{"numero_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_sha256": "4cee4a84ff41ffab1d95a28997a276454ff1a1d23ce095fd7e40c6af15d5fe1e", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1911/10_01/bmtnabh_1911-10_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1911/10_01/bmtnabh_1911-10_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c002", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.2", "titre_corps": "LETTRE SUR LA MUSIQUE DU ROI LOUIS XVIII, par Lesueur. 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Mon excuse est dans votre\namour pour le bien et dans l'amitié que vous m'avez montrée lorsque\nj'eus l'honneur de vous aller voir avec M. Naderman. Je désire ardem-\nment que vous vous intéressiez à tous les vrais artistes de la chapelle, que\nvous pouvez servir avec efficacité, et satisfaction pour votre bon cœur :\nils méritent votre intérêt tant par leurs talents, leur conduite et leur\nmoralité que par le prix qu'ils attacheront à votre appui, pour eux,\nauprès de MMgrs les Ducs de Fleury, de Pienne, de Duras, etc.\nPermettez-moi donc de vous confier un double de la liste des artistes\nde la chapelle Royale, dont X original avait été remis à la cour très peu de\ntemps après l'arrivée de la famille Royale.\nD'après la demande qui m'avoit été faite par écrit, dès le mois\nd'avril, de préparer cette liste des artistes de la chapelle et leurs appoin-\ntements, avec les observations nécessaires sur ce beau corps de musique,\nj'ai eu l'honneur d'envoyer le travail à Mgr le ministre de la maison du\nRoi, Comte de Blacas, le 16 mai dernier. Une partie en fut aussi remise\nà Mgr le Duc de Duras alors de service, M. Thiery ire valet de chambre\ndu Roi m'ayant écrit de la part du Duc de le faire.\nQuelques semaines après, je vis paraître plusieurs autres listes du\nsurvivancier-surintendant, de quelques anciens pensionnaires de la musique\nde Louis XV, etc., et beaucoup de contreprojets qui cherchoient à\ndétruire absolument celui que la Cour m'avoit demandé, et remplaçoient\nsous de puériles et vains prétextes, tous les vrais talents de la chapelle\npar des musiciens frêles et médiocres, mais protégés, disoit-on, et cela\n\n1 L'original de ce document se trouve dans la collection J. Ecorcheville."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.20", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2596, "texte": "sans autre raison que la chapelle qui exécutoit depuis l'arrivée de la\nfamille Royale, ne pouvoit plus servir, parce qu'on ne pouvoit avoir\négard aux services d'artistes déjà employés dans le gouvernement précé-\ndent, longues échasses sur lesquelles s'appuyoient aussi principalement\nque ridiculement le survivancier surintendant de la musique et quelque\npensionnaire de Louis XV et Louis XVI.\nJe n'entendis plus parler, à la fin de mai ni au commencement de\njuin, de la liste qui m'avoit été demandée et que j'avois eu l'honneur de\nfaire tenir à Monsieur le Comte de Blacas, ni d'une autre (la même)\npour le cabinet du Roi et MM. les lersIers gentils-hommes de la chambre.\nJ'ai présumé depuis, qu'étant parvenu chez Mgr le ministre de la\nmaison du Roi dans un temps où tous les genres de demandes arrivoient\nau palais, mon travail se sera probablement trouvé confondu dans le\ntorrent des pétitions dont la cour fut alors accablée, et que, peut-être,\nil n'aura pas même été lu à cette époque.\nD'un autre côté les nouvelles listes et nouveaux projets qu'on s'est\ncru obligé d'envoyer aux artistes pour les faire opter entre la chapelle et\nl'académie Royale de musique, ont rendu si publique cette petite affaire\nde la chapelle avant qu'elle fut résolue et terminée, qu'il y eut depuis,\ncomme vous le savez, une pluie de réclamations écrites par chaque artiste\nqui s'est cru lésé, et remises par chacun d'eux, au nombre de soixante à\nquatre-vingt, àla famille Royale, à Mgrs les ler31er3 gentilshommes de la\nchambre, aux autres grands seigneurs de la cour, etc. Ce qu'on eut cer-\ntainement évité, si on n'eut pas été jusqu'à faire sentir et dire aux artistes\nqu'il n'y avoit plus de direction de la chapelle, que son directeur ne l'étoit\nplus, et qu'ils étoient tous, individuellement, libres de passer par dessus\ntoutes les autorités, pour s'adresser directement aux lersIers supérieurs, à l'effet\nde faire prendre intérêt à leur sort.\nOn a écouté favorablement leur prière : ils ont dévoilé alors d'où\nleurs venoient ces tempêtes et tant de maux pour eux. Il m'a été rede-\nmandé, des duplicata du travail que j'avois envoyé avant tout ceci et dès\nle 16 mai, 1814. D'après ces demandes, j'en ai fait tirer des copies depuis\nle commencement de juillet ; et je les ai confiées, en outre, à la famille\nRoyale, à Mgrs les Ier* gentilshommes de la chambre, et à ceux des\ngrands seigneurs qui s'intéressent à l'art musical. Je crus, des lors, devoir\nen envoyer aussi à Mgr le duc de Fleury que la chose regarde encore\nplus particulièrement. J'en ai remis à la grande aumonerie, persuadé, que"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.21", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 29, "texte": "LA MUSIQUE DU ROI LOUIS XVIII"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.21", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 2575, "texte": "je suis, qu'il est de plus grand intérêt de l'art, qu'on soit parfaitement\néclairé sur une matière qu'on ne connoit point et sur laquelle aussi, j'ai\nvu tant de monde s'abuser et débiter, tête baissée, tant d'erreurs accumu-\nlées les unes sur les autres. Monsieur Desantelles, dans le courant de\njuillet, m'a redemandé de même de ces duplicata que je lui enverrai\nincessamment.\nCe qui avoit mis principalement tout le monde dans la plus grande\nerreur, c'est que le survivancier-surintendant de la musique, avait incon-\nsidérément assuré Mgr le Duc de Fleury, etc. que cette magnifique cha-\npelle pouvoit être remplacée par des enfants de chœur et tous chanteurs\nrécitants, choristes, musiciens qui ne seroient point de l'académie Royale de\nmusique, et qu'ainsi changée elle resteroit encore excellente et même\nsupérieure à celle que l'on quitteroit : tandis que, sans mission d'ailleurs\npour cela, il ne fournissoit que la dernière des chapelles, que la plus\nmaigre comme la plus chétive exécution musicale, et qui eut été la honte\nde l'école française, après en avoir été la gloire et être parvenu à un si\nhaut dégré de perfection, pour son exécution parfaite.\nSi on eut cru même les solliciteurs de places, on eut pu réduire cette\nchapelle à un très petit nombre de frêles musiciens qui n'eussent pas\ncoûté grande chose ; et eux se réservoient d'être bien payés.\nMais, avant tous ces efforts accumulés, le tout avoit déjà été calculé\npar la cour sur une somme de 18.000 fr., présumée devoir être accordée\noar le roi. Voyez cependant là dessus, les dernières observations à\nMgr le Duc de Fleury à la suite du\nLes grands Seigneurs me disent aujourd'hui qu'il n'y a point de\ndifficulté à conserver cette belle chapelle et qu'on peut même la consi-\ndérer déjà, pour ainsi dire, comme ratifiée par l'opinion qu'on a prise\nd'elle avec le temps ; mais ils ajoutent que le plus difficile, ce sera de\npouvoir disposer promptement de la somme nécessaire pour la payer. Je\nleur réponds que cette difficulté tombe d'elle même, dès lors que les artis-\ntes, jaloux de l'honneur de leurs places, demandent bien plus la conserva-\ntion de leurs titres et cadres qu'un payement prompt, et qu'ils sont\ndéterminés à attendre, comme tout le monde, le moment où on pourra\nleur payer les foibles mais honorables appointements dont ils jouissent.\nLa difficulté élevée d'abord par le survivancier-surintendant et quel-\nques anciens pensionnaires de la musique de Louis XV, ainsi que par\nquelques solliciteurs de places intéressés à rendre tout vacant, cette diffi-"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.22", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2551, "texte": "culté, disons-nous, élevée par eux et quelques personnes qui les ont\nécoutés, sur les chanteuses dans la tribune de la musique, paroit de même\ndéjà tombée en désuétude plus d'aux trois quarts, depuis qu'on s'est\nhabitué à les entendre derrière des grilles voilées ; qu'on s'est convaincu\nque toutes les musiques d'église et de chapelle en Italie, en Allemagne,\nen Angleterre, en Espagne même, etc., sont chantés par des femmes\nau lieu des castras ou soprani que les papes ont deffendus ; et qu'il a été\nprouvé de même qu'en faisant chanter les par des enfants de chœur\nau lieu de chanteuses, on eut substitué àla ire chapelle qu'il y ait et qui\nseule est digne du Roi et de la Cour de France, une chapelle médiocre,\nune musique mal chantée, une éxécution du 5™ ordre qui eût deshonoré\nl'école françoise, qui eut fait d'une magnifique institution musicale, une\nmusique de bastringue, et eut transformé le grandiose religieux de la cha-\npelle de France en un carnaval de Ven\nOn eut sacrifié, enfin, au ridicule préjugé que les femmes de l'Aca-\ndémie Royale de musique ne peuvent et ne doivent chanter les louanges\nde Dieu, la conservation de la ire éxécution de musique religieuse qu'il y\nait en Europe, de l'aveu même des étrangers. Mais ce qu'il reviendroit\nd'un pareil préjugé exécuté, ne vaut pas la peine qu'on s'y arrête un\ninstant. La grande presse, en effet ! de n'avoir plus de femmes, pour\nacquérir une chapelle qui ne mériteroit plus aucune attention, et qu'il\nvaudrait mieux supprimer pour avoir un bon plainchant composé du gros\nfa-> que de garder dans un si pitoyable état et pour avoir une des dernières\nmusiques.\nMais le préjugé sur les femmes qui chantent les louanges de Dieu,\nn'a été mis en avant que par les solliciteurs de places qui se sont dit :\n\" En supprimant les femmes il restera des fonds disponibles, et nous y\n\" aurons part. Que nous importe que la chapelle soit mauvaise ; nous\n\" n'en serons pas moins placés tout médiocres que nous sommes. Ce n'est\n\" pas pour avoir une bonne musique que la cour aura une chapelle, mais\n\" c'est tout simplement pour nous faire des places \".\nAinsi, parce qu'il n'y avait pas de femmes à la chapelle sous nos\nanciens rois où il y avoit des soprani en place d'elles qui n'étoient pas\nmusiciennes, il faut qu'aujourd'hui (quoiqu'il n'y ait plus de castras) on\nse passe de femmes ou chanteuses bonnes musiciennes. Et quoique l'art\nait infiniment gagné à les admettre dans les musiques d'églises, et que ce\nsoit une grande perfection de plus, gagnée dans ce siècle, il faut néamoins"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.23", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2579, "texte": "les supprimer, parce que cela ne s'est pas vu du temps de Charles IX,\nd'Henri 111, d'Henri IV, etc. C'est comme si l'on disoit qu'on a eu grand\ntort d'avoir perfectionné la langue française et son style depuis\nLouis XIV, et qu'on devroit parler encore et écrire comme du\ntemps de Charles IX et Henri 111.\nPour moi, mon Excellent Monsieur Mornart, je sais bien que je\ntiendrois à grand déshonneur d'être le directeur de la détestable musique\ndont ces ridicules solliciteurs de places avoient assayé de faire présent au\nRoi de France. Mais le Roi, ni la Cour ne l'eussent pas soufferte. Au\nlerIer essai, il y eut eu murmure d'improbation ;au second, questions pour-\nquoi ce n'étoit plus la même chapelle qui éxécutoit ou qu'on entendoit ;\nau 3me, éclaircissements forcés et indignations contre les intriguants qui\neussent trompés la Cour avec cette audace ;au 4me, renvoi des solliciteurs\nde places qui eussent ainsi pris celles des autres, pour ne montrer que\nleur incapacité. Et le directeur actuel n'eut pas été témoin de ces 4\ndegrés de chûte, car il eut pris son parti auparavant, se fut désisté et n'eut\npas voulu être témoin d'une pareille honte pour l'école françoise.\nMais les solliciteurs de places qui n'ont aucun avenir dans la tête,\nqui ne voyoient que le moment présent où ils avoient trompé avec\nquelqu'espèce de succès, ne prévoyoient guère ce que deviendroient leurs\nassertions au bout seulement de quelques semaines d'expérience sur leurs\nidées. Leur espérance quoiqu'affoiblie, poursuit même encore leur erreur\ndestructive ; et bien ! qu'ils remplissent ! et la chapelle est détruite.\nSi Païsiello lerIer compositeur de l'Europe, habitué depuis 40 ans à\norganiser et diriger les premières chapelles et les plus beaux corps de\nmusique ; si le directeur actuel habitué à la même chose depuis 30 ans,\neussent pu, dès il y a 14 et 10 ans, se passer de chanteuses et de chan-\nteurs de l'Académie Royale de musique, ils l'eussent fait, car, dès ce\ntemps là, le gouvernement paraissoit trouver bon que cela pût être ainsi.\nMais, dès cette époque, il n'existait déjà plus de Castras ou Soprani\npour les dessus : il n'existoit plus 400 maîtrises des cathédrales, couvents\net collégiales qui élevoient les voix d'hommes et rendoient ces mêmes\nhommes bons musiciens : enfin il n'existoit déjà plus les corps de musique\nd'église, où l'on choisissoit les plus belles voix pour la chapelle du Roi.\nAprès dix ans, la pénurie pour la vocale est encore devenu bien plus\ngrande.\nVoilà pourquoi, à l'époque où nous sommes, il n'y a plus possibilité"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.24", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2536, "texte": "d'avoir des musiques précisément particulières, et que d'hommes,\nou environ, qui restent pour les morceaux d'ensemble, chœurs, etc., sont\nles seules et les mêmes n'importe dans quels services. Il y avoit à Paris\net Versailles 700 voix d'hommes ; aussi, avec ce nombre, on avoit pu\navoir musiques séparément particulières, à la chapelle du Roi, à la Métro-\npole de Paris, àla Ste Chapelle, à S' Germain l'Auxerrois, aux SS. Inno-\ncens, à l'Académie Royale de musique, au Théâtre de l'Opéra Comique,\net aux Te Deum,Messes, etc., exécutés dans diverses paroisses de Paris.\nAujourd'hui il faut faire tout cela avec au lieu de\nsept cent.\nC'est encore pis dans les provinces où l'on comptoit autrefois en\nmasse, de cinq à six mille voix en activité pour les services de 400 églises\nà musique et de 400 théâtres ou environ. Aujourd'hui que tout cela est\ntombé depuis 20 ans, il ne reste pas deux cents voix tant soit peu passa-\nbles, pour toute la France. Aussi, n'y a-t-il plus de musique dans les\néglises, quoiqu'elle ait été conservée jusqu'ici partout, hors de France.\nDans la plupart des théâtres de province, quand on joue un opéra quel-\nconque, il faut passer les chœurs et morceaux d'ensemble, et se contenter\nd'entendre fort mal chanter quelques ou trios tout au plus.\nEnfin, tout dans cet art qui étoit devenu si cultivé, retournera bientôt à\nla plus grande barbarie si on n'y porte promptement remède : il n'y a\nplus en France de musiciens pour la musique vocale ; il n'en reste que\npour Y instrumentale.\nVoilà pourquoi j'avois tant demandé depuis dix ans le rétablissement\ndes maîtrises dans les églises ; que j'en ai fourni les plans demandés au\nministère des cultes ; et que d'après un travail avec les ministres Portalis\net de Preameneu, elles étoient prêtes à se rétablir : quelques-unes même le\nsont déjà. Et c'étoit au Conservatoire de Musique (école de perfectionne-\nment) que les meilleures élèves sortant des maîtrises des cathédrales, etc.,\ndevoient venir achever leurs études dans le chant, la composition, etc. et si\non ne prend promptement ce parti, il faut s'attendre à ne plus pouvoir\nexécuter en France, ni musique françaiseni musique Il n'y aura\nplus moyen de chanter ni grands opéras, ni opéras-comique à morceaux\nd'ensemble, ni la musique de la chapelle du Roi, ni aucune musique des\néglises, ni les messes des morts, ni aucun service solemnel, ni les Te\nDeum et cérémonies publiques, etc. etc. et cela arrivera, je le prédis,\navant 6 ou 7 ans ; ou si l'on ose encore exécuter de grandes musiques, ce"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.25", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1381, "texte": "sera du dernier mauvais, et, vis à vis de l'étranger, a la honte de.l ecole\nfrançoise. Le prompt rétablissement des maîtrises peut donc seul donner\nl'espérance de combler à mesure ce vide désolant, et d'avoir a peu près\nles voix d'hommes nécessaires, mais d'ici a plusieurs années.\nPuisse ce qui nous reste de bon à Paris, mon excellent monsieur\nMornart, puisse la belle chapelle royale attirer votre intérêt, et puissiez-\nvous l'inspirer à Mgrs les Ducs de Fleury, de Pienne, de Duras, avec\nlesquels vous travaillez. C'est une magnifique institution musicale à con-\nserver. Pardon de ma longue lettre ; l'intérêt que je porte à la chapelle\nm'excusera auprès de vous. Employez, je vous en conjure, votre crédit\nauprès de Monsieur le Duc de Fleury pour conserver au Roi une musi-\nque digne de la Cour de France. Cette entreprise ne peut que vous faire\nhonneur et vous faire bénir de cent artistes ; elle me confirmera l'amitié\nque vous avez bien voulu me montrer ; je la mérite par le cas que j'en\nfais. C'est dans ces sentiments que je reste pour la vie avec un attache-\nment sans bornes et avec la plus vive reconnaissance,\nMon excellent Monsieur Mornart\nVotre très humble et très obéissant serviteur\nle CHEVALIER LE SUEUR,\nprovisoirement, directeur et compositeur de\nla musique du Roi.\nChez M. Naderman, près le passage St-Rock, Rue d'Argenteuil."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c006", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 26, "image_fin": 34, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.4", "titre_corps": "LE BRÉVIAIRE ET LA MUSIQUE LITURGIQUE", "titre_sommaire": "LE BRÉVIAIRE ET LA MUSIQUE LITURGIQUE", "signature_source": "Ch.-Em. Ruelle", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.26", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1796, "texte": "LE BRÉVIAIRE ET LA MUSIQUE LITURGIQUE\n\nTout le monde connaît la fable de La Fontaine :\nDans un chemin montant, sablonneux, malaisé,\nSix forts chevaux tiraient un coche.\nFemmes, moine, vieillards, tout était descendu.\nLe moine disait son bréviaire...\nMais on connaît moins si tant est qu'elle soit connue de quelques-\n-1 origine de 1 usage ou sont les ecclésiastiques de dire leur bréviaire\nsoit chez eux, soit sur les chemins. Nous en puisons la connaissance, ainsi\nque la plupart des notions musicologiques qui font l'objet du présent\narticle, dans un savant ouvrage de Mgr. Batiffol, ancien directeur de\nI Institut Catholique de Toulouse 1 ; car un fait généralement ignoré\naussi, du moins par les artistes et par les gens du monde adonnés à la\nmusique profane, c est que les textes accompagnés de mélodie que ren-\nferment livres liturgiques se retrouvent, en majeure partie, ainsi que\nles leçons dans le bréviaire, destiné, lui, àla lecture pure et simple.\nII ressort de là que, des offices chantés durant des siècles, nous allons voir\nsortir ce qu on pourrait appeler le livre de chevet des moines et des prêtres.\nMais d'abord à quelle époque remonte l'obligation, pour les clercs,\nde chanter 1 office divin nuit et jour ?2\nFaisons ici un peu de bibliographie musico-liturgique.\nEn 1653 fut publié un ouvrage fondamental du cardinal Bona :\nDe psalmodia,3 où la question qui nous intéresse a été discutée et\ndéveloppée>avec toutel'ampleur qu'elle comporte.Puis sont venus Mabillon,\n\nStolre bréviaire romain, par Pierre Batiffol. 3e édition refondue. Paris, librairies Alph. Picard et\n9 1?.°9, Chacun des Points traités est, dans ce livre, accompagné d'un renvoi aux sources\nOn en lira plus loin le détail (p. 10.)\nIl faut prendre le mot t 6 psalmodia dans l'acception de <{ chant liturgique. \""}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.27", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 2622, "texte": "Tomasi, Gerbert, Martène, Grandcolas, et, dans les temps modernes,\nGuéranger, d'autres Bénédictins, auteurs de la Paléographie musicale et à\nleur tête Dom Pothier, puis enfin Mgr. Louis Duchesne,1 cité souvent\npar Mgr. Batiffol, mais qui a laissé à cet érudit la tâche spéciale\nde nous exposer les phases par lesquelles a passé le bréviaire, notamment\nau point de vue musicologique.\nSl3 Jean Chrysostome, au IVe siècle, raconte que les ascètes d'Antioche,\nsa ville épiscopale, ne se bornent pas, comme les ascètes et les vierges\nd'autre part, à réciter les prières et les psaumes ; mais, dit-il encore,\n\" à peine le coq a-t-il chanté, ils se lèvent. A peine sont-ils levés, il\nentonnent les psaumes de David, et avec quelle harmonie ! Il n'y a ni\nharpe, ni flûte, ni tel autre instrument de musique qui donne un chant\npareil à celui que l'on entend monter, dans le silence et dans la solitude,\ndes lèvres de ces saints. De même quand ils chantent avec les anges, oui,\navec les anges, le Laudate Dominum de tandis que nous, hommes du\nsiècle, nous reposons encore, ou qu'à demi éveillés, nous ne songeons\nqu'à nos misérables desseins. Au point du jour seulement ils se reposent,\net encore, à peine le soleil a-t-il paru, ils se remettent à la prière et\nexécutent leurs \" Laudes \" matinales. \" 2\nLe même père ajoute que les ascètes et les vierges se livrent en\noutre à la psalmodie quotidiennement, non seulement au chant du coq,\nmais encore à la troisième, à la sixième et à la neuvième heure du jour.3\nLa psalmodie eut longtemps un caractère purement privé; longtemps\nelle fut le fait exclusif des ascètes et des vierges. Le reste du peuple\ns'en tenait aux prières du matin et du soir. Le chant d'alors était en solo,\net même la voix de ceux qui chantaient était si ténue que S* Athanase,\npuis S* Augustin ont pu la comparer à la récitation.4 Mais ala date ou\nnous arrivons, cette psalmodie devient un exercice public. Les Con-\nstitutions apostoliques, document de l'époque, prescrivent une réunion\nquotidienne du peuple dans les églises, à l'aurore et le soir, pour\n\" psalmodier\" et prier. Le matin on chantera le psaume 62 et le soir,\nle psaume 140. (Au troisième siècle on ne réunissait les fidèles que le\ndimanche.) Cet usage, parti de Syrie, se répandit bientôt dans toute\n\n1 Origines du Culte, 2e édition, 1898.\n2 Chrysostome, Homélie XIV, in I Tim., 4. (Patrologie latine de Migne, LXII. Traduction résumée de\nBatiffol, p. 19).\n3 Neuf heures du matin, midi et trois heures du sôir.\n4 Tam modico flexu vocis faciebat sonare lector psalmi, ut pronuntianti vicinior erat quam canenti."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.28", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2750, "texte": "l'Eglise grecque et romaine. D'après un texte de Sfc Hilaire datant de\n360, le matin on disait les prières et le soir on chantait des hymnes. 1\nS 4 Chrysostome importa la réunion quotidienne d'Antioche à Constan-\ntinople, 2 S* Ambroise l'établit à Milan.\nMgr. Batiffol reproduit le récit de voyage d'une pèlerine, Silvia,3\nqui visita ies lieux saints entre 385 et 388. \" A la dixième heure, que\nnous appelons Lucernare, la foule se porte à l'Anastasis. 4 Tous les cierges\nsont allumes... On chante alors les psaumes du soir (psalmos lucernares),\nqui sont des psaumes longuement antiphonés.5 Au moment voulu, on a\nprévenu 1 eveque : il descend, il s'asseoit sur son siège élevé, les prêtres\nautour de lui a leurs places. Le chant des psaumes et des antiphones\ns achevé. Alors l'évêque se lève, et il reste debout devant la balustrade\npendant qu'un diacre fait la commmémoraison de chacun et que les\npisini ou jeunes enfants, qui sont là très nombreux, à chaque nom répon-\ndent : Kyrie eleison.Leurs voix sont infinies... Le diacre ayant fini son\nénumération, l'évêque prononce une oraison. \" Etc.6\nEntre la psalmodie et les oraisons prononcées par l'évêque et par les\nassistants, se place une brève litanie, dite par un diacre, auquel répondent\n|es enfants. \" La psalmodie est le corps de l'office. \"\nQuant à l'office nocturne, avant le chant du coq, les ascètes et les\nvierges se rendent à l'Anastasis, auxquels se mêlent de simples fidèles, et,\njusqu'au lever du soleil, on psalmodie. Suivant la distinction de notre\nguide,7 les deux termes de la Peregrina \" dicuntur hymni, psalmi\nrespondentur \" désignent, l'un, les psaumes dits en solo, l'autre, les réfrains\nchantes a l'unisson par l'assistance.8 Mais, contraints de nous limiter,\npassons sans nous y arrêter sur les psalmodies de sexte, de none, de vigile,\net sur les nocturnes exécutés antérieurement par les ascètes et les vierges,\npuis par l'assemblée laïque. Le solo du lector a été supprimé : le chant\n\n1 Le mot hymnes comprenait alors les psaumes.\nA Constantinople, dit Palladius, \" le clergé fut fort chagriné de ne plus pouvoir dormir, à son habitude,\ntoute la nuit. (Dial. histor., 5.)\n3 Peregrinatio ad loca sancta. Ou plutôt l'Espagnole Etheria, suivant Dom Férotin, qui a démontré cette\nattribution. (Batiffol, p. 23.)\n4 Sanctuaire qui recouvre le Saint Sépulcre.\n5 L'antiphone, dans ce passage et à cette époque, c'est—le solo des ascètes et des vierges ayant été abandonné\ncomme insuffisant dans les vastes enceintes, remplies d'une foule nombreuse et bruyante la psalmodie de\nl'assemblée entière, partagée en deux chœurs, chantant l'un le premier verset, l'autre le second, et ainsi de\nsuite. (Batiffol, p. 30.)\n6 Traduction Batiffol.\n7 Batiffol, p. 24.\n* Id., p. 25."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.29", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 2532, "texte": "alternant de deux chœurs formés par l'ensemble des fidèles l'a remplacé\ndans les basiliques. Cette alternance constitue l'antiphone, qui, pratiquée\nd'abord dans les églises syriennes, puis à Antioche, le fut bientôt dans\ntout 1 Orient grec. Une légende fit attribuer à Ignace, évêque d'Antioche,\nune vision lui montrant les anges qui chantaient ainsi les louanges de la\n.. Trinité. Cette nouvelle manière de chanter les psaumes rencontra, comme\ntout progrès, des contradicteurs, auxquels répondit St Basile, qui l'avait\nmis en usage à Césarée ; elle fat établie successivement dans les églises\nd'Asie Mineure, de Palestine, à Constantinople et à Milan. On trouva\ndans 1 antiphone une variété mélodique, une expression pathétique, et\ndes lors, selon 1 expression de Mgr. Batiffol, le chant des psaumes, après\navoir commence par être de la déclamation, est de la musique.1 II rapporte, à\nce propos, un récit touchant de Sozomène2 que nous croyons digne d'être\nreproduit. En 387, lorsque Flavien, évêque d'Antioche, se rend à Con-\nstantinople pour implorer la grâce des habitants de cette ville, qui ont\nencouru la colère de Théodose, il demande aux jeunes chanteurs\nassis a la table du palais de chanter les psalmodies suppliantes de\n1 Eglise locale. L'empereur est ému aux accents de cette musique si\nexpressive et si nouvelle : des larmes tombent dans la coupe qu'il tenait à\nla main. Cette émotion, effet de la cantilène antiphonique, Sfc Augustin\nl'éprouva aussi : \" Combien j'ai pleuré, écrit-il, au son de cette psal-\nmodie! \" 3 Une fois introduite à Milan, elle gagna successivement toutes\nles Eglises occidentales.\nA Rome, sur la fin du cinquième siècle, la récitation des heures et\nla psalmodie gardent encore un caractère privé et individuel. Nous le\nsavons par la correspondance si intéressante de S' Jérôme, directeur spiri-\ntuel de plusieurs pieuses matrones ; mais il n'en va pas de même des\nvigiles, auxquelles assistent la foule des fidèles. Les pernoctationes donnaient\nlieu, parfois, à des scènes scandaleuses que provoquait la jeunesse libertine.\nAu temps où la mélodie liturgique florissait dans l'Eglise de Milan,\ncomme à Constantinople avec la musique grecque, on ne la connaissait\npas à Rome. Les psaumes y étaient chantés par des diacres, non pas à\ndeux chœurs alternants, mais tout d'un trait, ainsi que les litanies. Ce\nn'est qu'au cinquième siècle que le pape Célestin fit chanter les psaumes,\n\n1 Batiffol, p. 32.\n2 Histoire ecclésiastique, VII, 23.\n3 Confessions, IX, 6."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.30", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3259, "texte": "avant la messe, en chœurs antiphoniques. S* Grégoire le Grand, au\nsixième, fonde une Schola cantorum^avec laquelle nous voyons inaugurer\nle chant dit Grégorien. 1\nSous le pape Hadrien ler,Ier, dans le cours du huitième siècle, on chante\nnon seulement les heures tierce, sexte et none, mais encore celles de\nprime et de vêpres. Dans ce même temps apparaît le Sanctoral, recueil\nd'offices en l'honneur de la Vierge, des martyrs, des confesseurs et de tous\nles justes, mais ces offices gardent leur caractère local. C'est alors aussi\nque nous voyons la liturgie canonique pénétrer, avec cette addition, chez\nles Francs carolingiens. Dès le septième siècle, d'ailleurs, l'Angleterre\npratiquait la cantilène de la curie. Puis vint le tour des Eglises de Metz\net de Rouen. L'antiphone était encore le chant alternant des psaumes,\nmais le mot prend en outre le sens moderne : \" une courte phrase musi-\ncale écrite sur des paroles qui ne sont pas nécessairement prises au\npsaume, ni même au psautier. \" 2\nNotre maître à tous en musicologie antique et même, à certains\négards, médiévale, Gevaert, dit avoir recueilli, dans le de Réginon\net ailleurs, 951 antiennes dont il donne en majeure partie les paroles et\nla musique, du moins les premières notes de chacune d'elles, en y joignant\nles observations qui s'y rapportent au point de vue de leur modalité,\ncomparée avec celle des anciens Grecs.3\nIl n'est que juste de mentionner ici la riche nomenclature hymno-\nlogique publiée par l'infatigable chanoine Ulysse Chevalier.\nGevaert en a fait la remarque (Ouv. cit., p. 222), la conservation\n\" vraiment étonnante \" des mélodies antiphoniques fut l'œuvre des moines.\nEn retirant au clergé régulier le service des heures canoniques à la basi-\nlique de S' Pierre, pour le confier à une congrégation conventuelle,\n\n1 L'examen des questions qu'a soulevées ce chant ne rentre pas dans le cadre de notre historique.\nMgr. Batiffol (p. 69 ; document, p. 177) semble adopter l'opinion d'un liturgiste anonyme qui, au huitième\nsiècle, attribuait la formation littéraire et mélodique de l'Antiphonaire, non plus à S* Grégoire seul, mais aux\npapes Sfc Léon, qui mourut en 461, Gélase, Symmaque, Jean, Boniface 11, et \"seulement à Grégoire\n(590-604) la création collective de la cantilène romaine des antiennes et des répons, \" travail continué par le\npape Martin (mort en 633) et par des maîtres chanteurs obscurs, notamment Catalenus, Maurinianus, etc.\n2 Batiffol, p. ni. \" Le psautier, ajoute l'historien du bréviaire romain, se chante sur le ton de cette\ncourte phrase, qui est chantée en tête du psaume, qui est répétée à la fin du psaume, et qui est répétée au\ncours même du psaume. On voit qu'il s'est produit là une confusion du psalmus responsorius et de la psalmodie\nantiphonée ancienne, cette dernière ayant incorporé le refrain qui constituait le psalmus responsorius et lui ayant\ndonné fort improprement le nom d'antienne. \"\n3 La Mélopée antique dans le chant de /'Eglise latine, chap. VII. Gevaert, on le sait, laisse parfois trop\nde champ à son hypothèse, qu'il présente sous une forme affirmative ; mais cette série d'exemples antiphoniques\nforme une masse imposante de matériaux qui apportera une ample contribution à l'histoire de la musique\nreligieuse"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.31", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2641, "texte": "dirigée par un chef unique, Léon le Grand assura de la manière la plus\nefficace la fidèle transmission des cantilènes de la liturgie médiévale. \"\nNous approchons de l'époque où se dessine la formation du bréviaire\nproprement dit, celui qui ne se chante plus, mais que le moine-prêtre\nlit chez lui ou en voyage. On a vu l'office romain s'implanter dans la\nFrance du huitième siècle, c'est-à-dire sous le règne et par l'influence\ndes premiers Carolingiens, principalement de Charlemagne. Nous nous\narrêterons un moment à considérer les \" fêtes du temps \", réunies dans le\nrecueil rituel nommé le Temporal,lesquelles commençaient à l'Avent et se\ncélébraient lors des quatre dimanches qui précèdent Noël. A ces quatre\ndimanches correspondaient quatre \" stations \" dans autant de grandes\néglises romaines.1 L'office de ces dimanches était, quant àla psalmodie,\nl'office dominical du commun ; il comprenait neuf \" leçons \" ou lectures\nde textes bibliques et patrologiques, la neuvième une homélie. \" Les répons\ndevaient donner à l'office sa physionomie propre. \" Le savant ecclésiastique\nvante avec un enthousiasme communicatif la mélodie de ces compositions\nresponsorales. A ne l'apprécier qu'avec le critérium qui nous sert, faute\nde mieux, à juger les chœurs des tragédiens antiques, \" comme il reste\nencore de beautés à ces répons du propre du temps, humbles centons qui\narrivent à parler un langage dramatique, comme le dialogue de la tragédie\ngrecque antique!\" Et il reproduit, à titre d'exemple, \"cet admirable\nrépons du premier dimanche de l'Avent, le répons Aspiciens a longe, où,\nprêtant à Isaïe un rôle qui rappelle une scène célèbre des Perses d'Eschyle,\nla liturgie fait adresser au chœur, par le préchantre, ces paroles énigma-\ntiques ; Aspiciens a longe ecce video Dei potentiam venientem, etc. \" Suit la\nscène entière.2\nAux neuvième et dixième siècles, l'office des saints, des martyrs, des\nvierges, etc. {le Sanctoral) prend une place de plus en plus importante\ndans la liturgie romaine ; seulement les parties légendaires en sont écartées\navec un soin jaloux par le clergé de S* Pierre,3 mais conservées dans\nmainte autre église. Les textes chantés dans cette basilique sont tous tirés\nde la Bible, excepté un répons du 29 juin, composé par le pape Simplicius\n(468-483) et formé de six hexamètres ; c'est le texte d'une inscription\n\n1 Le quatrième dimanche n'eut pas de station avant le douzième siècle. (Batiffol, p. 134.)\n2 Batiffol, ibid.\n3 Dès le sixième siècle, la lecture des Gesta martyrum était interdite à Rome dans des réunions du culte.\n(Gevaert, La Mélopée antique, etc., p. 169.)"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.32", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2338, "texte": "gravée par ce pontife au-dessus de la basilique de S' Pierre. Ce répons\ncommence ainsi :\nQui regni claves et curam tradit ovilis. 1\nNous renvoyons à Y Histoire du (p. 140 et suiv.) le\nlecteur qui voudra se faire une idée du charme pénétrant dont sont\nempreints les répons chantés durant le temps pascal2 sous le règne de\nCharlemagne, \" répons qui sont presque tous, dit l'auteur dans notre\nbréviaire. \" Les documents qu'il a d'abord résumés, puis reproduits, sont\nremplis de détails sur la partie musicale de l'office célébré à Rome,\nnotamment avant, pendant et après la solennité de Pâques.\nAu onzième siècle, le pape Grégoire VII, réformateur de la liturgie,\nécrit en propres termes : antiquo mor 3 Même au\ndouzième, on observe encore la psalmodie du huitième ; mais le treizième\napporte avec lui une forme nouvelle, \" l'office moderne, \" et voici qu'on\nrencontre, dans une bulle de Grégoire IX, datée du 7 juin 1261, le mot\nBreviarium. Cet office moderne, c'est le psautier gallican, autorisé par ce\nmême pontife, mais différent en plusieurs points de l'office romain. Dans\nla description du cérémonial d'une sau douzième siècle,\nlors de la visite solennelle que fait le pape àla basilique de St Pierre,4 nous\nrelevons ces détails caractéristiques : Le grand chantre, avec la schola\ncantorum, commence immédiatement par l'antienne du premier psaume\ndu premier nocturne... La schola chante les répons. Après la troisième\nleçon du troisième nocturne, le Te Deuest exécuté par la Schola immé-\ndiatement à la suite ; les laudes, psaumes et antiennes, chantés par la\nSchola, puis le verset, puis le Benedictus et ses antiennes.\nLa question des hymnes et du recueil appelé YHymnaire se rattache\nessentiellement à notre sujet. S* Ambroise a composé plusieurs de ces\npoésies, mais elles étaient faites pour être récitées (ou chantées ?) plutôt\npar le peuple que sous les voûtes de la basilique milanaise. Une collection\nd'hymnes dits ambrosiens se forma du cinquième au sixième siècle et se\nrépandit en Italie, en Gaule, en Espagne. St Benoît la fit entrer dans\nYOr do psallendi et chanter à presque tous les offices. Du reste, si tel\nconcile (Braga, en 563) s'oppose à l'introduction des hymnes dans le\n\n1 Batiffol, p. 169.\n2 Période comprise entre le samedi saint et la Pentecôte.\n3 Batiffol, p. 193.\n4 Batiffol, p. 183 et suiv."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.33", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2727, "texte": "canon liturgique, tel autre (Tolède, en 633) proteste contre cette inter-\ndiction. Quant à la curie romaine, elle ne les admit qu'au treizième\nsiècle. Deux hymnes seulement y furent chantés antérieurement. L'histo-\nrique de l'hymnologie médiévale, malgré l'intérêt qu'il présente, nous\nentraînerait beaucoup trop loin ; nous nous bornerons à rappeler dans\nquelles circonstances fut composé l'hymne\nhymne d'où Guy d'Arezzo tira, comme on sait, les six premières notes\nde notre gamme, ut, ré, mi, fa, sol, la, remplaçant, comme on l'a dit\navant nous, le tétracorde des anciens Grecs par un hexacorde. 1 Paul\nDiacre, moine du Mont Cassin, historiographe de Charlemagne, qui lui\ndonna la mission de compulser les saints pères grecs et latins pour en\ntirer les éléments d'un homiliaires, certain jour qu'il était occupé à\nconsacrer un cierge pascal, fut pris d'une esquinancie et par suite sa voix,\nd'ordinaire assez mélodieuse, devint rude et rauque. Alors, pour la\nrecouvrer, il composa et mit en musique cet hymne : Ut queant laxis en\nl'honneur de S' Jean Baptiste.\nMais revenons à notre historique du Bréviaire.\n\" La récitation quotidienne de l'office divin exigeait que les clercs,\nqui maintenant y étaient individuellement astreints, en possédassent le\ntexte, et ce texte constituait une immense écriture. La psalmodie propre-\nment dite requérait un psautier ; les antiennes, un antiphonaire ; les\nrépons, un responsoral ; les leçons, une Bible, un homiliaire, un passion-\nnaire ; ajoutons-y un collectaire ou recueil d'oraisons, un hymnaire, un\nmartyrologe... Il y a nécessité, du moment où l'office divin devient un\ndevoir commun à tous, d'en rendre la récitation plus aisée à chacun. De\nlà une série d'essais de modification, d'où sortira un jour le \" bréviaire. \" 2\nDès le onzième siècle, il s'était formé des recueils liturgiques\nce sont de petits livres, des epitomata, des breviaria. On cite un de ces\nrecueils, datant du douzième siècle, conservé à la cathédrale de Durham,\nqualifié breviarium parvum itinerarium.L'usage de ce livre, nommé aussi\nbreviarium portatile, se propagea rapidement, encouragé par la curie. Le\npape donnait lui-même l'exemple de la lecture quotidienne, faite en\nparticulier. Le treizième siècle vit les premiers bréviaires qui reçurent\n\n1 Batiffol, p. 215. Source : le Ratïonale de Jean Beleth (Patrologie latine, t. LXIV), petit traité liturgique\nrédigé probablement entre 1161 et 1165. Le dernier vers de la strophe : Sancto lohannes n'aurait-il pas,\nvers la fin du XVIIe siècle, fourni le nom de la septième note (S, I, si), nom que lui donna, croit-on, le musicien\nLe Maire ? (Voir T. T. Rousseau, Dictionnaire de musique, art. si.)\n2 Batiffol, p. 235."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.34", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1718, "texte": "cette destination. Innocent 111 régla l'ordinaire pontifical en 1205, à ce\nque l'on croit généralement*; mais il est plus probable que ce règlement\nfut postérieur à 1216. 1\nMaintenant que le bréviaire sa est devenu un livre de\nlecture rituelle qui se place à côté des offices chantés, nous pourrions\nclore cette notice ; mais nous ne poserons pas la plume sans rapporter le\ntémoignage ou plutôt les impressions d'un chroniqueur contemporain du\nnom de Salembene 2 : \" Le pape Innocent 111 réunit un concile en 12 15;\nil améliora et régla l'office ecclésiastique, y fit des additions et des retran-\nchements, et encore n'est-il pas bien réglé, au gré de beaucoup de gens\net en réalité, vu qu'il s'y trouve un grand nombre de choses superflues,\nqui sont plutôt fastidieuses qu'édifiantes, tant pour les auditeurs, que\npour ceux qui les récitent, comme par exemple à prime du dimanche,\nquand les prêtres doivent dire leur messe, et que le peuple l'attend, et\nqu'il n'y a personne pour la dire, l'officiant étant retenu par prime. De\nmême aussi, réciter dix-huit psaumes à l'office dominical de nocturne\navant le Te Deutn, et cela, en été, quand les puces vous tourmentent, que\nles nuits sont courtes et la chaleur intense, et tout aussi bien en hiver,\nc'est là une cause d'ennui (taedium provocat). Il y a encore beaucoup à\nchanger dans l'office ecclésiastique, qui pourrait être amélioré. \"\nCette amélioration appliquée au bréviaire fut l'œuvre des siècles\nsuivants et se continua jusqu'au jour où le concile de Trente régla défi-\nnitivement la composition et la rédaction du encore\nen vigueur aujourd'hui.\n\nCh.-Em. Ruelle.\n\n1 Id., p. 241.\n2 Batiffol, ibid., d'après les Monumenta Germaniae, Chronica, p. 31"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c009", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 35, "image_fin": 51, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.5", "titre_corps": "LA TECHNIQUE DU VIOLON", "titre_sommaire": "LA TECHNIQUE DU VIOLON", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.35", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1388, "texte": "§ 3. - La ble corde.\ndou\nL'apparition de la double corde, mieux encore que la nouvelle tech-\nnique de l'archet et de la main gauche, marque la rupture avec la tradi-\ntion qui faisait du violon un simple dessus parmi tant d'autres, laissant à\nla fantasie de quelques virtuoses isoles tout ce qui dépassait cet humble\nniveau. 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II à accompagner en blanches une partie\nsupérieure écrite en noires :\nDe plus nous trouvons ici des croisements de doigts (parfois à la\n1/2 position) et des quintes justes, pour lesquelles un seul doigt appuie\nsur les deux cordes, ce qui exige une tenue parfaite de la main gauche.\nDans la S. IV (rondeau), doubles cordes discontinues, avec emploi\nde la troisième position ; mais Duval n'hésite pas à créer une disymétrie,\nquand il lui paraît qu'à telle mesure, une double cordelserait dangereuse :\nDans la Sonate V, les deux parties évoluent avec une certaine\nindépendance :\nLes doigts s'y croisent aussi (ire mesure) et nous trouvons une quinte\nassez difficile à la 3me Pos. Cette même année 1704, Mascitti écrit de"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.37", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 22, "texte": "LA TECHNIQUE DU VIOLON"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.37", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 763, "texte": "longs passages en doubles cordes a la 3 pos., parfois meme a la seconde :\nDans Rebel (1705) quelques accords de trois sons, mais qui utilisent\npresque toujours une corde à vide. Marchand le fils écrit (1707) tout un\n\" Air par accords \" sans quitter la première position exception faite\nLe IVme livre de Du val, paru en 1708, contient quelques triples cordes\net ses \" variations dans le goût de la trompette \" offrent un exemple\ndéjà curieux de préparation au double trille :\nPiani exploite la sonorité assez étrange on sait le parti que Gluck par\nexemple en a tiré de l'unisson sur deux cordes dont l'une est jouée\nà vide :\nIl risque des triples cordes difficiles :\nFrancœur aîné ( 171 5) sait écrire en triples et quadruples cordes :"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.38", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 783, "texte": "C'est lui, et non Leclair, comme le dit faussement le Mercure de France\nde juin 1738, qui le premier en France a l'idée d'employer sur les cordes\ngraves le pouce de la main gauche :\nFrancœur cadet (1720) enchaîne des suites de quartes, avec multiples\ncroisements de doigts :\nIl fait, sous une tenue, se dérouler une partie mélodique :\nIl écrit même un semblable dessin sous un trille continu :\nLeclair (1723) que l'on a si souvent considéré comme le premier français\nqui ait usé de doubles cordes (Cf. Mercure de France, juin 1738, dom\nCaffiaux, Daquin, op. cit., etc.) n'introduit dans son premier livre aucune\nréelle innovation. Il utilise et coordonne merveilleusement les ressources\nde la technique de son temps : doubles, triples et quadruples cordes à la\n3e pos. :"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.39", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1258, "texte": "passages en imitations :\nemploi du pouce, à l'exemple de Francœur :\nSon mérite principal est de donner aux tentatives fragmentaires de ses\nprédécesseurs la cohésion qui leur manquait, de les développer, de les\npousser à leurs dernières conséquences, enfin d'en faire ils n'y avaient\npas toujours songé de la musique.\n§ 4. DE QUELQUES AGRÉMENTS, DE L'EXPRESSION\nLe trille. Lorsque Brossard énumère et classe vers 1715 les\néléments de l'Art du violon, il donne à l'étude des \" agréments \" une place\nprivilégiée.\nPour jouer du violon, il faut, nous dit-il :\ni° En connaître les parties et leur usage.\n2° Savoir le tenir et placer les doigts.\n30 L'accorder.\n40 En bien connaître le manche.\n50 En bien gouverner et conduire l'archet...\n6° \" Enfin... savoir y placer a propos tous les agréments du chant et les\nexécuter proprement.\"\nDe ces agréments, le plus important, le seul qui soit dans les\nméthodes l'objet d'une véritable étude technique est le trille.1 Il se\nprésente sous des aspects variés :\n\n1 Pour l'étude détaillée des ornements voir les méthodes citées, en particulier Playford, Corrette, Geminiani,\nLeopold Mozart, l'Abbé le fils et surtout le très intéressant avertissement des trios nouveaux de Toinon (1699,\nBibl. Nat)."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.40", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1206, "texte": "Le Tremblement,l'équivalent exact de ce que nous appelons proprement\ntrille ; on l'appelle parfois cadence : \"la cadence... est ordinairement\naccompagnée d'un tremblement ; aussi dans l'usage on confond ces deux\nmots. On la marque par une petite croix + \" quand il se rencontre\nune petite croix + sur une notte, il faut bien appuyer le doit de cette\nnotte et trembler le doit d'au-dessus. \"2\nLe tremblement est generalement appuyé ou soutenu, surtout lorsqu'il\npréparé a la cadence : \" Soutenir un tremblement, c'est poser d'abord le\ndoit qui doit trembler, le rendre immobile pendant la moitié d'un coup\nd archet, et le lever après avoir tremble un moment, avant que l'archet\nfinisse, afin que 1 on puisse distinguer la notte sur laquelle le tremblement\nest marqué. \"3\nAu tremblement correspond le battement qui emprunte la seconde\ninférieure :\nEnfin le pincé et le pincé renversé ou (marqué par un\ntrait vertical, ou le signe +, ou une simple croix, se font sur des notes\nplus brèves :\nLa cadence peut être encore, selon le mode de préparation ou de résolu-\n\n1 Toinon, op. cit. Explication des ornements.\n3 Montéclair. Méthode de violon, op. cit., p. Q.\n3 HT* • • * 7 I 7\n9 Toinon, op. cit."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.41", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1332, "texte": "tion, feinte, double, flattée, tournée ; ces différences intéressent le style,\nnon la technique.\nL'étude du trille avait été de bonne heure poussée très loin. Mon-\nsieur de Mermet1 se plaint, en 1746, de ce que l'on n'entend plus \" ces\nbelles cadences bien battues \" auxquelles s'était complu le début du siècle.\nC'est donc que l'on appréciait la difficulté d un trille égal et bien conduit.\nOn savait en accélérer le mouvement jusqu a la fin ; \" dans la cadence\nflattée, les battements doivent être longs au commencement.\nLes doubles trilles nous prouvent que l'on savait triller de tous les\ndoigts. Le trille des deuxième et troisième doigts était pourtant le plus\nemployé.\nDuval sait le soutenir pendant plusieurs mesures, et l'employer\nconcurremment avec une double corde :\nMarchand le fils (1707), dans son \"Air par accords\", ébauché un\neffet dont Tartini tirera le parti que l'on sait (Trille du Diable) en super-\nposant un trille soutenu à une partie mélodique :\nIci le trille est battu avec le premier doigt, il faut par conséquent\nfaire le si avec le deuxième doigt en régression.\nLe même Marchand écrit un double trille (Fugue de la S. IV), en\nemployant il est vrai, une corde à vide :\n\n1 Mercure de France 174.6 cité par Dom Caffiaux. Mss. bibl. nat. fonds français 22536.37.\n2 Toinon, op. cit."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.42", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1071, "texte": "Francœur cadet (1720) tire un plus ample parti de l'effet imaginé\npar Marchand :\nDans Leclair (i livre 173°) toutes les variétés de trilles sont, comme on\npouvait s y attendre, utilisées et perfectionnées. Leclair use largement des\nattements rapides et brillants éparpillés, dans les mouvements vifs, à\ntravers toute l'étendue du violon :\ndes doubles trilles à la tierce, parfois dans des positions difficiles :\nEnfin, le premier, il ose écrire un double trille à la sixte, que l'on\nretrouve d'ailleurs dès l'année suivante, dans Baptiste Anet (Sarabande\nS. VI).\nOn pourrait se demander s'il ne s'agit pas là d'un trille très bref,\npince, ou cadence feinte, mais Léopold Mozart en 1756, dans sa méthode,1\n°nne un exemple qui prouve que l'on se servait réellement de ce double\ntrille à la sixte\nOn se rend compte de la virtuosité qu'exige ce continuel va-et-vient\ndu premier doigt d'une corde à l'autre, et nous pouvons arrêter notre\n\nt Méthode raisonnée pour apprendre le violon. L'original est de 1756, la traduction française, par\nValentin Rœser, de 1770,"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.43", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2540, "texte": "étude à ces sonates de 1723, qui imposent un tel effort au virtuose. Si\nelles négligent quelques effets nouveaux dont s'énorgueillit la technique\nmoderne, ce n'est pas qu'un Leclair eût été incapable de les réaliser,\nc'est qu'il n'y avait pas pensé.\nL'interprétation. A parcourir les œuvres du commencement du\nXVIIIe siècle, on est tout d'abord frappé par la nudité du texte musical.\nGay où Lentement, allegro ou Andante, Allemande allegro ou Sarabande\nandante, pour les indications de mouvements ; pour les nuances, Fort,\nDoucement, toujours opposés deux à deux et c'est tout. On est assez\ntenté d'en tirer, avec Fétis,1 cette conclusion, que les compositeurs du\nXVIIIe siècle \"n'avaient point imaginé de colorer la musique par des\nnuances variées : (qu'ils ne connaissaient qu'une sorte d'effet de conven-\ntion, lequel consistait à répéter une phrase piano après qu'on l'avait fait\nentendre forte.\" Michel Brenet,2 sans aller aussi loin, refuse tout intérêt\némotif à cette musique : \" On ne demandait pas à l'exécution instrumen-\n\" taie d'avoir de l'âme et de l'expression. La satisfaction de l'oreille,\n\" trouvée dans la justesse, et son amusement, cherché dans la vélocité\n\" des traits, dans l'appréciation de la difficulté vaincue, étaient les pre-\n\" miers motifs pour complimenter un virtuose. L'éloge superlatif décerné\n\" par la critique consistait à dire qu'un morceau avait été joué \" avec\n\" toute la justesse possible, avec toute la précision imaginable. \"\nIl est vrai que cette virtuosité, alors toute neuve, devait capter\nl'intérêt de plus d'un auditeur. N'allons point cependant en faire la fin\nunique de l'exécution instrumentale. Cela pour plusieurs raisons.\nEt d'abord l'indication placée en tête du morceau, n'était pas un\nsimple Tempo. \"Allegro, écrit Brossard,3 signifie toujours gayement et bien\nanimé ; fort souvent vite et légèrement ; mais aussi quelquefois d'un\nmouvement modéré, quoique gay et animDe même les noms des autres\nmouvements, et plus encore ceux des danses, avaient chacun un caractère\nbien déterminé animation, langueur, tristesse, en sorte que le\nmorceau était d'avance placé dans un certain milieu, affecté d'une\ncertaine nuance. Les valeurs même de notes avaient à ce point de vue\nleur individualité. Geminiani 4 nous donne, en 1752, la \"manière\npropre d'archetter la blanche, la noire, la croche et la double croche,\n\n1 Antoine Stradivari, 1856, p. 115. Il s'agit de l'école de Corelli.\n* Op. cit„ p. 156.\n3 Dictionnaire de musique 1703.\n4 L'art de jouer le violon, 1752."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.44", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1612, "texte": "tant dans un tems lent que dans un tems vite,\" car, ajoute-t-il, \"il n'est\npas suffisant de donner seulement leur durée juste, mais il faut encore\nl'expression propre à chacune de ces notes.\" Il montre comment dans\nl'adagio ou l'andante est bon le coup d'archet\nmauvaise une\nnote plate, comment telle liaison\nest excellente.\nEn conséquence, telle valeur, dans tel morceau, se trouve recevoir telle\nexpression sans que l'auteur ait nul besoin de le signifier par des mots.\nCorrette nous apprend de même (1738) comment sur une note\nlongue il faut \" conduire avec douceur l'archet sur la corde, ensuite le\nfortifier au milieu selon la valeur de la note et finir comme on a\ncommencé en balançant un peu le doigt sur la corde.\" C'est le son filé,\navec un vibrato déjà défini dans Mersenne,1 et dont l'emploi ainsi dosé\net limité aux notes longues, donne une expression spéciale aux adagio et\net aux andante, quand bien même ils ne porteraient pas, à part leur\ntitre, un seul mot de commentaire.\nMais il est surtout important de rappeler ici le rôle de certains\nornements, qui bien plus encore dégagent la musique du XVIIIe siècle\nde la froide et sèche virtuosité.\nDans un recueil de sonates de Mascitti conservé à la Bibl. Nat.\n(op. terza, in Parigi, 1707) on trouve peut-être ajoutés par M. Boucot\nde Judinville, dont le nom se trouve inscrit sur la page de garde des\nsignes d'interprétation Mss. que nous reproduisons ci-après :\nOn peut donner, si l'on veut, aux tremblements et aux pincés un\nrôle purement ornemental : les liaisons et les coulés ajoutent certainement\n\n1 Traité des instruments, p. 20."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.45", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1907, "texte": "de la tristesse à cet adagio qui, de par son mouvement, sa forme, sa\ntonalité mineure, se teinte déjà de mélancolie ; et il n'est pas jusqu'au\ntrille sur le si bécarre, à la quatrième mesure, qui ne contribue à renforcer\ncette impression,\nOr pareille interprétation était, on le sait, d'usage constant. Toinon,\nqui écrit en 1699, se rencontre sur ce point avec Geminiani, dont la\nMéthode parait en 1752, et le goût français d'avant la sonate avec le\ngoût mi-italien qui lui succède.\nDe tous les ornements expressifs, nous ne retiendrons que le coulé\nou port de voix, l'anticipation et la tenue. \" Le est un passage court\ndu son d'un degré supérieur qu'il faut lier avec celui d'un degré qui est\nen dessous,\nou d'un inférieur à un supérieur\npar intervalles de quatre, cinq degrés ou d'un inférieur à un supérieur\nlorsque le chant va par degres conjoints.\nOn l'appelle aussi port de voix, avec cette légère différence que\nToinon comme Geminiani insiste sur la nécessité dans ce dernier cas, de\nle faire long \" en lui donnant plus de la moitié de la longueur ou du\ntemps de la note à laquelle il appartient, observant d'enfler le son par\ndegrés et de forcer l'archet un peu vers la fin. \"2 \"Il est bon même,\najoute Toinon, d'agiter le son par un tremblement sourd (vibrato ?),\nfaible, sans appuy, ce qu'on appelle balancer, lorsque la note où se termine\nle port de voix le permet par sa valeur. \" est ainsi notée\ndans Geminiani qui en conseille l'usage \" en vue de varier la mélodie\nsans altérer son intention \", et le borne aux cas où la mélodie monte ou\ndescend de l'intervalle d'une seconde. De cet ornement surtout, qui la\nplupart du temps devait se faire par un glissé, et, dit Geminiani, en enflant\nle son^la valeur expressive paraît indéniable. Enfin la s'indique par\nun trait horizontal et on la place avant ou après un pincé :\n\n1 Toinon, op. cit.\n2 L'art de jouer le violon."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.46", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2137, "texte": "Cela indique qu'il faut rester sur la note même sur laquelle on trille (au\nlieu que l'appui se faisait sur la note supérieure) et l'on doit, toujours\nselon Geminiani \" s'en servir souvent, car si l'on faisait des pincés et des\ntremblements continuels sans souffrir d'entendre quelquefois la note unie,\nla mélodie serait trop diversifiée.\"\nAinsi se trouve déterminée la proportion dans laquelle on peut se\npermettre d'agrémenter le chant. Nulle autre limite que le tact de\nl'interprète : \"Jouer avec bon goût ne consiste pas dans des passages\nfréquents, mais en exprimant l'intention du compositeur avec force et\ndélicatesse. \"1\nSi l'on reconnaît des \" intentions \" au compositeur, pourquoi lui\nrefuser celle d'émouvoir ? Faut-il passer volontairement sur ce fait que\nni les coulés, ni les ports de voix n'exigent une particulière habileté de\nmain, qu'ils ne sont pas proprement du ressort de la virtuosité, que leur\nfonction est d'apporter parfois de la tendresse, parfois de la mélancolie,\nparfois simplement de la grâce.\nSi l'on confisque l'expression au profit de la seule musique à préten-\ntions psychologiques, les œuvres du commencement du XVIIIe siècle\nsont foncièrement inexpressives. Mais, comme il y a, hors du romantisme\nviolent, place pour quelque poésie, de même on peut admettre l'existence\nd'une expression musicale qui se contente de rester telle, et ne s'efforce\npas vers la véhémence dramatique. Et s'il lui suffit, pour être vraiment\n\" expression \" de pénétrer plus avant que l'oreille de l'auditeur, de\nsusciter en lui des impressions musicales, et non point seulement des sen-\nsations ou des idées, nos sonates du XVIIIe siècle, autant que n'importe\nquelle sonate pathétique,sont de la musique expressive.\n\nCONCLUSION\n\nOn a pu voir, au cours de cette étude, comment la sonate, en 1695\ntout italienne, proche encore du style vocal, développe en France un\nstyle instrumental nouveau, comment, par elle, une école de violon se\nfonde, dont la technique représente vraiment, en 1723, un corps de\ndoctrine organisé.\nDès 1700 l'agilité de la main gauche est poussée assez loin par\n\n1 Geminiani, op. cit., p. 6."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.47", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2391, "texte": "Duval, Mascitti, Rebel, peut-être supérieurs, dans la double-corde, à\nleur modèle Corelli. On ne démanche pas encore au-delà de la troisième\nposition et la deuxième est d'un emploi rare. L'archet commence à peine\nà se dégager de la règle absurde du après la barre de mesure ; il a\ndéjà de la légèreté dans les allegro joués la plupart du temps en détaché\nrapide. Vers 1715, avec les Francœur surtout, s'ouvre une phase de\ncomplète émancipation. On renonce à borner au médium les ressources\ndu violon ; on exploite délibérément le registre grave ; à ce moment\nl'ancienne clef de sol ire ligne devient insuffisante et l'on adopte l'ordi-\nnaire clef de violon. En même temps on démanche dans l'aigu aux\npositions élevées sans oser toutefois,jusqu'à Leclair, s'y maintenir, ni surtout\nles aborder sans préparation. La double-corde et l'arpège se compliquent ;\nles croisements de doigts se multiplient ; on écrit des accords de\ntrois et de quatre sons avec utilisation du pouce, des doubles trilles\naux trois premières positions. L'archet prend de l'ampleur, il échappe\nà l'ancien asservissement à la mesure, et devient capable de combi-\nnaisons multiples, que Leclair pousse à un très haut degré de raffine-\nment. Les ornements sont toujours en honneur, mais on omet souvent\nde les écrire, et on laisse à l'exécutant toute liberté de les placer où\nbon lui semble.\nTelles sont, en résumé, les indications techniques que l'on peut\ntirer de l'examen des œuvres. Est-il possible d'en déduire aussi un prin-\ncipe d'interprétation ?\nOn trouve assez souvent à ce sujet, en parcourant des compte-rendus\nde concerts ou des ouvrages relatifs à la musique ancienne des décla-\nrations qui ne sont pas sans causer quelque embarras, par exem-\nple : \" On pardonne volontiers à Mr S*** d'ignorer le style des\nviolonistes du XVIIIe siècle, car son jeu personnel est fort ingé-\nnieux. \" A ce compte, que de pardons à accorder ! Que d'impardon-\nnables, surtout, qui ont même ignorance sans la racheterpar aucune\ningéniosité !\nEt possède-t-on vraiment sur ce style des renseignements à ce\npoint précis ?\nL'habitude, lorsque l'on parle des virtuoses du XVIIIe siècle (il\nn'est pas inutile de rappeler que le XVIIIe siècle embrasse une période\nde 100 ans), est de prôner, sur la foi d'on ne sait quelle tradition, la\nlargeur de leur coup d'archet, la puissance de leur sonorité, la grandeur"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.48", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2495, "texte": "sereine de leur jeu.] Juste vers 1770, cette conception ne s'applique\nnullement à tout ce qui a précédé. Une vue superficielle des œuvres\nl'autoriserait seule : nous avons vu que la sèche notation de la musique\ndu XVIIIe siècle est loin d'en livrer l'esprit. Quand l'archet est esclave\nde la mesure, c'est simple ignorance, et Duval, Rebel, Senaillé, et bien\nplus encore Piani s'efforcent vers la variété.\nAu sujet des doigtés, nous manquons de renseignements, ce qui ne\nprouve pas qu'ils étaient dépourvus de Piani en 1712 en note\nquelques-uns et s'en excuse : il ne les eût pas notés s'il avait existé une\nrègle absolue et figée. En l'espèce il place 2à la IIme position une gamme\nen ut majeur que rien n'empêche d'exécuter àla Ire. Il cherche donc\nà obtenir une sonorité plus jolie par la suppression de la note à vide,\ntrop dure, et de l'extension qui manque parfois de fermeté, et c'est\nadroit, sinon \" subtil \".