{"numero_id": "bm-bmtnabh-1911-07-15-01", "volume": "bmtnabh_1911-07-15_01", "ocr_sha256": "66985324990fe11504ee5cb0648d72bb87bb120cffea1f0257169f85a6fce2cf", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1911/07/15_01/bmtnabh_1911-07-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1911/07/15_01/bmtnabh_1911-07-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1911-07-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-07-15_01#c002", "volume": "bmtnabh_1911-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.2.2", "titre_corps": "M BALAKIREW. 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Closson . . . . Notes sur V onomatopée. . 16\nJ. ElCOrcheville Lully ge ... 36\nLes Livres 53\nLe Congrès 61\nLE MOIS\nE. Vuillermoz Les Théâtres 71\nP. Guérillot . . . Les Concerts 75\nE. V . . . Les Concours du Con 80\nProvince : 82 Belgique : 83 L'Étranger : 86 L'édition\nmusicale : 96. Les Amis de la musique : 97.\nVARIÉTÉS\nM. Daubresse . . ■ • , Questions 98\nLe Congrès . .. . . .101\nG. Baudin Notes Ju. 102\nP. 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On y reconnaît Balakirew tout entier, avec sa bonté, sa\nnature passionnée, tel en un mot que le décrivent tous ceux qui l'approchèrent.\nOn ne pourra que lire avec intérêt, je pense, les passages relatifs à ses projets : les uns\nmenés à bien comme la composition de la Deuxième Symphonie ou du Concerto de piano,\nles auties, comme celui dune Rapsodie sur des thèmes populaires grecs qui aurait certainement\nété une de ses œuvres maîtresses, abandonnés.\nLes souvenirs et pensees sur Moussorgsky, que Balakirew me communiqua lorsque je\npréparais mon livre sur ce musicien, sont également précieux à retenir.\nM.-D. C.\n)\n(En français.) Gatchina, 1/14 mai 1905.\n... Dans votre grand article sur mes compositions, vous nommez\nAntoine Rubinstein comme premier exécutant d'Zf 1 II n'en est pas\nainsi. Le premier exécutant fut son frère Nicolas, auquel Islamey est\ndédié. Dix-sept ans après, Antoine Rubinstein exécuta cette pièce dans\nun de ses concerts historiques, n'ayant pas pu l'omettre après qu'elle fut\ndevenue, grâce à Liszt, connue dans le monde musical...\n\n1 Ceci, d'après la formule en réalité moins précise, \" tous les grands pianistes, depuis Antoine Rubinstein\njusqu'à Ricardo Vines \" que j'avais employée. (N. d. T.)\nI"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.4", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2012, "texte": "... Dans les œuvres vocales du catalogue imprimé de mes composi-\ntions j'ai trouvé une légère omission. Il manque :\ni° Mazourkade F. Chopin, arrangée pour cœur mixte\n2° Deux Romances de Glinka, arrangées pour chœur mixte\nA) Nuit Vénitienne, B) Berceuse.\nCes trois arrangements sont édités par Gutheil à Moscou...\n... Mon portrait publié me ressemblait il y a 30 ans. Je vous prie\nd'accepter le dernier, qui est venu très bien...\n{En français.) (Pétersbourg) 18/31 décembre 1905.\n... Vous trouvez que ma lettre à Bourgault-Ducoudray peut obtenir\ndes résultats satisfaisants, c'est pourquoi je suis heureux de vous l'envoyer\nafin que notre ami Vines la remette en mains propres et m'informe\nensuite du résultat de sa démarche. 1\nA la question que vous me posez par rapport aux thèmes populaires\nque j'ai choisis pour le poème symphonique je m'empresse de\nvous dire que je les ai choisis pour qui\nconvient, selon mon appréciation, à la caractéristique musicale des\npériodes historiques (que je veux évoquer).\nCe poème symphonique a été joué à Paris il y a bien des années,\nmais sans le moindre succès. Il n'a plu ni au public, ni aux critiques. Il\nreste à savoir si ma Cantate en l'honneur de Glinka aura du succès chez\nvous, si toutefois son exécution a lieu ce dont j'espère avoir par vous\ndes nouvelles précises.\nPour le moment le manuscrit de mon poème symphonique sur des\nthèmes tchèques se trouve à Leipzig, d'où j'espère recevoir pour\nfêtes quelques exemplaires de la sonate imprimée...\n(En français.) Pétersbourg, 7/20 janvier (1906).\nJ'ai été très agréablement surpris en apprenant par votre dernière\nlettre que vous appartenez à cette grande nation historique à laquelle\nnous autres Russes, ainsi que plusieurs autres peuples de notre race, nous\ndevons notre instruction spirituelle transmise par les Saints Cyrille et\nMéthode qu'on nomme chez nous les apôtres des Slaves...\n\n1 II s'agissait d'une œuvre pour piano et orchestre dont Balakirew désirait vivement provoquer une\nexécution à Paris."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.5", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 9, "texte": "BALAKIREW"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.5", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2200, "texte": "... Vous me parlez de la beauté de vos mélodies, et vous regrettez\nqu'elles n'inspirent pas des musiciens de votre pays. S'il en est ainsi, c'est\na nous qu'incombe le devoir de glorifier vos beautés nationales, en\nmémoire de l'héritage précieux que nous avons reçu de vos ancêtres...\nCommuniquez-moi les titres de vos meilleurs recueils, en y joignant\nl'admirable recueil de Bourgault-Ducoudray que j'avais chez moi mais\nqui a disparu. Communiquez-moi aussi leur prix, ainsi que l'adresse du\nmagasin ou il faut s'adresser pour les avoir. Nous pourrons nous occuper\nalors à les travailler. Plusieurs essais de ce genre ont déjà été faits par\ndes musiciens russes ainsi il y a deux ouvertures de Glazounow sur des\nthèmes grecs que ce musicien a empruntés au recueil de Bourgault-\nDucoudray, et qu'il a écrites dans la première période de ses créations\nartistiques.\nA mon âge avancé, il est difficile d'espérer la possibilité d'une créa-\ntion qui demande une disposition particulière. Mais Liapounow est encore\njeune et il sera, sans nul doute, à la hauteur de son intuition d'offrir au\nmonde musical une œuvre symphonique empreinte du caractère de la\nnationalité grecque...\n(Pétersbourg) 10/23 février 1906.\nExcusez, je vous prie, mon long silence. Nous préparions l'inaugu-\nration du monument à Glinka, laquelle a enfin eu lieu le Vendredi\n3/16 février, pour anniversaire de sa mort. Ma cantate y fut exécutée\navec un grand succès sous la direction du chef d'orchestre de l'opéra\nNapravnik, vu que par suite de mon mauvais état de santé je n'ai pu\naccepter de la diriger. Le solo a été très bien chanté par Melle Friede,\nartiste de l'Opéra.\nA Paris, grâce à vous, 1 ma cantate a été exécutée avant que de\nl'être chez nous, et même l'a été deux fois. Je ne sais comment vous en\nremercier...\nPétersbourg, 21 février/i 1 mars 1906.\nExcusez-moi de répondre si tard à votre lettre du 26 février... Nous\n\n1 Plutôt grâce au regretté Georges Marty, qui, dès qu'il eût pris connaissance de l'œuvre, saisit l'occasion\nde rendre un double hommage au père de l'école russe en même temps qu'à son illustre continuateur, et la\nprésenta au Comité de la Société des Concerts du Conservatoire. (N. d. T.)"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.6", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2307, "texte": "passons actuellement le temps en compagnie de notre aimable éditeur 1\nque nous aimons beaucoup et dont nous sommes heureux de constater\nl'affection pour nous. Il a entendu trois fois ma sonate, qui lui a plu\nmais seulement après la troisième audition...\nVous annoncez dans le Guide que je vais publier mon\npoème symphonique sur des thèmes populaires tchèques. J'espère que\nl'édition en sera prête en été : il pourra donc être exécuté dès l'automne\nou l'hiver. Je souhaiterais de tout cœur que cette composition eût du\nsuccès à Paris. Ce me serait une grande joie si les pouvaient\ncette fois aimer les thèmes tchèques de caractère slave, et de la sorte prêter\nun surcroît d'attention au petit peuple tchèque, si sympathique, qui\nrésiste avec tant d'énergie aux Allemands désireux de les absorber.\nQuand, étant encore tout jeune, j'apprenais l'histoire, il me semblait\nque l'événement le plus terrible qu'ait vu le monde était la prise de\nConstantinople par les Turcs. Mais Mahomet II arrêta les massacres au\nbout de trois jours et permit aux Grecs de pratiquer la religion ortho-\ndoxe... Quand les Allemands s'emparèrent de Prague, capitale des\nTchèques, après la bataille de la Montagne-Blanche, les Jésuites entrèrent\navec eux dans la ville et firent rechercher dans toutes les maisons les\nlivres tchèques, pour les brûler sur les places publiques. On envoya dans\nchaque village des soldats qui maltraitèrent le peuple jusqu'à temps que\nles Tchèques s'engageassent à professer la foi romaine... Auparavant, les\nTchèques suivaient la doctrine de Jean Huss, qui d'après les dernières\ndécouvertes est identique à la nôtre, celle de l'église orthodoxe. C'est du\nmoins ainsi que s'exprime, au sujet de la doctrine de Huss,\nde Constantinople dans son mandement aux Tchèques écrit deux ans avant\nla chute de Constantinople. Certains de nos savants ont approfondi cette\nquestion dans tous ses détails.\nAujourd'hui j'ai reçu de votre compatriote Pachticos deux exem-\nplaires de son recueil de chants grecs, dont je garde l'un, envoyant l'autre,\nselon le désir de l'auteur, à Liapounow.\nPétersbourg, 2/15 mars 1906.\nJe me hâte de vous informer que j'ai pu me procurer ici le recueil\nde Bourgault-Ducoudray (30 mélodies d'Orient) ;\ndonc ne vous donnez pas la peine de me l'envoyer.\n\n1 M. J. H. Zimmermann."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.7", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2051, "texte": "En l'étudiant j'ai constaté, à mon grand regret, que tous les\nmeilleurs thèmes en sont déjà pris par Glazounow dans ses\ntures eur desr thèmes grecs.(Les connaissez-vous ?)\nIl ne s'y trouve qu'une mélodie qui fasse mon affaire, celle qui\nporte le n° 30 ; et très probablement je l'utiliserai. Mais il me faut en\noutre trouver deux beaux motifs afin de composer ma Rapsodie Grecque.1\nJe n'ai pas encore examiné le recueil de Pachticos ; et vous me\nrendriez un grand service en me signalant celles des mélodies que vous\nconsidérez comme les plus belles de ce recueil.\nTransmettez, je vous prie, mes sincères salutations à Vines et aussi à\nMadame Mellot-Joubert et à M. Marty, qui viennent d'exécuter ma\nCantate. 2\nJe suis curieux de savoir si ma sonate a eu quelque succès (à Paris)\nou bien si en l'exécutant, votre ami n'a fait qu'un acte d'abnégation.\nPétersbourg, 13/26 mars 1906.\n... Je ne vois pas la possibilité de me mettre tout de suite à la com-\nposition d'une œuvre sur des thèmes populaires grecs, car je dois d'abord\naccomplir un gros travail que Zimmermann me demande avec insistance :\nun concerto de piano.\nIl est curieux que Vines, de qui j'ai reçu aujourd'hui même une\nlettre, rêve, comme Zimmermann, de me voir composer une œuvre pour\npiano et orchestre...\nZimmermann me le demande avec tant d'insistance que je ne puis\nrefuser. J'ai déjà composé, en brouillon, la première partie de ce\nconcerto. Mais simultanément, je préparerai des matériaux pour l'œuvre\ngrecque, si seulement ma valétudinaire vieillesse ne me devient pas plus\nlourde...\nGatchina, 9/22 juin 1906.\n... En ce qui concerne Moussorgsky, je vous dirai, que tout en lui\nreconnaissant un immense talent, en particulier au point de vue de la\ndéclamation (là, après Dargomysjki, il est sans rival), je n'appartiens pas\nentièrement à ses partisans qui s'inclinent devant son ignorance harmonique,\net sont d'accord avec lui sur ce point, que la musique n'est pas un but en\n\n1 Ce projet n'a malheureusement pas abouti.\n2 Pour le Centenaire de Glinka (Conservatoire)."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.8", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1683, "texte": "elle-même, mais seulement un moyen de converser ; par suite de quoi il\nchoisissait parfois des sujets qui ne convenaient absolument pas à la\nmusique.\nCela donna au talentueux satiriste Saltykow (Chtchédrine), son\ncontemporain, l'occasion de ridiculiser cette tendance pour laquelle\nStassow faisait parfois de la propagande en un petit article très fin où il\nproposait l'illustration en musique du tableau suivant : Un matin de\nnovembre, glacial et sombre, à Saint-Pétersbourg. Un cheval de fiacre, à\ndemi mort de faim, traîne péniblement un client à triste mine. Soudain\nla voiture s arrête (/*TS) ;le cocher descend du siège pour ramasser son\nfouet tombé... etc. dans le même goût.\nParlant de Mçussorgsky, je dois dire qu'il ne fut pas heureux sous\nle rapport de ses aânïirateurs, qui le flagornaient et lui donnaient de\nmauvais conseils que malheureusement il suivait...\n... En ce qui concerne l'analogie rythmique du premier et du\nsecond thème de ma sonate, je vous dirai qu'il est des exemples d'affinités\nplus étroites encore des deux thèmes d'un Allegro de symphonie. Je vous\nréfère au premier mouvement du concerto de piano de Schumann dont\nle premier thème est à peu près (je cite de mémoire, n'ayant pas le texte\nsous la main) :\nComme vous le voyez, ici il y a non seulement analogie de rythme\ncomme dans ma sonate, mais presque identité de la mélodie. Vous\ntrouverez un exemple analogue chez Liszt dans son Concerto solo, sans\norchestre, qu'il a ultérieurement remanié pour deux pianos sous le nom\nde Concerto pathétique.\nJe me permets de vous donner amicalement le conseil de renoncer\nabsolument... à faire de la réclame à des compositeurs français tout-à-fait"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.9", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2050, "texte": "inconnus de qui vous écrivez qu'ils ont poussé plus loin que Liszt l'art de\nl'écriture pianistique. Quoique le piano soit un instrument à timbre\nuniforme, l'on sent très bien dans la musique de piano de Liszt les\ntimbres instrumentaux tantôt de la flûte, tantôt du hautbois ou des\ncuivres. Par exemple, je vous signale son génial arrangement intitulé\n\" Soirées de Vienne,valses-caprices d'après Franz Schubert. \"A un endroit\non perçoit manifestement le son des trompettes :\nJe ne puis m'imaginer qu'après Liszt, il soit possible de pousser plus\nloin l'art du piano : A moins toutefois que cet instrument même soit\nnotablement et donne à quelque futur génie, d'envergure égale\nà celle de Liszt, la possibilité de pousser plus loin 1' \" instrumentation\npianistique Mais de tels génies, il en naît un par siècle !...\nGatchina, 22 juillet/4 août 1906.\nExcusez mon long silence ; je vous écris aujourd'hui, quoique\nmalade, pour ne pas retarder votre travail sur Moussorgsky.\nVous me demandez en quoi ont consisté nos travaux. Voici : Nous\navons joué à quatre mains (il était un excellent pianiste) tout le répertoire\nexistant alors de musique classique, ancienne et moderne, savoir : Bach,\nHaendel, Mozart, Haydn, Beethoven, Schubert, Schumann, Berlioz et\nLiszt. Il connaissait déjà bien, sans que j'y fusse pour rien, la musique de\nGlinka et de Dargomyjski. En outre je lui expliquai les formes de la\ncomposition, avec ce résultat qu'il composa pour piano à quatre mains\nun Allegro symphoniqne (Utmajeur) non dénué de mérite ; par malheur\nce manuscrit s'est perdu et n'a pas été retrouvé après sa mort.\nUltérieurement, quand nos travaux cessèrent (ils ne se poursuivirent\nque peu de temps), il alla vivre avec Rimsky-Korsakow, qui alors n'était\npas encore marié et venait d'être nommé professeur de théorie musicale\nau Conservatoire.\nVoilà tout ce que je puis vous dire de Moussorgsky, avec qui j'ai\ncontinué d'être en bonnes relations jusqu'à la fin de sa vie. Je l'ai vu\npour la dernière fois, et j'ai causé avec lui, la veille de sa mort."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.10", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2127, "texte": "Durant la dernière période de sa carrière, ses vues sur la musique\nétaient par certains côtés devenus contraires aux miennes, mais vu son\nétat maladif, je n ai jamais trouve bon d entamer de discussion avec lui.\nAyez l'obligeance de me dire quelle situation occupe ce M\ndont je vous ai envoyé la lettre. Mérite-t-il confiance, ou appartient-il au\ntype de ces chailatans faiseurs d affaires dont le monde de la musique est\nsi encombré ?\nGatchina, 25 juillet/7 a°ût 1906.\nRevenant de Peteisbourg ou j ai du passer une journée, je m'em-\npresse de continuer ma lettre, et commence par ce qui est relatif à\nMoussorgsky. Vous m'interrogez sur ses études d'harmonie et d'orches-\ntiation. Il ne connaissait ni 1 une ni 1 autre de ces sciences. Il a écrit son\nremarquable opeia Bons Godouiiocw au temps ou il vivait avec Rim.sk.y-\nKorsakow (qui était professeur de théorie musicale) ; malgré cela, cet\nopéra, au point de vue harmonique et orchestral, était au-dessous de\ntoute ciitique, et n eut de succès que grâce à la haute valeur de la\nmusique même.\nPar la suite, après la mort de Moussorgsky, Rimsky-Korsakow a\nîeoi chestie cette partition et y a fait des corrections d'harmonies ; mais\nen outre il a introduit maintes modifications de son crû, défigurant la\nmusique de Moussorgsky et abîmant 1 opéra par des déplacements de\nscenes. Actuellement, a ce que j ai appris de Stassow, il a reconnu sa\nfaute et préparé une nouvelle édition de où subsisteront\nles collections de 1 harmonie et de l'orchestration, mais où toutes les\nintentions de Moussorgsky seront scrupuleusement respectées...\nJe suis bien coupable en ce qui concerne le retard apporté à la\nrédaction nouvelle de mes premières vingt romances ; mais jusqu'à\nprésent je n'ai pu m'occuper de ce travail. Je vous promets de l'avoir\nachevé cet automne. Je vous enverrai les manuscrits, que vous aurez\n1 obligeance de faire parvenir a Gutheil après y avoir recopié les textes\nfrançais.\n(Pétersbourg) 11/24 février 19°7-\nJ'ai été très heureux de recevoir votre lettre. Et si je n'y ai pas\nrépondu tout de suite, c'est parce que jetais fort souffrant... et parce que"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.11", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2038, "texte": "je pensais demander à Liapounow, dès que je le verrais, des renseigne-\nments sur la romance de Moussorgsky d'après dont je\nne sais rien, de même que sur le Scherzo en Ut dièze mineur. Je me\ndemande si Stassow ne se trompe pas ? Il y a un Scherzo en si bémol\nmajeur de Moussorgsky, publié après sa mort, mais du Scherzo en\nUt dièze mineur je n'ai jamais entendu parler.\nEn ce qui concerne votre M. X... je ne suis pas étonné qu'il ne\nmontre aucune envie d'exécuter nos compositions, depuis qu'on m'a\nmontré des lettres de Tchaïkowsky où celui-ci raconte que X... a reçu\nde la protectrice de Tchaïkowsky, Mme Meck, de l'argent pour exécuter\nla Quatrième Symphonie... Comme ces lettres sont imprimées (et même\ntraduites en allemand) le fait n'a rien de secret et il est connu du monde\nmusical tout entier.\nSi en l'occurrence X... attend qu'on lui offre un paiement pour\nexécuter nos œuvres, il se trompe joliment : d'abord parce que nous\nn'avons pas de protecteurs, et ensuite parce que nous ne donnerons\njamais notre assentiment à une telle manière de propager nos oeuvres...\nOn m'a envoyé le rédacteur musical du journal français le il m'a\nparlé de Berlioz, ayant vu la superbe photographie de lui que je possède,\net m'a demandé s'il était vrai que Tchaïkowsky et moi n'avions que des\nrapports fort hostiles. Je lui ai répondu que c'était absolument faux.\nNous avions des opinions absolument opposées en matière d'art, mais nos\nbons rapports se sont conservés jusqu'à la fin.\nPétersbourg, 8/21 mars 1907.\nExcusez-moi d'avoir tant tardé à répondre à vos deux lettres. J'ai\nété très touché d'apprendre, par la première, combien vous aimez ma\nromance Vision 1 que moi-même je considère comme une de mes meilleures.\nLa mélodie en si bémol mineur à 5/4, que vous trouvez si impres-\nsionnante, est textuellement le chant religieux du tropaire de Pâques :\nKhris-tos vos-kré-cé iz smer-tykh\n(Christ est ressuscité d'entre les morts)\n\n1 C'était après la première audition de cette romance à Bruxelles, donnée par M. Bracony. (N. d. T.)"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.12", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1724, "texte": "dont les paroles sont la traduction littérale du Xprjçroç avéart) grec. Je\npense que si vous allez assister dans l'église russe de Paris, aux matines\nde Pâques, vous entendrez la dite mélodie (quoique peut-être sous une\nforme altérée)...\nPétersbourg, 19 nov./2 décembre 1907.\n...Le succès de En Bohême me cause une grande joie ; et comme je\nle vois par les coupures de journaux que vous m'envoyez, les belles\nmélodies tchèques ont été goûtées à Paris ; ce qui était mon ardent\ndésir...\nPétersbourg, 29 oct./i 1 nov. 1907.\n...Aujourd'hui est venu chez moi M. Casella, que vous connaissez\nbien, il a remarquablement bien instrumenté mon 11 paraît qu'il\nvient de composer une symphonie qui a été récemment exécutée. Cela\nm'a intéressé et je l'ai prié de venir chez moi après demain 13 novembre\n(31 octobre) pour me jouer cette symphonie.\nOn écrit dans nos gazettes merveilles du triomphe des compositions\nde Rimsky-Korsakow et de Glazounow à Paris ; il paraît qu'à la suite de\nce triomphe le Grand Opéra va monter deux de ses opéras et un\nautre.\nAvez-vous lu, dans un des derniers numéros du\nWochenblatt, comme on censure ma sonate ? Le rédacteur traite ma\nmusique de \" creux bavardage \", et de Xlntermezzo il dit que ce morceau-là\nest \" vis-à-vis de rien\" (sic).\nJe m'en console en me rappelant que lorsque parut la sonate en si\nbémol mineur de Chopin, les allemands écrirent de cette œuvre : \" Gar\nkeine Sonate \" et que \" le Finale n'était même pas de la musique... \"\n(Pétersbourg) 9/22 novembre 1907.\n...Un jour Wladimir Stassow discutait avec moi la question de savoir\ns'il était possible de réunir en un accord les sept notes de la gamme.\nJ'estimai que c'était faisable ; et en deux endroits de mon poème sym-"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.13", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1038, "texte": "phonique En Bohême, j'utilisai cet accord, qui apparaît une première fois\ncomme dominante du ton d'Ut dièze :\net, dans le milieu de l'œuvre, un demi-ton plus haut.\nVotre camarade Casella a fort bien instrumenté mon ; je lui\nai proposé quelques petites modifications à son travail...\n15/28 décembre 1907.\nN'ayant reçu depuis assez longtemps aucune nouvelle de vous, j'ai\ncraint que vous ne fussiez malade, et afin de savoir ce que vous deveniez\nj'avais décidé d'importuner par lettre votre ami Vines, en le priant de me\ndire comment vous vous portiez. Donc vous pouvez vous imaginer\ncomme j'ai été heureux de recevoir enfin votre lettre...\n...Vous vous trompez tout-à-fait en comparant l'accord formé des\nsept notes de la gamme qui se trouve dans le finale de la neuvième\nsymphonie de Beethoven à celui que j'ai employé dans mon poème\nsymphonique En Bohême.C'est un accord tout-à-fait différent, que je vous\nrecopie d'après la partition éditée par Schott, p. 259 :\nComme vous le voyez, c'est là une combinaison de l'accord de"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.14", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1983, "texte": "tonique avec celui de la neuvième de dominante; elle provient d'une faute\nde copie qui a échappé à l'auteur...\nJ 'ai moi-même éprouvé que ces tristes accidents sont possibles ; dans\nune de mes compositions, je ne remarquai pas tout d'abord que j'écrivais\na un endroit une harmonie aux instruments à vent, une autre aux\ninstruments à archets. A la première répétition, j'entendis la cacophonie\net me hâtai d'y remédier !...\nPétersbourg, 4/17 janvier 1908.\n...Je vous suis très reconnaissant d'avoir communiqué mon adresse à\nBourgault-Ducoudray, à qui je suis en grande partie redevable du fait que\nma musique soit connue à Paris. C'est lui qui avait poussé Lamoureux à\nexécuter ma Thamar; après la première audition de cette œuvre, il m'a\nécrit une lettre admirable dont j'ai été profondément touché. Et cette fois\nencore, à ce qu'il paraît, je suis son obligé à propos de l'exécution de\nEn Bohême...\nPétersbourg, 6/19 février 1908.\nVous me demandez des nouvelles de ma deuxième symphonie. Elle\navance à pas de tortue (c'est le cas de toutes mes compositions) et actuel-\nlement trois des parties en sont écrites et instrumentées ; i° Allegro,\n2° Scherzo alla cosacca, 30 Romanza (Andante) ; reste à écrire le Finale,\nmais je n'espère pas y parvenir rapidement. A Pétersbourg on ne me laisse\npas le temps de composer. De plus, ma santé est devenue fort mauvaise,\net je n'ai d'espoir qu'en l'été qui me fait toujours du bien, comme en ma\nvillégiature à Gatchina où je ne suis point dérangé dans mes travaux.\n10/23 novembre 1908.\n...Hier est venu chez moi Bernardi, qui m'a raconté mille choses\nintéressantes sur vous et sur votre ami Vines. Il a beaucoup parlé du\npianiste Bauer, de qui je n'ai jamais rien entendu. A l'occasion, dites-moi\nsi vous le connaissez et quelle est votre opinion sur lui...\nMalgré ma mauvaise santé, et le très mauvais été que nous venons\nde subir, je suis parvenu à achever ma deuxième symphonie, qui actuel-\nlement est à la gravure à Leipzig..."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.15", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1618, "texte": "Pétersbourg, 7/-0 février 1909.\n...J ai ete heureux d apprendre que vous avez déchiffré avec\nM. Ravel, la transcription pour quatre mains de ma 2me Symphonie, et\nque cette œuvre vous a intéressé. Pour second thème du finale, j'ai pris\nune Mélodie russe qui a beaucoup d analogie avec un des thèmes utilisés\ndans mon poème symphonique En Bohême. Cette analogie de l'un et de\n1 autre (qui en decele 1 antiquité) m a conduit a des analogies de dévelop-\npement ; à la dernière page de la symphonie, vous remarquerez que le\nthème s'ornemente d'une figuration en triolets qui se trouve aussi dans\nEn Bohême :\n...Vous demandez des nouvelles de ma santé. Elle est des plus\nmauvaises, mais mon docteur est persuadé que je vivrai encore jusqu'à\nl'été ; et s'il ne se trompe pas, la chaleur me rendra quelques forces, et\nalors je puis espérer vivre jusqu'à l'automne. Il en sera selon la volonté de\nDieu...\nPétersbourg, 27 février/12 mars 1909.\n...Des romances de Moussorgsky dont vous me parlez,1 je ne connais\nque les quelques-unes qui ont été publiés. Quant aux autres, je regrette\nde ne pouvoir absolument rien dire à leur sujet. Il serait intéressant de\nsavoir où M. Malherbe a acheté ses manuscrits.\nMa santé est bien mauvaise. Mais je vis jusqu'à l'été ce que\nm assure, pour me reconforter, mon médecin, alors je me maintiendrai\nau moins jusqu'à l'automne.\nPétersbourg, 14/27 septembre 1909.\nVotre lettre du 10/23 septembre m'est parvenue. Vous me parlez de\nla précédente, croyant qu'elle a pu s'égarer ; mais vous l'avez bien envoyée\n\n111 s'agissait du manuscrit \" Années de Jeunesse acquis par M. Malherbe."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.16", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2322, "texte": "et je l'ai reçue ; et si je n'y ai pas répondre, c'est uniquement parce\nqu'elle m'a trouvé fort malade... Maintenant, grâce à une cure appropriée\net à l'été propice, ma santé est devenue un peu meilleure. Je suis heureux\nde pouvoir vous écrire et vous remercier de penser à vous occuper d'une\nexécution à Paris de ma Deuxième Symphonie.\nMais en ce moment, je voudrais détourner votre attention de ce\nprojet au profit d'une autre entreprise musicale. Voici ce dont il s'agit :\nle 9/22 février 1910 sera le centième anniversaire de la naissance de\nFrédéric Chopin. Ce jour-là on inaugurera à Varsovie un monument sur\nune des principales places de la ville, laquelle prendra (sans doute) le nom\nde \" Place Chopin \".\nMais comme ce génial compositeur, pour des raisons politiques,\nn'est jamais retourné dans sa patrie après la prise de Varsovie par l'em-\npereur Nicolas I, qu'il a choisi la France pour sa seconde patrie et Paris\npour lieu de résidence, il me semble que la ville de Paris est moralement\ntenue d'édifier un monument à l'homme de génie qui lui fit un tel\nhonneur 1 ; et vous ferez très bien d'organiser, si cela est possible, une\nfête appropriée à ce jour du 22 février, en commençant par un court\nservice religieux du rite catholique romain sur sa tombe au cimetière du\nPère Lachaise, et en finissant par un festival de ses œuvres ainsi que\nd'oeuvres composées à l'occasion de cet anniversaire.\nEn vue de cet événement, j'ai formé une Suite de quatre de ses\ncompositions pour piano et l'ai orchestrée ; je vous en envoie la partition.\nLiapounow a composé pour le même anniversaire un magnifique poème\nsymphonique de proportions moyennes, où les thèmes populaires polonais\net celui de la Berceuse jouent un grand rôle. Cette œuvre porte le nom\ndu petit village polonais où naquit Chopin : Zimmermann\nen prépare actuellement l'édition ; et sans doute partition et parties\nseront-elles prêtes d'ici deux mois.\nCe sera une grande joie pour nous si vous réussissez à organiser\ncette solennité à la mémoire du génial Chopin, et plus grande encore si\nvous trouvez moyen de nous y ajouter comme participants...\nJ'attends avec un intérêt tout particulier de savoir comment vous\naccueillerez mon idée. (\n\nlOn voit que Balakirev ne connaissait pas les derniers embellissements de notre Parc Monceau.(N. d. T.)"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.17", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1259, "texte": "(Petersbourg) 15/28 février 1910.\nJ'ai été très heureux d'apprendre que grâce à vous et à votre ami\nVines, un concert à la mémoire de Chopin a eu lieu à Paris au jour\nmême du centième anniversaire de sa naissance. Le programme que vous\nm'avez envoyé est fort bien composé, mais il est dommage que Vines\nn'y ait point inscrit la Berceuse, en l'honneur du jour de la naissance de\nl'auteur.\nChez nous, à ce qu'on m'a rapporté, la commémoration de ce jour\na été triomphalement organisée par Liapounow... La maladie m'a em-\npêché d'assister au concert, mais je suis heureux d'avoir tout de même\npu être présent à la répétition...\nPetersbourg, 2/15 mars 1910.\n... Vous me demandez à quelle époque j'ai composé mes romances\nla Chanson du poisson d'or et la Chanson Géorgienne. Je n'en ai point\nconservé les manuscrits, mais la première édition de l'une fut gravée en\nseptembre 1861, la seconde en novembre 1865...\nPetersbourg, 7/20 avril 1910.\n... Dans une de vos dernières lettres vous soulevez la question de\nl'instrumentation de quelques-unes de mes romances. J'en ai instrumenté\ntrois: i° Chanson Géorgienne; 2° Réve ;30 Je n'ai pas l'espoir\nd'en instrumenter d'autres, car, vu ma vieillesse et ma maladie, une telle\ntâche dépasserait mes forces..."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-07-15-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-07-15_01#c013", "volume": "bmtnabh_1911-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 18, "image_fin": 37, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.2.5", "titre_corps": "NOTES SUR L'ONOMATOPÉE", "titre_sommaire": "NOTES SUR L'ONOMATOPÉE", "signature_source": "Ernest Closson", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.18", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2521, "texte": "Il faut avouer qu'au point de vue des causes premières, la philologie\nest aussi décevante que les sciences naturelles elles-mêmes. Quand elle a\ndépecé un vocable, expliqué les modifications que diverses lois phoné-\ntiques lui ont fait subir, déterminé ses ramifications dans d'innombrables\nidiomes, nous n'en sommes guère plus avancés. L'étymologiste nous fait\nremonter la généalogie d'un mot à travers le latin, le grec, le sanscrit, le\nphénicien, l'hébreu..., mais quand il s'agit de préciser ses origines, de\njustifier la naissance d'une racine par rapport à l'idée qu'elle exprime, il\ndoit se récuser ; et dès lors, pour le profane, il devient assez indifférent\nd'apprendre que \" syringe \" dérive de avpiyZ,, ou si tel mot fut emprunté\naux Phéniciens par les Hébreux, ou inversement.\nC'est ce qui explique l'attrait de l'onomatopée, laquelle du moins\nporte en elle-même son explication et écarte la question irritante de la\npriorité d'origine, étant, par définition, spontanée. Mais il faut se garder\nd'exagérer son importance. Dans un livre 1 naguère célèbre, dédaigné\naujourd'hui comme relevant de ce romantisme scientifique dont Fétis\nfut, pour nous musiciens, la figure la plus caractéristique, Max Muller\nécrivait au sujet de l'onomatopée ces lignes, qui semblent assez iustes :\nLa théorie de l'onomatopée fut en grande faveur dans l'école du XVIIIe siècle, et comme\nelle est encore adoptée par beaucoup, elle mérite notre examen le plus attentif. On suppose\ndonc que l'homme, étant encore dans l'état de mutisme, entendit les cris des oiseaux et des\nanimaux, le mugissement de la mer, le bruissement de la forêt, le murmure du ruisseau, le\nsouffle de la brise et le grondement du tonnerre. Il s'efforça d'imiter ces bruits et, trouvant\nque ces cris imitatifs étaient utiles comme signe des objets qui les avaient suggérés, il pour-\nsuivit cette idée et élabora le langage. Cette doctrine fut développée et défendue avec grand\ntalent par Herder.... A cela, nous répondrons qu'encore que toutes les langues possèdent un\ncertain nombre de mots formés par onomatopée, ces mots ne constituent dans aucune langue\nqu'une très faible minorité du vocabulaire entier. Ce sont les jouets et non les outils du\nlangage ; et toute tentative pour ramener à des racines imitatives les mots les plus communs\net les plus nécessaires demeurent en pure perte. Herder lui-même, après avoir été le plus\nvigoureux défenseur de la théorie de l'onomatopée, et avoir obtenu le prix offert par l'Académie\n\n1 La Science du Langage (1864.)."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.19", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 22, "texte": "NOTES SUR L'ONOMATOPÉE"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.19", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2978, "texte": "de Berlin pour le meilleur essai sur l'origine du langage, renonça ouvertement à ce système\nsur la fin de sa vie et se jeta de désespoir dans les bras de ceux qui regardaient le langage\ncomme ayant été révélé à l'homme par un miracle.\nMax Muller montre ensuite la rareté et la stérilité des racines\nonomatopiques et combien, dans cet ordre d'idées, nous nous laissons\nfacilement induire en erreur par d'apparentes analogies. Cependant, il\nconcède que dans certaines classes de mots, comme celles des noms\nd'animaux, la loi de l'onomatopée a pu offrir une certaine importance. Il\noublie celle des noms d'instruments de musique, que nous nous proposons\nde parcourir ici au même point de vue, en nous efforçant de grouper et\nde classer un certain nombre de cas pour en tirer quelques conclusions.\nSans prétention aucune, d'ailleurs, et dans le seul but de suggérer quelques\naperçus nouveaux concernant l'onomalogie instrumentale. Ce n'est pas\nun linguiste, mais un musicien qui écrit, et s'il croit être à peu près\nsûr des principes, il se résigne d'avance à voire à se couvrir de\nridicule dans l'application... 1\nNous pensons que les lettres caractéristiques, dans les noms d'instru-\nments relevant de l'onomatopée, sont les consonnes, qui constituent donc\nà elles seules des racines. Si l'on en excepte le / dans la désignation des\ninstruments à son aigu, on constate que l'imitation est presque exclusive-\nment basée sur l'emploi des consonnes, isolées ou combinées. Cette\norigine onomatopique, ainsi que les analogies d'un idiome à l'autre qui\nen sont la conséquence, nous sont presque toujours dérobées par l'inter-\ncalation de voyelles différentes, qui d'après nous ne répondent le plus\nsouvent qu'à des particularités d'élocution ou d'audition, ou à des néces-\nsités ortographiques, soumises à l'arbitraire des annotations, comme nous\nécrivons hum ! tandis que nous prononçons Nous devrons donc, afin\n\n1 II n'est naturellement pas possible d'indiquer, à chaque mot, les sources utilisées. Citons, parmi les\nouvrages spéciaux, les livres indispensables de Praetorius (Syntagma, II), Mersenne (Harmonie universelle),\nBonanni (Stromenti armonici) ; puis Lacroix et Séré (Le Moyen âge et la Renaissance), Buhle (Die Musik-\ninstrumenten in den Manuskripten der fruheren Mittelalter, Fétis (Histoire, t. I et II), Bottée de Toulmon\n[Les Instruments de musiqne au Moyen âge), des monographies telles que les deux ouvrages de Villoteau sur la\nmusique égyptienne, les Notes on siamese musical instruments de Edgecumbes, etc., et surtout l'inépuisable Cata-\nlogue du Musée du Conservatoire de Bruxelles, par V.-Ch. Mahillon, conservateur. Enfin, les dictionnaires :\nd'Etymologie de la langue grecque de E. Boisacq (en cours de publication), le Latein. etymol. Worterbuch de\nWalde, le Etymol. Worterbuch der romanischen Sprachen de Diez, le Worterbuch der deutschen Sprache de Sanders,\nles dictionn. d'étymol. française de Scheler, de Noël et Charpentier.\n2"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.20", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2449, "texte": "de dégager la signification onomatopique de tels vocables et de ses\nramifications, faire presque constamment abstraction des voyelles auxi-\nliaires (cf. '/ djr — Alger, dsch = djich, razzia, etc.). 1\nCeci dit, essayons de classer gr les types onomatopiques\nexhibés par notre terminologie. Mais il importe de remarquer tout\nd'abord que ce classement se base sur les imitatives, qui ne\ncorrespondent pas toujours très exactement au timbre réel des organes\nsonores, observé, analysé et reproduit de façon différente dans diverses\ncontrées et suivant les points de vue. Nous trouverons donc, dans une\nmême catégorie, des appareils de timbres passablement différents, mais\ntoutefois toujours apparentés dans la perception auditive.\nNos désignations onomatopiques peuvent se diviser en deux caté-\ngories, suivant qu'elles sont isolées ou géminées. Il suffira de spécifier les\npremières, dont les autres ne sont que des combinaisons :\ni° Sonorité trépidante, frémissante.C'est la catégorie la plus impor-\ntante et la plus caractéristique, comprenant à la fois des instruments à\nembouchure, à anche et à cordes pincées et des instruments à percussion,\ndonc à l'exclusion seulement des flûtes et des instruments à archet. La\nracine onomatopique est nnn(r roulé), suivi et surtout précédé d'une\nconsonne d'appui, avec intercalation graphique d'une voyelle quelconque\nqui ne modifie en rien la signification originaire (cette dernière obser-\nvation s'applique également à toutes les catégories qui suivent) ;\n2° Frémissement sonore plus atténu Racine : une\nconsonne sifflante sss, zzz,précédée d'une consonne d'appui :\ngzzz, etc. ;\n3° Sonorité égale, sans trépidation fll, parfois\n4° Sonorité aiguë, perçante :/, combiné avec des consonnes diverses ;\n5° Sonorité pnolongée, égale, d'un timbre plus sombre que le précé-\ndent : bbb, ttt, etc. ;\n6° Sononité netentissante(surtout par percussion) : dur),\ntmm, knn;\n7° Sonorité sèche, mate (percussion) :\n8° Sononité sèche, cnissanté : ts.\n\n1 M. E. Boisacq, Péminent philologue, professeur à l'Université de Bruxelles, nous fait remarquer que\ncette théorie, admissible pour les langues orientales, basées sur les consonnes, ne l'est plus pour les langues\nindo-européennes, auxquelles les voyelles sont essentielles. Nous croyons cependant que dans le cas particulier\nqui nous occupe, certaines consonnes peuvent être admises comme éléments premiers. On en verra plus loin\ndes exemples caractéristiques."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.21", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2533, "texte": "§1 • Rrr suffit à lui seul à exprimer, sinon le son, du moins\ncertaines formes vibratoires. La racine sanscrite (nous croyons pouvoir\nécrire rrr), \" s'applique, dans ses dérivés, au gazouillement des oiseaux,\nau bourdonnement des abeilles, à l'aboiement des chiens, au beuglement\ndes vaches, au chuchotement de l'homme et aux sourds gémissements\ndes arbres Elle se retrouve dans la plupart des langues européennes,\navec la signification concrète d'une sonorité ronflante (nordiq.\nhaut-all. ru zen, riucken, ruschen).En ce qui concerne les instruments de\nmusique, nous la retrouvons dans l'ail. (= flûte ronflante,\naussi mixture d'orgue), dans le flam. rommelpot (ail. Rummeltopf\\ fr. \" rome-\nle-pot \"). L'idée de râclement (comme dans ce mot même), de trépida-\ntion, que nous étudierons plus loin, est moins fréquente ici ; on la trouve\ntoutefois dans 1 angl. rattle(= crécelle) et l'arabe (un tambour plus\npetit que le tar) ; peut-être y a-t-il la même intention imitative dans\nl'ail. Racket(= cervelas ; cf. raxen,crissement des portes, des roues, etc.).\nRrr répond également à l'idée de confusion, désordre (peut-être par\nanalogie instinctive avec la vibration d'un corps violemment tiré de l'état\nde repos), comme dans l'angl. hirdy-girdy, d'où hurdy-gurdy, dénomination\npéjorative de la vielle.\nC'est combiné avec une consonne d'appui que est particulière-\nment employé. Cf., avec l'ail. Brommel, Gebrum, le nom d'une trompette\nhindoue, bouri (brrr) ; avec \" crécerelle \", (oiseau ; aussi criard,\nfanfaron) les mots crotalun, \" crécelle \" ; avec \" grelot \", \" greloter \", le\nvx. franç. graille, graisle (prov. graile = mince, menu, aigu ; ail. grell\ngrêle, criard), la trompette \" gresle \" ; avec \" frétiller \", \" fredonner \", le\nnom de \" frestel \" (lat. fritillus). Mais la combinaison et son atté-\nnuation drrr sont plus intéressantes. Elle démontre notamment, par\ndes rapprochements onomatopiques, les analogies vibratoires de la trom-\npette et du tambour, deux types instrumentaux cependant bien éloignés\nl'un de l'autre (tout à l'heure, nous y ramènerons en outre la corde\npincée), mais qui se rapprochent par le caractère de leur\nsonorité. Or, le roulement du tambour (particulièrement caractérisé\nlorsque l'une des membranes est munie de la corde dite \" timbre \") et le\nvibrato de la trompette s'expriment ici uniformément par ou\ndrrr (la \" diction tran,dont on se sert pour exprimer le son du cor \"\nle \" tere-tere-tere \" par lequel Thoinot Arbeau rend naïvement, dans\n\n1 FOUILLOUX, la Vénerie."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.22", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2502, "texte": "VOrchésographie, le roulement du tambour). C'est cette onomatopée\nque nous allons retrouver ici. Nous nous occuperons tantôt du français\n\" tambour \" ; arrêtons-nous un instant aux désignations germaniques\ndes deux instruments. Il y a quelques siècles à peine, celles-ci se con-\nfondaient presque dans Trommeld'une part, de l'autre (encore\nchez Praetorius). Le trrrou drrrse retrouve dans tous les anciens noms\nallemands du tambour, Trumber, Drum etc., avec les verbes\ndrummeln, drommeln, tandis que \" trompette \" s'exprime par Drumme/,\nDromete, etc., (trompettiste = Trommer),haut-all. Nous\nvoici d'ailleurs rentrés dans le domaine des langues latines, avec tromba,\n\" trompe \", \" trompette \", \" trombone \" (longtemps trombon). La super-\nfluité des voyelles intercalaires se vérifie dans le latin (trom-\npette), ainsi que dans les vocables exotiques arbitrairement graphiés,\nturr (Birmanie), taré (Indes angl.), tri (Siam), tous instruments à\nembouchure dont les dénominations se ramènent uniformément à la\nracine précitée trrr.Encore plus explicite à cet égard est le nom du\ntambourin arabe tar,muni d'une corde de timbre qui prend parfois le\nmême nom. C'est aussi par analogie que l'instrument à archet uniquement\ndestiné à la production de sons harmoniques auxquels un chevalet mobile\ncommunique une sonorité trépidante prend les désignations apparentées\nde \" trompette \" marine (nous reviendrons sur le qualificatif) et\nscheit (= bûche-trompette). Enfin, rien ne démontre mieux l'intention\npurement imitative de la racine trrr^indépendamment même de l'agent\nsonore, que la qualification de \" tambour \" donnée en allemand à la\nguimbarbe : \" Maul-Trommel \" (= tambour de bouche), pour caractériser\nla sonorité grésillante de cet appareil.\nL'onomatopée la plus énergique dérivée de r roulé est fournie par\nla combinaison de ce dernier avec un préfixe s, 2;, ts, etc. Le congénère\noriental de nos anciens hautbois porte, dans les divers pays musulmans,\nou soumis jadis à la domination arabe, le Caucase et la Perse y compris,\nune dénomination très caractéristique, orthographiée de différentes\nmanières : zamr, zmarah, zorna, zourna, sournay,\nVilloteau fait observer que zamrpourrait dériver de = il a\nchanté, et désignerait par conséquent l'instrument \" qui accompagne le\nchant \" ; mais il doute avec raison de cette étymologie, le timbre perçant\ndu hautbois rendant cet instrument peu propre à l'accompagnement de\nla voix humaine. La dénomination la plus fréquente est, selon lui, zourna,"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.23", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2566, "texte": "qui, dit il, une signifie rien en elle-même Fétis note cependant le\npersan sour = noce, festin, et nay^dénomination générique de la flûte en\nOrient : donc, sournay flûte des noces ou festins. Pour nous, il nous\nsemble que les diverses vocables cités plus haut pourraient bien se\nramener tous aux racines onomatopiques et iustement\nevocatives de la sonorité trépidante du hautbois. La terminaison nay ou\nna', qui caractérisé quelques-uns d'entre eux, n'en garderait pas moins sa\nsignification : sournay (pour srrr-nay) la flûte à anche (sonorité trépi-\ndante), par opposition au nay ordinaire, la flûte à bouche transversale.\nL'arabe zoukra (zkrrrj, autre dénomination du hautbois, peut n'être\nqu'une variante de la même racine.\n§2. Nous quittons ici la forte trépidation de roulé. Toutefois,\nil ne s'agit pas encore des instruments à sonorité égale et fluide, mais des\ntimbres frémissants, susurrant, exprimés par les sifflantes sss, 222;, comme\ndans l'ail, summen ( bourdonnement), avec les composés msss, gzzz,\netc. \" Musette \", \" cornemuse \" sont considérés par Scheler et par\nLarousse comme étant d'origine inconnue ; on suppose généralement,\nmais sans preuve à l'appui, que la musette aurait été inventée par Colin\nMuset, jongleur de la cour de Thibaut de Champagne. Nous ne savons\nsi l'on a suggéré également le grec fxvZw = serrer les lèvres, se murmurer\nà soi-même (sanscr. muç, lat. mussare = dire à mi-voix, rouchi muser,\nwall. muzer = susurrer, fredonner), qui nous paraît une étymologie infi-\nniment plus probable, ces divers vocables eux-mêmes se ramenant à\nl'onomatopée msss. Cette hypothèse qui nous paraît plutôt confirmée par le\nnom de \" muse de blé \", donnée parfois au hautbois rustique. A la même\nracine se ramènent encore guzla (gzzz), ainsi que zanza fznznj, dénomi-\nnation onomatopique d'un instrument congolais essentiellement composé\nde lamelles métalliques qui, ébranlées par le doigt, rendent une sonorité\nfrémissante.\nLa racine JXT s'emploie aussi dans le sens de \" sifflement \", \" sifflet \"\nou \" siffler \" (lat. sipulari,gall. chwib,vx. franç. pers.\nlithuan. szwepleti, ail. zischen, angl. whistle), comme Platon emploie le\nnom de <rvpiyZpour désigner non seulement l'instrument, mais le son\nmême qu'il produit. 1\n\n1 Suivies d'une consonne appuyée d ou t, les sifflantes évoquent à merveille l'idée de heurt et de choc, de\nmouvement rapide aboutissant à un arrêt brusque, comme dans l'ail, stossen, stiïrxen, stechen, stocken ; nous ne\nvoyons, dans notre terminologie, aucune application de cette combinaison."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.24", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2514, "texte": "§3» Un seul type instrumental, la flûte, répond à cette définition.\nLe souffle de l'instrumentiste lui-même devient son, sans que le frémisse-\nment d'une anche ou celle des lèvres contre une embouchure viennent\nen altérer l'égalité. La racine est ici jqui se retrouve dans quantité de\nlangues : prov. jiauta,vx. français jiahaut-all.\ngr. moderne jioiera, roum. jiauta, jîuira, baléare Jiaiîta, etc. Mais il ne\nsuffit pas de ramener tout cela au lat. jîatus, jîare. D'où vient cette racine\nelle-même ? Kleist y signale justement une onomatopée imitant le souffle,\ncomme on fait ft ! futsch ! pft ! Parfois, la labiale / se combine avec une\nautre consonne initiale, comme dans le sanscr. plav = souffle, et l'island.\nblistra siffler. D'autres fois, c'est la labiale qui disparaît et se com-\nbine avec la sifflante précitée : arabe sbulg.\n= flûte à bec.\n§ 4. Nous avons déjà rencontré î dans les §§ 2 et 3. Il est même\ndifficile d'opérer une distinction bien tranchée entre ces différents cas, si\nce n'est d'après l'importance particulière prise ici, aux dépens de la\nconsonne d'appui, par I'/, caractéristique d'un son \" fin \", eines feinen Laut\n(Walde). Il n'y a qu'une nuance entre le haut-all. phîfen, phifen et le lat.\npipare,, vx. franç. pipe,\" pipeau \", \" pibole \", gaél. bret. suéd.\npipa, russe piskat et pischal, daim, pivot, ital. piffera, dan. et flam. pijp. La\ncaractéristique consiste ici dans la combinaison de et /, qui se retrouve\nfréquemment dans la dénomination d'objets aigus, pointus (lat. pilurn,\nhaut-all. phîl, pfîl, etc.). Nous croyons cependant reconnaître la même\nintention dans le nom de la flûte chinoise tî.\nOn remarque ici comment un même instrument peut prendre, dans\nune seule et même langue, des dénominations différentes, suivant le point\nde vue. Le flamand skalmeye = hautbois, comme ses congénères occiden-\ntaux, désigne la matière, le roseau. Mais la même langue emploie encore\nle mot pijp, cette fois par allusion au timbre aigu de l'instrument ; dans\nles vieux comptes, pijp, pijper, s'applique indifféremment a la flûte et au\nhautbois, et aux joueurs des deux instruments. Même chose pour \" flûte\net \" pipeau \", celui-ci s'inspirant du timbre, celui-là du mode d'insuf-\nflation.\n| r, Nous revenons aux consonnes onomatopiques nécessairement\ncombinées, dans les graphies, avec des voyelles. Bbb et ttt ne se conçoivent\npas isolément et s'adjoignent, pour les besoins de la cause, eu, û, etc. Les\norganes ainsi désignés sont presque toujours des instruments à embou-"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.25", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2561, "texte": "chure. Pourquoi, des lors, n y retrouve-t-on pas le r roulé caractéristique\ndu vibrato ? C'est qu'il y s'agit plus particulièrement des appareils du\ngenre cor, où le vibrato est moins sensible que dans le timbre strident de\nla trompette. Nous avons fait remarquer qu'un même instrument peut\nrecevoir ainsi des dénominations onomatopiques différentes, d'après les\ndivers modes de perception : le bruit des chaînes sera évoqué en chinois\npar tsiang-tsiang, en mandchou par kling-kling. La différence des points de\nvue détermine des contrastes analogues. Nous avons cru reconnaître dans\nzamr, sourna,etc., la racine onomatopique ou inspirée de la\nforme vibratoire du timbre du hautbois, tandis que le flamand\n(de pîp) fait allusion à l'acuité sonore. Les désignations onomatopiques\nrespectives des instruments des genres cor et trompette offrent les mêmes\ndifférences.\nSi les noms de trompette relevés sous § i suggèrent le vibrato résul-\ntant de la compression des ondes sonores dans un tube étroit et long,\nceux de la présente catégorie s'appliquent plutôt aux tenues de sons\nretentissants, puissants, mais d'une tonalité unie et sombre. C'est ici\nque nous rangerons le lat. tuba, si l'on veut voir dans ce mot, avec\nPrellwitz, une onomatopée ; plus sûrement, le franç. \" bouret \" (\" bouret\nde mer \" = conque), \" bugle \" (par \"beugler\"), le flam. (pron.\n\"teuït\"), nom générique d'instrument à embouchure, avec les dérivés\ntuiten, tuiter,le nord. lûr(grand cor pastoral) : tout cela se ramenant aux\nconsonnes-racines bbb, ttt, In.C'est ici également que se place, selon\nnous, l'importante racine bug = \" souffler, et par là produire un son\nsourd \" (Boisacq ; l'auteur dit bien et non comme\ncelui de la trompette), autour de laquelle Walde et Boisacq groupent\nune foule de dérivés : sanscr. bukkarah = rugissement du lion,\n( qui hurle, en parlant du vent), fivKavrj, (3vktï)ç ( instruments à em-\nbouchure), lat. bucca(= bouche, joue gonflée), bulg. (= rugir),\ngall. bugad(= mugir), irland. bochna(= mer mugissante), franç. \" cornet\nà bouquin \" (embouchure), enfin, et surtout, lat. buccina, désignant àla fois\nla grande trompe circulaire de l'infanterie romaine et, par analogie, la\nconque dans laquelle étaient censés souffler les tritons. 1 Maintenant,\nencore une fois, d'où cette racine buq ? Nous voudrions la ramener,\nd'après le sens qui lui est donné, à l'onomatopée signalée ci-dessus,\n\n1 Une question de priorité se pose encore une fois ici Î l'instrument de musique a-t-il donné son nom à la\ncoquille du buccin, ou inversement ?"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.26", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2496, "texte": "tout en avouant que la consonne finale, le ou ne s'explique\nplus dans cette hypothèse. Le cas est pourtant bien intéressant, ne fût-ce\nqu'à cause de ce lat. buccinaauquel se ramènent, on le sait, les appella-\ntions du trombone dans les langues germaniques et en vieux français :\nbuisine, busine,flam. bazuin,ail. pus aune,et d'autres.\n§ 6. Ici, la plupart des instruments sont des appareils de bat-\nterie, simplement bruyants ou à son déterminé, mais sans la sonorité\ntrépidante du tambour. L'idée de retentissement qui leur est particulier\ns'exprime par mmm, nnn,précédé de quelque consonne d'appui, suivi parfois\ndu g dur, avec intercalation d'une voyelle ou (tm-tm) est ici\nla dénomination la plus connue, la plus pertinente également au point de\nla génération spontanée de l'onomatopée, puisque nous la retrouvons en\nAfrique comme en Chine. Puis vient le gong (gnnng), avec les termes\napparentés klong (gros tambour) et mowng (= gong ; tous deux siamois),\nanklong (appareil javanais à tubes de bambou percutés), le tout rappelant\nnotre interjection boum !On doit en rapprocher le latin\nbruit retentissant, d'où le nom français des anciens hautbois graves,\n\" bombarde \", ail. dont Praetorius lui-même signale l'étymologie\n[a bombo).\nDans ces divers noms, le o intercalaire suggère une sonorité grave,\nsombre, grosse. Le iau contraire, combiné avec les mêmes finales reten-\ntissantes, conserve sa signification déjà signalée de son fin, aigu. Tinn\n(tnnn) évoque le son d'une clochette (lat. tintinabuli,, tinire, etc., franç.\n\" tinter \"), d'où aussi le mot \" timbre \" lui-même, qui au moyen âge\ns'appliquait également à un tambour de petite espèce. La combinaison\ntim {trri)sert dans des onomatopées géminées que nous examinerons.\nKing {kng)est en chinois le nom générique des pierres percutées, à\nsonorité généralement aiguë, et se retrouve, sans le g, dans le nom de la\npetite cithare kin> probablement par imitation de l'ébranlement de la\ncorde (nous retrouverons tout-à-l'heure, dans le même sens, le radical\nki (k) combiné avec un suffixe spécial et exprimant, celui-ci la sonorité,\ncelui-là l'ébranlement lui-même).\n§ 7. Instruments dont la surface vibrante, dure ou trop tendue\npar rapport à son exiguïté, est inapte à rendre un son prolongé. C'est ici\nque nous classerons la racine tap (tp) qui se retrouve dans la plupart des\nlangues aryennes : sansc. tup, gr. TW™, anc. slave tepsti, polon. topatic\n(Larousse) et à laquelle le français doit quelques dérivés, comme tabut,"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.27", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2272, "texte": "tabourie (= tapage, vacarme). Il est superflu d'insister sur l'analogie ono-\nmatopique de la désignation de tambours de petites dimensions dans les\nexemples suivants : hébreu toff, arab. (de il a frappé),\nturc doef^esp. adouj~.ll suffira de remarquer que la substitution éventuelle\nde fau pfinal insiste à peine sur la brève vibration éveillée par la\npercussion évoquée dans les */, t initiaux. Des sonorités plus sèches encore\nsont représentées dans le copte kem-k = tambour, le français\n\" claquette \", \" cliquette \" (clç), etc.\n§ 8. Hébr. tseltselim (tsl), de tsalal = tinter, cymbales ; égypt.\nsen-sen, éthiop. senasel {sn = sistre). Ajoutons-y les nombreux préfixes\ncym, teinta etc., dont nous allons nous occuper.\nNous voici arrivés à la seconde partie de notre exposé, à ce que\nnous avons appelé des onomatopées \" géminées Pas de racines nouvelles,\nmais des combinaisons de celles précédemment analysées, exprimant en\nun seul vocable, et dans l'ordre, l'effet des appareils à sons successifs : il\nsuffira de rappeler, comme exemples, les onomatopées relatives aux\nsonneries des cloches, bim-bam^etc., surnom populaire de la\ngrosse cloche de Londres, bistanclaque, désignation onomatopique du\nmétier à bras de l'ancien canut lyonnais, tutu-panpan, pour le gaboulet et\nle tambourin provençaux. Il faut en rapprocher la combinaison de la\nvoyelle claire iavec la voyelle foncée dans la désignation de\ncertains instruments à vent, évoquant peut-être la modification brusque\ndu timbre à l'expiration ou au renforcement de l'insufflation : bret.\nprov. biou (conque-trompette), chin. liîi (flûte-diapason), siam. klui (flûte\nà anche). Des combinaisons analogues, évidemment onomatopiques,\ns'emploient même pour rendre la percussion répétée de certains instru-\nments à sons invariables, comme les timbales : dimplipito (Caucase),\ntobilet (Turquie), parfois par analogie rythmique, comme dans le\ntambour arabe, percuté en un rythme cadencé termaire, appelé tapdeba\n(tp, d, b).\nUne catégorie infiniment plus intéressante est celle où la com-\nbinaison onomatopique a pour but de reproduire, dans une succession\nrapide, l'ébranlement du corps sonore la vibration consécutive. Pour-\ntant, les deux se confondent dans le phénomène habituel de l'audition."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.28", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2547, "texte": "A peine si la percussion du métal (comme dans les cloches) permet à\nune oreille moyenne de distinguer entre la sonorité sèche et grêle produite\npar la percussion et la sonorité pleine, retentissante, résultant de l'ébranle-\nment consécutif de la masse totale. Il semble donc que la diérèse onoma-\ntopique corresponde plutôt ici à la distinction entre l'acte (percussion,\npincement, etc.) et la constatation auditive. Par exemple lorsqu'un\ncithariste pince une corde de son instrument, il doit instinctivement\nséparer, dans l'ordre des sensations, le tact et l'ouïe, cet arrachement bref\net sec de la corde et la sonorité onctueuse, prolongée qui en résulte ; de\nmême pour la percussion des membrances, des plaques, la percussion ou\nle pincement des cordes métalliques ou autres.\nL'exemple le plus caractéristique consiste naturellement ici dans le\nmot \" tambour \", d'origine orientale, dit-on, d'origine romane, pense\nScheler, mais qui pourrait bien être universel et spontané : tmm\npercussion, brr = vibration. Ses ramifications ne se comptent pas :\nlat. taburcium, taburium,taborellus, gall. ar. et\npers. tambor,ital. et esp. tamburro, prov. vx. franç.\ntaborer., tabourie,etc. L'anc. ail., qui se sert habituellement des\ndiverses formes de Trommel^connaît également ainsi que le vocable\nrotumb., fort singulier, parce qu'il apparaît comme une version du\nprécédent : tm-br, r-tmb.La modification de l'onomatopée initiale, comme\ndans le tambour arabe bendir [bn-drrr)ou le remplacement de la finale :\narmén. tembug^siam. tua-pan, ta-pon^ne changent rien à l'intention de\nl'onomatopée géminée (percussion vibration).\nL'origine onomatopique de nombreux termes s'atteste ici (de la\nmême manière que, sous § i, le trrrde la trompette et du tambour) par\nla diversité même des organes, rapprochés dans l'intention imitative par\nl'analogie de la sensation auditive. Ce même nom de \" tambour \", par-\nticulier chez nous à l'instrument à membrane percutée, s'applique égale-\nment en Orient, d'où on le dit originaire, à une guitare à long manche,\nà cordes métalliques, qui paraît être le prototype de notre colachon, le\ntanbour. Ce rapprochement inattendu n'a pas manqué d'embarrasser les\nétymologistes. Scheler le signale sans tenter de l'expliquer. Des confusions\nétaient inévitables, et l'anglais Grey Dockson ne manque pas de traduire\ntanboura par drum, \" tambour Le mot est pourtant bien connu en Orient,\noù il constitue, dit Villoteau, un terme générique (kourde = Nous\nvoyons la même intention dans d'autres combinaisons d roulé avec un"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.29", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2510, "texte": "préfixe indiquant l'ébranlement, comme dans le phén. et hébr.\nsorte de harpe, grec Kwvpa (knnn-rrr; v. plus haut cithare chi-\nnoise) ; dans \" guimbarde \", mot dont l'origine est réputée inconnue,\net que nous proposerions de décomposer : dans \" pandore\nbnnn-drrr), avec ses dérivés mandora, (birman =\npatola )que l'on rapporte à 7 rav-èvpcj tout en bois, ce qui, malgré\nle pendant arabe eoud (= bois), luth, ne signifie pas grand'chose ; enfin,\ndans KSapa.\nIci le cas est particulièrement intéressant. L'origine de n'est\npas connue. Cependant, le mot est d'une importance énorme. Non seule-\nment il désigne l'un des deux seuls instruments de musique de pratique\ncourante dans le grand art musical de la Grèce antique (et le plus noble,\nle plus élevé des deux), mais il s'apparente à une quantité de termes de\nlangues anciennes et modernes, européennes et exotiques, désignant des\ninstruments qui répondent au même principe organologique : corde\npincée, avec ou sans spectre : héb. kitharos, pers. éthiop.\nsitar, chin. kousser, maroc. kwitara, lat. et ital. cetera, ail. zither, franç.\n\" cithare \", \" cistole \", \" citole \", \" cuitole \", \" guiterne \" guitare \".\nOn ne voit pas bien, ici, comment établir une filiation et une priorité,\nmais la parenté elle-même n'en reste pas moins évidente. On remarquera\nque, par opposition au mot type, les exemples ci-dessus comprennent\nsouvent l\\r, qui remplace alternativement le de la fin\nsuivant une loi propre aux langues orientales, et le k du commencement\n(cetera, cistre, cithare), ce qui s'explique par la muance du K grec dans le\ns latin. Cela importe peu d'ailleurs, l'onomatopée par exemple\néquivalant au trrr.Une objection plus grave à notre étymologie ono-\nmatopique de KiOapa, qui fait abstraction des voyelles, consiste dans\ncelle, signalée au début de cet article, qui nous fut faite au sujet de\nl'importance des voyelles dans la formation des langues indo-européennes.\nMais outre le cas très spécial de l'onomatopée, qui d'habitude se passe\nfort bien des voyelles, ne pourrait-on supposer l'existence d'une étymologie\nhébraïque ou phénicienne perdue, par laquelle notre vocable rentrerait\ndans le domaine des langues orientales, basées sur des jeux de consonnes ?\nIl suffise de rappeler l'origine phénicienne du grec si voisin de\nk idapa et désignant également un instrument a —En résume,\net jusqu'à preuve du contraire, de même que nous voyons dans Kwvpa\nkn-rrr, nous sommes très tentés de voir, dans Kidapa et ses congénères, une"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.30", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2367, "texte": "double onomatopée k-trrr,peignant dans un seul vocable l'ébranlement\net la vibration de la corde pincée.\nUn cas analogue, mais autrement compliqué, est celui qui concerne\nles mots \" timbale \", \" tympanon \", \" cymbale \", leurs congénères et\nleurs prototypes (tympanum, tympaniolum, timpani, cymbala, cinelli). Remar-\nquons d'abord que les philologues voient là deux groupes bien déterminés,\nles deux premiers termes étant rapportés au grec Tv/miravov, le troisième à\nicvnfiaXov, de Kv/ifioç = cavité, vaisseau, ce qui s'accorde parfaitement\navec la concavité des cymbales antiques, ainsi que des cloches et clochettes\nqui, au moyen-âge, reçurent parfois le nom de cymbala. Le malheur est\nque parmi ces dérivés de deux sources distinctes règne la plus terrible\nconfusion. \" Timbale \" et \" tympanon \", auxquels on assigne la même\norigine, désignent pour nous des instruments bien différents ; \" cymbale \"\nen désigne un troisième, tandis que les dénominations étrangères appa-\nrentées à ce dernier vocable désignent à leur tour le tympanon (ail.\nZimbell., hongr. zlmbolum)et que la même racine, associée à désigne\nen toutes langues l'instrument à cordes pincées et à clavier (ital.\ncembalo, franc. \" clavecin \", ail. Clavicymbel, flam. claverzimbel, etc. 1 Ici\n\\ j / / • t -t f\nencore, nous croyons a des onomatopées geminees analogues aux pré-\ncédentes, mais différentes de ces dernières en ce qu'au lieu du pincement\nsec évoqué par kiou si et de la vibration frémissante rendue par IV roulé,\nil s'agit de percussion et de vibration retentissantes, suggérées par les\nmmm ou les ///.\nNous arrêterons ici ces notes forcément incomplètes. Encore une\nfois, nous ne nous dissimulons pas ce que notre système peut avoir\nd'aventureux et de douteux, et combien en pareil cas l'hypothèse est\nprès de l'arbitraire. Mais nous n'en croyons pas moins qu'en matière de\nterminologie organologique, on ne prête pas assez d'importance à l'élé-\nment onomatopique, et que notamment une connaissance plus approfondie\ndes idiomes et des instruments de musique des peuples exotiques nous\napporterait plus d'arguments que nous n'aurons commis d'erreurs.\n\n1 C'est ce qui induisit Van Lamperen, ancien bibliothécaire du Conservatoire de Bruxelles (un homme\ncomplètement illettré, assurait sérieusement Gevaert) à traduire dans son Catalogue (Bruxelles, 1870) cembalo\npar... cymbale."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.31", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2544, "texte": "L'onomatopée est loin, au surplus, de fournir la majeure partie de\nnotre terminologie spéciale, qui est empruntée aux sources les plus\nvariées. Parfois même celles-ci diffèrent d'une langue à l'autre pour un\nseul et même instrument, cela suivant le point de vue : tel organe, dont\nla forme a fourni la dénomination française, tirera son nom italien de sa\nfonction instrumentale, etc. Avant le XVIIe siècle, et à mesure qu'on\nremonte dans le passé, la plus grande confusion règne dans ce domaine,\naugmentée par la manie fatale des noms figurés empruntés à l'antique,\nbarbitus et chelys pour le violon, plectrum pour l'archet, etc. Etablissons\nici, en annexe à ce qui précède, un classement de ces étymologies. Toutes,\névidemment, ne sont pas intéressantes, la plupart sont d'ailleurs connues ;\nl'intérêt, s'il y en a, réside plutôt dans leur groupement et les analogies\nsouvent inattendus qui en résultent.\nCette terminologie peut se répartir ainsi : i° Matière utilisée ; 2° Con-\nstitution organisme ;30 Forme et dimensions ;40 5°\nd'inventeurs ;6° Destination, usage hab 7\" 8U\ntessiture ; 90 Qualification sonore ; lo° Propriétés musicales.\n§ 1. C'est l'étymologie la plus immédiate, sinon la plus fréquente.\nElle est surtout représentée parmi les instruments du genre (em-\nbouchure et tuyau conique), primitivement construits, comme on sait, à\nl'aide d'une corne animale : Ktpaç,hébr. lat. haut-all.\nhaurn, ail. et angl. horn,ital. cornetto,franç. \" cor \", \" cornet \", norw.\nbukkehorn (= corne de bouc). Cette étymologie se confond avec la\nsuivante, celle relative à la forme, dès que, suivant un procédé constant\ndans l'industrie humaine, on fabriqua artificiellement ces appareils tout\nen conservant la forme de l'objet naturel primitivement utilisé. \" Oli-\nphant \" ivoire \", conques marines (trompette) = hind. çankha, annam. kai-\nken-loa (conques) ; nous avons expliqué la relation entre la coquille du\nbuccin et buccinaet ses dérivés. De même que le pers. signifie à la\nfois \" roseau \" et \" flûte \", ses correspondants et (roseau)\ndonnent cialamello,\" chalemie \", \" chalumeau \", On\nassigne l'étymologie commune de vitulaux dénominations romanes et\ngermaniques des instruments à archet du type violon, mais il semble bien\nqu'il y ait là deux étymologies différentes, l'ail. paraissant se\nrattacher plutôt à Jidis corde de boyau, et à ses dérivés Jidicula,\netc., comme \" rebec \", \" rubèbe \" (port, rabeca, catal. rabequa) à l'arabe\nrebab, qui offre le même sens. \" Luth \", liut, liuto, haute, laout (lat. laudis,"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.32", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2556, "texte": "leutus) dérivent, on le sait, de l'arabe eoud (= bois, en général). Quant à\n\"pandore \" (jrav <svpu) tout bois), nous avons exprimé plus haut nos\ndoutes à ce sujet. Rappelons encore le \" xilophone \" (chez Bonanni\nxilorgano), Glas-et TLisenharmonika(harmonica de verre et de fer).\n§ 2. AvXoç, (TvXTriyZ,, Jîstu/a, tuba signifient originairement \" tube \",\n\" conduit \", \" canal \", comme le sansc. hind. signifie à la\nfois \" tige de bambou \" et \" flûte \". Les sont l'aulos double.\nOpyavov, c'est, en général, l'outil, le moyen ; le mot répond aussi à l'idée\nde combinaison, d'arrangement, d'organisation enfin ; il prend un sens\nconcret dans l'instrument de musique à clavier et à réservoir d'air,\ncomme il désignera également la grande vièle à roue du moyen-âge\n{Y organistrum). Le nom d'uS/jauÀ/ç fait allusion à l'eau qui actionne cet\norgue spécial ; il reste employé par Hucbald, alors que le mécanisme de\nl'hydraule est depuis longtemps oublié. Les trous latéraux des instruments\nà vent ont fourni quelques dénominations, telles que Jistula, dans lequel\non voit une analogie avec la grosse lamproie, au corps marqué de trous,\nqu'on désigne, inversement, sous le nom de jiuta. La simulation des trous,\nau mirliton du moyen âge (une flûte dont l'embouchure est recouverte\nd'une pellicule contre laquelle on fredonne), est figurée dans les noms de\nbrehaigne (= stérile), plus tard flûte \" eunuque \". On pense que \" corne-\nmuse \" remonte à l'adjonction, au XIVe siècle, du bourdon (corne) à\nl'ancienne muse ou musette. D'autre part, un grand nombre de dénomi-\nnations du même instrument (à réservoir d'air) font allusion à l'outre, au\nsac qui en constitue la partie la plus caractéristique : hébr. (grec\nvaj3Aa), lat. tibia utricularis,haut-all. angl.-sax.\ns'wezleoper ( cuir résonnant), ail. Sack pers.\n(= flûte à sac) ; les noms de chevrette, (au XIIe siècle\ncabretta), donnés à la musette, répondent à la même idée. Egalement\nsignificatifs de la construction, les noms de \" carillon \" (lat. quadrilla\n= quadrille de cloches, constitution primitive du carillon), \" monocorde \"\n(dans les Indes: ekatârâ,même sens), cornet à \"bouquin\" (bocal),\n\" quinton \" (par-dessus de viole monté de cinq cordes),\n(munie d'un bourdon), \" viole d'amour \" (munie de cordes sympathiques),\nspinetta, \" épinette \" (à sautereaux munis d'un dard ou épine), BlockjJicete\n(= flûte d'une pièce, une des dénominations allemandes de la flûte à\nbec), kemangeh (pers. = lieu de l'archet, ce qui répond exactement à nos\nexpressions : instrument à archet, s Streichinstrument),"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.33", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2475, "texte": "enfin, toute la série des instruments à touches (claves) : clavecin, clavi-\ncorde, claricytherium, clavi-cylindre, clavi-harpe, claviola, clavicor,\nKlavier, etc.\n§ 3. Le plus grand nombre de noms d'instruments appartient à\ncette catégorie. La grande trompette de la cavalerie romaine, affectant\nla forme d'un bâton augurai, se confond pour cette raison avec ce dernier\nsous le nom de lituus.Cette même forme (un tube droit recourbé en\ndemi-cercle à son extrémité) est encore décrite, au XVIe siècle, dans\n\" tournebout \", synonyme (nom et chose) de \" cromorne \", Krummhorn,\nfi. /\\rumhoorn cor courbé. La coquille bombée du luth le fait nommer\nparfois testudo, chelys,le rebec est désigné sous celui de\n(= petite barque). \"Courtaud \", Korthold \" poche \",\n\" pochette \", s'inspirent des dimensions exiguës des instruments. Celui\ndont le tuyau se replie entièrement sur lui-même est décrit sous les\ntermes caractéristiques de l'ital. fagotto^ail. \" cervelas \",\nla forme de hâchoir du tympanon l'est dans l'ail. Hackbrett, flam. hakkeberd,\nital. strumento di porco,le clavecin (dont le chevalet dessine, sur la table,\nla silhouette d'une console de harpe) dans l'angl. Nous\navons cité, sous § 1, les instruments en forme de corne. Le rectangle\nallongé de l'épinette des Vosges est décrit dans les termes analogues de\n\" Scheithold\"(= bûche), flam. noordsche (bûche du Nord), island.\nlangspel (= long jeu). A \"chapeau chinois \" correspondent, à d'autres\npoints de vue, l'angl. turkish-crescent(= croissant turc) et l'ail.\nbaum (arbre à sonnette). Notons encore l'étymologie discutée du cor\nanglais (\" anglé \" ?), le serpent, l'ophicléide — serpent à clefs),\nla Spitzharfe (harpe pointue), la flûte \" à bec \" (ail. Schnalbeljîœte), le\ntriangle, les castagnettes (de l'esp. c = châtaigne ; en forme de),\nainsi que les formes hybrides spécifiées sous les noms de guitare-luth,\nharpe-luth, lyre-guitare, etc. Le deff arabe est parfois désigné sous le nom\nde daïreh (= cercle). De même, en Asie, une série d'appareils reproduisent\nles formes animées ou inanimées sous les noms desquels on les désigne :\nle pinâka (= arc) et le kalama (flûtet en forme de plume) hindous, les\ncitares tayuçou mayuri (= \" paon \" ; Indes) et (= \" alligator \" ;\nSiam), le mon-yi (== \" poisson de bois\", instrument à percussion) et le\nkai dan nguyet (= \" lune guitare circulaire), annamites, le go-mukka\n(= \" bouche de vache \", coquillage dont l'ouverture affecte cette forme)\nhindou."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.34", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2455, "texte": "§4» Le qualificatif indiquant l'origine géographique spécifie en\nmême temps le genre, les particularités constructives ou technique de\nl'instrument : Le mot nola qui, parmi d'autres, désigne la cloche en airain\nfondu (par opposition aux clochettes antiques), fait allusion à la ville de\nNoie où, au VIe siècle, l'évêque Paulin aurait imaginé la cloche. Ici se\nrangent encore le \" gros tambour de Suisse \" ou \" d'Allemand \" (le grand\ntambour de lansquenet) ; flûte \" d'Angleterre \" (= flûte douce), flûte\n\" allemande \" ou \"d'Allemand \" (= traversière) et son équivalent allemand\nSchweitzerpfeijfe (= flûte suisse) ; guitare \" allemande \" ou \" anglaise \",\nportug. guitarra de Flandres(= cistre), portug. (= guitare),\nital. lira tedesca(= vielle), cor \" anglais \", cor \" des Alpes En arabe :\ntambour boulgari (= guitare bulgare), kemangeh roumi (= viole grecque),\ntabl tourkiet tabl belady(== tablturc et du pays, indigène),\ne raquieh ( hautbois du pays d'lrac) ; en japonais, flûte\ncoréenne).\n§ 5. Le nom de l'inventeur ne se retrouve guère que dans des\ninstruments modernes : saxophone, saxhorn, sarrusophone, mattauphone.