{"numero_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_sha256": "c9f681bf736ced06d89a27a0fd2c9420684716b5567819583f2f69b6607318e8", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1912/03/15_01/bmtnabh_1912-03-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1912/03/15_01/bmtnabh_1912-03-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c002", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.2", "titre_corps": "SOUVENIRS D'ENFANCE, par C. Saint-Saëns. 0 LES IDÉES D'ISADORA DUNCAN SUR LA", "titre_sommaire": "SOUVENIRS D'ENFANCE, par C. Saint-Saëns. 0 LES IDÉES D'ISADORA DUNCAN SUR LA", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.1", "debut_caractere": 487, "fin_caractere_exclue": 991, "texte": "SOUVENIRS D'ENFANCE, par C. Saint-Saëns. 0 LES IDÉES D'ISADORA DUNCAN SUR LA\nÎDANSE. 0 LES ÉTAPES D'UNE DÉCOUVERTE ACOUSTIQUE, par G„ Sizes. 0 LES\nAUTOGRAPHES DE LULLY, par H. Prunières. * SÇHÔNBERG & LA JEUNE ÉCOLE\nVIENNOISE, par Egon Wellesz. 0 LES LIVRES. 0 SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE.\nr LES CONCERTS SYMPHONIQUES POPULAIRES, par R. Rolland.\nCONCERTS, par R. Hahn, L. de La Laurencie, M. Ravel. PROVINCE BELGIQUE ÉTRANGER\nLES AMIS DE LA MUSIQUE. 0 SAUVONS L'ECOLE NIEDERMEYER, par H. Prunières."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c003", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 3, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.3", "titre_corps": "SOUVENIRS D'ENFANCE", "titre_sommaire": "SOUVENIRS D'ENFANCE", "signature_source": "C. Saint-Saëns", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.3", "debut_caractere": 327, "fin_caractere_exclue": 1077, "texte": "Vous avez deux mères, me disait-on souvent autrefois ; et de fait\nj'en avais deux, celle qui m'a donné le jour et ma grand'tante maternelle,\nMadame Charlotte Masson, née Gayard d'une ancienne famille de robe\nqui m'apparentait au général Delcambre, un des héros de la Retraite de\nRussie, dont une arrière petite-fille a épousé le comte Durrieu, de l'Aca-\ndémie des Inscriptions et Belles Lettres.\nMa grand'tante était née en province en 1871 ; elle avait été adoptée\npar un oncle et une tante habitant Paris et n'ayant pas d'enfants. L'oncle\nétait procureur, riche et menant grand train. Très précoce, elle\nmarchait à neuf mois, ma grand'tante, dont l'intelligence était vive et\nla culture brillante, se souvenait parfaitement des costumes de l'ancien"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.4", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2642, "texte": "régime et se plaisait à en parler, ainsi que de la Révolution, de la Terreur\net de tous les régimes qui les ont suivis. A la suite de la Révolution sa\nfamille fut ruinée et cette toute jeune fille, petite et menue, entreprit de\nla faire vivre, donnant des leçons de français, de piano cet instrument\nétait alors une nouveauté, de chant, de peinture, de broderie, de tout\nce qu'elle savait et de ce qu'elle ne savait pas : elle l'apprenait alors pour\nle démontrer. Plus tard elle épousa un de ses cousins qui était libraire ;\nsans enfants, elle fit venir de la Champagne une de ses nièces qu'elle\nadopta, Clémence Collin qui fut ma mère. Les Masson allaient se retirer\ndu commerce avec une belle fortune lorsqu'ils perdirent tout, en quinze\njours, dans une crise de la librairie, gardant juste de quoi vivre honorable-\nment. Peu après ma mère épousait mon père, sous-chef de bureau au\nMinistère de l'lntérieur. L'oncle mourait de chagrin quelques mois avant\nma naissance qui avait lieu, comme on sait, le 9 octobre 1835, et mon\npère, miné par la phtisie, disparaissait le 3 1 décembre de la même année,\nun an jour pour jour après son mariage.\nVoilà donc ces deux femmes, veuves et peu fortunées, obsédées par\nde bien tristes souvenirs, avec la charge d'un enfant très délicat, dont\nl'existence était précaire : les médecins n'en répondaient pas. Sur leur\nconseil, on me laissa à la campagne, chez ma nourrice, jusqu'à l'âge de\ndeux ans.\nSi ma grand'tante avait reçu une brillante éducation, il n'en était\npas de même de ma mère dont l'instruction n'avait pas été complète. Elle\ny suppléait par une imagination, une flamme, une facilité d'assimilation\nqui tenaient du prodige. Elle m'a souvent parlé d'un oncle qui l'aimait\nbeaucoup, et qui s'était ruiné au profit de Philippe-Egalité. C'était un\nartiste, féru surtout de musique : il avait construit de ses mains un orgue\nde salon dont il jouait. Il faisait asseoir ma mère entre ses genoux, et tout\nen s'amusant à peigner ses admirables cheveux noirs, il lui parlait d'art,\nde musique, de peinture, du beau sous toutes ses formes ; si bien qu'elle\ns'était mis en tête que si jamais elle avait des fils, le premier serait musicien,\nle second peintre et le troisième sculpteur. Aussi ne fut-elle nullement\nétonnée lorsqu'en revenant de nourrice je me mis à écouter tous les bruits,\ntous les sons, faisant crier les portes, me plantant devant les pendules pour\nles entendre sonner. Mon grand plaisir était la symphonie de la bouilloire,\nune bouilloire énorme qu'on installait chaque matin devant le feu du\nsalon. M'asseyant près d'elle sur un tabouret, j'attendais avec une curiosité"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.5", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 19, "texte": "SOUVENIRS D'ENFANCE"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.5", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2423, "texte": "passionnée ses premiers murmures, son crescendo lent et plein de surprises,\net l'apparition d'un hautbois microscopique dont le chant s'élevait peu à\npeu jusqu'à ce que l'ébullution le fit taire. Ce hautbois, Berlioz a dû\nl'entendre, car je l'ai retrouvé dans la course à l'abîme de la Damnation\nde Faust.\nEn même temps, j'apprenais à lire ; et quand j'eus trente mois, on\nme dit en présence d'un minuscule piano qui n'avait pas été ouvert depuis\nplusieurs années. Au lieu de taper à tort et à travers comme le font\nd'ordinaire les enfants de cet âge, je touchais les notes l'une après l'autre,\nne les quittant que lorsque le son s'éteignait. Ma grand'tante m'apprit le\nnom des notes et fit venir un accordeur pour mettre le piano en état.\nPendant cette opération, je jouais dans la pièce voisine et l'on s'aperçut\navec stupeur que je nommais les notes à mesure qu'elles résonnaient.\nTous ces détails ne m'ont point été racontés : je m'en souviens\nparfaitement.\nOn me donna la méthode de Le Carpentier. Au bout d'un mois,\nj'étais arrivé à la fin de la méthode ! On ne pouvait faire travailler le\npiano à un marmot de cette espèce, et je criais comme un perdu quand\non fermait l'instrument. On le laissait ouvert, et devant on mettait un petit\ntabouret sur lequel, de temps en temps, laissant mes jouets, je grimpais\npour tapoter ce qui me passait par la tête. Peu-à-peu ma grand'tante, qui\npar bonheur avait reçu d'excellents principes, m'apprenait à tenir mes\nmains convenablement, à ne pas contracter ces défauts trop répandus dont\nil est ensuite si difficile de se corriger. Mais on ne savait quelle musique\nme donner ; celle écrite spécialement pour les enfants est en général\npurement mélodique, et la partie réservée à la main gauche est sans intérêt.\nJe me refusais à l'apprendre. \" La basse ne chante pas \", disais je avec mépris.\nAlors on chercha dans les vieux maîtres, dans Haydn, dans Mozart,\nles choses assez faciles pour que je pusse les aborder. A cinq ans je jouais\nfort gentiment et très correctement de petites sonates ; mais je ne con-\nsentais à les jouer que devant les auditeurs capables de les apprécier. J'ai\nlu, dans une biographie, que l'on me menaçait du fouet pour me faire\njouer. Cela est complètement faux ; mais il fallait pour me décider me\ndire qu'il y avait dans l'assistance une dame très bonne musicienne et d'un\ngoût difficile. Je ne jouais pas pour les profanes."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.6", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2251, "texte": "Quant à la menace du fouet, elle est à reléguer, dans le domaine des\nlégendes, avec celle du père Garcia brutalisant ses filles pour leur apprendre\nà chanter. Mme Viardot m'a dit formellement qu'elle et sa sœur n'avaient\niamais été brutalisées par leur père et qu'elles avaient appris la musique\nsans s'en apercevoir, comme on apprend à parler.\nMalgré les progrès surprenants, mon éducatrice ne prévoyait pas\nmon avenir. \" Quand il aura quinze ans, disait elle, s'il peut faire\ndanser, je serai bien contente. \"\nC'est pourtant à ce moment que je commençais a écrire de la\nmusique. J'écrivais des valses, des galops ; le galop était alors à la mode :\nil était d'allure assez vulgaire et les miens ne dérogeaient pas à la règle.\nIl a fallu Liszt pour montrer, par son Galop chromatique, le parti que le\ngénie peut tirer du genre le plus infime. Mes valses étaient meilleures.\nDéjà, comme je l'ai fait toujours, je composais la musique directement\nsur le papier, sans la chercher sous mes doigts, et ces valses étaient trop\ndifficiles pour mes petites mains ; une amie de ma famille, sœur du\nchanteur Géraldy, avait la complaisance de les exécuter.\nJ'ai revu dernièrement toutes ces petites compositions. Elles sont\nbien insignifiantes, mais il serait impossible d'y trouver une faute d'écriture\net cette correction est remarquable chez un enfant qui n'avait encore\naucune notion de l'étude de l'Harmonie.\nQuelqu'un eut alors l'idée de me faire entendre un orchestre. Il y\navait à cette époque des concerts symphoniques dans le Passage de Saumon.\nOn m'y conduisit : ma mère me tenait sur son bras, près de la porte\nd'entrée. Je n'avais jamais entendu que des violons isolés, et leur son ne\nm'était pas agréable ; toute autre fut l'impression de l'orcheste et j'écou-\ntais avec délice une phrase chantée par le Quatuor, quand tout à coup\néclatèrent les cuivres trompettes, trombones et cymbales. Je poussai des\ncris perçants. \" Faites les taire, disais-je, ils empêchent d'entendre\nla musique !\" Il fallut m'emporter.\nA sept ans, je passais des mains de ma grand'tante dans celles de\nStamaty. Celui-ci fut surpris de la façon dont mon éducation musicale\navait été dirigée.\nIl l'a constaté dans un opuscule où il traitait de la nécessité d'une"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.7", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2517, "texte": "bonne direction primitive. Il n'y avait plus chez moi, a-t-il dit, qu'à\nperfectionner.\nStamaty était le meilleur élève de Kalkbrenner et le propagateur de\nsa méthode, basée sur le guide-mains qu'il avait inventé ; aussi fus-je mis\nau régime du guide-main. Rien n'est plus curieux que la préface de la\nméthode de Kalkbrenner dans laquelle il raconte la genèse de son inven-\ntion. C'était une barre fixée en avant du clavier, sur laquelle reposait\nl'avant-bras, de façon à supprimer toute autre action musculaire que celle\nde la main. Ce système est excellent pour former le jeune pianiste à\nl'exécution des œuvres écrites pour le clavecin et pour les premiers pianos\ndont les touches parlaient sans demander d'efforts ; il est insuffisant pour\nles œuvres et les instruments modernes. C'est ainsi, pourtant, que l'on\ndevrait commencer, en développant d'abord la fermeté du doigt et la\nsouplesse du poignet, pour ajouter progressivement le poids de l'avant-bras\net celui du bras. Mais, de nos jours, il est de mode de commencer par la\nfin : on apprend la Fugue dans le Clavecin bien tempéré de Sébastien Bach,\nle piano dans les œuvres de Schumann et de Liszt, l'Harmonie et l'lnstru-\nmentation dans celles de Richard Wagner ; et l'on fait trop souvent de\nla bouillie pour les chats, comme les chanteurs qui apprenant des rôles et\nse lançant sur le théâtre avant de savoir chanter, se ruinent la voix en\npeu de temps.\nCe n'est pas seulement la fermeté du doigt que l'on acquerrait avec\nla méthode Kalkbrenner ; c'était aussi la recherche de la qualité du son\npar le doigt seul, ressource précieuse devenue rare de nos jours.\nMalheureusement c'est aussi cette école qui a inventé le\nperpétuel si faux et si monotone, et l'abus des petites nuances, la manie\nd'un expressivocontinuel, appliqué sans discernement. Tout cela révoltait\nmon instinct naturel ; je ne pouvais m'y conformer et on me le reprochait\nme prédisant que \" je ne ferais Jamais d'effet \", ce qui m'était bien\nindifférent.\nQuand j'eus dix ans, mon professeur méjugeant suffisamment préparé\nme fit donner un concert dans la salle Pleyel ; j'y jouai, accompagné par\nl'orchestre des Italiens dirigé par Tilmant, le concerto en Ut mineur de\nBeethoven et un concerto en Si b de Mozart. Il fût même question de\nme faire jouer celui-ci à la Société des Concerts du Conservatoire ; une\nrépétition eut lieu. Mais Seghers, qui devait plus tard fonder la Société\nSte Cécile, faisait alors partie de l'orchestre ; il détestait Stamaty, et s'avisa"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.8", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2351, "texte": "de dire que la Société n'était pas faite pour accompagner des enfants. Ma\nmère fut froissée et ne voulut plus entendre parler de rien.\nAprès ce premier concert qui avait brillamment réussi, mon profes-\nseur aurait voulu m'en voir donner d'autres ; mais ma mère ne se souciait\npas pour moi d'une carrière d'enfant prodige, elle avait des visées plus\nhautes ; craignant pour ma santé, elle ne voulut pas me laisser continuer\ndans cette voie. Il s'ensuivit, entre mon professeur et moi, un refroidisse-\nment qui aboutit à une rupture.\nMa mère avait des mots cornéliens. Quelqu'un lui reprochait un jour\nde me laisser jouer des sonates de Beethoven. \" Quelle musique jouera-t-il\ndonc \", lui disait-on, \" quand il aura vingt ans \" ? \" Il jouera\nla sienne, \" répondit-elle.\nLe plus grand bienfait que j'aie retiré du commerce de Stamaty fut la\nconnaissance de Maleden qu'il me donna pour professeur de composition.\nNé à Limoges dont il avait conservé l'accent, maigre avec de longs\ncheveux, doux et timide, Maleden était un professeur incomparable. Il\nétait allé, dans sa jeunesse, s'instruire en Allemagne chez un certain\nGottfried Weber, inventeur d'un système que Maleden avait rapporté et\nperfectionné. Il en avait fait un outil merveilleux pour pénétrer dans les\nprofondeurs de la musique, une lumière pour en éclairer les coins les plus\nsecrets. Dans ce système les accords ne sont pas considérés seulement en\neux-mêmes, accord de quinte, de sixte, de septième, mais d'après le\ndegré de la gamme sur lequel ils sont placés ; on apprend que suivant la\nplace qu'ils occupent, ils acquièrent des propriétés différentes, et l'on\nexplique ainsi des cas jugés inexplicables. Cette méthode est enseignée à\nl'Ecole Niedermeyer ; je ne sache pas qu'elle le soit ailleurs.\nMaleden avait grande envie d'entrer comme professeur au Conserva-\ntoire ; grâce à de puissantes protections, sa nomination allait être signée\npar Auber, quand il crut devoir, par un scrupule d'honnêteté, écrire à\ncelui-ci pour l'avertir que sa méthode différait complètement de celle\nenseignée dans la maison. Auber fut effrayé, et Maleden ne fut pas admis.\nNos leçons étaient parfois orageuses ; il m'arrivait de temps en temps\nde ne pas me ranger à son avis sur certaines questions. Il me prenait alors\ntranquillement par l'oreille, et me courbait la tête, me tenant pendant"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.9", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 785, "texte": "une minute l'oreille collée à la table ; il me demandait ensuite si j'avais\nchangé d'avis. Mon avis n'ayant pas changé, il réfléchissait et souvent il\nme donnait raison.\n\"Tu n'as pas eu d'enfance musicale me disait parfois Gounod. Il\nse trompait, ne connaissant pas les vestiges de cette enfance : ils sont nom-\nbreux. Beaucoup d'essais sont restés inachevés, sans parler de ceux que\nj'ai détruits. Il y a de tout, des airs, des chœurs, des Cantates, des Sym-\nphonies, des Ouvertures ; tout cela ne verra jamais le jour. Un éternel\noubli ensevelira ces tâtonnements sans intérêt pour le public.\nDans ces paperasses, j'ai trouvé quelques notes écrites au crayon à\nl'âge de quatre ans. La date qui les accompagne ne laisse aucun doute à\ncet égard.\n\nC. Saint-Saëns."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c004", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 3, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.3.1", "titre_corps": "M. Saint-Saëns qui, jusqu'à présent, s'était toujours refusé à publier ses souvenirs, a bien voulu faire une exception en faveur de notre “S. I. M.” Nos lecteurs seront certainement très sensibles à cette attention du Maître, et à la toute particulière bienveillance qu'il témoigne en cette occasion à notre Revue Musicale.", "titre_sommaire": "M. Saint-Saëns qui, jusqu'à présent, s'était toujours refusé à publier ses souvenirs, a bien voulu faire une exception en faveur de notre “S. I. M.” Nos lecteurs seront certainement très sensibles à cette attention du Maître, et à la toute particulière bienveillance qu'il témoigne en cette occasion à notre Revue Musicale.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.3", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 325, "texte": "M. Saint-Saëns qui, jusqu'à présent, s'était toujours refusé\nà publier ses souvenirs, a bien voulu faire une exception en\nfaveur de notre “S. I. M.” Nos lecteurs seront certainement\ntrès sensibles à cette attention du Maître, et à la toute particu-\nlière bienveillance qu'il témoigne en cette occasion à notre\nRevue Musicale."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c006", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 10, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.4", "titre_corps": "Les idées d'Isadora Duncan sur la danse", "titre_sommaire": "Les idées d'Isadora Duncan sur la danse", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.10", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 872, "texte": "Les idées d'Isadora Duncan sur la danse\n1\nLa danse : c'est\ntoute ma vie, c'est ma\npassion ; mais vous\nsavez qu'on sait bien\nmal parler de ce qu'on\naime le plus ; on en\nsent la beauté\nsoi ; peut on en com-\nmuniquer le goût à\nd'autres par de pauvres\nmots ?\nEt puis, en ce\nmoment, malgré tout\nmon enthousiasme, je\nme sens à la fois très\nfière et un peu mélancolique. La Danse, la belle danse libre et naturelle,\non ne l'aimait plus, on ne la connaissait plus depuis que les temples\ngrecs sont en ruines. Et maintenant, voilà qu'on en parle de nouveau ;et\nje suis heureuse, comme si après avoir été aveugle durant des siècles,\nl'humanité ren-\nvoyait pour la\npremière fois les\nfleurs, les arbres\net les nuages qui\npeuplent le ciel.\nJe suis heureuse,\ncar je puis bien\ndire sans vanité\nque je suis pour\nquelque chose\ndans cette renais-\nsance. Qui donc,\n\n1 Dessins de P. Thevenaz."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.11", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 1379, "texte": "il y a seulement dix ans, songeait que le\ncorps a, comme tous les éléments, son\nrythme harmonieux, spontané et naturel ?\nEt si je suis un peu mélancolique, ne\npensez pas un instant que ce soit parce\nque mon art a connu trop d'imitateurs.\nNon : ma vanité d'artiste a eu trop de\nsatisfactions de cet ordre pour que je puisse\nme permettre d'être égoïste ou jalouse.\nNon. Mais, comme une mère soucieuse\nde la destinée de ses enfants, je puis bien\nregretter que quelques-uns d'entre eux\nj'entends mes gestes et mes poses aient\ncontracté de déplorables unions. Entre\ntoutes, il en est une que je regrette : c'est\ncelle qui a semblé rendre la \" Danse libre \"\nsolidaire de la forme caduque du ballet.\nIl est surprenant que dans ce temps\noù de toute part la pensée se libère des\nconventions, où le drame lyrique sort de\nla formule de l'opéra, où la\nsymphonie fait éclater les liens,\noù la limite, la tradition clas-\nsique, où la peinture, la sculp-\nture, l'architecture, les arts\nappliqués s'évertuent à bannir\ntoute contrainte traditionnelle, il\nest surprenant, que la danse, art\nmajeur, s'obstine à rester l'es-\nclave d'artifices périmés.\nIl y a des gens qui s'ima-\nginent aimer la danse parce\nqu'ils goûtent les spectacles du\nballet : c'est à peu près comme\nsi un homme pensait être sen-\nsible au charme des femmes\nparce qu'il aime les fards."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.12", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1546, "texte": "L'un et l'autre s'opposent aussi violemment qu'il\nest possible : s'opposent dans leur principe comme\ndans leur résultat. Le ballet, par son mirage, cache non\npas la laideur ou la médiocrité de la danse théâtrale,\nmais l'absence totale de toute danse. Le principe\nde ce qu'on nomme la \" technique chorégraphi-\nque \" est un attentat contre la nature ; il n'est ques-\ntion à l'origine du développement de la danseuse, de\nrien de ce qui fait l'essence de la danse: la libre expres-\nsion plastique d'un senti-\nment, le besoin irrésisti-\nble de traduire une émo-\ntion fortement ressentie :\nil n'est question que de\ndéformations physiques, dont la déformation\nmorale est la conséquence fatale. Peut-on\nparler d'art quand il ne s'agit que de l'appli-\ncation patiente d'une technique anti-natu-\nrelle à des formules conventionnelles et\nabsolument périmées ?\nEt puisque toute ma conception de la\ndanse est basée sur des formes naturelles,\npuisque je ne m'inspire que d'éléments\nnaturels ravis au jeu des\nvagues ou aux caprices\nharmonieux des branches\ndans les forêts, il est de\ntoute évidence que le ballet doit être mon ennemi ;\nun ennemi que je ne redoute pas, car je crois que\nfatalement aussi, il s'inspirera de mes principes pour\ndonner l'illusion d'un renouveau et prolonger de\nquelques années une existence qui est dès lors con-\ndamnée.\nMais jusqu'ici nous n'avons pas parlé de la\nmusique ; ce n'est pas par oubli ou par indifférence,\nmais parce que c'est une question bien grave qu'on\nne saurait résoudre maintenant l'avenir s'en char-"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.13", "debut_caractere": 44, "fin_caractere_exclue": 2259, "texte": "géra. Tout d'abord, vous savez avec quel généreux élan les sculpteurs et\nles peintres ont favorisé mes premiers essais. Puis-je en dire tout autant\ndes musiciens ; en France du moins? Non ; il me semble tout d'abord\nqu'ils n'ont pas voulu, soit qu'il soient trop attachés par tradition àla\nforme du ballet, soit qu'ils ne considèrent pas la danse comme un art\nqui a son propre pathétique, son expression\nEn ce qui concerne le ballet, cela me surprend, car, hormis de bien\nrares exceptions, comme la Namounade Lalo, j'aimerais à connaître un\nballet écrit en France depuis cent ans et qui ne soit pas médiocre. Je ne\nvois donc pas quelles sont les œuvres d'art que les musiciens\ndéfendent au nom du ballet.\nEn ce qui concerne la libre expression de la danse naturelle la\nréponse sera plus malaisée et plus longue. Il y a\nen effet un art indépendant de tout secours\nmusical et qui est la danse, un art qui a son\npropre rythme et ses propres vertus expressives.\nEt, ce qui est l'argument le plus curieux, il y a\nmême opposition entre le rythme proprement\nmusical et le rythme naturel du corps humain.\nCela est si vrai que lorsque je fais exécuter aux\npetites filles de mon Ecole une simple Marche,\nje ne trouve pas de musique qui épouse stricte-\nment la cadence de leur pas. Et moi-même\nd'ailleurs, lorsque je danse sans musique, en\nlaissant mon corps libre de toute contrainte, je me\nsens infiniment plus à l'aise que lorsque je suis\nsoutenue par le mouvement rythmique de la musique. Aussi bien, lorsque\non me reproche d'avoir interprété par le geste certaines œuvres musicales\nqui sont des chefs-d'œuvre, je réponds en toute simplicité ceci : c'est que\nles seuls compositeurs qui aient créé un rythme conforme à la cadence,\nau mouvement naturel du corps, sont précisément les plus grands.\nEt les prophéties relatives à la Danse que j'ai retrouvées dans la\npensée de Wagner m'ont persuadé que si j'avais vécu de son temps, je\nn'aurais pas eu de plus zélé défenseur que lui. Vienne le compositeur\nqui, comme lui, ait conscience du grand art libre et dégagé des formules\nque doit être la Danse, et la musique retrouvera sa sœur perdue. Mais\nles discussions et les disputes ne serviront de rien. \" Les temps viendront. \""}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c017", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 14, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.5", "titre_corps": "ÉTAPES D'UNE DÉCOUVERTE", "titre_sommaire": "ÉTAPES D'UNE DÉCOUVERTE", "signature_source": "Gabriel Sizes", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.14", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1439, "texte": "1 Avant de me livrer à d'autres observations, je passai deux années à\nla rédaction définitive de mes études d'acoustique musicale. M. Mathias,\ncomme M. C. Saint-Saëns, m'encouragea beaucoup à entrer dans la voie\nexpérimentale de la nouvelle théorie émise sur les phénomènes de vibra-\ntion des corps sonores, tout en me manifestant ses regrets de ne pouvoir\nm'y aider effectivement ; il avait des travaux très importants qui devaient\nl'occuper trop longtemps.2\nOn n'avait jamais fait de l'acoustique proprement dite à la Faculté\ndes Sciences de Toulouse et la collection ne possédait que des instruments\nrudimentaires pour ces sortes de travaux. M. Mathias poussa le dévoue-\nment jusqu'à m'offrir de consacrer le budget de son laboratoire à l'achat\nde ces instruments ; mais leur prix très élevé eût absorbé les crédits de\nplusieurs années.\nIntervention de M. Gustave Mas sol. Une circonstance très heureuse\ns'offrit à moi : apparenté à M. G. Massol directeur de l'Ecole supé-\nrieure de pharmacie de Montpellier et professeur de physique appliquée\nj'eus le plaisir de le retrouver dans les Pyrénées, pendant les vacances de\n\n1 Voir S. I. M. du 15 janvier 1912.\n3 En dehors de ses travaux sur la liquéfaction des gaz, M. E. Mathias a publié en 1907 des études très\nimportantes sur le magnétisme terrestre, qui lui valurent un prix de l'Académie des Sciences ;et en 1910, un\ndernier et non moins important travail sur le diamètre de Voxigène."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.15", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 23, "texte": "ÉTAPES D'UNE DÉCOUVERTE"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.15", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2604, "texte": "1902. Je lui fis part de mon embarras. Il m'offrit spontanément de m'en-\nvoyer l'inventaire des instruments que possédait la collection de l'lnstitut\nde Physique de Montpellier, dont il avait l'usage. Ce fut un véritable\narsenal que je trouvai là et à la fin de septembre j'allai en passer la revue.\nJe fis d'abord une longue étude auditive d'une véritable batterie de\ndiapasons de toutes sortes. Puis grâce au dévouement de M. Massol qui\nne s'était jamais occupé d'acoustique nous fîmes transporter la collec-\ntion de résonateurs dans le clocher de la cathédrale Saint-Pierre et, au\nmoment des sonneries, je cherchais à isoler les harmoniques des cloches,\npour en classer les séries. Je constatai contrairement à ce que l'on\nsuppose que les résonateurs ne renforcent pas seulement le son pour\nlequel on les accorde, mais aussi les harmoniques se rattachant à l'échelle\npartielle de ce son. Je trouvai là une confirmation de la nécessité du\ntableau harmonique que j'avais dressé dans une des parties de mon acoustique\npour justifier la présence d'un grand nombre de sons disparates\ncontenus dans l'échelle harmonique naturelle. Les résonateurs me per-\nmirent de constater d'une manière plus évidente le phénomène de batte-\nments produits par deux harmoniques, généralement dissonants, qui se\nfont entendre alternativement et non simultanément. Leur existence réelle\nfut confirmée plus tard par leur inscription.\nEn écoutant à certaines heures ces mêmes cloches en des points\ndifférents de la ville, j'observai les ondulations lentes qui persistent longtemps\naprès le choc du battant et qui sont la caractéristique d'harmoniques très\ninférieurs au son prédominant. Dans un grand nombre de cloches j'ai\nentendu la résonance si moelleuse de la tierce mineure harmonique 7:6\n(sol-sib) que la fonction résolutive du son 7 rend si caractéristique. Ces\nmêmes cloches font entendre souvent la résonance de du\nson prédominant. Mais cette quarte n'est qu'un harmonique d'octave de\nla quinte inférieure qu'on n'entend pas. Ai-je besoin de dire qu'à aucun\nmoment je n'ai entendu des sons inha comme l'a proclamé\nHelmholtz soit avec les cloches, soit avec les diapasons ; ces sortes de\nsons n existent pas dans la nature.\nPremières expériences. Nous méditions avec M. Massol comment\nnous pourrions faire les inscriptions de ces vibrations. Nous transportâmes\nles appareils du laboratoire au clocher. Une fois installés, il fallut de véri-\ntables tours de force pour arriver à faire vibrer les cloches sans les mettre\nen mouvement et pour inscrire les vibrations sur le cylindre du chrono-"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.16", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2477, "texte": "graphe enregistreur échafaudé à la hauteur des cloches : sur leur rebord\nextérieur la pince nous avions fixé un fil métallique court et\nsouple, selon la méthode connue.\nDans des conditions si peu appropriées, il nous arriva toutes sortes\nd'accidents ; le dernier survenu aurait suffi pour enlever tout courage à\nde moins convaincus : un mouvement de la cloche, mise trop vivement\nen vibration par un coup du battant, ébranla l'échafaudage de l'en-\nregistreur qui aurait pu tomber et se briser si nous ne l'avions sou-\ntenu M. Massol et moi ; une malencontreuse glissade fut cause que\nje me blessai assez grièvement à une jambe : ce fut le baptême expé-\nrimental.\nMéthode expérimentale. Les appareils revenus au laboratoire, nous\ncherchâmes à inscrire les vibrations d'un magnifique gong chinois ; diffi-\ncultés encore plus grandes, parce que le gong, moins stable qu'une cloche,\nse livrait à des mouvements désordonnés après chaque choc de la mail-\nloche. Pour neutraliser les mouvements du gong et permettre à l'extré-\nmité du fil ainsi immobilisé d'inscrire les vibrations sur le cylindre\nenfumé, nous allongeâmes le fil en lui donnant une forme de spirale. Pour\nneutraliser les balancements du fil, nous le fîmes passer dans des anneaux,\nde distance en distance. Un dispositif particulier nous permit de guider\nl'extrémité libre du fil, sans le gêner dans ses vibrations. Le fil, fin, en\naluminium, devenant un amplificateur par excellence des manifestations\nvibratoires, nous montrait les vibrations sous la forme de fuseaux d'égale\nlongueur, allant de son point d'attache à l'extrémité ; il se divisait en\nautant de segments qu'il transmettait de vibrations différentes simultanées.\nNotre méthode expérimentale était trouvée ; elle pouvait s'appliquer à\nl'étude d'un corps vibrant, affecté en même temps d'un mouvement d'ensemble\na peu près quelconque.\nAnimés d'une nouvelle ardeur, nous fîmes réinstaller les appareils\ndans le clocher ; avec le fil long les inscriptions se firent normalement ;\nsa forme de spirale nous enlevant toute crainte de balancement de la\ncloche, nous osâmes enregistrer les vibrations d'une cloche lancée à toute\nvolée. C'était un jour de semaine : nous avions obtenu toute permission de\nM. l'Archiprêtre, sans en abuser, nous causâmes quelque émoi dans\nMontpellier, dont les habitants se demandaient quelle fête particulière\npouvait bien célébrer la cathédrale.\nLes premiers résultats. Nous n'étions pas au bout de nos peines; nous"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.17", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2729, "texte": "avions devant nous des grimoires tracés par le fil sur ce papier enfumé.\nNous n'avions vu jusque là que des courbes simples, régulières comme il\narrive dans les expériences de laboratoire, avec des combinaisons de sons\ndont on connaît par avance la hauteur et le rapport. Ici la courbe simple\nest l'exception et quoiqu'il s'agisse toujours d'un nombre de vibrations par\nseconde à calculer, lorsque de véritables séries de sons se superposent, y\ncompris les imprévus et les imperfections graphiques inhérentes aux expé-\nriences de ce genre, ce sont de véritables hiéroglyphes à déchiffrer. On\nen verra quelques exemples plus loin, choisis parmi les moins compliqués.\nLe nombre de vibrations y est bien àla base, mais comme ce sont des nom-\nbres différents, formant des périodes différentes qui se superposent, le\nnombre total n'est qu'un des résultats et non pas le résultat lui-même.\nDe F interprétation. L'interprétation des périodes et des rapports entre\nelles est très souvent une question d'intuition •/ l'expérience acquise\naujourd'hui me démontre que cette intuition ïie peut être que le résultat\nde la connaissance des rapports musicaux formés par les harmoniques inscrits.\nLes nombres constituent bien les rapports mathématiques, mais les accords\nmusicaux parlent plus sûrement à notre intelligence en l'espèce\ngrâce au sens que l'étude musicale nous donne et qui nous permet de\nreconnaître un accord sous quelque jorm qu'il se présente.\nLe fait même d'une agrégation d'accords ou superposition de rapports\nétant pour les musiciens une chose compréhensible naturelle\nnous n'avons pas besoin de voir les accords complets c'est-à-dire toutes\nles notes qui les forment, mais seulement les plus caractéristiques pour\nen comprendre le sens harmonique ; tandis que si des sont\nabsents on ne peut en faire état pour en déterminer les rapports. Après\nune longue étude purement physique des courbes, faite avec M. Massol,\nje ne pus tirer de véritables conclusions des inscriptions que par l'applica-\ntion de la méthode musicale dont je viens de parler ; ce qui est naturel,\npuisqu'il s'agit de V harmonie des sons et non de celle des nombres. 1 Voici\nun exemple pris dans le résumé d'analyse des premiers résultats obtenus\navec les quatres principales cloches de la Cathédrale de Montpellier.\ni° La plus grosse, du poids de 2,800 kilos d'après le dire du carillon-\nneur est un la1 faisant 106 v-d. Nous avons inscrit 21 sons :\nle prédominant, 6 harmoniques inférieurs et 14 supérieurs. Le plus\n\n1 Le principe de cette méthode d'interprétation a fait l'objet d'une note présentée par M. J. Violle à\nl'Académie des sciences le 6 Janvier 1908. Et le résultat des quatre cloches : les 5 et 19 février 1912."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.18", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2444, "texte": "grave est un la-3 faisant 6y,2/3 et le plus aigu, un mis faisant 1280\".1\nL'échelle inférieure contient les notes caractéristiques de l'accord de\nmineure harmonique de dominante : ré, fa S, la, ut, qui oblige la détermina-\ntion de Ré-5 de iv, 1 comme fondamentale et fait\nclasser le son prédominantlaj comme 96e harmonique de cette échelle. A\nl'audition, ce la! vibre accompagné de la résonance caractéristique de\ntierce mineure harmonique de dominantelan ut2 = 7:6 ; c'est ce qui nous\nrévèle sa fonction de 6° har., 96 est un multiple d'octave du son 6\net quilfaut qu'il ait pour fondamentale un ré dont il n'est qu'un har. de\nquinte très aiguë, tout au moins dans le rapport 6:1. La véritable fonda-\nmentale ne peut être déterminée que d'après les rapports de l'ensemble des\nsons inscrits, constituant F échelle générale du corps sonore étudié.\nDans l'ensemble des sons inscrits appartenant à du\nprédominant nous trouvons les notes caractéristiques, de son accord, de\nseptième mineure harmonique la, uti, mi, sol, constituant la base harmonique\nde son échelle partielle.\n2° La 2e cloche, du poids de 2,400 kilos, donne un six faisant 120 v-d.\nSur 23 har. inscrits, il y en a 9 d'inférieurs, dont le plus grave fait\n11V/4 Fa 9 faisant fonction de 9e har., la fondamentale réelle, ou\nson 1, est un mi-5 qui ferait iV/4. Le si„ son prédominant, est 96e har-\nmonique.\n30 La 3e cloche, du poids de 1,400 kilos, donne un ut2f faisant 135 v-d.\nSur 23 har. inscrits, 10 sont inférieurs, allant jusqu'à si-3 de 7V,5, en fonc-\ntion de 8e har. Fondamentale réelle si-6 de L'utaft, son prédomi-\nnant, est 144e har.\n40 La 4e cloche, du poids de 750 kilos, donne un mi2 faisant 160 v-d.\nNous avons inscrit 15 harmoniques, dont 8 inférieurs, allant jusqu'à\nla-2 de 13Y/3, en fonction de 12e har. La fondamentale réelle est un\nRé-5 qui ferait iv,ii. Le mi-2, son prédominant, est 144e har.\nAu point de vue purement physique, nous sommes en présence de\ndeux échelles différentes données par ces quatre cloches. Dans les deux\npremières le son prédominant fait fonction de ou son 6\npar rapport à la fondamentale de Véc dans les deux autres,\nil est la quinte de cette dominante,ou ne du son fondamental réel.\nAu point de vue musical, le phénomène est quasi-identique ; dans\nles deux cas le son prédominant est accompagné de la vibration de tierce\n\n1 J'ai adopté : de souligner d'un trait, le nom d'une note qui est en fonction de septième harmonique."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.19", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2812, "texte": "min. har. 7:6 qui donne à chacun de ces sons le rôle prépondérant de\nson 6, ou quinte de fondamentale harmonPar exemple, dans le cas de\nla cloche ut#2, accompagnée de mi2 en fonction de 7e har. c'est fa#!\nou ses octaves inférieures qui est fondamentale harmonique de\nl'accord fat, la#, ut#, mi ; 01* ce fa#, dans cette expérience, s'est inscrit\ndans les quatre octaves inférieures à ut#2 : fa#I 5 fa#0, fa#-! et fa#-2 ; mais\nil est accompagné dans l'échelle inférieure de la en fonction de tierce min.\nhar. 7:6 vis-à-vis de fa# ; la coexistence de ces deux sons fait : que\nfa# devient à son tour une dominante, ayant au-dessous un si-3 qui est sa\nfondamentale harmonique. Nous sommes en présence d'une agrégation\nharmonique : de deux accords de septième min. har. de dominante super-\nposés. Dans tous les cas semblables que j'ai étudiés, les deux sons qui\nsont harmoniquement en contradiction et qui semblent ne pouvoir\ncoexister simultanément, se sont toujours inscrits l'un dans le grave\néchelle inférieure —, l'autre dans l'aigu échelle supérieure —et\npas à moins de quatre octaves d'intervalle de l'un à l'autre. Dans le cas\nde la cloche ut#2, ce sont les deux sons :la— en fonction de 7e har. de\nla ire échelle inférieure : si, ré #, fa#, la —et la# en fonction de tierce\nmajeure de la 2e échelle supérieure : faY, la#, ut#, mi.\nCes rapports sont conformes aux observations que j'avais faites sur\nun grand nombre de cloches, vibrant comme ces dernières, dans l'octave\ncomprise entre solj et sol2 environ. Toutes faisaient entendre le son pré-\ndominant en fonction de dominante ou son 6 accompagné du son 7,\nformant intervalle de tierce mineure harmonique 7: 6.\nL'ignorance dans laquelle on était, de l'existence des\ninférieurs constituant F échelle générale a fait\nqu'on n'a su voir aucune relation dans ces sortes d'échelles de sons ; on\nles considéra comme étant inharmoniques,parce que ces sons ne suivaient\npas l'ordre naturel de 1 'échelle supérieure.Grâce à la méthode musicale\nd'interprétation inspirée il y a juste trente par M. C. Saint-Saëns\nil me fut possible de classer ces séries disparates de sons. 1\nEn prenant pour exemple la iere cloche, nous trouvons au grave\n\n1 Dans mon acoustique musicale moderne, je démontrerai : que les sons composant ce qu'on nomme la série\nharmonique naturelle supérieure, ne sont en réalité que les harmoniques de ler ordre les plus renforcés\ncomposant /'échelle partielle du son prédominant. Les sons de cette échelle partielle sont ceux : que la manière\nd'être des corps sonores doit favoriser dans une certaine mesure, sans détruire pour cela ceux de l'échelle\ngénérale. On ne doit pas confondre : échelle générale d'un corps sonore, avec loi générale de vibration des corps\nsonores, laquelle embrasse tous les modes de vibration.\n2"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.20", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1294, "texte": "l'échelle d'un cor en ré caractérisant la tonalité de sol majeur et à\nl'aigu celle de sa dominante La caractérisant la tonalité de Ré majeur.\nVoilà donc deux échelles tonales bien caractérisées dans un même corps\nsonore et à la quinte l'une de l'autre ce qu'on nomme Qui\ndonc a publié au cours de ces dernières années un travail très long et très\nconsciencieux, pour démontrer : que l'enchaînement des tonalités par\nquintes était contraire à la nature et qu'il fallait lui substituer celui de\nquartes ? Ou ai-je donc lu aussi : que l'on exagérait beaucoup l'importance\nde l'accord de dominante, notamment pour formuler une cadence parfaite\net qu'on pourrait bien lui substituer l'accord du 4e degré ? Les deux\nthéories se confondent.\nEst-ce que l'accord de septième harmonique de dominante, que l'on\ntrouve partout et toujours,et jamais celui de ! empêchera les musi-\nciens de reconnaître : que la conclusion la plus parfaite est celle de la\ndominante à la tonique ? Il n'est pas d'ailleurs extraordinaire, qu'un\nmorceau de musique, d'un caractère vague, suspensif et d'une harmonie\nmoelleuse, laisse un certain charme en se terminant en\ncomme la nature elle-même, sur l'accord de dominante. Mais ce n'est là\nqu'une impression et non pas une conclusion.\n(A suivre.)\n\nGabriel Sizes."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c020", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 21, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.6", "titre_corps": "LETTRES ET AUTOGRAPHES DE LULLY", "titre_sommaire": "LETTRES ET AUTOGRAPHES DE LULLY", "signature_source": "Henry Prunières", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.21", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1534, "texte": "LETTRES ET AUTOGRAPHES DE LULLY\n\nNous savions déjà que si M. Pougin n'avait pas renoncé à écrire, il\navait du moins cessé depuis longtemps de parcourir les livres et les revues\nou il est question d'histoire musicale. M. Pougin vient de nous en donner\nune preuve nouvelle en adressant à\ncurieux1 une lettre qui dénote l'ignorance totale où il se trouve des travaux\nmusicographiques de ces vingt dernières années. A propos de la disparition\nde la correspondance de Lully, il affirme avec solennité qu' \" à part une ou\ndeux quittances qui ont passé dans les ventes d'autographes avec la seule\nsignature de Lully, on ne connaît pas de lui une seule lettre, un seul\nbillet Devant cette assurance formelle, un chercheur M. Buron s'est\nempressé de publier comme inédite une lettre de Lully qu'il a copiée à la\nBibliothèque Nationale. Hélas cette lettre relative aux réparations à\neffectuer dans la salle du Palais Royal est connue de longue date de tous\nles historiens de la musique et du théâtre. Nuitter et Thoinan y font de\nfréquentes allusions dans leur ouvrage sur les\n(1886) et M. Bapst en donne la cote exacte 2 dans son Essai sur F histoire\ndu théâtre paru en 1893. Au reste il suffit de chercher le nom de Lully\ndans la table alphabétique des correspondants de Colbert pour y trouver\nl'indication de ce document.\nSi cette lettre de Lully n'est point inconnue, ni inédite, elle n'est pas\n\n1 Numéro du 30 janvier 1912. Voir aussi l'article du Menestrel de février.\n2 Mélanges Colbert 165 f° I. Essai sur l'histoire du théâtre, p. 365."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1652, "texte": "davantage unique comme le veut M. Pougin. Sans faire entrer en ligne\nde compte les innombrables quittances, actes, baux portant la signature du\nFlorentin, que détiennent les successeurs de Me Mouffle, de Me Gigault et\nde Me Charles, il existe une autre lettre, célèbre celle-là, vingt fois citée,\nécrite par Lully le 3 juin 1672 pour demander à Colbert d'intervenir\ncontre les associés de Perrin qui s'opposaient à l'enregistrement de son\nprivilège. Cette lettre découverte à la Bibliothèque Nationale par M. Ulysse\nRobert en 1874, parut pour la première fois dans la\nhistoriques d'Etienne Charavay.1 Nuitter et Thoinan la reproduisirent inté-\ngralement dans leur ouvrage,2 La M ara la traduisit en allemand,3 de nombreux\nmusicographes en citèrent des passages, enfin l'an dernier M. Tiersot la\npublia de nouveau dans ses lettres de Musiciens écrites en jrançais. 4 Dans ces\nconditions on peut se demander comment M. Pougin a pu déclarer\npubliquement qu'on ne connaissait aucune lettre de J. B. Lully.\n\nHenry Prunières.\n\n1 Octobre 1874.\n* Les Origines de l'Opéra français, p. 252.\n3 Musikerbriefe.\n4 Rivista Musicale 1911, p. 36. Signalons àce propos que M. Tiersot a cofnondu les cotes des deux\nlettres de Lully et attribué à la missive du 3 juin 1672, la cote Mélanges Colbert 165,/° 1, qui est celle de la\nlettre relative aux réparations du Palais Royal. Ajoutons enfin que la vieille cote donnée par M. CJlysse Robert\npour la lettre du 3 juin (Bibl. Nat. Mélanges 36, f 206), ne répond plus à aucun classement actuel II serait\nfort nécessaire de retrouver la cote exacte de ce document dont l'authenticité est d'ailleurs indiscutable."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c023", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 23, "image_fin": 40, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.7", "titre_corps": "SCHÖNBERG ET LA JEUNE ECOLE VIENNOISE", "titre_sommaire": "SCHÖNBERG ET LA JEUNE ECOLE VIENNOISE", "signature_source": "Egon Wellesz", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.23", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1367, "texte": "SCHÖNBERG\nET LA JEUNE ECOLE VIENNOISE\n\nJe ne crois pas qu'on connaisse rien en France des musiciens qui, à\nVienne, peuvent être considérés comme les successeurs de Mahler, et\ncomme les représentants des tendances actuelles et modernes de notre art\nmusical. C'est pourquoi je me permettrai, non pas d'écrire un gros article\nsur la musique viennoise contemporaine, mais de présenter, un peu sèche-\nment sans doute, quelque noms, quelques dates et quelques œuvres.\nOn sait la réputation musicale de Vienne au début du XIXe siècle.\nAu temps de Beethoven et de Schubert, la noblesse et la bourgeoisie\néclairée se faisaient un devoir de protéger la musique. A partir de 1848\nce mécénisme changea, sans disparaître pourtant complètement. Puis\nvinrent les querelles du wagnérisme, qui divisèrent et absorbèrent l'opi-\nnion, et dont l'histoire nous conduit à la fin du siècle. En cette dernière\népoque trois hommes ont illustré notre ville : Brahms, Bruckneret Hugo\nWolf. Le premier représente la musique de chambre, le second la sym-\nphonie, le troisième le lied lyrique.