\nEnfin, principe encore de variété, les ornements, que l'on peut\nmultiplier a plaisir, sont à l'opposé de cette raideur formaliste que l'on\nprétend imposer a nos sonates, ce qui fait qu'on ne les exhume guère que\npour les calomnier.\nIl existe bien une autre interprétation, également traditionnelle, de\nces œuvres du début du XVIIIe siècle : \"Jouer, dit Hart, avec la vigueur\net la largeur de style de Viotti et plus encore de ses successeurs, les\nsonates de Leclair et de Gaviniès, c'est donner une idée bien pâle de\nl'inspiration de ces compositeurs.\" 3 Soit, à la condition de ne pas tomber\ndans un excès de maniérisme, aussi désagréable que l'excès de sévérité.\nConsidérer le jeu français de 1700 à 1723, comme un jeu perpé-\ntuellement musqué, poudrerisé, minuscule, c'est encore un peu de\nlittérature, ou bien un souvenir indiscret des peintures et des sculptures\nde ces années de régence, dont la vigueur n'est pas le principal mérite.\nC'est surtout, empruntée à la musique même, une compréhention\ninexacte des ornements. Nous n'essaierons pas de montrer à nouveau que\ncertains signes coulés, ports de voix, liaisons n'avaient pas pour\nunique fonction de briser la ligne mélodique, de créer de l'animasion et\nune sorte de gaîté clinquante aux dépens de la noblesse et du sérieux :\n\n} \" Aussi cette magnifique ampleur de style, ce coup d'archet magistral, apanage des violonistes du\nXVIIIe siècle, font-ils place à d'infimes subtilités (?) de doigts. \" Reuchsel, L'Ecole classique du violon,\n1906, p. 18.\nF ler livre de sonates, 1712.\n3 Hart, Op. cit., p. 285."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.49", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1, "texte": "3"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.49", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2312, "texte": "on se reportera pour cela à l'étude des ornements, qui contient sinon des\npreuves, du moins quelques faits dignes de réflexion.\nEt s'il faut maintenant s'aviser d'une opinion sur le style des maîtres\nfrançais du début du XVIIIe siècle, on comprendra et on excusera que\nce soit une opinion moyenne et nullement catégorique.\nEn bref, ils aimaient, autant que le permettait leur regrettable\narchet, la plus grande ampleur dans les mouvements lents, dans les\nmouvements vifs, la plus grande vitesse possible de la gaîté dans les\nuns, de la tendresse, voire même de la mélancolie dans les autres. Ils\nn'avaient point encore imaginé de décréter classiques certains auteurs,\net d'en tirer prétexte pour les jouer dans des mouvements toujours\nmodérés, d'un archet respectueux, uniformément collé à la corde. Leur\ngrand principe semble avoir été de sacrifier le moins possible aux prin-\ncipes : doigtés, ornements, on a vu comment toutes ces entraves dispa-\nraissent, et comment le coup d'archet se débarrasse en peu d'années d'une\ncontrainte séculaire.\nIls étaient, proprement, des virtuoses. Ceux d'aujourd'hui usurpent\nla fonction et le titre, qui ne devraient qu'interpréter. C'étaient d'ailleurs\ndes virtuoses inoffensifs ; ils ne pratiquaient ni les pizzicati, ni les harmo-\nniques, et ils n'accumulaient pas sans trêve les arpèges et les doubles\ntrilles auxquels ils excellaient.\nOù s'arrêtait exactement leur caprice, nous n'en savons rien, mais\nnous pouvons nous douter que les beautés qui les ravissaient, et qui ont\nprogressivement disparu de la musique de violon, ne seraient pas toutes\ndu goût des modernes d'autant que nous sommes à jamais incapables\nde les restituer dans leur entier. Peut-être serait-ce le lieu de remercier ce\nvioloniste et tous ceux qui, avec lui \" ignorent le style des violonistes du\nXVIIIe siècle tant qu'ils n'essaient pas de nous donner le change en\nfabriquant de toutes pièces un style de raideur ou d'afféterie. Il faut en\ntous cas les féliciter de l'heureuse fortune qui est leur, de se trouver en\nface d'une musique sur laquelle il subsiste peu de traditions, peu de gloses,\net si insuffisantes qu'ils ont pleine liberté de la penser et de la sentir à\nnouveau, d'y mettre leur \" ingéniosité \", et mieux que cela, s'ils le\npeuvent.\n\nMarc Pincherle."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.50", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1555, "texte": "CHRONOLOGIE DES SONATISTES FRANÇAIS.\n(JUSQU'À LECLAIR)\n1695- Laguerre (Elisabeth Claude Jacquet de). Sonates manuscrites\nà deux et à trois, s.d. Bibl. Nat.\nBrossard (S. de). Sonates mss. Bibl. Nat.\nRebel (Jean Fery). Sonates mss. Bibl. de Versailles.\n1704. Duval (François). Premier livre de sonates et autres pièces pour\nle violon et la basse.\nDeuxième livre, 1706, Troisième livre, 1707, Quatrième livre,\n1708, Cinquième livre, 1715.\n1704. Mascitti (Michèle, Napolitano). Sonate à violino-solo, etc. op.\nprima in Parigi, op. seconda 1706, op. terza 1707, op.\nquarta 1711, op. sesta, 1722.\n1705. D'Andrieu. Livre de sonates en trio composés par le Sr Andrieu,\norganiste de Saint Merri.\nRebel (Jean Fery). Pièces pour le violon avec la basse continue\ndivisées par suites de tons. Recueil de douze sonates à\ndeux et trois parties.\nSonates à violon seul mêlées de plusieurs récits pour la viole\n171 3-\n1707. La Ferté. Premier livre de sonates pour le violon et la basse, Paris.\n1707. Marchand le fils. Suite de pièces mêlées de sonates pour le violon\net la basse.\n1710. Senallié le fils. Premier livre de sonates.\nDeuxième livre 1712, Troisième 1716, Quatrième 1721, et\nCinquième 1721.\n1711. Dornel. Premier livre de sonates.\n1712. Piani (Giovanni Antonio, dit Desplanes). Sonate à violino-solo e\nVcl., op. 1.\n1713. Huguenet (Jacques). Sonates pour le violon, la basse et le clavecin\nà deux et à trois.\n1715. Fedeli. Sonate à violino e basso etc., op. prima in Parigi.\n1715. Francœur le fils. Premier livre de sonates à violon seul et la\nbasse."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.51", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 751, "texte": "1719- Aubert. Premier livre de sonates à violon seul et B. C.\n1720. Besson. Six sonates à violon seul.\n1720. Francœur le cadet. Premier livre de sonates, etc. Deuxième livre\nde sonates, s.d.\n1723. Bouvard. Premier livre de sonates à violon seul.\n1723. Denis. Premier livre de sonates.\n1723. Leclair aîné. Premier livre de sonates.\nCette étude fut présentée, il y a cinq mois, à la Sorbonne et valut à son auteur le DIPLÔME D'ETUDES\nSUPÉRIEURES, intermédiaire entre la licence et l'agrégation. C est la seconde fois qu une thèse e musico ogie\nest soumise à cet examen, dont notre collègue P. M. Masson fut le premier lauréat, avec un important travai\nsur la Musique mesurée à l'antique,qui parut ici même en 1907. (Note Réd.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c011", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 35, "image_fin": 46, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.5.2", "titre_corps": "§ 3. – La ble corde.", "titre_sommaire": "§ 3. – La ble corde.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.35", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1388, "texte": "§ 3. - La ble corde.\ndou\nL'apparition de la double corde, mieux encore que la nouvelle tech-\nnique de l'archet et de la main gauche, marque la rupture avec la tradi-\ntion qui faisait du violon un simple dessus parmi tant d'autres, laissant à\nla fantasie de quelques virtuoses isoles tout ce qui dépassait cet humble\nniveau. La double corde exige une connaissance approfondie de l'instru-\nment, des doigts assouplis, un archet pose : \"Il est bien de conséquence,\ndit Brossard,2 que toutes les chordes qui doivent faire entendre l'accord\nparlent ou soient entendues également. Pour cela il est nécessaire que\nl'archet soit équilibré sur les deux cordes, et capable, s'il se présente un\naccord de trois ou quatre sons, d'arpéger rapidement les premiers, puisque\nla courbure du chevalet ne permet pas de jouer de façon continue plus de\ndeux parties.\nA qui revient, en France, le mérite de l'avoir le premier employée ?\nLe Mercure de France de i juin 1738 nomme Leclair ; Senaillé, disent\nquelques autres, et le plus grand nombre accorde la priorité à François\nDuval.\nNous devons pourtant mentionner, dans les sonates de Mademoiselle\nde Laguerre (1695) une suite de tierces et de sixtes qui nécessite un\nchangement rapide de position :\n\n1 Nous traitons naturellement sous ce titre traditionnel, de la polyphonie du violon, qu'elle soit à deux\nprois ou quatre parties.\n3 Méthode op. cit. p. 13."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.36", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 915, "texte": "Duval, en 1704 écrit aussi des doubles cordes qui procèdent par mouve-\nment parallèle ; \" note contre note \" en utilisant le plus possible de\ncordes à vide :\nIl s'enhardit, dans la S. II à accompagner en blanches une partie\nsupérieure écrite en noires :\nDe plus nous trouvons ici des croisements de doigts (parfois à la\n1/2 position) et des quintes justes, pour lesquelles un seul doigt appuie\nsur les deux cordes, ce qui exige une tenue parfaite de la main gauche.\nDans la S. IV (rondeau), doubles cordes discontinues, avec emploi\nde la troisième position ; mais Duval n'hésite pas à créer une disymétrie,\nquand il lui paraît qu'à telle mesure, une double cordelserait dangereuse :\nDans la Sonate V, les deux parties évoluent avec une certaine\nindépendance :\nLes doigts s'y croisent aussi (ire mesure) et nous trouvons une quinte\nassez difficile à la 3me Pos. Cette même année 1704, Mascitti écrit de"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.37", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 763, "texte": "longs passages en doubles cordes a la 3 pos., parfois meme a la seconde :\nDans Rebel (1705) quelques accords de trois sons, mais qui utilisent\npresque toujours une corde à vide. Marchand le fils écrit (1707) tout un\n\" Air par accords \" sans quitter la première position exception faite\nLe IVme livre de Du val, paru en 1708, contient quelques triples cordes\net ses \" variations dans le goût de la trompette \" offrent un exemple\ndéjà curieux de préparation au double trille :\nPiani exploite la sonorité assez étrange on sait le parti que Gluck par\nexemple en a tiré de l'unisson sur deux cordes dont l'une est jouée\nà vide :\nIl risque des triples cordes difficiles :\nFrancœur aîné ( 171 5) sait écrire en triples et quadruples cordes :"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.38", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 783, "texte": "C'est lui, et non Leclair, comme le dit faussement le Mercure de France\nde juin 1738, qui le premier en France a l'idée d'employer sur les cordes\ngraves le pouce de la main gauche :\nFrancœur cadet (1720) enchaîne des suites de quartes, avec multiples\ncroisements de doigts :\nIl fait, sous une tenue, se dérouler une partie mélodique :\nIl écrit même un semblable dessin sous un trille continu :\nLeclair (1723) que l'on a si souvent considéré comme le premier français\nqui ait usé de doubles cordes (Cf. Mercure de France, juin 1738, dom\nCaffiaux, Daquin, op. cit., etc.) n'introduit dans son premier livre aucune\nréelle innovation. Il utilise et coordonne merveilleusement les ressources\nde la technique de son temps : doubles, triples et quadruples cordes à la\n3e pos. :"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.39", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1258, "texte": "passages en imitations :\nemploi du pouce, à l'exemple de Francœur :\nSon mérite principal est de donner aux tentatives fragmentaires de ses\nprédécesseurs la cohésion qui leur manquait, de les développer, de les\npousser à leurs dernières conséquences, enfin d'en faire ils n'y avaient\npas toujours songé de la musique.\n§ 4. DE QUELQUES AGRÉMENTS, DE L'EXPRESSION\nLe trille. Lorsque Brossard énumère et classe vers 1715 les\néléments de l'Art du violon, il donne à l'étude des \" agréments \" une place\nprivilégiée.\nPour jouer du violon, il faut, nous dit-il :\ni° En connaître les parties et leur usage.\n2° Savoir le tenir et placer les doigts.\n30 L'accorder.\n40 En bien connaître le manche.\n50 En bien gouverner et conduire l'archet...\n6° \" Enfin... savoir y placer a propos tous les agréments du chant et les\nexécuter proprement.\"\nDe ces agréments, le plus important, le seul qui soit dans les\nméthodes l'objet d'une véritable étude technique est le trille.1 Il se\nprésente sous des aspects variés :\n\n1 Pour l'étude détaillée des ornements voir les méthodes citées, en particulier Playford, Corrette, Geminiani,\nLeopold Mozart, l'Abbé le fils et surtout le très intéressant avertissement des trios nouveaux de Toinon (1699,\nBibl. Nat)."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.40", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1206, "texte": "Le Tremblement,l'équivalent exact de ce que nous appelons proprement\ntrille ; on l'appelle parfois cadence : \"la cadence... est ordinairement\naccompagnée d'un tremblement ; aussi dans l'usage on confond ces deux\nmots. On la marque par une petite croix + \" quand il se rencontre\nune petite croix + sur une notte, il faut bien appuyer le doit de cette\nnotte et trembler le doit d'au-dessus. \"2\nLe tremblement est generalement appuyé ou soutenu, surtout lorsqu'il\npréparé a la cadence : \" Soutenir un tremblement, c'est poser d'abord le\ndoit qui doit trembler, le rendre immobile pendant la moitié d'un coup\nd archet, et le lever après avoir tremble un moment, avant que l'archet\nfinisse, afin que 1 on puisse distinguer la notte sur laquelle le tremblement\nest marqué. \"3\nAu tremblement correspond le battement qui emprunte la seconde\ninférieure :\nEnfin le pincé et le pincé renversé ou (marqué par un\ntrait vertical, ou le signe +, ou une simple croix, se font sur des notes\nplus brèves :\nLa cadence peut être encore, selon le mode de préparation ou de résolu-\n\n1 Toinon, op. cit. Explication des ornements.\n3 Montéclair. Méthode de violon, op. cit., p. Q.\n3 HT* • • * 7 I 7\n9 Toinon, op. cit."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.41", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1332, "texte": "tion, feinte, double, flattée, tournée ; ces différences intéressent le style,\nnon la technique.\nL'étude du trille avait été de bonne heure poussée très loin. Mon-\nsieur de Mermet1 se plaint, en 1746, de ce que l'on n'entend plus \" ces\nbelles cadences bien battues \" auxquelles s'était complu le début du siècle.\nC'est donc que l'on appréciait la difficulté d un trille égal et bien conduit.\nOn savait en accélérer le mouvement jusqu a la fin ; \" dans la cadence\nflattée, les battements doivent être longs au commencement.\nLes doubles trilles nous prouvent que l'on savait triller de tous les\ndoigts. Le trille des deuxième et troisième doigts était pourtant le plus\nemployé.\nDuval sait le soutenir pendant plusieurs mesures, et l'employer\nconcurremment avec une double corde :\nMarchand le fils (1707), dans son \"Air par accords\", ébauché un\neffet dont Tartini tirera le parti que l'on sait (Trille du Diable) en super-\nposant un trille soutenu à une partie mélodique :\nIci le trille est battu avec le premier doigt, il faut par conséquent\nfaire le si avec le deuxième doigt en régression.\nLe même Marchand écrit un double trille (Fugue de la S. IV), en\nemployant il est vrai, une corde à vide :\n\n1 Mercure de France 174.6 cité par Dom Caffiaux. Mss. bibl. nat. fonds français 22536.37.\n2 Toinon, op. cit."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.42", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1071, "texte": "Francœur cadet (1720) tire un plus ample parti de l'effet imaginé\npar Marchand :\nDans Leclair (i livre 173°) toutes les variétés de trilles sont, comme on\npouvait s y attendre, utilisées et perfectionnées. Leclair use largement des\nattements rapides et brillants éparpillés, dans les mouvements vifs, à\ntravers toute l'étendue du violon :\ndes doubles trilles à la tierce, parfois dans des positions difficiles :\nEnfin, le premier, il ose écrire un double trille à la sixte, que l'on\nretrouve d'ailleurs dès l'année suivante, dans Baptiste Anet (Sarabande\nS. VI).\nOn pourrait se demander s'il ne s'agit pas là d'un trille très bref,\npince, ou cadence feinte, mais Léopold Mozart en 1756, dans sa méthode,1\n°nne un exemple qui prouve que l'on se servait réellement de ce double\ntrille à la sixte\nOn se rend compte de la virtuosité qu'exige ce continuel va-et-vient\ndu premier doigt d'une corde à l'autre, et nous pouvons arrêter notre\n\nt Méthode raisonnée pour apprendre le violon. L'original est de 1756, la traduction française, par\nValentin Rœser, de 1770,"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.43", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2540, "texte": "étude à ces sonates de 1723, qui imposent un tel effort au virtuose. Si\nelles négligent quelques effets nouveaux dont s'énorgueillit la technique\nmoderne, ce n'est pas qu'un Leclair eût été incapable de les réaliser,\nc'est qu'il n'y avait pas pensé.\nL'interprétation. A parcourir les œuvres du commencement du\nXVIIIe siècle, on est tout d'abord frappé par la nudité du texte musical.\nGay où Lentement, allegro ou Andante, Allemande allegro ou Sarabande\nandante, pour les indications de mouvements ; pour les nuances, Fort,\nDoucement, toujours opposés deux à deux et c'est tout. On est assez\ntenté d'en tirer, avec Fétis,1 cette conclusion, que les compositeurs du\nXVIIIe siècle \"n'avaient point imaginé de colorer la musique par des\nnuances variées : (qu'ils ne connaissaient qu'une sorte d'effet de conven-\ntion, lequel consistait à répéter une phrase piano après qu'on l'avait fait\nentendre forte.\" Michel Brenet,2 sans aller aussi loin, refuse tout intérêt\némotif à cette musique : \" On ne demandait pas à l'exécution instrumen-\n\" taie d'avoir de l'âme et de l'expression. La satisfaction de l'oreille,\n\" trouvée dans la justesse, et son amusement, cherché dans la vélocité\n\" des traits, dans l'appréciation de la difficulté vaincue, étaient les pre-\n\" miers motifs pour complimenter un virtuose. L'éloge superlatif décerné\n\" par la critique consistait à dire qu'un morceau avait été joué \" avec\n\" toute la justesse possible, avec toute la précision imaginable. \"\nIl est vrai que cette virtuosité, alors toute neuve, devait capter\nl'intérêt de plus d'un auditeur. N'allons point cependant en faire la fin\nunique de l'exécution instrumentale. Cela pour plusieurs raisons.\nEt d'abord l'indication placée en tête du morceau, n'était pas un\nsimple Tempo. \"Allegro, écrit Brossard,3 signifie toujours gayement et bien\nanimé ; fort souvent vite et légèrement ; mais aussi quelquefois d'un\nmouvement modéré, quoique gay et animDe même les noms des autres\nmouvements, et plus encore ceux des danses, avaient chacun un caractère\nbien déterminé animation, langueur, tristesse, en sorte que le\nmorceau était d'avance placé dans un certain milieu, affecté d'une\ncertaine nuance. Les valeurs même de notes avaient à ce point de vue\nleur individualité. Geminiani 4 nous donne, en 1752, la \"manière\npropre d'archetter la blanche, la noire, la croche et la double croche,\n\n1 Antoine Stradivari, 1856, p. 115. Il s'agit de l'école de Corelli.\n* Op. cit„ p. 156.\n3 Dictionnaire de musique 1703.\n4 L'art de jouer le violon, 1752."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.44", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1612, "texte": "tant dans un tems lent que dans un tems vite,\" car, ajoute-t-il, \"il n'est\npas suffisant de donner seulement leur durée juste, mais il faut encore\nl'expression propre à chacune de ces notes.\" Il montre comment dans\nl'adagio ou l'andante est bon le coup d'archet\nmauvaise une\nnote plate, comment telle liaison\nest excellente.\nEn conséquence, telle valeur, dans tel morceau, se trouve recevoir telle\nexpression sans que l'auteur ait nul besoin de le signifier par des mots.\nCorrette nous apprend de même (1738) comment sur une note\nlongue il faut \" conduire avec douceur l'archet sur la corde, ensuite le\nfortifier au milieu selon la valeur de la note et finir comme on a\ncommencé en balançant un peu le doigt sur la corde.\" C'est le son filé,\navec un vibrato déjà défini dans Mersenne,1 et dont l'emploi ainsi dosé\net limité aux notes longues, donne une expression spéciale aux adagio et\net aux andante, quand bien même ils ne porteraient pas, à part leur\ntitre, un seul mot de commentaire.\nMais il est surtout important de rappeler ici le rôle de certains\nornements, qui bien plus encore dégagent la musique du XVIIIe siècle\nde la froide et sèche virtuosité.\nDans un recueil de sonates de Mascitti conservé à la Bibl. Nat.\n(op. terza, in Parigi, 1707) on trouve peut-être ajoutés par M. Boucot\nde Judinville, dont le nom se trouve inscrit sur la page de garde des\nsignes d'interprétation Mss. que nous reproduisons ci-après :\nOn peut donner, si l'on veut, aux tremblements et aux pincés un\nrôle purement ornemental : les liaisons et les coulés ajoutent certainement\n\n1 Traité des instruments, p. 20."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.45", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1907, "texte": "de la tristesse à cet adagio qui, de par son mouvement, sa forme, sa\ntonalité mineure, se teinte déjà de mélancolie ; et il n'est pas jusqu'au\ntrille sur le si bécarre, à la quatrième mesure, qui ne contribue à renforcer\ncette impression,\nOr pareille interprétation était, on le sait, d'usage constant. Toinon,\nqui écrit en 1699, se rencontre sur ce point avec Geminiani, dont la\nMéthode parait en 1752, et le goût français d'avant la sonate avec le\ngoût mi-italien qui lui succède.\nDe tous les ornements expressifs, nous ne retiendrons que le coulé\nou port de voix, l'anticipation et la tenue. \" Le est un passage court\ndu son d'un degré supérieur qu'il faut lier avec celui d'un degré qui est\nen dessous,\nou d'un inférieur à un supérieur\npar intervalles de quatre, cinq degrés ou d'un inférieur à un supérieur\nlorsque le chant va par degres conjoints.\nOn l'appelle aussi port de voix, avec cette légère différence que\nToinon comme Geminiani insiste sur la nécessité dans ce dernier cas, de\nle faire long \" en lui donnant plus de la moitié de la longueur ou du\ntemps de la note à laquelle il appartient, observant d'enfler le son par\ndegrés et de forcer l'archet un peu vers la fin. \"2 \"Il est bon même,\najoute Toinon, d'agiter le son par un tremblement sourd (vibrato ?),\nfaible, sans appuy, ce qu'on appelle balancer, lorsque la note où se termine\nle port de voix le permet par sa valeur. \" est ainsi notée\ndans Geminiani qui en conseille l'usage \" en vue de varier la mélodie\nsans altérer son intention \", et le borne aux cas où la mélodie monte ou\ndescend de l'intervalle d'une seconde. De cet ornement surtout, qui la\nplupart du temps devait se faire par un glissé, et, dit Geminiani, en enflant\nle son^la valeur expressive paraît indéniable. Enfin la s'indique par\nun trait horizontal et on la place avant ou après un pincé :\n\n1 Toinon, op. cit.\n2 L'art de jouer le violon."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.46", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1739, "texte": "Cela indique qu'il faut rester sur la note même sur laquelle on trille (au\nlieu que l'appui se faisait sur la note supérieure) et l'on doit, toujours\nselon Geminiani \" s'en servir souvent, car si l'on faisait des pincés et des\ntremblements continuels sans souffrir d'entendre quelquefois la note unie,\nla mélodie serait trop diversifiée.\"\nAinsi se trouve déterminée la proportion dans laquelle on peut se\npermettre d'agrémenter le chant. Nulle autre limite que le tact de\nl'interprète : \"Jouer avec bon goût ne consiste pas dans des passages\nfréquents, mais en exprimant l'intention du compositeur avec force et\ndélicatesse. \"1\nSi l'on reconnaît des \" intentions \" au compositeur, pourquoi lui\nrefuser celle d'émouvoir ? Faut-il passer volontairement sur ce fait que\nni les coulés, ni les ports de voix n'exigent une particulière habileté de\nmain, qu'ils ne sont pas proprement du ressort de la virtuosité, que leur\nfonction est d'apporter parfois de la tendresse, parfois de la mélancolie,\nparfois simplement de la grâce.\nSi l'on confisque l'expression au profit de la seule musique à préten-\ntions psychologiques, les œuvres du commencement du XVIIIe siècle\nsont foncièrement inexpressives. Mais, comme il y a, hors du romantisme\nviolent, place pour quelque poésie, de même on peut admettre l'existence\nd'une expression musicale qui se contente de rester telle, et ne s'efforce\npas vers la véhémence dramatique. Et s'il lui suffit, pour être vraiment\n\" expression \" de pénétrer plus avant que l'oreille de l'auditeur, de\nsusciter en lui des impressions musicales, et non point seulement des sen-\nsations ou des idées, nos sonates du XVIIIe siècle, autant que n'importe\nquelle sonate pathétique,sont de la musique expressive."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c049", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c049", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 46, "image_fin": 49, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.5.3", "titre_corps": "CONCLUSION", "titre_sommaire": "CONCLUSION", "signature_source": "Marc Pincherle", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.46", "debut_caractere": 1741, "fin_caractere_exclue": 2137, "texte": "CONCLUSION\n\nOn a pu voir, au cours de cette étude, comment la sonate, en 1695\ntout italienne, proche encore du style vocal, développe en France un\nstyle instrumental nouveau, comment, par elle, une école de violon se\nfonde, dont la technique représente vraiment, en 1723, un corps de\ndoctrine organisé.\nDès 1700 l'agilité de la main gauche est poussée assez loin par\n\n1 Geminiani, op. cit., p. 6."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.47", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2391, "texte": "Duval, Mascitti, Rebel, peut-être supérieurs, dans la double-corde, à\nleur modèle Corelli. On ne démanche pas encore au-delà de la troisième\nposition et la deuxième est d'un emploi rare. L'archet commence à peine\nà se dégager de la règle absurde du après la barre de mesure ; il a\ndéjà de la légèreté dans les allegro joués la plupart du temps en détaché\nrapide. Vers 1715, avec les Francœur surtout, s'ouvre une phase de\ncomplète émancipation. On renonce à borner au médium les ressources\ndu violon ; on exploite délibérément le registre grave ; à ce moment\nl'ancienne clef de sol ire ligne devient insuffisante et l'on adopte l'ordi-\nnaire clef de violon. En même temps on démanche dans l'aigu aux\npositions élevées sans oser toutefois,jusqu'à Leclair, s'y maintenir, ni surtout\nles aborder sans préparation. La double-corde et l'arpège se compliquent ;\nles croisements de doigts se multiplient ; on écrit des accords de\ntrois et de quatre sons avec utilisation du pouce, des doubles trilles\naux trois premières positions. L'archet prend de l'ampleur, il échappe\nà l'ancien asservissement à la mesure, et devient capable de combi-\nnaisons multiples, que Leclair pousse à un très haut degré de raffine-\nment. Les ornements sont toujours en honneur, mais on omet souvent\nde les écrire, et on laisse à l'exécutant toute liberté de les placer où\nbon lui semble.\nTelles sont, en résumé, les indications techniques que l'on peut\ntirer de l'examen des œuvres. Est-il possible d'en déduire aussi un prin-\ncipe d'interprétation ?\nOn trouve assez souvent à ce sujet, en parcourant des compte-rendus\nde concerts ou des ouvrages relatifs à la musique ancienne des décla-\nrations qui ne sont pas sans causer quelque embarras, par exem-\nple : \" On pardonne volontiers à Mr S*** d'ignorer le style des\nviolonistes du XVIIIe siècle, car son jeu personnel est fort ingé-\nnieux. \" A ce compte, que de pardons à accorder ! Que d'impardon-\nnables, surtout, qui ont même ignorance sans la racheterpar aucune\ningéniosité !\nEt possède-t-on vraiment sur ce style des renseignements à ce\npoint précis ?\nL'habitude, lorsque l'on parle des virtuoses du XVIIIe siècle (il\nn'est pas inutile de rappeler que le XVIIIe siècle embrasse une période\nde 100 ans), est de prôner, sur la foi d'on ne sait quelle tradition, la\nlargeur de leur coup d'archet, la puissance de leur sonorité, la grandeur"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.48", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2495, "texte": "sereine de leur jeu.] Juste vers 1770, cette conception ne s'applique\nnullement à tout ce qui a précédé. Une vue superficielle des œuvres\nl'autoriserait seule : nous avons vu que la sèche notation de la musique\ndu XVIIIe siècle est loin d'en livrer l'esprit. Quand l'archet est esclave\nde la mesure, c'est simple ignorance, et Duval, Rebel, Senaillé, et bien\nplus encore Piani s'efforcent vers la variété.\nAu sujet des doigtés, nous manquons de renseignements, ce qui ne\nprouve pas qu'ils étaient dépourvus de Piani en 1712 en note\nquelques-uns et s'en excuse : il ne les eût pas notés s'il avait existé une\nrègle absolue et figée. En l'espèce il place 2à la IIme position une gamme\nen ut majeur que rien n'empêche d'exécuter àla Ire. Il cherche donc\nà obtenir une sonorité plus jolie par la suppression de la note à vide,\ntrop dure, et de l'extension qui manque parfois de fermeté, et c'est\nadroit, sinon \" subtil \".\nEnfin, principe encore de variété, les ornements, que l'on peut\nmultiplier a plaisir, sont à l'opposé de cette raideur formaliste que l'on\nprétend imposer a nos sonates, ce qui fait qu'on ne les exhume guère que\npour les calomnier.\nIl existe bien une autre interprétation, également traditionnelle, de\nces œuvres du début du XVIIIe siècle : \"Jouer, dit Hart, avec la vigueur\net la largeur de style de Viotti et plus encore de ses successeurs, les\nsonates de Leclair et de Gaviniès, c'est donner une idée bien pâle de\nl'inspiration de ces compositeurs.\" 3 Soit, à la condition de ne pas tomber\ndans un excès de maniérisme, aussi désagréable que l'excès de sévérité.\nConsidérer le jeu français de 1700 à 1723, comme un jeu perpé-\ntuellement musqué, poudrerisé, minuscule, c'est encore un peu de\nlittérature, ou bien un souvenir indiscret des peintures et des sculptures\nde ces années de régence, dont la vigueur n'est pas le principal mérite.\nC'est surtout, empruntée à la musique même, une compréhention\ninexacte des ornements. Nous n'essaierons pas de montrer à nouveau que\ncertains signes coulés, ports de voix, liaisons n'avaient pas pour\nunique fonction de briser la ligne mélodique, de créer de l'animasion et\nune sorte de gaîté clinquante aux dépens de la noblesse et du sérieux :\n\n} \" Aussi cette magnifique ampleur de style, ce coup d'archet magistral, apanage des violonistes du\nXVIIIe siècle, font-ils place à d'infimes subtilités (?) de doigts. \" Reuchsel, L'Ecole classique du violon,\n1906, p. 18.\nF ler livre de sonates, 1712.\n3 Hart, Op. cit., p. 285."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.49", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1, "texte": "3"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.49", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2312, "texte": "on se reportera pour cela à l'étude des ornements, qui contient sinon des\npreuves, du moins quelques faits dignes de réflexion.\nEt s'il faut maintenant s'aviser d'une opinion sur le style des maîtres\nfrançais du début du XVIIIe siècle, on comprendra et on excusera que\nce soit une opinion moyenne et nullement catégorique.\nEn bref, ils aimaient, autant que le permettait leur regrettable\narchet, la plus grande ampleur dans les mouvements lents, dans les\nmouvements vifs, la plus grande vitesse possible de la gaîté dans les\nuns, de la tendresse, voire même de la mélancolie dans les autres. Ils\nn'avaient point encore imaginé de décréter classiques certains auteurs,\net d'en tirer prétexte pour les jouer dans des mouvements toujours\nmodérés, d'un archet respectueux, uniformément collé à la corde. Leur\ngrand principe semble avoir été de sacrifier le moins possible aux prin-\ncipes : doigtés, ornements, on a vu comment toutes ces entraves dispa-\nraissent, et comment le coup d'archet se débarrasse en peu d'années d'une\ncontrainte séculaire.\nIls étaient, proprement, des virtuoses. Ceux d'aujourd'hui usurpent\nla fonction et le titre, qui ne devraient qu'interpréter. C'étaient d'ailleurs\ndes virtuoses inoffensifs ; ils ne pratiquaient ni les pizzicati, ni les harmo-\nniques, et ils n'accumulaient pas sans trêve les arpèges et les doubles\ntrilles auxquels ils excellaient.\nOù s'arrêtait exactement leur caprice, nous n'en savons rien, mais\nnous pouvons nous douter que les beautés qui les ravissaient, et qui ont\nprogressivement disparu de la musique de violon, ne seraient pas toutes\ndu goût des modernes d'autant que nous sommes à jamais incapables\nde les restituer dans leur entier. Peut-être serait-ce le lieu de remercier ce\nvioloniste et tous ceux qui, avec lui \" ignorent le style des violonistes du\nXVIIIe siècle tant qu'ils n'essaient pas de nous donner le change en\nfabriquant de toutes pièces un style de raideur ou d'afféterie. Il faut en\ntous cas les féliciter de l'heureuse fortune qui est leur, de se trouver en\nface d'une musique sur laquelle il subsiste peu de traditions, peu de gloses,\net si insuffisantes qu'ils ont pleine liberté de la penser et de la sentir à\nnouveau, d'y mettre leur \" ingéniosité \", et mieux que cela, s'ils le\npeuvent.\n\nMarc Pincherle."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c050", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c050", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 50, "image_fin": 51, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.5.4", "titre_corps": "CHRONOLOGIE DES SONATISTES FRANÇAIS.", "titre_sommaire": "CHRONOLOGIE DES SONATISTES FRANÇAIS.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.50", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1555, "texte": "CHRONOLOGIE DES SONATISTES FRANÇAIS.\n(JUSQU'À LECLAIR)\n1695- Laguerre (Elisabeth Claude Jacquet de). Sonates manuscrites\nà deux et à trois, s.d. Bibl. Nat.\nBrossard (S. de). Sonates mss. Bibl. Nat.\nRebel (Jean Fery). Sonates mss. Bibl. de Versailles.\n1704. Duval (François). Premier livre de sonates et autres pièces pour\nle violon et la basse.\nDeuxième livre, 1706, Troisième livre, 1707, Quatrième livre,\n1708, Cinquième livre, 1715.\n1704. Mascitti (Michèle, Napolitano). Sonate à violino-solo, etc. op.\nprima in Parigi, op. seconda 1706, op. terza 1707, op.\nquarta 1711, op. sesta, 1722.\n1705. D'Andrieu. Livre de sonates en trio composés par le Sr Andrieu,\norganiste de Saint Merri.\nRebel (Jean Fery). Pièces pour le violon avec la basse continue\ndivisées par suites de tons. Recueil de douze sonates à\ndeux et trois parties.\nSonates à violon seul mêlées de plusieurs récits pour la viole\n171 3-\n1707. La Ferté. Premier livre de sonates pour le violon et la basse, Paris.\n1707. Marchand le fils. Suite de pièces mêlées de sonates pour le violon\net la basse.\n1710. Senallié le fils. Premier livre de sonates.\nDeuxième livre 1712, Troisième 1716, Quatrième 1721, et\nCinquième 1721.\n1711. Dornel. Premier livre de sonates.\n1712. Piani (Giovanni Antonio, dit Desplanes). Sonate à violino-solo e\nVcl., op. 1.\n1713. Huguenet (Jacques). Sonates pour le violon, la basse et le clavecin\nà deux et à trois.\n1715. Fedeli. Sonate à violino e basso etc., op. prima in Parigi.\n1715. Francœur le fils. Premier livre de sonates à violon seul et la\nbasse."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.51", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 751, "texte": "1719- Aubert. Premier livre de sonates à violon seul et B. C.\n1720. Besson. Six sonates à violon seul.\n1720. Francœur le cadet. Premier livre de sonates, etc. Deuxième livre\nde sonates, s.d.\n1723. Bouvard. Premier livre de sonates à violon seul.\n1723. Denis. Premier livre de sonates.\n1723. Leclair aîné. Premier livre de sonates.\nCette étude fut présentée, il y a cinq mois, à la Sorbonne et valut à son auteur le DIPLÔME D'ETUDES\nSUPÉRIEURES, intermédiaire entre la licence et l'agrégation. C est la seconde fois qu une thèse e musico ogie\nest soumise à cet examen, dont notre collègue P. M. Masson fut le premier lauréat, avec un important travai\nsur la Musique mesurée à l'antique,qui parut ici même en 1907. (Note Réd.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c052", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c052", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 52, "image_fin": 57, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.6", "titre_corps": "LES LIVRES", "titre_sommaire": "LES LIVRES", "signature_source": "J. E", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.52", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2783, "texte": "SCHOLZ (Hans). J. S. Cousser 1660-17 87 (Lpz. Roeder\nin 8° de 344 pp.)\nUn livre sur Sigismond Cousser est le bienvenu dans l'histoire\nde la musique et particulièrement de la musique française. Car il\nnous décrit la vie et les œuvres d'un des plus éminents disciples de\nLully, d'un homme qui fut pour ainsi dire le commis voyageur\nde l'art français du grand siècle à travers l'Europe musicale.\nCousser, né à Augsbourg d'une famille protestante, et peut-être de\nrace israélite, vint, vers 1676, séjourner pendant six ans à Paris et\ntravailler sous la direction personnelle de l'auteur de De\nretour en Allemagne il mena une vie nomade et mouvementée 1 à\nStuttgart, à Hambourg, à Anspach, à Londres, à Dublin, vie de\nchef d'orchestre, de directeur de théâtre, et de compositeur. Bouil-\nlant et irritable à la façon de Wagner qu'il rappelle un peu, Cousser\ns'attira mille ennuis, et sa musique, conçue dans le goût du jour,\nne le rendit pas autrement célèbre. Mais sa gloire incontestable et\nincontestée lui vient de son bâton. Il fut le Weingartner ou le\nNikisch de 1700, le maître qui sait dompter un orchestre, vaincre\nla résistance des chanteurs, obtenir la beauté des sonorités par\nl'exacte discipline et le parfait équilibre de tous les éléments\nemployés. Et c'était quelque chose à une époque ou l'orchestre se recrutait souvent parmi les\ndomestiques, et les chœurs un peu n'importe où.\nCousser appartient donc à ce groupe de musiciens allemands les Muffat, Fischer, Krieger,\nErlebach, Schmicorer, et même Stefani, qui, à la fin du XVIIe siècle, ont réellement eu\nconscience de la puissance de l'orchestre, ont pour ainsi dire pensé orchestralement. Certes ils\nn'étaient pas les premiers à diriger des bandes de violons ou de hautbois, mais, avec eux on\npeut dire que la symphonie s'émancipe définitivement, et cherche des voies qui lui soient\npropres. Or, où ces musiciens viennent-ils prendre le goût et trouver l'exemple de la musique\npure ? A Paris, auprès de ce \" fameux Baptiste, dont les ouvrages font à présent les plaisirs de\ntoutes les cours d'Europe\" comme écrit Cousser lui-même.2 Ce qu'ils viennent apprendre de\nLully c'est tout d'abord la discipline de l'orchestre, l'autorité, qui va jusqu'à défendre aux\ninstrumentistes de s'accorder dès qu'ils sont à leur place, et qui exige un coup d'archet uni-\nforme de tout le quatuor. (Que les temps sont changés ! Aujourd'hui nos orchestres ne\nréagissent complètement que sous la baguette d'un chef allemand.) En outre, et ceci est plus\n\n1 II y a peut-être plus de vrai que ne veut le croire M. Scholz dans la mention que fait Brossard\n(iCatalogue ms. B.N. Rés. Vm 8 20) d'un séjour de Cousser à Strasbourg auprès du prince évêque Egon de\nFurstemberg.\n2 Composition de musique suivant la méthode française. (Stoutgard 1682.)"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.53", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 10, "texte": "LES LIVRES"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.53", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 4247, "texte": "important encore, les jeunes compositeurs d'Outre-Rhin en 1680 cherchent à pénétrer le secret\nde ces maniérés délicates sans lesquelles l'art de Lully serait vain. Ils rapportent chez eux non\nseulement des partitions, mais des procédés d'exécution rythmique qui donnent à cette musique\nson style particulier, et qui consistent avant tout dans un perpétuel détaché des instruments à\narchets. Nous semblons ne plus nous douter nous qui exécutons le Lully comme du\nWagner ou du Palestrina qu'il y eut en Europe vers 1675 une manière toute nouvelle et\ntoute particulière d'exécuter \"à la française Et il fallait être lulliste pour pouvoir s'en tirer.\nUn livre récent1 nous a montré le roi Charles II faisant venir le Français Grabu pour styler\nses violons par des répétitions extraordinaires et renouvelées. De même M. Scholz nous fait\nvoir le duc de Wurtemberg reprochant à ces musiciens de ne pouvoir exécuter proprement\nune courante \" nach franzoesischer Manier et leur enjoignant de se mettre promptement à\nla mode nouvelle. Les musiciens résistaient naturellement contre cette intrusion étrangère.\nGrabu ne put se soutenir à Londres, où Purcell fulminait contre le goût français. M. Scholz\ncite (sans référence) une lettre d'un violoniste Andréas Mayer, qui écrit au duc de Wurtemberg\nusi je me voyais contraint d'adopter ce coup d'archet ultra-reduit non seulement je ne serais plus\ncapable de jouer un solo, mais je ne pourrais plus rien faire de propre dans l'orchestre, ni au concert,\nni à l'église \".2 II fallait pourtant se plier, ou renoncer à ce Lully, que toutes les cours\nvoulaient entendre et tous les compositeurs imiter.\nAutre constation. Lorsque Cousser fait du théâtre et qu'il écrit pour les voix, tout son\nlullisme disparaît et fait place à un italianisme très conscient. Cousser a fait le voyage de\nVenise, comme celui de Paris. Et il en a ramené des chanteurs, de violoncellistes, des solistes,\ncapables de faire valoir d'une façon chantante leurs voix ou leurs instruments. Ici la manière et\nla technique est toute différente, et M. Scholz a fort bien montré que toute l'Allemagne\nmusicale de 1700 pense comme son capellemeister. La symphonie et le rythme, c'est la\nFrance ; le chant et la mélodie, c'est l'ltalie.\nRetenons ces témoignages. Ils contredisent une opinion encore accréditée en France. Nous\n. . • r c L * l'Â\navons cru, guidés par certaine école esthétique, que la gloire de notre opéra français était liee\nà sa déclamation, toujours si précise et si judicieuse, et nous avons considéré la symphonie-ballet\ncomme un accessoire indigne de survie. L'histoire nous démontre que nous sommes trompés.\nLully et Rameau ont vécus sur leur réputation de symphonistes ; le style nouveau et français\nqu'ils ont apporté est un style d'orchestre et un style orchestique. La déclamation de leurs\nrécits forme le côté extra-musical de leur œuvre, celui qui a le moins frappé le public des\nmusiciens celui qui en est le côté faible. On dira peut-être que nous avons le droit d'admirer\naujourd'hui dans Cadmus les parties qui nous plaisent le plus et celles mêmes qui ont eu le\nmoins de succès. C'est une question de goût. Mais il faut bien reconnaître alors que nous\ncherchons dans ces œuvres ce qui n'en était point l'essentiel et que nous nous exposons\nà en dénaturer totalement l'équilibre. Le récent et fâcheux échec d'Hippolyte à l'opéra nous a\nmontré l'influence funeste de cette doctrine absolue.\nLe livre de M. Scholz est bien écrit et méthodiquement présenté. L'érudition de 1 auteur\nest surtout précieuse parce qu'elle s'étend à toute cette école de compositeurs allemands du\nXVIIe sur laquelle notre musicologie est ordinairement mal renseignée. Ce système de com-\nparaison perpétuelle est excellent. Je ne souscris pas sans réserves à la méthode de complété\nobjectivité, chère à nos confrères d'Outre-Rhin et qui est encore une fois appliquée ici. Un\n\n1 CART DE LAFONTAINE. The Kings Music. (London 1909 in B°.)\n2 Cette question de l'exécution et du coup d'archet chez Lully, a, pour tous ceux qui s occupent de\nmusique ancienne, une extrême importance. Nous espérons bien qu'un de nos collègues compétents la traitera\nun jour ici même comme vient de faire M. Pincherle pour la période des sonatistes."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.54", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3654, "texte": "livre n'est pas achevé lorsqu'il ne contient que des documents mis en ordre. Une disposition\nplus habile, une digestion plus personnelle de la documentation, des portraits plus en relief, une\nconclusion, des tables ne seraient certainement pas inutiles. J. E.\nFESTSCHRIFT zum 90 Geburtstage Sr. Exzellenz des W. G. R. R. von Liliencron,\niiberreicht von Vertretern deutscher Musikwissenschaft. (Lpz. Breitkopf. 1910, in 8° de\n453 PP- Mk !2.)\nOn connaît peu en France le chevalier Rochus de Liliencron, docteur en théologie et\nen philologie, Exellence, et Véritable Conseiller Intime..T)n doit apprendre que c'est lui qui\na éte~Te grand protecteur de la musicologie allemande, et par conséquent le bienfaiteur de nos\nétudes. A une époque où l'Allemagne universitaire hésitait encore à accorder à l'histoire de la\nmusique la place qu'elle donnait à toute autre discipline savante, M. de Liliencron profitant d'une\nsituation exceptionnelle à la cour de Berlin, fit intervenir ce qu'il y a de plus haut dans un\ngouvernement monarchique. Et les Denkmaeler furent fondés, avec une subvention généreuse.\nCela se passait il y a longtemps. Aujourd'hui l'heureux instigateur d'une si belle œuvre a\n90 ans, et il lui est donné d'assister à la reconnaissance de cette érudition, à laquelle il a\nd'ailleurs personnellement collaboré, sur le terrain du folklore et du choral.\nTrente-trois savants allemands ont tenu à honorer, par une contribution savante, l'anniver-\nsaire glorieux de ce vénérable doyen, chacun apportant un fragment d'étude en cours. Si bien\nque ce livre reflète assez heureusement l'état présent de la science d'Outre Rhin. J'ai retenu,\npour ma part l'étude de E. Buhlesur le Glockensp dans les miniatures, celles du professeur\nKretzschmar sur la contribution que peuvent fournir certains livres n'ayant pas de\nprétentions musicales, celle de E. Schmitz sur les \" Ffauenzimmer Gespraechspiele \" d'Hars-\ndoerffer ; celle de JV ùnmansur la Bibliothèque à Ratisbonne. Elles se rapportaient à\ndes spécialités qui me sont chères, mais toutes ces trente-trois monographies sont à lire, pour\nqui veut se tenir au courant du mouvement des idées et des faits en musicologie.\nJ. E.\nGO Y (Georges). Hommes et choses du P (Paris, Dewambez, 1911 ; in-8° de\n160 pp.)\nOn peut se demander comment un livre de ce genre peut trouver place dans une biblio-\ngraphie musicale. Il mérite cependant d'y figurer. M. Goy, qui a parcouru son sujet en tous\nsens, a signalé un certain nombre de chansons que la nouveauté des chemins de fer avait\nsuggérées, au moment où le couplet était encore à la mode. En outre le maître Massenet figure\nici avec un autographe, la transcription pour piano d'un pas redoublé qu'il a composé l'année\ndernière pour la Cic P. L. M., et que nous sommes heureux de pouvoir reproduire ci contre.\nPROD'HOMME (J.-G) & DANDELOT (A.). Gounod (1818-1893). Paris,\nDelagrave, 2 vol. in 120 de 262 et 282 pages, illustrés de 40 planches hors-texte, Frs. 7.)\nL'année dernière nous avait valu une contribution de fine et aimable psychologie sur\nl'auteur de Faust, par notre confrère M. Bellaigue. Cette année, la musicologie elle-même\nreprend le même sujet pour en épuiser la documentation, en deux forts volumes, après lesquels\nil semble qu'il n'y ait plus rien à découvrir.\nUne critique, pour commencer. La seule d'ailleurs que je trouve à formuler. Pourquoi la\nprésentation extérieure de ces volumes, qui honorent la science française n'est-elle point\nrespectueuse d'un si sérieux labeur ? Ce format de roman, cette petite couverture sans relief\nartistique, ce papier bouffant, ces similis, conviennent à une revue éphémère, que l'on consulte"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.55", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 64, "texte": "MARCHE, composé pour la Musique de la C,( P. L. M. par Massenet."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.56", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3809, "texte": "et qu'on abandonne ensuite, mais ne satisfont pas les exigences que nous sommes en droit de\nmaintenir en face d'une œuvre d'érudition. Vraiment les éditeurs n'ont pas l'air de saisir le\nsens de nos efforts et le caractère de nos études. Il vont contre leurs intérêts mêmes. Un livre,\net surtout un livre qui traite de l'art gagnerait infiniment à séduire le lecteur par son\naspect artistique, par un je ne sais quoi dans le format, la couverture, la décoration intérieure,\nqui le rende précieux à celui qui le manie. Et, si nous ne sommes pas capables de créer nous-\nmêmes l'instrument artistique dont la musicologie française a besoin, nous avons partout à\nl'étranger des modèles par centaines. Il suffit de jeter les yeux sur la biographie de Grieg,\npubliée il y a deux ans chez Peters, pour se sentir profondément humilié, lorsqu'on est com-\npatriote de Gounod.\nJ'apprécie la méthode de travail de MM. Prod'homme et Dandelot. Peut-être semblera-t-\n-elle un peu sévère, et déroutera-t-elle le lecteur accoutumé à chercher des opinions bien\ndigérées. Elle contentera celui qui veut penser par lui-même, et se mouvoir au milieu\ndes documents, comme l'alpiniste au milieu des rochers. La somme de recherches accumulée\ndans ces deux volumes est immense.\nLe Cas Gounod,ainsi présenté dans son ensemble, avec toutes ses pièces à l'appui reste un\ndes plus intéressants que nous offre la musique française. Il pourrait se formuler ainsi : une\nreligiosité manifestement exaltée profite presque exclusivement à l'art profane.\nQui soutiendrait en effet que l'auteur de malgré toute sa musique religieuse, soit\nresté populaire à l'église, qu'il soit de ceux que le recommande à notre admira-\ntion ? Et d'autre part, il est évident que l'abbé Gounod a cheminé sur cette voie mystique où\nse croisent l'abbé Liszt, le Beethoven de la Messe le Wagner de et même le\nMendelssohn de Pauluset le Berlioz de Y Enfance ! On ne s'y est pas trompé vers\n1860. Depuis Spontini, qui foudroie le jeune lauréat de la Villa Médicis, jusqu'à Heugel qui\nrefuse Faust, en passant par Scudo, Jouvin et le public du Théâtre Lyrique, tout le monde a\nvu en Gounod l'homme des régions transcendantes, enveloppé des nuages de l'art métaphysi-\nque, et qui descend sur terre pour nous faire honte de notre légèreté, de notre facile et frivole\nhédonisme.\nEffet du hasard, dirait-on ! Caprice de la fortune et du génie ! Non pas. L'église et le\nsiècle ont également vu juste. Nous l'apercevons maintenant. Et, si la musique de Gounod fut\nrégénératrice, au pays de la Reine Topaze et de la c'est qu'elle sut se tenir à des\nhauteurs, où l'Art et la Religion voisinent au point de se confondre en une même exaltation\nsentimentale. Chez tous les maîtres musiciens du XIXe siècle apparait le même phénomène.\nTous ont été mystiques ; tous ont été guidés par leur mysticisme vers les formes de l'Art\nchrétien. Tous ont vu les portes du temple se fermer devant eux, au moment où celles de\nla musique pure s'ouvraient toutes grandes. Pourquoi cette coïncidence ? On voudrait le savoir.\nSurtout lorsqu'il s'agit de Gounod, le moins laïque de tous, le plus proche de la sacristie.\nProblème tentant, mais qui touche à tant de questions brûlantes ! J. E.\nDUPRE (E.) & NATHAN (M. 9. Le Langage musical. Préface de Charles Malherbe\n(Paris 1911 Alcan. in 8° de 196 pp. Fcs. 3,75.)\nDeux savants neuro-psychiâtres, entre lesquels notre Président Charles Malherbe, fait\nbonne contenance, ont rassemblé toute la documentation clinique que peut comporter un pareil\nsujet et l'ont résumée en un livre très plein, très précis, qui forme un bon état de science\nmédico-psychologique.\n\"Tout langage est un système de symboles employé par 'es êtres vivants pour échanger\nentre eux des états psychiques. La musique est donc un véritable langage, avec ses éléments"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.57", "debut_caractere": 11, "fin_caractere_exclue": 3499, "texte": "sensoriels de perception. Primitivement réflexe, secondairement intentionnel le langage musical\nexprime soit les images descriptives (onomatopées), soit surtout des états émotifs (intonations).\nDans la suite, et parallèlement à l'évolution affective et intellectuelle, s'est développée l'idéation\nmusicale. \" Les auteurs insistent particulièrement sur ce processus d'idéation qui se trouve\nplacé entre les deux pôles du langage musical, entre l'être qui crée et l'être qui entend, et qui\nest constitué par des apports successifs, des associations, des combinaisons imaginatives, et qui\nforme enfin le matériel stable de l'expression musicale.\nEnsuite vient l'étude de toutes les dégénérescences du sens musical qui en modifient les\nles facultés. Ce sont les pertes de mémoire, les absences complètes (amusies), les troubles psycho-\nnévropathiques, les phobies et les altérations vésaniques de tous genres, enfin la question délicate\nde la santé mentale des grands musiciens, la psychose des maîtres, de Beethoven à Smetana.\nToute une minutieuse étude qui nous conduit à la mélothérapie, la guérison par la musique.\nLa difficulté d'un pareil livre était de concilier la médecine et l'esthétique, et de définir\nleurs domaines là où ils se touchent. En d'autres termes : la musique est-elle une névrose, ou\nbien échappe-t-elle à la pathologie proprement dite ? MM. Dupré et Nathan ont très précisé-\nment démontré, contre Lombroso et ses émules, que nos grands maîtres n'étaient pas nécessai-\nrement des aliénés, et que chez certains d'entre eux l'exaltation ou la bizarrerie n'autorisait\naucunement le diagnostique de vésanie. Cependant, le même ouvrage nous montre le psycho-\nsisme et ses maladies, intimement lié à l'état musical. Si nous allons par exemple à Bicêtre nous\nvoyons \" que non seulement l'idiot aime et saisit très bien les rythmes, mais que cette faculté\nque l'on nomme la faculté musicale, est le propre des idiots caractérisés ! \" Ainsi tous les\narriérés, débiles, impulsifs, et autres dégénérés sont musicaux, et ne sont plus même que cela\nbien souvent. La musique et le gâtisme se donnent la main ! En somme c'est une question\nde point de vue. La science nous donne des faits, et elle dégage de leur ensemble la notion\nd'une normale, qui n'est qu'une moyenne. Mais l'artiste, au contraire, n'intéresse et n'existe\npour nous que par son exception et son originalité. Il échappe donc à la normale, il est anor-\nmal. Dans quelle mesure ? Tout est là, et la science physiologique ne saurait nous le dire,\nparce que la notion d'un beau absolu n'est pas de son ressort. Heureusement !\nLe domaine de la déséquilibration psychique, et du génie, c'est celui que la critique musicale,\ns'est donnée la mission d'explorer. Celle-ci devrait lire l'ouvrage de MM. Dupré et Nathan. Elle\ny trouverait cette notion de relativité dont la science nous donne toujours la leçon, et dont nos\npolémiques de presse devraient avant tout s'inspirer. Si jamais il était possible de faire comprendre\nau critique habituel de nos feuilletons que l'absolu sur lequel il appuie ses raisonnements et ses\narticles est un phénomène passager, conditionné par le hasard des circonstances, la critique musi-\ncale reprendrait sa place légitime parmi les arts. Elle serait de la virtuosité littéraire, et perdrait\ncette allure pontifiante, cette raideur, cet aspect d'autorité et de mauvaise humeur, qui finira par\nla rendre inquiétante et la faire remplacer par le communiqué payant, habilement déguisé.\n\nJ. E."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c057", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c057", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 58, "image_fin": 66, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.7", "titre_corps": "ILDEBRANDO PIZZETTI", "titre_sommaire": "ILDEBRANDO PIZZETTI", "signature_source": "Paul-Marie Masson", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.58", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1690, "texte": "ILDEBRANDO PIZZETTI\n\nIl semble bien que l'ltalie soit à la veille d'une renaissance musicale\ndigne de son passé. La terre d'où jaillirent tant de sources de musique\nne peut être épuisée, et l'Europe entière, qui lui doit tant, saluera avec\njoie le réveil qui se prépare. Ce réveil peut se pressentir surtout dans les\nefforts de quelques jeunes hommes dont les œuvres marquent une orien-\ntation nouvelle dans l'art de leur pays. Une école ? Non certes. Disséminés\nsur tous les points de la Péninsule, souvent isolés au milieu d'une indiffé-\nrence décourageante, ils s'ignorent pour la plupart les uns les autres ;\nchacun suit sa voie, les yeux sur son rêve et porté par son élan. Pourtant,\nmusiciens de carrière ou autodidactes, nourrissons rebelles ou professeurs\n\" modernistes \" des vieux conservatoires, ils ont tous, avec l'amour de\nl'ltalie nouvelle, un trait commun qui les rapproche : ils ne craignent\npas, pour élargir l'horizon de leur art, de regarder au-delà des monts,\nd'étudier passionnément les musiques étrangères, Moussorgsky, Strauss\nou Debussy. Non qu'ils veuillent y chercher des thèmes d'inspiration ni\noublier les traditions de leur race ; mais ils comprennent enfin combien la\ntechnique souple et libre que l'Europe contemporaine a élaborée presque\nà l'insu de l'ltalie peut stimuler et enrichir les inspirations le plus pure-\nment italiennes. Parmi ces musiciens de culture européenne, M. Ildebrando\nPizzetti me paraît être particulièrement représentatif.\nM. Ildebrando Pizzetti est né à Parme le 20 septembre 1880 et,\nen souvenir de sa ville natale, il signe volontiers ses œuvres Ildebrando da\nParma. Après avoir fait ses études secondaires à Reggio, où il résida de"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.59", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2611, "texte": "1882 à 1895, il fut pendant six ans élève au Conservatoire de musique\nde Parme et en sortit en 1901 avec le titre de \" licencié en composition\nPendant l'année 1908, il fut chargé du cours de composition dans ce\nmême établissement, et depuis 1909, il est professeur titulaire d'harmonie,\nde contrepoint et de fugue à l'lnstitut Musical de Florence.\nL'œuvre de ce musicien de trente et un ans est déjà considérable. Je\nne parle pas des cantates, des pièces d'orchestre ou de musique de chambre\nqu'il écrivit étant encore élève au conservatoire et qu'il a complètement\noubliées ou même détruites. Parmi ses œuvres définitives, il faut signaler\nune incursion dans le domaine de la musique religieuse, la pour\nchœurs, orgue et orchestre, écrite pour la cathédrale de Crémone ; il\nconvient de retenir aussi pour les promesses qui s'y révèlent et pour leur\ninstrumentation sûre et efficace, le poème symphonique de Canente,\nd'après les Métamorphoses d'Ovide, et surtout les trois préludes symphoni-\nques pour YŒdipe Roi de Sophocle : ces préludes, composés pour les\nreprésentations du grand acteur Salvini, le Mounet-Sully italien, ont été\nexécutés à Milan et à Parme. On y trouve des accents qui font irrésisti-\nblement songer à Gluck.\nM. Ildebrando Pizzetti s'est essayé avec bonheur dans la musique\nde chambre. Le Quatuor a cordes^en la majeur, composé en 1906, est peut-\nêtre l'œuvre où il a mis le plus de lui-même, celle où l'on peut le mieux\nentrevoir, sinon l'originalité de son style actuel, du moins les tendances\nmaîtresses de son tempérament et la qualité infiniment rare et belle de son\némotion. 1 C'est l'âme italienne qui parle à l'âme italienne : Da l'anima\nttaliana per F anima italiana, a écrit l'auteur en tête de son œuvre, et cette\népigraphe a de quoi rassurer les plus nationalistes de ses compatriotes.\nL'ensemble donne une impression d'éveil, d'épanouissement tranquille et\nheureux : la simplicité confiante, l'allégresse légère de la première partie\n(Vtvace ma sereno); la tendre méditation de ; les variations du\ntroisième mouvement avec son double sa si pure-\nment italienne sans vulgarité et sa berceuse [Ninna-nanna), une petite\nchose parfaite et touchante ; la grâce et l'entrain du Finale, tout est\nempreint de cette douceur qui est une force, de cette aisance où se joue\nsans effort une vigueur cachée, de cette paix qui est sécurité.\n\n1 La première exécution publique de ce quatuor a été donnée en 1909 à Milan par le quatuor Polo aux\nconcerts des Amici délia musica, la deuxième en 1911 à Florence par le quatuor Maglioni aux concerts de\nl'lnstitut français de Florence."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.61", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2648, "texte": "C'est le même sentiment qui se rencontre dans les trois pièces de\npiano écrites tout récemment et réunies sous le titre\nlontano (1911) ;il transparaît au milieu d'un parfum de nature dans la\npremier morceau, Sole mattutino sal pra ;il s'alanguit, mais\nsans mièvrerie, dans la deuxième rêverie mélancolique\npiovosa, nel bosco; il badine joyeusement dans la dernière pièce\n\" Fontanino\", qui ala volubilité charmante d'un scherzo beethovénien.\nMais le style a changé depuis le Quatuor : la forme est absolument libre,\nsans aucune concession aux procédés classiques de développement ; l'écri-\nture est parfois franchement impressionniste. On y reconnaît la trace de\nlectures étendues et variées ; en particulier les trouvailles du nouveau\nstyle pianistique français ont évidemment été mises à profit. Pourtant,\nqu'on ne s'y trompe pas : M. Ildebrando Pizzetti n'a rien d'un imitateur, il\nn'est pas de ceux qui font des \" cahiers d'expressions Tous les éléments\nnouveaux qu'il a incorporés à sa musique ont été complètement assimilés\net fondus dans un ensemble bien personnel. L'évolution de son style n'est\npas due seulement à ses lectures, mais surtout à ses libres réflexions, à des\nexpériences sincères, à une lente investigation de toutes les ressources de\nl'art. Depuis le Quatuor, cinq ans ont passé, cinq ans de pratique con-\nstante du métier, et aussi d'études théoriques : pendant ce temps M. Ilde-\nbrando Pizzetti a écrit la plupart des essais de critique et d'esthétique sur\nlesquels je reviendrai plus loin ; et, tandis qu'il regardait au-delà des\nfrontières de son pays pour se familiariser avec les musiques étrangères,\nil portait aussi sa curiosité studieuse vers les époques les plus reculées de\nde l'histoire musicale où il trouvait des enseignements qu'il n'a pas\noubliés. Il y fut amené surtout par la composition de la musique de scène\nde La Nave,le drame étrange et puissant de M. Gabriele d'Annunzio.