{"numero_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_sha256": "b420addd2b4bc1a2f54896fae92248b947aa3623ec29609ddef86762d13e124f", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1911/05/15_01/bmtnabh_1911-05-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1911/05/15_01/bmtnabh_1911-05-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c002", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.2", "titre_corps": "LULLY GENTILHOMME ET SA DESCENDANCE, par J. Ecorcheville. F LA MUSIQUE ET LE", "titre_sommaire": "LULLY GENTILHOMME ET SA DESCENDANCE, par J. Ecorcheville. F LA MUSIQUE ET LE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.1", "debut_caractere": 320, "fin_caractere_exclue": 899, "texte": "LULLY GENTILHOMME ET SA DESCENDANCE, par J. Ecorcheville. F LA MUSIQUE ET LE\nGESTE, par E. Poirée. 0 A. GUILMANT, par Ch. Mutin, 0 LES LIVRES.\nUNE ENQUÊTE SUR L'OPÉRA EN ANGLETERRE, par X. M. Boulestin.\nOpinions de MM. C. V. Stanford, L. Ronald, Taylord, Ger\nJl. fßax, Cyril Scott, F. Bridge, FullertTSZaitland, fFlaughan, xTcrtje.\nLES THEATRES, par Vuillermoz. 0 LES CONCERTS à Paris, en Province et à l'Etranger L'ÉDITION\nMUSICALE. 0 LES CONSERVATOIRES DE PROVINCE, par I. Mayan. 0 LEURS MAINS,\n(Mains de MM. 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Poirée La musiqu . 20\n0. Mutin Alexandre Guilmant. ........ 37\nLes Livres 41\nX. M. Boulestin .... L'avenir de l'opéra anglais 49\nLE MOIS\nE. Vuillermoz Les Théâtres à Paris 65\nP. Guérillot .... . . Les Concerts à Paris 70\nA travers la Province : 78. La Belgique : 79. L'Étranger : 84\nL'édition musicale : 94. Les Amis de la musique : 98.\nVARIÉTÉS\nB>. Lyr Victor Vreuls 99\n1. Mayan Les Conservatoires de province ..... 107\nP. Jobbé-Duval. . . . . 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Ecorcheville", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.11", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1549, "texte": "LULLY GENTILHOMME ET SA DESCENDANCE\n\nULLY est à la mode. Sa figure nous devient familière\net précise. L'histoire documentée nous montre peu à\npeu les différents aspects de ce personnage singulier, l'un\ndes plus grands du Grand Siècle. Ici, c'est Lully créateur\nde l'Opéra,1 ou Lully homme d'affaires,2 ou bien\nencore Lully chef d'orchestre,3 Lully jeune homme,4\net même Lully tout court, c'est-à-dire en silhouette.5\nLe moment n'est-il pas venu de songer à Lully\ngentilhomme, prenant place, de fait et de droit, dans l'armoriai général,\net laissant une postérité que représentent encore de nos jours les plus\nbeaux noms de France ?\nQuelque opinion qu'on ait de l'importance des parchemins, on ne\npeut nier cependant que l'idée de noblesse s'accorde assez bien avec l'art\nsublimé de Cadmus ou Armide, et surtout avec l'allure générale du\nFlorentin. Cette vie perpétuellement glorieuse, cette œuvre qui finit en\napothéose, qui éblouit l'Europe durant un demi-siècle, cette prodigieuse\nfortune, cette faveur insigne de la cour et de la ville !... N'est-ce point là\ndes titres suffisants pour illustrer un homme et sa race ? Lully le crut,\net ses contemporains avec lui. Il vécut en grand seigneur et mit tout en\n\n1 Nuitter et Thoinan. Les Origines de VOpéra Français (Paris, 1886).\n2 Radet. Lully homme d'affaires (Paris, 1891).\n3 Pougin. L'orchestre de Lully (Ménestrel, 1896).\n4 Prunières et La Laurencie. La jeunesse de Lully (S. I. M. Mars-avril, 1909).\n5 Prunières. Lully (Collection Laurens, 1910) et La Laurencie. Lully (Collection Alcan, 1911)."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.12", "debut_caractere": 11, "fin_caractere_exclue": 2413, "texte": "œuvre pour assurer à ses enfants de brillantes alliances. Deux siècles ont\npassé depuis lors ; les généalogies se sont allongées ; et à peine quelques\ncurieux, habitués du \" Cabinet de Titres, \" savent-ils aujourd'hui que les\ndescendants du surintendant de la musique de la chambre du Roy, se\nnomment La Rochefoucauld d'Estissac, Greffulhe, des Cars, Vogué, Cara-\nman ou Kergorlay !... Il convient donc de relier cette glorieuse filiation et\nd'en connaître le point de départ, c'est-à-dire Lully lui-même. La musique\nsait trouver son compte à des recherches de cette nature.\nEt, tout d'abord, de quelle naissance était le jeune Baptiste ? L'Italie\nn'a guère mis d'empressement à nous le révéler. Il a fallu toute l'insistance\nde deux érudits français, M.M. de La Laurencie et Prunières, pour nous\napprendre que le maestro avait vu le jour à Florence le samedi\n29 novembre 1632, à 9 heures et demie du matin. Son père s'appelait\nLorenzo, sa mère Catharina del Sera. Voilà tout.\nTrente ans plus tard, à Paris, les malveillants feront courir un bruit\ndésobligeant. \" Chacun sait, écriront-ils, de quelle trempe et de quelle\nfarine est Jean Baptiste. Le moulin des environs de Florence dont son père\nétait meunier, et le bluteau de ce moulin qui a été son premier berceau,\nmarquent encore aujourd'hui la bassesse de son origine Quand on con-\nnait le personnage, qui mit la main à ces factums, le nommé Guichard,\non est fixé. Le moulin est une diffamation. Mais faut-il accorder plus de\ncrédit au gazettier Renaudot, qui, en 1661, nous annonce la nomination\ndu Sieur J. B. Lully, Gentilhomme florentin ?1 Et faut-il écouter Lully\nlui-même lorsqu'il se donne dans son contrat de mariage2 pour \" Baptiste\nde Lully, escuyer fils de Lorenzo de Lul ? \" Soyons\nprudent. L'acte le plus important pour l'état-civil du Florentin, ses\nLettres de Naturalité,accordées par le Roi, avec des considérations flat-\nteuses pour le musicien, ne tiennent pas compte du gentilhomme ; mais\nelles conservent la particule, ce qui est un indice. Enfin les enquetes\nmenées au moment où Lully briguait la charge de conseiller secrétaire\ndu roi, en 1681, et la lettre de soumission qu'il dut écrire de sa main a\ncette occasion, ne soufflent mot de titre quelconque. Seules des recherches\nentreprises sur les Lulli de Florence pourraient un jour eclairer notre\n\n1 GAZETTE du 19 mai 1661, page 480.\n2 MINUTES DE M. ADER, notaire à Paris"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.13", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 2474, "texte": "conviction. Jusqu'à présent on peut dire que Lully n'a pas trouvé de\ncouronne dans son berceau.\nLully arrive à Paris au printemps de 1643. On sait dans quelles\nconditions. Le prince Charles de Lorraine, qui avait eu maille à partir\navec Richelieu, vivait retiré à Florence. Son fils, le chevalier de Guise,\nvoyageur intrépide, tantôt à Malte, et tantôt à Gravelines, avait été\nchargé par MUe de Montpensier, fille de Gaston d'Orléans, de ramener\naux Tuileries un jeune Italien. La princesse voulait se perfectionner dans\nla pratique d'une langue, dont l'usage était alors obligé. Le chevalier,\nrevenant d'Orient cette année là, remplit sa mission en passant à Florence.\nIl ramène un jeune enfant de douze ans, propre à contenter la Grande\nMademoiselle.\nCe choix, remarquons le bien, a son importance. Il laisse supposer\nque le jeune Italien offrait quelques garanties, tout au moins familiales.\nPrésenter à Mlle un drôle inconnu, un galopin de fortune, n'eut pas été\ngalant. Si le chevalier de Guise a songé à c'est pour cette raison\nque la langue y est plus pure que partout ailleurs. C'est aussi parce que\nson père et le Grand Duc de Toscane peuvent lui fournir d'utiles indica-\ntions. Baptiste, en arrivant en France, à douze ans, jouait déjà de la\nguitare, nous le savons positivement, et, bien probablement, il avait quel-\nques notions du bel air et du langage des cours. Ce n'était donc pas le\npremier venu, sentant son moulin. Et d'ailleurs, ce petit bonhomme,\nqui se met en route pour aller converser avec la cousine du Roi de\nFrance, quelle décision, quelle maturité et quel aplomb ! Il ne pouvait\nqu'appartenir à une bonne famille, déjà sélectionnée par l'effort des temps\net des hommes.\nDonc voici Lully parmi nous. Et ici, se place aussitôt une légende\ngrotesque mais séduisante, qui a été plus vivace que la musique même\ndu grand homme, et contre laquelle on ne saurait trop énergiquement\nprotester. Chacun connaît l'histoire de Lully marmiton, râclant du violon\nparmi les casseroles. Elle date du XVIIe siècle et nous retrouvons la\nmain de l'infâme Guichard à l'origine de ces racontars. C'est lui qui a\nécrit, le premier sans doute :\n\" Peut-on dissimuler que le hasard jeta Lully dans le commun de Mademoi-\nselle parmi ses galopins. Les comptes de la maison de cette princesse ne font-ils\npas foy qu'il fut peu de temps après valet des valets de sa garde-robe, puis petit\nviolon, puis plus grand violon ?\" 1\n\n1 B. N. Thoisy 382 folio 376."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.14", "debut_caractere": 11, "fin_caractere_exclue": 2526, "texte": "Un littérature enfantine s'est emparée de cette bouffonnerie, l'image\net la statuaire en ont popularisé la physionomie. Et pourtant rien n'est\nplus faux, n'en déplaise aux faiseurs d'anecdotes et aux vulgarisateurs à\nbon marché.\nLa vérité sur tout ceci se trouve d'abord rétablie par les comptes de\nMademoiselle de Montpensier 1 qui nous montrent, en 1652, notre héros\nparmi les \" Trois garçons de la chambre'\\aux appointements de 150 livres\npar an. Qu'étaient-ce donc que ces garçons ? Il faut toute la malveillance\nd'un pourvoyeur de factum, pour assimiler ces enfants à des laquais\nsubalternes, ou plus encore à des marmitons. La chambre, dans une maison\nprincière de l'ancien régime, n'éveille aucunement l'idée de besognes\nménagères et de service manuel, que nous serions tentés d'y attacher\naujourd'hui. Ces officiers sont des fonc et non des au\nsens actuel du mot. Ronsard fut valet de chambre du Roi et aussi\nLaborde le fermier général, et mille autres, grands hommes, artistes,\nmillionnaires, qui eurent de ces charges profit ou honneur, parfois l'un et\nl'autre. Notre conception moderne des \" gens de maison \" est toute diffé-\nrente de celle du XVIIe siècle, et nous avons toujours peine à nous repré-\nsenter l'Etat d'un prince, avec la multiplicité des fonctions que la\nnécessité, la faveur, le caprice, la générosité, le mécènisme, groupe autour\nde lui. Mais ici la situation est simple. Un enfant étranger arrive ; son\nmérite, sa fonction, est de parler italien. Où le placerait-on, sinon dans\nla chambre du prince, avec les garçonnets, les pages qui s'y trouvent\ndéjà. Il y a loin de là au commun^il y a toute la distance des sousrsols au\npremier étage. Nous dirions aujourd'hui : Lully est attaché à la maison\ncivile de la duchesse de Montpensier. Ses gratifications sont infimes, mais\nil est près du soleil, il est attaché.N'est ce pas ainsi que les choses se\npasseraient en 1911 dans quelque ministère ?\nTout ceci n'empêche pas Lully de s'être égaré du côté des cuisines,\nd'y avoir joué du violon et attiré l'attention du comte de Nogent, qui en\nfit son rapport à Mademoiselle, comme le veut une vieille anecdote de\nLecerf de la Viéville. Où est le marmiton là-dedans ? N'est-il pas vrai-\nsemblable d'accorder à la Grande Mademoiselle, par ce temps de Fronde,\nd'autres soucis que celui de la grammaire italienne ? Le jeune Lully,\nlivré à lui-même et à ses goûts complexes, pouvait bien ouvrir la porte\nde l'office, eût-il été cent fois gentilhomme ! On se représente aisément\n\n1 Arch. Nat. Zla 523."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.15", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 2571, "texte": "cet adolescent éveillé, passionné de musique, promenant çà et là, et un\npeu au hasard ses instincts désœuvrés, tout près de tourner mal et de\ndevenir un joli monsieur, comme il y en eut dans tous les temps et dans\ntoutes les classes. Mais la musique le sauve. On l'entend ; on s'étonne ;\non lui donne des maîtres. Il est lancé. Il doit avoir dix-sept ans à cette\népoque, (lui-même nous le racontera plus tard1) ce qui nous met en\n1647. La fortune s'ouvre devant lui. Le jeune attaché incolore s'est\nrendu indispensable aux plaisirs de la princesse, il a su conquérir sa place.\nTout cela n'est-il pas infiniment plus raisonnable et plus conforme à ce\nque nous savons des faits et des personnages, que le roman du gâte-sauce\nmélomane à l'usage des livres de distribution de prix ?\nQuelques années se passent. Les temps sont changés. L'astre de\nLouis XIV se lève. Lully quitte Mademoiselle pour le Roi. Rien de plus\nnaturel. Lully est ardent et ambitieux, il est courtisan, il passe du côté\ndu manche. Mais, ici encore, on a voulu le rabaisser, comme ces héros de\nmélodrame dont la fortune apparaît d'autant plus mirifique que leur\norigine est plus humiliée. Lully aurait été congédié pour certain couplet\nsatirique, dont la princesse se serait offensée. On a même été jusqu'à\nparler d'indélicatesse. La simple réalité est tout autre. Nous la trouvons\nsans peine dans les Mémoires de Mademoiselle elle-même, où il est écrit2:\n\" Après avoir été quelques années à moi, je fus exilée ; il ne voulut pas me\nsuivre à la campagne ; il me demanda son congé ; je le lui donnai, et depuis il a\nfait fortune, car c'est un grand baladin. \"\nRien à ajouter à ce petit tableau, sinon le commentaire des événe-\nments. En 1652, après l'équipée d'Orléans, la belle Frondeuse voit son\nétoile pâlir. Le roi entre à Paris ; elle s'enfuit ; elle erre avec ses gens à\nBois-le-Vicomte, puis à St. Fargeau, bâtisse délabrée, humide, inhospi-\ntalière, et surtout demeure d'un être en disgrâce. Lully qui vient de\nsuivre son sort pendant neuf ans, Lully qui a vingt ans, des relations\nétendues, un talent naissant, ne saurait aucunement se retirer du monde,\net aller à la campagne contempler l'herbe haute qui pousse dans la\ncour d'un château maussade. Il demande et obtient sa liberté, et sa\nprotectrice le regrette. \" C'était un grand baladin, \" s'écrie-t-elle dans\nson langage désuet. Le mot est amer ; on y sent un peu d'envie à\nl'égard d'une cour jeune et rivale. Rien pourtant ne laisse supposer que\n\n1 Voir Du TRALLAGE, Arsenal. Ms. 6, 541.\n2 EDITION CHERUEL, 111, p. 348."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.16", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2531, "texte": "Lully ait manqué aux convenances. Et d'ailleurs combien c'est peu con-\nnaître la duchesse de Montpensier, son entourage baroque et frondeur,\nque de supposer Lully chassé pour quelque gaillardise. C'est le contraire\nqu'il faudrait plutôt admettre. Tant que règne la joie dans ce petit cercle\nagité, Lully en prend sa part et anime tout le monde par des farces\nénormes, qui font rire aux larmes la moins bégueule des princesses. Le\ntemps se gâte, Lully se retire. Ce n'est pas pour avoir ri que le baladin\nobtient son congé, mais parce qu'on ne peut plus rire avec lui, parce que\nc'est fini de rire. Cette séparation toute simple, dans les termes où la\nprincesse l'évoque, est tout autrement humaine et poignante que l'anec-\ndote du couplet polisson, qui salit Lully et trompe l'histoire.\n%\n* *\nPourrons nous nous flatter d'avoir, aux yeux des gens du monde,\nréhabilité ce bon jeune homme, qui s'appelle encore Baptiste, mais qui\nn'a rien du personnage peu ragoûtant que la légende s'est plu à composer ?\nQui dira que Lully n'a pas reçu auprès de Madamoiselle l'éducation un\npeu lâche d'un jeune homme distingué, voire d'un homme de qualité ? A\nce moment, un des plus inquiétants de notre histoire, Lully a vu de près\nla conduite, et l'inconduite aussi, d'une grande maison princiere. L assu-\nrance au milieu des alarmes, l'intrépidité dans les catastrophes, 1 audace\nque rien ne trouble, et l'aisance d'une âme bien née en toute occurence,\nvoilà les vertus qu'il eut sous les yeux aux Tuileries. Il y vit aussi\nl'exemple de l'intrigue perpétuelle, du débraillé cache sous les belles\nmanières, le triomphe de la brutalité, et les défauts d'une société ou les\ngrands sentiments furent le jouet d'une cause médiocre.\nDe tout cela, il lui reste, dans sa personne, dans ses mœurs, dans son\nart, un je ne sais quoi de disparate, mais de nullement banal, et dont le\nhaut relief le distinguera toujours du bonhomme Lafontaine, ou du bour-\ngeois Despréaux.\nAvant tout Lully est courtisan. Non pas courtisan transi comme\nRacine, mais courtisan à son aise en toute compagnie. C est le hardi\nconteur, le joyeux boute-entrain, dont la fortune a Versailles va faire\nscandale, et dont l'esprit tranchant ne craint personne. Sa taille meme qui\nest ingrate1, et ses traits massifs en imposent. Est-ce ala suite des equipees\n\nSignalons, à ce propos une erreur de Radet. Le tableau de Joseph Christophe du Chateau de Versailles, qui\neprésente Lully dirigeant ses musiciens lors du baptême du Dauphin en 1668, ne peut compter comme portrait"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.17", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 1660, "texte": "de sa princesse qu'il acquit ce sens aigu du comique des situations et des\nhommes qui le rend précieux partout où l'on s'amuse ! Et d'où lui vient\nce ton qui lui fait s'écrier, au milieu d'une représentation où le roi\ns'impatiente : \" le roi est le i \"\nPourtant Lully est souple. Il sait bondir sur un clavecin qu'il brise, pour\namuser la galerie ; il fraternise avec Vendôme, se débauche avec Fiesque\net le chevalier de Lorraine, danse avec les princes. Et c'est dans cette\nfamiliarité qu'il donne toute sa mesure. Sa vie est une naturelle et perpé-\ntuelle mascarade dont l'opéra est la dernière surprise. Lully se divertit\navec son temps, avec ses pairs. Il est impossible de voir en lui un gagiste\nque l'on congédie.\nEt notez que Lully est galant. Son goût dédaigne l'antiquité pour\nles féeries de Benserade et Quinault. Ne voit-on pas que c'est l'air de la\ncour, qui le conduit insensiblement des postures du Ballet aux machines\nde l'Opéra. Sa sensibilité ne dépassera jamais celle de la galanterie mon-\ndaine, et de son vivant même, on lui reprochera certaine fadeur dans ses\nœuvres. Que ne lui reproche-t-on pas aussi dans ses mœurs ? Cent\ncouplets courent sur lui, où Vendôme rime avec Sodôme. A peine peut-on\nles citer :\nC'est ce qu'on pourrait appeler le défaut de la cuirasse ! Faiblesse\n\nauthentique du maître. Car Christophe était né en 1664, et cette toile, qui est un carton pour une tapisserie,\nfut composée sous Louis XV, pour faire suite aux Gobelins de l'Histoire du Roi. Je dois à M. de Nolhac,\nréminent conservateur du de Versailles, cette petite rectification, dont je lui sais sincèrement\n1 AIRS MSS. in-f° I. p. 168."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.18", "debut_caractere": 11, "fin_caractere_exclue": 2404, "texte": "sans doute, et répréhensible, mais faiblesse qui le rapproche de \"\nfrère du roi \", et de toute une partie de la jeune cour.\nLully, avec ses mérites et ses tares a pris place dans son véritable\nmilieu. Aussi ne nous étonnerons nous pas de le voir entouré des plus\nillustres personnages, lors de la signature du contrat de son mariage, à\nFontainebleau, en 1662. Le Roi, la Reine Mère, la Reine Marie-Thérèse,\nsignent les premiers. Puis Messire de Rochechouart duc de Mortemart\n\" premier gentilhomme de la chambre \" supérieur hiérarchique du surin-\ntendant de la musique, puis J. B. Colbert \" conseiller ordinaire du Roy\nen tous ses conseils, du Conseil Royal\", qui fait ici figure de ministre\nd'État. Puis Pierre de Niert, \" premier valet de chambre de S. M. \", le\npatron et protecteur des musiciens \" a\nde touchant dans la belle maniéré de cha 1\". Puis encore Hesselin \" sur-\nintendant des Menus Plaisirs du Roi \", c'est à dire, maître de ce domaine\nenchanté, où la musique se sait indispensable, Hesselin le prodigue, qui\néblouit la reine Christine en 1656, et qui meurt d'indigestion en 1662.\nLully épousait la fille de Michel Lambert.\nQuoi Lambert ?... Oui Lambert !\nC'est tout dire en un mot, et vous le connaissez ? 2\nLambert célébré dans le Repas Ridicule, Lambert, le Garat, le Retzké du\nXVIIe siècle, et qui était, lui aussi, passé de chez Mademoiselle chez le\nRoi ! La dot était de 20,000 livres, soit environ cent mille francs\nd'aujourd'hui. La jeune Madeleine avait vingt ans, dix ans de moins que\nson époux. Son père, \" maître de la musique de la Chambre \" (dont Lully\nétait surintendant et compositeur), était venu à Paris du fond du Poitou,\npetit page de Gaston d'Orléans. Richelieu avait largement exploité son\ntalent de chanteur. Ami du plaisir, insouciant, Lambert donne assez bien\nl'idée de quelque ténor mondain, qu'on invite partout, qu'on s'arrache,\net qu'on laisse mourir de faim. \" Un jour il se trouva si gueux, dit Talle-\nmant quil en eut honte\" Il se résolut à passer pour professionnel, il fit\nfortune. Tallemant, qui a tracé sa silhouette, nous donne sur lui une\nprécieuse indication généalogique.\n\" Lambert écrit-il, fit connaissance de la fille du Bel-Air3 qui avait une voix\nfort belle et qui était assez jolie. Il se mit à lui montrer, et en lui montrant en devint\n\n1 LAMBERT, Préface de son livre d'Airs, 1666.\n2 BOILEAU, Satire 111.\nCabaret près du Luxembourg."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.19", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 1397, "texte": "amoureux ; car il était d'assez amoureuse manière. Il s'y engagea si avant qu'il lui\npromit de l'épouser et en parla publiquement ; ils furent même accordés, mais il ne\nconcluait point. Enfin la mère de la fille, comme voisine de Madame d'Aiguillon,\ns'en alla se plaindre à elle. Madame d'Aiguillon en parla au Cardinal, qui lui dit\n\" Laissez moi faire ! \" Sur l'heure il envoie chercher Desmarestz et lui dit de faire\nun dialogue sur telle chose. Le dialogue fait, il l'envoie à Lambert pour y faire un\nair, car Lambert compose bien. On le fait apprendre à Lambert et à sa maîtresse,\net après on les fit venir à Ruel, où Madame d'Aiguillon se trouva. Le cardinal les\nfit marier, mais il ne leur donna rien ; il perdit là une belle occasion ; il n'a jamais\nrien fait pour eux. Tant pis pour lui. La femme de Lambert était enjouée, je ne\nscay si cela lui déplut (au mari), ou s'il crut avoir été attrapé ; mais, quoiqu'il en\nsoit, il ne la traita pas bien.\"\nTallemant cite ce dialogue marital, mais il n'en donne que les vers. En\nvoici l'aspect musical, tel que l'imagina l'amant volage, qui allait devenir\nle beau père de Lully.1\n\n1 La bibliographie des œuvres de Lambert est encore fort obscure. Je cite ce dialogue d'après : \" Les Airs\nde Monsieur Lambert, gravés par Riehery corrigés de plusieurs fautes de gravure. Paris 1669 in-8° obi. qui se\ntrouve dans ma bibliothèque."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.21", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 741, "texte": "Ainsi s'explique la présence au contrat de Lully, de \" sieur Michel\nDupuy, cabaretier du Bel-Air et de sa femme Madeleine Briolle\" qui ont\nl'air plutôt dépaysés parmi ces grands de la terre. Et aussi de Mlle Hilaire\nDupuy, chanteuse, leur fille, et des deux Morineau, cousines. Parents\npauvres !\nQuelques mois plus tard, un brevet accordait à Lully la survivance\nde la charge de son beau-père, évaluée à 10.000 frs. et un autre\nbrevet fixait à 20,000 frs. le prix de sa surintendance en cas de cession.\nSi bien que le jeune homme se trouvait en possession d'un capital assure\nde près de 250,000 frs. de notre monnaie. Un fort joli denier pour se\nmettre en ménage à trente ans, et qui peut faire croire que la raison n a"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.22", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2218, "texte": "pas été étrangère à cette union, un peu roturière peut-être, mais solide et\nbrillante quand même.\nLe mariage donnait à Baptiste le point d'appui qui lui manquait\nencore, et le foyer, dont son tempérament ardent avait besoin. Il stabili-\nsait le mondain, à l'âge où les passions doivent prendre un cours régulier.\nDepuis 10 ans Lully errait dans les salons, dressait des ballets, montait des\ndivertissements, prodiguait sa musique, ses vers, ses travestis. Lully\nl'indispensable, Lully le \" très cher, \" dont les gazettes raffolent, Lully\nen un mot /'André de Fouquieres de 1660, trouve nécessaire de fonder une\nfamille. Il l'avoue lui-même dans le Ball l'année suivante\n(janvier 1663) où, sous les traits d'un chirugien, il soigne quelques\néclopés, et laisse écrire par Benserade, son compère, ces vers du livret :\nJ'étais perdu moi-même ! Et tous ceux que je voi,\nQui sont des Incurables\nPerdus et misérables,\nNe s'aidaient pas si mal de leurs membres que moi !\nDans mon infirmité ne sachant plus que faire\nLe dieu du mariage, à qui je fus contraire,\n(L'aurait-on cru si bon pour un estropié ?)\nM'a guéri tout à fait et mis sur le bon pié.\n*\n* *\nPour Lully, le mariage est donc une institution, et aussitôt entré\ndans cette confrérie, il se met en devoir d'en remplir les obligations.\nIl va fonder une dynastie. De 1663 à 1668, tous les ans, avec la même\nrégularité qu'il écrit un ballet, il accroit sa famille d'un enfant. Trois fils ;\nLouis, Jean-Baptiste et Jean-Louis, et trois filles : Catherine, Gabrielle et\nLouise. Et Lully s'arrête, estimant avoir payé son tribut à l'humanité.\nMais, ici encore, il tient aux grandeurs. Il préfère différer de treize ans le\nbaptême de son aîné, plutôt que de ne pas réunir autour de l'enfant l'appa-\nreil d' une cérémonie éblouissante. Le jeune Louis de Lully, ondoyé en\n1664, sera donc introduit dans le catholicisme par \" monseigneur l'Emi-\nnentissime Emmanuel Théodore de la Tour d'Auvergne, cardinal de\nBouillon, Grand Aumônier de France,\" dans la chapelle de la cour de\nl'Ovale du Château royal de Fontainebleau le 9 septembre 1677. Son\nparrain n'est autre que le Roi, sa marraine la Reine.\nC'est le moment de la gloire de Lully. L'opéra triomphe. Versailles"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.23", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2490, "texte": "rayonne. Et personne plus que notre grand homme ne contribue à l'éclat\ndu règne. On ne dira jamais assez combien l'auteur de est indis-\npensable a 1 apothéose de Louis. Le rêve du monarque, dont Lebrun,\nMansart ou Le Nôtre s'efforcent de réaliser l'ambitieuse image, où donc\ns'est-il formé, sinon devant les féeries des ballets et des grands divertisse-\nments ? Versailles est un décor d'opéra, et le sens du théâtre, qui préside\nà l'ordonnance de sa perspective, est inspiré directement par le souvenir\nde ces machines,\nQue Lully réchauffa des sons de sa musique.\nLully est un acteur de plus, un acteur de génie, dans cette troupe\nincomparable, dont le Roi est le protagoniste. Il y représente le\nsonore, et sa musique dépasse à peine l'ampleur du geste noble. Elle s'ef-\nforce d'associer les oreilles à la volupté de l'ensemble ; elle règle et anime\nl'action générale. L'œuvre de Lully, telle un carnaval somptueux qui\ns'achemine vers l'Olympe, accompagne son siècle et se laisse entraîner\npar lui. Ce n'est pas d'elle qu'on pourrait dire, comme de certaine cantate\nde Bach, qu'elle est de tous les temps. Elle appartient à un monde très dé-\nterminé, monde du plaisir où chacun s'efforce de bouffonner et de parader\nà son aise, devant un public de plus en plus nombreux, et qui sera bien-\ntôt l'Europe entière. Prétexte, cadre, atmosphère, l'opéra n'est guère\nautre chose !\nQu'elle est singulière, cette Madame de Maintenon, qui s'étonne,\ndans son âme moderniste, de voir le roi danser ses propres actions et célé-\nbrer d'une voix émue ses propres louanges ! Ne voit-elle pas que le\nprestige de la musique de Lully est dans cette fusion du fictif et du réel,\net qu'entre grands seigneurs il n'y a pas de distinction. Louis le Grand,\nsoit qu'il chante ou qu'il édifie, qu'il danse, qu'il parle ou qu'il mange,\nest toujours en représentation. Le premier rôle de tout ce qui se passe\ndevant lui et autour de lui, c'est lui qui le joue. Et personne ne s'est\nmieux entendu à soutenir, durant soixante dix ans, l'intérêt d'une vedette.\nDe même Lully, gentilhomme comme son maître. Tout ce qu'il imagine\nse projette dans le plan de la vie réelle. Il y mêle sa personne, son jeu, son\nimprovisation. Il s'y fait valoir lui-même, et les princes, les courtisans,\nles amis, au milieu desquels il évolue. Aussi sa musique, musique de société,\nd'action directe et de complicité mondaine est-elle prodigieusement active\npendant qu'il vit, et lamentablement dépaysée, après sa mort."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.24", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2409, "texte": "Lui disparu, la personnalité de son œuvre s'efface. Ses partitions\nrésonnent dans le vide, et ne trouvent qu'un faible écho dans notre imagi-\nnation historique. Elles font pâle figure à la devanture de notre musicolo-\ngie, semblables à ces habits brodés et dorés qui pendent aux vitrines des\nantiquaires, évoquant une splendeur défunte.\nLui disparu, l'opéra tombe au rang des objets d'imitation, et ne se\nsoutient que par tradition, intérêts ou combinaisons. Campra se tourne\ndu côté du pittoresque, Rameau vers l'intérêt symphonique, Gluck en\nappelle au drame, Spontini et Meyerbeer à l'histoire. Mais ce n'est plus\nLully. Ce sont des professionnels, qui offrent les mérites de leur spécialité.\nIls écrivent des opéras pour un directeur. Lully dansait les siens à la cour\ndu Grand Roi, et les donnait en spectacle aux Parisiens. Il y a une nuance.\nEn 1681 se place l'événement capital de la vie de Lully gentil-\nhomme. Après de nécessaires formalités, le surintendant se fait agréer\nparmi les 44 Conseillers Secrétaires du Roy, Maison et Couronne de France et\nde ses Finances. \" La charge qu'il acquérait pour le prix de 63,000 livres,\nétait celle de Joseph Clausel décédé. Lully était escuyer, il était noble.\nLes écrits de cet homme éminent, les services rendus par lui à la\ncour et à la France, l'allure et l'éclat de sa vie, rendaient cette distinction\nparfaitement naturelle, et seuls ses ennemis (il en avait beaucoup) pou-\nvaient trouver à redire à cette élévation. Le Mercure de France est donc\ndans la note juste et officielle, lorsqu'il s'empresse d'écrire : \" Quand on\npossède un bel art dans le suprême degré, qu'on ajoute à la nature, et\nqu'on la perfectionne, il n'est point de dignité où l'on ne puisse se voir\nri r ))\neleve.\nPourtant l'histoire n'a pas manqué d'ajouter ici sa petite mise en\nscène habituelle. Les Lecerf et les Fétis s'y sont prêtés de bonne grâce.\nVoici l'anecdote.\nAu retour du roi du voyage d'Alsace, en l'automne de 1681, les fetes\nreprirent à Saint Germain. Il s'agissait de produire Monseigneur et\nMademoiselle de Nantes dans Pourceaugnac et dans le Bourgeois\nGentilhomme. Lully, bien qu'âgé de cinquante ans, fit une rentrée sensa-\ntionnelle ; il fut admirable, prestigieux, exquis. Puis, au moment où le\nroi le félicite, prenant un air penaud : \"J'ai pourtant dit-il, un regretd'y\navoir été obligé pour le service de Votre Majesté. J'avais dessein d être"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.25", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2481, "texte": "secrétaire du roi. Mais vos secrétaires ne voudront plus me recevoir. \"\nEt le roi de répondre aussitôt : \" Ils ne voudront plus vous recevoir !\nCe sera bien de l'honneur pour eux. Allez et voyez Monsieur le Chan-\ncelier. \"\nLa grande nouvelle se répand. On s'indigne, on cabale. \" Comment,\nce farceur, encore tout étouffé des gambades qu'il vient de faire sur le\nthéâtre, demande à entrer au sceau ? \" Colbert 1 gronde, et Lully lui\ntient tête : \"Si le roi vous ordonnait de danser devant lui, tout ministre\nque vous êtes, le refuseriez vous ? \" Louvois s'emporte contre\na fait rire le roi, et s'attire cette vive réponse : \" Tudieu Monsieur vous\nen feriez bien autant si vous le pouviez ! \" Les choses vont se gâter.\nEt pourtant tout s'apaise. Le roi a dit sa volonté, Lully est nommé\net l'incident se termine à l'opéra où l'auteur du Triomphe de /'amour\ndonne à ses nouveaux confrères un plat de sa façon, dont ils demeurent\nparfaitement enchantés\nQue tout cela est simpliste et enfantin ! A qui fera-t-on croire que\nLully, au faîte de sa carrière, Lully qui depuis quarante ans vit dans la\nfamiliarité des princes et des potentats, ait besoin d'entrer en conflit avec\nLouvois pour acquérir une simple charge de secrétaire ? Ces petits bouts\nde dialogue peut-être authentiques paraissent tout simplement\néchappés de la conversation de gens qui plaisantent, sur un ton d'égalité.\nLeur ironie est tout à fait dans la manière du Florentin goguenard. On se\nreprésente d'ici le rusé compère, après s'être assuré de l'assentiment du roi\nà la faveur d'une gasconade, s'amusant de sa propre candidature, et dé-\nsarmant ainsi par avance les rieurs. L'impertinence devient alors de la\nfanfaronnade et de la politique, et l'on comprend l'anecdote qui nous\nmontre Louvois, encore amusé de tout ce bruit, saluant Lully à Versailles\nd'un \" Bonjour, mon confrère \" qui n'a rien de féroce. Ce sont là propos\nbadins, entre gens de qualité, et qui sont devenus des gros mots dans\nl'histoire.\nUne preuve que tout s'est passé sans encombre, c'est que les trois\ncommissaires nommés pour enquêter à cette occasion, dans les formes pres-\ncrites, sont amis du surintendant. Les trois rapports indiquent à la vérité\nl'intervention personnelle du chancelier, dans la séance où la candidature\nLully a été mise à l'ordre du jour. Mais nous ne voyons pas que cette inter-\nvention ait eu un caractère comminatoire. Il était naturel que le garde des\n\n1 Bigarures Calotines. P. 1730. p. 32."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.26", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2491, "texte": "sceaux opinât le premier. D'autant qu'il s'agissait d'un personnage consi-\ndérable, et qui plus est, d'un ami. Car Lully entretenait des relations très\nsuivies avec ce monde de la robe. Deux ans plus tard sa propre fille\nCatherine, épousera le fils de Pierre de Francine, conseiller et maître\nd'Hôtel du roi, devenant ainsi la propre cousine du chancelier et du\nministre tout puissant, Le Tellier et Louvois, de M. de Bailleul, président\nà mortier au Parlement, et nièce de Francine de Grandmaison, chevalier,\nmaréchal de bataille de la milice de Paris, lieutenant de robe courte et\nprévôt de l'lsle de France, intendant général des eaux et fontaines, et\nd'une quantité d'autres magistrats, de la première considération. De telles\nalliances ne sont pas l'œuvre du hasard, mais la conséquence d'une vie de\ncour longue et patiente, et d'une camaraderie lointaine. Elles démentent\ntout à fait l'anecdote de Baptiste rabroué par les chancelleries, et obligé\nd'employer la force pour s'y faire admettre.\nLa charge de conseiller secrétaire du roy donnait droit au titre\nd'escuyer, et conférait la noblesse héréditaire. Lully prit des armes ; son\nblason fut :\n\" D'azur, à une épée d'argent, la garde et poignée d'or, posée en pal, la pointe\nen bas, autour de laquelle est tortillé un serpent de sinople, langué de gueules, la\ntête en bas ; et une bande d'or, chargée en son extrémité de deux roses de gueules\nbrochées sur le tout. \"\nSi nous devons nous croire certains documents, et en particulier les\nenquêtes menées en 1681.\n\" la bienveillance du roi avait été jusqu'à vouloir annoblir Lully et sa postérité,\npar des Lettres particulières, mais celui-ci, persuadé que la charge de secrétaire\ndu roi l'honorerait bien davantage, et qu'elle a toutes les prérogatives de la\nnoblesse bien plus éminemment, et avec plus de solidité que des Lettres particu-\nlières qui sont sujettes à révocation, aurait très humblement suplié S. M. et avec\nbeaucoup d'insistance de lui accorder son agrément pour s'en faire pourvoir... \"1\nAinsi Louis XIV aurait volontiers donné à Lully des lettres de\nnoblesse ; celui-ci préféra atteindre son but par un chemin plus long\net plus sûr. Est-ce bien vrai ? On l'ignore, mais on voit le roi auquel\non accordera bien quelque compétence en ces matières reconnaître\nla nécessité de faire entrer M. de Lully, dans l'armoriai général de\nFrance. N'oublions pas cet indication.\nLully a peut-être même visé plus haut encore. L'année suivante en\n\n1 ARCH. NAT. V 2 35."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.28", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 3151, "texte": "1682, il aurait mis, dit-on, une enchère de 60.000 livres sur le comté de\nGrignon, que le premier président avait porté à 400.000 livres. L'enchère\nne lui resta pas et nous n'aurons pas le comte de Grignon, parmi les célé-\nbrités de la musique. C'est dommage ; le titre était sonore. Lully aurait su\nle porter.\nEn bon de père de famille, il préféra réserver ses fonds pour\nl'achat d'un somptueux immeuble, à la Ville L'Evêque, dont on peut\nencore admirer la bâtisse au 28 de la rue Boissy d'Anglas. Il possédait\ndéjà quatre maisons sur le pavé de Paris,1 plus une campagne à Puteaux,\net une manière de chateau 2 à Sèvres, dans lequel se sont installées, en le\nbouleversant, l'Ecole normale de jeunes filles, et la Manufacture de porce-\nlaine. Son inventaire après décès est un monument, et formerait à lui\nseul un gros volume d'impression.a Ce grand seigneur était capitaliste ;\nson train l'exigeait. Et le \" bon pié,\" dont parle le ballet de 1663, était\ndevenu un pied de millionnaire.\nLully achève en 1687 le cours d'une existence monumentale. Il\nlaisse un bien fonds d'environ 300,000 livres, et 500,000 livres en or,\npierreries, argenterie, soigneusement serrés dans des coffres. Il laisse\nl'Opéra, qui rapporte ses 30,000 livres par an, sa charge de conseiller, qui\nva se vendre 70,000 livres, la survivance de ses fonctions musicales, le\nrevenu de ses ouvrages en librairie, estimé à 7 à 8000 livres par an.\nQu'on fasse le total de ces capitaux en les multipliant par quatre, et l'on\nverra que Lully vaudrait de nos jours plus de sept millions.\n*\n* *•\nOn comprend que l'histoire anecdotique se soit acharnée sur un si\n\n1 L'une rue des Moulins au 10 d'aujourd'hui, deux autres rue des Petits Champs, aux 45 et 47, la\nquatrième rue St. Anne au 43. Cette dernière est l'hôtel de Lully, qui a encore si grand air.\n2 Le chateau de la Guyarde, et non de la Diarme comme à lu Radet.\n3 A l'écurie le Surintendant n'avait que trois chevaux \" deux de carosse sous poil noir, hongres et hors\nd'âge, dont l'un est aveugle, et l'autre à des poireaux et le tic, et un autre de 12 à 13 ans, servant à la pompe.\"\nSon grand salon, garni de huit lustres de cristal, et de meubles de brocart était plus somptueux. Les\ndifférentes pièces de son appartement comprenaient de grands et beaux meubles, tableaux, tapisseries et une\npendule d'écaillé, estimée 200 frs. livres. Son lit valait 800 livres (soit 3000 frs.)\nSon vestiaire est bien pourvu. Voici par exemple un juste au corps et culotte de ras de Gamas couleur\nmusqué, avec sa veste en taffetas pareil doublée de taffetas blanc, et garnie de boutons d'argent filé et de\nbroderies des deux côtés. Un autre de drap d'Angleterre, couleur café, brodé d'or. Un troisième de velours\nnoir, brodé également d'or. Ou bien un manteau de camelot de Hollande, brodé d'or aux extrémités et au col.\nSes gants étaient frangés d'or ou d'argent. Il avait trois épées dont une de deuil, et une à garde de vermeil.\nSes dessous comprenaient 6 chemises garnies de dentelles, 13 chemises de nuit, 16 caleçons, 10 camisoles de\nbasin, 2 bonnets de nuit, des cravates, etc. Pour l'époque, tout cela est élégant.\n2"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.29", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2620, "texte": "beau sujet. Chaque étape de la vie de Lully a été exploitée par les\namateurs d'antithèse comme autant de coups de théâtre. Plus l'homme\ns'élevait, plus il fallait le rabaisser aux yeux du monde, afin d'accuser le\njeu de la destinée, le hasard des contrastes, et forcer l'intérêt du lecteur.\nAinsi naissent et se forment les légendes, en groupant les faits suivant les\nexigences du sentiment ! Lully marmiton, transporté soudain dans la\nchambre de Mademoiselle, puis chassé honteusement d'un coup de pied\nqui l'envoie rebondir chez le roi, Lully croque-note, bouffon, parvenu\ndétesté, forçant la main à Louvois et terminant sa vie dans les insolences,\nvoilà le roman sur lequel tout le monde a brodé, depuis ce XVIIe siècle\nmoins curieux de stricte vérité que de littérature piquante. Il convient de\nvoir les choses sous un tout autre jour.\nLe personnage de Baptiste est complexe infiniment. Il réunit en lui\ndes races, des tendances, des époques dont le croisement forme un tout\nondoyant et divers. Mais, de quelque façon que nous le considérions,\nnous sommes frappés de la vigueur de ses traits. L'homme que nous\navons devant nous intéresse par son ensemble plutôt que par le détail de\nses expressions. Musicien, il l'est sans doute, mais en amateur que la\npratique n'absorbe pas. Poète, danseur, metteur en scène, il l'est aussi,\nquand on le lui demande, et encore homme à bons mots, homme d'affaires,\ncourtisan de mœurs faciles et père de famille prévoyant. Est-ce un\n44 violon\" que cet archimillionnaire, conseiller de la couronne ? Est-ce un\nentrepreneur, un imprésario que ce familier du roi ? Mais n'est-ce pas\nplutôt, et avant tout, une conquérant, qui prend sa place aux premiers\nrangs de la société ? L'important ici est l'inflexible autorité autour de\nlaquelle se groupent les qualités et les défauts. Lully en impose à tous\nparce qu'il concentre en lui cent forces éparses. Son tempérament est\nessentiellement monarchique ; sa vie est le triomphe de l'unité dans la\nmultiplicité ; son art pousse la concentration à l'extrême. Impossible de\nsonger en le voyant à un homme nouveau qui surgit du peuple pour faire\nune révolution, ou de croire à un bourgeois patient, praticien attentif et\nspécialisé. Lully ne peut être que grand seigneur.\nIl en possède toutes les caractéristiques : l'aisance, le traditionna-\nlisme, la hardiesse belliqueuse, le goût du plaisir effréné, et par dessus\ntout cette faculté de ramener ses actions aux proportions dun événe-\nment social et mondain. Lully compose ses opéras comme un général\nprépare une bataille. Il en trace les grandes lignes, en assure le dispositif"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.30", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1306, "texte": "et laisse l'exécution à ses lieutenants. Il ne perd pas son temps à rêver\ndevant les portées, mais le jour du combat, il paie de sa personne, et\nenlève la victoire. On a voulu comparer son activité artistique à celle de\nquelque patron d'un établissement de musique anonyme. La comparaison\nne porte guère. Mieux vaudrait parler de la\nLully illustre à côté de celle des princes, maison de rapport sans doute,\nmais qui a cependant le rang d'un véritable ministère d'Etat. En 1680, il\nn'y a de musique en France qu'à l'imitation de celle du Florentin, et\nchacun s'incline devant ce privilège reconnu. Lully pourrait dire, en\nparodiant son maître : La musique cest moi.\nTous ces traits accumulés dans un vigoureux ensemble ne donnent\nils pas de la vraisemblance à la figure de Lully gentilhomme? Si le rôle\ndu véritable gentilhomme est bien de représenter les tendances de la nature\nsélectionnée, de la gens traditionnelle, et de s'identifier si parfaitement\navec elles, qu'il finisse par n'être plus qu'un exemplaire de choix\ndans l'humanité ? Ici le triomphe de la personnalité est de disparaître, et\nde réunir en soi celle de tout le monde. Lully fut un être de ce genre,\nun centre de cette nature. En lui, se reflète le destin brillant d'un grand\nsiècle.\n(à suivrej.\n\nJ. Ecorcheville."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c012", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 27, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.5", "titre_corps": "BUSTE DE J.B. LULLY par COYSEVOX", "titre_sommaire": "BUSTE DE J.B. 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Sa culture, ses tendances\n!.atines l'entraînent vers des théories, des systèmes qui reflètent sa vivante\npersonnalité et y trouvent leur raison d'être. Dans ses ouvrages il se\nraconte tout autant que les sujets qu'il traite, il se donne entièrement.\nPar l'ardeur de ses convictions, par sa sincérité et sa belle franchise, il\nfait facilement la conquête des lecteurs, et bien vite il les emmène au\nloin, sans que ceux-ci se soient aperçus du chemin parcouru. On aime à\nle suivre jusqu'au bout et on ne regrette pas de l'avoir suivi. Le dernier\nlivre de Jean d'Udine, UaÂrt et le Çe en est aussi le plus considé-\nrable, le plus significatif, c'est un vaste programme, l'exposé d'une\nesthétique générale appliquée à tous les arts. Basée sur le principe de\nl'eurythmie, la théorie de Jean d'Udine est remarquable à beaucoup\nd'égards, elle abonde en fines analyses, en observations judicieuses, en\naperçus nouveaux, notamment dans la partie consacrée à la musique,\noù l'auteur semble avoir puisé les éléments directeurs de sa théorie.\nLe livre de Jean d'Udine est un de ces livres où le lecteur s'inter-\nrompt pour réfléchir, pour commenter la page qu'il a sous les yeux. Ce\nsont ces réflexions, ces remarques que j'ai consignées dans le présent\narticle ; ce n'est donc pas une analyse critique du livre même. J'ajoute\npour terminer cette parenthèse qu'il y a plus de dix ans déjà,\nj'avais signalé 2 l'intérêt de la transposition musicale des attitudes, des\ngestes, et la valeur expressive des formes ainsi conçues.\n\n1 Chez Alcan, 1909, in-8° de 284 pp.\n2 Essais de technique et dyesthétique musicales. (Paris, Fromont, 1898-1901.)"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.32", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 22, "texte": "LA MUSIQUE ET LE GESTE"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.32", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2536, "texte": "A vrai dire je ne comprends pas bien la nécessité de vouloir décou-\nvrir pour le problème de l'art pris dans sa généralité une formule\nunique. On a répété bien souvent le mot de Gambetta :\nquestion sociale, il y a des questions De même il n'y a pas de\nquestion esthétique, il y a des questions esthétiques, et dans le même art\nchaque genre a son esthétique particulière. Aussi les théories d'ensemble,\ntout en contenant beaucoup de vérités, restent incomplètes, d'autant plus\nincomplètes qu'elles tentent de ne l'être pas. Les principes qui sont à\nleur base prennent un sens tellement étendu qu'on arrive à déterminer\npar un terme général un état particulier : en définissant la partie par le\ntout, on ne définit pas. Dire que l'art est le résultat d'une idée innée\nl'idée du beau ne nous apprend rien de précis, car nous ne trouvons\ndans cette idée, en voulant l'approfondir, que des notions vagues d'har-\nmonie et de proportions, auxquelles peuvent satisfaire les œuvres les plus\ndénuées de valeur artistique. Dire comme dans le système de Jean\nd'Udine que l'art est une émotion, c'est là une vérité incontestable,\nmais toute émotion n'est pas de l'art. Reste à savoir comment cette\némotion s'est transformée, comment elle se transmet au public. Cette\nquestion, Jean d'Udine la serre de près, il la traite avec une méthode\ndont le principe est excellent et qui eût été beaucoup plus fécond, s'il\nn'avait été restreint à une seule application.\nLe problème est posé par l'auteur sous la forme de deux équations,\ndont la seconde est le renversement de la première et qui théoriquement\npeuvent être énoncées ainsi :\ni° A. Emotion, sensation émotive quelconque. B. Signe émotif.\nC. CEuvre d'art (d'un canton sensoriel quelconque).\n2° C. Œuvre d'art. B. Signe émotif. A. Emotion primitive.\nLa première de ces équations (A.8.C.), c'est Valler, le processus\nemployé par l'artiste, par le créateur ;la seconde (C.8.A.), c'est le retour,\nle processus par lequel l'œuvre passe pour se manifester au public, a\nramateur, selon le terme de Jean d'Udine. L'effet émotif aura lieu\nsi l'on maintient une étroite corrélation entre les trois termes, de\nl'émotion primitive au signe émotif, du signe émotif à l'œuvre d'art ou,\nà travers les transformations opérées par le créateur, ce signe caracté-\nristique doit conserver toute sa force et sa clarté. L'émotion primitive de\nl'artiste se trouvera ainsi reconstituée chez l'amateur ; le point de contact\nest donc le terme médian (B). Un tel procédé me paraît analogue a celui"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.33", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2783, "texte": "qui consiste, dans les mathématiques, à introduire pour la solution d'un\nproblème un facteur, une X, qui s élimi au résultat final. Il en résulte\nque théoriquement le facteur pourra varier, sans que les conditions du\nproblème soient changées ; l'émotion de l'amateur aura toujours pour\ncause première l'émotion de l'artiste, mais elle pourra être provoquée\npar diverses causes occasionnelles, les seules qui soient apparentes, tan-\ngibles ; autrement dit il y aura différents signes émotifs, et c'est sur cette\nvariété de signes que sont fondées les diverses manifestations de l'art\n(peinture, sculpture, littérature, musique) et dans un même art les\nprocessus particuliers à chaque genre (prose, poésie, musique dramatique,\ndescriptive, musique pure...).\nQuels sont ces signes émotifs ? Ils peuvent être considérés j'en\nai fait jadis la remarque 1 comme dérivés d'un seul signe, le GESTE, à\nla condition de prendre ce terme dans son acception générale. C'est là\naussi le point de départ de Jean d'Udine. Mais celui-ci, comprenant\nqu'une telle définition de l'art serait trop vague, tient à préciser : Part est\nun geste,c'est-à-dire UNE ATTITUDE, une —et il ajoute\nattitudes exprimables par des mouvements par la DANSE. La sensation\nmusculaire est regardée par lui comme la base même de l'art, la repro-\nduction du réflexe musculaire sous cette forme rythmée est sa formule\nexécutoire. Formule unique, complète, car, en vertu de l'unité des forces\nphysiques, les mouvements rythmés se produisent partout et toujours,\nque nous en ayons ou non conscience, que ces mouvements aient lieu en\ndehors de nous, qu'ils nous apparaissent réalisés dans le contour immobile\ndes choses.\nTels sont, si je ne me trompe, brièvement indiqués, les principes\nfondamentaux de la théorie, exposés dans un livre qui eût été plus\nexactement intitulé l'émotion et le geste, ou les sensations et le geste.\nIl s'y trouve en effet une étude très approfondie, très fine, des sensations\nramenées à une sensation unique, le immédiat ou s'exerçant à\ndistance. La notion sensible de l'espace vient, en raison de cette même\norigine, s'identifier avec la notion du temps. C'est par ces considérations\ntraitées volontiers comme des axiomes n'ayant pas besoin de démonstra-\n\n1 \" L'homme manifeste son activité psychique pensées, sentiments, émotions par deux signes\nextérieurs, le langage et le geste. Ces deux phénomènes nettement distincts, qu'ils se produisent isolément ou\nensemble, peuvent être ramenés à un terme unique, le geste, pris dans une acception générale, le langage n'étant\nen effet qu'un geste plus développé et plus précis, ils diffèrent entre eux par leur mode de formation et les\nvoies particulières qu'ils suivent pour s'extérioriser. \" (Essais de technique et d'esthétique musicales.)"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.34", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2860, "texte": "tion, que l'auteur est conduit à trouver la solution des deux équations du\nproblème dans une série d'attitudes organisées en rythmes. En réalité,\nexcepté dans les arts plastiques, où les attitudes ont une reproduction\nexacte, nécessaire, la théorie de Jean d'Udine substitue au problème à\nrésoudre un autre problème qu'elle ne résoud pas, remplace une transfor-\nmation par une autre qui risque d'être plus confuse. Procédant par une\nsorte de synthèse, elle conserve un seul élément, le rythme, qui doit être\nla résultante de tous les éléments dont l'artiste s'est servi pour la mise au\npoint. Or cet élément, pris comme signe émotif, est une\ncielle ajoutée par l'artiste, un procédé.ll n'y a de rythmes naturels que\nceux qui assurent le jeu régulier des organismes vivants, ou la durée\nindéfinie de certains mouvements continus, et ces\naucune valeur (Part par eux-mêmes. La forme rythmée dans l'œuvre d'art\nest donc une convention.1 La succession d'images semblables qui, con-\nservées par la mémoire, se superposent au fur et à mesure, apporte,\ncomme dans un cinéma, la continuité, la durée, l'illusion de la vie. Mais\nsi cette superposition peut, lorsqu'elle est accompagnée d'une excitation\nmusculaire plus intense ainsi que cela arrive pour les productions\nrythmées de la musique exalter, magnifier l'impression d'art, elle\nn'offre plus aucun intérêt expressif, quand son caractère mécanique appa-\nraît, et elle devient un simple exercice matériel, une gymnastique dont la\nvirtuosité offre uniquement quelque agrément. Nous nous expliquons\naisément les tendances arythmiques des écoles modernes, protestant\ncontre la tyrannie du rythme ainsi compris, imposée au public, réclamée\nensuite par lui, mais dont en raison de son caractère artificiel les artistes\ncherchent à s'affranchir. Du jour où on constata et cette constatation\nse fit longtemps attendre, tant la suggestion artistique est puissante\nque les opéras de l'école italienne du siècle dernier n'étaient, à peu d ex-\nceptions près, composés que de rythmes de marche et de danse, cette\nconvention parut inacceptable, et la majorité du public, après avoir long-\ntemps résisté, finit par se laisser convaincre, quitte à se consoler en allant\nà l'opérette. De même, mais dans une forme singulièrement plus riche et\n\n1 Le développement naturel, logique qu'offre une convention d'art quelconque fait croire à sa réalité\nc'est pour cela que tous les théoriciens se sont mépris sur le véritable caractère du rythme artistique qui n est\npas plus donné par la nature que la gamme musicale. L'invention du rythme provient d une part de la danse,\nde l'autre de l'idée de jeu. Les poètes et les musiciens l'ont transporté dans le domaine psychique, où il devient\nun moyen de sélection et de concision, un élément de continuité et, en certains cas, 1 auxiliaire expressif de\nla pensée."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.35", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2801, "texte": "plus belle, nous ne sommes plus émus par les développements purement\nmécaniques de certaines pièces symphoniques du XVIIIme siècle, fussent-\nelles des plus grands maîtres.1 Ayons le courage de le reconnaître, cette\nmusique est devenue didactique, une vraie musique d'école, comparable\naux chansons de métier accompagnant et réglant un travail matériel.\nSi le mouvement est scientifiquement la source de toutes choses, il\nse trouve évidemment parmi les signes concrets dont se compose l'œuvre\nd'art. C'est là un fait d'ordre purement scientifique qui ne nous émeut en\nrien. Admettons qu'un rythme typique musculaire puisse caractériser une\némotion déterminée ce qui n'est pas certain il faut toujours inventer\ndes rythmes nouveaux. Il y aura donc une infinité de mouvements\nsusceptibles de représenter le même fait émotif.\n\" La musique,dit Jean d'Udine née\ntour. \" Affirmation évidente pour les morceaux destinés à la danse, vrai-\nsemblable pour l'art primitif qui paraît en être issu, mais inadmissible\nailleurs, lorsque l'art est parvenu à un développement suffisant et qu'il\ncherche précisément à s'affranchir de cette servitude première. Je pourrais\ndire tout aussi bien et plus justement : La musique, née de la déclama-\ntion, du langage, engendre à son tour une sorte de langage, de discours.\nJean d'Udine n'admet que la première formule, jugée suffisante le\nlangage étant pour lui une sorte de danse, applicable à tous les cas; en\nréalité, il donne ainsi une importance tout à fait disproportionnée à des\nmouvements, rythmés ou non, qui doivent être considérés et sont effec-\ntivement de simples mouvements réflexes.\nLe point de départ de la sensation musicale est, ainsi que dans\noutes les manifestations sensorielles, un ébranlement nerveux ; cet ébran-\nlement qui détermine dans l'organisme une sorte d'activité vague sans but\nprécis, 2 devient une excitation motrice lorsque les sons entendus se\nsuccèdent dans un ordre facilement saisissable divisant le temps régu-\nlièrement.\nA son tour, cette excitation motrice se traduit par des gestes imita-\ntifs, réellement exécutés ou supposés. Tel rythme fortement et également\n\n1 L'emploi presque constant des imitations, la recherche excessive de symétries trop nombreuses, trop\nrapprochées, réalisées dans les formes rythmiques et mélodiques les plus brèves, les renversements des motifs, etc.,\ntoutes ces combinaisons, qu'on pourrait comparer à un travail de mosaïque, engendrent une foule de mouve-\nments divers, dispersés en tous sens, dont la signification expressive est parfois confuse ou échappe complètement.\n2 La sensation musicale ne trouve pas d'issue directe du côté du concept intellectuel, elle n'aboutit pas\nimmédiatement, comme dans la sensation visuelle, à la perception d'une réalité, à un acte de la connaissance."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.36", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2615, "texte": "marqué produira la marche, tel autre, la danse avec une gesticulation du\ncorps et des bras. Tout cela est vrai, fort connu d'ailleurs, mais ce n'est\nqu' une infime partie du phénomène musical, c'en est à peine le rudiment,\ncar des instruments de percussion, des bruits quelconques, pourvu qu'ils\nsoient rythmés, suffisent à produire ce résultat. C'est l'esthétique de la\nmusique des sauvages.\nDans la théorie de Jean d'Udine elle va se développer, se compléter\npar le système des synesthésies, dont l'auteur a expliqué auparavant le\nmécanisme. Dans cette théorie, ainsi que je l'ai dit, le tact est le sens\ntype qui donne naissance à tous les autres, toutes les sensations sont des\nsensations tactiles, en communication par leur commun diviseur, le tou-\ncher. C'est par le toucher qu'elles correspondent, s'engendrent mécani-\nquement, sans qu intervienne, dit l'auteur, dans la production de ces corres-\npondances aucun élément intellectuel. D'autre part, Jean d'Udine assimile le\nmouvement musculaire et la sensation tactile. L'émotion musicale ayant\ntoujours une origine motrice ou tactile, la musique participe donc à\ntoutes les manifestations sensorielles, c'est à dire à toutes les émotions et est\nainsi capable de tout exprimer. Si l'exposé de cette théorie contient, sur\nnombre de points, des observations exactes, originales et neuves qui valent\nà elles seules la lecture du volume, il s'y rencontre des affirmations très\ncontestables et, malgré leur apparence, peu scientifiques. Pourquoi cette\nélimination de l'élément intellectuel, de l'élément compréhensif dans\nl'émotion ? L'artiste, l'amateur n'est pas un pantin dont les ressorts, si\nsubtils qu'ils soient, se déclanchent mécaniquement. La transposition dans\nl'œuvre d'art, ce que l'auteur appelle le passage d'un canton sensoriel\ndans un autre canton sensoriel, est parfaitement volontaire, contrôlée par\nle jugement qui, pour la mise au point, a rejeté le plus souvent les\npremiers essais, les premières tentatives. Celui qui, au lieu de commander\nà ses impressions, se laisserait commander par elles, ne sera jamais un\ngrand artiste, un créateur.\nD'autre part en étudiant le mouvement, Jean d'Udine confond le\nmouvement vibratoire, mouvement sur place, sans changement dans l'espace\n(l'ébranlement nerveux de la sensation par exemple) et le mouvement\navec déplacement dans F mouvement musculaire, geste, attitude. Si\nles gestes, les attitudes peuvent artistiquement aboutir à l'invention\nd'un rythme, ils n'ont point le rythme pour origine, ils ne présentent\ncette forme que lorsqu'ils sont répétés. Dans un ouvrage deja"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.37", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2510, "texte": "cité 1 où j'ai analysé un grand nombre de thèmes wagnériens, j'ai essayé\nde montrer que pour certains d'entre eux les attitudes et les gestes des\npersonnages pouvaient expliquer, justifier leur allure mélodique étant\nobservé d'ailleurs que ces attitudes ont une double représentation, sur la\nscène à un moment donné et dans la musique où notre mémoire les recon-\nnaît ensuite et les évoque. Or quelle est la caractéristique de ces thèmes ?\nDans une mélodie de l'école italienne, dans un motif quelconque, de\ndanse, si l'on veut c'est le rythme mécanique de la mesure qui engen-\ndre la phrase, développe la succession des courbes sonores. Les thèmes\nwagnériens, au contraire, représentatifs d'attitudes et de gestes, sont des\nformes arrêtées, fixes, complètes dans leur brièveté elles passent devant\nnous pour ainsi dire immobiles,2 entraînées dans le courant de l'harmo-\nnie, qui coule tantôt impétueux, tantôt calme. Il y a donc là de grandes\ndifférences. Les thèmes wagnériens pourront figurer dans n'importe quelle\ndisposition du rythme mécanique une mélodie conçue à la façon ordi-\nnaire serait complètement changée. Les sept notes du thème de l'Epée\nde la Tétralogie se prêtent à toutes les combinaisons de mesures, mais\nelles offrent un sens complet à elles seules.\nEn fait le système des synesthésies ne résout pas la question de\nl'émotion musicale, nous passons à côté, parce que de parti pris l'auteur\nn'a voulu tenir compte que de la phase initiale de l'émotion, présentée\nthéoriquement, isolée de son milieu et de son histoire.\n*\n* *\nLa musique nous émeut par elle-même, sans que nous sachions\npourquoi et sans que nous éprouvions le besoin de savoir ce pourquoi.\nS'il y a une adaptation quelconque de la musique à la danse, à la parole,\nà une action dramatique, l'émotion musicale pourra n'être qu accessoire\nou, restée l'élément principal, elle trouvera après coup dans cette adapta-\ntion sa justification, à la condition que cette adaptation nous paraisse\nsatisfaisante. Dans la musique pure il n'y a aucun intermédiaire entre la\nmusique et nous, auditeurs. Lorsqu'une belle phrase dun adagio de\n\n1 Essais de technique et d'esthétique musicales.\n2 Par rapport aux mouvements sonores environnants. Les thèmes wagnériens —je ne parle pas ici des\nprogressions se composent essentiellement de quelques éléments asymétriques, ce qui les rend intradui-\nsibles par les formes rythmés de la danse ; de plus, le rythme mécanique de la mesure n'y a aucun rôle carac-\ntéristique ou nécessaire."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.38", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2671, "texte": "de Beethoven nous émeut, ce n'est ni Beethoven, ni tout autre dont les\naccents nous toucheraient par sympathie, c'est nous-mêmes qui sommes\natteints directement. Rien n'est venu s'interposer au moment où naît cette\némotion, aucune vision d'attitude douloureuse par exemple, c'est notre\npropre douleur que la musique représente. L'objectivation si elle sur-\nvient ne précède pas l'émotion originaire, elle la suit, la complète au\nbesoin. Ce sont donc les inflexions sonores qui seules ont agi, ont éveillé\ndirectement un sentiment, un fait purement psychique ; l'émotion musi-\ncale est par conséquent extrêmement\nUn autre caractère résulte du caractère précédent en raison de sa\nnature psychique. L'émotion musicale exige certaines dispositions, cer-\ntaine culture de l'esprit, elle correspond à une faculté spéciale, au sens\nmusical, qui est le privilège de quelques-uns. Parmi une foule d'auditeurs,\nun petit nombre possède ce sens musical plus ou moins complet, les autres\nne sont accessibles qu'au mouvement musculaire, au rythme mécanique,\nà ce qui relève de la danse et peut y revenir ; ils sont impressionnés éga-\nlement par les sonorités purement matérielles, les trucs, les ficelles du\nmétier, les tours de force que les virtuoses exécutent sous leurs yeux avec\nles mains, avec l'archet. Si l'impression reste ainsi localisée dans sa phase\nsensorielle grossière, c'est qu'il n'y a pas compréhension véritable. La\nmusique est un langage 1 qu'il faut comprendre pour en etre emu. Or\ncette langue, il faut l'apprendre et pour la savoir il ne suffit pas d'en\nconnaître quelques locutions, semblables aux phrases des manuels de con-\nversation. Une éducation préalable est nécessaire ;2 chaque race, chaque\ncivilisation a une langue musicale qui a sa part de convention et qui est\nparfois si rudimentaire que ses successions sonores ne méritent pas le nom\nde musique et a fortiori celui de langage.\nLa nôtre s'est formée peu à peu au hasard des circonstances, comme\ntoutes les langues, d'ailleurs, où des besoins nouveaux créent des mots\nnouveaux et des tournures nouvelles.\nL'histoire de cette formation est infiniment intéressante et instruc-\ntive pour l'étude de l'émotion musicale, de son évolution, principalement\ndans la musique pure où les éléments psychiques finissent par prendre\nune place prépondérante.\n\n1 L'art musical participe du langage et du geste, il en offre les caractères principaux et les associe ans\nune certaine mesure. (.Essais de technique et dyesthétique musicales.)\n3 Mais non professionnelle, comme, en d'autres termes, on apprend à parler et à comprendre une angue,\nsans vouloir pour cela faire métier d'écrivain."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.39", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2641, "texte": "Jusques aux deux derniers siècles, la musique ne fut pas cultivée\nseule et pour elle-même ; elle était associée à la danse, à la poésie qui lui\nimposaient l'une, ses mouvements et ses rythmes, l'autre, sa syntaxe\ngrammaticale, sa prosodie, sa métrique. Humble servante elle n'avait pas\nde statut personnel et n'en avait pas besoin. A la sensation musicale se\nmêlaient d'autres sensations qui se confondaient avec elle ou ne lui lais-\nsaient qu'un rôle accessoire. Ce qui domina dans les manifestations de\nl'art antique ce fut l'élément visuel, le rythme plastique et à cet égard la\nthéorie de Jean d'Udine trouverait ici sa meilleure justification. La langue\nmusicale ne se dégagea que bien des siècles plus tard, après les cantilènes\ngrégoriennes, encore étroitement subordonnées à la parole, après les essais\nd'une polyphonie maladroite faits au hasard de vieilles théories non appro-\npriées. Les progrès de l'écriture harmonique, le principe attractif, basé\nsur l'emploi des petits intervalles que renferme une gamme (*), vinrent\nenfin apporter, avec une syntaxe rationnelle les éléments de la tonalité,\npréciser les cadences, fournir à la phrase musicale toutes les allures d'un\nangage susceptible non plus seulement de représenter les gesticulations\nde la pantomime ou de la mimique, mais d'exprimer à son tour et voce\npropria des sentiments et des idées. Mais cette évolution fut très lente.\nElle aboutit avec Beethoven. Les traditions de la danse et de la déclama-\ntion persistèrent jusqu'à lui, des formes artificielles, fécondes en apparence,\nstériles au fond, la retardèrent en substituant à des développements véri-\ntables une sorte d'amplification presque entièrement mécanique. Si Bach\nfut parfois un précurseur, si Haydn orienta l'art vers une forme populaire\net plus simple, Mozart ses toutes dernières œuvres exceptées—s'amusa\nde ces vieilles formules et à leur préciosité. Beethoven fut le libérateur.\nDans une forme libre, claire, vivante,\nparlé, il prouva que la musique se suffit à elle-même, qu'elle n'a besoin ni\nde la danse, ni de la parole, ni d'aucune forme artificielle pour exprimer\nune idée, un sentiment. L'œuvre beethovenienne offre des développements\nvraiment psychiques au lieu de la phraséologie officielle, pédante ; de\nl'école, elle présente une conception beaucoup plus large de la forme\nrythmée, appliquée librement aux idées mêmes, alors que les rythmes\nmécaniques ne sont plus que des éléments divisionnaires de continuité.\nBeethoven crée la grande phrase symphonique,\n\n1 En ut majeur, les deux demi-tons si ut et mi fa employés simultanément et marchant en sens contraire :\nsi ut, fa mi."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.40", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3201, "texte": "d'un seul jet, qui transformera la musique pure : aux deux extrémités de\nla phrase se trouvent les idées principales entre lesquelles s'établit une\nrelation expressive, l'une, la première restant ouverte, l'autre fermée par\nles nœuds successifs des cadences, multipliées s'il y a lieu, pour\nmieux équilibrer ce qui précède (*). Telle est, dans les œuvres du maître\nla disposition de la première partie de l'allégro d'une symphonie, d'un\nquatuor, d'une sonate. Au développement qui suit où sont mises en\nvaleur de nouvelles relations tirées des éléments déjà exposés, même\nprocédé grammatical ; une seule phrase qui reste suspensive et aboutit\nà la reprise de la première, unifiée dans une même tonalité et augmentée\nin fine de nouvelles cadences qui forment la coda ; Beethoven en a laissé\ndes spécimens d'une beauté merveilleuse. Le morceau garde ainsi une\nunité admirable dans le fond et dans la forme (2). La compréhension\nde ces trois grandes périodes, de ces rythmes si larges, exige un effort\npsychique considérable ; l'œuvre même est intraduisible, matériellement\nirréalisable dans une autre forme d'art. C'est une ode aux trois strophes\ngigantesques, composées chacune d'une phrase unique. Seul le langage\nidéologique de la poésie peut offrir quelques analogies dans une mesure\ninfiniment plus restreinte : les grands poètes, en effet se sont servis de ce\nrythme d'idées et c'est dans leurs œuvres qu'il y a lieu d'en rechercher\nles premières applications.\nJe prendrai comme exemple celui qui se trouve dans le livre de Jean\nd'Udine et où l'auteur, en le commentant, confond ce grand rythme avec\ndes rythmes divisionnaires de syllabes ; c'est le passage représentant\nEviradnus, le guerrier justicier, de la Légende des Siècles :\nDans l'horrible balance\nOù les princes jetaient le dol, la violence,\nL'iniquité, l'horreur, le mal, le sang, le feu,\nLa grande épée était le contrepoids de Dieu.\n\n1 Cette grande phrase si caractéristique de la musique pure est en germe dans les symphonies d'Haydn et\nde Mozart dont le plan général ne diffère guère de celui de Beethoven ; ce sera, plus tard, avec certaines\nmodifications, la phrase de l'école moderne, du poème symphonique, très librement construite. Est-il besoin\nd'ajouter que cette large conception de la phrase musicale n'a rien de commun avec le procédé employé, dans\nl'opéra classique, pour la construction du fameux final, cette lourde et épaisse machine sonore, composée de\npetites phrases répétées et de pièces rabouties auxquelles succèdent d'interminables formules de cadence.\n2 Les autres parties de la symphonie sont construites différemment 5 dans l'andante nous retrouvons la\nconstruction du lied ou de la chanson, dans le scherzo les symétries et la figuration rythmée d'une danse\nidéale, alors que le Final avec ses thèmes fermés, conclusifs, ses cadences rapprochées, reproduit souvent les\nallures du rondeau poétique, ou évoque, comme celui de la 5e symphonie, une magistrale péroraison. Chacun\nde ces morceaux a son équilibre spécial, correspond à un état différent. Le plus caractéristique, en raison de\nson unité, de son dynamisme et de sa grande envergure, est l'allégro par lequel l'œuvre débute."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.41", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2504, "texte": "Contrairement à ce que dit Jean d'Udine, ce ne sont pas les\ntrois syllabes \" grande épée \" qui font équilibre aux treize syllabes des\ncrimes (dol, violence...) ; cest le vers tout entier ou il riy a quune idée, alors\nque les idées se pressent se bousculent Tout\nl'effet de la phrase d'Hugo est là, dans le rapport qui s'établit entre les\ndeux idées principales, l'idée de lutte sauvage, sanglante, et l'idée de\njustice dans les proportions données à chacune d'elles, proportions que\nnous pouvons mesurer exactement par le rythme prosodique. Ainsi le\nmouvement cadençal qui porte la seconde idée, le second terme du rap-\nport, doit remplir l'unité métrique, l'hexamètre, il ne saurait avoir ni\nplus ni moins : la cadence poétique, qu'on pourrait assimiler à une\ncadence musicale, serait affaiblie. Ajoutons que la rime empruntée à une\nsonorité précédemment entendue donne l'impression d'une venant\nfixer le nœud de la cadence qui arrête momentanément le rythme méca-\nnique des vers. Ce que le poète dit en quelques lignes, le musicien le\ndéveloppe symphoniquement en une immense phrase, dépassant de\nbeaucoup les dimensions des plus longues périodes du discours ; mais la\nphrase poétique et la phrase musicale peuvent être rapprochées ;\nla même origine psychique, avec une syntaxe et des procédés d'application\ndifférents.\nSi de cet examen d'ensemble l'on vient à étudier dans les détails la\nstructure même d'une phrase musicale, on constate des emprunts analogues\nfaits au langage et ayant le même caractère idéologique. Un des moyens\nles plus employés est Y insistance, soit par la sur les mêmes notes\nou sur d'autres {progression), soit par des équivalences, c'est-à-dire par des\ngroupes de notes pouvant se remplacer les unes les autres dans un même\néquilibre harmonique ou dans une même marche d'harmonie. Comme les\nmots typiques d'une phrase parlée, certains groupes portent les elements\nprincipaux, et les effets expressifs, les autres ne servent qu a espacer ces\neffets et remplissent des fonctions accessoires : rythmiques pour assurer la\ncontinuité du mouvement harmoniques, comme formes d'accompagnement\nfaisant partie de la mélodie même; ou enfin purement ornementales. Beet-\nhoven choisit fréquemment un seul intervalle comme lien entre les thèmes\nd'un même morceau ou entre les morceaux d'une même œuvre (x). La\nrépétition d'une formule rythmique se rapproche beaucoup plus de 1 im-\npression musculaire : c'est plutôt un procédé de métrique, avec des cesures\n\n1 Voir l'appendice."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.42", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3021, "texte": "accents tombant regulierement, comme dans la prosodie poétique.\nCe qu il faut retenir de ces quelques observations forcément très\nincomplètes, c est la grande richesse, l'ampleur de la syntaxe musicale, ce\nsont ses caractères profondément psychiques, véritables facteurs de l'unité\nque nous observons dans toutes ses parties : le principe attractif, appliqué\nd une part dans les demi-tons de la gamme, de l'autre, dans les valeurs\nbrèves d un rythme ; la serie rythmique, composée aux premiers degrés\nde 1 echelle d unités musculaires, au sommet de vastes groupements psy-\nchiques ; enfin les mouvements de l'harmonie, qui comprennent des\ngroupements de plus en plus étendus, simple succession de deux accords,\ngroupements homogènes d'une tonalité, groupements des tonalités entre\nelles, jusqu'aux combinaisons libres de l'écriture moderne, comparables à\nun faisceau de rayons sonores émanant d'un foyer principal.\nQuant à l'idée elle-même, but expressif de l'art, elle n'est accessible\nqu'indirectement, par un rapport de similitude ou de contraste, de\ngrandeur ou de petitesse, de force ou de douceur, de lumière ou d'obscu-\nrité... Or qu'est-ce qu'un rapport ? Un pur concept intellectuel, où les\nformes extérieures, tangibles, immobiles ou mobiles, se résolvent en\nimages psychiques images intérieures presque mathématiques (x). Ce sont\nces images que le musicien reproduit avec leurs nuances et dans leur\nintensité, qui lui fournissent un répertoire d'une variété inépuisable, car\nl'artiste créateur trouvera toujours quelque interprétation nouvelle.\nL'ensemble de ces principes constitue la grammaire intégrale de la\nlangue musicale. Abregee, simplifiée dans les productions inférieures qui,\npour remplir d'ailleurs leur mission sociale, n'ont pas à viser si haut, elle\nse manifeste complètement dans les formes les plus élevées, celles où la\nfinalité esthétique se réalise intégralement.\nBasée sur des rapports, sur une syntaxe idéologique, la musique pure\naboutit par suite à une dématérialisation (2), et c'est ainsi qu'elle arrive à\nnous donner l'impression de l'absolu.\n\n1 Lorsque deux faits sensoriels, provenant de \" cantons \" différents, représentent le même rapport, ils\npeuvent succéder lun à 1 autre, ils sont équivalents, ils ont la même valeur psychique. Ainsi une sensation\nauditive peut, dans ces conditions, éveiller une sensation colorée. Voilà, à mon avis, la véritable cause des\nsynesthesies qui sont le grand argument du livre de Jean d'Udine et où l'auteur ne voit que des groupements\nsensoriels inconscients.\nCette dématérialisation se produit pour ainsi dire malgré nous. On a remarqué que la sonorité du piano\nest insoluble dans 1 orchestre. Ceci est applicable à l'art tout entier. Parvenue à un certain degré d'intensité ou\nde développement, la musique est insoluble dans le milieu où elle se trouve, elle se désagrège d'elle-même, se\nsépare des éléments auxquels elle est associée. \" Les paroles ne comptent pas \", dit un vieux cliché qui n'est\npas sans vérité."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.43", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2585, "texte": "En entendant certaines pages de Beethoven, certaines scènes des\ndrames wagnériens où la musique pure épand largement ses vagues har-\nmonieuses, ne sommes-nous pas transportés hors de l'humanité, au delà\ndes formes matérielles, tangibles ? L'amour de Tristan et Yseult n'a plus\nrien de terrestre, les paroles se sont dissoutes, un seul mot subsiste, la\nconjonction et. \"Le désir humain, écrit Alfred Ernst, lorsqu'il arrive à se\nlibérer des contraintes extérieures, exige impérieusement l'absolu et\nl'infini. \"\nOr cet absolu ne peut se concevoir qu'en dehors des formes concrètes\ncomme une image intérieure, que, seule peut-être, la musique peut\napprocher. Théophile Gautier ne disait-il pas qu'avec ces deux ailes, la\npoésie et la musique, l'âme peut remonter très haut jusqu'à Dieu\npeut-être... Or, ces ailes, ne les attachons pas avec des fils pour les faire\nramper sur le sol, laissons-les planer, emportant nos douleurs et nos joies\ndans les espaces infinis du rêve et de l'idéal.\nDans l'esthétique de Jean d'Udine, le problème de l'émotion musi-\ncale est donc très bien posé, mais il n'est résolu que partiellement, dans\nsa phase initiale. Engagé sur une voie qui eût pu être très féconde,\nl'auteur s'arrête à mi-chemin. Séduit par une vague théorie d'unification,\nil généralise aussitôt, érige en système quelques observations de faits de\nsynthèse, certaines correspondances sensorielles, déclarées, mais non\ndémontrées inconscientes. Ainsi il est entraîné à enfermer l'art, les\nœuvres et l'émotion artistique dans un cercle étroit qui ne dépasse pas le\ndomaine de la sensation. Le livre de d'Udine a un précieux intérêt\ndidactique par la contribution qu'il apporte à l'enseignement du rythme,\nnotamment à la méthode inaugurée par Dalcroze à Genève, et récemment\nimportée avec succès à Paris. Un bon musicien doit savoir la rythmique,\ncomme un bon comptable l'arithmétique, pour faire de bonnes additions.\nIl y a dans cette gymnastique rythmique qui offre tous les attraits d'un\nsport, les éléments d'un art nouveau, d'une danse regénérée et\nMais la musique et la danse sont deux arts distincts ; l'interprétation de\ncelle-là par celle-ci sera toujours approximative, imprécise. C'est un art\najouté à un autre art. La véritable émotion musicale est une émotion inté-\nrieure. Elle n'est pas d'ailleurs spontanée. Il faut que la compréhension de\nl'œuvre ait eu lieu au préalable pour qu'elle se manifeste. Elle ne se com-\nmunique pas immédiatement au public, pas plus que l'œuvre ne s'est\nlivrée d'un seul coup à l'artiste créateur. Ce qui est intuitif chez les grands"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.44", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1854, "texte": "musiciens, c'est la technique, la science du métier qu'ils savent déjà au\nmoment où ils apprennent ; l'idée elle-même est longuement mûrie, alors\nque sa réalisation peut être rapide. Beethoven cherchait très longtemps les\nthèmes de ses symphonies, Chopin modifiait sans cesse ses moindres com-\npositions. Si, parmi les manifestations de l'art, il en est à qui une seule\nimpression suffit pour que la conception de l'œuvre soit complète, la\nmusique est avant tout un art de réflexioparce qu'elle est un une\nlangue organisée, pourvue d'une grammaire et d'une syntaxe. Ces carac-\ntères se révèlent le plus intégralement dans la musique symphonique,\nalors que les autres genres n'ont qu'une liberté relative et par suite\nrelèvent d'une esthétique spéciale. Sans doute Wagner a pu, associer très\nétroitement la musique dramatique et la musique pure, mais il n'a réalisé\nce tour de force — qui ne se renouvellera vraisemblablement jamais —\nqu'en ralentissant outre mesure et parfois pour\nque T s ti 11 scemqueet 1 O'Ct'toyiJ ,\nsoient ainsi d'accord.Quel que soit donc le mérite des poèmes wagnériens,\nnous devons reconnaître que ses deux éléments, l'élément scénique et\nl'élément musical, n'y ont pas la même valeur, l'un étant trop souvent\nsacrifié à l'autre.\nOn ne saurait trop le dire : tout problème d'art est un problème\nqui comporte non pas une mais plusieurs solutions ; à ces solutions qu'il\nest inutile d'unifier, correspondent des formes typiques différentes, aisé-\nment reconnaissables, comme l'émotion qu'elles suscitent. Pour le pro-\nblème musical dont j'ai tenté ici l'examen, parmi toutes les solutions dont\nil est susceptible, je n'ai étudié brièvement que celle qui en est l'expres-\nsion la plus haute et la plus complète : les œuvres qui la réalisent sont\nrares, mais ce sont aussi les plus belles.\n\nElie Poirée.\n\n3"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c015", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 45, "image_fin": 47, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.7", "titre_corps": "APPENDICE", "titre_sommaire": "APPENDICE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.45", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1403, "texte": "APPENDICE\nI. Le procédé qui consiste, dans la construction d'une phrase mélo-\ndique, à répéter le même groupe de notes, soit textuellement, soit en le\ntransposant en progression, est trop connu pour qu il y ait lieu de\nl'expliquer ; bornons-nous à donner un exemple, lorsque cette répétition\nse fait par des équivalences.\nEn raison de la fusion qui s'opère entre les sons d un accord parfait\nconsonant, l'initium de la Marche Turque de Mozart un exemple\nentre mille offre trois mouvements équivalents a (la ut), b (ut mi),\nc (mi la) qui, ayant le même plan harmonique, représentent harmoniquement\nla même intonation :\nau lieu d'une répétition, sans aucunfintérêt, de a :\nS'il y a un mouvement de cadence, les équivalences seront en iut\nmajeur par exemple, les mouvements attractifs caractéristiques inverses,\nsi ut, fa mi, les groupes sol ut, ré ut, ré mi, etc. combinaisons\nsuperposables. C'est sur ce principe, d'ailleurs, qu'est basée l'écriture à\nplusieurs parties, l'emploi simultané de dessins mélodiques différents\ndans la polyphonie, ainsi que le système des imitations serrées.\n11. Comme exemple d'une phrase mélodique contenant des éléments\nprincipaux et des éléments accessoires, nous pouvons citer le début de\n! 'allegro de la sonate à Kreutzer.\nOn y distingue deux éléments expressifs A et B, séparés par une\npartie accessoire :\nRapprochés, A et B figureraient ainsi dans une forme serree •"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.46", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1396, "texte": "Cette forme n est pas employée : pour donner plus d'ampleur au\ntheme, Beethoven intercale, entre les deux éléments expressifs, quatre\nmesures, une lente montée de rondes, de sorte que les trois\nnotes finales du groupe B, résonant longuement, viennent faire équilibre\naux mesures précédentes ; l'idée est agrandie. A la fin de l'allégro l'ini-\ntium de A se soude avec 1 element B, renversé ; il y a contraction :\nDans le courant du morceau remarquer le rôle prédominant donné\nau Petjt element a, qui est ici, non pas un geste, mais une sorte d'appel, de\ncri jete par une voix ideale et qui fournit entre autres un nouveau thème :\nL'importance donnée par Beethoven aux intervalles est considérable.\nL'emploi de l'intervalle de tierce dans la 5e Symphonie (en ut\nmineur) est des plus remarquables comme moyen idéologique et expressif:\ntierce descendante au premier allegro, ascendante au Final qui appa-\nraît comme une grande cadence triomphale, après le long passage\nsuspensif où se trouve le merveilleux crescendo.\nL'intervalle de quarte est systématique dans le Final de la sym-\nphonie (en la majeur) ; il fournit le thème principal et figure fréquem-\nment dans les développements :\nCitons encore la sonate p. et v. op. 25, en la mineur, où un groupe\nde deux notes, se suivant diatoniquement, est mis en évidence à travers\ntoute l'œuvre, dans des mesures et des rythmes différents :"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.47", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1032, "texte": "L'ouverture d'Egmont offre une admirable succession de thèmes\ntrès différents en apparence, mais qui sont dérivés du même element,\nexposé lentement :\nRemarquons bien que dans tous ces exemples il ne s agit pas de la\ngrande variation,venant modifier un thème toujours reconnaissable, mais\nde motifs ayant chacun leur personnalité et qui se trouvent\ngiquement par un facteur commun.