de beaucoup les limites d'un salon à toute la suavité d'un conte\npopulaire. Le hautbois (bravo François Jean !) y règne et apporte son leit motif de musette ;\nles patres s'agenouillent, l'étoile luit, le récitant ténorise, le chœur s'en mêle, le célesta aidé\nde la harpe pique ses notes claires, un solo de violon plane sur le tout, et 1 impiession est\nd'une religiosité reposante. L'auteur connaît à la fois la Passion de St. Mathieu et Marie-\nMagdeleine, et ses admirations de l'empêchent pas de rester oersonnel. N'assisterons-nous pas\nun jour à son triomphe a 1 opéra comique ? J*\nMars fut au Conservatoire un mois de demi repos : un seul conceit et une seule\nnouveauté, le Concerto de piano de Liapounow.La merveilleuse technique et le souple talent\nde M. Ricardo Vines ont bien rendu cette œuvre où des idées personnelles sont présentées\navec adresse et cohésion, sans rien de subversif. Et l'auditoire fut à peine dégelé. C'est\ndécourageant. Il s'était trop dépensé pour la Symphonie en ut mineur de Saint-Saëns,\ndésormais consacrée. L'exécution en fut d'ailleurs excellente, ainsi que pour les et 8e\nBéatitudes, de Franck. Et ce fut tout.\nLa première partie du Faust, de Schumann, la deuxième de la Damnation, et tout le\nFaust de Liszt avec le chœur final ont formé un superbe triptyque deux dimanches de\nsuite, aux Concerts Lamoureux. Certes, de ces trois tableaux aucun n'a vieilli, mais celui de"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.88", "texte": "82\nS. I. M.\n\nLiszt ne vit-il pas d'un lyrisme plus jeune et plus sincère que jamais ! On ne peut se lasser\nde cette musique toute de charme et de séduction. IVI Raunay et ]VI. Paulct furent juste-\nment applaudis dans Berlioz et Schumann. M. Seagle a une belle voix, mais son accent\nétranger est désastreux.\nVoici enfin deux nouveautés de quelque importance : une de M. Casa-\ndesus et une Légende symphonique de M. Henri Lutz. Une Petite Suite, transcription de trois\npetits, tout petits morceaux pour piano à quatre mains, de M. Roger Ducasse, ne compte\nguère. Il y a beaucoup de vie et d'action dans l'œuvre de M. Casaoesus, extraite de sa\npartition du Moissonneur, pour un drame de M. Charbonnel, toute imprégnée d'airs limousins,\ntrès sincère, très mélodique, un peu simple peut-etre. La Société de Chant Choral et la\nSociété des Instruments anciens (unis dans un Intermezzo à l'orchestre), M. Teissié (baryton)\net Mme Buisson (mezzo) ont mis en valeur cette agréable musique. De M. Henri Lutz le\nConte \"Il était trois jeunes princesses \" n'a pas, lui non plus, d'excessives prétentions. Le\nscénario voudrait plus de développement musical. C'est trop court, défaut bien rare, car c'est\njoliment écrit et plein d'heureux commencements. L'emploi de trois voix de femmes, en\nmélopée, sans paroles, est ingénieux et bien réalisé. N'a-t-on pas entendu quelque chose de ce\ngenre l'an dernier à la S. M. I. ? Mais moins réussi, me semble-t-il, que l'œuvre intéressante\nde M. Lutz.\nM. Chevillard donna ce mois-ci deux instrumentistes de valeur : M. Hekking dans le\nConcerto de Violoncelle un peu vieilli de Haydn, et M. Cari Flesch dans le Concerto\npour violon —un peu long —de Brahms. Mlle Alice Verlet fut empêchée de chanter au\ndernier concert, par un deuil soudain et tragique pour lequel nous lui présentons nos profondes\ncondoléances.\nOn était en droit d'avoir quelque s craintes lorsque M. Pierné annonça la Messe en rè, de\nBeethoven. Le Conservatoire avait le monopole de cette œuvre d'exécution vraiment ardue\npour les chœurs qui y ont un rôle plus complexe encore que dans la messe en si mineur de Bach\net d'une teinture plus étendue. Les ensembles furent, au Châtelet, aussi bons que possible.\nL'imperfection, tient sur cette scène trop vaste, à l'éparpillement des exécutants. Les sons\nn'arrivent pas à l'oreille avec une absolue simultanéité, ceux des instruments à percussion, en\nparticulier. En outre, pour presque tous les auditeurs du rez de chaussée, Ls détails d'orchestre\nsont étouffés par les chœurs.\nLe succès fut considérable et M. Pierné doit en être fier. Trois exécutions ne l'ont pas\népuisé, bien loin de la. Les solistes (Mmes Mellot Joubert et Philip, MM. Nansen et Gebelin)\ny contribuèrent. M. Touche eut dans le solo de violon du Benedictus un succès prévu.\nAprès cela, un \" Festival Wagner \", fût il même orné d'\" Artistes du Théâtre Bayreuth\"\nperd de son intérêt. Gros succès de recette, salle comble, applaudissements copieux à M. Hein-\nrich Hensel et à Mme Leffler Burckard, mais transplantation au moins inutile d'œuvres essen-\ntiellement dramatiques.\nEn terminant sa trop courte série de concerts, M. Hasselmans passa son bâton de comman-\ndement à M. Casella pour diriger sa deuxième symphonie. Qui eut cru ce jeune pianiste calme,\nmince et pacifique, capable de perpétrer cet horrifique vacarme ? Il s'est trompé de porte et, avec\nses crescendos furieux grimpant au pas de charge jusqu'à une explosion de gong, de cloches, de\ngrosse-caisse et de cymbales, son œuvre accompagnerait mieux une pantomime militaire à\nl'Hippodrome. Comme Strauss et Malher, M. Casella trouve trop pauvre le vieil orchestre.\nMais son effroyable complexité de rythmes et de timbres, ses motifs assez vulgaires ne rendent\nguère ses intentions. Il les exprimait en un programme, m'a-t-on assuré. Que pouvait-il bien\ndire ? L'andante seul a un calme relatif, très relatif, car, après un début expressif et bien déduit,"}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.89", "texte": "CHARLES SAUTELET"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.90", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n83\n\ndation frénétique reprend. M. Casella écrira, dès qu'il le voudra, de jolies choses ; qu'il le\nnouveauté mieux venue est la Menace,poème lyrique de M. Roussel. M Engel y\n•t la partie de ténor. Mais l'intérêt en est surtout dans une orchestration très moderne, très\nrt,-PQçive et sans excentricités. . . r\n\"P Deux concerts Séchiari : Au premier, trois Bde Villon, rmses en musique de for\n•réable façon par M. Debussy et chantées par M. Clark, ont eu un grand succès Elles sont\nif style différent, délicatesse, recueillement et entrain, toutes trois bien venues. De M. Debussy\nLlement trois Ariettes Oubliées,mais souvent entendues, dont Miss Maggie Teyte fut\n'interprète idéale. Il y eut encore M. Risler et M. Victor Gilles au piano, c est dire que les\n,v séances furent intéressantes. L'orchestre est en progrès. r .\nLa deuxième partie de la Passion selon S\" fut exécutée pour la première fois\nla Société T S Bach le 17 mars. Les deux concerts où elle donna cette grande œuvre\nlarquent certainement dans l'évolution de la Société devenue prospère (et riche, ce qui ne gâte\nÏÏ Nous voici loin des débuts modestes, salle de l'Union et personne plus que nous\nn'applaudit à ce rapide succès. Mais il ne faut pas s'amollir dans les delices de Capoue et nous\nmihaitons à M Bret de la fermeté dans le commandement. Les chœurs sont précis et jus es,\n! t s nuancés les mouvements sont en général trop lents. Comme solistes ce fut très\n?atisfaisant Mme Altmann-Kuntz chanta avec beaucoup de style, M\"'e Mary Mayrand avec\ne belle voix Le ténor Baldzun dans la partie difficile du récitant et les deux basses Geist et\nraterhaus furent justement applaudis. En mai, nous aurons l'Ode Funèbre et l'amusant Défi\nle Ph^bUgo\"hd®t)P1ja\"nfl.Echo desParis,'a l'autre jour excellement parlé de la Société Haendel\n, * ifM ]? nupel Ils ont de o-rands éléments de succès, et, le premier de tous, la foi\n!tuTœu \"i fiiut donc suivre leurs efforts et les encourager en >eur conseillant d'étendre\n1 domaine car on éprouverait quelque lassitude au culte trop exclusif de Haendel. A la\nséance de mars nous eûmes du Maître une charmante sonate pour deux hautbois et basson e\nla Fête d'Alexandre dont certaines pages ont conservé tous leur intérêt, malgré un le\nune matinée de charité, donnée sous de hauts patronages et sous la direction\nde M Widor (Il y manqua seulement l'habit vert du nouveau mem re e )• y\ntual'exquise suite d'Orchestre du d'avril,puis un Concerto de Bach pour piano deux\nflûtes et orchestre. M. Delafosse nous parut y avoir un jeu mais il joua mieux u p ,\nun Alîegro de Widor et deux pièces de sa composition. M\"' Edw.na —e P* «t\napprécier une voix agréable, un immense chapeau et un enorme manchon. C est, m assure ,\n\" '\"\"CTrVcomTer- oumt\"/eu près - avec les Concerts d'Orchestre il faut citer\nest r-\nviolon de M. Chevillard étaient de M René Lenormand et\nM\"e Suzanne Cesbron. Copieux programme. Les mélodies étaient. dM. K nieaan_\nde musiciens anonymes persans, annamites et polynésien.. L <le Fauré\ndées ce qu'on n'eût peut-être pas fait pour des heder de Schumann ou de *a . nurand\ndCCS' Les cinq CuJ, de-Tur\nparler avec'intérêt alors que nous sommes condamnés à moins qu une\n\n7"}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.91", "texte": "84\nS. I. M.\n\nnomenclature, à la mention de quelques noms? Sachez donc que ce fut un superbe résumé de\nnotre musique de chambre depuis un quart de siècle, car, partis de Lalo (3e trio) et de\nM. Saint-Saëns (trio, quatuor, sonate de violoncelle), nous sommes arrivés à M.M. Samazeuilh\nA. Roussel et M. Ravel, en passant par MM. Widor, d'lndy, Magnard, Dukas, Debussy'\nRopartz et Witkowski. Pas d'œuvres absolument inédites, mais plusieurs encore peu connues\ndu public, comme les Préludes de M. Debussy. Quelle revue glorieuse et quelle admirable\nexécution ! Songez donc, MIIe Selva, le Quatuor Hayot, MM. Thibaut, Parent, Salmon\nPollain, Risler, Vines, Lortat, Debussy... artistes bien français dans de la musique bien\nfrançaise. C'est là une initiative qui fait doublement honneur à MM. Durand car la totalité de\nla recette alla à des œuvres de charité.