\n\" Magister Hildebrandus Parmensis sonum dédit et choros duxit. \"\nCes mots, imprimés en caractères archaïques sur la dernière page de la\nluxueuse édition, désignent notre musicien. L'œuvre fut représentée a\nRome, au théâtre Argentina le 11 janvier 1908. M. d'Annunzio a expli-\nqué, à cette occasion, quelle importance il attachait à la partie musicale\npour la pleine compréhension du sens symbolique de son drame. Pour-\ntant, cette partie musicale ne ressemble guère aux autres types connus de\n\" musique de scène On n'y trouve ni préludes, ni intermedes, ni pas-\nsages \" mélodramatiques \" destinés à souligner parfois la déclamation des\npersonnages ou à commenter leurs gestes les plus décisifs. La musique"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.62", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2470, "texte": "écrite par M. Ildebrando Pizzetti pour La Nave comprend uniquement\ndes chœurs, en assez grand nombre, et une longue danse. Mais ces\nchœurs et cette danse ont été conçus et réalisés d'une manière tout à fait\nneuve.\nSauf l'hymne à Diona, qui symbolise la dernière révolte du paga-\nnisme à son déclin, tous les chœurs sont religieux, chrétiens. Le poète a\nfourni au musicien des paroles latines plus ou moins empruntées a la\nliturgie de l'Eglise. Il s' agissait de composer sur ces paroles une musique\nqui fût intéressante pour notre goût moderne, tout en restant dans\nl'atmosphère historique de l'œuvre, dont l'action se passe dans les premiers\ntemps du moyen âge. Le simple chant à l'unisson exige par 1 exactitude\nhistorique eût été d'une facilité décevante pour le musicien et d un effet\nartistique douteux. M. Ildebrando Pizzetti a donc employé pour ses chœurs\nla polyphonie, mais une polyphonie toute spéciale qui ne ressemble ni au\nstyle palestrinien ni à certaine musique chorale de nos églises modernes, une\npolyphonie dont les éléments mélodiques se développent librement en con-\nservant toute la richesse de leur rythme original et toutes leurs caractéristi-\nques modales. A part une exception, les mélodies employées ont été, non pas\nempruntées telles quelles au chant liturgique, mais composées de toutes\npièces par l'auteur dans les anciens modes de la liturgie primitive. Avec\nquel amour M. Ildebrando Pizzetti a étudie ces anciens modes ! Avec\nquel émerveillement attentif il a cru en retrouver ou en modifier 1 ethos,\ncomparant soigneusement son impression personnelle aux qualificatifs\nd'Apulée, d'Héraclide ou d'Aristote ! \"Je suis convaincu, écrit-il dans\nune lettre publiée par la Rivista musicale de I9°7> je su*s convaincu,\npar les expériences faites, qu'il y a dans les modes abandonnes une\nrichesse et une variété d'expression dont les musiciens n'ont pas encore\npu connaître toute la valeur pour s'être égarés trop vite sur une fausse\nvoie, une richesse qui est toute à prendre et qui doit être découverte par\nles artistes qui cherchent infatigablement la beaute sous ses formes les\nplus pures. \"\nCe retour aux modes de la musique gréco-latine fait songer aux\ntentatives analogues de certains musiciens français contemporains. Mais\nla façon dont M. Pizzetti les a traités lui est toute personnelle. Qu'on en\njuge par le Coro di catecumeni e di qui est chanté pendant le\nL'hymne profane à Diona, dont le contraste avec les chœurs reli-"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.63", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1337, "texte": "gieux a une si grande importance dans la tragédie, est traité d'une\nmaniéré très différente. Cette antienne voluptueuse a suggéré au musicien\nune mélodie plus modulante, et, dans le refrain de chaque strophe, l'em-\nploi du genre chromatique ; d'autre part, la forme métrique, employée ici\na dessein par le poete, a entiaine un chant purement syllabique, rythmé\nselon le jeu des longues et des brèves.\nCette mélodie, ingénieusement dérythmée, a fourni le thème de la\ndanse païenne dansée par Basiliola et ses compagnes, où M. Pizzetti a\nutilisé les richesses rythmiques de l'orchestique grecque. Lorsqu'autour\ndes sept candélabres la danse s'anime peu à peu jusqu'à la frénésie et que\nBasiliola elle-même danse sur la chlamyde pourpre de Marco Gratico la\nDanse de victoire, le mètre ïambique se transforme dans le mètre plus\nmouvementé attribué à Sotadès et la structure des périodes reproduit la\nsikinnis antique. Voici le thème sous cette double forme :\nDans la mise en scène, cette danse est censée accompagnée par des\ncithares, des auloi,des crotales et des sistres. Pour obtenir le maximum\nde sonorité sans nuire à l'effet scénique, M. Ildebrando Pizzetti a employé\ndes harpes pour évoquer l'impression des cithares ; il y a joint flûtes,\nhautbois, cor anglais et bassons pour imiter le son des divers et il a"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.64", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2573, "texte": "complété son instrumentation par divers instruments à percussion. Mais\nil en a exclu tous les instruments à archet, ce qui donne un coloris\norchestral d'une étrangeté très poétique.\nIl faut voir dans cette œuvre tout autre chose qu'une fantaisie\nd'érudit ; l'auteur n'a nullement voulu faire une reconstitution archéolo-\ngique, mais de la musique bien vivante, et il y a réussi. Il insiste sur ce\npoint dans la lettre citée plus haut et qui m'a fourni plus d'un détail :\n\"Je n'ai donc pas voulu faire de la musique antique, de la musique du\nVIe siècle, ce qui serait une entreprise absurde et sans art, mais j'ai voulu\ntirer de la musique antique tous les éléments formels, mélodiques, ryth-\nmiques qui pouvaient me servir pour exprimer plus efficacement ce que\nj'avais à exprimer. \"\nCette double curiosité qu'il porte dans l'espace vers les musiques\nétrangères et dans le temps vers les musiques disparues donne à la per-\nsonnalité de M. Ildebrando Pizzetti une physionomie très originale.\nQuoi qu'il écrive, on sent qu'il a les éléments les plus divers,\nlites à sa disposition et qu'il sait les fondre harmonieusement. Cela est\nparticulièrement frappant dans les récents Poèmes pour chant et piano,—\nI pastori (1908) sur des vers de M. d'Annunzio et La madré al jiglio\nlontano ( 191 o), paroles de Pantini,— qui font presque oublier les Romanze\nprécédentes (1904-1901). Je suis heureux de pouvoir citer ici en entier\nle poème des Pastori (les bergers), où l'on appréciera l'intensité discrète\ndu sentiment et l'art raffiné qui se cache sous la simplicité apparente de\nla forme. J'y ai joint une traduction française, aussi littérale que le rythme\nl'a permis, pour faciliter la compréhension et l'exécution de cette œuvre\naux personnes qui ne connaissent pas l'italien.\nLa Nave est, jusqu'à présent, la seule tentative que M. Ildebrando\nPizzetti ait faite au théâtre ; et encore le caractère tout spécial de sa\ncollaboration ne lui a guère permis de se révéler comme musicien drama-\ntique. Un Cid,opéra en deux actes composé en 1903 et dont le musicien\na écrit lui-même le poème d'après Corneille et Guilhen de Castro, n'a pas\nété représenté et ne le sera sans doute jamais : l'auteur me disait avec un\nsourire, en refermant sa partition manuscrite : \" Elle est inédite pour\ntoujours \". Mais il travaille en ce moment à une grande œuvre dramati-\nque, qui absorbe presque tous ses loisirs : il met en musique les trois\nactes de la Fedra,de M. Gabriele d'Annunzio. Le poète, qui a beaucoup\nd'admiration et d'estime pour son musicien, semble ne vouloir plus con-"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.65", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2704, "texte": "cevoir sa tragédie que sous l'aspect du drame musical. Cette collaboration,\nplus étroite et plus importante que lors de rapproche, au lende-\nmain du Martire de Saint-Sébastien, le nom d'lldebrando Pizzetti et celui\nde Claude Debussy. L'ouvrage est déjà fort avancé, et les fragments que\nl'auteur a bien voulu me faire entendre révèlent, par l'emportement dra-\nmatique et la violence de la passion, tout un côté de sa personnalité\nd'artiste qu'on eût pu difficilement distinguer dans les œuvres précédentes.\nM. Ildebrando Pizzetti s'est aussi fait connaître en Italie comme\ncritique, au moins autant que comme musicien, si l'on songe que, pour\ndes raisons que l'on devine, la plupart de ses œuvres musicales ne sont\npas encore publiées. Dans les nombreux articles qu'il a écrits pour la\nRivista musicaleitaliana, le Marzocco, Voce, Mu sic a, etc., on\nretrouve, sous une forme simple et nette qui plaît au lecteur français, la\nprofonde culture du musicien et la charmante sincérité de l'homme\nprivé. Ses jugements, d'une entière indépendance, ne sont que les réac-\ntions d'un tempérament très personnel (et très italien), éclairées ou\ncorrigées par des considérations techniques d'une rare pénétration. Il\nn'est pas tendre pour les gloires officielles de la musique italienne con-\ntemporaine, bien qu'il croie plus que personne en l'avenir musical de sa\nrace. Mais il distingue avec la même clairvoyance impartiale, quelle\npauvreté d'émotion se dissimule trop souvent sous l'art merveilleux de\nnos impressionnistes.\nLes musiciens français contemporains ont toujours beaucoup attiré\nM. Ildebrando Pizzetti. Il les a étudiés avec une attention particulière,\net bon nombre de ses articles leur sont consacrés, singulièrement instruc-\ntifs pour nous. Il admire leurs hardiesses fécondes et les raffinements de\nleur technique ; il comprend tout le parti que l'on peut tirer des décou-\nvertes faites depuis trente ans en France dans le domaine de l'expression\nmusicale. Mais, en vrai musicien qu'il est, il va droit à l'âme ; derrière\nl'art, il cherche la vie ; il ne peut s'empêcher de juger dans une œuvre le\nsentiment qu'elle exprime autant que le style qui en est le vêtement plus\nou moins somptueux ; il se reconnaît le droit de marquer son éloigne-\nment ou sa sympathie pour ce sentiment en même temps que son\nadmiration pour ce style. C'est ainsi qu'il a pu écrire dans une récente\nétude, fort élogieuse d'ailleurs pour l'art de M. Ravel, ces lignes signifi-\ncatives : 1 \" Dans les musiques de Ravel, comme, du reste, dans presque\n\n1 Trofili di musicisti francesi contemporanei : Maurice Ravel, dans le Marzocco du 27 août 1911. Les mots\nen italique sont en français dans le texte."}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.66", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2621, "texte": "toutes les musiques, pourtant si fines, élégantes, et de toute\nfaçon toujours très intéressantes, des Français d'aujourd'hui, on cherche-\nrait en vain (et on est fort triste de ne l'y point trouver) un sentiment\nvibrant et ému de large humanité. La joie n'y chante que bien rarement,\non y chante avec des accents bas et courts ; et il n'y éclate jamais un cri\nde douleur profonde et féconde de vie. Mais au lieu de la joie victorieuse\nil s'y exprime une allégresse factice, presque sans sourires, et au lieu de\nl'expression de la douleur, on n'y trouve que l'expression d'une tristesse\ngrise, lasse, morne \". Sans doute, il faut tenir compte ici d'une manière\nde sentir assez différente de la nôtre, il faut faire la part du tempérament\ndes deux races. Pourtant, ces lignes, qui à travers la musique touchent la\nFrance au cœur et dont certains de nos critiques souriront, ces lignes,\nplusieurs d'entre nous les signeraient bien volontiers. Et, en les signant,\nils les démentiraient ; car ils apprendraient à M. Ildebrando Pizzetti qui\nsera heureux de le savoir (puisqu'il a de la sympathie pour notre pays),\nque les admirables délicatesses de nos musiciens impressionnistes sont loin\nd'exprimer l'état d'âme de toute la France musicale, qu'une bonne partie\ndu public le plus cultivé sent le besoin d'émotions plus fortes et plus\nvivantes, fussent-elles même un peu élémentaires ; et ils pourraient\najouter qu'il y a encore en France des musiciens qui n'ont pas abandonné\nla manière véhémente et pathétique des grands maîtres.\nQuoi qu'il en soit, M. Ildebrando Pizzetti me paraît être un de ces\nmusiciens complets dont l'espèce se fait un peu moins rare de nos jours.\nUne parfaite connaissance de son métier, une curiosité perpétuelle pour\ntout ce qui touche à la musique, histoire, esthétique, théorie ou art\nétranger, une culture générale sans cesse entretenue et augmentée par des\nlectures littéraires ou philosophiques, et surtout une âme généreuse d'elle-\nmême et largement ouverte sur la vie réelle, il possède l'ensemble de\ndons aujourd'hui nécessaire à la création de cette musique \" humaine \"\nqui est son idéal d'art. Il faut y ajouter une probité dans le travail, une\ncontinuité et un désintéressement dans l'effort, qui sont de bon augure :\npartageant son existence tranquille entre son metier, sa famille et son art,\nM. Ildebrando Pizzetti ne dédaigne pas la gloire, mais il aime mieux la\nbelle musique. Si l'on songe à tout cela après avoir lu les œuvres qu'il a\ndéjà produites, on ne peut s'empêcher de voir en lui une des plus sûres\nesoérances de la ieune musique italienne.\n\nPaul-Marie Masson."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c059", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c059", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 60, "image_fin": 60, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.7.2", "titre_corps": "ILDEBRANDO PIZZETTI", "titre_sommaire": "ILDEBRANDO PIZZETTI", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.60", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 19, "texte": "ILDEBRANDO PIZZETTI"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c062", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c062", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 67, "image_fin": 78, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.8", "titre_corps": "LE MOIS", "titre_sommaire": "LE MOIS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.67", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 616, "texte": "Théâtres et Concerts\n\nNOUVEAUTÉS D'HIVER\nVoici revenue la saison où Paris, épouvanté de l'aspect de ses rues envahies\npar les plus effarants pérégrins, bat désespérément le rappel de ses indigènes\ndispersés dans tout l'univers. Pour arracher les citadins à la comtemplation des\nféeries automnales, pour détacher leur tendresse de la nature qui s'endort, la Ville\ns'étire et s'éveille avec mille coquetteries. Elle salue joyeusement l'Hiver, le bel\nHiver, déploie toutes ses grâces et toutes ses séductions, se pare et se maquille et\nnous murmure â l'oreille de grisantes promesses. Pour elle c'est le vrai Renouveau,"}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.68", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3374, "texte": "la poussée de la sève, l'éclatement des bourgeons. Une fièvre de création l'agite et\nl'exalte.\nC'est l'heure où les directeurs de nos grands magasins musicaux placardent\ndes affiches et expédient des catalogues, l'heure où les intendants de nos plaisirs\nartistiques nous annoncent triomphalement le jamais vu et l'inentendu. Pour recru-\nter des abonnés nos chefs de rayon appellent l'attention des passants sur les mer-\nveilles qu'ils ont rassemblées à notre intention et distribuent des prospectus où ils\nnous invitent â admirer leurs \" nouveautés d'hiver \" et à nous rendre compte des\navantages de leurs \" soldes et occasions \" sans précédent.\nInstruisons nous donc et voyons de quoi demain sera fait. Le catalogue de\nl'Académie nationale de Musique et de Danse n'est pas volumineux. Il contient\nun simple feuillet assez pauvre en promesses. M. Messager, d'ailleurs, a pris soin\nde nous avertir des excellentes raisons qui le contraignent à limiter ses approvision-\nnements. L'article qu'il est tenu de vendre est une spécialité exclusive et il n'en\ntrouve plus en fabrique. Les règlements de sa maison lui interdisent d'afficher\nautre chose que le genre \" grand-opéra \" et, comme il le fait remarquer avec raison,\naucun autre théâtre, dans le monde entier, n'est condamné à une aussi étroite\nservitude. A coté des entreprises rivales qui peuvent débiter indifféremment l'opé-\nrette, l'opéra-bouffe, la comédie lyrique, le roman musical, l'opéra-comique, le\ndrame lyrique et la tragédie lyrique songez que le directeur des Galeries Favart\npeut réunir dans une même exposition Offenbach et Wagner ! l'Opéra est forcé\nde s'en tenir à une formule unique et, par surcroît, définitivement démodée. De\nplus, des traditions et des lois surannées, l'incommodité de l'installation et l'insuffi-\nsance des ressources matérielles paralysent le plus clairvoyant des directeurs dans\nson élan vers la nouveauté. N'oublions pas que le déplacement du décor d'une\nseule œuvre dans l'immeuble Garnier nécessite trente-huit charrois, aller et retour,\nsur un parcours de quatre lieues, ce qui rend impossible toute alternance d'ou-\nvrages un peu variée. Il faut donc se garder de rendre responsable de l'indigence\ndes affiches l'auteur exquis de Béatrixdont le sens critique est merveilleusement\ndéveloppé et qui a prouvé, lors de son passage à l'Opéra-Comique, son étonnante\nfaculté de divination en présence d'une montagne de manuscrits.\nC'est même cette sagacité universellement reconnue par les musiciens qui a\nempêché l'opinion publique de soutenir M. Gustave Charpentier dans ses véhé-\nmentes revendications en faveur de son \" petit dernier \" qu'il s'obstine à présenter\nmasqué et enveloppé d'une triple houppelande. \" Recevez-le d'abord et vous le\nverrez ensuite \" déclare le compositeur de indigné des prétentions d'un\ngénéral assez facétieux pour affirmer que le conseil de révision doit logiquement\nprécéder et non suivre l'incorporation des recrues. Et, emporté par son zèle, sans\nremarquer les sourires amusés de la galerie toujours prête à découvrir des rosseries\ncachées dans les discours les plus ingénus, l'imprudent musicien-librettiste ajoute :\n\" M. Albert Carré n'en demandait pas tant, lui qui reçut sans en connaître\nun mot ni une note. \" Seigneur ! gardez nous de nos amis !...\nCe petit incident significatif d'un placier se refusant énergiquement à montrer"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.69", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 7, "texte": "LE MOIS"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.69", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3315, "texte": "ses échantillons au client ne fait que prouver davantage combien les affaires sont\nactuellement difficiles dans ce grand magasin et avec quelle prudence nous devons\nen juger l'administration.\nLes seuls marchés présentement conclus sont ceux qui nous assureront la\npropriété du Cobzarde Madame Ferrari, de la de Lucien Lambert et de\nla Romade Massenet. Il faut également s'attendre à une reprise du et de son\nvaste ballet et à un remaniement assez sérieux de la biterroise de Saint-\nSaëns. La civilité puérile et honnête qui règne dans l'imposant monument amènera\npeut-être sur le plateau le Ramsèsde Paul Vidal, le Scénio de Bachelet ou un conte\nlyrique encore anonyme d'André Gailhard. Et nous verrons reparaître\nSalomé et Fervaal dans d'excellentes conditions.\nMais l'article-réclame, l'occasion sensationnelle de la saison sera la danseuse\nsans tutu présentée par le nouveau chef de rayon des tulles et tarlatanes, M. Ivan\nClustine. On a vu quelles discussions passionnées a soulevées l'annonce de cette\nréforme. Il faut goûter l'importance symbolique de ce geste hardi. La prise de\ncette Bastille chorégraphique est d'un heureux augure pour l'avenir de la danse\nfrançaise que nous ne pouvions plus applaudir qu'à Pétersbourg où à Moscou. Le\nmaître de ballet ami et allié qui va désormais présider aux ébats de nos \" rats \"\nnationaux nous rendra sur ce terrain une suprématie que ses compatriotes nous\navaient si brillamment ravie. Puissent les peintres habituels de la maison, ses déco-\nrateurs, ses costumiers et ses accessoiristes ne pas trop paralyser le bel effort d'art\nauquel ils seront appelés à collaborer.\nL'établissement plus modeste mais supérieurement achalandé que dirige\nM. Albert Carré nous communique un volumineux catalogue, riche en promesses\nvariées. Il faut savoir lire entre les lignes de ce curieux document qui se réimprime\npresque intégralement chaque année sans changements appréciables. Son rédacteur\ny manifeste une philosophie sereine et un mépris total des contingences. Il estime\nsans doute que les actes valent mieux que les vaines paroles et entend bien ne pas\nengager le futur par des communiqués prématurés. Pour que nul ne s'y trompe il\nétablit un plan de saison purement schématique où quelques noms conventionnels\noccupent provisoirement, à titre d'indication, la place des titres encore inconnus\nque l'avenir tient en réserve dans ses flancs obscurs. C'est ainsi que depuis la\nfondation du théâtre nous voyons annoncer au début de chaque saison la création\nde Messaouda,de Ratez ou de la Sonate de Bénedictus sans qu'il\nnous soit venu à la pensée de réclamer la réalisation de ces projets essentiellement\nplatoniques et destinés sans doute à le demeurer toujours. Il est infiniment pro-\nbable que Couleur de feu,le ballet de D.E. Inghelbrecht joue actuellement le même\nrôle allégorique et que les partitions appelées à remplacer ces trompe-Poeil sont\ninsoupçonnables ! Quoi qu'il en soit, M. Albert Carré met, en souriant, à notre\ndisposition une reprise du Vaisseau Fantôme et des Contes d'Hoffmann, proclamant\nune fois de plus son éclectisme résolu et son affranchissement du fétichisme de la\nforme et des genres. Puis il guérira la Lépreuse de Lazzari qu'une écrasante publi-\ncité handicape assez lourdement et dont le succès deviendrait dans ces conditions"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.70", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3150, "texte": "une sorte de miracle. Pour répondre aux sollicitations incessantes de quelques\ncritiques idéalistes et pour en finir une fois pour toutes avec un malentendu déjà\nancien, M. Carré s'imposera l'expérience de la d'Albéric Magnard, arra-\nchant ainsi définitivement des mains de ce symphoniste anti-théâtral la palme du\nmartyre que nous étions habitués à lui offrir avec un touchant respect. Et nous\nverrons s'il est vraiment une gloire plus noble et plus délicate que celle de génie\nméconnu !\nM. Arthur Coquard nous a légué une Isdronning et M. Carré, son fidèle\nexécuteur testamentaire va nous \" envoyer en possession \" de cette libéralité dont\nnous ignorons l'étendue. Une Francesca da Rimini de Léoni et une Résurrection\nd'Alfano exerceront la pénétration et développeront l'esprit de documentation des\nmusicographes chargés de rédiger d'historiques avant-premières sur les auteurs.\nM. Giordano a fait un Mois de Marie, M. Félicien de Mesnil a parachevé un\nBénêdict Clanzoret M. Gaston Lemaire a frisé une qu'on se le\ndise ! Le Matin de Floréal est de M. Marcel Rousseau, le Puits est de M. Marsick\net Denisetteest de M. Fijean : qu'on ne l'oublie pas ! Tous ces souvenirs sont\nutiles à conserver pour la composition de l'affiche de l'an prochain. Hoec olim\nmeminisse juvabis !\nLa Tisseuse d'orties de Gustave Doret viendra affirmer les droits de l'école\nhelvétique et Ping-Sinde Maréchal défendra ceux de l'art extrême-oriental.\nM. Emile Trépard avec Céleste Prudhommat livrera sa première grande bataille au\npublic parisien qui ignore son Cantique des Cantiques. Chevauchant le balai de\nla Sorcière de Sardou, Camille Erlanger opérera une rentrée sensationnelle. On\naccorde déjà les cloches innombrables du Carillonneur de Xavier Leroux. Les\nQuatre Journées de Zola ont fourni quatre actes à Alfred Bruneau et le Bon Roi\nDagobert n'en a pas fourni moins à André Messager. Enfin\nUsher et le Diable dans le Beffroi seront sans doute livrés assez ponctuellement par\nDebussy pour que l'Opéra-Comique puisse nous en offrir, dès cette saison,\nl'inappréciable gourmandise.\nLes concerts historiques d'Henry Expert seront, cette année encore, l'orne-\nment des Samedis et les matinées rétrospectives du Jeudi exploreront le répertoire\ndes deux derniers siècles. Sans songer à remplacer l'ingénieuse et imaginative\nMariquita par un Slave bondissant, Albert Carré se propose d'accorder au ballet,\nvivifié par l'apport des Russes, une hospitalité plus écossaise. Agréables projets\nque remplaceront peut-être des réalités imprévues plus agréables encore !\nLa Gaîté-Lyrique ne fait pas \"la nouveauté Elle donnera, comme de\ncoutume, tous ses soins à l'article courant, à la mode consacrée par un long usage.\nM. Isidore de Lara avec un Noël,M. le Borne avec les et M. Hirschmann\navec la Princesse au Moulin représenteront les seules concessions faites à ce que les\nfrères Isola estiment être le goût du jour ! Un opéra de l'autodidacte Raoul\nGunsbourg et un festival Mozart ouvriront et fermeront la calme saison.\nLe Trianon Lyrique, au contraire, étale des ambitions tumultueuses. Tout en\nrépétant deux pièces nouvelles, Cartouche de Claude Terrasse et"}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.71", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3148, "texte": "d'Hirschmann, ce quatrième théâtre de musique annonce quarante ouvrages parmi\nlesquels nous trouvons Proserpine de Saint-Saëns, la Traviata, Hamlety Rigoletto,\nle Trouvère et les Noces de Figaro ! Et l'audacieux Félix Lagrange ajoute négli-\ngemment : \" Nous monterons également YEtoile du Nord que MM. Isola s'étaient\nproposé de donner à la Gaîté mais qu'ils durent abandonner en présence des\ndifficultés de la mise en scène \" !\nCette téméraire ardeur ne se retrouve pas chez les comités directeurs de nos\ngrandes associations symphoniques dont les projets demeurent ténébreux. Chevil-\nlard et Pierné se refusent à nous dévoiler leur avenir. Avec une assurance que\nlégitime le succès, ils recrutent leurs abonnés en leur notifiant exclusivement la\ndate de leur réouverture, sans vouloir leur confier leur programme. Ce programme\npourtant est parfaitement établi puisque, depuis longtemps, les porteurs de manuscrits\nse voient évincer sous prétexte que toutes les affiches sont pleines pour la saison !\nMais à quoi bon publier ce que tous les habitués connaissent ? Pourquoi\nforcer nos deux grandes sociétés à recourir aux affiches pour nous apprendre que\nChevillard exécutera des actes entiers de Wagner, que Pierné donnera cinq \" irré-\nvocablement dernières \" de la Damnation et que Pierné et Chevillard passeront en\nrevue, dans l'ordre chronologique, les neuf Symphonies de Beethoven ?...\nIl faut louer au contraire M. Sechiari de la déférence qu'il témoigne à son\npublic. Ses douze concerts sont arrêtés et ses programmes sont offerts dès main-\ntenant à nos méditations. Il recueillera donc, bien avant de lever sa baguette sur\nles partitions annoncées, de chaleureux applaudissements pour le goût éclairé dont\nil a fait preuve en choisissant Debussy, Strawinsky, d'lndy, Glazounow, Arensky,\nKopylow, Gabriel Dupont... etc. etc. pour notre future délectation.\nTelles sont les tentations mises en œuvre pour nous ramener, par les voies\nles plus rapides, à la Cité jalouse et nous obliger à comparaître sans retard devant\nles tribunaux farouches où trois juges en habit, après une brève délibération, nous\ndélivreront un numéro d'écrou et ordonneront à leurs sbires notre incarcération\nimmédiate. Hélas ! nous n'aurions pas besoin de la vertu de S* Antoine pour\nrésister victorieusement à ces modestes blandices et nous serions plutôt tentés de\ndésespérer d'un hiver aussi pauvre... si nous ne savions par expérience que chaque\nsaison amène tôt ou tard son plaisir, mais que ce plaisir-là aime nous surprendre\net néglige toujours de se faire annoncer !...\n\nEmile Vuillermoz.\n\nProvince\nPendant l'été la province vit principalement d'importations. Les casinos dont elle s'honore\nne sont que des succursales de nos petits orchestres parisiens, hiérarchisés de l'Association sym-\nphonique au quatuor de brasserie. Il ne faut donc pas s'attendre à de surprenantes initiatives de\nla part de ces établissements qui se contentent d'utiliser leur répertoire de l'hiver précédent.\nLa musique y joue d'ailleurs un rôle si aimablement effacé qu'il est parfaitement inutile de\nchercher querelle à ceux qui la fabriquent et à ceux qui la répandent."}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.72", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3619, "texte": "Il convient pourtant de signaler la tenue très artistique de la saison de Diepp© sous la\ndirection éclairée de Pierre Monteux. Les représentations de Jean Périer, de Nelly Martyl, de\nDelmas et d'Herleroy laisseront aux habitués du Théâtre de précieux souvenirs. Au Casino,\nMonteux fît entendre Alice Raveau, Auguez de Montalant Nicot-Vauchelet, Enesco, Staub,\nHekking Plamondon, Fournets et toute une pléïade de virtuoses de choix dans d'excellents\nprogrammes. Gros effort :on donna la IXme Symphonie et la Damnation de Faust, avec un\nsuccès facile à prévoir. Mais le régal le plus délicat fut certainement la série d'auditions de\nmusique de chambre, réunissant les plus purs chefs d'œuvres de la littérature musicale où se\ncouvrirent de gloire deux jeunes artistes dont Paris sut déjà apprécier l'enthousiaste collabora-\ntion : Robert Krettly et Yves Nat. Il est impossible d'apporter à la traduction de la pensée\nmoderne ou classique une compréhension plus fine, une sensibilité plus fraîche et une techni-\nque plus accomplie que celles du violoniste au son pur qui émerveilla les auditeurs de la Saison\nRusse par la virtuosité et la musicalité de ses soli et de ce pianiste fougueux et concentré qui\napporte une telle conscience dans ses interprétations.\nLes manifestations de musique départementale sont plus rares que jamais. La ville\nd'Ambert a renoncé aux fêtes Chabrier qu'elle devait nous offrir et les a ajournées au pro-\nchain printemps. St Jean de XiUZ a célébré ses fêtes traditionnelles en faisant retentir les\nvoûtes de son église d'une Messe palestrinienne, les échos de son théâtre de verdure de l'Esther\nde J.B. Moreau et les lambris de sa Salle Jeanne d'Arc d'un récital de piano par Blanche\nSelva. Le zèle et le dévouement de René de Castéra provoquèrent ces miracles.\nUn jeune chef de musique militaire, M. Goguillot étonne et ravit les habitants de\nCherbourg en exaltant au moyen de cinquante fantassins mélodieux les mémoires vénérées\nde Mozart et de Beethoven.\nMais il faut accorder une mention toute spéciale à la remarquable tentative de décentra-\nlisation qui s'appelle l'Art à l'Ecole. La section de Gruéret nous communique six programmes\nadmirablement composés où l'auditeur, guidé par des conférenciers de talent tels que MM.\nFouassier et Refort, passe en revue Scarlatti, Haendel, Bach, Mozart, Beethoven, Schumann,\nCésar Franck, Moussorgski, Saint-Saëns, Ropartz et Debussy ! Les habitants de Guéret ne\nconnaissent pas leur bonheur.\n\nÉtranger\nA BAYREUTH. La grande impression artistique de cette année à Bayreuth aura\nsurtout été provoquée par un Parsifal complètement renouvelé quant aux décors et àla mise\nen scène, et plus encore peut-être par les Maîtres-Chanteurs de Nuremberg admirablement\nréalisés. Cette œuvre est peut-être une des plus difficiles à interpréter au théâtre, non seule-\nment à cause de ses chœurs dont la mise au point est des plus délicates, de son orchestre qui\nest tout en nuances et fines ciselures, mais aussi par le nombre de premiers rôles qu'elle com-\nporte et qui exigent des artistes dramatiques et des chanteurs éprouvés. Tout cela doit garder\ncependant l'apparence de la vie ordinaire, de l'expression spontanée. Dans l'œuvre de Wagner,\nc'est une admirable partition exceptionnelle dont il a dit lui-même avec raison dans une\nlettre à Peter Cornélius (janv. 1862) : \" Das ist mein genialstes Produkt ; du hast keine\nAhnung davon, was das ist, was es mir ist, und was es meinen Freunden sein wird 1\n\n1 C'est ma production la plus géniale 5 tu n'as aucune idée de ce que c'eit, de ce que c'est pour moi, et\nde ce que ce sera pour mes amis, \""}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.73", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 4133, "texte": "En effet, l'étincelle du génie est ici partout présente, tandis que la grande flamme de ses autres\ncompositions n'apparait qu'un moment, dans les passages de haut lyrisme. Après cette immense\ntragédie de l'amour et de la mort qu'est Tristan et Isolde, voici l'œuvre de la joie, de l'humour,\nde la vie, avec sa note de mélancolie résignée et de haute sagesse ; de plus l'expression de\nl'idéal artistique de l'auteur : le respect sacré des belles traditions d'accord avec l'enthousiasme,\nle progrès, l'évolution vers les formes nouvelles. Tout celà est unique, \"puisé dans la vie\nmême \" comme Gœthe l'aimait. Mais c'est avant tout le miroir de la Germanie qu'on y\nperçoit ; l'œuvre est nationale au plus vrai sens du mot, et c'est pourquoi elle n'est vraiment\nréalisée entièrement que dans sa patrie.\nBayreuth en a donné une interprétation saisissante de vie et de couleur. Cela est dû en\ngrande partie à la maîtrise de Hans Richter qui dirigeait. N'est-ce pas émouvant de penser\nque celui qui fit la copie du manuscrit fraîchement composé, qui, à la toute première des\nMaîtres à Munich, en 1868, conduisit les chœurs sous l'œil même de Wagner, se trouve\nencore aujourd'hui à la tête de cette œuvre et la dirige avec une verve et un entrain extraor-\ndinaires. Jamais l'ouverture ne nous a paru plus fraîche, plus franchement saine, forte, vivante,\nseulement élargie vers la fin majestueuse et triomphante. Et toute l'œuvre répondait à ce\nmerveilleux prélude, apparaissant dans son incroyable malgré la conception et la compo-\nsition constamment arrêtées et brisées de ce drame dont la première esquisse est de 1845\n(Marienbad) et les dernières pages de Lucerne et Munich, vers 1867.\nLa partition est une des plus vastes qui soient ; à Bayreuth où on l'a donnée sans\ncoupures, elle a paru vraiment passer comme une \" fumée L'action animée des deux\npremiers actes ne provoque aucune impression de longueur. Le caractère méditatif, puis\nintime, enfin la double fête du troisième acte amènent tant de sentiments divers qu'ici non\nplus on ne s'aperçoit pas du long développement des situations. Une interprétation de premier\nordre y fut aussi pour beaucoup ; il nous faut surtout citer un remarquable réalisé\npar Hermann Weil (Stuttgart) ;le Walter de Stode Walter Kirchhoff (Berlin), de\nCari Ziegler, Pogner, de Richard Mayr, Kothner, de Nic.Geisse-Winkel et Lene de Gisela\nStaudigl. Pour Eva (Lilly Hafgren-Waag) ce fut en général bien, vocalement surtout, mais\nune note d'humour aurait dû parfois en relever davantage le charme. Quant au de\nHeinrich Schultz, il est certainement des plus intéressant, mais certainement trop caricatural ;\nainsi ce n'est plus un caractère. La compréhension voulue par l'acteur fut au reste remarqua-\nblement réalisée et accusée par une diction mordante à souhait. Les furent en tous\npoints irréprochables, chantant et jouant avec un enthousiasme sans pareil. Les superbes :\nla vérité même !\nPour Parsifalyle renouvellement du décor primitif fut une excellente chose : le jardin\ndes Filles-Fleurs et elles-mêmes du reste avaient justement et souvent fait l'objet de critiques\nsévères et sérieuses. Aujourd'hui, il semble qu'il serait difficile de réaliser beaucoup mieux cette\névocation extrêmement délicate de lieux enchantés. Les oppositions de tons violents qui carac-\ntérisaient autrefois ce tableau ont été remplacées par une chaude harmonie de couleurs autom-\nnales d'abord ; les branches d'arbres géants descendent jusqu'à la rampe, formant comme un\nrideau transparant et mouvant derrière lequel évoluent les Filles-Fleurs dont les costumes sont\naussi améliorés sans être tous parfaits encore. Dès l'arrivée de Kundry, une nouvelle\nmagie transforme la forêt. Des colorations plus fraîches, plus vaporeuses apparaissent et rem-\nplacent peu à peu les premières dans une lumière plus rayonnante toujours. Tout le charme\nsemble émaner de Kundry même, l'enchanteresse dont la séduction veut enlacer Parsifal. Le\ntableau est merveilleux, admirablement soutenu par cette musique unique et passionnée.\nQuant à l'écroulement du jardin magique, il est réalisé de main de maître, et l'impression du"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.74", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3714, "texte": "désert, de solitude, d'anéantissement qui reste à la fin du deuxième acte est vraiment poignante\net prépare à l'audition du prélude suivant avec ses phrases si douloureuses, brisées et affaissées\net toutes ses sombres harmonies.\nLa scène mouvante précédant les deux diverses cérémonies au temple du Graal est non\nmoins remarquable, et le tempo assez lent pris par le chef d'orchestre, Karl Muck, la rythme\nà merveille.\nInterprétation dans l'ensemble excellente aussi : orchestre d'une superbe sonorité ; les\ncuivres notamment sont d'une \" distinction \" rare ; le quatuor d'une belle plénitude ;\nl'ensemble riche et d'irréprochable justesse.\nParsifal, c'était E. Van Dyck, pendant longtemps l'unique titulaire du rôle. Comme\ncompréhension, je ne sais rien de plus profond, de plus vibrant, de plus émotionnant. La voix\nd'un timbre clair, éclatant, n'a peut-être plus la fraîcheur juvénile, mais quelle admirable\ndiction, quel accent sur chaque parole et que d'âme, dans le moindre signe, dans chaque atti-\ntude ! Le tout d'une impeccable musicalité, donnant une impression de réalisation définitive,\ninsurpassable dont rien ne peut s'oublier. La Kundry d'Anna Bahr-Mildenburg fut une digne\npartenaire ; elle aussi a traduit ce rôle si difficile avec une singulière profondeur et une\nintéressante personnalité. Le Gurnemanzd'un tout jeune acteur, Cari Braun, est une des plus\nbelles réalisations que nous ayions eues de cette noble figure ; le de Schiitzendorf-\nBellwidt est resté la perfection même. Pour Amfode Werner Engel, il ne nous parait pas\nqu'au premier acte, le paroxysme douloureux ait été rendu ni dans l'attitude, ni dans le chant ;\nau troisième acte, par contre, ce fut plein d'émotion, de passion et remarquablement chanté.\nIci aussi comme dans les Maîtres Chanteurs, les chœurs stylés par le Prof. Rlldel ont été\nau-dessus de tout éloge.\nQuant à VAnneau de Nihelung, l'ensemble fut bien. Siegfried Wagner en avait assumé la\ndirection. Nous y avons retrouvé les interprètes habituels : Mmes Ellen Gulbranson (Brunnhilde\\\nSchumann-Heinck (Erda\\ Matzenauer ( Reuss-Belce (Fr'tcka) et Hans Breuer\n{Mime). Parmi les nouveaux titulaires, le plus remarquable est A. von Bary dans Siegfried,\nacteur et chanteur supérieurement doué ; Mme Saltzmann-Stevens, une héroïque ;\nH. Weil (Hagenet Hunding),Hensel dont le Lne fit pas oublier l'irremplaçable Briese-\nmeister, enfin Urlus-Siegmund, une belle voix surtout, et Habich dans Alberich.\nL'ensemble de ces représentations accuse un effort d'art soutenu, longuement préparé du\nreste par des répétitions sérieuses permettant une mise au point et une belle unité difficilement\nréalisées, ailleurs.\nMAY DE RUDDER.\nFLORENCE. Peu de chose à mentionner pour la fin de la saison. Nous espérions\nquelques concerts d'orchestre qui n'ont pas eu lieu. L'événement musical le plus marquant\na été l'exécution au concert d'une sélection de Y Armide de Lulli, exécution donnée par les\nsoins de la Section florentine de Y Association des musicologues Italiens. M. Guido Tacchinardi,\ndirecteur de l'lnstitut musical de Florence, avait fait la sélection, M. Carlo Cordara avait\nreconstitué les parties d'orchestre. Notre éminent collègue M. Arnoldo Bonaventura, président\nde la Section florentine s'était chargé de l'organisation artistique du concert, que dirigeait\nM. Alberto Bimboni. Il ne m'a malheureusement pas été possible d'y assister, mais les noms\nque je viens de citer me sont de sûrs garants que l'exécution a été digne de la plus belle œuvre\ndu Florentin devenu français.\nM. Olschki nous a fait entendre pour la première fois dans une charmante soirée privée\ndes compositions inédites de Paganini, dont les manuscrits sont en sa possession : Le Deuxième"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.76", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3628, "texte": "quatuor à cordes,un Duo pour violon et violoncelle et un pour violon et piano.\nC'est de la musique fort agréable, dont certains morceaux contiennent de jolies trouvailles.\nUn Concert franco-italien de jeune musique contemporaine a été donné à 1\nçais, avec le concours des auteurs. On y a entendu une curieuse pour le\npiano, de M. Gianotto Bastianelli, le charmant de M. Ildebrando da\nParma, la solide Sonate en si mineur (pour violon et piano) de M. Maurice le Boucher, et trois\npoétiques mélodies de M. Jules Mazellier. Le lecteur parisien reconnaîtra sans doute dans les\ndeux compositeurs français deux de nos récents \" prix de Rome \", dont l'aimable concours est\nune preuve des excellentes relations que la Villa Médicis entretient avec le jeune Institut\nfrançais de Florence.\nP. M. M.\nMOSCOU. Il ne faudrait pas croire que, comme à Paris, les concerts cessent avec\nl'été ou le printemps ; Constantin Saradchew, soutenu par la ville de Moscou, s'est mis en\ndevoir d'organiser une saison de concerts symphoniques d'été, et nous sommes heureux de\npouvoir constater le plein succès de son entreprise. C'est ainsi que de Mai à Septembre il nous\nfut donné d'apprécier un excellent chef d'orchestre, des musiciens habiles et disciplinés et\nde très bonne musique. Chaque semaine, trois concerts et tous les dimanches un concert\npopulaire ! Voilà une belle activité. Les programmes de ces concerts étaient composés avec\nbeaucoup de soin et chacun pouvait y trouver sa musique préférée ; Beethoven et Wagner\nconstituaient le fond des programmes ; mais à côté d'eux les modernes avaient leur place ;\nmodernes français : Debussy, Ravel, F. Schmitt, R. Ducasse ; modernes russes : N. Mias-\nkowski, Ostroglazow, Prokofiew, Senilow, Jourassowski, Kchalow. Ajoutons qu'Alexandre\nMedtner prit parfois la baguette à la place de Saradchew et que sa direction fut aussi très\ngoûtée du nombreux public qui assista à ces intéressantes séances.\nE. de Tidebôhl.\nSTOCKHOLM. La saison écoulée ne nous donna, en fait d'œuvres nouvelles\nqu'lzeyl, de d'Albert ; la mise en scène véritablement somptueuse fit oublier la banalité de\ncette œuvre dont les auteurs, musiciens et librettistes, n'ont eu d'autre but que de satisfaire le\ngoût du public. Après cette première, il nous fallut revenir au répertoire. Le ténor Alexandre\nKirshner fut engagé et sut s'attirer les faveurs du public. La fin de la saison nous dédom-\nmagea ; à côté de Tristan et du Crépuscule des Dieux, nous entendîmes quelques nouveautés,\nle Mariage de Télémaque, de Claude Terrasse, la Fête chez Thérèse de R. Hahn, le Secret de\nSuzanne, de Wolf Ferrari ; enfin Boris Godounoffde Moussorgski fit une profonde impression ;\nla mise en scène de M. Goldberg, l'interprétation parfaite, la direction du chef d'orchestre\nFullio Voghera, tout contribua au succès de cette œuvre admirable. La cantatrice italienne\nMaria Labia fut très goûtée dans quelques drames véristes italiens.\nLes deux associations chorales Musikfôreningen et Nya Filharmoniska sâllskapet ont\ndonné, les scènes de Faust de Schumann, Christus de Liszt, le Requiem de Verdi, la Messe\nen ut mineur de Mozart. Aux concerts symphoniques de l'Opéra on a exécuté La Damoiselle\nélue de Debussy. Citons parmi les virtuoses qui se sont fait entendre : Wilhelm Stenhammar,\nJohn Forsell, Clary Morales, For Aulin, Marteau, Manén, Veczey, Parlow, Huberman,\nBauer, Friedman et Galston. Il y a eu, au printemps, deux grandes fêtes musicales. A Goten-\nbourg, fête de Haydn-Mozart-Beethoven et à Upsal un festival de musique suédoise (quatre\nconcerts sous la direction de Hugo Alfvén, le célèbre compositeur).\nO. MORALES.\n\n5"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.77", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3383, "texte": "ST. PETERSBOURG. Les Concerts Siloti de St. Pétersbourg ont arrêté les programmes\ndes douze concerts qu'ils donneront au cours de la saison qui commence. Nous voyons avec\nplaisir qu'on y a fait une place importante à la musique française et particulièrement àla jeune\nécole. Notre correspondant de S 1 Pétersbourg rendra compte de ces séances qui promettent\nd'être très intéressantes.\nSAINT-SÉBASTIEN. Les Casinos ne font pas toujours preuve d'un goût musical\ntrès sûr ; c'est là un reproche qu'on ne pourra pas faire au Casino de Saint-Sébastien en lisant\nles programmes de sa saison d'été. Du reste l'orchestre était celui d'Arbos.\n30 Août etIer Sept. Festival Bach avec le concours de Wanda Landowska.\n4et 9 Septembre. Festival Beethoven. Exécution de la 9e symphonie : les chœurs\nmixtes de notre orphéon y ont été enthousiastes, précis et vigoureux. Concerto en mi bémol\npour piano par Cortot.\n8, 11 et 14 Sept. Festival Wagner ; IERIER et 3™® acte de la Walkyrie, deuxième acte de\nTristan ; Consécration du Graal de Parsifal.\nQuand Saint-Sébastien aura sa saison annuelle d'opéra, elle n'aura plus rien à envier aux\nautres villes musicales d'Espagne. F. G.\nMADRID. La Société Philharmonique nous communique les programmes de tous les\nconcerts qu'elle a donnés du 21 Novembre 1910 au 13 Mai de cette année. Il serait trop long\nd'énumérer les œuvres qui furent exécutées et le nom des artistes renommés qui prêtèrent leur\nconcours à ces concerts ; nous ne pouvons que constater la vitalité de cette société qui va\ncommencer sa nme année d'existence et dont l'Espagne musicale ale droit de s'enorgueiller.\nVALENCE. UAthènèe Musical a donné son premier concert en juillet dernier ;si les\nœuvres qui furent exécutées n'étaient pas nouvelles, leur interprétation, par contre, fut excel-\nlente. On entendit le Septuor de Beethoven, la romance en fa jouée par M. Vidal, violoniste\nde talent, un trio de Mendelssohn, des Lieder de Schubert et, pour finir, la Cantate Meerestille\nde Beethoven pour chœurs et orchestre. M. Ripollés, chef d'orchestre, dirigea cette dernière\nœuvre avec un enthousiasme vraiment louable.\nQuelque temps avant avait eu lieu au Royal Collège une autre manifestation musicale,\nsous la direction du maître de Chapelle de ce Collège, M. Penarroja. La première partie du\nprogramme était composée d'œuvres de musiciens locaux, depuis Joan B. Cornes (1568-\n1643) jusqu'aux modernes Espi, Giner, Penarroja et le signataire de ces lignes. La deuxième\npartie était consacrée à la scène de la Consécration du Graal de Parsifal, qui obtint un grand\nsuccès.\nLe 5 juillet dernier on apposait sur la façade de la Maison natale de Tarrega une plaque\ncommémorative j il convient de se réjouir de cet hommage rendu a la mémoire du grand\nmusicien qui fut le maître des meilleurs guitaristes, tels que Miguel Llobet.\nED. L. CHAVARRI.\nEXTRÊME ORIENT. LAOS FRANÇAIS. Les fêtes du grand serment de fidé-\nlité ont été célébrées en grande solennité à Luang Prabang, en la pagode royale de Wat Maï. A\ncette occasion S. M. Sisavangvong, souverain du royaume des \" Cent millions d'Eléphants\ns'est rendu avec toute la pompe asiatique, au milieu d'un cortège brillant et pittoresque, à\ntravers la population si originale de ce pays.\nLe Roi est âgé de 25 à 26 ans, fort bien de sa personne ; il a été élevé à Paris où il a\nsuivi pendant trois ans les cours de l'Ecole Coloniale."}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.78", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3118, "texte": "En tête de son cortège tout de soie et d'or, figuraient d'abord vingt tambourinaires,\nrappant en sourdine le Khat-ta-phone , leur costume était d'un vert uniforme assez fondu.\nSuivaient, revêtus de gris clair, les musiciens joueurs des instruments traditionels.\nLe Roi, descendu de sa chaise gestatoriale d'or et de pourpre, est reçu à l'entrée de\n1 enceinte sacree par IVÏ. le Résident supérieur du Laos, venu exprès de Vientiane pour rece-\nvoir le serment de fidélité à là France, par la Colonie européenne, par le second roi, les Hauts\nMandarins.\nLe Roi et le Résident Supérieur gravissent les degrés du grand escalier de la pagode ; à\nce moment éclatent de l'orchestre laotien les accents d'une marche triomphale qui se meurt\ngraduellement en une symphonie troublante et douce.\nAux pieds de la statue du Phra Bang Bouddha dor massif, haute de centimètres,\nenrichie de pierreries, le Roi et les principales autorités du Royaume prononcent les paroles\ntraditionnelles du serment redoutable en buvant l'eau consacrée.\nPendant ce temps les cohortes nombreuses de bonzes, tout de jaunes vêtus, la tête rasée,\nmurmurent le récitatif des prières cadencées et l'orchestre, admirablement placé pour l'acousti-\nque, emplit la nef d'une harmonie étrange, lente et plaintive.\nPuis, les musiciens attaquent avec une ardeur croissante, des airs guerriers.\nLe tout finit sur un rythme endiablé, d'un goût tout local, quand le Roi échange le\ntoast avec les Autorités et la Cour.\nLe peuple laotien est épris de la musique, et ses chants sont célèbres. Hommes et femmes\nluttent d'improvisations dans des sortes de tournois poétiques.\nTONKIN. Cette annee, le nouveau et superbe grand théâtre d'Hanoï inaugurera\nsa salle luxueuse et toute moderne. Le monument de la rue Paul Bert sera probablement\nterminé, grâce à la libéralité du Gouvernement et aux efforts de la municipalité et des travaux\npublics.\nLa saison commencera au Xonkin fin octobre, se partageant entre les deux théâtres\nmunicipaux de Haïphong et de Hanoï.\nANNAM. Hue, la capitale de l'empire d'Annam possède un groupe important\nd'européens, fonctionnaires, officiers et colons qui charment les heures de la trêve du travail\npar des reunions fort elegantes et du meilleur ton. La musique, la comédie et le concert en\nforment l'agrément.\nL'autre jour chez un aimable fonctionnaire de la Résidence supérieure le tout-Hué mon-\ndain applaudissait des artistes des deux sexes d'un réel talent, musiciens, chanteurs, diseurs.\nLemercier de Neufville trouva même des imitateurs, un théâtre de marionnettes actionnées\ntrès gentiment, mimant le récitatif du librettiste, dissimulé dans la coulisse, pendant qu'un\ntroisième collaborateur maniait savamment les jeux de lumières. C'était la revue. Puis la\nmarche à l'Etoile, avec un vrai théâtre d'ombres et des chœurs mixtes habiles, puis la\ncomedie avec Le Chauffeur de l'Odéon de Paris. Si au Palais Impérial on conserve les rites de\nla musique antique, de l'autre côté de la rivière de Hué, la musique et les artistes français font\nles beaux jours et les beaux soirs de la ville des vieux empereurs d'Annam.\nJ. ROUET."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c064", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c064", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 67, "image_fin": 71, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.8.2", "titre_corps": "Théâtres et Concerts", "titre_sommaire": "Théâtres et Concerts", "signature_source": "Emile Vuillermoz", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.67", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 616, "texte": "Théâtres et Concerts\n\nNOUVEAUTÉS D'HIVER\nVoici revenue la saison où Paris, épouvanté de l'aspect de ses rues envahies\npar les plus effarants pérégrins, bat désespérément le rappel de ses indigènes\ndispersés dans tout l'univers. Pour arracher les citadins à la comtemplation des\nféeries automnales, pour détacher leur tendresse de la nature qui s'endort, la Ville\ns'étire et s'éveille avec mille coquetteries. Elle salue joyeusement l'Hiver, le bel\nHiver, déploie toutes ses grâces et toutes ses séductions, se pare et se maquille et\nnous murmure â l'oreille de grisantes promesses. Pour elle c'est le vrai Renouveau,"}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.68", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3374, "texte": "la poussée de la sève, l'éclatement des bourgeons. Une fièvre de création l'agite et\nl'exalte.\nC'est l'heure où les directeurs de nos grands magasins musicaux placardent\ndes affiches et expédient des catalogues, l'heure où les intendants de nos plaisirs\nartistiques nous annoncent triomphalement le jamais vu et l'inentendu. Pour recru-\nter des abonnés nos chefs de rayon appellent l'attention des passants sur les mer-\nveilles qu'ils ont rassemblées à notre intention et distribuent des prospectus où ils\nnous invitent â admirer leurs \" nouveautés d'hiver \" et à nous rendre compte des\navantages de leurs \" soldes et occasions \" sans précédent.\nInstruisons nous donc et voyons de quoi demain sera fait. Le catalogue de\nl'Académie nationale de Musique et de Danse n'est pas volumineux. Il contient\nun simple feuillet assez pauvre en promesses. M. Messager, d'ailleurs, a pris soin\nde nous avertir des excellentes raisons qui le contraignent à limiter ses approvision-\nnements. L'article qu'il est tenu de vendre est une spécialité exclusive et il n'en\ntrouve plus en fabrique. Les règlements de sa maison lui interdisent d'afficher\nautre chose que le genre \" grand-opéra \" et, comme il le fait remarquer avec raison,\naucun autre théâtre, dans le monde entier, n'est condamné à une aussi étroite\nservitude. A coté des entreprises rivales qui peuvent débiter indifféremment l'opé-\nrette, l'opéra-bouffe, la comédie lyrique, le roman musical, l'opéra-comique, le\ndrame lyrique et la tragédie lyrique songez que le directeur des Galeries Favart\npeut réunir dans une même exposition Offenbach et Wagner ! l'Opéra est forcé\nde s'en tenir à une formule unique et, par surcroît, définitivement démodée. De\nplus, des traditions et des lois surannées, l'incommodité de l'installation et l'insuffi-\nsance des ressources matérielles paralysent le plus clairvoyant des directeurs dans\nson élan vers la nouveauté. N'oublions pas que le déplacement du décor d'une\nseule œuvre dans l'immeuble Garnier nécessite trente-huit charrois, aller et retour,\nsur un parcours de quatre lieues, ce qui rend impossible toute alternance d'ou-\nvrages un peu variée. Il faut donc se garder de rendre responsable de l'indigence\ndes affiches l'auteur exquis de Béatrixdont le sens critique est merveilleusement\ndéveloppé et qui a prouvé, lors de son passage à l'Opéra-Comique, son étonnante\nfaculté de divination en présence d'une montagne de manuscrits.\nC'est même cette sagacité universellement reconnue par les musiciens qui a\nempêché l'opinion publique de soutenir M. Gustave Charpentier dans ses véhé-\nmentes revendications en faveur de son \" petit dernier \" qu'il s'obstine à présenter\nmasqué et enveloppé d'une triple houppelande. \" Recevez-le d'abord et vous le\nverrez ensuite \" déclare le compositeur de indigné des prétentions d'un\ngénéral assez facétieux pour affirmer que le conseil de révision doit logiquement\nprécéder et non suivre l'incorporation des recrues. Et, emporté par son zèle, sans\nremarquer les sourires amusés de la galerie toujours prête à découvrir des rosseries\ncachées dans les discours les plus ingénus, l'imprudent musicien-librettiste ajoute :\n\" M. Albert Carré n'en demandait pas tant, lui qui reçut sans en connaître\nun mot ni une note. \" Seigneur ! gardez nous de nos amis !...\nCe petit incident significatif d'un placier se refusant énergiquement à montrer"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.69", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3315, "texte": "ses échantillons au client ne fait que prouver davantage combien les affaires sont\nactuellement difficiles dans ce grand magasin et avec quelle prudence nous devons\nen juger l'administration.\nLes seuls marchés présentement conclus sont ceux qui nous assureront la\npropriété du Cobzarde Madame Ferrari, de la de Lucien Lambert et de\nla Romade Massenet. Il faut également s'attendre à une reprise du et de son\nvaste ballet et à un remaniement assez sérieux de la biterroise de Saint-\nSaëns. La civilité puérile et honnête qui règne dans l'imposant monument amènera\npeut-être sur le plateau le Ramsèsde Paul Vidal, le Scénio de Bachelet ou un conte\nlyrique encore anonyme d'André Gailhard. Et nous verrons reparaître\nSalomé et Fervaal dans d'excellentes conditions.\nMais l'article-réclame, l'occasion sensationnelle de la saison sera la danseuse\nsans tutu présentée par le nouveau chef de rayon des tulles et tarlatanes, M. Ivan\nClustine. On a vu quelles discussions passionnées a soulevées l'annonce de cette\nréforme. Il faut goûter l'importance symbolique de ce geste hardi. La prise de\ncette Bastille chorégraphique est d'un heureux augure pour l'avenir de la danse\nfrançaise que nous ne pouvions plus applaudir qu'à Pétersbourg où à Moscou. Le\nmaître de ballet ami et allié qui va désormais présider aux ébats de nos \" rats \"\nnationaux nous rendra sur ce terrain une suprématie que ses compatriotes nous\navaient si brillamment ravie. Puissent les peintres habituels de la maison, ses déco-\nrateurs, ses costumiers et ses accessoiristes ne pas trop paralyser le bel effort d'art\nauquel ils seront appelés à collaborer.\nL'établissement plus modeste mais supérieurement achalandé que dirige\nM. Albert Carré nous communique un volumineux catalogue, riche en promesses\nvariées. Il faut savoir lire entre les lignes de ce curieux document qui se réimprime\npresque intégralement chaque année sans changements appréciables. Son rédacteur\ny manifeste une philosophie sereine et un mépris total des contingences. Il estime\nsans doute que les actes valent mieux que les vaines paroles et entend bien ne pas\nengager le futur par des communiqués prématurés. Pour que nul ne s'y trompe il\nétablit un plan de saison purement schématique où quelques noms conventionnels\noccupent provisoirement, à titre d'indication, la place des titres encore inconnus\nque l'avenir tient en réserve dans ses flancs obscurs. C'est ainsi que depuis la\nfondation du théâtre nous voyons annoncer au début de chaque saison la création\nde Messaouda,de Ratez ou de la Sonate de Bénedictus sans qu'il\nnous soit venu à la pensée de réclamer la réalisation de ces projets essentiellement\nplatoniques et destinés sans doute à le demeurer toujours. Il est infiniment pro-\nbable que Couleur de feu,le ballet de D.E. Inghelbrecht joue actuellement le même\nrôle allégorique et que les partitions appelées à remplacer ces trompe-Poeil sont\ninsoupçonnables ! Quoi qu'il en soit, M. Albert Carré met, en souriant, à notre\ndisposition une reprise du Vaisseau Fantôme et des Contes d'Hoffmann, proclamant\nune fois de plus son éclectisme résolu et son affranchissement du fétichisme de la\nforme et des genres. Puis il guérira la Lépreuse de Lazzari qu'une écrasante publi-\ncité handicape assez lourdement et dont le succès deviendrait dans ces conditions"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.70", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3150, "texte": "une sorte de miracle. Pour répondre aux sollicitations incessantes de quelques\ncritiques idéalistes et pour en finir une fois pour toutes avec un malentendu déjà\nancien, M. Carré s'imposera l'expérience de la d'Albéric Magnard, arra-\nchant ainsi définitivement des mains de ce symphoniste anti-théâtral la palme du\nmartyre que nous étions habitués à lui offrir avec un touchant respect. Et nous\nverrons s'il est vraiment une gloire plus noble et plus délicate que celle de génie\nméconnu !\nM. Arthur Coquard nous a légué une Isdronning et M. Carré, son fidèle\nexécuteur testamentaire va nous \" envoyer en possession \" de cette libéralité dont\nnous ignorons l'étendue. Une Francesca da Rimini de Léoni et une Résurrection\nd'Alfano exerceront la pénétration et développeront l'esprit de documentation des\nmusicographes chargés de rédiger d'historiques avant-premières sur les auteurs.\nM. Giordano a fait un Mois de Marie, M. Félicien de Mesnil a parachevé un\nBénêdict Clanzoret M. Gaston Lemaire a frisé une qu'on se le\ndise ! Le Matin de Floréal est de M. Marcel Rousseau, le Puits est de M. Marsick\net Denisetteest de M. Fijean : qu'on ne l'oublie pas ! Tous ces souvenirs sont\nutiles à conserver pour la composition de l'affiche de l'an prochain. Hoec olim\nmeminisse juvabis !\nLa Tisseuse d'orties de Gustave Doret viendra affirmer les droits de l'école\nhelvétique et Ping-Sinde Maréchal défendra ceux de l'art extrême-oriental.\nM. Emile Trépard avec Céleste Prudhommat livrera sa première grande bataille au\npublic parisien qui ignore son Cantique des Cantiques. Chevauchant le balai de\nla Sorcière de Sardou, Camille Erlanger opérera une rentrée sensationnelle. On\naccorde déjà les cloches innombrables du Carillonneur de Xavier Leroux. Les\nQuatre Journées de Zola ont fourni quatre actes à Alfred Bruneau et le Bon Roi\nDagobert n'en a pas fourni moins à André Messager. Enfin\nUsher et le Diable dans le Beffroi seront sans doute livrés assez ponctuellement par\nDebussy pour que l'Opéra-Comique puisse nous en offrir, dès cette saison,\nl'inappréciable gourmandise.\nLes concerts historiques d'Henry Expert seront, cette année encore, l'orne-\nment des Samedis et les matinées rétrospectives du Jeudi exploreront le répertoire\ndes deux derniers siècles. Sans songer à remplacer l'ingénieuse et imaginative\nMariquita par un Slave bondissant, Albert Carré se propose d'accorder au ballet,\nvivifié par l'apport des Russes, une hospitalité plus écossaise. Agréables projets\nque remplaceront peut-être des réalités imprévues plus agréables encore !\nLa Gaîté-Lyrique ne fait pas \"la nouveauté Elle donnera, comme de\ncoutume, tous ses soins à l'article courant, à la mode consacrée par un long usage.