\nNotons enfin qu'une même partie mélodique doit quelquefois etre\ninterprêtée —au point de vue expressif comme renfermant deux parties\nétroitement unies l'une à l'autre ; telle est cette belle phrase intrumentale,\ntirée d'un entr'acte d'Egmont. Claire et Egmont sont ensemble, les\nlèvres et les voix se rencontrent sur la même syllabe sonore :\nCette mélodie si expressive et si tendre est une simple progression\nde quintes et de sixtes se répondant par mouvements contraires :\nDans la Sonate op. 81 (Les adieux, l'absence, le retour), Beethoven,\nau Final, exprime, d'une façon très analogue, la joie qu'éprouvent les\namants à se retrouver :"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c028", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 48, "image_fin": 54, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.8", "titre_corps": "LES LIVRES", "titre_sommaire": "LES LIVRES", "signature_source": "Gustave Robert", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.48", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2784, "texte": "KINSKI (GEORGE): Katalog des musikhhtorischen Muséums\nvon W. Heyer in Coeln.Band I. (Coeln. & Lpz. Breitkopf. 1911\nin 8° de 478 pp. Mk. 24 broché ; Mk. 26 ou 30 relié).\nCe n'est pas un simple compte-rendu, mais un véritable et\nlong article que mériterait ce livre imposant, par son ampleur, sa\nprésentation et son intérêt. La collection musicale qu'un Mécène\nde Cologne, M. W. Heyer a réunie pour en doter sa ville, est\nactuellement une des plus importantes du monde, et surtout des\nmieux organisées, comme le prouve ce premier volume d'un in-\nventaire somptueux. Gémissons encore une fois (ce n'est pas la\ndernière) sur notre malheureux Conservatoire, qui a laissé se\nformer en ces dernière années de semblables musées, et qui ne se\ndoute peut-être pas de leur existence. Gémissons en songeant que\nnotre Société Internationale a plusieurs fois conjuré le prépose\naux instruments de ce Conservatoire, de mettre la main a un\ninventaire illustré, digne de cette collection nationale, et offert de\ns'associer aux frais d'un ouvrage. Alors que Cologne possède pour\nses instruments anciens un palais nous en sommes encore a des\norganisations de fortune ! Et nous ne nous soucions pas de porter\nremède à cette incurie. Dernièrement se trouvait a Paris une im-\nportante collection, dont le propriétaire venait de mourir. Notre président M. Malherbe prit a\npeine de faire une démarche auprès du Ministre compétent, pour attirer 1 attention des pouvoirs\npublics sur cette bonne fortune, et pour que, tout au moins, la France, si elle n a pas 1 argent e\nl'Allemagne, ait la conscience en repos, après avoir fait preuve d'intérêt et de bonne volonté.\nCroyez-vous que le Conservatoire ait bougé ? Mais M. Heyer, et son conservateur M. ins 1,\nne trouvèrent pas indigne d'eux de faire le voyage de Cologne a Paiis. C est ainsi qu on arrive\nà quelque chose 0u... à rien.\nLes résultats de l'activité de M. Heyer, nous les voyons dans ce premier vo ume qui\ntraite des instruments à claviers. Il y a là 371 instruments, dont 250 clavecins ou clavicordes,\nbon nombre d'orgues et des vielles, harmonicas et autres singularités, ou le son est pro uit par\nfriction et commandé par un clavier. Chacun de ces instruments est présente par une escnp\ntion plus ou moins détaillée, et qui résume l'état présent de nos connaissances sur son identit\nPresque à chaque page, une illustration vient nous donner une leçon de choses, ci, c est\nl'instrument lui même, là, une marque de fabrique, là, des pièces démontées du mécanisme, a\nune gravure ancienne ou la reproduction d'un tableau. Il yen a des centaines, tirees avecj e\nplus grand soin. Et enfin nous arrivons à des tables alphabétiques, tables des matières, ta es\ndes collections d'instruments anciens etc, etc... qui rendent au lecteur les recheiches aci es."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.49", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3824, "texte": "C'est donc une sorte & encyclopédie illustrée des instruments à clavier que le catalogue rédigé\npar M. Kinski, un ouvrage qui documente le savant tout en émerveillant l'artiste. Encore\nquelques volumes comme celui-là et l'on ne lira plus dans les gazettes des phrases de ce genre :\n\"Le clavecin de M. X. n'est pas un clavicorde, c'est une épinette.\"\nMUELLER (WALTER) :/. Triasse als Kirchenkomponist (Breitkopf 1911 Beihefte\nder Internationalen Musikgesellschaft 11. vol. 9. in 8° de 180 pp. Mk 5.)\nHasse, le type du musicien allemand italianisant du XVIIIe siècle, ne nous est plus guère\nconnu que par les ouvrages historiques auquel il sert de prétexte. Le présent volume est un\ncomplément utile a 1 œuvre imposante de M. Mennicke u Hasse die Brueder Graun. \"Il\nnous montre Hasse en qualité de compositeur de musique d'église, ce qui ne fut pas un de ses\nmoindres titres de gloire. Nous voyons ainsi comment est venu peu à peu, de l'école napoli-\ntaine, cette recherche de l'effet personnel, et du chant sentimental, qui a si profondément\nmodifie la musique d'Occident au début du XVIIIe siècle. C'est à peu prés l'évolution contraire\nà celle qui se passe dans la musique religieuse depuis 25 ans, où l'on revient à l'impersonnalité\ncomme a un élément d'édification. Très curieux sont les arguments par lesquels un Mattheson\nou un Doles, à l'époque même de Bach, légitiment leur volonté de ne pas séparer les styles\nd'eglise et les styles de théâtre. L'ouvrage de M. Mueller trace rapidement la biographie de\nHasse, dénombre ses œuvres religieuses, les analyse brièvement et termine par un catalogue\nthématique. C'est là en somme une excellente monographie qui permettra de considérer\ndésormais ce sujet comme acquis à la science.\nWIRTH (Herman-Fél ix) : Der TJntergang des Niederlaendischen Volksliedes (Haag. Mar-\ntinus Nijhoff 1911, in 8° de XVI-357 pp. FI. 5.)\nCe livre pourrait en réalité prendre pour titre : \" grandeur et décadence de l'art lyrique\nhollandais, par un folkloriste.\" M. Wirth soutient ici une véritable thèse. Il s'efforce de\ndéterminer les conditions dans lesquelles la musique populaire peut vivre et prospérer. Et il\nprend comme exemple de ses doctrines la Hollande, pays encore peu connu des musicologues.\nLe sujet est précis et semblerait restreint, mais l'auteur a su lui donner de l'ampleur, en nous\noffrant le spectacle de l'art néerlandais et flamand du XIIe siècle jusqu'à nos jours.\nM. Wirth soutient que la conception populaire de l'art, et particulièrement de l'art\nmusical, est une sorte d'aperception concrète, et limitée aux données sensibles, que, par\nconséquent, le formalisme un peu abstrait qui sévit dans notre civilisation occidentale et le\ngoût des spéculations métaphysiques, tel qu'il se rencontre par exemple chez Wagner, ont été\nles grands ennemis de la mélodie populaire. Le catholicisme n'aurait pas fait grand tort, selon\nM. W., à ce réalisme de nos races Celtes et Germaines, mais le protestantisme, en infusant le\nchristianisme dans la masse aurait atteint profondément le sens artistique populaire. De cette\nsubstitution d'un idéal moral et abstrait à un sens des réalités concrètes et naturelles, daterait\nla déchéance du Volkslied.\nOn voit combien la thèse prête à la présentation du Kulturproblème. Aussi, ce livre\nsatisfera-t-il tous ceux qui veulent apercevoir les idées derrière les documents. Et il faut espérer\nqu'ils sont nombreux. Car enfin le document est un véhicule qui doit nous mener quelque\npart. Le beau livre de M. W. le prouve.\nSONKY (S.) : Théorie de la pose de la voix, traduit du russe par Mlle Louise Marville.\n(Fischbacher, 1911, in-12 de 231 pages).\nCet ouvrage, un peu confus, nous paraît en dépit de sa dédicace, plutôt destiné aux\nprofesseurs qu'aux élèves, et le débutant qui n'aurait d'autre guide, aurait, je crois, bien du"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.50", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 10, "texte": "LES LIVRES"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.50", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 4061, "texte": "mal a y trouver son chemin, surtout s'il avait lu déjà quelques livres comme celui de\nM, Taylor, de M. Mayan, ou de D 1 Bonnier qui contredisent à peu près de tous points les\nthéories émisés ici. Le problème respiratoire, en particulier, occupe plus de 60 pages chez\nM. Sonky et s y obscurcit en conséquence. Avouons que la question des registres, au contraire,\ny est fort nettement traitée ; c'est la première fois je crois, qu'elle a été exposée de façon aussi\ncatégorique. Quelques gravures ajoutent à l'intérêt du volume ; elles n'ont que le défaut\nd avoir illustre deja toutes les physiologies vocales ; ne pourrait-on faire des schémas nouveaux,\nplus clairs et plus simples en même temps.\nNous ne sommes pas toujours d'accord avec M. Sonky. Son chanteur, qui ne travaillera\nle solfege que d'une façon accessoire, et pendant sa seconde année d'études seulement, aura, je\ncrois, bien du mal a devenir un tolérable musicien. Et pourquoi considérer les grands virtuoses\ndu XVIe siècle comme incapables d'exécuter les agréments, vocalises et cadences qui allaient\nfaire le succès des siècles suivants. Après tout ce qui s'est dit récemment sur le problème des\nornements il nous est bien difficile d'imaginer la musique du XVIe siècle comme un im-\npeccable et rigide bel canto, dépourvu de grâces et de fioritures. Nous ne saurions non plus\nattribuer, comme A4. Sonky, la décadence actuelle des voix à l'abus du travail vocal imposé\nmaintenant aux enfants. Ne parlons que de la France ; la musique commence à peine à s'y\norganiser dans les écoles ; une institution d'aussi fraîche date ne peut avoir compromis\ndéjà beaucoup de chanteurs ; et, en revanche, les maîtrises sont aujourd'hui fermées. Il me\nsouvient d'un certain questionnaire, relatif à la décadence du chant, où les autorités les plus\néminentes, M. Fauré, si je ne me trompe, faisaient précisément remonter le mal à cette\ndisparition des maîtrises. Tant il est vrai que les artistes et les théoriciens ne sont pas près de\ns'entendre, en physiologie vocale moins que partout ailleurs. L. B.\nGASTOUE (Amédé) : Uart Grégorien. (Collection des Maîtres de la musique. Alcan\n1911 in 160 de 550 pp. Frs 3,50).\nC'est une singulière et attachante figure que celle de ce Grégoire premier, grand seigneur\nlatin du VIe siècle, préfet de Rome, propriétaire foncier en Sicile, dignitaire de l'Eglise,\nambassadeur à Byzance, pape enfin, et qui, parmi tant d'activité, laisse dans notre Occident le\nnom d'un musicien fameux ! M. Gastoué nous trace de ce saint homme un portrait vivant.\nNous le voyons chantant à /'ambon, avec d'autres diacres à la belle chevelure, ou bien modulant\nsur son petit lit de repos, ou bien touché de pitié en passant devant le marché aux esclaves et,\nà la faveur d'un mauvais calembour (angli-angeli) concevant le plan d'une mission en Angle-\nterre. La musique grégorienne est bien l'œuvre consciente et méditée de cet homme de fer.\nSorti d'une simple réforme du chant de la chapelle pontificale et de l'entourage immédiat\nd'un pape, ce chant méthodisé et d'une parfaite stylisation liturgique se répand dans toute\nl'Europe, là aisément, là plus péniblement. Au IXe siècle son triomphe est complet, il est\nuniversel comme l'Eglise elle-même. Et, encore un fois c'est un Romain qui a réussi à coor-\ndonner l'effort des siècles, à lui donner la consistance, à lui imprimer le sceau de l'éternité.\nMais bientôt, de différentes nationalités réagissent involontairement et adaptent à leur\nnature musicale ce corpus international. Le bloc se fissure, sous la pression italienne, allemande,\ngallicane ou espagnole. Le spectacle de cette désagrégation de l'édifice grégorien entre les\nmains des barbares bénévoles (du XIIIe au XVIe) est presque poignant pour qui ala passion de\nl'histoire humaine.\nChemin faisant, M. G., dont l'érudition est extrême, nous signale les théoriciens et les\npraticiens, qui ont contribué à cette évolution progressive. Je retiens surtout l'évocation de ce\nroi mélomane, Robert le pieux (996-1031), élève du conservatoire (lisez Scola)de Reims, où il"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.51", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4134, "texte": "pour Ditecteur, Gerbert le futur Sylvestre 11, et pour condisciple, Othon, le grand Othon\nd Allemagne. On allait bien au XIe siecle ! Que dirions-nous d'un conservatoire de province,\ndirige par Pie X et ayant dans ses classes le Duc d'Orléans et Guillaume II ? Ce brave Robert\nse plaisait a diriger sans cesse de nouvelles œuvres de lui, et se servait de son sceptre comme de\nbâton de chef d'orchestre. Ces premières avaient lieu à la basilique de St. Denis. M. G. nous\nrapporte la petite scène suivante. On était à Rome à la fête solennelle de St. Pierre: toute la\ncour pontificale et Sylvestre, l'ancien professeur de Robert se trouvaient là ; tout d'un coup le\nRoi de France, venu en touriste assister à ces cérémonies, se précipite vers l'autel, avec toutes les\ndémonstrations d'une homme qui va faire une offrande importante, et il dépose quoi ? Un joli\nrépons de sa composition, noté de sa main sur un rouleau de pas charmant?\nA cote de ces elements descriptifs, le livre de M. G. contient d'excellentes appréciations\nsur l'art grégorien lui-même et sur les formes musicales qu'il a inspirées. Cette vision courte\net synthétique d'un état musical intermédiaire entre l'antiquité proprement dite et notre temps\nmoderne est des plus instructives. Elle nous montre le conflit entre deux mondes et entre\ndeux races.\nD'un côté nous voyons une déclamation vocalisée, et diversifiée par des procédés d'orne-\nmentation mélodique, quelque chose comme de la prose fleurie et assouplie, c'est la jubilatio\n1 expression intense de l'esprit perdu dans la joie, et n'arrivant pas à définir des mots pour\nl'exprimer. Comme l'écrit si admirablement St. Augustin 1 : \" /'ineffable c'est ce quon ne peut\ndire. Or si tu ne peux nommer et que tu ne puisses pas te taire, que te reste-t-il ? sinon de\njubiler, afin que ton cœur se réjouisse sans paroles et que Vimmensité de ta joie ne connaisse pas les limites\ndes syllabes.\" C'est le mélos oriental, celui des gnostiques d'Afrique, celui des syriens d'Antioche\net des ascètes persans, qui vient se systématiser entre les mains puissantes de Grégoire et qui\nrayonne sur l'Europe entière, encouragé et sans cesse épuré par les princes, les abbés, les\ngrands, en un mot par l'élément international et cultivé, qui prend son mot d'ordre religieux\nà Rome.\nPuis d'un autre côté nous apercevons, et combien nettement, une résistance à la mélodie\ncontinue, une volonté de tout enfermer dans la carrure des vers, dans l'assonance des rimes,\ndans la symétrie des accents. Cette résistance vient des barbares du Nord et avant tout des\nCeltes. Le naïf Notker Labeo du XIe siècle, qui ne pouvant retenir les codas (séquences) manié-\nrées des byzantins, s'avise de placer un mot sur chacune des notes de ces vocalises orientales,\nest le type d'une mentalité qui a du être générale, et qui a fini par triompher avec les proses\nd'Adam de St. Victor, un siècle plus tard. Le Celte veut mesurer. Tout son effort, en pré-\nsence du chant grégorien, consistera à donner à la mélodie fluctuante les qualités de résistance\net de rigidité qui permettront de la briser en morceaux symétriques et de la faire entrer dans le\nsystème d'une notation proportionnelle. La bataille fut dure. Plusieurs fois M. Gastoué nous\nmontre les envoyés de Rome aux prises avec le celtisme qui reparait tout à coup dans les\nmonastères Anglais ou Français, et qui devait sévir bien autrement dans le peuple.\nDétail précieux et significatif, Abélard, vers n 30, cherche des formes musicales nouvel-\nles en remettant tout simplement à la mode des coupes mélodiques employées par les moines\nceltiques du VIP siècle. Et cette allure celtique, M. Gastoué en donne un exemple typique\nc'est une sorte de vaudeville malin, qui en plein XIIe siècle, sous la plume de l'ami d'Héloïse,\néclate comme une protestation de la carrure gauloise. Nous connaissons ses pareils, et par\ncentaines, depuis l'âge des Trouvères jusqu'à celui du Chat Noir.\nAinsi donc il semble bien que le grand ennemi du grégorien se soit rencontré dans le\nGaulois, dans cette race, qui au lieu de \" jubiler en rêvant a l'ineffable, \" comme le voulait\n\n1 In. ps. 99. 4."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.52", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 4038, "texte": "St. Augustin, ne songeait qu'à proportionner des sons et des rythmes, à satisfaire sa logique, à\nprendre conscience de la mesure exacte et rationnelle, à en un mot àse ressaisir au lieu de\ns abandonner. Et si cette thèse se vérifiait, elle expliquerait pourquoi le plain-chant est tombé\nen France dans une decadence plus lamentable que partout ailleurs. Nos chantres et nos\nchanteurs, maintenant encore, ne peuvent vaincre une sorte de pudeur native, qui les empêche\nde se livrer a la vocalise grégorienne. On sent très bien qu'ils y cherchent toujours ce qui n'y est\npas : LA MESURE. L effort d'une jubilation qui ne signifie rien, sinon l'ivresse intérieure d'une\nâme qui Prie> leur est, non seulement étranger, mais antipathique. Il suffit de passer dans une\neglise, meme de Paris, meme en temps pascal, pour en avoir l'intuition. Le u gargarisme \"\noriental, la cantilene mystique, qui anonne quelques voyelles, pour célébrer l'indicible, parmi\nle chœur des initiés, tout cela s'évapore, dans nos pays de brume, et le Gaulois n'a pu s'y\naccoutumer pleinement depuis mille ans. Il est vrai que son âme de mensuraliste a su profiter\nde l'effluve grégorienne. Sur les débris de la vocalise, se sont élevés les assises de l'art harmo-\nnique, auxquels l'école parisienne des XIIIe et XIVe siècle a contribué si glorieusement.\nJ. E.\nLAURENCIE (L. de la) ; Lully(Collection des maîtres de la musique, Paris, Alcan,\n1911, in-160).\nOn doit s'étonner de voir que Lully n'ait pas encore dans notre librairie moderne le gros\nvolume auquel il a droit. Cet homme encombrant qui sut régenter la musique française\npendant plus d'un siècle est obligé de se contenter de livres de vulgarisation et de collection,\noù la place lui est parcimonieusement limitée. Nos éminents collègues M. Prunières et de La\nLaurencie, qui connaissent admirablement leur XVIIe siècle ont été contraints l'un et l'autre\nd'enfermer dans un simple in-160 l'une des vies les plus savoureuses qui aient été. Espérons\nvoir prochainement l'apparition d'un ouvrage imposant comme l'est elle-même la musique de\nCadmus ou à? Armide.\nCe regret ne m'empêche aucunement de rendre au de La Laurencie tout le mérite\nqui lui revient. Je crois au contraire qu'il faut considérer comme un tour de force et aussi\ncomme une preuve de dévouement à l'égard du public, la rédaction d'un ouvrage de ce genre\nen 250 pages. En face de l'abondante documentation, de l'iconographie tentante, et de la\nsomptuosité même du sujet, quel bel effort de continence et de sobriété ! Le public en saura-t-\n-il gré à l'auteur ? Il faut le souhaiter, car peu de livres furent plus pleins et plus condensés que\ncelui-là. M. de La Laurencie est un parfait ordonnateur. On sent que le matériel réuni par\nlui, au prix de recherches considérables, s'est peu à peu concentré, sous l'effort d'une énergique\nvolonté. Et c'est d'un pas allègre et méthodique que nous parcourons cette aventure mirifique\nd'un pauvre Florentin devenu collaborateur et ami du plus grand Roi du Monde.\nCe livre précis, judicieux, et désormais indispensable, rendra-t-il à la musique de\nLully un peu de l'attrait qu'elle avait perdu ? Nous l'espérons avec M. de La Laurencie. Lully\na eu besoin de se faire oublier. Comme tous les tyrans, sa domination a été suivie d'une éclipse\nsalutaire. Mais aujourd'hui, le sens historique peut le remettre à la mode et à la place que tout\ngrand homme doit occuper dans son pays. Le malheur est que nous avons perdu la tradition,\ncette tradition qui nous rattache encore à Molière et à Corneille, Place du Théâtre Français\n(on peut le croire du moins). Il faut tout recréer avec l'opéra-ballet de 1660, et au prix de frais\nimmenses. La seule réédition de l'œuvre de Lully est pour un éditeur un véritable épouvantail.\nToutefois la grosse objection n'est pas d'ordre financier. On trouve de l'argent pour tout.\nLa résurection de Lully (comme celle de tous ses contemporains en musique) se heurte à notre\nmentalité musicale radicalement opposée à celle du XVIIe siècle. N'oublions pas que nous"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.53", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3456, "texte": "avons élevé la musique à la dignité d'un culte, et nous allons dans son temple pour accomplir\nune sorte de rite intérieur très voisin de celui qui nous attire à l'Eglise. L'ancien régime\ncelui de la France voyait au contraire dans la musique et dans l'opéra un plaisir des sens,\nun divertissement, souvent réprouvé, toujours tenu en suspicion par l'esprit et la morale, et\ntoléré parce qu'il faisait partie des pompes humaines dont la monarchie était obligée de se\nservir. La tolérance est inséparable de l'idée d'opéra, de son personnel et de son édifice. A\nVersailles comme à Paris, en 1670, aller à l'opéra est une façon comme nous\ndirions aujourd'hui, un prétexte à faire danser des princes, à nouer des intrigues, à se payer\nune partie fine. C'est un décor auriculaire, complément de tous les autres, et qui ne se\nconçoit pas sans eux. Une représentation de Cadmus est un sport mondain, un gala, que la\nVille est assez riche pour se payer à l'instar de la Cour.\nRetrouverons-nous cet état d'âme ? Le Tout-Paris qui s'amuse se dérangera-t-il un soir\npour aller à Versailles, faire une partie monstre, et, après avoir abondemment festoyé, regarder\ndans la cour de marbre quelque imposante et fastueuse machine du Surintendant de la musique\nde la chambre du roi ? Il le faudrait. Mais si on remet au répertoire de la Salle Garnier\ncomme on le fit pour Hippolyte et Aricie une ou un froidement, et avec les\npréoccupations esthétiques de notre temps, ce sera lugubre.\nComme le remarque si bien M. de La Laurencie, l'art de Lully a \" quelque chose\nd'industriel et de compassé Hé oui, Lully sait très bien ce qu'il veut, quand il offre un\ncadre splendide, un merveilleux décor à cet élément mondain, qui est l'essentiel de ses repré-\nsentations. C'est le public qui joue ici le véritable rôle, et Lully lui donne l'occasion d'y\nparader en diverses façons. Elle ne vibre guère, cette musique à teintes plates; au contraire elle\nplastronne. Elle permet à tout ce bouillonnement humain, à cette compagnie chamarrée,\ndorée, poudrée, qui crève de bonne chère et de plaisir, de s'immobiliser autour de quelque\nmythologie galante et de prendre sa part d'une brillante féérie. Nous avons bien conservé la\ndemi-musique de Baptiste,mais où est l'atmosphère sentimentale qui la rendait salutaire,\nbelle et comme apaisante ? Si Orphée revient, il faut lui rendre ses bêtes.\nJ. E.\nHELLOUIN ET J. PICARD. Un musicien oublié. Catel. (Fischbacher içioin-lô0\nde 72 pp. 2,50.)\nBien oublié, en effet, ce pauvre Catel, professeur et créateur du Conservatoire, membre\nde l'lnstitut, auteur des Aubergistes de qualité, du Chant Triomphal et d'Alexandre chez Apelle !\nIl était cependant normand et méritait une gloire plus durable. Nul plus que lui n'a eu de\nmérite en ces temps troubles ou, en musicjue comme ailleurs, il fallait creer un nouvel état de\nchose. Catel théoricien est encore aujourd'hui sans qu'on s'en doute, le véritable inspirateur de\nla doctrine de notre Conservatoire, parcequ'il sut synthétiser en lui des différentes tendances de\nl'enseignement officiel vers 1800.\nCHANTAVOINE (J.) VAnneau duNibelung,\nVallemand de A. POCHHAMMER. (Alcan in-160 de 170 pp. 2,50.)\nC'est là un Fùhrer qui nous manquait, et qui rendra des services aujourd'hui ou Wagner\ncommence à se vulgariser.\nHEVESY (André de). Petites amies de Beethoven (Paris Champion in-16 de\n160 pp.) # ,\nL'immortelle bienaimée ! Quelle providence pour les historiens de la musique, en quete"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.54", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3370, "texte": "de sujets mystérieux et palpitants ! M. de Hevesy eut la bonne idée de diriger ses recherches\nvers le chateau de Martonvasar, en Hongrie, où habitait la famille de Brunsvik. Il y a décou-\nvert, non pas la clef du mystère, mais des lettres charmantes en curieux français, échangées\npar les sœurs de Brunsvik et où il est souvent question de Beethoven. De ces aimables docu-\nments M. Hevesy a su faire une plaquette tout à fait jolie, écrite avec grâce. Son évoca-\ntion du milieu où Beethoven fréquentait est absolument réussie.\nBOSCHOT (Adolphe). Carnet d'Jrt. (Paris, Bloud et Cie, Place St. Sulpice, 1911,\nin-160 de 260 pp.).\nPoète, musicologue, romancier, Adolphe Boschot n'avait plus qu'à devenir chroniqueur.\nC'est fait, et le Carnet d'Art nous rappelle une série d'articles que nous avons tous lus, et dont\nil est fort agréable de retrouver le souvenir, articles de critique musicale et littéraire, écrits sans\nperfidie, et avec le souci de chercher la vérité au sein de la beauté.\nUne seule chose m'a toujours un peu scandalisé, chez Boschot. Qu'il me permette de\nl'avouer en toute franchise. C'est son antipathie contre tout ce qui est allemand. La légende\nde l'Allemand, mangeur de saucisses, fumeux derrière ses lunettes, et incapable de toute\nconcentration esthétique, est vraiment bien usée ! Je n'arrive pas à comprendre ce travers, chez\nun esprit qui plane bien au-dessus des parti-pris nationalistes. Les Allemands ont leurs défauts.\nEt nous les nôtres. Et il est toujours aisé de ridiculiser autrui. Mais à quoi bon ?\nLes sympathies du lecteur n'en iront pas moins à ce livre lucide, scrupuleux, épris de\nbelles idées. J. E.\nHENDERSON (W. J.) Some forerunners of Italian (New-York, Henry Holb and\nC°, 1911. Price\nM. W. J. Henderson, le critique du New-Yor n'est pas un inconnu pour nous. Un\ncertain nombre de ses ouvrages ont déjà été présentés au public français. J'en ai moi-même\nsignalés quelques-uns, notamment How music devAu début de sa préface, il nous donne\nlui-même un résumé très précis de son nouveau livre :\n\" Le but de ce volume, dit-il, est d'offrir au lecteur anglais une rapide étude du drame\nmusical en Italie avant la naissance de l'opéra, et de noter dans son histoire le développement\ndes éléments artistiques et des influences qui, en fin de compte, amenaient les réformateurs\nflorentins à s'inspirer du drame antique en vue de parvenir à un mode plus simple d'expression.\"\nMais le point intéressant dans cet ouvrage, c'est que M. Henderson fait remonter plus\nhaut qu'on ne le fait généralement les premières tentatives du drame musical. Il le fait naître\nà Mantoue en 1472 (ou au plus en 1483) et c'est de Poliziano qui selon lui en serait la\npremière manifestation. De prime-abord, il semble bien que nous soyons là à la \" dérive sur la\nmer calme \" des hypothèses ; toute trace en effet de cette musique \" paraît être perdue. \"\nCependant à force de restaurations par analogie (analogical reconstruction), M. Henderson\narrive à donner à sa thèse les meilleures apparences de solidité. Le sujet est trop spécial et\ndemanderait trop de vérifications documentaires pour que j'ose prendre parti dans le débat.\nMais l'idée elle-même (et la manière habile dont elle est défendue) m'a parue vraiment intéres-\nsante à signaler aux personnes nombreuses qui s'intéressent à cette période de l'histoire musicale.\n\nGustave Robert."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c030", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 55, "image_fin": 55, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.9", "titre_corps": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.55", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2089, "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE\nSÉANCE DU SAMEDI 29 AVRIL 1911\nLa Séance est ouverte à 4 heures 45, chez MM. Gaveau & Cie, 45, rue La Boëtie, sous\nla présidence de M. Malherbe, président.\nAssistaient à cette Séance : M. A. de Bertha, Mmes Wiener-Newton, Pereyra, de\nChabannes, Neufeld, Daubresse, Lefeuve, Gallet, Laloy, MM. Guérillot, A. Laugier, Mar-\nnold, L. de La Laurencie, Herwegh, Poirée, de Saint-Foix, Ch. Petit, Quittard, Lefeuve,\nProd'Homme, Malherbe, Ecorcheville, Laloy & Prunières.\nS'étaient excusée : MM. Mutin, Trotrot & Maus.\nAprès la lecture du procès-verbal, Mme Gallet informe la Section qu'elle a eu une\nentrevue avec M. Sartiaux, Directeur de la Cie du Nord, et que la Cie accordera a tous les\nmembres allant au Congrès de Londres, une réduction de 1/2 place, réduction qui s étendra\nprobablement aux bateaux et aux Cies anglais.\nM. Bouvet demande la parole, pour faire remarquer que l'absence du Secrétaire Général\nau début de nos Séances, rend toujours le commencement de ces Séances très tardif, et met un\ncertain nombre d'entre les membres hors d'état d'assister aux communications. Le Président\nprend bonne note de cette réclamation, et promet d'y faire droit à l'avenir.\nLe Président après avoir rappelé les pertes que la Société vient de faire en la personne\ndu comte I. de Coucondo et de M. A. Guilmant, donne la parole a M. de Bertha, pour une\ncommunication sur les \" Rhapsodies hongroises de Liszt. \"\nLe Président donne ensuite la parole à M. Ecorcheville, pour rendre compte des travaux\nde la Commission du Luth. Cette communication est suivie d'une audition de pièces de Luth,\npar Mlle Mairy, avec le concours de Mlle Bonnard et dont voici le programme :\nI. Gagliarda LUPI DI CARAVAGIO (1607)\n11. Canaries ANONYME\n111. Il Spagnoletto ...\nIV. Fantasia VINCENT GALILEE\nSarabande ....\nr\nV. Airs Ecossais anciens\nVI. Fantasia. .... FRANCESCO DA MILANO\nVII. Intrada Anglicana. . ANONYME\nde Lord ZOUCHE'S\nVIII. Deux Airs de Cour . RICHARD\nMlle Madeleine\nIX. L'lmmortelle . . . GAUTIER LE VIEUX\nX. Deux Préludes. . . BOCQUET\nLa Séance est levée à 7 heures 1/4."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c031", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 56, "image_fin": 71, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.10", "titre_corps": "LE PROBLÉMATIQUE AVENIR DE L'OPÉRA EN ANGLETERRE.", "titre_sommaire": "LE PROBLÉMATIQUE AVENIR DE L'OPÉRA EN ANGLETERRE.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.56", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1301, "texte": "4\n\nLE PROBLÉMATIQUE AVENIR\nDE L'OPÉRA EN ANGLETERRE.\nQu'il doit se réjouir en son cœur, le jeune compositeur anglais,\nlorsque,passant dans Kingsway il se trouve soudain face à face avec la\npancarte vraiment énorme que Mr. Hammerstein a fait planter sur l'em-\nplacement de son futur Opéra. Elle brille, elle attire tous les yeux, cette\nsavante réclame, avec ses lettres blanches hautes d'un mètre, se détachant\nsur un fond noir ; elle s'érige splendide, solitaire et prometteuse au milieu\nd'un espace vide qu'entourent des débris de maisons, des barricades, des\nprécipices ; j'imagine derrière les planches des armées d'ouvriers travail-\nlant avec enthousiasme pour la cause de l'Art... Le Compositeur anglais\ns'arrête et se met à rêver : il voit s'élever devant ses yeux ravis un admi-\nrable théâtre aux nobles proportions et dont l'acoustique est meilleure\nencore qu'à Covent Garden ; la scène est pourvue des mécanismes les\nplus perfectionnés ; il entend les musiciens, les chanteurs, la musique,\ntout est parfait. Il se sent plein d'espoirs : enfin voici un débouché pour\ncelui qui ne peut arriver à se faire jouer, un théâtre pour les compositeurs\nanglais et leurs œuvres. Londres pourra enfin rivaliser avec les grandes\ncapitales du monde !... Il soupire, et revenu sur la terre, continue sa pro-"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.57", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2581, "texte": "menade. Et il se souvient... Des bribes d'interviews, des fragments d'arti-\ncles de journaux s'insinuent dans sa mémoire. Il se récite à soi-même les\ndéclarations de Mr. Hammerstein au sujet de son futur opéra, de sa con-\nstruction, de sa taille, de son avenir. Mr. Hammerstein est sans doute\nplein de bonne volonté, mais que peut-il pour les compositeurs anglais,\npuisqu'il compte \" faire de l'argent \" ? L'opéra rêvé deviendra ou un\nsecond Covent Garden ou un Opéra Populaire. Il y aura des étoiles, des\ncélébrités, des milliers de spectateurs à satisfaire. De là à devenir une\nmanière d'Opéra International administré à l'Américaine il n'y a\nqu'un pas. Et, de plus douteux et de plus en plus sombre, s'embrume\nl'avenir de l'Opéra en Angleterre.\nLe Jeune Compositeur Anglais a-t-il raison ou tort de se montrer si\nrésolument pessimiste ? Nous ne pouvons guère en juger et l'Avenir seul\nprouvera si ses craintes étaient bien ou mal fondées ; mais il est certain\nque la présente situation est fort loin d'être satisfaisante et si elle ne\ns'améliore pas, les musiciens anglais pourront aller grossir les rangs des\n\" Unemployed \".\nL'on dit toujours qu'il n'y a pas de musique dramatique anglaise et\nque c'est pourquoi un théâtre régulier d'opéra n'existe pas en Angleterre.\nCette assertion est au moins inexacte : on peut citer un assez grand\nnombre d'oeuvres musicales écrites pour la scène, depuis l'époque Géor-\ngienne où triomphaient les \" Ballad-Operas \" jusqu'à nos jours. Des\nopéras tels que The Mountain Sylfh de Barnett \\ la Bohemian Girl, le Siege\nof Rochelle la Rose of Castille et Satané lia de Balfe, la de Wal-\nlace, les Night Dancers de Loder, le Don Quixote, Charles II et Robin\nHood de Macfarren, la Leila de Pierson, pour n'en nommer que quelques-\nuns, furent joués avec succès pendant la période Early Victorian et prou-\nvent l'activité, sinon le génie des musiciens qui composèrent à l'époque\ndes meubles d'acajou et des rideaux de reps rouge. Ces œuvres manquaient\nsans doute d'intérêt et d'originalité, italiennes d'aspirations pour la plu-\npart ; et tout ce qu'on peut dire d'elles en somme, c'est qu'elles eurent\nleur heure de gloire et sont maintenant \" oubliées \" Oubliées \" est\ndécidément le seul qualificatif qui leur sied aujourd'hui 2. Mais l'on peut\naussi faire une liste assez longue d'opéras écrits pendant les trois dernieres\ndécades : Y Ivanhoe de Sullivan, Y Esme et le de\n\n1 Barnett, Beer de son vrai nom, était cousin de Meyerbeer.\n3 Maritana et la Bohemian Girl cependant ne sont pas encore tout-à-fait oubliées dans les provinces."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.58", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2557, "texte": "Goring Thomas, Colomba et le Troubad de Sir Alexander Mackenzie,\nle Thorgrim, Signa et Haroldde Mr. Frederick Cowen,\nado about nothing, le Veiled Prophet et Shamus O'Brien de Sir Charles Villiers\nStanfoid, Nordtsade Mr. Frederick Corder, la de Mr. Flerbert\nBunning, Y Angélus de Dr Naylor, Der Weld et The Wreckers de Miss Ethel\nSmyth, Greystielet le Duke or Dde Mr. Nicholas Gatty, le Pierrot\nPierrette et Dylande Mr. Josef Hoîbrooke, la de Mr. Clutsam,\nentre autres, sont des œuvres respectables et sincères (quelques-unes\nmême d'une grande valeur artistique). Mais aucune d'elles ne connaît\nencore la vraie popularité ; et, toutes, elles se jouent généralement devant\ndes salles demi-vides, sans doute parce qu'elles n'ont ni les qualités, ni les\ndéfauts nécessaires à un succès populaire ce qui revient à dire qu'elles\nne font pas d'argent. J'imagine qu'il leur manque, soit la grandeur géniale\ndes drames lyriques Wagnériens, soit l'intense sensibilité des œuvres de\nDebussy, soit le sensationalisme des mélodrames de Strauss, soit la verve de\nCarmen, soit l'affreuse sentimentalité de Mignon ou les séduisantes préten-\ntions des Bohème et des Madame Butterfly; de sorte que le gros public anglais\nn'est ni forcé d'admirer, ni intéressé, ni séduit, ni choqué, ni ahuri ; il reste\nsimplement indifférent tput comme les snobs de la musique qui ne se pas-\nsionnent que pour une ou deux choses qu'il est de mode d'admirer,\nvocalises de virtuose ou dissonances de Salomé. Les pauvres opéras anglais\nqui n'atteignent ni à l'excès d'honneur, ni à l'indignité restent donc applau-\ndis seulement par les quelques centaines d'amateurs de musique, sincères,qui\nne servent justement à rien ; leur mutuelles vertus sont sans conséquences\nheureuses tandis que, meilleures ou pires, ces œuvres auraient eu plus de\nchance de réussir complètement.\nCe fâcheux état de choses qui dure depuis pas mal d'années durera\nsans doute longtemps encore : les Directeurs de Covent Garden n'ont\njamais donné le moindre encouragement aux musiciens anglais et avant\nl'entrée en scène de Mr. Thomas Beecham, c'était seulement en province\nque l'on pouvait avoir l'occasion et très rarement d'entendre une\nœuvre musicale anglaise par les soins des troupes Cari Rosa ou Moody-\nManners.\nMais il y a un autre problème à résoudre, et beaucoup plus grave à\nmon avis, que celui de \" l'Avenir de l'Opéra en Angleterre C'est :\n\" Que veut le Public ? \" Et j'ai grand peur que le Public lui-même n'en\nsache rien. Oh, nous ne connaissons que trop son goût en pièces drama-"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.59", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2602, "texte": "tiques ou en comédies légères : son seul désir est de contempler l'une de\nses étoiles favorites dans un rôle qui se dissimule point sa personnalité ; il\nimporte peu qu'une pièce, bonne ou mauvaise, soit écrite autour de ce rôle ;\nd'ailleurs il s'estime très satisfait, ce public, de réentendre la même pièce\nplus ou moins parée et travestie ; c'est pour cela que connaissant leur\nPublic certains auteurs à succès écrivent toujours la même comédie, géné-\nralement mondaine et s'assurent de ce fait une longue série de fructueuses\nreprésentations et une durable popularité. Par suite toute pièce contenant\nune thèse, quelques idées en quelque apparence de réalité, sombre dans\nl'indifférence ou la mauvaise humeur du Public pour avoir dérangé ses\nhabitudes ou inquiété son jugement. L'Angleterre a donc la littérature\ndramatique qu'elle mérite et les dramaturges anglais le succès qu'ils\nveulent.\nMais les compositeurs ignorent absolument quel genre de musi-\nque le Public veut entendre. Naturellement on sait que ce Public sera\ntoujours désireux d'applaudir les admirables voix de Mme Melba, de\nMme Tetrazzini, de Signor Caruso, de Signor Scotti de Herr Van Rooy.\nMais à quoi bon écrire de nouveaux rôles pour ces artistes ? Ils y auraient\nmoins de succès que dans leurs anciens, étamt données les tendances\nconservatrices des spectateurs. Le résultat de tout ceci est la saison d'été\nde Covent Garden : La Cour et le Ville y vont dans les loges et les fau-\nteuils, la banlieue dans l'amphithéâtre : le théâtre est toujours plein parce\nque à toutes les classes de la société la mode ordonne de s'y rendre. Ceux\nqui préfèrent la musique aux chanteurs essaient de se faire remarquer par\nleur absence mais qui remarquerait une si faible minorité ?\nEn somme Covent Garden est une tradition tandis que Mr. Beecham\nest une tentative. Et une fois encore l'on se demande avec étonnement en\nvoyant ces salles à demi-vides : que veut le Public ? Evidemment Carmen,\nFaust, le Chemine au, les Contes d'Hojfman, Hanse let Gretel, Fidelio, Tristan,\nLe Barbier, Tiejîandmontés par Mr. Beecham ne l'attirent pas. Cependant\ncertains de ces opéras, font salle comble l'été pendant la saison de Covent\nGarden. Serait-ce que l'aristocratie londonienne s'absente l'hiver? Serait-\nce que le gros public connaît la différence et des interprétations et du\nprix des places ? Serait-ce que ne brillent pas sur l'affiche des noms de\nréputation cosmopolite ? ou simplement parce que Mr. Beecham n'a pas\neu encore le temps de se créer un public ? Qui le sait ?\nMr. Thomas Beecham a certainement le grand tort de manquer"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.60", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2591, "texte": "d'esprit de suite : il a commencé il y a deux ans par une série de Con-\ncerts de musique moderne au Queen's Hall ; il a continué par une saison\nd'opéra-comique à His Majesty's Theatre ; cette année c'est une saison\nde grand opéra à Covent Garden loué pour l'occasion. Ce n'est vraiment\npas le moyen de se faire un public et de l'éduquer, surtout quand ce public\nest anglais, ennemi de toute nouveauté et de compréhension un peu lente.\nAussi pendant cette récente saison deux œuvres seulement ont été jouées\ndevant des salles combles : Salomé et Elektra ce qui prouve une fois de\nplus la manie du public pour les étoiles, Strauss étant parmi les composi-\nteurs, l'étoile à grand renfort de réclames et d'orchestres augmentés,\n\"la great attraction \" décidément. Et il est parfaitement ridicule de se\nservir comme d'un argument en faveur de la musicalité du public anglais,\ndu fait que toutes les places ont été vendues en moins de deux heures,\naprès l'annonce de Salomé dans les journaux. Le contraire en Angleterre\neut été surprenant, après les innombrables interviews de Strauss, de\nMr. Beecham, de MUe Akté et du chef machiniste, surtout après la\nréclame involontaire donnée à la pièce par l'absurde attitude d'un\nCenseur qui autorisa le plat mais non la tête coupée, après avoir toléré\nmême des Salomés de parodie dans des Music-Halls !\nIl faut oser dire que l'insuccès de Mr. Beecham est partiellement dû\nà la qualité parfois médiocre de ses représentations, gros défaut aux yeux\nd'un public habitué à la perfection de Covent Garden, et qui ne songe pas\nque des chanteurs anglais manquent et pour cause, d'expérience scénique.\nIl semble que Mr. Beecham ait donné tous ses soins, toute son énergie et\ntout son talent aux deux seules œuvres de Strauss et que tout le reste du\nrépertoire ait été mis en scène après des répétitions insuffisantes. Les\nContes d'Hoffmann manquèrent de mystère romantique, Werther de charme\nmassenétique, Shamus OBriende verve irlandaise, les et\nFidelio, de style ; à vrai dire toutes les représentations furent sans\n\"atmosphère\". Le Public se rendit compte vaguement que les interpré-\ntations des chanteurs ou de l'orchestre n'étaient pas ce qu'elles auraient dû\nêtre. Aussi, étant donné le caractère expérimental de ces saisons de\nMr. Beecham, il ne sut pas, cet étonnant Public, s'il devait s'enthousiasmer\nou critiquer, et il s'abstint purement et simplement de venir entendre ces\ntentatives musicales. Car le Public anglais aime à être certain de ne pas\nadmirer ce qu'il ne faut pas; il sait qu'il ne peut se tromper sur la voix de"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.61", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2386, "texte": "Mme Melba ou les drames de Shakespeare qui sont des institutions natio-\nnales, mais il ne s'est pas encore fait une opinion (ou plutôt, personne ne\nlui a encore fait une opinion), sur la valeur artistique d'un opéra français,\nanglais ou russe sans réputation solidement établie, et nouveau pour lui.\nIl y a du moins un côté de l'Art Musical, si on peut dire, que le\npublic anglais adore fidèlement, c'est la \" Musical Comedy Après tout\nsi le whisky est le petit vin du pays, peut-être la \" Musical comedy \"\nest-elle le grand opéra de l'Angleterre. Il est facile de mépriser ces élu-\ncubrations au nom de l'Art Pur et de la Musique Sérieuse, mais les\n\" musical comedies sont loin d'être méprisables et négligeables dans la\nquestion qui nous interesse ici. Songeons que The Arcadians par exemple\nse joue depuis plus de deux ans sans interruption et se jouera pendant des\nmois encore devant des salles combles. Plusieurs autres de ces pièces\nmusicales mi-opérettes, mi-revues ont eu un égal succès, et il y a des\nmodèles classiques, si j'ose dire, du genre. Par contre Ivanhoe, un des\nopéras anglais les plus populaires eut à peu près cent représentations,\naprès quoi le Palace déserté dut devenir pour ne pas faire faillite le\nmusic-hall qu'il est encore aujourd'hui. Les Parisiens au contraire ne\ns'intéressent guère à l'opérette et l'Opéra-Comique est un des théâtres les\nplus courus de Paris.\nNaturellement, les musiciens anglais et tous ceux qui s'intéressent\nau sort de la musique dramatique en Angleterre rêvent d'une sorte\nd'Opéra-Comique londonien ; mais tout bien considéré, il semble que\nson succès soit au moins douteux, sinon impossible, surtout sans une\nsubvention de l'Etat (qui d'ailleurs même si on la demandait ne serait\nsans doute pas accordée). En attendant l'on parle beaucoup et l'on agit\nmême un peu. Et c'est ainsi que naquit il y a quelques années 1 idee de\ndonner des représentations en anglais, sinon des œuvres anglaises, de façon\nà éduquer peuple, chanteurs et musiciens, et dans le vague espoir que\ncette éducation servirait quelque jour aux compositeurs d'Angleterre.\nHélas ! comme on l'a vu le public surtout me semble pas très educable.\n%\nLes récentes tentatives de Mr. Beecham quelqu en ait ete le\nrésultat, ou artistique ou financier ayant plus que jamais remis la\nquestion sur le tapis, l'auteur de cet article, sur le conseil de S. I. M. a"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.62", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2271, "texte": "cru devoir solliciter l'opinion des musiciens ou des critiques les plus en vue\nou les plus autorises de Londres. D'où les lettres qui suivent, formant en\nsomme un intéressant document pour la future histoire de la Musique\nAnglaise, en un moment de crise.\nIl est curieux de remarquer tout d'abord que pas un seul des musi-\nciens ou organisateurs revêtu d'un caractère plus ou moins officiel, n'a\nvoulu se compromettre par une réponse ou pressimiste ou optimiste. Cette\nabstention, quoique regrettable, est assez caractéristique. Quant à la plu-\npart des autres personnalités musicales, elles ont très aimablement et très\nfranchement exprimé leurs vues sur un sujet qui leur tient au cœur.\n\" Naturellement le succès de l'opéra en Angleterre dépend, comme\nen tout autre pays de deux choses : représentations dans la langue du\npays ; prix à la portée de tous\". SIR CHARLES V. STANFORD.\n...\" C'est surtout les résultats que nous devons considérer et, certai-\nnement Mr. Beecham a l'année dernière et cette année dépensé beaucoup\nde temps et d'argent à donner l'occasion au public anglais d'entendre des\nopéras. Mais l'on sait maintenant que ce public ne s'y est guère intéressé\net qu'un déficit important a été le résultat de l'entreprise.\nJe dois ajouter que je sais cela uniquement par les journaux et\nnon officiellement. Les critiques ont fait tout leur possible pour aider\nMr. Beecham.\nIl faut le reconnaître : Il n'y a en ce moment en Angleterre qu'un\npublic restreint pour des représentations d'opéra, mais je suis certain que\nce qu'a fait Sir Henry J. Wood pour les concerts symphoniques, un\nautre peut le faire pour l'opéra, s'il a assez d'argent et de patience pour\ndonner, avec perte pendant quelque temps, de bonnes représentations des\ngrandes œuvres.\nJe suis absolument en faveur de l'emploi de la langue anglaise pour\nles représentations. Partout, excepté en Angleterre, les opéras sont inter-\nprétés dans la langue du pays. Il est vrai que les traductions que nous en\npossédons sont déplorables. Certes il est difficile de bien traduire un livret,\ncar le traducteur doit être non seulement un poète de talent mais aussi\nun musicien. Sans doute de bonnes représentations en anglais aideraient\nà développer le goût du public pour l'opéra."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.63", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2154, "texte": "Au point de vue artistique, il est évidemment préférable d'entendre\nune œuvre dans la langue dans laquelle elle a été écrite, mais puisque les\nanglais n'ont que peu de don pour les langues, il vaut mieux après tout\nqu'ils soient capables de comprendre ce dont les chanteurs parlent.\"\nLANDON RONALD.\n... Je suis convaincu que l'opéra deviendra aussi populaire en Angle-\nterre qu il 1 est ailleurs, mais pas avant quelque temps. Si le gros public ne\ns y interesse pas encore c est qu'il en est empêché par son goût pour les\nœuvres religieuses. Certainement si 90 personnes avaient à choisir entre\nun opéra célébré et le Messie,elles préféreraient entendre ce dernier\noratorio. Je ne crois pas que la question de langue ait une grande impor-\ntance a Londres, mais vouloir donner des représentations en langue étran-\ngère dans les provinces c'est vouloir un insuccès.\"\nS. CoLERIDGE TAYLOR.\nLes anglais aiment, je crois, beaucoup l'opéra. Peu importe que\nles paroles soient anglaises ou non puisqu'on ne les entend jamais. Il me\nsemble cependant qu'il vaudrait mieux chanter les opéras dans la langue\ndans laquelle ils ont été composés. \"\nEDWARD GERMAN.\n«... Si nous avons jamais un Opéra National en Angleterre, il sera\nindispensable que les œuvres soient chantées en Anglais, car l'opéra en\nlangue étrangère ne saurait intéresser le gros public. Nous avons des\nchefs d'orchestre, des chanteurs, des orchestres et même un public. Mais\nl'on se trompe en croyant qu'un théâtre d'opéra peut-être un succès\nfinancier, même si les représentations sont très suivies.\nPersonnellement je trouve parfaitement stupide de dire que \" les\nAnglais ne comprennent pas l'opéra. \" Ils ne comprennent que trop bien.\nOn les a tellement gâtés en les habituant à des interprétations vocales ou\norchestrales de premier ordre, qu'ils n'en supportent pas d'ordinaires. Le\ngenre de représentations qu'on nous offre généralement en exemple et qui\nont lieu dans certaines villes du Continent ne serait jamais toléré à\nLondres.\nSi jamais un Opéra réussit ici, ce sera grâce à des subventions particu-\nlières. L'Etat n'aidera jamais à la propagation de l'art musical. Reste à"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.64", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2226, "texte": "savoir si les compositeurs anglais écriraient des opéras s'il y avait un\nthéâtre pour les monter. Je crois que oui, mais il nous faudrait attendre\nlongtemps car la musique dramatique n'est guère le genre qui sied aux\nAnglais et très peu ont eu jusqu'ici d'expérience scénique. \"\nNORMAN O'NEILL.\n\"... J'ai tant à dire sur un sujet qui me tient tant au cœur que je ne\npuis vraiment me résoudre à donner une opinion à la légère. L'on m'a\ndemandé plusieurs fois, d'écrire un article sur ce sujet, je ne l'ai pas fait\ncar je ne crois pas que le temps soit venu.\nLa saison d'opéra de Mr. Beecham et ses résultats financiers et\nautres tendent à prouver ce que je dis. Peu à peu le public s'en aper-\nçoit. Quand le fer sera chaud j'espère le battre.\nActuellement, je ne crois pas que cela serve à grand chose de donner\nson avis. C'est un sujet trop grand, trop important pour être traité, du\nmoins par nous, musiciens anglais, sinon à fond. Mon opinion sur l'opéra\nen Angleterre est celle de Lord Lansdowne sur la Chambre des Lords...\nETHEL SMYTH.\n\"... Quand des opéras seront écrits opéras intéressants, d'une\nqualité supérieure (ou inférieure) égale aux productions continentales, je\ncrois que le public anglais les préférera à tous autres. L'avenir est plein\nd'espoir pour nous, puisque beaucoup d'entre nous font de leur mieux\npour écrire des opéras. \" JOSEF HOLBROOKE.\n\"... Je suis d'avis que les représentations d'opéra aient lieu en\nAnglais et non dans ce langage unique et extravagant qui nous est\ngénéralement infligé. Mais tout d'abord nos chanteurs doivent appren-\ndre à prononcer l'anglais. Je suppose que, convaincus de l'imbécillité des\nparoles qu'ils ont eu jusqu'à présent à chanter, ils ne se sont jamais préoc-\ncupés de les prononcer comme si elles avaient un sens quelconque. Sans\ndoute il y a des exceptions à cette règle, mais elles sont rares. Du reste,\nquand nos chanteurs auront de bon anglais à chanter, ils sauront peut-\nêtre comment s'y prendre. \"\nR. VAUGHAN WILLIAMS.\n\n1 Au moment des Elections et des discussions qui les troublèrent au sujet de la réforme de la Chambre des\nLords, Lord Lansdowne déclara qu'elle devait \" se réformer elle-même,\" et non être réformée par d'autres."}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.65", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2510, "texte": "\"... Tout d'abord, nous n'avons pas à l'heure actuelle de composi-\nteurs de musique dramatique. Peut-être si un Opéra était établi en\nAngleterre sur une base financière solide, cette branche de l'Art musical\nse développerait-elle ? Pour moi, je ne le crois pas, car il semble que le\ncompositeur anglais ne possède pas cette souple technique et cet instinct\nde la scène nécessaires pour réussir la musique dramatique. Mais surtout\nil y a autre chose qui manque terriblement à l'artiste anglais. Tout art\nqui s'apparente à une idée nationale (comme l'opéra anglais par exem-\nple) doit trouver son inspiration et sa vie dans la vie spirituelle du pays.\nIl faut ou une atmosphère nationale, ou de la couleur locale, ou surtout\nun état d'âme typique. Quand une œuvre est basée sur ce grand principe\nc'est une belle œuvre d'art, comme Les Maîtres Chanteurs ou la Tétrato-\nlogie, ou un art populaire au meilleur sens du mot comme\nou Le Grince Igor.\nLe succès même des drames lyriques de Richard Strauss, (en dépit\nd'une action qui se passe dans des pays fort éloignés du \" Vaterland \")\ntrouve son explication dans ce fait que ces drames reflètent et représen-\ntent une force spirituelle, perverse si l'on veut, mais étrangement vigou-\nreuse dans sa décadence qui est le \" Stimmung \" de l'esprit allemand\nmoderne.\nQui oserait parler d'un état d'âme typique de la nation anglaise et\noù trouverons nous l'esprit anglais moderne, sinon à la Bourse et dans les\nautres temples du commercialisme ? Et du moment que la musique\nexprime mal les extases financières et la ferveur capitaliste, l'artiste\nanglais doit chercher dans l'immensité de l'Empire Britannique le petit\npays appelé Angleterre (s'il y en a un) et c'est seulement quand il 1 aura\ntrouvé que l'on pourra commencer à s'entendre. Les musiciens anglais\n• F * 1 1 # 1 #\npourront alors écrire des œuvres anglaises qu'appréciera un public anglais\ndans un théâtre vraiment national.\nJe veux dire que si la vie artistique subsiste encore dans ces provin-\nces d'Angleterre qui ont conservé quelque couleur locale, des traditions\net un caractère national, il y a plus de chances de résultats satisfaisants.\nOn peut concevoir un opéra welsh et un grand drame lyrique irlandais\nserait possible, et même inévitable si la dépopulation continuelle de\nl'lrlande ne détruisait pas tout espoir de renaissance intellectuelle.\nQuant à l'Angleterre elle ne pourra donner naissance à un art natio-\nnal vigoureux et digne du nom d'art que quand elle aura ce vrai patrio-"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.66", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2099, "texte": "tisme qui l'animait il y a 350 ans, et une conscience nationale au\nmoins égale à celle de certains pays d'Europe comme la Bohême, la\nHongrie ou l'lrlande.\n... Il me semble qu'un opéra anglais chanté en langue étrangère est\nune anomalie, mais le public est tellement habitué à cela que je ne crois\npas que le succès, ou l'insuccès, dépende du langage employé.\"\nARNOLD BAX.\n\"... Si j'avais une opinion à ce sujet je vous la confierais, mais hélas !\nje ne puis résoudre un tel problème.\"\nCYRIL SCOTT.\n\" ...Je ne crois pas que l'opéra en Angleterre ait des chances de suc-\ncès, à moins qu'un compositeur ne soit assez fortuné pour produire une\nœuvre qui attirerait et retiendrait l'attention du gros public. La langue\nanglaise me semble indispensable au succès.\"\nFRANK BRIDGE.\n\" ...Je suis convaincu que l'opéra a un brillant avenir en Angleterre.\nIl y a eu à un certain moment de la vie de chaque pays, les mêmes pré-\njugés, les mêmes discussions, les mêmes batailles. L'Angleterre y est\nactuellement en proie. Tout d'abord, l'opéra est considéré comme un\nluxueux article d'importation et comme l'amusement des classes riches\nqui se flattent de le comprendre et d'avoir des \" goûts cosmopolites \".\nEnsuite la nécessité de comprendre est négligée et l'opéra devient le ren-\ndez-vous du monde élégant. Cet état de choses, joint aux prétentions des\nchanteurs, désole les vrais musiciens, qui négligent l'opéra (comme\nce fut le cas à Londres) ou essaient de le purifier et de le rendre\ncompréhensible pour le public ordinaire en employant la langue mater-\nnelle. L'Allemagne et la France ont eu à subir ces crises et tous les autres\npays ont suivi ce plan de campagne. L'Angleterre arrive bonne derniere\nmais le résultat de la bataille est assuré d'avance : déjà nous avons gagne\ndu terrain. L'emploi de la langue anglaise me semble indispensable à un\nvrai succès et artistique et financier comme partout.\"\nJ. A. FULLER MAITLAND (The Times).\n\" ... Cette forme d'art musical qu'on appelle opéra devient évidem-\nment de plus en plus populaire en Angleterre, mais c'est seulement par"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.67", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2404, "texte": "l'emploi de la langue anglaise que l'on achèvera de la populariser tout à\nfait. Cest très probablement l'emploi des langues étrangères qui a limité le\nsuccès de l'opéra à Londres à une certaine partie du public. Les principaux\nobstacles qui ont empêché la langue anglaise de s'établir définitivement\nsont : l'habitude des représentations en langues étrangères, le manque\nd'artistes de grande réputation capable de chanter en anglais; les mauvaises\ntraductions anglaises des livrets. Le premier de ces obstacles retient\nencore le public, et le troisième nuit toujours à l'avenir de la musique\ndramatique en Angleterre.\"\nGILBERT WEBB (The Refereé).\n\" Il est impossible de prédire l'avenir, mais je ne vois pas pourquoi\nnous ne saurions écrire de drames lyriques quand notre littérature dra-\nmatique s'améliore de jour en jour. Peut-être avons-nous cette idée que\nl'opéra est une forme d'art assez artificielle et assez illogique et préférons\nnous par conséquent l'entendre dans une langue étrangère qui nous\nmasque son absurdité et sa superficialité.\nSi nous n'avons produit aucun opéra c'est surtout par suite du\nmanque de subventions, et parce que l'Opéra ne peut être une entreprise\ncommerciale florissante. La saison d'été à Covent Garden réussit parce\nqu'elle est subventionnée par des abonnés riches et mondains. L'Opéra\nréussira de même en Angleterre quand on fera pour la cause de l'Art ce\nqu'on fait pour un usage à la Mode.\nJe tiens à insister sur l'établissement d'un opéra permanent non\nseulement à Londres mais encore dans les plus grandes villes de province.\nSinon le compositeur anglais ne pourra arriver à se faire jouer. Qu'il ait\ndes débouchés, et il écrira des opéras comme il a écrit jusqu'à présent\ndes oratorios et des cantates.\nLes saisons de Mr. Beecham ont prouvé qu'il y a des chanteurs\nanglais de talent. Ils se sont mis à l'œuvre avec enthousiasme. Cependant\nquelques-uns d'entre eux apprennent leur métier sur une scene ou ils\nauraient dû monter le sachant déjà parfaitement. Mr. Beecham s est vu\nparfois dans la nécessité de discontinuer ses représentations anglaises parce\nque l'un de ses artistes ignorait cette langue. Si l'opéra anglais était une\ninstitution permanente, les artistes étrangers seraient obligés d'apprendre\nl'anglais de façon à pouvoir le chanter, comme l'allemand, le français et\nl'italien ; et cela aussi rendrait des services à notre cause."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.68", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2295, "texte": "Mr. Beecham ne s'était évidemment pas douté des difficultés qu'il\naurait à surmonter ; mais s'il continue, comme tout nous porte à le croire,\nces difficultés s'aplaniront d'elles même peu à peu. Avant de commencer,\nil aurait dû faire des préparatifs longs et nécessaires : établir des classes\nd'opéra en anglais pour l'enseignement du répertoire, faire préparer des\ntraductions convenables des livrets ; en outre et cela lui serait après\ntout revenu à meilleur marché il aurait dû simplifier les choses en\nfaisant bâtir un opéra ou en arrangeant un théâtre déjà construit, car\nle succès dépend d'un théâtre permanent.\"\nE. A. BAUGHAN\n... \" A mon avis, ne pas comprendre ce qui se chante, c'est le secret\ndu succès pour l'opéra en Angleterre. Nous devons sauver l'opéra de\nl'anglicisation qui sera sa ruine.\nY a-t-il un avenir et des débouchés pour les œuvres des compositeurs\nanglais ? Je ne le crois pas. Nous avons vu que c'est vers l'opérette et la\n\" musical comedy \" que s'oriente le talent de nos musiciens. Nous sommes\nune nation trop amie de la logique pour réussir dans une forme d'art\naussi illogique que l'opéra. Aussi bien le son de nos mots ne se mélange\npas heureusement au son de la musique : La force un peu rugueuse de\nl'anglais poétique ne se prête que mal à un traitement musical. L'anglais\nporte en soi-même sa propre musique. Nos vrais opéras sont les drames\nde Shakespeare \".\nVIVIAN CARTER\n\" ... On dit toujours que l'opéra anglais n'existe pas ; mais il y a eu\ntrois périodes pendant lesquelles la musique dramatique anglaise a eu une\ninfluence sur toute l'Europe musicale : Premièrement au commencement\ndu XVIIe siècle quand les chanteurs, musiciens et acteurs anglais triom-\nphaient dans la plupart des Cours allemandes et quand les airs populaires\net les danses anglaises étaient assez à la mode pour influencer les musi-\nciens allemands. La même chose se produisit vers le milieu du XVIIIme\nsiècle ; alors même l'ltalie s'engoua des airs populaires anglais et le\nBeggar s Opéra se trouva le modèle à imiter et donna naissance à l'Opéra\nComique allemand. La troisième période est la présente : et le seul\ncompositeur anglais dont la renommée s'étend ' d'un bout du monde à\nl'autre bout ' est Mr Sidney Jones, l'auteur de la Geisha. Nos musiciens"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.69", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2106, "texte": "sérieux seraient bien aise d'oublier ces faits, mais l'historien doit s'en\nsouvenir. L'histoire nous montre que le grand opéra plaît plutôt au\npublic mondain qu'au vrai public populaire.\nJe suis convaincu que la seule façon de faire triompher l'opéra en\nAngleterre est d'éduquer le public en commençant par des œuvres faciles,\ntelles que \" musical comedies \" et opérettes. Nos jeunes compositeurs ont\nle plus grand tort d'imiter les drames lyriques de Strauss ou de Debussy que\nle public n'apprécie ni ne comprend; et des représentations par des ama-\nteurs provinciaux de la Bohemian girl rendront plus de services et feront\nplus d'adeptes que des représentations allemandes de Salomé et d'E/ektra\nà Londres. Nous possédons les matériaux nécessaires : chanteurs et com-\npositeurs. Mais ces derniers sont trop vaniteux et trop satisfaits ; qu'ils\npensent un peu moins à eux et un peu plus à leur public ! Cela ne\nreviendrait pas à abaisser le niveau artistique, bien au contraire,\nfacile, com'e difficile ! Le moment est opportun et le compositeur qui\nbâtira un opéra sur des airs populaires traditionnels ou s'inspirera d'eux\npour créer une atmosphère anglaise, laissera un grand nom dans l'Histoire\nde la Musique. \"\nEDWARD J. DENT\n...\" C'est un cercle vicieux dont il est difficile de sortir. Les compo-\nsiteurs n'écrivent pas d'opéras et les chanteurs ne s'exercent pas à inter-\nprêtés ce genre de musique parce qu'il n'y a pas de théâtre qui les\nrécompense de leurs efforts. Et le public ne donne pas d'argent pour un\nthéâtre national d'opéra puisqu'il n'y a pas de répertoire d'opéras anglais\nni de chanteurs compétents.\nMr. Beecham a fait une faute grave en ne continuant pas cette\nannée sa saison d'opéra comique inaugurée l'année derrière. Le public\nanglais préférera toujours l'opéra-comique à l'opéra. Avec du temps de\nl'argent, de la patience et beaucoup de travail, il aurait réussi j'en suis\nsûr à se créer un public\nFRANCIS TOYE (Vanity Pair).\nUne enquête de ce genre aurait été incomplète sans l'opinion de la\ngrande cantatrice dont la réputation aussi bien que l'expérience est"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.70", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2522, "texte": "mondiale, je veux dire Mme Melba qui voulut bien me recevoir, à peine\nreposée d'une grande tournée triomphale. Mme Melba, comme la plupart\ndes musiciens anglais, est convaincue que le seul moyen d'assurer l'avenir\nde l'opéra en Angleterre est d'avoir un Opéra National permanent, et d'y\ndonner des représentations en anglais. Elle déplore que le public ne soit\npas plus curieux de nouveautés... \"Le public anglais préfère entendre\nses artistes favoris dans des œuvres qu'il connait déjà. Il se dérange à\npeine pour une œuvre nouvelle sur laquelle il aurait à formuler une\nopinion... Cependant si son goût s'améliore de jour en jour, son incuriosité\nreste la même. \" Il faut nous souvenir, à l'appui de ceci (qui n'est\nmalheureusement que trop vrai) qu'il y a quelques années, Mme Melba\ndut ajouter la \" Scène de la folie \" de Lucie de Lammermoor à La Bohème\nsans quoi le public ne se serait pas dérangé pour venir entendre l'œuvre\nde Puccini. Peut-être que même la vraie saison de Covent Garden\nserait moins courue si le syndicat composait son programme d'oeuvres\nnouvelles que le public ne tient pas à connaître. L'éducation musicale\nde l'Angleterre ne peut se faire que très lentement.\nJ'aurais voulu à ces opinions ajouter celle de Richter, mais il déclara\ntrop modeste, lui qui fit tant de fois triompher le Ring à Covent Garden\n\" que le succès de l'opéra anglais ne dépend pas de lui et qu'il laisse la\nparole à des juges plus autorisés que lui \".\nQuand à Mr. Thomas Beecham \"il n'a pas d'idées arrêtées à ce\nsujet \" et cette déclaration ne nous surprend qu'à moitié si nous songeons\nà sa façon de travailler et aux résultats qu'il a obtenus. Mais il est plus\nsurprenant de voir Mr. Beecham se plaindre amèrement dans les colonnes\nd'un journal de l'attitude du public anglais : \" La situation a changé\ndepuis un an, elle est plus déplorable encore ! Il n'y a pas de public pour\ndes représentations d'opéra... Et si l'on monte une œuvre nouvelle la\nfoule évite le théâtre, la rue, le quartier même comme s'il était infecté\npar la peste... Mais faites monter un éléphant au haut de la colonne de\nNelson et la foule sera plus considérable pour le contempler, que pour\nvingt-cinq représentations de Saloméou d\nLe jeune compositeur anglais soupire en lisant ces déclarations et\nfrémit en songeant que le nouvel opéra de Mr. Hammerstein dont il con-\ntempla si souvent les fondations, devra \" rapporter.\" Qu'il oublie ces\nattristantes constatations ; qu'il oublie qu'un musicien s'écria, un jour de"}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.71", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1261, "texte": "misanthropie, qu'il n'y aura pas d'opéra possible en Angleterre tant qu'il y\naura un Public anglais ! Mais qu'il relise plutôt ce que Sir Charles V.\nStanford écrivit il y a quelque temps à ce sujet: \"...Il y a deux illusions\nqui ont fait le plus grand tort à la musique anglaise, l'une que la langue\nne se prête pas à l'opéra, l'autre que les chanteurs anglais ne se peuvent\nadapter aux exigences de l'art opératique... Mais il y a en ce moment en\nAngleterre un réveil d'enthousiasme comme il n'y en a pas eu depuis des\nsiècles. Les jours sont comptés de cette époque qui considérait la musique\ncomme une distraction agréable et une frivole amusement. Nous avons\nnos responsabilités. L'effort nécessaire pour assurer notre position dans le\nmonde musical ne réclame qu'une aide financière sans importance. C e\nque l'Europe a fait, l'Angleterre peut le faire...\" Sera-ce bientôt, sera-ce\ndans quelques décades, qu'importe. L'essentiel est de savoir attendre et de\n\" voir venir \" on peut employer une expression devenue populaire dans\nle monde des électeurs et des élus: \" wait and see.\" Sûrement, quelqu'un\na dit quelque part, si mes souvenirs classiques sont exacts, quoique\nembrumés, que le génie n'était qu'une longue patience.\nX-MARCEL BOULESTIN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c034", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 72, "image_fin": 100, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.11", "titre_corps": "LE MOIS", "titre_sommaire": "LE MOIS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.72", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 566, "texte": "Les Théatres\n\nLE VOILE-DU BONHEUR. LA JOTA. GWENDOLINE.\nESPANA. LA ROUSSALKA.\nLes mélomanes qui poussent la ferveur à l'égard de la musique pure jusqu'à\nla contemption de 1 art lyrique pourront marquer d une pierre blanche le mois qui\nvient de s ecouler. La these qui leur est chere, le principe de l'infériorité de la\nmusique théâtrale, le postulat de la bassesse de l'esthétique lyrique et l'étude de\nses tares congénitales viennent d etre solennellement illustrés à la face du monde\npar cinq exemples peremptoires. La démonstration fut méthodique et complète :\n\n5"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.73", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3488, "texte": "trois théâtres y ont pris part avec des ouvrages parfaitement différents de tendances,\nd'origine, d'âge et de genre ; la preuve a été administrée avec une perfide complai-\nsance et une inépuisable générosité. Il semble qu'une fée sournoise et vindicative\ncelle de la Sonate ou du Quatuor ait frappé d'égarement les directeurs des\ntrois scènes ennemies et les ait contraints, dans leur délire, à insulter publiquement\nla Muse qu'ils servent et à proclamer eux-mêmes l'infirmité de l'art qu'ils sont\nchargés de défendre et d'exalter. Et les artistes qui gardent au cœur le reconnais-\nsant souvenir d'émotions lyriques de choix et qui ne reconnaissent pas sans\ndiscussion l'orgueilleuse suprématie de la musique de chambre, demeureront\naccablés en présence des innombrables arguments qui viennent aujourd'hui apporter\nà leurs adversaires des armes nouvelles, encourager leur audace et consolider leurs\ndédains.\nLa démonstration la plus subtile, la plus pénétrante, la plus irréfutable aussi, a\nété présentée par Albert Carré. Elle fut abondante et nuancée comme une soutenance\nde thèse en Sorbonne. Le premier sujet en fut le \"VOILE DU BONHEUR\" cette élé-\ngante parabole désabusée qu'un politicien, cultivé comme un mandarin, se complut\nà écrire à l'encre de Chine sur des feuillets de soie. Deux séries de représentations\nau théâtre de la Renaissance et, tout récemment, à celui de la Porte Saint Martin\navaient permis au public d'apprécier l'agrément de ces variations sur le thème\nconnu du danger de la clairvoyance. Tant que ses paupières resteront closes sur la\nspectacle de la vilenie humaine, l'aveugle Tchang-I pourra croire à la beauté et à le\nbonté, mais lorsque le miracle d'une guérison l'obligera à sortir du paradis artificiel\nqu'il avait aménagé dans son âme de poète et à prendre contact avec les réalités\ndécevantes, il ressentira si cruellement leur laideur qu'il brûlera ses yeux, qu'il\ncondamnera pour toujours ces portes ouvertes à la souffrance, pour pouvoir cultiver\ncomme autrefois, dans le jardin secret de son imagination, la fleur d'illusion et\nreconstituer patiemment le cher mensonge de son bonheur. En dépliant l'éventail\nsur lequel se déroulait le mélancolique apologue on découvrait, sur chaque branche\nfragile, stylisés et disposés avec une agréable symétrie, les figures allégoriques et\nles masques grimaçants des mauvais instincts. On y pouvait contempler avec un\nsalutaire effroi, la trahison de l'amitié, l'oubli des bienfaits, le vol, l'irrespect filial,\nla violation des serments conjugaux, le plagiat et la lachete. Le dessin était délicat\net presque schématique, les couleurs discrètes et, par un ingénieux aitmce, une\nminuscule boîte à musique adroitement dissimulée, laissait s envoler, greles et\ncristallines, quelques fines mélodies d'Extrême-Orient. bibelot était exquis.\nEn souriant avec malice, le directeur de 1 Opera-Comique en fit 1 emplette et le\nlivra à deux spécialistes de l'esthétique theatraie pour le transformer et lui donner le\nstyle de sa maison. L'opération fut faite avec conscience. M. Paul Ferrier démonta\nles périodes cadencées de la prose harmonieuse de Georges Clemenceau, demembra\nles tirades noblement arrondies et découpa le tout en petits vers porte-musique, aux\nrimes indigentes, aux rythmes monotones. La discrète stylisation des vices humains\nparut ensuite trop étrangère à la conception habituelle d un scénario et, au nom\nde l'optique théâtrale, on remplaça ces diaphanes figurines symboliques par des"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.74", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 7, "texte": "LE MOIS"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.74", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3440, "texte": "personnages vivants, aux gestes violents et au verbe criard. Plus de suggestion\ndélicate ; l'art du théâtre exige, paraît-il, des matérialisations plus nettes. Ce n'est\nplus dans la chambre voisine, derrière une tenture soulevée, que Tchang-I sur-\nprendra l'impiété de son fils, nous verrons le jeune Wen-Siou se livrer sur la scène,\nen présence de son père, aux gamineries les plus odieuses ; ce n'est plus sur le\ndouloureux visage du poète trahi que nous découvrirons la félonie de l'épouse\ncoupable, nous aurons une solennelle et invraisemblable entrée du couple adultère\nprenant possession du \"plateau\" pour chanter un duo démonstratif à deux pas\ndu mari bafoué que l'on croit toujours aveugle mais que l'on n'a pourtant pas le\ndroit d'imaginer sourd. De lourdes \" réalisations \" scéniques ont remplacé les\nindications à peine appuyées qui gardaient quelque poésie vraiment chinoise à ce\ndivertissement littéraire. Au lieu des battements de paupières, des furtifs demi-\nsourires, révélant seuls l'état d'âme des familiers de Tchang-J, nous avons les\nattitudes caricaturales de la plus grossière dérision, les haussements d'épaule, les\nrires cyniques mal étouffés et les bourrades comiques en usage dans les vaudevilles,\nderrière le dos de quelque crédule ganache.\nAinsi transformé en \" livret \" selon la formule, le petit conte philosophique,\nécartelé et grossi trois cents fois au microscope, passa entre les mains du composi-\nteur Par les soins de M. Pons, musicien conservateur, chaque scène déjà déplorable-\nment étirée, se gonfla et se boursoufla plus ridiculement encore. Faisant un sort à\nchaque mot, la romance se déchaîna lugubrement et inlassablement. Tchang-I\nsaisissant son luth détailla une sérénade indéniablement napolitaine et les amants\nenlacés réalisèrent les plus affligeantes polyphonies du répertoire. Le tour était\njoué : le Voile du Bonheur était devenu un opéra-comique et pouvait affronter\nles feux de la rampe. Des décors exquis et une interprétation parfaite conduite par\nJean Périer, artiste de génie, prouvèrent dans quelles conditions de loyauté avait\nété accomplie l'expérience, devenue ainsi tout à fait significative. Il est clairement\ndémontré qu'une oeuvre d'art de ce genre peut conserver quelque saveur au\nthéâtre littéraire mais que le théâtre musical en anéantit la beauté. La seule\nintervention acceptable de la musique avait été réalisée dans la partition de scène\nécrite avec un art exquis et circonspect par Gabriel Fauré pour les représentations\nprimitives : hors de ce rôle dont la modestie touche à l'effacement, Orphée ne\nsaurait tenir en scène que l'emploi des fâcheux.\nMais s'il est ainsi établi qu'une affabulation, riche de pensée, ne peut\ns'accommoder de la formule lyrique, manifestation d'art inférieure, il faut évidem-\nment renoncer à ces adaptations dangereuses et créer de toutes pièces selon une\ntechnique spéciale le drame destiné à se fleurir d'accords. C'est ce qui fut fait\nimmédiatement après avec la \"JOTA\" pour compléter la démonstration... par\nl'absurde. Auteur et compositeur à la fois, père de la \" Habanera \" qui lui valut\nune notoriété immédiate, M. Raoul Laparra est, par excellence, le musicien de\nthéâtre, le tempérament scénique, le créateur dont la souveraineté s'exerce entre\nles frises et la rampe. Il est représentatif de l'espèce et son avis doit faire autorité.\nLa \" Jota \" est donc un spécimen caractéristique de la musique de théâtre née en"}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.75", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3364, "texte": "même temps que le scénario et faisant corps avec lui. Rien d'inutile, centralisation\npuissante, expression directe, rapidité d'action, oppositions violentes... ah ! le beau\nmétier, la rassurante virtuosité ! Comme Wagner, le régisseur de l'Opéra-Comique\navait enfin le droit de s'écrier avec satisfaction : \"Et maintenant, Messieurs,\nvous avez un Art ! \"\nHélas ! quelle cruelle négation de tout art que ce modèle du genre ! Le\nlivret, puéril et grandiloquent, indiscrètement surchargé d'interjections franco-\nespagnoles. Demona ! Sosa ! Beber ! Ja, Ja ! Venga boulote ! Airé ! Fuego !\nHala ! Toma ! Anda ! Alza ! Mata ! Sangra ! Calla ! Jaca !... etc. met en scène\nle fait-divers villageois, dépourvu de tout intérêt, d'un couple de \" novios \"\ndésuni par les guerres carlistes, se retrouvant en pleine bataille dans une église\nsaccagée et mourant enlacé, frappé par des balles perdues. Un rôle épisodique de\nprêtre-satyre n'ajoute pas à l'action un élément particulièrement heureux. Une\ndanse transforme le premier acte en un kaléidoscope frénétique et le combat dans\nl'église doit donner, au second, dans l'intention de l'auteur \" une sensation à pic,\nun peu comme celle d'un puits où grouillerait la besogne monstrueuse de larves\nhumaines.\" A vrai dire ces deux tableaux de cinématographe papillotant, corsés de\ncris, de hurlements et d'un nombre incalculable de coups de feu constituent pour\nle spectateur une épreuve physiquement douloureuse, une hallucination confuse\net inquiétante, un cauchemar assourdissant qui le conduisent irrésistiblement à\nl'hébétude et à la migraine. Dans tout cet enfer que devient la musique ? Elle\nn'est pas de la fête. Aucune place ne lui est réservée et son inutilité n'a pas fait le\nmoindre doute pour l'auteur lui-même qui l'a délibérément subordonnée aux\nbruits de coulisse, aux salves de tromblons et aux explosions de mine qui sont les\néléments primordiaux de son orchestration. Tout est sacrifié à la grande voix de\nla poudre et il ne faut pas se scandaliser de voir Mme Carré et Salignac s'épuiser\nen cris improbables dans l'ouragan sonore qui les roule, hagards et impuissants,\nouvrant désespérément des bouches d'ombre tragiquement convulsées pendant\nque les trombones, le tambour, la cymbale fracassée et la grosse-caisse éprouvent\nl'humiliation de ne pouvoir apporter dans le déchaînement universel qu'un\nbourdonnement dérisoire de moucherons captifs. Et il n'est plus permis d'ignorer,\naprès cette oeuvre caractéristique d'un compositeur de théâtre autorisé, que le\nvéritable art scénique d'un musicien vériste consiste à diminuer progressivement\nl'importance de la partition en attendant sa suppression complète qui n'est plus\nqu'une question de jours.\nDésespérés du résultat identique obtenu par deux tentatives si opposées, les\nlyriques impénitents ont pensé retrouver dans les plus heureuses formules du\npassé le réconfort qu'ils cherchaient vainement parmi les essais contemporains. Ils\nsont allés à la reprise de \" GWENDOLINE \" le vieux chef-d'œuvre méconnu, victime\nd'une révoltante erreur judiciaire, forçat innocent reclus depuis vingt ans, orgueil\nde l'esthétique française et de l'esprit national. Ils ont pu constater que Mme Kous-\nnezoff y est exquise et chante divinement, que M. Duclos supporte avec vaillance\nun rôle un peu lourd pour ses jeunes épaules et que M. Campagnola dont la voix"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.76", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3425, "texte": "est charmante croit de son devoir de ténor de jouer les vieillards avec des gestes\nde jeune premier. Mais ils se sont aperçus que la réclusion est aussi fatale à la\nsanté des partitions qu'à celle des enfants de Latude. Le poème de Catulle Mendès\nest devenu un livret et la formule wagnérienne du lyrisme de Chabrier qui était,\nà l'époque, la plus savoureuse des recherches apparait singulièrement indiscrète\naujourd'hui. Sans doute il reste un nombre appréciable de belles pages de parfait\nmusicien et l'on ne compte plus les étonnantes trouvailles d'expressions, les anti-\ncipations prophétiques de cet étrange et inégal précurseur pour lequel nos plus\nirrévérencieux \"jeune France \" conservent une sympathie attendrie, mais la couleur-\ngénérale de cette fresque héroïque a pâli et certains de ses détails nous offusquent-\nEt rien n'est plus mélancolique que de noter l'irréparable outrage des ans sur un\nvisage dont l'éblouissante jeunesse enfuie n'a jamais eu de témoins !\nOn a mené grand bruit autour du petit travail de marqueterie audacieusement\nentrepris par une poétesse présomptueuse en vue de transformer Chabrier en\ncompositeur de ballet. L'aventure d\" ESPANA \" a déchaîné les plus vertueuses\nindignations. Certes il est généreux de défendre les morts contre les professionnels\ndétrousseurs de cadavres dont les odieux exploits ne se comptent plus mais je\nn'arrive pas à concevoir avec l'horreur nécessaire le sacrilège qu'entraîne l'exécution\nde la Bourrée Fantasque convenablement soudée à telle \" pièce pittoresque \" de\nrythme dansant et de ligne parfaitement plastique. A une époque où l'on \" danse \"\nquotidiennement les Nocturnes de Chopin et les Symphonies de Beethoven est-il\ndonc monstrueux de réaliser objectivement la motricité très caractérisée de la\nmusique de Chabrier ? Ce respect démonstratif des mânes est infiniment louable\nmais vraiment l'occasion d'en faire étalage est assez mal choisie. Le seul regret que\nlaisse cette représentation est provoqué par l'indigence du scénario de la collabora-\ntrice posthume. Le pittoresque conventionnel d'une fête foraine avec les \"motifs\"\ntrop prévus et trop littéraires des pitres, des bobèches, du lutteur, des bohémiennes\net de l'arracheur de dents ne suffit pas à intéresser le public à ces vagues mouve-\nments de foule que ne daigne pas justifier la moindre action. Et c'est sans doute\nla seule chose dont l'auteur du \" Roi malgré lui \" songerait à se plaindre si on\npouvait recueillir ses impressions.\nUne dernière déconvenue nous attendait au Théâtre Sarah-Bernhardt où\ns'ouvrait avec quelque pompe une \" Grande Saison Russe \" à qui de retentissantes\nrevendications syndicales avaient fait une réclame américaine. Le premier spectacle\ncomposé de la \" ROUSSALKA \" du vieux Dargomyjsky, très consciencieusement\nmis en scène et supérieurement chanté par Litvinne, Smirnow, Joukow et la\nprincesse Baratoff n'a pas distillé la troublante ivresse attendue. Nous avons de la\nmusique russe une conception très étroite mais très arrêtée. Nous avons goûté à\ncette cuisine musicale en gourmets attentifs et nous exigeons désormais, en\nenfants gâtés, que les \" chefs \" slaves nous servent docilement nos friandises\npréférées. Notre mépris pour certains de leurs plats nationaux les a plus d'une\nfois scandalisés mais nous ne nous en soucions guère. Ce que nous aimons dans\nleur art n'en est peut-être pas la part la plus pure et la plus profondément"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.77", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3151, "texte": "ethnique : de graves commentateurs ont prouvé que nous méconnaissions\n1 élément véritablement slave du génie russe en faveur de la corruption asiatique\na laquelle ils ont parfois sacrifié, mais ces arguments sont sans force contre notre\nsensualité gourmande. Peut-être, en effet, devrions-nous, ethniquement, placer\nTschaïkowsky au-dessus de Moussorgsky mais, en fait, nous ne reconnaîtrons\npour russes authentiques que les fidèles sujets musicaux de notre tzar Boris.\nAussi n allez pas nous démontrer que Dargomyjsky est un ancêtre vénérable et\nqu il eut sur Moussorgsky une influence heureuse : notre incorrigible légèreté\nn accueillerait pas ces considérations avec le respect qu'elles méritent. Nous nous\ncontenterons de sourire en presence de cette \" Roussalka \" qui nous restitue les\npires traditions de 1 ancien opéra franco-italien, qui chante des airs à vocalises et à\npoints d orgue, qui déclame conventionnellement et se fait suivre d'un orchestre\nincolore sans distinction et sans originalité. Nous n'apprécierons jamais à sa valeur\n1 effort de culture occidentale que représente cet ouvrage écrit il y a plus d'un\ndemi siecle par un Peterbourgeois averti. Il nous faut des tableaux musicaux\nbrosses d après une esthetique et une technique que nous ont précisées, arbitraire-\nment peut-etre, mais si savoureusement les Antar et les Shéhérazade, et tous les\nraisonnements du monde ne prévaudront pas contre notre reconnaissance attendrie.\nCar notre oreille a des raisons que la raison ne connaît pas !...\n\nEmile Vuillermoz.\n\nConcerts\n\nAvril, qui cette année fît si abondamment pousser les feuilles et fleurir les concerts, fut\nmusicalement d'assez mince intérêt. Aux grands concerts, la clôture générale se fît avec des\nœuvres cent fois entendues ; aux séances des grands virtuoses pas mal de morceaux tirés d'un\njuste oubli ; enfin dans la foule des soirées de sonates, une bonne moyenne de talent, rarement\nplus.\nPour clôturer sa 84me \" Session, \"le Conservatoire donna, comme il le fît plusieurs fois,\nla Messe en si min. de Bach. Chœurs excellents, orchestre très bon, solistes fort acceptables.