\nLa déjà vénérable (quarante ans, 380 concerts) Société et la jeune nous\nont comblés en ce mois surabondant, chacune avec deux séances. A la Nationale, un\nCordes de M. Turina, œuvre personnelle, recherchée sans excès, un peu flottante et imprécise\nde forme, très intéressante ; une sonate de violon, longue et diffuse, de M. Jongen ; un\nagréable et bien écrit de M. Thirion ; quatre ballades françaises fort réussies, exquises, de\nM. Raymond Bonheur, chantée à quatre voix par les élèves de Mn,e Bathori ; enfin les cinq\npièces sur le nom d'Haydn que notre Revue a suggérées et publiées, voilà, avec des œuvres\ndeja entendues, le bilan mensuel. A la 5.M.1., le connu, distingué, expressif\ncomplexe, de M. Florent Schmitt et le deuxième Quatuor de R. Gliere, très debussyste'\nont encadré une sonate de violon de Mme de Polignac et une de M. Barlow, bien\nécrite, pas trop longue, mélodique, mais trop tendue, trop grandiloquente. Rien à d'ire des\nmélodies de MM. Berthet et Melchers et de Y pour orgue de M. Koechlin ; beaucoup\nde bravos à Mme Landowska exquise, comme toujours, dans des valses de Schubert et des danses\npolonaises anciennes.\nLa première séance des \" Auditions Modernes \" 11e nous a rien valu de pénible mais rien\nde très bon : le Quatuor beaucoup trop Beethovenien de M. Binenbaum, la sonate de violon de\nM. Jemain, pages estimables, le trio de M. A. Laurent, un peu trop debussyste. La Société\ndes Compositeurs de Musique a consacré sa troisième séance à un Quatuor de M. Ganaye que\nnous n avons pas entendu, a quatre agréables mélodies de Bellenot, deux (dont une char-\nmante, le Chèvrefeuille) de Mme de Faye Jozin et un trio piano (MM. Laparra, Drœgmans\net Schiedenhelm) non sans mérite de Mme C. P. Simon.\n1 Union des femmes piofesseurs et Compositeurs, où l'on sent l'impulsion active de\nMme M. Gallet, une bonne séance d'œuvres de Fauré (Mme Long, Quatuor Riant Réol) et\nune d'oeuvres de membres de la société : trio agréable de Mn,e Bourdeney, mélodies très fines\net discrètes de Mmo Delage-Prat, moins intéressante de Mme Grodvolle.\nSalle Gaveau Maurice Desrez, célèbre le printemps. Bravo pour l'audace juvénile de cet\nadolescent épris de lyrisme !\nme A l'amphithéâtre Richelieu des chanteurs folklorisent sous la direction de\nMme Barbier, qui a réussi à galles-vaniser ces musiciens aux voix robustes.\nLes excellentes séances de la Philharmonique ont pris fin avec l'apothéose de M Kreisler\n1 admirable violoniste, dans un Concert avec Orchestre : Un Concerto de Vivaldi un peu\nmince, le Concerto en ré de Mozart, la sonate de Tartini (le trille du diable) et, sur de's rappels\nsans fin, le prélude de la 2e sonate de violon seul de Bach. Exécution impeccable, plus expres-\nsive, heureusement, que la figure impassible de l'exécutant. Mais pourquoi cet orgue indiscret\ndans le Concerto de Vivaldi et la sonate de Tartini .? Mme Gerda Magnus joua avec quelque\nsecheresse 1 c Concerto de piano en ré mineur de Bach. Au concert précédent, M. Casais,\nvioloncelliste idéal, avait joué une suite de M. Moor, une sonate, de J. S. Bach et une sonate"}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.92", "texte": "THÉÂTRE SARAH-BERNHARDT Mai=Juin 1911\nGRANDE SAISON RUSSE\nOPÉRAS ET BALLETS\norganisée par l'Association pour la PROPAGATION DE LA MUSIQUE SLAVE\nAVEC LE CONCOURS\nd'artistes des Théâtres Impériaux de Russie et des principaux Théâtres de France et de\nl'Etranger :\nMmes Van Brandt, M. Boyer, Czapiinska, Drouziakina, Héglon, Korolewicz,\nLitvinne, Makarova, Marcia, Tcherkaskaïa, Thevenet, Zakharova, etc.\nMM. Baklanow, Bolchakow, Bourbon, Léon David, Didur, Nivette,\nRousselière, Séveilhac, Smirnow, Vallier etc.\nDanse: Mme Julia Sèdova, MM. Clustine, Légat etc.\nREPERTOIRE\nOPÉRAS, joués en Russe et en Français\nLA ROUSSALKA\n(Dargomyjski)\nLA FIANCÉE DU TSAR\n(Rimsky-Korsakow)\nLA NUIT DE MAI\n(Rimsky-Korsakow)\nE DE PIQUE\nLA\n(Tchaïkowsky)\nLE DEMON\n(Rubinstein)\nONEGU NE\n(Tchaïkowsky)\n■BALLETS\nLA BELLE AU BOIS DORMANT\n(Tchaïkowsky)\nctat\nLE LAC DES CYGNES\n(Tchaïkowsky) i\nLA FORET ENCHANTEE\n(Drigo)\nKONIOK GORBOUNOK\n(Puni)\nIl y aura trois abonnements de six spectacles\nSÉRIE A. Les Mardis 2, 9, 16, 23, 30 Mai et 6 Juin\n~ B. Les Jeudis 4, 11, 18, 25 Mai, let 8 Juin\n~ C. Les Samedis 6, 13, 20, 27 Mai, 3et 10 Juin\nPRIX DES PLACES pour chaque abonnement de six représentations\nAvant-Scènes du rez-de-chaussée, la place : 180 fr. ; Avant-Scènes de Balcon, 180 fr. ; Baig-\nnoires, 150 fr.; Loges de Balcon, 150 fr.; Fauteuils d'Orchestre ler,Ier, 2e, 3e et 4e rangs, 150 fr.;\nFauteuils d'Orchestre, se,5e, 6\", 7e et 8e rangs, 120 fr.; Fauteuils d'orchestre 11e, 12e, 13e et 14e rangs,\n90 fr.; Fauteuil de Balcon, lerIer rang, 150 fr.; Fauteuils de Balcon, 2e rang, 120 fr.; Avant-Scènes\nde ire Galerie, 72 fr.; Loges de ire Galerie à salon, 72 fr.; Loges couvertes de ire Galerie, 54 fr.;\nFauteuils de ire Galerie, 54 fr.; Avant-Scènes de 2e Galerie, 30 fr.; Stalles de Parterre, 21 fr.;\nFauteuils de 2e Galerie, 30 fr. ; Stalles de 2e Galerie, 15 fr.; Stalles d'Amphithéâtre, 6 fr\nDroit des pauvres (pour les places de 5 fr. et au-dessus) 10 0/0 en sus.\nLes abonnements sont reçus dès aujourd'hui au bureau de location du Théâtre\nSarah-Bernhardt."}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.93", "texte": "Société Musicale G. ASTRUC & Cie, 32, rue Louis-le-Grand\nTROIS CONCERTS\nDONNÉS PAR\nJAN KUBELIK\nlre CONCERT\nle Mardi 18 Avril 1911, à 9 heures du soir\nSALLE GAVEAU\n2™ CONCERT\nle Mardi 25 Avril 1911, à 9 heures du soir\nà I'OPÉRA\n3\" CONCERT\nle Samedi 29 Avril 1911, à 9 heures du soir\nau TROCADERO\nAVEC LE CONCOURS DE\nI'ORCHESTRE COLONNE\nsous la direction de M. GABRIEL PIERNÉ."}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.94", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n87\n\nde Beethoven, ces deux dernières sensiblement préférables ; Mlle Maria Freund avait intelli-\ngemment chanté des lieder de Schumann et de Wagner. Disons au revoir à M. Rey, imprésa-\nrio heureux qui a toujours salle comble.\nAu Cercle Musical, de belles séances avec le Quatuor Touche, M. Lucien Wurmser,\nM. Vierne, M. Marneff et Mme Raunay et surtout avec Debussy dirigeant les Gymnopédies de\nErik Satie. Rappelons enfin les Soirées d'Art, plus prospères que jamais. M. Van Dyck, MTne\nRaunay dans des lieder, le Quintette de M. Chevillard et beaucoup d'autres belles œuvres\nremplirent la salle chaque samedi.\nQuatrième séance tchèque du Quatuor Lejeune. Le Quatuor de M. Kunc est bien,\ncelui de M. Suk (si b) est mieux. L'intermezzo est une page charmante. Il y a dans les\nmélodies qu'à chantées avec goût Mme Kacerovska une exquise mélancolie. Ce sont de bien\njolies choses.\nLe Pax Quatuor continue avec succès ses séances classiques sous la direction de Mme Muller\nde Beaupré. Le Quatuor Lefeuve donna le 29 une soirée où, à côté du Quatuor de A. de\nCastillon, qu'on entend toujours avec plaisir, figurèrent la suite pour piano, très originale, de\nM. A. Roussel (M. Motte Lacroix), d'agréables mélodies de M. Orban (Mme Bathori) et un\nQuatuor à cordes nouveau de M. Blanchart du Val que nous eûmes le regret de manquer.\nEnfin le Quatuor Saïler fit entendre le Concert de Chausson et la petite sérénade avec\nflûte, de Beethoven. Exécution excellente. Mlle Charny chanta de plus mélodies de M. Paul\nVidal dont plusieurs eurent les honneurs du bis.\nLe Trio Chaigneau auquel nous avons dû des heures musicales agréables, revit cette année\nbien que deux de ses charmantes partenaires soient devenues Mme Piazza et Mme Joachim. Il\ndonne avec d'intéressants concours cinq ou six séances dont la première, toute de Bach, nous\nvalut le Concerto pour trois pianos trop rarement entendu et la seconde le Quintette en sol\nMineur, de Boccherini, dont le menuet est resté populaire, la sonate en rè de Mozart pour\ndeux pianos, une jolie sarabande pour deux flûtes (qu'on fit répéter) et la Cantate Orphée, de\nRameau (Mlle Germaine Sanderson).\nUn contre temps avait empêché le Quatuor Vocal Mauguière (Mme 3 Maud Herlenn,\nMirey, MM. Mauguière et Sigwalt) de donner le concert annoncé pour février. Nous l'eûmes\nle 13 Mars. Nous avons trop peu de quatuor vocaux chantant juste et bien. Celui-ci est\npresque parfait. Programme tout moderne où à côté de Quatuors de MM. Lenormand,\nLabori Kœchlin et Alexandre Georges, figurèrent des soli de chacun des partenaires et de\nM. Marsick. On applaudit surtout l'Oiseau Bleu, de Mme Toutain Grun et les œuvres de\nM. A. Georges, musique toujours claire et expressive.\nCe mois fut abondant en cantatrices de Concerts. Qu'elles nous pardonnent nos oublis et\nnotre laconisme. lVIme qui donna deux séances de lieder, accompagnée par\nM. Casella, est excellente dans ces œuvres intimes et de petite étendue. Ces qualités sont aussi\ncelles de MUe Skarbek qui fut applaudie salle Pleyel. Nous avons déjà dit tout le mérite et\nl'intelligence de Mlle Chevalet, au talent très souple. La charmante Mlle Sonia Darbell—avec\nl'orchestre de IVI. Chevillard, lui-même, avec M. Capet, lui-meme donna un beau concert.\nSon contralto a du charme, mais manque un peu d'étoffe. 