\nBruckner peut être comparé à César Franck s'il aura dans notre\nhistoire la place d'un libérateur. Sa succession fut recueillie par Gustav\nMahler (1860-IQII) dont je ne dirai rien, les lecteurs de cette revue\nconnaissant de longue date notre compatriote, par les beaux articles de\nM.M. Ritter et Casella."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.24", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2201, "texte": "Dans le même sillon que Mahler je nommerai M. Bittner, Konta,\nWalter, Streicher et Weigl.\nKarl Bittner, né à Graz est, de profession, juge à Vienne. On\npeut le considérer comme un autodidacte. En ses heures de loisir, il\nécrivit les paroles et la musique d'un opéra \" \" qui met aux\nprises un village du Danube et l'éternel féminin, personnifié par une\ngitane, puis un opéra comique, qui se passe à la fin du XVIIIe \"\nMusikant \". Enfin il a terminé un opéra \" \", histoire de\nguerre civile rustique. Les parties les plus belles des ses opéras sont les\nscènes populaires, où s'affirment ses tendances descriptives.\nRobert Konta, né à Vienne en 1880, docteur en droit, composa\nun opéra romantique \" Das ka/te Herz\",une comédie chorégraphique\n\" der bucklige Geiger\", des lieder, des ballades, et une symphonie en la\nmineur, œuvre d'énergie combative.\nBruno Walter premier chef d'orchestre à l'opéra est élève de\nMahler. On a de lui une Fantaisie symphonique, une Symphonie, un\nquatuor, une sonate de violon et un recueil de Lieder. Inutile d'ajouter\nque son habitude de l'orchestre l'a rendu éminent technicien.\nThéodor Streicher s'est voué exclusivement au lied. Descendant\nd'une vieille famille de notables viennois (son aïeul fut l'ami de Schiller)\nil voulut d'abord être acteur, puis se forma au chant, et se mit tout seul\nà composer, retiré dans une propriété à la campagne. Ses Lieder du\nKnaben Wunderhornle rendirent célèbre dans toute l'Allemagne. Il mit\nen musique dernièrement les Hajis 'liedede Gœthe.\nKarl Weigl s'est révélé au dernier festival de Zurich par une\nsymphonie qui eut du succès. 11 a composé un sextuor, un poème\nsymphonique, et un quatuor d'archets qui remporta le prix Beethoven.\nCitons enfin un indépendant, Franz Schrecker, né en 1878, qui\nen est à son troisième opéra. Il a trouvé des accents dramatiques nouveaux,\net nous pouvons attendre quelque chose de son art mouvementé.\nA côté de ces musiciens qui continuent les traditions de l'esprit\nromantique et classique, s'est formé un autre groupe, cherchant à affirmer\ndes tendances nouvelles. Leur chef le plus en vue est Arnold Schoenberg.\nSchônberg né le i 3 septembre 1 874 à Vienne s'est formé seul, en lisant"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.25", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 2805, "texte": "les œuvres de Bach, de Mozart et de Brahms; son instruction fut complétée\npar son beau-frère le musicien Alexandre de Zemlinski. En 1902, il dirigeait\nen qualité de chef d'orchestre, les tournées de Wolzogen en Allemagne. Sur\nla recommandation de Richard Strauss, il devint professeur de composition\nau Conservatoire Stern à Berlin. Environ vers cette époque les concerts\nentendirent parler de lui, et le quatuor Rosé donna la première audition\nde son sextuor \" Verklârte Nacht \", devant un public tumultueux et\nhostile. Schoenberg revint à Vienne en 1904, et fut un des fondateurs de\n\"l'Union des artistes compositeurs\", dont Gustav Mahler fut le président.\nLà fut donnée sa Suite sur et Mélisande \", puis des Lieder, puis le\npremier quatuor a cordes,œuvre de jeunesse, puis la Un\nparti se forma contre Schônberg, un autre pour lui. Ils en viennent aux\nmains lors de la première du secon en décembre\n1908, exécuté par Rosé, quatuor qui dans sa dernière partie s'associe une\nvoix de femme. En 191 oon chanta les composés depuis\ndix ans, et qui valurent à Schônberg un éditeur viennois. Le Conserva-\ntoire autorisa Schônberg à ouvrir un cours libre, qui vient d'être titularisé.\nEnfin, et toujours grâce à Rosé et à Oscar Fried, Schônberg a pénétré\ndésormais dans les grandes villes d'Allemagne, non sans, d'ailleurs, éveiller\nles susceptibilités combatives de la critique. On peut en juger par l'article\nsuivant qui parut le mois dernier dans un journal berlinois 1 et qui en\nrésume beaucoup d'autres :\n\" Tout d'abord un aveu : je ne comprends absolument rien aux dernières\ncompositions de Schônberg. Avec Strauss, Mahler, Reger, Debussy, Ravel, Delius,\nBusoni etc.... je ne suis pas toujours d'accord, mais je crois comprendre ce qu'ils\nveulent, et les procédés de leur technique ne m'imposent pas une énigme indé-\nchiffrable. Chez Schônberg je ne saisis ni la volonté ni la méthode ; j'entends des\nsons, qui n'ont aucun rapport entre eux. Un secret instinct me dit que je suis en\nprésence d'un homme qui fait avec le plus grand sérieux les plus grands efforts\npour exprimer dans le langage des sons les plus hautes visions. Seulement il parle\nchinois ; et c'est d'après ses gestes que je dois deviner ce qu il me dit. Parfois je\npuis saisir un mot, et voici que j'entends un cri d'âpre désespoir. Apres cette\nseconde de génie, tout redevient grisâtre !\nArrivons aux détails. Le premier groupe de Lieder œuvres deja anciennes\nest parfaitement compréhensible. On en louera le ferme dessin, mais, en somme,\nd'autres musiciens ont montré dans le même genre plus de perfection. Ce n est la\nque l'entrée de Schônberg dans le domaine de notre art moderne. Aussitôt, voici\nle véritable Schônberg qui se rue sur l'auditeur sans défense. L'attaque débuté par\n\n1 Signale du 7 février 1912. p. 180."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.26", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2954, "texte": "six morceaux de piano (1911) qui durent en tout cinq minutes, et dont on se remet\nassez vite. Doit-on prononcer le mot de morceaux à propos de ces tableautins de\nquelques mesures ? Six grimaces plutôt que le compositeur nous adresse, ou si\nl'on veut encore quelques mots entourés d'apostrophes ! A ces six aphorismes\nmystérieux succède la pièce de résistance du programme \"le Livre des jardins\nsuspendus \" de Stefan George, cycle de Lieder. Quittons ici l'idée habituelle que\nnous nous faisons du lied pour ne voir qu'une déclamation sur laquelle le piano\njette çà et là quelques sons isolés, quelque figure en brusque zigzag, quelque\nexplosion de bruyante passion. Cette déclamation je la suis assez bien, j'en remar-\nque les finesses, et aussi l'indifférent caprice, qui passe souvent à côté de l'expres-\nsion vraie. Le rôle de piano me demeure hermétique. Pas de motifs qui aient un\nsens, pas de formes descriptives, pas d'appui pour le chant, pas d'intermèdes sym-\nphoniques. Sans rime ni raison toujours d'après mon humble avis des frag-\nments font soudaine irruption, disparaissent aussitôt pour faire place aux gestes\nd'un fou, aux bégaiements d'un enfant. Et pourtant il se trouve dans ce cycle des\nendroits où, d'émotion, j'ai dû retenir mon souffle ! Peut-être est-ce là un essai\npour laisser agir le son par le son, sans souci d'aucune composition ?\nQuant aux trois pièces d'orchestre (1909) présentées sur deux pianos à 8\nmains, je m'y refuse absolument. Au piano tout au moins, elles sont impossibles\nà prendre au sérieux. L'impression est celle des improvisations les plus hardies du\n\"petit Moritz\".Des visions effroyables, de terrifiants cauchemars nous étreignent\nsans que jamais rien n'apparaisse de la joie, de la lumière, de tout ce qui fait la vie\nagréable. Que misérables seront nos neveux si ce désespérant Schônberg devient\njamais le représentant autorisé de leur sens musical !! \"\nSi l'on voulait se faire une idée des Schônberg pédagogue il faudrait\nouvrir le Traité d'harmonie qu'il vient de publier. 1 On y trouverait un\nmusicien moins révolutionnaire que ses œuvres ne le montrent. Lisons\npar exemple le chapitre où il traite des procédés du style moderne :\nPuisque je ne recommande pas ces harmonies nouvelles, je n'ai pas à en\ndiscuter ici la valeur. Celui qui, de lui-même, ira jusque-là, n'a pas besoin de guide.\nSon oreille et sa sincérité le conduiront plus sûrement que tous les préceptes.\nMais une autre raison me détourne encore de traiter ce sujet des formes moder-\nnistes, sans rester cependant au-dessous de ma tâche de pédagogue. Les traités nous\ndonnent habituellement un système musical qui répond aux données de l'expérience,\net a la notion du beau, ils prescrivent, et aussi ils défendent ; ils présentent un\nensemble de combinaisons possibles et ils en écartent un certain nombre sous le\nnom d exceptions. Or, un système à exceptions n'est plus un système, du moins\n\n1 Vienne. Universal-Edition."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.27", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3213, "texte": "un système suffisant. Et précisément j'ai cru pouvoir démontrer—je voudrais\nque ce fut l'enseignement de ce livre que ces exceptions n'ont ordinairement\npas de fondement, et correspondent simplement à des préférences esthétiques.\nElles représentent des étapes dans la voie qui conduit à la nature, et où ce\nprésent ouvrage s'est engagé, avec la certitude d'être un jour lui-meme dépassé.\nComment pourrai-je donc formuler ici quelques-unes de ces règles, qui ne sont\nque des approximations, quelques-unes de ces exceptions que chaque jour voit\nnaître et mourir ? Tous ceux qui m'ont suivi jusqu'ici ne sauraient attendre de\nmoi ce chapitre\nD'ailleurs, que l'élève se serve de moyens anciens ou modernes, ses travaux n en\nseront pas moins bons ou moins mauvais; car tout dépend ici d'un certain rapport\nentre le talent naturel et la faculté de l'extérioriser. Or, le maître ne peut avoir\nd'influence que sur l'extériorisation. Et encore ! Cette faculté est-elle réellement\néducable ? Ce n'est pas en imitant ses devanciers que l'artiste peut apprendre à\ns'exprimer. Le véritable artiste échappe en réalité à tout enseignement. On peut\nlui montrer comment il doit faire^en invoquant le témoignage d'autrui, mais c'est la\nun enseignement d'art, non un enseignement d'artiste. Le don de s'exprimer ne\ndépend pas des moyens d'expression mis à notre disposition. C'est plutôt 1 inca-\npacité qui tire profit de ces leçons ; puisqu'elle ne saurait s en passer, et qu elle\nvit d'imitation. L'œuvre de l'artiste vraiment doué se différencie toujours de la\nlittérature qui lui a servi de modèle ; elle est écrite avec la préoccupation d un\nartiste et non de l'art en général.\nOui, je ne recommande pas à l'élève l'emploi des moyens modernes. Certes !\nil doit se faire la main, et devenir capable d'exécuter ce que 1 esprit peut un jour\nlui suggérer. Pour cela les moyens traditionnels lui suffisent. Les autres n ont rien\nde nuisible, évidemment, mais ils sont encore soumis à des droits d auteurs, qui les\ndéfendent contre les entreprises du premier venu ! Ceux qui ont réellement la\nvocation les découvriront bien, et d'une façon qui légitimera leur emploi. Ceux\nqui veulent se faire la main n'en ont que faire. Plus tard ces procédés eux-memes,\ntomberont dans le domaine commun. Mais alors on ne s'en servira plus pour se\ndonner à bon compte une personnalité.\nQu'on me laisse donc éviter toute doctrine esthétique à propos de ces styles\nnouveaux. Celle-ci se produira bien sans doute à quelque jour. Ou bien ne se pro-\nduira pas. Elle sera peut-être utile, peut-être fâcheuse. Espérons qu'elle sera\nprudente et se bornera à constater : voici les cas reconnus bons jusqu'à présent ; si\nles autres n'ont pas encore conquis les suffrages, cela viendra sans doute.... \"\nOn pourrait compléter ces notes, en citant les déclarations que\nSchônberg adressait dernièrement à un ami :\n\"Je m'efforce de laisser libre cours à mes émotions conscientes ou incons-\ncientes, à mes sentiments, à mes instincts ; de telle sorte que, dans cette transposi-\ntion musicale de ma personnalité, il y ait le moins de perte possible. Pour moi, la\nforme n'est pas le but, ou l'un des buts du travail artistique, mais un adjuvant, qui"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.28", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1094, "texte": "a sa raison d'être parce que la transposition en question ne saurait toujours être\nparfaite, un adjuvant nécessaire pour transformer en énergie les calories perdues, et\nqui, là où les forces de l'expression directe font défaut, satisfait notre besoin d'une\napparente logique. C'est avouer hautement, n'est-ce-pas, que ma musique n'est\nque la représensation de moi-même. \"\nTel est l'homme, dont Paris va bientôt entendre pour la première fois\nquelques œuvres et qui sera certainement classé parmi les compositeurs\nles plus \" avancés \" de notre temps. 1\nDepuis son retour à Vienne Schônberg a vu se réunir autour de lui\ndes partisans, dont quelques-uns font école. Ces sont MM. Karl Horwitz;\nHeinrich Jalowetz ; Alban Berg et l'élève préféré M. Anton von W\npar qui les tendances de Schônberg se trouvent encore accusées.\nL'avenir dira ce que sera cette jeune école, réunie au pays de Haydn,\nde Schubert et de J. Strauss, et si ces premières années du XXe siècle\nauront été pour la musique en Autriche ce que le début du XIXe fut\njadis, au temps glorieux de Beethoven.\n\nEgon Wellesz."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.28", "debut_caractere": 1241, "fin_caractere_exclue": 1524, "texte": "1 Nous donnons ici, avec la bienveillante autorisation du Directeur de FUniversal Édition de Vienne, notre\nami le Dr Hertzka, le troisième morceau du second quatuor de Schônberg.\n2 II faut y joindre le signataire de ces lignes, trop modeste pour se nommer ici (Note de la Rédaction)."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.29", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 199, "texte": "SECOND QUATUOR A CORDES\n1\nIIIe PARTIE\nLITANIE DE STEPHAN GEORGE.\nA. SCHŒNBERG.\n\n1 Édité par l'Edition Universelle, en dépôt chez ROUART, LEROLLE ET CIE, 18, Boulevard de Strassbourg-"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.35", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1, "texte": "3"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c025", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c025", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 28, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.7.2", "titre_corps": "Arnold Schoenberg Caricature par Rudolf Hermann (Schoenberg se pique de peinture et Vienne a déjà vu une exposition de ses œuvres audacieuses.)", "titre_sommaire": "Arnold Schoenberg Caricature par Rudolf Hermann (Schoenberg se pique de peinture et Vienne a déjà vu une exposition de ses œuvres audacieuses.)", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.28", "debut_caractere": 1096, "fin_caractere_exclue": 1239, "texte": "Arnold Schoenberg\nCaricature par Rudolf Hermann\n(Schoenberg se pique de peinture et Vienne a déjà vu une exposition de ses œuvres audacieuses.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c038", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 41, "image_fin": 46, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.8", "titre_corps": "CONCERTS POPULAIRES", "titre_sommaire": "CONCERTS POPULAIRES", "signature_source": "Romain Rolland", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.41", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1801, "texte": "Les fondateurs de la Société d\nm'ont fait l'honneur de me demander quelques mots de présentation au\npublic de S.I.M. Bien que leurs noms et leur œuvre les recommandent\nassez, je les remercie de l'occasion qu'ils m'offrent de défendre, avec\neux, une cause qui m'est chère.\nPour quiconque observe la vie artistique en France, aucune question\nn'est plus grave que celle des rapports entre l'art et l'ensemble de la nation.\nAux grandes époques, comme le moyen-âge français et la Renaissance\nitalienne, ces rapports furent étroits et constants. Actuellement, ils n'exi-\nstent presque plus. La porte de communication est close entre le peuple\net l'art —j'entends l'art digne de ce nom. A peine le peuple a-t-il accès\ndans nos théâtres ; et nos grands concerts lui sont entièrement fermés.\nBien plus, la petite bourgeoisie, le monde des étudiants pauvres, voient\nde jour en jour se restreindre la modeste place qui leur était accordée.\nDepuis vingt ans, le mal n'a fait que s'accentuer. Nous avons connujadis\ndes concerts symphoniques, où, comme chez Pasdeloup, un homme du\npeuple, un étudiant, pouvaient, pour 0,50 ou 0,75 centimes, s'asseoir\nà la table de l'art, qui console et illumine la vie. A présent, malheur aux\npauvres ! La cherté croissante des places assure à ceux qui sont riches\nl'insolent privilège de jouir de l'œuvre des génies, ces génies dont\nplusieurs, parmi les plus grands, sont les fils du mariage mystique de\nl'Art avec la Pauvreté.\nComme le dit la circulaire que j'ai sous les yeux, 1 \"\nsont les prix des concerts dominicaux a P dernières\nplaces a 2.et 2 francs, de nombre fort\nécouter debout un concert durant au mo\nainsi une joie intellectuelle par un véritab\nexiste au dernier amphithéâtre, une cert\n\n1 Projet de fondation dyune Société de Concerts Symphoniques Populaires à Paris."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.44", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2728, "texte": "deux francs ; mais ces places, non numérotées,\nil riest pas rare de voir, les dimanches ou le programme est particulièrement\ntentant, la \" queue \" se former Victoria, des dix heures du matin,\nparfois sous la pluie ou la neige\nUn tel état de choses est un scandale dans tout Etat moderne, à\nplus forte raison dans un Etat démocratique.1 Il ne s'agit pas de ressasser\nles éternels lieux-communs pour et contre le peuple. Il ne s'agit pas de\nprêter au peuple je ne sais quelles vertus magiques, ou de les attribuer à\nune élite aristocratique, seule capable de sentir et comprendre les œuvres\nd'art. Il s'agit de savoir si l'art n'est rien autre qu'un luxe superflu, ou\ns'il est essentiel à la vie, s'il a une vertu morale, s'il est une lumière pour\nl'esprit, une joie pour l'intelligence, un bienfait pour le cœur. En ce cas,\ncette joie, ce bienfait, cette lumière, vous les devez à tous. Peu importe\nque tous ne soient pas disposés à en jouir. Vous devez faire que ces biens\nsoient à la disposition de tous. Une grande nation moderne (je ne dis\nmême pas une république), qui manque à ce devoir, est criminelle. Et\nson crime se retourne contre elle. Ce n'est pas seulement le peuple, c'est\nl'élite, c'est l'art, c'est la nation tout entière qui en souffre.\nTout se tient. \"Aux grands siècles, dit Viollet-le-Duc, l'art était\npartout, parce qu'il était compris de tous.\" Il était compris de tous,\nparce qu'il était donné à tous. Etablissez entre l'art et le peuple des\nrapports constants, le peuple ne sera pas seul à y gagner des joies intel-\nligentes qui l'ennobliront ; l'art se nourrira, en échange, de ces milliers\nd'âmes aspirées par sa flamme. Si vous voulez que l'art ne soit pas seule-\nment une lampe pâle et pure qui brûle sur un autel, mais un grand feu\nqui réchauffe et éclaire, nourrissez-le ; jetez-y toutes les passions et toute\nla vie du monde. Ces passions, cette vie, manquent trop souvent à notre\nmusique. Un critique, dont le témoignage n'est pas suspect, (car nul n'a\nmieux que lui senti la grandeur et la nouveauté de notre école française\ncontemporaine), M. Jean Marnold, dit, dans un livre récent : 2\n\" Notre art sans laideurs, harmonieux, impeccable, subtil, paraît\nfade souvent auprès de tel chef-d'œuvre inégal et violent de l'art\ngermanique... Notre sentiment inné du ridicule, notre goût, notre\n\n1 II est juste de rendre hommage aux tentatives qui ont pu être faites pour y remédier, soit par des\nœuvres d éducation musicale collective, comme l'Association de chant choral, soit par des œuvres de vulgarisa-\ntion musicale, disposant de moyens beaucoup trop restreints, mais extrêmement actives, comme les Concerts-\nRouge et les Concerts-Touche.\n2 Musique d'autrefois et cTaujourd'hui, 1912."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.45", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 19, "texte": "CONCERTS POPULAIRES"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.45", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2597, "texte": "pudeur, nous dissuadent de nous livrer, nous induisent à notre insu en un\nculte de la beauté plastique, dont notre mentalité lucide se satisfait trop\nvolontiers, peut-être. L'écueil de l'impassibilité, voire olympienne, est la\nvirtuosité oiseuse. Redoutons-en la conclusion décevante.\"\nNotre art musical est le premier du monde, par ses qualités aristo-\ncratiques ; mais (à part des exceptions, comme ce Florent Schmitt, dont\nle public du Châtelet acclamait, l'autre jour, le monumental),\nil manque de sang. Ranimez-le. Il n'est pas question d'abdiquer\nson aristocratie de goût et de sensibilité. Mais un grand aristocrate\ndoit savoir parler à tous et dompter la foule aux mille têtes. Les\nDante, les Giotto, les Raphaël, les Rubens, les Molière, les Dickens,\nles Tolstoï, l'ont su faire. Un grand artiste qui voit devant lui, face à\nface, tout un peuple, ne songe plus à la médiocrité de chaque individu,\npris à part ; il se sent remué par les puissants courants qui remuent cet\nocéan humain ; il participe aux forces obscures et fatales de la vie\ncollective ; elles le soulèvent au-dessus de ses préoccupations personnelles;\nsa pensée ni son art n'y perdent rien ; d'instinct, son rythme s'élargit, son\nsouffle devient plus vaste, les lignes de son discours s'épurent et se dé-\nveloppent avec une ampleur d'épopée. Qui a une fois entendu dans\nun Musikfestrhénan, exécuter par tout un peuple pour tout un peuple\nun oratorio colossal de Hasndel, pareil à une montagne de la Bible qui\nchante, ou une cantate de J. S. Bach, bruissante comme la mer innom-\nbrable, aura toujours la nostalgie de cet art magnifique, où boivent des\nmilliers d'âmes.\nNe faisons pas de la musique de France une propriété particulière.\nOuvrons les écluses. Qu'elle arrose largement cette généreuse terre de\nFrance ! Ne dites pas d'avance, avec un scepticisme dédaigneux et\nchagrin, qu'il n'en résultera rien. Que savez-vous des moissons à venir ?\nQue chacun fasse son œuvre et sème le bon grain ! La terre fera le reste.\nSaluons donc l'effort de M. Casella, et applaudissons à la libéralité\nde ceux qui lui ont permis de le tenter, comme au noble empressement\nde tant de grands artistes à lui offrir leur concours désintéressé. Ce n'est\npas d'aujourd'hui que nous connaissons la générosité de cœur d'une élite\nfrançaise et tout ce qu'elle donne inlassablement de son labeur, de sa\nfortune et de son génie aux œuvres artistiques et sociales. Nous regret-\ntons que la Ville de Paris n'ait pas, jusqu'ici, marqué son intérêt à ces\nconcerts, qu'il eût été de son devoir, non seulement de soutenir, mais"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.46", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2021, "texte": "d'organiser. Il est fâcheux aussi que l'Etat n'ait pu accorder à la Société\nla salle du Trocadéro pour le dimanche en matinée : car on ne peut\nguère compter sur le peuple, quand on le convie à des spectacles, dans les\njours de travail ; ce serait beaucoup demander à celui qui a peine toute\nla journée que de vouloir qu'il veillât jusqu'à onze heures du soir ou\nminuit, pour entendre de la musique. Enfin, nous espérons que, si le\nsuccès vient confirmer l'attente des fondateurs de la Société, le nombre\ndes places à 0,50 centimes sera augmenté.1 Il est clair que, dans l'état de\nch oses actuel, les Concerts Symphoniques du Trocadéro s'adressent surtout\nà la jeunesse intellectuelle peu fortunée ; et c'est aussi le premier public\nqu'il faut atteindre, le plus intéressant, et celui qui souffre le plus de la\nprivation de l'art.\nLe programme de la première année est bien choisi. Il comprend,\npour les six premiers concerts, de beaux spécimens des œuvres classiques,\n(où nous regrettons seulement l'absence du nom de Hasndel) ; pour les\nquatre derniers, il fait appel aux maîtres contemporains français et étran-\ngers, sans distinction d'écoles, en donnant la préférence aux œuvres du\nstyle le plus clair et le plus sain.\nLa direction artistique de l'œuvre a été confiée à M. Casella. Par sa\npersonnalité énergique et volontaire, par sa large sympathie artistique qui\nl'élève au-dessus des partis musicaux, par son expérience de\nacquise avec les plus célèbres orchestres étrangers (le\nd'Amsterdam, la Philharmonique de Berlin, etc.), M. Casella est un de nos\njeunes maîtres français les mieux qualifiés pour conduire cette difficile\nentreprise et pour la faire triompher. Nos vœux l'y accompagnent. Il\ndépend un peu de nous tous qu'il réussisse dans une œuvre qui nous\nintéresse tous. Quoi qu'il arrive, M. Casella aura l'honneur de l'avoir osée.\n\nRomain Rolland.\n\n1 II est, d'après le Projet que j'ai sous les yeux, de 460, contre 1000 places à 1 francs, 1840 à 2 francs,\n800 à 3 francs, et 328 à 4 francs."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c040", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 47, "image_fin": 48, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.9", "titre_corps": "BOCH (D. E.). II sistema interzato délia musica (Roma", "titre_sommaire": "BOCH (D. E.). II sistema interzato délia musica (Roma", "signature_source": "J. E", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.47", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2560, "texte": "BOCH (D. E.). II sistema interzato délia musica (Roma\nCasa éditrice \" Musica \" 1911, in fol. de 36 pp. L. 1,50).\nCe système est dit interzato parce qu'il participe de trois\nsystèmes de notation musicale qu'il synthétise. C'est encore une\ntentative pour rationaliser notre écriture en simplifiant son appareil\nde clefs, d'accidents, de valeurs, de portée etc... Peut-être un jour\ntous ces efforts épars et sans cesse renouvelés porteront-ils leurs\nfruits, et M. Boch aura fourni sa pierre à l'œuvre future.\nMARNOLD (Jean). Musique d\"*autrefois et d\"*aujourd'hui\n(Dorbon aîné 1912 in-120 de 366 pp. Fcs 3,50).\nNotre ami Marnold vient de céder, lui aussi, au désir légi-\ntime de relire et de faire relire ses articles parus depuis quelques\nannées dans le Mercure de France. Nous retrouvons ici la critique\nbelliqueuse et toujours sous les armes, qui prend son plaisir à\nmettre les pieds dans le plat, et dont Marnold a su faire redouter\nles coups. Le style de ces pages est souvent âpre et capricant. Le\npoint de vue de l'auteur est purement musical. Au gré de M. il n'est jamais assez question de\nmusique dans les ouvrages de la critique moderne. On sent bien que M. a d'autres tendances\nque ses confrères, et ce présent volume marque l'impatience de prendre position dans le débat,\ntoujours ouvert, de la musicologie. Nous attendons, nous aussi, la grande œuvre définitive, dans\nlaquelle Vami des harmoniques exposera ses propres conceptionsr F. E.\n\\\nSERVIERES (Georges). Emmanuel Chab(Alcan 1911 in-12 de 151 pp. Fcs 2,<50).\nCe sacre Chabrier méritait bien un portrait sérieux et grave comme celui que vient de\nnous donner de lui M. Servières. La figure joviale de l'auteur de Gevendoline est entrée dans\nl'histoire, et la musique française doit conserver le souvenir d'un des plus prodigieux exemples\nd'exubérance qu'on ait jamais vus.\nC'est à ce devoir que correspond le volume peut-être un peu mince dont nous\nparlons ici. J'admire l'habileté avec laquelle M. S. a su faire tenir tant de faits, de dates, de\njugements en si peu de pages. La biographie surtout est présentée avec un relief qui correspond\nbien à la truculence de son musicien. Il semble cependant que \" Emmanuel \" eut aimé une\nnote plus franchement enthousiaste de sa musique, et plus d'emballement. Mais ce n'est pas\nchose aisée que sympathiser entièrement avec un artiste aussi désorientant que Chabrier, avec\ncet audacieux qui eut un pied dans le music-hall du Boulevard et un autre dans le Temple de\nBayreuth. Le gros problème à résoudre ici est celui du Rire en musique. Notre ami Robert"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.48", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 166, "texte": "Brussel y travaille avec ardeur, et M. S. lui a laissé ce soin. En somme, un livre auquel devront\nrevenir tous ceux qui auront à parler du maître.\n\nJ. E."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c042", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 48, "image_fin": 48, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.10", "titre_corps": "LIVRES REÇUS", "titre_sommaire": "LIVRES REÇUS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.48", "debut_caractere": 168, "fin_caractere_exclue": 1279, "texte": "LIVRES REÇUS\nNIN (Joachim). Idées et Commentaires.(Paris, Frichbacher, 1912, in-8° carré de\n240 pp.)\nSCHEURLEER (D. F.). Muziekleven van Amsterdam 17E\n('s Gravenhaçe, Nijhoff, in-fol. de 126 pp. Fcs 25.)\nORDINARIUM SALUTATIONUM. (Paris, Société d'éditions du chant grégorien,\nin-8° de 96 pp.)\nGASTOUE (A.). Les messes royales de Henry du Mont. (Ibidem in-8° de 24 pp.)\nJOACHIM (J.). Briefe von und an Joseph Joachim. B. 1., 1842-1857- (Berlin,\nW. 15., J. Bard, 1911, in-8° de 480 pp. Mk. 8.50.)\nHINTON (T. W.). César Franck, some personal réminiscences. (London, W. Reeves,\nin-120 de 16 pp. 6 net.)\nLISZT (Fr.). Pages romantiques,publiées avec une introduction et des notes par\nJean CHANTAVOINE. (Alcan, 1912, in-120 de 292 pp. Fcs 3.50.)\nLANDORMY (Paul). La musique d'Eglise, par K. WEINMANN, traduction\nfrançaise. (Paris, Delaplane, in-160 de 221 pp. Fcs 1.60.)\nWASIELEWSKI (W. J. von). Das Zweite Auflage\n(Breitkopf, 1911, in-8° de 255 pp. Mk. 7)5°-)\nMEMORIA presentada por la Junta de la (Oviedo,\n1912, in-120 de 21 pp.)\nLOCHER (Cari). Die Orgel Register und ihre Klangfarben. (Bern, 1912, in-8° de\n181 pp.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c043", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c043", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 48, "image_fin": 48, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.11", "titre_corps": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.48", "debut_caractere": 1281, "fin_caractere_exclue": 2273, "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE\nSÉANCE DU JEUDI 15 FÉVRIER 1912\nLa Séance est ouverte, Maison Gaveau, 45, rue la Boëtie, à 4 heures, sous la présidence\nde M. Ecorcheville, Président.\nEtaient présents: MM. Dauriac, Cucuel, Peyrot, Bouvet, Docteur Laugier, Bosc, Vinée,\nGariel, de Bertha, M. et Mme Lefeuve, Mesdemoiselles Daubresse et Neufeld. S'étaient excusés :\nMM. L. de La Laurencie et J.-G. Prod'Homme retenus à l'étranger. MM. Mutin et Landormy.\nAprès lecture du procès-verbal, la candidature de M. A. Banès présentée par M. Ecorcheville\net Ténéo, est admise à l'unanimité.\nLç Président communique une lettre de M. Charles Bouvet dans laquelle notre collègue\nannonce qu'il a terminé un ouvrage intitulé : \" \" catalogue biographique et\nthématique des œuvres, manuscrites et gravées, des membres de cette illustre famille de\nmusiciens.\nLa parole est donnée à M. Anselme Vinée, pour une communication sur \" l'Unité et la\nnécessité du Système Musical. \"\nLa Séance est levée à 6 1/2 heures."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c044", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c044", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 49, "image_fin": 58, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.12", "titre_corps": "LE MOIS", "titre_sommaire": "LE MOIS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.49", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 681, "texte": "Concerts dominicaux\nCONCERTS COLONNE\nLa Symphonie Héroïque est-elle républicaine ? Est-elle monarchiste ? Beethoven la\ndédia-t-il à Bonaparte, champion de la Liberté, et biffa-t-il la dédicace, comme on l'a long-\ntemps cru sur la foi de Ferdinand Ries, parce que Bonaparte s'était fait empereur ? ou bien\ncette dédicace honorait-elle en Bonaparte, comme le prétend aujourd'hui M. Vincent d'Indy\n\" le héros glorieux couronné de lauriers \" et Beethoven en la lui reprenant ne prétendait-il\nflétrir que l'ennemi de l'Autriche, le destructeur du traité de Lunéville ? Problème angoissant\npeut-être pour les Beethoveniens de profession, mais qui, l'avouerai-je, me laisse assez indiffé-"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.50", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3936, "texte": "rent. Je ne parviens pas à voir dans la Symphonie Héroïque autre chose qu'un superbe ouvrage\nmusical, d'ordonnance grandiose, de fïère et noble inspiration, qui exhale en abondance un\nmèlos \" héroïque \" purifiant et vivifiant, mais imprécis, comme c'est le cas pour toute musique\npurement instrumentale dont l'auteur n'a pas exactement spécifié la signification. Et cela est\nparfaitement dans l'ordre, si, comme l'a dit Nietsche : \"on veut, non seulement être compris\nquand on écrit, mais encore, certainement, n'être pas compris \" ? M. Pierre Monteux, qui\nétait au pupitre, a dirigé l'exécution du chef-d'œuvre avec une remarquable autorité.\nLe concert en sol majeur de Beethoven contient de belles pages et des pages charmantes.\nIl compte aussi, dans le premier morceau, de nombreuses longueurs et n'est pas absolument\nindemne de ce mauvais goût ornemental dont Beethoven se complaisait souvent à déparer ses\nplus heureuses trouvailles. M. Sauer l'a joué avec une mesure et une distinction exquises, sans\nchercher à u Beethoveniser \". Par contre, il a déployé une sorte de fantaisie diabolique dans\ncertains moments du concerto de Liszt, tout en conservant une admirable tenue de style.\nM. Sauer, que j'entendais pour la première fois, m'a vivement impressionné par l'harmonie et\nla proportion de ses admirables qualités et par sa grande allure pianistique, qui est d'un autre\ntemps que le nôtre. M. Sauer, malgré sa perfection et son classicisme, possède une étincelle\nde cette virtuosité enflammée qui animait les grands pianistes d'autrefois, et par ce trait, il\nrappelle M. Francis Planté en qui se prolonge aussi la tradition romantique.\nIl y avait encore à ce concert l'ouverture de Coriolan. Il aurait pu y avoir aussi les trois\nouvertures de Léonore, et la symphonie avec chœur s, et la Messe en rè toute entière, et même le\nChrist au Mont des Oliviers, sans que le public s'en plaignît ; car chacun sait que, pour les\nmélomanes du Dimanche, Beethoven est le \" dieu \" et peut-être même Dieu tout court, un\nDieu unique en trois Manières, dogme qui simplifie beaucoup pour eux les questions d'esthétique\nmusicale. Nous entendîmes aussi le don Juan de M. Strauss et un poème symphonique de\nM. Pierre Kunc, intitulé : Au pied des monts de Gavarnie, ouvrage digne d'attention qui\ndécèle une tournure d'esprit élevée et des aptitudes à rendre avec force certaines impressions\npittoresques. Tout le début, qui évoque la magnificence farouche du site célèbre, est excellent;\nla seconde partie, paraphrase d'une douce et mélancolique chanson populaire, est traitée avec\nbonheur ; j'aime moins la troisième, où M. Kunc a tenté d'exprimer son état d'âme en face\nde la Nature et de son formidable mystère. Les spéculations mentales impliquées par ce genre\nde rêverie sont si complexes que les mots eux-mêmes ne réussissent que rarement à en donner\nune idée véritable ; et c'est souvent un leurre que de vouloir les traduire par la musique, si\néloquente lorsqu'il s'agit d'exprimer des sensations, quelque vagues qu'elles puissent être, mais\ninsuffisante et obscure dès qu'on veut lui confier des idées précises et coordonnées.\nD'ailleurs, il se peut que l'auteur n'ait prétendu exprimer qu'un ensemble d'émotions\nressenties, et il est fort probable que si au lieu d'être jeune et bien portant, M. Kunc était\nmort, nous n'eussions pas hésité à les partager avec componction.\nREYNALDO HAHN.\n* *\nPlein d'une belle vaillance, M. Gabriel Pierné est remonté au pupitre pour diriger\nl'exécution d'une œuvre \" babylonienne \" composée depuis huit ans (hélas !) le Psaume XLVI\nde Florent Schmitt, œuvre de joie barbare, musique de foule rugissante et hallucinée.\nL'intérêt que nous avons pris à l'audition de Dimanche relève de plusieurs causes. Tout\nd'abord, il nous plaît de constater que par le Psaume XLVI, la jeune école française affirme\nautre chose que les qualités de grâce subtile et de délicat impressionisme qu'elle semblait"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.51", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 7, "texte": "LE MOIS"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.51", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4187, "texte": "cultiver avec une préférence un peu trop exclusive. Ici, elle se montre capable de force, de\npuissance ; elle fait saillir ses biceps ; elle prouve qu'à côté des bibelots précieux des élégants\narticles de Paris, qu'elle cisèle, d'une main si avertie, elle peut, quand elle le veut, construire\ndes œuvres robustes, monumentales.\nLa composition de M. Schmitt proteste donc, de la façon la plus éclatante et la plus\ndécisive contre l'accusation d'anémie distinguée que certains seraient tentés de jeter à nos\nmusiciens.\nEnsuite, il nous semble bien, et on pardonnera cette réflexion à un historien, que le\nPsaume XLVI renoue la tradition si française du motet à grand chœur. Nous nous imaginions\nvolontiers, l'autre jour, quelque chapelle de Versailles considérablement élargie, où retentiraient\nles accents d'un La Lande, voire d'un Lully ou d'un du Mont du XXe siècle. Car le voilà\nbien, notre vieux motet à grand chœur, morceau de résistance, de feu, le concert spirituel, avec\nses masses chorales et ses épisodes de solistes, avec son texte emprunté à la Bible, avec son\nallure théâtrale, majestueuse, parfois un peu outrancière.\nSeulement, deux siècles de musique ont passé et nous ont débarrassés de la monotone\nscholastique des entrées imbriquées, du fugato perpétuel, comme aussi de la rondeur d'une\nharmonie de tout repos aux bénéfiantes cadences. Le Psaume XLVI est l'arrière petit-fils du\nCantate Domino de Michel Richard de La Lande.\nIl se recommande par d'éminentes qualités de construction et de logique musicales, et\ns'établit sensiblement, en trois parties, la partie médiane consistant en un épisode attendri où\ndes voix de solistes instrumentaux et vocaux viennent chanter doucement la reconnaissance\ndu peuple hébreu pour le maître qui, serions nous presque tenté de dire, lui a jeté le mouchoir.\nLa qualité thématique est excellente. Dès le début, elle s'affirme, au milieu des sonneries\nde trompettes, par l'explosion de joie du \" Gloire au Seigneur \". Elle se proclame par le\nthème presque purement rythmique, tenace et impressionnant du \" Nations, frappez des mains\nqui se propose dans toute la masse, et que scande puissamment un orchestre merveilleusement\nassoupli, attentif aux plus ingénieuses suggestions dynamiques : égratignements de harpes, coups\nd'archet arrachés et secs des violons, graves interventions des trombones, éclats stridents, lanci-\nnants des trompettes, dessins obstinés qui disent l'énergie persévérante et comme l'entêtement\ndu triomphe, tout cela est d'un musicien de race. Au milieu de ce formidable applaudissement\nsurgit une danse, danse échevelée, enivrée de joie ; puis, un large choral s'élève sur les paroles :\n\" Parce que le Seigneur est très-élevé \" joignant de la sorte la prière aux tumultueuses mani-\nfestations d'un peuple en délire. Voilà pour la première partie: peu à peu avec un art subtil\ndes gradations, la sonorité s'estompe, s'éteint pour amener l'épisode central, le dialogue des\nsolistes, violon, basson, cor, flûte et soprano solo. Et un souffle de tendresse passe, soutenu par\nles caressantes vocalises du violon, un souffle de volupté aussi que recueille avidement la foule\nextasiée ; avec quelle langueur, avec quel abandon presque lascif cette foule murmure de\ntroublantes vocalises énoncées sur une simple voyelle, comme de longs et délicieux sanglots !\nIl y a là des remous de sonorité, des atténuations, des murmures, un immense anéantissement\ndans le bonheur. Peut-être trouvera-t-on que le soprano ne se dégage pas assez de l'ensemble ;\nmais l'auteur a peut-être voulu que, communiant dans la félicité collective, le soprano, liane\nhumaine, demeure étroitement enlacé à ses sœurs instrumentales. Par deux fois, le chœur,\npianissimo, déploie un long soupir mystérieux et escalade une sorte d'échelle de Jacob, dressée\nsur de prestigieuses irisations de harpe. Puis, c'est la péroraison qui s'ouvre par le thème\nmajestueux, largement consonant : \" Le Seigneur est monté \". Il s'élève lentement du fond\ndes voix, avec une force tranquille et sûre, au milieu de la sereine atmosphère des sextolets de\nl'orchestre. Ascension irrésistible, que rien n'arrêtera et qui, peu à peu, entraîne un formidable"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.52", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3709, "texte": "crescendo. Au frottis paisible des sextolets succède, dans la force, le dessin saccade et énergique,\npresque brutal, déjà présenté dans la première partie ; le mouvement, aussi, s accéléré, talonne\npar les appels des trompettes, et le thème vigoureux : a Frappez des mains déchaîné la sonorité\ndans une triomphale apothéose.\nLe Psaume XLVI est une œuvre forte qu'on ne peut entendre sans émotion.\nL. L. L.\nCONCERTS LAMOUREUX\nCette longue patience,ou volonté, dans laquelle, bien malencontreusement, Bufton crut\ndécouvrir l'essence même du génie, n'en est, en réalité, qu'un adjuvant utile. Le principe du\ngénie, c'est-à-dire de l'invention artistique, ne peut être constitué que par l'instinct, ou sensi-\nbilité. Ce qui n'était peut-être, dans l'esprit du naturaliste, qu'une boutade, a engendré une\nerreur plus funeste, relativement moderne. C'est celle qui prétend faire diriger l'instinct artis-\ntique par la volonté.\nCelle-ci ne doit être que la servante attentive de celui-là. Servante robuste, lucide, qui\ndoit obéir intelligemment aux ordres de son souverain, se plier à ses moindres caprices ; favo-\nriser la poursuite de sa route, ne jamais tenter de l'en détourner $ 1 aider a se parer magnifique-\nment, mais ne jamais choisir parmi sa propre défroque aucun vêtement, fut-il somptueux.\nParfois, cependant, le maître est si débile que la servante est obligée de le soutenir, voire de le\nguider. Les produits de cette association boiteuse sont assez piètres, tout au moins dans le\ndomaine musical. Certains auditeurs, assez peu sensibles eux-mêmes, ne laissent pas de s'en\nmontrer satisfaits.\nCe que l'on est tenté d'estimer particulièrement en ces œuvres maussades, c'est ce que\nl'on appelle le \" métier \". Or, en art, le métier,dans le sens absolu du mot, ne peut exister.\nDans les proportions harmonieuses d'un ouvrage, dans l'élégance de sa conduite, le rôle de\nl'inspiration est presque illimité. La volonté de développer ne peut être que stérile.\nC'est ce qui apparaît le plus clairement dans la plupart des œuvres de Brahms. On a pu\nle constater dans la symphonie en rè-majeur,que nous donnait dernièrement l'association des\nconcerts Lamoureux. Les idées sont d'une musicalité intime et douce ; quoique le contour\nmélodique et le rythme en soient très personnels, elles s'apparentent directement à celles de\nSchubert et de Schumann. A peine ont-elles été présentées que leur marche devient lourde et\npénible. Il semble que le compositeur ait été hanté sans cesse par le désir d'égaler Beethoven.\nOr le caractère charmant de son inspiration était incompatible avec celui de ces dévelop-\npements vastes, fougueux, presque désordonnés qui sont la conséquence directe des thèmes\nbeethovéniens, ou qui, plutôt, jaillissent de l'inspiration même. Ce métier, dont son ancêtre\nSchubert fut naturellement privé, Brahms l'acquit par l'étude. Il ne le découvrit pas en soi.\nFaut-il attribuer à des causes analogues la désillusion que nous fait éprouver chaque\nnouvelle audition de la symphonie de César Franck ? Sans doute, bien que ces deux sympho-\nnies, tant par la valeur thématique que par la mise en œuvre, soient très différentes.\nPourtant, leurs défauts ont la même source : même disproportion entre les idées et le\ndéveloppement. Chez Brahms, une inspiration claire et simple, tantôt enjouée, tantôt mélan-\ncolique ; des développements savants, grandiloquents, enchevêtrés et lourds. Chez Franck, une\nmélodie d'un caractère élevé et serein, des harmonies hardies d'une richesse singulière ; mais\nune pauvreté de forme désolante. La construction du maître allemand est habile, mais l'on y\nsent trop l'artifice. Il y a tout au plus, chez le Liégeois, une tentative de construction : des"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.53", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 4122, "texte": "groupes de mesures, jusqu'à des pages entières se répètent, transposés textuellement ; il abuse\nmaladroitement de formules d'école surannées. Mais un point sur lequel la supériorité de Brahms\nse manifeste, c'est dans sa technique orchestrale, qui est des plus brillantes. Chez Franck, au\ncontraire, les fautes instrumentales s'accumulent. Ici, les contrebasses se traînent gauchement,\nalourdissant un quatuor déjà terne. Là, des trompettes bruyantes viennent doubler les violons.\nAu moment que l'inspiration est le plus élevée, l'on est déconcerté par des sonorités foraines.\nIl n'est pas surprenant que, tant en Allemagne qu'en France, l'on se soit servi pour com-\nbattre l'influence de Wagner, de ces deux musiciens, dont les imperfections provoquent\nsouvent une impression de froideur et d'ennui. Cette particularité même de leur génie les\ndésignait pour précipiter un mouvement fatal de réaction.\nLa formidable spontanéité de celui en qui se trouvait synthétisée toute la sensibilité du\nXIXe siècle devait inquiéter ceux-là mêmes qui, les premiers, en avaient subi le charme\npuissant. Aujourd'hui encore, lorsque retentit le Venusberg, l'une des œuvres les plus représen-\ntatives de l'art wagnérien, l'on conçoit qu'après cette explosion de joie et de souffrance\npassionnées, après ce débordement hurlant de vie païenne, l'on dût éprouver le besoin d'une\nretraite paisible, même austère.