{"numero_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_sha256": "afdc3e3f48ec262b00e3360c47cdc9770e663ddd4fc6fc70f0df7423b1d398ec", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1912/05/15_01/bmtnabh_1912-05-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1912/05/15_01/bmtnabh_1912-05-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c002", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.2", "titre_corps": "A FAMILLE FRANÇAISE DE LULLY, par M. 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Ecorcheville, malgré\ntoute la ferveur admirative qu'ils éprouvent pour le génial musicien, n'ont\npu que répéter ce qu'avaient dit leurs devanciers, avouer leur ignorance\nd'un fait certain concernant la famille de Lully, arrivé avant 1643.\n\n1 Tous droits de reproduction et de traduction réservés.\nI"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.4", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2139, "texte": "Mes recherches personnelles, passionnées à un même titre et\norientées différemment, laborieuses, patientes et minutieuses, ont ete plus\nheureuses. A toutes les questions posées, je puis répondre avec la certitude\nque donne la preuve matérielle du document de l'époque ou les person-\nnages cités vivaient, où ils sont saisis dans les actes memes de leur vie\npublique ou privée.\nMes sources sont :\nles archives de Lorraine, de Bourgogne et de Picardie ;\nles généalogies des anciennes maisons de Toscane, de Lorraine et de\nPicardie ;\nles fonds du Chapitre de la Cathédrale d'Amiens ; les registres de\nl'Hôtel-de-ville d'Amiens, comptes et délibérations de l'échevinage ;\nles cartulaires de la Maison de Picquigny, de l'abbaye du Gard, de l'abbaye\nde Saint-Ma r t i n -a u x-J ume a u x ;\nles travaux historiques du chanoine de la Morlière, du P. Daire, du\nP. Anselme, de Dom Grenier, du savant Goze, de l'abbé Darsy, de René\nde Belleval ;\nles mémoires de Gaston d'Orléans, de Richelieu, du maréchal de\nBassompierre, de Mademoiselle de Montpensier, du duc de Guise, de\nMademoiselle de Guise et de maints autres ouvrages qui, à divers titres,\néclairèrent le sentier vierge où j'allais, opiniâtre chercheuse de documents\ninédits, sans défaillance dans l'obscur et lent labeur qui me permet\naujourd'hui, d'établir cette vérité, honorable à plus d'un titre pour la\nFrance et pour la Picardie, que Lully est deux fois français, puisqu'il est\nné de parents picards et que, dans l'ancien droit comme dans le droit\nactuel, le fils était de la même nationalité que le père qui l'avait engendré.\nOr, en attendant une publication plus complète de mes nombreux\ndocuments, j'ai songé à satisfaire la légitime curiosité de mes nationaux et\ncelle des musicographes qui,ily a cinq ans, lors d'un voyage à Florence, ont\nattiré mon attention sur ce point d'histoire dont l'obscurité les étonnait\nà plus d'un titre, la nationalité de Lully,en écrivant ce résumé de l'ensemble\net du résultat de mes recherches.\nComment ai-je pu trouver la réponse à des questions que de nombreux\nchercheurs et érudits s'étaient posés sans succès avant moi, depuis plus"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.5", "debut_caractere": 9, "fin_caractere_exclue": 2477, "texte": "d'un siècle ? Grâce à du jugement et à une longue et laborieuse patience\ngouvernés par une heureuse chance, pourrai-je dire, car il peut paraître\nquasi miraculeux que les siècles, les guerres, les révolutions aient laissé\njusqu'à nous de si nombreux documents, intéressant la famille de Lully du\nXIIe au XVIIe siècle et qu'il m'ait été permis de les grouper, en Picardie,\nsur deux lignes parallèles, se renforçant en se complétant, celle des seigneurs\nde Lully et des autres Lully, cadets et descendants de cadets qui y firent\nsouche.\nC'est en étudiant l'histoire de la Toscane et celle des personnages\nmarquants de la noblesse de France qui se trouvaient établis à Florence\nen 1632, lors de la naissance de Jean-Baptiste de Lully, que je rencontrai\nle fil conducteur de mes recherches, en Charles de Lorraine duc de Guise,\nréfugié à la cour de Toscane en mars-avril 1631. Il était fils de Henri de\nGuise tué à Blois en 1588, par les ordres de Henri 111, et petit-fils de\nFrançois de Guise, assassiné au siège d'Orléans en 1563, par Poltrot de\nMéré.\nLe descendant de ces Guise, si puissants qu'ils avaient fait trembler\nles Valois sur leur trône, ne pouvait, sans mentir à ses origines, ne point\nfaire d'opposition à l'étatisme que créait le cardinal de Richelieu, ministre\ndu roi Louis XIII. En février 1631,1 e duc de Guise se réunit aux parti-\nsans de la reine-mère, Marie de Médicis, qui était sortie du royaume\naprès avoir été arrêtée à Compiègne et tenta de soulever la Provence dont\nil était gouverneur.\nRichelieu averti, envoya Condé en Provence et Charles de Lorraine,\nsous prétexte d'un pèlerinage à faire à Notre-Dame de Lorette, alla\ndemander asile à la cour de Toscane pour lui et ses fidèles.\nCharles de Lorraine, duc de Guise, avait épousé en 1611, Henriette-\nCatherine, duchesse de Joyeuse, dont il eut, hors trois enfants dont le che-\nvalier de Guise (f 1664) et Marie de Lorraine (/f 1688) deux fils morts en\nItalie où lui-même décéda à Cuna le 30 septembre 1640. Henriette-\nCatherine de Joyeuse, héritière de sa maison, était veuve en premières\nnoces de Henry de Bourbon, duc de Montpensier, décédé en 1608. De\nce mariage était née une fille, Marie de Bourbon, duchesse de Montpensier\négalement héritière des biens de sa maison et la plus riche heritiere de\nFrance. Elle épousa à Nantes, en 1626, Gaston d'Orléans, frère du roi\nLouis XIII, alors héritier présomptif de la couronne.\nLa jeune duchesse d'Orléans mourut en 1627, trois jours après avoir"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.6", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2403, "texte": "donné naissance à une fille, Anne-Marie-Louise d'Orléans duchesse de\nMontpensier qui hérita des biens de sa mère, fut élevée par les soins de\nla reine, eut titre de fille de France, qualité d'Altesse Royale et devint\ncélèbre par la part qu'elle prit à la guerre de la Fronde où elle vainquit\nles armées du Roy.\nEn 1634, Gaston d'Orléans (+ 1671), resserrant ainsi les liens qui\nl'unissaient à la maison de Lorraine, épouse Marguerite de Lorraine,\nsœur du duc Charles IV (+ 1674)»\nUne fille issue de cette union, Mademoiselle de Valois, épouse en\n1661, le grand duc de Toscane, par Monsieur de Béziers son ambassadeur\nextraordinaire auprès de Louis XIV, \" Monsieur le duc de Guise\navait la procuration de Monsieur le grand duc... \" C'est que les relations\nentre les grands ducs de Toscane et les princes de la maison de Lorraine\nétaient étroites et, en 1607, nous voyons entre autres faits, Charles 111,\nduc de Lorraine, dont la quatrième fille Christine avait épousé Ferdinand,\ngrand-duc de Toscane, donner quittance d'une somme de 30.000 francs\nqu'il avait empruntée au Mont-de-Piété de Florence. Fréquemment\nd'ailleurs, les banquiers toscans, avancèrent des sommes importantes aux\nducs de Lorraine.\nOr, la maison de Lorraine possédait la seigneurie et châtellenie de\nBoves, le marquisat de Moiiy, les terres et duché de Guise formant le\ngouvernement particulier de Guise qui était partie du gouvernement\ngénéral de Picardie. Plusieurs membres de la maison de Lorraine et de\nBar, occupèrent d'importants commandements pour le Roy en Picardie,\nde même que de nombreux picards ont laissé un nom dans l'histoire de\nla Lorraine. Il y a eu des échanges certains, entre les deux provinces dont\nles familles s'allièrent fréquemment, du XVe au XVIIe siècle.\nDevant ces faits, historiquement, je fus convaincue que si Lully était\nfrançais, on trouverait la seigneurie de ses pères, dans celles se rattachant\nà un titre quelconque à la maison de Lorraine.\nD'ailleurs, l'Y de son nom trahissait une origine picarde. Car c'est\nun fait que 25 °/0 des noms picards, se terminent par et c'est le dépar-\ntement de la Somme, qui possède le village de Y, dans le canton de Ham,\nqui se prononce i. Puis, l'analogie frappante que le nom de Lully a avec\nles noms de Tully, Bully, Nully, Sully, qui sont des noms de Picardie,\nrenforça ma conviction.\nJe ne m'étais point trompée dans mes déductions comme on va le"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.7", "debut_caractere": 9, "fin_caractere_exclue": 2474, "texte": "voir, et, bien que je me sois égarée à différentes reprises, en revenant\nchaque fois à mon point de départ pour chercher dans une voie nouvelle,\nje fis ample moisson de documents authentiquant l'existence de nombreux\nLully seigneurs et autres, de la fin du XIIe jusqu'au XVIIe siècle.\nEn 1644, la princesse Marie de Lorraine, fille de Charles de\nLorraine, duc de Guise et de Henriette-Catherine, duchesse de Joyeuse,\ndemi-tante par sa mère de Mademoiselle de Montpensier, est marraine\nde Marie-Joséphine-Barbe de Halwyn, fille de Alexandre de Halwyn,\ncapitaine des gardes de Gaston d'Orléans et de Yolande-Barbe de Bassom-\npierre dont le père était bailli et gouverneur de la province de Vosges,\ngrand-écuyer de Lorraine et frère du maréchal de Bassompierre, auteur\ndes \" Mémoires \", emprisonné en 1631 pour le même fait qui obligea\nCharles de Lorraine, duc de Guise, à se réfugier à la Cour de Toscane.\nLe parrain de Marie-Joséphine-Barbe était Henry de Lorraine, marquis\nde Moiiy. Or, Alexandre de Halwyn était fils de Charles-Maximilien de\nHalwyn, capitaine des gardes de Gaston d'Orléans, décédé au siège de\nNancy en 1630, et de Catherine du Gué et de Saint-\nSauflieu, qui, elle-même, mariée en 1 597, mourut en 1623.\nAinsi, la preuve de l'existence d'une seigneurie de Lully à l'époque\nou allait naître le jeune Jean-Baptiste de Lully, était faite.\nMais, d'où venait Lully ?\nCatherine du Gué était fille de Jean du Gué, seigneur de Saint-\nSauflieu et de Anne Le Clercq. Or, je ne rencontrai la seigneurie de\nLully, ni chez les du Gué, ni chez les Le Clercq... Alors, ayant situé par\nà peu près la fuyante seigneurie dans le bailliage d'Amiens, je pris le\nparti héroïque de collationner minutieusement tous les travaux anciens\nsur cette partie de la Picardie, manuscrits et imprimés, et de faire dire\nleur secret aux vieux parchemins des archives. La besogne fut rude et il\ny eut des moments où je doutai d'atteindre le but, suivis d'autres semes\nd'émotions aussi intenses que celles que purent ressentir les explorateurs\nà l'approche des premières banquises, puis à la prise de possession des\nterres articques où ils tracèrent le chemin qui les mena jusqu'au pôle...\nJ'avais déjà trouvé les deux blasons successifs des Lully et authentiqué\nl'existence de plus de vingt d'entre eux, sans qu'il me fut possible de\nsituer la seigneurie géographiquement. Et l'on comprendra ma perplexité,\nlorsqu'on saura qu'après avoir connu que les Lully étaient les cadets de la"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.8", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2239, "texte": "Maison de Picquigny, j'appris que la baronnie de Picquigny comptait\nonze cents fiefs et arrière-fiefs, puis qu'il arrivait que les cadets succédaient\naux aînés et que les mêmes Enguerrand, Gérard ou Marie, étaient dits\ndans leurs actes, tantôt \" Picquigny \", tantôt \" Lully \", suivant qu'ils\nexcipaient de leur qualité de baron de Picquigny ou de seigneur de Lully.\nAinsi dans une charte de l'église d'Amiens, Eustache, seigneur d'Encre,\nqui avait épousé Marie de Picquigny, fille d'Enguerrand de Lully,\n\" avoue vendition d'une partie de dixmes de Revelles, faites par Guarin\n\" Burnez, au profit du chapitre de la cathédrale d'Amiens Dans une\nfondation qu'elle fit à Picquigny d'une chapelle \" nommée Meaulte en\ncompagnie de son fils Jean d'Encre Marie de Picquigny est appelée\nMarie de Lully, parce que c'est en qualité de dame de Lully qu'elle\naffecte le revenu de la dîme de Meaulte à l'entretien de ladite chapelle.\nDans l'exercice d'un droit de travers sur Picquigny, la même Marie est\ndite Marie de Picquigny !...\nD'autre part, \" la Ville \" dont la seigneurie portait le nom, en avait\nchangé la prononciation et l'orthographe dès le XVe siècle, tandis que les\nseigneurs de Lully, leurs descendants et collatéraux, restaient fidèles à\nl'orthographe originelle.\nMais le hasard dieu des chercheurs, se chargea un jour de dissiper\nl'obscurité qui me gênait et m'apprit que l'ancienne Lully, du bailliage\nd'Amiens, de la prévôté de Beauvaisis, est aujourd'hui Lœuilly, gros village\nde l'arrondissement d'Amiens où naquit le fameux médecin Sylvius,\nmaître du non moins fameux Vésale à qui il enseigna l'art de \" découper\nles cadavres \". Il peut aujourd'hui ajouter à sa gloire, celle d'avoir été le\nberceau de la famille de l'homme de génie qui, au XVIP siècle, s'appelait\nJean-Baptiste de Lully, —Jean-Baptiste, le Précurseur, patron d'Amiens !\nLe premier château-fort de Lully fut construit en 1197, par\nEnguerrand de Lully, fils cadet de Guermond II de Picquigny, vidame\nd'Amiens. Il fut démoli en 1421, par les ordres du roi d'Angleterre allié\ndu duc de Bourgogne, maître du pays. C'est l'argent des amiénois vaincus,\nqui paie les ouvriers et les soldats loués pour démolir la forteresse qui\navait résisté aux envahisseurs."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.9", "debut_caractere": 9, "fin_caractere_exclue": 2456, "texte": "\"A Le Serai ne, le XIIIe jour (juillet 1421) donné à Jehan du Bos, Bernard\nde Neux, Jehan Grandel, Jehan Anselin, tous sergens du Roy (d'Angleterre) qui\npar deux jours avoient assemblés plusieurs carpentiers, mâchons, quarriers, pour\nabattre les forteresches de Demuin, Lully > Tilloy, Conty, Monsures... \"\nLa Châtellenie relevait de l'évêché, ce qui permet de rencontrer\nparfois deux seigneurs de Lully, l'un rendant hommage à l'évêque et\nl'autre ne relevant que de la baronnie de Picquigny.\nLe deuxième château de Lully était reconstruit en 1464, lorsque la\nreine Charlotte de Savoie épouse de Louis XI, venant d'Amiens et se\nrendant à Chartres en pèlerinage à la Chemise de la Vierge, y logea avec\nsa suite. Elle y eut pour hôtesse, Marguerite de Lully, épouse de Guil-\nlaume le Josne, écuyer puis chevalier, seigneur de Contay, chez qui les\ndeux sœurs de Louis XI, la princesse de Piémont et la princesse de\nNavarre qui accompagnaient la reine pendant son séjour à Amiens,\navaient logé, en son hôtel sis par devant les Clocquiers.\nEn l'espace de quatre cent cinquante ans, il y eut de nombreux\nseigneurs de Lully dont les noms suivants nous sont connus par des actes\nauthentiques, intéressant leur vie publique ou privée, autorisations,\ndonations, ventes, partages, faits de guerre etc.\nGuermond II de Picquigny qui fut vidame d'Amiens de 1178\nà 1186 eut pour successeur son fils aîné Gérard, baron de Picquigny et\nvidame d'Amiens de 1 186 à 1190. Il décéda en Judee ou il avait suivi\nPhilippe-Auguste et, comme il ne laissait point d'héritier, c'est son frère\ncadet, Enguerrand de Lully qui lui succéda comme baron de Picquigny\net vidame d'Amiens.\nEnguerrand de Lully eut pour fils Gérard de Lully qui devint baron\nde Picquigny et vidame d'Amiens en 1223-24, et pour fille Marie de\nLully qui épousa Eustache d'Encre et porta dans cette maison, la seigneurie\nde Lully. En 1235, son fils Othon d'Encre est seigneur de Lully. Il a\nun fils, Enguerrand de Lully, qui est à son tour, seigneur de Lully.\nEn 1256, Eloy du Cauroy, chevalier, est seigneur de Lully.\nEn 1288, Othon d'Encre, chevalier, seigneur de Lully, donne, à son\nfils Enguerrand de Lully, la terre de Rumigny, tenue du vidame d Amiens.\nEn juin 1298, Enguerrand de Lully est seigneur de Lully.\nEn 1337, Pierre de Lully, Mathieu de Lully et Enguerrand de\nLully, sont parmi les nobles de Picardie ranges sous la bannière de\nPicquigny et convoqués par le roy, pour la guerre de Flandre."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.10", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2079, "texte": "En 1339, Enguerrand de Lully compte dans l'ost de Bouvines.\nMarie d'Encre, dame de Lully, Bulles et Monceaux, épousa Jean sire\net ber d'Auxy qui fut tué à la bataille de Crécy en 1 336. Elle-même mourut\nen 1 349.\nIls eurent pour enfants :\nJean 111 sire et ber d'Auxy.\nPierre d'Auxy seigneur de Lully et de Monceaux.\nMarie d'Auxy.\nAlips d'Auxy dame de Lully.\nCette dernière épousa son cousin Jean de Lully, chevalier. Le blason\ndes Lully est d'argent à deux fasces de gueules ; celui des d'Auxy est\néchiqueté d'or et de gueules de vingt-cinq pièces. Cette alliance qui unit\nles Lully aux d'Auxy va aussi unir les blasons.\nDésormais, les Lully porteront écartelé au 1 et 4 d'argent à deux\nfasces de gueules, au 2 et 3 échiqueté d'or et de gueules de vingt-cinq\npièces.\nJean de Lully eut de son mariage avec Alips d'Auxy, deux fils,\nEnguerrand de Lully et Pierre de Lully.\nAu premier échut la seigneurie.\nEn 1403, Guy d'Auxy fait donation de la seigneurie de Hamel\nà Enguerrand de Lully son cousin.\nEnguerrand de Lully eut de Marguerite sa femme, deux filles,\nMarie de Lully et Marguerite de Lully. Marie de Lully épousa Philippe\nde Saveuse \" capitaine d'Amiens et de l'Artois entièrement. \" Elle fut la\nfondatrice 1440-1446 des couvents de Sainte Claire à Arras et à\nAmiens. Ce dernier fut démoli vers 1850.\nPhilippe de Saveuses posséda la capitainerie d'Amiens pendant\ntrente-deux ans. Lors du rachat des villes de la Somme, Louis XI lui\navait retiré cet office. Le roi chercha par la suite vainement à réparer\ncette faute, en 1465. Philippe de Saveuses qui était aimé du peuple\nd'Amiens et plus dévoué au duc de Bourgogne qu'au roy de France,\nn'accepta sa réintégration que du comte de Charollois. Il écrivait à un\nde ses agents d'Amiens ce billet sans doute du 29 mai 1464 :\n\" Baudechon, entendez byen à tout par delà ; je y envoyeray me femme\nbyentôt. Monsieur de Charoloys s'en vuea pour le byen de che royaume pour ly\nterouvuer avueu Mons. de Bery. Requonmandé-me byen à mes boyns amys\nd'Amyens : je leu sereay tout dys bon amy et quoysyn. Ye ne demande que pays,"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.11", "debut_caractere": 9, "fin_caractere_exclue": 2491, "texte": "Dyu le set ; Dyu ne falyt houques à gens de bone foy, ne faurea. Etqueryt à\nQuorbye, che merquedy.\nSigné : Phelippe de Saveusez.\nL'on voit par cette lettre que Marie de Lully secondait activement\nson époux, qui l'envoyait à ses amis de cette bonne ville d'Amiens dont\nle roy de France l'avait \"déporté de sa capitainerie\nUne délibération de l'échevinage du 21 octobre 1465, nous renseigne\nsur ce qu'a pu faire à Amiens, Marie de Lully.\nIl y est dit, en effet, que \" ... Madame de Saveuses... avoit esté mise\nhors de ladite ville... parce que Mons. de Saveuses, son mary et elle,\ntenoient parti contraire au Roy... \" Réintégré dans sa capitainerie, Philippe\nde Saveuses mourut à Amiens en 1467, \" ... dont Messeigneurs les\néchevins furent bien déplaisans... \"\nPhilippe de Saveuses et Marie de Lully n'eurent qu'une fille, Jeanne\nde Saveuses. Dans l'assemblée du 16 juillet 1448 aux Cloquiers, les\néchevins décident :\n\" pour ce que Mons. le conte d'Eu doit espouzer demain Mademoiselle\nla fille de Mons. de Saveuses, cappitaine d'Amiens et de Marie de Lu11y...,\nMesseigneurs ont délibéré que ilz donront à ladicte demoiselle une couppe d'argent\ndoré pesant 111 ou 111 1 marcs, et si leur présentera on de par ladicte ville,\nVI quennes de vin au dit Mons. le conte, et à ladicte demoiselle VI quennes\nde vin.\nJeanne de Saveuses mourut au mois de janvier de l'année suivante et\nc'est Marguerite de Lully qui, après la mort de sa sœur Marie de Lully,\nhérita de tous les biens de sa maison.\nMarguerite de Lully avait épousé Guillaume le Josne, écuyer, fils de\nRobert le Josne, bailli d'Amiens. Une délibération de l'échevinage du\n19 avril 1428, aux Cloquiers, nous renseigne sur ce point :\n\" Pour ce que Mons. Robert le Josne, à présent bailli d'Amiens, a intention\net propos de briefment marier Guillaume son filz, avec la sereure de la femme\nMons. de Saveuses, et que ledit Mons. le bailli a intention de, pour celle\ncause, mener sondit filz à Bailleul-ou-Mont, ou autre part, où seront lesdits\nMons. de Saveuses, sa femme, sadicte seur et ceulx de leur parenté, délibéré a\nesté, considéré les grans biens, honneurs et pourfis que ledit Mons. le bailli a\nfaict à ladicte ville... et la grant alliance de sondit filz, que ledit maïeur, aux dépens\nde la ville, si ledit Mons. le bailli va ondit voyage, lui tenra compaignie, acom-\npaignié de Honneré Quignon, son serorge, de deux sergens a mâche et de ses\nautres gens, telz que bon lui semblera... A l'espouze, l'endemain des nopces, ou à"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.12", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2466, "texte": "icelles, sera donné et présenté de par la ville, six tasses d'argent, pesans chacune\ndix unches d'argent, dorées sur les bors, et escrites ou fons d'un ponchon cest mot:\nAmiens, affin que l'on ait congnoissance que ledit don soit fait par ladicte ville. \"\nGuillaume le Josne, écuyer, s'agrandit de biens et d'honneurs et dans\nun acte de vente du 28 octobre 1461, nous le voyons qualifié de\n\" noble et puissant seigneur Mons. Guillaume, seigneur de Contay et de\nFriencourt, chevalier, conseiller et maître d'ostel de très hault et très puissant\nprince Mgr le conte de Charolais, seigneur de Chateaubelin et de Béthune et\nMadame Marguerite de Lully sa femme, (vente) d'une maison avec jardin aux\nfaubourgs d'Amiens, rue des Rabuissons...\nSon frère Jean le Josne né à Amiens en 1410, fut chanoine d'Amiens,\névêque de Mâcon et d'Amiens en 1433, puis de Thérouanne en 1436.\nIl eut le chapeau de cardinal à vingt ans. Robert le Josne, bailli dAmiens,\nmourut en 1413 gouverneur d'Arras. Son fils Guillaume, seigneur de\nContay, époux de Marguerite de Lully, lui succéda dans cette charge.\nPhilippe de Saveuses, Robert le Josne et Guillaume de Contay, sont\ntout dévoués aux intérêts de leur maître le duc de Bourgogne qui est,\ndans cette fameuse guerre de Cent ans qui ravagea si fort la Picardie,\ntantôt allié du roi d'Angleterre, tantôt allié du roi de France.\nEn 1483, Madame de Contay eut l'honneur de loger en son hôtel\nMadame Anne de Beaujeu, Mons. de Beaujeu et Marguerite d'Autriche,\nfiancée du Dauphin, fils de Louis XI, où Messieurs de Ville apportèrent\nles présents d'usage.\nMarguerite de Lully, héritière des biens de sa maison après la mort\nde sa sœur Marie de Lully, est dame de Lully et de Hamel. Elle a de son\nmariage avec Guillaume de Contay, Louis de Contay qui est seigneur de\nLully et gouverneur d'Arras après la mort de son père en 1467. Il épouse\nen deuxièmes noces Jeanne de Saluces, dont il a deux fils, Charles et\nPhilippe.\nCharles de Contay est seigneur de Lully. Il succède à son père\ncomme gouverneur d'Arras, en 1475 et meurt en 1492. C'est son frère\nPhilippe qui est gouverneur d'Arras de 1492 à sa mort 1501, sans laisser\nd'héritiers de son alliance avec Marguerite de Lalain. Ses biens passent à\nsa nièce, (issue du mariage de Charles de Contay, seigneur de Lully et de\nBarbe de Halwyn). Françoise de Contay qui porte la seigneurie de Lully\ndans la maison de Humières, par son mariage en 1507, avec Jean II de\nHumières (-f* 1550)."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.13", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 1732, "texte": "On pourrait encore citer quatre autres seigneurs de Lully, si l'on ne\ncraignait d'allonger cette liste.\nC'est Jacqueline de Humières qui vendit la seigneurie de Lully, en\n1602, à Anne Le Clercq veuve de Jean Du Gué seigneur de Saint\nSauflieu, et nous amène à notre point de départ, c'est-à-dire aux Bassom-\npierre et aux duc de Croy et d'Havré.\nMais la terre de Lully a modifié son nom.\nDans un bail de la terre de Namps-au-val, daté d'Amiens du\n5 janvier 1626, Charles-Maximilien de Halwyn, chevalier, est dit seigneur\nde Wailly, LŒUILLY etc... C'est désormais sous ce nom de Lœuilly que\nLully, terre et seigneurie, va être désignée.\nDans un bail du 23 janvier 1661, Alexandre de Halwyn, chevalier,\ncomte de Hames, est dit châtellain de Lœuilly. Dans de nombreux actes\ndès le XVe siècle, on trouve le nom orthographié Lœlly, Leully, Lœully,\nLeuilly, Lœly, Leuly, et enfin Lœuilly. Les gens du village prononcent\nencore aujourd'hui \" Lunly Ils ont conservé par tradition, le souvenir\nde deux châteaux dont l'emplacement de l'un d'eux tout au moins, est\nappelé \" le Catyl\nAinsi la preuve est faite qu'il existait en France, dès le Moyen-Age,\nune seigneurie de Lully. Cette seigneurie était, primitivement, l'apanage\ndes Cadets de cette illustre Maison de Picquigny dont la puissance est\nétablie par ce dict :\n\" Picquigny, Moreuil et Roye,\nCeints de même courroie,\nFeraient la guerre au Roy. \"\nMais cette Maison de Lully, venue des cadets de Picquigny, eut à\nson tour des cadets et des descendants de cadets qui furent chevaliers,\nécuyers, architectes, chanoines, archidiacres, prévôts, échevins et soldats\nà différents titres.\nEn 1179, Mathieu de Lully fait abandon de divers avantages au\nprieuré de Saint Nicolas de Regny."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.14", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2044, "texte": "En 1194, en compagnie de Raoul de la Warde, de Raoul d'Ailly,\nMahieu de Lully donne consentement à une donation faite par Alice\ncomtesse de Clermont et dame de Breteuil, à l'abbaye de Breteuil.\nEn 1243, Simon de Lully est archidiacre du prieuré du Bosquel.\nVermond de Lully est cité en 1276, dans un acte de donation au\nchapitre d'Amiens.\nEn 13 17, Agnès de Lully achète une maison à Amiens.\nLa veille de Pâques fleuris 1336, un accord est passé par devant\nPierre Lecourant, bailli d'Amiens, entre le procureur des mayeur et éche-\nvins d'Amiens d'une part et de Florent de Lully, damoiselle Jeanne sa\nfemme de l'autre, relativement aux droits de justice et seigneurie des\nmarais et pâtis de Longpré-les-Amiens.\nEn 1338, un arrêt du Parlement est donné contre Colart Cambre-\nle nt et Flourent de Lully, touchant les pâturages de Longpré, la cause\ntouchant GuefFroy Boutequarette et Williaume le Kien.\nLe 13 février 1345, Jean de Lully écuyer, vend son domaine de\nRessons (Oise) à l'abbaye de Notre-Dame de Soissons.\nA la même époque, Raoul de Lully, chanoine de Saint-Pierre de\nSoissons, donne à la même abbaye, ses droits de dîme de blé et de vin\nà Autrèches (Oise).\nEn 1356, un échevin d'Amiens porte le nom de Oudard de Lully.\nEn 1357, le prévôt d'Amiens se nomme Galdeand de Lully. Il porte\nécartelé au 1 et 4 d'argent à deux fasces de gueules qui est Lully, au\n2 et 3 échiqueté d'or et de gueules de vingt-cinq pièces qui est Auxy.\nIl est, sans doute, fils de Pierre de Lully, fils cadet de Jean de Lully et\nd'Alips d'Auxy.\nEn 1358, nous trouvons Jacques de Lully pelletier, bourgeois\nd'Amiens.\nEn 1370, un acte de donation faite à l'abbaye du Gard, porte les\nnoms de Oudard de Lully et de Maroie de Blancfossé sa femme.\nL'échevinage d'Amiens compte Jacques de Lully parmi ses membres\nen 141 o.\nEn 1416, devant l'échevinage, est jugé un différend entre Jacques\nde Lully bourgeois d'Amiens et les frères Jeannin et Willeminot, dits des\nRinchevaux.\nLe receveur des rentes de la ville d'Amiens, en 1440, se nomme\nNicolle de Lully."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.15", "debut_caractere": 11, "fin_caractere_exclue": 2373, "texte": "Dans un acte de 1445, Jeanne de Ainsetelle mère de Jean du Cauroy\nest dite épouse de Ectoir de Lully, écuyer.\nNicolle de Lully est échevin d'Amiens en 1448, maître des ouvrages\nen 1453. C'est l'époque où Marie de Lully est femme de Philippe de\nSaveuses capitaine d'Amiens, et Marguerite de Lully épouse de Guillaume\nle Josne, fils du bailly d'Amiens, lui-même, maître d'hôtel et conseiller\nprivé du duc de Bourgogne, maître des villes de la Somme.\nLes Lully tiennent une place importante et active à Amiens.\nDe nombreuses délibérations de l'échevinage, nous donnent, pour\ndes faits d'ordre public ou privé le nom de Lully.\nEn 1461, Nicole de Lully, architecte est élu maître de Saint Ladre\npour trois ans.\nEn 1478, ascensement pour y faire des constructions à Jean de Lully,\nbourgeois, d'un terrain sur la démolition de la vieille forteresse. En 1480,\n\"... terre baillie à Jehan de Lu11i...\" pour y élever des constructions.\nNicolle de Lully échevin d'Amiens en 1466, 72, 78, 80.\nNicolle de Lully, saiteur et détaillant de poisson en 1480.\nJehan de Lully échevin d'Amiens, en 1488, 90, 92, 94.\nEn 1489 et 1492, le prévôt royal d'Amiens, se nomme Jehan de\nLully. Il porte écartelé au 1 et 4 d'argent à deux fasces de gueules qui\nest Lully ; au 2 et 3, échiqueté d'or et de gueules de vingt-cinq pièces\nqui est Auxy. Il a donc les mêmes armes que les seigneurs de Lully.\nUne acceptation sous le scel du bailliage du temporel du chapitre\nde la cathédrale d'Amiens, par ledit chapitre, porte fondation par Isabeau\nDarras, veuve de Nicolle de Lully bourgeois d'Amiens, de deux messes\npar semaine en l'église Saint-Remy d'Amiens (21 mai 1495.)\nEn novembre 1492, l'empereur d'Autriche s'étant emparé de l'Artois,\nAmiens menacé se prépare à supporter un siège. La ville est divisée, pour\nla défense, en quatre quartiers. Le troisième s'étend du Pont du Cange à\nla Porte des Rabuissons : la défense en est confiée à Me Jehan de Lully\net Pierre de May.\nUn partage en date du 29 juillet 1503, nous apprend que Me Jehan\nde Lully \" en son vivant bourgeois et citoien d'Amiens \", a pour héritier\n\" Noël Frérot, escuier, seigneur de Guyencourt... Me Jehan Aubert,\nseigneur de Condé-les-Beauvais, damoiselle Colette Aubert sa sœur...\nchacun pour ung tiers... \" Toutefois, si Jehan de Lully ne laisse point de\npostérité, il y a encore d'autres Lully en Picardie et à Amiens même."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.16", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2162, "texte": "Ainsi, en 1524, nous trouvons Henri de Lully à Esclainvillers.\nEn 1526, Robert de Lully est archer des ordonnances sous Jean de\nHumières, seigneur de Lully.\nEn 1 551, Jehan de Lully est dit époux de Geue Isabeau Durette.\nEn 1560, Jean de Lully fait le commerce des fils de sayette. Il est\nle dernier Lully dont on trouve l'existence à Amiens.\nPourtant, il y a encore des Lully, en Picardie même, à Saint-Quentin,\noù, en 1 594, demeurent Jehan de Lully, sa femme et Raoul de Lully,\nleur fils.\nEnfin, en 1622, l'imprudence de soldats ayant allumé un incendie\ndans le petit village de Dercy situé à quelques lieues de Saint-Quentin,\ndans le gouvernement de Guise, les actes nous apprennent que ces soldats\ncoupables appartenaient au régiment d placé sous le haut comman-\ndement de Charles de Lorraine duc de Guise...\nNous sommes à 10 ans de la naissance de Jean- Baptiste de Lully et\ndevant les gens du prince, qui dans neuf ans ira s'exiler à Florence !\nS'il est à peu près impossible d'établir une relation exacte de parenté,\nentre tous ces Lully qui s'échelonnent de si près à travers les siècles, le fait\nmême qu'ils portent le même nom, vivent sur le même sol, ne suppose-t-il\npas une origine commune et des ancêtres communs. L'œuvre des siècles,\ndes guerres et des révolutions, a détruit bien des documents qu'il eut été\nintéressant de retrouver. A leur défaut, ne peut-on y suppléer par du\njugement ?\nL'on m'objectera sans doute : Mais avant que vous ne les fassiez\nconnaître tous ces Lully de Picardie, on les ignorait et, pourtant, ils\nexistaient ! Ne peut-il en exister d'autres vis-à-vis desquels on se trouve\ndans la même ignorance, et qu'un chercheur persévérant révélera un jour?\nj A cela je répondrai qu'il existe, en effet, d'autres Lully, notamment\ndans la Savoie où le village de Lully compta des seigneurs de son nom au\nMoyen-Age, un prieuré etc... Mais c'est en partant de Florence que je\nsuis arrivée en Picardie, après avoir passé par la Lorraine, comme il est\ndémontré au début de ces pages. Si les Lully de Florence avaient dû me\nconduire ailleurs, c'est ailleurs que je serais allée.\nAmiens, le i 5 avril 1912.\n\nMarie Denizard."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c005", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 17, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.4", "titre_corps": "IGOR STRAWINSKY", "titre_sommaire": "IGOR STRAWINSKY", "signature_source": "Emile Vuillermoz", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.17", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1265, "texte": "IGOR STRAWINSKY\n\nLe trépidant essaim des danseurs russes vibre, comme tous les ans à\npareille époque, dans la ruche bourdonnante du Châtelet. Une fois de\nplus, les Barbares du Nord viennent démontrer aux Latins que nous\nsommes, la supériorité de leur instinct sur notre culture et humilier\nl'Occident de tout le subtil éclat de la sagesse orientale. Nous allons\nprendre docilement notre leçon annuelle de peinture, d'art décoratif, de\nchorégraphie, de mise en scène et d'orchestration.\nCeux qui suivent attentivement ces cours ont pu remarquer que le\nplus curieux et le plus personnel de ces professeurs d'esthétique comparée\nétait également le plus jeune de tous. Un adolescent imberbe à l'aspect\nchétif et au profil aigu fut traîné, un soir, sur la scène par Nijinsky et\nKarsavina après une représentation triomphale; tout pâle, avec la gauche-\nrie et la timidité des myopes aveuglés par la rampe, il salua sèchement la\nfoule en torturant son binocle avec un attendrissant embarras: c'était Igor\nStrawinsky qui, avec Y Oiseau de Feu et venait de nous donner\ndeux chefs-d'œuvre et prenait dans l'histoire de la musique contempo-\nraine une place que nul ne songerait actuellement à lui disputer.\nSa gloire, chez nous, est d'assez fraîche date pour qu'il ne soit pas"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.18", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2606, "texte": "impertinent de résumer sa jeune carrière et de fixer les premiers éléments\nde ce qui sera son histoire dans les encyclopédies de l'avenir. Tra-\nvaillons pour ses futurs biographes en révélant qu'lgor Strawinsky, fils\nd'un artiste remplissant à la Cour les fonctions de chanteur-soliste de\nl'Empereur, articula son premier son à Oranienbaum, près de Pétersbourg,\nle 5 juin (style Russe) c'est-à-dire le 23 mai 1882. Il fut d'abord engagé\ndans des études juridiques avant de se consacrer entièrement à son art.\nMais, dès l'âge de neuf ans, il s'était révélé remarquable pianiste et avait\ntravaillé assidûment avec un élève de Rubinstein. Au cours d'un voyage,\nil rencontra à Heidelberg, en 1902, Rimsky-Korsakoff dont l'influence\ndevait être décisive sur sa carrière et dont l'affectueuse estime ne devait\nplus se démentir. Cette période fut pour le jeune artiste une ère de\nformation intellectuelle précieuse et de culture intensive; les musées, la\nlittérature et les concerts se partagèrent son activité et ne parvinrent pas\nà lasser sa curiosité toujours en éveil. Bientôt il désira se réaliser dans une\nœuvre de forme classique et écrivit en 1903 l'Allégro d'une Sonate pour\npiano dont les trois autres parties, Andante, Scherzo et Final furent ache-\nvées l'année suivante. Rimsky accepta alors de diriger techniquement ses\nétudes, et, tout en s'alarmant un peu de ses tendances révolutionnaires,\nne put cacher la secrète prédilection que lui inspirait ce révolté au milieu\nde ses trop dociles disciples. Strawinsky a conservé d'émouvants sou-\nvenirs de ces leçons où un maître, déjà glorieux, luttait contre l'assaut\ndes idées nouvelles battant en brèche son vieil idéal, tout en redoutant\n\" d'offenser la beauté inconnue \" par un enseignement restrictif.\nStrawinsky, de 1905 à 1906, travailla l'orchestration sous sa direc-\ntion. Il eut, en guise d'exercice scolaire à réinstrumenter la partition de\npiano de \" Pane Voïevoda \" dont Rimsky venait de terminer la réalisa-\ntion qui servit à corriger celle de l'élève. Il dut également orchestrer des\nMarches de Schubert et des Andante de sonates de Beethoven. En même\ntemps il affinait sa culture esthétique au contact des familiers de son\nmaître qui étaient, à l'époque, Glazounow, César Cui, Chaliapine et le\nchef d'orchestre Blumenfeld.\nLe 11 Janvier 1906, Igor Strawinsky se marie et voue résolument\nson existence à la composition. Il termine sa (1905-\n1907) demeurée inédite, que l'orchestre de la Cour exécute en Avril 1907.\nIl écrit pour chant et orchestre le Faune et la Bergère (1906).\nL'été de 1907 voit s'achever le que lui inspira"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.21", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 38, "texte": "IGOR STRAWINSKY. Ber\n\n2"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.22", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2351, "texte": "une lecture de la Vie des Abeilles et que nous avons récemment entendu\nà Paris. Peu après, il compose sa Romance sans paroles. Au cours de\nl'automne de la même année un Concert de la Cour le met en vedette :\nil reçoit de toute la presse musicale des éloges empressés mais sans\nlendemain.\nDeux Mélodies de Gorodetzki sont écrites en 1908 et le Scherzo est\ninscrit au répertoire des Concerts Zilotti. On commence à discuter une\npersonnalité aussi nettement affirmée. A l'occasion du mariage de la fille\nde son maître avec Steinberg, Strawinsky a la délicate pensée d'envoyer à\nRimsky l'hommage pyrotechnique de son étincelante gerbe\nde fusées sonores bien digne de terminer en apothéose une belle fête\nnuptiale. Hélas, lorsque la poste livra le manuscrit à ses destinataires, le\ncompositeur de Shéhérazade venait de rendre le dernier soupir. Cette\nperte affecta cruellement le jeune musicien, qui exhala sa douleur dans un\nChant Funèbre exécuté aux Concerts Bélaïeff, au grand désespoir des\nélèves officiels de Rimsky, jaloux de voir se prolonger avec leur maître,\nau delà du tombeau, une intimité artistique dont ils prenaient depuis\nlongtemps ombrage.\nQuatre études de piano jalonnent l'été de 1908 et dont\nl'idée fut prise dans les Contes d'Andersen, occupe l'été suivant. Mais\nvoici que Serge de Diaghilew, observateur attentif, découvre ce travailleur\ndiscret. Il lui donne la commande de sur un scénario de\nFokine inspiré par un conte russe. Benois et Golovine complètent la\ncollaboration. L'ouvrage, terminé le 18 Mai 1910, voit les feux de la\nrampe trois semaines plus tard.\nStrawinsky fréquente maintenant la France. Caché au fond de la\nBretagne, il met en musique deux poèmes de Verlaine (1910), voit son\nFeuerswerk exécuté aux Concerts Hasselmans et commence à compter\nle bataillon grandissant de ses admirateurs que l'Oiseau de Feu a éblouis.\nLes jeunes compositeurs français s'honorent de son amitié et fêtent sa\nprésence.\nEt c'est la gestation du prodigieux Pétrouchka, commencé à Clarens,\ncontinué à Beaulieu, signé à Rome (26 Mai 1911) et représenté à Paris\navec le succès que l'on sait. Le compositeur avait imaginé lui-même le\nscénario et Benois avait assuré l'interprétation décorative.\nActuellement de nouvelles œuvres importantes s'élaborent dans la\ncalme Maison des Tilleuls à Clarens où Strawinsky se plaît à résider."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.23", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2586, "texte": "Une sorte d'évolution mystique oriente les recherches du musicien. Une\nCantate Sacrée^composée l'an dernier, inaugure cette manière inattendue.\nLa forme en est \" astrale \" et l'écriture des chœurs et de l'orchestre,\ntraités l'un et l'autre avec une systématique indépendance tonale et\nrythmique, nous réserve des surprises. Deux mélodies, le Pigeon et le\nPetit Myosotis datent de la même période. Et nous aurons bientôt le\nfameux Sacre de Printemps mystère chorégraphique en deux tableaux\n(Rœrich) dont les premières esquisses sont antérieures à la composition de\nPétrouchka, et où nous verrons célébrer l'apothéose de la sève dans la\nnature et l'humanité, l'Adoration de la Terre, et le Grand Sacrifice qui\nensemencera le sol du sang pur d'une vierge...\nTel est le bagage d'un compositeur de trente ans. Ce n'est évidem-\nment qu'un début de carrière, mais un début qui permet déjà de tirer\ndes conclusions précises pour son avenir.\nL'apport de Strawinsky dans le trésor musical que tous les peuples\nont maintenant la sagesse de mettre en commun est particulièrement\nimportant et significatif. Dans un siècle de rêverie, de spéculation, de\nvisions intérieures et de suggestions obscures, au milieu d'artistes dont la\nplus grande ambition est de conserver au centre de l'univers une immo-\nbilité voluptueuse, de se dissoudre dans la nature, de s'abandonner au\nrythme universel, d'être une secrète palpitation du grand tout, parole du\nvent, confidence de l'eau ou verbe de la terre, au moment ou 1 on se\npassionne pour les mystères de l'inconscient, où 1 on harmonise 1 imper-\nceptible, où l'on veut capter l'insaisissable et orchestrer l'impondérable,\nce maigre adolescent aux nerfs d'acier nous révèle l'ivresse dionysiaque du\nmouvement, nous étourdit de vitesse, nous grise de rythme exaspere et\nnous affole de son infatigable frénésie. La déesse de la musique moderne\navait ses délicieux fakirs, elle a désormais son derviche-tourneur.\nLa pensée de Strawinsky a un élan, une vigueur et une sorte\nd'élasticité caractéristiques. On peut, sans en diminuer le prestige, en ce\ntemps de machinisme génial, voir dans son art un element de motricité\nd'ordre pour ainsi dire mécanique avec tout ce que ce mot, désormais\nréhabilité, contient d'élégante aisance, de sûreté et de force inépuisable.