\nM. Isidore de Lara avec un Noël,M. le Borne avec les et M. Hirschmann\navec la Princesse au Moulin représenteront les seules concessions faites à ce que les\nfrères Isola estiment être le goût du jour ! Un opéra de l'autodidacte Raoul\nGunsbourg et un festival Mozart ouvriront et fermeront la calme saison.\nLe Trianon Lyrique, au contraire, étale des ambitions tumultueuses. Tout en\nrépétant deux pièces nouvelles, Cartouche de Claude Terrasse et"}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.71", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2588, "texte": "d'Hirschmann, ce quatrième théâtre de musique annonce quarante ouvrages parmi\nlesquels nous trouvons Proserpine de Saint-Saëns, la Traviata, Hamlety Rigoletto,\nle Trouvère et les Noces de Figaro ! Et l'audacieux Félix Lagrange ajoute négli-\ngemment : \" Nous monterons également YEtoile du Nord que MM. Isola s'étaient\nproposé de donner à la Gaîté mais qu'ils durent abandonner en présence des\ndifficultés de la mise en scène \" !\nCette téméraire ardeur ne se retrouve pas chez les comités directeurs de nos\ngrandes associations symphoniques dont les projets demeurent ténébreux. Chevil-\nlard et Pierné se refusent à nous dévoiler leur avenir. Avec une assurance que\nlégitime le succès, ils recrutent leurs abonnés en leur notifiant exclusivement la\ndate de leur réouverture, sans vouloir leur confier leur programme. Ce programme\npourtant est parfaitement établi puisque, depuis longtemps, les porteurs de manuscrits\nse voient évincer sous prétexte que toutes les affiches sont pleines pour la saison !\nMais à quoi bon publier ce que tous les habitués connaissent ? Pourquoi\nforcer nos deux grandes sociétés à recourir aux affiches pour nous apprendre que\nChevillard exécutera des actes entiers de Wagner, que Pierné donnera cinq \" irré-\nvocablement dernières \" de la Damnation et que Pierné et Chevillard passeront en\nrevue, dans l'ordre chronologique, les neuf Symphonies de Beethoven ?...\nIl faut louer au contraire M. Sechiari de la déférence qu'il témoigne à son\npublic. Ses douze concerts sont arrêtés et ses programmes sont offerts dès main-\ntenant à nos méditations. Il recueillera donc, bien avant de lever sa baguette sur\nles partitions annoncées, de chaleureux applaudissements pour le goût éclairé dont\nil a fait preuve en choisissant Debussy, Strawinsky, d'lndy, Glazounow, Arensky,\nKopylow, Gabriel Dupont... etc. etc. pour notre future délectation.\nTelles sont les tentations mises en œuvre pour nous ramener, par les voies\nles plus rapides, à la Cité jalouse et nous obliger à comparaître sans retard devant\nles tribunaux farouches où trois juges en habit, après une brève délibération, nous\ndélivreront un numéro d'écrou et ordonneront à leurs sbires notre incarcération\nimmédiate. Hélas ! nous n'aurions pas besoin de la vertu de S* Antoine pour\nrésister victorieusement à ces modestes blandices et nous serions plutôt tentés de\ndésespérer d'un hiver aussi pauvre... si nous ne savions par expérience que chaque\nsaison amène tôt ou tard son plaisir, mais que ce plaisir-là aime nous surprendre\net néglige toujours de se faire annoncer !...\n\nEmile Vuillermoz."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c065", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c065", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 71, "image_fin": 72, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.8.3", "titre_corps": "Province", "titre_sommaire": "Province", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.71", "debut_caractere": 2590, "fin_caractere_exclue": 3148, "texte": "Province\nPendant l'été la province vit principalement d'importations. Les casinos dont elle s'honore\nne sont que des succursales de nos petits orchestres parisiens, hiérarchisés de l'Association sym-\nphonique au quatuor de brasserie. Il ne faut donc pas s'attendre à de surprenantes initiatives de\nla part de ces établissements qui se contentent d'utiliser leur répertoire de l'hiver précédent.\nLa musique y joue d'ailleurs un rôle si aimablement effacé qu'il est parfaitement inutile de\nchercher querelle à ceux qui la fabriquent et à ceux qui la répandent."}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.72", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2477, "texte": "Il convient pourtant de signaler la tenue très artistique de la saison de Diepp© sous la\ndirection éclairée de Pierre Monteux. Les représentations de Jean Périer, de Nelly Martyl, de\nDelmas et d'Herleroy laisseront aux habitués du Théâtre de précieux souvenirs. Au Casino,\nMonteux fît entendre Alice Raveau, Auguez de Montalant Nicot-Vauchelet, Enesco, Staub,\nHekking Plamondon, Fournets et toute une pléïade de virtuoses de choix dans d'excellents\nprogrammes. Gros effort :on donna la IXme Symphonie et la Damnation de Faust, avec un\nsuccès facile à prévoir. Mais le régal le plus délicat fut certainement la série d'auditions de\nmusique de chambre, réunissant les plus purs chefs d'œuvres de la littérature musicale où se\ncouvrirent de gloire deux jeunes artistes dont Paris sut déjà apprécier l'enthousiaste collabora-\ntion : Robert Krettly et Yves Nat. Il est impossible d'apporter à la traduction de la pensée\nmoderne ou classique une compréhension plus fine, une sensibilité plus fraîche et une techni-\nque plus accomplie que celles du violoniste au son pur qui émerveilla les auditeurs de la Saison\nRusse par la virtuosité et la musicalité de ses soli et de ce pianiste fougueux et concentré qui\napporte une telle conscience dans ses interprétations.\nLes manifestations de musique départementale sont plus rares que jamais. La ville\nd'Ambert a renoncé aux fêtes Chabrier qu'elle devait nous offrir et les a ajournées au pro-\nchain printemps. St Jean de XiUZ a célébré ses fêtes traditionnelles en faisant retentir les\nvoûtes de son église d'une Messe palestrinienne, les échos de son théâtre de verdure de l'Esther\nde J.B. Moreau et les lambris de sa Salle Jeanne d'Arc d'un récital de piano par Blanche\nSelva. Le zèle et le dévouement de René de Castéra provoquèrent ces miracles.\nUn jeune chef de musique militaire, M. Goguillot étonne et ravit les habitants de\nCherbourg en exaltant au moyen de cinquante fantassins mélodieux les mémoires vénérées\nde Mozart et de Beethoven.\nMais il faut accorder une mention toute spéciale à la remarquable tentative de décentra-\nlisation qui s'appelle l'Art à l'Ecole. La section de Gruéret nous communique six programmes\nadmirablement composés où l'auditeur, guidé par des conférenciers de talent tels que MM.\nFouassier et Refort, passe en revue Scarlatti, Haendel, Bach, Mozart, Beethoven, Schumann,\nCésar Franck, Moussorgski, Saint-Saëns, Ropartz et Debussy ! Les habitants de Guéret ne\nconnaissent pas leur bonheur."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c066", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c066", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 72, "image_fin": 78, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.8.4", "titre_corps": "Étranger", "titre_sommaire": "Étranger", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.72", "debut_caractere": 2479, "fin_caractere_exclue": 3619, "texte": "Étranger\nA BAYREUTH. La grande impression artistique de cette année à Bayreuth aura\nsurtout été provoquée par un Parsifal complètement renouvelé quant aux décors et àla mise\nen scène, et plus encore peut-être par les Maîtres-Chanteurs de Nuremberg admirablement\nréalisés. Cette œuvre est peut-être une des plus difficiles à interpréter au théâtre, non seule-\nment à cause de ses chœurs dont la mise au point est des plus délicates, de son orchestre qui\nest tout en nuances et fines ciselures, mais aussi par le nombre de premiers rôles qu'elle com-\nporte et qui exigent des artistes dramatiques et des chanteurs éprouvés. Tout cela doit garder\ncependant l'apparence de la vie ordinaire, de l'expression spontanée. Dans l'œuvre de Wagner,\nc'est une admirable partition exceptionnelle dont il a dit lui-même avec raison dans une\nlettre à Peter Cornélius (janv. 1862) : \" Das ist mein genialstes Produkt ; du hast keine\nAhnung davon, was das ist, was es mir ist, und was es meinen Freunden sein wird 1\n\n1 C'est ma production la plus géniale 5 tu n'as aucune idée de ce que c'eit, de ce que c'est pour moi, et\nde ce que ce sera pour mes amis, \""}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.73", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 4133, "texte": "En effet, l'étincelle du génie est ici partout présente, tandis que la grande flamme de ses autres\ncompositions n'apparait qu'un moment, dans les passages de haut lyrisme. Après cette immense\ntragédie de l'amour et de la mort qu'est Tristan et Isolde, voici l'œuvre de la joie, de l'humour,\nde la vie, avec sa note de mélancolie résignée et de haute sagesse ; de plus l'expression de\nl'idéal artistique de l'auteur : le respect sacré des belles traditions d'accord avec l'enthousiasme,\nle progrès, l'évolution vers les formes nouvelles. Tout celà est unique, \"puisé dans la vie\nmême \" comme Gœthe l'aimait. Mais c'est avant tout le miroir de la Germanie qu'on y\nperçoit ; l'œuvre est nationale au plus vrai sens du mot, et c'est pourquoi elle n'est vraiment\nréalisée entièrement que dans sa patrie.\nBayreuth en a donné une interprétation saisissante de vie et de couleur. Cela est dû en\ngrande partie à la maîtrise de Hans Richter qui dirigeait. N'est-ce pas émouvant de penser\nque celui qui fit la copie du manuscrit fraîchement composé, qui, à la toute première des\nMaîtres à Munich, en 1868, conduisit les chœurs sous l'œil même de Wagner, se trouve\nencore aujourd'hui à la tête de cette œuvre et la dirige avec une verve et un entrain extraor-\ndinaires. Jamais l'ouverture ne nous a paru plus fraîche, plus franchement saine, forte, vivante,\nseulement élargie vers la fin majestueuse et triomphante. Et toute l'œuvre répondait à ce\nmerveilleux prélude, apparaissant dans son incroyable malgré la conception et la compo-\nsition constamment arrêtées et brisées de ce drame dont la première esquisse est de 1845\n(Marienbad) et les dernières pages de Lucerne et Munich, vers 1867.\nLa partition est une des plus vastes qui soient ; à Bayreuth où on l'a donnée sans\ncoupures, elle a paru vraiment passer comme une \" fumée L'action animée des deux\npremiers actes ne provoque aucune impression de longueur. Le caractère méditatif, puis\nintime, enfin la double fête du troisième acte amènent tant de sentiments divers qu'ici non\nplus on ne s'aperçoit pas du long développement des situations. Une interprétation de premier\nordre y fut aussi pour beaucoup ; il nous faut surtout citer un remarquable réalisé\npar Hermann Weil (Stuttgart) ;le Walter de Stode Walter Kirchhoff (Berlin), de\nCari Ziegler, Pogner, de Richard Mayr, Kothner, de Nic.Geisse-Winkel et Lene de Gisela\nStaudigl. Pour Eva (Lilly Hafgren-Waag) ce fut en général bien, vocalement surtout, mais\nune note d'humour aurait dû parfois en relever davantage le charme. Quant au de\nHeinrich Schultz, il est certainement des plus intéressant, mais certainement trop caricatural ;\nainsi ce n'est plus un caractère. La compréhension voulue par l'acteur fut au reste remarqua-\nblement réalisée et accusée par une diction mordante à souhait. Les furent en tous\npoints irréprochables, chantant et jouant avec un enthousiasme sans pareil. Les superbes :\nla vérité même !\nPour Parsifalyle renouvellement du décor primitif fut une excellente chose : le jardin\ndes Filles-Fleurs et elles-mêmes du reste avaient justement et souvent fait l'objet de critiques\nsévères et sérieuses. Aujourd'hui, il semble qu'il serait difficile de réaliser beaucoup mieux cette\névocation extrêmement délicate de lieux enchantés. Les oppositions de tons violents qui carac-\ntérisaient autrefois ce tableau ont été remplacées par une chaude harmonie de couleurs autom-\nnales d'abord ; les branches d'arbres géants descendent jusqu'à la rampe, formant comme un\nrideau transparant et mouvant derrière lequel évoluent les Filles-Fleurs dont les costumes sont\naussi améliorés sans être tous parfaits encore. Dès l'arrivée de Kundry, une nouvelle\nmagie transforme la forêt. Des colorations plus fraîches, plus vaporeuses apparaissent et rem-\nplacent peu à peu les premières dans une lumière plus rayonnante toujours. Tout le charme\nsemble émaner de Kundry même, l'enchanteresse dont la séduction veut enlacer Parsifal. Le\ntableau est merveilleux, admirablement soutenu par cette musique unique et passionnée.\nQuant à l'écroulement du jardin magique, il est réalisé de main de maître, et l'impression du"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.74", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3714, "texte": "désert, de solitude, d'anéantissement qui reste à la fin du deuxième acte est vraiment poignante\net prépare à l'audition du prélude suivant avec ses phrases si douloureuses, brisées et affaissées\net toutes ses sombres harmonies.\nLa scène mouvante précédant les deux diverses cérémonies au temple du Graal est non\nmoins remarquable, et le tempo assez lent pris par le chef d'orchestre, Karl Muck, la rythme\nà merveille.\nInterprétation dans l'ensemble excellente aussi : orchestre d'une superbe sonorité ; les\ncuivres notamment sont d'une \" distinction \" rare ; le quatuor d'une belle plénitude ;\nl'ensemble riche et d'irréprochable justesse.\nParsifal, c'était E. Van Dyck, pendant longtemps l'unique titulaire du rôle. Comme\ncompréhension, je ne sais rien de plus profond, de plus vibrant, de plus émotionnant. La voix\nd'un timbre clair, éclatant, n'a peut-être plus la fraîcheur juvénile, mais quelle admirable\ndiction, quel accent sur chaque parole et que d'âme, dans le moindre signe, dans chaque atti-\ntude ! Le tout d'une impeccable musicalité, donnant une impression de réalisation définitive,\ninsurpassable dont rien ne peut s'oublier. La Kundry d'Anna Bahr-Mildenburg fut une digne\npartenaire ; elle aussi a traduit ce rôle si difficile avec une singulière profondeur et une\nintéressante personnalité. Le Gurnemanzd'un tout jeune acteur, Cari Braun, est une des plus\nbelles réalisations que nous ayions eues de cette noble figure ; le de Schiitzendorf-\nBellwidt est resté la perfection même. Pour Amfode Werner Engel, il ne nous parait pas\nqu'au premier acte, le paroxysme douloureux ait été rendu ni dans l'attitude, ni dans le chant ;\nau troisième acte, par contre, ce fut plein d'émotion, de passion et remarquablement chanté.\nIci aussi comme dans les Maîtres Chanteurs, les chœurs stylés par le Prof. Rlldel ont été\nau-dessus de tout éloge.\nQuant à VAnneau de Nihelung, l'ensemble fut bien. Siegfried Wagner en avait assumé la\ndirection. Nous y avons retrouvé les interprètes habituels : Mmes Ellen Gulbranson (Brunnhilde\\\nSchumann-Heinck (Erda\\ Matzenauer ( Reuss-Belce (Fr'tcka) et Hans Breuer\n{Mime). Parmi les nouveaux titulaires, le plus remarquable est A. von Bary dans Siegfried,\nacteur et chanteur supérieurement doué ; Mme Saltzmann-Stevens, une héroïque ;\nH. Weil (Hagenet Hunding),Hensel dont le Lne fit pas oublier l'irremplaçable Briese-\nmeister, enfin Urlus-Siegmund, une belle voix surtout, et Habich dans Alberich.\nL'ensemble de ces représentations accuse un effort d'art soutenu, longuement préparé du\nreste par des répétitions sérieuses permettant une mise au point et une belle unité difficilement\nréalisées, ailleurs.\nMAY DE RUDDER.\nFLORENCE. Peu de chose à mentionner pour la fin de la saison. Nous espérions\nquelques concerts d'orchestre qui n'ont pas eu lieu. L'événement musical le plus marquant\na été l'exécution au concert d'une sélection de Y Armide de Lulli, exécution donnée par les\nsoins de la Section florentine de Y Association des musicologues Italiens. M. Guido Tacchinardi,\ndirecteur de l'lnstitut musical de Florence, avait fait la sélection, M. Carlo Cordara avait\nreconstitué les parties d'orchestre. Notre éminent collègue M. Arnoldo Bonaventura, président\nde la Section florentine s'était chargé de l'organisation artistique du concert, que dirigeait\nM. Alberto Bimboni. Il ne m'a malheureusement pas été possible d'y assister, mais les noms\nque je viens de citer me sont de sûrs garants que l'exécution a été digne de la plus belle œuvre\ndu Florentin devenu français.\nM. Olschki nous a fait entendre pour la première fois dans une charmante soirée privée\ndes compositions inédites de Paganini, dont les manuscrits sont en sa possession : Le Deuxième"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.76", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3628, "texte": "quatuor à cordes,un Duo pour violon et violoncelle et un pour violon et piano.\nC'est de la musique fort agréable, dont certains morceaux contiennent de jolies trouvailles.\nUn Concert franco-italien de jeune musique contemporaine a été donné à 1\nçais, avec le concours des auteurs. On y a entendu une curieuse pour le\npiano, de M. Gianotto Bastianelli, le charmant de M. Ildebrando da\nParma, la solide Sonate en si mineur (pour violon et piano) de M. Maurice le Boucher, et trois\npoétiques mélodies de M. Jules Mazellier. Le lecteur parisien reconnaîtra sans doute dans les\ndeux compositeurs français deux de nos récents \" prix de Rome \", dont l'aimable concours est\nune preuve des excellentes relations que la Villa Médicis entretient avec le jeune Institut\nfrançais de Florence.\nP. M. M.\nMOSCOU. Il ne faudrait pas croire que, comme à Paris, les concerts cessent avec\nl'été ou le printemps ; Constantin Saradchew, soutenu par la ville de Moscou, s'est mis en\ndevoir d'organiser une saison de concerts symphoniques d'été, et nous sommes heureux de\npouvoir constater le plein succès de son entreprise. C'est ainsi que de Mai à Septembre il nous\nfut donné d'apprécier un excellent chef d'orchestre, des musiciens habiles et disciplinés et\nde très bonne musique. Chaque semaine, trois concerts et tous les dimanches un concert\npopulaire ! Voilà une belle activité. Les programmes de ces concerts étaient composés avec\nbeaucoup de soin et chacun pouvait y trouver sa musique préférée ; Beethoven et Wagner\nconstituaient le fond des programmes ; mais à côté d'eux les modernes avaient leur place ;\nmodernes français : Debussy, Ravel, F. Schmitt, R. Ducasse ; modernes russes : N. Mias-\nkowski, Ostroglazow, Prokofiew, Senilow, Jourassowski, Kchalow. Ajoutons qu'Alexandre\nMedtner prit parfois la baguette à la place de Saradchew et que sa direction fut aussi très\ngoûtée du nombreux public qui assista à ces intéressantes séances.\nE. de Tidebôhl.\nSTOCKHOLM. La saison écoulée ne nous donna, en fait d'œuvres nouvelles\nqu'lzeyl, de d'Albert ; la mise en scène véritablement somptueuse fit oublier la banalité de\ncette œuvre dont les auteurs, musiciens et librettistes, n'ont eu d'autre but que de satisfaire le\ngoût du public. Après cette première, il nous fallut revenir au répertoire. Le ténor Alexandre\nKirshner fut engagé et sut s'attirer les faveurs du public. La fin de la saison nous dédom-\nmagea ; à côté de Tristan et du Crépuscule des Dieux, nous entendîmes quelques nouveautés,\nle Mariage de Télémaque, de Claude Terrasse, la Fête chez Thérèse de R. Hahn, le Secret de\nSuzanne, de Wolf Ferrari ; enfin Boris Godounoffde Moussorgski fit une profonde impression ;\nla mise en scène de M. Goldberg, l'interprétation parfaite, la direction du chef d'orchestre\nFullio Voghera, tout contribua au succès de cette œuvre admirable. La cantatrice italienne\nMaria Labia fut très goûtée dans quelques drames véristes italiens.\nLes deux associations chorales Musikfôreningen et Nya Filharmoniska sâllskapet ont\ndonné, les scènes de Faust de Schumann, Christus de Liszt, le Requiem de Verdi, la Messe\nen ut mineur de Mozart. Aux concerts symphoniques de l'Opéra on a exécuté La Damoiselle\nélue de Debussy. Citons parmi les virtuoses qui se sont fait entendre : Wilhelm Stenhammar,\nJohn Forsell, Clary Morales, For Aulin, Marteau, Manén, Veczey, Parlow, Huberman,\nBauer, Friedman et Galston. Il y a eu, au printemps, deux grandes fêtes musicales. A Goten-\nbourg, fête de Haydn-Mozart-Beethoven et à Upsal un festival de musique suédoise (quatre\nconcerts sous la direction de Hugo Alfvén, le célèbre compositeur).\nO. MORALES.\n\n5"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.77", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3383, "texte": "ST. PETERSBOURG. Les Concerts Siloti de St. Pétersbourg ont arrêté les programmes\ndes douze concerts qu'ils donneront au cours de la saison qui commence. Nous voyons avec\nplaisir qu'on y a fait une place importante à la musique française et particulièrement àla jeune\nécole. Notre correspondant de S 1 Pétersbourg rendra compte de ces séances qui promettent\nd'être très intéressantes.\nSAINT-SÉBASTIEN. Les Casinos ne font pas toujours preuve d'un goût musical\ntrès sûr ; c'est là un reproche qu'on ne pourra pas faire au Casino de Saint-Sébastien en lisant\nles programmes de sa saison d'été. Du reste l'orchestre était celui d'Arbos.\n30 Août etIer Sept. Festival Bach avec le concours de Wanda Landowska.\n4et 9 Septembre. Festival Beethoven. Exécution de la 9e symphonie : les chœurs\nmixtes de notre orphéon y ont été enthousiastes, précis et vigoureux. Concerto en mi bémol\npour piano par Cortot.\n8, 11 et 14 Sept. Festival Wagner ; IERIER et 3™® acte de la Walkyrie, deuxième acte de\nTristan ; Consécration du Graal de Parsifal.\nQuand Saint-Sébastien aura sa saison annuelle d'opéra, elle n'aura plus rien à envier aux\nautres villes musicales d'Espagne. F. G.\nMADRID. La Société Philharmonique nous communique les programmes de tous les\nconcerts qu'elle a donnés du 21 Novembre 1910 au 13 Mai de cette année. Il serait trop long\nd'énumérer les œuvres qui furent exécutées et le nom des artistes renommés qui prêtèrent leur\nconcours à ces concerts ; nous ne pouvons que constater la vitalité de cette société qui va\ncommencer sa nme année d'existence et dont l'Espagne musicale ale droit de s'enorgueiller.\nVALENCE. UAthènèe Musical a donné son premier concert en juillet dernier ;si les\nœuvres qui furent exécutées n'étaient pas nouvelles, leur interprétation, par contre, fut excel-\nlente. On entendit le Septuor de Beethoven, la romance en fa jouée par M. Vidal, violoniste\nde talent, un trio de Mendelssohn, des Lieder de Schubert et, pour finir, la Cantate Meerestille\nde Beethoven pour chœurs et orchestre. M. Ripollés, chef d'orchestre, dirigea cette dernière\nœuvre avec un enthousiasme vraiment louable.\nQuelque temps avant avait eu lieu au Royal Collège une autre manifestation musicale,\nsous la direction du maître de Chapelle de ce Collège, M. Penarroja. La première partie du\nprogramme était composée d'œuvres de musiciens locaux, depuis Joan B. Cornes (1568-\n1643) jusqu'aux modernes Espi, Giner, Penarroja et le signataire de ces lignes. La deuxième\npartie était consacrée à la scène de la Consécration du Graal de Parsifal, qui obtint un grand\nsuccès.\nLe 5 juillet dernier on apposait sur la façade de la Maison natale de Tarrega une plaque\ncommémorative j il convient de se réjouir de cet hommage rendu a la mémoire du grand\nmusicien qui fut le maître des meilleurs guitaristes, tels que Miguel Llobet.\nED. L. CHAVARRI.\nEXTRÊME ORIENT. LAOS FRANÇAIS. Les fêtes du grand serment de fidé-\nlité ont été célébrées en grande solennité à Luang Prabang, en la pagode royale de Wat Maï. A\ncette occasion S. M. Sisavangvong, souverain du royaume des \" Cent millions d'Eléphants\ns'est rendu avec toute la pompe asiatique, au milieu d'un cortège brillant et pittoresque, à\ntravers la population si originale de ce pays.\nLe Roi est âgé de 25 à 26 ans, fort bien de sa personne ; il a été élevé à Paris où il a\nsuivi pendant trois ans les cours de l'Ecole Coloniale."}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.78", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3118, "texte": "En tête de son cortège tout de soie et d'or, figuraient d'abord vingt tambourinaires,\nrappant en sourdine le Khat-ta-phone , leur costume était d'un vert uniforme assez fondu.\nSuivaient, revêtus de gris clair, les musiciens joueurs des instruments traditionels.\nLe Roi, descendu de sa chaise gestatoriale d'or et de pourpre, est reçu à l'entrée de\n1 enceinte sacree par IVÏ. le Résident supérieur du Laos, venu exprès de Vientiane pour rece-\nvoir le serment de fidélité à là France, par la Colonie européenne, par le second roi, les Hauts\nMandarins.\nLe Roi et le Résident Supérieur gravissent les degrés du grand escalier de la pagode ; à\nce moment éclatent de l'orchestre laotien les accents d'une marche triomphale qui se meurt\ngraduellement en une symphonie troublante et douce.\nAux pieds de la statue du Phra Bang Bouddha dor massif, haute de centimètres,\nenrichie de pierreries, le Roi et les principales autorités du Royaume prononcent les paroles\ntraditionnelles du serment redoutable en buvant l'eau consacrée.\nPendant ce temps les cohortes nombreuses de bonzes, tout de jaunes vêtus, la tête rasée,\nmurmurent le récitatif des prières cadencées et l'orchestre, admirablement placé pour l'acousti-\nque, emplit la nef d'une harmonie étrange, lente et plaintive.\nPuis, les musiciens attaquent avec une ardeur croissante, des airs guerriers.\nLe tout finit sur un rythme endiablé, d'un goût tout local, quand le Roi échange le\ntoast avec les Autorités et la Cour.\nLe peuple laotien est épris de la musique, et ses chants sont célèbres. Hommes et femmes\nluttent d'improvisations dans des sortes de tournois poétiques.\nTONKIN. Cette annee, le nouveau et superbe grand théâtre d'Hanoï inaugurera\nsa salle luxueuse et toute moderne. Le monument de la rue Paul Bert sera probablement\nterminé, grâce à la libéralité du Gouvernement et aux efforts de la municipalité et des travaux\npublics.\nLa saison commencera au Xonkin fin octobre, se partageant entre les deux théâtres\nmunicipaux de Haïphong et de Hanoï.\nANNAM. Hue, la capitale de l'empire d'Annam possède un groupe important\nd'européens, fonctionnaires, officiers et colons qui charment les heures de la trêve du travail\npar des reunions fort elegantes et du meilleur ton. La musique, la comédie et le concert en\nforment l'agrément.\nL'autre jour chez un aimable fonctionnaire de la Résidence supérieure le tout-Hué mon-\ndain applaudissait des artistes des deux sexes d'un réel talent, musiciens, chanteurs, diseurs.\nLemercier de Neufville trouva même des imitateurs, un théâtre de marionnettes actionnées\ntrès gentiment, mimant le récitatif du librettiste, dissimulé dans la coulisse, pendant qu'un\ntroisième collaborateur maniait savamment les jeux de lumières. C'était la revue. Puis la\nmarche à l'Etoile, avec un vrai théâtre d'ombres et des chœurs mixtes habiles, puis la\ncomedie avec Le Chauffeur de l'Odéon de Paris. Si au Palais Impérial on conserve les rites de\nla musique antique, de l'autre côté de la rivière de Hué, la musique et les artistes français font\nles beaux jours et les beaux soirs de la ville des vieux empereurs d'Annam.\nJ. ROUET."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c067", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c067", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 75, "image_fin": 75, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.8.5", "titre_corps": "CARUSO A OSTENDE Nous devons cette photographie maritime du grand ténor a l'obligeance de notre collègue et ami Max Rikoft.", "titre_sommaire": "CARUSO A OSTENDE Nous devons cette photographie maritime du grand ténor a l'obligeance de notre collègue et ami Max Rikoft.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.75", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 123, "texte": "CARUSO A OSTENDE\nNous devons cette photographie maritime du grand ténor a\nl'obligeance de notre collègue et ami Max Rikoft."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c068", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c068", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 79, "image_fin": 81, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.9", "titre_corps": "L'Édition Musicale", "titre_sommaire": "L'Édition Musicale", "signature_source": "Andrea del Lauro", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.79", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2886, "texte": "L'Édition\nMusicale\n\n1 Chez Heugel\n* Voix élevées\n* Chez Durand\n#* Voix moyennes\nM. Jean Hubert vient de faire paraître un Oratorio : x, que quelques\nélus ont eu la bonne fortune d'entendre exécuter l'an passé. Cette petite partition, écrite pour\nun Récitant, (Ténor,) chœurs, orgue, piano, harpe, hautbois et violon, comporte de très jolies\npages ; pour n'en citer qu'une, signalons le charmant petit Chœur annonciateur des anges,\navec la phrase, \" dans la cité de David \", dont la courbe mélodique est à elle seule une\ntrouvaille. D'un bout à l'autre, l'auteur se maintiendra strictement fidèle à cette note de\nsimplicité et de recueillement attendri. Son écriture est aisée, limpide et sans prétentions ; on\nsent que ses préférences doivent aller plutôt à Saint-Saëns qu'à la Schola ou qu'aux Indépen-\ndants. S'il emploie quelques thèmes liturgiques ou populaires, c'est avec une mesure parfaite,\net sans approcher jamais des improvisations dévergondées de certains organistes.\nPeut-être pourrait-on lui reprocher de se montrer bien ambitieux, lorsque son Récitant\nnous retrace l'accomplissement des Prédictions concernant la venue du Christ : mettre\nen musique les voix prophétiques, est une entreprise audacieuse. Bien peu d'auteurs seraient\nassurés de ne pas y manquer de souffle. De même, faire chanter par le chœur le texte évan-\ngélique des Béatitudes, c'est s'exposer à de dangereuses comparaisons. Mais laissons de côté\nMichel Ange et César Franck, et reconnaissons en M. Hubert le musicien sincère et convaincu,\net aussi le parfait homme de goût. Tous ces mérites sont plus rares qu'on ne le pense.\nLa deuxième série des Airs Classiques, (2) s'enrichit de six morceaux nouveaux. Deux de\nHaendel, l'un extrait de Y Allegro e il Pensieroso, l'autre, un radieux chef-d'œuvre, extrait de\nSamson. * Puis viennent quatre morceaux de Bach, parmi lesquels le célèbre Air de la Pentecôte *\ndéjà réédité autrefois par Mme Viardot. Cette nouvelle transcription ne nous parait pas valoir\nla précédente, qui débutait mieux, et soutenait davantage la voix, tout en la doublant moins\nsouvent. Et puis, pourquoi prescrire un mouvement aussi modéré, en tête de ce morceau\nd'évidente jubilation M. Pirro y a reconnu les bondissements de l'âme joyeuse. L'âme\njoyeuse ne saurait bondir sur un Andante, fut-il con moto. Ensuite vient l'admirable air pour\nTénor ; Prends mon il est à toi,une des plus belles pages que 1 effusion du sentiment\nreligieux aient inspirées à Bach, un air pour Basse : avec d'extraordinaires sauts\nde neuvièmes, et enfin un extrait * de la Cantate Ich hatte viel Bekûmmerniss, qui est d'un\nbout à l'autre un long sanglot. Pourquoi cette répétition inlassable des mêmes paroles ? elle\naurait sa raison d'être si ces paroles avaient par elles-mêmes quelque valeur expressive : c'est\nle cas du texte allemand, avec les mots : Seufzer, Thrânen, Kummer, Noth ; mais remplacez"}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.80", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3558, "texte": "les indéfiniment par : plaintes, larmes, peines saintes, et le morceau ne tarde pas à devenir\nd'une platitude sans égale.\nPour chant encore, un Album de Trois M** par M. Florent Schmitt. 2 Vous y\nentendrez parler, fort éloquemment d'ailleurs, de roses mortes qui sanglotent dans le\ncrépuscule, de deuil sans raison, d'un cœur qui s'écœure, et de mille autres choses également\nfolâtres. Le dernier morceau : fils de la Vierge, conçu dans une note un peu moins sombre,\ns'éclaire d'un délicieux accompagnement, mais sa conclusion nous rejette dans les noirceurs :\n\" être libre, c'est n'être plus ! \" Et voilà l'effet des vacances sur la Muse de M. Florent\nSchmitt.\nBeaucoup d'habileté également, dans le Ave Regtna Cœlorum de M. Roger Ducasse 2.\nCette œuvre, d'écriture ultra-moderne ne manque-t-elle pas un peu de spontanéité ? Tant de\nscience et tant de recherche ne favorisent pas toujours le recueillement et la prière. J'en dirais\nautant des Quatre Pièces d'Orgue de M. Jongen 2, mais je dois reconnaître que celui-ci est en\ntrain de s'amender : il a quelquefois fait un emploi beaucoup plus abusif encore, des frotte-\nments, grincements et dissonnances de toute espèce et son Cantabile contient quelques passa-\nges, presque chantants, que nous n'avons pas coutume de rencontrer sous sa plume.\nJ'aurais encore à signaler ici beaucoup de musique à 4 mains, ou à deux pianos. Qu'il\nme soit permis d'y revenir plus tard : on n'écrit plus à 4 mains, que ce qui ne peut pas se\nréduire à deux, par conséquent des œuvres compliquées et de lecture ardue : elles ne sauraient\nse laisser juger du premier coup d'œil.\nV. P.\nLA DÉESSE NUE, poëme ésotérique pour piano et violon de Paolo Litta. La\n\" Libéra Estetica \" de Florence vient d'ouvrir une souscription pour une nouvelle œuvre\nde Paolo Litta, un Poëme Esotérique pour piano et violon intitulé :\nL'auteur, qui avait déjà fait paraître l'an dernier un autre poëme également pour piano et\nviolon, Le Lac el'Amour —et dont nous avons déjà parlé ici-même lors des exécutions de\nParis, Milan, Rome, Florence et Munich, l'auteur, dis-je, semble affectionner de plus en\nplus cette forme du poëme, forme plus souple que celle de la sonate proprement dite et en\nmême temps plus apte à exprimer ce que le compositeur a voulu y mettre.\nM. Paolo Litta nous a confié en effet que son rêve intime serait de porter, sans aucune\npréparation, dans le domaine de la musique de chambre, la forme élargie et plus libre du\npoëme pour deux instruments, une sorte de pendant au poëme symphonique a grand\norchestre.\nSa première tentative, qui a parfaitement réussi du reste, puisque le Lac d'Amour\nexprime suffisamment cette \" Gemûthsstimmung \" des allemands, qui se dégage du poétique\nséjour près d'un site éminemment pittoresque, ce lac d'amour, ce \" Minnewater \" de Bruges.\nEt si l'auteur a dépeint avec bonheur toutes ces sensations, il ne faut point s'étonner si,\nencouragé par le succès, il s'est hasardé à traduire musicalement, non plus des sensations\npoétiques, mais de véritables pensées d'une haute portée philosophique et théosophale.\nL'auteur a été amené peu à peu à composer cette œuvre qu'il appelle \" la Deesse Nue\ndans les conditions suivantes : M. Paolo Litta ayant été très gravement malade pendant près\nde trois mois, se familiarisa si bien avec l'idée de la mort que celle-ci finit par lui paraître\ndésirable.\nJe citerai ici les dernières lignes du texte d'initiation qui paraîtra en guise de programme\nen tête de l'œuvre :\n\" A de certains moments et en désespoir de cause mon âme affolée aurait voulu"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.81", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1786, "texte": "\" chercher un refuge au sein même d'un paganisme et cela au moment où le thème de la\n\" Mort nous rappelait en un glas plein d'horreur, notre inévitable solution terrestre... et\nu pourtant cet état d'âme était sillonné, de ci, de là, par de voluptueuses lueurs de\n\" \" l'Amour cette \" Déesse Nue \" qui n'est qu'un autre aspect de la Mort lorsqu'elle\n\" prend les formes de la Vie... \"\net plus loin :\n\" A la fin de ce poëme, les lourdes chaînes du Doute se délient d'elles-mêmes et c'est avec\nu notre dernier soupir que nous entrerons satisfaits et transfigurés, dans le calme éternel\n\" de l'lnfini.... \"\nJe crois bien, sauf erreur, que c'est la toute première fois qu'un compositeur traite pareil\nsujet pour lui-même, ésotériquement parlant. Car les éléments métaphysiques sont représentés\nbel et bien par des thèmes qui s'enchevêtrent et s'entrecroisent pour former un tout d'une\nimpérieuse logique et qui concourent à la solution qu'il est facile de pressentir. Aussi n'entre-\nrons-nous point ici dans l'analyse thématique de l'œuvre, car l'auteur s'est opposé à la\ndissection de son ouvrage ne voulant point avoir écrit une œuvre qui ne serait comprise\nqu'accompagnée de la \" grille \" dont on se sert pour la lecture des dépêches chiffrées.\nEtiqueter les thèmes et mettre à nu la technique adoptée c'est à dire la Déesse elle-même,\nserait un labeur inutile et fastidieux pour ceux qui ne comprennent pas ou ne \" sentent \"\nrien, et d'autant moins indispensable pour ceux qui comprennent ou pour mieux dire \" qui\nsavent à l'avance \". Ceux-là seront les véritables initiés et c'est à eux que M. Litta s'adres-\nsera pour l'exécution et la compréhension de sa Déesse Nue, pour laquelle il implore un\naccueil bienveillant et favorable.\nFlorence, octobre 1911.\n\nAndrea del Lauro."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c071", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c071", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 82, "image_fin": 83, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.10", "titre_corps": "L'Art au Café=Concert", "titre_sommaire": "L'Art au Café=Concert", "signature_source": "Jean Huré", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.82", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2798, "texte": "L'Art au Café=Concert\n\nLa \" mauvaise musique\" —la musique frivole que nous avons convenu d'appeler la\n\" mauvaise musique \" est toujours \" musicale \", parfois musicale avec gentillesse.\nCelle que nous appelons la \" bonne musique\", la musique bien faite, la musique sérieuse (!)\nest, le plus souvent, dénuée d'invention, de spontanéité, de logique naturelle : elle est\na antimusicale\nC'est celle-là qui a fait déserter nos salles de concerts symphoniques ; c'est celle-là qui,\ndans tous les temps, a semé, parmi les foules, la haine des complications sonores.\nOr, nous n'avons jamais la curiosité d'examiner, de peser, les raisons qui font aimer la\n\" mauvaise musique \" par ceux que nous appelons \" le vulgaire \" : le \" vulgaire \" composé,\nindistinctement, d'ouvriers, de bourgeois, de gens du monde. Nous ne pensons pas que ceux-là\nsont de naïfs amateurs d'art, voire des musiciens-nes, fort incomplets, certes, quant à Véducation\nmusicale, mais dont le goût est souvent assez subtil pour nous servir d'enseignement précieux.\nJ'ai vu, tout cet été, cette foule simple au Cafè-concert.\n*\n* *\nLe Cafè-concert, le Music-hall, me semble un endroit exquis à bien des points de vue,\nmais, surtout, parceque là, seulement, on rencontre les snobs sans leur snobisme : sans ce bien-\nheureux snobisme qu'il nous faut pour notre art cultiver, encourager, fortifier... mais\nqui est, cependant, un très grotesque spectacle.\n* *\nPénétrons à YAlcazar d'Eté,blotti sous les bois des champs Elysées, tout souriant de\nclarté, dessiné, par de la lumière, sur des floraisons azurées, dans une imprécision de rêve.\nDes mélodies flottent, légères : elles ont parfois de jolis contours ; d'une élégance convenue\net symétrique, comme celle des révérences qui inclinent les habits noirs vers les mains pâles,\nbaguées de pierreries.\nQuel joli public, frivole et amusé ! c'est une symphonie de toilettes aux nuances irisées,\naux colorations qui ondulent et se poursuivent et se varient et se marient à l'infini ; une\nsymphonie de chevelures qui frissonnent en lueurs blondes, en rousses clartés, en ombres\nde mystère...\nLes petites mélodies voltigent, sans répit, chantées par un petit orchestre, précis et\ncompréhensif : chantées par des voix claires.\nOn chante juste ici.\nElles chantent juste, ces petites actrices qui semblent fleurir la scène de fleurs animées :\nces petites actrices qui n'ont pas souci des techniques conventionnelles.\nElles n'oseraient pas chanter faux,elles ne sont pas assez \" grandes cantatrices \" !\nEt puis, elles aiment la musique et se plaisent à \" phraser \" avec perfection les petites mélodies\nqu'elles comprennent si bien.\nAssurément, elles s'ennuieraient beaucoup à Y air le plus sublime de la Passion selon\nSt Mathieu... eh bien, elle ne le chantent pas. Or, combien de chanteuses, combien de"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.83", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2622, "texte": "chanteurs, qui n y intendent rien, exécutent et comment les œuvres de Bach, et de\nSchumann, et de Wagner, et de M. Debussy !\nJ aime mieux les petites cantatrices d ici, parcequ'elles parlent une langue qui leur est\nfamilière,\nJ aime mieux ces petites mélodies, banales et gentilles, chantées avec goût, avec intelligence,\nque les œuvres de mes chers grands maîtres, anonnées par des oiselles ou des oiselets\nvoire par des duegnes, voire par de vieux messieurs qui n'en saisissent en rien, la signifi-\ncation musicale, qui me rappelent 1 enfant, obligé de réciter Phèdre ou Athalie, à quoi il ne\ncomprend rien.\nLes petites mélodies de C je les aime mieux que telles grandes symphonies\npénibles, et pesantes, et très mal faites, que l'on entend aujourd'hui un peu partout et à qui\n1 on sait gre, dans certains milieux, d'être ennuyeuses, et laides, et rebutantes.\nElles sont très bien faites, le plus souvent, elles sont d'une excellente technique musicale, les\npetites mélodies de Cafè-concert.\nJ'y reviendrai...\n* *\nJ ai dit que 1 on chante juste, au Music Ha 11... et cela semble si naturel au public que\nlorsque le délicieux Dranem emet, exprès, des notes fausses, il a un succès de fou rire.\nQui donc pense à rire, dans nos grands concerts ou théâtres, lorsqu'une \" étoile \" chante\nfaux ? On s occupe de savoir si la voix est u bien posée \", on en admire la puissance, on loue\nla qualité de la \" Méthode \", et l'on parle des gros cachets de l'artiste —• si j'ose dire. La\nfausseté ? on ne l'entend même pas.\n* *\nDans un promenoir, je ne sais où, des tziganes. L'un d'eux accorde son Zimbalon,\nfurieusement. La chaleur fausse les instruments, dit quelqu'un \" ** Comment cela peut-il\narriver ? demande une petite oie, blanche et ambrée. —u La chaleur dilate les cordes elle\nfait baisser. u A quoi reconnait-on qu'une note est fausse ? \" interroge une cantatrice très\nconnue. \" Ça s'entend bien \" dit une autre cantatrice, célèbre par son tempérament de flamme\n- (comme chacun sait, le tempérament commence là où commence Y intempérance) \" mais\n\" je n ai jamais compris pourquoi mon piano est juste quand je joue et faux quand je chante !\"\nu Encore la dilatation des corps par la chaleur \" répond un jeune homme grave u votre\nvoix, Madame, est si puissamment chaude... c'est comme les jours, plus longs en été qu'en\nhiver, parcequ'ils sont plus chauds... il y a encore d'autres exemples que vous n'ignorez pas. \"\n- \" Vous etes musicien, Monsieur ? \" u Madame, pour qui me prenez vous ? Je suis\ncritique musical ! \" Ah tant mieux...! \"\nEt le dialogue continue.\n*\n* *\nJe retournerai au Cafè-Concert.\n\nJean Huré."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c072", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c072", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 84, "image_fin": 87, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.11", "titre_corps": "Comment se grave et s'imprime un morceau de musique", "titre_sommaire": "Comment se grave et s'imprime un morceau de musique", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.84", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 51, "texte": "Comment se grave et s'imprime\nun morceau de musique"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.84", "debut_caractere": 95, "fin_caractere_exclue": 1185, "texte": "OMBIEN de musiciens, parmi les plus féconds peut-être, ignorent comment\nleurs manuscrits se transforment en musique gravée, tirée, prête à tenter le\nlecteur ? Il nous a paru intéressant de documenter sur ce point nos lecteurs,\nqui, s'ils ne sont pas tous musiciens professionnels, s'intéressent cependant à\ntout ce qui touche à l'art, fut-ce même à ce qu'il a de plus matériel. Nous ne pouvions\nmieux nous renseigner qu'en allant faire une visite à l'usine qui vient de s'installer à\nNanterre près Paris, et dans laquelle MM. Rœder ont réuni tous les derniers perfection-\nnements de la gravure de musique. C'est une vieille maison que celle des Rœder, qui a\ncommencé dans un petit atelier en 1846, et qui possède maintenant un établissement à\nLeipzig, un à Paris et un à Londres, fournissant, à elle seule la majeure partie de la\nmusique gravée en Europe. €]J Conduit par le très aimable M. FOUGERAY, que tous\nles éditeurs de Paris connaissent bien, nous avons suivi toutes les opérations que subit\nl'œuvre de l'artiste depuis le moment où elle est remise jusqu'à celui où elle est achevée."}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.85", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1800, "texte": "Le manuscrit, aussitôt reçu et enre-\ngistré sur les livres de la maison, est remis\naux distributeurs qui le disposent pour la\ngravure en marquant minutieusement les\npages, les portées, le nombre de mesures\net en cherchant les meilleurs endroits\npour tourner la feuille ; puis il passe\nentre les mains d'un des contremaîtres\ndes salles de gravure qui le donne au\ngraveur chargé du travail, en même temps\nque les planches nécessaires. Les planches\nmétalliques qui servent à la gravure sont\nfabriquées dans l'établissement même au\nmoyen de chaudières à fusion et de\nraboteuses. Le métal ainsi plané s'élève a environ 65000 kilogr. par an. €J Le graveur,\naprès avoir préparé les planches, mesure\nles portées, trace les lignes de celles-ci\navec un tire-ligne et dessine, à l'aide d'un\npoinçon, le texte et les notes d'après le\nmanuscrit; ceci fait, il frappe les notes,\nles accidents, les accolades, les clés et le\ntexte ; puis, comme le métal s'est soulevé\nautour des points frappés, il l'aplanit\navec un marteau poli et une enclume ;\nles queues ainsi que les autres signes se\nfont ensuite à la main à l'aide d'un burm\net les rognures qui se forment pendant\nce travail sont enlevées avec un grattoir\ntriangulaire. Ces opérations terminées,\nla plaque est prête pour l'impression.\n€][ Les 250 graveurs de l'établissement peuvent ainsi produire plus de 100.000 planches\npar an. €J Un matériel de choix et très\ncomplet facilite le travail des graveurs et\nleur permet d'exécuter les travaux les plus\nartistiques. €J Aussitôt gravée, la plaque\nest portée à la presse en taille-douce qui\ndonne les premières épreuves. Chaque\npresse est servie par deux hommes, l'un\nencre la plaque, l'autre tire 1 épreuve en\nfaisant passer la plaque sous le cylindre.\n€J Ces petites presses à bras ne sont"}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.86", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 1833, "texte": "plus employées que pour l'impression des\néditions tirées à un nombre très restreint\nd'exemplaires ou pour les éditions de\nluxe. €J La première épreuve est remise\nau correcteur qui la lit en la comparant\nsoigneusement avec le manuscrit, et in-\ndique les fautes en marge de la page.\n€J Le graveur, à son tour, les corrige\ndans la planche ; ceci fait, le correc-\nteur doit recevoir une nouvelle épreuve\npour une seconde revision, et ensuite\nles épreuves à corriger sont adres-\nsées aux éditeurs ou aux compositeurs.\nCl L'établissement occupe 5 correcteurs\nqui sont harmonistes et peuvent corriger eux-mêmes les fautes d'harmonie ou autres qui\nJ\nsubsisteraient sur les manuscrits par suite\nd erreurs de copie. Toutes les corrections\nayant été faites sur les planches gravées, on\npeut procéder au tirage. €jj Toul d'abord\non tire de chaque planche une épreuve à\nreport sur papier de chine, on étend cette\népreuve sur une pierre lithographique, dite\nde Solenhofen du lieu de sa provenance,\nplacée sous une presse à bras, puis on dé-\ncalque l'épreuve à l'aide d'une forte pres-\nsion ; cette opération donne ce qu'on appelle\nle report sur pierre. Ce report effectué, la\npierre doit ensuite être nettoyée à l'acide et\npréparée de façon à faire ressortir les notes\nen relief sur sa surface plane ; ce dernier\ntravail achevé, la pierre est prête pour l'impression. Cf Dès que la pierre a été ainsi préparée,\non la porte a la presse mécanique sur le\nchariot de laquelle elle est assujetie par\nle chef-machiniste (conducteur) qui règle\nle calage, la mise en train, et surveille\nensuite le tirage. Les feuilles de papier,\ndestinées à recevoir l'impression, sont\nposées par la margeuse sur le cylindre\ndont les griffes les saisissent ; un premier\nmouvement de rotation du cylindre leur\nfait subir une pression sur la pierre et"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.87", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1932, "texte": "elles reçoivent l'impression puis, par un second mouvement, elles passent sur des rouleaux\nqui les amènent sur une table où elles sont aussitôt rangées soit automatiquement soit par\nune receveuse ; le tirage est alors terminé. CJ Une presse mécanique peut ainsi imprimer\nchaque jour de 3 à 5000 feuilles. CJ Aussitôt l'impression effectuée, la pierre qui a servi\nà faire le tirage, est portée aux machines à grainer afin d'y subir la préparation nécessaire\npour recevoir de nouveaux reports. Il existe un autre mode de tirage, où le zinc étant\nsubstitué à la pierre, le report se fait sur une feuille de zinc, que l'on fixe ensuite sur le\ncylindre de la machine rotative, Celle-ci peut produire des tirages de beaucoup supérieurs\nà ceux des presses litho ordinaires. €J Après les tirages, les planches gravées sont conservées\ndans les salles des sous-sols ; ces salles offrent la plus grande sécurité contre tout danger\nd'incendie ou d'autres accidents. CJ D'autres salles du vaste sous-sol contiennent les pierres\nlithographiques, soigneusement classées dans des casiers, ainsi que le magasin à papier qui\ncontient un stock concidérable de papiers de toutes qualités. CJ Les titres sont soit gravés\nsur étain ou sur pierre, soit dessinés au crayon ou à la plume sur pierre ou bien encore\nsur zinc ; les dessinateurs de la maison produisent environ 4000 titres chaque année. CJ Le\ntirage des titres se fait au moyen de presses lithographiques spéciales. La maison possède\négalement une imprimerie typographique pour la production de musique en caractères\ntypographiques ainsi que des travaux de tout genre, catalogues, journaux etc. CJ Un atelier\nde clichene est adjoint à l'imprimerie et les clichés qui peuvent être conservés en vue des\nréimpressions ultérieures, économisent dans ce cas les frais d'une nouvelle composition du texte.\nDe plus un atelier de galvanoplastie permet de faire des clichés-galvanos des titres, dos, etc."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c074", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c074", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 84, "image_fin": 84, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.11.2", "titre_corps": "VUE GÉNERALE DE L'USINE RŒDER A NANTERRE", "titre_sommaire": "VUE GÉNERALE DE L'USINE RŒDER A NANTERRE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.84", "debut_caractere": 53, "fin_caractere_exclue": 93, "texte": "VUE GÉNERALE DE L'USINE RŒDER A NANTERRE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c077", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c077", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 85, "image_fin": 85, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; 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[n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.12", "titre_corps": "Cours et Conférences", "titre_sommaire": "Cours et Conférences", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.88", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2587, "texte": "Cours et Conférences\nCOURS DE PHYSIOLOGIE DE LA VOIX PARLÉE ET CHANTÉE A\nLA FACULTÉ DES SCIENCES A PARIS. M. Marage, Docteur en Médecine et\nDocteur ès-Sciences, chargé de cours.\nFondation de la Section de Paris de la Société\nCe cours a pour but d'enseigner aux Médecins, aux Professeurs de chant et de diction et\naux Professeurs de lettres, les principes biologiques sur lesquels repose la voix parlée et chantée.\nLe cours a lieu pendant le semestre d'hiver, le Samedi soir à 5 heures 1/2, dans l'amphi-\nthéâtre de Chimie à la Sorbonne ; il est public et gratuit.\nM. Marage suit la destinée d'une onde sonore dans son trajet depuis le larynx de\nl'orateur jusqu'à l'oreille de l'auditeur.\nIl étudie donc successivement :\nI. a) Les poumons en tant que soufflerie,\nb) Leur fonctionnement,\nc) La détermination des qualités d'un acte respiratoire,\nd) Les moyens employés pour obtenir une bonne respiration.\n11. Dans l'anatomie du larynx, les données indispensables sont seules indiquées pour\nque les élèves puissent comprendre le fonctionnement de l'organe.\nLes résonnateurs supra-laryngiens, pharynx, nez, bouche, sont étudiés d'une façon\nanalogue.\n111. M. Marage, dans les cours suivants étudie en détail les bases scientifiques de\nl'enseignement du chant et de la diction et il expose complètement la théorie de la formation\ndes voyelles et des consonnes.\nChaque cours est accompagné d'une trentaine de projections et de nombreuses expé-\nriences, de manière que tout auditeur, sans connaissances spéciales, puisse suivre cet enseigne-\nment.\nIV. Avant l'arrivée à l'oreille de l'auditeur, l'onde sonore traverse une salle ; on\nindique le moyen de connaître les qualités acoustiques des salles et le professeur démontré\nqu'on peut déterminer scientifiquement si une salle est bonne au point de vue acoustique et de\nplus qu'il est possible de prévoir sur plans si une salle sera bonne ou mauvaise.\nV. L'oreille de l'auditeur est-elle juste ou fausse, musicale ou non, c'est le programme\ndes séances suivantes.\nVI. Enfin les qualités d'une voix parlée ou chantée sont étudiées, non par l'oreille,\nmais au moyen d'instruments précis tels que le phonographe, le cinématographe et la\nphotographie. r\nOn se souvient que M. Marage a fait construire il y a quelques années un appareil qui\npermet de photographier immédiatement les vibrations de la parole ; 1 epreuve sort de 1 instru-\nment développée et fixée et l'on peut faire voir a 1 eleve les qualités et les défauts de sa voix.\nIl y a donc là une méthode scientifique qui permet aux médecins et aux professeurs de\ncontrôler l'état d'un larynx."}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.89", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 803, "texte": "Des travaux pratiques particuliers pour lesquels il faut une incription spéciale prise au\nLaboratoire de Physiologie de la Sorbonne, ont lieu le Dimanche à 4 heures. Ce jour a été\nchoisi pour que les professeurs et les médecins qui ne sont pas libres dans la semaine puissent\ny assister.\nLes élèves refont eux-mêmes les principales expériences indiquées dans le cours : déter-\nmination des qualités d'un acte respiratoire, examen du larynx d'un chanteur et d'un orateur,\ndétermination de la tessiture d'une voix, moulages de la cavité buccale, photographie de la\nvoix, inscription au phonographe, mesure de l'acuité auditive, etc...\nTel est le plan de cet enseignement; nous devons ajouter que ce cours a fait ses preuves,\ncar depuis huit ans il est suivi par plus de trois cents auditeurs."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c085", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c085", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 90, "image_fin": 91, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.13", "titre_corps": "Çà et Là", "titre_sommaire": "Çà et Là", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.90", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3307, "texte": "Çà et Là\nM. d Estournelles de Constant qui relate dans le u Temps \" ses Impressions d'Amérique,\nnous rapporte un bel exemple d'intrépidité musicale :\n\" Nous étions au milieu de notre banquet, à l'heure du sorbet ; l'orchestre, dans un coin\nde la salle, accompagnait la fête ; un chanteur venait de faire applaudir la Marseillaise de\nSchumann, puis un morceau spécialement écrit pour la circonstance : le Prince de la paix,\nquand tout a coup un solo se détache, si retentissant, si mélodieux, si impeccable que les\nconversations cessent. C'était un solo de cornet à pistons !... J'écoutai et je regardai. Qui\ndonc jouait ainsi, quel rossignol égrenait pour nous ses trilles, ses roulades, exhalait sa plainte,\noffrait son hymne, son poème ? Ce rossignol du Cornet à pistons était une femme, une gra-\ncieuse jeune fille blonde. Sans hésiter, le morceau fini, je me levai et j'allai serrer, avec toute\nma chaleur française, les deux mains de cette jeune artiste. Je ne sais pas si elle a compris ; je\n1 ai felicitee de son talent mais plus encore de son courage. Toute la salle électrisée renchérit\net fit répéter le solo. Ce fut mieux encore : je n'avais jamais vu une femme jouer du cornet à\npistons ; elle se donne, elle respire la satisfaction, l'expansion, la plénitude de la confiance. Je\nme disais en la contemplant : a C'est la femme la plus heureuse des Etats-Unis ! \" Et vraiment\nil en devait être ainsi, car il faut qu'une jeune fille soit supérieurement brave et bonne pour se\ndécider à gagner sa vie avec cette vaillance.\nAux enfants gâtées, à nos innombrables névrosées je suggère sans malice, au contraire,\nune cure de cornet à pistons. \"\n* *\nA l'lnstitut M. Théodore Reinach annonce que M. Walker, érudit anglais, a fait\nl'acquisition d'un manuscrit des Nuées d'Aristophane, renfermant deux lignes de musique\nnotées sur le début de la Parodos.\nM. Reinach, tout en admettant qu'il s'agit bien de notes musicales, n'accepte pas l'expli-\ncation qu'en donne Walker, et montre que ces notes ne correspondent à aucun des deux\nsystèmes de la notation antique. On est en présence d'un mode de notation alphabétique\nemprunté à un théoricien de l'Europe occidentale de la fin du moyen âge. Le scribe byzantin\nqui, vers l'an 1500, a tracé ces caractères, est bien l'auteur de la mélodie. C'est non pas un\ndernier écho de la mélopée hellénique, mais le premier balbutiement de la mélopée néo-grecque.\n* *\nDans le Correspondant M. Fernand Caussy publie des Lettres inédites de Voltaire, parmi\nlesquelles nous trouvons un document intéressant notre musique du XVIIIe siècle. C'est une\nlettre adressée à Rameau et en décembre 1732, et qui traite du livret de Samson :\n\"Je vous ai déjà dû convaincre, mon cher Rameau, que je n'ai travaillé au poème de\nSamson que pour votre réputation et votre avantage. Je n'attends assurément aucune gloire de\nmon travail ; je n'ai craint que le désagrément d'un mauvais succès. Votre musique est admi-\nrable, mais cela même vous fera des ennemis et des ennemis cruels. Je devrais en avoir moins\nque vous si on en a à proportion des talents ; cependant les miens ont poussé la calomnie\njusqu'à dire qu'il y a des impiétés dans Samson. J'aurai de plus à essuyer les préjugés du public.\nOn s'accommodera peut-être mal d'une héroïne d'opéra qui n'est point amoureuse : cependant"}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.91", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3079, "texte": "que mes calomniateurs disent que mon ouvrage est impie, le parterre le trouvera peut-être trop\nsage et trop sévère, il se rebutera de voir l'amour traité seulement de séduction sur un théâtre\noù il est toujours consacré comme une vertu. Mon poème de Samson est plutôt une faible\nesquisse d'une tragédie dans le goût des anciens avec des chœurs qu'un opéra avec des fetes.\nJe n'ai point du tout, à ce que je crois, le talent des vers lyriques. C'est une harmonie parti-\nculière que j'ai peur de n'avoir point saisie. Je suis surtout incapable de faire un prologue\npassable, et j'aurais plutôt fait un chant d'un poème épique que je n'aurais rempli des canevas.\nCe sont là, monsieur, les raisons qui me faisaient reculer, mais vos lettres réitérées me pressent\navec tant d'instance, et vous êtes tellement persuadé qu'il y va de votre intérêt de donner\nvotre opéra cet hiver qu'il faut bien que je vous sacrifie toutes mes répugnances.\nJe voudrais pouvoir vous abandonner toute la rétribution de cet opéra, et je vous croirais\nencore bien mal payé, mais ayant destiné la moitié de ce qui devait m'en revenir a un homme\nde lettres qui est dans le besoin, je vous prie de partager avec lui. D'ailleurs, vous êtes l'unique\nmaître de tout. Faites représenter votre opéra dès que vous le pourrez. Obtenez la permission\nde M. le prince de Carignan. Il vous la doit, puisqu'il vous protège et qu'il connaît le mérité,\net c'est à vous à nous donner sous ses auspices des opéras que l'ltalie puisse nous envier.\nM. Berger, qui est auprès de lui, se fera, je crois, un mérite de vous être utile. Je le trouve\nheureux de pouvoir favoriser des talents comme les vôtres, et moi bien malheureux de les\nservir si mal. Je puis au moins, en vous donnant un poème si médiocre, vous donner un bon\nconseil, c'est de ne montrer ni mes vers, ni votre musique à personne, de peur des critiques et\ndes louanges outrées. Conservez l'ouvrage pour le public dans toute sa nouveauté. S il réussit,\nla gloire en sera à vous ; s'il tombe, ce sera à moi que je m'en prendrai.\n*\n* %\nFrançois Coppée, dans une correspondance d'Allemagne datée de 1873 qui paraît dans\nla Revue de Paris, touche quelque peu à la musique. Il écrit \" La conclusion de tout ceci,\nc'est que la patrie de Holbein et d'Albert Durer n'a pas un peintre ; celle de Gœthe et de\nHeine, pas un poète ; celle de Beethoven, de Mozart et de Gluck, le seul Wagner, qui\nm'a l'air, lui aussi, d'un grand talent tué par l'esprit de pédantisme et parti-pris . Ailleurs\nencore, Coppée part en guerre contre l'érudition allemande a refuge des impuissants. L Alle-\nmagne est inondée de ce genre de livres, et tu ne t'imaginerais pas le degré ou va cette rage.\nJ'ai vu le commencement d'un ouvrage sur la musique avant Bach : cinq énormes volumes\nont déjà paru, et l'auteur n'en est encore qu'au Ve siècle ; or, le contrepoint, origine de la\nscience musicale, a été établi au XVe siècle seulement, par Monteverde . Il est probable que\nl'auteur de la Grève des Forgerons, a visé l'Histoire d'Ambros. L esprit français ne perd jamais\nses droits !