{"numero_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_sha256": "9a769140f6a6cd9ca122d5a68921eae4439c20769593ea8fa25b1c051472bce3", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1912/02/15_01/bmtnabh_1912-02-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1912/02/15_01/bmtnabh_1912-02-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c002", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.2", "titre_corps": "p", "titre_sommaire": "p", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.1", "debut_caractere": 484, "fin_caractere_exclue": 989, "texte": "p\nikDAME DE GENLIS MUSICIENNE, par M. Brenet. LE SEPTENNAT DE M. DUJARDIN-\nEAUMETZ, par j. Lefranc. UN PROBLÊME D'ORNEMENTATION CHEZ BACH, par A. Dol-\netsch. 0 L'OREILLE ET L'IMAGE MUSICALE, par E. Poirée. 0 DANSES D'ASIE, par L. Laloy.\nLA MUSIQUE PORTUGAISE, par P. Blanco. 0 LES LIVRES.\nHÉATRES, par E. Vuillermoz. OCONCERT S, par Reynaldo Hahn, L. de ia Laurencie, Maurice Ravel.\nt PROVINCE. 0 BELGIQUE. 0 ÉTRANGER. 0 L'ÉDITION MUSICALE. 0 ST. FRANÇOIS\nD'ASSISE, par G. Pierné. 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Emile Faguet s'est fait", "titre_sommaire": "Il n'y a pas plus d'une dizaine d'années que M. Emile Faguet s'est fait", "signature_source": "Michel Brenet", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.11", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1150, "texte": "Il n'y a pas plus d'une dizaine d'années que M. Emile Faguet s'est fait\ndevant le tribunal littéraire le promoteur d'un procès de réhabilitation,\nou, comme il le dit lui-même, de \" demi-réhabilitation \" de Madame de\nGenlis. Le feuilleton du des dans lequel il souhaitait de\nvoir un candidat aux grades universitaires consacrer à la célèbre comtesse\nune thèse \" qui ne fût pas une apologie, mais qui fît ressortir les côtés\noriginaux de cet esprit actif et ingénieux \" a donné le branle à l'enquête\nprésentement poursuivie, où \" l'avocat du diable \", pour parler le langage\ndes cours ecclésiastiques, trouve plus d'arguments que celui de la vertu-\nLa plus récente et la plus complète des publications qui s'y rapportent est\nun gros et beau livre de M. Jean Harmand, si justement conforme au\nprogramme fixé, que M. Faguet en personne l'a patronné et résumé dans\nune charmante préface1.\nLes lecteurs pressés, qui se font gloire de toujours sauter les préfaces,\nliront celle-ci, parcequ'elle est signée Faguet, et l'ayant lue, prêteront au\n\n1 JEAN HARMAND, Madame de Genlis, sa vie intime et politique, 1746-1830, Paris, Perrin, 1912, in-8° de\nXii-557 p."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.12", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2843, "texte": "livre une meilleure attention. La matière et la manière les attacheront\nassez pour que, informés de mille détails, amusés de mille traits, intéressés\npar une vie si active et si traversée, ils aillent presque sans s'en douter\njusqu'à la dernière de ses cinq cent trente pages. Oserons-nous dire ici\nque nous eussions souhaité en trouver dix de plus, et que M. Jean Har-\nmand voulût ou sût écrire un chapitre sur Madame de Genlis musicienne ?\nIl|se peut que ce côté du sujet ait paru ne pas entrer dans le cadre\naccoutumé des travaux d'histoire littéraire, où la musicologie n'est pas\nencore acclimatée ; mais la musicologie a des droits sur la belle joueuse de\nharpe, qui chantait, improvisait, jouait de plusieurs instruments, imaginait\ndes perfectionnements de doigté et d'exécution, formait des élèves, publiait\ndes méthodes et, comme en toute chose, attachait grande importance à\nchacun de ses talents, dont elle faisait, à toute occasion, étalage, par actions,\npar paroles, et par écrits.\nA l'en croire, elle avait six ans lorsque pour la première fois elle éprouva\nune grande émotion musicale.1 Pendant le voyage à Paris, qu'elle fit avec\nsa mère, en 1752-53, on la mena à l'Opéra, qui lui causa \" un ravissement\ninexprimable \" et où \"le fameux Chassé, qui était déjà très vieux \" la fit\n\" frémir, en arrachant tous les arbres des coulisses \"2. Le jeu de l'acteur et\nl'attrait du spectacle eurent problamement plus de part que la musique\ndans l'impression ressentie par cette enfant, déjà dressée à paraître en\n\" bel habit \" ou en \" habit de marmotte \" sur les théâtres de société.\nQuoiqu'il en soit, à son retour à Saint-Aubin, lorsqu'il fut temps de lui\ndonner une institutrice, son père, qui jouait du violon, et sa mère, qui\nraffolait de comédie et d'opéra, eurent soin de porter leur choix sur une\nmusicienne. \" Mademoiselle de Mars disent les de Madame\nde Genlis, \" était fille de l'organiste de Vannes, était excellente musicienne\net jouait parfaitement du clavecin \". Au rapport du M. Harmand,\nSévelinges s'est moqué de ce nom \" pompeux \" et l'a supposé d'emprunt :\nil était très véritable, et Madame de Genlis se bornait à en choisir l'ortho-\ngraphe la plus élégante. Au privilège qu'il avait obtenu en 1735 pour la\npublication de ses œuvres, le père de l'institutrice était appelé \" Charles\n\n1 Stéphanie-Félicité ou Etiennette-Félicité Du Crest était née à Champcéry près Autun, le 26 janvier 1746.\nC'est en 1751 que son père fit l'acquisition de la terre de Saint-Aubin, dont il prit le nom et où il fixa sa\nrésidence.\n2 Chassé, né à Rennes en 1699, avait 53 ou 54 ans. Roland était son meilleur rôle. Il y avait succédé à\nThévenard, pour la reprise de 1743, et quitta l'Opéra en 1756. Si, comme l'a écrit Lajarte, il l'avait tenu\n\" pendant quarante-deux ans sans interruption \", il s'en serait emparé dès l'âge de quinze ans."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.13", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 2643, "texte": "Demars, organiste de notre cathédrale du Présidial de Vannes en Bretagne\net au titre des Pièces de Clavecin qu'il fit graver la même année, et qui\nfurent mises en vente à Paris, chez la Veuve Boivin et chez Leclerc, et\n\" chez l'auteur, à Vannes \", il se nommait \" Mr de Mars le cadet, orga-\nniste de l'église cathédrale de Vannes\"1. Sa fille, Hélène-Louise Demars,\nayant fait enregistrer le i 8 février 1752 un privilège obtenu le 20 décembre\nprécédent \" pour des œuvres de musique tant vocale qu'instrumentale de\nsa composition \", pouvait être un peu plus âgée et un peu moins ignorante\nque son élève ne l'a dit. Sur un \" bon vieux clavecin de Ruckers \",\ndécouvert à Saint-Aubin, elle m'apprit, écrit Madame de Genlis, \" à\nrépéter passablement sept ou huit pièces \" : les trois suites qui forment le\nlivre de Charles Demars furent sans doute mises à contribution pour ce\nrépertoire, et l'on doit supposer aussi que la jeune Félicité chanta les\ncantatilles que composait son institutrice et qu'elle faisait graver. \" J'avais\nune belle voix, dit la comtesse, et je chantais trois ou quatre cantates de\nClerambault, c'en était assez pour enchanter mes parents... \" La grande\naffaire était de briller sous plusieurs aspects dans les spectacles de salon\nqui se renouvelaient sans cesse à Saint-Aubin. L'enfant passait quatre\nheures par jour à l'étude du chant, du clavecin, de la guitare. Sa mère,\nqui s'occupait rarement d'elle, la reprenait à l'institutrice ou aux femmes\nde chambre pour lui faire apprendre ses rôles ; grisée d'éloges, Félicité\ns'accoutumait à ne connaître l'art que par l'usage qu'elle en faisait, à n'y\nchercher qu'un moyen de succès.\nVers l'âge de dix ans, elle fut ramenée à Paris, où ses parents lourde-\nment endettés, voulaient tenter de mettre ordre à leurs affaires. En atten-\ndant la fin d'une liquidation qui allait les conduire tout droit à la misère,\nMadame Du Crest et sa fille menaient large existence et passaient toutes\nleurs soirées dans les loges de Madame de Montesson, à la Comédie\nfrançaise où à l'Opéra. C'est ainsi que la future Comtesse de Genlis fut\ntémoin des débuts de Sophie Arnould, dont l'habit lilas et argent, et le\ngrand panier, firent dans sa mémoire une impression plus profonde que le\nchant et le jeu de l'actrice, ou la musique qu'elle exécutait. Mademoiselle\nde Mars avait accompagné son élève à Paris, et dut s'en séparer lorsque la\nruine des Du Crest fut consommée. Elle épousa, peu après, le violoniste et\néditeur de musique Jean-Baptiste Venier, dit Venieri, et figure sous ce\n\n1 Ce livre de Pièces de Clavecin existe àla Bibl. Nationale, cote Vm7, 1890."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.14", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3057, "texte": "nom en tête de la liste des \" maîtresses de clavecin dans le Tableau\nde Paris pour 1759. 1\nLes douze cents francs de rente viagère qui restaient aux époux Du\nCrest, une fois leurs dettes payées, étaient pour leurs habitudes, autant\nque rien. Tandis donc que le malheureux seigneur de Saint-Aubin,\ncommençait, en France et à l'étranger, une vie d'expédients, sa femme,\nqui avait deux ans durant reçu l'hospitalité d'une cousine, n'hésita point\nà accepter celle du fermier général Le Riche de La Pouplinière, dans sa\nmaison de Passy. Chez ce Mécène, dont le rôle dans l'histoire de la\nmusique française réclame une étude particulière le talent de Félicité\nse trouvait en serre chaude.\nNon-seulement la messe en musique, les concerts du Dimanche soir,\net les petites séances dans lesquelles elle fut bientôt admise à se produire,\npermirent à la jeune fille de connaître ce que l'art symphonique à sa\nnaissance et la musique de chambre offraient alors de meilleur, mais dans\nl'orchestre excellent et nombreux que l'opulent financier entretenait à ses\ngages, elle distingua un instrument, nouveau pour elle, la harpe, pour\nlequel, racontent ses Mémoires, elle prit \" une passion démesurée \" ; elle\n\" conjura \" sa mère de le lui faire enseignér. Le musicien qui en jouait\nchez La Pouplinière était un allemand nommé Gœpfer, qu'à Passy l'on\nappelait \" le roi David \", et que Madame de Genlis nomme et les\njournaux du temps Geopfemou Geopjfert.Dès 1749 il avait paru, comme\nharpiste, au Concert Spirituel, sans exciter grande curiosité, et depuis lors\nil travaillait à perfectionner la facture de son instrument, par l'adjonction\nde pédales. A l'époque où Félicité le connut, il venait d'atteindre dans\ncette direction \" toute la perfection \" dont la harpe paraissait susceptible,\net, aidé de son frère cadet, il fabriquait et vendait chez lui, cc dans l'enclos\ndes quinze-vingts \" des instruments \"de différentes grandeurs \"3. Les\n\n1 Jean-Baptiste Venier, qui avait exécuté un duo de violons avec Giardini au Concert Spirituel, le 3 avril\n1750, était encore en 1775 membre de l'orchestre de ce concert ; le Tableau de Paris pour Vannée 1759, de\nJèze, le range parmi les \" Maîtres de violon et pardessus de viole \" et donne son adresse \"rue Saint-Thomas\nde Louvre \"; au paragraphe des \" maîtresses pour le clavecin le même auteur nomme \" Madame Venieri,\nci-devant Melle de Mars, rue Saint-Thomas du Louvre Venier, qui est appelé Veniery dans une liste\nsemblable en 1754, tenait dès 1755 à la même adresse un commerce de musique, où il s'était fait la spécialité\nd'éditer désœuvrés étrangères, et dont le fonds en ce genre fut considérable. En 1754, le Journal du Citoyen,\ndans la liste des organistes de Paris, mentionnait deux fois, pour l'orgue de Saint-Jacques la Boucherie, et pour\ncelui de Saint Nicolas du Chardonnet, un Demars, appartenant sans doute à la famille de l'institutrice de\nMadame de Genlis.\n2 Cette étude a été entreprise par un de nos jeunes confrères et sera, nous l'espérons, prochainement\npubliée.\n3 La Feuille nécessaire, n° du 12 mars 1759."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.15", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 2582, "texte": "frères GaifFre, a dit Madame de Genlis, \" d'une probité et d'une bonté\nparfaites, mais d'une extrême simplicité, ne tirèrent aucun parti pour leur\nfortune \" de l'invention des pédales, que reprirent avec grand profit de\nplus habiles et plus heureux facteurs, Salmon, Naderman, Louvet, les\nCousineau \\ Gœpfer l'aîné, ajoute-t-elle, était \" bon mécanicien et\ngrand musicien \" mais \" mauvais exécutant \" ; il \" manquait de doigts \" ;\nil ne faisait pas de \" cadences \" ; il posait mal ses élèves, et ne leur\napprenait à faire que des \" arpègements \", à jouer \" que des romances\nSi l'on sait lire entre les mots, on voit comment l'adroite comtesse réussit\nà nous démontrer qu'elle surpassa d'emblée son maître et tous les harpistes\nde l'époque ; ce ne fut d'ailleurs pas sans peine : au début, n'ayant pas\nd'instrument à elle, elle ne pouvait étudier que sur la harpe de son maître,\nqui, charmé de ses dispositions, lui donnait deux fois par semaine\n\" d'énormes leçons, et quelquefois de trois heures Dès qu'elle eut décidé\nsa mère à lui donner une harpe, sa \" passion \" et son \" ardeur \" qui\ncroissaient avec ses succès, la portèrent à jouer, assure-t-elle \" au moins\nsept heures par jour, très souvent huit ou neuf, quelquefois dix ou douze\nAussi, toujours d'après son propre récit, faisait-elle \" d'inconcevables\nprogrès \", et, se servant d'un doigté par elle entièrement réformé, était-elle\ndevenue \" réellement de la première force, et d'une force tout-à-fait\ninconnue jusqu'alors sur cet instrument On venait l'entendre \" comme\nune merveille \" et, à son exemple, \" tout le monde \" voulant soudain\napprendre à jouer de la harpe, Gœpfer, \" qui en était le seul maître, ne\npouvait plus suffire à ses écolières \"2.\nMadame de Genlis oublie un peu que pour la harpe, elle eut\ndes collaborateurs. On a de Diderot une lettre écrite en 1760, après une\naudition du comte Oginski ; la même année, Hochbrucker s'était fait\nentendre au Concert Spirituel; en 1761 ce fut J.-Th. Mayer, dont le\nsuccès se prolongea dans les saisons suivantes, en 1762, Mademoiselle\nBaur, \" âgée de treize ans et demi \" ; si bien, qu'au commencement de\n1764, /'Avant-Coureur pouvait écrire : \" On sait combien la harpe est\ndevenue à la mode parmi nous\nMais tous ces professionnels, nous affirme la comtesse, \"jouaient peu\nde difficultés, et rien de plus que leurs propres pièces \", tandis qu'elle\nexécutait \" toutes les pièces de clavecin les plus difficiles \" et jusqu'à \" la\n\n1 Cf. GENLIS, Mémoires, I, 87 et suiv. ; Méthode de harpe, p. 2 et 3.\n2 GENLIS, Mémoii'es, I, 100 et suiv."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.16", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2377, "texte": "cadence de Honavre \", artifice de doigté qu'elle se faisait gloire d'avoir\nsu dérober à son maître de clavecin, Antoine Honauer.\nEncore n'était-ce pas son seul talent : à côté de ses sept à douze heures\nd'étude sur la harpe, l'infatigable jeune fille trouvait le temps de jouer du\nclavecin, de la guitare, de la musette et du pardessus du viole, d'apprendre\nl'accompagnement avec Philidor, et de se \" perfectionner \" dans le chant\nitalien avec Pellegrino, qui venait lui donner sa leçon à six heures du\nmatin.\nLe jour n'était pas éloigné où tout cela devrait lui rapporter mieux que\ndes succès honorifiques. Lorsque, après le second mariage de La Poupli-\nnière, la \" belle compagnie \" de Passy se trouva congédiée, et que\nMadame Du Crest et sa fille allèrent mener une existence médiocre dans\nun logis quelconque, Félicité fut heureuse de pouvoir multiplier des\nauditions mondaines, plus ou moins discrètement rémunérées par le don\nd'une robe ou d'une bourse garnie. Mais le plus beau gain que lui valurent\nses talents fut un mari : car c'est, dit-on, à la vue d'une miniature qui la\nreprésentait, \" ses mains mignonnes enlacées au royal instrument, avec une\ngrâce enfantine \", que le comte de Genlis s'éprit d'elle. Le mariage eut\nlieu, ainsi que l'a pour la première fois précisé M. Harmand, à Saint-\nAndré-des-Arcs, le 8 novembre 1763, et n'arrêta ni le zèle ni les progrès\nde Félicité dans la musique. Obligée de résider en province, elle y conti-\nnuait ses exercices. D'un voyage à Paris, le comte ayant ramené Prover,\n\"le fameux hautbois \", celui-ci, tout en exprimant une admiration\n\" passionnée \", osa pourtant s'étonner de trouver Madame de Genlis \" si\npeu musicienne \" et la \" conjura de déchiffrer tous les jours une heure\nce à quoi elle ne manqua point ; si bien que, nous dit-elle avec son ordi-\nnaire modestie, \" en moins de six mois je déchiffrai tout à livre ouvert, et\nj'ai poussé ce talent aussi loin qu'il peut aller\nVoilà donc Madame de Geniis, à vingt ans, en possession d'un talent\nqu'elle a pris tous les soins imaginables pour acquérir et dont l'exploitation\nmondaine va remplir la seconde période de son existence, les seize années,\nenviron, qu'elle vécut à peu près constamment à Paris, depuis son retour\nde Bourgogne jusqu'à sa nomination de gouvernante des princes et prin-\ncesses d'Orléans. Nous ne la suivrons pas dans les récits de ses triomphes,"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.17", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 2886, "texte": "récits assez connus et d'ailleurs intéressants pour l'histoire de la musique\nfrançaise, puisque l'on y voit passer, pour autant qu'ils ont participé\naux mêmes concerts, aux mêmes comédies, que Madame de Genlis, ou\nqu'ils l'ont louée ou servie par quelque morceau destiné à sa harpe ou à sa\nvoix, maints artistes célèbres, Gluck, Monsigny, Philidor, Gaviniés,\nBarthélemon, Viotti, Cramer (le violoniste), Jarnowick, Duport, Albanese,\nMadame Louis. Ses prouesses musicales redoublaient depuis qu'elle était\ninstallée au Palais-Royal, en qualité de \" dame \" de la duchesse de\nChartres, et qu'en plus des \" musiques intimes \" de cette princesse, elle\nbrillait dans ses propres \" samedis C'était le temps où Gluck faisait\njouer ses tragédies lyriques dans la salle, toute voisine, de l'Opéra, et venait\ndeux fois par semaine l'entendre \" chanter ses beaux airs et jouer sur la\nharpe ses ouvertures —\" On imagine bien, ajoute Madame de Genlis,\nque je me déclarai Gluckiste !\" 1\nLa contre-partie de sa naïve insistance à se vanter est fournie par la\nbaronne d'Oberkirch, qui, visiblement, la détestait : \" Elle pose sans cesse,\ndit-elle (et nous la croyons sur parole)... Un ridicule immense de cette\nfemme masculine, c'est sa harpe ; elle la porte partout, elle en parle\nlorsqu'elle ne l'a point, elle joue sur une croûte de pain et elle s'exerce\navec une ficelle. Quand on la regarde, elle arrondit le bras, pince la bouche,\nprend un air sentimental, un regard analogue et remue les doigts. Mon\nDieu ! que le naturel est une belle chose \" ! Le portrait se corse d'une\nanecdote, qui montre Madame de Genlis apportant, sans en être priée, sa\nharpe dans une soirée de musique ; elle s'établit au milieu des musiciens\nengagés pour le concert, \" régenta, parla, chanta, pérora, administra à\nchacun sa remontrance \" et finalement eût fait marcher le concert \" tout\nà rebours \", mais sans doute à son profit, si l'une des personnes présentes\nne l'eût pas \" lutinée \" 2.\nL'historiette se rapporte à l'année 1786, où Madame de Genlis\npuisait un surcroît de suffisance dans les fonctions de gouvernante, exercées\ndepuis quatre ans. La vocation pédagogique, qui couvait en elle dès\nl'enfance puisqu'à Saint-Aubin on la trouvait prêchant par la fenêtre\n\n1 Madame de Genlis n'a pas parlé des musiciens de son temps uniquement dans plusieurs passages de ses\nMémoires, et dans sa Méthode de harpe, où elle donne son opinion sur les harpistes, ses rivaux : elle place dans\nles Veillées du château une petite dissertation sur Gluck et Piccinni, et un résumé d'histoire de la musique, fait\nau moyen d'extraits des Essais de La Borde (Veillées, édit., Maradan, t. 111, p. 379 et 455) 3 et surtout, elle\ns'étend sur les mêmes sujets dans son Essai sur les beaux-arts, dont le MS. inédit existe à la Bibliothèque\nde Nancy.\n2 Mémoires de la baronne d'Oberkirch, t. 11, p. 60 et 260."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.18", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2715, "texte": "ài des petits paysans les leçons qu'elle venait d'apprendre, avait fait\nexplosion dès le jour de sa nomination, dans Adele et Théodore. On sait\nque sous le déguisement assez mince d'une fiction littéraire, cet ouvrage\nétait l'exposé d'une méthode universelle, qu'elle tenait toute prête. Nous\ny trouvons donc les principes de son enseignement musical, et l'idée\nqu'elle concevait du rôle de la musique dans l'éducation des classes\nsupérieures.\nCette idée est en conformité parfaite avec tout ce que nous savons du\ntalent de la Comtesse : la musique est un art d'agrément ; un attrait ajouté\nà leurs charmes naturels par les femmes douées de \" dispositions \" ; un\nmoyen de se produire dans le monde ; un moyen de s'y pousser au premier\nrang ; un des \" petits talents agréables \" dont la jeune fille bien née doit\nposséder \" une infinité \", comme de \" sabler les surtouts de table pour\nle fruit \", ou de faire \" les plus jolies découpures du monde \", les \" chiffres\nde cheveux pour des bagues \", les \" paysages et les fleurs en paille \",\njouer \" du tambour de basque et des castagnettes \", exécuter des \" tours\nd'adresse et d'escamotage \" ; tout cela est utile aux femmes qui \" sont\nnées pour une vie monotone et dépendante \" et à qui il faut \" de la raison,\nde la douceur, de la sensibilité, des ressources contre le désœuvrement et\nl'ennui, des goûts modérés et point de passions \" ; mais cela est superflu\ndans l'éducation des hommes, et à plus forte raison, des princes. Celui\nqu'elle élèvera \" n'apprendra du dessin et de la géométrie que ce qu'il en\nfaut pour les fortifications et pour être en état de lever un plan, et jamais\nil ne saura une note de musique \" \\\nLa seule concession de Madame de Genlis aux futilités intellectuelles\nsera de ne pas laisser son élève \" sans littérature, car il devra un jour aimer\net protéger les lettres \". Les lettres, seulement. Quant à aimer les arts,\nsans les cultiver soi-même, c'est là une conception étrangère à l'esprit de\nla très positive gouvernante. Pour elle, aimer la musique, c'est en faire,\nc'est jouer de la harpe, c'est quêter et recueillir les applaudissements d'un\nauditoire mondain. Mademoiselle d'Orléans (plus tard Madame Adélaïde)\nn'y faillira pas. Elle n'aura, pour la harpe, point d'autre maître que\nMadame de Genlis, avec \" un valet de chambre musicien \", uniquement\nchargé de \" veiller à la mesure \" lorsqu'elle répétera ses exercices 3 ; on\n\n1 MADAME DE GENLIS, Adele et Théodore, t. I, p. 81, 393, et t. IV, p. 9, 10 ; Leçons d'une gouvernante,\nt. I, p. 181.\n2 GENLIS, Leçons d'une gouvernante, tome I, p. 140. Ce \" valet de chambre musicien \" était\nJ.-G. Lescuyer, que YAlmanach du Palais-Royal qualifie bel et bien \" maître de musique \" de Mesde-"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.19", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 2906, "texte": "emportera sa harpe en voyage, afin qu'elle ne manque pas un jour a\nprendre sa leçon : elle possédera ainsi, avant sa quatorzième annee \" un\ntalent véritablement supérieur \" et porté au point \" de ne pouvoir rien\nacquérir pour l'exécution, ce qui est prodigieux a son âge . Ses freres,\npendant ce temps, à qui l'on ne peut imposer plusieurs heures par jour de\ntravail mécanique sur un instrument de musique, auront, pour se délasser\ndes études qui conviennent à leur rang, des bûches à fendre et à monter\naux étages, des seaux d'eau à tirer d'un puits, et ils se promèneront dans\ndes couloirs tapissés d'images instructives. Quarante ans plus tard, Louis-\nPhilippe, concevant exactement l'art de peindre dans le sens de ces memes\nimages, emplira de tableaux de commande les galeries de Versailles; et il\nmarquera sa protection de souverain vis-à-vis de la musique en engageant\nAdolphe Adam à \" restaurer \" le Désert et\nPour n'être pas accusé de dureté à l'égard de Madame de Genlis,\nconvenons que, sous le rapport du mécanisme, elle avait de fort bons\nprincipes. La méthode qu'elle tenait énormément a ce que lon reconnut\npour sienne était analogue à celle dont Porpora passe pour s etre servi\nlorsqu'il fit pendant cinq ans travailler Caffarelli sur une seule feuille de\npapier, chargé de toutes les formules du chant orne italien. Madame de\nGenlis pratiquait la \" division du travail \" ; elle enseignait les difficultés\nune à une, avant de les réunir, ce qui est un procédé excellent, et en\nvigueur actuellement chez nos meilleurs professeurs ; mais tandis que\nceux-ci l'appliquent sur le terrain général, gamme, intervalles, tonalités,\nrythme, mesure, l'auteur à? Adèle et Théodore n'avait en vue que 1 acqui-\nsition de l'habileté manuelle et mécanique ; elle préconisait donc les\nexercices d'une seule main pendant un an pour les eniants, six mois poui\nles \" jeunes personnes \", et spécifiait que chaque main devait executer\n\" tour à tour les agréments, les roulades et les passages les plus difficiles\nqui peuvent se rencontrer dans les pièces, en ayant 1 attention d exercei\ntoujours davantage la main gauche qui est naturellement plus lourde et\nmoins forte que la droite \" ; elle se prévalait de ce qu une telle etude ne\ndemandait à l'élève qu'un « léger degré d'attention \", pour exiger jour-\nnellement plusieurs heures d'exercices. Une fois bien \" routinee le\n\nmoiselles d'Orléans, à l'abbaye de Bellechasse, mais à qui la comtesse de Genlis avait ravi le droit d'enseigner\nles princesses, ainsi qu'elle s'était substituée, pour les leçons de catécnisme, à 1 ecclésiastique désigné. -\nLescuyer, chanteur choriste à l'Opéra et au Concert Spirituel, auteur de petits motets chantés à ce concert, fut\nimpliqué dans l'affaire du baron de Batz, ou \" Conspiration des étrangers \", traduit devant le tribunal révolu-\ntionnaire et guillotiné le 17 juin 1794. Il avait 46 ans."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.20", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2727, "texte": "mot n est pas de Madame de Genlis, mais avait cours en son temps,\n1 \" ecoliere \" pouvait \" jouer des pièces et, en moins de trois mois\nsurpasser les eleves formées en trois ans par la méthode ordinaire \\\nLorsque la bise fut venue et que s'étant, pour sauver sa tête, réfugiée\nen Allemagne, Madame de Genlis y vit les émigrés lui faire grise mine2,\nelle chercha, \" pauvre fuyarde sans sou ni maille \", des ressources dans ses\ntalents. Faisant alterner sa harpe et son écritoire, elle donna quelques\nleçons aux jeunes filles de la société israélite de Berlin, et composa\nfievreusement volumes sur volumes. Après sa radiation de la liste des\némigrés (21 juin 1800), on la vit ramener en France un jeune garçon\n\" follement aimé \", qu'elle avait pris pour élève en un moment où, dit\nM. Harmand, \" son instinct maternel \", et nous ajouterons sa vocation\npédagogique, \" gémissaient de rester inoccupés \". C'était le fils d'une assez\npauvre femme chez qui Madame de Genlis logeait en dernier lieu, à Berlin.\nIl se nommait Frederic-Henri-Louis-Charles Baecker3 : la comtesse voulut\nqu'il échangeât son prénom habituel contre celui de Casimir, en souvenir,\ndit-elle, d'un fils qu'elle avait perdu. Subitement, passionnément, elle en\nfit son \" élève chéri et gâté \", son \" enfant de prédilection \" ; dès qu'elle\nle put, elle voulut 1 adopter : et ce garçon, bien doué, mais apathique,\ninconsistant et égoïste, devint la joie et le tourment de ses vieilles années.\nPlus encore que jadis Pamela ou Mademoiselle d Orléans, Casimir, comme\nharpiste, lui faisait honneur : car il avait embrassé la carrière d'artiste, et\nil se produisait en public, comme virtuose-compositeur et inventeur de\nprocédés d exécution qui donnaient à son jeu une apparence de rareté très\npersonnelle.\nLa Méthode de harpe dont Madame de Genlis donna coup sur coup\n\n1 GENLIS, Adèle et Théodore, t. I, p. 119.\nOn lui tenait ligueur des opinions révolutionnaires qu'elle avait affichées : entre autres de cette visite au\nSalon de 1791, ou, pour aller voir le tableau de Giroust, \"Mademoiselle d'Orléans prenant une leçon de\nharpe , elle avait emmené ses deux élèves, la princesse et Paméla, coiffées, comme elle-même, du bonnet rougfe\nCf. J. Harmand, p. 283. 6\nBaecker, ou meme Backer, d après les Mémoires de Madame de Genlis, sa Méthode de harpe, ses Lettres\npubliées par Lapauze, et d après les journaux du temps, et non Boecker, comme l'écrit constamment\nM. Harmand. Il était, selon les Mémoires, âgé de huit ans, lorsque Madame de Genlis le connut, vers la fin\nde 1799- Ce chiffre apparaît comme certainement inexact, dès qu'on le compare aux inventions que la comtesse\nattribue à son élève, en 1806, et aux actives démarches qu'elle faisait en 1812 pour le marier."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.21", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 3076, "texte": "deux éditions non datées 1 nous offre le résumé des leçons qu'elle donnait\nà Casimir, et, à peu près à la même époque, à son filleul Alfred Lemaire\net à Mademoiselle Navoigille, fille du violoniste Navoigille le cadet; mais\nl'ouvrage est en même temps le résultat d'une sorte de collaboration avec\nCasimir ; car Madame de Genlis, autrefois absorbée dans l'admiration de\nses propres talents, de ses propres inno-\nvations dans le doigté du jeu de la harpe,\ns'agenouille maintenant devant son fils\nadoptif et lui attribue sans regrets pres-\nque tout l'honneur du livre. \" Mon\nenfant, dit la dédicace, il est juste de vous\ndédier cette méthode, car je n'aurais pu\nla donner si vous n'aviez pas inventé et\nsi vous n'exécutiez pas tout ce qu'elle\ncontient de nouveau et de plus difficile.\nC'est votre travail beaucoup plus que le\nmien que je vous offre, j'aime à le pro-\nduire parcequ'il prouve une application\npeu commune à votre âge \", etc.\nCasimir, lisons-nous p. 24, \" fait une\nmultitude de passages que je n'avais\nmême pas essayé de faire. Il joue en\nsons harmoniques plusieurs pièces de Boccherini, entre autres la grande\nsonate en ré majeur de l'œuvre 5 2, sans y mêler un seul son naturel. Jouer\nde la harpe de cette manière c'est créer un nouvel instrument plein de\n\n1 Nous ne connaissons pas d'exemplaire de la première édition, qui parut, selon Fétis, en 1802. La\ndeuxième fut publiée en 1806 ou 1807, comme le prouve un alinéa de la p. 28 où Madame de Genlis\nmentionne la brochure d'Alexandre de Laborde, Lettre sur les sons harmoniques de la harpe, imprimée chez\nMaradan, en 1806. Chose surprenante, cette Méthode a complètement échappé aux recherches de M. Jean\nHarmand ; elle ne figure pas dans la bibliographie qu'il a donnée en appendice, et n'est pas mentionnée dans\nle cours du volume. La deuxième édition, qui existe à la Bibliothèque Nationale et à la Bibliothèque du\nConservatoire, a pour titre : Nouvelle Méthode pour apprendre à jouer de la harpe en moins de six mois de leçons,\net contenant un enseigneme?it et des détails entièrement nouveaux sur les sons harmoniques et sur plusieurs autres\neffets également neufs que peut produire cet instrument. Cette méthode qui présente gradativement toutes les difficultés\nqu il est possible d exécuter sur la narpe est suivie d'une petite méthode pour apprendre en 24 leçons à accompagner\net à jouer des petits airs. Seconde édition revue et corrigée avec augmentation dans le cours de Vouvrage d'une leçon\nde plus et la manière de se servir des petites harpes muettes ou de poches et un chapitre de plus sur diverses écoles des\nprofesseurs de harpe, par Madame de Genlis et dédiée à Monsieur Casimir Backer. Prix 18 /. Propriété des éditeurs.\nDéposé à la bibliothèque Impériale. A Paris, aux deux lyres chez Madame Duhan et co?np™y éditeurs de musique et\nmarchands dyinstrumensy boulevard Poissonnière, n. 10, près le Jardin Boulainvilliers. In fol. 65 p.\n2 L'œuvre V. de Boccherini est un recueil de Six Sonates pour le clavecin, avec violon obligé, dédié à\nMadame Brillon de Jouy."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.22", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2660, "texte": "douceur et de charme, et beaucoup plus agréable que l'harmonica\nLa \" cadence de Casimir notée parmi les exercices de la méthode,\nconsiste à \" faire de la même main une brillante cadence soutenue et des\nbrisés bien nets et bien battus des trois autres doigts \" ; elle se trouve\n\" avec beaucoup de passages singuliers dans le point d'orgue du rondeau\nde harpe de Casimir, dédié à Madame Eugénie de La Rue, gravé chez\nMadame Duhan Casimir a encore \" trouvé le moyen de faire de\ntrès beaux sons filés sur la harpe. Il se sert pour cela d'un archet de son\ninvention et il a joué ainsi à une musique particulière sur une harpe\nmontée à l'ordinaire, un long adagio en sons harmoniques et sons filés\ntantôt à la basse, tantôt au dessus, ce qui produit l'effet le plus agréable\net le plus étonnant \", etc.\nMadame de Genlis sexagénaire se mirait dans les succès de son élève\nfavori. Ne dit -on pas que les grand'mères ont pour les enfants plus d'amour\net de faiblesses que les mères elles-mêmes ? Tel était bien le caractère de\nl'affection sans mesure qu'elle portait à Casimir et dont les preuves abon-\ndent dans sa Méthode, dans ses Mémoires, et par dessus tout dans la série\nde Lettres qu'a publiée M. Lapauze Sermonneuse à son habitude, l'an-\ncienne gouvernante des princes d'Orléans y mêle aux expressions de la\nplus tendre, de la plus ardente sollicitude, et aux recommandations reli-\ngieuses, morales et hygiéniques, de minutieux conseils relatifs aux études\nmusicales de Casimir, à son avenir, à sa fortune d'artiste ; elle stimule son\nzèle, toujours vacillant ; elle s'évertue à faire naître en lui un peu de\nl'ambition, du désir de briller, qui ne sont pas éteints encore en elle-\nmême ; et quand les arguments d'un ordre noble lui semblent rester sans\neffet, elle en ajoute d'autres, tout prosaïques, dont sa vie traversée de\nmisères et d'expédients lui a fait sentir le poids : \" Allons, mon ami, six\nheures et demie par jour pendant un mois vous rendront au-dessus de tout\nce qu'on peut imaginer... Voilà l'empereur qui revient. Songe qu'il\nne tiendra qu'à toi de jouer devant lui... Songe qu'il ira à ton concert et\nque nous y aurons tous les ministres... \" Elle s'ingénie à préparer le succès\nde ce concert ; elle écrit aux musiciens en renom, elle leur \" donne à\ndîner\", elle s'occupe des annonces dans les gazettes : \"Je ménage tout, je\nsonge à tout. \" Le 'Journal deP Empire sans doute par ses soins, a loué\nCasimir, qui voyage : \" Fais lire cela à Vienne... tâche de faire parler les\n\nLettres nedites de Madatne de Genlis à son fils adoptif Casimir Bœcker (1802-1830), publiées avec une\nintroduction et des notes par Henry Lapauze, Paris, 1902, in-B°."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.23", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 3048, "texte": "gazettes Elle l'incite à composer et lui fournit des sujets, des vers, la\nRomance d'lmogene, dédiée à la duchesse de Courlande, chez laquelle on la\nchante \" tous les soirs \", le Réveil du dont elle lui envoie le\ntexte en 1811 pendant qu'il séjourne à Vienne: \"Je te conjure avec\ninstance de le mettre en musique tout de suite, avec une belle ritournelle\net un accompagnement de cor, de harpe et de timbales. Il faut que cela\nsoit bien brillant. Tu peux, si tu veux, n'y pas mettre de timbales, mais\nil y faut un cor. Ne mets pas de négligence à cela, je te le demande en\ngrâce. Tâche de faire un chef-d'œuvre, brillant, chantant et belli-\nqueux \" \\\nMais elle veut surtout qu'il s'enrichisse, et la chose n'est pas facile.\nD'abord elle s'illusionne. Trois ou quatre concerts à Londres, si Casimir\n\" fait ce qu'il faut pour avoir d'éclatants succès \", produiront, croit-elle,\nde 150 à 200,000 francs! \"Voilà un sort solide\". Il en faut vite\ndéchanter, et se suffire de petits gains et de petites ruses : ne dire à per-\nsonne qu'on donnera deux séances, parcequ'il y aurait moins de monde à\nla première ; se produire, \"jouer de la harpe, partout et sans cesse, et des\nscènes de chambre, et les présents viendront \" ; savoir user des dédicaces :\n\" Tu ferais un coup de partie si tu obtenais de dédier à l'empereur\nd'Autriche le chant du roi de Rome... pour y donner de la célébrité,\njoue-le chez les gens bien intentionnés... tâche de le jouer à la cour et tout\nde suite demande la permission de le dédier à l'empereur... Occupe-toi de\ncela ; mets-y tout ton esprit et ton activité. Ce serait une bien bonne\naffaire... \" Il faut aussi se montrer adroit professeur : \" Pour les écolières,\ntâche de faire jouer bien promptement quelque chose de j01i... ôte les\ndifficultés... vite, alors, sous prétexte d'être surchargé, augmente tes prix,\nencourage tes écolières, trouve-leur de grandes dispositions, et tu gagneras\nbeaucoup d'argent... \" ; et il est profitable encore de trafiquer de ses\ninstruments : \" Ne manquez pas de vendre une de vos harpes ; faites\nvaloir sa bonté, que vous ne vous en défaites que parce que les transports\n\n1 Fétis n'a connu aucune œuvre de Casimir, et, de fait, il semble malaisé d'en découvrir des exemplaires.\nPar la Méthode de Madame de Genlis, nous connaissons le titre d'un Rondeau, gravé chez Madame Duhan ;\ndans les Lettres sont mentionnés la Romance d'lmogene, le Réveil du roi de Rome, une Marche qui se jouait en\nconcerto et que Casimir, en 1811, se proposait de dédier à La Cépède, une Polonaise, une Bacchanale, un\nAdagio, la musique d'une pantomime ou d'un mélodrame, David et Saiïl, que Casimir jouait avec Talma chez\nMadame de Genlis en 1810 ; dans les Mémoires est citée une pièce descriptive sur le sujet de la nouvelle\nintitulée Zuma ou la découverte du Quinquina. M. Lapauze a signalé l'existence de deux romances de Casimir,\nla Novice religieuse et le Barde moderney imprimées à la fin de la Feuille des gens du Monde, ou le Journal\nimaginaire, de Madame de Genlis, en 1823."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.24", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2871, "texte": "sont ruineux, et qu'en vous l'achetant on y gagnera le port. Vous pourrez,\nen vous en occupant, la vendre 80 ou 70 livres... \" 1.\nCe parfait manuel du virtuose homme d'affaires dénote plus de\npsychologie et plus d'entente pratique que de sentiment artistique. A la\nfois la férule de pédagogue qu'elle serrait toujours en sa main, et le\nsouvenir des écueils contre lesquels, durant plus de la moitié de sa vie,\nelle s'était rudement heurtée, retenaient Madame de Genlis fort loin des\nhorizons idéalistes. Fut-elle vraiment musicienne? on en peut, malgré ses\nassurances, fortement douter : et si le feu sacré brûlait en elle, la flamme\nen était courte et sans chaleur. Pourtant elle fut un peu plus qu'un\n\" amateur \". La part qui lui revient dans la renaissance de la harpe et\ndans sa mise en vogue parmi la société française du XVIIIe siècle, n'est\naucunement contestable, non plus que les progrès que ses innovations de\ndoigté contribuèrent à accomplir. A l'époque où elle l'adopta, ce bel\ninstrument, imparfait et oublié, n'avait pas de répertoire, et il fallait\npremièrement préparer des exécutants qui fussent capables d'interpréter\nautre chose que de monotones dessins d'accompagnement; ainsi considérés,\nles trilles, les pincés, les cadences, les roulis, les roulades, les batteries, les\ntricotages, les badinages, qu'enseigne isolément la Méthode de Madame de\nGenlis peuvent n'être plus les formules vides dont le mot à mot produit\nde \" la musique bête \" ; ils deviennent le vocabulaire où de meilleurs\nartistes sauront attacher un sens.\nLe jour où sera écrite une histoire de la harpe en France, Madame\nde Genlis n'y fera point une inutile figure.\n\nMichel Brenet.\n\n1 Lettres de Madame de Genlis à Casimir Baecker, pp. 14, 20, 39, 43, 102, 110, 143, 154, 178. Tant\nde conseils ne purent éveiller chez Casimir la force de volonté nécessaire pour \" arriver Madame de Genlis\nprit le parti de le marier, et, ayant trouvé l'aisance dans son union avec Mademoiselle Carret, il se hâta d'aller\nvivre à Mantes, à ne rien faire. Il y était en 1825, et y reçut Madame de Genlis. A la fin de 1829, pour des\nraisons inconnues, qui peuvent avoir été des pertes d'argent, il fit soudain une réapparition dans le monde\nmusical, en annonçant l'ouverture, chez lui, faubourg Saint-Honoré, 45, et en même temps à d'autres adresses,\nd'un Cours de harpe devant enseigner \" toutes les ressources et toutes les difficultés \" de cet instrument, en trois\nmois. La Revue Musicale, tome VI, pp. 518 520, fit la critique de cet étrange prospectus, après lequel nous\nperdons la trace ?nusicale de Casimir. Madame de Genlis étant morte, rue du Faubourg du Roule, le ier janvier\n1831, le roi Louis-Philippe, son ancien élève, obéit aux désirs véhémentement exprimés dans son testament, en\npensionnant Casimir, qui, se trouvant de nouveau à l'abri du besoin, put retourner à une existence oisive."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c007", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 25, "image_fin": 33, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.5", "titre_corps": "M. DUJARDIN-BEAUMETZ ET SON SEPTENNAT", "titre_sommaire": "M. 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Dujardin-Beaumetz, qui avait été un peintre régulier,\ndiscipliné, voire militaire, avait conçu ce grandiose projet de faire de\nl'État un bienfaiteur magnanime et sans préférences qui dispenserait son\nsecours à tous les artistes, qu'ils fussent de la veille, du jour ou du lende-\nmain, qu'ils fissent brun ou jaune, qu'ils fussent solitaires ou groupés\nen écoles, qu'ils imitassent M. Bouguereau, ou M. Massenet, ou M. Rodin,\nou qu'ils s'appliquassent héroïquement à n'imiter personne. L'idée était\ngénéreuse et noble et elle allait bien à cet homme ardent qui, peintre ou\norateur, fut toujours un romantique."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.26", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2384, "texte": "Pourtant l'idée ne fut point réalisée tout à fait ; mais c'est le sort\ndes grandes idées. Maintenant qu'adonné à d'autres travaux, le Ministre\ndes Beaux-Arts d'hier peut parcourir en pensée sa carrière d'homme\nd'Etat et juger lui-même son œuvre, il sourit philosophiquement à ce\nqui fut son rêve. Il ne regrette rien et il est fier d'avoir osé. Don Qui-\nchotte assagi, il regarde de loin les moulins qui tournent encore, et il sait\nà présent que ce sont des moulins ! Non qu'au fond il se soit jamais\ntout à fait mépris : il y a dans son élan politique et romanesque un peu\nde la prudence clairvoyante de Sancho Pança. Mais il avait cru meilleures,\nje suppose, sa monture et sa lance ; il avait cru que les brigands détrous-\nseurs s'écarteraient devant sa chevauchée.... Et qui donc, en France, rira\nde celui qui voulut faire beau et grand, même s'il n'a fait que petit ? Pas\nles Français. Et puis, rassurons-nous. Dans les démocraties, Dulcinée,\ndevenue Marianne, n'est plus impitoyable à ses adorateurs ; elle a offert\nune place à son foyer au preux chevalier des Beaux-Arts : M. Dujardin-\nBeaumetz est aujourd'hui sénateur.\nPeintre, il pensait surtout aux peintres et aux sculpteurs. Non qu'il\ndédaignât les musiciens, certes ; mais il avait de sûrs collaborateurs et\nl'impulsion qu'il allait donner aux arts plastiques, il entendait qu'ils la\ndonnassent à la musique.\nCet art impondérable échapperait-il plus qu'aucun autre à la\ntutelle et à l'emprise officielles ? Ou bien est-ce que, devant les querelles\net les dissertations des initiés, le profane se sentirait envahi par l'émotion\ncraintive qu'inspire le mystère ? Toujours est-il que les musiciens ne\nsemblent pas avoir occupé, dans la pensée du sous-secrétaire d'Etat des\nBeaux-Arts, d'autre place que celle d'hôtes honorables et dont les mœurs\nlui étaient étrangères. Il eut pourtant à rendre des \" ukases \" lors des\nbatailles intestines dont le Conservatoire fut, il y a quelques mois, le\nterrain. M. Gabriel Fauré subissait l'assaut d'une horde de révoltés tout\nornés de titres et de décorations, et c'était M. Widor qui, abandonnant le\npédalier de son orgue, dressait l'étendard des professeurs rebelles.\nM. Dujardin-Beaumetz se montra dans la bagarre audacieux et alerte.\nIl savait qu'aux yeux des conspirateurs, le crime de M. Gabriel Fauré\nétait de n'être pas issu de cette petite patrie du Conservatoire dont il est"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.27", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2455, "texte": "r\naujourd'hui le proconsul indulgent. Le sous-secrétaire d'Etat voyait dans\nce crime une vertu. Il me le dit, et je publiai alors ses propos. Il profitait\nde ces conjonctures pour rendre hommage au grand talent de Gabriel\nFauré, \" compositeur de si belles, de si délicates œuvres \", et pour faire\nune sorte de profession de foi politique et artistique que ie ne saurais\nmanquer à reproduire ici :\n\" ... Mais j'irai plus loin, proclamait M. Dujardin-Beaumetz, et je\n\" vous avouerai que je suis heureux, en la circonstance, que M. Gabriel\n\" Fauré ne soit pas sorti du Conservatoire. Je vois, en effet, dans cette\n\" situation, une illustration de ma conception du rôle de l'Etat en matière\n\" d'art. Les mots \" art officiel \" ont plusieurs acceptions dont la plupart\n\" sont fâcheuses. Il ne saurait pas y avoir de méthode hermétique\n\" d'enseignement de l'art. Il ne saurait y avoir d'école artistique fermée,\n\" dont l'Etat, farouche, détiendrait les clefs. L'Etat, en art, doit être\n\" éclectique. Il ne faut donc que le Conservatoire soit une chapelle,\n\" ni même un temple. Il faut qu'il soit le Conservatoire de\n\" musique et de déclamation. Il ne peut être cela qu'à la condition\n\" d'accueillir toutes les écoles, toutes les tendances, pourvu qu'elles aient\n\" uniquement l'art comme base, comme but, comme moyen.\n\" Il n'y a pas de vérité en art, ou du moins la vérité de l'art, c'est\n\" l'art lui-même, c'est la beauté ; comment pourrait-on alors instituer,\n\" pour l'art, une vérité d'Etat ? Si l'on comprend que les artistes, les\n\" esthéticiens, les exégètes se disputent entre eux sur les questions d'art,\n\" si les querelles d'écoles sont excusables et parfois même salutaires, on\n\" ne saurait admettre que l'Etat prît parti. La postérité départage les\n\" combattants ingénus et désintéressés de ces nobles luttes, et l'Histoire\n\" nous apprend que son jugement n'est pas toujours conforme à celui des\n\" contemporains des artistes qu'elle glorifie ou de ceux qu'elle laisse\n\" sombrer dans l'oubli. L'Etat doit faire son profit de ces grandes leçons\nS'il apparaît donc que la musique ne fut pas le lancinant souci de\nM. Dujardin-Beaumetz, il semble néanmoins qu'il témoigna à cet art\nsacré la déférence qui lui est due, en se montrant, quand il le fallut, bon\net juste administrateur.\nMais c'est aux couleurs et aux formes qu'allaient ses dilections. Or,\nil découvrit que la vie parlementaire lui avait caché la vie artistique : les\n\n2"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.28", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2301, "texte": "peintres s'étaient multipliés depuis que lui-même avait déposé ses pin-\nceaux. Ils étaient trop ! Visiter Montparnasse et Montmartre, un batail-\nlon de sous-secrétaires d'Etat aux Beaux-Arts n'y suffirait point ! Ce\nn'étaient plus que peintres, qu'architectes, que graveurs et que sculpteurs !\nEt il n'avait point les poètes dans son royaume ! Peut-être est-il juste de\nfaire remarquer que M. Clémenceau qui n'est ni Don Quichotte ni\nSancho Pança nourrissait même illusion quand, ministre tout neuf, il\npartit évangéliser des grévistes. Les temps vont vite aujourd'hui et les\nhommes, qui ne changent point d'âme, changent souvent d'humeur.\nEt puis, l'lnstitut, qui voyait une partie de la manne budgétaire s'en\naller aux excommuniés, gronda, grogna, battit du sabot. Et les nouveaux\nprotégés de l'Etat, s'apercevant que les \" Pompiers \", les \" Philistins \", les\n\" Officiels \", les maîtres gênants et exécrés recevaient encore leur part,\nsifflèrent, injurièrent, \" conspuèrent \". Tous voulaient tout.\nNul ne fut plus moqué, nul ne fut plus méconnu que M. Dujardin-\nBeaumetz. C'est une grande injustice. En ce pays où l'on se plaint des\nphraseurs, où toute affiche électorale qui se respecte porte cette injonction:\n\" Assez de paroles, des actes !\" on a fait grief à cette Excellence de\nn'être point un grand orateur. Car, au fond, c'est là le défaut. Si\nM. Briand avait eu à défendre, comme étant siens, les actes de\nM. Dujardin-Beaumetz, on aurait décrété que M. Briand était le plus\nélégant des artistes, le plus éclairé des amateurs, le plus intelligent des\nprotecteurs des Beaux-Arts, et que, sous lui, notre siècle ressemblait au\n\" Grand\nSeulement, voilà, M. Dujardin-Beaumetz n'a pas la parole docile. Il\napplique à la discussion des questions artistiques une sorte d'éloquence\nguerrière qui n'est pas sans force, mais qui ne s'adapte pas toujours exacte-\nment au sujet. Les métaphores militaires l'enthousiasment. Le budget des\nBeaux-Arts devient vite pour lui un camp retranché et l'école de Claude\nMonet, un regiment déployé en tirailleurs et harcelant les disciples d'lngres\nqui sont des voltigeurs opérant un mouvement tournant. Son esprit est\nlucide, sa pensée claire, mais sa parole galope, canonne ou fait sauter des\nponts.\nAlors le Boulevard rit. Le Boulevard, \" Trottoir \" formidable où"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.29", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2479, "texte": "l'amour et l'intelligence se vendent, le Boulevard fabrique les réputations.\nUn jour, à une terrasse de café, un Parisien fit un calembour avec le nom\nde M. Dujardin-Beaumetz ; deux niais l'entendirent; le lendemain tout\nle Boulevard le sut. Il fut chic, durant quelques mois, de blaguer le\nsous-secrétaire d'Etat. Tout folliculaire sans lettres ni talent, sans goût ni\ntact, l'accusait de pharisaïsme pour se poser en esthète subtil et délicat.\nEt pendant ce temps, M. Dujardin-Beaumetz travaillait. Oh ! sans\ndoute, ce ne fut point Hercule ! Ce fut tout de même un ministre\nlaborieux. De ses travaux, les uns lui étaient imposés par la nécessité, les\nautres étaient le fruit de ses propres résolutions. Et d'abord il a créé\n1' \" Exposition des achats \" ce qui montre, comme il le dit encore,\n\" qu'il ne voulait avoir rien de caché \". Il a créé une école de peinture du\nnu en plein air, à Saint-Cloud ce qui fait hurler au scandale les tradi-\ntionnalistes de l'Ecole de la rue Bonaparte, qui pourtant ignorent Ruskin,\nheureusement pour la mémoire de cet esthéticien. Il a fondé à Paris\nl'Exposition des écoles de dessin de la province. Il a réformé les services\nd'architecture et, grâce à lui, les bâtiments civils ont vu s'augmenter leur\nbudget. Il a fait procéder au classement des objets du Mobilier, au classe-\nment des objets d'art des églises et des monuments publics et il a étendu\nsur ceux-ci la protection de l'Etat. Il a fait les Jardins du Carousel.\nIl n'a pas fait ceux de Versailles, mais il les a conservés avec amour,\net il a mis des calorifères dans le château. Les salles sont désormais\ndécorées avec les tapisseries et les tapis du Garde-Meuble, dont c'était\névidemment la destination. Il a refait l'ouverture du Grand Trianon et il\na réparé le Petit Trianon. Il a soigné les cathédrales comme l'eut fait\nRodin lui-même. Vitré et la Cité de Carcassonne mais ici il était\norfèvre se souviendront de lui. Il a restauré le Château des Papes et,\ntout dernièrement, le défendait encore contre les entreprises d'un Thespis\nmercantile. Il a préparé pour le Louvre mille réformes dont la plupart,\nhélas ! ne sont encore qu'en projet, mais ce n'est point sa faute. (Il faut\nune dizaine de millions pour faire du Louvre un musée...) Il a\ncontribué à la transformation en \" Musée des Artistes vivants \", du Sémi-\nnaire de St-Sulpice. Il a acheté et aménagé les châteaux de Kerjean,\nd'Azay-le-Rideau, de Montsoreau. Il a procédé au déménagement du"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.30", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2482, "texte": "Ministère des Colonies et a purifié le pavillon de Flore. Il a fait procéder\nàla réédition des biscuits de Sèvres du XVIIIme siècle retrouvés àla Manu-\nfacture et dont, seuls, quelques-uns avaient été reproduits. Il a créé l'en-\nseignement de l'eau-forte, de la lithographie et de la gravure sur bois à\nl'Ecole des Beaux-Arts. Il a accentué le mouvement de décentralisation\nartistique et favorisé les théâtres en plein air : Béziers, Orange, Arles,\nCarcassonne, Saintes, etc. Il a fait les nouveaux cahiers des charges de\nl'Opéra et de l'Opéra-Comique et, pour ce dernier théâtre, il a donné\nune solution à la fameuse question des décors en créant une caisse d'amor-\ntissement. Il y a réformé le Conservatoire, il a créé de nouvelles classes,\ninstitué les exercices publics des élèves, etc., et il a tenté de rajeunir le\nvieil esprit de cette maison à la fois vermoulue et fortifiée.\nMais M. Dujardin-Beaumetz a surtout voyagé. Et, là, vraiment, je\ndemande qu'on ne rie point. Oui, sans doute, un ministre novice peut\ngoûter quelques plaisirs de vanité sous l'arc de triomphe de la Grand'rue,\nen entendant la fanfare des pompiers du pays qui l'accueille. Mais on est\nvite las de cet encens qui est fait de la poussière des places publiques.\nC'est à qui s'esquivera le plus adroitement, parmi nos Excellences, devant\nces officielles corvées. Dujardin-Beaumetz, lui, fut toujours là. Si, comme\nil faut le croire, un gouvernement et même un régime se maintiennent et\ns'affermissent en donnant aux populations des témoignages répétés de\nleur sollicitude, il a bien mérité de la République.\nQu'il en a passé de nuits en wagon ! qu'il en a fait de mauvais repas !\nqu'il en a bu du mauvais Champagne, qu'il en a embrassé de grimaçantes\npetites filles ! Et comment le recevait-on ? Le \" muflisme \" de nos édiles\nprovinciaux est incomparable. Dans une ville du Nord, où il venait inau-\ngurer la statue d'un grand cabotin, je l'ai vu, exténué de fatigue, après\nl'interminable promenade par la ville, après le discours, après le banquet,\nje l'ai vu laissé debout au milieu du salon municipal sans qu'on lui offrît\nun siège et sans, le pauvre ! qu'il osât en demander un. Et c'était déjà\npresque un vieillard. Réfugié enfin dans le train du retour, il se laissa\nchoir, les reins brisés, dans un fauteuil, disant à son attaché de cabinet qui\nmontrait le poing à la ville inhospitalière : \" Calmez-vous, mon petit ! ils\nont encore été assez gentils. Songez qu'ils auraient pu nous laisser revenir"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.31", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2418, "texte": "à pied à la gare. J'ai déjà vu ça ! \" Et il s'endormit, résigné, plein d'indul-\ngence pour cette démocratie goujate. Sous sa redingote boutonnée, son\nventre avait des sursauts à chaque cahot de la voiture, et je le plaignis en\nce moment comme on plaint un pauvre chemineau que la misere a couché\ndans le fossé. Le train devait s'arrêter à mi-chemin de Paris et l'on pensait\nen profiter pour se restaurer hâtivement. Mais le train ne s'arrêta point.\nL'employé qui veillait dans le couloir du wagon se lamentait en pensant que.\nMonsieur le Ministre ne mangeait pas. M. Dujardin-Beaumetz, réveillé,\nécoutait les doléances de l'employé zélé. Un voyageur survint et protesta\nvivement contre ce caprice du train qui le privait de nourriture. \"Eh ! quoi,\ns'exclama l'homme à la casquette, vous vous plaignez, vous, et Monsieur\nle Ministre \" qui la crève \" aussi, ne dit rien, lui ! C'est trop fort ! \" On\nne s'ennuyait point dans le wagon. Discrètement, comme il regagnait son\nsalon, M. Dujardin-Beaumetz, qui \" la crevait \" en effet, mit une pièce\nblanche dans la main du bonhomme. Mais ce n'était pas cela ! Le\n\" cheminot \" avait son idée : \" Je voudrais vous dire quelque chose,\nMonsieur le Ministre... Voilà. Ma fille joue du violon et c est une grande\nartiste... Moi, je n'y connais rien, mais tous ceux qui s'y connaissent, le\ndisent. Elle est au Conservatoire de X... Il va y avoir un concours pour\nune Bourse à Paris. C'est ma fille qui la mérite, naturellement. Seule-\nment, on ne sait jamais, n'est-ce pas ? Les coups de piston !... Vous en\nsavez quelque chose, Monsieur le Ministre... Alors je voudrais que vous\ndisiez un mot pour e11e...\"\nEt quand le train fut à Paris, M. Dujardin-Beaumetz demanda a son\nattaché de cabinet : \" Vous avez bien pris l'adresse de ce brave homme ? \"\nJe vis là une marque touchante de sincère bonté ; car enfin le père de la\nvioloniste n'était pas un électeur de l'Aude et son sans-gene aurait pu\nvaloir à sa fille de rester jusqu'à sa mort une grande artiste méconnue.\nIl a fait tout cela, il a fait d'autres choses encore, et il a perdu la\nJoconde. Cet accident raviva la campagne ironique menée contre lui et\nmit le comble à son dégoût des gloires officielles. Et pourtant nul n était\nmoins coupable que M. Dujardin-Beaumetz.