1 riomphe de M. Capet qui revint\njouer une partie de la 2e sonate de violon seul de Bach. ]VI*le Darbell chanta une mélodie de\nM. Marcel Samuel Rousseau, dont l'orchestration est curieuse. Deux mentions très honorables\nenfin pour IVI^e Alice Nobya (jolies mélodies de 3VI. Levade) et pour IVI Gotha Weckman,\ncantatrice finlandaise qui chanta au Pax Quatuor, de belles mélodies des auteurs de la-bas,\nSibelius et Merikanto. Mme Povla Frisch, cantatrice danoise, si souvent applaudie, mérite\nmieux qu'une mention. Klle chanta en grande artiste des lieder de Schubert et de Schumann"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.95", "texte": "88\nS. I. M.\n\nà une séance de piano (M. Casella qui nous fit, ce soir là, oublier sa symphonie) et de violon-\ncelle (M. Hekking, d'Amsterdam, au jeu simple et expressif.)\nM. Charles Sautelet, ténor et diseur exquis des œuvres modernes, donna à la fin du\nmois un concert un peu long, mais bien composé. Il fut bon dans des mélodies de Schubert et\nde Schumann, excellent dans celles de M. Louis Aubert qui sont de délicates petites choses\ntristes et subtiles, et dans deux de M. Gabriel Dupont est charmante).\nM. Motte Lacroix joua beaucoup de morceaux de piano et M. Fleury, flûtiste, un joli\nMadrigal de M. Aubert.\nN'oublions par une brillante réception de Mme Capoy, où la maîtresse de maison fit\nvaloir son style impeccable entre M. Chanoine d'Avranches, voix vigoureuse, M. Lefeuve,\nvoix chaude, et M. Raoul d'Harcourt, voix pathétique. La flûte en bois d'Hennebains, le brio\nde Melle Himmel, le charme des élèves de Mo\"' Capoy s'ajoutaient à cet ensemble exquis.\nLe violon, est entré ce mois-ci en lutte ouverte avec le piano. Que d'artistes, que de bons\nartistes ! Nous avons parle de IVI. Kreisler. Glorifions IVL Enesco, un des concertistes\n\" faisant \" salle comble partout. Son Concert avec Orchestre salle Gaveau, avec Y Invention\nen sib de Bach, le Concerto de Brahms, le 3e de Saint Saëns, fut triomphal, car de\ncharmantes auditrices lui lancèrent leurs bouquets et peut-être des baisers. me suis borné à\ndes bravos, surtout dans le Concerto de Saint Saëns. IVL Enesco a toujours son jeu ample et\npuissant. L'archéologue du violon, M. Debroux, qui est en même temps un exécutant hors de\npair, a donné une séance avec orchestre d'un réel intérêt. Leclair et Aubert ne m'étaient pas\ninconnus, mais John Humphries, mais Hertel, mais Tessarini ? La littérature du violon au\n•XVIII siecle est considérable. JVI. Carembat a, lui aussi, donné une séance de concertos à lui\ndédiés, dont un bien venu de M. de Francmesnil. Il y a déployé sa solide technique et son\nbeau style. Nommons enfin les \" dii et deœ minores \", Mlle Yvonne Astruc, entendue déjà\nen février, Mlle Simonne Pilon, à la précoce virtuosité, Mlle Béatrix Leech, Mlle Christiane\nRoussel, MIIe Sizes, toute jeune et déjà remarquable, Mme Debaets-Iwanoffska, Mlle Léonie\nLapié, le sexe laid est décidément évincé et nous n'avons guère entendu que MM. Ca-\nlascione, Tracol, un de nos meilleurs violonistes, et Vela, qui joua une intéressante et nouvelle\nsonate de M. R. Villar.\nDans le domaine du violoncelle, nous rencontrons d'abord Mme Delune, artiste toujours\nintelligente et distinguée, qui fit entendre à la salle du journal Les Modes des œuvres de\nM. Louis Delune, notamment son Poème dont nous avons déjà dit tout l'intérêt. Le programme\ncomprenait une douzaine de mélodies de M. Delune que Mlle Jackson et M. Cotiartmîrent\nen valeur. M. René Jullien donna une agréable séance Salle Erard avec le concours de\nM. Lazare Levy et M. Antonio Sala s'avéra comme bon virtuose à la Salle Gaveau.\nDes quatre séances de piano qu a annoncées M. Ed. Risler, la troisième eut lieu le <5 mars\nconsacrée à une sonate de M. Théodore Dubois, d'une clarté toute française, à des ballades\n(celle de M Fauré transcrite pour deux pianos, avec l'auteur au second) et à des rapsodies\nNous entendîmes quelques jours après M. Risler au Concert Durand dans les remarquables\nPromenades de M. Magnard et dans la savante et terrible de M. Dukas. On a épuisé\ntoutes les louanges pour Mme Wanda Landowska. Qu'elle joue du clavecin, il semble qu'on\nn a jamais pu en jouer mieux qu'elle ; qu'elle joue du piano, il semble que seule elle puisse\njouer, dans une vaste salle et sur un grand Pleyel ouvert, du Mozart avec cette discrétion et\ncette finesse Ce concert du 28 mars fut merveilleux. Après les cinq pièces de virginalistes\nanglais qu elle joua a ravir (les deux de Peerson semblent dater d'hier) on la rappela au point\nquelle dut jouer encore trois morceaux [Conce de Bach, deux de\nRameau). Et que de fleurs !"}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.96", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n89\n\nM. Paul Goldschmidt est un vrai pianiste et ses deux récitals d'œuvres vraiment pianisti—\naes (Schumann, Chopin, Lizst) le prouvent. Il a une remarquable sonorité. Il faut en dire\njtant de Mlle Adeline Bailet qui triompha des Etudes transcendantes de Lizst, et de la jeune\n[lle Lewinsohn au talent très délicat, déjà très appréciée car on refusa du monde à son concert.\n;[lle Rose Landsmann nous intéressa surtout par son interprétation de pièces romantiques de\nichumann où elle fut très personnelle. Mlle Hélène Barry a une belle virtuosité et du style.\nAprès avoir mentionné avec éloges la charmante séance de Mme Fleury Monchablon,\nmondée par la flûte enchantée de M. Fleury et la voix agréable de Mme Mellot Joubert,\nlOUS citerons encore un groupe de pianistes nullement négligeables : M. Vargas-Nunez,\n',ille Nelly Eminger, M. Montoriol Torrès. Que de pianistes, mon Dieu ! et, ma foi, que de\nions pianistes !\nIl me reste encore quelques lignes pour citer à la hâte une Fête de la Poésie féminine,\nprésidée par Mme la duchesse de Rohan, où la musique tint une large place. Mlle Mitza\niosario, à la belle voix de soprano, fut applaudie dans des lieder de Beethoven.\nDeux sociétés artistiques, très actives et dignes d'intérêt, la Société Symphonique des\n?ostes, Télégraphes et Téléphones et la Société Artistique et Littéraire de l'Ouest ont\n:onvoqué la S.I.M. à des séances dont nous fumes fort satisfaits. Cette dernière réunit\nies noms comme le Trio Chaigneau, Ml]e Suzanne Cesbron, M\"e Sauvrezis, M\"'e Delage\n3rat, c'est dire qu'on y fait réellement de la musique.\nMlle Ariane Hugon, de l'Opéra, sait avec quel intérêt nous suivons ses Interprétations\n;e la Musique par le geste, la danse et l'expression. Elle se montre profondément artiste dans\n;ette œuvre et sa foi sera récompensée. Nous reviendrons sur ses séances dans notre numéro\niu 15 mai.\nEnfin il faut magnifier le talent, l'incroyable talent de Granados. Qui n'a pas entendu\nGranados jouer ses Goyescas, ne se doute pas de ce que peut être le style moderne espagnol.\n\nF. Guérillot.\n\nLA LÉPREUSE\nJ. B.\nTout est bien qui finit bien. M. Carré va jouer de Lazzari et Bataille. Après\ndix ans de luttes, auteurs et directeur se sont réconciliés. Cette heureuse solution nous fera\nsublier le jugement qui avait clôturé le récent procès avec un admirable mépris des droits du\ncompositeur de musique.\n\nProvince\nCommençons aujourd'hui notre tour de France par AîlllSCy ou le Cercle Musical donne\n>on premier Concert de l'année, avec un programme dont la variété fait le plus grand honneur\ni M. Jean Ritz ; une Brunette de Duvernoy et une mélodie de Jean Ritz intitulée Hiver\nmettent en valeur les grandes qualités vocales de IVI. Cons ; IVI. Emmanuel Ritz se joue des\ndifficultés pianistiques des pièces de Debussy, d'lndy et Th. Dubois; M. Ressicaud joue du\nhautbois à ravir ; enfin les dames de la Chorale mixte chantent avec enthousiasme une mélodie"}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.97", "texte": "9°\nS. I. M.\n\nbretonne harmonisée par Bourgault-Ducoudray. A Nancy, M. Guy Ropartz donne la\npremière audition de la belle Symphonie française de Th. Dubois, d'un concerto de Mme joutard-\nLoevensohn, joué par M. Marix Loevensohn, et d'un entr'acte pour un drame inédit de\nDuparc, aux Etoiles ; la harpe de Mlle J. Poulain vibre dans un concerto de Haendel.\nValenciennes chôme quelque peu et nous annonce une mauvaise nouvelle : la mort de\nM. Ch. Deromby président dévoué de la Société des Orphéonistes Valenciennois. A Cambrai\non fête la cinquantième année d'existence de l'union Orphéonique et cela très dignement ; et\nles éloges ne sont pas ménagés à M. Léon Morand, le promoteur de cette belle manifestation\nmusicale. St Quentin possède en Mme Marchand une conférencière très érudite qui expose\nl'histoire de la Sonate ; MUe Marchand, pianiste et M. Jenck, violoniste jouent du Mozart, du\nBeethoven et du Lekeu.\nAbbeville accueille chaleureusement des artistes de Paris tels que le quatuor Morhange-\nPelletier, M. Claveau, etc. ce qui n'empêchera pas, espérons-le, les artistes abbevillois de faire\napprécier, eux aussi, leur talent. De Saint-Lo on nous annonce la naissance d'une Société\nphilharmonique ; le nouveau-né parle ou plutôt balbutie paraît-il ; mais il grandira ! Par\ncontre, la Musique municipale et la Chorale sont très éloquentes.\nQuittons Saint-Lô les oreilles encore toutes carressées des harmonies que M. Levatois fait\néclore chaque dimanche à l'orgue de Notre-Dame et gagnons la Roche-SUr-YOïl ou\nM. Lejus fait exécuter par la Philharmonique dont il est le dévoué directeur, l'Ouverture de\nla Sirène d'Auber et bien d'autres choses heureusement plus modernes telles que les fragments\nde sa délicate pantomime Amours de Masques.\nA Bourges c'est encore une Société Philharmonique qui nous révèle une violoniste,\nMme Chemet au jeu sympathique et vibrant : bravos, bis, rappels... L'Orchestre de la\nMétropole, ses chœurs, les enfants de la maîtrise attirent un public nombreux et enthousiaste.