\nEn présence de l'impulsion irrésistible de certaines phrases bien huilées\nde Pétrouchka on éprouve cette sensation de puissance surhumaine et de\ndéroulement nécessaire qui fait la noblesse de 1 helice, de ia turbine ou\ndu volant ! Ce dynamisme supérieur n'a nullement contrarié chez"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.24", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2670, "texte": "Strawinsky l'épanouissement des qualités particulières aux musiciens de\nsa race : aucun Russe n'a plus instinctivement que lui le sens de la\ndécoration, l'imagination naturellement féerique, l'aptitude à tirer du\nfolklore national les plus savoureux effets, l'écriture harmonique libre et\nvoluptueuse et l'instrumentation en feu d'artifice. Toutes ces vertus qui\nnous font chérir Borodine ou Rimsky sont développées chez leur cadet\njusqu'à l'héroïsme. Au moment où les jeunes officiels de Pétersbourg ou\nde Moscou découvrent la pédagogie allemande, se passionnent pour les\nméthodes d'enseignement de Weimar ou de Leipzig, rougissent de l'auto-\ndidactisme de Moussorgsky et cherchent à le faire oublier en manufac-\nturant des sonates et des symphonies conservatoriales, l'état d'âme d'un\nStrawinsky est particulièrement sympathique. Il ne s'attarde pas à ces\nanalyses ethniques, si fort à la mode depuis quelques années, qui s'effor-\ncent de doser et d'équilibrer dans le génie russe l'élément de slavisme\nfondamental et l'apport d'un orientalisme qu'on voudrait en vain nous\nrendre suspect. Les plus subtils raisonnements n'empêcheront pas la féerie\nasiatique de nous enivrer plus sûrement que le contrepoint intellectualisé\nde nos écoles d'occident. Vive \"le russe tel qu'on le parle \"... en France!\nIl faut donc savoir un gré infini à l'auteur de l'Oiseau de Feu de\ndéfendre avec cette splendide autorité, mais, malheureusement, seul contre\ntous, le riche trésor national dont ses compatriotes font aujourd'hui si\nbon marché. C'est notre devoir, parce que nous sommes seuls à pouvoir\napprécier pleinement, grâce à notre culture actuelle, l'inestimable\nbienfait que représente son effort dans l'évolution artistique contempo-\nraine et parce que c'est chez nous, et non dans son pays où Rubinstein\nest dieu et où Tschaïkowsky est son prophète, que ce prince Igor exilé\ntrouvera des amis et des défenseurs. C'est dans la patrie de Debussy\net de Ravel que ses audaces harmoniques seront immédiatement\ncomprises, c'est dans la patrie de Dukas que ses éblouissantes trouvailles\norchestrales brilleront de tout leur éclat. C'est dans l'lle de France et non\ndans l'Ukraine qu'on goûtera à leur saveur les précieux emprunts que ce\nmusicien fortement racé sut faire aux mélodies populaires qui ont parfumé\nson enfance : les admirateurs de la \" Symphonie Pathétique \" ne songent\npas à s'émerveiller, comme nous, du miracle de transposition qui, de trois\nthèmes traditionnels empruntés aux recueils de Rimsky, de Tschaïkowsky\net de Liapounow, a créé la scène des Nourrices, le pas des Cochers et la\nDanse Russe du premier acte de Pétrouchka ! Déjà sournoisement com-"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.25", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 840, "texte": "battu par certains de ses compatriotes, le jeune compositeur se félicite\nd'avoir trouvé à Paris les seules sympathies actives et les seuls enthousi-\nasmes éclairés susceptibles de l'encourager efficacement dans son auda-\ncieuse carrière. Ayons la fierté de ne pas lui ménager cet appui et de\nprouver ainsi notre clairvoyance. Cette clairvoyance, à laquelle Wagner\navait autrefois rendu hommage en annonçant à l'Allemagne que nous\npénétrerions avant elle ses secrètes intentions, n'aura jamais rencontré une\nplus heureuse occasion de s'affirmer à la face de l'Europe dont nous nous\nflattons trop volontiers d'être les professeurs d'esthétique. Soyons aujour-\nd'hui à la hauteur de cette redoutable réputation : elle est en effet, de\ncelles qu'il est beaucoup moins difficile de conquérir que de conserver !\n\nEmile Vuillermoz."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c009", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 19, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.5", "titre_corps": "Cliché Avis Graphiques (Vevey) Igor Strawinsky", "titre_sommaire": "Cliché Avis Graphiques (Vevey) Igor Strawinsky", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.19", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 46, "texte": "Cliché Avis Graphiques (Vevey)\nIgor Strawinsky"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c010", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.6", "titre_corps": "Cliché Kern (Clarens) Igor Strawinsky", "titre_sommaire": "Cliché Kern (Clarens) Igor Strawinsky", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.20", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 37, "texte": "Cliché Kern (Clarens)\nIgor Strawinsky"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c011", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 26, "image_fin": 37, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.7", "titre_corps": "UN ENFANT ET LA MUSIQUE", "titre_sommaire": "UN ENFANT ET LA MUSIQUE", "signature_source": "Jean Laporte", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.26", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1715, "texte": "UN ENFANT ET LA MUSIQUE\n\nJ'ai trouvé dans mon courrier ce manuscrit sans signature ou indication\nd'origine : je l'ai lu avec intérêt ; je le publie, parce qu'il présente de très intéres-\nsantes observations sur la naissance et le développement du sentiment musical\nchez l'enfant ; je le publie aussi dans l'espoir de connaître si ce qui est écrit\ncorrespond à des faits réels ou si c'est simplement une construction romanesque\nbasée sur quelques détails musicaux pris à droite, à gauche et habilement présentés.\nJEAN LAPORTE.\nVoilà un an, jour pour jour, que s'est passé l'événement extraordinaire\nqui a bouleversé mon foyer, mon intérieur: un intérieur de petit employé\nen province, ça n'est ni bien méchant, ni bien compliqué ; nous vivions\ntous les quatres, ma femme et mes deux enfants, des journées grises toutes\nsemblables : nous étions heureux, sans désirs, sans ambitions. Je suis un\nmodeste : je ne désire rien ; j'ai de l'amour pour toutes les formes de la\nnature, parce que j'ai lu plus que beaucoup de mes semblables ; j'aime\nregarder, j'aime écouter, j'aime voir je crois surtout que je sais voir et\nj'étudiais avec complaisance tout ce qui passait autour de moi, et com-\nment chacun de nous faisait sa destinée, mais je ne désirais rien non, grand\nDieu ! je ne désirais rien ma paix, mon humble paix la garder à tout prix.\nJ'aime mes deux enfants, ou plutôt j'aimais surtout l'aîné ; il a\n12 ans, il considère la musique comme moi, comme une distraction\nsaine et joyeuse ou triste selon les heures ; il joue du violon comme un\nbon élève de son âge comme j'en jouais à son âge.\nEt puis j'ai mon second fils c'est lui qui a tout désorienté dans\nnotre vie il a 8 ans maintenant, alors il en avait à peine"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.27", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2606, "texte": "Celui-là je l'aimais moins que l'autre, pourquoi ? je ne sais pas ; il\nétait plus loin de moi, il était obscur au fond il l'est toujours ; il\nparlait peu ; il avait des expansions enfantines qui me déplaisaient ; il\nrêvassait c'est surtout cela, il rêvassait et puis il perdait son temps ;\nil griffonnait sans cesse sur du papier avec des crayons de couleur, un tas\nde dessins bizarres, sans queue ni tête, et des bonshommes qui ne res-\nsemblaient à rien ; c'était une manie ; du matin au soir, sauf quand il\nétait à l'école, et même à l'école sans doute, il dessinait. Mais pour ce\nqui est de la musique, il n'y avait rien à faire : il en entendait cependant\ntoute la journée, sa mère au piano, son frère au violon, moi-même ; non,\nrien, il semblait n'avoir aucun goût, aucune disposition musicale ; il\nn'écoutait même pas, et regardait ailleurs quand nous parlions d'un air\nentendu précédemment.\nEt c'est alors que se passa la chose extraordinaire : un jour, oui, il y\na juste un an, c'était bien le 20 novembre, nous étions tous deux dans la\nrue, une de ces rues de province où tous les bruits prennent une impor-\ntance exagérée et où il y a des moments de silence qui n'en finissent\nplus ; tout d'un coup apparut un enterrement d'officier et c'était en tête\ndes tambours voilés ; vous connaissez ce son angoissant et comme il\nscande lugubrement un cortège de prêtres et de soldats autour d'un\ncorbillard. André, c'est le nom de mon petit garçon, se serra contre moi;\nie le regardai, ses yeux étaient ouverts plus grands qu'à l'ordinaire : il\nécoutait. Et voilà qu'au moment où le cortège arriva à notre hauteur, la\nmusique militaire, car il n'y avait pas que les tambours il y avait aussi\nla musique militaire, et je vois encore le poing ganté de blanc du chef se\nlevant en l'air pour faire partir les instruments, la musique se mit à jouer\nla marche funèbre de Chopin. Je sentis qu'André se cramponnait à mon\nbras, et lorsque l'enterrement se fut un peu éloigné, je l'entendis qui\nmarmottait des paroles que je ne compris pas ; je le secouai un peu :\n\"Eh bien, nous rentrons ?\" Il sembla sortir d'un rêve : \" Oui papa,\nrentrons vite, bien vite. \"\nPourquoi vite ? J'en eus l'explication dès que nous fûmes rentrés.\nIl se précipita sur le piano, sur le piano qu'il n'avait jamais regardé, qu'il\nn'avait jamais touché, grimpa comme il put sur une chaise car je ne\nsais pas si j'ai dit qu'il était tout petit pour son âge, ouvrit l'instru-\nment et essaya de reproduire ce qu'il avait entendu, et cela non pas\navec un doigt et non pas seulement la ligne mélodique, mais avec ses"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.28", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2504, "texte": "deux mains et toutes les harmonies qu'il avait comprises instinctivement.\nOh ! je ne dis pas qu'il ait reproduit avec exactitude la marche de\nChopin, mais ce que je sais c'est que nous étions tous autour de lui\nnous demandant où et comment il avait pu apprendre ce qu'il faisait et\npar quel miracle il pouvait d'emblée se rappeler des mélanges sonores et\nles reproduire.\nJe lui parlai et l'interrogeai, avec brusquerie même, il me regarda\nsans comprendre, et ne trouva que ces mots : \" mais je ne sais pas, moi,\nmais c'est tout naturel. \"\nDès le lendemain je le mis entre les mains d'un professeur de piano\nà qui je racontai ce qui s'était passé la veille. Ce professeur m'écouta\nsans attention ; au bout de quinze jours il me dit qu'André n'était pas un\neleve comme les autres, qu'il ne voulait pas se plier aux exercices\nhabituels, que les gammes l'ennuyaient, et que surtout il était agaçant\navec ses interrogations perpétuelles sur des choses qui n'avaient rien à voir\navec le piano. \" Pourquoi y a-t-il telle note sur l'autre ? Pourquoi y a—t—il\nun arrêt à cet endroit de la musique ? Pourquoi reprend-on deux fois la\nmême phrase ? Pourquoi ne finit-on pas là plutôt que là ? \" le profes-\nseur ajoutait : \" et au fond votre fils n'est pas si musicien que cela ; pour\nlui mettre un peu de plomb dans la tête, je lui ai dit un jour : Mon\npetit André, si tu t'occupes d'un tas de choses à côté, au lieu de\ntravailler ton mécanisme et tes exercices, tu ne sauras jamais jouer du\npiano. Savez-vous ce qu'il m'a répondu : cela m'est bien égal ; je ne\ntiens pas à savoir le piano ; je n'aime pas le piano ! \"\nJ étais consterné ou plutôt je commençais à ressentir l'impression de\nbouleversement intérieur dont j'ai parlé au début de ces pages, lorsque\nun jour je surpris André en train de faire des portées avec une règle sur\nun de ses cahiers de classe.\nJe lui demandai ce qu'il faisait là ; il me répondit que c'était de la\nmusique ; j'eus un geste de surprise qu'il prit pour un geste de blâme ; il\neut peur ; —je ne voulais pas le gronder cependant, il me dit : \"Je\nne le ferai plus, papa ; je vais te donner tout ce que j'ai écrit ; tu en\nferas ce que tu voudras. \" Et il sortit de son cartable une véritable\nliasse de papier couverts d'un gribouillage de portées et de notes.\nJ y jetai les yeux et quel ne fut pas mon étonnement en voyant que\ncela présentait un sens, qu'il y avait une ligne mélodique que l'on pouvait\nsuivre, que des harmonies soulignaient par moment la phrase musicale."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.29", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 476, "texte": "Je lui dis : \" Où as-tu copié cela ? \" \" Mais je n'ai pas copié\ncela, papa, c'est dans moi que je l'ai trouvé. \" \" Dans toi, dans toi, tu\nne me feras pas croire que personne ne t'ait montré comment on écrivait\nles sons, comment on distinguait les uns des autres. \" \" Mais oui,\nmon professeur de piano m'a appris à lire mes notes par conséquent à les\nécrire. \" \" Et alors cela ce n'est pas une copie, c'est de toi. \"\n\" Dame, papa, lis, tu verras ! \""}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.30", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2272, "texte": "Je lus, je ne savais plus que penser ; était-il possible que de lui-même\nun enfant ayant 15 jours de piano ait pu concevoir une idée assez nette-\nment pour la reproduire sans ratures, sans hésitations car il n'y avait\npas une rature sur ces manuscrits oh ! je sais bien : il y a Mozart ;\nj'ai entendu parler de Mozart comme tout le monde, c'est entendu, à\n7 ans il composait des sonates ; mais cela ne lui était pas venu soudaine-\nment à Mozart ; dès sa première enfance, il se sentait attiré vers la musi-\nque, tandis que mon fils, non ! c'était comme une crise qui l'avait saisi\nà la suite de cet enterrement d'officier ; que pouvait-il sortir de tout cela ?\nsans doute rien, rien absolument rien.\nCela c'était les idées qui me trottaient dans la tête à ce moment ; je\ncroyais, j'en étais convaincu, qu'André avait une espèce de maladie céré-\nbrale déterminée par un choc, le choc d'une musique militaire éclatant\ndans un décor imposant, et que dans peu de temps il n'y paraîtrait plus,\nqu'il redeviendrait normal, et l'enfant comme doit être un enfant, qu'il\nétait auparavant.\nJe lui donnai cependant tout le papier à musique qu'il voulut, et il\npassa ses journées entières à griffonner un tas de morceaux, qu'il intitulait\nfièrement, op. 10, op. 20, op. 30 et qu'il décorait de titres pompeux,\nsonate, suite symphonique etc. etc. mais comment concilier cela avec\nce que son professeur m'avait dit sur son peu de disposition pour le piano ?\nJe n'y comprenais rien.\nAussi, comme je connaissais un curé, un brave homme qui m'a\nmarié, qui s'occupe de musique, je résolus de lui montrer ce que faisait\nAndré. Il s'esclaffa quand il vit les manuscrits, tapota sur la tête de\nl'enfant qui m'accompagnait et lui dit avec un gros rire : \" Alors, c'est à\ncela que tu passes toutes tes journées au lieu de travailler ? \" \" Mais\nc'est travailler cela, monsieur. \" \" Hum ! crois-tu enfin si ça t'amuse,\net si ton papa te permet de perdre ton temps ; maintenant tu sais, moi je\nne m'y connais pas beaucoup en musique profane, ma partie c'est la\nmusique religieuse ; je crois que ce que tu fais est tout à fait bien,\nmais il vaudrait mieux consulter une personne vraiment compétente, par\nexemple M. Ratin.\nComment n'y avais-je pas pensé ? Mais M. Ratin était l'homme de"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.31", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2465, "texte": "la situation ; il est l'homme de toutes les manifestations musicales dans\nnotre ville ; il est aussi imprimeur, journaliste, professeur, avocat, admi-\nnistrateur de banque, conférencier, oui, il est tout cela M. Ratin, et il\nest chaque chose magnifiquement avec éclat, ah, j'oubliais, homme\nd'œuvres, de bonnes œuvres, mais il est par dessus tout chef d'orchestre,\nj'oubliais encore, il est compositeur, et pianiste, et chanteur que sais-je,\nil est tout ce qu'il veut ; poète : oui, parfaitement poète ; que disais-je que\nM. Ratin était l'homme de la situation ; non, il était, est et sera l'homme\nde toutes les situations.\nSon cerveau universel devait distinguer ce qu'il y avait de bon et de\nmauvais dans mon fils.\nDès qu'il vit André son admiration ne connut plus de bornes : il\nsautait de joie, il trépignait d'admiration en parcourant les manuscrits ;\noh ! comme malgré tout, malgré ce que je sentais de dangereux pour\nnotre repos dans ce talent exceptionnel, dans ces manifestations artisti-\nques si étranges, malgré ma crainte de l'inconnu vers lequel je me sentais\nentraîné comme je frémissais en songeant que c'était quelque chose de\nmoi un peu moi en somme, mon enfant dont les œuvres bouleversaient\nainsi un homme éminent et considéré de tous.\nIl se précipita vers le piano et avec des doigts énormes aux ongles\nrongés martela des accords de toutes les formes, de toutes les dimensions\ndans le haut et le bas du clavier avec des dissonances terribles. André\nénonçait immédiatement les notes constitutives de chaque accord sans\njamais se tromper.\nEn courant, M. Ratin passa dans sa vestibule et s'emparant d'une\nmailloche se mit à frapper à coups redoublés sur un gond chinois. André\nsemblait attentif : \" Mais, dit-il, il y a plusieurs sons dans ce son. \"\n\" Il a raison, cria M. Ratin de son vestibule ; il y a plusieurs sons.\nSaint-Saëns enfant l'avait trouvé ; cet enfant est un nouveau Saint-Saëns.\nIl me parut que M. Ratin devait exagérer, mais comme une de ses\nfilles, jupe courte et catogan, entrait précisément au salon : Hein,\nFlorise, tu as entendu ; il t'en bouche un coin ce petit là. \" Car\nM. Ratin affectionne certaines expressions vulgaires qui lui donnent l'air\ndégagé, et augmentent son influence.\n' Pour finir il installa André à son bureau, devant une feuille de\npapier à musique : immédiatement et sans hésitation comme sans ratures\navec une vitesse et une netteté que je ne peux pas, moi, ne pas considérer"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.32", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 706, "texte": "comme étonnantes l'inspiration surgit dans le cerveau de mon fils et\nle papier se noircit à vue d'œil ; toute la famille de M. Ratin était\nentrée sur les entrefaites : la mère et un tas d'enfants de tous les âges\nDieu bénit les nombreuses familles, dit habituellement M. Ratin\nserrés les uns contre les autres autour de nous et retenant leur souffle avec\nune quasi anxiété. André ne voyait personne: il écrivait, hors de la réalité\net c'était tout de même quelque chose de prodigieux que ce petit, mon\npetit, créant ainsi de la musique.\n\"Ah ! ah ! répétait M. Ratin, qui ne s'arrêtait de marcher en\nécartant sa femme et ses enfants d'un geste saccadé ; il vous en bouche\nun coin ce petit-là. \""}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.33", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2446, "texte": "\"J'ai fini, \" s'écria André. M. Ratin saisit la feuille de papier, la\nparcourut du regard, puis se jettant au cou de mon fils et l'embrassant à\nperdre haleine : \"Tu es un musicien, tu es un grand musicien, bégayait-\nil ; tu seras un nouveau Mozart, oui, oui, un nouveau Mozart ; tu verras,\nretiens ma prédiction, retenez-la tous ; je sais ce que je dis ; je ne me laisse\npas emballer ; ceux qui n'ont pas de talent je ne suis pas long à les 112.\nà la porte ; mais celui-là ce n'est pas un talent, c'est un génie, c'est un\nprodige, c'est \" les mots manquaient à Monsieur Ratin.\nQuand il se fut un peu calmé, il me dit : \" Monsieur, vous seriez\nun criminel de ne pas cultiver les étonnantes dispositions de votre fils ; à\npartir d'aujourd'hui, je l'adopte musicalement ; il viendra tous les\njours travailler avec moi ; je lui apprendrai les secrets de l'harmonie, de\nla fugue, de la composition, de tout quoi, et mes filles s'y mettront aussi,\ntoi Marguerite, tu le prendras pour le piano, toi Florise, pour le violon,\nah ! ah ! nous en ferons de la besogne. Hein, monsieur !\nJ'étais confondu devant l'obligeance de M. Ratin ; cependant je\nme sentais inquiet ; certes, je ne doutais plus maintenant de la valeur de\nmon fils, puisqu'une personne compétente l'affirmait aussi hautement,\nmais je doutais de moi ; il me semblait qu'il y avait quelque chose de\nbrisé dans notre famille : André cesserait de me considérer comme son\npère cela a l'air extraordinaire ; c'est cependant bien le sentiment que\nj'éprouvais, et puis, et puis il faut bien le dire, je redoutais les consé-\nquences pécuniaires d'une vie orientée exclusivement vers la musique.\nIl y avait tout un ensemble de faits qui se présentaient à moi, d'une\nfaçon confuse encore, mais où je ne voyais rien de bon : des faits de tout\nordre. Qu'est-ce que vous voulez ? Je me suis toujours trouvé si heureux\nde mon existence modeste et paisible que je ne pouvais envisager froide-\nment un déclassement aussi radical. D'ailleurs un artiste n est jamais sur\nde percer ; alors il devient un malheureux, un besogneux stupidement\nvaniteux, un être plus ou moins raté, qui ne peut se contenter du rôle\nsecondaire de professeur lorsque durant son enfance il s est baigne 1 intel-\nligence dans ce beau rêve : être compositeur !\nEt pourtant j'acceptai la proposition de M. Ratin, et tous les jours\nmon fils alla travailler chez lui. Je subis l'entraînement des forces multi-"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.34", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2136, "texte": "pies qui pesaient sur moi pour accroître encore, la superactivite\nmusicale d'André. Tous les petits événements étaient relevés, qui soulig-\nnaient son intelligence et sa délicatesse, et c'était des irruptions de la\nfamille Ratin dans mon petit appartement pour me raconter avec des\ndétails et encore des détails, ses reparties ou ses étonnements.\nUn jour il avait eu de la peine à comprendre un point très subtil\nd'harmonie après tout était-il subtil, je n'en sais rien enfin, il ne\nl'avait pas très bien compris. Le lendemain il apporta à M. Ratin une\npage de musique où se trouvait résolue la difficulté en question, et il\navait donné comme titre à son petit morceau : \" J ai compris la leçon de\nM. Ratin. \"\nUne autre fois, M. Ratin avait laissé un réveil-matin sur son bureau.\nAndré composait sous la surveillance agitée de son professeur, il lui dit\ntout à coup : \" Monsieur, arrêtez donc votre réveil, cela casse le\nrythme. \"\nUne autre fois, Mme Ratin, ayant servi du thé et des gâteaux à mon\nfils lui demanda de lui écrire quelque chose spécialement pour elle.\nIl mangea d'abord avec attention les gâteaux, but sa tasse de thé et\ngriffonna en cinq minutes une dizaine de lignes, au dessus desquelles\nil mit cette dédicace : \" à Madame Ratin, son petit ami qui lui compose\nses sentiments. \"\nUn jour cependant le professeur et l'élève furent en désaccord.\nDe lui-même, André ignorait la barre de mesure ; il se contentait de\ncouper les rythmes ; lorsque M. Ratin lui eut expliqué le mécanisme de\nla mesure il s'étonna : \"Mais, dit-il, cela ne concorde pas avec le rythme;\nc'est donc faux. \" Je sentis que cet esprit révolutionnaire avait été fort\ndésagréable à M. Ratin, qui aime et respecte les usages établis et tient à\ncœur de soutenir toutes les croyances, et de ménager en un mot la chèvre\net le chou.\nMais l'événement le plus caractéristique, celui qui m'a amené à\nécrire ces quelques pages, le voici.\nDevant les objurgations de M. Ratin, j'étais presque décidé à aban-\ndonner ma situation et à partir pour Paris, afin de permettre à mon fils\nde donner libre cours à son tempérament musical. Oh ! cela, il m'avait"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.35", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2541, "texte": "fallu du temps pour l'admettre, simplement même l'imaginer. Vous\npensez: abandonner une position honorable, et en somme suffisante, pour\nl'aléa d'une situation imprécise, d'un inconnu qui pouvait être beau, mais\nqui pouvait aussi me donner de terribles déceptions. Seulement, je me\ndisais : André est sûr, lui, de se faire connaître, très rapidement, de\nparvenir à la gloire, par conséquent ce que je perdrais d'un côté, je le\ngagnerai de l'autre, et en plus, j'aurais contribué à développer la valeur\nartistique de mon fils.\nEt c'est à ce moment qu'arriva le journaliste de Paris. Quel journa-\nliste ? Oh ! son nom importe peu ; c'était un journaliste qui avait un\ngrand nez, qui était très poseur, et qui ayant entendu parler du petit\nprodige, du nouveau Mozart car M. Ratin avait fait passer des\ninformations dans la presse était venu pour l'étudier lui-même et\ns'assurer qu'il n'y avait pas d'exagération ou de bluff organisé.\nIl écouta minutieusement toute la série des expériences que M. Ratin\naimait tant recommencer dès qu'il en trouvait le prétexte, examina les\nmanuscrits d'André, lui fit composer quelques lignes de musique, s'in-\nforma avec précision de la littérature musicale, qu'on lui avait fait\nconnaître ou qu'il avait entendu, puis me prit à part avec M. Ratin et\nme parla ainsi :\n\" Il est certain que votre fils a un tempérament musical tout à fait\nremarquable ; le nier serait nier l'évidence ; mais il ne faut pas vous y\ntromper, Monsieur. Le fait d \"entendreles sons et de les nommer n'a que\ndes rapports très secondaires avec la musique ; c'est si vous le voulez de\nl'lnaudisme musical. Inaudi pouvait faire les opérations arithmétiques les\nplus fantastiques ; il n'a jamais pu résoudre un problème de mathématique\nmême élémentaire. Ainsi, votre fils entend les accords les plus compli-\nqués, les plus bizarres, énonce immédiatement la ou les notes qui se\ntrouvent dissimulées dans le bruit le plus neutre ; il pourrait très bien\nn'être pas capable de comprendre ou d'écrire une phrase musicale.\nIl n'en est rien fort heureusement ; il comprend et écrit couramment\nen musique. Qu'écrit-il ? Toute la question est là. Il me semble bien\nque dans ce que vous m'avez montré, il n'y avait aucune originalité, que\nc'était une série non pas même d'imitations mais de reproductions\nd'œuvres antérieurement entendues. Avez-vous remarqué que je me suis\ninformé de la progression que vous aviez suivie dans sa culture musicale\net de l'ordre de présentation des auteurs classiques et modernes. Hélas !"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.36", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2154, "texte": "j'ai noté de suite une ressemblance évidente entre telle page manuscrite\net telle sonate de Mozart, entre telle autre page et telle romance de\nGounod.\nNous serions donc tout bêtement en présence d'un cas de phonogra-\nphisme musical ; que l'expression ne vous froisse pas ; une telle faculté est\ntout à fait exceptionnelle ; on peut même la considérer comme prodi-\ngieuse ; seulement il faut apporter une extrême attention dans les\ndéductions qu'il convient d'en tirer.\nA-t-on le droit le prononcer le nom de Mozart devant votre fils :\nje réponds et de façon catégorique : non. A 7 ans Mozart faisait du\nMozart ; ce qu'on peut dire de plus flatteur de votre petit phénomène,\nc'est, qu'à 7 ans il fait du Mozart.\nM. Ratin ne se tenait plus de voir ainsi démolir son protégé,\ncelui en qui il avait mis toutes ses complaisances: \" Mais enfin Monsieur,\nvous n'allez tout de même pas nier que cet enfant ne soit un musicien\nétonnant ? \"\nLe journaliste haussa imperceptiblement les épaules ; son grand nez\nfut agité d'un frémissement nerveux : \" La question est beaucoup plus\nterre à terre ; voici un cerveau enfantin où apparaissent des signes non\néquivoques d'organisation musicale ; ces signes sont-ils assez décisifs pour\nqu'une famille se déracine afin de permettre à ce cerveau de se développer\nentièrement, musicalement parlant. Je vous ai dit ce que je pensais :\nlibre à vous, Monsieur, d'avoir une autre opinion. \"\nPuis se tournant vers moi : \" Faites-lui donc bêcher la terre ou\nramer des choux pendant une dizaine d'années ; si, au bout de ce temps,\nil aime encore la clef de sol, eh ! bien, on le présentera à Gédalge, qui\nlui fera faire de la musique sans littérature ni peinture. \"\nEt le journaliste s'en alla son grand nez au vent, et l'air toujours\ninsupportablement poseur.\nMaintenant je suis seul ; il faut nuit ; tous dorment chez moi ; je\nrepense à ce qui s'est passé depuis un an et que j'ai vaguement retracé.\nComment me reconnaître dans ces avis contradictoires. Je hais ce journa-\nliste qui a soufflé sur mes illusions mais sont-ce bien des illusions ?\nJe hais ce M. Ratin qui a orienté mon pauvre gosse sur une voie doulou-"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.37", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 802, "texte": "reuse mais il y a tout de même des musiciens qui réussissent. Je me\nhais moi-même d'avoir subi des pressions extérieures et de n'avoir pas su\ndominer les événements par ma volonté.\nQue va-t-il advenir de nous? Ah ! j'aimais écouter la vie, j'aimais\nvoir la vie ; je l'écoute et je la vois en ce moment. J'adorais ma paix,\nmon humble paix ; qu'est-elle devenue ? Je m'attends à des destinées\nétranges. Je vais sans doute partir, nous allons partir ; reviendrons-nous,\nresterons-nous là-bas ?\nEst-ce bête toutes ces phrases de roman ; et dire que c'est ma vie,\nnotre vie, oui, notre vie à tous les quatre qui s'émiette, qui se disperse\nou qui va peut-être se recroqueviller dans la pénurie morose d'un foyer\nde miséreux mangeant des rêves.\nPour copie conforme\n3\n\nJean Laporte."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c016", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 38, "image_fin": 47, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.8", "titre_corps": "DÉCENTRALISATION MUSICALE", "titre_sommaire": "DÉCENTRALISATION MUSICALE", "signature_source": "H. Auriol, député de la Hte Garonne, Sécrétaire de la Chambre", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.38", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1434, "texte": "DÉCENTRALISATION MUSICALE\n\nI\nSi elles connurent des chances diverses, elles furent dans tous les cas\nbien mal encouragées par les POUVOIRS PUBLICS. Pour s'en convaincre, il\nsuffit de parcourir l'unique chapitre qui, dans le budget des Beaux-Arts,\ntraite de la décentralisation ; on comprendra mieux ainsi combien difficile\npeut être le moindre progrès en cette matière.\nCrédit demandé pour l'exercice 1912 . . . . . 108.500 fr.\nIl se décompose de la façon suivante :\nAssociation artistique (concerts Colonne) .... 15.000 fr.\nSociété des Nouveaux concerts (concerts Chevillard). 15.000 ~\nSociété nationale de musique 2.000 „\nŒuvres de décentralisation artistique 28.000 „\nThéâtre de l'Œuvre 3.000 „\nConcerts populaires à Paris et dans les départements . 31.000 ~\nAssociation pour le développement du chant choral\net de l'orchestre d'harmonie 13.500 „\nDe l'examen de ces chiffres il résulte qu'une somme de 28.000 fr.\nseulement est prévue pour les œuvres de \" décentralisation artistique \" et\nsous cette rubrique il ne faut pas comprendre les théâtres de province.\nPar œuvre de \" décentralisation artistique \" on entend en effet :\nLes théâtres populaires de la M(Deux-Sèvres), la\nSociété Lyonnaise des grands concerts^,les théâtres populaires ou aux champs\nd'Aulnay-sous-Bois; Bussang, dans les Vosges; Ploujéan, dans le Finistère;\nles représentations aux arènes de Nimes et de Béziers ; le théâtre antique\n\n1 Voir S. I. M. du 15 avril."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.39", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2427, "texte": "d'Orange ; le théâtre populaire du Saut-des-Cuves, à Gérardmer ; le\nthéâtre de la nature de Cauterets ; et diverses petites sociétés.\nCes différents théâtres populaires, en plein air, ou de la nature,\nreçoivent ainsi des allocations de 500 francs environ. Le théâtre de la\nnature de Cauterets obtient 500 francs, Béziers touche une somme de\n1.000 francs, et, plus favorisé, le théâtre antique d'Orange obtient une\nsubvention de 5.000 francs.\nCe ne sont là que des manifestations intéressantes au point de vue de\nla décentralisation théâtrale ; mais elles ne serviront jamais de débouchés\n\" sérieux \" pour les compositeurs arrêtés aux portes de la capitale.\nIl faut donc trouver d'autres centres décentralisateurs, et nous en\narrivons ainsi au seul moyen pratique d'une véritable décentralisation\nmusicale : par les théâtres de province.\nNos théâtres de provinces peuvent être nos meilleurs agents de\ndécentralisation musicale. Est-ce dire qu'ils n'ont jaimais faits d'efforts en\nce sens ? Nullement. Rappelons que Lyons a plusieur fois donné des\npremières avant Paris, et de même Rouen, Marseille, Nice... Mais ce\nsont là des exemples isolés, est une décentralisation exceptionnelle incom-\nplète, et qui ne s'applique qu'à certains privilégiés.\nQu'un jeune compositeur inconnu offre son œuvre, et il sera\nimmédiatement éconduit avec cette excuse habituelle, que \" les ressources\nactuelles d'un directeur de théâtre de\ncourre les risques d'un échec.\nLa Raison ? Elle est dans la situation des directeurs de ces théâtres\nde province. Ecoutons l'un d'eux ;\n\" A Nantes, la ville est trop surchargée de frais et le directeur doit se con-\ntenter de piteux décors pour jouer un répertoire usé que le public, peu intéressé\npar les yeux, ne vient même pas entendre. J'ai essayé deux fois de faire de la\ndécentralisation, mais comment \" habiller \" ces pièces ? Il n'y a rien. La subvention\nest raisonnable (150.000 fr.). Oui, ça a l'air gros, mais les frais sont énormes, les\nchœurs, l'orchestre, les ballets, tous les petits emplois sont augmentés, le public ne\npaye pas plus cher et les frais sont plus considérables. Avec les ressources dont je\ndispose, il est impossible de créer des pièces\nC'est le langage que tiennent tous ces directeurs. Les subventions\nmunicipales sont donc insuffisantes et elles servent tout au plus à couvrir\nles frais.\nAu premier abord elles paraissent cependant considérables."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.40", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1256, "texte": "Voici les principales :\nSubvention du théâtre de Bordeaux .... 165.000 fr.\n~ de Marseille .... 230.000 „\n~ de Rouen ... . . . 150.000 „\n~ de Nantes 150.000 „\n~ de Toulouse .... 155.000 „\n~ d'Angers 67.500 „\n„ de Nancy 80.000 „\n~ de Lille 110.000 ~\n~ de Nice 200.000 ~\n„ de Lyon 300.000 ~\nComment serait-on surpris d'ailleurs que nos théâtres de province\nne puissent plus se contenter de pareilles subventions, alors que nos\ngrandes scènes lyriques de la capitale, malgré leurs ressources multiples\net de très sérieux crédits, plient sous le poids des charges telles qu'il\nn'est plus rare de les trouver en DÉFICIT.\nComparons à cela ce qui se passe en Allemagne, en fait de subven-\ntions théâtrales.\nOpéra de Berlin 1.125.000 fr.\n(pas de droit de pauvres.)\n\" de Dresde 600.000\n(orchestre payé en plus.)\n\" de Munich 312.000\n\" de Wiesbaden 500.000\n\" de Stuttgart 315.000\n\" Carlsruhe 375.000\nTotal .... 3.227.000 fr.\nL'autriche agit de même et si la capitale, Vienne touche une subven-\ntion de 630.000 francs, Prague reçoit également 378.000 francs.\nCes chiffres donnent la juste mes\nattachent a la décentralisation artistique\nque l'Etat allemand n hésite pas a faire.\nPourquoi ne pas les imiter, puisqu'ils sont manifestement dans la\nbonne voie ?"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.41", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 1872, "texte": "Le seul geste logique et rationel doit donc venir de l'Etat. C'est\ncelui que nous attendons.\nSOUS QUELLE FORME INTERVIENDRAIT L'ÉTAT\nDeux systèmes se trouvent en présence, tous deux faisant appel à\nl'Etat, l'un sous forme de SUBVENTIONS, l'autre au moyen de PRIMES.\nA. Système des subventions\nSes partisans demandent aux Chambres de comprendre, tous les ans,\nau budget des Beaux-arts une SOMME FIXE destinée à subventionner un\nnombre limitéd'ceuvres inédites représentées sur les théâtres de province.\nC'est le système qui existe actuellement en Allemagne. Nous 1 avons\négalement chez nous à L'ÉTAT EMBRYONNAIRE puisque, de loin en loin,\nl'Etat accorde des subventions à certains théâtres jouant telle œuvre\ndéterminée.\nC'est ainsi que grâce à une subvention de 5.000 francs \" le Vieux de\nla Montagne\", opéra de Canaby, put être créé à Bordeaux.\nLE DANGER d'un pareil système c'est de ne pas tenir compte de\nVeffort donné par un directeur de théâtre et de ne point établir de diffé-\nrence entre celui qui, après avoir créé une œuvre la retire aussitôt de\nl'affiche, et le directeur persévérant.\nNe faut-il pas également redouter qu'un directeur montât pour la\n\" frime \" ou plutôt pour la \" prime ' une œuvre uniquement pour aug-\nmenter les ressources de son théâtre et sans se soucier de faire œuvre d art.\nL'application d'un pareil système exigerait donc de très sérieuses\nCLAUSES DE GARANTIES afin que la subvention ne put, en aucun cas, etre\ndétournée de sa véritable destination.\nB. Système des primes.\nC'est ce second système qui est aujourd'hui le plus en faveur auprès\ndes compositeurs et des directeurs.\nIl consiste à intéresser tout directeur au maintien sur l'affiche d'une\nœuvre inédite en lui accordant des primes successives suivant le nombre\nde représentations.\nM. CH. SILVER (l'heureux compositeur de la Belle au Bois Dormant),"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.42", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2042, "texte": "dont le nom estfétroitement lié à toute cette campagne en faveur de la\ndécentralisation musicale, avait conçu un projet des plus intéressants :\ni° Projet Silver.\nCe dernier demandait à l'Etat une TRIPLE contribution :\n1° Une prime pour dédommager le directeur le soir de la première,\nune prime pour le récompenser après un certain nombre de représentations;\n2° Une indemnité accordée au compositeur et à l'auteur du poème;\n3° L'exécution des décors.\nSur ce dernier point,M. Silver pensait, en effet, que les décors, prati-\ncables, accessoires pourraient rester la PROPRIÉTÉ EXCLUSIVE DE L'ETAT\net que celui-ci posséderait ainsi en peu d'années une riche collection de\ndécors qui, du jour où ils seraient réclamés à Paris, formeraient un fonds\nprécieux capable d'aider puissamment à la création d'un THÉÂTRE LYRIQUE\nou d'un OPÉRA POPULAIRE depuis longtemps réclamé.\nEt M. Silver ajoutait, en ce qui concerne l'exécution de ces décors,\nqu'il y aurait peut-être lieu, pour créer une ÉMULATION favorable aux\nprogrès de la décoration théâtrale, de mettre leur exécution AU CONCOURS\nchaque année.\nOn ferait parvenir, en temps utile, aux décorateurs de la province et\nde Paris, qui en feraient la demande, les renseignements nécessaires à la\ncomposition des maquettes et celles-ci\net choisies par un jury.\n2° Projet du groupe\nUn certain nombre de compositeurs ont reproché à M. Silver de\nfaire intervenir l'Etat dans une question qui touche plutôt aux attributions\nnaturelles d'un directeur de théâtre et ils ont énergiquement repoussé\nl'idée de confier à l'Etat l'exécution des décors d'une œuvre inédite. Mieux\nvaudrait, disaient-ils, augmenter le chiffre des primes et se montrer plus\nrigoureux pour récompenser un ouvrage que de donner à l'Etat un rôle\nqui ne saurait lui convenir et qui n'appartient qu'au directeur.\nIls trouvaient également mauvais de faire voyager des décors toujours\nfragiles et d'en priver ainsi en même temps le théâtre qui, après avoir\nconnu un succès, serait dans l'impossibilité de donner à nouveau la même"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.43", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 1828, "texte": "pièce, quelques années plus tard, puisque ces décors auraient été repris\npar l'État.\nPour ces motifs, et d'autres encore, le groupe de la musique\nsur les conclusions de MM. Xavier Let s'en tint au\ndouble principe des primes \" échelonnées \" et de l'indemnité au compo-\nsiteur et à l'auteur du livret.\nC'est le système que j aurai F hon\ninvoquant Vautorité de /'Association des auteurs, du Groupe de la musique et\nde F Académie des théâtres,qui se sont ralliés àun projet unique : celui\nqui fait l'objet de cet exposé.\nTHÉÂTRES POUVANT PRÉTENDRE AUX PRIMES\nM. Silver, dans son projet employait la formule suivante : \"\ncapables de devenir centres de décentralisa\norganisation de leurs théâtres municipaux, offrent aux compositeurs toutes\ngaranties de voir leurs œuvres bien défendu\"\nA cette définition que M. Silver faisait suivre d'un certain nombre\nde prescriptions \"restrictives\" le groupe de la musique a substitué la\nrègle suivante :\n\" Tout théâtre de France ayant un orchestre, des chœurs, et une\ntroupe lyrique sédentaire pourra, alors qu'il ne recevrait pas de subvention\nmunicipale, concourir pour la prime. \"\nGARANTIES DEVANT ENTOURER LA DÉCENTRALISATION MUSICALE\ni° Délégués des Beaux—\nLe rôle de l'Etat ne serait pas de fournir uniquement aux théâtres\nde province DES CRÉDITS.\nIl faudrait pour donner à une \" première \" tout l'éclat désirable\nsuivre encore L'EXEMPLE DE L'ALLEMAGNE.\nLà, un haut dignitaire de la Cour assiste aux représentations des\nœuvres nouvelles et fait chaque année un rapport très complet sur les\npièces jouées dans l'Empire.\nChez nous, le Ministre des Beaux-Arts devrait donc se faire repré-\nsenter par des délégués officiels.\nQuant à la GRANDE PRESSE parisienne elle aurait le devoir de rendre\ncompte des \" premières \" et de leur donner la publicité et l'importance"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.44", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1904, "texte": "qu'elle accorde aux ouvrages nouveaux créés sur nos grandes scènes\nsubventionnées.\nIl ne faut en effet jamais perdre de vue que le meilleur moyen de\nretenir en province les compositeurs c'est d'entourer leurs œuvres de tout\nl'éclat qu'elles eussent connu à l'Opéra ou à l'Opéra-Comique.\n2° Commission de\nIl est rationnel, dans une réforme comme celle de la décentralisation\nmusicale, de prévoir un organe de contrôle et d'exécution. Ce serait là le\nrôle d'une \" Commission de décentralisation \" qui et\npenserait par les primes les efforts faits par les directeurs des théâtres de\nprovince ayant représenté des œuvres inédites.\nComposition de la Commission\nCette Commission se composerait de :\ni° M. le Ministre de l'lnstruction publique ou son représentant ;\n2° M. le Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts ou son représentant ;\n3° M. le Rapporteur du budget des Beaux-Arts au Sénat ;\n4° M. le Rapporteur du budget des Beaux-Arts à la Chambre ;\n5° Le Commissaire du Gouvernement près les théâtres subventionnés;\n6° L'lnspecteur général de l'enseignement musical ;\n7° Trois auteurs et trois compositeurs désignés par la Commission\ndes auteurs et des compositeurs dramatiques.\nAttributions de la Commissio\nLorsqu'une œuvre inédite serait représentée sur un théâtre de\nprovince, la Commission désignerait TROIS de ses membres pour assister\nà la première représentation de l'œuvre nouvelle et juger si elle a été\ndonnée d'une façon digne de l'œuvre, du public et de l'art.