\nIl se trouvait précisément, que, pris d'une peur bleue, non\nde la perdre, mais de la voir souillée ou lacérée par quelque monomane"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.32", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2308, "texte": "on sait que l'ambigiie Monna Lisa recevait des lettres enflammées où\nelle était traitée tantôt d'adorable déité, tantôt de gouge rebelle qu'il con-\nvenait de rappeler rudement au sentiment de ses devoirs amoureux il\navait pris des précautions qui parurent alors superflues : la nuit, une lampe\net un gardien spéciaux veillaient sur la toile aphrodisiaque. Eh bien,\nle facétieux hasard voulut que ce ne fût pas Eros, mais Mercure qui\ncommît le crime à moins que ce n'aient été Eros et Mercure réunis.\nQu'y pouvait M. Dujardin-Beaumetz ? Qu'y pouvait-on ? Un peu de\nphilosophie et de réflexion suffit pour reconnaître qu'on peut toujours\nvoler n'importe quoi. On peut enlever M. Fallières, en préparant bien\nson coup.\nQuoi qu'il en soit, M. Dujardin-Beaumetz eut la nausée à la fois\ndes ennuis et des plaisirs du pouvoir. Il le dit à M. Caillaux, homme\nrude et qui traitait les questions artistiques sur un ton cavalier. M. Cail-\nlaux l'entendit : les élections sénatoriales étaient proches ; le gouverne-\nment en profiterait. On peut quitter, sans déchoir, le Palais-Royal poul-\nie Luxembourg. Mais M. Caillaux, dont la rudesse n'était sans doute pas\nde la force, dut abandonner la place Beauveau, pour n'aller nulle part, lui.\nEt il n'y eut pas de démission de M. Dujardin-Beaumetz.\nVoilà ce que fut M. Dujardin-Beaumetz pendant ces sept années de\nsurintendance des Beaux-Arts. Cela n'est pas un jugement pour la postérité,\nqui se chargera elle-même de formuler le sien, à moins qu'elle ne se taise.\nMais c'est un jugement impartial et qui, s'il ne comporte pas le ton du\ndithyrambe, possédé cette vertu de ne point s'accorder avec le concert\nde sifflets et de ricanements que les \" snobs \" ont composé sur le même sujet.\nM. Dujardin-Beaumetz fut un très bon ministre des Beaux-Arts. Dans la\nmesure où l'Etat peut influer sur la production artistique d'un pays, il a\nfait accomplir son devoir a 1 Etat. Il avait rêvé de plus retentissants\nexploits, et c'est déjà l'indice d'un caractère peu banal que d'avoir une\nautre ambition que celle de conserver sa place. Les fastueux Mécènes de\njadis faisaient dira-t-on, œuvre plus grande. Mais nous ne savons\nd eux que ce qu ils ont fait et pas du tout ce qu'ils ont manqué à faire.\nL Etat demociatique est un piteux c'est vrai 5 mais y a-t-il des\nMécènes parfaits ?"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.33", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2376, "texte": "L'un des torts de M. Dujardin-Beaumetz fut, je crois, de n'être plus\nsvelte. Si laid que soit un sot, il ne pardonne pas à autrui de n'avoir\npoint les grâces d'Adonis. Pour parler d'art, aux yeux du bon public\nfrançais, il faut posséder un physique \" avantageux \" et tenir au moins\nune lyre. M. Félix Faure, qui était haut de taille et se chaussait de\nbottes, eut des admirateurs qui méprisent M. Fallières. Nous ne conce-\nvons guère le pouvoir sans attributs.\nOr, de ce crime aussi, M. Dujardin-Beaumetz est innocent. Son\nfront chauve fut jadis orné d'une léonine crinière et son ventre, qui nous\nchoque, fut plat. Bien des gens seront surpris d'apprendre que\nM. Dujardin-Beaumetz eut un symétrique et noble visage. Il était, voici\nvingt ou trente ans, un des plus séduisants rapins de Paris, de ces rapins\ndont rêvent les jeunes filles et qui font tourner la tête aux femmes dans la\nrue. L'un de ses contemporains me parlait de lui récemment en évoquant\nsa jeunesse. Il me conta cette anecdote que je crois pouvoir narrer à mon\ntour sans indiscrétion.\nDujardin-Beaumetz, jeune artiste plein d'ardeur, avait peint un\ntableau guerrier dont la vue frappa d'admiration un opulent Méridional.\nCe riche amateur n'eût de cesse que le jeune peintre ne fût son hôte\net qu'il n'exécutât, en son château même, son portrait. Dujardin-\nBeaumetz se rendit à ces flatteuses avances. Il arriva chez le châtelain,\nprit sa palette et ses pinceaux et se mit à la tâche. Le soleil languedocien\nfaisait luire les mèches de ses épais cheveux ; ses yeux étaient plus pro-\nfonds et plus noirs dans la luxuriante splendeur d'alentour. Une jeune fille\nrêvait timidement près de là. C'était la fille du riche seigneur. A mesure\nque les traits de son père se fixaient sur la toile, elle sentait descendre en\nelle un émoi délicieux. Le jeune peintre aux grands yeux qui venait de\nParis lui était apparu comme Lohengrin à Eisa... M. Dujardin-Beaumetz\ndevint le gendre de l'opulent châtelain.\nM. Dujardin-Beaumetz pourrait rire maintenant de ceux qui\ns'égayèrent de lui. Il a dans ses souvenirs de quoi se consoler de l'injustice\ndes hommes. Mais je le crois sans rancune et le présent, au surplus, ne\nlui est point amer. Il se repose désormais dans l'oubli et l'irresponsabilité.\nC'est le signe des consciences pures et le Sénat en est pavé. Ne le\nréveillons plus.\n\nJean Lefranc."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c009", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 34, "image_fin": 36, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.6", "titre_corps": "UN CAS D'ORNEMENTATION CHEZ BACH", "titre_sommaire": "UN CAS D'ORNEMENTATION CHEZ BACH", "signature_source": "Arnold Dolmetsch", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.34", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1322, "texte": "Le numéro d'Octobre du \" Musical Times \" de Londres contient\nsous ce titre le texte de la communication lue au dernier congrès S. I. M.\npar M. J. A. Fuller Maitland. Il serait bon que ceux de nos virtuoses et\nchefs d'orchestre qui s'intéressent, ou veulent nous intéresser, à la musique\nancienne lisent et relisent cet article. Il est rempli de renseignement utiles\net d'excellentes suggestions.\nLa phrase suivante, par exemple, devrait être répétée matin et soir\npar nos interprètes de Hândel et Bach jusqu'à ce que le voile de préjugés\net d'ignorance qui s'interpose entre eux et la musique commence à se\ntrouer.\n\" ... But, if editors and others would approach the older music\n\" without their présent conviction that the written note is to be inter-\npreted as it would in the présent day, vve should get a far more flowing\n\" effect in many things by Bach and other masters. \"\nCe qui peut se traduire :\n\" ... Mais, si les éditeurs et autres voulaient bien, avant de s'approcher\n\" de la musique ancienne, se débarrasser de leur conviction que la note\nécrite doit s'interpréter comme nous le ferions aujourd'hui, nous obtien-\ndrions un effet infiniment plus coulant, plus harmonieux dans beaucoup\n\" de choses de Bach et des autres. \"\nC est absolument vrai et îormerait un excellent point de départ pour\nune réforme urgente."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.35", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2360, "texte": "UN CAS D'ORNEMENTATION CHEZ BACH\n\nM. Fuller Maitland est moins heureux dans l'application pratique\nde ses préceptes. Il note, in extenso, l'interprétation d'après lui de l'Aria\nde Bach qui sert de thème aux trente variations des \" Clavier-Uebung.\nVoici comment il définit son point de départ :\n\" Il serait difficile de nier que la meilleure autorité sur la pratique\n\" de l'époque de Bach est Daniel Gotlob Tiirk, quoique sa \"\n\" schule :\" n'ait paru qu'en 1789, près de 40 ans après la mort de Bach.\n\" Charles Philippe Emmanuel Bach était trop près de l'époque de son\n\" père pour expliquer tout à fait clairement les signes en usage à son\n\" époque, puisque chacun les comprenait : mais Tiirk combine la pratique\n\" de l'époque de Bach avec celle des compositeurs plus récents et nous\n\" donne l'idée la plus claire de ce qui était d'un usage commun un peu\n\" avant lui. Son explication de l'Appogiature longue, est\n\" admirablement claire, quoique Dannreuther ait raison quand il nous c it\n\" que les préceptes de Tiirk ne peuvent s'appliquer strictement aux\n\" compositions antérieures à l'époque de C. P. E. Bach. \"\nLe raisonnement manque de logique.\nQuelle raison pouvait avoir C. P. E. Bach d'écrire son livre si chacun\nen comprenait le contenu ?\nEt pourquoi se baser sur \" Tiirk \" : puisqu'il admet que ses préceptes\nne peuvent strictement s'appliquer etc....\nAprès cela on ne s'étonnera peut-être pas outre-mesure que l'inter-\nprétation de M. Fuller Maitland soit discutable.\nDans certains cas on s'explique encore par quel chemin il est arrivé\nà une solution fausse.\nDans d'autres, j'ai eu beau fouiller, retourner \" Tiirk, \" impossible\nd'y rencontrer rien qui ressemble à une explication... Voyez, par exemple,\nles mesures 3, 6, 11, 17, 20, 23.\nEn fait, on pourrait se fier à \" Tiirk \" pour la plupart des ornements\nde J. S. Bach ; mais il est préférable d'étudier D'Anglebert, Couperin,\nRameau, Quantz, C. P. E. Bach et avant tout J. S. Bach lui-même qui\na noté des explications fort claires sur ses ornements dans le petit livre\nqu'il écrivit en 1720 pour l'instruction de son fils aîné.\nM. Fuller-Maitland aurait trouvé là une solution toute simple à ses\nplus grosses difficultés notamment ces mesures 3, 6, 11, etc.\nLa question étant d'actualité, je donne i° le texte de l'Aria d'après\nl'édition originale des \"Clavier-Uebung\" publiée sous la direction de"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.36", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 406, "texte": "l'auteur en 1742, 2° l'interprétation de M. Fuller-M aitland d'après le\nnuméro d'octobre du Musical Times ; 30 mon interprétation personnelle.\nCertains ornements seraient très difficiles à jouer au piano. Il est\nfacile de les simplifier. Mais il ne faut pas oublier que la pièce a été\ncomposée \" pour un clavecin à deux claviers. \" Sur un clavecin bien\nréglé ils sortent sans difficulté.\n\nArnold Dolmetsch."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c012", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 37, "image_fin": 40, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.7", "titre_corps": "22", "titre_sommaire": "22", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.39", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2, "texte": "22"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c025", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c025", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 41, "image_fin": 48, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.8", "titre_corps": "L'OREILLE ET L'IMAGE MUSICALE", "titre_sommaire": "L'OREILLE ET L'IMAGE MUSICALE", "signature_source": "E. Poirée", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.41", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1788, "texte": "L'OREILLE ET\nL'IMAGE MUSICALE\n\nL'organe de l'ouïe n'est pas seulement un sens spécifique destiné à\nenregistrer les bruits, les vibrations sonores, ses fonctions sont plus éten-\ndues, plus générales. Ala fin du XVIIIe siècle, certains faits avaient attiré\nl'attention de quelques savants et leur avaient fait constater l'influence de\ncet organe sur le sens de la direction. Les expériences qui suivirent, celles\nde Flourens et d'autres physiologistes, corroborèrent, fortifièrent cette\nopinion qui, vaguement formulée encore, fut contestée énergiquement\npar les partisans de l'idée kantienne et du système des\nLes études anatomiques et pathologiques entreprises depuis lors,\nnotamment les travaux de M. de Cyon, qui vient de les résumer dans deux\nlivres nouvellement parus, 1 permettent de considérer le sens auditif, non\nseulement comme un sens spécifique, mais comme un sens généralisé,\nsens de la direction et des proportions, en d'autres termes de l'espace et\ndu temps.\nComment ces fonctions sont-elles remplies ? Nous le dirons briève-\nment, car il n'y a pas lieu de faire ici une description anatomique, de\nrelater dans les détails de la discussion une théorie dont il suffit de retenir\nles principes essentiels.\nLes facultés générales que possède le sens de l'ouïe, en plus de ses\nattributions spécifiques, sont exercées par l'oreille interne, le labyrinthe\nprofondément enfoui dans une cavité osseuse, protégé par cela même,\noù se trouvent divers organes : le limaçon, spécialement dévolu à ce\nqui concerne les sons, le vestibule et les canaux demi-circulaires, qui ont\ndes fonctions d'équilibre.\nAutour du limaçon, dont l'appellation évoque la forme, celle d'une\ncoquille, et dans cet appareil même, s'épanouit un merveilleux réseau de\n\n1 Dieu et Science (1910). L'Oreille (1911)."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.42", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2514, "texte": "fibres et de fibrilles qui se comptent par milliers et sont chargées de la\nperception des sons. Helmholtz en a donné la théorie, devenue classique ;\nil compare leur mécanisme à celui des marteaux d'un immense clavier,\nrenfermé dans un piano microscopique. D'autres savants ont, quant à\nleur mode de vibration, proposé diverses explications ; quoi qu'il en soit,\nla différenciation de sons, basée sur des proportions numériques différentes,\ns'établit avec une précision remarquable, et de Cyon a pu dire que le\nlimaçon est \"une merveilleuse machine à calculer,\" le siège du\nproportionnel.\nNon moins remarquable est la disposition des canaux demi-circu-\nlaires, au nombre de trois, sortes de petits arcs situés dans des plans per-\npendiculaires les uns aux autres, le canal horizontal, les canaux verticaux,\nantérieur et postérieur, qui divisent l'espace d'après le principe des\ncoordonnées de Descartes, de la géométrie à trois dimensions.\nLe vestibule se compose de deux vésicules, dont l'une porte les pieds\nou les ampoules des canaux demi-circulaires, l'autre répond au limaçon.\nC'est par les fibres nerveuses du vestibule que s'établissent les relations,\nfort complexes d'ailleurs, avec les centres bulbaires et cérébelleux, avec\nl'appareil oculo-moteur.\nLes lésions, les troubles, survenant pathologiquement, ou artificielle-\nment provoqués dans l'oreille interne, ont une répercussion sur l'organisme,\nsur les facultés motrices dont l'orientation et l'équilibre sont compro-\nmis plus ou moins et sur les sensations visuelles. Ce sont, sans parler\ndes altérations de l'audition même, différentes sortes de vertiges, le vertige\nde Ménière, celui des yeux ou le nystagmus, etc..., dont la cause véritable\nfut longtemps ignorée ou recherchée en dehors de l'oreille. Si dans ces\naffections diverses, au bout d'un certain temps, il y a une rééducation du\nsens de l'espace, si la nature, prévoyante, charge, au point de vue de l'équi-\nlibre et de la direction, un autre organe, celui de la vue par exemple, de\nsuppléer aussi bien que possible un mécanisme qui est détruit ou fonc-\ntionne mal, l'origine première de ces troubles ne fait aucun doute : c'est\nqu'ont très clairement démontré les nombreuses expérimentations faites\nsur les animaux, les pigeons, les lapins, etc... où les mêmes causes ont\nproduit les mêmes effets. Nous sommes en présence non de simples hypo-\nthèses, mais d'un ensemble de faits aboutissant à des résultats per-\nmanents.\nLes deux fonctions générales de l'ouïe ont donc le caractère, l'une"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.43", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 2303, "texte": "d'une fonction géométrique (vestibule et canaux), l'autre, d'une fonction\narithmétique (limaçon, fibres de Corti).\n\" Les sensations visuelles, écrit M. de Cyon, et les sensations des\n\" mouvements peuvent très bien à l'aide des signes locaux être projetées\n\" sur un espace à trois dimensions du moment qu'il existe un organe\n\" spécialement destiné à nous fournir la représentation d'un système des\n\" coordonnées de Descartes... Nous comprenons à présent pourquoi c'est\n\" justement un espace à trois dimensions qui sert de base à notre géo-\n\" métrie enclidienne. Les axiomes géométriques nous apparaissent ainsi\n\" comme nous étant imposés par les limites de nos organes des sens.\nM. de Cyon n'est pas moins affirmatif sur la notion du temps, à la\nformation de laquelle concourent les deux fonctions décrites ci-dessus.\n\" Le sens du temps repose sur une association entre une des sensa-\n\" tions de direction des canaux demi-circulaires d'un côté et les appareils\n\" de calcul de l'organe de Corti et de ses centres, d'un autre côté.... Les\n\" hauteurs des sons nous fournissent la notion des nombres. L'organe du\n\" sens du temps a donc également son siège dans le labyrinthe de l'oreille. \"\nCette conclusion semblera peut-être trop vaste, trop exclusive ;\nil est vraisemblable que d'autres apports sensoriels les sensations\nvisuelles particulièrement contribuent à la formation des notions\nque nous avons de l'espace et du temps, mais il se dégage d'une telle con-\nclusion un principe fondamental, la participation prépondérante de l'organe\nde l'ouïe à cette formation. Et nous sommes par cela même amenés à en\nrechercher les conséquences à l'égard de en relation immé-\ndiate avec l'organe et qui ne peut s'accomplir sans lui. Bien entendu, en\nfaisant un tel rapprochement, nous ne prétendons pas que le mécanisme\nde l'oreille humaine, qui est celui de beaucoup d'animaux vertébrés, a été\nconstruit en prévision de la symphonie beethovenienne ou du drame\nwagnérien. Le génie humain a utilisé dans un but idéal et en les ampli-\nfiant, certaines facultés ayant un caractère éminemment pratique, basées\nsur la nécessité pour l'être, de posséder un instrument de mensuration, de\ndistinguer les directions, les proportions et les durées pour lui-même et\npour ce qui l'entoure.\n\n3"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.44", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2574, "texte": "2. — LE SENS MATHÉMATIQUE DE L'OREILLE ET\nL'IMAGE MUSICALE L'ESPACE SONORE\nSi l'organe de l'ouïe est maître de l'espace et du temps, s'il a en lui\npour ainsi dire un géomètre et un calculateur, le processus de la percep-\ntion musicale qui est son œuvre, sera forcément, en dehors de l'effet\némotif, un processus mathématique et ce même processus sera celui du\ncompositeur, créant une phrase musicale. Les mêmes données, les mêmes\nméthodes géométriques vont servir, comme éléments préparatoires de la\nconnaissance, à diviser l'espace sonore, à analyser les formes des mouve-\nments qui s'y produisent.\nLes diverses parties de l'image musicale sont en effet assimilables\naux figures qui traduisent en géométrie les formes d'un corps placé dans\nl'espace. Au point correspond le son isolé ; la ligne mélodique est engendrée\npar le déplacement du point lign z discontinue, les points ne\npouvant,dans le système tempéré, s'approcher de plus près que le demi-ton.\nD'autre part l'espace sonore peut être occupé sur plusieurs points\nà la fois, à raison de la propriété qu'ont les sons de s'associer et de fusionner,\npropriété dérivée du principe général du son fondamental accompagné\nd'une série d'harmoniques ; tel groupe de notes représente un plan har-\nmonique. Chacun des points continuant de se déplacer, d'autres directions\nsurviennent, d'autres plans vont s'établir. Nous trouvons ainsi dans l'image\nmusicale des caractères de direction, latérale (à droite ou à gauche d'un\npoint donné), verticale (en haut ou en bas), des éléments de (plans),\nde détendue.C'est donc dans un plan ou une série de plans que se\ndéveloppe la mélodie dont les contours apparaissent peu à peu et sont\nanalysés au fur et à mesure par l'oreille. Comment cette analyse se fait-\nelle ? Dans trois directions principales, l'espace sonore étant conçu comme\nl'espace géométrique à trois dimensions. Cette conception est en effet la\nbase de toutes les théories musicales ; la nécessité de trois éléments est un\nbesoin instinctif, qui fut reconnu immédiatement et qui a sa justification\ndans la conformation de l'organe récepteur, dans les canaux demi-circulaires.\nL'intervalle de quinte juste (l'angle de quinte), qui sépare ses trois points,\na toute la précision de l'angle droit formé par ces canaux entre eux.\n\n1 La ligne mélodique représente donc une création successive, les sons n'existant que lorsqu'ils sont\nappelés les uns par les autres. Ils ne nous apparaissent pas comme le résultat d'une sélection faite dans une\néchelle complète, préétablie, telle qu'une théorie peut la déterminer a priori. *"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.45", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 2467, "texte": "La note UT, prise par exemple comme point de départ a pour\n\" coordonnées \" dans l'espace la note fa, quinte inférieure, à gauche et la\nnote sol quinte supérieure, à droite :fa UT sol.\nSOL, point de départ, a pour coordonnées et ré ; RÉ, sol et etc...\nNous obtenons une série de sons groupés par trois, divisant successive-\nment l'espace en trois dimensions, par des systèmes ternaires entrelacés.\nNous trouvons d'autre part dans la sensation musicale un principe\nfort important, fourni par le sens proportionnel de l'oreille. Ce principe\nest celui de l'identification des sons octaviés. Lorsque deux sons sont à\ndistance d'octave, c'est à dire lorsqu'ils expriment un nombre de vibra-\ntions double ou moitié, l'un par rapport à l'autre, ils font l'impression\nd'un son unique, répété avec une acuité différente. Un son quelconque va\ndonc se répliquant d'octave en octave, à l'aigu comme au grave ; l'espace\nsonore est ainsi divisé rythmiquement par périodes d'octaves, chacune\ncomprenant tous les sons possibles. Tout système de division de l'espace\nsonore se ramène par suite à la division d'une octave.\nPar application de ce principe, la série Ut sol, devient —le fa\ntransporté à l'octave à côté du sol Ut fa sol, où, rapprochant les\ndirections opposées, nous obtenons l'intervalle d'un ton, appelé ton dis-\njonctif par les théoriciens de l'antiquité. Et cette forme correspond à la\nconception de l'espace à trois dimensions, représenté ici par l'octave\nUT UT, Ut fa sol UT. 1\nIl est aisé de voir que le mouvement sonore appelé résulte\nde l'application des considérations précédentes.\nLes trois points divisionnaires étant considérés non plus comme des\nsons isolés, mais comme des groupes fusionnés, par un renforcement de la\nsonorité fait en conformité avec les séries harmoniques, on obtient une\nsuccession sonore, susceptible de deux aspects différents :\nDans le timbre éclatant des accords, pris de bas en haut, sur Ut, fa\net sol (accords majeurs homogènes) :\n\n1 En d'autres termes, deux notes à distance d'un ton ont pour coordonnée la note qui est à distance de\nquinte ou de quarte juste, de l'une et de l'autre. Fa sol se complètent par ut fa sol ut.\nTrois sons à distance de quinte constituent un système complet ; deux sons, comme ut sol, appartiennent\nà deux systèmes, suivant que le complément a lieu à gauche au grave, ou à droite à l'aigu. UT sol fait partie\nde fa ut sol (ut fa sol ut) ou de ut sol ré (sol ut ré sol)."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.46", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2379, "texte": "Dans le timbre atténué des accords pris de haut en bas, sur mi, la\net si (accords mineurs homogènes) :\nLa réduction à l'octave de ces deux successions harmoniques exprime\nla même gamme,1 traversée en conséquence par deux courants, l'un\nmajeur, l'autre mineur en sens contraire :\nRemarquons que rapprochées dans cette forme diatonique, les direc-\ntions opposées [faet sol par exemple) conservent leur pente naturelle,\ncomme celle de deux cours d'eau dont les sources seraient voisines, mais\nqui suivraient chacun leur chemin :\net par assimilation :\nLes sons de la gamme étant projetés sur un seul plan harmonique,\nla gamme et c'est là son caractère principal apparaît comme le\ndéveloppement mélodique de l'accord sur lequel elle est placée, c'est à\ndire comme l'amplification de l'octave divisée harmoniquement, les notes\nde cette gamme ayant tantôt le caractère de notes réelles, tantôt celui de\nsons intercalaires, de notes de passage. Les successions ut ré mi fa la si\nut et la si ut ré mi fa sol la représentent le développement mélodique 2\n\n1 Mélodiquement la même gamme à peu de chose près est fournie par la suite des quintes, fa ut sol\nré 1a... ramenées dans la même octave : c'est la gamme dite pythagoricienne. Toutes ces questions d'échelles\nsonores, de création des sons et de gammes ont préoccupé pendant des siècles les savants et les théoriciens ; elles\nont donné lieu à de nombreux systèmes et provoqué beaucoup de confusion. L'adoption du tempérament a été\nune très grande simplification par l'établissement d'une échelle chromatique procédant par demi-tons tous égaux.\nLa gamme tempérée, basée sur les trois points de l'espace conçu à trois dimensions, n'a pas, par suite, une rigueur\nmathématique. Mais les altérations que subissent certains intervalles sont négligeables, et elle a favorisé singu-\nlièrement le développement de l'harmonie et de la polyphonie.\n2 On peut ajouter les sons chromatiques intercalaires, altérations des sons réels de la gamme. On a ainsi\ntrois divisions de l'octave : division harmonique, division diatoniqne, division chromatique : c'est l'aspect\nqu offre approximativement la série du son fondamental accompagné de ses harmoniques, où les octaves du son\nprincipal sont de plus en plus divisées. Nous y trouvons l'origine des trois ordres de l'architecture musicale, ordre\nharmonique, ordre diatonique et ordre chromatique. \" - % ■"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.47", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 2428, "texte": "des octaves ut ut, et la la, indiquées par les sons limités et divisées\nharmoniquement par un accord majeur pour l'octave ut ut, par un\naccord majeur pour l'octave la la.\nLorsque l'octave est établie sur d'autres sons de cette gamme, il est\nfacile d'y reconnaître les anciennes formes modales, celles du moyen âge,\ncelles de la musique grecque, où dès le début, apparut le principe de la\ndivision de l'espace sonore en trois points, qui furent ceux de la première\nlyre (mi la si) et constituèrent les cordes fixes ; on sait que les cordes\nmobiles vinrent, en qualité de sons intercalaires, compléter les vides de\nfaçons très différentes (son ou genre enharmonique, chromatique, diato-\nnique dur, ou diatonique m0u....). Les théoriciens anciens ont donc eu\nla conception instinctive de la division de l'espace suivant la méthode\ngéométrique. Mais ils n'allèrent pas plus loin. La réalisation resta incom-\nplète, comme l'était d'ailleurs toute représentation scientifique des phéno-\nmènes dans l'antiquité.\nL'identification des sons octaviés qu'ils constatèrent et dont ils se\nservirent pour limiter une forme modale, ne leur parut pas propre à sim-\nplifier leur système, où chaque son, d'après sa hauteur absolue, avait une\nétiquette, une appellation. L'absence de l'harmonie mettait obstacle à la\nconstruction polyphonique, à la conception d'une tonalité orientée vers\nun des points, de préférence aux autres. De ces diverses successions, une\nseule subsiste dans la théorie moderne, satisfaisante, parce qu'elle est\nrapprochée des faits acoustiques : celle où trois séries harmoniques 1 asso-\nciées fournissent à la tonalité les éléments de ses accords, à la gamme\nson diatonisme mélodique. Dans ce système les mouvements convergent\nvers une harmonie principale, ou harmonie tonique. La pratique en est\ntrès simple et très précise. Le jeu des deux cadences qui se rendent à la\ntonique, l'une venant de l'aigu, l'autre procédant par le grave, et qui\nmettent en évidence la division géométrique de l'espace, est une repré-\nsentation absolument claire de cet espace même, qu'embrasse d'un seul\n\n1 La tonalité mineure moderne et sa gamme mélodique ne sont qu'une atténuation de ces formes, résultant\nde l'abaissement de la tierce sur deux termes, le troisième, la dominante, conservant son timbre éclatant et sa\nnote attractive ;\n(accords mineurs traités comme les accords majeurs, de bas en haut)."}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.48", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1821, "texte": "coup la formule de la grande cadence classique. 1 Et cette cohésion est\nencore accrue par la possibilité de surcharges harmoniques, pratiquées sur\nle premier terme de la cadence, au moyen de la prolongation de l'accord\npar des notes dissonantes à l'aigu ou au grave 2.\nBasée sur une intuition plus profonde du mécanisme de la résonnance\nnaturelle, la théorie moderne a été, vis à vis du passé, une œuvre de\nclarté, d'unification. Elle est réalisée dans les œuvres classiques de la\nmanière la plus simple, directement pour ainsi dire. Ses formules sont en\npetit nombre et sont forcément devenues banales, elles ne représentent\nd'ailleurs qu'une partie de son développement. L'image musicale pourrait\nêtre présentée dans d'autres perspectives,où le principe de la division de\nl'espace en trois éléments resterait toujours appliqué. Mais notre oreille\nhabituée à des formes directes, restreintes souvent au jeu d'une seule\ncadence (Tonique-Dominante, Dominante-Tonique), a besoin d'une\ncertaine accoutumance pour apprécier,je ne dis pas analyser, d'autres dis-\npositions.\nAu surplus c'est vers ce but que vont, d'une façon encore incertaine,\nles tendances actuelles de l'écriture musicale. L'art se rapproche des\nanciens modes et, par l'emploi de l'octave chromatique arrive peu à peu\nà la conception d'une tonalité unique, groupant autour d'elle les systèmes\nde division de l'espace regardés aujourd'hui comme des tonalités distinctes.\n\nE. Poirée.\n\n1 Elle fait entendre en effet successivement les cadences correspondant aux trois points de division, cave\nsurcharge sonore (dissonances) sur les premiers termes des cadences :\n* (Ré) Fa la ut, et Sol si ré (fa), employés dans la formule ci-dessus, ou Sol si ré (fa) (la), en ajoutant\ndeux notes à l'aigu, pour ne citer ici que les combinaisons dissonantes les plus simples."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c035", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 49, "image_fin": 50, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.9", "titre_corps": "Depuis plusieurs années il nous apparaît que notre ballet classique,", "titre_sommaire": "Depuis plusieurs années il nous apparaît que notre ballet classique,", "signature_source": "Louis Laloy", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.49", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1901, "texte": "Depuis plusieurs années il nous apparaît que notre ballet classique,\nmaigre ses mérités de grâce et de légèreté, n'est qu'une rhétorique dénuée\nde signification, et nous suivons avec un anxieux intérêt tous les efforts\nque 1 on tente afin de suppléer à ce défaut. Nous mettons notre espoir à\nla fois dans les adaptations hellénistiques d'une Isadora Duncan et dans le\npittoresque dont les Russes s'appliquent à décorer des entrechats que nous\navions desappris depuis Vestris. Mais surtout c'est de l'Asie que nous\nattendons le salut : nous savons quelle sagesse est cachée dans les contes\nde cette aïeule, et que raisonnant moins que nous elle devine mieux les\nsecrets de i existence. Les miniatures persanes, les estampes japonaises, les\npeintures chinoises, ont enseigné à nos artistes des couleurs plus vives, des\nlignes plus concises, une composition plus claire et plus riche à la fois. Les\npoemes chinois, que nous commençons à connaître autrement que par\nd'arbitraires paraphrases, nous donnent les modèles d'une plénitude que\njustement recherchent nos meilleurs écrivains. Les danseuses javanaises,\npuis celles de S. M. Sisowath, roi du Cambodge, nous ont montré enfin\ndes mouvements lies, dont le déroulement traçait non point des gestes,\nmais des figures et comme une mélodie que nous écoutions des yeux.\nAujourd'hui l'Orient musulman à son tour nous révèle un art de la\ndanse égal aux plus délicates inspirations de ses poètes. C'est pour nous\nune surprise, car nous ne connaissions jusqu'à ce jour que l'Orient médi-\nterranéen, et ses contorsions dont s'ébaudissent les portefaix dans les bouges\ndu Caire ou de Tunis. Armène Ohanian, qui nous l'apporte, est née aux\nconfins des deux mondes. Arménienne de race, russe d'éducation, elle\nn'ignore rien de ce que la civilisation européenne peut offrir. Mais l'Orient\nprochain était cher à son rêve, et c'est avec joie qu'elle accepta, en 1910,"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.50", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2352, "texte": "de venir à Téhéran, pour donner à la Perse renaissante quelques exemples\nd'un théâtre régulier qui remplacerait ses vieux mystères. Après un accueil\nenthousiaste, elle fut conduite à prolonger son séjour. Une princesse du\nsang royal lui donna l'hospitalité; pendant plusieurs mois, dans l'ombre\nintime du harem, et tendrement choyée par ses sœurs recluses, elle étudia\nles rythmes enchanteurs que la très artistique direction de l'Olympia nous\npermet de contempler aujourd'hui.\nPour le plaisir du maître somnolent l'odalisque danse ; son corps\nfragile avec timidité se délie, puis s'éveille ; tour à tour fugitive ou sou-\nmise, ou tordue sur elle-même d'une lassitude provocante, elle sourit à sa\njeunesse et l'offre même à celui qui n'a qu'à élever la main pour s'en saisir.\nL'amour s'est emparé d'elle, un amour défendu, redoutable et non\npas sensuel, car en Orient le plaisir est sensuel, non l'amour : une obsession\nde la pensée, une extase qu'elle savoure les yeux à demi fermés, une fureur\nprofonde dont vibre tout son corps, un rêve trop heureux qu'elle n'a pas\nla force de refuser et dont elle s'éveille pour la souffrance et la révolte\nvaine : elle est prisonnière, et celui qu'elle aime jamais ne reposera auprès\nd'elle.\nEnfin, c'est pour le maître qu'elle danse encore. Rejetant fièrement\nses voiles, elle le prend à témoin de sa beauté que la passion dévore, puis\nle maudit, puis le supplie, et désespérée enfin se roule à ses pieds, implo-\nrant la mort libératrice.\nSes mouvements que guide un goût sûr s'arrêtent à l'exacte limite\noù de tragique l'émotion deviendrait violente ou factice. Ses lignes\nfines évoquent à la fois la ténuité robuste des reines égyptiennes et la\nlangueur désabusée des princesses persanes. Mais surtout elle est elle-même.\nDanseuse magicienne, c'est un pays d'Orient qui lui a fourni ses formules\nd'incantation, lui permettant ainsi de découvrir et de manifester son\ncharme. Chaque attitude est un accord qui en d'autres accords se résout\nselon une harmonie aussi juste que celle de nos musiciens. Comme en\nnotre musique aussi cette harmonie serait un jeu superflu si par des voies\ninconnues le sentiment ne s'y fût insinué. C'est la matière qui est ici\nl'apparence. C'est seulement afin de nous devenir visible que l'âme a revêtu\ncette forme limpide, dont la souplesse dit l'origine surnaturelle.\n\nLouis Laloy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c037", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 51, "image_fin": 51, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.10", "titre_corps": "Armène Ohanian", "titre_sommaire": "Armène Ohanian", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.51", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 14, "texte": "Armène Ohanian"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c038", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 52, "image_fin": 58, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.11", "titre_corps": "LA MUSIQUE POPULAIRE PORTUGAISE", "titre_sommaire": "LA MUSIQUE POPULAIRE PORTUGAISE", "signature_source": "Pedro Blanco", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.52", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1117, "texte": "Le Portugal est un pays romantique d'un romantisme calme, et\ncontemplatif, qui vit du souvenir de ses gloires passées, en feuilletant\nle livre de son histoire, pour se rappeler ses héros, ses conquêtes, et se\nlaisse caresser indolemment par son soleil divin, au milieu d'un paysage\nadmirable.\nSa musique, comme son peuple, est généralement triste, indolente,\nmélancolique et douce.\nPeu, très peu a été écrit en Portugal sur la musique populaire, de\nsorte qu'un travail d'investigation historique sur ses chants et ses danses\ndevient très difficile. Theophilo Braga, le président actuel de la République\nPortugaise, s'est occupé un peu de ce sujet, mais il n'en a traité que la\npartie littéraire. Il existe en outre un recueil qui malgré son intérêt, n'est\npas tout à fait bien harmonisé. Et maintenant on publie en cahiers une\ncollection à laquelle un accompagnemeut fantaisiste enlève toute valeur.\nVoilà ce que nous avons jusqu'à présent en fait de contribution sur\nle folklore musical portugais. Ajoutons qu'il a été fait ici beaucoup plus\nde recherches littéraires et poétiques que musicales, bien que les paroles"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.53", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1180, "texte": "et la musique populaire portugaise soient aussi intimement unies dans\nla même atmosphère sentimentale, que \"la couleur et le parfum d'une\nmême fleur\nLe genre de musique le plus populaire en Portugal, est le FADO\n(destin) dont la mus que s'accompagne sur la guitare portugaise de six\ncordes doubles en acier.\nLe Fado est l'expression populaire la plus spontanée de l'état d'âme\nde notre race : il est triste, mélancolique, fatal. Il y a une infinité de\nFADOS : FADO HILARIO, FADO CORRIDO, FADO DA MOURARIA, FADO CHOURA-\nDINHO etc. Son titre correspond au nom de son auteur (s'il est connu) ou\nbien a la région d'où il provient, ou au caractère de sa musique.\nL accompagnement du Fado se présente de manières très différentes,\ntoujours en 2/4 mais sa forme la plus usitée est celle-ci :\nAprès ces quelques mesures de prélude, apparaît par exemple la\nmélodie suivante (fado chouradinho) :\nCette mélodie d'un caractère mélancolique est une des plus classiques\ndu genre. Elle conserve tout le caractère du vrai et a été recueillie\nà Lisbonne en 1850.\nLe Fado classique est d'une simplicité d'harmonisation tout à fait\nprimitive étant constitué d'une basse de tonique et de dominante et"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.54", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1249, "texte": "LA MUSIQUE POPULAIRE PORTUGAISE\n\nparfois, sous-dominante, (T-D-S) Aujourd'hui encore, dans les moder-\nnes vraiment populaires, on ne rencontre pas une harmonisation plus\ncompliquée ; seules quelques passagères modulations au ton relatif, et\nc'est tout.\nVoyons un fado moderne populaire :\nCe fado est, je crois, un des plus typiques. Il conserve comme le\nprécédent et comme tous les autres, sa mélancolie languissante.\nLe fado est bien la musique de la race portugaise. Chaque région,\nchaque province a sa musique régionale particulière et caractéristique,\nmais 1 zfado est de toutes régions; de tout le Portugal enfin.\nA Coimbra, où est l'Université la plus importante de Portugal, les\nétudiants parcourent en bateaux le Mondego, en chantant le fado bien\navant dans la nuit, et dans ces moments, il a la saveur charmante d'un\nnocturne sentimental. A Espinho, Figueira, Cascaes, Cintra et autres\nplages, on va le chanter sous les balcons et alors il acquiert le caractère\nd'une sérénade.\nLa composition d'un fado n'obéit pas à des règles fixes ; il y en a\nqui établissent une phrase mélodique de huit mesures, dans leur première\npartie. Puis, dans la deuxième partie, ils utilisent ces éléments en les\nadditionnant de phrases nouvelles. Par exemple :"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.55", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 510, "texte": "Ailleurs, la première période subit une triple répétition dans la\nseconde partie. Ou bien encore une première phrase de quatre mesures\nforme la première reprise ; puis, quatre autres mesures lui succèdent. Je\nciterai encore ce fado qui diffère des précédents :\nIl résulte de tout ceci que le fado n'est pas proprement une compo-\nsition musicale de forme technique invariable mais une expansion du\nlyrisme populaire sans règle absolueiet conservant seulement le caractère\nd'un rythme et d'un ethos particuliers."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.56", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 1371, "texte": "Outre le fado national, il y a en Portugal des musiques régionales\nintéressantes : musiques populaires de éAîinho,de de\nAgueda, 2~)ouro, etc. Et, chose remarquable, cette musique régionale n'a\npas, en général, le caractère mélancolique du fado. La raison de cette\ndiversité d'expression est, à mon avis, dans la différence de leurs inspira-\ntions.\nLes chants locaux sont composés et employés généralement à\nl'occasion des fêtes religieuses essentiellement populaires. Le jour consacré\nà la vénération de telle image d'un village, les gens des villages voisins\napportent leurs offrandes et cette promenade se fait en chantant et\ndansant. Possédés d'une joie inquiète, ils parcourent parfois six ou huit\nkilomètres sans se fatiguer. C'est alors que naissent beaucoup de chansons,\ninspirées d'une allégresse simple et remuante, qui n'ont plus rien du\nmélancolique fado.\nVoyez cette chanson corégraphique de Minho :\nParmi ces chansons locales il y en a de très intéressantes, par la\nfaçon dont elles allient la déclamation à la musique. Une chanson popu-\nlaire recueillie à Coimbra en 1850 nommée le Cavalleiro do éMondego,\ndébute par seize mesures chantées que suivent deux mesures en récitatif,\net enfin une déclamation sans musique. Ce qui prouve peut-être en faveur\ndu sens* dramatique du peuple de cette région.«.Voici cette chanson :"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.57", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1086, "texte": "On pourrait encore citer : la Chula do Douro, Chula do <3Ainho,\nCantigas do Algarve,de Coimbra,de de etc.\nL'énorme variété de ces chansons empêche de faire une étude\nd'ensemble, dans cette simple notice, qui n'a d'autre objet, que de donner\nune idée très générale du folk-lore musical portugais.\nN'oublions pas la politique qui a une si grande influence sur les\nmœurs en Portugal. Une des coutumes encore pratiquées aujourd'hui, en\ndépit de son antiquité, le démontre bien. La nuit du 31 décembre des\ngroupes d'hommes et de femmes parcourent les rues en chantant accom-\npagnés de violons, de guitares, de tambourins et de triangles, s'arrêtant\naux cafés, aux endroits publics, rédactions de journaux, etc. Ces groupes\nsont masqués et ils chantent uniquement des critiques et des satires de\ntous les événements politiques de l'année. Les paroles en sont composées\npar eux-mêmes et il est inutile d'insister sur leur incorrection. La musique\nest populaire et choisie pour s'adapter aux paroles. La première strophe\nest chantée par un seul, généralement en falsetto, et le chœur répond par"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.58", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 1387, "texte": "le refrain ; parfois ils sont deux qui chantent solo, et dans ce cas la musique\nprend l'aspect d'un dialogue : le premier chante un couplet, l'autre répond\net le chœur reprend le refrain.\nUne curieuse coutume est la Desfolhada, c'est-à-dire l'opéra-\ntion qui consiste à dépouiller le maïs de ses feuilles pour en récolter\nles grains. Pour cette cérémonie sont invités les amis de la maison, qui\nse placent en cercle, autour du maïs, les hommes alternant avec les\nfemmes. Quand on commence à enlever les feuilles, celui qui trouve les\ngrains de maïs rouges, doit embrasser toutes les femmes, si c'est un\nhomme, ou tous les hommes, si c'est une femme. Et tous chantent\ninlassablement. Il y a de charmantes chansons de desfolhada, qui passent\ntout de suite dans le domaine populaire, comme celle-ci :\nLa musique populaire portugaise, on le voit, mériterait une étude\napprofondie. De gros volumes nous parlent des musiciens du Portugal,\nmais ne nous disent rien de leur musique. Quelques compositeurs\nmodernes ont cependant cherché à tirer parti de notre chanson populaire.\nJe citerai au premier rang M. Vianna da Motta, et sa ballade \" Chula,\nChula do Douro si souvent applaudie. Notre art doit beaucoup à cet\nartiste éminent, et lui plus que personne pourrait réaliser tout un plan\nd'investigations et d'études de notre mélodie populaire.\n\nPedro Blanco."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c053", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c053", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 59, "image_fin": 62, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.12", "titre_corps": "LES LIVRES", "titre_sommaire": "LES LIVRES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.59", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2708, "texte": "V UILLERMIN (Louis). Traité d'harmonie ultra-moderne\n(Paris, l'auteur Bbls,8bls, rue Martel, in-8° de 40 pp. Frs. 6.)\nL'auteur nous prévient d'abord que ce traité ne peut être\ncompris que par les musiciens qui ont terminé leurs études\nscholastiques. Qu'appelle-t-il études scholastiques ? Il néglige de\nnous le dire. Cependant, fidèle à ma sympathie pour toute inno-\nvation pédagogique et vivement intéressé, d'autre part, par\nl'indépendance de cet ouvrage, je supposerai que le lecteur du\ntraité d?harmonie ultra-moderne sait tout ce qui, jusqu'à ce jour, fat\nenseigné de l'art musical.\nJe supposerai qu'il n'ignore rien des tonalités grecques, qu'il\na quelques connaissances des modes orientaux et extrême-orien-\ntaux, qu'il connaît bien le chant grégorien, qu'il a approfondi la\nmusique de la Renaissance et a lu, en leur ensemble, \" dans la\nmajesté du texte \" les ouvrages scholastiques de cette époque,puis les\nœuvres, autrement instructives, où Bach, par la musique seule, non\npar des mots, enseignait l'art de composer et d'écrire; puis les\nméthodes employées ensuite et de nos jours encore dans les conservatoires de tous les pays,pâles et\nmaladroits pastiches de Rameau, démentis si souvent jetés à la face de Bach, à la face de\nMozart, à la face de Wagner. Je suppose donc que le disciple de M.Vuillermin connaît toutes\nces belles choses et bien d'autres encore.\nDès les premières pages de l'ouvrage, il retrouve un préjugé d'école inexplicable : la\nformation des accords par des combinaisons de tierces. Pourquoi par tierces ? Déjà j'entrevois\nque cette méthode ne sera que la continuation du système employé par Reber, Bazin, Durand,\netc... Ces professeurs n'avaient pas osé aller jusqu'au bout de leurs idées ; M. Vuillermin s'y\nefforce. Et encore une fois, l'intention est louable, courageuse, progressiste, mais insuffisante.\nM. V. appellera par exemple polytonique une gamme de sol mineur avec mi bémol et fa dièze\nparce que si bémol et mi bémol appartiennent au ton de si bémol majeur, et le fa dièze au ton\nde sol majeur. Or, le ton de sol, c'est toute la série chromatique des douze sons contenus\ndans l'octave sol-sol, pour n'employer qu'un chromatisme tempéré. Et la gamme de\nM. Vuillermin est dans le ton de sol s'il y a, dans la période musicale d'où elle est tirée, prédo-\nminance des sons sol, ré. C'est ainsi que n'importe quel son et n'importe quelle agrégation de\nsons appartiennent à n'importe quelle tonalité.\nLes exemples de M. V. sont souvent très agréables. Mais l'auteur semble être un peu\nsurpris, lui-même, des nouveautés qu'il invente, si bien que, malgré lui, il les accompagne,\npresque toujours, de rythmes orientaux, comme si une telle musique était assez bizarre pour"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.60", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3597, "texte": "LES LIVRES\n\ndevoir s'excuser de son étrangeté en avouant qu'elle n'est pas de chez nous. Au reste, ces\nharmonies, bien que variées en réalité,donnent à l'oreille une impression de monotonie à cause\nde leur disposition uniforme. De plus, elles sont moins hardies que l'auteur pense. Moins\nhardies ? que veut dire hardi en art. Il n'est rien que le beau et le laid. On peut faire entendre\nensemble tous les sons de la gamme tempérée et l'effet peut en être exquis, même avec une\ndisposition rudimentaire. Pour moi, je ne crois pas qu'il y ait\nimpossible, tout dépend du contexte musical, tout dépend de la des sons et de leur\nenchaînement aux sons suivants ; tout ceci est su\nlaisse au goût ae chacun.ll n'y aen cela d'autre loi que le goût, le bon goût qui ne s'enseigne\npas, mais dont les effets s'analysent fort bien : lorsqu'on veut titer de cette analyse une formule\npratique, la formule est mauvaise, car, tout soudain, un homme de goût crée une chose\nexquise en ne s'y conformant pas. Il faut une g des sons ; elle sera utile, nécessaire,\nmais, comme toute grammaire,nullement suffisante. L'ouvrage de M. V. est d'ailleurs un\ndictionnaire des locutions musicales bien plutôt qu'une encore moins une\nIl n'y est question ni de Y enchaînement des accords,ni de la ni de la\nni des positions d'accords, ni des différences si subtiles qu'il y a entre\nsuccession des tonalités ou des accords. Ainsi considéré, il apparaît comme un lexique ingénieux et\nrelativement hardi. Je crois toutefois que l'application du principe des harmoniques est ici\ncapable de donner des résultats plus féconds et des séries plus imprévues encore. Jean Marnold\nme paraît plus que personne capable de dresser un harmonique.\nLe livre de M. V. doit être lu et je n'ai, certes, garde de le confondre avec les anémiques\nméthodes où tout ce qui est libre et beau est interdit par peur que des méchants ou des anti-\nmusiciens en fassent mauvais usage ; comme s'il y avait quelque inconvénient à laisser ces\ngens-là commettre des âneries ; comme s'il n'était pas criminel de priver le génie indépendant\nde la moindre liberté. M. Louis Vuillermin mérite, à mon avis du moins, non l'approbation,\nmais la plus vive estime, la plus entière sympathie, et on peut lui prédire une place enviée\nparmi les théoriciens de notre temps.\nJEAN HURÉ.\nPIGOT (Charles). Georges Bizet et son œuvre. (Delagrave, in-8° de 300 pages.)\nCe livre, publié pour la première fois il y a quelque vingt cinq ans, est la deuxième\nédition d'un ouvrage qui, devenu introuvable, reparaît enrichi de documents nouveaux. Ecrit\navec probité et conviction, mais sans le moindre brio, il ne gagnera plus beaucoup de partisans\nà la musique de Bizet. La jeunesse aura, je crois bien, du mal à souscrire aux enthousiasmes\nde M. Pigot et à ses jugements sur la nécessité de la convention théâtrale, jugements\nque les événements n'ont guère confirmés jusqu'ici. Le vrai titre de cet ouvrage aurait\ndû être : l'œuvre de Georges Bizet, car la personnalité du maître y est étudiée de façon tout\nà fait succinte ; ses œuvres au contraire le sont avec une minutie un peu abusive. Nous ne\ncomprenons plus très bien que l'on consacre de si longues pages à l'analyse des principaux\npersonnages de Carmen ou de l'Arlésienne. Somme toute, un livre qui eut gagné à être\nélagué, et non amplifié avant de revenir sous presse.\nG. K.\nBELLAIGUE (Camille). Verdi (Collections Laurens, in 12° ; Fcs. 3.50.)\nNul plus que notre éminent confrère, M. Bellaigue, n'était qualifié, par nature et par\ngoût, pour présenter—j'allais dire pour défendre devant le public de cette jolie collection,\n\n4"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.61", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3850, "texte": "l'auteur de la Traviata, c'est presque un effort de réhabilitation que trahit ce volume, écrit\navec chaleur, avec amour, avec cette coquetterie batailleuse qui sied si bien au critique delà\nRevue des deux Mondes. Ne pourrait-on soutenir en effet, que ce sont bien les deux mondes de la\nmusique, dont notre confrère cherche ici à mettre d'accord les aspirations ! De Verdi à\nMahler ou à Magnard, la musique a traversé une furieuse mêlée, dont elle n'est pas encore\nsortie. M. Bellaigue le sait, il en convient, et sa philosophie, après s'être attristée de ce spectacle,\ny cherche aujourd'hui la leçon de l'histoire.\nPour dégager !a personnalité de Verdi, M. B. confesse les défauts et accuse les mérites de\nce grand impulsif. Il nous montre un Verdi, peu sensible à la trivialité, mais grand remueur\nde foules et cherchant l'effet dynamique par-dessus tout. C'est le cri, l'explosion qu'il nous\ndemande d'admirer dans ce rénovateur de l'énergie musicale italienne, qui sut mettre la douleur\nen polka, et traiter la musique comme nos syndicalistes traitent l'éloquence dans leurs réunions\npubliques. Tout cela est vu très juste, et par quelqu'un qui aime, par conséquent qui comprend,\nVue d'ensemble, naturellement, et comme il convient à un volume de légère digestion, mais\nnette et parfaitement utile.\nJ. E.\nISNARDON (Jacques). Le Chant Théâtral. (Chez Vieu, 51, rue de Rome, in-40 de\n165 pages.) BOUDINIER (Céline). Les nouveaux principes du Chant. (Chez l'auteur\n25> rue de Châteaudun, in-40 de 2°B Pages-)\nUne nouvelle méthode de Chant ; deux nouvelles méthodes de Chant, même, qui, bien\nentendu, ne sont d'accord que sur peu de points. La première est signée de M. Isnardon : sa\nprésentation extérieure, tant au point de vue matériel qu'au point de vue littéraire est digne de\ntout éloge ; édité luxueusement, écrit de style alerte et familier, égayé d'anecdotes et de\nsouvenirs, ce volume sera une lecture agréable pour ceux-là mêmes qui n'y chercheront pas\nleur profit ; mais il est surtout destiné aux jeunes chanteurs, qui prendront d'excellentes leçons\nde prudence et de modestie en entendant raconter les déboires de leurs aînés. M. Isnardon,\ndont l'expérience personnelle fait autorité, a en outre beaucoup lu, beaucoup observé, beaucoup\nprofité de ses conversations avec de grands physiologistes et de grands chanteurs ; les procédés\ntechniques qu'il préconise décèlent l'éclectisme le plus vaste. Ne cherchons pas ici la\n\" méthode Isnardon \" ; en revanche, nous y trouverons la méthode de tout le monde ; et aussi\ncelle du simple bon sens. Ceux qui ont eu affaire à MM. les professeurs de chant sauront\nmesurer la portée de ce compliment.\nLe livre de Mme Boudinier se présente dès l'abord avec d'autres ambitions : il ne s'agit\nrien moins que de la solution complète du problème vocal. Cette méthode a le mérite de\nformer un tout solidement organisé, que l'on peut discuter, mais dont il faut reconnaître\nl'apparente cohésion. Mme Boudinier donne pour principe et pour fondement à l'acte\nvocal l'élévation du larynx, élévation qui distingue le mécanisme de la voix chantée, de celui\nde la voix parlée, et que peu de chanteurs savent effectuer en toute connaissance de cause. La\nfaute en est à nos ancêtres préhistoriques, qui surent parler avant de savoir chanter, et\nadaptèrent ensuite au chant les attitudes vocales de la parole, qui ne pouvaient y convenir.,\n(passons au déluge, Madame.) Ceci demanderait du reste à être contrôlé. Pourquoi la parole\naurait-elle nécessairement précédé le chant ; celui-ci n'est-il pas un acte instinctif et spontané ;\net puisque les rossignols savent chanter, pourquoi les hommes n'auraient-ils pas commencé par\nlà, eux aussi ? Le procédé de l'élévation du larynx, et les exercices qui y conduisent ne sont\ncertainement pas inoffensifs ; il ne faudrait pas s'y adonner sans discernement. Il en est des"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.62", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2142, "texte": "méthodes de chant comme des eaux minérales ; les plus efficaces sont aussi les plus dangereuses ;\nn'en usons donc qu'à bon escient. Ceci n'est point pour inspirer des inquiétudes aux lecteurs\ndu livre de Mme Boudinier, mais pour insister sur la hardiesse et la nouveauté des conceptions\nqu'il présente au public.\nV. P.\nL'INSTRUMENTAL ILLUSTRÉ (Paris, 38bis, Avenue de la République, in fol. de\n48 pp. Frs. 2.)\nDans ce supplément annuel de Y Instrumental, publié somptueusement par la maison\nCouesnon, il convient de signaler une intéressante étude de M. René Brancour sur le cornet\nà piston. Instrument mal vu dans la musique grave, le cornet à métal, pourvu de pistons, n'a\nplus rien de commun avec l'antique cornet de bois, cher à la Renaissance. Il est cependant à\nréhabiliter, et la France le considère un peu comme un instrument national. Le présent\nfascicule de Y Instrumental donne de nombreux détails sur les perfectionnements apportés à ce\nroi des bals populaires.\nALTENBURG (Johann-Ernst). Versuch\nTrompeter- und Pauker-Kunst(Halle, 1795, rééd. de Bertling à Dresde, 1911, in-40 de\n144 pp., Mk. 6.)