\nDans notre pays, cette méditation produisit des résultats divers : du cloître franckiste\nsortit d'abord une procession grave d'artistes fervents de la volonté, et dont la foi ne cessa de\ns'affermir. Puis une troupe, moins ordonnée, de jeunes gens à l'âme toute neuve, qui laissaient\nchanter librement leur instinct, et dont la sensibilité s'attacha à percevoir, profondément et\navec moins d'emphase que leurs devanciers, jusqu'aux moindres manifestations extérieures.\nDe Vincent d'lndy, le chef du premier groupe, M. Chevillard nous a redonné récem-\nment Saugefleurie. Déjà se manifeste, dans ce poème symphonique, le principe qui dirigea la\nconduite artistique du compositeur. L'orchestration en est riche et colorée, la forme claire.\nMais on y découvre le mépris de l'harmonie naturelle, du rythme spontané, de la libre\nmélodie, en un mot de tout ce qui n'est pas du domaine de la volonté pure. Ce principe,\npoussé jusqu'aux limites, devait donner comme résultat final cette abstraction musicale qu'est\nla sonate pour piano, du même auteur.\nAu second groupe, il est juste de rattacher l'école russe, qui contribua pour une bonne\npart à l'éclosion de la sensibilité musicale de notre génération. Deux des œuvres les plus\ncaractéristiques de cette école figuraient aux derniers programmes :\nrAsie Centrale, de Borodine, cette œuvre ingénue, d'une musicalité, d'un impressionisme si\nprofonds ; et Islamey,de Balakirew, orchestré par Alfred Casella.\nLa conception primitive de cette œuvre, j'oserai dire de ce chef-d'œuvre, étant purement\npianistique, le fait de l'avoir transportée à l'orchestre a semblé étrange à certains. D'aucuns ont\nmême crié au sacrilège, qui acceptent pourtant sans murmurer la transcription pour piano, la\nparaphrase même, d'une œuvre orchestrale. Pour moi, j'avoue que j'ai pris un grand plaisir à\nentendre cette pièce dans sa nouvelle forme. Il était à peu près impossible, et sans doute assez\nvain, de rendre à l'orchestre des effets de piano. Tout en respectant scrupuleusement la matière\nmusicale de l'œuvre, M. Casella a pris le parti d'interpréter franchement, et non de transposer.\nUne instrumentation complexe, très chargée, néanmoins légère, a transformé une fantaisie\nbrillante pour le piano en un morceau symphonique non moins éclatant.\nAu même concert, l'on exécutait le ballet du le drame lyrique de Georges Hue,\nque j'avais déjà entendu à l'Opéra. J'ai été heureux de retrouver, aussi vive qu'à la Ire audition,\nl'impression de franchise que m'avait procurée ces danses d'allure gaîment populaire, d'un\nrythme ingénieux et varié. J'ai goûté de nouveau avec ravissement une des plus jolies sonorités\nd'orchestre qui aient été imaginées. C'est, je crois, dans la 2e variation de la"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.54", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3426, "texte": "que ce passage se trouve. Le 25 février, se donnait chez Colonne le psaume XLVI de Florent\nSchmidt, œuvre considérable, de la plus haute valeur, et dont c'était la première audition. Ce\njour là, le public le plus fin, le plus curieux et le plus artiste du monde ne manqua pas de se\nprécipiter aux concerts Lamoureux, pour y acclamer M. Emile Sauer. Ce pianiste, que l'on a\neu maintes fois l'occasion d'applaudir, virtuose des plus remarquables, d'ailleurs, exécuta dans\nla perfection le concerto en mi b de Liszt, œuvre aussi belle que peu méconnue.\nIl convient de ne pas octroyer aux créateurs la même faveur qu'aux interprètes. C'est\npourquoi l'on accueillit avec un enthousiasme plus modéré les Children s Corner de Claude\nDebussy, orchestrés par André Caplet avec une délicatesse spirituelle. Ces petites pièces ne\nsont évidemment que l'amusement d'un grand artiste. Mais il y a plus de musique dans une\nseule mesure de l'une d'elles que dans toute cette suite interminable des Impressions d'Italie, de\ncet envoi de Rome reconnaissant, qui valut jadis à son adroit auteur l'estime attendrie des\nmembres les plus vénérables de l'Institut. MAURICE RAVEL.\nSOCIÉTÉ DES CONCERTS\nRichard Strauss joue dans la musique contemporaine un rôle incontestable de fort ténor.\nToutes ses entreprises ne sont pas également heureuses : son aplomb d'auteur lui a même\nvalu d'être cruellement raillé par certains Aristarques ; on ne saurait toutefois dédaigner son\nuniversalité d'inspiration qui va de la conception la plus absconse de la philosophie de Zara-\nthustra aux ébats primesautiers du Chevalier à la rose.\nIl faut de plus être déférent pour un tempérament qui sut — en Allemagne ! — se\ndégager du lourd héritage wagnérien et dispenser des impressions d'angoisse et de perversité ;\nsa Salomé, héroïne hystéro-épileptique se meut danseuse, virtuose, asséchant la bouche du\nspectateur ou le crucifiant d'effroi.\nEt en tout cela, il est bien ténor : il l'est encore par sa volonté d'être lui-même dans ses\nplus ingénues conceptions, dans ses rythmes les plus fadement italiens ; il l'est surtout dans son\nculte imperturbable de la force dans son désir de modéler ses œuvres sur une ossature d'acier ;\nsa musique a des pectoraux puissants ; elle a même parfois, hélas ! les doubles muscles de\nTartarin.\nLa société des concerts donna Tail lefer : connaissant les goûts de M. Messager pour ce\nqui est grâce et tendresse paisible — peut-on oublier que sa est une petite fille menue\net infiniment exquise ? — j'espérais entendre un Strauss sinon atténué, du moins proche du\ngoût français.\nAu premier regard jeté sur le programme où Maurice Emmanuel répand son érudition,\nje constatai mon erreur, en lisant : Tailleferest écrit pour un orchestre énorme et pour un\nchœur aussi nombreux que possible.\nJ'écoutai : dirai-je la beauté de ces roulements de tambours — ils étaient quatre — se\nprolongeant pendant de longues et inexorables mesures ? Oui si au même instant n'avaient\nsurgi dans ma mémoire des Champs de mars pleins de militaires, et des \" Sambre-et-Meuse \"\net des \" Chants du départ \" !\nDirai-je la force sublime de ces coups de grosses caisses — elles étaient deux — scandant\nsans répit la lutte de Taillefer contre l'armée anglaise ? Oui, si je ne m'étais cru à la foire de\nNeuilly, devant l'arène de Marseille ou la ménagerie Pezon !\nProclamerai-je alors cette œuvre poème du bruit ! Non, oh ! non. Un poème du bruit,"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.55", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3525, "texte": "mais ce serait une entreprise à tenter les plus grands musiciens : rendre les bruits des fêtes, les\nbruits du travail, les bruits de la vie, le chaos sonore où nous nous trouvons parfois plongés :\nles seuls bruits qu'évoque nettement Taillefer sont ceux du chaudronnier auxquels son nom\nsemble le prédestiner de la cacophonie inutile et grandiloquente de la galérie des machines en\n89 avec son débordement de bielles, de pistons, de volants.\nCar M. Strauss en arrive à une telle inconscience de son propre fracas, que pendant le\nseul moment où l'orchestre s'apaise pour laisser s'éplorer la plainte de la sœur du duc une\ntrompette s'agite sans pitié, cependant qu'un tambour s'ébroue.\nEt cela m'a rappelé un passage de la lépreuse,la pièce tirée par M. Bataille de vieilles\ngwerziou traduites par Luzel : M. Bataille qui n'entend pas le breton voulut corser la berceuse\nque fredonne Aliette à Ervoanik d'un vers breton dont la douceur verbale lui sembla d'un\ndiscret et tendre apaisement. Il écrivit ceci : Tan ce qui\nveut dire : Feu ! feu ! acier ! oh ! feu ! et ! acier et qui, on l'avouera, n'est pas précisé-\nment une invitation au sommeil — même en Basse-Bretagne.\nLe vieil ami à Gunsbourg — c'est Dieu que je veux dire — ne doit pas se plaindre à\nl'heure actuelle du sort que lui font les croque-notes mes frères : au même instant, le dimanche\n3 mars, Florent Schmitt frappait des mains en son honneur et à 5 temps dans la salle du\nChâtelet et Charles Tournemire l'élevait au-dessus des cieux et à 4 temps dans celle du Con-\nservatoire.\nFaut-il saluer la renaissance de l'oratorio par le moyen de ces psaumes bibliques d'une\ntelle poésie qu'ils tentent les plus affirmés pyrrhoniens ? Espérons-le. M. Tournemire possède\nun tempérament fait de noblesse et de parfaite dignité ; c'est un éminent organiste ; il est à\nSte Clotilde le successeur de César Franck; son grand prédécesseur doit comme la colombe céleste\nvenir de temps en temps le visiter et lui souffler ces inspirations d'improvisateur où il excelle.\nLe plus parfait académisme règne en ses œuvres : pourquoi dans ce psaume qui au fond\ndécoule entièrement d'une esthétique classique a-t-il cru devoir faire appel à des procédés d'un\ninsidieux modernisme ? Pourquoi, par exemple, cette trompette à découvert, lourde d'ailleurs,\nqui vibre d'une façon déplacée contre le mur robuste, moellons et chaux hydraulique de ses\nmasses chorales et orchestrales ? pourquoi encore cette flûte aigre qui siffle comme un oiseau\nhagard alors que depuis de longues minutes s'enflent et s'apaisent les dignes et bienséantes\nvagues des harmonies religieuses ?\nEt alors il s'est passé ceci : les farouches conservateurs, clientèle du conservatoire, trompés\npar ces insignifiantes et superficielles apparences, ont protesté — doucement, comme il con-\nvient à des gens de bonne compagnie — par des sifflets discrets comme des baisers : la masse,\nqui commençait d'applaudir, s'est arrêté immédiatement, ne comprenant pas, et ceux qui\nconnaissaient les règles du jeu se sont contentés de rire dans leur barbe.\nCe qui prouve qu'il faut toujours être soi-même et ce qui prouve encore qu'on n'est\njamais trahi que par les siens.\nJEAN LAPORTE.\n\nConcerts Divers\n\nUn regrettable accident de composition ayant privé le mois dernier de leur part d'éloges\nune notable fraction des artistes s'étant signalés à la reconnaissance publique au cours des\nsoirées de Janvier, il convient de se livrer pour le mois de Février à un petit essai de statistique\nconsciencieuse et réparatrice."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.56", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4139, "texte": "Nous prendrons cette fois l'attitude d'un inspecteur de la Société des Auteurs et Compo-\nsiteurs et procéderons à une répartition méthodique, ce qui ne saurait manquer d'être instructif.\nQuelle a été ce mois-ci la situation des compositeurs dans ces quelques pages de l'histoire musicale\ncontemporaine ? Que contient le relevé de leur compte ? Comment écrivons-nous l'histoire ?...\nRassurons tout d'abord ceux que préoccupe en musique la \" question du latin \" ; il est\ncertain que la culture classique ne court aucun danger dans nos milieux musicaux. La docilité\ndes interprètes au joug universitaire est tout à fait édifiante.\nEn dehors de l'hommage qu'il reçoit dans le temple qui lui est spécialement consacré\nnotre Saint-Père-le-Bach est honoré fort décemment par M. Victor Gilles qui joue son\nConcerto Italien, par Mlle Thérèse Chaigneau qui exécute son Concerto en mi majeur et\nfait venir du fond de la Germanie pour interpréter la Cantate profane dans sa langue originale\nune jeune cantatrice allemande, Fraulein Magdalena Bonnard, par le Pax-Quatuor, par\nMlle Lénars et M. Bizet qui l'initient aux douceurs de la harpe chromatique et de l'harmonium\nMustel, par le Quatuor Sangra aidé de Mlle Darragon, par Mlle Blanche Selva assistée de\nM. Vincent d'lndy, par Fritz Kreisler qui fanatise les abonnés de la Société Philharmonique,\npar le fougueux pianiste hongrois Théodor Szanto, par le couple Casella-Hekking, par\nDiémer et Philippe Gaubert aux Soirées d'Art, par le romantique Enesco, par le pianiste\nJoseph Debroux, par Mlle Ninette Chassaing, par Mlle Yvonne Astruc, par le brun et frémis-\nsant Cortot, et par Mlle Delcourt et M. Desmonts qui accordèrent leur clavecin et leur viole\nde gambe pour une évocation plus respectueusement exacte.\nMême ferveur pour Beethoven qui reçoit les dévotions de l'U. F. P. C., du Quatuor\nTracol, du Quartette Vocal de Paris, de son fidèle Edouard Risler, de son archiprêtre Lucien\nCapet et de sa vestale Marthe Dron, du Quatuor Sangra et, bien entendu, du Quatuor Parent,\nde M. Lazare-Lévy et de Mlle Lapié, d'une série de \" duettistes \" illustres, les équipes Cortot-\nThibaud, Diémer-Etlin, Blitz-Tracol ; à la Schola on exécute la Messe en tous les\nquatuors existants se disputent l'honneur de servir sa cause, le Quatuor Rosé, le Quatuor\nViardot, le Quatuor Loiseau, le Quatuor Soudant, le Quatuor Calliat, le Quatuor Luquin et\nGeorges de Lausnay rivalisent de zèle et d'ardeur ; un flot d'instrumentistes isolés se rue à sa\nconquête : Sauer les conduit, Rosenthal emboîte le pas et derrière ces deux glorieux chefs de\nfile on voit accourir le pianiste mondain A. de Radwan, Mlle LœufFer, Mme Saillard-Dietz,\nMlle Lévinsohn, M. Canivet, Mlle Novaès, M. Jullien, Mme Leroy-Détournelle, Mme Alem-\nChevé, M. Rossi, Mlle Gaïda, MM. Lamond, Szanto, d'autres et d'autres encore. C'est de la\npassion ; M. Wael-Munk fait exécuter du Beethoven à son orchestre réduit, les sociétés\ninstrumentales d'amateurs, comme la Tarentelle et l'Orchestre Médical s'attaquent immé-\ndiatement à Beethoven et M. Pergola demande à ses auditeurs de lui fabriquer un thème de\nquelques notes prises au hasard une par personne, précise le programme ! et se targue\nd'en tirer une copieuse improvisation \" à la manière de Beethoven \".\nLe culte du divin Mozart est plus confidentiel. Son autel fut surtout fleuri par des\nmains féminines ; les Matinées d'Art organisèrent un festival auquel prirent part successive-\nment Mlles de Stœcklin, Madeleine Fourgeaud, Ciampi, Guiomar Novaès et Emma Boynet.\nLe lendemain les amazones de l'U. F. P. C. imitaient ce noble exemple suivi bientôt par\nMlles Chaigneau. Quelques représentants du sexe laid se hasardèrent pourtant à prouver au\npublic que la musique de l'auteur de u Don Juan \" ne rentre pas exclusivement dans la\ncatégorie des petits ouvrages de dames. Au Conservatoire la démonstration en fut faite par\nPaul Vidal et à l'Ecole des Hautes Etudes Sociales, par Henry Expert, le triomphateur des\nConcerts des Chanteurs de la Renaissance toujours très brillants et par le Quatuor Luquin\nqui consacrèrent six séances à la glorification du plus pur des musiciens."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.57", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2964, "texte": "On néglige généralement un peu le vénérable père Hsendel mais lorsqu'on s'occupe de\nlui on ne le fait pas à moitié. C'est ainsi que la Société qui s'est vouée à son service vient de\nmobiliser deux cents exécutants et un groupe de solistes de choix pour interpréter le Messie.\nLe succès fut triomphal. M. Raugel conduisit l'œuvre entière avec une foi et une autorité\nadmirables. On bissa la formidable apothéose de l'Alléluia et on acclama Mme Mellot-Joubert,\nl'excellent Plamondon et le brillant organiste Joseph Bonnet.\nLes pianistes conservent évidemment à Liszt et à Oliopiïl une tendresse professionnelle\nmais aucun hommage caractéristique ne fut rendu ces temps derniers à ces deux profonds\nmusiciens qui devraient jouer pourtant dans l'éducation esthétique un autre rôle que celui de\nfabricants de morceaux de piano. Même indifférence polie à l'égard de Schumann auquel\nle Quatuor Sangra est seul à consacrer, ainsi qu'à Franck, un festival solennel. Brahms\nen dehors des concerts de la Société de ses Amis n'a pas opéré de fréquentes sorties. 1i T T\nComme d'ordinaire, les contemporains ne font pas recette. Les organes de diffusion dont\nils disposent sont d'ailleurs peu nombreux. Les Concerts Sechiari semblent pourtant\nvouloir leur accorder une hospitalité de plus en plus écossaise. Vincent d'lndy, en parti-\nculier, fréquenta assidûment le théâtre Marigny où il conduisit Istar, Wallenstein et la\nSymphonie sur un thème montagnard. Deïbussy, qui ne se déplace pas aussi aisement, ne\nvint pas conduire aux côtés du directeur de\nla Schola, comme l'annonçait une affiche\nsynthétique, ses Rondes de Printemps et son\nEnfant Prodigue, mais Mlle Maggic Teyte, ce\ndiminutif exquis de Garden, recueillit un vif\nsuccès après son interprétation délicieuse des\nFêtes Galantes.\nFauré, adorablement chanté par deux\nmuses attentives et fidèles, Jeanne Raunay et\nGermaine Sanderson, porte en quelques mili-\neux choisis la bonne parole et la Bonne Chan-\nson. Magnard et Lazzari recueillent ça et\nlà quelques politesses tardives de virtuoses qui ne\nles saluaient pas avant les représentations de Bé-\nrénice et de la Lépreuse. Paul Dukas qu acca-\nparent les chefs d'orchestre empressés à brandir\nle balai magique de l'Apprenti Sorcier figure\nde moins en moins fréquemment sur un pro-\ngramme de musique de chambre. Il bénéficiera\nbien rarement d'ailleurs d'une interprétation\naussi solide et aussi claire que celle que lui assura\nMme Jane Mortier dans un parfait récital où\nDebussy et Ravel figurèrent eux aussi\nglorieusement. Certains contemporains connais-\nsent une fortune plus heureuse et arrivent à\nêtre prophètes dans leur propre pays. De ce nom-\nbre est assurément M. Léo Sachs dont les\nimprimeurs d'affiches et de programmes ne cessent pas d'imprimer le nom wagnérien. Dans\nces dernières semaines cet heureux auteur a entendu Mlle Luquiens interpréter son \" Retour\nprès de l'Aimée Mme Mellot Joubert détailler son \" Oiseau Bleu \"et son \" Bateau rose \""}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.58", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3986, "texte": "au Concert Léwinsohn et renouveler cet exploit au Concert Dezso-Lederer ; il eut la joie\nd'accompagner l'illustre Van Dyck qui chanta à deux reprises aux Soirées d'Art son u Enfant\nmalade \", son \" Aubade \"et son \" Heimkehr De tous côtés on le fête :le Quartette Vocal\nde Paris met tout son zèle et toute sa fierté à répandre \" O marinier joli \", 66 Roses d'Automne \"\net \" le Printemps vainqueur \", et la Société de Musique de Chambre l'y aide de son mieux ;\nMlle Rose Féart le conduit aux Matinées d'Art de Barrau, Mlle Bailet joue sa u Berceuse \"et\nsa \" Course folle M. Rossi exécute ses \" Soirs d'Orient \"et 66 Près du Ruisseau \", l'orchestre\ndu \"Triton\" nous donne son \" Retour des Cloches\"... mais arrêtons par prudence cette\nénumération ; les \"jeunes\" finiraient par regarder d'un mauvais œil un auteur si favorisé.\nIls auraient pourtant tort de se plaindre. Quelques organisations leur sont dévouées. Les\nConcerts Durand qui ont repris leurs festivités si respectées prêtent à certains ouvrages\nmodernes le poids d'une u raison sociale \" rassurante pour les esthéticiens timides ; Ravel,\nDucasse, Louis Aubert et Gustave Samazeuilh n'ont pas d'adversaires les jours où leurs œuvres\nse présentent au public sous cette puissante égide.\nLa Société Nationale, au milieu d'hommages rétrospectifs de plus en plus nombreux\nréserve une place à quelques œuvres nouvelles : Blanche Selva y crée un Nocturne de\nGuy Ropartz, Mlle Hugon y chante des Mélodies de JOSeph Civil ; un quatuor\ninfiniment soigné de Pierre Bretagne des pièces de piano de Marcel Orban et un quatuor\nde Péron témoignent d'an labeur consciencieux et d'une louable docilité à un solide enseigne-\nment ; Albert Bertelin y fait chanter trois nouvelles mélodies et Vierne y donne la\nprimeur d'une Sonate pour vioncelle et piano d'un style assez composite. Et la Sonate Roman-\ntique de Turina enchante l'auditoire par sa verve ensoleillée et son coloris infiniment\nséduisant.\nLa Société Musicale Indépendante dont nous avions stigmatisé la paresse au\ndébut de la saison, semble avoir voulu prendre une revanche éclatante en nous inondant de\nnouveautés. Son seizième Concert était exclusivement consacré à de premières auditions :\nsonatine fortement racée du breton Martineau, mélodies de Louis Pitte fort bien\nchantées par Mlle Lévina, un prélude assez confus de Florent Schmitt et d'adroites pièces\nd'orgue d' Henri Mulet, des lieder particulièrement délicats d'Armande de Polignac,\nune Scène Andalouse de Turina délicieuse d'impressionnisme et trois admirables Motets de\nRoger Ducasse réalisant avec les voix humaines un de ces charmants miracles sonores dont\nnous semblions avoir perdu pour jamais le bienfait depuis la Renaissance et où triomphèrent\nles chœurs de l'école Engel-Bathori sous la parfaite direction de Louis Aubert. Et, non\ncontente de ces abondantes révélations, la S. M. I. alla chercher jusqu'en Angleterre les\néléments d'imprévu de son concert suivant : par ses soins Cyrill Scott et Vaughan Williams\nfranchirent le détroit pour nous offrir des échantillons de la culture musicale britanique\ncontemporaine. La révélation fut savoureuse. Si les pièces de piano de Scott affirment un\nmodernisme élégant mais d'essence assez parisienne et démontrent surtout la virtuosité\nexceptionnellement charmeuse de leur auteur qui les exécutait lui-même, en revanche les\n\" Songs \" de William, merveilleusement interprétés par Plamondon, Ravel et le très\nremarquable Quatuor Duttenhofer, s'emparèrent du public avec une irrésistible autorité et une\nimpérieuse douceur. La nostalgie londonienne, la brume natale, la poésie intense et si person-\nnelle, les sonorités mystérieuses et enveloppantes de ces tableaux dont l'atmosphère s'ouate et\ns'irise comme les Westminster de Claude Monet provoquèrent chez tous les artistes un\nenthousiasme profond et reconnaissant. En vérité ce petit fait musical pourrait bien être en fin\nde compte pour les auditeurs sensibles le grand événement de la saison !...\n\nG. K."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c045", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c045", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 49, "image_fin": 55, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.12.1", "titre_corps": "Concerts dominicaux", "titre_sommaire": "Concerts dominicaux", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.49", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 681, "texte": "Concerts dominicaux\nCONCERTS COLONNE\nLa Symphonie Héroïque est-elle républicaine ? Est-elle monarchiste ? Beethoven la\ndédia-t-il à Bonaparte, champion de la Liberté, et biffa-t-il la dédicace, comme on l'a long-\ntemps cru sur la foi de Ferdinand Ries, parce que Bonaparte s'était fait empereur ? ou bien\ncette dédicace honorait-elle en Bonaparte, comme le prétend aujourd'hui M. Vincent d'Indy\n\" le héros glorieux couronné de lauriers \" et Beethoven en la lui reprenant ne prétendait-il\nflétrir que l'ennemi de l'Autriche, le destructeur du traité de Lunéville ? Problème angoissant\npeut-être pour les Beethoveniens de profession, mais qui, l'avouerai-je, me laisse assez indiffé-"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.50", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3936, "texte": "rent. Je ne parviens pas à voir dans la Symphonie Héroïque autre chose qu'un superbe ouvrage\nmusical, d'ordonnance grandiose, de fïère et noble inspiration, qui exhale en abondance un\nmèlos \" héroïque \" purifiant et vivifiant, mais imprécis, comme c'est le cas pour toute musique\npurement instrumentale dont l'auteur n'a pas exactement spécifié la signification. Et cela est\nparfaitement dans l'ordre, si, comme l'a dit Nietsche : \"on veut, non seulement être compris\nquand on écrit, mais encore, certainement, n'être pas compris \" ? M. Pierre Monteux, qui\nétait au pupitre, a dirigé l'exécution du chef-d'œuvre avec une remarquable autorité.\nLe concert en sol majeur de Beethoven contient de belles pages et des pages charmantes.\nIl compte aussi, dans le premier morceau, de nombreuses longueurs et n'est pas absolument\nindemne de ce mauvais goût ornemental dont Beethoven se complaisait souvent à déparer ses\nplus heureuses trouvailles. M. Sauer l'a joué avec une mesure et une distinction exquises, sans\nchercher à u Beethoveniser \". Par contre, il a déployé une sorte de fantaisie diabolique dans\ncertains moments du concerto de Liszt, tout en conservant une admirable tenue de style.\nM. Sauer, que j'entendais pour la première fois, m'a vivement impressionné par l'harmonie et\nla proportion de ses admirables qualités et par sa grande allure pianistique, qui est d'un autre\ntemps que le nôtre. M. Sauer, malgré sa perfection et son classicisme, possède une étincelle\nde cette virtuosité enflammée qui animait les grands pianistes d'autrefois, et par ce trait, il\nrappelle M. Francis Planté en qui se prolonge aussi la tradition romantique.\nIl y avait encore à ce concert l'ouverture de Coriolan. Il aurait pu y avoir aussi les trois\nouvertures de Léonore, et la symphonie avec chœur s, et la Messe en rè toute entière, et même le\nChrist au Mont des Oliviers, sans que le public s'en plaignît ; car chacun sait que, pour les\nmélomanes du Dimanche, Beethoven est le \" dieu \" et peut-être même Dieu tout court, un\nDieu unique en trois Manières, dogme qui simplifie beaucoup pour eux les questions d'esthétique\nmusicale. Nous entendîmes aussi le don Juan de M. Strauss et un poème symphonique de\nM. Pierre Kunc, intitulé : Au pied des monts de Gavarnie, ouvrage digne d'attention qui\ndécèle une tournure d'esprit élevée et des aptitudes à rendre avec force certaines impressions\npittoresques. Tout le début, qui évoque la magnificence farouche du site célèbre, est excellent;\nla seconde partie, paraphrase d'une douce et mélancolique chanson populaire, est traitée avec\nbonheur ; j'aime moins la troisième, où M. Kunc a tenté d'exprimer son état d'âme en face\nde la Nature et de son formidable mystère. Les spéculations mentales impliquées par ce genre\nde rêverie sont si complexes que les mots eux-mêmes ne réussissent que rarement à en donner\nune idée véritable ; et c'est souvent un leurre que de vouloir les traduire par la musique, si\néloquente lorsqu'il s'agit d'exprimer des sensations, quelque vagues qu'elles puissent être, mais\ninsuffisante et obscure dès qu'on veut lui confier des idées précises et coordonnées.\nD'ailleurs, il se peut que l'auteur n'ait prétendu exprimer qu'un ensemble d'émotions\nressenties, et il est fort probable que si au lieu d'être jeune et bien portant, M. Kunc était\nmort, nous n'eussions pas hésité à les partager avec componction.\nREYNALDO HAHN.\n* *\nPlein d'une belle vaillance, M. Gabriel Pierné est remonté au pupitre pour diriger\nl'exécution d'une œuvre \" babylonienne \" composée depuis huit ans (hélas !) le Psaume XLVI\nde Florent Schmitt, œuvre de joie barbare, musique de foule rugissante et hallucinée.\nL'intérêt que nous avons pris à l'audition de Dimanche relève de plusieurs causes. Tout\nd'abord, il nous plaît de constater que par le Psaume XLVI, la jeune école française affirme\nautre chose que les qualités de grâce subtile et de délicat impressionisme qu'elle semblait"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.51", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4187, "texte": "cultiver avec une préférence un peu trop exclusive. Ici, elle se montre capable de force, de\npuissance ; elle fait saillir ses biceps ; elle prouve qu'à côté des bibelots précieux des élégants\narticles de Paris, qu'elle cisèle, d'une main si avertie, elle peut, quand elle le veut, construire\ndes œuvres robustes, monumentales.\nLa composition de M. Schmitt proteste donc, de la façon la plus éclatante et la plus\ndécisive contre l'accusation d'anémie distinguée que certains seraient tentés de jeter à nos\nmusiciens.\nEnsuite, il nous semble bien, et on pardonnera cette réflexion à un historien, que le\nPsaume XLVI renoue la tradition si française du motet à grand chœur. Nous nous imaginions\nvolontiers, l'autre jour, quelque chapelle de Versailles considérablement élargie, où retentiraient\nles accents d'un La Lande, voire d'un Lully ou d'un du Mont du XXe siècle. Car le voilà\nbien, notre vieux motet à grand chœur, morceau de résistance, de feu, le concert spirituel, avec\nses masses chorales et ses épisodes de solistes, avec son texte emprunté à la Bible, avec son\nallure théâtrale, majestueuse, parfois un peu outrancière.\nSeulement, deux siècles de musique ont passé et nous ont débarrassés de la monotone\nscholastique des entrées imbriquées, du fugato perpétuel, comme aussi de la rondeur d'une\nharmonie de tout repos aux bénéfiantes cadences. Le Psaume XLVI est l'arrière petit-fils du\nCantate Domino de Michel Richard de La Lande.\nIl se recommande par d'éminentes qualités de construction et de logique musicales, et\ns'établit sensiblement, en trois parties, la partie médiane consistant en un épisode attendri où\ndes voix de solistes instrumentaux et vocaux viennent chanter doucement la reconnaissance\ndu peuple hébreu pour le maître qui, serions nous presque tenté de dire, lui a jeté le mouchoir.\nLa qualité thématique est excellente. Dès le début, elle s'affirme, au milieu des sonneries\nde trompettes, par l'explosion de joie du \" Gloire au Seigneur \". Elle se proclame par le\nthème presque purement rythmique, tenace et impressionnant du \" Nations, frappez des mains\nqui se propose dans toute la masse, et que scande puissamment un orchestre merveilleusement\nassoupli, attentif aux plus ingénieuses suggestions dynamiques : égratignements de harpes, coups\nd'archet arrachés et secs des violons, graves interventions des trombones, éclats stridents, lanci-\nnants des trompettes, dessins obstinés qui disent l'énergie persévérante et comme l'entêtement\ndu triomphe, tout cela est d'un musicien de race. Au milieu de ce formidable applaudissement\nsurgit une danse, danse échevelée, enivrée de joie ; puis, un large choral s'élève sur les paroles :\n\" Parce que le Seigneur est très-élevé \" joignant de la sorte la prière aux tumultueuses mani-\nfestations d'un peuple en délire. Voilà pour la première partie: peu à peu avec un art subtil\ndes gradations, la sonorité s'estompe, s'éteint pour amener l'épisode central, le dialogue des\nsolistes, violon, basson, cor, flûte et soprano solo. Et un souffle de tendresse passe, soutenu par\nles caressantes vocalises du violon, un souffle de volupté aussi que recueille avidement la foule\nextasiée ; avec quelle langueur, avec quel abandon presque lascif cette foule murmure de\ntroublantes vocalises énoncées sur une simple voyelle, comme de longs et délicieux sanglots !\nIl y a là des remous de sonorité, des atténuations, des murmures, un immense anéantissement\ndans le bonheur. Peut-être trouvera-t-on que le soprano ne se dégage pas assez de l'ensemble ;\nmais l'auteur a peut-être voulu que, communiant dans la félicité collective, le soprano, liane\nhumaine, demeure étroitement enlacé à ses sœurs instrumentales. Par deux fois, le chœur,\npianissimo, déploie un long soupir mystérieux et escalade une sorte d'échelle de Jacob, dressée\nsur de prestigieuses irisations de harpe. Puis, c'est la péroraison qui s'ouvre par le thème\nmajestueux, largement consonant : \" Le Seigneur est monté \". Il s'élève lentement du fond\ndes voix, avec une force tranquille et sûre, au milieu de la sereine atmosphère des sextolets de\nl'orchestre. Ascension irrésistible, que rien n'arrêtera et qui, peu à peu, entraîne un formidable"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.52", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3709, "texte": "crescendo. Au frottis paisible des sextolets succède, dans la force, le dessin saccade et énergique,\npresque brutal, déjà présenté dans la première partie ; le mouvement, aussi, s accéléré, talonne\npar les appels des trompettes, et le thème vigoureux : a Frappez des mains déchaîné la sonorité\ndans une triomphale apothéose.\nLe Psaume XLVI est une œuvre forte qu'on ne peut entendre sans émotion.\nL. L. L.\nCONCERTS LAMOUREUX\nCette longue patience,ou volonté, dans laquelle, bien malencontreusement, Bufton crut\ndécouvrir l'essence même du génie, n'en est, en réalité, qu'un adjuvant utile. Le principe du\ngénie, c'est-à-dire de l'invention artistique, ne peut être constitué que par l'instinct, ou sensi-\nbilité. Ce qui n'était peut-être, dans l'esprit du naturaliste, qu'une boutade, a engendré une\nerreur plus funeste, relativement moderne. C'est celle qui prétend faire diriger l'instinct artis-\ntique par la volonté.\nCelle-ci ne doit être que la servante attentive de celui-là. Servante robuste, lucide, qui\ndoit obéir intelligemment aux ordres de son souverain, se plier à ses moindres caprices ; favo-\nriser la poursuite de sa route, ne jamais tenter de l'en détourner $ 1 aider a se parer magnifique-\nment, mais ne jamais choisir parmi sa propre défroque aucun vêtement, fut-il somptueux.\nParfois, cependant, le maître est si débile que la servante est obligée de le soutenir, voire de le\nguider. Les produits de cette association boiteuse sont assez piètres, tout au moins dans le\ndomaine musical. Certains auditeurs, assez peu sensibles eux-mêmes, ne laissent pas de s'en\nmontrer satisfaits.\nCe que l'on est tenté d'estimer particulièrement en ces œuvres maussades, c'est ce que\nl'on appelle le \" métier \". Or, en art, le métier,dans le sens absolu du mot, ne peut exister.\nDans les proportions harmonieuses d'un ouvrage, dans l'élégance de sa conduite, le rôle de\nl'inspiration est presque illimité. La volonté de développer ne peut être que stérile.\nC'est ce qui apparaît le plus clairement dans la plupart des œuvres de Brahms. On a pu\nle constater dans la symphonie en rè-majeur,que nous donnait dernièrement l'association des\nconcerts Lamoureux. Les idées sont d'une musicalité intime et douce ; quoique le contour\nmélodique et le rythme en soient très personnels, elles s'apparentent directement à celles de\nSchubert et de Schumann. A peine ont-elles été présentées que leur marche devient lourde et\npénible. Il semble que le compositeur ait été hanté sans cesse par le désir d'égaler Beethoven.\nOr le caractère charmant de son inspiration était incompatible avec celui de ces dévelop-\npements vastes, fougueux, presque désordonnés qui sont la conséquence directe des thèmes\nbeethovéniens, ou qui, plutôt, jaillissent de l'inspiration même. Ce métier, dont son ancêtre\nSchubert fut naturellement privé, Brahms l'acquit par l'étude. Il ne le découvrit pas en soi.\nFaut-il attribuer à des causes analogues la désillusion que nous fait éprouver chaque\nnouvelle audition de la symphonie de César Franck ? Sans doute, bien que ces deux sympho-\nnies, tant par la valeur thématique que par la mise en œuvre, soient très différentes.\nPourtant, leurs défauts ont la même source : même disproportion entre les idées et le\ndéveloppement. Chez Brahms, une inspiration claire et simple, tantôt enjouée, tantôt mélan-\ncolique ; des développements savants, grandiloquents, enchevêtrés et lourds. Chez Franck, une\nmélodie d'un caractère élevé et serein, des harmonies hardies d'une richesse singulière ; mais\nune pauvreté de forme désolante. La construction du maître allemand est habile, mais l'on y\nsent trop l'artifice. Il y a tout au plus, chez le Liégeois, une tentative de construction : des"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.53", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 4122, "texte": "groupes de mesures, jusqu'à des pages entières se répètent, transposés textuellement ; il abuse\nmaladroitement de formules d'école surannées. Mais un point sur lequel la supériorité de Brahms\nse manifeste, c'est dans sa technique orchestrale, qui est des plus brillantes. Chez Franck, au\ncontraire, les fautes instrumentales s'accumulent. Ici, les contrebasses se traînent gauchement,\nalourdissant un quatuor déjà terne. Là, des trompettes bruyantes viennent doubler les violons.\nAu moment que l'inspiration est le plus élevée, l'on est déconcerté par des sonorités foraines.\nIl n'est pas surprenant que, tant en Allemagne qu'en France, l'on se soit servi pour com-\nbattre l'influence de Wagner, de ces deux musiciens, dont les imperfections provoquent\nsouvent une impression de froideur et d'ennui. Cette particularité même de leur génie les\ndésignait pour précipiter un mouvement fatal de réaction.\nLa formidable spontanéité de celui en qui se trouvait synthétisée toute la sensibilité du\nXIXe siècle devait inquiéter ceux-là mêmes qui, les premiers, en avaient subi le charme\npuissant. Aujourd'hui encore, lorsque retentit le Venusberg, l'une des œuvres les plus représen-\ntatives de l'art wagnérien, l'on conçoit qu'après cette explosion de joie et de souffrance\npassionnées, après ce débordement hurlant de vie païenne, l'on dût éprouver le besoin d'une\nretraite paisible, même austère.\nDans notre pays, cette méditation produisit des résultats divers : du cloître franckiste\nsortit d'abord une procession grave d'artistes fervents de la volonté, et dont la foi ne cessa de\ns'affermir. Puis une troupe, moins ordonnée, de jeunes gens à l'âme toute neuve, qui laissaient\nchanter librement leur instinct, et dont la sensibilité s'attacha à percevoir, profondément et\navec moins d'emphase que leurs devanciers, jusqu'aux moindres manifestations extérieures.\nDe Vincent d'lndy, le chef du premier groupe, M. Chevillard nous a redonné récem-\nment Saugefleurie. Déjà se manifeste, dans ce poème symphonique, le principe qui dirigea la\nconduite artistique du compositeur. L'orchestration en est riche et colorée, la forme claire.\nMais on y découvre le mépris de l'harmonie naturelle, du rythme spontané, de la libre\nmélodie, en un mot de tout ce qui n'est pas du domaine de la volonté pure. Ce principe,\npoussé jusqu'aux limites, devait donner comme résultat final cette abstraction musicale qu'est\nla sonate pour piano, du même auteur.\nAu second groupe, il est juste de rattacher l'école russe, qui contribua pour une bonne\npart à l'éclosion de la sensibilité musicale de notre génération. Deux des œuvres les plus\ncaractéristiques de cette école figuraient aux derniers programmes :\nrAsie Centrale, de Borodine, cette œuvre ingénue, d'une musicalité, d'un impressionisme si\nprofonds ; et Islamey,de Balakirew, orchestré par Alfred Casella.\nLa conception primitive de cette œuvre, j'oserai dire de ce chef-d'œuvre, étant purement\npianistique, le fait de l'avoir transportée à l'orchestre a semblé étrange à certains. D'aucuns ont\nmême crié au sacrilège, qui acceptent pourtant sans murmurer la transcription pour piano, la\nparaphrase même, d'une œuvre orchestrale. Pour moi, j'avoue que j'ai pris un grand plaisir à\nentendre cette pièce dans sa nouvelle forme. Il était à peu près impossible, et sans doute assez\nvain, de rendre à l'orchestre des effets de piano. Tout en respectant scrupuleusement la matière\nmusicale de l'œuvre, M. Casella a pris le parti d'interpréter franchement, et non de transposer.\nUne instrumentation complexe, très chargée, néanmoins légère, a transformé une fantaisie\nbrillante pour le piano en un morceau symphonique non moins éclatant.\nAu même concert, l'on exécutait le ballet du le drame lyrique de Georges Hue,\nque j'avais déjà entendu à l'Opéra. J'ai été heureux de retrouver, aussi vive qu'à la Ire audition,\nl'impression de franchise que m'avait procurée ces danses d'allure gaîment populaire, d'un\nrythme ingénieux et varié. J'ai goûté de nouveau avec ravissement une des plus jolies sonorités\nd'orchestre qui aient été imaginées. C'est, je crois, dans la 2e variation de la"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.54", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3426, "texte": "que ce passage se trouve. Le 25 février, se donnait chez Colonne le psaume XLVI de Florent\nSchmidt, œuvre considérable, de la plus haute valeur, et dont c'était la première audition. Ce\njour là, le public le plus fin, le plus curieux et le plus artiste du monde ne manqua pas de se\nprécipiter aux concerts Lamoureux, pour y acclamer M. Emile Sauer. Ce pianiste, que l'on a\neu maintes fois l'occasion d'applaudir, virtuose des plus remarquables, d'ailleurs, exécuta dans\nla perfection le concerto en mi b de Liszt, œuvre aussi belle que peu méconnue.\nIl convient de ne pas octroyer aux créateurs la même faveur qu'aux interprètes. C'est\npourquoi l'on accueillit avec un enthousiasme plus modéré les Children s Corner de Claude\nDebussy, orchestrés par André Caplet avec une délicatesse spirituelle. Ces petites pièces ne\nsont évidemment que l'amusement d'un grand artiste. Mais il y a plus de musique dans une\nseule mesure de l'une d'elles que dans toute cette suite interminable des Impressions d'Italie, de\ncet envoi de Rome reconnaissant, qui valut jadis à son adroit auteur l'estime attendrie des\nmembres les plus vénérables de l'Institut. MAURICE RAVEL.\nSOCIÉTÉ DES CONCERTS\nRichard Strauss joue dans la musique contemporaine un rôle incontestable de fort ténor.\nToutes ses entreprises ne sont pas également heureuses : son aplomb d'auteur lui a même\nvalu d'être cruellement raillé par certains Aristarques ; on ne saurait toutefois dédaigner son\nuniversalité d'inspiration qui va de la conception la plus absconse de la philosophie de Zara-\nthustra aux ébats primesautiers du Chevalier à la rose.\nIl faut de plus être déférent pour un tempérament qui sut — en Allemagne ! — se\ndégager du lourd héritage wagnérien et dispenser des impressions d'angoisse et de perversité ;\nsa Salomé, héroïne hystéro-épileptique se meut danseuse, virtuose, asséchant la bouche du\nspectateur ou le crucifiant d'effroi.\nEt en tout cela, il est bien ténor : il l'est encore par sa volonté d'être lui-même dans ses\nplus ingénues conceptions, dans ses rythmes les plus fadement italiens ; il l'est surtout dans son\nculte imperturbable de la force dans son désir de modéler ses œuvres sur une ossature d'acier ;\nsa musique a des pectoraux puissants ; elle a même parfois, hélas ! les doubles muscles de\nTartarin.\nLa société des concerts donna Tail lefer : connaissant les goûts de M. Messager pour ce\nqui est grâce et tendresse paisible — peut-on oublier que sa est une petite fille menue\net infiniment exquise ? — j'espérais entendre un Strauss sinon atténué, du moins proche du\ngoût français.\nAu premier regard jeté sur le programme où Maurice Emmanuel répand son érudition,\nje constatai mon erreur, en lisant : Tailleferest écrit pour un orchestre énorme et pour un\nchœur aussi nombreux que possible.\nJ'écoutai : dirai-je la beauté de ces roulements de tambours — ils étaient quatre — se\nprolongeant pendant de longues et inexorables mesures ? Oui si au même instant n'avaient\nsurgi dans ma mémoire des Champs de mars pleins de militaires, et des \" Sambre-et-Meuse \"\net des \" Chants du départ \" !\nDirai-je la force sublime de ces coups de grosses caisses — elles étaient deux — scandant\nsans répit la lutte de Taillefer contre l'armée anglaise ? Oui, si je ne m'étais cru à la foire de\nNeuilly, devant l'arène de Marseille ou la ménagerie Pezon !\nProclamerai-je alors cette œuvre poème du bruit ! Non, oh ! non. Un poème du bruit,"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.55", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3193, "texte": "mais ce serait une entreprise à tenter les plus grands musiciens : rendre les bruits des fêtes, les\nbruits du travail, les bruits de la vie, le chaos sonore où nous nous trouvons parfois plongés :\nles seuls bruits qu'évoque nettement Taillefer sont ceux du chaudronnier auxquels son nom\nsemble le prédestiner de la cacophonie inutile et grandiloquente de la galérie des machines en\n89 avec son débordement de bielles, de pistons, de volants.\nCar M. Strauss en arrive à une telle inconscience de son propre fracas, que pendant le\nseul moment où l'orchestre s'apaise pour laisser s'éplorer la plainte de la sœur du duc une\ntrompette s'agite sans pitié, cependant qu'un tambour s'ébroue.\nEt cela m'a rappelé un passage de la lépreuse,la pièce tirée par M. Bataille de vieilles\ngwerziou traduites par Luzel : M. Bataille qui n'entend pas le breton voulut corser la berceuse\nque fredonne Aliette à Ervoanik d'un vers breton dont la douceur verbale lui sembla d'un\ndiscret et tendre apaisement. Il écrivit ceci : Tan ce qui\nveut dire : Feu ! feu ! acier ! oh ! feu ! et ! acier et qui, on l'avouera, n'est pas précisé-\nment une invitation au sommeil — même en Basse-Bretagne.\nLe vieil ami à Gunsbourg — c'est Dieu que je veux dire — ne doit pas se plaindre à\nl'heure actuelle du sort que lui font les croque-notes mes frères : au même instant, le dimanche\n3 mars, Florent Schmitt frappait des mains en son honneur et à 5 temps dans la salle du\nChâtelet et Charles Tournemire l'élevait au-dessus des cieux et à 4 temps dans celle du Con-\nservatoire.\nFaut-il saluer la renaissance de l'oratorio par le moyen de ces psaumes bibliques d'une\ntelle poésie qu'ils tentent les plus affirmés pyrrhoniens ? Espérons-le. M. Tournemire possède\nun tempérament fait de noblesse et de parfaite dignité ; c'est un éminent organiste ; il est à\nSte Clotilde le successeur de César Franck; son grand prédécesseur doit comme la colombe céleste\nvenir de temps en temps le visiter et lui souffler ces inspirations d'improvisateur où il excelle.\nLe plus parfait académisme règne en ses œuvres : pourquoi dans ce psaume qui au fond\ndécoule entièrement d'une esthétique classique a-t-il cru devoir faire appel à des procédés d'un\ninsidieux modernisme ? Pourquoi, par exemple, cette trompette à découvert, lourde d'ailleurs,\nqui vibre d'une façon déplacée contre le mur robuste, moellons et chaux hydraulique de ses\nmasses chorales et orchestrales ? pourquoi encore cette flûte aigre qui siffle comme un oiseau\nhagard alors que depuis de longues minutes s'enflent et s'apaisent les dignes et bienséantes\nvagues des harmonies religieuses ?\nEt alors il s'est passé ceci : les farouches conservateurs, clientèle du conservatoire, trompés\npar ces insignifiantes et superficielles apparences, ont protesté — doucement, comme il con-\nvient à des gens de bonne compagnie — par des sifflets discrets comme des baisers : la masse,\nqui commençait d'applaudir, s'est arrêté immédiatement, ne comprenant pas, et ceux qui\nconnaissaient les règles du jeu se sont contentés de rire dans leur barbe.\nCe qui prouve qu'il faut toujours être soi-même et ce qui prouve encore qu'on n'est\njamais trahi que par les siens.\nJEAN LAPORTE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c047", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c047", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 55, "image_fin": 58, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.12.2", "titre_corps": "Concerts Divers", "titre_sommaire": "Concerts Divers", "signature_source": "G. K", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.55", "debut_caractere": 3195, "fin_caractere_exclue": 3525, "texte": "Concerts Divers\n\nUn regrettable accident de composition ayant privé le mois dernier de leur part d'éloges\nune notable fraction des artistes s'étant signalés à la reconnaissance publique au cours des\nsoirées de Janvier, il convient de se livrer pour le mois de Février à un petit essai de statistique\nconsciencieuse et réparatrice."