\nL'un de ces trois délégués présenterait un rapport\nà la Commission convoquée à l'effet d'attribuer la prime au directeur qui\naurait monté l'ouvrage.\nQuand le rapport rendrait hommage à l'exécution de l'œuvre dans\nles conditions d'art ayant satisfait les délégués cette SERAIT ACCORDÉE.\nUn directeur qui n'aurait pas été jugé digne de toucher la prime\npour l'exécution d'un premier ouvrage nouveau pourrait à l'occasion d'un"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.45", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 1957, "texte": "second ouvrage présenté dans la même année, solliciter, mériter et obtenir\nla prime.\nEFFORT PÉCUNIAIRE A FOURNIR PAR L'ÉTAT POUR LA\nDÉCENTRALISATION MUSICALE.\nC'est la dernière partie de cette étude ; c'est aussi la plus délicate,\npuisqu'elle a trait aux crédits nécessaires pour réaliser la décentralisation\nmusicale.\nEt je suis loin de partager sur ce point les exigences par trop exagé-\nrées de quelques décentralisateurs dont les intentions sont excellentes,\nmais qui voient trop en grand. Or il ne faut pas perdre de vue que l'État\nreculera toujours devant un sacrifice pécuniaire trop considérable, lui qui déjà\net nous en avons la preuve réserve des crédits insignifiants dans le\nbudget des Beaux-Arts aux œuvres de décentralisation.\nVoilà pourquoi la meilleure tactique à observer en cette matière,\npour réaliser notre projet, me semble être celle qui, s'inspirant d'une sage\nréserve, ne demanderait à l'Etat que le strict nécessaire.\nIl faut donc écarter le vœu émis par M. SAUGEY qui, interviewé\nsur cette question de crédits, répondait :\n\"A mon avis, 100.000 francs ne suffisent pas, il faudrait 300.000 à\n500.000 francs à répartir dans les vingt plus grandes villes de France,\nselon l'importance de chacune. De cette façon, tous les compositeurs et\nauteurs pourraient tous les ans voir vingt de leurs œuvres jouées. \"\nLE GROUPE DE LA MUSIQUE et j'adopte entièrement ses conclusions\ndemande un crédit beaucoup plus modeste.\nC'est ainsi que MM. Xavier Leroux et Aderer prévoient une somme\nde 90 à 100.000 francs en faveur des théâtres de province, à incorporer\ntous les ans au budget des Beaux-Arts.\nVoici comment joueraient les subventions :\ni° Subventions échelonnées :\nAla ire représentation . • 1.000 fr. par acte\nA la 1.000 ~\nAlal oe représentation ........ 1.000 ~\n2° Indemnité au compositeur ...... 1.000 fr.\nIndemnité à l'auteur du poème s°° »\nSi on prend comme exemple type une pièce inédite en 4 actes ayant"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.46", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2155, "texte": "été jouée au moins dix fois, on peut donc établir de la façon suivante le\ncrédit total à accorder au directeur de théâtre ayant monté cet ouvrage :\nPièce lyrique en 4 actes :\nLe soir de la 1 représentation . 4.000 fr.\nLe soir de la 5e représentation . 4.000 „\nLe soir de la 19e représentation 4.000 „\nIndemnité au compositeur et à l'auteur du poème . . 1.500 ~\nTotal 13.500 fr.\nEn admettant que 8 théâtres de province créent chaque année un\nouvrage nouveau chacun, que chacun de ces ouvrages compte 4 actes et\nsoit joué 10 fois, ce serait donc (avec les frais de séjour des compositeurs\net auteurs) une somme d'environ 108.000 francs à inscrire au prochain\nbudget.\nUn crédit de 108.000 francs serait nécessaire mais suffisant pour\npermettre à huit théâtres de province de représenter environ tous les ans\nde 30 à 32 actes nouveaux. Or, les théâtres subventionnés (Opéra et\noPéra-Comique) doivent (de par leurs cahiers des charges) en représenter\n20 tous les ans.\nOn obtiendrait donc, par la réforme dont je viens d'esquisser les\ngrandes lignes, la représentation globale et obligatoire de 52 actes nou-\nveaux tous les ans. Quel excellent débouch \" \"\nTelles sont les CONCLUSIONS qui, je l'espère, seront adoptées par la\nChambre. Elles marqueront le réveil d'une réforme depuis longtemps\nattendue et que la crise actuelle rend indispensable. Un premier pas a\nd'ailleurs été fait et, au cours de la dernière discussion du budget des\nBeaux-Arts, sur ma proposition^la Chambre a voté un crédit de 25.000\nfrancs à titre dressai.\nCet essai, je souhaite que notre très distingué Sous-Secrétaire d'Etat\nle tente le plus rapidement possible sur une scène provinciale en subven-\ntionnant une œuvre inédite; il aura fait ainsi une première application de\nla réforme que la Chambre se doit à elle-même de réaliser complètement.\nPour cela il faut qu'elle porte à 108.000 francs le crédit qu'elle a\nprévu cette année, pour les théâtres de province et qu'un nouveau\nchapitre dans le budget des Beaux-Arts se trouve ainsi ouvert.\nCertes, nul plus que moi ne désire être des deniers publics,\net je connais trop le poids de notre budget pour ne pas réfléchir et"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.47", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 1356, "texte": "hésiter devant toute réforme se traduisant par un supplément de dépense.\nMais je crois qu'il est des sacrifices et que nous commet-\ntrions une faute lourde en compromettant dans une pensée d'économie,\nque le pays ne comprendrait pas, notre patrimoine artistique et musical.\nNotre devoir est donc de nous attacher à ce problème de la décen-\ntralisation, de ne pas perdre de vue qu'il est aujourd'hui le seul moyen\nde protéger, de sauver auteurs et compositeurs français, en un mot de\nfavoriser notre école musicale dont la floraison est d'une variété et d'une\nrichesse si grandes qu'on en chercherait en vain l'équivalent dans les\nautres pays.\nIl ne faut pas rester plus longtemps en de ces nations qui\nnous fournissent des exemples significatifs.\nCe n'est pas en présence des efforts si considérables que font\nmagne et Yltalie que la France peut renier tout son passé artistique et\ncompromettre, par son indifférence et sa parcimonie, ce qu'il y a de plus\npur dans son génie.\nAussi l'œuvre de la décentralisation musicale AU\nPLUS TÔT ; au plus tôt, il faut réveiller, il faut protéger les théâtres de\nprovince, car à côté de la capitale il y a le pays tout entier.\nNous ne sommes plus au bon vieux temps où le poète Villon disait :\nIl n'est bon bec que de Paris.\n\nH. Auriol,\ndéputé de la Hte Garonne, Sécrétaire de la Chambre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c019", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 48, "image_fin": 54, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.9", "titre_corps": "LES LIVRES", "titre_sommaire": "LES LIVRES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.48", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2396, "texte": "LANDORMY (Paul). La musique d'église. Traduction\nde l'ouvrage allemand du Dr. Weinmann (Paris, Paul Delaplane,\n1912, in-120 de 221 pp. Fcs 1,60).\nClair, substantiel, compétent, ce volume, où l'érudition alle-\nmande donne la main à la science française, est le premier d'une\ncollection, qui abordera l'histoire musicale du côté des genres, et\nqui ne cache pas sa volonté nettement vulgarisatrice. La direction\nde notre éminent collègue Paul Landormy nous garantit l'entière\nprobité de cette entreprise utile.\nOn sait que le livre du Dr. Weinmann est un accessible\nrésumé de l'histoire de la musique à l'église. Depuis ses origines\nsyriaques et juives, jusqu'à sa décadence présente, le chant sacré\nde notre Occident a subi deux mille ans d'évolution, dont le\nspectacle est infiniment instructif. Cette description est présentée\nici avec simplicité et méthode, par un esprit au courant de l'état\nde la science, et qui reste dans le domaine des faits positifs. C'est\nlà un excellent volume d'enseignement secondaire, comme il en\nfaudrait beaucoup en musique.\nUn mot que je voudrais gros contre l'éditeur, qui n'a\npas craint de présenter MM. Weinmann et Landormy sous un\nhabit aussi humiliant. Format, couverture, papier typographie, tout est affligeant dans ce\nvolume, qui traite de beauté. Il est vrai qu'il s'agit d'une classe moyenne et populaire de\nlecteurs. Pour le peuple tout est bon, n'est-il pas vrai ? Nou sommes en pays de démocratie.\nJ. E.\nJOACHIM (Joseph). Briefe von und an y. Joachim. Bd. I. (Berlin, Julius Bard, 1911,\nin-8° de 478 pp. Mk. 8,50).\nVoici au contraire un volume dont la seule couverture, en son audacieux jaune serin,\nsous son titre fleuri d'un vert profond, engage l'amateur. On l'ouvre; on y trouve une parfaite\nmise en page, un style typographique impeccable, de jolies illustrations. On lit, et l'on découvre\nle roman d'une âme altière. L'intérêt historique achève ce que la curiosité artistique avait\ncommencé.\nIl n'est pas possible, en un brusque compte-rendu, de plonger le lecteur dans l'atmosphère\nsentimentale qui se dégage de cette correspondance volumineuse. Lorsque les deux volumes\nsuivants auront paru et que nous aurons devant nous les quinze cents pages de ce monument\népistolaire, nous essaierons de montrer la grandeur de cet artiste qui gravit le chemin d'une\nlongue carrière, entouré de la sympathie des musiciens du XIXe siècle. C'est Schumann, et"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.49", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 10, "texte": "LES LIVRES"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.49", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3927, "texte": "c'est Liszt, Berlioz, qui traitent Joachim en ami et c'est Brahms et Wagner qui le tutoient en\ncamarade dans ces lettres (1842 à 1857), et auxquels le violoniste répond en toute franchise,\navec une sincérité qui va parfois jusqu'au courage. Peu à peu la vocation de l'artiste se\nprécise au contact de ces hommes illustres, et à la fréquentation journalière des œuvres\nde Beethoven. Mais, dès le début, une irrésistible volonté, qui se trouve si souvent au fond des\nâmes israélites, guide Joachim vers la réalisation d'un idéal artistique très net, qui n'est ni tout\nà fait classique, ni réellement romantique. On demeure stupéfait, en lisant aujourd'hui ces\nlettres, de la maturité de ce jeune violoniste, qui avoue lui-même son manque de culture litté-\nraire. Joachim dès 1850, a senti les points faibles du romantisme, il a jugé Brahms d'une façon\npresque définitive, et il a exactement vu se lever l'étoile de Sébastien Bach. Et dans ce courant\nqui emportait alors la musique bien loin de Rossini et de Meyerbeer, il semble être resté\nparfaitement conscient de lui, parfaitement lucide. Le cas Joachim est à la fois typique et\nréconfortant. On voit rarement, à travers les correspondances que la librairie a l'indiscrétion\nde nous présenter, une âme d'homme aussi belle, aussi impressionnante. J. E.\nWASIELEWSKI (Waldemer von). Das Violoncell und seine Geschichte. Seconde édition\nde l'ouvrage de W. J. von Wasielewsky (Breitkopf, 1911, in-8° de 255 pp. Mk. 6).\nParu il y a vingt ans, cet ouvrage avait besoin d'être remanié. Le fils de l'auteur l'a remis\nau courant, en s'appuyant sur les travaux d'Eitner et d'Einstein. Il s'est efforcé de compléter\nla liste des violoncellistes du XIXe siècle, et il se plaint de n'avoir pas rencontré dans ses\nrecherches auprès des musiciens modernes un grand empressement. Cela se comprend ; il est\nresté chez lui.\nEn réalité ce volume ne répond pas au besoin que nous avons d'une bonne histoire du\nvioloncelle. Il n'est plus possible aujourd'hui de faire de l'histoire musicale en chambre. M. de\nWasielewski vient de s'en apercevoir. Il faut se déplacer, courir après le document qui fuit,\ncompulser les bibliothèques. Il n'est pas admissible par exemple d'expédier les origines du\nvioloncelle en Italie au XVIIe siècle en disant : \" Le v. dut pourtant être connu de l'ltalie\nvers cette époque (celle de Prastorius), car Eitner cite un imprimé de 1641, où il en est fait\nmention, et des œuvres de Freschi de 1660, où il est nommé violoncino Une pareille méthode\nne nous conduit pas loin !\nLe problème est tout autre que ne ferait croire cette honnête nomenclature et cette\nétude à la Fétis. Alors que dans l'aigu les violes et les violons répondant chacun à un idéal\ndifférent de sonorité se sont séparés à l'amiable, et se sont ensuite succédés dans l'histoire, la\ngambe et la violoncelle, tous deux de registre moyen, tendant vers le grave, se sont livrés à\nune concurrence acharnée, dont on ne connaît pas encore les débuts, dont on n'a pas précisé\nles causes, et dont le conflit, extrême vers 1715, n'est pas encore tout à fait terminé. Comment\nexpliquer ces faits, par les textes, par les œuvres, par les dates, par les instruments, par les\nhommes, et par les considérations de l'esthétique, de l'acoustique et de la physiologie. Voilà ce\nqu'un historien devra nous dire, s'il est à la fois compétent en lutherie et en musique, à la fois\narmé des secours de la bibliographie et de la science exacte. Ce jour-là nous aurons une histoire\ndu violoncelle. J. E.\nSCHEURLEER (F. Dr. D. F.). Het Muziekleven van Amsterdam. ('s Gravenhage,\nMartinus Nijhoff, 1912, in-fol. de 126 pp.).\nNotre vaillant et généreux collègue de La Haye, ne recule devant aucun sacrifice lorsqu'il\ns'agit de musicologie. Il ne lui suffit pas d'avoir formé une des plus somptueuses bibliothèques\nmusicales de l'Europe, il veut encore que le public profite de ses trésors et de ses connaissances."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.50", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3886, "texte": "Il réunit, en ce présent infolio, les éléments de la vie musicale à Amsterdam au XVIIe siècle,\net nous fait assister, par le texte et par l'image, au grand siècle de la musique hollandaise.\nA vrai dire la Hollande se trouve, à cette époque, dans une singulière position à l'égard\nde la musique. Elle est un merveilleux terrain de culture pour le microbe sonore, mais elle ne\ndonne pas à l'histoire des noms de tout premier ordre. On cite Sweelinck, on entrevoit des\nécoles, dont l'influence se fait sentir sur les virginalistes anglais, et sur les luthistes français ;\non pense aux modestes Beethoven qui mûrissaient en quelque coin la gloire future de l'auteur\nde la Neuvième. Mais on cherche en vain un type de musique proprement hollandaise. Ceux\nqui voudront connaître les causes de ce phénomène historique liront avec fruit l'ouvrage de\nM. Scheurleer (qu'ils auraient peut-être préféré en allemand). Us trouveront là des vues\ngénérales, des documents nouveaux sur les manifestations publiques de l'art (concerts, théâtres,\ncorporations), sur la musique de chambre, sur les facteurs, les instruments, et les éditeurs, enfin\nune remarquable bibliographie, qu'on attendait en vain jusqu'à présent.\nCent quatorze splendides reproductions font de ce volume un modèle pour nos éditeurs\n(j'allais dire nos hésiteursde musicologie) toujours si timorés et si éloignés de l'amour de l'art.\nJ. E.\nJOLIZZA (W. K. von). Z)as Lied und seine Geschichte(Wien und Leipzig, A. Hart-\nleben, 1910, in-8° de 691 pp. Kr. 12).\nTous les peuples chantent et ont chanté, et le lied, dans son acception la plus étendue,\nrésume en lui-même l'histoire de la musique. Il faut cependant une limite à toutes les études.\nL'auteur ne nous conduit ici que d'Olympos à Hugo Wolf, et encore se borne-t-il à l'Alle-\nmagne lorsqu'il parvient aux temps modernes. On doit donc s'attendre à trouver dans ce livre une\ngrande abondance plutôt qu'une étroite limitation. Et d'ailleurs, l'effort du lied touche à celui\nde la musique d'église ; il n'est étranger ni à Guy d'Arezzo ni à Philippe de Vitry ; les\ntrouvères, troubadours, Minnesanger, lui furent indispensables ; plus tard les réformes floren-\ntines servirent ses fins ; et nous le voyons triompher avec les Allemands du XVIIe siècle, les\nHassler, les Albert, les Krieger, les Erlebach... Il a trouvé là son meilleur terrain de culture.\nMais, au fait qu'est-ce qu'un lied ? Comment le distinguer du canto et de la chanson ?\nL'auteur nous laisse pressentir ces définitions, il nous offre les moyens de les formuler, c'est à\ndire la documentation qui nous permettra de rêver à cette évolution d'une forme mélodique\nuniverselle et cependant si particulièrement germanique. J. E.\nVOIGT (Dr. Woldemar). Die Kirchenkantaten J. S. Bachs (Stuttgart, J. B. Metzler,\n1912, in-8° de 176 pp.).\nM. le Professeur Voigt semble être un bon esprit, plein de jugement et qui s'est rendu\ncompte, sans doute par la pratique, des difficultés que soulève l'exécution des œuvres de Bach.\nJ'ai rarement vu traiter ces problèmes de musicologie avec autant de modération, avec un\nsens plus droit. Peut-être pourrait-on reprocher à M. V. un peu trop de sympathie pour les\nsolutions provisoires et les compromis faciles entre la pratique moderne et l'histoire. Mais il\nfaut considérer que ce volume s'adresse aux organisateurs de concerts, à ces Sociétés Bach, qui\nse forment maintenant un peu partout, et qui du jour au lendemain, se trouvent en présence\nde toutes les difficultés que de la musique rétrospective.\nComment envisager ces cantates, leurs textes, leur instrumentation, et en particulier leurs\nbois et leurs cuivres ? Comment traiter l'accompagnement, le continuo ? Comment prendre les\nmouvements, suivre les nuances jamais indiquées, comment phraser ? Comment enfin dégager\nde ces œuvres les différents aspects de la personnalité du grand homme ? Voilà des questions"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.51", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3230, "texte": "qui se posent aujourd'hui et dont on commence à envisager sans parti-pris la solution probable.\nL'exégèse a fait des progrès dans la musique, et tout le monde paraît enfin arrivé à cette idée\n(très banale et très récente cependant) que Bach fut un musicien sensible, coloré, ami de la\nvirtuosité et de l'effet, soucieux de l'exacte mise au point, et non un fâcheux qui se servait du\ncontre-point pour donner à ses auditeurs une volée de bois vert. J. E.\nPROCEEDINGS of the Musical Association. Session 1910-1911 (London Novello,\nin-8° de 154 pp. One Genua).\nChaque année ces Procès-verbaux de la Musical Association, qui est la section anglaise\nde notre Société internationale de musique, nous apportent une série d'intéressantes communi-\ncations. Nous lisons cette fois :\nE. West. L'ancienne musique d'orgue en Angleterre.\nBernard Shaw. Réminiscences d'un quinquagénaire.\nKennedy Scott. Quelques idées sur les rythmes de la polyphonie.\nB. Rootham. L'orchestre moderne et la voix humaine.\nN. O'Neil. La musique de scène.\nH. Antcliffe. Le sens du programme.\nHoward Jones. Brahms et sa musique de Piano.\nW. H. Frere. Les tonalités dans la musique du haut moyen-âge. Ces communications,\noù l'humour anglais ne perd jamais ses droits, sont discutées en séance, et soumises à des\nobjections courtoises, dont les procès-verbaux font mention. De telle sorte que nous assistons\nà de véritables assises de la musicologie anglaise, pleines de gravité, d'érudition... et de\nconfortable. J- E.\nGASTOUE (A.). - Ordinarium Salutationum (Paris, 10, rue Casette, in-i2°de 96 pp.).\nLes manuels de dévotion ont, de tous temps, contenu des chants divers, plus ou moins\nempruntés à la liturgie et souvent entièrement populaires par leur origine et par leur genre.\nMais, comme le remarque notre savant collègue, pour ces chants, et en particulier pour les\nSaluts, il n'a jamais été publié de collection à la fois liturgique et pratique. Ce présent manuel\nest donc destiné à faciliter l'accès des chants disséminés dans de nombreuses publications. Il est\nle livre populaire des chants a dévotion comme on disait autrefois. Félicitons l'auteur d'avoir eu\ncette initiative, et de l'avoir réalisée avec une parfaite méthode.\nGASTOUE (A.). - Les Messes royales de Henry Dumont (Paris, 10, rue Casette, 1912,\nin-120 de 14 pp.).\nDans cette plaquette M. Gastoué présente un aperçu historique de ces fameuses messes ;\nil dresse une utile bibliographie de leurs premières éditions (sujet encore peu connu) ; il indique\nune méthode critique de transcription, et donne enfin, en musique moderne, les messes des\nler, 2e et 6e tons. Utile supplément à l'ouvrage de Henri Quittard. J. E.\nNIN (J. Joachim). Idées et Commentaires (Paris, Fischbacher, 1912, in-8° carre de\n240 pp.).\nIl est inutile, j'estime, de présenter à nos lecteurs M. J. J. Nin. Il y a peu de temps il\npubliait ici même des considérations sur le clavecin d'un très vif intérêt (S. /. M. de dec. 1911).\nNombre d'entre nous ont pû entendre les séances historiques vraiment fort bien composées que\nce Professeur honoraire de la Schola Gantorum adonnées, notamment à la Salle des Agriculteurs.\nDe plus on le connaît déjà par une brochure courte mais fort curieuse intitulée : Pour VArt."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.52", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3628, "texte": "Dans cette brochure il traitait tout particulièrement de la déformation que le u virtuo-\nsisme \" porte chez un certain nombre d'artistes contemporains.\nDans les études détachées qui composent Idées et Commentaires, M. Nin revient sur la\nquestion et il la traite avec plus de largeur non sans toutefois y joindre une note humoristique\nqui n'est souvent pas dénuée de charmes.\nAfin de prévenir tout malentendu, disons bien vite que l'auteur est fort éloigné de\ncontester la légitimité, disons plus, l'utilité des véritables virtuoses. C'est seulement aux faux\nvirtuoses qu'il s'en prend, à ceux qui, par des moyens discutables, cherchent à en imposer au\npublic. Et il faut reconnaître que ses critiques ne laissent pas que d'être assez mordantes.\nCes faux virtuoses abusent de leur titre pour \" justifier leurs grimaces... et leurs sacri-\nlèges\" (p. il). Ils sont atteints de la fureur de la nouveauté, ils veulent être des \"originaux\npur sang ! \" Ils \" négligent l'expression en faveur de l'adresse et de la force \" (p. 68).\nTous ces défauts sont assez connus pour qu'il soit inutile d'insister. Mais ce qui est\nintéressant, ce sont les aperçus que M. Nin donne sur la condition actuelle des musiciens.\nCes conditions pourraient bien expliquer, je ne dis pas exécuter, les aberrations de certains\nexécutants.\nD'abord beaucoup sont d'une culture musicale-littéraire tout à fait insuffisante. C'est ce\nque montre très éloquemment le chapitre : L'Ancêtre (p. 17).\nPuis à l'heure actuelle, sans parler de la question de vanité, la concurrence impose une\nlutte véritablement forcenée. Primum vivere, deinde philosophari, disaient les anciens. Cette\nobligation de lutter arrive parfois à imposer une déformation morale. \" Aujourd'hui on ne croit\nplus à la mansuétude, au mépris de la gloire... à la simplicité... Dans ces milieux \" privilégiés \"\ndès que quelqu'un dit u mansuétude \", l'écho lui renvoie a lâcheté... \" S'il dit \" modestie \",\nl'écho lui répond faiblesse. S'il ose murmurer a simplicité \", mille voix lui crient \" impuissance\"\n(p. 170). De plus ici comme ailleurs les \" affaires \" se sont modernisées. En cas de non-réussite\non ne risque pas seulement un manque-à-gagner. Il y a, en quelque sorte, des avances de\ncapitaux à faire. Et cela demande évidemment une certaine réflexion. On trouvera, sur ce\npoint à la page 106 un aperçu très serré des difficultés contre lesquelles les artistes ont à se\ndébattre.\nEn somme on peut voir par ces brefs extraits que le volume de M. J. Joachim Nin\névoque sur cette question (comme aussi sur nombre d'autres) des aperçus fort suggestifs. Et, en\nterminant, nous ne pouvons nous dispenser de lui témoigner de toute notre estime pour le\ncourage et la sincérité avec lesquels il n'a pas craint d'exposer ses idées.\nIl est un autre point encore pour lequel je voudrais lui dire ma gratitude. Quel plaisir\nn'ai-je pas eu, en parcourant son titre, à retrouver en maint endroit la trace d'une véritable\nculture littéraire, hélas ! si rare aujourd'hui. Les plus savoureuses citations de Pascal, Bossuet,\nLa Bruyère, Fénélon, etc... illuminent les en-tête des chapitres. Horace lui-même intervient,\net aussi Aristote dans la traduction de Barthélémy Saint-Hilaire. Enfin quelle touchante\nnoblesse n'y a-t-il pas dans ce mot d'Anselme de Laon sur lequel je veux finir ! \" A quelqu'un\nqui lui offrait des emplois et des titres de noblesse pour ses neveux, il répondit : \" A Dieu ne\nplaise que mes leçons sur l'Ecriture procurent à mes parents des distinctions capables de leur\nfaire perdre l'humilité que l'Ecriture commande. \" (P. 161). Il vivait au XIe siècle !\n\nGustave Robert."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.53", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1, "texte": "4"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.53", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 2215, "texte": "LIVRES REÇUS\nCAVALIERI (Emilio de'.) Rappresentati Reproduction\nen facsimilé de l'exemplaire unique de l'édition de 1600, par FRANCESCO MANTICA, et\npréface de D. ALALEONA (Rorna Casa éditrice C. Monteverd 237 via degli Scipioni,\n1912, in-fol.)\nDENKMAELER DER TONKUNST IN OESTERREICH XIXe Jahrgang\n(Vienne Artaria 1912 in fol.)\n1. Trienter Codices 111. Funf Messen des XV. Jahrhunderts.\n2. Wiener Instrumentalmusik im XVIII. Jahrhundert. (Monn & Mann.)\nKRETZSCHMAR (H.) Geschichte des neuen deutschen Liedes. I. Teil : von Albert\nbis Zelter. (Breitkopf, 1911, in-8° de 356 pp. Mk. 7,50.)\nVILLETARD (abbé H.) Odoranne de Sens et son œuv Rapport lu au\nCongrès parisien de chant liturgique. (Paris, Picard et fils, 1912, in-8° de 8 pp.)\n. La danse ecclésiastique à la Métropole de Sens. (Id. ibid., 19x1, in-12® de 20 pp.)\nRATTAY (Kurt). Die Ostracher L(Halle, Max Niemayer, 1911,\nin-8° de 136 pp. Fcs 5.)\nSPRINGER, SCHNEIDER & WOLFFHEIM. Miscellanea musicae bio-biblio-\ngraphica. (Breitkopf, 19x2, in-8° de 24 pp.)\nVALLAS (Léon). I. La véritable h 11.\nmémoire sur la trompette marine.(Lyon, I9I2> in-B°.)\nEVANS (Edwin). Historical, descriptive\nJohannes Brahms.Vol. I. The vocal Works, (London, W. Reeves, 1912, in-8 de s*o PP*\nFcs 10.)\nSCHOENBERG (Arnold). Harmonielehre. (Vienne, Universal-Edition, 1911,\nin-8° de 476 pp.)\nBROSSET (Jules). Les Trois Berry (1797-1879) Silhouettes musicales du Blésois.\n(Blois, 19 T 2, in-8° de 19 pp.)\nSPIRO (R.) Debussy, traduction allemande de l'italien, par G. SETACCIOLI.\n(Breitkopf, 19x1, in-12 de 106 pp. Mk. 3.)\nHANSLICK (E.) Aus meinem Leben.(Berlin, Allg. Verein fur deutsche Litteratur.\n2e vol. in-8° de 340 et 370 pp. Mk. 10.)\nEMMANUEL (Maurice.) Eloge funèbre de L. A. Bourgault-Ducoudray ; répertoire\ncomplèt de ses œuvres dressé par J. Bourgault-Ducoudray et portrait par Lhermite (Publica-\ntions du Monde Musical, 19x1 in 12°, de 34 PP*)\nWOOLEETT (Henry.) Histoire 2e vol. (de Bach à Schumann)\n(Ibid. 1911 in 12* de 460 pp. Frs 3,50.)\nMAISON DU LIED. Concerts de Marie Olénine. (Moscou, 22 Boulevard\nSmolensk, I9I2> in-120 de 122 pp.)\nBOSCHOT (Adolphe.) L'agonie d'un romantique, Berlioz de 1863-1869. (Tirage\nà part du Correspondant du 10 mars 1912.)"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.54", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1128, "texte": "FRIMMEL (Dr Theodor von.) Beeth(Vienne, 8 Stephans-Platz,\n1912 in-120.)\nJAHRBURH der Musikbibliothek PETERS (Lpz. Peters, 1912 in-40 de 124 pp.)\nBARROSO (Matheo.) —La IX Sinfonia de Beethoven. (Madrid 1912, in-120 de\n220 pp. Pes. 3,50.)\nSONNECK (O. G.) Was Richard Wagner a Jew ? (Tirage à part de Music\nTeachers' National Association for 1911. In-8° de 24 pp.)\nSERE (Octave.) Musiciens français (Mercure de France 1912 in-120\nde 416 pp. Fcs 3,50.)\nADLER (Dr Guido.) Der Stil IBuch (Breitkopf 1911 in-8° de\n279 pp. Mk. 7,50.)\nSONNECK (O. G. T.) Orchestral (Washington 1912 in-40\nde 663 pp.)\nL'ANNEE MUSICALE, publiée par MM. M. Brenet, J. Chantavoine, L. Laloy\net L. de La Laurencie (Alcan 1911 in-8° de 316 pp. Fcs 10.)\nLAURENCIE (L. de LA) & ST. FOIX (G. de.) Contribution à Vhistoire de la\nsymphonie française vers 1750. (Tirage à part de la précédente publication. 128 pp. in-B°.)\nSOUBIES (A.) et CURZON (H. de).\n(Paris Fischbacher, 1912. In-40 de 72 pp.)\nDAVISON (Henry). From Mendelssohn being the Memoirs of J. W.\nDavison forty years music critic of \"the Times\". (Reeves, 1912. In-8° de 540 PP- Price : 12/6."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c020", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 48, "image_fin": 52, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.9.1", "titre_corps": "LANDORMY (Paul). La musique d'église. Traduction", "titre_sommaire": "LANDORMY (Paul). La musique d'église. 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Depuis ses origines\nsyriaques et juives, jusqu'à sa décadence présente, le chant sacré\nde notre Occident a subi deux mille ans d'évolution, dont le\nspectacle est infiniment instructif. Cette description est présentée\nici avec simplicité et méthode, par un esprit au courant de l'état\nde la science, et qui reste dans le domaine des faits positifs. C'est\nlà un excellent volume d'enseignement secondaire, comme il en\nfaudrait beaucoup en musique.\nUn mot que je voudrais gros contre l'éditeur, qui n'a\npas craint de présenter MM. Weinmann et Landormy sous un\nhabit aussi humiliant. Format, couverture, papier typographie, tout est affligeant dans ce\nvolume, qui traite de beauté. Il est vrai qu'il s'agit d'une classe moyenne et populaire de\nlecteurs. Pour le peuple tout est bon, n'est-il pas vrai ? Nou sommes en pays de démocratie.\nJ. E.\nJOACHIM (Joseph). Briefe von und an y. Joachim. Bd. I. (Berlin, Julius Bard, 1911,\nin-8° de 478 pp. Mk. 8,50).\nVoici au contraire un volume dont la seule couverture, en son audacieux jaune serin,\nsous son titre fleuri d'un vert profond, engage l'amateur. On l'ouvre; on y trouve une parfaite\nmise en page, un style typographique impeccable, de jolies illustrations. On lit, et l'on découvre\nle roman d'une âme altière. L'intérêt historique achève ce que la curiosité artistique avait\ncommencé.\nIl n'est pas possible, en un brusque compte-rendu, de plonger le lecteur dans l'atmosphère\nsentimentale qui se dégage de cette correspondance volumineuse. Lorsque les deux volumes\nsuivants auront paru et que nous aurons devant nous les quinze cents pages de ce monument\népistolaire, nous essaierons de montrer la grandeur de cet artiste qui gravit le chemin d'une\nlongue carrière, entouré de la sympathie des musiciens du XIXe siècle. C'est Schumann, et"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.49", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3927, "texte": "c'est Liszt, Berlioz, qui traitent Joachim en ami et c'est Brahms et Wagner qui le tutoient en\ncamarade dans ces lettres (1842 à 1857), et auxquels le violoniste répond en toute franchise,\navec une sincérité qui va parfois jusqu'au courage. Peu à peu la vocation de l'artiste se\nprécise au contact de ces hommes illustres, et à la fréquentation journalière des œuvres\nde Beethoven. Mais, dès le début, une irrésistible volonté, qui se trouve si souvent au fond des\nâmes israélites, guide Joachim vers la réalisation d'un idéal artistique très net, qui n'est ni tout\nà fait classique, ni réellement romantique. On demeure stupéfait, en lisant aujourd'hui ces\nlettres, de la maturité de ce jeune violoniste, qui avoue lui-même son manque de culture litté-\nraire. Joachim dès 1850, a senti les points faibles du romantisme, il a jugé Brahms d'une façon\npresque définitive, et il a exactement vu se lever l'étoile de Sébastien Bach. Et dans ce courant\nqui emportait alors la musique bien loin de Rossini et de Meyerbeer, il semble être resté\nparfaitement conscient de lui, parfaitement lucide. Le cas Joachim est à la fois typique et\nréconfortant. On voit rarement, à travers les correspondances que la librairie a l'indiscrétion\nde nous présenter, une âme d'homme aussi belle, aussi impressionnante. J. E.\nWASIELEWSKI (Waldemer von). Das Violoncell und seine Geschichte. Seconde édition\nde l'ouvrage de W. J. von Wasielewsky (Breitkopf, 1911, in-8° de 255 pp. Mk. 6).\nParu il y a vingt ans, cet ouvrage avait besoin d'être remanié. Le fils de l'auteur l'a remis\nau courant, en s'appuyant sur les travaux d'Eitner et d'Einstein. Il s'est efforcé de compléter\nla liste des violoncellistes du XIXe siècle, et il se plaint de n'avoir pas rencontré dans ses\nrecherches auprès des musiciens modernes un grand empressement. Cela se comprend ; il est\nresté chez lui.\nEn réalité ce volume ne répond pas au besoin que nous avons d'une bonne histoire du\nvioloncelle. Il n'est plus possible aujourd'hui de faire de l'histoire musicale en chambre. M. de\nWasielewski vient de s'en apercevoir. Il faut se déplacer, courir après le document qui fuit,\ncompulser les bibliothèques. Il n'est pas admissible par exemple d'expédier les origines du\nvioloncelle en Italie au XVIIe siècle en disant : \" Le v. dut pourtant être connu de l'ltalie\nvers cette époque (celle de Prastorius), car Eitner cite un imprimé de 1641, où il en est fait\nmention, et des œuvres de Freschi de 1660, où il est nommé violoncino Une pareille méthode\nne nous conduit pas loin !\nLe problème est tout autre que ne ferait croire cette honnête nomenclature et cette\nétude à la Fétis. Alors que dans l'aigu les violes et les violons répondant chacun à un idéal\ndifférent de sonorité se sont séparés à l'amiable, et se sont ensuite succédés dans l'histoire, la\ngambe et la violoncelle, tous deux de registre moyen, tendant vers le grave, se sont livrés à\nune concurrence acharnée, dont on ne connaît pas encore les débuts, dont on n'a pas précisé\nles causes, et dont le conflit, extrême vers 1715, n'est pas encore tout à fait terminé. Comment\nexpliquer ces faits, par les textes, par les œuvres, par les dates, par les instruments, par les\nhommes, et par les considérations de l'esthétique, de l'acoustique et de la physiologie. Voilà ce\nqu'un historien devra nous dire, s'il est à la fois compétent en lutherie et en musique, à la fois\narmé des secours de la bibliographie et de la science exacte. Ce jour-là nous aurons une histoire\ndu violoncelle. J. E.\nSCHEURLEER (F. Dr. D. F.). Het Muziekleven van Amsterdam. ('s Gravenhage,\nMartinus Nijhoff, 1912, in-fol. de 126 pp.).\nNotre vaillant et généreux collègue de La Haye, ne recule devant aucun sacrifice lorsqu'il\ns'agit de musicologie. Il ne lui suffit pas d'avoir formé une des plus somptueuses bibliothèques\nmusicales de l'Europe, il veut encore que le public profite de ses trésors et de ses connaissances."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.50", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3886, "texte": "Il réunit, en ce présent infolio, les éléments de la vie musicale à Amsterdam au XVIIe siècle,\net nous fait assister, par le texte et par l'image, au grand siècle de la musique hollandaise.\nA vrai dire la Hollande se trouve, à cette époque, dans une singulière position à l'égard\nde la musique. Elle est un merveilleux terrain de culture pour le microbe sonore, mais elle ne\ndonne pas à l'histoire des noms de tout premier ordre. On cite Sweelinck, on entrevoit des\nécoles, dont l'influence se fait sentir sur les virginalistes anglais, et sur les luthistes français ;\non pense aux modestes Beethoven qui mûrissaient en quelque coin la gloire future de l'auteur\nde la Neuvième. Mais on cherche en vain un type de musique proprement hollandaise. Ceux\nqui voudront connaître les causes de ce phénomène historique liront avec fruit l'ouvrage de\nM. Scheurleer (qu'ils auraient peut-être préféré en allemand). Us trouveront là des vues\ngénérales, des documents nouveaux sur les manifestations publiques de l'art (concerts, théâtres,\ncorporations), sur la musique de chambre, sur les facteurs, les instruments, et les éditeurs, enfin\nune remarquable bibliographie, qu'on attendait en vain jusqu'à présent.\nCent quatorze splendides reproductions font de ce volume un modèle pour nos éditeurs\n(j'allais dire nos hésiteursde musicologie) toujours si timorés et si éloignés de l'amour de l'art.\nJ. E.\nJOLIZZA (W. K. von). Z)as Lied und seine Geschichte(Wien und Leipzig, A. Hart-\nleben, 1910, in-8° de 691 pp. Kr. 12).\nTous les peuples chantent et ont chanté, et le lied, dans son acception la plus étendue,\nrésume en lui-même l'histoire de la musique. Il faut cependant une limite à toutes les études.\nL'auteur ne nous conduit ici que d'Olympos à Hugo Wolf, et encore se borne-t-il à l'Alle-\nmagne lorsqu'il parvient aux temps modernes. On doit donc s'attendre à trouver dans ce livre une\ngrande abondance plutôt qu'une étroite limitation. Et d'ailleurs, l'effort du lied touche à celui\nde la musique d'église ; il n'est étranger ni à Guy d'Arezzo ni à Philippe de Vitry ; les\ntrouvères, troubadours, Minnesanger, lui furent indispensables ; plus tard les réformes floren-\ntines servirent ses fins ; et nous le voyons triompher avec les Allemands du XVIIe siècle, les\nHassler, les Albert, les Krieger, les Erlebach... Il a trouvé là son meilleur terrain de culture.\nMais, au fait qu'est-ce qu'un lied ? Comment le distinguer du canto et de la chanson ?\nL'auteur nous laisse pressentir ces définitions, il nous offre les moyens de les formuler, c'est à\ndire la documentation qui nous permettra de rêver à cette évolution d'une forme mélodique\nuniverselle et cependant si particulièrement germanique. J. E.\nVOIGT (Dr. Woldemar). Die Kirchenkantaten J. S. Bachs (Stuttgart, J. B. Metzler,\n1912, in-8° de 176 pp.).\nM. le Professeur Voigt semble être un bon esprit, plein de jugement et qui s'est rendu\ncompte, sans doute par la pratique, des difficultés que soulève l'exécution des œuvres de Bach.\nJ'ai rarement vu traiter ces problèmes de musicologie avec autant de modération, avec un\nsens plus droit. Peut-être pourrait-on reprocher à M. V. un peu trop de sympathie pour les\nsolutions provisoires et les compromis faciles entre la pratique moderne et l'histoire. Mais il\nfaut considérer que ce volume s'adresse aux organisateurs de concerts, à ces Sociétés Bach, qui\nse forment maintenant un peu partout, et qui du jour au lendemain, se trouvent en présence\nde toutes les difficultés que de la musique rétrospective.\nComment envisager ces cantates, leurs textes, leur instrumentation, et en particulier leurs\nbois et leurs cuivres ? Comment traiter l'accompagnement, le continuo ? Comment prendre les\nmouvements, suivre les nuances jamais indiquées, comment phraser ? Comment enfin dégager\nde ces œuvres les différents aspects de la personnalité du grand homme ? Voilà des questions"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.51", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3230, "texte": "qui se posent aujourd'hui et dont on commence à envisager sans parti-pris la solution probable.\nL'exégèse a fait des progrès dans la musique, et tout le monde paraît enfin arrivé à cette idée\n(très banale et très récente cependant) que Bach fut un musicien sensible, coloré, ami de la\nvirtuosité et de l'effet, soucieux de l'exacte mise au point, et non un fâcheux qui se servait du\ncontre-point pour donner à ses auditeurs une volée de bois vert. J. E.\nPROCEEDINGS of the Musical Association. Session 1910-1911 (London Novello,\nin-8° de 154 pp. One Genua).\nChaque année ces Procès-verbaux de la Musical Association, qui est la section anglaise\nde notre Société internationale de musique, nous apportent une série d'intéressantes communi-\ncations. Nous lisons cette fois :\nE. West. L'ancienne musique d'orgue en Angleterre.\nBernard Shaw. Réminiscences d'un quinquagénaire.\nKennedy Scott. Quelques idées sur les rythmes de la polyphonie.\nB. Rootham. L'orchestre moderne et la voix humaine.\nN. O'Neil. La musique de scène.\nH. Antcliffe. Le sens du programme.\nHoward Jones. Brahms et sa musique de Piano.\nW. H. Frere. Les tonalités dans la musique du haut moyen-âge. Ces communications,\noù l'humour anglais ne perd jamais ses droits, sont discutées en séance, et soumises à des\nobjections courtoises, dont les procès-verbaux font mention. De telle sorte que nous assistons\nà de véritables assises de la musicologie anglaise, pleines de gravité, d'érudition... et de\nconfortable. J- E.\nGASTOUE (A.). - Ordinarium Salutationum (Paris, 10, rue Casette, in-i2°de 96 pp.).\nLes manuels de dévotion ont, de tous temps, contenu des chants divers, plus ou moins\nempruntés à la liturgie et souvent entièrement populaires par leur origine et par leur genre.\nMais, comme le remarque notre savant collègue, pour ces chants, et en particulier pour les\nSaluts, il n'a jamais été publié de collection à la fois liturgique et pratique. Ce présent manuel\nest donc destiné à faciliter l'accès des chants disséminés dans de nombreuses publications. Il est\nle livre populaire des chants a dévotion comme on disait autrefois. Félicitons l'auteur d'avoir eu\ncette initiative, et de l'avoir réalisée avec une parfaite méthode.\nGASTOUE (A.). - Les Messes royales de Henry Dumont (Paris, 10, rue Casette, 1912,\nin-120 de 14 pp.).\nDans cette plaquette M. Gastoué présente un aperçu historique de ces fameuses messes ;\nil dresse une utile bibliographie de leurs premières éditions (sujet encore peu connu) ; il indique\nune méthode critique de transcription, et donne enfin, en musique moderne, les messes des\nler, 2e et 6e tons. Utile supplément à l'ouvrage de Henri Quittard. J. E.\nNIN (J. Joachim). Idées et Commentaires (Paris, Fischbacher, 1912, in-8° carre de\n240 pp.).\nIl est inutile, j'estime, de présenter à nos lecteurs M. J. J. Nin. Il y a peu de temps il\npubliait ici même des considérations sur le clavecin d'un très vif intérêt (S. /. M. de dec. 1911).\nNombre d'entre nous ont pû entendre les séances historiques vraiment fort bien composées que\nce Professeur honoraire de la Schola Gantorum adonnées, notamment à la Salle des Agriculteurs.\nDe plus on le connaît déjà par une brochure courte mais fort curieuse intitulée : Pour VArt."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.52", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3628, "texte": "Dans cette brochure il traitait tout particulièrement de la déformation que le u virtuo-\nsisme \" porte chez un certain nombre d'artistes contemporains.\nDans les études détachées qui composent Idées et Commentaires, M. Nin revient sur la\nquestion et il la traite avec plus de largeur non sans toutefois y joindre une note humoristique\nqui n'est souvent pas dénuée de charmes.