\nCeci forme au contraire une apologie de la noble et glorieuse trompette accompagnée de\nses timbales habituelles. Lorsque Altenburg écrivait, à la fin du XVIIIe siècle, la trompette\navait encore conservé une virtuosité de soliste que la symphonie classique était en train de lui\nfaire perdre. On se souvenait de son rôle dans la vie civile, dans la vie particulière et dans la\nmusique même. Le grand Altenburg (Jean-Gaspar) trompette des princes de Saxe était né en\n1689. Il connaissait à fond les procédés du \" cla\" et les \" \" nécessaires à la\nmusique d'intérieur. Il aimait par-dessus tout, nous dit ce livre, l'exécution des œuvres de\nTelmann, Foerster, Linicke, Fasch et Schreck. On voit que Bach n'est pas nommé. L'ouvrage\nd'Altenburg comprend une partie historique, qui remonte naturellement aux origines du\nmonde, et une partie de pédagogie pratique. Toutes deux fort intéressantes et à signaler à nos\nmodernes professionnels, à ceux du moins (en existe-t-il ?) qui s'intéressent à l'histoire de leur\ninstrument."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c056", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c056", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 63, "image_fin": 63, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.13", "titre_corps": "LIVRES REÇUS", "titre_sommaire": "LIVRES REÇUS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.63", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2018, "texte": "LIVRES REÇUS\nWYZEWA (T. de) & ST. FOIX (G. de). IV.\nœuvre de Venfance a la pleine maturité. (Paris, Perrin et Cie, 1912, 2 vol. in-40 de 525 et\n450 pp. Frs. 25 les 2 vol.)\nPROCEEDINGS of the Musical Associati(London Novello 1911, in-8° de 154 pp.\nI Guinea.)\nL'INSTRUMENTAL ILLUSTRÉ. Supplément annuel de (Paris,\n38b,s, Avenue de la République, in-fol. de 48 pp. Frs. 2.)\nVALLAS (Léon). La véritable histoire de Françoise Journet, chanteuse d'opéra.\n(Extrait de la Revue d'Histoire de Lyon, nov. 1911.)\nSCHUMANN. Lettres choisies. Traduites de l'allemand par M. P. CREMIEUX,\nSecond Recueil. (Paris, Fischbacher, 1912, in-120 de 233 pp. Frs. 3,50.)\n... WOODHOUSE (George). The artist at the piano (London Reeves, in-8° de\n52 pp. 2/6 net.)\nVOIGT (Prof. Woldemar). Die Kirchenkantaten J. S. Bachs (Stuttgart J.-B.\nMetzler, Calwer Str. 18. In-8(> de 176 pp. Mk. 3,50.)\nVIVELL (P. Cœlestin). Initia tractatum Musices ex codicibus editorum collegit et\nordine alphabetico disposuit (Graz, 1912, A. Moser in-8° de 352 pp. Mk. 12,80).\nGIESSWEIN (Dr. Max). Ueber die Résonant des Mundhoele und der Nasenraume.\n(Berlin, S. Karger, in-8° de 54 pp.)\nASSOCIAZIONE dei Musicologi Italiani. Relazione del Présidente générale,\n(Parma, 1912, in-8° de 16 pp.)\nSCHUTZ (Rudolf). Stephen Heller. (Lpz. Breitkopf 1911, in-12 de 140 pp.\nMk. 3).\nRUTZ (Dr Ottmar). Musik, Wort und Korper als Gemutsausdruck. (Ibid., 1911,\nin-8° de 741 pp. et 35 planches. Mk. 12).\nBATKA (Richard) et WERNER (Heinrich). Hugo JVolfs musikalische Kritiken.\n(Ibid., 1911, in-i2° de 378 pp. Mk. 7,50).\nLEICHTENTRITT (Hugo). Musikalische Formenlehre. Band VIII der Hand-\nbiicher von Xaver Scharwenka. (Ibid., 1911, in-8° de 240 pp. Mk. 6).\nSEEBURG (Franz von). Joseph Haydn. (Regensburg, Pustet, 1912, in-120 de\n475 PP- Frs. 3.50)\nMARNOLD (Jean). Musique d'autrefois et d\"lajourcChui. (Paris, Dorbon aîné,\n19 Boulevard Haussmann, 1912, in-120 de 966 pp. Frs. 3,50.)\nLAURENCIE (L. de la). Un m XVIIF\nJ.-P. Guignon. (Tirage à part de la Revista Musicale, 1911, fasc. 3.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c057", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c057", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 64, "image_fin": 64, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.14", "titre_corps": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.64", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2712, "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE\nSÉANCE DU JEUDI 18 JANVIER 1912\nLa Séance est ouverte à la Maison Gaveau, 45, rue de la Boëtie, à 4 heures, sous la\nprésidence de M. Ecorcheville, président.\nEtaient présents ; MM. L. de La Laurencie, J.-G. Prod'homme, H. Quittard, Peyrot,\nH. Prunières, G. Cucuel, A. de Bertha, A. Dolmetsch, Agache, Galmann-Lévy, Vinée,\nTenéo, Gariel, M. & Mme Lefeu ve, G. de Saint-Foix, Docteur Laugier, A. Laugier,\nCh. Legrand, F. Guérillot, Ch. Bouvet, Mmes de Chabannes, Wiener-Newton, Gallet,\nDaubresse, Pereyra & Neufeld.\nS'était excusé : M. Ch. Ruelle,\nLe Président félicite notre collègue, Mme Gallet, d'avoir organisé l'Orchestre Féminin de\nl'U. F. P. C., qui est appelé à rendre de grands services à la musique. Il félicite aussi nos\ncollègues Tenéo et Quittard, qui viennent d'être nommés, l'un Bibliothécaire et l'autre\nArchiviste de l'Opéra. Il annonce la réunion de la 66 Revue Musicale \", dirigée par M. Com-\nbarieu à notre Revue \"S./. M. Il attire enfin l'attention de la Section sur la préparation\ndu Congrès de Paris de I9I4> et propose la nomination d'une Commission pour étudièr des\nmaintenant la préparation de ce Congrès. Cette proposition est adoptée.\nLe Président lit une note de notre collègue, M. Machabey, communiquée à la Section\npour prendre date : M. Machabey annonce qu'il vient de terminer une étude sur La genese et\nrévolution du sentiment tonal en Occident.\nLa parole est donnée à M. de La Laurencie, qui préside en France la Commission de\nBibliographie de notre Société. M. de la Laurencie signale à la Section l'entreprise de biblio-\ngraphie tentée par nos Collègues de Berlin, et à lac aelle toute la Société est conviée à s'associer.\nIl présente quelques objections à ce projet, et, après une discussion à laquelle prennent part\nMM. Prunières et Peyrot, il est décidé qu'il se mettra en rapport avec notre collègue Springer,\npour préciser le caractère de cette entreprise.\nLe Secrétaire Général n'ayant pu assister au début de la Séance, donne lecture du\nprocès-verbal de la dernière Séance, qui est adopté. Mlle Daubresse présente une observation\nau sujet de ce procès-verbal : il s'agit de la reprise des symphonies classiques, et d'une motion\nde M. de Bertha. Une discussion s'engage sur ce point, il est décidé qu'elle sera reportée à la\nprochaine Séance, et sera annoncée à l'ordre du jour.\nLa parole est ensuite donnée à M. A. Dolmetsch, pour une communication sur \" La\nFamille des Violes \". Cette communication est accompagnée d'une audition de musique anglaise\net française des XVIme et XVIIme siècles, à laquelle MM. A. &F. Dolmetsch, Mme et\nMlle Dolmetsch, et MUe De Lens, prêtent leur bienveillant concours.\nLa Séance est levée à 6 1/2 heures."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c058", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c058", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 66, "image_fin": 70, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.15", "titre_corps": "Les Théâtres", "titre_sommaire": "Les Théâtres", "signature_source": "Emile Vuillermoz", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.66", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 524, "texte": "Les Théâtres\n\nMA MÈRE L'OYE. LA LÉPREUSE\n»\nAprès avoir été la providence des peintres, M, Jacques Rouché, constatant\nque le nom même de son théâtre ne lui permettait pas de demeurer l'homme d'un\nseul art, s'est avisé d'encourager les musiciens. Dangereuse initiative. Depuis\nquelques semaines, la turbulente engeance des compositeurs prend ses ébats dans\nles coulisses du Théâtre des Arts, exécutant des chassés-croisés pleins d'une aimable\nfantaisie, jouant à cache-cache et à cligne-musette, à colin-maillard et aux quatre"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.67", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3362, "texte": "coins et remplissant le boulevard des Batignolles du bruit de ses discussions et de\nses querelles. A la manière des acrobatiques \" familles \" que les music-halls anglais\nnous envoient pour communiquer à nos calmes revues une frénésie soudaine, des\njeunes gens, brandissant des rouleaux de papier à musique, se pourchassent dans\ntous les coins du théâtre, entrent par une porte dérobée, sortent par la fenêtre,\nreviennent par le balcon, disparaissent dans un placard, dégringolent du plafond,\nplongent et s'évanouissent dans la cheminée. Gabriel Grovlez, Florent Schmitt,\nCouperin, Inghelbrecht, Ravel apportent tour à tour à ce jeu la plus exubérante\nfantaisie pour la grande joie des spectateurs initiés aux secrets de cette mystérieuse\ngymnastique.\nUn épisode de ce sketch trépidant vient de remporter le plus vif succès. La\nmise à la scène d'une petite partition de Ravel tirée de sa charmante suite enfantine\n\"Ma Mère L'Oye a rencontré une faveur universelle. J'ai eu l'occasion, ici-\nmême, à propos de la création de \" XHeure Espagnole \", de déplorer la regrettable\nprédilection qui entraînait vers un idéal humoristique improbable un musicien si\nnettement voué à la féerie, la trompeuse vocation, qui transformait en caricaturiste\nspécialisé le plus étonnant de nos peintres impressionnistes. L'émerveillement qu'a\nprovoqué le minuscule ballet du Théâtre des Arts semble bien prouver que le\npublic ne conserve sur ce point aucune incertitude et qu'il est tout disposé à\nsupplier M. Franc-Nohain de nous rendre l'auteur de c{ Daphnis et Chloé\nDans \" Ma Mère L'Oye \" Ravel, pourtant, jouait la difficulté. Etre féerique,\nfaire vivre des personnages et des paysages de rêve dans une atmosphère de\nlégende puérile est une tâche singulièrement dangereuse pour un compositeur qui\nne dispose que d'une poignée d'instrumentistes. Faire chatoyer des tons rares et\nprécieux, noter des nuances subtiles, rendre les plus fins effets de lumière n'est\npas précisément aisé lorsqu'on ne possède qu'une brosse, deux tubes de couleur et\nune palette liliputienne. C'est pourtant ce tour de force que Ravel a réalisé du\npremier coup. Il a placé dans les mains de Grovlez non pas un bâton de mesure,\nmais une baguette de prestidigitateur qui, au moindre geste du chef d'orchestre,\nfait sortir de chaque instrument des miraculeuses surprises. Ainsi du chapeau\n\" d'une personne de la société \", l'on voit surgir sur l'ordre du magicien une\ngerbe de roses, un flot de rubans, cinquante écus, un lapin vivant et le drapeau\ntricolore. Il faut une adresse prodigieuse et un tour de main inimitable pour faire\nfleurir dans un si petit jardin les touffes diaprées des accords doubles et triples que\ncultive d'ordinaire cet avisé jardinier. Les dissonances de l'écriture moderne jouent\nlibrement dans le vaste domaine d'un grand orchestre mais supportent malaisément\nun logis trop étroit où elles se heurtent et se blessent. La combinaison chimique\nde certains corps, sans danger à l'air libre, provoque parfois en vase clos de terribles\nexplosions. Il y a donc un mérite exceptionnel dans l'harmonieuse synthèse que\nRavel a réalisée dans ces défavorables conditions. Musicalement u Ma Mère l'Oye \"\nest un ravissement complet.\nLe vague scénario qui fut imaginé pour présenter cette délicieuse partition ne\nse recommande pas par les mêmes mérites. Jamais on n'avait poussé aussi loin le"}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.68", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3399, "texte": "mépris affectueux que l'on réserve volontiers aux affabulations de ce genre. L'état\nd'âme que révèle à cet égard le tableau du \" Petit Poucet \" est vraiment signifi-\ncatif!... La partie décorative du spectacle est d'un art raffiné. Avec une demi-\ndouzaine de costumes d'une stylisation très adroite,avec des toiles de fond exquises,\navec les taches de couleur mouvantes et précieuses de deux négrillons splendide-\nment \" composés \" Dresa nous a éblouis. Oserai-je avouer que la réalisation\nplastique offerte par le \" corps de ballet \" du Théâtre des Arts s'apparente plus\ndirectement au livret falot qu'au décor et à la musique. Emporté par un très\nsympathique élan de réaction contre la routine de nos théâtres officiels, M. Rouché\nsemble avoir renoncé pour jamais à toutes les conventions du professionalisme.\nSon dédain, très légitime, de la froide technique, de la danse classique l'a conduit\ntout naturellement à faire appel au primesaut d'un amateurisme ingénu qui a\nparfois son charme mais qui ne saurait se généraliser sans dommage. Sans doute\nce parti-pris est de bonne compagnie, ce mépris du professionnel à grand air et\ndédaigner d'obéir servilement au rythme et à la mesure est assez grand seigneur,\nmais, vraiment, certains interprètes de la maison ont le sang trop bleu. Ils\nexagèrent !\nQuelques jours après le triomphe de l'art élégant, aristocratique, souriant et\nun peu ironique de Ravel, nous étions brusquement mis en présence de cette\npoignante Lépreuse de Bataille et Lazzari, de ce drame d'une émotion impérieuse\net un peu brutale qui offre avec l'intellectuel divertissement que nous ménagea\nM. Jacques Rouché un contraste dont il n'est pas besoin de souligner la violence.\nEn écoutant le texte, si savoureux dans sa naïveté voulue, qu'écrivit un poète\nde vingt ans, certains admirateurs d'Henry Bataille ont éprouvé une désagréable\nappréhension. Un involontaire rapprochement ne s'opérera-t-il pas dans l'esprit des\nlettres entre les dernières pièces de l'auteur de \"Poliche \" et ce parfait mouvement\nd'émotion, de lyrisme exact, d'effusion pudique et d'humaine tendresse ? On ne\njalonnera pas sans tristesse le chemin parcouru en quinze ans de succès par un\nhomme dont la sensibilité de qualité si rare avait bouleversé toute une génération\nd'écrivains. Ce ne sont pas ses péchés, mais ses vertus de jeunesse qu'un artiste\n\" arrivé \" devrait cacher avec le plus de pudeur. La Lépreuse a retrouvé à l'Opéra\nComique le succès qui l'avait accueillie à l'Auvre voici seize ans. C'est assez dire\nle mérite de Sylvio Lazzari : l'intervention d'un musicien est toujours un terrible\ndanger pour la vie des chefs-d'œuvre. Ils n'en meurent pas tous, mais tous en\nressentent d'assez graves atteintes qui hâtent leur déclin.\nLe tempérament du compositeur &Armor ne semblait pas pourtant le prédes-\ntiner à devenir le reflet musical du naïf enlumineur de légendes dont Bataille, par\njeu, avait pris le visage. La nature un peu fruste, la pensée forte et drue de ce rude\nsculpteur de sons s'accordait mal avec la finesse de l'imagier. Et cependant la\npartition de Lazzari ne trahit pas le drame, reste émouvante et juste d'expression\net, par des chemins détournés, rejoint le poème çà et là avec un heureux à-propos.\nSa technique et son idéal pouvaient à bon droit nous inquiéter. Malgré son désir\nthéorique de se libérer de l'emprise bayreuthienne, Lazzari est presque aussi"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.69", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3480, "texte": "wagnerien que Magnard. Sans parler de l'emploi systématique du leitmotiv et du\nrappel de theme il a gardé de l'héritage du redoutable ancêtre cette préoccupation\nminutieuse du commentaire et de l'allusion qui réduit souvent le rôle de l'orchestre\na celui de ces notes, références et renvois tout alourdis de chiffres, d'astériques, de\ncf. et de cpr. dont s'encombrent les bas de pages des livres solidement documentés.\nUn mot, une breve image qui passe sont immédiatement photographiés par les\ninstruments attentifs ; si l'on parle de cloche ou de danse deux mesures de carillon\nou de rythmes sautillants viennent affirmer au spectateur que rien n'échappe à la\nvigilance des musiciens tapis dans la fosse et une chanson populaire qui condense\n1 état d ame du breton bretonnant ne perd jamais une occasion de nous faire son\npetit cours d ethnographie. Mais l'instrumentation est plus significative encore.\nLes instruments groupes par familles font leurs entrées en corps suivant les meil-\nleures traditions de la Tétralogie; les cuivres marquent les accents de là même\nfaçon, les cors et les trombones sont atteints d'un héroïsme incurable que rien ne\njustifie dans la legende villageoise où ils interviennent avec conviction. Et puis il\ny a cette densite caractéristique des sonorités, cette colonne compacte de timbres\nagglutines, cette formidable capacité pulmonaire qui permet d'enchaîner les pages\naux pages sans un silence, sans une respiration, sans un soupir, ce dédain de\n1 aération intérieure de la trame symphonique, de l'allégement des assises harmo-\nniques, ces mille détails d écriture qui en disent long sur l'idéal sonore d'un com-\npositeur et qui nous prouvent ici les secrètes affinités qui unissent l'auteur de la\nLepreu.se a celui du Ring.ll y a également, plus indiscrètement encore peut-être\nque dans Bérénice cette interprétation prosodique de la musique de nos mots\nfrançais \" par augmentation , cet étirement barbare de nos alertes syllabes, ce\ngonflement cruel de nos diphtongues prêtes à éclater, cet écrasement et ce laminage\nde nos voyelles si contraires au génie de notre langue.\nIl y a aussi, hélas, presque imperceptible, la griffe du temps sur toute la\npartition qui a passe dans une bibliothèque et dans des dossiers d'avocats ses belles\nannées de jeunesse et qui a perdu cette <c fleur \", ce duvet velouté des fruits que\n1 on vient de detacher de leur branche. 11 y a tout cela et pourtant les debussystes\nles plus intransigeants, ceux qui attachent le plus d'importance à l'actualité des\nformes de langage et des modes d'expression ne résisteront pas au grand souffle\nloyal de cette musique si profondement humaine. La qualité de l'émotion que\ndégagé Lepreuse est parfois discutable, on peut garder quelque rancune aux\nauteurs d avoir employé pour nous attendrir des moyens aussi directs et aussi\nétranges a l'art que cette poignante procession qui s'allonge, se déroule et rampe\njusqu au pauvre Ervoanik pour l'arracher à sa maison et l'enterrer vivant, ce\nlugubre cortege rustique qui accroche aux branches du chemin des lambeaux de\nplain-chant funèbre, ce \" Dies irae \" glapi par d'acides voix d'enfants dans les\ngenets en fleurs ; c est toute la desespérante mélancolie quotidienne que dégage un\nenterrement villageois au printemps dans le soleil et les chants d'oiseaux. Ces deux\ncomplices, cessant de creer, ont viole notre sensibilité, ont cambriolé nos larmes\npar une félonie digne des drames de Sardou, mais il est presque impossible de"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.70", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 315, "texte": "leur tenir rigueur tant est mystérieux le charme douloureux de cette œuvre qui\nvous conduit irrésistiblement à ce plaisir d'attendrissement, de tristesse, de\nrêverie, sur les choses de l'amour et de la mort, \" qui est au fond une des formes\nles plus délicates de la joie de vivre !...\n\nEmile Vuillermoz."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c061", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c061", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 71, "image_fin": 71, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.16", "titre_corps": "REVUE DE LA PRESSE QUOTIDIENNE", "titre_sommaire": "REVUE DE LA PRESSE QUOTIDIENNE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.71", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 6548, "texte": "REVUE DE LA PRESSE QUOTIDIENNE\nLA LÉPREUSE\nESCHO OE PARIS\n*\nCette partition est à la fois d'un mu-\nsicien véritable et d'un musicien de\nthéâtre. Variée et rapide, pittoresque\nlorsqu'il le faut, scénique (et même avec\nune pointe de <vérisme qui ne manque\npas d'agrément), très abondamment mé-\nlodique, elle a même des qualités plus\nrares de nos jours. Cette musique a du\nrythme, elle est très nettement tonale,\nelle est construite et chaque scène a un\nplan musical, ses mouvements sont\nvariés, la déclamation des voix est pres-\nque toujours un chant véritable. Enfin,\nmalgré quelques duretés (qui tiennent\nsans doute à l'acoustique de la salle et\nau petit nombre des cordes\\ l'orchestra-\ntion a toute la couleur désirable ; quant\nà l'écriture harmonique, elle n'a aucune\ndes étrangetés ou des hardiesses qui\nn'étonnent plus personne.\nRésultat : cette musique porte.\nADOLPHE BOSCHOT.\nLE FIGARO,\nJe commencerai par quereller M. Laz-\nzari comme je querellerais en pareille\ncirconstance tout autre de mes confrères\nc'est-à-dire que je ne lui ferai pas un\nmérite particulier d'avoir créé autour de\nses personnages une atmosphère locale à\nl'aide de chants populaires bretons, car\ncela c'est l'enfance de l'art ; tout au\nmoins cela représente-t-il un moyen\néconomique dont on a singulièrement\nabusé et dont, probablement, on abusera\nencore. Ne serait-ce pas faire autrement\npreuve d'ingéniosité que de tirer de son\npropre cerveau le» images évocatrices\nd'un pays, ou d'une époque, ou d'un\nmilieu ?\nCeci dit, je ne refuserai pas à M. Syl-\nvio Lazzari d'avoir utilisé ces thèmes\navec sobriété et de les avoir développés\navec talent. La partition de la Lépreuse\nest d'ailleurs remarquable à bien d'autres\négards. Très substantiellement musicale,\nécrite d'une main très sûre, même si\ncette main manque quelquefois de légè-\nreté, juste d'accent, souvent émouvante,\nprofondément sincère et d'une excellente\ntenue, c'est-à-dire également éloignée\nde toute excentricité et de toute fadeur,\nelle a conquis immédiatement non seu-\nlement les musiciens, mais encore les\nnombreuses personnes qui, lorsqu'elles\nvont dans un théâtre lyrique, désirent y\nentendre ce qu'on n'y entend pas\ntous les jours. de la musique. Le\nsuccès de M. Sylvio Lazzari est de ceux\nauxquels on est heureux d'applaudir.\nGABRIEL FAURÉ.\n£'@rtaîr\nCependant, il n'est pas niable que\ncette pièce et cette musique, si intéres-\nsantes séparément, ne donnent point par\nleur réunion tout le plaisir intense et\ndélicat qu'on en pouvait attendre. A\nprendre le texte phrase par phrase, on\ndoit reconnaître que le compositeur en\na très exactement suivi le sens. Malgré\ntout, l'impression d'ensemble indique\nque cette musique n'est pas foncièrement\ncelle qu'appelait le poème, et que ce\npoème n'était pas celui qui eût le mieux\nconvenu à ce musicien. Pour répondre\nprofondément à l'esprit de la pièce, il\neût fallu la fluidité subtile, rêveuse,\nindécise et un peu crépusculaire d'un\nDebussy. M. Sylvio Lazzari possède au\ncontraire un tempérament robuste et\nardent, à qui il faudrait un scénario de\njoie, de plein air et de soleil, ou tout au\nmoins de passion épanouie et vibrante.\nLe fameux mot de Nietzsche s'applique\ncertainement à lui, sinon à tous les mu-\nsiciens : pour obéir à sa vraie nature, il\ndevrait méditerranéiser sa musique. Et\nles compositeurs respectueux de leur art\ndevraient bien ne pas abandonner ce\ndomaine brillant aux bateleurs qui en\nont à peu près le monopole, depuis la\nmort de Bizet. PAUL SOUDAY.\n| S# MMm |\nLa partition de M. Sylvio Lazzari est\nconçue dans le style wagnérien, ce qui\nne signifie point qu'elle soit dénuée\nd'originalité. Elle rappelle d'illustres\npages du maître allemand non par ses\nthèmes ni ses harmonies, mais par sa\nconstruction, qui a une solidité irrépro-\nchable. Son sentiment n'est pas moins\ndigne de louange. Des mélodies popu-\nlaires, mêlées à celles de l'auteur et\nhabilement développées, ramenées aux\nbons endroits, remplissent l'œuvre d'un\nparfum délicieux, d'une couleur char-\nmante. Elles ne l'afFadissent point; elles\nlui laissent sa violence qui se manifeste\nlibrement quand il le faut et qu'un\nmotif, entre autres, caractérise remar-\nquablement : celui de la lèpre, formé de\ntrois notes, brèves et menaçantes comme\nles coups effrayants que frapperait à\nnotre porte l'implacable destin. On sent\nque le compositeur a subi la hantise de\nson sujet, de ses personnages, s'est livré\ncomplètement à nous, a marché droit\ndevant lui, sans faiblesse ni lâcheté\nd'aucune sorte, animé par une généreuse\npitié. Je suis de ceux qui ne se sont pa3\nrefusés à partager son émotion.\nALFRED BRUNEAU.\nLA LIBERTÉ\nJe ne puis pas trouver que cette mu-\nsique, intelligente, sensible, sincère avant\ntout, s'accorde au ton d'archaïsme popu-\nlaire du poème. Bien que M. Lazzari\nait très évidemment recherché ce ton\ndans le contour et le rythme d'un certain\nnombre de ses thèmes qu'ils soient\ntirés, ou simplement inspirés du folklore\nbreton —et bien que ces thèmes s'in-\ncorporent à sa trame musicale, elle n'en\na gardé que quelques nuances et non une\ncouleur générale. Là n'était point l'es-\nsentiel : il est dans la justesse et l'éner-\ngie impulsive du mouvement dramatique,\ndans le soufflet soutenu qui anime chaque\nacte d'un bout à l'autre, sans qu'on y\nsente un trou, une hésitation, une dé-\nfaillance ; il est dans la variété des\nsentiments, qui passent de la plus chaste\ndélicatesse à la plus pathétique violence\nsans sortir de l'unité il est dans l'élo-\nquence et la vérité de la déclamation, et\ndans la couleur frémissante de l'orches-\ntre ; il est dans la vie enfin, dans quelque\nchose qui ne s'analyse point, et qui, de\nla même façon précisément que pour le\ndialogue même de M. Bataille, donne à\nune expression souvent assez extérieure\nune puissance d'action intérieure.\nJ'accorde d'ailleurs qu'il existe des\nmusiques d'une qualité proprement mu-\nsicale plus rare que celle de M. Lazzari.\nLe tempérament dramatique chez lui\nemporte tout 5 et il lui suffit que ses\nthèmes et que ses harmonies expriment\nnettement ce qu'il veut leur faire dire,\nsans qu'il s'inquiète trop de leur nou-\nveauté. Peu importe qu'il ne regarde\npas à quelques moyens peu raffinés, ni\nne répugne à certains éclats un peu bru-\ntaux. Il n'abandonne pour cela rien de\nla dignité du style ni de la solidité delà\nconstruction. Dans cette construction\nparticulièrement remarquable, qui main-\ntient les droits de la forme musicale, si\nexactement qu'elle soit adaptée à l'action\nscénique, on reconnaît le bienfait d'une\nlongue pratique de la symphonie et de\nla musique de chambre.\nGASTON CARRAUD."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c062", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c062", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 72, "image_fin": 73, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.17", "titre_corps": "Concerts Colonne", "titre_sommaire": "Concerts Colonne", "signature_source": "L. L. 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Paul Landormy a donné une excellente analyse dans son programme. Nous voudrions\nseulement résumer quelques impressions qu'elle nous a laissées.\nDe forme et de structure classiques, la \" Symphonie française \" se recommande par de\ngrandes qualités de clarté, de technique et d'élégance. A ce point de vue, elle justifie parfaite-\nment son titre. Construite, non pas d'une façon absolument cyclique, mais au moyen d'un\nthème exposé dès le début et qui joue dans toute l'œuvre un rôle prépondérant, elle associe à\nce thème une série de motifs accessoires qui se groupent autour de lui de manière à caracté-\nriser, souvent avec beaucoup d'ingéniosité, les quatre mouvements dont elle se compose. Que\ntout cela soit très sage, très pondéré, très \" juste milieu \", voilà qui ne saurait faire aucun\ndoute. Mais après tout, voilà qui est aussi essentiellement français. On ne peut demander à\nM. Dubois de nous donner du Debussy, du Dukas ou du Strauss. Et c'est justement le but et\nl'utilité des concerts que de soumettre à notre appréciation des musiques très diverses, afin\nd'élargir notre horizon esthétique et de nous empêcher de nous cantonner dans une intransi-\ngeance simpliste et quelque peu puérile. Il ne semble pas nécessaire d'admettre que la musique\nde M. Dubois est mauvaise parce que son auteur fut directeur du Conservatoire. C'est là,\nqu'on nous pardonne l'expression, un jugement par trop \" potache \". Il serait, croyons-nous,\nplus intéressant de constater combien le milieu musical a réagi sur un compositeur de mentalité\nplutôt conservatrice, et de faire voir jusqu'à quel point celui-ci s'est laissé pénétrer par les idées\nmodernes en matière d'harmonie et de coloris instrumental. Vue sous ce jour, la \" Symphonie\nfrançaise \" pourrait fournir l'occasion de nombreuses remarques.\nLe deuxième mouvement, par exemple, de caractère pastoral, respire un sentiment\nnaturiste très prononcé. Une longue mélodie, confiée au hautbois, s'élève sur un fonds discret\nd'orchestre, mélodie de plein air, sentant le Folk-lore, toute baignée de la douce lumière des\npaysages de France ; puis, un autre thème, également campagnard, vient se joindre à celle-ci,\net autour de ses deux voix naïves, l'instrumentation chatoie, avec de délicates harmonies, dans\nune sonorité estompée, transparente, qui suscite une impression d'atmosphère bleutée, de\ntranquillité nationale et rustique.\nAvec l'Allegro vivoy c'est la danse de rythmes follets d'lle de France ou de Touraine,\nqui dessinent les girations chères aux Scherzi mendelssohniens. Cette pièce, finement et\ngracieusement orchestrée, nous a semblé la mieux venue de tout l'ouvrage. Nous goûtons\nmoins le Finale, dans lequel M. Dubois s'est efforcé à la puissance, et où il a cherché l'effet\ndramatique. Après un rappel de thèmes déjà entendus, au cours des mouvements précédents,\nle musicien introduit progressivement la Marseillaise. Assurément, l'idée était belle et émou-\nvante, mais son expression ne semble pas aussi bien ajustée à sa taille qu'on aurait pu le\nsouhaiter. L'air national surgit par menus morceaux, qui apparaissent çà et là, au fond des\navenues d'une épaisse polyphonie ; la déformation des rythmes, l'altération de la tonalité"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.73", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 593, "texte": "enlèvent à l'entraîneuse d'hommes son masque héroïque. On voudrait la voir se dresser\nfulgurante et tragique ; elle ne se montre que furtivement, sous des déguisements artificieux,\nfort habiles assurément, mais qui touchent à la grandiloquence sans atteindre à la force.\nEmpressons-nous toutefois d'ajouter que la présentation d'une \" Marseillaise nature \" eût été\ncertainement taxée de \" pompiérisme \".\nEn résumé, cette œuvre, que certains trouvent trop u conservatoriale fait honneur à\nnotre école symphonique. M. Théodore Dubois en a dirigé l'exécution avec souplesse et\nautorité.\n\nL. L. L."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c063", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c063", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 73, "image_fin": 74, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.18", "titre_corps": "Concert Lamoureux", "titre_sommaire": "Concert Lamoureux", "signature_source": "Maurice Ravel", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.73", "debut_caractere": 595, "fin_caractere_exclue": 3587, "texte": "Concert Lamoureux\n\nIl semble singulier que la critique musicale soit assez rarement confiée à ceux qui\npratiquent cet art. Sans doute estime-t-on que ceux-ci ont mieux à faire et qu'à de brillantes\nexceptions près, œuvres d'art elles-mêmes, une critique, même perspicace, est d'une nécessité\nmoindre qu'une production, si médiocre soit-elle. Par ailleurs l'on peut craindre que les pro-\nfessionnels, mus par des sentiments souvent honorables, ne puissent toujours juger avec une\nparfaite indépendance, et que leurs opinions soient entachées de passion, pour ne pas dire pis.\nIl faut bien reconnaître, pourtant, que les jugements des critiques ne sont pas toujours\nexempts de cette passion. Souvent même, une ardeur véhémente dans l'attaque masque\nhabilement l'incompétence qu'un avis plus modeste laisserait soupçonner.\nLes quatre derniers concerts Lamoureux offraient, ce mois-ci, un programme des plus\nvariés. A vrai dire, aucune ire audition, si ce n'est une scène importante\nde cet opéra français, d'une haute valeur musicale, que des étrangers purent goûter en son\nentier, tandis que nous sommes condamnés à le déguster par fragments. Mais la plupart des\nautres œuvres étaient si peu connues, qu'il était intéressant de nous les faire entendre de\nnouveau.\nPar une ironie du hasard, la première dont je dois rendre compte, se trouve être ma\nPavane pour une infante défunte.Je n'éprouve aucune gêne àen parler : elle est assez ancienne\npour que le recul la fasse abandonner du compositeur au critique. Je n'en vois plus les qualités,\nde si loin. Mais, hélas ! j'en perçois fort bien les défauts : l'influence de Chabrier, trop\nflagrante, et la forme assez pauvre. L'interprétation remarquable de cette œuvre incomplète et\nsans audace a contribué beaucoup, je pense, à son succès.\nUne grande partie du public qui l'a applaudie n'a pas manqué de manifester contre le\nsplendide poème de Listz, Les ldéals. Sans doute cette page géniale peut paraître un peu longue,\nà première audition. Mais l'est-elle réellement moins que la scène finale du Crépuscule des\nDi eux, dont le succès, au même concert, fut unanime ?\nJe sais bien que ce final fut chanté par Lucienne Bréval de manière à nous faire oublier\nles cantatrices wagnériennes les plus notoires que nous ayons entendues jusqu'ici dans nos\nconcerts. Et cela, malgré le charabia déconcertant d'Ernst, dans lequel la grande artiste était\nobligée de s'exprimer. Je reconnais aussi que devant cette symphonie formidable, les transports\nde la foule sont plus que légitimes. Mais ce que nous savons tous, c'est que ce final, ainsi que\nle reste de l'œuvre, ne fut pas accueilli avec la même chaleur, lors de sa révélation. Et cela dût\nparaître encore plus long que les ldéals.\nEt puis, que nous importent les défauts de cette œuvre, de l'œuvre entière de Listz ? N'y\na-t-il pas assez de qualités dans ce bouillonnement tumultueux, dans ce vaste et magnifique\nchaos de matière musicale où puisèrent plusieurs générations de compositeurs illustres ?"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.74", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3691, "texte": "C'est en grande partie à ces défauts, il est vrai, que Wagne\"r doit sa véhémence trop\ndéclamatoire ; Strauss, son enthousiasme de coltisseur ; Franck, la lourdeur de son élévation :\nl'école russe son pittoresque parfois clinquant ; l'école française actuelle, l'extrême coquetterie\nde sa grâce harmonique. Mais ces auteurs si dissemblables ne doivent-ils pas le meilleur de leurs\nqualités à la générosité musicale, vraiment prodigieuse du grand précurseur. En cette forme,\nsouvent gauche, toujours abondante, ne distingue-t-on pas l'embryon du développement\ningénieux, aisé et limpide de Saint-Saëns ? Et cet orchestre éblouissant, d'une sonorité à la fois\npuissante et légère, quelle influence considérable n'a-t-il pas exercé sur les adversaires les plus\ndéclarés de Listz.\nOn ne peut se défendre de quelque ironie si l'on considère que la plupart de ceux-ci sont\nélèves de Franck, celui des contemporains qui doit le plus à Listz. Ces disciples n'ont eu çarde\nde suivre l'exemple de leur maître, dont l'orchestre incolore et lourd gâte souvent la beauté de\nl'idée.\nCe reproche, aucun des trois compositeurs de l'école franckiste exécutés aux derniers\nconcerts ne saurait l'encourir. M. Witkowski, dans sa 2me symphonie, use habilement d'une\npalette brillante. Mais les couleurs semblent artificielles. Cela provient de ce que la volonté\nseule, dans cette œuvre, paraît guider le compositeur. Quelques suites brèves de notes, traitées\npar des procédés d'école : augmentations, renversements, constituent le principe de la mélodie.\nL'harmonie est presque toujours le résultat de rencontres contra-pountiques. Le rythme, de\ndéformations industrieuses. De sorte que ces trois éléments de la musique, dont la conception\ndevrait être simultanée, et avant tout, instinctive, sont ici élaborés séparément, et unis par un\ntravail purement intellectuel, dirait-on.\nLes moyens scholastiques, qui abondent dans les 3 parties de cette symphonie, laissent\ntrop percevoir que l'auteur s'est imposé la tâche de développer telle idée, coûte que coûte, de\nla conduire en tel ton. Combien cette affreuse logique de la raison est loin de celle de la sensi-\nbilité ! Cependant, derrière ce masque morne, on discerne à tout instant un musicien profond,\nvibrant, qui n'a pas dû accepter sans révolte la discipline et les inacérations qui lui furent\nimposées au nom de je ne sais quels dogmes absurdes.\nTout autre est le Poème de V Amour et de la Mer, d'Ernest Chausson : Dès la présentation\ndes idées, la mélodie et l'harmonie ne forment qu'un corps. Un charme très doux s'en dégage.\nOn en conserve heureusement le souvenir durant le fatras inutile et maladroit des développe-\nments, qui alanguissent cette œuvre si musicale. Un orchestre parfois un peu chargé, mais\ntoujours séduisant, interprète avec une intelligence des plus heureuses, les paysages évoqués par\nle poète.\nLe don orchestral de M. Pierre de Bréville est également supérieur à celui de son maître.\nL'élégance de l'harmonie, la distinction du couleur mélodique sont accusées par des sonorités\nchâtoyantes, d'un pittoresque sans outrance. Peut-être reprocherai-je à l'inspiration de n'être pas\ntoujours exempte'de mollesse. Par endroits, je souhaiterais de ces accents dramatiques, un peu\nvulgaires, qui font vibrer les auditeurs les plus délicats. Mais doit-on reprocher à l'artiste un\nexcès de pudeur, et mépriser ces trucs faciles, au moyen desquels certains de ses confrères\nparviennent à une basse célébrité ?\nJe tombe dans l'erreur que je prétendis reprocher à mes contemporains. A quoi bon\nchercher les imperfections d'une œuvre qui m'a profondément charmé ? Mais aussi, pourquoi\nfaut-il que je sois du métier ?\n\nMaurice Ravel."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c064", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c064", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 75, "image_fin": 75, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.19", "titre_corps": "Concerts divers", "titre_sommaire": "Concerts divers", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.75", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3374, "texte": "Concerts divers\nLa trêve des confiseurs s'est prolongée cette année au-delà de toute convenance. Le mois\nde janvier fut extraordinairement pauvre en manifestations significatives. Après avoir commencé\nl'année dans le silence, la musique n'a pas osé élever beaucoup la voix et n'a repris la parole\nqu'avec une extrême timidité. Est-ce avoir assez fait pour l'art, Société des Concerts,\nque d'avoir repris un lot d'oeuvres aussi connues que l'ouverture de Coriolan, la Symphonie\nMilitaire de Haydn, la symphonie sur un thème montagnard de d'lndy, la Symphonie en la\nde Mendelssohn, Roméo et Juliette de Berlioz, la lyre et la harpe de Saint-Saëns et la cantate\npour la fête de S 1 Jean-Baptiste de Bach, délicieusement chantée d'ailleurs par Mlle Madeleine\nBonnard?iÊtes-vous satisfaits, o Concerts Sechiari, parce que vous avez fait acclamer l'exquise\nsuite de Reynaldo Hahn qui s'appelle le Bal de Béatrice d'Esté et parce que vous avez rempli\nle Théâtre Marigny des admirateurs de Vincent d'lndy et de Blanche Selva ravis d'entendre\nexécuter une fois de plus Wallenstein et la Symphonie sur un thème montagnard? Votre\nconscience est-elle en repos, Société Nationale, parce que vous avez donné des reprises de\nMagnard, de Turina, de Vierne et de Séverac et parce que, renonçant à bonder plus longtemps\nla schismatique S. M. 1., vous avez fait applaudir chez vous sous les doigts de Marguerite Long\nles nouveaux préludes de Ducasse? Et vous, turbulente Société Musicale Indépendante,\nn'avez-vous pas d'autre ambition que de saluer timidement Lalo, Saint-Saëns et Fauré, comme\nvous venez de le faire, et croyez-vous avoir rempli tout votre devoir en créant uniquement\ndeux mélodies de Paul Ladmirault dans votre séance de réouverture ?\nFaut-il vous louer, gracieuses amazones de l'U. F. P. C. de faire à chacun de vos con-\ncerts une place si confortable à l'amateurisme, cette plaie de la musique moderne ? Attendez-\nvous des compliments émus,brillante Société Philharmonique, parce que vous avez fait\nsuccéder à Fritz Kreisler, le champion allemand de l'archet, l'athlète du piano, le formidable\nMoritz Rosenthal, le costant de l'épinette, sans vous préoccuper de l'intérêt musical de leur\nrépertoir qui se renouvelle trop rarement ? Etes-vous contents, Quatuors Tracol, Parent,\nLuquin, Soudant, Loiseau, Lefeuve et iSangra, d'avoir égoïstement savouré les\nœuvres classiques que vous ne vous lassez pas d'orner du signe da capo? N'imiterez-vous\njamais le courageux effort de l'explorateur Lejeune qui nous révéla un bataillon de jeunes\nRusses inconnus et se dispose à nous faire accomplir un voyage circulaire à coupons combina-\nbles, avec un itinéraire hispano-viennois ?\nVous avez tous beaucoup de talent MM. Goldschmidt, Singery, de Radwan et Etlin,\nMUes Dron, Selva, Veinard, Rey-Gaufrès, Blancard, mais comment caractériser votre effort\néternellement semblable ? Croyez-vous que nous avions besoin de vous entendre jouer une\nSonate de Corelli et des Danses de Paganini à Enesco, pour savoir que vous êtes un musicien\nextraordinairement doué par la fée que fut certainement votre marraine ? Combien plus cou-\nrageux l'exploit de Mme de Lestang qui vint spécialement à Paris pour nous faire entendre tous\nles lieder caractéristiques de la jeune école française et qui composa deux programmes redou-\ntables qu'elle interpréta sans faiblir ! En vérité l'année s'annonce mal."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c065", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c065", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 76, "image_fin": 77, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.20", "titre_corps": "La Province", "titre_sommaire": "La Province", "signature_source": "André Lévy", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.76", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3573, "texte": "La Province\n\nNANCY. Le Pays, drame musical en 3 actes et 4 tableaux. Poème de Charles Le\nGoffic. Musique de J. Guy. Ropartz.\nLe directeur du théâtre de Nancy, Monsieur Chabance, vient d'apporter une grande\ncontribution à l'œuvre de décentralisation, en montant le drame lyrique de Monsieur Ropartz,\nle Pays.\nLe livret du drame est d'un poète bien connu, Monsieur Charles Le Goffic ; il est écrit\nen prose. Le sujet méritait le choix qu'en a fait le musicien éminent qu'est le directeur du\nConservatoire nancéien.\nUn pêcheur breton, Tuai, naufragé sur les côtes d'lslande, s'éprend de la fille Kœthe du\npêcheur islandais Yôrgen, qui l'a recueillie et soigné. Il l'épouse en lui jurant fidélité sur le\n\" Hrafuaga \". Le Hrafuaga, ou val des corbeaux, est une immense tourbière, congelée une\npartie de l'année, pendant la nuit hivernale. Mais avec le soleil, la tourbière redevient\nmouvante, et le dégel est annoncé par la réapparition des corbeaux qui peuplent le lieu maudit.\nLa nuit d'hiver survient, triste et monotone. Le pêcheur breton a trop présumé de son\namour pour sa nouvelle famille. Peu à peu, la nostalgie du pays natal le prend, et l'annonce de\nla maternité prochaine de Kœthe parvient à peine à chasser de son esprit le souvenir du\nPardon de Pamipol. Un soir d'avril, par une indiscrétion du vieux Yôrgen, Tuai apprend que\nles goëlettes sont ancrées dans un port voisin. Le printemps qui là-bas gronde de blanc les\npommiers de la vieille Bretagne, du Pays ! l'appelle invinciblement. Et il abandonne tout,\nfemme, famille, Islande, pour rejoindre ses compatriotes.\nMais il faut pour cela passer sur le Hrafuaga, encore solide. A peine s'est-il engagé sur la\ntourbière, que des corbeaux annoncent le dégel par leur croassement funèbre, et, sous les yeux\nde Yorgen et de Kœthe, qui, elle, avait déjà pardonné, le Hrafuaga impitoyable engloutit le\nparjure.\nSur ce livret, d'une belle inspiration poétique, et qui se prêtait à une réalisation scénique\nrelativement facile, Monsieur Ropartz a construit une pièce lyrique d'un très grand intérêt.\nL'auteur des trois symphonies, des chorals pour grand orgue, et des admirables poèmes la\nMer et Chrysanthèmes, s'attaquait pour la première fois au théâtre.\nOn peut dire qu'il a pleinement réussi. Il a bâti une partition parfaitement scénique.\nEst-ce à dire qu'elle n'a point de défaut de ce côté ? Non pas. Le quatrième tableau dans\nlequel Kœthe assiste et nous fait assister à la fuite de Tuai sur la tourbière, était difficile à\ntraiter, autant pour le librettiste que pour le musicien. Malgré cela l'action s'y déroule avec un\nintérêt qui, pour n'être pas aussi puissant que dans les trois premiers tableaux, n'en est pas\nmoins très suffisant.\nOn a reproché aussi aux auteurs de tomber dans la monotonie, en limitant à trois le\nnombre de personnages. Critique injustifiée, tel qu'il est, le Pays ne réclame aucune addition\nde personnages ou de chœurs : le drame intime qui se déroule devant nos yeux est parfaitement\ncomplet. Monsieur Ropartz remplace de très heureuse façon les confidents par l'orchestre !\nLe musicien, d'ailleurs, a atteint le but qu'il se proposait : il n'a pas cherché à faire une\nnouvelle œuvre de concert, et il a su abaisser son inspiration musicale, jusqu'ici uniquement\nsymphonique, au niveau du grand public de théâtre, tout en avant cependant le musicien pur\net noble que l'on connaît déjà.\nD'ailleurs ce n'est pas à dire que le maître ait changé sa manière : non, il est resté lui-\nmême, et, dans l'admirable ouverture de son œuvre nouvelle, le compositeur ultra moderniste\n\n5"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.77", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2782, "texte": "a gardé la haute venue musicale d'un classicisme déjà éprouvé. L'exposition thématique du\ndrame y est développée d'une façon parfaite, et, à l'audition de cette œuvre, je n'ai pu m'em-\npêcher de songer à la manière des ouvertures de Wagner. Mais ce n'est qu'une impression\npassagère, car si M. Ropartz a pris au grand compositeur allemand sa méthode orchestrale, il\nreste, quant à la mélodie, complètement personnel, et, si l'on veut à toute force y reconnaître\nune influence, ce sera plutôt celle de son maître, César Franck, et surtout de Hulda.\nDans la pièce elle-même, Monsieur Ropartz s'en propose de traiter en parallèle et de la\ncouper en deux grands sujets, l'amour de Tuai pour sa femme, et l'amour du Breton pour\nson pays natal. Out-ils été traités tous les deux d'égale manière ?\nEt bien non. Monsieur Ropartz est un mauvais peintre de l'amour, les passages de\ndans le Pays, sont à peine effleurés. Koethe est une amante très froide, et, en vérité, elle ne\npeut pas trouver les mots les chants, devrais-je plutôt dire qui lui garderaient son mari.\nLa ballade du chevalier Olaf est certes traitée de gentille façon, mais on sent que la conviction\nmanque.\nIl en est tout autrement dans l'exposition des thèmes bretons ! Comme on sent que le\nsujet tenait au cœur du musicien, comme il était heureux de nous vanter sa belle patrie ; et\ncombien de fois, avant d'être réalisée sur le papier de la partition, la chanson de Tuai, du\n2e acte, n'a-t-elle point chanté dans l'âme de l'auteur? Et au troisième tableau, quand Tuai,\nendormi sur les genoux de sa femme, rêve du Pays, des gars, des promises, du clocher de\nPamipol, comme le pauvre et terne amour de la petite islandaise se brise misérablement contre\nl'exposé troublant de cette adoration du sol natal ! A ce moment là, Monsieur Ropartz a réussi\nà faire vibrer avec lui toute la salle dans une même communion pour sa terre chérie, à nous\nla faire aimer, nous aussi.\nLe public nancéien associa dans une ovation indescriptible, comme il est rare d'en voir à\nNancy, Monsieur Ropartz, Monsieur Le Goffic et leurs interprêtes : Mademoiselle Rose\nHellbronner de l'Opéra-Comique, qui, dans le rôle de Koethe fut une comédienne un peu\nfroide, mais une chanteuse parfaite, Monsieur Lheurein (Tuai) dont la voix puissante fut con-\nduite en artiste, et Monsieur Ernst (Yôrgen), qui compléta l'ensemble de très satisfaisante\nmanière.\nA la fin du 2e acte, devant le tout Nancy artistique réuni sur le plateau de la Salle Poriel,\nMonsieur Adrien Bernheim, inspecteur général des Beaux-Arts, apporta à Monsieur Ropartz\nles félicitations du ministre, et le complimenta d'avoir réalisé le programme qu'il s'était fixé il\ny a 20 ans, en prenant la direction de Conservatoire de Nancy, dont-il a fait un des premiers\nde France.\n\nAndré Lévy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c066", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c066", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 77, "image_fin": 83, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.21", "titre_corps": "Belgique", "titre_sommaire": "Belgique", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.77", "debut_caractere": 2784, "fin_caractere_exclue": 3617, "texte": "Belgique\ni\nJanvier : Déjanire, dont le maître C. Saint-Saëns vint surveiller lui-même, ainsi que nous\nl'avons annoncé, les dernières répétitions, trouve à la Monnaie l'accueil un peu respectueux qui va\naux ouvrages classiques. D'admirable tenue, de noble inspiration, la partition fait songer à Gluck.\nLa ligne en est toujours majestueuse et pure. Les chœurs surtout sont traités avec largeur.\nL'interprétation tant scénique que musicale, est irréprochable. Dans le courant de ce mois,\nnous aurons Fidèlio, de Beethoven, puis la Farce du Cuvier, la Cabrera de G. Dupont. Une\nrépétition de l'œuvre de notre compatriote M. Van den Eeden, directeur du Conservatoire de\nMons, a déjà eu lieu. L'interprétation de Rhéna réunit les noms de Mmes Béral, et Callemien,\n\n1 La présente chronique réunit les correspondances de janvier et février."}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.78", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3949, "texte": "MM. Andouin, Bouillez et Billot. On dit grand bien de la partition. La Monnaie annonce\naussi le Chant de la Cloche de d'lndy.\n—Le Festival Beethoven se poursuit, un peu rapidement peut-être. A quinze jours\nde distance, nous avons eu les cinquième et sixième symphonies —au troisième concert— au\nquatrième, la septième et la huitième. Le troisième concert fut surtout remarquable. Il réunis-\nsait en effet deux des plus admirables créations de Beethoven : la cinquième symphonie où il\ntraduit son génie douloureux, fantasque, son âme meurtrie et pourtant fervente ; et la\nPastorale, pleine de cette communion intime avec la Nature, qui se retrouve aux plus belles\ninspirations du musicien.\nEntre ces deux chefs-d'œuvre, le pianiste Emile Bosquet exécuta le Concerto en sol majeur,\navec la virtuosité parfaite, le style très pur qui ont fait sa réputation. Le quatrième concert\nnous a paru quelque peu négligé sous le rapport de l'interprétation. L'habitude du succès, la\nhâte forcée du travail préparatoire en sont-elles causes ? Les septième et huitième symphonies\nont aussi moins d'ampleur, moins de signification que les précédentes. Le concerto en ut mineur\nop. 37 eût pu trouver certainement plus pure interprétation que celle que lui donna le très\njeune pianiste Marcel Laoureux encore qu'il y fit preuve d'incontestables qualités techniques.\nAu deuxième Concert Ysaye, l'excellent chef d'orchestre munichois, José Lassalle, vint\ndiriger avec la distinction, la correction, le sentiment parfait que nous lui connaissons, une\nsuite du ballet Céphale et Procris, de Grétry. Musique élégante, précieuse, d'un charme\nmélodique facile, un peu désuète, la Symphonie Fantastique de Berlioz, l'air de Donna Anna de\nDon Juan, des pages de Wagner, chantés par Mlle Maud Fay. Le prélude de Lohengrin, le\nCharme du et l'ouverture de Tannhàuser.\nLe premier concert du Conservatoire exhuma l'oratorio de Noël d'Heinrich Schùtz\net offrit sous la direction du maître Edgar Tinel, une exécution parfaite de la neuvième sym-\nphonie de Beethoven.\nAux Concerts Classiques, après Fritz Kreisler, nous avons entendu Jacques Thibaut. Ce\nvioloniste joint à la technique impeccable, un sens artistique très élevé. Il fut accompagné par\nC. Hénusse.\nMademoiselle Marguerite Laenen s'est distinguée, une fois de plus, à son récital de\npiano Salle Studio, dans l'exécution d'œuvres de Franck, Paul Gilson et Brahms.\nA la section belge S. /. M., notre excellent confrère M. Charles Delgouffre, qui\njoint à sa science de critique et de musicologue, un remarquable talent de pianiste, donna une\ncauserie-audition d'un intérêt élevé. On sait que C. Delgouffre s'est fait l'ardent protagoniste\nde l'Ecole française moderne. C'est la production issue de César Franck, que l'orateur esquisse\nà larges traits. Il caractérise l'œuvre \" claire \" et \" sereine 99 du Maître dont l'art se rattache si\ndirectement à celui des primitifs italiens et à celui des grands classiques français du XVIIe\nsiècle. Il évoque la période brillante d'émancipation musicale qu'elle suscita. M. Delgouffre rend\nhommage aux fondateurs de la Schola. Il cite les Duparc, Dukas, Fauré, Dubois, Leroux,\nDupont, Février... pour mémoire ; il analyse avec une subtilité compréhensive l'œuvre toute\nvibrante des Debussy, Chevillard, René 8ât0n..., ces \" jeunes\" dont la personnalité s'est\naffirmée. Le pianiste, ensuite, joue avec un style parfait Prélude Aria et finaly de Franck,\nThème et Variations de Chevillard, évocateurs du pittoresque breton ; \" En Bretagne 99 de Bâton\ninspiré du folklore, de ce pays à la fois mélancolique et âpre. Trois Estampes, pleines d'origina-\nlité de C. Debussy, enfin Prélude, choral et fugue de Franck. La prochaine séance de la\nS. L M. sera consacrée à la célébration du centenaire de Liszt, avec le concours de Mme\nBerthe-Marx Goldsmidt, pianiste, Mlle R. de Madré, cantatrice, de Groote-Busine, pianiste,\naccompagnatrice ; et de M. Ernest Closson, conférencier."}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.79", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3744, "texte": "Mme Wibauw-Detilieux nous offrit un beau choix de lieder, à son récital annuel. Plusieurs\nnous retiendront : Cœcilte de Strauss, tout d'abord. Poème de belle allure dont 1 ample phrase\nmélodique, soutenue par l'harmonie vigoureuse et souple à la progression du sentiment, s eleve\nen toute plénitude. Sur le Dnieptde Moussorgsky : cri de haine, brandi dans un poing rouge.\nCe musicien a le secret des représentations réalistes, vivantes. Il impressionne par des moyens\ndirects, d'une extraordinaire vigueur. Aux premières du lied, des sonorités degiadees\niusqu'à l'extinction évoquent les silences perdus, l'immensite morne de la steppe.\ngonfle ses eaux majestueuses. Un cosaque ivre lance dans ces décors son chant sauvage, apre et\nfarouche. Les mélodies d'auteurs belges méritent toutes une mention. du\ndélicat mélodiste flamand L. Mortelmans. In het woud délicieuse évocation de De Boek \\dont\nl'opéra Songe d'une nuit d'hiver trouve à Nantes, en ce moment, un gros succès). de\nLauweryns d'une belle écriture et de forte accentuation. La lune de Victor Buffin, absolument\nremarquable, d'un art profond, subtil distingué, rare. Mignon de Mathieu, d un romantisme\ncharmeur. , , , . ~ .\nLa Caravane de E. Chausson nous donna la plus profonde émotion d art et nous avons\nregretté que la cantatrice la détruisît en faisant suivre cette admirable évocation, calme et grave\ndes vers faux de Mendès : les Pieds nus,avec la musique déclamatoire de Bruneau.\nMme Wibauw possède une voix puissante, d'agréable sonorité. Son tempérament 1 incline vers\nle théâtre : elle doit exceller dans un rôle dramatique, mais l'interprétation du lied exige, en\nmême temps que de l'intensité, une infinie discrétion. C'est ce que saisit bien le pianiste\naccompagnateur C. Hénusse dont le jeu nuancé éveille l'atmosphère particulière a chaque\nœuvre, avec bonheur. . y\nNotre confrère et ami IVI. Van den Borren a repns tous les lundis ce eures,\nà l'lnstitut des Hautes Etudes de Bruxelles (Université Nouvelle) ses cours sur les\nla musique de clavier. Nous en publierons le sommaire. _\n]y/[i [ _ Melchissédec, professeur au Conservatoire de Paris, donnera Salle Erard, une\nconférence suivie d'audition, avec le concours de Ch. Delgouffre, pianiste, le samedi 20 janvier,\nsur la Voix et VArt du Chant. F\n]VPle Alice Jones, pianiste, élève du maître Arthur De Greef, annonce son lecital annuel\nà la Salle Nouvelle, rue Ernest Allard, pour le mercredi 24 janvier courant, à 8 1/2 heures du\nsoir. Au programme : Bach, Beethoven, César Franck, Schumann, Sibelius et Brahms.\nL'éminent pianiste Sidney Vantyn, professeur au Conservatoire royal de Liège donnera\nson récital annuel le 26 janvier, a la Grande Harmonie de Bruxelles, a 8 1/2 heures\ndu soir. ,\nM. Joachim Nin, pianiste, professeur honoraire à la Schola Cantorum de Pans et a\nNouvelle de Bruxelles, donnera le janviei une séance de musique ancienne, a\nla Grande Harmonie. Le programme est composé d'œuvres de Couperin, Rameau, Scarlatti et\nBach. De ce dernier M. Nin interprétera le Conc et le concerto en mineur, avec\nle concours d'un quintette à cordes.£ïx»;-*>.<- -- -\nA Tournai, à la seconde audition de la Passion selon S 1 Mathieu par la Société de Musique\n(Dr M. De Loose) signalons le succès de Mlle Delstanche, violoniste et de Mlle Julia Demont,\njeune cantatrice, élève de Mme Lefebure, dont la voix chaude, agréable et d'une belle égalité,\net l'interprétation artistique ont fait impression.