\nM. Paulet phrase avec intelligence, Mlle Yvonne Gall chante simplement, Mme Frisch a une belle\nvoix. A 1 orgue, M. Bonnet succédait à Guilmant. Pour cela personne n'est mieux qualifié que\n1 tr m A 1 1\nlui. Mais n a-t-il pas un peu alourdi l'orchestre en intervenant trop souvent pour doubler les\nbasses ? Aux deux concerts précédents, la Symphonie de Franck, la Sulamite de Chabrier, avec\nMlle Demougeot, M. Fritz Kreisler, déjà nommé, dans le Concerto de Beethoven, la Sym-\nphonie avec chœurs et enfin le Wallenstein, de M. d'lndy. Retrouverons-nous notre petite\nsalle l'an prochain ?\nDeux oeuvres nouvelles seulement au Châtelet : un très agréable Cortège d'Amphitrite,\nde M. Ch. Gaubert, page adroitement écrite, jolie de sonorités mais assez peu personnelle ; et\ndes fragments d un ballet de M. Maurice Ravel qui nous présage d'une exquise soirée lorsqu'en\nmai, la \" Saison Russe \" nous donnera l'œuvre entière au Théâtre Sarah Bernhardt.\nAvant de partir pour l'ltalie, l'orchestre Chevillard donna la Neuvième Symphonie de"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.78", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3897, "texte": "Beethoven, puissamment dirigée et exécutée. Deux solistes de valeur : M. Friedmann dans le\nConcerto de Liszt et M. Bernard dans les Variations Symphoniques, de Franck.\nEnfin M. Hasselmans, que l'on croyait en sommeil jusqu'à l'hiver prochain, s'est réveillé\npour nous faire entendre des œuvres très connues, et aussi M. Szigeti, le très brillant violo-\nniste, dans le Concerto de Beethoven et, hélas, dans un Caprice, de Paganini.\nLa Schola exécuta deux fois la Passion selon S' Jean, de Bach, avec un soin dont il faut\nlouer M. Marcel Labey. Les deux parties de ténor, d'une tessiture si élevée, furent bien\nchantées par M. Plamondon et surtout M. Gibert. M. Bourgeois est un excellent professeur\nde chant, même au concert.\nLes deux sociétés... parallèles, la Nationale et S. M. I. donnèrent chacune deux séances\ncopieuses mais intéressantes. Le 8, à la Nationale, avec le Quatuor de M. Samazeuilh et les\nVariations sur un thème de Rameau de M. Dukas, œuvres austères, nous eûmes une sonate de\nviolon, aussi austère, mais non sans mérite de M. de Castéra, de très jolies pièces de piano de\nM. Le Flem, une agréable suite pour soprano, de M. Civil, enfin des fragments de la Forêt,\nde M. Savard.\nLe 29, à l'lndépendante, on se souvient qu'il n'y a plus de Pyrénées et on nous transporte\nle 6 en pleine Espagne, sans boléros, heureusement, mais avec les Caprichos romanticos, pour\nQuatuor, de M. Conrado del Campo, très romantiques, très expressifs, un peu prétentieux,\navec les très agréables pièces descriptives pour piano, de M. de Falla, celles non moins agréables\nde M. Turina et diverses mélodies. Pour compléter le programme, trois œuvres françaises :\nIn memoriam, sept mélodies de M. d'Olonne sur un poème de Tennyson, bien adéquates au\nsujet ; des variations enfantines pour piano de M. Inghelbrecht et les Chansons de Bilitis de\nM. Maurice Lévy, assez incolores.\nLe 24, à l'opéra Comique, M. Expert poursuit son histoire illustré de la mélodie. Deux\nséances, l'une de musique religieuse Allemande, l'autre de Rossini et ses successeurs jusqu a\nVerdi. Pourquoi rien de l'école italienne actuelle ? L'aimable, érudit et infatigable musicographe\nnous a conviés à entendre le Bouffe et le Tailleur, de Gaveau, amusante œuvrette. En mab\ncommence, à l'Ecole des hautes Etudes Sociales, avec le concours des auteurs, son enquete\nsur la musique contemporaine, \" que je vous recommande.\nMentionnons seulement l'exécution au Trocadéro sous la direction de 1 auteur et les\nauspices de la société des grandes Auditions, du dernier oratorio de Monsignor Perosi, le\nJugement Universel, puisqu'il en est parlé plus haut.\nA l'instar de la maison d'édition Durand, l'éditeur Roudanez donna cet hiver quatre con-\ncerts d'œuvres peu importantes mais nullement dépourvues d'intérêt. Il est vrai que la quatrième\nséance fut corsée par un concert en trio de Rameau et de charmantes chansons des XVIIe et\nXVIIIe siècles de la collection Expert. Les mélodies de Mlle Sauvrezis et Bagge sont\nexpressives et distinguées et la 3e sonate de violon de M. Chevaillier est bien écrit ; 1 andante\nsurtout qui est très bien venu.\nPour son 10e concert, l'Union des femmes Professeurs et Compositeurs a donne quelques\nmélodies de ses membres, un Crépuscule, court et discret de Mlle Zœgger, une gavotte aimable\nde Mme Balutet. Mlle Ciolfi arriva à plaire en jouant de la mandoline. Dans le groupe du sexe\naimable, le trio Chaigneau, que nous retrouverons en Mai, continua ses auditions d œuvres\nclassiques peu entendues, comme le Concerto pour deux violons de Mozart et Concerto pour\ndeux pianos de Bach, qui furent joués dans un excellent style, et une Cantate de Bach pour\nvoix de basse où M. Froelich fit valoir son timbre généreux.\nLe Quatuor Lejeune, après les quatre séances consacrées à l'Ecole tchèque dont nous\navons parlé, donna une soirée panachée. Nous eûmes le regret de manquer le Quatuor a Cordes"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.81", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4109, "texte": "de M. Frank Bridge. On fît au \" Petit livre de chansons \" pour chant (M. Remy Lejeune,\nbaryton) et Quatuor, de M. Paul Dupin, un succès exagéré, car l'œuvre est monotone et peu\nexpressive. Mais nous eûmes une compensation grâce à M. Lazare Lévy qui joua deux jolies\npièces de M. D. de Séverac et une Toccata bien écrite pour le piano de M. Enesco,\nle musicien universel. Peu à dire du Quatuor de M. Rasse, compositeur belge, dont les\nvariations sont le meilleur mouvement. Le Quatuor Godebski donna le 5 avril des pièces\nrusses tirées du recueil \" Les Vendredis, \" œuvres des divers compositeurs qui se réunissaient\nce jour là chez l'éditeur Belaïeff : deux sont exquises, le Scherzo de Sokolow, basé sur des airs\nbretons, et la Sérénade d'Artciboucheff. Avec cela, un Quatuor cordes de Schubert, une sonate\nde violoncelle (M. Cassado) de Valentini et des mélodies peu marquantes de M. Godebski.\nLes 66 Auditions Modernes \" (Quatuor Oberdœrffer) sont un de nos meilleurs groupes de\nmusique de chambre. Le 11, on y joua un Quatuor nouveau de M. Paul Féron, dont le\nmilieu et la fin ne valent pas le début, le 2e Quintette de M. Georges Alary, œuvre agréable\net bien sonnante, et la 2e sonate de violoncelle de M. Louis Delune. Nous avons dit déjà la\nhaute valeur musicale et la belle inspiration de cette dernière œuvre, une des pages les mieux\nsenties et les mieux écrites pour le violoncelle de ces dernières années, classique de forme mais\ntrès moderne et très personnelle de développement et d'harmonies. Mme Jeanne Delune la joua\navec un profond sentiment. Il faut mentionner enfin le trio féminin Bailet, Talluel et\nClément qui avec cohésion et style joua des trios de Beethoven, Brahms et Arensky, puis la\nsociété des Instruments Anciens (Henry Casadesus) qui donna sa première séance en avril.\nDes chants populaires Russes et Bretons harmonisés par M. de Wieniawski furent agréablement\nchantés par l'Ecole de Chant Choral. La Fête Galante, de Destouches, est une charmante\npetite chose qu'on eut du plaisir à réentendre.\nLe Quatuor Vocal Mauguière mérite une mention spéciale car il chante juste et bien,\nmême quand il chante a Capella. On lui redemanda une petite pièce de Costeley ; on aurait\ndû redemander celle de Cl. Jannequin et les trois de M. Léo Sachs qui sont de ses meilleures\nœuvres. Les quatres artistes : MM. Mauguière et Sigwalt, Mmes Herlenn et Mirey, chantèrent\ndes soli et M. Francis Thibaud joua sur le violoncelle l'Elégie de Fauré, du Boccherini et les\nPapillons (trop entendus) de Popper.\nComme celles qui jouent surtout des œuvres nouvelles, la Société Moderne d'lnstruments\nà vent est d'un intérêt assez inégal. Dans ses deux séances du mois, les nouveautés (une suite\nde M. Mouquet, un trio de M. Tovey) En montagne de M. Vadon et Lied et Scherzo de\nM. Florent Schmitt. Puis ce furent MM. Pierné avec sa charmante Pastorale Variée, M. d'lndy\navec ses chansons et danses, d'une écriture si curieuse et si personnelle, enfin un certain Mozart\navec sa sérénade en ut mineur. La cantatrice qui remplaça Mme de Millevilleau premier concert\nétait très émue et, fait curieux, àla seconde séance, Mme Odette Le Roy qu'accompagnait\nM. Widor dans des mélodies de sa composition nous donna la même impression. Mais\ndans les deux dernières, elle reprit enfin pleine possession de sa voix qui est bien posée et\nd'un joli timbre.\nPassons au galop la revue des concerts d'artistes, en nous excusant de multiples oublis.\nV oici d'abord les chefs de file qui, presque tous terminent des séries de séances commencées cet\nhiver : M. Kubelik, toujours aussi en forme, mais jouant trop de médiocre musique, M. Kreisler,\ntrès fêté ces derniers mois, M. Ysaye qui commence avec M. Pugno quatre concerts, M. Enesco\ntoujours prodigue de son puissant et varié talent ; après ces princes du violon, les matadors du\npiano : M. Risler qui a terminé ses six séances, M. Ricardo Virïès qui, avec une préface de\nM. Calvocoressi, a glorifié le centenaire de Liszt, M. Mark Hambourg dont la tête et le jeu\nrappellent Rubinstein ; enfin M. Hekking, d'Amsterdam, excellent violoncelliste au jeu sobre"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.84", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2752, "texte": "et classique, dont la seconde séance, avec M. Casella, valut la première, car elle nous révéla\nMme Hekking, cantatrice distingué et agréable, très adéquate aux lieder de Fauré et d'Enesco.\nAu second plan des pianistes, nous aperçevons Mmo Hiard-Kuehn dont il y a peu à dire,\nMlle Veluard, qui est en train de prendre un des tout premiers rangs et compose ses programmes\naussi intelligemment qu'elle les joue, M. Eustration, très jeune et très musicien, Mlle Mar-\nguerite Laeuffer, aux doigts jeunes et excellents, M. Gabriel Basset, vigoureux mais pressant\nles mouvements, etc. Citons enfin Miss Margaret Mac Craney, violoniste bien douée mais\nmanquant encore d'aplomb et d'autorité.\nSignalons aussi deux curieuses séances. L'une donnée par M. Jean d'Adrien et montrant\nles réalisations chorégraphiques de la G. R. Nous nous y arrêterons longuement dans notre\nnuméro de Juin, d'autres organisées par M. Lapauze à l'Exposition Ingres, et qui consista à\nfaire entendre Kubelik sur le fameux violon d'lngres ! A vrai dire ce violon a paru un peu\npauvret ; il fallait Kubelik pour en tirer un bel adagio. Saura-t-on jamais la vérité sur ce\nviolon d'lngres ?\nEnfin, et en toute dernière heure voici la Société Bach, qui donne un des plus beaux\nconcerts de l'hiver. Des artistes de tout premier ordre, comme M.M. Cortot, Plamondon,\nReder avaient prêté leur concours à cette excellente manifestation d'art ancien. On peut dire\nque cette fois, et particulièrement sous l'influence des œuvres gaies de Bach, telle le cantate\nde Pan, le style de ces exécutions rétrospectives se dégage définitivement des préjugés qui le\nrendaient jusqu'ici ennuyeux et terne. Le grand mérite de Bret\" aura été de mener cette\nmusique défunte jusqu'au seuil d'une vie nouvelle.\nCONCERT DE DANSE TROUHANOVA. Faire pénétrer dans le Châtelet\n10,000 personnes, n'est pas donné à tout le monde. Mme Trouhanova en a fait dernièrement\nl'expérience et je crois que l'aimable danseuse doit avoir sur la conscience pas mal de remords\nen songeant aux tristes effets de la bagarre insensée dont elle fut cause. Cela ne l'empêche pas\nde danser en ballerine avertie, suivant de loin les traces d'lsadora, évitant le sensualisme de\nRegina, et cherchant entre la mimique et le ballet convenu une sorte de compromis qui ne\nmanque ni de charme ni de souplesse. M. Quinault qui la soutenait dans ses évolutions, a de\nl'allure. Il est à retenir pour le jour où la mode ferait renaître la chorégraphie du XVIIe siècle,\ngenre Pécour.\nL'ORFEO DE MONTEVERDE. Au Théâtre Réjane, dans les décors de l'Oiseau\nBleu, M. Lelubez, l'ardent défenseur de toutes les belles choses, nous conviait à la première\nreprésentation, en France, de l'Orfeo de Monteverde. Retenons bien cette date du 2 mai 1911,"}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.85", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3567, "texte": "elle est historique. Nous avons pu, enfin, non seulement entendre, mais voir cette œuvre, une\ndes plus étonnantes qu'ait produite le génie ! Il y aurait beaucoup à dire sur cette mise au\nthéâtre, où tant de bonnes volontés, et tant d'art se sont associées pour nous laisser une impres-\nsion durable et le désir d'entendre non plus des coupures, mais le tout. Tous nos compliments\nàM. Lelubez d'abord, le héros de cette manifestation, puis à Mme Croiza, et enfin àM. Labey\nqui dirigeait avec style l'orchestre confié à ses soins et encore à Mme Labey, dont la réalisation\nau clavecin a été parfaite. De tout ceci il faut retenir, qu'une pièce italienne de 1607, a pu\nemballer un public parisien de 1911, dans des décors d'une œuvre de Maeterlinck, dessinés\npar des russes ! Voilà qui inquiétera peut-être les défenseurs du sens historique, mais qui prou-\nvera en faveur de la vie éternelle de l'Art. Cette représentation est une étape vers une véri-\ntable restitution de l'Orfeo et décidera il faut l'espérer, M. d'lndy à remettre l'œuvre entière\nen partition.\n\nF. Guérillot.\n\nProvince\nLouons Abbeville de son zèle décentralisateur : Pugno y magnifie Beethoven,\nSchumann, Chopin et Franck, M. de Wailly y révèle la 4me Symphonie en ut mineur de\nH.-T. Rigel (1741-1799)> et les jeunes gloires du Conservatoire de Paris, MM. Tirmont,\nLeuliet, Gayraud, Tinlot, Michelen, Benedetti, Limonot et Barrier, escortant Mine Ganteri,\nde l'Opéra-Comique, y viennent faire œuvre utile de vulgarisation. Dunkerque se montre\nfidèle à sa belle Société de Musique de chambre qui vient de reprendre la série de ses auditions\nsi bien accueillies l'an dernier. Ses brillants interprètes Mme et M. Vermeulen, MM. Vincke,\nL Doudeyne et F. Doudeyne corseront leurs programmes classiques de quelques révélations\nempruntées à la savoureuse école russe. ArraS s'enorgueillit d'une Société Philharmonique\nprospère et fête la première audition du Quatuor Leleu, Sergeant, François et Denis avec le\nconcours du pianiste Blondel, tandis que Douai s'honore de posséder en M. Cuelenaere un\nmusicien actif qui dirige avec talent et autorité l'Harmonie Municipale et les Concerts\npopulaires et parvient à obtenir des exécutions excellentes de la Symphonie en ut mineur de\nBeethoven et de Psyché de Franck tout en offrant a son public des solistes de choix tels; que\nYvonne Gall et le violoniste Bilewski. L'Ecole nationale de musique de Caen clôture\nsa saison de concerts classiques, sous la direction de M. Mancini, par 1 exécution de Phaeton,\nd'un concerto de Haendel et de l'Ouverture de la Grotte de Fingall.\nCependant la Haute-Saône s'agite et \" fait retentir les airs \" de joyeux accents : a\nVesoul, la Société de la Ligue fraternelle des enfants de France organise un concert avec le\nconcours d'un orchestre d'amateurs, discipliné par M. Lanzoni, la \" Chorale diiigee par\nM. Favot donne au Théâtre ses auditions annuelles réservées aux membres honoraires, la\n\" Société des trompes \" obtient un vif succès et les élèves du Lycée Gerome, entraînes par\nl'émulation, ont pu donner avec leurs seuls éléments artistiques une matinée ou s est fait\nentendre leur orchestre et où a été représentée une opérette d'OfFenbach ; a Gray, M. Sau-\nvage conduit à la victoire la Société Philarmonique et voici que les Sapeurs-pompiers de\nPort-SUr-Saone viennent de s'unir à la Lyre Portusienne pour donner des concerts plus\nnombreux et plus éclatants sous la direction de M. Brûle. Le théâtre de Cherbourg,\nment privé de son directeur M. Focheux a été administré par sa troupe, constituée hâtivement"}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.86", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3730, "texte": "en association, et cette gestion collective a donné les plus brillants résultats. Le concert de\nl'Alliance Française y fut également couronné de succès.\nC'est au théâtre Graslin de Nantes que les amateurs de nouveautés doivent se rendre\npour assister à des créations : ils y entendront la Glu de Gabriel Dupont et la première\naudition en France d'un poème allégorique \" Le Songe d'une nuit d'hiver \" mis en musique\npar l'excellent compositeur belge A. de Boeck. L'Association nantoise des grands concerts a\nfait entendre Ysaye ; le trio Hallez-Muller-Jaudin a donné le Concert de Chausson et\nl'audition organisée par Georges Enesco et Magdalena Tagliaferro a reçu un enthousiaste\naccueil. Saumur se désintéresse un peu des questions musicales ; Mars et Apollon se\nfréquentent trop rarement. Les artistes s'y produisent donc avec quelque hésitation : MM.\nBoucherit, Armand Ferté et Mme Marie Robert ont eu ce courage qui mérite d'être signalé.\nGrâce à Rhené-Bâton, les Concerts d'Angers continuent à triompher : après l'interprétation\ndu Ménétrier de Max d'Olonne par Enesco, une parfaite exécution de la Damnation de\nFaust fut donné avec le concours de MM. Plamondon, Tordo, Eyraud, de Mlle Lindsay et de\nla Chorale Ste Cécile. Quelques étoiles parisiennes apparaissent au ciel de Poitiers : Risler\ntriomphe en compagnie de Speranza Calo, tandis que Wurmser et Hekking, assistés de\nM 1'6 Odette Le Roy, fanatisent le public par leurs interprétations de Chopin, Schumann,\nChabrie1* et Fauré. Le violoncelliste Marneff se fait applaudir à Clermont au concert\nSoulacroup, tandis que la jeune société symphonique du Conservatoire, dirigée par M. Clauss-\nmann, donne avec le plus vif succès son second concert. La Société Philharmonique de\nRoanne permet à Mme Ferrari de connaître la gloire et àM. André Hekking de jouer les\nPapillons de Popper. Moulins s'instruit en écoutant M. Landormy analyser dans une\nbrillante conférence le génie de Beethoven. Vif succès pour le conférencier qui prend part\négalement à l'intermède musical qui illustrait sa causerie. Les mélomanes de Lyon applau-\ndissent successivement Kubelik, Henri Expert, Louis Vierne, Ferté et Mlle Janssen, prophé-\ntesse en son pays, mais lorsque la Rapsodie espagnole de Ravel fait son apparition aux Grands\nConcerts, tous les assistants se regardent avec épouvante et la critique locale hurle d'effroi.\nBordeaux se renferme dans un silence que troublent seules quelques exécutions de musique\nreligieuse. Pau s'émerveille de la belle voix dramatique de Mme Nina Rati qui défend la\nGlaneuse de Fourdrain, cependant que la Schola Cantorum exécute la Passion selon S' Jean,\nque M. Alonso révélé quelqes fragments de son opéra inédit intitulé Don Juan Ténorio et\nque les concerts classiques de Brunei clôturent leur excellente saison. La Marie-Madeleine de\nMassenet fait la conquête de Carcassonne : 130 exécutants en détaillent les grâces au\npublic de la Société des Concerts Symphoniques ravi de cette révélation. Et Millau se con-\ngratule d'avoir pu additionner les éléments orchestraux et choraux de la Symphonie Amicale,\nde l'Orphéon et de la Société des Montagnards, de la Musique Municipale, d'amateurs de la\nville et d'excellents instrumentistes de Montpellier, de Toulouse et de Rodez pour faire\nentendre aux Millavois \" Cavalleria Rusticana. \" Un si considérable effort d'art n'aura pas été\ninutile : on nous affirme en effet que l'lntermezzo a été bissé !...\n\nBelgique\n\nLes quatre concerts de la Libre esthétique ont été, comme toujours, parmi les plus intéres-\nsantes séances de la saison. Le dernier surtout fut brillant. Mlle Blanche Selva y prêtait son\nconcours. Cette artiste, géniale, en vérité, sait donner aux œuvres qu'elle joue une intensité"}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.89", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4081, "texte": "exceptionnelle, une vigueur, une vie expressive combien rares chez les virtuoses modernes !\nElle révéla Trois Suites ; Tune d'Albert Roussel, d'une atmosphère infiniment délicate et subtile ;\nl'autre de M. P. Le Flem :le chant des Genêts> de belle évocation champêtre la troisième,\ntoute lumineuse et rutilante, de M. de Sèverac, Cerdafia. Les Variationsy Interlude et Finale\nde Paul Dukas sur un thème de Rameau trouvèrent aussi en Mlle Selvay l'interprète\nidéale. Quelques mélodies furent chantées par la bonne cantatrice Mme Marie-Anne TVebery\naccompagnée par Octave Maus, l'inlassable et dévoué champion de la musique française\nmoderne, en Belgique, l'homme à qui nous devons les plus chères révélations, et cette joie de\nvoir hautement triomphante chez nous la sensibilité, la culture latines. Marie-Anne TVeberzwtc\némotion, fit entendre : Childe Harold (poème de H. Heine) musique de P. de Bréville ; Invoca-\ntiony de Roussel ; Au long des Sables clairs (poème de Jean Dominique), de Victor Bufïïn, dont\nun poème symphonique fut récemment applaudi aux Concerts Ysaye ; Soir, poème de René\nLyr, musique de Victor Vreuls. Le plus vif succès couronna le cycle ainsi terminé.\nLe quatuor Zoelner a donné ses trois concerts de fin d'année. Trois séances intéressantes :\nla ire consacrée à Beethoven, la 2e à Brahms, la 3e à César Franck et Debussy. Artistes\njeunes, pleins d'entrain, de courage, avec le désir de la perfection. De l'unité soutenue, surtout\ndans le difficultueux quatuor de Debussy. Bref : promesse certaine pour l'avenir.\nLa jeune violoniste argentine Lea Epstein, élève du maître Thomson s'est fait entendre\ndans un récital à la Grande Harmonie, avec succès.\nA la Grande Harmonie également, le Récital de piano de M. Edouard Bernard, le\nbrillant pianiste des concerts Lamoureux, et celui de Mlle Hèlène Dinsart. —M. Widor est venu\ninaugurer les orgues, construites par M. Kerkhofs, à l'Eglise St. Michel. Une foule de dilettantes\net de musiciens, au nombre desquels se trouve la plupart des organistes de Belgique, écouta\navec recueillement le Maître, déployant de puissantes harmonies, majestueusement. Charles\nMêlant a vu représenter un quatrième ouvrage : U ami du Roi, libretto de Lucien Solvay. Au\nPalais des Arts. Un même succès accueillit cette nouvelle production du fécond compositeur.\nRappelons que cet hiver, il a écrit : Le miroir aux Alouettes, Les Images, Sœur Louise (représentes\nà l'Alcazar et au Théâtre lyrique) et U Ami du Roi. A la Schola Musicœ, 90 rue Gallait,\nsamedi 20 mai, un récital sera donné par M. Fernand Char lier, violoncelliste. Au programme,\nBoccherini, Hândel, de Caix d'Hervelois (Béon), Victor Vreuls, St. Saëns, David Popper et de\nSwert. Le 14 mai, 3e audition d'élèves.— Le quatrième concert Durant, consacré aux œuvres\nde Franck fut pour le chef d'orchestre l'occasion d'un vrai triomphe. A. de Greej y prêtait son\nconcours. —Au sixième concert Ysaye, sous la direction de Mengelberg, Marc Hambourg fit\nvaloir son jeu puissant et fougueux. On y entendit pour la première fois : La Foret et l oiseau,\npoème symphonique de Théo Ysaye, dans une note bien moderne.— Le maître Gœsar Thomson\navait annoncé un récital pour le 12 mai, au Conservatoire ; un accident leger le force\nàle reporter à une date ultérieure. Mlle Demont, cantatrice, eleve de Mlle Henriette\nLefebure offre un récital, dont nous rendrons compte dans le n° prochain. Une autre eleve de\nMlle Lefebure, Mlle Hamburger, s'est fait applaudir récemment dans Elisabeth, au Conser-\nvatoire.\nOn annonce comme certaine la nomination de Sylvain Dupuis a la direction du Con-\nservatoire Royal de Liège ; et son remplacement à l'orchestre de la Monnaie par Otto Lohse,\nl'éminent chef wagnérien. Nos félicitations !\nLa onzième saison de la direction Kufferath et Guidé, a été celebree presse,\nqui annonce qu'outre des créations nombreuses, 39 ouvrages du répertoire ont ete montes\nformant un ensemble de 272 spectacles. Les œuvres nouvelles furent au nombre de huit !\nCitons-les: Ivan-le-terrible, de Gunsbourg, Quo Vadisl de Nouguès, La Glu de Dupont, Manon"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.90", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3517, "texte": "de Puccini, Le Feu de la St. Jean, de Strauss, Y Enfance du Christ de Berlioz ces deux dernières\nont en quelques représentations seulement ; Ceci ri est pas un Conte, de Stiénon du Pré; Hopjes et\nHopjesy ballet de Lauweryns. Soit un total de 4 actes intéressants et artistiques, pour tant\nd'autres à gros rapport (les œuvres viables 1) Je lis sous la signature très autorisée et courageuse\nde L. S.dans le Ménestrel,cette appréciation peu sévère sans doute, mais combien significative ;\n\" Ce festival couronne dignement, avec les dernières représentations d'Orphée, de Salomê\net d 'Elektra,une saison théâtrale fructueuse let singulièrement éclectique. Certes, on trouvera\npeut-être que le répertoire de M. Puccini a tenu, dans le programme de cette saison, une place\nexcessive; mais, outre qu'il y aurait quelque cruauté à reprocher à des directeurs de théâtre\nde monter des œuvres médiocres, mais qui \"font \"le désir que manifeste la\ndirection de la Monnaie d'expier ces très excusables faiblesses en offrant au public des gages\nde son amour pour l'art, est trop évident pour que nous ayons le courage de lui tenir rigueur. \"\nAjoutons que la seule œuvre nationale est l'acte de M. le Baron Ludovic Stiénon du Pré :\n\" Ceci n'est pas un conte. \"\nNécrologie. La pianiste appréciée, Madame Erich Stadelhof, née Henriette Fan Dooren\nsœur du brillant virtuose belge, Arthur Van Dooren, qui fut applaudie plusieurs fois tant en\nBelgique, qu'en France, en Allemagne et en Hollande, dans des concerts où elle jouait avec son\nfrère, vient de mourir inopinément à Bruxelles. Nous présentons à sa famille douloureuse-\nment éprouvée, et en particulier à notre ami l'expression de nos plus vives\ncondoléances.\nGAND. Au programme du 3e concert d'abonnement du Conservatoire, diverses\nœuvres de Bach (notamment le concerto de violon en où le virtuose exquis qu'est M. Albert\nZimmer s'est fait chaleureusement applaudir) et la Neuvième symphonie de Beethoven très\nconvenablement exécutée par l'orchestre et les chœurs du Conservatoire dirigés par M. Mathieu-\nle solo était confié à l'excellent basse M. Louis Frœlich, professeur au Conservatoire de'\nGenève.\nL'A Capella gantois a rendu hommage au compositeur français Théodore Dubois en un\nfestival favorablement accueilli : exécution remarquable, sous la direction de M. Hullebroeck\nde la Marche héroïque de Jeanne d'Arc (1888), de deux motets, et de l'oratorio les Sept paroles\ndu Christ(lB67), avec le concours du baryton Jan Reder et du ténor Léon Vanderhaegen\ndeux beaux chanteurs de style, et de MUe Eugénie Nuyttens, soprano dramatique d'avenir!\nMusique plus dramatique que religieuse, mais distinguée et agréable. Le public a longuement\novationné le vieux maître qui assistait au concert.\nPAUL BERGMANS.\nCOURTRAI. M. Paul Bergmans, notre éminent correspondant gantois, a donné au\nCercle Historique et Archéologique une conférence. Le Journal de Roubaix en rend compte en\nces termes :\n\" M. P. Bergmans, de Gand, un causeur à la parole aisée et à l'expression brillante, fait\n\" dans la première partie de sa conférence la revue du Courtrai musical d'avant le XVlll'e siè-\ncle... (suit 1 analyse)... Tout cela est raconte d une façon charmante avec verve et humour\n\" et parsemé d'anecdotes historiques qui prouvent combien M. Bergmans possède à fond le\n\" sujet qu'il traite...\"\nr\nLIEGE. Beaucoup de petites séances, peu de Soirées marquantes : tel est le bilan du\ndernier mois.\nCitons les sommets seulement : un récital Kubelik où la technique joua le grand rôle et"}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.91", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3367, "texte": "enthousiasma par une surprise que renouvelle chaque fois le grand violoniste ; le Festival\nbelge de M. Jules Debefve, dans lequel on applaudit chaudement l'ouverture de\nRoland d'Emile Mathieu et la Ballade de Jan Block. La Lègia exécuta merveilleusement\ndeux chœurs de Cari Smulders et de Léon Dubois. Mais le grand, le profond succès de cette\nsoirée alla àla pianiste, Mme Blanche Sel va dans les Variations symphoniques de Franck.\nL'école belge fut magnifiée aussi en une superbe conférence de M. René Lyr sur\nencadrée d'exécutions d'oeuvres pour la plupart inédites ; la très sylvaine\nde M. Maurice Jaspar, des mélodies de Charles Hénusse et d'Eugène Samuel, dans lesquels\nM. Lyr salue de beaux compositeurs dont la musique impressionne, en effet, par une rare\noriginalité.\nLe second concert de la Société Bach fut donné à l'orgue de l'église protestante par\nM. Guillaume Waitz, l'un des derniers disciples du maître Guilmant : la pureté, la noblesse de\nstyle de l'organiste le rend digne d'être l'interprète du Maître des Maîtres.\nANVERS. La société des Nouveaux Concerts à brillamment clôturé sa série\nd'auditions par un programme consacré à des musiciens nationaux : Emile Mathieu, qui dirigea\nl'ouverture de son Enfance de Roland, Joseph Ryelandt, dont Y Idylle mystique charma infini-\nment, Peter Benoit. Sous la direction du beau mélodiste Mortelmans, leur chef dévoué,\nl'orchestre et les chœurs furent parfaits.\n\nDr. Dwelshauwers.\n\nEtranger\nLEIPZIG. La musique sacrée, est ici représentée par les séances hebdomadaires données\nen l'église Saint-Thomas par Thomaner-Thor composé des élèves de l'école St-Thomas. On y\nexécute chaque samedi, de délicieux motets, psaumes, fragments de cantates, etc. C est un\nvrai régal artistique. Puis par concerts du Bach-Verein, dirige par K. Straube. On y a entendu\ncette année un opéra de Hândel (Belzasar). Cette exécution fut assez satisfaisante. Au contraire,\ncelles qu'on y présente des œuvres de Bach sont fréquemment médiocres. Nous y avons entendu\nl'an dernier la Passion selon Saint Mathieu et Y oratorio de Noël tristement rendus. Et comme\nnous nous hasardions à émettre quelques objections quant aux tempi, toujours traînant et sans\nrythme, à l'emploi des instruments, etc. on nous a répondu avec un air de pitié : \" comment\nvoulez-vous donc qu'un Français comprenne quelque chose à notre J. S. Bach ! \" Ici à\nLeipzig subsiste toujours le préjugé que le Français n'est capable d'écrire que des opéras-comiques\net des badineries musicales. Qui connaît César Franck en Allemagne ? Ses variations sympho-\nniques exécutées pour la première fois à Leipzig par une excellente pianiste bruxelloise, Suzanne\nGodenne, furent une révélation pour le public lipsien.\nNous ne parlons évidemment pas des nombreuses sociétés chorales de la ville qui donnent\nfréquemment des concerts assez intéressants, réservés en majeure partie, aux œuvres des con-\ntemporains. Nous citerons cependant le Chœur philharmonique qui participe aux concerts\nWinderstein ; il est dirigé par Richard Hagel, ancien chef d'orchestre de 1 opéra de Leipzig,\nque des raisons étrangères à l'art ont éloigné de ce poste. Sous la direction intelligente de son\njeune chef, le Chœur philharmonique accomplit des progrès sérieux. Après avoir fait entendre\nl'année dernier? Lernt lachen\\ de C. Bleyle, le Déluge de Saint-Saëns, Romeo et Juliette de"}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.92", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3832, "texte": "Berlioz, la nouvelle société a exécuté cette hiver la de Félix Woyrsch, œuvre\nintéressante.\nLes concerts Winderstein, la troisième des grandes associations musicales de la ville\noffrent au public des exécutions satisfaisantes mais présentent un choix d'œuvres assez restreint.\nLe chef d'orchestre, Hans Winderstein a dirigé cet hiver les Impressions d'Italie de Charpen-\ntier, Festklàngede Liszt, un concert R. Strauss (Heldenleben, et\nVerklàrung), prélude du Déluge, Faust-Symphonie de Liszt, fragments du Songe d'été\nde Mendelssohn, Manfred (avec L. Wullner) 2e symphonie de Strâsser, marche d'Elgar,\nouverture de Scheinpflug, 5e de Beethoven, concerto grosso d'Haendel. Comme solistes : Joan\nde Manen (concerto de Max Bruch en sol min.) ; concerto de Liszt en la (Elza de Grave),\nconcerto de Brahms pour violon (May Harrison), et pièces de Tschaïkowsky, lieder de Strauss\n(Ellen Beek), concerto de Bleyle pour violoncelle (H. Kiefer), œuvre de valeur nulle ; airs de\nTitus et de Rienzi(Marg. Preuse-Matzenauer), etc.\nParmi les trop nombreux récitals, signalons les suivants, intéressants, données avec le\nconcours de l'orchestre Winderstein. Anny Eisele a donne une interprétation satisfaisante des\nconcertos de Grieg et Mozart (ré mineur) ; Juscha Sussmann a exécuté les concertos de\nBrahms et Mendelssohn (violon) ; à signaler tout spécialement le concert donné par la jeune\npianiste Suzanne Godenne, de Bruxelles, une bonne interprétation du 4 concerto de Saint-\nSaëns et des variations symphoniques de C. Franck. Cette pianiste pourra prendre place parmi\nles grands artistes, après avoir affiné son jeu encore trop saccade ; mais elle est jeune encore et\nson talent promet.\nUn certain Eduard Urban a dirigé (?!) un concert orchestral portant au programme\nRoméo et Juliette de Tschaïkowsky, les Préludes de Liszt et l'ouverture des\nC'était bien médiocre ! Heureusement les solistes offraient plus d'intérêt ; Jos. Weiss,\nqui a exécuté son concerto de piano en la, et A. Sanden qui a chante du Pfitzner et du\nSavenau. Le meilleur pianiste que nous ayons entendu en récital fut certes A. ;\nsa version du concerto en la et de la fantaisie hongroise de Liszt fut remarquable. L orchestre\nétait dirigé par un jeune kapellmeister de valeur, Hanns Avril qui assumait, outre la direction\ndes œuvres sus nommées, celle du Tasso et d Orphee de Liszt. Citons encore les concerts donnes\npar Paula Koenig (variations de Franck et concerto en mi de Chopin), Jani Szanto (concertos\npour violon de Stojanowits, Vieux temps ré min.), Daniel Berlino (2e concerto de Saint-\nSaëns, etc.)\nLes séances de musique de chambre, récitals de piano, de violon, de chant, etc. sont\ninnombrables, nous ne citerons que les plus intéressantes : séances du quatuor Bruxellois, du\nquatuor tchèque, trios Von Bosc, récitals Sascha Culbertson, Friedmann, Jaques Dalcroze,\nScriabine, E. von Voigtlander, Burmeester, Lula Mysz-Gmeiner, Gura, Lamond, von\nVecsey, Elly Ney, Bruno Huize, Jos. Weiss, quatuor Rebner, S. Dessoir, Julia Culp,\nH. von Lopuska, M. von Zadora, Pugno-Ysaye, Wullner, Emile Sauer, Alex Schmuller,\nLéonid Kreutzer, etc.\nLa plupart des ces récitals sont organisés par la maison Eulenburg.\nNous avons réservé pour la fin de notre chronique la seance musicale qui a obtenu le\nplus de succès. Il s'agit de l'exécution intégrale(700 exécutants dont 140 musiciens) du\nde H. Berlioz, œuvre colossale qui a remporté un succès exceptionnel. Et c est encore a Georges\nGôhler que revient le mérite d'avoir mis au point et présenté au public lipsien cette fresque\nmagistrale, unique dans la littérature musicale. Quelle œuvre, quelle conception grandioses !\nCe fut une solennité inoubliable, une jouissance artistique unique ! En l'espace de trois semaines\non a exécuté à Leipzig la Damnation de Faust, le Requiem et la Fantastique ! Ces chers"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.95", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3916, "texte": "Parisiens \", comme disait le maître de la Côte Saint-André, quand donc rendront-ils un tel\nhommage au plus grand génie musical du siècle passé ?\nPAUL MAGNETTE.\nMUNICH. Quitte à me faire reprocher une fois de plus mes accès \" chroniques\nautant que suraigus \" de slavomanie, par les mêmes gens dont la manie \" chronique autant\nque suraiguë \" est de considérer leur nombril, je ne me résignerai pas à passer sous silence\nles concerts d'Ossip Gabrilovitch sous prétexte que Glinka, Borodine et Tchaïkowski soient\nde vieilles lunes. Comme les Steppes du second nous paraissent aujourd'hui d'un pittoresque\nnaïf! Aussi naïf que celui de la symphonie Phaeton de Ditters de Dittersdorf (concert Prill).\nFaire du pittoresque pur est la façon la plus sûre de vieillir rapidement. De chaque effet\ndescriptif nouveau, le vrai musicien aussitôt s'empare et se sert pour des fins exclusivement\nmusicales pures, de telle sorte que ce qui a été but chez l'inventeur-peintre, n'est plus que\nmoyen, ou décor, chez le successeur-penseur. Et celui qui a raison sera toujours celui qui se\nsert de l'art pour exprimer des pensées nécessaires et des sentiments humains et non des\npaysages ou des anecdotes, celui qui enferme dans son oeuvre la beauté d'une religion ou tout\nau moins d'une philosophie, et non de vains bruits qui coûtent cher, faits pour surprendre les\noreilles d'un jour et lasser celles du jour suivant. Par ailleurs (Prill) nous eûmes aussi les\nImpressions d'ltalie de M. Charpentier. Avec quelle mélancolie je me rappelais nos enthousias-\nmes de 1893 chez Lamoureux ! Comment est-il possible que nous ayons jamais estimé cela\nneuf, coloré, vivant... ? Tout cela maintenant a trouvé son emploi définitif dans la Symphonie\nitalienne de M. Strauss, combien surpassé, affiné, au service d'une contemplation et d'une\nméditation aussi éloquentes que les plus belles pages de Chateaubriand, et qui ont chance de\ndurer autant qu'elles. Ici vous avez une oeuvre inspirée par l'ltalie qui vous livre en même\ntemps un témoignage définitif sur l'âme d'une génération ; là vous n'avez plus que quelques\naquarelles, fanées et laborieuses, sans valeur autre que documentaire. Et c'est aussi le cas de\nl'esquisse de Borodine. Les steppes, le Caucase, la poésie de Lermontow, cet enivrement de la\nRussie au seuil nouvellement atteint du Turkestan, nous sont conservés par les poèmes sym-\nphoniques de Balakirew et de Rimsky Korsakof. Le Borodine des Steppes n'a fait que leur\npréparer les voies.\nM. Rudolph Siegel et sa nouvelle Société Chorale nous ont apporté le de Berlioz\naussi familier au public munichois que le puissant oratorio où Liszt a su si bien faire chanter le\nChrist, (on nous le redonne prochainement) ou que les messes de Bruckner. Je ne vous dis\nrien de ce Te Deum,vous le connaissez sans doute mieux que nous ? Le\nVApocalypse,de M. Walter Braunfels, tient-il vraiment tant que cela de Berlioz ? C'est une\nbelle page, vraiment illuminée et qui ne laisse pas l'auditeur respirer. La symétrique\ndu même auteur (concerts Lœwe) a trois parties et brille par les curiosités d'orchestre. Il est\ncertain que de tous les musiciens munichois M. Braunfels est le plus français. Mais il a su\ndiscrètement et à bon droit faire son profit des expériences de Mahler. Mahler du reste\ndéteint partout à l'heure actuelle. Demandez à M. Karel Weigl, auteur d'une Symphonie en\nmi majeur. Et cependant, avec toutes ses recherches dans le sens du maître, il n'arrive qu'à\nune orchestration confuse, dont rien jamais ne sort, net ni frappant. Après tout, peut-être cette\nimpression de cohue est-elle ce qu'il a cherché. En soi l'œuvre est ambitieuse et caractéristique\ndu goût moderne de Vienne.\nM. Max Reger a eu, en automne, sa petite semaine intime. Le grand\ntragédie y a pris des contours singulièrement accusés et nous avons vengé les\nde vos dédains. M. Hermann Zilcher nous a apporté une Deuxième Symphonie, merveilleuse-"}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.96", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 4179, "texte": "ment cyclique, c'est à dire sans dogmatisme étroit, sans pédantisme doctrinaire, quelque chose\nd'une vie puissante qui ne se regarde jamais vivre, ne se contrôle pas, ne paraît pas s'étudier,\net simplement se contente de s'épanouir parce qu'un germe puissant l'anime et qu'une sève\nindomptable la parcourt. Trois grands morceaux, qui semblent n'en faire qu'un. Et des trou-\nvailles d'orchestre, en veux-tu en voilà, qui sont le moindre mérite d'une œuvre\nde vie intérieure,si j'ose risquer cette apparente absurdité, et d'une si belle venue, que de la\npremière mesure à la dernière on sent la sorte d'ivresse avec laquelle elle a été conçue.\n—M. Bernhard Sekles dans ses Jardins de Semirama tenté un beau poème d'amour, fier et\nardent, fougeusement coloré, oriental d'intensité et profondément humain de partout\nPeut-être vous ferais-je plaisir en vous disant quelles œuvres françaises nous entendons et\nque nous en entendons après votre Festival au moins autant qu'avant. Mais vous êtes assez à\nparler de vous-mêmes et vous m'avez pris certainement pour vous parler des autres. Je suis un\npeu chez vous l'avocat du diable et vous me traitez comme tel. Raison de plus pour enchérir.\nVous ne saurez donc rien de la symphonie de Franck avec M. Prill, ni des variations sympho-\nniques avec MM. Edouard Bach et Mottl, rien de toujours avec M. Prill, ni\ndes liederde Duparc et Fauré par Mme Gouillou ; rien de la soirée de musique de chambre\nfrançaise de Mme Marie Panthès et de M. Robert Pollak, (sonate de Guy Ropartz, poème de\nChausson), rien de la séance de morceaux de piano français de M. Schmid Lindner (du\nDebussy, du Florent Schmitt).\nEn revanche j'aurais grande envie de m'arrêter longtemps à célébrer Mmes Selma Kurz\net Gertrude Foerstel pour ce qu'elles nous ont apporté chacune trois différents du cycle\nde Mahler, le (D es Knaben TVunderhorrî). Ce sont là deux voix notoires de l'Europe,\net les lieder en question sont tout autant de cris du cœur, le cœur de Mahler, tout\nbrûlants et généreux, et orchestrés avec un tact exquis. A chacun j'ai la sensation de me sentir\npris par la main, comme quand j'étais petit, et je me laisse entraîner là où l'on me veut mener\navec cette délicieuse confiance et ces émerveillements naïfs d'autrefois... Ah ! je ne cherche à\nimposer mes admirations à personne, ni à m'insurger contre celles des autres ; mais qu'on me\nles laisse dire tant que vous ne m'avez pas prié de prendre la porte, et alors, je les crierai\nencore plus fort derrière. Mon cœur humain en vaut un autre... Quant à ces dames, comme\nje leur serais reconnaissant d'affirmer un goût personnel dans la composition de leurs\nprogrammes et non point de viser à satisfaire tous les goûts. D'une artiste telle que Gertrude\nFoerstel on serait en droit de l'exiger. Mme Selma Kurz nous a prouvé, et encore plus\nl'accueil que lui a fait le public, que le goût du vieil opéra italien n'est pas aussi mort qu'on\nveut bien le croire, même à Munich.\nL'opéra de M. Julius Bittner Der Musikant a été le grand succès de l'hiver. Le titre ne\nsaurait guère se traduire ; l'allemand a, aussi bien que le français les mots musicien,\ncompositeur et musicastre. Musikant est un terme de mépris participant des trois : mais il indique\navant tout celui qui, pour vivre, débite de la musique, la sienne ou celle des autres. C'est\nl'éternelle histoire de l'artiste incompris, méprisé de son entourage, trompé par celle qu'il aime\nmais qui, ici, ne veut chanter qu'en italien avec des fioritures, et que console enfin la petite\nâme ingénue et tendre, qui consent à chanter simplement, ce qu'il écrit en allemand. Il y a là\nune peinture de la vie provinciale à la cour des petits souverains du sud à la fin du XVIIIme\nsiècle, qui est particulièrement savoureuse et veut faire penser à Mozart. On a dit sur tous les\ntons que c'était un retour à la mélodie, en réaction contre les cPellèas et les Elektra. A la\nvérité il y a un peu de celà, encore que pour ma part je trouve plus de vraie mélodie dans\nElektra que dans ce Musikant. Mais c'est tout au moins une réaction du drame local et bon\nenfant contre le drame à hautes visées intellectuelles. Ne croyez pas pour cela la musique de"}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.97", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2897, "texte": "M. Bittner légère et sans valeur. On peut d'ores et déjà la placer en bon rang sur la liste des\njolies pièces où règne une sorte de sain humour local, en 1 excellente compagnie de la\nPadrona, du Mariage de Figaro^du Barbier de Seuil le de la /'et du\ndu reste tendant une main à Lortzing et l'autre peut-être, tout au moins quelques minutes,\nà Johann Strauss.\nWILLIAM RITTER.\n1911.)\nROME. La Libéra Estetica vient d'avoir l'honneur de se faire entendre au Palais\nMargharita, en présence de Sa Majesté la Reine Mère, qui sut trouver pour la cantatrice Ida\nIsori et le compositeur Paolo Litta des paroles extrêmement flatteuses.\nPORTO. L'Orphéon a donné cette année une série de concerts très intéressants avec\nle concours de la pianiste Maria Carrera, le quatuor Lejeune, M Auguez de Montalant,\nJan Reder, Mme Ida Ekman, Lucien Wurmser, Boucherit. A l'Opéra, Lohengrin voisine\navec la Xosca, Mme Butterfly, Aïda, Othello et Faust. P« B.\nVIENNE. Avant de quitter l'Opéra, Weingartner a tenu à donner une première de\nBenvenuto Cellini de Berlioz. Le public, à l'occasion de son départ, lui a fait une ovation. On\nespère que le nouveau directeur, M. Gregor, commencera par relever le niveau artistique de\nl'opéra qui, ces derniers temps, était tombé bien bas.\nL'exécution du cycle des Symphonies d'Anton Brûckner au Konzertverein sous la\ndirection de M. Lôwe est accueillie très chaleureusement par le public et la presse.\nDR EGON WELLESZ.\nLa SOCIÉTÉ HANDEL donnera le 2 juin à la Salle Gaveau l'audition de de\nHândel, avec le concours de M. Joseph Bonnet, organiste, Mmes Mellot-Joubert, Philip,\nMM. Plamondon et Mary.\n\nExtrême Orient\n\nHANOI. Hanoï, capitale du Tonkin et siège des principales administrations de l'lndo-\nChine, s'est offert en 1901 le luxe d'un théâtre qui ne déparerait pas, par son architecture, sa\nproportion et son aspect les capitales de l'Europe. C'est ce qu on lui reproche ici, car la ques-\ntion du théâtre est le tremplin delà politique locale. En effet, la population europeene d Hanoï,\nbien qu'importante et en voie d'accroissement continuel, n'est pas encore assez étendue pour\npeupler ce vaste monument- Cet édifice qui a coûté des millions, n est pas encore termine,\nchaque année le Protectorat accorde libéralement à la municipalité une Intervention de 40 mi e\npiastres, soit environ 100.000 frs. pour la continuation des travaux d'aménagement intérieurs.\nLa saison 1910-1911 n'a pas répondu à l'attente des dillettanti hanoneïs, par suite e\ndifficultés matérielles et d'ordre financier, la troupe venue de France, a du s en retourner, aux\nfrais de la Colonie, sans donner de représentations. F\nLa municipalité d'Hanoï et d'Haiphong utilisent la même troupe chaque annee. Les\nartistes jouent un mois à Hanoï, un autre mois à Haiphong. Le chemin de fer de 100 kilo-\nmètres qui sert de trait d'union entre les deux villes, permet facilement cette entente. Le"}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.100", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2375, "texte": "Protectorat contribue pour une contribution élevée aux dépenses théâtrales, les municipalités\napportent chacune une part dans ces frais.\nIl existe à Hanoï, de longue date, une société philharmonique européenne. On y joue la\ncomédie, l'opérette et l'on donne des soirées fort suivies par l'élite de la population, aux cours\ndesquelles on entend de la bonne musique ; on y danse avec fureur, dans un cadre de goût,\nau milieu d'élégances de toilette à signaler. Tous les artistes qui donnent leur concours à\ncette société sont pour la plupart des amateurs de bonne volonté, recrutés dans les diverses\nadministrations publiques et privées. Presque tous les mariages donnent lieu à des manifestations\nd'art où des musiciens professionnels connus et appréciés, des amateurs du monde local font\npreuve d'un réel talent.\nLa musique militaire a ses jours où elle réunit autour de son kiosque le tout Hanoï avide\nd'art et de distractions.\nLa musique et les musiciens sont aimés en Indo-Chine, surtout au Tonkin. Les classiques\net les nouvautés s'y disputent la faveur du public.\nANNAM. TOURANE. Si l'Annam est des cinq gouvernements particuliers\nqui compose l'Union Indo-Chinoise l'un des plus en retard sous le rapport du progrès artis-\ntique, il y existe à Tourane un Cercle où l'on fait de la bonne musique et on joue la comédie\nsur une petite scène appropriée. On y danse souvent. A Hué, l'art annamite a le pas\nmarqué, et c'est dans l'Antique Palais des Conférences que se déroulent souvent, en des\ncirconstances ouvertes aux Européens, les rites musicaux de la vieille Cour d'Annam. Vieux\nchants, jeunes chanteurs, rites traditionnels, décors et costumes de l'ancien temps, c'est joli,\net mérite d'être vu.\nTONKIN. HAIPHONG. Cette année-ci, notre ville qui possède un théâtre\nfort bien édifié sous tous les rapports a partagé l'infortune de la ville-sœur Hanoï. Par suite de\nla déconfiture de l'imprésario, la troupe théâtrale du Tonkin arrivée tard, au mois d'octobre,\nvenant de France, a dû reprendre le paquebot pour la Métropole quelques jours après. Cette\nfâcheuse circonstance a porté un coup sensible aux distractions artistiques de Haiphong, la\npopulation a eu une compensation dans les soirées musicales et dansantes de la Société Phil-\nharmonique Haiphonnaise, ces réunions ont eu leur succès habituel d'élégances et de gaîté\ndans le milieu européen.\n\nJ. R."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c035", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 72, "image_fin": 77, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.11.1", "titre_corps": "Les Théatres", "titre_sommaire": "Les Théatres", "signature_source": "Emile Vuillermoz", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.72", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 566, "texte": "Les Théatres\n\nLE VOILE-DU BONHEUR. LA JOTA. GWENDOLINE.\nESPANA. LA ROUSSALKA.\nLes mélomanes qui poussent la ferveur à l'égard de la musique pure jusqu'à\nla contemption de 1 art lyrique pourront marquer d une pierre blanche le mois qui\nvient de s ecouler. La these qui leur est chere, le principe de l'infériorité de la\nmusique théâtrale, le postulat de la bassesse de l'esthétique lyrique et l'étude de\nses tares congénitales viennent d etre solennellement illustrés à la face du monde\npar cinq exemples peremptoires. La démonstration fut méthodique et complète :\n\n5"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.73", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3488, "texte": "trois théâtres y ont pris part avec des ouvrages parfaitement différents de tendances,\nd'origine, d'âge et de genre ; la preuve a été administrée avec une perfide complai-\nsance et une inépuisable générosité. Il semble qu'une fée sournoise et vindicative\ncelle de la Sonate ou du Quatuor ait frappé d'égarement les directeurs des\ntrois scènes ennemies et les ait contraints, dans leur délire, à insulter publiquement\nla Muse qu'ils servent et à proclamer eux-mêmes l'infirmité de l'art qu'ils sont\nchargés de défendre et d'exalter. Et les artistes qui gardent au cœur le reconnais-\nsant souvenir d'émotions lyriques de choix et qui ne reconnaissent pas sans\ndiscussion l'orgueilleuse suprématie de la musique de chambre, demeureront\naccablés en présence des innombrables arguments qui viennent aujourd'hui apporter\nà leurs adversaires des armes nouvelles, encourager leur audace et consolider leurs\ndédains.\nLa démonstration la plus subtile, la plus pénétrante, la plus irréfutable aussi, a\nété présentée par Albert Carré. Elle fut abondante et nuancée comme une soutenance\nde thèse en Sorbonne. Le premier sujet en fut le \"VOILE DU BONHEUR\" cette élé-\ngante parabole désabusée qu'un politicien, cultivé comme un mandarin, se complut\nà écrire à l'encre de Chine sur des feuillets de soie. Deux séries de représentations\nau théâtre de la Renaissance et, tout récemment, à celui de la Porte Saint Martin\navaient permis au public d'apprécier l'agrément de ces variations sur le thème\nconnu du danger de la clairvoyance. Tant que ses paupières resteront closes sur la\nspectacle de la vilenie humaine, l'aveugle Tchang-I pourra croire à la beauté et à le\nbonté, mais lorsque le miracle d'une guérison l'obligera à sortir du paradis artificiel\nqu'il avait aménagé dans son âme de poète et à prendre contact avec les réalités\ndécevantes, il ressentira si cruellement leur laideur qu'il brûlera ses yeux, qu'il\ncondamnera pour toujours ces portes ouvertes à la souffrance, pour pouvoir cultiver\ncomme autrefois, dans le jardin secret de son imagination, la fleur d'illusion et\nreconstituer patiemment le cher mensonge de son bonheur. En dépliant l'éventail\nsur lequel se déroulait le mélancolique apologue on découvrait, sur chaque branche\nfragile, stylisés et disposés avec une agréable symétrie, les figures allégoriques et\nles masques grimaçants des mauvais instincts. On y pouvait contempler avec un\nsalutaire effroi, la trahison de l'amitié, l'oubli des bienfaits, le vol, l'irrespect filial,\nla violation des serments conjugaux, le plagiat et la lachete. Le dessin était délicat\net presque schématique, les couleurs discrètes et, par un ingénieux aitmce, une\nminuscule boîte à musique adroitement dissimulée, laissait s envoler, greles et\ncristallines, quelques fines mélodies d'Extrême-Orient. bibelot était exquis.\nEn souriant avec malice, le directeur de 1 Opera-Comique en fit 1 emplette et le\nlivra à deux spécialistes de l'esthétique theatraie pour le transformer et lui donner le\nstyle de sa maison. L'opération fut faite avec conscience. M. Paul Ferrier démonta\nles périodes cadencées de la prose harmonieuse de Georges Clemenceau, demembra\nles tirades noblement arrondies et découpa le tout en petits vers porte-musique, aux\nrimes indigentes, aux rythmes monotones. La discrète stylisation des vices humains\nparut ensuite trop étrangère à la conception habituelle d un scénario et, au nom\nde l'optique théâtrale, on remplaça ces diaphanes figurines symboliques par des"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.74", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3440, "texte": "personnages vivants, aux gestes violents et au verbe criard. Plus de suggestion\ndélicate ; l'art du théâtre exige, paraît-il, des matérialisations plus nettes. Ce n'est\nplus dans la chambre voisine, derrière une tenture soulevée, que Tchang-I sur-\nprendra l'impiété de son fils, nous verrons le jeune Wen-Siou se livrer sur la scène,\nen présence de son père, aux gamineries les plus odieuses ; ce n'est plus sur le\ndouloureux visage du poète trahi que nous découvrirons la félonie de l'épouse\ncoupable, nous aurons une solennelle et invraisemblable entrée du couple adultère\nprenant possession du \"plateau\" pour chanter un duo démonstratif à deux pas\ndu mari bafoué que l'on croit toujours aveugle mais que l'on n'a pourtant pas le\ndroit d'imaginer sourd. De lourdes \" réalisations \" scéniques ont remplacé les\nindications à peine appuyées qui gardaient quelque poésie vraiment chinoise à ce\ndivertissement littéraire. Au lieu des battements de paupières, des furtifs demi-\nsourires, révélant seuls l'état d'âme des familiers de Tchang-J, nous avons les\nattitudes caricaturales de la plus grossière dérision, les haussements d'épaule, les\nrires cyniques mal étouffés et les bourrades comiques en usage dans les vaudevilles,\nderrière le dos de quelque crédule ganache.\nAinsi transformé en \" livret \" selon la formule, le petit conte philosophique,\nécartelé et grossi trois cents fois au microscope, passa entre les mains du composi-\nteur Par les soins de M. Pons, musicien conservateur, chaque scène déjà déplorable-\nment étirée, se gonfla et se boursoufla plus ridiculement encore. Faisant un sort à\nchaque mot, la romance se déchaîna lugubrement et inlassablement. Tchang-I\nsaisissant son luth détailla une sérénade indéniablement napolitaine et les amants\nenlacés réalisèrent les plus affligeantes polyphonies du répertoire. Le tour était\njoué : le Voile du Bonheur était devenu un opéra-comique et pouvait affronter\nles feux de la rampe. Des décors exquis et une interprétation parfaite conduite par\nJean Périer, artiste de génie, prouvèrent dans quelles conditions de loyauté avait\nété accomplie l'expérience, devenue ainsi tout à fait significative. Il est clairement\ndémontré qu'une oeuvre d'art de ce genre peut conserver quelque saveur au\nthéâtre littéraire mais que le théâtre musical en anéantit la beauté. La seule\nintervention acceptable de la musique avait été réalisée dans la partition de scène\nécrite avec un art exquis et circonspect par Gabriel Fauré pour les représentations\nprimitives : hors de ce rôle dont la modestie touche à l'effacement, Orphée ne\nsaurait tenir en scène que l'emploi des fâcheux.\nMais s'il est ainsi établi qu'une affabulation, riche de pensée, ne peut\ns'accommoder de la formule lyrique, manifestation d'art inférieure, il faut évidem-\nment renoncer à ces adaptations dangereuses et créer de toutes pièces selon une\ntechnique spéciale le drame destiné à se fleurir d'accords. C'est ce qui fut fait\nimmédiatement après avec la \"JOTA\" pour compléter la démonstration... par\nl'absurde. Auteur et compositeur à la fois, père de la \" Habanera \" qui lui valut\nune notoriété immédiate, M. Raoul Laparra est, par excellence, le musicien de\nthéâtre, le tempérament scénique, le créateur dont la souveraineté s'exerce entre\nles frises et la rampe. Il est représentatif de l'espèce et son avis doit faire autorité.\nLa \" Jota \" est donc un spécimen caractéristique de la musique de théâtre née en"}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.75", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3364, "texte": "même temps que le scénario et faisant corps avec lui. Rien d'inutile, centralisation\npuissante, expression directe, rapidité d'action, oppositions violentes... ah ! le beau\nmétier, la rassurante virtuosité ! Comme Wagner, le régisseur de l'Opéra-Comique\navait enfin le droit de s'écrier avec satisfaction : \"Et maintenant, Messieurs,\nvous avez un Art ! \"\nHélas ! quelle cruelle négation de tout art que ce modèle du genre ! Le\nlivret, puéril et grandiloquent, indiscrètement surchargé d'interjections franco-\nespagnoles. Demona ! Sosa ! Beber ! Ja, Ja ! Venga boulote ! Airé ! Fuego !\nHala ! Toma ! Anda ! Alza ! Mata ! Sangra ! Calla ! Jaca !... etc. met en scène\nle fait-divers villageois, dépourvu de tout intérêt, d'un couple de \" novios \"\ndésuni par les guerres carlistes, se retrouvant en pleine bataille dans une église\nsaccagée et mourant enlacé, frappé par des balles perdues. Un rôle épisodique de\nprêtre-satyre n'ajoute pas à l'action un élément particulièrement heureux. Une\ndanse transforme le premier acte en un kaléidoscope frénétique et le combat dans\nl'église doit donner, au second, dans l'intention de l'auteur \" une sensation à pic,\nun peu comme celle d'un puits où grouillerait la besogne monstrueuse de larves\nhumaines.\" A vrai dire ces deux tableaux de cinématographe papillotant, corsés de\ncris, de hurlements et d'un nombre incalculable de coups de feu constituent pour\nle spectateur une épreuve physiquement douloureuse, une hallucination confuse\net inquiétante, un cauchemar assourdissant qui le conduisent irrésistiblement à\nl'hébétude et à la migraine. Dans tout cet enfer que devient la musique ? Elle\nn'est pas de la fête. Aucune place ne lui est réservée et son inutilité n'a pas fait le\nmoindre doute pour l'auteur lui-même qui l'a délibérément subordonnée aux\nbruits de coulisse, aux salves de tromblons et aux explosions de mine qui sont les\néléments primordiaux de son orchestration. Tout est sacrifié à la grande voix de\nla poudre et il ne faut pas se scandaliser de voir Mme Carré et Salignac s'épuiser\nen cris improbables dans l'ouragan sonore qui les roule, hagards et impuissants,\nouvrant désespérément des bouches d'ombre tragiquement convulsées pendant\nque les trombones, le tambour, la cymbale fracassée et la grosse-caisse éprouvent\nl'humiliation de ne pouvoir apporter dans le déchaînement universel qu'un\nbourdonnement dérisoire de moucherons captifs. Et il n'est plus permis d'ignorer,\naprès cette oeuvre caractéristique d'un compositeur de théâtre autorisé, que le\nvéritable art scénique d'un musicien vériste consiste à diminuer progressivement\nl'importance de la partition en attendant sa suppression complète qui n'est plus\nqu'une question de jours.\nDésespérés du résultat identique obtenu par deux tentatives si opposées, les\nlyriques impénitents ont pensé retrouver dans les plus heureuses formules du\npassé le réconfort qu'ils cherchaient vainement parmi les essais contemporains. Ils\nsont allés à la reprise de \" GWENDOLINE \" le vieux chef-d'œuvre méconnu, victime\nd'une révoltante erreur judiciaire, forçat innocent reclus depuis vingt ans, orgueil\nde l'esthétique française et de l'esprit national. Ils ont pu constater que Mme Kous-\nnezoff y est exquise et chante divinement, que M. Duclos supporte avec vaillance\nun rôle un peu lourd pour ses jeunes épaules et que M. Campagnola dont la voix"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.76", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3425, "texte": "est charmante croit de son devoir de ténor de jouer les vieillards avec des gestes\nde jeune premier. Mais ils se sont aperçus que la réclusion est aussi fatale à la\nsanté des partitions qu'à celle des enfants de Latude. Le poème de Catulle Mendès\nest devenu un livret et la formule wagnérienne du lyrisme de Chabrier qui était,\nà l'époque, la plus savoureuse des recherches apparait singulièrement indiscrète\naujourd'hui. Sans doute il reste un nombre appréciable de belles pages de parfait\nmusicien et l'on ne compte plus les étonnantes trouvailles d'expressions, les anti-\ncipations prophétiques de cet étrange et inégal précurseur pour lequel nos plus\nirrévérencieux \"jeune France \" conservent une sympathie attendrie, mais la couleur-\ngénérale de cette fresque héroïque a pâli et certains de ses détails nous offusquent-\nEt rien n'est plus mélancolique que de noter l'irréparable outrage des ans sur un\nvisage dont l'éblouissante jeunesse enfuie n'a jamais eu de témoins !\nOn a mené grand bruit autour du petit travail de marqueterie audacieusement\nentrepris par une poétesse présomptueuse en vue de transformer Chabrier en\ncompositeur de ballet. L'aventure d\" ESPANA \" a déchaîné les plus vertueuses\nindignations. Certes il est généreux de défendre les morts contre les professionnels\ndétrousseurs de cadavres dont les odieux exploits ne se comptent plus mais je\nn'arrive pas à concevoir avec l'horreur nécessaire le sacrilège qu'entraîne l'exécution\nde la Bourrée Fantasque convenablement soudée à telle \" pièce pittoresque \" de\nrythme dansant et de ligne parfaitement plastique. A une époque où l'on \" danse \"\nquotidiennement les Nocturnes de Chopin et les Symphonies de Beethoven est-il\ndonc monstrueux de réaliser objectivement la motricité très caractérisée de la\nmusique de Chabrier ? Ce respect démonstratif des mânes est infiniment louable\nmais vraiment l'occasion d'en faire étalage est assez mal choisie. Le seul regret que\nlaisse cette représentation est provoqué par l'indigence du scénario de la collabora-\ntrice posthume. Le pittoresque conventionnel d'une fête foraine avec les \"motifs\"\ntrop prévus et trop littéraires des pitres, des bobèches, du lutteur, des bohémiennes\net de l'arracheur de dents ne suffit pas à intéresser le public à ces vagues mouve-\nments de foule que ne daigne pas justifier la moindre action. Et c'est sans doute\nla seule chose dont l'auteur du \" Roi malgré lui \" songerait à se plaindre si on\npouvait recueillir ses impressions.\nUne dernière déconvenue nous attendait au Théâtre Sarah-Bernhardt où\ns'ouvrait avec quelque pompe une \" Grande Saison Russe \" à qui de retentissantes\nrevendications syndicales avaient fait une réclame américaine. Le premier spectacle\ncomposé de la \" ROUSSALKA \" du vieux Dargomyjsky, très consciencieusement\nmis en scène et supérieurement chanté par Litvinne, Smirnow, Joukow et la\nprincesse Baratoff n'a pas distillé la troublante ivresse attendue. Nous avons de la\nmusique russe une conception très étroite mais très arrêtée. Nous avons goûté à\ncette cuisine musicale en gourmets attentifs et nous exigeons désormais, en\nenfants gâtés, que les \" chefs \" slaves nous servent docilement nos friandises\npréférées. Notre mépris pour certains de leurs plats nationaux les a plus d'une\nfois scandalisés mais nous ne nous en soucions guère. Ce que nous aimons dans\nleur art n'en est peut-être pas la part la plus pure et la plus profondément"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.77", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1547, "texte": "ethnique : de graves commentateurs ont prouvé que nous méconnaissions\n1 élément véritablement slave du génie russe en faveur de la corruption asiatique\na laquelle ils ont parfois sacrifié, mais ces arguments sont sans force contre notre\nsensualité gourmande. Peut-être, en effet, devrions-nous, ethniquement, placer\nTschaïkowsky au-dessus de Moussorgsky mais, en fait, nous ne reconnaîtrons\npour russes authentiques que les fidèles sujets musicaux de notre tzar Boris.\nAussi n allez pas nous démontrer que Dargomyjsky est un ancêtre vénérable et\nqu il eut sur Moussorgsky une influence heureuse : notre incorrigible légèreté\nn accueillerait pas ces considérations avec le respect qu'elles méritent. Nous nous\ncontenterons de sourire en presence de cette \" Roussalka \" qui nous restitue les\npires traditions de 1 ancien opéra franco-italien, qui chante des airs à vocalises et à\npoints d orgue, qui déclame conventionnellement et se fait suivre d'un orchestre\nincolore sans distinction et sans originalité. Nous n'apprécierons jamais à sa valeur\n1 effort de culture occidentale que représente cet ouvrage écrit il y a plus d'un\ndemi siecle par un Peterbourgeois averti. Il nous faut des tableaux musicaux\nbrosses d après une esthetique et une technique que nous ont précisées, arbitraire-\nment peut-etre, mais si savoureusement les Antar et les Shéhérazade, et tous les\nraisonnements du monde ne prévaudront pas contre notre reconnaissance attendrie.\nCar notre oreille a des raisons que la raison ne connaît pas !...\n\nEmile Vuillermoz."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c037", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 77, "image_fin": 85, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.11.2", "titre_corps": "Concerts", "titre_sommaire": "Concerts", "signature_source": "F. Guérillot", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.77", "debut_caractere": 1549, "fin_caractere_exclue": 3151, "texte": "Concerts\n\nAvril, qui cette année fît si abondamment pousser les feuilles et fleurir les concerts, fut\nmusicalement d'assez mince intérêt. Aux grands concerts, la clôture générale se fît avec des\nœuvres cent fois entendues ; aux séances des grands virtuoses pas mal de morceaux tirés d'un\njuste oubli ; enfin dans la foule des soirées de sonates, une bonne moyenne de talent, rarement\nplus.\nPour clôturer sa 84me \" Session, \"le Conservatoire donna, comme il le fît plusieurs fois,\nla Messe en si min. de Bach. Chœurs excellents, orchestre très bon, solistes fort acceptables.\nM. Paulet phrase avec intelligence, Mlle Yvonne Gall chante simplement, Mme Frisch a une belle\nvoix. A 1 orgue, M. Bonnet succédait à Guilmant. Pour cela personne n'est mieux qualifié que\n1 tr m A 1 1\nlui. Mais n a-t-il pas un peu alourdi l'orchestre en intervenant trop souvent pour doubler les\nbasses ? Aux deux concerts précédents, la Symphonie de Franck, la Sulamite de Chabrier, avec\nMlle Demougeot, M. Fritz Kreisler, déjà nommé, dans le Concerto de Beethoven, la Sym-\nphonie avec chœurs et enfin le Wallenstein, de M. d'lndy. Retrouverons-nous notre petite\nsalle l'an prochain ?\nDeux oeuvres nouvelles seulement au Châtelet : un très agréable Cortège d'Amphitrite,\nde M. Ch. Gaubert, page adroitement écrite, jolie de sonorités mais assez peu personnelle ; et\ndes fragments d un ballet de M. Maurice Ravel qui nous présage d'une exquise soirée lorsqu'en\nmai, la \" Saison Russe \" nous donnera l'œuvre entière au Théâtre Sarah Bernhardt.\nAvant de partir pour l'ltalie, l'orchestre Chevillard donna la Neuvième Symphonie de"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.78", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3897, "texte": "Beethoven, puissamment dirigée et exécutée. Deux solistes de valeur : M. Friedmann dans le\nConcerto de Liszt et M. Bernard dans les Variations Symphoniques, de Franck.\nEnfin M. Hasselmans, que l'on croyait en sommeil jusqu'à l'hiver prochain, s'est réveillé\npour nous faire entendre des œuvres très connues, et aussi M. Szigeti, le très brillant violo-\nniste, dans le Concerto de Beethoven et, hélas, dans un Caprice, de Paganini.\nLa Schola exécuta deux fois la Passion selon S' Jean, de Bach, avec un soin dont il faut\nlouer M. Marcel Labey. Les deux parties de ténor, d'une tessiture si élevée, furent bien\nchantées par M. Plamondon et surtout M. Gibert. M. Bourgeois est un excellent professeur\nde chant, même au concert.\nLes deux sociétés... parallèles, la Nationale et S. M. I. donnèrent chacune deux séances\ncopieuses mais intéressantes. Le 8, à la Nationale, avec le Quatuor de M. Samazeuilh et les\nVariations sur un thème de Rameau de M. Dukas, œuvres austères, nous eûmes une sonate de\nviolon, aussi austère, mais non sans mérite de M. de Castéra, de très jolies pièces de piano de\nM. Le Flem, une agréable suite pour soprano, de M. Civil, enfin des fragments de la Forêt,\nde M. Savard.\nLe 29, à l'lndépendante, on se souvient qu'il n'y a plus de Pyrénées et on nous transporte\nle 6 en pleine Espagne, sans boléros, heureusement, mais avec les Caprichos romanticos, pour\nQuatuor, de M. Conrado del Campo, très romantiques, très expressifs, un peu prétentieux,\navec les très agréables pièces descriptives pour piano, de M. de Falla, celles non moins agréables\nde M. Turina et diverses mélodies. Pour compléter le programme, trois œuvres françaises :\nIn memoriam, sept mélodies de M. d'Olonne sur un poème de Tennyson, bien adéquates au\nsujet ; des variations enfantines pour piano de M. Inghelbrecht et les Chansons de Bilitis de\nM. Maurice Lévy, assez incolores.\nLe 24, à l'opéra Comique, M. Expert poursuit son histoire illustré de la mélodie. Deux\nséances, l'une de musique religieuse Allemande, l'autre de Rossini et ses successeurs jusqu a\nVerdi. Pourquoi rien de l'école italienne actuelle ? L'aimable, érudit et infatigable musicographe\nnous a conviés à entendre le Bouffe et le Tailleur, de Gaveau, amusante œuvrette. En mab\ncommence, à l'Ecole des hautes Etudes Sociales, avec le concours des auteurs, son enquete\nsur la musique contemporaine, \" que je vous recommande.\nMentionnons seulement l'exécution au Trocadéro sous la direction de 1 auteur et les\nauspices de la société des grandes Auditions, du dernier oratorio de Monsignor Perosi, le\nJugement Universel, puisqu'il en est parlé plus haut.\nA l'instar de la maison d'édition Durand, l'éditeur Roudanez donna cet hiver quatre con-\ncerts d'œuvres peu importantes mais nullement dépourvues d'intérêt. Il est vrai que la quatrième\nséance fut corsée par un concert en trio de Rameau et de charmantes chansons des XVIIe et\nXVIIIe siècles de la collection Expert. Les mélodies de Mlle Sauvrezis et Bagge sont\nexpressives et distinguées et la 3e sonate de violon de M. Chevaillier est bien écrit ; 1 andante\nsurtout qui est très bien venu.\nPour son 10e concert, l'Union des femmes Professeurs et Compositeurs a donne quelques\nmélodies de ses membres, un Crépuscule, court et discret de Mlle Zœgger, une gavotte aimable\nde Mme Balutet. Mlle Ciolfi arriva à plaire en jouant de la mandoline. Dans le groupe du sexe\naimable, le trio Chaigneau, que nous retrouverons en Mai, continua ses auditions d œuvres\nclassiques peu entendues, comme le Concerto pour deux violons de Mozart et Concerto pour\ndeux pianos de Bach, qui furent joués dans un excellent style, et une Cantate de Bach pour\nvoix de basse où M. Froelich fit valoir son timbre généreux.\nLe Quatuor Lejeune, après les quatre séances consacrées à l'Ecole tchèque dont nous\navons parlé, donna une soirée panachée. Nous eûmes le regret de manquer le Quatuor a Cordes"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.81", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4109, "texte": "de M. Frank Bridge. On fît au \" Petit livre de chansons \" pour chant (M. Remy Lejeune,\nbaryton) et Quatuor, de M. Paul Dupin, un succès exagéré, car l'œuvre est monotone et peu\nexpressive. Mais nous eûmes une compensation grâce à M. Lazare Lévy qui joua deux jolies\npièces de M. D. de Séverac et une Toccata bien écrite pour le piano de M. Enesco,\nle musicien universel. Peu à dire du Quatuor de M. Rasse, compositeur belge, dont les\nvariations sont le meilleur mouvement. Le Quatuor Godebski donna le 5 avril des pièces\nrusses tirées du recueil \" Les Vendredis, \" œuvres des divers compositeurs qui se réunissaient\nce jour là chez l'éditeur Belaïeff : deux sont exquises, le Scherzo de Sokolow, basé sur des airs\nbretons, et la Sérénade d'Artciboucheff. Avec cela, un Quatuor cordes de Schubert, une sonate\nde violoncelle (M. Cassado) de Valentini et des mélodies peu marquantes de M. Godebski.\nLes 66 Auditions Modernes \" (Quatuor Oberdœrffer) sont un de nos meilleurs groupes de\nmusique de chambre. Le 11, on y joua un Quatuor nouveau de M. Paul Féron, dont le\nmilieu et la fin ne valent pas le début, le 2e Quintette de M. Georges Alary, œuvre agréable\net bien sonnante, et la 2e sonate de violoncelle de M. Louis Delune. Nous avons dit déjà la\nhaute valeur musicale et la belle inspiration de cette dernière œuvre, une des pages les mieux\nsenties et les mieux écrites pour le violoncelle de ces dernières années, classique de forme mais\ntrès moderne et très personnelle de développement et d'harmonies. Mme Jeanne Delune la joua\navec un profond sentiment. Il faut mentionner enfin le trio féminin Bailet, Talluel et\nClément qui avec cohésion et style joua des trios de Beethoven, Brahms et Arensky, puis la\nsociété des Instruments Anciens (Henry Casadesus) qui donna sa première séance en avril.\nDes chants populaires Russes et Bretons harmonisés par M. de Wieniawski furent agréablement\nchantés par l'Ecole de Chant Choral. La Fête Galante, de Destouches, est une charmante\npetite chose qu'on eut du plaisir à réentendre.\nLe Quatuor Vocal Mauguière mérite une mention spéciale car il chante juste et bien,\nmême quand il chante a Capella. On lui redemanda une petite pièce de Costeley ; on aurait\ndû redemander celle de Cl. Jannequin et les trois de M. Léo Sachs qui sont de ses meilleures\nœuvres. Les quatres artistes : MM. Mauguière et Sigwalt, Mmes Herlenn et Mirey, chantèrent\ndes soli et M. Francis Thibaud joua sur le violoncelle l'Elégie de Fauré, du Boccherini et les\nPapillons (trop entendus) de Popper.\nComme celles qui jouent surtout des œuvres nouvelles, la Société Moderne d'lnstruments\nà vent est d'un intérêt assez inégal. Dans ses deux séances du mois, les nouveautés (une suite\nde M. Mouquet, un trio de M. Tovey) En montagne de M. Vadon et Lied et Scherzo de\nM. Florent Schmitt. Puis ce furent MM. Pierné avec sa charmante Pastorale Variée, M. d'lndy\navec ses chansons et danses, d'une écriture si curieuse et si personnelle, enfin un certain Mozart\navec sa sérénade en ut mineur. La cantatrice qui remplaça Mme de Millevilleau premier concert\nétait très émue et, fait curieux, àla seconde séance, Mme Odette Le Roy qu'accompagnait\nM. Widor dans des mélodies de sa composition nous donna la même impression. Mais\ndans les deux dernières, elle reprit enfin pleine possession de sa voix qui est bien posée et\nd'un joli timbre.\nPassons au galop la revue des concerts d'artistes, en nous excusant de multiples oublis.\nV oici d'abord les chefs de file qui, presque tous terminent des séries de séances commencées cet\nhiver : M. Kubelik, toujours aussi en forme, mais jouant trop de médiocre musique, M. Kreisler,\ntrès fêté ces derniers mois, M. Ysaye qui commence avec M. Pugno quatre concerts, M. Enesco\ntoujours prodigue de son puissant et varié talent ; après ces princes du violon, les matadors du\npiano : M. Risler qui a terminé ses six séances, M. Ricardo Virïès qui, avec une préface de\nM. Calvocoressi, a glorifié le centenaire de Liszt, M. Mark Hambourg dont la tête et le jeu\nrappellent Rubinstein ; enfin M. Hekking, d'Amsterdam, excellent violoncelliste au jeu sobre"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.84", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2752, "texte": "et classique, dont la seconde séance, avec M. Casella, valut la première, car elle nous révéla\nMme Hekking, cantatrice distingué et agréable, très adéquate aux lieder de Fauré et d'Enesco.\nAu second plan des pianistes, nous aperçevons Mmo Hiard-Kuehn dont il y a peu à dire,\nMlle Veluard, qui est en train de prendre un des tout premiers rangs et compose ses programmes\naussi intelligemment qu'elle les joue, M. Eustration, très jeune et très musicien, Mlle Mar-\nguerite Laeuffer, aux doigts jeunes et excellents, M. Gabriel Basset, vigoureux mais pressant\nles mouvements, etc. Citons enfin Miss Margaret Mac Craney, violoniste bien douée mais\nmanquant encore d'aplomb et d'autorité.\nSignalons aussi deux curieuses séances. L'une donnée par M. Jean d'Adrien et montrant\nles réalisations chorégraphiques de la G. R. Nous nous y arrêterons longuement dans notre\nnuméro de Juin, d'autres organisées par M. Lapauze à l'Exposition Ingres, et qui consista à\nfaire entendre Kubelik sur le fameux violon d'lngres ! A vrai dire ce violon a paru un peu\npauvret ; il fallait Kubelik pour en tirer un bel adagio. Saura-t-on jamais la vérité sur ce\nviolon d'lngres ?\nEnfin, et en toute dernière heure voici la Société Bach, qui donne un des plus beaux\nconcerts de l'hiver. Des artistes de tout premier ordre, comme M.M. Cortot, Plamondon,\nReder avaient prêté leur concours à cette excellente manifestation d'art ancien. On peut dire\nque cette fois, et particulièrement sous l'influence des œuvres gaies de Bach, telle le cantate\nde Pan, le style de ces exécutions rétrospectives se dégage définitivement des préjugés qui le\nrendaient jusqu'ici ennuyeux et terne. Le grand mérite de Bret\" aura été de mener cette\nmusique défunte jusqu'au seuil d'une vie nouvelle.\nCONCERT DE DANSE TROUHANOVA. Faire pénétrer dans le Châtelet\n10,000 personnes, n'est pas donné à tout le monde. Mme Trouhanova en a fait dernièrement\nl'expérience et je crois que l'aimable danseuse doit avoir sur la conscience pas mal de remords\nen songeant aux tristes effets de la bagarre insensée dont elle fut cause. Cela ne l'empêche pas\nde danser en ballerine avertie, suivant de loin les traces d'lsadora, évitant le sensualisme de\nRegina, et cherchant entre la mimique et le ballet convenu une sorte de compromis qui ne\nmanque ni de charme ni de souplesse. M. Quinault qui la soutenait dans ses évolutions, a de\nl'allure. Il est à retenir pour le jour où la mode ferait renaître la chorégraphie du XVIIe siècle,\ngenre Pécour.\nL'ORFEO DE MONTEVERDE. Au Théâtre Réjane, dans les décors de l'Oiseau\nBleu, M. Lelubez, l'ardent défenseur de toutes les belles choses, nous conviait à la première\nreprésentation, en France, de l'Orfeo de Monteverde. Retenons bien cette date du 2 mai 1911,"}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.85", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1087, "texte": "elle est historique. Nous avons pu, enfin, non seulement entendre, mais voir cette œuvre, une\ndes plus étonnantes qu'ait produite le génie ! Il y aurait beaucoup à dire sur cette mise au\nthéâtre, où tant de bonnes volontés, et tant d'art se sont associées pour nous laisser une impres-\nsion durable et le désir d'entendre non plus des coupures, mais le tout. Tous nos compliments\nàM. Lelubez d'abord, le héros de cette manifestation, puis à Mme Croiza, et enfin àM. Labey\nqui dirigeait avec style l'orchestre confié à ses soins et encore à Mme Labey, dont la réalisation\nau clavecin a été parfaite. De tout ceci il faut retenir, qu'une pièce italienne de 1607, a pu\nemballer un public parisien de 1911, dans des décors d'une œuvre de Maeterlinck, dessinés\npar des russes ! Voilà qui inquiétera peut-être les défenseurs du sens historique, mais qui prou-\nvera en faveur de la vie éternelle de l'Art. Cette représentation est une étape vers une véri-\ntable restitution de l'Orfeo et décidera il faut l'espérer, M. d'lndy à remettre l'œuvre entière\nen partition.\n\nF. Guérillot."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c038", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 85, "image_fin": 86, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.11.3", "titre_corps": "Province", "titre_sommaire": "Province", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.85", "debut_caractere": 1089, "fin_caractere_exclue": 3567, "texte": "Province\nLouons Abbeville de son zèle décentralisateur : Pugno y magnifie Beethoven,\nSchumann, Chopin et Franck, M. de Wailly y révèle la 4me Symphonie en ut mineur de\nH.-T. Rigel (1741-1799)> et les jeunes gloires du Conservatoire de Paris, MM. Tirmont,\nLeuliet, Gayraud, Tinlot, Michelen, Benedetti, Limonot et Barrier, escortant Mine Ganteri,\nde l'Opéra-Comique, y viennent faire œuvre utile de vulgarisation. Dunkerque se montre\nfidèle à sa belle Société de Musique de chambre qui vient de reprendre la série de ses auditions\nsi bien accueillies l'an dernier. Ses brillants interprètes Mme et M. Vermeulen, MM. Vincke,\nL Doudeyne et F. Doudeyne corseront leurs programmes classiques de quelques révélations\nempruntées à la savoureuse école russe. ArraS s'enorgueillit d'une Société Philharmonique\nprospère et fête la première audition du Quatuor Leleu, Sergeant, François et Denis avec le\nconcours du pianiste Blondel, tandis que Douai s'honore de posséder en M. Cuelenaere un\nmusicien actif qui dirige avec talent et autorité l'Harmonie Municipale et les Concerts\npopulaires et parvient à obtenir des exécutions excellentes de la Symphonie en ut mineur de\nBeethoven et de Psyché de Franck tout en offrant a son public des solistes de choix tels; que\nYvonne Gall et le violoniste Bilewski. L'Ecole nationale de musique de Caen clôture\nsa saison de concerts classiques, sous la direction de M. Mancini, par 1 exécution de Phaeton,\nd'un concerto de Haendel et de l'Ouverture de la Grotte de Fingall.\nCependant la Haute-Saône s'agite et \" fait retentir les airs \" de joyeux accents : a\nVesoul, la Société de la Ligue fraternelle des enfants de France organise un concert avec le\nconcours d'un orchestre d'amateurs, discipliné par M. Lanzoni, la \" Chorale diiigee par\nM. Favot donne au Théâtre ses auditions annuelles réservées aux membres honoraires, la\n\" Société des trompes \" obtient un vif succès et les élèves du Lycée Gerome, entraînes par\nl'émulation, ont pu donner avec leurs seuls éléments artistiques une matinée ou s est fait\nentendre leur orchestre et où a été représentée une opérette d'OfFenbach ; a Gray, M. Sau-\nvage conduit à la victoire la Société Philarmonique et voici que les Sapeurs-pompiers de\nPort-SUr-Saone viennent de s'unir à la Lyre Portusienne pour donner des concerts plus\nnombreux et plus éclatants sous la direction de M. Brûle. Le théâtre de Cherbourg,\nment privé de son directeur M. Focheux a été administré par sa troupe, constituée hâtivement"}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.86", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3437, "texte": "en association, et cette gestion collective a donné les plus brillants résultats. Le concert de\nl'Alliance Française y fut également couronné de succès.\nC'est au théâtre Graslin de Nantes que les amateurs de nouveautés doivent se rendre\npour assister à des créations : ils y entendront la Glu de Gabriel Dupont et la première\naudition en France d'un poème allégorique \" Le Songe d'une nuit d'hiver \" mis en musique\npar l'excellent compositeur belge A. de Boeck. L'Association nantoise des grands concerts a\nfait entendre Ysaye ; le trio Hallez-Muller-Jaudin a donné le Concert de Chausson et\nl'audition organisée par Georges Enesco et Magdalena Tagliaferro a reçu un enthousiaste\naccueil. Saumur se désintéresse un peu des questions musicales ; Mars et Apollon se\nfréquentent trop rarement. Les artistes s'y produisent donc avec quelque hésitation : MM.\nBoucherit, Armand Ferté et Mme Marie Robert ont eu ce courage qui mérite d'être signalé.\nGrâce à Rhené-Bâton, les Concerts d'Angers continuent à triompher : après l'interprétation\ndu Ménétrier de Max d'Olonne par Enesco, une parfaite exécution de la Damnation de\nFaust fut donné avec le concours de MM. Plamondon, Tordo, Eyraud, de Mlle Lindsay et de\nla Chorale Ste Cécile. Quelques étoiles parisiennes apparaissent au ciel de Poitiers : Risler\ntriomphe en compagnie de Speranza Calo, tandis que Wurmser et Hekking, assistés de\nM 1'6 Odette Le Roy, fanatisent le public par leurs interprétations de Chopin, Schumann,\nChabrie1* et Fauré. Le violoncelliste Marneff se fait applaudir à Clermont au concert\nSoulacroup, tandis que la jeune société symphonique du Conservatoire, dirigée par M. Clauss-\nmann, donne avec le plus vif succès son second concert. La Société Philharmonique de\nRoanne permet à Mme Ferrari de connaître la gloire et àM. André Hekking de jouer les\nPapillons de Popper. Moulins s'instruit en écoutant M. Landormy analyser dans une\nbrillante conférence le génie de Beethoven. Vif succès pour le conférencier qui prend part\négalement à l'intermède musical qui illustrait sa causerie. Les mélomanes de Lyon applau-\ndissent successivement Kubelik, Henri Expert, Louis Vierne, Ferté et Mlle Janssen, prophé-\ntesse en son pays, mais lorsque la Rapsodie espagnole de Ravel fait son apparition aux Grands\nConcerts, tous les assistants se regardent avec épouvante et la critique locale hurle d'effroi.