\nAfin de prévenir tout malentendu, disons bien vite que l'auteur est fort éloigné de\ncontester la légitimité, disons plus, l'utilité des véritables virtuoses. C'est seulement aux faux\nvirtuoses qu'il s'en prend, à ceux qui, par des moyens discutables, cherchent à en imposer au\npublic. Et il faut reconnaître que ses critiques ne laissent pas que d'être assez mordantes.\nCes faux virtuoses abusent de leur titre pour \" justifier leurs grimaces... et leurs sacri-\nlèges\" (p. il). Ils sont atteints de la fureur de la nouveauté, ils veulent être des \"originaux\npur sang ! \" Ils \" négligent l'expression en faveur de l'adresse et de la force \" (p. 68).\nTous ces défauts sont assez connus pour qu'il soit inutile d'insister. Mais ce qui est\nintéressant, ce sont les aperçus que M. Nin donne sur la condition actuelle des musiciens.\nCes conditions pourraient bien expliquer, je ne dis pas exécuter, les aberrations de certains\nexécutants.\nD'abord beaucoup sont d'une culture musicale-littéraire tout à fait insuffisante. C'est ce\nque montre très éloquemment le chapitre : L'Ancêtre (p. 17).\nPuis à l'heure actuelle, sans parler de la question de vanité, la concurrence impose une\nlutte véritablement forcenée. Primum vivere, deinde philosophari, disaient les anciens. Cette\nobligation de lutter arrive parfois à imposer une déformation morale. \" Aujourd'hui on ne croit\nplus à la mansuétude, au mépris de la gloire... à la simplicité... Dans ces milieux \" privilégiés \"\ndès que quelqu'un dit u mansuétude \", l'écho lui renvoie a lâcheté... \" S'il dit \" modestie \",\nl'écho lui répond faiblesse. S'il ose murmurer a simplicité \", mille voix lui crient \" impuissance\"\n(p. 170). De plus ici comme ailleurs les \" affaires \" se sont modernisées. En cas de non-réussite\non ne risque pas seulement un manque-à-gagner. Il y a, en quelque sorte, des avances de\ncapitaux à faire. Et cela demande évidemment une certaine réflexion. On trouvera, sur ce\npoint à la page 106 un aperçu très serré des difficultés contre lesquelles les artistes ont à se\ndébattre.\nEn somme on peut voir par ces brefs extraits que le volume de M. J. Joachim Nin\névoque sur cette question (comme aussi sur nombre d'autres) des aperçus fort suggestifs. Et, en\nterminant, nous ne pouvons nous dispenser de lui témoigner de toute notre estime pour le\ncourage et la sincérité avec lesquels il n'a pas craint d'exposer ses idées.\nIl est un autre point encore pour lequel je voudrais lui dire ma gratitude. Quel plaisir\nn'ai-je pas eu, en parcourant son titre, à retrouver en maint endroit la trace d'une véritable\nculture littéraire, hélas ! si rare aujourd'hui. Les plus savoureuses citations de Pascal, Bossuet,\nLa Bruyère, Fénélon, etc... illuminent les en-tête des chapitres. Horace lui-même intervient,\net aussi Aristote dans la traduction de Barthélémy Saint-Hilaire. Enfin quelle touchante\nnoblesse n'y a-t-il pas dans ce mot d'Anselme de Laon sur lequel je veux finir ! \" A quelqu'un\nqui lui offrait des emplois et des titres de noblesse pour ses neveux, il répondit : \" A Dieu ne\nplaise que mes leçons sur l'Ecriture procurent à mes parents des distinctions capables de leur\nfaire perdre l'humilité que l'Ecriture commande. \" (P. 161). Il vivait au XIe siècle !\n\nGustave Robert."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c022", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 53, "image_fin": 54, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.9.2", "titre_corps": "LIVRES REÇUS", "titre_sommaire": "LIVRES REÇUS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.53", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1, "texte": "4"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.53", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 2215, "texte": "LIVRES REÇUS\nCAVALIERI (Emilio de'.) Rappresentati Reproduction\nen facsimilé de l'exemplaire unique de l'édition de 1600, par FRANCESCO MANTICA, et\npréface de D. ALALEONA (Rorna Casa éditrice C. Monteverd 237 via degli Scipioni,\n1912, in-fol.)\nDENKMAELER DER TONKUNST IN OESTERREICH XIXe Jahrgang\n(Vienne Artaria 1912 in fol.)\n1. Trienter Codices 111. Funf Messen des XV. Jahrhunderts.\n2. Wiener Instrumentalmusik im XVIII. Jahrhundert. (Monn & Mann.)\nKRETZSCHMAR (H.) Geschichte des neuen deutschen Liedes. I. Teil : von Albert\nbis Zelter. (Breitkopf, 1911, in-8° de 356 pp. Mk. 7,50.)\nVILLETARD (abbé H.) Odoranne de Sens et son œuv Rapport lu au\nCongrès parisien de chant liturgique. (Paris, Picard et fils, 1912, in-8° de 8 pp.)\n. La danse ecclésiastique à la Métropole de Sens. (Id. ibid., 19x1, in-12® de 20 pp.)\nRATTAY (Kurt). Die Ostracher L(Halle, Max Niemayer, 1911,\nin-8° de 136 pp. Fcs 5.)\nSPRINGER, SCHNEIDER & WOLFFHEIM. Miscellanea musicae bio-biblio-\ngraphica. (Breitkopf, 19x2, in-8° de 24 pp.)\nVALLAS (Léon). I. La véritable h 11.\nmémoire sur la trompette marine.(Lyon, I9I2> in-B°.)\nEVANS (Edwin). Historical, descriptive\nJohannes Brahms.Vol. I. The vocal Works, (London, W. Reeves, 1912, in-8 de s*o PP*\nFcs 10.)\nSCHOENBERG (Arnold). Harmonielehre. (Vienne, Universal-Edition, 1911,\nin-8° de 476 pp.)\nBROSSET (Jules). Les Trois Berry (1797-1879) Silhouettes musicales du Blésois.\n(Blois, 19 T 2, in-8° de 19 pp.)\nSPIRO (R.) Debussy, traduction allemande de l'italien, par G. SETACCIOLI.\n(Breitkopf, 19x1, in-12 de 106 pp. Mk. 3.)\nHANSLICK (E.) Aus meinem Leben.(Berlin, Allg. Verein fur deutsche Litteratur.\n2e vol. in-8° de 340 et 370 pp. Mk. 10.)\nEMMANUEL (Maurice.) Eloge funèbre de L. A. Bourgault-Ducoudray ; répertoire\ncomplèt de ses œuvres dressé par J. Bourgault-Ducoudray et portrait par Lhermite (Publica-\ntions du Monde Musical, 19x1 in 12°, de 34 PP*)\nWOOLEETT (Henry.) Histoire 2e vol. (de Bach à Schumann)\n(Ibid. 1911 in 12* de 460 pp. Frs 3,50.)\nMAISON DU LIED. Concerts de Marie Olénine. (Moscou, 22 Boulevard\nSmolensk, I9I2> in-120 de 122 pp.)\nBOSCHOT (Adolphe.) L'agonie d'un romantique, Berlioz de 1863-1869. (Tirage\nà part du Correspondant du 10 mars 1912.)"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.54", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1128, "texte": "FRIMMEL (Dr Theodor von.) Beeth(Vienne, 8 Stephans-Platz,\n1912 in-120.)\nJAHRBURH der Musikbibliothek PETERS (Lpz. Peters, 1912 in-40 de 124 pp.)\nBARROSO (Matheo.) —La IX Sinfonia de Beethoven. (Madrid 1912, in-120 de\n220 pp. Pes. 3,50.)\nSONNECK (O. G.) Was Richard Wagner a Jew ? (Tirage à part de Music\nTeachers' National Association for 1911. In-8° de 24 pp.)\nSERE (Octave.) Musiciens français (Mercure de France 1912 in-120\nde 416 pp. Fcs 3,50.)\nADLER (Dr Guido.) Der Stil IBuch (Breitkopf 1911 in-8° de\n279 pp. Mk. 7,50.)\nSONNECK (O. G. T.) Orchestral (Washington 1912 in-40\nde 663 pp.)\nL'ANNEE MUSICALE, publiée par MM. M. Brenet, J. Chantavoine, L. Laloy\net L. de La Laurencie (Alcan 1911 in-8° de 316 pp. Fcs 10.)\nLAURENCIE (L. de LA) & ST. FOIX (G. de.) Contribution à Vhistoire de la\nsymphonie française vers 1750. (Tirage à part de la précédente publication. 128 pp. in-B°.)\nSOUBIES (A.) et CURZON (H. de).\n(Paris Fischbacher, 1912. In-40 de 72 pp.)\nDAVISON (Henry). From Mendelssohn being the Memoirs of J. W.\nDavison forty years music critic of \"the Times\". (Reeves, 1912. In-8° de 540 PP- Price : 12/6."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c024", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 55, "image_fin": 57, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.10", "titre_corps": "Les Théatres", "titre_sommaire": "Les Théatres", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.55", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 523, "texte": "Les Théatres\nROMA DE MASSENET A L'OPÉRA\nNous avons souvent frémi d'horreur en lisant des récits de voyage où les\nexplorateurs nous révèlent que certains nègres ont l'habitude de tuer et de dévorer\nleurs parents lorsque ceux-ci ont le manque de tact de dépasser un certain âge.\nC'est le moyen le plus pratique et le plus expéditif qu'ils aient pu découvrir pour\nremédier à la crise de la vie chère et à l'encombrement des carrières libérales. 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Je m'efface derrière\nla longue table qui supporte, en petits tas distincts, ses costumes. Des robes, des chapeaux, des\nperruques promettent au public, toutes les deux minutes, une idole nouvelle ; je me fais petite pour\nne pas la gêner, mais elle ne semble pas soupçonner ma présence. .\nLa fin d'un cake-walk vient de rejeter sur moi, entre les rideaux de perles tintantes, une longue\npoupée Greenaway en tulle bleue, haletante. D'une tape brutale sur son front, la poupée anglaise\ndécolle chapeau et perruque, pendant que tombe l'abat-jour de tulle bleu fané qui lui servait de jupe.\nAvant que j'aie le temps de détailler son visage, violet de fard sous la lumière lunaire d'un portant\nà ampoules bleues,.— une silencieuse larve noire, agenouillée, ferme les agrafes d'une robe espagnole ;\nles pizzicati et les tambourins sévillans frémissent dans l'orchestre et la danseuse gémit d'impatience :\nvite, la perruque noire à rose rouge le châle sur l'épaule, les castagnettes... elle ouvre d'un bond\nles rideaux de perles et j'entends, mêlé à l'orchestre, le langage rythmé de ses pieds intelligents...\nDeux minutes : la revoici. Elle halète plus fort et s'accote un instant, pour quitter sa jupe à\ngrelots de chenille, contre le portant, la tête en arrière... La ritournelle plus longue d'une tarentelle\nme donne le loisir de la regarder : c'est une figure italienne un peu lourde et régulière, aux paupières\nmi-fermées, et comme enivrée de fatigue... Mes yeux habitués à l'ombre distinguent, à présent, de\nbrunes épaules maigres, des seins nus, jeunes et las, pas assez remplis, au-dessus d'un minable corset-\nceinture en coutil gris... Une défroque napolitaine de pêcheur chemise de soie, cèinture frangée et\nbonnet pendant sur l'oreille cache tout cela comme par magie. Le visage évanoui ressuscite, et le\npêcheur napolitain, agitant un tambour de basque, entre en scène.\nJe compte, pendant la tarentelle, les costumes qui restent sur la table : la servante silencieuse, qui\nprépare des voiles d'aimée, suit mon regard et hoche la tête... Presque aussitôt, le pêcheur napolitain lui"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.57", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1055, "texte": "tombe sur les bras, à bout de souffle. La danseuse porte sur son visage la sueur, la pâleur de ceux que\nleur cœur suffoque, je voudrais parler, offrir une aide, mais la hâte des deux femmes prend quelque\nchose de tragique: il faut, malgré les mains qui tremblent, les flancs qui sautent, il faut aller jusqu'au bout...\nJ'assiste, impuissante, aux dernières \" transformations \" : je vois passer encore contre moi une\nIndienne de la Prairie, hérissée de plumes, à qui l'on vient de presser un citron dans la bouche, comme\non fait aux boxeurs fourbus, puis une aimée titubante, qui exhale des \" h 0... h 0...\" rauques, puis\nun moujik en blouse rouge, qui sanglote nerveusement et pleure de grosses larmes rondes parce que ses\njambes vont lui refuser service, enfin, enfin, il n'y a plus devant moi, sous la froide lumière d'un \"bleu\nde lune, que l'armature, à cette heure inerte, de tous ces costumes fanés : un jeune corps exténué,\ndemi-nu contre le portant, et qui, pour chercher un peu d'air, renverse sa gorge, comme Saint Sébastien\noffert aux flèches..."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c027", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 57, "image_fin": 57, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.11", "titre_corps": "LE TÉNOR.", "titre_sommaire": "LE TÉNOR.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.57", "debut_caractere": 1057, "fin_caractere_exclue": 2445, "texte": "LE TÉNOR.\nIl est beau. Il porte les couleurs de la mode actuelle : noir et blanc. Blanc plastron et habit noir,\nun gardénia à la boutonnière. Blanc visage régulier, au nez romain, cheveux noirs où se mire la herse,\net noires prunelles, larges, tranquilles, dans un grand œil blanc. Sa bouche, rehaussée d'un fard sombre\net riche, ses dents, sa chevelure, ses vastes yeux, tout cela brille d'un éclat gras, comme lustré d'une\nhuile rare. Il est beau.\nQuand il paraît, annoncé par une plainte des violons à l'unisson, et qu'il s'arrête juste au milieu\nde la scène, la claque seule l'applaudit. Mais je jure bien qu'on pourrait entendre, en faisant taire la\nmusique et les bravos, un discret murmure exclusivement féminin : soupirs d'aise et d'envie, froissement\nde robes, parce qu'on s'installe et qu'on s'accoude, et chuchotement où sifflent les s de son nom, à lut !\nIl chante les valses qu'exige la vogue, il détaille aussi la romance dramatique où l'héroïque gigolette\nmeurt pour sauver le fils de famille qui l'a rendue mère, - le tout d'une jolie voix facile, qu il ménagé\nprudemment, car la fumée et la poussière des music-halls font aux ténors une gloire breve. Il est non\nmoins ménager de ses gestes et s'en remet à ses yeux pour séduire. Durant qu il chante, ces yeux noirs\net blancs font le tour des loges, lents, assurés, voilés de dédain voluptueux, puis caressent pareillement"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c028", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 57, "image_fin": 58, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.12", "titre_corps": "Les Théatres", "titre_sommaire": "Les Théatres", "signature_source": "Colette Willy", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.57", "debut_caractere": 2447, "fin_caractere_exclue": 2971, "texte": "Les Théatres\n\nROMA DE MASSENET A L'OPÉRA\nNous avons souvent frémi d'horreur en lisant des récits de voyage où les\nexplorateurs nous révèlent que certains nègres ont l'habitude de tuer et de dévorer\nleurs parents lorsque ceux-ci ont le manque de tact de dépasser un certain âge.\nC'est le moyen le plus pratique et le plus expéditif qu'ils aient pu découvrir pour\nremédier à la crise de la vie chère et à l'encombrement des carrières libérales. 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Un miroir écorné, sans cadre, pend au mur: le ténor y mire\nses dents, son menton rasé, où la poudre masque le bleu d'une barbe dure. Il consulte le bulletin de\nservice, bâille de nouveau, et dit haut, à la cantonade :\nBelle salle, ce soir.\nIl tousse, et ajoute :\nJe ne sais pas ce que j'ai dans la gorge, depuis ce matin.\nLe comique prostré réplique un mot banal, ou bien c'est la diseuse incomprise qui va distiller\nles \"Jolies chansons de France\", ou bien moi...\nEt le ténor ne s'en va toujours pas. Il s'attarde dans la demi-nuit sinistre, dans ce silence singulier,\ntroublé seulement par l'orchestre, des coulisses de café-concert. Parfois, le petit chasseur lui remet une\nlettre, qu'il ouvre lentement avec un indiscret sourire.\nMais je ne lui vois point de hâte, ni de fièvre, et ce \" briseur de cœurs \" n'a jamais l'air d'un\nhomme qu'on attend. C'est un très paisible camarade, et je le jurerais incapable de faire commerce de\nses charmes ailleurs que sur la scène. Le ténor n'y songe même pas. Chacun de ses coups d'œil aux\nmiroirs le récompense ; quoi qu'en pense la duègne, qui le traite amoureusement de \" beau gosse\net le comique chétif, qui murmure \" barbeau \" sur son passage, je ne le nommerais ni Don Juan, ni\nAlphonse, mais Narcisse.\n\nColette Willy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c030", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 59, "image_fin": 63, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.13", "titre_corps": "Les Théatres", "titre_sommaire": "Les Théatres", "signature_source": "T. de Wyzewa", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.59", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 524, "texte": "Les Théatres\n\nROMA DE MASSENET A L'OPÉRA\nNous avons souvent frémi d'horreur en lisant des récits de voyage où les\nexplorateurs nous révèlent que certains nègres ont l'habitude de tuer et de dévorer\nleurs parents lorsque ceux-ci ont le manque de tact de dépasser un certain âge.\nC'est le moyen le plus pratique nt le plus expéditif qu'ils aient pu découvrir pour\nremédier à la crise de la vie chère et à l'encombrement des carrières libérales. 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Ce prodigieux\ngrouillement d'héritiers, ces baptêmes annuels célébrés avec pompe, irritent la\ntribu qui se trouve déjà trop étroitement logée dans nos palais nationaux et gémit\nsur l'exiguité des \" nursery \"de l'Etat. , . ,\nCette année, une particularité inattendue a mis le comble a 1 exaspération des\npères de famille. M. Massenet à son âge, c'est presque une indécence ! ne\ns'est-il pas avisé de changer sa manière! Jusqu'ici il n'avait jamais eu que des\nfilles invariablement blondes et souriantes, or son dernier enfant est un garçon\nnoiraud à la mine sévère ! Inquiétant présage ; n est-ce pas la le commencement\nd'une nouvelle dynastie ? .\nQue deviendra l'art lyrique, pensent les montreurs d ours, si la délimitation\ndes genres n'est plus respectée ! Comment se reconnaître dans la melee theatrale,\ndéjà si confuse, si les rôles des combattants sont intervertis ? Qui nous dit que\nSaint-Saëns ne va pas demain remettre Manon en musique puisque Massenet vient\nde récrire les Barbares ? .\nCe fut un bel affolement dans les couloirs et, il faut bien 1 avouer, un leger\neffarement dans le public. La malveillance et la tendresse s'accordèrent à déplorer\nce choix d'un austère sujet de la part d'un doux vieillard voué depuis son enfance\nau culte de Vénus cc invisible et présente\". Le \"cas Massenet est classe dans\nl'histoire de l'art ; quel ennui d'avoir tout à remettre en question à propos de\nce malencontreux essai ! L'auteur de Werther était entré vivant dans 1 immortalité.\nOn lui avait rendu pleine justice, on avait mis en lumière son heureuse influence\nsur l'essor d'une génération audacieuse, les historiographes du modernisme le pius\naigu le saluaient au passage, Debussy, lui-même, ne rougissait pas de lui dédier la\nfiliale accolade de l'Enfant Prodigue, on lui avait reconnu, une fois pour toutes,\nle droit à la romance et à la grande effusion sur la quarte et sixte en maniéré de\npension de retraite, on continuait à fêter courtoisement les aimables redites ses\nderniers ouvrages, et l'on recueillait avec respect les irradiations de son geme\npassé semblables à ces rayons qui cheminent encore dans les espaces intersolaires\nplusieurs années après l'extinction de l'astre qui les émit ! Quel sort pouvait etre\nplus enviable ? , .\nUn geste maladroit de l'lmmortel vient de signaler aux passants que le\nPanthéon recélait un vivant ! Tout est remis en discussion et nous nous retrou-\nvons, sans indulgence, en présence d'un banal livret d'Henri Cain et d'une\npartition desséchée et sans grâce ! Heureusement que Noé a des fils dans le\nAu fond, cette mésaventure nous eut été épargnée sans 1 exemple déplorable"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.61", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2779, "texte": "de ce diabolique Verdi et de son sénile miracle : le \"coup de Falstaff\" empêchera\ntoujours nos immortels... de mourir !\nEMILE VUILLERMOZ\nP. S. La \"Grande Saison de Paris\" obéissant à un idéal nettement \"cyclique\"\nje ne saurais sans trahison isoler un de ses thèmes. On me permettra donc de laisser\nà Hélène de Sparte sa véritable signification en ne la séparant pas des autres\nmanifestations musicales qui l'accompagnent et dont je rendrai compte dans le\nprochain numéro.\nDON JUAN DE MOZART A L'OPÉRA COMIQUE\n/\n/\nIl y a eu, dans cette nouvelle reprise de Don Juan, quelque chose de touchant\net en vérité de très beau, dont je crois bien que tout le monde a été frappé\ncomme moi. Unanimement, nous admirions M. Albert Carré d'avoir consenti à ce\nque M. Reynaldo Hahn essayât ainsi, sur la scène de l'Opéra-Comique, une fidèle\nrésurrection de l'œuvre de Mozart ; et nous savions un gré infini à M. Hahn\nlui-même de tout ce qu'il avait dépensé de science, et de talent, et d'amour, du\nservice d'une cause artistique toute désintéressée.\nNon pas, cependant, que cet éminent connaisseur et \" amateur \" de Mozart\neût réussi à nous rendre aussi parfaitement qu'il l'aurait voulu la partition authen-\ntique et originale de Don Juan,telle que l'ont entendue les habitants de Prague, le\nsoir du 29 octobre 1787. Force lui a été, par exemple, de confier à la sûre et\nsavante voix de Mlle Génevieve Vix, dans son rôle de Dona Elvire, en plus de\nl'air en ré composé pour Prague, un autre air, en écrit, pour l'Opéra de\nVienne en 1788 ; tandis que d'autre part nous avons été privés, après du\nsecond acte, d'un grand air de Leporello qui appartient incontestablement à la\nversion primitive, et dont l'étonnante ampleur et emphase comique ajoute un\nélément des plus précieux à la définition musicale du peureux et effronte\ncompagnon de Don Juan. Pareillement encore un \" mozartien \" de la \"stricte\nobservance \" serait homme à regretter que, dans l'une des premières scènes du pre-\nmier finale, l'on n'eût pas tenu compte d'une intention manifeste du compositeur.\nLorsque, en effet, Leporello, soufflé par son maître, invite les trois masques a\nprendre leur part du bal, cette invitation ne devrait pas être faite à travers une\ngrille, comme nous le voyons à l'Opéra-Comique, mais bien à travers une fenetre,\ndont l'ouverture momentanée nous laisserait entendre les premiers échos du\nmenuet, dansé à l'intérieur du palais. L'intervention de ce menuet dans l'accam-\npagnement, à ce moment du finale, nous reste inexplicable sans ce jeu de scene de\nla fenêtre ouverte.\nMais que sont ces menues imperfections en regard de la masse énorme de\nchoses nouvelles, ou plutôt heureusement renouvelées d'après la partition\noriginale, dont nous voici redevables à la providentielle collaboration"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.62", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3423, "texte": "\" mozartienne \" de MM. R. Hahn et Albert Carré ? Un orchestre réduit à ses\nproportions naturelles, les dernières scènes du second finale rappelées à la vie après\nplus d'un siècle de complet abandon, tout porte à coire que ces scènes\navaient même été supprimés dès le premier soir, au théâtre de Prague, la\ndivision primitive en deux actes scrupuleusement conservée (tout au moins sur le\nprogramme et en théorie), et l'installation de trois petits orchestres \"réels\" au\nmilieu des danseurs, dans le premier finale : autant de véritables victoires rempor-\ntées désormais sur une tradition le plus souvent imbécile, sans compter vingt\nautres victoires moins apparentes, peut-être, mais mieux faites encore pour\némouvoir délicieusement toute âme qui se soucie de goûter le pur et subtil\nparfum du génie de Mozart. A quoi j'ajouterai que, pour ne rien dire de\nl'excellente tenue de l'orchestre sous la direction personnelle de M. Hahn,\nl'interprétation des rôles atteste un progrès considérable sur celles où le même\nthéâtre nous avait naguère habitués. M. Périer use avec une intelligence et un art\nsans pareils d'une voix qui seulement, par instants, aurait gagné à être plus sonore.\nMM. Vieuille, Francell, Delvoye, et Payan, Mmes Espinasse et Geneviève Vix\nont tâché de leur mieux à retrouver le secret d'un chant très différent de celui qui,\nà l'ordinaire, leur permet de déployer les ressources de leurs voix. Et si la voix de\nMUe Mathieu-Lutz, elle non plus, n'a peut-être pas toute la force qu'exigerait une\nrestitution idéale du rôle de Zerline, jamais encore je n'ai entendu une traduction\nde ce rôle aussi merveilleusement juste, légère, \" zerlinienne \" que celle-la.\nQue si maintenant l'on me demandait mon opinion sur les résultats pratiques\net les probabilités d'avenir de cette admirable reprise de j'aurais à\némettre le pronostic le plus pessimiste. Car je suis à peu près certain que, cette\nfois encore, le chef-d'œuvre de Mozart disparaîtra bientôt de la scène de l'Opéra-\nComique, tout de même qu'en a disparu, l'année dernière, la Flûte enchantée.\nDe nouveau, le public ne tardera pas à se lasser de Don Juan, ce qui achèvera de\nconfirmer les directeurs dans la croyance, absolument erronnée, qu'il n'y a\nplus de vie possible, chez nous, pour la génie dramatique de Mozart. Et pour-\nquoi ? Parce que Don Juan, avec toute sa beauté immortelle, est une pièce vieille\nde plus d'un siècle, et qui, cela étant, ne saurait nous être présentée de la même\nfaçon qu'une pièce écrite aujourd'hui pour nous. Lorsque la direction du Théâtre-\nFrançais s'avise de ressusciter un chef-d'œuvre de Molière, tel que Georges Dandin\nou le Médecin malgré luiy l'idée ne lui viendrait pas d'offrir cette comédie classique\navec un luxe de mise en scène qui l'obligerait à ne pas donner autre chose, durant\nla soirée. Pour imprévus ou merveilleux que soient les décors éxécutés en vue de\ncette reprise d'une pièce de Molière, le public du Théâtre-Français s'impatienterait\nd'avoir à les payer par de longs entractes, comme ceux où il se résigne pour\nentendre une œuvre nouvelle de M. Rostand ou de M. Donnay.\nVoilà ce que nos directeurs de théâtres musicaux semblent ne pas vouloir\ncomprendre, au grand détriment de leurs propres efforts et de la gloire des\nmaîtres anciens ! C'est ainsi que Don Juan, sur l'affiche, ne comporte que deux\nactes : en réalité, il nous condamne à subir, en plus du grand entracte régulier,"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.63", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2815, "texte": "une demi-douzaine d'entractes un peu plus courts, mais, tout de même, bien\nennuyeux pour des auditeurs qui ne sont pas encouragés à la patience par la\ncuriosité de découvrir ce qui va ensuite leur être montré sur la scène. Le premier\nfinale, par exemple se trouve coupé, après le trio des masques, d'une façon qui en\naltère l'unité musicale. Au second acte, nous devons attendre dix minutes le petit\nduo du cimetière,puis de nouveau dix minutes l'air, —si fâcheux au point de vue\ndramatique, il faut bien l'avouer ! de Dona Anna ; et, après cet air, dix\nminutes encore d'attente avant d'être admis à la jouissance du second finale. Et\nque l'on n'allègue pas que ces petits arrêts ne sont pas de véritables \" entractes, \"\nparce que l'on est invité à ne pas bouger de sa place ! J'affirme, au contraire, que\ncet obligation d'attendre sur place est pour nous, inconsciemment, plus agaçante\nencore qu'un entracte où nous pouvons échanger nos impressions avec des amis.\nJe l'ai bien vu à la répétion générale : tout autour de moi, à partir du milieu du\nsecond acte, des auditeurs commençaient par relire leurs programmes, durant\nl'un ou l'autre de ces désastreux arrêts, et puis, machinalement, fatigués\nd'attendre, ils prenaient leur chapeau et s'en allaient chez soi.\nC'est là, pour moi, une question pratique d'une importance considérable. Et\nvraiment je ne parviens pas à comprendre que nos directeurs ne se rendent pas\ncompte de son importance, et ne cherchent pas un moyen quelconque d'alléger, de\nrendre plus courte et plus foncièrement agréable au public la représentation\nd'œuvres qui, comme celles de Mozart, ont besoin, pour nous attirer au théâtre,\nde provoquer en nous un plaisir quasi spontané, je veux dire aussi facile à goûter\net aussi peu mêlé que possible. A Munich, depuis bientôt vingt ans, l'appareil de\nla \" scène tournante \" nous a permis d'entendre les opéras de Mozart dans des\nconditions incomparables de simple et profonde jouissance musicale. Ou bien, à\ndéfaut de ce moyen-la, ne pourrait-on pas recourir à d'autres artifices, n'importe\nlesquels, pourvu qu'ils nous missent à même d'entendre vraiment Don Juan ou la\nFlûte Enchantée en deux actes, comme Mozart les a conçus ? Alors seulement le\npublic parisien recommencerait à éprouver le besoin et l'amour de cette musique\ndivine ; et alors tout l'admirable sacrifice \" mozartien \" de M. R. Hahn se\ntrouverait dûment apprécié ; et M. Albert Carré n'aurait plus la tristesse de\ndevoir rejeter de son répertoire des œuvres qu'un artiste comme lui ne peut\nmanquer d'adorer. Mais, hélas ! je crains bien de perdre mon temps, et surtout\nd'exercer inutilement la patience des lecteurs du avec ces doléances que\nj'ai déjà exprimées bien des fois, sans que personne, je crois bien, ait même pris la\npeine de les écouter !\n\nT. de Wyzewa."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c032", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 64, "image_fin": 70, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.14", "titre_corps": "DE LA MUSIQUE ET DE LA DANSE LES CONCERTS DE Mlle TROUHANOWA", "titre_sommaire": "DE LA MUSIQUE ET DE LA DANSE LES CONCERTS DE Mlle TROUHANOWA", "signature_source": "Robert Brussel", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.64", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1622, "texte": "DE LA MUSIQUE ET DE LA DANSE\nLES CONCERTS DE Mlle TROUHANOWA\n\nIl n'est pas trop tard pour parler d'eux : encore ils constituent plus qu'un événement\nsensationnel de la saison parisienne ; ils marquent une date importante de notre histoire\nartistique : celle où notre musique symphonique française s'est unie intimement à la danse :\nc'est la date de la première représentation de la Péri de Paul Dukas.\nAprès une quarantaine d'années d'indifférence, qu'explique facilement la faiblesse où est\ntombé le ballet de théâtre, la danse est de nouveau en faveur. On l'a peut-être aimée, jadis,\nau XVIIIe siècle surtout, avec un zèle plus constant, avec plus de passion et d'enthousiasme,\nmais jamais on ne s'est intéressé à elle avec des soins plus graves et une intelligence plus\nsoutenue. Ces marques de sollicitude si différentes, les unes légères, les autres attentives,\ncorrespondent évidemment à des conceptions tout opposées de la chorégraphie ; le ballet frivole\nest l'objet des premières, la danse d'expression est l'objet des secondes. Certains prétendent que\nces formes s'opposent et se détruisent, d'autres au contraire qu'elles se pénètrent et se com-\nplètent. Je serais plutôt de l'avis de ces derniers. Quoi qu'il en soit, la danse tient à nouveau\nune place considérable dans les goûts du jour : non seulement elle est à la mode, ce qui serait\npeu de chose, mais elle a donné à penser à des artistes de toute sorte : poètes, peintres et\nmusiciens, ce qui a infiniment plus de prix. A l'exception de quelques praticiens comme\nCahuzac ou Noverre, nul ne s'était soucié jadis de donner à la Danse des lois esthétiques."}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.67", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3562, "texte": "Poètes et prosateurs épris de jolis spectacles, bornaient leur zèle à composer en son honneur\nd élégants badinages en forme d épîtres ou de madrigaux enflammés. Aujourd'hui que les\nesthéticiens s en sont mêles ou vont le faire la Danse connaît des heures inquiètes.\nA l'appel de qui doit-elle se rendre ?\nMme Isadora Duncan 1 a profondement troublée ; les ballets russes ont plus encore secoué\nsa torpeur ; d autres imitateurs ou disciples ont ému le ballet de naguère, qui s'en allait,\nmourant doucement, avec son vieux sourire figé depuis l'ancien régime et qui n'a plus, hélas,\nde séduction ni de grâce pour personne.\nEn examinant rapidement les deux aspects suivant lesquels la danse s'est renouvelée de\nnos jours, nous saisirons plus aisément la caractéristique des concerts de Mlie Trouhanowa et\nce qui en constitue l'exceptionnelle valeur.\nL art de Mme Isadora Duncan peut irriter ou remplir d'extase ;sa personnalité peut être\nhaïssable aux uns, adorable aux autres ; on n'empêchera pas qu'elle ne soit l'initiatrice du plus\ngrand mouvement qui se soit produit dans la chorégraphie depuis Noverre. Mais son art, qui\nfut quelquefois divin, est essentiellement un art égoïste : il ne tend qu'à mettre en relief la\nvaleur d'une interprète, qui a peut-être du génie, mais dont les définitions sont trop vagues\npour composer une méthode. On me dira que Mme Duncan a formé une école, et que cette\nécole, où sont enseignées la grâce des gestes et la noblesse des attitudes, est la chose la plus\nadorable qui soit au monde. Mais Mme Duncan enseigne aussi que l'art qui n'est que\nfiction et artifice alors même qu'il est de pure expression que l'art peut dépouiller tout\nartifice ; elle pense qu'en empruntant à la mer ses cadences, aux feuillages leurs ondulations,\nelle communique à ses pas et à ses gestes des rhythmes naturels ; elle pense surtout forte\nen cela de son cuite pour la plus belle musique qu'elle a le droit d'appliquer sans que les\nauteurs aient pu y consentir à des conceptions purement abstraites une traduction arbitraire\noù la nature se reconnaîtrait peut-être, mais où la musique ne se reconnaît sûrement pas.\nMme Duncan estime avant toute chose que le ballet est une forme d'art condamnable qu'il\nconvient de rayer d'un trait de plume du tableau des mœurs et de l'histoire. On ne supprime\npas aussi aisément une forme d'art surtout quand, comme celle-ci, elle a créé des chefs-\nd'œuvre et qu'elle a cette supériorité de posséder une terminologie précise, une méthode, des\nécoles, et un passé. Des traditions qui évoluent insensiblement constituent seules les échelons\nprogressifs d'un art. C'est pour avoir méconnu cette loi fondamentale et pour avoir voulu briser\nce qui ne saurait se détruire, que, malgré son immense influence et malgré la parcelle de génie\nqui lui a été dévolue par la divinité, Mme Duncan n'a pas encore suscité l'œuvre définitive et\nexemplaire qu'on est en droit d'attendre d'elle.\nImmédiatement après elle sont venus ce qu'on est convenu de nommer les \" ballets\nrusses \", c'est-à-dire la troupe composite réunie par M. de Diaghilew.\nM. de Diaghilew est un prodigieux artiste : il est \" artiste \" en toute chose ; il est\na artiste \" avant toute chose : si le sort avait fait de lui un cuisinier ou un maçon, il aurait\ntrouvé le moyen de mettre de \" l'Art \" dans ses sauces ou dans son plâtre. C'est une qualité\nprécieuse, qui poussée à ce point ne va pas sans inconvénients: La réalisation d'un ouvrage\ndevient elle même une nouvelle œuvre d'art qui relegue le compositeur au second ou au\ntroisième plan."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.68", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3914, "texte": "Fort heureusement, en même temps qu'il est artiste, M. de Diaghilew est extrêmement\nintelligent et habile. Il a pensé qu'il serait déraisonnable de ne point profiter de la culture\nchorégraphique d'une troupe élevée dans l'Ecole où sont précisément conservées avec le plus de\npureté les traditions de la grande danse française. De la sorte, impressionné sans aucun doute\npar Mme Duncan, aidé par le maître de ballet sans pareil qu'est Michel Fokine, il a constitué\nun spectacle où la \" danse noble \" se mêle à \" la danse libre \" et qui loin de détruire le ballet,\nle renouvela, et a prolongé par là l'existence d'un art charmant.\nMais les qualités \" d'art \" de M. de Diaghilew n'ont pas manqué de déteindre sur ces\nspectacles jusqu'à en absorber en quelque sorte tout l'intérêt. On sait quel en fut le succès : il\nn'est point aujourd'hui de \" bourgeois du Marais \" (s'il en existe encore) qui ne rêve volup-\ntueusement des Sylphides et de Cléopatre. Le goût naquit, puis la mode s'acharna : la mode qui\ndéfinit si bien la prédominance de l'élément plastique sur la musique. Car jusqu'au jour mer-\nveilleux où naquit Y Oiseau de feu la musique fut reléguée au second plan. Aussi bien si l'on vit\nnombre de turbans \" Sheherazade \", si les nègres de M. Bakst firent une quantité énorme de\npetits nègres, les confiseurs se dispensèrent du moins de baptiser leurs produits du nom de\nStrawinsky : Hormis à Bayreuth, les industries de l'élégance et de la gourmandise ne s'encom-\nbrent pas de chefs-d'œuvre.\nDés qu'apparurent VOiseau de Feu, puis Petrouchka, la musique une musique singulière-\nment frappante fut rétablie dans ses droits. En même temps se précisait la fonction que\nrempliront dans l'histoire de la chorégraphie les spectacles de M. de Diaghilew : si inédits qu'ils\naient été de mise en œuvre musicale, les ballets nouveaux étaient cependant des ballets, renou-\nvelés, rajeunis, éblouissants, ayant tout l'imprévu d'une manière inconnue, mais des ballets\npourtant. Les collaborateurs de M. de Diaghilew, qui sont aussi habiles et judicieux qu'il l'est\nlui -même, ont façonné leurs livrets, déterminé leurs mises en scène, réglé leurs pas suivant les\naptitudes des interprètes qu'ils pressentaient devoir leur être attribués. Leur œuvre est particu-\nlière et non point générale : il faut au prodigieux Nijinsky des bonds démesurés et des poses où\npuisse se tordre ou s'épanouir son corps flexible ; il faut à l'ineffable talent de l'adorable\nKarsavina des personnages où elle puisse révéler sa chaste séduction en même temps que sa\ntechnique pure et volubile : Narcisse est fait à la mesure du talent de Nijinsky ; l'Oiseau de feu\nn'est nulle autre que Tamar Karsavina et je ne vois point Cléopatre sous d'autres traits que\nceux de Madame Rubinstein.\nAinsi se précise la tendance et la portée du \" Ballet russe \" : l'apport dans un cadre\nrenouvelé par la peinture, d'une chorégraphie libre ; l'utilisation judicieuse, suivant les dons\ndes interprètes, de la virtuosité classique, en tant que ressort dramatique : la conciliation\nd'éléments hétérogènes et qui paraissaient, auparavant, inconciliables.\nQu'ont donc apporté de particulier les concerts de Mlle Trouhanowa ? Ils sont tout\nd'abord essentiellement français, ce qui, pour des français, est d'une certaine importance ;\nensuite, la musique y est au premier plan, ce qui, pour des musiciens, ne l'est pas moins ; enfin\nl'apport de l'interprète, en tant que créatrice de spectacle, est d'une qualité absolument neuve\net inespérée, disons-le, chez une danseuse.\nLa physionomie artistique de Mlle Trouhanowa et sa personnalité intellectuelle sont l'un\net l'autre exceptionnelles, et également savoureuses. Je n'en sais point qui leur ressemblent ;\nleurs caractères distinctifs ne sont empruntés à nulles autres ; elles sont, profondément et au\nmeilleur sens du mot, originales. Sa culture qui est extrêmement variée, n'a rien de superficiel :"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.69", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 4301, "texte": "je me souviens de la stupéfaction qu'eurent les artistes et les lettrés lorsqu'elle arriva à Paris il\ny a quelques années, a rencontrer chez une danseuse, avec tant de simplicité et de modestie,\ndes connaissances philosophiques, littéraires, musicales, aussi variées et aussi parfaitement\nassimilées. Elle a sur tout ce qui concerne l'art, des vues et un jugement très frappants qui lui\nappartiennent en propre. Elle excelle a composer des unes et de l'autre des synthèses remar-\nquables aussi bien par leur netteté et leur justesse, que par le tour pittoresque qu'elle leur\ndonne. Aussi bien après avoir étudié avec un zèle égal toutes les formes de l'expression drama-\ntique : la comedie, la tragédie, la danse classique et la mimique, elle est arrivée à se faire de\nson art une conception singulièrement neuve et personnelle. Ce qui caractérise cette conception\nc est que la personnalité d'ordinaire égoïste de toute interprète semble s'y absorber dans la\nproduction de 1 esprit créateur : Zèle et respect si absolus, que non seulement l'interprète\ns'identifie à l'œuvre, mais qu'elle finit par s'effacer elle-même, par se dérober à \" l'effet \" que\ntout autre ne manquerait pas de vouloir susciter, afin de laisser à la musique et à la pensée\npoétique qui l'a engendrée ses plans, ses reliefs et ses ombres.\nOn vous a vanté par ailleurs le choix et la qualité du programme : il se composait de\nquatre œuvres de quatre compositeurs notoires de la musique moderne française : M. Vincent\nd'lndy, M. Paul Dukas, M. Florent Schmitt, M. Maurice Ravel. Pour la première fois au\nmonde, notre musique était appelée à concourir à un pareil spectacle ; pour la première fois,\nsans \" arrangement \" irrespectueux, sans u adaptation \" fantaisiste, la musique symphonique\nfrançaise occupait la première place dans un spectacle de chorégraphie. Je ne reviendrai ni sur\nla noble beauté d'lstar, ni sur la passion tragique que récèle Salomê, ni sur l'élégance spirituelle\net piquante à?Adélaïde. Sauf dans ce dernier ouvrage où elle s'est divertie à établir une\nsilhouette conventionnelle du ballet, Mlle Trouhanowa est demeurée fidèle à son principe.\nEt je ne saurais dire à quel point fut saisissante son Istar humble et fière, hiératique et\nhumaine, à quel point fut troublante et touchante sa Salomê frénétique et superbement\ndéchaînée. Je sais que Mlle Trouhanowa est très belle et que, dès qu'elle apparaît en scène,\nle public est gagné à sa cause. Mais il ne suffisait pas de posséder cette splendide beauté pour\nfaire de la Péri le drame poétique et saisissant qu'elle a conçu et réalisé. Et c'est précisément\ncet ouvrage qui, s'il décida du plus violent enthousiasme du public, fut aussi de tous le plus\nattachant. C'est un hommage bien significatif que M. Paul Dukas rendit à la danse, le jour\noù il écrivit la Péri. La musique française, la \" grande \" musique s'entend, s'est trop long-\ntemps refusée à accorder à la danse des vertus de pathétique : il fallait qu'un musicien de\nnoble race artistique \" crût \" enfin à l'avenir d'une forme qui est peut-être la plus complète\ndes formes lyriques : le poème dansé. La Péri est précisément ce poème dansé.\nMais il fallait pour que ce miracle se réalisât le terme de : a Danse \" prît un sens plus\ngénéral ; qu'il ne s'appliquât point exclusivement à ce qu'il y a de volubile dans la choré-\ngraphie ; que la musique pût être vraiment libre ; et son pathétique dégagé de tous ornements\npittoresques, divisions en \" couplets \", périodes de virtuosité, déguisés ou franchement avoués\nque tous les ballets, si neufs de musique qu'ils soient tolèrent encore. Il fallait surtout que\nla chorégraphie et le décor ne fussent pas l'essentiel du spectacle, mais un complément\ndocile.