\nA Watermael, le cercle \" Bien faire et \" rehaussa son concert annuel par\nla participation de la section symphonique, sous la direction de 1 excellent musicien M. Jhek,\net d'une violoniste de talent : Mlle Fanningqui, accompagnée par C. Hénusse, exécuta de\nremarquable façon des concerto de Mendelsohn et de Brahms."}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.80", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3651, "texte": "—Le maître César Thotnsondonnera un récital au Conservatoire Royal le lundi\n15 janvier. Compte-rendu au prochain numéro.\nBibliographie. Cinq lieder pour chant et piano et Méditation pour violon et\nM. Brusselmans. Les mélodies de M. Brusselmans révèlent un musicien en possession d'un\nmétier solide, au service d'un tempérament vigoureux. Elles se distinguent par 1 architecture\nrobuste, la valeur des thèmes, bien marqués, la recherche des accords, de sonorité le\ncaractère dramatique. Nous citerons surtout : Heure d vers de Verhaeren, dun\nrythme calme, doucement harmonieux ; Légende de Valère Gille, de couleur lointaine, avec\nd'étranges consonnances de hautbois et de bassons ; Nous avons fui la ville impie... veis de\nR. Lyr) un peu romantique peut-être, mais d'impressionnante envolée. Méditation, sur un\nthème émotif, doublé d'un second thème épisodique en quelque sorte, esi de cui ieuse\ninspiration. Il nous paraît que le musicien trouvera son vrai domaine dans la composition\norchestrale.\nNÉCROLOGIE. M. Myrtil Schleisinger, dont, il y a quelques mois à peine, nous\navons publié la biographie et le portrait, vient de mourir, en son chateau de Boitsfort, emporte en\nquelques jours par une pneumonie. La disparition de cet homme de bien est une perte sensible\npour le monde artistique belge. Nous avons dit ce qu'il était, ce qu il faisait pout la cause\nmusicale. Devant sa tombe, nous inclinons, avec tous ceux qui l'ont connu, nos plus sinceies\nregrets.\nANVERS. L'opéra lyrique flamand a repris, sous une forme nouvelle, complètement\ntransformé par les auteurs, le drame lyrique Baldie de N. de Tière et Jan Blockx. Chanson\nd'amour c'est le titre de l'opéra —, garde les grandes lignes de Baldie, mais en diffère par tout\nle développement et le détail des rôles. Le compositeur s est attache, dans la nouvelle paitition,\nà traduire plus lyriquement le poème de son collaborateur, en accentuant l'expressivité musicale\ndes phrases. Les pages mélodiques sont de très belle élévation, le pittoresque des danses et\nchansons populaires saisi sur le vif. L'œuvre, bien interprétée, enthousiasme le public.\nLIEGE. L'événement de la saison est la nomination de M. Sylvain Dupuis, ancien\nchef d'orchestre du théâtre de la Monnaie, en qualité de directeur du Conservatoire. Ses deux\npremiers concerts ouvrent une ère musicale nouvelle pour notre ville, tant comme programme\nque comme exécution. La Symphonie domestique de Strauss, la symphonie en ut mineur de\nSaint-Saëns, une partie à?Orphée de Gluck, Rédemption de César Franck furent diriges avec\nmaîtrise et l'orchestre, peu enclin à la discipline, apprit a obéir. Compose d elements indivi-\nduellement excellents, il deviendra, sous l'impulsion d un chef inconteste, un orchestre de\nvaleur. # ?\nA l'œuvre des artistes, une audition d'œuvres de Henri Thiebaut, directeur de 1 Institut.\ndes hautes Etudes d'lxelles, attira l'attention sur ce compositeur intéressant. A la Société\nBach, le récital d'orgue de Waitz (élève de Guilmant et de d'lndy) eut un succès grand quoique\nmuet, cette séance ayant lieu à l'église protestante, où les applaudissements sont inteidits.\nA la suite du décès du regretté Ghymers, il se produit un mouvement dans les cours de\npiano et très probablement l'un des postes à occuper sera mis au concours. 1\nLe Théâtre royal nous a donné une œuvre belge : du pianiste Arthur Van\nDooren ; elle fut favorablement accueillie et semble destinee a une belle carrière, ici et surtout\nailleurs, nul n'étant prophète chez soi...\nD. DWELSHAUWER.\n\n1 C'est M. M. Jaspar, le distingué compositeur et pianiste, qui vient d'être appelé à remplacer Ghymers.\nNos félicitations."}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.81", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3830, "texte": "A GAND. Le Conservatoire royal de musique vient de célébrer le soixante-quinzième\nanniversaire de son institution. C'est le ler janvier 1835, en effet, que s'ouvrirent pour la\npremière fois à Gand les cours d'un établissement officiel d'enseignement musical. Les débuts\nfurent modestes : 12.000 francs de budget, 150 élèves, 8 professeurs et un directeur, Joseph\nMengal, gloire locale, qui avait été premier cor à l'Opéra-comique sous l'Empire et au début\nde la Restauration, et y avait même fait jouer trois opéras. L'importance de l'école s'accrut\npeu à peu, mais elle traversa néanmoins une crise importante en 1857, dont e^e nc sortit que\ngrâce aux efforts de son plus illustre élève, Gevaert, qui s'occupa activement et utilement de sa\nréorganisation. D'abord communal, le Conservatoire fut repris par l'Etat en 1879 ; il était\nalors dirigé par Adolphe Samuel qui donna une impulsion considérable à son développement.\nLe Conservatoire de Gand compte aujourd'hui 630 élèves, 49 professeurs et répétiteurs sous la\ndirection de M. Emile Mathieu, et son budget s'élève à 107.110 fr. ; il possède une\nbibliothèque importante, accessible au public, et recevant 21 publications périodiques.\nLes fêtes, présidées par M. Poullet, Ministre des Sciences et des Arts, ont consisté en\nune séance commémorative et en un concert extraordinaire, le 18 novembre.\nA la séance, M. Ligy, président de la Commission administrative, a retracé l'historique\nde l'établissement, puis un hommage spécial a été rendu à Adolphe Samuel, ce grand éducateur\ndont l'enseignement fut un bienfait pour la Belgique entière, par M. Edgar Tinel, directeur\ndu Conservatoire de Bruxelles, au nom de l'Académie royale de Belgique, et par M. Paul\nLebrun, professeur au Conservatoire de Gand, au nom des anciens élèves. La séance s'est\nterminée par l'exécution de la 6e symphonie de Samuel, en rè mineur, oeuvre remarquable par\nla pureté de la forme, la beauté des idées et la science des développements. L'orchestre du\nConservatoire, dirigé par M. Mathieu, en donna une exécution excellente.\nLe concert présentait un caractère tout spécial. Groupant des œuvres des principaux\nélèves de Samuel, il avait en quelque sorte pour but de vérifier expérimentalement les éloges\ndécernés au maître dans les discours officiels. Comme tout travail de laboratoire, l'expérience a\nété un peu longue, mais elle a été suivie jusqu'au bout par un public nombreux, attentif et\nintéressé, et elle a établi que Samuel, en inculquant une science solide à ses élèves, leur a per-\nmis de développer leur originalité propre. Les compositions de MM. J. Vander Meulen, Ad.\nd'Hulst, Léo Vander Haegen, L. Moeremans, D. van Reysschoot, N. Daneau, P. Lebrun,\nAd. B iarent et O. Roels manifestent les tendances les plus diverses. Parmi les plus remarquées,\nje citerai l'esquisse symphonique, d'après un poème de Leconte de Lisle, Y Orbe de\nM. Dorsan van Reysschoot, qui se rattache visiblement à la jeune école française par son\noriginalité harmonique et sa fluidité d'orchestration, un beau poème symphonique Sur la\nmontagne (d'après Victor Hugo), de M. Paul Lebrun qui s'apparente plutôt aux néo-romanti-\nques allemands, et un fragment d'oratorio, (la Nuit flamande), de\nM. Oscar Roels, œuvre puissante et colorée, trahissant l'influence de Wagner et de Benoit, le\ngrand maître flamand.\nDR PAUL BERGMANS.\nFévrier : La Neuvième Symphonie ! Fidélio ! Voilà le couronnement de la Saison Beethoven.\nOn a tout dit —on a trop dit de la première de ces créations sublimes. Devant de tels\nmonuments, l'on se recueille et l'on se tait. Car c'est toute la puissance des forces de la Nature\net de la Vie, c'est toute la splendeur du verbe humain qu'il faudrait pour essayer d'en traduire\nla triomphale Beauté. M. Otto Lohse l'a interprétée en virtuose de l'orchestre, et il\ny a trouvé un éclatant succès."}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.82", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 4269, "texte": "Quant à Fidelio, jusqu'à présent, la valeur n'en fut pas aussi généralement reconnue. La\ndestinée même de cet ouvrage unique dans la production du musicien explique un peu\nle second rang que l'on s'obstine à lui attribuer. Des modifications, des \" corrections \" furent\napportées, au livret, par les Castil-Blaze (1825), Barbier, Carré (1860) ; et aussi, c'est plus\ngrave, à la partition, par Gevaert (en 1899).\nCelui -ci crut bon de remplacer le dialogue parlé dans lequel Beethoven avait enchâssé, en\nquelque sorte, les chants lyriques, par une déclamation chantée. C'était un sacrilège, et tout\nle monde aujourd'hui, est d'accord pour le reconnaître. C'est à M. Kufferath que reviendra\nl'honneur d'avoir reconstitué l'opéra sous sa forme première, tel que le conçut et le réalisa\nBeethoven. Il a retrouvé le libretto de Bouilly, il a épuré l'œuvre de toutes les altérations qu'on\nlui avait fait subir. C'est tâche pieuse, dont nous le félicitons chaleureusement. Grâce à lui,\nFidelio nous est apparu en pleine lumière, en pleine beauté, riche de la pensée, de l'inspiration,\nriche de l'écriture du Génie. Des teintes les plus fraîches, délicates et tendres, graduée au\nparoxysme de la passion, la musique est digne des plus consacrées. Du livret médiocre,\nBeethoven a su dégager une synthèse tragique, qu'animent des accents pathétiques, des harmo-\nnies puissantes et poignantes. Fidelio, certes, n'atteint pas à la perfection immarcescible de\nY Ode a la Joie, mais c'est un chef-d'œuvre, qui durera. Le public Bruxellois ainsi qu'il\nl'avait fait pour les Symphonies, s'est montré transporté par l'audition de Fidelio. Que l'on\nnous permette, à ce propos, une réflexion. Nous venons donc d'avoir une saison tout entière\nvouée à Beethoven. Virtuoses petits et grands, théâtres, concerts, quatuors, étrangers, belges,\ntous et partout à la fois ont consacré au grand Maître. C'est bien. Mais ce qui est mieux, c'est\nque le public, à toutes les séances, est accouru en foule pressée ; il ne s'est pas lassé d'entendre,\nde réentendre, d'applaudir encore les Symphonies, les Concertos, les Quatuors, les Sonates.\nLongtemps, la vieille cité brabançonne frémira au souvenir d'un pareil enthousiasme, dont nous\nne la croyions franchement plus capable. D'aucuns y trouvent comme une promesse, l'espoir\nd'un réveil de notre sensibilité musicale ! Sans doute, il est réconfortant de voir un peuple\ncommunier de la Parole sacrée de l'Art, du plus pur, du plus noble des Arts. Mais je ne puis\nme défendre d'un peu de scepticisme... J'ai quelque raison de me méfier d'une foule que je vis\ntrépignante naguère à la honteuse profanation, à la pénible comédie de la vie, des souffrances,\nde la musique même de Beethoven ! D'autre part, n'est-il pas étonnant que sous le règne de la\nmusique dissonante, rare, et soucieuse surtout d'inentendu, l'œuvre spontanée, exprimant sans\ndétours ni fausse recherche les liens-communs éternels qui sont le fond de l'âme et de l'art\nhumains n'est-il pas étonnant que l'œuvre jaillie du cœur de Beethoven, enfin, si lointaine,\npar les moyens d'expression, de notre impressionnisme se pare tout à coup de toutes les\nvertus d'un Renouveau ? Il y a là un phénomène curieux à constater, les snobs, eux-mêmes\nqui ne jurent que par l'outrance, n'ont point crié à la banalité ! Eh bravo donc ! Il n'est pas\nnécessaire pour étreindre le cœur des hommes, de recourir à une originalité de formule —je\nne dis pas des moyenSc Pourvu qu'ils soient parlés par le génie, les mots, le langage n'ont\nbesoin d'être neufs, étranges, inouïs ? Le vieil accord vaut bien les combinaisons futuristes ;\nla matière importe peu quand elle enclôt la Beauté. L'expérience présente l'a démontré\nune fois de plus : il ne nous reste qu'à souhaiter qu'on l'achève en révélant les chefs-d'œuvre\nencore ignorés de notre époque.\nAu nombre des séances marquantes du mois, citons tout d'abord le Concert Y où\nM. Karl Panzer a dirigé la Symphonie op 68 de Brahms, Don \"Juan, de Strauss, le Prélude de\nTristan et la Mort l'ouverture des Maîtres chanteurs. M. Panzer est un éminent chef-\nd'orchestre. Sa direction est compréhensive, nerveuse, et de grand art. Le Don Juan de Strauss,\nsurtout, prit une surprenante intensité de vie à son interprétation. M. Friedberg, soliste aux"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.83", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2348, "texte": "concerts possède un mécanisme impeccable, une virtuosité qui n'est pas sans nuire à l'émotion,\nau sentiment. C'est le reproche combien plus décisif toutefois que nous adresserons à\nMme Marx-Goldschmidt, pour son récital Liszt. Il s'agissait de commémorer le centenaire du\nmusicien. M. Closson dans un savant avant-dire, retraça sa carrière et situa son œuvre. Mais\nil semble bien que Mme Marx n'ait voulu qu'évoquer le pianiste brillant, et ne rien retenir de\nsa production personnelle, trop méconnue, trop négligée par la faute des virtuoses précisément\nquoique riche, variée, géniale et féconde. Il ne peut être admis que l'on ne joue, à pareille\noccasion, que des pièces extérieures, comme la 2e Rhapsodie, Valse-Caprice, et des transcriptions\naussi brillantes, aussi merveilleuses soient-elles : mélodies de Schubert, la Danza de Rossini,\nFantaisie sur Don Juan, de Mozart. Encore la pianiste les a-t-elle dépouillés, les uns, de leur\nchevaleresque, de leur romantisme, de leur effet pompeux ; les autres, de leur caractère d'interpré-\ntation vigoureuse. Mlle de Madré chanta quelques mélodies, —il en était de bien plus belles\ndans le livre intime de Liszt d'une voix fine, fragile, comme la porcelaine de Chine, et si\ndélicate vraiment qu'on eût craint qu'elle se brisât dans les notes aiguës. Ich mochte hingehn,\nl'une de ces mélodies contient le thème, et le mouvement de la plus belle phrase de Tristan\n(on sait que Wagner n'a pas dédaigné d'emprunter à Liszt plusieurs inspirations mélodiques).\nMais encore une fois, ce n'était pas ce Liszt des concerts, superficiel, étincelant, virtuose\nfantastique et transcripteur prestigieux, le Liszt de l'aventure et de l'en-dehors, qui passa,\ncomme un météore, sur son siècle qu'il fallait faire revivre à nos ferveurs. Ce Liszt là ne\nreviendra plus ; mais le créateur reste, et c'est à lui qu'il nous appartient à nous qui lui\ndevons tant de rendre justice.\nAu prochain n° les comptes-rendus des Concerts : Populaire (Symphonie inaugurale\n(1910) de Paul Giison.) —J. J, Nin, Clara Treitsche, Gladys Maine, Frigola, Ximmer,\nLouis Lavoye, Corcert classique, Mischa Elman, matinée du cercle artistique, quatrième\nconcert Ysaye, Laoureux et Homburger, etc., etc.\nSoulignons le succès des causeries de M. Melchissèdec et des séances de sonates par\nM. Fernand Mawet (pianiste) et Charlier (violoniste)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c067", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c067", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 83, "image_fin": 83, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.22", "titre_corps": "Etranger", "titre_sommaire": "Etranger", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.83", "debut_caractere": 2350, "fin_caractere_exclue": 3862, "texte": "Etranger\nBARCELONE. En ce temps de scepticisme ou de blufif musical, de snobisme et de\nrivalités d ecoles, ou 1 esprit semble sans cesse en quête de nouveau et parfois d'excentrique,\nqu il est beau et reconfortant de voir un public attentif, ému, enthousiaste devant un chef-\nci œuvre ! Et c'est un tel public qui, tout récemment, se pressait dans la Salle du Palace de la\nMusica Catalana pour entendre la Messe en Si mineur de J. S. Bach que, pour la première\nfois, l'Orfeo Catala exécutait intégralement, sous la direction du maître Millet. De cette\nmesse, on ne connaissait encore que le Credo exécuté par l'Orfeo, il y a deux ans. Cette fois,\non voulut 1a donnei tout entiere, et, des le mois de Juin, on se mit au travail en répétant,\ntous les soirs. Nous devons a tous ceux dont le dévoûment a assuré le succès d'une si belle\nentreprise un témoignage d admiration très sincere : au maître Lluis Millet et à son élève et\nami F. Pujol qui tous deux ont conduit les répétitions, à tous les choristes de l'Orfeo Catala,\nqui, une fois encore, ont fait des prodiges, aux solistes, Mmes Dachs et Lluro, MM. Bosch et\nNavarro, Joan Massia. N oublions pas non plus le trompettiste Rovira qui a surmonté en se\njouant de toutes les difficultés que comportait sa tâche. Quant au Dr Schweitzer qui tenait\nl'orgue que pourrait-on dire encore de sa conscience artistique ?\nOui, ce jour est pour 1 Orfeo Catala un nouveau succès et le public musicien de Barce-\nlone en conservera le souvenir d'une joie artistique profonde."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c068", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c068", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 84, "image_fin": 85, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.23", "titre_corps": "Cours et Conférences", "titre_sommaire": "Cours et Conférences", "signature_source": "G. Rouchés", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.84", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3504, "texte": "Cours et Conférences\n\nC'est par erreur que, dans le dernier numéro, un entrefilet illustré d'une \" charge \" et\nconsacré au cours de M. Pirro en Sorbonne, a paru sous ma signature, qui devait seulement\naccompagner le restant de la rubrique \" Cours et Conférences \". Le plan de M. P. y a été\nexposé. Je n'ai point à y revenir. Les dernières leçons ont porté sur la jeunesse de Bach, ses\nannées de formation à Lunebourg et son installation à Weimar comme violoniste de la cour.\nIl y connaît l'organiste assez médiocre Effler, le cantor érudit Reinexius et enfin von Westhof,\nhomme prodigieux, à plusieurs reprises, et notamment violoniste sans égal. Il révèle le style\nitalien à Bach qui avait appris à Lunebourg la technique française. En 1703, Bach va à\nArnstadt comme organiste. Il étudia ses prédécesseurs allemands Bruhns, Reinken, Buxtehude\net aussi les bons organistes français, il s'essaye à des cantates d'église, telles que la Cantate pour\nPâques. A la même époque, le Caprice sur le départ de son frère bien-aimé prouve que Bach, à\npeine âgé de vingt ans, possède un langage musical déjà fixé.\nDevant ses nombreux auditeurs de la Sorbonne, M. P. témoigne des qualités qu'appré-\nciait, ces derniers hivers, le public plus restreint des Hautes Etudes Sociales : une élocution\nsans recherche, mais très nette, un savoir prodigieux exposé sans pédantisme.\nM. Jean Chantavoine a fait le 29 janvier, au u Foyer \" une conférence fort documentée\nsur la Renaissance musicale. Il a prouvé l'importance que la musique avait dans la vie sociale de\ncette époque et il a fait appel à deux témoins : Castiglione, l'auteur du \" Courtisan \" et\nRonsard. A leur sens, le gentilhomme et le poète doivent connaître la musique à fond.\nM. C. nous présenta les maîtres de cette époque. Il étudia la question de la Réforme et\nconstata qu'au début, elle n'avait point créé de séparation entre catholiques et protestants sur\nce terrain-là. La musique de la Renaissance toute vocale devait fatalement se transformer et\ntendre vers la monodie accompagnée. D'après M. C., la musique de la Renaissance a été une\ntransition entre les casse-têtes du contre-point moyenâgeux et cette monodie soutenue par un\ninstrument.\nM. Roulleaux-Dugage (Lyceum, 19 janvier) étant mieux qualifié que personne peut parler\ndu goût musical de Beaumarchais, son ancêtre. Avec élégance, il nous a montré Beaumarchais\ncherchant à perfectionner certains instruments, la harpe entre autres, charmant par ses talents\nd'exécutant les filles de Louis XV, composant enfin les musiques de scène du \" Barbier \" et\ndu \" Mariage \" et surtout l'opéra de Tarare dont Salieri mit la partition debout. M. Roul-\nleaux-Dugage analysa et commenta Tarare dont des artistes mondains, aussi habiles que des\nprofessionnels, chantèrent et jouèrent des fragments aux grâces un peu fanées.\nMadame Capoy, (Cours Herman, 25 janvier) a su prêter quelque nouveauté à un sujet\nassez rebattu : Gluck et Piccini et intéresser son auditoire en parlant de la célèbre querelle.\nM. Chanoine Davranches et Mme Capoy elle-même ont exécuté différents airs des musiciens\nrivaux, qui leur ont valu un franc succès.\nAu collège libre des Sciences sociales, M. Combarieu a parlé, le 22, de la musique au\npoint de vue social et, le 26, un jeune architecte, M. Agache, s'est occupé du Déterminisme\nsocial comme élément de critique d'art. Il a envisagé d'ailleurs la question au point de vue des\narts de dessin.\nJe terminerai par la causerie tout à fait vivante que M. Antoine a donnée aux Hautes"}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.85", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 746, "texte": "Etudes Sociales sur la mise en scène (30 janvier). Il l'a définie, il en a fait l'historique, mais le\nplus intéressant étaient les opinions d'un homme d'une pareille compétence. En voici le\nrésumé : L'outillage de nos théâtres est ridiculement en retard, même sur des scènes récemment\nconstruites. (M. A. a jugé à ce propos la construction de l'Opéra-Comique, comme il conve-\nnait). Les appareils de lumière pourraient être plus perfectionnés. Mais nos décorateurs sont\nadmirables. M. A. ne cache pas son admiration pour certaines innovations allemandes et\nsurtout pour des tentatives russes. Mais il faut nous garder de les imiter et profiter seulement\nde ce qui peut s'adapter au génie français, tout de proportions et d'équilibre.\n\nG. Rouchés."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c070", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c070", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 86, "image_fin": 87, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.24", "titre_corps": "L'Édition Musicale", "titre_sommaire": "L'Édition Musicale", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.86", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2874, "texte": "L'Édition Musicale\n1 Hamelle * Durand 3 Rozsavôlgyi and C° 4 Ftirstner\n6 Jurgenson 6 Schirmer à New-York 7 Demets 8 Schott\n9 Fromont 10 Breitkopf 11 Sénartz Roudanez\n# voix élevées ** voix moyennes\nCHANT. Janvier est passé. Le moment où les morceaux\na succès, luxueusement habillés, et groupés en recueils, ont tenté\nune seconde fois la faveur du public. Cette année la maison\nPion et Nourrit a eu la main particulièrement heureuse en confiant\na M. Pierre Brissaud le soin d illustrer un album de Vteilles chansons\npour les Cœurs Sensibles ; la couverture, en particulier, est une\ntrouvaille, avec son titre en hauts caractères gothiques s'enlevant\nsur un fond jaspe ; chaque page s'orne d'une petite vignette en\ncouleurs, exquisement desuète; quelques bleus un peu acidulés,\npar-ci par-la, accident dû au tirage, probablement. On retrou-\nvera ia avec plaisir maintes mélodies populaires, choisies dans les\nouvrages de Tiersot, de Weckerlin et\nd Expert... u Voilà un joli cadeau à faire à\nun enfant ... et même à une grande per-\nsonne. M. Léo Sachs, (12 mélodies 2*),\nest en jaune ; M. Rhené Bâton, (5 mé-\nlodies est en gris perle, de ce gris fin\net discret dont on devrait habiller toute notre\nécole française; M. Egon Wellesz (Wie\nein Bild 3*) est en gris aussi, mais quoi\nqu'il en fasse, son gris garde un je ne sais\nquoi d exotique. Mme Madeleine Lemaire\npare d'une gerbe de chrysanthèmes 8 mélodies\nde Messager (4*) intitulées, avec un\nfâcheux a propos, Amour d'* Hiver ; l'auteur\nae la Basoche s'y montre précisément tout le contraire d'un musicien d'avant-garde. La maison\ndu Lied édité un Recueil de y chants populaires s**, de sept nationalités différentes, dont l'har-\nmonisation a été confiée à MM. Ravel, Olénine et Alexandre Georges ; l'idée était amusante ;\nmalheureusement, les morceaux choisis n'étaient peut-être pas à la hauteur de l'honneur qui\nleur a ete fait ; cela n'a pas empêché, du reste, la maison du Lied, de se décerner à ce sujet\nquelques lauriers, à l'un des concours annuels qu'elle organise elle-même avec tant de com-\nplaisance. Enfin, voilà un très beau volume, intitulé A Century of Russian Song 6 dans lequel\non trouvera de délicieuses pages de l'école russe, depuis Glinka jusqu'à Rachmaninoff ; ne\nnous laissons pas rebuter par les premiers morceaux : ils datent des temps lointains où l'Opéra\nrusse participait encore des traditions italiennes ; et arrivons tout de suite à Borodine, avec sa\nmystérieuse Princesse Endormie, à Arensky, avec sa Chanson du Poisson, à Rimsky, à\nMoussorgsky et à Balakirew. Chaque morceau comporte des paroles anglaises ; quelques-uns\nont en outre un texte allemand ou français ; regrettons pour notre part que ces derniers ne\nsoient pas plus nombreux. Les musiciens qui ont présidé à cette sélection semblent avoir\nchoisi de préférence les fragments qui rentraient dans la forme du Lied ou de la Romance :"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.87", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1831, "texte": "Bien des pages douloureuses ou tragiques ont été délibérément écartées. Celui qui jugerait de\nla musique russe uniquement d'après ce volume risquerait donc de ne pas s'en faire une idée\ntout à fait exacte.\nPIANO. M. Ravel nous pardonnera si nous lui avouons que ses Huit valses nobles\net sentimentales 2 nous font invinciblement penser à certains fruits exotiques : on grince des\ndents lorsqu'on y mord pour la première fois : on y revient par curiosité, puis par plaisir, et\non finit par les aimer plus que tous les autres : nous en sommes encore à la période de la\nméfiance. M. Tlirina, quoiqu'espagnol, nous est plus accueillant avec ses Coins de Séville 7\npremière suite qui nous en fait espérer beaucoup d'autres : les Rondes d'Enfants, et la finale\nintitulé A los Toros ont une verdeur allègre et primesautière qui est tout à fait réjouissante.\nD'inspiration populaire aussi, mais plus canaille, et d'une joie moins spontanée, la Fête dans la\nBanlieue de Paris de Swan IÎB2I9SSy : flonflons, refrains de bastringue, coups de grosse\ncaisse, rien n'y manque : le tout est d'une complication enfantine. Du même auteur, une\nfête de village au XFIIP siècle, louisquinzerie sans importance, et une Petite Suite plus sérieuse-\nment composée sur les notes mi do mi fa si mi. De M. Chr. de Bertier, une Rhapsodie\npour grand orgue 9 écriture soignée ; jolis passages mélodiques, style un peu conventionnel dans\nson ensemble. M. Saiïiazeuilh. réédite 2 une petite Suite composée en 1912. En ces temps\nreculés, il se croyait encore au XVIIIe siècle et écrivait dans le style le plus châtié, ne tolérant\nni ambiguïtés ni dissonnances. Cette petite suite est évidemment, dans la pensée de l'auteur,\nun simple pastiche : elle 11e manque pourtant pas de personnalité, c'est une œuvrette char-\nmante, qui a le mérite d'être accessible à tous."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c073", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c073", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 88, "image_fin": 89, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.25", "titre_corps": "Chez Gabriel Pierné", "titre_sommaire": "Chez Gabriel Pierné", "signature_source": "Swift", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.88", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3855, "texte": "Chez Gabriel Pierné\n\nGabriel Pierné défend contre les importuns, dans une silencieuse et seigneuriale demeure,\nvoisine de l'Eglise Saint-Sulpice, les rares loisirs que lui laissent ses absorbantes fonctions de\nchef d'orchestre de l'Association des Concerts Colonne et sa vocation de compositeur. C'est là\nque nous le trouvons, immobilisé par le stupide accident de l'Odéon, entouré d'œuvres d'art et de\nmeubles anciens, disposés avec un goût de collectionneur dans de vastes salons dont les hauts\nvitraux s'ouvrent sur un coin de parc mélancolique où l'on entretient avec un soin subtil un\nromantique abandon. La rive gauche conserve encore quelques-unes de ces oasis pour le repos\net le réconfort des hommes d'action de la rive droite. Comme dans IVerther, \" des cris joyeux\nd'enfants montent sous les fenêtres\" car le jeune et charmant auteur de la \" Croisade des\nEnfants\" a su pratiquer, avec une hâte paradoxale, l'art d'être grand'pére ! Une étincelante\nflèche de soleil transperce l'atmosphère paisible de la chambre, réveille les ors assoupis des\ncurieux lambris qui la divisent comme un jubé et vient expirer sur le contre-pied de satin\nsoulevé par des cerceaux au-dessus du membre blessé qu'étreint la gangue du plâtre. Comme\non est loin de Paris dans cette pièce recueillie où s'étouffe le bruit des pas, comme on doit y\ngoûter voluptueusement les îoies du silence et de la rêverie...\nHélas ! ce serait mal connaître l'actif et trépidant artiste qu'est Pierné que de le croire\ncapable d'accepter les vacances imprévues que lui apporte le destin. Sous le dais du grand lit à\ncolonnes qu'illumine une ampoule dorée, règne le pittoresque et laborieux désordre des bureaux\nencombrés. Au milieu de la pluie de cartes des visiteurs qu'attire une affectueuse sollicitude,\ns'éparpillent les feuillets d'une partition d'orchestre qu'étudie le malade, des manuscrits cernent\nle lit, des lettres s'entassent sur les couvertures, et, sur l'oreiller, se dresse la redoutable menace\ndu téléphone, l'ennemi juré du repos, l'indiscret, le cynique, le brutal compagnon qui viole\nintimité et vous harcèle sans pitié aux heures où la solitude est si précieuse... des secrétaires,\ndes archivistes les bras chargés de \" matériels \" d'orchestre, passent affairés, dans la pièce voisine\ns'organise une répétition ; Paul Vidal, paternel et cordial, est là, Eugène Wagner vase mettre\nau piano, Madame Alvi déplie un rouleau de musique ; c'est toujours la fièvre et l'activité\ndécorantes de l'hiver musical. De son lit Pierné continue à diriger son orchestre, à vivre avec\nlui, à lui préparer la tâche, à l'entendre de loin. Déjà s'élaborent de grands projets. On\norganise le concert qui servira, à la fin de ce mois, de rentrée au sympathique chef d'orchestre\net où sera donnée l'exécution si impatiemment attendue du formidable de Florent\nSchmitt. Et Pierné nous dit également combien il a été sensible à l'initiative amicale de son\nAssociation qui a décidé de réserver entièrement l'un de ses concerts dominicaux à la création\nde son dernier ouvrage tiré des \" Fioretti \" de Saint François d'Assise. C'est au cours d'un\nvoyage en Italie, d'une excursion à Assise, en s'écartant avec une heureuse fantaisie de\nl'itinéraire traditionnel des touristes, que Gabriel Pierné fut séduit par la candeur et la pureté\nd'un sujet délicieusement musical. Fidèle à cette hautaine forme du grand oratorio dont la\nFrance se désintéresse fâcheusement mais qui reçoit à l'étranger un accueil si enthousiaste, le\ncompositeur a choisi dans la vie de son angélique héros les épisodes les plus favorables au\nlyrisme. Ces tableaux seront réunis en deux triptyques symétriques. Un prélude évoquera les\nfêtes tumultueuses et passionnées où le jeune François dépensa dans sa jeunesse cette fougue et\ncette énergie dont il devait faire plus tard un plus noble usage, et décrira la conversion du"}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.89", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1187, "texte": "généreux adolescent et ses mystiques fiançailles avec la pauvreté. Puis viendront les beaux\népisodes du Lépreux, de Sainte Claire et du Sermon aux oiseaux, ce dernier permettant au\nmusicien qui écrivit tant de charmants chœurs d'enfants, de faire entrer dans la symphonie\nquelques-unes de ces fraîches voix de bambins dont le gazouillis sera si parfaitement en\nsituation. L'important tableau des Stigmates, le splendide Hymne au Soleil et la Mort\némouvante du Saint rempliront la seconde partie. Et Pierné revoit les paysages enchantés où se\ndéroula l'humble existence du doux apôtre, le cloître, le couvent, la petite fenêtre de la\ncellule d'où Sainte Claire vit passer le cortège funèbre du Bienheureux, et il s'attendrit au\nsouvenir de leur beau voyage...\nMais les cartes de visite continuent à s'abattre en vols pressés sur le lit comme des\ncolombes messagères, des télégrammes apportent des vœux ; de Berlin, où il dirige les ballets\nrusses, le prévenant Monteux accourt reprendre son poste pour apporter son concours aux\ncamarades dans l'embarras... Fini le rêve, le souvenir d'excursion, les beaux projets de compo-\nsition devant les horizons bleus. La vie recommence !...\n\nSwift."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c075", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c075", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 90, "image_fin": 91, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.26", "titre_corps": "Çà et Là", "titre_sommaire": "Çà et Là", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.90", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2639, "texte": "Çà et Là\nPar arrêté du 10 janvier, M. le Ministre de l'lnstruction publique et des Beaux-Arts a\ncrée au Conservatoire de musique de Lyon un cours public d'histoire de la musique ; ce cours\na commencé le ler Février. C'est notre éminent confrère Léon Vallas, directeur de la Revue\nMusicale de Lyon, et chargé depuis trois ans d'un cours libre d'histoire de la musique à la\nFaculté des Lettres, qui a été nommé professeur de cette nouvelle classe. Nous l'en félicitons\nbien sincèrement.\n*\n* *\nL'organiste de l'église Saint-André, à Hildesheim, a découvert parmi les nombreux\nmanuscrits musicaux qui se trouvent dans les archives de cette église, plusieurs motets et can-\ntates inconnus. On ignore jusqu'à présent quel intérêt présentent ces œuvres.\n*\n* *\nOn dit que M. Richard Strauss est en train d'organiser à Bayreuth, pour le courant de\nl'été prochain, une série de représentations consacrées à ses œuvres. La principale attraction de\ncette Saison Straussienne serait la première représentation de son nouvel Opéra, Ariane a Naxos,\nécrit, comme les précédents sur un livret de Hoffmannsthal.\n*\n* *\nAu moment où l'on vient de fêter le 125e Anniversaire de la mort de Frédéric le Grand,\nil n'est pas sans intérêt de rappeler que celui-ci est l'auteur de l'hymne national espagnol. Un\npeu après la guerre de 7 ans, le Roi reçut un jour tous les diplomates ; au cours de cette récep-\ntion il remit à l'Ambassadeur d'Espagne, qui passait pour un fin musicien, une marche com-\nposée par lui. L'ambassadeur d'Espagne expédia cette marche entièrement écrite de la main de\nFrédéric II à Madrid où elle fut fréquemment exécutée, ainsi que l'avait ordonné Charles 111\nadmirateur enthousiaste de Frédéric. Puis elle fut moins en faveur sans être toutefois entière-\nment oubliée. Lorsque, en 1869, le Maréchal Serrano organisa un concours de marches mili-\ntaires afin de doter l'Espagne d'un hymne national, plus de 500 manuscrits furent examinés\nmais aucune des œuvres n'avait, parait-il, la vigueur et l'entrain de la marche de Frédéric qui\nelle aussi avait été autorisée à figurer au concours. L'histoire de cette marche resta longtemps\ninconnue en Espagne. On ne commença à la connaître que lorsque l'Empereur d'Allemagne\nactuel, alors Kronprinz se rendit à Madrid en 1883 pour rendre visite au roi Alphonse XII\nqui attira son attention sur l'œuvre de son Grand-père.\n%\n* *\nL'Association des Amis de la musique de Rome a formé le projet d'une exhumation\nqui pourra faire le pendant de celle de YOrfeode Monteverde qui a été faite à Milan. Il s'agit de\nla Rappresentazione di Anima e di Corpod'Emilio del Cavalière, qui remonte àla fin du seizième"}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.91", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1591, "texte": "siècle. C'est en effet, au mois de février 1600 que ce drame religieux fut execute solennelle-\nment à Rome, dans l'oratoire de Santa Maria in Vallicella. L'auteur était mort depuis peu de\ntemps. Cet ouvrage était, ainsi que les trois précédents, du même artiste : il satiro, la Disperazione\ndi Felene et il Giuoco délia cieca, le fruit des recherches de ce groupe si intéressant forme à la\ncour de Ferdinand de Médicis à Florence, par Giulio Caccini, Giovanni Bardi, Jacopo Péri,\nJacopo Corsi et Vincenzo Galilei, dans le but de trouver la forme du drame lyrique moderne,\nLe Dr Richard Batka, professeur à l'Académie impériale de musique de Y7ienne, vient de\nfaire paraître une intéressante plaquette sur Y Ancien air italien, ou il reserve une place\nd'honneur à Mme Ida Isori qu'il considère comme l'interprète idéale de l'ancienne musique\nitalienne et la seule, à l'heure actuelle, capable de restituer le \" bel canto \". Aucun de ceux\nqui ont eu la joie d'entendre Mme Ida Isori, ne contredira le Dr Batka et noùs souscrivons\nentièrement au jugement autorisé de notre éminent confrère.\n*\n* *\nLe mercredi 28, la Société Hândel donnera à la salle Gaveau, l'audition intégrale du\nMessie de Haendel avec le concours de Mmes Mellot-Joubert, Philip ; jMM. Plamondon,\nG. Mary, Joseph Bonnet. Nul doute que cette œuvre qui a déjà été exécutée plusieurs fois par\nla Société Hândel n'obtienne, comme les autres fois, le plus grand succès.\n*\n* *\nLe Comité formé en vue d'élever à Paris un monument à la mémoire de l'illustre et\nregretté maître Alexandre Guilmant vient de se réunir à la salle Gaveau."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c077", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c077", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "couv. 2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.27", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1255, "texte": "1\n?■ ■\nmû\nW:>*\n, i\n' 'l \" -\n* : ;4v:- :*$\nV- -*à\n■ as s:\nFRANÇAISE\nDE LA MUSIQUE\nCOMITÉ D'HONNEUR\nM. le Président de la République.\nM. le Ministre de l'lnstruction\nM. le Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts.\nM. Gabriel FAURÈ, Dir\nM. Henry MARCEL, ancien Directeur\nde la Bibliothèque Nationale.\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nM. GUSTAVE BERLY, banquier.\nPRÉSIDENT\nM. LE COMTB GASTON CHANDON DE\nBRIAILLES.\nVICE-PRÉSIDENTS\nM. LE PRINCE A. D'ARENBERG,\nM. LOUIS BARTHOU, député, ancien garde\ndes sceaux.\nTRÉSORIER\nM. LÉO SACHS.\nSECRÉTAIRE DU CONSEIL\nM. J. PASQUIER.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL : M. J. ECORCHEVILLE,\nMEMBRES DU CONSEIL\nM™ ALEXANDRE ANDRÉ.\nMME LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, di\nraire au ministère des finances.\nM. LÉON BOURGEOIS, sénateur, ancien\nministre.\nM. GUSTAVE BRET.\nM. GUSTAVE CAHEN.\nMME MICHEL EPHRUSSI.\nMME LA COMTESSE GÉRARD DE GANAY\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE.\nMME DANIEL HERMANN.\nMME HENRY HOTTINGUER.\nM\"\" GEORGES KINEN. J? :\nMMC LA COMTESSE PAUL DE POURTALÉS.\nM. F. PRÉGRÊ.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND.\nM. ALEXIS ROSTAND, Président du Conseil\nd'Administration du\nd Escompte de Paris.\nM. LOUIS SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nM. JACQUES STERN.\nMME TERNAUX-COMPANS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c078", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c078", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 3, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.28", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.3", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 181, "texte": "BERLIN ADOLPH FÙRSTNER 18, paris\nVictoria Strasse, 34a l 1 \\KJ 1 1 18, Rue Vignon\n•* jimonr\n'Poésies de Jlrmand Silvestre\ntT&Cises en SKCusique par\njlndré <Jfâessager\nnet : 6 francs"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c079", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c079", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 3, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.29", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.3", "debut_caractere": 183, "fin_caractere_exclue": 1466, "texte": "M. SEN ART, B. ROUDANEZ 6 Cie, Editeurs, 20, rue du Dragon, PARIS.\nCOLLECTION JOSEPH DEBROUX\nL'Ecole du Violon au XVI\nme\net\nau\nXVIIF siècle\nRéalisation des Basses chiffrées par JOSEPH JONGEN\nJacques Aubert.\nLouis Aubert le fils\nBranche ....\nAntoine d'Auvergne\nDenis\nFrançois Du Val\nFrançois Francœur le cadet\nJ. Baptiste Senallié le fils\nLe Blanc\nSonate en fa majeur 2.00\nla mineur\n- sol mineur\nsol majeur\nla mineur\nla majeur\nmi mineur\nut mineur\nmi \\y maj.\nJean François d'Andrieu .\nSonate pour 2 violons en mi mineur\nDiogenio Bigaglia . . . Sonate en si \\y majeur\nEvaristo Felice Dall'Abaco fa majeur\nWENZEL PICHL . VI\nMichael Christian Festing Sonate en si mineur 2.00\nGio. Battista Somis . . sol majeur ~\nVient de paraitre :\nJ. Baptiste Loeillet .... Sonate en la> 2.00\nPagin\nC. C. Mondonville le jeune\nJean Ferry Rebel .\nJ. Baptiste Senallié le fils\nFrançois Francœur le cadet\nJean François d'Andrieu\nJean-Pierre Guignon .\nL'Abbé le fils . é\nJoseph Marchand le fils\nFrançois Bouvard .\nCarlo Tessarini.\nAntonio Vivaldi\nSonate en ré majeur 2.\nfa mineur\nré mineur\nmi majeur\nsol mineur\nsol majeur\nsol majeur\nré majeur\nSuite Sonate .\nSonate en fa majeur\nré majeur\nla majeur\n00\nFugues pour Violon seul 3 fr.\nJohn Humphries . . . 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Duparc: AUX ÉTOILES, à 2 mains et 4 mains . . net 1 fr. 75\nE. Satie : MORCEAUX EN FORME DE POIRE, à 4 m. net 4 fr."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c085", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c085", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 7, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.35", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.7", "debut_caractere": 295, "fin_caractere_exclue": 401, "texte": "ÉDITIONS W. HANSEN, COPENHAGUE & LEIPZIG\nEN DEPOT CHEZ ROUART LEROLLE & Cie\nLUDVIG SCHYTTE\nEtudes Modernes"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c086", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c086", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 7, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.36", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.7", "debut_caractere": 403, "fin_caractere_exclue": 787, "texte": "Op. 75. Etudes mélodiques : NET\nN° 1. Accord brisé . . . . fr. 2.35\nN° 2. Trille et Tremelo. . . 2.35\nN° 3. Octaves 2.35\nN° 4. En détachant les mains . 2.35\nN° 5. Etudes rythmiques et poly-\nrythmiques 2-3 S\nN° 6. Legato et Staccato. . . 2-3 S\nN° 7. Etudes à la main gauche. 2.35\nN° 8. Tierces et Sixtes . . . 2-3 S\nN° 9. Accords variés . . . . 2.35\nN° 10. 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L'Art moderne et son interpréta-\ntion. Un cycle de petites pièces pour le\nperfectionnement de l'interprétation\nartistique des œuvres modernes, classées\nprogressivement.\nN° 1. Mélodie. 2. Cahiers, chaque 2.35\nN° 2. Elégance. Cahier 1 . . . 2.35\nCahier 2 2.70\nN° 3. Energie. Cahier 1. . . . 2.70\nCahier 2 2.35\nN° 4. Lyrisme. 2 Cahiers. Chaque 2.35\nN° 5. Bravoure. 2 Cahiers.Chaque 2.35"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c088", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c088", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 7, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.38", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.7", "debut_caractere": 1183, "fin_caractere_exclue": 1247, "texte": "AUG. WINDING : 24 PRÉLUDES.\nEd. annotée par A. Wouters net 5 fr."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c089", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c089", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.39", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.8", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1396, "texte": "Comptoir National d'Escompte\nDE PARIS.\nCAPITAL : 200 Millions de francs, entièrement versés.\nSIÈGE SOCIAL\nRUE BERGERE\nSUCCURSALE : 2, Place de l'Opéra, PARIS.\nPrésident dit Conseil d'Administration : M. ALEXIS ROSTAND\nVice-Président, Directeur : M. E. ULLMANN,\nAdministtateur Directeur : M. P. BOYER.\nOPÉRATIONS DU COMPTOIR\nBons à échéance fixe, Escompte et Recouvrements, Escompte de chèques, Achat et vente de\nonnaies étrangères. Lettres nt-rWo a'ru*™\nMonnaies étrangères, Lettres de Crédit, Ordres de Bourse, Avances sur Titres, Chèques, Traites,\nince et à l'Etranger, Souscriptions, Garde de Titres, Prêts hypothécaires\nEnvois de Fonds en Province i lwollJFUUltw,\nmaritimes, Gaiantie contre les risques de remboursement au pair, Paiements de coupons, etc.\no\n'CD\nO\nen\nT 3\no\np\n<CD CO\n\"3\nCO o\n-CS\nO\nCD GO\n_Q\nO\n03\n—■ CL\nco\nT 3\nO\nCO\nAGENCES\n38 Bureaux de quartiers dans Paris 15 Bureaux de Ban =\nlieue 150 Agences en Province 11 Agences dans les\ncolonies et pays de protectorat 1 2 AGENCES A L'ÉTRANGER.\nLOCATION DE COFFRES-FORTS\nLe Comptoir tient un service de coffres-forts à la disposition\ndu public, 14, rue Bergère; 2, place de VOpéra; 747, boulevard\nSaint-Germain; 49, avenue des Champs-Elysées, et dans les\nprincipales Agences.\nUNE CLEF SPÉCIALE UNIQUE EST REMISE\nA CHAQUE LOCATAIRE.\nLa combinaison est faite et changée par le locataire, à son\ngré. 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CAPITAL ; 400 MILLIONS.\nSIEGE SOCIAL ; 54 et 56, Rue de Provence\nSUCCURSALE-OPERA ; 1, Rue Halévy\nSUCCURSALE ; 134, Rue Réaumur (Place de la Bourse)\nà PARIS.\nDépôts de fonds à intérêts en compte ou a échéance fixe (taux des dépôts : de 1 an à 2 ans 2°/0 ;\nde 4 ans a 5 ans 3 °/0 ; net d'impôt et de timbre) ; Ordres de Bourse (France et Etranger) ;\nSouscriptions sans frais ; Vente aux guichets de valeurs livrées immédiatement (Obi. de Ch. de\nfei, Obi. et bons à lots, etc.) ; Escompte et Encaissement d'Effets de Commerce et de Coupons\nfiançais et étrangers ; - Mise en règle et Garde de titres ; Avances sur titres ; Garantie contre\nle remboui sement au pair et les risques de non-vérification des tirages , Virements et chèques sur\nla P lance et 1 Etranger ; Lettres et Billets de crédit circulaires; Change de monnaies\nétrangères. Assurances (Vie, Incendie, Accidents), etc.\nSERVICE DE COFFRES-FORTS\n(Compartiments depuis 5 fr. par mois ; tarif décroissant en proportion\nde la durée et de la dimension.)\n90 succursales, agences et bureaux à Paris et dans la Banlieue ; 832 agences en Province ; 3 agences\nà l'Etranger (Londres, 53, Old Broad Street ; Bureau à West-End, 65, 67, Regent-Street), et\nSt-Sebastien (Espagne) ; correspondants sur toutes les places de France et de l'Etranger. Corres-\npondant en Belgique et Hollande : Société française de Banque et de dépôts, Bruxelles, 70, rue\nRoyale ; Anvers, 74, place de Meir ; OstendQ., 21, avenue Léopold ; Rotterdam, 103, Leuvehaven."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c091", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c091", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 9, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.41", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.9", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 741, "texte": "Administration de Concerts A. DANDELOT, 83, rue d'Amsterdam\nSALLE ÉRARD 13, RUE DU MAIL\nLUNDI 26 FEVRIER et MERCREDI 13 MARS 1912\nDEUX RÉCITALS DE PIANO\ndonnés par\nMademoiselle LUCIE CAFFARET\nPREMIER RECITAL\nLundi 26 Février 1912 à 9 heures précises\nI. Prélude et fuge la mineur (pour orgue) BACH-LISZT\n11. Sonate si mineur CHOPIN\n111. Deux moments musicaux\nUt dièze mineur fa mineur\nDeux impromptus\nLa bémol majeur - si bémol majeur\nIV. Venezia e Napoli LISZT\nPRIX DES PLACES : Parquet 10 frs.\nSCHUBERT\nDEUXIEME RECITAL\nMercredi 13 Mars 1912 à 9 heures précises\ny\nI. Sonate fa majeur MOZART\n11. Pièces brèves G. FAURÉ\n111. Sonate ut majeur WSBER\nIV. 3 Novelettes Nos. 1-4-8. . . . SCHUMANN\nMazeppa LISZT\nler Galerie 5 frs. 2e Galerie 3 frs."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c092", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c092", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 9, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.42", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.9", "debut_caractere": 743, "fin_caractere_exclue": 1636, "texte": "SALLE DES AGRICULTEURS, 8, RUE D'ATHENES\nVENDREDIS 1 et 8 MARS 1912, à 9 heures précises\nDîhUJi RÉCITALS DE\n* * ALFRED CORTOT * *\nVENDREDI i MARS à 9 heures précises\nPROGRAMME\n1. a) Concerto d'après Vivaldi. Wilh. Friedmann BACH\nb) Andante Spianato et Polonaise op. 22 Fr. CHOPIN\n2. Carnaval op. 9 R. SCHUMANN\n3. Variations et Fugue sur un thème\nde Haendel J. BRAHMS\n4. a) Légende (St. Fr.de Paule march.\nsur les flots) ....\nb) La Leggerezza\nc) 2e Rapsodie Hongroise .\nPiano Pleyel\nPrix des places : Fauteuil, Ie série 10 fr. —2e série 6\nF. LISZT\nVENDREDI 8 MARS à 9 heures précises\nPROGRAMME\n1. 24 Préludes F. CHOPIN\n2. Sonate en mi min. (déd. à Schum.) F. LISZT\n3. Scènes d'enfants R. SCHUMANN\n4. a) Bourrée Fantasque )\nb) Idylle }E- CHARRIER\nc) 6e Barcaroîle G. FAURÉ\nd) Triana ALBENIZ\ne) Etude en forme de Valse . . C. SAINT-SAENS\nPiano Pleyel\nfr. Parterre 3 fr. Balcon 5 fr. 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Sonate op. 5 en fa mineur J. BRAHMS\n2. A) Nocturne op. 23, No. 4 ) crumrAvxT\nB) Hallucinations ; lANN\n3. A) Fantaisie op. 49\nB) Nocturne op. 27 No. 2 . . , , .\nc) Etude\n4. A) Ricordanza . . )\nB) Harmonies du Soir )\nc) Ala Valse ) „ ,\nD) Vision ) nouv. Etudes de conc.\n5. Paraphrase de concert sur l'opéra\n\" Eugène Onegin \" . . . . TSCPÏAIKOWSKI-PABST\nFr. CHOPIN\nFr. LISZT\nE. SAUER\n2e RECITAL\nJEUDI 29 FÉVRIER 1912\n1. Sonate op. 53 (L'Aurore) . .\n2. Fantaisie op. 17 en ut majeur\n3. A) Ballade op, 38\nB) Berceuse op. 57\nc) Fantaisie-Impromptu op. 66\nD) Valse\n3. A) Clair de Lune. * . . . .\nB) Toccata op. 18 No. 4 , . .\nc) Vecchio-Minuetto ....\nD) Moto perpetuo en octaves.\n5. Carnaval de Pesth (Rhapsodie No\nL. v. BEETHOVEN\nR. SCHUMANN\nFr. CHOPIN\n. Cl. DEBUSSY\n•J G. SGAMBATI\n. E. SAUER\n9) Fr. LISZT\nPRIX DES PLACES : Fauteuil Réservé 20 fr. Fauteuil de Parquet, 1 série 10 fr ~ 2 série 6 fr.\npremière galerie, 1 rang 8 fr., 2 rang 5 fr. Fauteuil de deuxième galerie 4 fr.\nFauteuil de"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c094", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c094", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 10, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.44", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.10", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 4554, "texte": "Administration de Concerts A. DANDELOT, 83, rue d'Amsterdam.\nCinq Séances de Musique Instrumentale\net Vocale Française\nPREMIER CONCERT\nLe Mardi 27 Février 1912, à 9 heures du soir\nJ.-Ph. Rameau .\nMaurice Ravel .\nC. Saint-Saëns. .\nGabriel Fauré. .\n, Claude Debussy .\nVincent d'lndy .\nPremier Concert en Trio, pour Violon,\nVioloncelle et Clavecin.\nMM. Hayot, Salmon, Alfred Casella.\nHistoires Naturelles, de Jules Renard.\nLe Çrillon Le Cygne La 'Pintade.\nMme Lamber-Willaume et l'Auteur.\nSuite pour piano.\n'Prélude et Fugue\ntJtâenuet Çavotte Gigue.\nM. Ricardo Vinès.\nPoème d un jour, de Ch. Grandmougin.\nRencontre toujours Jldieu.\nMlle Germaine Sanderson et l'Auteur.\nEstampes pour piano.\nPagodes Soirée dans Qrenade.\nJardins sous la pluie.\nM. Ricardo Vinès.\nQuatuor pour Violon, Alto, Violoncelle et\nPiano.\nMM. Hayot, Denayer, Salmon et Robert\nLortat.\nSOUS LE PATRONAGE DE\nMM. A. Durand\net Fils\nEditeurs\nSalle ERARD\nles Mardis 27 Février,\n5, 12, 19 et 26 Mars\n1912\nà 9 h. précises du soir\nDEUXIEME CONCERT\nLe Mardi 5 tMars 1912, à 9 heures du soir\nJ.-Ph. Rameau . , Deuxième Concert en Trio, pour Violon,\nVioloncelle et Clavecin.\nMM. Hayot, Salmon et Alfred Casella.\nLouis Aubert . . . Crépuscules d'Automne.\nPrélude, poésie de A. Ferdinand Hérold.\nSilence. poésie de A. Samain.\nBrodeuses, poésie de C. Mauclair.\nMme Gaëtane Vicq et l'Auteur.\nRoger-Ducasse . . Six Préludes pour Piano.\nM. Edouard Risler.\nClaude Debussy . . Promenoir de deux Amants, poème de Tris-\ntan Lhermite.\n1- Jluprès de cette grotte sombre...\n2. Crois mon conseil, chère Climène..,\n3. Je tremble en voyant ton visage.,.\nMme Maggie Teyte et l'Auteur.\nGustave Samazeuilh Suite pour Piano.\n1- ~ 2. Française ~ 3. Sarabande\n4. Divertissement -5. (Musette - 6. Forlane\nM. Edouard Risler.\nMaurice Ravel . . Quatuor à cordes-\nMM. Hayot, André, Denayer et Salmon.\nTROISIÈME CONCERT\nLe Mardi 12 Mars 1912, a 9 heures du soir\nJ.-Ph. Rameau\nClaude Debussy\nMaurice Ravel\nRoger-Ducasse\nClaude Debussy\nC. Saint-Saëns.\nTroisième Concert en Trio pour Violon,\nVioloncelle et Clavecin.\nMM.J Hayot, Salmon et Alfred Casella.\nFêtes Galantes, 2e recueil, poésies de Paul\nVerlaine.\nLes Ingénus —Le Faune\nColloque sentimental.\nMme Maggie Teyte et l'Auteur.\nValse noble et sentimentale-\nPiano : l'Auteur.\nDeux Poèmes de Georges Rodenbach.\nLe cœur de l'eau Les pièces d'eau.\nMlle Rose Feart et l'Auteur.\nImages, Ire série pour Piano.\nReflets dans l'eau Hommage à Ra-\nmeau Mouvement.\nM. Ricardo Vinès.\nQuatuor pour Violon, Alto, Violoncelle et\nPiano.\nMM. Hayot, Denayer, Salmon et Robert\nLortat.\nAVEC LE CONCOURS DE\nMesdames\nAuguez de Montalant\nRoseFéart, Lamber-Willaume\nMelno-Baton,\nGermaine Sanderson\nMaggie Teyte, Gaëtane Vicq\nMessieurs Gabriel Fauré,\nClaude Debussy\nRoger-Ducasse, Maurice Ravel\nLouis Aubert, Rhené-Baton\nAlfred Casella, Robert Lortat\nEdouard Risler,\nRicardo Vinès\net le Quatuor : MM. Hayot,\nAndré, Denayer, Salmon.\nQUATRIEME CONCERT\nLe Mardi 19 Mars 1912, a 9 heures du soir\nJ.-Ph. Rameau .\nMaurice Ravel. .\nClaude Debussy .\nLouis Aubert . .\nFlorent Schmitt .\nErnest Chausson\nQuatrième Concert en Trio, pour Violon,\nioloncelle et Clavecin.\nShéhérazade, poèmes de Tristan Klingsor.\nJlsie - La Flûte enchantée - l'lndifférent.\nMme Gaëtane Vicq et l'Auteur.\nImages, 2e série, pour Piano.\nCloches à travers les feuilles\nEt la lune descend sur le temple qui fut.\nPoissons d'Or. ,\nM, Ricardo Vinès.\nRimes tendres, poésies de Armand Silvestre\nQuand, à tes genoux.\nSi de mon premier rêve.\nSouvent, de nos biens, le meilleur.\nMme Lamber-Willaume et l'Auteur.\nSoirs, Préludes pour Piano.\nEn rêvant Un soir Spleen.\nDernières pages.\nM. Ricardo Vinès.\nQuatuor à cordes.\nMM. Hayot. André, Denayer et Salmon.\nCINQUIEME CONCERT\nLe Mardi 26 Mars 1912, a 9 heures du soir\nJ.-Ph. Rameau\nC. Saint-Saëns.\nClaude Debussy\nRhené-Baton .\nClaude Debussy\nRoger-Ducasse\nCinquième Concert en Trio pour Violon.\nVioloncelle et Clavecin.\nMM. Hayot, Salmon et Alfred Casella.\n3 Mélodies\nLa Cloche, poésie d'Hugo.\nClair de Lune, poésie de C. Mendès.\nJlmour O y seau, poésie de Ronsard.\nMme Auguez de Montalant.\nChildren's Corner, Suite pour Piano.\n1- Doctor Gradas ad Parnassum.\n2. Jumbo's Lullaby.\n3. Serenade for the Doll.\n4. The snou) is dancing.\n5. The little shepherd.\n6. Qolliwogg's Cake-Walk-\nM. Edouard Risler.\nLes Heures d'été, poésies d Albert Samain\nLune de cuivre.\nTon menton pose dans ta main.\nIl pleut des pétales de fleurs.\nMme Melno-Baton et l'Auteur.\nL'lsle Joyeuse, pour Piano.\nM. Edouard Risler.\nQuatuor pour Violon, Alto, Violoncelle et\nPiano (Ire audition).\nMM. Hayot, Denayer, Salmon et l'Auteur\nII"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c095", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c095", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 10, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.45", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.10", "debut_caractere": 4556, "fin_caractere_exclue": 4877, "texte": "PRIX DES PLACES : Parquets 6 fr., Ires Galeries, ler Rang 4 fr., Ires Galeries, 2me Rang 3 fr.\n2mes Galeries 2 fr.\nLa totalité des recettes sera partagée entre la Société Mutuelle des Professeurs du Conservatoire National de Musique\net de Déclamation et la Société de Secours Mutuels des Employés du Commerce cte Musique."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c096", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c096", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 65, "image_fin": 65, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.46", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.65", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2127, "texte": "CONCERTS ANNONCÉS\nSALLE\n15 Février. Mlle Chassaing (Piano) 9 heures\n16 ~ Mlle Laeuffer (Piano et Orchestre) 9\n17 Mme Dargier Peltier (Piano) 9 „\n18 „ M. Broche (Matinée d'Elèves) . . . . . . . . . 1 „\n21 „ Mlle Veluard (Piano et Violon) 9 „\n22 ~ M. E. Sauer (Récital de Piano) 9 „\n23 „ M. Grandjany (Harpe) 9 „\n25 ~ Mme Bex (Matinée d'Elèves) . 1 i „\n26 „ Mlle Caffaret (Récital de Piano) . . 9 „\n27 „ Concert Durand (Musique de Chambre) , . 