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c086", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c086", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 91, "image_fin": 93, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.14", "titre_corps": "Informations", "titre_sommaire": "Informations", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.91", "debut_caractere": 3081, "fin_caractere_exclue": 3516, "texte": "Informations\nCENTENAIRE DE LISZT. A Budapest. Voici le programme des fêtes qui\nauront lieu à l'occasion du centième anniversaire de la naissance de Liszt tel qu'il vient d etre\ndéfinitivement arrêté :\n21 octobre : Messe solennelle, qui sera célébrée en la cathédrale de Budapest et ou sera\nchantée la grande Messe du Couronnement de Liszt, avec le concours du violoniste Hubay. Le\nsoir, à l'Opéra-Royal, la Légende de sainte Elisabeth."}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.92", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2757, "texte": "22 et 23 octobre : Concerts à l'Académie de musique, auxquels participeront, entre\nautres artistes célèbres : Mmes Lula Mysz-Gmeiner et Tilly Kœnen, MM. Eugène d'Albert\nArthur Friedheim, Frédéric Lamond, Moritz Rosenthal, Emile Sauer et Bernard Staven-\nhagen.\n24 octobre : Concert philharmonique sous la direction de M. Siegfried Wagner et avec\nle concours de Mme Sophie Menter et de M. Charles Burrian.\n25 octobre : Représentation, à l'Opéra-Royal, de l'oratorio Christus.\nAHeidelberg. Le 22 octobre, Christus ; le 23, Symphonie de la\nSymphonie. Le 24 : Grande Sonate de piano, par M. Risler, et Lieder. Le même jour,\nCe qu'on entend sur les Montagnes,et la paraphrase sur le Dies irae, par Busoni ;Le sous\nla direction de Richard Strauss. Le 25 : Psaume 129, Lieder ; transcription de la Danse\nMacabre, Au Bord d'une Source et Marche de par M. Camille Saint-Saëns. Le\nsoir, les Cloches de Strasbourg, Elegiepour violon et piano, Offertoire de la\nment, Hymne de l'Enfant à son Réveil, Gaudeamus Igitur.\n%\n* *\nA l'occasion des fêtes du centenaire de Liszt, la maison Ernest Eulenbourg de Leipzig\nvient de publier la partition d'orcheste des douze poëmes symphoniques du maître en trois\nvolumes format de poche. Dans la même collection paraissent également les 12 quatuors à\ncordes de Dvorak ainsi que la nouvelle Lusts piel-Oude Max Reger.\n* *\nMlle Marguerite Babaian a repris ses Cours de Chant à la Maison Blondel, 28, rue de\nClichy, les lundis, jeudis et vendredis. Ces Cours ont lieu sous le patronage d'un Comité,\nprésidé par MM. Debussy, Fauré et d'lndy, et par M. Jean Perier de l'Opéra-Comique.\n* *\nLe cours Sauvrezis,école d'art élémentaire et supérieure, 82 rue de Passy, a fait sa rentrée\nle 4 octobre.\nProfesseurs: Mme 3 A. Sauvrezis, Fleury-Roy, Mellot-Joubet, Hardy-Verneuil, Bernardel-\nNérandan, Jumel, Rey, Detraux, MM. de Villers, Borrel, Raymond Marthe, Jean d'Udine. etc.\nLe cours d'histoire de la musique sera fait par M. Henry Expert, à partir de Novembre ;\nle programme en sera publié ultérieurement.\nL'Ecole française de gymnastique rythmique a rouvert ses portes sous la direction de\nM. Jean d'Udine. Nous sommes heureux de la voir commencer sa troisième année d'existence.\nA côté de la gymnastique rythmique, M. d'Udine inaugura un cours de\ndécorative. ,d'après sa propre méthode. On peut s'adresser pour tous renseignements à la Salle\nde cours, 11 Avenue des Ternes où M. d'Udine reçoit le Mardi de 3 h. à 5 h. et le\nVendredi matin de 9h.à 11 h.\n*\n* *\nM. Joaquin Turina a repris ses cours et leçons particulières de piano et de composition,\n17, rue Greuze.\n*\n* *\nTHEATRE DES ARTS. Voici le programme de la saison 1911-1912 : la Dame\nà la faulxy 5 actes, de M. Saint-Pol-Roux, décors et costumes de M. Maxime Dethomas ;"}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.93", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1636, "texte": "Pygmalion, i acte, ballet de Rameau, reconstitué par M. Claude Debussy, décors et costumes\nde M. Pierre Laprade ; le Couronnement de Poppée,4 tableaux, de Monteverdi, reconstitué par\nM. Vincent d'lndy, décors et costumes de M. Charles Guérin ; 4 actes, de M. Henri\nGhéon, décors et costumes de M. Francis Jourdain ; 3 actes, de Carlo Goldoni,\ndécors et costumes de M. Drésa ; Jeannine,3 actes, de M. Pierre Grasset, décors et costumes\nde M. René X. Prinet ; les Vierges d'lspahan,3 actes, de M. Charles Muller, décors et cos-\ntumes de M. René Piot ; Vaincre!5 actes, de Georges Duhamel, décors et costumes de\nM. Henri Doucet ; la Nursery, 1 acte, ballet de M. Inghelbrecht, décors et costumes de M. G.\nDelaw ; la Vie ect un congé,3 actes, de Calderon, décors et costumes de M. J.-M. Sert ;\nNef latine, 4 actes, de M. Gabriele d'Annunzio, décors et costumes de M. Albert André ;\nFrançois d'Assise, 3 actes, de M. André Suarès, décors et costumes de M. Maurice Denis ;\nAnathéma, 3 actes et un prologue, de M. Léonide Andreieff, décors et costumes de M. Georges\nDesvallières 5 le Démon de Vargile,3 actes, de M. Wedeking, décors et costumes de\nM. Baignères ; Un Ballet indien,décors et costumes de M. Albert Besnard ; de\nM. Léon Frapié, décors et costumes de M. Poulbot.\n%\n* *\nM. Daniel Herrmann, Directeur-Adjoint et violon solo de la Société J. S. Bach, vient\nd'être nommé professeur au Conservatoire de Lausanne, pour y faire des cours supérieurs de\nviolon, quatuor et d'accompagnement. Ces cours ayant lieu tous les quinze jours, ne l'empê-\ncheront pas de continuer à Paris ses fonctions de soliste et de professeur.\n* *\n*"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c087", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c087", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 93, "image_fin": 93, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.15", "titre_corps": "Au moment de mettre sous presse nous apprenons la mort du vénéré président", "titre_sommaire": "Au moment de mettre sous presse nous apprenons la mort du vénéré président", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.93", "debut_caractere": 1638, "fin_caractere_exclue": 1896, "texte": "Au moment de mettre sous presse nous apprenons la mort du vénéré président\nde notre Section de Paris, Charles Malherbe, bibliothécaire de l'Opéra. 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Ruelle . . Le Bréviaire et la Musique Liturgique ... 8\nCh. Quef . Lettre à la rédaction 17\nMarc Pincherle . ... La technique du violon chez les premiers\nsonatistes ........ 19\nLes Livres |f. .... 36\nP. M, Masson Hildebrando . 41\nLE MOIS\nB. Vuillermoz ..... Théâtres et Concerts 49\nM. de Rudder Bayreuth J. ... 54\nJ. Rouet ....... Extrême Orient .......... 58\nV.P Védition . . .j\". .t . . . . . 60\nVARIÉTÉS\n.\nJ. Huré ..... . . L'Art au Café-Concert .63\nP. D . . . Comment s'imprime un morceau de Musique. 65\nM. Marage ...... 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Gabriel FAURÈ, Directeur du Conservatoire.\nM. Henry MARCEL, ancien Directeur\nde la Bibliothèque\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nPRESIDENT\nM. LE COMTE GASTON CHANDON DE\nBRIAILLES.\nVICE-PRESIDENTS\nM. LE PRINCE A. D'ARENBERG,\nM. LOUIS BARTHOU,\ndes sceaux.\nM. GUSTAVE BERLY,\nM. ADOLPHE BRISSON,\nTRÉSORIER\nM. LÉO SACHS.\nSECRETAIRE DU CONSEIL\nM. J. PASQUIER.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL : M. J. ECORCHEVILLE, docteur\nMEMBRES DU CONSEIL\nM®8 ALEXANDRE ANDRÉ.\nMME LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, di\nraire au ministère des finances.\nM. LÉON BOURGEOIS,\nministre.\nM. GUSTAVE BRET.\nM. GUSTAVE CAHEN.\nMŒE MICHEL EPHRUSSI.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE.\nM*' DANIEL HERMANN.\nMME HENRY HOTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nMME LA COMTESSE PAUL DE POURTALÈS.\nM. F. PRÈGRE.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND.\nM. ALEXIS ROSTAND,\nd'Administration du Comptoir National\nd'Escompte de Paris.\nM. 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A\nToute la Musique Etrangère\nET MEME DES\nPartitions d'Orchestre ?\nADRESSEZ-VOUS A\nM. MA X ESCHIG\n13, RUE LAFFITTE, 13, PARIS\nTÉLÉPHONE 108-I4\nqui vous enverra immédiatement toutes les conditions\nSERVICE POUR PARIS ET LA PROVINCE\n—••••1 s 1 • • • •\nÉDITION POPULAIRE SIMROCK\nLES CHEFS-D'ŒUVRE DE BRAHMS, BRUCH,\nDVORAK, SCHUTT, ETC.\nPOUR LA MOITIÉ DE LEURS PRIX ANCIENS !\nDEMANDEZ LE CATALOGUE SPÉCIAL"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c091", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c091", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 4, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.19", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.4", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 22, "texte": "ŒUVRES DE\nEMANUEL MOOR"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c092", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c092", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 4, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.20", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.4", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 876, "texte": "PIANO A DEUX MAINS\nImpressions pour piano, op. 86.\nEn recueil\nSéparément N°\n1\n2\n3\n4\n5\n6\nç.oo\nI-75\n1.50\n1.50\n1.50\n1-75\ni-75\n2.00\n6.00\n4.00\n3.50\n8.00\n5.00\n24.00\n(Op. 102) Prélude\n(Op. 103) Deuxième sonate ....\n(Op. 99) Trois pièces pour Harpe\nchromatique ou Piano ....\n(Op. 106) 2me Suite 5-°°\nVIOLON ET PIANO\n(Op. 101) Largo (piano ou orgue) .\nVIOLON ET PIANO\nSonate (op, 54)\nRhapsodie (op. 84) (réduction de\nl'orchestre pour piano).\nVIOLON ET ORCHESTRE\n(Op. 84) Rhapsodie (partition et maté-\nriel)\nVIOLON SEUL\n(Op. 100) Quatre préludes .... 3.00\nVIOLON ET VIOLONCELLE\n(Op. 109) Suite 4.00\nVIOLONCELLE ET PIANO\n(Op. 105) Largo 2.00\nVIOLONCELLE ET PIANO\nSonate (op. 76) 7-°°\nDEUX VIOLONCELLES SEULS\n(Op. 110) Suite . 4-°°\nDEUX PIANOS A DEUX MAINS\nConcerto (op. 85) (réduction de l'or-\nchestre) 12.00\nConcertstiick (op. 88) (réduction de\nl'orchestre)\n8.00"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c093", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c093", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 4, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.21", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.4", "debut_caractere": 878, "fin_caractere_exclue": 1986, "texte": "MUSIQUE VOCALE\n(Op. 88). Premier recueil, n° i à 7.\nLe recueil complet 6.00\nSéparément :\nN° 1. Bonjour mon cœur (RONSARD) 2.00\n„ 2. Mignonne, allons voir (RON-\nSARD) 1-5°\n„ 3. Sonnet pour Marie (RONSARD) 1.5°\n„ 4. Terre, ouvre-moi (RONSARD) . 1.50\n„ 5. A vous, troupe légère (J. DU\nBELLAY) 1.75\n„6. Chanson (RONSARD). . . . 1.50\n„ 7, Quand je te vois (RONSARD) . 1.5°\n(Op. 91) Deuxième recueil n° 1 à\n6, le recueil complet.... 6.00\nSéparément :\nN° 1. Tristesse (A. DE MUSSET) . . 1.75\n„ 2. Extase (V. HUGO) .... 1.50\n„3. La Nuit (E. BUSSY) .... 1.50\n„ 4. Menuet (F. GREGH). . . . 1.50\n„ 5. Fuite de Centaure (J. DE HE-\nREDIA) 1.75\n„ 6. Chanson (Th. GAUTIER) . . 2.50\n(Op. 104). La Jeune Tarentine . . . 3.00\n(Op. 94). Lieder (Texte français et\nallemand). Traduction fran-\nçaise de MME CHEVILLARD . .\nI. Berceuse 1,25\n11. Gretchen 1.75\n111. Un astre tombe . . 1.50\nIV. Chacun, voyant ma\npeine 1.50\nV. Adieu 1.50\n(Op. m) N° 1. Les Trois fils d'or\n(LECONTE DE LISLE). . . , 1.75\n(Op. 112) N° 2. Plaintive Tourte-\nrelle (TH. GAUTIER) . . . 1.75\n(Op. 111) Troisième recueil, n° 1\nà 7. Le recueil complet. . . 6.00"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c094", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c094", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 4, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.22", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.4", "debut_caractere": 1988, "fin_caractere_exclue": 2057, "texte": "A.Z. 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Elle compte également des collaborateurs dans\ntous les pays et publie des articles d'un intérêt général qui lui donnent un caractère\ninternational.\nLa REVUE DE HONGRIE est une tribune ouverte à tous, elle restera indépen-\ndante de toute influence de parti.\nLa REVUE DE HONGRIE est l'organe de la Société Littéraire Française de\nBudapest.\nPRIX DE L'ABONNEMENT\nHongrie et Autriche. Un an, 25 cour. Six mois, 15 cour.\nEtranger (Union Postale) 30 francs 20 francs.\nPrix de la livraison : 2 cour. 50 c.\nUn numéro spécimen est envoyé franco sur demande."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c096", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c096", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 5, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.24", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.5", "debut_caractere": 1077, "fin_caractere_exclue": 1183, "texte": "LEÇONS de PIANO\nVIOLONS, SOLFÈGE HARMONIE\nPAR CORRESPONDANCE\nCOURS SINAT\nPARIS 1, rue Jean 'Bologne, PARIS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c097", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c097", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 5, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.25", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.5", "debut_caractere": 1185, "fin_caractere_exclue": 1325, "texte": "Application\nraisonnêe des\nmeilleurs procédés\npédagogiques\net techniques\nemployés par les\ngrands maîtres\ncontemporains\nfrançais\net étrangers."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c098", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c098", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 6, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.26", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.6", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 27, "texte": "ŒUVRES DE\nS. 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Petit orch. Partition 3.00\nMatériel 2,50\nParties supplémentaires. . 0.50\nNovelette. Petit orchestre. Partition . 3.50\nMatériel 5.00\nParties supplémentaires. . 0.50\nGRAND ORCHESTRE\nEtude en ut mineur. Partition . . . 3.50\nMatériel complet .... 5.00\nParties supplémentaires. . 0.50\nImpromptu Caprice. Partition . . . 3.50\nMatériel complet .... 5.00\nParties supplémentaires. . 0.50\nMarche Nuptiale. Partition .... 3.50\nMatériel complet .... 5.00\nParties supplémentaires, . 0.50\nNocturne. 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Un grand Sommeil\n2. Le Rideau de ma Voisine\n3. Salut à toi.\n4. D'une Prison\n5. La mort d'un Enfant\n6* L'heure exquise\n7. Les Présents\n8. Ces doux Yeux\n9. Aubade\n10. Ariel\n11. Page d'Album\n12. Chanson (O ma Charmante)\n13. A ma Bien-Aimée\n14. Toujours\n15. La première Larme\n16. Sirène\n17. Lettre à Ninon\n18. La mort d'un Enfant (avec vie\nobligé).\n19. La Première\n20. Le plus doux Chemin\n21. Chanson des Petits Souliers\n22. Chanson Lithuanienne\n23. Avec un Bouquet\n24. Crépuscule\n25. Crépuscule (avec alto obligé)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c101", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c101", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 6, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.29", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.6", "debut_caractere": 1639, "fin_caractere_exclue": 1709, "texte": "A.Z, MATHOT, Editions littéraires et musicales\n11, rue Bergère, PARIS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c102", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c102", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 7, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.30", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.7", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1837, "texte": "Chemins de Fer de l'Etat et de Brighton\nService\nde Jour\nDEPART\nde\nParis-St-Lazare\nà 10 h. 20\nmatin.\nire et 2e classes\nARRIVÉE\nLondres, Victoria\n(Brighton\nRailway)\na 7 h. du soir.\nDÉPART\nde\nLondres, Victoria\n(Brighton\nRailway)\na io h. du matin.\nire et 2e classes\nARRIVÉE\n\\\na\nParis-St.-Lazare\nà 6 h. 43\ndu soir.\nGEMINSDEURdeI\nÉTAT ET DE BR I GHTO N\nu\n\"V\n*\nrML\nM\n•••••\nM.\nMl\nm\n'Yv\\\nm\nA\ni\nw.\n*/'\nS\nI/ALABLES PEHOÀNT UN MOIS:\nService\nde Nuit\nDÉPART\nde\nParis-St.-Lazare\nà 9 h. 20 du soir.\nire, 2e et 3e classes\nARRIVÉE\nà\nLondres, Victoria\n(Brighton-Rail-\nway) et London-\nBridge\nà 7 h. 30 du matin\nDÉPART\nde\nLondres, Victoria\n(Brighton-Rail-\nway) et London-\nBridge à 8 h. 45\ndu soir\nire, 2e et 3e classes\nARRIVÉE\nà\nParis-St.-Lazare\nà 6 h, 30 du\nmatin.\nEXCURSIONS SUR LES COTES DU SUD DE L'ANGLETERRE, L'ILE DEWIGHT ET LONDRES\nVIA DIEPPE ET NEWHAVEN\nBillets circulaires délivrés toute l'année au départ de PARIS (St. Lazare), et DIEPPE, valables pendant 60 jours.\nler ITINERAIRE- Paris (Saint-Lazare), Rouen, Dieppe, Newhaven, Eastbourne, Bexhill, St.-Leonards, Hastings\nTunbridge Wells, Londres, Arundel, Portsmouth, Ryde (Ile de Wight), Portsmouth, Chichester, Bognor, Littlehampton\nBrighton, Newhaven, Dieppe, Rouen, Paris.\n2e ITINÉRAIRE. Paris (Saint-Lazare), Rouen, Dieppe, Newhaven, Eastbourne, Tunbridge Wells, Londres, Arundel,\nChichester, Bognor, Littlehampton, Brighton, Newhaven, Dieppe, Rouen, Paris.\n3e ITINERAIRE. Paris (Saint-Lazare), Rouen, Dieppe, Newhaven, Eastbourne, Tunbridge Wells, Londres, Brighton,\nNewhaven, Dieppe, Rouen, Paris.\nPrix des Billets au départ de\nPARIS (SAINT-LAZARE)\nROUEN (RIVE DROITE)\nDIEPPE\nler ITINERAIRE\nire Classe I 2e Classe\nFR. C.\n111 50\n94 45\n82 10\nFR. C.\n76 90\n66 60\n58 80\n2e ITINERAIRE\nire Classe I 2e Classe\nFR. c.\n104 -\n86 95\n74 60\nFR. 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TERQUEM\n19, RUE SCRIBE\n*\"\nTOUT MUSICIEN\n«\ndoit avoir une BIBLIOTHÈQUE TOUR-\nNANTE TERQUEM adaptée spécialement\npour la musique. Il n'est pas de CASIER A\nMUSIQUE plus élégant, plus pratique et meil-\nleur marché.\nTOUT MUSICIEN devrait grâce au\n\" Terqi \" relier sa musique lui-même sans perte\nde temps, et mieux qu'un relieur dont les\nvolumes NE S'OUVRENT PAS.\nI\nM\nlà\nilllli\nîmwk\n>u\nm\nÎJIIH'\nni\n:s®tipiiii mm\n«ilii\n!i\nmm\n■Si.-\n'MfS\nDemandez nos catalogues et n\nEM. TERQUEM\nTéléphone 303=59 19, I*Ue Sciflbe, PARIS Téléphone 303-59"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c104", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c104", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 9, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.32", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.9", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 404, "texte": "PADEREWBKI-PUGNO-BUSONI\nET TOUS LES GRANDS PIANISTES\nCHEZ-SOI\nAVEC LEUR TOUCHER, LEUR SENTIMENTALITÉ, LEUR\nJEU, LEUR CARACTÉRISTIQUE PAR LES\nMERVEILLEUX APPAREILS\nm/».\nm\nWELTE\nauditions tous\nles jours\n----- v---'\nchez :\nPas de pédales ni manettes\nE. MOULLE\ni, RUE BLANCHE, PARIS - TÉLÉPHONE 2 2 6-52\nAGENT GÉNÉRAL DES\nPIANOS STEINWAY\nRECONNUS PAR LES GRANDS MUSICIENS COMME LES\nMEILLEURS DU MONDE ENTIER."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c105", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c105", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 10, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.33", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.10", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 553, "texte": "ÉCLAIRAGE DES LOCAUX OBSCURS\ni r\nTéléphone\n309.93\nSOCIETE CONTINENTALE DU\nVERRE-SOLEIL\nDALLES\nVERRE-SOLEIL\nVERRE-SOLEIL\npour\nToitures, Marquises\nDALLES\nARMÉES\nVERRES BLEUS SPECIAUX\nANTICALORIFIQUES ET LUMINEUX POUR TOITURES\nCabinet de VÉCHO\nmm\n■\n> vS '■\n-\n■ - t? - *\n»tmm\n:\n>' -*\nM\nr\nm\nmm\nM\nïï-:\n■H\n'm\nmî\n-..\nMl\n' 7\" \".r\nm,\n■\nkïtviïmu\nrm\n-'fe;\ntïî;\nISï\nà*?*-*,.\n-3\n1\nSîvera\n; -r\nSi\n-\nm\n1\n. î ... « v\nFenêtre ouverte\nFenêtre fermée garnie\nde Verre Soleil\nSur demande : envoi de Catalogues et Expériences gratuites à domicile.\n7, Rue Louis=îe»Grand, PARIS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c106", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c106", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 11, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.34", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.11", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 265, "texte": "Éditions M. 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Roudanez €i Cie, Paris\nSiège Social : 20, RUE DU DRAGON Vente au détail : 9, RUE DE MÉDICIS.\nMUSIQUE CLASSIQUE à 25 centimes\nÉdition en grand format publiée sous la Direction artistique de VINCENT D INDY\nENVOI FRANCO DU CATALOGUE SUR DEMANDE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c107", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c107", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 11, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.35", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.11", "debut_caractere": 267, "fin_caractere_exclue": 302, "texte": "m.\nc\nO\nm\nVVW!\n€\nu\n-7X/\niath'ims\njs>"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c108", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c108", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 11, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.36", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.11", "debut_caractere": 304, "fin_caractere_exclue": 538, "texte": "TARIF\nHOMMES\n1 bain Turc complet . . . 5 fr. 50\nDAMES\n1 bain Turc complet to fr.\n(En Salles Privées)\n«Ô*\nSalles d'Hydrothérapie spéciales\nla douche fr. 75\nGRANDES RÉDUCTIONS\nsur abonnements\nde 10, 25 & 50 Cachets\n18, Rue des Mathurins"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c109", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c109", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 12, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.37", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.12", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1047, "texte": "Librairie Ch. DELAGRAVE, 15, rue Soufflot, Paris.\nGOU N O D\nPAR\nJ.-G. PROD'HOMME ET A. DANDELOT\nPRÉFACE DE CAMILLE SAINT-SAENS, DE L'INSTITUT\n2 vol. in-i 8, illustrés de 40 planches hors texte en photogravure,\nchaque volume broché 3 fr. 50\nChaque vol. relié 5 fr.\nParis va bientôt donner la 1500e représentation de Faust. On\npourrait supposer que Gounod est le plus connu de tous les musiciens\nfrançais. Il n'en est rien : jusqu'ici les historiens de la musique se sont\nà peine préoccupés de raconter sa vie artistique. La biographie très exacte\net très complète que MM. Prod'homme et Dandelot viennent de publier\ncomble enfin cette lacune. Le lecteur ne trouvera dans ces deux volumes\nrichement illustrés, que des faits dûment contrôlés, transcrits et coordonnés\navec une impartialité absolue.\nLes auteurs se sont interdit toute appréciation, toute critique person-\nnelle, se bornant à rapporter sur les oeuvres de les opinions\nsouvent contradictoires de leurs premiers auditeurs et juges.\nL'ouvrage complet renferme en outre un\nœuvres de Gounod."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c110", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c110", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 13, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.38", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.13", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 85, "texte": "ÉDITIONS LITTÉRAIRES ET MUSICALES\nA. 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Wagner,\nG. Fauré, J. Brahms, Debussy,\nR. Strauss, C. 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QUITTARD. —Le Trésor d'Orphée, par Antoine Francisque, tablature de\nluth, transcrite pour piano à deux mains; i volume in 40 de 100 pages . , . 5 fr.\nJ. ECORCHE VILLE. Actes d'Etat civil d'artistes musiciens insinués au\nChâtelet de Paris (1539-1650) ; 1 volume in-40 10 fr.\nr r\nA. GASTOUE. Catalogue des mss. de musique byzantine conserves dans\nles bibliothèques de France; 1 volume in-40 20 fr.\nP. AUBRY. Cent motets du XHIe siècle, tirés du ms. Ed. VI-4 de la '\nBibliothèque de Bamberg; 3 volumes in-40 • • • > 150 fr.\nP. AUBRY. Le Chansonnier français de VArsenal (XHIe siècle), 15 livrai-\nsons trimestrielles de 32 planches phototypiques avec la transcription des\nmélodies en notation moderne. Notices par M. A. Jeanroy, professeur à la\nFaculté des Lettres de Toulouse. La livraison 10 fr.\n(On ne souscrit qu'à l'ensemble de la publication.)\nM. BRENET. Les Musiciens de la Sainte-Chapelle du Palais. —-Un volume\nin-40 de 3°° pages 15 fr.\nJ. EOOROHEVILLE. Catalogue du fonds de Musique ancienne de la Biblio-\nthèque Nationale (jusqu'en 1750.) Huit volumes de 250 pages chacun,\ncontenant dix mille thèmes de musique, et de nombreux fac-similé. L'ouvrage\ncomplet 500 fr.\nSOUS PRESSE\nH. QUITTARD. L'Œuvre de clavecin de Chambonnières d'après l'édition de\n1670 et le manuscrit Vlll7 1852 de la Bibliothèque nationale. Un volume\nin-40 de 100 Pages de musique 5 fr.\nEN PREPARATION\nA. PIRRO. Les correspondants du Père Mersenne. Publication de la cor-\nrespondance musicale adressée à Mersenne et conservée à la Bibliothèque\nNationale. Vol. I {J.B. Boni) Un volume in-40 de 200 Pages ....\nL. DE LA LAURENCIE. Les Musiciens de la Maison du Roy aux XVIIe et\nXVIIIe siècles. (Inventaire musical de la Série O1 des Archives nationales)\nDeux volumes de 200 pages chacun.\nE. BLOOHET. Traité de Musique, composé par Sharaf ed-Din Haroun.\n(XIIIe siècle), d'après le manuscrit original de la Bibliothèque Nationale.\nTraduction et fac-similé du texte Arabe. Un volume in-40 de 100 Pages-\nH. DE CURZON. Correspondance des Directeurs de l'Opéra, conservée aux\nArchives Nationales. —Un volume in-40 de Is° pages.\nL. LALOY. K' în poù. Recueil d'Airs pour le k'în ou luth chinois, transcrits\nde la tablature.\nLE COMITÉ DE LA PUBLICATION :\nP. Aubry, M. Brenet, L. Dauriac, J. Ecorcheville, H, Expert, L. delà Laurencie,\nCh. Malherbe, E. Poirée, G. Prod'homme, R9 Rolland. J. 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DELAGRAVE 15, RUE SOUFFLOT, PARIS\nVient de\nLa Trompette\nUN DEMI\nDE\nMUSIQUE DE CHAMBRE\nPAR\nL. AUGE DE LASSUS\nUn volume in-8° raisin, broché 7 fr. 50\nNOTES \"BRÈVES\nPAR\nCAMILLE \"SE\nUn volume in-B°, broché 3 fr. 50\nRappel : Les Epoques\n2me édition\n2 volumes in-iB° brochés, chaque volume . . . . 3 fr. 50"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c115", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c115", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.43", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.16", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 288, "texte": "A. DUPONT-METZNER, ÉDITEUR, 7, RUE GAMBETTA, NANCY\n(PARIS, ROUART, LEROLLE & CIE)\nVient de\nJ. GUY ROPARTZ\nLE PAYS\nDrame en musique en 3 actes\nPoème de CH. LE GOFFIC\nŒUVRES DE L.-A. BOURGAULT-DUCOUDRAY, P. BRETAGNE,\nF. LAMY, Louis THIRION, J. 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HANSEN\nEn dépôt chez ROUART, LEROLLE 6 Cie\nJOHAN SVENDSEN\nCÉLÈBRES COMPOSITIONS\nPIANO A DEUX MAINS\nOp. 12. Fête polonaise. Edition de\nconcert par E. Neupert . . . 2.70\nEdition de salon par R. Lange. Rhap-\nsodies norwégiennes .... 3.50\nOp. 17. Rhapsodie N° 1 2.00\nOp. 19. Rhapsodie N° 2 2.70\nOp. 21. Rhapsodie N° 3 2.70\nOp. 22. Rhapsodie N° 4 2.70\nOp. 26. Romance pour violon (Alnaes) 1.70\nAndante funèbre (Henriques) . . . 1.35\nHiver et Printemps. Airs de ballet :\nHiver 1.70\nPrintemps 2.35\nTil Saeters (Zur Senne), valse . . . 2.35\nPIANO A QUATRE MAINS\nOp. 11. Zorahayda. Légende trans-\ncrite par ALNAES 3.35\nOp. 12. Fête polonaise 3.35\nRhapsodies norwégiennes :\nN° 1. Op. 17 3.00\nN° 2. Op. 19 4.00\nN° 3. Op. 21 4.00\nN° 4. Op. 22\n4.00\nOp. 26. Romance pour violon (Jacques\nDurand) 2.00\nAndante funèbre, arr. par R. LANGE, 1.35\nVIOLON ET PIANO\nOp. 26. Romance sol majeur . . . 2.50\nAndante funèbre (Henriques) . . . 2.00\nLa Violette (Lange) 1,60\nTil Saeters (Zur Senne), valse . . . 3.35"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c117", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c117", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.45", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.17", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 537, "texte": "FACTEUR\nDE\nPIANOS\nGAVEAU\nFACTEUR\nDE\nPIANOS\nSiège Social : 45 et 47, rue de la Boëtie (VIIIe) PARIS\nRayon spécial de Musique\n(vente et abonnement)\nTÉLÉPHONE : 528=20\nAdresse Télégraphique\nG A VEAU-PI A NOS-PARIS\nSALLES\nDE\nCONCERTS\nUsine modèle à Fontenay=\nsous=Bois (Seine)\nAgence générale à Bruxelles\nDépôt des éditions\nde la S.Î.M.\nv; -\nm\nMEMBRE DU JURY HORS CONCOURS\nBARCELONE 1888, Moscou 1891, CHICAGO 1893, AMSTERDAM 1895\nPARIS 1900.\nDIPLOMES D'HONNEUR\nAMSTERDAM 1883, ANVERS 1885, BRUXELLES 1888\nGRANDS PRIX\nHANOÏ 1893, LIÈGE 1905."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c118", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c118", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.46", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.18", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1002, "texte": "AGENCE MUSICALE DE PARIS. E. REY ET CIE, 9, RUE DE L'ISLY.\nSALLE DES AGRICULTEURS, 8, RUE D'ATHÈNES\nLE LUNDI 6 NOVEMBRE 1911 à 9 heures précises du soir\nCONCERT donné par Madame\nMarie de WIENIAWSKA\navec le concours de MM.\nGabriel Fauré et Eugène Ysaye\nau piano M. ALFR.EÏ) CAS ELLA\nPROGRAMME\n1. Air de Momus . . BACH\nDeux chants écossais. HAYDN\nAir du Roi Pasteur . MOZART\n(Mme de WieniawsKa,\nMM. Ysaye et Casella).\n2. Chanson triste .\nSérénade florentine\nLe temps des lilas\nLes Cigales\nDUPARC\nCHAUSSON\nCHABRIER\n(Mme de WieniawsKa et\nM. Casella).\n3. Sonate pour piano et\nviolon ... G. FAURÉ\n(M. Ysaye et l'auteur).\n4. Poëme d'un jour .\nClair de lune . t G. FAURE\nMandoline.\n(Mme de Wieniawsßa et l'auteur).\n5. Le bonheur est chose\nlégère SAINT-SAENS\n(Mme de WieniawsKa,\nMM. Ysaye et Casella).\nPrix des places : 15 £r. 10 fr. 6 fr. et 3\nBillets à l'avance i à la Salle des Agriculteurs, 8, tue d Athènes ; chez M. Durand,\néditeur, 4, place de la Madeleine et chez M. Grus, éditeur, place Saint-Augustin."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c119", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c119", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 89, "image_fin": 89, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.47", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.89", "debut_caractere": 805, "fin_caractere_exclue": 1410, "texte": "LEO LIEPMANNSOHN\n11, Bernburgerstrasse, 11, BERLIN S.W.\nVente sensationnelle d'AUTOGRAPHES\nles 17 ù 18 Novembre 1911.\nBEETHOVEN Esquisses pour la Messe en ré (80 pages).\nHAYDN Andante de la Symphonie mit Paukenschlag.\n„ Scena de 1795.\nMBNDELSOHN Romances sans paroles (op. 19).\nWEBER Esquisses pour Obéron.\nCollection magnifique de lettres de WAGNER provenant de la collection Bovet.\nSCHUMANN Sonate en sol mineur BRAHMS Trente-trois chansons.\nNombreux Autographes et correspondance étendue de BACH, CHOPIN,\nMOZART, GLINKA, HAYDN, LISZT etc.\nEnvoi franco sur demande du catalogue, très richement illustré."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c120", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c120", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 94, "image_fin": 94, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.48", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.94", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 18, "texte": "Courrier Financier"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c121", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c121", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 94, "image_fin": 94, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.49", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.94", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 3497, "texte": "Au moment où les longues et laborieuses négociations franco-allemandes relatives au\nMaroc nous promettaient une solution prochaine et où déjà le marché parisien reprenait une\nallure plus confiante, un nouvel orage surgit à l'horizon : la guerre entre l'ltalie et la Turquie\nest déclarée après un brutal ultimatum qui a soulevé dans un journal allemand cette réflexion\nque \" auprès du procédé italien la dépêche d'Ems est un acte de galanterie ! \"\nIl serait téméraire pour ne pas dire naïf, de vouloir prédire les conséquences que ce\nconflit peut provoquer, 1 eternelle question d Orient n'est-elle pas toujours ouverte ? IVlalgré la\ngravité des événements qui vont se dérouler dans la Méditerranée, ya-t-il lieu pour nous de\nnous mettre martel en tete ? Nous ne le croyons pas. Le nouveau ministère turc est composé\nd'hommes pacifiques qui paraissent disposés à faire des concessions pour arrêter les effets\ndésastreux et les malheurs d'une longue guerre. Peut-être aussi ces politiciens calmes sont-ils\ninspires par cette maxime que \"la vengeance sait attendre ! \" Espérons donc que les Italiens\ninvités à la sagesse par des gouvernements amis, épargneront à l'Europe le retour de cette\nredoutable question d'Orient et à eux-mêmes des sacrifices considérables en argent et en vies\nhumaines.\nL enseignement que nous devons tirer de ces graves evenements apparaît clairement de\ntous cotes. La France, 1 Allemagne et 1 Espagne dans l'affaire du Maroc, aussi bien que l'ltalie\nen Tripolitaine poursuivent des avantages économiques plutôt que des concessions territoriales\ncoloniales.\nEt maintenant que nous connaissons la préoccupation économique qui conduit toutes\nles diplomaties etiangeres, nous pouvons ajouter qu elles ont raison d'agir de la sorte parce que\n1 element financier qui les entoure sait tirer parti de ces conquêtes territoriales. Pouvons-nous\nen dire autant de nous-mêmes ? Avons-nous toujours compris l'intérêt primordial qui consiste\nà entrer dans une affaire pour en recueillir les bénéfices de la première heure ? La réponse\na cette question est absolument négative ; nous n'apprenons rien à nos lecteurs en leur rappe-\nlant encore une fois la répugnance des capitaux français à s'employer dans les affaires françaises,\nsurtout lorsque celles-ci ont pour objet une exploitation dans nos colonies et même lorsque ces\ncolonies s'appellent Algérie ou Tunisie.\nLe résultat le plus clair est que nombre de ces affaires ne peuvent naître et se développer\nque grâce aux capitaux étrangers. Voici, d'ailleurs, des exemples de ce qui se passe :\nNaguère, à propos des Phosphates de Tébessa, on a fait contre le maire de Bône une\nfurieuse campagne pour avoir mis entre des mains étrangères ces gisements dont il était un des\npropriétaires j mais, pendant plusieurs années, il avait vainement essayé d'y intéresser les\ncapitalistes français.\nLorsqu'il s'est agi de mettre en valeur les phosphates de Tunisie, l'argent français a fait\npreuve du même manque d'initiative, aussi bien que pour ceux de Gafsa.\nCette très belle affaire s est constituée d ailleurs avec des capitaux en grande partie belges\net anglais ; la part du portefeuille français s'est accrue lorsque le succès s'est affirmé d'une\nfaçon éclatante, mais le premier gros bénéfice n'a pas été pour lui. Il n'a acheté des titres\nqu'au moment où ils représentaient déjà plusieurs fois leur valeur initiale, si bien que l'affaire\npourrait rester excellente en elle-même et ne plus être satisfaisante pour lui."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c122", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c122", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 95, "image_fin": 95, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.50", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.95", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1522, "texte": "Puisque nous sommes en Tunisie, signalons encore la Compagnie des ports de Tunis,\nSousse S fax, qui donnent d'excellents résultats et à laquelle les capitaux français n'ont pas\nvoulu, au moins au début, s intéresser. , ~ ~\nNous ne manquons pas, en France, de personnalités techniques et financières d une\ncompétence indiscutable qui voudraient mettre en valeur les richesses économiques de la\nmétropole et de ses colonies. Mais il est difficile de remonter un courant qui a porté les capi-\ntalistes français vers les placements à revenu fixe, appuyés de soi-disant garanties d'Etat de\npremier ordre A la faveur de ce programme alléchant, des millions sont allés par centaines\ns'engouffrer dans les coffres de Sociétés étrangères dont l'avenir est souvent bien précaire\nau grand préjudice de notre industrie et de notre commerce national qui subissent le choc en\nretour, mortel de ces commandites qu'on leur refuse trop souvent ici.\nBeaucoup de nos confrères, banquiers régionaux, sont effrayés par cet engouement du\npublic, dont il serait injuste de les rendre responsables.\nIls espèrent ramener, avec le temps, les capitaux français a feconder les entreprises\nfrançaises comme autrefois au moment de notre prospérité économique, c'est-à-dire avant la\nnaissance des grands établissements de crédit et des grandes banques d affaires. Ce ils\nagiront au mieux des intérêts de leurs clients et pour le plus grand bien de 1 intérêt général\ndu pays.\nSociété Auxiliaire des Banques Régionales\n32, rue de la Victoire."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1911-10-01-c123", "article_bluemountain": "bmtnabh_1911-10_01#c123", "volume": "bmtnabh_1911-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 97, "image_fin": 97, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.2.51", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.97", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2067, "texte": "CONCERTS ITALIENS DE MUSIQUE ANCIENNE\nLA LIBERA ESTETICA\nFondateurs:\nM— IDA ISORI, cantatrice florentine\nM' PAOLO LITTA, pianiste-compositeur\n&\nF\nF\n*\nF\n9*\n\\\nCOMITÉ DE PATRONAGE\nPRÉIIMWTE D'HONNEUR\nSA MAJESTÉ LA REINE MÈftE, LA RBIHC MARâOERITE D'ITALIE\nCOMITÉ DE PRÉSIDENCE :\nS. Exc. Madame l'Ambassadrice d'ltalie, Donna Bice Tittoni à Paris.\nS. Exc. Mme la Pcesse Ruspoli di Poggio Suasa Talleyrand Périgord a Paris.\nMadame la Princesse Strozzi-Corsini à Florence.\nMadame la Comtesse Béatrice Pandolfini-Corsini à Florence.\nMadame la marquise E. de Montagliari à Paris.\nMademoiselle Elena Vacaresco, femme de lettres, auteur dramatique à Paris.\nS. Exc. Le Prince Ruspoli di Poggio Suasa à Paris.\nLe duc Melzi d'Eril, duc de Lodi.\nLe Comte Brunetta d'Usseaux.\nLe Commandeur Trezza di Musella.\nMEMBRES HONORAIRES ,\nM Gabriele d'Annunzio, homme de lettres, auteur dramatique à Florence\nM. W. Bopp, Directeur de l'Académie Imp. et Roy. de Musique à Vienne.\nM. Alfred Bruneau, compositeur de musique à Paris.\nM. Carolus-Duran, Direct, de l'Acad. de France à Rome et membre de l'lnstitut.\nM. Claude Debussy, compositeur de musique à Paris.\nM. Louis Peiner, Prof, au Cons. Nat. de musique à Paris.\nM. Vincent ci* Indy, compos. de musique, Direct, de la Schola Cantorum à Paris.\nM. I. Massenet, compositeur de musique, membre de l'lnstitut.\nM. E. Mathieu, compos. de musique, Direct, du Cons. Royal de Mus. à Gand.\nM. A. Messager, compos. de musique, Direct, de 1 Acad. Nat. de musique à Paris.\nM. E. Parent, professeur à la Schola Cantorum de Paris.\nM» Dr Max Reger, compositeur de musique et Directeur M. à Leipzig.\nM. Dr Richard Strauss, compositeur de musique, Generalmùsik director à Berlin.\nM. S 1 Saëns, compositeur de musique, membre de 1 Institut à Paris.\nM. E. Tinel, compos. de musique, Direct, du Cons. Rôy. de musique à Bruxelles.\nM. P. Vidal, compositeur de musique et chef d'orchestre à l'Opéra de Paris.\nM. Eugène Ysaye, virtuose, compositeur de Musique et Directeur des concerts\nYsaye à Bruxelles.\nSIEGE SOCIAL\n3, Via Michèle di Lando, FLORENCE\npr\np*\nm\nK\nF"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.1", "texte": "VII® Année.\nN° 10.\nOctobre 1911.\nREVUE MUSICALE MENSUELLE\nRÉDACTION:\n32, Rue St. Augustin, PARIS.\nTéléphone 204.20\nLibrairie CH. DELAGRÂVE\n15, rue Soufflot, PARIS,\nLe numéro :\nFrance et Belgique t fr 50 Union 2fr.\nUn an 15 fr. —• 20fr»\nCopyright by S. I. M. 1911.\n\nLETTRE SUR LA MUSIQUE DU ROI LOUIS XVIII, par Lesueur. LE BRÉVIAIRE ET LA\nLITURGIQUE, par Ch. Ruelle. OLA TECHNIQUE DU VIOLON CHEZ LES\n| PREMIERS SONATISTES FRANÇAIS, par Marc Pincherle. LES LIVRES.\nI I ILDEBRANDO PIZZETTI, par P. M. Masson.\nTHÉÂTRES ET CONCERTS, par E. Vuillermoz. PROVINCE. ETRANGER. L'ÉDITION\nMUSICALE, OL'ART AU CAFÉ-CONCERT; par Jean Huré. COMMENT S'IMPRIME UN\nMORCEAU DE MUSIQUE, par F. D. ÇA & LA."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.2", "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇAISE T>ES\nAMIS T)E LA\nCOMITÉ D'HONNEUR\nM. le Président d\nM. le Ministre deV Instruction\nM. le Sous-Secrétaire d'État aux Beaux-Arts.\nM. Gabriel FAURÈ, Directeur du Conservatoire.\nM. Henry MARCEL, ancien Directeur\nde la Bibliothèque\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nPRESIDENT\nM. LE COMTE GASTON CHANDON DE\nBRIAILLES.\nVICE-PRESIDENTS\nM. LE PRINCE A. D'ARENBERG,\nM. LOUIS BARTHOU,\ndes sceaux.\nM. GUSTAVE BERLY,\nM. ADOLPHE BRISSON,\nTRÉSORIER\nM. LÉO SACHS.\nSECRETAIRE DU CONSEIL\nM. J. PASQUIER.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL : M. J. ECORCHEVILLE, docteur\nMEMBRES DU CONSEIL\nM®8 ALEXANDRE ANDRÉ.\nMME LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, di\nraire au ministère des finances.\nM. LÉON BOURGEOIS,\nministre.\nM. GUSTAVE BRET.\nM. GUSTAVE CAHEN.\nMŒE MICHEL EPHRUSSI.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE.\nM*' DANIEL HERMANN.\nMME HENRY HOTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nMME LA COMTESSE PAUL DE POURTALÈS.\nM. F. PRÈGRE.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND.\nM. ALEXIS ROSTAND,\nd'Administration du Comptoir National\nd'Escompte de Paris.\nM. Louis SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nM. JACQUES STERN.\nMME TERNAUX-COMPANS."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.3", "texte": "DÉSIREZ-VOUS CONNAITRE L'ADRESSE\n'une Maison donnant en LECTURE non seulement de la\nT >\" J\nS'\nMusique Française\nMAIS EGALEMENT ET SURTOUT\n'_ . A\nToute la Musique Etrangère\nET MEME DES\nPartitions d'Orchestre ?\nADRESSEZ-VOUS A\nM. MA X ESCHIG\n13, RUE LAFFITTE, 13, PARIS\nTÉLÉPHONE 108-I4\nqui vous enverra immédiatement toutes les conditions\nSERVICE POUR PARIS ET LA PROVINCE\n—••••1 s 1 • • • •\nÉDITION POPULAIRE SIMROCK\nLES CHEFS-D'ŒUVRE DE BRAHMS, BRUCH,\nDVORAK, SCHUTT, ETC.\nPOUR LA MOITIÉ DE LEURS PRIX ANCIENS !\nDEMANDEZ LE CATALOGUE SPÉCIAL"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.4", "texte": "ŒUVRES DE\nEMANUEL MOOR\n\nPIANO A DEUX MAINS\nImpressions pour piano, op. 86.\nEn recueil\nSéparément N°\n1\n2\n3\n4\n5\n6\nç.oo\nI-75\n1.50\n1.50\n1.50\n1-75\ni-75\n2.00\n6.00\n4.00\n3.50\n8.00\n5.00\n24.00\n(Op. 102) Prélude\n(Op. 103) Deuxième sonate ....\n(Op. 99) Trois pièces pour Harpe\nchromatique ou Piano ....\n(Op. 106) 2me Suite 5-°°\nVIOLON ET PIANO\n(Op. 101) Largo (piano ou orgue) .\nVIOLON ET PIANO\nSonate (op, 54)\nRhapsodie (op. 84) (réduction de\nl'orchestre pour piano).\nVIOLON ET ORCHESTRE\n(Op. 84) Rhapsodie (partition et maté-\nriel)\nVIOLON SEUL\n(Op. 100) Quatre préludes .... 3.00\nVIOLON ET VIOLONCELLE\n(Op. 109) Suite 4.00\nVIOLONCELLE ET PIANO\n(Op. 105) Largo 2.00\nVIOLONCELLE ET PIANO\nSonate (op. 76) 7-°°\nDEUX VIOLONCELLES SEULS\n(Op. 110) Suite . 4-°°\nDEUX PIANOS A DEUX MAINS\nConcerto (op. 85) (réduction de l'or-\nchestre) 12.00\nConcertstiick (op. 88) (réduction de\nl'orchestre)\n8.00\n\nMUSIQUE VOCALE\n(Op. 88). Premier recueil, n° i à 7.\nLe recueil complet 6.00\nSéparément :\nN° 1. Bonjour mon cœur (RONSARD) 2.00\n„ 2. Mignonne, allons voir (RON-\nSARD) 1-5°\n„ 3. Sonnet pour Marie (RONSARD) 1.5°\n„ 4. Terre, ouvre-moi (RONSARD) . 1.50\n„ 5. A vous, troupe légère (J. DU\nBELLAY) 1.75\n„6. Chanson (RONSARD). . . . 1.50\n„ 7, Quand je te vois (RONSARD) . 1.5°\n(Op. 91) Deuxième recueil n° 1 à\n6, le recueil complet.... 6.00\nSéparément :\nN° 1. Tristesse (A. DE MUSSET) . . 1.75\n„ 2. Extase (V. HUGO) .... 1.50\n„3. La Nuit (E. BUSSY) .... 1.50\n„ 4. Menuet (F. GREGH). . . . 1.50\n„ 5. Fuite de Centaure (J. DE HE-\nREDIA) 1.75\n„ 6. Chanson (Th. GAUTIER) . . 2.50\n(Op. 104). La Jeune Tarentine . . . 3.00\n(Op. 94). Lieder (Texte français et\nallemand). Traduction fran-\nçaise de MME CHEVILLARD . .\nI. Berceuse 1,25\n11. Gretchen 1.75\n111. Un astre tombe . . 1.50\nIV. Chacun, voyant ma\npeine 1.50\nV. Adieu 1.50\n(Op. m) N° 1. Les Trois fils d'or\n(LECONTE DE LISLE). . . , 1.75\n(Op. 112) N° 2. Plaintive Tourte-\nrelle (TH. GAUTIER) . . . 1.75\n(Op. 111) Troisième recueil, n° 1\nà 7. Le recueil complet. . . 6.00\n\nA.Z. MATHOT, EDITIONS LITTERAIRES ET MUSICALES\nii, RUE BERGÈRE, PARIS"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.5", "texte": "Revue de Hongrie paru^ous\nLa REVUE DE HONGRIE est une revue hongroise rédigée en langue française.\nElle publie des articles écrits par des hommes d'Etat, des littérateurs, des savants\nhongrois, et ayant trait à la Politique, à la littérature, aux Sciences, aux Beaux-Arts, aux\nFinances, a l'Economie Sociale, à l'Histoire, etc.\nLa RBVTJE DE HONGRIE s'occupe de toutes les questions qui, d'un point de vue\ngénéral, peuvent, en mettant en relief les choses de la Hongrie, intéresser l'étran-\nger et notamment le lecteur français. Elle compte également des collaborateurs dans\ntous les pays et publie des articles d'un intérêt général qui lui donnent un caractère\ninternational.\nLa REVUE DE HONGRIE est une tribune ouverte à tous, elle restera indépen-\ndante de toute influence de parti.\nLa REVUE DE HONGRIE est l'organe de la Société Littéraire Française de\nBudapest.\nPRIX DE L'ABONNEMENT\nHongrie et Autriche. Un an, 25 cour. Six mois, 15 cour.\nEtranger (Union Postale) 30 francs 20 francs.\nPrix de la livraison : 2 cour. 50 c.\nUn numéro spécimen est envoyé franco sur demande.\n\nLEÇONS de PIANO\nVIOLONS, SOLFÈGE HARMONIE\nPAR CORRESPONDANCE\nCOURS SINAT\nPARIS 1, rue Jean 'Bologne, PARIS\n\nApplication\nraisonnêe des\nmeilleurs procédés\npédagogiques\net techniques\nemployés par les\ngrands maîtres\ncontemporains\nfrançais\net étrangers."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.6", "texte": "ŒUVRES DE\nS. B. SCHLÉSINGER\n\nPIANO\nEtude en ut mineur 1.75\nImpromptu-Caprice 2.00\nMarche Nuptiale 2.00\nNocturne 2.00\nNovelette 1.75\nFeuille d'Album 1.50\nPETIT ORCHESTRE\nMarche Nuptiale. Petit orch. Partition 3.00\nMatériel 2,50\nParties supplémentaires. . 0.50\nNovelette. Petit orchestre. Partition . 3.50\nMatériel 5.00\nParties supplémentaires. . 0.50\nGRAND ORCHESTRE\nEtude en ut mineur. Partition . . . 3.50\nMatériel complet .... 5.00\nParties supplémentaires. . 0.50\nImpromptu Caprice. Partition . . . 3.50\nMatériel complet .... 5.00\nParties supplémentaires. . 0.50\nMarche Nuptiale. Partition .... 3.50\nMatériel complet .... 5.00\nParties supplémentaires, . 0.50\nNocturne. Partition 3.50\nMatériel complet . . . . 5.00\nParties supplémentaires. . 0.50\nMÉLODIES, ROMANCES\nA riel\nA m a Bien-Aimée\nAubade\nAve Maria\n\nChanson des Petits Souliers\nChanson (O ma Charmante)\nChevauchée\nD'une Prison (i en ré bémol)\n(2 en mi bémol)\nFeuilles d'Album\nL Heure exquise\nLettre à Ninon\nLa mort d'un Enfant\nPage d'Album\nNe pleure pas ma Blonde\nLe plus doux chemin\nLa première Larme\nSirène\nToujours\nlel'1e1' Receuil de Mélodies (25 Mélodies) 3e\n1. Un grand Sommeil\n2. Le Rideau de ma Voisine\n3. Salut à toi.\n4. D'une Prison\n5. La mort d'un Enfant\n6* L'heure exquise\n7. Les Présents\n8. Ces doux Yeux\n9. Aubade\n10. Ariel\n11. Page d'Album\n12. Chanson (O ma Charmante)\n13. A ma Bien-Aimée\n14. Toujours\n15. La première Larme\n16. Sirène\n17. Lettre à Ninon\n18. La mort d'un Enfant (avec vie\nobligé).\n19. La Première\n20. Le plus doux Chemin\n21. Chanson des Petits Souliers\n22. Chanson Lithuanienne\n23. Avec un Bouquet\n24. Crépuscule\n25. Crépuscule (avec alto obligé).\n\nA.Z, MATHOT, Editions littéraires et musicales\n11, rue Bergère, PARIS."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.7", "texte": "Chemins de Fer de l'Etat et de Brighton\nService\nde Jour\nDEPART\nde\nParis-St-Lazare\nà 10 h. 20\nmatin.\nire et 2e classes\nARRIVÉE\nLondres, Victoria\n(Brighton\nRailway)\na 7 h. du soir.\nDÉPART\nde\nLondres, Victoria\n(Brighton\nRailway)\na io h. du matin.\nire et 2e classes\nARRIVÉE\n\\\na\nParis-St.-Lazare\nà 6 h. 43\ndu soir.\nGEMINSDEURdeI\nÉTAT ET DE BR I GHTO N\nu\n\"V\n*\nrML\nM\n•••••\nM.\nMl\nm\n'Yv\\\nm\nA\ni\nw.\n*/'\nS\nI/ALABLES PEHOÀNT UN MOIS:\nService\nde Nuit\nDÉPART\nde\nParis-St.-Lazare\nà 9 h. 20 du soir.\nire, 2e et 3e classes\nARRIVÉE\nà\nLondres, Victoria\n(Brighton-Rail-\nway) et London-\nBridge\nà 7 h. 30 du matin\nDÉPART\nde\nLondres, Victoria\n(Brighton-Rail-\nway) et London-\nBridge à 8 h. 45\ndu soir\nire, 2e et 3e classes\nARRIVÉE\nà\nParis-St.-Lazare\nà 6 h, 30 du\nmatin.\nEXCURSIONS SUR LES COTES DU SUD DE L'ANGLETERRE, L'ILE DEWIGHT ET LONDRES\nVIA DIEPPE ET NEWHAVEN\nBillets circulaires délivrés toute l'année au départ de PARIS (St. Lazare), et DIEPPE, valables pendant 60 jours.\nler ITINERAIRE- Paris (Saint-Lazare), Rouen, Dieppe, Newhaven, Eastbourne, Bexhill, St.-Leonards, Hastings\nTunbridge Wells, Londres, Arundel, Portsmouth, Ryde (Ile de Wight), Portsmouth, Chichester, Bognor, Littlehampton\nBrighton, Newhaven, Dieppe, Rouen, Paris.\n2e ITINÉRAIRE. Paris (Saint-Lazare), Rouen, Dieppe, Newhaven, Eastbourne, Tunbridge Wells, Londres, Arundel,\nChichester, Bognor, Littlehampton, Brighton, Newhaven, Dieppe, Rouen, Paris.\n3e ITINERAIRE. Paris (Saint-Lazare), Rouen, Dieppe, Newhaven, Eastbourne, Tunbridge Wells, Londres, Brighton,\nNewhaven, Dieppe, Rouen, Paris.\nPrix des Billets au départ de\nPARIS (SAINT-LAZARE)\nROUEN (RIVE DROITE)\nDIEPPE\nler ITINERAIRE\nire Classe I 2e Classe\nFR. C.\n111 50\n94 45\n82 10\nFR. C.\n76 90\n66 60\n58 80\n2e ITINERAIRE\nire Classe I 2e Classe\nFR. c.\n104 -\n86 95\n74 60\nFR. C.\n71 90\n61 60\n53 80\n3e ITINERAIRE\nire Classe | 2e Classe"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.8", "texte": "Bibliothèque Xournante Terquem\nPOUR LIVRES ET MUSIQUE\nAPPUI-LIVRES, CHEVALETS, CLASSEURS A RIDEAUX\nARTICLES DE BUREAUX RICHES ET HAUTE FANTAISIE\nEM. TERQUEM\n19, RUE SCRIBE\n*\"\nTOUT MUSICIEN\n«\ndoit avoir une BIBLIOTHÈQUE TOUR-\nNANTE TERQUEM adaptée spécialement\npour la musique. Il n'est pas de CASIER A\nMUSIQUE plus élégant, plus pratique et meil-\nleur marché.\nTOUT MUSICIEN devrait grâce au\n\" Terqi \" relier sa musique lui-même sans perte\nde temps, et mieux qu'un relieur dont les\nvolumes NE S'OUVRENT PAS.\nI\nM\nlà\nilllli\nîmwk\n>u\nm\nÎJIIH'\nni\n:s®tipiiii mm\n«ilii\n!i\nmm\n■Si.-\n'MfS\nDemandez nos catalogues et n\nEM. TERQUEM\nTéléphone 303=59 19, I*Ue Sciflbe, PARIS Téléphone 303-59"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.9", "texte": "PADEREWBKI-PUGNO-BUSONI\nET TOUS LES GRANDS PIANISTES\nCHEZ-SOI\nAVEC LEUR TOUCHER, LEUR SENTIMENTALITÉ, LEUR\nJEU, LEUR CARACTÉRISTIQUE PAR LES\nMERVEILLEUX APPAREILS\nm/».\nm\nWELTE\nauditions tous\nles jours\n----- v---'\nchez :\nPas de pédales ni manettes\nE. MOULLE\ni, RUE BLANCHE, PARIS - TÉLÉPHONE 2 2 6-52\nAGENT GÉNÉRAL DES\nPIANOS STEINWAY\nRECONNUS PAR LES GRANDS MUSICIENS COMME LES\nMEILLEURS DU MONDE ENTIER."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.10", "texte": "ÉCLAIRAGE DES LOCAUX OBSCURS\ni r\nTéléphone\n309.93\nSOCIETE CONTINENTALE DU\nVERRE-SOLEIL\nDALLES\nVERRE-SOLEIL\nVERRE-SOLEIL\npour\nToitures, Marquises\nDALLES\nARMÉES\nVERRES BLEUS SPECIAUX\nANTICALORIFIQUES ET LUMINEUX POUR TOITURES\nCabinet de VÉCHO\nmm\n■\n> vS '■\n-\n■ - t? - *\n»tmm\n:\n>' -*\nM\nr\nm\nmm\nM\nïï-:\n■H\n'm\nmî\n-..\nMl\n' 7\" \".r\nm,\n■\nkïtviïmu\nrm\n-'fe;\ntïî;\nISï\nà*?*-*,.\n-3\n1\nSîvera\n; -r\nSi\n-\nm\n1\n. î ... « v\nFenêtre ouverte\nFenêtre fermée garnie\nde Verre Soleil\nSur demande : envoi de Catalogues et Expériences gratuites à domicile.\n7, Rue Louis=îe»Grand, PARIS"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.11", "texte": "Éditions M. Senart, B. Roudanez €i Cie, Paris\nSiège Social : 20, RUE DU DRAGON Vente au détail : 9, RUE DE MÉDICIS.\nMUSIQUE CLASSIQUE à 25 centimes\nÉdition en grand format publiée sous la Direction artistique de VINCENT D INDY\nENVOI FRANCO DU CATALOGUE SUR DEMANDE.\n\nm.\nc\nO\nm\nVVW!\n€\nu\n-7X/\niath'ims\njs>\n\nTARIF\nHOMMES\n1 bain Turc complet . . . 5 fr. 50\nDAMES\n1 bain Turc complet to fr.\n(En Salles Privées)\n«Ô*\nSalles d'Hydrothérapie spéciales\nla douche fr. 75\nGRANDES RÉDUCTIONS\nsur abonnements\nde 10, 25 & 50 Cachets\n18, Rue des Mathurins"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.12", "texte": "Librairie Ch. DELAGRAVE, 15, rue Soufflot, Paris.\nGOU N O D\nPAR\nJ.-G. PROD'HOMME ET A. DANDELOT\nPRÉFACE DE CAMILLE SAINT-SAENS, DE L'INSTITUT\n2 vol. in-i 8, illustrés de 40 planches hors texte en photogravure,\nchaque volume broché 3 fr. 50\nChaque vol. relié 5 fr.\nParis va bientôt donner la 1500e représentation de Faust. On\npourrait supposer que Gounod est le plus connu de tous les musiciens\nfrançais. Il n'en est rien : jusqu'ici les historiens de la musique se sont\nà peine préoccupés de raconter sa vie artistique. La biographie très exacte\net très complète que MM. Prod'homme et Dandelot viennent de publier\ncomble enfin cette lacune. Le lecteur ne trouvera dans ces deux volumes\nrichement illustrés, que des faits dûment contrôlés, transcrits et coordonnés\navec une impartialité absolue.\nLes auteurs se sont interdit toute appréciation, toute critique person-\nnelle, se bornant à rapporter sur les oeuvres de les opinions\nsouvent contradictoires de leurs premiers auditeurs et juges.\nL'ouvrage complet renferme en outre un\nœuvres de Gounod."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.13", "texte": "ÉDITIONS LITTÉRAIRES ET MUSICALES\nA. Z. MATHOT\nil, RUE BERGÈRE TÉLÉPHONE 234-31\nPARIS\n\nVIENT DE PARAITRE:\nEMANUEL MOOR\nALFRED CASELLA\nJOHN POWELL\nFLORENT SCHMITT\n5 PRiELUDIUM ET FUGA, de BACH trans-\ncrits dans l'esprit de l'orgue pour piano\nN° i en ut mineur net\nN° 2\nen la mineur\nnet\nnet\nnet\nnet\nnet\nN° 3 en sol mineur\nN° 4 en ré majeur\nN° 5 en mi mineur\nRHAPSODIE, pour grand orchestre\nSUITE, op. 117. pour violoncelle et piano net\nBERCEUSE TRISTE, pour piano 2 mains net\nALA MANIÈRE DE ,R. Wagner,\nG. Fauré, J. Brahms, Debussy,\nR. Strauss, C. Franck pour piano 2 mains net\nVariations sur un thème de Hahr, pour\npiano ....\nQUINTETTE, en trois parties, (petite partition\nde poche) net\nSOUS PRESSE\nEMANUEL MOOR : PRELUDE, pour Violoncelle et piano\nPRELUDE, pour Violon et piano\nGEORGES MIGOT : SONATE, pour violon et piano\n3\n3\n5\n3\n3\n20\n5\nfr. 50\nfr. 50\nfr. 00\nfr. 50\nfr. 50\nfr. 00\nfr. 00\nfr. 00\n3 fr- 50\nnet : 5 fr. 50\n5 fr. 00\nSALLE D'AUDITION 200 Places"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.14", "texte": "PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ\nINTERNATIONALE DE MUSIQUE\nSECTION DE PARIS.\n\nPARUS\nH. QUITTARD. —Le Trésor d'Orphée, par Antoine Francisque, tablature de\nluth, transcrite pour piano à deux mains; i volume in 40 de 100 pages . , . 5 fr.\nJ. ECORCHE VILLE. Actes d'Etat civil d'artistes musiciens insinués au\nChâtelet de Paris (1539-1650) ; 1 volume in-40 10 fr.\nr r\nA. GASTOUE. Catalogue des mss. de musique byzantine conserves dans\nles bibliothèques de France; 1 volume in-40 20 fr.\nP. AUBRY. Cent motets du XHIe siècle, tirés du ms. Ed. VI-4 de la '\nBibliothèque de Bamberg; 3 volumes in-40 • • • > 150 fr.\nP. AUBRY. Le Chansonnier français de VArsenal (XHIe siècle), 15 livrai-\nsons trimestrielles de 32 planches phototypiques avec la transcription des\nmélodies en notation moderne. Notices par M. A. Jeanroy, professeur à la\nFaculté des Lettres de Toulouse. La livraison 10 fr.\n(On ne souscrit qu'à l'ensemble de la publication.)\nM. BRENET. Les Musiciens de la Sainte-Chapelle du Palais. —-Un volume\nin-40 de 3°° pages 15 fr.\nJ. EOOROHEVILLE. Catalogue du fonds de Musique ancienne de la Biblio-\nthèque Nationale (jusqu'en 1750.) Huit volumes de 250 pages chacun,\ncontenant dix mille thèmes de musique, et de nombreux fac-similé. L'ouvrage\ncomplet 500 fr.\nSOUS PRESSE\nH. QUITTARD. L'Œuvre de clavecin de Chambonnières d'après l'édition de\n1670 et le manuscrit Vlll7 1852 de la Bibliothèque nationale. Un volume\nin-40 de 100 Pages de musique 5 fr.\nEN PREPARATION\nA. PIRRO. Les correspondants du Père Mersenne. Publication de la cor-\nrespondance musicale adressée à Mersenne et conservée à la Bibliothèque\nNationale. Vol. I {J.B. Boni) Un volume in-40 de 200 Pages ....\nL. DE LA LAURENCIE. Les Musiciens de la Maison du Roy aux XVIIe et\nXVIIIe siècles. (Inventaire musical de la Série O1 des Archives nationales)\nDeux volumes de 200 pages chacun.\nE. BLOOHET. Traité de Musique, composé par Sharaf ed-Din Haroun.\n(XIIIe siècle), d'après le manuscrit original de la Bibliothèque Nationale.\nTraduction et fac-similé du texte Arabe. Un volume in-40 de 100 Pages-\nH. DE CURZON. Correspondance des Directeurs de l'Opéra, conservée aux\nArchives Nationales. —Un volume in-40 de Is° pages.\nL. LALOY. K' în poù. Recueil d'Airs pour le k'în ou luth chinois, transcrits\nde la tablature.\nLE COMITÉ DE LA PUBLICATION :\nP. Aubry, M. Brenet, L. Dauriac, J. Ecorcheville, H, Expert, L. delà Laurencie,\nCh. Malherbe, E. Poirée, G. Prod'homme, R9 Rolland. J. Tiersot."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.15", "texte": "LIBRAIRIE CH. DELAGRAVE 15, RUE SOUFFLOT, PARIS\nVient de\nLa Trompette\nUN DEMI\nDE\nMUSIQUE DE CHAMBRE\nPAR\nL. AUGE DE LASSUS\nUn volume in-8° raisin, broché 7 fr. 50\nNOTES \"BRÈVES\nPAR\nCAMILLE \"SE\nUn volume in-B°, broché 3 fr. 50\nRappel : Les Epoques\n2me édition\n2 volumes in-iB° brochés, chaque volume . . . . 3 fr. 50"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.16", "texte": "A. DUPONT-METZNER, ÉDITEUR, 7, RUE GAMBETTA, NANCY\n(PARIS, ROUART, LEROLLE & CIE)\nVient de\nJ. GUY ROPARTZ\nLE PAYS\nDrame en musique en 3 actes\nPoème de CH. LE GOFFIC\nŒUVRES DE L.-A. BOURGAULT-DUCOUDRAY, P. BRETAGNE,\nF. LAMY, Louis THIRION, J. GUY ROPARTZ, etc.\nCatalogue franco sur demande\n\nÉDITIONS W. HANSEN\nEn dépôt chez ROUART, LEROLLE 6 Cie\nJOHAN SVENDSEN\nCÉLÈBRES COMPOSITIONS\nPIANO A DEUX MAINS\nOp. 12. Fête polonaise. Edition de\nconcert par E. Neupert . . . 2.70\nEdition de salon par R. Lange. Rhap-\nsodies norwégiennes .... 3.50\nOp. 17. Rhapsodie N° 1 2.00\nOp. 19. Rhapsodie N° 2 2.70\nOp. 21. Rhapsodie N° 3 2.70\nOp. 22. Rhapsodie N° 4 2.70\nOp. 26. Romance pour violon (Alnaes) 1.70\nAndante funèbre (Henriques) . . . 1.35\nHiver et Printemps. Airs de ballet :\nHiver 1.70\nPrintemps 2.35\nTil Saeters (Zur Senne), valse . . . 2.35\nPIANO A QUATRE MAINS\nOp. 11. Zorahayda. Légende trans-\ncrite par ALNAES 3.35\nOp. 12. Fête polonaise 3.35\nRhapsodies norwégiennes :\nN° 1. Op. 17 3.00\nN° 2. Op. 19 4.00\nN° 3. Op. 21 4.00\nN° 4. Op. 22\n4.00\nOp. 26. Romance pour violon (Jacques\nDurand) 2.00\nAndante funèbre, arr. par R. LANGE, 1.35\nVIOLON ET PIANO\nOp. 26. Romance sol majeur . . . 2.50\nAndante funèbre (Henriques) . . . 2.00\nLa Violette (Lange) 1,60\nTil Saeters (Zur Senne), valse . . . 3.35"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.17", "texte": "FACTEUR\nDE\nPIANOS\nGAVEAU\nFACTEUR\nDE\nPIANOS\nSiège Social : 45 et 47, rue de la Boëtie (VIIIe) PARIS\nRayon spécial de Musique\n(vente et abonnement)\nTÉLÉPHONE : 528=20\nAdresse Télégraphique\nG A VEAU-PI A NOS-PARIS\nSALLES\nDE\nCONCERTS\nUsine modèle à Fontenay=\nsous=Bois (Seine)\nAgence générale à Bruxelles\nDépôt des éditions\nde la S.Î.M.\nv; -\nm\nMEMBRE DU JURY HORS CONCOURS\nBARCELONE 1888, Moscou 1891, CHICAGO 1893, AMSTERDAM 1895\nPARIS 1900.\nDIPLOMES D'HONNEUR\nAMSTERDAM 1883, ANVERS 1885, BRUXELLES 1888\nGRANDS PRIX\nHANOÏ 1893, LIÈGE 1905."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.18", "texte": "AGENCE MUSICALE DE PARIS. E. REY ET CIE, 9, RUE DE L'ISLY.\nSALLE DES AGRICULTEURS, 8, RUE D'ATHÈNES\nLE LUNDI 6 NOVEMBRE 1911 à 9 heures précises du soir\nCONCERT donné par Madame\nMarie de WIENIAWSKA\navec le concours de MM.\nGabriel Fauré et Eugène Ysaye\nau piano M. ALFR.EÏ) CAS ELLA\nPROGRAMME\n1. Air de Momus . . BACH\nDeux chants écossais. HAYDN\nAir du Roi Pasteur . MOZART\n(Mme de WieniawsKa,\nMM. Ysaye et Casella).\n2. Chanson triste .\nSérénade florentine\nLe temps des lilas\nLes Cigales\nDUPARC\nCHAUSSON\nCHABRIER\n(Mme de WieniawsKa et\nM. Casella).\n3. Sonate pour piano et\nviolon ... G. FAURÉ\n(M. Ysaye et l'auteur).\n4. Poëme d'un jour .\nClair de lune . t G. FAURE\nMandoline.\n(Mme de Wieniawsßa et l'auteur).\n5. Le bonheur est chose\nlégère SAINT-SAENS\n(Mme de WieniawsKa,\nMM. Ysaye et Casella).\nPrix des places : 15 £r. 10 fr. 6 fr. et 3\nBillets à l'avance i à la Salle des Agriculteurs, 8, tue d Athènes ; chez M. Durand,\néditeur, 4, place de la Madeleine et chez M. Grus, éditeur, place Saint-Augustin."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.19", "texte": "MON EXCELLENT MONSIEUR MORNART,\nDans un instant où il a été question tant de fois depuis 4 mois de\nchanger les artistes de la chapelle que je dirige, permettez-moi de vous\nen entretenir encore quelques moments. Mon excuse est dans votre\namour pour le bien et dans l'amitié que vous m'avez montrée lorsque\nj'eus l'honneur de vous aller voir avec M. Naderman. Je désire ardem-\nment que vous vous intéressiez à tous les vrais artistes de la chapelle, que\nvous pouvez servir avec efficacité, et satisfaction pour votre bon cœur :\nils méritent votre intérêt tant par leurs talents, leur conduite et leur\nmoralité que par le prix qu'ils attacheront à votre appui, pour eux,\nauprès de MMgrs les Ducs de Fleury, de Pienne, de Duras, etc.\nPermettez-moi donc de vous confier un double de la liste des artistes\nde la chapelle Royale, dont X original avait été remis à la cour très peu de\ntemps après l'arrivée de la famille Royale.\nD'après la demande qui m'avoit été faite par écrit, dès le mois\nd'avril, de préparer cette liste des artistes de la chapelle et leurs appoin-\ntements, avec les observations nécessaires sur ce beau corps de musique,\nj'ai eu l'honneur d'envoyer le travail à Mgr le ministre de la maison du\nRoi, Comte de Blacas, le 16 mai dernier. Une partie en fut aussi remise\nà Mgr le Duc de Duras alors de service, M. Thiery ire valet de chambre\ndu Roi m'ayant écrit de la part du Duc de le faire.