\nBordeaux se renferme dans un silence que troublent seules quelques exécutions de musique\nreligieuse. Pau s'émerveille de la belle voix dramatique de Mme Nina Rati qui défend la\nGlaneuse de Fourdrain, cependant que la Schola Cantorum exécute la Passion selon S' Jean,\nque M. Alonso révélé quelqes fragments de son opéra inédit intitulé Don Juan Ténorio et\nque les concerts classiques de Brunei clôturent leur excellente saison. La Marie-Madeleine de\nMassenet fait la conquête de Carcassonne : 130 exécutants en détaillent les grâces au\npublic de la Société des Concerts Symphoniques ravi de cette révélation. Et Millau se con-\ngratule d'avoir pu additionner les éléments orchestraux et choraux de la Symphonie Amicale,\nde l'Orphéon et de la Société des Montagnards, de la Musique Municipale, d'amateurs de la\nville et d'excellents instrumentistes de Montpellier, de Toulouse et de Rodez pour faire\nentendre aux Millavois \" Cavalleria Rusticana. \" Un si considérable effort d'art n'aura pas été\ninutile : on nous affirme en effet que l'lntermezzo a été bissé !..."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c039", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c039", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 86, "image_fin": 91, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.11.4", "titre_corps": "Belgique", "titre_sommaire": "Belgique", "signature_source": "Dwelshauwers", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.86", "debut_caractere": 3439, "fin_caractere_exclue": 3730, "texte": "Belgique\n\nLes quatre concerts de la Libre esthétique ont été, comme toujours, parmi les plus intéres-\nsantes séances de la saison. 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Quelques mélodies furent chantées par la bonne cantatrice Mme Marie-Anne TVebery\naccompagnée par Octave Maus, l'inlassable et dévoué champion de la musique française\nmoderne, en Belgique, l'homme à qui nous devons les plus chères révélations, et cette joie de\nvoir hautement triomphante chez nous la sensibilité, la culture latines. Marie-Anne TVeberzwtc\némotion, fit entendre : Childe Harold (poème de H. Heine) musique de P. de Bréville ; Invoca-\ntiony de Roussel ; Au long des Sables clairs (poème de Jean Dominique), de Victor Bufïïn, dont\nun poème symphonique fut récemment applaudi aux Concerts Ysaye ; Soir, poème de René\nLyr, musique de Victor Vreuls. Le plus vif succès couronna le cycle ainsi terminé.\nLe quatuor Zoelner a donné ses trois concerts de fin d'année. Trois séances intéressantes :\nla ire consacrée à Beethoven, la 2e à Brahms, la 3e à César Franck et Debussy. Artistes\njeunes, pleins d'entrain, de courage, avec le désir de la perfection. De l'unité soutenue, surtout\ndans le difficultueux quatuor de Debussy. Bref : promesse certaine pour l'avenir.\nLa jeune violoniste argentine Lea Epstein, élève du maître Thomson s'est fait entendre\ndans un récital à la Grande Harmonie, avec succès.\nA la Grande Harmonie également, le Récital de piano de M. Edouard Bernard, le\nbrillant pianiste des concerts Lamoureux, et celui de Mlle Hèlène Dinsart. —M. Widor est venu\ninaugurer les orgues, construites par M. Kerkhofs, à l'Eglise St. Michel. Une foule de dilettantes\net de musiciens, au nombre desquels se trouve la plupart des organistes de Belgique, écouta\navec recueillement le Maître, déployant de puissantes harmonies, majestueusement. Charles\nMêlant a vu représenter un quatrième ouvrage : U ami du Roi, libretto de Lucien Solvay. Au\nPalais des Arts. Un même succès accueillit cette nouvelle production du fécond compositeur.\nRappelons que cet hiver, il a écrit : Le miroir aux Alouettes, Les Images, Sœur Louise (représentes\nà l'Alcazar et au Théâtre lyrique) et U Ami du Roi. A la Schola Musicœ, 90 rue Gallait,\nsamedi 20 mai, un récital sera donné par M. Fernand Char lier, violoncelliste. Au programme,\nBoccherini, Hândel, de Caix d'Hervelois (Béon), Victor Vreuls, St. Saëns, David Popper et de\nSwert. Le 14 mai, 3e audition d'élèves.— Le quatrième concert Durant, consacré aux œuvres\nde Franck fut pour le chef d'orchestre l'occasion d'un vrai triomphe. A. de Greej y prêtait son\nconcours. —Au sixième concert Ysaye, sous la direction de Mengelberg, Marc Hambourg fit\nvaloir son jeu puissant et fougueux. On y entendit pour la première fois : La Foret et l oiseau,\npoème symphonique de Théo Ysaye, dans une note bien moderne.— Le maître Gœsar Thomson\navait annoncé un récital pour le 12 mai, au Conservatoire ; un accident leger le force\nàle reporter à une date ultérieure. Mlle Demont, cantatrice, eleve de Mlle Henriette\nLefebure offre un récital, dont nous rendrons compte dans le n° prochain. Une autre eleve de\nMlle Lefebure, Mlle Hamburger, s'est fait applaudir récemment dans Elisabeth, au Conser-\nvatoire.\nOn annonce comme certaine la nomination de Sylvain Dupuis a la direction du Con-\nservatoire Royal de Liège ; et son remplacement à l'orchestre de la Monnaie par Otto Lohse,\nl'éminent chef wagnérien. Nos félicitations !\nLa onzième saison de la direction Kufferath et Guidé, a été celebree presse,\nqui annonce qu'outre des créations nombreuses, 39 ouvrages du répertoire ont ete montes\nformant un ensemble de 272 spectacles. Les œuvres nouvelles furent au nombre de huit !\nCitons-les: Ivan-le-terrible, de Gunsbourg, Quo Vadisl de Nouguès, La Glu de Dupont, Manon"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.90", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3517, "texte": "de Puccini, Le Feu de la St. Jean, de Strauss, Y Enfance du Christ de Berlioz ces deux dernières\nont en quelques représentations seulement ; Ceci ri est pas un Conte, de Stiénon du Pré; Hopjes et\nHopjesy ballet de Lauweryns. Soit un total de 4 actes intéressants et artistiques, pour tant\nd'autres à gros rapport (les œuvres viables 1) Je lis sous la signature très autorisée et courageuse\nde L. S.dans le Ménestrel,cette appréciation peu sévère sans doute, mais combien significative ;\n\" Ce festival couronne dignement, avec les dernières représentations d'Orphée, de Salomê\net d 'Elektra,une saison théâtrale fructueuse let singulièrement éclectique. Certes, on trouvera\npeut-être que le répertoire de M. Puccini a tenu, dans le programme de cette saison, une place\nexcessive; mais, outre qu'il y aurait quelque cruauté à reprocher à des directeurs de théâtre\nde monter des œuvres médiocres, mais qui \"font \"le désir que manifeste la\ndirection de la Monnaie d'expier ces très excusables faiblesses en offrant au public des gages\nde son amour pour l'art, est trop évident pour que nous ayons le courage de lui tenir rigueur. \"\nAjoutons que la seule œuvre nationale est l'acte de M. le Baron Ludovic Stiénon du Pré :\n\" Ceci n'est pas un conte. \"\nNécrologie. La pianiste appréciée, Madame Erich Stadelhof, née Henriette Fan Dooren\nsœur du brillant virtuose belge, Arthur Van Dooren, qui fut applaudie plusieurs fois tant en\nBelgique, qu'en France, en Allemagne et en Hollande, dans des concerts où elle jouait avec son\nfrère, vient de mourir inopinément à Bruxelles. Nous présentons à sa famille douloureuse-\nment éprouvée, et en particulier à notre ami l'expression de nos plus vives\ncondoléances.\nGAND. Au programme du 3e concert d'abonnement du Conservatoire, diverses\nœuvres de Bach (notamment le concerto de violon en où le virtuose exquis qu'est M. Albert\nZimmer s'est fait chaleureusement applaudir) et la Neuvième symphonie de Beethoven très\nconvenablement exécutée par l'orchestre et les chœurs du Conservatoire dirigés par M. Mathieu-\nle solo était confié à l'excellent basse M. Louis Frœlich, professeur au Conservatoire de'\nGenève.\nL'A Capella gantois a rendu hommage au compositeur français Théodore Dubois en un\nfestival favorablement accueilli : exécution remarquable, sous la direction de M. Hullebroeck\nde la Marche héroïque de Jeanne d'Arc (1888), de deux motets, et de l'oratorio les Sept paroles\ndu Christ(lB67), avec le concours du baryton Jan Reder et du ténor Léon Vanderhaegen\ndeux beaux chanteurs de style, et de MUe Eugénie Nuyttens, soprano dramatique d'avenir!\nMusique plus dramatique que religieuse, mais distinguée et agréable. Le public a longuement\novationné le vieux maître qui assistait au concert.\nPAUL BERGMANS.\nCOURTRAI. M. Paul Bergmans, notre éminent correspondant gantois, a donné au\nCercle Historique et Archéologique une conférence. Le Journal de Roubaix en rend compte en\nces termes :\n\" M. P. Bergmans, de Gand, un causeur à la parole aisée et à l'expression brillante, fait\n\" dans la première partie de sa conférence la revue du Courtrai musical d'avant le XVlll'e siè-\ncle... (suit 1 analyse)... Tout cela est raconte d une façon charmante avec verve et humour\n\" et parsemé d'anecdotes historiques qui prouvent combien M. Bergmans possède à fond le\n\" sujet qu'il traite...\"\nr\nLIEGE. Beaucoup de petites séances, peu de Soirées marquantes : tel est le bilan du\ndernier mois.\nCitons les sommets seulement : un récital Kubelik où la technique joua le grand rôle et"}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.91", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1452, "texte": "enthousiasma par une surprise que renouvelle chaque fois le grand violoniste ; le Festival\nbelge de M. Jules Debefve, dans lequel on applaudit chaudement l'ouverture de\nRoland d'Emile Mathieu et la Ballade de Jan Block. La Lègia exécuta merveilleusement\ndeux chœurs de Cari Smulders et de Léon Dubois. Mais le grand, le profond succès de cette\nsoirée alla àla pianiste, Mme Blanche Sel va dans les Variations symphoniques de Franck.\nL'école belge fut magnifiée aussi en une superbe conférence de M. René Lyr sur\nencadrée d'exécutions d'oeuvres pour la plupart inédites ; la très sylvaine\nde M. Maurice Jaspar, des mélodies de Charles Hénusse et d'Eugène Samuel, dans lesquels\nM. Lyr salue de beaux compositeurs dont la musique impressionne, en effet, par une rare\noriginalité.\nLe second concert de la Société Bach fut donné à l'orgue de l'église protestante par\nM. Guillaume Waitz, l'un des derniers disciples du maître Guilmant : la pureté, la noblesse de\nstyle de l'organiste le rend digne d'être l'interprète du Maître des Maîtres.\nANVERS. La société des Nouveaux Concerts à brillamment clôturé sa série\nd'auditions par un programme consacré à des musiciens nationaux : Emile Mathieu, qui dirigea\nl'ouverture de son Enfance de Roland, Joseph Ryelandt, dont Y Idylle mystique charma infini-\nment, Peter Benoit. Sous la direction du beau mélodiste Mortelmans, leur chef dévoué,\nl'orchestre et les chœurs furent parfaits.\n\nDr. Dwelshauwers."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c040", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 91, "image_fin": 97, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.11.5", "titre_corps": "Etranger", "titre_sommaire": "Etranger", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.91", "debut_caractere": 1454, "fin_caractere_exclue": 3367, "texte": "Etranger\nLEIPZIG. La musique sacrée, est ici représentée par les séances hebdomadaires données\nen l'église Saint-Thomas par Thomaner-Thor composé des élèves de l'école St-Thomas. On y\nexécute chaque samedi, de délicieux motets, psaumes, fragments de cantates, etc. C est un\nvrai régal artistique. Puis par concerts du Bach-Verein, dirige par K. Straube. On y a entendu\ncette année un opéra de Hândel (Belzasar). Cette exécution fut assez satisfaisante. Au contraire,\ncelles qu'on y présente des œuvres de Bach sont fréquemment médiocres. Nous y avons entendu\nl'an dernier la Passion selon Saint Mathieu et Y oratorio de Noël tristement rendus. Et comme\nnous nous hasardions à émettre quelques objections quant aux tempi, toujours traînant et sans\nrythme, à l'emploi des instruments, etc. on nous a répondu avec un air de pitié : \" comment\nvoulez-vous donc qu'un Français comprenne quelque chose à notre J. S. Bach ! \" Ici à\nLeipzig subsiste toujours le préjugé que le Français n'est capable d'écrire que des opéras-comiques\net des badineries musicales. Qui connaît César Franck en Allemagne ? Ses variations sympho-\nniques exécutées pour la première fois à Leipzig par une excellente pianiste bruxelloise, Suzanne\nGodenne, furent une révélation pour le public lipsien.\nNous ne parlons évidemment pas des nombreuses sociétés chorales de la ville qui donnent\nfréquemment des concerts assez intéressants, réservés en majeure partie, aux œuvres des con-\ntemporains. Nous citerons cependant le Chœur philharmonique qui participe aux concerts\nWinderstein ; il est dirigé par Richard Hagel, ancien chef d'orchestre de 1 opéra de Leipzig,\nque des raisons étrangères à l'art ont éloigné de ce poste. Sous la direction intelligente de son\njeune chef, le Chœur philharmonique accomplit des progrès sérieux. Après avoir fait entendre\nl'année dernier? Lernt lachen\\ de C. Bleyle, le Déluge de Saint-Saëns, Romeo et Juliette de"}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.92", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3832, "texte": "Berlioz, la nouvelle société a exécuté cette hiver la de Félix Woyrsch, œuvre\nintéressante.\nLes concerts Winderstein, la troisième des grandes associations musicales de la ville\noffrent au public des exécutions satisfaisantes mais présentent un choix d'œuvres assez restreint.\nLe chef d'orchestre, Hans Winderstein a dirigé cet hiver les Impressions d'Italie de Charpen-\ntier, Festklàngede Liszt, un concert R. Strauss (Heldenleben, et\nVerklàrung), prélude du Déluge, Faust-Symphonie de Liszt, fragments du Songe d'été\nde Mendelssohn, Manfred (avec L. Wullner) 2e symphonie de Strâsser, marche d'Elgar,\nouverture de Scheinpflug, 5e de Beethoven, concerto grosso d'Haendel. Comme solistes : Joan\nde Manen (concerto de Max Bruch en sol min.) ; concerto de Liszt en la (Elza de Grave),\nconcerto de Brahms pour violon (May Harrison), et pièces de Tschaïkowsky, lieder de Strauss\n(Ellen Beek), concerto de Bleyle pour violoncelle (H. Kiefer), œuvre de valeur nulle ; airs de\nTitus et de Rienzi(Marg. Preuse-Matzenauer), etc.\nParmi les trop nombreux récitals, signalons les suivants, intéressants, données avec le\nconcours de l'orchestre Winderstein. Anny Eisele a donne une interprétation satisfaisante des\nconcertos de Grieg et Mozart (ré mineur) ; Juscha Sussmann a exécuté les concertos de\nBrahms et Mendelssohn (violon) ; à signaler tout spécialement le concert donné par la jeune\npianiste Suzanne Godenne, de Bruxelles, une bonne interprétation du 4 concerto de Saint-\nSaëns et des variations symphoniques de C. Franck. Cette pianiste pourra prendre place parmi\nles grands artistes, après avoir affiné son jeu encore trop saccade ; mais elle est jeune encore et\nson talent promet.\nUn certain Eduard Urban a dirigé (?!) un concert orchestral portant au programme\nRoméo et Juliette de Tschaïkowsky, les Préludes de Liszt et l'ouverture des\nC'était bien médiocre ! Heureusement les solistes offraient plus d'intérêt ; Jos. Weiss,\nqui a exécuté son concerto de piano en la, et A. Sanden qui a chante du Pfitzner et du\nSavenau. Le meilleur pianiste que nous ayons entendu en récital fut certes A. ;\nsa version du concerto en la et de la fantaisie hongroise de Liszt fut remarquable. L orchestre\nétait dirigé par un jeune kapellmeister de valeur, Hanns Avril qui assumait, outre la direction\ndes œuvres sus nommées, celle du Tasso et d Orphee de Liszt. Citons encore les concerts donnes\npar Paula Koenig (variations de Franck et concerto en mi de Chopin), Jani Szanto (concertos\npour violon de Stojanowits, Vieux temps ré min.), Daniel Berlino (2e concerto de Saint-\nSaëns, etc.)\nLes séances de musique de chambre, récitals de piano, de violon, de chant, etc. sont\ninnombrables, nous ne citerons que les plus intéressantes : séances du quatuor Bruxellois, du\nquatuor tchèque, trios Von Bosc, récitals Sascha Culbertson, Friedmann, Jaques Dalcroze,\nScriabine, E. von Voigtlander, Burmeester, Lula Mysz-Gmeiner, Gura, Lamond, von\nVecsey, Elly Ney, Bruno Huize, Jos. Weiss, quatuor Rebner, S. Dessoir, Julia Culp,\nH. von Lopuska, M. von Zadora, Pugno-Ysaye, Wullner, Emile Sauer, Alex Schmuller,\nLéonid Kreutzer, etc.\nLa plupart des ces récitals sont organisés par la maison Eulenburg.\nNous avons réservé pour la fin de notre chronique la seance musicale qui a obtenu le\nplus de succès. Il s'agit de l'exécution intégrale(700 exécutants dont 140 musiciens) du\nde H. Berlioz, œuvre colossale qui a remporté un succès exceptionnel. Et c est encore a Georges\nGôhler que revient le mérite d'avoir mis au point et présenté au public lipsien cette fresque\nmagistrale, unique dans la littérature musicale. Quelle œuvre, quelle conception grandioses !\nCe fut une solennité inoubliable, une jouissance artistique unique ! En l'espace de trois semaines\non a exécuté à Leipzig la Damnation de Faust, le Requiem et la Fantastique ! Ces chers"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.95", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3916, "texte": "Parisiens \", comme disait le maître de la Côte Saint-André, quand donc rendront-ils un tel\nhommage au plus grand génie musical du siècle passé ?\nPAUL MAGNETTE.\nMUNICH. Quitte à me faire reprocher une fois de plus mes accès \" chroniques\nautant que suraigus \" de slavomanie, par les mêmes gens dont la manie \" chronique autant\nque suraiguë \" est de considérer leur nombril, je ne me résignerai pas à passer sous silence\nles concerts d'Ossip Gabrilovitch sous prétexte que Glinka, Borodine et Tchaïkowski soient\nde vieilles lunes. Comme les Steppes du second nous paraissent aujourd'hui d'un pittoresque\nnaïf! Aussi naïf que celui de la symphonie Phaeton de Ditters de Dittersdorf (concert Prill).\nFaire du pittoresque pur est la façon la plus sûre de vieillir rapidement. De chaque effet\ndescriptif nouveau, le vrai musicien aussitôt s'empare et se sert pour des fins exclusivement\nmusicales pures, de telle sorte que ce qui a été but chez l'inventeur-peintre, n'est plus que\nmoyen, ou décor, chez le successeur-penseur. Et celui qui a raison sera toujours celui qui se\nsert de l'art pour exprimer des pensées nécessaires et des sentiments humains et non des\npaysages ou des anecdotes, celui qui enferme dans son oeuvre la beauté d'une religion ou tout\nau moins d'une philosophie, et non de vains bruits qui coûtent cher, faits pour surprendre les\noreilles d'un jour et lasser celles du jour suivant. Par ailleurs (Prill) nous eûmes aussi les\nImpressions d'ltalie de M. Charpentier. Avec quelle mélancolie je me rappelais nos enthousias-\nmes de 1893 chez Lamoureux ! Comment est-il possible que nous ayons jamais estimé cela\nneuf, coloré, vivant... ? Tout cela maintenant a trouvé son emploi définitif dans la Symphonie\nitalienne de M. Strauss, combien surpassé, affiné, au service d'une contemplation et d'une\nméditation aussi éloquentes que les plus belles pages de Chateaubriand, et qui ont chance de\ndurer autant qu'elles. Ici vous avez une oeuvre inspirée par l'ltalie qui vous livre en même\ntemps un témoignage définitif sur l'âme d'une génération ; là vous n'avez plus que quelques\naquarelles, fanées et laborieuses, sans valeur autre que documentaire. Et c'est aussi le cas de\nl'esquisse de Borodine. Les steppes, le Caucase, la poésie de Lermontow, cet enivrement de la\nRussie au seuil nouvellement atteint du Turkestan, nous sont conservés par les poèmes sym-\nphoniques de Balakirew et de Rimsky Korsakof. Le Borodine des Steppes n'a fait que leur\npréparer les voies.\nM. Rudolph Siegel et sa nouvelle Société Chorale nous ont apporté le de Berlioz\naussi familier au public munichois que le puissant oratorio où Liszt a su si bien faire chanter le\nChrist, (on nous le redonne prochainement) ou que les messes de Bruckner. Je ne vous dis\nrien de ce Te Deum,vous le connaissez sans doute mieux que nous ? Le\nVApocalypse,de M. Walter Braunfels, tient-il vraiment tant que cela de Berlioz ? C'est une\nbelle page, vraiment illuminée et qui ne laisse pas l'auditeur respirer. La symétrique\ndu même auteur (concerts Lœwe) a trois parties et brille par les curiosités d'orchestre. Il est\ncertain que de tous les musiciens munichois M. Braunfels est le plus français. Mais il a su\ndiscrètement et à bon droit faire son profit des expériences de Mahler. Mahler du reste\ndéteint partout à l'heure actuelle. Demandez à M. Karel Weigl, auteur d'une Symphonie en\nmi majeur. Et cependant, avec toutes ses recherches dans le sens du maître, il n'arrive qu'à\nune orchestration confuse, dont rien jamais ne sort, net ni frappant. Après tout, peut-être cette\nimpression de cohue est-elle ce qu'il a cherché. En soi l'œuvre est ambitieuse et caractéristique\ndu goût moderne de Vienne.\nM. Max Reger a eu, en automne, sa petite semaine intime. Le grand\ntragédie y a pris des contours singulièrement accusés et nous avons vengé les\nde vos dédains. M. Hermann Zilcher nous a apporté une Deuxième Symphonie, merveilleuse-"}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.96", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 4179, "texte": "ment cyclique, c'est à dire sans dogmatisme étroit, sans pédantisme doctrinaire, quelque chose\nd'une vie puissante qui ne se regarde jamais vivre, ne se contrôle pas, ne paraît pas s'étudier,\net simplement se contente de s'épanouir parce qu'un germe puissant l'anime et qu'une sève\nindomptable la parcourt. Trois grands morceaux, qui semblent n'en faire qu'un. Et des trou-\nvailles d'orchestre, en veux-tu en voilà, qui sont le moindre mérite d'une œuvre\nde vie intérieure,si j'ose risquer cette apparente absurdité, et d'une si belle venue, que de la\npremière mesure à la dernière on sent la sorte d'ivresse avec laquelle elle a été conçue.\n—M. Bernhard Sekles dans ses Jardins de Semirama tenté un beau poème d'amour, fier et\nardent, fougeusement coloré, oriental d'intensité et profondément humain de partout\nPeut-être vous ferais-je plaisir en vous disant quelles œuvres françaises nous entendons et\nque nous en entendons après votre Festival au moins autant qu'avant. Mais vous êtes assez à\nparler de vous-mêmes et vous m'avez pris certainement pour vous parler des autres. Je suis un\npeu chez vous l'avocat du diable et vous me traitez comme tel. Raison de plus pour enchérir.\nVous ne saurez donc rien de la symphonie de Franck avec M. Prill, ni des variations sympho-\nniques avec MM. Edouard Bach et Mottl, rien de toujours avec M. Prill, ni\ndes liederde Duparc et Fauré par Mme Gouillou ; rien de la soirée de musique de chambre\nfrançaise de Mme Marie Panthès et de M. Robert Pollak, (sonate de Guy Ropartz, poème de\nChausson), rien de la séance de morceaux de piano français de M. Schmid Lindner (du\nDebussy, du Florent Schmitt).\nEn revanche j'aurais grande envie de m'arrêter longtemps à célébrer Mmes Selma Kurz\net Gertrude Foerstel pour ce qu'elles nous ont apporté chacune trois différents du cycle\nde Mahler, le (D es Knaben TVunderhorrî). Ce sont là deux voix notoires de l'Europe,\net les lieder en question sont tout autant de cris du cœur, le cœur de Mahler, tout\nbrûlants et généreux, et orchestrés avec un tact exquis. A chacun j'ai la sensation de me sentir\npris par la main, comme quand j'étais petit, et je me laisse entraîner là où l'on me veut mener\navec cette délicieuse confiance et ces émerveillements naïfs d'autrefois... Ah ! je ne cherche à\nimposer mes admirations à personne, ni à m'insurger contre celles des autres ; mais qu'on me\nles laisse dire tant que vous ne m'avez pas prié de prendre la porte, et alors, je les crierai\nencore plus fort derrière. Mon cœur humain en vaut un autre... Quant à ces dames, comme\nje leur serais reconnaissant d'affirmer un goût personnel dans la composition de leurs\nprogrammes et non point de viser à satisfaire tous les goûts. D'une artiste telle que Gertrude\nFoerstel on serait en droit de l'exiger. Mme Selma Kurz nous a prouvé, et encore plus\nl'accueil que lui a fait le public, que le goût du vieil opéra italien n'est pas aussi mort qu'on\nveut bien le croire, même à Munich.\nL'opéra de M. Julius Bittner Der Musikant a été le grand succès de l'hiver. Le titre ne\nsaurait guère se traduire ; l'allemand a, aussi bien que le français les mots musicien,\ncompositeur et musicastre. Musikant est un terme de mépris participant des trois : mais il indique\navant tout celui qui, pour vivre, débite de la musique, la sienne ou celle des autres. C'est\nl'éternelle histoire de l'artiste incompris, méprisé de son entourage, trompé par celle qu'il aime\nmais qui, ici, ne veut chanter qu'en italien avec des fioritures, et que console enfin la petite\nâme ingénue et tendre, qui consent à chanter simplement, ce qu'il écrit en allemand. Il y a là\nune peinture de la vie provinciale à la cour des petits souverains du sud à la fin du XVIIIme\nsiècle, qui est particulièrement savoureuse et veut faire penser à Mozart. On a dit sur tous les\ntons que c'était un retour à la mélodie, en réaction contre les cPellèas et les Elektra. A la\nvérité il y a un peu de celà, encore que pour ma part je trouve plus de vraie mélodie dans\nElektra que dans ce Musikant. Mais c'est tout au moins une réaction du drame local et bon\nenfant contre le drame à hautes visées intellectuelles. Ne croyez pas pour cela la musique de"}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.97", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1627, "texte": "M. Bittner légère et sans valeur. On peut d'ores et déjà la placer en bon rang sur la liste des\njolies pièces où règne une sorte de sain humour local, en 1 excellente compagnie de la\nPadrona, du Mariage de Figaro^du Barbier de Seuil le de la /'et du\ndu reste tendant une main à Lortzing et l'autre peut-être, tout au moins quelques minutes,\nà Johann Strauss.\nWILLIAM RITTER.\n1911.)\nROME. La Libéra Estetica vient d'avoir l'honneur de se faire entendre au Palais\nMargharita, en présence de Sa Majesté la Reine Mère, qui sut trouver pour la cantatrice Ida\nIsori et le compositeur Paolo Litta des paroles extrêmement flatteuses.\nPORTO. L'Orphéon a donné cette année une série de concerts très intéressants avec\nle concours de la pianiste Maria Carrera, le quatuor Lejeune, M Auguez de Montalant,\nJan Reder, Mme Ida Ekman, Lucien Wurmser, Boucherit. A l'Opéra, Lohengrin voisine\navec la Xosca, Mme Butterfly, Aïda, Othello et Faust. P« B.\nVIENNE. Avant de quitter l'Opéra, Weingartner a tenu à donner une première de\nBenvenuto Cellini de Berlioz. Le public, à l'occasion de son départ, lui a fait une ovation. On\nespère que le nouveau directeur, M. Gregor, commencera par relever le niveau artistique de\nl'opéra qui, ces derniers temps, était tombé bien bas.\nL'exécution du cycle des Symphonies d'Anton Brûckner au Konzertverein sous la\ndirection de M. Lôwe est accueillie très chaleureusement par le public et la presse.\nDR EGON WELLESZ.\nLa SOCIÉTÉ HANDEL donnera le 2 juin à la Salle Gaveau l'audition de de\nHândel, avec le concours de M. Joseph Bonnet, organiste, Mmes Mellot-Joubert, Philip,\nMM. Plamondon et Mary."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c041", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c041", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 97, "image_fin": 100, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.11.6", "titre_corps": "Extrême Orient", "titre_sommaire": "Extrême Orient", "signature_source": "J. R", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.97", "debut_caractere": 1629, "fin_caractere_exclue": 2897, "texte": "Extrême Orient\n\nHANOI. Hanoï, capitale du Tonkin et siège des principales administrations de l'lndo-\nChine, s'est offert en 1901 le luxe d'un théâtre qui ne déparerait pas, par son architecture, sa\nproportion et son aspect les capitales de l'Europe. C'est ce qu on lui reproche ici, car la ques-\ntion du théâtre est le tremplin delà politique locale. En effet, la population europeene d Hanoï,\nbien qu'importante et en voie d'accroissement continuel, n'est pas encore assez étendue pour\npeupler ce vaste monument- Cet édifice qui a coûté des millions, n est pas encore termine,\nchaque année le Protectorat accorde libéralement à la municipalité une Intervention de 40 mi e\npiastres, soit environ 100.000 frs. pour la continuation des travaux d'aménagement intérieurs.\nLa saison 1910-1911 n'a pas répondu à l'attente des dillettanti hanoneïs, par suite e\ndifficultés matérielles et d'ordre financier, la troupe venue de France, a du s en retourner, aux\nfrais de la Colonie, sans donner de représentations. F\nLa municipalité d'Hanoï et d'Haiphong utilisent la même troupe chaque annee. Les\nartistes jouent un mois à Hanoï, un autre mois à Haiphong. Le chemin de fer de 100 kilo-\nmètres qui sert de trait d'union entre les deux villes, permet facilement cette entente. Le"}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.100", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2375, "texte": "Protectorat contribue pour une contribution élevée aux dépenses théâtrales, les municipalités\napportent chacune une part dans ces frais.\nIl existe à Hanoï, de longue date, une société philharmonique européenne. On y joue la\ncomédie, l'opérette et l'on donne des soirées fort suivies par l'élite de la population, aux cours\ndesquelles on entend de la bonne musique ; on y danse avec fureur, dans un cadre de goût,\nau milieu d'élégances de toilette à signaler. Tous les artistes qui donnent leur concours à\ncette société sont pour la plupart des amateurs de bonne volonté, recrutés dans les diverses\nadministrations publiques et privées. Presque tous les mariages donnent lieu à des manifestations\nd'art où des musiciens professionnels connus et appréciés, des amateurs du monde local font\npreuve d'un réel talent.\nLa musique militaire a ses jours où elle réunit autour de son kiosque le tout Hanoï avide\nd'art et de distractions.\nLa musique et les musiciens sont aimés en Indo-Chine, surtout au Tonkin. Les classiques\net les nouvautés s'y disputent la faveur du public.\nANNAM. TOURANE. Si l'Annam est des cinq gouvernements particuliers\nqui compose l'Union Indo-Chinoise l'un des plus en retard sous le rapport du progrès artis-\ntique, il y existe à Tourane un Cercle où l'on fait de la bonne musique et on joue la comédie\nsur une petite scène appropriée. On y danse souvent. A Hué, l'art annamite a le pas\nmarqué, et c'est dans l'Antique Palais des Conférences que se déroulent souvent, en des\ncirconstances ouvertes aux Européens, les rites musicaux de la vieille Cour d'Annam. Vieux\nchants, jeunes chanteurs, rites traditionnels, décors et costumes de l'ancien temps, c'est joli,\net mérite d'être vu.\nTONKIN. HAIPHONG. Cette année-ci, notre ville qui possède un théâtre\nfort bien édifié sous tous les rapports a partagé l'infortune de la ville-sœur Hanoï. Par suite de\nla déconfiture de l'imprésario, la troupe théâtrale du Tonkin arrivée tard, au mois d'octobre,\nvenant de France, a dû reprendre le paquebot pour la Métropole quelques jours après. Cette\nfâcheuse circonstance a porté un coup sensible aux distractions artistiques de Haiphong, la\npopulation a eu une compensation dans les soirées musicales et dansantes de la Société Phil-\nharmonique Haiphonnaise, ces réunions ont eu leur succès habituel d'élégances et de gaîté\ndans le milieu européen.\n\nJ. R."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c043", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c043", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 101, "image_fin": 102, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.12", "titre_corps": "L'Édition Musicale", "titre_sommaire": "L'Édition Musicale", "signature_source": "V. 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BGrtGlin (i), et je serais fort aise de l'entendre exécuter par quelque bon\npianola, afin de m'en faire une opinion, sans risquer une crise de surmenage physique et\nintellectuel ; on me dit que Paderewsky emploie souvent ce moyen, fort légitime d'ailleurs.\nLa Barcarolle en La bémol et le Nocturne en Fa dièze de M. Bertelin, à peine moins difficiles,\nsont également des imitations assez habiles des grandes compositions de Chopin. Soyons juste\npour les pianistes. Celui qui aurait le temps et le courage de mettre au programme un de ces\nmorceaux ferait, je crois, un bien mauvais calcul. Hâtons-nous d'aller trouver M. Yvain\nqui annonce Six pièces de moyenne difficulté,et S (i). Il ya là une petite\nValse, une Chanson triste, une Mauresque, une Marcietta.... je vous fais grâce du reste, après\navoir cherché, inutilement d'ailleurs, quelque page à mettre de côté pour mon fils quand il\naura huit ans.\nMaintenant deux petites Suites. Le mot Suite indique incontestablement que les\nmorceaux réunis sous ce titre n'ont entre eux aucune espèce de relation. La\nde M. Lenfant (2) a pourtant le mérite d'une certaine unité tonale ; elle n'est point fort\nintéressante mais dénote de la conscience et du savoir. La Petite\n(pourquoi ?) de M. Paul Péron (2) fait preuve d'une jolie facilité mélodique : dans le\npremier morceau, quelque abus des consonnances, de tierces; dans le dernier, quelques souvenirs\nindiscrets de l'Hallucination de Schumann. Les Variations à Danser de L. Moreau (3) sont\nassez ambitieuses et peut-être moins adroites. Une grande composition à la manière de Franck,\nPrélude et Fugue pathétique d'Henry Raymond (4) ade la tenue et de la grandeur : par\nendroits, quelques passages très heureusement trouvés. L'ensemble de l'œuvre paraît plutôt\ndestiné à l'orgue qu'au piano.\nIl me tarde d'arriver à deux auteurs dont l'originalité se dégage très nettement de toute\ncette grisaille assez morne. M. Henessy, inégal, souvent inférieur à lui-même, sait être à\nl'occasion un harmoniste raffiné. La musique des cloches le hante: à chaque instant, on entend\npercer à travers son œuvre l'écho de quelque carillon discret. Sa recherche de l'originalité\nl'engage souvent en des fantaisies un peu osées. Parmi les sous-titres de ses (5),\nje relève une Vieille Tante, de Jeunes Anglaises, une Charmeuse de serpents ; dans ses\nNouvelles feuilles d\"lalbum (1), une Sortie de Midinettes. Et je goûte par dessus tout une exquise"}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.102", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2196, "texte": "petite page en forme de prélude, intitulée w à Montrouge le matin Dans la petite Suite\n(caractéristique bien entendu), qu'il intitule Au Village (i), citons la Basse Cour dont le thème\nest le gloussement de la poule : on devine tout ce que les ressources de l'art moderne peuvent\najouter à ce genre d'amusettes, déjà goûtées au temps de Rameau. Me permettra-t-on de\ndemander pourquoi le thème de la Noce Campagnarde, qui avait débuté si allègrement au\ncommencement du cahier, reparaît tout à coup au milieu de la Basse Cour ? N'aurait-il pas\nmieux valu envoyer cette noce terminer le N° 4 qui s'appelle Sur l'herbe, et où l'on aurait\npu déjeûner fort agréablement. M. Hennessy me pardonnera de lui signaler l'opportunité de\nce petit changement d'itinéraire.\nM. Clément Robert, plus respectueux de son art, s'en tient aux titres classiques :\nun Prélude, une Arabesque, une Tarentelle (7). Nous le connaissions déjà par ses Impressions\nde Printemps, cycle de mélodies rappelant un peu la manière de Fauré. Aujourd'hui, tout\npoint de comparaison m'échappe, l'harmonie est devenue plus âpre, plus intense, sans rien\nperdre de sa fluidité. M. Clément Robert est en train de devenir tout à fait lui-même et il\nfaut l'en féliciter grandement. Je ne m'acharnerai pas à vous donner une idée approximative\nde ces trois morceaux ; ils valent la peine d'être lus, et même approfondis.\nMme Landowska groupe quelques Valses de Schubert, Làndler und JValzerkcttc (8),\net en virtuose bénévole, livre au public le secret de ses nuances prestigieuses et de ses doigtés\nmiraculeux. Daphnis et Chloède Maurice Ravel, dont vous savez le succès au concert,\nvient d'être réduit à 4 mains par Léon Roques. Nous adressons toutes nos excuses a\nM. l'Abbé Brun (9) ; la première Messe R rééditée par lui, nous est\narrivée trop tard pour figurer dans notre dernier article où sa place eut été tout indiquée.\nM.M. Foetisch frères, éditeurs à Lausanne, viennent de publier la partition pour piano\net chant de Loys, légende dramatique de Pierre Guillard et Gustave Doret. Le prix de cette\npartition qui est de 20 frs. sera réduit à 15 frs. pour toute personne ayant souscrit au plus tard\nle 31 mai.\n\nV. P."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c046", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c046", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 105, "image_fin": 105, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.13", "titre_corps": "LES AMIS DE LA MUSIQUE", "titre_sommaire": "LES AMIS DE LA MUSIQUE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.105", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2848, "texte": "LES AMIS DE LA MUSIQUE\nLa Société française des Amis de la musique a réuni ses membres une troisième fois\ndepuis deux mois, pour une promenade musicale à travers le Paris artistique.\nCe fut à cette Exposition des Pastellistes Anglais, organisée au profit d'œuvres charitables,\net qui groupa pour quelques semaines parmi nous un choix de tableaux rares, ignorés du public.\nGrâce à l'aimable appui des secrétaires de l'Exposition, MM. Robert Dell et Meyer-See, les\nAmis purent faire entendre, dans ce cadre singulier, toute une série de pièces anglaises de\nclavier des XVIe et XVIIe siècle.\nMme Wanda Landowska, une claveciniste que le dieu de la musique a égarée dans notre\nsiècle, pour la plus grande joie de tous les \" rétrosp\", avait bien voulu répondre à l'appel\ndes Amis. Pendant une heure et demie, elle nous tient sous le charme de son \" \"\n(Lyon fecit) et sous l'attrait d'un programme dont les trois cents privilégiés, conviés de cette\nséance, conserveront un mémorable souvenir.\nVoici, pour les musicologues de l'avenir, le texte de ce programme :\nThe Earle of Oxford, marche....... W. Byrd.\nWhy aske you Anonyme.\nThe Bells W. Byrd.\nRobine . . . . . . . . . J. Munday.\nVolta ........... T. Morley.\nThe King's Hunt. ........ J. Bull.\nThe Nighthingale ........ Anonyme.\nThe Buffons ......... J. Bull.\nOuverture, Gavotte, Rondo, Ground, Trumpet and Hornpipe . H. Purcell.\nPour la première fois en France l'art musical des contemporains de Shakespeare, et des\nprédécesseurs de Haendel était présenté officiellement. Et ce fut une révélation. L'école des\nvirginalistes anglais de la fin du XVIe siècle peut marcher de pair avec les plus grands génies\nde la musique. L'imprévu de son style, la couleur de son ornementation, la richesse de ses\ndéveloppements, l'éclat et la tenue de ses grandes pièces, tout nous montre qu'il ne s'agit pas\nici de quelques charmantes naïvetés de primitifs inhabiles, mais, au contraire, de l'apogée\nd'une culture musicale. De toutes les qualités de cet art c'est sans contredit le raffinement qui\nfrappe davantage et que Mme Landowska s'est appliquée à rendre, au prix d'un entraînement\ndont ne peuvent se douter ceux qui assistèrent à l'aisance de son exécution.\nQuant à Purcell, la Suite jouée par Mme Landowska nous donnait simplement un avant-\ngoût de ce Milton de la musique anglaise, homme de tout premier plan, et qui devra prendre\nsa place à côté de Bach, fut-ce même au détriment de l'encombrant Haendel.\nS. E. l'Ambassadeur d'Angleterre, et Lady Bertie avaient fait l'honneur à la Société des\nAmis de se rendre à l'invitation qui leur avait été adressée. Sous leur haute présidence, à\nlaquelle s'était associé M. P. de Nolhac, président de l'Exposition des Pastellistes, et une grande\npartie de Conseil d'administration des Amis, la séance de musique anglaise ancienne prit un\ncaractère d'officieux gala."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c047", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c047", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 106, "image_fin": 106, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.14", "titre_corps": "Victor Vreuls", "titre_sommaire": "Victor Vreuls", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.106", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 13, "texte": "Victor Vreuls"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c048", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c048", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 107, "image_fin": 114, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.15", "titre_corps": "Les Musiciens Belges", "titre_sommaire": "Les Musiciens Belges", "signature_source": "VICTOR VREULS ; René Lyr", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.107", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2154, "texte": "Les Musiciens Belges\nVICTOR VREULS\n\nLe musicien dont je veux parler aujourd'hui se place au premier\nrang dans lecole wallonne-française de Belgique, dont César Franck fut\net reste le Maître.\nVictor Vreuls est Wallon, par la naissance et par les œuvres. Né à\nVerviers, en 1876, il commença ses études à l'Ecole de Musique de cette\nville, qui a formé, déjà, nombre de bons musiciens. Il les continua\nau Conservatoire de Liège, dans les classes de Théodore Radoux, qui\nvient de mourir, et de Sylvain Dupuis. Ensuite, aux instances de\nVincent d'lndy, il s'en fut achever son éducation à Paris sous la direction\nmême de l'auteur de Fervaal. Il fut professeur de solfège puis d'harmonie\net d'alto, àla \" Schola Cantorum il dirigea \"La Chanterie\" de Paris.\nDepuis 1906, il est directeur du Conservatoire de Luxembourg auquel\nil a fait prendre une grande importance. Quoique jeune encore, Victor\nVreuls s'est affirmé homme d'action et de savoir, il a donné de nom-\nbreuses œuvres, dont plusieurs sont presque célèbres. Sa réputation est bien\nétablie. En France, en Allemagne, en Angleterre, en Hollande, en Suisse,\nen Espagne, aux Etats-Unis, il est considéré comme un compositeur tout\nà fait remarquable. En Belgique quelque surprise y trouvions-nous,\non sut lui rendre justice à maintes occasions. Primé à l'un des concours\nofficiels, il obtint, en 1902, le Prix de l'Académie libre de Belgique.\nDeux ans après, le prix Eugène Ysaye lui était décerné pour sa\nSymphonie (orchestre et violon). Le grand virtuose interpréta cette belle\nœuvre souvent, avec un vif succès. A trente-cinq ans, il est l'auteur de:\nWerther, poème symphonique; Jour de fête, partition pour orchestre ;\nune Symphonie à 3 parties pour orchestre et violon principal ; un\npour orchestre à cordes ; un Cortege Héroïque pour orchestre, un Poème\npour violoncelle et orchestre ; Triptyque pour chant et orchestre ; un Trio\npour piano, violon, violoncelle ; un pour piano, Violon, alto et\nvioloncelle (couronné par l'Académie Royale de Belgique) ; la Sonate\nviolon et piano, dédiée à E. Ysaye, et jouée à Paris, dès 1901 par\n.e violoniste et Raoul Pugno ; un nombre considérable de mélodies pour"}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.108", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1462, "texte": "chant et piano, etc... etc... Il travaille à un drame lyrique en 3 actes :\nOlivier le simple.\nLa plus ancienne en date de ces compositions fut écrite en 1894,\nsi je ne me trompe ; Vreuls avait donc dix-huit ans. C'est le\nHéroïque.La dernière: Werther,fut exécutée en 1909, à Luxembourg, pour\nla première fois, et au cours de la saison 1910, en Belgique. Plusieurs ont\nparu, aux éditions luxueuses et soignées de la Schola Cantorum.\n%\n* *\nNous n'avons pas pris pour tâche d'étudier ici, dans ses détails,\nchacune de ces œuvres. Nous voulons simplement essayer de découvrir,\naux principales d'entre elles, la caractéristique de l'art et du métier de\nVreuls. Pour la brève analyse qui s'impose, nous choisirons les ouvrages\nle plus connus de musicien, ceux dont sa personnalité se dégage le mieux.\n*\n& :Jc\nEt tout d'abord : La Sonate en pour violon et piano. Elle\ndébute par un thème plein d'entrain mâle, de gaîté, de fougue juvénile,\nexposé par le violon :\nCe thème est développé, dans la première partie, avec une science\nconsommée, sûre d'elle-même, mais vivante, pleine de mouvement, de\ntrouvailles, d'audaces, et de nuances. Des oppositions s'y heurtent, des\ncombinaisons de rythmes et de couleurs s'y jouent, dans le déchaînement\nd'une harmonie torrentueuse, personnelle souvent. Plus calme et large,\nplus prenante est la seconde phrase, qui semble dessiner les contours\nbleus d'une île de lumière où se complait la deuxième partie :\nreligieux."}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.109", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1478, "texte": "Après cet épisode passionné, le thème initial s'agrandit, comme\néclatant de toutes les richesses sonores qu'il contenait.\nUAndantechante, alors, sa tendre mélodie (I). Il se développe, de\nplus en plus gracieux et doux, jusqu'au grave ému, pour, soudainement,\nenfler à nouveau le souffle abondant qui fit l'œuvre. Des lueurs vives\nsurgissent, jetant de l'or et des rayonnements, comme un soir enflammé ;\npuis s'éteignent... Et s'élève un choral paisible, une prière quasi solen-\nnelle (II), tandis que les sonneries lointaines des cors, les bruits s'éva-\nnouissent. Le mouvement s'achève en un murmure éthéré. Enfin, selon la\ntradition franckiste que je regrette en tant que tradition, un thème\nd'allure populaire, entraînant, primesautier, allègre et vif, donne la note\nd'une troisième et dernière partie. Ici sont mises en valeur toutes les\nressources contrapontiques, les artifices et les moyens de l'école, avec\nune maîtrise hardie. Tous les thèmes sont rappelés, fragmentairement, ils\nse superposent, se mêlent, se fuient, se retrouvent, dans les modulations\naux tons éloignés, pour enfin se résoudre et se fondre dans l'affirmation\nde l'idée maîtresse de la Sonate. Conçue et bâtie, avec un sens inné de\nl'architecture, des proportions et de la ligne ; réalisée avec une singulière\nintensité, sonore, impétueuse et inspirée, cette œuvre révèle les dons\nd'une généreuse nature.\n* *\nLa Symphonie en mt majeur pour orchestre et violon principal a été"}, {"page_pdf": 110, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.110", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2459, "texte": "présentée au concert Ysaye, par un avant-propos que je ne puis mieux\nfaire que reproduire :\n\" Cette symphonie, où le violon joue le rôle d'un personnage\nintimement mêlé à l'action, débute par une introduction lente de quatorze\nmesures préparant X Animé dont le premier thème, en est\nexposé par le violon solo. Il fait place à une sorte de contre-sujet d'allure\nrythmique, qui s'enchaîne au second thème en sol majeur. Le développe-\nment roule sur le début des deux thèmes constitutifs, le premier plus\nsouvent confié aux cordes, le second aux instruments à vent. Le contre-\nsujet repris en valeurs diminuées, amène la rentrée du thème initial en\nsi majeur avec les basses et trombones, sur un rythme ternaire très éner-\ngique du reste de l'orchestre. Ce tutti très coloré est suivi de quelques\ndéveloppements, puis vient la réexposition en mi (flûtes et clari-\nnettes, puis violon solo) accompagnée du contre-sujet persistant, qui\ns'enchaîne directement au développement terminal. Le morceau se\ntermine, très ralenti, par des fragments du premier thème.\nAssez lent,en la majeur.La phrase est exposée à découvert par les\nvioloncelles et contrebasses, puis, après un bref épisode du quatuor et des\nbois, elle est reprise par l'orchestre et enfin par le violon solo. Toute\ncette partie est d'une polyphonie très pittoresque, obtenue par la com-\nbinaison de ces divers éléments.\nUn bref tutti de quatre mesures précède l'exposition en mi\npar le violon solo, d'un thème rythmique sur un accompagnement de\nflûtes et clarinettes. La deuxième phrase, en est d'un caractère\nplus mélodique. Le développement amène une variation du violon solo\nsur laquelle les cuivres exposent le thème rythmique en valeurs lentes ;\npuis à un nouvel ensemble succède un passage très calme et d'une instru-\nmentation très originale. Le thème initial repris dans un rythme ternaire\nprovoque un curieux effet de violon solo sur la quatrième corde, accom-\npagné par les sons harmoniques du quator divisé. Peu à peu, en une\ntransition heureuse, les dessins s'apparentent au thème du premier mor-\nceau ; enfin ce thème lui-même apparaît en aux violons et\nbois, pendant que les basses et les cuivres font entendre le motif rythmique\ndu final dans un mouvement très large. Le thème initial du premier\ntemps prédomine définitivement, clamé par les cuivres, terminant l'œuvre\ndans un grandiose et magnifique éclat. \"\nConstruite aussi dans la forme qu'affectionna César Franck, et qui"}, {"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.111", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2124, "texte": "rappelle Beethoven, cette œuvre puissante, est d'une singulière richesse\npolyphonique, aux teintes chatoyantes, bien modernes, sans exagération.\nSavamment orchestrée, haute en couleurs, chaleureuse, elle laisse une\nimpression de joie calme et sereine, où la mélodie, au phrasé soutenu,\ns'inscrit lumineuse. Victor Vreuls avait 23 ans: il offrait, sans conteste,\nun témoignage exceptionnel de savoir-faire et d'instinct créateur, en\nmême temps que la promesse d'une maturité féconde en productions\noriginales et grandes.\n*\n* *\nLe poème symphonique Werther fut inspiré par le célèbre roman\nde Goethe. Le musicien en a pris les données, quintessencié les impressions\net la philosophie. Il a trouvé, dans l'interprétation de ce chef-d'œuvre,\nmatière à exprimer tous les éléments extérieurs, dirai-je, de sa personnalité\ncomplexe, formée à l'influence de Beethoven, de Wagner et de Franck.\nIl y allie, dans un débordement orchestral digne des forts-en-thème\nmodernes, une idéologie toute germanique, à la sensibilité latine. Cette\ntendance est bien la marque commune aux disciples de Vincent d'lndy ;\nelle constitue le trait d'union entre nos jeunes compositeurs wallons actuels.\nJe me garde d'en discuter ici la valeur, me bornant à penser qu'elle est le\nrésultat logique de la révélation wagnérienne, dominatrice, universelle-\nment. Tous les musiciens de cette génération ont subi la main-mise du\ngéant : ce n'est pas de sitôt qu'ils parviendront à s'en dégager, et j'estime\nqu'en réalité de nouveaux moyens d'expression n'ont point encore été\ndécouverts. Qu'importe, en somme : le sentiment personnel se traduit,\nquel que soit le langage employé. Les mots, les formules appartenant à\ntous, l'artiste et le poète les disposent à leur façon ; et les dévouent à\nleur forme. Dans Werther, Victor Vreuls a prouvé qu'il sait réfléchir et\namplifier des idées ; il a déployé de formidables harmonies, ruisselantes,\nfulgurantes et dissonantes, mais il a gardé, malgré tout, la pure mélodie\nqui est sienne.\nVoici, à titre documentaire, les sept thèmes principaux qui servent\nd'arcanes à ce monument orchestral."}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.112", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 444, "texte": "Le premier, celui des enfants du bailli, pétille et danse. Le deuxième,\nplus lent, personnifie Charlotte. Le thème de Werther est agité. L'époux\nfidèle, Albert, est évoqué par le thème 4. Au soir tombant, Werther et\nCharlotte sont réunis dans une tendre songerie : le souvenir d'Albert les\nrappelle à la réalité. Douleur et emportement de Werther. Le thème 3\nse-développe, véhément, et s'achève en un appel poignant à la mort (5)."}, {"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.113", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2330, "texte": "C'est ce thème 5 qui sera repris et conclura l'œuvre entière (7). Quand\nWerther traduit à Charlotte les C divins un nouveau\nthème (6) Ghante la plainte d'Armin déplorant la perte de sa fille aimée.\n\"Seul, sur la roche que mouillaient les vagues, j'entendis les plaintes\nde ma fille ; ses gémissements étaient perçants, et son père ne pouvait la\ndélivrer. Toute la nuit je restai sur le rivage ; je la voyais aux faibles\nrayons de la lune ; toute la nuit, j'entendis ses cris douloureux. Le vent\nsifflait, la pluie battait avec violence la montagne ; avant que la lumière\nparût, sa voix s'affaiblit, et elle expira, ainsi qu'expire le vent du soir\nparmi les plaintes des rochers \"...\nA la scène finale, quand, désespéré de la fuite et du refus de Char-\nlotte, Werther se tue, le Désir de la (7) triste et morne, se combine\navec les rappels des différents moments du drame, et l'œuvre se termine\ndans le vague du souvenir.\nCette longue fresque musicale fait grande impression. Les timbres\ny sont bien fondus, la ligne générale est une et les détails très homogènes.\nL'emploi des saxophones et des bugles obligés y est d'un effet curieux,\ntout à fait séduisant. La recherche de sonorités nouvelles est évidente ;\net je l'ai dit, le musicien possède tous les secrets du métier : cette\npartition en impose à cet égard. Mais on y sent passer un souffle\nd'enthousiasme et de jeunesse un souffle mâle, indompté, libre,\ncelui des amants de la vie, qui possèdent, en vérité, le monde et le\ntiennent, dans leurs deux bras de force et de ferveur.\n* *\nLe Trio pour piano, violon, violoncelle, le pour violoncelle\nsont œuvres admirables, par l'élévation de pensée, par la profondeur\nd'émotion, par la distinction, la robustesse de facture. Parmi les\nmélodies : Triptyque, sur des poèmes de Paul Verlaine, pour chant et\norchestre, émeut par la douleur qui l'imprègne; Soir sur la Fagne, à travers\nla désolation grise de nos bruyères, au large de nos horizons, sur les\ngrands bois tordus, au vent âpre et sauvage, fait planer la désespérance\nde notre rêve, en la tristesse \" fuyante et rose \" des automnes. C'est\ndans ces pages plus intimes que nous aimons surtout le musicien\nfraternel : car c'est là que nous retrouvons l'émoi des jours passés, à la\nlisière des Fagnes rudes, à la rumeur enveloppante et profonde de la"}, {"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.114", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1600, "texte": "forêt natale ; car c'est là que revivent nos rochers abrupts, nos hêtres et\nnos chênes, nos décors tourmentés, nos élans, nos mélancolies, nos\nexubérances, notre gaîté de Wallonie.\n*\n* *\nIl est trois sortes d'artistes. Les impulsifs, qui créent sans conscience,\nsous l'empire de l'impression. Les conscients qui échafaudent leurs œuvres\nà coup de vouloir, ou bien les tissent à la façon des haut-lissiers, choisis-\nsant leurs idées, leurs images, leurs tons. Enfin, les artistes complets dont\nles sensations se réfléchissent dans la lumière égale de la conscience.\nL'émoi tressaille aux fibres de leur être, mais c'est l'âme qui chante, et\nc'est la joie seule qu'ils donnent, avec leur cœur.\nVictor Vreuls est de ces derniers. Sans doute, comme les généreux\nqui \" savent \", se sent-il menacé de voir un jour prédominer en lui la\npatience le talent, tueur d'inspiration ! Mais il se traduit tout entier\ndans ses premières œuvres, et dès 1905, Eugène Ysaye pouvait écrire:\n\" Vreuls est le musicien en qui la Belgique peut fonder le plus d'espoir,\nà l'heure présente. \"\nIl incarne, à mes yeux, avec le plus de sincérité, le véritable\ntempérament wallon, fait de franchise, de clarté, de pétulance et de\nvigueur. Il a surpris le chant puissant et doux de notre terre. Sa musique\névoque l'âme de ce pays où l'on cueille, par tous les sens, le beau plaisir\nde vivre, où le pas sonne clair dans les chemins rocailleux, où les contours,\nles sons, les couleurs bondissent vers la lumière, où les rivières déroulent,\naux creux farouches des vallons, leurs flots tumultueux et berceurs.\n\nRené Lyr."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c054", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c054", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 115, "image_fin": 119, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.16", "titre_corps": "Les conservatoires de province", "titre_sommaire": "Les conservatoires de province", "signature_source": "Im. Mayan", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 115, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.115", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3219, "texte": "Les conservatoires de province\n\nLes Conservatoires de musique du province, furent d'abord institués pour fournir des\nchanteurs aux conservatoires de Paris et alimenter de ce fait, les théâtres lyriques de la Capitale.\nCar les cours d'instruments ne sont venus que plus tard.\nOn comptait aussi sur ces succursales de la rue Bergère, pour répandre le goût musical et\nfaire connaître les vraies traditions de l'école française. Je ne parle, bien entendu, que des\nconservatoires ou écoles nationales du musique. Etablissements placés sous le contrôle de\nl'Etat et inspectés chaque année par un compositeur de musique délégué du ministre des\nBeaux-Arts.\nIl est bon d'ajouter qu'à part ce contrôle, une maigre subvention de l'Etat, un directeur\nnommé par le ministre, quelques rares instruments et un peu de musique que reçoivent ces\nétablissements, tous les conservatoires se ressemblent les nationaux, comme les munici-\npaux. Partout on retrouve le même caractère obtus la même pression locale la\nmême étroitesse d'esprit qui caractérisent ces institutions.\nOn pourrait pourtant croire, qu'ayant demandé l'estampille de l'Etat et satisfaites de\nl'avoir reçue, ces villes ainsi dotées, seraient soucieuses de respecter les charges et les devoirs\nqui leur incombent et entoureraient d'un soin jaloux ces écoles nationales qui rehaussent le\nprestige en l'enseignement musical en province ?\nMais pas du tout. Elles n'en font rien.\nCes villes veulent bien l'estampille de l'Etat, oui. Mais elles prétendent demeurer\nsouveraines maîtresses, diriger ces établissements à leur guise et pour le besoin électoral.\nC'est pourquoi et par principe, le directeur nommé par le ministre et par conséquent\nfonctionnaire de l'Etat, est le gêneur. De par ce qu'on ne peut le casser aux gages et en\nchanger à chaque nouvelle municipalité.\nMais on a tout prévu et tout comme à Paris, les conservatoires de province sont pourvus\nd'une commission. Dans celle-ci c'est surtout l'élément municipal qui domine et se manifeste\nbruyamment. Car le plus souvent les autres membres indépendants se retirent et cèdent la\nplace aux hommes politiques.\nPourtant, l'idée première qui voulut donner une commission aux écoles nationales de\nmusique, n'était assurément pas mauvaise. On pouvait l'expliquer, par le désir qu'on avait, de\nprocurer au directeur, une force nouvelle, un appui sur lequel ce fonctionnaire pourrait\ncompter, pour solliciter certaines améliorations pouvant être utiles à l'instiuttion.\nMalheureusement, du rêve à la réalité il y a des fossés !... Car les séances de ses commis-\nsions prennent le plus souvent, des allures de réunions publiques ou de tribunal, devant lequel\ndoit comparaître le directeur.\nEt alors, qui faire ? que reste-t-il à ce fonctionnaire ? Deux alternatives. Ou laisser\ncommander tout ce monde et par conséquent, régner le désordre. Mais, c'est la paix....\nhumiliante. Ou bien se faire respecter, c'est-à-dire respecter l'école qui lui est confiée\nalors c'est la guerre de tous les instants, ce sont des taquineries et des ennuis qu'on lui\nsuggère.\nVoilà très franchement ce qui se passe dans ces trois quarts de ces établissements. On\navouera que ce n'est pas gai pour celui qui est à la tête d'une de ces écoles."}, {"page_pdf": 116, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.116", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3855, "texte": "Je ne veux pas être méchant, mais pourtant il me faut bien donner une idée de ce que sont\nces commissions-administratives.\nPourquoi administrative ? peut-on dire puisque le directeur n'a pas un sou vaillant\nà sa disposition qu'il ne vend aucune fourniture ne loge personne et ne donne pas à\nmanger. Ces choses là, il faut les subir sans chercher à les expliquer de même qu'il serait\nmalséant de vouloir connaître les raisons qui font nommer des sous directeurs-municipaux !....\nMais revenons aux réunions de la commission.\nVoyez-vous autour d'une grande table recouverte d'un tapis vert ; une douzaine de\npersonnages se donnant de grands airs important, ne parlant le plus souvent qu'à la troisième\npersonne. Là ; il y a MM. le Président, le vice-Président, le Secrétaire, M. le Conseiller\nMunicipal, M. l'Adjoint, M. le Maître, M. l'Administrateur, tous ont des titres. Il n'y a que\nce pauvre directeur qui, lui, n'en a pas. Il n'a même pas celui de trouver grâce devant l'inso-\nlence de ces fantoches. Cela peut paraître exagéré de ce que je parle d'insolences reçues.\nIl me serait facile de citer beaucoup d'exemples ; je pense qu'un seul suffit pour justifier\nmon dire, le voici :\nUn membre de la commission demandait au directeur les raisons qui faisaient que\nX ou Y n'avait pas été admis à la classe de violon, alors que H ou Z, y étaient.\nLe Directeur fît observer et que pour les admissions aux classes d'instruments les\nexaminateurs tenaient compte de l'assiduité de l'élève et de ses connaissances du solfège.\n\" Qu'est-ce qui me force à vous croire, \" répondit M. l'Administrateur !...\nMais je fais grâce aux lecteurs, des citations, de ces tournois oratoires formulés en une\nlangue qui ne rappelle que de loin, celle dont on se servait dans les salons du XVIIIe siecle.\nD'ailleurs, les membres qui composent l'élément municipal de ces commissions, sont bien\ncertainement de braves gens, pas très érudits peut-être et qui ont le tort de croire que parce\nqu'ils sont investé d'un mandat électoral ils sont aptes à discuter et à juger de toutes choses.\nIl faut reconnaître pourtant que parmi ceux-ci quelques-uns ont fait une troisième partie\ndans une chorale ou une fanfare quelconque, ou ont joué de la trompette alors qu'ils étaient\nau régiment. Voilà les Messieurs qui veulent régenter le conservatoire.\nIl y a bien à côté, des membres libres où se glissent parfois des médecins, des avocats et\nmême des musiciens, mais ces messieurs espacent autant qu'ils le peuvent leurs présences au\nsein de la commission, ils n'ont que faire de discuter avec des politiciens. On parle politique\ndirez-vous ? A ce propos, voilà ce que m'a raconté un directeur de conservatoire en province :\nCelui-ci avait demandé une gratification de cent francs pour un professeur qui durant 1 annee\nscolaire avait rendu de réels services à l'Ecole. Eh bien, ce pauvre fonctionnaire encourut et\ndût subir de ce fait, un discours sur les éternels principes de 1789 et ce> un grand quart\nd'heure durant.\nC'est en vain qu'il cherchait, le rapport qui existe entre ces immortels principes et les\ndoubles croches. Mais les autres les membres de la commission eux comprirent, et la\npreuve ? c'est que la motion en faveur de la gratification à accorder fut rejetee a une forte\nmajorité !...\nEn province, faire partie de la commission du Conservatoire de Musique a une grande\nimportance. Ces Messieurs sont courus et sollicités à cause des admissions et des recompenses\nde fin d'année. Ils promettent leurs protections, ils jurent de faire rendre justice au directeur.\nIls harcèlent le Maire, qui doit entendre leurs continuelles réclamations et lorsque parfois ce\ndernier résiste, il n'y a pas d'ennuis qu'ils ne lui suscitent au sein du conseil municipal.\nMais le récit suivant montrera l'idée qu'on se fait en province d'une ecole de musique,\nfut-elle Nationale."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.117", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 3799, "texte": "Un jour, le maire manda le directeur du conservatoire en son cabinet : \" Monsieur le\n\" Directeur dit le chef de la cité nous donnons dimanche prochain, une grande fête\nu suivie d'un bal. Je compte que le conservatoire nous en fournira l'orchestre et qu'en cette\n\" circonstance, la bonne volonté des élèves et celle des professeurs se manisfestera. \"\nLe directeur se récria et soutint que le but des conservatoires de Musique n'était pas\ncelui de former des musiciens de bals de nuits et que de plus, les parents ne confiaient pas\nleurs enfants, pour faire de la musique dans des pince-fesses. Ce fut alors que le premier\nmagistrat de la ville, se levant brusquement et fixant sévèrement le directeur, prononça ces\nmémorables paroles que nous avons consignées pour la postérité. \"Mais alors Monsieur le\nDirecteur, à quoi sert le conservatoire et pourquoi la ville donne-t-elle ses deniers... \"\nJ'ai connu un directeur de conservatoire de province qui se servait adroitement des\nmembres de la commission et savait se les attacher, (les membres ne faisant pas partie du\nconseil municipal, s'entend). Ceux-ci, il est vrai, étaient de vieux bonzes, tous amateurs de\nmusique, grattant un peu du violon ; gens riches et dévoués. Leur ambition se bornait à faire\npartie de la commission du conservatoire. Très assidus aux réunions, ils formaient la garde de\ncorps du directeur, qui lui, n'avait rien à craindre des délégués municipaux. Ce directeur,\nexcellent musicien et très bon Pion, était timide et n'aurait osé prendre une détermination\ntout seul. C'est pourquoi il avait persuadé à sa garde, que le conservatoire ne serait rien sans\nelle et pour se la mieux attacher encore, il avait insinué à plusieurs membres, qu'ils avaient\net devaient écrire leurs pensées musicales, il se mettait du reste à leur disposition pour les\nconseiller. Grâce à ces sages... précautions, il pouvait dormir tranquille et se permettre\ncertaines choses, caché, qu'il était, derrière ce bouclier. C'était peut-être très malin... mais\npas courageux... n'est-ce pas ?\nJe pourrais citer des villes où la commission diriga seule l'Ecole nationale.\nQue fait le directeur ?\nIl obéit.\nHeureux pays.\nMais j'abrège, car les lecteurs non initiés aux choses d'administration (!) croient peut-être,\nqu'il suffirait de l'intervention du pouvoir central pour arranger tout cela. Le pouvoir central ?\nMais il a bien autre chose à faire que de défendre l'enseignement musical de la province et\nrisquer de contrecarrer les affaires politiques. Ah ! si c'était pour l'instruction gratuite et\nobligatoire, je ne dis pas. Mais des conservatoires de musiques, on s'en moque. Et ici\nil me faut citer des faits qui motiveront et expliqueront mon pessimisme qu'on pourrait\ncroire exagéré. Cette histoire est du reste édifiante la voici :\nM. A.... .., artiste de talent, avait quitté le théâtre de bonne heure et s'était retiré à\nD .sa ville natale ;il y avait créé un conservatoire de musique et de déclamation, qu'il\ndirigeait et où il enseignait, aidé qu'il était, dans ce dernier office de deux ou trois professeurs\nde la ville, payés par lui.\nCe cours d'enseignement prospéra très rapidement et devînt par la suite : conservatoire\nmunicipal toujours avec M. A comme directeur.\nCependant l'attention du ministre ayant été attiré par le succès persistant de cette\ninstitution, on manda un inspecteur de musique pour la visiter. Le rapport fut favorable et\nl'Etat donna son estampille.Le Conservatoire de D de municipal devînt national toujours\navec M. A comme directeur officiellement reconnu et nommé par le ministre ; et ce, à\nla satisfaction de tous les habitants de la ville. Tout continua à marcher régulièrement\njusqu'au jour où une nouvelle municipalité voulut introduire la politique en la maison, sous"}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.118", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3468, "texte": "les traits d'un soi-disant professeur, ami et agent électoral du nouveau maire. On voulait ainsi\nrécompenser le zèle et les services rendus par le pseudo-professeur. Le directeur fit observer\nau maire que les opinions plus ou moins avancées de son protégé, n'étaient pas de sûrs\ngarants de capacités musicales et pédagogiques. Le maire insista de nouveau, tandis que le chef\ndu conservatoire refusait énergiquement, attendu que le caractère par trop indépendant du\nfutur professeur risquait de comprometre le bon ordre qui régnait dans son établissement.\nL affaire fît du bruit. Le Préfet intervint, tous s'envenima, au point où le ministre survenant\nà son tour, fit mander le directeur à Paris.\nCelui -ci partit. Mais qu'elle ne fut pas sa surprise que d'entendre de la bouche même du\nministre, que le maire exigeait sa révocation de directeur, ou alors menaçait de donner sa\ndémission avec éclat.\nLa révocation ? on ne pouvait l'exiger, c'eût été un trop grand scandale et une injustice\nflagrante. Le ministre priait M. A de donner sa démission, que celui-ci refusait de signer-\nOn savait du reste, en haut lieu que le directeur avait tous les droits de son côté ; aussi\nn'osait-on brusquer l'affaire.\nPeut-être même le ministre aurait-il soutenu son subordonné contre le maire : sans la\npolitique c'est à dire sans le ministre de l'lntérieur, qui vînt à la rescousse et insista auprès\nde son collègue, afin d'empêcher un conflit et de grands ennuis. Enfin, après deux jours de\npourparlers, il fut convenu : que le directeur donnerait sa démission et que, en compensation ;\nle ministre s'engageait à donner à M. A le ruban rouge et la première chaire de chant\nqui deviendrait vacante au conservatoire de Paris.\n•\n• • • # + ••••• •• i « • « •\nCe qu'il advint ?\nCeux qui ne connaissent pas l'administration française, les Beaux-Arts et le Conservatoire,,\nseuls peuvent l'ignorer.\nIl advint que M. A n'eut pas plus de chaire que de ruban rouge.\nIl eut beau insister pendant plusieurs années, rien n'y fît.\nIl en mourut de chagrin\nVoilà la récompense accordée à un homme de coeur, qui pendant plus de quinze ans\navait dépensé sans compter, sa peine, son temps, son talent et sa bourse.\nDévouez-vous directeur de province !...\nDécidément il vaut mieux être rond-de-cuir, on est toujours sûr qu'après vingt-cinq années-\nd'abrutissement, on a la croix... et la bannière, c'est-à-dire des rentes sur l'Etat.\nJ'ai dit que les conservatoires de province ont été créés afin de relever le niveau musical\net semer la bonne parole et le goût artistique avec de bonnes traditions. A-t-on atteint ce\nbut ? (je parle d'une façon générale, car il ne faut pas tabler sur des exceptions.) Je ne le\ncrois pas.\nEn voici un exemple, car les meilleures raisons ne valent pas un tableau pris sur le vif :\nrien n'est plus éloquent qu'un fait matériel.\nIl n'y a pas longtemps de cela de passage dans une ville pourvue d'un conservatoire\nnational de musique, depuis plusieurs années le soir, ne sachant que faire, je résolus\nd'assister à une soirée municipale donnée par les artistes et les amateurs de la ville ces\nderniers pour la plupart lauréats du conservatoire de la cité. Eh bien, savez-vous ce que\nj'entendis à cette soirée ?... \" Le duo de la Juive\" en entier, avec les récits et les ensembles.\n(Ce duo de Rachel et Leopold, que ton cœur m appoui, j'ai entendu ce duo, joué par\nun \"pistonet un trombone\"!... Je croyais qu'on ne pourait pas pousser aussi loin le grotesque"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.119", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 2098, "texte": "et le mauvais goût et comme je me lamentais et contais mes plaintes à un excellent musicien\nque j'eus le bonheur de rencontrer ; mon compagnon d'infortune me répondit : \"Mais nous\navons eu mieux que \" ça, il y a quelque temps déjà. Nous avons entendu le menuet de Boc-\ncherini joué par huit \" saxophones.... \" Je serrai la main de cet homme très aimable, et me\nsauvai... me coucher. Toute la nuit je fus poursuivi par ces huit saxophones qui à la fin voulaient\nme jouer \" Mon cœur soupire \" des noces de Figaro.\nIl ne faut pas craindre de dire qu'aucune préoccupation artistique ne hante le cerveau\ndes jeunes gens qui fréquentent les écoles de musique. Ceux-ci n'ont qu'une ambition : savoir\nfaire une partie dans un orchestre de concerts ou de bal et surtout, pouvoir entrer dans la\nmusique, une fois incorporé dans un régiment. Que peut-on faire avec des sujets si peu ambi-\ntieux. Quant à récolter des chanteurs pour la maison de Paris ? A part deux ou trois grandes\nvilles, je ne crois pas que les autres réussissent. D'ailleurs l'enseignement du chant est très\nnégligé dans les quatre cinquièmes des Ecoles de Musique de province.\nPour que les conservatoires de province puissent porter des fruits et pour qu'ils se\nressentissent de l'enseignement central, il faudrait que MM. les Inspecteurs d'abord et les\ndirecteurs ensuite aient des pouvoirs plus étendus. Il faudrait surtout, que les inspecteurs puissent\ntrancher les différents entre municipalités, le directeur et le pouvoir central. Ce ne sont là que\ndes hypothèses. Ce sont des rêves pour qui connaît l'administration de notre pays.\nPour finir sur la note gaie.\nUne anecdote.\nChaque année à l'époque de la distribution des prix, le ministre envoie une médaille de\nvermeil aux écoles nationales de musique de province, c'est le prix d'honneur.\nL'usage veut aussi que le maire de la ville offre un second prix d'honneur.\nEh bien, veut-on savoir ce que le maire offrit à un second prix d'honneur de l'Ecole\nnationale de Musique !...\nUNE PENDULE !...\nVivent les conservatoires de province.\n\nIm. Mayan."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c056", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c056", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 122, "image_fin": 125, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.17", "titre_corps": "Leurs Mains", "titre_sommaire": "Leurs Mains", "signature_source": "Pierre Jobbé Duval", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 122, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.122", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2768, "texte": "Leurs Mains\n\nMESSAGER\nQue d'aptitudes en ces mains ! Mais aussi quel mélange évident d'idéalisme et d'impi-\ntoyable pratique !\nPlutôt étroites mais bien tournées, surgissant désinvoltes du poignet menu, signe de race,\nelles ont une allure féminine : Avertissement d'élégance et de coquetterie, de ruse aussi.\nC'est vraiment très curieux, elles ne porteraient pas à l'intérieur tous les signes des arts\net de l'esprit, qu'elles pourraient être prises pour des mains d'homme habitué à chiffonner des\nsoies, des velours, des tissus précieux. Oui, elles font encore penser à des mains ne touchant\nqu'à des choses d'un grand prix et d'une égale fragilité. Mains de lapidaire. Mains d'un\nprofesseur de beauté. Cependant, pour ces occupations elles seraient un peu sèches, nerveuses,\nirritables. Enfin, nous le répétons, elles ne peuvent appartenir qu'aux arts.\nSi elles sont d'un artiste, elles sont en même temps d'un homme gracieux, sémillant,\navec un petit rien de rigide, d'apprêté. Veut-on nous permettre et veut-on comprendre un\nterme de pâtisserie ? Selon nous, il symbolisera bien le caractère physique de notre inconnu ?\nComme homme, c'est de la crème fouettée glacée.\nL'esprit pratique dont on dispose apparaît comme une arme à deux tranchants. Désirant\nvite et bien par impatience, par fringale, on arrive à devenir excessivement confiant. On est\ntrompé. Mais avec l'intelligence, l'esprit, la ténacité, la diplomatie dont on dispose, on est\ncapable de se rattraper et comment !...\nPuisque tout ce qui précède est, ce n'est pas douteux, intimement lié à une vie d'artiste\nmusicien, cette vie, au point de vue de l'art pur, doit être entravée à certains moments, par\ndes préoccupations pécuniaires. En effet on doit être très dépensier. Ces mains sont d'un\nprodigue. Vis à vis contradictoire et piquant de cette prodigalité, ces mains prouvent une\nindubitable tendance à l'économie. Donc il s'agit d'un prodigue pour soi.\nLa prodigalité est pour l'artiste, c'est-à-dire grande et heureuse faculté de création.\nMusicien merveilleusement organisé. Doit réussir surtout dans le genre gai. Non frivole, mais,\nquoique très savant, doit être avant tout, aimable, primesautier, fringant, français, parisien.\nNous entendons par là qu'il ne vieillira pas vite.\nEst-ce un exécutant ? Ces phalanges sans nœud, ces extrémités spatulées, ces ongles\ncourts et durs, selon toute probabilité, enfin ces jolies mains nerveuses que l'on juge admirables\ninstruments de preste agilité, le feraient croire. D'autre part, l'intérieur des mains exprime un\ntrès vif esprit d'indépendance. Il est donc aussi possible, si ce n'est davantage que le sujet ne\nse soit pas spécialisé dans l'interprétation.\nEn tout cas si ces mains n'étaient pas d'un musicien, cet homme serait bien malheureux."}, {"page_pdf": 125, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.125", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 2375, "texte": "GASTON PAULIN\nEncore une main spatulée : Main d'artiste et d'agité !\nCependant, si le titulaire est un agité, il doit l'être souvent pour son plaisir. Sapristi, quel\namoureux de la vie... et des vivantes !... A la bonne heure voici un Monsieur qui doit être\nplutôt empressé avec les dames. Quand elles sont élégantes et jolies.\nOn est un sensuel, et en grande longueur. Quel terrible raffiné ! On l'est avec goût,\nexigence et méthode, puisque dans les deux mains les deux lignes de tête s'entendent à\nmerveille, à ce point qu'elles apparaissent comme commères et compagnonnes.\nQue dans cette main-ci la ligne de tête s'en va bien dans la réflexion, dans le sens\npratique ! Que dans cette autre, la ligne de tête s'en va bien dans l'imagination et la charmante\nfantaisie !... On doit être un charmant causeur.\nLa belle ligne de cœur avertit. Elle est en activité de service. On peut s'en servir et s'y\nfier. Il s'agit d'un serviable. On l'est même sans se faire attendre, sans discours, et sans vilaines\nexigences de reconnaissance. On est bon, parce qu'on l'est, sans phrases.\nOn est simplement, mais par plaisir aussi. Forme assez imprévue d'égoïsme, on aime\nsurtout être bon pour des figures gaies et dans des circonstances heureuses !\nIl est hors de doute que l'on est un artiste : musicien ou écrivain, que l'on soit l'un ou\nl'autre, le caractère du talent est d'être très élégant, très vivace, très varié. On doit en avoir\nconscience, sinon en tirer vanité.\nIl serait bien extraordinaire que le propriétaire de ces mains ne soit pas, malgré les\npetits ennuis inévitables, un heureux. Heureux en ce sens que pour les moindres voluptés de\nl'existence on doit prendre son plaisir à fond, car merveilleusement, remarquablement intel-\nligent et instinctif, on est un réceptacle rare de toutes les jolies sensations. On ne perd rien de\nce qui est agréable, et on sait le traduire.\nHélas, pourquoi des stigmates, d'effroyable prodigalité menacent-ils de troubler une vie\naussi aimable ? Sans doute, on aurait bien mieux réussi, on réussirait bien mieux encore sans\ncette fâcheuse prodigalité...\nVers la soixantaine, gare, descente rapide, tournant dangereux!\nMais comme la prodigalité est le seul point noir de cette main, il ne tient qu'à son\npropriétaire de l'effacer. i\nA suivre, aux proch\nM.M. Maurice Ravel, Saint-Saëns\nVidal, Widor.\n\nPierre Jobbé Duval."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c057", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c057", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 123, "image_fin": 123, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.18", "titre_corps": "Mains de M. Messager.", "titre_sommaire": "Mains de M. 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DURAND & FILS, Éditeurs de Musique\n(DURAND & Cie)\n4, Place de la Madeleine, PARIS\nSONATES VIOLON & PIANO\nRÉPERTOIRE MODERNE\nGRAND CHOIX DE MUSIQUE DE CHAMBRE FRANÇAISE & ÉTRANGÈRE\nŒuvres de C. SAINT-SAËNS, Edouard LALO, Vincent d'INDY,\nA. de CASTILLON, C.M. WIDOR, Claude DEBUSSY,\nPaul DUKAS, Gabriel PIERNÉ, Emile BERNARD,\nCharles LEFEBVRE, C. CHEVILLARD, GUY-ROPARTZ,\nG.M. WITKOWSKI, Maurice RAVEL, ROGER-DUCASSE, etc.\nCLASSIQUES FRANÇAIS\nŒuVres de Rameau, Couperin, Caix d'HerVeîois.\nGrand abonnement à la lecture musicale française et étrangère.\nPlus de 50,000 morceaux et Partitions.\nDépôt exclusif pour la France des Editions Pctcrs."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c060", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c060", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 4, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.21", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.4", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 48, "texte": "G. 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Net fr. 12.00\nTHÉODORE YSAYE\nOp. 9. Concerto en Mi bémol, pour piano\navec accompagnement d'orchestre.\nPartition, net fr. 75.00. Parties, net fr. 62.50.\nPiano principal avec réduction de l'orchestre\npour un second piano (en partition) net fr. 10.00\nOp. 13. Fantaisie sur un thème Wallon\npour grand orchestre.\nPartition, net fr. 12.50. Parties, net fr. 25.00\nOp. 14. Symphonie en Fa majeur, pour\ngrand orchestre.\nPartition, net fr. 30.00. Parties, net fr. 50.00\nOp. 15. Le Cygne. Esquisse symphonique\npour grand orchestre.\nPartition, net fr. 12.50 Parties, net fr. 25.00.\nSYLVIO LAZZARI\nTrois chansons de Shéhérazade (Poésies\nde Tristan Klingsor.)\n1. Demande net fr, 1.50\n2. Chanson des beaux amants . net fr. 1.90\n3. Le passé . . . . . ~ . net fr. 1.50\nLe recueil, net fr. 5.00\nTrois Poésies d'Emile Blémont (d'après\nHenri Heine.)\n1. Nuit en Mer net fr. 1.90\n2. Une femipe net fr. 1.90\n3. Malentendu net fr. 1.50\nLe recueil, net fr. 5.00\nLES ŒUVRES PUBLIEES\nDE\nCHARLES M. LOEFFLER.\nLa Mort de Tintaciles, Poème dramatique,\npour grand orchestre et viole d'amour.\nPartition, net fr. 25.00 Parties, net fr, 50.00\nRéduction pour piano à 4 mains, par Marcel\nLabey net fr. 10.00\nLa Villanelle du Diable, Fantaisie Sympho-\nnique pour grand orchestre et orgue.\nPartition, net fr. 25.00 Parties, net fr. 50.00\nRéduction pour piano à 4 mains, par Marcel\nLabay net fr. 10.00\nDeux Rapsodies, pour hautbois, alto et\npiano (L'étang, La cornemuse,) net fr, 6.25\nUn poème Païen, (d'après Virgil) pour grand\norchestre avec piano, cor anglais et trois\ntrompettes obligato.\nPartition, net fr. 50.00 Parties, net fr. 75.00\nRéduction pour deux pianos, (en partition)\npar H. Gebhard net fr. 7.50\nQuatre Mélodies, pour chant et piano. Poé-\nsies de Gustave Kahn.\n1. Timbres oubliés. 2. Adieux pour jamais.\n3. Les soirs d'automne. 4. Les Paons.\nChacune, net fr. 2,50 Le recueil netfr. 10.00\nQuatre poèmes pour voix, alto et piano.\n1. La cloche fêlée . . . . net fr. 2.50\n2. Dansons la gigue .... net fr. 2.50\n3. Le son du cor s'afflige vers\nles bois net fr, 2.50\n4. 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MOULLÊ\nAGENT GÉNÉRAL\n1, RUE \"BLANCHE, PARIS.\nCéC» Cé>.\nLettre d'HECTOR BERLIOZ\nParis, 25 Septembre 1867.\nMessieurs Steinway et Fils,\nJ'ai entendu les magnifiques pianos qui sortent de\nvotre fabrique. Permettez-moi de vous faire mes\ncompliments sur leur excellence et les rares qualités\nqu'ils possèdent.\nLeur sonorité est splendide et essentiellement\nnoble ; en plus vous avez découvert le secret de\ndiminuer jusqu'à un point imperceptible l'harmonie\ndéplaisante de la septième mineure, qui jusqu'à\nprésent se faisait entendre à la huitième et neu-\nvième vibration des plus longues cordes, rendant\nainsi les sons cacophoniques. Comme tant d'autres améliorations, celle-ci est un grand progrès dans\nla fabrication des pianos et un progrès pour lequel tous les artistes et amateurs doués dun goût\ndélicat vous devront de la reconnaissance.\nVeuillez accepter, Messieurs, avec mes compliments l'assurance de mon respect.\nMf\n112. ,\nmmamm\n'■? ' -A: i\n! 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' -j o*\nVERRE-SOLEIL\nDALLES\nVERRE-SOLEIL\nVERRE-SOLEIL\npour\nToitures, Marquises\nDALLES\nARMÉES\nVERRES BLEUS SPECIAUX ,\nv, A ' \" vV r^r\nANTICALORIFIQUES ET LUMINEUX POUR TOITURES\nCabinet de VÊCHO\nI\nt J \\ïr a->\nM\nifesi® \" i \"MB\n■illlw\nWM\nA \\f\nMi\nmmm\nmm\n*:mèS\nT:%\n? ••\nill»\n'VI ■ t\n€ mm\n-5\nMi\na> ?•\n- r /vv-\nIsWw.wsÈßw\nu.\n.V\nÎY - -\nI3ï£, ' Sv»\n;;\nmmrnmmm\nFenêtre ouverte\nFenêtre fermée garnie\nde Verre Soleil\nSur demande: envoi de Catalogues et Expériences gratuites-à domicile.\n7, Rue Louis=le=Grand, PARIS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c065", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c065", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 7, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.26", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.7", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 474, "texte": "if\nM\nlà\n%\no>.\n!iî!\n'!:!\n1\n<£\nIH\nr€\nm\n1\nm\nHi\nJ\nW\nV\n!\nl!K\n£^V/i\nVAv\nVA\\\n□\n11\naojf\n>!\n>*<\nmj£\nrZ\n11\n«\nÇ'\n*»\nM\nM\nm\n1\nS\nK\nHIIIHIIWIiIEftIT..\nATHURJHS\notAimiOPARIS rf#\nMydrothmapie er\n=>B AIN—DES DAMES*\nZÙz 4-7 ÛOulevarû HAUi'SMANM\nTARIF\nHOMMES\n1 bain Turc complet . . . 5 fr. 50\nDAMES\n1 bain Turc complet 10 fr.\n(En Salles Privées)\n■ •©•\nSalles d'Hydrothérapie spéciales\nia douche ........ 1 fr. 75\nGRANDES RÉDUCTIONS\nsur abonnements\nde 10, 25 Se 50 Cachets\n18, Rue des Mathurins"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c066", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c066", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 7, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.27", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.7", "debut_caractere": 476, "fin_caractere_exclue": 1243, "texte": "Éditions M. Senart, B. Roudanez Cie, Paris\n■\nSiège Social : 20, RUE DU DRAGON Vente au détail : 9, RUE DE MÉDICIS.\nMUSIQUE CLASSIQUE a 25 centimes\nEdition en grand format publiée sous la Direction artistique de VINCENT D INDY\nChasons mondaines\nDES XVIIe ET XVIIIe SIECLES FRANÇAIS\npubliées par Henry Expert\nHarmonisées par Emile Desportes\nChaque chanson en grand format O fr. 50\nPAUL DUPIN:\n«\nPoèmes pour Quatuor à Corde . . 4 fr. net\nPastorale, piano et violon .... 1.70\nRecueil de mélodies 7 fr. net\nMusique de Chambre\n(ECOLES ANCIENNES)\nCorelli Couperin Rameau Mondonville\nDu Caurroy Masciti\nTrios et Quatuors avec accompagnement.\nJ. DEBROUX :\nLes Maîtres du Violon, au XVIIe et XVIIIe\nsiècle\n25 sonates déjà parues net 2 fr.\nENVOI FRANCO DU CATALOGUE SUR DEMANDE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c067", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c067", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.28", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.8", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 596, "texte": "LIBRAIRIE CH. DELAGRAVE, 15, RUE SOUFFLOT, PARIS.