9 „\n28 ~ M. Lamond (Récital de Piano) ......... 9 „\n29 „ M, E. Sauer (Récital de Piano) 9 r,\nSALLE PLETEL\nSALLE\n16 Février. Le Quatuor Capet (i* Séance) 9 heures\n17 „ Mlle Y. Astruc 9 „\n19 „ Mme de Lestang (3e Séance) . . 9 „\n21 „ Le Quatuor Le jeune (2e Séance) . . 9 „\n22 ~ Mme Legrix . . . . 9 „\n23 „ Mme Charot .... 9 ~\n24 ~ La Société Nationale de Musique (3* séance) 9 „\n25 „ M. Courras (Elèves) 9 „\n26 ~ Le Quatuor Capet (2• Séance) ......... 9 „\n27 ~ M. Waël-Munk (2e Sëance) ......... 9 „\n28 ~ Mlle Gaïda 9 „\n29 „ La Société des Compositeurs de Musique (2e Séance) .... 9 „\nSALLE DES QUATUORS\n25 ~ Mme Laënnec (Elèves) 1 ?»\n28 „ Mme Buisson (Elèves) 1 „\nSALLE G AVE AU\nGRANDE\n15 Février. Répétition publique Société Bach 4 heures\n16 ~ Concert de la Société Bach (Cantates) ç „\n18 ~ Concert Lamoureux (Orchestre) 3 m\n19 „ Concert de l'Union des Femmes Professeurs et Compositeurs (orch.) . 9 ~\n21 „ Concert de la Société Philharmonique (Quatuor Rosé) , . . 9 ~\n24 „ Concert au profit du Dispensaire antituberculeux des Ie et 2e arr. . 8 i ~\n25 „ Concert Lamoureux (orchestre) 3 „\n27 ~ Répétition publique Société Haendel 4 „\n27 ~ Concert donné par le Cercle Militaire 8 „\n28 „ Concert de la Société Haendel —Le Messie (orch. et chœurs) . - 9 ~\n29 „ Répétition publique Schola Cantorum 4 „\n29 „ Concert de la Société Musicale Indépendante 9 ft\nSALLE DES QUATUORS\n15 „ Audition des Elèves de Mme Le Faure Boucherit (piano) . . . 1 J ~\n22 „ Ie ~ „ Mme Mérigot (piano) 1 2 n\n22 ~ Audition des Elèves de Mme Marty (chant) 9 V)\n23 „ „ „ M. Jean Cavinet (piano) 8 £ „\n26 „ „ „ Mme Fabre (piano) . , . . . , 8 | „\n29 „ 2• „ „ Mme Mérigot (piano) 1 J „\n29 „ Concert Cossarini (violon) 9"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c097", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c097", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 92, "image_fin": 92, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.47", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.92", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1158, "texte": "MUSICAL\nMUSICALE\nET\n• *\nS\nRevue fondée par la\nernationale de\nusique\n(SECTION DS PARIS)\n■' • \"\nHonorée d' une souscription du Ministère de l'lnstruction Publique et des Beaux-Arts\nM. Brenet .\nJ. Lefrano\nA. Dolmetsch\nE. Poirée . .\nL. Laloy . .\nF. Blaneo . .\nDANS CE NUMERO:\nMadame de Gcnlis Mu ....\nLe Septennat de M.\nUn problème d'ornementati\nL'oreille et l'image m. . . .\nDanses d'Asie .........\nLa Musique Portugaise\nLes livres\nLE MOIS\nE. Vuillermoz\nL. de la Laurencie .\nMaurice Ravel. . .\nG. K\nAndré Lévy....\nRené Lyr\n•ti\nG. Rouchès\nV, P. . . .\nSwift\nr\n-\ny--v'\nThéâtres\nRevue de la presse quot ....\nLa Symphonie française .\nConcert Lamoureux.......\nConcerts Divers .........\nLa Province\nBelgique .\nEtranger . . .\nCours et conférences\nL'édition musicale.\nLes Fiorettis de Gabrie .. .\nÇà et Là , . .\n1\n15\n24\n31\n39\n41\n48\n55\n60\n61\n62\n64\n65\n66\n72\n73\n75\n77\n79\nDirecteur: J. ECORCHEVILLE\nSecrétaire de la Rédaction :\nCH. LEGRAND\n22, rue St. Augustin, PARIS.\nLe Directeur et le Secrétaire de la Rédaction reçoivent\nle mercredi et le samedi de 4 à 7 heures,\net M. Vuillermoz le Vendredi de 4 à 6 heures.\nRédacteur pour la Belgique\nRENE LYR\nBoitsfort-Bruxelles,\n'■ X"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-02-15-01-c098", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-02-15_01#c098", "volume": "bmtnabh_1912-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 93, "image_fin": 93, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.2.48", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.93", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2067, "texte": "CONCERTS ITALIENS DE MUSIQUE ANCIENNE\nLA LIBERA ESTETICA\nFondateurs:\nMme IDA ISO RI, cantatrice florentine\nM' PAOLO LITTA, pianiste-compositeur\n■'\n*\n%\nm\nCOMITÉ DE PATRON\nPRÉSIDENTE D'HONNEUR\nSA MAJESTÉ LA REINE MiRE, LA REINE MARGUERITE D'ITALIE\nCOMITÉ DE PRESIDENCE :\nS. Exc. Madame l'Ambassadrice d'ltalie, Donna Bice Tittoni à Paris.\nS. Exc. Mme la Pcesse Ruspoli di Poggîo Suasa Talleyrand Périgord à Paris.\nMadame la Princesse Strozzi-Corsini à Florence.\nMadame la Comtesse Béatrice Pandolfini-Corsini à Florence.\nMadame la marquise E. de Montagliari à Paris.\nMademoiselle Elena Vacaresco, femme de lettres, auteur dramatique a Paris.\nS, Exc. Le Prince Ruspoli di Poggio Suasa à Paris.\nLe duc Melzi d'Eril, duc de Lodi.\nLe Comte Brunetta d'Usseaux.\nLe Commandeur Trezza di Musella.\nMEMBRES HONORAIRES:\nM. Gabriele d'Annunzio, homme de lettres, auteur dramatique à Florence\nM, W. Bopp, Directeur de l'Académie Imp. et Roy. de Musique à Vienne.\nM. Alfred Bruneau, compositeur de musique à Paris.\nM. Carolus-Duran, Direct.de l'Acad.de France à Rome et membre de l'lnstitut.\nM. Claude Debussy, compositeur de musique à Paris.\nM. Louis Dièmer, Prof, au Cons. Nat. de musique à Paris.\nM. Vincent d'lndy, compos. de musique, Direct, de la Schola Cantorum à Paris.\nM. I. Massenet, compositeur de musique, membre de l'lnstitut.\nM. E. Mathieu, compos. de musique, Direct, du Cons. Royal de Mus. à Gand.\nM. A. Messager, compos. de musique, Direct, de l'Acad. Nat.de musique à Paris.\nM. E. Parent, professeur à la Schola Cantorum de Paris.\nM. Dr Max Reger, compositeur de musique et Directeur M. à Leipzig.\nM. Dr Richard Straùss, compositeur de musique, Generalmùsik director à Berlin.\nM. S 4 Saëns, compositeur de musique, membre de l'lnstitut à Paris.\nM. E. Tinel, compos. de musique, Direct, du Cons. Roy. de musique à Bruxelles.\nM. P. Vidal, compositeur de musique et chef d'orchestre à l'Opéra de Paris.\nM. Eugène Ysaye, virtuose, compositeur de Musique et Directeur des concerts\nYsaye à Bruxelles.\nI\nl\nt\n%\n.\nSIEGE SOCIAL\n3, Via Michèle di Lando, FLORENCE\nf\nî\nr.-\nI\nSPI"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.1", "texte": "IIIe Année.\nN° 2.\nUN AN\nlance et Belgique 15fr.\n«ion postale 20 fr.\nPARIS, 22» rue St.-Augustin\nTéléphone 204.20\nCopyright by S, I. M. 1912\n15 Février 1912.\n, v '• \"*- . , - . • ' . ■ . . . - • ' • , .- \\ ' .■ • . . . •\nAHHv i . SBBK^^SÊBÊÊK^^BBSBk\n' ' ÊMmIBBUËm\nSBÊBBk tßb ffiHHn\nW Jfljn#\n« ■■ gg WÊ h H\nHBHHk Si\nSS S 1111 wBHH\nS H H\nSBHv\nHonorée d'une souscription du Ministère de l'lnstruction Publique et des Beaux-Arts\nLe numéro s\nFrance ô Belgique 1 fo% 50\nUnion Postale 2 fr.\n\np\nikDAME DE GENLIS MUSICIENNE, par M. Brenet. LE SEPTENNAT DE M. DUJARDIN-\nEAUMETZ, par j. Lefranc. UN PROBLÊME D'ORNEMENTATION CHEZ BACH, par A. Dol-\netsch. 0 L'OREILLE ET L'IMAGE MUSICALE, par E. Poirée. 0 DANSES D'ASIE, par L. Laloy.\nLA MUSIQUE PORTUGAISE, par P. Blanco. 0 LES LIVRES.\nHÉATRES, par E. Vuillermoz. OCONCERT S, par Reynaldo Hahn, L. de ia Laurencie, Maurice Ravel.\nt PROVINCE. 0 BELGIQUE. 0 ÉTRANGER. 0 L'ÉDITION MUSICALE. 0 ST. FRANÇOIS\nD'ASSISE, par G. Pierné. OLES AMIS DE LA MUSIQUE."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.2", "texte": "1\n?■ ■\nmû\nW:>*\n, i\n' 'l \" -\n* : ;4v:- :*$\nV- -*à\n■ as s:\nFRANÇAISE\nDE LA MUSIQUE\nCOMITÉ D'HONNEUR\nM. le Président de la République.\nM. le Ministre de l'lnstruction\nM. le Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts.\nM. Gabriel FAURÈ, Dir\nM. Henry MARCEL, ancien Directeur\nde la Bibliothèque Nationale.\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nM. GUSTAVE BERLY, banquier.\nPRÉSIDENT\nM. LE COMTB GASTON CHANDON DE\nBRIAILLES.\nVICE-PRÉSIDENTS\nM. LE PRINCE A. D'ARENBERG,\nM. LOUIS BARTHOU, député, ancien garde\ndes sceaux.\nTRÉSORIER\nM. LÉO SACHS.\nSECRÉTAIRE DU CONSEIL\nM. J. PASQUIER.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL : M. J. ECORCHEVILLE,\nMEMBRES DU CONSEIL\nM™ ALEXANDRE ANDRÉ.\nMME LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, di\nraire au ministère des finances.\nM. LÉON BOURGEOIS, sénateur, ancien\nministre.\nM. GUSTAVE BRET.\nM. GUSTAVE CAHEN.\nMME MICHEL EPHRUSSI.\nMME LA COMTESSE GÉRARD DE GANAY\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE.\nMME DANIEL HERMANN.\nMME HENRY HOTTINGUER.\nM\"\" GEORGES KINEN. J? :\nMMC LA COMTESSE PAUL DE POURTALÉS.\nM. F. PRÉGRÊ.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND.\nM. ALEXIS ROSTAND, Président du Conseil\nd'Administration du\nd Escompte de Paris.\nM. LOUIS SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nM. JACQUES STERN.\nMME TERNAUX-COMPANS."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.3", "texte": "BERLIN ADOLPH FÙRSTNER 18, paris\nVictoria Strasse, 34a l 1 \\KJ 1 1 18, Rue Vignon\n•* jimonr\n'Poésies de Jlrmand Silvestre\ntT&Cises en SKCusique par\njlndré <Jfâessager\nnet : 6 francs\n\nM. SEN ART, B. ROUDANEZ 6 Cie, Editeurs, 20, rue du Dragon, PARIS.\nCOLLECTION JOSEPH DEBROUX\nL'Ecole du Violon au XVI\nme\net\nau\nXVIIF siècle\nRéalisation des Basses chiffrées par JOSEPH JONGEN\nJacques Aubert.\nLouis Aubert le fils\nBranche ....\nAntoine d'Auvergne\nDenis\nFrançois Du Val\nFrançois Francœur le cadet\nJ. Baptiste Senallié le fils\nLe Blanc\nSonate en fa majeur 2.00\nla mineur\n- sol mineur\nsol majeur\nla mineur\nla majeur\nmi mineur\nut mineur\nmi \\y maj.\nJean François d'Andrieu .\nSonate pour 2 violons en mi mineur\nDiogenio Bigaglia . . . Sonate en si \\y majeur\nEvaristo Felice Dall'Abaco fa majeur\nWENZEL PICHL . VI\nMichael Christian Festing Sonate en si mineur 2.00\nGio. Battista Somis . . sol majeur ~\nVient de paraitre :\nJ. Baptiste Loeillet .... Sonate en la> 2.00\nPagin\nC. C. Mondonville le jeune\nJean Ferry Rebel .\nJ. Baptiste Senallié le fils\nFrançois Francœur le cadet\nJean François d'Andrieu\nJean-Pierre Guignon .\nL'Abbé le fils . é\nJoseph Marchand le fils\nFrançois Bouvard .\nCarlo Tessarini.\nAntonio Vivaldi\nSonate en ré majeur 2.\nfa mineur\nré mineur\nmi majeur\nsol mineur\nsol majeur\nsol majeur\nré majeur\nSuite Sonate .\nSonate en fa majeur\nré majeur\nla majeur\n00\nFugues pour Violon seul 3 fr.\nJohn Humphries . . . Sonate en ut mineur 3.00\nArcanglo Corelli, La Folia\n3.00"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.4", "texte": "FACTEUR\nDE\nPIANOS\nGAVEAU\nFACTEUR\nDE\nPIANOS\nSiège Social : 45 et 47, rue de la Boëtie (VIIIe) PARIS\nRayon spécial de Musique\n(vente et abonnement)\nTÉLÉPHONE : 528=20\nAdresse Télégraphique\nGAVEAU=PIANOS=PARIS\nSALLES\nDE\nCONCERTS\nUsine modèle à Fontenay=\nsous=Bois (Seine)\nAgence générale à Bruxelles\nDépôt des éditions\nde la S.I.M.\nMEMBRE DU JURY HORS CONCOURS\nBARCELONE 1888, Moscou 1891, CHICAGO 1893, AMSTERDAM 1895\nPARIS 1900.\nDIPLÔMES D'HONNEUR\nAMSTERDAM 1883, ANVERS 1885, BRUXELLES 1888\nGRANDS PRIX\nHANOÏ 1893, LIÈGE 1905."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.5", "texte": "BOIRE AUX REPAS\nVICHY-CELESTINS\nEN BOUTEILLES & £ BOUTEILLES\nAPRÈS LES REPAS 2 OU 3\nPASTILLES VICHY-ETAT\nFACILITENT LA DIGESTION\nMédication alcaline à la portée de toutes les bourses avec les\nCOMPRIMES\nVICHY-ETAT\n!\nà base de SELS VICHY-ETAT permettant de préparer soi-même\nune excellente Eau minérale gazeuse\nLe Flacon de 100 COMPRIMÉS, 2 francs\n\nB\nii\nr\nT7TT-r%\ny\n\nkv> \"«sN **®»\\\nTARIF\nHOMM\n1 bain Turc complet . . . 5 fr. 50\nDAMES\n1 bain Turc complet. .... 10 fr.\n(En Salles Privées)\nSalles d'Hydrothérapie spéciale»\na douche . . . , . . . . 1 fr. 75\nGRANDES REDUCTIONS\nsur abonnements\nde 10, 25 & 50 Cachets\n18, Rue des Mathurins"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.6", "texte": "Si la fourmi était prêteuse ....."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.7", "texte": "ROUART LEROLLE & CIE\n18, BOULEVARD DE STRASBOURG, PARIS\nViennent de paraître :\nLilli Lehmann : MON ART DU CHANT\ncélèbre méthode de chant, traduction française, .... net 10 fr,\nH. Duparc: AUX ÉTOILES, à 2 mains et 4 mains . . net 1 fr. 75\nE. Satie : MORCEAUX EN FORME DE POIRE, à 4 m. net 4 fr.\n\nÉDITIONS W. HANSEN, COPENHAGUE & LEIPZIG\nEN DEPOT CHEZ ROUART LEROLLE & Cie\nLUDVIG SCHYTTE\nEtudes Modernes\n\nOp. 75. Etudes mélodiques : NET\nN° 1. Accord brisé . . . . fr. 2.35\nN° 2. Trille et Tremelo. . . 2.35\nN° 3. Octaves 2.35\nN° 4. En détachant les mains . 2.35\nN° 5. Etudes rythmiques et poly-\nrythmiques 2-3 S\nN° 6. Legato et Staccato. . . 2-3 S\nN° 7. Etudes à la main gauche. 2.35\nN° 8. Tierces et Sixtes . . . 2-3 S\nN° 9. Accords variés . . . . 2.35\nN° 10. Etudes de la pédale . . 2.35\n\nOp. 106. L'Art moderne et son interpréta-\ntion. Un cycle de petites pièces pour le\nperfectionnement de l'interprétation\nartistique des œuvres modernes, classées\nprogressivement.\nN° 1. Mélodie. 2. Cahiers, chaque 2.35\nN° 2. Elégance. Cahier 1 . . . 2.35\nCahier 2 2.70\nN° 3. Energie. Cahier 1. . . . 2.70\nCahier 2 2.35\nN° 4. Lyrisme. 2 Cahiers. Chaque 2.35\nN° 5. Bravoure. 2 Cahiers.Chaque 2.35\n\nAUG. WINDING : 24 PRÉLUDES.\nEd. annotée par A. Wouters net 5 fr."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.8", "texte": "Comptoir National d'Escompte\nDE PARIS.\nCAPITAL : 200 Millions de francs, entièrement versés.\nSIÈGE SOCIAL\nRUE BERGERE\nSUCCURSALE : 2, Place de l'Opéra, PARIS.\nPrésident dit Conseil d'Administration : M. ALEXIS ROSTAND\nVice-Président, Directeur : M. E. ULLMANN,\nAdministtateur Directeur : M. P. BOYER.\nOPÉRATIONS DU COMPTOIR\nBons à échéance fixe, Escompte et Recouvrements, Escompte de chèques, Achat et vente de\nonnaies étrangères. Lettres nt-rWo a'ru*™\nMonnaies étrangères, Lettres de Crédit, Ordres de Bourse, Avances sur Titres, Chèques, Traites,\nince et à l'Etranger, Souscriptions, Garde de Titres, Prêts hypothécaires\nEnvois de Fonds en Province i lwollJFUUltw,\nmaritimes, Gaiantie contre les risques de remboursement au pair, Paiements de coupons, etc.\no\n'CD\nO\nen\nT 3\no\np\n<CD CO\n\"3\nCO o\n-CS\nO\nCD GO\n_Q\nO\n03\n—■ CL\nco\nT 3\nO\nCO\nAGENCES\n38 Bureaux de quartiers dans Paris 15 Bureaux de Ban =\nlieue 150 Agences en Province 11 Agences dans les\ncolonies et pays de protectorat 1 2 AGENCES A L'ÉTRANGER.\nLOCATION DE COFFRES-FORTS\nLe Comptoir tient un service de coffres-forts à la disposition\ndu public, 14, rue Bergère; 2, place de VOpéra; 747, boulevard\nSaint-Germain; 49, avenue des Champs-Elysées, et dans les\nprincipales Agences.\nUNE CLEF SPÉCIALE UNIQUE EST REMISE\nA CHAQUE LOCATAIRE.\nLa combinaison est faite et changée par le locataire, à son\ngré. Le locataire peut seul ouvrir son coffre.\n\nSOCIÉTÉ GÉNÉRALE\nPour favoriser le développement du Commerce et de l'lndustrie en France.\nSOCIÉTÉ ANONYME. CAPITAL ; 400 MILLIONS.\nSIEGE SOCIAL ; 54 et 56, Rue de Provence\nSUCCURSALE-OPERA ; 1, Rue Halévy\nSUCCURSALE ; 134, Rue Réaumur (Place de la Bourse)\nà PARIS.\nDépôts de fonds à intérêts en compte ou a échéance fixe (taux des dépôts : de 1 an à 2 ans 2°/0 ;\nde 4 ans a 5 ans 3 °/0 ; net d'impôt et de timbre) ; Ordres de Bourse (France et Etranger) ;\nSouscriptions sans frais ; Vente aux guichets de valeurs livrées immédiatement (Obi. de Ch. de\nfei, Obi. et bons à lots, etc.) ; Escompte et Encaissement d'Effets de Commerce et de Coupons\nfiançais et étrangers ; - Mise en règle et Garde de titres ; Avances sur titres ; Garantie contre\nle remboui sement au pair et les risques de non-vérification des tirages , Virements et chèques sur\nla P lance et 1 Etranger ; Lettres et Billets de crédit circulaires; Change de monnaies\nétrangères. Assurances (Vie, Incendie, Accidents), etc.\nSERVICE DE COFFRES-FORTS\n(Compartiments depuis 5 fr. par mois ; tarif décroissant en proportion\nde la durée et de la dimension.)\n90 succursales, agences et bureaux à Paris et dans la Banlieue ; 832 agences en Province ; 3 agences\nà l'Etranger (Londres, 53, Old Broad Street ; Bureau à West-End, 65, 67, Regent-Street), et\nSt-Sebastien (Espagne) ; correspondants sur toutes les places de France et de l'Etranger. Corres-\npondant en Belgique et Hollande : Société française de Banque et de dépôts, Bruxelles, 70, rue\nRoyale ; Anvers, 74, place de Meir ; OstendQ., 21, avenue Léopold ; Rotterdam, 103, Leuvehaven."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.9", "texte": "Administration de Concerts A. DANDELOT, 83, rue d'Amsterdam\nSALLE ÉRARD 13, RUE DU MAIL\nLUNDI 26 FEVRIER et MERCREDI 13 MARS 1912\nDEUX RÉCITALS DE PIANO\ndonnés par\nMademoiselle LUCIE CAFFARET\nPREMIER RECITAL\nLundi 26 Février 1912 à 9 heures précises\nI. Prélude et fuge la mineur (pour orgue) BACH-LISZT\n11. Sonate si mineur CHOPIN\n111. Deux moments musicaux\nUt dièze mineur fa mineur\nDeux impromptus\nLa bémol majeur - si bémol majeur\nIV. Venezia e Napoli LISZT\nPRIX DES PLACES : Parquet 10 frs.\nSCHUBERT\nDEUXIEME RECITAL\nMercredi 13 Mars 1912 à 9 heures précises\ny\nI. Sonate fa majeur MOZART\n11. Pièces brèves G. FAURÉ\n111. Sonate ut majeur WSBER\nIV. 3 Novelettes Nos. 1-4-8. . . . SCHUMANN\nMazeppa LISZT\nler Galerie 5 frs. 2e Galerie 3 frs.\n\nSALLE DES AGRICULTEURS, 8, RUE D'ATHENES\nVENDREDIS 1 et 8 MARS 1912, à 9 heures précises\nDîhUJi RÉCITALS DE\n* * ALFRED CORTOT * *\nVENDREDI i MARS à 9 heures précises\nPROGRAMME\n1. a) Concerto d'après Vivaldi. Wilh. Friedmann BACH\nb) Andante Spianato et Polonaise op. 22 Fr. CHOPIN\n2. Carnaval op. 9 R. SCHUMANN\n3. Variations et Fugue sur un thème\nde Haendel J. BRAHMS\n4. a) Légende (St. Fr.de Paule march.\nsur les flots) ....\nb) La Leggerezza\nc) 2e Rapsodie Hongroise .\nPiano Pleyel\nPrix des places : Fauteuil, Ie série 10 fr. —2e série 6\nF. LISZT\nVENDREDI 8 MARS à 9 heures précises\nPROGRAMME\n1. 24 Préludes F. CHOPIN\n2. Sonate en mi min. (déd. à Schum.) F. LISZT\n3. Scènes d'enfants R. SCHUMANN\n4. a) Bourrée Fantasque )\nb) Idylle }E- CHARRIER\nc) 6e Barcaroîle G. FAURÉ\nd) Triana ALBENIZ\ne) Etude en forme de Valse . . C. SAINT-SAENS\nPiano Pleyel\nfr. Parterre 3 fr. Balcon 5 fr. Galerie 3 fr.\n\nSALLE ÉRARD, 13 rue du Mail\nDeux Récitals de Piano donnés par EMIL SAUER\nles «Jeudis 22 et 29 Janvier 1912, à 9 h. très préc. du soir\nlr RECITAL\nJEUDI 22 FÉVRIER 1912\n1. Sonate op. 5 en fa mineur J. BRAHMS\n2. A) Nocturne op. 23, No. 4 ) crumrAvxT\nB) Hallucinations ; lANN\n3. A) Fantaisie op. 49\nB) Nocturne op. 27 No. 2 . . , , .\nc) Etude\n4. A) Ricordanza . . )\nB) Harmonies du Soir )\nc) Ala Valse ) „ ,\nD) Vision ) nouv. Etudes de conc.\n5. Paraphrase de concert sur l'opéra\n\" Eugène Onegin \" . . . . TSCPÏAIKOWSKI-PABST\nFr. CHOPIN\nFr. LISZT\nE. SAUER\n2e RECITAL\nJEUDI 29 FÉVRIER 1912\n1. Sonate op. 53 (L'Aurore) . .\n2. Fantaisie op. 17 en ut majeur\n3. A) Ballade op, 38\nB) Berceuse op. 57\nc) Fantaisie-Impromptu op. 66\nD) Valse\n3. A) Clair de Lune. * . . . .\nB) Toccata op. 18 No. 4 , . .\nc) Vecchio-Minuetto ....\nD) Moto perpetuo en octaves.\n5. Carnaval de Pesth (Rhapsodie No\nL. v. BEETHOVEN\nR. SCHUMANN\nFr. CHOPIN\n. Cl. DEBUSSY\n•J G. SGAMBATI\n. E. SAUER\n9) Fr. LISZT\nPRIX DES PLACES : Fauteuil Réservé 20 fr. Fauteuil de Parquet, 1 série 10 fr ~ 2 série 6 fr.\npremière galerie, 1 rang 8 fr., 2 rang 5 fr. Fauteuil de deuxième galerie 4 fr.\nFauteuil de"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.10", "texte": "Administration de Concerts A. DANDELOT, 83, rue d'Amsterdam.\nCinq Séances de Musique Instrumentale\net Vocale Française\nPREMIER CONCERT\nLe Mardi 27 Février 1912, à 9 heures du soir\nJ.-Ph. Rameau .\nMaurice Ravel .\nC. Saint-Saëns. .\nGabriel Fauré. .\n, Claude Debussy .\nVincent d'lndy .\nPremier Concert en Trio, pour Violon,\nVioloncelle et Clavecin.\nMM. Hayot, Salmon, Alfred Casella.\nHistoires Naturelles, de Jules Renard.\nLe Çrillon Le Cygne La 'Pintade.\nMme Lamber-Willaume et l'Auteur.\nSuite pour piano.\n'Prélude et Fugue\ntJtâenuet Çavotte Gigue.\nM. Ricardo Vinès.\nPoème d un jour, de Ch. Grandmougin.\nRencontre toujours Jldieu.\nMlle Germaine Sanderson et l'Auteur.\nEstampes pour piano.\nPagodes Soirée dans Qrenade.\nJardins sous la pluie.\nM. Ricardo Vinès.\nQuatuor pour Violon, Alto, Violoncelle et\nPiano.\nMM. Hayot, Denayer, Salmon et Robert\nLortat.\nSOUS LE PATRONAGE DE\nMM. A. Durand\net Fils\nEditeurs\nSalle ERARD\nles Mardis 27 Février,\n5, 12, 19 et 26 Mars\n1912\nà 9 h. précises du soir\nDEUXIEME CONCERT\nLe Mardi 5 tMars 1912, à 9 heures du soir\nJ.-Ph. Rameau . , Deuxième Concert en Trio, pour Violon,\nVioloncelle et Clavecin.\nMM. Hayot, Salmon et Alfred Casella.\nLouis Aubert . . . Crépuscules d'Automne.\nPrélude, poésie de A. Ferdinand Hérold.\nSilence. poésie de A. Samain.\nBrodeuses, poésie de C. Mauclair.\nMme Gaëtane Vicq et l'Auteur.\nRoger-Ducasse . . Six Préludes pour Piano.\nM. Edouard Risler.\nClaude Debussy . . Promenoir de deux Amants, poème de Tris-\ntan Lhermite.\n1- Jluprès de cette grotte sombre...\n2. Crois mon conseil, chère Climène..,\n3. Je tremble en voyant ton visage.,.\nMme Maggie Teyte et l'Auteur.\nGustave Samazeuilh Suite pour Piano.\n1- ~ 2. Française ~ 3. Sarabande\n4. Divertissement -5. (Musette - 6. Forlane\nM. Edouard Risler.\nMaurice Ravel . . Quatuor à cordes-\nMM. Hayot, André, Denayer et Salmon.\nTROISIÈME CONCERT\nLe Mardi 12 Mars 1912, a 9 heures du soir\nJ.-Ph. Rameau\nClaude Debussy\nMaurice Ravel\nRoger-Ducasse\nClaude Debussy\nC. Saint-Saëns.\nTroisième Concert en Trio pour Violon,\nVioloncelle et Clavecin.\nMM.J Hayot, Salmon et Alfred Casella.\nFêtes Galantes, 2e recueil, poésies de Paul\nVerlaine.\nLes Ingénus —Le Faune\nColloque sentimental.\nMme Maggie Teyte et l'Auteur.\nValse noble et sentimentale-\nPiano : l'Auteur.\nDeux Poèmes de Georges Rodenbach.\nLe cœur de l'eau Les pièces d'eau.\nMlle Rose Feart et l'Auteur.\nImages, Ire série pour Piano.\nReflets dans l'eau Hommage à Ra-\nmeau Mouvement.\nM. Ricardo Vinès.\nQuatuor pour Violon, Alto, Violoncelle et\nPiano.\nMM. Hayot, Denayer, Salmon et Robert\nLortat.\nAVEC LE CONCOURS DE\nMesdames\nAuguez de Montalant\nRoseFéart, Lamber-Willaume\nMelno-Baton,\nGermaine Sanderson\nMaggie Teyte, Gaëtane Vicq\nMessieurs Gabriel Fauré,\nClaude Debussy\nRoger-Ducasse, Maurice Ravel\nLouis Aubert, Rhené-Baton\nAlfred Casella, Robert Lortat\nEdouard Risler,\nRicardo Vinès\net le Quatuor : MM. Hayot,\nAndré, Denayer, Salmon.\nQUATRIEME CONCERT\nLe Mardi 19 Mars 1912, a 9 heures du soir\nJ.-Ph. Rameau .\nMaurice Ravel. .\nClaude Debussy .\nLouis Aubert . .\nFlorent Schmitt .\nErnest Chausson\nQuatrième Concert en Trio, pour Violon,\nioloncelle et Clavecin.\nShéhérazade, poèmes de Tristan Klingsor.\nJlsie - La Flûte enchantée - l'lndifférent.\nMme Gaëtane Vicq et l'Auteur.\nImages, 2e série, pour Piano.\nCloches à travers les feuilles\nEt la lune descend sur le temple qui fut.\nPoissons d'Or. ,\nM, Ricardo Vinès.\nRimes tendres, poésies de Armand Silvestre\nQuand, à tes genoux.\nSi de mon premier rêve.\nSouvent, de nos biens, le meilleur.\nMme Lamber-Willaume et l'Auteur.\nSoirs, Préludes pour Piano.\nEn rêvant Un soir Spleen.\nDernières pages.\nM. Ricardo Vinès.\nQuatuor à cordes.\nMM. Hayot. André, Denayer et Salmon.\nCINQUIEME CONCERT\nLe Mardi 26 Mars 1912, a 9 heures du soir\nJ.-Ph. Rameau\nC. Saint-Saëns.\nClaude Debussy\nRhené-Baton .\nClaude Debussy\nRoger-Ducasse\nCinquième Concert en Trio pour Violon.\nVioloncelle et Clavecin.\nMM. Hayot, Salmon et Alfred Casella.\n3 Mélodies\nLa Cloche, poésie d'Hugo.\nClair de Lune, poésie de C. Mendès.\nJlmour O y seau, poésie de Ronsard.\nMme Auguez de Montalant.\nChildren's Corner, Suite pour Piano.\n1- Doctor Gradas ad Parnassum.\n2. Jumbo's Lullaby.\n3. Serenade for the Doll.\n4. The snou) is dancing.\n5. The little shepherd.\n6. Qolliwogg's Cake-Walk-\nM. Edouard Risler.\nLes Heures d'été, poésies d Albert Samain\nLune de cuivre.\nTon menton pose dans ta main.\nIl pleut des pétales de fleurs.\nMme Melno-Baton et l'Auteur.\nL'lsle Joyeuse, pour Piano.\nM. Edouard Risler.\nQuatuor pour Violon, Alto, Violoncelle et\nPiano (Ire audition).\nMM. Hayot, Denayer, Salmon et l'Auteur\nII\n\nPRIX DES PLACES : Parquets 6 fr., Ires Galeries, ler Rang 4 fr., Ires Galeries, 2me Rang 3 fr.\n2mes Galeries 2 fr.\nLa totalité des recettes sera partagée entre la Société Mutuelle des Professeurs du Conservatoire National de Musique\net de Déclamation et la Société de Secours Mutuels des Employés du Commerce cte Musique."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.11", "texte": "Il n'y a pas plus d'une dizaine d'années que M. Emile Faguet s'est fait\ndevant le tribunal littéraire le promoteur d'un procès de réhabilitation,\nou, comme il le dit lui-même, de \" demi-réhabilitation \" de Madame de\nGenlis. Le feuilleton du des dans lequel il souhaitait de\nvoir un candidat aux grades universitaires consacrer à la célèbre comtesse\nune thèse \" qui ne fût pas une apologie, mais qui fît ressortir les côtés\noriginaux de cet esprit actif et ingénieux \" a donné le branle à l'enquête\nprésentement poursuivie, où \" l'avocat du diable \", pour parler le langage\ndes cours ecclésiastiques, trouve plus d'arguments que celui de la vertu-\nLa plus récente et la plus complète des publications qui s'y rapportent est\nun gros et beau livre de M. Jean Harmand, si justement conforme au\nprogramme fixé, que M. Faguet en personne l'a patronné et résumé dans\nune charmante préface1.\nLes lecteurs pressés, qui se font gloire de toujours sauter les préfaces,\nliront celle-ci, parcequ'elle est signée Faguet, et l'ayant lue, prêteront au\n\n1 JEAN HARMAND, Madame de Genlis, sa vie intime et politique, 1746-1830, Paris, Perrin, 1912, in-8° de\nXii-557 p."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.12", "texte": "livre une meilleure attention. La matière et la manière les attacheront\nassez pour que, informés de mille détails, amusés de mille traits, intéressés\npar une vie si active et si traversée, ils aillent presque sans s'en douter\njusqu'à la dernière de ses cinq cent trente pages. Oserons-nous dire ici\nque nous eussions souhaité en trouver dix de plus, et que M. Jean Har-\nmand voulût ou sût écrire un chapitre sur Madame de Genlis musicienne ?\nIl|se peut que ce côté du sujet ait paru ne pas entrer dans le cadre\naccoutumé des travaux d'histoire littéraire, où la musicologie n'est pas\nencore acclimatée ; mais la musicologie a des droits sur la belle joueuse de\nharpe, qui chantait, improvisait, jouait de plusieurs instruments, imaginait\ndes perfectionnements de doigté et d'exécution, formait des élèves, publiait\ndes méthodes et, comme en toute chose, attachait grande importance à\nchacun de ses talents, dont elle faisait, à toute occasion, étalage, par actions,\npar paroles, et par écrits.\nA l'en croire, elle avait six ans lorsque pour la première fois elle éprouva\nune grande émotion musicale.1 Pendant le voyage à Paris, qu'elle fit avec\nsa mère, en 1752-53, on la mena à l'Opéra, qui lui causa \" un ravissement\ninexprimable \" et où \"le fameux Chassé, qui était déjà très vieux \" la fit\n\" frémir, en arrachant tous les arbres des coulisses \"2. Le jeu de l'acteur et\nl'attrait du spectacle eurent problamement plus de part que la musique\ndans l'impression ressentie par cette enfant, déjà dressée à paraître en\n\" bel habit \" ou en \" habit de marmotte \" sur les théâtres de société.\nQuoiqu'il en soit, à son retour à Saint-Aubin, lorsqu'il fut temps de lui\ndonner une institutrice, son père, qui jouait du violon, et sa mère, qui\nraffolait de comédie et d'opéra, eurent soin de porter leur choix sur une\nmusicienne. \" Mademoiselle de Mars disent les de Madame\nde Genlis, \" était fille de l'organiste de Vannes, était excellente musicienne\net jouait parfaitement du clavecin \". Au rapport du M. Harmand,\nSévelinges s'est moqué de ce nom \" pompeux \" et l'a supposé d'emprunt :\nil était très véritable, et Madame de Genlis se bornait à en choisir l'ortho-\ngraphe la plus élégante. Au privilège qu'il avait obtenu en 1735 pour la\npublication de ses œuvres, le père de l'institutrice était appelé \" Charles\n\n1 Stéphanie-Félicité ou Etiennette-Félicité Du Crest était née à Champcéry près Autun, le 26 janvier 1746.\nC'est en 1751 que son père fit l'acquisition de la terre de Saint-Aubin, dont il prit le nom et où il fixa sa\nrésidence.\n2 Chassé, né à Rennes en 1699, avait 53 ou 54 ans. Roland était son meilleur rôle. Il y avait succédé à\nThévenard, pour la reprise de 1743, et quitta l'Opéra en 1756. Si, comme l'a écrit Lajarte, il l'avait tenu\n\" pendant quarante-deux ans sans interruption \", il s'en serait emparé dès l'âge de quinze ans.\n\n2\nS. I. M."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.13", "texte": "MADAME DE GENLIS MUSICIENNE\n3\n\nDemars, organiste de notre cathédrale du Présidial de Vannes en Bretagne\net au titre des Pièces de Clavecin qu'il fit graver la même année, et qui\nfurent mises en vente à Paris, chez la Veuve Boivin et chez Leclerc, et\n\" chez l'auteur, à Vannes \", il se nommait \" Mr de Mars le cadet, orga-\nniste de l'église cathédrale de Vannes\"1. Sa fille, Hélène-Louise Demars,\nayant fait enregistrer le i 8 février 1752 un privilège obtenu le 20 décembre\nprécédent \" pour des œuvres de musique tant vocale qu'instrumentale de\nsa composition \", pouvait être un peu plus âgée et un peu moins ignorante\nque son élève ne l'a dit. Sur un \" bon vieux clavecin de Ruckers \",\ndécouvert à Saint-Aubin, elle m'apprit, écrit Madame de Genlis, \" à\nrépéter passablement sept ou huit pièces \" : les trois suites qui forment le\nlivre de Charles Demars furent sans doute mises à contribution pour ce\nrépertoire, et l'on doit supposer aussi que la jeune Félicité chanta les\ncantatilles que composait son institutrice et qu'elle faisait graver. \" J'avais\nune belle voix, dit la comtesse, et je chantais trois ou quatre cantates de\nClerambault, c'en était assez pour enchanter mes parents... \" La grande\naffaire était de briller sous plusieurs aspects dans les spectacles de salon\nqui se renouvelaient sans cesse à Saint-Aubin. L'enfant passait quatre\nheures par jour à l'étude du chant, du clavecin, de la guitare. Sa mère,\nqui s'occupait rarement d'elle, la reprenait à l'institutrice ou aux femmes\nde chambre pour lui faire apprendre ses rôles ; grisée d'éloges, Félicité\ns'accoutumait à ne connaître l'art que par l'usage qu'elle en faisait, à n'y\nchercher qu'un moyen de succès.\nVers l'âge de dix ans, elle fut ramenée à Paris, où ses parents lourde-\nment endettés, voulaient tenter de mettre ordre à leurs affaires. En atten-\ndant la fin d'une liquidation qui allait les conduire tout droit à la misère,\nMadame Du Crest et sa fille menaient large existence et passaient toutes\nleurs soirées dans les loges de Madame de Montesson, à la Comédie\nfrançaise où à l'Opéra. C'est ainsi que la future Comtesse de Genlis fut\ntémoin des débuts de Sophie Arnould, dont l'habit lilas et argent, et le\ngrand panier, firent dans sa mémoire une impression plus profonde que le\nchant et le jeu de l'actrice, ou la musique qu'elle exécutait. Mademoiselle\nde Mars avait accompagné son élève à Paris, et dut s'en séparer lorsque la\nruine des Du Crest fut consommée. Elle épousa, peu après, le violoniste et\néditeur de musique Jean-Baptiste Venier, dit Venieri, et figure sous ce\n\n1 Ce livre de Pièces de Clavecin existe àla Bibl. Nationale, cote Vm7, 1890."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.14", "texte": "nom en tête de la liste des \" maîtresses de clavecin dans le Tableau\nde Paris pour 1759. 1\nLes douze cents francs de rente viagère qui restaient aux époux Du\nCrest, une fois leurs dettes payées, étaient pour leurs habitudes, autant\nque rien. Tandis donc que le malheureux seigneur de Saint-Aubin,\ncommençait, en France et à l'étranger, une vie d'expédients, sa femme,\nqui avait deux ans durant reçu l'hospitalité d'une cousine, n'hésita point\nà accepter celle du fermier général Le Riche de La Pouplinière, dans sa\nmaison de Passy. Chez ce Mécène, dont le rôle dans l'histoire de la\nmusique française réclame une étude particulière le talent de Félicité\nse trouvait en serre chaude.\nNon-seulement la messe en musique, les concerts du Dimanche soir,\net les petites séances dans lesquelles elle fut bientôt admise à se produire,\npermirent à la jeune fille de connaître ce que l'art symphonique à sa\nnaissance et la musique de chambre offraient alors de meilleur, mais dans\nl'orchestre excellent et nombreux que l'opulent financier entretenait à ses\ngages, elle distingua un instrument, nouveau pour elle, la harpe, pour\nlequel, racontent ses Mémoires, elle prit \" une passion démesurée \" ; elle\n\" conjura \" sa mère de le lui faire enseignér. Le musicien qui en jouait\nchez La Pouplinière était un allemand nommé Gœpfer, qu'à Passy l'on\nappelait \" le roi David \", et que Madame de Genlis nomme et les\njournaux du temps Geopfemou Geopjfert.Dès 1749 il avait paru, comme\nharpiste, au Concert Spirituel, sans exciter grande curiosité, et depuis lors\nil travaillait à perfectionner la facture de son instrument, par l'adjonction\nde pédales. A l'époque où Félicité le connut, il venait d'atteindre dans\ncette direction \" toute la perfection \" dont la harpe paraissait susceptible,\net, aidé de son frère cadet, il fabriquait et vendait chez lui, cc dans l'enclos\ndes quinze-vingts \" des instruments \"de différentes grandeurs \"3. Les\n\n1 Jean-Baptiste Venier, qui avait exécuté un duo de violons avec Giardini au Concert Spirituel, le 3 avril\n1750, était encore en 1775 membre de l'orchestre de ce concert ; le Tableau de Paris pour Vannée 1759, de\nJèze, le range parmi les \" Maîtres de violon et pardessus de viole \" et donne son adresse \"rue Saint-Thomas\nde Louvre \"; au paragraphe des \" maîtresses pour le clavecin le même auteur nomme \" Madame Venieri,\nci-devant Melle de Mars, rue Saint-Thomas du Louvre Venier, qui est appelé Veniery dans une liste\nsemblable en 1754, tenait dès 1755 à la même adresse un commerce de musique, où il s'était fait la spécialité\nd'éditer désœuvrés étrangères, et dont le fonds en ce genre fut considérable. En 1754, le Journal du Citoyen,\ndans la liste des organistes de Paris, mentionnait deux fois, pour l'orgue de Saint-Jacques la Boucherie, et pour\ncelui de Saint Nicolas du Chardonnet, un Demars, appartenant sans doute à la famille de l'institutrice de\nMadame de Genlis.\n2 Cette étude a été entreprise par un de nos jeunes confrères et sera, nous l'espérons, prochainement\npubliée.\n3 La Feuille nécessaire, n° du 12 mars 1759.\n\n4\nS. I. M."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.15", "texte": "MADAME DE GENLIS MUSICIENNE\n5\n\nfrères GaifFre, a dit Madame de Genlis, \" d'une probité et d'une bonté\nparfaites, mais d'une extrême simplicité, ne tirèrent aucun parti pour leur\nfortune \" de l'invention des pédales, que reprirent avec grand profit de\nplus habiles et plus heureux facteurs, Salmon, Naderman, Louvet, les\nCousineau \\ Gœpfer l'aîné, ajoute-t-elle, était \" bon mécanicien et\ngrand musicien \" mais \" mauvais exécutant \" ; il \" manquait de doigts \" ;\nil ne faisait pas de \" cadences \" ; il posait mal ses élèves, et ne leur\napprenait à faire que des \" arpègements \", à jouer \" que des romances\nSi l'on sait lire entre les mots, on voit comment l'adroite comtesse réussit\nà nous démontrer qu'elle surpassa d'emblée son maître et tous les harpistes\nde l'époque ; ce ne fut d'ailleurs pas sans peine : au début, n'ayant pas\nd'instrument à elle, elle ne pouvait étudier que sur la harpe de son maître,\nqui, charmé de ses dispositions, lui donnait deux fois par semaine\n\" d'énormes leçons, et quelquefois de trois heures Dès qu'elle eut décidé\nsa mère à lui donner une harpe, sa \" passion \" et son \" ardeur \" qui\ncroissaient avec ses succès, la portèrent à jouer, assure-t-elle \" au moins\nsept heures par jour, très souvent huit ou neuf, quelquefois dix ou douze\nAussi, toujours d'après son propre récit, faisait-elle \" d'inconcevables\nprogrès \", et, se servant d'un doigté par elle entièrement réformé, était-elle\ndevenue \" réellement de la première force, et d'une force tout-à-fait\ninconnue jusqu'alors sur cet instrument On venait l'entendre \" comme\nune merveille \" et, à son exemple, \" tout le monde \" voulant soudain\napprendre à jouer de la harpe, Gœpfer, \" qui en était le seul maître, ne\npouvait plus suffire à ses écolières \"2.\nMadame de Genlis oublie un peu que pour la harpe, elle eut\ndes collaborateurs. On a de Diderot une lettre écrite en 1760, après une\naudition du comte Oginski ; la même année, Hochbrucker s'était fait\nentendre au Concert Spirituel; en 1761 ce fut J.-Th. Mayer, dont le\nsuccès se prolongea dans les saisons suivantes, en 1762, Mademoiselle\nBaur, \" âgée de treize ans et demi \" ; si bien, qu'au commencement de\n1764, /'Avant-Coureur pouvait écrire : \" On sait combien la harpe est\ndevenue à la mode parmi nous\nMais tous ces professionnels, nous affirme la comtesse, \"jouaient peu\nde difficultés, et rien de plus que leurs propres pièces \", tandis qu'elle\nexécutait \" toutes les pièces de clavecin les plus difficiles \" et jusqu'à \" la\n\n1 Cf. GENLIS, Mémoires, I, 87 et suiv. ; Méthode de harpe, p. 2 et 3.\n2 GENLIS, Mémoii'es, I, 100 et suiv."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.16", "texte": "cadence de Honavre \", artifice de doigté qu'elle se faisait gloire d'avoir\nsu dérober à son maître de clavecin, Antoine Honauer.\nEncore n'était-ce pas son seul talent : à côté de ses sept à douze heures\nd'étude sur la harpe, l'infatigable jeune fille trouvait le temps de jouer du\nclavecin, de la guitare, de la musette et du pardessus du viole, d'apprendre\nl'accompagnement avec Philidor, et de se \" perfectionner \" dans le chant\nitalien avec Pellegrino, qui venait lui donner sa leçon à six heures du\nmatin.\nLe jour n'était pas éloigné où tout cela devrait lui rapporter mieux que\ndes succès honorifiques. Lorsque, après le second mariage de La Poupli-\nnière, la \" belle compagnie \" de Passy se trouva congédiée, et que\nMadame Du Crest et sa fille allèrent mener une existence médiocre dans\nun logis quelconque, Félicité fut heureuse de pouvoir multiplier des\nauditions mondaines, plus ou moins discrètement rémunérées par le don\nd'une robe ou d'une bourse garnie. Mais le plus beau gain que lui valurent\nses talents fut un mari : car c'est, dit-on, à la vue d'une miniature qui la\nreprésentait, \" ses mains mignonnes enlacées au royal instrument, avec une\ngrâce enfantine \", que le comte de Genlis s'éprit d'elle. Le mariage eut\nlieu, ainsi que l'a pour la première fois précisé M. Harmand, à Saint-\nAndré-des-Arcs, le 8 novembre 1763, et n'arrêta ni le zèle ni les progrès\nde Félicité dans la musique. Obligée de résider en province, elle y conti-\nnuait ses exercices. D'un voyage à Paris, le comte ayant ramené Prover,\n\"le fameux hautbois \", celui-ci, tout en exprimant une admiration\n\" passionnée \", osa pourtant s'étonner de trouver Madame de Genlis \" si\npeu musicienne \" et la \" conjura de déchiffrer tous les jours une heure\nce à quoi elle ne manqua point ; si bien que, nous dit-elle avec son ordi-\nnaire modestie, \" en moins de six mois je déchiffrai tout à livre ouvert, et\nj'ai poussé ce talent aussi loin qu'il peut aller\nVoilà donc Madame de Geniis, à vingt ans, en possession d'un talent\nqu'elle a pris tous les soins imaginables pour acquérir et dont l'exploitation\nmondaine va remplir la seconde période de son existence, les seize années,\nenviron, qu'elle vécut à peu près constamment à Paris, depuis son retour\nde Bourgogne jusqu'à sa nomination de gouvernante des princes et prin-\ncesses d'Orléans. Nous ne la suivrons pas dans les récits de ses triomphes,\n\n6\nS. I. M."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.17", "texte": "MADAME DE GENLIS MUSICIENNE\n7\n\nrécits assez connus et d'ailleurs intéressants pour l'histoire de la musique\nfrançaise, puisque l'on y voit passer, pour autant qu'ils ont participé\naux mêmes concerts, aux mêmes comédies, que Madame de Genlis, ou\nqu'ils l'ont louée ou servie par quelque morceau destiné à sa harpe ou à sa\nvoix, maints artistes célèbres, Gluck, Monsigny, Philidor, Gaviniés,\nBarthélemon, Viotti, Cramer (le violoniste), Jarnowick, Duport, Albanese,\nMadame Louis. Ses prouesses musicales redoublaient depuis qu'elle était\ninstallée au Palais-Royal, en qualité de \" dame \" de la duchesse de\nChartres, et qu'en plus des \" musiques intimes \" de cette princesse, elle\nbrillait dans ses propres \" samedis C'était le temps où Gluck faisait\njouer ses tragédies lyriques dans la salle, toute voisine, de l'Opéra, et venait\ndeux fois par semaine l'entendre \" chanter ses beaux airs et jouer sur la\nharpe ses ouvertures —\" On imagine bien, ajoute Madame de Genlis,\nque je me déclarai Gluckiste !\" 1\nLa contre-partie de sa naïve insistance à se vanter est fournie par la\nbaronne d'Oberkirch, qui, visiblement, la détestait : \" Elle pose sans cesse,\ndit-elle (et nous la croyons sur parole)... Un ridicule immense de cette\nfemme masculine, c'est sa harpe ; elle la porte partout, elle en parle\nlorsqu'elle ne l'a point, elle joue sur une croûte de pain et elle s'exerce\navec une ficelle. Quand on la regarde, elle arrondit le bras, pince la bouche,\nprend un air sentimental, un regard analogue et remue les doigts. Mon\nDieu ! que le naturel est une belle chose \" ! Le portrait se corse d'une\nanecdote, qui montre Madame de Genlis apportant, sans en être priée, sa\nharpe dans une soirée de musique ; elle s'établit au milieu des musiciens\nengagés pour le concert, \" régenta, parla, chanta, pérora, administra à\nchacun sa remontrance \" et finalement eût fait marcher le concert \" tout\nà rebours \", mais sans doute à son profit, si l'une des personnes présentes\nne l'eût pas \" lutinée \" 2.\nL'historiette se rapporte à l'année 1786, où Madame de Genlis\npuisait un surcroît de suffisance dans les fonctions de gouvernante, exercées\ndepuis quatre ans. La vocation pédagogique, qui couvait en elle dès\nl'enfance puisqu'à Saint-Aubin on la trouvait prêchant par la fenêtre\n\n1 Madame de Genlis n'a pas parlé des musiciens de son temps uniquement dans plusieurs passages de ses\nMémoires, et dans sa Méthode de harpe, où elle donne son opinion sur les harpistes, ses rivaux : elle place dans\nles Veillées du château une petite dissertation sur Gluck et Piccinni, et un résumé d'histoire de la musique, fait\nau moyen d'extraits des Essais de La Borde (Veillées, édit., Maradan, t. 111, p. 379 et 455) 3 et surtout, elle\ns'étend sur les mêmes sujets dans son Essai sur les beaux-arts, dont le MS. inédit existe à la Bibliothèque\nde Nancy.\n2 Mémoires de la baronne d'Oberkirch, t. 11, p. 60 et 260."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.18", "texte": "ài des petits paysans les leçons qu'elle venait d'apprendre, avait fait\nexplosion dès le jour de sa nomination, dans Adele et Théodore. On sait\nque sous le déguisement assez mince d'une fiction littéraire, cet ouvrage\nétait l'exposé d'une méthode universelle, qu'elle tenait toute prête. Nous\ny trouvons donc les principes de son enseignement musical, et l'idée\nqu'elle concevait du rôle de la musique dans l'éducation des classes\nsupérieures.\nCette idée est en conformité parfaite avec tout ce que nous savons du\ntalent de la Comtesse : la musique est un art d'agrément ; un attrait ajouté\nà leurs charmes naturels par les femmes douées de \" dispositions \" ; un\nmoyen de se produire dans le monde ; un moyen de s'y pousser au premier\nrang ; un des \" petits talents agréables \" dont la jeune fille bien née doit\nposséder \" une infinité \", comme de \" sabler les surtouts de table pour\nle fruit \", ou de faire \" les plus jolies découpures du monde \", les \" chiffres\nde cheveux pour des bagues \", les \" paysages et les fleurs en paille \",\njouer \" du tambour de basque et des castagnettes \", exécuter des \" tours\nd'adresse et d'escamotage \" ; tout cela est utile aux femmes qui \" sont\nnées pour une vie monotone et dépendante \" et à qui il faut \" de la raison,\nde la douceur, de la sensibilité, des ressources contre le désœuvrement et\nl'ennui, des goûts modérés et point de passions \" ; mais cela est superflu\ndans l'éducation des hommes, et à plus forte raison, des princes. Celui\nqu'elle élèvera \" n'apprendra du dessin et de la géométrie que ce qu'il en\nfaut pour les fortifications et pour être en état de lever un plan, et jamais\nil ne saura une note de musique \" \\\nLa seule concession de Madame de Genlis aux futilités intellectuelles\nsera de ne pas laisser son élève \" sans littérature, car il devra un jour aimer\net protéger les lettres \". Les lettres, seulement. Quant à aimer les arts,\nsans les cultiver soi-même, c'est là une conception étrangère à l'esprit de\nla très positive gouvernante. Pour elle, aimer la musique, c'est en faire,\nc'est jouer de la harpe, c'est quêter et recueillir les applaudissements d'un\nauditoire mondain. Mademoiselle d'Orléans (plus tard Madame Adélaïde)\nn'y faillira pas. Elle n'aura, pour la harpe, point d'autre maître que\nMadame de Genlis, avec \" un valet de chambre musicien \", uniquement\nchargé de \" veiller à la mesure \" lorsqu'elle répétera ses exercices 3 ; on\n\n1 MADAME DE GENLIS, Adele et Théodore, t. I, p. 81, 393, et t. IV, p. 9, 10 ; Leçons d'une gouvernante,\nt. I, p. 181.\n2 GENLIS, Leçons d'une gouvernante, tome I, p. 140. Ce \" valet de chambre musicien \" était\nJ.-G. Lescuyer, que YAlmanach du Palais-Royal qualifie bel et bien \" maître de musique \" de Mesde-\n\n8\nS. I. M."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.19", "texte": "MADAME DE GENLIS MUSICIENNE\n9\n\nemportera sa harpe en voyage, afin qu'elle ne manque pas un jour a\nprendre sa leçon : elle possédera ainsi, avant sa quatorzième annee \" un\ntalent véritablement supérieur \" et porté au point \" de ne pouvoir rien\nacquérir pour l'exécution, ce qui est prodigieux a son âge . Ses freres,\npendant ce temps, à qui l'on ne peut imposer plusieurs heures par jour de\ntravail mécanique sur un instrument de musique, auront, pour se délasser\ndes études qui conviennent à leur rang, des bûches à fendre et à monter\naux étages, des seaux d'eau à tirer d'un puits, et ils se promèneront dans\ndes couloirs tapissés d'images instructives. Quarante ans plus tard, Louis-\nPhilippe, concevant exactement l'art de peindre dans le sens de ces memes\nimages, emplira de tableaux de commande les galeries de Versailles; et il\nmarquera sa protection de souverain vis-à-vis de la musique en engageant\nAdolphe Adam à \" restaurer \" le Désert et\nPour n'être pas accusé de dureté à l'égard de Madame de Genlis,\nconvenons que, sous le rapport du mécanisme, elle avait de fort bons\nprincipes. La méthode qu'elle tenait énormément a ce que lon reconnut\npour sienne était analogue à celle dont Porpora passe pour s etre servi\nlorsqu'il fit pendant cinq ans travailler Caffarelli sur une seule feuille de\npapier, chargé de toutes les formules du chant orne italien. Madame de\nGenlis pratiquait la \" division du travail \" ; elle enseignait les difficultés\nune à une, avant de les réunir, ce qui est un procédé excellent, et en\nvigueur actuellement chez nos meilleurs professeurs ; mais tandis que\nceux-ci l'appliquent sur le terrain général, gamme, intervalles, tonalités,\nrythme, mesure, l'auteur à? Adèle et Théodore n'avait en vue que 1 acqui-\nsition de l'habileté manuelle et mécanique ; elle préconisait donc les\nexercices d'une seule main pendant un an pour les eniants, six mois poui\nles \" jeunes personnes \", et spécifiait que chaque main devait executer\n\" tour à tour les agréments, les roulades et les passages les plus difficiles\nqui peuvent se rencontrer dans les pièces, en ayant 1 attention d exercei\ntoujours davantage la main gauche qui est naturellement plus lourde et\nmoins forte que la droite \" ; elle se prévalait de ce qu une telle etude ne\ndemandait à l'élève qu'un « léger degré d'attention \", pour exiger jour-\nnellement plusieurs heures d'exercices. Une fois bien \" routinee le\n\nmoiselles d'Orléans, à l'abbaye de Bellechasse, mais à qui la comtesse de Genlis avait ravi le droit d'enseigner\nles princesses, ainsi qu'elle s'était substituée, pour les leçons de catécnisme, à 1 ecclésiastique désigné. -\nLescuyer, chanteur choriste à l'Opéra et au Concert Spirituel, auteur de petits motets chantés à ce concert, fut\nimpliqué dans l'affaire du baron de Batz, ou \" Conspiration des étrangers \", traduit devant le tribunal révolu-\ntionnaire et guillotiné le 17 juin 1794. Il avait 46 ans."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.20", "texte": "mot n est pas de Madame de Genlis, mais avait cours en son temps,\n1 \" ecoliere \" pouvait \" jouer des pièces et, en moins de trois mois\nsurpasser les eleves formées en trois ans par la méthode ordinaire \\\nLorsque la bise fut venue et que s'étant, pour sauver sa tête, réfugiée\nen Allemagne, Madame de Genlis y vit les émigrés lui faire grise mine2,\nelle chercha, \" pauvre fuyarde sans sou ni maille \", des ressources dans ses\ntalents. Faisant alterner sa harpe et son écritoire, elle donna quelques\nleçons aux jeunes filles de la société israélite de Berlin, et composa\nfievreusement volumes sur volumes. Après sa radiation de la liste des\némigrés (21 juin 1800), on la vit ramener en France un jeune garçon\n\" follement aimé \", qu'elle avait pris pour élève en un moment où, dit\nM. Harmand, \" son instinct maternel \", et nous ajouterons sa vocation\npédagogique, \" gémissaient de rester inoccupés \". C'était le fils d'une assez\npauvre femme chez qui Madame de Genlis logeait en dernier lieu, à Berlin.\nIl se nommait Frederic-Henri-Louis-Charles Baecker3 : la comtesse voulut\nqu'il échangeât son prénom habituel contre celui de Casimir, en souvenir,\ndit-elle, d'un fils qu'elle avait perdu. Subitement, passionnément, elle en\nfit son \" élève chéri et gâté \", son \" enfant de prédilection \" ; dès qu'elle\nle put, elle voulut 1 adopter : et ce garçon, bien doué, mais apathique,\ninconsistant et égoïste, devint la joie et le tourment de ses vieilles années.\nPlus encore que jadis Pamela ou Mademoiselle d Orléans, Casimir, comme\nharpiste, lui faisait honneur : car il avait embrassé la carrière d'artiste, et\nil se produisait en public, comme virtuose-compositeur et inventeur de\nprocédés d exécution qui donnaient à son jeu une apparence de rareté très\npersonnelle.\nLa Méthode de harpe dont Madame de Genlis donna coup sur coup\n\n1 GENLIS, Adèle et Théodore, t. I, p. 119.\nOn lui tenait ligueur des opinions révolutionnaires qu'elle avait affichées : entre autres de cette visite au\nSalon de 1791, ou, pour aller voir le tableau de Giroust, \"Mademoiselle d'Orléans prenant une leçon de\nharpe , elle avait emmené ses deux élèves, la princesse et Paméla, coiffées, comme elle-même, du bonnet rougfe\nCf. J. Harmand, p. 283. 6\nBaecker, ou meme Backer, d après les Mémoires de Madame de Genlis, sa Méthode de harpe, ses Lettres\npubliées par Lapauze, et d après les journaux du temps, et non Boecker, comme l'écrit constamment\nM. Harmand. Il était, selon les Mémoires, âgé de huit ans, lorsque Madame de Genlis le connut, vers la fin\nde 1799- Ce chiffre apparaît comme certainement inexact, dès qu'on le compare aux inventions que la comtesse\nattribue à son élève, en 1806, et aux actives démarches qu'elle faisait en 1812 pour le marier.\n\n10\nS. I. M."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.21", "texte": "MADAME DE GENLIS MUSICIENNE\n11\n\ndeux éditions non datées 1 nous offre le résumé des leçons qu'elle donnait\nà Casimir, et, à peu près à la même époque, à son filleul Alfred Lemaire\net à Mademoiselle Navoigille, fille du violoniste Navoigille le cadet; mais\nl'ouvrage est en même temps le résultat d'une sorte de collaboration avec\nCasimir ; car Madame de Genlis, autrefois absorbée dans l'admiration de\nses propres talents, de ses propres inno-\nvations dans le doigté du jeu de la harpe,\ns'agenouille maintenant devant son fils\nadoptif et lui attribue sans regrets pres-\nque tout l'honneur du livre. \" Mon\nenfant, dit la dédicace, il est juste de vous\ndédier cette méthode, car je n'aurais pu\nla donner si vous n'aviez pas inventé et\nsi vous n'exécutiez pas tout ce qu'elle\ncontient de nouveau et de plus difficile.\nC'est votre travail beaucoup plus que le\nmien que je vous offre, j'aime à le pro-\nduire parcequ'il prouve une application\npeu commune à votre âge \", etc.\nCasimir, lisons-nous p. 24, \" fait une\nmultitude de passages que je n'avais\nmême pas essayé de faire. Il joue en\nsons harmoniques plusieurs pièces de Boccherini, entre autres la grande\nsonate en ré majeur de l'œuvre 5 2, sans y mêler un seul son naturel. Jouer\nde la harpe de cette manière c'est créer un nouvel instrument plein de\n\n1 Nous ne connaissons pas d'exemplaire de la première édition, qui parut, selon Fétis, en 1802. La\ndeuxième fut publiée en 1806 ou 1807, comme le prouve un alinéa de la p. 28 où Madame de Genlis\nmentionne la brochure d'Alexandre de Laborde, Lettre sur les sons harmoniques de la harpe, imprimée chez\nMaradan, en 1806. Chose surprenante, cette Méthode a complètement échappé aux recherches de M. Jean\nHarmand ; elle ne figure pas dans la bibliographie qu'il a donnée en appendice, et n'est pas mentionnée dans\nle cours du volume. La deuxième édition, qui existe à la Bibliothèque Nationale et à la Bibliothèque du\nConservatoire, a pour titre : Nouvelle Méthode pour apprendre à jouer de la harpe en moins de six mois de leçons,\net contenant un enseigneme?it et des détails entièrement nouveaux sur les sons harmoniques et sur plusieurs autres\neffets également neufs que peut produire cet instrument. Cette méthode qui présente gradativement toutes les difficultés\nqu il est possible d exécuter sur la narpe est suivie d'une petite méthode pour apprendre en 24 leçons à accompagner\net à jouer des petits airs. Seconde édition revue et corrigée avec augmentation dans le cours de Vouvrage d'une leçon\nde plus et la manière de se servir des petites harpes muettes ou de poches et un chapitre de plus sur diverses écoles des\nprofesseurs de harpe, par Madame de Genlis et dédiée à Monsieur Casimir Backer. Prix 18 /. Propriété des éditeurs.\nDéposé à la bibliothèque Impériale. A Paris, aux deux lyres chez Madame Duhan et co?np™y éditeurs de musique et\nmarchands dyinstrumensy boulevard Poissonnière, n. 10, près le Jardin Boulainvilliers. In fol. 65 p.\n2 L'œuvre V. de Boccherini est un recueil de Six Sonates pour le clavecin, avec violon obligé, dédié à\nMadame Brillon de Jouy."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.22", "texte": "douceur et de charme, et beaucoup plus agréable que l'harmonica\nLa \" cadence de Casimir notée parmi les exercices de la méthode,\nconsiste à \" faire de la même main une brillante cadence soutenue et des\nbrisés bien nets et bien battus des trois autres doigts \" ; elle se trouve\n\" avec beaucoup de passages singuliers dans le point d'orgue du rondeau\nde harpe de Casimir, dédié à Madame Eugénie de La Rue, gravé chez\nMadame Duhan Casimir a encore \" trouvé le moyen de faire de\ntrès beaux sons filés sur la harpe. Il se sert pour cela d'un archet de son\ninvention et il a joué ainsi à une musique particulière sur une harpe\nmontée à l'ordinaire, un long adagio en sons harmoniques et sons filés\ntantôt à la basse, tantôt au dessus, ce qui produit l'effet le plus agréable\net le plus étonnant \", etc.\nMadame de Genlis sexagénaire se mirait dans les succès de son élève\nfavori. Ne dit -on pas que les grand'mères ont pour les enfants plus d'amour\net de faiblesses que les mères elles-mêmes ? Tel était bien le caractère de\nl'affection sans mesure qu'elle portait à Casimir et dont les preuves abon-\ndent dans sa Méthode, dans ses Mémoires, et par dessus tout dans la série\nde Lettres qu'a publiée M. Lapauze Sermonneuse à son habitude, l'an-\ncienne gouvernante des princes d'Orléans y mêle aux expressions de la\nplus tendre, de la plus ardente sollicitude, et aux recommandations reli-\ngieuses, morales et hygiéniques, de minutieux conseils relatifs aux études\nmusicales de Casimir, à son avenir, à sa fortune d'artiste ; elle stimule son\nzèle, toujours vacillant ; elle s'évertue à faire naître en lui un peu de\nl'ambition, du désir de briller, qui ne sont pas éteints encore en elle-\nmême ; et quand les arguments d'un ordre noble lui semblent rester sans\neffet, elle en ajoute d'autres, tout prosaïques, dont sa vie traversée de\nmisères et d'expédients lui a fait sentir le poids : \" Allons, mon ami, six\nheures et demie par jour pendant un mois vous rendront au-dessus de tout\nce qu'on peut imaginer... Voilà l'empereur qui revient. Songe qu'il\nne tiendra qu'à toi de jouer devant lui... Songe qu'il ira à ton concert et\nque nous y aurons tous les ministres... \" Elle s'ingénie à préparer le succès\nde ce concert ; elle écrit aux musiciens en renom, elle leur \" donne à\ndîner\", elle s'occupe des annonces dans les gazettes : \"Je ménage tout, je\nsonge à tout. \" Le 'Journal deP Empire sans doute par ses soins, a loué\nCasimir, qui voyage : \" Fais lire cela à Vienne... tâche de faire parler les\n\nLettres nedites de Madatne de Genlis à son fils adoptif Casimir Bœcker (1802-1830), publiées avec une\nintroduction et des notes par Henry Lapauze, Paris, 1902, in-B°.\n\n12\nS. I. M."