\nOn a allégué que panduraserait dérivé de ce dieu étant considéré\ncomme l'inventeur de l'instrument {pdésignant ici non un instru-\nment à cordes, mais une flûte) ; citons encore les bassanelli, sorte de basson\nconstruit en trois formats différents et dont l'invention est attribuée,\nd'après Praetorius, à Jean Bassano, de Venise (fin du XVIe siècle). Nous\navons exprimé nos doutes au sujet de l'étymologie \" musette \" Colin\nMuset.\n§ 6. Le mot KUVCUV répond à l'idée de type, modèle, règle, mesure.\nL'instrument du même nom (turc kanun, hind. kanuna) est celui qui fixe\net détermine le son. La signification de l'angl. virginal (= épinette) est\ndiscutée ; il désignerait l'instrument plus particulièrement pratiqué par\nles jeunes filles, ou dans les couvents, on ne sait ; une supposition\nanalogue a été faite au sujet de \" trompette (Marien-Trompet\ntrompette de Marie, remplaçant les instruments à vent au jubé\ndes couvents de femmes ?). La \" serinette \" est l'instrument à mani-\nvelle destiné à enseigner des airs aux serins. Ici encore se rangent les\nnombreux instruments dont le qualificatif indique le caractère cyné-\ngétique ou pastoral : \" Cor de chasse \", angl. for es ter s 1\nhorn, ail. Waldhorn, Hirschhorn, Hirschruf (cors de chasse), Bauernleier,\nital. lira rustica ( vielle), angl. w(hautbois rustique utilisé"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.35", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2837, "texte": "dans le comté d'Oxford le jour de la Pentecôte, Whit-sunday), ital.\nstrumento délia vendemie (= instrument des vendanges, le rommelpot\nflamand). Le folklore provençal et le folklore limbourgeois offrent ici une\nanalogie singulière. La flûte de Pan est appelée en Provence crestaïrê, du\nnom des crestopores,chatreurs de porcs, qui annoncent leur arrivée dans les\nvillages au son de cet appareil ; dans le Limbourg belge (communes de\nLemmel et d'Exel) on désigne pour la même raison, sous le nom de teuter\n(pr. teuïtr)certains nomades, châtreurs, colporteurs, chaudronniers, for-\nmant entre eux une sorte de corporation, et qui annoncent leur arrivée\nau son dun cornet quelconque, teut. 1 Parmi ces noms d'instruments\ninspirés de la destination de l'appareil reparaît à diverses reprises l'idée\nde plaisir, réjouissance, danser, sauter. C'est à la racine gai, signalée dans\nl'anglo-saxon et dans toutes les langues latines comme répondant à l'idée\nde rejouissance et de fête (prov. galau gaillard, gracieux),\nque 1 on rattache le nom du \" gaboulet \". Le latin vitulari (= gambader,\nsauter comme un veau, vitulus)aurait fourni, par le bas-latin vitula,\nviutla, le prov. viula,puis uiuela, viola^vielle, viole, violon, etc. ; même\nétymologie pour l'allemand Geige et le franç. \" gigue \" (du haut-all.\ngetga-> gambader). Nous avons mis en doute l'étymologie proposée du\nsourna musulman {nay = flûte, sour = noce, festin) qui toutefois, authen-\ntifiée, se rangerait parmi les exemples précédents.\n§ 7- L'étymologie technique (manière de jouer ou de tenir\nl'instrument) offre des rapprochements intéressants. Ici se classe le sistre\n(aeioTpov secouer) ainsi que la harpe (gr. lat. angl.-sax.\nhriopan., nord. h raufa,haut-all. harphafr. harper, harpeur, harpon),\nrépondant à l'idée de prendre, saisir, s'accrocher à quelque chose, comme\non accioche un groupe de cordes de la harpe. L'auÀoç oblique et la flûte\ntiaversiere n ont rien de commun, celle-ci étant tenue x\nlevies, celle-la obliquement. 4 Leur onomalogie se confond néanmoins\ndans TrXayiavXoç (auquel Noël et Carpentier ramènent à tort le fr. \" flageol \")\nou tibia obliqua et dans 1 ail.Sefiwiegel,Z~we7'chpj~e'ijj\\ Querpj'eijj, Querjîcete,haut-\nall. suegala, swegele,du goth. svigla,même sens ; l'ital. compte beaucoup\n\n1 J. BOLS, Brie<ven aan Franz, Willems, p. 374.\nL existence de la flûte traversiere proprement dite dans l'antiquité, et même au moyen âge antérieure-\nment au XIE siecle, n est pas prouvée, et les documents iconographiques ne permettent pas de se rendre\nexactement compte de la nature et de la technique de la flûte oblique gréco-romaine. En Orient, la flûte\ntraversière parait remonter à une plus haute antiquité. Nous en avons constaté la représentation très nette sur\nun bas-relief javanais très probablement antérieur à notre ère.\n3"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.36", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2561, "texte": "de mots dont le sens ablatif est marqué par le préfixe sv. Peut-être l'ail.\nStamentien-Flœte (= flûte douce, droite) se ramène-t-il, par opposition\nà la flûte oblique, à Stamm tronc, dans le sens de verticalité. L'ail.\nFaust-Fagott (= basson à poing) est un des noms du \" cervelas \", instru-\nment à \" empoigner \" à pleines mains, les diverses phalanges d'un même\ndoigt devant recouvrir plusieurs trous. Le vieux franç. nacaire (petites\ntimbales) constitue également un cas intéressant. Il tire son origine de\nl'ar. et du pers. nagr, nagar, nokarieh, mots désignant des appareils\nanalogues et ramenés à nakr = bruit ou temps rythmique frappé, et au\nverbe nakara-=-il a frappé. Et ce dernier exprimant également l'idée de\nsonder, pénétrer, percer, creuser, la même racine s'applique à tout ce qui\nest à la fois creux et bruyant. Telles sont les explications de Villoteau. Mais\nnous nous demandons s'il ne faut pas voir ici, encore une fois, une racine\nonomatopique kr(vibration trépidante), ce qui nous paraît plutôt confirmé\npar l'existence d'une trompette nakouLa même idée de technique\ninstrumentale se retrouve encore dans \" saquebute \" tirer,\nbouter = pousser) ; guitara a ba(guitare toscane, à plectre) ;\nviola dabraccia, daspalla, da gamba,ail. \" hochet \" (hocher\n= secouer) ; \" cloche \" (haut-all. klokôn battre) ; (annam ;\nva = chiquenaude : petit tambour mis en vibration par une percussion\nlégère) ; kamantcha(pers. = balancier, instrument à cordes dont on joue\nen le balançant de droite à gauche contre l'archet).\n§ 8. A la désignation de l'étendue, de la tessiture des instruments\npar opposition à des congénères d'autres formats, se ramène toute la\nterminologie vocale attribuée, à partir du XVIe siècle, aux divers modèles\ndes instruments construits en familles complètes : soprano, déchant, par-\ndessus, dessus, alto, haute-contre, ténor, contrebasse, ainsi que les dérivés\n\" basson \" (esp. bajon),\" contrebasse \", \" cor de basset \" (ail.\nviole \" bâtarde \" (nommée sans doute ainsi, remarque naïvement\nPraetorius, parce qu'elle est comme un bâtard de toutes les autres\nparties) ; puis encore \" diapason \", \" antiphonel \", \" hautbois \" en général\n(par opposition aux \" grosbois \" ou bombardes).\n§ ç. La qualification du timbre n'offre pas de très nombreux\nexemples, car cette intention est généralement remplacée par celle de\nl'imitation onomatopique, dont il a été question tantôt. On peut y\nramener la \" sourdine \", instrument à perce cylindrique et anche double,\nle rebec, appelé dans Bonanni sordino,et la musette d'ltalie, appelée"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.37", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2081, "texte": "sourdeline De même pour les nombreux dérivés de dulce : dolce\nmelo (angl. dulcimer, vx. franç. doulcemer = psaltérion), doue aine, dolcian\n( bassonj. Dans le sens oppose, nous avons clario, claro, clarasius, clarino,\n\" clairon , \" clarinette Cette dernière est parfois désignée en allemand\nsous le nom de Gelljiœte, de gellend= résonnant, clair (en Suisse gdllig =\npur, clair, haut-all. gillen, galmen = retentir, flam. son, retentisse-\nment). Citons encore : trompette marine (ail. bûche-trom-\npette, par analogie avec le timbre de la trompette) ; \" mouche \" et\n\" trompette (les bourdons de la vielle) ; pianoj~orte, forte bien, piano,\nmélodion. En Asie : su gosha (hind. = qui a un beau son), kai sao et\nthan la(annam. = \" oiseau chanteur \"et \" son pur, clair \").\n§ 10. Le caractère polyphonique, harmonique, s'exprime tout\nd abord par les correspondants et dérivés de crvjuipovia (avfx = ensemble) :\nhébr. sumportjah, lat. simfonia, Asie mineure moderne ital.\nxampogna, franç. \" chifonie \", \" chifoine \" = cornemuse, simfonia\nétant également attribué, au moyen-âge, par extension, à un tambour à\ndouble membrane, puis par ceux de apfiovia (= ajustement, assemblage,\nrapport heureux de parties) qui, après être resté longtemps un terme de\ndidactique musicale, s'est appliqué de nos jours aux instruments dans\n\" harmonium \", \" harmonica \", \" harmoniflûte \", etc., dans le même\nsens que \" accordéon \", \" concertina \", etc. Le nom de offrait\nencore une signification analogue, étant attribué à la fois à la cornemuse\n(plusieurs tuyaux), au tympanon (où chaque intonation est représentée\npar un chœur de cordes) et à certain cor à double tuyau cité par les\nanciens auteurs. Le nom de Inventions Horn (franç. = \" cor d'invention \")\nfait allusion aux capacités modulatrices attribuées à l'instrument par\nl'introduction des tons de rechange. M. Curt Sachs a expliqué 1 comment\nle nom de doppianifaisait allusion au rôle de renforçateurs de la basse,\nattribué aux instruments ainsi désignés.\n\nErnest Closson.\n\n1 Recueil trimestriel de la S. I. Mt. Xï, livr. 4."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-07-15-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-07-15_01#c015", "volume": "bmtnabh_1911-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 38, "image_fin": 57, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.2.6", "titre_corps": "LES FILLES DE LULLY", "titre_sommaire": "LES FILLES DE LULLY", "signature_source": "J. Ecorcheville", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.38", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1381, "texte": "LES FILLES DE LULLY\n\n1\nMADAME DE FRANCINE\n'AINEE se nommait Catherine-Madeleine. Elle était\nnée aux temps où Baptiste songeait à peine à l'opéra,\nen avril 1663. De sa vie, nous ne savons que peu de\nchose. Elle mourut à quarante ans, le 2 janvier 1703,\naprès avoir eu trois enfants de son mariage avec Jean-\nNicolas de Francine escuyer, maître-d'hôtel du roy,\ngrand parti s'il en fût à Paris, et bien choisi par l'astucieux Florentin,\nmais homme médiocre et inconsistant.\nIl faut accorder quelque attention à ces Francine, même après deux\nsiècles d'oubli. Plus qu'une autre, cette famille est capable de nous faire\nconnaître ce milieu d'importants personnages où Lully se plaisait à évoluer.\nPar un heureux hasard, nous sommes assez bien renseignés sur son compte.\nPrécisément vers cette époque les rigueurs de d'Hozier, qui s'apesantis-\nsaient sur toute la noblesse française pour l'épurer, obligèrent les Francine\nà prouver leurs titres.2 On put alors constater par des actes officiels, des\ndéclarations patentes, qu'ils descendaient de notables citoyens de Florence,\net en particulier d'un certain Giovanni Francini nommé en 1318 prieur\nde la liberté. Mais leur notoriété française datait de la fin du XVIe siècle,\n\n1 Voir S. I. M. du 15 mai et 15 juin dernier.\n2 Le 2 mai 1668. Voir : B. N. Pièces Or. 1235 et Dossiers Bleus 291. Voir aussi : V. Bart, Les Franchie\nlB9l, in-8°)."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.39", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2610, "texte": "et de l'époque où Tomaso, né en 1571, était venu se fixer parmi nous.1\nHomme d'invention, Thomas Francine s'était acquis des connaissances\nparticulières dans la conduite et le jeu des eaux et fontaines. Henri IV\n1 avait distingué, naturalisé en 1600, et marié de Louise Porcher,\nfille d'un valet de chambre et chevau-léger du roy. Louis XIII le voyait\ndun bon œil. \" Dites mot grand \", répétait l'enfant-\nroi dans son langage puéril,2 et plus tard, il lui fit don de la charge\nd'intendant des eaux (1623) celle de gentilhomme servant (1631),\nde maître-d'hôtel, enfin le décora de l'ordre de St. Michel. Thomas était\nun très gros Monsieur, lorsqu'il mourut, père de treize enfants, en 1651. Il\nportait : \" d'azur à une main gantelée d'argent, mouvante de flanc senestre\nde l'écu tenant une pomme de pin d'or surmontée d'une étoile de même,\net accompagnée de trois fleurs de lys d'or, deux en chef et une en pointe.\"\nLa nombreuse lignée des Francine s'essaima dans le monde de la\ncour et de la ville. Quelques filles prirent le voile, des fils gagnèrent\nl'armée. Clémence épousa un grand louvetier, gouverneur de Corbeil ;\nLouise un M. de Mesgrigny, grand tranchant et porte cornette blanche de\nFrance ; Marie un baron de St. Léger, etc... Seuls François et Pierre\nfurent illustres. François de Francine, Sieur de Grandmaison successive-\nment commissaire général des guerres, maître-d'hôtel du roy, intendant\ndes eaux, lieutenant de robe courte, conseiller d'état, maréchal de bataille\nde la milice et major de la Ville de Paris, servit longtemps dans les\narmées de Flandres et de Lorraine, fut pris deux fois et reçut plusieurs\nblessures. Il eut à son tour douze enfants de Madeleine de Fontanieu, fille\ndu contrôleur général des maisons du Roy et de la Reine. Et cette ample\nfamille, richement dotée, tint son rang jusque bien avant dans le\nXVIIIe siècle.\nPierre de Francine, père du gendre de Lully, avait aussi pris part à\nla guerre à côté de son aîné, et se qualifiait de Secrétaire du Roy et\nMaître-d'hôtel de S. M. Sa femme, Louise Pidoux, fille d'un conseiller,\nreçut en 1660, soixante mille livres de dot ; elle était cousine des ministres\nLe Tellier et Louvois, et parente de cette haute bourgeoisie parisienne,\ndont l'œuvre de Louis XIV allait réclamer la collaboration. La généalogie\ndes Pidoux est comme encombrée de secrétaires, d'avocats, de parle-\n\n1 Probablement avec son cousin Horace, Fauteur de YHippiatrique de 1606. Celui-ci était escuyer de\nHenry IV ; son fils Henry mourut au siège de Thionville, escuyer du Prince de Condé, en 1669.\n2 Journal d'Héroard, avril 1605."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.40", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2640, "texte": "mentaires, d'échevins, et autres personnages de toutes robes. C'est dans ce\nmonde officiel que les Francine conduisaient avec adresse leur fortune\ntoujours grandissante et d'aquatique origine.\nVersailles leur doit une partie de la splendeur de ses eaux et de\nl'ingéniosité de ses fontaines. Comme Lully, leur compatriote, sans doute\nplus d'une fois leur compère, et bientôt leur allié, ils apportaient de\nToscane le goût des vastes entreprises et des innovations fastueuses, que\nles scrupules de la routine n'entravaient pas. Transplantés et adaptés chez\nnous, ils montraient dans leurs desseins cette hardiesse et cette chance qui\nest particulière aux métèques. Et ce que nous savons de leur carrière fait\nsonger à cette autre famille de notre XIXe siècle, étrangère aussi et venue\nd'Ecosse, celle des Lesseps. De notre temps les Francine eussent été\ningénieurs, présidents de conseils d'administration, hommes politiques\ninfluents, remuants et redoutés. Sous l'ancien régime ils sont avant tout\nfonctionnaires, et leur zèle s'étend aussi bien à la maison du roi qu'à ses\narmées. Mais ils brassent un peu partout des affaires. Ici c'est un monopole\nobtenu pour \" les car os se s à la suite de\nville et Fauxbourgs de Paris\",1 là, un privilège pour un \"\nles glaces \",2 et plus tard ce sera l'opéra lui-même. Partout apparaît la\nmain active et habile de ces hardis managers.\nLa Bruyère n'a pas manqué de croquer avec son habituelle malignité\nces figures familières au Tout-Paris de 1680 :\nLaissez faire Ergaste, écrit-il, et il exigera un droit de tous ceux qui boiront\nde l'eau de la rivière, ou qui marcheront sur la terre ferme. Il sait convertir en or\njusques aux roseaux, aux joncs et à l'ortie. Le prince ne donne aux autres qu'aux\ndépends d'Ergaste, et ne leur fait de grâces que celles qui lui étaient dues. C'est\nune faim insatiable d'avoir et de posséder. Il trafiquerait des arts et des sciences, et\nmettrait en parti jusques à l'harmonie ; et il faudrait s'il en était cru, que le peuple\npour le plaisir de le voir riche, de lui voir une meute et une écurie, put perdre le\nsouvenir de la musique d'Orphée et se contenter de la sienne.3\nCe dernier trait nous ramène au gendre de Lully, fils de Pierre de\nFrancine et l'aîné d'une famille de sept enfants, dont la fortune fut médiocre.\nComme si un siècle entier d'ambition continue et d'activité extrême eut\népuisée la race d'Ergaste ! Pierre de Francine, le second fils, colonel dans\nles armées espagnoles \" sans enfant des deux femmes qu'il épousa, vit fort\n\n1 B. N. Pièces Or. 1235.\n2 Arch. Nat. 01.O1. 13, f° 484.\n3 T)es Biens de Fortune. Ed. Hachette, t. I, p. 255."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.41", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2730, "texte": "gueux \" nous dit une note manuscrite ;1 il meurt en combat singulier, en\nDalmatie, vers 1707, capitaine d'infanterie au service de Vénitiens. Jean-\nJacques de Francine, capitaine de vaisseaux et F armée\nRoi d'Espagne de la mer Océane \", périt comme garde marine en 1711,\nsubmergé dans son vaisseau. Marianne épouse Charles Duplessy de Rien-\ncourt, qui fut contraint de quitter l'Académie des Inscriptions et Belles\nLettres, après y avoir siégé plusieurs années,2 et que nous trouvons consul\nde France à Livourne. Elisabeth et Marie se cloîtrèrent. Enfin Louise de\nFrancine eut la singulière destinée de mettre au monde Le Normant\nd'Etiolles, et de se trouver la belle mère de la demoiselle Poisson.3\nCurieuse rencontre des généalogies ! Voici Mademoiselle de Lully la\npropre tante de la Pompadour, et, dans le grand arbre que nous dressons\nen ce moment, quelques feuilles séparent à peine l'auteur d de\nLouis le Bien-Aimé !\nJean-Nicolas de Francine, dont nous connaissons maintenant les\nl'entourages, épousa la fille de Baptiste le 12 avril 1684. Il devait\navoir environ vingt ans, et si l'on en croit le Mercure qui le déclare\nseptuagénaire en 1735.4 II apportait dans la corbeille le brevet de sur-\nvivance de la charge paternelle de Maître-d'hôtel du roy, et deux mille\nlivres de rente. Catherine recevait 55,000 livres de dot. Une assemblée\nparticulièrement brillante signait à ce contrat. Ministres, présidents à\nmortier, robins et gentilhommes entouraient les nouveaux mariés. Nous\nl'avons vu plus haut, cet événement marquait le triomphe définitif de\nLully homme du monde et du grand monde.\nSurvint le décès, imprévu et soudain, du surintendant en 1687.\nFrancine était l'homme désigné pour ajouter un privilège de plus à ceux\nde sa famille et pour prendre en main cette redoutable affaire artistique et\nfinancière qu'était l'opéra. Aussi le roi lui en donne-t-il aussitôt la\ndirection 5 pour trois années, en même temps qu'il confirme à la veuve de\nLully le privilège général de 1672. Puis, ce privilège lui-même est trans-\n\n1 B. N. Dossiers Bleus, 291.\n2 De 1716 à 1727. M. A. MAURY, dans son Histoire de VAcadémie des Inscriptions, mentionne ce fait, sans\nen donner l'explication. Riencourt fut aussi correcteur à la Chambre des Comptes.\n3 Elle avait épousé Guillaume le Normant du Fort. Sa fille épousa le comte de Bachi, ambassadeur de\nFrance en Portugal, et en eut Mmes de Lugeac, d'Aravay, et de Monteynar.\n4 Mercure d'avril, 1735, P- 819.\n5 Par brevet du 27 juin 1687. (Arch. Nat. 01.O1. 31, f° 125, v° ;et Arch. de l'Opéra, Dossier Lully).\nCe dernier dossier contient aussi un acte intéressant, formant contrat entre Francine et Claude Lapierre, de\nLyon, pour l'opéra de Rouen (15 sept. 1688.)"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.42", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2816, "texte": "porté directement à Francine, le lERIER mars 1689, Pour DIX ans.1 En\n1698 il est renouvelé, a charge par Francine de servir pensions à\nDumont, 1 ecuyer du Dauphin, a Berain, le décorateur et à la chanteuse\nLe Rochois.2 Et cette situation dure jusqu'en 1728. A cette date nous\nlisons dans la correspondance de la très aimable demoiselle Aïssé : \" Fran-\ncine quitte 1 opéra. Il a quinze mille livres de pension, et, après sa mort\nson fils en aura huit mille, et sa fille six mille. Vous me demandez\npourquoi tant de libéralité ? Je vous répondrai d abord que ces pensions\nsont prises sur 1 opéra, et, en second lieu, que Francine a fait faire à ses\ndépends une partie des belles décorations et qu'il les laisse... \" 3 Et, en\neffet, le 8 février 1728 Francine était officiellement remplacé par André\nCardinal Destouches, surintendant de la musique du roi et, depuis 171 c,\ninspecteur de la régie de l'Académie Royale de musique.4\nSi nous possédions les archives de l'opéra pour cette période,5\nnous pourrions apprécier la gestion de Francine, qui se prolonge\nplus qu'aucune autre. Nous en sommes réduits à quelques anecdotes.\nOn raconte, par exemple, que \" pour ne pas avoir voulu lui donner\nun rôle a sa fantaisie dans un opéra, la célèbre Desmatins avait voulu\nfaire assassiner Francine par des soldats aux gardes ; ce qui fut arrivé\nsi son diable favori ne lui eut donné des charmes contre un pareil\nmalheur. 6 Le conseiller Ladvocat, dans une correspondance que nous\navons déjà citée7 parle de Francine comme d'un directeur assez écouté, et\nen l'absence duquel rien ne se décide d'important. Il distribue non\nseulement les rôles, mais aussi les livrets, et l'on voit Desmarets et Colasse\nattendre son retour de la campagne pour savoir qui d'entre eux sera\nchargé de mettre en musique Iphigénie. On a lieu de penser qu'il\naccordait a la faveur plus encore qu'au mérite, car sa direction\ncoïncide précisément avec une sorte d'interrègne de notre musique\n\n1 A charge de faire 10,000 livres de rente annuelle â ses cohéritiers, c'est-à-dire 3333 1. à Mme veuve Lully,\ndont elle ristournait un quart à Louis de Lully, et 6666 à partager entre Jean-Baptiste, Louise et Gabrielle.\nLes costumes et décors firent l'objet d'un inventaire du 13 juillet dressé par Raymond, greffier de lecritoire.\n(Arch. de l'Opéra).\n2 DANGEAU, Journal.\n3 LETTRES DE MLLE AïssÉ. L. XIII.\n4 Voir : PÉLISSIER. A. C. T>estouches, d'après les dossiers de la Bibliothèque municipale d'Arles. (Mémoires\nde la Société de l'Histoire de Paris, t. XXVI, 1899).\n6 Je remercie tout particulièrement mon ami H. de Curzon des recherches qu'il a faites aux Archives\nNationales dans les dossiers de l'opéra et qui n'ont pas donné de résultat.\n6La musique du diable, Paris, 1713, p. 28.\n7 Publiée par M. Teneo dans le Mercure Musical de 1905-1906."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.43", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 31, "texte": "Jean Baptiste Lully"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.44", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 18, "texte": "=Madeleine Lambert"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.45", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2575, "texte": "dramatique. Campra excepte, qui est un délicieux coloriste, personne\nn est capable de soutenir alors la gloire de Lully et personne n'est disposé\na s émanciper cette lourde tradition. Faut-il aller jusqu'à croire que le\ngendre de Lully contribua personnellement à une stagnation dont il\nprofitait, lui et ses cohéritiers ? Francine est-il coupable, a-t-il écarté des\ntalents méconnus, a-t-il soutenu les Lullistes aux dépends de tout autre\nparti ? Il ne le parait pas. Il semble au contraire qu'il se soit servi de\ntoutes les ressources qui lui offrait son temps, et qu'il ait simplement\ncherche a contenter le public, tout en tirant le meilleur parti possible de\nson privilège familial. Pour un Francine l'opéra était une affaire comme\nune autre. Le mérité c est de l'avoir menée pendant plus de quarante ans.\nPopulaire, Francine ne l'a pas été. Sa retraite en 1728 n'éveille\naucun commentaire précis. Il ne possédait point cette suprême habileté\nde Baptiste a profiter de tout, et ce sens un peu gros de la publicité qui\navait fait connaître 1 opéra jusque sur le Pont Neuf. Un petit communiqué\nprobablement envoyé par lui-même certain jour au Mercure nous montre\nle directeur aux prises avec le public. C'était en 1703, à la naissance du\nfutur Louis XV ; tout Paris était en fête et Francine avait sans doute omis\nde se joindre à l'enthousiasme général. Mercure écrit : \" Cette fête du cul\nde sac de l'opéra était considérable pour des bourgeois. Elle ne l'était pas\npour le sieur de Francine, à qui quelques gens ont voulu l'attribuer ; si\nelle avait été de lui, il aurait donné l'opéra gratis, ainsi qu'a toujours fait\nM. de Lully dans les grands événements... Il est à croire qu'il a pris du\ntemps pour se préparer à quelque chose de grand... J'ai cru devoir lui\nrendre cette justice afin de détruire les bruits que les mal intentionnés ont\nfait courir disant qu'un homme qui a tiré de si grandes sommes par le\nprivilège qu'il a plu au roy de lui accorder, montre mal sa reconnais-\nsance 1 C'est ainsi qu'on savait déjà travailler l'opinion publique dans les\npremières années du XVIIIe siècle.\nMais la vérité est que Francine, dès cette époque, voyait ses\nfinances en piteux état. La faute en était-elle à l'opéra ? et si près de\nsa création, l'Académie était-elle déjà le gouffre, où tant de millions\ndisparurent depuis ? Il serait piquant de le constater et de montrer un\nfois de plus que le déficit est bien l'état normal de cette institution,\nsous tous les régimes et avec tous les répertoires. Un voyageur qui\n\n1 Mercure, août, 1703, p. 112."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.46", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1643, "texte": "relata son passage à Paris écrit en 1727 : 1 \"Il n'y a que peu de temps\nque Francine transporta l'entretènement de l'opéra à quelques banquiers\nde Paris, pour être trop accablé de dettes, toutes fois à la réserve d'une\npension de douze mille livres pour son privilège. On dit qu'il lui en\nrevient par an plus de 3(-)o,ooo livres de cet emploi, dont il débourse\ncependant plus des deux tiers en frais. \" Ce qui voudrait dire que\nFrancine, tout en gagnant personnellement cent mille livres par ans (trois\ncent mille francs d'aujourd'hui) était cependant obligé de passer la main\nà des commenditaires. On peut donc avancer, lorsqu'on connaît la situation\ndes familles Francine et Lully, que Jean Nicolas avait un talent particu-\nlier pour maltraiter la fortune, qui l'avait comblé de ses bienfaits. Et c'est\nbien comme un prodigue en effet que les contemporains nous le repré-\nsentent.\nDès 1694 un acte nous met en garde2 Francine et sa femme\ncontractant une obligation solidaire de près de cent mille livres\nenvers un sieur Le Tessier de Montarsy et font appel à un de leurs\ncousins Francine le jour du remboursement. Une note manuscrite3\nvient préciser cette impression fâcheuse en nous confiant que \" Francine\na gagné des sommes immenses à l'opéra, mais qu'il a à peine de quoi\nvivre et établir ses enfants, par les extrêmes dépenses qu'il a faites auprès\ndes femmes de la plus haute distinction.1\" Tout le monde connaissait ce\ntravers. Les chansons s'en moquaient.\n\n1 NEMEITZ. Séjour de Paris, (Paris 1727 in 8°) p. 100.\n2 Arch. de l'Opéra.\n3 B. N. Dossiers Bleus 291.\n4 Chansons, il/SS. Collection Rouart, (In fol. T. I p. 113)."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.47", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 1871, "texte": "Si l'on voulait en savoir davantage, peut-être devrait-on songer à\nI entourage des fils du dauphin. Le jeune roi d'Espagne protégeait les\nFrancine, et lorsqu'il quitta la France pour monter sur le trône, il\nemmena Jean Nicolas en qualité de maître d'hôtel, flanqué de deux\ncontrôleurs. 1 Un jour sans doute la physionomie de Francine galant\nhomme se précisera, et il sera singulier de voir le directeur de l'Académie\nroyale de musique chercher auprès à la cour ce que les princes venaient\nprécisément demander à l'opéra : l'occasion de se ruiner aimablement.2\nVeuf à quarante ans, Francine mourut à soixante dix, en 1735.\nSes deux filles Marie et Elisabeth, dont l'une disparait de bonne heure,\nne semblent pas avoir laissé de postérité. Son fils Louis-Joseph, né le\nII juin 1696, fut lieutenant de cavalerie dans le régiment de la\nBlanche, puis capitaine au Colonel Généll vivait encore en 1763 sous\nle nom du chevalier de Francine, et portait l'ordre de St. Lazare et du\nCarmel. De ce côté encore la race de Lully s'éteignit assez rapidement.\nMADAME THIERSAULT DE MÉRANCOURT\nNous ignorons tout de cette troisième fille de Lully, baptisée le\n19 septembre 1668 et inhumée aux petits Pères le 30 décembre 171 5.\nElle ne nous est connue que par son mariage avec Pierre Thiersault,\nchevalier, Seigneur de Mérancourt, La Ronce et autres lieux.\nLes Thiersault tiraient leur origine de la province de Bretagne, et le\nchâteau de Mérancourt se trouvait, paraît-il, à côté de Quimper Corentin.\nJean et François Thiersault firent partie du grand tournois organisé à\nSaumur par le roi René d'Anjou. Un Pierre Thiersault suivit la reine\nAnne de Bretagne en France, comme officier commensal en 1491. S'étant\n\n1 Mercure de janvier 1701 p. 168.\n2 On dit que J. B. Rousseau avait maltraité le directeur de l'opéra dans une ode intitulée la Francïnade ou\nla Picarde."}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.48", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2807, "texte": "retiré à Ognes en Milicien, près Nanteuil, après la mort de cette princesse,\nil y acquit une grande réputation et fut nommé le Roi des Laboureurs.\nLouis XII lui fit l'honneur de venir coucher chez lui et lui accorda\nd ajouter un tiercelet d'or sur champ d'azur qu'il portait pour armes\ncouronné d'or sur sa tête et trois épis aussi d'or en son bec. 1 II mourut\nen 15°5- Après lui viennent, comme toujours, un certain nombre de\nfonctionnaires du Parlement, Louis Thiersault conseiller à la cour des\naides en i 55 1 marié à Mlle de Bragelonne; Charles, Sieur de Mérancourt,\nauteur d'une postérité qui se signala bruyamment pendant la Ligue,2\nenfin, Charles de Thiersault qui eut de Marie Groyn un fils, Pierre,\nl'époux de Marie-Louise de Lully au 14 septembre 1689.\nCelui-ci apportait tout d'abord sa charge de commissaire général de\nla cavalerie légère, puis des terres de Chevreville, de la Ronce, d'Etavagny,\n20,000 livres comptants, et 55,000 livres lui revenant de sa première\nfemme. Louise de Riantes. 3 MUe de Lully recevait 5,000 livres de rente.\nLes Mérancourt n'ont laissé aucune trace dans l'histoire qui puisse\nnous intéresser. Mais leur fille unique Hilaire-Ursule née en 1690 mérite\nun coup d'œil bienveillant, car elle fit entrer le sang des Lully dans une\ndes grandes famille de la cour. Elle épousa le 23 octobre 171 5, quelques\njours avant la mort de sa mère, Louis-François de Bouchet comte de\nSourches.\n\" Le chevalier est marié il y a que six semaines ou deux mois écrit le comte\nLouis de Sourches en décembre 1715. Sa femme n'est pas jolie, mais elle est bien\nfaite et à l'humeur douce et parait avoir toute l'envie du monde de plaire à la\nfamille. Et j aime toujours mieux toutes ces qualités que toute la plus grande\nbeauté et la plus grande gentillesse. D'ailleurs son mariage ne sera peut-être pas\nmauvais avec temps. Il se nomme présentement le comte de Sourches et demeure\nchez son beau père qui se nomme M. de Thiersault, rue de Bracq au Marais. \" 4\nSaint Simon n'a pas été tendre pour ces Sourches qu'il présente comme\ndes \" gentilhommes de bon lieu, mais fort ordinaires, du pays du Maine \" 5\nIl avoue cependant que le grand prévôt, père de celui qui nous occupe\n\" s'était mis sur un pied de considération et de distinction à la cour. Il y\n\n1 Mercure de décembre 1767 p. 244 et B. N. Ms. Fr. 31,200.\nVoir le P. MAIMBOURG. Histoire de la Ligue. (1607 in 40).\n3 Son contrat se trouve dans les Archives de l'Opéra.\n4 Duc DES CARS, le château de fourches et ses seigneurs (1887) p. 221. Je regrette infiniment qu'un lointain\nvoyage de M. le Duc des Cars, m'ait privé d'une fructueuse visite aux archives du château de Sourches, qui\ncontiennent (comme on le voit) d'intéressants documents sur les Thiersault-Lully.\n5 MÉMOIRES, éd. Hachette, t. XIII, p. 260-262, et p. 548"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.49", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 534, "texte": "était volontiers pris pour arbitre. C'était un fort honnête homme et fort\nsage. On disait de lui que personne n'entendait mieux les affaires des autres\net plus mal les siennes. \" Les de Bouchet touchent à la musique par une\nanecdote. Laissons encore la parole à St. Simon :\n\" Heudicourt le fils, qui était une espèce de satyre fort méchant et fort mélé\nZÏL? (TA- ln,tr«ues galantes> fit sur tous ces Montsoreau' une chanson si\nnaïve, s, fort d après nature et si plaisante, que quelqu'un l'ayant dite au maréchal"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.49", "debut_caractere": 631, "fin_caractere_exclue": 1006, "texte": "On reconnaît les signatures de Thiersault, et de sa femme, de Madeleine Lambert, de Francine et\nde sa femme Catherine-IVladeleme, de Dumolin et de sa femme Gabnelle Hilaire, de Lambert et de sa\nsœur Mlle Hilaire Dupuis, enfin de la cousine de Lully C. Morineau mariée à H. Normandin de\nla Grille.\n1 On les appelait ainsi à cause d'une alliance avec la famille des Montsoreau."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.50", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2398, "texte": "de Boufflers pendant la messe du roi où il avait le bâton, il ne put s'empêcher\nd'éclater de rire. C'était l'homme de France le plus grave, le plus sérieux, le plus\nesclave de toute bienséance ; le roi se retourna de surprise, qui augmenta fort en\nvoyant le maréchal pâmé, à qui les larmes tombaient des yeux. Rentré dans son\ncabinet, il l'appela, et lui demanda ce qui l'avait pu mettre dans cet état, à la messe.\nLe maréchal lui dit la chanson. Voilà le roi plus pâmé que n'avait été le maréchal,\net qui fut plus de quinze jours sans pouvoir s'empêcher de rire de toute sa force,\nsitôt que le grand prévôt ou un de ses enfants lui tombaient sous les yeux \",1\nCes historiettes n'empêchèrent pas les Bouchet de Sourches de faire\ngrande figure à la cour au XVIIIe siècle et grand honneur au sang\nde Lully jusqu'à la Révolution. A ce moment le dernier descendant\nde cette branche Mérancourt de Sourches mourut en bas âge, de telle\nsorte que la famille des ducs des Cars, héritière des Sourches, 11e peut être\nconsidérée que comme une alliance des Lully.\nMADAME DU MOULIN\nCelle-ci fut véritablement une maîtresse femme, et digne du grand\nnom qu'elle portait. Aussi sa race impérieuse et active a-t-elle survécu à\ntous les efforts du temps. Seule des six enfants de Lully, Gabrielle est\nencore de nos jours représentée par une illustre postérité.\nBaptisée le 3 octobre 1666, la seconde fille de Baptiste épouse le\n14 juillet 1687, quatre mois après la mort de son père, Jacques Dumoulin,\nou Dumolin,2 fils de Jacques, sieur de Centimaison, et d'Elisabeth Richer.\nSa dot était de 42,000 livres, plus mille livres de rente, soit environ\n70,000 1. (250,000 fr. d'aujourd'hui). Dumoulin apportait une somme\négale représentée par les charges que lui transmettait son père et dont\nvoici la nomenclature précise :\nGreffier en chef civil et criminel, premier et principal commis des audiances\npubliques, greffier des décrèts et autres fonctions y jointes, ensemble de la charge\nde commis escrivant à la peau, le tout en la Cour des Aydes de Paris, conseiller\nsecrétaire du Roy et de ses finances, lieutenant des chasses du duché d'Alais et\ncomté de Boisgeney du coté de la Beausse.\n\n1 Cette chanson se trouve dans le chansonnier Clérambault (B. N. Fr. 12694, p. 513). Elle ne nous\nparaîtrait plus guère plaisante aujourd'hui.\n2 Les deux orthographes figurent dans les actes et dans les signatures."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.51", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2548, "texte": "Noblesse de robe, comme on voit, mais bien établie cependant. Le\npremier Du Moulin connu était un sieur de Boisraout près d'Amiens en\n*474 î un Galleran Du Moulin fut nommé archer au château d'Abbeville\npar Charles VIII. Au XVIe siècle plusieurs Du Moulin sont avocats en\nParlement et conseillers. Plus tard, Jacques se qualifie de gentilhomme de\nla reine Marguerite, un autre Jacques est également gentilhomme de la\nreine mère en 1643. Son fils épouse en 1654 Mlle Richer, fille d'un notaire\nde Paris, et nous voilà revenus jusqu'à Jacques, gendre de Lully, dont on\nne trouve guère qu'à signaler la mort prématurée. Il laissait deux filles,\nMagdeleine et Elisabeth, celle-ci baptisée comme le\n11 avril 1694.1\nFrappée de ce grand coup, Mme du Moulin se retira auprès de sa\nmère, Mlnc de Lully, et se mit en demeure de protéger l'héritage paternel\ncontre les entreprises de ses cohéritiers, tâche éminemment délicate au\nmilieu des désordres des Lully et des prodigalités de Francine. De toute\nla paperasserie à laquelle donna lieu cette liquidation laborieuse, il semble\nressortir que Gabrielle-Hilaire, par ses conseils, sa présence d'esprit, ses\ndécisions rapides, sauva la situation. A chaque transaction elle apparaît,\ns'offrant à rembourser à ses frères la part qu'ils sont toujours pressés de\ncéder, et réunissant ainsi peu à peu entre ses mains la fortune du surin-\ntendant. Elle ne néglige pas d'ailleurs le bien de ses enfants, et nous la\nvoyons en 1702 demander à engager au nom de ses filles mineures d'im-\nportantes réparations dans le manoir de Centimaison. Ce petit mémoire\noù tout se trouve mentionné avec la dernière précision est un modèle\nd'habileté et d'adresse.\nIl était à craindre que Mme du Moulin, animée de ce zèle actif que\nles femmes savent porter au plus haut degré, n'entrât en conflit avec ses\ncohéritiers. Cela se produisit, en 1711, et les archives du Châtelet nous\nont conservé le souvenir de très vives contestations, de scènes pénibles\nqui se jouèrent alors autour de Mme de Lully mère. Madeleine Lambert,\npresque septuagénaire et gravement malade était l'objet de toutes les\nattentions de ses enfants, attentions que les Lully voulurent croire inté-\nressées de la part de leur sœur.\nLe 1 3 février les deux fils Lully et les Thiersault, réunis comme par\n\n1 Ces indications sont tirées des archives de Combreux, où se trouvent encore quelques partitions de Lully\nportant le nom de Mme du Moulin. Le château de Centimaison est actuellement une vaste ferme de la forêt et\ndu domaine de Combreux."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.52", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 902, "texte": "le hasard dans une pièce de la maison paternelle, rue Ste Anne, virent\nentrer un personnage qu'ils ne connaissaient pas et lui demandèrent ce\nqu'il voulait. Ils furent tout surpris d'entendre qu'il s'appelait Durand,\nnotaire, qu'on l'avait envoyé chercher pour faire le testament de la dame\nLully qu'il quittait à l'instant et qui n'était, selon lui, nullement en état\nde tester. Mme Thiersault de Mérancourt étant montée en la chambre de\nsa mère la trouva sur son séant, soutenue par la bonne Ladouze, sa femme\nde chambre, ayant un papier écrit devant elle, ses lunettes sur son nez,\nune plume à la main, et la demoiselle Morineau sa cousine penchée sur\nson oreille et lui criant : \"Madame !\nIl ne vaut rien comme il jaut que \" Surprise de cette\narrivée imprévue M110 Morineau s'approche de Mme de Mérancourt et lui\ndit que Muie de Lully lui avait demandé son testament, qu'elle avait été"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.52", "debut_caractere": 1018, "fin_caractere_exclue": 1147, "texte": "1 Arch. Nat. Y, 12115, et 11641. Ces actes ont été publiés in extenso par Campardon. L'Académie\nRoyale de musique, t. II, p. 157."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.54", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2345, "texte": "quérir, que, dans l'instant, la demoiselle Ladouze l'avait appelée en lui\ndisant que Mme de Lully ne savait pas ce qu'elle faisait et n'écrivait pas\nson nom. \" Si vous ne venez point, elle \". Etant aussitôt allée\nà Mme de Lully, Mlle Morineau reconnut qu'au lieu de signer, elle avait\nseulement écrit en caractères très mal formés \" Je laigue... \" et ensuite fait\nquelques traits à la plume.\nGrand émoi parmi les Lully, qui montent et constatent en effet que\nMlle Morineau est là, aidant leur mère àse recoucher. Ils dépèchent à leur\ntour quelqu'un vers le notaire Regnard, qui vient et redescend, déclarant,\ncomme son confrère, que la malade est hors d'état d'articuler son\ntestament, et s'en va. Que faire? A minuit les du Moulin font atteler le\ncarosse de la veuve Lully et envoient quérir à nouveau Me Durand,\nlequel ne veut pas se déranger à cette heure indue et promet de venir à\nsept heures du matin. On frappe à la porte de Me Ogier, autre notaire,\nqui fait réponse semblable, et force est d'attendre au lendemain. A sept\nheures apparaît Me Durand (les notaires se levaient alors de bonne heure !)\nIl fait retirer tout le monde, et essaye en vain de tirer quelque chose de\nla malheureuse veuve du surintendant. Il s'en va. Entretemps les Lully\nsont arrivés au grand complet et voici que Mlle du Moulin leur montre un\nmémoire écrit de sa main qu'elle dit lui avoir été dicté par sa grand'mère\nen présence de quelques personnes de la famille et des domestiques, et qui\ncontient certaines dispositions en faveur de la dite demoiselle et de\nMUe de Francine, sa cousine.\nEt les intrigues continuent. Le lundi 16, à quatres heures se trouvent\nréunis dans la chambre de la malade Mme de Villemarest, amie et\nlocataire, Mme du Moulin, Mlle de Francine, trois femmes de chambre et\nun père Théatin. \" Je ne sçai Madame,dit la Villemarest,\na vos affaires, si vous savez ce qui se pa\ndehors veulent chasser ceux qui demeurent\nMme du Moulin et se sont emparés de\ndevriez songer a bienjaire les choses p MIU:\nFrancine. Si vous ri y songez de votre viva\nétant nul, neP ayant pas signé. Songez\nenfans se seront rendus maîtres de tout.\nsaire, pour leur faire rendre vos clefs.\nchercher le notaire pour faire votre testament ? \" MlllO de Lully résiste, finit\npar céder \" Faites ce que vous voudrés\". Aussitôt on met les chevaux au\n\n4"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.55", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2597, "texte": "carosse et l'inévitable Me Durand fait son apparition. Les Lully prévenus\naccourent, Me Ogier se précipite, et c'est, dans la chambre de la rue\nSte Anne, une véritable invasion d'enfants, de domestiques, d'amis et de\nnotaires. Mme de Lully très nerveuse n'a plus en tête que son argent. Enfin\ntout le monde se retire. Mais les notaires reparaissent bientôt et incapables\nde rien obtenir. Mme du Moulin s'impatiente, elle demande si sa mère ne\npeut tout au moins faire de dons manuels, et sur une réponse prudente de\nMe Durand, elle s'emporte contre ses frères et tout se termine dans\nle brouhaha.\nIl y a aussi la scène du commissaire, qui se passe dans cette même\nchambre du troisième étage dont les fenêtres donnent encore aujourd'hui\nsur la rue Ste Anne. Mme de Lully mange un potage, entourée de M. et Mlle de\nFrancine, de Mme et Mlle du Moulin, Mlle Morineau, et de Pierre Duparc\net Maslon, procureurs au Châtelet. Cette fois il s'agit de lui faire rendre\nla possession de ses clefs. Le commissaire Daminois n'arrive pas, les\nLully surviennent. Mme de Lully s'endort. Et malgré la gravité pénible\ndes événements, un certain comique se dégage de ces extravagances.\n• Pourtant tout s'arrange. Mme de Lully se rétablit. Elle fera son\ntestament normal en 1715, let vivra jusqu'au 4 mai 1720. Son fils l'abbé\nde Lully sera son curateur à partir d'août 1718. Et nous ne trouvons plus\nd'autres incidents II faut d'ailleurs connaître, pour comprendre l'âpreté\nde ces querelles et de ces suspicions, la valeur du trousseau de clefs de\nMme de Lully. Le coffre-fort de la rue Ste Anne contenait à l'inventaire :\nUn coffret dans lequel s'est trouvé huit sacs de chacun 533 louis d'or, valant\n536 livres chacun en la précédente réforme, et de dix écus, valant 12 livres;\nrevenant chacun des dits sacs à 19,2000 1. au total .... 153,600 1.\nPlus un autre sac composé de 460 louis d'or à 30 1. chacun,\nmontant en la somme de .... 16,660 1.\nPlus cinquante sacs composés chacun de 200 louis à 6 1. pièce,\nvalant chacun 1200 1. soit 60,000 1.\nPlus de l'argenterie évaluée à 61,5251.\nPlus de pierreries évaluées par le Sr Beins à 40,000 1.\nPlus des titres de rentes, pour la somme de 156,729 1.\nEn ajoutant une bourse contenant des quadruples d'Espagne et\n15 médailles-d'or, ? dont la valeur n'est pas indiquée et des billets de\n\nc«-1 Le 20 mai 1715 par devant ! MMes Lecourt et Pcan. Son interdiction fut prononcée au Châtelet le\n22 août 1718. L'inventaire après décès est chez Me Péan du 7 mai 1720 ; le partage chez Mes Chèvre et\nBilleheu du 26 septembre 1720 et le tirage par lots du 29 mai 1722."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.56", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2825, "texte": "banque, nous reconnaissons que la veuve de Lully, débile et malade, avait\nle courage de conserver dans ses coffres pour 500,000 fr. d'argent et de\nvaleurs ce qui ferait deux millions d'aujourd'hui ! 1\nMadame du Moulin mourut le 6 juin 1748 laissant une fille Anne-\nElizabeth, mariée à Pierre-Achille Picot, marquis de Combreux,2 descen-\ndant d'une bonne noblesse qui cherchait sans succès d'ailleurs à se\nrattacher à Pic de la Mirandole. Et c'est ici que la généalogie de Lully\ndevient intéressante pour nos contemporains.\nSi l'on consulte le tableau ci-joint, on verra qu'en trois générations,\nnous parvenons au marquis Charles de Combreux mort en 1871 presque\ncentenaire et dont plusieurs d'entre nous conservent le souvenir. Or,\ncelui-ci avait fort bien pu connaître Mlle du Moulin, marquise de\nCombreux, morte en 1784 et Par e^e entendre parler de Lully comme\nd'un ascendant immédiat. Le même raisonnement chronologique peut\ns'appliquer à Madame la comtesse Greffulhe douairière, née en 1824, et\ndont la grand'mère, la marquise Dessolles (1777-1852) avait, elle aussi,\nconnu Mll6 du Moulin de Combreux. Nous ne sommes donc pas si loin\ndu surintendant de la musique du Grand Roi !\nSuivons encore l'arbre généalogique, nous arrivons aux familles de\nLarochefoucauld d'Estissac et Greffulhe, descendants directs des du\nMoulin de Combreux, et nous passons enfin aux d'Arenberg, de l'Aigle,\nde Vogué, Borghèse... Tout l'armoriai de France et le Gotha lui-même\nse rattachent ainsi à J.B. de Lully. Et il n'échappera point à ceux de nos\nlecteurs qui sont familiarisés avec la vie musicale de Paris, que, sur ce\nmême tableau de la descendance multiple du grand musicien, se rencon-\ntrent, venant de deux côtés différents, les noms illustres de Riquet de\nCaraman et de Greffulhe si heureusement réunis aujourd'hui en la\n\n1 Cette fortune circule sans doute entre les mains des descendants de Lully. Mais que sont devenus\nles souvenirs artistiques qui figurent dans ces inventaires, les partitions, les livres imprimés et manuscrits\nde musique, et surtout les tableaux :le portrait de Lambert, celui de MUe Hilaire, celui enfin de M. et Mm« de\nLully, peints sur toile. Probablement enfouis en quelque province !\n2 II y avait trois branches de ces Picot. Les Picot de Combreux, dont nous parlons. Les Picot de\nDampierre, dont un descendant, le général comte de Dampierre s'allia avec sa cousine au onzième degré,\nMarie Anne de Combreux, à la fin du XVIIIe siècle. Enfin les Picot de Moras. C'est à ces derniers qu'il faut\nrattacher le comte de Moras, qui se fait accorder l'entrée gratuite à l'opéra en 1789, comme \" de la famille de\nLully\" (Arch. Nat. Ol 635.) Je suis heureux de remercier ici le comte de Moras, d'Hazebrouck, et M. de\nSailly, de la bienveillance qu'ils ont mise à m'aider dans mes recherches."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.57", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1692, "texte": "personne de la présidente des Grandes Mme la comtesse\nGreffulhe, née de Caraman-Chimay. Comme si la musique avait tenu à\ndonner ici un ingénieux exemple de prédestination artistique !\nMais j'ai hâte d'arrêter ces recherches d'archives, qui nous ont\nentraînes si loin du cercle habituel de la musicologie, et qui ont imposé\na nos lecteurs quelques pages assurément bien arides. Mon but était de\nreplacer Lully dans le milieu de gentilhommerie où il s'est trouvé dès sa\nvenue en France, dont il n'a pas dérogé, et où les siens se sont établis\naprès lui. Le Florentin avait gagné ses titres de noblesse sur le ehamp\nd honneur de 1 art musical, et au milieu de luttes répétés, où les destinées\nde notre patrimoine artistique furent en jeu. Son effort et son triomphe,\nsa fortune, son illustration ont grandi le bon renom de la France, tout\nautant que n'importe quelle action d'éclat, militaire ou civile. Lully\navait tous les droits de prendre place dans l'aristocratie française. Il y entre\npar les grades inférieurs, en qualité de Secrétaire du Roi. Puis il y inscrit\nses enfants. Mais il meurt prématurément et on ne saurait lui faire grief\nd'avoir laissé trois fils de famille incapables, dont les noms s'effacent bientôt.\nSes filles, accueillies par le monde de la robe, continuent la marche en\navant, de ce que Labruyère appelle irrévérencieusement Amphion et sa\nrace. Le Chevalier de Francine, le marquis de Combreux, le comte de\nSourches, voici déjà la troisième génération en bonne place dans le\nd'Hozier. On sait le reste, et l'on ne m'en voudra pas d'avoir relié, par le\nfil un peu gros de ces articles, une hérédité dont l'histoire ne se souvenait\nplus.\n\nJ. Ecorcheville."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-07-15-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-07-15_01#c022", "volume": "bmtnabh_1911-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 49, "image_fin": 49, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.2.6.7", "titre_corps": "SIGNATURES DE LA FAMILLE LULLY, AU CONTRAT DE MARIE-LOUISE DE MÉRANCOURT. (Arch. de l'Opéra).", "titre_sommaire": "SIGNATURES DE LA FAMILLE LULLY, AU CONTRAT DE MARIE-LOUISE DE MÉRANCOURT. 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DE). — La T(Delagrave, in-8°).\nUn auteur dramatique justement réputé, célèbre conféren-\ncier, a écrit l'histoire de la société nommée : \" la Trompette \"\nen ajoutant en sous-titre : \" Un demi-siècle de Musique de\nChambre. \"\nSi \" La Trompette \" n'était fort connue, M. Augé de Lassus\neût établi sa renommée.\nRien que la durée de son existence prouve sa vitalité.\nSeule, la Société Vocale du Conservatoire l'emporte en\nlongévité.\nLes causes de ce succès durable sont : la nature de cette\nSociété qui n'en est pas une ; les règles curieuses, bizarres même,\nmais si raisonnables au fond qui régissent les adeptes ; la conser-\nvation pieuse des belles traditions d'art ; le renouvellement de la\nphalange qui fait entrer dans ses rangs les enfants ou les petits\nenfants des premiers tubicoles.\nLemoine, après avoir créé la Trompette, a voulu que les\ncordes instrumentales servissent de liens aux hôtes de son salon ;\nce fut la naissance de la cordialité tubicole.\nM. de Lassus chante et justement exalte l'œuvre et la pensée de Lemoine. Il commence\npresque comme un homérique poème : \" Je chante ce héros.... \"\nJe ne veux pas faire de citations ; ce serait déflorer le livre ; l'auteur, comme pour une\nconférence, fait défiler en des projections lumineuses et nettes tous les maîtres compositeurs\nd'autrefois ou d'aujourd'hui, tous les exécutants qui ont vu briller leurs noms sur les pro-\ngrammes ; il a évoqué les grands morts ou présenté les vifs.\nT-Ce, avec, çà et là, une louange typique, une critique fine, des anecdotes jolies, émues ou\ndrôles qui vous condamnent à la lecture forcée.\nEt ce volumineux volume semble bref.\nNul, on peut l'écrire, de ceux qui ont marqué dans la musique, n'a manqué de se\nproduire chez Lemoine ; parfois même c'est le Tribunal des Tubicoles qui a commencé telle\ncélébrité.\nIl est un point que je veux mettre en valeur ; c'est le choix des musiques rares ou\noubliées sur les programmes. Pendant des années, ceux-ci ont servi de modèles en France où\nles grands concerts ont puisé des idées, dans le monde qui a été attentif aux ingénieuses\nrecherches, aux accouplements comparatifs d'oeuvres.\nC'est à Lemoine toujours et à son entour érudit que sont dues les trouvailles.\nCe groupe d'érudits que le Tubicole en chef a réuni et uni a des devoirs envers sa"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.59", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3361, "texte": "qui, toujours vivante après cinquante-deux ans, verra de longs jours et de beaux soirs.\nSa caractéristique de naguères fut un criticisme profond et même sévère.\nLes nouveautés pénétraient, mais après l'homologation des jugements.\nCésar Franck avait, un soir, tenu le piano dans l'exécution de son immortel Quintette.\nL'audition avait provoqué des applaudissements dont le nombre n'égalait pas (loin de là !)\nla qualité.\nLe génial visionnaire me prit par le bras pour sortir de la salle et me dit : \" J'ai obtenu,\nn'est-ce pas, un immense succès ! \"\nIl avait grossi les bruits approbateurs, senti venir la victoire, et entendu, dans les bravos\ndiscrets, clamer le triomphe.\nLe public actuel de la Trompette est d'une haute culture, comme jadis ; mais plus jeune,\nil est plus chaleureux ; Hayot et Salmon, dignes d'être les aides de Lemoine, apportent leur\nconviction ardente ; leur incomparable quatuor vibre avec son quadruple cœur au milieu d'un\nauditoire émotif que tout artiste brûle de conquérir.\nUn Tubicole Allemand, père d'une adorable pianiste, enlevée pour jamais aux siens et à\nla Trompette, sa deuxième famille, appelait les Tubicoles le groupe le plus érudit de France.\nEn répétant ce dire, je laisse à ce juge la responsabilité des termes.\nA Lemoine qui, parmi les aviateurs planant dans les régions transcendentales et mathé-\nmaticiennes, est nommé \" l'lllustre \" ; qui compose, avec les raisonnements et les nombres,\nune esthétique presque inaccessible ; mais surtout au Lemoine, Père de la Trompette, je dis\nmon admirative amitié et signe : un trompettiste de l'avant-deuxième heure.\nPAUL R. DE COSTAL.\nGLASENAPP (Carl-Friedrich). Das\n(Leipzig, Breitkopf und Haertel, 1905 et suiv.).\nLa biographie de Wagner par M. Carl-Friedrich Glasenapp est devenue classique, dans\nle monde musical, au même titre que les grands travaux de Spitta sur Bach, de Chrysander\nsur Hasndel, de Thayer-Deiters sur Beethoven, de Jahn sur Mozart, etc.\nDepuis de longues années, avant la mort même de Wagner, qu'elle parut pour la\npremière fois, cette biographie est allée sans cesse en augmentant. En 1882, sa seconde édition\nne comprenait que deux volumes. Sans cesse modifiée et refondue, elle fut reprise entièrement\nà partir de 1895, et depuis lors, des six volumes annoncés, les cinq premiers ont acquis un\ncertain nombre d'éditions.\nCette 4e-5® édition se présente aujourd'hui en cinq gros volumes grand in-octavo, qui\nsont le plus riche arsenal de faits et de dates qu'on puisse rêver sur la vie d'un artiste. Rédigés\navec les documents les plus divers et généralement les plus sûrs, avec l'aide même de ces\nfameux mémoires {Ma Vie)qui viennent de paraître, TV com-\nprend, jusqu'à présent, cinq périodes: 1813 à 1843, des origines au retour en Allemagne,\naprès le premier séjour à Paris ; de 1843 à 1853, c'est-à-dire la période de Dresde, et les\npremières années d'exil, après la Révolution de mai 1849 ; de 1853 à 1864, c'est-à-dire\nl'époque où, toujours en exil, Wagner compose en partie sa Tétralogie, et Tristan, l'époque de\nTannhauser à Paris ; de 1864 à 1872 enfin, ou, comme l'indique lui-même M. Glasenapp :\n\" de Munich, par Triebschen, à Bayreuth. \"\nLe volume que nous promet encore M. Glasenapp nous conduira jusqu'à la mort du\n\" réformateur \", en 1883.\nCes 2500 pages compactes, où l'on peut heureusement s'orienter, grâce à d'excellents"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.60", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 10, "texte": "LES LIVRES"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.60", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3679, "texte": "index, ne sont pas d'une lecture courante, et le but de leur auteur n'a certes pas été la\ndistraction et l'amusement du lecteur. Cette biographie est surtout un recueil de faits et de\nreferences précises. Cependant, en ce qui concerne la partie parisienne de la vie de Wagner,\nque nous avons examinée avec quelque attention, nous désirerions souvent plus de\ndétails, qui sont donnés avec un luxe parfois exagéré lorsqu'il s'agit d'autres périodes de la vie\nde Wagner.\nCela tient sans doute a ce que l'éminent professeur de Riga n'a pas suffisamment dirigé\nses investigations de ce côté. C'est ainsi, par exemple, que nous ne trouvons cité nulle part\nun ouvrage indispensable à qui veut étudier Wil'ouvrage de M. G. Servières\nsur ce sujet. On y chercherait en vain aussi, le titre de telle ou telle brochure parisienne, celle\nde M. Ed. Drummont, par exemple, parue en 1869. Peut reprocher aussi, à l'œuvre\nmonumental de M. Glasenapp, de ne pas être exempt de tout parti-pris de glorifier son héros.\nJ.-G. PROD'HOMME.\nPEARSON (P.). Psycho-Harmonial Phîlosophy, based upon the musical scale. (The\nharmonial publishing Company, Ponça City, U. S. A., in-8° de 270 pp., $ 3.50.)\nCet essai de Philosophie Psycho-Harmonique basé sur la gamme musicale semble au\npremier abord être un ouvrage de pure musicologie. Sur la première page, le titre de l'ouvrage\nne s'inscrit-il pas au moyen de notes figurant assez bizarrement les lettres sur des portées ?\nMais ce ne sont là que de simples extériorités. Au fond il s'agit surtout d'un exposé d'une\nphilosophie qui doit nous conduire au \" Temple de la Sagesse. \"\nPar exemple, les titres sont tous éminemment musicaux. L'ouvrage complet comprendra\ntrois volumes et chacun d'eux est une \" Octave. \" De plus, chaque chapitre est placé comme\nsous l'invocation d'une tonalité particulière, depuis majeur jusqu'au ton de Mais je dois\najouter que ces correspondances ne sont pas toujours faciles à deviner.\nLe chapitre XII, intitulé \" Le cercle chromatique \", est le seul où la question musicale\nsoit un peu plus nettement abordée.\nVoici, nous dit l'auteur (p. 233), ce que prouve ce chapitre. Les lois de la nature sont\nfondées sur la géométrie. Le plan général du monde est en parfaite conformité avec la\ngéométrie et les mathématiques. Les emblèmes maçonniques, équerre, triangle, compas et fil\nà plomb marchent la main dans la main avec la géométrie, les mathématiques et LA MUSIQUE.\n\" L'équerre, le triangle et le compas sont des figures géométriques basées sur les lois de la\nmusique... \" \" La modulation en musique est l'image du fil à plomb qui oscille entre l'har-\nmonie et la dissonance, recherchant le point d'équilibre où elles seront réunies en une\nhomocentrique polarité. \"\nLe triangle maçonnique a une véritable relation avec la triade musicale de l'accord\nmajeur le compas maçonnique se rapporte aux accords mineurs, et lorsque l'équerre et\nle compas sont placés comme il convient sur l'autel géométrique de l'harmonie, l'équerre\nmarque les accords majeurs et le compas les accords mineurs correspondants (p. 234). Ces\nindications, même sur la figure graphique qui accompagne, ne ressortent du reste pas très\nnettement.\nIl serait cependant fort désirable de posséder très clairement le maniement de ce tableau.\nDans le troisième volume ou \" octave \", on nous promet, en effet, un procédé analogue par\nlequel on reconnaîtra avec certitude quels êtres ou quelles choses (même les aliments) sont en\nrapport d'harmonie ou de discordance avec nous.\nOn voit assez par là que les aspirations de l'auteur ne s'arrêtent pas à de modestes\nrésultats. Et nous devons reconnaître que lorsque un Américain se lance sur un sujet, il"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.61", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3300, "texte": "n'hésite pas à le pousser, jusqu'à ses plus lointaines conséquences. Hélas ! je crains fort que\nnos Vivier, nos Romieu, nos Paul Masson ne se trouvent dépassés, cette fois, d'au moins\ntrente-trois coudées !\nZ.\nBROSSET (Jules). François Giroustl737-1799- (Blois, 1911» in-B°.)\nM. Brosset, organiste de la cathédrale de Blois, est un des rares érudits de province qui\nse laissent séduire par la musicologie. Cette étude est la trentième des monographies qu'il a\nfait paraître depuis une vingtaine d'années et qui toutes nous donnent des documents précis\nsur des musiciens d'Orléans, de Blois et des environs. En 21 pages il n'est évidemment pas\npossible d'épuiser l'histoire de Giroust, avant-dernier surintendant et maître de musique de la\nChapelle du Roi Louis XVI, mais les renseignements sont sûrs et bien présentés. Ils remettent\nau point Fétis et Eitner, et nous montrent une physionomie musicale bien effacée dans\nl'histoire, mais qui eut son moment de célébrité vers 1780.\nWESTARP (Alfred). Bruckner en Allemagne. Du sentiment musical. L'âme des\nneuf symphonies de Bruckner, (Tirages à part du Courrier Musical, du Bulletin de l'lnstitut\nGénéral Psychologique et de la Revue Musicale de Lyon.)\nJ'avoue qu'il ne m'est pas toujours possible de suivre la pensée de M. Westarp dans les\nprofondeurs où elle s'égare. Je lui concède bien volontiers que la musique est avant tout un\nart de sentiment et que, par conséquent, elle doit relever de ce qu'il y a en nous de\nplus intime et de plus spontané. Mais de là à vouloir imposer un art de pure impulsion, qui\nfasse fï de tout appareil traditionnel et formel, il y a loin. Et je me méfie tant des systèmes\nlors même qu'ils ont un aspect libérateur ! Il ne saurait d'ailleurs y avoir que des lueurs dans\nun esprit comme celui de M. Westarp, qui se joue dans l'inconscient. On ne discute pas les\nsentiments, on les subit ou on les rejette.\nPENNEQUIN (Louis). Traduction française de R. A. STREATFEILD :\nMusic and Musicians.(Paris, Falque, 1910) in-8° de 104 pp.)\nTraduction française de STAINER : Music\n(Ibid. 1911, in-8° de 56 pp.)\nNous connaissions l'ouvrage de Stretfeild paru en 1906 et qui traite de Berlioz, Liszt,\nWagner, Verdi, Tschaïkovsky, Brahms, Strauss. C'est un essai de critique musicale fait avec\nimpartialité, et exempt de cette irritation que la critique française apporte si souvent en ces\nmatières. M. Pennequin a donc fait œuvre utile en mettant en bon français ce livre judicieux\net recommandable.\nL'essai de Stainer n'est au contraire qu'une conférence un peu ample, où l'auteur\ndéveloppe des idées générales devant des gens qui en manquent. L Anglais aime particulière-\nment ce jeu des concepts évidents et de tout repos, agrémenté de quelque humour. Je retiens\ncependant le point de vue de M. Stainer : la musique est un art subjectif.\nSTEINFORT (André). Réforme dans récriture musicale ou suppression des clefs.\n(Santiago de Chili, 2 pp. in-fol.)\nCe tableau remplace les clefs par des chiffres romains qui indiquent les registres d'octaves\nsur la portée. Bravo ! Mais je crois que beaucoup de ces réformistes ne tiennent pas assez\ncompte de l'utilité qu'il y a, dans notre notation, à se servir de petits signes cabalistiques,\ncomme les clefs, qui parlent aux yeux plus directement que les signes mathématiques. La"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.62", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3770, "texte": "musique est affaire d'initiation sentimentale bien plutôt que de raisonnement. Notre notation\nn est guere raisonnable, c est entendu, elle ne cherche pas à l'être. Elle vise à placer devant\nnos yeux une foule de petits personnages à physionomie familière aux initiés, et que nous\nreconnaissions au passage.\nKNOSP (G.) Maria. Une Idylle cf amour en musique. Chopin à Maria Wodzinska.\n(Paris, Costallat, in-8° obi.)\nDernièrement ce petit album écrit par Chopin à celle qu'il avait dû épouser, parut en\nallemand chez Breitkopf. C'est une heureuse idée de l'avoir traduit en français, sans avoir rien\nchange d ailleurs du facsimile original, et les Amis de Chopin (je crois que la Société existe !)\ns'en réjouiront.\nSTERN (Dr. Richard). as mus der Musikstudierende von Herlin wissen ? (Berlin,\n62, Schillstrasse, 2/1910, in 120 de 224 pp.)\nVoici un livre comme seuls les Allemands savent en faire en ce moment. Ce n'est pas\nun Annuaire des artistes commercial et réclamier. On sent bien que le premier soin de\n1 auteur a été de rendre service au lecteur, ami de la musique et étudiant des conservatoires,\net non pas de faire marcher l'artiste bénévole. L'ouvrage comprend d'abord vingt portraits de\npersonnalités musicales en vue, habitant Berlin. Puis deux articles d'introduction ; le répertoire\ndes noms et adresses des professeurs ; les différentes et nombreuses institutions de tous les\ngenres, savantes ou populaires, pratiques ou théoriques, officielles et privées, industrielles ou\npurement artistiques etc... Il y a même une liste étendue des pensions, où l'étudiant peut venir\nse fixer durant son séjour au conservatoire. Ces manuels sont d'excellents agents de propagande\ngermanique à l'étranger. Lorsque le jeune musicien de Bucarest ou de Santiago de Chili jette\nles yeux sur une carte pour savoir où il ira compléter ses études, il hésite. Mais son libraire lui\nglisse un de ces ouvrages tentants, cossus et précis qui le renseignent sur les détails de la vie\nBerlinoise. Son choix est fait. Il ne viendra pas à Paris, dont il connaît cependant la\nrenommée, mais dont il ignore tout le reste. Il se dirigera, muni de son guide, vers la\nHochschule, vers l'Ecole de Scharwenka ou de Stern. Et ceci n'est pas vrai seulement en\nmusique, mais en médecine, en droit, en science, en toute érudition universitaire. L'Allemand\nsait faire campagne, avec méthode, avec sûreté. Aussi ne se plaint-il pas de ce que son art et\nses artistes soient en baisse à l'étranger. Pendant ce temps-là, le Français, né malin, récrimine\nà l'infini et emplit les colonnes de ses revendications. Pugnare fortiter et argute loqui ! Le\nGaulois ne connaît pas autre chose. L'Allemand travaille ; cela vaut quelquefois mieux.\nJ. E.\nMARAGE (Docteur). Petit Manuel de Physiologie de la Voix. (Paris, 14, rue Duphot,\nin-8° de 204 pages. Prix : 10 fr.)\nCe livre est le résumé de quelques leçons de physique biologique, prononcées à la\nSorbonne. L'auteur, dans sa Préface, le dédie spécialement aux auditeurs de ces leçons, et veut\nle considérer comme insuffisant pour les non-initiés. Je crois cependant que tout chanteur\nintelligent, persuadé de la nécessité d'acquérir de sérieuses notions physiologiques, aurait\nbeaucoup d'intérêt à les chercher dans ce volume ; rien n'a encore été écrit de plus précis ni\nde plus démonstratif à ce sujet. Quelques illustrations, en particulier les coupes de la cavité\nbuccale, si habilement schématisées, sont à elles seules un précieux moyen d'enseignement.\nCeux qui feuilleteront le livre par simple curiosité ne s'en repentiront pas non plus,\nqu'ils ne s'effraient pas s'ils rencontrent, au hasard de leur lecture, des phrases comme celle-ci :\n\" on prend la tête d'un chien fraîchement tué, on la coupe en deux parties égales, etc.... \" Il"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.63", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2184, "texte": "ne s'agit ici ni de chirurgie, ni de pharmacopée, mais de simples expériences d'acoustique ; et\nl'on trouvera à côté de cela les documents les plus intéressants sur l'analyse et la synthèse des\nvoyelles, sur la photographie de la voix, et le fonctionnement des organes auditifs.\nQu'il nous soit permis en finissant de taquiner un peu M. Marage ; ses affirmations ne\nsont pas toujours des nouveautés, et lorsqu'il nous annonce que la femme se fatigue, en\nparlant, quatre fois moins que l'homme, il fait peut-être soupirer bien des gens, qui n'ont pas\nmanqué de s'en apercevoir avant lui.\n\nLIVRES REÇUS\nLITTLETON (Sir Henry). A Catalogue of one hundred Works illustrating the\nHistory of Music p.rinting....(London, Novello, 1911) in-8° de 38 pp.)\nMIT TAN A (Rafaël). Catalogue des\nde la Bibliothèque de F Université royale d'Upsala.(Upsala, 1911, in-8° de 502 pp.)\nKATALOG ofver Kungl. Musikaliska Akademiens Bibliotek. I 11. (Stockholm,\n1905-1910, 2 vol. in-l2° de 46 ts? 136 pp.)\nMALHERBE (Charles). Auber. (Collection des musiciens célèbres. H. Laurens,\n1911, in 120.)\nCALVOCORESSI (M. D.). Glinka. (Collection des musiciens célèbres. H. Lau-\nrens, 1911, in-120.)\nTHUREN (Hjalmar) & THALBITZER (William).\nReprinted from Madelelser om Gronland, XL. (Copenhagen, B. Luno, 1911, in-40 de 112 pp.)\nLANDOWSKA (Wanda). Bach und die franzoesische Klaviermusik. (Tirage à\npart du Bachjahrbuch de 191 o, in-8° de 12 pp.)\nNORLIND (Tobias). Studier i sven (Lund K. Gleerup, 1911, in-8° de\nxxv + 432 + 16 pp. musique.)\nBRENET (M.). Musique et musiciens de la vieille France. (Alcan, 1911, in-120\nde 250 pp.)\nOMARINI (Enrico). La Riforma di Riccardo Wagner. Conferenza tenuta... in\nNovara. (Novara, A. Merrati, 1911, in-40 de 39 pp. non mis dans le commerce.)\nBOLLETTINO d'elle'Associazione dei Musicologie Italiani. Catalogo delle Bib.\nAmbrosiana di Milano, e del Rs Jnstituto musicale IIIe série Puntata I, et IVe série\nPuntata I. (Parma, in-fol.)\nWAGNER (Richard). Ma Vie,tome I (1813-1342). Traduction française de\nN. Valentin et A. Schenk. (Paris, Plon-Nourrit et Cie, in-8° de 363 pp. Fr. 7,50.)\nBELLAIGUE (Camille). Notes Brèves. (Delagrave, 1911, in-120 de 358 pp.\nFr. 3,50.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-07-15-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-07-15_01#c030", "volume": "bmtnabh_1911-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 58, "image_fin": 63, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.2.7.2", "titre_corps": "LASSUS (A. DE). — La T(Delagrave, in-8°).", "titre_sommaire": "LASSUS (A. 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Augé de Lassus\neût établi sa renommée.\nRien que la durée de son existence prouve sa vitalité.\nSeule, la Société Vocale du Conservatoire l'emporte en\nlongévité.\nLes causes de ce succès durable sont : la nature de cette\nSociété qui n'en est pas une ; les règles curieuses, bizarres même,\nmais si raisonnables au fond qui régissent les adeptes ; la conser-\nvation pieuse des belles traditions d'art ; le renouvellement de la\nphalange qui fait entrer dans ses rangs les enfants ou les petits\nenfants des premiers tubicoles.\nLemoine, après avoir créé la Trompette, a voulu que les\ncordes instrumentales servissent de liens aux hôtes de son salon ;\nce fut la naissance de la cordialité tubicole.\nM. de Lassus chante et justement exalte l'œuvre et la pensée de Lemoine. Il commence\npresque comme un homérique poème : \" Je chante ce héros.... \"\nJe ne veux pas faire de citations ; ce serait déflorer le livre ; l'auteur, comme pour une\nconférence, fait défiler en des projections lumineuses et nettes tous les maîtres compositeurs\nd'autrefois ou d'aujourd'hui, tous les exécutants qui ont vu briller leurs noms sur les pro-\ngrammes ; il a évoqué les grands morts ou présenté les vifs.\nT-Ce, avec, çà et là, une louange typique, une critique fine, des anecdotes jolies, émues ou\ndrôles qui vous condamnent à la lecture forcée.\nEt ce volumineux volume semble bref.\nNul, on peut l'écrire, de ceux qui ont marqué dans la musique, n'a manqué de se\nproduire chez Lemoine ; parfois même c'est le Tribunal des Tubicoles qui a commencé telle\ncélébrité.\nIl est un point que je veux mettre en valeur ; c'est le choix des musiques rares ou\noubliées sur les programmes. Pendant des années, ceux-ci ont servi de modèles en France où\nles grands concerts ont puisé des idées, dans le monde qui a été attentif aux ingénieuses\nrecherches, aux accouplements comparatifs d'oeuvres.\nC'est à Lemoine toujours et à son entour érudit que sont dues les trouvailles.\nCe groupe d'érudits que le Tubicole en chef a réuni et uni a des devoirs envers sa"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.59", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3361, "texte": "qui, toujours vivante après cinquante-deux ans, verra de longs jours et de beaux soirs.\nSa caractéristique de naguères fut un criticisme profond et même sévère.\nLes nouveautés pénétraient, mais après l'homologation des jugements.\nCésar Franck avait, un soir, tenu le piano dans l'exécution de son immortel Quintette.\nL'audition avait provoqué des applaudissements dont le nombre n'égalait pas (loin de là !)\nla qualité.\nLe génial visionnaire me prit par le bras pour sortir de la salle et me dit : \" J'ai obtenu,\nn'est-ce pas, un immense succès ! \"\nIl avait grossi les bruits approbateurs, senti venir la victoire, et entendu, dans les bravos\ndiscrets, clamer le triomphe.\nLe public actuel de la Trompette est d'une haute culture, comme jadis ; mais plus jeune,\nil est plus chaleureux ; Hayot et Salmon, dignes d'être les aides de Lemoine, apportent leur\nconviction ardente ; leur incomparable quatuor vibre avec son quadruple cœur au milieu d'un\nauditoire émotif que tout artiste brûle de conquérir.\nUn Tubicole Allemand, père d'une adorable pianiste, enlevée pour jamais aux siens et à\nla Trompette, sa deuxième famille, appelait les Tubicoles le groupe le plus érudit de France.\nEn répétant ce dire, je laisse à ce juge la responsabilité des termes.\nA Lemoine qui, parmi les aviateurs planant dans les régions transcendentales et mathé-\nmaticiennes, est nommé \" l'lllustre \" ; qui compose, avec les raisonnements et les nombres,\nune esthétique presque inaccessible ; mais surtout au Lemoine, Père de la Trompette, je dis\nmon admirative amitié et signe : un trompettiste de l'avant-deuxième heure.\nPAUL R. DE COSTAL.\nGLASENAPP (Carl-Friedrich). Das\n(Leipzig, Breitkopf und Haertel, 1905 et suiv.).\nLa biographie de Wagner par M. Carl-Friedrich Glasenapp est devenue classique, dans\nle monde musical, au même titre que les grands travaux de Spitta sur Bach, de Chrysander\nsur Hasndel, de Thayer-Deiters sur Beethoven, de Jahn sur Mozart, etc.\nDepuis de longues années, avant la mort même de Wagner, qu'elle parut pour la\npremière fois, cette biographie est allée sans cesse en augmentant. En 1882, sa seconde édition\nne comprenait que deux volumes. Sans cesse modifiée et refondue, elle fut reprise entièrement\nà partir de 1895, et depuis lors, des six volumes annoncés, les cinq premiers ont acquis un\ncertain nombre d'éditions.\nCette 4e-5® édition se présente aujourd'hui en cinq gros volumes grand in-octavo, qui\nsont le plus riche arsenal de faits et de dates qu'on puisse rêver sur la vie d'un artiste. Rédigés\navec les documents les plus divers et généralement les plus sûrs, avec l'aide même de ces\nfameux mémoires {Ma Vie)qui viennent de paraître, TV com-\nprend, jusqu'à présent, cinq périodes: 1813 à 1843, des origines au retour en Allemagne,\naprès le premier séjour à Paris ; de 1843 à 1853, c'est-à-dire la période de Dresde, et les\npremières années d'exil, après la Révolution de mai 1849 ; de 1853 à 1864, c'est-à-dire\nl'époque où, toujours en exil, Wagner compose en partie sa Tétralogie, et Tristan, l'époque de\nTannhauser à Paris ; de 1864 à 1872 enfin, ou, comme l'indique lui-même M. Glasenapp :\n\" de Munich, par Triebschen, à Bayreuth. \"\nLe volume que nous promet encore M. Glasenapp nous conduira jusqu'à la mort du\n\" réformateur \", en 1883.