\nViennent de paraître \" Collection PALLAS\nThéâtre Choisi\nDE\nEugène SCRI'BE\nPAR\nMARCEL CHARLOT\nInspecteur général honoraire de l'lnstruction Publique\nTable des Matières : INTRODUCTION L'OURS ET LE PACHA LE DIPLOMATE\nBERTRAND ET RATON OU L'ART DE CONSPIRER LA CAMARADERIE OU LA COURTE\nECHELLE —LE VERRE D'EAU OU LES EFFETS ET LES CAUSES ADRIENNE\nLECOUVREUR.\nToutes ces pièces sont publiées intégralement et précédées chacune d'une notice explicative.\nUn vol. in-16, imprimé sur beau papier vergé teinté, broché 3 fr. 50\nRelié mouton souple . . 5 fr."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c068", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c068", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.29", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.8", "debut_caractere": 598, "fin_caractere_exclue": 1187, "texte": "Les Poètes du Terroir\ndu XVe Siècle\nTEXTES CHOISIS\nAccompagnés de Notices biographiques, d'une Bibliographie et de Cartes des Anciens Pays de France\npar AD. VAN BEVER\nVIENT DE PARAITRE : TOME 111\nLanguedoc et Comté de Foix Lorraine Lyonnais\nNivernais Normandie.\nDÉJÀ PARUS : Tome I. Alsace Anjou Auvergne Béarn Berry Bourbonnais\nBourgogne Bretagne Champagne.\nTome 11. Dauphiné Flandre— Franche Comté— Gascogne et Guyenne\nIle de France Limousin et Marche.\nChaque tome forme un vol. in-16, de 550 pages, imprimé sur beau papier vergé\nteinté, broché ... 3 fr. 50 relié mouton souple ... 5 fr."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c069", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c069", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 9, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.30", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.9", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 491, "texte": "LIBRAIRIE CH. DELAGRAVE, 15, RUE SOUFFLOT, PARIS\nJ.=G. PROD'HOMME 4e ÉDITION\nLES SYMPHONIES DE BEETHOVEN\nPréface de M. ÉDOUARD COLONNE\nOuvrage couronné par l'Académie Française (Prix Ch. Blanc).\n(1800-1827)\nUn volume in-8 écu, avec de nombreux exemples notés et un portrait du Maître par\nLETRONNE (1815), broché 5 fr.\nChaque symphonie y est étudiée jusque dans sa genèse. C'est le guide le plus précieux et le plus\npuissamment documenté de l'amateur des grands concerts (Journal des Débats)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c070", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c070", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 9, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.31", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.9", "debut_caractere": 493, "fin_caractere_exclue": 1924, "texte": "L'HYGIENE DU VIOLON\nde l'Alto et du Violoncelle\nConseils pratiques sur l'Acquisition, l'Entretien, le Réglage,\nla Conservation des Instruments à Archet\nPAR\nLUCIEN GREILSAMER\nTABLE DES MATIÈRES\nChap. I. Hygiène générale : Conditions dans lesquelles un\ninstrument doit être constamment maintenu pour conser-\nver ses qualités. Chap. 11. Les cordes: Théorie de l'appa-\nreillage: tableau des diamètres pratiquement les plus favora-\nbles. Chap. 111. Le diapason : Différentes manières de\nle calculer et de le vérifier. Tableau des meilleures mesures.\nChap, IV. Le renversement et ses conséquences : Hauteur\ndes cordes sur la touche ; leur angle sur le chevalet. Di-\nmensions du chevalet, Chap. V. La barre et l'âme.\nChap. VI. A propos d'un concours international de luthe-\nrie. Où est le bon juge ? Chap. VIL Signes certains\nauxquels se reconnaît l'excellence d'un instrument.\nChap. VIII. Le truquage ; Bois chauffés, bichromatage.—\nChap. IX. Précautions dont il est nécessaire de s'entourer\nà l'achat d'un antique. Chap. X. Cassures et réparations.\nChap. XI. Quelques recettes utiles à l'entretien et à la\nconservation des instruments à archet.\nLes différentes parties d'un instrument à archet. No-\nmenclature et définitions,\nPrincipaux termes usités en lutherie.\nOuvrages sur la lutherie utiles à consulter.\nUn vol. petit in-40, illustré de 50 figures explicatives et de 4 planches en photogravure\nhors texte, broché 3 fr., relié 4 fr."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c071", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c071", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 9, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.32", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.9", "debut_caractere": 1926, "fin_caractere_exclue": 2273, "texte": "OEUVRES EN PROSE de RICHARD WAGNER\nTraduction de J.-G. 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M .?,__ c< .5 *&£: ■■ I■- \" <* ' à.«§ -s? - è&& t..%&sss& ffôss%iBB'.\n■\nh:\nfTO\n*-v~\nc:;:\n' < /\\'\n>\nV\n••■' ■'■ ri:\nIBS'Mww-- •- Ri r\nï I I '1 #3ll\n;4 PIr< - lèl M|\nI IpS Wâ 'm I 3HE WÊm\n;; i\n'•:fy V - • ' •■' .•• -y. ■■ ;\n!• -4~.. ML'mSm Bp?\nl|\n, ; f\n\": ! • •: -■'\nm\nms-1 \":M $' Bi vI! •■• '\nI\nWk* 4 M&X\nI '\nmmmrnmmm\nHS»\n.. • . 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Il n'en connaît pas de mieux organisés que la\nmaison Costallat et Oie. MM. Costallat et Cie ont été les premiers à faire pénétrer en France\nl'édition des1 grands classiques étrangers. Depuis 1895, ils furent les représentants actifs et\nautorisés de MM. Breitkopf et Haertel, chez qui Beethoven, Haendel, Bach, Haydn, Mozart,\nPalestrina, Liszt, Vittoria, Schumann et tant d'autres grands musiciens ont paru en éditions\ncomplètes et soigneusement revisées. Grâce à ce dépôt, MM. Costallat ont introduit chez nous un\ngenre d'ouvrages que les éditeurs de musique se refusaient presque tous à adopter, celui des publi-\ncations et livres de musicologie. Ils ont ainsi contribué effectivement à combler l'abîme qui existait\ntout récemment encore entre la librairie proprement dite et l'édition musicale. Parmi ces\nvolumes se trouve entre autres la célèbre biographie de Bach par le Dr Schweitzer, qui fait\nautorité aujourd'hui, et le manuel bibliographique de Pazdirek, ouvrage colossal, qui contient en\nses volumes le répertoire de la musique en librairie dans le monde entier.\nSi la maison Costallat est, de tous nos éditeurs, la plus solidement outillée pour le répertoire\ncosmopolite, elle est, d'autre part, et par ses origines une des plus françaises puisqu'elle tient en\ngrande partie son fonds de Richault, fondé à Paris en 1805, éditeur de Berlioz et des grands\nromantiques. La Damnation de Faust, que l'Opéra vient de remettre en scene, et 1 Enfance du\nChrist, qui s'y montrera peut-être un jour, donnent à ces éditeurs une glorieuse renommée.\nCitons encore parmi les modernes édités par la maison Costallat : A Coquard, Maurice\nLe Boucher, Léon Moreau, A. Mercier, qui vient d'être couronné par la ville de Paris, etc...\nEnfin, non content de joindre la musique à la musicologie, le détail au gros, 1 étranger au\nfrançais et l'ancien au moderne, MM. Costallat et Cie ont eu l'heureuse idée d'associer à leur\nfonds la vente et la location d'instruments à clavier. Grâce à l'ancienne et puissante maison\naméricaine G. Estey, de New-York, dont ils sont à Paris les représentants, ils offrent au public\nle piano, l'auto-piano, et les orgues, sans lesquels les textes publiés restent muets.\nOn ne saurait donc s'étonner de l'extension prise par la Maison Costallat dans ses locaux\nde la Chaussée d'Antin. Ces agrandissements font d'elle une maison d'édition moderne au sens le\nplus étendu de ce mot, où le lecteur et l'amateur de musique\ntrouveront tout ce dont ils ont besoin, tout ce qui peut servir àla HENRI DAVENEY.\nthéorie comme à la pratique, à la lecture comme à l'exécution. A. M."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c074", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c074", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 79, "image_fin": 79, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.35", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.79", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 864, "texte": "SALLE NOËL Avenue de Messine\nLe 7 JUIN à 9 heures du soir\nCONCERT DE\n-= TYMPANON =-\nPAR\nA. VOITITCHENKO\navec le concours de\nM\"** GORKY et LASKINE\nM. Voititchenko offre cette particularité d'être le descendant direct\nd'un nommé Hebenstreit qui vint en France à la fin du XVIIe siècle\net se fit entendre chez Ninon de Lenclos sur un instrument de son\ninvention, sorte de grand tympanon. Louis XIV émerveillé de cet\ninstrument, lui donna le nom de Pantaleon, qui était celui d'Hebenstreit\nlui-même. Depuis cette époque tous les aînés de cette famille ont\ntenu à honneur de jouer du tympanon. Celui que M. Voititchenko\nfera entendre à Paris n'est pas le Pantaleon de grand format de son\nancêtre, mais un tympanon de facture plus récente et de dimensions\nmoins encombrantes. M. V. a recueilli, aidé du grand Tolstoï une\nquantité de mélodies populaires Petit-Russiennes."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c075", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c075", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 80, "image_fin": 80, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.36", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.80", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2001, "texte": "SALLE DE LA SCHOLA CANTORUM, 269, rue Saint-Jacques\nTROIS SÉANCES\nDONNÉES PAR MM.\nJOACHIM NIN et S. BLANCO-RECIO\nPIANISTE VIOLONISTE\nPremière Séance : VENDREDI 19 MAI, à 9 heures du soir\n(Ecole Française, XVIIIe siècle)\nI. Sonate en mi mineur, pour violon et piano ....... SENAILLÉ\n11. Les Lys naissants \\\nMusette de Choisy, • <\nMusette de T. ave rnyf <Piano> , . . . COUPERA\nLe Réveil Matin )\n111. Sonate en ut mineur, pour violon et piano ....... LECLAIR\nSonate en la, pour violon et piano LECLAIR\nIV. Gavotte et Variations (piano) RAMEAU\nV. Sonate en sol, pour violon et piano ........ GUIGNON\nVI. Les tendres reproches \\ / DANDRIEU\nLe Coucou , . x I DAQUIN\nZaïde f <P'ANO> 1 ROYER\nLa Victoire ) V DUPHLY\nDeuxième Séance : MERCREDI 24 MAI, à 9 heures du soir\n(Ecole Italienne, XVIIIe siècle)\nI. Sonate en la, pour violon et piano ........ VIVALDI\nSonate en ré mineur, pour violon et piano ....... GEMINIANI\n11. Sonate en mi majeur \\\nSonate en mi majeur I\nSonate en sol m neur V (piano) ....... Domenico SCARLATTI\nSonate en ut majeur l\nSonate en fa mineur /\n111. Sonate en mi mineur, pour violon et piano ....... VERACINI\nIV. Sonate en ut mineur\nSonate en la bémol\nFugue (dite du chat)\nVariations en la mineur\n(piano) Domenico SCARLATTI\nV. Sonate en sol mineur, (dite du Trille du diable) ...... TARTINI\nTroisième Séance : MERCREDI SI MAI, à 9 heures du soir\n(Ecole Allemande, XVIIIe siècle)\nŒUVRES DE JEAN-SEBASTIEN BACH\nSonate en mi mineur (violon et piano) Fantaisie Chromatique et Fugue, Suite en mi (violon seul)\nConcerto Italien (piano) et Sonate en si mineur (piano et violon)\nPIANO WEBER DE THE COMPANY\nPRIX DES PLACES : Parquet, 3 fr. Amphithéâtre, 2 fr. Galerie 1.25 fr.\nAbonnement au trois séances : 8, 5 et 3 fr.\nBillets et Abonnements à la SCHOLA CANTORUM, chez MM. A. Durand et Fils, 4, place de la\nMadeleine, Hamelle, 22, Boulevard Malesherbes, et Laudy, 224, Boulevard Saint-Germain.\nPour tout autre renseignement s'adresser à M. JOACHIM NIN, 74, Avenue Beau-Séjour, Uccle-Bruxelles."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c076", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c076", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 82, "image_fin": 82, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.37", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.82", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2554, "texte": "THÉÂTRE DU CHATELET. GRANDE SAISON DE PARIS\nDirection: G. ASTRUC ù Cie\nDU 6 AU 17 JUIN 1911\nSIXIÈME SAISON RUSSE\norganisée par M. SERGE DE DIAGHILEW\nHUIT REPRÉSENTATIONS DE GALA\nBALLETS RUSSES\nMICHEL FOKINE, directeur chorégraphique. ALEXANDRE BENOIS, directeur artistique.\nCOMPOSITION DE LA TROUPE :\nNIJINSKY\nMmes TAMAR KARSAVINA, SOPHIE FEODOROWA, premières ballerines ;\nVERA FOKINA, ANNA GACHEWSKA, LYDIA LOPOUKHOWA,\nBRONISLAWA NIJINSKA, LUDMILLA SCHOLLAR, premières danseuses ;\nNATACHA TROUHANOWA, première danseuse mime ;\nMM. ADOLF BOLM, premier danseur classique ; ENRICO CECCHETTI, premier mime ;\nGEORGES ROSAY, ALEXANDRE ORLOW, LÉONIDE LÉONTIEW, NICOLAS CREMNIEW,\nIVAN KOUSSOW, premiers danseurs\net le Corps de Ballet, comprenant 85 danseurs et danseuses.\nPROGRAMME\n\"Premier Spectacle : Mardi 6, Je\na) L'OISEAU DE FEU\nBallet Fantastique en i acte avec apothéose. Musique de I. Stravinsky, Décor et\ncostumes de A. Golovine.\nb) LE SPECTRE DE LA ROSE (Création)\nPoème de Théophile Gautier, adapté par].-h. Vaudoyer àll V Invitation ala Valse\"\nde Weber, instrumentée par Berlioz. Décor et costumes de L. Bakst.\nc) LA BATAILLE DE KERJENETZ\nMusique de N. Rimsky-Korsakow, Panneau de N. Rœrich.\nd) LA PÉRI (Création)\nPoème dansé. Musique de Paul Dukas, Décor et costumes de L. Bakst.\ne) SADKO (Création)\nTableau sous-marin (chant et danses). Musique de N. Rimsky-Korsakow, Décor de\nB. Anisfeld, Mme Stepanova, MM. Zaporojetz et Issatchenko.\nDeuxième Spectacle : Mardi 13, Jeu\na) SCHEHERAZADE\nDrame Chorégraphique en I Acte de L. Bakst. Musique de N. Rimsky-Korsakow.\nb) NARCISSE (Création)\nBallet Antique en i Acte de L. Bakst. Musique de N. Tcherepnine. Décor de L. Bakst.\nc) PETROUCHKA (Création)\nQuatre Tableaux Chorégraphiques. Musique de I. Stravinsky, Décor et costumes\nd'A. Benois.\nChorégraphie de M. FOKINE, Orchestre de 100 MUSICIENS.\nPRIX DES PLACES : Loges de face, la loge 400 fr. Loges de 3/4. la loge 350 fr. Loges de côté, la loge 250 fr.\nBaignoires ouvertes de face, 200 fr. Baignoires fermées de côté, 300 fr. Baignoires de scène, 1 25 fr. Balcon\nIre rang, la place 40 fr. Balcon 2me rang, la place 35 fr. Orchestre (Ire série), la place 30 fr. Orchestre (2me série),\nla place 2 5 fr. Galerie Ire rang, la place 20 fr. Galerie face, la place 1 5 fr. Galerie côté, la place 1 2 fr. lr Am-\nphithéâtre (lr rang et face), la place 6 fr. lr Amphithéâtre (côtéj, la place 5 fr. 2me Amphithéâtre (au bureau seulement)\nla place 3 fr. 3me Amphithéâtre (au bureau seulement), la place 2 fr.\nN.B. A partir de la Galerie, on ne loue qu*au Châtelet."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c077", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c077", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 83, "image_fin": 83, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.38", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.83", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1427, "texte": "THÉÂTRE DU CHATELET\nGRANDE SAISON DE PARIS ■* G C,E\nDU 20 MAI AU 2 JUIN 1911\nDIX REPRÉSENTATIONS DE GALA\nLE MARTYRE\nSAINT SÉBASTIEN\nMystère en cinq actes de GABRIELE D'ANNUNZIO\nAvec la Musique de CLAUDE DEBUSSY\nDécors et Costumes de M. LÉON BAKST — Mise en scene de j4RMAND {T}OUR\nChorégraphie réglée par ZXCICHEL FOKINE\nDISTRIBUTION : Le Saint, Mme IDA RUBENSTEIN ; La Mère Douloureuse, Mlle A. DUD-\nLAY de la Com.-Française ; La Fille malade des fièvres, Mlle VERA SERGINE;\nL'Empereur, M. DESJARDINS, de l'Odéon; Le Préfet, M. HENRY KRAUSS\n150 Artistes.\n350 EXÉCUTANTS 500 COSTUMES\nOrchestre et Chœurs sous la direction de M. ANDRÉ CAPLET\nChef des Chœurs et du Chant : M. D.-E. 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Un grand Sommeil\n2. Le Rideau de ma Voisine\n3. Salut à toi.\n4. D'une Prison\n5. La mort d'un Enfant\n6* L'heure exquise\n7. Les Présents\n8. Ces doux Yeux\n9. Aubade\n10. Ariel\n11. Page d'Album\n12. Chanson (O ma Charmante)\n13. A ma Bien-Aimée\n14. Toujours\n15. La première Larme\n16. Sirène\n17. Lettre à Ninon\n18. La mort d'un Enfant (avec violon\nobligé).\n19. La Première\n20. Le plus doux Chemin\n21. Chanson des Petits Souliers\n22. Chanson Lithuanienne\n23. Avec un Bouquet\n24. Crépuscule\n25. Crépuscule (avec alto obligé)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c082", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c082", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 87, "image_fin": 87, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.43", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.87", "debut_caractere": 1649, "fin_caractere_exclue": 1718, "texte": "A.Z. 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I. Une Société est formée sous le nom\nde Société Musicale Indépendante entre\nles soussignés qui en composent le\nComité et tous ceux qui, par la suite,\nadhéreront aux présents Statuts.\nART. II. — Le siège de la Société est à Paris,\nil, rue Bergère.\nART. III. — La Société a pour objet de faire\nconnaître par l'exécution, les œuvres de\nla musique moderne, française ou étran-\ngère, éditées ou non, sans aucune ex-\nception de genre, ni de style.\nART. IV, — La Société comprend :\ni° Des Fondateurs, ayant versé à titre\nde don une somme minimum de 500 fr.\n20 Des Sociétaires, versant une coti-\nsation annuelle de 30 fr. exigible au\ndébut de chaque exercice et susceptible\nd'être rachetée par un versement uni-\nque de 300 fr.\nART, V. — Tout sociétaire a le droit de pro-\nposer ses œuvres pour l'exécution.\nART. IX. Chacun des Sociétaires aura droit\nà trois places pour chaque concert. Cha-\nque Membre Fondateur aura droit à\ntrois places réservées et à deux invita-\ntions pour chaque concert."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c085", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c085", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 88, "image_fin": 88, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.46", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.88", "debut_caractere": 1147, "fin_caractere_exclue": 1975, "texte": "ART. XII. — La Société, poursuivant un but\npurement artistique, ne pourra disposer\ndes fonds recueillis par souscriptions,\ncotisations ou dons, que pour étendre\nsa sphère d'action. Tout excédent de\nrecettes, à l'expiration d'un exercice,\nsera intégralement affecté à l'organisa-\ntion de concerts supplémentaires.\nL'administration artistique de la Société\nIndépendante est assurée par le Comité\nsoussigné, sous la Présidence effective de\nM. GABRIEL FAURÉ, Directeur du Conser-\nvatoire.\nLe Comité :\nGABRIEL FAURÉ, LOUIS AUBERT, ANDRÉ\nCAPLET, ROGER DUCASSE, JEAN HURE,\nCHARLES KOECHLIN, MAURICE RAVEL,\nFLORENT SCHMITT, EMILE VUILLERMOZ.\nSecrétaire général : A.-Z, MATHOT.\nEnvoyer les adhésions, les souscriptions, les\nmanuscrits et les demandes d'exécution au Se-\ncrétariat général de la Société, il, Rue Bergère.\nTéléphone 234-31."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c086", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c086", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 88, "image_fin": 88, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.47", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.88", "debut_caractere": 1977, "fin_caractere_exclue": 2147, "texte": "Les prochains concerts auront lieu SALLE GAVEAU aux dates suivantes :\n12me concert : 24 Avril\n13me concert : (sans noms d'auteurs) 9 Mai\n14me concert ï (orchestre) 23Mai."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c087", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c087", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 93, "image_fin": 93, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.48", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.93", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1947, "texte": "CONCERTS ANNONCÉS\nSALLES GAVEAU\n11\n11\nn\n11\nv\nM. Pinell (avec orchestre) soirée\nSociété uLa Couturière\" matinée\nM. Pond ...... soirée\nFondation Sachs, (or- soirée\nchestre) soirée\nConcert Lazaro.... soirée\nSociété Haendel . . , soirée\nChant Choral à l'Ecole . matinée\nGala de l'Union des Fem-\nmes de France . .\nsoiree\nSalle des Quatuors\nn\ni)\n»\nil\nLes Elèves de Mme Marty\n(chant) . . . , . .\nLes Elèves de M. et Mme\nCanivet (piano) . . .\nConcert Schramm. . .\nLes Elèves de MUe Sad-\nler (piano)\nConcert Companyo . .\nConcert Schramm. . .\nLes Elèves de M. Arnould\n(piano)\nsoiree\nmatinée\nsoirée\nmatinée\nsoirée\nsoirée\nmatinée\nSALLE ERARD\n15 Mai. M. THALBERG (Piano) .... 9 heures du soir\n16 ~ —M. FERTE (Piano) .... 9 heures du soir\n17 ~ —M. SCHIDENHELM (Piano) . , 9 heures du soir\n18 ~ —M. GALSTON (Piano) 9 heures du soir\n19 „ —M. JOHN POWELL (Piano) 9 heures du soir\n20 „ Mme. GARENINE (Chant) 9 heures du soir\n21 „ Mme DE MARLIAVE (Matinée d'élèves) i£ heures du soir\n22 „ —M. DIMITRI (Audition d'élèves) 9 heures du soir\n23 „ Mlle J. LAVAL (Violon), , 9 heures du soir\n24 ~ —M. PADEREWSKI (Piano) 9 heures du soir\n25 „ SOCIETE ACADEMIQUE DES ENFANTS D'APOLLON (Matinée) 2 heures\n26 „ —M. GARES (Piano) 9 heures du soir\n27 „ Concert au profit de I'UNION VALENCIENNOISE 9 heures du soir\n28 „ Mlle RENIE (Matinée d'élèves) . heures\n29 ~ —M. PADEREWSKI (Piano), 9 heures du soir\n30 „ —M. DORIVAL (Piano) 9 heures du soir\n31 „ —M. V. GILLE (Piano) . 9 heures du soir\n1 Juin. M. BRAUD (Audition d'élèves) ,9 heures du soir\n2 „ —M. PADEREWSKI (Piano) 9 heures du soir\n3 „ Mlle MORSZTYN (Piano) 9 heures du soir\n6 „ —M. BERNY (Piano) ... 9 heures du soir\n7 „ —M. DANVERS (Piano) 9 heures du soir\n8 „ —M. GEORGES HESSE (Piano) . . , 9 heures dn soir\n9 „ —M. DE RADWAN (Piano) 9 heures du soir\n10 „ Mme DE MARLIAVE (Audition d'élèves) 9 heures du soir\n11 ~ Mme BAZELAIRE (Matinée d'élèves) i£ heures\n12 „ Mme BEX (Audition d'élèves) . . . . , 9 heures du soir"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c088", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c088", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 94, "image_fin": 94, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.49", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.94", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 39, "texte": "CONCERTS ANNONCES\n(SUITE)\nSALLES PLEYEL"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c089", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c089", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 94, "image_fin": 94, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.50", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.94", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 657, "texte": "Grande Salle\n15 Mai. 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Gabriel FAURÉ, Raoul PUGNO, de la Société des Instruments Anciens\n(fondée par Henri Casadesus) et de MM. Francis CASADESUS et Alfred CASELLA.\nMercredi 17 Mai\navec le concours de M. G. FAURE, de la SOCIÉTÉ DES\nINSTRUMENTS ANCIENS et de MM. F. CASADESUS\net M. CASELLA.\nSINDING\nSLBELIUS\n1\nI. Gnadenmutter •\nRosenlied • . •\nVerschwiegene Liebe\nIm Kahne •\nAm Sommerabend .\nSnee .....\nMme Marie de Wieniawska et M. Alfred Casella.\n11. Rencontre-\nToujours -\nGRIEG\nSIGURD LIE\nAdieu\nAprès un rêve\nMandoline.\nClair de lune\nLa Fée aux Chansons\nMme Marie de JVieniawska et Vauteur.\n(GABRIEL\nFAURÉ\n111. Sept Chants populaires russes, harmonisés, arrangés et\ninstrumentés par . . . A. DE WIENIAWSKI\nMme Marie de fVieniawska et la Société des Instru-\nments anciens sous la direction de M. Francis Casa-\ndesus.\nMercredi 24 Mai\navec le concours de MM. RAOUL PUGNO\net A. CASELLA\nI.\n)\nMQUSSORGSKY\nBORODINE\nRIMSKY-KORSAKOFF\nLa Nuit....\nLa Foire.\nLa Reine de la Mer .\nL'Orgueil\nLe Jardin\nAir de l'op. Snegourotchka\nLes Nuits -\nLe Mauvais soir\nTubéreuse\nLe Vœu ...»\nMme Marie de Wieniawska et M. Alfred Casella.\n11. Berceuse-\nu\nDE WIENIAWSKI\nCHOPIN\nImpromptu\nlre Ballade\nM. Raoul Pugno.\n111. Les heures claires-\n}\nCHOPIN\nRAOUL PUGNO et\nNADIA BOULANGER\na. Le ciel...\nb. Vous m'avez dit...\nc. Roses de juin\nd. Que tes yeux...\ne. Ta bonté.\n/. C'était en juin.\nMme Marie de Wieniawska et M. Raoul Pugno.\nBillets s 12 fr., 10 fr.# 5 fr. et 3 fr.\nLOCATION: A la Salle Pleyel, 22, rue Rochechouart; chez Durand et Fils, Editeurs, 4, place de la Madeleine; chez Max\nEschig, Editeur, 13, rue Laffitte et chez Grus & Cie, Editeurs, place Saint-Augustin."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c092", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c092", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 98, "image_fin": 98, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.53", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.98", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 994, "texte": "Représentant exclusif de Jacques THIBAUD\nAlbert GUTMANN, Administration et Entreprise Internationale de Concerts, 14, Rue Georges Ville\n(Avenue Victor Hugo) — Organisation des Concerts à Paris : Administration de Concerts\nA. DANDELOT, 83, Rue d'Amsterdam et Albert GUTMANN.\nSALLE G A VEAU 45-47, La Boëtie\nDEUXIÈME CONCERT\nTHIBAUD^-\nVendredi 19 Mai, en SOIRÉE, à 9 heures précises\nPRIX DES PLAGES s — Parterre : Fauteuil : 10 fr. — Loges de face, la place : 10 fr. — de Côté : 8 fr. — Pour-\ntour ; 6 fr. — Promenoir : 3 fr. — Premier Balcon ; Face et 1er rang : 8 fr. — Côté : 6 fr. — Pourtour : 5 fr. —- Prome-\nnoir : 3 fr. — Deuxième Balcon : Face et 1er rang : 5 fr, — Côté : 4 fr. — Pourtour : 3 fr. — Promenoir : 2 fr.\nLOCATION : à la SALLE GAVEAU, 45, rue La Boëtie; chez MM. DURAND & FILS, 4, Place de la Madeleine;\nGRUS, 116, Boulevard Hausmann : ESCHIG, 13, Rue Laffitte ; FORTIN, 41, Rue St-Placide et à l'ADMINISTRATION\nDE CONCERTS A. 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(Pourtour) : 4 fr. — Deuxième Balcon (Face ou\nIer rang) : 5 fr., (Côté) : 4 fr., (Pourtour) : 3 fr. — Promenoirs : Parterre et Ier Balcon : 3 fr.\n2ra* Balcon : 2 fr.\nLOCATION : à la SALLE GAVEAU, 45, Rue La Boëtie ; chez MM. DURAND & 4, PJace\nde la Madeleine ; GRUS, 116, Boulevard Haussmann ; Max ESCHIG, 13, Rue Laffitte : FORTIN,\n51, Rue St-Placide et à l'ADMINISTRATION DE CONCERTS A. 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FŒTISCH Frères (S, A.) éditeurs, Lausanne.\nJe, s\ndemeurant à\nsouscris la somme de Fr\npostaux N° 111588 ou*\npour exemplaires de la partition piano et chant de LOYSt\nJe ÇUSTAVE\n* Indiquer le mode de payement."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c099", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c099", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 103, "image_fin": 103, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.60", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.103", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 22, "texte": "ŒUVRES DE\nEMANUEL MOOR"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c100", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c100", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 103, "image_fin": 103, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.61", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.103", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 886, "texte": "PIANO A DEUX MAINS\nImpressions pour piano, op. 86.\nEn recueil .\nSéparément N° i\nV\n))\n))\n2\n3\n4\n5\n6\nHarpe\nç.oo\ni-75\nI-5°\n1.50\n1.50\nI-75\nI-75\n2.00\n6.00\n4.00\n5.00\n3-5o\n(Op. 102) Prélude\n(Op. 103) Deuxième sonate\n(Op. 99) Trois pièces pour\nchromatique ou Piano\n(Op. 106) 2me Suite. . .\nVIOLON ET PIANO\n(Op. 101) Largo (piano ou orgue) .\nVIOLON ET PIANO\nSonate (op. £54) 8.00\nRhapsodie (op. 84) (réduction de\nl'orchestre pour piano). . . . 5.00\nVIOLON ET ORCHESTRE\n(Op. 84) Rhapsodie (partition et maté-\nriel) 24.00\nVIOLON SEUL\n(Op. 100) Quatre préludes .... 3.00\nVIOLON ET VIOLONCELLE\n(Op. 109) Suite 4.00\nVIOLONCELLE ET PIANO\n(Op. 105) Largo 2.00\nVIOLONCELLE ET PIANO\nSonate (op. 76) 7.00\nDEUX VIOLONCELLES SEULS\n(Op. 110) Suite 4.00\nDEUX PIANOS A DEUX MAINS\nConcerto (op. 85) (réduction de l'or-\nchestre) 12.00\nConcertstiick (op. 88) (réduction de\nl'orchestre) 8.00"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c101", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c101", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 103, "image_fin": 103, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.62", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.103", "debut_caractere": 888, "fin_caractere_exclue": 1954, "texte": "MUSIQUE VOCALE\n(Op. 88). Premier recueil, n° i à 7.\nLe recueil complet 6.00\nSéparément :\nN° 1. Bonjour mon cœur (RONSARD) 2.00\n2. Mignonne, allons voir (RON-\nSARD) 1.50\n3. Sonnet pour Marie (RONSARD) 1.50\n4. Terre, ouvre-moi (RONSARD) . 1.50\n5. A vous, troupe légère (J. DU\nBELLAY) 1.75\n6. Chanson (RONSARD). . . . 1.50\n7. Quand je te vois (RONSARD) . 1.50\n(Op. 91) Deuxième recueil n° 1 à\n6, le recueil complet.... 6.00\n)>\n»\n»\n>)\n))\n)>\nSéparément :\nN° 1. Tristesse (A. DE MUSSET)\n))\n»\n))\n»\ni-75\nx.50\n1.50\n1.50\ni-75\n2.50\n3.00\n2. Extase(V. HUGO)\n3. La Nuit (E. BUSSY) . . .\n4. Menuet (F. GREGH). . .\n5. Fuite de Centaure (J. DE HE\nREDIA)\n6. Chanson (Th. GAUTIER) .\n(Op. 104). La Jeune Ta. .\n(Op. 94). Lieder(Texte français et\nallemand). Traduction fran-\nçaise de Mme CHEVILLARD . .\nI. Berceuse 1.25\n11. Gretchen 1.75\n111. Un astr 1.50\nIV. Chacun,\npeine 1.50\nV. Adieu 1.50\n(Op. m) N° 1. Les Trois fils d'or\n(LECONTE DE LISLE). . . . 1.75\n(Op. 112) N° 2. Plaintive Tourte-\nrelle (TH. GAUTIER) . . . 1.75\n(Op. m) Troisième recueil, n° 1\nà 7. Le recueil complet. . . 6.00"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c102", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c102", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 103, "image_fin": 103, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.63", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.103", "debut_caractere": 1956, "fin_caractere_exclue": 2020, "texte": "MATHOT, ÉDITIONS LITTÉRAIRES ET MUSICALES\nii, RUE BERGÈRE, PARIS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c103", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c103", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 104, "image_fin": 104, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.64", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.104", "debut_caractere": 3, "fin_caractere_exclue": 511, "texte": "DÉSIREZ-VOUS CONNAITRE L'ADRESSE\nd'une Maison donnant en LECTURE non seulement de la\nMusique Française\nMAIS ÉGALEMENT ET SURTOUT\nToute la Musique Etrangère\nET MÊME DES\nPartitions d'Orchestre ?\nADRESSEZ-VOUS A\nM. MAX ESCHIG, 13, RUE LAFFITTE, 13, PARIS\nTÉLÉPHONE 108-I4\nqui vous enverra immédiatement toutes les conditions\nSERVICE POUR PARIS ET LA PROVINCE\n-\nÉDITION POPULAIRE SIMROCK\nLes Chefs-d'Œdvre de BRAHMS, BRUCH,\nDVORAK, SCHUTT, etc.\nPOUR LA MOITIÉ DE LEURS PRIX ANCIENS!\nDEMANDEZ LE CATALOGUE SPÉCIAL"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c104", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c104", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 120, "image_fin": 120, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.65", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 120, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.120", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 266, "texte": "ROUART, LEROLLE & Cie\nÉDITEURS\n18, BOULEVARD DE STRASBOURG, PARIS\nDépositaires des principaux éditeurs russes et de l'Edition\nUniverselle, la meilleure des Editions classiques.\nŒuvres de Chausson, Duparc, Le Borne, de Bréville,\nAlbert Roussel, de Séverac, Lekeu etc."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c105", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c105", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 120, "image_fin": 120, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.66", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 120, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.120", "debut_caractere": 268, "fin_caractere_exclue": 1289, "texte": "Éditions W. HANSEN\nCOPENHAGUE «S LEIPZIG\nROUART, LEROLLE & Cie, Dépositaires exclusifs pour la France.\nCZERNY-GERMER. Tirage 400.000 Ex.\nEtudes choisies de Czerny :\nVol. I fr. 2.50\ni° 50 petites Etudes pour le cours élé-\nmentaire.\n20 32 Etudes pour moyenne force.\nVol. II fr. 2.50\n30 Ecole de la vélocité, pour moyenne\nforce, 30 études.\n40 Etudes spéciales pour moyenne\nforce.\nVol. 111 fr. 2.50\n50 Ecole de la vélocité, pour moyenne\nforce supérieure.\n6° 36 études d'octaves pour force moy-\nenne et supérieure.\nVol. IV fr. 2.50\n70 Ecole des legato et staccato pour le\ncommencement du cours supérieur.\n8° Ecole de la vélocité pour le cours\nsupérieur, 19 études.\nCZERNY-GERMER. Op. 299. Ecole de la vé-\nlocité fr. 2.—\nOp. 337. 40 Exercices journaliers fr, 1.25\nJOHAN SVENDSEN\nCélèbre Romance en sol majeur. Op. 26.\n70e édition.\nPiano et violon ....\nPiano seul\nPiano 4 mains\nPiano et violoncelle . . .\nPiano et alto\nHarmonium . . , . .\nViolon et orchestre partition\nparties\ny)\nV\nnet fr. 2.70\n1.70\n2.—\n2.70\n2.70\n1.70\n2.70\n5-5o"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c106", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c106", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 121, "image_fin": 121, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.67", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 121, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.121", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2024, "texte": "THÉÂTRE SARAH-BERNHARDT M Mai-Juin 1911\nGRANDE SAISON RUSSE\nOPÉRAS ET BALLETS\norganisée par l'Association pour la PROPAGATION DE LA MUSIQUE SLAVE\nAVEC LE CONCOURS\nd'artistes des Théâtres Impériaux de Russie et des principaux Théâtres de France et de\nl'Etranger :\nMmes Van Brandt, M. Boyer, Czaplinska, Drouziakina, Hèglon, Korolewicz,\nLitvinne, Makarova, Marcia, Tcherkaskaïa, Thevenet, Zakharova, etc.\nMM, Baklanow, Bolchakow, Bourbon, Léon David, Didur, Nivette,\nRousselière, Séveilhac, Smirnow, Vallier etc.\nDanse: Mme Julia Sèdova, MM. Clustine, Légat etc.\nREPERTOIRE\nOPÉRAS, joués en R\nLA ROUSSALKA\n(Dargomyjski)\nLA FIANCEE DU TSAR\n(Rimsky-Korsakow)\nLA NUIT DE\n(Rimsky-Korsakow)\nLA DAME DE PIQUE\n(Tchaïkowsky)\nLE DEMON\n(Rubinstem)\nONÈGUINE\n(Tchaïkowsky)\n•BALLETS (Sketches)\nLA BELLE AU BOIS DORMANT\n(Tchaïkowsky)\nLE LAC DES CYGNES\n(Tchaïkowsky),\nLA FORET ENCHANTEE\n(Drigo)\nKONIOK GORBOUNOK\n(Puni)\nIl y aura trois abonnements de six spectacles\nSÉRIE A. Les Mardis 2, 9, 16, 23, 30 Mai et 6 Juin\nB. Les Jeudis 4, 11, 18, 25 Mai, 1 et 8 Juin\nC. Les Samedis 6, 13, 20, 27 Mai, 3 et 10 Juin\n* «\nPRIX DES PLACES pour chaque abonnement de six représentations\nAvant-Scènes du rez-de-chaussée, la place : 185 fr.; Avant-Scènes de Balcon, 180 fr.; Baig-\nnoires, 150 fr.; Loges de Balcon, 150 fr.; Fauteuils d'Orchestre ler,Ier, 2e, 3e et 4e rangs, 150 fr.;\nFauteuils d'Orchestre, se,5e, 6e, 7e et 8e rangs, 120 fr.; Fauteuils d'orchestre 11e, 12e, 13e et 14e rangs,\n90 fr.; Fauteuil de Balcon, lerIer rang, 150 fr.; Fauteuils de Balcon, 2e rang, 120 fr.; Avant-Scènes\nde ire Galerie, 72 fr.; Loges de ire Galerie à salon, 72 fr.; Loges couvertes de ire Galerie, 54 fr.;\nFauteuils de ire Galerie, 54 fr.; Avant-Scènes de 2e Galerie, 30 fr.; Stalles de Parterre, 21 fr.;\nFauteuils de 2e Galerie, 30 fr. ; Stalles de 2e Galerie, 15 fr.; Stalles d'Amphithéâtre, 6 fr.\nDroit des pauvres (pour les places de 5 fr. et au-dessus) 10 0/0 en sus.\nLes abonnements sont reçus dès aujourd'hui au bureau de location du Théâtre\nSarah-Bernhardt."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c107", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c107", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 126, "image_fin": 126, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.68", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 126, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.126", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 18, "texte": "Courrier Financier"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-05-15-01-c108", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-05-15_01#c108", "volume": "bmtnabh_1911-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 126, "image_fin": 126, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.2.69", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 126, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.126", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 3016, "texte": "Dans notre dernier \" courrier \" nous avons démontré l'intérêt que peut souvent présenter\nl'arbitrage entre des valeurs différentes, c'est-à-dire leur échange à bon escient pour réaliser en\ntemps opportun un bénéfice ou accroître son revenu.\nLes arbitrages présentent pourtant quelques difficultés dans leur réalisation, et il est clair\nqu'en s'écartant de certaines règles déterminées, on s'exposerait souvent à vendre un titre doté\nd'une garantie de premier ordre pour acheter, à un cours plus avantageux, une valeur moins\nsolide. Il y a donc lieu de faire à ce sujet quelques observations.\nTout d'abord, il faut que les valeurs échangées appartiennent à une même catégorie. Il\nserait inopportun, par exemple, d'arbitrer un Fonds d'Etat rapportant 5 °/0 contre l'action\nd'une entreprise industrielle même dotée d'un rendement beaucoup plus élevé parce que la\npremière valeur présente une sécurité de cours que n'offre pas la seconde.\nEn allant plus au fond des choses, on arrive à ce principe que deux titres à arbitrer\ndoivent être dotés de garanties égales ; car il arrive qu'entre deux emprunts de la même\npuissance existent à ce point de vue des différences parfois très importantes ; et qui précisé-\nment justifient un écart de cours.\nIl faut aussi envisager la question du Marché et ne pas acheter un titre coté à de rares\nintervalles par conséquent difficile à vendre en remploi de disponibilités provenant d'une\nvaleur à marché large.\nEn quelque sorte, on pourrait dire que pour échanger deux valeurs, il faut qu'elles\npossèdent les mêmes qualités aussi bien que les mêmes défauts.\nLorsqu'il s'agit de titres présentant ces conditions, l'arbitrage peut se recommander dans\ndeux cas principaux : d'abord, s'il existe une différence de cours appréciable et non justifiée ;\nce qui se présente en particulier lorsqu'il s'agit de deux affaires dont l'une la plus ancienne est\nbien classée dans les portefeuilles, tandis que la seconde, émise plus récemment, est encore en\npartie flottante.\nIl peut se faire encore, s'il s'agit d'obligations, que la prime de remboursement soit plus\nimportante pour un titre que pour l'autre, ou bien qu'elle comporte un délai moins long. Si, au\ncontraire, il s'agit des actions de deux entreprises à peu près similaires, l'une peut se présenter\navec des perspectives d'avenir plus brillantes.\nExaminons maintenant la question à un point de vue pratique : nous pourrions envisager\nles exemples suivants :\nPuisque les dates éloignées auxquelles paraissent ces Courriers financiers ne nous permettent\npas de donner à nos lecteurs des renseignements d'actualité susceptibles de les aider dans la\ngestion de leur portefeuille, c'est en les conseillant dans cette voie des arbitrages que nous nous\nefforcerons désormais de leur être utile.\nS'ils veulent bien suivre nos conseils, nous ne doutons pas qu'ils puissent ainsi réaliser\nd'appréciables bénéfices sur la gestion de leur portefeuille.\nSociété Auxiliaire des Banque» Régionales\n74, rue de la Victoire, Paris."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.1", "texte": "[VII* Année.\nN° 5.\n15 Mai 1911.\nSTHBF iBl • MBÊ^m\n«-■ / n s? »\n1\nV, R&-'\"-, ■ vV.\nSI S ÉF i\nREVUE MUSICALE MENSUELLE\nRÉDACTION :\n2, Rue St. Augustin, PARIS.\nTéléphone 204.20\nLibrairie CH. DELAGRAVE\n15, rue Soufftot, PARIS,\nLe numéro:\nFrance et Belgique 1fr,50 Union 2fr.\nUn an 15 fr. 20 fr.\nCopyright by S. I. M. 1911.\n\nLULLY GENTILHOMME ET SA DESCENDANCE, par J. Ecorcheville. F LA MUSIQUE ET LE\nGESTE, par E. Poirée. 0 A. GUILMANT, par Ch. Mutin, 0 LES LIVRES.\nUNE ENQUÊTE SUR L'OPÉRA EN ANGLETERRE, par X. M. Boulestin.\nOpinions de MM. C. V. Stanford, L. Ronald, Taylord, Ger\nJl. fßax, Cyril Scott, F. Bridge, FullertTSZaitland, fFlaughan, xTcrtje.\nLES THEATRES, par Vuillermoz. 0 LES CONCERTS à Paris, en Province et à l'Etranger L'ÉDITION\nMUSICALE. 0 LES CONSERVATOIRES DE PROVINCE, par I. Mayan. 0 LEURS MAINS,\n(Mains de MM. Messager et 'Paulin),par P. jobbé-Duval. VICTOR \\ REULS, par R. Lyr."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.2", "texte": "S. I. M.\nAncien Mercure Musical\nREVUE MUSICALE MENSUELLE\nfondée par la\nSociété Internationale de Musique\n(SECTION DE PARIS)\nDirecteur: J. ECORCHEVILLE\nSecrétaire de la Rédaction : Rédacteur pour la Belgique :\nCH. LEGRAND RENE LYR\n22, rue Si. Augustin, PARIS. Boitsfort-Bruxelles.\nLe Directeur et le Secrétaire de la Rédaction reçoivent\nle mercredi et le samedi de 4 à 7 heures.\n\nDANS CE NUMÉRO:\nJ, Ecorcheville Lully gentilhomme et sa descendance. ... 1\nES. Poirée La musiqu . 20\n0. Mutin Alexandre Guilmant. ........ 37\nLes Livres 41\nX. M. Boulestin .... L'avenir de l'opéra anglais 49\nLE MOIS\nE. Vuillermoz Les Théâtres à Paris 65\nP. Guérillot .... . . Les Concerts à Paris 70\nA travers la Province : 78. La Belgique : 79. L'Étranger : 84\nL'édition musicale : 94. Les Amis de la musique : 98.\nVARIÉTÉS\nB>. Lyr Victor Vreuls 99\n1. Mayan Les Conservatoires de province ..... 107\nP. Jobbé-Duval. . . . . Leurs mains 114"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.3", "texte": "A. DURAND & FILS, Éditeurs de Musique\n(DURAND & Cie)\n4, Place de la Madeleine, PARIS\nSONATES VIOLON & PIANO\nRÉPERTOIRE MODERNE\nGRAND CHOIX DE MUSIQUE DE CHAMBRE FRANÇAISE & ÉTRANGÈRE\nŒuvres de C. SAINT-SAËNS, Edouard LALO, Vincent d'INDY,\nA. de CASTILLON, C.M. WIDOR, Claude DEBUSSY,\nPaul DUKAS, Gabriel PIERNÉ, Emile BERNARD,\nCharles LEFEBVRE, C. CHEVILLARD, GUY-ROPARTZ,\nG.M. WITKOWSKI, Maurice RAVEL, ROGER-DUCASSE, etc.\nCLASSIQUES FRANÇAIS\nŒuVres de Rameau, Couperin, Caix d'HerVeîois.\nGrand abonnement à la lecture musicale française et étrangère.\nPlus de 50,000 morceaux et Partitions.\nDépôt exclusif pour la France des Editions Pctcrs."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.4", "texte": "G. Schirmer (Inc.) New York\nEditeurs de Musique.\n\nQUELQUES PUBLICATIONS IMPORTANTES\nGABRIEL FAURÉ\n%\nQu intette en Ré mineur, pour piano, deux\nviolons, alto et Violoncelle. Net fr. 12.00\nTHÉODORE YSAYE\nOp. 9. Concerto en Mi bémol, pour piano\navec accompagnement d'orchestre.\nPartition, net fr. 75.00. Parties, net fr. 62.50.\nPiano principal avec réduction de l'orchestre\npour un second piano (en partition) net fr. 10.00\nOp. 13. Fantaisie sur un thème Wallon\npour grand orchestre.\nPartition, net fr. 12.50. Parties, net fr. 25.00\nOp. 14. Symphonie en Fa majeur, pour\ngrand orchestre.\nPartition, net fr. 30.00. Parties, net fr. 50.00\nOp. 15. Le Cygne. Esquisse symphonique\npour grand orchestre.\nPartition, net fr. 12.50 Parties, net fr. 25.00.\nSYLVIO LAZZARI\nTrois chansons de Shéhérazade (Poésies\nde Tristan Klingsor.)\n1. Demande net fr, 1.50\n2. Chanson des beaux amants . net fr. 1.90\n3. Le passé . . . . . ~ . net fr. 1.50\nLe recueil, net fr. 5.00\nTrois Poésies d'Emile Blémont (d'après\nHenri Heine.)\n1. Nuit en Mer net fr. 1.90\n2. Une femipe net fr. 1.90\n3. Malentendu net fr. 1.50\nLe recueil, net fr. 5.00\nLES ŒUVRES PUBLIEES\nDE\nCHARLES M. LOEFFLER.\nLa Mort de Tintaciles, Poème dramatique,\npour grand orchestre et viole d'amour.\nPartition, net fr. 25.00 Parties, net fr, 50.00\nRéduction pour piano à 4 mains, par Marcel\nLabey net fr. 10.00\nLa Villanelle du Diable, Fantaisie Sympho-\nnique pour grand orchestre et orgue.\nPartition, net fr. 25.00 Parties, net fr. 50.00\nRéduction pour piano à 4 mains, par Marcel\nLabay net fr. 10.00\nDeux Rapsodies, pour hautbois, alto et\npiano (L'étang, La cornemuse,) net fr, 6.25\nUn poème Païen, (d'après Virgil) pour grand\norchestre avec piano, cor anglais et trois\ntrompettes obligato.\nPartition, net fr. 50.00 Parties, net fr. 75.00\nRéduction pour deux pianos, (en partition)\npar H. Gebhard net fr. 7.50\nQuatre Mélodies, pour chant et piano. Poé-\nsies de Gustave Kahn.\n1. Timbres oubliés. 2. Adieux pour jamais.\n3. Les soirs d'automne. 4. Les Paons.\nChacune, net fr. 2,50 Le recueil netfr. 10.00\nQuatre poèmes pour voix, alto et piano.\n1. La cloche fêlée . . . . net fr. 2.50\n2. Dansons la gigue .... net fr. 2.50\n3. Le son du cor s'afflige vers\nles bois net fr, 2.50\n4. Sérénade net fr. 2,50\n\nDépôt à Paris : A. DURAND <S FILS, 4 Place de la Made=\nleine. MAX ESCHIC, 13, rue Laffitte.\nDépôt à Leipzig : FRIEDRICH HOFMEISTER.\nBerlin : ALBERT STAHL."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.5", "texte": "LES \"PIANOS\nSTEINWAY\nProclamés par les\ncomme les meilleurs\nE. MOULLÊ\nAGENT GÉNÉRAL\n1, RUE \"BLANCHE, PARIS.\nCéC» Cé>.\nLettre d'HECTOR BERLIOZ\nParis, 25 Septembre 1867.\nMessieurs Steinway et Fils,\nJ'ai entendu les magnifiques pianos qui sortent de\nvotre fabrique. Permettez-moi de vous faire mes\ncompliments sur leur excellence et les rares qualités\nqu'ils possèdent.\nLeur sonorité est splendide et essentiellement\nnoble ; en plus vous avez découvert le secret de\ndiminuer jusqu'à un point imperceptible l'harmonie\ndéplaisante de la septième mineure, qui jusqu'à\nprésent se faisait entendre à la huitième et neu-\nvième vibration des plus longues cordes, rendant\nainsi les sons cacophoniques. Comme tant d'autres améliorations, celle-ci est un grand progrès dans\nla fabrication des pianos et un progrès pour lequel tous les artistes et amateurs doués dun goût\ndélicat vous devront de la reconnaissance.\nVeuillez accepter, Messieurs, avec mes compliments l'assurance de mon respect.\nMf\n112. ,\nmmamm\n'■? ' -A: i\n! '■\nHECTOR BERLIOZ."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.6", "texte": "r r\nTéléphone\n309.93\nSOCIETE CONTINENTALE DU\n*v ' S.. ** V *-• sfc ' ' r.-i\n.T? *\"! ' -j o*\nVERRE-SOLEIL\nDALLES\nVERRE-SOLEIL\nVERRE-SOLEIL\npour\nToitures, Marquises\nDALLES\nARMÉES\nVERRES BLEUS SPECIAUX ,\nv, A ' \" vV r^r\nANTICALORIFIQUES ET LUMINEUX POUR TOITURES\nCabinet de VÊCHO\nI\nt J \\ïr a->\nM\nifesi® \" i \"MB\n■illlw\nWM\nA \\f\nMi\nmmm\nmm\n*:mèS\nT:%\n? ••\nill»\n'VI ■ t\n€ mm\n-5\nMi\na> ?•\n- r /vv-\nIsWw.wsÈßw\nu.\n.V\nÎY - -\nI3ï£, ' Sv»\n;;\nmmrnmmm\nFenêtre ouverte\nFenêtre fermée garnie\nde Verre Soleil\nSur demande: envoi de Catalogues et Expériences gratuites-à domicile.\n7, Rue Louis=le=Grand, PARIS"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.7", "texte": "if\nM\nlà\n%\no>.\n!iî!\n'!:!\n1\n<£\nIH\nr€\nm\n1\nm\nHi\nJ\nW\nV\n!\nl!K\n£^V/i\nVAv\nVA\\\n□\n11\naojf\n>!\n>*<\nmj£\nrZ\n11\n«\nÇ'\n*»\nM\nM\nm\n1\nS\nK\nHIIIHIIWIiIEftIT..\nATHURJHS\notAimiOPARIS rf#\nMydrothmapie er\n=>B AIN—DES DAMES*\nZÙz 4-7 ÛOulevarû HAUi'SMANM\nTARIF\nHOMMES\n1 bain Turc complet . . . 5 fr. 50\nDAMES\n1 bain Turc complet 10 fr.\n(En Salles Privées)\n■ •©•\nSalles d'Hydrothérapie spéciales\nia douche ........ 1 fr. 75\nGRANDES RÉDUCTIONS\nsur abonnements\nde 10, 25 Se 50 Cachets\n18, Rue des Mathurins\n\nÉditions M. Senart, B. Roudanez Cie, Paris\n■\nSiège Social : 20, RUE DU DRAGON Vente au détail : 9, RUE DE MÉDICIS.\nMUSIQUE CLASSIQUE a 25 centimes\nEdition en grand format publiée sous la Direction artistique de VINCENT D INDY\nChasons mondaines\nDES XVIIe ET XVIIIe SIECLES FRANÇAIS\npubliées par Henry Expert\nHarmonisées par Emile Desportes\nChaque chanson en grand format O fr. 50\nPAUL DUPIN:\n«\nPoèmes pour Quatuor à Corde . . 4 fr. net\nPastorale, piano et violon .... 1.70\nRecueil de mélodies 7 fr. net\nMusique de Chambre\n(ECOLES ANCIENNES)\nCorelli Couperin Rameau Mondonville\nDu Caurroy Masciti\nTrios et Quatuors avec accompagnement.\nJ. DEBROUX :\nLes Maîtres du Violon, au XVIIe et XVIIIe\nsiècle\n25 sonates déjà parues net 2 fr.\nENVOI FRANCO DU CATALOGUE SUR DEMANDE."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.8", "texte": "LIBRAIRIE CH. DELAGRAVE, 15, RUE SOUFFLOT, PARIS.\nViennent de paraître \" Collection PALLAS\nThéâtre Choisi\nDE\nEugène SCRI'BE\nPAR\nMARCEL CHARLOT\nInspecteur général honoraire de l'lnstruction Publique\nTable des Matières : INTRODUCTION L'OURS ET LE PACHA LE DIPLOMATE\nBERTRAND ET RATON OU L'ART DE CONSPIRER LA CAMARADERIE OU LA COURTE\nECHELLE —LE VERRE D'EAU OU LES EFFETS ET LES CAUSES ADRIENNE\nLECOUVREUR.\nToutes ces pièces sont publiées intégralement et précédées chacune d'une notice explicative.\nUn vol. in-16, imprimé sur beau papier vergé teinté, broché 3 fr. 50\nRelié mouton souple . . 5 fr.\n\nLes Poètes du Terroir\ndu XVe Siècle\nTEXTES CHOISIS\nAccompagnés de Notices biographiques, d'une Bibliographie et de Cartes des Anciens Pays de France\npar AD. VAN BEVER\nVIENT DE PARAITRE : TOME 111\nLanguedoc et Comté de Foix Lorraine Lyonnais\nNivernais Normandie.\nDÉJÀ PARUS : Tome I. Alsace Anjou Auvergne Béarn Berry Bourbonnais\nBourgogne Bretagne Champagne.\nTome 11. Dauphiné Flandre— Franche Comté— Gascogne et Guyenne\nIle de France Limousin et Marche.\nChaque tome forme un vol. in-16, de 550 pages, imprimé sur beau papier vergé\nteinté, broché ... 3 fr. 50 relié mouton souple ... 5 fr."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.9", "texte": "LIBRAIRIE CH. DELAGRAVE, 15, RUE SOUFFLOT, PARIS\nJ.=G. PROD'HOMME 4e ÉDITION\nLES SYMPHONIES DE BEETHOVEN\nPréface de M. ÉDOUARD COLONNE\nOuvrage couronné par l'Académie Française (Prix Ch. Blanc).\n(1800-1827)\nUn volume in-8 écu, avec de nombreux exemples notés et un portrait du Maître par\nLETRONNE (1815), broché 5 fr.\nChaque symphonie y est étudiée jusque dans sa genèse. C'est le guide le plus précieux et le plus\npuissamment documenté de l'amateur des grands concerts (Journal des Débats).\n\nL'HYGIENE DU VIOLON\nde l'Alto et du Violoncelle\nConseils pratiques sur l'Acquisition, l'Entretien, le Réglage,\nla Conservation des Instruments à Archet\nPAR\nLUCIEN GREILSAMER\nTABLE DES MATIÈRES\nChap. I. Hygiène générale : Conditions dans lesquelles un\ninstrument doit être constamment maintenu pour conser-\nver ses qualités. Chap. 11. Les cordes: Théorie de l'appa-\nreillage: tableau des diamètres pratiquement les plus favora-\nbles. Chap. 111. Le diapason : Différentes manières de\nle calculer et de le vérifier. Tableau des meilleures mesures.\nChap, IV. Le renversement et ses conséquences : Hauteur\ndes cordes sur la touche ; leur angle sur le chevalet. Di-\nmensions du chevalet, Chap. V. La barre et l'âme.\nChap. VI. A propos d'un concours international de luthe-\nrie. Où est le bon juge ? Chap. VIL Signes certains\nauxquels se reconnaît l'excellence d'un instrument.\nChap. VIII. Le truquage ; Bois chauffés, bichromatage.—\nChap. IX. Précautions dont il est nécessaire de s'entourer\nà l'achat d'un antique. Chap. X. Cassures et réparations.\nChap. XI. Quelques recettes utiles à l'entretien et à la\nconservation des instruments à archet.\nLes différentes parties d'un instrument à archet. No-\nmenclature et définitions,\nPrincipaux termes usités en lutherie.\nOuvrages sur la lutherie utiles à consulter.\nUn vol. petit in-40, illustré de 50 figures explicatives et de 4 planches en photogravure\nhors texte, broché 3 fr., relié 4 fr.\n\nOEUVRES EN PROSE de RICHARD WAGNER\nTraduction de J.-G. PROD'HOMME et F. CAILLÉ\nGESAMMELTE SCHRIFTEN\nTome Sixième\nUne communication à mes amis (1851) \" Musique de l'Avenir \" Lettre sur la musique (1860)\n(GESAMMELTE SCHRIFTEN, TOMES IV ET Vil)\nSous presse: Tomes 111, IV, V Déjà parus: Tomes I et II\nChaque tome forme un volume in-18 broché 3 fr. 50"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.10", "texte": "mmmm\n***** x* ««Km ■>■<*» w\nii iinffoiWlwrâittj'ijii jyjrteuuiùvjito^\n. ~, <■. , aww»*^.\nv\nU'f( f\"\\ WlUMil\n. . s , :'; •\n■ik.\nfe\nM, »K. M .?,__ c< .5 *&£: ■■ I■- \" <* ' à.«§ -s? - è&& t..%&sss& ffôss%iBB'.\n■\nh:\nfTO\n*-v~\nc:;:\n' < /\\'\n>\nV\n••■' ■'■ ri:\nIBS'Mww-- •- Ri r\nï I I '1 #3ll\n;4 PIr< - lèl M|\nI IpS Wâ 'm I 3HE WÊm\n;; i\n'•:fy V - • ' •■' .•• -y. ■■ ;\n!• -4~.. ML'mSm Bp?\nl|\n, ; f\n\": ! • •: -■'\nm\nms-1 \":M $' Bi vI! •■• '\nI\nWk* 4 M&X\nI '\nmmmrnmmm\nHS»\n.. • . J\nissr llfpl\nS\nV^y-xW-\nm.\nniiiî\nvy#>, &\n:•• :•' •.>: . -o '' ''■' ■\n\nUNE MAISON D'ÉDITION MODERNE\nParis compte de grands éditeurs de musique. Il n'en connaît pas de mieux organisés que la\nmaison Costallat et Oie. MM. Costallat et Cie ont été les premiers à faire pénétrer en France\nl'édition des1 grands classiques étrangers. Depuis 1895, ils furent les représentants actifs et\nautorisés de MM. Breitkopf et Haertel, chez qui Beethoven, Haendel, Bach, Haydn, Mozart,\nPalestrina, Liszt, Vittoria, Schumann et tant d'autres grands musiciens ont paru en éditions\ncomplètes et soigneusement revisées. Grâce à ce dépôt, MM. Costallat ont introduit chez nous un\ngenre d'ouvrages que les éditeurs de musique se refusaient presque tous à adopter, celui des publi-\ncations et livres de musicologie. Ils ont ainsi contribué effectivement à combler l'abîme qui existait\ntout récemment encore entre la librairie proprement dite et l'édition musicale. Parmi ces\nvolumes se trouve entre autres la célèbre biographie de Bach par le Dr Schweitzer, qui fait\nautorité aujourd'hui, et le manuel bibliographique de Pazdirek, ouvrage colossal, qui contient en\nses volumes le répertoire de la musique en librairie dans le monde entier.\nSi la maison Costallat est, de tous nos éditeurs, la plus solidement outillée pour le répertoire\ncosmopolite, elle est, d'autre part, et par ses origines une des plus françaises puisqu'elle tient en\ngrande partie son fonds de Richault, fondé à Paris en 1805, éditeur de Berlioz et des grands\nromantiques. La Damnation de Faust, que l'Opéra vient de remettre en scene, et 1 Enfance du\nChrist, qui s'y montrera peut-être un jour, donnent à ces éditeurs une glorieuse renommée.\nCitons encore parmi les modernes édités par la maison Costallat : A Coquard, Maurice\nLe Boucher, Léon Moreau, A. Mercier, qui vient d'être couronné par la ville de Paris, etc...\nEnfin, non content de joindre la musique à la musicologie, le détail au gros, 1 étranger au\nfrançais et l'ancien au moderne, MM. Costallat et Cie ont eu l'heureuse idée d'associer à leur\nfonds la vente et la location d'instruments à clavier. Grâce à l'ancienne et puissante maison\naméricaine G. Estey, de New-York, dont ils sont à Paris les représentants, ils offrent au public\nle piano, l'auto-piano, et les orgues, sans lesquels les textes publiés restent muets.\nOn ne saurait donc s'étonner de l'extension prise par la Maison Costallat dans ses locaux\nde la Chaussée d'Antin. Ces agrandissements font d'elle une maison d'édition moderne au sens le\nplus étendu de ce mot, où le lecteur et l'amateur de musique\ntrouveront tout ce dont ils ont besoin, tout ce qui peut servir àla HENRI DAVENEY.\nthéorie comme à la pratique, à la lecture comme à l'exécution. A. M."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.11", "texte": "LULLY GENTILHOMME ET SA DESCENDANCE\n\nULLY est à la mode. Sa figure nous devient familière\net précise. L'histoire documentée nous montre peu à\npeu les différents aspects de ce personnage singulier, l'un\ndes plus grands du Grand Siècle. Ici, c'est Lully créateur\nde l'Opéra,1 ou Lully homme d'affaires,2 ou bien\nencore Lully chef d'orchestre,3 Lully jeune homme,4\net même Lully tout court, c'est-à-dire en silhouette.5\nLe moment n'est-il pas venu de songer à Lully\ngentilhomme, prenant place, de fait et de droit, dans l'armoriai général,\net laissant une postérité que représentent encore de nos jours les plus\nbeaux noms de France ?\nQuelque opinion qu'on ait de l'importance des parchemins, on ne\npeut nier cependant que l'idée de noblesse s'accorde assez bien avec l'art\nsublimé de Cadmus ou Armide, et surtout avec l'allure générale du\nFlorentin. Cette vie perpétuellement glorieuse, cette œuvre qui finit en\napothéose, qui éblouit l'Europe durant un demi-siècle, cette prodigieuse\nfortune, cette faveur insigne de la cour et de la ville !... N'est-ce point là\ndes titres suffisants pour illustrer un homme et sa race ? Lully le crut,\net ses contemporains avec lui. Il vécut en grand seigneur et mit tout en\n\n1 Nuitter et Thoinan. Les Origines de VOpéra Français (Paris, 1886).\n2 Radet. Lully homme d'affaires (Paris, 1891).\n3 Pougin. L'orchestre de Lully (Ménestrel, 1896).\n4 Prunières et La Laurencie. La jeunesse de Lully (S. I. M. Mars-avril, 1909).\n5 Prunières. Lully (Collection Laurens, 1910) et La Laurencie. Lully (Collection Alcan, 1911)."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.12", "texte": "2\nS. I. M\n\nœuvre pour assurer à ses enfants de brillantes alliances. Deux siècles ont\npassé depuis lors ; les généalogies se sont allongées ; et à peine quelques\ncurieux, habitués du \" Cabinet de Titres, \" savent-ils aujourd'hui que les\ndescendants du surintendant de la musique de la chambre du Roy, se\nnomment La Rochefoucauld d'Estissac, Greffulhe, des Cars, Vogué, Cara-\nman ou Kergorlay !... Il convient donc de relier cette glorieuse filiation et\nd'en connaître le point de départ, c'est-à-dire Lully lui-même. La musique\nsait trouver son compte à des recherches de cette nature.\nEt, tout d'abord, de quelle naissance était le jeune Baptiste ? L'Italie\nn'a guère mis d'empressement à nous le révéler. Il a fallu toute l'insistance\nde deux érudits français, M.M. de La Laurencie et Prunières, pour nous\napprendre que le maestro avait vu le jour à Florence le samedi\n29 novembre 1632, à 9 heures et demie du matin. Son père s'appelait\nLorenzo, sa mère Catharina del Sera. Voilà tout.\nTrente ans plus tard, à Paris, les malveillants feront courir un bruit\ndésobligeant. \" Chacun sait, écriront-ils, de quelle trempe et de quelle\nfarine est Jean Baptiste. Le moulin des environs de Florence dont son père\nétait meunier, et le bluteau de ce moulin qui a été son premier berceau,\nmarquent encore aujourd'hui la bassesse de son origine Quand on con-\nnait le personnage, qui mit la main à ces factums, le nommé Guichard,\non est fixé. Le moulin est une diffamation. Mais faut-il accorder plus de\ncrédit au gazettier Renaudot, qui, en 1661, nous annonce la nomination\ndu Sieur J. B. Lully, Gentilhomme florentin ?1 Et faut-il écouter Lully\nlui-même lorsqu'il se donne dans son contrat de mariage2 pour \" Baptiste\nde Lully, escuyer fils de Lorenzo de Lul ? \" Soyons\nprudent. L'acte le plus important pour l'état-civil du Florentin, ses\nLettres de Naturalité,accordées par le Roi, avec des considérations flat-\nteuses pour le musicien, ne tiennent pas compte du gentilhomme ; mais\nelles conservent la particule, ce qui est un indice. Enfin les enquetes\nmenées au moment où Lully briguait la charge de conseiller secrétaire\ndu roi, en 1681, et la lettre de soumission qu'il dut écrire de sa main a\ncette occasion, ne soufflent mot de titre quelconque. Seules des recherches\nentreprises sur les Lulli de Florence pourraient un jour eclairer notre\n\n1 GAZETTE du 19 mai 1661, page 480.\n2 MINUTES DE M. ADER, notaire à Paris"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.13", "texte": "LULLY GENTILHOMME\n3\n\nconviction. Jusqu'à présent on peut dire que Lully n'a pas trouvé de\ncouronne dans son berceau.\nLully arrive à Paris au printemps de 1643. On sait dans quelles\nconditions. Le prince Charles de Lorraine, qui avait eu maille à partir\navec Richelieu, vivait retiré à Florence. Son fils, le chevalier de Guise,\nvoyageur intrépide, tantôt à Malte, et tantôt à Gravelines, avait été\nchargé par MUe de Montpensier, fille de Gaston d'Orléans, de ramener\naux Tuileries un jeune Italien. La princesse voulait se perfectionner dans\nla pratique d'une langue, dont l'usage était alors obligé. Le chevalier,\nrevenant d'Orient cette année là, remplit sa mission en passant à Florence.\nIl ramène un jeune enfant de douze ans, propre à contenter la Grande\nMademoiselle.\nCe choix, remarquons le bien, a son importance. Il laisse supposer\nque le jeune Italien offrait quelques garanties, tout au moins familiales.\nPrésenter à Mlle un drôle inconnu, un galopin de fortune, n'eut pas été\ngalant. Si le chevalier de Guise a songé à c'est pour cette raison\nque la langue y est plus pure que partout ailleurs. C'est aussi parce que\nson père et le Grand Duc de Toscane peuvent lui fournir d'utiles indica-\ntions. Baptiste, en arrivant en France, à douze ans, jouait déjà de la\nguitare, nous le savons positivement, et, bien probablement, il avait quel-\nques notions du bel air et du langage des cours. Ce n'était donc pas le\npremier venu, sentant son moulin. Et d'ailleurs, ce petit bonhomme,\nqui se met en route pour aller converser avec la cousine du Roi de\nFrance, quelle décision, quelle maturité et quel aplomb ! Il ne pouvait\nqu'appartenir à une bonne famille, déjà sélectionnée par l'effort des temps\net des hommes.\nDonc voici Lully parmi nous. Et ici, se place aussitôt une légende\ngrotesque mais séduisante, qui a été plus vivace que la musique même\ndu grand homme, et contre laquelle on ne saurait trop énergiquement\nprotester. Chacun connaît l'histoire de Lully marmiton, râclant du violon\nparmi les casseroles. Elle date du XVIIe siècle et nous retrouvons la\nmain de l'infâme Guichard à l'origine de ces racontars. C'est lui qui a\nécrit, le premier sans doute :\n\" Peut-on dissimuler que le hasard jeta Lully dans le commun de Mademoi-\nselle parmi ses galopins. Les comptes de la maison de cette princesse ne font-ils\npas foy qu'il fut peu de temps après valet des valets de sa garde-robe, puis petit\nviolon, puis plus grand violon ?\" 1\n\n1 B. N. Thoisy 382 folio 376."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.14", "texte": "4\nS. I. M\n\nUn littérature enfantine s'est emparée de cette bouffonnerie, l'image\net la statuaire en ont popularisé la physionomie. Et pourtant rien n'est\nplus faux, n'en déplaise aux faiseurs d'anecdotes et aux vulgarisateurs à\nbon marché.\nLa vérité sur tout ceci se trouve d'abord rétablie par les comptes de\nMademoiselle de Montpensier 1 qui nous montrent, en 1652, notre héros\nparmi les \" Trois garçons de la chambre'\\aux appointements de 150 livres\npar an. Qu'étaient-ce donc que ces garçons ? Il faut toute la malveillance\nd'un pourvoyeur de factum, pour assimiler ces enfants à des laquais\nsubalternes, ou plus encore à des marmitons. La chambre, dans une maison\nprincière de l'ancien régime, n'éveille aucunement l'idée de besognes\nménagères et de service manuel, que nous serions tentés d'y attacher\naujourd'hui. Ces officiers sont des fonc et non des au\nsens actuel du mot. Ronsard fut valet de chambre du Roi et aussi\nLaborde le fermier général, et mille autres, grands hommes, artistes,\nmillionnaires, qui eurent de ces charges profit ou honneur, parfois l'un et\nl'autre. Notre conception moderne des \" gens de maison \" est toute diffé-\nrente de celle du XVIIe siècle, et nous avons toujours peine à nous repré-\nsenter l'Etat d'un prince, avec la multiplicité des fonctions que la\nnécessité, la faveur, le caprice, la générosité, le mécènisme, groupe autour\nde lui. Mais ici la situation est simple. Un enfant étranger arrive ; son\nmérite, sa fonction, est de parler italien. Où le placerait-on, sinon dans\nla chambre du prince, avec les garçonnets, les pages qui s'y trouvent\ndéjà. Il y a loin de là au commun^il y a toute la distance des sousrsols au\npremier étage. Nous dirions aujourd'hui : Lully est attaché à la maison\ncivile de la duchesse de Montpensier. Ses gratifications sont infimes, mais\nil est près du soleil, il est attaché.N'est ce pas ainsi que les choses se\npasseraient en 1911 dans quelque ministère ?\nTout ceci n'empêche pas Lully de s'être égaré du côté des cuisines,\nd'y avoir joué du violon et attiré l'attention du comte de Nogent, qui en\nfit son rapport à Mademoiselle, comme le veut une vieille anecdote de\nLecerf de la Viéville. Où est le marmiton là-dedans ? N'est-il pas vrai-\nsemblable d'accorder à la Grande Mademoiselle, par ce temps de Fronde,\nd'autres soucis que celui de la grammaire italienne ? Le jeune Lully,\nlivré à lui-même et à ses goûts complexes, pouvait bien ouvrir la porte\nde l'office, eût-il été cent fois gentilhomme ! On se représente aisément\n\n1 Arch. Nat. Zla 523."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.15", "texte": "LULLY GENTILHOMME\n5\n\ncet adolescent éveillé, passionné de musique, promenant çà et là, et un\npeu au hasard ses instincts désœuvrés, tout près de tourner mal et de\ndevenir un joli monsieur, comme il y en eut dans tous les temps et dans\ntoutes les classes. Mais la musique le sauve. On l'entend ; on s'étonne ;\non lui donne des maîtres. Il est lancé. Il doit avoir dix-sept ans à cette\népoque, (lui-même nous le racontera plus tard1) ce qui nous met en\n1647. La fortune s'ouvre devant lui. Le jeune attaché incolore s'est\nrendu indispensable aux plaisirs de la princesse, il a su conquérir sa place.\nTout cela n'est-il pas infiniment plus raisonnable et plus conforme à ce\nque nous savons des faits et des personnages, que le roman du gâte-sauce\nmélomane à l'usage des livres de distribution de prix ?\nQuelques années se passent. Les temps sont changés. L'astre de\nLouis XIV se lève. Lully quitte Mademoiselle pour le Roi. Rien de plus\nnaturel. Lully est ardent et ambitieux, il est courtisan, il passe du côté\ndu manche. Mais, ici encore, on a voulu le rabaisser, comme ces héros de\nmélodrame dont la fortune apparaît d'autant plus mirifique que leur\norigine est plus humiliée. Lully aurait été congédié pour certain couplet\nsatirique, dont la princesse se serait offensée. On a même été jusqu'à\nparler d'indélicatesse. La simple réalité est tout autre. Nous la trouvons\nsans peine dans les Mémoires de Mademoiselle elle-même, où il est écrit2:\n\" Après avoir été quelques années à moi, je fus exilée ; il ne voulut pas me\nsuivre à la campagne ; il me demanda son congé ; je le lui donnai, et depuis il a\nfait fortune, car c'est un grand baladin. \"\nRien à ajouter à ce petit tableau, sinon le commentaire des événe-\nments. En 1652, après l'équipée d'Orléans, la belle Frondeuse voit son\nétoile pâlir. Le roi entre à Paris ; elle s'enfuit ; elle erre avec ses gens à\nBois-le-Vicomte, puis à St. Fargeau, bâtisse délabrée, humide, inhospi-\ntalière, et surtout demeure d'un être en disgrâce. Lully qui vient de\nsuivre son sort pendant neuf ans, Lully qui a vingt ans, des relations\nétendues, un talent naissant, ne saurait aucunement se retirer du monde,\net aller à la campagne contempler l'herbe haute qui pousse dans la\ncour d'un château maussade. Il demande et obtient sa liberté, et sa\nprotectrice le regrette. \" C'était un grand baladin, \" s'écrie-t-elle dans\nson langage désuet. Le mot est amer ; on y sent un peu d'envie à\nl'égard d'une cour jeune et rivale. Rien pourtant ne laisse supposer que\n\n1 Voir Du TRALLAGE, Arsenal. Ms. 6, 541.\n2 EDITION CHERUEL, 111, p. 348."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.16", "texte": "6\nS. I. M.\n\nLully ait manqué aux convenances. Et d'ailleurs combien c'est peu con-\nnaître la duchesse de Montpensier, son entourage baroque et frondeur,\nque de supposer Lully chassé pour quelque gaillardise. C'est le contraire\nqu'il faudrait plutôt admettre. Tant que règne la joie dans ce petit cercle\nagité, Lully en prend sa part et anime tout le monde par des farces\nénormes, qui font rire aux larmes la moins bégueule des princesses. Le\ntemps se gâte, Lully se retire. Ce n'est pas pour avoir ri que le baladin\nobtient son congé, mais parce qu'on ne peut plus rire avec lui, parce que\nc'est fini de rire. Cette séparation toute simple, dans les termes où la\nprincesse l'évoque, est tout autrement humaine et poignante que l'anec-\ndote du couplet polisson, qui salit Lully et trompe l'histoire.\n%\n* *\nPourrons nous nous flatter d'avoir, aux yeux des gens du monde,\nréhabilité ce bon jeune homme, qui s'appelle encore Baptiste, mais qui\nn'a rien du personnage peu ragoûtant que la légende s'est plu à composer ?\nQui dira que Lully n'a pas reçu auprès de Madamoiselle l'éducation un\npeu lâche d'un jeune homme distingué, voire d'un homme de qualité ? A\nce moment, un des plus inquiétants de notre histoire, Lully a vu de près\nla conduite, et l'inconduite aussi, d'une grande maison princiere. L assu-\nrance au milieu des alarmes, l'intrépidité dans les catastrophes, 1 audace\nque rien ne trouble, et l'aisance d'une âme bien née en toute occurence,\nvoilà les vertus qu'il eut sous les yeux aux Tuileries. Il y vit aussi\nl'exemple de l'intrigue perpétuelle, du débraillé cache sous les belles\nmanières, le triomphe de la brutalité, et les défauts d'une société ou les\ngrands sentiments furent le jouet d'une cause médiocre.\nDe tout cela, il lui reste, dans sa personne, dans ses mœurs, dans son\nart, un je ne sais quoi de disparate, mais de nullement banal, et dont le\nhaut relief le distinguera toujours du bonhomme Lafontaine, ou du bour-\ngeois Despréaux.\nAvant tout Lully est courtisan. Non pas courtisan transi comme\nRacine, mais courtisan à son aise en toute compagnie. C est le hardi\nconteur, le joyeux boute-entrain, dont la fortune a Versailles va faire\nscandale, et dont l'esprit tranchant ne craint personne. Sa taille meme qui\nest ingrate1, et ses traits massifs en imposent. Est-ce ala suite des equipees\n\nSignalons, à ce propos une erreur de Radet. Le tableau de Joseph Christophe du Chateau de Versailles, qui\neprésente Lully dirigeant ses musiciens lors du baptême du Dauphin en 1668, ne peut compter comme portrait"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.17", "texte": "LULLY GENTILHOMME\n7\n\nde sa princesse qu'il acquit ce sens aigu du comique des situations et des\nhommes qui le rend précieux partout où l'on s'amuse ! Et d'où lui vient\nce ton qui lui fait s'écrier, au milieu d'une représentation où le roi\ns'impatiente : \" le roi est le i \"\nPourtant Lully est souple. Il sait bondir sur un clavecin qu'il brise, pour\namuser la galerie ; il fraternise avec Vendôme, se débauche avec Fiesque\net le chevalier de Lorraine, danse avec les princes. Et c'est dans cette\nfamiliarité qu'il donne toute sa mesure. Sa vie est une naturelle et perpé-\ntuelle mascarade dont l'opéra est la dernière surprise. Lully se divertit\navec son temps, avec ses pairs. Il est impossible de voir en lui un gagiste\nque l'on congédie.\nEt notez que Lully est galant. Son goût dédaigne l'antiquité pour\nles féeries de Benserade et Quinault. Ne voit-on pas que c'est l'air de la\ncour, qui le conduit insensiblement des postures du Ballet aux machines\nde l'Opéra. Sa sensibilité ne dépassera jamais celle de la galanterie mon-\ndaine, et de son vivant même, on lui reprochera certaine fadeur dans ses\nœuvres. Que ne lui reproche-t-on pas aussi dans ses mœurs ? Cent\ncouplets courent sur lui, où Vendôme rime avec Sodôme. A peine peut-on\nles citer :\nC'est ce qu'on pourrait appeler le défaut de la cuirasse ! Faiblesse\n\nauthentique du maître. Car Christophe était né en 1664, et cette toile, qui est un carton pour une tapisserie,\nfut composée sous Louis XV, pour faire suite aux Gobelins de l'Histoire du Roi. Je dois à M. de Nolhac,\nréminent conservateur du de Versailles, cette petite rectification, dont je lui sais sincèrement\n1 AIRS MSS. in-f° I. p. 168."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.18", "texte": "8\nS. I. M\n\nsans doute, et répréhensible, mais faiblesse qui le rapproche de \"\nfrère du roi \", et de toute une partie de la jeune cour.\nLully, avec ses mérites et ses tares a pris place dans son véritable\nmilieu. Aussi ne nous étonnerons nous pas de le voir entouré des plus\nillustres personnages, lors de la signature du contrat de son mariage, à\nFontainebleau, en 1662. Le Roi, la Reine Mère, la Reine Marie-Thérèse,\nsignent les premiers. Puis Messire de Rochechouart duc de Mortemart\n\" premier gentilhomme de la chambre \" supérieur hiérarchique du surin-\ntendant de la musique, puis J. B. Colbert \" conseiller ordinaire du Roy\nen tous ses conseils, du Conseil Royal\", qui fait ici figure de ministre\nd'État. Puis Pierre de Niert, \" premier valet de chambre de S. M. \", le\npatron et protecteur des musiciens \" a\nde touchant dans la belle maniéré de cha 1\". Puis encore Hesselin \" sur-\nintendant des Menus Plaisirs du Roi \", c'est à dire, maître de ce domaine\nenchanté, où la musique se sait indispensable, Hesselin le prodigue, qui\néblouit la reine Christine en 1656, et qui meurt d'indigestion en 1662.\nLully épousait la fille de Michel Lambert.\nQuoi Lambert ?... Oui Lambert !\nC'est tout dire en un mot, et vous le connaissez ? 2\nLambert célébré dans le Repas Ridicule, Lambert, le Garat, le Retzké du\nXVIIe siècle, et qui était, lui aussi, passé de chez Mademoiselle chez le\nRoi ! La dot était de 20,000 livres, soit environ cent mille francs\nd'aujourd'hui. La jeune Madeleine avait vingt ans, dix ans de moins que\nson époux. Son père, \" maître de la musique de la Chambre \" (dont Lully\nétait surintendant et compositeur), était venu à Paris du fond du Poitou,\npetit page de Gaston d'Orléans. Richelieu avait largement exploité son\ntalent de chanteur. Ami du plaisir, insouciant, Lambert donne assez bien\nl'idée de quelque ténor mondain, qu'on invite partout, qu'on s'arrache,\net qu'on laisse mourir de faim. \" Un jour il se trouva si gueux, dit Talle-\nmant quil en eut honte\" Il se résolut à passer pour professionnel, il fit\nfortune. Tallemant, qui a tracé sa silhouette, nous donne sur lui une\nprécieuse indication généalogique.\n\" Lambert écrit-il, fit connaissance de la fille du Bel-Air3 qui avait une voix\nfort belle et qui était assez jolie. Il se mit à lui montrer, et en lui montrant en devint\n\n1 LAMBERT, Préface de son livre d'Airs, 1666.\n2 BOILEAU, Satire 111.\nCabaret près du Luxembourg."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.19", "texte": "LULLY GENTILHOMME\n9\n\namoureux ; car il était d'assez amoureuse manière. Il s'y engagea si avant qu'il lui\npromit de l'épouser et en parla publiquement ; ils furent même accordés, mais il ne\nconcluait point. Enfin la mère de la fille, comme voisine de Madame d'Aiguillon,\ns'en alla se plaindre à elle. Madame d'Aiguillon en parla au Cardinal, qui lui dit\n\" Laissez moi faire ! \" Sur l'heure il envoie chercher Desmarestz et lui dit de faire\nun dialogue sur telle chose. Le dialogue fait, il l'envoie à Lambert pour y faire un\nair, car Lambert compose bien. On le fait apprendre à Lambert et à sa maîtresse,\net après on les fit venir à Ruel, où Madame d'Aiguillon se trouva. Le cardinal les\nfit marier, mais il ne leur donna rien ; il perdit là une belle occasion ; il n'a jamais\nrien fait pour eux. Tant pis pour lui. La femme de Lambert était enjouée, je ne\nscay si cela lui déplut (au mari), ou s'il crut avoir été attrapé ; mais, quoiqu'il en\nsoit, il ne la traita pas bien.\"\nTallemant cite ce dialogue marital, mais il n'en donne que les vers. En\nvoici l'aspect musical, tel que l'imagina l'amant volage, qui allait devenir\nle beau père de Lully.1\n\n1 La bibliographie des œuvres de Lambert est encore fort obscure. Je cite ce dialogue d'après : \" Les Airs\nde Monsieur Lambert, gravés par Riehery corrigés de plusieurs fautes de gravure. Paris 1669 in-8° obi. qui se\ntrouve dans ma bibliothèque."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.20", "texte": "IO\nS. I. M."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.21", "texte": "LULLY GENTILHOMME\n11\n\nAinsi s'explique la présence au contrat de Lully, de \" sieur Michel\nDupuy, cabaretier du Bel-Air et de sa femme Madeleine Briolle\" qui ont\nl'air plutôt dépaysés parmi ces grands de la terre. Et aussi de Mlle Hilaire\nDupuy, chanteuse, leur fille, et des deux Morineau, cousines. Parents\npauvres !\nQuelques mois plus tard, un brevet accordait à Lully la survivance\nde la charge de son beau-père, évaluée à 10.000 frs. et un autre\nbrevet fixait à 20,000 frs. le prix de sa surintendance en cas de cession.\nSi bien que le jeune homme se trouvait en possession d'un capital assure\nde près de 250,000 frs. de notre monnaie. Un fort joli denier pour se\nmettre en ménage à trente ans, et qui peut faire croire que la raison n a"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.22", "texte": "12\nS. I. M\n\npas été étrangère à cette union, un peu roturière peut-être, mais solide et\nbrillante quand même.\nLe mariage donnait à Baptiste le point d'appui qui lui manquait\nencore, et le foyer, dont son tempérament ardent avait besoin. Il stabili-\nsait le mondain, à l'âge où les passions doivent prendre un cours régulier.\nDepuis 10 ans Lully errait dans les salons, dressait des ballets, montait des\ndivertissements, prodiguait sa musique, ses vers, ses travestis. Lully\nl'indispensable, Lully le \" très cher, \" dont les gazettes raffolent, Lully\nen un mot /'André de Fouquieres de 1660, trouve nécessaire de fonder une\nfamille. Il l'avoue lui-même dans le Ball l'année suivante\n(janvier 1663) où, sous les traits d'un chirugien, il soigne quelques\néclopés, et laisse écrire par Benserade, son compère, ces vers du livret :\nJ'étais perdu moi-même ! Et tous ceux que je voi,\nQui sont des Incurables\nPerdus et misérables,\nNe s'aidaient pas si mal de leurs membres que moi !\nDans mon infirmité ne sachant plus que faire\nLe dieu du mariage, à qui je fus contraire,\n(L'aurait-on cru si bon pour un estropié ?)\nM'a guéri tout à fait et mis sur le bon pié.\n*\n* *\nPour Lully, le mariage est donc une institution, et aussitôt entré\ndans cette confrérie, il se met en devoir d'en remplir les obligations.\nIl va fonder une dynastie. De 1663 à 1668, tous les ans, avec la même\nrégularité qu'il écrit un ballet, il accroit sa famille d'un enfant. Trois fils ;\nLouis, Jean-Baptiste et Jean-Louis, et trois filles : Catherine, Gabrielle et\nLouise. Et Lully s'arrête, estimant avoir payé son tribut à l'humanité.\nMais, ici encore, il tient aux grandeurs. Il préfère différer de treize ans le\nbaptême de son aîné, plutôt que de ne pas réunir autour de l'enfant l'appa-\nreil d' une cérémonie éblouissante. Le jeune Louis de Lully, ondoyé en\n1664, sera donc introduit dans le catholicisme par \" monseigneur l'Emi-\nnentissime Emmanuel Théodore de la Tour d'Auvergne, cardinal de\nBouillon, Grand Aumônier de France,\" dans la chapelle de la cour de\nl'Ovale du Château royal de Fontainebleau le 9 septembre 1677. Son\nparrain n'est autre que le Roi, sa marraine la Reine.\nC'est le moment de la gloire de Lully. L'opéra triomphe. Versailles"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.23", "texte": "LULLY GENTILHOMME\n!3\n\nrayonne. Et personne plus que notre grand homme ne contribue à l'éclat\ndu règne. On ne dira jamais assez combien l'auteur de est indis-\npensable a 1 apothéose de Louis. Le rêve du monarque, dont Lebrun,\nMansart ou Le Nôtre s'efforcent de réaliser l'ambitieuse image, où donc\ns'est-il formé, sinon devant les féeries des ballets et des grands divertisse-\nments ? Versailles est un décor d'opéra, et le sens du théâtre, qui préside\nà l'ordonnance de sa perspective, est inspiré directement par le souvenir\nde ces machines,\nQue Lully réchauffa des sons de sa musique.\nLully est un acteur de plus, un acteur de génie, dans cette troupe\nincomparable, dont le Roi est le protagoniste. Il y représente le\nsonore, et sa musique dépasse à peine l'ampleur du geste noble. Elle s'ef-\nforce d'associer les oreilles à la volupté de l'ensemble ; elle règle et anime\nl'action générale. L'œuvre de Lully, telle un carnaval somptueux qui\ns'achemine vers l'Olympe, accompagne son siècle et se laisse entraîner\npar lui. Ce n'est pas d'elle qu'on pourrait dire, comme de certaine cantate\nde Bach, qu'elle est de tous les temps. Elle appartient à un monde très dé-\nterminé, monde du plaisir où chacun s'efforce de bouffonner et de parader\nà son aise, devant un public de plus en plus nombreux, et qui sera bien-\ntôt l'Europe entière. Prétexte, cadre, atmosphère, l'opéra n'est guère\nautre chose !\nQu'elle est singulière, cette Madame de Maintenon, qui s'étonne,\ndans son âme moderniste, de voir le roi danser ses propres actions et célé-\nbrer d'une voix émue ses propres louanges ! Ne voit-elle pas que le\nprestige de la musique de Lully est dans cette fusion du fictif et du réel,\net qu'entre grands seigneurs il n'y a pas de distinction. Louis le Grand,\nsoit qu'il chante ou qu'il édifie, qu'il danse, qu'il parle ou qu'il mange,\nest toujours en représentation. Le premier rôle de tout ce qui se passe\ndevant lui et autour de lui, c'est lui qui le joue. Et personne ne s'est\nmieux entendu à soutenir, durant soixante dix ans, l'intérêt d'une vedette.\nDe même Lully, gentilhomme comme son maître. Tout ce qu'il imagine\nse projette dans le plan de la vie réelle. Il y mêle sa personne, son jeu, son\nimprovisation. Il s'y fait valoir lui-même, et les princes, les courtisans,\nles amis, au milieu desquels il évolue. Aussi sa musique, musique de société,\nd'action directe et de complicité mondaine est-elle prodigieusement active\npendant qu'il vit, et lamentablement dépaysée, après sa mort."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.24", "texte": "14\nS. I. M.\n\nLui disparu, la personnalité de son œuvre s'efface. Ses partitions\nrésonnent dans le vide, et ne trouvent qu'un faible écho dans notre imagi-\nnation historique. Elles font pâle figure à la devanture de notre musicolo-\ngie, semblables à ces habits brodés et dorés qui pendent aux vitrines des\nantiquaires, évoquant une splendeur défunte.\nLui disparu, l'opéra tombe au rang des objets d'imitation, et ne se\nsoutient que par tradition, intérêts ou combinaisons. Campra se tourne\ndu côté du pittoresque, Rameau vers l'intérêt symphonique, Gluck en\nappelle au drame, Spontini et Meyerbeer à l'histoire. Mais ce n'est plus\nLully. Ce sont des professionnels, qui offrent les mérites de leur spécialité.\nIls écrivent des opéras pour un directeur. Lully dansait les siens à la cour\ndu Grand Roi, et les donnait en spectacle aux Parisiens. Il y a une nuance.\nEn 1681 se place l'événement capital de la vie de Lully gentil-\nhomme. Après de nécessaires formalités, le surintendant se fait agréer\nparmi les 44 Conseillers Secrétaires du Roy, Maison et Couronne de France et\nde ses Finances. \" La charge qu'il acquérait pour le prix de 63,000 livres,\nétait celle de Joseph Clausel décédé. Lully était escuyer, il était noble.\nLes écrits de cet homme éminent, les services rendus par lui à la\ncour et à la France, l'allure et l'éclat de sa vie, rendaient cette distinction\nparfaitement naturelle, et seuls ses ennemis (il en avait beaucoup) pou-\nvaient trouver à redire à cette élévation. Le Mercure de France est donc\ndans la note juste et officielle, lorsqu'il s'empresse d'écrire : \" Quand on\npossède un bel art dans le suprême degré, qu'on ajoute à la nature, et\nqu'on la perfectionne, il n'est point de dignité où l'on ne puisse se voir\nri r ))\neleve.\nPourtant l'histoire n'a pas manqué d'ajouter ici sa petite mise en\nscène habituelle. Les Lecerf et les Fétis s'y sont prêtés de bonne grâce.\nVoici l'anecdote.\nAu retour du roi du voyage d'Alsace, en l'automne de 1681, les fetes\nreprirent à Saint Germain. Il s'agissait de produire Monseigneur et\nMademoiselle de Nantes dans Pourceaugnac et dans le Bourgeois\nGentilhomme. Lully, bien qu'âgé de cinquante ans, fit une rentrée sensa-\ntionnelle ; il fut admirable, prestigieux, exquis. Puis, au moment où le\nroi le félicite, prenant un air penaud : \"J'ai pourtant dit-il, un regretd'y\navoir été obligé pour le service de Votre Majesté. J'avais dessein d être"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.25", "texte": "LULLY GENTILHOMME\n*5\n\nsecrétaire du roi. Mais vos secrétaires ne voudront plus me recevoir. \"\nEt le roi de répondre aussitôt : \" Ils ne voudront plus vous recevoir !\nCe sera bien de l'honneur pour eux. Allez et voyez Monsieur le Chan-\ncelier. \"\nLa grande nouvelle se répand. On s'indigne, on cabale. \" Comment,\nce farceur, encore tout étouffé des gambades qu'il vient de faire sur le\nthéâtre, demande à entrer au sceau ? \" Colbert 1 gronde, et Lully lui\ntient tête : \"Si le roi vous ordonnait de danser devant lui, tout ministre\nque vous êtes, le refuseriez vous ? \" Louvois s'emporte contre\na fait rire le roi, et s'attire cette vive réponse : \" Tudieu Monsieur vous\nen feriez bien autant si vous le pouviez ! \" Les choses vont se gâter.\nEt pourtant tout s'apaise. Le roi a dit sa volonté, Lully est nommé\net l'incident se termine à l'opéra où l'auteur du Triomphe de /'amour\ndonne à ses nouveaux confrères un plat de sa façon, dont ils demeurent\nparfaitement enchantés\nQue tout cela est simpliste et enfantin ! A qui fera-t-on croire que\nLully, au faîte de sa carrière, Lully qui depuis quarante ans vit dans la\nfamiliarité des princes et des potentats, ait besoin d'entrer en conflit avec\nLouvois pour acquérir une simple charge de secrétaire ? Ces petits bouts\nde dialogue peut-être authentiques paraissent tout simplement\néchappés de la conversation de gens qui plaisantent, sur un ton d'égalité.\nLeur ironie est tout à fait dans la manière du Florentin goguenard. On se\nreprésente d'ici le rusé compère, après s'être assuré de l'assentiment du roi\nà la faveur d'une gasconade, s'amusant de sa propre candidature, et dé-\nsarmant ainsi par avance les rieurs. L'impertinence devient alors de la\nfanfaronnade et de la politique, et l'on comprend l'anecdote qui nous\nmontre Louvois, encore amusé de tout ce bruit, saluant Lully à Versailles\nd'un \" Bonjour, mon confrère \" qui n'a rien de féroce. Ce sont là propos\nbadins, entre gens de qualité, et qui sont devenus des gros mots dans\nl'histoire.\nUne preuve que tout s'est passé sans encombre, c'est que les trois\ncommissaires nommés pour enquêter à cette occasion, dans les formes pres-\ncrites, sont amis du surintendant. Les trois rapports indiquent à la vérité\nl'intervention personnelle du chancelier, dans la séance où la candidature\nLully a été mise à l'ordre du jour. Mais nous ne voyons pas que cette inter-\nvention ait eu un caractère comminatoire. Il était naturel que le garde des\n\n1 Bigarures Calotines. P. 1730. p. 32."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.26", "texte": "i 6\nS. I. M.