\nQuelques semaines après, je vis paraître plusieurs autres listes du\nsurvivancier-surintendant, de quelques anciens pensionnaires de la musique\nde Louis XV, etc., et beaucoup de contreprojets qui cherchoient à\ndétruire absolument celui que la Cour m'avoit demandé, et remplaçoient\nsous de puériles et vains prétextes, tous les vrais talents de la chapelle\npar des musiciens frêles et médiocres, mais protégés, disoit-on, et cela\n\n1 L'original de ce document se trouve dans la collection J. Ecorcheville."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.20", "texte": "2\nS. I. M.\n\nsans autre raison que la chapelle qui exécutoit depuis l'arrivée de la\nfamille Royale, ne pouvoit plus servir, parce qu'on ne pouvoit avoir\négard aux services d'artistes déjà employés dans le gouvernement précé-\ndent, longues échasses sur lesquelles s'appuyoient aussi principalement\nque ridiculement le survivancier surintendant de la musique et quelque\npensionnaire de Louis XV et Louis XVI.\nJe n'entendis plus parler, à la fin de mai ni au commencement de\njuin, de la liste qui m'avoit été demandée et que j'avois eu l'honneur de\nfaire tenir à Monsieur le Comte de Blacas, ni d'une autre (la même)\npour le cabinet du Roi et MM. les lersIers gentils-hommes de la chambre.\nJ'ai présumé depuis, qu'étant parvenu chez Mgr le ministre de la\nmaison du Roi dans un temps où tous les genres de demandes arrivoient\nau palais, mon travail se sera probablement trouvé confondu dans le\ntorrent des pétitions dont la cour fut alors accablée, et que, peut-être,\nil n'aura pas même été lu à cette époque.\nD'un autre côté les nouvelles listes et nouveaux projets qu'on s'est\ncru obligé d'envoyer aux artistes pour les faire opter entre la chapelle et\nl'académie Royale de musique, ont rendu si publique cette petite affaire\nde la chapelle avant qu'elle fut résolue et terminée, qu'il y eut depuis,\ncomme vous le savez, une pluie de réclamations écrites par chaque artiste\nqui s'est cru lésé, et remises par chacun d'eux, au nombre de soixante à\nquatre-vingt, àla famille Royale, à Mgrs les ler31er3 gentilshommes de la\nchambre, aux autres grands seigneurs de la cour, etc. Ce qu'on eut cer-\ntainement évité, si on n'eut pas été jusqu'à faire sentir et dire aux artistes\nqu'il n'y avoit plus de direction de la chapelle, que son directeur ne l'étoit\nplus, et qu'ils étoient tous, individuellement, libres de passer par dessus\ntoutes les autorités, pour s'adresser directement aux lersIers supérieurs, à l'effet\nde faire prendre intérêt à leur sort.\nOn a écouté favorablement leur prière : ils ont dévoilé alors d'où\nleurs venoient ces tempêtes et tant de maux pour eux. Il m'a été rede-\nmandé, des duplicata du travail que j'avois envoyé avant tout ceci et dès\nle 16 mai, 1814. D'après ces demandes, j'en ai fait tirer des copies depuis\nle commencement de juillet ; et je les ai confiées, en outre, à la famille\nRoyale, à Mgrs les Ier* gentilshommes de la chambre, et à ceux des\ngrands seigneurs qui s'intéressent à l'art musical. Je crus, des lors, devoir\nen envoyer aussi à Mgr le duc de Fleury que la chose regarde encore\nplus particulièrement. J'en ai remis à la grande aumonerie, persuadé, que"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.21", "texte": "LA MUSIQUE DU ROI LOUIS XVIII\n\n3\n\nje suis, qu'il est de plus grand intérêt de l'art, qu'on soit parfaitement\néclairé sur une matière qu'on ne connoit point et sur laquelle aussi, j'ai\nvu tant de monde s'abuser et débiter, tête baissée, tant d'erreurs accumu-\nlées les unes sur les autres. Monsieur Desantelles, dans le courant de\njuillet, m'a redemandé de même de ces duplicata que je lui enverrai\nincessamment.\nCe qui avoit mis principalement tout le monde dans la plus grande\nerreur, c'est que le survivancier-surintendant de la musique, avait incon-\nsidérément assuré Mgr le Duc de Fleury, etc. que cette magnifique cha-\npelle pouvoit être remplacée par des enfants de chœur et tous chanteurs\nrécitants, choristes, musiciens qui ne seroient point de l'académie Royale de\nmusique, et qu'ainsi changée elle resteroit encore excellente et même\nsupérieure à celle que l'on quitteroit : tandis que, sans mission d'ailleurs\npour cela, il ne fournissoit que la dernière des chapelles, que la plus\nmaigre comme la plus chétive exécution musicale, et qui eut été la honte\nde l'école française, après en avoir été la gloire et être parvenu à un si\nhaut dégré de perfection, pour son exécution parfaite.\nSi on eut cru même les solliciteurs de places, on eut pu réduire cette\nchapelle à un très petit nombre de frêles musiciens qui n'eussent pas\ncoûté grande chose ; et eux se réservoient d'être bien payés.\nMais, avant tous ces efforts accumulés, le tout avoit déjà été calculé\npar la cour sur une somme de 18.000 fr., présumée devoir être accordée\noar le roi. Voyez cependant là dessus, les dernières observations à\nMgr le Duc de Fleury à la suite du\nLes grands Seigneurs me disent aujourd'hui qu'il n'y a point de\ndifficulté à conserver cette belle chapelle et qu'on peut même la consi-\ndérer déjà, pour ainsi dire, comme ratifiée par l'opinion qu'on a prise\nd'elle avec le temps ; mais ils ajoutent que le plus difficile, ce sera de\npouvoir disposer promptement de la somme nécessaire pour la payer. Je\nleur réponds que cette difficulté tombe d'elle même, dès lors que les artis-\ntes, jaloux de l'honneur de leurs places, demandent bien plus la conserva-\ntion de leurs titres et cadres qu'un payement prompt, et qu'ils sont\ndéterminés à attendre, comme tout le monde, le moment où on pourra\nleur payer les foibles mais honorables appointements dont ils jouissent.\nLa difficulté élevée d'abord par le survivancier-surintendant et quel-\nques anciens pensionnaires de la musique de Louis XV, ainsi que par\nquelques solliciteurs de places intéressés à rendre tout vacant, cette diffi-"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.22", "texte": "4\nS. I. M.\n\nculté, disons-nous, élevée par eux et quelques personnes qui les ont\nécoutés, sur les chanteuses dans la tribune de la musique, paroit de même\ndéjà tombée en désuétude plus d'aux trois quarts, depuis qu'on s'est\nhabitué à les entendre derrière des grilles voilées ; qu'on s'est convaincu\nque toutes les musiques d'église et de chapelle en Italie, en Allemagne,\nen Angleterre, en Espagne même, etc., sont chantés par des femmes\nau lieu des castras ou soprani que les papes ont deffendus ; et qu'il a été\nprouvé de même qu'en faisant chanter les par des enfants de chœur\nau lieu de chanteuses, on eut substitué àla ire chapelle qu'il y ait et qui\nseule est digne du Roi et de la Cour de France, une chapelle médiocre,\nune musique mal chantée, une éxécution du 5™ ordre qui eût deshonoré\nl'école françoise, qui eut fait d'une magnifique institution musicale, une\nmusique de bastringue, et eut transformé le grandiose religieux de la cha-\npelle de France en un carnaval de Ven\nOn eut sacrifié, enfin, au ridicule préjugé que les femmes de l'Aca-\ndémie Royale de musique ne peuvent et ne doivent chanter les louanges\nde Dieu, la conservation de la ire éxécution de musique religieuse qu'il y\nait en Europe, de l'aveu même des étrangers. Mais ce qu'il reviendroit\nd'un pareil préjugé exécuté, ne vaut pas la peine qu'on s'y arrête un\ninstant. La grande presse, en effet ! de n'avoir plus de femmes, pour\nacquérir une chapelle qui ne mériteroit plus aucune attention, et qu'il\nvaudrait mieux supprimer pour avoir un bon plainchant composé du gros\nfa-> que de garder dans un si pitoyable état et pour avoir une des dernières\nmusiques.\nMais le préjugé sur les femmes qui chantent les louanges de Dieu,\nn'a été mis en avant que par les solliciteurs de places qui se sont dit :\n\" En supprimant les femmes il restera des fonds disponibles, et nous y\n\" aurons part. Que nous importe que la chapelle soit mauvaise ; nous\n\" n'en serons pas moins placés tout médiocres que nous sommes. Ce n'est\n\" pas pour avoir une bonne musique que la cour aura une chapelle, mais\n\" c'est tout simplement pour nous faire des places \".\nAinsi, parce qu'il n'y avait pas de femmes à la chapelle sous nos\nanciens rois où il y avoit des soprani en place d'elles qui n'étoient pas\nmusiciennes, il faut qu'aujourd'hui (quoiqu'il n'y ait plus de castras) on\nse passe de femmes ou chanteuses bonnes musiciennes. Et quoique l'art\nait infiniment gagné à les admettre dans les musiques d'églises, et que ce\nsoit une grande perfection de plus, gagnée dans ce siècle, il faut néamoins"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.23", "texte": "LA MUSIQUE DU ROI LOUIS XVIII\n5\n\nles supprimer, parce que cela ne s'est pas vu du temps de Charles IX,\nd'Henri 111, d'Henri IV, etc. C'est comme si l'on disoit qu'on a eu grand\ntort d'avoir perfectionné la langue française et son style depuis\nLouis XIV, et qu'on devroit parler encore et écrire comme du\ntemps de Charles IX et Henri 111.\nPour moi, mon Excellent Monsieur Mornart, je sais bien que je\ntiendrois à grand déshonneur d'être le directeur de la détestable musique\ndont ces ridicules solliciteurs de places avoient assayé de faire présent au\nRoi de France. Mais le Roi, ni la Cour ne l'eussent pas soufferte. Au\nlerIer essai, il y eut eu murmure d'improbation ;au second, questions pour-\nquoi ce n'étoit plus la même chapelle qui éxécutoit ou qu'on entendoit ;\nau 3me, éclaircissements forcés et indignations contre les intriguants qui\neussent trompés la Cour avec cette audace ;au 4me, renvoi des solliciteurs\nde places qui eussent ainsi pris celles des autres, pour ne montrer que\nleur incapacité. Et le directeur actuel n'eut pas été témoin de ces 4\ndegrés de chûte, car il eut pris son parti auparavant, se fut désisté et n'eut\npas voulu être témoin d'une pareille honte pour l'école françoise.\nMais les solliciteurs de places qui n'ont aucun avenir dans la tête,\nqui ne voyoient que le moment présent où ils avoient trompé avec\nquelqu'espèce de succès, ne prévoyoient guère ce que deviendroient leurs\nassertions au bout seulement de quelques semaines d'expérience sur leurs\nidées. Leur espérance quoiqu'affoiblie, poursuit même encore leur erreur\ndestructive ; et bien ! qu'ils remplissent ! et la chapelle est détruite.\nSi Païsiello lerIer compositeur de l'Europe, habitué depuis 40 ans à\norganiser et diriger les premières chapelles et les plus beaux corps de\nmusique ; si le directeur actuel habitué à la même chose depuis 30 ans,\neussent pu, dès il y a 14 et 10 ans, se passer de chanteuses et de chan-\nteurs de l'Académie Royale de musique, ils l'eussent fait, car, dès ce\ntemps là, le gouvernement paraissoit trouver bon que cela pût être ainsi.\nMais, dès cette époque, il n'existait déjà plus de Castras ou Soprani\npour les dessus : il n'existoit plus 400 maîtrises des cathédrales, couvents\net collégiales qui élevoient les voix d'hommes et rendoient ces mêmes\nhommes bons musiciens : enfin il n'existoit déjà plus les corps de musique\nd'église, où l'on choisissoit les plus belles voix pour la chapelle du Roi.\nAprès dix ans, la pénurie pour la vocale est encore devenu bien plus\ngrande.\nVoilà pourquoi, à l'époque où nous sommes, il n'y a plus possibilité"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.24", "texte": "6\nS. I. M.\n\nd'avoir des musiques précisément particulières, et que d'hommes,\nou environ, qui restent pour les morceaux d'ensemble, chœurs, etc., sont\nles seules et les mêmes n'importe dans quels services. Il y avoit à Paris\net Versailles 700 voix d'hommes ; aussi, avec ce nombre, on avoit pu\navoir musiques séparément particulières, à la chapelle du Roi, à la Métro-\npole de Paris, àla Ste Chapelle, à S' Germain l'Auxerrois, aux SS. Inno-\ncens, à l'Académie Royale de musique, au Théâtre de l'Opéra Comique,\net aux Te Deum,Messes, etc., exécutés dans diverses paroisses de Paris.\nAujourd'hui il faut faire tout cela avec au lieu de\nsept cent.\nC'est encore pis dans les provinces où l'on comptoit autrefois en\nmasse, de cinq à six mille voix en activité pour les services de 400 églises\nà musique et de 400 théâtres ou environ. Aujourd'hui que tout cela est\ntombé depuis 20 ans, il ne reste pas deux cents voix tant soit peu passa-\nbles, pour toute la France. Aussi, n'y a-t-il plus de musique dans les\néglises, quoiqu'elle ait été conservée jusqu'ici partout, hors de France.\nDans la plupart des théâtres de province, quand on joue un opéra quel-\nconque, il faut passer les chœurs et morceaux d'ensemble, et se contenter\nd'entendre fort mal chanter quelques ou trios tout au plus.\nEnfin, tout dans cet art qui étoit devenu si cultivé, retournera bientôt à\nla plus grande barbarie si on n'y porte promptement remède : il n'y a\nplus en France de musiciens pour la musique vocale ; il n'en reste que\npour Y instrumentale.\nVoilà pourquoi j'avois tant demandé depuis dix ans le rétablissement\ndes maîtrises dans les églises ; que j'en ai fourni les plans demandés au\nministère des cultes ; et que d'après un travail avec les ministres Portalis\net de Preameneu, elles étoient prêtes à se rétablir : quelques-unes même le\nsont déjà. Et c'étoit au Conservatoire de Musique (école de perfectionne-\nment) que les meilleures élèves sortant des maîtrises des cathédrales, etc.,\ndevoient venir achever leurs études dans le chant, la composition, etc. et si\non ne prend promptement ce parti, il faut s'attendre à ne plus pouvoir\nexécuter en France, ni musique françaiseni musique Il n'y aura\nplus moyen de chanter ni grands opéras, ni opéras-comique à morceaux\nd'ensemble, ni la musique de la chapelle du Roi, ni aucune musique des\néglises, ni les messes des morts, ni aucun service solemnel, ni les Te\nDeum et cérémonies publiques, etc. etc. et cela arrivera, je le prédis,\navant 6 ou 7 ans ; ou si l'on ose encore exécuter de grandes musiques, ce"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.25", "texte": "LA MUSIQUE DU ROI LOUIS XVIII\n7\n\nsera du dernier mauvais, et, vis à vis de l'étranger, a la honte de.l ecole\nfrançoise. Le prompt rétablissement des maîtrises peut donc seul donner\nl'espérance de combler à mesure ce vide désolant, et d'avoir a peu près\nles voix d'hommes nécessaires, mais d'ici a plusieurs années.\nPuisse ce qui nous reste de bon à Paris, mon excellent monsieur\nMornart, puisse la belle chapelle royale attirer votre intérêt, et puissiez-\nvous l'inspirer à Mgrs les Ducs de Fleury, de Pienne, de Duras, avec\nlesquels vous travaillez. C'est une magnifique institution musicale à con-\nserver. Pardon de ma longue lettre ; l'intérêt que je porte à la chapelle\nm'excusera auprès de vous. Employez, je vous en conjure, votre crédit\nauprès de Monsieur le Duc de Fleury pour conserver au Roi une musi-\nque digne de la Cour de France. Cette entreprise ne peut que vous faire\nhonneur et vous faire bénir de cent artistes ; elle me confirmera l'amitié\nque vous avez bien voulu me montrer ; je la mérite par le cas que j'en\nfais. C'est dans ces sentiments que je reste pour la vie avec un attache-\nment sans bornes et avec la plus vive reconnaissance,\nMon excellent Monsieur Mornart\nVotre très humble et très obéissant serviteur\nle CHEVALIER LE SUEUR,\nprovisoirement, directeur et compositeur de\nla musique du Roi.\nChez M. Naderman, près le passage St-Rock, Rue d'Argenteuil."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.26", "texte": "LE BRÉVIAIRE ET LA MUSIQUE LITURGIQUE\n\nTout le monde connaît la fable de La Fontaine :\nDans un chemin montant, sablonneux, malaisé,\nSix forts chevaux tiraient un coche.\nFemmes, moine, vieillards, tout était descendu.\nLe moine disait son bréviaire...\nMais on connaît moins si tant est qu'elle soit connue de quelques-\n-1 origine de 1 usage ou sont les ecclésiastiques de dire leur bréviaire\nsoit chez eux, soit sur les chemins. Nous en puisons la connaissance, ainsi\nque la plupart des notions musicologiques qui font l'objet du présent\narticle, dans un savant ouvrage de Mgr. Batiffol, ancien directeur de\nI Institut Catholique de Toulouse 1 ; car un fait généralement ignoré\naussi, du moins par les artistes et par les gens du monde adonnés à la\nmusique profane, c est que les textes accompagnés de mélodie que ren-\nferment livres liturgiques se retrouvent, en majeure partie, ainsi que\nles leçons dans le bréviaire, destiné, lui, àla lecture pure et simple.\nII ressort de là que, des offices chantés durant des siècles, nous allons voir\nsortir ce qu on pourrait appeler le livre de chevet des moines et des prêtres.\nMais d'abord à quelle époque remonte l'obligation, pour les clercs,\nde chanter 1 office divin nuit et jour ?2\nFaisons ici un peu de bibliographie musico-liturgique.\nEn 1653 fut publié un ouvrage fondamental du cardinal Bona :\nDe psalmodia,3 où la question qui nous intéresse a été discutée et\ndéveloppée>avec toutel'ampleur qu'elle comporte.Puis sont venus Mabillon,\n\nStolre bréviaire romain, par Pierre Batiffol. 3e édition refondue. Paris, librairies Alph. Picard et\n9 1?.°9, Chacun des Points traités est, dans ce livre, accompagné d'un renvoi aux sources\nOn en lira plus loin le détail (p. 10.)\nIl faut prendre le mot t 6 psalmodia dans l'acception de <{ chant liturgique. \""}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.27", "texte": "BRÉVIAIRE ET MUSIQUE LITURGIQUE\n9\n\nTomasi, Gerbert, Martène, Grandcolas, et, dans les temps modernes,\nGuéranger, d'autres Bénédictins, auteurs de la Paléographie musicale et à\nleur tête Dom Pothier, puis enfin Mgr. Louis Duchesne,1 cité souvent\npar Mgr. Batiffol, mais qui a laissé à cet érudit la tâche spéciale\nde nous exposer les phases par lesquelles a passé le bréviaire, notamment\nau point de vue musicologique.\nSl3 Jean Chrysostome, au IVe siècle, raconte que les ascètes d'Antioche,\nsa ville épiscopale, ne se bornent pas, comme les ascètes et les vierges\nd'autre part, à réciter les prières et les psaumes ; mais, dit-il encore,\n\" à peine le coq a-t-il chanté, ils se lèvent. A peine sont-ils levés, il\nentonnent les psaumes de David, et avec quelle harmonie ! Il n'y a ni\nharpe, ni flûte, ni tel autre instrument de musique qui donne un chant\npareil à celui que l'on entend monter, dans le silence et dans la solitude,\ndes lèvres de ces saints. De même quand ils chantent avec les anges, oui,\navec les anges, le Laudate Dominum de tandis que nous, hommes du\nsiècle, nous reposons encore, ou qu'à demi éveillés, nous ne songeons\nqu'à nos misérables desseins. Au point du jour seulement ils se reposent,\net encore, à peine le soleil a-t-il paru, ils se remettent à la prière et\nexécutent leurs \" Laudes \" matinales. \" 2\nLe même père ajoute que les ascètes et les vierges se livrent en\noutre à la psalmodie quotidiennement, non seulement au chant du coq,\nmais encore à la troisième, à la sixième et à la neuvième heure du jour.3\nLa psalmodie eut longtemps un caractère purement privé; longtemps\nelle fut le fait exclusif des ascètes et des vierges. Le reste du peuple\ns'en tenait aux prières du matin et du soir. Le chant d'alors était en solo,\net même la voix de ceux qui chantaient était si ténue que S* Athanase,\npuis S* Augustin ont pu la comparer à la récitation.4 Mais ala date ou\nnous arrivons, cette psalmodie devient un exercice public. Les Con-\nstitutions apostoliques, document de l'époque, prescrivent une réunion\nquotidienne du peuple dans les églises, à l'aurore et le soir, pour\n\" psalmodier\" et prier. Le matin on chantera le psaume 62 et le soir,\nle psaume 140. (Au troisième siècle on ne réunissait les fidèles que le\ndimanche.) Cet usage, parti de Syrie, se répandit bientôt dans toute\n\n1 Origines du Culte, 2e édition, 1898.\n2 Chrysostome, Homélie XIV, in I Tim., 4. (Patrologie latine de Migne, LXII. Traduction résumée de\nBatiffol, p. 19).\n3 Neuf heures du matin, midi et trois heures du sôir.\n4 Tam modico flexu vocis faciebat sonare lector psalmi, ut pronuntianti vicinior erat quam canenti."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.28", "texte": "IO\nS. I. M\n\nl'Eglise grecque et romaine. D'après un texte de Sfc Hilaire datant de\n360, le matin on disait les prières et le soir on chantait des hymnes. 1\nS 4 Chrysostome importa la réunion quotidienne d'Antioche à Constan-\ntinople, 2 S* Ambroise l'établit à Milan.\nMgr. Batiffol reproduit le récit de voyage d'une pèlerine, Silvia,3\nqui visita ies lieux saints entre 385 et 388. \" A la dixième heure, que\nnous appelons Lucernare, la foule se porte à l'Anastasis. 4 Tous les cierges\nsont allumes... On chante alors les psaumes du soir (psalmos lucernares),\nqui sont des psaumes longuement antiphonés.5 Au moment voulu, on a\nprévenu 1 eveque : il descend, il s'asseoit sur son siège élevé, les prêtres\nautour de lui a leurs places. Le chant des psaumes et des antiphones\ns achevé. Alors l'évêque se lève, et il reste debout devant la balustrade\npendant qu'un diacre fait la commmémoraison de chacun et que les\npisini ou jeunes enfants, qui sont là très nombreux, à chaque nom répon-\ndent : Kyrie eleison.Leurs voix sont infinies... Le diacre ayant fini son\nénumération, l'évêque prononce une oraison. \" Etc.6\nEntre la psalmodie et les oraisons prononcées par l'évêque et par les\nassistants, se place une brève litanie, dite par un diacre, auquel répondent\n|es enfants. \" La psalmodie est le corps de l'office. \"\nQuant à l'office nocturne, avant le chant du coq, les ascètes et les\nvierges se rendent à l'Anastasis, auxquels se mêlent de simples fidèles, et,\njusqu'au lever du soleil, on psalmodie. Suivant la distinction de notre\nguide,7 les deux termes de la Peregrina \" dicuntur hymni, psalmi\nrespondentur \" désignent, l'un, les psaumes dits en solo, l'autre, les réfrains\nchantes a l'unisson par l'assistance.8 Mais, contraints de nous limiter,\npassons sans nous y arrêter sur les psalmodies de sexte, de none, de vigile,\net sur les nocturnes exécutés antérieurement par les ascètes et les vierges,\npuis par l'assemblée laïque. Le solo du lector a été supprimé : le chant\n\n1 Le mot hymnes comprenait alors les psaumes.\nA Constantinople, dit Palladius, \" le clergé fut fort chagriné de ne plus pouvoir dormir, à son habitude,\ntoute la nuit. (Dial. histor., 5.)\n3 Peregrinatio ad loca sancta. Ou plutôt l'Espagnole Etheria, suivant Dom Férotin, qui a démontré cette\nattribution. (Batiffol, p. 23.)\n4 Sanctuaire qui recouvre le Saint Sépulcre.\n5 L'antiphone, dans ce passage et à cette époque, c'est—le solo des ascètes et des vierges ayant été abandonné\ncomme insuffisant dans les vastes enceintes, remplies d'une foule nombreuse et bruyante la psalmodie de\nl'assemblée entière, partagée en deux chœurs, chantant l'un le premier verset, l'autre le second, et ainsi de\nsuite. (Batiffol, p. 30.)\n6 Traduction Batiffol.\n7 Batiffol, p. 24.\n* Id., p. 25."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.29", "texte": "BRÉVIAIRE ET MUSIQUE LITURGIQUE\n11\n\nalternant de deux chœurs formés par l'ensemble des fidèles l'a remplacé\ndans les basiliques. Cette alternance constitue l'antiphone, qui, pratiquée\nd'abord dans les églises syriennes, puis à Antioche, le fut bientôt dans\ntout 1 Orient grec. Une légende fit attribuer à Ignace, évêque d'Antioche,\nune vision lui montrant les anges qui chantaient ainsi les louanges de la\n.. Trinité. Cette nouvelle manière de chanter les psaumes rencontra, comme\ntout progrès, des contradicteurs, auxquels répondit St Basile, qui l'avait\nmis en usage à Césarée ; elle fat établie successivement dans les églises\nd'Asie Mineure, de Palestine, à Constantinople et à Milan. On trouva\ndans 1 antiphone une variété mélodique, une expression pathétique, et\ndes lors, selon 1 expression de Mgr. Batiffol, le chant des psaumes, après\navoir commence par être de la déclamation, est de la musique.1 II rapporte, à\nce propos, un récit touchant de Sozomène2 que nous croyons digne d'être\nreproduit. En 387, lorsque Flavien, évêque d'Antioche, se rend à Con-\nstantinople pour implorer la grâce des habitants de cette ville, qui ont\nencouru la colère de Théodose, il demande aux jeunes chanteurs\nassis a la table du palais de chanter les psalmodies suppliantes de\n1 Eglise locale. L'empereur est ému aux accents de cette musique si\nexpressive et si nouvelle : des larmes tombent dans la coupe qu'il tenait à\nla main. Cette émotion, effet de la cantilène antiphonique, Sfc Augustin\nl'éprouva aussi : \" Combien j'ai pleuré, écrit-il, au son de cette psal-\nmodie! \" 3 Une fois introduite à Milan, elle gagna successivement toutes\nles Eglises occidentales.\nA Rome, sur la fin du cinquième siècle, la récitation des heures et\nla psalmodie gardent encore un caractère privé et individuel. Nous le\nsavons par la correspondance si intéressante de S' Jérôme, directeur spiri-\ntuel de plusieurs pieuses matrones ; mais il n'en va pas de même des\nvigiles, auxquelles assistent la foule des fidèles. Les pernoctationes donnaient\nlieu, parfois, à des scènes scandaleuses que provoquait la jeunesse libertine.\nAu temps où la mélodie liturgique florissait dans l'Eglise de Milan,\ncomme à Constantinople avec la musique grecque, on ne la connaissait\npas à Rome. Les psaumes y étaient chantés par des diacres, non pas à\ndeux chœurs alternants, mais tout d'un trait, ainsi que les litanies. Ce\nn'est qu'au cinquième siècle que le pape Célestin fit chanter les psaumes,\n\n1 Batiffol, p. 32.\n2 Histoire ecclésiastique, VII, 23.\n3 Confessions, IX, 6."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.30", "texte": "I 2\nS. I. M.\n\navant la messe, en chœurs antiphoniques. S* Grégoire le Grand, au\nsixième, fonde une Schola cantorum^avec laquelle nous voyons inaugurer\nle chant dit Grégorien. 1\nSous le pape Hadrien ler,Ier, dans le cours du huitième siècle, on chante\nnon seulement les heures tierce, sexte et none, mais encore celles de\nprime et de vêpres. Dans ce même temps apparaît le Sanctoral, recueil\nd'offices en l'honneur de la Vierge, des martyrs, des confesseurs et de tous\nles justes, mais ces offices gardent leur caractère local. C'est alors aussi\nque nous voyons la liturgie canonique pénétrer, avec cette addition, chez\nles Francs carolingiens. Dès le septième siècle, d'ailleurs, l'Angleterre\npratiquait la cantilène de la curie. Puis vint le tour des Eglises de Metz\net de Rouen. L'antiphone était encore le chant alternant des psaumes,\nmais le mot prend en outre le sens moderne : \" une courte phrase musi-\ncale écrite sur des paroles qui ne sont pas nécessairement prises au\npsaume, ni même au psautier. \" 2\nNotre maître à tous en musicologie antique et même, à certains\négards, médiévale, Gevaert, dit avoir recueilli, dans le de Réginon\net ailleurs, 951 antiennes dont il donne en majeure partie les paroles et\nla musique, du moins les premières notes de chacune d'elles, en y joignant\nles observations qui s'y rapportent au point de vue de leur modalité,\ncomparée avec celle des anciens Grecs.3\nIl n'est que juste de mentionner ici la riche nomenclature hymno-\nlogique publiée par l'infatigable chanoine Ulysse Chevalier.\nGevaert en a fait la remarque (Ouv. cit., p. 222), la conservation\n\" vraiment étonnante \" des mélodies antiphoniques fut l'œuvre des moines.\nEn retirant au clergé régulier le service des heures canoniques à la basi-\nlique de S' Pierre, pour le confier à une congrégation conventuelle,\n\n1 L'examen des questions qu'a soulevées ce chant ne rentre pas dans le cadre de notre historique.\nMgr. Batiffol (p. 69 ; document, p. 177) semble adopter l'opinion d'un liturgiste anonyme qui, au huitième\nsiècle, attribuait la formation littéraire et mélodique de l'Antiphonaire, non plus à S* Grégoire seul, mais aux\npapes Sfc Léon, qui mourut en 461, Gélase, Symmaque, Jean, Boniface 11, et \"seulement à Grégoire\n(590-604) la création collective de la cantilène romaine des antiennes et des répons, \" travail continué par le\npape Martin (mort en 633) et par des maîtres chanteurs obscurs, notamment Catalenus, Maurinianus, etc.\n2 Batiffol, p. ni. \" Le psautier, ajoute l'historien du bréviaire romain, se chante sur le ton de cette\ncourte phrase, qui est chantée en tête du psaume, qui est répétée à la fin du psaume, et qui est répétée au\ncours même du psaume. On voit qu'il s'est produit là une confusion du psalmus responsorius et de la psalmodie\nantiphonée ancienne, cette dernière ayant incorporé le refrain qui constituait le psalmus responsorius et lui ayant\ndonné fort improprement le nom d'antienne. \"\n3 La Mélopée antique dans le chant de /'Eglise latine, chap. VII. Gevaert, on le sait, laisse parfois trop\nde champ à son hypothèse, qu'il présente sous une forme affirmative ; mais cette série d'exemples antiphoniques\nforme une masse imposante de matériaux qui apportera une ample contribution à l'histoire de la musique\nreligieuse"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.31", "texte": "BRÉVIAIRE ET MUSIQUE LITURGIQUE\nI 3\n\ndirigée par un chef unique, Léon le Grand assura de la manière la plus\nefficace la fidèle transmission des cantilènes de la liturgie médiévale. \"\nNous approchons de l'époque où se dessine la formation du bréviaire\nproprement dit, celui qui ne se chante plus, mais que le moine-prêtre\nlit chez lui ou en voyage. On a vu l'office romain s'implanter dans la\nFrance du huitième siècle, c'est-à-dire sous le règne et par l'influence\ndes premiers Carolingiens, principalement de Charlemagne. Nous nous\narrêterons un moment à considérer les \" fêtes du temps \", réunies dans le\nrecueil rituel nommé le Temporal,lesquelles commençaient à l'Avent et se\ncélébraient lors des quatre dimanches qui précèdent Noël. A ces quatre\ndimanches correspondaient quatre \" stations \" dans autant de grandes\néglises romaines.1 L'office de ces dimanches était, quant àla psalmodie,\nl'office dominical du commun ; il comprenait neuf \" leçons \" ou lectures\nde textes bibliques et patrologiques, la neuvième une homélie. \" Les répons\ndevaient donner à l'office sa physionomie propre. \" Le savant ecclésiastique\nvante avec un enthousiasme communicatif la mélodie de ces compositions\nresponsorales. A ne l'apprécier qu'avec le critérium qui nous sert, faute\nde mieux, à juger les chœurs des tragédiens antiques, \" comme il reste\nencore de beautés à ces répons du propre du temps, humbles centons qui\narrivent à parler un langage dramatique, comme le dialogue de la tragédie\ngrecque antique!\" Et il reproduit, à titre d'exemple, \"cet admirable\nrépons du premier dimanche de l'Avent, le répons Aspiciens a longe, où,\nprêtant à Isaïe un rôle qui rappelle une scène célèbre des Perses d'Eschyle,\nla liturgie fait adresser au chœur, par le préchantre, ces paroles énigma-\ntiques ; Aspiciens a longe ecce video Dei potentiam venientem, etc. \" Suit la\nscène entière.2\nAux neuvième et dixième siècles, l'office des saints, des martyrs, des\nvierges, etc. {le Sanctoral) prend une place de plus en plus importante\ndans la liturgie romaine ; seulement les parties légendaires en sont écartées\navec un soin jaloux par le clergé de S* Pierre,3 mais conservées dans\nmainte autre église. Les textes chantés dans cette basilique sont tous tirés\nde la Bible, excepté un répons du 29 juin, composé par le pape Simplicius\n(468-483) et formé de six hexamètres ; c'est le texte d'une inscription\n\n1 Le quatrième dimanche n'eut pas de station avant le douzième siècle. (Batiffol, p. 134.)\n2 Batiffol, ibid.\n3 Dès le sixième siècle, la lecture des Gesta martyrum était interdite à Rome dans des réunions du culte.\n(Gevaert, La Mélopée antique, etc., p. 169.)"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.32", "texte": "14\nS. I. M.\n\ngravée par ce pontife au-dessus de la basilique de S' Pierre. Ce répons\ncommence ainsi :\nQui regni claves et curam tradit ovilis. 1\nNous renvoyons à Y Histoire du (p. 140 et suiv.) le\nlecteur qui voudra se faire une idée du charme pénétrant dont sont\nempreints les répons chantés durant le temps pascal2 sous le règne de\nCharlemagne, \" répons qui sont presque tous, dit l'auteur dans notre\nbréviaire. \" Les documents qu'il a d'abord résumés, puis reproduits, sont\nremplis de détails sur la partie musicale de l'office célébré à Rome,\nnotamment avant, pendant et après la solennité de Pâques.\nAu onzième siècle, le pape Grégoire VII, réformateur de la liturgie,\nécrit en propres termes : antiquo mor 3 Même au\ndouzième, on observe encore la psalmodie du huitième ; mais le treizième\napporte avec lui une forme nouvelle, \" l'office moderne, \" et voici qu'on\nrencontre, dans une bulle de Grégoire IX, datée du 7 juin 1261, le mot\nBreviarium. Cet office moderne, c'est le psautier gallican, autorisé par ce\nmême pontife, mais différent en plusieurs points de l'office romain. Dans\nla description du cérémonial d'une sau douzième siècle,\nlors de la visite solennelle que fait le pape àla basilique de St Pierre,4 nous\nrelevons ces détails caractéristiques : Le grand chantre, avec la schola\ncantorum, commence immédiatement par l'antienne du premier psaume\ndu premier nocturne... La schola chante les répons. Après la troisième\nleçon du troisième nocturne, le Te Deuest exécuté par la Schola immé-\ndiatement à la suite ; les laudes, psaumes et antiennes, chantés par la\nSchola, puis le verset, puis le Benedictus et ses antiennes.\nLa question des hymnes et du recueil appelé YHymnaire se rattache\nessentiellement à notre sujet. S* Ambroise a composé plusieurs de ces\npoésies, mais elles étaient faites pour être récitées (ou chantées ?) plutôt\npar le peuple que sous les voûtes de la basilique milanaise. Une collection\nd'hymnes dits ambrosiens se forma du cinquième au sixième siècle et se\nrépandit en Italie, en Gaule, en Espagne. St Benoît la fit entrer dans\nYOr do psallendi et chanter à presque tous les offices. Du reste, si tel\nconcile (Braga, en 563) s'oppose à l'introduction des hymnes dans le\n\n1 Batiffol, p. 169.\n2 Période comprise entre le samedi saint et la Pentecôte.\n3 Batiffol, p. 193.\n4 Batiffol, p. 183 et suiv."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.33", "texte": "BRÉVIAIRE ET MUSIQUE LITURGIQUE\ni 5\n\ncanon liturgique, tel autre (Tolède, en 633) proteste contre cette inter-\ndiction. Quant à la curie romaine, elle ne les admit qu'au treizième\nsiècle. Deux hymnes seulement y furent chantés antérieurement. L'histo-\nrique de l'hymnologie médiévale, malgré l'intérêt qu'il présente, nous\nentraînerait beaucoup trop loin ; nous nous bornerons à rappeler dans\nquelles circonstances fut composé l'hymne\nhymne d'où Guy d'Arezzo tira, comme on sait, les six premières notes\nde notre gamme, ut, ré, mi, fa, sol, la, remplaçant, comme on l'a dit\navant nous, le tétracorde des anciens Grecs par un hexacorde. 1 Paul\nDiacre, moine du Mont Cassin, historiographe de Charlemagne, qui lui\ndonna la mission de compulser les saints pères grecs et latins pour en\ntirer les éléments d'un homiliaires, certain jour qu'il était occupé à\nconsacrer un cierge pascal, fut pris d'une esquinancie et par suite sa voix,\nd'ordinaire assez mélodieuse, devint rude et rauque. Alors, pour la\nrecouvrer, il composa et mit en musique cet hymne : Ut queant laxis en\nl'honneur de S' Jean Baptiste.\nMais revenons à notre historique du Bréviaire.\n\" La récitation quotidienne de l'office divin exigeait que les clercs,\nqui maintenant y étaient individuellement astreints, en possédassent le\ntexte, et ce texte constituait une immense écriture. La psalmodie propre-\nment dite requérait un psautier ; les antiennes, un antiphonaire ; les\nrépons, un responsoral ; les leçons, une Bible, un homiliaire, un passion-\nnaire ; ajoutons-y un collectaire ou recueil d'oraisons, un hymnaire, un\nmartyrologe... Il y a nécessité, du moment où l'office divin devient un\ndevoir commun à tous, d'en rendre la récitation plus aisée à chacun. De\nlà une série d'essais de modification, d'où sortira un jour le \" bréviaire. \" 2\nDès le onzième siècle, il s'était formé des recueils liturgiques\nce sont de petits livres, des epitomata, des breviaria. On cite un de ces\nrecueils, datant du douzième siècle, conservé à la cathédrale de Durham,\nqualifié breviarium parvum itinerarium.L'usage de ce livre, nommé aussi\nbreviarium portatile, se propagea rapidement, encouragé par la curie. Le\npape donnait lui-même l'exemple de la lecture quotidienne, faite en\nparticulier. Le treizième siècle vit les premiers bréviaires qui reçurent\n\n1 Batiffol, p. 215. Source : le Ratïonale de Jean Beleth (Patrologie latine, t. LXIV), petit traité liturgique\nrédigé probablement entre 1161 et 1165. Le dernier vers de la strophe : Sancto lohannes n'aurait-il pas,\nvers la fin du XVIIe siècle, fourni le nom de la septième note (S, I, si), nom que lui donna, croit-on, le musicien\nLe Maire ? (Voir T. T. Rousseau, Dictionnaire de musique, art. si.)\n2 Batiffol, p. 235."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.34", "texte": "i 6\nS. I. M.\n\ncette destination. Innocent 111 régla l'ordinaire pontifical en 1205, à ce\nque l'on croit généralement*; mais il est plus probable que ce règlement\nfut postérieur à 1216. 1\nMaintenant que le bréviaire sa est devenu un livre de\nlecture rituelle qui se place à côté des offices chantés, nous pourrions\nclore cette notice ; mais nous ne poserons pas la plume sans rapporter le\ntémoignage ou plutôt les impressions d'un chroniqueur contemporain du\nnom de Salembene 2 : \" Le pape Innocent 111 réunit un concile en 12 15;\nil améliora et régla l'office ecclésiastique, y fit des additions et des retran-\nchements, et encore n'est-il pas bien réglé, au gré de beaucoup de gens\net en réalité, vu qu'il s'y trouve un grand nombre de choses superflues,\nqui sont plutôt fastidieuses qu'édifiantes, tant pour les auditeurs, que\npour ceux qui les récitent, comme par exemple à prime du dimanche,\nquand les prêtres doivent dire leur messe, et que le peuple l'attend, et\nqu'il n'y a personne pour la dire, l'officiant étant retenu par prime. De\nmême aussi, réciter dix-huit psaumes à l'office dominical de nocturne\navant le Te Deutn, et cela, en été, quand les puces vous tourmentent, que\nles nuits sont courtes et la chaleur intense, et tout aussi bien en hiver,\nc'est là une cause d'ennui (taedium provocat). Il y a encore beaucoup à\nchanger dans l'office ecclésiastique, qui pourrait être amélioré. \"\nCette amélioration appliquée au bréviaire fut l'œuvre des siècles\nsuivants et se continua jusqu'au jour où le concile de Trente régla défi-\nnitivement la composition et la rédaction du encore\nen vigueur aujourd'hui.\n\nCh.-Em. Ruelle.\n\n1 Id., p. 241.\n2 Batiffol, ibid., d'après les Monumenta Germaniae, Chronica, p. 31"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.35", "texte": "§ 3. - La ble corde.\ndou\nL'apparition de la double corde, mieux encore que la nouvelle tech-\nnique de l'archet et de la main gauche, marque la rupture avec la tradi-\ntion qui faisait du violon un simple dessus parmi tant d'autres, laissant à\nla fantasie de quelques virtuoses isoles tout ce qui dépassait cet humble\nniveau. La double corde exige une connaissance approfondie de l'instru-\nment, des doigts assouplis, un archet pose : \"Il est bien de conséquence,\ndit Brossard,2 que toutes les chordes qui doivent faire entendre l'accord\nparlent ou soient entendues également. Pour cela il est nécessaire que\nl'archet soit équilibré sur les deux cordes, et capable, s'il se présente un\naccord de trois ou quatre sons, d'arpéger rapidement les premiers, puisque\nla courbure du chevalet ne permet pas de jouer de façon continue plus de\ndeux parties.\nA qui revient, en France, le mérite de l'avoir le premier employée ?\nLe Mercure de France de i juin 1738 nomme Leclair ; Senaillé, disent\nquelques autres, et le plus grand nombre accorde la priorité à François\nDuval.\nNous devons pourtant mentionner, dans les sonates de Mademoiselle\nde Laguerre (1695) une suite de tierces et de sixtes qui nécessite un\nchangement rapide de position :\n\n1 Nous traitons naturellement sous ce titre traditionnel, de la polyphonie du violon, qu'elle soit à deux\nprois ou quatre parties.\n3 Méthode op. cit. p. 13."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.36", "texte": "2 O\nS. I. M.\n\nDuval, en 1704 écrit aussi des doubles cordes qui procèdent par mouve-\nment parallèle ; \" note contre note \" en utilisant le plus possible de\ncordes à vide :\nIl s'enhardit, dans la S. II à accompagner en blanches une partie\nsupérieure écrite en noires :\nDe plus nous trouvons ici des croisements de doigts (parfois à la\n1/2 position) et des quintes justes, pour lesquelles un seul doigt appuie\nsur les deux cordes, ce qui exige une tenue parfaite de la main gauche.\nDans la S. IV (rondeau), doubles cordes discontinues, avec emploi\nde la troisième position ; mais Duval n'hésite pas à créer une disymétrie,\nquand il lui paraît qu'à telle mesure, une double cordelserait dangereuse :\nDans la Sonate V, les deux parties évoluent avec une certaine\nindépendance :\nLes doigts s'y croisent aussi (ire mesure) et nous trouvons une quinte\nassez difficile à la 3me Pos. Cette même année 1704, Mascitti écrit de"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.37", "texte": "LA TECHNIQUE DU VIOLON\n\n2 I\n\nlongs passages en doubles cordes a la 3 pos., parfois meme a la seconde :\nDans Rebel (1705) quelques accords de trois sons, mais qui utilisent\npresque toujours une corde à vide. Marchand le fils écrit (1707) tout un\n\" Air par accords \" sans quitter la première position exception faite\nLe IVme livre de Du val, paru en 1708, contient quelques triples cordes\net ses \" variations dans le goût de la trompette \" offrent un exemple\ndéjà curieux de préparation au double trille :\nPiani exploite la sonorité assez étrange on sait le parti que Gluck par\nexemple en a tiré de l'unisson sur deux cordes dont l'une est jouée\nà vide :\nIl risque des triples cordes difficiles :\nFrancœur aîné ( 171 5) sait écrire en triples et quadruples cordes :"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.38", "texte": "22\nS. I. M.\n\nC'est lui, et non Leclair, comme le dit faussement le Mercure de France\nde juin 1738, qui le premier en France a l'idée d'employer sur les cordes\ngraves le pouce de la main gauche :\nFrancœur cadet (1720) enchaîne des suites de quartes, avec multiples\ncroisements de doigts :\nIl fait, sous une tenue, se dérouler une partie mélodique :\nIl écrit même un semblable dessin sous un trille continu :\nLeclair (1723) que l'on a si souvent considéré comme le premier français\nqui ait usé de doubles cordes (Cf. Mercure de France, juin 1738, dom\nCaffiaux, Daquin, op. cit., etc.) n'introduit dans son premier livre aucune\nréelle innovation. Il utilise et coordonne merveilleusement les ressources\nde la technique de son temps : doubles, triples et quadruples cordes à la\n3e pos. :"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.39", "texte": "LA TECHNIQUE DU VIOLON\n23\n\npassages en imitations :\nemploi du pouce, à l'exemple de Francœur :\nSon mérite principal est de donner aux tentatives fragmentaires de ses\nprédécesseurs la cohésion qui leur manquait, de les développer, de les\npousser à leurs dernières conséquences, enfin d'en faire ils n'y avaient\npas toujours songé de la musique.\n§ 4. DE QUELQUES AGRÉMENTS, DE L'EXPRESSION\nLe trille. Lorsque Brossard énumère et classe vers 1715 les\néléments de l'Art du violon, il donne à l'étude des \" agréments \" une place\nprivilégiée.\nPour jouer du violon, il faut, nous dit-il :\ni° En connaître les parties et leur usage.\n2° Savoir le tenir et placer les doigts.\n30 L'accorder.\n40 En bien connaître le manche.\n50 En bien gouverner et conduire l'archet...\n6° \" Enfin... savoir y placer a propos tous les agréments du chant et les\nexécuter proprement.\"\nDe ces agréments, le plus important, le seul qui soit dans les\nméthodes l'objet d'une véritable étude technique est le trille.1 Il se\nprésente sous des aspects variés :\n\n1 Pour l'étude détaillée des ornements voir les méthodes citées, en particulier Playford, Corrette, Geminiani,\nLeopold Mozart, l'Abbé le fils et surtout le très intéressant avertissement des trios nouveaux de Toinon (1699,\nBibl. Nat)."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.40", "texte": "2 4\nS. I. M.\n\nLe Tremblement,l'équivalent exact de ce que nous appelons proprement\ntrille ; on l'appelle parfois cadence : \"la cadence... est ordinairement\naccompagnée d'un tremblement ; aussi dans l'usage on confond ces deux\nmots. On la marque par une petite croix + \" quand il se rencontre\nune petite croix + sur une notte, il faut bien appuyer le doit de cette\nnotte et trembler le doit d'au-dessus. \"2\nLe tremblement est generalement appuyé ou soutenu, surtout lorsqu'il\npréparé a la cadence : \" Soutenir un tremblement, c'est poser d'abord le\ndoit qui doit trembler, le rendre immobile pendant la moitié d'un coup\nd archet, et le lever après avoir tremble un moment, avant que l'archet\nfinisse, afin que 1 on puisse distinguer la notte sur laquelle le tremblement\nest marqué. \"3\nAu tremblement correspond le battement qui emprunte la seconde\ninférieure :\nEnfin le pincé et le pincé renversé ou (marqué par un\ntrait vertical, ou le signe +, ou une simple croix, se font sur des notes\nplus brèves :\nLa cadence peut être encore, selon le mode de préparation ou de résolu-\n\n1 Toinon, op. cit. Explication des ornements.\n3 Montéclair. Méthode de violon, op. cit., p. Q.\n3 HT* • • * 7 I 7\n9 Toinon, op. cit."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.41", "texte": "LA TECHNIQUE DU VIOLON\n25\n\ntion, feinte, double, flattée, tournée ; ces différences intéressent le style,\nnon la technique.\nL'étude du trille avait été de bonne heure poussée très loin. Mon-\nsieur de Mermet1 se plaint, en 1746, de ce que l'on n'entend plus \" ces\nbelles cadences bien battues \" auxquelles s'était complu le début du siècle.\nC'est donc que l'on appréciait la difficulté d un trille égal et bien conduit.\nOn savait en accélérer le mouvement jusqu a la fin ; \" dans la cadence\nflattée, les battements doivent être longs au commencement.\nLes doubles trilles nous prouvent que l'on savait triller de tous les\ndoigts. Le trille des deuxième et troisième doigts était pourtant le plus\nemployé.\nDuval sait le soutenir pendant plusieurs mesures, et l'employer\nconcurremment avec une double corde :\nMarchand le fils (1707), dans son \"Air par accords\", ébauché un\neffet dont Tartini tirera le parti que l'on sait (Trille du Diable) en super-\nposant un trille soutenu à une partie mélodique :\nIci le trille est battu avec le premier doigt, il faut par conséquent\nfaire le si avec le deuxième doigt en régression.\nLe même Marchand écrit un double trille (Fugue de la S. IV), en\nemployant il est vrai, une corde à vide :\n\n1 Mercure de France 174.6 cité par Dom Caffiaux. Mss. bibl. nat. fonds français 22536.37.\n2 Toinon, op. cit."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.42", "texte": "2 6\ns. I. M.\n\nFrancœur cadet (1720) tire un plus ample parti de l'effet imaginé\npar Marchand :\nDans Leclair (i livre 173°) toutes les variétés de trilles sont, comme on\npouvait s y attendre, utilisées et perfectionnées. Leclair use largement des\nattements rapides et brillants éparpillés, dans les mouvements vifs, à\ntravers toute l'étendue du violon :\ndes doubles trilles à la tierce, parfois dans des positions difficiles :\nEnfin, le premier, il ose écrire un double trille à la sixte, que l'on\nretrouve d'ailleurs dès l'année suivante, dans Baptiste Anet (Sarabande\nS. VI).\nOn pourrait se demander s'il ne s'agit pas là d'un trille très bref,\npince, ou cadence feinte, mais Léopold Mozart en 1756, dans sa méthode,1\n°nne un exemple qui prouve que l'on se servait réellement de ce double\ntrille à la sixte\nOn se rend compte de la virtuosité qu'exige ce continuel va-et-vient\ndu premier doigt d'une corde à l'autre, et nous pouvons arrêter notre\n\nt Méthode raisonnée pour apprendre le violon. L'original est de 1756, la traduction française, par\nValentin Rœser, de 1770,"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.43", "texte": "LA TECHNIQUE DU VIOLON\n27\n\nétude à ces sonates de 1723, qui imposent un tel effort au virtuose. Si\nelles négligent quelques effets nouveaux dont s'énorgueillit la technique\nmoderne, ce n'est pas qu'un Leclair eût été incapable de les réaliser,\nc'est qu'il n'y avait pas pensé.\nL'interprétation. A parcourir les œuvres du commencement du\nXVIIIe siècle, on est tout d'abord frappé par la nudité du texte musical.\nGay où Lentement, allegro ou Andante, Allemande allegro ou Sarabande\nandante, pour les indications de mouvements ; pour les nuances, Fort,\nDoucement, toujours opposés deux à deux et c'est tout. On est assez\ntenté d'en tirer, avec Fétis,1 cette conclusion, que les compositeurs du\nXVIIIe siècle \"n'avaient point imaginé de colorer la musique par des\nnuances variées : (qu'ils ne connaissaient qu'une sorte d'effet de conven-\ntion, lequel consistait à répéter une phrase piano après qu'on l'avait fait\nentendre forte.\" Michel Brenet,2 sans aller aussi loin, refuse tout intérêt\némotif à cette musique : \" On ne demandait pas à l'exécution instrumen-\n\" taie d'avoir de l'âme et de l'expression. La satisfaction de l'oreille,\n\" trouvée dans la justesse, et son amusement, cherché dans la vélocité\n\" des traits, dans l'appréciation de la difficulté vaincue, étaient les pre-\n\" miers motifs pour complimenter un virtuose. L'éloge superlatif décerné\n\" par la critique consistait à dire qu'un morceau avait été joué \" avec\n\" toute la justesse possible, avec toute la précision imaginable. \"\nIl est vrai que cette virtuosité, alors toute neuve, devait capter\nl'intérêt de plus d'un auditeur. N'allons point cependant en faire la fin\nunique de l'exécution instrumentale. Cela pour plusieurs raisons.\nEt d'abord l'indication placée en tête du morceau, n'était pas un\nsimple Tempo. \"Allegro, écrit Brossard,3 signifie toujours gayement et bien\nanimé ; fort souvent vite et légèrement ; mais aussi quelquefois d'un\nmouvement modéré, quoique gay et animDe même les noms des autres\nmouvements, et plus encore ceux des danses, avaient chacun un caractère\nbien déterminé animation, langueur, tristesse, en sorte que le\nmorceau était d'avance placé dans un certain milieu, affecté d'une\ncertaine nuance. Les valeurs même de notes avaient à ce point de vue\nleur individualité. Geminiani 4 nous donne, en 1752, la \"manière\npropre d'archetter la blanche, la noire, la croche et la double croche,\n\n1 Antoine Stradivari, 1856, p. 115. Il s'agit de l'école de Corelli.\n* Op. cit„ p. 156.\n3 Dictionnaire de musique 1703.\n4 L'art de jouer le violon, 1752."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.44", "texte": "28\nS. I. M.\n\ntant dans un tems lent que dans un tems vite,\" car, ajoute-t-il, \"il n'est\npas suffisant de donner seulement leur durée juste, mais il faut encore\nl'expression propre à chacune de ces notes.\" Il montre comment dans\nl'adagio ou l'andante est bon le coup d'archet\nmauvaise une\nnote plate, comment telle liaison\nest excellente.\nEn conséquence, telle valeur, dans tel morceau, se trouve recevoir telle\nexpression sans que l'auteur ait nul besoin de le signifier par des mots.\nCorrette nous apprend de même (1738) comment sur une note\nlongue il faut \" conduire avec douceur l'archet sur la corde, ensuite le\nfortifier au milieu selon la valeur de la note et finir comme on a\ncommencé en balançant un peu le doigt sur la corde.\" C'est le son filé,\navec un vibrato déjà défini dans Mersenne,1 et dont l'emploi ainsi dosé\net limité aux notes longues, donne une expression spéciale aux adagio et\net aux andante, quand bien même ils ne porteraient pas, à part leur\ntitre, un seul mot de commentaire.\nMais il est surtout important de rappeler ici le rôle de certains\nornements, qui bien plus encore dégagent la musique du XVIIIe siècle\nde la froide et sèche virtuosité.\nDans un recueil de sonates de Mascitti conservé à la Bibl. Nat.\n(op. terza, in Parigi, 1707) on trouve peut-être ajoutés par M. Boucot\nde Judinville, dont le nom se trouve inscrit sur la page de garde des\nsignes d'interprétation Mss. que nous reproduisons ci-après :\nOn peut donner, si l'on veut, aux tremblements et aux pincés un\nrôle purement ornemental : les liaisons et les coulés ajoutent certainement\n\n1 Traité des instruments, p. 20."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.45", "texte": "LA TECHNIQUE DU VIOLON\n29\n\nde la tristesse à cet adagio qui, de par son mouvement, sa forme, sa\ntonalité mineure, se teinte déjà de mélancolie ; et il n'est pas jusqu'au\ntrille sur le si bécarre, à la quatrième mesure, qui ne contribue à renforcer\ncette impression,\nOr pareille interprétation était, on le sait, d'usage constant. Toinon,\nqui écrit en 1699, se rencontre sur ce point avec Geminiani, dont la\nMéthode parait en 1752, et le goût français d'avant la sonate avec le\ngoût mi-italien qui lui succède.\nDe tous les ornements expressifs, nous ne retiendrons que le coulé\nou port de voix, l'anticipation et la tenue. \" Le est un passage court\ndu son d'un degré supérieur qu'il faut lier avec celui d'un degré qui est\nen dessous,\nou d'un inférieur à un supérieur\npar intervalles de quatre, cinq degrés ou d'un inférieur à un supérieur\nlorsque le chant va par degres conjoints.\nOn l'appelle aussi port de voix, avec cette légère différence que\nToinon comme Geminiani insiste sur la nécessité dans ce dernier cas, de\nle faire long \" en lui donnant plus de la moitié de la longueur ou du\ntemps de la note à laquelle il appartient, observant d'enfler le son par\ndegrés et de forcer l'archet un peu vers la fin. \"2 \"Il est bon même,\najoute Toinon, d'agiter le son par un tremblement sourd (vibrato ?),\nfaible, sans appuy, ce qu'on appelle balancer, lorsque la note où se termine\nle port de voix le permet par sa valeur. \" est ainsi notée\ndans Geminiani qui en conseille l'usage \" en vue de varier la mélodie\nsans altérer son intention \", et le borne aux cas où la mélodie monte ou\ndescend de l'intervalle d'une seconde. De cet ornement surtout, qui la\nplupart du temps devait se faire par un glissé, et, dit Geminiani, en enflant\nle son^la valeur expressive paraît indéniable. Enfin la s'indique par\nun trait horizontal et on la place avant ou après un pincé :\n\n1 Toinon, op. cit.\n2 L'art de jouer le violon."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.46", "texte": "3°\nS. I. M.\n\nCela indique qu'il faut rester sur la note même sur laquelle on trille (au\nlieu que l'appui se faisait sur la note supérieure) et l'on doit, toujours\nselon Geminiani \" s'en servir souvent, car si l'on faisait des pincés et des\ntremblements continuels sans souffrir d'entendre quelquefois la note unie,\nla mélodie serait trop diversifiée.\"\nAinsi se trouve déterminée la proportion dans laquelle on peut se\npermettre d'agrémenter le chant. Nulle autre limite que le tact de\nl'interprète : \"Jouer avec bon goût ne consiste pas dans des passages\nfréquents, mais en exprimant l'intention du compositeur avec force et\ndélicatesse. \"1\nSi l'on reconnaît des \" intentions \" au compositeur, pourquoi lui\nrefuser celle d'émouvoir ? Faut-il passer volontairement sur ce fait que\nni les coulés, ni les ports de voix n'exigent une particulière habileté de\nmain, qu'ils ne sont pas proprement du ressort de la virtuosité, que leur\nfonction est d'apporter parfois de la tendresse, parfois de la mélancolie,\nparfois simplement de la grâce.\nSi l'on confisque l'expression au profit de la seule musique à préten-\ntions psychologiques, les œuvres du commencement du XVIIIe siècle\nsont foncièrement inexpressives. Mais, comme il y a, hors du romantisme\nviolent, place pour quelque poésie, de même on peut admettre l'existence\nd'une expression musicale qui se contente de rester telle, et ne s'efforce\npas vers la véhémence dramatique. Et s'il lui suffit, pour être vraiment\n\" expression \" de pénétrer plus avant que l'oreille de l'auditeur, de\nsusciter en lui des impressions musicales, et non point seulement des sen-\nsations ou des idées, nos sonates du XVIIIe siècle, autant que n'importe\nquelle sonate pathétique,sont de la musique expressive.\n\nCONCLUSION\n\nOn a pu voir, au cours de cette étude, comment la sonate, en 1695\ntout italienne, proche encore du style vocal, développe en France un\nstyle instrumental nouveau, comment, par elle, une école de violon se\nfonde, dont la technique représente vraiment, en 1723, un corps de\ndoctrine organisé.\nDès 1700 l'agilité de la main gauche est poussée assez loin par\n\n1 Geminiani, op. cit., p. 6."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.47", "texte": "LA TECHNIQUE DU VIOLON\n3i\n\nDuval, Mascitti, Rebel, peut-être supérieurs, dans la double-corde, à\nleur modèle Corelli. On ne démanche pas encore au-delà de la troisième\nposition et la deuxième est d'un emploi rare. L'archet commence à peine\nà se dégager de la règle absurde du après la barre de mesure ; il a\ndéjà de la légèreté dans les allegro joués la plupart du temps en détaché\nrapide. Vers 1715, avec les Francœur surtout, s'ouvre une phase de\ncomplète émancipation. On renonce à borner au médium les ressources\ndu violon ; on exploite délibérément le registre grave ; à ce moment\nl'ancienne clef de sol ire ligne devient insuffisante et l'on adopte l'ordi-\nnaire clef de violon. En même temps on démanche dans l'aigu aux\npositions élevées sans oser toutefois,jusqu'à Leclair, s'y maintenir, ni surtout\nles aborder sans préparation. La double-corde et l'arpège se compliquent ;\nles croisements de doigts se multiplient ; on écrit des accords de\ntrois et de quatre sons avec utilisation du pouce, des doubles trilles\naux trois premières positions. L'archet prend de l'ampleur, il échappe\nà l'ancien asservissement à la mesure, et devient capable de combi-\nnaisons multiples, que Leclair pousse à un très haut degré de raffine-\nment. Les ornements sont toujours en honneur, mais on omet souvent\nde les écrire, et on laisse à l'exécutant toute liberté de les placer où\nbon lui semble.\nTelles sont, en résumé, les indications techniques que l'on peut\ntirer de l'examen des œuvres. Est-il possible d'en déduire aussi un prin-\ncipe d'interprétation ?\nOn trouve assez souvent à ce sujet, en parcourant des compte-rendus\nde concerts ou des ouvrages relatifs à la musique ancienne des décla-\nrations qui ne sont pas sans causer quelque embarras, par exem-\nple : \" On pardonne volontiers à Mr S*** d'ignorer le style des\nviolonistes du XVIIIe siècle, car son jeu personnel est fort ingé-\nnieux. \" A ce compte, que de pardons à accorder ! Que d'impardon-\nnables, surtout, qui ont même ignorance sans la racheterpar aucune\ningéniosité !\nEt possède-t-on vraiment sur ce style des renseignements à ce\npoint précis ?\nL'habitude, lorsque l'on parle des virtuoses du XVIIIe siècle (il\nn'est pas inutile de rappeler que le XVIIIe siècle embrasse une période\nde 100 ans), est de prôner, sur la foi d'on ne sait quelle tradition, la\nlargeur de leur coup d'archet, la puissance de leur sonorité, la grandeur"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.48", "texte": "32\nS. I. M.\n\nsereine de leur jeu.] Juste vers 1770, cette conception ne s'applique\nnullement à tout ce qui a précédé. Une vue superficielle des œuvres\nl'autoriserait seule : nous avons vu que la sèche notation de la musique\ndu XVIIIe siècle est loin d'en livrer l'esprit. Quand l'archet est esclave\nde la mesure, c'est simple ignorance, et Duval, Rebel, Senaillé, et bien\nplus encore Piani s'efforcent vers la variété.\nAu sujet des doigtés, nous manquons de renseignements, ce qui ne\nprouve pas qu'ils étaient dépourvus de Piani en 1712 en note\nquelques-uns et s'en excuse : il ne les eût pas notés s'il avait existé une\nrègle absolue et figée. En l'espèce il place 2à la IIme position une gamme\nen ut majeur que rien n'empêche d'exécuter àla Ire. Il cherche donc\nà obtenir une sonorité plus jolie par la suppression de la note à vide,\ntrop dure, et de l'extension qui manque parfois de fermeté, et c'est\nadroit, sinon \" subtil \".\nEnfin, principe encore de variété, les ornements, que l'on peut\nmultiplier a plaisir, sont à l'opposé de cette raideur formaliste que l'on\nprétend imposer a nos sonates, ce qui fait qu'on ne les exhume guère que\npour les calomnier.\nIl existe bien une autre interprétation, également traditionnelle, de\nces œuvres du début du XVIIIe siècle : \"Jouer, dit Hart, avec la vigueur\net la largeur de style de Viotti et plus encore de ses successeurs, les\nsonates de Leclair et de Gaviniès, c'est donner une idée bien pâle de\nl'inspiration de ces compositeurs.\" 3 Soit, à la condition de ne pas tomber\ndans un excès de maniérisme, aussi désagréable que l'excès de sévérité.\nConsidérer le jeu français de 1700 à 1723, comme un jeu perpé-\ntuellement musqué, poudrerisé, minuscule, c'est encore un peu de\nlittérature, ou bien un souvenir indiscret des peintures et des sculptures\nde ces années de régence, dont la vigueur n'est pas le principal mérite.\nC'est surtout, empruntée à la musique même, une compréhention\ninexacte des ornements. Nous n'essaierons pas de montrer à nouveau que\ncertains signes coulés, ports de voix, liaisons n'avaient pas pour\nunique fonction de briser la ligne mélodique, de créer de l'animasion et\nune sorte de gaîté clinquante aux dépens de la noblesse et du sérieux :\n\n} \" Aussi cette magnifique ampleur de style, ce coup d'archet magistral, apanage des violonistes du\nXVIIIe siècle, font-ils place à d'infimes subtilités (?) de doigts. \" Reuchsel, L'Ecole classique du violon,\n1906, p. 18.\nF ler livre de sonates, 1712.\n3 Hart, Op. cit., p. 285."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.49", "texte": "3\n\nLA TECHNIQUE DU VIOLON\n33\n\non se reportera pour cela à l'étude des ornements, qui contient sinon des\npreuves, du moins quelques faits dignes de réflexion.\nEt s'il faut maintenant s'aviser d'une opinion sur le style des maîtres\nfrançais du début du XVIIIe siècle, on comprendra et on excusera que\nce soit une opinion moyenne et nullement catégorique.