\nCes 2500 pages compactes, où l'on peut heureusement s'orienter, grâce à d'excellents"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.60", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3679, "texte": "index, ne sont pas d'une lecture courante, et le but de leur auteur n'a certes pas été la\ndistraction et l'amusement du lecteur. Cette biographie est surtout un recueil de faits et de\nreferences précises. Cependant, en ce qui concerne la partie parisienne de la vie de Wagner,\nque nous avons examinée avec quelque attention, nous désirerions souvent plus de\ndétails, qui sont donnés avec un luxe parfois exagéré lorsqu'il s'agit d'autres périodes de la vie\nde Wagner.\nCela tient sans doute a ce que l'éminent professeur de Riga n'a pas suffisamment dirigé\nses investigations de ce côté. C'est ainsi, par exemple, que nous ne trouvons cité nulle part\nun ouvrage indispensable à qui veut étudier Wil'ouvrage de M. G. Servières\nsur ce sujet. On y chercherait en vain aussi, le titre de telle ou telle brochure parisienne, celle\nde M. Ed. Drummont, par exemple, parue en 1869. Peut reprocher aussi, à l'œuvre\nmonumental de M. Glasenapp, de ne pas être exempt de tout parti-pris de glorifier son héros.\nJ.-G. PROD'HOMME.\nPEARSON (P.). Psycho-Harmonial Phîlosophy, based upon the musical scale. (The\nharmonial publishing Company, Ponça City, U. S. A., in-8° de 270 pp., $ 3.50.)\nCet essai de Philosophie Psycho-Harmonique basé sur la gamme musicale semble au\npremier abord être un ouvrage de pure musicologie. Sur la première page, le titre de l'ouvrage\nne s'inscrit-il pas au moyen de notes figurant assez bizarrement les lettres sur des portées ?\nMais ce ne sont là que de simples extériorités. 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Ces\nindications, même sur la figure graphique qui accompagne, ne ressortent du reste pas très\nnettement.\nIl serait cependant fort désirable de posséder très clairement le maniement de ce tableau.\nDans le troisième volume ou \" octave \", on nous promet, en effet, un procédé analogue par\nlequel on reconnaîtra avec certitude quels êtres ou quelles choses (même les aliments) sont en\nrapport d'harmonie ou de discordance avec nous.\nOn voit assez par là que les aspirations de l'auteur ne s'arrêtent pas à de modestes\nrésultats. Et nous devons reconnaître que lorsque un Américain se lance sur un sujet, il"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.61", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3300, "texte": "n'hésite pas à le pousser, jusqu'à ses plus lointaines conséquences. Hélas ! je crains fort que\nnos Vivier, nos Romieu, nos Paul Masson ne se trouvent dépassés, cette fois, d'au moins\ntrente-trois coudées !\nZ.\nBROSSET (Jules). François Giroustl737-1799- (Blois, 1911» in-B°.)\nM. Brosset, organiste de la cathédrale de Blois, est un des rares érudits de province qui\nse laissent séduire par la musicologie. Cette étude est la trentième des monographies qu'il a\nfait paraître depuis une vingtaine d'années et qui toutes nous donnent des documents précis\nsur des musiciens d'Orléans, de Blois et des environs. En 21 pages il n'est évidemment pas\npossible d'épuiser l'histoire de Giroust, avant-dernier surintendant et maître de musique de la\nChapelle du Roi Louis XVI, mais les renseignements sont sûrs et bien présentés. Ils remettent\nau point Fétis et Eitner, et nous montrent une physionomie musicale bien effacée dans\nl'histoire, mais qui eut son moment de célébrité vers 1780.\nWESTARP (Alfred). Bruckner en Allemagne. Du sentiment musical. L'âme des\nneuf symphonies de Bruckner, (Tirages à part du Courrier Musical, du Bulletin de l'lnstitut\nGénéral Psychologique et de la Revue Musicale de Lyon.)\nJ'avoue qu'il ne m'est pas toujours possible de suivre la pensée de M. Westarp dans les\nprofondeurs où elle s'égare. Je lui concède bien volontiers que la musique est avant tout un\nart de sentiment et que, par conséquent, elle doit relever de ce qu'il y a en nous de\nplus intime et de plus spontané. Mais de là à vouloir imposer un art de pure impulsion, qui\nfasse fï de tout appareil traditionnel et formel, il y a loin. Et je me méfie tant des systèmes\nlors même qu'ils ont un aspect libérateur ! Il ne saurait d'ailleurs y avoir que des lueurs dans\nun esprit comme celui de M. Westarp, qui se joue dans l'inconscient. On ne discute pas les\nsentiments, on les subit ou on les rejette.\nPENNEQUIN (Louis). Traduction française de R. A. STREATFEILD :\nMusic and Musicians.(Paris, Falque, 1910) in-8° de 104 pp.)\nTraduction française de STAINER : Music\n(Ibid. 1911, in-8° de 56 pp.)\nNous connaissions l'ouvrage de Stretfeild paru en 1906 et qui traite de Berlioz, Liszt,\nWagner, Verdi, Tschaïkovsky, Brahms, Strauss. C'est un essai de critique musicale fait avec\nimpartialité, et exempt de cette irritation que la critique française apporte si souvent en ces\nmatières. M. Pennequin a donc fait œuvre utile en mettant en bon français ce livre judicieux\net recommandable.\nL'essai de Stainer n'est au contraire qu'une conférence un peu ample, où l'auteur\ndéveloppe des idées générales devant des gens qui en manquent. L Anglais aime particulière-\nment ce jeu des concepts évidents et de tout repos, agrémenté de quelque humour. Je retiens\ncependant le point de vue de M. Stainer : la musique est un art subjectif.\nSTEINFORT (André). Réforme dans récriture musicale ou suppression des clefs.\n(Santiago de Chili, 2 pp. in-fol.)\nCe tableau remplace les clefs par des chiffres romains qui indiquent les registres d'octaves\nsur la portée. Bravo ! Mais je crois que beaucoup de ces réformistes ne tiennent pas assez\ncompte de l'utilité qu'il y a, dans notre notation, à se servir de petits signes cabalistiques,\ncomme les clefs, qui parlent aux yeux plus directement que les signes mathématiques. La"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.62", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3770, "texte": "musique est affaire d'initiation sentimentale bien plutôt que de raisonnement. Notre notation\nn est guere raisonnable, c est entendu, elle ne cherche pas à l'être. Elle vise à placer devant\nnos yeux une foule de petits personnages à physionomie familière aux initiés, et que nous\nreconnaissions au passage.\nKNOSP (G.) Maria. Une Idylle cf amour en musique. Chopin à Maria Wodzinska.\n(Paris, Costallat, in-8° obi.)\nDernièrement ce petit album écrit par Chopin à celle qu'il avait dû épouser, parut en\nallemand chez Breitkopf. C'est une heureuse idée de l'avoir traduit en français, sans avoir rien\nchange d ailleurs du facsimile original, et les Amis de Chopin (je crois que la Société existe !)\ns'en réjouiront.\nSTERN (Dr. Richard). as mus der Musikstudierende von Herlin wissen ? (Berlin,\n62, Schillstrasse, 2/1910, in 120 de 224 pp.)\nVoici un livre comme seuls les Allemands savent en faire en ce moment. Ce n'est pas\nun Annuaire des artistes commercial et réclamier. On sent bien que le premier soin de\n1 auteur a été de rendre service au lecteur, ami de la musique et étudiant des conservatoires,\net non pas de faire marcher l'artiste bénévole. L'ouvrage comprend d'abord vingt portraits de\npersonnalités musicales en vue, habitant Berlin. Puis deux articles d'introduction ; le répertoire\ndes noms et adresses des professeurs ; les différentes et nombreuses institutions de tous les\ngenres, savantes ou populaires, pratiques ou théoriques, officielles et privées, industrielles ou\npurement artistiques etc... Il y a même une liste étendue des pensions, où l'étudiant peut venir\nse fixer durant son séjour au conservatoire. Ces manuels sont d'excellents agents de propagande\ngermanique à l'étranger. Lorsque le jeune musicien de Bucarest ou de Santiago de Chili jette\nles yeux sur une carte pour savoir où il ira compléter ses études, il hésite. Mais son libraire lui\nglisse un de ces ouvrages tentants, cossus et précis qui le renseignent sur les détails de la vie\nBerlinoise. Son choix est fait. Il ne viendra pas à Paris, dont il connaît cependant la\nrenommée, mais dont il ignore tout le reste. Il se dirigera, muni de son guide, vers la\nHochschule, vers l'Ecole de Scharwenka ou de Stern. Et ceci n'est pas vrai seulement en\nmusique, mais en médecine, en droit, en science, en toute érudition universitaire. L'Allemand\nsait faire campagne, avec méthode, avec sûreté. Aussi ne se plaint-il pas de ce que son art et\nses artistes soient en baisse à l'étranger. Pendant ce temps-là, le Français, né malin, récrimine\nà l'infini et emplit les colonnes de ses revendications. Pugnare fortiter et argute loqui ! Le\nGaulois ne connaît pas autre chose. L'Allemand travaille ; cela vaut quelquefois mieux.\nJ. E.\nMARAGE (Docteur). Petit Manuel de Physiologie de la Voix. (Paris, 14, rue Duphot,\nin-8° de 204 pages. Prix : 10 fr.)\nCe livre est le résumé de quelques leçons de physique biologique, prononcées à la\nSorbonne. L'auteur, dans sa Préface, le dédie spécialement aux auditeurs de ces leçons, et veut\nle considérer comme insuffisant pour les non-initiés. Je crois cependant que tout chanteur\nintelligent, persuadé de la nécessité d'acquérir de sérieuses notions physiologiques, aurait\nbeaucoup d'intérêt à les chercher dans ce volume ; rien n'a encore été écrit de plus précis ni\nde plus démonstratif à ce sujet. Quelques illustrations, en particulier les coupes de la cavité\nbuccale, si habilement schématisées, sont à elles seules un précieux moyen d'enseignement.\nCeux qui feuilleteront le livre par simple curiosité ne s'en repentiront pas non plus,\nqu'ils ne s'effraient pas s'ils rencontrent, au hasard de leur lecture, des phrases comme celle-ci :\n\" on prend la tête d'un chien fraîchement tué, on la coupe en deux parties égales, etc.... \" Il"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.63", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 599, "texte": "ne s'agit ici ni de chirurgie, ni de pharmacopée, mais de simples expériences d'acoustique ; et\nl'on trouvera à côté de cela les documents les plus intéressants sur l'analyse et la synthèse des\nvoyelles, sur la photographie de la voix, et le fonctionnement des organes auditifs.\nQu'il nous soit permis en finissant de taquiner un peu M. Marage ; ses affirmations ne\nsont pas toujours des nouveautés, et lorsqu'il nous annonce que la femme se fatigue, en\nparlant, quatre fois moins que l'homme, il fait peut-être soupirer bien des gens, qui n'ont pas\nmanqué de s'en apercevoir avant lui."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-07-15-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-07-15_01#c031", "volume": "bmtnabh_1911-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 63, "image_fin": 63, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.2.7.3", "titre_corps": "LIVRES REÇUS", "titre_sommaire": "LIVRES REÇUS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.63", "debut_caractere": 601, "fin_caractere_exclue": 2184, "texte": "LIVRES REÇUS\nLITTLETON (Sir Henry). A Catalogue of one hundred Works illustrating the\nHistory of Music p.rinting....(London, Novello, 1911) in-8° de 38 pp.)\nMIT TAN A (Rafaël). Catalogue des\nde la Bibliothèque de F Université royale d'Upsala.(Upsala, 1911, in-8° de 502 pp.)\nKATALOG ofver Kungl. Musikaliska Akademiens Bibliotek. I 11. (Stockholm,\n1905-1910, 2 vol. in-l2° de 46 ts? 136 pp.)\nMALHERBE (Charles). Auber. (Collection des musiciens célèbres. H. Laurens,\n1911, in 120.)\nCALVOCORESSI (M. D.). Glinka. (Collection des musiciens célèbres. H. Lau-\nrens, 1911, in-120.)\nTHUREN (Hjalmar) & THALBITZER (William).\nReprinted from Madelelser om Gronland, XL. (Copenhagen, B. Luno, 1911, in-40 de 112 pp.)\nLANDOWSKA (Wanda). Bach und die franzoesische Klaviermusik. (Tirage à\npart du Bachjahrbuch de 191 o, in-8° de 12 pp.)\nNORLIND (Tobias). Studier i sven (Lund K. Gleerup, 1911, in-8° de\nxxv + 432 + 16 pp. musique.)\nBRENET (M.). Musique et musiciens de la vieille France. (Alcan, 1911, in-120\nde 250 pp.)\nOMARINI (Enrico). La Riforma di Riccardo Wagner. Conferenza tenuta... in\nNovara. (Novara, A. Merrati, 1911, in-40 de 39 pp. non mis dans le commerce.)\nBOLLETTINO d'elle'Associazione dei Musicologie Italiani. Catalogo delle Bib.\nAmbrosiana di Milano, e del Rs Jnstituto musicale IIIe série Puntata I, et IVe série\nPuntata I. (Parma, in-fol.)\nWAGNER (Richard). Ma Vie,tome I (1813-1342). Traduction française de\nN. Valentin et A. Schenk. (Paris, Plon-Nourrit et Cie, in-8° de 363 pp. Fr. 7,50.)\nBELLAIGUE (Camille). Notes Brèves. (Delagrave, 1911, in-120 de 358 pp.\nFr. 3,50.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-07-15-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-07-15_01#c032", "volume": "bmtnabh_1911-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 64, "image_fin": 65, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.2.8", "titre_corps": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE", "signature_source": "Le Président, Charles Malherbe", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.64", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3407, "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE\nSéance du 20 Mai 1911.\n\nLa Séance est ouverte chez MM. Gaveau & Cie, à 41/2 heures, sous la présidence de\nM. Ch. Malherbe, Président de la Section. Assistaient à cette séance : MM. Ecorcheville,\nProd'Homme, Griveau, Mlles Pereyra & Sauvrezis, Docteur M. Laugier, MM. Gariel'\nRuelle, Chantavoine, Mutin, Mmes Filliaux-Tiger & Wiener-Newton, MM. Bouvet,\nA. Laugier &A. de Bertha. S'étaient excusés : Mlle Daubresse, MM. Raugel & Raymond-\nDuval.\nAprès lecture et approbation du procès-verbal de la dernière séance, le Secrétaire fait part\ndes candidatures suivantes, présentées par Mme Gallet &M. Mutin, et qui sont admises à\nl'unanimité.\nM. Alfred Maury.\nM. A. Agache.\nM. Ecorcheville fait observer qu'il conviendrait sans doute, de demander à nos nouveaux\ncollègues s'ils ne préfèrent pas que leur entrée dans la Société, coïncide avec l'année nouvelle,\nqui commence au 30 septembre. Le Secrétaire est chargé de leur écrire en ce sens.\nLe Président annonce qu'une somme de quinze mille francs a été mise à la disposition\nde la Section de Paris, par un de nos membres qui désire garder l'anonyme, et dans le but de\nfaire une fondation de la Société à la Faculté des Sciences de l'Université de Paris. Voici dans\nquelles circonstances cette donation a été faite. Il y a quelques mois, la maison Pathé offrait à\nl'Université de Paris de fonder un Musée de la Parole, dont elle fournirait les instruments de\ntravail, ainsi que le personnel nécessaire au fonctionnement et à l'entretien de ces appareils,\npendant une période de dix ans. La Faculté des Lettres ayant accepté cette fondation, il fut\ndécidé que les locaux de la Sorbonne réservés à la chimie, et qui seront bientôt inoccupés,\nseraient affectés à cet institut de recherches phonétiques. La Faculté des Sciences, qui possédait\ndepuis longtemps un cours libre de phonétique expérimentale, professé par notre Collègue le\nD 1 Marage eut alors l'idée de reprendre un projet qui lui avait été soumis par nous, il y a\nquelques années, et qui n'avait pas abouti. Ce projet consistait à accepter de la Société Inter-\nnationale de Musique une donation qui permit à la Faculté de donner au cours de M. Marage\nune situation officielle à la Sorbonne. Les négociations furent reprises et menées très vite, car\nil fallait que tout fut conclu avant que le Ministre de l'lnstruction Publique ne vint inaugurer\nle Musée de la Parole, inauguration qui eut lieu le 28 juin. Notre Comité réuni\nd'urgence fut donc amené à prendre des décisions qui ont abouti à l'entente suivante. Une\nsomme de quinze mille francs est entre les mains de la Faculté des Sciences ; elle sera remise\npar annuités de trois mille francs et pendant cinq ans à M. Marage, qui est nommé Charge de\nCours a la Faculté. Le donateur est tout disposé à renouveler cette donation au bout des cinq\npremières années écoulées. Les programmes des Cours de la Faculté devront mentionner que\ncette chaire a été fondée par la Société Internationale de Musique. Sur l'observation de M. le\nVice-Recteur de l'Académie de Paris, le titre du cours, qui était primitivement Cours de\nphonétique biologique sera modifié, d'après les indications de la Section de Paris. Tel est l'accord\nconclu entre la Société et la Faculté des Sciences, que notre Comité soumet à la ratification\nde la Section.\nM. Ruelle fait observer que le titre du Cours doit, en effet, être modifié, et propose la"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.65", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2503, "texte": "rédaction suivante qui est adoptée : Cours de pM. Gariel\nfait observer que la somme de trois mille francs est notoirement insuffisante, pour permettre à\nun professeur de se livrer utilement à des travaux pratiques, et suffire aux dépenses d'un\nlaboratoire. Toutefois, le Dr Marage lui ayant laissé entendre que la Faculté des Sciences\napporterait de son coté un supplément à ce traitement, il se rallie à l'opinion générale.\nLa fondation de la Société est adoptée à l'unanimité.\nLe Président annonce qu'il a assisté à l'inauguration du Musée de la Parole, le 28 Juin,\npar le Ministre de l'lnstruction Publique, comme représentant de notre Société, et que mention\na ete faite de notre fondation dans les discours officiels. Il s'étonne à ce propos du ton peu\nsérieux de certains articles, par lesquels la presse, et en particulier M. Doumic dans le Gaulois,\na accueilli une initiative aussi heureuse pour la musicologie que pour la phonétique.\nLa parole est donnée à M. Ecorcheville pour rendre compte du dernier Congrès de la\nSociété à Londres. (On lira plus loin ce compte rendu). La Section accepte de tenir le prochain\nCongrès de la Société à Paris en 1914.\nLe Président rappelle que cette réunion est la dernière de l'année, et fait des vœux pour\nque nous nous retrouvions tous à la fin d'Octobre prochain. Il ajoute qu'il souhaite vivement,\nque l'année prochaine soit une année de travail actif. Plusieurs motions sont présentées pour\ndonner aux travaux de la Section plus d'efficacité. M. Ecorcheville émet l'idée d'exécutions de\nmusique ancienne, qui n'auraient nullement le caractère de concert, et qui seraient, au con-\ntraire, des travaux pratiques de laboratoire, nous permettant d'entendre un grand nombre\nd'oeuvres d'une même période. Ce laboratoire serait infiniment utile, alors même que les\nexpériences que nous y ferions ne seraient pas toujours réussies. M. Mutin veut bien examiner\nla réalisation pratique de ce projet.\nLe Président prie la Section d'adresser tous ses remerciements à notre Collègue M. Etienne\nGaveau, qui depuis plusieurs années veut bien nous donner une parfaite et si cordiale hospi-\ntalité. Il émet toutefois le désir, que toutes nos réunions aient lieu, comme celle-ci, autour\nd'une vaste table, et non pas dans une salle où le bureau se trouve isolé sur une estrade, et par\nconséquent, séparé des autres membres de la Section, ce qui modifie totalement la physionomie\nde nos Séances.\nLa Séance est levée à 6 heures.\n\nLe Président,\nCharles Malherbe."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-07-15-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-07-15_01#c034", "volume": "bmtnabh_1911-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 66, "image_fin": 76, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.2.9", "titre_corps": "LE CONGRÈS DE LONDRES", "titre_sommaire": "LE CONGRÈS DE LONDRES", "signature_source": "J. Ecorcheville", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.66", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1654, "texte": "LE CONGRÈS DE LONDRES\n\nLes Congrès de musique se suivent et se ressemblent. Réunions\nsavantes, festivités, érudition, toasts, concerts, discours, communications et\nbanquets, l'aspect général est toujours un peu le même, et le congressiste\naffairé se multiplie pour satisfaire aux exigences d'un programme sur-\nchargé, dont il ne peut épuiser la matière abondante. Aussi le véritable\ncompte rendu d'une semaine comme celle que nous venons de passer à\nLondres demanderait-il la collaboration d'un grand nombre de nos col-\nlègues. Il m'a été, je l'avoue, impossible de tout voir, de tout entendre,\nde prendre ma part de tout, comme je l'aurais voulu.\nLes organisateurs de cette grande avaient devant eux un pro-\nblème assez délicat. Il leur fallait concilier les droits de la science inter-\nnationale, les nécessités d'une manifestation, qui tenait à être nationale et\nmusicale et enfin les devoirs de cette fastueuse hospitalité qui est de\ntradition en Angleterre. Le plan fut de réserver les matinées aux travaux,\nde vouer les après-midis aux concerts, et d'abandonner les soirées aux\nréceptions. Le résultat fut de rogner un peu la part de communication,\nmais de nous donner une vue d'ensemble de la musique anglaise à travers\nles âges, et une opinion reconnaissante de la cordialité et du confort\nanglais. Certains s'en sont alarmés et auraient souhaité moins de sonates,\nmoins de Champagne et plus de lectures, sans songer combien il est diffi-\ncile de répondre aux obligations multiples et légitimes d'un congrès de\nmusique, et qui plus est d un congres d une Société comme la notie.\nCar nous sommes une Société, et, de ce fait, nous avons des devoirs"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.67", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2664, "texte": "sociaux, une mission sociale à remplir. Un congrès comme celui de Paris\nen 1900, ou comme celui qui s'est tenu cette année même à Rome ne\nréunit que les éléments individuels, qui se dispersent aussitôt après, et qui\nmême durant leur réunion, manquent souvent de cohésion bénévole.\nCertaines séances du congrès de Paris l'ont assez montré. Une Société\nInternationale qui compte des membres dans toutes les parties du monde,\net qui les prie de se grouper, sur l'invitation d'une Section régionale,\nofficiellement constituée, reconnue par le pays auquel elle appartient,\nreprésente tout autre chose. Ce n'est plus ici affaire du hasard, ou de la\ncuriosité archéologique. L'intérêt qui s'attache à une manifestation de ce\ngenre est général et public. C'est ce que beaucoup de nos confrères,\ndevenus aujourd'hui nos collègues, n'avaient pas compris jadis lorsque\nl'Allemagne la première prit l'initiative de ce groupement universel.\n\" Laissons chacun faire à sa guise disait-on vers 1899, ne nous enrégi-\nmentons pas ! N'allons pas prendre notre mot d'ordre ici ou là ! \" Il n'y\na pas trois ans que j'entendais encore ces arguments individualistes à\nBruxelles, où aujourd'hui la Section Belge montre une admirable activité.\nEt, à Paris même, combien d'entre nous ont hésité, avant de se rendre à\nl'évidence, avant de saisir toute la valeur de l'idée d'association. Le Con-\ngrès de Londres, plus encore que celui de Vienne, a marqué le triomphe\nde l'entente internationale et régulière.\nCertes on pourra fonder encore telle ou telle entreprise particulière\nen histoire musicale. Un érudit, un éditeur, un homme de bonne volonté\nou un simple arriviste, pourra faire preuve d'une louable activité. Mais\nces efforts épars tendront toujours, et de plus en plus, vers le grand centre\nde l'action commune : ils seront emportés, par la logique même de leur\ndéveloppement, vers les faisceaux d'études et d'efforts que représente une\nSociété comme la nôtre. Nous avons vu la preuve de cette loi fatale, à ce\nCongrès même et l'ltalie nous en a fourni l'exemple. Animée d'un beau\nzèle, notre sœur latine voulut, il y a quelques années, organiser ses\nrecherches historiques en musique. Mais craignant de mécontenter un\nnationalisme toujours en éveil, elle eut l'idée de se rattacher à la Société\npar un lien si mince qu'il fut presque imperceptible de l'autre côté des\nAlpes. Et elle s'appela l'Association des Musicologues Italiens. C'était son\ndroit. Mais cette indépendance a ses dangers ; elle rend la situation de la\nmusicologie italienne assez délicate, chaque fois qu'il s'agit de prendre\nplace dans une manifestation collective, et de s'associer à l'une de ces"}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.68", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2584, "texte": "vastes entreprises qui ne peuvent être menées à bien que par l'entraide\ninternationale. Les délégués italiens ont été les premiers à sentir toute la\nfausseté de cette attitude, qui veut bien profiter de l'internationalisme,\nsans en arborer courageusement le drapeau.\nL'Angleterre au contraire, pays d'union s'il en est, eut de suite l'in-\ntuition de cette vérité qu'à une Société, convenait avant tout une récep-\ntion sociale. M. Balfourse trouva à la tête d'un comité de lords et de\nduchesses pour nous faire les honneurs de la séance d'ouverture. M. Lit-\ntleton, chef de la maison d'édition Novello, nous reçut splendidement dès\nnotre arrivée. Le Lyceum Club invita nos dames. Le Lord Maire nous\ncombla à Mansion House.La Worshififu nous traita\nmagnifiquement au nom de la Cité, le Daily Télégraphe au nom de la\nPresse. Enfin, pour la première fois un banquet d'un caractère non poli-\ntique fut donné à la Chambre des Sous la présidence du\nMinistre, Lord Beauchamp, cette innovation, j'aillais dire cette déroga-\ntion, était faite en l'honneur de la musicologie continentale reçue par\nl'Angleterre en délégation officielle.\nPassons à la musique. C'est, en tout congrès de ce genre, une redou-\ntable difficulté. Un congrès d'érudition pure, ou même de science appliquée\nn'a recours qu'à des discussions. Un congrès de musique doit contenter les\noreilles. Et les auditions sont obligatoires. A Londres elles prirent une\nlarge, très large place, et furent exclusivement réservées à l'art anglais.\nJe ne m'en étonne pas. La musique anglaise jouit, depuis cent ans, d'une\nassez mauvaise réputation pour se piquer, en ces circonstances d'un peu\nde chauvinisme. Elle avait une revanche à prendre. Et jamais plus belle\noccasion ne pouvait lui être offerte puisqu'elle s'adressait à des gens venus\ntout exprès pour lui rendre visite. Que l'on ne dise pas que l'internationa-\nlisme commandait ici une autre attitude ! Le principe même de notre\nSociété repose sur l'autonomie des Sections et l'exemple que vient de\ndonner la Section anglaise est la meilleure preuve que l'individualisme est\nparfaitement sauvegardé dans notre œuvre. Cette affirmation du nationa-\nlisme au sein d'un groupement international a quelque chose d'infiniment\nséduisant, pour les esprits amis de conciliation.\nCe qui ne veut pas dire que cet exemple doive être suivi par tous\nles pays qui nous recevront en temps de congrès ! En Allemagne, en\nFrance, en Italie, une pareille exclusion ne se légitimerait pas. Mais\nl'Angleterre musicale, avait tant à nous dire, qu'il lui était presque impos-"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.69", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2659, "texte": "sible de laisser la parole aux autres nations. La musique nous a donc suivis,\nprécédés et accompagnés durant tout ce congrès, tantôt à St. Paul et à\nl'église de Westminster, tantôt au Queens Hall, à l'Aeolian Hall, et même\nà l'Université. Sans compter les réceptions proprement dites, où il n'était\npas toujours très aisé de la goûter.\nNous avons eu deux concerts de musique d'église ancienne, deux\nconcerts de musique d'orchestre ancienne et moderne, deux concerts de\nmusique de chambre, un concert de musique chorale, plusieurs auditions\nde musique militaire, un trio d'hommes a capella, et diverses manifesta-\ntions dues à la collaboration de solistes et d'un petit orchestre de chambre.\nEn tout un peu plus de i 50 œuvres, dont beaucoup duraient dix minutes,\nmais dont certaines, comme la deuxième symphonie d'Elgar, avaient\nl'importance de ce que nous connaissons de plus grand. Les œuvres an-\nciennes ne dépassaient pas le XVIe siècles. Elles s'étendaient spécialement\nsur l'époque des madrigalistes et des virginalistes qui commencent à\nreprendre dans l'histoire la place éminente qu'ils méritent, et que le\ngrand public va bientôt leur réserver.1 Peut-être aurait-il convenu de\nremonter un peu plus loin et j'attendais Dunstaple et Dufay. Je pensais\nque l'Angleterre aurait voulu donner raison à la thèse de notre collègue\nLederer, qui veut que la polyphonie soit d'origine celto-anglaise. Mais le\ntemps manqua pour nous montrer tant de chose. Il fallait nous présenter,\nce que pour ma part j'étais impatient de connaître, l'école symphonique\nanglaise de 1650, dont on dit merveille, mais que personne encore sur le\ncontinent n'a eu l'envie de restaurer. Ici aussi j'ai été un peu déçu. Les\nprogrammes ont généralement sauté de la reine Elizabeth à la Restaura-\ntion, c'est à dire de Bull à Purcell. Seuls les Grocers eurent l'intuition de\nce qu'il fallait faire. Un excellent petit orchestre conduit par M. Payne\nnous a présenté les Monthsde Christoper Simpson (1610-1677) encadres\npar des Suites de Johnson (1540-1626), de Blow (1648-1708), par la\nCoronation Music de Locke (1630-1677) et par Fancies de R. Deering\n(1570-1630). Ce jour là nous avons vraiment appris du nouveau, et nous\navons fait provision d'enthousiasme.\nParmi ces écoles différentes et au milieu de ces styles divers un grand\nartiste se dégage, c'est Henry Purcell (1658-1695), homme de tout pre-\n\n1 Je ne voudrais pas oublier ici les séances de madrigalistes anglais du XVIe que notre collègue Bouvet a\ndonné il y a deux ans déjà, à la Section elle-même, ni l'utile propagande faite en faveur des virginalistes par\nMme Landowska, tout dernièrement encore aux Amis de"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.72", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2663, "texte": "mier plan et d'une extrême originalité. Il est temps de faire sortir Purcell\nde la musicologie, et de lui donner une place d'honneur dans la musique.\nHaendel doit se serrer un peu (si cela est possible à cet individu débor-\ndant) et ne point masquer à nos yeux un homme auquel il doit une bonne\npart de ce qu'il est. Qui a entendu les fragments de Dtdo and Aeneas,\nchantés à Londres par la voix admirable de Mme Muriel Foster, ne peut\nplus admirer sans réserve le éMessie. Car Haendel devient, de plus en plus,\nle truculent vulgarisateur, qui n'a retenu de l'art de son temps que ce qui\npouvait s'adapter aux masses populaires et faire effet sur le million. Mais,\nchez Purcell, quelle variété, quelle nuance de la pensée toujours renou-\nvelée, quel soin à éviter cette mise au point définitive qui fit vieillir si\nvite l'opéra du XVIIIe siècle ! Ne privons pas plus longtemps nos\nconcerts de la collaboration de ce grand artise.\nEt que dire de la musique anglaise moderne, c'est à dire de celle\nqui, s'appuyant sur Mendelssohn et Brahms, s'achemine vers Debussy ?\nFaut-il reconnaître qu'elle est dans une période d'efforts vigoureux et\nqu'elle travaille à son renouveau avec une énergie sauvage ? De Sullivan\nà Edward Elgar, en passant par E. German et l'humoriste Hubert Parry,\nla musique anglaise donne l'impression d'un gigantesque laboratoire où\nchacun s'efforce de découvrir le génie, avec cette patience méthodique,\nque donne l'habitude des sports. Certains, comme MM. Mackenzie, et\nStanford et V. Williams, essaient avec ingéniosité du folklore. D'autres,\ncomme M. Elgar se lancent à corps perdu dans la musique pure. D'autres,\ntel Holbrooke, Davies se confient au lyrisme byronien, si particulièrement\nanglais. D'autres encore s'emparent du poème descriptif, comme M. W.\nWallace, H. Bell, H. Cowen ou de l'opéra comme Mme Ethel Smith.\nEnfin la musique de chambre offre à MM. Frank Bridge, Bax, Bath,\nO'Neil, Walker, Me Ewen, Cyril Scott, B. Dale, Hinton, Walthew,\nQuilter ou Bowen un champ vaste, où ils se plaisent à jouer une partie\neffrénée. Certes, ce n'est pas l'entraînement qui manque à la musique\nanglaise, ni l'habileté professionnelle ! Le premier mouvement de la\nSonate pour piano de M. Arnold Bax dure à lui seul trente-cinq minutes.\nMais notre oreille française, facilement irritable, et si dédaigneuse, il faut\nbien le dire, se trouve ici un peu désorientée par la confusion des styles.\nEn France la musique, et la critique qui la soutient, paraissent être une\nforme de la combativité agressive qui, à la suite de nos trépidations poli-\ntiques, s'est emparée de toute la nation. Nous faisons toujours de la musi-\n\n5"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.73", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2693, "texte": "que contre quelqu'un et il y a du Cambronne dans l'air à toutes nos\nauditions. Là-bas rien de cela. La musique est accueillante au lieu d'être\néjective. Elle coule avec abondance, mais sans heurter les manières qui\nconviennent à des gentlemen. Jamais cette cruauté, cette apacherie, qui\ndéchire nos sonates et qui rend nos moindres mélodies corrosives. Peu à\npeu cependant les Anglais, par des moyens peut-être encore factices,\ncréent en eux ce besoin de musique, qu'ils n'ont connu depuis longtemps\nque comme consommateurs, et qu'ils voudraient éprouver à l'état de pro-\nducteurs. Mais qu'ils prennent garde ! La musicalité d'un peuple corres-\npond presque toujours à un état de malaise général, à une période de\nSturm und. Dranget d'exaspération. Peut-être M. Lloyd George sera-t-il\nl'agent provocateur de la musique anglaise.\nOn voit combien le congrès nous entraînait loin des horizons paisi-\nbles de la musicologie. Les communications nous y ramenaient, et, chaque\nmatin l'Université se trouvait envahie par une foule attentive, où souvent\nles élèves avaient leurs maîtres pour auditeurs. Malheureusement on ne\npeut passer sous silence un défaut d'organisation, dont le Vice Recteur de\nl'Université eut le triste courage de venir s'excuser, et qui restera comme\nune dissonance non résolue dans ce concert d'internationale harmonie. On\navait réparti toutes les sections de travail, dans deux grands bâtiments\nprovisoires où elles se trouvaient séparées par des petits paravents. Les\nvoix de tous les conférenciers formaient une polyphonie intolérable, à\nlaquelle se joignait celle des moineaux, nichés dans ces hangars ; et, il\nétait matériellement impossible, au milieu de ce charivari, de suivre aucune\nlecture avec fruit. Comment? L'Université de Londres n'est-elle pas assez\ngrande pour qu'on puisse y trouver sept ou huit pièces confortables et\nsilencieuses, et les réserver à un congrès qui s'appuie sur un fond de\ngarantie de 250,000 frs. ? Ce faux pas aurait du être évité. Pour ma part\nj'ai profité de ce malheur en me trouvant dispensé d'assister à ces lectures\nmatinales, et me réservant de les lire en toute tranquilité lorsqu'elles paraî-\ntront en volume. Il y en avait quatre-vingt, répartis sur un grand nombre\nde sujets d'histoire, de folklore, d'acoustique, de lutherie, d'esthétique, et\nde sujets divers suivant les préoccupations de chacun d'entre nous. Une\nméthode et des vues générales n'avaient point présidé à leur envoi. Et\nc'est peut-être regrettable. Certains souhaiteraient que des grands courants\ns'établissent et précèdent nos congrès, donnant une direction à nos efforts\net un but à nos discussions. Mais ce vœu, je le sais, restera platonique et"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.74", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2577, "texte": "peut-être serait-il dangereux de porter atteinte à la spontaniété de nos\ncommunications en leur imposant la discipline d'un programme commun.\nLes lectures, à mon avis, doivent être considérées comme un apport\nindividuel et les recherches collectives doivent être réservées aux\nsions, Peu à peu, depuis le congrès de Baie, cet organisme des commissions\ns'est implanté dans notre société. Il y est devenu nécessaire. La commu-\nnication permet à un érudit de lancer une idée personnelle devant un\npublic nombreux, la commission s'applique à chercher des réalisations\npratiques. Elle travaille à huis clos, ce qui facilite infiniment la mise au\npoint de projets. Et elle peut préparer d'une façon continue des décisions\nque les congrès sanctionnent. Le travail des commissions a été particulière-\nment fécond à Londres.\nJe ne dirai rien du Conseil d'Administration de la Société, dont le\nprocès verbal paraîtra dans nos Bulletins Internationaux, mais les com-\nmissions du Corpus, de la Bibliographie, des Tablatures, et de l'lcono-\ngraphie sont des rouages trop utiles pour ne pas insister sur leur mérite.\nC'est sur elles à mon sens, que s'est concentré l'intérêt musicologique du\ncongrès.\nLa commission du Corpus Scriptorum instituée\npour la réédition modernes des traités de théorie musicale du moyen âge\nest une œuvre colossale, à laquelle notre éminent collègue le professeur\nGuido Adler de Vienne a consacré son inlassable activité. La bibliographie\nen est déjà préparée, achevée même en certaines parties de l'Europe. J'ai\neu le plaisir d'annoncer à Londres que la France allait avoir terminé\nsa tâche dans quelques semaines, grâce à l'intervention généreuse de\nMme Pierre Aubry, et qu'il ne resterait plus que les bibliothèques de\nParis à dépouiller, ce qui est réservé à un effort ultérieur. Chacun des\ndélégués rendit compte de sa mission, et lorsque le procès verbal de ces\nséances sera rendu public, la musicologie apprendra d'heureuses nouvelles.\nLa commission de bibliographie, après avoir courageusement travaille,\navait vu ses collaborateurs se relâcher. Notre collègue de Berlin le Dr.\nWolffheim lui a redonné tout son courage en déclarant prêt à assumer\npersonnellement les frais d'édition de ses travaux. Après discussion entre\nMM. Springer (Berlin) président, Barclay Squire (Londres) Wolffheim\n(Berlin) Sonneck (Washington) et moi-même, il a été décidé que la\n\n1 Je crois que c'est notre collègue Knosp, qui le premier, vers 1905, avait l'idée d'une commission perma\nnente pour la musique exotique. Cette innovation ne fut pas goûtée."}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.75", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2566, "texte": "commission collaborerait à la publication d'un répertoire annuel conçu\ndans le même esprit que celui d'Ulysse Chevalier pour le moyen âge. Ce\nrépertoire sera bio-bibliographique, et en principe, n'indiquera que les\nsources. Son but est d'offrir au lecteur un dépouillement de tout ce qui se\npublie en musicologie, et de former annuellement une sorte de Supplé-\nment au Quellenlexicon d'Eitner, tenant ainsi l'érudit au courant. Il ne\nsera imprimé qu'au recto de la page, permettant de découper et de mettre\nsur fiches cette précieuse documentation.\nUne même pensée a provoqué la formation d'une\ngraphie musicale, due à l'initiative de notre collègue M. Scheurleer de La\nHaye. Il s'agit ici de recueillir et mettre sur fiches toutes les indications\nqui ont trait à la représentation par l'image, la sculpture, l'objet d'art,\nd'une scène musicale, ou d'un instrument de musique. Nous avons déjà à\nParis la collection de photographies si libéralement mise à notre disposi-\ntion par Mme Aubry et qui s'est considéralement accrue cette année. Mais\nle projet Scheurleer ne vise qu'à la bibliographie, et ses fiches seraient\nimprimées et multipliées par les soins de M. Scheurleer et à ses frais.\nC'est donc encore là une généreuse initiative qui va doter notre société\net la musicologie d'un excellent instrument de travail. Un jour viendra\noù ces fiches jointes aux photographies qu'elles auront rendu possible,\npermettront d'établir des monographies historiques de nos instruments et\nde donner aux directeurs de nos musées l'enseignement dont ils ont si\nsouvent besoin.\nEnfin la commission des tablatures, dont je suis heureux d'avoir\nprovoqué la formation, il y a quatre ans, a pu constater que ses travaux\navançaient sûrement. J'ai moi-même rendu compte dernièrement à notre\nsection de cette marche en avant et exposé l'état très satisfaisant de notre\nbibliographie, la rédaction définitive d'un règlement de transcription des\ntablatures de luth, (d'après lequel s'est fait le dernier volume des Denk-\nmaeler autrichiens) et enfin la perspective de pouvoir publier dans quel-\nque temps une bibliographie de cette littérature. A Londres le professeur\nJohannes Wolf, et MUe Alicia Simon ont remis la fin du dépouillement\nbibliographique des bibliothèques de Berlin, et en rentrant en France j'ai\nreçu de notre collègue Dolmetsch un volumineux paquet de fiches prove-\nnant du dépouillement de sa collection particulière.\nComme on le voit, le travail a été utile et profitable pendant ces\nhuit jours de Londres, et personne ne nous accusera d'avoir mal rempli"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.76", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1135, "texte": "le mandat qui nous était confié. Toutes ces résolutions, ces bonnes\nvolontés, ces enthousiasmes pour la cause de la science ne seront pas\nvains. Il est impossible qu'un foyer d'aussi ardente propagande n'échauffe\npas le public des tièdes et des indécis. Après l'éclat des fêtes de Vienne,\nl'accueil officiel qui nous a été fait en Angleterre, pays de tradition et\nde protocole, nous donne droit de cité définitive dans l'érudition univer-\nsitaire, d'où la musique était exclue depuis le moyen âge. Ce que des\nefforts individuels s'étaient vu refuser, le groupement d'une société l'a\nobtenu.\nEt maintenant c'est à la France, désignée pour le prochain congrès\nde 1914, à recevoir dignement la Société Internationale de musique.\nC'est à Paris que revient le difficile honneur de ne pas faire regretter\nBâle, Vienne et Londres ! Que nos collègues, que nos lecteurs, que tous\nceux qui se piquent de sympathie pour la musique et d'intérêt pour la\ntâche que nous avons entreprise depuis douze ans, déjà, s'apprêtent à\ncollaborer à cette solennité et à préparer la venue de ces laborieuses\njournées.\n\nJ. Ecorcheville."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-07-15-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-07-15_01#c037", "volume": "bmtnabh_1911-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 70, "image_fin": 71, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.2.10", "titre_corps": "AU CONGRÈS DE LONDRES", "titre_sommaire": "AU CONGRÈS DE LONDRES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.70", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 21, "texte": "AU CONGRÈS DE LONDRES"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-07-15-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-07-15_01#c038", "volume": "bmtnabh_1911-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 70, "image_fin": 70, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.2.10.1", "titre_corps": "1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 1. 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SIBÉRIA. LES BALLETS RUSSES.\nRespectueux du principe cyclique cher à M. Vincent d'lndy, le Théâtre des\nArts vient de terminer sa saison en faisant reparaître devant ses abonnés en guise\nde \" meneur de jeu \" le \" Sicilien \" de Lulli qui, huit mois plus tôt, était venu\nréciter le prologue. Tous les artistes ont suivi avec la plus vive sympathie les\ngénéreuses tentatives d'un directeur désintéressé, résolu à doter Paris d'un\n\" Kunstlertheater Les peintres ont salué en M. Rouché le Bienfaiteur et le\nLibérateur et ont immédiatement transformé sa scène en atelier où toutes les con-\n\n6"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.81", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3400, "texte": "ceptions décoratives à tendances synthétiques, symbolistes, schématiques, \" sug-\ngestrices \" inhibitrices ou impressionnistes furent joyeusement mises à l'essai. Avec\nun zèle érudit, avec un sens néo-russe et néo-munichois de la couleur et de la\nligne on logea et on habilla suavement du Maurice Magre, du Musset, du Frapié,\ndu Dostoïewsky, du Ma-Tcheu-Yen ou du Saint Georges de Bouhélier. Les spec-\ntacles étaient en cinq actes et une galerie de tableaux.\nRace envieuse encore plus qu'irritable, les poètes et les musiciens firent bien\nentendre quelques sourds murmures en se voyant ainsi sacrifiés aux décorateurs et\naux costumiers qui jusqu'ici avaient été leurs modestes serviteurs ; les composi-\nteurs— ceux qui ont toujours un lot de partitions dans leurs cartons estimèrent\nque les chevaliers du pinceau resserraient autour du nouveau Mécène une garde\nd'honneur un peu sévère et qu'en se contentant de commander à son chef d'or-\nchestre, suivant les circonstances, quelques harmonies appropriées, ce directeur-\nartiste en prenait vraiment trop à son aise avec la divine Euterpe. Mais, comme les\npeintres faisaient d'exquise besogne et que le chef d'orchestre en question était un\ncharmant musicien, les mécontents finirent par se taire.\nLe spectacle de clôture fut celui qui permit d'apprécier le plus complètement\nle magnifique effort réalisé après quelques mois d'étude. Le style dans lequel fut\ntraité \"le chagrin dans le Palais de Han, \" révélait une autorité, une sûreté, une\nmaîtrise qui rappelaient assez heureusement la manière géniale et infaillible des\nBakst et des Fokine. La conception des danses traitées en touches de couleur, la\ntechnique du décor et de la mise en scène prouvèrent que les somptueux colpor-\nteurs de l'art slave n'avaient pas déballé leur éblouissante pacotille devant des\naveugles. La pièce, d'ailleurs, était admirable, avec cette sorte de pudeur, de subti-\nlité et d'intimité sentimentales qui parfument les lents dialogues des héros extrême-\norientaux, art divin, d'une grâce et d'une élégance retenues où la réalisation n'est\nqu'esquissée, où le mot, discrètement, veut suggérer, hésite et tremble, où l'émotion\nnaît de l'effleurement rapide d'une phrase qui trouble notre conscience et notre\nsensibilité jusque dans leurs profondeurs, libellule furtive dont l'aile ride une eau\ndormante ! M. Louis Laloy avait fait de cette œuvre exquise une adaptation que\nmon ignorance de la langue chinoise du XIVe siècle ne m'empêche pas de deviner\nfidèle, respectueuse et fervente. LTn curieux égoïsme, une étrange avarice de leurs\ntrouvailles arrêtent trop souvent les confidences sur les lèvres savantes de ceux qui\nparlent le sanscrit, le chinois ou même le \"japonais des femmes : \" il faut donc\nlouer chaleureusement le généreux altruisme dont fit preuve en cette circonstance\nle mandarin au bouton de cristal dont les lecteurs de cette revue n'ont pas oublié\nles discours attiques et nuancés. Une très adroite partition de scène de Gabriel\nGrovlez utilisant des thèmes du Céleste-Empire sans tomber dans l'exotisme\nd'Exposition Universelle qui a séduit tant de voyageurs autour de leur chambre,\nenveloppait ces cinq actes d'une fluide atmosphère et les baignait de timbres\ntransparents.\nLa réalisation plastique des \" Fêtes d'Hébé \" fut moins heureuse. L'inutile\nfantaisie anachronique des costumes, le jeu maladroit des protagonistes, la gaucherie"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.82", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3398, "texte": "et la lourdeur d'un quatuor de satyres et l'insuffisante vénusté des danseuses de la\nmaison rendirent assez importun cet hommage à Rameau dont la nécessité d'ailleurs\nse justifiait malaisément.\nLa justification de la reprise de u Sibéria \" à l'Opéra, qu'on nous infligea dans\nle même temps, serait plus malaisée encore. Entourée des lamentables produits du\nterroir dont les organisateurs de la première saison italienne du Théâtre Sarah\nBernhardt avaient prétendu nous révéler la saveur, l'œuvre de Giordano avait\nbénéficié autrefois d'une indulgence relative. Le ténor Bassi y était admirable et\ntout un acte empruntait à un chant populaire russe une grandeur et une majesté\nqui faisaient pardonner bien des choses. L'entrée à l'Opéra de cette très médiocre\npartition fut, au contraire, assez sévèrement appréciée. Lorsque notre Académie\nNationale de Musique et de Danse s'avise de donner à des étrangers la frugale\nhospitalité que peuvent si difficilement obtenir les contribuables croque-notes, elle\na le devoir de les choisir assez grands pour décourager l'envie. Aucun de nos\nprix-de-Rome faisant antichambre chez MM. Messager et Broussan ne saurait\nlégitimement se plaindre de céder son tour à l'auteur d'une \" Salomé \" mais le\nchoix d'une \" Sibéria \" revêt, à l'égard des plus modestes de nos producteurs le\ncaractère d'une véritable impertinence. Tous l'ont senti cruellement et ont dévoré\nl'affront avec plus ou moins de philosophie.\nDe plus nobles importations vinrent d'ailleurs fort heureusement détourner\nl'attention publique de cette fâcheuse aventure. Les ballets russes versèrent à tous\nles artistes une ivresse si chaude et si capiteuse que toutes les préoccupations\nesthétiques quotidiennes disparurent en un clin d'œil. 11 n'est plus besoin d'ana-\nlyser le charme souverain de ces merveilleux spectacles dont Paris ne saurait\ndésormais se passer, chaque année. Nul latin ne répugne à recevoir la magnifique\net sévère leçon de goût, d'ingéniosité et de sens musical que viennent, avec l'été,\nlui donner les Barbares du Nord ! Nous avons revu, avec une humilité reconnais-\nsante, cette coruscante \" Shéhérazade \" qui laisse l'imagination éblouie et l'œil\naveuglé par la magie de ses lignes adorables et le ruissellement lumineux de ses\némeraudes en fusion. Nous avons retrouvé les trois petites odalisques pantalonnées\nde gaze orangée qui, de leurs bras purs, stylisent si voluptueusement la fraîcheur\ndes ablutions sur toute leur chair cambrée de menues idoles d'ivoire ; nous avons\nconnu de nouveau les bonds irréels du nègre amoureux, cet élan fou de Nijinsky,\ncette souple détente dans l'espace qui n'est ni humaine, ni animale et ne peut se\ncomparer qu'à l'échevèlement d'une flamme ; nous avons épuisé une fois de plus\nle délice rythmique de la foudroyante entrée des jeunes Persans et des porteuses\nde coupes, et nous nous sommes grisés du prestigieux carnage final. Dans\n\"Narcisse\" nous avons pu voir, rajeunie et vibrante d'humanité, la conception\nmythologique de la beauté grecque et dans le \" Carnaval \" toute l'âme romantique.\n\" Sadko \" illumina et anima pour notre émerveillement les mystérieuses contrées\nsous-marines tandis que le \" Spectre de la Rose \" d'un sentimentalisme si pur et\nsi direct dans sa candeur, inondait les spectateurs les plus sceptiques d'une rafraî-\nchissante émotion. Enfin \" Pétrouchka \" et ses marionnettes aux fils invisibles, sa"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.83", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3389, "texte": "foule grouillante, ses orgues de Barbarie, ses nourrices et ses cochers dansants,\nPétrouchka et son vieux magicien joueur de flûte, son maure puéril et féroce qui\njongle avec une noix de coco et fend le crâne de ses rivaux, Pétrouchka, ce chef-\nd'œuvre irrésistible s'empara brutalement de nous dès la première mesure de son\néblouissante partition et ne nous rejeta dans la vie réelle, ivres de sonorités abso-\nlument nouvelles, qu'après le dernier accord.\nUne étude détaillée de cet important ouvrage qui marque une date dans\nl'histoire de l'instrumentation, nous permettra de mettre en lumière les précieux\napports orchestraux et les incroyables trouvailles de timbres dont cet audacieux\nchercheur vient d'enrichir la langue contemporaine et qu'il offre à ses compagnons\nde route avec une belle simplicité. Qu'il nous suffise pour l'instant de recueillir\nprécieusement tous les enseignements que nous laissent les miracles éclatants de\ncette religion nouvelle.\nNous avons à apprendre des Russes l'art de charger une palette. Nous\nsommes incapables de manier les tons purs avec cette virtuosité infaillible et de\ndécouvrir ces mélanges, ces juxtapositions et ces oppositions téméraires, théorique-\nment effroyables et en fait, plus voluptueux à l'œil que les effets catalogués les\nplus sûrs de nos subtils agrandisseurs de miniatures. Nous avons à nous assimiler\nleur parti-pris synthétique, à élargir notre conception du \" trompe-l'œil \", à\nmodifier notre idéal du réalisme et notre manie des accessoires et à comprendre\nenfin que pour une forme d'art essentiellement conventionnelle il est plus sage\nd'accepter loyalement de se mouvoir dans la convention que de s'ingénier à éluder\npartiellement l'inéluctable. Nous avons à méditer la splendide leçon de danse\nclassique et le cours transcendant de pantomime et d'interprétation que professè-\nrent devant nous tant de souples corps éloquents. Nous devons réfléchir à ce qu'il\ny a de fécond et d'inépuisable dans cette géniale fusion des techniques chorégra-\nphiques et picturales, le champ infini qu'ouvre à la fantaisie des créateurs cette\nfaçon de traiter les interprètes en simples valeurs colorées dont on joue délicate-\nment du bout d'une brosse invisible. Une danseuse est en même temps un rythme,\nun geste et une vibration lumineuse ; dans Sadko, à l'heure où les mollusques, les\ncrustacés et les madrépores noyaient la féérie de leurs émaux translucides dans la\ndouceur de l'aigue-marine, nous avons pu voir avec quelle science étaient ménagés\nde soudaines \" entrées \" d'outremer, de savoureuses touches de violet ou d'adroits\n\" rappels \" de laque orangée représentés par de légers essaims de ballerines jouant\nl'humble et magnifique rôle de tubes de couleur dans l'éblouissante composition.\nLe retour d'une teinte bien ramenée est aussi émouvant qu'une modulation\nsavoureuse et les jeux divins de la lumière méritent au même titre que ceux des\nondes sonores notre attentive étude et notre curiosité passionnée.\nEnfin la grande leçon des ballets russes est une leçon de musique. Un Fokine\ndéveloppe, magnifie et multiplie la pensée d'un compositeur ; il trouve le moyen\nd'ajouter à la splendeur du verbe sonore sans déformation ni trahison. La mélodie\nest un tissu flottant, une écharpe qu'il drape d'un tour de main inimitable, dont il\nfixe un pli au moyen de l'escarboucle vivante d'une Karsavina ou d'un Nijinsky,"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.84", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1591, "texte": "dont il fait chatoyer les reflets grâce à des trouvailles rythmiques réalisées sous\nnos yeux par des interprètes dociles. Fokine est de la race des grands chefs\nd orchestre ; il yoit immédiatement dans un texte orchestral les accents à mettre\n\"en dehors \" d'un élan de jambe nerveuse ou d'un envol de bras nu. Son inter-\nde \"Shéhérazade\" est, à ce point de vue seul, une merveille de\nsensibilité musicale et il est certain qu'il a assoupli, arrondi et affiné dans l'espace\ncertains contours mélodiques de l'lnvitation à la Valse au point de nous faire\napparaître désormais comme un miracle d'élégance et de distinction cette page\nassez fade qui depuis longtemps avait perdu pour notre imagination toute vertu\nd évocation. En rivant pour l'éternité à une valse fanée la divine vision du Spectre\nde la Rose, Fokine a créé de la beauté purement musicale et les plus intransigeants\nde nos modernistes relisent aujourd'hui avec une sincère volupté la veille page de\nWeber qui vient de recouvrer une impérissable jeunesse.\nFokine est un musicien de génie. Il est le seul inventeur de formes à qui l'on\nose confier des réalisations plastiques que nous imaginions sacrilèges ; il est le seul\nen faveur de qui nous renoncions à notre rêve intérieur en présence d'une musique\nchère. Saura-t-il jamais tout ce que nous lui vouons d'admiration, de respect et de\nconfiance en consentant, comme nous venons de le faire, à lui laisser violer et\ntraîner sur une scène le mystère ensoleillé, jalousement défendu dans nos coeurs\nfervents, de notre \" Après-midi d'un Faune \" ?...\n\nEmile Vuillermoz."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-07-15-01-c044", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-07-15_01#c044", "volume": "bmtnabh_1911-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 84, "image_fin": 86, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.2.12", "titre_corps": "Les Concerts", "titre_sommaire": "Les Concerts", "signature_source": "F. Guérillot", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.84", "debut_caractere": 1593, "fin_caractere_exclue": 3283, "texte": "Les Concerts\n\nC'est la clôture, espérons-le. La tentative de créer à Paris une \" saison \" de juin et\nde juillet, comme à Londres, nous vaudra peut-être par la suite des concerts caniculaires.\nMais pour cette année encore, juin termine la campagne de musique.\nA l'instar de Londres, la Société Haendel nous a donné en plein été un grand oratorio\nde son patron. Saiil est une œuvre plus travaillée, moins hâtive que la plupart de celles qu'il a\nécrites. Elle a un peu plus de mouvement, de recherche dramatique, de coloris orchestral,\nnotamment dans la troisième partie. Il faut donc savoir gré à M. Raugel de l'avoir donné pour la\npremière fois à Paris et d'avoir réalisé une bonne exécution. Les chœurs et l'orchestre sont en\nprogrès constants, c'est manifeste à chaque concert. Les solistes furent, entre autres,\nMme Mellot-Joubert et M. Plamondon, aux voix intelligemment conduites. M. Bonnet à\nl'orgue, M. de Vallombrosa au piano, contribuèrent à donner à l'édifice musical la base solide\nun peu massive qu'il comporte.\nCe furent ensuite les derniers concerts de la Société Nationale et de la Société Musicale\nIndépendante. La première donna le Quatuor à cordes de Franck et le Quintette de Fauré\ndont l'exceptionnelle exécution (M. Cortot et le Quatuor Capet) est seule à mentionner, puis\nla Chanson Perpétuelle, de Chausson, (Mme Raunay) et, seules nouveautés, trois pièces de\npiano, de MM. Deodat de Séverac, Granados et Samazeuilh, de coloris et d'allures très\ndifférents que M. Cortot joua en grand artiste.\nPour sa dernière séance, la S. M. I. renonça à son mystère un peu déconcertant du mois\nprécédant et donna les noms des auteurs. Séance d'orchestre, écourtée, car on renonça à"}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.85", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4085, "texte": "donner une partie de la IXe Symphonie de Bruckner qui avait été annoncée, très copieuse\ncependant. La Forêt Bleue, conte lyrique de M. Louis Aubert, dont le 2e acte fut joué en\nentier, est une page d'un vif intérêt. A la scène, ce sera une chose exquise, croyons-nous. La\npartie vocale est bien écrite, distinguée et justement prépondérante. Le rôle de l'Ogre est du\nmeilleur comique. Les chœurs sont gracieux. Si vous n'avez pas entendu cette œuvre agréable,\nregrettez-le. Il y a de grandes prétentions dans le Printemps sur la Mer, de M. Torre Alfina,\nmais, sauf dans les dernières mesures, peu d'effets réunis. On fît un juste succès à une fantaisie\npour piano (M. Montoriol Torrès et Orchestre) de M. Cassado. Le piano y alterne trop avec\nl'orchestre, ce n'est pas concertant, mais cela a une verve, un brio incontestables, c'est très\namusant. Le Roi Saûl, de Moussorgsky orchestré par Glazounow, adroitement, mais sans\ny ajouter grand' chose est une page dramatique et puissante que M. Fabert a bien chantée.\nEn résumé, ce fut une des meilleures soirées de la S. M. I. L'orchestre, excellent, fut con-\nduit par M. Inghelbrecht avec sa fougue et son autorité coutumiéres.\nNous devons mille excuses à M. Paul Viardot de n'avoir pas au moins mentionné ses\nséances musicales de la Société Nationale (Salon de l'Avenue d'Antin). Depuis plusieurs\nannées son œuvre se poursuit pour le plus grand profit des compositeurs français. Les\nconditions matérielles de ces séances ne sont pas excellentes ; M. Viardot n'en a que plus de\nmérite à persévérer dans son œuvre. Ce qu'il a joué ainsi et fait jouer de musique nouvelle est\nconsidérable. Dans les trois ou quatre dernières matinées, l'œuvre dominante nous a paru être\nla Suite Italienne de M. Maurice Reuchsel, pour violon, musique descriptive, expressive et\nfort bien écrite. Les trois pièces pour violoncelle de M. Henry Defosse mériteraient, elles aussi,\nmieux qu'une mention ; il en est de même de la Suite pour flûte et harpe, de M. J. Mouquet,\naux curieuses recherches tonales et de la Méditation pour violon de M. Eugène Gigout, d'un\nbeau sentiment.\nLes salles de concert ont eu quelques échos des représentations russes du Chatelet et du\nThéâtre Sarah-Bernhardt. Le 14 juin, nous eûmes à la Salle Gaveau un concert tout-à-fait\nrusse de programme et de public. Quelques français y semblaient submergés par l'enthousiasme\ndébordant de nos amis et alliés, leurs cris, leurs rappels, leurs fleurs. Qu'on ne me dise plus\nque ce sont des gens calmes ! L'exécution fut en général supérieure aux œuvres. MM. La-\nbinsky et Tchouprinnikoff sont d'agréables ténors, M. Altchevsky est un très bon ténor. (Il\ns'échappa ce soir-là, en costume, de l'opéra où il chantait Roméo). Le Quatuor Vocal\nTchouprinnikoff, Safonoff, N. et C. Kedroff est remarquable de justesse et de nuances. Enfin\nMme Feodorowa, première danseuse du théâtre impérial de Moscou, est charmante à voir. Le\nmême soir, autre concert très russe donné par M. Voititchenko avec toute une série de ses\ncompatriotes dans des œuvres de Tchaïkowsky. L'artiste joue d'une sorte de cymbalum ou\ntympanon dont il tire un parti intéressant.\nA la Salle des Hautes Etudes Sociales, M. Expert termina ses concerts de musique\ncontemporaine par M. Debussy, dont le quatuor Luquin joua le Quatuor à cordes, M. Ricardo\nVinès les Préludes et les Images, dont Mlle Bonnard chanta deux mélodies. C'est dire que\nl'exécution fut adéquate aux œuvres. Qui joue le Debussy comme M. Vinès ?\nIl y eut en ce mois de juin plusieurs bons concerts de violon. D'abord M. Bachmann, le\ncompositeur et virtuose, dans ses œuvres sa Suite gothique pour violon seule est fort\nintéressante, ses danses espagnoles très amusantes ; puis Mlle Herma Studeny qui nous\nsauva des banalités par des sonates de Sinding, Brahms et Max Reger qu'elle joua dans un\nexcellent style ; puis M. Jacques Thibaud que nous eûmes encore le plaisir d'entendre dans\ndes sonates de Beethoven, avec Mlle Dehelly (salle comble, rue d'Athènes) ; puis M. Florizel\nvon Reuter, virtuose très brillant, dans des œuvres peu musicales."}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.86", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3334, "texte": "Peu de violoncellistes, mais d'excellents : M. Schiedenhelm, très applaudi dans un\nprogramme très varié qui fit valoir la remarquable souplesse de son jeu ; Mme Jeanne Delune,\nvioloncelliste exquise, au Lyceum, dans une sonate inédite de Porta (XVIIIe siècle) et des\nœuvres modernes.\nParmi les pianistes de cette arrière saison, il faut noter tout d'abord, M. A. de Radwan\net M. Victor Gille, tous deux interprètes parfaits de Chopin qu'ils jouent avec une sobriété et\nun style qu'on trouve rarement. Ce furent deux belles soirées. M. de Radwan fut remarquable\ndans Prélude Choral et Fugue de Franck. Quant à M. Gille, il eut, Salle Erard, un vrai\ntriomphe, on le couvrit de fleurs, littéralement, car plusieurs dames lui jetèrent leurs bouquets\nde corsage. Je ne sais s'il faut approuver cette exubérance toute espagnole, mais je sais qu'il\nfut excellent.\nMlle Magdalena Tagliaferro donna le 31 mai une deuxième séance où nous l'appréciâmes\nsurtout dans la Sonate en fa dièze mineur de Schumann et Triana, d'Albeniz. M. Dieth aurait\nmérité une salle mieux garnie, mais il faisait si chaud ! M. Carlos de Mesquita, pianiste devenu\ntrès parisien, donna également un concert tropical (mais intéressant) en souvenir de son\norigine brésilienne, sans doute. Mme du Gast, voyageuse, navigatrice et pianiste, joua avec luj\ndes pièces à deux pianos de beaucoup de couleur.\nFidèle aux idées de Bourgault-Ducoudray sur le profit moral du chant choral à l'Ecole\net après l'école, M. Bonnet, professeur à l'Ecole normale d'Auteuil, fit entendre le 8 juin\nplusieurs groupes de ses élèves à la Salle Gaveau. Les œuvres furent en général bien choisies\net l'exécution très satisfaisante. Nous n'en sommes pas encore aux masses chorales anglaises ou\nallemandes, si homogènes, si disciplinées, mais le résultat est encourageant. Nous aurions\ndonné le prix aux fillettes de l'Ecole Professionnelle de la rue Ganneron.\nL'Orchestre Médical vit toujours, malgré les médecins, et nous l'a victorieusement\nprouvé par un troisième concert d'orchestre et l'exécution de fragments de \" Cosi fan tutte \"\nde Mozart. Là aussi on est en bonne voie. Il y a des éléments excellents, le docteur Richelot,\ninspirateur de la Société, est un compositeur de mérite, M. Busser conduit l'orchestre. Avec\ndes répétitions fréquentes et sérieuses....\nLa Société Symphonique, fondée par M. Sachs et dirigée par M. Pierre Monteux, est\nun autre groupement intéressant d'amateurs. Son concert du 30 mai avec des œuvres\ncomme la Symphonie de Franck et l'ouverture de Léonore nous fut une très agréable\nsurprise.\nC'est toujours avec plaisir que je vais passer une heure de musique le Vendredi au\nLyceum. Il y eut ce mois-ci des séances intéressantes d'œuvres de Mlle Gignoux et de\nMlle Sauvrezis et d'œuvres diverses avec d'excellents interprètes.\nDeux lignes, s'il vous plaît, pour mentionner une audition d'élèves de Mme Jane Arger.\nL'excellente cantatrice dont on entendit si souvent au Conservatoire et dans des séances\nclassiques le soprano très pur et bien timbré, a une phalange d'élèves dont plusieurs ont une\nvraie nature d'artistes. On sent là un enseignement non seulement technique, mais sincère-\nment musical.\nEt maintenant repos. Mais, tout de même, s'il y a trop de musique l'hiver, il n'y en a\npas assez l'été, car il n'y en a plus du tout.\n\nF. Guérillot."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-07-15-01-c045", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-07-15_01#c045", "volume": "bmtnabh_1911-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 87, "image_fin": 88, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.2.13", "titre_corps": "CONCOURS DU CONSERVATOIRE", "titre_sommaire": "CONCOURS DU CONSERVATOIRE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.87", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1580, "texte": "CONCOURS DU CONSERVATOIRE\n\nOrgue\nFugue\nContrepoint\nA ccompagnement\nHarmonie (hommes)\nHarmonie (femmes)\nChant (hommes)\nChant (femmes)\nOpéra- Comique\nOpéra\nPiano (hommes)\nPiano (femmes)\nHarpe\nViolon\nAlto\nVioloncelle\nContrebasse\nFlûte\nHautbois\nClarinette\nBasson\nCor\nCornet à pistons\nT rompette\nTrombone\nMORCEAUX\nDE CONCOURS\nSujet de fugue (Caussade)\nThème (Quef)\nSujet de fugue (G. Fauré)\nTexte des épreuves (G. Fauré)\nBasse chiffrée et chant (Morpain)\nBasse et chant (Bertelin)\nBasse et chant (Bîisser)\nDivers\nDivers\nDivers\nDivers\nThème et variations (Chevillard)\n2me Ballade (Chopin)\nImpromptu Caprice (Pierné)\nConcerto (Mendelssohn)\nMorceau de concert (Honnoré)\nConcerto (Haydn)\nDuo (Dallier)\nA la Kasbah (Alex. Georges)\nsme sonate (Bach)\nFantaisie en si bémol (Gaubert)\nPrélude et Scherzo(Jeanjean)\nQuatrième solo (Brémond)\nFantaisie Capr (Parés)\nSolo(Bùsser)\nAllegro de conc(Cools)\nier PRIX\nPoillot\nKrieger, de Saint-Aulaire\nBecker, Laporte\nMlle Atoch, M. Mignan\nForestier, Becker, Tesson\nMUes Canal, Cammas, Béligne\nGuyot\nDutreix\nHemmler, Calvet, Thévenet\nMUfS Kirsch, Thévenet, MM. Capitaine\nElain, Cousinou\nMUes Calvet, Hemmler, Courso\nM. Clauzure\nGilles, Singery\nMeerovich, Novaes, Coffer, Michel,\nHubert, Léon\nMlles Cardon, Rémusat, Schwartz\nQuiroga, Villain, Baladi, Mlle Lafitte, Debruille,\nDhurand, Imandt, Mlle Lorrain, Pascal\nMayeux, Massis, Parmentier\nMUe Masson\nMaréchal, MUe Nehr, Perrin\nMangot\nSurribas\nMichaux, Robbe, Colin\nR. Lamorlette, Debureaux, Speyer\nSteux, Bourdarot\nDruvert, Dutro\nHoogstoël, Algrin\nCarrière\nLeclercq, Paniez, Porret\nMunio, Massol, Dervaux"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.88", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2093, "texte": "2me PRIX\nPas de second prix\nDéré, Alexandre Cellier\nMigneau, Singery\n116 Granier, Canal, M. Laporte\nStyler, Monier\nPas de second prix\nFontaine\nugg, Philippot, Courso, Charin\n}le Hemmerlé, Venegas, Arcos\nMAle Kirsch, Arcos, Lubin\nJoubert, Toporowski, Cognet\nBlanc, Barret, Hekking, Arnould,\nDubief, Gelly, Lefort, Dienne\nj\nVllle Gérard, Régnier Pinguet\ntfUe Giraud, Cousin, Charon, Mâche,\niitté, MUt Bonjour, Poiré, MUe Prère\nMUc* Garanger, Le Guyadier,\nM. Nicholas\nyévy, Mlle Bernaert, Audisio, Martin\nBernardel\nBoussagol, Dupont\nDemailly\nPrevot, Saivin\nCoulibeuf, Bailleux\nBourgain Bourdeau\nChantron, Mangin\nGibernon\nAuterer, Bécar\nVigoureux, Stoltz\nlerIer ACCESSIT\nClavers Nibille\nLermyte, Bauduin\nVoilquin\nMlle S. Dreyfus, Mr Lévy\nGasc, Thellier, Laporte\nMlle Michel\nHopkins, Venazzi, Nirega, Iriarte,\nTriandafillo\nBorel, Charrières, Hemmerlé, Bonnet,\nde Landresse, Arcos\nMUes Calvet, Hemmler, Lubin,\nDebarbieux, MMr Feiner, Hopkins\nMUes Borel, Bonnet,\nMMr Godard, Dutreix\nTruc, Becker, Jacques, Jacquinot\nBlanquer, Gadot, Baillot, Ruffin,\nFollet\nMlle Herman, Mr Jamet\nMilhaud, Thénard, Casadesus, Bellanger,\nCrinière, Debonnet, Mlle Lavergne, Meunier\nGeorges Bailly\nMlleS Cartier, Krettly, Bluhm\nFortier, de Félicis, Girard\nBrettin, Messier\nSaint Quentin Frion, Priam\nRambaldi\nMathieu, Peyrot, Cortot\nHenri Fontaine\nLafosse, Douanne\nCousin, Marcerou, Déas\nd'Hontz, Hars, Desplanques\n2me ACCESSIT\nPanel\nMatignon\nMUe Marguerite Canal, Mr Réjoux\nMlle Béligne\nCarembat, Friscourt, Antoine\nMlleS Mogel, Bossus\nPhilos, Cousinou, Godard, Palier\nBrunlet, Glover, Gilson, Gilbert,\nd'Ellivak, Vaultier\nMlles Bonnet, Gilson, Charin, Joutel,\nMMr Delgal, Poncet\nMUos Philippot, Bellamia\nMMr Philos, Palier\nFournier, Figon, Gendron, Béché,\nEdinger\nLiénart, Dochtermann, Ravaisse,\nPrélat\nPas de 2e Accessit\nMlles Chardet, Soetens, Franquin, Gentil,\nBogouslawski, Domergue, Emanuele,\nMlles Friedmann, Rostagni\nBonnafé, Canonet\nMiquelle, Chizalet, Deblauwe\nHornin\nEhrman, Ringeisen\nMoreau\nPas de 2e Accessit\nChristian Dhérin\nPas de 2e Accessit\nMériguet\nBellon\nPas de 2e Accessit\n\n(1910-19x1) — LES LAURÉATS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-07-15-01-c047", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-07-15_01#c047", "volume": "bmtnabh_1911-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 89, "image_fin": 90, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.2.14", "titre_corps": "Les Concours du Conservatoire", "titre_sommaire": "Les Concours du Conservatoire", "signature_source": "E. 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Tous les ans nous voyons se reproduire le même malentendu entre\nles fauteuils d'orchestre et la loge de balcon où le jury fait l'application des articles mystérieux\nde son Code. Les spectateurs attentifs qui, de l'aube au soir, ont consciencieusement comparé\nles mérites des concurrents et qui relisent leur programme noirci de notes à l'heure où l'on\nproclame les noms des lauréats, ne peuvent contenir leur indignation en présence de la fantaisie\nque manifestent les distributeurs de la gloire officielle. Un ténor aphone et maladroit obtient\nune haute récompense alors que tel baryton, excellent musicien à la voix solide, se voit exclure\ndu palmarès. On s'étonnerait à moins.\nLe résultat habituel de ces escarmouches est de soulever l'opinion contre la publicité des\nconcours. La critique réclame pour toutes les épreuves du Conservatoire le bienheureux huis-\nclos dont ne sont favorisées que quelques-unes d'entre elles. Et ce-disant je veux bien croire\nque les journalistes obéissent à leur seule tendresse pour l'art et non à un instinct plus directe-\nment humain qui leur conseillerait de s'affranchir désormais de ces absorbantes et épuisantes\ncérémonies.\nJe ne partage pas ce sentiment. L'utilité des concours publics m'apparait incontestable.\nIl est bon que le bilan annuel des gains et des pertes de chaque génération soit dressé en pleine\nlumière ; il est bon que des comparaisons s'établissent d'une saison à l'autre ; il est bon que les\ncartons verts de l'Administration ne soient pas les seuls confidents du jury et que l'effort des\njeunes artistes de la rue de Madrid dépasse \" les bureaux Sans les concours publics il\nn'éclaterait pas à tous les yeux et surtout à toutes les oreilles que notre enseignement du chant\nest en pleine décadence, que nos classes d'opéra-comique et d'opéra agonisent et que, par\ncontre, nos phalanges d'instrumentistes n'ont jamais été plus brillantes. Sans la présence du public\non méconnaîtrait injustement chez certains candidats cette étrange puissance magnétique dont\nles effets sont si surprenants et si décisifs et dont on doit équitablement tenir compte en ouvrant\nà un jeune artiste la carrière théâtrale. Tout le monde a pu observer ce phénomène inexplica-\nble : il arrive chaque année qu'un médiocre chanteur ou une chanteuse insuffisante stupéfie ses\nmaîtres et ses camarades le jour du concours en s'emparant immédiatement de l'âme du\npublic ; la foule leur est servilement soumise, ils l'apaisent ou l'exaltent à leur gré tandis que\ntels de leurs plus brillants camarades exécutent des prouesses merveilleuses dans l'indifférence\ngénérale. Ces dominateurs ont droit au laurier. Un prix d'opéra est-il autre chose qu'un brevet\nde chauffeur, un permis de conduire, un certificat d'aptitude au métier de dompteur de foules ?\nPour en investir à bon escient un candidat il faut le voir à l'œuvre, l'asseoir au volant ou le\nfaire entrer dans la cage centrale où gronde le mauvais tigre ; les mérites théoriques ne prouvent"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.90", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 4029, "texte": "rien dans des cas semblables, il faut l'action directe, or rien ne remplacera le contact des fauves\nembusqués aux fauteuils et prêts à mordre, pour juger utilement des capacités d'un belluaire\nthéâtral. Devant les banquettes vides, les futurs Pezon ne donneront jamais leur mesure et le\njury ne pourra pas même deviner les mystérieux élus dont le fluide passe la rampe.\nN'excluons donc pas le public mais, pour éviter les incidents tumultueux qui se repro-\nduisent chaque année, ne le traitons pas en quantité absolument négligeable. Qu'on lui explique,\nune fois pour toutes, les règles du bridge conservatorial. Ce sera peut-être, d'ailleurs, une\noccasion unique de les préciser fructueusement. On ne sait jamais exactement quelles consi-\ndérations entrent en ligne de compte dans l'attribution des récompenses. Nous devinons bien\nque des arguments administratifs sont souvent jetés avec force dans la balance au moment\ndécisif et affolent l'un des plateaux, mais les calculs de probabilité demeurent vains.