\nA Guéret, M. Caillard conférencie sur Musset et Chopin qu'interprète Mme Lemoine\nsans mièvrerie.\nA Limoges, la Société Philharmonique poursuit son œuvre de vulgarisation méritoire\nmais a le tort d'intercaler entre les diverses parties de la ire symphonie de Beethoven\nplusieurs morceaux peu beethovéniens. Mme Marie Robert fait un tour de force en sachant\nfaire apprécier par un public ordinairement indolent quatre mélodies de Moussorzsky.\nArrivons à Bordeaux. La Ste Cécile clôture brillamment sa saison sous la\ndirection de Bùsser et avec le concours de Capet et du harpiste Jandelly. Les musiciens\nbordelais sont d'une activité inlassable : Prof. Gaspard, MM. Lespine et Falcon (sonates\nmodernes) le violoniste Jostz... Pau voit arriver (pas en aéroplane) le meilleur de l'Opéra\nComique, de l'Opéra et de la Monnaie porteurs des partitions de Mme Butterfly, Werther et\nLohengrin. Toujours même succès pour les Concerts Classiques.\nA Lyon, enfin, la Société Lyonnaise de musique ancienne donne un concert avec le\nconcours de MM. Amédée Reuschel (clavecin), Maurice Reuschel (viole d'amour et violon),\nAlexis Ticiec (viole de gambe), MUe Henriette Porte (chant) ; Couperin, Lully, Rameau,\nBach, Hândel sont interprétés avec finesse par des artistes qui les comprennent et qui\nles aiment.\nMais voilà un long voyage ; regagnons Paris et attendons le mois prochain pour constater\na nouveau la vitalité de la musique en province."}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.98", "texte": "SOCIETE MUSICALE INDEPENDANTE\nil, RUE BERGERE\nPARIS\nTéléphone 234-31\nt\n»\nsr\nS's—\nmmm:\n$\nCi\nii, RUE BERGERE\nPARIS\nTéléphone 234-31\nEXTRAIT DES STATUTS\n\nART. I. Une Société est formée sous le nom\nde Société Musicale Indépendante entre\nles soussignés qui en composent le\nComité et tous ceux qui, par la suite,\nadhéreront aux présents Statuts.\nART. 11. Le siège de la Société est à Paris,\nil, rue Bergère.\nART. 111. La Société a pour objet de faire\nconnaître par l'exécution, les oeuvres de\nla musique moderne, française ou étran-\ngère, éditées ou non, sans aucune ex-\nception de genre, ni de style.\nART. IV. La Société comprend :\ni° Des Fondateurs, ayant versé à titre\nde don une somme minimum de 500 fr.\n20 Des Sociétaires, versant une coti-\nsation annuelle de 30 fr. exigible au\ndébut de chaque exercice et susceptible\nd'être rachetée par un versement uni-\nque de 300 fr.\nART. V. Tout sociétaire a le droit de pro-\nposer ses oeuvres pour l'exécution.\nART. IX. Chacun des Sociétaires aura droit\nà trois places pour chaque concert. Cha-\nque Membre Fondateur aura droit à\ntrois places réservées et à deux invita-\ntions pour chaque concert.\n\nART. XII. La Société, poursuivant un but\npurement artistique, ne pourra disposer\ndes fonds recueillis par souscriptions,\ncotisations ou dons, que pour étendre\nsa sphère d'action. Tout excédent de\nrecettes, à l'expiration d'un exercice,\nsera intégralement affecté à l'organisa-\ntion de concerts supplémentaires.\nL'administration artistique de la Société\nIndépendante est assurée par le Comité\nsoussigné, sous la Présidence effective de\nM. GABRIEL FAURÉ, Directeur du Conser-\nvatoire.\nLe Comité :\nGABRIEL FAURÉ, LOUIS AUBERT, ANDRÉ\nCAPLET, ROGER DUCASSE, JEAN HURE,\nCHARLES KOECHLIN, MAURICE RAVEL,\nFLORENT SCHMITT, EMILE VUILLERMOZ.\nSecrétaire général : A.-Z, MATHOT.\nEnvoyer les adhésions, les souscriptions, les\nmanuscrits et les demandes d'exécution au Se-\ncrétariat général de la Société, n, Rue Bergère.\nTéléphone 234-31.\n\nLes prochains concerts auront lieu SALLE GAVEAU aux dates suivantes :\n12me concert î 24 Avril\n13me concert : (sans noms d'auteurs) 9 Mai\n14me concert : (orchestre) 23 Mai."}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.99", "texte": "Administration de Concerts A. DANDELOT\n83, rue d'Amsterdam, Tél. 113525\n\nSALLE GAVEAU, 45, RUE LA BOETIE\nVENDREDI 28 AVRIL, LUNDI 1 MAI, SAMEDI 6 MAI, LUNDI 8 MAI\nà 9 heures du soir\naamm\n\nSALLE ERARD, RUE DU MAIL\nJHUDI 11 MAI 1911, à 9 heures précises\n\nSALLE DES AGRICULTEURS, 8, RUE D'ATHÈNES\nMARDI 16 MAI 1911, à 3 heures précises de l'après-midi\nRÉCITAL DE CHANT\nDONNÉ PAR MME\nLU LA MYSZ.GMEXNF.R\nAVEC LE CONCOURS DE\nRudolf Gmeiner et de Alfred Casella"}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.100", "texte": "THEATRES ET CONCERTS\n93\n\nMONUMENT CHABRIER\nElevé nous les auspices de la Revue régionaliste La Veillée d'Auvergne, il sera inauguré à\nmbert (Puy-de-Dôme) en Septembre 1911.\nLe monument consiste en un buste en bronze, fondu d'après l'original exécuté par\nConstantin Meunier ( cet original a été offert par M. André Chabriei) et reposant sur un\nde dont le sculptural a été confié au sculpteur Vaury.\nLes fêtes d'inauguration seront présidées par M. Dujardin-Beaumetx.\nAjoutons que les souscriptions destinées à couvrir les frais de ce monument sont reçues\niez M. Enoch, 27 Boulevard des Italiens et aux bureaux de la Vallée d'Auvergne,\n:8 Rue Jacob.\n\nBelgique\nLa saison s'achève, sans vif éclat, surtout à notre point de vue belge. Sans doute, jamais\neut-être autant d'auditions ne furent organisées : mais nous sommes au règne du mercantilisme\n:du bluff. Les compositeurs belges tentent, quand même, un geste de défense. Il n'est point\nirvenu encore à réveiller l'âme engourdie. La voix profonde de notre art ne s'écoute plus,\nans le désert de la Cité. Parlez de la Musique belge : on sourit, on feint d'ignorer ses forces\nlujours vives et jeunes. N'a-t-011 pas vu récemment tel directeur d'un théâtre subsidié\nrétendre net que nos musiciens sont incapables de créer œuvre viable à la scène (c'est à\nre œuvre de gros rapport !)... Il faut, ma foi, reconnaître que l'expérience leur a manqué,\nîque le public n'a guère pu juger de leur savoir-faire, depuis bientôt dix ans !\nTandis que les virtuoses, petits et grands, se donnent carrière, les traficants nous offrent\nattristant spectacle de leurs querelles intéressées. Ils osent se réclamer de l'Art chacun\nievant son coffre-fort de l'Art qu'ils méprisent et vendent. Mais les éloges d'une presse\nénale, les compliments balourds d'artistes qui se devraient, et à leurs œuvres, une attitude\nus orgueilleuse, ne réussissent pas à donner le change. Qu'importent, après tout, les trahisons\nlies palinodies : la vraie gloire est à ceux qui travaillent pour l'Avenir.\nParmi les nombreuses séances dont nous avons pris tâche de signaler ici les plus\narquantes, bien peu furent révélatrices ou même simplement de nature à susciter un\nathousiasme. Auteurs, interprètes attestent généralement beaucoup de métier, mais une\niplorable sécheresse de cœur. D'autre part, les dilections des snobs, stylés par la critique, vont\nux acrobates et aux farceurs. J'al\\ sur ma table de travail, une montagne de programmes,\négants d'ailleurs, ornés pour la plupart d'agréables figures. J'en détacherai, tout d'abord, la\n■odeste feuille me rappelant la deuxième séance de la Société Nationale des Compositeurs belges\nancien groupe). Elle porte les noms de Jaspar, Mawet, Gilson, Moulaert, Wilfords et Gresnick\n•ompositeur belge du 18e s.). Madame Fassin, cantatrice, Mtre Laenen, pianiste, MM. Dant-\n-nberg, corniste, Brosa, violoniste, y prêtaient leur concours. Ils firent apprécier des mélodies\nPressantes de M. Jaspar (dont nous reparlerons), une Fantaisie pour cor du même, rêverie sous"}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.101", "texte": "94-\nS. I. M.\n\nbois, interrompue par la chasse ; un air de Gesnick, quelques lieder sur des poèmes délicats de\nVerlaine, du toujours distingué, tendre et sincère mélodiste Lucien Mawet. La Petite Suite de\nPaul Gilson est une charmante œuvrette. Nocturne surtout nous séduit. Cette page émue évoque\nla nuit silencieuse, calme et grave, où les étoiles, mélancoliquement, se penchent vers les bois,\ndans l'onde noire d'un étang où voguent, pâles clartés voyageuses, des cygnes... Des visions\ntristes et douces, angoissantes aussi, parfois, envahissent le songe : une voix chante. De Ray,\nMoulaert, les Variazoni quasi sonata retinrent déjà notre attention. Ces pages, où une person-\nnalité peu sûre d'elle-même encore dans le choix des moyens, se cherche avec sincérité,\ncontiennent un Andante large et beau, de structure puissante, de haute élévation, de grande\nligne, et digne, par la forme concentrée, de l'épithète classique.\nMathieu Crikboom nous a offert aussi quatre séances remarquables. Ce violoniste, au\nstyle parfait, d'élégance, de finesse, de distinction aristocratiques, virtuose impeccable\nn'occupe pas, nous semble-t-il, malgré sa très brillante carrière mondiale, la place qu'il mérite,\ndans la littérature musicale de l'époque. Les astres en feu du ciel de l'art ont le défaut de\nnuire au rayonnement plus discret, mais non moins lumineux et splendide, des modestes\nétoiles. M. Crickboom nous apparait artiste sincère son jeu sobre, bellement sonore ; sa compré-\nhension, sa conscience, sa chaleur de sentiment révèlent une esthétique profonde et une vitalité\nexceptionnelle. Ses concerts lui furent l'occasion d'un nouveau succès que nous notons avec\nun réel plaisir.\nLe cinquième concert Isaye amenait au pupitre Elgar, et le maître E. Isaye lui-même,\nM. Gérardy, soliste, qui nous revient des Amériques, joua le concerto pour violoncelle et\norchestre de M. J. Jongen, œuvre bien faite, mais sèche un peu. Quant à la symphonie d'Elgar,\nc'est une œuvre admirable tout simplement, conçue, réalisée en dehors des écoles. L'orchestre,\nsous la direction de l'auteur, fut homogène, et fervent.