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.23", "texte": "MADAME DE GENLIS MUSICIENNE\n13\n\ngazettes Elle l'incite à composer et lui fournit des sujets, des vers, la\nRomance d'lmogene, dédiée à la duchesse de Courlande, chez laquelle on la\nchante \" tous les soirs \", le Réveil du dont elle lui envoie le\ntexte en 1811 pendant qu'il séjourne à Vienne: \"Je te conjure avec\ninstance de le mettre en musique tout de suite, avec une belle ritournelle\net un accompagnement de cor, de harpe et de timbales. Il faut que cela\nsoit bien brillant. Tu peux, si tu veux, n'y pas mettre de timbales, mais\nil y faut un cor. Ne mets pas de négligence à cela, je te le demande en\ngrâce. Tâche de faire un chef-d'œuvre, brillant, chantant et belli-\nqueux \" \\\nMais elle veut surtout qu'il s'enrichisse, et la chose n'est pas facile.\nD'abord elle s'illusionne. Trois ou quatre concerts à Londres, si Casimir\n\" fait ce qu'il faut pour avoir d'éclatants succès \", produiront, croit-elle,\nde 150 à 200,000 francs! \"Voilà un sort solide\". Il en faut vite\ndéchanter, et se suffire de petits gains et de petites ruses : ne dire à per-\nsonne qu'on donnera deux séances, parcequ'il y aurait moins de monde à\nla première ; se produire, \"jouer de la harpe, partout et sans cesse, et des\nscènes de chambre, et les présents viendront \" ; savoir user des dédicaces :\n\" Tu ferais un coup de partie si tu obtenais de dédier à l'empereur\nd'Autriche le chant du roi de Rome... pour y donner de la célébrité,\njoue-le chez les gens bien intentionnés... tâche de le jouer à la cour et tout\nde suite demande la permission de le dédier à l'empereur... Occupe-toi de\ncela ; mets-y tout ton esprit et ton activité. Ce serait une bien bonne\naffaire... \" Il faut aussi se montrer adroit professeur : \" Pour les écolières,\ntâche de faire jouer bien promptement quelque chose de j01i... ôte les\ndifficultés... vite, alors, sous prétexte d'être surchargé, augmente tes prix,\nencourage tes écolières, trouve-leur de grandes dispositions, et tu gagneras\nbeaucoup d'argent... \" ; et il est profitable encore de trafiquer de ses\ninstruments : \" Ne manquez pas de vendre une de vos harpes ; faites\nvaloir sa bonté, que vous ne vous en défaites que parce que les transports\n\n1 Fétis n'a connu aucune œuvre de Casimir, et, de fait, il semble malaisé d'en découvrir des exemplaires.\nPar la Méthode de Madame de Genlis, nous connaissons le titre d'un Rondeau, gravé chez Madame Duhan ;\ndans les Lettres sont mentionnés la Romance d'lmogene, le Réveil du roi de Rome, une Marche qui se jouait en\nconcerto et que Casimir, en 1811, se proposait de dédier à La Cépède, une Polonaise, une Bacchanale, un\nAdagio, la musique d'une pantomime ou d'un mélodrame, David et Saiïl, que Casimir jouait avec Talma chez\nMadame de Genlis en 1810 ; dans les Mémoires est citée une pièce descriptive sur le sujet de la nouvelle\nintitulée Zuma ou la découverte du Quinquina. M. Lapauze a signalé l'existence de deux romances de Casimir,\nla Novice religieuse et le Barde moderney imprimées à la fin de la Feuille des gens du Monde, ou le Journal\nimaginaire, de Madame de Genlis, en 1823."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.24", "texte": "sont ruineux, et qu'en vous l'achetant on y gagnera le port. Vous pourrez,\nen vous en occupant, la vendre 80 ou 70 livres... \" 1.\nCe parfait manuel du virtuose homme d'affaires dénote plus de\npsychologie et plus d'entente pratique que de sentiment artistique. A la\nfois la férule de pédagogue qu'elle serrait toujours en sa main, et le\nsouvenir des écueils contre lesquels, durant plus de la moitié de sa vie,\nelle s'était rudement heurtée, retenaient Madame de Genlis fort loin des\nhorizons idéalistes. Fut-elle vraiment musicienne? on en peut, malgré ses\nassurances, fortement douter : et si le feu sacré brûlait en elle, la flamme\nen était courte et sans chaleur. Pourtant elle fut un peu plus qu'un\n\" amateur \". La part qui lui revient dans la renaissance de la harpe et\ndans sa mise en vogue parmi la société française du XVIIIe siècle, n'est\naucunement contestable, non plus que les progrès que ses innovations de\ndoigté contribuèrent à accomplir. A l'époque où elle l'adopta, ce bel\ninstrument, imparfait et oublié, n'avait pas de répertoire, et il fallait\npremièrement préparer des exécutants qui fussent capables d'interpréter\nautre chose que de monotones dessins d'accompagnement; ainsi considérés,\nles trilles, les pincés, les cadences, les roulis, les roulades, les batteries, les\ntricotages, les badinages, qu'enseigne isolément la Méthode de Madame de\nGenlis peuvent n'être plus les formules vides dont le mot à mot produit\nde \" la musique bête \" ; ils deviennent le vocabulaire où de meilleurs\nartistes sauront attacher un sens.\nLe jour où sera écrite une histoire de la harpe en France, Madame\nde Genlis n'y fera point une inutile figure.\n\nMichel Brenet.\n\n1 Lettres de Madame de Genlis à Casimir Baecker, pp. 14, 20, 39, 43, 102, 110, 143, 154, 178. Tant\nde conseils ne purent éveiller chez Casimir la force de volonté nécessaire pour \" arriver Madame de Genlis\nprit le parti de le marier, et, ayant trouvé l'aisance dans son union avec Mademoiselle Carret, il se hâta d'aller\nvivre à Mantes, à ne rien faire. Il y était en 1825, et y reçut Madame de Genlis. A la fin de 1829, pour des\nraisons inconnues, qui peuvent avoir été des pertes d'argent, il fit soudain une réapparition dans le monde\nmusical, en annonçant l'ouverture, chez lui, faubourg Saint-Honoré, 45, et en même temps à d'autres adresses,\nd'un Cours de harpe devant enseigner \" toutes les ressources et toutes les difficultés \" de cet instrument, en trois\nmois. La Revue Musicale, tome VI, pp. 518 520, fit la critique de cet étrange prospectus, après lequel nous\nperdons la trace ?nusicale de Casimir. Madame de Genlis étant morte, rue du Faubourg du Roule, le ier janvier\n1831, le roi Louis-Philippe, son ancien élève, obéit aux désirs véhémentement exprimés dans son testament, en\npensionnant Casimir, qui, se trouvant de nouveau à l'abri du besoin, put retourner à une existence oisive.\n\n14\nS. I. M."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.25", "texte": "M. DUJARDIN-BEAUMETZ ET SON SEPTENNAT\n\nNul ne s'est douté, il y a sept ans, quand M. Dujardin-Beaumetz\ndevint ministre des Beaux-Arts, qu'un grand événement venait de s'accom-\nplir. Beaucoup ne s'en doutent point encore aujourd'hui. Et pourtant\nc'était le principe de la liberté de l'art, c'était la théorie de l'éclectisme\nappliqué à la protection artistique, c'était la négation de 1' \" art officiel \"\nqui devenaient vérités de gouvernement. Autant dire, comme on voit,\nque c'était la révolution.\nOui, M. Dujardin-Beaumetz, qui avait été un peintre régulier,\ndiscipliné, voire militaire, avait conçu ce grandiose projet de faire de\nl'État un bienfaiteur magnanime et sans préférences qui dispenserait son\nsecours à tous les artistes, qu'ils fussent de la veille, du jour ou du lende-\nmain, qu'ils fissent brun ou jaune, qu'ils fussent solitaires ou groupés\nen écoles, qu'ils imitassent M. Bouguereau, ou M. Massenet, ou M. Rodin,\nou qu'ils s'appliquassent héroïquement à n'imiter personne. L'idée était\ngénéreuse et noble et elle allait bien à cet homme ardent qui, peintre ou\norateur, fut toujours un romantique."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.26", "texte": "Pourtant l'idée ne fut point réalisée tout à fait ; mais c'est le sort\ndes grandes idées. Maintenant qu'adonné à d'autres travaux, le Ministre\ndes Beaux-Arts d'hier peut parcourir en pensée sa carrière d'homme\nd'Etat et juger lui-même son œuvre, il sourit philosophiquement à ce\nqui fut son rêve. Il ne regrette rien et il est fier d'avoir osé. Don Qui-\nchotte assagi, il regarde de loin les moulins qui tournent encore, et il sait\nà présent que ce sont des moulins ! Non qu'au fond il se soit jamais\ntout à fait mépris : il y a dans son élan politique et romanesque un peu\nde la prudence clairvoyante de Sancho Pança. Mais il avait cru meilleures,\nje suppose, sa monture et sa lance ; il avait cru que les brigands détrous-\nseurs s'écarteraient devant sa chevauchée.... Et qui donc, en France, rira\nde celui qui voulut faire beau et grand, même s'il n'a fait que petit ? Pas\nles Français. Et puis, rassurons-nous. Dans les démocraties, Dulcinée,\ndevenue Marianne, n'est plus impitoyable à ses adorateurs ; elle a offert\nune place à son foyer au preux chevalier des Beaux-Arts : M. Dujardin-\nBeaumetz est aujourd'hui sénateur.\nPeintre, il pensait surtout aux peintres et aux sculpteurs. Non qu'il\ndédaignât les musiciens, certes ; mais il avait de sûrs collaborateurs et\nl'impulsion qu'il allait donner aux arts plastiques, il entendait qu'ils la\ndonnassent à la musique.\nCet art impondérable échapperait-il plus qu'aucun autre à la\ntutelle et à l'emprise officielles ? Ou bien est-ce que, devant les querelles\net les dissertations des initiés, le profane se sentirait envahi par l'émotion\ncraintive qu'inspire le mystère ? Toujours est-il que les musiciens ne\nsemblent pas avoir occupé, dans la pensée du sous-secrétaire d'Etat des\nBeaux-Arts, d'autre place que celle d'hôtes honorables et dont les mœurs\nlui étaient étrangères. Il eut pourtant à rendre des \" ukases \" lors des\nbatailles intestines dont le Conservatoire fut, il y a quelques mois, le\nterrain. M. Gabriel Fauré subissait l'assaut d'une horde de révoltés tout\nornés de titres et de décorations, et c'était M. Widor qui, abandonnant le\npédalier de son orgue, dressait l'étendard des professeurs rebelles.\nM. Dujardin-Beaumetz se montra dans la bagarre audacieux et alerte.\nIl savait qu'aux yeux des conspirateurs, le crime de M. Gabriel Fauré\nétait de n'être pas issu de cette petite patrie du Conservatoire dont il est\n\n16\nS. I. M."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.27", "texte": "M. DUJARDIN-BEAUMETZ\n17\n\nr\naujourd'hui le proconsul indulgent. Le sous-secrétaire d'Etat voyait dans\nce crime une vertu. Il me le dit, et je publiai alors ses propos. Il profitait\nde ces conjonctures pour rendre hommage au grand talent de Gabriel\nFauré, \" compositeur de si belles, de si délicates œuvres \", et pour faire\nune sorte de profession de foi politique et artistique que ie ne saurais\nmanquer à reproduire ici :\n\" ... Mais j'irai plus loin, proclamait M. Dujardin-Beaumetz, et je\n\" vous avouerai que je suis heureux, en la circonstance, que M. Gabriel\n\" Fauré ne soit pas sorti du Conservatoire. Je vois, en effet, dans cette\n\" situation, une illustration de ma conception du rôle de l'Etat en matière\n\" d'art. Les mots \" art officiel \" ont plusieurs acceptions dont la plupart\n\" sont fâcheuses. Il ne saurait pas y avoir de méthode hermétique\n\" d'enseignement de l'art. Il ne saurait y avoir d'école artistique fermée,\n\" dont l'Etat, farouche, détiendrait les clefs. L'Etat, en art, doit être\n\" éclectique. Il ne faut donc que le Conservatoire soit une chapelle,\n\" ni même un temple. Il faut qu'il soit le Conservatoire de\n\" musique et de déclamation. Il ne peut être cela qu'à la condition\n\" d'accueillir toutes les écoles, toutes les tendances, pourvu qu'elles aient\n\" uniquement l'art comme base, comme but, comme moyen.\n\" Il n'y a pas de vérité en art, ou du moins la vérité de l'art, c'est\n\" l'art lui-même, c'est la beauté ; comment pourrait-on alors instituer,\n\" pour l'art, une vérité d'Etat ? Si l'on comprend que les artistes, les\n\" esthéticiens, les exégètes se disputent entre eux sur les questions d'art,\n\" si les querelles d'écoles sont excusables et parfois même salutaires, on\n\" ne saurait admettre que l'Etat prît parti. La postérité départage les\n\" combattants ingénus et désintéressés de ces nobles luttes, et l'Histoire\n\" nous apprend que son jugement n'est pas toujours conforme à celui des\n\" contemporains des artistes qu'elle glorifie ou de ceux qu'elle laisse\n\" sombrer dans l'oubli. L'Etat doit faire son profit de ces grandes leçons\nS'il apparaît donc que la musique ne fut pas le lancinant souci de\nM. Dujardin-Beaumetz, il semble néanmoins qu'il témoigna à cet art\nsacré la déférence qui lui est due, en se montrant, quand il le fallut, bon\net juste administrateur.\nMais c'est aux couleurs et aux formes qu'allaient ses dilections. Or,\nil découvrit que la vie parlementaire lui avait caché la vie artistique : les\n\n2"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.28", "texte": "peintres s'étaient multipliés depuis que lui-même avait déposé ses pin-\nceaux. Ils étaient trop ! Visiter Montparnasse et Montmartre, un batail-\nlon de sous-secrétaires d'Etat aux Beaux-Arts n'y suffirait point ! Ce\nn'étaient plus que peintres, qu'architectes, que graveurs et que sculpteurs !\nEt il n'avait point les poètes dans son royaume ! Peut-être est-il juste de\nfaire remarquer que M. Clémenceau qui n'est ni Don Quichotte ni\nSancho Pança nourrissait même illusion quand, ministre tout neuf, il\npartit évangéliser des grévistes. Les temps vont vite aujourd'hui et les\nhommes, qui ne changent point d'âme, changent souvent d'humeur.\nEt puis, l'lnstitut, qui voyait une partie de la manne budgétaire s'en\naller aux excommuniés, gronda, grogna, battit du sabot. Et les nouveaux\nprotégés de l'Etat, s'apercevant que les \" Pompiers \", les \" Philistins \", les\n\" Officiels \", les maîtres gênants et exécrés recevaient encore leur part,\nsifflèrent, injurièrent, \" conspuèrent \". Tous voulaient tout.\nNul ne fut plus moqué, nul ne fut plus méconnu que M. Dujardin-\nBeaumetz. C'est une grande injustice. En ce pays où l'on se plaint des\nphraseurs, où toute affiche électorale qui se respecte porte cette injonction:\n\" Assez de paroles, des actes !\" on a fait grief à cette Excellence de\nn'être point un grand orateur. Car, au fond, c'est là le défaut. Si\nM. Briand avait eu à défendre, comme étant siens, les actes de\nM. Dujardin-Beaumetz, on aurait décrété que M. Briand était le plus\nélégant des artistes, le plus éclairé des amateurs, le plus intelligent des\nprotecteurs des Beaux-Arts, et que, sous lui, notre siècle ressemblait au\n\" Grand\nSeulement, voilà, M. Dujardin-Beaumetz n'a pas la parole docile. Il\napplique à la discussion des questions artistiques une sorte d'éloquence\nguerrière qui n'est pas sans force, mais qui ne s'adapte pas toujours exacte-\nment au sujet. Les métaphores militaires l'enthousiasment. Le budget des\nBeaux-Arts devient vite pour lui un camp retranché et l'école de Claude\nMonet, un regiment déployé en tirailleurs et harcelant les disciples d'lngres\nqui sont des voltigeurs opérant un mouvement tournant. Son esprit est\nlucide, sa pensée claire, mais sa parole galope, canonne ou fait sauter des\nponts.\nAlors le Boulevard rit. Le Boulevard, \" Trottoir \" formidable où\n\n18\nS. I. M."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.29", "texte": "M. DUJARDIN-BEAUMETZ\n19\n\nl'amour et l'intelligence se vendent, le Boulevard fabrique les réputations.\nUn jour, à une terrasse de café, un Parisien fit un calembour avec le nom\nde M. Dujardin-Beaumetz ; deux niais l'entendirent; le lendemain tout\nle Boulevard le sut. Il fut chic, durant quelques mois, de blaguer le\nsous-secrétaire d'Etat. Tout folliculaire sans lettres ni talent, sans goût ni\ntact, l'accusait de pharisaïsme pour se poser en esthète subtil et délicat.\nEt pendant ce temps, M. Dujardin-Beaumetz travaillait. Oh ! sans\ndoute, ce ne fut point Hercule ! Ce fut tout de même un ministre\nlaborieux. De ses travaux, les uns lui étaient imposés par la nécessité, les\nautres étaient le fruit de ses propres résolutions. Et d'abord il a créé\n1' \" Exposition des achats \" ce qui montre, comme il le dit encore,\n\" qu'il ne voulait avoir rien de caché \". Il a créé une école de peinture du\nnu en plein air, à Saint-Cloud ce qui fait hurler au scandale les tradi-\ntionnalistes de l'Ecole de la rue Bonaparte, qui pourtant ignorent Ruskin,\nheureusement pour la mémoire de cet esthéticien. Il a fondé à Paris\nl'Exposition des écoles de dessin de la province. Il a réformé les services\nd'architecture et, grâce à lui, les bâtiments civils ont vu s'augmenter leur\nbudget. Il a fait procéder au classement des objets du Mobilier, au classe-\nment des objets d'art des églises et des monuments publics et il a étendu\nsur ceux-ci la protection de l'Etat. Il a fait les Jardins du Carousel.\nIl n'a pas fait ceux de Versailles, mais il les a conservés avec amour,\net il a mis des calorifères dans le château. Les salles sont désormais\ndécorées avec les tapisseries et les tapis du Garde-Meuble, dont c'était\névidemment la destination. Il a refait l'ouverture du Grand Trianon et il\na réparé le Petit Trianon. Il a soigné les cathédrales comme l'eut fait\nRodin lui-même. Vitré et la Cité de Carcassonne mais ici il était\norfèvre se souviendront de lui. Il a restauré le Château des Papes et,\ntout dernièrement, le défendait encore contre les entreprises d'un Thespis\nmercantile. Il a préparé pour le Louvre mille réformes dont la plupart,\nhélas ! ne sont encore qu'en projet, mais ce n'est point sa faute. (Il faut\nune dizaine de millions pour faire du Louvre un musée...) Il a\ncontribué à la transformation en \" Musée des Artistes vivants \", du Sémi-\nnaire de St-Sulpice. Il a acheté et aménagé les châteaux de Kerjean,\nd'Azay-le-Rideau, de Montsoreau. Il a procédé au déménagement du"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.30", "texte": "Ministère des Colonies et a purifié le pavillon de Flore. Il a fait procéder\nàla réédition des biscuits de Sèvres du XVIIIme siècle retrouvés àla Manu-\nfacture et dont, seuls, quelques-uns avaient été reproduits. Il a créé l'en-\nseignement de l'eau-forte, de la lithographie et de la gravure sur bois à\nl'Ecole des Beaux-Arts. Il a accentué le mouvement de décentralisation\nartistique et favorisé les théâtres en plein air : Béziers, Orange, Arles,\nCarcassonne, Saintes, etc. Il a fait les nouveaux cahiers des charges de\nl'Opéra et de l'Opéra-Comique et, pour ce dernier théâtre, il a donné\nune solution à la fameuse question des décors en créant une caisse d'amor-\ntissement. Il y a réformé le Conservatoire, il a créé de nouvelles classes,\ninstitué les exercices publics des élèves, etc., et il a tenté de rajeunir le\nvieil esprit de cette maison à la fois vermoulue et fortifiée.\nMais M. Dujardin-Beaumetz a surtout voyagé. Et, là, vraiment, je\ndemande qu'on ne rie point. Oui, sans doute, un ministre novice peut\ngoûter quelques plaisirs de vanité sous l'arc de triomphe de la Grand'rue,\nen entendant la fanfare des pompiers du pays qui l'accueille. Mais on est\nvite las de cet encens qui est fait de la poussière des places publiques.\nC'est à qui s'esquivera le plus adroitement, parmi nos Excellences, devant\nces officielles corvées. Dujardin-Beaumetz, lui, fut toujours là. Si, comme\nil faut le croire, un gouvernement et même un régime se maintiennent et\ns'affermissent en donnant aux populations des témoignages répétés de\nleur sollicitude, il a bien mérité de la République.\nQu'il en a passé de nuits en wagon ! qu'il en a fait de mauvais repas !\nqu'il en a bu du mauvais Champagne, qu'il en a embrassé de grimaçantes\npetites filles ! Et comment le recevait-on ? Le \" muflisme \" de nos édiles\nprovinciaux est incomparable. Dans une ville du Nord, où il venait inau-\ngurer la statue d'un grand cabotin, je l'ai vu, exténué de fatigue, après\nl'interminable promenade par la ville, après le discours, après le banquet,\nje l'ai vu laissé debout au milieu du salon municipal sans qu'on lui offrît\nun siège et sans, le pauvre ! qu'il osât en demander un. Et c'était déjà\npresque un vieillard. Réfugié enfin dans le train du retour, il se laissa\nchoir, les reins brisés, dans un fauteuil, disant à son attaché de cabinet qui\nmontrait le poing à la ville inhospitalière : \" Calmez-vous, mon petit ! ils\nont encore été assez gentils. Songez qu'ils auraient pu nous laisser revenir\n\n20\nS. I. M."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.31", "texte": "M. DUJARDIN-BEAUMETZ\n21\n\nà pied à la gare. J'ai déjà vu ça ! \" Et il s'endormit, résigné, plein d'indul-\ngence pour cette démocratie goujate. Sous sa redingote boutonnée, son\nventre avait des sursauts à chaque cahot de la voiture, et je le plaignis en\nce moment comme on plaint un pauvre chemineau que la misere a couché\ndans le fossé. Le train devait s'arrêter à mi-chemin de Paris et l'on pensait\nen profiter pour se restaurer hâtivement. Mais le train ne s'arrêta point.\nL'employé qui veillait dans le couloir du wagon se lamentait en pensant que.\nMonsieur le Ministre ne mangeait pas. M. Dujardin-Beaumetz, réveillé,\nécoutait les doléances de l'employé zélé. Un voyageur survint et protesta\nvivement contre ce caprice du train qui le privait de nourriture. \"Eh ! quoi,\ns'exclama l'homme à la casquette, vous vous plaignez, vous, et Monsieur\nle Ministre \" qui la crève \" aussi, ne dit rien, lui ! C'est trop fort ! \" On\nne s'ennuyait point dans le wagon. Discrètement, comme il regagnait son\nsalon, M. Dujardin-Beaumetz, qui \" la crevait \" en effet, mit une pièce\nblanche dans la main du bonhomme. Mais ce n'était pas cela ! Le\n\" cheminot \" avait son idée : \" Je voudrais vous dire quelque chose,\nMonsieur le Ministre... Voilà. Ma fille joue du violon et c est une grande\nartiste... Moi, je n'y connais rien, mais tous ceux qui s'y connaissent, le\ndisent. Elle est au Conservatoire de X... Il va y avoir un concours pour\nune Bourse à Paris. C'est ma fille qui la mérite, naturellement. Seule-\nment, on ne sait jamais, n'est-ce pas ? Les coups de piston !... Vous en\nsavez quelque chose, Monsieur le Ministre... Alors je voudrais que vous\ndisiez un mot pour e11e...\"\nEt quand le train fut à Paris, M. Dujardin-Beaumetz demanda a son\nattaché de cabinet : \" Vous avez bien pris l'adresse de ce brave homme ? \"\nJe vis là une marque touchante de sincère bonté ; car enfin le père de la\nvioloniste n'était pas un électeur de l'Aude et son sans-gene aurait pu\nvaloir à sa fille de rester jusqu'à sa mort une grande artiste méconnue.\nIl a fait tout cela, il a fait d'autres choses encore, et il a perdu la\nJoconde. Cet accident raviva la campagne ironique menée contre lui et\nmit le comble à son dégoût des gloires officielles. Et pourtant nul n était\nmoins coupable que M. Dujardin-Beaumetz.\nIl se trouvait précisément, que, pris d'une peur bleue, non\nde la perdre, mais de la voir souillée ou lacérée par quelque monomane"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.32", "texte": "on sait que l'ambigiie Monna Lisa recevait des lettres enflammées où\nelle était traitée tantôt d'adorable déité, tantôt de gouge rebelle qu'il con-\nvenait de rappeler rudement au sentiment de ses devoirs amoureux il\navait pris des précautions qui parurent alors superflues : la nuit, une lampe\net un gardien spéciaux veillaient sur la toile aphrodisiaque. Eh bien,\nle facétieux hasard voulut que ce ne fût pas Eros, mais Mercure qui\ncommît le crime à moins que ce n'aient été Eros et Mercure réunis.\nQu'y pouvait M. Dujardin-Beaumetz ? Qu'y pouvait-on ? Un peu de\nphilosophie et de réflexion suffit pour reconnaître qu'on peut toujours\nvoler n'importe quoi. On peut enlever M. Fallières, en préparant bien\nson coup.\nQuoi qu'il en soit, M. Dujardin-Beaumetz eut la nausée à la fois\ndes ennuis et des plaisirs du pouvoir. Il le dit à M. Caillaux, homme\nrude et qui traitait les questions artistiques sur un ton cavalier. M. Cail-\nlaux l'entendit : les élections sénatoriales étaient proches ; le gouverne-\nment en profiterait. On peut quitter, sans déchoir, le Palais-Royal poul-\nie Luxembourg. Mais M. Caillaux, dont la rudesse n'était sans doute pas\nde la force, dut abandonner la place Beauveau, pour n'aller nulle part, lui.\nEt il n'y eut pas de démission de M. Dujardin-Beaumetz.\nVoilà ce que fut M. Dujardin-Beaumetz pendant ces sept années de\nsurintendance des Beaux-Arts. Cela n'est pas un jugement pour la postérité,\nqui se chargera elle-même de formuler le sien, à moins qu'elle ne se taise.\nMais c'est un jugement impartial et qui, s'il ne comporte pas le ton du\ndithyrambe, possédé cette vertu de ne point s'accorder avec le concert\nde sifflets et de ricanements que les \" snobs \" ont composé sur le même sujet.\nM. Dujardin-Beaumetz fut un très bon ministre des Beaux-Arts. Dans la\nmesure où l'Etat peut influer sur la production artistique d'un pays, il a\nfait accomplir son devoir a 1 Etat. Il avait rêvé de plus retentissants\nexploits, et c'est déjà l'indice d'un caractère peu banal que d'avoir une\nautre ambition que celle de conserver sa place. Les fastueux Mécènes de\njadis faisaient dira-t-on, œuvre plus grande. Mais nous ne savons\nd eux que ce qu ils ont fait et pas du tout ce qu'ils ont manqué à faire.\nL Etat demociatique est un piteux c'est vrai 5 mais y a-t-il des\nMécènes parfaits ?\n\n22\nS. I. M."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.33", "texte": "M. DUJARDIN-BEAUMETZ\n23\n\nL'un des torts de M. Dujardin-Beaumetz fut, je crois, de n'être plus\nsvelte. Si laid que soit un sot, il ne pardonne pas à autrui de n'avoir\npoint les grâces d'Adonis. Pour parler d'art, aux yeux du bon public\nfrançais, il faut posséder un physique \" avantageux \" et tenir au moins\nune lyre. M. Félix Faure, qui était haut de taille et se chaussait de\nbottes, eut des admirateurs qui méprisent M. Fallières. Nous ne conce-\nvons guère le pouvoir sans attributs.\nOr, de ce crime aussi, M. Dujardin-Beaumetz est innocent. Son\nfront chauve fut jadis orné d'une léonine crinière et son ventre, qui nous\nchoque, fut plat. Bien des gens seront surpris d'apprendre que\nM. Dujardin-Beaumetz eut un symétrique et noble visage. Il était, voici\nvingt ou trente ans, un des plus séduisants rapins de Paris, de ces rapins\ndont rêvent les jeunes filles et qui font tourner la tête aux femmes dans la\nrue. L'un de ses contemporains me parlait de lui récemment en évoquant\nsa jeunesse. Il me conta cette anecdote que je crois pouvoir narrer à mon\ntour sans indiscrétion.\nDujardin-Beaumetz, jeune artiste plein d'ardeur, avait peint un\ntableau guerrier dont la vue frappa d'admiration un opulent Méridional.\nCe riche amateur n'eût de cesse que le jeune peintre ne fût son hôte\net qu'il n'exécutât, en son château même, son portrait. Dujardin-\nBeaumetz se rendit à ces flatteuses avances. Il arriva chez le châtelain,\nprit sa palette et ses pinceaux et se mit à la tâche. Le soleil languedocien\nfaisait luire les mèches de ses épais cheveux ; ses yeux étaient plus pro-\nfonds et plus noirs dans la luxuriante splendeur d'alentour. Une jeune fille\nrêvait timidement près de là. C'était la fille du riche seigneur. A mesure\nque les traits de son père se fixaient sur la toile, elle sentait descendre en\nelle un émoi délicieux. Le jeune peintre aux grands yeux qui venait de\nParis lui était apparu comme Lohengrin à Eisa... M. Dujardin-Beaumetz\ndevint le gendre de l'opulent châtelain.\nM. Dujardin-Beaumetz pourrait rire maintenant de ceux qui\ns'égayèrent de lui. Il a dans ses souvenirs de quoi se consoler de l'injustice\ndes hommes. Mais je le crois sans rancune et le présent, au surplus, ne\nlui est point amer. Il se repose désormais dans l'oubli et l'irresponsabilité.\nC'est le signe des consciences pures et le Sénat en est pavé. Ne le\nréveillons plus.\n\nJean Lefranc."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.34", "texte": "Le numéro d'Octobre du \" Musical Times \" de Londres contient\nsous ce titre le texte de la communication lue au dernier congrès S. I. M.\npar M. J. A. Fuller Maitland. Il serait bon que ceux de nos virtuoses et\nchefs d'orchestre qui s'intéressent, ou veulent nous intéresser, à la musique\nancienne lisent et relisent cet article. Il est rempli de renseignement utiles\net d'excellentes suggestions.\nLa phrase suivante, par exemple, devrait être répétée matin et soir\npar nos interprètes de Hândel et Bach jusqu'à ce que le voile de préjugés\net d'ignorance qui s'interpose entre eux et la musique commence à se\ntrouer.\n\" ... But, if editors and others would approach the older music\n\" without their présent conviction that the written note is to be inter-\npreted as it would in the présent day, vve should get a far more flowing\n\" effect in many things by Bach and other masters. \"\nCe qui peut se traduire :\n\" ... Mais, si les éditeurs et autres voulaient bien, avant de s'approcher\n\" de la musique ancienne, se débarrasser de leur conviction que la note\nécrite doit s'interpréter comme nous le ferions aujourd'hui, nous obtien-\ndrions un effet infiniment plus coulant, plus harmonieux dans beaucoup\n\" de choses de Bach et des autres. \"\nC est absolument vrai et îormerait un excellent point de départ pour\nune réforme urgente."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.35", "texte": "UN CAS D'ORNEMENTATION CHEZ BACH\n\nM. Fuller Maitland est moins heureux dans l'application pratique\nde ses préceptes. Il note, in extenso, l'interprétation d'après lui de l'Aria\nde Bach qui sert de thème aux trente variations des \" Clavier-Uebung.\nVoici comment il définit son point de départ :\n\" Il serait difficile de nier que la meilleure autorité sur la pratique\n\" de l'époque de Bach est Daniel Gotlob Tiirk, quoique sa \"\n\" schule :\" n'ait paru qu'en 1789, près de 40 ans après la mort de Bach.\n\" Charles Philippe Emmanuel Bach était trop près de l'époque de son\n\" père pour expliquer tout à fait clairement les signes en usage à son\n\" époque, puisque chacun les comprenait : mais Tiirk combine la pratique\n\" de l'époque de Bach avec celle des compositeurs plus récents et nous\n\" donne l'idée la plus claire de ce qui était d'un usage commun un peu\n\" avant lui. Son explication de l'Appogiature longue, est\n\" admirablement claire, quoique Dannreuther ait raison quand il nous c it\n\" que les préceptes de Tiirk ne peuvent s'appliquer strictement aux\n\" compositions antérieures à l'époque de C. P. E. Bach. \"\nLe raisonnement manque de logique.\nQuelle raison pouvait avoir C. P. E. Bach d'écrire son livre si chacun\nen comprenait le contenu ?\nEt pourquoi se baser sur \" Tiirk \" : puisqu'il admet que ses préceptes\nne peuvent strictement s'appliquer etc....\nAprès cela on ne s'étonnera peut-être pas outre-mesure que l'inter-\nprétation de M. Fuller Maitland soit discutable.\nDans certains cas on s'explique encore par quel chemin il est arrivé\nà une solution fausse.\nDans d'autres, j'ai eu beau fouiller, retourner \" Tiirk, \" impossible\nd'y rencontrer rien qui ressemble à une explication... Voyez, par exemple,\nles mesures 3, 6, 11, 17, 20, 23.\nEn fait, on pourrait se fier à \" Tiirk \" pour la plupart des ornements\nde J. S. Bach ; mais il est préférable d'étudier D'Anglebert, Couperin,\nRameau, Quantz, C. P. E. Bach et avant tout J. S. Bach lui-même qui\na noté des explications fort claires sur ses ornements dans le petit livre\nqu'il écrivit en 1720 pour l'instruction de son fils aîné.\nM. Fuller-Maitland aurait trouvé là une solution toute simple à ses\nplus grosses difficultés notamment ces mesures 3, 6, 11, etc.\nLa question étant d'actualité, je donne i° le texte de l'Aria d'après\nl'édition originale des \"Clavier-Uebung\" publiée sous la direction de\n\n25"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.36", "texte": "l'auteur en 1742, 2° l'interprétation de M. Fuller-M aitland d'après le\nnuméro d'octobre du Musical Times ; 30 mon interprétation personnelle.\nCertains ornements seraient très difficiles à jouer au piano. Il est\nfacile de les simplifier. Mais il ne faut pas oublier que la pièce a été\ncomposée \" pour un clavecin à deux claviers. \" Sur un clavecin bien\nréglé ils sortent sans difficulté.\n\nArnold Dolmetsch.\n\n26\nS. I. M."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.37", "texte": "UN CAS D'ORNEMENTATION CHEZ BACH\n27"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.38", "texte": "28\nS. I. M."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.39", "texte": "22\n\nUN CAS D'ORNEMENTATION CHEZ BACH\n29"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.40", "texte": "30\nS. I. M."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.41", "texte": "L'OREILLE ET\nL'IMAGE MUSICALE\n\nL'organe de l'ouïe n'est pas seulement un sens spécifique destiné à\nenregistrer les bruits, les vibrations sonores, ses fonctions sont plus éten-\ndues, plus générales. Ala fin du XVIIIe siècle, certains faits avaient attiré\nl'attention de quelques savants et leur avaient fait constater l'influence de\ncet organe sur le sens de la direction. Les expériences qui suivirent, celles\nde Flourens et d'autres physiologistes, corroborèrent, fortifièrent cette\nopinion qui, vaguement formulée encore, fut contestée énergiquement\npar les partisans de l'idée kantienne et du système des\nLes études anatomiques et pathologiques entreprises depuis lors,\nnotamment les travaux de M. de Cyon, qui vient de les résumer dans deux\nlivres nouvellement parus, 1 permettent de considérer le sens auditif, non\nseulement comme un sens spécifique, mais comme un sens généralisé,\nsens de la direction et des proportions, en d'autres termes de l'espace et\ndu temps.\nComment ces fonctions sont-elles remplies ? Nous le dirons briève-\nment, car il n'y a pas lieu de faire ici une description anatomique, de\nrelater dans les détails de la discussion une théorie dont il suffit de retenir\nles principes essentiels.\nLes facultés générales que possède le sens de l'ouïe, en plus de ses\nattributions spécifiques, sont exercées par l'oreille interne, le labyrinthe\nprofondément enfoui dans une cavité osseuse, protégé par cela même,\noù se trouvent divers organes : le limaçon, spécialement dévolu à ce\nqui concerne les sons, le vestibule et les canaux demi-circulaires, qui ont\ndes fonctions d'équilibre.\nAutour du limaçon, dont l'appellation évoque la forme, celle d'une\ncoquille, et dans cet appareil même, s'épanouit un merveilleux réseau de\n\n1 Dieu et Science (1910). L'Oreille (1911)."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.42", "texte": "fibres et de fibrilles qui se comptent par milliers et sont chargées de la\nperception des sons. Helmholtz en a donné la théorie, devenue classique ;\nil compare leur mécanisme à celui des marteaux d'un immense clavier,\nrenfermé dans un piano microscopique. D'autres savants ont, quant à\nleur mode de vibration, proposé diverses explications ; quoi qu'il en soit,\nla différenciation de sons, basée sur des proportions numériques différentes,\ns'établit avec une précision remarquable, et de Cyon a pu dire que le\nlimaçon est \"une merveilleuse machine à calculer,\" le siège du\nproportionnel.\nNon moins remarquable est la disposition des canaux demi-circu-\nlaires, au nombre de trois, sortes de petits arcs situés dans des plans per-\npendiculaires les uns aux autres, le canal horizontal, les canaux verticaux,\nantérieur et postérieur, qui divisent l'espace d'après le principe des\ncoordonnées de Descartes, de la géométrie à trois dimensions.\nLe vestibule se compose de deux vésicules, dont l'une porte les pieds\nou les ampoules des canaux demi-circulaires, l'autre répond au limaçon.\nC'est par les fibres nerveuses du vestibule que s'établissent les relations,\nfort complexes d'ailleurs, avec les centres bulbaires et cérébelleux, avec\nl'appareil oculo-moteur.\nLes lésions, les troubles, survenant pathologiquement, ou artificielle-\nment provoqués dans l'oreille interne, ont une répercussion sur l'organisme,\nsur les facultés motrices dont l'orientation et l'équilibre sont compro-\nmis plus ou moins et sur les sensations visuelles. Ce sont, sans parler\ndes altérations de l'audition même, différentes sortes de vertiges, le vertige\nde Ménière, celui des yeux ou le nystagmus, etc..., dont la cause véritable\nfut longtemps ignorée ou recherchée en dehors de l'oreille. Si dans ces\naffections diverses, au bout d'un certain temps, il y a une rééducation du\nsens de l'espace, si la nature, prévoyante, charge, au point de vue de l'équi-\nlibre et de la direction, un autre organe, celui de la vue par exemple, de\nsuppléer aussi bien que possible un mécanisme qui est détruit ou fonc-\ntionne mal, l'origine première de ces troubles ne fait aucun doute : c'est\nqu'ont très clairement démontré les nombreuses expérimentations faites\nsur les animaux, les pigeons, les lapins, etc... où les mêmes causes ont\nproduit les mêmes effets. Nous sommes en présence non de simples hypo-\nthèses, mais d'un ensemble de faits aboutissant à des résultats per-\nmanents.\nLes deux fonctions générales de l'ouïe ont donc le caractère, l'une\n\n32\nS. I. M."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.43", "texte": "L'OREILLE ET L'IMAGE MUSICALE\n33\n\nd'une fonction géométrique (vestibule et canaux), l'autre, d'une fonction\narithmétique (limaçon, fibres de Corti).\n\" Les sensations visuelles, écrit M. de Cyon, et les sensations des\n\" mouvements peuvent très bien à l'aide des signes locaux être projetées\n\" sur un espace à trois dimensions du moment qu'il existe un organe\n\" spécialement destiné à nous fournir la représentation d'un système des\n\" coordonnées de Descartes... Nous comprenons à présent pourquoi c'est\n\" justement un espace à trois dimensions qui sert de base à notre géo-\n\" métrie enclidienne. Les axiomes géométriques nous apparaissent ainsi\n\" comme nous étant imposés par les limites de nos organes des sens.\nM. de Cyon n'est pas moins affirmatif sur la notion du temps, à la\nformation de laquelle concourent les deux fonctions décrites ci-dessus.\n\" Le sens du temps repose sur une association entre une des sensa-\n\" tions de direction des canaux demi-circulaires d'un côté et les appareils\n\" de calcul de l'organe de Corti et de ses centres, d'un autre côté.... Les\n\" hauteurs des sons nous fournissent la notion des nombres. L'organe du\n\" sens du temps a donc également son siège dans le labyrinthe de l'oreille. \"\nCette conclusion semblera peut-être trop vaste, trop exclusive ;\nil est vraisemblable que d'autres apports sensoriels les sensations\nvisuelles particulièrement contribuent à la formation des notions\nque nous avons de l'espace et du temps, mais il se dégage d'une telle con-\nclusion un principe fondamental, la participation prépondérante de l'organe\nde l'ouïe à cette formation. Et nous sommes par cela même amenés à en\nrechercher les conséquences à l'égard de en relation immé-\ndiate avec l'organe et qui ne peut s'accomplir sans lui. Bien entendu, en\nfaisant un tel rapprochement, nous ne prétendons pas que le mécanisme\nde l'oreille humaine, qui est celui de beaucoup d'animaux vertébrés, a été\nconstruit en prévision de la symphonie beethovenienne ou du drame\nwagnérien. Le génie humain a utilisé dans un but idéal et en les ampli-\nfiant, certaines facultés ayant un caractère éminemment pratique, basées\nsur la nécessité pour l'être, de posséder un instrument de mensuration, de\ndistinguer les directions, les proportions et les durées pour lui-même et\npour ce qui l'entoure.\n\n3"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.44", "texte": "2. — LE SENS MATHÉMATIQUE DE L'OREILLE ET\nL'IMAGE MUSICALE L'ESPACE SONORE\nSi l'organe de l'ouïe est maître de l'espace et du temps, s'il a en lui\npour ainsi dire un géomètre et un calculateur, le processus de la percep-\ntion musicale qui est son œuvre, sera forcément, en dehors de l'effet\némotif, un processus mathématique et ce même processus sera celui du\ncompositeur, créant une phrase musicale. Les mêmes données, les mêmes\nméthodes géométriques vont servir, comme éléments préparatoires de la\nconnaissance, à diviser l'espace sonore, à analyser les formes des mouve-\nments qui s'y produisent.\nLes diverses parties de l'image musicale sont en effet assimilables\naux figures qui traduisent en géométrie les formes d'un corps placé dans\nl'espace. Au point correspond le son isolé ; la ligne mélodique est engendrée\npar le déplacement du point lign z discontinue, les points ne\npouvant,dans le système tempéré, s'approcher de plus près que le demi-ton.\nD'autre part l'espace sonore peut être occupé sur plusieurs points\nà la fois, à raison de la propriété qu'ont les sons de s'associer et de fusionner,\npropriété dérivée du principe général du son fondamental accompagné\nd'une série d'harmoniques ; tel groupe de notes représente un plan har-\nmonique. Chacun des points continuant de se déplacer, d'autres directions\nsurviennent, d'autres plans vont s'établir. Nous trouvons ainsi dans l'image\nmusicale des caractères de direction, latérale (à droite ou à gauche d'un\npoint donné), verticale (en haut ou en bas), des éléments de (plans),\nde détendue.C'est donc dans un plan ou une série de plans que se\ndéveloppe la mélodie dont les contours apparaissent peu à peu et sont\nanalysés au fur et à mesure par l'oreille. Comment cette analyse se fait-\nelle ? Dans trois directions principales, l'espace sonore étant conçu comme\nl'espace géométrique à trois dimensions. Cette conception est en effet la\nbase de toutes les théories musicales ; la nécessité de trois éléments est un\nbesoin instinctif, qui fut reconnu immédiatement et qui a sa justification\ndans la conformation de l'organe récepteur, dans les canaux demi-circulaires.\nL'intervalle de quinte juste (l'angle de quinte), qui sépare ses trois points,\na toute la précision de l'angle droit formé par ces canaux entre eux.\n\n1 La ligne mélodique représente donc une création successive, les sons n'existant que lorsqu'ils sont\nappelés les uns par les autres. Ils ne nous apparaissent pas comme le résultat d'une sélection faite dans une\néchelle complète, préétablie, telle qu'une théorie peut la déterminer a priori. *\n\n34\nS. I. M."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.45", "texte": "L'OREILLE ET L'IMAGE MUSICALE\n35\n\nLa note UT, prise par exemple comme point de départ a pour\n\" coordonnées \" dans l'espace la note fa, quinte inférieure, à gauche et la\nnote sol quinte supérieure, à droite :fa UT sol.\nSOL, point de départ, a pour coordonnées et ré ; RÉ, sol et etc...\nNous obtenons une série de sons groupés par trois, divisant successive-\nment l'espace en trois dimensions, par des systèmes ternaires entrelacés.\nNous trouvons d'autre part dans la sensation musicale un principe\nfort important, fourni par le sens proportionnel de l'oreille. Ce principe\nest celui de l'identification des sons octaviés. Lorsque deux sons sont à\ndistance d'octave, c'est à dire lorsqu'ils expriment un nombre de vibra-\ntions double ou moitié, l'un par rapport à l'autre, ils font l'impression\nd'un son unique, répété avec une acuité différente. Un son quelconque va\ndonc se répliquant d'octave en octave, à l'aigu comme au grave ; l'espace\nsonore est ainsi divisé rythmiquement par périodes d'octaves, chacune\ncomprenant tous les sons possibles. Tout système de division de l'espace\nsonore se ramène par suite à la division d'une octave.\nPar application de ce principe, la série Ut sol, devient —le fa\ntransporté à l'octave à côté du sol Ut fa sol, où, rapprochant les\ndirections opposées, nous obtenons l'intervalle d'un ton, appelé ton dis-\njonctif par les théoriciens de l'antiquité. Et cette forme correspond à la\nconception de l'espace à trois dimensions, représenté ici par l'octave\nUT UT, Ut fa sol UT. 1\nIl est aisé de voir que le mouvement sonore appelé résulte\nde l'application des considérations précédentes.\nLes trois points divisionnaires étant considérés non plus comme des\nsons isolés, mais comme des groupes fusionnés, par un renforcement de la\nsonorité fait en conformité avec les séries harmoniques, on obtient une\nsuccession sonore, susceptible de deux aspects différents :\nDans le timbre éclatant des accords, pris de bas en haut, sur Ut, fa\net sol (accords majeurs homogènes) :\n\n1 En d'autres termes, deux notes à distance d'un ton ont pour coordonnée la note qui est à distance de\nquinte ou de quarte juste, de l'une et de l'autre. Fa sol se complètent par ut fa sol ut.\nTrois sons à distance de quinte constituent un système complet ; deux sons, comme ut sol, appartiennent\nà deux systèmes, suivant que le complément a lieu à gauche au grave, ou à droite à l'aigu. UT sol fait partie\nde fa ut sol (ut fa sol ut) ou de ut sol ré (sol ut ré sol)."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.46", "texte": "Dans le timbre atténué des accords pris de haut en bas, sur mi, la\net si (accords mineurs homogènes) :\nLa réduction à l'octave de ces deux successions harmoniques exprime\nla même gamme,1 traversée en conséquence par deux courants, l'un\nmajeur, l'autre mineur en sens contraire :\nRemarquons que rapprochées dans cette forme diatonique, les direc-\ntions opposées [faet sol par exemple) conservent leur pente naturelle,\ncomme celle de deux cours d'eau dont les sources seraient voisines, mais\nqui suivraient chacun leur chemin :\net par assimilation :\nLes sons de la gamme étant projetés sur un seul plan harmonique,\nla gamme et c'est là son caractère principal apparaît comme le\ndéveloppement mélodique de l'accord sur lequel elle est placée, c'est à\ndire comme l'amplification de l'octave divisée harmoniquement, les notes\nde cette gamme ayant tantôt le caractère de notes réelles, tantôt celui de\nsons intercalaires, de notes de passage. Les successions ut ré mi fa la si\nut et la si ut ré mi fa sol la représentent le développement mélodique 2\n\n1 Mélodiquement la même gamme à peu de chose près est fournie par la suite des quintes, fa ut sol\nré 1a... ramenées dans la même octave : c'est la gamme dite pythagoricienne. Toutes ces questions d'échelles\nsonores, de création des sons et de gammes ont préoccupé pendant des siècles les savants et les théoriciens ; elles\nont donné lieu à de nombreux systèmes et provoqué beaucoup de confusion. L'adoption du tempérament a été\nune très grande simplification par l'établissement d'une échelle chromatique procédant par demi-tons tous égaux.\nLa gamme tempérée, basée sur les trois points de l'espace conçu à trois dimensions, n'a pas, par suite, une rigueur\nmathématique. Mais les altérations que subissent certains intervalles sont négligeables, et elle a favorisé singu-\nlièrement le développement de l'harmonie et de la polyphonie.\n2 On peut ajouter les sons chromatiques intercalaires, altérations des sons réels de la gamme. On a ainsi\ntrois divisions de l'octave : division harmonique, division diatoniqne, division chromatique : c'est l'aspect\nqu offre approximativement la série du son fondamental accompagné de ses harmoniques, où les octaves du son\nprincipal sont de plus en plus divisées. Nous y trouvons l'origine des trois ordres de l'architecture musicale, ordre\nharmonique, ordre diatonique et ordre chromatique. \" - % ■\n\n36\nS. I. M."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.47", "texte": "L'OREILLE ET L'IMAGE MASICALE\n37\n\ndes octaves ut ut, et la la, indiquées par les sons limités et divisées\nharmoniquement par un accord majeur pour l'octave ut ut, par un\naccord majeur pour l'octave la la.\nLorsque l'octave est établie sur d'autres sons de cette gamme, il est\nfacile d'y reconnaître les anciennes formes modales, celles du moyen âge,\ncelles de la musique grecque, où dès le début, apparut le principe de la\ndivision de l'espace sonore en trois points, qui furent ceux de la première\nlyre (mi la si) et constituèrent les cordes fixes ; on sait que les cordes\nmobiles vinrent, en qualité de sons intercalaires, compléter les vides de\nfaçons très différentes (son ou genre enharmonique, chromatique, diato-\nnique dur, ou diatonique m0u....). Les théoriciens anciens ont donc eu\nla conception instinctive de la division de l'espace suivant la méthode\ngéométrique. Mais ils n'allèrent pas plus loin. La réalisation resta incom-\nplète, comme l'était d'ailleurs toute représentation scientifique des phéno-\nmènes dans l'antiquité.\nL'identification des sons octaviés qu'ils constatèrent et dont ils se\nservirent pour limiter une forme modale, ne leur parut pas propre à sim-\nplifier leur système, où chaque son, d'après sa hauteur absolue, avait une\nétiquette, une appellation. L'absence de l'harmonie mettait obstacle à la\nconstruction polyphonique, à la conception d'une tonalité orientée vers\nun des points, de préférence aux autres. De ces diverses successions, une\nseule subsiste dans la théorie moderne, satisfaisante, parce qu'elle est\nrapprochée des faits acoustiques : celle où trois séries harmoniques 1 asso-\nciées fournissent à la tonalité les éléments de ses accords, à la gamme\nson diatonisme mélodique. Dans ce système les mouvements convergent\nvers une harmonie principale, ou harmonie tonique. La pratique en est\ntrès simple et très précise. Le jeu des deux cadences qui se rendent à la\ntonique, l'une venant de l'aigu, l'autre procédant par le grave, et qui\nmettent en évidence la division géométrique de l'espace, est une repré-\nsentation absolument claire de cet espace même, qu'embrasse d'un seul\n\n1 La tonalité mineure moderne et sa gamme mélodique ne sont qu'une atténuation de ces formes, résultant\nde l'abaissement de la tierce sur deux termes, le troisième, la dominante, conservant son timbre éclatant et sa\nnote attractive ;\n(accords mineurs traités comme les accords majeurs, de bas en haut)."}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.48", "texte": "coup la formule de la grande cadence classique. 1 Et cette cohésion est\nencore accrue par la possibilité de surcharges harmoniques, pratiquées sur\nle premier terme de la cadence, au moyen de la prolongation de l'accord\npar des notes dissonantes à l'aigu ou au grave 2.\nBasée sur une intuition plus profonde du mécanisme de la résonnance\nnaturelle, la théorie moderne a été, vis à vis du passé, une œuvre de\nclarté, d'unification. Elle est réalisée dans les œuvres classiques de la\nmanière la plus simple, directement pour ainsi dire. Ses formules sont en\npetit nombre et sont forcément devenues banales, elles ne représentent\nd'ailleurs qu'une partie de son développement. L'image musicale pourrait\nêtre présentée dans d'autres perspectives,où le principe de la division de\nl'espace en trois éléments resterait toujours appliqué. Mais notre oreille\nhabituée à des formes directes, restreintes souvent au jeu d'une seule\ncadence (Tonique-Dominante, Dominante-Tonique), a besoin d'une\ncertaine accoutumance pour apprécier,je ne dis pas analyser, d'autres dis-\npositions.\nAu surplus c'est vers ce but que vont, d'une façon encore incertaine,\nles tendances actuelles de l'écriture musicale. L'art se rapproche des\nanciens modes et, par l'emploi de l'octave chromatique arrive peu à peu\nà la conception d'une tonalité unique, groupant autour d'elle les systèmes\nde division de l'espace regardés aujourd'hui comme des tonalités distinctes.\n\nE. Poirée.\n\n1 Elle fait entendre en effet successivement les cadences correspondant aux trois points de division, cave\nsurcharge sonore (dissonances) sur les premiers termes des cadences :\n* (Ré) Fa la ut, et Sol si ré (fa), employés dans la formule ci-dessus, ou Sol si ré (fa) (la), en ajoutant\ndeux notes à l'aigu, pour ne citer ici que les combinaisons dissonantes les plus simples.\n\n38\nS. I. M."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.49", "texte": "Depuis plusieurs années il nous apparaît que notre ballet classique,\nmaigre ses mérités de grâce et de légèreté, n'est qu'une rhétorique dénuée\nde signification, et nous suivons avec un anxieux intérêt tous les efforts\nque 1 on tente afin de suppléer à ce défaut. Nous mettons notre espoir à\nla fois dans les adaptations hellénistiques d'une Isadora Duncan et dans le\npittoresque dont les Russes s'appliquent à décorer des entrechats que nous\navions desappris depuis Vestris. Mais surtout c'est de l'Asie que nous\nattendons le salut : nous savons quelle sagesse est cachée dans les contes\nde cette aïeule, et que raisonnant moins que nous elle devine mieux les\nsecrets de i existence. Les miniatures persanes, les estampes japonaises, les\npeintures chinoises, ont enseigné à nos artistes des couleurs plus vives, des\nlignes plus concises, une composition plus claire et plus riche à la fois. Les\npoemes chinois, que nous commençons à connaître autrement que par\nd'arbitraires paraphrases, nous donnent les modèles d'une plénitude que\njustement recherchent nos meilleurs écrivains. Les danseuses javanaises,\npuis celles de S. M. Sisowath, roi du Cambodge, nous ont montré enfin\ndes mouvements lies, dont le déroulement traçait non point des gestes,\nmais des figures et comme une mélodie que nous écoutions des yeux.\nAujourd'hui l'Orient musulman à son tour nous révèle un art de la\ndanse égal aux plus délicates inspirations de ses poètes. C'est pour nous\nune surprise, car nous ne connaissions jusqu'à ce jour que l'Orient médi-\nterranéen, et ses contorsions dont s'ébaudissent les portefaix dans les bouges\ndu Caire ou de Tunis. Armène Ohanian, qui nous l'apporte, est née aux\nconfins des deux mondes. Arménienne de race, russe d'éducation, elle\nn'ignore rien de ce que la civilisation européenne peut offrir. Mais l'Orient\nprochain était cher à son rêve, et c'est avec joie qu'elle accepta, en 1910,"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.50", "texte": "de venir à Téhéran, pour donner à la Perse renaissante quelques exemples\nd'un théâtre régulier qui remplacerait ses vieux mystères. Après un accueil\nenthousiaste, elle fut conduite à prolonger son séjour. Une princesse du\nsang royal lui donna l'hospitalité; pendant plusieurs mois, dans l'ombre\nintime du harem, et tendrement choyée par ses sœurs recluses, elle étudia\nles rythmes enchanteurs que la très artistique direction de l'Olympia nous\npermet de contempler aujourd'hui.\nPour le plaisir du maître somnolent l'odalisque danse ; son corps\nfragile avec timidité se délie, puis s'éveille ; tour à tour fugitive ou sou-\nmise, ou tordue sur elle-même d'une lassitude provocante, elle sourit à sa\njeunesse et l'offre même à celui qui n'a qu'à élever la main pour s'en saisir.\nL'amour s'est emparé d'elle, un amour défendu, redoutable et non\npas sensuel, car en Orient le plaisir est sensuel, non l'amour : une obsession\nde la pensée, une extase qu'elle savoure les yeux à demi fermés, une fureur\nprofonde dont vibre tout son corps, un rêve trop heureux qu'elle n'a pas\nla force de refuser et dont elle s'éveille pour la souffrance et la révolte\nvaine : elle est prisonnière, et celui qu'elle aime jamais ne reposera auprès\nd'elle.\nEnfin, c'est pour le maître qu'elle danse encore. Rejetant fièrement\nses voiles, elle le prend à témoin de sa beauté que la passion dévore, puis\nle maudit, puis le supplie, et désespérée enfin se roule à ses pieds, implo-\nrant la mort libératrice.\nSes mouvements que guide un goût sûr s'arrêtent à l'exacte limite\noù de tragique l'émotion deviendrait violente ou factice. Ses lignes\nfines évoquent à la fois la ténuité robuste des reines égyptiennes et la\nlangueur désabusée des princesses persanes. Mais surtout elle est elle-même.\nDanseuse magicienne, c'est un pays d'Orient qui lui a fourni ses formules\nd'incantation, lui permettant ainsi de découvrir et de manifester son\ncharme. Chaque attitude est un accord qui en d'autres accords se résout\nselon une harmonie aussi juste que celle de nos musiciens. Comme en\nnotre musique aussi cette harmonie serait un jeu superflu si par des voies\ninconnues le sentiment ne s'y fût insinué. C'est la matière qui est ici\nl'apparence. C'est seulement afin de nous devenir visible que l'âme a revêtu\ncette forme limpide, dont la souplesse dit l'origine surnaturelle.\n\nLouis Laloy.\n\n40\nS. I. M."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.51", "texte": "Armène Ohanian"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.52", "texte": "Le Portugal est un pays romantique d'un romantisme calme, et\ncontemplatif, qui vit du souvenir de ses gloires passées, en feuilletant\nle livre de son histoire, pour se rappeler ses héros, ses conquêtes, et se\nlaisse caresser indolemment par son soleil divin, au milieu d'un paysage\nadmirable.\nSa musique, comme son peuple, est généralement triste, indolente,\nmélancolique et douce.\nPeu, très peu a été écrit en Portugal sur la musique populaire, de\nsorte qu'un travail d'investigation historique sur ses chants et ses danses\ndevient très difficile. Theophilo Braga, le président actuel de la République\nPortugaise, s'est occupé un peu de ce sujet, mais il n'en a traité que la\npartie littéraire. Il existe en outre un recueil qui malgré son intérêt, n'est\npas tout à fait bien harmonisé. Et maintenant on publie en cahiers une\ncollection à laquelle un accompagnemeut fantaisiste enlève toute valeur.\nVoilà ce que nous avons jusqu'à présent en fait de contribution sur\nle folklore musical portugais. Ajoutons qu'il a été fait ici beaucoup plus\nde recherches littéraires et poétiques que musicales, bien que les paroles"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.53", "texte": "et la musique populaire portugaise soient aussi intimement unies dans\nla même atmosphère sentimentale, que \"la couleur et le parfum d'une\nmême fleur\nLe genre de musique le plus populaire en Portugal, est le FADO\n(destin) dont la mus que s'accompagne sur la guitare portugaise de six\ncordes doubles en acier.