\nAussi bien en l'écrivant, Paul Dukas n'a-t-il abdiqué aucune de ces exceptionnelles beautés\nqui font d \"Ariane et Barbe-bleue un chef-d'œuvre : une architecture d'un dessin magnifique et\nd'une ornementation somptueuse ; une sève musicale riche de la plus rare richesse, où la passion\nle dispute en intensité à la plus émouvante sérénité. Cette même sève circule dans la Péri, et si\nles dehors sont différents, si l'orchestre y est d'un pittoresque plus accusé, la poétique demeure\nidentique : c'est toujours l'expression qui régit le choix des idées et leur développement ; en"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.70", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3905, "texte": "gravissant lentement les pentes qui conduisent au paradis d'Ormuzd, la Péri rejoint assurément\nAriane qui, elle aussi, a reconquis sa fleur d'immortalité.\nVoici donc une œuvre musicale qui n'a subi, ni directement ni indirectement, les lois\ntyranniques du ballet ; vous ne surprendrez dans son développement nul arrêt causé par un\nincident chorégraphique, nul \" morceau \" qui suspende l'intérêt, nul appel ou nulle concession\nà la virtuosité.\nEt c'est ici que se manifeste le plus lucidement le talent de Mlle Trouhanowa: aussi bien\nqu'au lever du rideau, le magnifique manteau dont l'a revêtu René Piot ne se détache pas de\nl'harmonie de l'arbre aux fleurs d'or, aussi bien son interprétation épouse-t-elle avec une fidélité\nabsolue les fluctuations de la symphonie, ses rappels thématiques, ses brisures de rythmes,\nses accents ; aucun de ses gestes, aucun de ses pas ne sort du \" cadre \" musical ; tous s'y\nadaptent ; et il semble tant ils sont justes qu'au lieu de l'interpréter, ils prolongent le pathé-\ntique musical et en sont l'indispensable corollaire ; ils ne sont pas ce qu'est d'ordinaire le ballet\nappliqué a u l'adaptation musicale \" : un agrément superflu ; ils sont un élément indispensable\nde r émotion. Tant de simplicité, un sentiment si juste et si sobrement exprimé, une poésie\naussi constante dans le mouvement, voilà le plus rare et le plus merveilleux de l'interprétation\nde Mlle Trouhanowa. On a longuement parlé des beaux décors qu'ont réalisé pour Istar,\nM. Desvall ières, pour la Tragédie de Salomé M. Maxime Dethomas, pour Adélaïde M. Drésa.\nJe voudrais revenir une fois encore sur celui que M. René Piot a brossé pour la Péri. Il était\ndigne de l'œuvre qu'il commentait ; il était animé du même sentiment poétique ; une richesse\nde tonalité identique l'illuminait ; il était ennobli par une même dignité artistique. Ici la\ncollaboration du peintre et du musicien fut absolue ; l'esprit pénétrant du premier devina quel\nrêve plastique le second avait imaginé.\nAussi bien, si son illustration fut magnifique, elle fut aussi fidèle et respectueuse du sens\npoétique et musical. Le décor évidemment conçu pour la pleine clarté ne s'illumina que\nprogressivement en suivant mesure à mesure l'éclat croissant de la musique. Une fois encore\ncette dernière fut mise au premier plan : témoignage de respect qui pourrait utilement servir\nd'exemple. Le détail du décor et du costume révèle ce même souci \" d'obéissance \" qui est\nen la circonstance la marque d'une superbe personnalité à la poétique de l'œuvre : La\npremière colline que découvre le paysage est azurée : c'est celle qu'lskender ne saurait dépasser ;\nla montagne de la Péri est toute \" corail \" ; celle du Palais d'Ormuzd le séjour du Bien\nest toute d'or. On retrouve là dans le choix des tons, le rapport persan de bleu, rose et or.\nPas un noir. Iskender, dès le début, apparaissant au sommet de la montagne bleue disperse sur\ntout le paysage l'harmonie de pourpre sombre qui lie les trois valeurs. La Péri a, sur son\nmanteau, répandu les yeux du paon et la nacre perlée. Elle allie sur elle la fusion des deux\nmondes opposés qu'a feint toute mythologie pour les êtres célestes : l'aile de l'oiseau et\nl'irisation des coquillages des mers. D'abord toute voilée devant l'être terrestre, elle apparaît\ndans son manteau divin ; mais à mesure qu'elle s'abaisse à une séduction plus humaine, son\nvêtement devient purement terrestre. Des fleurs de rubis et la pourpre l'inondent jusqu'au\nmoment où resaisissant la fleur d'immortalité, elle retrouve son manteau céleste.\nJamais la musique associé à la danse, en conservant la liberté de son développement\npathétique, n'a donné naissance à un spectacle aussi purement expressif ; jamais la danse\nn'a pu, sur des événements plus décisifs, mieux augurer de son avenir. Et ce sera l'honneur de\nMlle Trouhanowa de lui avoir permis d'aussi précieux espoirs.\n\nRobert Brussel."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c034", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 65, "image_fin": 65, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.15", "titre_corps": "Mme Trouhanowa dans Adelaïde", "titre_sommaire": "Mme Trouhanowa dans Adelaïde", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.65", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 28, "texte": "Mme Trouhanowa dans Adelaïde"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c035", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 66, "image_fin": 66, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.16", "titre_corps": "Décor de la Péri, par R. 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Mulot de sa dextérité sur la\nharpe-luth, et de son goût pour Francesco da Milano, un des très grands musiciens de 1550.\nEt cherchons le sens de cette manifestation, dont l'honneur revient pour une bonne part, (la\npart du Lyon), à l'obligeant mécène de la rue Rochechouart.\nLe but de cette séance était double, du moins m'a-t-il semblé. On avait eu le légitime souci\nde remettre en honneur le luth et son répertoire. On avait aussi le non moins légitime désir de\nnous présenter le remplaçant moderne d'un instrument disparu, et de permettre à la harpe-luth\nde faire ses preuves devant nous.\nCeci posé, il convenait de présenter les choses sous un certain jour c'est-à-dire de se\nmontrer à la fois historien soucieux du passé, et moderniste enflammé. M. Vincent d'lndy me\ncroira certainement si j'avoue que j'ai été émerveillé de l'autorité avec laquelle il a, le plus\ntranquillement du monde, résolu ce petit problème. Tout d'abord, en quelques mots latins dont\nil sut tirer quelques mots d'esprit, il mit le public de son côté. Puis il nous entraîna vers la\nchanson populaire, la chanson française, nous flattant agréablement par le riant aspect de nos\ntrouvères et de nos troubadours, de nos vaudevillistes et de nos faiseurs de couplets.\nIl parvint ainsi au cœur du sujet, nous montra le rôle du luth dans cet formation de la\nmusique occidentale, et nous fît honte de délaisser un répertoire aussi brillant, aussi étendu.\nEnfin, prévenant les objections qui pourrait s'adresser au luth oublié et désuet, à sa tablature,\nà sa bizarrerie même, M. d'lndy nous démontra la nécessité pour tout artiste de se libérer des\nentraves du passé et de ne retenir de la tradition que ce qui pouvait s'accommoder au goût\nprésent, à notre goût d'auditeurs et d'exécutants. Encore un pas, et nous fûmes dans les bras\nde la harpe-luth, u permettant de reconstituer aisément et fidèlement ces œuvres pittoresques et char-\nmantes. \"\nEn fait, et à ne considérer que les contingences artistiques, M. d'lndy nous trouvera sans\ndoute tous avec lui. Il est certain que la harpe-luth de Lyon sonne à la fois en harpe et en\nluth, et qu'elle fait entrer dans la pratique moderne instrumentale, sans effort ni singularité,\ndes sonorités que les luthistes se sont jadis efforcés de réaliser. Elle classe donc dans un type\nnormal, une couleur musicale à peu près oubliée. Et, si l'on tient compte de l'histoire qui nous\nmontre le répertoire de la harpe s'alimentant aux mêmes sources que celui de luth, on peut\nhardiment soutenir que c'est une bonne action de donner à nos musiciens et à nos orchestres\nun instrument de plus, qui leur permet, à bon compte, de restaurer un instrument disparu.\nDonc, vive cette harpe-luth, que notre Société Internationale de Musique fut, je crois, la\npremière à exposer dans une de ses séances de 1908. L'expérience du lerIer mai 1912 est\ndéfinitive.\nEn droit cependant, et toute harpe-luth mise de côté, la thèse soutenue par M. d'lndy\nrencontrera des adversaires parmi les historiens de la musique, et je ne puis résister a me faire\nici leur avocat. L'auteur de Fervaal est assez musicologue pour me le pardonner.\nSi Francesco l'ltalien ou le brave Besard, bysontin, se fussent trouvés l'autre soir dans la"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.74", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2728, "texte": "salle Pleyel, ils n'eussent point sans protestation, laissé dire que le leur instrument sonnait en\ncontinuels pizzicati et que sa tablature devait se transcrire en projetant sur la portée un semis\nde notes éparses. Ils auraient certainement relevé la confusion humiliante où le conférencier\ns'est plu à placer le luth, parmi les mandores, cholachon, guitarres, vihuela, et autres membres de\nla famille, parents pauvres toujours sévèrement bannis de la ligne directe. Ils auraient\ndemandé la parole pour soutenir que le luth ne fut pas le vagabond, de mœurs arbitraires, de\nforme incertaine, qu'on a pu entrevoir dans cette causerie, le gratte-corde à jamais disparu et\nqui ne peut, ni ne doit revoir le jour.\nMais, à coté de ces virtuoses, dont on ne voudra peut-être pas accepter le témoignage\nintéressé, l'esprit critique cherchera, lui aussi, à formuler ses scrupules. Je le crois du moins.\nCar, on n'admettra pas sans bonnes raisons que l'apologie d'un instrument se termine\npar le triomphe d'un autre. On apercevra certainement, à la réflexion, que ce paradoxe, peut\nêtre essentiellement bienfaisant aux praticiens, sans cesser d'alarmer les historiens. Pour que\nla logique soit satisfaite, il serait nécessaire, de prouver que la pratique du luth est chose\nabsolument impossible de nos jours. Or, rien n'est moins certain. Et, le serait-ce, que nous\naurions là un cas de force majeure, mais non pas une justification capable de satisfaire la\nraison. M. d'lndy, qui est de nos meilleurs logiciens, a senti la faiblesse de cette argumentation\ntoute utilitaire. Il a voulu s'appuyer sur un principe correct, et il nous a dit : le luth est\nmorty il ne faut jamais chercher à faire revivre ce qui est mort. Fort bien, mais alors pourquoi\nrestaurer cette littérature, bien défunte elle aussi, et qui demande de fervents initiés pour\nreprendre vie devant nous ? Ici on revit, là on succombe à jamais, et tout juste sur la foi d'un\nprincipe énoncé vigoureusement. C'est un peu gênant.\nJe sais bien que nous avons eu affaire, nous l'avons dit à la double personnalité d'un\nhistorien-artiste ou d'un artiste-historien. C'est l'historien qui nous prescrit, au nom de\nl'érudition et de la vérité, de corriger notre ignorance et de parcourir avec lui le domaine du\nluth. Mais c'est l'artiste qui nous arrête brusquement dans cette excursion archéologique\net nous ramene à la réalité de 1912. La promenade du Musée est terminée. Il n'en reste\npas moins vrai que cette dialectique est scabreuse, qui consiste à s'appuyer tour a tour sur la\nfoi des documents objectifs et sur la témoignage des sentiments personnels ! Qu'importe,\naprès tout, si le goût de la musique de luth a pu, ce soir là, gagner quelques fidèles !\n\nJ. 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Chez Pleyel, le Quatuor Capet stupéfie ses habitués en donnant deux\nauditions où le Beethoven attendu fut remplacé par Ravel et Debussy ! L'événement est\nd'importance et particulièrement significatif, Capet ayant souvent déclaré qu'il ne soumettrait\nson archet qu'à des génies souverains ! La Société des Compositeurs crée un remarquable"}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.75", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 4103, "texte": "fragment du Myrdhin de Paul Ladmirault, le duo de la Saint Jean d'Eté, avec le plus vif\nsuccès. Mlleßonnard et M. Sautelet en sont les interprètes applaudis. Une intéressante causerie\nest raite par M. Vincent d'lndy sur l'intérêt que présente l'étude de la tablature du luth :\nM. André Mullot joint son geste à la parole du Maître. La Société Mozart, sous la musicale\ndirection de Jean Huré, donne un Concerto grosso en si bémol de Haendel, une Fantaisie et\nFugue de Mozart et un Concerto de piano de Bach. Et la Nationale donne la première\naudition d une Sonate de Louis Thirion et de trois mélodies de Victor Vreuls.\nLa Salle Erard hospitalise la même Société quelques jours plus tard. Au milieu de reprises\nparticulièrement intéressantes, nous y trouvons le piquant régal d'un cycle de mélodies de\nMessager interprétées brillamment par Mme Kousnezoff. Puis c'est le défilé habituel des\npianistes de tout sexe et de tout âge. Sur la même chaise mécanique se succèdent sans inter-\nruption d'obèses quadragénaires et des fillettes en jupe courte jouant les mêmes concertos, les\nmêmes études et les mêmes fantaisies. De cette foule un peu trop amorphe ne se détache que\nl'énergique figure du pianiste catalan Montoriol-Tarrès dont le récital annuel fut éclatant.\nJamais le fougueux virtuose n'avait dépensé plus de force, de souplesse et d'autorité que dans\nl'exécution qu'il nous donna de Mazeppa et de la fameuse Islamey où il est incomparable.\nSalle Gaveatl, l'activité est grande. Voici Mark Hambourg dont le programme s'oriente\nvers un modernisme résolu, grâce à Cyrill Scott, Ravel et Debussy. Avec une conscience\nhistorique assez rare, il faut bien l'avouer, chez les spécialistes de la musique ancienne. Arnold\nDolmetsch nous offre des reconstitutions méthodiques d'instruments. Sur le luth, le cistre, la\nflûte douce, la lyra-viole, le clavicorde et la famille des violes, il nous donne des exécutions\nextrêmement attachantes de pièces anglaises des XVIe et XVIIe siècles. Une foule ardente\nacclame Kreisler qui, deux dimanches de suite, remplace seul sur l'estrade, l'orchestre\nChevillard, rentré dans son mutisme annuel. Piqué au jeu, Jacques Thibaud prend immédia-\ntement sa place et nous exécute trois Concertos avec la complicité de l'orchestre Hasselmans.\nLa S. M. I. fait pleuvoir les premières auditions dont la plus significative est assurément un\nénorme Quintette de M. Bienenbaum, œuvre touffue, passionnée et tumultueuse où s'affirme\nune personnalité très remarquable et des dons exceptionnels d'émotion et de lyrisme. Et la\nSociété Haendel nous donne une belle audition intégrale du Judas Macchabée.\nLa salle du Conservatoire après avoir vu se clore la série des concerts de la Société sur un\ntrès brillant programme où figuraient signe des temps les Chansons à quatre voix de\nDebussy, s'est entr'ouverte un beau soir en l'honneur de Mme Lili Lehmann qui donne avec\nl'aide de Schubert une brillante démonstration de sa méthode. Les mélomanes parisiens qui\nont toujours entendu répéter que cette admirable salle était interdite au public, le soir, par\nordre de la préfecture de police, demeurent interdits devant cet extraordinaire événement qui\nconstitue un précédent à retenir.\nLa salle du Lyoeuni, où règne MUe Gignoux se remplit d'une assistance aristocratique\npour applaudir Jeanne Raunay, Cortot et Mme de Guerne.\nMais la salle qui, vraiment, a donné l'impression la plus sensible d'une renaissance à la\nvie artistique est le Trocadéro. L'immense vaisseau, désormais aménagé en vue des concerts,\nchauffe, mieux clos, rendu confortable et enrichi de dispositifs améliorant sa déplorable\nacoustique, retient maintenant le public. Les Concerts populaires d'Alfred Casella y attirèrent\nune foule empressée qui écouta avec le plus grand respect la Neuvième Symphonie de Beet-\nhoven exécutée dans la version orchestrale retouchée par Mahler et expurgée des vulgarités\ninstrumentales de la bruyante conclusion. Pablo Casais y remporte un triomphe en exécutant\nun Concerto de Haydn.\nQuelques jours plus tard, le public select de la \" Grande Saison de Paris \" envahissait\n\n5"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.76", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 593, "texte": "cette même salle pour fêter Weingartner dans ses belles exécutions du Requiem de Berlioz,\ndu Messie de Haendel et de la Messe en ré. On s'accorda, une fois de plus, à constater la\nmerveilleuse compréhension de notre romantisme que manifestent les chefs d'orchestre\nallemands. Ils interprètent notre Berlioz comme, seul, Edouard Colonne savait le faire. Encore\nquelques années de debussysme intégral et la Damnation deviendra un article \" made in\nGermany \" que nous ferons venir de Munich par curiosité, pour amuser nos enfants tout en\nleur donnant une leçon d'histoire !...\n\nG. K."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c042", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 77, "image_fin": 77, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.20", "titre_corps": "Société française des Amis de la Musique", "titre_sommaire": "Société française des Amis de la Musique", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.77", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2068, "texte": "Société française des Amis de la Musique\n\nLa réunion des Amis du mois de mars, qui avait été ajournée par suite du brusque départ\nde M. Gaubert, eut lieu le 29 avril à la salle de l'Hôtel des Modes avec le concours du maître\nPaul Vidal, de Mme Mayrand, du MUe Charny\nde l'opéra et de Mme Mary Christian. Au pro-\ngramme des œuvres du très aimable chef d'or-\nchestre de l'opéra, deux mélodies de Debussy\net \" le premier papillon blanc \" d'Ernest Fanelli.\nLes Amis s'étaient fait une fête de révé-\nler au monde de la musique la quintette à\ncordes de cet auteur méconnu. Malheureuse-\nment, après en avoir brusquement interrompu\nles répétitions, M. Fanelli crut bon de repren-\ndre son manuscrit et de ne pas livrer son œuvre\nau public, mettant ainsi à la fois les artistes et\nnotre société dans un embarras, aussi cruel\nqu'immérité.\nPar contre les Amis furent les premiers\nà entendre la symphonie de Beethoven, dite\nd'léna, retrouvée dernièrement par le Dr Stein\ndans un ancien fonds de la bibliothèque de cette\nville. Conduite *avec un style parfait et une\nmaîtrise impeccable par M. Hasselmans cette\noeuvre de jeunesse, qui pourrait être de Haydn, a paru charmante.\nNotre société a décidé de prêter son appui et son patronage au concert annuel d'orchestre\nde la Société Musicale Indépendante, dans lequel on exécutera entre\nautres choses la musique du Martyre de Saint Sébastien de Debussy,\ndans le courant du mois de juin et sous la direction de M. Inghel-\nbrecht. Les Amis, se souvenant des susceptibilités éveillées l'année\ndernière par les représentations de cette œuvre au théâtre n'ont pas\nvoulu donner leur concours à cette audition symphonique sans prendre\navis de S. E. le cardinal archevêque de Paris. Les démarches qu'ils ont\nfaites auprès de Mgr Amette ont été couronnées de succès, et les\ncatholiques qui n'avaient pu franchir l'entrée du Châtelet, pourront\nassister, en toute confiance, à l'exécution salle Gaveau de cette œuvre\nmusicale éminente. Un petit nombre de places, à des prix réduits, sera\nmis à la disposition de nos membres pour cette solennité."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c043", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c043", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 77, "image_fin": 77, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.20.1", "titre_corps": "Paul Vidal, par Bils", "titre_sommaire": "Paul Vidal, par Bils", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.77", "debut_caractere": 2070, "fin_caractere_exclue": 2090, "texte": "Paul Vidal, par Bils"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c044", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c044", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 77, "image_fin": 77, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.20.2", "titre_corps": "Ernest Fanelli par J.P. 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Bouwens van der Boijen 1 une\nromance ultra-sentimentale (**), au Rouet ;du même auteur, trois 1 à deux voix\n(* et *) ; la première très séduisante de couleur. De M. Larmanjat \\ (**) ; la\nseconde intitulée, Causerie de Vagues, d'un tour très heureux. Nous arrivons avec le\nVAdieu(***), de M. Sch.idenh.elm 2, à quelques pages plus émues, d'un sentiment très\njuste, très profond, exprimé avec la plus parfaite mesure ; ce modeste morceau compte évidem-\nment parmi les meilleurs reçus depuis longtemps. Avec M. Bertelin 2 un musicien qui sait\nson métier mais s'en tient à un idéal déjà un peu suranné, nous tombons dans le style ténébreux;\nsa lre Ballade, la nuit tombait sur ma paupière(**), d'après H. Heine, a tout du romantisme, à\npart la fantaisie. La 2de, intitulée la Chimère (***) se termine sur une phrase assez captivante,\nen son pathétique grandiloquent. M. Ladmirault1 veut être fort recueilli et fort dévotieux ;\nmais pourquoi un tel déploiement de moyens lorsqu'il s'agit de chanter tout uniment les pures\net innocentes Béatitudes (**) ■ nous souhaiterions moins de notes inutiles. Voici maintenant\nquelques auteurs à qui l'on pourrait adresser le reproche de découper Pelléas en petites\ntranches ; l'opération demande déjà un certain doigter, du reste ; ne s'y risque pas qui veut.\nM. Hue \\ toujours très habile et très séduisant avec ses (**); M. Grovlez (3) bien\nalambiqué, avec ses trois Mélodies (**); ne le fallait-il pas, pour être au niveau des Poèmes de\nJean Dominique ? Du reste, cela n'empêche pas son n° 3, Sérénade, d'être un vrai bijou.\nMme Cécile Simon 4, avec le Conte Simple(**), et surtout (**) montre toujours\nun don inné de la juste expressivité ; pas un mot qui ne porte, à son plan exact, et avec\nl'intensité sentimentale requise. Du reste, ce mérite n'est-il pas commun à toute notre jeune\nécole française ; notre déclamation est impeccable, et nous pouvons nous vanter d'avoir laissé\nbien loin le temps où l'on écrivait les paroles pour la musique, et non la musique pour\nles paroles.\nPIANO. Une Barcarollede M. Bron 2, une jolie de M. A. de Bertha,\nun Impromptu assez brillant de M. Chevillard 1 et une petite pièce assez banale que\nM. Szulc intitule Nostalgie,voilà le bilan de ceux qui écrivent de la musique nouvelle dans\ndes formes consacrées. Il y a plus de recherche, sinon d'originalité vraie, dans les\npiano de Ch. Bredon 2 essais courts et primesautiers, dont l'impressionnisme facile rappelle"}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.79", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1951, "texte": "un peu la manière de M. Swan Henessy ; et dans les Danses Grecques de M. Bernheim 2...\ndanses grecques, je le veux bien, quoique la 2de débute exactement comme un tambourin du\nXVIII® siècle ; mais il s'agit plus ici d'art que d'archéologie, et le plus pressé serait de faire\nconnaître à Mme Isadora Duncan ces petites pièces qui évoquent invinciblement sa mouvante\net capricieuse silhouette. Cette aimable transition m'amènera à vous parler de Mlle Blanche\nSelva, qui continue à transcrire héroïquement les pièces d'orgue de César Franck 3. La\nGrande piïce symphonique demeure acceptable au piano ; la Prière restera toujours un chef\nd'œuvre, mais le Finale n'est vraiment admissible qu'à l'église et requiert impérieusement le\nrayonnement triomphal du grand orgue aux multiples jeux. M. de la Tombelle 5, toujours\npieux, réussit à se défendre de toute originalité de mauvais aloi, dans ses Dix pièces pour orgue.\nM. Albert Roussel3 transcrit lui-même pour deux pianos quatre mains le 3me fragment de\nses Evocations pour orchestre : aux bords du fleuve sacré ; ce dernier morceau, extrêmement\ncomplexe, sera toujours moins aisément accessible que les deux premiers. Enfin M. Erik Satie 6\navec ses Pièces à quatre mains, En Habit de Cheval, scandalisera les esprits arriérés qui\ns'obstinent encore à chercher quelque rapport entre le titre d'un recueil et son contenu.\nPARTITIONS. Nous ne ferons que mentionner en passant quelques partitions\nd'orchestre dont chacune mériterait une étude approfondie : symphonie en Ré min. de\nWitkowski 3 Daph nis et Chloè de Maurice Ravel 3 Sarabande de Ducasse 3 légende\npour violon et orchestre de Blair Fairchild 2. Partitions piano et Chant ; le St. François\nd\"Assise de GK Pierné 7 VEsther de R. Hahn 8 qui va faire les délices des sociétés chorales\nde dames, et le Comte Arnau de F. Pedrell9 une œuvre que nous connaissons trop peu en\nFrance et qui mériterait d'éveiller notre juste curiosité.\n\nV. P."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c048", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c048", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 82, "image_fin": 84, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.22", "titre_corps": "La Musique et le Sport", "titre_sommaire": "La Musique et le Sport", "signature_source": "Georges Casella", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.82", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3085, "texte": "La Musique et le Sport\n\nI\nWILLY DE BLEST-GANA\nNous assistons à une singulière renaissance de l'énergie nationale. Le début du XXmc siècle\na vu Téclosion d'un nouveau sentiment : /'esprit sportif qui dirige et passionne la jeunesse\nactuelle. Ce sentiment prend, désormais, une importance sociale, et nous savons que nos lycéens\nretiennent plus volontiers les noms de Beaumont et de Carpentier que ceux de Barrés et de\nDebussy. L'évolution qui se produit est-elle profitable à la race, ou faut-il donner raison à ceux\nqui prévoient une décadence intellectuelle au profit de la force brutale et bornée ?... Je ne\nreprendrai pas ici les théories ennemies des deux camps. Elles furent maintes fois exposées et\nopposées, et il semble bien que le sport n'ait plus que de rares adversaires. La majorité des\nécrivains que j'ai interrogés dans le Sport et /'Avenir ont vanté, avec une enthousiaste élo-\nquence, la puissance éducative du sport, son influence heureuse et sa haute signification. On\nm'a objecté que ce livre ne saurait être une preuve définitive puisqu'il ne révélait que le seul\navis des artistes, et encore d'artistes littérateurs, c'est à dire d'hommes rompus aux jeux de\nl'esprit, habitués aux \" spéculations \", prompts à envisager des hypothèses séduisantes, à déve-\nlopper des paradoxes. Le plaisant, disait-on, serait de questionner, tout de go, les sportifs achar-\nnés, de leur demander de juger à leur tour leurs juges bénévoles, de tirer d'eux une opinion\nsur l'art entre deux matches ou deux assauts.\nVoici un premier résultat. La musique étant, suivant l'expression d'Oscar Wilde, \" au\npoint de vue de la forme, le type de tous les arts, \" je proposai donc aux méditations des\nsportsmen le plus délicat problème. Il va sans dire que le choix de mes interlocuteurs d'un\ninstant n'a pas été hasardeux. Les personnalités auxquelles je me suis adressé ont conquis un\nnom par le sport seul, mais sont, en outre, des mélomanes. On ne saurait, je pense, me faire\ngrief d'avoir tenté une manière de sélection. Un interview avec un boxeur professionnel ne\npermettrait pas plus de généraliser l'indifférence des sportifs pour la musique, que l'opinion de\ntel peintre ou de tel romancier fermés à l'art de Wagner, n'autoriserait à conclure que les\nsculpteurs et les musiciens n'entendent pas la grande voix des chefs-d'œuvre musicaux. Enfin,\nle fait d'avoir groupé plusieurs sportifs célèbres engoués de musique prouve a priori que la\nmusique et le sport ne sont pas incompatibles.\nRestent les opinions dont la valeur (non la sincérité) se peut discuter. Sans doute,\nrencontrera-t-on, au cours des quelques causeries reproduites, des idées parentes, une sorte\nd'uniformité dans les sympathies et les haines exprimées, ou peut-être, au contraire, saura-t-on\ndégager des réponses dissemblables des différences de nature que l'on pourra attribuer\naux sports pratiqués. Pour moi, je ne prendrai point parti.\nWilly de Blest-Gana est un homme d'épée. Il n'est pas de salles d'armes où l'on ne\nconnaisse son jeu rapide, brillant, complexe et fougueux. Il fut champion du monde d'escrime."}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.83", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3920, "texte": "Il est aujourd'hui vice-président du Cercle Hoche qu'il a fondé et où, chaque jour, il vient\ns'entraîner. Il a le visage anguleux, les yeux froids, la parole brève et le geste sec. Il aime\npassionnément le sport qu'il pratique depuis son enfance et dans lequel il a peu d'égaux. C'est,\nsuivant les vers de Marcel Boulenger :\n\" ... Willy, seigneur de Blest et de Gana\nEt le premier vainqueur du premier championnat. \"\nC'est aussi un artiste, et vous vous en rendez vite compte, lorsque vous pénétrez dans\nl'appartement qu'il habite et où tout révèle un goût sûr, raffiné, un sens délicat de l'harmonie\net des couleurs: vieux meubles Louis XV et Louis XVI aux belles étoffes anciennes, tapisseries\nchatoyantes qui sont des pièces de musée, tentures dignes d'orner les chambres des reines de\njadis, et enfin une collection précieuse de fragiles porcelaines chinoises (sa folie), toutes de la\n\" famille rose\nBlest-Gana joue du violon en virtuose et vous le trouverez souvent en train d'exécuter\nles œuvres qu'il préfère. La musique et l'escrime se partagent son existence, et nul n'était\nmieux désigné que lui pour répondre à mes questions.\nJe m'étonne, me dit-il d'abord, qu'on ait pu croire que la pratique des sports devait\nrendre insensible à la musique. En principe, j'estime que le sportsman peut tout juger mieux\nqu'un autre, car le propre du sportsman est d'avoir un esprit précis, sain, net, et le bon sens lui\nappartient plus, à mon avis, qu'à ces neurasthéniques de l'art, ces fumeurs d'opium, ces\nnévrosés qui demandent l'inspiration à des sources morbides... \" Mens sana... \" ! vous\nsavez l'adage... C'est dire que, pour ma part, j'aime la musique claire et simple. La vraie\nbeauté ne va pas sans la clarté, et c'est elle que j'admire chez les anciens en qui je puise mes\njoies les plus pures. Quoi de plus expressif qu'un prélude et une fugue de Bach, quoi de plus\npoignant que la Symphonie eu ut mineur de Beethoven, de plus troublant qu'une sonate de\nMozart ou de Haendel ou que l'Armide de Gluck ? Ne croyez-vous pas que ce qui provoque\nl'émotion dans ces œuvres, c'est précisément l'inspiration que l'on devine aisée, sans heurt, sans\neffort. Et je crois qu'en musique comme en poésie : \" Ce que l'on conçoit bien s'énonce\nclairement\nAlors, les modernes ?...\n—Eh ! bien parmi les modernes j'aime le Berlioz de la Damnation, le Wagner de\nl'ouverture du Tannhâuser, le César Franck de Rédemption, le Saint-Saens de la Symphonie avec\norgue. Le nouveau, ah !... Et d'abord est-il nécessaire de faire du nouveau ? Oui, je sais... le\nprogramme de la nouvelle école, c'est de faire du nouveau à tout prix, et voilà précisément ce\nqui m'exaspère et ce contre quoi je proteste. Car, pour innover, est-il nécessaire de renoncer à\ntoutes les règles admises jusqu'ici et de ne plus les reconnaître ? La manie du nouveau a conduit\na l'étrangeté. Elle a fait naître l'impressionnisme en peinture, le verlibrisme en littérature, l'art\nnouveau en ameublement. Jolis cadeaux à faire à nos enfants !\nBlest-Gana ferma violemment le piano sur lequel il s'appuyait, se leva, vint jusqu'à moi\nprès d'une fenêtre voilée de brise-bise transparents, et, s'écria, d'une voix indignée :\nAvez-vous vu, mon cher, la reproduction des cartons de Chéret en tapisseries, Chéret\nimmortalisé par cette admirable manufacture des Gobelins qui nous donna la glorieuse série\ndes Don Quichotte ! C'est à pouffer, hein !... Je souhaite qu'un jour, les gens de goût révoltés\ndisent leur fait aux snobs qui suivent aveuglément les réclames stupides ou trop habiles des\ncritiques. Les jeunes musiciens, à cet égard, sont de grands coupables. Et d'abord, ils n'ont, en\ngénéral, vous m'entendez aucune espèce de talent. Ce sont des vandales exaspérés qui\nsabotent et travestissent la musique pour en faire un tumulte informe, une cacophonie incom-\npréhensible. Evidemment, quelques-uns d'entre eux connaissent fort bien la technique de leur"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.84", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2311, "texte": "métier, mais si leur musique est remarquable... sur le papier, ils abusent de notre bonne foi\nen nous faisant écouter des embryons d'idées, des balbutiements de phrases, des essais de\nmélodies qui jamais ne se développent ni ne s'achèvent. Ceux qui s'exclament que ce sont là\nde curieuses tentatives, des audaces intéressantes, ne considèrent pas l'art ainsi qu'il doit l'être,\nc'est à dire comme ayant une portée haute, noble, humaine, et non comme une amusette, un\njeu de l'esprit, une cabriole ou un escamotage. La vérité est qu'il se dégage de ces œuvres\ntant vantées une sensation d'impuissance, de vain labeur, de fatigue... Mais quelquefois et\ncomment pardonner ces artistes courtisans ? nous en voyons qui pourraient frôler le génie et\nqui s'attardent complaisamment à se transformer en marchand de notes pour un public imbécile.\nPartir d'un accord dissonnant pour en faire la base d'une mélodie, réfréner ses élans, museler\nson inspiration, pirouetter, déconcerter, voici le programme que suit désormais un compositeur\nsoucieux de capter une clientèle d'absurdes musicomanes. Et la jeune école imite ce bel\nexemple et l'imite sans talent, elle s'essouffle vainement dans le but de créer une musique\nnouvelle. Ne nous y trompons pas : ce n'est point en s'appuyant sur des tonalités fausses qu'elle\nparviendra à accoucher de quelque chose de durable. Cette fantaisie d'une heure, cette mode\nd'un instant s'évanouira devant la première œuvre solide. Que restera-t-il des Florent Schmitt\net des Maurice Ravel, des Roger Ducasse et des Lappara, que pourrons-nous retenir de ces\ndebussystes en délire qui se plaisent à exagérer les défauts de leur maître ? Rien, je le crains,\nsinon le souvenir d'une plaisanterie qui n'aura pas toujours été très gaie.\nQuoi ! rien ?\nRien, affirma Blest-Gana péremptoire. Et il ajouta : \" Il n'y a pas de mérite à\ncompliquer ce qui est simple, à obscurcir ce qui est clair, et retenez bien ceci : La musique\nqui était autrefois un art où il entrait parfois de la science, aujourd'hui est quelquefois une\nscience, mais où il n'entre jamais d'art. \"\nLa conversation prit fin sur cette phrase lapidaire. Et comme Willy de Blest-Gana s'était\nfort animé, il me conduisit au Cercle Hoche, me battit à l'épée en dix touches et me quitta,\nsans rancune.\n\nGeorges Casella."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c050", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c050", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 85, "image_fin": 85, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.23", "titre_corps": "Cl. Meurisse Willy de Blest-Gana", "titre_sommaire": "Cl. 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M. de Mars écoulé.\nJ'ai dit, ici même, dans un article concernant le Congrès d'Eisenach (N° du 15 Décembre\n1911) ce que je pensais des H matches \" piano-clavecin, dont Mme Landowska est devenue\nl'héroïne ; il était, certes, aisé, dans ses conditions, de me lancer un défi...\nMme Landowska croit la question épuisée au point de vue théorique. C'est là une\nprofonde erreur. A mon avis, non seulement la question n'est pas épuisée, mais encore elle a\nété à peine effleurée ; on s'est contenté, jusqu'à présent, de jongler avec des citations, sans\nétudier les faits eux-mêmes et les conséquences qui s'en dégagent : conséquences d'ordre\nesthétique, surtout, sinon philosophique, quiy pour des artistes, ne sont assurément pas à dédaigner.\nCe n'est que lorsque la question aura été étudiée à fond et j'espère y contribuer sérieusement\npar l'ouvrage que je suis occupé à écrire sur ce sujet qu'il sera peut-être utile d'en venir....\naux mains ; c'est alors seulement que le jury appelé à statuer, pourra former son jugement ;\nc'est alors seulement que le public pourra approuver ou critiquer en pleine connaissance de\ncause, la sentence des juges. A l'heure actuelle il n'en peut être ainsi ; le lieu commun, le\nparti-pris, le cliché, la phrase toute faite et.... les citations, font que, dans cette question, il y a\nautant d'avis que de têtes... Tôt capita, tôt sensus...\nEn attendant que Mme Landowska veuille bien croire que si je me suis servi d'arguments\nconnus, c'est parce que, jusqu'à présent, les réponses qu'elle leur a faites ne leur ont enlevé\naucune force, au contraire. Le lumineux travail de M. Buchmayer (Bach-Jahrbuch. 1908)\nsi accablant pour le clavecin et les néo-clavecinistes, reste entièrement debout, la réponse de\nMme Landowska parue dans le S. I. M. (15 Mai 1910) étant manifestement insuffisante à\ntous égards.\nQuant à l'utilité de ces tournois dernier-cri, elle est, en définitive, très problématique.\nIls sont organisés dans la pensée qu'ils aboutiront à quelque chose... mais en ce qui concerne\ncelui d'Eisenach, le résultat a été plutôt négatif, puisqu'il n'a servi qu'à établir la médiocrité\nde deux pianistes, la supériorité d'une claveciniste, et, malgré tout, la suprématie du piano sur\nle clavecin, que l'on nous présentait pourtant, quelques jours après vainqueur sur toute la\nligne, dans des communiqués officieux.\nA quoi bon recommencer ?...\nCroyez-moi, mon cher Ecorcheville, votre cordialement dévoué.\nBruxelles, Avril MCMXII."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c053", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c053", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 88, "image_fin": 88, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.26", "titre_corps": "Çà et Là", "titre_sommaire": "Çà et Là", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.88", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 502, "texte": "Çà et Là\nMONTE-CARLO. M. Léon Jehin, qui donne toujours aux Concerts classiques une place\nimportante aux œuvres modernes, vient de nous faire entendre les trois Tableaux symphoniques,\nThebes, de M. Ernest Fanelli.\nNotre collaborateur M. Henri Collet a remis en Sorbonne le 30 avril le manuscrit de sa\nthèse sur Victoria. Nous attendons avec impatience la soutenance de cette thèse.\nL'Annuaire des Artistes vient de paraître. Comme toujours cet important volume est une\nvéritable mine de renseignements."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c054", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c054", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "couv. 2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.27", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1214, "texte": "SOCIETE FRANÇAISE T>ES\nAMIS DE LA MUSIQUE\nMITE D'HONNEUR\nM. le Président de la République.\nM. le Ministre de Vlnstruction Publique et des Beaux-Arts.\nM. le Sous-Secrétaire d'Etat\nM. Gabriel Fauré, Directe\nM. Henry Marcel, ancien Directeur de\nde la Bibliothèque\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nPRÉSIDENT\nM. LE COMTE GASTON CHANDON DE\nBRIAILLES.\nVICE-PRÉSIDENTS\nM. LE PRINCE A. D'ARENBERG,\nM. Louis BARTHOU, députéancien garde\ndes scea\nM. GUSTAVE BERLY,\nM. J. ECORCHEVILLE,\nTRÉSORIER\nM. LÉO SACHS.\nSECRETAIRE DU CONSEIL\n- ...\nM. J. PASQUIER.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL : M. GEORGES CASELLA.\nMEMBRES DU CONSEIL\nMM* ALEXANDRE ANDRÉ.\nMM* LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, directeur général hono-\nraire au minisûre d\nM. LÉON BOURGEOIS,\ndu Travail.\nr T>\nM. GUSTAVE BRET.\nM. GUSTAVE CAHEN.\nMME M ICHEL EPHRUSSI.\nMME LA COMTESSE GÉRARD DE GANAY\nM. FERNAND HALPHEN.\nMŒE LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMŒE LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE.\nMM® DANIEL HERRMANN.\nMME HENRY HOTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nMME LA COMTESSE PAUL DE POURTALIS.\nM. A. PRÈGRE.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND.\nM. ALEXIS ROSTAND,\nd* Administration du\nd'Escompte de Paris.\nM. 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Amis de la Musique\n2m*Concert, Lundi 17 Juin 1912\nPREMIÈRE PARTIE\nLES VENDANGES (IRE Audition) ..... CHARLES KŒCHLIN\nPoème symphonique.\nL'ANÉMONE ET LA ROSE (IRE Audition) . . . JACQUES PILLOIS\nPRÉLUDE DE LA PORTE HÉROÏQUE DU CIEL (ir*Aud.) ERIK SATIE\nLA CATHÉDRALE (IRE Audition) ..... JEAN HURÉ\nScène finale\n< Mlle Vallin et les Choeurs.\n<iera consacrée à l'exécution intégrale du\nNT SÉBASTIEN\n■\nDebussy\nrection de D.-E. INGHELBRECHT).\nfr., Deuxième Balcon : 10 et 8 fr., Pourtours : 10, 8 et 6 fr., Promenoirs : 5, 4 et 2 fr,\nAugustin et au siège de la Société Musicale Indépendante, 11, rue Bergère (Tél. 234-31).\nde prix) est ouverte."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c057", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c057", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 88, "image_fin": 88, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.30", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.88", "debut_caractere": 504, "fin_caractere_exclue": 521, "texte": "Concerts Annoncés"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c058", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c058", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 88, "image_fin": 88, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.31", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.88", "debut_caractere": 523, "fin_caractere_exclue": 1129, "texte": "Salle Erard\n15 Mai M. Ferté, Piano\n16 ~ Société des Enfants d'Apollon, con-\ncert d'orchestre (1 h. 1/2)\n17 ~ Mme Manière, Piano (9 heures)\n18 ~ Victor Gille, Récital de Piano (9 h.)\n£Q ~ M. Riéra, Matinée d'Elèves (1 h. 1/2)\n20 ~ Mlle Gaulier, Harpe, (9 heures)\n21 ~ M. et Mme Fleury, Piano (9 heures)\n22 ~ M. Amour, Piano (9 heures)\n23 ~ M. Victor Gille, Récital de Piano (9 h.)\n24 ~ Mlle Jullien, Piano, (9 heures)\n25 ~ Mlle Magnus, Piano (9 heures)\n28 ~ M. Schneider, Audition de ses\nŒuvres, (9 heures)\n29 ~ M. Berny, Piano (9 heures)\n30 ~ M. Dorival, Piano, (9 heures)\n31 ~ Reitlinger, Piano (9 heures)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c059", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c059", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 88, "image_fin": 88, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.32", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.88", "debut_caractere": 1131, "fin_caractere_exclue": 2014, "texte": "Salles Pleyel\nGrande Salle\n15 Mai Mlle Sternberg (9 heures)\n16 „ Mlle Boutet de Monvel (Elèves) (1 h.)