\nOn nous annonce la troisième séance des Compositeurs belges, avec au programme : Lekeu,\nJongen, Lebrun, Wambach, Eekhautte, Mestdag, Samuel (Léopold) et Freniolle, le\n6e concert Isaye, avec le concours du grand virtuose, des récitals de piano : Jean Jansens,\nRamon Soria, Mme Egçermont Robba, etc. Compte-rendus au n° prochain.\nR. L.\nSalie Astorias, le baryton italien Giuseppe Guisto, charma la plus brillante assistance, à ses\nroulades napolitaines, le pianiste Charles Henusse, avec grand art, joua l'lmpromptu de\nSchubert et le mauve Clair de Luuey des meilleures impressions de Debussy. A la Schola\nMusicale le concert donné à l'occasion de la remise des diplômes aux lauréats des derniers con-\ncours fut l'occasion, pour cette bonne institution, de faire apprécier son enseignement. Les\nélèves exécutèrent remarquablement le programme consacré à Hândel, Mozart, Saint Saens,\nLizst, Delibes et Gounod. Salle Erardy Mme Thiery-Merck s'est fait entendre avantageu-\nsement dans un récital éclectique. —A la Grande Harmonie, MIIe G. François et Miss Gladys\nMay ne, élevés de G. de Greef ont révélé de sérieuses qualités. Madame la Comtesse de\nScharbek, la distinguée cantatrice polonaise, accompagnée par Jean Hure, a trouvé le succès\nhabituel, à son récital.\nM. Joseph Lefebure compositeur gantois bien connu entreprend une tournée consacrée\na 1 exécution de ses œuvres de musique de chambre. Nous recommandons chaleureusement ce\nmusicien aux organisateurs, aux sociétés, aux amateurs.\nA Fierviers, Mlle Marthe Lorrain, cantatrice et Maurice Jaspar, pianiste, avec le concours\nde Mlle A. Cholet, violoniste, Mr Camille Vranken, violoncelliste, et Ch. Delchevalerie\nhomme de lettres, ont donné une séance consacrée à Albert Dupuis, avec le plus vif succès."}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.102", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n95\n\nNécrologie, L'éminent directeur de Conservatoire de Liège, M. Théodore Radoux,\nfient de mourir. Il était né à Liège en 1835. Prix de Rome en 1859, il fut nommé directeur\n• en 1872. Parmi ses principales œuvres ; citons: representee en\n[BB2, Caïn,un poème lyrique ! Patrin, le Festin 1 etude sur etc.\n\\f. Radoux était membre de l'Académie de Belgique depuis 1874.\nGAND. Grand succès pour le Till Eude Richard Strauss au 2 concert\nd'abonnement du Conservatoire royal. M. Mathieu a eu l'heureuse idée de jouer\nl'œuvre, dont l'originalité et l'humour n'en furent que mieux appréciés. .\nAu 4e concert d'hiver, M. Brahy a fait applaudir l'admirable Dante-symphonie de Lizst, la\nlapsodie norwèglenne de Lalo, etc. Le beau contralto de Mme Raveau a été goûté, quoique\nl'articulation et la prononciation laissent à désirer.\nNotons les concerts donnés par les pianistes Jules Firquet, doué d'un mécanisme remar-\nquable, et Ohpélie Vertroost, talent distingué et aimable, ainsi que la causerie de M. Mathieu\nsur les opéras de Mozart, avec le concours d'un joli soprano très sopranisant, M Cecil Lriey.\nPAUL BERGMANS.\nLIÈGE. Grand succès pour Kreisler, qui s'est fait entendre dans le Concerto de\nBeethoven au troisième Concert Debefve.\nA l'Œuvre des Artistes, M. René Lyr a fait une très attachante causerie sur les jeunes\nmusiciens belges, illustrée d'exécution de M™ Fassin, MM. Jaspar et Vranken ; la meme\nsociété a apporté tous ses soins àla \" Célébration Grétry soiree fort reussre donnée a 1 occa-\nsion de la reconstitution prochaine de la maison natale du maître. ...\nLe premier concert de la Société Bach a obtenu un succès sur lequel je ne puis insister,\nayant dirigé cette séance : l'intérêt montré par le public pour les œuvres instrumentales des\nplus sérieuses qui la composaient est d un bon augure.\nM. Maurice Jaspar dirigea au Conservatoire une audition Mendelssohn et M. Loui\nLavoy fit entendre en un récital la meilleure partie de l'œuvre d'orgue de César b ranck.\nDR. DWELSHAUWERS.\n\nEtranger\nMUNICH. Résumer en quelques pages quatre mois de la vie musicale de la ville\nd'Allemagne où, immédiatement après Berlin, elle est la plus exubérante, n est pas chose\naisée Te demande l'indulgence pour la nomenclature assez sèche qui va suivre. La moyenne\ndes concerts es. à Berlin de 7 à 8 par soir; à Munich de 4 à 5- La sarson, commencée\npresque aussitôt après le festival français, a été du reste et sera, dit-on, 1 une des plus\nsantés que nous ayons eues depuis longtemps. Je vais essayer de grouper autant que possible,\npar auteur et par maisons» les nouvelles essentielles.\nAu Kclrwerein,c'est le grand triomphe du cycle Bruckner avec M. Ferdinand Lcewe\nle vrai spécialiste du Maître qu'il a aimé, fréquenté, appuyé avant personne édité etu\nioué mieux que personne. Nous en sommes a la Quatrum, Symphmit, et décidément il se\ndémontre que le génie du musicien veut qu'on passe outre toutes les critiques que Pai is, ces"}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.103", "texte": "96\nS. I. M.\n\ndernières années, s'est appropriées, identiques à celles de l'Autriche d'il y a vingt ou trente ans\nPour nous, vivant en Allemagne et nous efforçant de comprendre les choses du point de vue\nallemand, la cause est entendue. Là où l'on a dit nous disons\nappliqué,et nous constatons la réalisation d'une forme cyclique différente de celle de Franck\nmais aussi fortement organique. Bien plus, nous prétendons qu'entendues aussi souvent que\ncelles de Beethoven ou de Brahms, ces symphonies sont aussi fécondes en surprises et en\nenseignements, et nous constatons avec joie qu'elles sont la moelle substantifîque de la génération\nmontante. Il faudra donc compter avec elles de plus en plus. Les soi-disantes fautes de goût\nde mesure, sont inherentes non à Bruckner, mais à l'Allemagne toute entière : il resterait donc\nà établir si elles existent véritablement, le goût du voisin ayant autant de chances d'avoir sa\nraison d etre que le mien, et la question des goûts et des couleurs restant en somme à tout\njamais îeservee pour les gens sages, qui ne croient à aucun absolu réalisable sur cette terre. Si\nfaute de mesure il y a, du moins n'y a-t-il jamais faute de proportions. Enfin les \" intermina-\nbles recommencements\", le \"Bruckner-Sisyphe\" des critiques d'antan, finissent par apparaître\nce qu ils sont vraiment, de grands ensembles décoratifs musicaux. Tout cela, qui est du domaine\nde la discussion, importe du reste assez peu. L'essentiel est que nous soyons émus, empoignés\net surtout eleves par cet idéal tant bafoue, d un chrétien, d'un Autrichien et d'un naïf, qui se\ntrouve avoir ete 1 un des plus solides, des plus grandioses constructeurs qui aient jamais existé.\nEt je conseille a doute des triomphes qu'on peut remporter avec de telles œuvres, auprès\nd un public musical d elite, qui n a rien à voir avec celui d'été, simplement de prêter l'oreille\nau bruit qui piovient de ces Lundis de M. Ferdinand Lœwe. La tentative était plus hardie\nque de produire n'importe quelle nouveauté de Delius, de Schoenberg ou des vôtres. Il est\ndésormais prouve que 1 on peut sans indigestion se repaître de Bruckner en bloc, toute une\nsaison au même titre que du plus grand classique.\nA m™e public a pas mal sifflé la Première de Mahler, la plus dangereuse, plus\nmeme que la Cinquième, dans certaines salles. Nous qui applaudissions, c'était de ce que\nM. Lœwe nous 1 eut donnée ; mais nous ne faisons aucune difficulté à déclarer que, s'il est\n1 homme de Bruckner, de Brahms et de Beethoven, il n'est pas celui de Mahler. Au surplus\nne le donne-t-il que par devoir ou acquit de conscience. Qu'il y renonce désormais! Il a mieux\na faire que de lutter contre sa conviction et son tempérament : on sent trop que l'amour n'y\nest pas. Or si cette musique ne peut guère se passer de la nervosité et des saccades frénétiques\ndes chefs d orchestre formés par Mahler, elle ne saurait encore moins se jouer sans feu et sans\namour. C est pour ces raisons justement que la Quatrième symphonie, avec M. Goehler, a connu\nun véritable triomphe : Quant aux Lteder d avec Mottl et Mme Preuze\nMatzenauer ce fut bouleversant. Vraiment on a beau jeu de parler de mégalomanie ou de\nmusique juive en presence de telles œuvres ! Jaillies tout droit du cœur, elles vont tout droit\nau cœur, eU etrangete de la première minute passée, elles apparaissent, simples et sincères à\nun point qu aucun musicien depuis Schubert n'avait atteint.