\nLe Fado est l'expression populaire la plus spontanée de l'état d'âme\nde notre race : il est triste, mélancolique, fatal. Il y a une infinité de\nFADOS : FADO HILARIO, FADO CORRIDO, FADO DA MOURARIA, FADO CHOURA-\nDINHO etc. Son titre correspond au nom de son auteur (s'il est connu) ou\nbien a la région d'où il provient, ou au caractère de sa musique.\nL accompagnement du Fado se présente de manières très différentes,\ntoujours en 2/4 mais sa forme la plus usitée est celle-ci :\nAprès ces quelques mesures de prélude, apparaît par exemple la\nmélodie suivante (fado chouradinho) :\nCette mélodie d'un caractère mélancolique est une des plus classiques\ndu genre. Elle conserve tout le caractère du vrai et a été recueillie\nà Lisbonne en 1850.\nLe Fado classique est d'une simplicité d'harmonisation tout à fait\nprimitive étant constitué d'une basse de tonique et de dominante et\n\n42\nS. I. M."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.54", "texte": "LA MUSIQUE POPULAIRE PORTUGAISE\n\nparfois, sous-dominante, (T-D-S) Aujourd'hui encore, dans les moder-\nnes vraiment populaires, on ne rencontre pas une harmonisation plus\ncompliquée ; seules quelques passagères modulations au ton relatif, et\nc'est tout.\nVoyons un fado moderne populaire :\nCe fado est, je crois, un des plus typiques. Il conserve comme le\nprécédent et comme tous les autres, sa mélancolie languissante.\nLe fado est bien la musique de la race portugaise. Chaque région,\nchaque province a sa musique régionale particulière et caractéristique,\nmais 1 zfado est de toutes régions; de tout le Portugal enfin.\nA Coimbra, où est l'Université la plus importante de Portugal, les\nétudiants parcourent en bateaux le Mondego, en chantant le fado bien\navant dans la nuit, et dans ces moments, il a la saveur charmante d'un\nnocturne sentimental. A Espinho, Figueira, Cascaes, Cintra et autres\nplages, on va le chanter sous les balcons et alors il acquiert le caractère\nd'une sérénade.\nLa composition d'un fado n'obéit pas à des règles fixes ; il y en a\nqui établissent une phrase mélodique de huit mesures, dans leur première\npartie. Puis, dans la deuxième partie, ils utilisent ces éléments en les\nadditionnant de phrases nouvelles. Par exemple :\n\n43"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.55", "texte": "Ailleurs, la première période subit une triple répétition dans la\nseconde partie. Ou bien encore une première phrase de quatre mesures\nforme la première reprise ; puis, quatre autres mesures lui succèdent. Je\nciterai encore ce fado qui diffère des précédents :\nIl résulte de tout ceci que le fado n'est pas proprement une compo-\nsition musicale de forme technique invariable mais une expansion du\nlyrisme populaire sans règle absolueiet conservant seulement le caractère\nd'un rythme et d'un ethos particuliers.\n\n44\nS. I. M."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.56", "texte": "LA MUSIQUE POPULAIRE PORTUGAISE\n45\n\nOutre le fado national, il y a en Portugal des musiques régionales\nintéressantes : musiques populaires de éAîinho,de de\nAgueda, 2~)ouro, etc. Et, chose remarquable, cette musique régionale n'a\npas, en général, le caractère mélancolique du fado. La raison de cette\ndiversité d'expression est, à mon avis, dans la différence de leurs inspira-\ntions.\nLes chants locaux sont composés et employés généralement à\nl'occasion des fêtes religieuses essentiellement populaires. Le jour consacré\nà la vénération de telle image d'un village, les gens des villages voisins\napportent leurs offrandes et cette promenade se fait en chantant et\ndansant. Possédés d'une joie inquiète, ils parcourent parfois six ou huit\nkilomètres sans se fatiguer. C'est alors que naissent beaucoup de chansons,\ninspirées d'une allégresse simple et remuante, qui n'ont plus rien du\nmélancolique fado.\nVoyez cette chanson corégraphique de Minho :\nParmi ces chansons locales il y en a de très intéressantes, par la\nfaçon dont elles allient la déclamation à la musique. Une chanson popu-\nlaire recueillie à Coimbra en 1850 nommée le Cavalleiro do éMondego,\ndébute par seize mesures chantées que suivent deux mesures en récitatif,\net enfin une déclamation sans musique. Ce qui prouve peut-être en faveur\ndu sens* dramatique du peuple de cette région.«.Voici cette chanson :"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.57", "texte": "On pourrait encore citer : la Chula do Douro, Chula do <3Ainho,\nCantigas do Algarve,de Coimbra,de de etc.\nL'énorme variété de ces chansons empêche de faire une étude\nd'ensemble, dans cette simple notice, qui n'a d'autre objet, que de donner\nune idée très générale du folk-lore musical portugais.\nN'oublions pas la politique qui a une si grande influence sur les\nmœurs en Portugal. Une des coutumes encore pratiquées aujourd'hui, en\ndépit de son antiquité, le démontre bien. La nuit du 31 décembre des\ngroupes d'hommes et de femmes parcourent les rues en chantant accom-\npagnés de violons, de guitares, de tambourins et de triangles, s'arrêtant\naux cafés, aux endroits publics, rédactions de journaux, etc. Ces groupes\nsont masqués et ils chantent uniquement des critiques et des satires de\ntous les événements politiques de l'année. Les paroles en sont composées\npar eux-mêmes et il est inutile d'insister sur leur incorrection. La musique\nest populaire et choisie pour s'adapter aux paroles. La première strophe\nest chantée par un seul, généralement en falsetto, et le chœur répond par\n\n46\nS. I. M."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.58", "texte": "LA MUSIQUE POPULAIRE PORTUGAISE\n47\n\nle refrain ; parfois ils sont deux qui chantent solo, et dans ce cas la musique\nprend l'aspect d'un dialogue : le premier chante un couplet, l'autre répond\net le chœur reprend le refrain.\nUne curieuse coutume est la Desfolhada, c'est-à-dire l'opéra-\ntion qui consiste à dépouiller le maïs de ses feuilles pour en récolter\nles grains. Pour cette cérémonie sont invités les amis de la maison, qui\nse placent en cercle, autour du maïs, les hommes alternant avec les\nfemmes. Quand on commence à enlever les feuilles, celui qui trouve les\ngrains de maïs rouges, doit embrasser toutes les femmes, si c'est un\nhomme, ou tous les hommes, si c'est une femme. Et tous chantent\ninlassablement. Il y a de charmantes chansons de desfolhada, qui passent\ntout de suite dans le domaine populaire, comme celle-ci :\nLa musique populaire portugaise, on le voit, mériterait une étude\napprofondie. De gros volumes nous parlent des musiciens du Portugal,\nmais ne nous disent rien de leur musique. Quelques compositeurs\nmodernes ont cependant cherché à tirer parti de notre chanson populaire.\nJe citerai au premier rang M. Vianna da Motta, et sa ballade \" Chula,\nChula do Douro si souvent applaudie. Notre art doit beaucoup à cet\nartiste éminent, et lui plus que personne pourrait réaliser tout un plan\nd'investigations et d'études de notre mélodie populaire.\n\nPedro Blanco."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.59", "texte": "V UILLERMIN (Louis). Traité d'harmonie ultra-moderne\n(Paris, l'auteur Bbls,8bls, rue Martel, in-8° de 40 pp. Frs. 6.)\nL'auteur nous prévient d'abord que ce traité ne peut être\ncompris que par les musiciens qui ont terminé leurs études\nscholastiques. Qu'appelle-t-il études scholastiques ? Il néglige de\nnous le dire. Cependant, fidèle à ma sympathie pour toute inno-\nvation pédagogique et vivement intéressé, d'autre part, par\nl'indépendance de cet ouvrage, je supposerai que le lecteur du\ntraité d?harmonie ultra-moderne sait tout ce qui, jusqu'à ce jour, fat\nenseigné de l'art musical.\nJe supposerai qu'il n'ignore rien des tonalités grecques, qu'il\na quelques connaissances des modes orientaux et extrême-orien-\ntaux, qu'il connaît bien le chant grégorien, qu'il a approfondi la\nmusique de la Renaissance et a lu, en leur ensemble, \" dans la\nmajesté du texte \" les ouvrages scholastiques de cette époque,puis les\nœuvres, autrement instructives, où Bach, par la musique seule, non\npar des mots, enseignait l'art de composer et d'écrire; puis les\nméthodes employées ensuite et de nos jours encore dans les conservatoires de tous les pays,pâles et\nmaladroits pastiches de Rameau, démentis si souvent jetés à la face de Bach, à la face de\nMozart, à la face de Wagner. Je suppose donc que le disciple de M.Vuillermin connaît toutes\nces belles choses et bien d'autres encore.\nDès les premières pages de l'ouvrage, il retrouve un préjugé d'école inexplicable : la\nformation des accords par des combinaisons de tierces. Pourquoi par tierces ? Déjà j'entrevois\nque cette méthode ne sera que la continuation du système employé par Reber, Bazin, Durand,\netc... Ces professeurs n'avaient pas osé aller jusqu'au bout de leurs idées ; M. Vuillermin s'y\nefforce. Et encore une fois, l'intention est louable, courageuse, progressiste, mais insuffisante.\nM. V. appellera par exemple polytonique une gamme de sol mineur avec mi bémol et fa dièze\nparce que si bémol et mi bémol appartiennent au ton de si bémol majeur, et le fa dièze au ton\nde sol majeur. Or, le ton de sol, c'est toute la série chromatique des douze sons contenus\ndans l'octave sol-sol, pour n'employer qu'un chromatisme tempéré. Et la gamme de\nM. Vuillermin est dans le ton de sol s'il y a, dans la période musicale d'où elle est tirée, prédo-\nminance des sons sol, ré. C'est ainsi que n'importe quel son et n'importe quelle agrégation de\nsons appartiennent à n'importe quelle tonalité.\nLes exemples de M. V. sont souvent très agréables. Mais l'auteur semble être un peu\nsurpris, lui-même, des nouveautés qu'il invente, si bien que, malgré lui, il les accompagne,\npresque toujours, de rythmes orientaux, comme si une telle musique était assez bizarre pour"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.60", "texte": "LES LIVRES\n\ndevoir s'excuser de son étrangeté en avouant qu'elle n'est pas de chez nous. Au reste, ces\nharmonies, bien que variées en réalité,donnent à l'oreille une impression de monotonie à cause\nde leur disposition uniforme. De plus, elles sont moins hardies que l'auteur pense. Moins\nhardies ? que veut dire hardi en art. Il n'est rien que le beau et le laid. On peut faire entendre\nensemble tous les sons de la gamme tempérée et l'effet peut en être exquis, même avec une\ndisposition rudimentaire. Pour moi, je ne crois pas qu'il y ait\nimpossible, tout dépend du contexte musical, tout dépend de la des sons et de leur\nenchaînement aux sons suivants ; tout ceci est su\nlaisse au goût ae chacun.ll n'y aen cela d'autre loi que le goût, le bon goût qui ne s'enseigne\npas, mais dont les effets s'analysent fort bien : lorsqu'on veut titer de cette analyse une formule\npratique, la formule est mauvaise, car, tout soudain, un homme de goût crée une chose\nexquise en ne s'y conformant pas. Il faut une g des sons ; elle sera utile, nécessaire,\nmais, comme toute grammaire,nullement suffisante. L'ouvrage de M. V. est d'ailleurs un\ndictionnaire des locutions musicales bien plutôt qu'une encore moins une\nIl n'y est question ni de Y enchaînement des accords,ni de la ni de la\nni des positions d'accords, ni des différences si subtiles qu'il y a entre\nsuccession des tonalités ou des accords. Ainsi considéré, il apparaît comme un lexique ingénieux et\nrelativement hardi. Je crois toutefois que l'application du principe des harmoniques est ici\ncapable de donner des résultats plus féconds et des séries plus imprévues encore. Jean Marnold\nme paraît plus que personne capable de dresser un harmonique.\nLe livre de M. V. doit être lu et je n'ai, certes, garde de le confondre avec les anémiques\nméthodes où tout ce qui est libre et beau est interdit par peur que des méchants ou des anti-\nmusiciens en fassent mauvais usage ; comme s'il y avait quelque inconvénient à laisser ces\ngens-là commettre des âneries ; comme s'il n'était pas criminel de priver le génie indépendant\nde la moindre liberté. M. Louis Vuillermin mérite, à mon avis du moins, non l'approbation,\nmais la plus vive estime, la plus entière sympathie, et on peut lui prédire une place enviée\nparmi les théoriciens de notre temps.\nJEAN HURÉ.\nPIGOT (Charles). Georges Bizet et son œuvre. (Delagrave, in-8° de 300 pages.)\nCe livre, publié pour la première fois il y a quelque vingt cinq ans, est la deuxième\nédition d'un ouvrage qui, devenu introuvable, reparaît enrichi de documents nouveaux. Ecrit\navec probité et conviction, mais sans le moindre brio, il ne gagnera plus beaucoup de partisans\nà la musique de Bizet. La jeunesse aura, je crois bien, du mal à souscrire aux enthousiasmes\nde M. Pigot et à ses jugements sur la nécessité de la convention théâtrale, jugements\nque les événements n'ont guère confirmés jusqu'ici. Le vrai titre de cet ouvrage aurait\ndû être : l'œuvre de Georges Bizet, car la personnalité du maître y est étudiée de façon tout\nà fait succinte ; ses œuvres au contraire le sont avec une minutie un peu abusive. Nous ne\ncomprenons plus très bien que l'on consacre de si longues pages à l'analyse des principaux\npersonnages de Carmen ou de l'Arlésienne. Somme toute, un livre qui eut gagné à être\nélagué, et non amplifié avant de revenir sous presse.\nG. K.\nBELLAIGUE (Camille). Verdi (Collections Laurens, in 12° ; Fcs. 3.50.)\nNul plus que notre éminent confrère, M. Bellaigue, n'était qualifié, par nature et par\ngoût, pour présenter—j'allais dire pour défendre devant le public de cette jolie collection,\n\n4\n\n49"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.61", "texte": "l'auteur de la Traviata, c'est presque un effort de réhabilitation que trahit ce volume, écrit\navec chaleur, avec amour, avec cette coquetterie batailleuse qui sied si bien au critique delà\nRevue des deux Mondes. Ne pourrait-on soutenir en effet, que ce sont bien les deux mondes de la\nmusique, dont notre confrère cherche ici à mettre d'accord les aspirations ! De Verdi à\nMahler ou à Magnard, la musique a traversé une furieuse mêlée, dont elle n'est pas encore\nsortie. M. Bellaigue le sait, il en convient, et sa philosophie, après s'être attristée de ce spectacle,\ny cherche aujourd'hui la leçon de l'histoire.\nPour dégager !a personnalité de Verdi, M. B. confesse les défauts et accuse les mérites de\nce grand impulsif. Il nous montre un Verdi, peu sensible à la trivialité, mais grand remueur\nde foules et cherchant l'effet dynamique par-dessus tout. C'est le cri, l'explosion qu'il nous\ndemande d'admirer dans ce rénovateur de l'énergie musicale italienne, qui sut mettre la douleur\nen polka, et traiter la musique comme nos syndicalistes traitent l'éloquence dans leurs réunions\npubliques. Tout cela est vu très juste, et par quelqu'un qui aime, par conséquent qui comprend,\nVue d'ensemble, naturellement, et comme il convient à un volume de légère digestion, mais\nnette et parfaitement utile.\nJ. E.\nISNARDON (Jacques). Le Chant Théâtral. (Chez Vieu, 51, rue de Rome, in-40 de\n165 pages.) BOUDINIER (Céline). Les nouveaux principes du Chant. (Chez l'auteur\n25> rue de Châteaudun, in-40 de 2°B Pages-)\nUne nouvelle méthode de Chant ; deux nouvelles méthodes de Chant, même, qui, bien\nentendu, ne sont d'accord que sur peu de points. La première est signée de M. Isnardon : sa\nprésentation extérieure, tant au point de vue matériel qu'au point de vue littéraire est digne de\ntout éloge ; édité luxueusement, écrit de style alerte et familier, égayé d'anecdotes et de\nsouvenirs, ce volume sera une lecture agréable pour ceux-là mêmes qui n'y chercheront pas\nleur profit ; mais il est surtout destiné aux jeunes chanteurs, qui prendront d'excellentes leçons\nde prudence et de modestie en entendant raconter les déboires de leurs aînés. M. Isnardon,\ndont l'expérience personnelle fait autorité, a en outre beaucoup lu, beaucoup observé, beaucoup\nprofité de ses conversations avec de grands physiologistes et de grands chanteurs ; les procédés\ntechniques qu'il préconise décèlent l'éclectisme le plus vaste. Ne cherchons pas ici la\n\" méthode Isnardon \" ; en revanche, nous y trouverons la méthode de tout le monde ; et aussi\ncelle du simple bon sens. Ceux qui ont eu affaire à MM. les professeurs de chant sauront\nmesurer la portée de ce compliment.\nLe livre de Mme Boudinier se présente dès l'abord avec d'autres ambitions : il ne s'agit\nrien moins que de la solution complète du problème vocal. Cette méthode a le mérite de\nformer un tout solidement organisé, que l'on peut discuter, mais dont il faut reconnaître\nl'apparente cohésion. Mme Boudinier donne pour principe et pour fondement à l'acte\nvocal l'élévation du larynx, élévation qui distingue le mécanisme de la voix chantée, de celui\nde la voix parlée, et que peu de chanteurs savent effectuer en toute connaissance de cause. La\nfaute en est à nos ancêtres préhistoriques, qui surent parler avant de savoir chanter, et\nadaptèrent ensuite au chant les attitudes vocales de la parole, qui ne pouvaient y convenir.,\n(passons au déluge, Madame.) Ceci demanderait du reste à être contrôlé. Pourquoi la parole\naurait-elle nécessairement précédé le chant ; celui-ci n'est-il pas un acte instinctif et spontané ;\net puisque les rossignols savent chanter, pourquoi les hommes n'auraient-ils pas commencé par\nlà, eux aussi ? Le procédé de l'élévation du larynx, et les exercices qui y conduisent ne sont\ncertainement pas inoffensifs ; il ne faudrait pas s'y adonner sans discernement. Il en est des\n\n50\nS. I. M."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.62", "texte": "LES LIVRES\n51\n\nméthodes de chant comme des eaux minérales ; les plus efficaces sont aussi les plus dangereuses ;\nn'en usons donc qu'à bon escient. Ceci n'est point pour inspirer des inquiétudes aux lecteurs\ndu livre de Mme Boudinier, mais pour insister sur la hardiesse et la nouveauté des conceptions\nqu'il présente au public.\nV. P.\nL'INSTRUMENTAL ILLUSTRÉ (Paris, 38bis, Avenue de la République, in fol. de\n48 pp. Frs. 2.)\nDans ce supplément annuel de Y Instrumental, publié somptueusement par la maison\nCouesnon, il convient de signaler une intéressante étude de M. René Brancour sur le cornet\nà piston. Instrument mal vu dans la musique grave, le cornet à métal, pourvu de pistons, n'a\nplus rien de commun avec l'antique cornet de bois, cher à la Renaissance. Il est cependant à\nréhabiliter, et la France le considère un peu comme un instrument national. Le présent\nfascicule de Y Instrumental donne de nombreux détails sur les perfectionnements apportés à ce\nroi des bals populaires.\nALTENBURG (Johann-Ernst). Versuch\nTrompeter- und Pauker-Kunst(Halle, 1795, rééd. de Bertling à Dresde, 1911, in-40 de\n144 pp., Mk. 6.)\nCeci forme au contraire une apologie de la noble et glorieuse trompette accompagnée de\nses timbales habituelles. Lorsque Altenburg écrivait, à la fin du XVIIIe siècle, la trompette\navait encore conservé une virtuosité de soliste que la symphonie classique était en train de lui\nfaire perdre. On se souvenait de son rôle dans la vie civile, dans la vie particulière et dans la\nmusique même. Le grand Altenburg (Jean-Gaspar) trompette des princes de Saxe était né en\n1689. Il connaissait à fond les procédés du \" cla\" et les \" \" nécessaires à la\nmusique d'intérieur. Il aimait par-dessus tout, nous dit ce livre, l'exécution des œuvres de\nTelmann, Foerster, Linicke, Fasch et Schreck. On voit que Bach n'est pas nommé. L'ouvrage\nd'Altenburg comprend une partie historique, qui remonte naturellement aux origines du\nmonde, et une partie de pédagogie pratique. Toutes deux fort intéressantes et à signaler à nos\nmodernes professionnels, à ceux du moins (en existe-t-il ?) qui s'intéressent à l'histoire de leur\ninstrument."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.63", "texte": "LIVRES REÇUS\nWYZEWA (T. de) & ST. FOIX (G. de). IV.\nœuvre de Venfance a la pleine maturité. (Paris, Perrin et Cie, 1912, 2 vol. in-40 de 525 et\n450 pp. Frs. 25 les 2 vol.)\nPROCEEDINGS of the Musical Associati(London Novello 1911, in-8° de 154 pp.\nI Guinea.)\nL'INSTRUMENTAL ILLUSTRÉ. Supplément annuel de (Paris,\n38b,s, Avenue de la République, in-fol. de 48 pp. Frs. 2.)\nVALLAS (Léon). La véritable histoire de Françoise Journet, chanteuse d'opéra.\n(Extrait de la Revue d'Histoire de Lyon, nov. 1911.)\nSCHUMANN. Lettres choisies. Traduites de l'allemand par M. P. CREMIEUX,\nSecond Recueil. (Paris, Fischbacher, 1912, in-120 de 233 pp. Frs. 3,50.)\n... WOODHOUSE (George). The artist at the piano (London Reeves, in-8° de\n52 pp. 2/6 net.)\nVOIGT (Prof. Woldemar). Die Kirchenkantaten J. S. Bachs (Stuttgart J.-B.\nMetzler, Calwer Str. 18. In-8(> de 176 pp. Mk. 3,50.)\nVIVELL (P. Cœlestin). Initia tractatum Musices ex codicibus editorum collegit et\nordine alphabetico disposuit (Graz, 1912, A. Moser in-8° de 352 pp. Mk. 12,80).\nGIESSWEIN (Dr. Max). Ueber die Résonant des Mundhoele und der Nasenraume.\n(Berlin, S. Karger, in-8° de 54 pp.)\nASSOCIAZIONE dei Musicologi Italiani. Relazione del Présidente générale,\n(Parma, 1912, in-8° de 16 pp.)\nSCHUTZ (Rudolf). Stephen Heller. (Lpz. Breitkopf 1911, in-12 de 140 pp.\nMk. 3).\nRUTZ (Dr Ottmar). Musik, Wort und Korper als Gemutsausdruck. (Ibid., 1911,\nin-8° de 741 pp. et 35 planches. Mk. 12).\nBATKA (Richard) et WERNER (Heinrich). Hugo JVolfs musikalische Kritiken.\n(Ibid., 1911, in-i2° de 378 pp. Mk. 7,50).\nLEICHTENTRITT (Hugo). Musikalische Formenlehre. Band VIII der Hand-\nbiicher von Xaver Scharwenka. (Ibid., 1911, in-8° de 240 pp. Mk. 6).\nSEEBURG (Franz von). Joseph Haydn. (Regensburg, Pustet, 1912, in-120 de\n475 PP- Frs. 3.50)\nMARNOLD (Jean). Musique d'autrefois et d\"lajourcChui. (Paris, Dorbon aîné,\n19 Boulevard Haussmann, 1912, in-120 de 966 pp. Frs. 3,50.)\nLAURENCIE (L. de la). Un m XVIIF\nJ.-P. Guignon. (Tirage à part de la Revista Musicale, 1911, fasc. 3.)\n\n52\nS. I. M."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.64", "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE\nSÉANCE DU JEUDI 18 JANVIER 1912\nLa Séance est ouverte à la Maison Gaveau, 45, rue de la Boëtie, à 4 heures, sous la\nprésidence de M. Ecorcheville, président.\nEtaient présents ; MM. L. de La Laurencie, J.-G. Prod'homme, H. Quittard, Peyrot,\nH. Prunières, G. Cucuel, A. de Bertha, A. Dolmetsch, Agache, Galmann-Lévy, Vinée,\nTenéo, Gariel, M. & Mme Lefeu ve, G. de Saint-Foix, Docteur Laugier, A. Laugier,\nCh. Legrand, F. Guérillot, Ch. Bouvet, Mmes de Chabannes, Wiener-Newton, Gallet,\nDaubresse, Pereyra & Neufeld.\nS'était excusé : M. Ch. Ruelle,\nLe Président félicite notre collègue, Mme Gallet, d'avoir organisé l'Orchestre Féminin de\nl'U. F. P. C., qui est appelé à rendre de grands services à la musique. Il félicite aussi nos\ncollègues Tenéo et Quittard, qui viennent d'être nommés, l'un Bibliothécaire et l'autre\nArchiviste de l'Opéra. Il annonce la réunion de la 66 Revue Musicale \", dirigée par M. Com-\nbarieu à notre Revue \"S./. M. Il attire enfin l'attention de la Section sur la préparation\ndu Congrès de Paris de I9I4> et propose la nomination d'une Commission pour étudièr des\nmaintenant la préparation de ce Congrès. Cette proposition est adoptée.\nLe Président lit une note de notre collègue, M. Machabey, communiquée à la Section\npour prendre date : M. Machabey annonce qu'il vient de terminer une étude sur La genese et\nrévolution du sentiment tonal en Occident.\nLa parole est donnée à M. de La Laurencie, qui préside en France la Commission de\nBibliographie de notre Société. M. de la Laurencie signale à la Section l'entreprise de biblio-\ngraphie tentée par nos Collègues de Berlin, et à lac aelle toute la Société est conviée à s'associer.\nIl présente quelques objections à ce projet, et, après une discussion à laquelle prennent part\nMM. Prunières et Peyrot, il est décidé qu'il se mettra en rapport avec notre collègue Springer,\npour préciser le caractère de cette entreprise.\nLe Secrétaire Général n'ayant pu assister au début de la Séance, donne lecture du\nprocès-verbal de la dernière Séance, qui est adopté. Mlle Daubresse présente une observation\nau sujet de ce procès-verbal : il s'agit de la reprise des symphonies classiques, et d'une motion\nde M. de Bertha. Une discussion s'engage sur ce point, il est décidé qu'elle sera reportée à la\nprochaine Séance, et sera annoncée à l'ordre du jour.\nLa parole est ensuite donnée à M. A. Dolmetsch, pour une communication sur \" La\nFamille des Violes \". Cette communication est accompagnée d'une audition de musique anglaise\net française des XVIme et XVIIme siècles, à laquelle MM. A. &F. Dolmetsch, Mme et\nMlle Dolmetsch, et MUe De Lens, prêtent leur bienveillant concours.\nLa Séance est levée à 6 1/2 heures."}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.65", "texte": "CONCERTS ANNONCÉS\nSALLE\n15 Février. Mlle Chassaing (Piano) 9 heures\n16 ~ Mlle Laeuffer (Piano et Orchestre) 9\n17 Mme Dargier Peltier (Piano) 9 „\n18 „ M. Broche (Matinée d'Elèves) . . . . . . . . . 1 „\n21 „ Mlle Veluard (Piano et Violon) 9 „\n22 ~ M. E. Sauer (Récital de Piano) 9 „\n23 „ M. Grandjany (Harpe) 9 „\n25 ~ Mme Bex (Matinée d'Elèves) . 1 i „\n26 „ Mlle Caffaret (Récital de Piano) . . 9 „\n27 „ Concert Durand (Musique de Chambre) , . 9 „\n28 ~ M. Lamond (Récital de Piano) ......... 9 „\n29 „ M, E. Sauer (Récital de Piano) 9 r,\nSALLE PLETEL\nSALLE\n16 Février. Le Quatuor Capet (i* Séance) 9 heures\n17 „ Mlle Y. Astruc 9 „\n19 „ Mme de Lestang (3e Séance) . . 9 „\n21 „ Le Quatuor Le jeune (2e Séance) . . 9 „\n22 ~ Mme Legrix . . . . 9 „\n23 „ Mme Charot .... 9 ~\n24 ~ La Société Nationale de Musique (3* séance) 9 „\n25 „ M. Courras (Elèves) 9 „\n26 ~ Le Quatuor Capet (2• Séance) ......... 9 „\n27 ~ M. Waël-Munk (2e Sëance) ......... 9 „\n28 ~ Mlle Gaïda 9 „\n29 „ La Société des Compositeurs de Musique (2e Séance) .... 9 „\nSALLE DES QUATUORS\n25 ~ Mme Laënnec (Elèves) 1 ?»\n28 „ Mme Buisson (Elèves) 1 „\nSALLE G AVE AU\nGRANDE\n15 Février. Répétition publique Société Bach 4 heures\n16 ~ Concert de la Société Bach (Cantates) ç „\n18 ~ Concert Lamoureux (Orchestre) 3 m\n19 „ Concert de l'Union des Femmes Professeurs et Compositeurs (orch.) . 9 ~\n21 „ Concert de la Société Philharmonique (Quatuor Rosé) , . . 9 ~\n24 „ Concert au profit du Dispensaire antituberculeux des Ie et 2e arr. . 8 i ~\n25 „ Concert Lamoureux (orchestre) 3 „\n27 ~ Répétition publique Société Haendel 4 „\n27 ~ Concert donné par le Cercle Militaire 8 „\n28 „ Concert de la Société Haendel —Le Messie (orch. et chœurs) . - 9 ~\n29 „ Répétition publique Schola Cantorum 4 „\n29 „ Concert de la Société Musicale Indépendante 9 ft\nSALLE DES QUATUORS\n15 „ Audition des Elèves de Mme Le Faure Boucherit (piano) . . . 1 J ~\n22 „ Ie ~ „ Mme Mérigot (piano) 1 2 n\n22 ~ Audition des Elèves de Mme Marty (chant) 9 V)\n23 „ „ „ M. Jean Cavinet (piano) 8 £ „\n26 „ „ „ Mme Fabre (piano) . , . . . , 8 | „\n29 „ 2• „ „ Mme Mérigot (piano) 1 J „\n29 „ Concert Cossarini (violon) 9"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.66", "texte": "Les Théâtres\n\nMA MÈRE L'OYE. LA LÉPREUSE\n»\nAprès avoir été la providence des peintres, M, Jacques Rouché, constatant\nque le nom même de son théâtre ne lui permettait pas de demeurer l'homme d'un\nseul art, s'est avisé d'encourager les musiciens. Dangereuse initiative. Depuis\nquelques semaines, la turbulente engeance des compositeurs prend ses ébats dans\nles coulisses du Théâtre des Arts, exécutant des chassés-croisés pleins d'une aimable\nfantaisie, jouant à cache-cache et à cligne-musette, à colin-maillard et aux quatre"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.67", "texte": "coins et remplissant le boulevard des Batignolles du bruit de ses discussions et de\nses querelles. A la manière des acrobatiques \" familles \" que les music-halls anglais\nnous envoient pour communiquer à nos calmes revues une frénésie soudaine, des\njeunes gens, brandissant des rouleaux de papier à musique, se pourchassent dans\ntous les coins du théâtre, entrent par une porte dérobée, sortent par la fenêtre,\nreviennent par le balcon, disparaissent dans un placard, dégringolent du plafond,\nplongent et s'évanouissent dans la cheminée. Gabriel Grovlez, Florent Schmitt,\nCouperin, Inghelbrecht, Ravel apportent tour à tour à ce jeu la plus exubérante\nfantaisie pour la grande joie des spectateurs initiés aux secrets de cette mystérieuse\ngymnastique.\nUn épisode de ce sketch trépidant vient de remporter le plus vif succès. La\nmise à la scène d'une petite partition de Ravel tirée de sa charmante suite enfantine\n\"Ma Mère L'Oye a rencontré une faveur universelle. J'ai eu l'occasion, ici-\nmême, à propos de la création de \" XHeure Espagnole \", de déplorer la regrettable\nprédilection qui entraînait vers un idéal humoristique improbable un musicien si\nnettement voué à la féerie, la trompeuse vocation, qui transformait en caricaturiste\nspécialisé le plus étonnant de nos peintres impressionnistes. L'émerveillement qu'a\nprovoqué le minuscule ballet du Théâtre des Arts semble bien prouver que le\npublic ne conserve sur ce point aucune incertitude et qu'il est tout disposé à\nsupplier M. Franc-Nohain de nous rendre l'auteur de c{ Daphnis et Chloé\nDans \" Ma Mère L'Oye \" Ravel, pourtant, jouait la difficulté. Etre féerique,\nfaire vivre des personnages et des paysages de rêve dans une atmosphère de\nlégende puérile est une tâche singulièrement dangereuse pour un compositeur qui\nne dispose que d'une poignée d'instrumentistes. Faire chatoyer des tons rares et\nprécieux, noter des nuances subtiles, rendre les plus fins effets de lumière n'est\npas précisément aisé lorsqu'on ne possède qu'une brosse, deux tubes de couleur et\nune palette liliputienne. C'est pourtant ce tour de force que Ravel a réalisé du\npremier coup. Il a placé dans les mains de Grovlez non pas un bâton de mesure,\nmais une baguette de prestidigitateur qui, au moindre geste du chef d'orchestre,\nfait sortir de chaque instrument des miraculeuses surprises. Ainsi du chapeau\n\" d'une personne de la société \", l'on voit surgir sur l'ordre du magicien une\ngerbe de roses, un flot de rubans, cinquante écus, un lapin vivant et le drapeau\ntricolore. Il faut une adresse prodigieuse et un tour de main inimitable pour faire\nfleurir dans un si petit jardin les touffes diaprées des accords doubles et triples que\ncultive d'ordinaire cet avisé jardinier. Les dissonances de l'écriture moderne jouent\nlibrement dans le vaste domaine d'un grand orchestre mais supportent malaisément\nun logis trop étroit où elles se heurtent et se blessent. La combinaison chimique\nde certains corps, sans danger à l'air libre, provoque parfois en vase clos de terribles\nexplosions. Il y a donc un mérite exceptionnel dans l'harmonieuse synthèse que\nRavel a réalisée dans ces défavorables conditions. Musicalement u Ma Mère l'Oye \"\nest un ravissement complet.\nLe vague scénario qui fut imaginé pour présenter cette délicieuse partition ne\nse recommande pas par les mêmes mérites. Jamais on n'avait poussé aussi loin le\n\n56\nS. I. M."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.68", "texte": "LE MOIS\n57\n\nmépris affectueux que l'on réserve volontiers aux affabulations de ce genre. L'état\nd'âme que révèle à cet égard le tableau du \" Petit Poucet \" est vraiment signifi-\ncatif!... La partie décorative du spectacle est d'un art raffiné. Avec une demi-\ndouzaine de costumes d'une stylisation très adroite,avec des toiles de fond exquises,\navec les taches de couleur mouvantes et précieuses de deux négrillons splendide-\nment \" composés \" Dresa nous a éblouis. Oserai-je avouer que la réalisation\nplastique offerte par le \" corps de ballet \" du Théâtre des Arts s'apparente plus\ndirectement au livret falot qu'au décor et à la musique. Emporté par un très\nsympathique élan de réaction contre la routine de nos théâtres officiels, M. Rouché\nsemble avoir renoncé pour jamais à toutes les conventions du professionalisme.\nSon dédain, très légitime, de la froide technique, de la danse classique l'a conduit\ntout naturellement à faire appel au primesaut d'un amateurisme ingénu qui a\nparfois son charme mais qui ne saurait se généraliser sans dommage. Sans doute\nce parti-pris est de bonne compagnie, ce mépris du professionnel à grand air et\ndédaigner d'obéir servilement au rythme et à la mesure est assez grand seigneur,\nmais, vraiment, certains interprètes de la maison ont le sang trop bleu. Ils\nexagèrent !\nQuelques jours après le triomphe de l'art élégant, aristocratique, souriant et\nun peu ironique de Ravel, nous étions brusquement mis en présence de cette\npoignante Lépreuse de Bataille et Lazzari, de ce drame d'une émotion impérieuse\net un peu brutale qui offre avec l'intellectuel divertissement que nous ménagea\nM. Jacques Rouché un contraste dont il n'est pas besoin de souligner la violence.\nEn écoutant le texte, si savoureux dans sa naïveté voulue, qu'écrivit un poète\nde vingt ans, certains admirateurs d'Henry Bataille ont éprouvé une désagréable\nappréhension. Un involontaire rapprochement ne s'opérera-t-il pas dans l'esprit des\nlettres entre les dernières pièces de l'auteur de \"Poliche \" et ce parfait mouvement\nd'émotion, de lyrisme exact, d'effusion pudique et d'humaine tendresse ? On ne\njalonnera pas sans tristesse le chemin parcouru en quinze ans de succès par un\nhomme dont la sensibilité de qualité si rare avait bouleversé toute une génération\nd'écrivains. Ce ne sont pas ses péchés, mais ses vertus de jeunesse qu'un artiste\n\" arrivé \" devrait cacher avec le plus de pudeur. La Lépreuse a retrouvé à l'Opéra\nComique le succès qui l'avait accueillie à l'Auvre voici seize ans. C'est assez dire\nle mérite de Sylvio Lazzari : l'intervention d'un musicien est toujours un terrible\ndanger pour la vie des chefs-d'œuvre. Ils n'en meurent pas tous, mais tous en\nressentent d'assez graves atteintes qui hâtent leur déclin.\nLe tempérament du compositeur &Armor ne semblait pas pourtant le prédes-\ntiner à devenir le reflet musical du naïf enlumineur de légendes dont Bataille, par\njeu, avait pris le visage. La nature un peu fruste, la pensée forte et drue de ce rude\nsculpteur de sons s'accordait mal avec la finesse de l'imagier. Et cependant la\npartition de Lazzari ne trahit pas le drame, reste émouvante et juste d'expression\net, par des chemins détournés, rejoint le poème çà et là avec un heureux à-propos.\nSa technique et son idéal pouvaient à bon droit nous inquiéter. Malgré son désir\nthéorique de se libérer de l'emprise bayreuthienne, Lazzari est presque aussi"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.69", "texte": "wagnerien que Magnard. Sans parler de l'emploi systématique du leitmotiv et du\nrappel de theme il a gardé de l'héritage du redoutable ancêtre cette préoccupation\nminutieuse du commentaire et de l'allusion qui réduit souvent le rôle de l'orchestre\na celui de ces notes, références et renvois tout alourdis de chiffres, d'astériques, de\ncf. et de cpr. dont s'encombrent les bas de pages des livres solidement documentés.\nUn mot, une breve image qui passe sont immédiatement photographiés par les\ninstruments attentifs ; si l'on parle de cloche ou de danse deux mesures de carillon\nou de rythmes sautillants viennent affirmer au spectateur que rien n'échappe à la\nvigilance des musiciens tapis dans la fosse et une chanson populaire qui condense\n1 état d ame du breton bretonnant ne perd jamais une occasion de nous faire son\npetit cours d ethnographie. Mais l'instrumentation est plus significative encore.\nLes instruments groupes par familles font leurs entrées en corps suivant les meil-\nleures traditions de la Tétralogie; les cuivres marquent les accents de là même\nfaçon, les cors et les trombones sont atteints d'un héroïsme incurable que rien ne\njustifie dans la legende villageoise où ils interviennent avec conviction. Et puis il\ny a cette densite caractéristique des sonorités, cette colonne compacte de timbres\nagglutines, cette formidable capacité pulmonaire qui permet d'enchaîner les pages\naux pages sans un silence, sans une respiration, sans un soupir, ce dédain de\n1 aération intérieure de la trame symphonique, de l'allégement des assises harmo-\nniques, ces mille détails d écriture qui en disent long sur l'idéal sonore d'un com-\npositeur et qui nous prouvent ici les secrètes affinités qui unissent l'auteur de la\nLepreu.se a celui du Ring.ll y a également, plus indiscrètement encore peut-être\nque dans Bérénice cette interprétation prosodique de la musique de nos mots\nfrançais \" par augmentation , cet étirement barbare de nos alertes syllabes, ce\ngonflement cruel de nos diphtongues prêtes à éclater, cet écrasement et ce laminage\nde nos voyelles si contraires au génie de notre langue.\nIl y a aussi, hélas, presque imperceptible, la griffe du temps sur toute la\npartition qui a passe dans une bibliothèque et dans des dossiers d'avocats ses belles\nannées de jeunesse et qui a perdu cette <c fleur \", ce duvet velouté des fruits que\n1 on vient de detacher de leur branche. 11 y a tout cela et pourtant les debussystes\nles plus intransigeants, ceux qui attachent le plus d'importance à l'actualité des\nformes de langage et des modes d'expression ne résisteront pas au grand souffle\nloyal de cette musique si profondement humaine. La qualité de l'émotion que\ndégagé Lepreuse est parfois discutable, on peut garder quelque rancune aux\nauteurs d avoir employé pour nous attendrir des moyens aussi directs et aussi\nétranges a l'art que cette poignante procession qui s'allonge, se déroule et rampe\njusqu au pauvre Ervoanik pour l'arracher à sa maison et l'enterrer vivant, ce\nlugubre cortege rustique qui accroche aux branches du chemin des lambeaux de\nplain-chant funèbre, ce \" Dies irae \" glapi par d'acides voix d'enfants dans les\ngenets en fleurs ; c est toute la desespérante mélancolie quotidienne que dégage un\nenterrement villageois au printemps dans le soleil et les chants d'oiseaux. Ces deux\ncomplices, cessant de creer, ont viole notre sensibilité, ont cambriolé nos larmes\npar une félonie digne des drames de Sardou, mais il est presque impossible de\n\n58\nS. I. M."}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.70", "texte": "LE MOIS\n59\n\nleur tenir rigueur tant est mystérieux le charme douloureux de cette œuvre qui\nvous conduit irrésistiblement à ce plaisir d'attendrissement, de tristesse, de\nrêverie, sur les choses de l'amour et de la mort, \" qui est au fond une des formes\nles plus délicates de la joie de vivre !...\n\nEmile Vuillermoz."}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.71", "texte": "REVUE DE LA PRESSE QUOTIDIENNE\nLA LÉPREUSE\nESCHO OE PARIS\n*\nCette partition est à la fois d'un mu-\nsicien véritable et d'un musicien de\nthéâtre. Variée et rapide, pittoresque\nlorsqu'il le faut, scénique (et même avec\nune pointe de <vérisme qui ne manque\npas d'agrément), très abondamment mé-\nlodique, elle a même des qualités plus\nrares de nos jours. Cette musique a du\nrythme, elle est très nettement tonale,\nelle est construite et chaque scène a un\nplan musical, ses mouvements sont\nvariés, la déclamation des voix est pres-\nque toujours un chant véritable. Enfin,\nmalgré quelques duretés (qui tiennent\nsans doute à l'acoustique de la salle et\nau petit nombre des cordes\\ l'orchestra-\ntion a toute la couleur désirable ; quant\nà l'écriture harmonique, elle n'a aucune\ndes étrangetés ou des hardiesses qui\nn'étonnent plus personne.\nRésultat : cette musique porte.\nADOLPHE BOSCHOT.\nLE FIGARO,\nJe commencerai par quereller M. Laz-\nzari comme je querellerais en pareille\ncirconstance tout autre de mes confrères\nc'est-à-dire que je ne lui ferai pas un\nmérite particulier d'avoir créé autour de\nses personnages une atmosphère locale à\nl'aide de chants populaires bretons, car\ncela c'est l'enfance de l'art ; tout au\nmoins cela représente-t-il un moyen\néconomique dont on a singulièrement\nabusé et dont, probablement, on abusera\nencore. Ne serait-ce pas faire autrement\npreuve d'ingéniosité que de tirer de son\npropre cerveau le» images évocatrices\nd'un pays, ou d'une époque, ou d'un\nmilieu ?\nCeci dit, je ne refuserai pas à M. Syl-\nvio Lazzari d'avoir utilisé ces thèmes\navec sobriété et de les avoir développés\navec talent. La partition de la Lépreuse\nest d'ailleurs remarquable à bien d'autres\négards. Très substantiellement musicale,\nécrite d'une main très sûre, même si\ncette main manque quelquefois de légè-\nreté, juste d'accent, souvent émouvante,\nprofondément sincère et d'une excellente\ntenue, c'est-à-dire également éloignée\nde toute excentricité et de toute fadeur,\nelle a conquis immédiatement non seu-\nlement les musiciens, mais encore les\nnombreuses personnes qui, lorsqu'elles\nvont dans un théâtre lyrique, désirent y\nentendre ce qu'on n'y entend pas\ntous les jours. de la musique. Le\nsuccès de M. Sylvio Lazzari est de ceux\nauxquels on est heureux d'applaudir.\nGABRIEL FAURÉ.\n£'@rtaîr\nCependant, il n'est pas niable que\ncette pièce et cette musique, si intéres-\nsantes séparément, ne donnent point par\nleur réunion tout le plaisir intense et\ndélicat qu'on en pouvait attendre. A\nprendre le texte phrase par phrase, on\ndoit reconnaître que le compositeur en\na très exactement suivi le sens. Malgré\ntout, l'impression d'ensemble indique\nque cette musique n'est pas foncièrement\ncelle qu'appelait le poème, et que ce\npoème n'était pas celui qui eût le mieux\nconvenu à ce musicien. Pour répondre\nprofondément à l'esprit de la pièce, il\neût fallu la fluidité subtile, rêveuse,\nindécise et un peu crépusculaire d'un\nDebussy. M. Sylvio Lazzari possède au\ncontraire un tempérament robuste et\nardent, à qui il faudrait un scénario de\njoie, de plein air et de soleil, ou tout au\nmoins de passion épanouie et vibrante.\nLe fameux mot de Nietzsche s'applique\ncertainement à lui, sinon à tous les mu-\nsiciens : pour obéir à sa vraie nature, il\ndevrait méditerranéiser sa musique. Et\nles compositeurs respectueux de leur art\ndevraient bien ne pas abandonner ce\ndomaine brillant aux bateleurs qui en\nont à peu près le monopole, depuis la\nmort de Bizet. PAUL SOUDAY.\n| S# MMm |\nLa partition de M. Sylvio Lazzari est\nconçue dans le style wagnérien, ce qui\nne signifie point qu'elle soit dénuée\nd'originalité. Elle rappelle d'illustres\npages du maître allemand non par ses\nthèmes ni ses harmonies, mais par sa\nconstruction, qui a une solidité irrépro-\nchable. Son sentiment n'est pas moins\ndigne de louange. Des mélodies popu-\nlaires, mêlées à celles de l'auteur et\nhabilement développées, ramenées aux\nbons endroits, remplissent l'œuvre d'un\nparfum délicieux, d'une couleur char-\nmante. Elles ne l'afFadissent point; elles\nlui laissent sa violence qui se manifeste\nlibrement quand il le faut et qu'un\nmotif, entre autres, caractérise remar-\nquablement : celui de la lèpre, formé de\ntrois notes, brèves et menaçantes comme\nles coups effrayants que frapperait à\nnotre porte l'implacable destin. On sent\nque le compositeur a subi la hantise de\nson sujet, de ses personnages, s'est livré\ncomplètement à nous, a marché droit\ndevant lui, sans faiblesse ni lâcheté\nd'aucune sorte, animé par une généreuse\npitié. Je suis de ceux qui ne se sont pa3\nrefusés à partager son émotion.\nALFRED BRUNEAU.\nLA LIBERTÉ\nJe ne puis pas trouver que cette mu-\nsique, intelligente, sensible, sincère avant\ntout, s'accorde au ton d'archaïsme popu-\nlaire du poème. Bien que M. Lazzari\nait très évidemment recherché ce ton\ndans le contour et le rythme d'un certain\nnombre de ses thèmes qu'ils soient\ntirés, ou simplement inspirés du folklore\nbreton —et bien que ces thèmes s'in-\ncorporent à sa trame musicale, elle n'en\na gardé que quelques nuances et non une\ncouleur générale. Là n'était point l'es-\nsentiel : il est dans la justesse et l'éner-\ngie impulsive du mouvement dramatique,\ndans le soufflet soutenu qui anime chaque\nacte d'un bout à l'autre, sans qu'on y\nsente un trou, une hésitation, une dé-\nfaillance ; il est dans la variété des\nsentiments, qui passent de la plus chaste\ndélicatesse à la plus pathétique violence\nsans sortir de l'unité il est dans l'élo-\nquence et la vérité de la déclamation, et\ndans la couleur frémissante de l'orches-\ntre ; il est dans la vie enfin, dans quelque\nchose qui ne s'analyse point, et qui, de\nla même façon précisément que pour le\ndialogue même de M. Bataille, donne à\nune expression souvent assez extérieure\nune puissance d'action intérieure.\nJ'accorde d'ailleurs qu'il existe des\nmusiques d'une qualité proprement mu-\nsicale plus rare que celle de M. Lazzari.\nLe tempérament dramatique chez lui\nemporte tout 5 et il lui suffit que ses\nthèmes et que ses harmonies expriment\nnettement ce qu'il veut leur faire dire,\nsans qu'il s'inquiète trop de leur nou-\nveauté. Peu importe qu'il ne regarde\npas à quelques moyens peu raffinés, ni\nne répugne à certains éclats un peu bru-\ntaux. Il n'abandonne pour cela rien de\nla dignité du style ni de la solidité delà\nconstruction. Dans cette construction\nparticulièrement remarquable, qui main-\ntient les droits de la forme musicale, si\nexactement qu'elle soit adaptée à l'action\nscénique, on reconnaît le bienfait d'une\nlongue pratique de la symphonie et de\nla musique de chambre.\nGASTON CARRAUD."}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.72", "texte": "LE MOIS\n61\n\nConcerts Colonne\n\nNotre collaborateur et ami M. Reynaldo Hahn ayant été retenu par l'interprétation de ses œuvres au\nConcert Sechiari le dimanche 21 janvier, notre collègue M. L. de la Laurencie a bien voulu se substituer\nà lui et rendre compte à nos lecteurs de la Symphonie française de M. Théodore Dubois.\nLA SYMPHONIE FRANÇAISE DE TH. DUBOIS. Jouée pour la première\nfois à Bruxelles, aux concerts Ysaye, en 1909, la Symphonie française de M. Théodore Dubois\nétait déjà connue des habitués des Concerts Colonne, qui l'entendirent en mars 1910.\nNous n'entreprendrons pas ici l'étude détaillée de cette importante composition dont\nM. Paul Landormy a donné une excellente analyse dans son programme. Nous voudrions\nseulement résumer quelques impressions qu'elle nous a laissées.\nDe forme et de structure classiques, la \" Symphonie française \" se recommande par de\ngrandes qualités de clarté, de technique et d'élégance. A ce point de vue, elle justifie parfaite-\nment son titre. Construite, non pas d'une façon absolument cyclique, mais au moyen d'un\nthème exposé dès le début et qui joue dans toute l'œuvre un rôle prépondérant, elle associe à\nce thème une série de motifs accessoires qui se groupent autour de lui de manière à caracté-\nriser, souvent avec beaucoup d'ingéniosité, les quatre mouvements dont elle se compose. Que\ntout cela soit très sage, très pondéré, très \" juste milieu \", voilà qui ne saurait faire aucun\ndoute. Mais après tout, voilà qui est aussi essentiellement français. On ne peut demander à\nM. Dubois de nous donner du Debussy, du Dukas ou du Strauss. Et c'est justement le but et\nl'utilité des concerts que de soumettre à notre appréciation des musiques très diverses, afin\nd'élargir notre horizon esthétique et de nous empêcher de nous cantonner dans une intransi-\ngeance simpliste et quelque peu puérile. Il ne semble pas nécessaire d'admettre que la musique\nde M. Dubois est mauvaise parce que son auteur fut directeur du Conservatoire. C'est là,\nqu'on nous pardonne l'expression, un jugement par trop \" potache \". Il serait, croyons-nous,\nplus intéressant de constater combien le milieu musical a réagi sur un compositeur de mentalité\nplutôt conservatrice, et de faire voir jusqu'à quel point celui-ci s'est laissé pénétrer par les idées\nmodernes en matière d'harmonie et de coloris instrumental. Vue sous ce jour, la \" Symphonie\nfrançaise \" pourrait fournir l'occasion de nombreuses remarques.\nLe deuxième mouvement, par exemple, de caractère pastoral, respire un sentiment\nnaturiste très prononcé. Une longue mélodie, confiée au hautbois, s'élève sur un fonds discret\nd'orchestre, mélodie de plein air, sentant le Folk-lore, toute baignée de la douce lumière des\npaysages de France ; puis, un autre thème, également campagnard, vient se joindre à celle-ci,\net autour de ses deux voix naïves, l'instrumentation chatoie, avec de délicates harmonies, dans\nune sonorité estompée, transparente, qui suscite une impression d'atmosphère bleutée, de\ntranquillité nationale et rustique.\nAvec l'Allegro vivoy c'est la danse de rythmes follets d'lle de France ou de Touraine,\nqui dessinent les girations chères aux Scherzi mendelssohniens. Cette pièce, finement et\ngracieusement orchestrée, nous a semblé la mieux venue de tout l'ouvrage. Nous goûtons\nmoins le Finale, dans lequel M. Dubois s'est efforcé à la puissance, et où il a cherché l'effet\ndramatique. Après un rappel de thèmes déjà entendus, au cours des mouvements précédents,\nle musicien introduit progressivement la Marseillaise. Assurément, l'idée était belle et émou-\nvante, mais son expression ne semble pas aussi bien ajustée à sa taille qu'on aurait pu le\nsouhaiter. L'air national surgit par menus morceaux, qui apparaissent çà et là, au fond des\navenues d'une épaisse polyphonie ; la déformation des rythmes, l'altération de la tonalité"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.73", "texte": "enlèvent à l'entraîneuse d'hommes son masque héroïque. On voudrait la voir se dresser\nfulgurante et tragique ; elle ne se montre que furtivement, sous des déguisements artificieux,\nfort habiles assurément, mais qui touchent à la grandiloquence sans atteindre à la force.\nEmpressons-nous toutefois d'ajouter que la présentation d'une \" Marseillaise nature \" eût été\ncertainement taxée de \" pompiérisme \".\nEn résumé, cette œuvre, que certains trouvent trop u conservatoriale fait honneur à\nnotre école symphonique. M. Théodore Dubois en a dirigé l'exécution avec souplesse et\nautorité.\n\nL. L. L.\n\nConcert Lamoureux\n\nIl semble singulier que la critique musicale soit assez rarement confiée à ceux qui\npratiquent cet art. Sans doute estime-t-on que ceux-ci ont mieux à faire et qu'à de brillantes\nexceptions près, œuvres d'art elles-mêmes, une critique, même perspicace, est d'une nécessité\nmoindre qu'une production, si médiocre soit-elle. Par ailleurs l'on peut craindre que les pro-\nfessionnels, mus par des sentiments souvent honorables, ne puissent toujours juger avec une\nparfaite indépendance, et que leurs opinions soient entachées de passion, pour ne pas dire pis.\nIl faut bien reconnaître, pourtant, que les jugements des critiques ne sont pas toujours\nexempts de cette passion. Souvent même, une ardeur véhémente dans l'attaque masque\nhabilement l'incompétence qu'un avis plus modeste laisserait soupçonner.\nLes quatre derniers concerts Lamoureux offraient, ce mois-ci, un programme des plus\nvariés. A vrai dire, aucune ire audition, si ce n'est une scène importante\nde cet opéra français, d'une haute valeur musicale, que des étrangers purent goûter en son\nentier, tandis que nous sommes condamnés à le déguster par fragments. Mais la plupart des\nautres œuvres étaient si peu connues, qu'il était intéressant de nous les faire entendre de\nnouveau.\nPar une ironie du hasard, la première dont je dois rendre compte, se trouve être ma\nPavane pour une infante défunte.Je n'éprouve aucune gêne àen parler : elle est assez ancienne\npour que le recul la fasse abandonner du compositeur au critique. Je n'en vois plus les qualités,\nde si loin. Mais, hélas ! j'en perçois fort bien les défauts : l'influence de Chabrier, trop\nflagrante, et la forme assez pauvre. L'interprétation remarquable de cette œuvre incomplète et\nsans audace a contribué beaucoup, je pense, à son succès.\nUne grande partie du public qui l'a applaudie n'a pas manqué de manifester contre le\nsplendide poème de Listz, Les ldéals. Sans doute cette page géniale peut paraître un peu longue,\nà première audition. Mais l'est-elle réellement moins que la scène finale du Crépuscule des\nDi eux, dont le succès, au même concert, fut unanime ?\nJe sais bien que ce final fut chanté par Lucienne Bréval de manière à nous faire oublier\nles cantatrices wagnériennes les plus notoires que nous ayons entendues jusqu'ici dans nos\nconcerts. Et cela, malgré le charabia déconcertant d'Ernst, dans lequel la grande artiste était\nobligée de s'exprimer. Je reconnais aussi que devant cette symphonie formidable, les transports\nde la foule sont plus que légitimes. Mais ce que nous savons tous, c'est que ce final, ainsi que\nle reste de l'œuvre, ne fut pas accueilli avec la même chaleur, lors de sa révélation. Et cela dût\nparaître encore plus long que les ldéals.\nEt puis, que nous importent les défauts de cette œuvre, de l'œuvre entière de Listz ? N'y\na-t-il pas assez de qualités dans ce bouillonnement tumultueux, dans ce vaste et magnifique\nchaos de matière musicale où puisèrent plusieurs générations de compositeurs illustres ?\n\n62\nS. I. M."}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.74", "texte": "LE MOIS\n63\n\nC'est en grande partie à ces défauts, il est vrai, que Wagne\"r doit sa véhémence trop\ndéclamatoire ; Strauss, son enthousiasme de coltisseur ; Franck, la lourdeur de son élévation :\nl'école russe son pittoresque parfois clinquant ; l'école française actuelle, l'extrême coquetterie\nde sa grâce harmonique. Mais ces auteurs si dissemblables ne doivent-ils pas le meilleur de leurs\nqualités à la générosité musicale, vraiment prodigieuse du grand précurseur. En cette forme,\nsouvent gauche, toujours abondante, ne distingue-t-on pas l'embryon du développement\ningénieux, aisé et limpide de Saint-Saëns ? Et cet orchestre éblouissant, d'une sonorité à la fois\npuissante et légère, quelle influence considérable n'a-t-il pas exercé sur les adversaires les plus\ndéclarés de Listz.\nOn ne peut se défendre de quelque ironie si l'on considère que la plupart de ceux-ci sont\nélèves de Franck, celui des contemporains qui doit le plus à Listz. Ces disciples n'ont eu çarde\nde suivre l'exemple de leur maître, dont l'orchestre incolore et lourd gâte souvent la beauté de\nl'idée.\nCe reproche, aucun des trois compositeurs de l'école franckiste exécutés aux derniers\nconcerts ne saurait l'encourir. M. Witkowski, dans sa 2me symphonie, use habilement d'une\npalette brillante. Mais les couleurs semblent artificielles. Cela provient de ce que la volonté\nseule, dans cette œuvre, paraît guider le compositeur. Quelques suites brèves de notes, traitées\npar des procédés d'école : augmentations, renversements, constituent le principe de la mélodie.\nL'harmonie est presque toujours le résultat de rencontres contra-pountiques. Le rythme, de\ndéformations industrieuses. De sorte que ces trois éléments de la musique, dont la conception\ndevrait être simultanée, et avant tout, instinctive, sont ici élaborés séparément, et unis par un\ntravail purement intellectuel, dirait-on.\nLes moyens scholastiques, qui abondent dans les 3 parties de cette symphonie, laissent\ntrop percevoir que l'auteur s'est imposé la tâche de développer telle idée, coûte que coûte, de\nla conduire en tel ton. Combien cette affreuse logique de la raison est loin de celle de la sensi-\nbilité ! Cependant, derrière ce masque morne, on discerne à tout instant un musicien profond,\nvibrant, qui n'a pas dû accepter sans révolte la discipline et les inacérations qui lui furent\nimposées au nom de je ne sais quels dogmes absurdes.\nTout autre est le Poème de V Amour et de la Mer, d'Ernest Chausson : Dès la présentation\ndes idées, la mélodie et l'harmonie ne forment qu'un corps. Un charme très doux s'en dégage.\nOn en conserve heureusement le souvenir durant le fatras inutile et maladroit des développe-\nments, qui alanguissent cette œuvre si musicale. Un orchestre parfois un peu chargé, mais\ntoujours séduisant, interprète avec une intelligence des plus heureuses, les paysages évoqués par\nle poète.\nLe don orchestral de M. Pierre de Bréville est également supérieur à celui de son maître.\nL'élégance de l'harmonie, la distinction du couleur mélodique sont accusées par des sonorités\nchâtoyantes, d'un pittoresque sans outrance. Peut-être reprocherai-je à l'inspiration de n'être pas\ntoujours exempte'de mollesse. Par endroits, je souhaiterais de ces accents dramatiques, un peu\nvulgaires, qui font vibrer les auditeurs les plus délicats. Mais doit-on reprocher à l'artiste un\nexcès de pudeur, et mépriser ces trucs faciles, au moyen desquels certains de ses confrères\nparviennent à une basse célébrité ?\nJe tombe dans l'erreur que je prétendis reprocher à mes contemporains. A quoi bon\nchercher les imperfections d'une œuvre qui m'a profondément charmé ? Mais aussi, pourquoi\nfaut-il que je sois du métier ?\n\nMaurice Ravel."