\nEst-il exact qu'on ne peut pas traiter un élève de première année comme un vétéran et\nque, dans son intérêt, on doit lui refuser systématiquement la récompense à laquelle il a droit,\npour qu'il puisse bénéficier plus longtemps des leçons de son maître ? Dans ce cas, nous\ncesserions de nous indigner de l'échec de M. Feiner, excellent musicien et chanteur de goût.\nLe jury, en l'oubliant au palmarès du chant, aurait simplement voulu ne pas laisser s'enfuir\ntrop tôt ce précieux pensionnaire. Fort bien, mais comment s'expliquer maintenant qu'au\nmême concours M. Dutreix, qui concourait également pour la première fois ait été immé-\ndiatement nanti d'un premier prix ? Qui oserait affirmer que ce jeune homme n'a plus rien à\napprendre ? Faut-il donc en conclure que ses juges clairvoyants, ne l'estimant pas perfectible,\nont voulu l'empêcher d'encombrer un jour de plus une classe où les places sont limitées et\nardemment convoitées ? A merveille, mais il fallait le dire ! Nous commencerons à suivre la\npartie avec plus d'intérêt. Nous ne nous étonnerons plus qu'un élève privé de toute récompense\nvienne saluer le jury avec émotion pour le remercier de sa touchante sollicitude et nous trou-\nverons tout naturel qu'un pauvre garçon en recevant un premier prix dans le bas des reins et\nen se voyant ainsi brutalement expulsé du Conservatoire, bondisse sous l'outrage et s'élance à\nl'avant-scène pour insulter grossièrement ses juges.\nNous aimerions connaître également la part de responsabilité des élèves dans le choix de\nleurs scènes ou de leurs morceaux de concours. Si Mlle Courso, qui, voici quelques semaines,\nchantait si musicalement un Gémeau du Saint-Sébastien de Debijssy, a choisi elle-même\nl'absurde scène de Galathée pour se faire valoir, elle mérite son triste sort en opéra-comique\net prouve qu'elle a usurpé sa réputation de musicienne. Mais quels remords seraient les nôtres\ndevant son échec si, par hasard, son professeur était le seul coupable et lui avait imposé cette\nrude épreuve ?\nIl nous intéresserait prodigieusement de savoir dans quelle mesure les élèves peuvent\nsupporter les effets de l'opposition que rencontre l'enseignement ou la personnalité de tel ou\ntel professeur. M. Engel aurait-il eu maille à partir avec le jury et celui-ci aurait-il voulu lui\nen marquer ingénieusement son mécontentement en n'appelant, à chaque concours, aucun de\nses élèves à la moindre récompense ? Il est bien difficile d'admettre que cette classe soit\ndéshéritée de talents au point de ne pouvoir fournir un second accessit !\nNous voudrions savoir aussi... Mais notre curiosité nous perdra. La sagesse exige au\ncontraire que nous ne cherchions pas à comprendre. La foule est admise au concours parce\nqu'elle ne compte pas et qu'on n'a pas à se préoccuper de son jugement. Le jour où elle\ndemandera trop d'explications, ce jour-là, les concours publics auront vécu. Qu'elle se taise\ndonc et demeure bien tranquille sinon, pour toute réponse, on lui fermera tout simplement la\nporte au nez.\n\nE. V."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-07-15-01-c048", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-07-15_01#c048", "volume": "bmtnabh_1911-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 91, "image_fin": 92, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.2.15", "titre_corps": "Province", "titre_sommaire": "Province", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.91", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3636, "texte": "Province\nAux approches de 1 ete, l'activité musicale de la province se ralentit singulièrement. Les\nlettres de nos correspondants n'enregistrent plus que des auditions d'élèves et des soirées\nd adieux. Tout effort de décentralisation est ajourné jusqu'à l'hiver prochain et, si l'on excepte\nla vie artificielle des casinos, aucun signe extérieur ne révèle la sensibilité artistique de nos\ndépartements. Quelques rares cités revendiquent la part qu'elles ont prise à l'éducation\npublique en cette fin de saison. Rouen est la première et dresse un respectable bilan.\nM. O. Boquel y organisa deux remarquables concerts, le premier avec M. Enesco,\nvirtuose éblouissant et Mlle Tagliaferro, exquise pianiste, et le second avec Mme Litvinne, qui\ntriompha dans Cinq Poèmes de Wagner, et M. M. Ciampi, pianiste délicat et charmant.\nSans oublier les jeunes virtuoses Yves Nat et Robert Krettly, remarquables dans la\nsonate a Kreutzer, il faut signaler le succès de l'orchestre Touche, fin ou chaleureux, avec\nMlle Luquiens et le triomphe du Tonkiinstler-Orchester de Munich dans des exécutions, d'un\nfini admirable, de Haydn, Reger, et Wagner.\nDeux sociétés de peinture continuent à faire œuvre excellente de vulgarisation. Aux\nArtistes Rouennais, le prestigieux guitariste Lîobet, Mlles Soyer et Roussel au jeune talent\nplein de promesses, MM. Fournier et G. de Lausnay, Mme Fournier, cantatrice, M. Varet,\nsans oublier Mlle Debois, MM. Albero de Vivero, Moreau, Weill, Vallier se partagèrent les\napplaudissements sympathiques du public.\nLa Société normande de peinture moderne consacre de nouveau une séance à l'audition\ndes quatuors de Dupin, une autre à de Castillon et A. Doyen.\nL'orchestre dirigé pat M. Aufry, renforcé pour le concert du Millénaire, interpréta\nconsciencieusement des œuvres du 18e siècle aux Artistes Rouennais et des œuvres normandes\nparmi lesquelles la symphonie avec orgue de Saint-Saëns. Au théâtre des Arts, sous la\ndirection de M. Aufry, on donna les 3 derniers actes de Psyché avec la musique de Lully\nque M. Tiersot, savamment, présenta.\nLa Société Cœcilia, dirigée par M. Haut, compose d'intéressants programmes et fit\nvaloir ses qualités dans Nuit Persane et Biblis.\nPlusieurs auditions du Magnificat de Bach ; celles d'lphigénie en Aulide, des Sept\nParoles du Christ de Schiitz, de fragments des Béatitudes confirmèrent brillamment cet hiver\nla réputation de VAccord Parfait et de la Gamme. Unies pour les fêtes du Millénaire, elles\ndonnèrent un éclat incomparable à l'exécution du Requiem de Fauré, du De Profundis de M.\nHaelling, de la Grande Libératrice de M. Raymond Chanoine-Davranches (livret de M. Lam-\nbert père) et de la messe en l'honneur de Jeanne d'Arc de M. l'abbé Bourdon, conscien-\ncieusement et délicatement ouvrée. M. Marcel Dupré composa un chœur à la gloire de la\nNormandie d'une facture excellente qui fut chanté par Y Accord Parfait. Lui-même donna un\ntrès beau récital d'orgue à Saint-Ouen. Le Millénaire nous valut aussi une admirable audition\nde chœurs norvégiens par la Société chorale de la Fédération du commerce de Christiania.\nLes auditions-conférences poursuivent leurs heureuses destinées. Schubert fut particulière-\nment honoré grâce à Mme Robert et àM. R. Boucher et grâce à Mme Capoy et àM. Reder\nqui consacrèrent aussi une séance à Schumann. Avec clarté, intelligence et style, Mme Capoy\nparla de ces maîtres ou chanta leurs œuvres et M. Reder se montra un parfait interprète\nde lieder.\nCe beau zèle ne fut pas contagieux. Les autres villes avaient déjà pris leurs quartiers\nd'été. Bordeaux, après avoir fêté Kubelik à l'Alhambra, réserva toute son attention aux"}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.92", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2471, "texte": "compétitions que suscita la retraite de Pennequin, directeur du Conservatoire et chef d'orchestre\nde la Société Sainte Cécile. Beaucoup de musiciens s'agitèrent, des prix-de-Rome sans emploi\nposèrent leur candidature, de jeunes Maîtres se résignèrent à quitter Paris pour aller évangéliser\nla Gironde... mais les deux parts de 1 héritage furent promptement distribuées * M. Brahy,\nex-chef d'orchestre d'Angers recueillit la baguette et M. Donnay, organiste de Saint Séverin,'\nle fauteuil directorial. Les Parisiens en furent pour leurs frais ! Avignon festivalise brillament\nCésar Franck tandis que Brest découvre l'Alceste de Gluck, avec ravissement. Poitiers\nrend un solennel hommage a Felicien David et les entants de ses écoles explorent courageuse-\nment son Désert. La Roche sur Yon acclame Boucherit, Hekking, Dangès et\nMme Willaume-Lambert ; le Société Philarmonique de Cherbourg célèbre avec éclectisme\nles vertus de Bach, de Beethoven, de Busser, de Mascagni et de Puccini. Elle révèle\négalement avec succès une belle \" Epiphanie \" de M. Allix. Des mélodies de Schubert,\nFranck et George Hue permettent à Mme Mellot-Joubert de charmer la population de\nValenciennes et la Sonate en mi bémol de Beethoven sous les doigts de Ferté enthou-\nsiasme les habitants d'AngOulême. Trois concerts de musique de chambre consacrés aux\necoles françaises, russes et allemandes sont nécessaires pour apaiser la soif de musique pure qui\ntourmente Dunkerque ; Mlle Luquiens, MM. Jan Reder, André Lermyte, Bouillard et le\nquatuor Vermeulen s'y font applaudir. A Nimes où triomphent deux tragédies de Louis\nPayen, le public des Arènes a la primeur d'une exquise partition de scène de Paul Coulet, le\ncontinuateur de 1 œuvre de Bordes a Montpellier. La musique qu'il a écrite pour Sisera a\nproduit la plus vive impression sur les artistes venus de tous les coins de la France\npour assister au merveilleux spectacle qui réunissait une interprétation exceptionnelle.\nEnfin, tandis que la Société d'agriculture, science et arts de Vesoul donnait une conférence\nsur Faust avec audition des principales pages de la partition de Gounod, M. Lanzoni s'offrait\nle piquant régal de diriger, à la tête de son excellent orchestre, un concert d'espéranto où\nfiguraient les deux chants espérantistes \"La Vojo \" et \"La Espéra\" pour le plus grand\némerveillement d'un Californien, membre de la Chambre de commerce de Los Angelès dont\non avait trouvé ce moyen délicat de fêter la présence !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-07-15-01-c049", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-07-15_01#c049", "volume": "bmtnabh_1911-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 92, "image_fin": 95, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.2.16", "titre_corps": "Belgique", "titre_sommaire": "Belgique", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.92", "debut_caractere": 2473, "fin_caractere_exclue": 3572, "texte": "Belgique\nUne absence momentanée nous empêcha d'assister à la dernière séance de la Section belge\nde la S. I. M. Nous découpons le compte-rendu qu'en donna, dans notre\nexcellent confrère et ami, M. Charles Van den Borren :\nA LA SECTION DE LA SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE\nLes circonstances avaient empêché jusqu'à présent le groupe de Bruxelles de la S. I. M.\nd'organiser, au cours de cette saison, une séance de musique ancienne. Les trois premières\nauditions qu'il avait données pendant l'hiver avaient, en effet, été consacrées à l'audition des\nœuvres de trois compositeurs français contemporains, MM. Paul Dupin, Tournemire et\nMouquet. Voici qu'il vient de prendre sa revanche et de clôturer brillamment le cycle de ses\nséances par une conférence des plus attrayantes sur les illustrée par des\nexemples musicaux inédits pour la plupart et présentant un vif intérêt tant au point de vue\nesthétique qu'historique.\nLe conférencier était M. Charles Martens, qui possède la matière à fond et en développe\nles principaux aspects avec une concision, une élégance et un charme des plus communicatifs."}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.93", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3865, "texte": "Ses idées personnelles témoignent, au surplus, d'une compréhension profonde de tout ce qui\ntouche à l'esthétique musicale et contribuent pour une large part à faire pénétrer plus avant\ndans l'intelligence des œuvres musicales qui lui servent d'exemples.\nMme Emma Beauck avait assumé la tâche délicate de mettre au point les divers morceaux\ninscrits au programme. Elle l'a fait avec un soin, une conscience et un souci du style et de\nl'expression dignes des plus vifs éloges.\nLa partie musicale débuta par deux humbles laudes spirituelles à trois voix, a capella, qui\nse chantaient, à la fin du XVIe siècle, dans les oratoires fondés à Rome par Saint Philippe de\nNéri, ses disciples et ses successeurs : petites œuvres édifiantes par leur piété si sincère et leur\nmysticisme fait de grâce et de tendresse. MUes Renée de Madré, Linter et Willia et M. Vander\nBorght en donnèrent une interprétation parfaite de goût et de simplicité.\nM. Vander Borght chanta ensuite, de son admirable voix de baryton, le récit du\npar lequel commence la célèbre Rappresentaxione d'E. del Cavalieri :\névocation sublime et terrible du Jugement dernier, transposition prestigieuse du dans\nle style dramatique florentin de la fin du XVIe siècle, portique majestueux qui s'ouvre sur le\nmystère allégorique et pourtant si vivant que constitue l'œuvre de Cavalieri. M. Vander\nBorght rendit avec une allure magnifique le sentiment surhumain de ce récit.\nDans le Dialogue du Christ et de la Samaride Fr. Anerio (1619), œuvre d'une\nconception audacieuse et originale, il chanta le rôle du Christ avec une grande noblesse\nd'accent et une onction profondément pathétique ; Mlle Renée de Madré —la Samaritaine\nlui donna la réplique de la manière la plus séduisante. L'adorable trio, rythmé\nqui clôt le dialogue et exalte \" l'eau claire de la divine grâce \", reçut une interprétation\nexquise de fraîcheur et de légèreté de la part de MUes de Madré et Willia et de M. Roberti.\nPuis nous entendîmes le dialogue spirituel, du liégeois Henry\nDumont (1610-1684), grandiose fresque musicale d'une splendide envolée et d'une vigueur\nd'expression qu'accentue encore la manière de chanter de Mllu Linter —un ange àla voix\npénétrante, richement timbrée et profondément expressive et de M. Vanderborght un\npécheur d'une émouvante contrition.\nMlle de Madré unit la parfaite musicalité de son interprétation et sa compréhension\néminemment plastique du style d'oratorio dans la sublime cantate de Schiitz. Je veux louer\nsans cesse le Seigneur, à laquelle elle donne un élan et une force de conviction de l'effet le plus\nprenant. Mais elle se surpassa peut-être encore dans la façon poignante dont elle rendit la\ndéploration d'une beauté toute grecque de la fille de Jephté, de Carissimi. Ici, l'adéqua-\ntion est si parfaite entre la nature de l'artiste, d'une part, et le style et le sentiment de\nl'œuvre, d'autre part, que l'on pourrait difficilement imaginer un rendu plus proche de l'idéal.\nLe chœur qui suit cette lamentation et termine l'oratorio occupa la fin de la séance et, mer-\nveilleusement mis au point comme il l'était, il laissa l'auditoire sous l'impression d'un charme\nindéfinissable.\nN'oublions pas d'associer au succès de cette belle séance Mme Tiny Béon, qui dépensa\nsans compter son beau talent d'organiste et de claveciniste comme accompagnatrice ; M. Béon\nqui dirigea les ensembles vocaux ; l'excellent groupe de choristes qui chanta le chœur-final de\nJephtè, et les deux violonistes (Mlle Schellinckx et l'une de ses élèves), dont le concours assura\nà ce dernier morceau un élément complémentaire de succès.\nANVERS. Le 2 avril dernier la Société des Concerts de musique sacrée a enregistré\nun nouveau triomphe. L'exécution de la Messe en si mineur de Bach avait attiré une affluence\nconsidérable. Plus de trois mille personnes se pressaient dans la salle de l'Harmonie, accourues"}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.94", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3469, "texte": "de tous les coins de la Belgique, voire même de la France et de la Hollande. L'œuvre\ngigantesque du grand cantor obtint un succès enthousiaste, et le chef d'orchestre, M. Ontrop,\nfut l'objet d'une véritable ovation. Sous sa direction ferme et autorisée, et grâce à son talent et\nà ses rares connaissances, cette institution a pris un tel essor, qu'elle passe à juste titre pour\nêtre sans rivale en Belgique. Les chœurs de la société sont incomparables ; on trouverait\ndifficilement plus de rythme et de franchise dans l'attaque, plus de justesse et d'homogénéité,\nplus de beauté des voix. Aussi M. Ontrop se taille-t-il une belle réputation, et ses exécutions,\nsurtout celles de Bach, passent-elles pour des exécutions modèles.\nLe quatuor vocal était hors pair, il se composait de Mmes Ohloff et Schûnemann, de\nMM. Plamondon et Van Oort.\nLa Société des Concerts de Musique sacrée annonce pour l'année prochaine, celle de son\ndixième anniversaire, l'exécution de Franclscusde Tinel et de\nde Bach.\nr\nLIEGE. Le second concert du Conservatoire fut dirigé par M. Joseph Delsemme,\nchef de la classe de chant d'ensemble et Kapellmeister hautement estimé. Il a donné de la\nDamnation de Faust une version, intéressante par la superbe exécution des chœurs surtout. Un\npublic bien plus nombreux que d'habitude a acclamé cette œuvre, faisant aussi belle part aux\nsolistes, MUe Suzanne Cesbron, M. Gaston Dubois (Faust) et M. Joachim Cerdan, un\nMéphistophélès de haute allure.\nAutre grand concert, le Festival wallon de M. Jules Debefue rassemblait toutes les\nsympathies. Ce Festival, commencé l'an dernier, se continuera par une séance annuelle. Cette\nfois, après un rappel de Grétry (suite d'orchestre de nous avons entendu la\nbelle symphonie avec violon obligé de Victor Vreuls, que Thibaut exécuta avec sa maîtrise et\nsa grâce accoutumées n'est-il pas singulier qu'une œuvre de cette valeur et si connue à\nprésent ne soit pas encore publiée ? une ouverture pompeuse, éclatante, euphonique de\nRiifer, la Ballade et Polonaise de Vieuxtemps et cette page étincelante et pleine d'une joyeuse\ncouleur locale : la Rhapsodie wallonne de Defebue. Inutile de dire combien l'excellent chef\nd'orchestre fut acclamé.\nLa Société Bach a donné, sous ma direction, son troisième concert, ce qui m'impose une\ncomplète réserve. D'autres revues musicales apprécieront. Je me contente de donner le\nprogramme de cette séance, parce qu'il diffère de ceux des sociétés similaires en ce sens que\nles cantates furent précédées de choralvorspiele,de préludes d'orgue destinés à préparer\nl'auditoire à ces cantates. L'essai a semblé parfaitement réussir. Qu'il me soit néanmoins\npermis de citer mes excellents et dévoués solistes : l'impeccable organiste Waitz, le très fin\nhautboïste Geerung, les chanteurs : Mmes Darier, Malherbe, Tombeur et M. Senden.\nAu Palais des Beaux-Arts, on a applaudi le récital de l'excellent pianiste M. Charles\nScharrès.\nDR DWELSHAUWERS.\nGAND. Au Conservatoire, le distingué professeur d'orgue, M. Léandre Vilain, a\nconsacré un intéressant récital aux précurseurs de Bach : Frescobaldi, Buxtehude, Pachelbel.\nLes agréables concerts symphoniques du Vauxhall ont repris sous la direction autorisée\nde MM. Oscar Roels et Joseph Lefébure, qui continuent à réserver aux maîtres belges une\nbonne place dans leurs programmes ; parmi les œuvres les plus applaudies, citons les morceaux\nde musique de scène de Léon Dubois pour le Mort de Camille Lemonnier.\nPAUL BERGMANS."}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.95", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1401, "texte": "Il nous est agréable d'ajouter, aux lignes de notre excellent confrère M. Bergmans, tous\nnos encouragements et nos félicitations chaleureuses à l'adresse de MM. Roels et Lefébure,\ntous deux compositeurs appréciés. Ils savent se dévouer à faire connaître les œuvres de nos\nmusiciens belges, leurs collègues ; et leur mouvement est assez rare, assez beau pour qu'on le\nsignale, pour qu'on y applaudisse. Nous souhaitons à leur direction le plein succès qu'elle mérite.\nR. L.\nMALINES, le 15 mai. Les concerts sont nombreux, mais rarement intéressants. La\nmusique moderne ne parvient pas à se faire écouter ici. Au \" Nederlandsch Verbond \" où l'on\nchanta de fort belles chansons populaires flamandes, ainsi que quelques mélodies assez pâles\nd'auteurs belges actuels, les Préludes de Debussy ne produisirent aucune impression.\nL'Académie de Musique nous a fait entendre à son deuxième concert la symphonie en\nut mineur de Beethoven. A ce même concert, l'excellent corniste M. Théo Mahy a joué avec\nson aisance habituelle un concerto difficile de Mengal. Mademoiselle Charlotte Vrelust, une\njeune lauréate du conservatoire de Bruxelles, interpréta d'une façon très correcte du Mendels-\nsohn et du Liszt.\nCitons encore pour mémoire une séance de musique de chambre consacrée aux \" Ori-\ngines du Style instrumental \" et un concert de charité, où M. Jean Noté remporta son\nsuccès habituel.\nPAUL C."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-07-15-01-c050", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-07-15_01#c050", "volume": "bmtnabh_1911-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 95, "image_fin": 105, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.2.17", "titre_corps": "Etranger", "titre_sommaire": "Etranger", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.95", "debut_caractere": 1403, "fin_caractere_exclue": 3192, "texte": "Etranger\nBUDAPEST. Tous ceux qui ont visité la Hongrie ont été étonnés et ravis de\nl'enthousiasme sincère des Hongrois pour la musique. Non seulement dans la capitale mais\ndans toutes les villes grandes et petites de la Hongrie, le monde afflue véritablement vers le\nthéâtre ou vers la salle de concert chaque fois que quelque musicien ou artiste célèbre y vient\ndonner une audition. C'est que la musique et le sentiment musical sont innés chez les\nHongrois.\nVoilà pourquoi dès les temps les plus anciens alors qu'il n'y avait même pas encore de\nlittérature ou de culture en Hongrie, les bardes et les chanteurs hongrois étaient déjà connus\ndans toute l'Europe et voilà aussi pourquoi encore maintenant les Hongrois ont un culte\nspécial pour leurs grands maîtres et les fêtent avec une pompe extraordinaire malgré leurs\nressources bien restreintes.\nDes compositeurs et musiciens hongrois le plus grand et le plus original est sans conteste\nFrançois Liszt. L'étranger le reconnaissant et l'appréciant autant que la Hongrie, on ne doit\npas s'étonner que l'on fasse des préparatifs réellement exceptionnels pour célébrer son cente-\nnaire. Après de longues discusions, le comité exécutif hongrois de ces fêtes vient d'en arrêter\nle programme définitif. Le centenaire de Liszt ne sera pas seulement la fête de Liszt mais aussi\nla fête mondiale de la musique. Tout ce qui compte dans la musique se réunira dans la capitale\nhongroise et le concert qu'on entendra à cette occasion restera unique. Ce sera le premier\nrendez-vous de tous les élèves, diciples et amis du grand maître hongrois. Les dix plus\ngrands pianistes du monde entier prendront part aux concerts qui seront dirigés par\nJean Richer, Siegfried Wagner, Félix Weingartner et Bernard Stavenhagen.\nVoici le programme de ces concerts :"}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.97", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3581, "texte": "Les 21 octobre, ouverture du festival par une grande messe à la Cathédrale Mathias, au\ncours de laquelle sera exécutée sous la direction de Weingartner la \" Messe du Couronnement \"\nde Liszt. Le soir, à l'Opéra, représentation de gala de 1' \" Oratorio de Sainte Elisabeth\nLe 22 et 23 octobre grandes soirées de piano dans la salle d'honneur (la grande salle) de\nl'Académie Nationale hongroise de musique. Les chants et les airs les plus célébrés de Liszt\nseront exécutés à cette occasion par Sophie Meurter, Vera Timano, Eugène d'Albert\nAuguste Friedheim, Frédéric Lamond, Maurice Rosenthal, Emile Sauer, Bernard Staven-\nhagen et les élèves hongrois de Liszt, Arpad Szendy, Aladar de Juhasz et Etienne de\nThoman.\nLe 24 octobre, à l'Opéra, sous la direction de Wagner, grand concert symphonique au\ncours duquel seront exécutées \" la Symphonie de Faust \" un poème symphonique et une\nrhapsodie hongroise, toutes de Liszt.\nLe 25 octobre, sous la direction de Jean Richer représentation solennelle de \" l'Oratorin\nde Jésus \" à l'Opéra.\nMais les fêtes que nous venons d'énumérer ont un caractère international et mondial •\nc'est pourquoi le conservatoire national de Musique vient d'organiser, pour devancer ces fêtes\ncosmopolites, une fête nationale en l'honneur du grand maître. Cette fête ayant eu un éclat\nparticulier, j'en donne le compte-rendu.\nAprès quelques mots de bienvenue, le comte Géza Zichy, le président du Conserva-\ntoire de Musique, dans un long et chaleureux discours, a énuméré les mérites de Liszt et\nexpliqué la place importante qu'il occupe dans l'histoire du développement de la musique.\nCe discours a été suivi d'un concert véritablement grandiose, exécuté par les élèves\nhongrois de Liszt et dirigé personnellement par le comte Géza de Zichy, le plus diligent et\nle plus génial d'entre eux.\nComme si ces fêtes ne suffisaient pas la ville de Presbourg, vient de décider l'érection\nd'une statue à François Liszt. Le grand compositeur avait, en effet, séjourné pendant long-\ntemps dans cette ville. C'est du reste là, comme il l'a raconté lui-même à plusieurs reprises,\nque son sort d'artiste fut décidé en 1820.\nDisons maintenant quelques mots de nos jeunes compositeurs : l'Opéra ne leur veut que\ndu bien et s'efforce de mettre en lumière leurs talents pleins de jeunesse et de vie. Le plus\noriginal de nos compositeurs est sans contredit Etienne Hùvos. L'Opéra vient de représenter sa\n\" Fleur des Alpes\" (Patte de Lion). Le talent de l'auteur s'y montre affermi, sa technique\nenrichie. La \" Fleur des Alpes \" est un ballet ; le sujet en est la lutte éternelle de la culture\navec la nature.\nTrès originale aussi est l'œuvre de Szabados Bêla, \" Le Cabotin \", dont le livret a été\nécrit par le plus spirituel et aussi le plus profond des auteurs hongrois, Eug. de Râkosi. C'est le\ntriomphe de l'amour jeune et sain qu'il célèbre dans sa nouvelle œuvre. La musique est un\nmélange admirable de tragique et de comique. Au succès étonnant de cette œuvre, Etienne\nKerner, le chef d'orchestre de l'Opéra, a contribué pour une bonne part.\nCitons, pour terminer, le bel opéra d'Edmond Mikalovich \" L'Amour de Toldi \". Le\nsujet est tiré de l'histoire hongroise.\nSi nos musiciens sont bien doués, ils sont aussi fortement encouragés par tous les hongrois\net en particulier par le bourgmestre, M. Etienne de Barcky, compositeur de talent. Ses visées\nmusicales sont hautes : il a le désir de réorganiser musicalement Budapest ; il veut rendre\nl'enseignement de la musique obligatoire et bon marché et souhaite de le voir très prochaine-\nment gratuit.\nA. MANTEAU.\n\n7"}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.100", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3662, "texte": "DRESDE. Le Concert d'œuvres pour orchestre de Monsieur Jaques-Dalcroze\nmarque certainement une date dans l'histoire de la musique. L'originalité rythmique de\nJaques-Dalcroze est connue depuis longtemps déjà ; ses œuvres ont figuré sur maint pro-\ngramme de musique symphonique, mais c'est la première fois que le maître donnait une soirée\nentière de ses compositions, révélant d'un coup d'œil rétrospectif le travail du créateur, depuis\nla lre manière jusqu'à la maturité d'un art enfin conscient de lui-même.\nQuelle floraison ! Les mètres des classiques ont pris des inflexions toutes nouvelles, ils ont\nautre figure, autre mouvement ; ils ont des contours imprévus, un geste nouveau. On sent que\nJaques-Dalcroze ne compose pas à sa table de travail, mais que toute la journée il voit évoluer\nsous ses yeux des formes, des corps, des membres harmonieux : c'est la musique rénovée par\nla Danse, \" réorganisée \" par elle et qui, lorsqu'elle retournera à une forme plus abstraite, aura\nemporté de ce contact une expression plus noble, plus complète, plus vraiment libre.\nLes solistes de ce concert, M\"ie Jaques-Dalcroze et M. Pollak, de Genève, se sont\nexprimés en convaincus et en enthousiastes, Mad. J.-D. dans deux œuvres de jeunesse de son\nmari, M. Pollak dans la dernière composition du maître, le 2e concerto, en do pour violon,\nqu'il a interprété d'une manière saisissante. Quant à l'orchestre du Gwerbehaus, tous nos\ncompliments pour la manière dont il a joué ce soir-là.\nL'organiste de l'église Anglaise, M. Mallinson, nous a fait connaître ses compositions,\nd'un art souple et raffiné. Parmi les pianistes, M. Emile Sauer remporte ici de grands\nsuccès. Melle Gmeiner jouait la belle sonate de Schumann et M. Bardas, sauf la 2,n0 Rhapsodie\nde Brahms, ne choisissait pas parmi les meilleures compositions de celui-ci. Nous enten-\ndions également un jeune violoniste parisien, dont le nom nous échappe en ce moment et qui\npossède une sonorité ample et une superbe technique.\nLe quatuor bruxellois, enfin, nous a donné à son dernier concert, outre un charmant\nHaydn et le Schumann en la, op. 41, un quatuor de Donhyani sonnant admirablement, mais\nqui, excepté un Scherzo plein de caractère, nous semble manquer précisément de caractère et\nd'originalité.\nA l'Opéra, sauf le \" Rosenkavalier \", qui attire toujours beaucoup de monde, (un train\nspécial de mélomanes berlinois arrivait ici samedi pour la représentation), rien de spécial à\nmentionner.\nJ'allais oublier Mad. Yvette Guilbert dont l'art hors pair a trouvé à Dresde un public\nenthousiaste !\nA. J.\nBARCELONE. Nous avons eu, au Pla des de\nGranados. Le public parisien ayant pu goûter tout dernièrement ces pages, je ne m'étendrai\npas sur leur valeur. Tous ceux qui connaissent les œuvres de Granados savent, du reste, com-\nbien elles sont romantiques. Ajoutez à cela la note nationale, essentiellement un peu\nde lyrisme, le tout coloré, poétique, pianistique, et vous aurez défini, l'art de Granados. Les\nGayescassont évidemment plus fouillées, plus travaillées que les déjà connues, mais la\npâte, la saveur, la matière sont bien les mêmes. Outre les Granados nous a encore\noffert une première audition du Canto de las estrallas, poème pour piano, orgue et chœurs.\nNous sommes loin ici des Gayescas. Ce Poème est extrêmement doux, fluide.\nUOrfêo Catalâ organisa ensuite six grands concerts. Les deux premiers furent dirigés par\nM. Lamote de Grignon, les trois suivants par Karl Panzner et le dernier par M. Millet.\nConstatons tout d'abord le beaux succès de notre Orquesta Sinfônica de Barcelona qui a fait\nvraiment de grands progrès. On a fêté également M. Panzner et M. Lamote. Le sixième"}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.101", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3772, "texte": "concert de cette série offrait le plus grand intérêt car outre la répétition des chansons popu-\nlaires catalanes données pour la première fois lors de la dernière Fête de la Musique Catalane,\non nous chantait des Madrigaux de John Dowland, Roland de Lassus, Luca Marenzio,\nClement Jannequin et Joan Brudieu. Les beaux chœurs de YOrfèo ont fait encore une fois\ndes merveilles et aussi bien les finesses italiennes de Luca Marenzio que les accents mâles de\nnotre Joan Brudieu (i5....-is9l)> ont été rendus avec une perfection vraiment rare.\nRisler a triomphé (toujours à YOrfèo) et, au Liceo on a donné la Tétralogie précédé de\n5 concerts, les 3 premiers consacrés à F. Von Vecsey et les 2 suivants dirigés par Weingartner.\nOrquesta Sinfonica, de Madrid, que dirige Fernandez Arbôs, est de nouveau venu\nnous visiter. Les cinq concerts \\donnés tout dernièrement, au Palace, ont été, comme\ntoujours, fort intéressants. Je ne parlerai pas de toutes les œuvres exécutées (ce serait\ntrop long), mais je signalerai tout d'abord une nouveauté : La Divina Comedia, de Conrado\ndel Campo, que nous écoutions pour la première fois. C'est une page infiniment curieuse,\nqui sonne fort bien. Elle a, en outre (surtout la deuxième moitié), une saveur fort originale et\nson modernisme, très savoureux, est, enfin, extrêmement sain. Une œuvre fort belle, en\nsomme, qu'on a dû bisser. Les deux clous de ces cinq séances étaient évidemment la Consé-\ncration du Graal du Parsifal, et le Prologue des Pyrénées, de Pedrell, donnés avec le concours\nde YOrfèo Catalâ. Exécution inoubliable ! Constatons, enfin, le franc succès du Prologue\ndes Pyrénées. Comme cette musique nous paraissait forte, et sincère et robuste à côté, par\nexemple, de bien des mièvreries de nos jours ! Et à propos de Pedrell : on prépare en son\nhonneur de grandes fêtes qui auront lieu à Zortosa (Catalogne), sa ville natale, au mois de\nseptembre. Ce sera un hommage infiniment mérité, car voilà bien un homme dont la foi a été\ninébranlable, malgré le milieu (dont il n'a pas subi l'influence !..) et qui a beaucoup travaillé.\nOn s'apprête, sincèrement, à bien le fêter.\nF. LLIURAT.\nBILBAO. En 1909 on avait représenté ici Maintena ; l'année dernière c'étaient\nMendi-Mendyan, Mirenchu, Lide et Isidor qui triomphaient et qui sont reprises cette année ;\non va donner aussi le premier acte d'un opéra de l'abbé Arkue. Il faut se réjouir de voir nos\nmusiciens s'engager dans une voie nouvelle et donner à leurs compositions une base aussi\nsolide que notre chanson populaire.\nF. G.\nMADRID. J'ai accompagné la troupe madrilène d'opéra à Barcelone, où elle a\ndonné un Festival wagnérien dont je vais rendre compte avec la permission du correspondant\nde S. I. M. à Barcelone qui ne put y assister.\nLe Festival comprenait trois cycles de la Tétralogie, et des représentations de Tristan et\nTannhaûser. Le chef d'orchestre, M. Kâhler, l'un des quelques Allemands qui goûtent notre\nmusique française moderne, dont il va bientôt faire connaître les principales productions en\nAllemagne, dirigea de main de maître, aidé par M. Lamotte de Grignon, un orchestre entre\ntous docile et technique. Les interprètes principaux furent le célèbre Borgatti, le Siegfried\npréféré des Italiens ; Mme Margot Kaftal, insuffisante dans ses rôles, mais pleine de bonne\nvolonté; Masini-Pieralli, Wotan italianisant; Segura-Tallien et Roberto Janni, barytons.\nCe dernier s'est révélé interprète sérieux et vraiment wagnérien, en Gunther et Alberich.\nSouhaitons-lui une belle carrière. Le ténor Vinas joua avec simplicité Tristan et Tannhaûser:\nbelle voix, mais jeu parfois inesthétique. Enfin la mise en scène fit le plus grand honneur au\ndirecteur du Théâtre. De pareilles saisons wagnériennes méritent d'attirer les étrangers.\nHENRI COLLET."}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.102", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3610, "texte": "SARAGOSSE. Au dernier concert de la Société Philharmonique nous avons entendu\nla célèbre pianiste Carmencita Perez ; musicienne excellente elle obtint un très grand succès\ndans des œuvres de Beethoven, Bach, Chopin, Liszt et Carmen Perez.\nLa Philharmonique ouvre toujours ses portes aux grands virtuoses ; Edouard Risler\nremporta un grand succès dans la Sonate appassionata de Beethoven, celle en la bémol (op. 26)\net différentes pièces de Liszt. Nous avons maintenant une troupe d'opéra 5 malheureusement\nelle est encore bien médiocre à part quelques artistes telles que Mmes Mathilde de Lama, Costa,\nAracil, le ténor Famadas. On a donné Tannhauser ; mais que d'efforts à faire encore !\nM. F.\nMALAGA. La Société Philharmonique a brillamment clos la saison 1910-1911 par\nles deux récitals de M. Philippe Gaubert, presque immédiatement suivis de deux récitals\nRiSler. H> C.\nGENEVE. M. G. Jean Aubry, conférencier infatigable et J. Joachim Nin, pianiste,\nviennent plaider à l'Université la Cause de la musicologie : les Clavecinistes français, tel fut\nle sujet traite par M. Aubry. M. Nin exécuta avec tout l'esprit que comporte cette musique\ndes pièces de Couperin, Rameau, Dandrieu, Daquin, Royer et Duphly.\nBERLIN. La Société des Concerts historiques \" Niederlandisch-historische Kon-\nzerte \" a exécuté récemment \" La Messe des Morts \" de Fr. Jos. Gossec ; on ne saurait trop\nremercier M. H. F. Wirth, le directeur de cette société, de l'heureuse idée qu'il a eue de\nnous faire entendre cette œuvre remarquable. Malheureusement la vaste salle de la Hochschule\nfur Musik était bien peu garnie. Et cependant quelle grâce et quel charme a cette musique.\nLes solistes furent tous excellents : Tilia Hilî (soprano) Erna Unterstein (mezzo-soprano)\nMarta Stapelfeldt (Alto) W. Becker et Anton Sistermans possèdent de belles voix et chantent\navec beaucoup de style. Les chœurs, par contre, eurent quelques faiblesses. Quant au chef\nd'orchestre M. Cornelis Docum il s'est acquitté de sa tâche, qui était lourde, de la plus louable\nfaçon. A. S.\nFLORENCE. Ce ne sont pas les concerts qui manquent ici en cette saison (pour-\ntant, nous n'avons toujours pas de concerts d'orchestre florentins). Le pianiste Alfredo Oswald,\nque nous avions applaudi cet hiver avec l'excellent pianiste Spalding a donné, avant son\ndépart pour Paris, une audition dont le programme varié a bien mis en valeur toute la\nsouplesse de son talent.\nLe Comité pour la diffusion de la musique instr composé de M. M. Cala-\nmani, Lenzoni, Frangini, Coen et Xocci, a donné, comme l'an dernier, une série de concerts\ntrès réussis, au programme desquels figuraient entre autres des quatuors de Boccherini de\nMozart et de Schubert, un trio de Locatelli et le quintette de Franck.\nAu Conservatoire (Instituto musicale)trois auditions fort intéressantes : une séance de\nmusique de chambre, une représentation de la et une exécution de\nSpiritualidu XIVe et du XVIe siècle, commentées par une conférence du Prof. Bicchierai.\nNous avons entendu enfin un peu de musique d'orchestre grâce à M. Camille Chevillard\nqui faisait son tour d'ltalie avec ses musiciens de Paris. Exécution impeccable. Beau program-\nme (Beethoven, Mozart, Grieg, Wagner, Debussy, Weber), qui aurait attiré encore plus de\nmonde si M. Chevillard n'avait pas craint de donner un peu plus de musique nouvelle. Nous\nsavons, à Florence, nous mettre dans le mouvement et le moderne ne nous fait pas peur.\nLa Libéra esteticacontinue à déployer sa belle activité. Quatre nouveaux concerts ont\nété donnés à la fin d'avril et au début de mai : un concert entièrement consacré à Liszt et"}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.103", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3847, "texte": "entièrement exécuté par M. Paolo Litta avec une remarquable maîtrise et une endurance\nextraordinaire ; un concert de violon où s'est révélé le talent russe de M. Schkolnik ; une\naudition de Madame Ida Isori qui interpréta avec son art coutumier la grâce ou le pathétique\ndes vieux airs italiens ; enfin, un concert d'ensemble où les trois artistes se sont réunis pour\nnous faire goûter un peu plus de ces anciennes et charmantes musiques.\nEt pourquoi ne mentionnerais-je pas, pour finir, les\nchambre organisés à Ylnstitut français par l'auteur de ces lignes? Voici le programme du pre-\nmier concert, que Madame Barrère a bien voulu honorer de sa présence : Une sonate de\nLeclair, des airs de Lulli, de Lambert, de Destouches et un des Concerts Royaux de Couperin ;\npour la partie moderne, des mélodies de Debussy et de Fauré et le de Debussy.\nP. M. M.\nROME. Le monde de la musique en Italie vient d'éprouver une perte irréparable en\nla personne du Comte Franchi Verney, mort à Rome le 15 mai dernier, à l'âge de soixante-trois\nans. On peut dire que la vie toute entière du critique de la Nuova Antologia fut consacrée à\nla musique. Issu d'une ancienne famille de magistrats piémontais, le Comte Franchi débuta lui\naussi au barreau ; mais la musique l'attirant de plus en plus, il fit ses débuts comme critique\nmusical sous le pseudonyme d'Ypolito Valetta et bientôt il se consacra exclusivement à faire\napprécier dans son pays l'art des maîtres, en particulier celui de Beethoven, presqu'inconnu\nencore à Turin. Cette ville lui doit la fondation de la meilleure société chorale de l'ltalie\n—la Ste Stefano Tempia, des concerts orchestraux populaires qui contribuèrent tant à la\ndiffusion de la musique classique en Italie, enfin celle d'une société de quatuors de Beethoven.\nCe fut aussi Ypolito Valetta qui par sa tournée de concerts avec la Succa initia le public\nitalien à la musique de Wagner. En 1878, il conduisit l'orchestre Mancinelli et les chœurs\npiémontais à l'exposition de Paris. Il épousa, quelques années plus tard, la violoniste Teresina\nTua, la brillante élève de M. Massard aussi connue et appréciée en France qu'en Italie.\nA Rome, le salon du Comte et de la Comtesse Franchi était devenu un centre artistique et\nlittéraire pour tous les artistes de Rome et de l'étranger qui y recevaient un si bienveillant\naccueil. Compagnon fidèle des tournées artistiques de sa femme, le Comte Franchi était le\ncorrespondant musical de nombreux journaux en Italie et à l'étranger. Il écrivit à l'occasion\ndu Centenaire de la Villa Medicis un ouvrage consacré à l'histoire de cette maison. La\npremière biographie italienne de Chopin est de sa plume. Les services qu'il rendit à l'art et\naux artistes sont de ceux qu'on ne peut énumérer. Ami fidèle et dévoué, il n'hésita jamais à\nencourager les artistes même les plus modestes ; il contribua beaucoup au succès de Massenet\net de Saint-Saëns et de bien des musiciens français en Italie.\nIl laisse des regrets unanimes dans le monde musical ; les lecteurs de S. I. M. qui\navaient eu l'occasion de lire un de ses articles sur la musique en Piémont dans un des derniers\nN°s verront avec regret disparaître un correspondant aussi distingué. H. B.\nCAMBRIDGE. Pour accompagner la représentation d'une comédie de l'époque\nshakespearienne, \" The Knight of the Burning Pestle \", de François Beaumont et John\nFletcher, quelques étudiants de notre Université ont exécuté plusieurs pièces d'auteurs anglais\nanciens tels que W. Byrd, Farnaby, Dowland, W. Brade, Francis Pilkington, Rosseter.\nCes étudiants se sont groupés sous le nom de \" Cambridge University Musical Club .\nIls se réunissent toutes les semaines régulièrement entre eux ; le 5 juin ils donnaient au\n\" Gouville et Cains Collège \" son 493me \" open Concert \" (c'est-à-dire où des invités étaient\nadmis) avec le programme suivant :"}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.104", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3090, "texte": "Quintette en la majeur DVORAK.\n\" Ogni sabato aorete illume acceso \" GORDIGIANI.\nConcerto en ré mineur pour 2 violons et orchestre . J. S. BACH.\n\" Wir wandelten \" BRAHMS.\nFragments de la « Bauern Cantate \" J. S. BACH.\nL exécution était confiée a des élèves des Collèges Clare, Cains, King's, Trinity,\nPembroke et à Miss Lilian Greenwood.\nC'est notre collègue, Mr. E. J. Dent, professeur au \" King's Collège \" et directeur de\nla bibliothèque musicale du u Fitzwilliam JVIuseum \" qui s'occupe de la façon la plus active\nde ce club musical. Un article paru dans la revue S. I, M. (15 février 1908 ; u Beckmesseria-\nnisme anglais de P. Taye et Marcel Boulestin), signale les efforts de Mr. Dent et ceux du\nDr W. H. Hadow a Oxford, afin d'orienter la pratique de la musique dans une voie de\nprogrès.\nNous avons pu nous rendre compte que les étudiants de Cambridge pour leur part\nmanifestaient une prédilection particulière pour la musique française moderne.\nMais la ne se borne pas toute la sollicitude de Mr. Dent, car la musique ancienne est\négalement 1 objet de ses soins. Rappelons que lors de la représentation du \" Faust \" de Christophe\nMarlowe, offerte par les étudiants de Cambridge à leurs confrères d'Allemagne (17 août 1910),\nc est lui qui en avait reconstitue la partie musicale ; il vient maintenant de publier une fort\nbonne et fidele traduction de la Flûte enchantée, en vue d'une exécution intégrale de cette\nœuvre projetée à Cambridge pour la fin de l'année.\nQuant à la qualité de l'interprétation du concert du 5 juin, elle était avant tout très\nmusicale et animée d'un sentiment excellent.\nEnfin le 6 juin avait lieu au Guildhall le concert de la \" Cambridge University\nMusical Society Au programme :\nGod save the King arrangement de C. V. Stanford.\nA Sea Symphony VAUGHAN WILLIAMS.\n(conduite par l'auteur.)\nPrélude et mort d'Iseult WAGNER.\nComedy-Ouverture H. BALFOUR GARDMER.\n(conduite par l'auteur.)\nLa u Sea Symphony de Vaughan Williams, dont les congressistes avaient pu entendre\nla u Norfolk Rhapsody \" au concert du 30 mai, est une vaste composition pour chœurs, soli,\norchestre, déjà jouée au \" Leeds Festival\" de 1910. C'est excessivement consciencieux,\nquoique peu intéressant, et conçu dans un style qui oscille entre celui de la cantate et du\npoème symphonique.\nLà encore, les étudiants de Cambridge faisaient leur partie, mais dans les chœurs, et\nnotre collègue Mr. E. J. Dent la sienne à l'orchestre, comme timbalier.\nM. L. PEREYRA.\nINDO-CHINE FRANÇAISE. — SAIGON. — COCHINCHINE — Le goût des choses\nmusicales en Cochinchine est répandu parmi les nombreux européens, asiatiques et annamites\nqui peuplent cette colonie. Les chinois, les malais, les annamites restent fidèles à leurs instru-\nments traditionnels. Les européens s'adonnent au culte des maîtres de la musique française et\nétrangère ; les classiques sont conservés dans le répertoire local, les nouveautés font leur\napparition dans la colonie peu de temps après le commencement de leur vogue en Europe.\nLa ville de Saïgon possède un théâtre approprié dans sa construction aux -habitudes de"}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.105", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4050, "texte": "confortable et d'aération des pays tropicaux, tout en conservant à la salle de spectacle et à ses\ndépendances les détails propres à ces édifices en Europe.\nLe budget municipal de Saïgon, qui s'élève à une somme respectable en millions, affecte\nchaque année une subvention élevée aux dépenses du théâtre et de la troupe recrutée en\nFrance à chaque saison. D'octobre à avril, les représentations se succèdent, suivies avec passion\npar nos dilettanti locaux. Le budget colonial consacre, à son tour, une part de ses ressources,\nà la contribution théâtrale, ce qui fournit à l'impressario une subvention annuelle dont se\ncontenteraient la plupart de nos directeurs des grandes villes d'Europe. De plus, les frais de\nvoyage de la troupe de Marseille à Saïgon, aller et retour, sont supportes par le budget local.\nLa physionomie de la salle, un soir de représentation, avec son éclairage électrique, ses\nmassifs de verdure à l'extérieur et à l'intérieur, l'élégance des spectateurs est de celles qu'on\nn'oublie pas. Les auditeurs sont tous européens, les chinois et les annamites se mêlent rarement,\net en petit nombre à cette société. Nombreux sont les théâtres chinois et annamites, mais leur\nrépertoire et leurs procédés n'offrent aucune analogie de jeu ou de mise en scène avec le\nthéâtre Occidental ; ces théâtres, fort fréquentés, du reste par la population indigène, sont\nrelégués dans la partie de la ville de Saïgon particulièrement réservée à cette catégorie\nd'habitants et dans la ville chinoise de Cholon, voisine de la capitale de la Cochinchine.\nLes chinois riches, qui sont des commerçants possèdent à Cholon, indépendamment de\nleurs magasins et leur maison familiale, de petites maisons où, sans la direction de duègnes,\ndes groupes de jeunes et jolies chanteuses forment des concerts pittoresques. C'est une faveur\nrecherchée des européens épris d'exotisme, et difficile à obtenir, car les réunions, où les chinois\nfont assaut de luxe et d'amabilité envers leurs invités, consistent surtout en repas dont le\nmenu étonnerait par leur longueur et leur variété nos mondains occidentaux. Le chant, la\nmusique sont des accessoires ; les petites chanteuses, au cours des pauses, servent à boire, offrent\nles plats, et déploient leurs grâces.\nLes annamites se réunissent fréquemment le soir, entre amis, chez l'un d'eux : chacun\napporte son instrument, d'autres leur talent de chanteurs ou de conteurs, et, par les mer-\nveilleuses nuits de la Cochinchine, les concerts improvisés de la sorte se manifestent a travers\nles murs légers des habitations indigènes, avec la douceur et l'originalité de cette musique,\nfille de la Chine, transformée par cette race Annamite si fine et si artiste, a sa maniéré.\nL'attachement des Asiatiques à leur musique antique et traditionnelle a donné lieu a\ncette opinion que les peuples extrême-orientaux étaient réfractaires a notre art musical\noccidental. La fréquentation des Annamites nous faisait penser le contraire. Récemment, a une\nbrillante soirée, comme en offre à ses invités et à ses sociététaires la vaillante société Philhar-\nmonique saïgonnaise, fut présentée pour la première fois, devant une assemblée d elite, présidée\npar Mme Klobukowska et M. le Gouverneur Général de l'lndochine, la fanfare indigène de\nSaïgon composée de vingt-sept exécutants, tous Annamites, appartenant à l'Administration et a\nl'lndustrie du Livre et de l'lmprimerie.\nIl est démontré que l'élément Annamite n'est point réfractaire a 1 art occidental.\nSouhaitons que ce résultat soit le début d'une vulgarisation progressive de nos méthodes\nmusicales d'Europe.\n* *\nUn autre événement artistique fut le passage à Saïgon de Mme Emma Calvé. Accom-\npagnée du ténor Gaspari, de la Scala de Milan, du pianiste Pintel, l'éminente cantatiice a\ndonné au Grand théâtre de Saïgon, une soirée où son beau talent fut applaudi dans le Mysoli\nde la Perle du Brésil, la habanera de Carmen, les stances de Sapho, une chanson pyrénéenne du\nXVIe siècle, un appel des Bergers, et dans le rôle de Santuzza de la Cavalleria Rusticana."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-07-15-01-c051", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-07-15_01#c051", "volume": "bmtnabh_1911-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 96, "image_fin": 96, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.2.18", "titre_corps": "Le 4me Congrès de Musique de Chambre à Fribourg en Brisgau", "titre_sommaire": "Le 4me Congrès de Musique de Chambre à Fribourg en Brisgau", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.96", "debut_caractere": 446, "fin_caractere_exclue": 504, "texte": "Le 4me Congrès de Musique de Chambre à Fribourg en Brisgau"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-07-15-01-c052", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-07-15_01#c052", "volume": "bmtnabh_1911-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 96, "image_fin": 96, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.2.18.1", "titre_corps": "Ce congrés s'est tenu les 2, 4 et 5 Mai derniers dans la salle Paulus à Fribourg en Brisgau. On peut voir sur la photographie que nous reproduisons:", "titre_sommaire": "Ce congrés s'est tenu les 2, 4 et 5 Mai derniers dans la salle Paulus à Fribourg en Brisgau. On peut voir sur la photographie que nous reproduisons:", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.96", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 444, "texte": "Ce congrés s'est tenu les 2, 4 et 5 Mai derniers dans la salle Paulus à Fribourg en Brisgau. On peut voir sur la photographie que nous reproduisons:\nEn bas{ au milieu: Mme Wanda Landowska et Mlle Philippi;\nà gauche: MM. Czerny, Fitzner, Rebner;\nà droite: MM. Natterer, Divisson, Hoyer.\nEn haut, de droite a gauche: Ernst Harms, Abendroth, H. Tückermann,\nJohs. Horbelt, Johaňes Hegar, Chr. 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Neveu", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.106", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2731, "texte": "L'Édition\nMusicale\nCh. Neveu.\nNous avons reçu la lettre suivante que nous nous empressons de\npublier, conformément à la loi :\nMonsieur le Directeur,\nJe viens de lire avec une pénible surprise l'article \" L'Edition Musicale \", dans le dernier\nn de la Revue S. I. M., et je me vois à regret obligé de vous adresser mes plus vives\nprotestations.\nVotre rédacteur loue les vieilles Mélodies populaires des Provinces de France : il a raison.\nIl regrette que les paroles en soient quelquefois un peu scabreuses : il a tort. Elles sont ce\nqu elles sont ; il n en faut point parler quand il s'agit d'enseignement à des enfants, car c'est\ncommettre une grave erreur que confondre u populaire \" avec enfantin.\nMais un autre point m'intéresse..\nL article n étant signé que d'initiales, je ne puis dire à l'auteur ce que je pense du ton\nde sa critique.\nLes Douze Chansons pour les Enfants, bien qu'elles n'aient, à l'en croire, \" aucune des\nqualités requises pour se graver dans de jeunes mémoires \", ont été récemment apprises et\nchantées par des enfants, devant un public nombreux, qui les a chaleureusement applaudies :\nEncore qu elles ne doivent pas plaire \" davantage aux grandes personnes \", des juges autorisés\nles ont appréciées, et, en ce moment même, une jeune artiste en interprète plusieurs, dans un\nmilieu distingué, avec un succès soutenu.\nJe n attacherais donc au jugement de Mr V. P. que l'importance qu'il a, si, d'une part,\nil n était formulé en termes peu mesurés et inacceptables, — particulièrement déplacés dans\nune Revue serieuse et d'un caractère élevé, — et si, d'autre part, il n'était de nature à porter\nun grave préjudice à une entreprise commerciale qui lutte de toutes ses forces pour faire bien.\nEn effet, 1' \" Edition Montrougienne \" n'existe plus. Elle a cédé ses droits à la Société\nArs et Vita \", dont je reste un des Directeurs. C'est en cette qualité, et sûr qu'il me suffira\nde faire appel à votre courtoisie, que je viens, Monsieur le Directeur, vous prier de vouloir\nbien, dans votre prochain numéro et à la même place, faire rectifier les termes blessants dont\nil a été fait usage dans l'article V. P.\nPermettez-moi, maintenant, au double titre de membre des Amis de la Musique et\nd abonne a S. I. M., de vous demander si c'est bien là, alors qu'une simple mention de\n\" Vient de paraître \" leur donnerait satisfaction, ce que les Editeurs attendent d'envois faits\nsur votre invitation.\nIl vous appartient, d'ailleurs, d'apprécier, Monsieur le Directeur, si une revue qui se\nrespecte ne se nuit pas à elle-même en tolérant une forme de critique après laquelle il n'y a\nplus que le langage d'une \" Guerre sociale \".\nVeuillez agréer, Monsieur le Directeur, mes respectueuses salutations.\nPour \" Ars et Vita"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-07-15-01-c055", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-07-15_01#c055", "volume": "bmtnabh_1911-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 107, "image_fin": 107, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.2.20", "titre_corps": "LES AMIS DE LA MUSIQUE", "titre_sommaire": "LES AMIS DE LA MUSIQUE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.107", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3497, "texte": "LES AMIS\nDE LA MUSIQUE\nLes amis de la Musique recevaient, le 23 juin, l'hospitalité de MM. Messager et\nBroussan dans des conditions particulièrement agréables. A neuf heures du matin, dans la\nfraîche prénombre de l'Opéra désert, nos sociétaires étaient admis à assister à la répétition d'or-\nchestre du \" Crépuscule des Dieux \" dirigée par Arthur Nikisch. Ils n'avaient eu garde de\nmanquer à un régal artistique aussi délicat. Voici Léon Bourgeois et Louis Barthou,\nMM. d'Eichtal et de Vaux ; voici la comtesse Louis de Montesquiou et la comtesse de\nPourtalès qui soulèvent les housses grises des fauteuils ; voici Mme Hottinguer, Mme Allain-\nTargué, Mme Seligmann, Mme J. Bizet, Mme Halphen, Mme Pallain, Mme Foa et Mme Emile\nPereire et, disséminés dans le grand vaisseau encore endormi, voici MM. Aynard, Cornély,\nPasquier, Ecorcheville, Legrand, le Lubez, le comte de Miramont, M. de Laboulaye,\nM. Monthiers et le docteur Richelot qui recherchent les coins obscurs, favorables à l'audition\nrecueillie et à l'extase silencieuse.\nNikisch paraît. Il semble un peu vieilli, la barbe presque toute blanche et de nombreux\nfils d'argent dans sa chevelure orageusement romantique mais toujours alerte et fringant avec\nson beau regard de domination sous des sourcils en broussaille. Il escalade son estrade, cueille\nentre deux doigts une baguette invraisemblablement longue et fine et salue l'orchestre d'une\nvoix grave et cuivrée qui met en valeur chaque mot à peine teinté d'accent autrichien.\nEt l'enchantement commence. Parmi les plus illustres capellmeisters du monde entier,\nNikisch représente par excellence le charmeur et le magicien. C'est le plus étourdissant vir-\ntuose de la baguette qu'il soit possible de contempler. Sans orchestre, seul et silencieux devant\nune partition de Wagner, ce mime de génie parviendrait à nous émouvoir par l'extériorisation\nplastique, par la miraculeuse expression d'attitudes, par l'irrésistible suggestion de gestes que\nreprésente sa direction.\nOn sait que les compositeurs modernes commencent à considérer la division métrique\nactuelle de la musique comme une fâcheuse puérilité et la barre de mesure comme une insup-\nportable entrave. Beaucoup d'entre eux cherchent à donner à l'accentuation rythmique la\nsupériorité qu'elle doit logiquement conserver sur l'arbitraire accentuation métrique. Nikisch\nest le seul chef d'orchestre qui puisse hâter la solution de ce problème. Sans supprimer les cloi-\nsons symétriques d'un \" deux-quatre \" ou d'un \" douze-huit \" dont l'état actuel de notre\néducation d'oreille et de nos traditions musicales rend la conservation indispensable, la main\nlégère de prestidigitateur autrichien déroule dans l'espace les plus subtiles sinuosités de l'ara-\nbesque mélodique ordinairement découpée en tronçons égaux par le geste tranchant des batteurs\nde mesure.\nEt dans une souplesse étonnante d'inflexions et de mouvements se développe la pensée\nwagnérienne, sans obscurité et sans longueurs. Avec une cordiale fermeté exempte de toute\nviolence et avec la plus parfaite politesse, Nikisch relève les moindres erreurs des instrumen-\ntistes qui ne dissimulent pas leur stupeur scandalisée d'une telle audace. Et certains \" cuivres \"\nfrustrés des égards administratifs auxquels les a habitués le fonctionnarisme auguste de la mai-\nson, s'étranglent d'indignation en s'entendant notifier une fausse attaque et tournent vers les\nimportuns Amis de la Musique, témoins fâcheux de leur disgrâce, des visages dangereusement\ncongestionnés..."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-07-15-01-c058", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-07-15_01#c058", "volume": "bmtnabh_1911-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 108, "image_fin": 110, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.2.21", "titre_corps": "VARIÉTÉS", "titre_sommaire": "VARIÉTÉS", "signature_source": "M. Daubresse", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.108", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3171, "texte": "VARIÉTÉS\n\nQuestions Sociales\nCOMMENT FONDER DES SYNDICATS DE MUSICIENNES.\nDepuis que nous avons commencé ces simples études nous ne cessons de préconiser l'union,\ncette force des faibles. A qui la recommander plus instamment qu'aux femmes ; ces faibles\nentre les faibles, si desarmees dans la lutte que chaque travailleur doit soutenir pour gagner sa\nvie. Mais, pour que l'union soit durable, qu'elle porte tous ses fruits, encore faut-il qu'elle soit\nconçue suivant une certaine forme ; la meilleure n'est pas toujours celle que nous préférons,\nmais bien celle que commandent et les circonstances et le but à atteindre. Une association\nqui se propose d améliorer la condition sociale de ses membres doit revêtir, tout d'abord, un\ncaractère social, j'entends conforme aux lois et coutumes du temps où elle se produit et capable\nd'assurer aux participants le maximum d'avantages sociaux.\nActuellement, la seule forme possible d'association est le syndicat, dont les conditions ont\nété déterminées par la loi de 1884. Et d'abord, n'ayons pas peur des mots. Je sais par expé-\nrience, que ce terme : \" syndicat \" épouvante littéralement beaucoup de femmes bien élevées ;\nelles le prononcent difficilement ; ces trois syllabes sentent les Bourses du Travail, le commu-\nniste, le révolutionnaire. Eh ! la ! si nous n'étions pas dupes des mots, quelles choses excellentes\nnous ferions souvent ! Les mots ont la vie que nous leur prêtons. Au lieu de laisser ce pauvre\nvocable : \" syndicat \" aux démagogues peu scrupuleux, qui en ont abusé, nous aurions dû lui\ninsuffler une vie généreuse et forte ; alors nous n'en aurions plus peur, parce qu'il serait ce\nque notre esprit aurait voulu qu'il fût. De toutes les formes d'association\ncar là est le point important et nous n'avons pas, sur ce point, à ménager nos sensibilités\némues, l'association syndicale est celle qui offre à ses membres le plus d'avantages. Un arrêt\nde la Cour de Paris (Ie1 Xbre 1898) donnant gain de cause à l'une d'elles permit à TOUTES les\nprofessions libérales de se constituer en syndicats. L'arrêt mentionne, en outre, les bienfaits que\ncomporte ce mode de groupement.\nIls peuvent se résumer ainsi :\nŒuvres cTenseignement professionnel pour relever le niveau intellectuel ei technique d'une même\nclasse de spécialisés ; création éventuelle de coopératives\nprofesseurs : bureaux de placement, dont le rôle, b :\nSecours . Mutuels; Caisses de retraites ; Caisses d\nrelèvement du taux des salaires ; créations de bibliothèques ; cours, conférences, concerts, publications\ndiverses.\nLes femmes, qui sont de si excellentes administratrices, voient-elles tout le parti qu'elles\npourraient tirer d'organisations semblables mises à leur disposition ? Elles n'ont qu'à les vouloir,\nqu'à les créer, pour les voir apparaître, croître et prospérer.\nA côté des questions de salaires, les syndicats des musiciennes pourraient établir des\n\" formules détaillées d'engagements \" et prendre en main la cause de leurs syndiquées lorsque\nles engagements ne seraient point observés. Ainsi quelques établissements d'instruction s'assu-\nrent les services d'une jeune débutante, pour un certain nombre d'heures, un professeur de"}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.109", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4035, "texte": "piano, par exemple avec promesse de lui laisser le temps nécessaire pour continuer un travail\npersonnel. (Etudes de mécanisme et de style, préparation d'examens du professorat). Cette\npromesse est très rarement tenue, et les infortunées débutantes végètent indéfiniment, au\nservice d'une institution, où sous mille prétextes, on leur prend la totalité de leur temps,\nsouvent pour des besognes étrangères à la musique, leur rendant impossible tout travail\npersonnel profitable. Les syndicats devraient aussi dresser des \" formules d'engagements écrits\"\npour l'étranger —là encore il y a quelque fois des promesses peu ou mal tenues Beaucoup\nde jeunes personnes hésitent à partir, comme professeurs de musique, sur la foi d'agences peu\nsûres vers des pays inconnus. Le syndicat pourrait avoir des correspondants honorables, dans\nles villes où il placerait ses syndiquées ; entrer en relations avec les associations similaires qui\nse chargeraient de suivre, de protéger la jeune fille envoyée, loin des siens, avec le pénible\ndevoir de gagner sa vie.\nDans toute la France, d'après les dernières statistiques on compte environ 4000 femmes\nmusiciennes : compositrices, exécutantes, professeurs. La moitié de ce nombre est constituée\npar les professeurs de chant, de piano et de solfège. Dans un précédent article, 1 nous avons\nétudié la condition des \" professeuses \" de musique et vu à quelles extrémités certaines d'entre\nelles étaient réduites ; beaucoup de \" concertistes \" ne sont pas mieux partagées et celles qui\nn'ont pas réussi acceptent de bien misérables emplois. Il y en a qui tiennent le piano dans les\nthéâtres de marionnettes ; d'autres acceptent d'être \" tapeuses \" dans des cours de danse ou des\nrestaurants pour noces et festins ; la salle des banquets de mariages se transforme instantané-\nment, grâce à l'activité de garçons véloces en un salon de danse acceptable. Les malheureuses\n\" tapent \" ainsi jusqu'à 3 ou 4 heures du matin, tandis que tournoient d'inlassables couples\npassionnés de boston. Quelques-autres, plus miséreuses encore, descendent à accompagner,\ndans des \" beuglants \" de dixième ordre, des chansons stupides, grossières et même pires. C'est\nquelquefois gai... la musique.\nEt cependant, si ces 4000 femmes s'entendaient, s'unissaient, se syndiquaient, elles\nseraient une force, elles auraient la voix multiple du nombre, elles s'entr'aideraient ; les plus\nfavorisées sentiraient leur cœur pénétré d'horreur à la pensée qu'elles sont complices de certai-\nnes chutes. Car enfin, il faut bien le dire, à quoi bon se mettre la main sur les yeux et prendre\ndes airs de délicatesse et d'effarement, il y a de ces infortunées qui arrivent à des compromis\ndéshonnêtes. Et a10r5.... Nous sommes tous solidaires, quoi que nous fassions une même chaîne\nunit l'être à l'être, lien magnifique, quelquefois lien de douleur, qui attache étroitement toutes les\nsœurs en humanité. Toute femme déchoit quand l'une d'elles tombe, voilà ce qu'il faut penser\net l'imprescriptible devoir des heureuses est de tendre la main à celle qui, trop faible, a fléchi.\nOn entend suffisamment que toutes les musiciennes ne sont pas réduites à de pareilles\nextrémités. Heureusement. Mais nous n'avons à nous occuper ici que de celles qui ont besoin\nd'aide, de protection, qui ont un intérêt immédiat à se solidariser, à appeler sur la précarité de\nleur sort l'attention paresseuse des fortunés de ce monde, à obtenir, au besoin à exiger, la\nmodification des conditions sociales qui deviennent pour elles insupportables.\nEn dehors des améliorations, dont nous avons parlé plus haut, un syndicat de musiciennes\naurait encore à poursuivre celles que nous avons étudiées, depuis plus d'un an, dans cette revue :\nrelèvement du prix des leçons ; suppression totale des cours gratuits ; abolition du gracieux\nconcours ; limitation de la concurrence des gens du monde, des amateurs, qui de plus en plus,\nenvahissent le champ, déjà si étroit, concédé aux jeunes artistes.\n\n1 Les Professeuses de Musique, 15 Fev. 1911 revue S. I. M"}, {"page_pdf": 110, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.110", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 4198, "texte": "Il n'est pas très difficile de fonder un syndicat ; quelques formalités administratives, qu'il\nest facile de connaître sont suffisantes. 1 Dès qu'elles sont remplies, que les déclarations néces-\nsaires sont faites, les nominations de présidente, vice-présidente, secrétaire, trésorière dûment\nenregistrées, il faut donner tout de suite une première séance.\npratiques. Peu de mots, beaucoup d'idées et les moyens de transformer rapidement ces idées en\nactes. A joindre, à ces premiers faits d'existence, une active propagande, afin de recruter\nbeaucoup d'adhérentes. \"On fait, disait devant nous une fondatrice de syndicats, une\ncentaine de visites, il vient quatre-vingts personnes. Au bout de quelques mois il n'en reste\nplus que dix, mais ce sont des apôtres Que les femmes se fassent donc apôtres de l'idée syndi-\ncale. Ayant d'admirables dons de propagandistes elles peuvent le tenter ; elles sont souples,\npersévérantes, patientes ; ce sont des instruments merveilleux d'action continue et de réussite\nfinale. Qu'elles se mettent au service d'elles-mêmes. Si les musiciennes le voulaient, elles\npourraient avoir promptement, dans toutes les grandes un syndicat nombreux ce\nqui est une condition sine quâ non de réussite. Le nombre fait ici la force qui établit le droit.\nA Paris, il y a déjà deux associations de femmes musiciennes, dont l'une, fondée en\n1904, est un syndicat. Il faudrait beaucoup de groupements analogues, hors Paris, et c'est leur\nformation prochaine que nous avons dessein de provoquer ici. Evidemment les femmes d'initia-\ntive qui prendraient la tête du mouvement rencontreraient quelques difficultés. Elles devraient\nlutter contre l'esprit misonéiste et particulariste si énergique en province ; elles auraient à\neffacer les distances, supprimer les distinctions de castes. Ce serait affaire de tact, de doigté, de\nbonne volonté surtout. Ce ne sont pas là d'insurmontables obstacles.\nFaut-il ajouter que cette revue leur est entièrement ouverte. Chaque tentative nous inté-\nressera, même si elle ne revêt pas, actuellement, la forme syndicale. Nous essaierons d'aider\ncelles qui ont déjà prouvé leur vitalité. Que l'on nous signale les groupements déjà existants,\nleurs moyens d'action, les expériences qu'ils ont faites ; que l'on nous annonce ceux qui sont\nprojetés et doivent, à bref délai, entrer en action. Nous faisons appel à l'énergie, à l'initiative\nde toutes les musiciennes de France ; qu'elles nous adressent des notes, des projets, qu'elles\nnous envoient des idées, des critiques même. Nous serons d'autant plus heureux d'enregistrer\nles manifestations de leur activité qu'en ce moment on nous conseille de ne pas poursuivre ces\nétudes sociales. \" Vous occuper des professionnels, nous dit-on, c'est jeter vos forces dans le\nvide, c'est clamer dans le vent ; ils sont incapables de comprendre autre chose que leur intérêt\nmatériel immédiat ; leur parler d'organisations à long terme, c'est dépasser leur entendement.\nEnfoncés dans leur métier, ils se soucient fort peu du voisin et ne saisissent pas l'idée que\nd'un meilleur état général résulterait leur bien propre \".\nLe mieux que je puis, je réfute de tels arguments, je défends ces \" ouvriers \" de l'art et\nsurtout ces \" ouvrières \". J'en connais de si vaillantes, de si admirables, mais je ne peux pas,\nseul, réussir. Que leur effort me donne raison, qu'ils répondent au champion de leur cause et\ndonnent à ceux qui les attaquent, si injustement, je l'espère, un victorieux démenti.\n\nM. Daubresse.\n\n1 Les syndicats fondés par les intellectuelles (carrières libérales) se classent comme \"patrons\" ou comme\n\" ouvriers \" d'après le mode de rénumération ; autrement dit suivant que leurs membres sont, ou non, rénu-\nmérés par un patron. Exemple : le Syndicat des Femmes Peintres et Sculpteurs (52 Bd des Batignelles) est classé\nd'après la dernière statistique (Ministère du Travail, 1909) comme syndicat \"patronal \" car ses membres sont\nassimilés au \" petit patron \" vivant de son seul travail. Le syndicat des artistes choristes et musiciens dramatiques\n(18 R Cadet : choristes et musiciens d'orchestre) est classé dans les syndicats \" ouvriers \" ses membres recevant\nun salaire des patrons."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-07-15-01-c059", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-07-15_01#c059", "volume": "bmtnabh_1911-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 111, "image_fin": 111, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.2.22", "titre_corps": "Les SEANCES d'ETUDES du Congrès Parisien et Régional de Chant Liturgique 12=13 Juin 1911", "titre_sommaire": "Les SEANCES d'ETUDES du Congrès Parisien et Régional de Chant Liturgique 12=13 Juin 1911", "signature_source": "Un congressiste", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.111", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3204, "texte": "Les SEANCES d'ETUDES du Congrès Parisien et\nRégional de Chant Liturgique 12=13 Juin 1911\nUn congressiste.\nLa partie théorique des séances de ce congrès a été fort intéressante. Les séances d'études\nse tinrent à l'lnstitut Catholique, où chaque jour une réunion était consacrée à l'étude, sous la\ndirection de M. A. Gastoué, des pièces de chant qui devaient être chantées aux offices\nsolennels par les congressistes.\nLes séances d'études furent présidées d'abord par le Chanoine Moissenet, maître de\nchapelle de la cathédrale de Dijon, consulteur de la Commission Pontificale Grégorienne, et\nensuite (car il fut rappelé à Dijon au milieu des travaux du congrès) par Mgr. du Botneau,\narchiprêtre des Sables d'Olonne. M. V. d'lndy vint lui-même honorer une séance de sa\nprésence et se fit représenter à toutes les autres réunions par M. A. Sérieyx, professeur à la\nSchola Cantorum. MM. Bellaigue, Letocart, Tournemire, etc., y assistaient régulièrement.\nParmi les rapports et discours qui furent prononcés, on a beaucoup remarqué les études\nsuivantes :\nR. P. Dom Andoyer : une découverte bénédictine ; le chant romain prégrégorien.\nL'Abbé Villetard : Odoranne de Sens et son œuvre musicale.\nA. Gastoué : Adam de S 1 Victor et les proses parisiennes.\nF. Raugel : Le Congrès parisien de 1860.\nChanoine Poivet : Lecture latine et piété dans l'exécution du chant sacré.\nC. Couillault : L'unification de la prononciation liturgique du latin.\nMgr. du Botneau : Une maîtrise grégorienne.\nAbbé Thinot : Les Chœurs d'église de Reims (spécimen d'organisation et de participation\ndes fidèles au chant sacré).\nChanoine Moissenet : la Maîtrise de la cathédrale de Dijon.\nLéon Boutroux : A propos d'accompagnement du chant grégorien.\nH. Quittard : L'orgue de S 1 Gervais.\nM. Tissier : Le chant liturgique et les patronages.\nAbbé Labourt : L'organisation musicale d'un collège chrétien.\nEn plus des séances où furent lus tous ces travaux il y en eut d'autres toutes d'échanges\nd'idées où des vœux furent émis judicieusement ; c'est ainsi que notre érudit confrère Michel\nBrenet proposa de tenter pour nos vieux maîtres français une édition pratique des Monuments\nde la musique religieuse en France au XVIe siècle.\nM. Gousseau, maître de chapelle de S 1 Nicolas du Chardonneret, propose une réglemen-\ntation de l'usage du sport dans les œuvres paroissiales scolaires et post-scolaires ; il demande\naussi que dans les livres d'usage pratique, on différencie la notation des pièces en plain chant\nmusical d'avec celle des pièces appartenant au répertoire grégorien.\nM. Joseph Bonnet, organiste du grand orgue de S 1 Eustache, demande que les organistes\nfassent dans leur répertoire une place d'honneur aux archives des maîtres de l'orgue éditées\npar MM. Guilmant et Pirro... etc.\nUne foule de questions d'ordre pratique concernant le chant et son enseignement furent\naussi traitées.\nAu total, manifestation qui fut goûtée des amis du chant d'église qui assistaient en foule\naux séances et aux auditions musicales ; espérons qu'elle ne sera pas platonique et contribuera\npuissamment à faire connaître et aimer la vraie musique religieuse, qui, en France particulière-\nment, dans les siècles passés, a brillé d'un si vif éclat."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-07-15-01-c060", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-07-15_01#c060", "volume": "bmtnabh_1911-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 112, "image_fin": 112, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.2.23", "titre_corps": "Notes Juridiques", "titre_sommaire": "Notes Juridiques", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.112", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2996, "texte": "Notes Juridiques\nLes œuvres musicales posthumes.\nAu moment où l'attention est attirée sur les chœurs inédits de Schumann que M. Malher-\nbe conserve avec un soin jaloux à l'abri des curiosités profanes, il n'est pas inutile de rappeler\nde quelle manière sont réglementés les droits d'auteur sur les œuvres musicales posthumes. Ces\ndroits sont régis par le décret du Ier germinal au XIII (22 mars 1805) 1 qui est ainsi conçu :\n\" Napoléon, empereur des Français.