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.56", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4139, "texte": "Nous prendrons cette fois l'attitude d'un inspecteur de la Société des Auteurs et Compo-\nsiteurs et procéderons à une répartition méthodique, ce qui ne saurait manquer d'être instructif.\nQuelle a été ce mois-ci la situation des compositeurs dans ces quelques pages de l'histoire musicale\ncontemporaine ? Que contient le relevé de leur compte ? Comment écrivons-nous l'histoire ?...\nRassurons tout d'abord ceux que préoccupe en musique la \" question du latin \" ; il est\ncertain que la culture classique ne court aucun danger dans nos milieux musicaux. La docilité\ndes interprètes au joug universitaire est tout à fait édifiante.\nEn dehors de l'hommage qu'il reçoit dans le temple qui lui est spécialement consacré\nnotre Saint-Père-le-Bach est honoré fort décemment par M. Victor Gilles qui joue son\nConcerto Italien, par Mlle Thérèse Chaigneau qui exécute son Concerto en mi majeur et\nfait venir du fond de la Germanie pour interpréter la Cantate profane dans sa langue originale\nune jeune cantatrice allemande, Fraulein Magdalena Bonnard, par le Pax-Quatuor, par\nMlle Lénars et M. Bizet qui l'initient aux douceurs de la harpe chromatique et de l'harmonium\nMustel, par le Quatuor Sangra aidé de Mlle Darragon, par Mlle Blanche Selva assistée de\nM. Vincent d'lndy, par Fritz Kreisler qui fanatise les abonnés de la Société Philharmonique,\npar le fougueux pianiste hongrois Théodor Szanto, par le couple Casella-Hekking, par\nDiémer et Philippe Gaubert aux Soirées d'Art, par le romantique Enesco, par le pianiste\nJoseph Debroux, par Mlle Ninette Chassaing, par Mlle Yvonne Astruc, par le brun et frémis-\nsant Cortot, et par Mlle Delcourt et M. Desmonts qui accordèrent leur clavecin et leur viole\nde gambe pour une évocation plus respectueusement exacte.\nMême ferveur pour Beethoven qui reçoit les dévotions de l'U. F. P. C., du Quatuor\nTracol, du Quartette Vocal de Paris, de son fidèle Edouard Risler, de son archiprêtre Lucien\nCapet et de sa vestale Marthe Dron, du Quatuor Sangra et, bien entendu, du Quatuor Parent,\nde M. Lazare-Lévy et de Mlle Lapié, d'une série de \" duettistes \" illustres, les équipes Cortot-\nThibaud, Diémer-Etlin, Blitz-Tracol ; à la Schola on exécute la Messe en tous les\nquatuors existants se disputent l'honneur de servir sa cause, le Quatuor Rosé, le Quatuor\nViardot, le Quatuor Loiseau, le Quatuor Soudant, le Quatuor Calliat, le Quatuor Luquin et\nGeorges de Lausnay rivalisent de zèle et d'ardeur ; un flot d'instrumentistes isolés se rue à sa\nconquête : Sauer les conduit, Rosenthal emboîte le pas et derrière ces deux glorieux chefs de\nfile on voit accourir le pianiste mondain A. de Radwan, Mlle LœufFer, Mme Saillard-Dietz,\nMlle Lévinsohn, M. Canivet, Mlle Novaès, M. Jullien, Mme Leroy-Détournelle, Mme Alem-\nChevé, M. Rossi, Mlle Gaïda, MM. Lamond, Szanto, d'autres et d'autres encore. C'est de la\npassion ; M. Wael-Munk fait exécuter du Beethoven à son orchestre réduit, les sociétés\ninstrumentales d'amateurs, comme la Tarentelle et l'Orchestre Médical s'attaquent immé-\ndiatement à Beethoven et M. Pergola demande à ses auditeurs de lui fabriquer un thème de\nquelques notes prises au hasard une par personne, précise le programme ! et se targue\nd'en tirer une copieuse improvisation \" à la manière de Beethoven \".\nLe culte du divin Mozart est plus confidentiel. Son autel fut surtout fleuri par des\nmains féminines ; les Matinées d'Art organisèrent un festival auquel prirent part successive-\nment Mlles de Stœcklin, Madeleine Fourgeaud, Ciampi, Guiomar Novaès et Emma Boynet.\nLe lendemain les amazones de l'U. F. P. C. imitaient ce noble exemple suivi bientôt par\nMlles Chaigneau. Quelques représentants du sexe laid se hasardèrent pourtant à prouver au\npublic que la musique de l'auteur de u Don Juan \" ne rentre pas exclusivement dans la\ncatégorie des petits ouvrages de dames. Au Conservatoire la démonstration en fut faite par\nPaul Vidal et à l'Ecole des Hautes Etudes Sociales, par Henry Expert, le triomphateur des\nConcerts des Chanteurs de la Renaissance toujours très brillants et par le Quatuor Luquin\nqui consacrèrent six séances à la glorification du plus pur des musiciens."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.57", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2964, "texte": "On néglige généralement un peu le vénérable père Hsendel mais lorsqu'on s'occupe de\nlui on ne le fait pas à moitié. C'est ainsi que la Société qui s'est vouée à son service vient de\nmobiliser deux cents exécutants et un groupe de solistes de choix pour interpréter le Messie.\nLe succès fut triomphal. M. Raugel conduisit l'œuvre entière avec une foi et une autorité\nadmirables. On bissa la formidable apothéose de l'Alléluia et on acclama Mme Mellot-Joubert,\nl'excellent Plamondon et le brillant organiste Joseph Bonnet.\nLes pianistes conservent évidemment à Liszt et à Oliopiïl une tendresse professionnelle\nmais aucun hommage caractéristique ne fut rendu ces temps derniers à ces deux profonds\nmusiciens qui devraient jouer pourtant dans l'éducation esthétique un autre rôle que celui de\nfabricants de morceaux de piano. Même indifférence polie à l'égard de Schumann auquel\nle Quatuor Sangra est seul à consacrer, ainsi qu'à Franck, un festival solennel. Brahms\nen dehors des concerts de la Société de ses Amis n'a pas opéré de fréquentes sorties. 1i T T\nComme d'ordinaire, les contemporains ne font pas recette. Les organes de diffusion dont\nils disposent sont d'ailleurs peu nombreux. Les Concerts Sechiari semblent pourtant\nvouloir leur accorder une hospitalité de plus en plus écossaise. Vincent d'lndy, en parti-\nculier, fréquenta assidûment le théâtre Marigny où il conduisit Istar, Wallenstein et la\nSymphonie sur un thème montagnard. Deïbussy, qui ne se déplace pas aussi aisement, ne\nvint pas conduire aux côtés du directeur de\nla Schola, comme l'annonçait une affiche\nsynthétique, ses Rondes de Printemps et son\nEnfant Prodigue, mais Mlle Maggic Teyte, ce\ndiminutif exquis de Garden, recueillit un vif\nsuccès après son interprétation délicieuse des\nFêtes Galantes.\nFauré, adorablement chanté par deux\nmuses attentives et fidèles, Jeanne Raunay et\nGermaine Sanderson, porte en quelques mili-\neux choisis la bonne parole et la Bonne Chan-\nson. Magnard et Lazzari recueillent ça et\nlà quelques politesses tardives de virtuoses qui ne\nles saluaient pas avant les représentations de Bé-\nrénice et de la Lépreuse. Paul Dukas qu acca-\nparent les chefs d'orchestre empressés à brandir\nle balai magique de l'Apprenti Sorcier figure\nde moins en moins fréquemment sur un pro-\ngramme de musique de chambre. Il bénéficiera\nbien rarement d'ailleurs d'une interprétation\naussi solide et aussi claire que celle que lui assura\nMme Jane Mortier dans un parfait récital où\nDebussy et Ravel figurèrent eux aussi\nglorieusement. Certains contemporains connais-\nsent une fortune plus heureuse et arrivent à\nêtre prophètes dans leur propre pays. De ce nom-\nbre est assurément M. Léo Sachs dont les\nimprimeurs d'affiches et de programmes ne cessent pas d'imprimer le nom wagnérien. Dans\nces dernières semaines cet heureux auteur a entendu Mlle Luquiens interpréter son \" Retour\nprès de l'Aimée Mme Mellot Joubert détailler son \" Oiseau Bleu \"et son \" Bateau rose \""}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.58", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3986, "texte": "au Concert Léwinsohn et renouveler cet exploit au Concert Dezso-Lederer ; il eut la joie\nd'accompagner l'illustre Van Dyck qui chanta à deux reprises aux Soirées d'Art son u Enfant\nmalade \", son \" Aubade \"et son \" Heimkehr De tous côtés on le fête :le Quartette Vocal\nde Paris met tout son zèle et toute sa fierté à répandre \" O marinier joli \", 66 Roses d'Automne \"\net \" le Printemps vainqueur \", et la Société de Musique de Chambre l'y aide de son mieux ;\nMlle Rose Féart le conduit aux Matinées d'Art de Barrau, Mlle Bailet joue sa u Berceuse \"et\nsa \" Course folle M. Rossi exécute ses \" Soirs d'Orient \"et 66 Près du Ruisseau \", l'orchestre\ndu \"Triton\" nous donne son \" Retour des Cloches\"... mais arrêtons par prudence cette\nénumération ; les \"jeunes\" finiraient par regarder d'un mauvais œil un auteur si favorisé.\nIls auraient pourtant tort de se plaindre. Quelques organisations leur sont dévouées. Les\nConcerts Durand qui ont repris leurs festivités si respectées prêtent à certains ouvrages\nmodernes le poids d'une u raison sociale \" rassurante pour les esthéticiens timides ; Ravel,\nDucasse, Louis Aubert et Gustave Samazeuilh n'ont pas d'adversaires les jours où leurs œuvres\nse présentent au public sous cette puissante égide.\nLa Société Nationale, au milieu d'hommages rétrospectifs de plus en plus nombreux\nréserve une place à quelques œuvres nouvelles : Blanche Selva y crée un Nocturne de\nGuy Ropartz, Mlle Hugon y chante des Mélodies de JOSeph Civil ; un quatuor\ninfiniment soigné de Pierre Bretagne des pièces de piano de Marcel Orban et un quatuor\nde Péron témoignent d'an labeur consciencieux et d'une louable docilité à un solide enseigne-\nment ; Albert Bertelin y fait chanter trois nouvelles mélodies et Vierne y donne la\nprimeur d'une Sonate pour vioncelle et piano d'un style assez composite. Et la Sonate Roman-\ntique de Turina enchante l'auditoire par sa verve ensoleillée et son coloris infiniment\nséduisant.\nLa Société Musicale Indépendante dont nous avions stigmatisé la paresse au\ndébut de la saison, semble avoir voulu prendre une revanche éclatante en nous inondant de\nnouveautés. Son seizième Concert était exclusivement consacré à de premières auditions :\nsonatine fortement racée du breton Martineau, mélodies de Louis Pitte fort bien\nchantées par Mlle Lévina, un prélude assez confus de Florent Schmitt et d'adroites pièces\nd'orgue d' Henri Mulet, des lieder particulièrement délicats d'Armande de Polignac,\nune Scène Andalouse de Turina délicieuse d'impressionnisme et trois admirables Motets de\nRoger Ducasse réalisant avec les voix humaines un de ces charmants miracles sonores dont\nnous semblions avoir perdu pour jamais le bienfait depuis la Renaissance et où triomphèrent\nles chœurs de l'école Engel-Bathori sous la parfaite direction de Louis Aubert. Et, non\ncontente de ces abondantes révélations, la S. M. I. alla chercher jusqu'en Angleterre les\néléments d'imprévu de son concert suivant : par ses soins Cyrill Scott et Vaughan Williams\nfranchirent le détroit pour nous offrir des échantillons de la culture musicale britanique\ncontemporaine. La révélation fut savoureuse. Si les pièces de piano de Scott affirment un\nmodernisme élégant mais d'essence assez parisienne et démontrent surtout la virtuosité\nexceptionnellement charmeuse de leur auteur qui les exécutait lui-même, en revanche les\n\" Songs \" de William, merveilleusement interprétés par Plamondon, Ravel et le très\nremarquable Quatuor Duttenhofer, s'emparèrent du public avec une irrésistible autorité et une\nimpérieuse douceur. La nostalgie londonienne, la brume natale, la poésie intense et si person-\nnelle, les sonorités mystérieuses et enveloppantes de ces tableaux dont l'atmosphère s'ouate et\ns'irise comme les Westminster de Claude Monet provoquèrent chez tous les artistes un\nenthousiasme profond et reconnaissant. En vérité ce petit fait musical pourrait bien être en fin\nde compte pour les auditeurs sensibles le grand événement de la saison !...\n\nG. K."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c048", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c048", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 57, "image_fin": 57, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.12.2.1", "titre_corps": "Léo Sachs, par Bils.", "titre_sommaire": "Léo Sachs, par Bils.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.57", "debut_caractere": 2966, "fin_caractere_exclue": 2986, "texte": "Léo Sachs, par Bils."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c049", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c049", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 59, "image_fin": 63, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.13", "titre_corps": "LA SOCIÉTÉ BACH", "titre_sommaire": "LA SOCIÉTÉ BACH", "signature_source": "André F. Marty", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.59", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1462, "texte": "LA SOCIÉTÉ\nBACH\n\nLorsqu'en en 1904\nGustave Bret fonda la\nSociété Bach, les gens\néclairés contemplèrent\ncette tentative avec\nune sympathie teintée\nd'un certain scepticisme.\nCertes l'ambition de se\nconsacrer à faire con-\nnaître le plus grand\npeut-être des musi-\nciens, était admirable ;\nmais le public avait-t-il\nle désir de faire cette\nconnaissance ? Cet art\nn'était-il pas au-dessus\nde la compréhension\nde la masse, et les admirateurs du Cantor de Leipzig ne resteraient-ils pas à jamais\nune petite élite incapable de remplir régulièrement une salle de concert ? En outre,\ndifficiles à saisir, les œuvres de Bach sont aussi difficiles à interpréter, et plus d'un\ngrand orchestre a reculé devant la grandeur même de cette tâche. Comment sup-\nposer qu'une jeune société, dont le succès était encore à venir, pourrait arriver, par\nses propres ressources à rendre la parfaite beauté de ces compositions ? Et l'un des\namis de la première heure avouait dernièrement qu'au début il n'espérait pas plus\nde deux ans de vie pour ce jeune groupement....\nLa Société Bach a répondu aux sourires sceptiques non par des manifestes\nmais par des faits ; nous y répondrons nous-mêmes non par des considérations\ngénérales mais par son histoire même.\nIl s'agissait d'abord de trouver une salle qui possédât un orgue. Celle du\nConservatoire n'était plus, comme au temps de Berlioz, accessible aux jeunes\ntentatives ; on dut se rabattre sur la petite salle de l'Union, rue de Trévise*"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.60", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1238, "texte": "Il faillait se contenter d'un orchestre et\nde chœurs limités, on y exécuta sur-\ntout des œuvres instrumentales ; c'est\nainsi que furent joués intégralement les\nfameux Concertos B La\nsociété y fit aussi entendre les merveil-\nleuses cantates religieuses et les cantates\nprofanes moins connues : le \" Choix\nd'Hercule \", la \" Cantate du Café \", la\n\" Cantate Burlesque \", \" Nous avons un\nnouveau Gouverneur\", l'exquise '■'■ Cantate\ndu Printemps \".\nCe fut la période héroïque de la\nSociété et, dès cette époque, tout ce qui\na un nom parmi les virtuoses parisiens\nprêta son concours à cet effort artistique.\nCe furent Diémer, Casella, Lazare Lévy,\nCortot, Risler, Motte-Lacroix, Wanda\nLandowska, Blanche Selva, Mme Rey-\nGaufrès, Marguerite Long, H. Léon,\nDaniel Hermann, Debroux, Capet,\nThibaud, Enesco, Mme Albert Diot,\nMlle Madeleine Zipèlius ; les flûtistes\nGaubert, Hennebains, Blanquart ; les\norganistes Widor, Guilmant, Schweit-\nzer, Gigout, Vierne, Tournemire, Bon-\nnet, Dallier, Nadia Boulanger, etc.\nMais la Société étouffait dans cette\nsalle trop petite, aussi, lorsque fut\nconstruite la salle Gaveau, et que dès\nle 27 Novembre 1907 elle put donner\nune audition triomphale de la Passion\nselon St. Jean. On eut l'impression"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.61", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 1493, "texte": "qu'elle entrait dans une phase nouvelle. C'est alors que commença l'étude\net l'exécution des grandes œuvres de Bach : en 1908 le Magnificat ; en 1908-09\n1' Oratorio de Noël; 1909-10 la Messe en 1910-11 la\net enfin la série des grands Motets dont un premier (le n° III) fut donné en\nDécembre 1911.\nPendant toutes ces années de labeur et de succès, se perfectionnait un\nélément qui fait actuellement la principale valeur de la Société Bach : le\nChœur, formé de personnes de bonne volonté qui n'ont pas craint de consa-\ncrer de longs efforts à étudier toujours la même musique, car ils se rendaient\ncompte qu'elle est au contraire toujours nouvelle. La façon continue dont il\na peu à peu progressé semble\ndonner un démenti à ceux qui\nprétendent qu'il est impossible\nà Paris de faire un effort de\nlongue haleine et l'exécution du\ngrand Motet qui est considéré\ncomme l'œuvre la plus difficile\ndu maître, a été particulière-\nment remarquable.\nQuant aux récitatifs et aux\nairs, si émouvants et d'une\nbeauté si pure, ils furent con-\nfiés, soit à des solistes parisiens\ntels que Mmes Eleonore Blanc,\nMarcella Pregi, Mary Mayrand,\nMellot-Joubert, MM. Plamon-\ndon, Jean Reder, Engel, Frœh-\nlich, soit à des étrangers qui\ntinrent à honneur de s'associer\nà ces grandes manifestations\nmusicales, tels Mmes Lamprecht\nvon Lamen, Tilly Cambley-\nHenken, Altmann ; à MM. Geist,\nZalsmann, Baldzun et enfin à\nMlle Phillippi et à Georg Wal-\nter en qui semble revivre l'esprit\nmême de J. S. Bach."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.63", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 1116, "texte": "Telle est l'œuvre qu'a fondée et que dirige depuis huit ans Gustave Bret,\nnon seulement avec initiative, persévérance et profonde compétence musicale, mais\naussi avec érudition et la conscience avec laquelle il a étudié l'œuvre du maître\nde Leipzig, revenant aux éditions originales afin de jouer les œuvres intégra-\nlement, ne craignant pas de faire de fidèles et musicales traductions des textes\nquand celles qui existent étaient insuffisantes, s'attachant à retrouver les sono-\nrités mêmes que Bach obtenait avec des instruments devenus rares actuelle-\nment. Il a été aidé dans sa tâche par l'administrateur et l'interprète, par\nD. Hermann violoniste imprégné du style même de Bach qui a étudié lon-\nguemement en Allemagne; et par Albert Schweitzer, un des hommes les plus\ncomplets de notre époque, à la fois musicologue, organiste, interprète et savant\nauteur d'un livre sur J. S. Bach.\nLa Société Bach donnera une audition de la Passion le vendredi 25 mars a 9 heures,\nSalle Gaveau, avec le concours de Mmes Mayrand et Valnier, MM. Plamondon et Reder, et un chœur d'enfants.\n\nAndré F. Marty."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c050", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c050", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 59, "image_fin": 59, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.13.1", "titre_corps": "J. S. Bach se rendant a l'école St. Thomas", "titre_sommaire": "J. S. Bach se rendant a l'école St. Thomas", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.59", "debut_caractere": 1464, "fin_caractere_exclue": 1506, "texte": "J. S. Bach se rendant a l'école St. Thomas"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c051", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c051", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 60, "image_fin": 60, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.13.2", "titre_corps": "Un coin du Chœur", "titre_sommaire": "Un coin du Chœur", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.60", "debut_caractere": 1280, "fin_caractere_exclue": 1296, "texte": "Un coin du Chœur"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c052", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c052", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 60, "image_fin": 60, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.13.3", "titre_corps": "Un coin de l'Orchestre: Daniel Hermann", "titre_sommaire": "Un coin de l'Orchestre: Daniel Hermann", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.60", "debut_caractere": 1240, "fin_caractere_exclue": 1278, "texte": "Un coin de l'Orchestre:\nDaniel Hermann"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c053", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c053", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 61, "image_fin": 61, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.13.4", "titre_corps": "M. Gustave Bret", "titre_sommaire": "M. Gustave Bret", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.61", "debut_caractere": 1495, "fin_caractere_exclue": 1510, "texte": "M. Gustave Bret"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c054", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c054", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 62, "image_fin": 62, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.13.5", "titre_corps": "M. Albert Schweitzer", "titre_sommaire": "M. Albert Schweitzer", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.62", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 33, "texte": "M. Albert Schweitzer"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c056", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c056", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 64, "image_fin": 65, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.14", "titre_corps": "Société française des Amis de la Musique", "titre_sommaire": "Société française des Amis de la Musique", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.64", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1513, "texte": "Société française des Amis de la Musique\n\nLes Amis de la musique, dispersés encore durant l'automne, ont repris à Paris leurs\nquartiers d'hiver et retrouvé leurs réunions.\nEn attendant qu'ils puissent eux-mêmes recevoir, en leur propre home, ils ont\nobtenu la plus aimable et la plus somptueuse hospitalité dans les salons de /' Université\ndes Arts, au Théâtre Réjane, que M. Bloche a bien voulu leur ouvrir. Dans ce décor,\noù les tableaux de maîtres voisinent avec les meubles anciens, quatre cents \" Amis \" se\npressaient en janvier pour causer de musique et de mille autres choses, pour se connaître,\net discuter des intérêts de la Société. Le comte G. Chandon de Briailles, leur président,\nque sa santé avait empêché de suivre leurs travaux l'année dernière, avait tenu à assister\nà cette réunion brillante, où l'on put applaudir successivement M. Lazare Lèvy,\nM. Duclos, Mlle Rose Féart, de l'Opéra M. Daniel Hermann et Mlle Zipelius, enfin Mme Ariane\nHugon.\nQuelques jours après M. J. Rouché mettait généreusement la salle du Théâtre des Arts\nà la disposition des \" Amis \" pour qu'ils puissent y assister à la répétition générale du Ballet\nde \"Ma Mère VOye \" de Ravel. Ce spectacle exquis, encadré de Fantasio et des Dominos de\nCouper in, et dont on a lu dans le précédent numéro le compte-rendu autorisé, cette féerie réglée\npar Mme Hugard et dans un décor stylisé de Drésa, avait attiré de nombreux Amis vers le\ncoquet Théâtre des Arts, le seul peut-être de Paris, où l'on ose chercher des voies nouvelles."}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.65", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 764, "texte": "Les Amis de la musique n'oublieront pas cette charmante surprise, dont les dessins ci-contre\nleur rappelleront le souvenir agréable.\nEn février, les Amis, réunis en Conseil d'Administration, ont élu M. Georges Casella,\nsecrétaire-général, en remplacement de M. J. Ecorcheville, nommé vice-président.\nIls se sont de nouveau trouvés, le 29 de février, à la Salle de l'Université des Beaux-Arts,\npour y applaudir les œuvres de Ch. M. Widor, interprétées admirablement par Madame\nCharles Max, et accompagnées par le maître lui-même. Une fort jolie Suite pour piano et\nviolon de MM. Lattes, jouée par l'auteur et Mlle Hélène Morhange, remporta le plus vif\nsuccès. Les Amis de la Musique auront encore plusieurs réunions semblables d'ici la fin de la\nsaison."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c057", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c057", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 64, "image_fin": 64, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.14.1", "titre_corps": "La Belle dans “Ma Mère L'oye”", "titre_sommaire": "La Belle dans “Ma Mère L'oye”", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.64", "debut_caractere": 1515, "fin_caractere_exclue": 1544, "texte": "La Belle dans “Ma Mère L'oye”"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c058", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c058", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 64, "image_fin": 64, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.14.2", "titre_corps": "Négrillon dans “Ma Mère L'oye” Dessins de Drésa", "titre_sommaire": "Négrillon dans “Ma Mère L'oye” Dessins de Drésa", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.64", "debut_caractere": 1546, "fin_caractere_exclue": 1593, "texte": "Négrillon dans “Ma Mère L'oye”\nDessins de Drésa"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c059", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c059", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 64, "image_fin": 64, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.14.3", "titre_corps": "Florine dans “Ma Mère L'oye”", "titre_sommaire": "Florine dans “Ma Mère L'oye”", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.64", "debut_caractere": 1595, "fin_caractere_exclue": 1623, "texte": "Florine dans “Ma Mère L'oye”"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c061", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c061", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 66, "image_fin": 67, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.15", "titre_corps": "L'Ecole Niedermeyer qui pendant près de 60 années a joué un rôle si important dans", "titre_sommaire": "L'Ecole Niedermeyer qui pendant près de 60 années a joué un rôle si important dans", "signature_source": "Henry Prunières", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.66", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3387, "texte": "L'Ecole Niedermeyer qui pendant près de 60 années a joué un rôle si important dans\nl'histoire de la Musique française, cette école où se sont formés tant de compositeurs re-\nnommés, tant de musiciens raffinés et charmants, traverse en ce moment une crise des plus\ngraves. Un vote de la Chambre vient de lui supprimer les crédits grâce auxquels, chaque année,\nde nombreux jeunes gens sans fortune y étaient initiés au noble art de musique. Ce sont eux\nsurtout qu'atteint la décision inconsidérée et injuste de la Chambre.\nDepuis longtemps l'Ecole Niedermeyer était attaquée au Parlement. Prétextant le décret\nde fondation qui, en 1853> la nommait Ecole de Musique religieuse, des orateurs réclamaient à\nchaque budget la suppression des crédits qui lui étaient affectés. Par bonheur il s'était\ntrouvé jusqu'à ce jour un rapporteur ou un ministre pour mettre les choses au point, rappeler\nque l'Ecole ne formait pas seulement des organistes comme on le prétendait, qu'au surplus si\nl'orgue était suspect de cléricalisme il fallait bannir son enseignement du Conservatoire. Les\ndétracteurs de l'Ecole voyant que les franches attaques restaient sans effet eurent recours à un\nexpédient d'une loyauté douteuse, mais qui réussit parfaitement. Le 26 Janvier 1910\nM. Marcel Sembat réclama au nom de la loi de séparation des églises et de l'état, la suppres-\nsion de la subvention de 17500 fr. accordée à \" des maîtrises et écoles de plain-chant.\" Le\nMinistre promit de prendre cette demande en considération. Bien que le nom de l'Ecole\nNiedermeyer n'eût pas été prononcé au cours de ce débat ; bien qu'elle ne pût être assimilée\nni à une maîtrise, ni à une école de plain-chant; bien qu'elle fût une institution absolument\nlaïque, comptant parmi ses élèves nombre de protestants et d'israélites, le Directeur s'émut en\nconstatant que le chiffre du crédit indiqué était exactement celui qu'il touchait chaque année\nsous forme de bourses d'étude. Il se rendit au Ministère où on le rassura. Jamais il n'avait été\nquestion de supprimer la subvention, il n'avait point à s'inquiéter. Quelques mois plus tard,\naprès le vote du budget, il était avisé officiellement que l'Ecole Niedermeyer cesserait désormais\nde figurer sur la liste des écoles subventionnées par l'Etat. Il ne fut pas seul à être surpris.\nPlusieurs députés regrettaient leur vote et cherchèrent à sauver sinon l'Ecole, du moins le\nprincipe des bourses d'étude musicale en présentant un amendement qui fut accepté. Le crédit\nde 17500 fr. était maintenu, il continuerait à être converti en bourses de 500 fr. qui seraient\nréparties entre divers établissements d'enseignement. Mais on manquait d'argent pour calmer\nles réclamations tapageuses de sociétés chorales, grosses puissances électorales en sorte\nque le crédit de 17500 fr. fut détourné de sa véritable destination et s'en alla à des œuvres plus\nou moins intéressantes, pendant que les jeunes gens qui, grâce à la générosité de l'Etat avaient\npu commencer des études, se voyaient dans l'obligation cruelle de les interrompre. C'étaient\npour la plupart des fils d'humbles gens sans influence, leurs plaintes ne furent pas entendues.\nCe qu'a été jusqu'à ce jour l'Ecole Niedermeyer, en quoi elle ne fait point double emploi\navec les divers Conservatoires et Ecoles Nationales de Musique existant en France, c'est ce\nqu'a parfaitement montré M. Couyba dans son beau rapport de 1907."}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.67", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3902, "texte": "\" On ne saurait établir aucune analogie entre l'école de musique classique et le Conser-\nvatoire. Le Conservatoire est un externat ; il n'admet qu'une sélection d'élèves qui étudient à\nleur choix soit un instrument, soit la composition. L'école de musique classique est un\ninternat qui reçoit, sans leur faire passer aucun examen, des jeunes gens astreints à suivre tous\nles cours que comporte l'étude approfondie de l'art musical. L'école doit être considérée\ncomme une école normale dans laquelle les élèves font leurs humanités musicales ; elle forme\ndes artistes imbus de principes sérieux, qui vont, en province, répandre le goût de la musique\nclassique ; plusieurs de ses élèves sont directeurs ou professeurs dans les écoles départementales\nde musique.\nu Dans les conservatoires l'enseignement est gratuit, mais il est presque toujours indis-\npensable, pour arriver, de prendre des leçons particulières très coûteuses ; l'élève doit en outre\npourvoir à sa nourriture et à son logement. A l'Ecole de musique classique, l'élève étant interne\nest défrayé de tout, et comme il peut obtenir une bourse du gouvernement (36 bourses de\n500 francs chacune) et une subvention de son département, il arrive ainsi à n'avoir presque\nrien à débourser pour son éducation musicale.\nu L'école peut donc être considérée comme un établissement essentiellement démocra-\ntique, puisqu'elle est la seule, en France, qui permet à des jeunes gens sans fortune d'embrasser\nla carrière musicale.\nuEn outre, les élèves ont cet avantage, qui ne se trouve nulle part ailleurs, d'avoir la\npresque certitude d'obtenir par la direction de l'école une situation à la fin de leurs études.\nCombien d'élèves sortis du Conservatoire avec des diplômes, même le prix de Rome, ont été\nforcés d'abandonner la carrière musicale faute de situation pouvant les faire vivre ! \"\nAprès quoi M. Couyba s'élevait éloquemment contre ceux u qui semblent supposer que\nl'Ecole Niedermeyer est uniquement destinée à former des organistes, en donnant à ce dernier\nmot un sens clérical qui n'existe pas,\" et rappelait les noms des anciens élèves de l'Ecole qui\nse sont illustrés dans les genres les plus divers : Gabriel Fauré, Membre de l'lnstitut et\nDirecteur du Conservatoire. André Messager, Directeur de l'Opéra, compositeur d'opérettes\ncélèbres et chef d'orchestre de la Société du Conservatoire. Alexandre Georges, auteur\napplaudi de Miarka. Henri Biisser dont l'Opéra a monté le ballet la Ronde des Saisons. Claude\nTerrasse, le spirituel compositeur d'opérettes. Henry Expert, le grand érudit qui a su ressusciter\nles merveilles oubliées des Maîtres de la Renaissance Française. Citons encore MM. Boellmann,\nPerilhou, Gigout, Jacob qui se sont fait connaître par leurs œuvres symphoniques, les prix de\nRome, Lutz, Letorey, Le Boucher, les auteurs d'opérettes : Audran (qui fut le premier élève\nde l'Ecole), Missa, Victor Roger. Ce ne sont pas là exclusivement des organistes semble-t-il.\nEncore maintenant l'Ecole présente chaque année plusieurs élèves au concours du prix de\nRome. M. Le Boucher en est un vivant témoignage puisqu'il est encore en ce moment à la\nVilla Médicis.\nEnfin c'est à d'anciens élèves de l'Ecole Niedermeyer que l'on s'adresse de préférence\nlorsqu'on a besoin de directeurs ou de professeurs pour les Conservatoires et Ecoles de Musique\nde province. Quelle meilleure preuve donner de la forte culture musicale reçue à l'lnstitut\nNiedermeyer ?\nLaisser disparaître une Ecole qui depuis 60 ans a rendu de tels services à l'art serait un\ncrime. Il faut absolument la sauver. Qu'un vote de la Chambre fasse oublier le mal qu'un\nvote de la Chambre a causé ou bien tout simplement que le crédit de 175°o fr. reçoive sa\nvéritable destination et que l'Ecole Niedermeyer soit admise à partager les bourses d'étude\navec les autres écoles musicales qui en paraîtront dignes. Ce sera stricte justice.\n5\n\nHenry Prunières."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c063", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c063", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 68, "image_fin": 69, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.16", "titre_corps": "La Province", "titre_sommaire": "La Province", "signature_source": "Swift", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.68", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3580, "texte": "La Province\n\nA peine nous sortons des portes de Paris... et voici déjà la décentralisation qui commence.\nIl nous faut louer la noble initiative de MM. H. et J. Lary qui viennent de doter Levallois-\nPerret d'une salle de concerts. Le trio Kellert, Mme Hugot de Schutter, M. Josselin et le\npianiste E.R. Schmitz l'inaugurent pour la plus grande satisfaction des Levalloisiens. Un cou-\nrageux ecclésiastique, l'abbé Marais travaille activement à l'éducation artistique de Lizieux\noù deux cents exécutants viennent d'exécuter un oratorio de M. de la Tombelle, intitulé\n\" Crux avec le plus vif succès. La Schola Cantorum de l'Orne qui assurait cette exécution\ndonne des auditions à Alençon, visite Trilïl, fait retentir les échos de Falaise aussi bien\nque ceux d'Argentan, vole de Bagnoles à Séez et enchante les populations de Caen\naprès avoir émerveillé celles de Fiers, charmé celles de Vimoutiers, délecté celles de\nS 1 Pierre sur Dives et ravi celles de Condé-Sur-Noireau, Voilà un vaillant instru-\nment de décentralisation !\nM. Bodin révèle au public de Rennes la polyphonie vocale du XVIe siècle en faisant\napplaudir la Bataille de Marignan de Jannequin et le romantisme montmartrois en détaillant\nles Impressions d'ltalie de Gustave Charpentier. A Douai Enesco se fait applaudir à la fois\ncomme compositeur et comme prince de l'archet ; une société chorale \" Les Mélomanes\nDouaisiens \" compose d'intéressants programmes et les exécute à la satisfaction générale.\nAngers pleure en la personne de M. Louis de Romain qui vient de disparaître, un des\nfondateurs et des membres les plus actifs de son Association Artistique. Un service solennel a\nété célébré à la cathédrale; Rhené-Baton et Max d'Olonne y conduisirent la Marche Funèbre\ndu Crépuscule des Dieux, les Préludes de Parsifal et de Lohengrin. La Société Ste Cécile\nchanta un De profundis harmonisé et l'Ave Verum de Mozart. Les derniers concerts avaient\npermis d'applaudir Maurice Dumesnil, et Mme Renée Chemet et d'apprécier parmi les œuvres\nnouvelles Le Chant de la Destinée de Gabriel Dupont.\nRhené Bâton d'ailleurs se trouvait, aussitôt après, à Bordeaux où il donnait la Suite\nFrançaise de Roger Ducasse et où il accompagnait à Emil Sauer le Concerto en mi bémol de\nLiszt. Les Bordelais s'enorgueillissent, en outre, d'un orgue magnifique construit dans leur\nsalle Franklin et que Joseph Bonnet vient d'inaugurer avec sa virtuosité supérieure.\nA Nantes, Cortot et Vincent d'lndy fanatisent les habitués de l'Association des grands\nConcerts. Ils firent entendre les variations Symphoniques de Franck et la Symphonie sur un\nthème montagnard.\nGustave Bretet va jusqu'au Havre donner une exellente exécution de l'Oratorio de\nNoël avec le concours de Plamondon et d'Albert Schweitzer. Cent cinquante exécutants\nrivalisent d'ardeur : ils se montrent admirables d'entrain et de précision.\nA Lyon l'intéressante Société de musique ancienne fondée par M. Arthur Ticier et\ncomprenant Mlle Porte, MM. Amédée et Maurice Reuchsel remporte un gros succès en révé-\nlant des pages exquises de Couperin, Roland Marais, Carissimi, Ariosti et Lœillet.\nOn déplore à Pau le malencontreux accident qui immobilise l'excellent chef d'orchestre\nBrunei mais on fête son remplaçant M. Crocé-Spinelli, directeur du Conservatoire de Toulouse\nqui continue les bonnes traditions des concerts symphoniques. Et Bayonne ne se lasse pas\nd'applaudir la Société Charles Bordes que Mme Ducourau et M. de Castera conduisent àla\nvictoire et où Mlle 9 Genty, Gontaut et Yribarren se font chaleureusement applaudir dans\nl'Esther de J. B. Moreau."}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.69", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 768, "texte": "Cependant Avignon vient de se signaler par une tentative éclatante et couronnée d'un\nplein succès. Son théâtre vient en effet de créer \" Maguelonne et le Roi René drame lyrique\nen trois actes dont les paroles et la musique sont dues à la plume élégante d'Henri de Saussine.\nCette œuvre qui toucha profondément l'âme régionaliste de ce public vibrant a été accueillie\navec un enthousiasme délirant. L'auteur n'oubliera jamais les ovations qui le remercièrent à la\nfin de la représentation. Très bien montée avec des chœurs solides, des costumes et des décors\nsomptueux cette partition fraîche et colorée marquera une date dans l'histoire du théâtre\nméridional. \" Encore une, constatait Tartarin avec orgueil, que les gensses-du-Nord n'auront\npas ! \"\n\nSwift."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c064", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c064", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 69, "image_fin": 72, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.17", "titre_corps": "Belgique", "titre_sommaire": "Belgique", "signature_source": "Dr Dwelshauwers", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.69", "debut_caractere": 770, "fin_caractere_exclue": 4005, "texte": "Belgique\n\n'\nAu dernier concert populaire, nous avons entendu la Symphonie que Paul Gilson\ncomposa pour l'Exposition 19x0, où elle ne fut pas exécutée, on s'en souvient, en raison de\ndifférents matériels. Comme toutes' les œuvres du puissant orchestrateur, la Symphonie\nInaugurale est d'une richesse somptueuse. Les thèmes en sont empruntés au Folklore flamand ;\nGilson travaille à la façon des haut-lissiers, tramant en fils de pourpre et d'or d'éclatantes\nfêtes sonores. Cortège exubérant, joyeux, la vie chante dans ses visions de soleil. Cet art\nd'opulence, de plénitude et de force nous évoque les Maîtres de la peinture flamande : les\nJordaens et les Teniers des kermesses et des festins. Mais il faut le plein air à telles réalisa-\ntions : l'atmosphère du théâtre convient mal à leur ampleur.\nAu même concert, Mlle Suzanne Godenne a remporté un légitime succès dans des\npièces pour piano de Liszt. Elle possède une technique remarquable, au service d'un\ntempérament puissant, d'une sensibilité très cultivée. Il est rare qu'une femme interprète avec\nautant de caractère et de compréhension des œuvres de large inspiration et de robuste écriture.\nMlle Godenne est certainement l'une de nos meilleures virtuoses ; c'est aussi une artiste,\nce qui vaut mieux.\nLe quatrième concert Ysaye fut dirigé par Fritz Steinbach, calme, énergique, et\nsans pose. L'orchestre manquait un peu d'enthousiasme, et surtout de préparation, (le nombre\nde répétitions est toujours insuffisant). Au programme, l'ouverture en ré majeur de Bach, grave,\nsolennelle, l'aria, somptueusement religieux. La symphonie n° 3 en mi bémol de Haydn :\nvieillotte, légère, vivante, à fleur de peau. L'ouverture d'Eléonore de Beethoven fut exécutée\nde façon banale par l'orchestre. Gavotte de Mozart, Menuet de Bramhs, ballet Rosemonde de\nSchubert, sont trois petites choses exquises de délicatesse, de fraîcheur et de charme. Enfin,\nMort et Transfiguration de Strauss, musique impétueuse, violente, éclatante, émouvante,\nl'exécution manquait de fougue. Trop de printemps, au dehors, ce dimanche...\n\n1 Tandis que nos écrivains sont à l'honneur sur les scènes dramatiques pièces primées aux concours\ndu Soir et de la Grande Hai~monie ; les Liens, l'admirable drame de G. Van Zype, au Parc quatre œuvres\nlyriques de musiciens belges triomphent : R/iena de Van den Eeden, le ballet 7 Zarka de Jongen, à la\nMonnaie ; Edenia de Camille Lemonnier et L. Dubois, à l'Opéra flamand d'Anvers ; la Bacchante de Delcroix,\nà Gand. L'événement a trop d'importance pour que nous lui réservions un compte-rendu ordinaire. Nous\npublierons le mois prochain un article spécialement consacré à ces ouvrages. Et en même temps, nous com-\nmencerons une Enquête sur le Théâtre lyrique musical belge. Au moment où le Gouvernement vient d'instituer\nune Commission en vue du développement et de l'encouragement de la Littérature dramatique d'expression\nfrançaise, nous pensons qu'il est utile d'attirer l'attention sur le théâtre musical. Les musiciens sont dans la\nmême situation sinon plus précaire que les littérateurs ; ils ont aussi des titres, des oeuvres, de légitimes\nrevendications, un idéal à faire valoir. Nous nous adresserons aux intéressés et publierons leurs avis dans S. I. M.\nR. L"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.70", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4210, "texte": "Le récital de piano donné Salle Erard par M. Louis Lavoye, professeur au Conser-\nvatoire de Liège, fut un régal. Au programme : des pages de Bach, Beethoven, Franck,\nChopin, Debussy, Ravel, de Séverac, Chabrier. M. Lavoye joue en artiste et en poète, de\ntoute son âme, de toute sa ferveur. Il vainc les difficultés pianistiques très simplement,\nn'ayant qu'un but, l'interprétation du caractère, de la beauté pure, intérieure et subtile des\nœuvres choisies. Nous l'avons admiré surtout dans Préludé, Aria et Final, de C. Franck, et les\ncompositions si délicates, fluidiques et lumineuses de Debussy, Ravel, de Séverac. M. Lavoye\nles ressent, ces musiques chatoyantes et vibrantes, avec une sensibilité bien moderne, bien nôtre.\nLe premier concert de la Société Nationale des Compositeurs belges a trouvé un\ntrès grand succès. La Salle de la Grande Harmonie était archi-comble, au point que plus de\n150 personnes durent rester debout dans le fond et sur les côtés faute de sièges. Cette\naffluence, qui témoigna d'un enthousiasme chaleureux à l'égard de nos compositeurs\nnationaux, est symptômatique d'une attention réconfortante, enfin. Après la littérature, la\nmusique belge réussira-t-elle à détruire les préventions du public jusqu'à ce jour trop\ninsoucieux des manifestations autochtones ? Nous pouvons le croire et nous en réjouir.\nA ce concert, MM. C. Hénusse, M. Crickboom, Brosa, Jadot et Lyon exécutèrent avec\nensemble un quintette (en la mineur) pour piano, deux violons, alto et violoncelle de Jos.\nRyelandt. Cette œuvre, purement écrite, est d'inspiration religieuse, et de sentiment délicat.\nXJ adagio fait surtout songer à un offertoire sereinement phrasé par l'orgue, dans le style\nconsacré. Mais le procédé a vieilli ; l'impression monotone convient sans doute à l'Eglise ;\nelle ne laissa point de fatiguer un peu l'auditeur des concerts, qui réclame des frissons\nnouveaux et vivants. Deux Paysages de Paul Gilson suivaient. I. Lento. 11. Andante\nRubato. Ces pages nous paraissent dater de l'inspiration des Préludes, Etudes rythmiques,\nPetites suites. La couleur en est singulièrement impressionnante. Le pianiste Henusse joua\nces pièces fort difficiles avec toute la conscience, et la compréhension d'artiste qu'on lui\nconnaît. Il en fît valoir les intentions profondes, le dessin compliqué, l'impression vision-\nnaire, étrange, aggravée d'ombre et d'hallucination. Ces Paysages évoquent des décors\nnocturnes et douloureux, fantastiques et angoissants. L'émotion est intérieure, condensée,\npoignante. Musicalement ils accusent un caractère de personnalité vigoureuse, et portent la\ngriffe du Maître. Certes, Paul Gilson a donné de vastes fresques, aspects plus puissants,\nplus décoratifs, plus extérieurs aussi, de son génie ; mais il a peut-être traduit, en ces\n\" petites\" œuvres, des moments plus vrais de son âme. Le Nocturne de C. Franck est trop\nconnu, pour que nous y arrêtions. Automne et Charmante rose d'Edgar Tinel, chantés fort bien\npar Mme Emma Ringel, sont d'agréables mélodies. Prélude, Fugue et Variation pour harmonium\net piano, de C. Franck, dans l'atmosphère de sérénité et de divine harmonie de la Sonate pour\nviolon et piano, furent admirablement interprétés par MMnies Tiny Béon organiste au\ntoucher sensible, délicat, au jeu lié, caressant les nuances et Renée Crickboom, pianiste\nbien douée. Cette dernière fut partenaire de son mari, le maître violoniste Mathieu Crickboom\ndans l'exécution de sa Sonate op. 11, œuvre d'inspiration large, franche, où l'unité, la distinc-\ntion de la forme s'allient avec la sûreté des développements. Cette page est pleine d'intensité,\nde fougue et de vie. Egalement bien écrite pour les deux instruments, la Sonate de M. Crick-\nboom peut s'inscrire, à côté de celles de J. Lekeu, et V. Vreuls, au nombre des meilleures\nqu'ait produites notre génération musicale wallonne moderne.\nSignalons encore parmi les innombrables séances auxquelles on nous convie en cette\npériode les matinées du Cercle artistique avec MM. Bosquet, Chaumont, Jongen, Jourdain,\nMorisseaux, Rogister et Dambois. La Fête de la Dentelle où la cantate de M. Ch. Mêlant,\nexécutée en la présence et en l'honneur de S. M. la Reine, trouva un énorme succès la"}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.71", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3627, "texte": "troisième séance d'art si pur du quatuor Capet la première séance d'orgue (les\nmaîtres des XVIe, XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles) de J. Jongen. Sont annoncés :le\nquatrième concert classique avec le concours de Mlle Godenne, les récital Misha Elman, Gladys\nMayne, Germaine Lievens, les concerts Sarata, Lazaro Uzielly, Henri Verbrugghen, Scola\nMusicae, etc...