\n17 ~ La Société des Concerts Mozart\n(3e séance) (9 heures)\n18 „ M. Théodor Szàntô (9 heures)\n19 „ Mme Ed. Lyon (Elèves) (1 heure)\n20 „ Mme Patorni-Casadesus (9 heures)\n21 „ La Société Frédéric Chopin (9 h.)\n22 ~ Mme W. Ladowska (9 heures)\n23 ~ Mme P. Vizentini (Elèves) (1 heure)\n23 ~ Mlle Elisabeth Piéchowska (9 h.)\n24 ~ La Société des Concerts Mozart\n(4e séance) (9 heures)\n29 ~ Mlle Hubert (9 heures)\n30 La Société des Compositeurs de\nMusique (5e séance) (9 heures)\n31 ~ La Société des Concerts Mozart\nSalie des Quatuors\n16 Mai Mlle Antoguini (1 heure)\n19 „ Mlles Debrie (Elèves) (1 heure)\n21 ~ Mlle M. Davan (Elèves) (1 heure)\n21 ~ Mme Courbatter (9 heures)\n22 ~ Mlle Rose Casadesus (Elèves) (9 h.)\n23 ~ J. Goupil (Elèves) (1 heure)\n30 „ Mlle Nelly Eminger (Elèves) (1 heure)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c060", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c060", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 89, "image_fin": 89, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.33", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.89", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1271, "texte": "Théâtre du Chatelet Grande Saison de Paris\nDirection: SOCIÉTÉ MUSICALE G. ASTRUC et Cie. (Pavillon de Hanovre) PARIS.\nDU 13 MAI AU 10 JUIN 1912\nLES LUNDIS, MERCREDIS, VENDREDIS et SAMEDIS\nSeptième SAISON\norganisée par M. SERGE DE DIAGHILEW\nSEIZE SOIRÉES DE BALLET\nMichel FOKINE, directeur chorégraphique Léon BAKST, directeur artistique\nComposition d\nMmes Tamar KARSAVINA, Bronislawa NIJINSKA, Sophie FEODOROWA, Marie PILTZ, Vera FOKINA,\nAlexandra WASSILEWSKA, Marguerite FROHMAN, Seraphine ASTAFIEVA ;\nMM. NIJINSKU Adolf BOLM, Nicolas KREMNÏEW. Alexandre KOTCHETOWSKY, Pierre WLADIMIROW\nEnrico CECCHETTI, Nicolas SEMENOW,\net le Corps de Ballet, comprenant 85 danseurs et danseuses.\nChefs d'Orchestre : MM. Pierre MONTEUX et INGHELBRECHT\nPREMIER SPECTACLE, LES 13, 15, 17 ET IS MAS\nDEUXIÈME SPECTALE, LES 20, 22, 24 ET 25 MAI\nTROISIÈME SPECTALE, LES 29, 31 MAI, 1 ET 3 JUIN\nQUATRIÈME SPECTACLE, LES 5, 7, s ET 10 JUIN\nDAPHNIS & CHLOÉ (CRÉATION) SHEHERAZADE\nSymphonie chorégraphique en trois parties Livret de Drame chorégraphique de MM. L. Bakst et M. Fokine.\nM. Fokine. Musique de Maurice Ravel. Scènes et Dan- Musique de Rimsky-Korsakow. Scènes et Danses de\nses de M. Fokine. Décors et costumes de Léon Bakst. M. Fokine. Décors et costumes dessinés par L. Bakst.\nTHAMAR"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c061", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c061", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 90, "image_fin": 90, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.34", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.90", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1316, "texte": "CHEMIN DE FER D'ORLEANS\nLa Traversée la plus courte de France en Algérie\nPAR PORT-VENDRES\nLe trajet le plus rapide de Paris à Port-Vendres par Limoges, Toulouse, Narbonne ou par Bordeaux, Toulouse, Narbonne.\nDe Port-Vendres à Alger en 21 heures par paquebot rapide La Marsa muni de la télégraphie sans fil.\nALLER\nDépart de Port-Vendres le Dimanche a 3 h. 30 soir\nArrivée à Alger le Lundi à 1 heure soir.\nRETOUR\nDépari d'Alger le Mercredi à midi.\nArrivée à Port-Vendres le jeudi à 10 heures matin.\nDe Port-Vendres à Oran en 29 heures par paquebot rapide Medjerda muni de la télégraphie sans fil.\nALLER\nDépart de Port-Vendres le Vendredi à 3 h. 30 soir.\nArrivée à Oran le Samedi à 9 heures soir.\nRETOUR\nDépart d'Oran le Lundi à midi.\nArrivée à Port-Vendres le Mardi à 6 heures soir.\nIl est délivré, toute l'année, des Billets simples et d'aller et retour individuels de toutes classes, de\nParis-Quai-d'Orsay à Alger ou Oran, et vice-versa, par les itinéraires ci-après ;\nBILLETS SIMPLES\nvia Bordeaux-Narbonne-Port-Vendres ou vice-versa.\nvia Montauban-Narbonne-Pcrt-Vendres ou vice-versa.\nBILLETS D'ALLER ET RETOUR\nvia Montauban-Narbonne-Port-Vendres (à l'aller et au\nretour)\nvia Montauban-Narbonne à l'aller et via Narbonne-Bor-\ndeaux-Tours au retour.\nEnregistrement direct des bagages. 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SENART, B. ROUDANEZ 6 Cie, Éditeurs, 20, rue du Dragon PARIS\nPour paraître le 15 Mars 1912.\nLes Maîtres Contemporains de l'Orgue\n275 PIÈCES INÉDITES pour HARMONIUM ou ORGUE\n(SANS PÉDALE OBLIGÉE)\nCOMPOSÉES par les PLUS ILLUSTRES MUSICIENS de tous les PAYS\nRECUEILLIES ET PUBLIÉES PAR\nl'Abbé Jos. JOUBERT\nOrganiste du Grand Orgue de la Cathédrale de Luçon\nlERIER VOLUME (ÉCOLE FRANÇAISE). Dédié àM. CH. M. WIDOR ......\n2RAE VOLUME (ECOLE FRANÇAISE, suite). Dédié àM.F.DE LA TOMBELLE .\n3ME VOLUME (ÉCOLES ÉTRANGÈRES). Dédié àM. AL. MAILLY\n12 francs net.\n12 francs net.\n15 francs net.\nCes trois Volumes par Souscription, net 25 francs et franco de port"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c063", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c063", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 91, "image_fin": 91, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.36", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.91", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 748, "texte": "ROUART LEROLLE & CIE\n18, BOULEVARD DE STRASBOURG, 18\nPIANO SEUL\nr r\nSEVERAC (D. DE) En Vacances, pièces romantiques de moyenne difficulté.\nir recueil : Au Château et dans le Parc\nprécédé de Invocation à Schiimann.\n1. Les caresses de Grand! maman\n2. Les petites voisines en visite\n3. Toto déguisé en Suisse d Eglise\n4. Mimi se déguise en Marquise\n5. Ronde dans le Parc\n6. Où Ton entend une vieille boîte à musique\n7. Valse romantique\nLe recueil 4 fr.\n2PIANOS, 4 MAINS\nCHA L S SON Symphonie (red. par M. G. HUMBERT) chaque ex 9 fr.\n(Il faut 2 ex. pour l'exécution)\nPIANO & VIOLONCELLE\nLEKEU (G.) Sonate piano et violon transcrite pour piano et violoncelle par F. RONCHINI 8 fr.\nRONCHINI (F.) Aria et Capricio finale (adopté au Conservatoire) 2 fr. 50"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c064", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c064", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 91, "image_fin": 91, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.37", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.91", "debut_caractere": 750, "fin_caractere_exclue": 1243, "texte": "EDITIONS W. HANSEN\nEN DEPOT CHEZ RQUART LEROLLE & Cie\nNOUVEAUTÉS POUR VIOLON & PIANO\nBURMESTER SINDING\nVoglein im Hain 2/-\nGavotte 2/-\nAndante religiose 2/-\nJOHAN HALVORSEN\nDanses norvégiennes 2.70\nMarches des Bojards 3.35\nChant de la Veslemoz 1.35\nFINI HENRIQUES\nAndante Religiose 2-\nTous ces prix sont nets.\nSULO HURSTEIN\nAlbum\n]. PALLASCHO\nOp. 32. N° 1. Ballade\n~ 2. Caprice\n~ 3. Thème et Variations\nCHRISTIAN SINDING\nOp. 89. 3 Morceaux.\nN° 1. Air ancien\n~ 2. Sérénade\n3. 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New York\nEditeurs de Musique."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c066", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c066", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 92, "image_fin": 92, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.39", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.92", "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 83, "texte": "QUELQUES PUBLICATIONS IMPORTANTES"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c067", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c067", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 92, "image_fin": 92, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.40", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.92", "debut_caractere": 85, "fin_caractere_exclue": 1094, "texte": "GABRIEL FAURÉ\nQuintette en Ré mineur, pour piano, deux\nviolons, alto et Violoncelle. Net fr. 12.00\nTHÉODORE YSAYE\nOp, 9. Concerto en Mi bémol, pour piano\navec accompagnement d'orchestre.\nPartition, net fr. 75.00. Parties, net fr. 62.50.\nPiano principal avec réduction de l'orchestre\npour un second piano (en partition) netfr. 10.00\nOp. 13. Fantaisie sur un thème Wallon\npour grand orchestre.\nPartition, net fr. 12.50. Parties, net fr. 25.00\nOp. 14. Symphonie en Fa majeur, pour\ngrand orchestre.\nPartition, net fr. 30.00. Parties, net fr. 50.00\nOp. 15. Le Cygne. Esquisse symphonique\npour grand orchestre.\nPartition, net fr. 12.50 Parties, net fr. 25.00.\nSYLVIO LAZZARI\nTrois chansons de Shéhérazade (Poésies\nde Tristan Klingsor.)\n1. Demande net fr, 1.50\n2. Chanson des beaux amants . net fr. 1.90\n3. Le passé , . net fr. 1.50\nLe recueil, net fr. 5.00\nTrois Poésies d'Emile Blémont (d'après\nHenri Heine.)\n1. Nuit en Mer net fr. 1.90\n2. Une femme net fr. 1.90\n3. Malentendu net fr. 1.50\nLe recueil, net fr. 5.00"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c068", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c068", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 92, "image_fin": 92, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.41", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.92", "debut_caractere": 1096, "fin_caractere_exclue": 2220, "texte": "LES ŒUVRES PUBLIÉES\nDE\nCHARLES M. LOEFFLER.\nLa Mort de Tintagiles, Poème dramatique,\npour grand orchestre et viole d'amour.\nPartition, net fr. 25.00 Parties, net fr. 50.00\nRéduction pour piano à 4 mains, par Marcel\nLabey net fr. 10.00\nLa VillaneEle du Diable, Fantaisie Sympho-\nnique pour grand orchestre et orgue.\nPartition, net fr. 25.00 Parties, net fr. 50.00\nRéduction pour piano à 4 mains, par Marcel\nLabay net fr. 10.00\nDeux Rapsodies, pour hautbois, alto et\npiano (L'étang, La cornemuse,) net fr. 6.25\nUn poème Païen, (d'après Virgil) pour grand\norchestre avec piano, cor anglais et trois\ntrompettes obligato.\nPartition, net fr. 50.00 Parties, net fr. 75.00\nRéduction pour deux pianos, (en partition)\npar H. Gebhard net fr. 7.50\nQuatre Mélodies, pour chant et piano. Poé-\nsies de Gustave Kahn.\n1. Timbres oubliés. 2. Adieux pour jamais.\n3. Les soirs d'automne. 4. Les Paons.\nChacune, net fr. 2.50 Le recueil netfr. 10.00\nQuatre poèmes pour voix, alto et piano.\n1. La cloche fêlée . . . . net fr. 2.50\n2. Dansons la gigue .... net fr. 2.50\n3. Le son du cor s'afflige vers\nles bois net fr, 2.50\n4. 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DURAND <S FILS, 4 Place de la Made=\nleine. MAX ESCHIC, 13, rue Laffitte.\nDépôt à Leipzig : FRIEDRICH HOFMEISTER.\nà Berlin : ALBERT STAHL."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c070", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c070", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 93, "image_fin": 93, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.43", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.93", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 235, "texte": "o\nm\nni » 11 n » 11 b n ii a il i\n+\nL i\nIhrl\nhn\n—.I\ni il\nYRES\nm\nS3d\nh\nlIBPS\nL_JLJL\nHH\nnrl\nTous les arti-\ncles deTennis\nCatalogue\nfranco\nJ. Titus Postma\n64, Avenue de la Grande Armée\nPARIS = Tél. 536.20\n€€\nRaquette \" WILDING\n\"Balle \" CHA"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c071", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c071", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 93, "image_fin": 93, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.44", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.93", "debut_caractere": 237, "fin_caractere_exclue": 640, "texte": "LE CATALOGUE\nDES CATALOGUES\nGUIDE DE L'ACHETEUR AUTOMOBILE\n7me ANNÉE\npublie tous les prix, toutes les\ncaractéristiques, de toutes les marques\nd'automobiles\nTOUT Y EST CLASSÉ MÉTHODIQUEMENT ET\nil ne faut pas acheter d'AUTOMOBILE\nSANS AVOIR CONSULTÉ LE\nCatalogue des Catalogues\nadressé franco contre 1 fr. 20 pour la France, ! fr. 30 pour l'étranger\nVICTOR LEFÈVRE et M. 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(ire et 2e cl.) et à8h.45 du soir (ire, 2e et 3ecl.)\nVOIE LA PLUS PITTORESQUE ET LA PLUS ÉCONOMIQUE.\nBillets simples valables 7 jours\nire Classe 48 fr. 25\n2me Classe 35 fr-\n3me Classe 23 fr. 25\nBillets d'aller et retour valables un mois\nire Classe\nClasse\nme\n3me Classe\n82 fr. 7ç\n58 fr. 75\n41 fr. 50\nCes billets donnent le droit de s aireter, sans supplément de prix, a toutes les gares situées sur le\nparcours, ainsi qu'à Brighton.\nLes trains du service de jour entre Paris et Dieppe et vice versa comportent des voitures de ire et 2me Classes\na couloir et W.C. et toilette, ainsi qu'un wagon-restaurants ceux de service de nuit comportent des voitures à cou-\nloii des trois classes avec W.C. et toilette. Une des voitures de ire classe à couloir des trains de nuit comporte des\ncompartiments a couchettes (supplément de 5 fr. par place). 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2e Classe :37 fr. 80 ; 3e Classe : 32 fr. 50\nCes billets donnent le droit de s'arrêter sans supplément de prix, à Rouen, Dieppe, Newhaven, Lewes ou Brighton."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c075", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c075", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 94, "image_fin": 94, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.48", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.94", "debut_caractere": 1799, "fin_caractere_exclue": 2065, "texte": "Pour plus de renseignements, demander le bulletin spécial du service de Paris à Londres que\n1 Administration des Chemins de fer de l'Etat envoie franco, à domicile, sur demande affran-\nchie adressée au Secrétariat de la Direction (Publicité) 20, rue de Rome à Paris."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c076", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c076", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 95, "image_fin": 95, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; 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'\nAinsi que chacun le sait, cet emprunt est destiné à l'exécution d'un programme important de nouveaux\ntravaux absolument indispensables pour assurer la production du gaz nécessaire aux besoins de la capitale\nLa consommation du gaz a augmenté, en effet, d'année en année dans des proportions considérables : alors\nqu'en 1902, elle portait sur 289 millions 600.000 mètres cubes, elle a atteint en 1911 le chiffre de 428,466 000\nmètres cubes.\nComme conséquence de cet accroissement de la consommation du gaz, l'extension progessive des usines\ndes canalisations et du matériel en général s'est imposée, d'où la nécessité pour la Ville de Paris de poursuivre\naujourd'hui la réalisation de l'emprunt précité de 205 millions.\nCet emprunt, qui est gagé sur le produit de l'exploitation du gaz est en cas d'insuffisance sur le budget muni-\ncipal, offre aux souscripteurs les mêmes garanties que les emprunts municipaux en cours.\nIl est représenté par des obligations 3 °/0 à lots de 300 francs de valeur nominale, qui, après libération inté-\ngrale, rapporteront un intérêt annuel de 9 francs, payable semestriellement. s\nCes obligations remboursables en trente-neuf ans au pair, sont dotées, jusqu'en 1923 inclus, de 1,490,000 fr\nde lots par an répartis sur douze tirages, soit un par mois. Parmi les lots, à noter tout spécialement l'attribution\nannuelle de deux lots de 200.000 francs, quatre lots de 100.000 francs et six lots de 50.000 francs. A partir de\n1924, ces tirages seront encore au nombre de quatre par an, et ils comprendront annuellement 522.000 francs de\nlots. Dans le cas où la Ville de Paris rembourserait par anticipation l'Emprunt avant l'année 1924, les porteurs\nd'obligations ainsi remboursées recevraient, en sus du montant au pair de chaque titre, un prime de dix francs.\nComme elle l'a fait antérieurement, la Ville de Paris a, pour l'emprunt actuel, accordé à la petite épargne\nles plus grandes facilités de libération. Le prix d'émission a été fixé à 285 francs et les souscripteurs n'auront à\ndébourser, le jour de l'émission, que 10 francs par obligation. Le solde ne sera exigible qu'en onze versements\néchelonnés sur une période de trois années, soit de septembre 1912 à septembre 1915. Toutefois, la Ville de Paris\nse réserve la faculté d'autoriser, pendant cette période, la libération anticipée de tous les termes restant encore\ndus. Les dates et les conditions de cette libération seront fixées par arrêté préfectoral."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c079", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c079", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 96, "image_fin": 96, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.52", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.96", "debut_caractere": 167, "fin_caractere_exclue": 777, "texte": "PALAIS DU TROCADÊRO (Grande Salle des Fêtes)\nCONCERTS SYMPHONIQUES POPULAIRES\nDU TROCADÊRO\nSOUS LE PATRONAGE DU SOUS-SECRETARIAT D'ÉTAT AUX BEAUX-ARTS\nAdministration : M. A. DANDELOT.\n6me Concert le Jeudi 23 Mai 1912, à 9 heures du soir\navec le concours de Mme FÉLIA LITOINNE\nBRAHMS WAGNER\n7me Concert le Jeudi 30 Mai 1912, à 9 heures du soir\nLA SYMPHONIE MODERNE FRANÇAISE\nBme8me Concert le Jeudi 6 Juin 1912, à 9 heures du soir\nECOLE MODERNE FRANÇAISE\n9me Concert le Jeudi 13 Juin 1912, à 9 heures du soir\nECOLE MODERNE ÉTRANGÈRE\n10me Concert le Jeudi 20 Juin 1912, à 9 heures du soir\nECOLE MODERNE FRANÇAISE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c080", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c080", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 97, "image_fin": 97, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.53", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.97", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 971, "texte": "Revue mensuelle illustrée fondée par la\nociété Internationale de Musique\n(SECTION DE PARIS)\nHonorée d'une souscription du Ministère de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts\nDANS CE NUMERO:\nM. Denizart La famille française de Lully 1\nE. Vuillermoz . . . . . Igor Strawin. . » 15\nJ. Laporte .Un enfant et la musique ........ 20\nH. Auriol Décentralisation musicale . 34\nLes Livres 44\nColette Willy . . . . . Au Music-hall 51\n| j LE MOIS\nE. Vuillermoz Roma 51\nTh. de Wyzewa .... Don Juan . 53\nRobert Brussel .... Les Concerts 56\n9 • EHS il ï\nPaul Dukas ...... Fanfare 61\nJ. E Une séance 63\nG. K. .1 .§p. . ïSÊÊ \" ' ~\nX\nV.P\nGeorges Casella ...\nJ. Nin ...... .\n\\ h ••\n'\nConcerts divers 64\nLes Amis de la Musique ........ 67\nL'édition musicale , ... 70\nLa musique et le Sport 72\nPiano ou clavecin? 75\net la7 6\n.\n.■ . ——\nSecrétaire de la Rédaction :\nCH. LEGRAND\n22, rue St. Augustin, PARIS.\nDirecteur: J. ECORCHEVILLE\nRédacteur pour la Belgique:\nRENE LYR\nBoitsfort- Bruxelles."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-05-15-01-c081", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-05-15_01#c081", "volume": "bmtnabh_1912-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 97, "image_fin": 97, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.2.54", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.97", "debut_caractere": 973, "fin_caractere_exclue": 1039, "texte": "PUBLICITÉ\nVICTOR LEFEVRE et M. 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K. Akadtmie fur Muslk u. Dartt«ll«nde Kunst In Wien)\nchez HELLER 3 Bauernmarkt, 3 WIEN-LEIPZIG\nSORI ALBU\nVolumes d'Airs anciens italiens, revus, corrigés et rédigés par\nIDA ISORI\navec la reconstitution complète dans le style Monteverdien (basses et harmo-\nnisation du Récitatif et Lamento de Claudio Monteverdi\n(1567-1643) par IDA ISORI\nUniversal Edition-Vienne Leipzig"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.1", "texte": "■l* Année.\nNc 5.\n15 Mai 1913.\n■\n/-■ ■ - : \\\nJffIBMÊHÊm HHBH JHHHHP\njflßÈr f ■ A jB\n■■ «f B À\nfln HHBfl ■■\ngwaytew» fl\nHHa, M\nfflama| fIW WBSÊBÊ HH^B\nI ' fln n HF Hn|\nilfc fi| WÈÈ/iïÊÊÊ\n■ n^H\ns& ««aiißMßi fi nipHniMMli w^ynß^MßW»\n; ',*Jg &§s!!sr itfj6yaa)(ygp;\nH »*§& H WflV 3\n, à~ BRSMKM «H^^EHnaRS^SH\nKB^HBShe\nÉà Jf& B\n& JHHk A | j|j§f V «Jfl\nHonorée d une souscription du Ministère de l'lnstruction Publique et des Beaux-Arts\nLe numéro :\nAce A Belgique 1 fr. 50\nUnion Postale 2 fr.\nPARIS, 22, rue St.-Augustin\nTéléphone 204.20\nUN AN\nFrance et Belgique 15fr.\nUnion postale 20 fr.\nCopyright by S. I. M. 1912\n\nA FAMILLE FRANÇAISE DE LULLY, par M. Denizart. * IGOR. STRAWINSKY, par\n• Vuillerraoz. a UN ENFANT ET LA MUSIQUE, par J. Laporte. 0 DECENTRALISATION\nMUSICALE, par H. Aurioî, député OLIVRES ET BIBLIOGRAPHIE.\nm( - I l AU MUSIC-HALL, par Colette Willy.\nES THEATRES, par E. Vuillermoz et Th. de Wyzewa. à LES CONCERTS DE DANSE, par R. Brussel.\nFANFARE POUR LA PÉRI, par Paul Duka».\nONCERTS DIVERS. 0 LES AMIS DE LA MUSIQUE. UNE SÉANCE DE LUTH, par J. E.\nL'ÉDITION MUSICALE."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.2", "texte": "SOCIETE FRANÇAISE T>ES\nAMIS DE LA MUSIQUE\nMITE D'HONNEUR\nM. le Président de la République.\nM. le Ministre de Vlnstruction Publique et des Beaux-Arts.\nM. le Sous-Secrétaire d'Etat\nM. Gabriel Fauré, Directe\nM. Henry Marcel, ancien Directeur de\nde la Bibliothèque\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nBUREAU\nPRÉSIDENT\nM. LE COMTE GASTON CHANDON DE\nBRIAILLES.\nVICE-PRÉSIDENTS\nM. LE PRINCE A. D'ARENBERG,\nM. Louis BARTHOU, députéancien garde\ndes scea\nM. GUSTAVE BERLY,\nM. J. ECORCHEVILLE,\nTRÉSORIER\nM. LÉO SACHS.\nSECRETAIRE DU CONSEIL\n- ...\nM. J. PASQUIER.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL : M. GEORGES CASELLA.\nMEMBRES DU CONSEIL\nMM* ALEXANDRE ANDRÉ.\nMM* LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, directeur général hono-\nraire au minisûre d\nM. LÉON BOURGEOIS,\ndu Travail.\nr T>\nM. GUSTAVE BRET.\nM. GUSTAVE CAHEN.\nMME M ICHEL EPHRUSSI.\nMME LA COMTESSE GÉRARD DE GANAY\nM. FERNAND HALPHEN.\nMŒE LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMŒE LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE.\nMM® DANIEL HERRMANN.\nMME HENRY HOTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nMME LA COMTESSE PAUL DE POURTALIS.\nM. A. PRÈGRE.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND.\nM. ALEXIS ROSTAND,\nd* Administration du\nd'Escompte de Paris.\nM. Louis SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nM. JACQUES STERN.\nMMA TERNAUX-COMPANS,\n>t 5»"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.3", "texte": "LA FAMILLE FRANÇAISE DE LULLY\n\n0\nEn un siècle où l'on s'occupe tant de recherches historiques, où l'on\nfouille minutieusement dans le passé de tout homme et de toute femme\nayant retenu l'attention de son temps, la personne de Jean-Baptiste de\nLully, né à Florence le 29 novembre 1632, mort à Paris le 22 mars\n1687, compositeur de dix-neuf opéras et de nombreux ouvrages en\nmusique, qui occupèrent le théâtre pendant plus d'un siècle et font encore\nl'admiration des dilettantes de nos jours, ne pouvait manquer d'intriguer\nles chercheurs et les curieux, par le défaut de tout acte authentique et\nrégulier, faisant connaître son origine et la filiation de ses ancêtres.\nEn un mot, les questions posées à son endroit sont celles-ci :\nDe quelle extraction basse ou noble est-il ?\nBien que né à Florence, est-il inévitablement italien ; ne peut-il\nêtre d'une autre nationalité, française par exemple ?\nMais s'il est français, quelle est la terre de ses pères ?\nQuels sont ses aïeux ?\nPar quelle suite d'événements son père alla-t-il habiter Florence?\nAucune n'a encore été résolue à ce jour et ses derniers historiographes,\nMessieurs Henry Prunières, L. de la Laurencie, J. Ecorcheville, malgré\ntoute la ferveur admirative qu'ils éprouvent pour le génial musicien, n'ont\npu que répéter ce qu'avaient dit leurs devanciers, avouer leur ignorance\nd'un fait certain concernant la famille de Lully, arrivé avant 1643.\n\n1 Tous droits de reproduction et de traduction réservés.\nI"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.4", "texte": "2\nS. I. M.\n\nMes recherches personnelles, passionnées à un même titre et\norientées différemment, laborieuses, patientes et minutieuses, ont ete plus\nheureuses. A toutes les questions posées, je puis répondre avec la certitude\nque donne la preuve matérielle du document de l'époque ou les person-\nnages cités vivaient, où ils sont saisis dans les actes memes de leur vie\npublique ou privée.\nMes sources sont :\nles archives de Lorraine, de Bourgogne et de Picardie ;\nles généalogies des anciennes maisons de Toscane, de Lorraine et de\nPicardie ;\nles fonds du Chapitre de la Cathédrale d'Amiens ; les registres de\nl'Hôtel-de-ville d'Amiens, comptes et délibérations de l'échevinage ;\nles cartulaires de la Maison de Picquigny, de l'abbaye du Gard, de l'abbaye\nde Saint-Ma r t i n -a u x-J ume a u x ;\nles travaux historiques du chanoine de la Morlière, du P. Daire, du\nP. Anselme, de Dom Grenier, du savant Goze, de l'abbé Darsy, de René\nde Belleval ;\nles mémoires de Gaston d'Orléans, de Richelieu, du maréchal de\nBassompierre, de Mademoiselle de Montpensier, du duc de Guise, de\nMademoiselle de Guise et de maints autres ouvrages qui, à divers titres,\néclairèrent le sentier vierge où j'allais, opiniâtre chercheuse de documents\ninédits, sans défaillance dans l'obscur et lent labeur qui me permet\naujourd'hui, d'établir cette vérité, honorable à plus d'un titre pour la\nFrance et pour la Picardie, que Lully est deux fois français, puisqu'il est\nné de parents picards et que, dans l'ancien droit comme dans le droit\nactuel, le fils était de la même nationalité que le père qui l'avait engendré.\nOr, en attendant une publication plus complète de mes nombreux\ndocuments, j'ai songé à satisfaire la légitime curiosité de mes nationaux et\ncelle des musicographes qui,ily a cinq ans, lors d'un voyage à Florence, ont\nattiré mon attention sur ce point d'histoire dont l'obscurité les étonnait\nà plus d'un titre, la nationalité de Lully,en écrivant ce résumé de l'ensemble\net du résultat de mes recherches.\nComment ai-je pu trouver la réponse à des questions que de nombreux\nchercheurs et érudits s'étaient posés sans succès avant moi, depuis plus"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.5", "texte": "LULLY\n3\n\nd'un siècle ? Grâce à du jugement et à une longue et laborieuse patience\ngouvernés par une heureuse chance, pourrai-je dire, car il peut paraître\nquasi miraculeux que les siècles, les guerres, les révolutions aient laissé\njusqu'à nous de si nombreux documents, intéressant la famille de Lully du\nXIIe au XVIIe siècle et qu'il m'ait été permis de les grouper, en Picardie,\nsur deux lignes parallèles, se renforçant en se complétant, celle des seigneurs\nde Lully et des autres Lully, cadets et descendants de cadets qui y firent\nsouche.\nC'est en étudiant l'histoire de la Toscane et celle des personnages\nmarquants de la noblesse de France qui se trouvaient établis à Florence\nen 1632, lors de la naissance de Jean-Baptiste de Lully, que je rencontrai\nle fil conducteur de mes recherches, en Charles de Lorraine duc de Guise,\nréfugié à la cour de Toscane en mars-avril 1631. Il était fils de Henri de\nGuise tué à Blois en 1588, par les ordres de Henri 111, et petit-fils de\nFrançois de Guise, assassiné au siège d'Orléans en 1563, par Poltrot de\nMéré.\nLe descendant de ces Guise, si puissants qu'ils avaient fait trembler\nles Valois sur leur trône, ne pouvait, sans mentir à ses origines, ne point\nfaire d'opposition à l'étatisme que créait le cardinal de Richelieu, ministre\ndu roi Louis XIII. En février 1631,1 e duc de Guise se réunit aux parti-\nsans de la reine-mère, Marie de Médicis, qui était sortie du royaume\naprès avoir été arrêtée à Compiègne et tenta de soulever la Provence dont\nil était gouverneur.\nRichelieu averti, envoya Condé en Provence et Charles de Lorraine,\nsous prétexte d'un pèlerinage à faire à Notre-Dame de Lorette, alla\ndemander asile à la cour de Toscane pour lui et ses fidèles.\nCharles de Lorraine, duc de Guise, avait épousé en 1611, Henriette-\nCatherine, duchesse de Joyeuse, dont il eut, hors trois enfants dont le che-\nvalier de Guise (f 1664) et Marie de Lorraine (/f 1688) deux fils morts en\nItalie où lui-même décéda à Cuna le 30 septembre 1640. Henriette-\nCatherine de Joyeuse, héritière de sa maison, était veuve en premières\nnoces de Henry de Bourbon, duc de Montpensier, décédé en 1608. De\nce mariage était née une fille, Marie de Bourbon, duchesse de Montpensier\négalement héritière des biens de sa maison et la plus riche heritiere de\nFrance. Elle épousa à Nantes, en 1626, Gaston d'Orléans, frère du roi\nLouis XIII, alors héritier présomptif de la couronne.\nLa jeune duchesse d'Orléans mourut en 1627, trois jours après avoir"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.6", "texte": "4\nS. I. M.\n\ndonné naissance à une fille, Anne-Marie-Louise d'Orléans duchesse de\nMontpensier qui hérita des biens de sa mère, fut élevée par les soins de\nla reine, eut titre de fille de France, qualité d'Altesse Royale et devint\ncélèbre par la part qu'elle prit à la guerre de la Fronde où elle vainquit\nles armées du Roy.\nEn 1634, Gaston d'Orléans (+ 1671), resserrant ainsi les liens qui\nl'unissaient à la maison de Lorraine, épouse Marguerite de Lorraine,\nsœur du duc Charles IV (+ 1674)»\nUne fille issue de cette union, Mademoiselle de Valois, épouse en\n1661, le grand duc de Toscane, par Monsieur de Béziers son ambassadeur\nextraordinaire auprès de Louis XIV, \" Monsieur le duc de Guise\navait la procuration de Monsieur le grand duc... \" C'est que les relations\nentre les grands ducs de Toscane et les princes de la maison de Lorraine\nétaient étroites et, en 1607, nous voyons entre autres faits, Charles 111,\nduc de Lorraine, dont la quatrième fille Christine avait épousé Ferdinand,\ngrand-duc de Toscane, donner quittance d'une somme de 30.000 francs\nqu'il avait empruntée au Mont-de-Piété de Florence. Fréquemment\nd'ailleurs, les banquiers toscans, avancèrent des sommes importantes aux\nducs de Lorraine.\nOr, la maison de Lorraine possédait la seigneurie et châtellenie de\nBoves, le marquisat de Moiiy, les terres et duché de Guise formant le\ngouvernement particulier de Guise qui était partie du gouvernement\ngénéral de Picardie. Plusieurs membres de la maison de Lorraine et de\nBar, occupèrent d'importants commandements pour le Roy en Picardie,\nde même que de nombreux picards ont laissé un nom dans l'histoire de\nla Lorraine. Il y a eu des échanges certains, entre les deux provinces dont\nles familles s'allièrent fréquemment, du XVe au XVIIe siècle.\nDevant ces faits, historiquement, je fus convaincue que si Lully était\nfrançais, on trouverait la seigneurie de ses pères, dans celles se rattachant\nà un titre quelconque à la maison de Lorraine.\nD'ailleurs, l'Y de son nom trahissait une origine picarde. Car c'est\nun fait que 25 °/0 des noms picards, se terminent par et c'est le dépar-\ntement de la Somme, qui possède le village de Y, dans le canton de Ham,\nqui se prononce i. Puis, l'analogie frappante que le nom de Lully a avec\nles noms de Tully, Bully, Nully, Sully, qui sont des noms de Picardie,\nrenforça ma conviction.\nJe ne m'étais point trompée dans mes déductions comme on va le"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.7", "texte": "LULLY\n5\n\nvoir, et, bien que je me sois égarée à différentes reprises, en revenant\nchaque fois à mon point de départ pour chercher dans une voie nouvelle,\nje fis ample moisson de documents authentiquant l'existence de nombreux\nLully seigneurs et autres, de la fin du XIIe jusqu'au XVIIe siècle.\nEn 1644, la princesse Marie de Lorraine, fille de Charles de\nLorraine, duc de Guise et de Henriette-Catherine, duchesse de Joyeuse,\ndemi-tante par sa mère de Mademoiselle de Montpensier, est marraine\nde Marie-Joséphine-Barbe de Halwyn, fille de Alexandre de Halwyn,\ncapitaine des gardes de Gaston d'Orléans et de Yolande-Barbe de Bassom-\npierre dont le père était bailli et gouverneur de la province de Vosges,\ngrand-écuyer de Lorraine et frère du maréchal de Bassompierre, auteur\ndes \" Mémoires \", emprisonné en 1631 pour le même fait qui obligea\nCharles de Lorraine, duc de Guise, à se réfugier à la Cour de Toscane.\nLe parrain de Marie-Joséphine-Barbe était Henry de Lorraine, marquis\nde Moiiy. Or, Alexandre de Halwyn était fils de Charles-Maximilien de\nHalwyn, capitaine des gardes de Gaston d'Orléans, décédé au siège de\nNancy en 1630, et de Catherine du Gué et de Saint-\nSauflieu, qui, elle-même, mariée en 1 597, mourut en 1623.\nAinsi, la preuve de l'existence d'une seigneurie de Lully à l'époque\nou allait naître le jeune Jean-Baptiste de Lully, était faite.\nMais, d'où venait Lully ?\nCatherine du Gué était fille de Jean du Gué, seigneur de Saint-\nSauflieu et de Anne Le Clercq. Or, je ne rencontrai la seigneurie de\nLully, ni chez les du Gué, ni chez les Le Clercq... Alors, ayant situé par\nà peu près la fuyante seigneurie dans le bailliage d'Amiens, je pris le\nparti héroïque de collationner minutieusement tous les travaux anciens\nsur cette partie de la Picardie, manuscrits et imprimés, et de faire dire\nleur secret aux vieux parchemins des archives. La besogne fut rude et il\ny eut des moments où je doutai d'atteindre le but, suivis d'autres semes\nd'émotions aussi intenses que celles que purent ressentir les explorateurs\nà l'approche des premières banquises, puis à la prise de possession des\nterres articques où ils tracèrent le chemin qui les mena jusqu'au pôle...\nJ'avais déjà trouvé les deux blasons successifs des Lully et authentiqué\nl'existence de plus de vingt d'entre eux, sans qu'il me fut possible de\nsituer la seigneurie géographiquement. Et l'on comprendra ma perplexité,\nlorsqu'on saura qu'après avoir connu que les Lully étaient les cadets de la"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.8", "texte": "6\nS. I. M.\n\nMaison de Picquigny, j'appris que la baronnie de Picquigny comptait\nonze cents fiefs et arrière-fiefs, puis qu'il arrivait que les cadets succédaient\naux aînés et que les mêmes Enguerrand, Gérard ou Marie, étaient dits\ndans leurs actes, tantôt \" Picquigny \", tantôt \" Lully \", suivant qu'ils\nexcipaient de leur qualité de baron de Picquigny ou de seigneur de Lully.\nAinsi dans une charte de l'église d'Amiens, Eustache, seigneur d'Encre,\nqui avait épousé Marie de Picquigny, fille d'Enguerrand de Lully,\n\" avoue vendition d'une partie de dixmes de Revelles, faites par Guarin\n\" Burnez, au profit du chapitre de la cathédrale d'Amiens Dans une\nfondation qu'elle fit à Picquigny d'une chapelle \" nommée Meaulte en\ncompagnie de son fils Jean d'Encre Marie de Picquigny est appelée\nMarie de Lully, parce que c'est en qualité de dame de Lully qu'elle\naffecte le revenu de la dîme de Meaulte à l'entretien de ladite chapelle.\nDans l'exercice d'un droit de travers sur Picquigny, la même Marie est\ndite Marie de Picquigny !...\nD'autre part, \" la Ville \" dont la seigneurie portait le nom, en avait\nchangé la prononciation et l'orthographe dès le XVe siècle, tandis que les\nseigneurs de Lully, leurs descendants et collatéraux, restaient fidèles à\nl'orthographe originelle.\nMais le hasard dieu des chercheurs, se chargea un jour de dissiper\nl'obscurité qui me gênait et m'apprit que l'ancienne Lully, du bailliage\nd'Amiens, de la prévôté de Beauvaisis, est aujourd'hui Lœuilly, gros village\nde l'arrondissement d'Amiens où naquit le fameux médecin Sylvius,\nmaître du non moins fameux Vésale à qui il enseigna l'art de \" découper\nles cadavres \". Il peut aujourd'hui ajouter à sa gloire, celle d'avoir été le\nberceau de la famille de l'homme de génie qui, au XVIP siècle, s'appelait\nJean-Baptiste de Lully, —Jean-Baptiste, le Précurseur, patron d'Amiens !\nLe premier château-fort de Lully fut construit en 1197, par\nEnguerrand de Lully, fils cadet de Guermond II de Picquigny, vidame\nd'Amiens. Il fut démoli en 1421, par les ordres du roi d'Angleterre allié\ndu duc de Bourgogne, maître du pays. C'est l'argent des amiénois vaincus,\nqui paie les ouvriers et les soldats loués pour démolir la forteresse qui\navait résisté aux envahisseurs."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.9", "texte": "LULLY\n7\n\n\"A Le Serai ne, le XIIIe jour (juillet 1421) donné à Jehan du Bos, Bernard\nde Neux, Jehan Grandel, Jehan Anselin, tous sergens du Roy (d'Angleterre) qui\npar deux jours avoient assemblés plusieurs carpentiers, mâchons, quarriers, pour\nabattre les forteresches de Demuin, Lully > Tilloy, Conty, Monsures... \"\nLa Châtellenie relevait de l'évêché, ce qui permet de rencontrer\nparfois deux seigneurs de Lully, l'un rendant hommage à l'évêque et\nl'autre ne relevant que de la baronnie de Picquigny.\nLe deuxième château de Lully était reconstruit en 1464, lorsque la\nreine Charlotte de Savoie épouse de Louis XI, venant d'Amiens et se\nrendant à Chartres en pèlerinage à la Chemise de la Vierge, y logea avec\nsa suite. Elle y eut pour hôtesse, Marguerite de Lully, épouse de Guil-\nlaume le Josne, écuyer puis chevalier, seigneur de Contay, chez qui les\ndeux sœurs de Louis XI, la princesse de Piémont et la princesse de\nNavarre qui accompagnaient la reine pendant son séjour à Amiens,\navaient logé, en son hôtel sis par devant les Clocquiers.\nEn l'espace de quatre cent cinquante ans, il y eut de nombreux\nseigneurs de Lully dont les noms suivants nous sont connus par des actes\nauthentiques, intéressant leur vie publique ou privée, autorisations,\ndonations, ventes, partages, faits de guerre etc.\nGuermond II de Picquigny qui fut vidame d'Amiens de 1178\nà 1186 eut pour successeur son fils aîné Gérard, baron de Picquigny et\nvidame d'Amiens de 1 186 à 1190. Il décéda en Judee ou il avait suivi\nPhilippe-Auguste et, comme il ne laissait point d'héritier, c'est son frère\ncadet, Enguerrand de Lully qui lui succéda comme baron de Picquigny\net vidame d'Amiens.\nEnguerrand de Lully eut pour fils Gérard de Lully qui devint baron\nde Picquigny et vidame d'Amiens en 1223-24, et pour fille Marie de\nLully qui épousa Eustache d'Encre et porta dans cette maison, la seigneurie\nde Lully. En 1235, son fils Othon d'Encre est seigneur de Lully. Il a\nun fils, Enguerrand de Lully, qui est à son tour, seigneur de Lully.\nEn 1256, Eloy du Cauroy, chevalier, est seigneur de Lully.\nEn 1288, Othon d'Encre, chevalier, seigneur de Lully, donne, à son\nfils Enguerrand de Lully, la terre de Rumigny, tenue du vidame d Amiens.\nEn juin 1298, Enguerrand de Lully est seigneur de Lully.\nEn 1337, Pierre de Lully, Mathieu de Lully et Enguerrand de\nLully, sont parmi les nobles de Picardie ranges sous la bannière de\nPicquigny et convoqués par le roy, pour la guerre de Flandre."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.10", "texte": "8\nS. I. M.\n\nEn 1339, Enguerrand de Lully compte dans l'ost de Bouvines.\nMarie d'Encre, dame de Lully, Bulles et Monceaux, épousa Jean sire\net ber d'Auxy qui fut tué à la bataille de Crécy en 1 336. Elle-même mourut\nen 1 349.\nIls eurent pour enfants :\nJean 111 sire et ber d'Auxy.\nPierre d'Auxy seigneur de Lully et de Monceaux.\nMarie d'Auxy.\nAlips d'Auxy dame de Lully.\nCette dernière épousa son cousin Jean de Lully, chevalier. Le blason\ndes Lully est d'argent à deux fasces de gueules ; celui des d'Auxy est\néchiqueté d'or et de gueules de vingt-cinq pièces. Cette alliance qui unit\nles Lully aux d'Auxy va aussi unir les blasons.\nDésormais, les Lully porteront écartelé au 1 et 4 d'argent à deux\nfasces de gueules, au 2 et 3 échiqueté d'or et de gueules de vingt-cinq\npièces.\nJean de Lully eut de son mariage avec Alips d'Auxy, deux fils,\nEnguerrand de Lully et Pierre de Lully.\nAu premier échut la seigneurie.\nEn 1403, Guy d'Auxy fait donation de la seigneurie de Hamel\nà Enguerrand de Lully son cousin.\nEnguerrand de Lully eut de Marguerite sa femme, deux filles,\nMarie de Lully et Marguerite de Lully. Marie de Lully épousa Philippe\nde Saveuse \" capitaine d'Amiens et de l'Artois entièrement. \" Elle fut la\nfondatrice 1440-1446 des couvents de Sainte Claire à Arras et à\nAmiens. Ce dernier fut démoli vers 1850.\nPhilippe de Saveuses posséda la capitainerie d'Amiens pendant\ntrente-deux ans. Lors du rachat des villes de la Somme, Louis XI lui\navait retiré cet office. Le roi chercha par la suite vainement à réparer\ncette faute, en 1465. Philippe de Saveuses qui était aimé du peuple\nd'Amiens et plus dévoué au duc de Bourgogne qu'au roy de France,\nn'accepta sa réintégration que du comte de Charollois. Il écrivait à un\nde ses agents d'Amiens ce billet sans doute du 29 mai 1464 :\n\" Baudechon, entendez byen à tout par delà ; je y envoyeray me femme\nbyentôt. Monsieur de Charoloys s'en vuea pour le byen de che royaume pour ly\nterouvuer avueu Mons. de Bery. Requonmandé-me byen à mes boyns amys\nd'Amyens : je leu sereay tout dys bon amy et quoysyn. Ye ne demande que pays,"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.11", "texte": "LULLY\n9\n\nDyu le set ; Dyu ne falyt houques à gens de bone foy, ne faurea. Etqueryt à\nQuorbye, che merquedy.\nSigné : Phelippe de Saveusez.\nL'on voit par cette lettre que Marie de Lully secondait activement\nson époux, qui l'envoyait à ses amis de cette bonne ville d'Amiens dont\nle roy de France l'avait \"déporté de sa capitainerie\nUne délibération de l'échevinage du 21 octobre 1465, nous renseigne\nsur ce qu'a pu faire à Amiens, Marie de Lully.\nIl y est dit, en effet, que \" ... Madame de Saveuses... avoit esté mise\nhors de ladite ville... parce que Mons. de Saveuses, son mary et elle,\ntenoient parti contraire au Roy... \" Réintégré dans sa capitainerie, Philippe\nde Saveuses mourut à Amiens en 1467, \" ... dont Messeigneurs les\néchevins furent bien déplaisans... \"\nPhilippe de Saveuses et Marie de Lully n'eurent qu'une fille, Jeanne\nde Saveuses. Dans l'assemblée du 16 juillet 1448 aux Cloquiers, les\néchevins décident :\n\" pour ce que Mons. le conte d'Eu doit espouzer demain Mademoiselle\nla fille de Mons. de Saveuses, cappitaine d'Amiens et de Marie de Lu11y...,\nMesseigneurs ont délibéré que ilz donront à ladicte demoiselle une couppe d'argent\ndoré pesant 111 ou 111 1 marcs, et si leur présentera on de par ladicte ville,\nVI quennes de vin au dit Mons. le conte, et à ladicte demoiselle VI quennes\nde vin.\nJeanne de Saveuses mourut au mois de janvier de l'année suivante et\nc'est Marguerite de Lully qui, après la mort de sa sœur Marie de Lully,\nhérita de tous les biens de sa maison.