\n\" Sur le rapport du ministre de l'intérieur ;\n\"Vu les lois sur les propriétés littéraires ;\n\" Considérant qu'elles déclarent propriétés publiques les ouvrages des auteurs morts depuis\n\" plus de dix ans ; 3\n\" Que les dépositaires, acquéreurs, héritiers ou propriétaires des ouvrages posthumes\n\" d'auteurs morts depuis plus de dix ans hésitant à publier ces ouvrages, dans la crainte de\n\" s'en voir contester la propriété exclusive, et dans l'incertitude de cette propriété ; que l'ou-\n\" vrage inédit est comme l'ouvrage qui n'existe pas, et que celui que le public a les droits de\n\" l'auteur décédé et doit en jouir pendant sa vie ;\n\" Que cependant, s'il réimprimait en même temps et dans une seule édition, avec les\n\" œuvres posthumes, les ouvrages déjà publiés du même auteur, il en résulterait en sa faveur\n\" une espèce de privelège pour la vente d'ouvrages devenu propriété publique ;\n\" Le conseil d'état entendu ;\nu Décrété :\n\" Article I. — Les propriétaires, par succession ou à tout autre titre, d'un ouvrage post-\n\" hume ont les mêmes droits que l'auteur, et les dispositions des lois sur la propriété exclusive\n\" des auteurs et sur sa durée leur sont applicables, toutefois à la charge d'imprimer séparé-\n\" ment les œuvres posthumes et sans les joindre à une nouvelle édition des ouvrages déjà\n\" publiés et devenus propriété publique.\n\" Article II. — Le grand juge, ministre de la justice et les ministres de l'intérieur et de\n\" la police générale sont chargés de l'exécution du présent décret. 3\nEt d'abord, qu'est-ce qu'une œuvre posthume ? On considère comme telle toute œuvre\nqui n'a pas été publiée du vivant du compositeur. 4 La publication qui enlève à l'œuvre son\ncaractère inédit est celle qui assure à l'ouvrage musical une existence fixe et durable. N'est\ndonc pas inédite l'œuvre qui a été imprimée ou gravée, ou bien encore celle qui a été repro-\nduite en parties manuscrites vendues ou louées comme il est de pratique courante pour un\ncertain nombre d'œuvres symphoniques et dramatico-musicales. Est au contraire considérée\ncomme inédite l'œuvre musicale qui a été seulement exécutée ou le drame lyrique qui a été\nseulement représenté, sans que la musique ait été mise dans le commerce.\n1 C. Pari» 14 Août 1841. — Blanc, page 115.\n2 La durée du droit d'auteur a été fixée à cinquante ans par la loi du 14 Juillet 1866.\n3 Le décret du 1\" germinal au XIII est complété par celui que 8 Juin 1866 qui affirme le droit d'auteur\ndu propriétaire de l'œuvre dramatique posthume.\n4 C. Paris 14 Août 1841. — Blanc, page 115."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-07-15-01-c061", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-07-15_01#c061", "volume": "bmtnabh_1911-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 77, "image_fin": 77, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.2.24", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.77", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 159, "texte": "LIBRAIRIE CH. 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DELAGRAVE, 15, RUE SOUFFLOT, PARIS.\nVient de paraître CoUection 'allas •.\nŒuVres\nDE\nGuy de Maupassant\nPAR\nF. BERNOT\nPOÉSIES CONTES ROMANS NOUVELLES THÉÂTRE\nUn vol. in-16, imprimé sur beau papier vergé teinté, broché . . . 3 fr. 50\nRelié mouton souple . . . 5 fr.\nRappel : Anthologie des \"Prosateurs français Contemporains\npar G. Pellissier. 1. 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QUITTARD. —Le Trésor d'Orphée, par Antoine Francisque, tablature de\nluth, transcrite pour piano à deux mains; i volume in 40 de 100 pages . , . 5 fr.\nJ. EOORCHBVILLE. Actes d'Etat civil d'artistes musiciens insinués au\nChâtelet de Paris (1539-1650); 1 volume in-40 10 fr.\nr\nA. GASTOUE. Catalogue des mss. de musique byzantine conservés dans\nles bibliothèques de France; 1 volume in-40 20 fr.\nP. ATJBRY. Cent motets du XHIe siècle, tirés du ms. Ed. VI-4 de la\nBibliothèque de Bamberg; 3 volumes in-40 • • • 150 fr.\nP. ATJBRY. Le Chansonnier français de VArsenal (XHIe siècle), 15 livrai-\nsons trimestrielles de 32 planches phototypiques avec la transcription des\nmélodies en notation moderne. Notices par M. A. Jeanroy, professeur à la\nFaculté des Lettres de Toulouse. La livraison 10 fr.\n(On 11e souscrit qu'à l'ensemble de la publication.)\nM. BRENET. Les Musiciens de la ainte-Chapelle du Palais. Un volume\nin-40 de 3°° pages 15 fr.\nJ. EOOROHEVILLE. Catalogue du fonds de Musique ancienne de la Biblio-\nthèque Nationale (jusqu'en 1750.) Huit volumes de 250 pages chacun,\ncontenant dix mille thèmes de musique, et de nombreux fac-similé. L'ouvrage\ncomplet 500 fr.\nSOUS PRESSE\nH. QUITTARD. L'Œuvre de clavecin de Chambonnières d'après l'édition de\n1670 et le manuscrit Vm7 1852 de la Bibliothèque nationale. Un volume\nin-40 de 100 pages de musique 5 fr.\nEN PRÉPARATION\nA. PIRRO. Les correspondants du Père Mersenne. Publication de la cor-\nrespondance musicale adressée à Mersenne et conservée à la Bibliothèque\nNationale. Vol. I (J.B. Dont) Un volume in-40 de 200 pages ....\nL. DE LA LAURENCIE. Les Musiciens de la Maison du Roy aux XVIP et\nXVIIIe siècles. (Inventaire musical de la Série O1 des Archives nationales)\nDeux volumes de 200 pages chacun.\nE. BLOOHET. Traité de Musique, composé par Sharaf ed-Din Haroun.\n(XIIIe siècle), d'après le manuscrit original de la Bibliothèque Nationale.\nTraduction et fac-similé du texte Arabe. Un volume in-40 de 100 pages.\nH. DE OURZON. Correspondance des Directeurs de l'Opéra, conservée aux\nArchives Nationales. —Un volume in-40 de Is° pages.\nL. LALOY. K'în poù. Recueil d'Airs pour le k'în ou luth chinois, transcrits\nde la tablature.\nLE COMITÉ DE LA PUBLICATION :\nP. Aubry, M. Brenet, L. Dauriac, J. Ecorchevllle, H, Expert, L. delà Laurencie,\nCh. Malherbe, E. Poirée, G. Prod'homme, R. Rolland, J. Tlersot."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-07-15-01-c067", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-07-15_01#c067", "volume": "bmtnabh_1911-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 98, "image_fin": 98, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.2.30", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.98", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1605, "texte": "ÉDITIONS LITTÉRAIRES ET MUSICALES\nA. Z. MATHOT\nii, RUE BERGÈRE TÉLÉPHONE 234-31\nPARIS\nŒUVRES DE : GASTON BERNHEIMER, GEORGES BRUN, LUCIEN CAPET, ALFRED\nCASELLA, MARC DELMAS, JEAN HURÉ, D. E. INGHELBRECHT, FERNAND LEBORNE,\nARMAND MARSICK, PIERRE MONTEUX, EMANUEL MOOR, MAURICE PESSE, JACQUES\nPILLOIS, JOHN POWELL, SÉBASTIAN B. SCHLESINGER, FLORENT SCHMITT, JOSEPH\nSZULC, EMILE VUILLERMOZ, etc. etc.\nEXTRAIT DU CATALOGUE :\nBERNHEIMER : Dix Préludes pour piano fr. 5.00\nTrois mazurkas pour piano fr. 2.50\nGEORGES BRUN: Menuet sentimental, piano fr. 1.75\nMarine, piano et chant fr. 2.00\nLa Neige, piano et chant fr. 2.50\nLUCIEN CAPET : Sonate pour violon et piano fr. 8.00\nAria pour violon, Alto et piano fr. 3*00\nDevant la Mer, piano et chant fr. 5.00\nCASELLA ALFRED : Variations sur une chaconne piano fr. 3*00\nSarabande pour harpe chromatique fr. 2.50\nBarcarola et Scherzo, Flûte et piano fr. 4.50\nSonate pour violoncelle et piano fr. 8.00\nMélodies, premier recueil, piano et chant. . . fr. 6.00\nEn Ramant (Richepin) piano et chant . . . . fr. 2.50\nSoir Païen (A. Samain) piano et chant . . . . fr. 3.00\nSoleils couchants (P. Verlaine) fr. 2.00\nD.E.INGHELBRECHT: La Nursery, petites pièces, à l'usage des enfants,\npour piano à 4 mains i° recueil (40 Edition) fr. 6.00\n2° Recueil (30 Edition) fr. 6.00\nPrélude et saltarelle, Alto et piano fr. 4*o(->\nMélodies sur des poésies russes fr. 4.00\nAu Jardin de l'lnfante (Trois Poèmes) pour chant\net piano fr* 5-00\nEMANUEL MOOR : Op. 88. i° Recueil de mélodies fr. 6.00\nOp. 91. 2° Recueil de mélodies fr. 6.00\nOp. ili. 3° Recueil de mélodies fr. 6.00\netc. etc. etc"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-07-15-01-c068", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-07-15_01#c068", "volume": "bmtnabh_1911-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 99, "image_fin": 99, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.2.31", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.99", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1138, "texte": "ÉDITIONS LITTÉRAIRES ET MUSICALES\nA. Z. MATHOT\nii, RUE BERGÈRE TÉLÉPHONE 234-31\nPARIS\nVIENT DE PARAITRE:\nFLORENT SCHMITT\nOSCAR KLEMPERER\nLUCIEN CAPET\nROGER DE FRANCMESNIL\nD.-E. INGHELBRECHT\nQUINTETTE en trois parties pour\npiano, 2 violons, Alto et violoncelle\nQUINTETTE pour piano, 2 violons,\nAlto et violoncelle\nQUATUOR à Cordes pour 2 violons,\nAlto et violoncelle\nSONATE pour violon et piano\nAU JARDIN DE L'INFANTE.\nTrois poèmes pour chant et piano .\nSOUS PRESSE :\nnet fr. 20.00\nnet fr. 12.00\nnet fr. 8.00\nnet fr. 8.00\nnet fr. 5.00\nGEORGES MIGOT\nEMANUEL MOOR\nALFRED CASELLA : BERCEUSE TRISTE pour piano à 2 mains.\nA LA MANIÈRE DE... R. Wagner, G. Fauré,\nJ. Brahms, C. Debussy, R. Strauss, C. Franck.\nSonate pour violon et piano.\nRhapsodie pour grand orchestre.\nSuite pour violoncelle et piano.\nPraeludium et Fuga de Bach, transcrits dans l'esprit\nde l'orgue pour le piano.\nN° 1. en ut mineur\nN° 2. en la mineur\nN° 3. en sol mineur\nN° 4. Fantaisie et Fugue en mi mineur\nVariations sur un thème de Hahr pour piano\nQUINTETTE en trois parties (petite partition de\npoche) net fr. 5*00\nJOHN POWELL\nFLORENT SCHMITT\nSALLE D'AUDITIONS 200 Places"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-07-15-01-c069", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-07-15_01#c069", "volume": "bmtnabh_1911-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 113, "image_fin": 113, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.2.32", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.113", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 14, "texte": "Courrier Finan"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-07-15-01-c070", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-07-15_01#c070", "volume": "bmtnabh_1911-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 113, "image_fin": 113, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.2.33", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.113", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3287, "texte": "La rente extérieure espagnole a été le mois dernier.l'objet d'une vive reprise suivie depuis\nquelques jours d une baisse de quelques fractions, baisse encore accentuée par les événements\nmarocains.\nIl semble que la situation critique dans laquelle se trouvaient les finances espagnoles au\nmoment de la guerre hispano-américaine ne subsiste plus maintenant qu'à l'état de souvenir.\nOn se rappelle que de 1882 à 1897, c'est-à-dire pendant une période de 15 années, tous les\nbudgets espagnols sans exception s'étaient soldés par des insuffisances qui atteignirent jusqu'à\n127 millions de pesetas, et cela sans faire état des dépenses extraordinaires entraînées par la\nrépression des incessantes insurrections coloniales.\nLe déficit global de cette période se chiffre ainsi pour le seul budget général par plus d'un\nmillion de pesetas, somme à laquelle il faut ajouter plusieurs centaines de millions pour les\ndépenses effectuées aux colonies.\nFort heureusement pour le crédit de l'Espagne à l'étranger il se trouva un ministre des\nfinances qui comprit la nécessité de sortir à tout prix d'une telle situation, ce fut MR VILLA-\nVERDE à qui l'on doit la restauration des finances espagnoles. Par des modifications fiscales\nhabiles et par de judicieuses économies, MR VILLAVERDE réussit, dès l'année 1899 à rétablir\nl'équilibre budgétaire d'une manière durable. De 1899 à 1908, les budgets se soldent par des\nexcédents appréciables atteignant jusqu'à 104 millions de pesetas en 1906. Si les budgets de\n1909 et 1910 accusent un déficit respectif de 36 millions et un million de pesetas, on ne\nsaurait en tirer aucune conclusion inquiétante pour l'avenir, ce déficit résultant des dépenses\nentraînées par la campagne du Rif, c'est-à-dire par des circonstances tout-à-fait exceptionnelles;\nd'autant plus que tout permet de supposer, pour l'exercice 1910, un dépassement de l'excédent\nde 10 millons de pesetas prévu.\nEn somme, rétablissement de l'équilibre budgétaire sur des bases solides, assainissement\nde la monnaie, développement de l'économie graduelle du pays, telles sont depuis quelques\nannées les caractéristiques principales de la situation de l'Espagne.\nCeci nous amène à considérer que la situation de l'ltalie, pays qui peut être entraîné\ndans de graves complications politiques internationales se présente dans des conditions\nmoins favorables et que d'autre part le rendement de la rente italienne n'est plus guère supé-\nrieur à 3 1/2 °/0.\nOn conviendra que dans ces conditions, il soit logique d'arbitrer ce fonds d'état contre\nl'Extérieure Espagnole dont le rendement dépasse 4 °/0.\nDans le même ordre d'idées, 021 pourrait arbitrer l'lntérieure Espagnole 4 °j0 avec\nl'Extérieure; en effet, l'lntérieure se traite entre 77 et 79 selon les coupures rapportant\nseulement 3,73 à 3,80 °j0 en tenant compte de l'impôt espagnol de 20 °/0 sur la richesse\nmobilière, et de la perte au change. Au surplus, le marché de l'Extérieure est incontestable-\nment plus large que celui de l'lntérieure.\nOn pourrait enfin signaler comme arbitrage possible avec l'Extérieure le 4 °/0 Russe\nconsolidé ire et 2me séries, qui se tient aux environs de 99, par conséquent, présente une\nmarge de hausse peu élastique.\nSociété Auxiliaire des Banques Régionales\n34, rue de la Victoire, Paris."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-07-15-01-c071", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-07-15_01#c071", "volume": "bmtnabh_1911-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 114, "image_fin": 114, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.2.34", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.114", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 352, "texte": "&*<*■ ■ ' tJK\n'■ - ♦ f4m\n■«V\n4\n\" '•>k.«\\ - îrJ '/ S ' : '\n; -,• Vv-\n. -.y\n'■' v\nfeA jf îvv\n>■■'• j *<ft. 3s»-' ■ i l<% <^e^~\njMwyiwi.\nMWIWWMS nwinra.\"»«»« >MJ\npapppMwwwwj\nA VENDRE\nORGUE DE SALON\ndu XVIIe Siècle\nen bois vernis et marqueterie\ninstrument en parfait état comprenant 6 jeux\nS'ADRESSER A\nMM. MUTIN et Cie, (Cavaillé-Coll)\n15, AVENUE DU MAINE"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.1", "texte": "VIIe Année.\nN° 7.\n15 Juillet 1911.\nmÊÊÊk I ■ I\nRÉDACTION :\n2, Rue St. Augustin, PARIS.\nTéléphone 204.20\nLibrairie CH. DELAGRAVE\n15» rue Soufflot, PARIS,\nLe numéro :\nFrance et Belgique 1 fr 50 Union 2fr.\nUn an 15 fr, 20fr.\nCopyright by S. I. M. 1911.\n\nM BALAKIREW. Lettres inédites à Calvocoressi. 0 NOTES SUR L'ONOMATOPÉE, par E Closson.\n0 LULLY GENTILHOMME ET SA DESCENDANCE, par J. Ecorcheville. 0 LES LIVRES.\nLE QUATRIÈME CONGRÈS DE LA SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE A LONDRES\nI FS THÉÂTRES par Vuillermoz. 0 LES CONCERTS, par Guérillot. 0 LES CONCOURS DU\nroNSFRVATOIRE par E. V. * L'ÉDITION MUSICALE, a LES AMIS DE LA MUSIQUE.\n0 QUESTIONS SOCIALES, par M. Daubresse. ONOTES JURIDIQUES, par LEURS\nMAINS, (Mains de MM. RaCeï, St. Saëns, Vidal, Widor), par P. Jobbe-Duval. 0 ÇA ET LA."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.2", "texte": "S. I. M.\nAncien Mercure Musical\nREVUE MUSICALE MENSUELLE\nfondée par la\nSociété Internationale de Musique\n(SECTION DE PARIS)\nDirecteur : J. ECORCHEVILLE\nSecrétaire de la Rédaction : Rédacteur pour la Belgique :\nCH. LEGRAND RENE LYR\n22, rue St. Augustin, PARIS. Boitsfort-Bruxelles.\nLe Directeur et le Secrétaire de la Rédaction reçoivent\nle mercredi et le samedi de 4 à 7 heures,\net M. Vuillermoz le Vendredi de 4 à 6 heures.\n\nDANS CE NUMÉRO:\nBalakirew Lettres inédits 1\nE. Closson . . . . Notes sur V onomatopée. . 16\nJ. ElCOrcheville Lully ge ... 36\nLes Livres 53\nLe Congrès 61\nLE MOIS\nE. Vuillermoz Les Théâtres 71\nP. Guérillot . . . Les Concerts 75\nE. V . . . Les Concours du Con 80\nProvince : 82 Belgique : 83 L'Étranger : 86 L'édition\nmusicale : 96. Les Amis de la musique : 97.\nVARIÉTÉS\nM. Daubresse . . ■ • , Questions 98\nLe Congrès . .. . . .101\nG. Baudin Notes Ju. 102\nP. Jobbé-Duval Leurs Mains .104\nÇà et Là. . . 108"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.3", "texte": "Du.l3.nt les dernieres annces de sa vie, le maître russe, avec qui j'étais entré en rapports\nRU. moment ou je prcp3.r3.ls les tiaductions de ses œuvres vocales, m honorai de fréquentes lettres,\net voulut bien me tenu au couiant non seulement de ses projets artistiques, mais encore de\nses pensées.\nDe l'ensemble de cette correspondance, qui constituera plus tard un document précieux\npour les biographes, je détaché et tiaduis aujourd hui ces quelques extraits qui jettent sur les\ntravaux de son ardente et juvénile vieillesse un jour intéressant, et montrent en même temps\nla foi ce de toutes ses convictions. On y reconnaît Balakirew tout entier, avec sa bonté, sa\nnature passionnée, tel en un mot que le décrivent tous ceux qui l'approchèrent.\nOn ne pourra que lire avec intérêt, je pense, les passages relatifs à ses projets : les uns\nmenés à bien comme la composition de la Deuxième Symphonie ou du Concerto de piano,\nles auties, comme celui dune Rapsodie sur des thèmes populaires grecs qui aurait certainement\nété une de ses œuvres maîtresses, abandonnés.\nLes souvenirs et pensees sur Moussorgsky, que Balakirew me communiqua lorsque je\npréparais mon livre sur ce musicien, sont également précieux à retenir.\nM.-D. C.\n)\n(En français.) Gatchina, 1/14 mai 1905.\n... Dans votre grand article sur mes compositions, vous nommez\nAntoine Rubinstein comme premier exécutant d'Zf 1 II n'en est pas\nainsi. Le premier exécutant fut son frère Nicolas, auquel Islamey est\ndédié. Dix-sept ans après, Antoine Rubinstein exécuta cette pièce dans\nun de ses concerts historiques, n'ayant pas pu l'omettre après qu'elle fut\ndevenue, grâce à Liszt, connue dans le monde musical...\n\n1 Ceci, d'après la formule en réalité moins précise, \" tous les grands pianistes, depuis Antoine Rubinstein\njusqu'à Ricardo Vines \" que j'avais employée. (N. d. T.)\nI"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.4", "texte": "2\nS. I. M.\n\n... Dans les œuvres vocales du catalogue imprimé de mes composi-\ntions j'ai trouvé une légère omission. Il manque :\ni° Mazourkade F. Chopin, arrangée pour cœur mixte\n2° Deux Romances de Glinka, arrangées pour chœur mixte\nA) Nuit Vénitienne, B) Berceuse.\nCes trois arrangements sont édités par Gutheil à Moscou...\n... Mon portrait publié me ressemblait il y a 30 ans. Je vous prie\nd'accepter le dernier, qui est venu très bien...\n{En français.) (Pétersbourg) 18/31 décembre 1905.\n... Vous trouvez que ma lettre à Bourgault-Ducoudray peut obtenir\ndes résultats satisfaisants, c'est pourquoi je suis heureux de vous l'envoyer\nafin que notre ami Vines la remette en mains propres et m'informe\nensuite du résultat de sa démarche. 1\nA la question que vous me posez par rapport aux thèmes populaires\nque j'ai choisis pour le poème symphonique je m'empresse de\nvous dire que je les ai choisis pour qui\nconvient, selon mon appréciation, à la caractéristique musicale des\npériodes historiques (que je veux évoquer).\nCe poème symphonique a été joué à Paris il y a bien des années,\nmais sans le moindre succès. Il n'a plu ni au public, ni aux critiques. Il\nreste à savoir si ma Cantate en l'honneur de Glinka aura du succès chez\nvous, si toutefois son exécution a lieu ce dont j'espère avoir par vous\ndes nouvelles précises.\nPour le moment le manuscrit de mon poème symphonique sur des\nthèmes tchèques se trouve à Leipzig, d'où j'espère recevoir pour\nfêtes quelques exemplaires de la sonate imprimée...\n(En français.) Pétersbourg, 7/20 janvier (1906).\nJ'ai été très agréablement surpris en apprenant par votre dernière\nlettre que vous appartenez à cette grande nation historique à laquelle\nnous autres Russes, ainsi que plusieurs autres peuples de notre race, nous\ndevons notre instruction spirituelle transmise par les Saints Cyrille et\nMéthode qu'on nomme chez nous les apôtres des Slaves...\n\n1 II s'agissait d'une œuvre pour piano et orchestre dont Balakirew désirait vivement provoquer une\nexécution à Paris."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.5", "texte": "BALAKIREW\n\n3\n\n... Vous me parlez de la beauté de vos mélodies, et vous regrettez\nqu'elles n'inspirent pas des musiciens de votre pays. S'il en est ainsi, c'est\na nous qu'incombe le devoir de glorifier vos beautés nationales, en\nmémoire de l'héritage précieux que nous avons reçu de vos ancêtres...\nCommuniquez-moi les titres de vos meilleurs recueils, en y joignant\nl'admirable recueil de Bourgault-Ducoudray que j'avais chez moi mais\nqui a disparu. Communiquez-moi aussi leur prix, ainsi que l'adresse du\nmagasin ou il faut s'adresser pour les avoir. Nous pourrons nous occuper\nalors à les travailler. Plusieurs essais de ce genre ont déjà été faits par\ndes musiciens russes ainsi il y a deux ouvertures de Glazounow sur des\nthèmes grecs que ce musicien a empruntés au recueil de Bourgault-\nDucoudray, et qu'il a écrites dans la première période de ses créations\nartistiques.\nA mon âge avancé, il est difficile d'espérer la possibilité d'une créa-\ntion qui demande une disposition particulière. Mais Liapounow est encore\njeune et il sera, sans nul doute, à la hauteur de son intuition d'offrir au\nmonde musical une œuvre symphonique empreinte du caractère de la\nnationalité grecque...\n(Pétersbourg) 10/23 février 1906.\nExcusez, je vous prie, mon long silence. Nous préparions l'inaugu-\nration du monument à Glinka, laquelle a enfin eu lieu le Vendredi\n3/16 février, pour anniversaire de sa mort. Ma cantate y fut exécutée\navec un grand succès sous la direction du chef d'orchestre de l'opéra\nNapravnik, vu que par suite de mon mauvais état de santé je n'ai pu\naccepter de la diriger. Le solo a été très bien chanté par Melle Friede,\nartiste de l'Opéra.\nA Paris, grâce à vous, 1 ma cantate a été exécutée avant que de\nl'être chez nous, et même l'a été deux fois. Je ne sais comment vous en\nremercier...\nPétersbourg, 21 février/i 1 mars 1906.\nExcusez-moi de répondre si tard à votre lettre du 26 février... Nous\n\n1 Plutôt grâce au regretté Georges Marty, qui, dès qu'il eût pris connaissance de l'œuvre, saisit l'occasion\nde rendre un double hommage au père de l'école russe en même temps qu'à son illustre continuateur, et la\nprésenta au Comité de la Société des Concerts du Conservatoire. (N. d. T.)"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.6", "texte": "4\nS. I. M.\n\npassons actuellement le temps en compagnie de notre aimable éditeur 1\nque nous aimons beaucoup et dont nous sommes heureux de constater\nl'affection pour nous. Il a entendu trois fois ma sonate, qui lui a plu\nmais seulement après la troisième audition...\nVous annoncez dans le Guide que je vais publier mon\npoème symphonique sur des thèmes populaires tchèques. J'espère que\nl'édition en sera prête en été : il pourra donc être exécuté dès l'automne\nou l'hiver. Je souhaiterais de tout cœur que cette composition eût du\nsuccès à Paris. Ce me serait une grande joie si les pouvaient\ncette fois aimer les thèmes tchèques de caractère slave, et de la sorte prêter\nun surcroît d'attention au petit peuple tchèque, si sympathique, qui\nrésiste avec tant d'énergie aux Allemands désireux de les absorber.\nQuand, étant encore tout jeune, j'apprenais l'histoire, il me semblait\nque l'événement le plus terrible qu'ait vu le monde était la prise de\nConstantinople par les Turcs. Mais Mahomet II arrêta les massacres au\nbout de trois jours et permit aux Grecs de pratiquer la religion ortho-\ndoxe... Quand les Allemands s'emparèrent de Prague, capitale des\nTchèques, après la bataille de la Montagne-Blanche, les Jésuites entrèrent\navec eux dans la ville et firent rechercher dans toutes les maisons les\nlivres tchèques, pour les brûler sur les places publiques. On envoya dans\nchaque village des soldats qui maltraitèrent le peuple jusqu'à temps que\nles Tchèques s'engageassent à professer la foi romaine... Auparavant, les\nTchèques suivaient la doctrine de Jean Huss, qui d'après les dernières\ndécouvertes est identique à la nôtre, celle de l'église orthodoxe. C'est du\nmoins ainsi que s'exprime, au sujet de la doctrine de Huss,\nde Constantinople dans son mandement aux Tchèques écrit deux ans avant\nla chute de Constantinople. Certains de nos savants ont approfondi cette\nquestion dans tous ses détails.\nAujourd'hui j'ai reçu de votre compatriote Pachticos deux exem-\nplaires de son recueil de chants grecs, dont je garde l'un, envoyant l'autre,\nselon le désir de l'auteur, à Liapounow.\nPétersbourg, 2/15 mars 1906.\nJe me hâte de vous informer que j'ai pu me procurer ici le recueil\nde Bourgault-Ducoudray (30 mélodies d'Orient) ;\ndonc ne vous donnez pas la peine de me l'envoyer.\n\n1 M. J. H. Zimmermann."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.7", "texte": "BALAKIREW\n5\n\nEn l'étudiant j'ai constaté, à mon grand regret, que tous les\nmeilleurs thèmes en sont déjà pris par Glazounow dans ses\ntures eur desr thèmes grecs.(Les connaissez-vous ?)\nIl ne s'y trouve qu'une mélodie qui fasse mon affaire, celle qui\nporte le n° 30 ; et très probablement je l'utiliserai. Mais il me faut en\noutre trouver deux beaux motifs afin de composer ma Rapsodie Grecque.1\nJe n'ai pas encore examiné le recueil de Pachticos ; et vous me\nrendriez un grand service en me signalant celles des mélodies que vous\nconsidérez comme les plus belles de ce recueil.\nTransmettez, je vous prie, mes sincères salutations à Vines et aussi à\nMadame Mellot-Joubert et à M. Marty, qui viennent d'exécuter ma\nCantate. 2\nJe suis curieux de savoir si ma sonate a eu quelque succès (à Paris)\nou bien si en l'exécutant, votre ami n'a fait qu'un acte d'abnégation.\nPétersbourg, 13/26 mars 1906.\n... Je ne vois pas la possibilité de me mettre tout de suite à la com-\nposition d'une œuvre sur des thèmes populaires grecs, car je dois d'abord\naccomplir un gros travail que Zimmermann me demande avec insistance :\nun concerto de piano.\nIl est curieux que Vines, de qui j'ai reçu aujourd'hui même une\nlettre, rêve, comme Zimmermann, de me voir composer une œuvre pour\npiano et orchestre...\nZimmermann me le demande avec tant d'insistance que je ne puis\nrefuser. J'ai déjà composé, en brouillon, la première partie de ce\nconcerto. Mais simultanément, je préparerai des matériaux pour l'œuvre\ngrecque, si seulement ma valétudinaire vieillesse ne me devient pas plus\nlourde...\nGatchina, 9/22 juin 1906.\n... En ce qui concerne Moussorgsky, je vous dirai, que tout en lui\nreconnaissant un immense talent, en particulier au point de vue de la\ndéclamation (là, après Dargomysjki, il est sans rival), je n'appartiens pas\nentièrement à ses partisans qui s'inclinent devant son ignorance harmonique,\net sont d'accord avec lui sur ce point, que la musique n'est pas un but en\n\n1 Ce projet n'a malheureusement pas abouti.\n2 Pour le Centenaire de Glinka (Conservatoire)."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.8", "texte": "6\nS. I. M.\n\nelle-même, mais seulement un moyen de converser ; par suite de quoi il\nchoisissait parfois des sujets qui ne convenaient absolument pas à la\nmusique.\nCela donna au talentueux satiriste Saltykow (Chtchédrine), son\ncontemporain, l'occasion de ridiculiser cette tendance pour laquelle\nStassow faisait parfois de la propagande en un petit article très fin où il\nproposait l'illustration en musique du tableau suivant : Un matin de\nnovembre, glacial et sombre, à Saint-Pétersbourg. Un cheval de fiacre, à\ndemi mort de faim, traîne péniblement un client à triste mine. Soudain\nla voiture s arrête (/*TS) ;le cocher descend du siège pour ramasser son\nfouet tombé... etc. dans le même goût.\nParlant de Mçussorgsky, je dois dire qu'il ne fut pas heureux sous\nle rapport de ses aânïirateurs, qui le flagornaient et lui donnaient de\nmauvais conseils que malheureusement il suivait...\n... En ce qui concerne l'analogie rythmique du premier et du\nsecond thème de ma sonate, je vous dirai qu'il est des exemples d'affinités\nplus étroites encore des deux thèmes d'un Allegro de symphonie. Je vous\nréfère au premier mouvement du concerto de piano de Schumann dont\nle premier thème est à peu près (je cite de mémoire, n'ayant pas le texte\nsous la main) :\nComme vous le voyez, ici il y a non seulement analogie de rythme\ncomme dans ma sonate, mais presque identité de la mélodie. Vous\ntrouverez un exemple analogue chez Liszt dans son Concerto solo, sans\norchestre, qu'il a ultérieurement remanié pour deux pianos sous le nom\nde Concerto pathétique.\nJe me permets de vous donner amicalement le conseil de renoncer\nabsolument... à faire de la réclame à des compositeurs français tout-à-fait"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.9", "texte": "BALAKIREW\n7\n\ninconnus de qui vous écrivez qu'ils ont poussé plus loin que Liszt l'art de\nl'écriture pianistique. Quoique le piano soit un instrument à timbre\nuniforme, l'on sent très bien dans la musique de piano de Liszt les\ntimbres instrumentaux tantôt de la flûte, tantôt du hautbois ou des\ncuivres. Par exemple, je vous signale son génial arrangement intitulé\n\" Soirées de Vienne,valses-caprices d'après Franz Schubert. \"A un endroit\non perçoit manifestement le son des trompettes :\nJe ne puis m'imaginer qu'après Liszt, il soit possible de pousser plus\nloin l'art du piano : A moins toutefois que cet instrument même soit\nnotablement et donne à quelque futur génie, d'envergure égale\nà celle de Liszt, la possibilité de pousser plus loin 1' \" instrumentation\npianistique Mais de tels génies, il en naît un par siècle !...\nGatchina, 22 juillet/4 août 1906.\nExcusez mon long silence ; je vous écris aujourd'hui, quoique\nmalade, pour ne pas retarder votre travail sur Moussorgsky.\nVous me demandez en quoi ont consisté nos travaux. Voici : Nous\navons joué à quatre mains (il était un excellent pianiste) tout le répertoire\nexistant alors de musique classique, ancienne et moderne, savoir : Bach,\nHaendel, Mozart, Haydn, Beethoven, Schubert, Schumann, Berlioz et\nLiszt. Il connaissait déjà bien, sans que j'y fusse pour rien, la musique de\nGlinka et de Dargomyjski. En outre je lui expliquai les formes de la\ncomposition, avec ce résultat qu'il composa pour piano à quatre mains\nun Allegro symphoniqne (Utmajeur) non dénué de mérite ; par malheur\nce manuscrit s'est perdu et n'a pas été retrouvé après sa mort.\nUltérieurement, quand nos travaux cessèrent (ils ne se poursuivirent\nque peu de temps), il alla vivre avec Rimsky-Korsakow, qui alors n'était\npas encore marié et venait d'être nommé professeur de théorie musicale\nau Conservatoire.\nVoilà tout ce que je puis vous dire de Moussorgsky, avec qui j'ai\ncontinué d'être en bonnes relations jusqu'à la fin de sa vie. Je l'ai vu\npour la dernière fois, et j'ai causé avec lui, la veille de sa mort."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.10", "texte": "8\nS. I. M.\n\nDurant la dernière période de sa carrière, ses vues sur la musique\nétaient par certains côtés devenus contraires aux miennes, mais vu son\nétat maladif, je n ai jamais trouve bon d entamer de discussion avec lui.\nAyez l'obligeance de me dire quelle situation occupe ce M\ndont je vous ai envoyé la lettre. Mérite-t-il confiance, ou appartient-il au\ntype de ces chailatans faiseurs d affaires dont le monde de la musique est\nsi encombré ?\nGatchina, 25 juillet/7 a°ût 1906.\nRevenant de Peteisbourg ou j ai du passer une journée, je m'em-\npresse de continuer ma lettre, et commence par ce qui est relatif à\nMoussorgsky. Vous m'interrogez sur ses études d'harmonie et d'orches-\ntiation. Il ne connaissait ni 1 une ni 1 autre de ces sciences. Il a écrit son\nremarquable opeia Bons Godouiiocw au temps ou il vivait avec Rim.sk.y-\nKorsakow (qui était professeur de théorie musicale) ; malgré cela, cet\nopéra, au point de vue harmonique et orchestral, était au-dessous de\ntoute ciitique, et n eut de succès que grâce à la haute valeur de la\nmusique même.\nPar la suite, après la mort de Moussorgsky, Rimsky-Korsakow a\nîeoi chestie cette partition et y a fait des corrections d'harmonies ; mais\nen outre il a introduit maintes modifications de son crû, défigurant la\nmusique de Moussorgsky et abîmant 1 opéra par des déplacements de\nscenes. Actuellement, a ce que j ai appris de Stassow, il a reconnu sa\nfaute et préparé une nouvelle édition de où subsisteront\nles collections de 1 harmonie et de l'orchestration, mais où toutes les\nintentions de Moussorgsky seront scrupuleusement respectées...\nJe suis bien coupable en ce qui concerne le retard apporté à la\nrédaction nouvelle de mes premières vingt romances ; mais jusqu'à\nprésent je n'ai pu m'occuper de ce travail. Je vous promets de l'avoir\nachevé cet automne. Je vous enverrai les manuscrits, que vous aurez\n1 obligeance de faire parvenir a Gutheil après y avoir recopié les textes\nfrançais.\n(Pétersbourg) 11/24 février 19°7-\nJ'ai été très heureux de recevoir votre lettre. Et si je n'y ai pas\nrépondu tout de suite, c'est parce que jetais fort souffrant... et parce que"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.11", "texte": "BALAKIREW\n9\n\nje pensais demander à Liapounow, dès que je le verrais, des renseigne-\nments sur la romance de Moussorgsky d'après dont je\nne sais rien, de même que sur le Scherzo en Ut dièze mineur. Je me\ndemande si Stassow ne se trompe pas ? Il y a un Scherzo en si bémol\nmajeur de Moussorgsky, publié après sa mort, mais du Scherzo en\nUt dièze mineur je n'ai jamais entendu parler.\nEn ce qui concerne votre M. X... je ne suis pas étonné qu'il ne\nmontre aucune envie d'exécuter nos compositions, depuis qu'on m'a\nmontré des lettres de Tchaïkowsky où celui-ci raconte que X... a reçu\nde la protectrice de Tchaïkowsky, Mme Meck, de l'argent pour exécuter\nla Quatrième Symphonie... Comme ces lettres sont imprimées (et même\ntraduites en allemand) le fait n'a rien de secret et il est connu du monde\nmusical tout entier.\nSi en l'occurrence X... attend qu'on lui offre un paiement pour\nexécuter nos œuvres, il se trompe joliment : d'abord parce que nous\nn'avons pas de protecteurs, et ensuite parce que nous ne donnerons\njamais notre assentiment à une telle manière de propager nos oeuvres...\nOn m'a envoyé le rédacteur musical du journal français le il m'a\nparlé de Berlioz, ayant vu la superbe photographie de lui que je possède,\net m'a demandé s'il était vrai que Tchaïkowsky et moi n'avions que des\nrapports fort hostiles. Je lui ai répondu que c'était absolument faux.\nNous avions des opinions absolument opposées en matière d'art, mais nos\nbons rapports se sont conservés jusqu'à la fin.\nPétersbourg, 8/21 mars 1907.\nExcusez-moi d'avoir tant tardé à répondre à vos deux lettres. J'ai\nété très touché d'apprendre, par la première, combien vous aimez ma\nromance Vision 1 que moi-même je considère comme une de mes meilleures.\nLa mélodie en si bémol mineur à 5/4, que vous trouvez si impres-\nsionnante, est textuellement le chant religieux du tropaire de Pâques :\nKhris-tos vos-kré-cé iz smer-tykh\n(Christ est ressuscité d'entre les morts)\n\n1 C'était après la première audition de cette romance à Bruxelles, donnée par M. Bracony. (N. d. T.)"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.12", "texte": "10\nS. I. M.\n\ndont les paroles sont la traduction littérale du Xprjçroç avéart) grec. Je\npense que si vous allez assister dans l'église russe de Paris, aux matines\nde Pâques, vous entendrez la dite mélodie (quoique peut-être sous une\nforme altérée)...\nPétersbourg, 19 nov./2 décembre 1907.\n...Le succès de En Bohême me cause une grande joie ; et comme je\nle vois par les coupures de journaux que vous m'envoyez, les belles\nmélodies tchèques ont été goûtées à Paris ; ce qui était mon ardent\ndésir...\nPétersbourg, 29 oct./i 1 nov. 1907.\n...Aujourd'hui est venu chez moi M. Casella, que vous connaissez\nbien, il a remarquablement bien instrumenté mon 11 paraît qu'il\nvient de composer une symphonie qui a été récemment exécutée. Cela\nm'a intéressé et je l'ai prié de venir chez moi après demain 13 novembre\n(31 octobre) pour me jouer cette symphonie.\nOn écrit dans nos gazettes merveilles du triomphe des compositions\nde Rimsky-Korsakow et de Glazounow à Paris ; il paraît qu'à la suite de\nce triomphe le Grand Opéra va monter deux de ses opéras et un\nautre.\nAvez-vous lu, dans un des derniers numéros du\nWochenblatt, comme on censure ma sonate ? Le rédacteur traite ma\nmusique de \" creux bavardage \", et de Xlntermezzo il dit que ce morceau-là\nest \" vis-à-vis de rien\" (sic).\nJe m'en console en me rappelant que lorsque parut la sonate en si\nbémol mineur de Chopin, les allemands écrirent de cette œuvre : \" Gar\nkeine Sonate \" et que \" le Finale n'était même pas de la musique... \"\n(Pétersbourg) 9/22 novembre 1907.\n...Un jour Wladimir Stassow discutait avec moi la question de savoir\ns'il était possible de réunir en un accord les sept notes de la gamme.\nJ'estimai que c'était faisable ; et en deux endroits de mon poème sym-"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.13", "texte": "BALAKIREW\n11\n\nphonique En Bohême, j'utilisai cet accord, qui apparaît une première fois\ncomme dominante du ton d'Ut dièze :\net, dans le milieu de l'œuvre, un demi-ton plus haut.\nVotre camarade Casella a fort bien instrumenté mon ; je lui\nai proposé quelques petites modifications à son travail...\n15/28 décembre 1907.\nN'ayant reçu depuis assez longtemps aucune nouvelle de vous, j'ai\ncraint que vous ne fussiez malade, et afin de savoir ce que vous deveniez\nj'avais décidé d'importuner par lettre votre ami Vines, en le priant de me\ndire comment vous vous portiez. Donc vous pouvez vous imaginer\ncomme j'ai été heureux de recevoir enfin votre lettre...\n...Vous vous trompez tout-à-fait en comparant l'accord formé des\nsept notes de la gamme qui se trouve dans le finale de la neuvième\nsymphonie de Beethoven à celui que j'ai employé dans mon poème\nsymphonique En Bohême.C'est un accord tout-à-fait différent, que je vous\nrecopie d'après la partition éditée par Schott, p. 259 :\nComme vous le voyez, c'est là une combinaison de l'accord de"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.14", "texte": "12\nS. I. M.\n\ntonique avec celui de la neuvième de dominante; elle provient d'une faute\nde copie qui a échappé à l'auteur...\nJ 'ai moi-même éprouvé que ces tristes accidents sont possibles ; dans\nune de mes compositions, je ne remarquai pas tout d'abord que j'écrivais\na un endroit une harmonie aux instruments à vent, une autre aux\ninstruments à archets. A la première répétition, j'entendis la cacophonie\net me hâtai d'y remédier !...\nPétersbourg, 4/17 janvier 1908.\n...Je vous suis très reconnaissant d'avoir communiqué mon adresse à\nBourgault-Ducoudray, à qui je suis en grande partie redevable du fait que\nma musique soit connue à Paris. C'est lui qui avait poussé Lamoureux à\nexécuter ma Thamar; après la première audition de cette œuvre, il m'a\nécrit une lettre admirable dont j'ai été profondément touché. Et cette fois\nencore, à ce qu'il paraît, je suis son obligé à propos de l'exécution de\nEn Bohême...\nPétersbourg, 6/19 février 1908.\nVous me demandez des nouvelles de ma deuxième symphonie. Elle\navance à pas de tortue (c'est le cas de toutes mes compositions) et actuel-\nlement trois des parties en sont écrites et instrumentées ; i° Allegro,\n2° Scherzo alla cosacca, 30 Romanza (Andante) ; reste à écrire le Finale,\nmais je n'espère pas y parvenir rapidement. A Pétersbourg on ne me laisse\npas le temps de composer. De plus, ma santé est devenue fort mauvaise,\net je n'ai d'espoir qu'en l'été qui me fait toujours du bien, comme en ma\nvillégiature à Gatchina où je ne suis point dérangé dans mes travaux.\n10/23 novembre 1908.\n...Hier est venu chez moi Bernardi, qui m'a raconté mille choses\nintéressantes sur vous et sur votre ami Vines. Il a beaucoup parlé du\npianiste Bauer, de qui je n'ai jamais rien entendu. A l'occasion, dites-moi\nsi vous le connaissez et quelle est votre opinion sur lui...\nMalgré ma mauvaise santé, et le très mauvais été que nous venons\nde subir, je suis parvenu à achever ma deuxième symphonie, qui actuel-\nlement est à la gravure à Leipzig..."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.15", "texte": "BALAKIREW\n*3\n\nPétersbourg, 7/-0 février 1909.\n...J ai ete heureux d apprendre que vous avez déchiffré avec\nM. Ravel, la transcription pour quatre mains de ma 2me Symphonie, et\nque cette œuvre vous a intéressé. Pour second thème du finale, j'ai pris\nune Mélodie russe qui a beaucoup d analogie avec un des thèmes utilisés\ndans mon poème symphonique En Bohême. Cette analogie de l'un et de\n1 autre (qui en decele 1 antiquité) m a conduit a des analogies de dévelop-\npement ; à la dernière page de la symphonie, vous remarquerez que le\nthème s'ornemente d'une figuration en triolets qui se trouve aussi dans\nEn Bohême :\n...Vous demandez des nouvelles de ma santé. Elle est des plus\nmauvaises, mais mon docteur est persuadé que je vivrai encore jusqu'à\nl'été ; et s'il ne se trompe pas, la chaleur me rendra quelques forces, et\nalors je puis espérer vivre jusqu'à l'automne. Il en sera selon la volonté de\nDieu...\nPétersbourg, 27 février/12 mars 1909.\n...Des romances de Moussorgsky dont vous me parlez,1 je ne connais\nque les quelques-unes qui ont été publiés. Quant aux autres, je regrette\nde ne pouvoir absolument rien dire à leur sujet. Il serait intéressant de\nsavoir où M. Malherbe a acheté ses manuscrits.\nMa santé est bien mauvaise. Mais je vis jusqu'à l'été ce que\nm assure, pour me reconforter, mon médecin, alors je me maintiendrai\nau moins jusqu'à l'automne.\nPétersbourg, 14/27 septembre 1909.\nVotre lettre du 10/23 septembre m'est parvenue. Vous me parlez de\nla précédente, croyant qu'elle a pu s'égarer ; mais vous l'avez bien envoyée\n\n111 s'agissait du manuscrit \" Années de Jeunesse acquis par M. Malherbe."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.16", "texte": "14\nS. I. M.\n\net je l'ai reçue ; et si je n'y ai pas répondre, c'est uniquement parce\nqu'elle m'a trouvé fort malade... Maintenant, grâce à une cure appropriée\net à l'été propice, ma santé est devenue un peu meilleure. Je suis heureux\nde pouvoir vous écrire et vous remercier de penser à vous occuper d'une\nexécution à Paris de ma Deuxième Symphonie.\nMais en ce moment, je voudrais détourner votre attention de ce\nprojet au profit d'une autre entreprise musicale. Voici ce dont il s'agit :\nle 9/22 février 1910 sera le centième anniversaire de la naissance de\nFrédéric Chopin. Ce jour-là on inaugurera à Varsovie un monument sur\nune des principales places de la ville, laquelle prendra (sans doute) le nom\nde \" Place Chopin \".\nMais comme ce génial compositeur, pour des raisons politiques,\nn'est jamais retourné dans sa patrie après la prise de Varsovie par l'em-\npereur Nicolas I, qu'il a choisi la France pour sa seconde patrie et Paris\npour lieu de résidence, il me semble que la ville de Paris est moralement\ntenue d'édifier un monument à l'homme de génie qui lui fit un tel\nhonneur 1 ; et vous ferez très bien d'organiser, si cela est possible, une\nfête appropriée à ce jour du 22 février, en commençant par un court\nservice religieux du rite catholique romain sur sa tombe au cimetière du\nPère Lachaise, et en finissant par un festival de ses œuvres ainsi que\nd'oeuvres composées à l'occasion de cet anniversaire.\nEn vue de cet événement, j'ai formé une Suite de quatre de ses\ncompositions pour piano et l'ai orchestrée ; je vous en envoie la partition.\nLiapounow a composé pour le même anniversaire un magnifique poème\nsymphonique de proportions moyennes, où les thèmes populaires polonais\net celui de la Berceuse jouent un grand rôle. Cette œuvre porte le nom\ndu petit village polonais où naquit Chopin : Zimmermann\nen prépare actuellement l'édition ; et sans doute partition et parties\nseront-elles prêtes d'ici deux mois.\nCe sera une grande joie pour nous si vous réussissez à organiser\ncette solennité à la mémoire du génial Chopin, et plus grande encore si\nvous trouvez moyen de nous y ajouter comme participants...\nJ'attends avec un intérêt tout particulier de savoir comment vous\naccueillerez mon idée. (\n\nlOn voit que Balakirev ne connaissait pas les derniers embellissements de notre Parc Monceau.(N. d. T.)"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.17", "texte": "BALAKIREW\n15\n\n(Petersbourg) 15/28 février 1910.\nJ'ai été très heureux d'apprendre que grâce à vous et à votre ami\nVines, un concert à la mémoire de Chopin a eu lieu à Paris au jour\nmême du centième anniversaire de sa naissance. Le programme que vous\nm'avez envoyé est fort bien composé, mais il est dommage que Vines\nn'y ait point inscrit la Berceuse, en l'honneur du jour de la naissance de\nl'auteur.\nChez nous, à ce qu'on m'a rapporté, la commémoration de ce jour\na été triomphalement organisée par Liapounow... La maladie m'a em-\npêché d'assister au concert, mais je suis heureux d'avoir tout de même\npu être présent à la répétition...\nPetersbourg, 2/15 mars 1910.\n... Vous me demandez à quelle époque j'ai composé mes romances\nla Chanson du poisson d'or et la Chanson Géorgienne. Je n'en ai point\nconservé les manuscrits, mais la première édition de l'une fut gravée en\nseptembre 1861, la seconde en novembre 1865...\nPetersbourg, 7/20 avril 1910.\n... Dans une de vos dernières lettres vous soulevez la question de\nl'instrumentation de quelques-unes de mes romances. J'en ai instrumenté\ntrois: i° Chanson Géorgienne; 2° Réve ;30 Je n'ai pas l'espoir\nd'en instrumenter d'autres, car, vu ma vieillesse et ma maladie, une telle\ntâche dépasserait mes forces..."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.18", "texte": "Il faut avouer qu'au point de vue des causes premières, la philologie\nest aussi décevante que les sciences naturelles elles-mêmes. Quand elle a\ndépecé un vocable, expliqué les modifications que diverses lois phoné-\ntiques lui ont fait subir, déterminé ses ramifications dans d'innombrables\nidiomes, nous n'en sommes guère plus avancés. L'étymologiste nous fait\nremonter la généalogie d'un mot à travers le latin, le grec, le sanscrit, le\nphénicien, l'hébreu..., mais quand il s'agit de préciser ses origines, de\njustifier la naissance d'une racine par rapport à l'idée qu'elle exprime, il\ndoit se récuser ; et dès lors, pour le profane, il devient assez indifférent\nd'apprendre que \" syringe \" dérive de avpiyZ,, ou si tel mot fut emprunté\naux Phéniciens par les Hébreux, ou inversement.\nC'est ce qui explique l'attrait de l'onomatopée, laquelle du moins\nporte en elle-même son explication et écarte la question irritante de la\npriorité d'origine, étant, par définition, spontanée. Mais il faut se garder\nd'exagérer son importance. Dans un livre 1 naguère célèbre, dédaigné\naujourd'hui comme relevant de ce romantisme scientifique dont Fétis\nfut, pour nous musiciens, la figure la plus caractéristique, Max Muller\nécrivait au sujet de l'onomatopée ces lignes, qui semblent assez iustes :\nLa théorie de l'onomatopée fut en grande faveur dans l'école du XVIIIe siècle, et comme\nelle est encore adoptée par beaucoup, elle mérite notre examen le plus attentif. On suppose\ndonc que l'homme, étant encore dans l'état de mutisme, entendit les cris des oiseaux et des\nanimaux, le mugissement de la mer, le bruissement de la forêt, le murmure du ruisseau, le\nsouffle de la brise et le grondement du tonnerre. Il s'efforça d'imiter ces bruits et, trouvant\nque ces cris imitatifs étaient utiles comme signe des objets qui les avaient suggérés, il pour-\nsuivit cette idée et élabora le langage. Cette doctrine fut développée et défendue avec grand\ntalent par Herder.... A cela, nous répondrons qu'encore que toutes les langues possèdent un\ncertain nombre de mots formés par onomatopée, ces mots ne constituent dans aucune langue\nqu'une très faible minorité du vocabulaire entier. Ce sont les jouets et non les outils du\nlangage ; et toute tentative pour ramener à des racines imitatives les mots les plus communs\net les plus nécessaires demeurent en pure perte. Herder lui-même, après avoir été le plus\nvigoureux défenseur de la théorie de l'onomatopée, et avoir obtenu le prix offert par l'Académie\n\n1 La Science du Langage (1864.)."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.19", "texte": "NOTES SUR L'ONOMATOPÉE\n\n17\n\nde Berlin pour le meilleur essai sur l'origine du langage, renonça ouvertement à ce système\nsur la fin de sa vie et se jeta de désespoir dans les bras de ceux qui regardaient le langage\ncomme ayant été révélé à l'homme par un miracle.\nMax Muller montre ensuite la rareté et la stérilité des racines\nonomatopiques et combien, dans cet ordre d'idées, nous nous laissons\nfacilement induire en erreur par d'apparentes analogies. Cependant, il\nconcède que dans certaines classes de mots, comme celles des noms\nd'animaux, la loi de l'onomatopée a pu offrir une certaine importance. Il\noublie celle des noms d'instruments de musique, que nous nous proposons\nde parcourir ici au même point de vue, en nous efforçant de grouper et\nde classer un certain nombre de cas pour en tirer quelques conclusions.\nSans prétention aucune, d'ailleurs, et dans le seul but de suggérer quelques\naperçus nouveaux concernant l'onomalogie instrumentale. Ce n'est pas\nun linguiste, mais un musicien qui écrit, et s'il croit être à peu près\nsûr des principes, il se résigne d'avance à voire à se couvrir de\nridicule dans l'application... 1\nNous pensons que les lettres caractéristiques, dans les noms d'instru-\nments relevant de l'onomatopée, sont les consonnes, qui constituent donc\nà elles seules des racines. Si l'on en excepte le / dans la désignation des\ninstruments à son aigu, on constate que l'imitation est presque exclusive-\nment basée sur l'emploi des consonnes, isolées ou combinées. Cette\norigine onomatopique, ainsi que les analogies d'un idiome à l'autre qui\nen sont la conséquence, nous sont presque toujours dérobées par l'inter-\ncalation de voyelles différentes, qui d'après nous ne répondent le plus\nsouvent qu'à des particularités d'élocution ou d'audition, ou à des néces-\nsités ortographiques, soumises à l'arbitraire des annotations, comme nous\nécrivons hum ! tandis que nous prononçons Nous devrons donc, afin\n\n1 II n'est naturellement pas possible d'indiquer, à chaque mot, les sources utilisées. Citons, parmi les\nouvrages spéciaux, les livres indispensables de Praetorius (Syntagma, II), Mersenne (Harmonie universelle),\nBonanni (Stromenti armonici) ; puis Lacroix et Séré (Le Moyen âge et la Renaissance), Buhle (Die Musik-\ninstrumenten in den Manuskripten der fruheren Mittelalter, Fétis (Histoire, t. I et II), Bottée de Toulmon\n[Les Instruments de musiqne au Moyen âge), des monographies telles que les deux ouvrages de Villoteau sur la\nmusique égyptienne, les Notes on siamese musical instruments de Edgecumbes, etc., et surtout l'inépuisable Cata-\nlogue du Musée du Conservatoire de Bruxelles, par V.-Ch. Mahillon, conservateur. Enfin, les dictionnaires :\nd'Etymologie de la langue grecque de E. Boisacq (en cours de publication), le Latein. etymol. Worterbuch de\nWalde, le Etymol. Worterbuch der romanischen Sprachen de Diez, le Worterbuch der deutschen Sprache de Sanders,\nles dictionn. d'étymol. française de Scheler, de Noël et Charpentier.\n2"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.20", "texte": "18\nS. I. M.\n\nde dégager la signification onomatopique de tels vocables et de ses\nramifications, faire presque constamment abstraction des voyelles auxi-\nliaires (cf. '/ djr — Alger, dsch = djich, razzia, etc.). 1\nCeci dit, essayons de classer gr les types onomatopiques\nexhibés par notre terminologie. Mais il importe de remarquer tout\nd'abord que ce classement se base sur les imitatives, qui ne\ncorrespondent pas toujours très exactement au timbre réel des organes\nsonores, observé, analysé et reproduit de façon différente dans diverses\ncontrées et suivant les points de vue. Nous trouverons donc, dans une\nmême catégorie, des appareils de timbres passablement différents, mais\ntoutefois toujours apparentés dans la perception auditive.\nNos désignations onomatopiques peuvent se diviser en deux caté-\ngories, suivant qu'elles sont isolées ou géminées. Il suffira de spécifier les\npremières, dont les autres ne sont que des combinaisons :\ni° Sonorité trépidante, frémissante.C'est la catégorie la plus impor-\ntante et la plus caractéristique, comprenant à la fois des instruments à\nembouchure, à anche et à cordes pincées et des instruments à percussion,\ndonc à l'exclusion seulement des flûtes et des instruments à archet. La\nracine onomatopique est nnn(r roulé), suivi et surtout précédé d'une\nconsonne d'appui, avec intercalation graphique d'une voyelle quelconque\nqui ne modifie en rien la signification originaire (cette dernière obser-\nvation s'applique également à toutes les catégories qui suivent) ;\n2° Frémissement sonore plus atténu Racine : une\nconsonne sifflante sss, zzz,précédée d'une consonne d'appui :\ngzzz, etc. ;\n3° Sonorité égale, sans trépidation fll, parfois\n4° Sonorité aiguë, perçante :/, combiné avec des consonnes diverses ;\n5° Sonorité pnolongée, égale, d'un timbre plus sombre que le précé-\ndent : bbb, ttt, etc. ;\n6° Sononité netentissante(surtout par percussion) : dur),\ntmm, knn;\n7° Sonorité sèche, mate (percussion) :\n8° Sononité sèche, cnissanté : ts.\n\n1 M. E. Boisacq, Péminent philologue, professeur à l'Université de Bruxelles, nous fait remarquer que\ncette théorie, admissible pour les langues orientales, basées sur les consonnes, ne l'est plus pour les langues\nindo-européennes, auxquelles les voyelles sont essentielles. Nous croyons cependant que dans le cas particulier\nqui nous occupe, certaines consonnes peuvent être admises comme éléments premiers. On en verra plus loin\ndes exemples caractéristiques."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.21", "texte": "NOTES SUR L'ONOMATOPÉE\n19\n\n§1 • Rrr suffit à lui seul à exprimer, sinon le son, du moins\ncertaines formes vibratoires. La racine sanscrite (nous croyons pouvoir\nécrire rrr), \" s'applique, dans ses dérivés, au gazouillement des oiseaux,\nau bourdonnement des abeilles, à l'aboiement des chiens, au beuglement\ndes vaches, au chuchotement de l'homme et aux sourds gémissements\ndes arbres Elle se retrouve dans la plupart des langues européennes,\navec la signification concrète d'une sonorité ronflante (nordiq.\nhaut-all. ru zen, riucken, ruschen).En ce qui concerne les instruments de\nmusique, nous la retrouvons dans l'ail. (= flûte ronflante,\naussi mixture d'orgue), dans le flam. rommelpot (ail. Rummeltopf\\ fr. \" rome-\nle-pot \"). L'idée de râclement (comme dans ce mot même), de trépida-\ntion, que nous étudierons plus loin, est moins fréquente ici ; on la trouve\ntoutefois dans 1 angl. rattle(= crécelle) et l'arabe (un tambour plus\npetit que le tar) ; peut-être y a-t-il la même intention imitative dans\nl'ail. Racket(= cervelas ; cf. raxen,crissement des portes, des roues, etc.).\nRrr répond également à l'idée de confusion, désordre (peut-être par\nanalogie instinctive avec la vibration d'un corps violemment tiré de l'état\nde repos), comme dans l'angl. hirdy-girdy, d'où hurdy-gurdy, dénomination\npéjorative de la vielle.\nC'est combiné avec une consonne d'appui que est particulière-\nment employé. Cf., avec l'ail. Brommel, Gebrum, le nom d'une trompette\nhindoue, bouri (brrr) ; avec \" crécerelle \", (oiseau ; aussi criard,\nfanfaron) les mots crotalun, \" crécelle \" ; avec \" grelot \", \" greloter \", le\nvx. franç. graille, graisle (prov. graile = mince, menu, aigu ; ail. grell\ngrêle, criard), la trompette \" gresle \" ; avec \" frétiller \", \" fredonner \", le\nnom de \" frestel \" (lat. fritillus). Mais la combinaison et son atté-\nnuation drrr sont plus intéressantes. Elle démontre notamment, par\ndes rapprochements onomatopiques, les analogies vibratoires de la trom-\npette et du tambour, deux types instrumentaux cependant bien éloignés\nl'un de l'autre (tout à l'heure, nous y ramènerons en outre la corde\npincée), mais qui se rapprochent par le caractère de leur\nsonorité. Or, le roulement du tambour (particulièrement caractérisé\nlorsque l'une des membranes est munie de la corde dite \" timbre \") et le\nvibrato de la trompette s'expriment ici uniformément par ou\ndrrr (la \" diction tran,dont on se sert pour exprimer le son du cor \"\nle \" tere-tere-tere \" par lequel Thoinot Arbeau rend naïvement, dans\n\n1 FOUILLOUX, la Vénerie."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.22", "texte": "20\nS. I. M.\n\nVOrchésographie, le roulement du tambour). C'est cette onomatopée\nque nous allons retrouver ici. Nous nous occuperons tantôt du français\n\" tambour \" ; arrêtons-nous un instant aux désignations germaniques\ndes deux instruments. Il y a quelques siècles à peine, celles-ci se con-\nfondaient presque dans Trommeld'une part, de l'autre (encore\nchez Praetorius). Le trrrou drrrse retrouve dans tous les anciens noms\nallemands du tambour, Trumber, Drum etc., avec les verbes\ndrummeln, drommeln, tandis que \" trompette \" s'exprime par Drumme/,\nDromete, etc., (trompettiste = Trommer),haut-all. Nous\nvoici d'ailleurs rentrés dans le domaine des langues latines, avec tromba,\n\" trompe \", \" trompette \", \" trombone \" (longtemps trombon). La super-\nfluité des voyelles intercalaires se vérifie dans le latin (trom-\npette), ainsi que dans les vocables exotiques arbitrairement graphiés,\nturr (Birmanie), taré (Indes angl.), tri (Siam), tous instruments à\nembouchure dont les dénominations se ramènent uniformément à la\nracine précitée trrr.Encore plus explicite à cet égard est le nom du\ntambourin arabe tar,muni d'une corde de timbre qui prend parfois le\nmême nom. C'est aussi par analogie que l'instrument à archet uniquement\ndestiné à la production de sons harmoniques auxquels un chevalet mobile\ncommunique une sonorité trépidante prend les désignations apparentées\nde \" trompette \" marine (nous reviendrons sur le qualificatif) et\nscheit (= bûche-trompette). Enfin, rien ne démontre mieux l'intention\npurement imitative de la racine trrr^indépendamment même de l'agent\nsonore, que la qualification de \" tambour \" donnée en allemand à la\nguimbarbe : \" Maul-Trommel \" (= tambour de bouche), pour caractériser\nla sonorité grésillante de cet appareil.\nL'onomatopée la plus énergique dérivée de r roulé est fournie par\nla combinaison de ce dernier avec un préfixe s, 2;, ts, etc. Le congénère\noriental de nos anciens hautbois porte, dans les divers pays musulmans,\nou soumis jadis à la domination arabe, le Caucase et la Perse y compris,\nune dénomination très caractéristique, orthographiée de différentes\nmanières : zamr, zmarah, zorna, zourna, sournay,\nVilloteau fait observer que zamrpourrait dériver de = il a\nchanté, et désignerait par conséquent l'instrument \" qui accompagne le\nchant \" ; mais il doute avec raison de cette étymologie, le timbre perçant\ndu hautbois rendant cet instrument peu propre à l'accompagnement de\nla voix humaine. La dénomination la plus fréquente est, selon lui, zourna,"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.23", "texte": "NOTES SUR L'ONOMATOPÉE\n2 I\n\nqui, dit il, une signifie rien en elle-même Fétis note cependant le\npersan sour = noce, festin, et nay^dénomination générique de la flûte en\nOrient : donc, sournay flûte des noces ou festins. Pour nous, il nous\nsemble que les diverses vocables cités plus haut pourraient bien se\nramener tous aux racines onomatopiques et iustement\nevocatives de la sonorité trépidante du hautbois. La terminaison nay ou\nna', qui caractérisé quelques-uns d'entre eux, n'en garderait pas moins sa\nsignification : sournay (pour srrr-nay) la flûte à anche (sonorité trépi-\ndante), par opposition au nay ordinaire, la flûte à bouche transversale.\nL'arabe zoukra (zkrrrj, autre dénomination du hautbois, peut n'être\nqu'une variante de la même racine.\n§2. Nous quittons ici la forte trépidation de roulé. Toutefois,\nil ne s'agit pas encore des instruments à sonorité égale et fluide, mais des\ntimbres frémissants, susurrant, exprimés par les sifflantes sss, 222;, comme\ndans l'ail, summen ( bourdonnement), avec les composés msss, gzzz,\netc. \" Musette \", \" cornemuse \" sont considérés par Scheler et par\nLarousse comme étant d'origine inconnue ; on suppose généralement,\nmais sans preuve à l'appui, que la musette aurait été inventée par Colin\nMuset, jongleur de la cour de Thibaut de Champagne. Nous ne savons\nsi l'on a suggéré également le grec fxvZw = serrer les lèvres, se murmurer\nà soi-même (sanscr. muç, lat. mussare = dire à mi-voix, rouchi muser,\nwall. muzer = susurrer, fredonner), qui nous paraît une étymologie infi-\nniment plus probable, ces divers vocables eux-mêmes se ramenant à\nl'onomatopée msss. Cette hypothèse qui nous paraît plutôt confirmée par le\nnom de \" muse de blé \", donnée parfois au hautbois rustique. A la même\nracine se ramènent encore guzla (gzzz), ainsi que zanza fznznj, dénomi-\nnation onomatopique d'un instrument congolais essentiellement composé\nde lamelles métalliques qui, ébranlées par le doigt, rendent une sonorité\nfrémissante.\nLa racine JXT s'emploie aussi dans le sens de \" sifflement \", \" sifflet \"\nou \" siffler \" (lat. sipulari,gall. chwib,vx. franç. pers.\nlithuan. szwepleti, ail. zischen, angl. whistle), comme Platon emploie le\nnom de <rvpiyZpour désigner non seulement l'instrument, mais le son\nmême qu'il produit. 1\n\n1 Suivies d'une consonne appuyée d ou t, les sifflantes évoquent à merveille l'idée de heurt et de choc, de\nmouvement rapide aboutissant à un arrêt brusque, comme dans l'ail, stossen, stiïrxen, stechen, stocken ; nous ne\nvoyons, dans notre terminologie, aucune application de cette combinaison."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.24", "texte": "22\nS. I. M.\n\n§3» Un seul type instrumental, la flûte, répond à cette définition.\nLe souffle de l'instrumentiste lui-même devient son, sans que le frémisse-\nment d'une anche ou celle des lèvres contre une embouchure viennent\nen altérer l'égalité. La racine est ici jqui se retrouve dans quantité de\nlangues : prov. jiauta,vx. français jiahaut-all.\ngr. moderne jioiera, roum. jiauta, jîuira, baléare Jiaiîta, etc. Mais il ne\nsuffit pas de ramener tout cela au lat. jîatus, jîare. D'où vient cette racine\nelle-même ? Kleist y signale justement une onomatopée imitant le souffle,\ncomme on fait ft ! futsch ! pft ! Parfois, la labiale / se combine avec une\nautre consonne initiale, comme dans le sanscr. plav = souffle, et l'island.\nblistra siffler. D'autres fois, c'est la labiale qui disparaît et se com-\nbine avec la sifflante précitée : arabe sbulg.\n= flûte à bec.\n§ 4. Nous avons déjà rencontré î dans les §§ 2 et 3. Il est même\ndifficile d'opérer une distinction bien tranchée entre ces différents cas, si\nce n'est d'après l'importance particulière prise ici, aux dépens de la\nconsonne d'appui, par I'/, caractéristique d'un son \" fin \", eines feinen Laut\n(Walde). Il n'y a qu'une nuance entre le haut-all. phîfen, phifen et le lat.\npipare,, vx. franç. pipe,\" pipeau \", \" pibole \", gaél. bret. suéd.\npipa, russe piskat et pischal, daim, pivot, ital. piffera, dan. et flam. pijp. La\ncaractéristique consiste ici dans la combinaison de et /, qui se retrouve\nfréquemment dans la dénomination d'objets aigus, pointus (lat. pilurn,\nhaut-all. phîl, pfîl, etc.). Nous croyons cependant reconnaître la même\nintention dans le nom de la flûte chinoise tî.\nOn remarque ici comment un même instrument peut prendre, dans\nune seule et même langue, des dénominations différentes, suivant le point\nde vue. Le flamand skalmeye = hautbois, comme ses congénères occiden-\ntaux, désigne la matière, le roseau. Mais la même langue emploie encore\nle mot pijp, cette fois par allusion au timbre aigu de l'instrument ; dans\nles vieux comptes, pijp, pijper, s'applique indifféremment a la flûte et au\nhautbois, et aux joueurs des deux instruments. Même chose pour \" flûte\net \" pipeau \", celui-ci s'inspirant du timbre, celui-là du mode d'insuf-\nflation.\n| r, Nous revenons aux consonnes onomatopiques nécessairement\ncombinées, dans les graphies, avec des voyelles. Bbb et ttt ne se conçoivent\npas isolément et s'adjoignent, pour les besoins de la cause, eu, û, etc. Les\norganes ainsi désignés sont presque toujours des instruments à embou-"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.25", "texte": "NOTES SUR L'ONOMATOPÉE\n23\n\nchure. Pourquoi, des lors, n y retrouve-t-on pas le r roulé caractéristique\ndu vibrato ? C'est qu'il y s'agit plus particulièrement des appareils du\ngenre cor, où le vibrato est moins sensible que dans le timbre strident de\nla trompette. Nous avons fait remarquer qu'un même instrument peut\nrecevoir ainsi des dénominations onomatopiques différentes, d'après les\ndivers modes de perception : le bruit des chaînes sera évoqué en chinois\npar tsiang-tsiang, en mandchou par kling-kling. La différence des points de\nvue détermine des contrastes analogues. Nous avons cru reconnaître dans\nzamr, sourna,etc., la racine onomatopique ou inspirée de la\nforme vibratoire du timbre du hautbois, tandis que le flamand\n(de pîp) fait allusion à l'acuité sonore. Les désignations onomatopiques\nrespectives des instruments des genres cor et trompette offrent les mêmes\ndifférences.\nSi les noms de trompette relevés sous § i suggèrent le vibrato résul-\ntant de la compression des ondes sonores dans un tube étroit et long,\nceux de la présente catégorie s'appliquent plutôt aux tenues de sons\nretentissants, puissants, mais d'une tonalité unie et sombre. C'est ici\nque nous rangerons le lat. tuba, si l'on veut voir dans ce mot, avec\nPrellwitz, une onomatopée ; plus sûrement, le franç. \" bouret \" (\" bouret\nde mer \" = conque), \" bugle \" (par \"beugler\"), le flam. (pron.\n\"teuït\"), nom générique d'instrument à embouchure, avec les dérivés\ntuiten, tuiter,le nord. lûr(grand cor pastoral) : tout cela se ramenant aux\nconsonnes-racines bbb, ttt, In.C'est ici également que se place, selon\nnous, l'importante racine bug = \" souffler, et par là produire un son\nsourd \" (Boisacq ; l'auteur dit bien et non comme\ncelui de la trompette), autour de laquelle Walde et Boisacq groupent\nune foule de dérivés : sanscr. bukkarah = rugissement du lion,\n( qui hurle, en parlant du vent), fivKavrj, (3vktï)ç ( instruments à em-\nbouchure), lat. bucca(= bouche, joue gonflée), bulg. (= rugir),\ngall. bugad(= mugir), irland. bochna(= mer mugissante), franç. \" cornet\nà bouquin \" (embouchure), enfin, et surtout, lat. buccina, désignant àla fois\nla grande trompe circulaire de l'infanterie romaine et, par analogie, la\nconque dans laquelle étaient censés souffler les tritons. 1 Maintenant,\nencore une fois, d'où cette racine buq ? Nous voudrions la ramener,\nd'après le sens qui lui est donné, à l'onomatopée signalée ci-dessus,\n\n1 Une question de priorité se pose encore une fois ici Î l'instrument de musique a-t-il donné son nom à la\ncoquille du buccin, ou inversement ?"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.26", "texte": "24\nS. I. M.\n\ntout en avouant que la consonne finale, le ou ne s'explique\nplus dans cette hypothèse. Le cas est pourtant bien intéressant, ne fût-ce\nqu'à cause de ce lat. buccinaauquel se ramènent, on le sait, les appella-\ntions du trombone dans les langues germaniques et en vieux français :\nbuisine, busine,flam. bazuin,ail. pus aune,et d'autres.\n§ 6. Ici, la plupart des instruments sont des appareils de bat-\nterie, simplement bruyants ou à son déterminé, mais sans la sonorité\ntrépidante du tambour. L'idée de retentissement qui leur est particulier\ns'exprime par mmm, nnn,précédé de quelque consonne d'appui, suivi parfois\ndu g dur, avec intercalation d'une voyelle ou (tm-tm) est ici\nla dénomination la plus connue, la plus pertinente également au point de\nla génération spontanée de l'onomatopée, puisque nous la retrouvons en\nAfrique comme en Chine. Puis vient le gong (gnnng), avec les termes\napparentés klong (gros tambour) et mowng (= gong ; tous deux siamois),\nanklong (appareil javanais à tubes de bambou percutés), le tout rappelant\nnotre interjection boum !On doit en rapprocher le latin\nbruit retentissant, d'où le nom français des anciens hautbois graves,\n\" bombarde \", ail. dont Praetorius lui-même signale l'étymologie\n[a bombo).\nDans ces divers noms, le o intercalaire suggère une sonorité grave,\nsombre, grosse. Le iau contraire, combiné avec les mêmes finales reten-\ntissantes, conserve sa signification déjà signalée de son fin, aigu. Tinn\n(tnnn) évoque le son d'une clochette (lat. tintinabuli,, tinire, etc., franç.\n\" tinter \"), d'où aussi le mot \" timbre \" lui-même, qui au moyen âge\ns'appliquait également à un tambour de petite espèce. La combinaison\ntim {trri)sert dans des onomatopées géminées que nous examinerons.\nKing {kng)est en chinois le nom générique des pierres percutées, à\nsonorité généralement aiguë, et se retrouve, sans le g, dans le nom de la\npetite cithare kin> probablement par imitation de l'ébranlement de la\ncorde (nous retrouverons tout-à-l'heure, dans le même sens, le radical\nki (k) combiné avec un suffixe spécial et exprimant, celui-ci la sonorité,\ncelui-là l'ébranlement lui-même).\n§ 7. Instruments dont la surface vibrante, dure ou trop tendue\npar rapport à son exiguïté, est inapte à rendre un son prolongé. C'est ici\nque nous classerons la racine tap (tp) qui se retrouve dans la plupart des\nlangues aryennes : sansc. tup, gr. TW™, anc. slave tepsti, polon. topatic\n(Larousse) et à laquelle le français doit quelques dérivés, comme tabut,"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.27", "texte": "NOTES SUR L'ONOMATOPÉE\n25\n\ntabourie (= tapage, vacarme). Il est superflu d'insister sur l'analogie ono-\nmatopique de la désignation de tambours de petites dimensions dans les\nexemples suivants : hébreu toff, arab. (de il a frappé),\nturc doef^esp. adouj~.ll suffira de remarquer que la substitution éventuelle\nde fau pfinal insiste à peine sur la brève vibration éveillée par la\npercussion évoquée dans les */, t initiaux. Des sonorités plus sèches encore\nsont représentées dans le copte kem-k = tambour, le français\n\" claquette \", \" cliquette \" (clç), etc.\n§ 8. Hébr. tseltselim (tsl), de tsalal = tinter, cymbales ; égypt.\nsen-sen, éthiop. senasel {sn = sistre). Ajoutons-y les nombreux préfixes\ncym, teinta etc., dont nous allons nous occuper.\nNous voici arrivés à la seconde partie de notre exposé, à ce que\nnous avons appelé des onomatopées \" géminées Pas de racines nouvelles,\nmais des combinaisons de celles précédemment analysées, exprimant en\nun seul vocable, et dans l'ordre, l'effet des appareils à sons successifs : il\nsuffira de rappeler, comme exemples, les onomatopées relatives aux\nsonneries des cloches, bim-bam^etc., surnom populaire de la\ngrosse cloche de Londres, bistanclaque, désignation onomatopique du\nmétier à bras de l'ancien canut lyonnais, tutu-panpan, pour le gaboulet et\nle tambourin provençaux. Il faut en rapprocher la combinaison de la\nvoyelle claire iavec la voyelle foncée dans la désignation de\ncertains instruments à vent, évoquant peut-être la modification brusque\ndu timbre à l'expiration ou au renforcement de l'insufflation : bret.\nprov. biou (conque-trompette), chin. liîi (flûte-diapason), siam. klui (flûte\nà anche). Des combinaisons analogues, évidemment onomatopiques,\ns'emploient même pour rendre la percussion répétée de certains instru-\nments à sons invariables, comme les timbales : dimplipito (Caucase),\ntobilet (Turquie), parfois par analogie rythmique, comme dans le\ntambour arabe, percuté en un rythme cadencé termaire, appelé tapdeba\n(tp, d, b).\nUne catégorie infiniment plus intéressante est celle où la com-\nbinaison onomatopique a pour but de reproduire, dans une succession\nrapide, l'ébranlement du corps sonore la vibration consécutive. Pour-\ntant, les deux se confondent dans le phénomène habituel de l'audition."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.28", "texte": "2 6\nS. I. M.\n\nA peine si la percussion du métal (comme dans les cloches) permet à\nune oreille moyenne de distinguer entre la sonorité sèche et grêle produite\npar la percussion et la sonorité pleine, retentissante, résultant de l'ébranle-\nment consécutif de la masse totale. Il semble donc que la diérèse onoma-\ntopique corresponde plutôt ici à la distinction entre l'acte (percussion,\npincement, etc.) et la constatation auditive. Par exemple lorsqu'un\ncithariste pince une corde de son instrument, il doit instinctivement\nséparer, dans l'ordre des sensations, le tact et l'ouïe, cet arrachement bref\net sec de la corde et la sonorité onctueuse, prolongée qui en résulte ; de\nmême pour la percussion des membrances, des plaques, la percussion ou\nle pincement des cordes métalliques ou autres.\nL'exemple le plus caractéristique consiste naturellement ici dans le\nmot \" tambour \", d'origine orientale, dit-on, d'origine romane, pense\nScheler, mais qui pourrait bien être universel et spontané : tmm\npercussion, brr = vibration. Ses ramifications ne se comptent pas :\nlat. taburcium, taburium,taborellus, gall. ar. et\npers. tambor,ital. et esp. tamburro, prov. vx. franç.\ntaborer., tabourie,etc. L'anc. ail., qui se sert habituellement des\ndiverses formes de Trommel^connaît également ainsi que le vocable\nrotumb., fort singulier, parce qu'il apparaît comme une version du\nprécédent : tm-br, r-tmb.La modification de l'onomatopée initiale, comme\ndans le tambour arabe bendir [bn-drrr)ou le remplacement de la finale :\narmén. tembug^siam. tua-pan, ta-pon^ne changent rien à l'intention de\nl'onomatopée géminée (percussion vibration).\nL'origine onomatopique de nombreux termes s'atteste ici (de la\nmême manière que, sous § i, le trrrde la trompette et du tambour) par\nla diversité même des organes, rapprochés dans l'intention imitative par\nl'analogie de la sensation auditive. Ce même nom de \" tambour \", par-\nticulier chez nous à l'instrument à membrane percutée, s'applique égale-\nment en Orient, d'où on le dit originaire, à une guitare à long manche,\nà cordes métalliques, qui paraît être le prototype de notre colachon, le\ntanbour. Ce rapprochement inattendu n'a pas manqué d'embarrasser les\nétymologistes. Scheler le signale sans tenter de l'expliquer. Des confusions\nétaient inévitables, et l'anglais Grey Dockson ne manque pas de traduire\ntanboura par drum, \" tambour Le mot est pourtant bien connu en Orient,\noù il constitue, dit Villoteau, un terme générique (kourde = Nous\nvoyons la même intention dans d'autres combinaisons d roulé avec un"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.29", "texte": "NOTES SUR L'ONOMATOPÉE\n27\n\npréfixe indiquant l'ébranlement, comme dans le phén. et hébr.