\nBIBLIOGRAPHIE. Mathieu Grickboom : Sonate op. 11 pour violon et piano, éditée\nchez Schott frères, rue Coudenberg à Bruxelles. Lucien Mawet : Pièce pittoresque pour\npiano et hautbois, curieuse et intéressante, quoique d'une écriture jeune, annonçant déjà\n(en 1895) les qualités de finesse et d'originalité du délicieux mélodiste. \"Joseph Lefebure :\nsonates op. 12. et 14. pour violon et piano, non dénuées de qualités sérieuses, de mouvement,\nde caractère. Charles Mêlant : Adaptation mélodique sur un émouvant encore que très\n\" hugotien \" poème de Jean de Bère, des plus réussies du fécond musicien.\nR. L.\nANVERS. Exécution de la Matthaus-Passion. A l'occasion de son dixième\naniversaire, la Société des Concerts de Musique Sacrée exécutera le 24 mars prochain, à\n21/2 heures de relevée, en la grande salle de l'Harmonie, la Matthaus-Passion de Bach.\nSont engagés comme solistes : Mmes Cahnbley-Hinken et Philippi, Mrs P. Schmedes et\nVan Oort. La version du temps de Bach sera entièrement conservée. Les récitatifs de\nl'évangéliste seront accompagnés au clavecin. M. Ontrop, l'âme des superbes exécutions qui\nvalent à la société son grand renom artistique, dirigera un double chœur de plus de 300\nchanteurs. Tout fait prévoir une affiuence aussi considérable que celle enregistrée en décembre\ndernier, à l'exécution triomphale de Franciscus de Tinel.\nr\nLIEGE. M. Jules Debefve, qui a fait connaître à Liège le compositeur finlandais\nJean Sibelius, continua cette campagne de vulgarisation artistique en chargeant le superbe\nvioloniste von Vecsey d'exécuter son concerto op. 47 en re. Le succès fut grand pour\nl'instrumentiste, en possession d'une technique merveilleuse et restant très musicien malgré sa\nvirtuosité. Il a joué en maître cette œuvre âpre, constamment mineure, aux couleurs foncées,\noù la saveur d'un exotisme nordique, d'un chant populaire profond et impressionnant,\ndramatique souvent, impose sa liberté rhapsodique à la forme concertante traditionnelle. La\nbelle symphonie de Goetz fut aussi applaudie à ce concert, où l'on fit moins d'accueil au\nbanal Divertissement russe de Rabaud, tandis que Aux Etoiles de Duparc charma par sa forme\nde rêverie, en sourdine, vague, prenante parfois et toujours euphonique.\nLes œuvres de M. Victor Bufïïn, exécutées à l'Œuvre des Artistes par M. Emile\nChaumont, violoniste, sa sœur Thérèse, pianiste, et Mlle Rollet, cantatrice, avaient attiré un\nnombreux public, très adrniratif. Les mélodies sont souvent un peu courtes et finissent trop\nbrusquement, en surprise ; certaines d'entre elles sont pourtant d'un caractère fort distingué,\ndoué d'une rare fraîcheur, telle Au long des sables clairs ou bien sont extrêmement vocales,\ncomme Parfois lorsque tout dort. Le poème pour violon et piano, d'une belle simplicité, très\nsincère, distingué et charmeur, m'a paru supérieur à la Sonate, dans laquelle on désirerait une\nconstruction plus solide.\nLe quatuor Charlier s'est distingué dans l'exécution de trois œuvres modernes bien\ndifférentes : de Karl Oberstadt, de Heinrich Zôllner et de Waldeman Pahnke. La première\nest jolie et un peu banale, la dernière, finement ouvrée et travaillée dans l'esprit des français\nactuels. Quant au quatuor à programme op. 91. de Zôllner, il est de proportions imposantes"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.72", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 718, "texte": "et force l'admiration. C'est une œuvre dont la forme vaut le fond et qui peut être classée\nparmi les meilleures de la production des vingt-cinq dernières années.\nCitons encore, aux concerts Dumont-Lamarche, la séance donnée par le Decem de\nParis, qui eut grand succès, puis le récital du pianiste Louis Closson, liégeois, élève de Busoni\net que sa technique éblouissante classe dans les tout premiers rangs des instrumentistes.\nLe deuxième concert de la Société Bach a fait entendre deux œuvres inconnues ici : la\ncantate Non sa che sia dolore et le Défi de Phébus et de Pan ; je ne peux m'étendre sur l'intérêt\net le succès qu'elles suscitèrent, étant chef d'orchestre de cette société.\n\nDr Dwelshauwers."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c065", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c065", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 72, "image_fin": 75, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.18", "titre_corps": "Etranger", "titre_sommaire": "Etranger", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.72", "debut_caractere": 720, "fin_caractere_exclue": 3226, "texte": "Etranger\n\nLA FLUTE ENCHANTÉE A CAMBRIDGE\nC'est à Cambridge qu'il nous faut aller pour entendre la Flûte Enchantée puisqu'il est admis\nque les difficultés vocales de cet opéra empêchent les directeurs d'inscrire à leurs programmes\nune œuvre qui devrait être au répertoire de tout opéra. Nous avons eu la preuve à Cambridge\nque la Flûte Enchantée peut être représentée sur un petit théâtre, sans aucun luxe de mise\nen scène, et chantée par dés artistes ordinaires de la façon la plus satisfaisante du monde.\nLe grand succès de ces représentations fut pour Mozart, pour Mr Edward Dent qui\nprépara du livret une traduction exacte, charmante, naïve et absurde et qui sut conserver les\nplaisanteries comme l'accent tonique de l'original, et pour Mr Clive Carey, chanteur exquis,\nPapageno amusant et metteur en scène habile. Mr J. S. Wilson, Mrs Fletcher et Miss Hopper\nse partagèrent le reste des applaudissements.\nMais la mise en scène mérite une mention spéciale. Etant données les dimensions exiguës\nde la scène, il ne fallait pas songer à réaliser la féerie qu'est la Flûte Enchantée. Les organisa-\nteurs décidèrent d'avoir un seul décor, noble et simple : un temple élevé à mi-hauteur de la\nscène sur une terrasse. Les marches conduisant aux portes permirent des processions impression-\nnantes et d'heureux groupements de foule ; et une porte basse par où pénétrèrent Tamino et\nPamina suggéra les horreurs d'invisibles épreuves. Un rideau cachant entièrement le décor\nservit en outre à donner de temps à autre l'illusion de jardins, de chambres, de palais ; en\nsomme une interprétation scénique d'une simplicité voulue tout à fait remarquable, d'une\natmosphère étonnante évitant les détails toujours ridicules de décors peints, les effets grossiers\net ne trompant personne, d'une mise en scène soi-disant luxueuse, laissant à l'imagination des\nspectateurs le soin de compléter le paysage, une impression en somme, plutôt qu'un cadre, la\nFlûte Enchantée dans un décor qu'on aurait dit de Ballet Russe.\nCes représentations, le soin avec lequel elles avaient été préparées, l'enthousiasme des chan-\nteurs et des spectateurs, le souci artistique se manifestant jusque dans les plus petits détails\ndu programme, la traduction de Mr E. Dent, mériteraient un long compte-rendu. Réjouis-\nsons-nous donc du beau succès de la Flûte Enchantée à Cambridge et ne craignons pas de dire\nque ce fut là un événement de la plus haute importance artistique dont d'ailleurs tous les\njournaux de Londres s'émurent à juste titre."}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.74", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 4026, "texte": "Non content de donner ses soins à la traduction de la Flûte Enchantée, Mr Dent qui\nprépare actuellement sur Mozart un ouvrage qui aura l'étendue et certainement la valeur du\nScarlatti que nous devons déjà à ce musicographe distingué vient de faire paraître une\nbrochure explicative des plus intéressantes contenant outre des détails historiques et anecdotiques\ncurieux, une revue des changements que subit le livret au cours des représentations depuis\nl'époque de Schikaneder jusqu'à nos jours, et des diverses interprétations de l'œuvre de Mozart.\n\" Considérer le livret, superficiellement, tel qu'il est en tant que livret, c'est justifier les\ncritiques absurdes auxquelles a donné naissance cette œuvre. D'autre part, une explication\nhistorique ne nous satisfait guère : ni Maria-Thérésa ni Joseph II ne nous intéressent aujour-\nd'hui non plus que les intrigues et les discussions des Jésuites et des Francs-Maçons. Il nous\nfaut arriver à une interprétation fondamentale, essentielle et qui explique l'éternelle valeur et\nla vitalité de cette œuvre, au risque de négliger certains détails qui eurent jadis leur importance...\nTamino et Pamina sont des personnages idéals qui vivent leur vie dans l'espace de quelques\nmesures de musique, symbolisant nos luttes, nos espérances et nos victoires... Les épreuves\nqu'ils subissent les mûrissent et les rendent plus dignes l'un de l'autre... C'est ce développement\npsychologique des caractères qui fait de la Flûte Enchantée une œuvre à part et d'une valeur plus\ngrande, comparable aux drames lyriques Wagnériens ; quoiqu'elle commence comme un opéra\nordinaire, elle prend une allure nouvelle; là nous n'avons ni scènes d'amour, ni trahisons ;\naucune de ces passions chères aux héros d'opéras habituels ; Tamino et Pamina, personnages à\nla fois symboliques et réels, se développent d'une façon logique et inévitable, acceptant leur\nmutuel amour comme un fait certain et accompli : ils sont si sincères, si exempts de\ncoquetteries et de jalousies qu'il leur est pour ainsi dire impossible d'avoir une \" scène d'amour \"\nà la façon traditionnelle... \"\nOn voit par ces quelques citations quelle sera la conclusion à laquelle arrivera Mr E. Dent\nau sujet de la Flûte Enchantée.On trouvera aussi dans cette brochure des théories nouvelles, une\ndocumentation remarquable, des citations nombreuses et des rapprochements ingénieux entre\nles différentes œuvres de Mozart jugées à l'aide de sa sensibilité, de ses convictions religieuses\net de l'étude des conditions sociales au milieu desquelles il vécut en somme une critique des\nplus intéressantes et à laquelle ces quelques lignes rendent fort mal justice ainsi d'ailleurs qu'aux\nreprésentations de la Flûte Enchantée à Cambridge.\nX. M. BOULESTIN.\nBARCELONE. Théâtre du Liceo: Opéra en un acte et deux tableaux.\nPoème d'Angel Guimerà, musique d'Eurie Morera. Représentée pour la première fois, à\nBarcelone, la nuit du 17 janvier 1912.\nIl est évident que Morera n'a pas prétendu faire, avec une œuvre transcendante.\nL'idée qu'il s'est formée, en l'écrivant, a été plutôt, il nous semble, de faire, tout bonnement,\nune production très simple, très claire et volontiers Sa première erreur a été donc,\nsans doute (et l'on nous permettra, il faut le croire, que nous nous exprimions en toute fran-\nchise), de la donner au Liceo. Dans ce cadre très vaste trop vaste, de notre grand théâtre,\nl'œuvre a paru déplacée. Telle qu'on l'avait annoncée, on s'attendait à entendre quelque chose\nd'importance une œuvre ferme, riche, de longue haleine, et l'on s'apprêtait, mais oui, à\nbien applaudir et à s'incliner même, très bas, devant l'œuvre nouvelle. Mais voici qu'on s'est\ntrouvé, tout à coup, non sans surprise, devant une... oserai-je le dire, devant une sorte\nd'œuvrette... Un sonnet, nous le savons, peut bien valoir un long poème... Tel n'est pas le cas.\nIl est évident, néanmoins, que dans un autre milieu et annoncée comme elle aurait dû l'être,\nnon pas comme un opéra ou comme un drame musical car elle a été annoncée sous ces"}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.75", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1225, "texte": "deux formes, mais, plutôt, comme une Z arzuel et si elle ne l'est pas elle pourrait\nfacilement le devenir, il est évident, disons-nous, que dans ce cas elle eût été mieux reçue...\nC'est sous cet aspect qu'il faut la juger.\nF. LLINRAT.\nMONTE-CARLO. Le théâtre de Monte-Carlo vient de reprendre avec le plus\ngrand succès le Barbier de S évillede Rossini. Cette œuvre qui semblait tombée dans l'oubli a\nreçu du public un accueil enthousiaste. Il est vrai que M. Gunsbourg avait su assurer à cette\nreprise une distribution hors ligne et telle qu'aucun théâtre européen ne saurait en donner de\nmeilleure. Il faut citer tout d'abord Chaliapine (Basile) et Tita Ruffo (Figaro) ; puis\nMM. Chalmin et Polverai. Mme de Hidalgo est une Rosine pleine de jeunesse, de charme et\nqui vocalise à merveille ; Mme Mary Gérard sait donner au rôle trop souvent sacrifié de Berta\nl'importance qu'il mérite. On ne saurait donc s'étonner que la partition de Rossini ait retrouvé\nsa séduction et son charme d'autrefois. Cette soirée fut une vraie soirée d'enthousiasme.\nSTANISLAS RZEWUSKI.\nNOTE. L'abondance des matières nous force à remettre au plus prochain numéro l'insertion des\ncorrespondances d'Allemagne, de Russie et d'Amérique."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c066", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c066", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 73, "image_fin": 73, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.18.1", "titre_corps": "Une représentation de la Flute Enchantée a Cambridge", "titre_sommaire": "Une représentation de la Flute Enchantée a Cambridge", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.73", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 52, "texte": "Une représentation de la Flute Enchantée a Cambridge"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c067", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c067", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 75, "image_fin": 75, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.19", "titre_corps": "Piano ou clavecin?", "titre_sommaire": "Piano ou clavecin?", "signature_source": "Wanda Landowska", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.75", "debut_caractere": 1227, "fin_caractere_exclue": 2780, "texte": "Piano ou clavecin?\nWanda Landowska.\nNous recevons de notre collègue Mme Wanda Landowska, qui en ce moment révèle Purcell et Cou-\nperin aux Kirghizes des steppes russes la lettre qui suit. Elle répond à l'article publié par notre autre collègue\nM. Joachim Nin dans notre numéro de décembre.\nMon ami Joachim Nin a choisi un mauvais moment pour des discussions : je suis en\nvoyage et surchargée de travail. D'ailleurs tous ses arguments ont été déjà servis par\nM. Buchmeyer et répétés par le Dr Cari Nef dans cette fameuse polémique qui a duré plus\nde quatre ans. Que mon ami Joachim Nin veuille donc bien se mettre au courant et, qui sait,\npeut-être nous apportera-t-il des raisons nouvelles.\nQuant au tournoi d'Eisenach cette idée est due au désir très légitime des prof.\nKretzschmar, Seiffert, Schneider, Heuss et autres musicographes et des membres de la\nBachgesellschaft. Voyant la polémique épuisée au point de vue théorique, ils voulaient se rendre\ncompte de l'effet, que produirait sur le public le même morceau exécuté successivement sur\nles deux instruments. De tels expériences ne peuvent qu'intéresser tout musicien sérieux.\nJoachim Nin trouve ce premier essai insuffisant parce que \" l'on s'est contenté de baser\n\" un jugement, que l'on prétend définitif, sur l'exécution de deux œuvres de Bach, alors qu'il\n\" en eût fallu douze au minimum autant, de Couperin, quelques-unes de Rameau, de Haendel et\n\" six au moins de Scarlatti. \" La dose lui paraît donc insuffisante. Qu'il la triple ou centuple\nà volonté.\nToujours à la disposicion d'ousted."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c068", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c068", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "couv. 2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.20", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1213, "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇAISE T>ES\nAMIS T>E LA MUSIQUE\nCOMITE D'HONNEUR\nM. le Président d\nM. le Ministre de V Instruction\nM. le Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts.\nM. Gabriel FAURE, Dir\nM. Henry M ancien Directeur des Beaux-Arts,\nde la Bibliothèque\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nPRÉSIDENT\nM. LE COMTE GASTON CHANDON DE\nBRIAILLES.\nVICE-PRESIDENTS\nM . LE PRINCE A. D'ARÉNBERG, de rlnstitut.\nM. LOUIS BARTHOU, ancien garde\ndes sceaux.\nM. GUSTAVE BERLY, banquier.\nM. J. ECORCHEVILLE,\nTRÉSORIER\nM. LÉO SACHS,\nSECRÉTAIRE DU CONSEIL\nM. J. PASQUIER.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL : M. GEORGES CASELLA.\nMEMBRES DU CONSEIL\nMME ALEXANDRE ANDRÉ.\nM 1 LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, di\nraire au ministère des finances.\nM. LÉON BOURGEOIS,\nministre.\nÎS -\nM. GUSTAVE BRET.\nM. GUSTAVE CAHEN.\nMME MICHEL EPHRUSSI.\nMME LA COMTESSE GÉRARD DE GANAY\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE.\nMME DANIEL HERMANN.\n| MME HENRY HOTTINGUER.\n' MME GEORGES KINEN.\nMME LA COMTESSE PAUL DE PoURTALÉS.\nM. F. PRÈGRE.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND.\nM. ALEXIS ROSTAND, Président du Conseil\nd\" Administration\nd'Escompte de Paris.\nM. Louis SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nM. JACQUES STERN.\nMME TERNAUX-COMPANS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c069", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c069", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 42, "image_fin": 42, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.21", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.42", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1433, "texte": "I. —LE JEUDI 18 AVRIL 1912, à 9 heures du soir\nAVEC LE CONCOURS DE\nMM. GEORGES ENESCO et JEAN REDER, Mesdames M. DE WIENIAWSKA\net MARIA FREUND\nDES CHŒURS DE L'ÉCOLE DE CHANT\nCHORAL (FONDATION D'ESTOURNELLES DE CONSTANT).\nA) Ouverture des u Maîtres Chanteurs \" . WAGNER\nB) Concerto pour violon (en mi) BACH\nc) Symphonie n° 9 (avec chœur) BEETHOVEN\nChœurs et orchestre : 600 exécutants.\n11. LE JEUDI 25 AVRIL 1912, à 9 heures du soir\nAVEC LE CONCOURS DE M. PABLO CASALS\nHAYDN MOZART BEETHOVEN\nA) Symphonie en mi bémol (n° 39) MOZART\nB) Concerto pour violoncelle HAYDN\nc) Ouverture de \" Léonore \" (n° 3) BEETHOVEN\nD) Symphonie héroïque (n° 3) ~\n111. LE JEUDI 2 MAI 1912, à 9 heures du soir\nAVEC LE CONCOURS DE M. LOUIS DIÉMER\nHAYDN MOZART BEETHOVEN\nA) Symphonie en ré HAYDN\nB) Concerto pour piano (en ré mineur) MOZART\nc) Ouverture d'u Egmont \" BEETHOVEN\nD) Symphonie en ut mineur (n° 5) „\nIV. LE JEUDI 9 MAI 1912, à 9 heures du soir\nAVEC LE CONCOURS DE M. R. PLAMONDON\nBEETHOVEN PREMIERS ROMANTIQUES\nA) Ouverture du \" Freischùtz \" WEBER\nB) Symphonie inachevée SCHUBERT\nC) Deux marches (instrumentées par Casella) ...... ~\nD) \" A la bien-aimée absente \" (cycle de lieder) BEETHOVEN\nE) Symphonie n° 7 ~\nV. LE JEUDI 16 MAI (Ascension) à 9 heures du soir\nAVEC LE CONÇOURS DE M. CORTOT\nÉCOLE ROMANTIQUE\nA) Ouverture de la \" Grotte de Fingal \" MENDELSSOHN\nB) Concerto pour piano SCHUMANN\nc) Symphonie fantastique BERLIOZ\nD) \" Mazeppa \" LISZT"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c070", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c070", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 43, "image_fin": 43, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.22", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.43", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1811, "texte": "M\nAdministration des Concerts DANDELOT\nPlaces à 1,2, 2.50, 3 et 4 francs\nVI. LE JEUDI 23 MAI 1912, à 9 heures du soir\nAVEC LE CONCOURS DE MADAME FELIA LITVINNE\nBRAMHS WAGNER\nA) Symphonie en ut mineur (n° I) BRAMS\nB) I. Prélude du IR acte de u Tristan et Yseult \" WAGNER\n2. Mort d'Yseult\nc) Les murmures de la forêt (de \" Siegfried \") . .\nD) i. Marche funèbre du u Cré scule des Dieux\"\n2. Scene finale\nVII. LE JEUDI 30 MAI 1912, à 9 heures du soir\nAVEC LE CONCOURS DE MM. V. D'INDY, RISLER ET J. BONNET\nLA SYMPHONIE MODERNE FRANÇAISE\nV O I R FRANCK\nA) Symphonie en re mineur .'**.* y n)TMriV\nB) Symphonie sur un chant montagnard français (avec piano)\nsous la direction de Vauteur oAWVro\nV O 1 • N / W \\ . SAINT-SAENS\nc) Symphonie n° 3 (avec orgue) • • *\nVIII. LE JEUDI 6 JUIN 1912, à 9 heures du soir\nAVEC LE CONCOURS DE M. JACQUES THIBAUD\nÉCOLE MODERNE FRANÇAISE\nA) \" L'Arlésienne \" (i° suite)\nB) Entr'acte de u Messidor . . .\nc) u L'apprenti sorcier\nD) Pavane (avec chœurs) . . . . •\nE) Symphonie espagnole pour violon\nF) Prélude à l'Après-midi d'un faune\nG) Ouverture de Gwendoline\nBIZET\nBRUNEAU\nDUKAS\nFAURÉ\nLALO\nDEBUSSY\nCHABRIER\nXX LE JEUDI 13, JUIN 1912, à 9 heures du soir\nÉCOLE MODERNE ETRANGERE\n. I l\\ T~\\\nA) Introduction et cortège nuptial (de l'opéra \" le Coq dor ).\nB) Symphonie n° 4 (avec soprano solo)\nc) u Till Eulenspiegel\nD) Deux rapsodies roumaines • •\nsous la direction de l auteur\nRIMSKY-KORSAKOW\nG. MAHLER\nR. STRAUSS\nG. ENESCO\nX. LE JEUDI 20 JUIN 1912, à 9 heures du soir\nAVEC LE CONCOURS DE M. RAOUL PUGNO\nÉCOLE MODERNE FRANÇAISE\nA) Hymne à la justice\nB) Concerto pour piano en ut mineur .\nc) Suite française\nD) Variations symphoniques (pour piano)\nE) Rapsodie Viennoise.\nMAGNARD\nSAINT-SAENS\nROGER DUCASSE\nFRANCK\nFL. SCHMITT\nORCHESTRE DE 80 A 100 EXÉCUTANTS\nChef d'Orchestre : ALFRED CASELLA"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c071", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c071", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 65, "image_fin": 65, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.23", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.65", "debut_caractere": 766, "fin_caractere_exclue": 2007, "texte": "2e Concert de l'A. M. M. A.\nAssociation Musicale Mondaine et Artistique\nFONDÉE ET DIRIGÉE PAR M. E. R. SCHMITZ\nSALLE MALAKOFF \\A A T\\l 1G %Â ABC 1Q t O àBh. | précises du soir\n56bis, Avenue MalaKoff IV O *716 Ouv. des portes àBh. i\n* £ PROGRAMME\n1. Quintette Piano et Cordes BRAHMS\nAllegro non troppo Andante un poco adagio.\nScherzo Final poco sostenuto.\nMM. E. R. Schmitz, Bilewski, Belianger, De Renaucourt. L. Bloch.\n2. A) Madrigal G. FAURÉ\nB) Chanson du Bois d'Amour (a capella) J. PILLOIS\nc) Dieu qu'il a fait bon regarder (a capella) pour Quatuor vocal . . . C. DEBUSSY\nMmes Agnès Jacob, Thérèse Jeanès, MM. A. Bourdeaux, P. Coudray.\n3. Quatuor Piano et Cordes CHAUSSON\nAnimé Très calme Simple et sans hâte Final animé.\nMM. E. R. Schmitz, Bilewski, De Renaucourt, L. Bloch.\n4. Chansons à 4 voix F. SCHMITT\nMmes Agnès Jacob, Thérèse Jeanès, MM. A. Bourdeaux, P. Coudry.\nAu piano d'accompagnement ; Mlle G. BOCANDE, M. E. R. SCHMITZ.\n41 S PIANO STEINWAY * *\nPRIX DES PLACES ; Loges, 4 ou 5 places, 50 fr. Loge, la place, t 5 fr. Fauteuils, Ire série, 10 fr. ; 2me série\n5 fr. ; 3me série, 3 fr. Promenoir 1 fr.\nN. B. Réduction de 50 0/0 est faite sur présentation de cartes d'identité à tout membre delà Soc. Franç. des Amis delà Musique"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c072", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c072", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 76, "image_fin": 76, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.24", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.76", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1212, "texte": "S. I. M.\nMERCURE MUSICAL\nREVUE MUS CALE\nET\nRevue fondée par la\nSociété Internationale de Musique\n(SECTION DE PARIS)\nHonorée d'une souscription du Ministère de l'lnstruction Publique et des Beaux-Arts I\nv '■\nNS CE NUMERO:\n0. Saint-Sàens. . ... Souvenirs 1\n8\n12\n19\n21\n27\n39\nïsadora Duncan .... Idées\nGK Sizes Les étapes d'une découverte acoustique\nH. Prunières ..... Les\nE. Wellesz ....\nSchontaerg ....\nR. Rolland ....\nSchônberg et la jeune école viennoise\nQuatuor à cordes (3me partie).\nLes Concerts symphoniques populaires\nLes Livres La\nMusique 45\nj|| LE f MOIS\nReynaldo Hahn . .\nL. de la Laurencie .\nMaurice Ravel. .\nJ. Liaporte Sociéié de 52\nGK K Concerts'divers 53\nA. Marty La Société Bach . , 57\nX • . • • Les Amis de la Musique . , . 62\nH. Prunières . .... Il faut sa .... 64\nSwift . . La Province 66\nRené Lyr Belgique 67\nNos Correspondants . . Etranger 70\nConcerts Colonne 47\n48\nm n\nConcerts Lamoureux ,50\nDirecteur : J. ECORCHEVILLE\nSecrétaire de la Rédaction : Rédacteur pour la Belgique :\nCH. LEGRAND RENE LYR\n22, rue St. Augustin, PARIS. Boitsfort-Bruxelles.\nLe Directeur et le Secrétaire de la Rédaction reçoivent\nle mercredi et le samedi de 4 à 7 heures,\net M. Vuillermoz le Vendredi de 4 à 6 heures."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-03-15-01-c073", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-03-15_01#c073", "volume": "bmtnabh_1912-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 77, "image_fin": 77, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.2.25", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.77", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2103, "texte": "CONG\nITALIENS DE MUSIQUE ANCIENNE\n■m Y-\nFondateurs:\nr.\n; •\n■qy;\nLA LIEE\nESTETICA\nM\"' SIDA ISO RI, cantatrice florentine\nM' PAOLO LITTA, pianiste-compositeur\nCOMITÉ DE PATRONAGE\n. PRÉSIDENTE D'HONNEUR\nMAJESTÉ LA REINE MÈRE, LA REINE MARGUERITE D'ITALIE\nTÊwmSt\n' •; •' ' H .\n. • ; Èks,\nCOMITÉ DE PRÉSIDENCE :\nS. Exc. Madame l'Ambassadrice d'ltalie, Donna Bice Tittoni à Paris.\nS. Exc. Mme la Pcesse Ruspoli di Poggio Suasa Talleyrand Périgord à Paris.\nMadame la Princesse Strozzi-Corsini à Florence.\nMadame la Comtesse Béatrice Pandolfini-Corsini à Florence.\nMadame la marquise E. de Montagliari à Paris.\nMademoiselle Elena Vacaresco, femme de lettres, auteur dramatique à Paris.\nS. Exc. Le Prince Ruspoli di Poggio Suasa à Paris.\nLe duc Melzi d'Eril, duc de Lodi.\nLe Comte Brunetta d'Usseaux.\nLe Commandeur Trezza di Musella.\n'\nm\nm\nMEMBRES HONORAIRES\nM» Gabriele d'Annunzio, homme de lettres, auteur dramatique à Florence\nM. W. Bopp, Directeur de l'Académie Imp. et Roy. de Musique à Vienne.\nM. Alfred Bruneau, compositeur de musique â Paris.\nM. Carolus-Duran, Direct.de l'Acad.de France à Rome et membre de l'lnstitut.\nM. Claude Debussy, compositeur de musique à Paris.\nM. Louis Dièmer, Prof, au Cons. Nat. de musique à Paris.\nM. Vincent d'lndy, compos. de musique, Direct, de la Schola Cantorum à Paris.\nM. I. Massenet, compositeur de musique, membre de l'lnstitut.\nM. E. Mathieu, compos. de musique, Direct, du Cons. Royal de Mus. à Gand.\nM. A. Messager, compos. de musique, Direct.de l'Acad. Nat.de musique â Paris.\nM. E. Parent, professeur à la Schola Cantorum de Paris.\nM. Dr Max Reger, compositeur de musique et Directeur M. à Leipzig.\nM. Dr Richard Straùss, compositeur de musique, Generalmùsik director à Berlin.\nM. S 1 Saëns, compositeur de musique, membre de l'lnstitut à Paris.\nM. E. Tinel, compos. de musique, Direct, du Cons. Roy. de musique à Bruxelles.\nM. P. Vidal, compositeur de musique et chef d'orchestre à l'Opéra de Paris.\nM. Eugène Ysaye, virtuose, compositeur de Musique et Directeur des concerts\nYsaye à Bruxelles.\nSIÈGE SOCIAL : 3, Via Michèle di Lando. FLORENCE\n.., :\n■J\n1\nI\nse"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.1", "texte": "VÏII® Année.\nN° 3.\n15 Mars 1912.\niili|-ïïliïïTTrilll>iii oœMMMHn MÊÊËÊÊBmHI\n• -%i g| .1. -m ÊÊmSBÊÊP\nt MMSHSMMraI'IaMiw\nnRmBSm ,\nABBBw Val^^B\nA Hflft A f||\n■■ H SBKH\nK H\n• •. ï; * '**' '. *ï>,'. >• »•; • -■ ttSRB&HaI\nHonorée d'une souscription du Ministère de l'lnstruction Publique et des Beaux-Arts\nLe numéro :\nI\nranceô Belgique 1 fr. 50\n! Union Postale 2 fr.\nPARIS, 22, rue St.-Augustin\nTéléphone 204.20\nUN AN\nFrance et Belgique 15 fr.\nUnion postale 20fr.\nCopyright by 8, I. M. 1912\n\nSOUVENIRS D'ENFANCE, par C. Saint-Saëns. 0 LES IDÉES D'ISADORA DUNCAN SUR LA\nÎDANSE. 0 LES ÉTAPES D'UNE DÉCOUVERTE ACOUSTIQUE, par G„ Sizes. 0 LES\nAUTOGRAPHES DE LULLY, par H. Prunières. * SÇHÔNBERG & LA JEUNE ÉCOLE\nVIENNOISE, par Egon Wellesz. 0 LES LIVRES. 0 SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE.\nr LES CONCERTS SYMPHONIQUES POPULAIRES, par R. Rolland.\nCONCERTS, par R. Hahn, L. de La Laurencie, M. Ravel. PROVINCE BELGIQUE ÉTRANGER\nLES AMIS DE LA MUSIQUE. 0 SAUVONS L'ECOLE NIEDERMEYER, par H. Prunières."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.2", "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇAISE T>ES\nAMIS T>E LA MUSIQUE\nCOMITE D'HONNEUR\nM. le Président d\nM. le Ministre de V Instruction\nM. le Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts.\nM. Gabriel FAURE, Dir\nM. Henry M ancien Directeur des Beaux-Arts,\nde la Bibliothèque\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nPRÉSIDENT\nM. LE COMTE GASTON CHANDON DE\nBRIAILLES.\nVICE-PRESIDENTS\nM . LE PRINCE A. D'ARÉNBERG, de rlnstitut.\nM. LOUIS BARTHOU, ancien garde\ndes sceaux.\nM. GUSTAVE BERLY, banquier.\nM. J. ECORCHEVILLE,\nTRÉSORIER\nM. LÉO SACHS,\nSECRÉTAIRE DU CONSEIL\nM. J. PASQUIER.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL : M. GEORGES CASELLA.\nMEMBRES DU CONSEIL\nMME ALEXANDRE ANDRÉ.\nM 1 LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, di\nraire au ministère des finances.\nM. LÉON BOURGEOIS,\nministre.\nÎS -\nM. GUSTAVE BRET.\nM. GUSTAVE CAHEN.\nMME MICHEL EPHRUSSI.\nMME LA COMTESSE GÉRARD DE GANAY\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE.\nMME DANIEL HERMANN.\n| MME HENRY HOTTINGUER.\n' MME GEORGES KINEN.\nMME LA COMTESSE PAUL DE PoURTALÉS.\nM. F. PRÈGRE.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND.\nM. ALEXIS ROSTAND, Président du Conseil\nd\" Administration\nd'Escompte de Paris.\nM. Louis SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nM. JACQUES STERN.\nMME TERNAUX-COMPANS."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.3", "texte": "M. Saint-Saëns qui, jusqu'à présent, s'était toujours refusé\nà publier ses souvenirs, a bien voulu faire une exception en\nfaveur de notre “S. I. M.” Nos lecteurs seront certainement\ntrès sensibles à cette attention du Maître, et à la toute particu-\nlière bienveillance qu'il témoigne en cette occasion à notre\nRevue Musicale.\n\nVous avez deux mères, me disait-on souvent autrefois ; et de fait\nj'en avais deux, celle qui m'a donné le jour et ma grand'tante maternelle,\nMadame Charlotte Masson, née Gayard d'une ancienne famille de robe\nqui m'apparentait au général Delcambre, un des héros de la Retraite de\nRussie, dont une arrière petite-fille a épousé le comte Durrieu, de l'Aca-\ndémie des Inscriptions et Belles Lettres.\nMa grand'tante était née en province en 1871 ; elle avait été adoptée\npar un oncle et une tante habitant Paris et n'ayant pas d'enfants. L'oncle\nétait procureur, riche et menant grand train. Très précoce, elle\nmarchait à neuf mois, ma grand'tante, dont l'intelligence était vive et\nla culture brillante, se souvenait parfaitement des costumes de l'ancien\n\nI"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.4", "texte": "2\nS. I. M.\n\nrégime et se plaisait à en parler, ainsi que de la Révolution, de la Terreur\net de tous les régimes qui les ont suivis. A la suite de la Révolution sa\nfamille fut ruinée et cette toute jeune fille, petite et menue, entreprit de\nla faire vivre, donnant des leçons de français, de piano cet instrument\nétait alors une nouveauté, de chant, de peinture, de broderie, de tout\nce qu'elle savait et de ce qu'elle ne savait pas : elle l'apprenait alors pour\nle démontrer. Plus tard elle épousa un de ses cousins qui était libraire ;\nsans enfants, elle fit venir de la Champagne une de ses nièces qu'elle\nadopta, Clémence Collin qui fut ma mère. Les Masson allaient se retirer\ndu commerce avec une belle fortune lorsqu'ils perdirent tout, en quinze\njours, dans une crise de la librairie, gardant juste de quoi vivre honorable-\nment. Peu après ma mère épousait mon père, sous-chef de bureau au\nMinistère de l'lntérieur. L'oncle mourait de chagrin quelques mois avant\nma naissance qui avait lieu, comme on sait, le 9 octobre 1835, et mon\npère, miné par la phtisie, disparaissait le 3 1 décembre de la même année,\nun an jour pour jour après son mariage.\nVoilà donc ces deux femmes, veuves et peu fortunées, obsédées par\nde bien tristes souvenirs, avec la charge d'un enfant très délicat, dont\nl'existence était précaire : les médecins n'en répondaient pas. Sur leur\nconseil, on me laissa à la campagne, chez ma nourrice, jusqu'à l'âge de\ndeux ans.\nSi ma grand'tante avait reçu une brillante éducation, il n'en était\npas de même de ma mère dont l'instruction n'avait pas été complète. Elle\ny suppléait par une imagination, une flamme, une facilité d'assimilation\nqui tenaient du prodige. Elle m'a souvent parlé d'un oncle qui l'aimait\nbeaucoup, et qui s'était ruiné au profit de Philippe-Egalité. C'était un\nartiste, féru surtout de musique : il avait construit de ses mains un orgue\nde salon dont il jouait. Il faisait asseoir ma mère entre ses genoux, et tout\nen s'amusant à peigner ses admirables cheveux noirs, il lui parlait d'art,\nde musique, de peinture, du beau sous toutes ses formes ; si bien qu'elle\ns'était mis en tête que si jamais elle avait des fils, le premier serait musicien,\nle second peintre et le troisième sculpteur. Aussi ne fut-elle nullement\nétonnée lorsqu'en revenant de nourrice je me mis à écouter tous les bruits,\ntous les sons, faisant crier les portes, me plantant devant les pendules pour\nles entendre sonner. Mon grand plaisir était la symphonie de la bouilloire,\nune bouilloire énorme qu'on installait chaque matin devant le feu du\nsalon. M'asseyant près d'elle sur un tabouret, j'attendais avec une curiosité"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.5", "texte": "SOUVENIRS D'ENFANCE\n\n3\n\npassionnée ses premiers murmures, son crescendo lent et plein de surprises,\net l'apparition d'un hautbois microscopique dont le chant s'élevait peu à\npeu jusqu'à ce que l'ébullution le fit taire. Ce hautbois, Berlioz a dû\nl'entendre, car je l'ai retrouvé dans la course à l'abîme de la Damnation\nde Faust.\nEn même temps, j'apprenais à lire ; et quand j'eus trente mois, on\nme dit en présence d'un minuscule piano qui n'avait pas été ouvert depuis\nplusieurs années. Au lieu de taper à tort et à travers comme le font\nd'ordinaire les enfants de cet âge, je touchais les notes l'une après l'autre,\nne les quittant que lorsque le son s'éteignait. Ma grand'tante m'apprit le\nnom des notes et fit venir un accordeur pour mettre le piano en état.\nPendant cette opération, je jouais dans la pièce voisine et l'on s'aperçut\navec stupeur que je nommais les notes à mesure qu'elles résonnaient.\nTous ces détails ne m'ont point été racontés : je m'en souviens\nparfaitement.\nOn me donna la méthode de Le Carpentier. Au bout d'un mois,\nj'étais arrivé à la fin de la méthode ! On ne pouvait faire travailler le\npiano à un marmot de cette espèce, et je criais comme un perdu quand\non fermait l'instrument. On le laissait ouvert, et devant on mettait un petit\ntabouret sur lequel, de temps en temps, laissant mes jouets, je grimpais\npour tapoter ce qui me passait par la tête. Peu-à-peu ma grand'tante, qui\npar bonheur avait reçu d'excellents principes, m'apprenait à tenir mes\nmains convenablement, à ne pas contracter ces défauts trop répandus dont\nil est ensuite si difficile de se corriger. Mais on ne savait quelle musique\nme donner ; celle écrite spécialement pour les enfants est en général\npurement mélodique, et la partie réservée à la main gauche est sans intérêt.\nJe me refusais à l'apprendre. \" La basse ne chante pas \", disais je avec mépris.\nAlors on chercha dans les vieux maîtres, dans Haydn, dans Mozart,\nles choses assez faciles pour que je pusse les aborder. A cinq ans je jouais\nfort gentiment et très correctement de petites sonates ; mais je ne con-\nsentais à les jouer que devant les auditeurs capables de les apprécier. J'ai\nlu, dans une biographie, que l'on me menaçait du fouet pour me faire\njouer. Cela est complètement faux ; mais il fallait pour me décider me\ndire qu'il y avait dans l'assistance une dame très bonne musicienne et d'un\ngoût difficile. Je ne jouais pas pour les profanes."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.6", "texte": "4>\nS. I. M.\n\nQuant à la menace du fouet, elle est à reléguer, dans le domaine des\nlégendes, avec celle du père Garcia brutalisant ses filles pour leur apprendre\nà chanter. Mme Viardot m'a dit formellement qu'elle et sa sœur n'avaient\niamais été brutalisées par leur père et qu'elles avaient appris la musique\nsans s'en apercevoir, comme on apprend à parler.\nMalgré les progrès surprenants, mon éducatrice ne prévoyait pas\nmon avenir. \" Quand il aura quinze ans, disait elle, s'il peut faire\ndanser, je serai bien contente. \"\nC'est pourtant à ce moment que je commençais a écrire de la\nmusique. J'écrivais des valses, des galops ; le galop était alors à la mode :\nil était d'allure assez vulgaire et les miens ne dérogeaient pas à la règle.\nIl a fallu Liszt pour montrer, par son Galop chromatique, le parti que le\ngénie peut tirer du genre le plus infime. Mes valses étaient meilleures.\nDéjà, comme je l'ai fait toujours, je composais la musique directement\nsur le papier, sans la chercher sous mes doigts, et ces valses étaient trop\ndifficiles pour mes petites mains ; une amie de ma famille, sœur du\nchanteur Géraldy, avait la complaisance de les exécuter.\nJ'ai revu dernièrement toutes ces petites compositions. Elles sont\nbien insignifiantes, mais il serait impossible d'y trouver une faute d'écriture\net cette correction est remarquable chez un enfant qui n'avait encore\naucune notion de l'étude de l'Harmonie.\nQuelqu'un eut alors l'idée de me faire entendre un orchestre. Il y\navait à cette époque des concerts symphoniques dans le Passage de Saumon.\nOn m'y conduisit : ma mère me tenait sur son bras, près de la porte\nd'entrée. Je n'avais jamais entendu que des violons isolés, et leur son ne\nm'était pas agréable ; toute autre fut l'impression de l'orcheste et j'écou-\ntais avec délice une phrase chantée par le Quatuor, quand tout à coup\néclatèrent les cuivres trompettes, trombones et cymbales. Je poussai des\ncris perçants. \" Faites les taire, disais-je, ils empêchent d'entendre\nla musique !\" Il fallut m'emporter.\nA sept ans, je passais des mains de ma grand'tante dans celles de\nStamaty. Celui-ci fut surpris de la façon dont mon éducation musicale\navait été dirigée.\nIl l'a constaté dans un opuscule où il traitait de la nécessité d'une"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.7", "texte": "SOUVENIRS D'ENFANCE\n5\n\nbonne direction primitive. Il n'y avait plus chez moi, a-t-il dit, qu'à\nperfectionner.\nStamaty était le meilleur élève de Kalkbrenner et le propagateur de\nsa méthode, basée sur le guide-mains qu'il avait inventé ; aussi fus-je mis\nau régime du guide-main. Rien n'est plus curieux que la préface de la\nméthode de Kalkbrenner dans laquelle il raconte la genèse de son inven-\ntion. C'était une barre fixée en avant du clavier, sur laquelle reposait\nl'avant-bras, de façon à supprimer toute autre action musculaire que celle\nde la main. Ce système est excellent pour former le jeune pianiste à\nl'exécution des œuvres écrites pour le clavecin et pour les premiers pianos\ndont les touches parlaient sans demander d'efforts ; il est insuffisant pour\nles œuvres et les instruments modernes. C'est ainsi, pourtant, que l'on\ndevrait commencer, en développant d'abord la fermeté du doigt et la\nsouplesse du poignet, pour ajouter progressivement le poids de l'avant-bras\net celui du bras. Mais, de nos jours, il est de mode de commencer par la\nfin : on apprend la Fugue dans le Clavecin bien tempéré de Sébastien Bach,\nle piano dans les œuvres de Schumann et de Liszt, l'Harmonie et l'lnstru-\nmentation dans celles de Richard Wagner ; et l'on fait trop souvent de\nla bouillie pour les chats, comme les chanteurs qui apprenant des rôles et\nse lançant sur le théâtre avant de savoir chanter, se ruinent la voix en\npeu de temps.\nCe n'est pas seulement la fermeté du doigt que l'on acquerrait avec\nla méthode Kalkbrenner ; c'était aussi la recherche de la qualité du son\npar le doigt seul, ressource précieuse devenue rare de nos jours.\nMalheureusement c'est aussi cette école qui a inventé le\nperpétuel si faux et si monotone, et l'abus des petites nuances, la manie\nd'un expressivocontinuel, appliqué sans discernement. Tout cela révoltait\nmon instinct naturel ; je ne pouvais m'y conformer et on me le reprochait\nme prédisant que \" je ne ferais Jamais d'effet \", ce qui m'était bien\nindifférent.\nQuand j'eus dix ans, mon professeur méjugeant suffisamment préparé\nme fit donner un concert dans la salle Pleyel ; j'y jouai, accompagné par\nl'orchestre des Italiens dirigé par Tilmant, le concerto en Ut mineur de\nBeethoven et un concerto en Si b de Mozart. Il fût même question de\nme faire jouer celui-ci à la Société des Concerts du Conservatoire ; une\nrépétition eut lieu. Mais Seghers, qui devait plus tard fonder la Société\nSte Cécile, faisait alors partie de l'orchestre ; il détestait Stamaty, et s'avisa"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.8", "texte": "6\nS. I. M.\n\nde dire que la Société n'était pas faite pour accompagner des enfants. Ma\nmère fut froissée et ne voulut plus entendre parler de rien.\nAprès ce premier concert qui avait brillamment réussi, mon profes-\nseur aurait voulu m'en voir donner d'autres ; mais ma mère ne se souciait\npas pour moi d'une carrière d'enfant prodige, elle avait des visées plus\nhautes ; craignant pour ma santé, elle ne voulut pas me laisser continuer\ndans cette voie. Il s'ensuivit, entre mon professeur et moi, un refroidisse-\nment qui aboutit à une rupture.\nMa mère avait des mots cornéliens. Quelqu'un lui reprochait un jour\nde me laisser jouer des sonates de Beethoven. \" Quelle musique jouera-t-il\ndonc \", lui disait-on, \" quand il aura vingt ans \" ? \" Il jouera\nla sienne, \" répondit-elle.\nLe plus grand bienfait que j'aie retiré du commerce de Stamaty fut la\nconnaissance de Maleden qu'il me donna pour professeur de composition.\nNé à Limoges dont il avait conservé l'accent, maigre avec de longs\ncheveux, doux et timide, Maleden était un professeur incomparable. Il\nétait allé, dans sa jeunesse, s'instruire en Allemagne chez un certain\nGottfried Weber, inventeur d'un système que Maleden avait rapporté et\nperfectionné. Il en avait fait un outil merveilleux pour pénétrer dans les\nprofondeurs de la musique, une lumière pour en éclairer les coins les plus\nsecrets. Dans ce système les accords ne sont pas considérés seulement en\neux-mêmes, accord de quinte, de sixte, de septième, mais d'après le\ndegré de la gamme sur lequel ils sont placés ; on apprend que suivant la\nplace qu'ils occupent, ils acquièrent des propriétés différentes, et l'on\nexplique ainsi des cas jugés inexplicables. Cette méthode est enseignée à\nl'Ecole Niedermeyer ; je ne sache pas qu'elle le soit ailleurs.\nMaleden avait grande envie d'entrer comme professeur au Conserva-\ntoire ; grâce à de puissantes protections, sa nomination allait être signée\npar Auber, quand il crut devoir, par un scrupule d'honnêteté, écrire à\ncelui-ci pour l'avertir que sa méthode différait complètement de celle\nenseignée dans la maison. Auber fut effrayé, et Maleden ne fut pas admis.\nNos leçons étaient parfois orageuses ; il m'arrivait de temps en temps\nde ne pas me ranger à son avis sur certaines questions. Il me prenait alors\ntranquillement par l'oreille, et me courbait la tête, me tenant pendant"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.9", "texte": "SOUVENIRS D'ENFANCE\n7\n\nune minute l'oreille collée à la table ; il me demandait ensuite si j'avais\nchangé d'avis. Mon avis n'ayant pas changé, il réfléchissait et souvent il\nme donnait raison.\n\"Tu n'as pas eu d'enfance musicale me disait parfois Gounod. Il\nse trompait, ne connaissant pas les vestiges de cette enfance : ils sont nom-\nbreux. Beaucoup d'essais sont restés inachevés, sans parler de ceux que\nj'ai détruits. Il y a de tout, des airs, des chœurs, des Cantates, des Sym-\nphonies, des Ouvertures ; tout cela ne verra jamais le jour. Un éternel\noubli ensevelira ces tâtonnements sans intérêt pour le public.\nDans ces paperasses, j'ai trouvé quelques notes écrites au crayon à\nl'âge de quatre ans. La date qui les accompagne ne laisse aucun doute à\ncet égard.\n\nC. Saint-Saëns."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.10", "texte": "Les idées d'Isadora Duncan sur la danse\n1\nLa danse : c'est\ntoute ma vie, c'est ma\npassion ; mais vous\nsavez qu'on sait bien\nmal parler de ce qu'on\naime le plus ; on en\nsent la beauté\nsoi ; peut on en com-\nmuniquer le goût à\nd'autres par de pauvres\nmots ?\nEt puis, en ce\nmoment, malgré tout\nmon enthousiasme, je\nme sens à la fois très\nfière et un peu mélancolique. La Danse, la belle danse libre et naturelle,\non ne l'aimait plus, on ne la connaissait plus depuis que les temples\ngrecs sont en ruines. Et maintenant, voilà qu'on en parle de nouveau ;et\nje suis heureuse, comme si après avoir été aveugle durant des siècles,\nl'humanité ren-\nvoyait pour la\npremière fois les\nfleurs, les arbres\net les nuages qui\npeuplent le ciel.\nJe suis heureuse,\ncar je puis bien\ndire sans vanité\nque je suis pour\nquelque chose\ndans cette renais-\nsance. Qui donc,\n\n1 Dessins de P. Thevenaz."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.11", "texte": "LES IDÉES D'ISADORA DUNCAN SUR LA DANSE\n9\n\nil y a seulement dix ans, songeait que le\ncorps a, comme tous les éléments, son\nrythme harmonieux, spontané et naturel ?\nEt si je suis un peu mélancolique, ne\npensez pas un instant que ce soit parce\nque mon art a connu trop d'imitateurs.\nNon : ma vanité d'artiste a eu trop de\nsatisfactions de cet ordre pour que je puisse\nme permettre d'être égoïste ou jalouse.\nNon. Mais, comme une mère soucieuse\nde la destinée de ses enfants, je puis bien\nregretter que quelques-uns d'entre eux\nj'entends mes gestes et mes poses aient\ncontracté de déplorables unions. Entre\ntoutes, il en est une que je regrette : c'est\ncelle qui a semblé rendre la \" Danse libre \"\nsolidaire de la forme caduque du ballet.\nIl est surprenant que dans ce temps\noù de toute part la pensée se libère des\nconventions, où le drame lyrique sort de\nla formule de l'opéra, où la\nsymphonie fait éclater les liens,\noù la limite, la tradition clas-\nsique, où la peinture, la sculp-\nture, l'architecture, les arts\nappliqués s'évertuent à bannir\ntoute contrainte traditionnelle, il\nest surprenant, que la danse, art\nmajeur, s'obstine à rester l'es-\nclave d'artifices périmés.\nIl y a des gens qui s'ima-\nginent aimer la danse parce\nqu'ils goûtent les spectacles du\nballet : c'est à peu près comme\nsi un homme pensait être sen-\nsible au charme des femmes\nparce qu'il aime les fards."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.12", "texte": "IO\nS. I. M.