\nMarguerite de Lully avait épousé Guillaume le Josne, écuyer, fils de\nRobert le Josne, bailli d'Amiens. Une délibération de l'échevinage du\n19 avril 1428, aux Cloquiers, nous renseigne sur ce point :\n\" Pour ce que Mons. Robert le Josne, à présent bailli d'Amiens, a intention\net propos de briefment marier Guillaume son filz, avec la sereure de la femme\nMons. de Saveuses, et que ledit Mons. le bailli a intention de, pour celle\ncause, mener sondit filz à Bailleul-ou-Mont, ou autre part, où seront lesdits\nMons. de Saveuses, sa femme, sadicte seur et ceulx de leur parenté, délibéré a\nesté, considéré les grans biens, honneurs et pourfis que ledit Mons. le bailli a\nfaict à ladicte ville... et la grant alliance de sondit filz, que ledit maïeur, aux dépens\nde la ville, si ledit Mons. le bailli va ondit voyage, lui tenra compaignie, acom-\npaignié de Honneré Quignon, son serorge, de deux sergens a mâche et de ses\nautres gens, telz que bon lui semblera... A l'espouze, l'endemain des nopces, ou à"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.12", "texte": "IO\nS. I. M.\n\nicelles, sera donné et présenté de par la ville, six tasses d'argent, pesans chacune\ndix unches d'argent, dorées sur les bors, et escrites ou fons d'un ponchon cest mot:\nAmiens, affin que l'on ait congnoissance que ledit don soit fait par ladicte ville. \"\nGuillaume le Josne, écuyer, s'agrandit de biens et d'honneurs et dans\nun acte de vente du 28 octobre 1461, nous le voyons qualifié de\n\" noble et puissant seigneur Mons. Guillaume, seigneur de Contay et de\nFriencourt, chevalier, conseiller et maître d'ostel de très hault et très puissant\nprince Mgr le conte de Charolais, seigneur de Chateaubelin et de Béthune et\nMadame Marguerite de Lully sa femme, (vente) d'une maison avec jardin aux\nfaubourgs d'Amiens, rue des Rabuissons...\nSon frère Jean le Josne né à Amiens en 1410, fut chanoine d'Amiens,\névêque de Mâcon et d'Amiens en 1433, puis de Thérouanne en 1436.\nIl eut le chapeau de cardinal à vingt ans. Robert le Josne, bailli dAmiens,\nmourut en 1413 gouverneur d'Arras. Son fils Guillaume, seigneur de\nContay, époux de Marguerite de Lully, lui succéda dans cette charge.\nPhilippe de Saveuses, Robert le Josne et Guillaume de Contay, sont\ntout dévoués aux intérêts de leur maître le duc de Bourgogne qui est,\ndans cette fameuse guerre de Cent ans qui ravagea si fort la Picardie,\ntantôt allié du roi d'Angleterre, tantôt allié du roi de France.\nEn 1483, Madame de Contay eut l'honneur de loger en son hôtel\nMadame Anne de Beaujeu, Mons. de Beaujeu et Marguerite d'Autriche,\nfiancée du Dauphin, fils de Louis XI, où Messieurs de Ville apportèrent\nles présents d'usage.\nMarguerite de Lully, héritière des biens de sa maison après la mort\nde sa sœur Marie de Lully, est dame de Lully et de Hamel. Elle a de son\nmariage avec Guillaume de Contay, Louis de Contay qui est seigneur de\nLully et gouverneur d'Arras après la mort de son père en 1467. Il épouse\nen deuxièmes noces Jeanne de Saluces, dont il a deux fils, Charles et\nPhilippe.\nCharles de Contay est seigneur de Lully. Il succède à son père\ncomme gouverneur d'Arras, en 1475 et meurt en 1492. C'est son frère\nPhilippe qui est gouverneur d'Arras de 1492 à sa mort 1501, sans laisser\nd'héritiers de son alliance avec Marguerite de Lalain. Ses biens passent à\nsa nièce, (issue du mariage de Charles de Contay, seigneur de Lully et de\nBarbe de Halwyn). Françoise de Contay qui porte la seigneurie de Lully\ndans la maison de Humières, par son mariage en 1507, avec Jean II de\nHumières (-f* 1550)."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.13", "texte": "LULLY\n11\n\nOn pourrait encore citer quatre autres seigneurs de Lully, si l'on ne\ncraignait d'allonger cette liste.\nC'est Jacqueline de Humières qui vendit la seigneurie de Lully, en\n1602, à Anne Le Clercq veuve de Jean Du Gué seigneur de Saint\nSauflieu, et nous amène à notre point de départ, c'est-à-dire aux Bassom-\npierre et aux duc de Croy et d'Havré.\nMais la terre de Lully a modifié son nom.\nDans un bail de la terre de Namps-au-val, daté d'Amiens du\n5 janvier 1626, Charles-Maximilien de Halwyn, chevalier, est dit seigneur\nde Wailly, LŒUILLY etc... C'est désormais sous ce nom de Lœuilly que\nLully, terre et seigneurie, va être désignée.\nDans un bail du 23 janvier 1661, Alexandre de Halwyn, chevalier,\ncomte de Hames, est dit châtellain de Lœuilly. Dans de nombreux actes\ndès le XVe siècle, on trouve le nom orthographié Lœlly, Leully, Lœully,\nLeuilly, Lœly, Leuly, et enfin Lœuilly. Les gens du village prononcent\nencore aujourd'hui \" Lunly Ils ont conservé par tradition, le souvenir\nde deux châteaux dont l'emplacement de l'un d'eux tout au moins, est\nappelé \" le Catyl\nAinsi la preuve est faite qu'il existait en France, dès le Moyen-Age,\nune seigneurie de Lully. Cette seigneurie était, primitivement, l'apanage\ndes Cadets de cette illustre Maison de Picquigny dont la puissance est\nétablie par ce dict :\n\" Picquigny, Moreuil et Roye,\nCeints de même courroie,\nFeraient la guerre au Roy. \"\nMais cette Maison de Lully, venue des cadets de Picquigny, eut à\nson tour des cadets et des descendants de cadets qui furent chevaliers,\nécuyers, architectes, chanoines, archidiacres, prévôts, échevins et soldats\nà différents titres.\nEn 1179, Mathieu de Lully fait abandon de divers avantages au\nprieuré de Saint Nicolas de Regny."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.14", "texte": "12\nS. I. M.\n\nEn 1194, en compagnie de Raoul de la Warde, de Raoul d'Ailly,\nMahieu de Lully donne consentement à une donation faite par Alice\ncomtesse de Clermont et dame de Breteuil, à l'abbaye de Breteuil.\nEn 1243, Simon de Lully est archidiacre du prieuré du Bosquel.\nVermond de Lully est cité en 1276, dans un acte de donation au\nchapitre d'Amiens.\nEn 13 17, Agnès de Lully achète une maison à Amiens.\nLa veille de Pâques fleuris 1336, un accord est passé par devant\nPierre Lecourant, bailli d'Amiens, entre le procureur des mayeur et éche-\nvins d'Amiens d'une part et de Florent de Lully, damoiselle Jeanne sa\nfemme de l'autre, relativement aux droits de justice et seigneurie des\nmarais et pâtis de Longpré-les-Amiens.\nEn 1338, un arrêt du Parlement est donné contre Colart Cambre-\nle nt et Flourent de Lully, touchant les pâturages de Longpré, la cause\ntouchant GuefFroy Boutequarette et Williaume le Kien.\nLe 13 février 1345, Jean de Lully écuyer, vend son domaine de\nRessons (Oise) à l'abbaye de Notre-Dame de Soissons.\nA la même époque, Raoul de Lully, chanoine de Saint-Pierre de\nSoissons, donne à la même abbaye, ses droits de dîme de blé et de vin\nà Autrèches (Oise).\nEn 1356, un échevin d'Amiens porte le nom de Oudard de Lully.\nEn 1357, le prévôt d'Amiens se nomme Galdeand de Lully. Il porte\nécartelé au 1 et 4 d'argent à deux fasces de gueules qui est Lully, au\n2 et 3 échiqueté d'or et de gueules de vingt-cinq pièces qui est Auxy.\nIl est, sans doute, fils de Pierre de Lully, fils cadet de Jean de Lully et\nd'Alips d'Auxy.\nEn 1358, nous trouvons Jacques de Lully pelletier, bourgeois\nd'Amiens.\nEn 1370, un acte de donation faite à l'abbaye du Gard, porte les\nnoms de Oudard de Lully et de Maroie de Blancfossé sa femme.\nL'échevinage d'Amiens compte Jacques de Lully parmi ses membres\nen 141 o.\nEn 1416, devant l'échevinage, est jugé un différend entre Jacques\nde Lully bourgeois d'Amiens et les frères Jeannin et Willeminot, dits des\nRinchevaux.\nLe receveur des rentes de la ville d'Amiens, en 1440, se nomme\nNicolle de Lully."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.15", "texte": "LULLY\ni 3\n\nDans un acte de 1445, Jeanne de Ainsetelle mère de Jean du Cauroy\nest dite épouse de Ectoir de Lully, écuyer.\nNicolle de Lully est échevin d'Amiens en 1448, maître des ouvrages\nen 1453. C'est l'époque où Marie de Lully est femme de Philippe de\nSaveuses capitaine d'Amiens, et Marguerite de Lully épouse de Guillaume\nle Josne, fils du bailly d'Amiens, lui-même, maître d'hôtel et conseiller\nprivé du duc de Bourgogne, maître des villes de la Somme.\nLes Lully tiennent une place importante et active à Amiens.\nDe nombreuses délibérations de l'échevinage, nous donnent, pour\ndes faits d'ordre public ou privé le nom de Lully.\nEn 1461, Nicole de Lully, architecte est élu maître de Saint Ladre\npour trois ans.\nEn 1478, ascensement pour y faire des constructions à Jean de Lully,\nbourgeois, d'un terrain sur la démolition de la vieille forteresse. En 1480,\n\"... terre baillie à Jehan de Lu11i...\" pour y élever des constructions.\nNicolle de Lully échevin d'Amiens en 1466, 72, 78, 80.\nNicolle de Lully, saiteur et détaillant de poisson en 1480.\nJehan de Lully échevin d'Amiens, en 1488, 90, 92, 94.\nEn 1489 et 1492, le prévôt royal d'Amiens, se nomme Jehan de\nLully. Il porte écartelé au 1 et 4 d'argent à deux fasces de gueules qui\nest Lully ; au 2 et 3, échiqueté d'or et de gueules de vingt-cinq pièces\nqui est Auxy. Il a donc les mêmes armes que les seigneurs de Lully.\nUne acceptation sous le scel du bailliage du temporel du chapitre\nde la cathédrale d'Amiens, par ledit chapitre, porte fondation par Isabeau\nDarras, veuve de Nicolle de Lully bourgeois d'Amiens, de deux messes\npar semaine en l'église Saint-Remy d'Amiens (21 mai 1495.)\nEn novembre 1492, l'empereur d'Autriche s'étant emparé de l'Artois,\nAmiens menacé se prépare à supporter un siège. La ville est divisée, pour\nla défense, en quatre quartiers. Le troisième s'étend du Pont du Cange à\nla Porte des Rabuissons : la défense en est confiée à Me Jehan de Lully\net Pierre de May.\nUn partage en date du 29 juillet 1503, nous apprend que Me Jehan\nde Lully \" en son vivant bourgeois et citoien d'Amiens \", a pour héritier\n\" Noël Frérot, escuier, seigneur de Guyencourt... Me Jehan Aubert,\nseigneur de Condé-les-Beauvais, damoiselle Colette Aubert sa sœur...\nchacun pour ung tiers... \" Toutefois, si Jehan de Lully ne laisse point de\npostérité, il y a encore d'autres Lully en Picardie et à Amiens même."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.16", "texte": "14\nS. I. M.\n\nAinsi, en 1524, nous trouvons Henri de Lully à Esclainvillers.\nEn 1526, Robert de Lully est archer des ordonnances sous Jean de\nHumières, seigneur de Lully.\nEn 1 551, Jehan de Lully est dit époux de Geue Isabeau Durette.\nEn 1560, Jean de Lully fait le commerce des fils de sayette. Il est\nle dernier Lully dont on trouve l'existence à Amiens.\nPourtant, il y a encore des Lully, en Picardie même, à Saint-Quentin,\noù, en 1 594, demeurent Jehan de Lully, sa femme et Raoul de Lully,\nleur fils.\nEnfin, en 1622, l'imprudence de soldats ayant allumé un incendie\ndans le petit village de Dercy situé à quelques lieues de Saint-Quentin,\ndans le gouvernement de Guise, les actes nous apprennent que ces soldats\ncoupables appartenaient au régiment d placé sous le haut comman-\ndement de Charles de Lorraine duc de Guise...\nNous sommes à 10 ans de la naissance de Jean- Baptiste de Lully et\ndevant les gens du prince, qui dans neuf ans ira s'exiler à Florence !\nS'il est à peu près impossible d'établir une relation exacte de parenté,\nentre tous ces Lully qui s'échelonnent de si près à travers les siècles, le fait\nmême qu'ils portent le même nom, vivent sur le même sol, ne suppose-t-il\npas une origine commune et des ancêtres communs. L'œuvre des siècles,\ndes guerres et des révolutions, a détruit bien des documents qu'il eut été\nintéressant de retrouver. A leur défaut, ne peut-on y suppléer par du\njugement ?\nL'on m'objectera sans doute : Mais avant que vous ne les fassiez\nconnaître tous ces Lully de Picardie, on les ignorait et, pourtant, ils\nexistaient ! Ne peut-il en exister d'autres vis-à-vis desquels on se trouve\ndans la même ignorance, et qu'un chercheur persévérant révélera un jour?\nj A cela je répondrai qu'il existe, en effet, d'autres Lully, notamment\ndans la Savoie où le village de Lully compta des seigneurs de son nom au\nMoyen-Age, un prieuré etc... Mais c'est en partant de Florence que je\nsuis arrivée en Picardie, après avoir passé par la Lorraine, comme il est\ndémontré au début de ces pages. Si les Lully de Florence avaient dû me\nconduire ailleurs, c'est ailleurs que je serais allée.\nAmiens, le i 5 avril 1912.\n\nMarie Denizard."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.17", "texte": "IGOR STRAWINSKY\n\nLe trépidant essaim des danseurs russes vibre, comme tous les ans à\npareille époque, dans la ruche bourdonnante du Châtelet. Une fois de\nplus, les Barbares du Nord viennent démontrer aux Latins que nous\nsommes, la supériorité de leur instinct sur notre culture et humilier\nl'Occident de tout le subtil éclat de la sagesse orientale. Nous allons\nprendre docilement notre leçon annuelle de peinture, d'art décoratif, de\nchorégraphie, de mise en scène et d'orchestration.\nCeux qui suivent attentivement ces cours ont pu remarquer que le\nplus curieux et le plus personnel de ces professeurs d'esthétique comparée\nétait également le plus jeune de tous. Un adolescent imberbe à l'aspect\nchétif et au profil aigu fut traîné, un soir, sur la scène par Nijinsky et\nKarsavina après une représentation triomphale; tout pâle, avec la gauche-\nrie et la timidité des myopes aveuglés par la rampe, il salua sèchement la\nfoule en torturant son binocle avec un attendrissant embarras: c'était Igor\nStrawinsky qui, avec Y Oiseau de Feu et venait de nous donner\ndeux chefs-d'œuvre et prenait dans l'histoire de la musique contempo-\nraine une place que nul ne songerait actuellement à lui disputer.\nSa gloire, chez nous, est d'assez fraîche date pour qu'il ne soit pas"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.18", "texte": "16\nS. I. M.\n\nimpertinent de résumer sa jeune carrière et de fixer les premiers éléments\nde ce qui sera son histoire dans les encyclopédies de l'avenir. Tra-\nvaillons pour ses futurs biographes en révélant qu'lgor Strawinsky, fils\nd'un artiste remplissant à la Cour les fonctions de chanteur-soliste de\nl'Empereur, articula son premier son à Oranienbaum, près de Pétersbourg,\nle 5 juin (style Russe) c'est-à-dire le 23 mai 1882. Il fut d'abord engagé\ndans des études juridiques avant de se consacrer entièrement à son art.\nMais, dès l'âge de neuf ans, il s'était révélé remarquable pianiste et avait\ntravaillé assidûment avec un élève de Rubinstein. Au cours d'un voyage,\nil rencontra à Heidelberg, en 1902, Rimsky-Korsakoff dont l'influence\ndevait être décisive sur sa carrière et dont l'affectueuse estime ne devait\nplus se démentir. Cette période fut pour le jeune artiste une ère de\nformation intellectuelle précieuse et de culture intensive; les musées, la\nlittérature et les concerts se partagèrent son activité et ne parvinrent pas\nà lasser sa curiosité toujours en éveil. Bientôt il désira se réaliser dans une\nœuvre de forme classique et écrivit en 1903 l'Allégro d'une Sonate pour\npiano dont les trois autres parties, Andante, Scherzo et Final furent ache-\nvées l'année suivante. Rimsky accepta alors de diriger techniquement ses\nétudes, et, tout en s'alarmant un peu de ses tendances révolutionnaires,\nne put cacher la secrète prédilection que lui inspirait ce révolté au milieu\nde ses trop dociles disciples. Strawinsky a conservé d'émouvants sou-\nvenirs de ces leçons où un maître, déjà glorieux, luttait contre l'assaut\ndes idées nouvelles battant en brèche son vieil idéal, tout en redoutant\n\" d'offenser la beauté inconnue \" par un enseignement restrictif.\nStrawinsky, de 1905 à 1906, travailla l'orchestration sous sa direc-\ntion. Il eut, en guise d'exercice scolaire à réinstrumenter la partition de\npiano de \" Pane Voïevoda \" dont Rimsky venait de terminer la réalisa-\ntion qui servit à corriger celle de l'élève. Il dut également orchestrer des\nMarches de Schubert et des Andante de sonates de Beethoven. En même\ntemps il affinait sa culture esthétique au contact des familiers de son\nmaître qui étaient, à l'époque, Glazounow, César Cui, Chaliapine et le\nchef d'orchestre Blumenfeld.\nLe 11 Janvier 1906, Igor Strawinsky se marie et voue résolument\nson existence à la composition. Il termine sa (1905-\n1907) demeurée inédite, que l'orchestre de la Cour exécute en Avril 1907.\nIl écrit pour chant et orchestre le Faune et la Bergère (1906).\nL'été de 1907 voit s'achever le que lui inspira"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.19", "texte": "Cliché Avis Graphiques (Vevey)\nIgor Strawinsky"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.20", "texte": "Cliché Kern (Clarens)\nIgor Strawinsky"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.21", "texte": "STRAWINSKY\n*7\n\nIGOR STRAWINSKY. Ber\n\n2"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.22", "texte": "18\nS. I. M.\n\nune lecture de la Vie des Abeilles et que nous avons récemment entendu\nà Paris. Peu après, il compose sa Romance sans paroles. Au cours de\nl'automne de la même année un Concert de la Cour le met en vedette :\nil reçoit de toute la presse musicale des éloges empressés mais sans\nlendemain.\nDeux Mélodies de Gorodetzki sont écrites en 1908 et le Scherzo est\ninscrit au répertoire des Concerts Zilotti. On commence à discuter une\npersonnalité aussi nettement affirmée. A l'occasion du mariage de la fille\nde son maître avec Steinberg, Strawinsky a la délicate pensée d'envoyer à\nRimsky l'hommage pyrotechnique de son étincelante gerbe\nde fusées sonores bien digne de terminer en apothéose une belle fête\nnuptiale. Hélas, lorsque la poste livra le manuscrit à ses destinataires, le\ncompositeur de Shéhérazade venait de rendre le dernier soupir. Cette\nperte affecta cruellement le jeune musicien, qui exhala sa douleur dans un\nChant Funèbre exécuté aux Concerts Bélaïeff, au grand désespoir des\nélèves officiels de Rimsky, jaloux de voir se prolonger avec leur maître,\nau delà du tombeau, une intimité artistique dont ils prenaient depuis\nlongtemps ombrage.\nQuatre études de piano jalonnent l'été de 1908 et dont\nl'idée fut prise dans les Contes d'Andersen, occupe l'été suivant. Mais\nvoici que Serge de Diaghilew, observateur attentif, découvre ce travailleur\ndiscret. Il lui donne la commande de sur un scénario de\nFokine inspiré par un conte russe. Benois et Golovine complètent la\ncollaboration. L'ouvrage, terminé le 18 Mai 1910, voit les feux de la\nrampe trois semaines plus tard.\nStrawinsky fréquente maintenant la France. Caché au fond de la\nBretagne, il met en musique deux poèmes de Verlaine (1910), voit son\nFeuerswerk exécuté aux Concerts Hasselmans et commence à compter\nle bataillon grandissant de ses admirateurs que l'Oiseau de Feu a éblouis.\nLes jeunes compositeurs français s'honorent de son amitié et fêtent sa\nprésence.\nEt c'est la gestation du prodigieux Pétrouchka, commencé à Clarens,\ncontinué à Beaulieu, signé à Rome (26 Mai 1911) et représenté à Paris\navec le succès que l'on sait. Le compositeur avait imaginé lui-même le\nscénario et Benois avait assuré l'interprétation décorative.\nActuellement de nouvelles œuvres importantes s'élaborent dans la\ncalme Maison des Tilleuls à Clarens où Strawinsky se plaît à résider."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.23", "texte": "STRAWINSKY\n!9\n\nUne sorte d'évolution mystique oriente les recherches du musicien. Une\nCantate Sacrée^composée l'an dernier, inaugure cette manière inattendue.\nLa forme en est \" astrale \" et l'écriture des chœurs et de l'orchestre,\ntraités l'un et l'autre avec une systématique indépendance tonale et\nrythmique, nous réserve des surprises. Deux mélodies, le Pigeon et le\nPetit Myosotis datent de la même période. Et nous aurons bientôt le\nfameux Sacre de Printemps mystère chorégraphique en deux tableaux\n(Rœrich) dont les premières esquisses sont antérieures à la composition de\nPétrouchka, et où nous verrons célébrer l'apothéose de la sève dans la\nnature et l'humanité, l'Adoration de la Terre, et le Grand Sacrifice qui\nensemencera le sol du sang pur d'une vierge...\nTel est le bagage d'un compositeur de trente ans. Ce n'est évidem-\nment qu'un début de carrière, mais un début qui permet déjà de tirer\ndes conclusions précises pour son avenir.\nL'apport de Strawinsky dans le trésor musical que tous les peuples\nont maintenant la sagesse de mettre en commun est particulièrement\nimportant et significatif. Dans un siècle de rêverie, de spéculation, de\nvisions intérieures et de suggestions obscures, au milieu d'artistes dont la\nplus grande ambition est de conserver au centre de l'univers une immo-\nbilité voluptueuse, de se dissoudre dans la nature, de s'abandonner au\nrythme universel, d'être une secrète palpitation du grand tout, parole du\nvent, confidence de l'eau ou verbe de la terre, au moment ou 1 on se\npassionne pour les mystères de l'inconscient, où 1 on harmonise 1 imper-\nceptible, où l'on veut capter l'insaisissable et orchestrer l'impondérable,\nce maigre adolescent aux nerfs d'acier nous révèle l'ivresse dionysiaque du\nmouvement, nous étourdit de vitesse, nous grise de rythme exaspere et\nnous affole de son infatigable frénésie. La déesse de la musique moderne\navait ses délicieux fakirs, elle a désormais son derviche-tourneur.\nLa pensée de Strawinsky a un élan, une vigueur et une sorte\nd'élasticité caractéristiques. On peut, sans en diminuer le prestige, en ce\ntemps de machinisme génial, voir dans son art un element de motricité\nd'ordre pour ainsi dire mécanique avec tout ce que ce mot, désormais\nréhabilité, contient d'élégante aisance, de sûreté et de force inépuisable.\nEn présence de l'impulsion irrésistible de certaines phrases bien huilées\nde Pétrouchka on éprouve cette sensation de puissance surhumaine et de\ndéroulement nécessaire qui fait la noblesse de 1 helice, de ia turbine ou\ndu volant ! Ce dynamisme supérieur n'a nullement contrarié chez"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.24", "texte": "2 O\nS. I. M.\n\nStrawinsky l'épanouissement des qualités particulières aux musiciens de\nsa race : aucun Russe n'a plus instinctivement que lui le sens de la\ndécoration, l'imagination naturellement féerique, l'aptitude à tirer du\nfolklore national les plus savoureux effets, l'écriture harmonique libre et\nvoluptueuse et l'instrumentation en feu d'artifice. Toutes ces vertus qui\nnous font chérir Borodine ou Rimsky sont développées chez leur cadet\njusqu'à l'héroïsme. Au moment où les jeunes officiels de Pétersbourg ou\nde Moscou découvrent la pédagogie allemande, se passionnent pour les\nméthodes d'enseignement de Weimar ou de Leipzig, rougissent de l'auto-\ndidactisme de Moussorgsky et cherchent à le faire oublier en manufac-\nturant des sonates et des symphonies conservatoriales, l'état d'âme d'un\nStrawinsky est particulièrement sympathique. Il ne s'attarde pas à ces\nanalyses ethniques, si fort à la mode depuis quelques années, qui s'effor-\ncent de doser et d'équilibrer dans le génie russe l'élément de slavisme\nfondamental et l'apport d'un orientalisme qu'on voudrait en vain nous\nrendre suspect. Les plus subtils raisonnements n'empêcheront pas la féerie\nasiatique de nous enivrer plus sûrement que le contrepoint intellectualisé\nde nos écoles d'occident. Vive \"le russe tel qu'on le parle \"... en France!\nIl faut donc savoir un gré infini à l'auteur de l'Oiseau de Feu de\ndéfendre avec cette splendide autorité, mais, malheureusement, seul contre\ntous, le riche trésor national dont ses compatriotes font aujourd'hui si\nbon marché. C'est notre devoir, parce que nous sommes seuls à pouvoir\napprécier pleinement, grâce à notre culture actuelle, l'inestimable\nbienfait que représente son effort dans l'évolution artistique contempo-\nraine et parce que c'est chez nous, et non dans son pays où Rubinstein\nest dieu et où Tschaïkowsky est son prophète, que ce prince Igor exilé\ntrouvera des amis et des défenseurs. C'est dans la patrie de Debussy\net de Ravel que ses audaces harmoniques seront immédiatement\ncomprises, c'est dans la patrie de Dukas que ses éblouissantes trouvailles\norchestrales brilleront de tout leur éclat. C'est dans l'lle de France et non\ndans l'Ukraine qu'on goûtera à leur saveur les précieux emprunts que ce\nmusicien fortement racé sut faire aux mélodies populaires qui ont parfumé\nson enfance : les admirateurs de la \" Symphonie Pathétique \" ne songent\npas à s'émerveiller, comme nous, du miracle de transposition qui, de trois\nthèmes traditionnels empruntés aux recueils de Rimsky, de Tschaïkowsky\net de Liapounow, a créé la scène des Nourrices, le pas des Cochers et la\nDanse Russe du premier acte de Pétrouchka ! Déjà sournoisement com-"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.25", "texte": "STRAWINSKY\n2 I\n\nbattu par certains de ses compatriotes, le jeune compositeur se félicite\nd'avoir trouvé à Paris les seules sympathies actives et les seuls enthousi-\nasmes éclairés susceptibles de l'encourager efficacement dans son auda-\ncieuse carrière. Ayons la fierté de ne pas lui ménager cet appui et de\nprouver ainsi notre clairvoyance. Cette clairvoyance, à laquelle Wagner\navait autrefois rendu hommage en annonçant à l'Allemagne que nous\npénétrerions avant elle ses secrètes intentions, n'aura jamais rencontré une\nplus heureuse occasion de s'affirmer à la face de l'Europe dont nous nous\nflattons trop volontiers d'être les professeurs d'esthétique. Soyons aujour-\nd'hui à la hauteur de cette redoutable réputation : elle est en effet, de\ncelles qu'il est beaucoup moins difficile de conquérir que de conserver !\n\nEmile Vuillermoz."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.26", "texte": "UN ENFANT ET LA MUSIQUE\n\nJ'ai trouvé dans mon courrier ce manuscrit sans signature ou indication\nd'origine : je l'ai lu avec intérêt ; je le publie, parce qu'il présente de très intéres-\nsantes observations sur la naissance et le développement du sentiment musical\nchez l'enfant ; je le publie aussi dans l'espoir de connaître si ce qui est écrit\ncorrespond à des faits réels ou si c'est simplement une construction romanesque\nbasée sur quelques détails musicaux pris à droite, à gauche et habilement présentés.\nJEAN LAPORTE.\nVoilà un an, jour pour jour, que s'est passé l'événement extraordinaire\nqui a bouleversé mon foyer, mon intérieur: un intérieur de petit employé\nen province, ça n'est ni bien méchant, ni bien compliqué ; nous vivions\ntous les quatres, ma femme et mes deux enfants, des journées grises toutes\nsemblables : nous étions heureux, sans désirs, sans ambitions. Je suis un\nmodeste : je ne désire rien ; j'ai de l'amour pour toutes les formes de la\nnature, parce que j'ai lu plus que beaucoup de mes semblables ; j'aime\nregarder, j'aime écouter, j'aime voir je crois surtout que je sais voir et\nj'étudiais avec complaisance tout ce qui passait autour de moi, et com-\nment chacun de nous faisait sa destinée, mais je ne désirais rien non, grand\nDieu ! je ne désirais rien ma paix, mon humble paix la garder à tout prix.\nJ'aime mes deux enfants, ou plutôt j'aimais surtout l'aîné ; il a\n12 ans, il considère la musique comme moi, comme une distraction\nsaine et joyeuse ou triste selon les heures ; il joue du violon comme un\nbon élève de son âge comme j'en jouais à son âge.\nEt puis j'ai mon second fils c'est lui qui a tout désorienté dans\nnotre vie il a 8 ans maintenant, alors il en avait à peine"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.27", "texte": "UN ENFANT ET LA MUSIQUE\n23\n\nCelui-là je l'aimais moins que l'autre, pourquoi ? je ne sais pas ; il\nétait plus loin de moi, il était obscur au fond il l'est toujours ; il\nparlait peu ; il avait des expansions enfantines qui me déplaisaient ; il\nrêvassait c'est surtout cela, il rêvassait et puis il perdait son temps ;\nil griffonnait sans cesse sur du papier avec des crayons de couleur, un tas\nde dessins bizarres, sans queue ni tête, et des bonshommes qui ne res-\nsemblaient à rien ; c'était une manie ; du matin au soir, sauf quand il\nétait à l'école, et même à l'école sans doute, il dessinait. Mais pour ce\nqui est de la musique, il n'y avait rien à faire : il en entendait cependant\ntoute la journée, sa mère au piano, son frère au violon, moi-même ; non,\nrien, il semblait n'avoir aucun goût, aucune disposition musicale ; il\nn'écoutait même pas, et regardait ailleurs quand nous parlions d'un air\nentendu précédemment.\nEt c'est alors que se passa la chose extraordinaire : un jour, oui, il y\na juste un an, c'était bien le 20 novembre, nous étions tous deux dans la\nrue, une de ces rues de province où tous les bruits prennent une impor-\ntance exagérée et où il y a des moments de silence qui n'en finissent\nplus ; tout d'un coup apparut un enterrement d'officier et c'était en tête\ndes tambours voilés ; vous connaissez ce son angoissant et comme il\nscande lugubrement un cortège de prêtres et de soldats autour d'un\ncorbillard. André, c'est le nom de mon petit garçon, se serra contre moi;\nie le regardai, ses yeux étaient ouverts plus grands qu'à l'ordinaire : il\nécoutait. Et voilà qu'au moment où le cortège arriva à notre hauteur, la\nmusique militaire, car il n'y avait pas que les tambours il y avait aussi\nla musique militaire, et je vois encore le poing ganté de blanc du chef se\nlevant en l'air pour faire partir les instruments, la musique se mit à jouer\nla marche funèbre de Chopin. Je sentis qu'André se cramponnait à mon\nbras, et lorsque l'enterrement se fut un peu éloigné, je l'entendis qui\nmarmottait des paroles que je ne compris pas ; je le secouai un peu :\n\"Eh bien, nous rentrons ?\" Il sembla sortir d'un rêve : \" Oui papa,\nrentrons vite, bien vite. \"\nPourquoi vite ? J'en eus l'explication dès que nous fûmes rentrés.\nIl se précipita sur le piano, sur le piano qu'il n'avait jamais regardé, qu'il\nn'avait jamais touché, grimpa comme il put sur une chaise car je ne\nsais pas si j'ai dit qu'il était tout petit pour son âge, ouvrit l'instru-\nment et essaya de reproduire ce qu'il avait entendu, et cela non pas\navec un doigt et non pas seulement la ligne mélodique, mais avec ses"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.28", "texte": "24\nS. I. M.\n\ndeux mains et toutes les harmonies qu'il avait comprises instinctivement.\nOh ! je ne dis pas qu'il ait reproduit avec exactitude la marche de\nChopin, mais ce que je sais c'est que nous étions tous autour de lui\nnous demandant où et comment il avait pu apprendre ce qu'il faisait et\npar quel miracle il pouvait d'emblée se rappeler des mélanges sonores et\nles reproduire.\nJe lui parlai et l'interrogeai, avec brusquerie même, il me regarda\nsans comprendre, et ne trouva que ces mots : \" mais je ne sais pas, moi,\nmais c'est tout naturel. \"\nDès le lendemain je le mis entre les mains d'un professeur de piano\nà qui je racontai ce qui s'était passé la veille. Ce professeur m'écouta\nsans attention ; au bout de quinze jours il me dit qu'André n'était pas un\neleve comme les autres, qu'il ne voulait pas se plier aux exercices\nhabituels, que les gammes l'ennuyaient, et que surtout il était agaçant\navec ses interrogations perpétuelles sur des choses qui n'avaient rien à voir\navec le piano. \" Pourquoi y a-t-il telle note sur l'autre ? Pourquoi y a—t—il\nun arrêt à cet endroit de la musique ? Pourquoi reprend-on deux fois la\nmême phrase ? Pourquoi ne finit-on pas là plutôt que là ? \" le profes-\nseur ajoutait : \" et au fond votre fils n'est pas si musicien que cela ; pour\nlui mettre un peu de plomb dans la tête, je lui ai dit un jour : Mon\npetit André, si tu t'occupes d'un tas de choses à côté, au lieu de\ntravailler ton mécanisme et tes exercices, tu ne sauras jamais jouer du\npiano. Savez-vous ce qu'il m'a répondu : cela m'est bien égal ; je ne\ntiens pas à savoir le piano ; je n'aime pas le piano ! \"\nJ étais consterné ou plutôt je commençais à ressentir l'impression de\nbouleversement intérieur dont j'ai parlé au début de ces pages, lorsque\nun jour je surpris André en train de faire des portées avec une règle sur\nun de ses cahiers de classe.\nJe lui demandai ce qu'il faisait là ; il me répondit que c'était de la\nmusique ; j'eus un geste de surprise qu'il prit pour un geste de blâme ; il\neut peur ; —je ne voulais pas le gronder cependant, il me dit : \"Je\nne le ferai plus, papa ; je vais te donner tout ce que j'ai écrit ; tu en\nferas ce que tu voudras. \" Et il sortit de son cartable une véritable\nliasse de papier couverts d'un gribouillage de portées et de notes.\nJ y jetai les yeux et quel ne fut pas mon étonnement en voyant que\ncela présentait un sens, qu'il y avait une ligne mélodique que l'on pouvait\nsuivre, que des harmonies soulignaient par moment la phrase musicale."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.29", "texte": "UN ENFANT ET LA MUSIQUE\n25\n\nJe lui dis : \" Où as-tu copié cela ? \" \" Mais je n'ai pas copié\ncela, papa, c'est dans moi que je l'ai trouvé. \" \" Dans toi, dans toi, tu\nne me feras pas croire que personne ne t'ait montré comment on écrivait\nles sons, comment on distinguait les uns des autres. \" \" Mais oui,\nmon professeur de piano m'a appris à lire mes notes par conséquent à les\nécrire. \" \" Et alors cela ce n'est pas une copie, c'est de toi. \"\n\" Dame, papa, lis, tu verras ! \""}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.30", "texte": "2 6\nS. I. M.\n\nJe lus, je ne savais plus que penser ; était-il possible que de lui-même\nun enfant ayant 15 jours de piano ait pu concevoir une idée assez nette-\nment pour la reproduire sans ratures, sans hésitations car il n'y avait\npas une rature sur ces manuscrits oh ! je sais bien : il y a Mozart ;\nj'ai entendu parler de Mozart comme tout le monde, c'est entendu, à\n7 ans il composait des sonates ; mais cela ne lui était pas venu soudaine-\nment à Mozart ; dès sa première enfance, il se sentait attiré vers la musi-\nque, tandis que mon fils, non ! c'était comme une crise qui l'avait saisi\nà la suite de cet enterrement d'officier ; que pouvait-il sortir de tout cela ?\nsans doute rien, rien absolument rien.\nCela c'était les idées qui me trottaient dans la tête à ce moment ; je\ncroyais, j'en étais convaincu, qu'André avait une espèce de maladie céré-\nbrale déterminée par un choc, le choc d'une musique militaire éclatant\ndans un décor imposant, et que dans peu de temps il n'y paraîtrait plus,\nqu'il redeviendrait normal, et l'enfant comme doit être un enfant, qu'il\nétait auparavant.\nJe lui donnai cependant tout le papier à musique qu'il voulut, et il\npassa ses journées entières à griffonner un tas de morceaux, qu'il intitulait\nfièrement, op. 10, op. 20, op. 30 et qu'il décorait de titres pompeux,\nsonate, suite symphonique etc. etc. mais comment concilier cela avec\nce que son professeur m'avait dit sur son peu de disposition pour le piano ?\nJe n'y comprenais rien.\nAussi, comme je connaissais un curé, un brave homme qui m'a\nmarié, qui s'occupe de musique, je résolus de lui montrer ce que faisait\nAndré. Il s'esclaffa quand il vit les manuscrits, tapota sur la tête de\nl'enfant qui m'accompagnait et lui dit avec un gros rire : \" Alors, c'est à\ncela que tu passes toutes tes journées au lieu de travailler ? \" \" Mais\nc'est travailler cela, monsieur. \" \" Hum ! crois-tu enfin si ça t'amuse,\net si ton papa te permet de perdre ton temps ; maintenant tu sais, moi je\nne m'y connais pas beaucoup en musique profane, ma partie c'est la\nmusique religieuse ; je crois que ce que tu fais est tout à fait bien,\nmais il vaudrait mieux consulter une personne vraiment compétente, par\nexemple M. Ratin.\nComment n'y avais-je pas pensé ? Mais M. Ratin était l'homme de"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.31", "texte": "UN ENFANT ET LA MUSIQUE\n27\n\nla situation ; il est l'homme de toutes les manifestations musicales dans\nnotre ville ; il est aussi imprimeur, journaliste, professeur, avocat, admi-\nnistrateur de banque, conférencier, oui, il est tout cela M. Ratin, et il\nest chaque chose magnifiquement avec éclat, ah, j'oubliais, homme\nd'œuvres, de bonnes œuvres, mais il est par dessus tout chef d'orchestre,\nj'oubliais encore, il est compositeur, et pianiste, et chanteur que sais-je,\nil est tout ce qu'il veut ; poète : oui, parfaitement poète ; que disais-je que\nM. Ratin était l'homme de la situation ; non, il était, est et sera l'homme\nde toutes les situations.\nSon cerveau universel devait distinguer ce qu'il y avait de bon et de\nmauvais dans mon fils.\nDès qu'il vit André son admiration ne connut plus de bornes : il\nsautait de joie, il trépignait d'admiration en parcourant les manuscrits ;\noh ! comme malgré tout, malgré ce que je sentais de dangereux pour\nnotre repos dans ce talent exceptionnel, dans ces manifestations artisti-\nques si étranges, malgré ma crainte de l'inconnu vers lequel je me sentais\nentraîné comme je frémissais en songeant que c'était quelque chose de\nmoi un peu moi en somme, mon enfant dont les œuvres bouleversaient\nainsi un homme éminent et considéré de tous.\nIl se précipita vers le piano et avec des doigts énormes aux ongles\nrongés martela des accords de toutes les formes, de toutes les dimensions\ndans le haut et le bas du clavier avec des dissonances terribles. André\nénonçait immédiatement les notes constitutives de chaque accord sans\njamais se tromper.\nEn courant, M. Ratin passa dans sa vestibule et s'emparant d'une\nmailloche se mit à frapper à coups redoublés sur un gond chinois. André\nsemblait attentif : \" Mais, dit-il, il y a plusieurs sons dans ce son. \"\n\" Il a raison, cria M. Ratin de son vestibule ; il y a plusieurs sons.\nSaint-Saëns enfant l'avait trouvé ; cet enfant est un nouveau Saint-Saëns.\nIl me parut que M. Ratin devait exagérer, mais comme une de ses\nfilles, jupe courte et catogan, entrait précisément au salon : Hein,\nFlorise, tu as entendu ; il t'en bouche un coin ce petit là. \" Car\nM. Ratin affectionne certaines expressions vulgaires qui lui donnent l'air\ndégagé, et augmentent son influence.\n' Pour finir il installa André à son bureau, devant une feuille de\npapier à musique : immédiatement et sans hésitation comme sans ratures\navec une vitesse et une netteté que je ne peux pas, moi, ne pas considérer"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.32", "texte": "28\nS. I. M.\n\ncomme étonnantes l'inspiration surgit dans le cerveau de mon fils et\nle papier se noircit à vue d'œil ; toute la famille de M. Ratin était\nentrée sur les entrefaites : la mère et un tas d'enfants de tous les âges\nDieu bénit les nombreuses familles, dit habituellement M. Ratin\nserrés les uns contre les autres autour de nous et retenant leur souffle avec\nune quasi anxiété. André ne voyait personne: il écrivait, hors de la réalité\net c'était tout de même quelque chose de prodigieux que ce petit, mon\npetit, créant ainsi de la musique.\n\"Ah ! ah ! répétait M. Ratin, qui ne s'arrêtait de marcher en\nécartant sa femme et ses enfants d'un geste saccadé ; il vous en bouche\nun coin ce petit-là. \""}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.33", "texte": "UN ENFANT ET LA MUSIQUE\n29\n\n\"J'ai fini, \" s'écria André. M. Ratin saisit la feuille de papier, la\nparcourut du regard, puis se jettant au cou de mon fils et l'embrassant à\nperdre haleine : \"Tu es un musicien, tu es un grand musicien, bégayait-\nil ; tu seras un nouveau Mozart, oui, oui, un nouveau Mozart ; tu verras,\nretiens ma prédiction, retenez-la tous ; je sais ce que je dis ; je ne me laisse\npas emballer ; ceux qui n'ont pas de talent je ne suis pas long à les 112.\nà la porte ; mais celui-là ce n'est pas un talent, c'est un génie, c'est un\nprodige, c'est \" les mots manquaient à Monsieur Ratin.\nQuand il se fut un peu calmé, il me dit : \" Monsieur, vous seriez\nun criminel de ne pas cultiver les étonnantes dispositions de votre fils ; à\npartir d'aujourd'hui, je l'adopte musicalement ; il viendra tous les\njours travailler avec moi ; je lui apprendrai les secrets de l'harmonie, de\nla fugue, de la composition, de tout quoi, et mes filles s'y mettront aussi,\ntoi Marguerite, tu le prendras pour le piano, toi Florise, pour le violon,\nah ! ah ! nous en ferons de la besogne. Hein, monsieur !\nJ'étais confondu devant l'obligeance de M. Ratin ; cependant je\nme sentais inquiet ; certes, je ne doutais plus maintenant de la valeur de\nmon fils, puisqu'une personne compétente l'affirmait aussi hautement,\nmais je doutais de moi ; il me semblait qu'il y avait quelque chose de\nbrisé dans notre famille : André cesserait de me considérer comme son\npère cela a l'air extraordinaire ; c'est cependant bien le sentiment que\nj'éprouvais, et puis, et puis il faut bien le dire, je redoutais les consé-\nquences pécuniaires d'une vie orientée exclusivement vers la musique.\nIl y avait tout un ensemble de faits qui se présentaient à moi, d'une\nfaçon confuse encore, mais où je ne voyais rien de bon : des faits de tout\nordre. Qu'est-ce que vous voulez ? Je me suis toujours trouvé si heureux\nde mon existence modeste et paisible que je ne pouvais envisager froide-\nment un déclassement aussi radical. D'ailleurs un artiste n est jamais sur\nde percer ; alors il devient un malheureux, un besogneux stupidement\nvaniteux, un être plus ou moins raté, qui ne peut se contenter du rôle\nsecondaire de professeur lorsque durant son enfance il s est baigne 1 intel-\nligence dans ce beau rêve : être compositeur !\nEt pourtant j'acceptai la proposition de M. Ratin, et tous les jours\nmon fils alla travailler chez lui. Je subis l'entraînement des forces multi-"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.34", "texte": "3°\nS. I. M.\n\npies qui pesaient sur moi pour accroître encore, la superactivite\nmusicale d'André. Tous les petits événements étaient relevés, qui soulig-\nnaient son intelligence et sa délicatesse, et c'était des irruptions de la\nfamille Ratin dans mon petit appartement pour me raconter avec des\ndétails et encore des détails, ses reparties ou ses étonnements.\nUn jour il avait eu de la peine à comprendre un point très subtil\nd'harmonie après tout était-il subtil, je n'en sais rien enfin, il ne\nl'avait pas très bien compris. Le lendemain il apporta à M. Ratin une\npage de musique où se trouvait résolue la difficulté en question, et il\navait donné comme titre à son petit morceau : \" J ai compris la leçon de\nM. Ratin. \"\nUne autre fois, M. Ratin avait laissé un réveil-matin sur son bureau.\nAndré composait sous la surveillance agitée de son professeur, il lui dit\ntout à coup : \" Monsieur, arrêtez donc votre réveil, cela casse le\nrythme. \"\nUne autre fois, Mme Ratin, ayant servi du thé et des gâteaux à mon\nfils lui demanda de lui écrire quelque chose spécialement pour elle.