\nEn bref, ils aimaient, autant que le permettait leur regrettable\narchet, la plus grande ampleur dans les mouvements lents, dans les\nmouvements vifs, la plus grande vitesse possible de la gaîté dans les\nuns, de la tendresse, voire même de la mélancolie dans les autres. Ils\nn'avaient point encore imaginé de décréter classiques certains auteurs,\net d'en tirer prétexte pour les jouer dans des mouvements toujours\nmodérés, d'un archet respectueux, uniformément collé à la corde. Leur\ngrand principe semble avoir été de sacrifier le moins possible aux prin-\ncipes : doigtés, ornements, on a vu comment toutes ces entraves dispa-\nraissent, et comment le coup d'archet se débarrasse en peu d'années d'une\ncontrainte séculaire.\nIls étaient, proprement, des virtuoses. Ceux d'aujourd'hui usurpent\nla fonction et le titre, qui ne devraient qu'interpréter. C'étaient d'ailleurs\ndes virtuoses inoffensifs ; ils ne pratiquaient ni les pizzicati, ni les harmo-\nniques, et ils n'accumulaient pas sans trêve les arpèges et les doubles\ntrilles auxquels ils excellaient.\nOù s'arrêtait exactement leur caprice, nous n'en savons rien, mais\nnous pouvons nous douter que les beautés qui les ravissaient, et qui ont\nprogressivement disparu de la musique de violon, ne seraient pas toutes\ndu goût des modernes d'autant que nous sommes à jamais incapables\nde les restituer dans leur entier. Peut-être serait-ce le lieu de remercier ce\nvioloniste et tous ceux qui, avec lui \" ignorent le style des violonistes du\nXVIIIe siècle tant qu'ils n'essaient pas de nous donner le change en\nfabriquant de toutes pièces un style de raideur ou d'afféterie. Il faut en\ntous cas les féliciter de l'heureuse fortune qui est leur, de se trouver en\nface d'une musique sur laquelle il subsiste peu de traditions, peu de gloses,\net si insuffisantes qu'ils ont pleine liberté de la penser et de la sentir à\nnouveau, d'y mettre leur \" ingéniosité \", et mieux que cela, s'ils le\npeuvent.\n\nMarc Pincherle."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.50", "texte": "34\nS. I. M.\n\nCHRONOLOGIE DES SONATISTES FRANÇAIS.\n(JUSQU'À LECLAIR)\n1695- Laguerre (Elisabeth Claude Jacquet de). Sonates manuscrites\nà deux et à trois, s.d. Bibl. Nat.\nBrossard (S. de). Sonates mss. Bibl. Nat.\nRebel (Jean Fery). Sonates mss. Bibl. de Versailles.\n1704. Duval (François). Premier livre de sonates et autres pièces pour\nle violon et la basse.\nDeuxième livre, 1706, Troisième livre, 1707, Quatrième livre,\n1708, Cinquième livre, 1715.\n1704. Mascitti (Michèle, Napolitano). Sonate à violino-solo, etc. op.\nprima in Parigi, op. seconda 1706, op. terza 1707, op.\nquarta 1711, op. sesta, 1722.\n1705. D'Andrieu. Livre de sonates en trio composés par le Sr Andrieu,\norganiste de Saint Merri.\nRebel (Jean Fery). Pièces pour le violon avec la basse continue\ndivisées par suites de tons. Recueil de douze sonates à\ndeux et trois parties.\nSonates à violon seul mêlées de plusieurs récits pour la viole\n171 3-\n1707. La Ferté. Premier livre de sonates pour le violon et la basse, Paris.\n1707. Marchand le fils. Suite de pièces mêlées de sonates pour le violon\net la basse.\n1710. Senallié le fils. Premier livre de sonates.\nDeuxième livre 1712, Troisième 1716, Quatrième 1721, et\nCinquième 1721.\n1711. Dornel. Premier livre de sonates.\n1712. Piani (Giovanni Antonio, dit Desplanes). Sonate à violino-solo e\nVcl., op. 1.\n1713. Huguenet (Jacques). Sonates pour le violon, la basse et le clavecin\nà deux et à trois.\n1715. Fedeli. Sonate à violino e basso etc., op. prima in Parigi.\n1715. Francœur le fils. Premier livre de sonates à violon seul et la\nbasse."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.51", "texte": "LA TECHNIQUE DU VIOLON\n35\n\n1719- Aubert. Premier livre de sonates à violon seul et B. C.\n1720. Besson. Six sonates à violon seul.\n1720. Francœur le cadet. Premier livre de sonates, etc. Deuxième livre\nde sonates, s.d.\n1723. Bouvard. Premier livre de sonates à violon seul.\n1723. Denis. Premier livre de sonates.\n1723. Leclair aîné. Premier livre de sonates.\nCette étude fut présentée, il y a cinq mois, à la Sorbonne et valut à son auteur le DIPLÔME D'ETUDES\nSUPÉRIEURES, intermédiaire entre la licence et l'agrégation. C est la seconde fois qu une thèse e musico ogie\nest soumise à cet examen, dont notre collègue P. M. Masson fut le premier lauréat, avec un important travai\nsur la Musique mesurée à l'antique,qui parut ici même en 1907. (Note Réd.)"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.52", "texte": "SCHOLZ (Hans). J. S. Cousser 1660-17 87 (Lpz. Roeder\nin 8° de 344 pp.)\nUn livre sur Sigismond Cousser est le bienvenu dans l'histoire\nde la musique et particulièrement de la musique française. Car il\nnous décrit la vie et les œuvres d'un des plus éminents disciples de\nLully, d'un homme qui fut pour ainsi dire le commis voyageur\nde l'art français du grand siècle à travers l'Europe musicale.\nCousser, né à Augsbourg d'une famille protestante, et peut-être de\nrace israélite, vint, vers 1676, séjourner pendant six ans à Paris et\ntravailler sous la direction personnelle de l'auteur de De\nretour en Allemagne il mena une vie nomade et mouvementée 1 à\nStuttgart, à Hambourg, à Anspach, à Londres, à Dublin, vie de\nchef d'orchestre, de directeur de théâtre, et de compositeur. Bouil-\nlant et irritable à la façon de Wagner qu'il rappelle un peu, Cousser\ns'attira mille ennuis, et sa musique, conçue dans le goût du jour,\nne le rendit pas autrement célèbre. Mais sa gloire incontestable et\nincontestée lui vient de son bâton. Il fut le Weingartner ou le\nNikisch de 1700, le maître qui sait dompter un orchestre, vaincre\nla résistance des chanteurs, obtenir la beauté des sonorités par\nl'exacte discipline et le parfait équilibre de tous les éléments\nemployés. Et c'était quelque chose à une époque ou l'orchestre se recrutait souvent parmi les\ndomestiques, et les chœurs un peu n'importe où.\nCousser appartient donc à ce groupe de musiciens allemands les Muffat, Fischer, Krieger,\nErlebach, Schmicorer, et même Stefani, qui, à la fin du XVIIe siècle, ont réellement eu\nconscience de la puissance de l'orchestre, ont pour ainsi dire pensé orchestralement. Certes ils\nn'étaient pas les premiers à diriger des bandes de violons ou de hautbois, mais, avec eux on\npeut dire que la symphonie s'émancipe définitivement, et cherche des voies qui lui soient\npropres. Or, où ces musiciens viennent-ils prendre le goût et trouver l'exemple de la musique\npure ? A Paris, auprès de ce \" fameux Baptiste, dont les ouvrages font à présent les plaisirs de\ntoutes les cours d'Europe\" comme écrit Cousser lui-même.2 Ce qu'ils viennent apprendre de\nLully c'est tout d'abord la discipline de l'orchestre, l'autorité, qui va jusqu'à défendre aux\ninstrumentistes de s'accorder dès qu'ils sont à leur place, et qui exige un coup d'archet uni-\nforme de tout le quatuor. (Que les temps sont changés ! Aujourd'hui nos orchestres ne\nréagissent complètement que sous la baguette d'un chef allemand.) En outre, et ceci est plus\n\n1 II y a peut-être plus de vrai que ne veut le croire M. Scholz dans la mention que fait Brossard\n(iCatalogue ms. B.N. Rés. Vm 8 20) d'un séjour de Cousser à Strasbourg auprès du prince évêque Egon de\nFurstemberg.\n2 Composition de musique suivant la méthode française. (Stoutgard 1682.)"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.53", "texte": "LES LIVRES\n\n37\n\nimportant encore, les jeunes compositeurs d'Outre-Rhin en 1680 cherchent à pénétrer le secret\nde ces maniérés délicates sans lesquelles l'art de Lully serait vain. Ils rapportent chez eux non\nseulement des partitions, mais des procédés d'exécution rythmique qui donnent à cette musique\nson style particulier, et qui consistent avant tout dans un perpétuel détaché des instruments à\narchets. Nous semblons ne plus nous douter nous qui exécutons le Lully comme du\nWagner ou du Palestrina qu'il y eut en Europe vers 1675 une manière toute nouvelle et\ntoute particulière d'exécuter \"à la française Et il fallait être lulliste pour pouvoir s'en tirer.\nUn livre récent1 nous a montré le roi Charles II faisant venir le Français Grabu pour styler\nses violons par des répétitions extraordinaires et renouvelées. De même M. Scholz nous fait\nvoir le duc de Wurtemberg reprochant à ces musiciens de ne pouvoir exécuter proprement\nune courante \" nach franzoesischer Manier et leur enjoignant de se mettre promptement à\nla mode nouvelle. Les musiciens résistaient naturellement contre cette intrusion étrangère.\nGrabu ne put se soutenir à Londres, où Purcell fulminait contre le goût français. M. Scholz\ncite (sans référence) une lettre d'un violoniste Andréas Mayer, qui écrit au duc de Wurtemberg\nusi je me voyais contraint d'adopter ce coup d'archet ultra-reduit non seulement je ne serais plus\ncapable de jouer un solo, mais je ne pourrais plus rien faire de propre dans l'orchestre, ni au concert,\nni à l'église \".2 II fallait pourtant se plier, ou renoncer à ce Lully, que toutes les cours\nvoulaient entendre et tous les compositeurs imiter.\nAutre constation. Lorsque Cousser fait du théâtre et qu'il écrit pour les voix, tout son\nlullisme disparaît et fait place à un italianisme très conscient. Cousser a fait le voyage de\nVenise, comme celui de Paris. Et il en a ramené des chanteurs, de violoncellistes, des solistes,\ncapables de faire valoir d'une façon chantante leurs voix ou leurs instruments. Ici la manière et\nla technique est toute différente, et M. Scholz a fort bien montré que toute l'Allemagne\nmusicale de 1700 pense comme son capellemeister. La symphonie et le rythme, c'est la\nFrance ; le chant et la mélodie, c'est l'ltalie.\nRetenons ces témoignages. Ils contredisent une opinion encore accréditée en France. Nous\n. . • r c L * l'Â\navons cru, guidés par certaine école esthétique, que la gloire de notre opéra français était liee\nà sa déclamation, toujours si précise et si judicieuse, et nous avons considéré la symphonie-ballet\ncomme un accessoire indigne de survie. L'histoire nous démontre que nous sommes trompés.\nLully et Rameau ont vécus sur leur réputation de symphonistes ; le style nouveau et français\nqu'ils ont apporté est un style d'orchestre et un style orchestique. La déclamation de leurs\nrécits forme le côté extra-musical de leur œuvre, celui qui a le moins frappé le public des\nmusiciens celui qui en est le côté faible. On dira peut-être que nous avons le droit d'admirer\naujourd'hui dans Cadmus les parties qui nous plaisent le plus et celles mêmes qui ont eu le\nmoins de succès. C'est une question de goût. Mais il faut bien reconnaître alors que nous\ncherchons dans ces œuvres ce qui n'en était point l'essentiel et que nous nous exposons\nà en dénaturer totalement l'équilibre. Le récent et fâcheux échec d'Hippolyte à l'opéra nous a\nmontré l'influence funeste de cette doctrine absolue.\nLe livre de M. Scholz est bien écrit et méthodiquement présenté. L'érudition de 1 auteur\nest surtout précieuse parce qu'elle s'étend à toute cette école de compositeurs allemands du\nXVIIe sur laquelle notre musicologie est ordinairement mal renseignée. Ce système de com-\nparaison perpétuelle est excellent. Je ne souscris pas sans réserves à la méthode de complété\nobjectivité, chère à nos confrères d'Outre-Rhin et qui est encore une fois appliquée ici. Un\n\n1 CART DE LAFONTAINE. The Kings Music. (London 1909 in B°.)\n2 Cette question de l'exécution et du coup d'archet chez Lully, a, pour tous ceux qui s occupent de\nmusique ancienne, une extrême importance. Nous espérons bien qu'un de nos collègues compétents la traitera\nun jour ici même comme vient de faire M. Pincherle pour la période des sonatistes."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.54", "texte": "3«\nS. I. M.\n\nlivre n'est pas achevé lorsqu'il ne contient que des documents mis en ordre. Une disposition\nplus habile, une digestion plus personnelle de la documentation, des portraits plus en relief, une\nconclusion, des tables ne seraient certainement pas inutiles. J. E.\nFESTSCHRIFT zum 90 Geburtstage Sr. Exzellenz des W. G. R. R. von Liliencron,\niiberreicht von Vertretern deutscher Musikwissenschaft. (Lpz. Breitkopf. 1910, in 8° de\n453 PP- Mk !2.)\nOn connaît peu en France le chevalier Rochus de Liliencron, docteur en théologie et\nen philologie, Exellence, et Véritable Conseiller Intime..T)n doit apprendre que c'est lui qui\na éte~Te grand protecteur de la musicologie allemande, et par conséquent le bienfaiteur de nos\nétudes. A une époque où l'Allemagne universitaire hésitait encore à accorder à l'histoire de la\nmusique la place qu'elle donnait à toute autre discipline savante, M. de Liliencron profitant d'une\nsituation exceptionnelle à la cour de Berlin, fit intervenir ce qu'il y a de plus haut dans un\ngouvernement monarchique. Et les Denkmaeler furent fondés, avec une subvention généreuse.\nCela se passait il y a longtemps. Aujourd'hui l'heureux instigateur d'une si belle œuvre a\n90 ans, et il lui est donné d'assister à la reconnaissance de cette érudition, à laquelle il a\nd'ailleurs personnellement collaboré, sur le terrain du folklore et du choral.\nTrente-trois savants allemands ont tenu à honorer, par une contribution savante, l'anniver-\nsaire glorieux de ce vénérable doyen, chacun apportant un fragment d'étude en cours. Si bien\nque ce livre reflète assez heureusement l'état présent de la science d'Outre Rhin. J'ai retenu,\npour ma part l'étude de E. Buhlesur le Glockensp dans les miniatures, celles du professeur\nKretzschmar sur la contribution que peuvent fournir certains livres n'ayant pas de\nprétentions musicales, celle de E. Schmitz sur les \" Ffauenzimmer Gespraechspiele \" d'Hars-\ndoerffer ; celle de JV ùnmansur la Bibliothèque à Ratisbonne. Elles se rapportaient à\ndes spécialités qui me sont chères, mais toutes ces trente-trois monographies sont à lire, pour\nqui veut se tenir au courant du mouvement des idées et des faits en musicologie.\nJ. E.\nGO Y (Georges). Hommes et choses du P (Paris, Dewambez, 1911 ; in-8° de\n160 pp.)\nOn peut se demander comment un livre de ce genre peut trouver place dans une biblio-\ngraphie musicale. Il mérite cependant d'y figurer. M. Goy, qui a parcouru son sujet en tous\nsens, a signalé un certain nombre de chansons que la nouveauté des chemins de fer avait\nsuggérées, au moment où le couplet était encore à la mode. En outre le maître Massenet figure\nici avec un autographe, la transcription pour piano d'un pas redoublé qu'il a composé l'année\ndernière pour la Cic P. L. M., et que nous sommes heureux de pouvoir reproduire ci contre.\nPROD'HOMME (J.-G) & DANDELOT (A.). Gounod (1818-1893). Paris,\nDelagrave, 2 vol. in 120 de 262 et 282 pages, illustrés de 40 planches hors-texte, Frs. 7.)\nL'année dernière nous avait valu une contribution de fine et aimable psychologie sur\nl'auteur de Faust, par notre confrère M. Bellaigue. Cette année, la musicologie elle-même\nreprend le même sujet pour en épuiser la documentation, en deux forts volumes, après lesquels\nil semble qu'il n'y ait plus rien à découvrir.\nUne critique, pour commencer. La seule d'ailleurs que je trouve à formuler. Pourquoi la\nprésentation extérieure de ces volumes, qui honorent la science française n'est-elle point\nrespectueuse d'un si sérieux labeur ? Ce format de roman, cette petite couverture sans relief\nartistique, ce papier bouffant, ces similis, conviennent à une revue éphémère, que l'on consulte"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.55", "texte": "MARCHE, composé pour la Musique de la C,( P. L. M. par Massenet."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.56", "texte": "LES LIVRES\n39\n\net qu'on abandonne ensuite, mais ne satisfont pas les exigences que nous sommes en droit de\nmaintenir en face d'une œuvre d'érudition. Vraiment les éditeurs n'ont pas l'air de saisir le\nsens de nos efforts et le caractère de nos études. Il vont contre leurs intérêts mêmes. Un livre,\net surtout un livre qui traite de l'art gagnerait infiniment à séduire le lecteur par son\naspect artistique, par un je ne sais quoi dans le format, la couverture, la décoration intérieure,\nqui le rende précieux à celui qui le manie. Et, si nous ne sommes pas capables de créer nous-\nmêmes l'instrument artistique dont la musicologie française a besoin, nous avons partout à\nl'étranger des modèles par centaines. Il suffit de jeter les yeux sur la biographie de Grieg,\npubliée il y a deux ans chez Peters, pour se sentir profondément humilié, lorsqu'on est com-\npatriote de Gounod.\nJ'apprécie la méthode de travail de MM. Prod'homme et Dandelot. Peut-être semblera-t-\n-elle un peu sévère, et déroutera-t-elle le lecteur accoutumé à chercher des opinions bien\ndigérées. Elle contentera celui qui veut penser par lui-même, et se mouvoir au milieu\ndes documents, comme l'alpiniste au milieu des rochers. La somme de recherches accumulée\ndans ces deux volumes est immense.\nLe Cas Gounod,ainsi présenté dans son ensemble, avec toutes ses pièces à l'appui reste un\ndes plus intéressants que nous offre la musique française. Il pourrait se formuler ainsi : une\nreligiosité manifestement exaltée profite presque exclusivement à l'art profane.\nQui soutiendrait en effet que l'auteur de malgré toute sa musique religieuse, soit\nresté populaire à l'église, qu'il soit de ceux que le recommande à notre admira-\ntion ? Et d'autre part, il est évident que l'abbé Gounod a cheminé sur cette voie mystique où\nse croisent l'abbé Liszt, le Beethoven de la Messe le Wagner de et même le\nMendelssohn de Pauluset le Berlioz de Y Enfance ! On ne s'y est pas trompé vers\n1860. Depuis Spontini, qui foudroie le jeune lauréat de la Villa Médicis, jusqu'à Heugel qui\nrefuse Faust, en passant par Scudo, Jouvin et le public du Théâtre Lyrique, tout le monde a\nvu en Gounod l'homme des régions transcendantes, enveloppé des nuages de l'art métaphysi-\nque, et qui descend sur terre pour nous faire honte de notre légèreté, de notre facile et frivole\nhédonisme.\nEffet du hasard, dirait-on ! Caprice de la fortune et du génie ! Non pas. L'église et le\nsiècle ont également vu juste. Nous l'apercevons maintenant. Et, si la musique de Gounod fut\nrégénératrice, au pays de la Reine Topaze et de la c'est qu'elle sut se tenir à des\nhauteurs, où l'Art et la Religion voisinent au point de se confondre en une même exaltation\nsentimentale. Chez tous les maîtres musiciens du XIXe siècle apparait le même phénomène.\nTous ont été mystiques ; tous ont été guidés par leur mysticisme vers les formes de l'Art\nchrétien. Tous ont vu les portes du temple se fermer devant eux, au moment où celles de\nla musique pure s'ouvraient toutes grandes. Pourquoi cette coïncidence ? On voudrait le savoir.\nSurtout lorsqu'il s'agit de Gounod, le moins laïque de tous, le plus proche de la sacristie.\nProblème tentant, mais qui touche à tant de questions brûlantes ! J. E.\nDUPRE (E.) & NATHAN (M. 9. Le Langage musical. Préface de Charles Malherbe\n(Paris 1911 Alcan. in 8° de 196 pp. Fcs. 3,75.)\nDeux savants neuro-psychiâtres, entre lesquels notre Président Charles Malherbe, fait\nbonne contenance, ont rassemblé toute la documentation clinique que peut comporter un pareil\nsujet et l'ont résumée en un livre très plein, très précis, qui forme un bon état de science\nmédico-psychologique.\n\"Tout langage est un système de symboles employé par 'es êtres vivants pour échanger\nentre eux des états psychiques. La musique est donc un véritable langage, avec ses éléments"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.57", "texte": "4.0\nS* M*\n\nsensoriels de perception. Primitivement réflexe, secondairement intentionnel le langage musical\nexprime soit les images descriptives (onomatopées), soit surtout des états émotifs (intonations).\nDans la suite, et parallèlement à l'évolution affective et intellectuelle, s'est développée l'idéation\nmusicale. \" Les auteurs insistent particulièrement sur ce processus d'idéation qui se trouve\nplacé entre les deux pôles du langage musical, entre l'être qui crée et l'être qui entend, et qui\nest constitué par des apports successifs, des associations, des combinaisons imaginatives, et qui\nforme enfin le matériel stable de l'expression musicale.\nEnsuite vient l'étude de toutes les dégénérescences du sens musical qui en modifient les\nles facultés. Ce sont les pertes de mémoire, les absences complètes (amusies), les troubles psycho-\nnévropathiques, les phobies et les altérations vésaniques de tous genres, enfin la question délicate\nde la santé mentale des grands musiciens, la psychose des maîtres, de Beethoven à Smetana.\nToute une minutieuse étude qui nous conduit à la mélothérapie, la guérison par la musique.\nLa difficulté d'un pareil livre était de concilier la médecine et l'esthétique, et de définir\nleurs domaines là où ils se touchent. En d'autres termes : la musique est-elle une névrose, ou\nbien échappe-t-elle à la pathologie proprement dite ? MM. Dupré et Nathan ont très précisé-\nment démontré, contre Lombroso et ses émules, que nos grands maîtres n'étaient pas nécessai-\nrement des aliénés, et que chez certains d'entre eux l'exaltation ou la bizarrerie n'autorisait\naucunement le diagnostique de vésanie. Cependant, le même ouvrage nous montre le psycho-\nsisme et ses maladies, intimement lié à l'état musical. Si nous allons par exemple à Bicêtre nous\nvoyons \" que non seulement l'idiot aime et saisit très bien les rythmes, mais que cette faculté\nque l'on nomme la faculté musicale, est le propre des idiots caractérisés ! \" Ainsi tous les\narriérés, débiles, impulsifs, et autres dégénérés sont musicaux, et ne sont plus même que cela\nbien souvent. La musique et le gâtisme se donnent la main ! En somme c'est une question\nde point de vue. La science nous donne des faits, et elle dégage de leur ensemble la notion\nd'une normale, qui n'est qu'une moyenne. Mais l'artiste, au contraire, n'intéresse et n'existe\npour nous que par son exception et son originalité. Il échappe donc à la normale, il est anor-\nmal. Dans quelle mesure ? Tout est là, et la science physiologique ne saurait nous le dire,\nparce que la notion d'un beau absolu n'est pas de son ressort. Heureusement !\nLe domaine de la déséquilibration psychique, et du génie, c'est celui que la critique musicale,\ns'est donnée la mission d'explorer. Celle-ci devrait lire l'ouvrage de MM. Dupré et Nathan. Elle\ny trouverait cette notion de relativité dont la science nous donne toujours la leçon, et dont nos\npolémiques de presse devraient avant tout s'inspirer. Si jamais il était possible de faire comprendre\nau critique habituel de nos feuilletons que l'absolu sur lequel il appuie ses raisonnements et ses\narticles est un phénomène passager, conditionné par le hasard des circonstances, la critique musi-\ncale reprendrait sa place légitime parmi les arts. Elle serait de la virtuosité littéraire, et perdrait\ncette allure pontifiante, cette raideur, cet aspect d'autorité et de mauvaise humeur, qui finira par\nla rendre inquiétante et la faire remplacer par le communiqué payant, habilement déguisé.\n\nJ. E."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.58", "texte": "ILDEBRANDO PIZZETTI\n\nIl semble bien que l'ltalie soit à la veille d'une renaissance musicale\ndigne de son passé. La terre d'où jaillirent tant de sources de musique\nne peut être épuisée, et l'Europe entière, qui lui doit tant, saluera avec\njoie le réveil qui se prépare. Ce réveil peut se pressentir surtout dans les\nefforts de quelques jeunes hommes dont les œuvres marquent une orien-\ntation nouvelle dans l'art de leur pays. Une école ? Non certes. Disséminés\nsur tous les points de la Péninsule, souvent isolés au milieu d'une indiffé-\nrence décourageante, ils s'ignorent pour la plupart les uns les autres ;\nchacun suit sa voie, les yeux sur son rêve et porté par son élan. Pourtant,\nmusiciens de carrière ou autodidactes, nourrissons rebelles ou professeurs\n\" modernistes \" des vieux conservatoires, ils ont tous, avec l'amour de\nl'ltalie nouvelle, un trait commun qui les rapproche : ils ne craignent\npas, pour élargir l'horizon de leur art, de regarder au-delà des monts,\nd'étudier passionnément les musiques étrangères, Moussorgsky, Strauss\nou Debussy. Non qu'ils veuillent y chercher des thèmes d'inspiration ni\noublier les traditions de leur race ; mais ils comprennent enfin combien la\ntechnique souple et libre que l'Europe contemporaine a élaborée presque\nà l'insu de l'ltalie peut stimuler et enrichir les inspirations le plus pure-\nment italiennes. Parmi ces musiciens de culture européenne, M. Ildebrando\nPizzetti me paraît être particulièrement représentatif.\nM. Ildebrando Pizzetti est né à Parme le 20 septembre 1880 et,\nen souvenir de sa ville natale, il signe volontiers ses œuvres Ildebrando da\nParma. Après avoir fait ses études secondaires à Reggio, où il résida de"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.59", "texte": "4 2\nS. I. M.\n\n1882 à 1895, il fut pendant six ans élève au Conservatoire de musique\nde Parme et en sortit en 1901 avec le titre de \" licencié en composition\nPendant l'année 1908, il fut chargé du cours de composition dans ce\nmême établissement, et depuis 1909, il est professeur titulaire d'harmonie,\nde contrepoint et de fugue à l'lnstitut Musical de Florence.\nL'œuvre de ce musicien de trente et un ans est déjà considérable. Je\nne parle pas des cantates, des pièces d'orchestre ou de musique de chambre\nqu'il écrivit étant encore élève au conservatoire et qu'il a complètement\noubliées ou même détruites. Parmi ses œuvres définitives, il faut signaler\nune incursion dans le domaine de la musique religieuse, la pour\nchœurs, orgue et orchestre, écrite pour la cathédrale de Crémone ; il\nconvient de retenir aussi pour les promesses qui s'y révèlent et pour leur\ninstrumentation sûre et efficace, le poème symphonique de Canente,\nd'après les Métamorphoses d'Ovide, et surtout les trois préludes symphoni-\nques pour YŒdipe Roi de Sophocle : ces préludes, composés pour les\nreprésentations du grand acteur Salvini, le Mounet-Sully italien, ont été\nexécutés à Milan et à Parme. On y trouve des accents qui font irrésisti-\nblement songer à Gluck.\nM. Ildebrando Pizzetti s'est essayé avec bonheur dans la musique\nde chambre. Le Quatuor a cordes^en la majeur, composé en 1906, est peut-\nêtre l'œuvre où il a mis le plus de lui-même, celle où l'on peut le mieux\nentrevoir, sinon l'originalité de son style actuel, du moins les tendances\nmaîtresses de son tempérament et la qualité infiniment rare et belle de son\némotion. 1 C'est l'âme italienne qui parle à l'âme italienne : Da l'anima\nttaliana per F anima italiana, a écrit l'auteur en tête de son œuvre, et cette\népigraphe a de quoi rassurer les plus nationalistes de ses compatriotes.\nL'ensemble donne une impression d'éveil, d'épanouissement tranquille et\nheureux : la simplicité confiante, l'allégresse légère de la première partie\n(Vtvace ma sereno); la tendre méditation de ; les variations du\ntroisième mouvement avec son double sa si pure-\nment italienne sans vulgarité et sa berceuse [Ninna-nanna), une petite\nchose parfaite et touchante ; la grâce et l'entrain du Finale, tout est\nempreint de cette douceur qui est une force, de cette aisance où se joue\nsans effort une vigueur cachée, de cette paix qui est sécurité.\n\n1 La première exécution publique de ce quatuor a été donnée en 1909 à Milan par le quatuor Polo aux\nconcerts des Amici délia musica, la deuxième en 1911 à Florence par le quatuor Maglioni aux concerts de\nl'lnstitut français de Florence."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.60", "texte": "ILDEBRANDO PIZZETTI"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.61", "texte": "ILDEBRANDO PIZZETTI\n43\n\nC'est le même sentiment qui se rencontre dans les trois pièces de\npiano écrites tout récemment et réunies sous le titre\nlontano (1911) ;il transparaît au milieu d'un parfum de nature dans la\npremier morceau, Sole mattutino sal pra ;il s'alanguit, mais\nsans mièvrerie, dans la deuxième rêverie mélancolique\npiovosa, nel bosco; il badine joyeusement dans la dernière pièce\n\" Fontanino\", qui ala volubilité charmante d'un scherzo beethovénien.\nMais le style a changé depuis le Quatuor : la forme est absolument libre,\nsans aucune concession aux procédés classiques de développement ; l'écri-\nture est parfois franchement impressionniste. On y reconnaît la trace de\nlectures étendues et variées ; en particulier les trouvailles du nouveau\nstyle pianistique français ont évidemment été mises à profit. Pourtant,\nqu'on ne s'y trompe pas : M. Ildebrando Pizzetti n'a rien d'un imitateur, il\nn'est pas de ceux qui font des \" cahiers d'expressions Tous les éléments\nnouveaux qu'il a incorporés à sa musique ont été complètement assimilés\net fondus dans un ensemble bien personnel. L'évolution de son style n'est\npas due seulement à ses lectures, mais surtout à ses libres réflexions, à des\nexpériences sincères, à une lente investigation de toutes les ressources de\nl'art. Depuis le Quatuor, cinq ans ont passé, cinq ans de pratique con-\nstante du métier, et aussi d'études théoriques : pendant ce temps M. Ilde-\nbrando Pizzetti a écrit la plupart des essais de critique et d'esthétique sur\nlesquels je reviendrai plus loin ; et, tandis qu'il regardait au-delà des\nfrontières de son pays pour se familiariser avec les musiques étrangères,\nil portait aussi sa curiosité studieuse vers les époques les plus reculées de\nde l'histoire musicale où il trouvait des enseignements qu'il n'a pas\noubliés. Il y fut amené surtout par la composition de la musique de scène\nde La Nave,le drame étrange et puissant de M. Gabriele d'Annunzio.\n\" Magister Hildebrandus Parmensis sonum dédit et choros duxit. \"\nCes mots, imprimés en caractères archaïques sur la dernière page de la\nluxueuse édition, désignent notre musicien. L'œuvre fut représentée a\nRome, au théâtre Argentina le 11 janvier 1908. M. d'Annunzio a expli-\nqué, à cette occasion, quelle importance il attachait à la partie musicale\npour la pleine compréhension du sens symbolique de son drame. Pour-\ntant, cette partie musicale ne ressemble guère aux autres types connus de\n\" musique de scène On n'y trouve ni préludes, ni intermedes, ni pas-\nsages \" mélodramatiques \" destinés à souligner parfois la déclamation des\npersonnages ou à commenter leurs gestes les plus décisifs. La musique"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.62", "texte": "44\nS. I. M.\n\nécrite par M. Ildebrando Pizzetti pour La Nave comprend uniquement\ndes chœurs, en assez grand nombre, et une longue danse. Mais ces\nchœurs et cette danse ont été conçus et réalisés d'une manière tout à fait\nneuve.\nSauf l'hymne à Diona, qui symbolise la dernière révolte du paga-\nnisme à son déclin, tous les chœurs sont religieux, chrétiens. Le poète a\nfourni au musicien des paroles latines plus ou moins empruntées a la\nliturgie de l'Eglise. Il s' agissait de composer sur ces paroles une musique\nqui fût intéressante pour notre goût moderne, tout en restant dans\nl'atmosphère historique de l'œuvre, dont l'action se passe dans les premiers\ntemps du moyen âge. Le simple chant à l'unisson exige par 1 exactitude\nhistorique eût été d'une facilité décevante pour le musicien et d un effet\nartistique douteux. M. Ildebrando Pizzetti a donc employé pour ses chœurs\nla polyphonie, mais une polyphonie toute spéciale qui ne ressemble ni au\nstyle palestrinien ni à certaine musique chorale de nos églises modernes, une\npolyphonie dont les éléments mélodiques se développent librement en con-\nservant toute la richesse de leur rythme original et toutes leurs caractéristi-\nques modales. A part une exception, les mélodies employées ont été, non pas\nempruntées telles quelles au chant liturgique, mais composées de toutes\npièces par l'auteur dans les anciens modes de la liturgie primitive. Avec\nquel amour M. Ildebrando Pizzetti a étudie ces anciens modes ! Avec\nquel émerveillement attentif il a cru en retrouver ou en modifier 1 ethos,\ncomparant soigneusement son impression personnelle aux qualificatifs\nd'Apulée, d'Héraclide ou d'Aristote ! \"Je suis convaincu, écrit-il dans\nune lettre publiée par la Rivista musicale de I9°7> je su*s convaincu,\npar les expériences faites, qu'il y a dans les modes abandonnes une\nrichesse et une variété d'expression dont les musiciens n'ont pas encore\npu connaître toute la valeur pour s'être égarés trop vite sur une fausse\nvoie, une richesse qui est toute à prendre et qui doit être découverte par\nles artistes qui cherchent infatigablement la beaute sous ses formes les\nplus pures. \"\nCe retour aux modes de la musique gréco-latine fait songer aux\ntentatives analogues de certains musiciens français contemporains. Mais\nla façon dont M. Pizzetti les a traités lui est toute personnelle. Qu'on en\njuge par le Coro di catecumeni e di qui est chanté pendant le\nL'hymne profane à Diona, dont le contraste avec les chœurs reli-"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.63", "texte": "ILDEBRANDO PIZZETTI\n45\n\ngieux a une si grande importance dans la tragédie, est traité d'une\nmaniéré très différente. Cette antienne voluptueuse a suggéré au musicien\nune mélodie plus modulante, et, dans le refrain de chaque strophe, l'em-\nploi du genre chromatique ; d'autre part, la forme métrique, employée ici\na dessein par le poete, a entiaine un chant purement syllabique, rythmé\nselon le jeu des longues et des brèves.\nCette mélodie, ingénieusement dérythmée, a fourni le thème de la\ndanse païenne dansée par Basiliola et ses compagnes, où M. Pizzetti a\nutilisé les richesses rythmiques de l'orchestique grecque. Lorsqu'autour\ndes sept candélabres la danse s'anime peu à peu jusqu'à la frénésie et que\nBasiliola elle-même danse sur la chlamyde pourpre de Marco Gratico la\nDanse de victoire, le mètre ïambique se transforme dans le mètre plus\nmouvementé attribué à Sotadès et la structure des périodes reproduit la\nsikinnis antique. Voici le thème sous cette double forme :\nDans la mise en scène, cette danse est censée accompagnée par des\ncithares, des auloi,des crotales et des sistres. Pour obtenir le maximum\nde sonorité sans nuire à l'effet scénique, M. Ildebrando Pizzetti a employé\ndes harpes pour évoquer l'impression des cithares ; il y a joint flûtes,\nhautbois, cor anglais et bassons pour imiter le son des divers et il a"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.64", "texte": "46\nS. I. M.\n\ncomplété son instrumentation par divers instruments à percussion. Mais\nil en a exclu tous les instruments à archet, ce qui donne un coloris\norchestral d'une étrangeté très poétique.\nIl faut voir dans cette œuvre tout autre chose qu'une fantaisie\nd'érudit ; l'auteur n'a nullement voulu faire une reconstitution archéolo-\ngique, mais de la musique bien vivante, et il y a réussi. Il insiste sur ce\npoint dans la lettre citée plus haut et qui m'a fourni plus d'un détail :\n\"Je n'ai donc pas voulu faire de la musique antique, de la musique du\nVIe siècle, ce qui serait une entreprise absurde et sans art, mais j'ai voulu\ntirer de la musique antique tous les éléments formels, mélodiques, ryth-\nmiques qui pouvaient me servir pour exprimer plus efficacement ce que\nj'avais à exprimer. \"\nCette double curiosité qu'il porte dans l'espace vers les musiques\nétrangères et dans le temps vers les musiques disparues donne à la per-\nsonnalité de M. Ildebrando Pizzetti une physionomie très originale.\nQuoi qu'il écrive, on sent qu'il a les éléments les plus divers,\nlites à sa disposition et qu'il sait les fondre harmonieusement. Cela est\nparticulièrement frappant dans les récents Poèmes pour chant et piano,—\nI pastori (1908) sur des vers de M. d'Annunzio et La madré al jiglio\nlontano ( 191 o), paroles de Pantini,— qui font presque oublier les Romanze\nprécédentes (1904-1901). Je suis heureux de pouvoir citer ici en entier\nle poème des Pastori (les bergers), où l'on appréciera l'intensité discrète\ndu sentiment et l'art raffiné qui se cache sous la simplicité apparente de\nla forme. J'y ai joint une traduction française, aussi littérale que le rythme\nl'a permis, pour faciliter la compréhension et l'exécution de cette œuvre\naux personnes qui ne connaissent pas l'italien.\nLa Nave est, jusqu'à présent, la seule tentative que M. Ildebrando\nPizzetti ait faite au théâtre ; et encore le caractère tout spécial de sa\ncollaboration ne lui a guère permis de se révéler comme musicien drama-\ntique. Un Cid,opéra en deux actes composé en 1903 et dont le musicien\na écrit lui-même le poème d'après Corneille et Guilhen de Castro, n'a pas\nété représenté et ne le sera sans doute jamais : l'auteur me disait avec un\nsourire, en refermant sa partition manuscrite : \" Elle est inédite pour\ntoujours \". Mais il travaille en ce moment à une grande œuvre dramati-\nque, qui absorbe presque tous ses loisirs : il met en musique les trois\nactes de la Fedra,de M. Gabriele d'Annunzio. Le poète, qui a beaucoup\nd'admiration et d'estime pour son musicien, semble ne vouloir plus con-"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.65", "texte": "ILDEBRANDO PIZZETTI\n47\n\ncevoir sa tragédie que sous l'aspect du drame musical. Cette collaboration,\nplus étroite et plus importante que lors de rapproche, au lende-\nmain du Martire de Saint-Sébastien, le nom d'lldebrando Pizzetti et celui\nde Claude Debussy. L'ouvrage est déjà fort avancé, et les fragments que\nl'auteur a bien voulu me faire entendre révèlent, par l'emportement dra-\nmatique et la violence de la passion, tout un côté de sa personnalité\nd'artiste qu'on eût pu difficilement distinguer dans les œuvres précédentes.\nM. Ildebrando Pizzetti s'est aussi fait connaître en Italie comme\ncritique, au moins autant que comme musicien, si l'on songe que, pour\ndes raisons que l'on devine, la plupart de ses œuvres musicales ne sont\npas encore publiées. Dans les nombreux articles qu'il a écrits pour la\nRivista musicaleitaliana, le Marzocco, Voce, Mu sic a, etc., on\nretrouve, sous une forme simple et nette qui plaît au lecteur français, la\nprofonde culture du musicien et la charmante sincérité de l'homme\nprivé. Ses jugements, d'une entière indépendance, ne sont que les réac-\ntions d'un tempérament très personnel (et très italien), éclairées ou\ncorrigées par des considérations techniques d'une rare pénétration. Il\nn'est pas tendre pour les gloires officielles de la musique italienne con-\ntemporaine, bien qu'il croie plus que personne en l'avenir musical de sa\nrace. Mais il distingue avec la même clairvoyance impartiale, quelle\npauvreté d'émotion se dissimule trop souvent sous l'art merveilleux de\nnos impressionnistes.\nLes musiciens français contemporains ont toujours beaucoup attiré\nM. Ildebrando Pizzetti. Il les a étudiés avec une attention particulière,\net bon nombre de ses articles leur sont consacrés, singulièrement instruc-\ntifs pour nous. Il admire leurs hardiesses fécondes et les raffinements de\nleur technique ; il comprend tout le parti que l'on peut tirer des décou-\nvertes faites depuis trente ans en France dans le domaine de l'expression\nmusicale. Mais, en vrai musicien qu'il est, il va droit à l'âme ; derrière\nl'art, il cherche la vie ; il ne peut s'empêcher de juger dans une œuvre le\nsentiment qu'elle exprime autant que le style qui en est le vêtement plus\nou moins somptueux ; il se reconnaît le droit de marquer son éloigne-\nment ou sa sympathie pour ce sentiment en même temps que son\nadmiration pour ce style. C'est ainsi qu'il a pu écrire dans une récente\nétude, fort élogieuse d'ailleurs pour l'art de M. Ravel, ces lignes signifi-\ncatives : 1 \" Dans les musiques de Ravel, comme, du reste, dans presque\n\n1 Trofili di musicisti francesi contemporanei : Maurice Ravel, dans le Marzocco du 27 août 1911. Les mots\nen italique sont en français dans le texte."}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.66", "texte": "+8\nS. I. M.\n\ntoutes les musiques, pourtant si fines, élégantes, et de toute\nfaçon toujours très intéressantes, des Français d'aujourd'hui, on cherche-\nrait en vain (et on est fort triste de ne l'y point trouver) un sentiment\nvibrant et ému de large humanité. La joie n'y chante que bien rarement,\non y chante avec des accents bas et courts ; et il n'y éclate jamais un cri\nde douleur profonde et féconde de vie. Mais au lieu de la joie victorieuse\nil s'y exprime une allégresse factice, presque sans sourires, et au lieu de\nl'expression de la douleur, on n'y trouve que l'expression d'une tristesse\ngrise, lasse, morne \". Sans doute, il faut tenir compte ici d'une manière\nde sentir assez différente de la nôtre, il faut faire la part du tempérament\ndes deux races. Pourtant, ces lignes, qui à travers la musique touchent la\nFrance au cœur et dont certains de nos critiques souriront, ces lignes,\nplusieurs d'entre nous les signeraient bien volontiers. Et, en les signant,\nils les démentiraient ; car ils apprendraient à M. Ildebrando Pizzetti qui\nsera heureux de le savoir (puisqu'il a de la sympathie pour notre pays),\nque les admirables délicatesses de nos musiciens impressionnistes sont loin\nd'exprimer l'état d'âme de toute la France musicale, qu'une bonne partie\ndu public le plus cultivé sent le besoin d'émotions plus fortes et plus\nvivantes, fussent-elles même un peu élémentaires ; et ils pourraient\najouter qu'il y a encore en France des musiciens qui n'ont pas abandonné\nla manière véhémente et pathétique des grands maîtres.\nQuoi qu'il en soit, M. Ildebrando Pizzetti me paraît être un de ces\nmusiciens complets dont l'espèce se fait un peu moins rare de nos jours.\nUne parfaite connaissance de son métier, une curiosité perpétuelle pour\ntout ce qui touche à la musique, histoire, esthétique, théorie ou art\nétranger, une culture générale sans cesse entretenue et augmentée par des\nlectures littéraires ou philosophiques, et surtout une âme généreuse d'elle-\nmême et largement ouverte sur la vie réelle, il possède l'ensemble de\ndons aujourd'hui nécessaire à la création de cette musique \" humaine \"\nqui est son idéal d'art. Il faut y ajouter une probité dans le travail, une\ncontinuité et un désintéressement dans l'effort, qui sont de bon augure :\npartageant son existence tranquille entre son metier, sa famille et son art,\nM. Ildebrando Pizzetti ne dédaigne pas la gloire, mais il aime mieux la\nbelle musique. Si l'on songe à tout cela après avoir lu les œuvres qu'il a\ndéjà produites, on ne peut s'empêcher de voir en lui une des plus sûres\nesoérances de la ieune musique italienne.\n\nPaul-Marie Masson."}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.67", "texte": "Théâtres et Concerts\n\nNOUVEAUTÉS D'HIVER\nVoici revenue la saison où Paris, épouvanté de l'aspect de ses rues envahies\npar les plus effarants pérégrins, bat désespérément le rappel de ses indigènes\ndispersés dans tout l'univers. Pour arracher les citadins à la comtemplation des\nféeries automnales, pour détacher leur tendresse de la nature qui s'endort, la Ville\ns'étire et s'éveille avec mille coquetteries. Elle salue joyeusement l'Hiver, le bel\nHiver, déploie toutes ses grâces et toutes ses séductions, se pare et se maquille et\nnous murmure â l'oreille de grisantes promesses. Pour elle c'est le vrai Renouveau,\n\n4"}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.68", "texte": "5°\nS. I. M.\n\nla poussée de la sève, l'éclatement des bourgeons. Une fièvre de création l'agite et\nl'exalte.\nC'est l'heure où les directeurs de nos grands magasins musicaux placardent\ndes affiches et expédient des catalogues, l'heure où les intendants de nos plaisirs\nartistiques nous annoncent triomphalement le jamais vu et l'inentendu. Pour recru-\nter des abonnés nos chefs de rayon appellent l'attention des passants sur les mer-\nveilles qu'ils ont rassemblées à notre intention et distribuent des prospectus où ils\nnous invitent â admirer leurs \" nouveautés d'hiver \" et à nous rendre compte des\navantages de leurs \" soldes et occasions \" sans précédent.\nInstruisons nous donc et voyons de quoi demain sera fait. Le catalogue de\nl'Académie nationale de Musique et de Danse n'est pas volumineux. Il contient\nun simple feuillet assez pauvre en promesses. M. Messager, d'ailleurs, a pris soin\nde nous avertir des excellentes raisons qui le contraignent à limiter ses approvision-\nnements. L'article qu'il est tenu de vendre est une spécialité exclusive et il n'en\ntrouve plus en fabrique. Les règlements de sa maison lui interdisent d'afficher\nautre chose que le genre \" grand-opéra \" et, comme il le fait remarquer avec raison,\naucun autre théâtre, dans le monde entier, n'est condamné à une aussi étroite\nservitude. A coté des entreprises rivales qui peuvent débiter indifféremment l'opé-\nrette, l'opéra-bouffe, la comédie lyrique, le roman musical, l'opéra-comique, le\ndrame lyrique et la tragédie lyrique songez que le directeur des Galeries Favart\npeut réunir dans une même exposition Offenbach et Wagner ! l'Opéra est forcé\nde s'en tenir à une formule unique et, par surcroît, définitivement démodée. De\nplus, des traditions et des lois surannées, l'incommodité de l'installation et l'insuffi-\nsance des ressources matérielles paralysent le plus clairvoyant des directeurs dans\nson élan vers la nouveauté. N'oublions pas que le déplacement du décor d'une\nseule œuvre dans l'immeuble Garnier nécessite trente-huit charrois, aller et retour,\nsur un parcours de quatre lieues, ce qui rend impossible toute alternance d'ou-\nvrages un peu variée. Il faut donc se garder de rendre responsable de l'indigence\ndes affiches l'auteur exquis de Béatrixdont le sens critique est merveilleusement\ndéveloppé et qui a prouvé, lors de son passage à l'Opéra-Comique, son étonnante\nfaculté de divination en présence d'une montagne de manuscrits.\nC'est même cette sagacité universellement reconnue par les musiciens qui a\nempêché l'opinion publique de soutenir M. Gustave Charpentier dans ses véhé-\nmentes revendications en faveur de son \" petit dernier \" qu'il s'obstine à présenter\nmasqué et enveloppé d'une triple houppelande. \" Recevez-le d'abord et vous le\nverrez ensuite \" déclare le compositeur de indigné des prétentions d'un\ngénéral assez facétieux pour affirmer que le conseil de révision doit logiquement\nprécéder et non suivre l'incorporation des recrues. Et, emporté par son zèle, sans\nremarquer les sourires amusés de la galerie toujours prête à découvrir des rosseries\ncachées dans les discours les plus ingénus, l'imprudent musicien-librettiste ajoute :\n\" M. Albert Carré n'en demandait pas tant, lui qui reçut sans en connaître\nun mot ni une note. \" Seigneur ! gardez nous de nos amis !...\nCe petit incident significatif d'un placier se refusant énergiquement à montrer"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.69", "texte": "LE MOIS\n\n5i\n\nses échantillons au client ne fait que prouver davantage combien les affaires sont\nactuellement difficiles dans ce grand magasin et avec quelle prudence nous devons\nen juger l'administration.\nLes seuls marchés présentement conclus sont ceux qui nous assureront la\npropriété du Cobzarde Madame Ferrari, de la de Lucien Lambert et de\nla Romade Massenet. Il faut également s'attendre à une reprise du et de son\nvaste ballet et à un remaniement assez sérieux de la biterroise de Saint-\nSaëns. La civilité puérile et honnête qui règne dans l'imposant monument amènera\npeut-être sur le plateau le Ramsèsde Paul Vidal, le Scénio de Bachelet ou un conte\nlyrique encore anonyme d'André Gailhard. Et nous verrons reparaître\nSalomé et Fervaal dans d'excellentes conditions.\nMais l'article-réclame, l'occasion sensationnelle de la saison sera la danseuse\nsans tutu présentée par le nouveau chef de rayon des tulles et tarlatanes, M. Ivan\nClustine. On a vu quelles discussions passionnées a soulevées l'annonce de cette\nréforme. Il faut goûter l'importance symbolique de ce geste hardi. La prise de\ncette Bastille chorégraphique est d'un heureux augure pour l'avenir de la danse\nfrançaise que nous ne pouvions plus applaudir qu'à Pétersbourg où à Moscou. Le\nmaître de ballet ami et allié qui va désormais présider aux ébats de nos \" rats \"\nnationaux nous rendra sur ce terrain une suprématie que ses compatriotes nous\navaient si brillamment ravie. Puissent les peintres habituels de la maison, ses déco-\nrateurs, ses costumiers et ses accessoiristes ne pas trop paralyser le bel effort d'art\nauquel ils seront appelés à collaborer.\nL'établissement plus modeste mais supérieurement achalandé que dirige\nM. Albert Carré nous communique un volumineux catalogue, riche en promesses\nvariées. Il faut savoir lire entre les lignes de ce curieux document qui se réimprime\npresque intégralement chaque année sans changements appréciables. Son rédacteur\ny manifeste une philosophie sereine et un mépris total des contingences. Il estime\nsans doute que les actes valent mieux que les vaines paroles et entend bien ne pas\nengager le futur par des communiqués prématurés. Pour que nul ne s'y trompe il\nétablit un plan de saison purement schématique où quelques noms conventionnels\noccupent provisoirement, à titre d'indication, la place des titres encore inconnus\nque l'avenir tient en réserve dans ses flancs obscurs. C'est ainsi que depuis la\nfondation du théâtre nous voyons annoncer au début de chaque saison la création\nde Messaouda,de Ratez ou de la Sonate de Bénedictus sans qu'il\nnous soit venu à la pensée de réclamer la réalisation de ces projets essentiellement\nplatoniques et destinés sans doute à le demeurer toujours. Il est infiniment pro-\nbable que Couleur de feu,le ballet de D.E. Inghelbrecht joue actuellement le même\nrôle allégorique et que les partitions appelées à remplacer ces trompe-Poeil sont\ninsoupçonnables ! Quoi qu'il en soit, M. Albert Carré met, en souriant, à notre\ndisposition une reprise du Vaisseau Fantôme et des Contes d'Hoffmann, proclamant\nune fois de plus son éclectisme résolu et son affranchissement du fétichisme de la\nforme et des genres. Puis il guérira la Lépreuse de Lazzari qu'une écrasante publi-\ncité handicape assez lourdement et dont le succès deviendrait dans ces conditions"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.70", "texte": "52\nS. I. M.\n\nune sorte de miracle. Pour répondre aux sollicitations incessantes de quelques\ncritiques idéalistes et pour en finir une fois pour toutes avec un malentendu déjà\nancien, M. Carré s'imposera l'expérience de la d'Albéric Magnard, arra-\nchant ainsi définitivement des mains de ce symphoniste anti-théâtral la palme du\nmartyre que nous étions habitués à lui offrir avec un touchant respect. Et nous\nverrons s'il est vraiment une gloire plus noble et plus délicate que celle de génie\nméconnu !\nM. Arthur Coquard nous a légué une Isdronning et M. Carré, son fidèle\nexécuteur testamentaire va nous \" envoyer en possession \" de cette libéralité dont\nnous ignorons l'étendue. Une Francesca da Rimini de Léoni et une Résurrection\nd'Alfano exerceront la pénétration et développeront l'esprit de documentation des\nmusicographes chargés de rédiger d'historiques avant-premières sur les auteurs.\nM. Giordano a fait un Mois de Marie, M. Félicien de Mesnil a parachevé un\nBénêdict Clanzoret M. Gaston Lemaire a frisé une qu'on se le\ndise ! Le Matin de Floréal est de M. Marcel Rousseau, le Puits est de M. Marsick\net Denisetteest de M. Fijean : qu'on ne l'oublie pas ! Tous ces souvenirs sont\nutiles à conserver pour la composition de l'affiche de l'an prochain. Hoec olim\nmeminisse juvabis !\nLa Tisseuse d'orties de Gustave Doret viendra affirmer les droits de l'école\nhelvétique et Ping-Sinde Maréchal défendra ceux de l'art extrême-oriental.\nM. Emile Trépard avec Céleste Prudhommat livrera sa première grande bataille au\npublic parisien qui ignore son Cantique des Cantiques. Chevauchant le balai de\nla Sorcière de Sardou, Camille Erlanger opérera une rentrée sensationnelle. On\naccorde déjà les cloches innombrables du Carillonneur de Xavier Leroux. Les\nQuatre Journées de Zola ont fourni quatre actes à Alfred Bruneau et le Bon Roi\nDagobert n'en a pas fourni moins à André Messager. Enfin\nUsher et le Diable dans le Beffroi seront sans doute livrés assez ponctuellement par\nDebussy pour que l'Opéra-Comique puisse nous en offrir, dès cette saison,\nl'inappréciable gourmandise.\nLes concerts historiques d'Henry Expert seront, cette année encore, l'orne-\nment des Samedis et les matinées rétrospectives du Jeudi exploreront le répertoire\ndes deux derniers siècles. Sans songer à remplacer l'ingénieuse et imaginative\nMariquita par un Slave bondissant, Albert Carré se propose d'accorder au ballet,\nvivifié par l'apport des Russes, une hospitalité plus écossaise. Agréables projets\nque remplaceront peut-être des réalités imprévues plus agréables encore !\nLa Gaîté-Lyrique ne fait pas \"la nouveauté Elle donnera, comme de\ncoutume, tous ses soins à l'article courant, à la mode consacrée par un long usage.\nM. Isidore de Lara avec un Noël,M. le Borne avec les et M. Hirschmann\navec la Princesse au Moulin représenteront les seules concessions faites à ce que les\nfrères Isola estiment être le goût du jour ! Un opéra de l'autodidacte Raoul\nGunsbourg et un festival Mozart ouvriront et fermeront la calme saison.\nLe Trianon Lyrique, au contraire, étale des ambitions tumultueuses. Tout en\nrépétant deux pièces nouvelles, Cartouche de Claude Terrasse et"}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.71", "texte": "LE MO IS\n53\n\nd'Hirschmann, ce quatrième théâtre de musique annonce quarante ouvrages parmi\nlesquels nous trouvons Proserpine de Saint-Saëns, la Traviata, Hamlety Rigoletto,\nle Trouvère et les Noces de Figaro ! Et l'audacieux Félix Lagrange ajoute négli-\ngemment : \" Nous monterons également YEtoile du Nord que MM. Isola s'étaient\nproposé de donner à la Gaîté mais qu'ils durent abandonner en présence des\ndifficultés de la mise en scène \" !\nCette téméraire ardeur ne se retrouve pas chez les comités directeurs de nos\ngrandes associations symphoniques dont les projets demeurent ténébreux. Chevil-\nlard et Pierné se refusent à nous dévoiler leur avenir. Avec une assurance que\nlégitime le succès, ils recrutent leurs abonnés en leur notifiant exclusivement la\ndate de leur réouverture, sans vouloir leur confier leur programme. Ce programme\npourtant est parfaitement établi puisque, depuis longtemps, les porteurs de manuscrits\nse voient évincer sous prétexte que toutes les affiches sont pleines pour la saison !\nMais à quoi bon publier ce que tous les habitués connaissent ? Pourquoi\nforcer nos deux grandes sociétés à recourir aux affiches pour nous apprendre que\nChevillard exécutera des actes entiers de Wagner, que Pierné donnera cinq \" irré-\nvocablement dernières \" de la Damnation et que Pierné et Chevillard passeront en\nrevue, dans l'ordre chronologique, les neuf Symphonies de Beethoven ?...\nIl faut louer au contraire M. Sechiari de la déférence qu'il témoigne à son\npublic. Ses douze concerts sont arrêtés et ses programmes sont offerts dès main-\ntenant à nos méditations. Il recueillera donc, bien avant de lever sa baguette sur\nles partitions annoncées, de chaleureux applaudissements pour le goût éclairé dont\nil a fait preuve en choisissant Debussy, Strawinsky, d'lndy, Glazounow, Arensky,\nKopylow, Gabriel Dupont... etc. etc. pour notre future délectation.\nTelles sont les tentations mises en œuvre pour nous ramener, par les voies\nles plus rapides, à la Cité jalouse et nous obliger à comparaître sans retard devant\nles tribunaux farouches où trois juges en habit, après une brève délibération, nous\ndélivreront un numéro d'écrou et ordonneront à leurs sbires notre incarcération\nimmédiate. Hélas ! nous n'aurions pas besoin de la vertu de S* Antoine pour\nrésister victorieusement à ces modestes blandices et nous serions plutôt tentés de\ndésespérer d'un hiver aussi pauvre... si nous ne savions par expérience que chaque\nsaison amène tôt ou tard son plaisir, mais que ce plaisir-là aime nous surprendre\net néglige toujours de se faire annoncer !...\n\nEmile Vuillermoz.\n\nProvince\nPendant l'été la province vit principalement d'importations. Les casinos dont elle s'honore\nne sont que des succursales de nos petits orchestres parisiens, hiérarchisés de l'Association sym-\nphonique au quatuor de brasserie. Il ne faut donc pas s'attendre à de surprenantes initiatives de\nla part de ces établissements qui se contentent d'utiliser leur répertoire de l'hiver précédent.\nLa musique y joue d'ailleurs un rôle si aimablement effacé qu'il est parfaitement inutile de\nchercher querelle à ceux qui la fabriquent et à ceux qui la répandent."}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.72", "texte": "54\nS. I. M.\n\nIl convient pourtant de signaler la tenue très artistique de la saison de Diepp© sous la\ndirection éclairée de Pierre Monteux. Les représentations de Jean Périer, de Nelly Martyl, de\nDelmas et d'Herleroy laisseront aux habitués du Théâtre de précieux souvenirs. Au Casino,\nMonteux fît entendre Alice Raveau, Auguez de Montalant Nicot-Vauchelet, Enesco, Staub,\nHekking Plamondon, Fournets et toute une pléïade de virtuoses de choix dans d'excellents\nprogrammes. Gros effort :on donna la IXme Symphonie et la Damnation de Faust, avec un\nsuccès facile à prévoir. Mais le régal le plus délicat fut certainement la série d'auditions de\nmusique de chambre, réunissant les plus purs chefs d'œuvres de la littérature musicale où se\ncouvrirent de gloire deux jeunes artistes dont Paris sut déjà apprécier l'enthousiaste collabora-\ntion : Robert Krettly et Yves Nat. Il est impossible d'apporter à la traduction de la pensée\nmoderne ou classique une compréhension plus fine, une sensibilité plus fraîche et une techni-\nque plus accomplie que celles du violoniste au son pur qui émerveilla les auditeurs de la Saison\nRusse par la virtuosité et la musicalité de ses soli et de ce pianiste fougueux et concentré qui\napporte une telle conscience dans ses interprétations.\nLes manifestations de musique départementale sont plus rares que jamais. La ville\nd'Ambert a renoncé aux fêtes Chabrier qu'elle devait nous offrir et les a ajournées au pro-\nchain printemps. St Jean de XiUZ a célébré ses fêtes traditionnelles en faisant retentir les\nvoûtes de son église d'une Messe palestrinienne, les échos de son théâtre de verdure de l'Esther\nde J.B. Moreau et les lambris de sa Salle Jeanne d'Arc d'un récital de piano par Blanche\nSelva. Le zèle et le dévouement de René de Castéra provoquèrent ces miracles.\nUn jeune chef de musique militaire, M. Goguillot étonne et ravit les habitants de\nCherbourg en exaltant au moyen de cinquante fantassins mélodieux les mémoires vénérées\nde Mozart et de Beethoven.\nMais il faut accorder une mention toute spéciale à la remarquable tentative de décentra-\nlisation qui s'appelle l'Art à l'Ecole. La section de Gruéret nous communique six programmes\nadmirablement composés où l'auditeur, guidé par des conférenciers de talent tels que MM.\nFouassier et Refort, passe en revue Scarlatti, Haendel, Bach, Mozart, Beethoven, Schumann,\nCésar Franck, Moussorgski, Saint-Saëns, Ropartz et Debussy ! Les habitants de Guéret ne\nconnaissent pas leur bonheur.\n\nÉtranger\nA BAYREUTH. La grande impression artistique de cette année à Bayreuth aura\nsurtout été provoquée par un Parsifal complètement renouvelé quant aux décors et àla mise\nen scène, et plus encore peut-être par les Maîtres-Chanteurs de Nuremberg admirablement\nréalisés. Cette œuvre est peut-être une des plus difficiles à interpréter au théâtre, non seule-\nment à cause de ses chœurs dont la mise au point est des plus délicates, de son orchestre qui\nest tout en nuances et fines ciselures, mais aussi par le nombre de premiers rôles qu'elle com-\nporte et qui exigent des artistes dramatiques et des chanteurs éprouvés. Tout cela doit garder\ncependant l'apparence de la vie ordinaire, de l'expression spontanée. Dans l'œuvre de Wagner,\nc'est une admirable partition exceptionnelle dont il a dit lui-même avec raison dans une\nlettre à Peter Cornélius (janv. 1862) : \" Das ist mein genialstes Produkt ; du hast keine\nAhnung davon, was das ist, was es mir ist, und was es meinen Freunden sein wird 1\n\n1 C'est ma production la plus géniale 5 tu n'as aucune idée de ce que c'eit, de ce que c'est pour moi, et\nde ce que ce sera pour mes amis, \""}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.73", "texte": "LE MOIS\n55\n\nEn effet, l'étincelle du génie est ici partout présente, tandis que la grande flamme de ses autres\ncompositions n'apparait qu'un moment, dans les passages de haut lyrisme. Après cette immense\ntragédie de l'amour et de la mort qu'est Tristan et Isolde, voici l'œuvre de la joie, de l'humour,\nde la vie, avec sa note de mélancolie résignée et de haute sagesse ; de plus l'expression de\nl'idéal artistique de l'auteur : le respect sacré des belles traditions d'accord avec l'enthousiasme,\nle progrès, l'évolution vers les formes nouvelles. Tout celà est unique, \"puisé dans la vie\nmême \" comme Gœthe l'aimait. Mais c'est avant tout le miroir de la Germanie qu'on y\nperçoit ; l'œuvre est nationale au plus vrai sens du mot, et c'est pourquoi elle n'est vraiment\nréalisée entièrement que dans sa patrie.\nBayreuth en a donné une interprétation saisissante de vie et de couleur. Cela est dû en\ngrande partie à la maîtrise de Hans Richter qui dirigeait. N'est-ce pas émouvant de penser\nque celui qui fit la copie du manuscrit fraîchement composé, qui, à la toute première des\nMaîtres à Munich, en 1868, conduisit les chœurs sous l'œil même de Wagner, se trouve\nencore aujourd'hui à la tête de cette œuvre et la dirige avec une verve et un entrain extraor-\ndinaires. Jamais l'ouverture ne nous a paru plus fraîche, plus franchement saine, forte, vivante,\nseulement élargie vers la fin majestueuse et triomphante. Et toute l'œuvre répondait à ce\nmerveilleux prélude, apparaissant dans son incroyable malgré la conception et la compo-\nsition constamment arrêtées et brisées de ce drame dont la première esquisse est de 1845\n(Marienbad) et les dernières pages de Lucerne et Munich, vers 1867.