\n\nsceaux opinât le premier. D'autant qu'il s'agissait d'un personnage consi-\ndérable, et qui plus est, d'un ami. Car Lully entretenait des relations très\nsuivies avec ce monde de la robe. Deux ans plus tard sa propre fille\nCatherine, épousera le fils de Pierre de Francine, conseiller et maître\nd'Hôtel du roi, devenant ainsi la propre cousine du chancelier et du\nministre tout puissant, Le Tellier et Louvois, de M. de Bailleul, président\nà mortier au Parlement, et nièce de Francine de Grandmaison, chevalier,\nmaréchal de bataille de la milice de Paris, lieutenant de robe courte et\nprévôt de l'lsle de France, intendant général des eaux et fontaines, et\nd'une quantité d'autres magistrats, de la première considération. De telles\nalliances ne sont pas l'œuvre du hasard, mais la conséquence d'une vie de\ncour longue et patiente, et d'une camaraderie lointaine. Elles démentent\ntout à fait l'anecdote de Baptiste rabroué par les chancelleries, et obligé\nd'employer la force pour s'y faire admettre.\nLa charge de conseiller secrétaire du roy donnait droit au titre\nd'escuyer, et conférait la noblesse héréditaire. Lully prit des armes ; son\nblason fut :\n\" D'azur, à une épée d'argent, la garde et poignée d'or, posée en pal, la pointe\nen bas, autour de laquelle est tortillé un serpent de sinople, langué de gueules, la\ntête en bas ; et une bande d'or, chargée en son extrémité de deux roses de gueules\nbrochées sur le tout. \"\nSi nous devons nous croire certains documents, et en particulier les\nenquêtes menées en 1681.\n\" la bienveillance du roi avait été jusqu'à vouloir annoblir Lully et sa postérité,\npar des Lettres particulières, mais celui-ci, persuadé que la charge de secrétaire\ndu roi l'honorerait bien davantage, et qu'elle a toutes les prérogatives de la\nnoblesse bien plus éminemment, et avec plus de solidité que des Lettres particu-\nlières qui sont sujettes à révocation, aurait très humblement suplié S. M. et avec\nbeaucoup d'insistance de lui accorder son agrément pour s'en faire pourvoir... \"1\nAinsi Louis XIV aurait volontiers donné à Lully des lettres de\nnoblesse ; celui-ci préféra atteindre son but par un chemin plus long\net plus sûr. Est-ce bien vrai ? On l'ignore, mais on voit le roi auquel\non accordera bien quelque compétence en ces matières reconnaître\nla nécessité de faire entrer M. de Lully, dans l'armoriai général de\nFrance. N'oublions pas cet indication.\nLully a peut-être même visé plus haut encore. L'année suivante en\n\n1 ARCH. NAT. V 2 35."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.27", "texte": "BUSTE DE J.B. LULLY\npar COYSEVOX"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.28", "texte": "LULLY GENTILHOMME\n11\n\n1682, il aurait mis, dit-on, une enchère de 60.000 livres sur le comté de\nGrignon, que le premier président avait porté à 400.000 livres. L'enchère\nne lui resta pas et nous n'aurons pas le comte de Grignon, parmi les célé-\nbrités de la musique. C'est dommage ; le titre était sonore. Lully aurait su\nle porter.\nEn bon de père de famille, il préféra réserver ses fonds pour\nl'achat d'un somptueux immeuble, à la Ville L'Evêque, dont on peut\nencore admirer la bâtisse au 28 de la rue Boissy d'Anglas. Il possédait\ndéjà quatre maisons sur le pavé de Paris,1 plus une campagne à Puteaux,\net une manière de chateau 2 à Sèvres, dans lequel se sont installées, en le\nbouleversant, l'Ecole normale de jeunes filles, et la Manufacture de porce-\nlaine. Son inventaire après décès est un monument, et formerait à lui\nseul un gros volume d'impression.a Ce grand seigneur était capitaliste ;\nson train l'exigeait. Et le \" bon pié,\" dont parle le ballet de 1663, était\ndevenu un pied de millionnaire.\nLully achève en 1687 le cours d'une existence monumentale. Il\nlaisse un bien fonds d'environ 300,000 livres, et 500,000 livres en or,\npierreries, argenterie, soigneusement serrés dans des coffres. Il laisse\nl'Opéra, qui rapporte ses 30,000 livres par an, sa charge de conseiller, qui\nva se vendre 70,000 livres, la survivance de ses fonctions musicales, le\nrevenu de ses ouvrages en librairie, estimé à 7 à 8000 livres par an.\nQu'on fasse le total de ces capitaux en les multipliant par quatre, et l'on\nverra que Lully vaudrait de nos jours plus de sept millions.\n*\n* *•\nOn comprend que l'histoire anecdotique se soit acharnée sur un si\n\n1 L'une rue des Moulins au 10 d'aujourd'hui, deux autres rue des Petits Champs, aux 45 et 47, la\nquatrième rue St. Anne au 43. Cette dernière est l'hôtel de Lully, qui a encore si grand air.\n2 Le chateau de la Guyarde, et non de la Diarme comme à lu Radet.\n3 A l'écurie le Surintendant n'avait que trois chevaux \" deux de carosse sous poil noir, hongres et hors\nd'âge, dont l'un est aveugle, et l'autre à des poireaux et le tic, et un autre de 12 à 13 ans, servant à la pompe.\"\nSon grand salon, garni de huit lustres de cristal, et de meubles de brocart était plus somptueux. Les\ndifférentes pièces de son appartement comprenaient de grands et beaux meubles, tableaux, tapisseries et une\npendule d'écaillé, estimée 200 frs. livres. Son lit valait 800 livres (soit 3000 frs.)\nSon vestiaire est bien pourvu. Voici par exemple un juste au corps et culotte de ras de Gamas couleur\nmusqué, avec sa veste en taffetas pareil doublée de taffetas blanc, et garnie de boutons d'argent filé et de\nbroderies des deux côtés. Un autre de drap d'Angleterre, couleur café, brodé d'or. Un troisième de velours\nnoir, brodé également d'or. Ou bien un manteau de camelot de Hollande, brodé d'or aux extrémités et au col.\nSes gants étaient frangés d'or ou d'argent. Il avait trois épées dont une de deuil, et une à garde de vermeil.\nSes dessous comprenaient 6 chemises garnies de dentelles, 13 chemises de nuit, 16 caleçons, 10 camisoles de\nbasin, 2 bonnets de nuit, des cravates, etc. Pour l'époque, tout cela est élégant.\n2"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.29", "texte": "18\nS. I. M.\n\nbeau sujet. Chaque étape de la vie de Lully a été exploitée par les\namateurs d'antithèse comme autant de coups de théâtre. Plus l'homme\ns'élevait, plus il fallait le rabaisser aux yeux du monde, afin d'accuser le\njeu de la destinée, le hasard des contrastes, et forcer l'intérêt du lecteur.\nAinsi naissent et se forment les légendes, en groupant les faits suivant les\nexigences du sentiment ! Lully marmiton, transporté soudain dans la\nchambre de Mademoiselle, puis chassé honteusement d'un coup de pied\nqui l'envoie rebondir chez le roi, Lully croque-note, bouffon, parvenu\ndétesté, forçant la main à Louvois et terminant sa vie dans les insolences,\nvoilà le roman sur lequel tout le monde a brodé, depuis ce XVIIe siècle\nmoins curieux de stricte vérité que de littérature piquante. Il convient de\nvoir les choses sous un tout autre jour.\nLe personnage de Baptiste est complexe infiniment. Il réunit en lui\ndes races, des tendances, des époques dont le croisement forme un tout\nondoyant et divers. Mais, de quelque façon que nous le considérions,\nnous sommes frappés de la vigueur de ses traits. L'homme que nous\navons devant nous intéresse par son ensemble plutôt que par le détail de\nses expressions. Musicien, il l'est sans doute, mais en amateur que la\npratique n'absorbe pas. Poète, danseur, metteur en scène, il l'est aussi,\nquand on le lui demande, et encore homme à bons mots, homme d'affaires,\ncourtisan de mœurs faciles et père de famille prévoyant. Est-ce un\n44 violon\" que cet archimillionnaire, conseiller de la couronne ? Est-ce un\nentrepreneur, un imprésario que ce familier du roi ? Mais n'est-ce pas\nplutôt, et avant tout, une conquérant, qui prend sa place aux premiers\nrangs de la société ? L'important ici est l'inflexible autorité autour de\nlaquelle se groupent les qualités et les défauts. Lully en impose à tous\nparce qu'il concentre en lui cent forces éparses. Son tempérament est\nessentiellement monarchique ; sa vie est le triomphe de l'unité dans la\nmultiplicité ; son art pousse la concentration à l'extrême. Impossible de\nsonger en le voyant à un homme nouveau qui surgit du peuple pour faire\nune révolution, ou de croire à un bourgeois patient, praticien attentif et\nspécialisé. Lully ne peut être que grand seigneur.\nIl en possède toutes les caractéristiques : l'aisance, le traditionna-\nlisme, la hardiesse belliqueuse, le goût du plaisir effréné, et par dessus\ntout cette faculté de ramener ses actions aux proportions dun événe-\nment social et mondain. Lully compose ses opéras comme un général\nprépare une bataille. Il en trace les grandes lignes, en assure le dispositif"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.30", "texte": "LULLY GENTILHOMME\nI 9\n\net laisse l'exécution à ses lieutenants. Il ne perd pas son temps à rêver\ndevant les portées, mais le jour du combat, il paie de sa personne, et\nenlève la victoire. On a voulu comparer son activité artistique à celle de\nquelque patron d'un établissement de musique anonyme. La comparaison\nne porte guère. Mieux vaudrait parler de la\nLully illustre à côté de celle des princes, maison de rapport sans doute,\nmais qui a cependant le rang d'un véritable ministère d'Etat. En 1680, il\nn'y a de musique en France qu'à l'imitation de celle du Florentin, et\nchacun s'incline devant ce privilège reconnu. Lully pourrait dire, en\nparodiant son maître : La musique cest moi.\nTous ces traits accumulés dans un vigoureux ensemble ne donnent\nils pas de la vraisemblance à la figure de Lully gentilhomme? Si le rôle\ndu véritable gentilhomme est bien de représenter les tendances de la nature\nsélectionnée, de la gens traditionnelle, et de s'identifier si parfaitement\navec elles, qu'il finisse par n'être plus qu'un exemplaire de choix\ndans l'humanité ? Ici le triomphe de la personnalité est de disparaître, et\nde réunir en soi celle de tout le monde. Lully fut un être de ce genre,\nun centre de cette nature. En lui, se reflète le destin brillant d'un grand\nsiècle.\n(à suivrej.\n\nJ. Ecorcheville."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.31", "texte": "Admirablement artiste, d'une sensibilité à la fois profonde et active,\ntrès vibrant, Jean d'Udine un excellent écrivain d'ailleurs est un\noenseur à l'esprit large, hardi et novateur. Sa culture, ses tendances\n!.atines l'entraînent vers des théories, des systèmes qui reflètent sa vivante\npersonnalité et y trouvent leur raison d'être. Dans ses ouvrages il se\nraconte tout autant que les sujets qu'il traite, il se donne entièrement.\nPar l'ardeur de ses convictions, par sa sincérité et sa belle franchise, il\nfait facilement la conquête des lecteurs, et bien vite il les emmène au\nloin, sans que ceux-ci se soient aperçus du chemin parcouru. On aime à\nle suivre jusqu'au bout et on ne regrette pas de l'avoir suivi. Le dernier\nlivre de Jean d'Udine, UaÂrt et le Çe en est aussi le plus considé-\nrable, le plus significatif, c'est un vaste programme, l'exposé d'une\nesthétique générale appliquée à tous les arts. Basée sur le principe de\nl'eurythmie, la théorie de Jean d'Udine est remarquable à beaucoup\nd'égards, elle abonde en fines analyses, en observations judicieuses, en\naperçus nouveaux, notamment dans la partie consacrée à la musique,\noù l'auteur semble avoir puisé les éléments directeurs de sa théorie.\nLe livre de Jean d'Udine est un de ces livres où le lecteur s'inter-\nrompt pour réfléchir, pour commenter la page qu'il a sous les yeux. Ce\nsont ces réflexions, ces remarques que j'ai consignées dans le présent\narticle ; ce n'est donc pas une analyse critique du livre même. J'ajoute\npour terminer cette parenthèse qu'il y a plus de dix ans déjà,\nj'avais signalé 2 l'intérêt de la transposition musicale des attitudes, des\ngestes, et la valeur expressive des formes ainsi conçues.\n\n1 Chez Alcan, 1909, in-8° de 284 pp.\n2 Essais de technique et dyesthétique musicales. (Paris, Fromont, 1898-1901.)"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.32", "texte": "LA MUSIQUE ET LE GESTE\n\n2 I\n\nA vrai dire je ne comprends pas bien la nécessité de vouloir décou-\nvrir pour le problème de l'art pris dans sa généralité une formule\nunique. On a répété bien souvent le mot de Gambetta :\nquestion sociale, il y a des questions De même il n'y a pas de\nquestion esthétique, il y a des questions esthétiques, et dans le même art\nchaque genre a son esthétique particulière. Aussi les théories d'ensemble,\ntout en contenant beaucoup de vérités, restent incomplètes, d'autant plus\nincomplètes qu'elles tentent de ne l'être pas. Les principes qui sont à\nleur base prennent un sens tellement étendu qu'on arrive à déterminer\npar un terme général un état particulier : en définissant la partie par le\ntout, on ne définit pas. Dire que l'art est le résultat d'une idée innée\nl'idée du beau ne nous apprend rien de précis, car nous ne trouvons\ndans cette idée, en voulant l'approfondir, que des notions vagues d'har-\nmonie et de proportions, auxquelles peuvent satisfaire les œuvres les plus\ndénuées de valeur artistique. Dire comme dans le système de Jean\nd'Udine que l'art est une émotion, c'est là une vérité incontestable,\nmais toute émotion n'est pas de l'art. Reste à savoir comment cette\némotion s'est transformée, comment elle se transmet au public. Cette\nquestion, Jean d'Udine la serre de près, il la traite avec une méthode\ndont le principe est excellent et qui eût été beaucoup plus fécond, s'il\nn'avait été restreint à une seule application.\nLe problème est posé par l'auteur sous la forme de deux équations,\ndont la seconde est le renversement de la première et qui théoriquement\npeuvent être énoncées ainsi :\ni° A. Emotion, sensation émotive quelconque. B. Signe émotif.\nC. CEuvre d'art (d'un canton sensoriel quelconque).\n2° C. Œuvre d'art. B. Signe émotif. A. Emotion primitive.\nLa première de ces équations (A.8.C.), c'est Valler, le processus\nemployé par l'artiste, par le créateur ;la seconde (C.8.A.), c'est le retour,\nle processus par lequel l'œuvre passe pour se manifester au public, a\nramateur, selon le terme de Jean d'Udine. L'effet émotif aura lieu\nsi l'on maintient une étroite corrélation entre les trois termes, de\nl'émotion primitive au signe émotif, du signe émotif à l'œuvre d'art ou,\nà travers les transformations opérées par le créateur, ce signe caracté-\nristique doit conserver toute sa force et sa clarté. L'émotion primitive de\nl'artiste se trouvera ainsi reconstituée chez l'amateur ; le point de contact\nest donc le terme médian (B). Un tel procédé me paraît analogue a celui"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.33", "texte": "22\nS. I. M.\n\nqui consiste, dans les mathématiques, à introduire pour la solution d'un\nproblème un facteur, une X, qui s élimi au résultat final. Il en résulte\nque théoriquement le facteur pourra varier, sans que les conditions du\nproblème soient changées ; l'émotion de l'amateur aura toujours pour\ncause première l'émotion de l'artiste, mais elle pourra être provoquée\npar diverses causes occasionnelles, les seules qui soient apparentes, tan-\ngibles ; autrement dit il y aura différents signes émotifs, et c'est sur cette\nvariété de signes que sont fondées les diverses manifestations de l'art\n(peinture, sculpture, littérature, musique) et dans un même art les\nprocessus particuliers à chaque genre (prose, poésie, musique dramatique,\ndescriptive, musique pure...).\nQuels sont ces signes émotifs ? Ils peuvent être considérés j'en\nai fait jadis la remarque 1 comme dérivés d'un seul signe, le GESTE, à\nla condition de prendre ce terme dans son acception générale. C'est là\naussi le point de départ de Jean d'Udine. Mais celui-ci, comprenant\nqu'une telle définition de l'art serait trop vague, tient à préciser : Part est\nun geste,c'est-à-dire UNE ATTITUDE, une —et il ajoute\nattitudes exprimables par des mouvements par la DANSE. La sensation\nmusculaire est regardée par lui comme la base même de l'art, la repro-\nduction du réflexe musculaire sous cette forme rythmée est sa formule\nexécutoire. Formule unique, complète, car, en vertu de l'unité des forces\nphysiques, les mouvements rythmés se produisent partout et toujours,\nque nous en ayons ou non conscience, que ces mouvements aient lieu en\ndehors de nous, qu'ils nous apparaissent réalisés dans le contour immobile\ndes choses.\nTels sont, si je ne me trompe, brièvement indiqués, les principes\nfondamentaux de la théorie, exposés dans un livre qui eût été plus\nexactement intitulé l'émotion et le geste, ou les sensations et le geste.\nIl s'y trouve en effet une étude très approfondie, très fine, des sensations\nramenées à une sensation unique, le immédiat ou s'exerçant à\ndistance. La notion sensible de l'espace vient, en raison de cette même\norigine, s'identifier avec la notion du temps. C'est par ces considérations\ntraitées volontiers comme des axiomes n'ayant pas besoin de démonstra-\n\n1 \" L'homme manifeste son activité psychique pensées, sentiments, émotions par deux signes\nextérieurs, le langage et le geste. Ces deux phénomènes nettement distincts, qu'ils se produisent isolément ou\nensemble, peuvent être ramenés à un terme unique, le geste, pris dans une acception générale, le langage n'étant\nen effet qu'un geste plus développé et plus précis, ils diffèrent entre eux par leur mode de formation et les\nvoies particulières qu'ils suivent pour s'extérioriser. \" (Essais de technique et d'esthétique musicales.)"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.34", "texte": "LA MUSIQUE ET LE GESTE\n23\n\ntion, que l'auteur est conduit à trouver la solution des deux équations du\nproblème dans une série d'attitudes organisées en rythmes. En réalité,\nexcepté dans les arts plastiques, où les attitudes ont une reproduction\nexacte, nécessaire, la théorie de Jean d'Udine substitue au problème à\nrésoudre un autre problème qu'elle ne résoud pas, remplace une transfor-\nmation par une autre qui risque d'être plus confuse. Procédant par une\nsorte de synthèse, elle conserve un seul élément, le rythme, qui doit être\nla résultante de tous les éléments dont l'artiste s'est servi pour la mise au\npoint. Or cet élément, pris comme signe émotif, est une\ncielle ajoutée par l'artiste, un procédé.ll n'y a de rythmes naturels que\nceux qui assurent le jeu régulier des organismes vivants, ou la durée\nindéfinie de certains mouvements continus, et ces\naucune valeur (Part par eux-mêmes. La forme rythmée dans l'œuvre d'art\nest donc une convention.1 La succession d'images semblables qui, con-\nservées par la mémoire, se superposent au fur et à mesure, apporte,\ncomme dans un cinéma, la continuité, la durée, l'illusion de la vie. Mais\nsi cette superposition peut, lorsqu'elle est accompagnée d'une excitation\nmusculaire plus intense ainsi que cela arrive pour les productions\nrythmées de la musique exalter, magnifier l'impression d'art, elle\nn'offre plus aucun intérêt expressif, quand son caractère mécanique appa-\nraît, et elle devient un simple exercice matériel, une gymnastique dont la\nvirtuosité offre uniquement quelque agrément. Nous nous expliquons\naisément les tendances arythmiques des écoles modernes, protestant\ncontre la tyrannie du rythme ainsi compris, imposée au public, réclamée\nensuite par lui, mais dont en raison de son caractère artificiel les artistes\ncherchent à s'affranchir. Du jour où on constata et cette constatation\nse fit longtemps attendre, tant la suggestion artistique est puissante\nque les opéras de l'école italienne du siècle dernier n'étaient, à peu d ex-\nceptions près, composés que de rythmes de marche et de danse, cette\nconvention parut inacceptable, et la majorité du public, après avoir long-\ntemps résisté, finit par se laisser convaincre, quitte à se consoler en allant\nà l'opérette. De même, mais dans une forme singulièrement plus riche et\n\n1 Le développement naturel, logique qu'offre une convention d'art quelconque fait croire à sa réalité\nc'est pour cela que tous les théoriciens se sont mépris sur le véritable caractère du rythme artistique qui n est\npas plus donné par la nature que la gamme musicale. L'invention du rythme provient d une part de la danse,\nde l'autre de l'idée de jeu. Les poètes et les musiciens l'ont transporté dans le domaine psychique, où il devient\nun moyen de sélection et de concision, un élément de continuité et, en certains cas, 1 auxiliaire expressif de\nla pensée."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.35", "texte": "24\nS. I. M.\n\nplus belle, nous ne sommes plus émus par les développements purement\nmécaniques de certaines pièces symphoniques du XVIIIme siècle, fussent-\nelles des plus grands maîtres.1 Ayons le courage de le reconnaître, cette\nmusique est devenue didactique, une vraie musique d'école, comparable\naux chansons de métier accompagnant et réglant un travail matériel.\nSi le mouvement est scientifiquement la source de toutes choses, il\nse trouve évidemment parmi les signes concrets dont se compose l'œuvre\nd'art. C'est là un fait d'ordre purement scientifique qui ne nous émeut en\nrien. Admettons qu'un rythme typique musculaire puisse caractériser une\némotion déterminée ce qui n'est pas certain il faut toujours inventer\ndes rythmes nouveaux. Il y aura donc une infinité de mouvements\nsusceptibles de représenter le même fait émotif.\n\" La musique,dit Jean d'Udine née\ntour. \" Affirmation évidente pour les morceaux destinés à la danse, vrai-\nsemblable pour l'art primitif qui paraît en être issu, mais inadmissible\nailleurs, lorsque l'art est parvenu à un développement suffisant et qu'il\ncherche précisément à s'affranchir de cette servitude première. Je pourrais\ndire tout aussi bien et plus justement : La musique, née de la déclama-\ntion, du langage, engendre à son tour une sorte de langage, de discours.\nJean d'Udine n'admet que la première formule, jugée suffisante le\nlangage étant pour lui une sorte de danse, applicable à tous les cas; en\nréalité, il donne ainsi une importance tout à fait disproportionnée à des\nmouvements, rythmés ou non, qui doivent être considérés et sont effec-\ntivement de simples mouvements réflexes.\nLe point de départ de la sensation musicale est, ainsi que dans\noutes les manifestations sensorielles, un ébranlement nerveux ; cet ébran-\nlement qui détermine dans l'organisme une sorte d'activité vague sans but\nprécis, 2 devient une excitation motrice lorsque les sons entendus se\nsuccèdent dans un ordre facilement saisissable divisant le temps régu-\nlièrement.\nA son tour, cette excitation motrice se traduit par des gestes imita-\ntifs, réellement exécutés ou supposés. Tel rythme fortement et également\n\n1 L'emploi presque constant des imitations, la recherche excessive de symétries trop nombreuses, trop\nrapprochées, réalisées dans les formes rythmiques et mélodiques les plus brèves, les renversements des motifs, etc.,\ntoutes ces combinaisons, qu'on pourrait comparer à un travail de mosaïque, engendrent une foule de mouve-\nments divers, dispersés en tous sens, dont la signification expressive est parfois confuse ou échappe complètement.\n2 La sensation musicale ne trouve pas d'issue directe du côté du concept intellectuel, elle n'aboutit pas\nimmédiatement, comme dans la sensation visuelle, à la perception d'une réalité, à un acte de la connaissance."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.36", "texte": "LA MUSIQUE ET LE GESTE\n25\n\nmarqué produira la marche, tel autre, la danse avec une gesticulation du\ncorps et des bras. Tout cela est vrai, fort connu d'ailleurs, mais ce n'est\nqu' une infime partie du phénomène musical, c'en est à peine le rudiment,\ncar des instruments de percussion, des bruits quelconques, pourvu qu'ils\nsoient rythmés, suffisent à produire ce résultat. C'est l'esthétique de la\nmusique des sauvages.\nDans la théorie de Jean d'Udine elle va se développer, se compléter\npar le système des synesthésies, dont l'auteur a expliqué auparavant le\nmécanisme. Dans cette théorie, ainsi que je l'ai dit, le tact est le sens\ntype qui donne naissance à tous les autres, toutes les sensations sont des\nsensations tactiles, en communication par leur commun diviseur, le tou-\ncher. C'est par le toucher qu'elles correspondent, s'engendrent mécani-\nquement, sans qu intervienne, dit l'auteur, dans la production de ces corres-\npondances aucun élément intellectuel. D'autre part, Jean d'Udine assimile le\nmouvement musculaire et la sensation tactile. L'émotion musicale ayant\ntoujours une origine motrice ou tactile, la musique participe donc à\ntoutes les manifestations sensorielles, c'est à dire à toutes les émotions et est\nainsi capable de tout exprimer. Si l'exposé de cette théorie contient, sur\nnombre de points, des observations exactes, originales et neuves qui valent\nà elles seules la lecture du volume, il s'y rencontre des affirmations très\ncontestables et, malgré leur apparence, peu scientifiques. Pourquoi cette\nélimination de l'élément intellectuel, de l'élément compréhensif dans\nl'émotion ? L'artiste, l'amateur n'est pas un pantin dont les ressorts, si\nsubtils qu'ils soient, se déclanchent mécaniquement. La transposition dans\nl'œuvre d'art, ce que l'auteur appelle le passage d'un canton sensoriel\ndans un autre canton sensoriel, est parfaitement volontaire, contrôlée par\nle jugement qui, pour la mise au point, a rejeté le plus souvent les\npremiers essais, les premières tentatives. Celui qui, au lieu de commander\nà ses impressions, se laisserait commander par elles, ne sera jamais un\ngrand artiste, un créateur.\nD'autre part en étudiant le mouvement, Jean d'Udine confond le\nmouvement vibratoire, mouvement sur place, sans changement dans l'espace\n(l'ébranlement nerveux de la sensation par exemple) et le mouvement\navec déplacement dans F mouvement musculaire, geste, attitude. Si\nles gestes, les attitudes peuvent artistiquement aboutir à l'invention\nd'un rythme, ils n'ont point le rythme pour origine, ils ne présentent\ncette forme que lorsqu'ils sont répétés. Dans un ouvrage deja"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.37", "texte": "2 6\nS. I. M.\n\ncité 1 où j'ai analysé un grand nombre de thèmes wagnériens, j'ai essayé\nde montrer que pour certains d'entre eux les attitudes et les gestes des\npersonnages pouvaient expliquer, justifier leur allure mélodique étant\nobservé d'ailleurs que ces attitudes ont une double représentation, sur la\nscène à un moment donné et dans la musique où notre mémoire les recon-\nnaît ensuite et les évoque. Or quelle est la caractéristique de ces thèmes ?\nDans une mélodie de l'école italienne, dans un motif quelconque, de\ndanse, si l'on veut c'est le rythme mécanique de la mesure qui engen-\ndre la phrase, développe la succession des courbes sonores. Les thèmes\nwagnériens, au contraire, représentatifs d'attitudes et de gestes, sont des\nformes arrêtées, fixes, complètes dans leur brièveté elles passent devant\nnous pour ainsi dire immobiles,2 entraînées dans le courant de l'harmo-\nnie, qui coule tantôt impétueux, tantôt calme. Il y a donc là de grandes\ndifférences. Les thèmes wagnériens pourront figurer dans n'importe quelle\ndisposition du rythme mécanique une mélodie conçue à la façon ordi-\nnaire serait complètement changée. Les sept notes du thème de l'Epée\nde la Tétralogie se prêtent à toutes les combinaisons de mesures, mais\nelles offrent un sens complet à elles seules.\nEn fait le système des synesthésies ne résout pas la question de\nl'émotion musicale, nous passons à côté, parce que de parti pris l'auteur\nn'a voulu tenir compte que de la phase initiale de l'émotion, présentée\nthéoriquement, isolée de son milieu et de son histoire.\n*\n* *\nLa musique nous émeut par elle-même, sans que nous sachions\npourquoi et sans que nous éprouvions le besoin de savoir ce pourquoi.\nS'il y a une adaptation quelconque de la musique à la danse, à la parole,\nà une action dramatique, l'émotion musicale pourra n'être qu accessoire\nou, restée l'élément principal, elle trouvera après coup dans cette adapta-\ntion sa justification, à la condition que cette adaptation nous paraisse\nsatisfaisante. Dans la musique pure il n'y a aucun intermédiaire entre la\nmusique et nous, auditeurs. Lorsqu'une belle phrase dun adagio de\n\n1 Essais de technique et d'esthétique musicales.\n2 Par rapport aux mouvements sonores environnants. Les thèmes wagnériens —je ne parle pas ici des\nprogressions se composent essentiellement de quelques éléments asymétriques, ce qui les rend intradui-\nsibles par les formes rythmés de la danse ; de plus, le rythme mécanique de la mesure n'y a aucun rôle carac-\ntéristique ou nécessaire."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.38", "texte": "LA MUSIQUE ET LE GESTE\n27\n\nde Beethoven nous émeut, ce n'est ni Beethoven, ni tout autre dont les\naccents nous toucheraient par sympathie, c'est nous-mêmes qui sommes\natteints directement. Rien n'est venu s'interposer au moment où naît cette\némotion, aucune vision d'attitude douloureuse par exemple, c'est notre\npropre douleur que la musique représente. L'objectivation si elle sur-\nvient ne précède pas l'émotion originaire, elle la suit, la complète au\nbesoin. Ce sont donc les inflexions sonores qui seules ont agi, ont éveillé\ndirectement un sentiment, un fait purement psychique ; l'émotion musi-\ncale est par conséquent extrêmement\nUn autre caractère résulte du caractère précédent en raison de sa\nnature psychique. L'émotion musicale exige certaines dispositions, cer-\ntaine culture de l'esprit, elle correspond à une faculté spéciale, au sens\nmusical, qui est le privilège de quelques-uns. Parmi une foule d'auditeurs,\nun petit nombre possède ce sens musical plus ou moins complet, les autres\nne sont accessibles qu'au mouvement musculaire, au rythme mécanique,\nà ce qui relève de la danse et peut y revenir ; ils sont impressionnés éga-\nlement par les sonorités purement matérielles, les trucs, les ficelles du\nmétier, les tours de force que les virtuoses exécutent sous leurs yeux avec\nles mains, avec l'archet. Si l'impression reste ainsi localisée dans sa phase\nsensorielle grossière, c'est qu'il n'y a pas compréhension véritable. La\nmusique est un langage 1 qu'il faut comprendre pour en etre emu. Or\ncette langue, il faut l'apprendre et pour la savoir il ne suffit pas d'en\nconnaître quelques locutions, semblables aux phrases des manuels de con-\nversation. Une éducation préalable est nécessaire ;2 chaque race, chaque\ncivilisation a une langue musicale qui a sa part de convention et qui est\nparfois si rudimentaire que ses successions sonores ne méritent pas le nom\nde musique et a fortiori celui de langage.\nLa nôtre s'est formée peu à peu au hasard des circonstances, comme\ntoutes les langues, d'ailleurs, où des besoins nouveaux créent des mots\nnouveaux et des tournures nouvelles.\nL'histoire de cette formation est infiniment intéressante et instruc-\ntive pour l'étude de l'émotion musicale, de son évolution, principalement\ndans la musique pure où les éléments psychiques finissent par prendre\nune place prépondérante.\n\n1 L'art musical participe du langage et du geste, il en offre les caractères principaux et les associe ans\nune certaine mesure. (.Essais de technique et dyesthétique musicales.)\n3 Mais non professionnelle, comme, en d'autres termes, on apprend à parler et à comprendre une angue,\nsans vouloir pour cela faire métier d'écrivain."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.39", "texte": "2 8\nS. I. M.\n\nJusques aux deux derniers siècles, la musique ne fut pas cultivée\nseule et pour elle-même ; elle était associée à la danse, à la poésie qui lui\nimposaient l'une, ses mouvements et ses rythmes, l'autre, sa syntaxe\ngrammaticale, sa prosodie, sa métrique. Humble servante elle n'avait pas\nde statut personnel et n'en avait pas besoin. A la sensation musicale se\nmêlaient d'autres sensations qui se confondaient avec elle ou ne lui lais-\nsaient qu'un rôle accessoire. Ce qui domina dans les manifestations de\nl'art antique ce fut l'élément visuel, le rythme plastique et à cet égard la\nthéorie de Jean d'Udine trouverait ici sa meilleure justification. La langue\nmusicale ne se dégagea que bien des siècles plus tard, après les cantilènes\ngrégoriennes, encore étroitement subordonnées à la parole, après les essais\nd'une polyphonie maladroite faits au hasard de vieilles théories non appro-\npriées. Les progrès de l'écriture harmonique, le principe attractif, basé\nsur l'emploi des petits intervalles que renferme une gamme (*), vinrent\nenfin apporter, avec une syntaxe rationnelle les éléments de la tonalité,\npréciser les cadences, fournir à la phrase musicale toutes les allures d'un\nangage susceptible non plus seulement de représenter les gesticulations\nde la pantomime ou de la mimique, mais d'exprimer à son tour et voce\npropria des sentiments et des idées. Mais cette évolution fut très lente.\nElle aboutit avec Beethoven. Les traditions de la danse et de la déclama-\ntion persistèrent jusqu'à lui, des formes artificielles, fécondes en apparence,\nstériles au fond, la retardèrent en substituant à des développements véri-\ntables une sorte d'amplification presque entièrement mécanique. Si Bach\nfut parfois un précurseur, si Haydn orienta l'art vers une forme populaire\net plus simple, Mozart ses toutes dernières œuvres exceptées—s'amusa\nde ces vieilles formules et à leur préciosité. Beethoven fut le libérateur.\nDans une forme libre, claire, vivante,\nparlé, il prouva que la musique se suffit à elle-même, qu'elle n'a besoin ni\nde la danse, ni de la parole, ni d'aucune forme artificielle pour exprimer\nune idée, un sentiment. L'œuvre beethovenienne offre des développements\nvraiment psychiques au lieu de la phraséologie officielle, pédante ; de\nl'école, elle présente une conception beaucoup plus large de la forme\nrythmée, appliquée librement aux idées mêmes, alors que les rythmes\nmécaniques ne sont plus que des éléments divisionnaires de continuité.\nBeethoven crée la grande phrase symphonique,\n\n1 En ut majeur, les deux demi-tons si ut et mi fa employés simultanément et marchant en sens contraire :\nsi ut, fa mi."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.40", "texte": "LA MUSIQUE ET LE GESTE\n29\n\nd'un seul jet, qui transformera la musique pure : aux deux extrémités de\nla phrase se trouvent les idées principales entre lesquelles s'établit une\nrelation expressive, l'une, la première restant ouverte, l'autre fermée par\nles nœuds successifs des cadences, multipliées s'il y a lieu, pour\nmieux équilibrer ce qui précède (*). Telle est, dans les œuvres du maître\nla disposition de la première partie de l'allégro d'une symphonie, d'un\nquatuor, d'une sonate. Au développement qui suit où sont mises en\nvaleur de nouvelles relations tirées des éléments déjà exposés, même\nprocédé grammatical ; une seule phrase qui reste suspensive et aboutit\nà la reprise de la première, unifiée dans une même tonalité et augmentée\nin fine de nouvelles cadences qui forment la coda ; Beethoven en a laissé\ndes spécimens d'une beauté merveilleuse. Le morceau garde ainsi une\nunité admirable dans le fond et dans la forme (2). La compréhension\nde ces trois grandes périodes, de ces rythmes si larges, exige un effort\npsychique considérable ; l'œuvre même est intraduisible, matériellement\nirréalisable dans une autre forme d'art. C'est une ode aux trois strophes\ngigantesques, composées chacune d'une phrase unique. Seul le langage\nidéologique de la poésie peut offrir quelques analogies dans une mesure\ninfiniment plus restreinte : les grands poètes, en effet se sont servis de ce\nrythme d'idées et c'est dans leurs œuvres qu'il y a lieu d'en rechercher\nles premières applications.\nJe prendrai comme exemple celui qui se trouve dans le livre de Jean\nd'Udine et où l'auteur, en le commentant, confond ce grand rythme avec\ndes rythmes divisionnaires de syllabes ; c'est le passage représentant\nEviradnus, le guerrier justicier, de la Légende des Siècles :\nDans l'horrible balance\nOù les princes jetaient le dol, la violence,\nL'iniquité, l'horreur, le mal, le sang, le feu,\nLa grande épée était le contrepoids de Dieu.\n\n1 Cette grande phrase si caractéristique de la musique pure est en germe dans les symphonies d'Haydn et\nde Mozart dont le plan général ne diffère guère de celui de Beethoven ; ce sera, plus tard, avec certaines\nmodifications, la phrase de l'école moderne, du poème symphonique, très librement construite. Est-il besoin\nd'ajouter que cette large conception de la phrase musicale n'a rien de commun avec le procédé employé, dans\nl'opéra classique, pour la construction du fameux final, cette lourde et épaisse machine sonore, composée de\npetites phrases répétées et de pièces rabouties auxquelles succèdent d'interminables formules de cadence.\n2 Les autres parties de la symphonie sont construites différemment 5 dans l'andante nous retrouvons la\nconstruction du lied ou de la chanson, dans le scherzo les symétries et la figuration rythmée d'une danse\nidéale, alors que le Final avec ses thèmes fermés, conclusifs, ses cadences rapprochées, reproduit souvent les\nallures du rondeau poétique, ou évoque, comme celui de la 5e symphonie, une magistrale péroraison. Chacun\nde ces morceaux a son équilibre spécial, correspond à un état différent. Le plus caractéristique, en raison de\nson unité, de son dynamisme et de sa grande envergure, est l'allégro par lequel l'œuvre débute."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.41", "texte": "3°\nS. I. M\n\nContrairement à ce que dit Jean d'Udine, ce ne sont pas les\ntrois syllabes \" grande épée \" qui font équilibre aux treize syllabes des\ncrimes (dol, violence...) ; cest le vers tout entier ou il riy a quune idée, alors\nque les idées se pressent se bousculent Tout\nl'effet de la phrase d'Hugo est là, dans le rapport qui s'établit entre les\ndeux idées principales, l'idée de lutte sauvage, sanglante, et l'idée de\njustice dans les proportions données à chacune d'elles, proportions que\nnous pouvons mesurer exactement par le rythme prosodique. Ainsi le\nmouvement cadençal qui porte la seconde idée, le second terme du rap-\nport, doit remplir l'unité métrique, l'hexamètre, il ne saurait avoir ni\nplus ni moins : la cadence poétique, qu'on pourrait assimiler à une\ncadence musicale, serait affaiblie. Ajoutons que la rime empruntée à une\nsonorité précédemment entendue donne l'impression d'une venant\nfixer le nœud de la cadence qui arrête momentanément le rythme méca-\nnique des vers. Ce que le poète dit en quelques lignes, le musicien le\ndéveloppe symphoniquement en une immense phrase, dépassant de\nbeaucoup les dimensions des plus longues périodes du discours ; mais la\nphrase poétique et la phrase musicale peuvent être rapprochées ;\nla même origine psychique, avec une syntaxe et des procédés d'application\ndifférents.\nSi de cet examen d'ensemble l'on vient à étudier dans les détails la\nstructure même d'une phrase musicale, on constate des emprunts analogues\nfaits au langage et ayant le même caractère idéologique. Un des moyens\nles plus employés est Y insistance, soit par la sur les mêmes notes\nou sur d'autres {progression), soit par des équivalences, c'est-à-dire par des\ngroupes de notes pouvant se remplacer les unes les autres dans un même\néquilibre harmonique ou dans une même marche d'harmonie. Comme les\nmots typiques d'une phrase parlée, certains groupes portent les elements\nprincipaux, et les effets expressifs, les autres ne servent qu a espacer ces\neffets et remplissent des fonctions accessoires : rythmiques pour assurer la\ncontinuité du mouvement harmoniques, comme formes d'accompagnement\nfaisant partie de la mélodie même; ou enfin purement ornementales. Beet-\nhoven choisit fréquemment un seul intervalle comme lien entre les thèmes\nd'un même morceau ou entre les morceaux d'une même œuvre (x). La\nrépétition d'une formule rythmique se rapproche beaucoup plus de 1 im-\npression musculaire : c'est plutôt un procédé de métrique, avec des cesures\n\n1 Voir l'appendice."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.42", "texte": "LA MUSIQUE ET LE GESTE\n3i\n\naccents tombant regulierement, comme dans la prosodie poétique.\nCe qu il faut retenir de ces quelques observations forcément très\nincomplètes, c est la grande richesse, l'ampleur de la syntaxe musicale, ce\nsont ses caractères profondément psychiques, véritables facteurs de l'unité\nque nous observons dans toutes ses parties : le principe attractif, appliqué\nd une part dans les demi-tons de la gamme, de l'autre, dans les valeurs\nbrèves d un rythme ; la serie rythmique, composée aux premiers degrés\nde 1 echelle d unités musculaires, au sommet de vastes groupements psy-\nchiques ; enfin les mouvements de l'harmonie, qui comprennent des\ngroupements de plus en plus étendus, simple succession de deux accords,\ngroupements homogènes d'une tonalité, groupements des tonalités entre\nelles, jusqu'aux combinaisons libres de l'écriture moderne, comparables à\nun faisceau de rayons sonores émanant d'un foyer principal.\nQuant à l'idée elle-même, but expressif de l'art, elle n'est accessible\nqu'indirectement, par un rapport de similitude ou de contraste, de\ngrandeur ou de petitesse, de force ou de douceur, de lumière ou d'obscu-\nrité... Or qu'est-ce qu'un rapport ? Un pur concept intellectuel, où les\nformes extérieures, tangibles, immobiles ou mobiles, se résolvent en\nimages psychiques images intérieures presque mathématiques (x). Ce sont\nces images que le musicien reproduit avec leurs nuances et dans leur\nintensité, qui lui fournissent un répertoire d'une variété inépuisable, car\nl'artiste créateur trouvera toujours quelque interprétation nouvelle.\nL'ensemble de ces principes constitue la grammaire intégrale de la\nlangue musicale. Abregee, simplifiée dans les productions inférieures qui,\npour remplir d'ailleurs leur mission sociale, n'ont pas à viser si haut, elle\nse manifeste complètement dans les formes les plus élevées, celles où la\nfinalité esthétique se réalise intégralement.\nBasée sur des rapports, sur une syntaxe idéologique, la musique pure\naboutit par suite à une dématérialisation (2), et c'est ainsi qu'elle arrive à\nnous donner l'impression de l'absolu.\n\n1 Lorsque deux faits sensoriels, provenant de \" cantons \" différents, représentent le même rapport, ils\npeuvent succéder lun à 1 autre, ils sont équivalents, ils ont la même valeur psychique. Ainsi une sensation\nauditive peut, dans ces conditions, éveiller une sensation colorée. Voilà, à mon avis, la véritable cause des\nsynesthesies qui sont le grand argument du livre de Jean d'Udine et où l'auteur ne voit que des groupements\nsensoriels inconscients.\nCette dématérialisation se produit pour ainsi dire malgré nous. On a remarqué que la sonorité du piano\nest insoluble dans 1 orchestre. Ceci est applicable à l'art tout entier. Parvenue à un certain degré d'intensité ou\nde développement, la musique est insoluble dans le milieu où elle se trouve, elle se désagrège d'elle-même, se\nsépare des éléments auxquels elle est associée. \" Les paroles ne comptent pas \", dit un vieux cliché qui n'est\npas sans vérité."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.43", "texte": "32\nS. I. M.\n\nEn entendant certaines pages de Beethoven, certaines scènes des\ndrames wagnériens où la musique pure épand largement ses vagues har-\nmonieuses, ne sommes-nous pas transportés hors de l'humanité, au delà\ndes formes matérielles, tangibles ? L'amour de Tristan et Yseult n'a plus\nrien de terrestre, les paroles se sont dissoutes, un seul mot subsiste, la\nconjonction et. \"Le désir humain, écrit Alfred Ernst, lorsqu'il arrive à se\nlibérer des contraintes extérieures, exige impérieusement l'absolu et\nl'infini. \"\nOr cet absolu ne peut se concevoir qu'en dehors des formes concrètes\ncomme une image intérieure, que, seule peut-être, la musique peut\napprocher. Théophile Gautier ne disait-il pas qu'avec ces deux ailes, la\npoésie et la musique, l'âme peut remonter très haut jusqu'à Dieu\npeut-être... Or, ces ailes, ne les attachons pas avec des fils pour les faire\nramper sur le sol, laissons-les planer, emportant nos douleurs et nos joies\ndans les espaces infinis du rêve et de l'idéal.\nDans l'esthétique de Jean d'Udine, le problème de l'émotion musi-\ncale est donc très bien posé, mais il n'est résolu que partiellement, dans\nsa phase initiale. Engagé sur une voie qui eût pu être très féconde,\nl'auteur s'arrête à mi-chemin. Séduit par une vague théorie d'unification,\nil généralise aussitôt, érige en système quelques observations de faits de\nsynthèse, certaines correspondances sensorielles, déclarées, mais non\ndémontrées inconscientes. Ainsi il est entraîné à enfermer l'art, les\nœuvres et l'émotion artistique dans un cercle étroit qui ne dépasse pas le\ndomaine de la sensation. Le livre de d'Udine a un précieux intérêt\ndidactique par la contribution qu'il apporte à l'enseignement du rythme,\nnotamment à la méthode inaugurée par Dalcroze à Genève, et récemment\nimportée avec succès à Paris. Un bon musicien doit savoir la rythmique,\ncomme un bon comptable l'arithmétique, pour faire de bonnes additions.\nIl y a dans cette gymnastique rythmique qui offre tous les attraits d'un\nsport, les éléments d'un art nouveau, d'une danse regénérée et\nMais la musique et la danse sont deux arts distincts ; l'interprétation de\ncelle-là par celle-ci sera toujours approximative, imprécise. C'est un art\najouté à un autre art. La véritable émotion musicale est une émotion inté-\nrieure. Elle n'est pas d'ailleurs spontanée. Il faut que la compréhension de\nl'œuvre ait eu lieu au préalable pour qu'elle se manifeste. Elle ne se com-\nmunique pas immédiatement au public, pas plus que l'œuvre ne s'est\nlivrée d'un seul coup à l'artiste créateur. Ce qui est intuitif chez les grands"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.44", "texte": "LA MUSIQUE ET LE GESTE\n33\n\nmusiciens, c'est la technique, la science du métier qu'ils savent déjà au\nmoment où ils apprennent ; l'idée elle-même est longuement mûrie, alors\nque sa réalisation peut être rapide. Beethoven cherchait très longtemps les\nthèmes de ses symphonies, Chopin modifiait sans cesse ses moindres com-\npositions. Si, parmi les manifestations de l'art, il en est à qui une seule\nimpression suffit pour que la conception de l'œuvre soit complète, la\nmusique est avant tout un art de réflexioparce qu'elle est un une\nlangue organisée, pourvue d'une grammaire et d'une syntaxe. Ces carac-\ntères se révèlent le plus intégralement dans la musique symphonique,\nalors que les autres genres n'ont qu'une liberté relative et par suite\nrelèvent d'une esthétique spéciale. Sans doute Wagner a pu, associer très\nétroitement la musique dramatique et la musique pure, mais il n'a réalisé\nce tour de force — qui ne se renouvellera vraisemblablement jamais —\nqu'en ralentissant outre mesure et parfois pour\nque T s ti 11 scemqueet 1 O'Ct'toyiJ ,\nsoient ainsi d'accord.Quel que soit donc le mérite des poèmes wagnériens,\nnous devons reconnaître que ses deux éléments, l'élément scénique et\nl'élément musical, n'y ont pas la même valeur, l'un étant trop souvent\nsacrifié à l'autre.\nOn ne saurait trop le dire : tout problème d'art est un problème\nqui comporte non pas une mais plusieurs solutions ; à ces solutions qu'il\nest inutile d'unifier, correspondent des formes typiques différentes, aisé-\nment reconnaissables, comme l'émotion qu'elles suscitent. Pour le pro-\nblème musical dont j'ai tenté ici l'examen, parmi toutes les solutions dont\nil est susceptible, je n'ai étudié brièvement que celle qui en est l'expres-\nsion la plus haute et la plus complète : les œuvres qui la réalisent sont\nrares, mais ce sont aussi les plus belles.\n\nElie Poirée.\n\n3"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.45", "texte": "APPENDICE\nI. Le procédé qui consiste, dans la construction d'une phrase mélo-\ndique, à répéter le même groupe de notes, soit textuellement, soit en le\ntransposant en progression, est trop connu pour qu il y ait lieu de\nl'expliquer ; bornons-nous à donner un exemple, lorsque cette répétition\nse fait par des équivalences.\nEn raison de la fusion qui s'opère entre les sons d un accord parfait\nconsonant, l'initium de la Marche Turque de Mozart un exemple\nentre mille offre trois mouvements équivalents a (la ut), b (ut mi),\nc (mi la) qui, ayant le même plan harmonique, représentent harmoniquement\nla même intonation :\nau lieu d'une répétition, sans aucunfintérêt, de a :\nS'il y a un mouvement de cadence, les équivalences seront en iut\nmajeur par exemple, les mouvements attractifs caractéristiques inverses,\nsi ut, fa mi, les groupes sol ut, ré ut, ré mi, etc. combinaisons\nsuperposables. C'est sur ce principe, d'ailleurs, qu'est basée l'écriture à\nplusieurs parties, l'emploi simultané de dessins mélodiques différents\ndans la polyphonie, ainsi que le système des imitations serrées.\n11. Comme exemple d'une phrase mélodique contenant des éléments\nprincipaux et des éléments accessoires, nous pouvons citer le début de\n! 'allegro de la sonate à Kreutzer.\nOn y distingue deux éléments expressifs A et B, séparés par une\npartie accessoire :\nRapprochés, A et B figureraient ainsi dans une forme serree •"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.46", "texte": "APPENDICE\n35\n\nCette forme n est pas employée : pour donner plus d'ampleur au\ntheme, Beethoven intercale, entre les deux éléments expressifs, quatre\nmesures, une lente montée de rondes, de sorte que les trois\nnotes finales du groupe B, résonant longuement, viennent faire équilibre\naux mesures précédentes ; l'idée est agrandie. A la fin de l'allégro l'ini-\ntium de A se soude avec 1 element B, renversé ; il y a contraction :\nDans le courant du morceau remarquer le rôle prédominant donné\nau Petjt element a, qui est ici, non pas un geste, mais une sorte d'appel, de\ncri jete par une voix ideale et qui fournit entre autres un nouveau thème :\nL'importance donnée par Beethoven aux intervalles est considérable.\nL'emploi de l'intervalle de tierce dans la 5e Symphonie (en ut\nmineur) est des plus remarquables comme moyen idéologique et expressif:\ntierce descendante au premier allegro, ascendante au Final qui appa-\nraît comme une grande cadence triomphale, après le long passage\nsuspensif où se trouve le merveilleux crescendo.\nL'intervalle de quarte est systématique dans le Final de la sym-\nphonie (en la majeur) ; il fournit le thème principal et figure fréquem-\nment dans les développements :\nCitons encore la sonate p. et v. op. 25, en la mineur, où un groupe\nde deux notes, se suivant diatoniquement, est mis en évidence à travers\ntoute l'œuvre, dans des mesures et des rythmes différents :"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.47", "texte": "36\nS. I. M.\n\nL'ouverture d'Egmont offre une admirable succession de thèmes\ntrès différents en apparence, mais qui sont dérivés du même element,\nexposé lentement :\nRemarquons bien que dans tous ces exemples il ne s agit pas de la\ngrande variation,venant modifier un thème toujours reconnaissable, mais\nde motifs ayant chacun leur personnalité et qui se trouvent\ngiquement par un facteur commun.\nNotons enfin qu'une même partie mélodique doit quelquefois etre\ninterprêtée —au point de vue expressif comme renfermant deux parties\nétroitement unies l'une à l'autre ; telle est cette belle phrase intrumentale,\ntirée d'un entr'acte d'Egmont. Claire et Egmont sont ensemble, les\nlèvres et les voix se rencontrent sur la même syllabe sonore :\nCette mélodie si expressive et si tendre est une simple progression\nde quintes et de sixtes se répondant par mouvements contraires :\nDans la Sonate op. 81 (Les adieux, l'absence, le retour), Beethoven,\nau Final, exprime, d'une façon très analogue, la joie qu'éprouvent les\namants à se retrouver :"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.48", "texte": "KINSKI (GEORGE): Katalog des musikhhtorischen Muséums\nvon W. Heyer in Coeln.Band I. (Coeln. & Lpz. Breitkopf. 1911\nin 8° de 478 pp. Mk. 24 broché ; Mk. 26 ou 30 relié).\nCe n'est pas un simple compte-rendu, mais un véritable et\nlong article que mériterait ce livre imposant, par son ampleur, sa\nprésentation et son intérêt. La collection musicale qu'un Mécène\nde Cologne, M. W. Heyer a réunie pour en doter sa ville, est\nactuellement une des plus importantes du monde, et surtout des\nmieux organisées, comme le prouve ce premier volume d'un in-\nventaire somptueux. Gémissons encore une fois (ce n'est pas la\ndernière) sur notre malheureux Conservatoire, qui a laissé se\nformer en ces dernière années de semblables musées, et qui ne se\ndoute peut-être pas de leur existence. Gémissons en songeant que\nnotre Société Internationale a plusieurs fois conjuré le prépose\naux instruments de ce Conservatoire, de mettre la main a un\ninventaire illustré, digne de cette collection nationale, et offert de\ns'associer aux frais d'un ouvrage. Alors que Cologne possède pour\nses instruments anciens un palais nous en sommes encore a des\norganisations de fortune ! Et nous ne nous soucions pas de porter\nremède à cette incurie. Dernièrement se trouvait a Paris une im-\nportante collection, dont le propriétaire venait de mourir. Notre président M. Malherbe prit a\npeine de faire une démarche auprès du Ministre compétent, pour attirer 1 attention des pouvoirs\npublics sur cette bonne fortune, et pour que, tout au moins, la France, si elle n a pas 1 argent e\nl'Allemagne, ait la conscience en repos, après avoir fait preuve d'intérêt et de bonne volonté.\nCroyez-vous que le Conservatoire ait bougé ? Mais M. Heyer, et son conservateur M. ins 1,\nne trouvèrent pas indigne d'eux de faire le voyage de Cologne a Paiis. C est ainsi qu on arrive\nà quelque chose 0u... à rien.\nLes résultats de l'activité de M. Heyer, nous les voyons dans ce premier vo ume qui\ntraite des instruments à claviers. Il y a là 371 instruments, dont 250 clavecins ou clavicordes,\nbon nombre d'orgues et des vielles, harmonicas et autres singularités, ou le son est pro uit par\nfriction et commandé par un clavier. Chacun de ces instruments est présente par une escnp\ntion plus ou moins détaillée, et qui résume l'état présent de nos connaissances sur son identit\nPresque à chaque page, une illustration vient nous donner une leçon de choses, ci, c est\nl'instrument lui même, là, une marque de fabrique, là, des pièces démontées du mécanisme, a\nune gravure ancienne ou la reproduction d'un tableau. Il yen a des centaines, tirees avecj e\nplus grand soin. Et enfin nous arrivons à des tables alphabétiques, tables des matières, ta es\ndes collections d'instruments anciens etc, etc... qui rendent au lecteur les recheiches aci es."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.49", "texte": "42\nS. I. M.\n\nC'est donc une sorte & encyclopédie illustrée des instruments à clavier que le catalogue rédigé\npar M. Kinski, un ouvrage qui documente le savant tout en émerveillant l'artiste. Encore\nquelques volumes comme celui-là et l'on ne lira plus dans les gazettes des phrases de ce genre :\n\"Le clavecin de M. X. n'est pas un clavicorde, c'est une épinette.\"\nMUELLER (WALTER) :/. Triasse als Kirchenkomponist (Breitkopf 1911 Beihefte\nder Internationalen Musikgesellschaft 11. vol. 9. in 8° de 180 pp. Mk 5.)\nHasse, le type du musicien allemand italianisant du XVIIIe siècle, ne nous est plus guère\nconnu que par les ouvrages historiques auquel il sert de prétexte. Le présent volume est un\ncomplément utile a 1 œuvre imposante de M. Mennicke u Hasse die Brueder Graun. \"Il\nnous montre Hasse en qualité de compositeur de musique d'église, ce qui ne fut pas un de ses\nmoindres titres de gloire. Nous voyons ainsi comment est venu peu à peu, de l'école napoli-\ntaine, cette recherche de l'effet personnel, et du chant sentimental, qui a si profondément\nmodifie la musique d'Occident au début du XVIIIe siècle. C'est à peu prés l'évolution contraire\nà celle qui se passe dans la musique religieuse depuis 25 ans, où l'on revient à l'impersonnalité\ncomme a un élément d'édification. Très curieux sont les arguments par lesquels un Mattheson\nou un Doles, à l'époque même de Bach, légitiment leur volonté de ne pas séparer les styles\nd'eglise et les styles de théâtre. L'ouvrage de M. Mueller trace rapidement la biographie de\nHasse, dénombre ses œuvres religieuses, les analyse brièvement et termine par un catalogue\nthématique. C'est là en somme une excellente monographie qui permettra de considérer\ndésormais ce sujet comme acquis à la science.\nWIRTH (Herman-Fél ix) : Der TJntergang des Niederlaendischen Volksliedes (Haag. Mar-\ntinus Nijhoff 1911, in 8° de XVI-357 pp. FI. 5.)\nCe livre pourrait en réalité prendre pour titre : \" grandeur et décadence de l'art lyrique\nhollandais, par un folkloriste.\" M. Wirth soutient ici une véritable thèse. Il s'efforce de\ndéterminer les conditions dans lesquelles la musique populaire peut vivre et prospérer. Et il\nprend comme exemple de ses doctrines la Hollande, pays encore peu connu des musicologues.\nLe sujet est précis et semblerait restreint, mais l'auteur a su lui donner de l'ampleur, en nous\noffrant le spectacle de l'art néerlandais et flamand du XIIe siècle jusqu'à nos jours.\nM. Wirth soutient que la conception populaire de l'art, et particulièrement de l'art\nmusical, est une sorte d'aperception concrète, et limitée aux données sensibles, que, par\nconséquent, le formalisme un peu abstrait qui sévit dans notre civilisation occidentale et le\ngoût des spéculations métaphysiques, tel qu'il se rencontre par exemple chez Wagner, ont été\nles grands ennemis de la mélodie populaire. Le catholicisme n'aurait pas fait grand tort, selon\nM. W., à ce réalisme de nos races Celtes et Germaines, mais le protestantisme, en infusant le\nchristianisme dans la masse aurait atteint profondément le sens artistique populaire. De cette\nsubstitution d'un idéal moral et abstrait à un sens des réalités concrètes et naturelles, daterait\nla déchéance du Volkslied.\nOn voit combien la thèse prête à la présentation du Kulturproblème. Aussi, ce livre\nsatisfera-t-il tous ceux qui veulent apercevoir les idées derrière les documents. Et il faut espérer\nqu'ils sont nombreux. Car enfin le document est un véhicule qui doit nous mener quelque\npart. Le beau livre de M. W. le prouve.\nSONKY (S.) : Théorie de la pose de la voix, traduit du russe par Mlle Louise Marville.\n(Fischbacher, 1911, in-12 de 231 pages).\nCet ouvrage, un peu confus, nous paraît en dépit de sa dédicace, plutôt destiné aux\nprofesseurs qu'aux élèves, et le débutant qui n'aurait d'autre guide, aurait, je crois, bien du"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.50", "texte": "LES LIVRES\n\n43\n\nmal a y trouver son chemin, surtout s'il avait lu déjà quelques livres comme celui de\nM, Taylor, de M. Mayan, ou de D 1 Bonnier qui contredisent à peu près de tous points les\nthéories émisés ici. Le problème respiratoire, en particulier, occupe plus de 60 pages chez\nM. Sonky et s y obscurcit en conséquence. Avouons que la question des registres, au contraire,\ny est fort nettement traitée ; c'est la première fois je crois, qu'elle a été exposée de façon aussi\ncatégorique. Quelques gravures ajoutent à l'intérêt du volume ; elles n'ont que le défaut\nd avoir illustre deja toutes les physiologies vocales ; ne pourrait-on faire des schémas nouveaux,\nplus clairs et plus simples en même temps.\nNous ne sommes pas toujours d'accord avec M. Sonky. Son chanteur, qui ne travaillera\nle solfege que d'une façon accessoire, et pendant sa seconde année d'études seulement, aura, je\ncrois, bien du mal a devenir un tolérable musicien. Et pourquoi considérer les grands virtuoses\ndu XVIe siècle comme incapables d'exécuter les agréments, vocalises et cadences qui allaient\nfaire le succès des siècles suivants. Après tout ce qui s'est dit récemment sur le problème des\nornements il nous est bien difficile d'imaginer la musique du XVIe siècle comme un im-\npeccable et rigide bel canto, dépourvu de grâces et de fioritures. Nous ne saurions non plus\nattribuer, comme A4. Sonky, la décadence actuelle des voix à l'abus du travail vocal imposé\nmaintenant aux enfants. Ne parlons que de la France ; la musique commence à peine à s'y\norganiser dans les écoles ; une institution d'aussi fraîche date ne peut avoir compromis\ndéjà beaucoup de chanteurs ; et, en revanche, les maîtrises sont aujourd'hui fermées. Il me\nsouvient d'un certain questionnaire, relatif à la décadence du chant, où les autorités les plus\néminentes, M. Fauré, si je ne me trompe, faisaient précisément remonter le mal à cette\ndisparition des maîtrises. Tant il est vrai que les artistes et les théoriciens ne sont pas près de\ns'entendre, en physiologie vocale moins que partout ailleurs. L. B.\nGASTOUE (Amédé) : Uart Grégorien. (Collection des Maîtres de la musique. Alcan\n1911 in 160 de 550 pp. Frs 3,50).\nC'est une singulière et attachante figure que celle de ce Grégoire premier, grand seigneur\nlatin du VIe siècle, préfet de Rome, propriétaire foncier en Sicile, dignitaire de l'Eglise,\nambassadeur à Byzance, pape enfin, et qui, parmi tant d'activité, laisse dans notre Occident le\nnom d'un musicien fameux ! M. Gastoué nous trace de ce saint homme un portrait vivant.\nNous le voyons chantant à /'ambon, avec d'autres diacres à la belle chevelure, ou bien modulant\nsur son petit lit de repos, ou bien touché de pitié en passant devant le marché aux esclaves et,\nà la faveur d'un mauvais calembour (angli-angeli) concevant le plan d'une mission en Angle-\nterre. La musique grégorienne est bien l'œuvre consciente et méditée de cet homme de fer.\nSorti d'une simple réforme du chant de la chapelle pontificale et de l'entourage immédiat\nd'un pape, ce chant méthodisé et d'une parfaite stylisation liturgique se répand dans toute\nl'Europe, là aisément, là plus péniblement. Au IXe siècle son triomphe est complet, il est\nuniversel comme l'Eglise elle-même. Et, encore un fois c'est un Romain qui a réussi à coor-\ndonner l'effort des siècles, à lui donner la consistance, à lui imprimer le sceau de l'éternité.\nMais bientôt, de différentes nationalités réagissent involontairement et adaptent à leur\nnature musicale ce corpus international. Le bloc se fissure, sous la pression italienne, allemande,\ngallicane ou espagnole. Le spectacle de cette désagrégation de l'édifice grégorien entre les\nmains des barbares bénévoles (du XIIIe au XVIe) est presque poignant pour qui ala passion de\nl'histoire humaine.\nChemin faisant, M. G., dont l'érudition est extrême, nous signale les théoriciens et les\npraticiens, qui ont contribué à cette évolution progressive. Je retiens surtout l'évocation de ce\nroi mélomane, Robert le pieux (996-1031), élève du conservatoire (lisez Scola)de Reims, où il"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.51", "texte": "++\nS. I. M.\n\npour Ditecteur, Gerbert le futur Sylvestre 11, et pour condisciple, Othon, le grand Othon\nd Allemagne. On allait bien au XIe siecle ! Que dirions-nous d'un conservatoire de province,\ndirige par Pie X et ayant dans ses classes le Duc d'Orléans et Guillaume II ? Ce brave Robert\nse plaisait a diriger sans cesse de nouvelles œuvres de lui, et se servait de son sceptre comme de\nbâton de chef d'orchestre. Ces premières avaient lieu à la basilique de St. Denis. M. G. nous\nrapporte la petite scène suivante. On était à Rome à la fête solennelle de St. Pierre: toute la\ncour pontificale et Sylvestre, l'ancien professeur de Robert se trouvaient là ; tout d'un coup le\nRoi de France, venu en touriste assister à ces cérémonies, se précipite vers l'autel, avec toutes les\ndémonstrations d'une homme qui va faire une offrande importante, et il dépose quoi ? Un joli\nrépons de sa composition, noté de sa main sur un rouleau de pas charmant?\nA cote de ces elements descriptifs, le livre de M. G. contient d'excellentes appréciations\nsur l'art grégorien lui-même et sur les formes musicales qu'il a inspirées. Cette vision courte\net synthétique d'un état musical intermédiaire entre l'antiquité proprement dite et notre temps\nmoderne est des plus instructives. Elle nous montre le conflit entre deux mondes et entre\ndeux races.\nD'un côté nous voyons une déclamation vocalisée, et diversifiée par des procédés d'orne-\nmentation mélodique, quelque chose comme de la prose fleurie et assouplie, c'est la jubilatio\n1 expression intense de l'esprit perdu dans la joie, et n'arrivant pas à définir des mots pour\nl'exprimer. Comme l'écrit si admirablement St. Augustin 1 : \" /'ineffable c'est ce quon ne peut\ndire. Or si tu ne peux nommer et que tu ne puisses pas te taire, que te reste-t-il ? sinon de\njubiler, afin que ton cœur se réjouisse sans paroles et que Vimmensité de ta joie ne connaisse pas les limites\ndes syllabes.\" C'est le mélos oriental, celui des gnostiques d'Afrique, celui des syriens d'Antioche\net des ascètes persans, qui vient se systématiser entre les mains puissantes de Grégoire et qui\nrayonne sur l'Europe entière, encouragé et sans cesse épuré par les princes, les abbés, les\ngrands, en un mot par l'élément international et cultivé, qui prend son mot d'ordre religieux\nà Rome.\nPuis d'un autre côté nous apercevons, et combien nettement, une résistance à la mélodie\ncontinue, une volonté de tout enfermer dans la carrure des vers, dans l'assonance des rimes,\ndans la symétrie des accents. Cette résistance vient des barbares du Nord et avant tout des\nCeltes. Le naïf Notker Labeo du XIe siècle, qui ne pouvant retenir les codas (séquences) manié-\nrées des byzantins, s'avise de placer un mot sur chacune des notes de ces vocalises orientales,\nest le type d'une mentalité qui a du être générale, et qui a fini par triompher avec les proses\nd'Adam de St. Victor, un siècle plus tard. Le Celte veut mesurer. Tout son effort, en pré-\nsence du chant grégorien, consistera à donner à la mélodie fluctuante les qualités de résistance\net de rigidité qui permettront de la briser en morceaux symétriques et de la faire entrer dans le\nsystème d'une notation proportionnelle. La bataille fut dure. Plusieurs fois M. Gastoué nous\nmontre les envoyés de Rome aux prises avec le celtisme qui reparait tout à coup dans les\nmonastères Anglais ou Français, et qui devait sévir bien autrement dans le peuple.\nDétail précieux et significatif, Abélard, vers n 30, cherche des formes musicales nouvel-\nles en remettant tout simplement à la mode des coupes mélodiques employées par les moines\nceltiques du VIP siècle. Et cette allure celtique, M. Gastoué en donne un exemple typique\nc'est une sorte de vaudeville malin, qui en plein XIIe siècle, sous la plume de l'ami d'Héloïse,\néclate comme une protestation de la carrure gauloise. Nous connaissons ses pareils, et par\ncentaines, depuis l'âge des Trouvères jusqu'à celui du Chat Noir.\nAinsi donc il semble bien que le grand ennemi du grégorien se soit rencontré dans le\nGaulois, dans cette race, qui au lieu de \" jubiler en rêvant a l'ineffable, \" comme le voulait\n\n1 In. ps. 99. 4."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.52", "texte": "LES LIVRES\n45\n\nSt. Augustin, ne songeait qu'à proportionner des sons et des rythmes, à satisfaire sa logique, à\nprendre conscience de la mesure exacte et rationnelle, à en un mot àse ressaisir au lieu de\ns abandonner. Et si cette thèse se vérifiait, elle expliquerait pourquoi le plain-chant est tombé\nen France dans une decadence plus lamentable que partout ailleurs. Nos chantres et nos\nchanteurs, maintenant encore, ne peuvent vaincre une sorte de pudeur native, qui les empêche\nde se livrer a la vocalise grégorienne. On sent très bien qu'ils y cherchent toujours ce qui n'y est\npas : LA MESURE. L effort d'une jubilation qui ne signifie rien, sinon l'ivresse intérieure d'une\nâme qui Prie> leur est, non seulement étranger, mais antipathique. Il suffit de passer dans une\neglise, meme de Paris, meme en temps pascal, pour en avoir l'intuition. Le u gargarisme \"\noriental, la cantilene mystique, qui anonne quelques voyelles, pour célébrer l'indicible, parmi\nle chœur des initiés, tout cela s'évapore, dans nos pays de brume, et le Gaulois n'a pu s'y\naccoutumer pleinement depuis mille ans. Il est vrai que son âme de mensuraliste a su profiter\nde l'effluve grégorienne. Sur les débris de la vocalise, se sont élevés les assises de l'art harmo-\nnique, auxquels l'école parisienne des XIIIe et XIVe siècle a contribué si glorieusement.\nJ. E.\nLAURENCIE (L. de la) ; Lully(Collection des maîtres de la musique, Paris, Alcan,\n1911, in-160).\nOn doit s'étonner de voir que Lully n'ait pas encore dans notre librairie moderne le gros\nvolume auquel il a droit. Cet homme encombrant qui sut régenter la musique française\npendant plus d'un siècle est obligé de se contenter de livres de vulgarisation et de collection,\noù la place lui est parcimonieusement limitée. Nos éminents collègues M. Prunières et de La\nLaurencie, qui connaissent admirablement leur XVIIe siècle ont été contraints l'un et l'autre\nd'enfermer dans un simple in-160 l'une des vies les plus savoureuses qui aient été. Espérons\nvoir prochainement l'apparition d'un ouvrage imposant comme l'est elle-même la musique de\nCadmus ou à? Armide.\nCe regret ne m'empêche aucunement de rendre au de La Laurencie tout le mérite\nqui lui revient. Je crois au contraire qu'il faut considérer comme un tour de force et aussi\ncomme une preuve de dévouement à l'égard du public, la rédaction d'un ouvrage de ce genre\nen 250 pages. En face de l'abondante documentation, de l'iconographie tentante, et de la\nsomptuosité même du sujet, quel bel effort de continence et de sobriété ! Le public en saura-t-\n-il gré à l'auteur ? Il faut le souhaiter, car peu de livres furent plus pleins et plus condensés que\ncelui-là. M. de La Laurencie est un parfait ordonnateur. On sent que le matériel réuni par\nlui, au prix de recherches considérables, s'est peu à peu concentré, sous l'effort d'une énergique\nvolonté. Et c'est d'un pas allègre et méthodique que nous parcourons cette aventure mirifique\nd'un pauvre Florentin devenu collaborateur et ami du plus grand Roi du Monde.\nCe livre précis, judicieux, et désormais indispensable, rendra-t-il à la musique de\nLully un peu de l'attrait qu'elle avait perdu ? Nous l'espérons avec M. de La Laurencie. Lully\na eu besoin de se faire oublier. Comme tous les tyrans, sa domination a été suivie d'une éclipse\nsalutaire. Mais aujourd'hui, le sens historique peut le remettre à la mode et à la place que tout\ngrand homme doit occuper dans son pays. Le malheur est que nous avons perdu la tradition,\ncette tradition qui nous rattache encore à Molière et à Corneille, Place du Théâtre Français\n(on peut le croire du moins). Il faut tout recréer avec l'opéra-ballet de 1660, et au prix de frais\nimmenses. La seule réédition de l'œuvre de Lully est pour un éditeur un véritable épouvantail.\nToutefois la grosse objection n'est pas d'ordre financier. On trouve de l'argent pour tout.\nLa résurection de Lully (comme celle de tous ses contemporains en musique) se heurte à notre\nmentalité musicale radicalement opposée à celle du XVIIe siècle. N'oublions pas que nous"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.53", "texte": "4-6\nS. I. M.\n\navons élevé la musique à la dignité d'un culte, et nous allons dans son temple pour accomplir\nune sorte de rite intérieur très voisin de celui qui nous attire à l'Eglise. L'ancien régime\ncelui de la France voyait au contraire dans la musique et dans l'opéra un plaisir des sens,\nun divertissement, souvent réprouvé, toujours tenu en suspicion par l'esprit et la morale, et\ntoléré parce qu'il faisait partie des pompes humaines dont la monarchie était obligée de se\nservir. La tolérance est inséparable de l'idée d'opéra, de son personnel et de son édifice. A\nVersailles comme à Paris, en 1670, aller à l'opéra est une façon comme nous\ndirions aujourd'hui, un prétexte à faire danser des princes, à nouer des intrigues, à se payer\nune partie fine. C'est un décor auriculaire, complément de tous les autres, et qui ne se\nconçoit pas sans eux. Une représentation de Cadmus est un sport mondain, un gala, que la\nVille est assez riche pour se payer à l'instar de la Cour.\nRetrouverons-nous cet état d'âme ? Le Tout-Paris qui s'amuse se dérangera-t-il un soir\npour aller à Versailles, faire une partie monstre, et, après avoir abondemment festoyé, regarder\ndans la cour de marbre quelque imposante et fastueuse machine du Surintendant de la musique\nde la chambre du roi ? Il le faudrait. Mais si on remet au répertoire de la Salle Garnier\ncomme on le fit pour Hippolyte et Aricie une ou un froidement, et avec les\npréoccupations esthétiques de notre temps, ce sera lugubre.\nComme le remarque si bien M. de La Laurencie, l'art de Lully a \" quelque chose\nd'industriel et de compassé Hé oui, Lully sait très bien ce qu'il veut, quand il offre un\ncadre splendide, un merveilleux décor à cet élément mondain, qui est l'essentiel de ses repré-\nsentations. C'est le public qui joue ici le véritable rôle, et Lully lui donne l'occasion d'y\nparader en diverses façons. Elle ne vibre guère, cette musique à teintes plates; au contraire elle\nplastronne. Elle permet à tout ce bouillonnement humain, à cette compagnie chamarrée,\ndorée, poudrée, qui crève de bonne chère et de plaisir, de s'immobiliser autour de quelque\nmythologie galante et de prendre sa part d'une brillante féérie. Nous avons bien conservé la\ndemi-musique de Baptiste,mais où est l'atmosphère sentimentale qui la rendait salutaire,\nbelle et comme apaisante ? Si Orphée revient, il faut lui rendre ses bêtes.\nJ. E.\nHELLOUIN ET J. PICARD. Un musicien oublié. Catel. (Fischbacher içioin-lô0\nde 72 pp. 2,50.)\nBien oublié, en effet, ce pauvre Catel, professeur et créateur du Conservatoire, membre\nde l'lnstitut, auteur des Aubergistes de qualité, du Chant Triomphal et d'Alexandre chez Apelle !\nIl était cependant normand et méritait une gloire plus durable. Nul plus que lui n'a eu de\nmérite en ces temps troubles ou, en musicjue comme ailleurs, il fallait creer un nouvel état de\nchose. Catel théoricien est encore aujourd'hui sans qu'on s'en doute, le véritable inspirateur de\nla doctrine de notre Conservatoire, parcequ'il sut synthétiser en lui des différentes tendances de\nl'enseignement officiel vers 1800.\nCHANTAVOINE (J.) VAnneau duNibelung,\nVallemand de A. POCHHAMMER. (Alcan in-160 de 170 pp. 2,50.)\nC'est là un Fùhrer qui nous manquait, et qui rendra des services aujourd'hui ou Wagner\ncommence à se vulgariser.\nHEVESY (André de). Petites amies de Beethoven (Paris Champion in-16 de\n160 pp.) # ,\nL'immortelle bienaimée ! Quelle providence pour les historiens de la musique, en quete"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.54", "texte": "LES LIVRES\n47\n\nde sujets mystérieux et palpitants ! M. de Hevesy eut la bonne idée de diriger ses recherches\nvers le chateau de Martonvasar, en Hongrie, où habitait la famille de Brunsvik. Il y a décou-\nvert, non pas la clef du mystère, mais des lettres charmantes en curieux français, échangées\npar les sœurs de Brunsvik et où il est souvent question de Beethoven. De ces aimables docu-\nments M. Hevesy a su faire une plaquette tout à fait jolie, écrite avec grâce. Son évoca-\ntion du milieu où Beethoven fréquentait est absolument réussie.\nBOSCHOT (Adolphe). Carnet d'Jrt. (Paris, Bloud et Cie, Place St. Sulpice, 1911,\nin-160 de 260 pp.).\nPoète, musicologue, romancier, Adolphe Boschot n'avait plus qu'à devenir chroniqueur.\nC'est fait, et le Carnet d'Art nous rappelle une série d'articles que nous avons tous lus, et dont\nil est fort agréable de retrouver le souvenir, articles de critique musicale et littéraire, écrits sans\nperfidie, et avec le souci de chercher la vérité au sein de la beauté.\nUne seule chose m'a toujours un peu scandalisé, chez Boschot. Qu'il me permette de\nl'avouer en toute franchise. C'est son antipathie contre tout ce qui est allemand. La légende\nde l'Allemand, mangeur de saucisses, fumeux derrière ses lunettes, et incapable de toute\nconcentration esthétique, est vraiment bien usée ! Je n'arrive pas à comprendre ce travers, chez\nun esprit qui plane bien au-dessus des parti-pris nationalistes. Les Allemands ont leurs défauts.\nEt nous les nôtres. Et il est toujours aisé de ridiculiser autrui. Mais à quoi bon ?\nLes sympathies du lecteur n'en iront pas moins à ce livre lucide, scrupuleux, épris de\nbelles idées. J. E.\nHENDERSON (W. J.) Some forerunners of Italian (New-York, Henry Holb and\nC°, 1911. Price\nM. W. J. Henderson, le critique du New-Yor n'est pas un inconnu pour nous. Un\ncertain nombre de ses ouvrages ont déjà été présentés au public français. J'en ai moi-même\nsignalés quelques-uns, notamment How music devAu début de sa préface, il nous donne\nlui-même un résumé très précis de son nouveau livre :\n\" Le but de ce volume, dit-il, est d'offrir au lecteur anglais une rapide étude du drame\nmusical en Italie avant la naissance de l'opéra, et de noter dans son histoire le développement\ndes éléments artistiques et des influences qui, en fin de compte, amenaient les réformateurs\nflorentins à s'inspirer du drame antique en vue de parvenir à un mode plus simple d'expression.\"\nMais le point intéressant dans cet ouvrage, c'est que M. Henderson fait remonter plus\nhaut qu'on ne le fait généralement les premières tentatives du drame musical. Il le fait naître\nà Mantoue en 1472 (ou au plus en 1483) et c'est de Poliziano qui selon lui en serait la\npremière manifestation. De prime-abord, il semble bien que nous soyons là à la \" dérive sur la\nmer calme \" des hypothèses ; toute trace en effet de cette musique \" paraît être perdue. \"\nCependant à force de restaurations par analogie (analogical reconstruction), M. Henderson\narrive à donner à sa thèse les meilleures apparences de solidité. Le sujet est trop spécial et\ndemanderait trop de vérifications documentaires pour que j'ose prendre parti dans le débat.\nMais l'idée elle-même (et la manière habile dont elle est défendue) m'a parue vraiment intéres-\nsante à signaler aux personnes nombreuses qui s'intéressent à cette période de l'histoire musicale.\n\nGustave Robert."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.55", "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE\nSÉANCE DU SAMEDI 29 AVRIL 1911\nLa Séance est ouverte à 4 heures 45, chez MM. Gaveau & Cie, 45, rue La Boëtie, sous\nla présidence de M. Malherbe, président.\nAssistaient à cette Séance : M. A. de Bertha, Mmes Wiener-Newton, Pereyra, de\nChabannes, Neufeld, Daubresse, Lefeuve, Gallet, Laloy, MM. Guérillot, A. Laugier, Mar-\nnold, L. de La Laurencie, Herwegh, Poirée, de Saint-Foix, Ch. Petit, Quittard, Lefeuve,\nProd'Homme, Malherbe, Ecorcheville, Laloy & Prunières.\nS'étaient excusée : MM. Mutin, Trotrot & Maus.\nAprès la lecture du procès-verbal, Mme Gallet informe la Section qu'elle a eu une\nentrevue avec M. Sartiaux, Directeur de la Cie du Nord, et que la Cie accordera a tous les\nmembres allant au Congrès de Londres, une réduction de 1/2 place, réduction qui s étendra\nprobablement aux bateaux et aux Cies anglais.\nM. Bouvet demande la parole, pour faire remarquer que l'absence du Secrétaire Général\nau début de nos Séances, rend toujours le commencement de ces Séances très tardif, et met un\ncertain nombre d'entre les membres hors d'état d'assister aux communications. Le Président\nprend bonne note de cette réclamation, et promet d'y faire droit à l'avenir.\nLe Président après avoir rappelé les pertes que la Société vient de faire en la personne\ndu comte I. de Coucondo et de M. A. Guilmant, donne la parole a M. de Bertha, pour une\ncommunication sur les \" Rhapsodies hongroises de Liszt. \"\nLe Président donne ensuite la parole à M. Ecorcheville, pour rendre compte des travaux\nde la Commission du Luth. Cette communication est suivie d'une audition de pièces de Luth,\npar Mlle Mairy, avec le concours de Mlle Bonnard et dont voici le programme :\nI. Gagliarda LUPI DI CARAVAGIO (1607)\n11. Canaries ANONYME\n111. Il Spagnoletto ...\nIV. Fantasia VINCENT GALILEE\nSarabande ....\nr\nV. Airs Ecossais anciens\nVI. Fantasia. .... FRANCESCO DA MILANO\nVII. Intrada Anglicana. . ANONYME\nde Lord ZOUCHE'S\nVIII. Deux Airs de Cour . RICHARD\nMlle Madeleine\nIX. L'lmmortelle . . . GAUTIER LE VIEUX\nX. Deux Préludes. . . BOCQUET\nLa Séance est levée à 7 heures 1/4."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.56", "texte": "4\n\nLE PROBLÉMATIQUE AVENIR\nDE L'OPÉRA EN ANGLETERRE.\nQu'il doit se réjouir en son cœur, le jeune compositeur anglais,\nlorsque,passant dans Kingsway il se trouve soudain face à face avec la\npancarte vraiment énorme que Mr. Hammerstein a fait planter sur l'em-\nplacement de son futur Opéra. Elle brille, elle attire tous les yeux, cette\nsavante réclame, avec ses lettres blanches hautes d'un mètre, se détachant\nsur un fond noir ; elle s'érige splendide, solitaire et prometteuse au milieu\nd'un espace vide qu'entourent des débris de maisons, des barricades, des\nprécipices ; j'imagine derrière les planches des armées d'ouvriers travail-\nlant avec enthousiasme pour la cause de l'Art... Le Compositeur anglais\ns'arrête et se met à rêver : il voit s'élever devant ses yeux ravis un admi-\nrable théâtre aux nobles proportions et dont l'acoustique est meilleure\nencore qu'à Covent Garden ; la scène est pourvue des mécanismes les\nplus perfectionnés ; il entend les musiciens, les chanteurs, la musique,\ntout est parfait. Il se sent plein d'espoirs : enfin voici un débouché pour\ncelui qui ne peut arriver à se faire jouer, un théâtre pour les compositeurs\nanglais et leurs œuvres. Londres pourra enfin rivaliser avec les grandes\ncapitales du monde !... Il soupire, et revenu sur la terre, continue sa pro-"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.57", "texte": "5°\nS. I. M.\n\nmenade. Et il se souvient... Des bribes d'interviews, des fragments d'arti-\ncles de journaux s'insinuent dans sa mémoire. Il se récite à soi-même les\ndéclarations de Mr. Hammerstein au sujet de son futur opéra, de sa con-\nstruction, de sa taille, de son avenir. Mr. Hammerstein est sans doute\nplein de bonne volonté, mais que peut-il pour les compositeurs anglais,\npuisqu'il compte \" faire de l'argent \" ? L'opéra rêvé deviendra ou un\nsecond Covent Garden ou un Opéra Populaire. Il y aura des étoiles, des\ncélébrités, des milliers de spectateurs à satisfaire. De là à devenir une\nmanière d'Opéra International administré à l'Américaine il n'y a\nqu'un pas. Et, de plus douteux et de plus en plus sombre, s'embrume\nl'avenir de l'Opéra en Angleterre.\nLe Jeune Compositeur Anglais a-t-il raison ou tort de se montrer si\nrésolument pessimiste ? Nous ne pouvons guère en juger et l'Avenir seul\nprouvera si ses craintes étaient bien ou mal fondées ; mais il est certain\nque la présente situation est fort loin d'être satisfaisante et si elle ne\ns'améliore pas, les musiciens anglais pourront aller grossir les rangs des\n\" Unemployed \".\nL'on dit toujours qu'il n'y a pas de musique dramatique anglaise et\nque c'est pourquoi un théâtre régulier d'opéra n'existe pas en Angleterre.\nCette assertion est au moins inexacte : on peut citer un assez grand\nnombre d'oeuvres musicales écrites pour la scène, depuis l'époque Géor-\ngienne où triomphaient les \" Ballad-Operas \" jusqu'à nos jours. Des\nopéras tels que The Mountain Sylfh de Barnett \\ la Bohemian Girl, le Siege\nof Rochelle la Rose of Castille et Satané lia de Balfe, la de Wal-\nlace, les Night Dancers de Loder, le Don Quixote, Charles II et Robin\nHood de Macfarren, la Leila de Pierson, pour n'en nommer que quelques-\nuns, furent joués avec succès pendant la période Early Victorian et prou-\nvent l'activité, sinon le génie des musiciens qui composèrent à l'époque\ndes meubles d'acajou et des rideaux de reps rouge. Ces œuvres manquaient\nsans doute d'intérêt et d'originalité, italiennes d'aspirations pour la plu-\npart ; et tout ce qu'on peut dire d'elles en somme, c'est qu'elles eurent\nleur heure de gloire et sont maintenant \" oubliées \" Oubliées \" est\ndécidément le seul qualificatif qui leur sied aujourd'hui 2. Mais l'on peut\naussi faire une liste assez longue d'opéras écrits pendant les trois dernieres\ndécades : Y Ivanhoe de Sullivan, Y Esme et le de\n\n1 Barnett, Beer de son vrai nom, était cousin de Meyerbeer.\n3 Maritana et la Bohemian Girl cependant ne sont pas encore tout-à-fait oubliées dans les provinces."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.58", "texte": "L'OPÉRA EN ANGLETERRE\n5i\n\nGoring Thomas, Colomba et le Troubad de Sir Alexander Mackenzie,\nle Thorgrim, Signa et Haroldde Mr. Frederick Cowen,\nado about nothing, le Veiled Prophet et Shamus O'Brien de Sir Charles Villiers\nStanfoid, Nordtsade Mr. Frederick Corder, la de Mr. Flerbert\nBunning, Y Angélus de Dr Naylor, Der Weld et The Wreckers de Miss Ethel\nSmyth, Greystielet le Duke or Dde Mr. Nicholas Gatty, le Pierrot\nPierrette et Dylande Mr. Josef Hoîbrooke, la de Mr. Clutsam,\nentre autres, sont des œuvres respectables et sincères (quelques-unes\nmême d'une grande valeur artistique). Mais aucune d'elles ne connaît\nencore la vraie popularité ; et, toutes, elles se jouent généralement devant\ndes salles demi-vides, sans doute parce qu'elles n'ont ni les qualités, ni les\ndéfauts nécessaires à un succès populaire ce qui revient à dire qu'elles\nne font pas d'argent. J'imagine qu'il leur manque, soit la grandeur géniale\ndes drames lyriques Wagnériens, soit l'intense sensibilité des œuvres de\nDebussy, soit le sensationalisme des mélodrames de Strauss, soit la verve de\nCarmen, soit l'affreuse sentimentalité de Mignon ou les séduisantes préten-\ntions des Bohème et des Madame Butterfly; de sorte que le gros public anglais\nn'est ni forcé d'admirer, ni intéressé, ni séduit, ni choqué, ni ahuri ; il reste\nsimplement indifférent tput comme les snobs de la musique qui ne se pas-\nsionnent que pour une ou deux choses qu'il est de mode d'admirer,\nvocalises de virtuose ou dissonances de Salomé. Les pauvres opéras anglais\nqui n'atteignent ni à l'excès d'honneur, ni à l'indignité restent donc applau-\ndis seulement par les quelques centaines d'amateurs de musique, sincères,qui\nne servent justement à rien ; leur mutuelles vertus sont sans conséquences\nheureuses tandis que, meilleures ou pires, ces œuvres auraient eu plus de\nchance de réussir complètement.