\nLa révélation de M. Adolphe Schoenberg, d'abord par les solistes du avec\nSex uor J erklarte Nacht (impossible d'interpréter autrement que Des tenèbres à la lumière\nun mot a mot qui donne Nuit transfigurée) ensuite par le groupe Rosé de Vienne, avec les\nm'e^d^Malile\"3 reCCnteS' a lévénement important pour Munich, depuis le VIIIme Sympho-\nNous nous tiouvons en presence d un admirable tempérament musical, capable des plus\ngrandes choses dans des données à peu près normales, à preuve les opus 4 et 7, et nui\npeu a peu, par la force-meme de son développement logique, en arrive à rejeter par dessus\ntoute entrave tonale et a se développer dans un chromatisme, fluide et versicolore, où le"}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.104", "texte": "THEATRES ET CONCERTS\n97\n\npublic munichois, encore que prévenu, a paru perdre pied un peu trop facilement. Les profes-\nsionnels se sont fâches tout rouge. Mes dix années de vie bavaroise ne m'avaient encore jamais\nréserve un spectacle aussi désolant que celui de cette salle pendant l'héroïque exécution de\n\\op il {Trois morceaux de piano),par la conviction courageuse de Mlle Etta Werndorff. Pour\nla première fois en Allemagne, j ai vu une salle non\niy, intimidation a l égard de qui désirait y parvenir.Je ne prétends pas, pour ma part, avoir\npénétré de prime abord tout le mystère et la sombre fascination de l'op 10, quatuor avec chant\naux deux dernières de ses parties, (soliste Marie Gutheil Schoder, s'il vous plaît) ; mais aussi\nvrai que le Festival français ne nous a rien apporté de nouveau, nous avons senti là, non\ncomme on 1 affirme, une divagation anarchiste voulue, mais l'entraînement d'une sincérité\ndans des voies qui mènent tout droit vers des contrées inconnues, où la beauté nouvelle forcé-\nment nous attend. Nous sommes là quelques-uns, prêts à nous porter garant qu'il ne ment\npas et ne joue pas a 1 Erostrate, le Maître de tant de si profondément sentis et du\nmagnifique, formidable op \"jen un seul morceau. M. Schœnberg n'est pas le novateur-\ndestructeur, que l'on veut bien dire, mais simplement l'homme \"qui a lu plus avant ce jour\n1a... Je sens en lui un de ces maîtres dont l'œuvre de l'esprit est inséparable de l'œuvre de\nl'âme et meme de la chair, et il m'étonnerait fort que la génération suivante ne trouve pas\nen ces musiques, si redoutables aujourd'hui, ce quelque chose de profondement humain et de\npoignant que j'y ai entrevu à certains tournants. Les pays de mon choix parce que j'ai l'heur\nde m y plaire ne seront jamais ceux de l'impassibilité voulue, de l'objectivisme musical.\nDe l'activité de M. Paul Prill je me vois forcé à mon grand regret de ne retenir que la\nbelle symphonie de M. Sgambati, dédiée à la reine Marguerite d'ltalie. Il faudrait la rappro-\ncher de celle charmante, fa majeur, de Gœtz que M. Mottl a exhumée. Elle porte sa date et\nmême la marque d'une étude raisonnée des symphonies de Brahms, mais s'il fallait prouver\nqu'on peut être, de nos jours aussi, italien avec un grand cachet de distinction, je citerais\nd'emblée cette œuvre, sereine et délicate, que notre temps peut méconnaître, mais qui n'en a\npas moins sa place marquée dans la production symphonique du dernier quart du dix-neu-\nvième siècle.\nJanvier 1911. WILLIAM RITTER.\nTURIN. I. LA MUSICALITÉ PIÉMONTAISE\nPourra-t-on jamais déterminer la marche et la durée de certains préjugés dont naturelle-\nment on ignore l'origine, et n'y a-t-il pas pour les pays comme pour les individus de curieuses\ndestinées qui agissent pendant des siècles au détriment des populations ?\nTel est précisément le cas de la \"musicalité Piémontaise.\" La petite région au pied des\nAlpes est la terre qui a alimenté plus constamment le sentiment de la liberté nationale, qui a\npréparé l'unité de l'ltalie, qui a raffermi à chaque époque les plus émouvantes traditions de\npatriotisme. Mais combien de fois on a écrit que le nom de Piémont signifiait vertu civique,\nforce, fidélité, héroïsme, mais qu'en fait d'art et de lettres le berceau de l'unité Italienne\nn avait jamais pu s'élever au niveau de beaucoup d'autres provinces sœurs ?\nIl faut déclarer que malgré de telles déclamations peu d'injustices ont été si frappantes :\ntoutes les formes du Beau en effet ont été comprises et appréciées en Piémont, et dans la\nSavoie (qui n'a formé qu'une famille seule avec le Piémont jusqu'au 1860), toutes les nobles\nexplications de l'esprit ont été acceptées et admirées et appuyées, tous les artistes ont été\nreçus avec empressement et avec la plus large hospitalité par les Princes de la Maison de\nSavoie et par les familles Seigneuriales depuis le Moyen Age. C'est le côté extérieur, c'est"}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.105", "texte": "98\nS. I. M.\n\npour ainsi dire la mise en scène qui quelque fois a fait défaut chez les Piémontais, dont le\nnaturel est aussi franc que rude, et qui n'ont en général pas la facilité de parole communica-\ntive d'autres confrères italiens, c'est le caractère septentrional du pays, peu souriant en général\nqui comme décor ne favorise pas les reliefs des monuments, c'est le milieu enfin qui n'est\npas toujours favorable aux impressions momentanées mais ce n'est pas le goût ni l'amour\npour les manifestations artistiques qui ont manqué en aucun temps à nos aïeux. Les\nterres Piémontaises sont parsemées d'églises, de sanctuaires qui gardent des chefs-d'œuvre de\nmaîtres tels que Defendente et Gaudenzio Ferrari qui a rivalisé avec Raphaël, les trésors\ndu Moyen âge se trouvent partout, les châteaux ont une importence architecturale de premier\nordre, l'Université de Turin a été une école de réputation Européenne, les Académies scienti-\nfiques, littéraires, artistiques ont tenu une place fort remarquable, Bref : dans aucun temps,\nl'art de la guerre dans lequel les Piémontais ont excellé n'a rien ôté aux arts de la paix.\nLa musique pour son compte n'a jamais été dédaignée, elle a suivi le développement social,\nelle a été l'apanage de la partie intellectuelle, elle a été soigneusement cultivée surtout dans le\nmilieu des familles nobles, qui accueillaient, fêtaient, entouraient de milles égards les artistes\net les poëtes, et personne n'ignore comment le Tasse a été, d'après son témoignage, reçu à la\nCour de Savoie. De la Provence surtout les troubadours et les maîtres de chapelle migraient en\nSavoie, s'éparpillaient dans le Piémont, y lançaient leurs couplets, leurs refrains romantiques,\nleurs histoires d'amour, et aussi leurs compositions d'église, inspirées en général plus par l'école\nflamande que par le style italien : le commerce artistique était plus actif avec la région des\nGaules qu'avec les maisons princières de Lombardie et de Vénétiequi entretenaient cependant\ndes musiciens en quantité.\nUn fait assez singulier est que ni les questions rélatives à la musique d'Eglise ni le mouve-\nment qui s'est déclaré à la suite de la Gamerata dei Bardi n'aient été guère sensibles en\nPiémont et en Savoie. A la vérité les recherches sur la musicalité Subalpine avant le\nXVII siècle et dans ce siècle n'ont pas donné de résultats essentiels : les documents que les\nArchives nous offrent ne sont pas nombreux et manquent de précision et de détails. Avec une\nlarge érudition et une patience de Bénédictins deux historiens, M. François Rabut, qui était\nil y a une trentaine d'années professeur à Dijon, et le général Auguste Dufour ont étudié\nl'argument dans un beau volume. [Les musiciens,\nSavoie du XIII au XIX siecle-Chambèry 1878). Mais de tout ce que les savants auteurs ont\namassé nous ne pouvons pas conclure à une notion exacte du mouvement artistique, ni nous\nrenseigner sur le naturel intime musical des habitants.\n11. LE CHANSON POPULAIRE\nIl faudrait étudier les chansons passées et les mélodies qui fleurissaient chez le peuple, ou,\npour mieux dire il aurait fallu les étudier il y a quelque dizaine d'années lorsque l'élément\nd'origine, quoique ayant subi le contact des invasions successives était encore connaissable à\ntravers les dérivations. Mais à présent la besogne est beaucoup plus difficile, car à partir de\nla première moitié du XIX siècle le Piémont a vu une immensité d'agglomérations d'émigrés\ndes autres régions d'ltalie qui sont venus former la grande famille nationale, qu'on a reçu à\nbras ouverts et qui ont apporté de nouveaux éléments rythmiques, de nouveaux types de chants,\ntoute une flore musicale différente de la loca le. La napolitaine, la véni-\ntienne, le stornello de la Toscane, la canzone lombarde ont gagné chaque jour de sympathie et\nd'importance en Piémont, la monferrina,la scianf ërla, la et les autres formes originaires du\npays perdirent de plus en plus le terrain au point d'avoir presque disparu. Dans les montagnes,"}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.106", "texte": "LA CINQUIÈME FÊTE DE LA MUSIQUE CATALANE\nau Paiais de la Musica a Barcelone."}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.107", "texte": "TROIS CHANSONS POPULAIRES CATALANES\nexécutées à la fete de"}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.108", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n99\n\ndans des endroits reculés au temps des fenaisons, dans les plaines à l'époque des vendanges,\nen quelque village éloigné vers Noël on trouvera encore quelqu'écho de strophes aborigènes\nd'allure originale, mais le peu qui reste va être englouti par le mouvement des touristes,\net par cette tendance à centralisation qui souvent n'a rien à voir avec la civilisation mais qui\nest néfaste pour la couleur locale.\nArmé de grande patience et d'une vive perspicacité, un fokloriste attentif a essayé il y\na plus de six lustres de fixer quelques-uns des moments musicaux du peuple Piémontais.\nEt dans une étude devenue extrêmement rare, a relevé une une\nune berceuse,une espèce de fabliau en style de cantique, une et des\n\" empreintes d'une naïve et délicieuse rusticité!\" Malheureusement M. Edmond Van der\nStraeten dans ce mémoire {Turin Musical Audenarde, Imprimerie Bevernaege van\nEeckaute 1880) n'a pas reporté les mélodies, qu'il avait selon toute probabilité notées, et qui\négarées dans ses papiers dispersés après sa mort se seront perdues ; nous ne pouvons donc plus\navoir d'idée de cette trouvaille, ces \"joyaux mélodiques\" déjà si maltraités par le temps,\nn'existeront plus dans une forme appréciable. Quant aux compositions déclarées Piémontaises\ndans quelques textes (comme par exemple dans le opuscule curieux de\nT. B. Hullin \" professeur de danse et de musique à Paris \") il s'agit simplement de pont-neufs\nles plus anodins, les plus filandreux, les plus insipides qui se puissent entendre.