\nsorte de harpe, grec Kwvpa (knnn-rrr; v. plus haut cithare chi-\nnoise) ; dans \" guimbarde \", mot dont l'origine est réputée inconnue,\net que nous proposerions de décomposer : dans \" pandore\nbnnn-drrr), avec ses dérivés mandora, (birman =\npatola )que l'on rapporte à 7 rav-èvpcj tout en bois, ce qui, malgré\nle pendant arabe eoud (= bois), luth, ne signifie pas grand'chose ; enfin,\ndans KSapa.\nIci le cas est particulièrement intéressant. L'origine de n'est\npas connue. Cependant, le mot est d'une importance énorme. Non seule-\nment il désigne l'un des deux seuls instruments de musique de pratique\ncourante dans le grand art musical de la Grèce antique (et le plus noble,\nle plus élevé des deux), mais il s'apparente à une quantité de termes de\nlangues anciennes et modernes, européennes et exotiques, désignant des\ninstruments qui répondent au même principe organologique : corde\npincée, avec ou sans spectre : héb. kitharos, pers. éthiop.\nsitar, chin. kousser, maroc. kwitara, lat. et ital. cetera, ail. zither, franç.\n\" cithare \", \" cistole \", \" citole \", \" cuitole \", \" guiterne \" guitare \".\nOn ne voit pas bien, ici, comment établir une filiation et une priorité,\nmais la parenté elle-même n'en reste pas moins évidente. On remarquera\nque, par opposition au mot type, les exemples ci-dessus comprennent\nsouvent l\\r, qui remplace alternativement le de la fin\nsuivant une loi propre aux langues orientales, et le k du commencement\n(cetera, cistre, cithare), ce qui s'explique par la muance du K grec dans le\ns latin. Cela importe peu d'ailleurs, l'onomatopée par exemple\néquivalant au trrr.Une objection plus grave à notre étymologie ono-\nmatopique de KiOapa, qui fait abstraction des voyelles, consiste dans\ncelle, signalée au début de cet article, qui nous fut faite au sujet de\nl'importance des voyelles dans la formation des langues indo-européennes.\nMais outre le cas très spécial de l'onomatopée, qui d'habitude se passe\nfort bien des voyelles, ne pourrait-on supposer l'existence d'une étymologie\nhébraïque ou phénicienne perdue, par laquelle notre vocable rentrerait\ndans le domaine des langues orientales, basées sur des jeux de consonnes ?\nIl suffise de rappeler l'origine phénicienne du grec si voisin de\nk idapa et désignant également un instrument a —En résume,\net jusqu'à preuve du contraire, de même que nous voyons dans Kwvpa\nkn-rrr, nous sommes très tentés de voir, dans Kidapa et ses congénères, une"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.30", "texte": "28\nS. I. M.\n\ndouble onomatopée k-trrr,peignant dans un seul vocable l'ébranlement\net la vibration de la corde pincée.\nUn cas analogue, mais autrement compliqué, est celui qui concerne\nles mots \" timbale \", \" tympanon \", \" cymbale \", leurs congénères et\nleurs prototypes (tympanum, tympaniolum, timpani, cymbala, cinelli). Remar-\nquons d'abord que les philologues voient là deux groupes bien déterminés,\nles deux premiers termes étant rapportés au grec Tv/miravov, le troisième à\nicvnfiaXov, de Kv/ifioç = cavité, vaisseau, ce qui s'accorde parfaitement\navec la concavité des cymbales antiques, ainsi que des cloches et clochettes\nqui, au moyen-âge, reçurent parfois le nom de cymbala. Le malheur est\nque parmi ces dérivés de deux sources distinctes règne la plus terrible\nconfusion. \" Timbale \" et \" tympanon \", auxquels on assigne la même\norigine, désignent pour nous des instruments bien différents ; \" cymbale \"\nen désigne un troisième, tandis que les dénominations étrangères appa-\nrentées à ce dernier vocable désignent à leur tour le tympanon (ail.\nZimbell., hongr. zlmbolum)et que la même racine, associée à désigne\nen toutes langues l'instrument à cordes pincées et à clavier (ital.\ncembalo, franc. \" clavecin \", ail. Clavicymbel, flam. claverzimbel, etc. 1 Ici\n\\ j / / • t -t f\nencore, nous croyons a des onomatopées geminees analogues aux pré-\ncédentes, mais différentes de ces dernières en ce qu'au lieu du pincement\nsec évoqué par kiou si et de la vibration frémissante rendue par IV roulé,\nil s'agit de percussion et de vibration retentissantes, suggérées par les\nmmm ou les ///.\nNous arrêterons ici ces notes forcément incomplètes. Encore une\nfois, nous ne nous dissimulons pas ce que notre système peut avoir\nd'aventureux et de douteux, et combien en pareil cas l'hypothèse est\nprès de l'arbitraire. Mais nous n'en croyons pas moins qu'en matière de\nterminologie organologique, on ne prête pas assez d'importance à l'élé-\nment onomatopique, et que notamment une connaissance plus approfondie\ndes idiomes et des instruments de musique des peuples exotiques nous\napporterait plus d'arguments que nous n'aurons commis d'erreurs.\n\n1 C'est ce qui induisit Van Lamperen, ancien bibliothécaire du Conservatoire de Bruxelles (un homme\ncomplètement illettré, assurait sérieusement Gevaert) à traduire dans son Catalogue (Bruxelles, 1870) cembalo\npar... cymbale."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.31", "texte": "NOTES SUR L'ONOMATOPÉE\n2 9\n\nL'onomatopée est loin, au surplus, de fournir la majeure partie de\nnotre terminologie spéciale, qui est empruntée aux sources les plus\nvariées. Parfois même celles-ci diffèrent d'une langue à l'autre pour un\nseul et même instrument, cela suivant le point de vue : tel organe, dont\nla forme a fourni la dénomination française, tirera son nom italien de sa\nfonction instrumentale, etc. Avant le XVIIe siècle, et à mesure qu'on\nremonte dans le passé, la plus grande confusion règne dans ce domaine,\naugmentée par la manie fatale des noms figurés empruntés à l'antique,\nbarbitus et chelys pour le violon, plectrum pour l'archet, etc. Etablissons\nici, en annexe à ce qui précède, un classement de ces étymologies. Toutes,\névidemment, ne sont pas intéressantes, la plupart sont d'ailleurs connues ;\nl'intérêt, s'il y en a, réside plutôt dans leur groupement et les analogies\nsouvent inattendus qui en résultent.\nCette terminologie peut se répartir ainsi : i° Matière utilisée ; 2° Con-\nstitution organisme ;30 Forme et dimensions ;40 5°\nd'inventeurs ;6° Destination, usage hab 7\" 8U\ntessiture ; 90 Qualification sonore ; lo° Propriétés musicales.\n§ 1. C'est l'étymologie la plus immédiate, sinon la plus fréquente.\nElle est surtout représentée parmi les instruments du genre (em-\nbouchure et tuyau conique), primitivement construits, comme on sait, à\nl'aide d'une corne animale : Ktpaç,hébr. lat. haut-all.\nhaurn, ail. et angl. horn,ital. cornetto,franç. \" cor \", \" cornet \", norw.\nbukkehorn (= corne de bouc). Cette étymologie se confond avec la\nsuivante, celle relative à la forme, dès que, suivant un procédé constant\ndans l'industrie humaine, on fabriqua artificiellement ces appareils tout\nen conservant la forme de l'objet naturel primitivement utilisé. \" Oli-\nphant \" ivoire \", conques marines (trompette) = hind. çankha, annam. kai-\nken-loa (conques) ; nous avons expliqué la relation entre la coquille du\nbuccin et buccinaet ses dérivés. De même que le pers. signifie à la\nfois \" roseau \" et \" flûte \", ses correspondants et (roseau)\ndonnent cialamello,\" chalemie \", \" chalumeau \", On\nassigne l'étymologie commune de vitulaux dénominations romanes et\ngermaniques des instruments à archet du type violon, mais il semble bien\nqu'il y ait là deux étymologies différentes, l'ail. paraissant se\nrattacher plutôt à Jidis corde de boyau, et à ses dérivés Jidicula,\netc., comme \" rebec \", \" rubèbe \" (port, rabeca, catal. rabequa) à l'arabe\nrebab, qui offre le même sens. \" Luth \", liut, liuto, haute, laout (lat. laudis,"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.32", "texte": "3°\nS. I. M.\n\nleutus) dérivent, on le sait, de l'arabe eoud (= bois, en général). Quant à\n\"pandore \" (jrav <svpu) tout bois), nous avons exprimé plus haut nos\ndoutes à ce sujet. Rappelons encore le \" xilophone \" (chez Bonanni\nxilorgano), Glas-et TLisenharmonika(harmonica de verre et de fer).\n§ 2. AvXoç, (TvXTriyZ,, Jîstu/a, tuba signifient originairement \" tube \",\n\" conduit \", \" canal \", comme le sansc. hind. signifie à la\nfois \" tige de bambou \" et \" flûte \". Les sont l'aulos double.\nOpyavov, c'est, en général, l'outil, le moyen ; le mot répond aussi à l'idée\nde combinaison, d'arrangement, d'organisation enfin ; il prend un sens\nconcret dans l'instrument de musique à clavier et à réservoir d'air,\ncomme il désignera également la grande vièle à roue du moyen-âge\n{Y organistrum). Le nom d'uS/jauÀ/ç fait allusion à l'eau qui actionne cet\norgue spécial ; il reste employé par Hucbald, alors que le mécanisme de\nl'hydraule est depuis longtemps oublié. Les trous latéraux des instruments\nà vent ont fourni quelques dénominations, telles que Jistula, dans lequel\non voit une analogie avec la grosse lamproie, au corps marqué de trous,\nqu'on désigne, inversement, sous le nom de jiuta. La simulation des trous,\nau mirliton du moyen âge (une flûte dont l'embouchure est recouverte\nd'une pellicule contre laquelle on fredonne), est figurée dans les noms de\nbrehaigne (= stérile), plus tard flûte \" eunuque \". On pense que \" corne-\nmuse \" remonte à l'adjonction, au XIVe siècle, du bourdon (corne) à\nl'ancienne muse ou musette. D'autre part, un grand nombre de dénomi-\nnations du même instrument (à réservoir d'air) font allusion à l'outre, au\nsac qui en constitue la partie la plus caractéristique : hébr. (grec\nvaj3Aa), lat. tibia utricularis,haut-all. angl.-sax.\ns'wezleoper ( cuir résonnant), ail. Sack pers.\n(= flûte à sac) ; les noms de chevrette, (au XIIe siècle\ncabretta), donnés à la musette, répondent à la même idée. Egalement\nsignificatifs de la construction, les noms de \" carillon \" (lat. quadrilla\n= quadrille de cloches, constitution primitive du carillon), \" monocorde \"\n(dans les Indes: ekatârâ,même sens), cornet à \"bouquin\" (bocal),\n\" quinton \" (par-dessus de viole monté de cinq cordes),\n(munie d'un bourdon), \" viole d'amour \" (munie de cordes sympathiques),\nspinetta, \" épinette \" (à sautereaux munis d'un dard ou épine), BlockjJicete\n(= flûte d'une pièce, une des dénominations allemandes de la flûte à\nbec), kemangeh (pers. = lieu de l'archet, ce qui répond exactement à nos\nexpressions : instrument à archet, s Streichinstrument),"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.33", "texte": "NOTES SUR L'ONOMATOPÉE\n31\n\nenfin, toute la série des instruments à touches (claves) : clavecin, clavi-\ncorde, claricytherium, clavi-cylindre, clavi-harpe, claviola, clavicor,\nKlavier, etc.\n§ 3. Le plus grand nombre de noms d'instruments appartient à\ncette catégorie. La grande trompette de la cavalerie romaine, affectant\nla forme d'un bâton augurai, se confond pour cette raison avec ce dernier\nsous le nom de lituus.Cette même forme (un tube droit recourbé en\ndemi-cercle à son extrémité) est encore décrite, au XVIe siècle, dans\n\" tournebout \", synonyme (nom et chose) de \" cromorne \", Krummhorn,\nfi. /\\rumhoorn cor courbé. La coquille bombée du luth le fait nommer\nparfois testudo, chelys,le rebec est désigné sous celui de\n(= petite barque). \"Courtaud \", Korthold \" poche \",\n\" pochette \", s'inspirent des dimensions exiguës des instruments. Celui\ndont le tuyau se replie entièrement sur lui-même est décrit sous les\ntermes caractéristiques de l'ital. fagotto^ail. \" cervelas \",\nla forme de hâchoir du tympanon l'est dans l'ail. Hackbrett, flam. hakkeberd,\nital. strumento di porco,le clavecin (dont le chevalet dessine, sur la table,\nla silhouette d'une console de harpe) dans l'angl. Nous\navons cité, sous § 1, les instruments en forme de corne. Le rectangle\nallongé de l'épinette des Vosges est décrit dans les termes analogues de\n\" Scheithold\"(= bûche), flam. noordsche (bûche du Nord), island.\nlangspel (= long jeu). A \"chapeau chinois \" correspondent, à d'autres\npoints de vue, l'angl. turkish-crescent(= croissant turc) et l'ail.\nbaum (arbre à sonnette). Notons encore l'étymologie discutée du cor\nanglais (\" anglé \" ?), le serpent, l'ophicléide — serpent à clefs),\nla Spitzharfe (harpe pointue), la flûte \" à bec \" (ail. Schnalbeljîœte), le\ntriangle, les castagnettes (de l'esp. c = châtaigne ; en forme de),\nainsi que les formes hybrides spécifiées sous les noms de guitare-luth,\nharpe-luth, lyre-guitare, etc. Le deff arabe est parfois désigné sous le nom\nde daïreh (= cercle). De même, en Asie, une série d'appareils reproduisent\nles formes animées ou inanimées sous les noms desquels on les désigne :\nle pinâka (= arc) et le kalama (flûtet en forme de plume) hindous, les\ncitares tayuçou mayuri (= \" paon \" ; Indes) et (= \" alligator \" ;\nSiam), le mon-yi (== \" poisson de bois\", instrument à percussion) et le\nkai dan nguyet (= \" lune guitare circulaire), annamites, le go-mukka\n(= \" bouche de vache \", coquillage dont l'ouverture affecte cette forme)\nhindou."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.34", "texte": "32\nS. I. M.\n\n§4» Le qualificatif indiquant l'origine géographique spécifie en\nmême temps le genre, les particularités constructives ou technique de\nl'instrument : Le mot nola qui, parmi d'autres, désigne la cloche en airain\nfondu (par opposition aux clochettes antiques), fait allusion à la ville de\nNoie où, au VIe siècle, l'évêque Paulin aurait imaginé la cloche. Ici se\nrangent encore le \" gros tambour de Suisse \" ou \" d'Allemand \" (le grand\ntambour de lansquenet) ; flûte \" d'Angleterre \" (= flûte douce), flûte\n\" allemande \" ou \"d'Allemand \" (= traversière) et son équivalent allemand\nSchweitzerpfeijfe (= flûte suisse) ; guitare \" allemande \" ou \" anglaise \",\nportug. guitarra de Flandres(= cistre), portug. (= guitare),\nital. lira tedesca(= vielle), cor \" anglais \", cor \" des Alpes En arabe :\ntambour boulgari (= guitare bulgare), kemangeh roumi (= viole grecque),\ntabl tourkiet tabl belady(== tablturc et du pays, indigène),\ne raquieh ( hautbois du pays d'lrac) ; en japonais, flûte\ncoréenne).\n§ 5. Le nom de l'inventeur ne se retrouve guère que dans des\ninstruments modernes : saxophone, saxhorn, sarrusophone, mattauphone.\nOn a allégué que panduraserait dérivé de ce dieu étant considéré\ncomme l'inventeur de l'instrument {pdésignant ici non un instru-\nment à cordes, mais une flûte) ; citons encore les bassanelli, sorte de basson\nconstruit en trois formats différents et dont l'invention est attribuée,\nd'après Praetorius, à Jean Bassano, de Venise (fin du XVIe siècle). Nous\navons exprimé nos doutes au sujet de l'étymologie \" musette \" Colin\nMuset.\n§ 6. Le mot KUVCUV répond à l'idée de type, modèle, règle, mesure.\nL'instrument du même nom (turc kanun, hind. kanuna) est celui qui fixe\net détermine le son. La signification de l'angl. virginal (= épinette) est\ndiscutée ; il désignerait l'instrument plus particulièrement pratiqué par\nles jeunes filles, ou dans les couvents, on ne sait ; une supposition\nanalogue a été faite au sujet de \" trompette (Marien-Trompet\ntrompette de Marie, remplaçant les instruments à vent au jubé\ndes couvents de femmes ?). La \" serinette \" est l'instrument à mani-\nvelle destiné à enseigner des airs aux serins. Ici encore se rangent les\nnombreux instruments dont le qualificatif indique le caractère cyné-\ngétique ou pastoral : \" Cor de chasse \", angl. for es ter s 1\nhorn, ail. Waldhorn, Hirschhorn, Hirschruf (cors de chasse), Bauernleier,\nital. lira rustica ( vielle), angl. w(hautbois rustique utilisé"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.35", "texte": "NOTES SUR L'ONOMATOPÉE\n3 3\n\ndans le comté d'Oxford le jour de la Pentecôte, Whit-sunday), ital.\nstrumento délia vendemie (= instrument des vendanges, le rommelpot\nflamand). Le folklore provençal et le folklore limbourgeois offrent ici une\nanalogie singulière. La flûte de Pan est appelée en Provence crestaïrê, du\nnom des crestopores,chatreurs de porcs, qui annoncent leur arrivée dans les\nvillages au son de cet appareil ; dans le Limbourg belge (communes de\nLemmel et d'Exel) on désigne pour la même raison, sous le nom de teuter\n(pr. teuïtr)certains nomades, châtreurs, colporteurs, chaudronniers, for-\nmant entre eux une sorte de corporation, et qui annoncent leur arrivée\nau son dun cornet quelconque, teut. 1 Parmi ces noms d'instruments\ninspirés de la destination de l'appareil reparaît à diverses reprises l'idée\nde plaisir, réjouissance, danser, sauter. C'est à la racine gai, signalée dans\nl'anglo-saxon et dans toutes les langues latines comme répondant à l'idée\nde rejouissance et de fête (prov. galau gaillard, gracieux),\nque 1 on rattache le nom du \" gaboulet \". Le latin vitulari (= gambader,\nsauter comme un veau, vitulus)aurait fourni, par le bas-latin vitula,\nviutla, le prov. viula,puis uiuela, viola^vielle, viole, violon, etc. ; même\nétymologie pour l'allemand Geige et le franç. \" gigue \" (du haut-all.\ngetga-> gambader). Nous avons mis en doute l'étymologie proposée du\nsourna musulman {nay = flûte, sour = noce, festin) qui toutefois, authen-\ntifiée, se rangerait parmi les exemples précédents.\n§ 7- L'étymologie technique (manière de jouer ou de tenir\nl'instrument) offre des rapprochements intéressants. Ici se classe le sistre\n(aeioTpov secouer) ainsi que la harpe (gr. lat. angl.-sax.\nhriopan., nord. h raufa,haut-all. harphafr. harper, harpeur, harpon),\nrépondant à l'idée de prendre, saisir, s'accrocher à quelque chose, comme\non accioche un groupe de cordes de la harpe. L'auÀoç oblique et la flûte\ntiaversiere n ont rien de commun, celle-ci étant tenue x\nlevies, celle-la obliquement. 4 Leur onomalogie se confond néanmoins\ndans TrXayiavXoç (auquel Noël et Carpentier ramènent à tort le fr. \" flageol \")\nou tibia obliqua et dans 1 ail.Sefiwiegel,Z~we7'chpj~e'ijj\\ Querpj'eijj, Querjîcete,haut-\nall. suegala, swegele,du goth. svigla,même sens ; l'ital. compte beaucoup\n\n1 J. BOLS, Brie<ven aan Franz, Willems, p. 374.\nL existence de la flûte traversiere proprement dite dans l'antiquité, et même au moyen âge antérieure-\nment au XIE siecle, n est pas prouvée, et les documents iconographiques ne permettent pas de se rendre\nexactement compte de la nature et de la technique de la flûte oblique gréco-romaine. En Orient, la flûte\ntraversière parait remonter à une plus haute antiquité. Nous en avons constaté la représentation très nette sur\nun bas-relief javanais très probablement antérieur à notre ère.\n3"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.36", "texte": "34\nS. I. M.\n\nde mots dont le sens ablatif est marqué par le préfixe sv. Peut-être l'ail.\nStamentien-Flœte (= flûte douce, droite) se ramène-t-il, par opposition\nà la flûte oblique, à Stamm tronc, dans le sens de verticalité. L'ail.\nFaust-Fagott (= basson à poing) est un des noms du \" cervelas \", instru-\nment à \" empoigner \" à pleines mains, les diverses phalanges d'un même\ndoigt devant recouvrir plusieurs trous. Le vieux franç. nacaire (petites\ntimbales) constitue également un cas intéressant. Il tire son origine de\nl'ar. et du pers. nagr, nagar, nokarieh, mots désignant des appareils\nanalogues et ramenés à nakr = bruit ou temps rythmique frappé, et au\nverbe nakara-=-il a frappé. Et ce dernier exprimant également l'idée de\nsonder, pénétrer, percer, creuser, la même racine s'applique à tout ce qui\nest à la fois creux et bruyant. Telles sont les explications de Villoteau. Mais\nnous nous demandons s'il ne faut pas voir ici, encore une fois, une racine\nonomatopique kr(vibration trépidante), ce qui nous paraît plutôt confirmé\npar l'existence d'une trompette nakouLa même idée de technique\ninstrumentale se retrouve encore dans \" saquebute \" tirer,\nbouter = pousser) ; guitara a ba(guitare toscane, à plectre) ;\nviola dabraccia, daspalla, da gamba,ail. \" hochet \" (hocher\n= secouer) ; \" cloche \" (haut-all. klokôn battre) ; (annam ;\nva = chiquenaude : petit tambour mis en vibration par une percussion\nlégère) ; kamantcha(pers. = balancier, instrument à cordes dont on joue\nen le balançant de droite à gauche contre l'archet).\n§ 8. A la désignation de l'étendue, de la tessiture des instruments\npar opposition à des congénères d'autres formats, se ramène toute la\nterminologie vocale attribuée, à partir du XVIe siècle, aux divers modèles\ndes instruments construits en familles complètes : soprano, déchant, par-\ndessus, dessus, alto, haute-contre, ténor, contrebasse, ainsi que les dérivés\n\" basson \" (esp. bajon),\" contrebasse \", \" cor de basset \" (ail.\nviole \" bâtarde \" (nommée sans doute ainsi, remarque naïvement\nPraetorius, parce qu'elle est comme un bâtard de toutes les autres\nparties) ; puis encore \" diapason \", \" antiphonel \", \" hautbois \" en général\n(par opposition aux \" grosbois \" ou bombardes).\n§ ç. La qualification du timbre n'offre pas de très nombreux\nexemples, car cette intention est généralement remplacée par celle de\nl'imitation onomatopique, dont il a été question tantôt. On peut y\nramener la \" sourdine \", instrument à perce cylindrique et anche double,\nle rebec, appelé dans Bonanni sordino,et la musette d'ltalie, appelée"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.37", "texte": "NOTES SUR L'ONOMATOPÉE\n3Ç\n\nsourdeline De même pour les nombreux dérivés de dulce : dolce\nmelo (angl. dulcimer, vx. franç. doulcemer = psaltérion), doue aine, dolcian\n( bassonj. Dans le sens oppose, nous avons clario, claro, clarasius, clarino,\n\" clairon , \" clarinette Cette dernière est parfois désignée en allemand\nsous le nom de Gelljiœte, de gellend= résonnant, clair (en Suisse gdllig =\npur, clair, haut-all. gillen, galmen = retentir, flam. son, retentisse-\nment). Citons encore : trompette marine (ail. bûche-trom-\npette, par analogie avec le timbre de la trompette) ; \" mouche \" et\n\" trompette (les bourdons de la vielle) ; pianoj~orte, forte bien, piano,\nmélodion. En Asie : su gosha (hind. = qui a un beau son), kai sao et\nthan la(annam. = \" oiseau chanteur \"et \" son pur, clair \").\n§ 10. Le caractère polyphonique, harmonique, s'exprime tout\nd abord par les correspondants et dérivés de crvjuipovia (avfx = ensemble) :\nhébr. sumportjah, lat. simfonia, Asie mineure moderne ital.\nxampogna, franç. \" chifonie \", \" chifoine \" = cornemuse, simfonia\nétant également attribué, au moyen-âge, par extension, à un tambour à\ndouble membrane, puis par ceux de apfiovia (= ajustement, assemblage,\nrapport heureux de parties) qui, après être resté longtemps un terme de\ndidactique musicale, s'est appliqué de nos jours aux instruments dans\n\" harmonium \", \" harmonica \", \" harmoniflûte \", etc., dans le même\nsens que \" accordéon \", \" concertina \", etc. Le nom de offrait\nencore une signification analogue, étant attribué à la fois à la cornemuse\n(plusieurs tuyaux), au tympanon (où chaque intonation est représentée\npar un chœur de cordes) et à certain cor à double tuyau cité par les\nanciens auteurs. Le nom de Inventions Horn (franç. = \" cor d'invention \")\nfait allusion aux capacités modulatrices attribuées à l'instrument par\nl'introduction des tons de rechange. M. Curt Sachs a expliqué 1 comment\nle nom de doppianifaisait allusion au rôle de renforçateurs de la basse,\nattribué aux instruments ainsi désignés.\n\nErnest Closson.\n\n1 Recueil trimestriel de la S. I. Mt. Xï, livr. 4."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.38", "texte": "LES FILLES DE LULLY\n\n1\nMADAME DE FRANCINE\n'AINEE se nommait Catherine-Madeleine. Elle était\nnée aux temps où Baptiste songeait à peine à l'opéra,\nen avril 1663. De sa vie, nous ne savons que peu de\nchose. Elle mourut à quarante ans, le 2 janvier 1703,\naprès avoir eu trois enfants de son mariage avec Jean-\nNicolas de Francine escuyer, maître-d'hôtel du roy,\ngrand parti s'il en fût à Paris, et bien choisi par l'astucieux Florentin,\nmais homme médiocre et inconsistant.\nIl faut accorder quelque attention à ces Francine, même après deux\nsiècles d'oubli. Plus qu'une autre, cette famille est capable de nous faire\nconnaître ce milieu d'importants personnages où Lully se plaisait à évoluer.\nPar un heureux hasard, nous sommes assez bien renseignés sur son compte.\nPrécisément vers cette époque les rigueurs de d'Hozier, qui s'apesantis-\nsaient sur toute la noblesse française pour l'épurer, obligèrent les Francine\nà prouver leurs titres.2 On put alors constater par des actes officiels, des\ndéclarations patentes, qu'ils descendaient de notables citoyens de Florence,\net en particulier d'un certain Giovanni Francini nommé en 1318 prieur\nde la liberté. Mais leur notoriété française datait de la fin du XVIe siècle,\n\n1 Voir S. I. M. du 15 mai et 15 juin dernier.\n2 Le 2 mai 1668. Voir : B. N. Pièces Or. 1235 et Dossiers Bleus 291. Voir aussi : V. Bart, Les Franchie\nlB9l, in-8°)."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.39", "texte": "LULLY GENTILHOMME\n37\n\net de l'époque où Tomaso, né en 1571, était venu se fixer parmi nous.1\nHomme d'invention, Thomas Francine s'était acquis des connaissances\nparticulières dans la conduite et le jeu des eaux et fontaines. Henri IV\n1 avait distingué, naturalisé en 1600, et marié de Louise Porcher,\nfille d'un valet de chambre et chevau-léger du roy. Louis XIII le voyait\ndun bon œil. \" Dites mot grand \", répétait l'enfant-\nroi dans son langage puéril,2 et plus tard, il lui fit don de la charge\nd'intendant des eaux (1623) celle de gentilhomme servant (1631),\nde maître-d'hôtel, enfin le décora de l'ordre de St. Michel. Thomas était\nun très gros Monsieur, lorsqu'il mourut, père de treize enfants, en 1651. Il\nportait : \" d'azur à une main gantelée d'argent, mouvante de flanc senestre\nde l'écu tenant une pomme de pin d'or surmontée d'une étoile de même,\net accompagnée de trois fleurs de lys d'or, deux en chef et une en pointe.\"\nLa nombreuse lignée des Francine s'essaima dans le monde de la\ncour et de la ville. Quelques filles prirent le voile, des fils gagnèrent\nl'armée. Clémence épousa un grand louvetier, gouverneur de Corbeil ;\nLouise un M. de Mesgrigny, grand tranchant et porte cornette blanche de\nFrance ; Marie un baron de St. Léger, etc... Seuls François et Pierre\nfurent illustres. François de Francine, Sieur de Grandmaison successive-\nment commissaire général des guerres, maître-d'hôtel du roy, intendant\ndes eaux, lieutenant de robe courte, conseiller d'état, maréchal de bataille\nde la milice et major de la Ville de Paris, servit longtemps dans les\narmées de Flandres et de Lorraine, fut pris deux fois et reçut plusieurs\nblessures. Il eut à son tour douze enfants de Madeleine de Fontanieu, fille\ndu contrôleur général des maisons du Roy et de la Reine. Et cette ample\nfamille, richement dotée, tint son rang jusque bien avant dans le\nXVIIIe siècle.\nPierre de Francine, père du gendre de Lully, avait aussi pris part à\nla guerre à côté de son aîné, et se qualifiait de Secrétaire du Roy et\nMaître-d'hôtel de S. M. Sa femme, Louise Pidoux, fille d'un conseiller,\nreçut en 1660, soixante mille livres de dot ; elle était cousine des ministres\nLe Tellier et Louvois, et parente de cette haute bourgeoisie parisienne,\ndont l'œuvre de Louis XIV allait réclamer la collaboration. La généalogie\ndes Pidoux est comme encombrée de secrétaires, d'avocats, de parle-\n\n1 Probablement avec son cousin Horace, Fauteur de YHippiatrique de 1606. Celui-ci était escuyer de\nHenry IV ; son fils Henry mourut au siège de Thionville, escuyer du Prince de Condé, en 1669.\n2 Journal d'Héroard, avril 1605."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.40", "texte": "38\nS. I. M.\n\nmentaires, d'échevins, et autres personnages de toutes robes. C'est dans ce\nmonde officiel que les Francine conduisaient avec adresse leur fortune\ntoujours grandissante et d'aquatique origine.\nVersailles leur doit une partie de la splendeur de ses eaux et de\nl'ingéniosité de ses fontaines. Comme Lully, leur compatriote, sans doute\nplus d'une fois leur compère, et bientôt leur allié, ils apportaient de\nToscane le goût des vastes entreprises et des innovations fastueuses, que\nles scrupules de la routine n'entravaient pas. Transplantés et adaptés chez\nnous, ils montraient dans leurs desseins cette hardiesse et cette chance qui\nest particulière aux métèques. Et ce que nous savons de leur carrière fait\nsonger à cette autre famille de notre XIXe siècle, étrangère aussi et venue\nd'Ecosse, celle des Lesseps. De notre temps les Francine eussent été\ningénieurs, présidents de conseils d'administration, hommes politiques\ninfluents, remuants et redoutés. Sous l'ancien régime ils sont avant tout\nfonctionnaires, et leur zèle s'étend aussi bien à la maison du roi qu'à ses\narmées. Mais ils brassent un peu partout des affaires. Ici c'est un monopole\nobtenu pour \" les car os se s à la suite de\nville et Fauxbourgs de Paris\",1 là, un privilège pour un \"\nles glaces \",2 et plus tard ce sera l'opéra lui-même. Partout apparaît la\nmain active et habile de ces hardis managers.\nLa Bruyère n'a pas manqué de croquer avec son habituelle malignité\nces figures familières au Tout-Paris de 1680 :\nLaissez faire Ergaste, écrit-il, et il exigera un droit de tous ceux qui boiront\nde l'eau de la rivière, ou qui marcheront sur la terre ferme. Il sait convertir en or\njusques aux roseaux, aux joncs et à l'ortie. Le prince ne donne aux autres qu'aux\ndépends d'Ergaste, et ne leur fait de grâces que celles qui lui étaient dues. C'est\nune faim insatiable d'avoir et de posséder. Il trafiquerait des arts et des sciences, et\nmettrait en parti jusques à l'harmonie ; et il faudrait s'il en était cru, que le peuple\npour le plaisir de le voir riche, de lui voir une meute et une écurie, put perdre le\nsouvenir de la musique d'Orphée et se contenter de la sienne.3\nCe dernier trait nous ramène au gendre de Lully, fils de Pierre de\nFrancine et l'aîné d'une famille de sept enfants, dont la fortune fut médiocre.\nComme si un siècle entier d'ambition continue et d'activité extrême eut\népuisée la race d'Ergaste ! Pierre de Francine, le second fils, colonel dans\nles armées espagnoles \" sans enfant des deux femmes qu'il épousa, vit fort\n\n1 B. N. Pièces Or. 1235.\n2 Arch. Nat. 01.O1. 13, f° 484.\n3 T)es Biens de Fortune. Ed. Hachette, t. I, p. 255."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.41", "texte": "LULLY GENTILHOMME\n39\n\ngueux \" nous dit une note manuscrite ;1 il meurt en combat singulier, en\nDalmatie, vers 1707, capitaine d'infanterie au service de Vénitiens. Jean-\nJacques de Francine, capitaine de vaisseaux et F armée\nRoi d'Espagne de la mer Océane \", périt comme garde marine en 1711,\nsubmergé dans son vaisseau. Marianne épouse Charles Duplessy de Rien-\ncourt, qui fut contraint de quitter l'Académie des Inscriptions et Belles\nLettres, après y avoir siégé plusieurs années,2 et que nous trouvons consul\nde France à Livourne. Elisabeth et Marie se cloîtrèrent. Enfin Louise de\nFrancine eut la singulière destinée de mettre au monde Le Normant\nd'Etiolles, et de se trouver la belle mère de la demoiselle Poisson.3\nCurieuse rencontre des généalogies ! Voici Mademoiselle de Lully la\npropre tante de la Pompadour, et, dans le grand arbre que nous dressons\nen ce moment, quelques feuilles séparent à peine l'auteur d de\nLouis le Bien-Aimé !\nJean-Nicolas de Francine, dont nous connaissons maintenant les\nl'entourages, épousa la fille de Baptiste le 12 avril 1684. Il devait\navoir environ vingt ans, et si l'on en croit le Mercure qui le déclare\nseptuagénaire en 1735.4 II apportait dans la corbeille le brevet de sur-\nvivance de la charge paternelle de Maître-d'hôtel du roy, et deux mille\nlivres de rente. Catherine recevait 55,000 livres de dot. Une assemblée\nparticulièrement brillante signait à ce contrat. Ministres, présidents à\nmortier, robins et gentilhommes entouraient les nouveaux mariés. Nous\nl'avons vu plus haut, cet événement marquait le triomphe définitif de\nLully homme du monde et du grand monde.\nSurvint le décès, imprévu et soudain, du surintendant en 1687.\nFrancine était l'homme désigné pour ajouter un privilège de plus à ceux\nde sa famille et pour prendre en main cette redoutable affaire artistique et\nfinancière qu'était l'opéra. Aussi le roi lui en donne-t-il aussitôt la\ndirection 5 pour trois années, en même temps qu'il confirme à la veuve de\nLully le privilège général de 1672. Puis, ce privilège lui-même est trans-\n\n1 B. N. Dossiers Bleus, 291.\n2 De 1716 à 1727. M. A. MAURY, dans son Histoire de VAcadémie des Inscriptions, mentionne ce fait, sans\nen donner l'explication. Riencourt fut aussi correcteur à la Chambre des Comptes.\n3 Elle avait épousé Guillaume le Normant du Fort. Sa fille épousa le comte de Bachi, ambassadeur de\nFrance en Portugal, et en eut Mmes de Lugeac, d'Aravay, et de Monteynar.\n4 Mercure d'avril, 1735, P- 819.\n5 Par brevet du 27 juin 1687. (Arch. Nat. 01.O1. 31, f° 125, v° ;et Arch. de l'Opéra, Dossier Lully).\nCe dernier dossier contient aussi un acte intéressant, formant contrat entre Francine et Claude Lapierre, de\nLyon, pour l'opéra de Rouen (15 sept. 1688.)"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.42", "texte": "4°\nS. I. M.\n\nporté directement à Francine, le lERIER mars 1689, Pour DIX ans.1 En\n1698 il est renouvelé, a charge par Francine de servir pensions à\nDumont, 1 ecuyer du Dauphin, a Berain, le décorateur et à la chanteuse\nLe Rochois.2 Et cette situation dure jusqu'en 1728. A cette date nous\nlisons dans la correspondance de la très aimable demoiselle Aïssé : \" Fran-\ncine quitte 1 opéra. Il a quinze mille livres de pension, et, après sa mort\nson fils en aura huit mille, et sa fille six mille. Vous me demandez\npourquoi tant de libéralité ? Je vous répondrai d abord que ces pensions\nsont prises sur 1 opéra, et, en second lieu, que Francine a fait faire à ses\ndépends une partie des belles décorations et qu'il les laisse... \" 3 Et, en\neffet, le 8 février 1728 Francine était officiellement remplacé par André\nCardinal Destouches, surintendant de la musique du roi et, depuis 171 c,\ninspecteur de la régie de l'Académie Royale de musique.4\nSi nous possédions les archives de l'opéra pour cette période,5\nnous pourrions apprécier la gestion de Francine, qui se prolonge\nplus qu'aucune autre. Nous en sommes réduits à quelques anecdotes.\nOn raconte, par exemple, que \" pour ne pas avoir voulu lui donner\nun rôle a sa fantaisie dans un opéra, la célèbre Desmatins avait voulu\nfaire assassiner Francine par des soldats aux gardes ; ce qui fut arrivé\nsi son diable favori ne lui eut donné des charmes contre un pareil\nmalheur. 6 Le conseiller Ladvocat, dans une correspondance que nous\navons déjà citée7 parle de Francine comme d'un directeur assez écouté, et\nen l'absence duquel rien ne se décide d'important. Il distribue non\nseulement les rôles, mais aussi les livrets, et l'on voit Desmarets et Colasse\nattendre son retour de la campagne pour savoir qui d'entre eux sera\nchargé de mettre en musique Iphigénie. On a lieu de penser qu'il\naccordait a la faveur plus encore qu'au mérite, car sa direction\ncoïncide précisément avec une sorte d'interrègne de notre musique\n\n1 A charge de faire 10,000 livres de rente annuelle â ses cohéritiers, c'est-à-dire 3333 1. à Mme veuve Lully,\ndont elle ristournait un quart à Louis de Lully, et 6666 à partager entre Jean-Baptiste, Louise et Gabrielle.\nLes costumes et décors firent l'objet d'un inventaire du 13 juillet dressé par Raymond, greffier de lecritoire.\n(Arch. de l'Opéra).\n2 DANGEAU, Journal.\n3 LETTRES DE MLLE AïssÉ. L. XIII.\n4 Voir : PÉLISSIER. A. C. T>estouches, d'après les dossiers de la Bibliothèque municipale d'Arles. (Mémoires\nde la Société de l'Histoire de Paris, t. XXVI, 1899).\n6 Je remercie tout particulièrement mon ami H. de Curzon des recherches qu'il a faites aux Archives\nNationales dans les dossiers de l'opéra et qui n'ont pas donné de résultat.\n6La musique du diable, Paris, 1713, p. 28.\n7 Publiée par M. Teneo dans le Mercure Musical de 1905-1906."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.43", "texte": "DESCENDANC\n\nJean Baptiste Lully"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.44", "texte": "=Madeleine Lambert\n\nE DE LULLY"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.45", "texte": "LULLY GENTILHOMME\n4.1\n\ndramatique. Campra excepte, qui est un délicieux coloriste, personne\nn est capable de soutenir alors la gloire de Lully et personne n'est disposé\na s émanciper cette lourde tradition. Faut-il aller jusqu'à croire que le\ngendre de Lully contribua personnellement à une stagnation dont il\nprofitait, lui et ses cohéritiers ? Francine est-il coupable, a-t-il écarté des\ntalents méconnus, a-t-il soutenu les Lullistes aux dépends de tout autre\nparti ? Il ne le parait pas. Il semble au contraire qu'il se soit servi de\ntoutes les ressources qui lui offrait son temps, et qu'il ait simplement\ncherche a contenter le public, tout en tirant le meilleur parti possible de\nson privilège familial. Pour un Francine l'opéra était une affaire comme\nune autre. Le mérité c est de l'avoir menée pendant plus de quarante ans.\nPopulaire, Francine ne l'a pas été. Sa retraite en 1728 n'éveille\naucun commentaire précis. Il ne possédait point cette suprême habileté\nde Baptiste a profiter de tout, et ce sens un peu gros de la publicité qui\navait fait connaître 1 opéra jusque sur le Pont Neuf. Un petit communiqué\nprobablement envoyé par lui-même certain jour au Mercure nous montre\nle directeur aux prises avec le public. C'était en 1703, à la naissance du\nfutur Louis XV ; tout Paris était en fête et Francine avait sans doute omis\nde se joindre à l'enthousiasme général. Mercure écrit : \" Cette fête du cul\nde sac de l'opéra était considérable pour des bourgeois. Elle ne l'était pas\npour le sieur de Francine, à qui quelques gens ont voulu l'attribuer ; si\nelle avait été de lui, il aurait donné l'opéra gratis, ainsi qu'a toujours fait\nM. de Lully dans les grands événements... Il est à croire qu'il a pris du\ntemps pour se préparer à quelque chose de grand... J'ai cru devoir lui\nrendre cette justice afin de détruire les bruits que les mal intentionnés ont\nfait courir disant qu'un homme qui a tiré de si grandes sommes par le\nprivilège qu'il a plu au roy de lui accorder, montre mal sa reconnais-\nsance 1 C'est ainsi qu'on savait déjà travailler l'opinion publique dans les\npremières années du XVIIIe siècle.\nMais la vérité est que Francine, dès cette époque, voyait ses\nfinances en piteux état. La faute en était-elle à l'opéra ? et si près de\nsa création, l'Académie était-elle déjà le gouffre, où tant de millions\ndisparurent depuis ? Il serait piquant de le constater et de montrer un\nfois de plus que le déficit est bien l'état normal de cette institution,\nsous tous les régimes et avec tous les répertoires. Un voyageur qui\n\n1 Mercure, août, 1703, p. 112."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.46", "texte": "42\nS. I. M.\n\nrelata son passage à Paris écrit en 1727 : 1 \"Il n'y a que peu de temps\nque Francine transporta l'entretènement de l'opéra à quelques banquiers\nde Paris, pour être trop accablé de dettes, toutes fois à la réserve d'une\npension de douze mille livres pour son privilège. On dit qu'il lui en\nrevient par an plus de 3(-)o,ooo livres de cet emploi, dont il débourse\ncependant plus des deux tiers en frais. \" Ce qui voudrait dire que\nFrancine, tout en gagnant personnellement cent mille livres par ans (trois\ncent mille francs d'aujourd'hui) était cependant obligé de passer la main\nà des commenditaires. On peut donc avancer, lorsqu'on connaît la situation\ndes familles Francine et Lully, que Jean Nicolas avait un talent particu-\nlier pour maltraiter la fortune, qui l'avait comblé de ses bienfaits. Et c'est\nbien comme un prodigue en effet que les contemporains nous le repré-\nsentent.\nDès 1694 un acte nous met en garde2 Francine et sa femme\ncontractant une obligation solidaire de près de cent mille livres\nenvers un sieur Le Tessier de Montarsy et font appel à un de leurs\ncousins Francine le jour du remboursement. Une note manuscrite3\nvient préciser cette impression fâcheuse en nous confiant que \" Francine\na gagné des sommes immenses à l'opéra, mais qu'il a à peine de quoi\nvivre et établir ses enfants, par les extrêmes dépenses qu'il a faites auprès\ndes femmes de la plus haute distinction.1\" Tout le monde connaissait ce\ntravers. Les chansons s'en moquaient.\n\n1 NEMEITZ. Séjour de Paris, (Paris 1727 in 8°) p. 100.\n2 Arch. de l'Opéra.\n3 B. N. Dossiers Bleus 291.\n4 Chansons, il/SS. Collection Rouart, (In fol. T. I p. 113)."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.47", "texte": "LULLY GENTILHOMME\n43\n\nSi l'on voulait en savoir davantage, peut-être devrait-on songer à\nI entourage des fils du dauphin. Le jeune roi d'Espagne protégeait les\nFrancine, et lorsqu'il quitta la France pour monter sur le trône, il\nemmena Jean Nicolas en qualité de maître d'hôtel, flanqué de deux\ncontrôleurs. 1 Un jour sans doute la physionomie de Francine galant\nhomme se précisera, et il sera singulier de voir le directeur de l'Académie\nroyale de musique chercher auprès à la cour ce que les princes venaient\nprécisément demander à l'opéra : l'occasion de se ruiner aimablement.2\nVeuf à quarante ans, Francine mourut à soixante dix, en 1735.\nSes deux filles Marie et Elisabeth, dont l'une disparait de bonne heure,\nne semblent pas avoir laissé de postérité. Son fils Louis-Joseph, né le\nII juin 1696, fut lieutenant de cavalerie dans le régiment de la\nBlanche, puis capitaine au Colonel Généll vivait encore en 1763 sous\nle nom du chevalier de Francine, et portait l'ordre de St. Lazare et du\nCarmel. De ce côté encore la race de Lully s'éteignit assez rapidement.\nMADAME THIERSAULT DE MÉRANCOURT\nNous ignorons tout de cette troisième fille de Lully, baptisée le\n19 septembre 1668 et inhumée aux petits Pères le 30 décembre 171 5.\nElle ne nous est connue que par son mariage avec Pierre Thiersault,\nchevalier, Seigneur de Mérancourt, La Ronce et autres lieux.\nLes Thiersault tiraient leur origine de la province de Bretagne, et le\nchâteau de Mérancourt se trouvait, paraît-il, à côté de Quimper Corentin.\nJean et François Thiersault firent partie du grand tournois organisé à\nSaumur par le roi René d'Anjou. Un Pierre Thiersault suivit la reine\nAnne de Bretagne en France, comme officier commensal en 1491. S'étant\n\n1 Mercure de janvier 1701 p. 168.\n2 On dit que J. B. Rousseau avait maltraité le directeur de l'opéra dans une ode intitulée la Francïnade ou\nla Picarde."}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.48", "texte": "44\nS. I. M.\n\nretiré à Ognes en Milicien, près Nanteuil, après la mort de cette princesse,\nil y acquit une grande réputation et fut nommé le Roi des Laboureurs.\nLouis XII lui fit l'honneur de venir coucher chez lui et lui accorda\nd ajouter un tiercelet d'or sur champ d'azur qu'il portait pour armes\ncouronné d'or sur sa tête et trois épis aussi d'or en son bec. 1 II mourut\nen 15°5- Après lui viennent, comme toujours, un certain nombre de\nfonctionnaires du Parlement, Louis Thiersault conseiller à la cour des\naides en i 55 1 marié à Mlle de Bragelonne; Charles, Sieur de Mérancourt,\nauteur d'une postérité qui se signala bruyamment pendant la Ligue,2\nenfin, Charles de Thiersault qui eut de Marie Groyn un fils, Pierre,\nl'époux de Marie-Louise de Lully au 14 septembre 1689.\nCelui-ci apportait tout d'abord sa charge de commissaire général de\nla cavalerie légère, puis des terres de Chevreville, de la Ronce, d'Etavagny,\n20,000 livres comptants, et 55,000 livres lui revenant de sa première\nfemme. Louise de Riantes. 3 MUe de Lully recevait 5,000 livres de rente.\nLes Mérancourt n'ont laissé aucune trace dans l'histoire qui puisse\nnous intéresser. Mais leur fille unique Hilaire-Ursule née en 1690 mérite\nun coup d'œil bienveillant, car elle fit entrer le sang des Lully dans une\ndes grandes famille de la cour. Elle épousa le 23 octobre 171 5, quelques\njours avant la mort de sa mère, Louis-François de Bouchet comte de\nSourches.\n\" Le chevalier est marié il y a que six semaines ou deux mois écrit le comte\nLouis de Sourches en décembre 1715. Sa femme n'est pas jolie, mais elle est bien\nfaite et à l'humeur douce et parait avoir toute l'envie du monde de plaire à la\nfamille. Et j aime toujours mieux toutes ces qualités que toute la plus grande\nbeauté et la plus grande gentillesse. D'ailleurs son mariage ne sera peut-être pas\nmauvais avec temps. Il se nomme présentement le comte de Sourches et demeure\nchez son beau père qui se nomme M. de Thiersault, rue de Bracq au Marais. \" 4\nSaint Simon n'a pas été tendre pour ces Sourches qu'il présente comme\ndes \" gentilhommes de bon lieu, mais fort ordinaires, du pays du Maine \" 5\nIl avoue cependant que le grand prévôt, père de celui qui nous occupe\n\" s'était mis sur un pied de considération et de distinction à la cour. Il y\n\n1 Mercure de décembre 1767 p. 244 et B. N. Ms. Fr. 31,200.\nVoir le P. MAIMBOURG. Histoire de la Ligue. (1607 in 40).\n3 Son contrat se trouve dans les Archives de l'Opéra.\n4 Duc DES CARS, le château de fourches et ses seigneurs (1887) p. 221. Je regrette infiniment qu'un lointain\nvoyage de M. le Duc des Cars, m'ait privé d'une fructueuse visite aux archives du château de Sourches, qui\ncontiennent (comme on le voit) d'intéressants documents sur les Thiersault-Lully.\n5 MÉMOIRES, éd. Hachette, t. XIII, p. 260-262, et p. 548"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.49", "texte": "LULLY GENTILHOMME\n4S\n\nétait volontiers pris pour arbitre. C'était un fort honnête homme et fort\nsage. On disait de lui que personne n'entendait mieux les affaires des autres\net plus mal les siennes. \" Les de Bouchet touchent à la musique par une\nanecdote. Laissons encore la parole à St. Simon :\n\" Heudicourt le fils, qui était une espèce de satyre fort méchant et fort mélé\nZÏL? (TA- ln,tr«ues galantes> fit sur tous ces Montsoreau' une chanson si\nnaïve, s, fort d après nature et si plaisante, que quelqu'un l'ayant dite au maréchal\n\nSIGNATURES DE LA FAMILLE LULLY, AU CONTRAT DE MARIE-LOUISE DE MÉRANCOURT.\n(Arch. de l'Opéra).\n\nOn reconnaît les signatures de Thiersault, et de sa femme, de Madeleine Lambert, de Francine et\nde sa femme Catherine-IVladeleme, de Dumolin et de sa femme Gabnelle Hilaire, de Lambert et de sa\nsœur Mlle Hilaire Dupuis, enfin de la cousine de Lully C. Morineau mariée à H. Normandin de\nla Grille.\n1 On les appelait ainsi à cause d'une alliance avec la famille des Montsoreau."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.50", "texte": "46\nS. I. M.\n\nde Boufflers pendant la messe du roi où il avait le bâton, il ne put s'empêcher\nd'éclater de rire. C'était l'homme de France le plus grave, le plus sérieux, le plus\nesclave de toute bienséance ; le roi se retourna de surprise, qui augmenta fort en\nvoyant le maréchal pâmé, à qui les larmes tombaient des yeux. Rentré dans son\ncabinet, il l'appela, et lui demanda ce qui l'avait pu mettre dans cet état, à la messe.\nLe maréchal lui dit la chanson. Voilà le roi plus pâmé que n'avait été le maréchal,\net qui fut plus de quinze jours sans pouvoir s'empêcher de rire de toute sa force,\nsitôt que le grand prévôt ou un de ses enfants lui tombaient sous les yeux \",1\nCes historiettes n'empêchèrent pas les Bouchet de Sourches de faire\ngrande figure à la cour au XVIIIe siècle et grand honneur au sang\nde Lully jusqu'à la Révolution. A ce moment le dernier descendant\nde cette branche Mérancourt de Sourches mourut en bas âge, de telle\nsorte que la famille des ducs des Cars, héritière des Sourches, 11e peut être\nconsidérée que comme une alliance des Lully.\nMADAME DU MOULIN\nCelle-ci fut véritablement une maîtresse femme, et digne du grand\nnom qu'elle portait. Aussi sa race impérieuse et active a-t-elle survécu à\ntous les efforts du temps. Seule des six enfants de Lully, Gabrielle est\nencore de nos jours représentée par une illustre postérité.\nBaptisée le 3 octobre 1666, la seconde fille de Baptiste épouse le\n14 juillet 1687, quatre mois après la mort de son père, Jacques Dumoulin,\nou Dumolin,2 fils de Jacques, sieur de Centimaison, et d'Elisabeth Richer.\nSa dot était de 42,000 livres, plus mille livres de rente, soit environ\n70,000 1. (250,000 fr. d'aujourd'hui). Dumoulin apportait une somme\négale représentée par les charges que lui transmettait son père et dont\nvoici la nomenclature précise :\nGreffier en chef civil et criminel, premier et principal commis des audiances\npubliques, greffier des décrèts et autres fonctions y jointes, ensemble de la charge\nde commis escrivant à la peau, le tout en la Cour des Aydes de Paris, conseiller\nsecrétaire du Roy et de ses finances, lieutenant des chasses du duché d'Alais et\ncomté de Boisgeney du coté de la Beausse.\n\n1 Cette chanson se trouve dans le chansonnier Clérambault (B. N. Fr. 12694, p. 513). Elle ne nous\nparaîtrait plus guère plaisante aujourd'hui.\n2 Les deux orthographes figurent dans les actes et dans les signatures."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.51", "texte": "LULLY GENTILHOMME\n47\n\nNoblesse de robe, comme on voit, mais bien établie cependant. Le\npremier Du Moulin connu était un sieur de Boisraout près d'Amiens en\n*474 î un Galleran Du Moulin fut nommé archer au château d'Abbeville\npar Charles VIII. Au XVIe siècle plusieurs Du Moulin sont avocats en\nParlement et conseillers. Plus tard, Jacques se qualifie de gentilhomme de\nla reine Marguerite, un autre Jacques est également gentilhomme de la\nreine mère en 1643. Son fils épouse en 1654 Mlle Richer, fille d'un notaire\nde Paris, et nous voilà revenus jusqu'à Jacques, gendre de Lully, dont on\nne trouve guère qu'à signaler la mort prématurée. Il laissait deux filles,\nMagdeleine et Elisabeth, celle-ci baptisée comme le\n11 avril 1694.1\nFrappée de ce grand coup, Mme du Moulin se retira auprès de sa\nmère, Mlnc de Lully, et se mit en demeure de protéger l'héritage paternel\ncontre les entreprises de ses cohéritiers, tâche éminemment délicate au\nmilieu des désordres des Lully et des prodigalités de Francine. De toute\nla paperasserie à laquelle donna lieu cette liquidation laborieuse, il semble\nressortir que Gabrielle-Hilaire, par ses conseils, sa présence d'esprit, ses\ndécisions rapides, sauva la situation. A chaque transaction elle apparaît,\ns'offrant à rembourser à ses frères la part qu'ils sont toujours pressés de\ncéder, et réunissant ainsi peu à peu entre ses mains la fortune du surin-\ntendant. Elle ne néglige pas d'ailleurs le bien de ses enfants, et nous la\nvoyons en 1702 demander à engager au nom de ses filles mineures d'im-\nportantes réparations dans le manoir de Centimaison. Ce petit mémoire\noù tout se trouve mentionné avec la dernière précision est un modèle\nd'habileté et d'adresse.\nIl était à craindre que Mme du Moulin, animée de ce zèle actif que\nles femmes savent porter au plus haut degré, n'entrât en conflit avec ses\ncohéritiers. Cela se produisit, en 1711, et les archives du Châtelet nous\nont conservé le souvenir de très vives contestations, de scènes pénibles\nqui se jouèrent alors autour de Mme de Lully mère. Madeleine Lambert,\npresque septuagénaire et gravement malade était l'objet de toutes les\nattentions de ses enfants, attentions que les Lully voulurent croire inté-\nressées de la part de leur sœur.\nLe 1 3 février les deux fils Lully et les Thiersault, réunis comme par\n\n1 Ces indications sont tirées des archives de Combreux, où se trouvent encore quelques partitions de Lully\nportant le nom de Mme du Moulin. Le château de Centimaison est actuellement une vaste ferme de la forêt et\ndu domaine de Combreux."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.52", "texte": "48\nS. I. M.\n\nle hasard dans une pièce de la maison paternelle, rue Ste Anne, virent\nentrer un personnage qu'ils ne connaissaient pas et lui demandèrent ce\nqu'il voulait. Ils furent tout surpris d'entendre qu'il s'appelait Durand,\nnotaire, qu'on l'avait envoyé chercher pour faire le testament de la dame\nLully qu'il quittait à l'instant et qui n'était, selon lui, nullement en état\nde tester. Mme Thiersault de Mérancourt étant montée en la chambre de\nsa mère la trouva sur son séant, soutenue par la bonne Ladouze, sa femme\nde chambre, ayant un papier écrit devant elle, ses lunettes sur son nez,\nune plume à la main, et la demoiselle Morineau sa cousine penchée sur\nson oreille et lui criant : \"Madame !\nIl ne vaut rien comme il jaut que \" Surprise de cette\narrivée imprévue M110 Morineau s'approche de Mme de Mérancourt et lui\ndit que Muie de Lully lui avait demandé son testament, qu'elle avait été\n\nPOUVOIR DONNE A MADELEINE LAMBERT PAR SES ENFANTS POUR LA RÉÉDITION\nd'Athis et de Persèe.\n(Archives de l'Opéra).\n\n1 Arch. Nat. Y, 12115, et 11641. Ces actes ont été publiés in extenso par Campardon. L'Académie\nRoyale de musique, t. II, p. 157."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.53", "texte": "BILLET DE FAIRE-PART DU SERVICE MORTUAIRE DE MADAME DE MÉRANCOURT.\n(B. N. Fr. 31.200)"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.54", "texte": "LULLY GENTILHOMME\n49\n\nquérir, que, dans l'instant, la demoiselle Ladouze l'avait appelée en lui\ndisant que Mme de Lully ne savait pas ce qu'elle faisait et n'écrivait pas\nson nom. \" Si vous ne venez point, elle \". Etant aussitôt allée\nà Mme de Lully, Mlle Morineau reconnut qu'au lieu de signer, elle avait\nseulement écrit en caractères très mal formés \" Je laigue... \" et ensuite fait\nquelques traits à la plume.\nGrand émoi parmi les Lully, qui montent et constatent en effet que\nMlle Morineau est là, aidant leur mère àse recoucher. Ils dépèchent à leur\ntour quelqu'un vers le notaire Regnard, qui vient et redescend, déclarant,\ncomme son confrère, que la malade est hors d'état d'articuler son\ntestament, et s'en va. Que faire? A minuit les du Moulin font atteler le\ncarosse de la veuve Lully et envoient quérir à nouveau Me Durand,\nlequel ne veut pas se déranger à cette heure indue et promet de venir à\nsept heures du matin. On frappe à la porte de Me Ogier, autre notaire,\nqui fait réponse semblable, et force est d'attendre au lendemain. A sept\nheures apparaît Me Durand (les notaires se levaient alors de bonne heure !)\nIl fait retirer tout le monde, et essaye en vain de tirer quelque chose de\nla malheureuse veuve du surintendant. Il s'en va. Entretemps les Lully\nsont arrivés au grand complet et voici que Mlle du Moulin leur montre un\nmémoire écrit de sa main qu'elle dit lui avoir été dicté par sa grand'mère\nen présence de quelques personnes de la famille et des domestiques, et qui\ncontient certaines dispositions en faveur de la dite demoiselle et de\nMUe de Francine, sa cousine.\nEt les intrigues continuent. Le lundi 16, à quatres heures se trouvent\nréunis dans la chambre de la malade Mme de Villemarest, amie et\nlocataire, Mme du Moulin, Mlle de Francine, trois femmes de chambre et\nun père Théatin. \" Je ne sçai Madame,dit la Villemarest,\na vos affaires, si vous savez ce qui se pa\ndehors veulent chasser ceux qui demeurent\nMme du Moulin et se sont emparés de\ndevriez songer a bienjaire les choses p MIU:\nFrancine. Si vous ri y songez de votre viva\nétant nul, neP ayant pas signé. Songez\nenfans se seront rendus maîtres de tout.\nsaire, pour leur faire rendre vos clefs.\nchercher le notaire pour faire votre testament ? \" MlllO de Lully résiste, finit\npar céder \" Faites ce que vous voudrés\". Aussitôt on met les chevaux au\n\n4"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.55", "texte": "50\nS. I. M.\n\ncarosse et l'inévitable Me Durand fait son apparition. Les Lully prévenus\naccourent, Me Ogier se précipite, et c'est, dans la chambre de la rue\nSte Anne, une véritable invasion d'enfants, de domestiques, d'amis et de\nnotaires. Mme de Lully très nerveuse n'a plus en tête que son argent. Enfin\ntout le monde se retire. Mais les notaires reparaissent bientôt et incapables\nde rien obtenir. Mme du Moulin s'impatiente, elle demande si sa mère ne\npeut tout au moins faire de dons manuels, et sur une réponse prudente de\nMe Durand, elle s'emporte contre ses frères et tout se termine dans\nle brouhaha.\nIl y a aussi la scène du commissaire, qui se passe dans cette même\nchambre du troisième étage dont les fenêtres donnent encore aujourd'hui\nsur la rue Ste Anne. Mme de Lully mange un potage, entourée de M. et Mlle de\nFrancine, de Mme et Mlle du Moulin, Mlle Morineau, et de Pierre Duparc\net Maslon, procureurs au Châtelet. Cette fois il s'agit de lui faire rendre\nla possession de ses clefs. Le commissaire Daminois n'arrive pas, les\nLully surviennent. Mme de Lully s'endort. Et malgré la gravité pénible\ndes événements, un certain comique se dégage de ces extravagances.\n• Pourtant tout s'arrange. Mme de Lully se rétablit. Elle fera son\ntestament normal en 1715, let vivra jusqu'au 4 mai 1720. Son fils l'abbé\nde Lully sera son curateur à partir d'août 1718. Et nous ne trouvons plus\nd'autres incidents II faut d'ailleurs connaître, pour comprendre l'âpreté\nde ces querelles et de ces suspicions, la valeur du trousseau de clefs de\nMme de Lully. Le coffre-fort de la rue Ste Anne contenait à l'inventaire :\nUn coffret dans lequel s'est trouvé huit sacs de chacun 533 louis d'or, valant\n536 livres chacun en la précédente réforme, et de dix écus, valant 12 livres;\nrevenant chacun des dits sacs à 19,2000 1. au total .... 153,600 1.\nPlus un autre sac composé de 460 louis d'or à 30 1. chacun,\nmontant en la somme de .... 16,660 1.\nPlus cinquante sacs composés chacun de 200 louis à 6 1. pièce,\nvalant chacun 1200 1. soit 60,000 1.\nPlus de l'argenterie évaluée à 61,5251.\nPlus de pierreries évaluées par le Sr Beins à 40,000 1.\nPlus des titres de rentes, pour la somme de 156,729 1.\nEn ajoutant une bourse contenant des quadruples d'Espagne et\n15 médailles-d'or, ? dont la valeur n'est pas indiquée et des billets de\n\nc«-1 Le 20 mai 1715 par devant ! MMes Lecourt et Pcan. Son interdiction fut prononcée au Châtelet le\n22 août 1718. L'inventaire après décès est chez Me Péan du 7 mai 1720 ; le partage chez Mes Chèvre et\nBilleheu du 26 septembre 1720 et le tirage par lots du 29 mai 1722."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.56", "texte": "LULLY GENTILHOMME\n5 1\n\nbanque, nous reconnaissons que la veuve de Lully, débile et malade, avait\nle courage de conserver dans ses coffres pour 500,000 fr. d'argent et de\nvaleurs ce qui ferait deux millions d'aujourd'hui ! 1\nMadame du Moulin mourut le 6 juin 1748 laissant une fille Anne-\nElizabeth, mariée à Pierre-Achille Picot, marquis de Combreux,2 descen-\ndant d'une bonne noblesse qui cherchait sans succès d'ailleurs à se\nrattacher à Pic de la Mirandole. Et c'est ici que la généalogie de Lully\ndevient intéressante pour nos contemporains.\nSi l'on consulte le tableau ci-joint, on verra qu'en trois générations,\nnous parvenons au marquis Charles de Combreux mort en 1871 presque\ncentenaire et dont plusieurs d'entre nous conservent le souvenir. Or,\ncelui-ci avait fort bien pu connaître Mlle du Moulin, marquise de\nCombreux, morte en 1784 et Par e^e entendre parler de Lully comme\nd'un ascendant immédiat. Le même raisonnement chronologique peut\ns'appliquer à Madame la comtesse Greffulhe douairière, née en 1824, et\ndont la grand'mère, la marquise Dessolles (1777-1852) avait, elle aussi,\nconnu Mll6 du Moulin de Combreux. Nous ne sommes donc pas si loin\ndu surintendant de la musique du Grand Roi !\nSuivons encore l'arbre généalogique, nous arrivons aux familles de\nLarochefoucauld d'Estissac et Greffulhe, descendants directs des du\nMoulin de Combreux, et nous passons enfin aux d'Arenberg, de l'Aigle,\nde Vogué, Borghèse... Tout l'armoriai de France et le Gotha lui-même\nse rattachent ainsi à J.B. de Lully. Et il n'échappera point à ceux de nos\nlecteurs qui sont familiarisés avec la vie musicale de Paris, que, sur ce\nmême tableau de la descendance multiple du grand musicien, se rencon-\ntrent, venant de deux côtés différents, les noms illustres de Riquet de\nCaraman et de Greffulhe si heureusement réunis aujourd'hui en la\n\n1 Cette fortune circule sans doute entre les mains des descendants de Lully. Mais que sont devenus\nles souvenirs artistiques qui figurent dans ces inventaires, les partitions, les livres imprimés et manuscrits\nde musique, et surtout les tableaux :le portrait de Lambert, celui de MUe Hilaire, celui enfin de M. et Mm« de\nLully, peints sur toile. Probablement enfouis en quelque province !\n2 II y avait trois branches de ces Picot. Les Picot de Combreux, dont nous parlons. Les Picot de\nDampierre, dont un descendant, le général comte de Dampierre s'allia avec sa cousine au onzième degré,\nMarie Anne de Combreux, à la fin du XVIIIe siècle. Enfin les Picot de Moras. C'est à ces derniers qu'il faut\nrattacher le comte de Moras, qui se fait accorder l'entrée gratuite à l'opéra en 1789, comme \" de la famille de\nLully\" (Arch. Nat. Ol 635.) Je suis heureux de remercier ici le comte de Moras, d'Hazebrouck, et M. de\nSailly, de la bienveillance qu'ils ont mise à m'aider dans mes recherches."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.57", "texte": "52\nS. I. M.\n\npersonne de la présidente des Grandes Mme la comtesse\nGreffulhe, née de Caraman-Chimay. Comme si la musique avait tenu à\ndonner ici un ingénieux exemple de prédestination artistique !\nMais j'ai hâte d'arrêter ces recherches d'archives, qui nous ont\nentraînes si loin du cercle habituel de la musicologie, et qui ont imposé\na nos lecteurs quelques pages assurément bien arides. Mon but était de\nreplacer Lully dans le milieu de gentilhommerie où il s'est trouvé dès sa\nvenue en France, dont il n'a pas dérogé, et où les siens se sont établis\naprès lui. Le Florentin avait gagné ses titres de noblesse sur le ehamp\nd honneur de 1 art musical, et au milieu de luttes répétés, où les destinées\nde notre patrimoine artistique furent en jeu. Son effort et son triomphe,\nsa fortune, son illustration ont grandi le bon renom de la France, tout\nautant que n'importe quelle action d'éclat, militaire ou civile. Lully\navait tous les droits de prendre place dans l'aristocratie française. Il y entre\npar les grades inférieurs, en qualité de Secrétaire du Roi. Puis il y inscrit\nses enfants. Mais il meurt prématurément et on ne saurait lui faire grief\nd'avoir laissé trois fils de famille incapables, dont les noms s'effacent bientôt.\nSes filles, accueillies par le monde de la robe, continuent la marche en\navant, de ce que Labruyère appelle irrévérencieusement Amphion et sa\nrace. Le Chevalier de Francine, le marquis de Combreux, le comte de\nSourches, voici déjà la troisième génération en bonne place dans le\nd'Hozier. On sait le reste, et l'on ne m'en voudra pas d'avoir relié, par le\nfil un peu gros de ces articles, une hérédité dont l'histoire ne se souvenait\nplus.\n\nJ. Ecorcheville."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.58", "texte": "LASSUS (A. DE). — La T(Delagrave, in-8°).\nUn auteur dramatique justement réputé, célèbre conféren-\ncier, a écrit l'histoire de la société nommée : \" la Trompette \"\nen ajoutant en sous-titre : \" Un demi-siècle de Musique de\nChambre. \"\nSi \" La Trompette \" n'était fort connue, M. Augé de Lassus\neût établi sa renommée.\nRien que la durée de son existence prouve sa vitalité.\nSeule, la Société Vocale du Conservatoire l'emporte en\nlongévité.\nLes causes de ce succès durable sont : la nature de cette\nSociété qui n'en est pas une ; les règles curieuses, bizarres même,\nmais si raisonnables au fond qui régissent les adeptes ; la conser-\nvation pieuse des belles traditions d'art ; le renouvellement de la\nphalange qui fait entrer dans ses rangs les enfants ou les petits\nenfants des premiers tubicoles.\nLemoine, après avoir créé la Trompette, a voulu que les\ncordes instrumentales servissent de liens aux hôtes de son salon ;\nce fut la naissance de la cordialité tubicole.\nM. de Lassus chante et justement exalte l'œuvre et la pensée de Lemoine. Il commence\npresque comme un homérique poème : \" Je chante ce héros.... \"\nJe ne veux pas faire de citations ; ce serait déflorer le livre ; l'auteur, comme pour une\nconférence, fait défiler en des projections lumineuses et nettes tous les maîtres compositeurs\nd'autrefois ou d'aujourd'hui, tous les exécutants qui ont vu briller leurs noms sur les pro-\ngrammes ; il a évoqué les grands morts ou présenté les vifs.\nT-Ce, avec, çà et là, une louange typique, une critique fine, des anecdotes jolies, émues ou\ndrôles qui vous condamnent à la lecture forcée.\nEt ce volumineux volume semble bref.\nNul, on peut l'écrire, de ceux qui ont marqué dans la musique, n'a manqué de se\nproduire chez Lemoine ; parfois même c'est le Tribunal des Tubicoles qui a commencé telle\ncélébrité.\nIl est un point que je veux mettre en valeur ; c'est le choix des musiques rares ou\noubliées sur les programmes. Pendant des années, ceux-ci ont servi de modèles en France où\nles grands concerts ont puisé des idées, dans le monde qui a été attentif aux ingénieuses\nrecherches, aux accouplements comparatifs d'oeuvres.\nC'est à Lemoine toujours et à son entour érudit que sont dues les trouvailles.\nCe groupe d'érudits que le Tubicole en chef a réuni et uni a des devoirs envers sa"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.59", "texte": "54\nS. I. M.\n\nqui, toujours vivante après cinquante-deux ans, verra de longs jours et de beaux soirs.\nSa caractéristique de naguères fut un criticisme profond et même sévère.\nLes nouveautés pénétraient, mais après l'homologation des jugements.\nCésar Franck avait, un soir, tenu le piano dans l'exécution de son immortel Quintette.\nL'audition avait provoqué des applaudissements dont le nombre n'égalait pas (loin de là !)\nla qualité.\nLe génial visionnaire me prit par le bras pour sortir de la salle et me dit : \" J'ai obtenu,\nn'est-ce pas, un immense succès ! \"\nIl avait grossi les bruits approbateurs, senti venir la victoire, et entendu, dans les bravos\ndiscrets, clamer le triomphe.\nLe public actuel de la Trompette est d'une haute culture, comme jadis ; mais plus jeune,\nil est plus chaleureux ; Hayot et Salmon, dignes d'être les aides de Lemoine, apportent leur\nconviction ardente ; leur incomparable quatuor vibre avec son quadruple cœur au milieu d'un\nauditoire émotif que tout artiste brûle de conquérir.\nUn Tubicole Allemand, père d'une adorable pianiste, enlevée pour jamais aux siens et à\nla Trompette, sa deuxième famille, appelait les Tubicoles le groupe le plus érudit de France.\nEn répétant ce dire, je laisse à ce juge la responsabilité des termes.\nA Lemoine qui, parmi les aviateurs planant dans les régions transcendentales et mathé-\nmaticiennes, est nommé \" l'lllustre \" ; qui compose, avec les raisonnements et les nombres,\nune esthétique presque inaccessible ; mais surtout au Lemoine, Père de la Trompette, je dis\nmon admirative amitié et signe : un trompettiste de l'avant-deuxième heure.\nPAUL R. DE COSTAL.\nGLASENAPP (Carl-Friedrich). Das\n(Leipzig, Breitkopf und Haertel, 1905 et suiv.).\nLa biographie de Wagner par M. Carl-Friedrich Glasenapp est devenue classique, dans\nle monde musical, au même titre que les grands travaux de Spitta sur Bach, de Chrysander\nsur Hasndel, de Thayer-Deiters sur Beethoven, de Jahn sur Mozart, etc.\nDepuis de longues années, avant la mort même de Wagner, qu'elle parut pour la\npremière fois, cette biographie est allée sans cesse en augmentant. En 1882, sa seconde édition\nne comprenait que deux volumes. Sans cesse modifiée et refondue, elle fut reprise entièrement\nà partir de 1895, et depuis lors, des six volumes annoncés, les cinq premiers ont acquis un\ncertain nombre d'éditions.\nCette 4e-5® édition se présente aujourd'hui en cinq gros volumes grand in-octavo, qui\nsont le plus riche arsenal de faits et de dates qu'on puisse rêver sur la vie d'un artiste. Rédigés\navec les documents les plus divers et généralement les plus sûrs, avec l'aide même de ces\nfameux mémoires {Ma Vie)qui viennent de paraître, TV com-\nprend, jusqu'à présent, cinq périodes: 1813 à 1843, des origines au retour en Allemagne,\naprès le premier séjour à Paris ; de 1843 à 1853, c'est-à-dire la période de Dresde, et les\npremières années d'exil, après la Révolution de mai 1849 ; de 1853 à 1864, c'est-à-dire\nl'époque où, toujours en exil, Wagner compose en partie sa Tétralogie, et Tristan, l'époque de\nTannhauser à Paris ; de 1864 à 1872 enfin, ou, comme l'indique lui-même M. Glasenapp :\n\" de Munich, par Triebschen, à Bayreuth. \"\nLe volume que nous promet encore M. Glasenapp nous conduira jusqu'à la mort du\n\" réformateur \", en 1883.\nCes 2500 pages compactes, où l'on peut heureusement s'orienter, grâce à d'excellents"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.60", "texte": "LES LIVRES\n\n5 5\n\nindex, ne sont pas d'une lecture courante, et le but de leur auteur n'a certes pas été la\ndistraction et l'amusement du lecteur. Cette biographie est surtout un recueil de faits et de\nreferences précises. Cependant, en ce qui concerne la partie parisienne de la vie de Wagner,\nque nous avons examinée avec quelque attention, nous désirerions souvent plus de\ndétails, qui sont donnés avec un luxe parfois exagéré lorsqu'il s'agit d'autres périodes de la vie\nde Wagner.\nCela tient sans doute a ce que l'éminent professeur de Riga n'a pas suffisamment dirigé\nses investigations de ce côté. C'est ainsi, par exemple, que nous ne trouvons cité nulle part\nun ouvrage indispensable à qui veut étudier Wil'ouvrage de M. G. Servières\nsur ce sujet. On y chercherait en vain aussi, le titre de telle ou telle brochure parisienne, celle\nde M. Ed. Drummont, par exemple, parue en 1869. Peut reprocher aussi, à l'œuvre\nmonumental de M. Glasenapp, de ne pas être exempt de tout parti-pris de glorifier son héros.\nJ.-G. PROD'HOMME.\nPEARSON (P.). Psycho-Harmonial Phîlosophy, based upon the musical scale. (The\nharmonial publishing Company, Ponça City, U. S. A., in-8° de 270 pp., $ 3.50.)\nCet essai de Philosophie Psycho-Harmonique basé sur la gamme musicale semble au\npremier abord être un ouvrage de pure musicologie. Sur la première page, le titre de l'ouvrage\nne s'inscrit-il pas au moyen de notes figurant assez bizarrement les lettres sur des portées ?\nMais ce ne sont là que de simples extériorités. Au fond il s'agit surtout d'un exposé d'une\nphilosophie qui doit nous conduire au \" Temple de la Sagesse. \"\nPar exemple, les titres sont tous éminemment musicaux. L'ouvrage complet comprendra\ntrois volumes et chacun d'eux est une \" Octave. \" De plus, chaque chapitre est placé comme\nsous l'invocation d'une tonalité particulière, depuis majeur jusqu'au ton de Mais je dois\najouter que ces correspondances ne sont pas toujours faciles à deviner.\nLe chapitre XII, intitulé \" Le cercle chromatique \", est le seul où la question musicale\nsoit un peu plus nettement abordée.\nVoici, nous dit l'auteur (p. 233), ce que prouve ce chapitre. Les lois de la nature sont\nfondées sur la géométrie. Le plan général du monde est en parfaite conformité avec la\ngéométrie et les mathématiques. Les emblèmes maçonniques, équerre, triangle, compas et fil\nà plomb marchent la main dans la main avec la géométrie, les mathématiques et LA MUSIQUE.\n\" L'équerre, le triangle et le compas sont des figures géométriques basées sur les lois de la\nmusique... \" \" La modulation en musique est l'image du fil à plomb qui oscille entre l'har-\nmonie et la dissonance, recherchant le point d'équilibre où elles seront réunies en une\nhomocentrique polarité. \"\nLe triangle maçonnique a une véritable relation avec la triade musicale de l'accord\nmajeur le compas maçonnique se rapporte aux accords mineurs, et lorsque l'équerre et\nle compas sont placés comme il convient sur l'autel géométrique de l'harmonie, l'équerre\nmarque les accords majeurs et le compas les accords mineurs correspondants (p. 234). Ces\nindications, même sur la figure graphique qui accompagne, ne ressortent du reste pas très\nnettement.\nIl serait cependant fort désirable de posséder très clairement le maniement de ce tableau.\nDans le troisième volume ou \" octave \", on nous promet, en effet, un procédé analogue par\nlequel on reconnaîtra avec certitude quels êtres ou quelles choses (même les aliments) sont en\nrapport d'harmonie ou de discordance avec nous.\nOn voit assez par là que les aspirations de l'auteur ne s'arrêtent pas à de modestes\nrésultats. Et nous devons reconnaître que lorsque un Américain se lance sur un sujet, il"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.61", "texte": "56\nS. I. M.\n\nn'hésite pas à le pousser, jusqu'à ses plus lointaines conséquences. Hélas ! je crains fort que\nnos Vivier, nos Romieu, nos Paul Masson ne se trouvent dépassés, cette fois, d'au moins\ntrente-trois coudées !\nZ.\nBROSSET (Jules). François Giroustl737-1799- (Blois, 1911» in-B°.)\nM. Brosset, organiste de la cathédrale de Blois, est un des rares érudits de province qui\nse laissent séduire par la musicologie. Cette étude est la trentième des monographies qu'il a\nfait paraître depuis une vingtaine d'années et qui toutes nous donnent des documents précis\nsur des musiciens d'Orléans, de Blois et des environs. En 21 pages il n'est évidemment pas\npossible d'épuiser l'histoire de Giroust, avant-dernier surintendant et maître de musique de la\nChapelle du Roi Louis XVI, mais les renseignements sont sûrs et bien présentés. Ils remettent\nau point Fétis et Eitner, et nous montrent une physionomie musicale bien effacée dans\nl'histoire, mais qui eut son moment de célébrité vers 1780.\nWESTARP (Alfred). Bruckner en Allemagne. Du sentiment musical. L'âme des\nneuf symphonies de Bruckner, (Tirages à part du Courrier Musical, du Bulletin de l'lnstitut\nGénéral Psychologique et de la Revue Musicale de Lyon.)\nJ'avoue qu'il ne m'est pas toujours possible de suivre la pensée de M. Westarp dans les\nprofondeurs où elle s'égare. Je lui concède bien volontiers que la musique est avant tout un\nart de sentiment et que, par conséquent, elle doit relever de ce qu'il y a en nous de\nplus intime et de plus spontané. Mais de là à vouloir imposer un art de pure impulsion, qui\nfasse fï de tout appareil traditionnel et formel, il y a loin. Et je me méfie tant des systèmes\nlors même qu'ils ont un aspect libérateur ! Il ne saurait d'ailleurs y avoir que des lueurs dans\nun esprit comme celui de M. Westarp, qui se joue dans l'inconscient. On ne discute pas les\nsentiments, on les subit ou on les rejette.\nPENNEQUIN (Louis). Traduction française de R. A. STREATFEILD :\nMusic and Musicians.(Paris, Falque, 1910) in-8° de 104 pp.)\nTraduction française de STAINER : Music\n(Ibid. 1911, in-8° de 56 pp.)\nNous connaissions l'ouvrage de Stretfeild paru en 1906 et qui traite de Berlioz, Liszt,\nWagner, Verdi, Tschaïkovsky, Brahms, Strauss. C'est un essai de critique musicale fait avec\nimpartialité, et exempt de cette irritation que la critique française apporte si souvent en ces\nmatières. M. Pennequin a donc fait œuvre utile en mettant en bon français ce livre judicieux\net recommandable.\nL'essai de Stainer n'est au contraire qu'une conférence un peu ample, où l'auteur\ndéveloppe des idées générales devant des gens qui en manquent. L Anglais aime particulière-\nment ce jeu des concepts évidents et de tout repos, agrémenté de quelque humour. Je retiens\ncependant le point de vue de M. Stainer : la musique est un art subjectif.