\n\nL'un et l'autre s'opposent aussi violemment qu'il\nest possible : s'opposent dans leur principe comme\ndans leur résultat. Le ballet, par son mirage, cache non\npas la laideur ou la médiocrité de la danse théâtrale,\nmais l'absence totale de toute danse. Le principe\nde ce qu'on nomme la \" technique chorégraphi-\nque \" est un attentat contre la nature ; il n'est ques-\ntion à l'origine du développement de la danseuse, de\nrien de ce qui fait l'essence de la danse: la libre expres-\nsion plastique d'un senti-\nment, le besoin irrésisti-\nble de traduire une émo-\ntion fortement ressentie :\nil n'est question que de\ndéformations physiques, dont la déformation\nmorale est la conséquence fatale. Peut-on\nparler d'art quand il ne s'agit que de l'appli-\ncation patiente d'une technique anti-natu-\nrelle à des formules conventionnelles et\nabsolument périmées ?\nEt puisque toute ma conception de la\ndanse est basée sur des formes naturelles,\npuisque je ne m'inspire que d'éléments\nnaturels ravis au jeu des\nvagues ou aux caprices\nharmonieux des branches\ndans les forêts, il est de\ntoute évidence que le ballet doit être mon ennemi ;\nun ennemi que je ne redoute pas, car je crois que\nfatalement aussi, il s'inspirera de mes principes pour\ndonner l'illusion d'un renouveau et prolonger de\nquelques années une existence qui est dès lors con-\ndamnée.\nMais jusqu'ici nous n'avons pas parlé de la\nmusique ; ce n'est pas par oubli ou par indifférence,\nmais parce que c'est une question bien grave qu'on\nne saurait résoudre maintenant l'avenir s'en char-"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.13", "texte": "LES IDÉES D'ISADORA DUNCAN SUR LA DANSE\n11\n\ngéra. Tout d'abord, vous savez avec quel généreux élan les sculpteurs et\nles peintres ont favorisé mes premiers essais. Puis-je en dire tout autant\ndes musiciens ; en France du moins? Non ; il me semble tout d'abord\nqu'ils n'ont pas voulu, soit qu'il soient trop attachés par tradition àla\nforme du ballet, soit qu'ils ne considèrent pas la danse comme un art\nqui a son propre pathétique, son expression\nEn ce qui concerne le ballet, cela me surprend, car, hormis de bien\nrares exceptions, comme la Namounade Lalo, j'aimerais à connaître un\nballet écrit en France depuis cent ans et qui ne soit pas médiocre. Je ne\nvois donc pas quelles sont les œuvres d'art que les musiciens\ndéfendent au nom du ballet.\nEn ce qui concerne la libre expression de la danse naturelle la\nréponse sera plus malaisée et plus longue. Il y a\nen effet un art indépendant de tout secours\nmusical et qui est la danse, un art qui a son\npropre rythme et ses propres vertus expressives.\nEt, ce qui est l'argument le plus curieux, il y a\nmême opposition entre le rythme proprement\nmusical et le rythme naturel du corps humain.\nCela est si vrai que lorsque je fais exécuter aux\npetites filles de mon Ecole une simple Marche,\nje ne trouve pas de musique qui épouse stricte-\nment la cadence de leur pas. Et moi-même\nd'ailleurs, lorsque je danse sans musique, en\nlaissant mon corps libre de toute contrainte, je me\nsens infiniment plus à l'aise que lorsque je suis\nsoutenue par le mouvement rythmique de la musique. Aussi bien, lorsque\non me reproche d'avoir interprété par le geste certaines œuvres musicales\nqui sont des chefs-d'œuvre, je réponds en toute simplicité ceci : c'est que\nles seuls compositeurs qui aient créé un rythme conforme à la cadence,\nau mouvement naturel du corps, sont précisément les plus grands.\nEt les prophéties relatives à la Danse que j'ai retrouvées dans la\npensée de Wagner m'ont persuadé que si j'avais vécu de son temps, je\nn'aurais pas eu de plus zélé défenseur que lui. Vienne le compositeur\nqui, comme lui, ait conscience du grand art libre et dégagé des formules\nque doit être la Danse, et la musique retrouvera sa sœur perdue. Mais\nles discussions et les disputes ne serviront de rien. \" Les temps viendront. \""}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.14", "texte": "1 Avant de me livrer à d'autres observations, je passai deux années à\nla rédaction définitive de mes études d'acoustique musicale. M. Mathias,\ncomme M. C. Saint-Saëns, m'encouragea beaucoup à entrer dans la voie\nexpérimentale de la nouvelle théorie émise sur les phénomènes de vibra-\ntion des corps sonores, tout en me manifestant ses regrets de ne pouvoir\nm'y aider effectivement ; il avait des travaux très importants qui devaient\nl'occuper trop longtemps.2\nOn n'avait jamais fait de l'acoustique proprement dite à la Faculté\ndes Sciences de Toulouse et la collection ne possédait que des instruments\nrudimentaires pour ces sortes de travaux. M. Mathias poussa le dévoue-\nment jusqu'à m'offrir de consacrer le budget de son laboratoire à l'achat\nde ces instruments ; mais leur prix très élevé eût absorbé les crédits de\nplusieurs années.\nIntervention de M. Gustave Mas sol. Une circonstance très heureuse\ns'offrit à moi : apparenté à M. G. Massol directeur de l'Ecole supé-\nrieure de pharmacie de Montpellier et professeur de physique appliquée\nj'eus le plaisir de le retrouver dans les Pyrénées, pendant les vacances de\n\n1 Voir S. I. M. du 15 janvier 1912.\n3 En dehors de ses travaux sur la liquéfaction des gaz, M. E. Mathias a publié en 1907 des études très\nimportantes sur le magnétisme terrestre, qui lui valurent un prix de l'Académie des Sciences ;et en 1910, un\ndernier et non moins important travail sur le diamètre de Voxigène."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.15", "texte": "ÉTAPES D'UNE DÉCOUVERTE\n\n*3\n\n1902. Je lui fis part de mon embarras. Il m'offrit spontanément de m'en-\nvoyer l'inventaire des instruments que possédait la collection de l'lnstitut\nde Physique de Montpellier, dont il avait l'usage. Ce fut un véritable\narsenal que je trouvai là et à la fin de septembre j'allai en passer la revue.\nJe fis d'abord une longue étude auditive d'une véritable batterie de\ndiapasons de toutes sortes. Puis grâce au dévouement de M. Massol qui\nne s'était jamais occupé d'acoustique nous fîmes transporter la collec-\ntion de résonateurs dans le clocher de la cathédrale Saint-Pierre et, au\nmoment des sonneries, je cherchais à isoler les harmoniques des cloches,\npour en classer les séries. Je constatai contrairement à ce que l'on\nsuppose que les résonateurs ne renforcent pas seulement le son pour\nlequel on les accorde, mais aussi les harmoniques se rattachant à l'échelle\npartielle de ce son. Je trouvai là une confirmation de la nécessité du\ntableau harmonique que j'avais dressé dans une des parties de mon acoustique\npour justifier la présence d'un grand nombre de sons disparates\ncontenus dans l'échelle harmonique naturelle. Les résonateurs me per-\nmirent de constater d'une manière plus évidente le phénomène de batte-\nments produits par deux harmoniques, généralement dissonants, qui se\nfont entendre alternativement et non simultanément. Leur existence réelle\nfut confirmée plus tard par leur inscription.\nEn écoutant à certaines heures ces mêmes cloches en des points\ndifférents de la ville, j'observai les ondulations lentes qui persistent longtemps\naprès le choc du battant et qui sont la caractéristique d'harmoniques très\ninférieurs au son prédominant. Dans un grand nombre de cloches j'ai\nentendu la résonance si moelleuse de la tierce mineure harmonique 7:6\n(sol-sib) que la fonction résolutive du son 7 rend si caractéristique. Ces\nmêmes cloches font entendre souvent la résonance de du\nson prédominant. Mais cette quarte n'est qu'un harmonique d'octave de\nla quinte inférieure qu'on n'entend pas. Ai-je besoin de dire qu'à aucun\nmoment je n'ai entendu des sons inha comme l'a proclamé\nHelmholtz soit avec les cloches, soit avec les diapasons ; ces sortes de\nsons n existent pas dans la nature.\nPremières expériences. Nous méditions avec M. Massol comment\nnous pourrions faire les inscriptions de ces vibrations. Nous transportâmes\nles appareils du laboratoire au clocher. Une fois installés, il fallut de véri-\ntables tours de force pour arriver à faire vibrer les cloches sans les mettre\nen mouvement et pour inscrire les vibrations sur le cylindre du chrono-"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.16", "texte": "r4\nS. I. M.\n\ngraphe enregistreur échafaudé à la hauteur des cloches : sur leur rebord\nextérieur la pince nous avions fixé un fil métallique court et\nsouple, selon la méthode connue.\nDans des conditions si peu appropriées, il nous arriva toutes sortes\nd'accidents ; le dernier survenu aurait suffi pour enlever tout courage à\nde moins convaincus : un mouvement de la cloche, mise trop vivement\nen vibration par un coup du battant, ébranla l'échafaudage de l'en-\nregistreur qui aurait pu tomber et se briser si nous ne l'avions sou-\ntenu M. Massol et moi ; une malencontreuse glissade fut cause que\nje me blessai assez grièvement à une jambe : ce fut le baptême expé-\nrimental.\nMéthode expérimentale. Les appareils revenus au laboratoire, nous\ncherchâmes à inscrire les vibrations d'un magnifique gong chinois ; diffi-\ncultés encore plus grandes, parce que le gong, moins stable qu'une cloche,\nse livrait à des mouvements désordonnés après chaque choc de la mail-\nloche. Pour neutraliser les mouvements du gong et permettre à l'extré-\nmité du fil ainsi immobilisé d'inscrire les vibrations sur le cylindre\nenfumé, nous allongeâmes le fil en lui donnant une forme de spirale. Pour\nneutraliser les balancements du fil, nous le fîmes passer dans des anneaux,\nde distance en distance. Un dispositif particulier nous permit de guider\nl'extrémité libre du fil, sans le gêner dans ses vibrations. Le fil, fin, en\naluminium, devenant un amplificateur par excellence des manifestations\nvibratoires, nous montrait les vibrations sous la forme de fuseaux d'égale\nlongueur, allant de son point d'attache à l'extrémité ; il se divisait en\nautant de segments qu'il transmettait de vibrations différentes simultanées.\nNotre méthode expérimentale était trouvée ; elle pouvait s'appliquer à\nl'étude d'un corps vibrant, affecté en même temps d'un mouvement d'ensemble\na peu près quelconque.\nAnimés d'une nouvelle ardeur, nous fîmes réinstaller les appareils\ndans le clocher ; avec le fil long les inscriptions se firent normalement ;\nsa forme de spirale nous enlevant toute crainte de balancement de la\ncloche, nous osâmes enregistrer les vibrations d'une cloche lancée à toute\nvolée. C'était un jour de semaine : nous avions obtenu toute permission de\nM. l'Archiprêtre, sans en abuser, nous causâmes quelque émoi dans\nMontpellier, dont les habitants se demandaient quelle fête particulière\npouvait bien célébrer la cathédrale.\nLes premiers résultats. Nous n'étions pas au bout de nos peines; nous"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.17", "texte": "ÉTAPES D'UNE DÉCOUVERTE\n!5\n\navions devant nous des grimoires tracés par le fil sur ce papier enfumé.\nNous n'avions vu jusque là que des courbes simples, régulières comme il\narrive dans les expériences de laboratoire, avec des combinaisons de sons\ndont on connaît par avance la hauteur et le rapport. Ici la courbe simple\nest l'exception et quoiqu'il s'agisse toujours d'un nombre de vibrations par\nseconde à calculer, lorsque de véritables séries de sons se superposent, y\ncompris les imprévus et les imperfections graphiques inhérentes aux expé-\nriences de ce genre, ce sont de véritables hiéroglyphes à déchiffrer. On\nen verra quelques exemples plus loin, choisis parmi les moins compliqués.\nLe nombre de vibrations y est bien àla base, mais comme ce sont des nom-\nbres différents, formant des périodes différentes qui se superposent, le\nnombre total n'est qu'un des résultats et non pas le résultat lui-même.\nDe F interprétation. L'interprétation des périodes et des rapports entre\nelles est très souvent une question d'intuition •/ l'expérience acquise\naujourd'hui me démontre que cette intuition ïie peut être que le résultat\nde la connaissance des rapports musicaux formés par les harmoniques inscrits.\nLes nombres constituent bien les rapports mathématiques, mais les accords\nmusicaux parlent plus sûrement à notre intelligence en l'espèce\ngrâce au sens que l'étude musicale nous donne et qui nous permet de\nreconnaître un accord sous quelque jorm qu'il se présente.\nLe fait même d'une agrégation d'accords ou superposition de rapports\nétant pour les musiciens une chose compréhensible naturelle\nnous n'avons pas besoin de voir les accords complets c'est-à-dire toutes\nles notes qui les forment, mais seulement les plus caractéristiques pour\nen comprendre le sens harmonique ; tandis que si des sont\nabsents on ne peut en faire état pour en déterminer les rapports. Après\nune longue étude purement physique des courbes, faite avec M. Massol,\nje ne pus tirer de véritables conclusions des inscriptions que par l'applica-\ntion de la méthode musicale dont je viens de parler ; ce qui est naturel,\npuisqu'il s'agit de V harmonie des sons et non de celle des nombres. 1 Voici\nun exemple pris dans le résumé d'analyse des premiers résultats obtenus\navec les quatres principales cloches de la Cathédrale de Montpellier.\ni° La plus grosse, du poids de 2,800 kilos d'après le dire du carillon-\nneur est un la1 faisant 106 v-d. Nous avons inscrit 21 sons :\nle prédominant, 6 harmoniques inférieurs et 14 supérieurs. Le plus\n\n1 Le principe de cette méthode d'interprétation a fait l'objet d'une note présentée par M. J. Violle à\nl'Académie des sciences le 6 Janvier 1908. Et le résultat des quatre cloches : les 5 et 19 février 1912."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.18", "texte": "16\nS. I. M.\n\ngrave est un la-3 faisant 6y,2/3 et le plus aigu, un mis faisant 1280\".1\nL'échelle inférieure contient les notes caractéristiques de l'accord de\nmineure harmonique de dominante : ré, fa S, la, ut, qui oblige la détermina-\ntion de Ré-5 de iv, 1 comme fondamentale et fait\nclasser le son prédominantlaj comme 96e harmonique de cette échelle. A\nl'audition, ce la! vibre accompagné de la résonance caractéristique de\ntierce mineure harmonique de dominantelan ut2 = 7:6 ; c'est ce qui nous\nrévèle sa fonction de 6° har., 96 est un multiple d'octave du son 6\net quilfaut qu'il ait pour fondamentale un ré dont il n'est qu'un har. de\nquinte très aiguë, tout au moins dans le rapport 6:1. La véritable fonda-\nmentale ne peut être déterminée que d'après les rapports de l'ensemble des\nsons inscrits, constituant F échelle générale du corps sonore étudié.\nDans l'ensemble des sons inscrits appartenant à du\nprédominant nous trouvons les notes caractéristiques, de son accord, de\nseptième mineure harmonique la, uti, mi, sol, constituant la base harmonique\nde son échelle partielle.\n2° La 2e cloche, du poids de 2,400 kilos, donne un six faisant 120 v-d.\nSur 23 har. inscrits, il y en a 9 d'inférieurs, dont le plus grave fait\n11V/4 Fa 9 faisant fonction de 9e har., la fondamentale réelle, ou\nson 1, est un mi-5 qui ferait iV/4. Le si„ son prédominant, est 96e har-\nmonique.\n30 La 3e cloche, du poids de 1,400 kilos, donne un ut2f faisant 135 v-d.\nSur 23 har. inscrits, 10 sont inférieurs, allant jusqu'à si-3 de 7V,5, en fonc-\ntion de 8e har. Fondamentale réelle si-6 de L'utaft, son prédomi-\nnant, est 144e har.\n40 La 4e cloche, du poids de 750 kilos, donne un mi2 faisant 160 v-d.\nNous avons inscrit 15 harmoniques, dont 8 inférieurs, allant jusqu'à\nla-2 de 13Y/3, en fonction de 12e har. La fondamentale réelle est un\nRé-5 qui ferait iv,ii. Le mi-2, son prédominant, est 144e har.\nAu point de vue purement physique, nous sommes en présence de\ndeux échelles différentes données par ces quatre cloches. Dans les deux\npremières le son prédominant fait fonction de ou son 6\npar rapport à la fondamentale de Véc dans les deux autres,\nil est la quinte de cette dominante,ou ne du son fondamental réel.\nAu point de vue musical, le phénomène est quasi-identique ; dans\nles deux cas le son prédominant est accompagné de la vibration de tierce\n\n1 J'ai adopté : de souligner d'un trait, le nom d'une note qui est en fonction de septième harmonique."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.19", "texte": "ÉTAPES D'UNE DÉCOUVERTE\n17\n\nmin. har. 7:6 qui donne à chacun de ces sons le rôle prépondérant de\nson 6, ou quinte de fondamentale harmonPar exemple, dans le cas de\nla cloche ut#2, accompagnée de mi2 en fonction de 7e har. c'est fa#!\nou ses octaves inférieures qui est fondamentale harmonique de\nl'accord fat, la#, ut#, mi ; 01* ce fa#, dans cette expérience, s'est inscrit\ndans les quatre octaves inférieures à ut#2 : fa#I 5 fa#0, fa#-! et fa#-2 ; mais\nil est accompagné dans l'échelle inférieure de la en fonction de tierce min.\nhar. 7:6 vis-à-vis de fa# ; la coexistence de ces deux sons fait : que\nfa# devient à son tour une dominante, ayant au-dessous un si-3 qui est sa\nfondamentale harmonique. Nous sommes en présence d'une agrégation\nharmonique : de deux accords de septième min. har. de dominante super-\nposés. Dans tous les cas semblables que j'ai étudiés, les deux sons qui\nsont harmoniquement en contradiction et qui semblent ne pouvoir\ncoexister simultanément, se sont toujours inscrits l'un dans le grave\néchelle inférieure —, l'autre dans l'aigu échelle supérieure —et\npas à moins de quatre octaves d'intervalle de l'un à l'autre. Dans le cas\nde la cloche ut#2, ce sont les deux sons :la— en fonction de 7e har. de\nla ire échelle inférieure : si, ré #, fa#, la —et la# en fonction de tierce\nmajeure de la 2e échelle supérieure : faY, la#, ut#, mi.\nCes rapports sont conformes aux observations que j'avais faites sur\nun grand nombre de cloches, vibrant comme ces dernières, dans l'octave\ncomprise entre solj et sol2 environ. Toutes faisaient entendre le son pré-\ndominant en fonction de dominante ou son 6 accompagné du son 7,\nformant intervalle de tierce mineure harmonique 7: 6.\nL'ignorance dans laquelle on était, de l'existence des\ninférieurs constituant F échelle générale a fait\nqu'on n'a su voir aucune relation dans ces sortes d'échelles de sons ; on\nles considéra comme étant inharmoniques,parce que ces sons ne suivaient\npas l'ordre naturel de 1 'échelle supérieure.Grâce à la méthode musicale\nd'interprétation inspirée il y a juste trente par M. C. Saint-Saëns\nil me fut possible de classer ces séries disparates de sons. 1\nEn prenant pour exemple la iere cloche, nous trouvons au grave\n\n1 Dans mon acoustique musicale moderne, je démontrerai : que les sons composant ce qu'on nomme la série\nharmonique naturelle supérieure, ne sont en réalité que les harmoniques de ler ordre les plus renforcés\ncomposant /'échelle partielle du son prédominant. Les sons de cette échelle partielle sont ceux : que la manière\nd'être des corps sonores doit favoriser dans une certaine mesure, sans détruire pour cela ceux de l'échelle\ngénérale. On ne doit pas confondre : échelle générale d'un corps sonore, avec loi générale de vibration des corps\nsonores, laquelle embrasse tous les modes de vibration.\n2"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.20", "texte": "18\nS. I. M.\n\nl'échelle d'un cor en ré caractérisant la tonalité de sol majeur et à\nl'aigu celle de sa dominante La caractérisant la tonalité de Ré majeur.\nVoilà donc deux échelles tonales bien caractérisées dans un même corps\nsonore et à la quinte l'une de l'autre ce qu'on nomme Qui\ndonc a publié au cours de ces dernières années un travail très long et très\nconsciencieux, pour démontrer : que l'enchaînement des tonalités par\nquintes était contraire à la nature et qu'il fallait lui substituer celui de\nquartes ? Ou ai-je donc lu aussi : que l'on exagérait beaucoup l'importance\nde l'accord de dominante, notamment pour formuler une cadence parfaite\net qu'on pourrait bien lui substituer l'accord du 4e degré ? Les deux\nthéories se confondent.\nEst-ce que l'accord de septième harmonique de dominante, que l'on\ntrouve partout et toujours,et jamais celui de ! empêchera les musi-\nciens de reconnaître : que la conclusion la plus parfaite est celle de la\ndominante à la tonique ? Il n'est pas d'ailleurs extraordinaire, qu'un\nmorceau de musique, d'un caractère vague, suspensif et d'une harmonie\nmoelleuse, laisse un certain charme en se terminant en\ncomme la nature elle-même, sur l'accord de dominante. Mais ce n'est là\nqu'une impression et non pas une conclusion.\n(A suivre.)\n\nGabriel Sizes."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.21", "texte": "LETTRES ET AUTOGRAPHES DE LULLY\n\nNous savions déjà que si M. Pougin n'avait pas renoncé à écrire, il\navait du moins cessé depuis longtemps de parcourir les livres et les revues\nou il est question d'histoire musicale. M. Pougin vient de nous en donner\nune preuve nouvelle en adressant à\ncurieux1 une lettre qui dénote l'ignorance totale où il se trouve des travaux\nmusicographiques de ces vingt dernières années. A propos de la disparition\nde la correspondance de Lully, il affirme avec solennité qu' \" à part une ou\ndeux quittances qui ont passé dans les ventes d'autographes avec la seule\nsignature de Lully, on ne connaît pas de lui une seule lettre, un seul\nbillet Devant cette assurance formelle, un chercheur M. Buron s'est\nempressé de publier comme inédite une lettre de Lully qu'il a copiée à la\nBibliothèque Nationale. Hélas cette lettre relative aux réparations à\neffectuer dans la salle du Palais Royal est connue de longue date de tous\nles historiens de la musique et du théâtre. Nuitter et Thoinan y font de\nfréquentes allusions dans leur ouvrage sur les\n(1886) et M. Bapst en donne la cote exacte 2 dans son Essai sur F histoire\ndu théâtre paru en 1893. Au reste il suffit de chercher le nom de Lully\ndans la table alphabétique des correspondants de Colbert pour y trouver\nl'indication de ce document.\nSi cette lettre de Lully n'est point inconnue, ni inédite, elle n'est pas\n\n1 Numéro du 30 janvier 1912. Voir aussi l'article du Menestrel de février.\n2 Mélanges Colbert 165 f° I. Essai sur l'histoire du théâtre, p. 365."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.22", "texte": "2 O\nS. I. M.\n\ndavantage unique comme le veut M. Pougin. Sans faire entrer en ligne\nde compte les innombrables quittances, actes, baux portant la signature du\nFlorentin, que détiennent les successeurs de Me Mouffle, de Me Gigault et\nde Me Charles, il existe une autre lettre, célèbre celle-là, vingt fois citée,\nécrite par Lully le 3 juin 1672 pour demander à Colbert d'intervenir\ncontre les associés de Perrin qui s'opposaient à l'enregistrement de son\nprivilège. Cette lettre découverte à la Bibliothèque Nationale par M. Ulysse\nRobert en 1874, parut pour la première fois dans la\nhistoriques d'Etienne Charavay.1 Nuitter et Thoinan la reproduisirent inté-\ngralement dans leur ouvrage,2 La M ara la traduisit en allemand,3 de nombreux\nmusicographes en citèrent des passages, enfin l'an dernier M. Tiersot la\npublia de nouveau dans ses lettres de Musiciens écrites en jrançais. 4 Dans ces\nconditions on peut se demander comment M. Pougin a pu déclarer\npubliquement qu'on ne connaissait aucune lettre de J. B. Lully.\n\nHenry Prunières.\n\n1 Octobre 1874.\n* Les Origines de l'Opéra français, p. 252.\n3 Musikerbriefe.\n4 Rivista Musicale 1911, p. 36. Signalons àce propos que M. Tiersot a cofnondu les cotes des deux\nlettres de Lully et attribué à la missive du 3 juin 1672, la cote Mélanges Colbert 165,/° 1, qui est celle de la\nlettre relative aux réparations du Palais Royal. Ajoutons enfin que la vieille cote donnée par M. CJlysse Robert\npour la lettre du 3 juin (Bibl. Nat. Mélanges 36, f 206), ne répond plus à aucun classement actuel II serait\nfort nécessaire de retrouver la cote exacte de ce document dont l'authenticité est d'ailleurs indiscutable."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.23", "texte": "SCHÖNBERG\nET LA JEUNE ECOLE VIENNOISE\n\nJe ne crois pas qu'on connaisse rien en France des musiciens qui, à\nVienne, peuvent être considérés comme les successeurs de Mahler, et\ncomme les représentants des tendances actuelles et modernes de notre art\nmusical. C'est pourquoi je me permettrai, non pas d'écrire un gros article\nsur la musique viennoise contemporaine, mais de présenter, un peu sèche-\nment sans doute, quelque noms, quelques dates et quelques œuvres.\nOn sait la réputation musicale de Vienne au début du XIXe siècle.\nAu temps de Beethoven et de Schubert, la noblesse et la bourgeoisie\néclairée se faisaient un devoir de protéger la musique. A partir de 1848\nce mécénisme changea, sans disparaître pourtant complètement. Puis\nvinrent les querelles du wagnérisme, qui divisèrent et absorbèrent l'opi-\nnion, et dont l'histoire nous conduit à la fin du siècle. En cette dernière\népoque trois hommes ont illustré notre ville : Brahms, Bruckneret Hugo\nWolf. Le premier représente la musique de chambre, le second la sym-\nphonie, le troisième le lied lyrique.\nBruckner peut être comparé à César Franck s'il aura dans notre\nhistoire la place d'un libérateur. Sa succession fut recueillie par Gustav\nMahler (1860-IQII) dont je ne dirai rien, les lecteurs de cette revue\nconnaissant de longue date notre compatriote, par les beaux articles de\nM.M. Ritter et Casella."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.24", "texte": "22\nS. I. M.\n\nDans le même sillon que Mahler je nommerai M. Bittner, Konta,\nWalter, Streicher et Weigl.\nKarl Bittner, né à Graz est, de profession, juge à Vienne. On\npeut le considérer comme un autodidacte. En ses heures de loisir, il\nécrivit les paroles et la musique d'un opéra \" \" qui met aux\nprises un village du Danube et l'éternel féminin, personnifié par une\ngitane, puis un opéra comique, qui se passe à la fin du XVIIIe \"\nMusikant \". Enfin il a terminé un opéra \" \", histoire de\nguerre civile rustique. Les parties les plus belles des ses opéras sont les\nscènes populaires, où s'affirment ses tendances descriptives.\nRobert Konta, né à Vienne en 1880, docteur en droit, composa\nun opéra romantique \" Das ka/te Herz\",une comédie chorégraphique\n\" der bucklige Geiger\", des lieder, des ballades, et une symphonie en la\nmineur, œuvre d'énergie combative.\nBruno Walter premier chef d'orchestre à l'opéra est élève de\nMahler. On a de lui une Fantaisie symphonique, une Symphonie, un\nquatuor, une sonate de violon et un recueil de Lieder. Inutile d'ajouter\nque son habitude de l'orchestre l'a rendu éminent technicien.\nThéodor Streicher s'est voué exclusivement au lied. Descendant\nd'une vieille famille de notables viennois (son aïeul fut l'ami de Schiller)\nil voulut d'abord être acteur, puis se forma au chant, et se mit tout seul\nà composer, retiré dans une propriété à la campagne. Ses Lieder du\nKnaben Wunderhornle rendirent célèbre dans toute l'Allemagne. Il mit\nen musique dernièrement les Hajis 'liedede Gœthe.\nKarl Weigl s'est révélé au dernier festival de Zurich par une\nsymphonie qui eut du succès. 11 a composé un sextuor, un poème\nsymphonique, et un quatuor d'archets qui remporta le prix Beethoven.\nCitons enfin un indépendant, Franz Schrecker, né en 1878, qui\nen est à son troisième opéra. Il a trouvé des accents dramatiques nouveaux,\net nous pouvons attendre quelque chose de son art mouvementé.\nA côté de ces musiciens qui continuent les traditions de l'esprit\nromantique et classique, s'est formé un autre groupe, cherchant à affirmer\ndes tendances nouvelles. Leur chef le plus en vue est Arnold Schoenberg.\nSchônberg né le i 3 septembre 1 874 à Vienne s'est formé seul, en lisant"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.25", "texte": "A. SCHONBERG\n23\n\nles œuvres de Bach, de Mozart et de Brahms; son instruction fut complétée\npar son beau-frère le musicien Alexandre de Zemlinski. En 1902, il dirigeait\nen qualité de chef d'orchestre, les tournées de Wolzogen en Allemagne. Sur\nla recommandation de Richard Strauss, il devint professeur de composition\nau Conservatoire Stern à Berlin. Environ vers cette époque les concerts\nentendirent parler de lui, et le quatuor Rosé donna la première audition\nde son sextuor \" Verklârte Nacht \", devant un public tumultueux et\nhostile. Schoenberg revint à Vienne en 1904, et fut un des fondateurs de\n\"l'Union des artistes compositeurs\", dont Gustav Mahler fut le président.\nLà fut donnée sa Suite sur et Mélisande \", puis des Lieder, puis le\npremier quatuor a cordes,œuvre de jeunesse, puis la Un\nparti se forma contre Schônberg, un autre pour lui. Ils en viennent aux\nmains lors de la première du secon en décembre\n1908, exécuté par Rosé, quatuor qui dans sa dernière partie s'associe une\nvoix de femme. En 191 oon chanta les composés depuis\ndix ans, et qui valurent à Schônberg un éditeur viennois. Le Conserva-\ntoire autorisa Schônberg à ouvrir un cours libre, qui vient d'être titularisé.\nEnfin, et toujours grâce à Rosé et à Oscar Fried, Schônberg a pénétré\ndésormais dans les grandes villes d'Allemagne, non sans, d'ailleurs, éveiller\nles susceptibilités combatives de la critique. On peut en juger par l'article\nsuivant qui parut le mois dernier dans un journal berlinois 1 et qui en\nrésume beaucoup d'autres :\n\" Tout d'abord un aveu : je ne comprends absolument rien aux dernières\ncompositions de Schônberg. Avec Strauss, Mahler, Reger, Debussy, Ravel, Delius,\nBusoni etc.... je ne suis pas toujours d'accord, mais je crois comprendre ce qu'ils\nveulent, et les procédés de leur technique ne m'imposent pas une énigme indé-\nchiffrable. Chez Schônberg je ne saisis ni la volonté ni la méthode ; j'entends des\nsons, qui n'ont aucun rapport entre eux. Un secret instinct me dit que je suis en\nprésence d'un homme qui fait avec le plus grand sérieux les plus grands efforts\npour exprimer dans le langage des sons les plus hautes visions. Seulement il parle\nchinois ; et c'est d'après ses gestes que je dois deviner ce qu il me dit. Parfois je\npuis saisir un mot, et voici que j'entends un cri d'âpre désespoir. Apres cette\nseconde de génie, tout redevient grisâtre !\nArrivons aux détails. Le premier groupe de Lieder œuvres deja anciennes\nest parfaitement compréhensible. On en louera le ferme dessin, mais, en somme,\nd'autres musiciens ont montré dans le même genre plus de perfection. Ce n est la\nque l'entrée de Schônberg dans le domaine de notre art moderne. Aussitôt, voici\nle véritable Schônberg qui se rue sur l'auditeur sans défense. L'attaque débuté par\n\n1 Signale du 7 février 1912. p. 180."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.26", "texte": "24\nS. I. M.\n\nsix morceaux de piano (1911) qui durent en tout cinq minutes, et dont on se remet\nassez vite. Doit-on prononcer le mot de morceaux à propos de ces tableautins de\nquelques mesures ? Six grimaces plutôt que le compositeur nous adresse, ou si\nl'on veut encore quelques mots entourés d'apostrophes ! A ces six aphorismes\nmystérieux succède la pièce de résistance du programme \"le Livre des jardins\nsuspendus \" de Stefan George, cycle de Lieder. Quittons ici l'idée habituelle que\nnous nous faisons du lied pour ne voir qu'une déclamation sur laquelle le piano\njette çà et là quelques sons isolés, quelque figure en brusque zigzag, quelque\nexplosion de bruyante passion. Cette déclamation je la suis assez bien, j'en remar-\nque les finesses, et aussi l'indifférent caprice, qui passe souvent à côté de l'expres-\nsion vraie. Le rôle de piano me demeure hermétique. Pas de motifs qui aient un\nsens, pas de formes descriptives, pas d'appui pour le chant, pas d'intermèdes sym-\nphoniques. Sans rime ni raison toujours d'après mon humble avis des frag-\nments font soudaine irruption, disparaissent aussitôt pour faire place aux gestes\nd'un fou, aux bégaiements d'un enfant. Et pourtant il se trouve dans ce cycle des\nendroits où, d'émotion, j'ai dû retenir mon souffle ! Peut-être est-ce là un essai\npour laisser agir le son par le son, sans souci d'aucune composition ?\nQuant aux trois pièces d'orchestre (1909) présentées sur deux pianos à 8\nmains, je m'y refuse absolument. Au piano tout au moins, elles sont impossibles\nà prendre au sérieux. L'impression est celle des improvisations les plus hardies du\n\"petit Moritz\".Des visions effroyables, de terrifiants cauchemars nous étreignent\nsans que jamais rien n'apparaisse de la joie, de la lumière, de tout ce qui fait la vie\nagréable. Que misérables seront nos neveux si ce désespérant Schônberg devient\njamais le représentant autorisé de leur sens musical !! \"\nSi l'on voulait se faire une idée des Schônberg pédagogue il faudrait\nouvrir le Traité d'harmonie qu'il vient de publier. 1 On y trouverait un\nmusicien moins révolutionnaire que ses œuvres ne le montrent. Lisons\npar exemple le chapitre où il traite des procédés du style moderne :\nPuisque je ne recommande pas ces harmonies nouvelles, je n'ai pas à en\ndiscuter ici la valeur. Celui qui, de lui-même, ira jusque-là, n'a pas besoin de guide.\nSon oreille et sa sincérité le conduiront plus sûrement que tous les préceptes.\nMais une autre raison me détourne encore de traiter ce sujet des formes moder-\nnistes, sans rester cependant au-dessous de ma tâche de pédagogue. Les traités nous\ndonnent habituellement un système musical qui répond aux données de l'expérience,\net a la notion du beau, ils prescrivent, et aussi ils défendent ; ils présentent un\nensemble de combinaisons possibles et ils en écartent un certain nombre sous le\nnom d exceptions. Or, un système à exceptions n'est plus un système, du moins\n\n1 Vienne. Universal-Edition."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.27", "texte": "A. SCHONBERG\n25\n\nun système suffisant. Et précisément j'ai cru pouvoir démontrer—je voudrais\nque ce fut l'enseignement de ce livre que ces exceptions n'ont ordinairement\npas de fondement, et correspondent simplement à des préférences esthétiques.\nElles représentent des étapes dans la voie qui conduit à la nature, et où ce\nprésent ouvrage s'est engagé, avec la certitude d'être un jour lui-meme dépassé.\nComment pourrai-je donc formuler ici quelques-unes de ces règles, qui ne sont\nque des approximations, quelques-unes de ces exceptions que chaque jour voit\nnaître et mourir ? Tous ceux qui m'ont suivi jusqu'ici ne sauraient attendre de\nmoi ce chapitre\nD'ailleurs, que l'élève se serve de moyens anciens ou modernes, ses travaux n en\nseront pas moins bons ou moins mauvais; car tout dépend ici d'un certain rapport\nentre le talent naturel et la faculté de l'extérioriser. Or, le maître ne peut avoir\nd'influence que sur l'extériorisation. Et encore ! Cette faculté est-elle réellement\néducable ? Ce n'est pas en imitant ses devanciers que l'artiste peut apprendre à\ns'exprimer. Le véritable artiste échappe en réalité à tout enseignement. On peut\nlui montrer comment il doit faire^en invoquant le témoignage d'autrui, mais c'est la\nun enseignement d'art, non un enseignement d'artiste. Le don de s'exprimer ne\ndépend pas des moyens d'expression mis à notre disposition. C'est plutôt 1 inca-\npacité qui tire profit de ces leçons ; puisqu'elle ne saurait s en passer, et qu elle\nvit d'imitation. L'œuvre de l'artiste vraiment doué se différencie toujours de la\nlittérature qui lui a servi de modèle ; elle est écrite avec la préoccupation d un\nartiste et non de l'art en général.\nOui, je ne recommande pas à l'élève l'emploi des moyens modernes. Certes !\nil doit se faire la main, et devenir capable d'exécuter ce que 1 esprit peut un jour\nlui suggérer. Pour cela les moyens traditionnels lui suffisent. Les autres n ont rien\nde nuisible, évidemment, mais ils sont encore soumis à des droits d auteurs, qui les\ndéfendent contre les entreprises du premier venu ! Ceux qui ont réellement la\nvocation les découvriront bien, et d'une façon qui légitimera leur emploi. Ceux\nqui veulent se faire la main n'en ont que faire. Plus tard ces procédés eux-memes,\ntomberont dans le domaine commun. Mais alors on ne s'en servira plus pour se\ndonner à bon compte une personnalité.\nQu'on me laisse donc éviter toute doctrine esthétique à propos de ces styles\nnouveaux. Celle-ci se produira bien sans doute à quelque jour. Ou bien ne se pro-\nduira pas. Elle sera peut-être utile, peut-être fâcheuse. Espérons qu'elle sera\nprudente et se bornera à constater : voici les cas reconnus bons jusqu'à présent ; si\nles autres n'ont pas encore conquis les suffrages, cela viendra sans doute.... \"\nOn pourrait compléter ces notes, en citant les déclarations que\nSchônberg adressait dernièrement à un ami :\n\"Je m'efforce de laisser libre cours à mes émotions conscientes ou incons-\ncientes, à mes sentiments, à mes instincts ; de telle sorte que, dans cette transposi-\ntion musicale de ma personnalité, il y ait le moins de perte possible. Pour moi, la\nforme n'est pas le but, ou l'un des buts du travail artistique, mais un adjuvant, qui"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.28", "texte": "2 6\nS. I. M.\n\na sa raison d'être parce que la transposition en question ne saurait toujours être\nparfaite, un adjuvant nécessaire pour transformer en énergie les calories perdues, et\nqui, là où les forces de l'expression directe font défaut, satisfait notre besoin d'une\napparente logique. C'est avouer hautement, n'est-ce-pas, que ma musique n'est\nque la représensation de moi-même. \"\nTel est l'homme, dont Paris va bientôt entendre pour la première fois\nquelques œuvres et qui sera certainement classé parmi les compositeurs\nles plus \" avancés \" de notre temps. 1\nDepuis son retour à Vienne Schônberg a vu se réunir autour de lui\ndes partisans, dont quelques-uns font école. Ces sont MM. Karl Horwitz;\nHeinrich Jalowetz ; Alban Berg et l'élève préféré M. Anton von W\npar qui les tendances de Schônberg se trouvent encore accusées.\nL'avenir dira ce que sera cette jeune école, réunie au pays de Haydn,\nde Schubert et de J. Strauss, et si ces premières années du XXe siècle\nauront été pour la musique en Autriche ce que le début du XIXe fut\njadis, au temps glorieux de Beethoven.\n\nEgon Wellesz.\n\nArnold Schoenberg\nCaricature par Rudolf Hermann\n(Schoenberg se pique de peinture et Vienne a déjà vu une exposition de ses œuvres audacieuses.)\n\n1 Nous donnons ici, avec la bienveillante autorisation du Directeur de FUniversal Édition de Vienne, notre\nami le Dr Hertzka, le troisième morceau du second quatuor de Schônberg.\n2 II faut y joindre le signataire de ces lignes, trop modeste pour se nommer ici (Note de la Rédaction)."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.29", "texte": "A. SCHONBERG\n27\n\nSECOND QUATUOR A CORDES\n1\nIIIe PARTIE\nLITANIE DE STEPHAN GEORGE.\nA. SCHŒNBERG.\n\n1 Édité par l'Edition Universelle, en dépôt chez ROUART, LEROLLE ET CIE, 18, Boulevard de Strassbourg-"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.30", "texte": "28\nS. I. M."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.31", "texte": "A. SCHONBERG\n29"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.32", "texte": "3°\nS. I. M."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.33", "texte": "A. SCHONBERG\n3i"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.34", "texte": "32\nS. I. M."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.35", "texte": "3\n\nA. SCHONBERG\n33"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.36", "texte": "3 +\nS. I. M."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.37", "texte": "A. SCHONBERG\n35"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.38", "texte": "36\nS. I. M."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.39", "texte": "A. SCHONBERG\n37"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.40", "texte": "38\nS. I. M."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.41", "texte": "Les fondateurs de la Société d\nm'ont fait l'honneur de me demander quelques mots de présentation au\npublic de S.I.M. Bien que leurs noms et leur œuvre les recommandent\nassez, je les remercie de l'occasion qu'ils m'offrent de défendre, avec\neux, une cause qui m'est chère.\nPour quiconque observe la vie artistique en France, aucune question\nn'est plus grave que celle des rapports entre l'art et l'ensemble de la nation.\nAux grandes époques, comme le moyen-âge français et la Renaissance\nitalienne, ces rapports furent étroits et constants. Actuellement, ils n'exi-\nstent presque plus. La porte de communication est close entre le peuple\net l'art —j'entends l'art digne de ce nom. A peine le peuple a-t-il accès\ndans nos théâtres ; et nos grands concerts lui sont entièrement fermés.\nBien plus, la petite bourgeoisie, le monde des étudiants pauvres, voient\nde jour en jour se restreindre la modeste place qui leur était accordée.\nDepuis vingt ans, le mal n'a fait que s'accentuer. Nous avons connujadis\ndes concerts symphoniques, où, comme chez Pasdeloup, un homme du\npeuple, un étudiant, pouvaient, pour 0,50 ou 0,75 centimes, s'asseoir\nà la table de l'art, qui console et illumine la vie. A présent, malheur aux\npauvres ! La cherté croissante des places assure à ceux qui sont riches\nl'insolent privilège de jouir de l'œuvre des génies, ces génies dont\nplusieurs, parmi les plus grands, sont les fils du mariage mystique de\nl'Art avec la Pauvreté.\nComme le dit la circulaire que j'ai sous les yeux, 1 \"\nsont les prix des concerts dominicaux a P dernières\nplaces a 2.et 2 francs, de nombre fort\nécouter debout un concert durant au mo\nainsi une joie intellectuelle par un véritab\nexiste au dernier amphithéâtre, une cert\n\n1 Projet de fondation dyune Société de Concerts Symphoniques Populaires à Paris."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.42", "texte": "I. —LE JEUDI 18 AVRIL 1912, à 9 heures du soir\nAVEC LE CONCOURS DE\nMM. GEORGES ENESCO et JEAN REDER, Mesdames M. DE WIENIAWSKA\net MARIA FREUND\nDES CHŒURS DE L'ÉCOLE DE CHANT\nCHORAL (FONDATION D'ESTOURNELLES DE CONSTANT).\nA) Ouverture des u Maîtres Chanteurs \" . WAGNER\nB) Concerto pour violon (en mi) BACH\nc) Symphonie n° 9 (avec chœur) BEETHOVEN\nChœurs et orchestre : 600 exécutants.\n11. LE JEUDI 25 AVRIL 1912, à 9 heures du soir\nAVEC LE CONCOURS DE M. PABLO CASALS\nHAYDN MOZART BEETHOVEN\nA) Symphonie en mi bémol (n° 39) MOZART\nB) Concerto pour violoncelle HAYDN\nc) Ouverture de \" Léonore \" (n° 3) BEETHOVEN\nD) Symphonie héroïque (n° 3) ~\n111. LE JEUDI 2 MAI 1912, à 9 heures du soir\nAVEC LE CONCOURS DE M. LOUIS DIÉMER\nHAYDN MOZART BEETHOVEN\nA) Symphonie en ré HAYDN\nB) Concerto pour piano (en ré mineur) MOZART\nc) Ouverture d'u Egmont \" BEETHOVEN\nD) Symphonie en ut mineur (n° 5) „\nIV. LE JEUDI 9 MAI 1912, à 9 heures du soir\nAVEC LE CONCOURS DE M. R. PLAMONDON\nBEETHOVEN PREMIERS ROMANTIQUES\nA) Ouverture du \" Freischùtz \" WEBER\nB) Symphonie inachevée SCHUBERT\nC) Deux marches (instrumentées par Casella) ...... ~\nD) \" A la bien-aimée absente \" (cycle de lieder) BEETHOVEN\nE) Symphonie n° 7 ~\nV. LE JEUDI 16 MAI (Ascension) à 9 heures du soir\nAVEC LE CONÇOURS DE M. CORTOT\nÉCOLE ROMANTIQUE\nA) Ouverture de la \" Grotte de Fingal \" MENDELSSOHN\nB) Concerto pour piano SCHUMANN\nc) Symphonie fantastique BERLIOZ\nD) \" Mazeppa \" LISZT"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.43", "texte": "M\nAdministration des Concerts DANDELOT\nPlaces à 1,2, 2.50, 3 et 4 francs\nVI. LE JEUDI 23 MAI 1912, à 9 heures du soir\nAVEC LE CONCOURS DE MADAME FELIA LITVINNE\nBRAMHS WAGNER\nA) Symphonie en ut mineur (n° I) BRAMS\nB) I. Prélude du IR acte de u Tristan et Yseult \" WAGNER\n2. Mort d'Yseult\nc) Les murmures de la forêt (de \" Siegfried \") . .\nD) i. Marche funèbre du u Cré scule des Dieux\"\n2. Scene finale\nVII. LE JEUDI 30 MAI 1912, à 9 heures du soir\nAVEC LE CONCOURS DE MM. V. D'INDY, RISLER ET J. BONNET\nLA SYMPHONIE MODERNE FRANÇAISE\nV O I R FRANCK\nA) Symphonie en re mineur .'**.* y n)TMriV\nB) Symphonie sur un chant montagnard français (avec piano)\nsous la direction de Vauteur oAWVro\nV O 1 • N / W \\ . SAINT-SAENS\nc) Symphonie n° 3 (avec orgue) • • *\nVIII. LE JEUDI 6 JUIN 1912, à 9 heures du soir\nAVEC LE CONCOURS DE M. JACQUES THIBAUD\nÉCOLE MODERNE FRANÇAISE\nA) \" L'Arlésienne \" (i° suite)\nB) Entr'acte de u Messidor . . .\nc) u L'apprenti sorcier\nD) Pavane (avec chœurs) . . . . •\nE) Symphonie espagnole pour violon\nF) Prélude à l'Après-midi d'un faune\nG) Ouverture de Gwendoline\nBIZET\nBRUNEAU\nDUKAS\nFAURÉ\nLALO\nDEBUSSY\nCHABRIER\nXX LE JEUDI 13, JUIN 1912, à 9 heures du soir\nÉCOLE MODERNE ETRANGERE\n. I l\\ T~\\\nA) Introduction et cortège nuptial (de l'opéra \" le Coq dor ).\nB) Symphonie n° 4 (avec soprano solo)\nc) u Till Eulenspiegel\nD) Deux rapsodies roumaines • •\nsous la direction de l auteur\nRIMSKY-KORSAKOW\nG. MAHLER\nR. STRAUSS\nG. ENESCO\nX. LE JEUDI 20 JUIN 1912, à 9 heures du soir\nAVEC LE CONCOURS DE M. RAOUL PUGNO\nÉCOLE MODERNE FRANÇAISE\nA) Hymne à la justice\nB) Concerto pour piano en ut mineur .\nc) Suite française\nD) Variations symphoniques (pour piano)\nE) Rapsodie Viennoise.\nMAGNARD\nSAINT-SAENS\nROGER DUCASSE\nFRANCK\nFL. SCHMITT\nORCHESTRE DE 80 A 100 EXÉCUTANTS\nChef d'Orchestre : ALFRED CASELLA"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.44", "texte": "42\nS. I. M.\n\ndeux francs ; mais ces places, non numérotées,\nil riest pas rare de voir, les dimanches ou le programme est particulièrement\ntentant, la \" queue \" se former Victoria, des dix heures du matin,\nparfois sous la pluie ou la neige\nUn tel état de choses est un scandale dans tout Etat moderne, à\nplus forte raison dans un Etat démocratique.1 Il ne s'agit pas de ressasser\nles éternels lieux-communs pour et contre le peuple. Il ne s'agit pas de\nprêter au peuple je ne sais quelles vertus magiques, ou de les attribuer à\nune élite aristocratique, seule capable de sentir et comprendre les œuvres\nd'art. Il s'agit de savoir si l'art n'est rien autre qu'un luxe superflu, ou\ns'il est essentiel à la vie, s'il a une vertu morale, s'il est une lumière pour\nl'esprit, une joie pour l'intelligence, un bienfait pour le cœur. En ce cas,\ncette joie, ce bienfait, cette lumière, vous les devez à tous. Peu importe\nque tous ne soient pas disposés à en jouir. Vous devez faire que ces biens\nsoient à la disposition de tous. Une grande nation moderne (je ne dis\nmême pas une république), qui manque à ce devoir, est criminelle. Et\nson crime se retourne contre elle. Ce n'est pas seulement le peuple, c'est\nl'élite, c'est l'art, c'est la nation tout entière qui en souffre.\nTout se tient. \"Aux grands siècles, dit Viollet-le-Duc, l'art était\npartout, parce qu'il était compris de tous.