\nCe fâcheux état de choses qui dure depuis pas mal d'années durera\nsans doute longtemps encore : les Directeurs de Covent Garden n'ont\njamais donné le moindre encouragement aux musiciens anglais et avant\nl'entrée en scène de Mr. Thomas Beecham, c'était seulement en province\nque l'on pouvait avoir l'occasion et très rarement d'entendre une\nœuvre musicale anglaise par les soins des troupes Cari Rosa ou Moody-\nManners.\nMais il y a un autre problème à résoudre, et beaucoup plus grave à\nmon avis, que celui de \" l'Avenir de l'Opéra en Angleterre C'est :\n\" Que veut le Public ? \" Et j'ai grand peur que le Public lui-même n'en\nsache rien. Oh, nous ne connaissons que trop son goût en pièces drama-"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.59", "texte": "52\nS. I. M.\n\ntiques ou en comédies légères : son seul désir est de contempler l'une de\nses étoiles favorites dans un rôle qui se dissimule point sa personnalité ; il\nimporte peu qu'une pièce, bonne ou mauvaise, soit écrite autour de ce rôle ;\nd'ailleurs il s'estime très satisfait, ce public, de réentendre la même pièce\nplus ou moins parée et travestie ; c'est pour cela que connaissant leur\nPublic certains auteurs à succès écrivent toujours la même comédie, géné-\nralement mondaine et s'assurent de ce fait une longue série de fructueuses\nreprésentations et une durable popularité. Par suite toute pièce contenant\nune thèse, quelques idées en quelque apparence de réalité, sombre dans\nl'indifférence ou la mauvaise humeur du Public pour avoir dérangé ses\nhabitudes ou inquiété son jugement. L'Angleterre a donc la littérature\ndramatique qu'elle mérite et les dramaturges anglais le succès qu'ils\nveulent.\nMais les compositeurs ignorent absolument quel genre de musi-\nque le Public veut entendre. Naturellement on sait que ce Public sera\ntoujours désireux d'applaudir les admirables voix de Mme Melba, de\nMme Tetrazzini, de Signor Caruso, de Signor Scotti de Herr Van Rooy.\nMais à quoi bon écrire de nouveaux rôles pour ces artistes ? Ils y auraient\nmoins de succès que dans leurs anciens, étamt données les tendances\nconservatrices des spectateurs. Le résultat de tout ceci est la saison d'été\nde Covent Garden : La Cour et le Ville y vont dans les loges et les fau-\nteuils, la banlieue dans l'amphithéâtre : le théâtre est toujours plein parce\nque à toutes les classes de la société la mode ordonne de s'y rendre. Ceux\nqui préfèrent la musique aux chanteurs essaient de se faire remarquer par\nleur absence mais qui remarquerait une si faible minorité ?\nEn somme Covent Garden est une tradition tandis que Mr. Beecham\nest une tentative. Et une fois encore l'on se demande avec étonnement en\nvoyant ces salles à demi-vides : que veut le Public ? Evidemment Carmen,\nFaust, le Chemine au, les Contes d'Hojfman, Hanse let Gretel, Fidelio, Tristan,\nLe Barbier, Tiejîandmontés par Mr. Beecham ne l'attirent pas. Cependant\ncertains de ces opéras, font salle comble l'été pendant la saison de Covent\nGarden. Serait-ce que l'aristocratie londonienne s'absente l'hiver? Serait-\nce que le gros public connaît la différence et des interprétations et du\nprix des places ? Serait-ce que ne brillent pas sur l'affiche des noms de\nréputation cosmopolite ? ou simplement parce que Mr. Beecham n'a pas\neu encore le temps de se créer un public ? Qui le sait ?\nMr. Thomas Beecham a certainement le grand tort de manquer"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.60", "texte": "L'OPÉRA EN ANGLETERRE\n53\n\nd'esprit de suite : il a commencé il y a deux ans par une série de Con-\ncerts de musique moderne au Queen's Hall ; il a continué par une saison\nd'opéra-comique à His Majesty's Theatre ; cette année c'est une saison\nde grand opéra à Covent Garden loué pour l'occasion. Ce n'est vraiment\npas le moyen de se faire un public et de l'éduquer, surtout quand ce public\nest anglais, ennemi de toute nouveauté et de compréhension un peu lente.\nAussi pendant cette récente saison deux œuvres seulement ont été jouées\ndevant des salles combles : Salomé et Elektra ce qui prouve une fois de\nplus la manie du public pour les étoiles, Strauss étant parmi les composi-\nteurs, l'étoile à grand renfort de réclames et d'orchestres augmentés,\n\"la great attraction \" décidément. Et il est parfaitement ridicule de se\nservir comme d'un argument en faveur de la musicalité du public anglais,\ndu fait que toutes les places ont été vendues en moins de deux heures,\naprès l'annonce de Salomé dans les journaux. Le contraire en Angleterre\neut été surprenant, après les innombrables interviews de Strauss, de\nMr. Beecham, de MUe Akté et du chef machiniste, surtout après la\nréclame involontaire donnée à la pièce par l'absurde attitude d'un\nCenseur qui autorisa le plat mais non la tête coupée, après avoir toléré\nmême des Salomés de parodie dans des Music-Halls !\nIl faut oser dire que l'insuccès de Mr. Beecham est partiellement dû\nà la qualité parfois médiocre de ses représentations, gros défaut aux yeux\nd'un public habitué à la perfection de Covent Garden, et qui ne songe pas\nque des chanteurs anglais manquent et pour cause, d'expérience scénique.\nIl semble que Mr. Beecham ait donné tous ses soins, toute son énergie et\ntout son talent aux deux seules œuvres de Strauss et que tout le reste du\nrépertoire ait été mis en scène après des répétitions insuffisantes. Les\nContes d'Hoffmann manquèrent de mystère romantique, Werther de charme\nmassenétique, Shamus OBriende verve irlandaise, les et\nFidelio, de style ; à vrai dire toutes les représentations furent sans\n\"atmosphère\". Le Public se rendit compte vaguement que les interpré-\ntations des chanteurs ou de l'orchestre n'étaient pas ce qu'elles auraient dû\nêtre. Aussi, étant donné le caractère expérimental de ces saisons de\nMr. Beecham, il ne sut pas, cet étonnant Public, s'il devait s'enthousiasmer\nou critiquer, et il s'abstint purement et simplement de venir entendre ces\ntentatives musicales. Car le Public anglais aime à être certain de ne pas\nadmirer ce qu'il ne faut pas; il sait qu'il ne peut se tromper sur la voix de"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.61", "texte": "54\nS. I. M.\n\nMme Melba ou les drames de Shakespeare qui sont des institutions natio-\nnales, mais il ne s'est pas encore fait une opinion (ou plutôt, personne ne\nlui a encore fait une opinion), sur la valeur artistique d'un opéra français,\nanglais ou russe sans réputation solidement établie, et nouveau pour lui.\nIl y a du moins un côté de l'Art Musical, si on peut dire, que le\npublic anglais adore fidèlement, c'est la \" Musical Comedy Après tout\nsi le whisky est le petit vin du pays, peut-être la \" Musical comedy \"\nest-elle le grand opéra de l'Angleterre. Il est facile de mépriser ces élu-\ncubrations au nom de l'Art Pur et de la Musique Sérieuse, mais les\n\" musical comedies sont loin d'être méprisables et négligeables dans la\nquestion qui nous interesse ici. Songeons que The Arcadians par exemple\nse joue depuis plus de deux ans sans interruption et se jouera pendant des\nmois encore devant des salles combles. Plusieurs autres de ces pièces\nmusicales mi-opérettes, mi-revues ont eu un égal succès, et il y a des\nmodèles classiques, si j'ose dire, du genre. Par contre Ivanhoe, un des\nopéras anglais les plus populaires eut à peu près cent représentations,\naprès quoi le Palace déserté dut devenir pour ne pas faire faillite le\nmusic-hall qu'il est encore aujourd'hui. Les Parisiens au contraire ne\ns'intéressent guère à l'opérette et l'Opéra-Comique est un des théâtres les\nplus courus de Paris.\nNaturellement, les musiciens anglais et tous ceux qui s'intéressent\nau sort de la musique dramatique en Angleterre rêvent d'une sorte\nd'Opéra-Comique londonien ; mais tout bien considéré, il semble que\nson succès soit au moins douteux, sinon impossible, surtout sans une\nsubvention de l'Etat (qui d'ailleurs même si on la demandait ne serait\nsans doute pas accordée). En attendant l'on parle beaucoup et l'on agit\nmême un peu. Et c'est ainsi que naquit il y a quelques années 1 idee de\ndonner des représentations en anglais, sinon des œuvres anglaises, de façon\nà éduquer peuple, chanteurs et musiciens, et dans le vague espoir que\ncette éducation servirait quelque jour aux compositeurs d'Angleterre.\nHélas ! comme on l'a vu le public surtout me semble pas très educable.\n%\nLes récentes tentatives de Mr. Beecham quelqu en ait ete le\nrésultat, ou artistique ou financier ayant plus que jamais remis la\nquestion sur le tapis, l'auteur de cet article, sur le conseil de S. I. M. a"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.62", "texte": "L'OPÉRA EN ANGLETERRE\n55\n\ncru devoir solliciter l'opinion des musiciens ou des critiques les plus en vue\nou les plus autorises de Londres. D'où les lettres qui suivent, formant en\nsomme un intéressant document pour la future histoire de la Musique\nAnglaise, en un moment de crise.\nIl est curieux de remarquer tout d'abord que pas un seul des musi-\nciens ou organisateurs revêtu d'un caractère plus ou moins officiel, n'a\nvoulu se compromettre par une réponse ou pressimiste ou optimiste. Cette\nabstention, quoique regrettable, est assez caractéristique. Quant à la plu-\npart des autres personnalités musicales, elles ont très aimablement et très\nfranchement exprimé leurs vues sur un sujet qui leur tient au cœur.\n\" Naturellement le succès de l'opéra en Angleterre dépend, comme\nen tout autre pays de deux choses : représentations dans la langue du\npays ; prix à la portée de tous\". SIR CHARLES V. STANFORD.\n...\" C'est surtout les résultats que nous devons considérer et, certai-\nnement Mr. Beecham a l'année dernière et cette année dépensé beaucoup\nde temps et d'argent à donner l'occasion au public anglais d'entendre des\nopéras. Mais l'on sait maintenant que ce public ne s'y est guère intéressé\net qu'un déficit important a été le résultat de l'entreprise.\nJe dois ajouter que je sais cela uniquement par les journaux et\nnon officiellement. Les critiques ont fait tout leur possible pour aider\nMr. Beecham.\nIl faut le reconnaître : Il n'y a en ce moment en Angleterre qu'un\npublic restreint pour des représentations d'opéra, mais je suis certain que\nce qu'a fait Sir Henry J. Wood pour les concerts symphoniques, un\nautre peut le faire pour l'opéra, s'il a assez d'argent et de patience pour\ndonner, avec perte pendant quelque temps, de bonnes représentations des\ngrandes œuvres.\nJe suis absolument en faveur de l'emploi de la langue anglaise pour\nles représentations. Partout, excepté en Angleterre, les opéras sont inter-\nprétés dans la langue du pays. Il est vrai que les traductions que nous en\npossédons sont déplorables. Certes il est difficile de bien traduire un livret,\ncar le traducteur doit être non seulement un poète de talent mais aussi\nun musicien. Sans doute de bonnes représentations en anglais aideraient\nà développer le goût du public pour l'opéra."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.63", "texte": "56\nS. I. M\n\nAu point de vue artistique, il est évidemment préférable d'entendre\nune œuvre dans la langue dans laquelle elle a été écrite, mais puisque les\nanglais n'ont que peu de don pour les langues, il vaut mieux après tout\nqu'ils soient capables de comprendre ce dont les chanteurs parlent.\"\nLANDON RONALD.\n... Je suis convaincu que l'opéra deviendra aussi populaire en Angle-\nterre qu il 1 est ailleurs, mais pas avant quelque temps. Si le gros public ne\ns y interesse pas encore c est qu'il en est empêché par son goût pour les\nœuvres religieuses. Certainement si 90 personnes avaient à choisir entre\nun opéra célébré et le Messie,elles préféreraient entendre ce dernier\noratorio. Je ne crois pas que la question de langue ait une grande impor-\ntance a Londres, mais vouloir donner des représentations en langue étran-\ngère dans les provinces c'est vouloir un insuccès.\"\nS. CoLERIDGE TAYLOR.\nLes anglais aiment, je crois, beaucoup l'opéra. Peu importe que\nles paroles soient anglaises ou non puisqu'on ne les entend jamais. Il me\nsemble cependant qu'il vaudrait mieux chanter les opéras dans la langue\ndans laquelle ils ont été composés. \"\nEDWARD GERMAN.\n«... Si nous avons jamais un Opéra National en Angleterre, il sera\nindispensable que les œuvres soient chantées en Anglais, car l'opéra en\nlangue étrangère ne saurait intéresser le gros public. Nous avons des\nchefs d'orchestre, des chanteurs, des orchestres et même un public. Mais\nl'on se trompe en croyant qu'un théâtre d'opéra peut-être un succès\nfinancier, même si les représentations sont très suivies.\nPersonnellement je trouve parfaitement stupide de dire que \" les\nAnglais ne comprennent pas l'opéra. \" Ils ne comprennent que trop bien.\nOn les a tellement gâtés en les habituant à des interprétations vocales ou\norchestrales de premier ordre, qu'ils n'en supportent pas d'ordinaires. Le\ngenre de représentations qu'on nous offre généralement en exemple et qui\nont lieu dans certaines villes du Continent ne serait jamais toléré à\nLondres.\nSi jamais un Opéra réussit ici, ce sera grâce à des subventions particu-\nlières. L'Etat n'aidera jamais à la propagation de l'art musical. Reste à"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.64", "texte": "L'OPÉRA EN ANGLETERRE\n57\n\nsavoir si les compositeurs anglais écriraient des opéras s'il y avait un\nthéâtre pour les monter. Je crois que oui, mais il nous faudrait attendre\nlongtemps car la musique dramatique n'est guère le genre qui sied aux\nAnglais et très peu ont eu jusqu'ici d'expérience scénique. \"\nNORMAN O'NEILL.\n\"... J'ai tant à dire sur un sujet qui me tient tant au cœur que je ne\npuis vraiment me résoudre à donner une opinion à la légère. L'on m'a\ndemandé plusieurs fois, d'écrire un article sur ce sujet, je ne l'ai pas fait\ncar je ne crois pas que le temps soit venu.\nLa saison d'opéra de Mr. Beecham et ses résultats financiers et\nautres tendent à prouver ce que je dis. Peu à peu le public s'en aper-\nçoit. Quand le fer sera chaud j'espère le battre.\nActuellement, je ne crois pas que cela serve à grand chose de donner\nson avis. C'est un sujet trop grand, trop important pour être traité, du\nmoins par nous, musiciens anglais, sinon à fond. Mon opinion sur l'opéra\nen Angleterre est celle de Lord Lansdowne sur la Chambre des Lords...\nETHEL SMYTH.\n\"... Quand des opéras seront écrits opéras intéressants, d'une\nqualité supérieure (ou inférieure) égale aux productions continentales, je\ncrois que le public anglais les préférera à tous autres. L'avenir est plein\nd'espoir pour nous, puisque beaucoup d'entre nous font de leur mieux\npour écrire des opéras. \" JOSEF HOLBROOKE.\n\"... Je suis d'avis que les représentations d'opéra aient lieu en\nAnglais et non dans ce langage unique et extravagant qui nous est\ngénéralement infligé. Mais tout d'abord nos chanteurs doivent appren-\ndre à prononcer l'anglais. Je suppose que, convaincus de l'imbécillité des\nparoles qu'ils ont eu jusqu'à présent à chanter, ils ne se sont jamais préoc-\ncupés de les prononcer comme si elles avaient un sens quelconque. Sans\ndoute il y a des exceptions à cette règle, mais elles sont rares. Du reste,\nquand nos chanteurs auront de bon anglais à chanter, ils sauront peut-\nêtre comment s'y prendre. \"\nR. VAUGHAN WILLIAMS.\n\n1 Au moment des Elections et des discussions qui les troublèrent au sujet de la réforme de la Chambre des\nLords, Lord Lansdowne déclara qu'elle devait \" se réformer elle-même,\" et non être réformée par d'autres."}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.65", "texte": "58\nS. I. M\n\n\"... Tout d'abord, nous n'avons pas à l'heure actuelle de composi-\nteurs de musique dramatique. Peut-être si un Opéra était établi en\nAngleterre sur une base financière solide, cette branche de l'Art musical\nse développerait-elle ? Pour moi, je ne le crois pas, car il semble que le\ncompositeur anglais ne possède pas cette souple technique et cet instinct\nde la scène nécessaires pour réussir la musique dramatique. Mais surtout\nil y a autre chose qui manque terriblement à l'artiste anglais. Tout art\nqui s'apparente à une idée nationale (comme l'opéra anglais par exem-\nple) doit trouver son inspiration et sa vie dans la vie spirituelle du pays.\nIl faut ou une atmosphère nationale, ou de la couleur locale, ou surtout\nun état d'âme typique. Quand une œuvre est basée sur ce grand principe\nc'est une belle œuvre d'art, comme Les Maîtres Chanteurs ou la Tétrato-\nlogie, ou un art populaire au meilleur sens du mot comme\nou Le Grince Igor.\nLe succès même des drames lyriques de Richard Strauss, (en dépit\nd'une action qui se passe dans des pays fort éloignés du \" Vaterland \")\ntrouve son explication dans ce fait que ces drames reflètent et représen-\ntent une force spirituelle, perverse si l'on veut, mais étrangement vigou-\nreuse dans sa décadence qui est le \" Stimmung \" de l'esprit allemand\nmoderne.\nQui oserait parler d'un état d'âme typique de la nation anglaise et\noù trouverons nous l'esprit anglais moderne, sinon à la Bourse et dans les\nautres temples du commercialisme ? Et du moment que la musique\nexprime mal les extases financières et la ferveur capitaliste, l'artiste\nanglais doit chercher dans l'immensité de l'Empire Britannique le petit\npays appelé Angleterre (s'il y en a un) et c'est seulement quand il 1 aura\ntrouvé que l'on pourra commencer à s'entendre. Les musiciens anglais\n• F * 1 1 # 1 #\npourront alors écrire des œuvres anglaises qu'appréciera un public anglais\ndans un théâtre vraiment national.\nJe veux dire que si la vie artistique subsiste encore dans ces provin-\nces d'Angleterre qui ont conservé quelque couleur locale, des traditions\net un caractère national, il y a plus de chances de résultats satisfaisants.\nOn peut concevoir un opéra welsh et un grand drame lyrique irlandais\nserait possible, et même inévitable si la dépopulation continuelle de\nl'lrlande ne détruisait pas tout espoir de renaissance intellectuelle.\nQuant à l'Angleterre elle ne pourra donner naissance à un art natio-\nnal vigoureux et digne du nom d'art que quand elle aura ce vrai patrio-"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.66", "texte": "L'OPÉRA EN ANGLETERRE\n59\n\ntisme qui l'animait il y a 350 ans, et une conscience nationale au\nmoins égale à celle de certains pays d'Europe comme la Bohême, la\nHongrie ou l'lrlande.\n... Il me semble qu'un opéra anglais chanté en langue étrangère est\nune anomalie, mais le public est tellement habitué à cela que je ne crois\npas que le succès, ou l'insuccès, dépende du langage employé.\"\nARNOLD BAX.\n\"... Si j'avais une opinion à ce sujet je vous la confierais, mais hélas !\nje ne puis résoudre un tel problème.\"\nCYRIL SCOTT.\n\" ...Je ne crois pas que l'opéra en Angleterre ait des chances de suc-\ncès, à moins qu'un compositeur ne soit assez fortuné pour produire une\nœuvre qui attirerait et retiendrait l'attention du gros public. La langue\nanglaise me semble indispensable au succès.\"\nFRANK BRIDGE.\n\" ...Je suis convaincu que l'opéra a un brillant avenir en Angleterre.\nIl y a eu à un certain moment de la vie de chaque pays, les mêmes pré-\njugés, les mêmes discussions, les mêmes batailles. L'Angleterre y est\nactuellement en proie. Tout d'abord, l'opéra est considéré comme un\nluxueux article d'importation et comme l'amusement des classes riches\nqui se flattent de le comprendre et d'avoir des \" goûts cosmopolites \".\nEnsuite la nécessité de comprendre est négligée et l'opéra devient le ren-\ndez-vous du monde élégant. Cet état de choses, joint aux prétentions des\nchanteurs, désole les vrais musiciens, qui négligent l'opéra (comme\nce fut le cas à Londres) ou essaient de le purifier et de le rendre\ncompréhensible pour le public ordinaire en employant la langue mater-\nnelle. L'Allemagne et la France ont eu à subir ces crises et tous les autres\npays ont suivi ce plan de campagne. L'Angleterre arrive bonne derniere\nmais le résultat de la bataille est assuré d'avance : déjà nous avons gagne\ndu terrain. L'emploi de la langue anglaise me semble indispensable à un\nvrai succès et artistique et financier comme partout.\"\nJ. A. FULLER MAITLAND (The Times).\n\" ... Cette forme d'art musical qu'on appelle opéra devient évidem-\nment de plus en plus populaire en Angleterre, mais c'est seulement par"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.67", "texte": "6o\nS. I. M,\n\nl'emploi de la langue anglaise que l'on achèvera de la populariser tout à\nfait. Cest très probablement l'emploi des langues étrangères qui a limité le\nsuccès de l'opéra à Londres à une certaine partie du public. Les principaux\nobstacles qui ont empêché la langue anglaise de s'établir définitivement\nsont : l'habitude des représentations en langues étrangères, le manque\nd'artistes de grande réputation capable de chanter en anglais; les mauvaises\ntraductions anglaises des livrets. Le premier de ces obstacles retient\nencore le public, et le troisième nuit toujours à l'avenir de la musique\ndramatique en Angleterre.\"\nGILBERT WEBB (The Refereé).\n\" Il est impossible de prédire l'avenir, mais je ne vois pas pourquoi\nnous ne saurions écrire de drames lyriques quand notre littérature dra-\nmatique s'améliore de jour en jour. Peut-être avons-nous cette idée que\nl'opéra est une forme d'art assez artificielle et assez illogique et préférons\nnous par conséquent l'entendre dans une langue étrangère qui nous\nmasque son absurdité et sa superficialité.\nSi nous n'avons produit aucun opéra c'est surtout par suite du\nmanque de subventions, et parce que l'Opéra ne peut être une entreprise\ncommerciale florissante. La saison d'été à Covent Garden réussit parce\nqu'elle est subventionnée par des abonnés riches et mondains. L'Opéra\nréussira de même en Angleterre quand on fera pour la cause de l'Art ce\nqu'on fait pour un usage à la Mode.\nJe tiens à insister sur l'établissement d'un opéra permanent non\nseulement à Londres mais encore dans les plus grandes villes de province.\nSinon le compositeur anglais ne pourra arriver à se faire jouer. Qu'il ait\ndes débouchés, et il écrira des opéras comme il a écrit jusqu'à présent\ndes oratorios et des cantates.\nLes saisons de Mr. Beecham ont prouvé qu'il y a des chanteurs\nanglais de talent. Ils se sont mis à l'œuvre avec enthousiasme. Cependant\nquelques-uns d'entre eux apprennent leur métier sur une scene ou ils\nauraient dû monter le sachant déjà parfaitement. Mr. Beecham s est vu\nparfois dans la nécessité de discontinuer ses représentations anglaises parce\nque l'un de ses artistes ignorait cette langue. Si l'opéra anglais était une\ninstitution permanente, les artistes étrangers seraient obligés d'apprendre\nl'anglais de façon à pouvoir le chanter, comme l'allemand, le français et\nl'italien ; et cela aussi rendrait des services à notre cause."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.68", "texte": "L'OPÉRA EN ANGLETERRE\n6i\n\nMr. Beecham ne s'était évidemment pas douté des difficultés qu'il\naurait à surmonter ; mais s'il continue, comme tout nous porte à le croire,\nces difficultés s'aplaniront d'elles même peu à peu. Avant de commencer,\nil aurait dû faire des préparatifs longs et nécessaires : établir des classes\nd'opéra en anglais pour l'enseignement du répertoire, faire préparer des\ntraductions convenables des livrets ; en outre et cela lui serait après\ntout revenu à meilleur marché il aurait dû simplifier les choses en\nfaisant bâtir un opéra ou en arrangeant un théâtre déjà construit, car\nle succès dépend d'un théâtre permanent.\"\nE. A. BAUGHAN\n... \" A mon avis, ne pas comprendre ce qui se chante, c'est le secret\ndu succès pour l'opéra en Angleterre. Nous devons sauver l'opéra de\nl'anglicisation qui sera sa ruine.\nY a-t-il un avenir et des débouchés pour les œuvres des compositeurs\nanglais ? Je ne le crois pas. Nous avons vu que c'est vers l'opérette et la\n\" musical comedy \" que s'oriente le talent de nos musiciens. Nous sommes\nune nation trop amie de la logique pour réussir dans une forme d'art\naussi illogique que l'opéra. Aussi bien le son de nos mots ne se mélange\npas heureusement au son de la musique : La force un peu rugueuse de\nl'anglais poétique ne se prête que mal à un traitement musical. L'anglais\nporte en soi-même sa propre musique. Nos vrais opéras sont les drames\nde Shakespeare \".\nVIVIAN CARTER\n\" ... On dit toujours que l'opéra anglais n'existe pas ; mais il y a eu\ntrois périodes pendant lesquelles la musique dramatique anglaise a eu une\ninfluence sur toute l'Europe musicale : Premièrement au commencement\ndu XVIIe siècle quand les chanteurs, musiciens et acteurs anglais triom-\nphaient dans la plupart des Cours allemandes et quand les airs populaires\net les danses anglaises étaient assez à la mode pour influencer les musi-\nciens allemands. La même chose se produisit vers le milieu du XVIIIme\nsiècle ; alors même l'ltalie s'engoua des airs populaires anglais et le\nBeggar s Opéra se trouva le modèle à imiter et donna naissance à l'Opéra\nComique allemand. La troisième période est la présente : et le seul\ncompositeur anglais dont la renommée s'étend ' d'un bout du monde à\nl'autre bout ' est Mr Sidney Jones, l'auteur de la Geisha. Nos musiciens"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.69", "texte": "6 2\nS. I. M.\n\nsérieux seraient bien aise d'oublier ces faits, mais l'historien doit s'en\nsouvenir. L'histoire nous montre que le grand opéra plaît plutôt au\npublic mondain qu'au vrai public populaire.\nJe suis convaincu que la seule façon de faire triompher l'opéra en\nAngleterre est d'éduquer le public en commençant par des œuvres faciles,\ntelles que \" musical comedies \" et opérettes. Nos jeunes compositeurs ont\nle plus grand tort d'imiter les drames lyriques de Strauss ou de Debussy que\nle public n'apprécie ni ne comprend; et des représentations par des ama-\nteurs provinciaux de la Bohemian girl rendront plus de services et feront\nplus d'adeptes que des représentations allemandes de Salomé et d'E/ektra\nà Londres. Nous possédons les matériaux nécessaires : chanteurs et com-\npositeurs. Mais ces derniers sont trop vaniteux et trop satisfaits ; qu'ils\npensent un peu moins à eux et un peu plus à leur public ! Cela ne\nreviendrait pas à abaisser le niveau artistique, bien au contraire,\nfacile, com'e difficile ! Le moment est opportun et le compositeur qui\nbâtira un opéra sur des airs populaires traditionnels ou s'inspirera d'eux\npour créer une atmosphère anglaise, laissera un grand nom dans l'Histoire\nde la Musique. \"\nEDWARD J. DENT\n...\" C'est un cercle vicieux dont il est difficile de sortir. Les compo-\nsiteurs n'écrivent pas d'opéras et les chanteurs ne s'exercent pas à inter-\nprêtés ce genre de musique parce qu'il n'y a pas de théâtre qui les\nrécompense de leurs efforts. Et le public ne donne pas d'argent pour un\nthéâtre national d'opéra puisqu'il n'y a pas de répertoire d'opéras anglais\nni de chanteurs compétents.\nMr. Beecham a fait une faute grave en ne continuant pas cette\nannée sa saison d'opéra comique inaugurée l'année derrière. Le public\nanglais préférera toujours l'opéra-comique à l'opéra. Avec du temps de\nl'argent, de la patience et beaucoup de travail, il aurait réussi j'en suis\nsûr à se créer un public\nFRANCIS TOYE (Vanity Pair).\nUne enquête de ce genre aurait été incomplète sans l'opinion de la\ngrande cantatrice dont la réputation aussi bien que l'expérience est"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.70", "texte": "L'OPÉRA EN ANGLETERRE\n63\n\nmondiale, je veux dire Mme Melba qui voulut bien me recevoir, à peine\nreposée d'une grande tournée triomphale. Mme Melba, comme la plupart\ndes musiciens anglais, est convaincue que le seul moyen d'assurer l'avenir\nde l'opéra en Angleterre est d'avoir un Opéra National permanent, et d'y\ndonner des représentations en anglais. Elle déplore que le public ne soit\npas plus curieux de nouveautés... \"Le public anglais préfère entendre\nses artistes favoris dans des œuvres qu'il connait déjà. Il se dérange à\npeine pour une œuvre nouvelle sur laquelle il aurait à formuler une\nopinion... Cependant si son goût s'améliore de jour en jour, son incuriosité\nreste la même. \" Il faut nous souvenir, à l'appui de ceci (qui n'est\nmalheureusement que trop vrai) qu'il y a quelques années, Mme Melba\ndut ajouter la \" Scène de la folie \" de Lucie de Lammermoor à La Bohème\nsans quoi le public ne se serait pas dérangé pour venir entendre l'œuvre\nde Puccini. Peut-être que même la vraie saison de Covent Garden\nserait moins courue si le syndicat composait son programme d'oeuvres\nnouvelles que le public ne tient pas à connaître. L'éducation musicale\nde l'Angleterre ne peut se faire que très lentement.\nJ'aurais voulu à ces opinions ajouter celle de Richter, mais il déclara\ntrop modeste, lui qui fit tant de fois triompher le Ring à Covent Garden\n\" que le succès de l'opéra anglais ne dépend pas de lui et qu'il laisse la\nparole à des juges plus autorisés que lui \".\nQuand à Mr. Thomas Beecham \"il n'a pas d'idées arrêtées à ce\nsujet \" et cette déclaration ne nous surprend qu'à moitié si nous songeons\nà sa façon de travailler et aux résultats qu'il a obtenus. Mais il est plus\nsurprenant de voir Mr. Beecham se plaindre amèrement dans les colonnes\nd'un journal de l'attitude du public anglais : \" La situation a changé\ndepuis un an, elle est plus déplorable encore ! Il n'y a pas de public pour\ndes représentations d'opéra... Et si l'on monte une œuvre nouvelle la\nfoule évite le théâtre, la rue, le quartier même comme s'il était infecté\npar la peste... Mais faites monter un éléphant au haut de la colonne de\nNelson et la foule sera plus considérable pour le contempler, que pour\nvingt-cinq représentations de Saloméou d\nLe jeune compositeur anglais soupire en lisant ces déclarations et\nfrémit en songeant que le nouvel opéra de Mr. Hammerstein dont il con-\ntempla si souvent les fondations, devra \" rapporter.\" Qu'il oublie ces\nattristantes constatations ; qu'il oublie qu'un musicien s'écria, un jour de"}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.71", "texte": "64\nS. I. M.\n\nmisanthropie, qu'il n'y aura pas d'opéra possible en Angleterre tant qu'il y\naura un Public anglais ! Mais qu'il relise plutôt ce que Sir Charles V.\nStanford écrivit il y a quelque temps à ce sujet: \"...Il y a deux illusions\nqui ont fait le plus grand tort à la musique anglaise, l'une que la langue\nne se prête pas à l'opéra, l'autre que les chanteurs anglais ne se peuvent\nadapter aux exigences de l'art opératique... Mais il y a en ce moment en\nAngleterre un réveil d'enthousiasme comme il n'y en a pas eu depuis des\nsiècles. Les jours sont comptés de cette époque qui considérait la musique\ncomme une distraction agréable et une frivole amusement. Nous avons\nnos responsabilités. L'effort nécessaire pour assurer notre position dans le\nmonde musical ne réclame qu'une aide financière sans importance. C e\nque l'Europe a fait, l'Angleterre peut le faire...\" Sera-ce bientôt, sera-ce\ndans quelques décades, qu'importe. L'essentiel est de savoir attendre et de\n\" voir venir \" on peut employer une expression devenue populaire dans\nle monde des électeurs et des élus: \" wait and see.\" Sûrement, quelqu'un\na dit quelque part, si mes souvenirs classiques sont exacts, quoique\nembrumés, que le génie n'était qu'une longue patience.\nX-MARCEL BOULESTIN."}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.72", "texte": "Les Théatres\n\nLE VOILE-DU BONHEUR. LA JOTA. GWENDOLINE.\nESPANA. LA ROUSSALKA.\nLes mélomanes qui poussent la ferveur à l'égard de la musique pure jusqu'à\nla contemption de 1 art lyrique pourront marquer d une pierre blanche le mois qui\nvient de s ecouler. La these qui leur est chere, le principe de l'infériorité de la\nmusique théâtrale, le postulat de la bassesse de l'esthétique lyrique et l'étude de\nses tares congénitales viennent d etre solennellement illustrés à la face du monde\npar cinq exemples peremptoires. La démonstration fut méthodique et complète :\n\n5"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.73", "texte": "66\nS. I. M.\n\ntrois théâtres y ont pris part avec des ouvrages parfaitement différents de tendances,\nd'origine, d'âge et de genre ; la preuve a été administrée avec une perfide complai-\nsance et une inépuisable générosité. Il semble qu'une fée sournoise et vindicative\ncelle de la Sonate ou du Quatuor ait frappé d'égarement les directeurs des\ntrois scènes ennemies et les ait contraints, dans leur délire, à insulter publiquement\nla Muse qu'ils servent et à proclamer eux-mêmes l'infirmité de l'art qu'ils sont\nchargés de défendre et d'exalter. Et les artistes qui gardent au cœur le reconnais-\nsant souvenir d'émotions lyriques de choix et qui ne reconnaissent pas sans\ndiscussion l'orgueilleuse suprématie de la musique de chambre, demeureront\naccablés en présence des innombrables arguments qui viennent aujourd'hui apporter\nà leurs adversaires des armes nouvelles, encourager leur audace et consolider leurs\ndédains.\nLa démonstration la plus subtile, la plus pénétrante, la plus irréfutable aussi, a\nété présentée par Albert Carré. Elle fut abondante et nuancée comme une soutenance\nde thèse en Sorbonne. Le premier sujet en fut le \"VOILE DU BONHEUR\" cette élé-\ngante parabole désabusée qu'un politicien, cultivé comme un mandarin, se complut\nà écrire à l'encre de Chine sur des feuillets de soie. Deux séries de représentations\nau théâtre de la Renaissance et, tout récemment, à celui de la Porte Saint Martin\navaient permis au public d'apprécier l'agrément de ces variations sur le thème\nconnu du danger de la clairvoyance. Tant que ses paupières resteront closes sur la\nspectacle de la vilenie humaine, l'aveugle Tchang-I pourra croire à la beauté et à le\nbonté, mais lorsque le miracle d'une guérison l'obligera à sortir du paradis artificiel\nqu'il avait aménagé dans son âme de poète et à prendre contact avec les réalités\ndécevantes, il ressentira si cruellement leur laideur qu'il brûlera ses yeux, qu'il\ncondamnera pour toujours ces portes ouvertes à la souffrance, pour pouvoir cultiver\ncomme autrefois, dans le jardin secret de son imagination, la fleur d'illusion et\nreconstituer patiemment le cher mensonge de son bonheur. En dépliant l'éventail\nsur lequel se déroulait le mélancolique apologue on découvrait, sur chaque branche\nfragile, stylisés et disposés avec une agréable symétrie, les figures allégoriques et\nles masques grimaçants des mauvais instincts. On y pouvait contempler avec un\nsalutaire effroi, la trahison de l'amitié, l'oubli des bienfaits, le vol, l'irrespect filial,\nla violation des serments conjugaux, le plagiat et la lachete. Le dessin était délicat\net presque schématique, les couleurs discrètes et, par un ingénieux aitmce, une\nminuscule boîte à musique adroitement dissimulée, laissait s envoler, greles et\ncristallines, quelques fines mélodies d'Extrême-Orient. bibelot était exquis.\nEn souriant avec malice, le directeur de 1 Opera-Comique en fit 1 emplette et le\nlivra à deux spécialistes de l'esthétique theatraie pour le transformer et lui donner le\nstyle de sa maison. L'opération fut faite avec conscience. M. Paul Ferrier démonta\nles périodes cadencées de la prose harmonieuse de Georges Clemenceau, demembra\nles tirades noblement arrondies et découpa le tout en petits vers porte-musique, aux\nrimes indigentes, aux rythmes monotones. La discrète stylisation des vices humains\nparut ensuite trop étrangère à la conception habituelle d un scénario et, au nom\nde l'optique théâtrale, on remplaça ces diaphanes figurines symboliques par des"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.74", "texte": "LE MOIS\n\n6?\n\npersonnages vivants, aux gestes violents et au verbe criard. Plus de suggestion\ndélicate ; l'art du théâtre exige, paraît-il, des matérialisations plus nettes. Ce n'est\nplus dans la chambre voisine, derrière une tenture soulevée, que Tchang-I sur-\nprendra l'impiété de son fils, nous verrons le jeune Wen-Siou se livrer sur la scène,\nen présence de son père, aux gamineries les plus odieuses ; ce n'est plus sur le\ndouloureux visage du poète trahi que nous découvrirons la félonie de l'épouse\ncoupable, nous aurons une solennelle et invraisemblable entrée du couple adultère\nprenant possession du \"plateau\" pour chanter un duo démonstratif à deux pas\ndu mari bafoué que l'on croit toujours aveugle mais que l'on n'a pourtant pas le\ndroit d'imaginer sourd. De lourdes \" réalisations \" scéniques ont remplacé les\nindications à peine appuyées qui gardaient quelque poésie vraiment chinoise à ce\ndivertissement littéraire. Au lieu des battements de paupières, des furtifs demi-\nsourires, révélant seuls l'état d'âme des familiers de Tchang-J, nous avons les\nattitudes caricaturales de la plus grossière dérision, les haussements d'épaule, les\nrires cyniques mal étouffés et les bourrades comiques en usage dans les vaudevilles,\nderrière le dos de quelque crédule ganache.\nAinsi transformé en \" livret \" selon la formule, le petit conte philosophique,\nécartelé et grossi trois cents fois au microscope, passa entre les mains du composi-\nteur Par les soins de M. Pons, musicien conservateur, chaque scène déjà déplorable-\nment étirée, se gonfla et se boursoufla plus ridiculement encore. Faisant un sort à\nchaque mot, la romance se déchaîna lugubrement et inlassablement. Tchang-I\nsaisissant son luth détailla une sérénade indéniablement napolitaine et les amants\nenlacés réalisèrent les plus affligeantes polyphonies du répertoire. Le tour était\njoué : le Voile du Bonheur était devenu un opéra-comique et pouvait affronter\nles feux de la rampe. Des décors exquis et une interprétation parfaite conduite par\nJean Périer, artiste de génie, prouvèrent dans quelles conditions de loyauté avait\nété accomplie l'expérience, devenue ainsi tout à fait significative. Il est clairement\ndémontré qu'une oeuvre d'art de ce genre peut conserver quelque saveur au\nthéâtre littéraire mais que le théâtre musical en anéantit la beauté. La seule\nintervention acceptable de la musique avait été réalisée dans la partition de scène\nécrite avec un art exquis et circonspect par Gabriel Fauré pour les représentations\nprimitives : hors de ce rôle dont la modestie touche à l'effacement, Orphée ne\nsaurait tenir en scène que l'emploi des fâcheux.\nMais s'il est ainsi établi qu'une affabulation, riche de pensée, ne peut\ns'accommoder de la formule lyrique, manifestation d'art inférieure, il faut évidem-\nment renoncer à ces adaptations dangereuses et créer de toutes pièces selon une\ntechnique spéciale le drame destiné à se fleurir d'accords. C'est ce qui fut fait\nimmédiatement après avec la \"JOTA\" pour compléter la démonstration... par\nl'absurde. Auteur et compositeur à la fois, père de la \" Habanera \" qui lui valut\nune notoriété immédiate, M. Raoul Laparra est, par excellence, le musicien de\nthéâtre, le tempérament scénique, le créateur dont la souveraineté s'exerce entre\nles frises et la rampe. Il est représentatif de l'espèce et son avis doit faire autorité.\nLa \" Jota \" est donc un spécimen caractéristique de la musique de théâtre née en"}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.75", "texte": "68\nS. I. M.\n\nmême temps que le scénario et faisant corps avec lui. Rien d'inutile, centralisation\npuissante, expression directe, rapidité d'action, oppositions violentes... ah ! le beau\nmétier, la rassurante virtuosité ! Comme Wagner, le régisseur de l'Opéra-Comique\navait enfin le droit de s'écrier avec satisfaction : \"Et maintenant, Messieurs,\nvous avez un Art ! \"\nHélas ! quelle cruelle négation de tout art que ce modèle du genre ! Le\nlivret, puéril et grandiloquent, indiscrètement surchargé d'interjections franco-\nespagnoles. Demona ! Sosa ! Beber ! Ja, Ja ! Venga boulote ! Airé ! Fuego !\nHala ! Toma ! Anda ! Alza ! Mata ! Sangra ! Calla ! Jaca !... etc. met en scène\nle fait-divers villageois, dépourvu de tout intérêt, d'un couple de \" novios \"\ndésuni par les guerres carlistes, se retrouvant en pleine bataille dans une église\nsaccagée et mourant enlacé, frappé par des balles perdues. Un rôle épisodique de\nprêtre-satyre n'ajoute pas à l'action un élément particulièrement heureux. Une\ndanse transforme le premier acte en un kaléidoscope frénétique et le combat dans\nl'église doit donner, au second, dans l'intention de l'auteur \" une sensation à pic,\nun peu comme celle d'un puits où grouillerait la besogne monstrueuse de larves\nhumaines.\" A vrai dire ces deux tableaux de cinématographe papillotant, corsés de\ncris, de hurlements et d'un nombre incalculable de coups de feu constituent pour\nle spectateur une épreuve physiquement douloureuse, une hallucination confuse\net inquiétante, un cauchemar assourdissant qui le conduisent irrésistiblement à\nl'hébétude et à la migraine. Dans tout cet enfer que devient la musique ? Elle\nn'est pas de la fête. Aucune place ne lui est réservée et son inutilité n'a pas fait le\nmoindre doute pour l'auteur lui-même qui l'a délibérément subordonnée aux\nbruits de coulisse, aux salves de tromblons et aux explosions de mine qui sont les\néléments primordiaux de son orchestration. Tout est sacrifié à la grande voix de\nla poudre et il ne faut pas se scandaliser de voir Mme Carré et Salignac s'épuiser\nen cris improbables dans l'ouragan sonore qui les roule, hagards et impuissants,\nouvrant désespérément des bouches d'ombre tragiquement convulsées pendant\nque les trombones, le tambour, la cymbale fracassée et la grosse-caisse éprouvent\nl'humiliation de ne pouvoir apporter dans le déchaînement universel qu'un\nbourdonnement dérisoire de moucherons captifs. Et il n'est plus permis d'ignorer,\naprès cette oeuvre caractéristique d'un compositeur de théâtre autorisé, que le\nvéritable art scénique d'un musicien vériste consiste à diminuer progressivement\nl'importance de la partition en attendant sa suppression complète qui n'est plus\nqu'une question de jours.\nDésespérés du résultat identique obtenu par deux tentatives si opposées, les\nlyriques impénitents ont pensé retrouver dans les plus heureuses formules du\npassé le réconfort qu'ils cherchaient vainement parmi les essais contemporains. Ils\nsont allés à la reprise de \" GWENDOLINE \" le vieux chef-d'œuvre méconnu, victime\nd'une révoltante erreur judiciaire, forçat innocent reclus depuis vingt ans, orgueil\nde l'esthétique française et de l'esprit national. Ils ont pu constater que Mme Kous-\nnezoff y est exquise et chante divinement, que M. Duclos supporte avec vaillance\nun rôle un peu lourd pour ses jeunes épaules et que M. Campagnola dont la voix"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.76", "texte": "LE MOIS\n6 g\n\nest charmante croit de son devoir de ténor de jouer les vieillards avec des gestes\nde jeune premier. Mais ils se sont aperçus que la réclusion est aussi fatale à la\nsanté des partitions qu'à celle des enfants de Latude. Le poème de Catulle Mendès\nest devenu un livret et la formule wagnérienne du lyrisme de Chabrier qui était,\nà l'époque, la plus savoureuse des recherches apparait singulièrement indiscrète\naujourd'hui. Sans doute il reste un nombre appréciable de belles pages de parfait\nmusicien et l'on ne compte plus les étonnantes trouvailles d'expressions, les anti-\ncipations prophétiques de cet étrange et inégal précurseur pour lequel nos plus\nirrévérencieux \"jeune France \" conservent une sympathie attendrie, mais la couleur-\ngénérale de cette fresque héroïque a pâli et certains de ses détails nous offusquent-\nEt rien n'est plus mélancolique que de noter l'irréparable outrage des ans sur un\nvisage dont l'éblouissante jeunesse enfuie n'a jamais eu de témoins !\nOn a mené grand bruit autour du petit travail de marqueterie audacieusement\nentrepris par une poétesse présomptueuse en vue de transformer Chabrier en\ncompositeur de ballet. L'aventure d\" ESPANA \" a déchaîné les plus vertueuses\nindignations. Certes il est généreux de défendre les morts contre les professionnels\ndétrousseurs de cadavres dont les odieux exploits ne se comptent plus mais je\nn'arrive pas à concevoir avec l'horreur nécessaire le sacrilège qu'entraîne l'exécution\nde la Bourrée Fantasque convenablement soudée à telle \" pièce pittoresque \" de\nrythme dansant et de ligne parfaitement plastique. A une époque où l'on \" danse \"\nquotidiennement les Nocturnes de Chopin et les Symphonies de Beethoven est-il\ndonc monstrueux de réaliser objectivement la motricité très caractérisée de la\nmusique de Chabrier ? Ce respect démonstratif des mânes est infiniment louable\nmais vraiment l'occasion d'en faire étalage est assez mal choisie. Le seul regret que\nlaisse cette représentation est provoqué par l'indigence du scénario de la collabora-\ntrice posthume. Le pittoresque conventionnel d'une fête foraine avec les \"motifs\"\ntrop prévus et trop littéraires des pitres, des bobèches, du lutteur, des bohémiennes\net de l'arracheur de dents ne suffit pas à intéresser le public à ces vagues mouve-\nments de foule que ne daigne pas justifier la moindre action. Et c'est sans doute\nla seule chose dont l'auteur du \" Roi malgré lui \" songerait à se plaindre si on\npouvait recueillir ses impressions.\nUne dernière déconvenue nous attendait au Théâtre Sarah-Bernhardt où\ns'ouvrait avec quelque pompe une \" Grande Saison Russe \" à qui de retentissantes\nrevendications syndicales avaient fait une réclame américaine. Le premier spectacle\ncomposé de la \" ROUSSALKA \" du vieux Dargomyjsky, très consciencieusement\nmis en scène et supérieurement chanté par Litvinne, Smirnow, Joukow et la\nprincesse Baratoff n'a pas distillé la troublante ivresse attendue. Nous avons de la\nmusique russe une conception très étroite mais très arrêtée. Nous avons goûté à\ncette cuisine musicale en gourmets attentifs et nous exigeons désormais, en\nenfants gâtés, que les \" chefs \" slaves nous servent docilement nos friandises\npréférées. Notre mépris pour certains de leurs plats nationaux les a plus d'une\nfois scandalisés mais nous ne nous en soucions guère. Ce que nous aimons dans\nleur art n'en est peut-être pas la part la plus pure et la plus profondément"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.77", "texte": "70\nS. I. M.\n\nethnique : de graves commentateurs ont prouvé que nous méconnaissions\n1 élément véritablement slave du génie russe en faveur de la corruption asiatique\na laquelle ils ont parfois sacrifié, mais ces arguments sont sans force contre notre\nsensualité gourmande. Peut-être, en effet, devrions-nous, ethniquement, placer\nTschaïkowsky au-dessus de Moussorgsky mais, en fait, nous ne reconnaîtrons\npour russes authentiques que les fidèles sujets musicaux de notre tzar Boris.\nAussi n allez pas nous démontrer que Dargomyjsky est un ancêtre vénérable et\nqu il eut sur Moussorgsky une influence heureuse : notre incorrigible légèreté\nn accueillerait pas ces considérations avec le respect qu'elles méritent. Nous nous\ncontenterons de sourire en presence de cette \" Roussalka \" qui nous restitue les\npires traditions de 1 ancien opéra franco-italien, qui chante des airs à vocalises et à\npoints d orgue, qui déclame conventionnellement et se fait suivre d'un orchestre\nincolore sans distinction et sans originalité. Nous n'apprécierons jamais à sa valeur\n1 effort de culture occidentale que représente cet ouvrage écrit il y a plus d'un\ndemi siecle par un Peterbourgeois averti. Il nous faut des tableaux musicaux\nbrosses d après une esthetique et une technique que nous ont précisées, arbitraire-\nment peut-etre, mais si savoureusement les Antar et les Shéhérazade, et tous les\nraisonnements du monde ne prévaudront pas contre notre reconnaissance attendrie.\nCar notre oreille a des raisons que la raison ne connaît pas !...\n\nEmile Vuillermoz.\n\nConcerts\n\nAvril, qui cette année fît si abondamment pousser les feuilles et fleurir les concerts, fut\nmusicalement d'assez mince intérêt. Aux grands concerts, la clôture générale se fît avec des\nœuvres cent fois entendues ; aux séances des grands virtuoses pas mal de morceaux tirés d'un\njuste oubli ; enfin dans la foule des soirées de sonates, une bonne moyenne de talent, rarement\nplus.\nPour clôturer sa 84me \" Session, \"le Conservatoire donna, comme il le fît plusieurs fois,\nla Messe en si min. de Bach. Chœurs excellents, orchestre très bon, solistes fort acceptables.\nM. Paulet phrase avec intelligence, Mlle Yvonne Gall chante simplement, Mme Frisch a une belle\nvoix. A 1 orgue, M. Bonnet succédait à Guilmant. Pour cela personne n'est mieux qualifié que\n1 tr m A 1 1\nlui. Mais n a-t-il pas un peu alourdi l'orchestre en intervenant trop souvent pour doubler les\nbasses ? Aux deux concerts précédents, la Symphonie de Franck, la Sulamite de Chabrier, avec\nMlle Demougeot, M. Fritz Kreisler, déjà nommé, dans le Concerto de Beethoven, la Sym-\nphonie avec chœurs et enfin le Wallenstein, de M. d'lndy. Retrouverons-nous notre petite\nsalle l'an prochain ?\nDeux oeuvres nouvelles seulement au Châtelet : un très agréable Cortège d'Amphitrite,\nde M. Ch. Gaubert, page adroitement écrite, jolie de sonorités mais assez peu personnelle ; et\ndes fragments d un ballet de M. Maurice Ravel qui nous présage d'une exquise soirée lorsqu'en\nmai, la \" Saison Russe \" nous donnera l'œuvre entière au Théâtre Sarah Bernhardt.\nAvant de partir pour l'ltalie, l'orchestre Chevillard donna la Neuvième Symphonie de"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.78", "texte": "LE MOIS\n71\n\nBeethoven, puissamment dirigée et exécutée. Deux solistes de valeur : M. Friedmann dans le\nConcerto de Liszt et M. Bernard dans les Variations Symphoniques, de Franck.\nEnfin M. Hasselmans, que l'on croyait en sommeil jusqu'à l'hiver prochain, s'est réveillé\npour nous faire entendre des œuvres très connues, et aussi M. Szigeti, le très brillant violo-\nniste, dans le Concerto de Beethoven et, hélas, dans un Caprice, de Paganini.\nLa Schola exécuta deux fois la Passion selon S' Jean, de Bach, avec un soin dont il faut\nlouer M. Marcel Labey. Les deux parties de ténor, d'une tessiture si élevée, furent bien\nchantées par M. Plamondon et surtout M. Gibert. M. Bourgeois est un excellent professeur\nde chant, même au concert.\nLes deux sociétés... parallèles, la Nationale et S. M. I. donnèrent chacune deux séances\ncopieuses mais intéressantes. Le 8, à la Nationale, avec le Quatuor de M. Samazeuilh et les\nVariations sur un thème de Rameau de M. Dukas, œuvres austères, nous eûmes une sonate de\nviolon, aussi austère, mais non sans mérite de M. de Castéra, de très jolies pièces de piano de\nM. Le Flem, une agréable suite pour soprano, de M. Civil, enfin des fragments de la Forêt,\nde M. Savard.\nLe 29, à l'lndépendante, on se souvient qu'il n'y a plus de Pyrénées et on nous transporte\nle 6 en pleine Espagne, sans boléros, heureusement, mais avec les Caprichos romanticos, pour\nQuatuor, de M. Conrado del Campo, très romantiques, très expressifs, un peu prétentieux,\navec les très agréables pièces descriptives pour piano, de M. de Falla, celles non moins agréables\nde M. Turina et diverses mélodies. Pour compléter le programme, trois œuvres françaises :\nIn memoriam, sept mélodies de M. d'Olonne sur un poème de Tennyson, bien adéquates au\nsujet ; des variations enfantines pour piano de M. Inghelbrecht et les Chansons de Bilitis de\nM. Maurice Lévy, assez incolores.\nLe 24, à l'opéra Comique, M. Expert poursuit son histoire illustré de la mélodie. Deux\nséances, l'une de musique religieuse Allemande, l'autre de Rossini et ses successeurs jusqu a\nVerdi. Pourquoi rien de l'école italienne actuelle ? L'aimable, érudit et infatigable musicographe\nnous a conviés à entendre le Bouffe et le Tailleur, de Gaveau, amusante œuvrette. En mab\ncommence, à l'Ecole des hautes Etudes Sociales, avec le concours des auteurs, son enquete\nsur la musique contemporaine, \" que je vous recommande.\nMentionnons seulement l'exécution au Trocadéro sous la direction de 1 auteur et les\nauspices de la société des grandes Auditions, du dernier oratorio de Monsignor Perosi, le\nJugement Universel, puisqu'il en est parlé plus haut.\nA l'instar de la maison d'édition Durand, l'éditeur Roudanez donna cet hiver quatre con-\ncerts d'œuvres peu importantes mais nullement dépourvues d'intérêt. Il est vrai que la quatrième\nséance fut corsée par un concert en trio de Rameau et de charmantes chansons des XVIIe et\nXVIIIe siècles de la collection Expert. Les mélodies de Mlle Sauvrezis et Bagge sont\nexpressives et distinguées et la 3e sonate de violon de M. Chevaillier est bien écrit ; 1 andante\nsurtout qui est très bien venu.\nPour son 10e concert, l'Union des femmes Professeurs et Compositeurs a donne quelques\nmélodies de ses membres, un Crépuscule, court et discret de Mlle Zœgger, une gavotte aimable\nde Mme Balutet. Mlle Ciolfi arriva à plaire en jouant de la mandoline. Dans le groupe du sexe\naimable, le trio Chaigneau, que nous retrouverons en Mai, continua ses auditions d œuvres\nclassiques peu entendues, comme le Concerto pour deux violons de Mozart et Concerto pour\ndeux pianos de Bach, qui furent joués dans un excellent style, et une Cantate de Bach pour\nvoix de basse où M. Froelich fit valoir son timbre généreux.\nLe Quatuor Lejeune, après les quatre séances consacrées à l'Ecole tchèque dont nous\navons parlé, donna une soirée panachée. Nous eûmes le regret de manquer le Quatuor a Cordes"}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.79", "texte": "SALLE NOËL Avenue de Messine\nLe 7 JUIN à 9 heures du soir\nCONCERT DE\n-= TYMPANON =-\nPAR\nA. VOITITCHENKO\navec le concours de\nM\"** GORKY et LASKINE\nM. Voititchenko offre cette particularité d'être le descendant direct\nd'un nommé Hebenstreit qui vint en France à la fin du XVIIe siècle\net se fit entendre chez Ninon de Lenclos sur un instrument de son\ninvention, sorte de grand tympanon. Louis XIV émerveillé de cet\ninstrument, lui donna le nom de Pantaleon, qui était celui d'Hebenstreit\nlui-même. Depuis cette époque tous les aînés de cette famille ont\ntenu à honneur de jouer du tympanon. Celui que M. Voititchenko\nfera entendre à Paris n'est pas le Pantaleon de grand format de son\nancêtre, mais un tympanon de facture plus récente et de dimensions\nmoins encombrantes. M. V. a recueilli, aidé du grand Tolstoï une\nquantité de mélodies populaires Petit-Russiennes."}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.80", "texte": "SALLE DE LA SCHOLA CANTORUM, 269, rue Saint-Jacques\nTROIS SÉANCES\nDONNÉES PAR MM.\nJOACHIM NIN et S. BLANCO-RECIO\nPIANISTE VIOLONISTE\nPremière Séance : VENDREDI 19 MAI, à 9 heures du soir\n(Ecole Française, XVIIIe siècle)\nI. Sonate en mi mineur, pour violon et piano ....... SENAILLÉ\n11. Les Lys naissants \\\nMusette de Choisy, • <\nMusette de T. ave rnyf <Piano> , . . . COUPERA\nLe Réveil Matin )\n111. Sonate en ut mineur, pour violon et piano ....... LECLAIR\nSonate en la, pour violon et piano LECLAIR\nIV. Gavotte et Variations (piano) RAMEAU\nV. Sonate en sol, pour violon et piano ........ GUIGNON\nVI. Les tendres reproches \\ / DANDRIEU\nLe Coucou , . x I DAQUIN\nZaïde f <P'ANO> 1 ROYER\nLa Victoire ) V DUPHLY\nDeuxième Séance : MERCREDI 24 MAI, à 9 heures du soir\n(Ecole Italienne, XVIIIe siècle)\nI. Sonate en la, pour violon et piano ........ VIVALDI\nSonate en ré mineur, pour violon et piano ....... GEMINIANI\n11. Sonate en mi majeur \\\nSonate en mi majeur I\nSonate en sol m neur V (piano) ....... Domenico SCARLATTI\nSonate en ut majeur l\nSonate en fa mineur /\n111. Sonate en mi mineur, pour violon et piano ....... VERACINI\nIV. Sonate en ut mineur\nSonate en la bémol\nFugue (dite du chat)\nVariations en la mineur\n(piano) Domenico SCARLATTI\nV. Sonate en sol mineur, (dite du Trille du diable) ...... TARTINI\nTroisième Séance : MERCREDI SI MAI, à 9 heures du soir\n(Ecole Allemande, XVIIIe siècle)\nŒUVRES DE JEAN-SEBASTIEN BACH\nSonate en mi mineur (violon et piano) Fantaisie Chromatique et Fugue, Suite en mi (violon seul)\nConcerto Italien (piano) et Sonate en si mineur (piano et violon)\nPIANO WEBER DE THE COMPANY\nPRIX DES PLACES : Parquet, 3 fr. Amphithéâtre, 2 fr. Galerie 1.25 fr.\nAbonnement au trois séances : 8, 5 et 3 fr.\nBillets et Abonnements à la SCHOLA CANTORUM, chez MM. A. Durand et Fils, 4, place de la\nMadeleine, Hamelle, 22, Boulevard Malesherbes, et Laudy, 224, Boulevard Saint-Germain.\nPour tout autre renseignement s'adresser à M. JOACHIM NIN, 74, Avenue Beau-Séjour, Uccle-Bruxelles."}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.81", "texte": "74\nS, I. M.\n\nde M. Frank Bridge. On fît au \" Petit livre de chansons \" pour chant (M. Remy Lejeune,\nbaryton) et Quatuor, de M. Paul Dupin, un succès exagéré, car l'œuvre est monotone et peu\nexpressive. Mais nous eûmes une compensation grâce à M. Lazare Lévy qui joua deux jolies\npièces de M. D. de Séverac et une Toccata bien écrite pour le piano de M. Enesco,\nle musicien universel. Peu à dire du Quatuor de M. Rasse, compositeur belge, dont les\nvariations sont le meilleur mouvement. Le Quatuor Godebski donna le 5 avril des pièces\nrusses tirées du recueil \" Les Vendredis, \" œuvres des divers compositeurs qui se réunissaient\nce jour là chez l'éditeur Belaïeff : deux sont exquises, le Scherzo de Sokolow, basé sur des airs\nbretons, et la Sérénade d'Artciboucheff. Avec cela, un Quatuor cordes de Schubert, une sonate\nde violoncelle (M. Cassado) de Valentini et des mélodies peu marquantes de M. Godebski.\nLes 66 Auditions Modernes \" (Quatuor Oberdœrffer) sont un de nos meilleurs groupes de\nmusique de chambre. Le 11, on y joua un Quatuor nouveau de M. Paul Féron, dont le\nmilieu et la fin ne valent pas le début, le 2e Quintette de M. Georges Alary, œuvre agréable\net bien sonnante, et la 2e sonate de violoncelle de M. Louis Delune. Nous avons dit déjà la\nhaute valeur musicale et la belle inspiration de cette dernière œuvre, une des pages les mieux\nsenties et les mieux écrites pour le violoncelle de ces dernières années, classique de forme mais\ntrès moderne et très personnelle de développement et d'harmonies. Mme Jeanne Delune la joua\navec un profond sentiment. Il faut mentionner enfin le trio féminin Bailet, Talluel et\nClément qui avec cohésion et style joua des trios de Beethoven, Brahms et Arensky, puis la\nsociété des Instruments Anciens (Henry Casadesus) qui donna sa première séance en avril.\nDes chants populaires Russes et Bretons harmonisés par M. de Wieniawski furent agréablement\nchantés par l'Ecole de Chant Choral. La Fête Galante, de Destouches, est une charmante\npetite chose qu'on eut du plaisir à réentendre.\nLe Quatuor Vocal Mauguière mérite une mention spéciale car il chante juste et bien,\nmême quand il chante a Capella. On lui redemanda une petite pièce de Costeley ; on aurait\ndû redemander celle de Cl. Jannequin et les trois de M. Léo Sachs qui sont de ses meilleures\nœuvres. Les quatres artistes : MM. Mauguière et Sigwalt, Mmes Herlenn et Mirey, chantèrent\ndes soli et M. Francis Thibaud joua sur le violoncelle l'Elégie de Fauré, du Boccherini et les\nPapillons (trop entendus) de Popper.\nComme celles qui jouent surtout des œuvres nouvelles, la Société Moderne d'lnstruments\nà vent est d'un intérêt assez inégal. Dans ses deux séances du mois, les nouveautés (une suite\nde M. Mouquet, un trio de M. Tovey) En montagne de M. Vadon et Lied et Scherzo de\nM. Florent Schmitt. Puis ce furent MM. Pierné avec sa charmante Pastorale Variée, M. d'lndy\navec ses chansons et danses, d'une écriture si curieuse et si personnelle, enfin un certain Mozart\navec sa sérénade en ut mineur. La cantatrice qui remplaça Mme de Millevilleau premier concert\nétait très émue et, fait curieux, àla seconde séance, Mme Odette Le Roy qu'accompagnait\nM. Widor dans des mélodies de sa composition nous donna la même impression. Mais\ndans les deux dernières, elle reprit enfin pleine possession de sa voix qui est bien posée et\nd'un joli timbre.\nPassons au galop la revue des concerts d'artistes, en nous excusant de multiples oublis.\nV oici d'abord les chefs de file qui, presque tous terminent des séries de séances commencées cet\nhiver : M. Kubelik, toujours aussi en forme, mais jouant trop de médiocre musique, M. Kreisler,\ntrès fêté ces derniers mois, M. Ysaye qui commence avec M. Pugno quatre concerts, M. Enesco\ntoujours prodigue de son puissant et varié talent ; après ces princes du violon, les matadors du\npiano : M. Risler qui a terminé ses six séances, M. Ricardo Virïès qui, avec une préface de\nM. Calvocoressi, a glorifié le centenaire de Liszt, M. Mark Hambourg dont la tête et le jeu\nrappellent Rubinstein ; enfin M. Hekking, d'Amsterdam, excellent violoncelliste au jeu sobre"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.82", "texte": "THÉÂTRE DU CHATELET. GRANDE SAISON DE PARIS\nDirection: G. ASTRUC ù Cie\nDU 6 AU 17 JUIN 1911\nSIXIÈME SAISON RUSSE\norganisée par M. SERGE DE DIAGHILEW\nHUIT REPRÉSENTATIONS DE GALA\nBALLETS RUSSES\nMICHEL FOKINE, directeur chorégraphique. ALEXANDRE BENOIS, directeur artistique.\nCOMPOSITION DE LA TROUPE :\nNIJINSKY\nMmes TAMAR KARSAVINA, SOPHIE FEODOROWA, premières ballerines ;\nVERA FOKINA, ANNA GACHEWSKA, LYDIA LOPOUKHOWA,\nBRONISLAWA NIJINSKA, LUDMILLA SCHOLLAR, premières danseuses ;\nNATACHA TROUHANOWA, première danseuse mime ;\nMM. ADOLF BOLM, premier danseur classique ; ENRICO CECCHETTI, premier mime ;\nGEORGES ROSAY, ALEXANDRE ORLOW, LÉONIDE LÉONTIEW, NICOLAS CREMNIEW,\nIVAN KOUSSOW, premiers danseurs\net le Corps de Ballet, comprenant 85 danseurs et danseuses.\nPROGRAMME\n\"Premier Spectacle : Mardi 6, Je\na) L'OISEAU DE FEU\nBallet Fantastique en i acte avec apothéose. Musique de I. Stravinsky, Décor et\ncostumes de A. Golovine.\nb) LE SPECTRE DE LA ROSE (Création)\nPoème de Théophile Gautier, adapté par].-h. Vaudoyer àll V Invitation ala Valse\"\nde Weber, instrumentée par Berlioz. Décor et costumes de L. Bakst.\nc) LA BATAILLE DE KERJENETZ\nMusique de N. Rimsky-Korsakow, Panneau de N. Rœrich.\nd) LA PÉRI (Création)\nPoème dansé. Musique de Paul Dukas, Décor et costumes de L. Bakst.\ne) SADKO (Création)\nTableau sous-marin (chant et danses). Musique de N. Rimsky-Korsakow, Décor de\nB. Anisfeld, Mme Stepanova, MM. Zaporojetz et Issatchenko.\nDeuxième Spectacle : Mardi 13, Jeu\na) SCHEHERAZADE\nDrame Chorégraphique en I Acte de L. Bakst. Musique de N. Rimsky-Korsakow.\nb) NARCISSE (Création)\nBallet Antique en i Acte de L. Bakst. Musique de N. Tcherepnine. Décor de L. Bakst.\nc) PETROUCHKA (Création)\nQuatre Tableaux Chorégraphiques. Musique de I. Stravinsky, Décor et costumes\nd'A. Benois.\nChorégraphie de M. FOKINE, Orchestre de 100 MUSICIENS.\nPRIX DES PLACES : Loges de face, la loge 400 fr. Loges de 3/4. la loge 350 fr. Loges de côté, la loge 250 fr.\nBaignoires ouvertes de face, 200 fr. Baignoires fermées de côté, 300 fr. Baignoires de scène, 1 25 fr. Balcon\nIre rang, la place 40 fr. Balcon 2me rang, la place 35 fr. Orchestre (Ire série), la place 30 fr. Orchestre (2me série),\nla place 2 5 fr. Galerie Ire rang, la place 20 fr. Galerie face, la place 1 5 fr. Galerie côté, la place 1 2 fr. lr Am-\nphithéâtre (lr rang et face), la place 6 fr. lr Amphithéâtre (côtéj, la place 5 fr. 2me Amphithéâtre (au bureau seulement)\nla place 3 fr. 3me Amphithéâtre (au bureau seulement), la place 2 fr.\nN.B. A partir de la Galerie, on ne loue qu*au Châtelet."}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.83", "texte": "THÉÂTRE DU CHATELET\nGRANDE SAISON DE PARIS ■* G C,E\nDU 20 MAI AU 2 JUIN 1911\nDIX REPRÉSENTATIONS DE GALA\nLE MARTYRE\nSAINT SÉBASTIEN\nMystère en cinq actes de GABRIELE D'ANNUNZIO\nAvec la Musique de CLAUDE DEBUSSY\nDécors et Costumes de M. LÉON BAKST — Mise en scene de j4RMAND {T}OUR\nChorégraphie réglée par ZXCICHEL FOKINE\nDISTRIBUTION : Le Saint, Mme IDA RUBENSTEIN ; La Mère Douloureuse, Mlle A. DUD-\nLAY de la Com.-Française ; La Fille malade des fièvres, Mlle VERA SERGINE;\nL'Empereur, M. DESJARDINS, de l'Odéon; Le Préfet, M. HENRY KRAUSS\n150 Artistes.\n350 EXÉCUTANTS 500 COSTUMES\nOrchestre et Chœurs sous la direction de M. ANDRÉ CAPLET\nChef des Chœurs et du Chant : M. D.-E. INGHELBRECHT\n1er ACTE : La Cour des Lys — -2e ACTE: La Chambre Magique — 3e ACTE: Le\nConcile des Faux Dieux — 4e ACTE : Le Laurier Blessé — 5e ACTE : Le Paradis.\nPRIX DES PLACES 2\nLoges de face (8 places) La loge 400 fr.\n„ de 3/4 (7 places) „ 350\n„ de côté (6 places) ,, 250\nBaignoires de face (5 places) ,, 200\n„ de côté (8 places) ,, 300\n„ de scène (4 pl.) ,, 125\nBalcon premier rang La place 40\n„ deuxième série ,, 35\nN.B. — Pour la première représentation, les prix sont augmentés. — A partir de la Galerie on ne loue qu'au Châtelet.\nOrchestre première série La place 30 fr-\n,, deuxième série ,, 25\nGalerie premier rang ,, 20\n„ face „ 15\ncôté „ 12\nIer Amphithéâtre (Ier r. de face „ 6\n,, (côté) „ 5\n2e „ (au bureau seulem.) „ 3\nn e /->\nÛ » » 1"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.84", "texte": "LE MOIS\n77\n\net classique, dont la seconde séance, avec M. Casella, valut la première, car elle nous révéla\nMme Hekking, cantatrice distingué et agréable, très adéquate aux lieder de Fauré et d'Enesco.\nAu second plan des pianistes, nous aperçevons Mmo Hiard-Kuehn dont il y a peu à dire,\nMlle Veluard, qui est en train de prendre un des tout premiers rangs et compose ses programmes\naussi intelligemment qu'elle les joue, M. Eustration, très jeune et très musicien, Mlle Mar-\nguerite Laeuffer, aux doigts jeunes et excellents, M. Gabriel Basset, vigoureux mais pressant\nles mouvements, etc. Citons enfin Miss Margaret Mac Craney, violoniste bien douée mais\nmanquant encore d'aplomb et d'autorité.\nSignalons aussi deux curieuses séances. L'une donnée par M. Jean d'Adrien et montrant\nles réalisations chorégraphiques de la G. R. Nous nous y arrêterons longuement dans notre\nnuméro de Juin, d'autres organisées par M. Lapauze à l'Exposition Ingres, et qui consista à\nfaire entendre Kubelik sur le fameux violon d'lngres ! A vrai dire ce violon a paru un peu\npauvret ; il fallait Kubelik pour en tirer un bel adagio. Saura-t-on jamais la vérité sur ce\nviolon d'lngres ?\nEnfin, et en toute dernière heure voici la Société Bach, qui donne un des plus beaux\nconcerts de l'hiver. Des artistes de tout premier ordre, comme M.M. Cortot, Plamondon,\nReder avaient prêté leur concours à cette excellente manifestation d'art ancien. On peut dire\nque cette fois, et particulièrement sous l'influence des œuvres gaies de Bach, telle le cantate\nde Pan, le style de ces exécutions rétrospectives se dégage définitivement des préjugés qui le\nrendaient jusqu'ici ennuyeux et terne. Le grand mérite de Bret\" aura été de mener cette\nmusique défunte jusqu'au seuil d'une vie nouvelle.\nCONCERT DE DANSE TROUHANOVA. Faire pénétrer dans le Châtelet\n10,000 personnes, n'est pas donné à tout le monde. Mme Trouhanova en a fait dernièrement\nl'expérience et je crois que l'aimable danseuse doit avoir sur la conscience pas mal de remords\nen songeant aux tristes effets de la bagarre insensée dont elle fut cause. Cela ne l'empêche pas\nde danser en ballerine avertie, suivant de loin les traces d'lsadora, évitant le sensualisme de\nRegina, et cherchant entre la mimique et le ballet convenu une sorte de compromis qui ne\nmanque ni de charme ni de souplesse. M. Quinault qui la soutenait dans ses évolutions, a de\nl'allure. Il est à retenir pour le jour où la mode ferait renaître la chorégraphie du XVIIe siècle,\ngenre Pécour.\nL'ORFEO DE MONTEVERDE. Au Théâtre Réjane, dans les décors de l'Oiseau\nBleu, M. Lelubez, l'ardent défenseur de toutes les belles choses, nous conviait à la première\nreprésentation, en France, de l'Orfeo de Monteverde. Retenons bien cette date du 2 mai 1911,\n\nCHEMINS DE FER DE L'ÉTAT\nPARIS A LONDRES eeeeeee^-\nvia Rouen, Dieppe et Newhaven, par la Gare Saint-Lazare\nServices rapides tous les jours et toute l'année\nDÉPARTS DE PARIS-SAINT-LAZARE :\nàioh. 20 matin (ire et 2e Cl.) et à9h. 20 soir (ir% 2e et 3e cl.)\nDÉPARTS DE LONDRES:\nVICTORIA (Gie de Brighton) àlO h. matin (ire et 2e cl.) et àBh. 45 soir (ire, 2e et 3e cl.).\nLONDON-BRIDGE à9h. 50 matin (9 h. 25 le Dimanche) (ire et 2* cl.) et àBh. 45 soir (ire, 2e et 3"}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.85", "texte": "78\nS. I. M.\n\nelle est historique. Nous avons pu, enfin, non seulement entendre, mais voir cette œuvre, une\ndes plus étonnantes qu'ait produite le génie ! Il y aurait beaucoup à dire sur cette mise au\nthéâtre, où tant de bonnes volontés, et tant d'art se sont associées pour nous laisser une impres-\nsion durable et le désir d'entendre non plus des coupures, mais le tout. Tous nos compliments\nàM. Lelubez d'abord, le héros de cette manifestation, puis à Mme Croiza, et enfin àM. Labey\nqui dirigeait avec style l'orchestre confié à ses soins et encore à Mme Labey, dont la réalisation\nau clavecin a été parfaite. De tout ceci il faut retenir, qu'une pièce italienne de 1607, a pu\nemballer un public parisien de 1911, dans des décors d'une œuvre de Maeterlinck, dessinés\npar des russes ! Voilà qui inquiétera peut-être les défenseurs du sens historique, mais qui prou-\nvera en faveur de la vie éternelle de l'Art. Cette représentation est une étape vers une véri-\ntable restitution de l'Orfeo et décidera il faut l'espérer, M. d'lndy à remettre l'œuvre entière\nen partition.\n\nF. Guérillot.\n\nProvince\nLouons Abbeville de son zèle décentralisateur : Pugno y magnifie Beethoven,\nSchumann, Chopin et Franck, M. de Wailly y révèle la 4me Symphonie en ut mineur de\nH.-T. Rigel (1741-1799)> et les jeunes gloires du Conservatoire de Paris, MM. Tirmont,\nLeuliet, Gayraud, Tinlot, Michelen, Benedetti, Limonot et Barrier, escortant Mine Ganteri,\nde l'Opéra-Comique, y viennent faire œuvre utile de vulgarisation. Dunkerque se montre\nfidèle à sa belle Société de Musique de chambre qui vient de reprendre la série de ses auditions\nsi bien accueillies l'an dernier. Ses brillants interprètes Mme et M. Vermeulen, MM. Vincke,\nL Doudeyne et F. Doudeyne corseront leurs programmes classiques de quelques révélations\nempruntées à la savoureuse école russe. ArraS s'enorgueillit d'une Société Philharmonique\nprospère et fête la première audition du Quatuor Leleu, Sergeant, François et Denis avec le\nconcours du pianiste Blondel, tandis que Douai s'honore de posséder en M. Cuelenaere un\nmusicien actif qui dirige avec talent et autorité l'Harmonie Municipale et les Concerts\npopulaires et parvient à obtenir des exécutions excellentes de la Symphonie en ut mineur de\nBeethoven et de Psyché de Franck tout en offrant a son public des solistes de choix tels; que\nYvonne Gall et le violoniste Bilewski. L'Ecole nationale de musique de Caen clôture\nsa saison de concerts classiques, sous la direction de M. Mancini, par 1 exécution de Phaeton,\nd'un concerto de Haendel et de l'Ouverture de la Grotte de Fingall.\nCependant la Haute-Saône s'agite et \" fait retentir les airs \" de joyeux accents : a\nVesoul, la Société de la Ligue fraternelle des enfants de France organise un concert avec le\nconcours d'un orchestre d'amateurs, discipliné par M. Lanzoni, la \" Chorale diiigee par\nM. Favot donne au Théâtre ses auditions annuelles réservées aux membres honoraires, la\n\" Société des trompes \" obtient un vif succès et les élèves du Lycée Gerome, entraînes par\nl'émulation, ont pu donner avec leurs seuls éléments artistiques une matinée ou s est fait\nentendre leur orchestre et où a été représentée une opérette d'OfFenbach ; a Gray, M. Sau-\nvage conduit à la victoire la Société Philarmonique et voici que les Sapeurs-pompiers de\nPort-SUr-Saone viennent de s'unir à la Lyre Portusienne pour donner des concerts plus\nnombreux et plus éclatants sous la direction de M. Brûle. Le théâtre de Cherbourg,\nment privé de son directeur M. Focheux a été administré par sa troupe, constituée hâtivement"}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.86", "texte": "LE MOIS\n79\n\nen association, et cette gestion collective a donné les plus brillants résultats. Le concert de\nl'Alliance Française y fut également couronné de succès.\nC'est au théâtre Graslin de Nantes que les amateurs de nouveautés doivent se rendre\npour assister à des créations : ils y entendront la Glu de Gabriel Dupont et la première\naudition en France d'un poème allégorique \" Le Songe d'une nuit d'hiver \" mis en musique\npar l'excellent compositeur belge A. de Boeck. L'Association nantoise des grands concerts a\nfait entendre Ysaye ; le trio Hallez-Muller-Jaudin a donné le Concert de Chausson et\nl'audition organisée par Georges Enesco et Magdalena Tagliaferro a reçu un enthousiaste\naccueil. Saumur se désintéresse un peu des questions musicales ; Mars et Apollon se\nfréquentent trop rarement. Les artistes s'y produisent donc avec quelque hésitation : MM.\nBoucherit, Armand Ferté et Mme Marie Robert ont eu ce courage qui mérite d'être signalé.\nGrâce à Rhené-Bâton, les Concerts d'Angers continuent à triompher : après l'interprétation\ndu Ménétrier de Max d'Olonne par Enesco, une parfaite exécution de la Damnation de\nFaust fut donné avec le concours de MM. Plamondon, Tordo, Eyraud, de Mlle Lindsay et de\nla Chorale Ste Cécile. Quelques étoiles parisiennes apparaissent au ciel de Poitiers : Risler\ntriomphe en compagnie de Speranza Calo, tandis que Wurmser et Hekking, assistés de\nM 1'6 Odette Le Roy, fanatisent le public par leurs interprétations de Chopin, Schumann,\nChabrie1* et Fauré. Le violoncelliste Marneff se fait applaudir à Clermont au concert\nSoulacroup, tandis que la jeune société symphonique du Conservatoire, dirigée par M. Clauss-\nmann, donne avec le plus vif succès son second concert. La Société Philharmonique de\nRoanne permet à Mme Ferrari de connaître la gloire et àM. André Hekking de jouer les\nPapillons de Popper. Moulins s'instruit en écoutant M. Landormy analyser dans une\nbrillante conférence le génie de Beethoven. Vif succès pour le conférencier qui prend part\négalement à l'intermède musical qui illustrait sa causerie. Les mélomanes de Lyon applau-\ndissent successivement Kubelik, Henri Expert, Louis Vierne, Ferté et Mlle Janssen, prophé-\ntesse en son pays, mais lorsque la Rapsodie espagnole de Ravel fait son apparition aux Grands\nConcerts, tous les assistants se regardent avec épouvante et la critique locale hurle d'effroi.\nBordeaux se renferme dans un silence que troublent seules quelques exécutions de musique\nreligieuse. Pau s'émerveille de la belle voix dramatique de Mme Nina Rati qui défend la\nGlaneuse de Fourdrain, cependant que la Schola Cantorum exécute la Passion selon S' Jean,\nque M. Alonso révélé quelqes fragments de son opéra inédit intitulé Don Juan Ténorio et\nque les concerts classiques de Brunei clôturent leur excellente saison. La Marie-Madeleine de\nMassenet fait la conquête de Carcassonne : 130 exécutants en détaillent les grâces au\npublic de la Société des Concerts Symphoniques ravi de cette révélation. Et Millau se con-\ngratule d'avoir pu additionner les éléments orchestraux et choraux de la Symphonie Amicale,\nde l'Orphéon et de la Société des Montagnards, de la Musique Municipale, d'amateurs de la\nville et d'excellents instrumentistes de Montpellier, de Toulouse et de Rodez pour faire\nentendre aux Millavois \" Cavalleria Rusticana. \" Un si considérable effort d'art n'aura pas été\ninutile : on nous affirme en effet que l'lntermezzo a été bissé !...\n\nBelgique\n\nLes quatre concerts de la Libre esthétique ont été, comme toujours, parmi les plus intéres-\nsantes séances de la saison. Le dernier surtout fut brillant. Mlle Blanche Selva y prêtait son\nconcours. Cette artiste, géniale, en vérité, sait donner aux œuvres qu'elle joue une intensité"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.87", "texte": "ŒUVRES DE\nS. B. SCHLÉSINGER\n\nPIANO\nEtude en ut mineur 1.75\nImpromptu-Caprice 2.00\nMarche Nuptiale 2.00\nNocturne 2.00\nNovclette 1.75\nFeuille d'Album 1.50\nPETIT ORCHESTRE\nMarche Nuptiale. Petit orch. Partition 3.00\nMatériel 2,50\nParties supplémentaires. . 0.50\nNovelette. Petit orchestre. Partition . 3.50\nMatériel 5.00\nParties supplémentaires. . 0.50\nGRAND ORCHESTRE\nEtude en ut mineur. Partition . . . 3.50\nMatériel complet . . . . 5.00\nParties supplémentaires. » 0.50\nImpromptu Caprice. Partition . . . 3.50\nMatériel complet .... 5.00\nParties supplémentaires. * 0.50\nMarche Nuptiale. Partition .... 3.50\nMatériel complet . » . . 5.00\nParties supplémentaires. . 0.50\nNocturne. Partition 3.50\nMatériel complet . . . . 5.00\nParties supplémentaires. . 0.50\nMÉLODIES, ROMANCES\nA riel\nA ma Bien-Aimée\nAubade\nAve Maria\n\nChanson des Petits Souliers\nChanson (O ma Charmante)\nChevauchée\nD'une Prison (i en ré bémol)\n(2 en mi bémol)\nFeuilles d'Album\nL Heure exquise\nLettre à Ninon\nLa mort dun Enfant\nPage d'Album\nNe pleure pas ma Blonde\nLe plus doux chemin\nLa première Larme\nSirène\nToujours\nlerIer Reuceuil de Mélodies (25 Mélodies) 3e éd.\n1. Un grand Sommeil\n2. Le Rideau de ma Voisine\n3. Salut à toi.\n4. D'une Prison\n5. La mort d'un Enfant\n6* L'heure exquise\n7. Les Présents\n8. Ces doux Yeux\n9. Aubade\n10. Ariel\n11. Page d'Album\n12. Chanson (O ma Charmante)\n13. A ma Bien-Aimée\n14. Toujours\n15. La première Larme\n16. Sirène\n17. Lettre à Ninon\n18. La mort d'un Enfant (avec violon\nobligé).\n19. La Première\n20. Le plus doux Chemin\n21. Chanson des Petits Souliers\n22. Chanson Lithuanienne\n23. Avec un Bouquet\n24. Crépuscule\n25. Crépuscule (avec alto obligé).\n\nA.Z. MATHOT Editions littéraires et musicales\n11, rue Bergère, PARIS."}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.88", "texte": "6\n\nSOCIETE MUSICALE INDEPENDANTE\nii, RUE BERGERE\nPARIS\nTéléphone 234-31\n&\n»w\nWTF;\n•4-$'\nET!\nA»\nii, RUE BERGERE\nPARIS\nTéléphone 234-31\nEXTRAIT DES STATUTS\n\nART. I. Une Société est formée sous le nom\nde Société Musicale Indépendante entre\nles soussignés qui en composent le\nComité et tous ceux qui, par la suite,\nadhéreront aux présents Statuts.\nART. II. — Le siège de la Société est à Paris,\nil, rue Bergère.\nART. III. — La Société a pour objet de faire\nconnaître par l'exécution, les œuvres de\nla musique moderne, française ou étran-\ngère, éditées ou non, sans aucune ex-\nception de genre, ni de style.\nART. IV, — La Société comprend :\ni° Des Fondateurs, ayant versé à titre\nde don une somme minimum de 500 fr.\n20 Des Sociétaires, versant une coti-\nsation annuelle de 30 fr. exigible au\ndébut de chaque exercice et susceptible\nd'être rachetée par un versement uni-\nque de 300 fr.\nART, V. — Tout sociétaire a le droit de pro-\nposer ses œuvres pour l'exécution.\nART. IX. Chacun des Sociétaires aura droit\nà trois places pour chaque concert. Cha-\nque Membre Fondateur aura droit à\ntrois places réservées et à deux invita-\ntions pour chaque concert.\n\nART. XII. — La Société, poursuivant un but\npurement artistique, ne pourra disposer\ndes fonds recueillis par souscriptions,\ncotisations ou dons, que pour étendre\nsa sphère d'action. Tout excédent de\nrecettes, à l'expiration d'un exercice,\nsera intégralement affecté à l'organisa-\ntion de concerts supplémentaires.\nL'administration artistique de la Société\nIndépendante est assurée par le Comité\nsoussigné, sous la Présidence effective de\nM. GABRIEL FAURÉ, Directeur du Conser-\nvatoire.\nLe Comité :\nGABRIEL FAURÉ, LOUIS AUBERT, ANDRÉ\nCAPLET, ROGER DUCASSE, JEAN HURE,\nCHARLES KOECHLIN, MAURICE RAVEL,\nFLORENT SCHMITT, EMILE VUILLERMOZ.\nSecrétaire général : A.-Z, MATHOT.\nEnvoyer les adhésions, les souscriptions, les\nmanuscrits et les demandes d'exécution au Se-\ncrétariat général de la Société, il, Rue Bergère.\nTéléphone 234-31.\n\nLes prochains concerts auront lieu SALLE GAVEAU aux dates suivantes :\n12me concert : 24 Avril\n13me concert : (sans noms d'auteurs) 9 Mai\n14me concert ï (orchestre) 23Mai."}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.89", "texte": "82\nS. I. M.\n\nexceptionnelle, une vigueur, une vie expressive combien rares chez les virtuoses modernes !\nElle révéla Trois Suites ; Tune d'Albert Roussel, d'une atmosphère infiniment délicate et subtile ;\nl'autre de M. P. Le Flem :le chant des Genêts> de belle évocation champêtre la troisième,\ntoute lumineuse et rutilante, de M. de Sèverac, Cerdafia. Les Variationsy Interlude et Finale\nde Paul Dukas sur un thème de Rameau trouvèrent aussi en Mlle Selvay l'interprète\nidéale. Quelques mélodies furent chantées par la bonne cantatrice Mme Marie-Anne TVebery\naccompagnée par Octave Maus, l'inlassable et dévoué champion de la musique française\nmoderne, en Belgique, l'homme à qui nous devons les plus chères révélations, et cette joie de\nvoir hautement triomphante chez nous la sensibilité, la culture latines. Marie-Anne TVeberzwtc\némotion, fit entendre : Childe Harold (poème de H. Heine) musique de P. de Bréville ; Invoca-\ntiony de Roussel ; Au long des Sables clairs (poème de Jean Dominique), de Victor Bufïïn, dont\nun poème symphonique fut récemment applaudi aux Concerts Ysaye ; Soir, poème de René\nLyr, musique de Victor Vreuls. Le plus vif succès couronna le cycle ainsi terminé.\nLe quatuor Zoelner a donné ses trois concerts de fin d'année. Trois séances intéressantes :\nla ire consacrée à Beethoven, la 2e à Brahms, la 3e à César Franck et Debussy. Artistes\njeunes, pleins d'entrain, de courage, avec le désir de la perfection. De l'unité soutenue, surtout\ndans le difficultueux quatuor de Debussy. Bref : promesse certaine pour l'avenir.\nLa jeune violoniste argentine Lea Epstein, élève du maître Thomson s'est fait entendre\ndans un récital à la Grande Harmonie, avec succès.\nA la Grande Harmonie également, le Récital de piano de M. Edouard Bernard, le\nbrillant pianiste des concerts Lamoureux, et celui de Mlle Hèlène Dinsart. —M. Widor est venu\ninaugurer les orgues, construites par M. Kerkhofs, à l'Eglise St. Michel. Une foule de dilettantes\net de musiciens, au nombre desquels se trouve la plupart des organistes de Belgique, écouta\navec recueillement le Maître, déployant de puissantes harmonies, majestueusement. Charles\nMêlant a vu représenter un quatrième ouvrage : U ami du Roi, libretto de Lucien Solvay. Au\nPalais des Arts. Un même succès accueillit cette nouvelle production du fécond compositeur.\nRappelons que cet hiver, il a écrit : Le miroir aux Alouettes, Les Images, Sœur Louise (représentes\nà l'Alcazar et au Théâtre lyrique) et U Ami du Roi. A la Schola Musicœ, 90 rue Gallait,\nsamedi 20 mai, un récital sera donné par M. Fernand Char lier, violoncelliste. Au programme,\nBoccherini, Hândel, de Caix d'Hervelois (Béon), Victor Vreuls, St. Saëns, David Popper et de\nSwert. Le 14 mai, 3e audition d'élèves.— Le quatrième concert Durant, consacré aux œuvres\nde Franck fut pour le chef d'orchestre l'occasion d'un vrai triomphe. A. de Greej y prêtait son\nconcours. —Au sixième concert Ysaye, sous la direction de Mengelberg, Marc Hambourg fit\nvaloir son jeu puissant et fougueux. On y entendit pour la première fois : La Foret et l oiseau,\npoème symphonique de Théo Ysaye, dans une note bien moderne.— Le maître Gœsar Thomson\navait annoncé un récital pour le 12 mai, au Conservatoire ; un accident leger le force\nàle reporter à une date ultérieure. Mlle Demont, cantatrice, eleve de Mlle Henriette\nLefebure offre un récital, dont nous rendrons compte dans le n° prochain. Une autre eleve de\nMlle Lefebure, Mlle Hamburger, s'est fait applaudir récemment dans Elisabeth, au Conser-\nvatoire.\nOn annonce comme certaine la nomination de Sylvain Dupuis a la direction du Con-\nservatoire Royal de Liège ; et son remplacement à l'orchestre de la Monnaie par Otto Lohse,\nl'éminent chef wagnérien. Nos félicitations !\nLa onzième saison de la direction Kufferath et Guidé, a été celebree presse,\nqui annonce qu'outre des créations nombreuses, 39 ouvrages du répertoire ont ete montes\nformant un ensemble de 272 spectacles. Les œuvres nouvelles furent au nombre de huit !\nCitons-les: Ivan-le-terrible, de Gunsbourg, Quo Vadisl de Nouguès, La Glu de Dupont, Manon"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.90", "texte": "LE MOIS\n83\n\nde Puccini, Le Feu de la St. Jean, de Strauss, Y Enfance du Christ de Berlioz ces deux dernières\nont en quelques représentations seulement ; Ceci ri est pas un Conte, de Stiénon du Pré; Hopjes et\nHopjesy ballet de Lauweryns. Soit un total de 4 actes intéressants et artistiques, pour tant\nd'autres à gros rapport (les œuvres viables 1) Je lis sous la signature très autorisée et courageuse\nde L. S.dans le Ménestrel,cette appréciation peu sévère sans doute, mais combien significative ;\n\" Ce festival couronne dignement, avec les dernières représentations d'Orphée, de Salomê\net d 'Elektra,une saison théâtrale fructueuse let singulièrement éclectique. Certes, on trouvera\npeut-être que le répertoire de M. Puccini a tenu, dans le programme de cette saison, une place\nexcessive; mais, outre qu'il y aurait quelque cruauté à reprocher à des directeurs de théâtre\nde monter des œuvres médiocres, mais qui \"font \"le désir que manifeste la\ndirection de la Monnaie d'expier ces très excusables faiblesses en offrant au public des gages\nde son amour pour l'art, est trop évident pour que nous ayons le courage de lui tenir rigueur. \"\nAjoutons que la seule œuvre nationale est l'acte de M. le Baron Ludovic Stiénon du Pré :\n\" Ceci n'est pas un conte. \"\nNécrologie. La pianiste appréciée, Madame Erich Stadelhof, née Henriette Fan Dooren\nsœur du brillant virtuose belge, Arthur Van Dooren, qui fut applaudie plusieurs fois tant en\nBelgique, qu'en France, en Allemagne et en Hollande, dans des concerts où elle jouait avec son\nfrère, vient de mourir inopinément à Bruxelles. Nous présentons à sa famille douloureuse-\nment éprouvée, et en particulier à notre ami l'expression de nos plus vives\ncondoléances.