\nSTEINFORT (André). Réforme dans récriture musicale ou suppression des clefs.\n(Santiago de Chili, 2 pp. in-fol.)\nCe tableau remplace les clefs par des chiffres romains qui indiquent les registres d'octaves\nsur la portée. Bravo ! Mais je crois que beaucoup de ces réformistes ne tiennent pas assez\ncompte de l'utilité qu'il y a, dans notre notation, à se servir de petits signes cabalistiques,\ncomme les clefs, qui parlent aux yeux plus directement que les signes mathématiques. La"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.62", "texte": "LES LIVRES\nH 7\n\nmusique est affaire d'initiation sentimentale bien plutôt que de raisonnement. Notre notation\nn est guere raisonnable, c est entendu, elle ne cherche pas à l'être. Elle vise à placer devant\nnos yeux une foule de petits personnages à physionomie familière aux initiés, et que nous\nreconnaissions au passage.\nKNOSP (G.) Maria. Une Idylle cf amour en musique. Chopin à Maria Wodzinska.\n(Paris, Costallat, in-8° obi.)\nDernièrement ce petit album écrit par Chopin à celle qu'il avait dû épouser, parut en\nallemand chez Breitkopf. C'est une heureuse idée de l'avoir traduit en français, sans avoir rien\nchange d ailleurs du facsimile original, et les Amis de Chopin (je crois que la Société existe !)\ns'en réjouiront.\nSTERN (Dr. Richard). as mus der Musikstudierende von Herlin wissen ? (Berlin,\n62, Schillstrasse, 2/1910, in 120 de 224 pp.)\nVoici un livre comme seuls les Allemands savent en faire en ce moment. Ce n'est pas\nun Annuaire des artistes commercial et réclamier. On sent bien que le premier soin de\n1 auteur a été de rendre service au lecteur, ami de la musique et étudiant des conservatoires,\net non pas de faire marcher l'artiste bénévole. L'ouvrage comprend d'abord vingt portraits de\npersonnalités musicales en vue, habitant Berlin. Puis deux articles d'introduction ; le répertoire\ndes noms et adresses des professeurs ; les différentes et nombreuses institutions de tous les\ngenres, savantes ou populaires, pratiques ou théoriques, officielles et privées, industrielles ou\npurement artistiques etc... Il y a même une liste étendue des pensions, où l'étudiant peut venir\nse fixer durant son séjour au conservatoire. Ces manuels sont d'excellents agents de propagande\ngermanique à l'étranger. Lorsque le jeune musicien de Bucarest ou de Santiago de Chili jette\nles yeux sur une carte pour savoir où il ira compléter ses études, il hésite. Mais son libraire lui\nglisse un de ces ouvrages tentants, cossus et précis qui le renseignent sur les détails de la vie\nBerlinoise. Son choix est fait. Il ne viendra pas à Paris, dont il connaît cependant la\nrenommée, mais dont il ignore tout le reste. Il se dirigera, muni de son guide, vers la\nHochschule, vers l'Ecole de Scharwenka ou de Stern. Et ceci n'est pas vrai seulement en\nmusique, mais en médecine, en droit, en science, en toute érudition universitaire. L'Allemand\nsait faire campagne, avec méthode, avec sûreté. Aussi ne se plaint-il pas de ce que son art et\nses artistes soient en baisse à l'étranger. Pendant ce temps-là, le Français, né malin, récrimine\nà l'infini et emplit les colonnes de ses revendications. Pugnare fortiter et argute loqui ! Le\nGaulois ne connaît pas autre chose. L'Allemand travaille ; cela vaut quelquefois mieux.\nJ. E.\nMARAGE (Docteur). Petit Manuel de Physiologie de la Voix. (Paris, 14, rue Duphot,\nin-8° de 204 pages. Prix : 10 fr.)\nCe livre est le résumé de quelques leçons de physique biologique, prononcées à la\nSorbonne. L'auteur, dans sa Préface, le dédie spécialement aux auditeurs de ces leçons, et veut\nle considérer comme insuffisant pour les non-initiés. Je crois cependant que tout chanteur\nintelligent, persuadé de la nécessité d'acquérir de sérieuses notions physiologiques, aurait\nbeaucoup d'intérêt à les chercher dans ce volume ; rien n'a encore été écrit de plus précis ni\nde plus démonstratif à ce sujet. Quelques illustrations, en particulier les coupes de la cavité\nbuccale, si habilement schématisées, sont à elles seules un précieux moyen d'enseignement.\nCeux qui feuilleteront le livre par simple curiosité ne s'en repentiront pas non plus,\nqu'ils ne s'effraient pas s'ils rencontrent, au hasard de leur lecture, des phrases comme celle-ci :\n\" on prend la tête d'un chien fraîchement tué, on la coupe en deux parties égales, etc.... \" Il"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.63", "texte": "58\nS. I. M.\n\nne s'agit ici ni de chirurgie, ni de pharmacopée, mais de simples expériences d'acoustique ; et\nl'on trouvera à côté de cela les documents les plus intéressants sur l'analyse et la synthèse des\nvoyelles, sur la photographie de la voix, et le fonctionnement des organes auditifs.\nQu'il nous soit permis en finissant de taquiner un peu M. Marage ; ses affirmations ne\nsont pas toujours des nouveautés, et lorsqu'il nous annonce que la femme se fatigue, en\nparlant, quatre fois moins que l'homme, il fait peut-être soupirer bien des gens, qui n'ont pas\nmanqué de s'en apercevoir avant lui.\n\nLIVRES REÇUS\nLITTLETON (Sir Henry). A Catalogue of one hundred Works illustrating the\nHistory of Music p.rinting....(London, Novello, 1911) in-8° de 38 pp.)\nMIT TAN A (Rafaël). Catalogue des\nde la Bibliothèque de F Université royale d'Upsala.(Upsala, 1911, in-8° de 502 pp.)\nKATALOG ofver Kungl. Musikaliska Akademiens Bibliotek. I 11. (Stockholm,\n1905-1910, 2 vol. in-l2° de 46 ts? 136 pp.)\nMALHERBE (Charles). Auber. (Collection des musiciens célèbres. H. Laurens,\n1911, in 120.)\nCALVOCORESSI (M. D.). Glinka. (Collection des musiciens célèbres. H. Lau-\nrens, 1911, in-120.)\nTHUREN (Hjalmar) & THALBITZER (William).\nReprinted from Madelelser om Gronland, XL. (Copenhagen, B. Luno, 1911, in-40 de 112 pp.)\nLANDOWSKA (Wanda). Bach und die franzoesische Klaviermusik. (Tirage à\npart du Bachjahrbuch de 191 o, in-8° de 12 pp.)\nNORLIND (Tobias). Studier i sven (Lund K. Gleerup, 1911, in-8° de\nxxv + 432 + 16 pp. musique.)\nBRENET (M.). Musique et musiciens de la vieille France. (Alcan, 1911, in-120\nde 250 pp.)\nOMARINI (Enrico). La Riforma di Riccardo Wagner. Conferenza tenuta... in\nNovara. (Novara, A. Merrati, 1911, in-40 de 39 pp. non mis dans le commerce.)\nBOLLETTINO d'elle'Associazione dei Musicologie Italiani. Catalogo delle Bib.\nAmbrosiana di Milano, e del Rs Jnstituto musicale IIIe série Puntata I, et IVe série\nPuntata I. (Parma, in-fol.)\nWAGNER (Richard). Ma Vie,tome I (1813-1342). Traduction française de\nN. Valentin et A. Schenk. (Paris, Plon-Nourrit et Cie, in-8° de 363 pp. Fr. 7,50.)\nBELLAIGUE (Camille). Notes Brèves. (Delagrave, 1911, in-120 de 358 pp.\nFr. 3,50.)"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.64", "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE\nSéance du 20 Mai 1911.\n\nLa Séance est ouverte chez MM. Gaveau & Cie, à 41/2 heures, sous la présidence de\nM. Ch. Malherbe, Président de la Section. Assistaient à cette séance : MM. Ecorcheville,\nProd'Homme, Griveau, Mlles Pereyra & Sauvrezis, Docteur M. Laugier, MM. Gariel'\nRuelle, Chantavoine, Mutin, Mmes Filliaux-Tiger & Wiener-Newton, MM. Bouvet,\nA. Laugier &A. de Bertha. S'étaient excusés : Mlle Daubresse, MM. Raugel & Raymond-\nDuval.\nAprès lecture et approbation du procès-verbal de la dernière séance, le Secrétaire fait part\ndes candidatures suivantes, présentées par Mme Gallet &M. Mutin, et qui sont admises à\nl'unanimité.\nM. Alfred Maury.\nM. A. Agache.\nM. Ecorcheville fait observer qu'il conviendrait sans doute, de demander à nos nouveaux\ncollègues s'ils ne préfèrent pas que leur entrée dans la Société, coïncide avec l'année nouvelle,\nqui commence au 30 septembre. Le Secrétaire est chargé de leur écrire en ce sens.\nLe Président annonce qu'une somme de quinze mille francs a été mise à la disposition\nde la Section de Paris, par un de nos membres qui désire garder l'anonyme, et dans le but de\nfaire une fondation de la Société à la Faculté des Sciences de l'Université de Paris. Voici dans\nquelles circonstances cette donation a été faite. Il y a quelques mois, la maison Pathé offrait à\nl'Université de Paris de fonder un Musée de la Parole, dont elle fournirait les instruments de\ntravail, ainsi que le personnel nécessaire au fonctionnement et à l'entretien de ces appareils,\npendant une période de dix ans. La Faculté des Lettres ayant accepté cette fondation, il fut\ndécidé que les locaux de la Sorbonne réservés à la chimie, et qui seront bientôt inoccupés,\nseraient affectés à cet institut de recherches phonétiques. La Faculté des Sciences, qui possédait\ndepuis longtemps un cours libre de phonétique expérimentale, professé par notre Collègue le\nD 1 Marage eut alors l'idée de reprendre un projet qui lui avait été soumis par nous, il y a\nquelques années, et qui n'avait pas abouti. Ce projet consistait à accepter de la Société Inter-\nnationale de Musique une donation qui permit à la Faculté de donner au cours de M. Marage\nune situation officielle à la Sorbonne. Les négociations furent reprises et menées très vite, car\nil fallait que tout fut conclu avant que le Ministre de l'lnstruction Publique ne vint inaugurer\nle Musée de la Parole, inauguration qui eut lieu le 28 juin. Notre Comité réuni\nd'urgence fut donc amené à prendre des décisions qui ont abouti à l'entente suivante. Une\nsomme de quinze mille francs est entre les mains de la Faculté des Sciences ; elle sera remise\npar annuités de trois mille francs et pendant cinq ans à M. Marage, qui est nommé Charge de\nCours a la Faculté. Le donateur est tout disposé à renouveler cette donation au bout des cinq\npremières années écoulées. Les programmes des Cours de la Faculté devront mentionner que\ncette chaire a été fondée par la Société Internationale de Musique. Sur l'observation de M. le\nVice-Recteur de l'Académie de Paris, le titre du cours, qui était primitivement Cours de\nphonétique biologique sera modifié, d'après les indications de la Section de Paris. Tel est l'accord\nconclu entre la Société et la Faculté des Sciences, que notre Comité soumet à la ratification\nde la Section.\nM. Ruelle fait observer que le titre du Cours doit, en effet, être modifié, et propose la"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.65", "texte": "60\ns. I. M.\n\nrédaction suivante qui est adoptée : Cours de pM. Gariel\nfait observer que la somme de trois mille francs est notoirement insuffisante, pour permettre à\nun professeur de se livrer utilement à des travaux pratiques, et suffire aux dépenses d'un\nlaboratoire. Toutefois, le Dr Marage lui ayant laissé entendre que la Faculté des Sciences\napporterait de son coté un supplément à ce traitement, il se rallie à l'opinion générale.\nLa fondation de la Société est adoptée à l'unanimité.\nLe Président annonce qu'il a assisté à l'inauguration du Musée de la Parole, le 28 Juin,\npar le Ministre de l'lnstruction Publique, comme représentant de notre Société, et que mention\na ete faite de notre fondation dans les discours officiels. Il s'étonne à ce propos du ton peu\nsérieux de certains articles, par lesquels la presse, et en particulier M. Doumic dans le Gaulois,\na accueilli une initiative aussi heureuse pour la musicologie que pour la phonétique.\nLa parole est donnée à M. Ecorcheville pour rendre compte du dernier Congrès de la\nSociété à Londres. (On lira plus loin ce compte rendu). La Section accepte de tenir le prochain\nCongrès de la Société à Paris en 1914.\nLe Président rappelle que cette réunion est la dernière de l'année, et fait des vœux pour\nque nous nous retrouvions tous à la fin d'Octobre prochain. Il ajoute qu'il souhaite vivement,\nque l'année prochaine soit une année de travail actif. Plusieurs motions sont présentées pour\ndonner aux travaux de la Section plus d'efficacité. M. Ecorcheville émet l'idée d'exécutions de\nmusique ancienne, qui n'auraient nullement le caractère de concert, et qui seraient, au con-\ntraire, des travaux pratiques de laboratoire, nous permettant d'entendre un grand nombre\nd'oeuvres d'une même période. Ce laboratoire serait infiniment utile, alors même que les\nexpériences que nous y ferions ne seraient pas toujours réussies. M. Mutin veut bien examiner\nla réalisation pratique de ce projet.\nLe Président prie la Section d'adresser tous ses remerciements à notre Collègue M. Etienne\nGaveau, qui depuis plusieurs années veut bien nous donner une parfaite et si cordiale hospi-\ntalité. Il émet toutefois le désir, que toutes nos réunions aient lieu, comme celle-ci, autour\nd'une vaste table, et non pas dans une salle où le bureau se trouve isolé sur une estrade, et par\nconséquent, séparé des autres membres de la Section, ce qui modifie totalement la physionomie\nde nos Séances.\nLa Séance est levée à 6 heures.\n\nLe Président,\nCharles Malherbe."}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.66", "texte": "LE CONGRÈS DE LONDRES\n\nLes Congrès de musique se suivent et se ressemblent. Réunions\nsavantes, festivités, érudition, toasts, concerts, discours, communications et\nbanquets, l'aspect général est toujours un peu le même, et le congressiste\naffairé se multiplie pour satisfaire aux exigences d'un programme sur-\nchargé, dont il ne peut épuiser la matière abondante. Aussi le véritable\ncompte rendu d'une semaine comme celle que nous venons de passer à\nLondres demanderait-il la collaboration d'un grand nombre de nos col-\nlègues. Il m'a été, je l'avoue, impossible de tout voir, de tout entendre,\nde prendre ma part de tout, comme je l'aurais voulu.\nLes organisateurs de cette grande avaient devant eux un pro-\nblème assez délicat. Il leur fallait concilier les droits de la science inter-\nnationale, les nécessités d'une manifestation, qui tenait à être nationale et\nmusicale et enfin les devoirs de cette fastueuse hospitalité qui est de\ntradition en Angleterre. Le plan fut de réserver les matinées aux travaux,\nde vouer les après-midis aux concerts, et d'abandonner les soirées aux\nréceptions. Le résultat fut de rogner un peu la part de communication,\nmais de nous donner une vue d'ensemble de la musique anglaise à travers\nles âges, et une opinion reconnaissante de la cordialité et du confort\nanglais. Certains s'en sont alarmés et auraient souhaité moins de sonates,\nmoins de Champagne et plus de lectures, sans songer combien il est diffi-\ncile de répondre aux obligations multiples et légitimes d'un congrès de\nmusique, et qui plus est d un congres d une Société comme la notie.\nCar nous sommes une Société, et, de ce fait, nous avons des devoirs"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.67", "texte": "6 2\nS. I. M.\n\nsociaux, une mission sociale à remplir. Un congrès comme celui de Paris\nen 1900, ou comme celui qui s'est tenu cette année même à Rome ne\nréunit que les éléments individuels, qui se dispersent aussitôt après, et qui\nmême durant leur réunion, manquent souvent de cohésion bénévole.\nCertaines séances du congrès de Paris l'ont assez montré. Une Société\nInternationale qui compte des membres dans toutes les parties du monde,\net qui les prie de se grouper, sur l'invitation d'une Section régionale,\nofficiellement constituée, reconnue par le pays auquel elle appartient,\nreprésente tout autre chose. Ce n'est plus ici affaire du hasard, ou de la\ncuriosité archéologique. L'intérêt qui s'attache à une manifestation de ce\ngenre est général et public. C'est ce que beaucoup de nos confrères,\ndevenus aujourd'hui nos collègues, n'avaient pas compris jadis lorsque\nl'Allemagne la première prit l'initiative de ce groupement universel.\n\" Laissons chacun faire à sa guise disait-on vers 1899, ne nous enrégi-\nmentons pas ! N'allons pas prendre notre mot d'ordre ici ou là ! \" Il n'y\na pas trois ans que j'entendais encore ces arguments individualistes à\nBruxelles, où aujourd'hui la Section Belge montre une admirable activité.\nEt, à Paris même, combien d'entre nous ont hésité, avant de se rendre à\nl'évidence, avant de saisir toute la valeur de l'idée d'association. Le Con-\ngrès de Londres, plus encore que celui de Vienne, a marqué le triomphe\nde l'entente internationale et régulière.\nCertes on pourra fonder encore telle ou telle entreprise particulière\nen histoire musicale. Un érudit, un éditeur, un homme de bonne volonté\nou un simple arriviste, pourra faire preuve d'une louable activité. Mais\nces efforts épars tendront toujours, et de plus en plus, vers le grand centre\nde l'action commune : ils seront emportés, par la logique même de leur\ndéveloppement, vers les faisceaux d'études et d'efforts que représente une\nSociété comme la nôtre. Nous avons vu la preuve de cette loi fatale, à ce\nCongrès même et l'ltalie nous en a fourni l'exemple. Animée d'un beau\nzèle, notre sœur latine voulut, il y a quelques années, organiser ses\nrecherches historiques en musique. Mais craignant de mécontenter un\nnationalisme toujours en éveil, elle eut l'idée de se rattacher à la Société\npar un lien si mince qu'il fut presque imperceptible de l'autre côté des\nAlpes. Et elle s'appela l'Association des Musicologues Italiens. C'était son\ndroit. Mais cette indépendance a ses dangers ; elle rend la situation de la\nmusicologie italienne assez délicate, chaque fois qu'il s'agit de prendre\nplace dans une manifestation collective, et de s'associer à l'une de ces"}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.68", "texte": "LE CONGRÈS DE LONDRES\n63\n\nvastes entreprises qui ne peuvent être menées à bien que par l'entraide\ninternationale. Les délégués italiens ont été les premiers à sentir toute la\nfausseté de cette attitude, qui veut bien profiter de l'internationalisme,\nsans en arborer courageusement le drapeau.\nL'Angleterre au contraire, pays d'union s'il en est, eut de suite l'in-\ntuition de cette vérité qu'à une Société, convenait avant tout une récep-\ntion sociale. M. Balfourse trouva à la tête d'un comité de lords et de\nduchesses pour nous faire les honneurs de la séance d'ouverture. M. Lit-\ntleton, chef de la maison d'édition Novello, nous reçut splendidement dès\nnotre arrivée. Le Lyceum Club invita nos dames. Le Lord Maire nous\ncombla à Mansion House.La Worshififu nous traita\nmagnifiquement au nom de la Cité, le Daily Télégraphe au nom de la\nPresse. Enfin, pour la première fois un banquet d'un caractère non poli-\ntique fut donné à la Chambre des Sous la présidence du\nMinistre, Lord Beauchamp, cette innovation, j'aillais dire cette déroga-\ntion, était faite en l'honneur de la musicologie continentale reçue par\nl'Angleterre en délégation officielle.\nPassons à la musique. C'est, en tout congrès de ce genre, une redou-\ntable difficulté. Un congrès d'érudition pure, ou même de science appliquée\nn'a recours qu'à des discussions. Un congrès de musique doit contenter les\noreilles. Et les auditions sont obligatoires. A Londres elles prirent une\nlarge, très large place, et furent exclusivement réservées à l'art anglais.\nJe ne m'en étonne pas. La musique anglaise jouit, depuis cent ans, d'une\nassez mauvaise réputation pour se piquer, en ces circonstances d'un peu\nde chauvinisme. Elle avait une revanche à prendre. Et jamais plus belle\noccasion ne pouvait lui être offerte puisqu'elle s'adressait à des gens venus\ntout exprès pour lui rendre visite. Que l'on ne dise pas que l'internationa-\nlisme commandait ici une autre attitude ! Le principe même de notre\nSociété repose sur l'autonomie des Sections et l'exemple que vient de\ndonner la Section anglaise est la meilleure preuve que l'individualisme est\nparfaitement sauvegardé dans notre œuvre. Cette affirmation du nationa-\nlisme au sein d'un groupement international a quelque chose d'infiniment\nséduisant, pour les esprits amis de conciliation.\nCe qui ne veut pas dire que cet exemple doive être suivi par tous\nles pays qui nous recevront en temps de congrès ! En Allemagne, en\nFrance, en Italie, une pareille exclusion ne se légitimerait pas. Mais\nl'Angleterre musicale, avait tant à nous dire, qu'il lui était presque impos-"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.69", "texte": "64\nS. I. M.\n\nsible de laisser la parole aux autres nations. La musique nous a donc suivis,\nprécédés et accompagnés durant tout ce congrès, tantôt à St. Paul et à\nl'église de Westminster, tantôt au Queens Hall, à l'Aeolian Hall, et même\nà l'Université. Sans compter les réceptions proprement dites, où il n'était\npas toujours très aisé de la goûter.\nNous avons eu deux concerts de musique d'église ancienne, deux\nconcerts de musique d'orchestre ancienne et moderne, deux concerts de\nmusique de chambre, un concert de musique chorale, plusieurs auditions\nde musique militaire, un trio d'hommes a capella, et diverses manifesta-\ntions dues à la collaboration de solistes et d'un petit orchestre de chambre.\nEn tout un peu plus de i 50 œuvres, dont beaucoup duraient dix minutes,\nmais dont certaines, comme la deuxième symphonie d'Elgar, avaient\nl'importance de ce que nous connaissons de plus grand. Les œuvres an-\nciennes ne dépassaient pas le XVIe siècles. Elles s'étendaient spécialement\nsur l'époque des madrigalistes et des virginalistes qui commencent à\nreprendre dans l'histoire la place éminente qu'ils méritent, et que le\ngrand public va bientôt leur réserver.1 Peut-être aurait-il convenu de\nremonter un peu plus loin et j'attendais Dunstaple et Dufay. Je pensais\nque l'Angleterre aurait voulu donner raison à la thèse de notre collègue\nLederer, qui veut que la polyphonie soit d'origine celto-anglaise. Mais le\ntemps manqua pour nous montrer tant de chose. Il fallait nous présenter,\nce que pour ma part j'étais impatient de connaître, l'école symphonique\nanglaise de 1650, dont on dit merveille, mais que personne encore sur le\ncontinent n'a eu l'envie de restaurer. Ici aussi j'ai été un peu déçu. Les\nprogrammes ont généralement sauté de la reine Elizabeth à la Restaura-\ntion, c'est à dire de Bull à Purcell. Seuls les Grocers eurent l'intuition de\nce qu'il fallait faire. Un excellent petit orchestre conduit par M. Payne\nnous a présenté les Monthsde Christoper Simpson (1610-1677) encadres\npar des Suites de Johnson (1540-1626), de Blow (1648-1708), par la\nCoronation Music de Locke (1630-1677) et par Fancies de R. Deering\n(1570-1630). Ce jour là nous avons vraiment appris du nouveau, et nous\navons fait provision d'enthousiasme.\nParmi ces écoles différentes et au milieu de ces styles divers un grand\nartiste se dégage, c'est Henry Purcell (1658-1695), homme de tout pre-\n\n1 Je ne voudrais pas oublier ici les séances de madrigalistes anglais du XVIe que notre collègue Bouvet a\ndonné il y a deux ans déjà, à la Section elle-même, ni l'utile propagande faite en faveur des virginalistes par\nMme Landowska, tout dernièrement encore aux Amis de"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.70", "texte": "AU CONGRÈS DE LONDRES\n\n1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11\n1. Prof. Friedlaender (Berlin). 2. J. Ecorcheville. 3. O. Sonneck (Washington).\n4. Scheuerleer (La Haye). 5. Cirillo (Mexique). 6. C. de Roda (Madrid).\n7. Prof. Sandberger (Munich). 8. Prof. Kretzschmar (Berlin). 9. Sir Hubert Parry\n(Londres). 10. Ex. Tchérinissov (Russie). 11. Sir Alexander Mackenzie (Londres).\n\n1 2 3 4 5 6 7 8 9\n1. Prof. G. Adler (Vienne). 2. Ex. Tchéreminissov (Russie). 3. A. Hammerich (Copenhague).\n4. Calvocoressi (Athènes). 5. Sir V. Stanford (Londres). 6. Dr. Cummings (Londres).\n7. Prof. Barini (Rome). 8. Fedeli (Rome). 9. E. Ergo (Anvers)."}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.71", "texte": "UN GROUPE DE DAMES\n\nSUR LA TERRASSE DE WESTMINSTER\nE. von Eisenhof\nEarl of Beauchamps Prof. Kretzschmar\nSir H. Parry et le Frof. Adler"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.72", "texte": "LE CONGRÈS DE LONDRES\n65\n\nmier plan et d'une extrême originalité. Il est temps de faire sortir Purcell\nde la musicologie, et de lui donner une place d'honneur dans la musique.\nHaendel doit se serrer un peu (si cela est possible à cet individu débor-\ndant) et ne point masquer à nos yeux un homme auquel il doit une bonne\npart de ce qu'il est. Qui a entendu les fragments de Dtdo and Aeneas,\nchantés à Londres par la voix admirable de Mme Muriel Foster, ne peut\nplus admirer sans réserve le éMessie. Car Haendel devient, de plus en plus,\nle truculent vulgarisateur, qui n'a retenu de l'art de son temps que ce qui\npouvait s'adapter aux masses populaires et faire effet sur le million. Mais,\nchez Purcell, quelle variété, quelle nuance de la pensée toujours renou-\nvelée, quel soin à éviter cette mise au point définitive qui fit vieillir si\nvite l'opéra du XVIIIe siècle ! Ne privons pas plus longtemps nos\nconcerts de la collaboration de ce grand artise.\nEt que dire de la musique anglaise moderne, c'est à dire de celle\nqui, s'appuyant sur Mendelssohn et Brahms, s'achemine vers Debussy ?\nFaut-il reconnaître qu'elle est dans une période d'efforts vigoureux et\nqu'elle travaille à son renouveau avec une énergie sauvage ? De Sullivan\nà Edward Elgar, en passant par E. German et l'humoriste Hubert Parry,\nla musique anglaise donne l'impression d'un gigantesque laboratoire où\nchacun s'efforce de découvrir le génie, avec cette patience méthodique,\nque donne l'habitude des sports. Certains, comme MM. Mackenzie, et\nStanford et V. Williams, essaient avec ingéniosité du folklore. D'autres,\ncomme M. Elgar se lancent à corps perdu dans la musique pure. D'autres,\ntel Holbrooke, Davies se confient au lyrisme byronien, si particulièrement\nanglais. D'autres encore s'emparent du poème descriptif, comme M. W.\nWallace, H. Bell, H. Cowen ou de l'opéra comme Mme Ethel Smith.\nEnfin la musique de chambre offre à MM. Frank Bridge, Bax, Bath,\nO'Neil, Walker, Me Ewen, Cyril Scott, B. Dale, Hinton, Walthew,\nQuilter ou Bowen un champ vaste, où ils se plaisent à jouer une partie\neffrénée. Certes, ce n'est pas l'entraînement qui manque à la musique\nanglaise, ni l'habileté professionnelle ! Le premier mouvement de la\nSonate pour piano de M. Arnold Bax dure à lui seul trente-cinq minutes.\nMais notre oreille française, facilement irritable, et si dédaigneuse, il faut\nbien le dire, se trouve ici un peu désorientée par la confusion des styles.\nEn France la musique, et la critique qui la soutient, paraissent être une\nforme de la combativité agressive qui, à la suite de nos trépidations poli-\ntiques, s'est emparée de toute la nation. Nous faisons toujours de la musi-\n\n5"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.73", "texte": "66\nS. I. M.\n\nque contre quelqu'un et il y a du Cambronne dans l'air à toutes nos\nauditions. Là-bas rien de cela. La musique est accueillante au lieu d'être\néjective. Elle coule avec abondance, mais sans heurter les manières qui\nconviennent à des gentlemen. Jamais cette cruauté, cette apacherie, qui\ndéchire nos sonates et qui rend nos moindres mélodies corrosives. Peu à\npeu cependant les Anglais, par des moyens peut-être encore factices,\ncréent en eux ce besoin de musique, qu'ils n'ont connu depuis longtemps\nque comme consommateurs, et qu'ils voudraient éprouver à l'état de pro-\nducteurs. Mais qu'ils prennent garde ! La musicalité d'un peuple corres-\npond presque toujours à un état de malaise général, à une période de\nSturm und. Dranget d'exaspération. Peut-être M. Lloyd George sera-t-il\nl'agent provocateur de la musique anglaise.\nOn voit combien le congrès nous entraînait loin des horizons paisi-\nbles de la musicologie. Les communications nous y ramenaient, et, chaque\nmatin l'Université se trouvait envahie par une foule attentive, où souvent\nles élèves avaient leurs maîtres pour auditeurs. Malheureusement on ne\npeut passer sous silence un défaut d'organisation, dont le Vice Recteur de\nl'Université eut le triste courage de venir s'excuser, et qui restera comme\nune dissonance non résolue dans ce concert d'internationale harmonie. On\navait réparti toutes les sections de travail, dans deux grands bâtiments\nprovisoires où elles se trouvaient séparées par des petits paravents. Les\nvoix de tous les conférenciers formaient une polyphonie intolérable, à\nlaquelle se joignait celle des moineaux, nichés dans ces hangars ; et, il\nétait matériellement impossible, au milieu de ce charivari, de suivre aucune\nlecture avec fruit. Comment? L'Université de Londres n'est-elle pas assez\ngrande pour qu'on puisse y trouver sept ou huit pièces confortables et\nsilencieuses, et les réserver à un congrès qui s'appuie sur un fond de\ngarantie de 250,000 frs. ? Ce faux pas aurait du être évité. Pour ma part\nj'ai profité de ce malheur en me trouvant dispensé d'assister à ces lectures\nmatinales, et me réservant de les lire en toute tranquilité lorsqu'elles paraî-\ntront en volume. Il y en avait quatre-vingt, répartis sur un grand nombre\nde sujets d'histoire, de folklore, d'acoustique, de lutherie, d'esthétique, et\nde sujets divers suivant les préoccupations de chacun d'entre nous. Une\nméthode et des vues générales n'avaient point présidé à leur envoi. Et\nc'est peut-être regrettable. Certains souhaiteraient que des grands courants\ns'établissent et précèdent nos congrès, donnant une direction à nos efforts\net un but à nos discussions. Mais ce vœu, je le sais, restera platonique et"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.74", "texte": "LE CONGRES DE LONDRES\n67\n\npeut-être serait-il dangereux de porter atteinte à la spontaniété de nos\ncommunications en leur imposant la discipline d'un programme commun.\nLes lectures, à mon avis, doivent être considérées comme un apport\nindividuel et les recherches collectives doivent être réservées aux\nsions, Peu à peu, depuis le congrès de Baie, cet organisme des commissions\ns'est implanté dans notre société. Il y est devenu nécessaire. La commu-\nnication permet à un érudit de lancer une idée personnelle devant un\npublic nombreux, la commission s'applique à chercher des réalisations\npratiques. Elle travaille à huis clos, ce qui facilite infiniment la mise au\npoint de projets. Et elle peut préparer d'une façon continue des décisions\nque les congrès sanctionnent. Le travail des commissions a été particulière-\nment fécond à Londres.\nJe ne dirai rien du Conseil d'Administration de la Société, dont le\nprocès verbal paraîtra dans nos Bulletins Internationaux, mais les com-\nmissions du Corpus, de la Bibliographie, des Tablatures, et de l'lcono-\ngraphie sont des rouages trop utiles pour ne pas insister sur leur mérite.\nC'est sur elles à mon sens, que s'est concentré l'intérêt musicologique du\ncongrès.\nLa commission du Corpus Scriptorum instituée\npour la réédition modernes des traités de théorie musicale du moyen âge\nest une œuvre colossale, à laquelle notre éminent collègue le professeur\nGuido Adler de Vienne a consacré son inlassable activité. La bibliographie\nen est déjà préparée, achevée même en certaines parties de l'Europe. J'ai\neu le plaisir d'annoncer à Londres que la France allait avoir terminé\nsa tâche dans quelques semaines, grâce à l'intervention généreuse de\nMme Pierre Aubry, et qu'il ne resterait plus que les bibliothèques de\nParis à dépouiller, ce qui est réservé à un effort ultérieur. Chacun des\ndélégués rendit compte de sa mission, et lorsque le procès verbal de ces\nséances sera rendu public, la musicologie apprendra d'heureuses nouvelles.\nLa commission de bibliographie, après avoir courageusement travaille,\navait vu ses collaborateurs se relâcher. Notre collègue de Berlin le Dr.\nWolffheim lui a redonné tout son courage en déclarant prêt à assumer\npersonnellement les frais d'édition de ses travaux. Après discussion entre\nMM. Springer (Berlin) président, Barclay Squire (Londres) Wolffheim\n(Berlin) Sonneck (Washington) et moi-même, il a été décidé que la\n\n1 Je crois que c'est notre collègue Knosp, qui le premier, vers 1905, avait l'idée d'une commission perma\nnente pour la musique exotique. Cette innovation ne fut pas goûtée."}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.75", "texte": "68\nS. I. M.\n\ncommission collaborerait à la publication d'un répertoire annuel conçu\ndans le même esprit que celui d'Ulysse Chevalier pour le moyen âge. Ce\nrépertoire sera bio-bibliographique, et en principe, n'indiquera que les\nsources. Son but est d'offrir au lecteur un dépouillement de tout ce qui se\npublie en musicologie, et de former annuellement une sorte de Supplé-\nment au Quellenlexicon d'Eitner, tenant ainsi l'érudit au courant. Il ne\nsera imprimé qu'au recto de la page, permettant de découper et de mettre\nsur fiches cette précieuse documentation.\nUne même pensée a provoqué la formation d'une\ngraphie musicale, due à l'initiative de notre collègue M. Scheurleer de La\nHaye. Il s'agit ici de recueillir et mettre sur fiches toutes les indications\nqui ont trait à la représentation par l'image, la sculpture, l'objet d'art,\nd'une scène musicale, ou d'un instrument de musique. Nous avons déjà à\nParis la collection de photographies si libéralement mise à notre disposi-\ntion par Mme Aubry et qui s'est considéralement accrue cette année. Mais\nle projet Scheurleer ne vise qu'à la bibliographie, et ses fiches seraient\nimprimées et multipliées par les soins de M. Scheurleer et à ses frais.\nC'est donc encore là une généreuse initiative qui va doter notre société\net la musicologie d'un excellent instrument de travail. Un jour viendra\noù ces fiches jointes aux photographies qu'elles auront rendu possible,\npermettront d'établir des monographies historiques de nos instruments et\nde donner aux directeurs de nos musées l'enseignement dont ils ont si\nsouvent besoin.\nEnfin la commission des tablatures, dont je suis heureux d'avoir\nprovoqué la formation, il y a quatre ans, a pu constater que ses travaux\navançaient sûrement. J'ai moi-même rendu compte dernièrement à notre\nsection de cette marche en avant et exposé l'état très satisfaisant de notre\nbibliographie, la rédaction définitive d'un règlement de transcription des\ntablatures de luth, (d'après lequel s'est fait le dernier volume des Denk-\nmaeler autrichiens) et enfin la perspective de pouvoir publier dans quel-\nque temps une bibliographie de cette littérature. A Londres le professeur\nJohannes Wolf, et MUe Alicia Simon ont remis la fin du dépouillement\nbibliographique des bibliothèques de Berlin, et en rentrant en France j'ai\nreçu de notre collègue Dolmetsch un volumineux paquet de fiches prove-\nnant du dépouillement de sa collection particulière.\nComme on le voit, le travail a été utile et profitable pendant ces\nhuit jours de Londres, et personne ne nous accusera d'avoir mal rempli"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.76", "texte": "LE CONGRÈS DE LONDRES\n6g\n\nle mandat qui nous était confié. Toutes ces résolutions, ces bonnes\nvolontés, ces enthousiasmes pour la cause de la science ne seront pas\nvains. Il est impossible qu'un foyer d'aussi ardente propagande n'échauffe\npas le public des tièdes et des indécis. Après l'éclat des fêtes de Vienne,\nl'accueil officiel qui nous a été fait en Angleterre, pays de tradition et\nde protocole, nous donne droit de cité définitive dans l'érudition univer-\nsitaire, d'où la musique était exclue depuis le moyen âge. Ce que des\nefforts individuels s'étaient vu refuser, le groupement d'une société l'a\nobtenu.\nEt maintenant c'est à la France, désignée pour le prochain congrès\nde 1914, à recevoir dignement la Société Internationale de musique.\nC'est à Paris que revient le difficile honneur de ne pas faire regretter\nBâle, Vienne et Londres ! Que nos collègues, que nos lecteurs, que tous\nceux qui se piquent de sympathie pour la musique et d'intérêt pour la\ntâche que nous avons entreprise depuis douze ans, déjà, s'apprêtent à\ncollaborer à cette solennité et à préparer la venue de ces laborieuses\njournées.\n\nJ. Ecorcheville."}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.77", "texte": "LIBRAIRIE CH. DELAGRAVE 15, RUE SOUFFLOT, PARIS\nVient de\nLa Trompette\nUN DEMI SIÈCLE\nDE\nMUSIQUE DE CHAMURE\nPAR\nL. A UGÊ DE\nUn volume in-8° raisin, broché 7^-5°\n\nNOTES 'B\nPAR\nCAMILLE BELL AI GUE\nUn volume in-B°, broché 3 r* 5°\nRappel : Les Epoques\n2me édition\n2 volumes in-iB° brochés, chaque volume. . . . 3 fr. 50"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.78", "texte": "LIBRAIRIE CH. DELAGRAVE, 15, RUE SOUFFLOT, PARIS.\nVient de paraître CoUection 'allas •.\nŒuVres\nDE\nGuy de Maupassant\nPAR\nF. BERNOT\nPOÉSIES CONTES ROMANS NOUVELLES THÉÂTRE\nUn vol. in-16, imprimé sur beau papier vergé teinté, broché . . . 3 fr. 50\nRelié mouton souple . . . 5 fr.\nRappel : Anthologie des \"Prosateurs français Contemporains\npar G. Pellissier. 1. Vol. paru.\n\nThéâtre Choisi\nDE\nEugène SCRIBE\nPAR\nMARCEL CHARLOT\nInspecteur général honoraire de l'lnstruction Publique\nTable des Matières : INTRODUCTION L'OURS ET LE PACHA LE DIPLOMATE\nBERTRAND ET RATON OU L'ART DE CONSPIRER LA CAMARADERIE OU LA COURTE\nECHELLE LE VERRE D'EAU OU LES EFFETS ET LES CAUSES ADRIENNE\nLECOUVREUR.\nToutes ces pièces sont publiées intégralement et précédées chacune d'une notice explicative.\nUn vol. in-16, imprimé sur beau papier vergé teinté, broché 3 fr. 50\nRelié mouton souple . . 5 fr."}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.79", "texte": "PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ\nINTERNATIONALE DE MUSIQUE\nSECTION DE PARIS.\n\nPARUS\nH. QUITTARD. —Le Trésor d'Orphée, par Antoine Francisque, tablature de\nluth, transcrite pour piano à deux mains; i volume in 40 de 100 pages . , . 5 fr.\nJ. EOORCHBVILLE. Actes d'Etat civil d'artistes musiciens insinués au\nChâtelet de Paris (1539-1650); 1 volume in-40 10 fr.\nr\nA. GASTOUE. Catalogue des mss. de musique byzantine conservés dans\nles bibliothèques de France; 1 volume in-40 20 fr.\nP. ATJBRY. Cent motets du XHIe siècle, tirés du ms. Ed. VI-4 de la\nBibliothèque de Bamberg; 3 volumes in-40 • • • 150 fr.\nP. ATJBRY. Le Chansonnier français de VArsenal (XHIe siècle), 15 livrai-\nsons trimestrielles de 32 planches phototypiques avec la transcription des\nmélodies en notation moderne. Notices par M. A. Jeanroy, professeur à la\nFaculté des Lettres de Toulouse. La livraison 10 fr.\n(On 11e souscrit qu'à l'ensemble de la publication.)\nM. BRENET. Les Musiciens de la ainte-Chapelle du Palais. Un volume\nin-40 de 3°° pages 15 fr.\nJ. EOOROHEVILLE. Catalogue du fonds de Musique ancienne de la Biblio-\nthèque Nationale (jusqu'en 1750.) Huit volumes de 250 pages chacun,\ncontenant dix mille thèmes de musique, et de nombreux fac-similé. L'ouvrage\ncomplet 500 fr.\nSOUS PRESSE\nH. QUITTARD. L'Œuvre de clavecin de Chambonnières d'après l'édition de\n1670 et le manuscrit Vm7 1852 de la Bibliothèque nationale. Un volume\nin-40 de 100 pages de musique 5 fr.\nEN PRÉPARATION\nA. PIRRO. Les correspondants du Père Mersenne. Publication de la cor-\nrespondance musicale adressée à Mersenne et conservée à la Bibliothèque\nNationale. Vol. I (J.B. Dont) Un volume in-40 de 200 pages ....\nL. DE LA LAURENCIE. Les Musiciens de la Maison du Roy aux XVIP et\nXVIIIe siècles. (Inventaire musical de la Série O1 des Archives nationales)\nDeux volumes de 200 pages chacun.\nE. BLOOHET. Traité de Musique, composé par Sharaf ed-Din Haroun.\n(XIIIe siècle), d'après le manuscrit original de la Bibliothèque Nationale.\nTraduction et fac-similé du texte Arabe. Un volume in-40 de 100 pages.\nH. DE OURZON. Correspondance des Directeurs de l'Opéra, conservée aux\nArchives Nationales. —Un volume in-40 de Is° pages.\nL. LALOY. K'în poù. Recueil d'Airs pour le k'în ou luth chinois, transcrits\nde la tablature.\nLE COMITÉ DE LA PUBLICATION :\nP. Aubry, M. Brenet, L. Dauriac, J. Ecorchevllle, H, Expert, L. delà Laurencie,\nCh. Malherbe, E. Poirée, G. Prod'homme, R. Rolland, J. Tlersot."}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.80", "texte": "Les Théâtres\n\nLE THEATRE DES ARTS. SIBÉRIA. LES BALLETS RUSSES.\nRespectueux du principe cyclique cher à M. Vincent d'lndy, le Théâtre des\nArts vient de terminer sa saison en faisant reparaître devant ses abonnés en guise\nde \" meneur de jeu \" le \" Sicilien \" de Lulli qui, huit mois plus tôt, était venu\nréciter le prologue. Tous les artistes ont suivi avec la plus vive sympathie les\ngénéreuses tentatives d'un directeur désintéressé, résolu à doter Paris d'un\n\" Kunstlertheater Les peintres ont salué en M. Rouché le Bienfaiteur et le\nLibérateur et ont immédiatement transformé sa scène en atelier où toutes les con-\n\n6"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.81", "texte": "72\nS. I. M.\n\nceptions décoratives à tendances synthétiques, symbolistes, schématiques, \" sug-\ngestrices \" inhibitrices ou impressionnistes furent joyeusement mises à l'essai. Avec\nun zèle érudit, avec un sens néo-russe et néo-munichois de la couleur et de la\nligne on logea et on habilla suavement du Maurice Magre, du Musset, du Frapié,\ndu Dostoïewsky, du Ma-Tcheu-Yen ou du Saint Georges de Bouhélier. Les spec-\ntacles étaient en cinq actes et une galerie de tableaux.\nRace envieuse encore plus qu'irritable, les poètes et les musiciens firent bien\nentendre quelques sourds murmures en se voyant ainsi sacrifiés aux décorateurs et\naux costumiers qui jusqu'ici avaient été leurs modestes serviteurs ; les composi-\nteurs— ceux qui ont toujours un lot de partitions dans leurs cartons estimèrent\nque les chevaliers du pinceau resserraient autour du nouveau Mécène une garde\nd'honneur un peu sévère et qu'en se contentant de commander à son chef d'or-\nchestre, suivant les circonstances, quelques harmonies appropriées, ce directeur-\nartiste en prenait vraiment trop à son aise avec la divine Euterpe. Mais, comme les\npeintres faisaient d'exquise besogne et que le chef d'orchestre en question était un\ncharmant musicien, les mécontents finirent par se taire.\nLe spectacle de clôture fut celui qui permit d'apprécier le plus complètement\nle magnifique effort réalisé après quelques mois d'étude. Le style dans lequel fut\ntraité \"le chagrin dans le Palais de Han, \" révélait une autorité, une sûreté, une\nmaîtrise qui rappelaient assez heureusement la manière géniale et infaillible des\nBakst et des Fokine. La conception des danses traitées en touches de couleur, la\ntechnique du décor et de la mise en scène prouvèrent que les somptueux colpor-\nteurs de l'art slave n'avaient pas déballé leur éblouissante pacotille devant des\naveugles. La pièce, d'ailleurs, était admirable, avec cette sorte de pudeur, de subti-\nlité et d'intimité sentimentales qui parfument les lents dialogues des héros extrême-\norientaux, art divin, d'une grâce et d'une élégance retenues où la réalisation n'est\nqu'esquissée, où le mot, discrètement, veut suggérer, hésite et tremble, où l'émotion\nnaît de l'effleurement rapide d'une phrase qui trouble notre conscience et notre\nsensibilité jusque dans leurs profondeurs, libellule furtive dont l'aile ride une eau\ndormante ! M. Louis Laloy avait fait de cette œuvre exquise une adaptation que\nmon ignorance de la langue chinoise du XIVe siècle ne m'empêche pas de deviner\nfidèle, respectueuse et fervente. LTn curieux égoïsme, une étrange avarice de leurs\ntrouvailles arrêtent trop souvent les confidences sur les lèvres savantes de ceux qui\nparlent le sanscrit, le chinois ou même le \"japonais des femmes : \" il faut donc\nlouer chaleureusement le généreux altruisme dont fit preuve en cette circonstance\nle mandarin au bouton de cristal dont les lecteurs de cette revue n'ont pas oublié\nles discours attiques et nuancés. Une très adroite partition de scène de Gabriel\nGrovlez utilisant des thèmes du Céleste-Empire sans tomber dans l'exotisme\nd'Exposition Universelle qui a séduit tant de voyageurs autour de leur chambre,\nenveloppait ces cinq actes d'une fluide atmosphère et les baignait de timbres\ntransparents.\nLa réalisation plastique des \" Fêtes d'Hébé \" fut moins heureuse. L'inutile\nfantaisie anachronique des costumes, le jeu maladroit des protagonistes, la gaucherie"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.82", "texte": "LE MOIS\n73\n\net la lourdeur d'un quatuor de satyres et l'insuffisante vénusté des danseuses de la\nmaison rendirent assez importun cet hommage à Rameau dont la nécessité d'ailleurs\nse justifiait malaisément.\nLa justification de la reprise de u Sibéria \" à l'Opéra, qu'on nous infligea dans\nle même temps, serait plus malaisée encore. Entourée des lamentables produits du\nterroir dont les organisateurs de la première saison italienne du Théâtre Sarah\nBernhardt avaient prétendu nous révéler la saveur, l'œuvre de Giordano avait\nbénéficié autrefois d'une indulgence relative. Le ténor Bassi y était admirable et\ntout un acte empruntait à un chant populaire russe une grandeur et une majesté\nqui faisaient pardonner bien des choses. L'entrée à l'Opéra de cette très médiocre\npartition fut, au contraire, assez sévèrement appréciée. Lorsque notre Académie\nNationale de Musique et de Danse s'avise de donner à des étrangers la frugale\nhospitalité que peuvent si difficilement obtenir les contribuables croque-notes, elle\na le devoir de les choisir assez grands pour décourager l'envie. Aucun de nos\nprix-de-Rome faisant antichambre chez MM. Messager et Broussan ne saurait\nlégitimement se plaindre de céder son tour à l'auteur d'une \" Salomé \" mais le\nchoix d'une \" Sibéria \" revêt, à l'égard des plus modestes de nos producteurs le\ncaractère d'une véritable impertinence. Tous l'ont senti cruellement et ont dévoré\nl'affront avec plus ou moins de philosophie.\nDe plus nobles importations vinrent d'ailleurs fort heureusement détourner\nl'attention publique de cette fâcheuse aventure. Les ballets russes versèrent à tous\nles artistes une ivresse si chaude et si capiteuse que toutes les préoccupations\nesthétiques quotidiennes disparurent en un clin d'œil. 11 n'est plus besoin d'ana-\nlyser le charme souverain de ces merveilleux spectacles dont Paris ne saurait\ndésormais se passer, chaque année. Nul latin ne répugne à recevoir la magnifique\net sévère leçon de goût, d'ingéniosité et de sens musical que viennent, avec l'été,\nlui donner les Barbares du Nord ! Nous avons revu, avec une humilité reconnais-\nsante, cette coruscante \" Shéhérazade \" qui laisse l'imagination éblouie et l'œil\naveuglé par la magie de ses lignes adorables et le ruissellement lumineux de ses\némeraudes en fusion. Nous avons retrouvé les trois petites odalisques pantalonnées\nde gaze orangée qui, de leurs bras purs, stylisent si voluptueusement la fraîcheur\ndes ablutions sur toute leur chair cambrée de menues idoles d'ivoire ; nous avons\nconnu de nouveau les bonds irréels du nègre amoureux, cet élan fou de Nijinsky,\ncette souple détente dans l'espace qui n'est ni humaine, ni animale et ne peut se\ncomparer qu'à l'échevèlement d'une flamme ; nous avons épuisé une fois de plus\nle délice rythmique de la foudroyante entrée des jeunes Persans et des porteuses\nde coupes, et nous nous sommes grisés du prestigieux carnage final. Dans\n\"Narcisse\" nous avons pu voir, rajeunie et vibrante d'humanité, la conception\nmythologique de la beauté grecque et dans le \" Carnaval \" toute l'âme romantique.\n\" Sadko \" illumina et anima pour notre émerveillement les mystérieuses contrées\nsous-marines tandis que le \" Spectre de la Rose \" d'un sentimentalisme si pur et\nsi direct dans sa candeur, inondait les spectateurs les plus sceptiques d'une rafraî-\nchissante émotion. Enfin \" Pétrouchka \" et ses marionnettes aux fils invisibles, sa"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.83", "texte": "74\nS. I. M.\n\nfoule grouillante, ses orgues de Barbarie, ses nourrices et ses cochers dansants,\nPétrouchka et son vieux magicien joueur de flûte, son maure puéril et féroce qui\njongle avec une noix de coco et fend le crâne de ses rivaux, Pétrouchka, ce chef-\nd'œuvre irrésistible s'empara brutalement de nous dès la première mesure de son\néblouissante partition et ne nous rejeta dans la vie réelle, ivres de sonorités abso-\nlument nouvelles, qu'après le dernier accord.\nUne étude détaillée de cet important ouvrage qui marque une date dans\nl'histoire de l'instrumentation, nous permettra de mettre en lumière les précieux\napports orchestraux et les incroyables trouvailles de timbres dont cet audacieux\nchercheur vient d'enrichir la langue contemporaine et qu'il offre à ses compagnons\nde route avec une belle simplicité. Qu'il nous suffise pour l'instant de recueillir\nprécieusement tous les enseignements que nous laissent les miracles éclatants de\ncette religion nouvelle.\nNous avons à apprendre des Russes l'art de charger une palette. Nous\nsommes incapables de manier les tons purs avec cette virtuosité infaillible et de\ndécouvrir ces mélanges, ces juxtapositions et ces oppositions téméraires, théorique-\nment effroyables et en fait, plus voluptueux à l'œil que les effets catalogués les\nplus sûrs de nos subtils agrandisseurs de miniatures. Nous avons à nous assimiler\nleur parti-pris synthétique, à élargir notre conception du \" trompe-l'œil \", à\nmodifier notre idéal du réalisme et notre manie des accessoires et à comprendre\nenfin que pour une forme d'art essentiellement conventionnelle il est plus sage\nd'accepter loyalement de se mouvoir dans la convention que de s'ingénier à éluder\npartiellement l'inéluctable. Nous avons à méditer la splendide leçon de danse\nclassique et le cours transcendant de pantomime et d'interprétation que professè-\nrent devant nous tant de souples corps éloquents. Nous devons réfléchir à ce qu'il\ny a de fécond et d'inépuisable dans cette géniale fusion des techniques chorégra-\nphiques et picturales, le champ infini qu'ouvre à la fantaisie des créateurs cette\nfaçon de traiter les interprètes en simples valeurs colorées dont on joue délicate-\nment du bout d'une brosse invisible. Une danseuse est en même temps un rythme,\nun geste et une vibration lumineuse ; dans Sadko, à l'heure où les mollusques, les\ncrustacés et les madrépores noyaient la féérie de leurs émaux translucides dans la\ndouceur de l'aigue-marine, nous avons pu voir avec quelle science étaient ménagés\nde soudaines \" entrées \" d'outremer, de savoureuses touches de violet ou d'adroits\n\" rappels \" de laque orangée représentés par de légers essaims de ballerines jouant\nl'humble et magnifique rôle de tubes de couleur dans l'éblouissante composition.\nLe retour d'une teinte bien ramenée est aussi émouvant qu'une modulation\nsavoureuse et les jeux divins de la lumière méritent au même titre que ceux des\nondes sonores notre attentive étude et notre curiosité passionnée.\nEnfin la grande leçon des ballets russes est une leçon de musique. Un Fokine\ndéveloppe, magnifie et multiplie la pensée d'un compositeur ; il trouve le moyen\nd'ajouter à la splendeur du verbe sonore sans déformation ni trahison. La mélodie\nest un tissu flottant, une écharpe qu'il drape d'un tour de main inimitable, dont il\nfixe un pli au moyen de l'escarboucle vivante d'une Karsavina ou d'un Nijinsky,"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.84", "texte": "LE MOIS\n75\n\ndont il fait chatoyer les reflets grâce à des trouvailles rythmiques réalisées sous\nnos yeux par des interprètes dociles. Fokine est de la race des grands chefs\nd orchestre ; il yoit immédiatement dans un texte orchestral les accents à mettre\n\"en dehors \" d'un élan de jambe nerveuse ou d'un envol de bras nu. Son inter-\nde \"Shéhérazade\" est, à ce point de vue seul, une merveille de\nsensibilité musicale et il est certain qu'il a assoupli, arrondi et affiné dans l'espace\ncertains contours mélodiques de l'lnvitation à la Valse au point de nous faire\napparaître désormais comme un miracle d'élégance et de distinction cette page\nassez fade qui depuis longtemps avait perdu pour notre imagination toute vertu\nd évocation. En rivant pour l'éternité à une valse fanée la divine vision du Spectre\nde la Rose, Fokine a créé de la beauté purement musicale et les plus intransigeants\nde nos modernistes relisent aujourd'hui avec une sincère volupté la veille page de\nWeber qui vient de recouvrer une impérissable jeunesse.\nFokine est un musicien de génie. Il est le seul inventeur de formes à qui l'on\nose confier des réalisations plastiques que nous imaginions sacrilèges ; il est le seul\nen faveur de qui nous renoncions à notre rêve intérieur en présence d'une musique\nchère. Saura-t-il jamais tout ce que nous lui vouons d'admiration, de respect et de\nconfiance en consentant, comme nous venons de le faire, à lui laisser violer et\ntraîner sur une scène le mystère ensoleillé, jalousement défendu dans nos coeurs\nfervents, de notre \" Après-midi d'un Faune \" ?...\n\nEmile Vuillermoz.\n\nLes Concerts\n\nC'est la clôture, espérons-le. La tentative de créer à Paris une \" saison \" de juin et\nde juillet, comme à Londres, nous vaudra peut-être par la suite des concerts caniculaires.\nMais pour cette année encore, juin termine la campagne de musique.\nA l'instar de Londres, la Société Haendel nous a donné en plein été un grand oratorio\nde son patron. Saiil est une œuvre plus travaillée, moins hâtive que la plupart de celles qu'il a\nécrites. Elle a un peu plus de mouvement, de recherche dramatique, de coloris orchestral,\nnotamment dans la troisième partie. Il faut donc savoir gré à M. Raugel de l'avoir donné pour la\npremière fois à Paris et d'avoir réalisé une bonne exécution. Les chœurs et l'orchestre sont en\nprogrès constants, c'est manifeste à chaque concert. Les solistes furent, entre autres,\nMme Mellot-Joubert et M. Plamondon, aux voix intelligemment conduites. M. Bonnet à\nl'orgue, M. de Vallombrosa au piano, contribuèrent à donner à l'édifice musical la base solide\nun peu massive qu'il comporte.\nCe furent ensuite les derniers concerts de la Société Nationale et de la Société Musicale\nIndépendante. La première donna le Quatuor à cordes de Franck et le Quintette de Fauré\ndont l'exceptionnelle exécution (M. Cortot et le Quatuor Capet) est seule à mentionner, puis\nla Chanson Perpétuelle, de Chausson, (Mme Raunay) et, seules nouveautés, trois pièces de\npiano, de MM. Deodat de Séverac, Granados et Samazeuilh, de coloris et d'allures très\ndifférents que M. Cortot joua en grand artiste.\nPour sa dernière séance, la S. M. I. renonça à son mystère un peu déconcertant du mois\nprécédant et donna les noms des auteurs. Séance d'orchestre, écourtée, car on renonça à"}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.85", "texte": "76\nS. I. M.\n\ndonner une partie de la IXe Symphonie de Bruckner qui avait été annoncée, très copieuse\ncependant. La Forêt Bleue, conte lyrique de M. Louis Aubert, dont le 2e acte fut joué en\nentier, est une page d'un vif intérêt. A la scène, ce sera une chose exquise, croyons-nous. La\npartie vocale est bien écrite, distinguée et justement prépondérante. Le rôle de l'Ogre est du\nmeilleur comique. Les chœurs sont gracieux. Si vous n'avez pas entendu cette œuvre agréable,\nregrettez-le. Il y a de grandes prétentions dans le Printemps sur la Mer, de M. Torre Alfina,\nmais, sauf dans les dernières mesures, peu d'effets réunis. On fît un juste succès à une fantaisie\npour piano (M. Montoriol Torrès et Orchestre) de M. Cassado. Le piano y alterne trop avec\nl'orchestre, ce n'est pas concertant, mais cela a une verve, un brio incontestables, c'est très\namusant. Le Roi Saûl, de Moussorgsky orchestré par Glazounow, adroitement, mais sans\ny ajouter grand' chose est une page dramatique et puissante que M. Fabert a bien chantée.\nEn résumé, ce fut une des meilleures soirées de la S. M. I. L'orchestre, excellent, fut con-\nduit par M. Inghelbrecht avec sa fougue et son autorité coutumiéres.\nNous devons mille excuses à M. Paul Viardot de n'avoir pas au moins mentionné ses\nséances musicales de la Société Nationale (Salon de l'Avenue d'Antin). Depuis plusieurs\nannées son œuvre se poursuit pour le plus grand profit des compositeurs français. Les\nconditions matérielles de ces séances ne sont pas excellentes ; M. Viardot n'en a que plus de\nmérite à persévérer dans son œuvre. Ce qu'il a joué ainsi et fait jouer de musique nouvelle est\nconsidérable. Dans les trois ou quatre dernières matinées, l'œuvre dominante nous a paru être\nla Suite Italienne de M. Maurice Reuchsel, pour violon, musique descriptive, expressive et\nfort bien écrite. Les trois pièces pour violoncelle de M. Henry Defosse mériteraient, elles aussi,\nmieux qu'une mention ; il en est de même de la Suite pour flûte et harpe, de M. J. Mouquet,\naux curieuses recherches tonales et de la Méditation pour violon de M. Eugène Gigout, d'un\nbeau sentiment.\nLes salles de concert ont eu quelques échos des représentations russes du Chatelet et du\nThéâtre Sarah-Bernhardt. Le 14 juin, nous eûmes à la Salle Gaveau un concert tout-à-fait\nrusse de programme et de public. Quelques français y semblaient submergés par l'enthousiasme\ndébordant de nos amis et alliés, leurs cris, leurs rappels, leurs fleurs. Qu'on ne me dise plus\nque ce sont des gens calmes ! L'exécution fut en général supérieure aux œuvres. MM. La-\nbinsky et Tchouprinnikoff sont d'agréables ténors, M. Altchevsky est un très bon ténor. (Il\ns'échappa ce soir-là, en costume, de l'opéra où il chantait Roméo). Le Quatuor Vocal\nTchouprinnikoff, Safonoff, N. et C. Kedroff est remarquable de justesse et de nuances. Enfin\nMme Feodorowa, première danseuse du théâtre impérial de Moscou, est charmante à voir. Le\nmême soir, autre concert très russe donné par M. Voititchenko avec toute une série de ses\ncompatriotes dans des œuvres de Tchaïkowsky. L'artiste joue d'une sorte de cymbalum ou\ntympanon dont il tire un parti intéressant.\nA la Salle des Hautes Etudes Sociales, M. Expert termina ses concerts de musique\ncontemporaine par M. Debussy, dont le quatuor Luquin joua le Quatuor à cordes, M. Ricardo\nVinès les Préludes et les Images, dont Mlle Bonnard chanta deux mélodies. C'est dire que\nl'exécution fut adéquate aux œuvres. Qui joue le Debussy comme M. Vinès ?\nIl y eut en ce mois de juin plusieurs bons concerts de violon. D'abord M. Bachmann, le\ncompositeur et virtuose, dans ses œuvres sa Suite gothique pour violon seule est fort\nintéressante, ses danses espagnoles très amusantes ; puis Mlle Herma Studeny qui nous\nsauva des banalités par des sonates de Sinding, Brahms et Max Reger qu'elle joua dans un\nexcellent style ; puis M. Jacques Thibaud que nous eûmes encore le plaisir d'entendre dans\ndes sonates de Beethoven, avec Mlle Dehelly (salle comble, rue d'Athènes) ; puis M. Florizel\nvon Reuter, virtuose très brillant, dans des œuvres peu musicales."}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.86", "texte": "LE MOIS\n77\n\nPeu de violoncellistes, mais d'excellents : M. Schiedenhelm, très applaudi dans un\nprogramme très varié qui fit valoir la remarquable souplesse de son jeu ; Mme Jeanne Delune,\nvioloncelliste exquise, au Lyceum, dans une sonate inédite de Porta (XVIIIe siècle) et des\nœuvres modernes.\nParmi les pianistes de cette arrière saison, il faut noter tout d'abord, M. A. de Radwan\net M. Victor Gille, tous deux interprètes parfaits de Chopin qu'ils jouent avec une sobriété et\nun style qu'on trouve rarement. Ce furent deux belles soirées. M. de Radwan fut remarquable\ndans Prélude Choral et Fugue de Franck. Quant à M. Gille, il eut, Salle Erard, un vrai\ntriomphe, on le couvrit de fleurs, littéralement, car plusieurs dames lui jetèrent leurs bouquets\nde corsage. Je ne sais s'il faut approuver cette exubérance toute espagnole, mais je sais qu'il\nfut excellent.\nMlle Magdalena Tagliaferro donna le 31 mai une deuxième séance où nous l'appréciâmes\nsurtout dans la Sonate en fa dièze mineur de Schumann et Triana, d'Albeniz. M. Dieth aurait\nmérité une salle mieux garnie, mais il faisait si chaud ! M. Carlos de Mesquita, pianiste devenu\ntrès parisien, donna également un concert tropical (mais intéressant) en souvenir de son\norigine brésilienne, sans doute. Mme du Gast, voyageuse, navigatrice et pianiste, joua avec luj\ndes pièces à deux pianos de beaucoup de couleur.\nFidèle aux idées de Bourgault-Ducoudray sur le profit moral du chant choral à l'Ecole\net après l'école, M. Bonnet, professeur à l'Ecole normale d'Auteuil, fit entendre le 8 juin\nplusieurs groupes de ses élèves à la Salle Gaveau. Les œuvres furent en général bien choisies\net l'exécution très satisfaisante. Nous n'en sommes pas encore aux masses chorales anglaises ou\nallemandes, si homogènes, si disciplinées, mais le résultat est encourageant. Nous aurions\ndonné le prix aux fillettes de l'Ecole Professionnelle de la rue Ganneron.\nL'Orchestre Médical vit toujours, malgré les médecins, et nous l'a victorieusement\nprouvé par un troisième concert d'orchestre et l'exécution de fragments de \" Cosi fan tutte \"\nde Mozart. Là aussi on est en bonne voie. Il y a des éléments excellents, le docteur Richelot,\ninspirateur de la Société, est un compositeur de mérite, M. Busser conduit l'orchestre. Avec\ndes répétitions fréquentes et sérieuses....\nLa Société Symphonique, fondée par M. Sachs et dirigée par M. Pierre Monteux, est\nun autre groupement intéressant d'amateurs. Son concert du 30 mai avec des œuvres\ncomme la Symphonie de Franck et l'ouverture de Léonore nous fut une très agréable\nsurprise.\nC'est toujours avec plaisir que je vais passer une heure de musique le Vendredi au\nLyceum. Il y eut ce mois-ci des séances intéressantes d'œuvres de Mlle Gignoux et de\nMlle Sauvrezis et d'œuvres diverses avec d'excellents interprètes.\nDeux lignes, s'il vous plaît, pour mentionner une audition d'élèves de Mme Jane Arger.\nL'excellente cantatrice dont on entendit si souvent au Conservatoire et dans des séances\nclassiques le soprano très pur et bien timbré, a une phalange d'élèves dont plusieurs ont une\nvraie nature d'artistes. On sent là un enseignement non seulement technique, mais sincère-\nment musical.\nEt maintenant repos. Mais, tout de même, s'il y a trop de musique l'hiver, il n'y en a\npas assez l'été, car il n'y en a plus du tout.\n\nF. Guérillot."}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.87", "texte": "CONCOURS DU CONSERVATOIRE\n\nOrgue\nFugue\nContrepoint\nA ccompagnement\nHarmonie (hommes)\nHarmonie (femmes)\nChant (hommes)\nChant (femmes)\nOpéra- Comique\nOpéra\nPiano (hommes)\nPiano (femmes)\nHarpe\nViolon\nAlto\nVioloncelle\nContrebasse\nFlûte\nHautbois\nClarinette\nBasson\nCor\nCornet à pistons\nT rompette\nTrombone\nMORCEAUX\nDE CONCOURS\nSujet de fugue (Caussade)\nThème (Quef)\nSujet de fugue (G. Fauré)\nTexte des épreuves (G. Fauré)\nBasse chiffrée et chant (Morpain)\nBasse et chant (Bertelin)\nBasse et chant (Bîisser)\nDivers\nDivers\nDivers\nDivers\nThème et variations (Chevillard)\n2me Ballade (Chopin)\nImpromptu Caprice (Pierné)\nConcerto (Mendelssohn)\nMorceau de concert (Honnoré)\nConcerto (Haydn)\nDuo (Dallier)\nA la Kasbah (Alex. Georges)\nsme sonate (Bach)\nFantaisie en si bémol (Gaubert)\nPrélude et Scherzo(Jeanjean)\nQuatrième solo (Brémond)\nFantaisie Capr (Parés)\nSolo(Bùsser)\nAllegro de conc(Cools)\nier PRIX\nPoillot\nKrieger, de Saint-Aulaire\nBecker, Laporte\nMlle Atoch, M. Mignan\nForestier, Becker, Tesson\nMUes Canal, Cammas, Béligne\nGuyot\nDutreix\nHemmler, Calvet, Thévenet\nMUfS Kirsch, Thévenet, MM. Capitaine\nElain, Cousinou\nMUes Calvet, Hemmler, Courso\nM. Clauzure\nGilles, Singery\nMeerovich, Novaes, Coffer, Michel,\nHubert, Léon\nMlles Cardon, Rémusat, Schwartz\nQuiroga, Villain, Baladi, Mlle Lafitte, Debruille,\nDhurand, Imandt, Mlle Lorrain, Pascal\nMayeux, Massis, Parmentier\nMUe Masson\nMaréchal, MUe Nehr, Perrin\nMangot\nSurribas\nMichaux, Robbe, Colin\nR. Lamorlette, Debureaux, Speyer\nSteux, Bourdarot\nDruvert, Dutro\nHoogstoël, Algrin\nCarrière\nLeclercq, Paniez, Porret\nMunio, Massol, Dervaux"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.88", "texte": "2me PRIX\nPas de second prix\nDéré, Alexandre Cellier\nMigneau, Singery\n116 Granier, Canal, M. Laporte\nStyler, Monier\nPas de second prix\nFontaine\nugg, Philippot, Courso, Charin\n}le Hemmerlé, Venegas, Arcos\nMAle Kirsch, Arcos, Lubin\nJoubert, Toporowski, Cognet\nBlanc, Barret, Hekking, Arnould,\nDubief, Gelly, Lefort, Dienne\nj\nVllle Gérard, Régnier Pinguet\ntfUe Giraud, Cousin, Charon, Mâche,\niitté, MUt Bonjour, Poiré, MUe Prère\nMUc* Garanger, Le Guyadier,\nM. Nicholas\nyévy, Mlle Bernaert, Audisio, Martin\nBernardel\nBoussagol, Dupont\nDemailly\nPrevot, Saivin\nCoulibeuf, Bailleux\nBourgain Bourdeau\nChantron, Mangin\nGibernon\nAuterer, Bécar\nVigoureux, Stoltz\nlerIer ACCESSIT\nClavers Nibille\nLermyte, Bauduin\nVoilquin\nMlle S. Dreyfus, Mr Lévy\nGasc, Thellier, Laporte\nMlle Michel\nHopkins, Venazzi, Nirega, Iriarte,\nTriandafillo\nBorel, Charrières, Hemmerlé, Bonnet,\nde Landresse, Arcos\nMUes Calvet, Hemmler, Lubin,\nDebarbieux, MMr Feiner, Hopkins\nMUes Borel, Bonnet,\nMMr Godard, Dutreix\nTruc, Becker, Jacques, Jacquinot\nBlanquer, Gadot, Baillot, Ruffin,\nFollet\nMlle Herman, Mr Jamet\nMilhaud, Thénard, Casadesus, Bellanger,\nCrinière, Debonnet, Mlle Lavergne, Meunier\nGeorges Bailly\nMlleS Cartier, Krettly, Bluhm\nFortier, de Félicis, Girard\nBrettin, Messier\nSaint Quentin Frion, Priam\nRambaldi\nMathieu, Peyrot, Cortot\nHenri Fontaine\nLafosse, Douanne\nCousin, Marcerou, Déas\nd'Hontz, Hars, Desplanques\n2me ACCESSIT\nPanel\nMatignon\nMUe Marguerite Canal, Mr Réjoux\nMlle Béligne\nCarembat, Friscourt, Antoine\nMlleS Mogel, Bossus\nPhilos, Cousinou, Godard, Palier\nBrunlet, Glover, Gilson, Gilbert,\nd'Ellivak, Vaultier\nMlles Bonnet, Gilson, Charin, Joutel,\nMMr Delgal, Poncet\nMUos Philippot, Bellamia\nMMr Philos, Palier\nFournier, Figon, Gendron, Béché,\nEdinger\nLiénart, Dochtermann, Ravaisse,\nPrélat\nPas de 2e Accessit\nMlles Chardet, Soetens, Franquin, Gentil,\nBogouslawski, Domergue, Emanuele,\nMlles Friedmann, Rostagni\nBonnafé, Canonet\nMiquelle, Chizalet, Deblauwe\nHornin\nEhrman, Ringeisen\nMoreau\nPas de 2e Accessit\nChristian Dhérin\nPas de 2e Accessit\nMériguet\nBellon\nPas de 2e Accessit\n\n(1910-19x1) — LES LAURÉATS"}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.89", "texte": "Les Concours du Conservatoire\n\nMaintenant que l'Odéon a retrouvé sa quiétude provinciale et que ses sombres arcades\nne sont plus disputées à leur studieuse clientèle par le frivole essaim des fillettes décolletées aux\npetits visages pâles d'émotion et de blanc de perle, qui trépignent et pleurent d'énervement et\nd'attente angoissée, maintenant que l'on ne parle plus de l'explosion Toraille et de l'Affaire\nDevriés, maintenant que toutes ces compétitions et toutes ces rivalités s'estompent dans\nl'éloignement et que de toute cette gloire fiévreuse il ne reste plus qu'un tableau synoptique,\non peut tirer la moralité et même l'immoralité de cette aventure.\nUne fois de plus, la vaste partie d'échecs ou de jacquet que représente un concours de fin\nd'année s'est disputée devant un public scandalisé, incapable de s'y reconnaître parcequ'il\nignore les règles du jeu. Tous les ans nous voyons se reproduire le même malentendu entre\nles fauteuils d'orchestre et la loge de balcon où le jury fait l'application des articles mystérieux\nde son Code. Les spectateurs attentifs qui, de l'aube au soir, ont consciencieusement comparé\nles mérites des concurrents et qui relisent leur programme noirci de notes à l'heure où l'on\nproclame les noms des lauréats, ne peuvent contenir leur indignation en présence de la fantaisie\nque manifestent les distributeurs de la gloire officielle. Un ténor aphone et maladroit obtient\nune haute récompense alors que tel baryton, excellent musicien à la voix solide, se voit exclure\ndu palmarès. On s'étonnerait à moins.\nLe résultat habituel de ces escarmouches est de soulever l'opinion contre la publicité des\nconcours. La critique réclame pour toutes les épreuves du Conservatoire le bienheureux huis-\nclos dont ne sont favorisées que quelques-unes d'entre elles. Et ce-disant je veux bien croire\nque les journalistes obéissent à leur seule tendresse pour l'art et non à un instinct plus directe-\nment humain qui leur conseillerait de s'affranchir désormais de ces absorbantes et épuisantes\ncérémonies.\nJe ne partage pas ce sentiment. L'utilité des concours publics m'apparait incontestable.\nIl est bon que le bilan annuel des gains et des pertes de chaque génération soit dressé en pleine\nlumière ; il est bon que des comparaisons s'établissent d'une saison à l'autre ; il est bon que les\ncartons verts de l'Administration ne soient pas les seuls confidents du jury et que l'effort des\njeunes artistes de la rue de Madrid dépasse \" les bureaux Sans les concours publics il\nn'éclaterait pas à tous les yeux et surtout à toutes les oreilles que notre enseignement du chant\nest en pleine décadence, que nos classes d'opéra-comique et d'opéra agonisent et que, par\ncontre, nos phalanges d'instrumentistes n'ont jamais été plus brillantes. Sans la présence du public\non méconnaîtrait injustement chez certains candidats cette étrange puissance magnétique dont\nles effets sont si surprenants et si décisifs et dont on doit équitablement tenir compte en ouvrant\nà un jeune artiste la carrière théâtrale. Tout le monde a pu observer ce phénomène inexplica-\nble : il arrive chaque année qu'un médiocre chanteur ou une chanteuse insuffisante stupéfie ses\nmaîtres et ses camarades le jour du concours en s'emparant immédiatement de l'âme du\npublic ; la foule leur est servilement soumise, ils l'apaisent ou l'exaltent à leur gré tandis que\ntels de leurs plus brillants camarades exécutent des prouesses merveilleuses dans l'indifférence\ngénérale. Ces dominateurs ont droit au laurier. Un prix d'opéra est-il autre chose qu'un brevet\nde chauffeur, un permis de conduire, un certificat d'aptitude au métier de dompteur de foules ?\nPour en investir à bon escient un candidat il faut le voir à l'œuvre, l'asseoir au volant ou le\nfaire entrer dans la cage centrale où gronde le mauvais tigre ; les mérites théoriques ne prouvent"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.90", "texte": "LE MOIS\n81\n\nrien dans des cas semblables, il faut l'action directe, or rien ne remplacera le contact des fauves\nembusqués aux fauteuils et prêts à mordre, pour juger utilement des capacités d'un belluaire\nthéâtral. Devant les banquettes vides, les futurs Pezon ne donneront jamais leur mesure et le\njury ne pourra pas même deviner les mystérieux élus dont le fluide passe la rampe.\nN'excluons donc pas le public mais, pour éviter les incidents tumultueux qui se repro-\nduisent chaque année, ne le traitons pas en quantité absolument négligeable. Qu'on lui explique,\nune fois pour toutes, les règles du bridge conservatorial. Ce sera peut-être, d'ailleurs, une\noccasion unique de les préciser fructueusement. On ne sait jamais exactement quelles consi-\ndérations entrent en ligne de compte dans l'attribution des récompenses. Nous devinons bien\nque des arguments administratifs sont souvent jetés avec force dans la balance au moment\ndécisif et affolent l'un des plateaux, mais les calculs de probabilité demeurent vains.\nEst-il exact qu'on ne peut pas traiter un élève de première année comme un vétéran et\nque, dans son intérêt, on doit lui refuser systématiquement la récompense à laquelle il a droit,\npour qu'il puisse bénéficier plus longtemps des leçons de son maître ? Dans ce cas, nous\ncesserions de nous indigner de l'échec de M. Feiner, excellent musicien et chanteur de goût.\nLe jury, en l'oubliant au palmarès du chant, aurait simplement voulu ne pas laisser s'enfuir\ntrop tôt ce précieux pensionnaire. Fort bien, mais comment s'expliquer maintenant qu'au\nmême concours M. Dutreix, qui concourait également pour la première fois ait été immé-\ndiatement nanti d'un premier prix ? Qui oserait affirmer que ce jeune homme n'a plus rien à\napprendre ? Faut-il donc en conclure que ses juges clairvoyants, ne l'estimant pas perfectible,\nont voulu l'empêcher d'encombrer un jour de plus une classe où les places sont limitées et\nardemment convoitées ? A merveille, mais il fallait le dire ! Nous commencerons à suivre la\npartie avec plus d'intérêt. Nous ne nous étonnerons plus qu'un élève privé de toute récompense\nvienne saluer le jury avec émotion pour le remercier de sa touchante sollicitude et nous trou-\nverons tout naturel qu'un pauvre garçon en recevant un premier prix dans le bas des reins et\nen se voyant ainsi brutalement expulsé du Conservatoire, bondisse sous l'outrage et s'élance à\nl'avant-scène pour insulter grossièrement ses juges.\nNous aimerions connaître également la part de responsabilité des élèves dans le choix de\nleurs scènes ou de leurs morceaux de concours. Si Mlle Courso, qui, voici quelques semaines,\nchantait si musicalement un Gémeau du Saint-Sébastien de Debijssy, a choisi elle-même\nl'absurde scène de Galathée pour se faire valoir, elle mérite son triste sort en opéra-comique\net prouve qu'elle a usurpé sa réputation de musicienne. Mais quels remords seraient les nôtres\ndevant son échec si, par hasard, son professeur était le seul coupable et lui avait imposé cette\nrude épreuve ?\nIl nous intéresserait prodigieusement de savoir dans quelle mesure les élèves peuvent\nsupporter les effets de l'opposition que rencontre l'enseignement ou la personnalité de tel ou\ntel professeur. M. Engel aurait-il eu maille à partir avec le jury et celui-ci aurait-il voulu lui\nen marquer ingénieusement son mécontentement en n'appelant, à chaque concours, aucun de\nses élèves à la moindre récompense ? Il est bien difficile d'admettre que cette classe soit\ndéshéritée de talents au point de ne pouvoir fournir un second accessit !\nNous voudrions savoir aussi... Mais notre curiosité nous perdra. La sagesse exige au\ncontraire que nous ne cherchions pas à comprendre. La foule est admise au concours parce\nqu'elle ne compte pas et qu'on n'a pas à se préoccuper de son jugement. Le jour où elle\ndemandera trop d'explications, ce jour-là, les concours publics auront vécu. Qu'elle se taise\ndonc et demeure bien tranquille sinon, pour toute réponse, on lui fermera tout simplement la\nporte au nez.\n\nE. V."}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.91", "texte": "82\nS. I. M.\n\nProvince\nAux approches de 1 ete, l'activité musicale de la province se ralentit singulièrement. Les\nlettres de nos correspondants n'enregistrent plus que des auditions d'élèves et des soirées\nd adieux. Tout effort de décentralisation est ajourné jusqu'à l'hiver prochain et, si l'on excepte\nla vie artificielle des casinos, aucun signe extérieur ne révèle la sensibilité artistique de nos\ndépartements. Quelques rares cités revendiquent la part qu'elles ont prise à l'éducation\npublique en cette fin de saison. Rouen est la première et dresse un respectable bilan.\nM. O. Boquel y organisa deux remarquables concerts, le premier avec M. Enesco,\nvirtuose éblouissant et Mlle Tagliaferro, exquise pianiste, et le second avec Mme Litvinne, qui\ntriompha dans Cinq Poèmes de Wagner, et M. M. Ciampi, pianiste délicat et charmant.\nSans oublier les jeunes virtuoses Yves Nat et Robert Krettly, remarquables dans la\nsonate a Kreutzer, il faut signaler le succès de l'orchestre Touche, fin ou chaleureux, avec\nMlle Luquiens et le triomphe du Tonkiinstler-Orchester de Munich dans des exécutions, d'un\nfini admirable, de Haydn, Reger, et Wagner.