\" Il était compris de tous,\nparce qu'il était donné à tous. Etablissez entre l'art et le peuple des\nrapports constants, le peuple ne sera pas seul à y gagner des joies intel-\nligentes qui l'ennobliront ; l'art se nourrira, en échange, de ces milliers\nd'âmes aspirées par sa flamme. Si vous voulez que l'art ne soit pas seule-\nment une lampe pâle et pure qui brûle sur un autel, mais un grand feu\nqui réchauffe et éclaire, nourrissez-le ; jetez-y toutes les passions et toute\nla vie du monde. Ces passions, cette vie, manquent trop souvent à notre\nmusique. Un critique, dont le témoignage n'est pas suspect, (car nul n'a\nmieux que lui senti la grandeur et la nouveauté de notre école française\ncontemporaine), M. Jean Marnold, dit, dans un livre récent : 2\n\" Notre art sans laideurs, harmonieux, impeccable, subtil, paraît\nfade souvent auprès de tel chef-d'œuvre inégal et violent de l'art\ngermanique... Notre sentiment inné du ridicule, notre goût, notre\n\n1 II est juste de rendre hommage aux tentatives qui ont pu être faites pour y remédier, soit par des\nœuvres d éducation musicale collective, comme l'Association de chant choral, soit par des œuvres de vulgarisa-\ntion musicale, disposant de moyens beaucoup trop restreints, mais extrêmement actives, comme les Concerts-\nRouge et les Concerts-Touche.\n2 Musique d'autrefois et cTaujourd'hui, 1912."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.45", "texte": "CONCERTS POPULAIRES\n\n43\n\npudeur, nous dissuadent de nous livrer, nous induisent à notre insu en un\nculte de la beauté plastique, dont notre mentalité lucide se satisfait trop\nvolontiers, peut-être. L'écueil de l'impassibilité, voire olympienne, est la\nvirtuosité oiseuse. Redoutons-en la conclusion décevante.\"\nNotre art musical est le premier du monde, par ses qualités aristo-\ncratiques ; mais (à part des exceptions, comme ce Florent Schmitt, dont\nle public du Châtelet acclamait, l'autre jour, le monumental),\nil manque de sang. Ranimez-le. Il n'est pas question d'abdiquer\nson aristocratie de goût et de sensibilité. Mais un grand aristocrate\ndoit savoir parler à tous et dompter la foule aux mille têtes. Les\nDante, les Giotto, les Raphaël, les Rubens, les Molière, les Dickens,\nles Tolstoï, l'ont su faire. Un grand artiste qui voit devant lui, face à\nface, tout un peuple, ne songe plus à la médiocrité de chaque individu,\npris à part ; il se sent remué par les puissants courants qui remuent cet\nocéan humain ; il participe aux forces obscures et fatales de la vie\ncollective ; elles le soulèvent au-dessus de ses préoccupations personnelles;\nsa pensée ni son art n'y perdent rien ; d'instinct, son rythme s'élargit, son\nsouffle devient plus vaste, les lignes de son discours s'épurent et se dé-\nveloppent avec une ampleur d'épopée. Qui a une fois entendu dans\nun Musikfestrhénan, exécuter par tout un peuple pour tout un peuple\nun oratorio colossal de Hasndel, pareil à une montagne de la Bible qui\nchante, ou une cantate de J. S. Bach, bruissante comme la mer innom-\nbrable, aura toujours la nostalgie de cet art magnifique, où boivent des\nmilliers d'âmes.\nNe faisons pas de la musique de France une propriété particulière.\nOuvrons les écluses. Qu'elle arrose largement cette généreuse terre de\nFrance ! Ne dites pas d'avance, avec un scepticisme dédaigneux et\nchagrin, qu'il n'en résultera rien. Que savez-vous des moissons à venir ?\nQue chacun fasse son œuvre et sème le bon grain ! La terre fera le reste.\nSaluons donc l'effort de M. Casella, et applaudissons à la libéralité\nde ceux qui lui ont permis de le tenter, comme au noble empressement\nde tant de grands artistes à lui offrir leur concours désintéressé. Ce n'est\npas d'aujourd'hui que nous connaissons la générosité de cœur d'une élite\nfrançaise et tout ce qu'elle donne inlassablement de son labeur, de sa\nfortune et de son génie aux œuvres artistiques et sociales. Nous regret-\ntons que la Ville de Paris n'ait pas, jusqu'ici, marqué son intérêt à ces\nconcerts, qu'il eût été de son devoir, non seulement de soutenir, mais"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.46", "texte": "44\nS. I. M.\n\nd'organiser. Il est fâcheux aussi que l'Etat n'ait pu accorder à la Société\nla salle du Trocadéro pour le dimanche en matinée : car on ne peut\nguère compter sur le peuple, quand on le convie à des spectacles, dans les\njours de travail ; ce serait beaucoup demander à celui qui a peine toute\nla journée que de vouloir qu'il veillât jusqu'à onze heures du soir ou\nminuit, pour entendre de la musique. Enfin, nous espérons que, si le\nsuccès vient confirmer l'attente des fondateurs de la Société, le nombre\ndes places à 0,50 centimes sera augmenté.1 Il est clair que, dans l'état de\nch oses actuel, les Concerts Symphoniques du Trocadéro s'adressent surtout\nà la jeunesse intellectuelle peu fortunée ; et c'est aussi le premier public\nqu'il faut atteindre, le plus intéressant, et celui qui souffre le plus de la\nprivation de l'art.\nLe programme de la première année est bien choisi. Il comprend,\npour les six premiers concerts, de beaux spécimens des œuvres classiques,\n(où nous regrettons seulement l'absence du nom de Hasndel) ; pour les\nquatre derniers, il fait appel aux maîtres contemporains français et étran-\ngers, sans distinction d'écoles, en donnant la préférence aux œuvres du\nstyle le plus clair et le plus sain.\nLa direction artistique de l'œuvre a été confiée à M. Casella. Par sa\npersonnalité énergique et volontaire, par sa large sympathie artistique qui\nl'élève au-dessus des partis musicaux, par son expérience de\nacquise avec les plus célèbres orchestres étrangers (le\nd'Amsterdam, la Philharmonique de Berlin, etc.), M. Casella est un de nos\njeunes maîtres français les mieux qualifiés pour conduire cette difficile\nentreprise et pour la faire triompher. Nos vœux l'y accompagnent. Il\ndépend un peu de nous tous qu'il réussisse dans une œuvre qui nous\nintéresse tous. Quoi qu'il arrive, M. Casella aura l'honneur de l'avoir osée.\n\nRomain Rolland.\n\n1 II est, d'après le Projet que j'ai sous les yeux, de 460, contre 1000 places à 1 francs, 1840 à 2 francs,\n800 à 3 francs, et 328 à 4 francs."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.47", "texte": "BOCH (D. E.). II sistema interzato délia musica (Roma\nCasa éditrice \" Musica \" 1911, in fol. de 36 pp. L. 1,50).\nCe système est dit interzato parce qu'il participe de trois\nsystèmes de notation musicale qu'il synthétise. C'est encore une\ntentative pour rationaliser notre écriture en simplifiant son appareil\nde clefs, d'accidents, de valeurs, de portée etc... Peut-être un jour\ntous ces efforts épars et sans cesse renouvelés porteront-ils leurs\nfruits, et M. Boch aura fourni sa pierre à l'œuvre future.\nMARNOLD (Jean). Musique d\"*autrefois et d\"*aujourd'hui\n(Dorbon aîné 1912 in-120 de 366 pp. Fcs 3,50).\nNotre ami Marnold vient de céder, lui aussi, au désir légi-\ntime de relire et de faire relire ses articles parus depuis quelques\nannées dans le Mercure de France. Nous retrouvons ici la critique\nbelliqueuse et toujours sous les armes, qui prend son plaisir à\nmettre les pieds dans le plat, et dont Marnold a su faire redouter\nles coups. Le style de ces pages est souvent âpre et capricant. Le\npoint de vue de l'auteur est purement musical. Au gré de M. il n'est jamais assez question de\nmusique dans les ouvrages de la critique moderne. On sent bien que M. a d'autres tendances\nque ses confrères, et ce présent volume marque l'impatience de prendre position dans le débat,\ntoujours ouvert, de la musicologie. Nous attendons, nous aussi, la grande œuvre définitive, dans\nlaquelle Vami des harmoniques exposera ses propres conceptionsr F. E.\n\\\nSERVIERES (Georges). Emmanuel Chab(Alcan 1911 in-12 de 151 pp. Fcs 2,<50).\nCe sacre Chabrier méritait bien un portrait sérieux et grave comme celui que vient de\nnous donner de lui M. Servières. La figure joviale de l'auteur de Gevendoline est entrée dans\nl'histoire, et la musique française doit conserver le souvenir d'un des plus prodigieux exemples\nd'exubérance qu'on ait jamais vus.\nC'est à ce devoir que correspond le volume peut-être un peu mince dont nous\nparlons ici. J'admire l'habileté avec laquelle M. S. a su faire tenir tant de faits, de dates, de\njugements en si peu de pages. La biographie surtout est présentée avec un relief qui correspond\nbien à la truculence de son musicien. Il semble cependant que \" Emmanuel \" eut aimé une\nnote plus franchement enthousiaste de sa musique, et plus d'emballement. Mais ce n'est pas\nchose aisée que sympathiser entièrement avec un artiste aussi désorientant que Chabrier, avec\ncet audacieux qui eut un pied dans le music-hall du Boulevard et un autre dans le Temple de\nBayreuth. Le gros problème à résoudre ici est celui du Rire en musique. Notre ami Robert"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.48", "texte": "46\nS. I. M.\n\nBrussel y travaille avec ardeur, et M. S. lui a laissé ce soin. En somme, un livre auquel devront\nrevenir tous ceux qui auront à parler du maître.\n\nJ. E.\n\nLIVRES REÇUS\nNIN (Joachim). Idées et Commentaires.(Paris, Frichbacher, 1912, in-8° carré de\n240 pp.)\nSCHEURLEER (D. F.). Muziekleven van Amsterdam 17E\n('s Gravenhaçe, Nijhoff, in-fol. de 126 pp. Fcs 25.)\nORDINARIUM SALUTATIONUM. (Paris, Société d'éditions du chant grégorien,\nin-8° de 96 pp.)\nGASTOUE (A.). Les messes royales de Henry du Mont. (Ibidem in-8° de 24 pp.)\nJOACHIM (J.). Briefe von und an Joseph Joachim. B. 1., 1842-1857- (Berlin,\nW. 15., J. Bard, 1911, in-8° de 480 pp. Mk. 8.50.)\nHINTON (T. W.). César Franck, some personal réminiscences. (London, W. Reeves,\nin-120 de 16 pp. 6 net.)\nLISZT (Fr.). Pages romantiques,publiées avec une introduction et des notes par\nJean CHANTAVOINE. (Alcan, 1912, in-120 de 292 pp. Fcs 3.50.)\nLANDORMY (Paul). La musique d'Eglise, par K. WEINMANN, traduction\nfrançaise. (Paris, Delaplane, in-160 de 221 pp. Fcs 1.60.)\nWASIELEWSKI (W. J. von). Das Zweite Auflage\n(Breitkopf, 1911, in-8° de 255 pp. Mk. 7)5°-)\nMEMORIA presentada por la Junta de la (Oviedo,\n1912, in-120 de 21 pp.)\nLOCHER (Cari). Die Orgel Register und ihre Klangfarben. (Bern, 1912, in-8° de\n181 pp.)\n\nSOCIÉTÉ INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE\nSÉANCE DU JEUDI 15 FÉVRIER 1912\nLa Séance est ouverte, Maison Gaveau, 45, rue la Boëtie, à 4 heures, sous la présidence\nde M. Ecorcheville, Président.\nEtaient présents: MM. Dauriac, Cucuel, Peyrot, Bouvet, Docteur Laugier, Bosc, Vinée,\nGariel, de Bertha, M. et Mme Lefeuve, Mesdemoiselles Daubresse et Neufeld. S'étaient excusés :\nMM. L. de La Laurencie et J.-G. Prod'Homme retenus à l'étranger. MM. Mutin et Landormy.\nAprès lecture du procès-verbal, la candidature de M. A. Banès présentée par M. Ecorcheville\net Ténéo, est admise à l'unanimité.\nLç Président communique une lettre de M. Charles Bouvet dans laquelle notre collègue\nannonce qu'il a terminé un ouvrage intitulé : \" \" catalogue biographique et\nthématique des œuvres, manuscrites et gravées, des membres de cette illustre famille de\nmusiciens.\nLa parole est donnée à M. Anselme Vinée, pour une communication sur \" l'Unité et la\nnécessité du Système Musical. \"\nLa Séance est levée à 6 1/2 heures."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.49", "texte": "Concerts dominicaux\nCONCERTS COLONNE\nLa Symphonie Héroïque est-elle républicaine ? Est-elle monarchiste ? Beethoven la\ndédia-t-il à Bonaparte, champion de la Liberté, et biffa-t-il la dédicace, comme on l'a long-\ntemps cru sur la foi de Ferdinand Ries, parce que Bonaparte s'était fait empereur ? ou bien\ncette dédicace honorait-elle en Bonaparte, comme le prétend aujourd'hui M. Vincent d'Indy\n\" le héros glorieux couronné de lauriers \" et Beethoven en la lui reprenant ne prétendait-il\nflétrir que l'ennemi de l'Autriche, le destructeur du traité de Lunéville ? Problème angoissant\npeut-être pour les Beethoveniens de profession, mais qui, l'avouerai-je, me laisse assez indiffé-"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.50", "texte": "48\nS. I. M.\n\nrent. Je ne parviens pas à voir dans la Symphonie Héroïque autre chose qu'un superbe ouvrage\nmusical, d'ordonnance grandiose, de fïère et noble inspiration, qui exhale en abondance un\nmèlos \" héroïque \" purifiant et vivifiant, mais imprécis, comme c'est le cas pour toute musique\npurement instrumentale dont l'auteur n'a pas exactement spécifié la signification. Et cela est\nparfaitement dans l'ordre, si, comme l'a dit Nietsche : \"on veut, non seulement être compris\nquand on écrit, mais encore, certainement, n'être pas compris \" ? M. Pierre Monteux, qui\nétait au pupitre, a dirigé l'exécution du chef-d'œuvre avec une remarquable autorité.\nLe concert en sol majeur de Beethoven contient de belles pages et des pages charmantes.\nIl compte aussi, dans le premier morceau, de nombreuses longueurs et n'est pas absolument\nindemne de ce mauvais goût ornemental dont Beethoven se complaisait souvent à déparer ses\nplus heureuses trouvailles. M. Sauer l'a joué avec une mesure et une distinction exquises, sans\nchercher à u Beethoveniser \". Par contre, il a déployé une sorte de fantaisie diabolique dans\ncertains moments du concerto de Liszt, tout en conservant une admirable tenue de style.\nM. Sauer, que j'entendais pour la première fois, m'a vivement impressionné par l'harmonie et\nla proportion de ses admirables qualités et par sa grande allure pianistique, qui est d'un autre\ntemps que le nôtre. M. Sauer, malgré sa perfection et son classicisme, possède une étincelle\nde cette virtuosité enflammée qui animait les grands pianistes d'autrefois, et par ce trait, il\nrappelle M. Francis Planté en qui se prolonge aussi la tradition romantique.\nIl y avait encore à ce concert l'ouverture de Coriolan. Il aurait pu y avoir aussi les trois\nouvertures de Léonore, et la symphonie avec chœur s, et la Messe en rè toute entière, et même le\nChrist au Mont des Oliviers, sans que le public s'en plaignît ; car chacun sait que, pour les\nmélomanes du Dimanche, Beethoven est le \" dieu \" et peut-être même Dieu tout court, un\nDieu unique en trois Manières, dogme qui simplifie beaucoup pour eux les questions d'esthétique\nmusicale. Nous entendîmes aussi le don Juan de M. Strauss et un poème symphonique de\nM. Pierre Kunc, intitulé : Au pied des monts de Gavarnie, ouvrage digne d'attention qui\ndécèle une tournure d'esprit élevée et des aptitudes à rendre avec force certaines impressions\npittoresques. Tout le début, qui évoque la magnificence farouche du site célèbre, est excellent;\nla seconde partie, paraphrase d'une douce et mélancolique chanson populaire, est traitée avec\nbonheur ; j'aime moins la troisième, où M. Kunc a tenté d'exprimer son état d'âme en face\nde la Nature et de son formidable mystère. Les spéculations mentales impliquées par ce genre\nde rêverie sont si complexes que les mots eux-mêmes ne réussissent que rarement à en donner\nune idée véritable ; et c'est souvent un leurre que de vouloir les traduire par la musique, si\néloquente lorsqu'il s'agit d'exprimer des sensations, quelque vagues qu'elles puissent être, mais\ninsuffisante et obscure dès qu'on veut lui confier des idées précises et coordonnées.\nD'ailleurs, il se peut que l'auteur n'ait prétendu exprimer qu'un ensemble d'émotions\nressenties, et il est fort probable que si au lieu d'être jeune et bien portant, M. Kunc était\nmort, nous n'eussions pas hésité à les partager avec componction.\nREYNALDO HAHN.\n* *\nPlein d'une belle vaillance, M. Gabriel Pierné est remonté au pupitre pour diriger\nl'exécution d'une œuvre \" babylonienne \" composée depuis huit ans (hélas !) le Psaume XLVI\nde Florent Schmitt, œuvre de joie barbare, musique de foule rugissante et hallucinée.\nL'intérêt que nous avons pris à l'audition de Dimanche relève de plusieurs causes. Tout\nd'abord, il nous plaît de constater que par le Psaume XLVI, la jeune école française affirme\nautre chose que les qualités de grâce subtile et de délicat impressionisme qu'elle semblait"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.51", "texte": "LE MOIS\n\n+9\n\ncultiver avec une préférence un peu trop exclusive. Ici, elle se montre capable de force, de\npuissance ; elle fait saillir ses biceps ; elle prouve qu'à côté des bibelots précieux des élégants\narticles de Paris, qu'elle cisèle, d'une main si avertie, elle peut, quand elle le veut, construire\ndes œuvres robustes, monumentales.\nLa composition de M. Schmitt proteste donc, de la façon la plus éclatante et la plus\ndécisive contre l'accusation d'anémie distinguée que certains seraient tentés de jeter à nos\nmusiciens.\nEnsuite, il nous semble bien, et on pardonnera cette réflexion à un historien, que le\nPsaume XLVI renoue la tradition si française du motet à grand chœur. Nous nous imaginions\nvolontiers, l'autre jour, quelque chapelle de Versailles considérablement élargie, où retentiraient\nles accents d'un La Lande, voire d'un Lully ou d'un du Mont du XXe siècle. Car le voilà\nbien, notre vieux motet à grand chœur, morceau de résistance, de feu, le concert spirituel, avec\nses masses chorales et ses épisodes de solistes, avec son texte emprunté à la Bible, avec son\nallure théâtrale, majestueuse, parfois un peu outrancière.\nSeulement, deux siècles de musique ont passé et nous ont débarrassés de la monotone\nscholastique des entrées imbriquées, du fugato perpétuel, comme aussi de la rondeur d'une\nharmonie de tout repos aux bénéfiantes cadences. Le Psaume XLVI est l'arrière petit-fils du\nCantate Domino de Michel Richard de La Lande.\nIl se recommande par d'éminentes qualités de construction et de logique musicales, et\ns'établit sensiblement, en trois parties, la partie médiane consistant en un épisode attendri où\ndes voix de solistes instrumentaux et vocaux viennent chanter doucement la reconnaissance\ndu peuple hébreu pour le maître qui, serions nous presque tenté de dire, lui a jeté le mouchoir.\nLa qualité thématique est excellente. Dès le début, elle s'affirme, au milieu des sonneries\nde trompettes, par l'explosion de joie du \" Gloire au Seigneur \". Elle se proclame par le\nthème presque purement rythmique, tenace et impressionnant du \" Nations, frappez des mains\nqui se propose dans toute la masse, et que scande puissamment un orchestre merveilleusement\nassoupli, attentif aux plus ingénieuses suggestions dynamiques : égratignements de harpes, coups\nd'archet arrachés et secs des violons, graves interventions des trombones, éclats stridents, lanci-\nnants des trompettes, dessins obstinés qui disent l'énergie persévérante et comme l'entêtement\ndu triomphe, tout cela est d'un musicien de race. Au milieu de ce formidable applaudissement\nsurgit une danse, danse échevelée, enivrée de joie ; puis, un large choral s'élève sur les paroles :\n\" Parce que le Seigneur est très-élevé \" joignant de la sorte la prière aux tumultueuses mani-\nfestations d'un peuple en délire. Voilà pour la première partie: peu à peu avec un art subtil\ndes gradations, la sonorité s'estompe, s'éteint pour amener l'épisode central, le dialogue des\nsolistes, violon, basson, cor, flûte et soprano solo. Et un souffle de tendresse passe, soutenu par\nles caressantes vocalises du violon, un souffle de volupté aussi que recueille avidement la foule\nextasiée ; avec quelle langueur, avec quel abandon presque lascif cette foule murmure de\ntroublantes vocalises énoncées sur une simple voyelle, comme de longs et délicieux sanglots !\nIl y a là des remous de sonorité, des atténuations, des murmures, un immense anéantissement\ndans le bonheur. Peut-être trouvera-t-on que le soprano ne se dégage pas assez de l'ensemble ;\nmais l'auteur a peut-être voulu que, communiant dans la félicité collective, le soprano, liane\nhumaine, demeure étroitement enlacé à ses sœurs instrumentales. Par deux fois, le chœur,\npianissimo, déploie un long soupir mystérieux et escalade une sorte d'échelle de Jacob, dressée\nsur de prestigieuses irisations de harpe. Puis, c'est la péroraison qui s'ouvre par le thème\nmajestueux, largement consonant : \" Le Seigneur est monté \". Il s'élève lentement du fond\ndes voix, avec une force tranquille et sûre, au milieu de la sereine atmosphère des sextolets de\nl'orchestre. Ascension irrésistible, que rien n'arrêtera et qui, peu à peu, entraîne un formidable"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.52", "texte": "5°\nS. I. M.\n\ncrescendo. Au frottis paisible des sextolets succède, dans la force, le dessin saccade et énergique,\npresque brutal, déjà présenté dans la première partie ; le mouvement, aussi, s accéléré, talonne\npar les appels des trompettes, et le thème vigoureux : a Frappez des mains déchaîné la sonorité\ndans une triomphale apothéose.\nLe Psaume XLVI est une œuvre forte qu'on ne peut entendre sans émotion.\nL. L. L.\nCONCERTS LAMOUREUX\nCette longue patience,ou volonté, dans laquelle, bien malencontreusement, Bufton crut\ndécouvrir l'essence même du génie, n'en est, en réalité, qu'un adjuvant utile. Le principe du\ngénie, c'est-à-dire de l'invention artistique, ne peut être constitué que par l'instinct, ou sensi-\nbilité. Ce qui n'était peut-être, dans l'esprit du naturaliste, qu'une boutade, a engendré une\nerreur plus funeste, relativement moderne. C'est celle qui prétend faire diriger l'instinct artis-\ntique par la volonté.\nCelle-ci ne doit être que la servante attentive de celui-là. Servante robuste, lucide, qui\ndoit obéir intelligemment aux ordres de son souverain, se plier à ses moindres caprices ; favo-\nriser la poursuite de sa route, ne jamais tenter de l'en détourner $ 1 aider a se parer magnifique-\nment, mais ne jamais choisir parmi sa propre défroque aucun vêtement, fut-il somptueux.\nParfois, cependant, le maître est si débile que la servante est obligée de le soutenir, voire de le\nguider. Les produits de cette association boiteuse sont assez piètres, tout au moins dans le\ndomaine musical. Certains auditeurs, assez peu sensibles eux-mêmes, ne laissent pas de s'en\nmontrer satisfaits.\nCe que l'on est tenté d'estimer particulièrement en ces œuvres maussades, c'est ce que\nl'on appelle le \" métier \". Or, en art, le métier,dans le sens absolu du mot, ne peut exister.\nDans les proportions harmonieuses d'un ouvrage, dans l'élégance de sa conduite, le rôle de\nl'inspiration est presque illimité. La volonté de développer ne peut être que stérile.\nC'est ce qui apparaît le plus clairement dans la plupart des œuvres de Brahms. On a pu\nle constater dans la symphonie en rè-majeur,que nous donnait dernièrement l'association des\nconcerts Lamoureux. Les idées sont d'une musicalité intime et douce ; quoique le contour\nmélodique et le rythme en soient très personnels, elles s'apparentent directement à celles de\nSchubert et de Schumann. A peine ont-elles été présentées que leur marche devient lourde et\npénible. Il semble que le compositeur ait été hanté sans cesse par le désir d'égaler Beethoven.\nOr le caractère charmant de son inspiration était incompatible avec celui de ces dévelop-\npements vastes, fougueux, presque désordonnés qui sont la conséquence directe des thèmes\nbeethovéniens, ou qui, plutôt, jaillissent de l'inspiration même. Ce métier, dont son ancêtre\nSchubert fut naturellement privé, Brahms l'acquit par l'étude. Il ne le découvrit pas en soi.\nFaut-il attribuer à des causes analogues la désillusion que nous fait éprouver chaque\nnouvelle audition de la symphonie de César Franck ? Sans doute, bien que ces deux sympho-\nnies, tant par la valeur thématique que par la mise en œuvre, soient très différentes.\nPourtant, leurs défauts ont la même source : même disproportion entre les idées et le\ndéveloppement. Chez Brahms, une inspiration claire et simple, tantôt enjouée, tantôt mélan-\ncolique ; des développements savants, grandiloquents, enchevêtrés et lourds. Chez Franck, une\nmélodie d'un caractère élevé et serein, des harmonies hardies d'une richesse singulière ; mais\nune pauvreté de forme désolante. La construction du maître allemand est habile, mais l'on y\nsent trop l'artifice. Il y a tout au plus, chez le Liégeois, une tentative de construction : des"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.53", "texte": "LE MOIS\n51\n\ngroupes de mesures, jusqu'à des pages entières se répètent, transposés textuellement ; il abuse\nmaladroitement de formules d'école surannées. Mais un point sur lequel la supériorité de Brahms\nse manifeste, c'est dans sa technique orchestrale, qui est des plus brillantes. Chez Franck, au\ncontraire, les fautes instrumentales s'accumulent. Ici, les contrebasses se traînent gauchement,\nalourdissant un quatuor déjà terne. Là, des trompettes bruyantes viennent doubler les violons.\nAu moment que l'inspiration est le plus élevée, l'on est déconcerté par des sonorités foraines.\nIl n'est pas surprenant que, tant en Allemagne qu'en France, l'on se soit servi pour com-\nbattre l'influence de Wagner, de ces deux musiciens, dont les imperfections provoquent\nsouvent une impression de froideur et d'ennui. Cette particularité même de leur génie les\ndésignait pour précipiter un mouvement fatal de réaction.\nLa formidable spontanéité de celui en qui se trouvait synthétisée toute la sensibilité du\nXIXe siècle devait inquiéter ceux-là mêmes qui, les premiers, en avaient subi le charme\npuissant. Aujourd'hui encore, lorsque retentit le Venusberg, l'une des œuvres les plus représen-\ntatives de l'art wagnérien, l'on conçoit qu'après cette explosion de joie et de souffrance\npassionnées, après ce débordement hurlant de vie païenne, l'on dût éprouver le besoin d'une\nretraite paisible, même austère.\nDans notre pays, cette méditation produisit des résultats divers : du cloître franckiste\nsortit d'abord une procession grave d'artistes fervents de la volonté, et dont la foi ne cessa de\ns'affermir. Puis une troupe, moins ordonnée, de jeunes gens à l'âme toute neuve, qui laissaient\nchanter librement leur instinct, et dont la sensibilité s'attacha à percevoir, profondément et\navec moins d'emphase que leurs devanciers, jusqu'aux moindres manifestations extérieures.\nDe Vincent d'lndy, le chef du premier groupe, M. Chevillard nous a redonné récem-\nment Saugefleurie. Déjà se manifeste, dans ce poème symphonique, le principe qui dirigea la\nconduite artistique du compositeur. L'orchestration en est riche et colorée, la forme claire.\nMais on y découvre le mépris de l'harmonie naturelle, du rythme spontané, de la libre\nmélodie, en un mot de tout ce qui n'est pas du domaine de la volonté pure. Ce principe,\npoussé jusqu'aux limites, devait donner comme résultat final cette abstraction musicale qu'est\nla sonate pour piano, du même auteur.\nAu second groupe, il est juste de rattacher l'école russe, qui contribua pour une bonne\npart à l'éclosion de la sensibilité musicale de notre génération. Deux des œuvres les plus\ncaractéristiques de cette école figuraient aux derniers programmes :\nrAsie Centrale, de Borodine, cette œuvre ingénue, d'une musicalité, d'un impressionisme si\nprofonds ; et Islamey,de Balakirew, orchestré par Alfred Casella.\nLa conception primitive de cette œuvre, j'oserai dire de ce chef-d'œuvre, étant purement\npianistique, le fait de l'avoir transportée à l'orchestre a semblé étrange à certains. D'aucuns ont\nmême crié au sacrilège, qui acceptent pourtant sans murmurer la transcription pour piano, la\nparaphrase même, d'une œuvre orchestrale. Pour moi, j'avoue que j'ai pris un grand plaisir à\nentendre cette pièce dans sa nouvelle forme. Il était à peu près impossible, et sans doute assez\nvain, de rendre à l'orchestre des effets de piano. Tout en respectant scrupuleusement la matière\nmusicale de l'œuvre, M. Casella a pris le parti d'interpréter franchement, et non de transposer.\nUne instrumentation complexe, très chargée, néanmoins légère, a transformé une fantaisie\nbrillante pour le piano en un morceau symphonique non moins éclatant.\nAu même concert, l'on exécutait le ballet du le drame lyrique de Georges Hue,\nque j'avais déjà entendu à l'Opéra. J'ai été heureux de retrouver, aussi vive qu'à la Ire audition,\nl'impression de franchise que m'avait procurée ces danses d'allure gaîment populaire, d'un\nrythme ingénieux et varié. J'ai goûté de nouveau avec ravissement une des plus jolies sonorités\nd'orchestre qui aient été imaginées. C'est, je crois, dans la 2e variation de la"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.54", "texte": "52\nS. I. M.\n\nque ce passage se trouve. Le 25 février, se donnait chez Colonne le psaume XLVI de Florent\nSchmidt, œuvre considérable, de la plus haute valeur, et dont c'était la première audition. Ce\njour là, le public le plus fin, le plus curieux et le plus artiste du monde ne manqua pas de se\nprécipiter aux concerts Lamoureux, pour y acclamer M. Emile Sauer. Ce pianiste, que l'on a\neu maintes fois l'occasion d'applaudir, virtuose des plus remarquables, d'ailleurs, exécuta dans\nla perfection le concerto en mi b de Liszt, œuvre aussi belle que peu méconnue.\nIl convient de ne pas octroyer aux créateurs la même faveur qu'aux interprètes. C'est\npourquoi l'on accueillit avec un enthousiasme plus modéré les Children s Corner de Claude\nDebussy, orchestrés par André Caplet avec une délicatesse spirituelle. Ces petites pièces ne\nsont évidemment que l'amusement d'un grand artiste. Mais il y a plus de musique dans une\nseule mesure de l'une d'elles que dans toute cette suite interminable des Impressions d'Italie, de\ncet envoi de Rome reconnaissant, qui valut jadis à son adroit auteur l'estime attendrie des\nmembres les plus vénérables de l'Institut. MAURICE RAVEL.\nSOCIÉTÉ DES CONCERTS\nRichard Strauss joue dans la musique contemporaine un rôle incontestable de fort ténor.\nToutes ses entreprises ne sont pas également heureuses : son aplomb d'auteur lui a même\nvalu d'être cruellement raillé par certains Aristarques ; on ne saurait toutefois dédaigner son\nuniversalité d'inspiration qui va de la conception la plus absconse de la philosophie de Zara-\nthustra aux ébats primesautiers du Chevalier à la rose.\nIl faut de plus être déférent pour un tempérament qui sut — en Allemagne ! — se\ndégager du lourd héritage wagnérien et dispenser des impressions d'angoisse et de perversité ;\nsa Salomé, héroïne hystéro-épileptique se meut danseuse, virtuose, asséchant la bouche du\nspectateur ou le crucifiant d'effroi.\nEt en tout cela, il est bien ténor : il l'est encore par sa volonté d'être lui-même dans ses\nplus ingénues conceptions, dans ses rythmes les plus fadement italiens ; il l'est surtout dans son\nculte imperturbable de la force dans son désir de modéler ses œuvres sur une ossature d'acier ;\nsa musique a des pectoraux puissants ; elle a même parfois, hélas ! les doubles muscles de\nTartarin.\nLa société des concerts donna Tail lefer : connaissant les goûts de M. Messager pour ce\nqui est grâce et tendresse paisible — peut-on oublier que sa est une petite fille menue\net infiniment exquise ? — j'espérais entendre un Strauss sinon atténué, du moins proche du\ngoût français.\nAu premier regard jeté sur le programme où Maurice Emmanuel répand son érudition,\nje constatai mon erreur, en lisant : Tailleferest écrit pour un orchestre énorme et pour un\nchœur aussi nombreux que possible.\nJ'écoutai : dirai-je la beauté de ces roulements de tambours — ils étaient quatre — se\nprolongeant pendant de longues et inexorables mesures ? Oui si au même instant n'avaient\nsurgi dans ma mémoire des Champs de mars pleins de militaires, et des \" Sambre-et-Meuse \"\net des \" Chants du départ \" !\nDirai-je la force sublime de ces coups de grosses caisses — elles étaient deux — scandant\nsans répit la lutte de Taillefer contre l'armée anglaise ? Oui, si je ne m'étais cru à la foire de\nNeuilly, devant l'arène de Marseille ou la ménagerie Pezon !\nProclamerai-je alors cette œuvre poème du bruit ! Non, oh ! non. Un poème du bruit,"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.55", "texte": "LE MOIS\n53\n\nmais ce serait une entreprise à tenter les plus grands musiciens : rendre les bruits des fêtes, les\nbruits du travail, les bruits de la vie, le chaos sonore où nous nous trouvons parfois plongés :\nles seuls bruits qu'évoque nettement Taillefer sont ceux du chaudronnier auxquels son nom\nsemble le prédestiner de la cacophonie inutile et grandiloquente de la galérie des machines en\n89 avec son débordement de bielles, de pistons, de volants.\nCar M. Strauss en arrive à une telle inconscience de son propre fracas, que pendant le\nseul moment où l'orchestre s'apaise pour laisser s'éplorer la plainte de la sœur du duc une\ntrompette s'agite sans pitié, cependant qu'un tambour s'ébroue.\nEt cela m'a rappelé un passage de la lépreuse,la pièce tirée par M. Bataille de vieilles\ngwerziou traduites par Luzel : M. Bataille qui n'entend pas le breton voulut corser la berceuse\nque fredonne Aliette à Ervoanik d'un vers breton dont la douceur verbale lui sembla d'un\ndiscret et tendre apaisement. Il écrivit ceci : Tan ce qui\nveut dire : Feu ! feu ! acier ! oh ! feu ! et ! acier et qui, on l'avouera, n'est pas précisé-\nment une invitation au sommeil — même en Basse-Bretagne.\nLe vieil ami à Gunsbourg — c'est Dieu que je veux dire — ne doit pas se plaindre à\nl'heure actuelle du sort que lui font les croque-notes mes frères : au même instant, le dimanche\n3 mars, Florent Schmitt frappait des mains en son honneur et à 5 temps dans la salle du\nChâtelet et Charles Tournemire l'élevait au-dessus des cieux et à 4 temps dans celle du Con-\nservatoire.\nFaut-il saluer la renaissance de l'oratorio par le moyen de ces psaumes bibliques d'une\ntelle poésie qu'ils tentent les plus affirmés pyrrhoniens ? Espérons-le. M. Tournemire possède\nun tempérament fait de noblesse et de parfaite dignité ; c'est un éminent organiste ; il est à\nSte Clotilde le successeur de César Franck; son grand prédécesseur doit comme la colombe céleste\nvenir de temps en temps le visiter et lui souffler ces inspirations d'improvisateur où il excelle.\nLe plus parfait académisme règne en ses œuvres : pourquoi dans ce psaume qui au fond\ndécoule entièrement d'une esthétique classique a-t-il cru devoir faire appel à des procédés d'un\ninsidieux modernisme ? Pourquoi, par exemple, cette trompette à découvert, lourde d'ailleurs,\nqui vibre d'une façon déplacée contre le mur robuste, moellons et chaux hydraulique de ses\nmasses chorales et orchestrales ? pourquoi encore cette flûte aigre qui siffle comme un oiseau\nhagard alors que depuis de longues minutes s'enflent et s'apaisent les dignes et bienséantes\nvagues des harmonies religieuses ?\nEt alors il s'est passé ceci : les farouches conservateurs, clientèle du conservatoire, trompés\npar ces insignifiantes et superficielles apparences, ont protesté — doucement, comme il con-\nvient à des gens de bonne compagnie — par des sifflets discrets comme des baisers : la masse,\nqui commençait d'applaudir, s'est arrêté immédiatement, ne comprenant pas, et ceux qui\nconnaissaient les règles du jeu se sont contentés de rire dans leur barbe.\nCe qui prouve qu'il faut toujours être soi-même et ce qui prouve encore qu'on n'est\njamais trahi que par les siens.\nJEAN LAPORTE.\n\nConcerts Divers\n\nUn regrettable accident de composition ayant privé le mois dernier de leur part d'éloges\nune notable fraction des artistes s'étant signalés à la reconnaissance publique au cours des\nsoirées de Janvier, il convient de se livrer pour le mois de Février à un petit essai de statistique\nconsciencieuse et réparatrice."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.56", "texte": "54\nS. I. M.\n\nNous prendrons cette fois l'attitude d'un inspecteur de la Société des Auteurs et Compo-\nsiteurs et procéderons à une répartition méthodique, ce qui ne saurait manquer d'être instructif.\nQuelle a été ce mois-ci la situation des compositeurs dans ces quelques pages de l'histoire musicale\ncontemporaine ? Que contient le relevé de leur compte ? Comment écrivons-nous l'histoire ?...\nRassurons tout d'abord ceux que préoccupe en musique la \" question du latin \" ; il est\ncertain que la culture classique ne court aucun danger dans nos milieux musicaux. La docilité\ndes interprètes au joug universitaire est tout à fait édifiante.\nEn dehors de l'hommage qu'il reçoit dans le temple qui lui est spécialement consacré\nnotre Saint-Père-le-Bach est honoré fort décemment par M. Victor Gilles qui joue son\nConcerto Italien, par Mlle Thérèse Chaigneau qui exécute son Concerto en mi majeur et\nfait venir du fond de la Germanie pour interpréter la Cantate profane dans sa langue originale\nune jeune cantatrice allemande, Fraulein Magdalena Bonnard, par le Pax-Quatuor, par\nMlle Lénars et M. Bizet qui l'initient aux douceurs de la harpe chromatique et de l'harmonium\nMustel, par le Quatuor Sangra aidé de Mlle Darragon, par Mlle Blanche Selva assistée de\nM. Vincent d'lndy, par Fritz Kreisler qui fanatise les abonnés de la Société Philharmonique,\npar le fougueux pianiste hongrois Théodor Szanto, par le couple Casella-Hekking, par\nDiémer et Philippe Gaubert aux Soirées d'Art, par le romantique Enesco, par le pianiste\nJoseph Debroux, par Mlle Ninette Chassaing, par Mlle Yvonne Astruc, par le brun et frémis-\nsant Cortot, et par Mlle Delcourt et M. Desmonts qui accordèrent leur clavecin et leur viole\nde gambe pour une évocation plus respectueusement exacte.\nMême ferveur pour Beethoven qui reçoit les dévotions de l'U. F. P. C., du Quatuor\nTracol, du Quartette Vocal de Paris, de son fidèle Edouard Risler, de son archiprêtre Lucien\nCapet et de sa vestale Marthe Dron, du Quatuor Sangra et, bien entendu, du Quatuor Parent,\nde M. Lazare-Lévy et de Mlle Lapié, d'une série de \" duettistes \" illustres, les équipes Cortot-\nThibaud, Diémer-Etlin, Blitz-Tracol ; à la Schola on exécute la Messe en tous les\nquatuors existants se disputent l'honneur de servir sa cause, le Quatuor Rosé, le Quatuor\nViardot, le Quatuor Loiseau, le Quatuor Soudant, le Quatuor Calliat, le Quatuor Luquin et\nGeorges de Lausnay rivalisent de zèle et d'ardeur ; un flot d'instrumentistes isolés se rue à sa\nconquête : Sauer les conduit, Rosenthal emboîte le pas et derrière ces deux glorieux chefs de\nfile on voit accourir le pianiste mondain A. de Radwan, Mlle LœufFer, Mme Saillard-Dietz,\nMlle Lévinsohn, M. Canivet, Mlle Novaès, M. Jullien, Mme Leroy-Détournelle, Mme Alem-\nChevé, M. Rossi, Mlle Gaïda, MM. Lamond, Szanto, d'autres et d'autres encore. C'est de la\npassion ; M. Wael-Munk fait exécuter du Beethoven à son orchestre réduit, les sociétés\ninstrumentales d'amateurs, comme la Tarentelle et l'Orchestre Médical s'attaquent immé-\ndiatement à Beethoven et M. Pergola demande à ses auditeurs de lui fabriquer un thème de\nquelques notes prises au hasard une par personne, précise le programme ! et se targue\nd'en tirer une copieuse improvisation \" à la manière de Beethoven \".\nLe culte du divin Mozart est plus confidentiel. Son autel fut surtout fleuri par des\nmains féminines ; les Matinées d'Art organisèrent un festival auquel prirent part successive-\nment Mlles de Stœcklin, Madeleine Fourgeaud, Ciampi, Guiomar Novaès et Emma Boynet.\nLe lendemain les amazones de l'U. F. P. C. imitaient ce noble exemple suivi bientôt par\nMlles Chaigneau. Quelques représentants du sexe laid se hasardèrent pourtant à prouver au\npublic que la musique de l'auteur de u Don Juan \" ne rentre pas exclusivement dans la\ncatégorie des petits ouvrages de dames. Au Conservatoire la démonstration en fut faite par\nPaul Vidal et à l'Ecole des Hautes Etudes Sociales, par Henry Expert, le triomphateur des\nConcerts des Chanteurs de la Renaissance toujours très brillants et par le Quatuor Luquin\nqui consacrèrent six séances à la glorification du plus pur des musiciens."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.57", "texte": "LE MOIS\n5 5\n\nOn néglige généralement un peu le vénérable père Hsendel mais lorsqu'on s'occupe de\nlui on ne le fait pas à moitié. C'est ainsi que la Société qui s'est vouée à son service vient de\nmobiliser deux cents exécutants et un groupe de solistes de choix pour interpréter le Messie.\nLe succès fut triomphal. M. Raugel conduisit l'œuvre entière avec une foi et une autorité\nadmirables. On bissa la formidable apothéose de l'Alléluia et on acclama Mme Mellot-Joubert,\nl'excellent Plamondon et le brillant organiste Joseph Bonnet.\nLes pianistes conservent évidemment à Liszt et à Oliopiïl une tendresse professionnelle\nmais aucun hommage caractéristique ne fut rendu ces temps derniers à ces deux profonds\nmusiciens qui devraient jouer pourtant dans l'éducation esthétique un autre rôle que celui de\nfabricants de morceaux de piano. Même indifférence polie à l'égard de Schumann auquel\nle Quatuor Sangra est seul à consacrer, ainsi qu'à Franck, un festival solennel. Brahms\nen dehors des concerts de la Société de ses Amis n'a pas opéré de fréquentes sorties. 1i T T\nComme d'ordinaire, les contemporains ne font pas recette. Les organes de diffusion dont\nils disposent sont d'ailleurs peu nombreux. Les Concerts Sechiari semblent pourtant\nvouloir leur accorder une hospitalité de plus en plus écossaise. Vincent d'lndy, en parti-\nculier, fréquenta assidûment le théâtre Marigny où il conduisit Istar, Wallenstein et la\nSymphonie sur un thème montagnard. Deïbussy, qui ne se déplace pas aussi aisement, ne\nvint pas conduire aux côtés du directeur de\nla Schola, comme l'annonçait une affiche\nsynthétique, ses Rondes de Printemps et son\nEnfant Prodigue, mais Mlle Maggic Teyte, ce\ndiminutif exquis de Garden, recueillit un vif\nsuccès après son interprétation délicieuse des\nFêtes Galantes.\nFauré, adorablement chanté par deux\nmuses attentives et fidèles, Jeanne Raunay et\nGermaine Sanderson, porte en quelques mili-\neux choisis la bonne parole et la Bonne Chan-\nson. Magnard et Lazzari recueillent ça et\nlà quelques politesses tardives de virtuoses qui ne\nles saluaient pas avant les représentations de Bé-\nrénice et de la Lépreuse. Paul Dukas qu acca-\nparent les chefs d'orchestre empressés à brandir\nle balai magique de l'Apprenti Sorcier figure\nde moins en moins fréquemment sur un pro-\ngramme de musique de chambre. Il bénéficiera\nbien rarement d'ailleurs d'une interprétation\naussi solide et aussi claire que celle que lui assura\nMme Jane Mortier dans un parfait récital où\nDebussy et Ravel figurèrent eux aussi\nglorieusement. Certains contemporains connais-\nsent une fortune plus heureuse et arrivent à\nêtre prophètes dans leur propre pays. De ce nom-\nbre est assurément M. Léo Sachs dont les\nimprimeurs d'affiches et de programmes ne cessent pas d'imprimer le nom wagnérien. Dans\nces dernières semaines cet heureux auteur a entendu Mlle Luquiens interpréter son \" Retour\nprès de l'Aimée Mme Mellot Joubert détailler son \" Oiseau Bleu \"et son \" Bateau rose \"\n\nLéo Sachs, par Bils."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.58", "texte": "5^\nS. I. M.\n\nau Concert Léwinsohn et renouveler cet exploit au Concert Dezso-Lederer ; il eut la joie\nd'accompagner l'illustre Van Dyck qui chanta à deux reprises aux Soirées d'Art son u Enfant\nmalade \", son \" Aubade \"et son \" Heimkehr De tous côtés on le fête :le Quartette Vocal\nde Paris met tout son zèle et toute sa fierté à répandre \" O marinier joli \", 66 Roses d'Automne \"\net \" le Printemps vainqueur \", et la Société de Musique de Chambre l'y aide de son mieux ;\nMlle Rose Féart le conduit aux Matinées d'Art de Barrau, Mlle Bailet joue sa u Berceuse \"et\nsa \" Course folle M. Rossi exécute ses \" Soirs d'Orient \"et 66 Près du Ruisseau \", l'orchestre\ndu \"Triton\" nous donne son \" Retour des Cloches\"... mais arrêtons par prudence cette\nénumération ; les \"jeunes\" finiraient par regarder d'un mauvais œil un auteur si favorisé.\nIls auraient pourtant tort de se plaindre. Quelques organisations leur sont dévouées. Les\nConcerts Durand qui ont repris leurs festivités si respectées prêtent à certains ouvrages\nmodernes le poids d'une u raison sociale \" rassurante pour les esthéticiens timides ; Ravel,\nDucasse, Louis Aubert et Gustave Samazeuilh n'ont pas d'adversaires les jours où leurs œuvres\nse présentent au public sous cette puissante égide.\nLa Société Nationale, au milieu d'hommages rétrospectifs de plus en plus nombreux\nréserve une place à quelques œuvres nouvelles : Blanche Selva y crée un Nocturne de\nGuy Ropartz, Mlle Hugon y chante des Mélodies de JOSeph Civil ; un quatuor\ninfiniment soigné de Pierre Bretagne des pièces de piano de Marcel Orban et un quatuor\nde Péron témoignent d'an labeur consciencieux et d'une louable docilité à un solide enseigne-\nment ; Albert Bertelin y fait chanter trois nouvelles mélodies et Vierne y donne la\nprimeur d'une Sonate pour vioncelle et piano d'un style assez composite. Et la Sonate Roman-\ntique de Turina enchante l'auditoire par sa verve ensoleillée et son coloris infiniment\nséduisant.\nLa Société Musicale Indépendante dont nous avions stigmatisé la paresse au\ndébut de la saison, semble avoir voulu prendre une revanche éclatante en nous inondant de\nnouveautés. Son seizième Concert était exclusivement consacré à de premières auditions :\nsonatine fortement racée du breton Martineau, mélodies de Louis Pitte fort bien\nchantées par Mlle Lévina, un prélude assez confus de Florent Schmitt et d'adroites pièces\nd'orgue d' Henri Mulet, des lieder particulièrement délicats d'Armande de Polignac,\nune Scène Andalouse de Turina délicieuse d'impressionnisme et trois admirables Motets de\nRoger Ducasse réalisant avec les voix humaines un de ces charmants miracles sonores dont\nnous semblions avoir perdu pour jamais le bienfait depuis la Renaissance et où triomphèrent\nles chœurs de l'école Engel-Bathori sous la parfaite direction de Louis Aubert. Et, non\ncontente de ces abondantes révélations, la S. M. I. alla chercher jusqu'en Angleterre les\néléments d'imprévu de son concert suivant : par ses soins Cyrill Scott et Vaughan Williams\nfranchirent le détroit pour nous offrir des échantillons de la culture musicale britanique\ncontemporaine. La révélation fut savoureuse. Si les pièces de piano de Scott affirment un\nmodernisme élégant mais d'essence assez parisienne et démontrent surtout la virtuosité\nexceptionnellement charmeuse de leur auteur qui les exécutait lui-même, en revanche les\n\" Songs \" de William, merveilleusement interprétés par Plamondon, Ravel et le très\nremarquable Quatuor Duttenhofer, s'emparèrent du public avec une irrésistible autorité et une\nimpérieuse douceur. La nostalgie londonienne, la brume natale, la poésie intense et si person-\nnelle, les sonorités mystérieuses et enveloppantes de ces tableaux dont l'atmosphère s'ouate et\ns'irise comme les Westminster de Claude Monet provoquèrent chez tous les artistes un\nenthousiasme profond et reconnaissant. En vérité ce petit fait musical pourrait bien être en fin\nde compte pour les auditeurs sensibles le grand événement de la saison !...\n\nG. K."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.59", "texte": "LA SOCIÉTÉ\nBACH\n\nLorsqu'en en 1904\nGustave Bret fonda la\nSociété Bach, les gens\néclairés contemplèrent\ncette tentative avec\nune sympathie teintée\nd'un certain scepticisme.