\nLe Piémont a produit assez de poëtes qui se sont servi du patois pour\npour tous les malheurs,et aussi pour la satire et la plaisanterie :le Père Isler, par exemple, en\n1700 a laissé une suite de chansons d'une banalité grossière qui ne les a pas empêchées de\ndevenir populaires, mais le Docteur Calvo, le véritable Tyrtée du pays, et Brofferio patriote\nde premier ordre ont largement racheté la dignité de la Muse Piédémontaine. Les chants de\nCalvo et surtout de Brofferio sont encore vivants dans la bouche du peuple : cependant les airs\nsur lesquels se déroulent les couplets sont en général des dérivations de motifs d'opéras et n'ont\nrien de caractéristique régional.\nA l'état actuel, l'authenticité Piémontaise mélodique des chansons que l'on entend est fort\nrare : parmi les échantillons j'en citerais deux, pour ainsi dire de genre\nprày Antoine, l'âne est dans le pré, et Umerlo Va pers lu coua, le merle a perdu la queue) et une\nplus moderne et patriotique {Noï soma i fieni d'Giandouia, Nous sommes les enfants de Jacques\nde la douille). Mais le riche écrin a désormais perdu une grande partie de ses bijoux : et\nl'insouciance des contemporains malheureusement contribue à effacer complètement le peu qui\nreste des précieux souvenirs du pays.\nIppolito Valetta.\nBARCELONE. Nous avons eu, tout dernièrement, la Cinquième\nlMusica Catalana. Ainsi que j'ai dû le dire ici même, cette fête a été créée par YOrfeô\nCatalà. Elle est à la Musique ce que les Jeux Floraux sont à la Poésie. C'est, en somme,\nun véritable concours musical dans lequel tous les compositeurs catalans sont conviés. On\nadmet toute sorte de compositions musicales : chœurs, quatuors, recueils de chansons\npopulaires, etc. La dernière Festa a été, ainsi que les précédentes, extrêmement brillante.\nLa belle estrade de YOrfeô offrait un aspect vraiment superbe. Comme toujours, toutes les\nautorités, ainsi que toutes nos principales associations, avaient été invitées. Outre le Jury de la\nFête, la direction de YOrfeô et les choristes, tous, de YOrfeô Català, on voyait, donc, sur\nl'estrade, des représentants du Conseil Communal, du Conseil Provincial, de Monseigneur\nl'Evêque, de 1' \" Ateneoßarcelonês\" \" Lliga Re\" Unw Catalanista\" \" Associacio'\nMusical,\" etc. On entendit, d'abord, les discours de M. Cabot, Président de de\n\n8"}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.109", "texte": "100\nS. I. M.\n\nM. Martinez Imbert, Président du Jury, et de M. Francesc Pujol, Secrétaite du Jury, qui fit\nune critique très sérieuse des compositions reçues. Puis, M. Vidal commença la lecture des\nnoms des compositeurs lauréats. Ce fut M. Joan B. Lambert qui gagna la Il\nnomma, donc, la Reine de la Fête.\nVoici, maintenant, le nom des compositeurs lauréats :\nM. Joan B. Lambert gagna, ainsi que nous l'avons dit, la Fleur naturelle.\nM. l'Abbé Romeu : prix offert par Monseigneur Cortés.\nM. R. Villar (quatuor pour instruments à cordes) : prix offert par 1' \" Ateneo Harcelants.\"\nM. J. Maso (recueil de chansons populaires), Mlle Pilar Roca (recueil de chansons popu-\nlaires) : prix offert par le \" Centro Excursionista de Catalunya. \"\nM. J. Cumellas (Recueil de Lieder originaux) : prix offert par la \" Lliga Reglonalista. \"\nMr. C. Sadurni (trois mélodies) : prix offert par 1' \" \"\nM. l'Abbé M. Virïas (composition chorale) : prix offert par \" Quelques amateurs de la\nmusique catalane. \"\nM. F. Fornells (transcriptions en notation moderne d'un grand nombre d'anciennes com-\npositions catalanes) : prix offert par la maison éditoriale Dotesio.\nM. J. Sancho Marraco, M. J. Cumellas (chansons populaires harmonisées) : prix offert\npar les choristes de YOrfeô Català.\nMM. F. Brunet, A. Gelabert et A. Perez gagnèrent, enfin, quelques prix également.\nUOrfeâ Català chanta, il va sans dire, quelques-unes de ces compositions et il y en eût\nune [Canço de breçol Berceuse —de la Province de Tarragona) d'un bel qui\nplut tout particulièrement à Madame Wanda Landowska !... Lopez Chavarri n'ayant pu\nassister à la Fête on lit son vibrant discours et, pour terminer, on chanta, comme toujours,\nun hymne catalaniste que YOrfeô a rendu populaire ! Une belle et noble fête, en somme,\ndans laquelle tout fut beau : musique, discours, décors, toilettes !... Ai-je besoin d'ajouter\nque grâce à ces fêtes, que YOrfeô Català eut la bonne idée d'organiser, on doit à bien de nos\ncompositeurs des pages qu'ils n'auraient peut-être jamais écrites ?\nF. LLIURAT.\nMALAGA. La vie musicale en Andalousie est peu intense, à en juger seulement\naux signes extérieurs où se reconnaît communément cette activité.\nLes représentations lyriques, outre qu'elles sont peu fréquentes et généralement médiocres,\nsont peu instructives parce qu'on y ressasse toujours la même musique, propice uniquement aux\nacrobaties vocales des \" divi \" ou demi-\" divi \" aimés de nos publics. Il y a quelques années,\nl'école vériste imposa ici, comme partout, le clinquant de son pseudo-réalisme ; plus tard, la\nmusique \" digestive \" des \" Veuve Joyeuse \", \" Rêve de Valse \", etc., est venue aggraver encore\nune situation qui serait mauvaise partout, mais qui devenait ici particulièrement détestable\nparce que notre public a manqué, jusqu'à une date toute récente, du contrepoids nécessaire : je\nveux parler des concerts de musique pure.\nUn musicien de notre ville, qui est, en même temps qu'un brillant pianiste, un homme\nd'action, a entrepris de combler cette lacune. Par sa volonté tenace, par ses efforts inlassables,\nM. José Barranco, dont le nom est familier à bon nombre d'artistes éminents, a su réaliser ce\nmiracle d animer d'une vie nouvelle le corps expirant de notre Société Philharmonique, dont\nle Bureau lui a, il convient de le dire, prêté un appui résolu. C'est donc grâce à\nM. Barranco que nous avons pu applaudir, depuis l'année dernière, des artistes tels que les\npianistes Malats et Granados, le violoncelliste Antonio Sala, le savant et délicat guitarriste\nMiguel Llobet, le quatuor à cordes Telmo Vela, dont le chef, renonçant pour un temps à la"}, {"page_pdf": 110, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.110", "texte": "DÉSIREZ-VOUS CONNAITRE L'ADRESSE\n'une Maison donnant en LECTURE non seulement de\nMusique Française\n\nMAIS ÉGALEMENT ET SURTOUT\nToute la Musique Etrangère\n\nET\nPartitions\nMÊME DES\nd'Orchestre\n\nADRESSEZ-VOUS A\nM. 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Premier recueil, n° i à 7.\nLe recueil complet 6.00\nSéparément :\nN° 1. Bonjour mon cœur (RONSARD) 2.00\n~ 2. Mignonne, allons voir (RON-\nSARD) 1.50\n„ 3. Sonnet pour Marie (RONSARD) 1.50\n~ 4. Terre, ouvre-moi (RONSARD) . 1.50\n„ 5. A vous, troupe légère (J. DU\nBELLAY) 1.75\n„6. Chanson (RONSARD). . . . 1.50\n» 7» Quand je te vois (RONSARD) . 1.50\n(Op. 91) Deuxième recueil n° 1 à\n6, le recueil complet.... 6.00\nSéparément :\nN° 1. Tristesse (A. DE MUSSET) . . 1.75\n~ 2. Extase (V. HUGO) . . . . 1.50\n~ 3. La Nuit (E. BUSSY) . . . . 1.50\n„4. Menuet (F. GREGH). . . . 1.50\n„ 5. Fuite de Centaure (J. DE HE-\nREDIA) 1.75\n„ 6. Chanson (Th. GAUTIER) . . 2.50\n(Op. 104). La Jeune Tarentine . . . 3.00\n(Op. 94). Lieder (Texte français et\nallemand). Traduction fran-\nçaise de MME CHEVILLARD . .\nI. Berceuse 1,25\n11. Gretchen 1.75\n111. Un astre tombe . . 1.50\nIV. Chacun, voyant ma\npeine 1.50\nV. Adieu 1.50\n(Op. m) N° 1. Les Trois fils d'or\n(LECONTE DE LISLE). . . . 1.75\n(Op. 112) N° 2. Plaintive Tourte-\nrelle (TH, GAUTIER) . . . 1.75\n(Op. m) Troisième recueil, n° 1\nà 7. Le recueil complet. . . 6.00\n\nA.Z. MATHOT, ÉDITIONS LITTÉRAIRES ET MUSICALES\nii, RUE BERGÈRE, PARIS"}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.112", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\ni°3\n\nmusique de chambre, fait actuellement applaudir à Paris son jeu exact et vibrant et son exquise\nmusicalité.\nPlus récemment, deux auditions particulièrement suivies nous permirent d'acclamer la\nvirtuosité impeccable et le jeu délicat, élégant, sobre et fin du violoniste Fernandez Bordas,\nl'ami et le commentateur de Sarasate, et celui, infiniment varié, généreux, opulent, tumultueux,\npuissant et magnifique de M. Harold Bauer, dont l'Erard vibra comme un merveilleux\norchestre.\nLes séances suivantes ne furent pas moins brillantes ; je diffère jusqu'à une prochaine\nchronique d'en rendre compte parce que je tiens, pour compléter l'esquisse de la situation\nmusicale dans notre région, à dire aujourd'hui quelques mots de la musique espagnole.\nIl semblerait que le caractère si spécial et l'intensité d'expression si poignante de ses chants\npopulaires nationaux dussent appeler ce pays à tenir une place importante dans l'évolution\nmusicale du monde. Or, il n'en est rien, et chacun peut constater qu'à quelques exceptions\nprès (c'est surtout au regretté Albeniz que je pense en faisant cette restriction), la musique\nespagnole la plus universellement goûtée est due à des maîtres étrangers : Bizet, Lalo, Chabrier,\nSaint-Saëns, —je cite les premiers noms qui se présentent à mon souvenir, —alors que l'œuvre\ndes compositeurs hispaniques demeure généralement inconnue.\nCela tient sans doute à ce que l'Espagne n'a pas produit, je parle toujours en général,—\nde musiciens comparables aux grands musiciens étrangers : cependant, à côté de cette explica-\ntion évidemment simpliste et qui n'explique rien, on peut se demander s'il n'existerait pas, à\ncette situation, quelque raison profonde, que l'on trouverait peut-être dans une certaine incom-\npatibilité entre les moyens d'expression et le sens même de l'évolution générale de la musique,\net la nature extrêmement particularisée du tempérament musical espagnol. Je me propose de\ndévelopper quelque jour cette idée qui me paraît contenir une part de vérité.