\nGAND. Au programme du 3e concert d'abonnement du Conservatoire, diverses\nœuvres de Bach (notamment le concerto de violon en où le virtuose exquis qu'est M. Albert\nZimmer s'est fait chaleureusement applaudir) et la Neuvième symphonie de Beethoven très\nconvenablement exécutée par l'orchestre et les chœurs du Conservatoire dirigés par M. Mathieu-\nle solo était confié à l'excellent basse M. Louis Frœlich, professeur au Conservatoire de'\nGenève.\nL'A Capella gantois a rendu hommage au compositeur français Théodore Dubois en un\nfestival favorablement accueilli : exécution remarquable, sous la direction de M. Hullebroeck\nde la Marche héroïque de Jeanne d'Arc (1888), de deux motets, et de l'oratorio les Sept paroles\ndu Christ(lB67), avec le concours du baryton Jan Reder et du ténor Léon Vanderhaegen\ndeux beaux chanteurs de style, et de MUe Eugénie Nuyttens, soprano dramatique d'avenir!\nMusique plus dramatique que religieuse, mais distinguée et agréable. Le public a longuement\novationné le vieux maître qui assistait au concert.\nPAUL BERGMANS.\nCOURTRAI. M. Paul Bergmans, notre éminent correspondant gantois, a donné au\nCercle Historique et Archéologique une conférence. Le Journal de Roubaix en rend compte en\nces termes :\n\" M. P. Bergmans, de Gand, un causeur à la parole aisée et à l'expression brillante, fait\n\" dans la première partie de sa conférence la revue du Courtrai musical d'avant le XVlll'e siè-\ncle... (suit 1 analyse)... Tout cela est raconte d une façon charmante avec verve et humour\n\" et parsemé d'anecdotes historiques qui prouvent combien M. Bergmans possède à fond le\n\" sujet qu'il traite...\"\nr\nLIEGE. Beaucoup de petites séances, peu de Soirées marquantes : tel est le bilan du\ndernier mois.\nCitons les sommets seulement : un récital Kubelik où la technique joua le grand rôle et"}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.91", "texte": "8A\nS. I. M\n\nenthousiasma par une surprise que renouvelle chaque fois le grand violoniste ; le Festival\nbelge de M. Jules Debefve, dans lequel on applaudit chaudement l'ouverture de\nRoland d'Emile Mathieu et la Ballade de Jan Block. La Lègia exécuta merveilleusement\ndeux chœurs de Cari Smulders et de Léon Dubois. Mais le grand, le profond succès de cette\nsoirée alla àla pianiste, Mme Blanche Sel va dans les Variations symphoniques de Franck.\nL'école belge fut magnifiée aussi en une superbe conférence de M. René Lyr sur\nencadrée d'exécutions d'oeuvres pour la plupart inédites ; la très sylvaine\nde M. Maurice Jaspar, des mélodies de Charles Hénusse et d'Eugène Samuel, dans lesquels\nM. Lyr salue de beaux compositeurs dont la musique impressionne, en effet, par une rare\noriginalité.\nLe second concert de la Société Bach fut donné à l'orgue de l'église protestante par\nM. Guillaume Waitz, l'un des derniers disciples du maître Guilmant : la pureté, la noblesse de\nstyle de l'organiste le rend digne d'être l'interprète du Maître des Maîtres.\nANVERS. La société des Nouveaux Concerts à brillamment clôturé sa série\nd'auditions par un programme consacré à des musiciens nationaux : Emile Mathieu, qui dirigea\nl'ouverture de son Enfance de Roland, Joseph Ryelandt, dont Y Idylle mystique charma infini-\nment, Peter Benoit. Sous la direction du beau mélodiste Mortelmans, leur chef dévoué,\nl'orchestre et les chœurs furent parfaits.\n\nDr. Dwelshauwers.\n\nEtranger\nLEIPZIG. La musique sacrée, est ici représentée par les séances hebdomadaires données\nen l'église Saint-Thomas par Thomaner-Thor composé des élèves de l'école St-Thomas. On y\nexécute chaque samedi, de délicieux motets, psaumes, fragments de cantates, etc. C est un\nvrai régal artistique. Puis par concerts du Bach-Verein, dirige par K. Straube. On y a entendu\ncette année un opéra de Hândel (Belzasar). Cette exécution fut assez satisfaisante. Au contraire,\ncelles qu'on y présente des œuvres de Bach sont fréquemment médiocres. Nous y avons entendu\nl'an dernier la Passion selon Saint Mathieu et Y oratorio de Noël tristement rendus. Et comme\nnous nous hasardions à émettre quelques objections quant aux tempi, toujours traînant et sans\nrythme, à l'emploi des instruments, etc. on nous a répondu avec un air de pitié : \" comment\nvoulez-vous donc qu'un Français comprenne quelque chose à notre J. S. Bach ! \" Ici à\nLeipzig subsiste toujours le préjugé que le Français n'est capable d'écrire que des opéras-comiques\net des badineries musicales. Qui connaît César Franck en Allemagne ? Ses variations sympho-\nniques exécutées pour la première fois à Leipzig par une excellente pianiste bruxelloise, Suzanne\nGodenne, furent une révélation pour le public lipsien.\nNous ne parlons évidemment pas des nombreuses sociétés chorales de la ville qui donnent\nfréquemment des concerts assez intéressants, réservés en majeure partie, aux œuvres des con-\ntemporains. Nous citerons cependant le Chœur philharmonique qui participe aux concerts\nWinderstein ; il est dirigé par Richard Hagel, ancien chef d'orchestre de 1 opéra de Leipzig,\nque des raisons étrangères à l'art ont éloigné de ce poste. Sous la direction intelligente de son\njeune chef, le Chœur philharmonique accomplit des progrès sérieux. Après avoir fait entendre\nl'année dernier? Lernt lachen\\ de C. Bleyle, le Déluge de Saint-Saëns, Romeo et Juliette de"}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.92", "texte": "LE MOIS\n85\n\nBerlioz, la nouvelle société a exécuté cette hiver la de Félix Woyrsch, œuvre\nintéressante.\nLes concerts Winderstein, la troisième des grandes associations musicales de la ville\noffrent au public des exécutions satisfaisantes mais présentent un choix d'œuvres assez restreint.\nLe chef d'orchestre, Hans Winderstein a dirigé cet hiver les Impressions d'Italie de Charpen-\ntier, Festklàngede Liszt, un concert R. Strauss (Heldenleben, et\nVerklàrung), prélude du Déluge, Faust-Symphonie de Liszt, fragments du Songe d'été\nde Mendelssohn, Manfred (avec L. Wullner) 2e symphonie de Strâsser, marche d'Elgar,\nouverture de Scheinpflug, 5e de Beethoven, concerto grosso d'Haendel. Comme solistes : Joan\nde Manen (concerto de Max Bruch en sol min.) ; concerto de Liszt en la (Elza de Grave),\nconcerto de Brahms pour violon (May Harrison), et pièces de Tschaïkowsky, lieder de Strauss\n(Ellen Beek), concerto de Bleyle pour violoncelle (H. Kiefer), œuvre de valeur nulle ; airs de\nTitus et de Rienzi(Marg. Preuse-Matzenauer), etc.\nParmi les trop nombreux récitals, signalons les suivants, intéressants, données avec le\nconcours de l'orchestre Winderstein. Anny Eisele a donne une interprétation satisfaisante des\nconcertos de Grieg et Mozart (ré mineur) ; Juscha Sussmann a exécuté les concertos de\nBrahms et Mendelssohn (violon) ; à signaler tout spécialement le concert donné par la jeune\npianiste Suzanne Godenne, de Bruxelles, une bonne interprétation du 4 concerto de Saint-\nSaëns et des variations symphoniques de C. Franck. Cette pianiste pourra prendre place parmi\nles grands artistes, après avoir affiné son jeu encore trop saccade ; mais elle est jeune encore et\nson talent promet.\nUn certain Eduard Urban a dirigé (?!) un concert orchestral portant au programme\nRoméo et Juliette de Tschaïkowsky, les Préludes de Liszt et l'ouverture des\nC'était bien médiocre ! Heureusement les solistes offraient plus d'intérêt ; Jos. Weiss,\nqui a exécuté son concerto de piano en la, et A. Sanden qui a chante du Pfitzner et du\nSavenau. Le meilleur pianiste que nous ayons entendu en récital fut certes A. ;\nsa version du concerto en la et de la fantaisie hongroise de Liszt fut remarquable. L orchestre\nétait dirigé par un jeune kapellmeister de valeur, Hanns Avril qui assumait, outre la direction\ndes œuvres sus nommées, celle du Tasso et d Orphee de Liszt. Citons encore les concerts donnes\npar Paula Koenig (variations de Franck et concerto en mi de Chopin), Jani Szanto (concertos\npour violon de Stojanowits, Vieux temps ré min.), Daniel Berlino (2e concerto de Saint-\nSaëns, etc.)\nLes séances de musique de chambre, récitals de piano, de violon, de chant, etc. sont\ninnombrables, nous ne citerons que les plus intéressantes : séances du quatuor Bruxellois, du\nquatuor tchèque, trios Von Bosc, récitals Sascha Culbertson, Friedmann, Jaques Dalcroze,\nScriabine, E. von Voigtlander, Burmeester, Lula Mysz-Gmeiner, Gura, Lamond, von\nVecsey, Elly Ney, Bruno Huize, Jos. Weiss, quatuor Rebner, S. Dessoir, Julia Culp,\nH. von Lopuska, M. von Zadora, Pugno-Ysaye, Wullner, Emile Sauer, Alex Schmuller,\nLéonid Kreutzer, etc.\nLa plupart des ces récitals sont organisés par la maison Eulenburg.\nNous avons réservé pour la fin de notre chronique la seance musicale qui a obtenu le\nplus de succès. Il s'agit de l'exécution intégrale(700 exécutants dont 140 musiciens) du\nde H. Berlioz, œuvre colossale qui a remporté un succès exceptionnel. Et c est encore a Georges\nGôhler que revient le mérite d'avoir mis au point et présenté au public lipsien cette fresque\nmagistrale, unique dans la littérature musicale. Quelle œuvre, quelle conception grandioses !\nCe fut une solennité inoubliable, une jouissance artistique unique ! En l'espace de trois semaines\non a exécuté à Leipzig la Damnation de Faust, le Requiem et la Fantastique ! Ces chers"}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.93", "texte": "CONCERTS ANNONCÉS\nSALLES GAVEAU\n11\n11\nn\n11\nv\nM. Pinell (avec orchestre) soirée\nSociété uLa Couturière\" matinée\nM. Pond ...... soirée\nFondation Sachs, (or- soirée\nchestre) soirée\nConcert Lazaro.... soirée\nSociété Haendel . . , soirée\nChant Choral à l'Ecole . matinée\nGala de l'Union des Fem-\nmes de France . .\nsoiree\nSalle des Quatuors\nn\ni)\n»\nil\nLes Elèves de Mme Marty\n(chant) . . . , . .\nLes Elèves de M. et Mme\nCanivet (piano) . . .\nConcert Schramm. . .\nLes Elèves de MUe Sad-\nler (piano)\nConcert Companyo . .\nConcert Schramm. . .\nLes Elèves de M. Arnould\n(piano)\nsoiree\nmatinée\nsoirée\nmatinée\nsoirée\nsoirée\nmatinée\nSALLE ERARD\n15 Mai. M. THALBERG (Piano) .... 9 heures du soir\n16 ~ —M. FERTE (Piano) .... 9 heures du soir\n17 ~ —M. SCHIDENHELM (Piano) . , 9 heures du soir\n18 ~ —M. GALSTON (Piano) 9 heures du soir\n19 „ —M. JOHN POWELL (Piano) 9 heures du soir\n20 „ Mme. GARENINE (Chant) 9 heures du soir\n21 „ Mme DE MARLIAVE (Matinée d'élèves) i£ heures du soir\n22 „ —M. DIMITRI (Audition d'élèves) 9 heures du soir\n23 „ Mlle J. LAVAL (Violon), , 9 heures du soir\n24 ~ —M. PADEREWSKI (Piano) 9 heures du soir\n25 „ SOCIETE ACADEMIQUE DES ENFANTS D'APOLLON (Matinée) 2 heures\n26 „ —M. GARES (Piano) 9 heures du soir\n27 „ Concert au profit de I'UNION VALENCIENNOISE 9 heures du soir\n28 „ Mlle RENIE (Matinée d'élèves) . heures\n29 ~ —M. PADEREWSKI (Piano), 9 heures du soir\n30 „ —M. DORIVAL (Piano) 9 heures du soir\n31 „ —M. V. GILLE (Piano) . 9 heures du soir\n1 Juin. M. BRAUD (Audition d'élèves) ,9 heures du soir\n2 „ —M. PADEREWSKI (Piano) 9 heures du soir\n3 „ Mlle MORSZTYN (Piano) 9 heures du soir\n6 „ —M. BERNY (Piano) ... 9 heures du soir\n7 „ —M. DANVERS (Piano) 9 heures du soir\n8 „ —M. GEORGES HESSE (Piano) . . , 9 heures dn soir\n9 „ —M. DE RADWAN (Piano) 9 heures du soir\n10 „ Mme DE MARLIAVE (Audition d'élèves) 9 heures du soir\n11 ~ Mme BAZELAIRE (Matinée d'élèves) i£ heures\n12 „ Mme BEX (Audition d'élèves) . . . . , 9 heures du soir"}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.94", "texte": "CONCERTS ANNONCES\n(SUITE)\nSALLES PLEYEL\n\nGrande Salle\n15 Mai. Mme Roger Miclos Battaille . 3h.\n15 „ —La Société des Instruments\nanciens . , 9h.\n16 „ Mr E. M. Delaborde . . . 9h.\n17 „ Mme de Wieniawska (2me Sé-\nance) 9 b.\n18 „ Mme Coedes Mongin ... 9h.\n19 „ —La Société des Concerts\nMozart (3me séance) ... 9 h\n20 „ Mllts Dorning ...... 9h.\n21 v Mlles A. et L. Cortot (Eleves). Ih.\n22 ~ Mme Legrix 9h.\n23 ~ Mlles Montmartin 9h,\n24 ~ Mme de Wieniawska (3me sé-\nance) 9 h.\n25 » Ile C. Boutet de Monvel\n(Elèves) 1 h.\n26 „ —La Société des Concerts\nMozart (4me séance) ... 9h.\n27 „ Mlle Stibbe 9h.\n28 „ Mme Ed. Lyon (Elèves) . . Ih.\n29 ~ Mr J. Wieniawski .... 9h.\n\n31 Mai. Mlle Pièchowska\n1 Juin. La Société Nation, de musique 9 h.\n2 „ —La Société des Concerts\nMozart ....... 9h.\nSalle des Quatuors\n16 Mai. MUe M. Davan (Elèves) . . 1 h.\n16 „ —La Société de Musique Nou-\nvelle (6uie séance) .... 9h.\n18 „ Mme Wollenweider (Elèves) . Ih.\n20 „ Mme G. Montel . . . . , 9h.\n21 Mlle H. Debrie (Elèves) . . 1 h.\n22 ~ Mr Léon Parent 3h.\n23 „ Mme P. Vizentini (Elèves) . 9h.\n25 » Mlle Bandre (Elèves) . . . Ih.\n27 ~ Mlle R. Casadesus (Elèves) . 9h.\n28 ~ Mr Ed. Tonrey (Elèves) . . Ih.\n29 „ Mr Carembat 2h.\n31 ~ Mme Bernard-Vrac (Elèves) . Ih.\n1 Juin. Mr Luc. Wurmser (Elèves) . 1 h.\n1 Mr Luc. Wurmser (Elèves) . 9 ht\n\nSALLE PLEYEL, 22, rue Rochechouârt\nLES MERCREDIS 17 et 24 MAI, à 9 heures précises du soir\nDeux Concerts Madame\nde WieniawsKa\navec le concours de MM. Gabriel FAURÉ, Raoul PUGNO, de la Société des Instruments Anciens\n(fondée par Henri Casadesus) et de MM. Francis CASADESUS et Alfred CASELLA.\nMercredi 17 Mai\navec le concours de M. G. FAURE, de la SOCIÉTÉ DES\nINSTRUMENTS ANCIENS et de MM. F. CASADESUS\net M. CASELLA.\nSINDING\nSLBELIUS\n1\nI. Gnadenmutter •\nRosenlied • . •\nVerschwiegene Liebe\nIm Kahne •\nAm Sommerabend .\nSnee .....\nMme Marie de Wieniawska et M. Alfred Casella.\n11. Rencontre-\nToujours -\nGRIEG\nSIGURD LIE\nAdieu\nAprès un rêve\nMandoline.\nClair de lune\nLa Fée aux Chansons\nMme Marie de JVieniawska et Vauteur.\n(GABRIEL\nFAURÉ\n111. Sept Chants populaires russes, harmonisés, arrangés et\ninstrumentés par . . . A. DE WIENIAWSKI\nMme Marie de fVieniawska et la Société des Instru-\nments anciens sous la direction de M. Francis Casa-\ndesus.\nMercredi 24 Mai\navec le concours de MM. RAOUL PUGNO\net A. CASELLA\nI.\n)\nMQUSSORGSKY\nBORODINE\nRIMSKY-KORSAKOFF\nLa Nuit....\nLa Foire.\nLa Reine de la Mer .\nL'Orgueil\nLe Jardin\nAir de l'op. Snegourotchka\nLes Nuits -\nLe Mauvais soir\nTubéreuse\nLe Vœu ...»\nMme Marie de Wieniawska et M. Alfred Casella.\n11. Berceuse-\nu\nDE WIENIAWSKI\nCHOPIN\nImpromptu\nlre Ballade\nM. Raoul Pugno.\n111. Les heures claires-\n}\nCHOPIN\nRAOUL PUGNO et\nNADIA BOULANGER\na. Le ciel...\nb. Vous m'avez dit...\nc. Roses de juin\nd. Que tes yeux...\ne. Ta bonté.\n/. C'était en juin.\nMme Marie de Wieniawska et M. Raoul Pugno.\nBillets s 12 fr., 10 fr.# 5 fr. et 3 fr.\nLOCATION: A la Salle Pleyel, 22, rue Rochechouart; chez Durand et Fils, Editeurs, 4, place de la Madeleine; chez Max\nEschig, Editeur, 13, rue Laffitte et chez Grus & Cie, Editeurs, place Saint-Augustin."}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.95", "texte": "88\nS. I. M.\n\nParisiens \", comme disait le maître de la Côte Saint-André, quand donc rendront-ils un tel\nhommage au plus grand génie musical du siècle passé ?\nPAUL MAGNETTE.\nMUNICH. Quitte à me faire reprocher une fois de plus mes accès \" chroniques\nautant que suraigus \" de slavomanie, par les mêmes gens dont la manie \" chronique autant\nque suraiguë \" est de considérer leur nombril, je ne me résignerai pas à passer sous silence\nles concerts d'Ossip Gabrilovitch sous prétexte que Glinka, Borodine et Tchaïkowski soient\nde vieilles lunes. Comme les Steppes du second nous paraissent aujourd'hui d'un pittoresque\nnaïf! Aussi naïf que celui de la symphonie Phaeton de Ditters de Dittersdorf (concert Prill).\nFaire du pittoresque pur est la façon la plus sûre de vieillir rapidement. De chaque effet\ndescriptif nouveau, le vrai musicien aussitôt s'empare et se sert pour des fins exclusivement\nmusicales pures, de telle sorte que ce qui a été but chez l'inventeur-peintre, n'est plus que\nmoyen, ou décor, chez le successeur-penseur. Et celui qui a raison sera toujours celui qui se\nsert de l'art pour exprimer des pensées nécessaires et des sentiments humains et non des\npaysages ou des anecdotes, celui qui enferme dans son oeuvre la beauté d'une religion ou tout\nau moins d'une philosophie, et non de vains bruits qui coûtent cher, faits pour surprendre les\noreilles d'un jour et lasser celles du jour suivant. Par ailleurs (Prill) nous eûmes aussi les\nImpressions d'ltalie de M. Charpentier. Avec quelle mélancolie je me rappelais nos enthousias-\nmes de 1893 chez Lamoureux ! Comment est-il possible que nous ayons jamais estimé cela\nneuf, coloré, vivant... ? Tout cela maintenant a trouvé son emploi définitif dans la Symphonie\nitalienne de M. Strauss, combien surpassé, affiné, au service d'une contemplation et d'une\nméditation aussi éloquentes que les plus belles pages de Chateaubriand, et qui ont chance de\ndurer autant qu'elles. Ici vous avez une oeuvre inspirée par l'ltalie qui vous livre en même\ntemps un témoignage définitif sur l'âme d'une génération ; là vous n'avez plus que quelques\naquarelles, fanées et laborieuses, sans valeur autre que documentaire. Et c'est aussi le cas de\nl'esquisse de Borodine. Les steppes, le Caucase, la poésie de Lermontow, cet enivrement de la\nRussie au seuil nouvellement atteint du Turkestan, nous sont conservés par les poèmes sym-\nphoniques de Balakirew et de Rimsky Korsakof. Le Borodine des Steppes n'a fait que leur\npréparer les voies.\nM. Rudolph Siegel et sa nouvelle Société Chorale nous ont apporté le de Berlioz\naussi familier au public munichois que le puissant oratorio où Liszt a su si bien faire chanter le\nChrist, (on nous le redonne prochainement) ou que les messes de Bruckner. Je ne vous dis\nrien de ce Te Deum,vous le connaissez sans doute mieux que nous ? Le\nVApocalypse,de M. Walter Braunfels, tient-il vraiment tant que cela de Berlioz ? C'est une\nbelle page, vraiment illuminée et qui ne laisse pas l'auditeur respirer. La symétrique\ndu même auteur (concerts Lœwe) a trois parties et brille par les curiosités d'orchestre. Il est\ncertain que de tous les musiciens munichois M. Braunfels est le plus français. Mais il a su\ndiscrètement et à bon droit faire son profit des expériences de Mahler. Mahler du reste\ndéteint partout à l'heure actuelle. Demandez à M. Karel Weigl, auteur d'une Symphonie en\nmi majeur. Et cependant, avec toutes ses recherches dans le sens du maître, il n'arrive qu'à\nune orchestration confuse, dont rien jamais ne sort, net ni frappant. Après tout, peut-être cette\nimpression de cohue est-elle ce qu'il a cherché. En soi l'œuvre est ambitieuse et caractéristique\ndu goût moderne de Vienne.\nM. Max Reger a eu, en automne, sa petite semaine intime. Le grand\ntragédie y a pris des contours singulièrement accusés et nous avons vengé les\nde vos dédains. M. Hermann Zilcher nous a apporté une Deuxième Symphonie, merveilleuse-"}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.96", "texte": "LE MOIS\n89\n\nment cyclique, c'est à dire sans dogmatisme étroit, sans pédantisme doctrinaire, quelque chose\nd'une vie puissante qui ne se regarde jamais vivre, ne se contrôle pas, ne paraît pas s'étudier,\net simplement se contente de s'épanouir parce qu'un germe puissant l'anime et qu'une sève\nindomptable la parcourt. Trois grands morceaux, qui semblent n'en faire qu'un. Et des trou-\nvailles d'orchestre, en veux-tu en voilà, qui sont le moindre mérite d'une œuvre\nde vie intérieure,si j'ose risquer cette apparente absurdité, et d'une si belle venue, que de la\npremière mesure à la dernière on sent la sorte d'ivresse avec laquelle elle a été conçue.\n—M. Bernhard Sekles dans ses Jardins de Semirama tenté un beau poème d'amour, fier et\nardent, fougeusement coloré, oriental d'intensité et profondément humain de partout\nPeut-être vous ferais-je plaisir en vous disant quelles œuvres françaises nous entendons et\nque nous en entendons après votre Festival au moins autant qu'avant. Mais vous êtes assez à\nparler de vous-mêmes et vous m'avez pris certainement pour vous parler des autres. Je suis un\npeu chez vous l'avocat du diable et vous me traitez comme tel. Raison de plus pour enchérir.\nVous ne saurez donc rien de la symphonie de Franck avec M. Prill, ni des variations sympho-\nniques avec MM. Edouard Bach et Mottl, rien de toujours avec M. Prill, ni\ndes liederde Duparc et Fauré par Mme Gouillou ; rien de la soirée de musique de chambre\nfrançaise de Mme Marie Panthès et de M. Robert Pollak, (sonate de Guy Ropartz, poème de\nChausson), rien de la séance de morceaux de piano français de M. Schmid Lindner (du\nDebussy, du Florent Schmitt).\nEn revanche j'aurais grande envie de m'arrêter longtemps à célébrer Mmes Selma Kurz\net Gertrude Foerstel pour ce qu'elles nous ont apporté chacune trois différents du cycle\nde Mahler, le (D es Knaben TVunderhorrî). Ce sont là deux voix notoires de l'Europe,\net les lieder en question sont tout autant de cris du cœur, le cœur de Mahler, tout\nbrûlants et généreux, et orchestrés avec un tact exquis. A chacun j'ai la sensation de me sentir\npris par la main, comme quand j'étais petit, et je me laisse entraîner là où l'on me veut mener\navec cette délicieuse confiance et ces émerveillements naïfs d'autrefois... Ah ! je ne cherche à\nimposer mes admirations à personne, ni à m'insurger contre celles des autres ; mais qu'on me\nles laisse dire tant que vous ne m'avez pas prié de prendre la porte, et alors, je les crierai\nencore plus fort derrière. Mon cœur humain en vaut un autre... Quant à ces dames, comme\nje leur serais reconnaissant d'affirmer un goût personnel dans la composition de leurs\nprogrammes et non point de viser à satisfaire tous les goûts. D'une artiste telle que Gertrude\nFoerstel on serait en droit de l'exiger. Mme Selma Kurz nous a prouvé, et encore plus\nl'accueil que lui a fait le public, que le goût du vieil opéra italien n'est pas aussi mort qu'on\nveut bien le croire, même à Munich.\nL'opéra de M. Julius Bittner Der Musikant a été le grand succès de l'hiver. Le titre ne\nsaurait guère se traduire ; l'allemand a, aussi bien que le français les mots musicien,\ncompositeur et musicastre. Musikant est un terme de mépris participant des trois : mais il indique\navant tout celui qui, pour vivre, débite de la musique, la sienne ou celle des autres. C'est\nl'éternelle histoire de l'artiste incompris, méprisé de son entourage, trompé par celle qu'il aime\nmais qui, ici, ne veut chanter qu'en italien avec des fioritures, et que console enfin la petite\nâme ingénue et tendre, qui consent à chanter simplement, ce qu'il écrit en allemand. Il y a là\nune peinture de la vie provinciale à la cour des petits souverains du sud à la fin du XVIIIme\nsiècle, qui est particulièrement savoureuse et veut faire penser à Mozart. On a dit sur tous les\ntons que c'était un retour à la mélodie, en réaction contre les cPellèas et les Elektra. A la\nvérité il y a un peu de celà, encore que pour ma part je trouve plus de vraie mélodie dans\nElektra que dans ce Musikant. Mais c'est tout au moins une réaction du drame local et bon\nenfant contre le drame à hautes visées intellectuelles. Ne croyez pas pour cela la musique de"}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.97", "texte": "9°\nS, I. M»\n\nM. Bittner légère et sans valeur. On peut d'ores et déjà la placer en bon rang sur la liste des\njolies pièces où règne une sorte de sain humour local, en 1 excellente compagnie de la\nPadrona, du Mariage de Figaro^du Barbier de Seuil le de la /'et du\ndu reste tendant une main à Lortzing et l'autre peut-être, tout au moins quelques minutes,\nà Johann Strauss.\nWILLIAM RITTER.\n1911.)\nROME. La Libéra Estetica vient d'avoir l'honneur de se faire entendre au Palais\nMargharita, en présence de Sa Majesté la Reine Mère, qui sut trouver pour la cantatrice Ida\nIsori et le compositeur Paolo Litta des paroles extrêmement flatteuses.\nPORTO. L'Orphéon a donné cette année une série de concerts très intéressants avec\nle concours de la pianiste Maria Carrera, le quatuor Lejeune, M Auguez de Montalant,\nJan Reder, Mme Ida Ekman, Lucien Wurmser, Boucherit. A l'Opéra, Lohengrin voisine\navec la Xosca, Mme Butterfly, Aïda, Othello et Faust. P« B.\nVIENNE. Avant de quitter l'Opéra, Weingartner a tenu à donner une première de\nBenvenuto Cellini de Berlioz. Le public, à l'occasion de son départ, lui a fait une ovation. On\nespère que le nouveau directeur, M. Gregor, commencera par relever le niveau artistique de\nl'opéra qui, ces derniers temps, était tombé bien bas.\nL'exécution du cycle des Symphonies d'Anton Brûckner au Konzertverein sous la\ndirection de M. Lôwe est accueillie très chaleureusement par le public et la presse.\nDR EGON WELLESZ.\nLa SOCIÉTÉ HANDEL donnera le 2 juin à la Salle Gaveau l'audition de de\nHândel, avec le concours de M. Joseph Bonnet, organiste, Mmes Mellot-Joubert, Philip,\nMM. Plamondon et Mary.\n\nExtrême Orient\n\nHANOI. Hanoï, capitale du Tonkin et siège des principales administrations de l'lndo-\nChine, s'est offert en 1901 le luxe d'un théâtre qui ne déparerait pas, par son architecture, sa\nproportion et son aspect les capitales de l'Europe. C'est ce qu on lui reproche ici, car la ques-\ntion du théâtre est le tremplin delà politique locale. En effet, la population europeene d Hanoï,\nbien qu'importante et en voie d'accroissement continuel, n'est pas encore assez étendue pour\npeupler ce vaste monument- Cet édifice qui a coûté des millions, n est pas encore termine,\nchaque année le Protectorat accorde libéralement à la municipalité une Intervention de 40 mi e\npiastres, soit environ 100.000 frs. pour la continuation des travaux d'aménagement intérieurs.\nLa saison 1910-1911 n'a pas répondu à l'attente des dillettanti hanoneïs, par suite e\ndifficultés matérielles et d'ordre financier, la troupe venue de France, a du s en retourner, aux\nfrais de la Colonie, sans donner de représentations. F\nLa municipalité d'Hanoï et d'Haiphong utilisent la même troupe chaque annee. Les\nartistes jouent un mois à Hanoï, un autre mois à Haiphong. Le chemin de fer de 100 kilo-\nmètres qui sert de trait d'union entre les deux villes, permet facilement cette entente. Le"}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.98", "texte": "Représentant exclusif de Jacques THIBAUD\nAlbert GUTMANN, Administration et Entreprise Internationale de Concerts, 14, Rue Georges Ville\n(Avenue Victor Hugo) — Organisation des Concerts à Paris : Administration de Concerts\nA. DANDELOT, 83, Rue d'Amsterdam et Albert GUTMANN.\nSALLE G A VEAU 45-47, La Boëtie\nDEUXIÈME CONCERT\nTHIBAUD^-\nVendredi 19 Mai, en SOIRÉE, à 9 heures précises\nPRIX DES PLAGES s — Parterre : Fauteuil : 10 fr. — Loges de face, la place : 10 fr. — de Côté : 8 fr. — Pour-\ntour ; 6 fr. — Promenoir : 3 fr. — Premier Balcon ; Face et 1er rang : 8 fr. — Côté : 6 fr. — Pourtour : 5 fr. —- Prome-\nnoir : 3 fr. — Deuxième Balcon : Face et 1er rang : 5 fr, — Côté : 4 fr. — Pourtour : 3 fr. — Promenoir : 2 fr.\nLOCATION : à la SALLE GAVEAU, 45, rue La Boëtie; chez MM. DURAND & FILS, 4, Place de la Madeleine;\nGRUS, 116, Boulevard Hausmann : ESCHIG, 13, Rue Laffitte ; FORTIN, 41, Rue St-Placide et à l'ADMINISTRATION\nDE CONCERTS A. DANDELOT, 83, Rue d'Amsterdam, Téléphoné 113-25.\n\nAdministration de Concerts A. DANDELOT, 83, Rue d'Amsterdam.\nSALLE GAVEAU, 45-47, Rue La Boëtie\nDIMANCHE 21 Mai 1911,\nCONCERT AVEC ORCHESTRE\ndonné par\n= RAOUL\n\nOrchestre de l'Association des Concerts Hasselmans\nsous la direction de\nLouis HASSELMANS\n\nPROGRAMME\n1. Concerto ré mineur • MOZART\n2. Concerto mi bémol BEETHOVEN\n3. 4me Concerto. . . , C. SAINT-SAENS\nPIANO PLEYEL\n\nPRIX DES PLACES : — Parterre : 10 fr. — (Pourtour) : 5 fr. — Loges (Face ou Côté) : 8 fr.\nPremier Balcon (Face ou Ier rang) : 8 fr., (Côté) : 6 fr. (Pourtour) : 4 fr. — Deuxième Balcon (Face ou\nIer rang) : 5 fr., (Côté) : 4 fr., (Pourtour) : 3 fr. — Promenoirs : Parterre et Ier Balcon : 3 fr.\n2ra* Balcon : 2 fr.\nLOCATION : à la SALLE GAVEAU, 45, Rue La Boëtie ; chez MM. DURAND & 4, PJace\nde la Madeleine ; GRUS, 116, Boulevard Haussmann ; Max ESCHIG, 13, Rue Laffitte : FORTIN,\n51, Rue St-Placide et à l'ADMINISTRATION DE CONCERTS A. DANDELOT 83, Rue\nd'Amsterdam, Téléphone : 113-25."}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.99", "texte": "EN SOUSCRIPTION JUSQU'AU 31 MAI 1911:\nLOYS\nLégende dramatique en trois Actes et un Prologue\nPoème de Pierre QUILLARD Musique de Gustave DORET\nPartition pour Piano et Chant, prix net : Fr. 20.—\nEn souscription : fr. 15.—\nLE IIlme ACTE DE pour chœurs, soli, orchestre, sera exécuté\nintégralement àla XIIme Fête de l'Association des Musiciens suisses,\nà Vevey, les 19, 20 et 21 mai 1911.\n\nulletin de souscription\nA détacher et à envoyer avant le 31 mai 1911, à MM. FŒTISCH Frères (S, A.) éditeurs, Lausanne.\nJe, s\ndemeurant à\nsouscris la somme de Fr\npostaux N° 111588 ou*\npour exemplaires de la partition piano et chant de LOYSt\nJe ÇUSTAVE\n* Indiquer le mode de payement."}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.100", "texte": "LE MOIS\n93\n\nProtectorat contribue pour une contribution élevée aux dépenses théâtrales, les municipalités\napportent chacune une part dans ces frais.\nIl existe à Hanoï, de longue date, une société philharmonique européenne. On y joue la\ncomédie, l'opérette et l'on donne des soirées fort suivies par l'élite de la population, aux cours\ndesquelles on entend de la bonne musique ; on y danse avec fureur, dans un cadre de goût,\nau milieu d'élégances de toilette à signaler. Tous les artistes qui donnent leur concours à\ncette société sont pour la plupart des amateurs de bonne volonté, recrutés dans les diverses\nadministrations publiques et privées. Presque tous les mariages donnent lieu à des manifestations\nd'art où des musiciens professionnels connus et appréciés, des amateurs du monde local font\npreuve d'un réel talent.\nLa musique militaire a ses jours où elle réunit autour de son kiosque le tout Hanoï avide\nd'art et de distractions.\nLa musique et les musiciens sont aimés en Indo-Chine, surtout au Tonkin. Les classiques\net les nouvautés s'y disputent la faveur du public.\nANNAM. TOURANE. Si l'Annam est des cinq gouvernements particuliers\nqui compose l'Union Indo-Chinoise l'un des plus en retard sous le rapport du progrès artis-\ntique, il y existe à Tourane un Cercle où l'on fait de la bonne musique et on joue la comédie\nsur une petite scène appropriée. On y danse souvent. A Hué, l'art annamite a le pas\nmarqué, et c'est dans l'Antique Palais des Conférences que se déroulent souvent, en des\ncirconstances ouvertes aux Européens, les rites musicaux de la vieille Cour d'Annam. Vieux\nchants, jeunes chanteurs, rites traditionnels, décors et costumes de l'ancien temps, c'est joli,\net mérite d'être vu.\nTONKIN. HAIPHONG. Cette année-ci, notre ville qui possède un théâtre\nfort bien édifié sous tous les rapports a partagé l'infortune de la ville-sœur Hanoï. Par suite de\nla déconfiture de l'imprésario, la troupe théâtrale du Tonkin arrivée tard, au mois d'octobre,\nvenant de France, a dû reprendre le paquebot pour la Métropole quelques jours après. Cette\nfâcheuse circonstance a porté un coup sensible aux distractions artistiques de Haiphong, la\npopulation a eu une compensation dans les soirées musicales et dansantes de la Société Phil-\nharmonique Haiphonnaise, ces réunions ont eu leur succès habituel d'élégances et de gaîté\ndans le milieu européen.\n\nJ. R."}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.101", "texte": "L'Édition\nMusicale\n\n(1) Chez Demets. (2) Office musical. (3) Bouwens. (4) Foetisch. (5) Durdilly. (7) Robert à Béziers'\n(8) Breitkopf. (9) A la Schola.\n\nLes mois passent, la saison s avance, le répertoire des pianistes demeure éternellement*\nUn soupçon angoissant me traverse. Peut-être nos pianistes ne peuvent-ils plus lire la musique\nque l'on écrit à leur intention ? C'est au moins l'idée qui me vient en considérant la\nen Ut Min.de M. BGrtGlin (i), et je serais fort aise de l'entendre exécuter par quelque bon\npianola, afin de m'en faire une opinion, sans risquer une crise de surmenage physique et\nintellectuel ; on me dit que Paderewsky emploie souvent ce moyen, fort légitime d'ailleurs.\nLa Barcarolle en La bémol et le Nocturne en Fa dièze de M. Bertelin, à peine moins difficiles,\nsont également des imitations assez habiles des grandes compositions de Chopin. Soyons juste\npour les pianistes. Celui qui aurait le temps et le courage de mettre au programme un de ces\nmorceaux ferait, je crois, un bien mauvais calcul. Hâtons-nous d'aller trouver M. Yvain\nqui annonce Six pièces de moyenne difficulté,et S (i). Il ya là une petite\nValse, une Chanson triste, une Mauresque, une Marcietta.... je vous fais grâce du reste, après\navoir cherché, inutilement d'ailleurs, quelque page à mettre de côté pour mon fils quand il\naura huit ans.\nMaintenant deux petites Suites. Le mot Suite indique incontestablement que les\nmorceaux réunis sous ce titre n'ont entre eux aucune espèce de relation. La\nde M. Lenfant (2) a pourtant le mérite d'une certaine unité tonale ; elle n'est point fort\nintéressante mais dénote de la conscience et du savoir. La Petite\n(pourquoi ?) de M. Paul Péron (2) fait preuve d'une jolie facilité mélodique : dans le\npremier morceau, quelque abus des consonnances, de tierces; dans le dernier, quelques souvenirs\nindiscrets de l'Hallucination de Schumann. Les Variations à Danser de L. Moreau (3) sont\nassez ambitieuses et peut-être moins adroites. Une grande composition à la manière de Franck,\nPrélude et Fugue pathétique d'Henry Raymond (4) ade la tenue et de la grandeur : par\nendroits, quelques passages très heureusement trouvés. L'ensemble de l'œuvre paraît plutôt\ndestiné à l'orgue qu'au piano.\nIl me tarde d'arriver à deux auteurs dont l'originalité se dégage très nettement de toute\ncette grisaille assez morne. M. Henessy, inégal, souvent inférieur à lui-même, sait être à\nl'occasion un harmoniste raffiné. La musique des cloches le hante: à chaque instant, on entend\npercer à travers son œuvre l'écho de quelque carillon discret. Sa recherche de l'originalité\nl'engage souvent en des fantaisies un peu osées. Parmi les sous-titres de ses (5),\nje relève une Vieille Tante, de Jeunes Anglaises, une Charmeuse de serpents ; dans ses\nNouvelles feuilles d\"lalbum (1), une Sortie de Midinettes. Et je goûte par dessus tout une exquise"}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.102", "texte": "L'ÉDITION MUSICALE\n95\n\npetite page en forme de prélude, intitulée w à Montrouge le matin Dans la petite Suite\n(caractéristique bien entendu), qu'il intitule Au Village (i), citons la Basse Cour dont le thème\nest le gloussement de la poule : on devine tout ce que les ressources de l'art moderne peuvent\najouter à ce genre d'amusettes, déjà goûtées au temps de Rameau. Me permettra-t-on de\ndemander pourquoi le thème de la Noce Campagnarde, qui avait débuté si allègrement au\ncommencement du cahier, reparaît tout à coup au milieu de la Basse Cour ? N'aurait-il pas\nmieux valu envoyer cette noce terminer le N° 4 qui s'appelle Sur l'herbe, et où l'on aurait\npu déjeûner fort agréablement. M. Hennessy me pardonnera de lui signaler l'opportunité de\nce petit changement d'itinéraire.\nM. Clément Robert, plus respectueux de son art, s'en tient aux titres classiques :\nun Prélude, une Arabesque, une Tarentelle (7). Nous le connaissions déjà par ses Impressions\nde Printemps, cycle de mélodies rappelant un peu la manière de Fauré. Aujourd'hui, tout\npoint de comparaison m'échappe, l'harmonie est devenue plus âpre, plus intense, sans rien\nperdre de sa fluidité. M. Clément Robert est en train de devenir tout à fait lui-même et il\nfaut l'en féliciter grandement. Je ne m'acharnerai pas à vous donner une idée approximative\nde ces trois morceaux ; ils valent la peine d'être lus, et même approfondis.\nMme Landowska groupe quelques Valses de Schubert, Làndler und JValzerkcttc (8),\net en virtuose bénévole, livre au public le secret de ses nuances prestigieuses et de ses doigtés\nmiraculeux. Daphnis et Chloède Maurice Ravel, dont vous savez le succès au concert,\nvient d'être réduit à 4 mains par Léon Roques. Nous adressons toutes nos excuses a\nM. l'Abbé Brun (9) ; la première Messe R rééditée par lui, nous est\narrivée trop tard pour figurer dans notre dernier article où sa place eut été tout indiquée.\nM.M. Foetisch frères, éditeurs à Lausanne, viennent de publier la partition pour piano\net chant de Loys, légende dramatique de Pierre Guillard et Gustave Doret. Le prix de cette\npartition qui est de 20 frs. sera réduit à 15 frs. pour toute personne ayant souscrit au plus tard\nle 31 mai.\n\nV. P."}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.103", "texte": "ŒUVRES DE\nEMANUEL MOOR\n\nPIANO A DEUX MAINS\nImpressions pour piano, op. 86.\nEn recueil .\nSéparément N° i\nV\n))\n))\n2\n3\n4\n5\n6\nHarpe\nç.oo\ni-75\nI-5°\n1.50\n1.50\nI-75\nI-75\n2.00\n6.00\n4.00\n5.00\n3-5o\n(Op. 102) Prélude\n(Op. 103) Deuxième sonate\n(Op. 99) Trois pièces pour\nchromatique ou Piano\n(Op. 106) 2me Suite. . .\nVIOLON ET PIANO\n(Op. 101) Largo (piano ou orgue) .\nVIOLON ET PIANO\nSonate (op. £54) 8.00\nRhapsodie (op. 84) (réduction de\nl'orchestre pour piano). . . . 5.00\nVIOLON ET ORCHESTRE\n(Op. 84) Rhapsodie (partition et maté-\nriel) 24.00\nVIOLON SEUL\n(Op. 100) Quatre préludes .... 3.00\nVIOLON ET VIOLONCELLE\n(Op. 109) Suite 4.00\nVIOLONCELLE ET PIANO\n(Op. 105) Largo 2.00\nVIOLONCELLE ET PIANO\nSonate (op. 76) 7.00\nDEUX VIOLONCELLES SEULS\n(Op. 110) Suite 4.00\nDEUX PIANOS A DEUX MAINS\nConcerto (op. 85) (réduction de l'or-\nchestre) 12.00\nConcertstiick (op. 88) (réduction de\nl'orchestre) 8.00\n\nMUSIQUE VOCALE\n(Op. 88). Premier recueil, n° i à 7.\nLe recueil complet 6.00\nSéparément :\nN° 1. Bonjour mon cœur (RONSARD) 2.00\n2. Mignonne, allons voir (RON-\nSARD) 1.50\n3. Sonnet pour Marie (RONSARD) 1.50\n4. Terre, ouvre-moi (RONSARD) . 1.50\n5. A vous, troupe légère (J. DU\nBELLAY) 1.75\n6. Chanson (RONSARD). . . . 1.50\n7. Quand je te vois (RONSARD) . 1.50\n(Op. 91) Deuxième recueil n° 1 à\n6, le recueil complet.... 6.00\n)>\n»\n»\n>)\n))\n)>\nSéparément :\nN° 1. Tristesse (A. DE MUSSET)\n))\n»\n))\n»\ni-75\nx.50\n1.50\n1.50\ni-75\n2.50\n3.00\n2. Extase(V. HUGO)\n3. La Nuit (E. BUSSY) . . .\n4. Menuet (F. GREGH). . .\n5. Fuite de Centaure (J. DE HE\nREDIA)\n6. Chanson (Th. GAUTIER) .\n(Op. 104). La Jeune Ta. .\n(Op. 94). Lieder(Texte français et\nallemand). Traduction fran-\nçaise de Mme CHEVILLARD . .\nI. Berceuse 1.25\n11. Gretchen 1.75\n111. Un astr 1.50\nIV. Chacun,\npeine 1.50\nV. Adieu 1.50\n(Op. m) N° 1. Les Trois fils d'or\n(LECONTE DE LISLE). . . . 1.75\n(Op. 112) N° 2. Plaintive Tourte-\nrelle (TH. GAUTIER) . . . 1.75\n(Op. m) Troisième recueil, n° 1\nà 7. Le recueil complet. . . 6.00\n\nMATHOT, ÉDITIONS LITTÉRAIRES ET MUSICALES\nii, RUE BERGÈRE, PARIS"}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.104", "texte": "8\n\nDÉSIREZ-VOUS CONNAITRE L'ADRESSE\nd'une Maison donnant en LECTURE non seulement de la\nMusique Française\nMAIS ÉGALEMENT ET SURTOUT\nToute la Musique Etrangère\nET MÊME DES\nPartitions d'Orchestre ?\nADRESSEZ-VOUS A\nM. MAX ESCHIG, 13, RUE LAFFITTE, 13, PARIS\nTÉLÉPHONE 108-I4\nqui vous enverra immédiatement toutes les conditions\nSERVICE POUR PARIS ET LA PROVINCE\n-\nÉDITION POPULAIRE SIMROCK\nLes Chefs-d'Œdvre de BRAHMS, BRUCH,\nDVORAK, SCHUTT, etc.\nPOUR LA MOITIÉ DE LEURS PRIX ANCIENS!\nDEMANDEZ LE CATALOGUE SPÉCIAL"}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.105", "texte": "LES AMIS DE LA MUSIQUE\nLa Société française des Amis de la musique a réuni ses membres une troisième fois\ndepuis deux mois, pour une promenade musicale à travers le Paris artistique.\nCe fut à cette Exposition des Pastellistes Anglais, organisée au profit d'œuvres charitables,\net qui groupa pour quelques semaines parmi nous un choix de tableaux rares, ignorés du public.\nGrâce à l'aimable appui des secrétaires de l'Exposition, MM. Robert Dell et Meyer-See, les\nAmis purent faire entendre, dans ce cadre singulier, toute une série de pièces anglaises de\nclavier des XVIe et XVIIe siècle.\nMme Wanda Landowska, une claveciniste que le dieu de la musique a égarée dans notre\nsiècle, pour la plus grande joie de tous les \" rétrosp\", avait bien voulu répondre à l'appel\ndes Amis. Pendant une heure et demie, elle nous tient sous le charme de son \" \"\n(Lyon fecit) et sous l'attrait d'un programme dont les trois cents privilégiés, conviés de cette\nséance, conserveront un mémorable souvenir.\nVoici, pour les musicologues de l'avenir, le texte de ce programme :\nThe Earle of Oxford, marche....... W. Byrd.\nWhy aske you Anonyme.\nThe Bells W. Byrd.\nRobine . . . . . . . . . J. Munday.\nVolta ........... T. Morley.\nThe King's Hunt. ........ J. Bull.\nThe Nighthingale ........ Anonyme.\nThe Buffons ......... J. Bull.\nOuverture, Gavotte, Rondo, Ground, Trumpet and Hornpipe . H. Purcell.\nPour la première fois en France l'art musical des contemporains de Shakespeare, et des\nprédécesseurs de Haendel était présenté officiellement. Et ce fut une révélation. L'école des\nvirginalistes anglais de la fin du XVIe siècle peut marcher de pair avec les plus grands génies\nde la musique. L'imprévu de son style, la couleur de son ornementation, la richesse de ses\ndéveloppements, l'éclat et la tenue de ses grandes pièces, tout nous montre qu'il ne s'agit pas\nici de quelques charmantes naïvetés de primitifs inhabiles, mais, au contraire, de l'apogée\nd'une culture musicale. De toutes les qualités de cet art c'est sans contredit le raffinement qui\nfrappe davantage et que Mme Landowska s'est appliquée à rendre, au prix d'un entraînement\ndont ne peuvent se douter ceux qui assistèrent à l'aisance de son exécution.\nQuant à Purcell, la Suite jouée par Mme Landowska nous donnait simplement un avant-\ngoût de ce Milton de la musique anglaise, homme de tout premier plan, et qui devra prendre\nsa place à côté de Bach, fut-ce même au détriment de l'encombrant Haendel.\nS. E. l'Ambassadeur d'Angleterre, et Lady Bertie avaient fait l'honneur à la Société des\nAmis de se rendre à l'invitation qui leur avait été adressée. Sous leur haute présidence, à\nlaquelle s'était associé M. P. de Nolhac, président de l'Exposition des Pastellistes, et une grande\npartie de Conseil d'administration des Amis, la séance de musique anglaise ancienne prit un\ncaractère d'officieux gala."}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.106", "texte": "Victor Vreuls"}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.107", "texte": "Les Musiciens Belges\nVICTOR VREULS\n\nLe musicien dont je veux parler aujourd'hui se place au premier\nrang dans lecole wallonne-française de Belgique, dont César Franck fut\net reste le Maître.\nVictor Vreuls est Wallon, par la naissance et par les œuvres. Né à\nVerviers, en 1876, il commença ses études à l'Ecole de Musique de cette\nville, qui a formé, déjà, nombre de bons musiciens. Il les continua\nau Conservatoire de Liège, dans les classes de Théodore Radoux, qui\nvient de mourir, et de Sylvain Dupuis. Ensuite, aux instances de\nVincent d'lndy, il s'en fut achever son éducation à Paris sous la direction\nmême de l'auteur de Fervaal. Il fut professeur de solfège puis d'harmonie\net d'alto, àla \" Schola Cantorum il dirigea \"La Chanterie\" de Paris.\nDepuis 1906, il est directeur du Conservatoire de Luxembourg auquel\nil a fait prendre une grande importance. Quoique jeune encore, Victor\nVreuls s'est affirmé homme d'action et de savoir, il a donné de nom-\nbreuses œuvres, dont plusieurs sont presque célèbres. Sa réputation est bien\nétablie. En France, en Allemagne, en Angleterre, en Hollande, en Suisse,\nen Espagne, aux Etats-Unis, il est considéré comme un compositeur tout\nà fait remarquable. En Belgique quelque surprise y trouvions-nous,\non sut lui rendre justice à maintes occasions. Primé à l'un des concours\nofficiels, il obtint, en 1902, le Prix de l'Académie libre de Belgique.\nDeux ans après, le prix Eugène Ysaye lui était décerné pour sa\nSymphonie (orchestre et violon). Le grand virtuose interpréta cette belle\nœuvre souvent, avec un vif succès. A trente-cinq ans, il est l'auteur de:\nWerther, poème symphonique; Jour de fête, partition pour orchestre ;\nune Symphonie à 3 parties pour orchestre et violon principal ; un\npour orchestre à cordes ; un Cortege Héroïque pour orchestre, un Poème\npour violoncelle et orchestre ; Triptyque pour chant et orchestre ; un Trio\npour piano, violon, violoncelle ; un pour piano, Violon, alto et\nvioloncelle (couronné par l'Académie Royale de Belgique) ; la Sonate\nviolon et piano, dédiée à E. Ysaye, et jouée à Paris, dès 1901 par\n.e violoniste et Raoul Pugno ; un nombre considérable de mélodies pour"}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.108", "texte": "100\nS. I. M.\n\nchant et piano, etc... etc... Il travaille à un drame lyrique en 3 actes :\nOlivier le simple.\nLa plus ancienne en date de ces compositions fut écrite en 1894,\nsi je ne me trompe ; Vreuls avait donc dix-huit ans. C'est le\nHéroïque.La dernière: Werther,fut exécutée en 1909, à Luxembourg, pour\nla première fois, et au cours de la saison 1910, en Belgique. Plusieurs ont\nparu, aux éditions luxueuses et soignées de la Schola Cantorum.\n%\n* *\nNous n'avons pas pris pour tâche d'étudier ici, dans ses détails,\nchacune de ces œuvres. Nous voulons simplement essayer de découvrir,\naux principales d'entre elles, la caractéristique de l'art et du métier de\nVreuls. Pour la brève analyse qui s'impose, nous choisirons les ouvrages\nle plus connus de musicien, ceux dont sa personnalité se dégage le mieux.\n*\n& :Jc\nEt tout d'abord : La Sonate en pour violon et piano. Elle\ndébute par un thème plein d'entrain mâle, de gaîté, de fougue juvénile,\nexposé par le violon :\nCe thème est développé, dans la première partie, avec une science\nconsommée, sûre d'elle-même, mais vivante, pleine de mouvement, de\ntrouvailles, d'audaces, et de nuances. Des oppositions s'y heurtent, des\ncombinaisons de rythmes et de couleurs s'y jouent, dans le déchaînement\nd'une harmonie torrentueuse, personnelle souvent. Plus calme et large,\nplus prenante est la seconde phrase, qui semble dessiner les contours\nbleus d'une île de lumière où se complait la deuxième partie :\nreligieux."}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.109", "texte": "LES MUSICIENS BELGES\n101\n\nAprès cet épisode passionné, le thème initial s'agrandit, comme\néclatant de toutes les richesses sonores qu'il contenait.\nUAndantechante, alors, sa tendre mélodie (I). Il se développe, de\nplus en plus gracieux et doux, jusqu'au grave ému, pour, soudainement,\nenfler à nouveau le souffle abondant qui fit l'œuvre. Des lueurs vives\nsurgissent, jetant de l'or et des rayonnements, comme un soir enflammé ;\npuis s'éteignent... Et s'élève un choral paisible, une prière quasi solen-\nnelle (II), tandis que les sonneries lointaines des cors, les bruits s'éva-\nnouissent. Le mouvement s'achève en un murmure éthéré. Enfin, selon la\ntradition franckiste que je regrette en tant que tradition, un thème\nd'allure populaire, entraînant, primesautier, allègre et vif, donne la note\nd'une troisième et dernière partie. Ici sont mises en valeur toutes les\nressources contrapontiques, les artifices et les moyens de l'école, avec\nune maîtrise hardie. Tous les thèmes sont rappelés, fragmentairement, ils\nse superposent, se mêlent, se fuient, se retrouvent, dans les modulations\naux tons éloignés, pour enfin se résoudre et se fondre dans l'affirmation\nde l'idée maîtresse de la Sonate. Conçue et bâtie, avec un sens inné de\nl'architecture, des proportions et de la ligne ; réalisée avec une singulière\nintensité, sonore, impétueuse et inspirée, cette œuvre révèle les dons\nd'une généreuse nature.\n* *\nLa Symphonie en mt majeur pour orchestre et violon principal a été"}, {"page_pdf": 110, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.110", "texte": "102\nS. I. M\n\nprésentée au concert Ysaye, par un avant-propos que je ne puis mieux\nfaire que reproduire :\n\" Cette symphonie, où le violon joue le rôle d'un personnage\nintimement mêlé à l'action, débute par une introduction lente de quatorze\nmesures préparant X Animé dont le premier thème, en est\nexposé par le violon solo. Il fait place à une sorte de contre-sujet d'allure\nrythmique, qui s'enchaîne au second thème en sol majeur. Le développe-\nment roule sur le début des deux thèmes constitutifs, le premier plus\nsouvent confié aux cordes, le second aux instruments à vent. Le contre-\nsujet repris en valeurs diminuées, amène la rentrée du thème initial en\nsi majeur avec les basses et trombones, sur un rythme ternaire très éner-\ngique du reste de l'orchestre. Ce tutti très coloré est suivi de quelques\ndéveloppements, puis vient la réexposition en mi (flûtes et clari-\nnettes, puis violon solo) accompagnée du contre-sujet persistant, qui\ns'enchaîne directement au développement terminal. Le morceau se\ntermine, très ralenti, par des fragments du premier thème.\nAssez lent,en la majeur.La phrase est exposée à découvert par les\nvioloncelles et contrebasses, puis, après un bref épisode du quatuor et des\nbois, elle est reprise par l'orchestre et enfin par le violon solo. Toute\ncette partie est d'une polyphonie très pittoresque, obtenue par la com-\nbinaison de ces divers éléments.\nUn bref tutti de quatre mesures précède l'exposition en mi\npar le violon solo, d'un thème rythmique sur un accompagnement de\nflûtes et clarinettes. La deuxième phrase, en est d'un caractère\nplus mélodique. Le développement amène une variation du violon solo\nsur laquelle les cuivres exposent le thème rythmique en valeurs lentes ;\npuis à un nouvel ensemble succède un passage très calme et d'une instru-\nmentation très originale. Le thème initial repris dans un rythme ternaire\nprovoque un curieux effet de violon solo sur la quatrième corde, accom-\npagné par les sons harmoniques du quator divisé. Peu à peu, en une\ntransition heureuse, les dessins s'apparentent au thème du premier mor-\nceau ; enfin ce thème lui-même apparaît en aux violons et\nbois, pendant que les basses et les cuivres font entendre le motif rythmique\ndu final dans un mouvement très large. Le thème initial du premier\ntemps prédomine définitivement, clamé par les cuivres, terminant l'œuvre\ndans un grandiose et magnifique éclat. \"\nConstruite aussi dans la forme qu'affectionna César Franck, et qui"}, {"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.111", "texte": "LES MUSICIENS BELGES\n103\n\nrappelle Beethoven, cette œuvre puissante, est d'une singulière richesse\npolyphonique, aux teintes chatoyantes, bien modernes, sans exagération.\nSavamment orchestrée, haute en couleurs, chaleureuse, elle laisse une\nimpression de joie calme et sereine, où la mélodie, au phrasé soutenu,\ns'inscrit lumineuse. Victor Vreuls avait 23 ans: il offrait, sans conteste,\nun témoignage exceptionnel de savoir-faire et d'instinct créateur, en\nmême temps que la promesse d'une maturité féconde en productions\noriginales et grandes.\n*\n* *\nLe poème symphonique Werther fut inspiré par le célèbre roman\nde Goethe. Le musicien en a pris les données, quintessencié les impressions\net la philosophie. Il a trouvé, dans l'interprétation de ce chef-d'œuvre,\nmatière à exprimer tous les éléments extérieurs, dirai-je, de sa personnalité\ncomplexe, formée à l'influence de Beethoven, de Wagner et de Franck.\nIl y allie, dans un débordement orchestral digne des forts-en-thème\nmodernes, une idéologie toute germanique, à la sensibilité latine. Cette\ntendance est bien la marque commune aux disciples de Vincent d'lndy ;\nelle constitue le trait d'union entre nos jeunes compositeurs wallons actuels.\nJe me garde d'en discuter ici la valeur, me bornant à penser qu'elle est le\nrésultat logique de la révélation wagnérienne, dominatrice, universelle-\nment. Tous les musiciens de cette génération ont subi la main-mise du\ngéant : ce n'est pas de sitôt qu'ils parviendront à s'en dégager, et j'estime\nqu'en réalité de nouveaux moyens d'expression n'ont point encore été\ndécouverts. Qu'importe, en somme : le sentiment personnel se traduit,\nquel que soit le langage employé. Les mots, les formules appartenant à\ntous, l'artiste et le poète les disposent à leur façon ; et les dévouent à\nleur forme. Dans Werther, Victor Vreuls a prouvé qu'il sait réfléchir et\namplifier des idées ; il a déployé de formidables harmonies, ruisselantes,\nfulgurantes et dissonantes, mais il a gardé, malgré tout, la pure mélodie\nqui est sienne.\nVoici, à titre documentaire, les sept thèmes principaux qui servent\nd'arcanes à ce monument orchestral."}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.112", "texte": "104\nS. I. M.\n\nLe premier, celui des enfants du bailli, pétille et danse. Le deuxième,\nplus lent, personnifie Charlotte. Le thème de Werther est agité. L'époux\nfidèle, Albert, est évoqué par le thème 4. Au soir tombant, Werther et\nCharlotte sont réunis dans une tendre songerie : le souvenir d'Albert les\nrappelle à la réalité. Douleur et emportement de Werther. Le thème 3\nse-développe, véhément, et s'achève en un appel poignant à la mort (5)."}, {"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.113", "texte": "LES MUSICIENS BELGES\nios\n\nC'est ce thème 5 qui sera repris et conclura l'œuvre entière (7). Quand\nWerther traduit à Charlotte les C divins un nouveau\nthème (6) Ghante la plainte d'Armin déplorant la perte de sa fille aimée.\n\"Seul, sur la roche que mouillaient les vagues, j'entendis les plaintes\nde ma fille ; ses gémissements étaient perçants, et son père ne pouvait la\ndélivrer. Toute la nuit je restai sur le rivage ; je la voyais aux faibles\nrayons de la lune ; toute la nuit, j'entendis ses cris douloureux. Le vent\nsifflait, la pluie battait avec violence la montagne ; avant que la lumière\nparût, sa voix s'affaiblit, et elle expira, ainsi qu'expire le vent du soir\nparmi les plaintes des rochers \"...\nA la scène finale, quand, désespéré de la fuite et du refus de Char-\nlotte, Werther se tue, le Désir de la (7) triste et morne, se combine\navec les rappels des différents moments du drame, et l'œuvre se termine\ndans le vague du souvenir.\nCette longue fresque musicale fait grande impression. Les timbres\ny sont bien fondus, la ligne générale est une et les détails très homogènes.\nL'emploi des saxophones et des bugles obligés y est d'un effet curieux,\ntout à fait séduisant. La recherche de sonorités nouvelles est évidente ;\net je l'ai dit, le musicien possède tous les secrets du métier : cette\npartition en impose à cet égard. Mais on y sent passer un souffle\nd'enthousiasme et de jeunesse un souffle mâle, indompté, libre,\ncelui des amants de la vie, qui possèdent, en vérité, le monde et le\ntiennent, dans leurs deux bras de force et de ferveur.\n* *\nLe Trio pour piano, violon, violoncelle, le pour violoncelle\nsont œuvres admirables, par l'élévation de pensée, par la profondeur\nd'émotion, par la distinction, la robustesse de facture. Parmi les\nmélodies : Triptyque, sur des poèmes de Paul Verlaine, pour chant et\norchestre, émeut par la douleur qui l'imprègne; Soir sur la Fagne, à travers\nla désolation grise de nos bruyères, au large de nos horizons, sur les\ngrands bois tordus, au vent âpre et sauvage, fait planer la désespérance\nde notre rêve, en la tristesse \" fuyante et rose \" des automnes. C'est\ndans ces pages plus intimes que nous aimons surtout le musicien\nfraternel : car c'est là que nous retrouvons l'émoi des jours passés, à la\nlisière des Fagnes rudes, à la rumeur enveloppante et profonde de la"}, {"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.114", "texte": "106\nS. I. M.\n\nforêt natale ; car c'est là que revivent nos rochers abrupts, nos hêtres et\nnos chênes, nos décors tourmentés, nos élans, nos mélancolies, nos\nexubérances, notre gaîté de Wallonie.\n*\n* *\nIl est trois sortes d'artistes. Les impulsifs, qui créent sans conscience,\nsous l'empire de l'impression. Les conscients qui échafaudent leurs œuvres\nà coup de vouloir, ou bien les tissent à la façon des haut-lissiers, choisis-\nsant leurs idées, leurs images, leurs tons. Enfin, les artistes complets dont\nles sensations se réfléchissent dans la lumière égale de la conscience.\nL'émoi tressaille aux fibres de leur être, mais c'est l'âme qui chante, et\nc'est la joie seule qu'ils donnent, avec leur cœur.\nVictor Vreuls est de ces derniers. Sans doute, comme les généreux\nqui \" savent \", se sent-il menacé de voir un jour prédominer en lui la\npatience le talent, tueur d'inspiration ! Mais il se traduit tout entier\ndans ses premières œuvres, et dès 1905, Eugène Ysaye pouvait écrire:\n\" Vreuls est le musicien en qui la Belgique peut fonder le plus d'espoir,\nà l'heure présente. \"\nIl incarne, à mes yeux, avec le plus de sincérité, le véritable\ntempérament wallon, fait de franchise, de clarté, de pétulance et de\nvigueur. Il a surpris le chant puissant et doux de notre terre. Sa musique\névoque l'âme de ce pays où l'on cueille, par tous les sens, le beau plaisir\nde vivre, où le pas sonne clair dans les chemins rocailleux, où les contours,\nles sons, les couleurs bondissent vers la lumière, où les rivières déroulent,\naux creux farouches des vallons, leurs flots tumultueux et berceurs.\n\nRené Lyr."}, {"page_pdf": 115, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.115", "texte": "Les conservatoires de province\n\nLes Conservatoires de musique du province, furent d'abord institués pour fournir des\nchanteurs aux conservatoires de Paris et alimenter de ce fait, les théâtres lyriques de la Capitale.\nCar les cours d'instruments ne sont venus que plus tard.\nOn comptait aussi sur ces succursales de la rue Bergère, pour répandre le goût musical et\nfaire connaître les vraies traditions de l'école française. Je ne parle, bien entendu, que des\nconservatoires ou écoles nationales du musique. Etablissements placés sous le contrôle de\nl'Etat et inspectés chaque année par un compositeur de musique délégué du ministre des\nBeaux-Arts.\nIl est bon d'ajouter qu'à part ce contrôle, une maigre subvention de l'Etat, un directeur\nnommé par le ministre, quelques rares instruments et un peu de musique que reçoivent ces\nétablissements, tous les conservatoires se ressemblent les nationaux, comme les munici-\npaux. Partout on retrouve le même caractère obtus la même pression locale la\nmême étroitesse d'esprit qui caractérisent ces institutions.\nOn pourrait pourtant croire, qu'ayant demandé l'estampille de l'Etat et satisfaites de\nl'avoir reçue, ces villes ainsi dotées, seraient soucieuses de respecter les charges et les devoirs\nqui leur incombent et entoureraient d'un soin jaloux ces écoles nationales qui rehaussent le\nprestige en l'enseignement musical en province ?\nMais pas du tout. Elles n'en font rien.\nCes villes veulent bien l'estampille de l'Etat, oui. Mais elles prétendent demeurer\nsouveraines maîtresses, diriger ces établissements à leur guise et pour le besoin électoral.\nC'est pourquoi et par principe, le directeur nommé par le ministre et par conséquent\nfonctionnaire de l'Etat, est le gêneur. De par ce qu'on ne peut le casser aux gages et en\nchanger à chaque nouvelle municipalité.\nMais on a tout prévu et tout comme à Paris, les conservatoires de province sont pourvus\nd'une commission. Dans celle-ci c'est surtout l'élément municipal qui domine et se manifeste\nbruyamment. Car le plus souvent les autres membres indépendants se retirent et cèdent la\nplace aux hommes politiques.\nPourtant, l'idée première qui voulut donner une commission aux écoles nationales de\nmusique, n'était assurément pas mauvaise. On pouvait l'expliquer, par le désir qu'on avait, de\nprocurer au directeur, une force nouvelle, un appui sur lequel ce fonctionnaire pourrait\ncompter, pour solliciter certaines améliorations pouvant être utiles à l'instiuttion.\nMalheureusement, du rêve à la réalité il y a des fossés !... Car les séances de ses commis-\nsions prennent le plus souvent, des allures de réunions publiques ou de tribunal, devant lequel\ndoit comparaître le directeur.\nEt alors, qui faire ? que reste-t-il à ce fonctionnaire ? Deux alternatives. Ou laisser\ncommander tout ce monde et par conséquent, régner le désordre. Mais, c'est la paix....\nhumiliante. Ou bien se faire respecter, c'est-à-dire respecter l'école qui lui est confiée\nalors c'est la guerre de tous les instants, ce sont des taquineries et des ennuis qu'on lui\nsuggère.\nVoilà très franchement ce qui se passe dans ces trois quarts de ces établissements. On\navouera que ce n'est pas gai pour celui qui est à la tête d'une de ces écoles."}, {"page_pdf": 116, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.116", "texte": "ioB\nS. I. M.\n\nJe ne veux pas être méchant, mais pourtant il me faut bien donner une idée de ce que sont\nces commissions-administratives.\nPourquoi administrative ? peut-on dire puisque le directeur n'a pas un sou vaillant\nà sa disposition qu'il ne vend aucune fourniture ne loge personne et ne donne pas à\nmanger. Ces choses là, il faut les subir sans chercher à les expliquer de même qu'il serait\nmalséant de vouloir connaître les raisons qui font nommer des sous directeurs-municipaux !....\nMais revenons aux réunions de la commission.\nVoyez-vous autour d'une grande table recouverte d'un tapis vert ; une douzaine de\npersonnages se donnant de grands airs important, ne parlant le plus souvent qu'à la troisième\npersonne. Là ; il y a MM. le Président, le vice-Président, le Secrétaire, M. le Conseiller\nMunicipal, M. l'Adjoint, M. le Maître, M. l'Administrateur, tous ont des titres. Il n'y a que\nce pauvre directeur qui, lui, n'en a pas. Il n'a même pas celui de trouver grâce devant l'inso-\nlence de ces fantoches. Cela peut paraître exagéré de ce que je parle d'insolences reçues.\nIl me serait facile de citer beaucoup d'exemples ; je pense qu'un seul suffit pour justifier\nmon dire, le voici :\nUn membre de la commission demandait au directeur les raisons qui faisaient que\nX ou Y n'avait pas été admis à la classe de violon, alors que H ou Z, y étaient.\nLe Directeur fît observer et que pour les admissions aux classes d'instruments les\nexaminateurs tenaient compte de l'assiduité de l'élève et de ses connaissances du solfège.\n\" Qu'est-ce qui me force à vous croire, \" répondit M. l'Administrateur !...\nMais je fais grâce aux lecteurs, des citations, de ces tournois oratoires formulés en une\nlangue qui ne rappelle que de loin, celle dont on se servait dans les salons du XVIIIe siecle.\nD'ailleurs, les membres qui composent l'élément municipal de ces commissions, sont bien\ncertainement de braves gens, pas très érudits peut-être et qui ont le tort de croire que parce\nqu'ils sont investé d'un mandat électoral ils sont aptes à discuter et à juger de toutes choses.\nIl faut reconnaître pourtant que parmi ceux-ci quelques-uns ont fait une troisième partie\ndans une chorale ou une fanfare quelconque, ou ont joué de la trompette alors qu'ils étaient\nau régiment. Voilà les Messieurs qui veulent régenter le conservatoire.\nIl y a bien à côté, des membres libres où se glissent parfois des médecins, des avocats et\nmême des musiciens, mais ces messieurs espacent autant qu'ils le peuvent leurs présences au\nsein de la commission, ils n'ont que faire de discuter avec des politiciens. On parle politique\ndirez-vous ? A ce propos, voilà ce que m'a raconté un directeur de conservatoire en province :\nCelui-ci avait demandé une gratification de cent francs pour un professeur qui durant 1 annee\nscolaire avait rendu de réels services à l'Ecole. Eh bien, ce pauvre fonctionnaire encourut et\ndût subir de ce fait, un discours sur les éternels principes de 1789 et ce> un grand quart\nd'heure durant.\nC'est en vain qu'il cherchait, le rapport qui existe entre ces immortels principes et les\ndoubles croches. Mais les autres les membres de la commission eux comprirent, et la\npreuve ? c'est que la motion en faveur de la gratification à accorder fut rejetee a une forte\nmajorité !...\nEn province, faire partie de la commission du Conservatoire de Musique a une grande\nimportance. Ces Messieurs sont courus et sollicités à cause des admissions et des recompenses\nde fin d'année. Ils promettent leurs protections, ils jurent de faire rendre justice au directeur.\nIls harcèlent le Maire, qui doit entendre leurs continuelles réclamations et lorsque parfois ce\ndernier résiste, il n'y a pas d'ennuis qu'ils ne lui suscitent au sein du conseil municipal.\nMais le récit suivant montrera l'idée qu'on se fait en province d'une ecole de musique,\nfut-elle Nationale."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.117", "texte": "LES CONSERVATOIRES DE PROVINCE\n109\n\nUn jour, le maire manda le directeur du conservatoire en son cabinet : \" Monsieur le\n\" Directeur dit le chef de la cité nous donnons dimanche prochain, une grande fête\nu suivie d'un bal. Je compte que le conservatoire nous en fournira l'orchestre et qu'en cette\n\" circonstance, la bonne volonté des élèves et celle des professeurs se manisfestera. \"\nLe directeur se récria et soutint que le but des conservatoires de Musique n'était pas\ncelui de former des musiciens de bals de nuits et que de plus, les parents ne confiaient pas\nleurs enfants, pour faire de la musique dans des pince-fesses. Ce fut alors que le premier\nmagistrat de la ville, se levant brusquement et fixant sévèrement le directeur, prononça ces\nmémorables paroles que nous avons consignées pour la postérité. \"Mais alors Monsieur le\nDirecteur, à quoi sert le conservatoire et pourquoi la ville donne-t-elle ses deniers... \"\nJ'ai connu un directeur de conservatoire de province qui se servait adroitement des\nmembres de la commission et savait se les attacher, (les membres ne faisant pas partie du\nconseil municipal, s'entend). Ceux-ci, il est vrai, étaient de vieux bonzes, tous amateurs de\nmusique, grattant un peu du violon ; gens riches et dévoués. Leur ambition se bornait à faire\npartie de la commission du conservatoire. Très assidus aux réunions, ils formaient la garde de\ncorps du directeur, qui lui, n'avait rien à craindre des délégués municipaux. Ce directeur,\nexcellent musicien et très bon Pion, était timide et n'aurait osé prendre une détermination\ntout seul. C'est pourquoi il avait persuadé à sa garde, que le conservatoire ne serait rien sans\nelle et pour se la mieux attacher encore, il avait insinué à plusieurs membres, qu'ils avaient\net devaient écrire leurs pensées musicales, il se mettait du reste à leur disposition pour les\nconseiller. Grâce à ces sages... précautions, il pouvait dormir tranquille et se permettre\ncertaines choses, caché, qu'il était, derrière ce bouclier. C'était peut-être très malin... mais\npas courageux... n'est-ce pas ?\nJe pourrais citer des villes où la commission diriga seule l'Ecole nationale.\nQue fait le directeur ?\nIl obéit.\nHeureux pays.\nMais j'abrège, car les lecteurs non initiés aux choses d'administration (!) croient peut-être,\nqu'il suffirait de l'intervention du pouvoir central pour arranger tout cela. Le pouvoir central ?\nMais il a bien autre chose à faire que de défendre l'enseignement musical de la province et\nrisquer de contrecarrer les affaires politiques. Ah ! si c'était pour l'instruction gratuite et\nobligatoire, je ne dis pas. Mais des conservatoires de musiques, on s'en moque. Et ici\nil me faut citer des faits qui motiveront et expliqueront mon pessimisme qu'on pourrait\ncroire exagéré. Cette histoire est du reste édifiante la voici :\nM. A.... .., artiste de talent, avait quitté le théâtre de bonne heure et s'était retiré à\nD .sa ville natale ;il y avait créé un conservatoire de musique et de déclamation, qu'il\ndirigeait et où il enseignait, aidé qu'il était, dans ce dernier office de deux ou trois professeurs\nde la ville, payés par lui.\nCe cours d'enseignement prospéra très rapidement et devînt par la suite : conservatoire\nmunicipal toujours avec M. A comme directeur.\nCependant l'attention du ministre ayant été attiré par le succès persistant de cette\ninstitution, on manda un inspecteur de musique pour la visiter. Le rapport fut favorable et\nl'Etat donna son estampille.Le Conservatoire de D de municipal devînt national toujours\navec M. A comme directeur officiellement reconnu et nommé par le ministre ; et ce, à\nla satisfaction de tous les habitants de la ville. Tout continua à marcher régulièrement\njusqu'au jour où une nouvelle municipalité voulut introduire la politique en la maison, sous"}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.118", "texte": "110\nS. I. M.\n\nles traits d'un soi-disant professeur, ami et agent électoral du nouveau maire. On voulait ainsi\nrécompenser le zèle et les services rendus par le pseudo-professeur. Le directeur fit observer\nau maire que les opinions plus ou moins avancées de son protégé, n'étaient pas de sûrs\ngarants de capacités musicales et pédagogiques. Le maire insista de nouveau, tandis que le chef\ndu conservatoire refusait énergiquement, attendu que le caractère par trop indépendant du\nfutur professeur risquait de comprometre le bon ordre qui régnait dans son établissement.\nL affaire fît du bruit. Le Préfet intervint, tous s'envenima, au point où le ministre survenant\nà son tour, fit mander le directeur à Paris.\nCelui -ci partit. Mais qu'elle ne fut pas sa surprise que d'entendre de la bouche même du\nministre, que le maire exigeait sa révocation de directeur, ou alors menaçait de donner sa\ndémission avec éclat.\nLa révocation ? on ne pouvait l'exiger, c'eût été un trop grand scandale et une injustice\nflagrante. Le ministre priait M. A de donner sa démission, que celui-ci refusait de signer-\nOn savait du reste, en haut lieu que le directeur avait tous les droits de son côté ; aussi\nn'osait-on brusquer l'affaire.\nPeut-être même le ministre aurait-il soutenu son subordonné contre le maire : sans la\npolitique c'est à dire sans le ministre de l'lntérieur, qui vînt à la rescousse et insista auprès\nde son collègue, afin d'empêcher un conflit et de grands ennuis. Enfin, après deux jours de\npourparlers, il fut convenu : que le directeur donnerait sa démission et que, en compensation ;\nle ministre s'engageait à donner à M. A le ruban rouge et la première chaire de chant\nqui deviendrait vacante au conservatoire de Paris.\n•\n• • • # + ••••• •• i « • « •\nCe qu'il advint ?\nCeux qui ne connaissent pas l'administration française, les Beaux-Arts et le Conservatoire,,\nseuls peuvent l'ignorer.\nIl advint que M. A n'eut pas plus de chaire que de ruban rouge.\nIl eut beau insister pendant plusieurs années, rien n'y fît.\nIl en mourut de chagrin\nVoilà la récompense accordée à un homme de coeur, qui pendant plus de quinze ans\navait dépensé sans compter, sa peine, son temps, son talent et sa bourse.\nDévouez-vous directeur de province !...\nDécidément il vaut mieux être rond-de-cuir, on est toujours sûr qu'après vingt-cinq années-\nd'abrutissement, on a la croix... et la bannière, c'est-à-dire des rentes sur l'Etat.\nJ'ai dit que les conservatoires de province ont été créés afin de relever le niveau musical\net semer la bonne parole et le goût artistique avec de bonnes traditions. A-t-on atteint ce\nbut ? (je parle d'une façon générale, car il ne faut pas tabler sur des exceptions.) Je ne le\ncrois pas.\nEn voici un exemple, car les meilleures raisons ne valent pas un tableau pris sur le vif :\nrien n'est plus éloquent qu'un fait matériel.\nIl n'y a pas longtemps de cela de passage dans une ville pourvue d'un conservatoire\nnational de musique, depuis plusieurs années le soir, ne sachant que faire, je résolus\nd'assister à une soirée municipale donnée par les artistes et les amateurs de la ville ces\nderniers pour la plupart lauréats du conservatoire de la cité. Eh bien, savez-vous ce que\nj'entendis à cette soirée ?... \" Le duo de la Juive\" en entier, avec les récits et les ensembles.\n(Ce duo de Rachel et Leopold, que ton cœur m appoui, j'ai entendu ce duo, joué par\nun \"pistonet un trombone\"!... Je croyais qu'on ne pourait pas pousser aussi loin le grotesque"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.119", "texte": "LES CONSERVATOIRES DE PROVINCE\n111\n\net le mauvais goût et comme je me lamentais et contais mes plaintes à un excellent musicien\nque j'eus le bonheur de rencontrer ; mon compagnon d'infortune me répondit : \"Mais nous\navons eu mieux que \" ça, il y a quelque temps déjà. Nous avons entendu le menuet de Boc-\ncherini joué par huit \" saxophones.... \" Je serrai la main de cet homme très aimable, et me\nsauvai... me coucher. Toute la nuit je fus poursuivi par ces huit saxophones qui à la fin voulaient\nme jouer \" Mon cœur soupire \" des noces de Figaro.\nIl ne faut pas craindre de dire qu'aucune préoccupation artistique ne hante le cerveau\ndes jeunes gens qui fréquentent les écoles de musique. Ceux-ci n'ont qu'une ambition : savoir\nfaire une partie dans un orchestre de concerts ou de bal et surtout, pouvoir entrer dans la\nmusique, une fois incorporé dans un régiment. Que peut-on faire avec des sujets si peu ambi-\ntieux. Quant à récolter des chanteurs pour la maison de Paris ? A part deux ou trois grandes\nvilles, je ne crois pas que les autres réussissent. D'ailleurs l'enseignement du chant est très\nnégligé dans les quatre cinquièmes des Ecoles de Musique de province.\nPour que les conservatoires de province puissent porter des fruits et pour qu'ils se\nressentissent de l'enseignement central, il faudrait que MM. les Inspecteurs d'abord et les\ndirecteurs ensuite aient des pouvoirs plus étendus. Il faudrait surtout, que les inspecteurs puissent\ntrancher les différents entre municipalités, le directeur et le pouvoir central. Ce ne sont là que\ndes hypothèses. Ce sont des rêves pour qui connaît l'administration de notre pays.\nPour finir sur la note gaie.\nUne anecdote.\nChaque année à l'époque de la distribution des prix, le ministre envoie une médaille de\nvermeil aux écoles nationales de musique de province, c'est le prix d'honneur.\nL'usage veut aussi que le maire de la ville offre un second prix d'honneur.\nEh bien, veut-on savoir ce que le maire offrit à un second prix d'honneur de l'Ecole\nnationale de Musique !...\nUNE PENDULE !...\nVivent les conservatoires de province.\n\nIm. Mayan."}, {"page_pdf": 120, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.120", "texte": "ROUART, LEROLLE & Cie\nÉDITEURS\n18, BOULEVARD DE STRASBOURG, PARIS\nDépositaires des principaux éditeurs russes et de l'Edition\nUniverselle, la meilleure des Editions classiques.\nŒuvres de Chausson, Duparc, Le Borne, de Bréville,\nAlbert Roussel, de Séverac, Lekeu etc.\n\nÉditions W. HANSEN\nCOPENHAGUE «S LEIPZIG\nROUART, LEROLLE & Cie, Dépositaires exclusifs pour la France.\nCZERNY-GERMER. Tirage 400.000 Ex.\nEtudes choisies de Czerny :\nVol. I fr. 2.50\ni° 50 petites Etudes pour le cours élé-\nmentaire.\n20 32 Etudes pour moyenne force.\nVol. II fr. 2.50\n30 Ecole de la vélocité, pour moyenne\nforce, 30 études.\n40 Etudes spéciales pour moyenne\nforce.\nVol. 111 fr. 2.50\n50 Ecole de la vélocité, pour moyenne\nforce supérieure.\n6° 36 études d'octaves pour force moy-\nenne et supérieure.\nVol. IV fr. 2.50\n70 Ecole des legato et staccato pour le\ncommencement du cours supérieur.\n8° Ecole de la vélocité pour le cours\nsupérieur, 19 études.\nCZERNY-GERMER. Op. 299. Ecole de la vé-\nlocité fr. 2.—\nOp. 337. 40 Exercices journaliers fr, 1.25\nJOHAN SVENDSEN\nCélèbre Romance en sol majeur. Op. 26.\n70e édition.\nPiano et violon ....\nPiano seul\nPiano 4 mains\nPiano et violoncelle . . .\nPiano et alto\nHarmonium . . , . .\nViolon et orchestre partition\nparties\ny)\nV\nnet fr. 2.70\n1.70\n2.—\n2.70\n2.70\n1.70\n2.70\n5-5o"}, {"page_pdf": 121, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.121", "texte": "THÉÂTRE SARAH-BERNHARDT M Mai-Juin 1911\nGRANDE SAISON RUSSE\nOPÉRAS ET BALLETS\norganisée par l'Association pour la PROPAGATION DE LA MUSIQUE SLAVE\nAVEC LE CONCOURS\nd'artistes des Théâtres Impériaux de Russie et des principaux Théâtres de France et de\nl'Etranger :\nMmes Van Brandt, M. Boyer, Czaplinska, Drouziakina, Hèglon, Korolewicz,\nLitvinne, Makarova, Marcia, Tcherkaskaïa, Thevenet, Zakharova, etc.\nMM, Baklanow, Bolchakow, Bourbon, Léon David, Didur, Nivette,\nRousselière, Séveilhac, Smirnow, Vallier etc.\nDanse: Mme Julia Sèdova, MM. Clustine, Légat etc.\nREPERTOIRE\nOPÉRAS, joués en R\nLA ROUSSALKA\n(Dargomyjski)\nLA FIANCEE DU TSAR\n(Rimsky-Korsakow)\nLA NUIT DE\n(Rimsky-Korsakow)\nLA DAME DE PIQUE\n(Tchaïkowsky)\nLE DEMON\n(Rubinstem)\nONÈGUINE\n(Tchaïkowsky)\n•BALLETS (Sketches)\nLA BELLE AU BOIS DORMANT\n(Tchaïkowsky)\nLE LAC DES CYGNES\n(Tchaïkowsky),\nLA FORET ENCHANTEE\n(Drigo)\nKONIOK GORBOUNOK\n(Puni)\nIl y aura trois abonnements de six spectacles\nSÉRIE A. Les Mardis 2, 9, 16, 23, 30 Mai et 6 Juin\nB. Les Jeudis 4, 11, 18, 25 Mai, 1 et 8 Juin\nC. Les Samedis 6, 13, 20, 27 Mai, 3 et 10 Juin\n* «\nPRIX DES PLACES pour chaque abonnement de six représentations\nAvant-Scènes du rez-de-chaussée, la place : 185 fr.; Avant-Scènes de Balcon, 180 fr.; Baig-\nnoires, 150 fr.; Loges de Balcon, 150 fr.; Fauteuils d'Orchestre ler,Ier, 2e, 3e et 4e rangs, 150 fr.;\nFauteuils d'Orchestre, se,5e, 6e, 7e et 8e rangs, 120 fr.; Fauteuils d'orchestre 11e, 12e, 13e et 14e rangs,\n90 fr.; Fauteuil de Balcon, lerIer rang, 150 fr.; Fauteuils de Balcon, 2e rang, 120 fr.; Avant-Scènes\nde ire Galerie, 72 fr.; Loges de ire Galerie à salon, 72 fr.; Loges couvertes de ire Galerie, 54 fr.;\nFauteuils de ire Galerie, 54 fr.; Avant-Scènes de 2e Galerie, 30 fr.; Stalles de Parterre, 21 fr.;\nFauteuils de 2e Galerie, 30 fr. ; Stalles de 2e Galerie, 15 fr.; Stalles d'Amphithéâtre, 6 fr.\nDroit des pauvres (pour les places de 5 fr. et au-dessus) 10 0/0 en sus.\nLes abonnements sont reçus dès aujourd'hui au bureau de location du Théâtre\nSarah-Bernhardt."}, {"page_pdf": 122, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.122", "texte": "Leurs Mains\n\nMESSAGER\nQue d'aptitudes en ces mains ! Mais aussi quel mélange évident d'idéalisme et d'impi-\ntoyable pratique !\nPlutôt étroites mais bien tournées, surgissant désinvoltes du poignet menu, signe de race,\nelles ont une allure féminine : Avertissement d'élégance et de coquetterie, de ruse aussi.\nC'est vraiment très curieux, elles ne porteraient pas à l'intérieur tous les signes des arts\net de l'esprit, qu'elles pourraient être prises pour des mains d'homme habitué à chiffonner des\nsoies, des velours, des tissus précieux. Oui, elles font encore penser à des mains ne touchant\nqu'à des choses d'un grand prix et d'une égale fragilité. Mains de lapidaire. Mains d'un\nprofesseur de beauté. Cependant, pour ces occupations elles seraient un peu sèches, nerveuses,\nirritables. Enfin, nous le répétons, elles ne peuvent appartenir qu'aux arts.\nSi elles sont d'un artiste, elles sont en même temps d'un homme gracieux, sémillant,\navec un petit rien de rigide, d'apprêté. Veut-on nous permettre et veut-on comprendre un\nterme de pâtisserie ? Selon nous, il symbolisera bien le caractère physique de notre inconnu ?\nComme homme, c'est de la crème fouettée glacée.\nL'esprit pratique dont on dispose apparaît comme une arme à deux tranchants. Désirant\nvite et bien par impatience, par fringale, on arrive à devenir excessivement confiant. On est\ntrompé. Mais avec l'intelligence, l'esprit, la ténacité, la diplomatie dont on dispose, on est\ncapable de se rattraper et comment !...\nPuisque tout ce qui précède est, ce n'est pas douteux, intimement lié à une vie d'artiste\nmusicien, cette vie, au point de vue de l'art pur, doit être entravée à certains moments, par\ndes préoccupations pécuniaires. En effet on doit être très dépensier. Ces mains sont d'un\nprodigue. Vis à vis contradictoire et piquant de cette prodigalité, ces mains prouvent une\nindubitable tendance à l'économie. Donc il s'agit d'un prodigue pour soi.\nLa prodigalité est pour l'artiste, c'est-à-dire grande et heureuse faculté de création.\nMusicien merveilleusement organisé. Doit réussir surtout dans le genre gai. Non frivole, mais,\nquoique très savant, doit être avant tout, aimable, primesautier, fringant, français, parisien.\nNous entendons par là qu'il ne vieillira pas vite.\nEst-ce un exécutant ? Ces phalanges sans nœud, ces extrémités spatulées, ces ongles\ncourts et durs, selon toute probabilité, enfin ces jolies mains nerveuses que l'on juge admirables\ninstruments de preste agilité, le feraient croire. D'autre part, l'intérieur des mains exprime un\ntrès vif esprit d'indépendance. Il est donc aussi possible, si ce n'est davantage que le sujet ne\nse soit pas spécialisé dans l'interprétation.\nEn tout cas si ces mains n'étaient pas d'un musicien, cet homme serait bien malheureux."}, {"page_pdf": 123, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.123", "texte": "Mains de M. Messager.\nClichés P. Berger."}, {"page_pdf": 124, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.124", "texte": "Mains de M. Gaston Paulin.\nCliches P. Berger."}, {"page_pdf": 125, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.125", "texte": "LEURS MAINS\n1915\n\nGASTON PAULIN\nEncore une main spatulée : Main d'artiste et d'agité !\nCependant, si le titulaire est un agité, il doit l'être souvent pour son plaisir. Sapristi, quel\namoureux de la vie... et des vivantes !... A la bonne heure voici un Monsieur qui doit être\nplutôt empressé avec les dames. Quand elles sont élégantes et jolies.\nOn est un sensuel, et en grande longueur. Quel terrible raffiné ! On l'est avec goût,\nexigence et méthode, puisque dans les deux mains les deux lignes de tête s'entendent à\nmerveille, à ce point qu'elles apparaissent comme commères et compagnonnes.\nQue dans cette main-ci la ligne de tête s'en va bien dans la réflexion, dans le sens\npratique ! Que dans cette autre, la ligne de tête s'en va bien dans l'imagination et la charmante\nfantaisie !... On doit être un charmant causeur.\nLa belle ligne de cœur avertit. Elle est en activité de service. On peut s'en servir et s'y\nfier. Il s'agit d'un serviable. On l'est même sans se faire attendre, sans discours, et sans vilaines\nexigences de reconnaissance. On est bon, parce qu'on l'est, sans phrases.\nOn est simplement, mais par plaisir aussi. Forme assez imprévue d'égoïsme, on aime\nsurtout être bon pour des figures gaies et dans des circonstances heureuses !\nIl est hors de doute que l'on est un artiste : musicien ou écrivain, que l'on soit l'un ou\nl'autre, le caractère du talent est d'être très élégant, très vivace, très varié. On doit en avoir\nconscience, sinon en tirer vanité.\nIl serait bien extraordinaire que le propriétaire de ces mains ne soit pas, malgré les\npetits ennuis inévitables, un heureux. Heureux en ce sens que pour les moindres voluptés de\nl'existence on doit prendre son plaisir à fond, car merveilleusement, remarquablement intel-\nligent et instinctif, on est un réceptacle rare de toutes les jolies sensations. On ne perd rien de\nce qui est agréable, et on sait le traduire.\nHélas, pourquoi des stigmates, d'effroyable prodigalité menacent-ils de troubler une vie\naussi aimable ? Sans doute, on aurait bien mieux réussi, on réussirait bien mieux encore sans\ncette fâcheuse prodigalité...\nVers la soixantaine, gare, descente rapide, tournant dangereux!\nMais comme la prodigalité est le seul point noir de cette main, il ne tient qu'à son\npropriétaire de l'effacer. i\nA suivre, aux proch\nM.M. Maurice Ravel, Saint-Saëns\nVidal, Widor.\n\nPierre Jobbé Duval."}, {"page_pdf": 126, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110515-01.1.126", "texte": "Courrier Financier\n\nDans notre dernier \" courrier \" nous avons démontré l'intérêt que peut souvent présenter\nl'arbitrage entre des valeurs différentes, c'est-à-dire leur échange à bon escient pour réaliser en\ntemps opportun un bénéfice ou accroître son revenu.\nLes arbitrages présentent pourtant quelques difficultés dans leur réalisation, et il est clair\nqu'en s'écartant de certaines règles déterminées, on s'exposerait souvent à vendre un titre doté\nd'une garantie de premier ordre pour acheter, à un cours plus avantageux, une valeur moins\nsolide. Il y a donc lieu de faire à ce sujet quelques observations.\nTout d'abord, il faut que les valeurs échangées appartiennent à une même catégorie. Il\nserait inopportun, par exemple, d'arbitrer un Fonds d'Etat rapportant 5 °/0 contre l'action\nd'une entreprise industrielle même dotée d'un rendement beaucoup plus élevé parce que la\npremière valeur présente une sécurité de cours que n'offre pas la seconde.\nEn allant plus au fond des choses, on arrive à ce principe que deux titres à arbitrer\ndoivent être dotés de garanties égales ; car il arrive qu'entre deux emprunts de la même\npuissance existent à ce point de vue des différences parfois très importantes ; et qui précisé-\nment justifient un écart de cours.\nIl faut aussi envisager la question du Marché et ne pas acheter un titre coté à de rares\nintervalles par conséquent difficile à vendre en remploi de disponibilités provenant d'une\nvaleur à marché large.\nEn quelque sorte, on pourrait dire que pour échanger deux valeurs, il faut qu'elles\npossèdent les mêmes qualités aussi bien que les mêmes défauts.\nLorsqu'il s'agit de titres présentant ces conditions, l'arbitrage peut se recommander dans\ndeux cas principaux : d'abord, s'il existe une différence de cours appréciable et non justifiée ;\nce qui se présente en particulier lorsqu'il s'agit de deux affaires dont l'une la plus ancienne est\nbien classée dans les portefeuilles, tandis que la seconde, émise plus récemment, est encore en\npartie flottante.\nIl peut se faire encore, s'il s'agit d'obligations, que la prime de remboursement soit plus\nimportante pour un titre que pour l'autre, ou bien qu'elle comporte un délai moins long. Si, au\ncontraire, il s'agit des actions de deux entreprises à peu près similaires, l'une peut se présenter\navec des perspectives d'avenir plus brillantes.\nExaminons maintenant la question à un point de vue pratique : nous pourrions envisager\nles exemples suivants :\nPuisque les dates éloignées auxquelles paraissent ces Courriers financiers ne nous permettent\npas de donner à nos lecteurs des renseignements d'actualité susceptibles de les aider dans la\ngestion de leur portefeuille, c'est en les conseillant dans cette voie des arbitrages que nous nous\nefforcerons désormais de leur être utile.\nS'ils veulent bien suivre nos conseils, nous ne doutons pas qu'ils puissent ainsi réaliser\nd'appréciables bénéfices sur la gestion de leur portefeuille.\nSociété Auxiliaire des Banque» Régionales\n74, rue de la Victoire, Paris."}]}