\nCertes l'ambition de se\nconsacrer à faire con-\nnaître le plus grand\npeut-être des musi-\nciens, était admirable ;\nmais le public avait-t-il\nle désir de faire cette\nconnaissance ? Cet art\nn'était-il pas au-dessus\nde la compréhension\nde la masse, et les admirateurs du Cantor de Leipzig ne resteraient-ils pas à jamais\nune petite élite incapable de remplir régulièrement une salle de concert ? En outre,\ndifficiles à saisir, les œuvres de Bach sont aussi difficiles à interpréter, et plus d'un\ngrand orchestre a reculé devant la grandeur même de cette tâche. Comment sup-\nposer qu'une jeune société, dont le succès était encore à venir, pourrait arriver, par\nses propres ressources à rendre la parfaite beauté de ces compositions ? Et l'un des\namis de la première heure avouait dernièrement qu'au début il n'espérait pas plus\nde deux ans de vie pour ce jeune groupement....\nLa Société Bach a répondu aux sourires sceptiques non par des manifestes\nmais par des faits ; nous y répondrons nous-mêmes non par des considérations\ngénérales mais par son histoire même.\nIl s'agissait d'abord de trouver une salle qui possédât un orgue. Celle du\nConservatoire n'était plus, comme au temps de Berlioz, accessible aux jeunes\ntentatives ; on dut se rabattre sur la petite salle de l'Union, rue de Trévise*\n\nJ. S. Bach se rendant a l'école St. Thomas"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.60", "texte": "58\nS. I. M.\n\nIl faillait se contenter d'un orchestre et\nde chœurs limités, on y exécuta sur-\ntout des œuvres instrumentales ; c'est\nainsi que furent joués intégralement les\nfameux Concertos B La\nsociété y fit aussi entendre les merveil-\nleuses cantates religieuses et les cantates\nprofanes moins connues : le \" Choix\nd'Hercule \", la \" Cantate du Café \", la\n\" Cantate Burlesque \", \" Nous avons un\nnouveau Gouverneur\", l'exquise '■'■ Cantate\ndu Printemps \".\nCe fut la période héroïque de la\nSociété et, dès cette époque, tout ce qui\na un nom parmi les virtuoses parisiens\nprêta son concours à cet effort artistique.\nCe furent Diémer, Casella, Lazare Lévy,\nCortot, Risler, Motte-Lacroix, Wanda\nLandowska, Blanche Selva, Mme Rey-\nGaufrès, Marguerite Long, H. Léon,\nDaniel Hermann, Debroux, Capet,\nThibaud, Enesco, Mme Albert Diot,\nMlle Madeleine Zipèlius ; les flûtistes\nGaubert, Hennebains, Blanquart ; les\norganistes Widor, Guilmant, Schweit-\nzer, Gigout, Vierne, Tournemire, Bon-\nnet, Dallier, Nadia Boulanger, etc.\nMais la Société étouffait dans cette\nsalle trop petite, aussi, lorsque fut\nconstruite la salle Gaveau, et que dès\nle 27 Novembre 1907 elle put donner\nune audition triomphale de la Passion\nselon St. Jean. On eut l'impression\n\nUn coin de l'Orchestre:\nDaniel Hermann\n\nUn coin du Chœur"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.61", "texte": "LA SOCIÉTÉ BACH\n59\n\nqu'elle entrait dans une phase nouvelle. C'est alors que commença l'étude\net l'exécution des grandes œuvres de Bach : en 1908 le Magnificat ; en 1908-09\n1' Oratorio de Noël; 1909-10 la Messe en 1910-11 la\net enfin la série des grands Motets dont un premier (le n° III) fut donné en\nDécembre 1911.\nPendant toutes ces années de labeur et de succès, se perfectionnait un\nélément qui fait actuellement la principale valeur de la Société Bach : le\nChœur, formé de personnes de bonne volonté qui n'ont pas craint de consa-\ncrer de longs efforts à étudier toujours la même musique, car ils se rendaient\ncompte qu'elle est au contraire toujours nouvelle. La façon continue dont il\na peu à peu progressé semble\ndonner un démenti à ceux qui\nprétendent qu'il est impossible\nà Paris de faire un effort de\nlongue haleine et l'exécution du\ngrand Motet qui est considéré\ncomme l'œuvre la plus difficile\ndu maître, a été particulière-\nment remarquable.\nQuant aux récitatifs et aux\nairs, si émouvants et d'une\nbeauté si pure, ils furent con-\nfiés, soit à des solistes parisiens\ntels que Mmes Eleonore Blanc,\nMarcella Pregi, Mary Mayrand,\nMellot-Joubert, MM. Plamon-\ndon, Jean Reder, Engel, Frœh-\nlich, soit à des étrangers qui\ntinrent à honneur de s'associer\nà ces grandes manifestations\nmusicales, tels Mmes Lamprecht\nvon Lamen, Tilly Cambley-\nHenken, Altmann ; à MM. Geist,\nZalsmann, Baldzun et enfin à\nMlle Phillippi et à Georg Wal-\nter en qui semble revivre l'esprit\nmême de J. S. Bach.\n\nM. Gustave Bret"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.62", "texte": "6o\nS. I. M.\n\nM. Albert Schweitzer"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.63", "texte": "LA SOCIÉTÉ BACH\n6i\n\nTelle est l'œuvre qu'a fondée et que dirige depuis huit ans Gustave Bret,\nnon seulement avec initiative, persévérance et profonde compétence musicale, mais\naussi avec érudition et la conscience avec laquelle il a étudié l'œuvre du maître\nde Leipzig, revenant aux éditions originales afin de jouer les œuvres intégra-\nlement, ne craignant pas de faire de fidèles et musicales traductions des textes\nquand celles qui existent étaient insuffisantes, s'attachant à retrouver les sono-\nrités mêmes que Bach obtenait avec des instruments devenus rares actuelle-\nment. Il a été aidé dans sa tâche par l'administrateur et l'interprète, par\nD. Hermann violoniste imprégné du style même de Bach qui a étudié lon-\nguemement en Allemagne; et par Albert Schweitzer, un des hommes les plus\ncomplets de notre époque, à la fois musicologue, organiste, interprète et savant\nauteur d'un livre sur J. S. Bach.\nLa Société Bach donnera une audition de la Passion le vendredi 25 mars a 9 heures,\nSalle Gaveau, avec le concours de Mmes Mayrand et Valnier, MM. Plamondon et Reder, et un chœur d'enfants.\n\nAndré F. Marty."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.64", "texte": "Société française des Amis de la Musique\n\nLes Amis de la musique, dispersés encore durant l'automne, ont repris à Paris leurs\nquartiers d'hiver et retrouvé leurs réunions.\nEn attendant qu'ils puissent eux-mêmes recevoir, en leur propre home, ils ont\nobtenu la plus aimable et la plus somptueuse hospitalité dans les salons de /' Université\ndes Arts, au Théâtre Réjane, que M. Bloche a bien voulu leur ouvrir. Dans ce décor,\noù les tableaux de maîtres voisinent avec les meubles anciens, quatre cents \" Amis \" se\npressaient en janvier pour causer de musique et de mille autres choses, pour se connaître,\net discuter des intérêts de la Société. Le comte G. Chandon de Briailles, leur président,\nque sa santé avait empêché de suivre leurs travaux l'année dernière, avait tenu à assister\nà cette réunion brillante, où l'on put applaudir successivement M. Lazare Lèvy,\nM. Duclos, Mlle Rose Féart, de l'Opéra M. Daniel Hermann et Mlle Zipelius, enfin Mme Ariane\nHugon.\nQuelques jours après M. J. Rouché mettait généreusement la salle du Théâtre des Arts\nà la disposition des \" Amis \" pour qu'ils puissent y assister à la répétition générale du Ballet\nde \"Ma Mère VOye \" de Ravel. Ce spectacle exquis, encadré de Fantasio et des Dominos de\nCouper in, et dont on a lu dans le précédent numéro le compte-rendu autorisé, cette féerie réglée\npar Mme Hugard et dans un décor stylisé de Drésa, avait attiré de nombreux Amis vers le\ncoquet Théâtre des Arts, le seul peut-être de Paris, où l'on ose chercher des voies nouvelles.\n\nLa Belle dans “Ma Mère L'oye”\n\nNégrillon dans “Ma Mère L'oye”\nDessins de Drésa\n\nFlorine dans “Ma Mère L'oye”"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.65", "texte": "LE MOIS\n63\n\nLes Amis de la musique n'oublieront pas cette charmante surprise, dont les dessins ci-contre\nleur rappelleront le souvenir agréable.\nEn février, les Amis, réunis en Conseil d'Administration, ont élu M. Georges Casella,\nsecrétaire-général, en remplacement de M. J. Ecorcheville, nommé vice-président.\nIls se sont de nouveau trouvés, le 29 de février, à la Salle de l'Université des Beaux-Arts,\npour y applaudir les œuvres de Ch. M. Widor, interprétées admirablement par Madame\nCharles Max, et accompagnées par le maître lui-même. Une fort jolie Suite pour piano et\nviolon de MM. Lattes, jouée par l'auteur et Mlle Hélène Morhange, remporta le plus vif\nsuccès. Les Amis de la Musique auront encore plusieurs réunions semblables d'ici la fin de la\nsaison.\n\n2e Concert de l'A. M. M. A.\nAssociation Musicale Mondaine et Artistique\nFONDÉE ET DIRIGÉE PAR M. E. R. SCHMITZ\nSALLE MALAKOFF \\A A T\\l 1G %Â ABC 1Q t O àBh. | précises du soir\n56bis, Avenue MalaKoff IV O *716 Ouv. des portes àBh. i\n* £ PROGRAMME\n1. Quintette Piano et Cordes BRAHMS\nAllegro non troppo Andante un poco adagio.\nScherzo Final poco sostenuto.\nMM. E. R. Schmitz, Bilewski, Belianger, De Renaucourt. L. Bloch.\n2. A) Madrigal G. FAURÉ\nB) Chanson du Bois d'Amour (a capella) J. PILLOIS\nc) Dieu qu'il a fait bon regarder (a capella) pour Quatuor vocal . . . C. DEBUSSY\nMmes Agnès Jacob, Thérèse Jeanès, MM. A. Bourdeaux, P. Coudray.\n3. Quatuor Piano et Cordes CHAUSSON\nAnimé Très calme Simple et sans hâte Final animé.\nMM. E. R. Schmitz, Bilewski, De Renaucourt, L. Bloch.\n4. Chansons à 4 voix F. SCHMITT\nMmes Agnès Jacob, Thérèse Jeanès, MM. A. Bourdeaux, P. Coudry.\nAu piano d'accompagnement ; Mlle G. BOCANDE, M. E. R. SCHMITZ.\n41 S PIANO STEINWAY * *\nPRIX DES PLACES ; Loges, 4 ou 5 places, 50 fr. Loge, la place, t 5 fr. Fauteuils, Ire série, 10 fr. ; 2me série\n5 fr. ; 3me série, 3 fr. Promenoir 1 fr.\nN. B. Réduction de 50 0/0 est faite sur présentation de cartes d'identité à tout membre delà Soc. Franç. des Amis delà Musique"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.66", "texte": "L'Ecole Niedermeyer qui pendant près de 60 années a joué un rôle si important dans\nl'histoire de la Musique française, cette école où se sont formés tant de compositeurs re-\nnommés, tant de musiciens raffinés et charmants, traverse en ce moment une crise des plus\ngraves. Un vote de la Chambre vient de lui supprimer les crédits grâce auxquels, chaque année,\nde nombreux jeunes gens sans fortune y étaient initiés au noble art de musique. Ce sont eux\nsurtout qu'atteint la décision inconsidérée et injuste de la Chambre.\nDepuis longtemps l'Ecole Niedermeyer était attaquée au Parlement. Prétextant le décret\nde fondation qui, en 1853> la nommait Ecole de Musique religieuse, des orateurs réclamaient à\nchaque budget la suppression des crédits qui lui étaient affectés. Par bonheur il s'était\ntrouvé jusqu'à ce jour un rapporteur ou un ministre pour mettre les choses au point, rappeler\nque l'Ecole ne formait pas seulement des organistes comme on le prétendait, qu'au surplus si\nl'orgue était suspect de cléricalisme il fallait bannir son enseignement du Conservatoire. Les\ndétracteurs de l'Ecole voyant que les franches attaques restaient sans effet eurent recours à un\nexpédient d'une loyauté douteuse, mais qui réussit parfaitement. Le 26 Janvier 1910\nM. Marcel Sembat réclama au nom de la loi de séparation des églises et de l'état, la suppres-\nsion de la subvention de 17500 fr. accordée à \" des maîtrises et écoles de plain-chant.\" Le\nMinistre promit de prendre cette demande en considération. Bien que le nom de l'Ecole\nNiedermeyer n'eût pas été prononcé au cours de ce débat ; bien qu'elle ne pût être assimilée\nni à une maîtrise, ni à une école de plain-chant; bien qu'elle fût une institution absolument\nlaïque, comptant parmi ses élèves nombre de protestants et d'israélites, le Directeur s'émut en\nconstatant que le chiffre du crédit indiqué était exactement celui qu'il touchait chaque année\nsous forme de bourses d'étude. Il se rendit au Ministère où on le rassura. Jamais il n'avait été\nquestion de supprimer la subvention, il n'avait point à s'inquiéter. Quelques mois plus tard,\naprès le vote du budget, il était avisé officiellement que l'Ecole Niedermeyer cesserait désormais\nde figurer sur la liste des écoles subventionnées par l'Etat. Il ne fut pas seul à être surpris.\nPlusieurs députés regrettaient leur vote et cherchèrent à sauver sinon l'Ecole, du moins le\nprincipe des bourses d'étude musicale en présentant un amendement qui fut accepté. Le crédit\nde 17500 fr. était maintenu, il continuerait à être converti en bourses de 500 fr. qui seraient\nréparties entre divers établissements d'enseignement. Mais on manquait d'argent pour calmer\nles réclamations tapageuses de sociétés chorales, grosses puissances électorales en sorte\nque le crédit de 17500 fr. fut détourné de sa véritable destination et s'en alla à des œuvres plus\nou moins intéressantes, pendant que les jeunes gens qui, grâce à la générosité de l'Etat avaient\npu commencer des études, se voyaient dans l'obligation cruelle de les interrompre. C'étaient\npour la plupart des fils d'humbles gens sans influence, leurs plaintes ne furent pas entendues.\nCe qu'a été jusqu'à ce jour l'Ecole Niedermeyer, en quoi elle ne fait point double emploi\navec les divers Conservatoires et Ecoles Nationales de Musique existant en France, c'est ce\nqu'a parfaitement montré M. Couyba dans son beau rapport de 1907."}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.67", "texte": "LE MOIS\n65\n\n\" On ne saurait établir aucune analogie entre l'école de musique classique et le Conser-\nvatoire. Le Conservatoire est un externat ; il n'admet qu'une sélection d'élèves qui étudient à\nleur choix soit un instrument, soit la composition. L'école de musique classique est un\ninternat qui reçoit, sans leur faire passer aucun examen, des jeunes gens astreints à suivre tous\nles cours que comporte l'étude approfondie de l'art musical. L'école doit être considérée\ncomme une école normale dans laquelle les élèves font leurs humanités musicales ; elle forme\ndes artistes imbus de principes sérieux, qui vont, en province, répandre le goût de la musique\nclassique ; plusieurs de ses élèves sont directeurs ou professeurs dans les écoles départementales\nde musique.\nu Dans les conservatoires l'enseignement est gratuit, mais il est presque toujours indis-\npensable, pour arriver, de prendre des leçons particulières très coûteuses ; l'élève doit en outre\npourvoir à sa nourriture et à son logement. A l'Ecole de musique classique, l'élève étant interne\nest défrayé de tout, et comme il peut obtenir une bourse du gouvernement (36 bourses de\n500 francs chacune) et une subvention de son département, il arrive ainsi à n'avoir presque\nrien à débourser pour son éducation musicale.\nu L'école peut donc être considérée comme un établissement essentiellement démocra-\ntique, puisqu'elle est la seule, en France, qui permet à des jeunes gens sans fortune d'embrasser\nla carrière musicale.\nuEn outre, les élèves ont cet avantage, qui ne se trouve nulle part ailleurs, d'avoir la\npresque certitude d'obtenir par la direction de l'école une situation à la fin de leurs études.\nCombien d'élèves sortis du Conservatoire avec des diplômes, même le prix de Rome, ont été\nforcés d'abandonner la carrière musicale faute de situation pouvant les faire vivre ! \"\nAprès quoi M. Couyba s'élevait éloquemment contre ceux u qui semblent supposer que\nl'Ecole Niedermeyer est uniquement destinée à former des organistes, en donnant à ce dernier\nmot un sens clérical qui n'existe pas,\" et rappelait les noms des anciens élèves de l'Ecole qui\nse sont illustrés dans les genres les plus divers : Gabriel Fauré, Membre de l'lnstitut et\nDirecteur du Conservatoire. André Messager, Directeur de l'Opéra, compositeur d'opérettes\ncélèbres et chef d'orchestre de la Société du Conservatoire. Alexandre Georges, auteur\napplaudi de Miarka. Henri Biisser dont l'Opéra a monté le ballet la Ronde des Saisons. Claude\nTerrasse, le spirituel compositeur d'opérettes. Henry Expert, le grand érudit qui a su ressusciter\nles merveilles oubliées des Maîtres de la Renaissance Française. Citons encore MM. Boellmann,\nPerilhou, Gigout, Jacob qui se sont fait connaître par leurs œuvres symphoniques, les prix de\nRome, Lutz, Letorey, Le Boucher, les auteurs d'opérettes : Audran (qui fut le premier élève\nde l'Ecole), Missa, Victor Roger. Ce ne sont pas là exclusivement des organistes semble-t-il.\nEncore maintenant l'Ecole présente chaque année plusieurs élèves au concours du prix de\nRome. M. Le Boucher en est un vivant témoignage puisqu'il est encore en ce moment à la\nVilla Médicis.\nEnfin c'est à d'anciens élèves de l'Ecole Niedermeyer que l'on s'adresse de préférence\nlorsqu'on a besoin de directeurs ou de professeurs pour les Conservatoires et Ecoles de Musique\nde province. Quelle meilleure preuve donner de la forte culture musicale reçue à l'lnstitut\nNiedermeyer ?\nLaisser disparaître une Ecole qui depuis 60 ans a rendu de tels services à l'art serait un\ncrime. Il faut absolument la sauver. Qu'un vote de la Chambre fasse oublier le mal qu'un\nvote de la Chambre a causé ou bien tout simplement que le crédit de 175°o fr. reçoive sa\nvéritable destination et que l'Ecole Niedermeyer soit admise à partager les bourses d'étude\navec les autres écoles musicales qui en paraîtront dignes. Ce sera stricte justice.\n5\n\nHenry Prunières."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.68", "texte": "66\nS. I. M.\n\nLa Province\n\nA peine nous sortons des portes de Paris... et voici déjà la décentralisation qui commence.\nIl nous faut louer la noble initiative de MM. H. et J. Lary qui viennent de doter Levallois-\nPerret d'une salle de concerts. Le trio Kellert, Mme Hugot de Schutter, M. Josselin et le\npianiste E.R. Schmitz l'inaugurent pour la plus grande satisfaction des Levalloisiens. Un cou-\nrageux ecclésiastique, l'abbé Marais travaille activement à l'éducation artistique de Lizieux\noù deux cents exécutants viennent d'exécuter un oratorio de M. de la Tombelle, intitulé\n\" Crux avec le plus vif succès. La Schola Cantorum de l'Orne qui assurait cette exécution\ndonne des auditions à Alençon, visite Trilïl, fait retentir les échos de Falaise aussi bien\nque ceux d'Argentan, vole de Bagnoles à Séez et enchante les populations de Caen\naprès avoir émerveillé celles de Fiers, charmé celles de Vimoutiers, délecté celles de\nS 1 Pierre sur Dives et ravi celles de Condé-Sur-Noireau, Voilà un vaillant instru-\nment de décentralisation !\nM. Bodin révèle au public de Rennes la polyphonie vocale du XVIe siècle en faisant\napplaudir la Bataille de Marignan de Jannequin et le romantisme montmartrois en détaillant\nles Impressions d'ltalie de Gustave Charpentier. A Douai Enesco se fait applaudir à la fois\ncomme compositeur et comme prince de l'archet ; une société chorale \" Les Mélomanes\nDouaisiens \" compose d'intéressants programmes et les exécute à la satisfaction générale.\nAngers pleure en la personne de M. Louis de Romain qui vient de disparaître, un des\nfondateurs et des membres les plus actifs de son Association Artistique. Un service solennel a\nété célébré à la cathédrale; Rhené-Baton et Max d'Olonne y conduisirent la Marche Funèbre\ndu Crépuscule des Dieux, les Préludes de Parsifal et de Lohengrin. La Société Ste Cécile\nchanta un De profundis harmonisé et l'Ave Verum de Mozart. Les derniers concerts avaient\npermis d'applaudir Maurice Dumesnil, et Mme Renée Chemet et d'apprécier parmi les œuvres\nnouvelles Le Chant de la Destinée de Gabriel Dupont.\nRhené Bâton d'ailleurs se trouvait, aussitôt après, à Bordeaux où il donnait la Suite\nFrançaise de Roger Ducasse et où il accompagnait à Emil Sauer le Concerto en mi bémol de\nLiszt. Les Bordelais s'enorgueillissent, en outre, d'un orgue magnifique construit dans leur\nsalle Franklin et que Joseph Bonnet vient d'inaugurer avec sa virtuosité supérieure.\nA Nantes, Cortot et Vincent d'lndy fanatisent les habitués de l'Association des grands\nConcerts. Ils firent entendre les variations Symphoniques de Franck et la Symphonie sur un\nthème montagnard.\nGustave Bretet va jusqu'au Havre donner une exellente exécution de l'Oratorio de\nNoël avec le concours de Plamondon et d'Albert Schweitzer. Cent cinquante exécutants\nrivalisent d'ardeur : ils se montrent admirables d'entrain et de précision.\nA Lyon l'intéressante Société de musique ancienne fondée par M. Arthur Ticier et\ncomprenant Mlle Porte, MM. Amédée et Maurice Reuchsel remporte un gros succès en révé-\nlant des pages exquises de Couperin, Roland Marais, Carissimi, Ariosti et Lœillet.\nOn déplore à Pau le malencontreux accident qui immobilise l'excellent chef d'orchestre\nBrunei mais on fête son remplaçant M. Crocé-Spinelli, directeur du Conservatoire de Toulouse\nqui continue les bonnes traditions des concerts symphoniques. Et Bayonne ne se lasse pas\nd'applaudir la Société Charles Bordes que Mme Ducourau et M. de Castera conduisent àla\nvictoire et où Mlle 9 Genty, Gontaut et Yribarren se font chaleureusement applaudir dans\nl'Esther de J. B. Moreau."}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.69", "texte": "LE MOIS\n67\n\nCependant Avignon vient de se signaler par une tentative éclatante et couronnée d'un\nplein succès. Son théâtre vient en effet de créer \" Maguelonne et le Roi René drame lyrique\nen trois actes dont les paroles et la musique sont dues à la plume élégante d'Henri de Saussine.\nCette œuvre qui toucha profondément l'âme régionaliste de ce public vibrant a été accueillie\navec un enthousiasme délirant. L'auteur n'oubliera jamais les ovations qui le remercièrent à la\nfin de la représentation. Très bien montée avec des chœurs solides, des costumes et des décors\nsomptueux cette partition fraîche et colorée marquera une date dans l'histoire du théâtre\nméridional. \" Encore une, constatait Tartarin avec orgueil, que les gensses-du-Nord n'auront\npas ! \"\n\nSwift.\n\nBelgique\n\n'\nAu dernier concert populaire, nous avons entendu la Symphonie que Paul Gilson\ncomposa pour l'Exposition 19x0, où elle ne fut pas exécutée, on s'en souvient, en raison de\ndifférents matériels. Comme toutes' les œuvres du puissant orchestrateur, la Symphonie\nInaugurale est d'une richesse somptueuse. Les thèmes en sont empruntés au Folklore flamand ;\nGilson travaille à la façon des haut-lissiers, tramant en fils de pourpre et d'or d'éclatantes\nfêtes sonores. Cortège exubérant, joyeux, la vie chante dans ses visions de soleil. Cet art\nd'opulence, de plénitude et de force nous évoque les Maîtres de la peinture flamande : les\nJordaens et les Teniers des kermesses et des festins. Mais il faut le plein air à telles réalisa-\ntions : l'atmosphère du théâtre convient mal à leur ampleur.\nAu même concert, Mlle Suzanne Godenne a remporté un légitime succès dans des\npièces pour piano de Liszt. Elle possède une technique remarquable, au service d'un\ntempérament puissant, d'une sensibilité très cultivée. Il est rare qu'une femme interprète avec\nautant de caractère et de compréhension des œuvres de large inspiration et de robuste écriture.\nMlle Godenne est certainement l'une de nos meilleures virtuoses ; c'est aussi une artiste,\nce qui vaut mieux.\nLe quatrième concert Ysaye fut dirigé par Fritz Steinbach, calme, énergique, et\nsans pose. L'orchestre manquait un peu d'enthousiasme, et surtout de préparation, (le nombre\nde répétitions est toujours insuffisant). Au programme, l'ouverture en ré majeur de Bach, grave,\nsolennelle, l'aria, somptueusement religieux. La symphonie n° 3 en mi bémol de Haydn :\nvieillotte, légère, vivante, à fleur de peau. L'ouverture d'Eléonore de Beethoven fut exécutée\nde façon banale par l'orchestre. Gavotte de Mozart, Menuet de Bramhs, ballet Rosemonde de\nSchubert, sont trois petites choses exquises de délicatesse, de fraîcheur et de charme. Enfin,\nMort et Transfiguration de Strauss, musique impétueuse, violente, éclatante, émouvante,\nl'exécution manquait de fougue. Trop de printemps, au dehors, ce dimanche...\n\n1 Tandis que nos écrivains sont à l'honneur sur les scènes dramatiques pièces primées aux concours\ndu Soir et de la Grande Hai~monie ; les Liens, l'admirable drame de G. Van Zype, au Parc quatre œuvres\nlyriques de musiciens belges triomphent : R/iena de Van den Eeden, le ballet 7 Zarka de Jongen, à la\nMonnaie ; Edenia de Camille Lemonnier et L. Dubois, à l'Opéra flamand d'Anvers ; la Bacchante de Delcroix,\nà Gand. L'événement a trop d'importance pour que nous lui réservions un compte-rendu ordinaire. Nous\npublierons le mois prochain un article spécialement consacré à ces ouvrages. Et en même temps, nous com-\nmencerons une Enquête sur le Théâtre lyrique musical belge. Au moment où le Gouvernement vient d'instituer\nune Commission en vue du développement et de l'encouragement de la Littérature dramatique d'expression\nfrançaise, nous pensons qu'il est utile d'attirer l'attention sur le théâtre musical. Les musiciens sont dans la\nmême situation sinon plus précaire que les littérateurs ; ils ont aussi des titres, des oeuvres, de légitimes\nrevendications, un idéal à faire valoir. Nous nous adresserons aux intéressés et publierons leurs avis dans S. I. M.\nR. L"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.70", "texte": "68\nS. I. M.\n\nLe récital de piano donné Salle Erard par M. Louis Lavoye, professeur au Conser-\nvatoire de Liège, fut un régal. Au programme : des pages de Bach, Beethoven, Franck,\nChopin, Debussy, Ravel, de Séverac, Chabrier. M. Lavoye joue en artiste et en poète, de\ntoute son âme, de toute sa ferveur. Il vainc les difficultés pianistiques très simplement,\nn'ayant qu'un but, l'interprétation du caractère, de la beauté pure, intérieure et subtile des\nœuvres choisies. Nous l'avons admiré surtout dans Préludé, Aria et Final, de C. Franck, et les\ncompositions si délicates, fluidiques et lumineuses de Debussy, Ravel, de Séverac. M. Lavoye\nles ressent, ces musiques chatoyantes et vibrantes, avec une sensibilité bien moderne, bien nôtre.\nLe premier concert de la Société Nationale des Compositeurs belges a trouvé un\ntrès grand succès. La Salle de la Grande Harmonie était archi-comble, au point que plus de\n150 personnes durent rester debout dans le fond et sur les côtés faute de sièges. Cette\naffluence, qui témoigna d'un enthousiasme chaleureux à l'égard de nos compositeurs\nnationaux, est symptômatique d'une attention réconfortante, enfin. Après la littérature, la\nmusique belge réussira-t-elle à détruire les préventions du public jusqu'à ce jour trop\ninsoucieux des manifestations autochtones ? Nous pouvons le croire et nous en réjouir.\nA ce concert, MM. C. Hénusse, M. Crickboom, Brosa, Jadot et Lyon exécutèrent avec\nensemble un quintette (en la mineur) pour piano, deux violons, alto et violoncelle de Jos.\nRyelandt. Cette œuvre, purement écrite, est d'inspiration religieuse, et de sentiment délicat.\nXJ adagio fait surtout songer à un offertoire sereinement phrasé par l'orgue, dans le style\nconsacré. Mais le procédé a vieilli ; l'impression monotone convient sans doute à l'Eglise ;\nelle ne laissa point de fatiguer un peu l'auditeur des concerts, qui réclame des frissons\nnouveaux et vivants. Deux Paysages de Paul Gilson suivaient. I. Lento. 11. Andante\nRubato. Ces pages nous paraissent dater de l'inspiration des Préludes, Etudes rythmiques,\nPetites suites. La couleur en est singulièrement impressionnante. Le pianiste Henusse joua\nces pièces fort difficiles avec toute la conscience, et la compréhension d'artiste qu'on lui\nconnaît. Il en fît valoir les intentions profondes, le dessin compliqué, l'impression vision-\nnaire, étrange, aggravée d'ombre et d'hallucination. Ces Paysages évoquent des décors\nnocturnes et douloureux, fantastiques et angoissants. L'émotion est intérieure, condensée,\npoignante. Musicalement ils accusent un caractère de personnalité vigoureuse, et portent la\ngriffe du Maître. Certes, Paul Gilson a donné de vastes fresques, aspects plus puissants,\nplus décoratifs, plus extérieurs aussi, de son génie ; mais il a peut-être traduit, en ces\n\" petites\" œuvres, des moments plus vrais de son âme. Le Nocturne de C. Franck est trop\nconnu, pour que nous y arrêtions. Automne et Charmante rose d'Edgar Tinel, chantés fort bien\npar Mme Emma Ringel, sont d'agréables mélodies. Prélude, Fugue et Variation pour harmonium\net piano, de C. Franck, dans l'atmosphère de sérénité et de divine harmonie de la Sonate pour\nviolon et piano, furent admirablement interprétés par MMnies Tiny Béon organiste au\ntoucher sensible, délicat, au jeu lié, caressant les nuances et Renée Crickboom, pianiste\nbien douée. Cette dernière fut partenaire de son mari, le maître violoniste Mathieu Crickboom\ndans l'exécution de sa Sonate op. 11, œuvre d'inspiration large, franche, où l'unité, la distinc-\ntion de la forme s'allient avec la sûreté des développements. Cette page est pleine d'intensité,\nde fougue et de vie. Egalement bien écrite pour les deux instruments, la Sonate de M. Crick-\nboom peut s'inscrire, à côté de celles de J. Lekeu, et V. Vreuls, au nombre des meilleures\nqu'ait produites notre génération musicale wallonne moderne.\nSignalons encore parmi les innombrables séances auxquelles on nous convie en cette\npériode les matinées du Cercle artistique avec MM. Bosquet, Chaumont, Jongen, Jourdain,\nMorisseaux, Rogister et Dambois. La Fête de la Dentelle où la cantate de M. Ch. Mêlant,\nexécutée en la présence et en l'honneur de S. M. la Reine, trouva un énorme succès la"}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.71", "texte": "LE MOIS\n69\n\ntroisième séance d'art si pur du quatuor Capet la première séance d'orgue (les\nmaîtres des XVIe, XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles) de J. Jongen. Sont annoncés :le\nquatrième concert classique avec le concours de Mlle Godenne, les récital Misha Elman, Gladys\nMayne, Germaine Lievens, les concerts Sarata, Lazaro Uzielly, Henri Verbrugghen, Scola\nMusicae, etc...\nBIBLIOGRAPHIE. Mathieu Grickboom : Sonate op. 11 pour violon et piano, éditée\nchez Schott frères, rue Coudenberg à Bruxelles. Lucien Mawet : Pièce pittoresque pour\npiano et hautbois, curieuse et intéressante, quoique d'une écriture jeune, annonçant déjà\n(en 1895) les qualités de finesse et d'originalité du délicieux mélodiste. \"Joseph Lefebure :\nsonates op. 12. et 14. pour violon et piano, non dénuées de qualités sérieuses, de mouvement,\nde caractère. Charles Mêlant : Adaptation mélodique sur un émouvant encore que très\n\" hugotien \" poème de Jean de Bère, des plus réussies du fécond musicien.\nR. L.\nANVERS. Exécution de la Matthaus-Passion. A l'occasion de son dixième\naniversaire, la Société des Concerts de Musique Sacrée exécutera le 24 mars prochain, à\n21/2 heures de relevée, en la grande salle de l'Harmonie, la Matthaus-Passion de Bach.\nSont engagés comme solistes : Mmes Cahnbley-Hinken et Philippi, Mrs P. Schmedes et\nVan Oort. La version du temps de Bach sera entièrement conservée. Les récitatifs de\nl'évangéliste seront accompagnés au clavecin. M. Ontrop, l'âme des superbes exécutions qui\nvalent à la société son grand renom artistique, dirigera un double chœur de plus de 300\nchanteurs. Tout fait prévoir une affiuence aussi considérable que celle enregistrée en décembre\ndernier, à l'exécution triomphale de Franciscus de Tinel.\nr\nLIEGE. M. Jules Debefve, qui a fait connaître à Liège le compositeur finlandais\nJean Sibelius, continua cette campagne de vulgarisation artistique en chargeant le superbe\nvioloniste von Vecsey d'exécuter son concerto op. 47 en re. Le succès fut grand pour\nl'instrumentiste, en possession d'une technique merveilleuse et restant très musicien malgré sa\nvirtuosité. Il a joué en maître cette œuvre âpre, constamment mineure, aux couleurs foncées,\noù la saveur d'un exotisme nordique, d'un chant populaire profond et impressionnant,\ndramatique souvent, impose sa liberté rhapsodique à la forme concertante traditionnelle. La\nbelle symphonie de Goetz fut aussi applaudie à ce concert, où l'on fit moins d'accueil au\nbanal Divertissement russe de Rabaud, tandis que Aux Etoiles de Duparc charma par sa forme\nde rêverie, en sourdine, vague, prenante parfois et toujours euphonique.\nLes œuvres de M. Victor Bufïïn, exécutées à l'Œuvre des Artistes par M. Emile\nChaumont, violoniste, sa sœur Thérèse, pianiste, et Mlle Rollet, cantatrice, avaient attiré un\nnombreux public, très adrniratif. Les mélodies sont souvent un peu courtes et finissent trop\nbrusquement, en surprise ; certaines d'entre elles sont pourtant d'un caractère fort distingué,\ndoué d'une rare fraîcheur, telle Au long des sables clairs ou bien sont extrêmement vocales,\ncomme Parfois lorsque tout dort. Le poème pour violon et piano, d'une belle simplicité, très\nsincère, distingué et charmeur, m'a paru supérieur à la Sonate, dans laquelle on désirerait une\nconstruction plus solide.\nLe quatuor Charlier s'est distingué dans l'exécution de trois œuvres modernes bien\ndifférentes : de Karl Oberstadt, de Heinrich Zôllner et de Waldeman Pahnke. La première\nest jolie et un peu banale, la dernière, finement ouvrée et travaillée dans l'esprit des français\nactuels. Quant au quatuor à programme op. 91. de Zôllner, il est de proportions imposantes"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.72", "texte": "7°\nS. I. M.\n\net force l'admiration. C'est une œuvre dont la forme vaut le fond et qui peut être classée\nparmi les meilleures de la production des vingt-cinq dernières années.\nCitons encore, aux concerts Dumont-Lamarche, la séance donnée par le Decem de\nParis, qui eut grand succès, puis le récital du pianiste Louis Closson, liégeois, élève de Busoni\net que sa technique éblouissante classe dans les tout premiers rangs des instrumentistes.\nLe deuxième concert de la Société Bach a fait entendre deux œuvres inconnues ici : la\ncantate Non sa che sia dolore et le Défi de Phébus et de Pan ; je ne peux m'étendre sur l'intérêt\net le succès qu'elles suscitèrent, étant chef d'orchestre de cette société.\n\nDr Dwelshauwers.\n\nEtranger\n\nLA FLUTE ENCHANTÉE A CAMBRIDGE\nC'est à Cambridge qu'il nous faut aller pour entendre la Flûte Enchantée puisqu'il est admis\nque les difficultés vocales de cet opéra empêchent les directeurs d'inscrire à leurs programmes\nune œuvre qui devrait être au répertoire de tout opéra. Nous avons eu la preuve à Cambridge\nque la Flûte Enchantée peut être représentée sur un petit théâtre, sans aucun luxe de mise\nen scène, et chantée par dés artistes ordinaires de la façon la plus satisfaisante du monde.\nLe grand succès de ces représentations fut pour Mozart, pour Mr Edward Dent qui\nprépara du livret une traduction exacte, charmante, naïve et absurde et qui sut conserver les\nplaisanteries comme l'accent tonique de l'original, et pour Mr Clive Carey, chanteur exquis,\nPapageno amusant et metteur en scène habile. Mr J. S. Wilson, Mrs Fletcher et Miss Hopper\nse partagèrent le reste des applaudissements.\nMais la mise en scène mérite une mention spéciale. Etant données les dimensions exiguës\nde la scène, il ne fallait pas songer à réaliser la féerie qu'est la Flûte Enchantée. Les organisa-\nteurs décidèrent d'avoir un seul décor, noble et simple : un temple élevé à mi-hauteur de la\nscène sur une terrasse. Les marches conduisant aux portes permirent des processions impression-\nnantes et d'heureux groupements de foule ; et une porte basse par où pénétrèrent Tamino et\nPamina suggéra les horreurs d'invisibles épreuves. Un rideau cachant entièrement le décor\nservit en outre à donner de temps à autre l'illusion de jardins, de chambres, de palais ; en\nsomme une interprétation scénique d'une simplicité voulue tout à fait remarquable, d'une\natmosphère étonnante évitant les détails toujours ridicules de décors peints, les effets grossiers\net ne trompant personne, d'une mise en scène soi-disant luxueuse, laissant à l'imagination des\nspectateurs le soin de compléter le paysage, une impression en somme, plutôt qu'un cadre, la\nFlûte Enchantée dans un décor qu'on aurait dit de Ballet Russe.\nCes représentations, le soin avec lequel elles avaient été préparées, l'enthousiasme des chan-\nteurs et des spectateurs, le souci artistique se manifestant jusque dans les plus petits détails\ndu programme, la traduction de Mr E. Dent, mériteraient un long compte-rendu. Réjouis-\nsons-nous donc du beau succès de la Flûte Enchantée à Cambridge et ne craignons pas de dire\nque ce fut là un événement de la plus haute importance artistique dont d'ailleurs tous les\njournaux de Londres s'émurent à juste titre."}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.73", "texte": "Une représentation de la Flute Enchantée a Cambridge"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.74", "texte": "LE MOIS\n71\n\nNon content de donner ses soins à la traduction de la Flûte Enchantée, Mr Dent qui\nprépare actuellement sur Mozart un ouvrage qui aura l'étendue et certainement la valeur du\nScarlatti que nous devons déjà à ce musicographe distingué vient de faire paraître une\nbrochure explicative des plus intéressantes contenant outre des détails historiques et anecdotiques\ncurieux, une revue des changements que subit le livret au cours des représentations depuis\nl'époque de Schikaneder jusqu'à nos jours, et des diverses interprétations de l'œuvre de Mozart.\n\" Considérer le livret, superficiellement, tel qu'il est en tant que livret, c'est justifier les\ncritiques absurdes auxquelles a donné naissance cette œuvre. D'autre part, une explication\nhistorique ne nous satisfait guère : ni Maria-Thérésa ni Joseph II ne nous intéressent aujour-\nd'hui non plus que les intrigues et les discussions des Jésuites et des Francs-Maçons. Il nous\nfaut arriver à une interprétation fondamentale, essentielle et qui explique l'éternelle valeur et\nla vitalité de cette œuvre, au risque de négliger certains détails qui eurent jadis leur importance...\nTamino et Pamina sont des personnages idéals qui vivent leur vie dans l'espace de quelques\nmesures de musique, symbolisant nos luttes, nos espérances et nos victoires... Les épreuves\nqu'ils subissent les mûrissent et les rendent plus dignes l'un de l'autre... C'est ce développement\npsychologique des caractères qui fait de la Flûte Enchantée une œuvre à part et d'une valeur plus\ngrande, comparable aux drames lyriques Wagnériens ; quoiqu'elle commence comme un opéra\nordinaire, elle prend une allure nouvelle; là nous n'avons ni scènes d'amour, ni trahisons ;\naucune de ces passions chères aux héros d'opéras habituels ; Tamino et Pamina, personnages à\nla fois symboliques et réels, se développent d'une façon logique et inévitable, acceptant leur\nmutuel amour comme un fait certain et accompli : ils sont si sincères, si exempts de\ncoquetteries et de jalousies qu'il leur est pour ainsi dire impossible d'avoir une \" scène d'amour \"\nà la façon traditionnelle... \"\nOn voit par ces quelques citations quelle sera la conclusion à laquelle arrivera Mr E. Dent\nau sujet de la Flûte Enchantée.On trouvera aussi dans cette brochure des théories nouvelles, une\ndocumentation remarquable, des citations nombreuses et des rapprochements ingénieux entre\nles différentes œuvres de Mozart jugées à l'aide de sa sensibilité, de ses convictions religieuses\net de l'étude des conditions sociales au milieu desquelles il vécut en somme une critique des\nplus intéressantes et à laquelle ces quelques lignes rendent fort mal justice ainsi d'ailleurs qu'aux\nreprésentations de la Flûte Enchantée à Cambridge.\nX. M. BOULESTIN.\nBARCELONE. Théâtre du Liceo: Opéra en un acte et deux tableaux.\nPoème d'Angel Guimerà, musique d'Eurie Morera. Représentée pour la première fois, à\nBarcelone, la nuit du 17 janvier 1912.\nIl est évident que Morera n'a pas prétendu faire, avec une œuvre transcendante.\nL'idée qu'il s'est formée, en l'écrivant, a été plutôt, il nous semble, de faire, tout bonnement,\nune production très simple, très claire et volontiers Sa première erreur a été donc,\nsans doute (et l'on nous permettra, il faut le croire, que nous nous exprimions en toute fran-\nchise), de la donner au Liceo. Dans ce cadre très vaste trop vaste, de notre grand théâtre,\nl'œuvre a paru déplacée. Telle qu'on l'avait annoncée, on s'attendait à entendre quelque chose\nd'importance une œuvre ferme, riche, de longue haleine, et l'on s'apprêtait, mais oui, à\nbien applaudir et à s'incliner même, très bas, devant l'œuvre nouvelle. Mais voici qu'on s'est\ntrouvé, tout à coup, non sans surprise, devant une... oserai-je le dire, devant une sorte\nd'œuvrette... Un sonnet, nous le savons, peut bien valoir un long poème... Tel n'est pas le cas.\nIl est évident, néanmoins, que dans un autre milieu et annoncée comme elle aurait dû l'être,\nnon pas comme un opéra ou comme un drame musical car elle a été annoncée sous ces"}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.75", "texte": "72\nS. I. M.\n\ndeux formes, mais, plutôt, comme une Z arzuel et si elle ne l'est pas elle pourrait\nfacilement le devenir, il est évident, disons-nous, que dans ce cas elle eût été mieux reçue...\nC'est sous cet aspect qu'il faut la juger.\nF. LLINRAT.\nMONTE-CARLO. Le théâtre de Monte-Carlo vient de reprendre avec le plus\ngrand succès le Barbier de S évillede Rossini. Cette œuvre qui semblait tombée dans l'oubli a\nreçu du public un accueil enthousiaste. Il est vrai que M. Gunsbourg avait su assurer à cette\nreprise une distribution hors ligne et telle qu'aucun théâtre européen ne saurait en donner de\nmeilleure. Il faut citer tout d'abord Chaliapine (Basile) et Tita Ruffo (Figaro) ; puis\nMM. Chalmin et Polverai. Mme de Hidalgo est une Rosine pleine de jeunesse, de charme et\nqui vocalise à merveille ; Mme Mary Gérard sait donner au rôle trop souvent sacrifié de Berta\nl'importance qu'il mérite. On ne saurait donc s'étonner que la partition de Rossini ait retrouvé\nsa séduction et son charme d'autrefois. Cette soirée fut une vraie soirée d'enthousiasme.\nSTANISLAS RZEWUSKI.\nNOTE. L'abondance des matières nous force à remettre au plus prochain numéro l'insertion des\ncorrespondances d'Allemagne, de Russie et d'Amérique.\n\nPiano ou clavecin?\nWanda Landowska.\nNous recevons de notre collègue Mme Wanda Landowska, qui en ce moment révèle Purcell et Cou-\nperin aux Kirghizes des steppes russes la lettre qui suit. Elle répond à l'article publié par notre autre collègue\nM. Joachim Nin dans notre numéro de décembre.\nMon ami Joachim Nin a choisi un mauvais moment pour des discussions : je suis en\nvoyage et surchargée de travail. D'ailleurs tous ses arguments ont été déjà servis par\nM. Buchmeyer et répétés par le Dr Cari Nef dans cette fameuse polémique qui a duré plus\nde quatre ans. Que mon ami Joachim Nin veuille donc bien se mettre au courant et, qui sait,\npeut-être nous apportera-t-il des raisons nouvelles.\nQuant au tournoi d'Eisenach cette idée est due au désir très légitime des prof.\nKretzschmar, Seiffert, Schneider, Heuss et autres musicographes et des membres de la\nBachgesellschaft. Voyant la polémique épuisée au point de vue théorique, ils voulaient se rendre\ncompte de l'effet, que produirait sur le public le même morceau exécuté successivement sur\nles deux instruments. De tels expériences ne peuvent qu'intéresser tout musicien sérieux.\nJoachim Nin trouve ce premier essai insuffisant parce que \" l'on s'est contenté de baser\n\" un jugement, que l'on prétend définitif, sur l'exécution de deux œuvres de Bach, alors qu'il\n\" en eût fallu douze au minimum autant, de Couperin, quelques-unes de Rameau, de Haendel et\n\" six au moins de Scarlatti. \" La dose lui paraît donc insuffisante. Qu'il la triple ou centuple\nà volonté.\nToujours à la disposicion d'ousted."}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.76", "texte": "S. I. M.\nMERCURE MUSICAL\nREVUE MUS CALE\nET\nRevue fondée par la\nSociété Internationale de Musique\n(SECTION DE PARIS)\nHonorée d'une souscription du Ministère de l'lnstruction Publique et des Beaux-Arts I\nv '■\nNS CE NUMERO:\n0. Saint-Sàens. . ... Souvenirs 1\n8\n12\n19\n21\n27\n39\nïsadora Duncan .... Idées\nGK Sizes Les étapes d'une découverte acoustique\nH. Prunières ..... Les\nE. Wellesz ....\nSchontaerg ....\nR. Rolland ....\nSchônberg et la jeune école viennoise\nQuatuor à cordes (3me partie).\nLes Concerts symphoniques populaires\nLes Livres La\nMusique 45\nj|| LE f MOIS\nReynaldo Hahn . .\nL. de la Laurencie .\nMaurice Ravel. .\nJ. Liaporte Sociéié de 52\nGK K Concerts'divers 53\nA. Marty La Société Bach . , 57\nX • . • • Les Amis de la Musique . , . 62\nH. Prunières . .... Il faut sa .... 64\nSwift . . La Province 66\nRené Lyr Belgique 67\nNos Correspondants . . Etranger 70\nConcerts Colonne 47\n48\nm n\nConcerts Lamoureux ,50\nDirecteur : J. ECORCHEVILLE\nSecrétaire de la Rédaction : Rédacteur pour la Belgique :\nCH. LEGRAND RENE LYR\n22, rue St. Augustin, PARIS. Boitsfort-Bruxelles.\nLe Directeur et le Secrétaire de la Rédaction reçoivent\nle mercredi et le samedi de 4 à 7 heures,\net M. Vuillermoz le Vendredi de 4 à 6 heures."}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120315-01.1.77", "texte": "CONG\nITALIENS DE MUSIQUE ANCIENNE\n■m Y-\nFondateurs:\nr.\n; •\n■qy;\nLA LIEE\nESTETICA\nM\"' SIDA ISO RI, cantatrice florentine\nM' PAOLO LITTA, pianiste-compositeur\nCOMITÉ DE PATRONAGE\n. PRÉSIDENTE D'HONNEUR\nMAJESTÉ LA REINE MÈRE, LA REINE MARGUERITE D'ITALIE\nTÊwmSt\n' •; •' ' H .\n. • ; Èks,\nCOMITÉ DE PRÉSIDENCE :\nS. Exc. Madame l'Ambassadrice d'ltalie, Donna Bice Tittoni à Paris.\nS. Exc. Mme la Pcesse Ruspoli di Poggio Suasa Talleyrand Périgord à Paris.\nMadame la Princesse Strozzi-Corsini à Florence.\nMadame la Comtesse Béatrice Pandolfini-Corsini à Florence.\nMadame la marquise E. de Montagliari à Paris.\nMademoiselle Elena Vacaresco, femme de lettres, auteur dramatique à Paris.\nS. Exc. Le Prince Ruspoli di Poggio Suasa à Paris.\nLe duc Melzi d'Eril, duc de Lodi.\nLe Comte Brunetta d'Usseaux.\nLe Commandeur Trezza di Musella.\n'\nm\nm\nMEMBRES HONORAIRES\nM» Gabriele d'Annunzio, homme de lettres, auteur dramatique à Florence\nM. W. Bopp, Directeur de l'Académie Imp. et Roy. de Musique à Vienne.\nM. Alfred Bruneau, compositeur de musique â Paris.\nM. Carolus-Duran, Direct.de l'Acad.de France à Rome et membre de l'lnstitut.\nM. Claude Debussy, compositeur de musique à Paris.\nM. Louis Dièmer, Prof, au Cons. Nat. de musique à Paris.\nM. Vincent d'lndy, compos. de musique, Direct, de la Schola Cantorum à Paris.\nM. I. Massenet, compositeur de musique, membre de l'lnstitut.\nM. E. Mathieu, compos. de musique, Direct, du Cons. Royal de Mus. à Gand.\nM. A. Messager, compos. de musique, Direct.de l'Acad. Nat.de musique â Paris.\nM. E. Parent, professeur à la Schola Cantorum de Paris.\nM. Dr Max Reger, compositeur de musique et Directeur M. à Leipzig.\nM. Dr Richard Straùss, compositeur de musique, Generalmùsik director à Berlin.\nM. S 1 Saëns, compositeur de musique, membre de l'lnstitut à Paris.\nM. E. Tinel, compos. de musique, Direct, du Cons. Roy. de musique à Bruxelles.\nM. P. Vidal, compositeur de musique et chef d'orchestre à l'Opéra de Paris.\nM. Eugène Ysaye, virtuose, compositeur de Musique et Directeur des concerts\nYsaye à Bruxelles.\nSIÈGE SOCIAL : 3, Via Michèle di Lando. FLORENCE\n.., :\n■J\n1\nI\nse"}]}