\nLa partition est une des plus vastes qui soient ; à Bayreuth où on l'a donnée sans\ncoupures, elle a paru vraiment passer comme une \" fumée L'action animée des deux\npremiers actes ne provoque aucune impression de longueur. Le caractère méditatif, puis\nintime, enfin la double fête du troisième acte amènent tant de sentiments divers qu'ici non\nplus on ne s'aperçoit pas du long développement des situations. Une interprétation de premier\nordre y fut aussi pour beaucoup ; il nous faut surtout citer un remarquable réalisé\npar Hermann Weil (Stuttgart) ;le Walter de Stode Walter Kirchhoff (Berlin), de\nCari Ziegler, Pogner, de Richard Mayr, Kothner, de Nic.Geisse-Winkel et Lene de Gisela\nStaudigl. Pour Eva (Lilly Hafgren-Waag) ce fut en général bien, vocalement surtout, mais\nune note d'humour aurait dû parfois en relever davantage le charme. Quant au de\nHeinrich Schultz, il est certainement des plus intéressant, mais certainement trop caricatural ;\nainsi ce n'est plus un caractère. La compréhension voulue par l'acteur fut au reste remarqua-\nblement réalisée et accusée par une diction mordante à souhait. Les furent en tous\npoints irréprochables, chantant et jouant avec un enthousiasme sans pareil. Les superbes :\nla vérité même !\nPour Parsifalyle renouvellement du décor primitif fut une excellente chose : le jardin\ndes Filles-Fleurs et elles-mêmes du reste avaient justement et souvent fait l'objet de critiques\nsévères et sérieuses. Aujourd'hui, il semble qu'il serait difficile de réaliser beaucoup mieux cette\névocation extrêmement délicate de lieux enchantés. Les oppositions de tons violents qui carac-\ntérisaient autrefois ce tableau ont été remplacées par une chaude harmonie de couleurs autom-\nnales d'abord ; les branches d'arbres géants descendent jusqu'à la rampe, formant comme un\nrideau transparant et mouvant derrière lequel évoluent les Filles-Fleurs dont les costumes sont\naussi améliorés sans être tous parfaits encore. Dès l'arrivée de Kundry, une nouvelle\nmagie transforme la forêt. Des colorations plus fraîches, plus vaporeuses apparaissent et rem-\nplacent peu à peu les premières dans une lumière plus rayonnante toujours. Tout le charme\nsemble émaner de Kundry même, l'enchanteresse dont la séduction veut enlacer Parsifal. Le\ntableau est merveilleux, admirablement soutenu par cette musique unique et passionnée.\nQuant à l'écroulement du jardin magique, il est réalisé de main de maître, et l'impression du"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.74", "texte": "56\nS. I. M.\n\ndésert, de solitude, d'anéantissement qui reste à la fin du deuxième acte est vraiment poignante\net prépare à l'audition du prélude suivant avec ses phrases si douloureuses, brisées et affaissées\net toutes ses sombres harmonies.\nLa scène mouvante précédant les deux diverses cérémonies au temple du Graal est non\nmoins remarquable, et le tempo assez lent pris par le chef d'orchestre, Karl Muck, la rythme\nà merveille.\nInterprétation dans l'ensemble excellente aussi : orchestre d'une superbe sonorité ; les\ncuivres notamment sont d'une \" distinction \" rare ; le quatuor d'une belle plénitude ;\nl'ensemble riche et d'irréprochable justesse.\nParsifal, c'était E. Van Dyck, pendant longtemps l'unique titulaire du rôle. Comme\ncompréhension, je ne sais rien de plus profond, de plus vibrant, de plus émotionnant. La voix\nd'un timbre clair, éclatant, n'a peut-être plus la fraîcheur juvénile, mais quelle admirable\ndiction, quel accent sur chaque parole et que d'âme, dans le moindre signe, dans chaque atti-\ntude ! Le tout d'une impeccable musicalité, donnant une impression de réalisation définitive,\ninsurpassable dont rien ne peut s'oublier. La Kundry d'Anna Bahr-Mildenburg fut une digne\npartenaire ; elle aussi a traduit ce rôle si difficile avec une singulière profondeur et une\nintéressante personnalité. Le Gurnemanzd'un tout jeune acteur, Cari Braun, est une des plus\nbelles réalisations que nous ayions eues de cette noble figure ; le de Schiitzendorf-\nBellwidt est resté la perfection même. Pour Amfode Werner Engel, il ne nous parait pas\nqu'au premier acte, le paroxysme douloureux ait été rendu ni dans l'attitude, ni dans le chant ;\nau troisième acte, par contre, ce fut plein d'émotion, de passion et remarquablement chanté.\nIci aussi comme dans les Maîtres Chanteurs, les chœurs stylés par le Prof. Rlldel ont été\nau-dessus de tout éloge.\nQuant à VAnneau de Nihelung, l'ensemble fut bien. Siegfried Wagner en avait assumé la\ndirection. Nous y avons retrouvé les interprètes habituels : Mmes Ellen Gulbranson (Brunnhilde\\\nSchumann-Heinck (Erda\\ Matzenauer ( Reuss-Belce (Fr'tcka) et Hans Breuer\n{Mime). Parmi les nouveaux titulaires, le plus remarquable est A. von Bary dans Siegfried,\nacteur et chanteur supérieurement doué ; Mme Saltzmann-Stevens, une héroïque ;\nH. Weil (Hagenet Hunding),Hensel dont le Lne fit pas oublier l'irremplaçable Briese-\nmeister, enfin Urlus-Siegmund, une belle voix surtout, et Habich dans Alberich.\nL'ensemble de ces représentations accuse un effort d'art soutenu, longuement préparé du\nreste par des répétitions sérieuses permettant une mise au point et une belle unité difficilement\nréalisées, ailleurs.\nMAY DE RUDDER.\nFLORENCE. Peu de chose à mentionner pour la fin de la saison. Nous espérions\nquelques concerts d'orchestre qui n'ont pas eu lieu. L'événement musical le plus marquant\na été l'exécution au concert d'une sélection de Y Armide de Lulli, exécution donnée par les\nsoins de la Section florentine de Y Association des musicologues Italiens. M. Guido Tacchinardi,\ndirecteur de l'lnstitut musical de Florence, avait fait la sélection, M. Carlo Cordara avait\nreconstitué les parties d'orchestre. Notre éminent collègue M. Arnoldo Bonaventura, président\nde la Section florentine s'était chargé de l'organisation artistique du concert, que dirigeait\nM. Alberto Bimboni. Il ne m'a malheureusement pas été possible d'y assister, mais les noms\nque je viens de citer me sont de sûrs garants que l'exécution a été digne de la plus belle œuvre\ndu Florentin devenu français.\nM. Olschki nous a fait entendre pour la première fois dans une charmante soirée privée\ndes compositions inédites de Paganini, dont les manuscrits sont en sa possession : Le Deuxième"}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.75", "texte": "CARUSO A OSTENDE\nNous devons cette photographie maritime du grand ténor a\nl'obligeance de notre collègue et ami Max Rikoft."}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.76", "texte": "LE MOIS\n57\n\nquatuor à cordes,un Duo pour violon et violoncelle et un pour violon et piano.\nC'est de la musique fort agréable, dont certains morceaux contiennent de jolies trouvailles.\nUn Concert franco-italien de jeune musique contemporaine a été donné à 1\nçais, avec le concours des auteurs. On y a entendu une curieuse pour le\npiano, de M. Gianotto Bastianelli, le charmant de M. Ildebrando da\nParma, la solide Sonate en si mineur (pour violon et piano) de M. Maurice le Boucher, et trois\npoétiques mélodies de M. Jules Mazellier. Le lecteur parisien reconnaîtra sans doute dans les\ndeux compositeurs français deux de nos récents \" prix de Rome \", dont l'aimable concours est\nune preuve des excellentes relations que la Villa Médicis entretient avec le jeune Institut\nfrançais de Florence.\nP. M. M.\nMOSCOU. Il ne faudrait pas croire que, comme à Paris, les concerts cessent avec\nl'été ou le printemps ; Constantin Saradchew, soutenu par la ville de Moscou, s'est mis en\ndevoir d'organiser une saison de concerts symphoniques d'été, et nous sommes heureux de\npouvoir constater le plein succès de son entreprise. C'est ainsi que de Mai à Septembre il nous\nfut donné d'apprécier un excellent chef d'orchestre, des musiciens habiles et disciplinés et\nde très bonne musique. Chaque semaine, trois concerts et tous les dimanches un concert\npopulaire ! Voilà une belle activité. Les programmes de ces concerts étaient composés avec\nbeaucoup de soin et chacun pouvait y trouver sa musique préférée ; Beethoven et Wagner\nconstituaient le fond des programmes ; mais à côté d'eux les modernes avaient leur place ;\nmodernes français : Debussy, Ravel, F. Schmitt, R. Ducasse ; modernes russes : N. Mias-\nkowski, Ostroglazow, Prokofiew, Senilow, Jourassowski, Kchalow. Ajoutons qu'Alexandre\nMedtner prit parfois la baguette à la place de Saradchew et que sa direction fut aussi très\ngoûtée du nombreux public qui assista à ces intéressantes séances.\nE. de Tidebôhl.\nSTOCKHOLM. La saison écoulée ne nous donna, en fait d'œuvres nouvelles\nqu'lzeyl, de d'Albert ; la mise en scène véritablement somptueuse fit oublier la banalité de\ncette œuvre dont les auteurs, musiciens et librettistes, n'ont eu d'autre but que de satisfaire le\ngoût du public. Après cette première, il nous fallut revenir au répertoire. Le ténor Alexandre\nKirshner fut engagé et sut s'attirer les faveurs du public. La fin de la saison nous dédom-\nmagea ; à côté de Tristan et du Crépuscule des Dieux, nous entendîmes quelques nouveautés,\nle Mariage de Télémaque, de Claude Terrasse, la Fête chez Thérèse de R. Hahn, le Secret de\nSuzanne, de Wolf Ferrari ; enfin Boris Godounoffde Moussorgski fit une profonde impression ;\nla mise en scène de M. Goldberg, l'interprétation parfaite, la direction du chef d'orchestre\nFullio Voghera, tout contribua au succès de cette œuvre admirable. La cantatrice italienne\nMaria Labia fut très goûtée dans quelques drames véristes italiens.\nLes deux associations chorales Musikfôreningen et Nya Filharmoniska sâllskapet ont\ndonné, les scènes de Faust de Schumann, Christus de Liszt, le Requiem de Verdi, la Messe\nen ut mineur de Mozart. Aux concerts symphoniques de l'Opéra on a exécuté La Damoiselle\nélue de Debussy. Citons parmi les virtuoses qui se sont fait entendre : Wilhelm Stenhammar,\nJohn Forsell, Clary Morales, For Aulin, Marteau, Manén, Veczey, Parlow, Huberman,\nBauer, Friedman et Galston. Il y a eu, au printemps, deux grandes fêtes musicales. A Goten-\nbourg, fête de Haydn-Mozart-Beethoven et à Upsal un festival de musique suédoise (quatre\nconcerts sous la direction de Hugo Alfvén, le célèbre compositeur).\nO. MORALES.\n\n5"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.77", "texte": "58\nS. I. M.\n\nST. PETERSBOURG. Les Concerts Siloti de St. Pétersbourg ont arrêté les programmes\ndes douze concerts qu'ils donneront au cours de la saison qui commence. Nous voyons avec\nplaisir qu'on y a fait une place importante à la musique française et particulièrement àla jeune\nécole. Notre correspondant de S 1 Pétersbourg rendra compte de ces séances qui promettent\nd'être très intéressantes.\nSAINT-SÉBASTIEN. Les Casinos ne font pas toujours preuve d'un goût musical\ntrès sûr ; c'est là un reproche qu'on ne pourra pas faire au Casino de Saint-Sébastien en lisant\nles programmes de sa saison d'été. Du reste l'orchestre était celui d'Arbos.\n30 Août etIer Sept. Festival Bach avec le concours de Wanda Landowska.\n4et 9 Septembre. Festival Beethoven. Exécution de la 9e symphonie : les chœurs\nmixtes de notre orphéon y ont été enthousiastes, précis et vigoureux. Concerto en mi bémol\npour piano par Cortot.\n8, 11 et 14 Sept. Festival Wagner ; IERIER et 3™® acte de la Walkyrie, deuxième acte de\nTristan ; Consécration du Graal de Parsifal.\nQuand Saint-Sébastien aura sa saison annuelle d'opéra, elle n'aura plus rien à envier aux\nautres villes musicales d'Espagne. F. G.\nMADRID. La Société Philharmonique nous communique les programmes de tous les\nconcerts qu'elle a donnés du 21 Novembre 1910 au 13 Mai de cette année. Il serait trop long\nd'énumérer les œuvres qui furent exécutées et le nom des artistes renommés qui prêtèrent leur\nconcours à ces concerts ; nous ne pouvons que constater la vitalité de cette société qui va\ncommencer sa nme année d'existence et dont l'Espagne musicale ale droit de s'enorgueiller.\nVALENCE. UAthènèe Musical a donné son premier concert en juillet dernier ;si les\nœuvres qui furent exécutées n'étaient pas nouvelles, leur interprétation, par contre, fut excel-\nlente. On entendit le Septuor de Beethoven, la romance en fa jouée par M. Vidal, violoniste\nde talent, un trio de Mendelssohn, des Lieder de Schubert et, pour finir, la Cantate Meerestille\nde Beethoven pour chœurs et orchestre. M. Ripollés, chef d'orchestre, dirigea cette dernière\nœuvre avec un enthousiasme vraiment louable.\nQuelque temps avant avait eu lieu au Royal Collège une autre manifestation musicale,\nsous la direction du maître de Chapelle de ce Collège, M. Penarroja. La première partie du\nprogramme était composée d'œuvres de musiciens locaux, depuis Joan B. Cornes (1568-\n1643) jusqu'aux modernes Espi, Giner, Penarroja et le signataire de ces lignes. La deuxième\npartie était consacrée à la scène de la Consécration du Graal de Parsifal, qui obtint un grand\nsuccès.\nLe 5 juillet dernier on apposait sur la façade de la Maison natale de Tarrega une plaque\ncommémorative j il convient de se réjouir de cet hommage rendu a la mémoire du grand\nmusicien qui fut le maître des meilleurs guitaristes, tels que Miguel Llobet.\nED. L. CHAVARRI.\nEXTRÊME ORIENT. LAOS FRANÇAIS. Les fêtes du grand serment de fidé-\nlité ont été célébrées en grande solennité à Luang Prabang, en la pagode royale de Wat Maï. A\ncette occasion S. M. Sisavangvong, souverain du royaume des \" Cent millions d'Eléphants\ns'est rendu avec toute la pompe asiatique, au milieu d'un cortège brillant et pittoresque, à\ntravers la population si originale de ce pays.\nLe Roi est âgé de 25 à 26 ans, fort bien de sa personne ; il a été élevé à Paris où il a\nsuivi pendant trois ans les cours de l'Ecole Coloniale."}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.78", "texte": "LE MOIS\n59\n\nEn tête de son cortège tout de soie et d'or, figuraient d'abord vingt tambourinaires,\nrappant en sourdine le Khat-ta-phone , leur costume était d'un vert uniforme assez fondu.\nSuivaient, revêtus de gris clair, les musiciens joueurs des instruments traditionels.\nLe Roi, descendu de sa chaise gestatoriale d'or et de pourpre, est reçu à l'entrée de\n1 enceinte sacree par IVÏ. le Résident supérieur du Laos, venu exprès de Vientiane pour rece-\nvoir le serment de fidélité à là France, par la Colonie européenne, par le second roi, les Hauts\nMandarins.\nLe Roi et le Résident Supérieur gravissent les degrés du grand escalier de la pagode ; à\nce moment éclatent de l'orchestre laotien les accents d'une marche triomphale qui se meurt\ngraduellement en une symphonie troublante et douce.\nAux pieds de la statue du Phra Bang Bouddha dor massif, haute de centimètres,\nenrichie de pierreries, le Roi et les principales autorités du Royaume prononcent les paroles\ntraditionnelles du serment redoutable en buvant l'eau consacrée.\nPendant ce temps les cohortes nombreuses de bonzes, tout de jaunes vêtus, la tête rasée,\nmurmurent le récitatif des prières cadencées et l'orchestre, admirablement placé pour l'acousti-\nque, emplit la nef d'une harmonie étrange, lente et plaintive.\nPuis, les musiciens attaquent avec une ardeur croissante, des airs guerriers.\nLe tout finit sur un rythme endiablé, d'un goût tout local, quand le Roi échange le\ntoast avec les Autorités et la Cour.\nLe peuple laotien est épris de la musique, et ses chants sont célèbres. Hommes et femmes\nluttent d'improvisations dans des sortes de tournois poétiques.\nTONKIN. Cette annee, le nouveau et superbe grand théâtre d'Hanoï inaugurera\nsa salle luxueuse et toute moderne. Le monument de la rue Paul Bert sera probablement\nterminé, grâce à la libéralité du Gouvernement et aux efforts de la municipalité et des travaux\npublics.\nLa saison commencera au Xonkin fin octobre, se partageant entre les deux théâtres\nmunicipaux de Haïphong et de Hanoï.\nANNAM. Hue, la capitale de l'empire d'Annam possède un groupe important\nd'européens, fonctionnaires, officiers et colons qui charment les heures de la trêve du travail\npar des reunions fort elegantes et du meilleur ton. La musique, la comédie et le concert en\nforment l'agrément.\nL'autre jour chez un aimable fonctionnaire de la Résidence supérieure le tout-Hué mon-\ndain applaudissait des artistes des deux sexes d'un réel talent, musiciens, chanteurs, diseurs.\nLemercier de Neufville trouva même des imitateurs, un théâtre de marionnettes actionnées\ntrès gentiment, mimant le récitatif du librettiste, dissimulé dans la coulisse, pendant qu'un\ntroisième collaborateur maniait savamment les jeux de lumières. C'était la revue. Puis la\nmarche à l'Etoile, avec un vrai théâtre d'ombres et des chœurs mixtes habiles, puis la\ncomedie avec Le Chauffeur de l'Odéon de Paris. Si au Palais Impérial on conserve les rites de\nla musique antique, de l'autre côté de la rivière de Hué, la musique et les artistes français font\nles beaux jours et les beaux soirs de la ville des vieux empereurs d'Annam.\nJ. ROUET."}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.79", "texte": "L'Édition\nMusicale\n\n1 Chez Heugel\n* Voix élevées\n* Chez Durand\n#* Voix moyennes\nM. Jean Hubert vient de faire paraître un Oratorio : x, que quelques\nélus ont eu la bonne fortune d'entendre exécuter l'an passé. Cette petite partition, écrite pour\nun Récitant, (Ténor,) chœurs, orgue, piano, harpe, hautbois et violon, comporte de très jolies\npages ; pour n'en citer qu'une, signalons le charmant petit Chœur annonciateur des anges,\navec la phrase, \" dans la cité de David \", dont la courbe mélodique est à elle seule une\ntrouvaille. D'un bout à l'autre, l'auteur se maintiendra strictement fidèle à cette note de\nsimplicité et de recueillement attendri. Son écriture est aisée, limpide et sans prétentions ; on\nsent que ses préférences doivent aller plutôt à Saint-Saëns qu'à la Schola ou qu'aux Indépen-\ndants. S'il emploie quelques thèmes liturgiques ou populaires, c'est avec une mesure parfaite,\net sans approcher jamais des improvisations dévergondées de certains organistes.\nPeut-être pourrait-on lui reprocher de se montrer bien ambitieux, lorsque son Récitant\nnous retrace l'accomplissement des Prédictions concernant la venue du Christ : mettre\nen musique les voix prophétiques, est une entreprise audacieuse. Bien peu d'auteurs seraient\nassurés de ne pas y manquer de souffle. De même, faire chanter par le chœur le texte évan-\ngélique des Béatitudes, c'est s'exposer à de dangereuses comparaisons. Mais laissons de côté\nMichel Ange et César Franck, et reconnaissons en M. Hubert le musicien sincère et convaincu,\net aussi le parfait homme de goût. Tous ces mérites sont plus rares qu'on ne le pense.\nLa deuxième série des Airs Classiques, (2) s'enrichit de six morceaux nouveaux. Deux de\nHaendel, l'un extrait de Y Allegro e il Pensieroso, l'autre, un radieux chef-d'œuvre, extrait de\nSamson. * Puis viennent quatre morceaux de Bach, parmi lesquels le célèbre Air de la Pentecôte *\ndéjà réédité autrefois par Mme Viardot. Cette nouvelle transcription ne nous parait pas valoir\nla précédente, qui débutait mieux, et soutenait davantage la voix, tout en la doublant moins\nsouvent. Et puis, pourquoi prescrire un mouvement aussi modéré, en tête de ce morceau\nd'évidente jubilation M. Pirro y a reconnu les bondissements de l'âme joyeuse. L'âme\njoyeuse ne saurait bondir sur un Andante, fut-il con moto. Ensuite vient l'admirable air pour\nTénor ; Prends mon il est à toi,une des plus belles pages que 1 effusion du sentiment\nreligieux aient inspirées à Bach, un air pour Basse : avec d'extraordinaires sauts\nde neuvièmes, et enfin un extrait * de la Cantate Ich hatte viel Bekûmmerniss, qui est d'un\nbout à l'autre un long sanglot. Pourquoi cette répétition inlassable des mêmes paroles ? elle\naurait sa raison d'être si ces paroles avaient par elles-mêmes quelque valeur expressive : c'est\nle cas du texte allemand, avec les mots : Seufzer, Thrânen, Kummer, Noth ; mais remplacez"}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.80", "texte": "VARIÉTÉS\n6i\n\nles indéfiniment par : plaintes, larmes, peines saintes, et le morceau ne tarde pas à devenir\nd'une platitude sans égale.\nPour chant encore, un Album de Trois M** par M. Florent Schmitt. 2 Vous y\nentendrez parler, fort éloquemment d'ailleurs, de roses mortes qui sanglotent dans le\ncrépuscule, de deuil sans raison, d'un cœur qui s'écœure, et de mille autres choses également\nfolâtres. Le dernier morceau : fils de la Vierge, conçu dans une note un peu moins sombre,\ns'éclaire d'un délicieux accompagnement, mais sa conclusion nous rejette dans les noirceurs :\n\" être libre, c'est n'être plus ! \" Et voilà l'effet des vacances sur la Muse de M. Florent\nSchmitt.\nBeaucoup d'habileté également, dans le Ave Regtna Cœlorum de M. Roger Ducasse 2.\nCette œuvre, d'écriture ultra-moderne ne manque-t-elle pas un peu de spontanéité ? Tant de\nscience et tant de recherche ne favorisent pas toujours le recueillement et la prière. J'en dirais\nautant des Quatre Pièces d'Orgue de M. Jongen 2, mais je dois reconnaître que celui-ci est en\ntrain de s'amender : il a quelquefois fait un emploi beaucoup plus abusif encore, des frotte-\nments, grincements et dissonnances de toute espèce et son Cantabile contient quelques passa-\nges, presque chantants, que nous n'avons pas coutume de rencontrer sous sa plume.\nJ'aurais encore à signaler ici beaucoup de musique à 4 mains, ou à deux pianos. Qu'il\nme soit permis d'y revenir plus tard : on n'écrit plus à 4 mains, que ce qui ne peut pas se\nréduire à deux, par conséquent des œuvres compliquées et de lecture ardue : elles ne sauraient\nse laisser juger du premier coup d'œil.\nV. P.\nLA DÉESSE NUE, poëme ésotérique pour piano et violon de Paolo Litta. La\n\" Libéra Estetica \" de Florence vient d'ouvrir une souscription pour une nouvelle œuvre\nde Paolo Litta, un Poëme Esotérique pour piano et violon intitulé :\nL'auteur, qui avait déjà fait paraître l'an dernier un autre poëme également pour piano et\nviolon, Le Lac el'Amour —et dont nous avons déjà parlé ici-même lors des exécutions de\nParis, Milan, Rome, Florence et Munich, l'auteur, dis-je, semble affectionner de plus en\nplus cette forme du poëme, forme plus souple que celle de la sonate proprement dite et en\nmême temps plus apte à exprimer ce que le compositeur a voulu y mettre.\nM. Paolo Litta nous a confié en effet que son rêve intime serait de porter, sans aucune\npréparation, dans le domaine de la musique de chambre, la forme élargie et plus libre du\npoëme pour deux instruments, une sorte de pendant au poëme symphonique a grand\norchestre.\nSa première tentative, qui a parfaitement réussi du reste, puisque le Lac d'Amour\nexprime suffisamment cette \" Gemûthsstimmung \" des allemands, qui se dégage du poétique\nséjour près d'un site éminemment pittoresque, ce lac d'amour, ce \" Minnewater \" de Bruges.\nEt si l'auteur a dépeint avec bonheur toutes ces sensations, il ne faut point s'étonner si,\nencouragé par le succès, il s'est hasardé à traduire musicalement, non plus des sensations\npoétiques, mais de véritables pensées d'une haute portée philosophique et théosophale.\nL'auteur a été amené peu à peu à composer cette œuvre qu'il appelle \" la Deesse Nue\ndans les conditions suivantes : M. Paolo Litta ayant été très gravement malade pendant près\nde trois mois, se familiarisa si bien avec l'idée de la mort que celle-ci finit par lui paraître\ndésirable.\nJe citerai ici les dernières lignes du texte d'initiation qui paraîtra en guise de programme\nen tête de l'œuvre :\n\" A de certains moments et en désespoir de cause mon âme affolée aurait voulu"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.81", "texte": "6 2\nS. I. M.\n\n\" chercher un refuge au sein même d'un paganisme et cela au moment où le thème de la\n\" Mort nous rappelait en un glas plein d'horreur, notre inévitable solution terrestre... et\nu pourtant cet état d'âme était sillonné, de ci, de là, par de voluptueuses lueurs de\n\" \" l'Amour cette \" Déesse Nue \" qui n'est qu'un autre aspect de la Mort lorsqu'elle\n\" prend les formes de la Vie... \"\net plus loin :\n\" A la fin de ce poëme, les lourdes chaînes du Doute se délient d'elles-mêmes et c'est avec\nu notre dernier soupir que nous entrerons satisfaits et transfigurés, dans le calme éternel\n\" de l'lnfini.... \"\nJe crois bien, sauf erreur, que c'est la toute première fois qu'un compositeur traite pareil\nsujet pour lui-même, ésotériquement parlant. Car les éléments métaphysiques sont représentés\nbel et bien par des thèmes qui s'enchevêtrent et s'entrecroisent pour former un tout d'une\nimpérieuse logique et qui concourent à la solution qu'il est facile de pressentir. Aussi n'entre-\nrons-nous point ici dans l'analyse thématique de l'œuvre, car l'auteur s'est opposé à la\ndissection de son ouvrage ne voulant point avoir écrit une œuvre qui ne serait comprise\nqu'accompagnée de la \" grille \" dont on se sert pour la lecture des dépêches chiffrées.\nEtiqueter les thèmes et mettre à nu la technique adoptée c'est à dire la Déesse elle-même,\nserait un labeur inutile et fastidieux pour ceux qui ne comprennent pas ou ne \" sentent \"\nrien, et d'autant moins indispensable pour ceux qui comprennent ou pour mieux dire \" qui\nsavent à l'avance \". Ceux-là seront les véritables initiés et c'est à eux que M. Litta s'adres-\nsera pour l'exécution et la compréhension de sa Déesse Nue, pour laquelle il implore un\naccueil bienveillant et favorable.\nFlorence, octobre 1911.\n\nAndrea del Lauro."}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.82", "texte": "L'Art au Café=Concert\n\nLa \" mauvaise musique\" —la musique frivole que nous avons convenu d'appeler la\n\" mauvaise musique \" est toujours \" musicale \", parfois musicale avec gentillesse.\nCelle que nous appelons la \" bonne musique\", la musique bien faite, la musique sérieuse (!)\nest, le plus souvent, dénuée d'invention, de spontanéité, de logique naturelle : elle est\na antimusicale\nC'est celle-là qui a fait déserter nos salles de concerts symphoniques ; c'est celle-là qui,\ndans tous les temps, a semé, parmi les foules, la haine des complications sonores.\nOr, nous n'avons jamais la curiosité d'examiner, de peser, les raisons qui font aimer la\n\" mauvaise musique \" par ceux que nous appelons \" le vulgaire \" : le \" vulgaire \" composé,\nindistinctement, d'ouvriers, de bourgeois, de gens du monde. Nous ne pensons pas que ceux-là\nsont de naïfs amateurs d'art, voire des musiciens-nes, fort incomplets, certes, quant à Véducation\nmusicale, mais dont le goût est souvent assez subtil pour nous servir d'enseignement précieux.\nJ'ai vu, tout cet été, cette foule simple au Cafè-concert.\n*\n* *\nLe Cafè-concert, le Music-hall, me semble un endroit exquis à bien des points de vue,\nmais, surtout, parceque là, seulement, on rencontre les snobs sans leur snobisme : sans ce bien-\nheureux snobisme qu'il nous faut pour notre art cultiver, encourager, fortifier... mais\nqui est, cependant, un très grotesque spectacle.\n* *\nPénétrons à YAlcazar d'Eté,blotti sous les bois des champs Elysées, tout souriant de\nclarté, dessiné, par de la lumière, sur des floraisons azurées, dans une imprécision de rêve.\nDes mélodies flottent, légères : elles ont parfois de jolis contours ; d'une élégance convenue\net symétrique, comme celle des révérences qui inclinent les habits noirs vers les mains pâles,\nbaguées de pierreries.\nQuel joli public, frivole et amusé ! c'est une symphonie de toilettes aux nuances irisées,\naux colorations qui ondulent et se poursuivent et se varient et se marient à l'infini ; une\nsymphonie de chevelures qui frissonnent en lueurs blondes, en rousses clartés, en ombres\nde mystère...\nLes petites mélodies voltigent, sans répit, chantées par un petit orchestre, précis et\ncompréhensif : chantées par des voix claires.\nOn chante juste ici.\nElles chantent juste, ces petites actrices qui semblent fleurir la scène de fleurs animées :\nces petites actrices qui n'ont pas souci des techniques conventionnelles.\nElles n'oseraient pas chanter faux,elles ne sont pas assez \" grandes cantatrices \" !\nEt puis, elles aiment la musique et se plaisent à \" phraser \" avec perfection les petites mélodies\nqu'elles comprennent si bien.\nAssurément, elles s'ennuieraient beaucoup à Y air le plus sublime de la Passion selon\nSt Mathieu... eh bien, elle ne le chantent pas. Or, combien de chanteuses, combien de"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.83", "texte": "64\nS. I. M.\n\nchanteurs, qui n y intendent rien, exécutent et comment les œuvres de Bach, et de\nSchumann, et de Wagner, et de M. Debussy !\nJ aime mieux les petites cantatrices d ici, parcequ'elles parlent une langue qui leur est\nfamilière,\nJ aime mieux ces petites mélodies, banales et gentilles, chantées avec goût, avec intelligence,\nque les œuvres de mes chers grands maîtres, anonnées par des oiselles ou des oiselets\nvoire par des duegnes, voire par de vieux messieurs qui n'en saisissent en rien, la signifi-\ncation musicale, qui me rappelent 1 enfant, obligé de réciter Phèdre ou Athalie, à quoi il ne\ncomprend rien.\nLes petites mélodies de C je les aime mieux que telles grandes symphonies\npénibles, et pesantes, et très mal faites, que l'on entend aujourd'hui un peu partout et à qui\n1 on sait gre, dans certains milieux, d'être ennuyeuses, et laides, et rebutantes.\nElles sont très bien faites, le plus souvent, elles sont d'une excellente technique musicale, les\npetites mélodies de Cafè-concert.\nJ'y reviendrai...\n* *\nJ ai dit que 1 on chante juste, au Music Ha 11... et cela semble si naturel au public que\nlorsque le délicieux Dranem emet, exprès, des notes fausses, il a un succès de fou rire.\nQui donc pense à rire, dans nos grands concerts ou théâtres, lorsqu'une \" étoile \" chante\nfaux ? On s occupe de savoir si la voix est u bien posée \", on en admire la puissance, on loue\nla qualité de la \" Méthode \", et l'on parle des gros cachets de l'artiste —• si j'ose dire. La\nfausseté ? on ne l'entend même pas.\n* *\nDans un promenoir, je ne sais où, des tziganes. L'un d'eux accorde son Zimbalon,\nfurieusement. La chaleur fausse les instruments, dit quelqu'un \" ** Comment cela peut-il\narriver ? demande une petite oie, blanche et ambrée. —u La chaleur dilate les cordes elle\nfait baisser. u A quoi reconnait-on qu'une note est fausse ? \" interroge une cantatrice très\nconnue. \" Ça s'entend bien \" dit une autre cantatrice, célèbre par son tempérament de flamme\n- (comme chacun sait, le tempérament commence là où commence Y intempérance) \" mais\n\" je n ai jamais compris pourquoi mon piano est juste quand je joue et faux quand je chante !\"\nu Encore la dilatation des corps par la chaleur \" répond un jeune homme grave u votre\nvoix, Madame, est si puissamment chaude... c'est comme les jours, plus longs en été qu'en\nhiver, parcequ'ils sont plus chauds... il y a encore d'autres exemples que vous n'ignorez pas. \"\n- \" Vous etes musicien, Monsieur ? \" u Madame, pour qui me prenez vous ? Je suis\ncritique musical ! \" Ah tant mieux...! \"\nEt le dialogue continue.\n*\n* *\nJe retournerai au Cafè-Concert.\n\nJean Huré."}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.84", "texte": "Comment se grave et s'imprime\nun morceau de musique\n\nVUE GÉNERALE DE L'USINE RŒDER A NANTERRE\n\nOMBIEN de musiciens, parmi les plus féconds peut-être, ignorent comment\nleurs manuscrits se transforment en musique gravée, tirée, prête à tenter le\nlecteur ? Il nous a paru intéressant de documenter sur ce point nos lecteurs,\nqui, s'ils ne sont pas tous musiciens professionnels, s'intéressent cependant à\ntout ce qui touche à l'art, fut-ce même à ce qu'il a de plus matériel. Nous ne pouvions\nmieux nous renseigner qu'en allant faire une visite à l'usine qui vient de s'installer à\nNanterre près Paris, et dans laquelle MM. Rœder ont réuni tous les derniers perfection-\nnements de la gravure de musique. C'est une vieille maison que celle des Rœder, qui a\ncommencé dans un petit atelier en 1846, et qui possède maintenant un établissement à\nLeipzig, un à Paris et un à Londres, fournissant, à elle seule la majeure partie de la\nmusique gravée en Europe. €]J Conduit par le très aimable M. FOUGERAY, que tous\nles éditeurs de Paris connaissent bien, nous avons suivi toutes les opérations que subit\nl'œuvre de l'artiste depuis le moment où elle est remise jusqu'à celui où elle est achevée."}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.85", "texte": "L'ATELIER DES REPORTS\n\nLe manuscrit, aussitôt reçu et enre-\ngistré sur les livres de la maison, est remis\naux distributeurs qui le disposent pour la\ngravure en marquant minutieusement les\npages, les portées, le nombre de mesures\net en cherchant les meilleurs endroits\npour tourner la feuille ; puis il passe\nentre les mains d'un des contremaîtres\ndes salles de gravure qui le donne au\ngraveur chargé du travail, en même temps\nque les planches nécessaires. Les planches\nmétalliques qui servent à la gravure sont\nfabriquées dans l'établissement même au\nmoyen de chaudières à fusion et de\nraboteuses. Le métal ainsi plané s'élève a environ 65000 kilogr. par an. €J Le graveur,\naprès avoir préparé les planches, mesure\nles portées, trace les lignes de celles-ci\navec un tire-ligne et dessine, à l'aide d'un\npoinçon, le texte et les notes d'après le\nmanuscrit; ceci fait, il frappe les notes,\nles accidents, les accolades, les clés et le\ntexte ; puis, comme le métal s'est soulevé\nautour des points frappés, il l'aplanit\navec un marteau poli et une enclume ;\nles queues ainsi que les autres signes se\nfont ensuite à la main à l'aide d'un burm\net les rognures qui se forment pendant\nce travail sont enlevées avec un grattoir\ntriangulaire. Ces opérations terminées,\nla plaque est prête pour l'impression.\n€][ Les 250 graveurs de l'établissement peuvent ainsi produire plus de 100.000 planches\npar an. €J Un matériel de choix et très\ncomplet facilite le travail des graveurs et\nleur permet d'exécuter les travaux les plus\nartistiques. €J Aussitôt gravée, la plaque\nest portée à la presse en taille-douce qui\ndonne les premières épreuves. Chaque\npresse est servie par deux hommes, l'un\nencre la plaque, l'autre tire 1 épreuve en\nfaisant passer la plaque sous le cylindre.\n€J Ces petites presses à bras ne sont\n\nLES BUREAUX\n\nL'ATELIER DE GRAVURE"}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.86", "texte": "L'ATELIER DE RELIURE\n\nplus employées que pour l'impression des\néditions tirées à un nombre très restreint\nd'exemplaires ou pour les éditions de\nluxe. €J La première épreuve est remise\nau correcteur qui la lit en la comparant\nsoigneusement avec le manuscrit, et in-\ndique les fautes en marge de la page.\n€J Le graveur, à son tour, les corrige\ndans la planche ; ceci fait, le correc-\nteur doit recevoir une nouvelle épreuve\npour une seconde revision, et ensuite\nles épreuves à corriger sont adres-\nsées aux éditeurs ou aux compositeurs.\nCl L'établissement occupe 5 correcteurs\nqui sont harmonistes et peuvent corriger eux-mêmes les fautes d'harmonie ou autres qui\nJ\nsubsisteraient sur les manuscrits par suite\nd erreurs de copie. Toutes les corrections\nayant été faites sur les planches gravées, on\npeut procéder au tirage. €jj Toul d'abord\non tire de chaque planche une épreuve à\nreport sur papier de chine, on étend cette\népreuve sur une pierre lithographique, dite\nde Solenhofen du lieu de sa provenance,\nplacée sous une presse à bras, puis on dé-\ncalque l'épreuve à l'aide d'une forte pres-\nsion ; cette opération donne ce qu'on appelle\nle report sur pierre. Ce report effectué, la\npierre doit ensuite être nettoyée à l'acide et\npréparée de façon à faire ressortir les notes\nen relief sur sa surface plane ; ce dernier\ntravail achevé, la pierre est prête pour l'impression. Cf Dès que la pierre a été ainsi préparée,\non la porte a la presse mécanique sur le\nchariot de laquelle elle est assujetie par\nle chef-machiniste (conducteur) qui règle\nle calage, la mise en train, et surveille\nensuite le tirage. Les feuilles de papier,\ndestinées à recevoir l'impression, sont\nposées par la margeuse sur le cylindre\ndont les griffes les saisissent ; un premier\nmouvement de rotation du cylindre leur\nfait subir une pression sur la pierre et\n\nLES PRESSES LITHOGRAPHIQUES\n\nLES MACHINES TYPOGRAPHIQUES"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.87", "texte": "elles reçoivent l'impression puis, par un second mouvement, elles passent sur des rouleaux\nqui les amènent sur une table où elles sont aussitôt rangées soit automatiquement soit par\nune receveuse ; le tirage est alors terminé. CJ Une presse mécanique peut ainsi imprimer\nchaque jour de 3 à 5000 feuilles. CJ Aussitôt l'impression effectuée, la pierre qui a servi\nà faire le tirage, est portée aux machines à grainer afin d'y subir la préparation nécessaire\npour recevoir de nouveaux reports. Il existe un autre mode de tirage, où le zinc étant\nsubstitué à la pierre, le report se fait sur une feuille de zinc, que l'on fixe ensuite sur le\ncylindre de la machine rotative, Celle-ci peut produire des tirages de beaucoup supérieurs\nà ceux des presses litho ordinaires. €J Après les tirages, les planches gravées sont conservées\ndans les salles des sous-sols ; ces salles offrent la plus grande sécurité contre tout danger\nd'incendie ou d'autres accidents. CJ D'autres salles du vaste sous-sol contiennent les pierres\nlithographiques, soigneusement classées dans des casiers, ainsi que le magasin à papier qui\ncontient un stock concidérable de papiers de toutes qualités. CJ Les titres sont soit gravés\nsur étain ou sur pierre, soit dessinés au crayon ou à la plume sur pierre ou bien encore\nsur zinc ; les dessinateurs de la maison produisent environ 4000 titres chaque année. CJ Le\ntirage des titres se fait au moyen de presses lithographiques spéciales. La maison possède\négalement une imprimerie typographique pour la production de musique en caractères\ntypographiques ainsi que des travaux de tout genre, catalogues, journaux etc. CJ Un atelier\nde clichene est adjoint à l'imprimerie et les clichés qui peuvent être conservés en vue des\nréimpressions ultérieures, économisent dans ce cas les frais d'une nouvelle composition du texte.\nDe plus un atelier de galvanoplastie permet de faire des clichés-galvanos des titres, dos, etc.\n\nLA MACHINERIE"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.88", "texte": "Cours et Conférences\nCOURS DE PHYSIOLOGIE DE LA VOIX PARLÉE ET CHANTÉE A\nLA FACULTÉ DES SCIENCES A PARIS. M. Marage, Docteur en Médecine et\nDocteur ès-Sciences, chargé de cours.\nFondation de la Section de Paris de la Société\nCe cours a pour but d'enseigner aux Médecins, aux Professeurs de chant et de diction et\naux Professeurs de lettres, les principes biologiques sur lesquels repose la voix parlée et chantée.\nLe cours a lieu pendant le semestre d'hiver, le Samedi soir à 5 heures 1/2, dans l'amphi-\nthéâtre de Chimie à la Sorbonne ; il est public et gratuit.\nM. Marage suit la destinée d'une onde sonore dans son trajet depuis le larynx de\nl'orateur jusqu'à l'oreille de l'auditeur.\nIl étudie donc successivement :\nI. a) Les poumons en tant que soufflerie,\nb) Leur fonctionnement,\nc) La détermination des qualités d'un acte respiratoire,\nd) Les moyens employés pour obtenir une bonne respiration.\n11. Dans l'anatomie du larynx, les données indispensables sont seules indiquées pour\nque les élèves puissent comprendre le fonctionnement de l'organe.\nLes résonnateurs supra-laryngiens, pharynx, nez, bouche, sont étudiés d'une façon\nanalogue.\n111. M. Marage, dans les cours suivants étudie en détail les bases scientifiques de\nl'enseignement du chant et de la diction et il expose complètement la théorie de la formation\ndes voyelles et des consonnes.\nChaque cours est accompagné d'une trentaine de projections et de nombreuses expé-\nriences, de manière que tout auditeur, sans connaissances spéciales, puisse suivre cet enseigne-\nment.\nIV. Avant l'arrivée à l'oreille de l'auditeur, l'onde sonore traverse une salle ; on\nindique le moyen de connaître les qualités acoustiques des salles et le professeur démontré\nqu'on peut déterminer scientifiquement si une salle est bonne au point de vue acoustique et de\nplus qu'il est possible de prévoir sur plans si une salle sera bonne ou mauvaise.\nV. L'oreille de l'auditeur est-elle juste ou fausse, musicale ou non, c'est le programme\ndes séances suivantes.\nVI. Enfin les qualités d'une voix parlée ou chantée sont étudiées, non par l'oreille,\nmais au moyen d'instruments précis tels que le phonographe, le cinématographe et la\nphotographie. r\nOn se souvient que M. Marage a fait construire il y a quelques années un appareil qui\npermet de photographier immédiatement les vibrations de la parole ; 1 epreuve sort de 1 instru-\nment développée et fixée et l'on peut faire voir a 1 eleve les qualités et les défauts de sa voix.\nIl y a donc là une méthode scientifique qui permet aux médecins et aux professeurs de\ncontrôler l'état d'un larynx."}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.89", "texte": "70\nS. I. M.\n\nDes travaux pratiques particuliers pour lesquels il faut une incription spéciale prise au\nLaboratoire de Physiologie de la Sorbonne, ont lieu le Dimanche à 4 heures. Ce jour a été\nchoisi pour que les professeurs et les médecins qui ne sont pas libres dans la semaine puissent\ny assister.\nLes élèves refont eux-mêmes les principales expériences indiquées dans le cours : déter-\nmination des qualités d'un acte respiratoire, examen du larynx d'un chanteur et d'un orateur,\ndétermination de la tessiture d'une voix, moulages de la cavité buccale, photographie de la\nvoix, inscription au phonographe, mesure de l'acuité auditive, etc...\nTel est le plan de cet enseignement; nous devons ajouter que ce cours a fait ses preuves,\ncar depuis huit ans il est suivi par plus de trois cents auditeurs.\n\nLEO LIEPMANNSOHN\n11, Bernburgerstrasse, 11, BERLIN S.W.\nVente sensationnelle d'AUTOGRAPHES\nles 17 ù 18 Novembre 1911.\nBEETHOVEN Esquisses pour la Messe en ré (80 pages).\nHAYDN Andante de la Symphonie mit Paukenschlag.\n„ Scena de 1795.\nMBNDELSOHN Romances sans paroles (op. 19).\nWEBER Esquisses pour Obéron.\nCollection magnifique de lettres de WAGNER provenant de la collection Bovet.\nSCHUMANN Sonate en sol mineur BRAHMS Trente-trois chansons.\nNombreux Autographes et correspondance étendue de BACH, CHOPIN,\nMOZART, GLINKA, HAYDN, LISZT etc.\nEnvoi franco sur demande du catalogue, très richement illustré."}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.90", "texte": "Çà et Là\nM. d Estournelles de Constant qui relate dans le u Temps \" ses Impressions d'Amérique,\nnous rapporte un bel exemple d'intrépidité musicale :\n\" Nous étions au milieu de notre banquet, à l'heure du sorbet ; l'orchestre, dans un coin\nde la salle, accompagnait la fête ; un chanteur venait de faire applaudir la Marseillaise de\nSchumann, puis un morceau spécialement écrit pour la circonstance : le Prince de la paix,\nquand tout a coup un solo se détache, si retentissant, si mélodieux, si impeccable que les\nconversations cessent. C'était un solo de cornet à pistons !... J'écoutai et je regardai. Qui\ndonc jouait ainsi, quel rossignol égrenait pour nous ses trilles, ses roulades, exhalait sa plainte,\noffrait son hymne, son poème ? Ce rossignol du Cornet à pistons était une femme, une gra-\ncieuse jeune fille blonde. Sans hésiter, le morceau fini, je me levai et j'allai serrer, avec toute\nma chaleur française, les deux mains de cette jeune artiste. Je ne sais pas si elle a compris ; je\n1 ai felicitee de son talent mais plus encore de son courage. Toute la salle électrisée renchérit\net fit répéter le solo. Ce fut mieux encore : je n'avais jamais vu une femme jouer du cornet à\npistons ; elle se donne, elle respire la satisfaction, l'expansion, la plénitude de la confiance. Je\nme disais en la contemplant : a C'est la femme la plus heureuse des Etats-Unis ! \" Et vraiment\nil en devait être ainsi, car il faut qu'une jeune fille soit supérieurement brave et bonne pour se\ndécider à gagner sa vie avec cette vaillance.\nAux enfants gâtées, à nos innombrables névrosées je suggère sans malice, au contraire,\nune cure de cornet à pistons. \"\n* *\nA l'lnstitut M. Théodore Reinach annonce que M. Walker, érudit anglais, a fait\nl'acquisition d'un manuscrit des Nuées d'Aristophane, renfermant deux lignes de musique\nnotées sur le début de la Parodos.\nM. Reinach, tout en admettant qu'il s'agit bien de notes musicales, n'accepte pas l'expli-\ncation qu'en donne Walker, et montre que ces notes ne correspondent à aucun des deux\nsystèmes de la notation antique. On est en présence d'un mode de notation alphabétique\nemprunté à un théoricien de l'Europe occidentale de la fin du moyen âge. Le scribe byzantin\nqui, vers l'an 1500, a tracé ces caractères, est bien l'auteur de la mélodie. C'est non pas un\ndernier écho de la mélopée hellénique, mais le premier balbutiement de la mélopée néo-grecque.\n* *\nDans le Correspondant M. Fernand Caussy publie des Lettres inédites de Voltaire, parmi\nlesquelles nous trouvons un document intéressant notre musique du XVIIIe siècle. C'est une\nlettre adressée à Rameau et en décembre 1732, et qui traite du livret de Samson :\n\"Je vous ai déjà dû convaincre, mon cher Rameau, que je n'ai travaillé au poème de\nSamson que pour votre réputation et votre avantage. Je n'attends assurément aucune gloire de\nmon travail ; je n'ai craint que le désagrément d'un mauvais succès. Votre musique est admi-\nrable, mais cela même vous fera des ennemis et des ennemis cruels. Je devrais en avoir moins\nque vous si on en a à proportion des talents ; cependant les miens ont poussé la calomnie\njusqu'à dire qu'il y a des impiétés dans Samson. J'aurai de plus à essuyer les préjugés du public.\nOn s'accommodera peut-être mal d'une héroïne d'opéra qui n'est point amoureuse : cependant"}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.91", "texte": "72\nS. I. M.\n\nque mes calomniateurs disent que mon ouvrage est impie, le parterre le trouvera peut-être trop\nsage et trop sévère, il se rebutera de voir l'amour traité seulement de séduction sur un théâtre\noù il est toujours consacré comme une vertu. Mon poème de Samson est plutôt une faible\nesquisse d'une tragédie dans le goût des anciens avec des chœurs qu'un opéra avec des fetes.\nJe n'ai point du tout, à ce que je crois, le talent des vers lyriques. C'est une harmonie parti-\nculière que j'ai peur de n'avoir point saisie. Je suis surtout incapable de faire un prologue\npassable, et j'aurais plutôt fait un chant d'un poème épique que je n'aurais rempli des canevas.\nCe sont là, monsieur, les raisons qui me faisaient reculer, mais vos lettres réitérées me pressent\navec tant d'instance, et vous êtes tellement persuadé qu'il y va de votre intérêt de donner\nvotre opéra cet hiver qu'il faut bien que je vous sacrifie toutes mes répugnances.\nJe voudrais pouvoir vous abandonner toute la rétribution de cet opéra, et je vous croirais\nencore bien mal payé, mais ayant destiné la moitié de ce qui devait m'en revenir a un homme\nde lettres qui est dans le besoin, je vous prie de partager avec lui. D'ailleurs, vous êtes l'unique\nmaître de tout. Faites représenter votre opéra dès que vous le pourrez. Obtenez la permission\nde M. le prince de Carignan. Il vous la doit, puisqu'il vous protège et qu'il connaît le mérité,\net c'est à vous à nous donner sous ses auspices des opéras que l'ltalie puisse nous envier.\nM. Berger, qui est auprès de lui, se fera, je crois, un mérite de vous être utile. Je le trouve\nheureux de pouvoir favoriser des talents comme les vôtres, et moi bien malheureux de les\nservir si mal. Je puis au moins, en vous donnant un poème si médiocre, vous donner un bon\nconseil, c'est de ne montrer ni mes vers, ni votre musique à personne, de peur des critiques et\ndes louanges outrées. Conservez l'ouvrage pour le public dans toute sa nouveauté. S il réussit,\nla gloire en sera à vous ; s'il tombe, ce sera à moi que je m'en prendrai.\n*\n* %\nFrançois Coppée, dans une correspondance d'Allemagne datée de 1873 qui paraît dans\nla Revue de Paris, touche quelque peu à la musique. Il écrit \" La conclusion de tout ceci,\nc'est que la patrie de Holbein et d'Albert Durer n'a pas un peintre ; celle de Gœthe et de\nHeine, pas un poète ; celle de Beethoven, de Mozart et de Gluck, le seul Wagner, qui\nm'a l'air, lui aussi, d'un grand talent tué par l'esprit de pédantisme et parti-pris . Ailleurs\nencore, Coppée part en guerre contre l'érudition allemande a refuge des impuissants. L Alle-\nmagne est inondée de ce genre de livres, et tu ne t'imaginerais pas le degré ou va cette rage.\nJ'ai vu le commencement d'un ouvrage sur la musique avant Bach : cinq énormes volumes\nont déjà paru, et l'auteur n'en est encore qu'au Ve siècle ; or, le contrepoint, origine de la\nscience musicale, a été établi au XVe siècle seulement, par Monteverde . Il est probable que\nl'auteur de la Grève des Forgerons, a visé l'Histoire d'Ambros. L esprit français ne perd jamais\nses droits !\n\nInformations\nCENTENAIRE DE LISZT. A Budapest. Voici le programme des fêtes qui\nauront lieu à l'occasion du centième anniversaire de la naissance de Liszt tel qu'il vient d etre\ndéfinitivement arrêté :\n21 octobre : Messe solennelle, qui sera célébrée en la cathédrale de Budapest et ou sera\nchantée la grande Messe du Couronnement de Liszt, avec le concours du violoniste Hubay. Le\nsoir, à l'Opéra-Royal, la Légende de sainte Elisabeth."}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.92", "texte": "VARIÉTÉS\n73\n\n22 et 23 octobre : Concerts à l'Académie de musique, auxquels participeront, entre\nautres artistes célèbres : Mmes Lula Mysz-Gmeiner et Tilly Kœnen, MM. Eugène d'Albert\nArthur Friedheim, Frédéric Lamond, Moritz Rosenthal, Emile Sauer et Bernard Staven-\nhagen.\n24 octobre : Concert philharmonique sous la direction de M. Siegfried Wagner et avec\nle concours de Mme Sophie Menter et de M. Charles Burrian.\n25 octobre : Représentation, à l'Opéra-Royal, de l'oratorio Christus.\nAHeidelberg. Le 22 octobre, Christus ; le 23, Symphonie de la\nSymphonie. Le 24 : Grande Sonate de piano, par M. Risler, et Lieder. Le même jour,\nCe qu'on entend sur les Montagnes,et la paraphrase sur le Dies irae, par Busoni ;Le sous\nla direction de Richard Strauss. Le 25 : Psaume 129, Lieder ; transcription de la Danse\nMacabre, Au Bord d'une Source et Marche de par M. Camille Saint-Saëns. Le\nsoir, les Cloches de Strasbourg, Elegiepour violon et piano, Offertoire de la\nment, Hymne de l'Enfant à son Réveil, Gaudeamus Igitur.\n%\n* *\nA l'occasion des fêtes du centenaire de Liszt, la maison Ernest Eulenbourg de Leipzig\nvient de publier la partition d'orcheste des douze poëmes symphoniques du maître en trois\nvolumes format de poche. Dans la même collection paraissent également les 12 quatuors à\ncordes de Dvorak ainsi que la nouvelle Lusts piel-Oude Max Reger.\n* *\nMlle Marguerite Babaian a repris ses Cours de Chant à la Maison Blondel, 28, rue de\nClichy, les lundis, jeudis et vendredis. Ces Cours ont lieu sous le patronage d'un Comité,\nprésidé par MM. Debussy, Fauré et d'lndy, et par M. Jean Perier de l'Opéra-Comique.\n* *\nLe cours Sauvrezis,école d'art élémentaire et supérieure, 82 rue de Passy, a fait sa rentrée\nle 4 octobre.\nProfesseurs: Mme 3 A. Sauvrezis, Fleury-Roy, Mellot-Joubet, Hardy-Verneuil, Bernardel-\nNérandan, Jumel, Rey, Detraux, MM. de Villers, Borrel, Raymond Marthe, Jean d'Udine. etc.\nLe cours d'histoire de la musique sera fait par M. Henry Expert, à partir de Novembre ;\nle programme en sera publié ultérieurement.\nL'Ecole française de gymnastique rythmique a rouvert ses portes sous la direction de\nM. Jean d'Udine. Nous sommes heureux de la voir commencer sa troisième année d'existence.\nA côté de la gymnastique rythmique, M. d'Udine inaugura un cours de\ndécorative. ,d'après sa propre méthode. On peut s'adresser pour tous renseignements à la Salle\nde cours, 11 Avenue des Ternes où M. d'Udine reçoit le Mardi de 3 h. à 5 h. et le\nVendredi matin de 9h.à 11 h.\n*\n* *\nM. Joaquin Turina a repris ses cours et leçons particulières de piano et de composition,\n17, rue Greuze.\n*\n* *\nTHEATRE DES ARTS. Voici le programme de la saison 1911-1912 : la Dame\nà la faulxy 5 actes, de M. Saint-Pol-Roux, décors et costumes de M. Maxime Dethomas ;"}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.93", "texte": "74\nS. I. M.\n\nPygmalion, i acte, ballet de Rameau, reconstitué par M. Claude Debussy, décors et costumes\nde M. Pierre Laprade ; le Couronnement de Poppée,4 tableaux, de Monteverdi, reconstitué par\nM. Vincent d'lndy, décors et costumes de M. Charles Guérin ; 4 actes, de M. Henri\nGhéon, décors et costumes de M. Francis Jourdain ; 3 actes, de Carlo Goldoni,\ndécors et costumes de M. Drésa ; Jeannine,3 actes, de M. Pierre Grasset, décors et costumes\nde M. René X. Prinet ; les Vierges d'lspahan,3 actes, de M. Charles Muller, décors et cos-\ntumes de M. René Piot ; Vaincre!5 actes, de Georges Duhamel, décors et costumes de\nM. Henri Doucet ; la Nursery, 1 acte, ballet de M. Inghelbrecht, décors et costumes de M. G.\nDelaw ; la Vie ect un congé,3 actes, de Calderon, décors et costumes de M. J.-M. Sert ;\nNef latine, 4 actes, de M. Gabriele d'Annunzio, décors et costumes de M. Albert André ;\nFrançois d'Assise, 3 actes, de M. André Suarès, décors et costumes de M. Maurice Denis ;\nAnathéma, 3 actes et un prologue, de M. Léonide Andreieff, décors et costumes de M. Georges\nDesvallières 5 le Démon de Vargile,3 actes, de M. Wedeking, décors et costumes de\nM. Baignères ; Un Ballet indien,décors et costumes de M. Albert Besnard ; de\nM. Léon Frapié, décors et costumes de M. Poulbot.\n%\n* *\nM. Daniel Herrmann, Directeur-Adjoint et violon solo de la Société J. S. Bach, vient\nd'être nommé professeur au Conservatoire de Lausanne, pour y faire des cours supérieurs de\nviolon, quatuor et d'accompagnement. Ces cours ayant lieu tous les quinze jours, ne l'empê-\ncheront pas de continuer à Paris ses fonctions de soliste et de professeur.\n* *\n*\n\nAu moment de mettre sous presse nous apprenons la mort du vénéré président\nde notre Section de Paris, Charles Malherbe, bibliothécaire de l'Opéra. La Société\nInternationale perd un ami dévoué, un collègue aimé de tous, et un de ses membres\nles plus éminents."}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.94", "texte": "Courrier Financier\n\nAu moment où les longues et laborieuses négociations franco-allemandes relatives au\nMaroc nous promettaient une solution prochaine et où déjà le marché parisien reprenait une\nallure plus confiante, un nouvel orage surgit à l'horizon : la guerre entre l'ltalie et la Turquie\nest déclarée après un brutal ultimatum qui a soulevé dans un journal allemand cette réflexion\nque \" auprès du procédé italien la dépêche d'Ems est un acte de galanterie ! \"\nIl serait téméraire pour ne pas dire naïf, de vouloir prédire les conséquences que ce\nconflit peut provoquer, 1 eternelle question d Orient n'est-elle pas toujours ouverte ? IVlalgré la\ngravité des événements qui vont se dérouler dans la Méditerranée, ya-t-il lieu pour nous de\nnous mettre martel en tete ? Nous ne le croyons pas. Le nouveau ministère turc est composé\nd'hommes pacifiques qui paraissent disposés à faire des concessions pour arrêter les effets\ndésastreux et les malheurs d'une longue guerre. Peut-être aussi ces politiciens calmes sont-ils\ninspires par cette maxime que \"la vengeance sait attendre ! \" Espérons donc que les Italiens\ninvités à la sagesse par des gouvernements amis, épargneront à l'Europe le retour de cette\nredoutable question d'Orient et à eux-mêmes des sacrifices considérables en argent et en vies\nhumaines.\nL enseignement que nous devons tirer de ces graves evenements apparaît clairement de\ntous cotes. La France, 1 Allemagne et 1 Espagne dans l'affaire du Maroc, aussi bien que l'ltalie\nen Tripolitaine poursuivent des avantages économiques plutôt que des concessions territoriales\ncoloniales.\nEt maintenant que nous connaissons la préoccupation économique qui conduit toutes\nles diplomaties etiangeres, nous pouvons ajouter qu elles ont raison d'agir de la sorte parce que\n1 element financier qui les entoure sait tirer parti de ces conquêtes territoriales. Pouvons-nous\nen dire autant de nous-mêmes ? Avons-nous toujours compris l'intérêt primordial qui consiste\nà entrer dans une affaire pour en recueillir les bénéfices de la première heure ? La réponse\na cette question est absolument négative ; nous n'apprenons rien à nos lecteurs en leur rappe-\nlant encore une fois la répugnance des capitaux français à s'employer dans les affaires françaises,\nsurtout lorsque celles-ci ont pour objet une exploitation dans nos colonies et même lorsque ces\ncolonies s'appellent Algérie ou Tunisie.\nLe résultat le plus clair est que nombre de ces affaires ne peuvent naître et se développer\nque grâce aux capitaux étrangers. Voici, d'ailleurs, des exemples de ce qui se passe :\nNaguère, à propos des Phosphates de Tébessa, on a fait contre le maire de Bône une\nfurieuse campagne pour avoir mis entre des mains étrangères ces gisements dont il était un des\npropriétaires j mais, pendant plusieurs années, il avait vainement essayé d'y intéresser les\ncapitalistes français.\nLorsqu'il s'est agi de mettre en valeur les phosphates de Tunisie, l'argent français a fait\npreuve du même manque d'initiative, aussi bien que pour ceux de Gafsa.\nCette très belle affaire s est constituée d ailleurs avec des capitaux en grande partie belges\net anglais ; la part du portefeuille français s'est accrue lorsque le succès s'est affirmé d'une\nfaçon éclatante, mais le premier gros bénéfice n'a pas été pour lui. Il n'a acheté des titres\nqu'au moment où ils représentaient déjà plusieurs fois leur valeur initiale, si bien que l'affaire\npourrait rester excellente en elle-même et ne plus être satisfaisante pour lui."}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.95", "texte": "76\nSi II M.\n\nPuisque nous sommes en Tunisie, signalons encore la Compagnie des ports de Tunis,\nSousse S fax, qui donnent d'excellents résultats et à laquelle les capitaux français n'ont pas\nvoulu, au moins au début, s intéresser. , ~ ~\nNous ne manquons pas, en France, de personnalités techniques et financières d une\ncompétence indiscutable qui voudraient mettre en valeur les richesses économiques de la\nmétropole et de ses colonies. Mais il est difficile de remonter un courant qui a porté les capi-\ntalistes français vers les placements à revenu fixe, appuyés de soi-disant garanties d'Etat de\npremier ordre A la faveur de ce programme alléchant, des millions sont allés par centaines\ns'engouffrer dans les coffres de Sociétés étrangères dont l'avenir est souvent bien précaire\nau grand préjudice de notre industrie et de notre commerce national qui subissent le choc en\nretour, mortel de ces commandites qu'on leur refuse trop souvent ici.\nBeaucoup de nos confrères, banquiers régionaux, sont effrayés par cet engouement du\npublic, dont il serait injuste de les rendre responsables.\nIls espèrent ramener, avec le temps, les capitaux français a feconder les entreprises\nfrançaises comme autrefois au moment de notre prospérité économique, c'est-à-dire avant la\nnaissance des grands établissements de crédit et des grandes banques d affaires. Ce ils\nagiront au mieux des intérêts de leurs clients et pour le plus grand bien de 1 intérêt général\ndu pays.\nSociété Auxiliaire des Banques Régionales\n32, rue de la Victoire."}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.96", "texte": "S. I. M.\nAncien Mercure Musical\nREVUE MUSICALE MENSUELLE\nfondée par la\nSociété Internationale de Musique\n(SECTION DE PARIS)\nDirecteur: J. ECORCHEVILLE\nSecrétaire de la Rédaction : Rédacteur pour la Belgique :\nCH. LEGRAND RENE LYR\n22, rue St. Augustin, PARIS. Boitsfort-Bruxelles.\nLe Directeur et le Secrétaire de la Rédaction reçoivent\nle mercredi et le samedi de 4 à 7 heures,\net M. Vuillermoz le Vendredi de 4 à 6 heures.\n\nDANS CE NUMÉRO:\nLesueur Lettre su .1\nOh. Ruelle . . Le Bréviaire et la Musique Liturgique ... 8\nCh. Quef . Lettre à la rédaction 17\nMarc Pincherle . ... La technique du violon chez les premiers\nsonatistes ........ 19\nLes Livres |f. .... 36\nP. M, Masson Hildebrando . 41\nLE MOIS\nB. Vuillermoz ..... Théâtres et Concerts 49\nM. de Rudder Bayreuth J. ... 54\nJ. Rouet ....... Extrême Orient .......... 58\nV.P Védition . . .j\". .t . . . . . 60\nVARIÉTÉS\n.\nJ. Huré ..... . . L'Art au Café-Concert .63\nP. D . . . Comment s'imprime un morceau de Musique. 65\nM. Marage ...... Cours àla Faculté des Sciences 69\nÇà et là . 71"}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191110-01.1.97", "texte": "CONCERTS ITALIENS DE MUSIQUE ANCIENNE\nLA LIBERA ESTETICA\nFondateurs:\nM— IDA ISORI, cantatrice florentine\nM' PAOLO LITTA, pianiste-compositeur\n&\nF\nF\n*\nF\n9*\n\\\nCOMITÉ DE PATRONAGE\nPRÉIIMWTE D'HONNEUR\nSA MAJESTÉ LA REINE MÈftE, LA RBIHC MARâOERITE D'ITALIE\nCOMITÉ DE PRÉSIDENCE :\nS. Exc. Madame l'Ambassadrice d'ltalie, Donna Bice Tittoni à Paris.\nS. Exc. Mme la Pcesse Ruspoli di Poggio Suasa Talleyrand Périgord a Paris.\nMadame la Princesse Strozzi-Corsini à Florence.\nMadame la Comtesse Béatrice Pandolfini-Corsini à Florence.\nMadame la marquise E. de Montagliari à Paris.\nMademoiselle Elena Vacaresco, femme de lettres, auteur dramatique à Paris.\nS. Exc. Le Prince Ruspoli di Poggio Suasa à Paris.\nLe duc Melzi d'Eril, duc de Lodi.\nLe Comte Brunetta d'Usseaux.\nLe Commandeur Trezza di Musella.\nMEMBRES HONORAIRES ,\nM Gabriele d'Annunzio, homme de lettres, auteur dramatique à Florence\nM. W. Bopp, Directeur de l'Académie Imp. et Roy. de Musique à Vienne.\nM. Alfred Bruneau, compositeur de musique à Paris.\nM. Carolus-Duran, Direct, de l'Acad. de France à Rome et membre de l'lnstitut.\nM. Claude Debussy, compositeur de musique à Paris.\nM. Louis Peiner, Prof, au Cons. Nat. de musique à Paris.\nM. Vincent ci* Indy, compos. de musique, Direct, de la Schola Cantorum à Paris.\nM. I. Massenet, compositeur de musique, membre de l'lnstitut.\nM. E. Mathieu, compos. de musique, Direct, du Cons. Royal de Mus. à Gand.\nM. A. Messager, compos. de musique, Direct, de 1 Acad. Nat. de musique à Paris.\nM. E. Parent, professeur à la Schola Cantorum de Paris.\nM» Dr Max Reger, compositeur de musique et Directeur M. à Leipzig.\nM. Dr Richard Strauss, compositeur de musique, Generalmùsik director à Berlin.\nM. S 1 Saëns, compositeur de musique, membre de 1 Institut à Paris.\nM. E. Tinel, compos. de musique, Direct, du Cons. Rôy. de musique à Bruxelles.\nM. P. Vidal, compositeur de musique et chef d'orchestre à l'Opéra de Paris.\nM. Eugène Ysaye, virtuose, compositeur de Musique et Directeur des concerts\nYsaye à Bruxelles.\nSIEGE SOCIAL\n3, Via Michèle di Lando, FLORENCE\npr\np*\nm\nK\nF"}]}