\nH. C.\nMADRID. En remplacement du maître Breton, M. de Roda, érudit critique musical\na été nommé Directeur du Conservatoire. Notre distingué confrère est rempli de novations, et,\nen le félicitant chaudement, nous désirons qu'il réussisse. Une nouvelle sensationnelle à\nMadrid a été d'apprendre que le jury du concours international viennois de 30.000 marks à\ndécerner au meilleur symphoniste moderne, avait distingué le jeune Oscar Eplà, tout-à-fait\ninconnu à Madrid, musicien de 24 ans résidant à Alicante. La nouvelle, publiée à grand fracas\ndans tous les journaux, est-elle exacte ? Nous espérons qu'un génie a été découvert. Au\nThéâtre Royal, apparition première et sensationnelle de Tristan et Isolde. Succès éclatant pour\nWagner et ses interprètes. Le Quatuor Frances a donné quatre beaux concerts ; le pianiste\nLarregha a ébloui l'auditoire élégant du Théâtre Espagnol, par son jeu si pur et son tempéra-\nment de Nivarrais. Enfin, à l'Athénée, le signataire de ces lignes organisa un concert\nWagnérien, avec le concours du célèbre baryton Challis, le \" Van Rooy \" américain, et du\nQuatuor Espagnol. La presse accueillit avec enthousiasme ce long et réussi concert, ce dont je\nla remercie HENRI COLLET.\nBILBAO. Rosenthal, Vines, le trio Hollandais, le quatuor Rosé ont traversé notre\nville. Académie de musique a donné un bon concert d'élèves. La Société Chorale a repris ses\ntravaux, en vue de la prochaine saison d'opéra basque, qui s'ouvre le mois prochain.\nJ. C. G."}, {"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.113", "texte": "104\nS. I. M.\n\nSARAGOSSE. La Société Philharmonique continue d'intéressantes séances. MM. Ma-\nriano Perello (violon) et Ricardo Vines (piano) exécutent du Beethoven, du Debussy, du\nGranados ; Mme Elvira Beltran de Tarrago, interprète Schubert, Chopin et Grieg d'une\nfaçon remarquable.\n\\\nTOLEDE. Wadham Nicholl a remporté un très grand succès comme organiste et\ncompositeur.\nPORTO. Dans un récent concert donné par la Société Philharmonique, l'excellent\npianiste et compositeur Pedro Blanco interpréta une de ses œuvres, toute remplie de\nmusique vibrante et colorée.\nROME. —A la Villa Medicis, Mrue Isori et le pianiste Litta, se couvrent de gloire."}, {"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.114", "texte": "Courrier Financier\n\nLe \"malheur d'être rentier voilà une plaie sociale qui, au premier abord, ne semble\nas présenter beaucoup de gravité. Et pourtant l'accroissement constant du coût de l'existence\n• la diminution du revenu sont deux aspects caractéristiques de l'évolution économique qui ne\nont pas fait pour améliorer la situation du rentier.\nChaque jour, d'éminents économistes constatent que la difficulté devient de plus en plus\nrande de placer son argent et d'obtenir un rendement à peu près rémunérateur en conservant\nes valeurs dites de premier ordre, de tout repos. Cela n'est pas tout à fait nouveau et on pour-\niit retrouver des principes analogues dans les lois économiques formulées il y a quelque\n:uatre-vingts ans par Jacques Laffitte dans ses Réflexions sur les réductions de la Rente et Vétat\n:u crédit.\nEt, en fait, l'homme vivant sur une œuvre passée doit devenir continuellement plus pau-\nre, parce que le temps le transporte, avec la richesse d'autrefois, au milieu d'une richesse\nmijours croissante et toujours plus disproportionnée à la sienne. A défaut de travail, il n'y a\n:u'un moyen de se soutenir au niveau des valeurs actuelles, c'est de diminuer la consommation.\n11 faut ou travailler ou se réduire. Le capitaliste a le rôle de l'oisif ; sa peine doit être l'écono-\nme ; elle n'est pas trop sévère. Capitalistes et rentiers, petits et grands, font aujourd'hui l'ex-\nlérience de cette loi économique et peuvent à leurs dépens, s'assurer de la vérité des réflexions\nle Jacques Laffitte.\nNous ajouterons que ce rôle d'oisif dont il porte la peine, n'est pas obligatoire pour le\napitaliste, pour le rentier ; il ne lui est pas imposé par ses fonctions comme une nécessité, il\nni appartient, tout au contraire, d'en sortir, et pour cela, il n'a qu'à appliquer le remède que\nni indique Jacques Laffitte, en lui signalant le mal dont il souffre : ne point rester inactif et se\nlivrer au labeur propre à celui qui possède, en faisant travailler ses capitaux. Et c'est ici qu'in-\nervient cette source de richesse toujours productive que nous appellerons indifféremment arbi-\n:rage ou spéculation au comptant.\nNous étonnerons peut-être un certain nombre de nos lecteurs en leur faisant remarquer\n]uau surplus, en allant au fond des choses, on se rend compte que celui qui fait un placement\npécule, c'est-à-dire prévoit, puisqu'il est amené à réfléchir avant de fixer son choix sur telle\nu telle valeur ; et, loin de s'exclure, les termes spéculation et placement se complètent au\ncontraire l'un l'autre. Aussi, lorsque nous conseillons de spéculer au comptant, nous qui avons\niris pour règle de guider nos lecteurs vers de bons placements, tout au plus prenons-nous une\norme différente pour leur indiquer le mode de placement le plus lucratif.\nSi nous admettons que la circulation du capital est un élément essentiel de la richesse\nrivée et publique ; si, d'autre part, nous énonçons cette vérité évidente : que, par l'opportunité\nes échanges, le discernement des achats et des ventes à effectuer à bon escient, également par\niréalisation en temps utile des bénéfices ou des pertes, on a des chances sérieuses d'accroître\ns revenus, nous aurons démontré l'utilité des arbitrages.\nSociété Auxiliaire de Banques Régionales\n74, rue de la Victoire, Paris."}, {"page_pdf": 115, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.115", "texte": "R.ouart, Lerolle ô Cie\nÉDITEURS DE MUSIQUE\n18, BOULEVARD DE STRASBOURG - PARIS\nDépositaires exclusifs de l'édition\nUniverselle\n«KKBHBEgHHEZ9HMSSnBaBHMHHfIBEOBHaUHBanKSB\nEdition classique, la meilleure, la plus moderne et la\nmoins chère.\nŒuvres de Bruckner, Mahler, A. Strauss etc.\nG. Mahler -4e Symphonie 4 mains . nette 12 fr.\n„ „ part, de poche ~ 8 fr."}, {"page_pdf": 116, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.116", "texte": "S. I. M.\nAncien Mercure Musical\nREVUE MUSICALE MENSUELLE\nfondée par la\nSociété Internationale de Musique\n(SECTION DE PARIS)\nFrance et Belgique :\nLe numéro : 1 fr. 50\nUn an: 15 fr.\nSix mois : 8 fr.\nEurope :\nLe numéro : 2 fr.\nUn an: 20 fr.\nSix mois: 12 fr.\nEtats-Unis\nLe numéro : 50 cents. Un an: $ 5.00\nS. I. M. publie à part et sous couverture spéciale\nla seconde partie de sa revue, celle qui traite\nde l'actualité. Cette annexe s'appelle :\nL'ACTUALITÉ MUSICALE\nFrance et Belgique :\nméro fr. 0.40\nfr. 4.00\n■-\nc-.\nUnion postale :\nLe numéro fr. 0.60\nUn an fr. 6.00\nDirecteur; J. ECORCHEVILLE\nSecrétaire de te Rédaction :\nCH. LF JRAND\n22, rue St. Augustin, PARIS.\nLe Directeur et le Secrétaire de la Rédaction reçoivent\nle mercredi et le samedi de 4 à 7 heures.\nRédacteur pour la Belgique\nRENE LYR\nBoitsfort-Bruxelles,"}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110415-01.1.117", "texte": "CONCERTS ITALIENS DE MUSIQUE ANCIENNE\nwm»\nBERA ESTETICA\n( Mme IDA ISORI, cantatrice florentine\nFondateurs : | pAOLO littA, pianiste-composlteup\nCOMITÉ DE PATRONAGE\n\nPRÉSIDENTE D'HONNEUR\nSA MAJESTÉ LA REINE MÈRE, LA RBIME MARQBERlTE D'ITALIE\nCOMITÉ DE PRÉSIDENCE :\nS. Exc. Madame l'Ambassadrice d'Italie, Donna Bice Tittoni à Paris.\nS. Exc. Mme la PceBse Ruspoli di Poggio Suasa Talleyrand Périgord à Paris.\nMadame la Princesse Strozzi-Corsini à Florence.\nMadame la Comtesse Béatrice Pandolfini-Corsini à Florence.\nMadame la marquise E. de Montagliari à Paris.\nMademoiselle Elena Vacaresco, femme de lettres, auteur dramatique à Paris.\nS. Exc. Le Prince Ruspoli di Poggio Suasa à Paris.\nLe duc Melzi d'Eril, duc de Lodi.\nLe Comte Brunetta d'Usseaux.\nLe Commandeur Trezza di -Musella.\nMEMBRES HONORAIRES:\nM. Gabrieleid'Annunzio, homme de lettres, auteur dramatique à Florence.\nM. W. Bopp, Directeur de l'Académie Imp. et Roy. de Musique à Vienne.\nM. Alfred Bruneau, compositeur de musique à Paris.\nM. Carolus-Duran, Direct.de l'Acad.de France à Rome et membre de l'Institut.\nM. Claude Debussy, compositeur de musique à Paris.\nM. Louis Dièmer, Prof, au Cons. Nat. de musique à Paris.\nM. Vincent d'Indy, compos. de musique, Direct, de la Schola Cantoruma Paris.\nM. I. Massenet, compositeur de musique, membre de l'Institut.\nM. E. Mathieu, compos. de musique, Direct, du Cons. Royal de Mus. à Gand.\nM. A. Messager.compos.de musique, Direct.de l'Acad.Nat.d,. musique à Paris-\nM. E. Parent, professeur à la Schola Cantorum de Paris\nM. Dr Max Reger, compositeur de musique et Directeur M. à Leipzig.\nM. Dr Richard Straùss, compositeur de musique, Generalmùsik director à Berlin.\nM. S1 Saëns, compositeur de musique, membre de .'ostitut à Paris.\nM. E. Tinel, compos. de musique, Direct, du Cons. Roy. musique à Bruxelles.\nM. P. Vidal, compositeur de musique et chef d'orchestre à l'Opéra de Paris.\nM. Eugène Ysaye, virtuose, compositeur de Musique et Directeur des concerts\nYsaye à Bruxelles.\n\" : /. - ■ ■' ' J :\"J L ■ /' / S|\n* - > /\nSIEGE SOCIAL : — 3, Via Michel? di Lando, - FLORENCE\n■m--1\nV'I ' • ' • i U ' :\ni :• . - • J"}]}