}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.75", "texte": "Concerts divers\nLa trêve des confiseurs s'est prolongée cette année au-delà de toute convenance. Le mois\nde janvier fut extraordinairement pauvre en manifestations significatives. Après avoir commencé\nl'année dans le silence, la musique n'a pas osé élever beaucoup la voix et n'a repris la parole\nqu'avec une extrême timidité. Est-ce avoir assez fait pour l'art, Société des Concerts,\nque d'avoir repris un lot d'oeuvres aussi connues que l'ouverture de Coriolan, la Symphonie\nMilitaire de Haydn, la symphonie sur un thème montagnard de d'lndy, la Symphonie en la\nde Mendelssohn, Roméo et Juliette de Berlioz, la lyre et la harpe de Saint-Saëns et la cantate\npour la fête de S 1 Jean-Baptiste de Bach, délicieusement chantée d'ailleurs par Mlle Madeleine\nBonnard?iÊtes-vous satisfaits, o Concerts Sechiari, parce que vous avez fait acclamer l'exquise\nsuite de Reynaldo Hahn qui s'appelle le Bal de Béatrice d'Esté et parce que vous avez rempli\nle Théâtre Marigny des admirateurs de Vincent d'lndy et de Blanche Selva ravis d'entendre\nexécuter une fois de plus Wallenstein et la Symphonie sur un thème montagnard? Votre\nconscience est-elle en repos, Société Nationale, parce que vous avez donné des reprises de\nMagnard, de Turina, de Vierne et de Séverac et parce que, renonçant à bonder plus longtemps\nla schismatique S. M. 1., vous avez fait applaudir chez vous sous les doigts de Marguerite Long\nles nouveaux préludes de Ducasse? Et vous, turbulente Société Musicale Indépendante,\nn'avez-vous pas d'autre ambition que de saluer timidement Lalo, Saint-Saëns et Fauré, comme\nvous venez de le faire, et croyez-vous avoir rempli tout votre devoir en créant uniquement\ndeux mélodies de Paul Ladmirault dans votre séance de réouverture ?\nFaut-il vous louer, gracieuses amazones de l'U. F. P. C. de faire à chacun de vos con-\ncerts une place si confortable à l'amateurisme, cette plaie de la musique moderne ? Attendez-\nvous des compliments émus,brillante Société Philharmonique, parce que vous avez fait\nsuccéder à Fritz Kreisler, le champion allemand de l'archet, l'athlète du piano, le formidable\nMoritz Rosenthal, le costant de l'épinette, sans vous préoccuper de l'intérêt musical de leur\nrépertoir qui se renouvelle trop rarement ? Etes-vous contents, Quatuors Tracol, Parent,\nLuquin, Soudant, Loiseau, Lefeuve et iSangra, d'avoir égoïstement savouré les\nœuvres classiques que vous ne vous lassez pas d'orner du signe da capo? N'imiterez-vous\njamais le courageux effort de l'explorateur Lejeune qui nous révéla un bataillon de jeunes\nRusses inconnus et se dispose à nous faire accomplir un voyage circulaire à coupons combina-\nbles, avec un itinéraire hispano-viennois ?\nVous avez tous beaucoup de talent MM. Goldschmidt, Singery, de Radwan et Etlin,\nMUes Dron, Selva, Veinard, Rey-Gaufrès, Blancard, mais comment caractériser votre effort\néternellement semblable ? Croyez-vous que nous avions besoin de vous entendre jouer une\nSonate de Corelli et des Danses de Paganini à Enesco, pour savoir que vous êtes un musicien\nextraordinairement doué par la fée que fut certainement votre marraine ? Combien plus cou-\nrageux l'exploit de Mme de Lestang qui vint spécialement à Paris pour nous faire entendre tous\nles lieder caractéristiques de la jeune école française et qui composa deux programmes redou-\ntables qu'elle interpréta sans faiblir ! En vérité l'année s'annonce mal.\n\n64\nS. I. M."}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.76", "texte": "LE MOIS\n65\n\nLa Province\n\nNANCY. Le Pays, drame musical en 3 actes et 4 tableaux. Poème de Charles Le\nGoffic. Musique de J. Guy. Ropartz.\nLe directeur du théâtre de Nancy, Monsieur Chabance, vient d'apporter une grande\ncontribution à l'œuvre de décentralisation, en montant le drame lyrique de Monsieur Ropartz,\nle Pays.\nLe livret du drame est d'un poète bien connu, Monsieur Charles Le Goffic ; il est écrit\nen prose. Le sujet méritait le choix qu'en a fait le musicien éminent qu'est le directeur du\nConservatoire nancéien.\nUn pêcheur breton, Tuai, naufragé sur les côtes d'lslande, s'éprend de la fille Kœthe du\npêcheur islandais Yôrgen, qui l'a recueillie et soigné. Il l'épouse en lui jurant fidélité sur le\n\" Hrafuaga \". Le Hrafuaga, ou val des corbeaux, est une immense tourbière, congelée une\npartie de l'année, pendant la nuit hivernale. Mais avec le soleil, la tourbière redevient\nmouvante, et le dégel est annoncé par la réapparition des corbeaux qui peuplent le lieu maudit.\nLa nuit d'hiver survient, triste et monotone. Le pêcheur breton a trop présumé de son\namour pour sa nouvelle famille. Peu à peu, la nostalgie du pays natal le prend, et l'annonce de\nla maternité prochaine de Kœthe parvient à peine à chasser de son esprit le souvenir du\nPardon de Pamipol. Un soir d'avril, par une indiscrétion du vieux Yôrgen, Tuai apprend que\nles goëlettes sont ancrées dans un port voisin. Le printemps qui là-bas gronde de blanc les\npommiers de la vieille Bretagne, du Pays ! l'appelle invinciblement. Et il abandonne tout,\nfemme, famille, Islande, pour rejoindre ses compatriotes.\nMais il faut pour cela passer sur le Hrafuaga, encore solide. A peine s'est-il engagé sur la\ntourbière, que des corbeaux annoncent le dégel par leur croassement funèbre, et, sous les yeux\nde Yorgen et de Kœthe, qui, elle, avait déjà pardonné, le Hrafuaga impitoyable engloutit le\nparjure.\nSur ce livret, d'une belle inspiration poétique, et qui se prêtait à une réalisation scénique\nrelativement facile, Monsieur Ropartz a construit une pièce lyrique d'un très grand intérêt.\nL'auteur des trois symphonies, des chorals pour grand orgue, et des admirables poèmes la\nMer et Chrysanthèmes, s'attaquait pour la première fois au théâtre.\nOn peut dire qu'il a pleinement réussi. Il a bâti une partition parfaitement scénique.\nEst-ce à dire qu'elle n'a point de défaut de ce côté ? Non pas. Le quatrième tableau dans\nlequel Kœthe assiste et nous fait assister à la fuite de Tuai sur la tourbière, était difficile à\ntraiter, autant pour le librettiste que pour le musicien. Malgré cela l'action s'y déroule avec un\nintérêt qui, pour n'être pas aussi puissant que dans les trois premiers tableaux, n'en est pas\nmoins très suffisant.\nOn a reproché aussi aux auteurs de tomber dans la monotonie, en limitant à trois le\nnombre de personnages. Critique injustifiée, tel qu'il est, le Pays ne réclame aucune addition\nde personnages ou de chœurs : le drame intime qui se déroule devant nos yeux est parfaitement\ncomplet. Monsieur Ropartz remplace de très heureuse façon les confidents par l'orchestre !\nLe musicien, d'ailleurs, a atteint le but qu'il se proposait : il n'a pas cherché à faire une\nnouvelle œuvre de concert, et il a su abaisser son inspiration musicale, jusqu'ici uniquement\nsymphonique, au niveau du grand public de théâtre, tout en avant cependant le musicien pur\net noble que l'on connaît déjà.\nD'ailleurs ce n'est pas à dire que le maître ait changé sa manière : non, il est resté lui-\nmême, et, dans l'admirable ouverture de son œuvre nouvelle, le compositeur ultra moderniste\n\n5"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.77", "texte": "a gardé la haute venue musicale d'un classicisme déjà éprouvé. L'exposition thématique du\ndrame y est développée d'une façon parfaite, et, à l'audition de cette œuvre, je n'ai pu m'em-\npêcher de songer à la manière des ouvertures de Wagner. Mais ce n'est qu'une impression\npassagère, car si M. Ropartz a pris au grand compositeur allemand sa méthode orchestrale, il\nreste, quant à la mélodie, complètement personnel, et, si l'on veut à toute force y reconnaître\nune influence, ce sera plutôt celle de son maître, César Franck, et surtout de Hulda.\nDans la pièce elle-même, Monsieur Ropartz s'en propose de traiter en parallèle et de la\ncouper en deux grands sujets, l'amour de Tuai pour sa femme, et l'amour du Breton pour\nson pays natal. Out-ils été traités tous les deux d'égale manière ?\nEt bien non. Monsieur Ropartz est un mauvais peintre de l'amour, les passages de\ndans le Pays, sont à peine effleurés. Koethe est une amante très froide, et, en vérité, elle ne\npeut pas trouver les mots les chants, devrais-je plutôt dire qui lui garderaient son mari.\nLa ballade du chevalier Olaf est certes traitée de gentille façon, mais on sent que la conviction\nmanque.\nIl en est tout autrement dans l'exposition des thèmes bretons ! Comme on sent que le\nsujet tenait au cœur du musicien, comme il était heureux de nous vanter sa belle patrie ; et\ncombien de fois, avant d'être réalisée sur le papier de la partition, la chanson de Tuai, du\n2e acte, n'a-t-elle point chanté dans l'âme de l'auteur? Et au troisième tableau, quand Tuai,\nendormi sur les genoux de sa femme, rêve du Pays, des gars, des promises, du clocher de\nPamipol, comme le pauvre et terne amour de la petite islandaise se brise misérablement contre\nl'exposé troublant de cette adoration du sol natal ! A ce moment là, Monsieur Ropartz a réussi\nà faire vibrer avec lui toute la salle dans une même communion pour sa terre chérie, à nous\nla faire aimer, nous aussi.\nLe public nancéien associa dans une ovation indescriptible, comme il est rare d'en voir à\nNancy, Monsieur Ropartz, Monsieur Le Goffic et leurs interprêtes : Mademoiselle Rose\nHellbronner de l'Opéra-Comique, qui, dans le rôle de Koethe fut une comédienne un peu\nfroide, mais une chanteuse parfaite, Monsieur Lheurein (Tuai) dont la voix puissante fut con-\nduite en artiste, et Monsieur Ernst (Yôrgen), qui compléta l'ensemble de très satisfaisante\nmanière.\nA la fin du 2e acte, devant le tout Nancy artistique réuni sur le plateau de la Salle Poriel,\nMonsieur Adrien Bernheim, inspecteur général des Beaux-Arts, apporta à Monsieur Ropartz\nles félicitations du ministre, et le complimenta d'avoir réalisé le programme qu'il s'était fixé il\ny a 20 ans, en prenant la direction de Conservatoire de Nancy, dont-il a fait un des premiers\nde France.\n\nAndré Lévy.\n\nBelgique\ni\nJanvier : Déjanire, dont le maître C. Saint-Saëns vint surveiller lui-même, ainsi que nous\nl'avons annoncé, les dernières répétitions, trouve à la Monnaie l'accueil un peu respectueux qui va\naux ouvrages classiques. D'admirable tenue, de noble inspiration, la partition fait songer à Gluck.\nLa ligne en est toujours majestueuse et pure. Les chœurs surtout sont traités avec largeur.\nL'interprétation tant scénique que musicale, est irréprochable. Dans le courant de ce mois,\nnous aurons Fidèlio, de Beethoven, puis la Farce du Cuvier, la Cabrera de G. Dupont. Une\nrépétition de l'œuvre de notre compatriote M. Van den Eeden, directeur du Conservatoire de\nMons, a déjà eu lieu. L'interprétation de Rhéna réunit les noms de Mmes Béral, et Callemien,\n\n1 La présente chronique réunit les correspondances de janvier et février.\n\n66\nS. I. M."}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.78", "texte": "LE MOIS\n67\n\nMM. Andouin, Bouillez et Billot. On dit grand bien de la partition. La Monnaie annonce\naussi le Chant de la Cloche de d'lndy.\n—Le Festival Beethoven se poursuit, un peu rapidement peut-être. A quinze jours\nde distance, nous avons eu les cinquième et sixième symphonies —au troisième concert— au\nquatrième, la septième et la huitième. Le troisième concert fut surtout remarquable. Il réunis-\nsait en effet deux des plus admirables créations de Beethoven : la cinquième symphonie où il\ntraduit son génie douloureux, fantasque, son âme meurtrie et pourtant fervente ; et la\nPastorale, pleine de cette communion intime avec la Nature, qui se retrouve aux plus belles\ninspirations du musicien.\nEntre ces deux chefs-d'œuvre, le pianiste Emile Bosquet exécuta le Concerto en sol majeur,\navec la virtuosité parfaite, le style très pur qui ont fait sa réputation. Le quatrième concert\nnous a paru quelque peu négligé sous le rapport de l'interprétation. L'habitude du succès, la\nhâte forcée du travail préparatoire en sont-elles causes ? Les septième et huitième symphonies\nont aussi moins d'ampleur, moins de signification que les précédentes. Le concerto en ut mineur\nop. 37 eût pu trouver certainement plus pure interprétation que celle que lui donna le très\njeune pianiste Marcel Laoureux encore qu'il y fit preuve d'incontestables qualités techniques.\nAu deuxième Concert Ysaye, l'excellent chef d'orchestre munichois, José Lassalle, vint\ndiriger avec la distinction, la correction, le sentiment parfait que nous lui connaissons, une\nsuite du ballet Céphale et Procris, de Grétry. Musique élégante, précieuse, d'un charme\nmélodique facile, un peu désuète, la Symphonie Fantastique de Berlioz, l'air de Donna Anna de\nDon Juan, des pages de Wagner, chantés par Mlle Maud Fay. Le prélude de Lohengrin, le\nCharme du et l'ouverture de Tannhàuser.\nLe premier concert du Conservatoire exhuma l'oratorio de Noël d'Heinrich Schùtz\net offrit sous la direction du maître Edgar Tinel, une exécution parfaite de la neuvième sym-\nphonie de Beethoven.\nAux Concerts Classiques, après Fritz Kreisler, nous avons entendu Jacques Thibaut. Ce\nvioloniste joint à la technique impeccable, un sens artistique très élevé. Il fut accompagné par\nC. Hénusse.\nMademoiselle Marguerite Laenen s'est distinguée, une fois de plus, à son récital de\npiano Salle Studio, dans l'exécution d'œuvres de Franck, Paul Gilson et Brahms.\nA la section belge S. /. M., notre excellent confrère M. Charles Delgouffre, qui\njoint à sa science de critique et de musicologue, un remarquable talent de pianiste, donna une\ncauserie-audition d'un intérêt élevé. On sait que C. Delgouffre s'est fait l'ardent protagoniste\nde l'Ecole française moderne. C'est la production issue de César Franck, que l'orateur esquisse\nà larges traits. Il caractérise l'œuvre \" claire \" et \" sereine 99 du Maître dont l'art se rattache si\ndirectement à celui des primitifs italiens et à celui des grands classiques français du XVIIe\nsiècle. Il évoque la période brillante d'émancipation musicale qu'elle suscita. M. Delgouffre rend\nhommage aux fondateurs de la Schola. Il cite les Duparc, Dukas, Fauré, Dubois, Leroux,\nDupont, Février... pour mémoire ; il analyse avec une subtilité compréhensive l'œuvre toute\nvibrante des Debussy, Chevillard, René 8ât0n..., ces \" jeunes\" dont la personnalité s'est\naffirmée. Le pianiste, ensuite, joue avec un style parfait Prélude Aria et finaly de Franck,\nThème et Variations de Chevillard, évocateurs du pittoresque breton ; \" En Bretagne 99 de Bâton\ninspiré du folklore, de ce pays à la fois mélancolique et âpre. Trois Estampes, pleines d'origina-\nlité de C. Debussy, enfin Prélude, choral et fugue de Franck. La prochaine séance de la\nS. L M. sera consacrée à la célébration du centenaire de Liszt, avec le concours de Mme\nBerthe-Marx Goldsmidt, pianiste, Mlle R. de Madré, cantatrice, de Groote-Busine, pianiste,\naccompagnatrice ; et de M. Ernest Closson, conférencier."}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.79", "texte": "Mme Wibauw-Detilieux nous offrit un beau choix de lieder, à son récital annuel. Plusieurs\nnous retiendront : Cœcilte de Strauss, tout d'abord. Poème de belle allure dont 1 ample phrase\nmélodique, soutenue par l'harmonie vigoureuse et souple à la progression du sentiment, s eleve\nen toute plénitude. Sur le Dnieptde Moussorgsky : cri de haine, brandi dans un poing rouge.\nCe musicien a le secret des représentations réalistes, vivantes. Il impressionne par des moyens\ndirects, d'une extraordinaire vigueur. Aux premières du lied, des sonorités degiadees\niusqu'à l'extinction évoquent les silences perdus, l'immensite morne de la steppe.\ngonfle ses eaux majestueuses. Un cosaque ivre lance dans ces décors son chant sauvage, apre et\nfarouche. Les mélodies d'auteurs belges méritent toutes une mention. du\ndélicat mélodiste flamand L. Mortelmans. In het woud délicieuse évocation de De Boek \\dont\nl'opéra Songe d'une nuit d'hiver trouve à Nantes, en ce moment, un gros succès). de\nLauweryns d'une belle écriture et de forte accentuation. La lune de Victor Buffin, absolument\nremarquable, d'un art profond, subtil distingué, rare. Mignon de Mathieu, d un romantisme\ncharmeur. , , , . ~ .\nLa Caravane de E. Chausson nous donna la plus profonde émotion d art et nous avons\nregretté que la cantatrice la détruisît en faisant suivre cette admirable évocation, calme et grave\ndes vers faux de Mendès : les Pieds nus,avec la musique déclamatoire de Bruneau.\nMme Wibauw possède une voix puissante, d'agréable sonorité. Son tempérament 1 incline vers\nle théâtre : elle doit exceller dans un rôle dramatique, mais l'interprétation du lied exige, en\nmême temps que de l'intensité, une infinie discrétion. C'est ce que saisit bien le pianiste\naccompagnateur C. Hénusse dont le jeu nuancé éveille l'atmosphère particulière a chaque\nœuvre, avec bonheur. . y\nNotre confrère et ami IVI. Van den Borren a repns tous les lundis ce eures,\nà l'lnstitut des Hautes Etudes de Bruxelles (Université Nouvelle) ses cours sur les\nla musique de clavier. Nous en publierons le sommaire. _\n]y/[i [ _ Melchissédec, professeur au Conservatoire de Paris, donnera Salle Erard, une\nconférence suivie d'audition, avec le concours de Ch. Delgouffre, pianiste, le samedi 20 janvier,\nsur la Voix et VArt du Chant. F\n]VPle Alice Jones, pianiste, élève du maître Arthur De Greef, annonce son lecital annuel\nà la Salle Nouvelle, rue Ernest Allard, pour le mercredi 24 janvier courant, à 8 1/2 heures du\nsoir. Au programme : Bach, Beethoven, César Franck, Schumann, Sibelius et Brahms.\nL'éminent pianiste Sidney Vantyn, professeur au Conservatoire royal de Liège donnera\nson récital annuel le 26 janvier, a la Grande Harmonie de Bruxelles, a 8 1/2 heures\ndu soir. ,\nM. Joachim Nin, pianiste, professeur honoraire à la Schola Cantorum de Pans et a\nNouvelle de Bruxelles, donnera le janviei une séance de musique ancienne, a\nla Grande Harmonie. Le programme est composé d'œuvres de Couperin, Rameau, Scarlatti et\nBach. De ce dernier M. Nin interprétera le Conc et le concerto en mineur, avec\nle concours d'un quintette à cordes.£ïx»;-*>.<- -- -\nA Tournai, à la seconde audition de la Passion selon S 1 Mathieu par la Société de Musique\n(Dr M. De Loose) signalons le succès de Mlle Delstanche, violoniste et de Mlle Julia Demont,\njeune cantatrice, élève de Mme Lefebure, dont la voix chaude, agréable et d'une belle égalité,\net l'interprétation artistique ont fait impression.\nA Watermael, le cercle \" Bien faire et \" rehaussa son concert annuel par\nla participation de la section symphonique, sous la direction de 1 excellent musicien M. Jhek,\net d'une violoniste de talent : Mlle Fanningqui, accompagnée par C. Hénusse, exécuta de\nremarquable façon des concerto de Mendelsohn et de Brahms.\n\n68\nS. I. M."}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.80", "texte": "LE MOIS\n69\n\n—Le maître César Thotnsondonnera un récital au Conservatoire Royal le lundi\n15 janvier. Compte-rendu au prochain numéro.\nBibliographie. Cinq lieder pour chant et piano et Méditation pour violon et\nM. Brusselmans. Les mélodies de M. Brusselmans révèlent un musicien en possession d'un\nmétier solide, au service d'un tempérament vigoureux. Elles se distinguent par 1 architecture\nrobuste, la valeur des thèmes, bien marqués, la recherche des accords, de sonorité le\ncaractère dramatique. Nous citerons surtout : Heure d vers de Verhaeren, dun\nrythme calme, doucement harmonieux ; Légende de Valère Gille, de couleur lointaine, avec\nd'étranges consonnances de hautbois et de bassons ; Nous avons fui la ville impie... veis de\nR. Lyr) un peu romantique peut-être, mais d'impressionnante envolée. Méditation, sur un\nthème émotif, doublé d'un second thème épisodique en quelque sorte, esi de cui ieuse\ninspiration. Il nous paraît que le musicien trouvera son vrai domaine dans la composition\norchestrale.\nNÉCROLOGIE. M. Myrtil Schleisinger, dont, il y a quelques mois à peine, nous\navons publié la biographie et le portrait, vient de mourir, en son chateau de Boitsfort, emporte en\nquelques jours par une pneumonie. La disparition de cet homme de bien est une perte sensible\npour le monde artistique belge. Nous avons dit ce qu'il était, ce qu il faisait pout la cause\nmusicale. Devant sa tombe, nous inclinons, avec tous ceux qui l'ont connu, nos plus sinceies\nregrets.\nANVERS. L'opéra lyrique flamand a repris, sous une forme nouvelle, complètement\ntransformé par les auteurs, le drame lyrique Baldie de N. de Tière et Jan Blockx. Chanson\nd'amour c'est le titre de l'opéra —, garde les grandes lignes de Baldie, mais en diffère par tout\nle développement et le détail des rôles. Le compositeur s est attache, dans la nouvelle paitition,\nà traduire plus lyriquement le poème de son collaborateur, en accentuant l'expressivité musicale\ndes phrases. Les pages mélodiques sont de très belle élévation, le pittoresque des danses et\nchansons populaires saisi sur le vif. L'œuvre, bien interprétée, enthousiasme le public.\nLIEGE. L'événement de la saison est la nomination de M. Sylvain Dupuis, ancien\nchef d'orchestre du théâtre de la Monnaie, en qualité de directeur du Conservatoire. Ses deux\npremiers concerts ouvrent une ère musicale nouvelle pour notre ville, tant comme programme\nque comme exécution. La Symphonie domestique de Strauss, la symphonie en ut mineur de\nSaint-Saëns, une partie à?Orphée de Gluck, Rédemption de César Franck furent diriges avec\nmaîtrise et l'orchestre, peu enclin à la discipline, apprit a obéir. Compose d elements indivi-\nduellement excellents, il deviendra, sous l'impulsion d un chef inconteste, un orchestre de\nvaleur. # ?\nA l'œuvre des artistes, une audition d'œuvres de Henri Thiebaut, directeur de 1 Institut.\ndes hautes Etudes d'lxelles, attira l'attention sur ce compositeur intéressant. A la Société\nBach, le récital d'orgue de Waitz (élève de Guilmant et de d'lndy) eut un succès grand quoique\nmuet, cette séance ayant lieu à l'église protestante, où les applaudissements sont inteidits.\nA la suite du décès du regretté Ghymers, il se produit un mouvement dans les cours de\npiano et très probablement l'un des postes à occuper sera mis au concours. 1\nLe Théâtre royal nous a donné une œuvre belge : du pianiste Arthur Van\nDooren ; elle fut favorablement accueillie et semble destinee a une belle carrière, ici et surtout\nailleurs, nul n'étant prophète chez soi...\nD. DWELSHAUWER.\n\n1 C'est M. M. Jaspar, le distingué compositeur et pianiste, qui vient d'être appelé à remplacer Ghymers.\nNos félicitations."}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.81", "texte": "A GAND. Le Conservatoire royal de musique vient de célébrer le soixante-quinzième\nanniversaire de son institution. C'est le ler janvier 1835, en effet, que s'ouvrirent pour la\npremière fois à Gand les cours d'un établissement officiel d'enseignement musical. Les débuts\nfurent modestes : 12.000 francs de budget, 150 élèves, 8 professeurs et un directeur, Joseph\nMengal, gloire locale, qui avait été premier cor à l'Opéra-comique sous l'Empire et au début\nde la Restauration, et y avait même fait jouer trois opéras. L'importance de l'école s'accrut\npeu à peu, mais elle traversa néanmoins une crise importante en 1857, dont e^e nc sortit que\ngrâce aux efforts de son plus illustre élève, Gevaert, qui s'occupa activement et utilement de sa\nréorganisation. D'abord communal, le Conservatoire fut repris par l'Etat en 1879 ; il était\nalors dirigé par Adolphe Samuel qui donna une impulsion considérable à son développement.\nLe Conservatoire de Gand compte aujourd'hui 630 élèves, 49 professeurs et répétiteurs sous la\ndirection de M. Emile Mathieu, et son budget s'élève à 107.110 fr. ; il possède une\nbibliothèque importante, accessible au public, et recevant 21 publications périodiques.\nLes fêtes, présidées par M. Poullet, Ministre des Sciences et des Arts, ont consisté en\nune séance commémorative et en un concert extraordinaire, le 18 novembre.\nA la séance, M. Ligy, président de la Commission administrative, a retracé l'historique\nde l'établissement, puis un hommage spécial a été rendu à Adolphe Samuel, ce grand éducateur\ndont l'enseignement fut un bienfait pour la Belgique entière, par M. Edgar Tinel, directeur\ndu Conservatoire de Bruxelles, au nom de l'Académie royale de Belgique, et par M. Paul\nLebrun, professeur au Conservatoire de Gand, au nom des anciens élèves. La séance s'est\nterminée par l'exécution de la 6e symphonie de Samuel, en rè mineur, oeuvre remarquable par\nla pureté de la forme, la beauté des idées et la science des développements. L'orchestre du\nConservatoire, dirigé par M. Mathieu, en donna une exécution excellente.\nLe concert présentait un caractère tout spécial. Groupant des œuvres des principaux\nélèves de Samuel, il avait en quelque sorte pour but de vérifier expérimentalement les éloges\ndécernés au maître dans les discours officiels. Comme tout travail de laboratoire, l'expérience a\nété un peu longue, mais elle a été suivie jusqu'au bout par un public nombreux, attentif et\nintéressé, et elle a établi que Samuel, en inculquant une science solide à ses élèves, leur a per-\nmis de développer leur originalité propre. Les compositions de MM. J. Vander Meulen, Ad.\nd'Hulst, Léo Vander Haegen, L. Moeremans, D. van Reysschoot, N. Daneau, P. Lebrun,\nAd. B iarent et O. Roels manifestent les tendances les plus diverses. Parmi les plus remarquées,\nje citerai l'esquisse symphonique, d'après un poème de Leconte de Lisle, Y Orbe de\nM. Dorsan van Reysschoot, qui se rattache visiblement à la jeune école française par son\noriginalité harmonique et sa fluidité d'orchestration, un beau poème symphonique Sur la\nmontagne (d'après Victor Hugo), de M. Paul Lebrun qui s'apparente plutôt aux néo-romanti-\nques allemands, et un fragment d'oratorio, (la Nuit flamande), de\nM. Oscar Roels, œuvre puissante et colorée, trahissant l'influence de Wagner et de Benoit, le\ngrand maître flamand.\nDR PAUL BERGMANS.\nFévrier : La Neuvième Symphonie ! Fidélio ! Voilà le couronnement de la Saison Beethoven.\nOn a tout dit —on a trop dit de la première de ces créations sublimes. Devant de tels\nmonuments, l'on se recueille et l'on se tait. Car c'est toute la puissance des forces de la Nature\net de la Vie, c'est toute la splendeur du verbe humain qu'il faudrait pour essayer d'en traduire\nla triomphale Beauté. M. Otto Lohse l'a interprétée en virtuose de l'orchestre, et il\ny a trouvé un éclatant succès.\n\n70\nS. I. M."}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.82", "texte": "LE MOIS\n71\n\nQuant à Fidelio, jusqu'à présent, la valeur n'en fut pas aussi généralement reconnue. La\ndestinée même de cet ouvrage unique dans la production du musicien explique un peu\nle second rang que l'on s'obstine à lui attribuer. Des modifications, des \" corrections \" furent\napportées, au livret, par les Castil-Blaze (1825), Barbier, Carré (1860) ; et aussi, c'est plus\ngrave, à la partition, par Gevaert (en 1899).\nCelui -ci crut bon de remplacer le dialogue parlé dans lequel Beethoven avait enchâssé, en\nquelque sorte, les chants lyriques, par une déclamation chantée. C'était un sacrilège, et tout\nle monde aujourd'hui, est d'accord pour le reconnaître. C'est à M. Kufferath que reviendra\nl'honneur d'avoir reconstitué l'opéra sous sa forme première, tel que le conçut et le réalisa\nBeethoven. Il a retrouvé le libretto de Bouilly, il a épuré l'œuvre de toutes les altérations qu'on\nlui avait fait subir. C'est tâche pieuse, dont nous le félicitons chaleureusement. Grâce à lui,\nFidelio nous est apparu en pleine lumière, en pleine beauté, riche de la pensée, de l'inspiration,\nriche de l'écriture du Génie. Des teintes les plus fraîches, délicates et tendres, graduée au\nparoxysme de la passion, la musique est digne des plus consacrées. Du livret médiocre,\nBeethoven a su dégager une synthèse tragique, qu'animent des accents pathétiques, des harmo-\nnies puissantes et poignantes. Fidelio, certes, n'atteint pas à la perfection immarcescible de\nY Ode a la Joie, mais c'est un chef-d'œuvre, qui durera. Le public Bruxellois ainsi qu'il\nl'avait fait pour les Symphonies, s'est montré transporté par l'audition de Fidelio. Que l'on\nnous permette, à ce propos, une réflexion. Nous venons donc d'avoir une saison tout entière\nvouée à Beethoven. Virtuoses petits et grands, théâtres, concerts, quatuors, étrangers, belges,\ntous et partout à la fois ont consacré au grand Maître. C'est bien. Mais ce qui est mieux, c'est\nque le public, à toutes les séances, est accouru en foule pressée ; il ne s'est pas lassé d'entendre,\nde réentendre, d'applaudir encore les Symphonies, les Concertos, les Quatuors, les Sonates.\nLongtemps, la vieille cité brabançonne frémira au souvenir d'un pareil enthousiasme, dont nous\nne la croyions franchement plus capable. D'aucuns y trouvent comme une promesse, l'espoir\nd'un réveil de notre sensibilité musicale ! Sans doute, il est réconfortant de voir un peuple\ncommunier de la Parole sacrée de l'Art, du plus pur, du plus noble des Arts. Mais je ne puis\nme défendre d'un peu de scepticisme... J'ai quelque raison de me méfier d'une foule que je vis\ntrépignante naguère à la honteuse profanation, à la pénible comédie de la vie, des souffrances,\nde la musique même de Beethoven ! D'autre part, n'est-il pas étonnant que sous le règne de la\nmusique dissonante, rare, et soucieuse surtout d'inentendu, l'œuvre spontanée, exprimant sans\ndétours ni fausse recherche les liens-communs éternels qui sont le fond de l'âme et de l'art\nhumains n'est-il pas étonnant que l'œuvre jaillie du cœur de Beethoven, enfin, si lointaine,\npar les moyens d'expression, de notre impressionnisme se pare tout à coup de toutes les\nvertus d'un Renouveau ? Il y a là un phénomène curieux à constater, les snobs, eux-mêmes\nqui ne jurent que par l'outrance, n'ont point crié à la banalité ! Eh bravo donc ! Il n'est pas\nnécessaire pour étreindre le cœur des hommes, de recourir à une originalité de formule —je\nne dis pas des moyenSc Pourvu qu'ils soient parlés par le génie, les mots, le langage n'ont\nbesoin d'être neufs, étranges, inouïs ? Le vieil accord vaut bien les combinaisons futuristes ;\nla matière importe peu quand elle enclôt la Beauté. L'expérience présente l'a démontré\nune fois de plus : il ne nous reste qu'à souhaiter qu'on l'achève en révélant les chefs-d'œuvre\nencore ignorés de notre époque.\nAu nombre des séances marquantes du mois, citons tout d'abord le Concert Y où\nM. Karl Panzer a dirigé la Symphonie op 68 de Brahms, Don \"Juan, de Strauss, le Prélude de\nTristan et la Mort l'ouverture des Maîtres chanteurs. M. Panzer est un éminent chef-\nd'orchestre. Sa direction est compréhensive, nerveuse, et de grand art. Le Don Juan de Strauss,\nsurtout, prit une surprenante intensité de vie à son interprétation. M. Friedberg, soliste aux"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.83", "texte": "concerts possède un mécanisme impeccable, une virtuosité qui n'est pas sans nuire à l'émotion,\nau sentiment. C'est le reproche combien plus décisif toutefois que nous adresserons à\nMme Marx-Goldschmidt, pour son récital Liszt. Il s'agissait de commémorer le centenaire du\nmusicien. M. Closson dans un savant avant-dire, retraça sa carrière et situa son œuvre. Mais\nil semble bien que Mme Marx n'ait voulu qu'évoquer le pianiste brillant, et ne rien retenir de\nsa production personnelle, trop méconnue, trop négligée par la faute des virtuoses précisément\nquoique riche, variée, géniale et féconde. Il ne peut être admis que l'on ne joue, à pareille\noccasion, que des pièces extérieures, comme la 2e Rhapsodie, Valse-Caprice, et des transcriptions\naussi brillantes, aussi merveilleuses soient-elles : mélodies de Schubert, la Danza de Rossini,\nFantaisie sur Don Juan, de Mozart. Encore la pianiste les a-t-elle dépouillés, les uns, de leur\nchevaleresque, de leur romantisme, de leur effet pompeux ; les autres, de leur caractère d'interpré-\ntation vigoureuse. Mlle de Madré chanta quelques mélodies, —il en était de bien plus belles\ndans le livre intime de Liszt d'une voix fine, fragile, comme la porcelaine de Chine, et si\ndélicate vraiment qu'on eût craint qu'elle se brisât dans les notes aiguës. Ich mochte hingehn,\nl'une de ces mélodies contient le thème, et le mouvement de la plus belle phrase de Tristan\n(on sait que Wagner n'a pas dédaigné d'emprunter à Liszt plusieurs inspirations mélodiques).\nMais encore une fois, ce n'était pas ce Liszt des concerts, superficiel, étincelant, virtuose\nfantastique et transcripteur prestigieux, le Liszt de l'aventure et de l'en-dehors, qui passa,\ncomme un météore, sur son siècle qu'il fallait faire revivre à nos ferveurs. Ce Liszt là ne\nreviendra plus ; mais le créateur reste, et c'est à lui qu'il nous appartient à nous qui lui\ndevons tant de rendre justice.\nAu prochain n° les comptes-rendus des Concerts : Populaire (Symphonie inaugurale\n(1910) de Paul Giison.) —J. J, Nin, Clara Treitsche, Gladys Maine, Frigola, Ximmer,\nLouis Lavoye, Corcert classique, Mischa Elman, matinée du cercle artistique, quatrième\nconcert Ysaye, Laoureux et Homburger, etc., etc.\nSoulignons le succès des causeries de M. Melchissèdec et des séances de sonates par\nM. Fernand Mawet (pianiste) et Charlier (violoniste).\n\nEtranger\nBARCELONE. En ce temps de scepticisme ou de blufif musical, de snobisme et de\nrivalités d ecoles, ou 1 esprit semble sans cesse en quête de nouveau et parfois d'excentrique,\nqu il est beau et reconfortant de voir un public attentif, ému, enthousiaste devant un chef-\nci œuvre ! Et c'est un tel public qui, tout récemment, se pressait dans la Salle du Palace de la\nMusica Catalana pour entendre la Messe en Si mineur de J. S. Bach que, pour la première\nfois, l'Orfeo Catala exécutait intégralement, sous la direction du maître Millet. De cette\nmesse, on ne connaissait encore que le Credo exécuté par l'Orfeo, il y a deux ans. Cette fois,\non voulut 1a donnei tout entiere, et, des le mois de Juin, on se mit au travail en répétant,\ntous les soirs. Nous devons a tous ceux dont le dévoûment a assuré le succès d'une si belle\nentreprise un témoignage d admiration très sincere : au maître Lluis Millet et à son élève et\nami F. Pujol qui tous deux ont conduit les répétitions, à tous les choristes de l'Orfeo Catala,\nqui, une fois encore, ont fait des prodiges, aux solistes, Mmes Dachs et Lluro, MM. Bosch et\nNavarro, Joan Massia. N oublions pas non plus le trompettiste Rovira qui a surmonté en se\njouant de toutes les difficultés que comportait sa tâche. Quant au Dr Schweitzer qui tenait\nl'orgue que pourrait-on dire encore de sa conscience artistique ?\nOui, ce jour est pour 1 Orfeo Catala un nouveau succès et le public musicien de Barce-\nlone en conservera le souvenir d'une joie artistique profonde.\n\n72\nS. I. M."}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.84", "texte": "Cours et Conférences\n\nC'est par erreur que, dans le dernier numéro, un entrefilet illustré d'une \" charge \" et\nconsacré au cours de M. Pirro en Sorbonne, a paru sous ma signature, qui devait seulement\naccompagner le restant de la rubrique \" Cours et Conférences \". Le plan de M. P. y a été\nexposé. Je n'ai point à y revenir. Les dernières leçons ont porté sur la jeunesse de Bach, ses\nannées de formation à Lunebourg et son installation à Weimar comme violoniste de la cour.\nIl y connaît l'organiste assez médiocre Effler, le cantor érudit Reinexius et enfin von Westhof,\nhomme prodigieux, à plusieurs reprises, et notamment violoniste sans égal. Il révèle le style\nitalien à Bach qui avait appris à Lunebourg la technique française. En 1703, Bach va à\nArnstadt comme organiste. Il étudia ses prédécesseurs allemands Bruhns, Reinken, Buxtehude\net aussi les bons organistes français, il s'essaye à des cantates d'église, telles que la Cantate pour\nPâques. A la même époque, le Caprice sur le départ de son frère bien-aimé prouve que Bach, à\npeine âgé de vingt ans, possède un langage musical déjà fixé.\nDevant ses nombreux auditeurs de la Sorbonne, M. P. témoigne des qualités qu'appré-\nciait, ces derniers hivers, le public plus restreint des Hautes Etudes Sociales : une élocution\nsans recherche, mais très nette, un savoir prodigieux exposé sans pédantisme.\nM. Jean Chantavoine a fait le 29 janvier, au u Foyer \" une conférence fort documentée\nsur la Renaissance musicale. Il a prouvé l'importance que la musique avait dans la vie sociale de\ncette époque et il a fait appel à deux témoins : Castiglione, l'auteur du \" Courtisan \" et\nRonsard. A leur sens, le gentilhomme et le poète doivent connaître la musique à fond.\nM. C. nous présenta les maîtres de cette époque. Il étudia la question de la Réforme et\nconstata qu'au début, elle n'avait point créé de séparation entre catholiques et protestants sur\nce terrain-là. La musique de la Renaissance toute vocale devait fatalement se transformer et\ntendre vers la monodie accompagnée. D'après M. C., la musique de la Renaissance a été une\ntransition entre les casse-têtes du contre-point moyenâgeux et cette monodie soutenue par un\ninstrument.\nM. Roulleaux-Dugage (Lyceum, 19 janvier) étant mieux qualifié que personne peut parler\ndu goût musical de Beaumarchais, son ancêtre. Avec élégance, il nous a montré Beaumarchais\ncherchant à perfectionner certains instruments, la harpe entre autres, charmant par ses talents\nd'exécutant les filles de Louis XV, composant enfin les musiques de scène du \" Barbier \" et\ndu \" Mariage \" et surtout l'opéra de Tarare dont Salieri mit la partition debout. M. Roul-\nleaux-Dugage analysa et commenta Tarare dont des artistes mondains, aussi habiles que des\nprofessionnels, chantèrent et jouèrent des fragments aux grâces un peu fanées.\nMadame Capoy, (Cours Herman, 25 janvier) a su prêter quelque nouveauté à un sujet\nassez rebattu : Gluck et Piccini et intéresser son auditoire en parlant de la célèbre querelle.\nM. Chanoine Davranches et Mme Capoy elle-même ont exécuté différents airs des musiciens\nrivaux, qui leur ont valu un franc succès.\nAu collège libre des Sciences sociales, M. Combarieu a parlé, le 22, de la musique au\npoint de vue social et, le 26, un jeune architecte, M. Agache, s'est occupé du Déterminisme\nsocial comme élément de critique d'art. Il a envisagé d'ailleurs la question au point de vue des\narts de dessin.\nJe terminerai par la causerie tout à fait vivante que M. Antoine a donnée aux Hautes"}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.85", "texte": "Etudes Sociales sur la mise en scène (30 janvier). Il l'a définie, il en a fait l'historique, mais le\nplus intéressant étaient les opinions d'un homme d'une pareille compétence. En voici le\nrésumé : L'outillage de nos théâtres est ridiculement en retard, même sur des scènes récemment\nconstruites. (M. A. a jugé à ce propos la construction de l'Opéra-Comique, comme il conve-\nnait). Les appareils de lumière pourraient être plus perfectionnés. Mais nos décorateurs sont\nadmirables. M. A. ne cache pas son admiration pour certaines innovations allemandes et\nsurtout pour des tentatives russes. Mais il faut nous garder de les imiter et profiter seulement\nde ce qui peut s'adapter au génie français, tout de proportions et d'équilibre.\n\nG. Rouchés.\n\n74\nS. I. M."}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.86", "texte": "L'Édition Musicale\n1 Hamelle * Durand 3 Rozsavôlgyi and C° 4 Ftirstner\n6 Jurgenson 6 Schirmer à New-York 7 Demets 8 Schott\n9 Fromont 10 Breitkopf 11 Sénartz Roudanez\n# voix élevées ** voix moyennes\nCHANT. Janvier est passé. Le moment où les morceaux\na succès, luxueusement habillés, et groupés en recueils, ont tenté\nune seconde fois la faveur du public. Cette année la maison\nPion et Nourrit a eu la main particulièrement heureuse en confiant\na M. Pierre Brissaud le soin d illustrer un album de Vteilles chansons\npour les Cœurs Sensibles ; la couverture, en particulier, est une\ntrouvaille, avec son titre en hauts caractères gothiques s'enlevant\nsur un fond jaspe ; chaque page s'orne d'une petite vignette en\ncouleurs, exquisement desuète; quelques bleus un peu acidulés,\npar-ci par-la, accident dû au tirage, probablement. On retrou-\nvera ia avec plaisir maintes mélodies populaires, choisies dans les\nouvrages de Tiersot, de Weckerlin et\nd Expert... u Voilà un joli cadeau à faire à\nun enfant ... et même à une grande per-\nsonne. M. Léo Sachs, (12 mélodies 2*),\nest en jaune ; M. Rhené Bâton, (5 mé-\nlodies est en gris perle, de ce gris fin\net discret dont on devrait habiller toute notre\nécole française; M. Egon Wellesz (Wie\nein Bild 3*) est en gris aussi, mais quoi\nqu'il en fasse, son gris garde un je ne sais\nquoi d exotique. Mme Madeleine Lemaire\npare d'une gerbe de chrysanthèmes 8 mélodies\nde Messager (4*) intitulées, avec un\nfâcheux a propos, Amour d'* Hiver ; l'auteur\nae la Basoche s'y montre précisément tout le contraire d'un musicien d'avant-garde. La maison\ndu Lied édité un Recueil de y chants populaires s**, de sept nationalités différentes, dont l'har-\nmonisation a été confiée à MM. Ravel, Olénine et Alexandre Georges ; l'idée était amusante ;\nmalheureusement, les morceaux choisis n'étaient peut-être pas à la hauteur de l'honneur qui\nleur a ete fait ; cela n'a pas empêché, du reste, la maison du Lied, de se décerner à ce sujet\nquelques lauriers, à l'un des concours annuels qu'elle organise elle-même avec tant de com-\nplaisance. Enfin, voilà un très beau volume, intitulé A Century of Russian Song 6 dans lequel\non trouvera de délicieuses pages de l'école russe, depuis Glinka jusqu'à Rachmaninoff ; ne\nnous laissons pas rebuter par les premiers morceaux : ils datent des temps lointains où l'Opéra\nrusse participait encore des traditions italiennes ; et arrivons tout de suite à Borodine, avec sa\nmystérieuse Princesse Endormie, à Arensky, avec sa Chanson du Poisson, à Rimsky, à\nMoussorgsky et à Balakirew. Chaque morceau comporte des paroles anglaises ; quelques-uns\nont en outre un texte allemand ou français ; regrettons pour notre part que ces derniers ne\nsoient pas plus nombreux. Les musiciens qui ont présidé à cette sélection semblent avoir\nchoisi de préférence les fragments qui rentraient dans la forme du Lied ou de la Romance :"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.87", "texte": "Bien des pages douloureuses ou tragiques ont été délibérément écartées. Celui qui jugerait de\nla musique russe uniquement d'après ce volume risquerait donc de ne pas s'en faire une idée\ntout à fait exacte.\nPIANO. M. Ravel nous pardonnera si nous lui avouons que ses Huit valses nobles\net sentimentales 2 nous font invinciblement penser à certains fruits exotiques : on grince des\ndents lorsqu'on y mord pour la première fois : on y revient par curiosité, puis par plaisir, et\non finit par les aimer plus que tous les autres : nous en sommes encore à la période de la\nméfiance. M. Tlirina, quoiqu'espagnol, nous est plus accueillant avec ses Coins de Séville 7\npremière suite qui nous en fait espérer beaucoup d'autres : les Rondes d'Enfants, et la finale\nintitulé A los Toros ont une verdeur allègre et primesautière qui est tout à fait réjouissante.\nD'inspiration populaire aussi, mais plus canaille, et d'une joie moins spontanée, la Fête dans la\nBanlieue de Paris de Swan IÎB2I9SSy : flonflons, refrains de bastringue, coups de grosse\ncaisse, rien n'y manque : le tout est d'une complication enfantine. Du même auteur, une\nfête de village au XFIIP siècle, louisquinzerie sans importance, et une Petite Suite plus sérieuse-\nment composée sur les notes mi do mi fa si mi. De M. Chr. de Bertier, une Rhapsodie\npour grand orgue 9 écriture soignée ; jolis passages mélodiques, style un peu conventionnel dans\nson ensemble. M. Saiïiazeuilh. réédite 2 une petite Suite composée en 1912. En ces temps\nreculés, il se croyait encore au XVIIIe siècle et écrivait dans le style le plus châtié, ne tolérant\nni ambiguïtés ni dissonnances. Cette petite suite est évidemment, dans la pensée de l'auteur,\nun simple pastiche : elle 11e manque pourtant pas de personnalité, c'est une œuvrette char-\nmante, qui a le mérite d'être accessible à tous.\n\n76\nS. I. M."}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.88", "texte": "Chez Gabriel Pierné\n\nGabriel Pierné défend contre les importuns, dans une silencieuse et seigneuriale demeure,\nvoisine de l'Eglise Saint-Sulpice, les rares loisirs que lui laissent ses absorbantes fonctions de\nchef d'orchestre de l'Association des Concerts Colonne et sa vocation de compositeur. C'est là\nque nous le trouvons, immobilisé par le stupide accident de l'Odéon, entouré d'œuvres d'art et de\nmeubles anciens, disposés avec un goût de collectionneur dans de vastes salons dont les hauts\nvitraux s'ouvrent sur un coin de parc mélancolique où l'on entretient avec un soin subtil un\nromantique abandon. La rive gauche conserve encore quelques-unes de ces oasis pour le repos\net le réconfort des hommes d'action de la rive droite. Comme dans IVerther, \" des cris joyeux\nd'enfants montent sous les fenêtres\" car le jeune et charmant auteur de la \" Croisade des\nEnfants\" a su pratiquer, avec une hâte paradoxale, l'art d'être grand'pére ! Une étincelante\nflèche de soleil transperce l'atmosphère paisible de la chambre, réveille les ors assoupis des\ncurieux lambris qui la divisent comme un jubé et vient expirer sur le contre-pied de satin\nsoulevé par des cerceaux au-dessus du membre blessé qu'étreint la gangue du plâtre. Comme\non est loin de Paris dans cette pièce recueillie où s'étouffe le bruit des pas, comme on doit y\ngoûter voluptueusement les îoies du silence et de la rêverie...\nHélas ! ce serait mal connaître l'actif et trépidant artiste qu'est Pierné que de le croire\ncapable d'accepter les vacances imprévues que lui apporte le destin. Sous le dais du grand lit à\ncolonnes qu'illumine une ampoule dorée, règne le pittoresque et laborieux désordre des bureaux\nencombrés. Au milieu de la pluie de cartes des visiteurs qu'attire une affectueuse sollicitude,\ns'éparpillent les feuillets d'une partition d'orchestre qu'étudie le malade, des manuscrits cernent\nle lit, des lettres s'entassent sur les couvertures, et, sur l'oreiller, se dresse la redoutable menace\ndu téléphone, l'ennemi juré du repos, l'indiscret, le cynique, le brutal compagnon qui viole\nintimité et vous harcèle sans pitié aux heures où la solitude est si précieuse... des secrétaires,\ndes archivistes les bras chargés de \" matériels \" d'orchestre, passent affairés, dans la pièce voisine\ns'organise une répétition ; Paul Vidal, paternel et cordial, est là, Eugène Wagner vase mettre\nau piano, Madame Alvi déplie un rouleau de musique ; c'est toujours la fièvre et l'activité\ndécorantes de l'hiver musical. De son lit Pierné continue à diriger son orchestre, à vivre avec\nlui, à lui préparer la tâche, à l'entendre de loin. Déjà s'élaborent de grands projets. On\norganise le concert qui servira, à la fin de ce mois, de rentrée au sympathique chef d'orchestre\net où sera donnée l'exécution si impatiemment attendue du formidable de Florent\nSchmitt. Et Pierné nous dit également combien il a été sensible à l'initiative amicale de son\nAssociation qui a décidé de réserver entièrement l'un de ses concerts dominicaux à la création\nde son dernier ouvrage tiré des \" Fioretti \" de Saint François d'Assise. C'est au cours d'un\nvoyage en Italie, d'une excursion à Assise, en s'écartant avec une heureuse fantaisie de\nl'itinéraire traditionnel des touristes, que Gabriel Pierné fut séduit par la candeur et la pureté\nd'un sujet délicieusement musical. Fidèle à cette hautaine forme du grand oratorio dont la\nFrance se désintéresse fâcheusement mais qui reçoit à l'étranger un accueil si enthousiaste, le\ncompositeur a choisi dans la vie de son angélique héros les épisodes les plus favorables au\nlyrisme. Ces tableaux seront réunis en deux triptyques symétriques. Un prélude évoquera les\nfêtes tumultueuses et passionnées où le jeune François dépensa dans sa jeunesse cette fougue et\ncette énergie dont il devait faire plus tard un plus noble usage, et décrira la conversion du"}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.89", "texte": "généreux adolescent et ses mystiques fiançailles avec la pauvreté. Puis viendront les beaux\népisodes du Lépreux, de Sainte Claire et du Sermon aux oiseaux, ce dernier permettant au\nmusicien qui écrivit tant de charmants chœurs d'enfants, de faire entrer dans la symphonie\nquelques-unes de ces fraîches voix de bambins dont le gazouillis sera si parfaitement en\nsituation. L'important tableau des Stigmates, le splendide Hymne au Soleil et la Mort\némouvante du Saint rempliront la seconde partie. Et Pierné revoit les paysages enchantés où se\ndéroula l'humble existence du doux apôtre, le cloître, le couvent, la petite fenêtre de la\ncellule d'où Sainte Claire vit passer le cortège funèbre du Bienheureux, et il s'attendrit au\nsouvenir de leur beau voyage...\nMais les cartes de visite continuent à s'abattre en vols pressés sur le lit comme des\ncolombes messagères, des télégrammes apportent des vœux ; de Berlin, où il dirige les ballets\nrusses, le prévenant Monteux accourt reprendre son poste pour apporter son concours aux\ncamarades dans l'embarras... Fini le rêve, le souvenir d'excursion, les beaux projets de compo-\nsition devant les horizons bleus. La vie recommence !...\n\nSwift.\n\n78\nS, I. M."}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.90", "texte": "Çà et Là\nPar arrêté du 10 janvier, M. le Ministre de l'lnstruction publique et des Beaux-Arts a\ncrée au Conservatoire de musique de Lyon un cours public d'histoire de la musique ; ce cours\na commencé le ler Février. C'est notre éminent confrère Léon Vallas, directeur de la Revue\nMusicale de Lyon, et chargé depuis trois ans d'un cours libre d'histoire de la musique à la\nFaculté des Lettres, qui a été nommé professeur de cette nouvelle classe. Nous l'en félicitons\nbien sincèrement.\n*\n* *\nL'organiste de l'église Saint-André, à Hildesheim, a découvert parmi les nombreux\nmanuscrits musicaux qui se trouvent dans les archives de cette église, plusieurs motets et can-\ntates inconnus. On ignore jusqu'à présent quel intérêt présentent ces œuvres.\n*\n* *\nOn dit que M. Richard Strauss est en train d'organiser à Bayreuth, pour le courant de\nl'été prochain, une série de représentations consacrées à ses œuvres. La principale attraction de\ncette Saison Straussienne serait la première représentation de son nouvel Opéra, Ariane a Naxos,\nécrit, comme les précédents sur un livret de Hoffmannsthal.\n*\n* *\nAu moment où l'on vient de fêter le 125e Anniversaire de la mort de Frédéric le Grand,\nil n'est pas sans intérêt de rappeler que celui-ci est l'auteur de l'hymne national espagnol. Un\npeu après la guerre de 7 ans, le Roi reçut un jour tous les diplomates ; au cours de cette récep-\ntion il remit à l'Ambassadeur d'Espagne, qui passait pour un fin musicien, une marche com-\nposée par lui. L'ambassadeur d'Espagne expédia cette marche entièrement écrite de la main de\nFrédéric II à Madrid où elle fut fréquemment exécutée, ainsi que l'avait ordonné Charles 111\nadmirateur enthousiaste de Frédéric. Puis elle fut moins en faveur sans être toutefois entière-\nment oubliée. Lorsque, en 1869, le Maréchal Serrano organisa un concours de marches mili-\ntaires afin de doter l'Espagne d'un hymne national, plus de 500 manuscrits furent examinés\nmais aucune des œuvres n'avait, parait-il, la vigueur et l'entrain de la marche de Frédéric qui\nelle aussi avait été autorisée à figurer au concours. L'histoire de cette marche resta longtemps\ninconnue en Espagne. On ne commença à la connaître que lorsque l'Empereur d'Allemagne\nactuel, alors Kronprinz se rendit à Madrid en 1883 pour rendre visite au roi Alphonse XII\nqui attira son attention sur l'œuvre de son Grand-père.\n%\n* *\nL'Association des Amis de la musique de Rome a formé le projet d'une exhumation\nqui pourra faire le pendant de celle de YOrfeode Monteverde qui a été faite à Milan. Il s'agit de\nla Rappresentazione di Anima e di Corpod'Emilio del Cavalière, qui remonte àla fin du seizième"}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.91", "texte": "siècle. C'est en effet, au mois de février 1600 que ce drame religieux fut execute solennelle-\nment à Rome, dans l'oratoire de Santa Maria in Vallicella. L'auteur était mort depuis peu de\ntemps. Cet ouvrage était, ainsi que les trois précédents, du même artiste : il satiro, la Disperazione\ndi Felene et il Giuoco délia cieca, le fruit des recherches de ce groupe si intéressant forme à la\ncour de Ferdinand de Médicis à Florence, par Giulio Caccini, Giovanni Bardi, Jacopo Péri,\nJacopo Corsi et Vincenzo Galilei, dans le but de trouver la forme du drame lyrique moderne,\nLe Dr Richard Batka, professeur à l'Académie impériale de musique de Y7ienne, vient de\nfaire paraître une intéressante plaquette sur Y Ancien air italien, ou il reserve une place\nd'honneur à Mme Ida Isori qu'il considère comme l'interprète idéale de l'ancienne musique\nitalienne et la seule, à l'heure actuelle, capable de restituer le \" bel canto \". Aucun de ceux\nqui ont eu la joie d'entendre Mme Ida Isori, ne contredira le Dr Batka et noùs souscrivons\nentièrement au jugement autorisé de notre éminent confrère.\n*\n* *\nLe mercredi 28, la Société Hândel donnera à la salle Gaveau, l'audition intégrale du\nMessie de Haendel avec le concours de Mmes Mellot-Joubert, Philip ; jMM. Plamondon,\nG. Mary, Joseph Bonnet. Nul doute que cette œuvre qui a déjà été exécutée plusieurs fois par\nla Société Hândel n'obtienne, comme les autres fois, le plus grand succès.\n*\n* *\nLe Comité formé en vue d'élever à Paris un monument à la mémoire de l'illustre et\nregretté maître Alexandre Guilmant vient de se réunir à la salle Gaveau.\n\n80\nS. I. M."}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.92", "texte": "MUSICAL\nMUSICALE\nET\n• *\nS\nRevue fondée par la\nernationale de\nusique\n(SECTION DS PARIS)\n■' • \"\nHonorée d' une souscription du Ministère de l'lnstruction Publique et des Beaux-Arts\nM. Brenet .\nJ. Lefrano\nA. Dolmetsch\nE. Poirée . .\nL. Laloy . .\nF. Blaneo . .\nDANS CE NUMERO:\nMadame de Gcnlis Mu ....\nLe Septennat de M.\nUn problème d'ornementati\nL'oreille et l'image m. . . .\nDanses d'Asie .........\nLa Musique Portugaise\nLes livres\nLE MOIS\nE. Vuillermoz\nL. de la Laurencie .\nMaurice Ravel. . .\nG. K\nAndré Lévy....\nRené Lyr\n•ti\nG. Rouchès\nV, P. . . .\nSwift\nr\n-\ny--v'\nThéâtres\nRevue de la presse quot ....\nLa Symphonie française .\nConcert Lamoureux.......\nConcerts Divers .........\nLa Province\nBelgique .\nEtranger . . .\nCours et conférences\nL'édition musicale.\nLes Fiorettis de Gabrie .. .\nÇà et Là , . .\n1\n15\n24\n31\n39\n41\n48\n55\n60\n61\n62\n64\n65\n66\n72\n73\n75\n77\n79\nDirecteur: J. ECORCHEVILLE\nSecrétaire de la Rédaction :\nCH. LEGRAND\n22, rue St. Augustin, PARIS.\nLe Directeur et le Secrétaire de la Rédaction reçoivent\nle mercredi et le samedi de 4 à 7 heures,\net M. Vuillermoz le Vendredi de 4 à 6 heures.\nRédacteur pour la Belgique\nRENE LYR\nBoitsfort-Bruxelles,\n'■ X"}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120215-01.1.93", "texte": "CONCERTS ITALIENS DE MUSIQUE ANCIENNE\nLA LIBERA ESTETICA\nFondateurs:\nMme IDA ISO RI, cantatrice florentine\nM' PAOLO LITTA, pianiste-compositeur\n■'\n*\n%\nm\nCOMITÉ DE PATRON\nPRÉSIDENTE D'HONNEUR\nSA MAJESTÉ LA REINE MiRE, LA REINE MARGUERITE D'ITALIE\nCOMITÉ DE PRESIDENCE :\nS. Exc. Madame l'Ambassadrice d'ltalie, Donna Bice Tittoni à Paris.\nS. Exc. Mme la Pcesse Ruspoli di Poggîo Suasa Talleyrand Périgord à Paris.\nMadame la Princesse Strozzi-Corsini à Florence.\nMadame la Comtesse Béatrice Pandolfini-Corsini à Florence.\nMadame la marquise E. de Montagliari à Paris.\nMademoiselle Elena Vacaresco, femme de lettres, auteur dramatique a Paris.\nS, Exc. Le Prince Ruspoli di Poggio Suasa à Paris.\nLe duc Melzi d'Eril, duc de Lodi.\nLe Comte Brunetta d'Usseaux.\nLe Commandeur Trezza di Musella.\nMEMBRES HONORAIRES:\nM. Gabriele d'Annunzio, homme de lettres, auteur dramatique à Florence\nM, W. Bopp, Directeur de l'Académie Imp. et Roy. de Musique à Vienne.\nM. Alfred Bruneau, compositeur de musique à Paris.\nM. Carolus-Duran, Direct.de l'Acad.de France à Rome et membre de l'lnstitut.\nM. Claude Debussy, compositeur de musique à Paris.\nM. Louis Dièmer, Prof, au Cons. Nat. de musique à Paris.\nM. Vincent d'lndy, compos. de musique, Direct, de la Schola Cantorum à Paris.\nM. I. Massenet, compositeur de musique, membre de l'lnstitut.\nM. E. Mathieu, compos. de musique, Direct, du Cons. Royal de Mus. à Gand.\nM. A. Messager, compos. de musique, Direct, de l'Acad. Nat.de musique à Paris.\nM. E. Parent, professeur à la Schola Cantorum de Paris.\nM. Dr Max Reger, compositeur de musique et Directeur M. à Leipzig.\nM. Dr Richard Straùss, compositeur de musique, Generalmùsik director à Berlin.\nM. S 4 Saëns, compositeur de musique, membre de l'lnstitut à Paris.\nM. E. Tinel, compos. de musique, Direct, du Cons. Roy. de musique à Bruxelles.\nM. P. Vidal, compositeur de musique et chef d'orchestre à l'Opéra de Paris.\nM. Eugène Ysaye, virtuose, compositeur de Musique et Directeur des concerts\nYsaye à Bruxelles.\nI\nl\nt\n%\n.\nSIEGE SOCIAL\n3, Via Michèle di Lando, FLORENCE\nf\nî\nr.-\nI\nSPI"}]}