\nDeux sociétés de peinture continuent à faire œuvre excellente de vulgarisation. Aux\nArtistes Rouennais, le prestigieux guitariste Lîobet, Mlles Soyer et Roussel au jeune talent\nplein de promesses, MM. Fournier et G. de Lausnay, Mme Fournier, cantatrice, M. Varet,\nsans oublier Mlle Debois, MM. Albero de Vivero, Moreau, Weill, Vallier se partagèrent les\napplaudissements sympathiques du public.\nLa Société normande de peinture moderne consacre de nouveau une séance à l'audition\ndes quatuors de Dupin, une autre à de Castillon et A. Doyen.\nL'orchestre dirigé pat M. Aufry, renforcé pour le concert du Millénaire, interpréta\nconsciencieusement des œuvres du 18e siècle aux Artistes Rouennais et des œuvres normandes\nparmi lesquelles la symphonie avec orgue de Saint-Saëns. Au théâtre des Arts, sous la\ndirection de M. Aufry, on donna les 3 derniers actes de Psyché avec la musique de Lully\nque M. Tiersot, savamment, présenta.\nLa Société Cœcilia, dirigée par M. Haut, compose d'intéressants programmes et fit\nvaloir ses qualités dans Nuit Persane et Biblis.\nPlusieurs auditions du Magnificat de Bach ; celles d'lphigénie en Aulide, des Sept\nParoles du Christ de Schiitz, de fragments des Béatitudes confirmèrent brillamment cet hiver\nla réputation de VAccord Parfait et de la Gamme. Unies pour les fêtes du Millénaire, elles\ndonnèrent un éclat incomparable à l'exécution du Requiem de Fauré, du De Profundis de M.\nHaelling, de la Grande Libératrice de M. Raymond Chanoine-Davranches (livret de M. Lam-\nbert père) et de la messe en l'honneur de Jeanne d'Arc de M. l'abbé Bourdon, conscien-\ncieusement et délicatement ouvrée. M. Marcel Dupré composa un chœur à la gloire de la\nNormandie d'une facture excellente qui fut chanté par Y Accord Parfait. Lui-même donna un\ntrès beau récital d'orgue à Saint-Ouen. Le Millénaire nous valut aussi une admirable audition\nde chœurs norvégiens par la Société chorale de la Fédération du commerce de Christiania.\nLes auditions-conférences poursuivent leurs heureuses destinées. Schubert fut particulière-\nment honoré grâce à Mme Robert et àM. R. Boucher et grâce à Mme Capoy et àM. Reder\nqui consacrèrent aussi une séance à Schumann. Avec clarté, intelligence et style, Mme Capoy\nparla de ces maîtres ou chanta leurs œuvres et M. Reder se montra un parfait interprète\nde lieder.\nCe beau zèle ne fut pas contagieux. Les autres villes avaient déjà pris leurs quartiers\nd'été. Bordeaux, après avoir fêté Kubelik à l'Alhambra, réserva toute son attention aux"}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.92", "texte": "LE MOIS\n»3\n\ncompétitions que suscita la retraite de Pennequin, directeur du Conservatoire et chef d'orchestre\nde la Société Sainte Cécile. Beaucoup de musiciens s'agitèrent, des prix-de-Rome sans emploi\nposèrent leur candidature, de jeunes Maîtres se résignèrent à quitter Paris pour aller évangéliser\nla Gironde... mais les deux parts de 1 héritage furent promptement distribuées * M. Brahy,\nex-chef d'orchestre d'Angers recueillit la baguette et M. Donnay, organiste de Saint Séverin,'\nle fauteuil directorial. Les Parisiens en furent pour leurs frais ! Avignon festivalise brillament\nCésar Franck tandis que Brest découvre l'Alceste de Gluck, avec ravissement. Poitiers\nrend un solennel hommage a Felicien David et les entants de ses écoles explorent courageuse-\nment son Désert. La Roche sur Yon acclame Boucherit, Hekking, Dangès et\nMme Willaume-Lambert ; le Société Philarmonique de Cherbourg célèbre avec éclectisme\nles vertus de Bach, de Beethoven, de Busser, de Mascagni et de Puccini. Elle révèle\négalement avec succès une belle \" Epiphanie \" de M. Allix. Des mélodies de Schubert,\nFranck et George Hue permettent à Mme Mellot-Joubert de charmer la population de\nValenciennes et la Sonate en mi bémol de Beethoven sous les doigts de Ferté enthou-\nsiasme les habitants d'AngOulême. Trois concerts de musique de chambre consacrés aux\necoles françaises, russes et allemandes sont nécessaires pour apaiser la soif de musique pure qui\ntourmente Dunkerque ; Mlle Luquiens, MM. Jan Reder, André Lermyte, Bouillard et le\nquatuor Vermeulen s'y font applaudir. A Nimes où triomphent deux tragédies de Louis\nPayen, le public des Arènes a la primeur d'une exquise partition de scène de Paul Coulet, le\ncontinuateur de 1 œuvre de Bordes a Montpellier. La musique qu'il a écrite pour Sisera a\nproduit la plus vive impression sur les artistes venus de tous les coins de la France\npour assister au merveilleux spectacle qui réunissait une interprétation exceptionnelle.\nEnfin, tandis que la Société d'agriculture, science et arts de Vesoul donnait une conférence\nsur Faust avec audition des principales pages de la partition de Gounod, M. Lanzoni s'offrait\nle piquant régal de diriger, à la tête de son excellent orchestre, un concert d'espéranto où\nfiguraient les deux chants espérantistes \"La Vojo \" et \"La Espéra\" pour le plus grand\némerveillement d'un Californien, membre de la Chambre de commerce de Los Angelès dont\non avait trouvé ce moyen délicat de fêter la présence !\n\nBelgique\nUne absence momentanée nous empêcha d'assister à la dernière séance de la Section belge\nde la S. I. M. Nous découpons le compte-rendu qu'en donna, dans notre\nexcellent confrère et ami, M. Charles Van den Borren :\nA LA SECTION DE LA SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE\nLes circonstances avaient empêché jusqu'à présent le groupe de Bruxelles de la S. I. M.\nd'organiser, au cours de cette saison, une séance de musique ancienne. Les trois premières\nauditions qu'il avait données pendant l'hiver avaient, en effet, été consacrées à l'audition des\nœuvres de trois compositeurs français contemporains, MM. Paul Dupin, Tournemire et\nMouquet. Voici qu'il vient de prendre sa revanche et de clôturer brillamment le cycle de ses\nséances par une conférence des plus attrayantes sur les illustrée par des\nexemples musicaux inédits pour la plupart et présentant un vif intérêt tant au point de vue\nesthétique qu'historique.\nLe conférencier était M. Charles Martens, qui possède la matière à fond et en développe\nles principaux aspects avec une concision, une élégance et un charme des plus communicatifs."}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.93", "texte": "84\nS. I. M.\n\nSes idées personnelles témoignent, au surplus, d'une compréhension profonde de tout ce qui\ntouche à l'esthétique musicale et contribuent pour une large part à faire pénétrer plus avant\ndans l'intelligence des œuvres musicales qui lui servent d'exemples.\nMme Emma Beauck avait assumé la tâche délicate de mettre au point les divers morceaux\ninscrits au programme. Elle l'a fait avec un soin, une conscience et un souci du style et de\nl'expression dignes des plus vifs éloges.\nLa partie musicale débuta par deux humbles laudes spirituelles à trois voix, a capella, qui\nse chantaient, à la fin du XVIe siècle, dans les oratoires fondés à Rome par Saint Philippe de\nNéri, ses disciples et ses successeurs : petites œuvres édifiantes par leur piété si sincère et leur\nmysticisme fait de grâce et de tendresse. MUes Renée de Madré, Linter et Willia et M. Vander\nBorght en donnèrent une interprétation parfaite de goût et de simplicité.\nM. Vander Borght chanta ensuite, de son admirable voix de baryton, le récit du\npar lequel commence la célèbre Rappresentaxione d'E. del Cavalieri :\névocation sublime et terrible du Jugement dernier, transposition prestigieuse du dans\nle style dramatique florentin de la fin du XVIe siècle, portique majestueux qui s'ouvre sur le\nmystère allégorique et pourtant si vivant que constitue l'œuvre de Cavalieri. M. Vander\nBorght rendit avec une allure magnifique le sentiment surhumain de ce récit.\nDans le Dialogue du Christ et de la Samaride Fr. Anerio (1619), œuvre d'une\nconception audacieuse et originale, il chanta le rôle du Christ avec une grande noblesse\nd'accent et une onction profondément pathétique ; Mlle Renée de Madré —la Samaritaine\nlui donna la réplique de la manière la plus séduisante. L'adorable trio, rythmé\nqui clôt le dialogue et exalte \" l'eau claire de la divine grâce \", reçut une interprétation\nexquise de fraîcheur et de légèreté de la part de MUes de Madré et Willia et de M. Roberti.\nPuis nous entendîmes le dialogue spirituel, du liégeois Henry\nDumont (1610-1684), grandiose fresque musicale d'une splendide envolée et d'une vigueur\nd'expression qu'accentue encore la manière de chanter de Mllu Linter —un ange àla voix\npénétrante, richement timbrée et profondément expressive et de M. Vanderborght un\npécheur d'une émouvante contrition.\nMlle de Madré unit la parfaite musicalité de son interprétation et sa compréhension\néminemment plastique du style d'oratorio dans la sublime cantate de Schiitz. Je veux louer\nsans cesse le Seigneur, à laquelle elle donne un élan et une force de conviction de l'effet le plus\nprenant. Mais elle se surpassa peut-être encore dans la façon poignante dont elle rendit la\ndéploration d'une beauté toute grecque de la fille de Jephté, de Carissimi. Ici, l'adéqua-\ntion est si parfaite entre la nature de l'artiste, d'une part, et le style et le sentiment de\nl'œuvre, d'autre part, que l'on pourrait difficilement imaginer un rendu plus proche de l'idéal.\nLe chœur qui suit cette lamentation et termine l'oratorio occupa la fin de la séance et, mer-\nveilleusement mis au point comme il l'était, il laissa l'auditoire sous l'impression d'un charme\nindéfinissable.\nN'oublions pas d'associer au succès de cette belle séance Mme Tiny Béon, qui dépensa\nsans compter son beau talent d'organiste et de claveciniste comme accompagnatrice ; M. Béon\nqui dirigea les ensembles vocaux ; l'excellent groupe de choristes qui chanta le chœur-final de\nJephtè, et les deux violonistes (Mlle Schellinckx et l'une de ses élèves), dont le concours assura\nà ce dernier morceau un élément complémentaire de succès.\nANVERS. Le 2 avril dernier la Société des Concerts de musique sacrée a enregistré\nun nouveau triomphe. L'exécution de la Messe en si mineur de Bach avait attiré une affluence\nconsidérable. Plus de trois mille personnes se pressaient dans la salle de l'Harmonie, accourues"}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.94", "texte": "LE MOIS\n8 5\n\nde tous les coins de la Belgique, voire même de la France et de la Hollande. L'œuvre\ngigantesque du grand cantor obtint un succès enthousiaste, et le chef d'orchestre, M. Ontrop,\nfut l'objet d'une véritable ovation. Sous sa direction ferme et autorisée, et grâce à son talent et\nà ses rares connaissances, cette institution a pris un tel essor, qu'elle passe à juste titre pour\nêtre sans rivale en Belgique. Les chœurs de la société sont incomparables ; on trouverait\ndifficilement plus de rythme et de franchise dans l'attaque, plus de justesse et d'homogénéité,\nplus de beauté des voix. Aussi M. Ontrop se taille-t-il une belle réputation, et ses exécutions,\nsurtout celles de Bach, passent-elles pour des exécutions modèles.\nLe quatuor vocal était hors pair, il se composait de Mmes Ohloff et Schûnemann, de\nMM. Plamondon et Van Oort.\nLa Société des Concerts de Musique sacrée annonce pour l'année prochaine, celle de son\ndixième anniversaire, l'exécution de Franclscusde Tinel et de\nde Bach.\nr\nLIEGE. Le second concert du Conservatoire fut dirigé par M. Joseph Delsemme,\nchef de la classe de chant d'ensemble et Kapellmeister hautement estimé. Il a donné de la\nDamnation de Faust une version, intéressante par la superbe exécution des chœurs surtout. Un\npublic bien plus nombreux que d'habitude a acclamé cette œuvre, faisant aussi belle part aux\nsolistes, MUe Suzanne Cesbron, M. Gaston Dubois (Faust) et M. Joachim Cerdan, un\nMéphistophélès de haute allure.\nAutre grand concert, le Festival wallon de M. Jules Debefue rassemblait toutes les\nsympathies. Ce Festival, commencé l'an dernier, se continuera par une séance annuelle. Cette\nfois, après un rappel de Grétry (suite d'orchestre de nous avons entendu la\nbelle symphonie avec violon obligé de Victor Vreuls, que Thibaut exécuta avec sa maîtrise et\nsa grâce accoutumées n'est-il pas singulier qu'une œuvre de cette valeur et si connue à\nprésent ne soit pas encore publiée ? une ouverture pompeuse, éclatante, euphonique de\nRiifer, la Ballade et Polonaise de Vieuxtemps et cette page étincelante et pleine d'une joyeuse\ncouleur locale : la Rhapsodie wallonne de Defebue. Inutile de dire combien l'excellent chef\nd'orchestre fut acclamé.\nLa Société Bach a donné, sous ma direction, son troisième concert, ce qui m'impose une\ncomplète réserve. D'autres revues musicales apprécieront. Je me contente de donner le\nprogramme de cette séance, parce qu'il diffère de ceux des sociétés similaires en ce sens que\nles cantates furent précédées de choralvorspiele,de préludes d'orgue destinés à préparer\nl'auditoire à ces cantates. L'essai a semblé parfaitement réussir. Qu'il me soit néanmoins\npermis de citer mes excellents et dévoués solistes : l'impeccable organiste Waitz, le très fin\nhautboïste Geerung, les chanteurs : Mmes Darier, Malherbe, Tombeur et M. Senden.\nAu Palais des Beaux-Arts, on a applaudi le récital de l'excellent pianiste M. Charles\nScharrès.\nDR DWELSHAUWERS.\nGAND. Au Conservatoire, le distingué professeur d'orgue, M. Léandre Vilain, a\nconsacré un intéressant récital aux précurseurs de Bach : Frescobaldi, Buxtehude, Pachelbel.\nLes agréables concerts symphoniques du Vauxhall ont repris sous la direction autorisée\nde MM. Oscar Roels et Joseph Lefébure, qui continuent à réserver aux maîtres belges une\nbonne place dans leurs programmes ; parmi les œuvres les plus applaudies, citons les morceaux\nde musique de scène de Léon Dubois pour le Mort de Camille Lemonnier.\nPAUL BERGMANS."}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.95", "texte": "86\nS. I. M.\n\nIl nous est agréable d'ajouter, aux lignes de notre excellent confrère M. Bergmans, tous\nnos encouragements et nos félicitations chaleureuses à l'adresse de MM. Roels et Lefébure,\ntous deux compositeurs appréciés. Ils savent se dévouer à faire connaître les œuvres de nos\nmusiciens belges, leurs collègues ; et leur mouvement est assez rare, assez beau pour qu'on le\nsignale, pour qu'on y applaudisse. Nous souhaitons à leur direction le plein succès qu'elle mérite.\nR. L.\nMALINES, le 15 mai. Les concerts sont nombreux, mais rarement intéressants. La\nmusique moderne ne parvient pas à se faire écouter ici. Au \" Nederlandsch Verbond \" où l'on\nchanta de fort belles chansons populaires flamandes, ainsi que quelques mélodies assez pâles\nd'auteurs belges actuels, les Préludes de Debussy ne produisirent aucune impression.\nL'Académie de Musique nous a fait entendre à son deuxième concert la symphonie en\nut mineur de Beethoven. A ce même concert, l'excellent corniste M. Théo Mahy a joué avec\nson aisance habituelle un concerto difficile de Mengal. Mademoiselle Charlotte Vrelust, une\njeune lauréate du conservatoire de Bruxelles, interpréta d'une façon très correcte du Mendels-\nsohn et du Liszt.\nCitons encore pour mémoire une séance de musique de chambre consacrée aux \" Ori-\ngines du Style instrumental \" et un concert de charité, où M. Jean Noté remporta son\nsuccès habituel.\nPAUL C.\n\nEtranger\nBUDAPEST. Tous ceux qui ont visité la Hongrie ont été étonnés et ravis de\nl'enthousiasme sincère des Hongrois pour la musique. Non seulement dans la capitale mais\ndans toutes les villes grandes et petites de la Hongrie, le monde afflue véritablement vers le\nthéâtre ou vers la salle de concert chaque fois que quelque musicien ou artiste célèbre y vient\ndonner une audition. C'est que la musique et le sentiment musical sont innés chez les\nHongrois.\nVoilà pourquoi dès les temps les plus anciens alors qu'il n'y avait même pas encore de\nlittérature ou de culture en Hongrie, les bardes et les chanteurs hongrois étaient déjà connus\ndans toute l'Europe et voilà aussi pourquoi encore maintenant les Hongrois ont un culte\nspécial pour leurs grands maîtres et les fêtent avec une pompe extraordinaire malgré leurs\nressources bien restreintes.\nDes compositeurs et musiciens hongrois le plus grand et le plus original est sans conteste\nFrançois Liszt. L'étranger le reconnaissant et l'appréciant autant que la Hongrie, on ne doit\npas s'étonner que l'on fasse des préparatifs réellement exceptionnels pour célébrer son cente-\nnaire. Après de longues discusions, le comité exécutif hongrois de ces fêtes vient d'en arrêter\nle programme définitif. Le centenaire de Liszt ne sera pas seulement la fête de Liszt mais aussi\nla fête mondiale de la musique. Tout ce qui compte dans la musique se réunira dans la capitale\nhongroise et le concert qu'on entendra à cette occasion restera unique. Ce sera le premier\nrendez-vous de tous les élèves, diciples et amis du grand maître hongrois. Les dix plus\ngrands pianistes du monde entier prendront part aux concerts qui seront dirigés par\nJean Richer, Siegfried Wagner, Félix Weingartner et Bernard Stavenhagen.\nVoici le programme de ces concerts :"}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.96", "texte": "Ce congrés s'est tenu les 2, 4 et 5 Mai derniers dans la salle Paulus à Fribourg en Brisgau. On peut voir sur la photographie que nous reproduisons:\nEn bas{ au milieu: Mme Wanda Landowska et Mlle Philippi;\nà gauche: MM. Czerny, Fitzner, Rebner;\nà droite: MM. Natterer, Divisson, Hoyer.\nEn haut, de droite a gauche: Ernst Harms, Abendroth, H. Tückermann,\nJohs. Horbelt, Johaňes Hegar, Chr. Döbereiner, Anton Walter,\nAnton Walch, Max Weissgärber.\n\nLe 4me Congrès de Musique de Chambre à Fribourg en Brisgau"}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.97", "texte": "LE MOIS\ng 7\n\nLes 21 octobre, ouverture du festival par une grande messe à la Cathédrale Mathias, au\ncours de laquelle sera exécutée sous la direction de Weingartner la \" Messe du Couronnement \"\nde Liszt. Le soir, à l'Opéra, représentation de gala de 1' \" Oratorio de Sainte Elisabeth\nLe 22 et 23 octobre grandes soirées de piano dans la salle d'honneur (la grande salle) de\nl'Académie Nationale hongroise de musique. Les chants et les airs les plus célébrés de Liszt\nseront exécutés à cette occasion par Sophie Meurter, Vera Timano, Eugène d'Albert\nAuguste Friedheim, Frédéric Lamond, Maurice Rosenthal, Emile Sauer, Bernard Staven-\nhagen et les élèves hongrois de Liszt, Arpad Szendy, Aladar de Juhasz et Etienne de\nThoman.\nLe 24 octobre, à l'Opéra, sous la direction de Wagner, grand concert symphonique au\ncours duquel seront exécutées \" la Symphonie de Faust \" un poème symphonique et une\nrhapsodie hongroise, toutes de Liszt.\nLe 25 octobre, sous la direction de Jean Richer représentation solennelle de \" l'Oratorin\nde Jésus \" à l'Opéra.\nMais les fêtes que nous venons d'énumérer ont un caractère international et mondial •\nc'est pourquoi le conservatoire national de Musique vient d'organiser, pour devancer ces fêtes\ncosmopolites, une fête nationale en l'honneur du grand maître. Cette fête ayant eu un éclat\nparticulier, j'en donne le compte-rendu.\nAprès quelques mots de bienvenue, le comte Géza Zichy, le président du Conserva-\ntoire de Musique, dans un long et chaleureux discours, a énuméré les mérites de Liszt et\nexpliqué la place importante qu'il occupe dans l'histoire du développement de la musique.\nCe discours a été suivi d'un concert véritablement grandiose, exécuté par les élèves\nhongrois de Liszt et dirigé personnellement par le comte Géza de Zichy, le plus diligent et\nle plus génial d'entre eux.\nComme si ces fêtes ne suffisaient pas la ville de Presbourg, vient de décider l'érection\nd'une statue à François Liszt. Le grand compositeur avait, en effet, séjourné pendant long-\ntemps dans cette ville. C'est du reste là, comme il l'a raconté lui-même à plusieurs reprises,\nque son sort d'artiste fut décidé en 1820.\nDisons maintenant quelques mots de nos jeunes compositeurs : l'Opéra ne leur veut que\ndu bien et s'efforce de mettre en lumière leurs talents pleins de jeunesse et de vie. Le plus\noriginal de nos compositeurs est sans contredit Etienne Hùvos. L'Opéra vient de représenter sa\n\" Fleur des Alpes\" (Patte de Lion). Le talent de l'auteur s'y montre affermi, sa technique\nenrichie. La \" Fleur des Alpes \" est un ballet ; le sujet en est la lutte éternelle de la culture\navec la nature.\nTrès originale aussi est l'œuvre de Szabados Bêla, \" Le Cabotin \", dont le livret a été\nécrit par le plus spirituel et aussi le plus profond des auteurs hongrois, Eug. de Râkosi. C'est le\ntriomphe de l'amour jeune et sain qu'il célèbre dans sa nouvelle œuvre. La musique est un\nmélange admirable de tragique et de comique. Au succès étonnant de cette œuvre, Etienne\nKerner, le chef d'orchestre de l'Opéra, a contribué pour une bonne part.\nCitons, pour terminer, le bel opéra d'Edmond Mikalovich \" L'Amour de Toldi \". Le\nsujet est tiré de l'histoire hongroise.\nSi nos musiciens sont bien doués, ils sont aussi fortement encouragés par tous les hongrois\net en particulier par le bourgmestre, M. Etienne de Barcky, compositeur de talent. Ses visées\nmusicales sont hautes : il a le désir de réorganiser musicalement Budapest ; il veut rendre\nl'enseignement de la musique obligatoire et bon marché et souhaite de le voir très prochaine-\nment gratuit.\nA. MANTEAU.\n\n7"}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.98", "texte": "ÉDITIONS LITTÉRAIRES ET MUSICALES\nA. Z. MATHOT\nii, RUE BERGÈRE TÉLÉPHONE 234-31\nPARIS\nŒUVRES DE : GASTON BERNHEIMER, GEORGES BRUN, LUCIEN CAPET, ALFRED\nCASELLA, MARC DELMAS, JEAN HURÉ, D. E. INGHELBRECHT, FERNAND LEBORNE,\nARMAND MARSICK, PIERRE MONTEUX, EMANUEL MOOR, MAURICE PESSE, JACQUES\nPILLOIS, JOHN POWELL, SÉBASTIAN B. SCHLESINGER, FLORENT SCHMITT, JOSEPH\nSZULC, EMILE VUILLERMOZ, etc. etc.\nEXTRAIT DU CATALOGUE :\nBERNHEIMER : Dix Préludes pour piano fr. 5.00\nTrois mazurkas pour piano fr. 2.50\nGEORGES BRUN: Menuet sentimental, piano fr. 1.75\nMarine, piano et chant fr. 2.00\nLa Neige, piano et chant fr. 2.50\nLUCIEN CAPET : Sonate pour violon et piano fr. 8.00\nAria pour violon, Alto et piano fr. 3*00\nDevant la Mer, piano et chant fr. 5.00\nCASELLA ALFRED : Variations sur une chaconne piano fr. 3*00\nSarabande pour harpe chromatique fr. 2.50\nBarcarola et Scherzo, Flûte et piano fr. 4.50\nSonate pour violoncelle et piano fr. 8.00\nMélodies, premier recueil, piano et chant. . . fr. 6.00\nEn Ramant (Richepin) piano et chant . . . . fr. 2.50\nSoir Païen (A. Samain) piano et chant . . . . fr. 3.00\nSoleils couchants (P. Verlaine) fr. 2.00\nD.E.INGHELBRECHT: La Nursery, petites pièces, à l'usage des enfants,\npour piano à 4 mains i° recueil (40 Edition) fr. 6.00\n2° Recueil (30 Edition) fr. 6.00\nPrélude et saltarelle, Alto et piano fr. 4*o(->\nMélodies sur des poésies russes fr. 4.00\nAu Jardin de l'lnfante (Trois Poèmes) pour chant\net piano fr* 5-00\nEMANUEL MOOR : Op. 88. i° Recueil de mélodies fr. 6.00\nOp. 91. 2° Recueil de mélodies fr. 6.00\nOp. ili. 3° Recueil de mélodies fr. 6.00\netc. etc. etc"}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.99", "texte": "ÉDITIONS LITTÉRAIRES ET MUSICALES\nA. Z. MATHOT\nii, RUE BERGÈRE TÉLÉPHONE 234-31\nPARIS\nVIENT DE PARAITRE:\nFLORENT SCHMITT\nOSCAR KLEMPERER\nLUCIEN CAPET\nROGER DE FRANCMESNIL\nD.-E. INGHELBRECHT\nQUINTETTE en trois parties pour\npiano, 2 violons, Alto et violoncelle\nQUINTETTE pour piano, 2 violons,\nAlto et violoncelle\nQUATUOR à Cordes pour 2 violons,\nAlto et violoncelle\nSONATE pour violon et piano\nAU JARDIN DE L'INFANTE.\nTrois poèmes pour chant et piano .\nSOUS PRESSE :\nnet fr. 20.00\nnet fr. 12.00\nnet fr. 8.00\nnet fr. 8.00\nnet fr. 5.00\nGEORGES MIGOT\nEMANUEL MOOR\nALFRED CASELLA : BERCEUSE TRISTE pour piano à 2 mains.\nA LA MANIÈRE DE... R. Wagner, G. Fauré,\nJ. Brahms, C. Debussy, R. Strauss, C. Franck.\nSonate pour violon et piano.\nRhapsodie pour grand orchestre.\nSuite pour violoncelle et piano.\nPraeludium et Fuga de Bach, transcrits dans l'esprit\nde l'orgue pour le piano.\nN° 1. en ut mineur\nN° 2. en la mineur\nN° 3. en sol mineur\nN° 4. Fantaisie et Fugue en mi mineur\nVariations sur un thème de Hahr pour piano\nQUINTETTE en trois parties (petite partition de\npoche) net fr. 5*00\nJOHN POWELL\nFLORENT SCHMITT\nSALLE D'AUDITIONS 200 Places"}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.100", "texte": "9°\nS. I. M.\n\nDRESDE. Le Concert d'œuvres pour orchestre de Monsieur Jaques-Dalcroze\nmarque certainement une date dans l'histoire de la musique. L'originalité rythmique de\nJaques-Dalcroze est connue depuis longtemps déjà ; ses œuvres ont figuré sur maint pro-\ngramme de musique symphonique, mais c'est la première fois que le maître donnait une soirée\nentière de ses compositions, révélant d'un coup d'œil rétrospectif le travail du créateur, depuis\nla lre manière jusqu'à la maturité d'un art enfin conscient de lui-même.\nQuelle floraison ! Les mètres des classiques ont pris des inflexions toutes nouvelles, ils ont\nautre figure, autre mouvement ; ils ont des contours imprévus, un geste nouveau. On sent que\nJaques-Dalcroze ne compose pas à sa table de travail, mais que toute la journée il voit évoluer\nsous ses yeux des formes, des corps, des membres harmonieux : c'est la musique rénovée par\nla Danse, \" réorganisée \" par elle et qui, lorsqu'elle retournera à une forme plus abstraite, aura\nemporté de ce contact une expression plus noble, plus complète, plus vraiment libre.\nLes solistes de ce concert, M\"ie Jaques-Dalcroze et M. Pollak, de Genève, se sont\nexprimés en convaincus et en enthousiastes, Mad. J.-D. dans deux œuvres de jeunesse de son\nmari, M. Pollak dans la dernière composition du maître, le 2e concerto, en do pour violon,\nqu'il a interprété d'une manière saisissante. Quant à l'orchestre du Gwerbehaus, tous nos\ncompliments pour la manière dont il a joué ce soir-là.\nL'organiste de l'église Anglaise, M. Mallinson, nous a fait connaître ses compositions,\nd'un art souple et raffiné. Parmi les pianistes, M. Emile Sauer remporte ici de grands\nsuccès. Melle Gmeiner jouait la belle sonate de Schumann et M. Bardas, sauf la 2,n0 Rhapsodie\nde Brahms, ne choisissait pas parmi les meilleures compositions de celui-ci. Nous enten-\ndions également un jeune violoniste parisien, dont le nom nous échappe en ce moment et qui\npossède une sonorité ample et une superbe technique.\nLe quatuor bruxellois, enfin, nous a donné à son dernier concert, outre un charmant\nHaydn et le Schumann en la, op. 41, un quatuor de Donhyani sonnant admirablement, mais\nqui, excepté un Scherzo plein de caractère, nous semble manquer précisément de caractère et\nd'originalité.\nA l'Opéra, sauf le \" Rosenkavalier \", qui attire toujours beaucoup de monde, (un train\nspécial de mélomanes berlinois arrivait ici samedi pour la représentation), rien de spécial à\nmentionner.\nJ'allais oublier Mad. Yvette Guilbert dont l'art hors pair a trouvé à Dresde un public\nenthousiaste !\nA. J.\nBARCELONE. Nous avons eu, au Pla des de\nGranados. Le public parisien ayant pu goûter tout dernièrement ces pages, je ne m'étendrai\npas sur leur valeur. Tous ceux qui connaissent les œuvres de Granados savent, du reste, com-\nbien elles sont romantiques. Ajoutez à cela la note nationale, essentiellement un peu\nde lyrisme, le tout coloré, poétique, pianistique, et vous aurez défini, l'art de Granados. Les\nGayescassont évidemment plus fouillées, plus travaillées que les déjà connues, mais la\npâte, la saveur, la matière sont bien les mêmes. Outre les Granados nous a encore\noffert une première audition du Canto de las estrallas, poème pour piano, orgue et chœurs.\nNous sommes loin ici des Gayescas. Ce Poème est extrêmement doux, fluide.\nUOrfêo Catalâ organisa ensuite six grands concerts. Les deux premiers furent dirigés par\nM. Lamote de Grignon, les trois suivants par Karl Panzner et le dernier par M. Millet.\nConstatons tout d'abord le beaux succès de notre Orquesta Sinfônica de Barcelona qui a fait\nvraiment de grands progrès. On a fêté également M. Panzner et M. Lamote. Le sixième"}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.101", "texte": "LE MOIS\n91\n\nconcert de cette série offrait le plus grand intérêt car outre la répétition des chansons popu-\nlaires catalanes données pour la première fois lors de la dernière Fête de la Musique Catalane,\non nous chantait des Madrigaux de John Dowland, Roland de Lassus, Luca Marenzio,\nClement Jannequin et Joan Brudieu. Les beaux chœurs de YOrfèo ont fait encore une fois\ndes merveilles et aussi bien les finesses italiennes de Luca Marenzio que les accents mâles de\nnotre Joan Brudieu (i5....-is9l)> ont été rendus avec une perfection vraiment rare.\nRisler a triomphé (toujours à YOrfèo) et, au Liceo on a donné la Tétralogie précédé de\n5 concerts, les 3 premiers consacrés à F. Von Vecsey et les 2 suivants dirigés par Weingartner.\nOrquesta Sinfonica, de Madrid, que dirige Fernandez Arbôs, est de nouveau venu\nnous visiter. Les cinq concerts \\donnés tout dernièrement, au Palace, ont été, comme\ntoujours, fort intéressants. Je ne parlerai pas de toutes les œuvres exécutées (ce serait\ntrop long), mais je signalerai tout d'abord une nouveauté : La Divina Comedia, de Conrado\ndel Campo, que nous écoutions pour la première fois. C'est une page infiniment curieuse,\nqui sonne fort bien. Elle a, en outre (surtout la deuxième moitié), une saveur fort originale et\nson modernisme, très savoureux, est, enfin, extrêmement sain. Une œuvre fort belle, en\nsomme, qu'on a dû bisser. Les deux clous de ces cinq séances étaient évidemment la Consé-\ncration du Graal du Parsifal, et le Prologue des Pyrénées, de Pedrell, donnés avec le concours\nde YOrfèo Catalâ. Exécution inoubliable ! Constatons, enfin, le franc succès du Prologue\ndes Pyrénées. Comme cette musique nous paraissait forte, et sincère et robuste à côté, par\nexemple, de bien des mièvreries de nos jours ! Et à propos de Pedrell : on prépare en son\nhonneur de grandes fêtes qui auront lieu à Zortosa (Catalogne), sa ville natale, au mois de\nseptembre. Ce sera un hommage infiniment mérité, car voilà bien un homme dont la foi a été\ninébranlable, malgré le milieu (dont il n'a pas subi l'influence !..) et qui a beaucoup travaillé.\nOn s'apprête, sincèrement, à bien le fêter.\nF. LLIURAT.\nBILBAO. En 1909 on avait représenté ici Maintena ; l'année dernière c'étaient\nMendi-Mendyan, Mirenchu, Lide et Isidor qui triomphaient et qui sont reprises cette année ;\non va donner aussi le premier acte d'un opéra de l'abbé Arkue. Il faut se réjouir de voir nos\nmusiciens s'engager dans une voie nouvelle et donner à leurs compositions une base aussi\nsolide que notre chanson populaire.\nF. G.\nMADRID. J'ai accompagné la troupe madrilène d'opéra à Barcelone, où elle a\ndonné un Festival wagnérien dont je vais rendre compte avec la permission du correspondant\nde S. I. M. à Barcelone qui ne put y assister.\nLe Festival comprenait trois cycles de la Tétralogie, et des représentations de Tristan et\nTannhaûser. Le chef d'orchestre, M. Kâhler, l'un des quelques Allemands qui goûtent notre\nmusique française moderne, dont il va bientôt faire connaître les principales productions en\nAllemagne, dirigea de main de maître, aidé par M. Lamotte de Grignon, un orchestre entre\ntous docile et technique. Les interprètes principaux furent le célèbre Borgatti, le Siegfried\npréféré des Italiens ; Mme Margot Kaftal, insuffisante dans ses rôles, mais pleine de bonne\nvolonté; Masini-Pieralli, Wotan italianisant; Segura-Tallien et Roberto Janni, barytons.\nCe dernier s'est révélé interprète sérieux et vraiment wagnérien, en Gunther et Alberich.\nSouhaitons-lui une belle carrière. Le ténor Vinas joua avec simplicité Tristan et Tannhaûser:\nbelle voix, mais jeu parfois inesthétique. Enfin la mise en scène fit le plus grand honneur au\ndirecteur du Théâtre. De pareilles saisons wagnériennes méritent d'attirer les étrangers.\nHENRI COLLET."}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.102", "texte": "92\nS. I. M.\n\nSARAGOSSE. Au dernier concert de la Société Philharmonique nous avons entendu\nla célèbre pianiste Carmencita Perez ; musicienne excellente elle obtint un très grand succès\ndans des œuvres de Beethoven, Bach, Chopin, Liszt et Carmen Perez.\nLa Philharmonique ouvre toujours ses portes aux grands virtuoses ; Edouard Risler\nremporta un grand succès dans la Sonate appassionata de Beethoven, celle en la bémol (op. 26)\net différentes pièces de Liszt. Nous avons maintenant une troupe d'opéra 5 malheureusement\nelle est encore bien médiocre à part quelques artistes telles que Mmes Mathilde de Lama, Costa,\nAracil, le ténor Famadas. On a donné Tannhauser ; mais que d'efforts à faire encore !\nM. F.\nMALAGA. La Société Philharmonique a brillamment clos la saison 1910-1911 par\nles deux récitals de M. Philippe Gaubert, presque immédiatement suivis de deux récitals\nRiSler. H> C.\nGENEVE. M. G. Jean Aubry, conférencier infatigable et J. Joachim Nin, pianiste,\nviennent plaider à l'Université la Cause de la musicologie : les Clavecinistes français, tel fut\nle sujet traite par M. Aubry. M. Nin exécuta avec tout l'esprit que comporte cette musique\ndes pièces de Couperin, Rameau, Dandrieu, Daquin, Royer et Duphly.\nBERLIN. La Société des Concerts historiques \" Niederlandisch-historische Kon-\nzerte \" a exécuté récemment \" La Messe des Morts \" de Fr. Jos. Gossec ; on ne saurait trop\nremercier M. H. F. Wirth, le directeur de cette société, de l'heureuse idée qu'il a eue de\nnous faire entendre cette œuvre remarquable. Malheureusement la vaste salle de la Hochschule\nfur Musik était bien peu garnie. Et cependant quelle grâce et quel charme a cette musique.\nLes solistes furent tous excellents : Tilia Hilî (soprano) Erna Unterstein (mezzo-soprano)\nMarta Stapelfeldt (Alto) W. Becker et Anton Sistermans possèdent de belles voix et chantent\navec beaucoup de style. Les chœurs, par contre, eurent quelques faiblesses. Quant au chef\nd'orchestre M. Cornelis Docum il s'est acquitté de sa tâche, qui était lourde, de la plus louable\nfaçon. A. S.\nFLORENCE. Ce ne sont pas les concerts qui manquent ici en cette saison (pour-\ntant, nous n'avons toujours pas de concerts d'orchestre florentins). Le pianiste Alfredo Oswald,\nque nous avions applaudi cet hiver avec l'excellent pianiste Spalding a donné, avant son\ndépart pour Paris, une audition dont le programme varié a bien mis en valeur toute la\nsouplesse de son talent.\nLe Comité pour la diffusion de la musique instr composé de M. M. Cala-\nmani, Lenzoni, Frangini, Coen et Xocci, a donné, comme l'an dernier, une série de concerts\ntrès réussis, au programme desquels figuraient entre autres des quatuors de Boccherini de\nMozart et de Schubert, un trio de Locatelli et le quintette de Franck.\nAu Conservatoire (Instituto musicale)trois auditions fort intéressantes : une séance de\nmusique de chambre, une représentation de la et une exécution de\nSpiritualidu XIVe et du XVIe siècle, commentées par une conférence du Prof. Bicchierai.\nNous avons entendu enfin un peu de musique d'orchestre grâce à M. Camille Chevillard\nqui faisait son tour d'ltalie avec ses musiciens de Paris. Exécution impeccable. Beau program-\nme (Beethoven, Mozart, Grieg, Wagner, Debussy, Weber), qui aurait attiré encore plus de\nmonde si M. Chevillard n'avait pas craint de donner un peu plus de musique nouvelle. Nous\nsavons, à Florence, nous mettre dans le mouvement et le moderne ne nous fait pas peur.\nLa Libéra esteticacontinue à déployer sa belle activité. Quatre nouveaux concerts ont\nété donnés à la fin d'avril et au début de mai : un concert entièrement consacré à Liszt et"}, {"page_pdf": 103, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.103", "texte": "LE MOIS\n9 3\n\nentièrement exécuté par M. Paolo Litta avec une remarquable maîtrise et une endurance\nextraordinaire ; un concert de violon où s'est révélé le talent russe de M. Schkolnik ; une\naudition de Madame Ida Isori qui interpréta avec son art coutumier la grâce ou le pathétique\ndes vieux airs italiens ; enfin, un concert d'ensemble où les trois artistes se sont réunis pour\nnous faire goûter un peu plus de ces anciennes et charmantes musiques.\nEt pourquoi ne mentionnerais-je pas, pour finir, les\nchambre organisés à Ylnstitut français par l'auteur de ces lignes? Voici le programme du pre-\nmier concert, que Madame Barrère a bien voulu honorer de sa présence : Une sonate de\nLeclair, des airs de Lulli, de Lambert, de Destouches et un des Concerts Royaux de Couperin ;\npour la partie moderne, des mélodies de Debussy et de Fauré et le de Debussy.\nP. M. M.\nROME. Le monde de la musique en Italie vient d'éprouver une perte irréparable en\nla personne du Comte Franchi Verney, mort à Rome le 15 mai dernier, à l'âge de soixante-trois\nans. On peut dire que la vie toute entière du critique de la Nuova Antologia fut consacrée à\nla musique. Issu d'une ancienne famille de magistrats piémontais, le Comte Franchi débuta lui\naussi au barreau ; mais la musique l'attirant de plus en plus, il fit ses débuts comme critique\nmusical sous le pseudonyme d'Ypolito Valetta et bientôt il se consacra exclusivement à faire\napprécier dans son pays l'art des maîtres, en particulier celui de Beethoven, presqu'inconnu\nencore à Turin. Cette ville lui doit la fondation de la meilleure société chorale de l'ltalie\n—la Ste Stefano Tempia, des concerts orchestraux populaires qui contribuèrent tant à la\ndiffusion de la musique classique en Italie, enfin celle d'une société de quatuors de Beethoven.\nCe fut aussi Ypolito Valetta qui par sa tournée de concerts avec la Succa initia le public\nitalien à la musique de Wagner. En 1878, il conduisit l'orchestre Mancinelli et les chœurs\npiémontais à l'exposition de Paris. Il épousa, quelques années plus tard, la violoniste Teresina\nTua, la brillante élève de M. Massard aussi connue et appréciée en France qu'en Italie.\nA Rome, le salon du Comte et de la Comtesse Franchi était devenu un centre artistique et\nlittéraire pour tous les artistes de Rome et de l'étranger qui y recevaient un si bienveillant\naccueil. Compagnon fidèle des tournées artistiques de sa femme, le Comte Franchi était le\ncorrespondant musical de nombreux journaux en Italie et à l'étranger. Il écrivit à l'occasion\ndu Centenaire de la Villa Medicis un ouvrage consacré à l'histoire de cette maison. La\npremière biographie italienne de Chopin est de sa plume. Les services qu'il rendit à l'art et\naux artistes sont de ceux qu'on ne peut énumérer. Ami fidèle et dévoué, il n'hésita jamais à\nencourager les artistes même les plus modestes ; il contribua beaucoup au succès de Massenet\net de Saint-Saëns et de bien des musiciens français en Italie.\nIl laisse des regrets unanimes dans le monde musical ; les lecteurs de S. I. M. qui\navaient eu l'occasion de lire un de ses articles sur la musique en Piémont dans un des derniers\nN°s verront avec regret disparaître un correspondant aussi distingué. H. B.\nCAMBRIDGE. Pour accompagner la représentation d'une comédie de l'époque\nshakespearienne, \" The Knight of the Burning Pestle \", de François Beaumont et John\nFletcher, quelques étudiants de notre Université ont exécuté plusieurs pièces d'auteurs anglais\nanciens tels que W. Byrd, Farnaby, Dowland, W. Brade, Francis Pilkington, Rosseter.\nCes étudiants se sont groupés sous le nom de \" Cambridge University Musical Club .\nIls se réunissent toutes les semaines régulièrement entre eux ; le 5 juin ils donnaient au\n\" Gouville et Cains Collège \" son 493me \" open Concert \" (c'est-à-dire où des invités étaient\nadmis) avec le programme suivant :"}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.104", "texte": "9+\nS. I. M.\n\nQuintette en la majeur DVORAK.\n\" Ogni sabato aorete illume acceso \" GORDIGIANI.\nConcerto en ré mineur pour 2 violons et orchestre . J. S. BACH.\n\" Wir wandelten \" BRAHMS.\nFragments de la « Bauern Cantate \" J. S. BACH.\nL exécution était confiée a des élèves des Collèges Clare, Cains, King's, Trinity,\nPembroke et à Miss Lilian Greenwood.\nC'est notre collègue, Mr. E. J. Dent, professeur au \" King's Collège \" et directeur de\nla bibliothèque musicale du u Fitzwilliam JVIuseum \" qui s'occupe de la façon la plus active\nde ce club musical. Un article paru dans la revue S. I, M. (15 février 1908 ; u Beckmesseria-\nnisme anglais de P. Taye et Marcel Boulestin), signale les efforts de Mr. Dent et ceux du\nDr W. H. Hadow a Oxford, afin d'orienter la pratique de la musique dans une voie de\nprogrès.\nNous avons pu nous rendre compte que les étudiants de Cambridge pour leur part\nmanifestaient une prédilection particulière pour la musique française moderne.\nMais la ne se borne pas toute la sollicitude de Mr. Dent, car la musique ancienne est\négalement 1 objet de ses soins. Rappelons que lors de la représentation du \" Faust \" de Christophe\nMarlowe, offerte par les étudiants de Cambridge à leurs confrères d'Allemagne (17 août 1910),\nc est lui qui en avait reconstitue la partie musicale ; il vient maintenant de publier une fort\nbonne et fidele traduction de la Flûte enchantée, en vue d'une exécution intégrale de cette\nœuvre projetée à Cambridge pour la fin de l'année.\nQuant à la qualité de l'interprétation du concert du 5 juin, elle était avant tout très\nmusicale et animée d'un sentiment excellent.\nEnfin le 6 juin avait lieu au Guildhall le concert de la \" Cambridge University\nMusical Society Au programme :\nGod save the King arrangement de C. V. Stanford.\nA Sea Symphony VAUGHAN WILLIAMS.\n(conduite par l'auteur.)\nPrélude et mort d'Iseult WAGNER.\nComedy-Ouverture H. BALFOUR GARDMER.\n(conduite par l'auteur.)\nLa u Sea Symphony de Vaughan Williams, dont les congressistes avaient pu entendre\nla u Norfolk Rhapsody \" au concert du 30 mai, est une vaste composition pour chœurs, soli,\norchestre, déjà jouée au \" Leeds Festival\" de 1910. C'est excessivement consciencieux,\nquoique peu intéressant, et conçu dans un style qui oscille entre celui de la cantate et du\npoème symphonique.\nLà encore, les étudiants de Cambridge faisaient leur partie, mais dans les chœurs, et\nnotre collègue Mr. E. J. Dent la sienne à l'orchestre, comme timbalier.\nM. L. PEREYRA.\nINDO-CHINE FRANÇAISE. — SAIGON. — COCHINCHINE — Le goût des choses\nmusicales en Cochinchine est répandu parmi les nombreux européens, asiatiques et annamites\nqui peuplent cette colonie. Les chinois, les malais, les annamites restent fidèles à leurs instru-\nments traditionnels. Les européens s'adonnent au culte des maîtres de la musique française et\nétrangère ; les classiques sont conservés dans le répertoire local, les nouveautés font leur\napparition dans la colonie peu de temps après le commencement de leur vogue en Europe.\nLa ville de Saïgon possède un théâtre approprié dans sa construction aux -habitudes de"}, {"page_pdf": 105, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.105", "texte": "LE MOIS\n9 5\n\nconfortable et d'aération des pays tropicaux, tout en conservant à la salle de spectacle et à ses\ndépendances les détails propres à ces édifices en Europe.\nLe budget municipal de Saïgon, qui s'élève à une somme respectable en millions, affecte\nchaque année une subvention élevée aux dépenses du théâtre et de la troupe recrutée en\nFrance à chaque saison. D'octobre à avril, les représentations se succèdent, suivies avec passion\npar nos dilettanti locaux. Le budget colonial consacre, à son tour, une part de ses ressources,\nà la contribution théâtrale, ce qui fournit à l'impressario une subvention annuelle dont se\ncontenteraient la plupart de nos directeurs des grandes villes d'Europe. De plus, les frais de\nvoyage de la troupe de Marseille à Saïgon, aller et retour, sont supportes par le budget local.\nLa physionomie de la salle, un soir de représentation, avec son éclairage électrique, ses\nmassifs de verdure à l'extérieur et à l'intérieur, l'élégance des spectateurs est de celles qu'on\nn'oublie pas. Les auditeurs sont tous européens, les chinois et les annamites se mêlent rarement,\net en petit nombre à cette société. Nombreux sont les théâtres chinois et annamites, mais leur\nrépertoire et leurs procédés n'offrent aucune analogie de jeu ou de mise en scène avec le\nthéâtre Occidental ; ces théâtres, fort fréquentés, du reste par la population indigène, sont\nrelégués dans la partie de la ville de Saïgon particulièrement réservée à cette catégorie\nd'habitants et dans la ville chinoise de Cholon, voisine de la capitale de la Cochinchine.\nLes chinois riches, qui sont des commerçants possèdent à Cholon, indépendamment de\nleurs magasins et leur maison familiale, de petites maisons où, sans la direction de duègnes,\ndes groupes de jeunes et jolies chanteuses forment des concerts pittoresques. C'est une faveur\nrecherchée des européens épris d'exotisme, et difficile à obtenir, car les réunions, où les chinois\nfont assaut de luxe et d'amabilité envers leurs invités, consistent surtout en repas dont le\nmenu étonnerait par leur longueur et leur variété nos mondains occidentaux. Le chant, la\nmusique sont des accessoires ; les petites chanteuses, au cours des pauses, servent à boire, offrent\nles plats, et déploient leurs grâces.\nLes annamites se réunissent fréquemment le soir, entre amis, chez l'un d'eux : chacun\napporte son instrument, d'autres leur talent de chanteurs ou de conteurs, et, par les mer-\nveilleuses nuits de la Cochinchine, les concerts improvisés de la sorte se manifestent a travers\nles murs légers des habitations indigènes, avec la douceur et l'originalité de cette musique,\nfille de la Chine, transformée par cette race Annamite si fine et si artiste, a sa maniéré.\nL'attachement des Asiatiques à leur musique antique et traditionnelle a donné lieu a\ncette opinion que les peuples extrême-orientaux étaient réfractaires a notre art musical\noccidental. La fréquentation des Annamites nous faisait penser le contraire. Récemment, a une\nbrillante soirée, comme en offre à ses invités et à ses sociététaires la vaillante société Philhar-\nmonique saïgonnaise, fut présentée pour la première fois, devant une assemblée d elite, présidée\npar Mme Klobukowska et M. le Gouverneur Général de l'lndochine, la fanfare indigène de\nSaïgon composée de vingt-sept exécutants, tous Annamites, appartenant à l'Administration et a\nl'lndustrie du Livre et de l'lmprimerie.\nIl est démontré que l'élément Annamite n'est point réfractaire a 1 art occidental.\nSouhaitons que ce résultat soit le début d'une vulgarisation progressive de nos méthodes\nmusicales d'Europe.\n* *\nUn autre événement artistique fut le passage à Saïgon de Mme Emma Calvé. Accom-\npagnée du ténor Gaspari, de la Scala de Milan, du pianiste Pintel, l'éminente cantatiice a\ndonné au Grand théâtre de Saïgon, une soirée où son beau talent fut applaudi dans le Mysoli\nde la Perle du Brésil, la habanera de Carmen, les stances de Sapho, une chanson pyrénéenne du\nXVIe siècle, un appel des Bergers, et dans le rôle de Santuzza de la Cavalleria Rusticana."}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.106", "texte": "L'Édition\nMusicale\nCh. Neveu.\nNous avons reçu la lettre suivante que nous nous empressons de\npublier, conformément à la loi :\nMonsieur le Directeur,\nJe viens de lire avec une pénible surprise l'article \" L'Edition Musicale \", dans le dernier\nn de la Revue S. I. M., et je me vois à regret obligé de vous adresser mes plus vives\nprotestations.\nVotre rédacteur loue les vieilles Mélodies populaires des Provinces de France : il a raison.\nIl regrette que les paroles en soient quelquefois un peu scabreuses : il a tort. Elles sont ce\nqu elles sont ; il n en faut point parler quand il s'agit d'enseignement à des enfants, car c'est\ncommettre une grave erreur que confondre u populaire \" avec enfantin.\nMais un autre point m'intéresse..\nL article n étant signé que d'initiales, je ne puis dire à l'auteur ce que je pense du ton\nde sa critique.\nLes Douze Chansons pour les Enfants, bien qu'elles n'aient, à l'en croire, \" aucune des\nqualités requises pour se graver dans de jeunes mémoires \", ont été récemment apprises et\nchantées par des enfants, devant un public nombreux, qui les a chaleureusement applaudies :\nEncore qu elles ne doivent pas plaire \" davantage aux grandes personnes \", des juges autorisés\nles ont appréciées, et, en ce moment même, une jeune artiste en interprète plusieurs, dans un\nmilieu distingué, avec un succès soutenu.\nJe n attacherais donc au jugement de Mr V. P. que l'importance qu'il a, si, d'une part,\nil n était formulé en termes peu mesurés et inacceptables, — particulièrement déplacés dans\nune Revue serieuse et d'un caractère élevé, — et si, d'autre part, il n'était de nature à porter\nun grave préjudice à une entreprise commerciale qui lutte de toutes ses forces pour faire bien.\nEn effet, 1' \" Edition Montrougienne \" n'existe plus. Elle a cédé ses droits à la Société\nArs et Vita \", dont je reste un des Directeurs. C'est en cette qualité, et sûr qu'il me suffira\nde faire appel à votre courtoisie, que je viens, Monsieur le Directeur, vous prier de vouloir\nbien, dans votre prochain numéro et à la même place, faire rectifier les termes blessants dont\nil a été fait usage dans l'article V. P.\nPermettez-moi, maintenant, au double titre de membre des Amis de la Musique et\nd abonne a S. I. M., de vous demander si c'est bien là, alors qu'une simple mention de\n\" Vient de paraître \" leur donnerait satisfaction, ce que les Editeurs attendent d'envois faits\nsur votre invitation.\nIl vous appartient, d'ailleurs, d'apprécier, Monsieur le Directeur, si une revue qui se\nrespecte ne se nuit pas à elle-même en tolérant une forme de critique après laquelle il n'y a\nplus que le langage d'une \" Guerre sociale \".\nVeuillez agréer, Monsieur le Directeur, mes respectueuses salutations.\nPour \" Ars et Vita"}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.107", "texte": "LES AMIS\nDE LA MUSIQUE\nLes amis de la Musique recevaient, le 23 juin, l'hospitalité de MM. Messager et\nBroussan dans des conditions particulièrement agréables. A neuf heures du matin, dans la\nfraîche prénombre de l'Opéra désert, nos sociétaires étaient admis à assister à la répétition d'or-\nchestre du \" Crépuscule des Dieux \" dirigée par Arthur Nikisch. Ils n'avaient eu garde de\nmanquer à un régal artistique aussi délicat. Voici Léon Bourgeois et Louis Barthou,\nMM. d'Eichtal et de Vaux ; voici la comtesse Louis de Montesquiou et la comtesse de\nPourtalès qui soulèvent les housses grises des fauteuils ; voici Mme Hottinguer, Mme Allain-\nTargué, Mme Seligmann, Mme J. Bizet, Mme Halphen, Mme Pallain, Mme Foa et Mme Emile\nPereire et, disséminés dans le grand vaisseau encore endormi, voici MM. Aynard, Cornély,\nPasquier, Ecorcheville, Legrand, le Lubez, le comte de Miramont, M. de Laboulaye,\nM. Monthiers et le docteur Richelot qui recherchent les coins obscurs, favorables à l'audition\nrecueillie et à l'extase silencieuse.\nNikisch paraît. Il semble un peu vieilli, la barbe presque toute blanche et de nombreux\nfils d'argent dans sa chevelure orageusement romantique mais toujours alerte et fringant avec\nson beau regard de domination sous des sourcils en broussaille. Il escalade son estrade, cueille\nentre deux doigts une baguette invraisemblablement longue et fine et salue l'orchestre d'une\nvoix grave et cuivrée qui met en valeur chaque mot à peine teinté d'accent autrichien.\nEt l'enchantement commence. Parmi les plus illustres capellmeisters du monde entier,\nNikisch représente par excellence le charmeur et le magicien. C'est le plus étourdissant vir-\ntuose de la baguette qu'il soit possible de contempler. Sans orchestre, seul et silencieux devant\nune partition de Wagner, ce mime de génie parviendrait à nous émouvoir par l'extériorisation\nplastique, par la miraculeuse expression d'attitudes, par l'irrésistible suggestion de gestes que\nreprésente sa direction.\nOn sait que les compositeurs modernes commencent à considérer la division métrique\nactuelle de la musique comme une fâcheuse puérilité et la barre de mesure comme une insup-\nportable entrave. Beaucoup d'entre eux cherchent à donner à l'accentuation rythmique la\nsupériorité qu'elle doit logiquement conserver sur l'arbitraire accentuation métrique. Nikisch\nest le seul chef d'orchestre qui puisse hâter la solution de ce problème. Sans supprimer les cloi-\nsons symétriques d'un \" deux-quatre \" ou d'un \" douze-huit \" dont l'état actuel de notre\néducation d'oreille et de nos traditions musicales rend la conservation indispensable, la main\nlégère de prestidigitateur autrichien déroule dans l'espace les plus subtiles sinuosités de l'ara-\nbesque mélodique ordinairement découpée en tronçons égaux par le geste tranchant des batteurs\nde mesure.\nEt dans une souplesse étonnante d'inflexions et de mouvements se développe la pensée\nwagnérienne, sans obscurité et sans longueurs. Avec une cordiale fermeté exempte de toute\nviolence et avec la plus parfaite politesse, Nikisch relève les moindres erreurs des instrumen-\ntistes qui ne dissimulent pas leur stupeur scandalisée d'une telle audace. Et certains \" cuivres \"\nfrustrés des égards administratifs auxquels les a habitués le fonctionnarisme auguste de la mai-\nson, s'étranglent d'indignation en s'entendant notifier une fausse attaque et tournent vers les\nimportuns Amis de la Musique, témoins fâcheux de leur disgrâce, des visages dangereusement\ncongestionnés..."}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.108", "texte": "VARIÉTÉS\n\nQuestions Sociales\nCOMMENT FONDER DES SYNDICATS DE MUSICIENNES.\nDepuis que nous avons commencé ces simples études nous ne cessons de préconiser l'union,\ncette force des faibles. A qui la recommander plus instamment qu'aux femmes ; ces faibles\nentre les faibles, si desarmees dans la lutte que chaque travailleur doit soutenir pour gagner sa\nvie. Mais, pour que l'union soit durable, qu'elle porte tous ses fruits, encore faut-il qu'elle soit\nconçue suivant une certaine forme ; la meilleure n'est pas toujours celle que nous préférons,\nmais bien celle que commandent et les circonstances et le but à atteindre. Une association\nqui se propose d améliorer la condition sociale de ses membres doit revêtir, tout d'abord, un\ncaractère social, j'entends conforme aux lois et coutumes du temps où elle se produit et capable\nd'assurer aux participants le maximum d'avantages sociaux.\nActuellement, la seule forme possible d'association est le syndicat, dont les conditions ont\nété déterminées par la loi de 1884. Et d'abord, n'ayons pas peur des mots. Je sais par expé-\nrience, que ce terme : \" syndicat \" épouvante littéralement beaucoup de femmes bien élevées ;\nelles le prononcent difficilement ; ces trois syllabes sentent les Bourses du Travail, le commu-\nniste, le révolutionnaire. Eh ! la ! si nous n'étions pas dupes des mots, quelles choses excellentes\nnous ferions souvent ! Les mots ont la vie que nous leur prêtons. Au lieu de laisser ce pauvre\nvocable : \" syndicat \" aux démagogues peu scrupuleux, qui en ont abusé, nous aurions dû lui\ninsuffler une vie généreuse et forte ; alors nous n'en aurions plus peur, parce qu'il serait ce\nque notre esprit aurait voulu qu'il fût. De toutes les formes d'association\ncar là est le point important et nous n'avons pas, sur ce point, à ménager nos sensibilités\némues, l'association syndicale est celle qui offre à ses membres le plus d'avantages. Un arrêt\nde la Cour de Paris (Ie1 Xbre 1898) donnant gain de cause à l'une d'elles permit à TOUTES les\nprofessions libérales de se constituer en syndicats. L'arrêt mentionne, en outre, les bienfaits que\ncomporte ce mode de groupement.\nIls peuvent se résumer ainsi :\nŒuvres cTenseignement professionnel pour relever le niveau intellectuel ei technique d'une même\nclasse de spécialisés ; création éventuelle de coopératives\nprofesseurs : bureaux de placement, dont le rôle, b :\nSecours . Mutuels; Caisses de retraites ; Caisses d\nrelèvement du taux des salaires ; créations de bibliothèques ; cours, conférences, concerts, publications\ndiverses.\nLes femmes, qui sont de si excellentes administratrices, voient-elles tout le parti qu'elles\npourraient tirer d'organisations semblables mises à leur disposition ? Elles n'ont qu'à les vouloir,\nqu'à les créer, pour les voir apparaître, croître et prospérer.\nA côté des questions de salaires, les syndicats des musiciennes pourraient établir des\n\" formules détaillées d'engagements \" et prendre en main la cause de leurs syndiquées lorsque\nles engagements ne seraient point observés. Ainsi quelques établissements d'instruction s'assu-\nrent les services d'une jeune débutante, pour un certain nombre d'heures, un professeur de"}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.109", "texte": "VARIÉTÉS\n99\n\npiano, par exemple avec promesse de lui laisser le temps nécessaire pour continuer un travail\npersonnel. (Etudes de mécanisme et de style, préparation d'examens du professorat). Cette\npromesse est très rarement tenue, et les infortunées débutantes végètent indéfiniment, au\nservice d'une institution, où sous mille prétextes, on leur prend la totalité de leur temps,\nsouvent pour des besognes étrangères à la musique, leur rendant impossible tout travail\npersonnel profitable. Les syndicats devraient aussi dresser des \" formules d'engagements écrits\"\npour l'étranger —là encore il y a quelque fois des promesses peu ou mal tenues Beaucoup\nde jeunes personnes hésitent à partir, comme professeurs de musique, sur la foi d'agences peu\nsûres vers des pays inconnus. Le syndicat pourrait avoir des correspondants honorables, dans\nles villes où il placerait ses syndiquées ; entrer en relations avec les associations similaires qui\nse chargeraient de suivre, de protéger la jeune fille envoyée, loin des siens, avec le pénible\ndevoir de gagner sa vie.\nDans toute la France, d'après les dernières statistiques on compte environ 4000 femmes\nmusiciennes : compositrices, exécutantes, professeurs. La moitié de ce nombre est constituée\npar les professeurs de chant, de piano et de solfège. Dans un précédent article, 1 nous avons\nétudié la condition des \" professeuses \" de musique et vu à quelles extrémités certaines d'entre\nelles étaient réduites ; beaucoup de \" concertistes \" ne sont pas mieux partagées et celles qui\nn'ont pas réussi acceptent de bien misérables emplois. Il y en a qui tiennent le piano dans les\nthéâtres de marionnettes ; d'autres acceptent d'être \" tapeuses \" dans des cours de danse ou des\nrestaurants pour noces et festins ; la salle des banquets de mariages se transforme instantané-\nment, grâce à l'activité de garçons véloces en un salon de danse acceptable. Les malheureuses\n\" tapent \" ainsi jusqu'à 3 ou 4 heures du matin, tandis que tournoient d'inlassables couples\npassionnés de boston. Quelques-autres, plus miséreuses encore, descendent à accompagner,\ndans des \" beuglants \" de dixième ordre, des chansons stupides, grossières et même pires. C'est\nquelquefois gai... la musique.\nEt cependant, si ces 4000 femmes s'entendaient, s'unissaient, se syndiquaient, elles\nseraient une force, elles auraient la voix multiple du nombre, elles s'entr'aideraient ; les plus\nfavorisées sentiraient leur cœur pénétré d'horreur à la pensée qu'elles sont complices de certai-\nnes chutes. Car enfin, il faut bien le dire, à quoi bon se mettre la main sur les yeux et prendre\ndes airs de délicatesse et d'effarement, il y a de ces infortunées qui arrivent à des compromis\ndéshonnêtes. Et a10r5.... Nous sommes tous solidaires, quoi que nous fassions une même chaîne\nunit l'être à l'être, lien magnifique, quelquefois lien de douleur, qui attache étroitement toutes les\nsœurs en humanité. Toute femme déchoit quand l'une d'elles tombe, voilà ce qu'il faut penser\net l'imprescriptible devoir des heureuses est de tendre la main à celle qui, trop faible, a fléchi.\nOn entend suffisamment que toutes les musiciennes ne sont pas réduites à de pareilles\nextrémités. Heureusement. Mais nous n'avons à nous occuper ici que de celles qui ont besoin\nd'aide, de protection, qui ont un intérêt immédiat à se solidariser, à appeler sur la précarité de\nleur sort l'attention paresseuse des fortunés de ce monde, à obtenir, au besoin à exiger, la\nmodification des conditions sociales qui deviennent pour elles insupportables.\nEn dehors des améliorations, dont nous avons parlé plus haut, un syndicat de musiciennes\naurait encore à poursuivre celles que nous avons étudiées, depuis plus d'un an, dans cette revue :\nrelèvement du prix des leçons ; suppression totale des cours gratuits ; abolition du gracieux\nconcours ; limitation de la concurrence des gens du monde, des amateurs, qui de plus en plus,\nenvahissent le champ, déjà si étroit, concédé aux jeunes artistes.\n\n1 Les Professeuses de Musique, 15 Fev. 1911 revue S. I. M"}, {"page_pdf": 110, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.110", "texte": "100\nS. I. M.\n\nIl n'est pas très difficile de fonder un syndicat ; quelques formalités administratives, qu'il\nest facile de connaître sont suffisantes. 1 Dès qu'elles sont remplies, que les déclarations néces-\nsaires sont faites, les nominations de présidente, vice-présidente, secrétaire, trésorière dûment\nenregistrées, il faut donner tout de suite une première séance.\npratiques. Peu de mots, beaucoup d'idées et les moyens de transformer rapidement ces idées en\nactes. A joindre, à ces premiers faits d'existence, une active propagande, afin de recruter\nbeaucoup d'adhérentes. \"On fait, disait devant nous une fondatrice de syndicats, une\ncentaine de visites, il vient quatre-vingts personnes. Au bout de quelques mois il n'en reste\nplus que dix, mais ce sont des apôtres Que les femmes se fassent donc apôtres de l'idée syndi-\ncale. Ayant d'admirables dons de propagandistes elles peuvent le tenter ; elles sont souples,\npersévérantes, patientes ; ce sont des instruments merveilleux d'action continue et de réussite\nfinale. Qu'elles se mettent au service d'elles-mêmes. Si les musiciennes le voulaient, elles\npourraient avoir promptement, dans toutes les grandes un syndicat nombreux ce\nqui est une condition sine quâ non de réussite. Le nombre fait ici la force qui établit le droit.\nA Paris, il y a déjà deux associations de femmes musiciennes, dont l'une, fondée en\n1904, est un syndicat. Il faudrait beaucoup de groupements analogues, hors Paris, et c'est leur\nformation prochaine que nous avons dessein de provoquer ici. Evidemment les femmes d'initia-\ntive qui prendraient la tête du mouvement rencontreraient quelques difficultés. Elles devraient\nlutter contre l'esprit misonéiste et particulariste si énergique en province ; elles auraient à\neffacer les distances, supprimer les distinctions de castes. Ce serait affaire de tact, de doigté, de\nbonne volonté surtout. Ce ne sont pas là d'insurmontables obstacles.\nFaut-il ajouter que cette revue leur est entièrement ouverte. Chaque tentative nous inté-\nressera, même si elle ne revêt pas, actuellement, la forme syndicale. Nous essaierons d'aider\ncelles qui ont déjà prouvé leur vitalité. Que l'on nous signale les groupements déjà existants,\nleurs moyens d'action, les expériences qu'ils ont faites ; que l'on nous annonce ceux qui sont\nprojetés et doivent, à bref délai, entrer en action. Nous faisons appel à l'énergie, à l'initiative\nde toutes les musiciennes de France ; qu'elles nous adressent des notes, des projets, qu'elles\nnous envoient des idées, des critiques même. Nous serons d'autant plus heureux d'enregistrer\nles manifestations de leur activité qu'en ce moment on nous conseille de ne pas poursuivre ces\nétudes sociales. \" Vous occuper des professionnels, nous dit-on, c'est jeter vos forces dans le\nvide, c'est clamer dans le vent ; ils sont incapables de comprendre autre chose que leur intérêt\nmatériel immédiat ; leur parler d'organisations à long terme, c'est dépasser leur entendement.\nEnfoncés dans leur métier, ils se soucient fort peu du voisin et ne saisissent pas l'idée que\nd'un meilleur état général résulterait leur bien propre \".\nLe mieux que je puis, je réfute de tels arguments, je défends ces \" ouvriers \" de l'art et\nsurtout ces \" ouvrières \". J'en connais de si vaillantes, de si admirables, mais je ne peux pas,\nseul, réussir. Que leur effort me donne raison, qu'ils répondent au champion de leur cause et\ndonnent à ceux qui les attaquent, si injustement, je l'espère, un victorieux démenti.\n\nM. Daubresse.\n\n1 Les syndicats fondés par les intellectuelles (carrières libérales) se classent comme \"patrons\" ou comme\n\" ouvriers \" d'après le mode de rénumération ; autrement dit suivant que leurs membres sont, ou non, rénu-\nmérés par un patron. Exemple : le Syndicat des Femmes Peintres et Sculpteurs (52 Bd des Batignelles) est classé\nd'après la dernière statistique (Ministère du Travail, 1909) comme syndicat \"patronal \" car ses membres sont\nassimilés au \" petit patron \" vivant de son seul travail. Le syndicat des artistes choristes et musiciens dramatiques\n(18 R Cadet : choristes et musiciens d'orchestre) est classé dans les syndicats \" ouvriers \" ses membres recevant\nun salaire des patrons."}, {"page_pdf": 111, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.111", "texte": "Les SEANCES d'ETUDES du Congrès Parisien et\nRégional de Chant Liturgique 12=13 Juin 1911\nUn congressiste.\nLa partie théorique des séances de ce congrès a été fort intéressante. Les séances d'études\nse tinrent à l'lnstitut Catholique, où chaque jour une réunion était consacrée à l'étude, sous la\ndirection de M. A. Gastoué, des pièces de chant qui devaient être chantées aux offices\nsolennels par les congressistes.\nLes séances d'études furent présidées d'abord par le Chanoine Moissenet, maître de\nchapelle de la cathédrale de Dijon, consulteur de la Commission Pontificale Grégorienne, et\nensuite (car il fut rappelé à Dijon au milieu des travaux du congrès) par Mgr. du Botneau,\narchiprêtre des Sables d'Olonne. M. V. d'lndy vint lui-même honorer une séance de sa\nprésence et se fit représenter à toutes les autres réunions par M. A. Sérieyx, professeur à la\nSchola Cantorum. MM. Bellaigue, Letocart, Tournemire, etc., y assistaient régulièrement.\nParmi les rapports et discours qui furent prononcés, on a beaucoup remarqué les études\nsuivantes :\nR. P. Dom Andoyer : une découverte bénédictine ; le chant romain prégrégorien.\nL'Abbé Villetard : Odoranne de Sens et son œuvre musicale.\nA. Gastoué : Adam de S 1 Victor et les proses parisiennes.\nF. Raugel : Le Congrès parisien de 1860.\nChanoine Poivet : Lecture latine et piété dans l'exécution du chant sacré.\nC. Couillault : L'unification de la prononciation liturgique du latin.\nMgr. du Botneau : Une maîtrise grégorienne.\nAbbé Thinot : Les Chœurs d'église de Reims (spécimen d'organisation et de participation\ndes fidèles au chant sacré).\nChanoine Moissenet : la Maîtrise de la cathédrale de Dijon.\nLéon Boutroux : A propos d'accompagnement du chant grégorien.\nH. Quittard : L'orgue de S 1 Gervais.\nM. Tissier : Le chant liturgique et les patronages.\nAbbé Labourt : L'organisation musicale d'un collège chrétien.\nEn plus des séances où furent lus tous ces travaux il y en eut d'autres toutes d'échanges\nd'idées où des vœux furent émis judicieusement ; c'est ainsi que notre érudit confrère Michel\nBrenet proposa de tenter pour nos vieux maîtres français une édition pratique des Monuments\nde la musique religieuse en France au XVIe siècle.\nM. Gousseau, maître de chapelle de S 1 Nicolas du Chardonneret, propose une réglemen-\ntation de l'usage du sport dans les œuvres paroissiales scolaires et post-scolaires ; il demande\naussi que dans les livres d'usage pratique, on différencie la notation des pièces en plain chant\nmusical d'avec celle des pièces appartenant au répertoire grégorien.\nM. Joseph Bonnet, organiste du grand orgue de S 1 Eustache, demande que les organistes\nfassent dans leur répertoire une place d'honneur aux archives des maîtres de l'orgue éditées\npar MM. Guilmant et Pirro... etc.\nUne foule de questions d'ordre pratique concernant le chant et son enseignement furent\naussi traitées.\nAu total, manifestation qui fut goûtée des amis du chant d'église qui assistaient en foule\naux séances et aux auditions musicales ; espérons qu'elle ne sera pas platonique et contribuera\npuissamment à faire connaître et aimer la vraie musique religieuse, qui, en France particulière-\nment, dans les siècles passés, a brillé d'un si vif éclat."}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.112", "texte": "Notes Juridiques\nLes œuvres musicales posthumes.\nAu moment où l'attention est attirée sur les chœurs inédits de Schumann que M. Malher-\nbe conserve avec un soin jaloux à l'abri des curiosités profanes, il n'est pas inutile de rappeler\nde quelle manière sont réglementés les droits d'auteur sur les œuvres musicales posthumes. Ces\ndroits sont régis par le décret du Ier germinal au XIII (22 mars 1805) 1 qui est ainsi conçu :\n\" Napoléon, empereur des Français.\n\" Sur le rapport du ministre de l'intérieur ;\n\"Vu les lois sur les propriétés littéraires ;\n\" Considérant qu'elles déclarent propriétés publiques les ouvrages des auteurs morts depuis\n\" plus de dix ans ; 3\n\" Que les dépositaires, acquéreurs, héritiers ou propriétaires des ouvrages posthumes\n\" d'auteurs morts depuis plus de dix ans hésitant à publier ces ouvrages, dans la crainte de\n\" s'en voir contester la propriété exclusive, et dans l'incertitude de cette propriété ; que l'ou-\n\" vrage inédit est comme l'ouvrage qui n'existe pas, et que celui que le public a les droits de\n\" l'auteur décédé et doit en jouir pendant sa vie ;\n\" Que cependant, s'il réimprimait en même temps et dans une seule édition, avec les\n\" œuvres posthumes, les ouvrages déjà publiés du même auteur, il en résulterait en sa faveur\n\" une espèce de privelège pour la vente d'ouvrages devenu propriété publique ;\n\" Le conseil d'état entendu ;\nu Décrété :\n\" Article I. — Les propriétaires, par succession ou à tout autre titre, d'un ouvrage post-\n\" hume ont les mêmes droits que l'auteur, et les dispositions des lois sur la propriété exclusive\n\" des auteurs et sur sa durée leur sont applicables, toutefois à la charge d'imprimer séparé-\n\" ment les œuvres posthumes et sans les joindre à une nouvelle édition des ouvrages déjà\n\" publiés et devenus propriété publique.\n\" Article II. — Le grand juge, ministre de la justice et les ministres de l'intérieur et de\n\" la police générale sont chargés de l'exécution du présent décret. 3\nEt d'abord, qu'est-ce qu'une œuvre posthume ? On considère comme telle toute œuvre\nqui n'a pas été publiée du vivant du compositeur. 4 La publication qui enlève à l'œuvre son\ncaractère inédit est celle qui assure à l'ouvrage musical une existence fixe et durable. N'est\ndonc pas inédite l'œuvre qui a été imprimée ou gravée, ou bien encore celle qui a été repro-\nduite en parties manuscrites vendues ou louées comme il est de pratique courante pour un\ncertain nombre d'œuvres symphoniques et dramatico-musicales. Est au contraire considérée\ncomme inédite l'œuvre musicale qui a été seulement exécutée ou le drame lyrique qui a été\nseulement représenté, sans que la musique ait été mise dans le commerce.\n1 C. Pari» 14 Août 1841. — Blanc, page 115.\n2 La durée du droit d'auteur a été fixée à cinquante ans par la loi du 14 Juillet 1866.\n3 Le décret du 1\" germinal au XIII est complété par celui que 8 Juin 1866 qui affirme le droit d'auteur\ndu propriétaire de l'œuvre dramatique posthume.\n4 C. Paris 14 Août 1841. — Blanc, page 115."}, {"page_pdf": 113, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.113", "texte": "Courrier Finan\n\nLa rente extérieure espagnole a été le mois dernier.l'objet d'une vive reprise suivie depuis\nquelques jours d une baisse de quelques fractions, baisse encore accentuée par les événements\nmarocains.\nIl semble que la situation critique dans laquelle se trouvaient les finances espagnoles au\nmoment de la guerre hispano-américaine ne subsiste plus maintenant qu'à l'état de souvenir.\nOn se rappelle que de 1882 à 1897, c'est-à-dire pendant une période de 15 années, tous les\nbudgets espagnols sans exception s'étaient soldés par des insuffisances qui atteignirent jusqu'à\n127 millions de pesetas, et cela sans faire état des dépenses extraordinaires entraînées par la\nrépression des incessantes insurrections coloniales.\nLe déficit global de cette période se chiffre ainsi pour le seul budget général par plus d'un\nmillion de pesetas, somme à laquelle il faut ajouter plusieurs centaines de millions pour les\ndépenses effectuées aux colonies.\nFort heureusement pour le crédit de l'Espagne à l'étranger il se trouva un ministre des\nfinances qui comprit la nécessité de sortir à tout prix d'une telle situation, ce fut MR VILLA-\nVERDE à qui l'on doit la restauration des finances espagnoles. Par des modifications fiscales\nhabiles et par de judicieuses économies, MR VILLAVERDE réussit, dès l'année 1899 à rétablir\nl'équilibre budgétaire d'une manière durable. De 1899 à 1908, les budgets se soldent par des\nexcédents appréciables atteignant jusqu'à 104 millions de pesetas en 1906. Si les budgets de\n1909 et 1910 accusent un déficit respectif de 36 millions et un million de pesetas, on ne\nsaurait en tirer aucune conclusion inquiétante pour l'avenir, ce déficit résultant des dépenses\nentraînées par la campagne du Rif, c'est-à-dire par des circonstances tout-à-fait exceptionnelles;\nd'autant plus que tout permet de supposer, pour l'exercice 1910, un dépassement de l'excédent\nde 10 millons de pesetas prévu.\nEn somme, rétablissement de l'équilibre budgétaire sur des bases solides, assainissement\nde la monnaie, développement de l'économie graduelle du pays, telles sont depuis quelques\nannées les caractéristiques principales de la situation de l'Espagne.\nCeci nous amène à considérer que la situation de l'ltalie, pays qui peut être entraîné\ndans de graves complications politiques internationales se présente dans des conditions\nmoins favorables et que d'autre part le rendement de la rente italienne n'est plus guère supé-\nrieur à 3 1/2 °/0.\nOn conviendra que dans ces conditions, il soit logique d'arbitrer ce fonds d'état contre\nl'Extérieure Espagnole dont le rendement dépasse 4 °/0.\nDans le même ordre d'idées, 021 pourrait arbitrer l'lntérieure Espagnole 4 °j0 avec\nl'Extérieure; en effet, l'lntérieure se traite entre 77 et 79 selon les coupures rapportant\nseulement 3,73 à 3,80 °j0 en tenant compte de l'impôt espagnol de 20 °/0 sur la richesse\nmobilière, et de la perte au change. Au surplus, le marché de l'Extérieure est incontestable-\nment plus large que celui de l'lntérieure.\nOn pourrait enfin signaler comme arbitrage possible avec l'Extérieure le 4 °/0 Russe\nconsolidé ire et 2me séries, qui se tient aux environs de 99, par conséquent, présente une\nmarge de hausse peu élastique.\nSociété Auxiliaire des Banques Régionales\n34, rue de la Victoire, Paris."}, {"page_pdf": 114, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19110715-01.1.114", "texte": "&*<*■ ■ ' tJK\n'■ - ♦ f4m\n■«V\n4\n\" '•>k.«\\ - îrJ '/ S ' : '\n; -,• Vv-\n. -.y\n'■' v\nfeA jf îvv\n>■■'• j *<ft. 3s»-' ■ i l<% <^e^~\njMwyiwi.\nMWIWWMS nwinra.\"»«»« >MJ\npapppMwwwwj\nA VENDRE\nORGUE DE SALON\ndu XVIIe Siècle\nen bois vernis et marqueterie\ninstrument en parfait état comprenant 6 jeux\nS'ADRESSER A\nMM. MUTIN et Cie, (Cavaillé-Coll)\n15, AVENUE DU MAINE"}]}