\nIl mangea d'abord avec attention les gâteaux, but sa tasse de thé et\ngriffonna en cinq minutes une dizaine de lignes, au dessus desquelles\nil mit cette dédicace : \" à Madame Ratin, son petit ami qui lui compose\nses sentiments. \"\nUn jour cependant le professeur et l'élève furent en désaccord.\nDe lui-même, André ignorait la barre de mesure ; il se contentait de\ncouper les rythmes ; lorsque M. Ratin lui eut expliqué le mécanisme de\nla mesure il s'étonna : \"Mais, dit-il, cela ne concorde pas avec le rythme;\nc'est donc faux. \" Je sentis que cet esprit révolutionnaire avait été fort\ndésagréable à M. Ratin, qui aime et respecte les usages établis et tient à\ncœur de soutenir toutes les croyances, et de ménager en un mot la chèvre\net le chou.\nMais l'événement le plus caractéristique, celui qui m'a amené à\nécrire ces quelques pages, le voici.\nDevant les objurgations de M. Ratin, j'étais presque décidé à aban-\ndonner ma situation et à partir pour Paris, afin de permettre à mon fils\nde donner libre cours à son tempérament musical. Oh ! cela, il m'avait"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.35", "texte": "UN ENFANT ET LA MUSIQUE\n31\n\nfallu du temps pour l'admettre, simplement même l'imaginer. Vous\npensez: abandonner une position honorable, et en somme suffisante, pour\nl'aléa d'une situation imprécise, d'un inconnu qui pouvait être beau, mais\nqui pouvait aussi me donner de terribles déceptions. Seulement, je me\ndisais : André est sûr, lui, de se faire connaître, très rapidement, de\nparvenir à la gloire, par conséquent ce que je perdrais d'un côté, je le\ngagnerai de l'autre, et en plus, j'aurais contribué à développer la valeur\nartistique de mon fils.\nEt c'est à ce moment qu'arriva le journaliste de Paris. Quel journa-\nliste ? Oh ! son nom importe peu ; c'était un journaliste qui avait un\ngrand nez, qui était très poseur, et qui ayant entendu parler du petit\nprodige, du nouveau Mozart car M. Ratin avait fait passer des\ninformations dans la presse était venu pour l'étudier lui-même et\ns'assurer qu'il n'y avait pas d'exagération ou de bluff organisé.\nIl écouta minutieusement toute la série des expériences que M. Ratin\naimait tant recommencer dès qu'il en trouvait le prétexte, examina les\nmanuscrits d'André, lui fit composer quelques lignes de musique, s'in-\nforma avec précision de la littérature musicale, qu'on lui avait fait\nconnaître ou qu'il avait entendu, puis me prit à part avec M. Ratin et\nme parla ainsi :\n\" Il est certain que votre fils a un tempérament musical tout à fait\nremarquable ; le nier serait nier l'évidence ; mais il ne faut pas vous y\ntromper, Monsieur. Le fait d \"entendreles sons et de les nommer n'a que\ndes rapports très secondaires avec la musique ; c'est si vous le voulez de\nl'lnaudisme musical. Inaudi pouvait faire les opérations arithmétiques les\nplus fantastiques ; il n'a jamais pu résoudre un problème de mathématique\nmême élémentaire. Ainsi, votre fils entend les accords les plus compli-\nqués, les plus bizarres, énonce immédiatement la ou les notes qui se\ntrouvent dissimulées dans le bruit le plus neutre ; il pourrait très bien\nn'être pas capable de comprendre ou d'écrire une phrase musicale.\nIl n'en est rien fort heureusement ; il comprend et écrit couramment\nen musique. Qu'écrit-il ? Toute la question est là. Il me semble bien\nque dans ce que vous m'avez montré, il n'y avait aucune originalité, que\nc'était une série non pas même d'imitations mais de reproductions\nd'œuvres antérieurement entendues. Avez-vous remarqué que je me suis\ninformé de la progression que vous aviez suivie dans sa culture musicale\net de l'ordre de présentation des auteurs classiques et modernes. Hélas !"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.36", "texte": "32\nS. I. M.\n\nj'ai noté de suite une ressemblance évidente entre telle page manuscrite\net telle sonate de Mozart, entre telle autre page et telle romance de\nGounod.\nNous serions donc tout bêtement en présence d'un cas de phonogra-\nphisme musical ; que l'expression ne vous froisse pas ; une telle faculté est\ntout à fait exceptionnelle ; on peut même la considérer comme prodi-\ngieuse ; seulement il faut apporter une extrême attention dans les\ndéductions qu'il convient d'en tirer.\nA-t-on le droit le prononcer le nom de Mozart devant votre fils :\nje réponds et de façon catégorique : non. A 7 ans Mozart faisait du\nMozart ; ce qu'on peut dire de plus flatteur de votre petit phénomène,\nc'est, qu'à 7 ans il fait du Mozart.\nM. Ratin ne se tenait plus de voir ainsi démolir son protégé,\ncelui en qui il avait mis toutes ses complaisances: \" Mais enfin Monsieur,\nvous n'allez tout de même pas nier que cet enfant ne soit un musicien\nétonnant ? \"\nLe journaliste haussa imperceptiblement les épaules ; son grand nez\nfut agité d'un frémissement nerveux : \" La question est beaucoup plus\nterre à terre ; voici un cerveau enfantin où apparaissent des signes non\néquivoques d'organisation musicale ; ces signes sont-ils assez décisifs pour\nqu'une famille se déracine afin de permettre à ce cerveau de se développer\nentièrement, musicalement parlant. Je vous ai dit ce que je pensais :\nlibre à vous, Monsieur, d'avoir une autre opinion. \"\nPuis se tournant vers moi : \" Faites-lui donc bêcher la terre ou\nramer des choux pendant une dizaine d'années ; si, au bout de ce temps,\nil aime encore la clef de sol, eh ! bien, on le présentera à Gédalge, qui\nlui fera faire de la musique sans littérature ni peinture. \"\nEt le journaliste s'en alla son grand nez au vent, et l'air toujours\ninsupportablement poseur.\nMaintenant je suis seul ; il faut nuit ; tous dorment chez moi ; je\nrepense à ce qui s'est passé depuis un an et que j'ai vaguement retracé.\nComment me reconnaître dans ces avis contradictoires. Je hais ce journa-\nliste qui a soufflé sur mes illusions mais sont-ce bien des illusions ?\nJe hais ce M. Ratin qui a orienté mon pauvre gosse sur une voie doulou-"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.37", "texte": "UN ENFANT ET LA MUSIQUE\n33\n\nreuse mais il y a tout de même des musiciens qui réussissent. Je me\nhais moi-même d'avoir subi des pressions extérieures et de n'avoir pas su\ndominer les événements par ma volonté.\nQue va-t-il advenir de nous? Ah ! j'aimais écouter la vie, j'aimais\nvoir la vie ; je l'écoute et je la vois en ce moment. J'adorais ma paix,\nmon humble paix ; qu'est-elle devenue ? Je m'attends à des destinées\nétranges. Je vais sans doute partir, nous allons partir ; reviendrons-nous,\nresterons-nous là-bas ?\nEst-ce bête toutes ces phrases de roman ; et dire que c'est ma vie,\nnotre vie, oui, notre vie à tous les quatre qui s'émiette, qui se disperse\nou qui va peut-être se recroqueviller dans la pénurie morose d'un foyer\nde miséreux mangeant des rêves.\nPour copie conforme\n3\n\nJean Laporte."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.38", "texte": "DÉCENTRALISATION MUSICALE\n\nI\nSi elles connurent des chances diverses, elles furent dans tous les cas\nbien mal encouragées par les POUVOIRS PUBLICS. Pour s'en convaincre, il\nsuffit de parcourir l'unique chapitre qui, dans le budget des Beaux-Arts,\ntraite de la décentralisation ; on comprendra mieux ainsi combien difficile\npeut être le moindre progrès en cette matière.\nCrédit demandé pour l'exercice 1912 . . . . . 108.500 fr.\nIl se décompose de la façon suivante :\nAssociation artistique (concerts Colonne) .... 15.000 fr.\nSociété des Nouveaux concerts (concerts Chevillard). 15.000 ~\nSociété nationale de musique 2.000 „\nŒuvres de décentralisation artistique 28.000 „\nThéâtre de l'Œuvre 3.000 „\nConcerts populaires à Paris et dans les départements . 31.000 ~\nAssociation pour le développement du chant choral\net de l'orchestre d'harmonie 13.500 „\nDe l'examen de ces chiffres il résulte qu'une somme de 28.000 fr.\nseulement est prévue pour les œuvres de \" décentralisation artistique \" et\nsous cette rubrique il ne faut pas comprendre les théâtres de province.\nPar œuvre de \" décentralisation artistique \" on entend en effet :\nLes théâtres populaires de la M(Deux-Sèvres), la\nSociété Lyonnaise des grands concerts^,les théâtres populaires ou aux champs\nd'Aulnay-sous-Bois; Bussang, dans les Vosges; Ploujéan, dans le Finistère;\nles représentations aux arènes de Nimes et de Béziers ; le théâtre antique\n\n1 Voir S. I. M. du 15 avril."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.39", "texte": "DÉCENTRALISATION MUSICALE\n35\n\nd'Orange ; le théâtre populaire du Saut-des-Cuves, à Gérardmer ; le\nthéâtre de la nature de Cauterets ; et diverses petites sociétés.\nCes différents théâtres populaires, en plein air, ou de la nature,\nreçoivent ainsi des allocations de 500 francs environ. Le théâtre de la\nnature de Cauterets obtient 500 francs, Béziers touche une somme de\n1.000 francs, et, plus favorisé, le théâtre antique d'Orange obtient une\nsubvention de 5.000 francs.\nCe ne sont là que des manifestations intéressantes au point de vue de\nla décentralisation théâtrale ; mais elles ne serviront jamais de débouchés\n\" sérieux \" pour les compositeurs arrêtés aux portes de la capitale.\nIl faut donc trouver d'autres centres décentralisateurs, et nous en\narrivons ainsi au seul moyen pratique d'une véritable décentralisation\nmusicale : par les théâtres de province.\nNos théâtres de provinces peuvent être nos meilleurs agents de\ndécentralisation musicale. Est-ce dire qu'ils n'ont jaimais faits d'efforts en\nce sens ? Nullement. Rappelons que Lyons a plusieur fois donné des\npremières avant Paris, et de même Rouen, Marseille, Nice... Mais ce\nsont là des exemples isolés, est une décentralisation exceptionnelle incom-\nplète, et qui ne s'applique qu'à certains privilégiés.\nQu'un jeune compositeur inconnu offre son œuvre, et il sera\nimmédiatement éconduit avec cette excuse habituelle, que \" les ressources\nactuelles d'un directeur de théâtre de\ncourre les risques d'un échec.\nLa Raison ? Elle est dans la situation des directeurs de ces théâtres\nde province. Ecoutons l'un d'eux ;\n\" A Nantes, la ville est trop surchargée de frais et le directeur doit se con-\ntenter de piteux décors pour jouer un répertoire usé que le public, peu intéressé\npar les yeux, ne vient même pas entendre. J'ai essayé deux fois de faire de la\ndécentralisation, mais comment \" habiller \" ces pièces ? Il n'y a rien. La subvention\nest raisonnable (150.000 fr.). Oui, ça a l'air gros, mais les frais sont énormes, les\nchœurs, l'orchestre, les ballets, tous les petits emplois sont augmentés, le public ne\npaye pas plus cher et les frais sont plus considérables. Avec les ressources dont je\ndispose, il est impossible de créer des pièces\nC'est le langage que tiennent tous ces directeurs. Les subventions\nmunicipales sont donc insuffisantes et elles servent tout au plus à couvrir\nles frais.\nAu premier abord elles paraissent cependant considérables."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.40", "texte": "36\nS. I. M.\n\nVoici les principales :\nSubvention du théâtre de Bordeaux .... 165.000 fr.\n~ de Marseille .... 230.000 „\n~ de Rouen ... . . . 150.000 „\n~ de Nantes 150.000 „\n~ de Toulouse .... 155.000 „\n~ d'Angers 67.500 „\n„ de Nancy 80.000 „\n~ de Lille 110.000 ~\n~ de Nice 200.000 ~\n„ de Lyon 300.000 ~\nComment serait-on surpris d'ailleurs que nos théâtres de province\nne puissent plus se contenter de pareilles subventions, alors que nos\ngrandes scènes lyriques de la capitale, malgré leurs ressources multiples\net de très sérieux crédits, plient sous le poids des charges telles qu'il\nn'est plus rare de les trouver en DÉFICIT.\nComparons à cela ce qui se passe en Allemagne, en fait de subven-\ntions théâtrales.\nOpéra de Berlin 1.125.000 fr.\n(pas de droit de pauvres.)\n\" de Dresde 600.000\n(orchestre payé en plus.)\n\" de Munich 312.000\n\" de Wiesbaden 500.000\n\" de Stuttgart 315.000\n\" Carlsruhe 375.000\nTotal .... 3.227.000 fr.\nL'autriche agit de même et si la capitale, Vienne touche une subven-\ntion de 630.000 francs, Prague reçoit également 378.000 francs.\nCes chiffres donnent la juste mes\nattachent a la décentralisation artistique\nque l'Etat allemand n hésite pas a faire.\nPourquoi ne pas les imiter, puisqu'ils sont manifestement dans la\nbonne voie ?"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.41", "texte": "DÉCENTRALISATION MUSICALE\n37\n\nLe seul geste logique et rationel doit donc venir de l'Etat. C'est\ncelui que nous attendons.\nSOUS QUELLE FORME INTERVIENDRAIT L'ÉTAT\nDeux systèmes se trouvent en présence, tous deux faisant appel à\nl'Etat, l'un sous forme de SUBVENTIONS, l'autre au moyen de PRIMES.\nA. Système des subventions\nSes partisans demandent aux Chambres de comprendre, tous les ans,\nau budget des Beaux-arts une SOMME FIXE destinée à subventionner un\nnombre limitéd'ceuvres inédites représentées sur les théâtres de province.\nC'est le système qui existe actuellement en Allemagne. Nous 1 avons\négalement chez nous à L'ÉTAT EMBRYONNAIRE puisque, de loin en loin,\nl'Etat accorde des subventions à certains théâtres jouant telle œuvre\ndéterminée.\nC'est ainsi que grâce à une subvention de 5.000 francs \" le Vieux de\nla Montagne\", opéra de Canaby, put être créé à Bordeaux.\nLE DANGER d'un pareil système c'est de ne pas tenir compte de\nVeffort donné par un directeur de théâtre et de ne point établir de diffé-\nrence entre celui qui, après avoir créé une œuvre la retire aussitôt de\nl'affiche, et le directeur persévérant.\nNe faut-il pas également redouter qu'un directeur montât pour la\n\" frime \" ou plutôt pour la \" prime ' une œuvre uniquement pour aug-\nmenter les ressources de son théâtre et sans se soucier de faire œuvre d art.\nL'application d'un pareil système exigerait donc de très sérieuses\nCLAUSES DE GARANTIES afin que la subvention ne put, en aucun cas, etre\ndétournée de sa véritable destination.\nB. Système des primes.\nC'est ce second système qui est aujourd'hui le plus en faveur auprès\ndes compositeurs et des directeurs.\nIl consiste à intéresser tout directeur au maintien sur l'affiche d'une\nœuvre inédite en lui accordant des primes successives suivant le nombre\nde représentations.\nM. CH. SILVER (l'heureux compositeur de la Belle au Bois Dormant),"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.42", "texte": "3»\nS. I. M.\n\ndont le nom estfétroitement lié à toute cette campagne en faveur de la\ndécentralisation musicale, avait conçu un projet des plus intéressants :\ni° Projet Silver.\nCe dernier demandait à l'Etat une TRIPLE contribution :\n1° Une prime pour dédommager le directeur le soir de la première,\nune prime pour le récompenser après un certain nombre de représentations;\n2° Une indemnité accordée au compositeur et à l'auteur du poème;\n3° L'exécution des décors.\nSur ce dernier point,M. Silver pensait, en effet, que les décors, prati-\ncables, accessoires pourraient rester la PROPRIÉTÉ EXCLUSIVE DE L'ETAT\net que celui-ci posséderait ainsi en peu d'années une riche collection de\ndécors qui, du jour où ils seraient réclamés à Paris, formeraient un fonds\nprécieux capable d'aider puissamment à la création d'un THÉÂTRE LYRIQUE\nou d'un OPÉRA POPULAIRE depuis longtemps réclamé.\nEt M. Silver ajoutait, en ce qui concerne l'exécution de ces décors,\nqu'il y aurait peut-être lieu, pour créer une ÉMULATION favorable aux\nprogrès de la décoration théâtrale, de mettre leur exécution AU CONCOURS\nchaque année.\nOn ferait parvenir, en temps utile, aux décorateurs de la province et\nde Paris, qui en feraient la demande, les renseignements nécessaires à la\ncomposition des maquettes et celles-ci\net choisies par un jury.\n2° Projet du groupe\nUn certain nombre de compositeurs ont reproché à M. Silver de\nfaire intervenir l'Etat dans une question qui touche plutôt aux attributions\nnaturelles d'un directeur de théâtre et ils ont énergiquement repoussé\nl'idée de confier à l'Etat l'exécution des décors d'une œuvre inédite. Mieux\nvaudrait, disaient-ils, augmenter le chiffre des primes et se montrer plus\nrigoureux pour récompenser un ouvrage que de donner à l'Etat un rôle\nqui ne saurait lui convenir et qui n'appartient qu'au directeur.\nIls trouvaient également mauvais de faire voyager des décors toujours\nfragiles et d'en priver ainsi en même temps le théâtre qui, après avoir\nconnu un succès, serait dans l'impossibilité de donner à nouveau la même"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.43", "texte": "DÉCENTRALISATION MUSICALE\n39\n\npièce, quelques années plus tard, puisque ces décors auraient été repris\npar l'État.\nPour ces motifs, et d'autres encore, le groupe de la musique\nsur les conclusions de MM. Xavier Let s'en tint au\ndouble principe des primes \" échelonnées \" et de l'indemnité au compo-\nsiteur et à l'auteur du livret.\nC'est le système que j aurai F hon\ninvoquant Vautorité de /'Association des auteurs, du Groupe de la musique et\nde F Académie des théâtres,qui se sont ralliés àun projet unique : celui\nqui fait l'objet de cet exposé.\nTHÉÂTRES POUVANT PRÉTENDRE AUX PRIMES\nM. Silver, dans son projet employait la formule suivante : \"\ncapables de devenir centres de décentralisa\norganisation de leurs théâtres municipaux, offrent aux compositeurs toutes\ngaranties de voir leurs œuvres bien défendu\"\nA cette définition que M. Silver faisait suivre d'un certain nombre\nde prescriptions \"restrictives\" le groupe de la musique a substitué la\nrègle suivante :\n\" Tout théâtre de France ayant un orchestre, des chœurs, et une\ntroupe lyrique sédentaire pourra, alors qu'il ne recevrait pas de subvention\nmunicipale, concourir pour la prime. \"\nGARANTIES DEVANT ENTOURER LA DÉCENTRALISATION MUSICALE\ni° Délégués des Beaux—\nLe rôle de l'Etat ne serait pas de fournir uniquement aux théâtres\nde province DES CRÉDITS.\nIl faudrait pour donner à une \" première \" tout l'éclat désirable\nsuivre encore L'EXEMPLE DE L'ALLEMAGNE.\nLà, un haut dignitaire de la Cour assiste aux représentations des\nœuvres nouvelles et fait chaque année un rapport très complet sur les\npièces jouées dans l'Empire.\nChez nous, le Ministre des Beaux-Arts devrait donc se faire repré-\nsenter par des délégués officiels.\nQuant à la GRANDE PRESSE parisienne elle aurait le devoir de rendre\ncompte des \" premières \" et de leur donner la publicité et l'importance"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.44", "texte": "4°\nS. I. M.\n\nqu'elle accorde aux ouvrages nouveaux créés sur nos grandes scènes\nsubventionnées.\nIl ne faut en effet jamais perdre de vue que le meilleur moyen de\nretenir en province les compositeurs c'est d'entourer leurs œuvres de tout\nl'éclat qu'elles eussent connu à l'Opéra ou à l'Opéra-Comique.\n2° Commission de\nIl est rationnel, dans une réforme comme celle de la décentralisation\nmusicale, de prévoir un organe de contrôle et d'exécution. Ce serait là le\nrôle d'une \" Commission de décentralisation \" qui et\npenserait par les primes les efforts faits par les directeurs des théâtres de\nprovince ayant représenté des œuvres inédites.\nComposition de la Commission\nCette Commission se composerait de :\ni° M. le Ministre de l'lnstruction publique ou son représentant ;\n2° M. le Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts ou son représentant ;\n3° M. le Rapporteur du budget des Beaux-Arts au Sénat ;\n4° M. le Rapporteur du budget des Beaux-Arts à la Chambre ;\n5° Le Commissaire du Gouvernement près les théâtres subventionnés;\n6° L'lnspecteur général de l'enseignement musical ;\n7° Trois auteurs et trois compositeurs désignés par la Commission\ndes auteurs et des compositeurs dramatiques.\nAttributions de la Commissio\nLorsqu'une œuvre inédite serait représentée sur un théâtre de\nprovince, la Commission désignerait TROIS de ses membres pour assister\nà la première représentation de l'œuvre nouvelle et juger si elle a été\ndonnée d'une façon digne de l'œuvre, du public et de l'art.\nL'un de ces trois délégués présenterait un rapport\nà la Commission convoquée à l'effet d'attribuer la prime au directeur qui\naurait monté l'ouvrage.\nQuand le rapport rendrait hommage à l'exécution de l'œuvre dans\nles conditions d'art ayant satisfait les délégués cette SERAIT ACCORDÉE.\nUn directeur qui n'aurait pas été jugé digne de toucher la prime\npour l'exécution d'un premier ouvrage nouveau pourrait à l'occasion d'un"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.45", "texte": "DÉCENTRALISATION MUSICALE\n4i\n\nsecond ouvrage présenté dans la même année, solliciter, mériter et obtenir\nla prime.\nEFFORT PÉCUNIAIRE A FOURNIR PAR L'ÉTAT POUR LA\nDÉCENTRALISATION MUSICALE.\nC'est la dernière partie de cette étude ; c'est aussi la plus délicate,\npuisqu'elle a trait aux crédits nécessaires pour réaliser la décentralisation\nmusicale.\nEt je suis loin de partager sur ce point les exigences par trop exagé-\nrées de quelques décentralisateurs dont les intentions sont excellentes,\nmais qui voient trop en grand. Or il ne faut pas perdre de vue que l'État\nreculera toujours devant un sacrifice pécuniaire trop considérable, lui qui déjà\net nous en avons la preuve réserve des crédits insignifiants dans le\nbudget des Beaux-Arts aux œuvres de décentralisation.\nVoilà pourquoi la meilleure tactique à observer en cette matière,\npour réaliser notre projet, me semble être celle qui, s'inspirant d'une sage\nréserve, ne demanderait à l'Etat que le strict nécessaire.\nIl faut donc écarter le vœu émis par M. SAUGEY qui, interviewé\nsur cette question de crédits, répondait :\n\"A mon avis, 100.000 francs ne suffisent pas, il faudrait 300.000 à\n500.000 francs à répartir dans les vingt plus grandes villes de France,\nselon l'importance de chacune. De cette façon, tous les compositeurs et\nauteurs pourraient tous les ans voir vingt de leurs œuvres jouées. \"\nLE GROUPE DE LA MUSIQUE et j'adopte entièrement ses conclusions\ndemande un crédit beaucoup plus modeste.\nC'est ainsi que MM. Xavier Leroux et Aderer prévoient une somme\nde 90 à 100.000 francs en faveur des théâtres de province, à incorporer\ntous les ans au budget des Beaux-Arts.\nVoici comment joueraient les subventions :\ni° Subventions échelonnées :\nAla ire représentation . • 1.000 fr. par acte\nA la 1.000 ~\nAlal oe représentation ........ 1.000 ~\n2° Indemnité au compositeur ...... 1.000 fr.\nIndemnité à l'auteur du poème s°° »\nSi on prend comme exemple type une pièce inédite en 4 actes ayant"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.46", "texte": "42\nS. I. M.\n\nété jouée au moins dix fois, on peut donc établir de la façon suivante le\ncrédit total à accorder au directeur de théâtre ayant monté cet ouvrage :\nPièce lyrique en 4 actes :\nLe soir de la 1 représentation . 4.000 fr.\nLe soir de la 5e représentation . 4.000 „\nLe soir de la 19e représentation 4.000 „\nIndemnité au compositeur et à l'auteur du poème . . 1.500 ~\nTotal 13.500 fr.\nEn admettant que 8 théâtres de province créent chaque année un\nouvrage nouveau chacun, que chacun de ces ouvrages compte 4 actes et\nsoit joué 10 fois, ce serait donc (avec les frais de séjour des compositeurs\net auteurs) une somme d'environ 108.000 francs à inscrire au prochain\nbudget.\nUn crédit de 108.000 francs serait nécessaire mais suffisant pour\npermettre à huit théâtres de province de représenter environ tous les ans\nde 30 à 32 actes nouveaux. Or, les théâtres subventionnés (Opéra et\noPéra-Comique) doivent (de par leurs cahiers des charges) en représenter\n20 tous les ans.\nOn obtiendrait donc, par la réforme dont je viens d'esquisser les\ngrandes lignes, la représentation globale et obligatoire de 52 actes nou-\nveaux tous les ans. Quel excellent débouch \" \"\nTelles sont les CONCLUSIONS qui, je l'espère, seront adoptées par la\nChambre. Elles marqueront le réveil d'une réforme depuis longtemps\nattendue et que la crise actuelle rend indispensable. Un premier pas a\nd'ailleurs été fait et, au cours de la dernière discussion du budget des\nBeaux-Arts, sur ma proposition^la Chambre a voté un crédit de 25.000\nfrancs à titre dressai.\nCet essai, je souhaite que notre très distingué Sous-Secrétaire d'Etat\nle tente le plus rapidement possible sur une scène provinciale en subven-\ntionnant une œuvre inédite; il aura fait ainsi une première application de\nla réforme que la Chambre se doit à elle-même de réaliser complètement.\nPour cela il faut qu'elle porte à 108.000 francs le crédit qu'elle a\nprévu cette année, pour les théâtres de province et qu'un nouveau\nchapitre dans le budget des Beaux-Arts se trouve ainsi ouvert.\nCertes, nul plus que moi ne désire être des deniers publics,\net je connais trop le poids de notre budget pour ne pas réfléchir et"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.47", "texte": "DÉCENTRALISATION MUSICALE\n43\n\nhésiter devant toute réforme se traduisant par un supplément de dépense.\nMais je crois qu'il est des sacrifices et que nous commet-\ntrions une faute lourde en compromettant dans une pensée d'économie,\nque le pays ne comprendrait pas, notre patrimoine artistique et musical.\nNotre devoir est donc de nous attacher à ce problème de la décen-\ntralisation, de ne pas perdre de vue qu'il est aujourd'hui le seul moyen\nde protéger, de sauver auteurs et compositeurs français, en un mot de\nfavoriser notre école musicale dont la floraison est d'une variété et d'une\nrichesse si grandes qu'on en chercherait en vain l'équivalent dans les\nautres pays.\nIl ne faut pas rester plus longtemps en de ces nations qui\nnous fournissent des exemples significatifs.\nCe n'est pas en présence des efforts si considérables que font\nmagne et Yltalie que la France peut renier tout son passé artistique et\ncompromettre, par son indifférence et sa parcimonie, ce qu'il y a de plus\npur dans son génie.\nAussi l'œuvre de la décentralisation musicale AU\nPLUS TÔT ; au plus tôt, il faut réveiller, il faut protéger les théâtres de\nprovince, car à côté de la capitale il y a le pays tout entier.\nNous ne sommes plus au bon vieux temps où le poète Villon disait :\nIl n'est bon bec que de Paris.\n\nH. Auriol,\ndéputé de la Hte Garonne, Sécrétaire de la Chambre."}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.48", "texte": "LANDORMY (Paul). La musique d'église. Traduction\nde l'ouvrage allemand du Dr. Weinmann (Paris, Paul Delaplane,\n1912, in-120 de 221 pp. Fcs 1,60).\nClair, substantiel, compétent, ce volume, où l'érudition alle-\nmande donne la main à la science française, est le premier d'une\ncollection, qui abordera l'histoire musicale du côté des genres, et\nqui ne cache pas sa volonté nettement vulgarisatrice. La direction\nde notre éminent collègue Paul Landormy nous garantit l'entière\nprobité de cette entreprise utile.\nOn sait que le livre du Dr. Weinmann est un accessible\nrésumé de l'histoire de la musique à l'église. Depuis ses origines\nsyriaques et juives, jusqu'à sa décadence présente, le chant sacré\nde notre Occident a subi deux mille ans d'évolution, dont le\nspectacle est infiniment instructif. Cette description est présentée\nici avec simplicité et méthode, par un esprit au courant de l'état\nde la science, et qui reste dans le domaine des faits positifs. C'est\nlà un excellent volume d'enseignement secondaire, comme il en\nfaudrait beaucoup en musique.\nUn mot que je voudrais gros contre l'éditeur, qui n'a\npas craint de présenter MM. Weinmann et Landormy sous un\nhabit aussi humiliant. Format, couverture, papier typographie, tout est affligeant dans ce\nvolume, qui traite de beauté. Il est vrai qu'il s'agit d'une classe moyenne et populaire de\nlecteurs. Pour le peuple tout est bon, n'est-il pas vrai ? Nou sommes en pays de démocratie.\nJ. E.\nJOACHIM (Joseph). Briefe von und an y. Joachim. Bd. I. (Berlin, Julius Bard, 1911,\nin-8° de 478 pp. Mk. 8,50).\nVoici au contraire un volume dont la seule couverture, en son audacieux jaune serin,\nsous son titre fleuri d'un vert profond, engage l'amateur. On l'ouvre; on y trouve une parfaite\nmise en page, un style typographique impeccable, de jolies illustrations. On lit, et l'on découvre\nle roman d'une âme altière. L'intérêt historique achève ce que la curiosité artistique avait\ncommencé.\nIl n'est pas possible, en un brusque compte-rendu, de plonger le lecteur dans l'atmosphère\nsentimentale qui se dégage de cette correspondance volumineuse. Lorsque les deux volumes\nsuivants auront paru et que nous aurons devant nous les quinze cents pages de ce monument\népistolaire, nous essaierons de montrer la grandeur de cet artiste qui gravit le chemin d'une\nlongue carrière, entouré de la sympathie des musiciens du XIXe siècle. C'est Schumann, et"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.49", "texte": "LES LIVRES\n\n45\n\nc'est Liszt, Berlioz, qui traitent Joachim en ami et c'est Brahms et Wagner qui le tutoient en\ncamarade dans ces lettres (1842 à 1857), et auxquels le violoniste répond en toute franchise,\navec une sincérité qui va parfois jusqu'au courage. Peu à peu la vocation de l'artiste se\nprécise au contact de ces hommes illustres, et à la fréquentation journalière des œuvres\nde Beethoven. Mais, dès le début, une irrésistible volonté, qui se trouve si souvent au fond des\nâmes israélites, guide Joachim vers la réalisation d'un idéal artistique très net, qui n'est ni tout\nà fait classique, ni réellement romantique. On demeure stupéfait, en lisant aujourd'hui ces\nlettres, de la maturité de ce jeune violoniste, qui avoue lui-même son manque de culture litté-\nraire. Joachim dès 1850, a senti les points faibles du romantisme, il a jugé Brahms d'une façon\npresque définitive, et il a exactement vu se lever l'étoile de Sébastien Bach. Et dans ce courant\nqui emportait alors la musique bien loin de Rossini et de Meyerbeer, il semble être resté\nparfaitement conscient de lui, parfaitement lucide. Le cas Joachim est à la fois typique et\nréconfortant. On voit rarement, à travers les correspondances que la librairie a l'indiscrétion\nde nous présenter, une âme d'homme aussi belle, aussi impressionnante. J. E.\nWASIELEWSKI (Waldemer von). Das Violoncell und seine Geschichte. Seconde édition\nde l'ouvrage de W. J. von Wasielewsky (Breitkopf, 1911, in-8° de 255 pp. Mk. 6).\nParu il y a vingt ans, cet ouvrage avait besoin d'être remanié. Le fils de l'auteur l'a remis\nau courant, en s'appuyant sur les travaux d'Eitner et d'Einstein. Il s'est efforcé de compléter\nla liste des violoncellistes du XIXe siècle, et il se plaint de n'avoir pas rencontré dans ses\nrecherches auprès des musiciens modernes un grand empressement. Cela se comprend ; il est\nresté chez lui.\nEn réalité ce volume ne répond pas au besoin que nous avons d'une bonne histoire du\nvioloncelle. Il n'est plus possible aujourd'hui de faire de l'histoire musicale en chambre. M. de\nWasielewski vient de s'en apercevoir. Il faut se déplacer, courir après le document qui fuit,\ncompulser les bibliothèques. Il n'est pas admissible par exemple d'expédier les origines du\nvioloncelle en Italie au XVIIe siècle en disant : \" Le v. dut pourtant être connu de l'ltalie\nvers cette époque (celle de Prastorius), car Eitner cite un imprimé de 1641, où il en est fait\nmention, et des œuvres de Freschi de 1660, où il est nommé violoncino Une pareille méthode\nne nous conduit pas loin !\nLe problème est tout autre que ne ferait croire cette honnête nomenclature et cette\nétude à la Fétis. Alors que dans l'aigu les violes et les violons répondant chacun à un idéal\ndifférent de sonorité se sont séparés à l'amiable, et se sont ensuite succédés dans l'histoire, la\ngambe et la violoncelle, tous deux de registre moyen, tendant vers le grave, se sont livrés à\nune concurrence acharnée, dont on ne connaît pas encore les débuts, dont on n'a pas précisé\nles causes, et dont le conflit, extrême vers 1715, n'est pas encore tout à fait terminé. Comment\nexpliquer ces faits, par les textes, par les œuvres, par les dates, par les instruments, par les\nhommes, et par les considérations de l'esthétique, de l'acoustique et de la physiologie. Voilà ce\nqu'un historien devra nous dire, s'il est à la fois compétent en lutherie et en musique, à la fois\narmé des secours de la bibliographie et de la science exacte. Ce jour-là nous aurons une histoire\ndu violoncelle. J. E.\nSCHEURLEER (F. Dr. D. F.). Het Muziekleven van Amsterdam. ('s Gravenhage,\nMartinus Nijhoff, 1912, in-fol. de 126 pp.).\nNotre vaillant et généreux collègue de La Haye, ne recule devant aucun sacrifice lorsqu'il\ns'agit de musicologie. Il ne lui suffit pas d'avoir formé une des plus somptueuses bibliothèques\nmusicales de l'Europe, il veut encore que le public profite de ses trésors et de ses connaissances."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.50", "texte": "4-6\nS. I. M.\n\nIl réunit, en ce présent infolio, les éléments de la vie musicale à Amsterdam au XVIIe siècle,\net nous fait assister, par le texte et par l'image, au grand siècle de la musique hollandaise.\nA vrai dire la Hollande se trouve, à cette époque, dans une singulière position à l'égard\nde la musique. Elle est un merveilleux terrain de culture pour le microbe sonore, mais elle ne\ndonne pas à l'histoire des noms de tout premier ordre. On cite Sweelinck, on entrevoit des\nécoles, dont l'influence se fait sentir sur les virginalistes anglais, et sur les luthistes français ;\non pense aux modestes Beethoven qui mûrissaient en quelque coin la gloire future de l'auteur\nde la Neuvième. Mais on cherche en vain un type de musique proprement hollandaise. Ceux\nqui voudront connaître les causes de ce phénomène historique liront avec fruit l'ouvrage de\nM. Scheurleer (qu'ils auraient peut-être préféré en allemand). Us trouveront là des vues\ngénérales, des documents nouveaux sur les manifestations publiques de l'art (concerts, théâtres,\ncorporations), sur la musique de chambre, sur les facteurs, les instruments, et les éditeurs, enfin\nune remarquable bibliographie, qu'on attendait en vain jusqu'à présent.\nCent quatorze splendides reproductions font de ce volume un modèle pour nos éditeurs\n(j'allais dire nos hésiteursde musicologie) toujours si timorés et si éloignés de l'amour de l'art.\nJ. E.\nJOLIZZA (W. K. von). Z)as Lied und seine Geschichte(Wien und Leipzig, A. Hart-\nleben, 1910, in-8° de 691 pp. Kr. 12).\nTous les peuples chantent et ont chanté, et le lied, dans son acception la plus étendue,\nrésume en lui-même l'histoire de la musique. Il faut cependant une limite à toutes les études.\nL'auteur ne nous conduit ici que d'Olympos à Hugo Wolf, et encore se borne-t-il à l'Alle-\nmagne lorsqu'il parvient aux temps modernes. On doit donc s'attendre à trouver dans ce livre une\ngrande abondance plutôt qu'une étroite limitation. Et d'ailleurs, l'effort du lied touche à celui\nde la musique d'église ; il n'est étranger ni à Guy d'Arezzo ni à Philippe de Vitry ; les\ntrouvères, troubadours, Minnesanger, lui furent indispensables ; plus tard les réformes floren-\ntines servirent ses fins ; et nous le voyons triompher avec les Allemands du XVIIe siècle, les\nHassler, les Albert, les Krieger, les Erlebach... Il a trouvé là son meilleur terrain de culture.\nMais, au fait qu'est-ce qu'un lied ? Comment le distinguer du canto et de la chanson ?\nL'auteur nous laisse pressentir ces définitions, il nous offre les moyens de les formuler, c'est à\ndire la documentation qui nous permettra de rêver à cette évolution d'une forme mélodique\nuniverselle et cependant si particulièrement germanique. J. E.\nVOIGT (Dr. Woldemar). Die Kirchenkantaten J. S. Bachs (Stuttgart, J. B. Metzler,\n1912, in-8° de 176 pp.).\nM. le Professeur Voigt semble être un bon esprit, plein de jugement et qui s'est rendu\ncompte, sans doute par la pratique, des difficultés que soulève l'exécution des œuvres de Bach.\nJ'ai rarement vu traiter ces problèmes de musicologie avec autant de modération, avec un\nsens plus droit. Peut-être pourrait-on reprocher à M. V. un peu trop de sympathie pour les\nsolutions provisoires et les compromis faciles entre la pratique moderne et l'histoire. Mais il\nfaut considérer que ce volume s'adresse aux organisateurs de concerts, à ces Sociétés Bach, qui\nse forment maintenant un peu partout, et qui du jour au lendemain, se trouvent en présence\nde toutes les difficultés que de la musique rétrospective.\nComment envisager ces cantates, leurs textes, leur instrumentation, et en particulier leurs\nbois et leurs cuivres ? Comment traiter l'accompagnement, le continuo ? Comment prendre les\nmouvements, suivre les nuances jamais indiquées, comment phraser ? Comment enfin dégager\nde ces œuvres les différents aspects de la personnalité du grand homme ? Voilà des questions"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.51", "texte": "LES LIVRES\n47\n\nqui se posent aujourd'hui et dont on commence à envisager sans parti-pris la solution probable.\nL'exégèse a fait des progrès dans la musique, et tout le monde paraît enfin arrivé à cette idée\n(très banale et très récente cependant) que Bach fut un musicien sensible, coloré, ami de la\nvirtuosité et de l'effet, soucieux de l'exacte mise au point, et non un fâcheux qui se servait du\ncontre-point pour donner à ses auditeurs une volée de bois vert. J. E.\nPROCEEDINGS of the Musical Association. Session 1910-1911 (London Novello,\nin-8° de 154 pp. One Genua).\nChaque année ces Procès-verbaux de la Musical Association, qui est la section anglaise\nde notre Société internationale de musique, nous apportent une série d'intéressantes communi-\ncations. Nous lisons cette fois :\nE. West. L'ancienne musique d'orgue en Angleterre.\nBernard Shaw. Réminiscences d'un quinquagénaire.\nKennedy Scott. Quelques idées sur les rythmes de la polyphonie.\nB. Rootham. L'orchestre moderne et la voix humaine.\nN. O'Neil. La musique de scène.\nH. Antcliffe. Le sens du programme.\nHoward Jones. Brahms et sa musique de Piano.\nW. H. Frere. Les tonalités dans la musique du haut moyen-âge. Ces communications,\noù l'humour anglais ne perd jamais ses droits, sont discutées en séance, et soumises à des\nobjections courtoises, dont les procès-verbaux font mention. De telle sorte que nous assistons\nà de véritables assises de la musicologie anglaise, pleines de gravité, d'érudition... et de\nconfortable. J- E.\nGASTOUE (A.). - Ordinarium Salutationum (Paris, 10, rue Casette, in-i2°de 96 pp.).\nLes manuels de dévotion ont, de tous temps, contenu des chants divers, plus ou moins\nempruntés à la liturgie et souvent entièrement populaires par leur origine et par leur genre.\nMais, comme le remarque notre savant collègue, pour ces chants, et en particulier pour les\nSaluts, il n'a jamais été publié de collection à la fois liturgique et pratique. Ce présent manuel\nest donc destiné à faciliter l'accès des chants disséminés dans de nombreuses publications. Il est\nle livre populaire des chants a dévotion comme on disait autrefois. Félicitons l'auteur d'avoir eu\ncette initiative, et de l'avoir réalisée avec une parfaite méthode.\nGASTOUE (A.). - Les Messes royales de Henry Dumont (Paris, 10, rue Casette, 1912,\nin-120 de 14 pp.).\nDans cette plaquette M. Gastoué présente un aperçu historique de ces fameuses messes ;\nil dresse une utile bibliographie de leurs premières éditions (sujet encore peu connu) ; il indique\nune méthode critique de transcription, et donne enfin, en musique moderne, les messes des\nler, 2e et 6e tons. Utile supplément à l'ouvrage de Henri Quittard. J. E.\nNIN (J. Joachim). Idées et Commentaires (Paris, Fischbacher, 1912, in-8° carre de\n240 pp.).\nIl est inutile, j'estime, de présenter à nos lecteurs M. J. J. Nin. Il y a peu de temps il\npubliait ici même des considérations sur le clavecin d'un très vif intérêt (S. /. M. de dec. 1911).\nNombre d'entre nous ont pû entendre les séances historiques vraiment fort bien composées que\nce Professeur honoraire de la Schola Gantorum adonnées, notamment à la Salle des Agriculteurs.\nDe plus on le connaît déjà par une brochure courte mais fort curieuse intitulée : Pour VArt."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.52", "texte": "+8\nS. I. M.\n\nDans cette brochure il traitait tout particulièrement de la déformation que le u virtuo-\nsisme \" porte chez un certain nombre d'artistes contemporains.\nDans les études détachées qui composent Idées et Commentaires, M. Nin revient sur la\nquestion et il la traite avec plus de largeur non sans toutefois y joindre une note humoristique\nqui n'est souvent pas dénuée de charmes.\nAfin de prévenir tout malentendu, disons bien vite que l'auteur est fort éloigné de\ncontester la légitimité, disons plus, l'utilité des véritables virtuoses. C'est seulement aux faux\nvirtuoses qu'il s'en prend, à ceux qui, par des moyens discutables, cherchent à en imposer au\npublic. Et il faut reconnaître que ses critiques ne laissent pas que d'être assez mordantes.\nCes faux virtuoses abusent de leur titre pour \" justifier leurs grimaces... et leurs sacri-\nlèges\" (p. il). Ils sont atteints de la fureur de la nouveauté, ils veulent être des \"originaux\npur sang ! \" Ils \" négligent l'expression en faveur de l'adresse et de la force \" (p. 68).\nTous ces défauts sont assez connus pour qu'il soit inutile d'insister. Mais ce qui est\nintéressant, ce sont les aperçus que M. Nin donne sur la condition actuelle des musiciens.\nCes conditions pourraient bien expliquer, je ne dis pas exécuter, les aberrations de certains\nexécutants.\nD'abord beaucoup sont d'une culture musicale-littéraire tout à fait insuffisante. C'est ce\nque montre très éloquemment le chapitre : L'Ancêtre (p. 17).\nPuis à l'heure actuelle, sans parler de la question de vanité, la concurrence impose une\nlutte véritablement forcenée. Primum vivere, deinde philosophari, disaient les anciens. Cette\nobligation de lutter arrive parfois à imposer une déformation morale. \" Aujourd'hui on ne croit\nplus à la mansuétude, au mépris de la gloire... à la simplicité... Dans ces milieux \" privilégiés \"\ndès que quelqu'un dit u mansuétude \", l'écho lui renvoie a lâcheté... \" S'il dit \" modestie \",\nl'écho lui répond faiblesse. S'il ose murmurer a simplicité \", mille voix lui crient \" impuissance\"\n(p. 170). De plus ici comme ailleurs les \" affaires \" se sont modernisées. En cas de non-réussite\non ne risque pas seulement un manque-à-gagner. Il y a, en quelque sorte, des avances de\ncapitaux à faire. Et cela demande évidemment une certaine réflexion. On trouvera, sur ce\npoint à la page 106 un aperçu très serré des difficultés contre lesquelles les artistes ont à se\ndébattre.\nEn somme on peut voir par ces brefs extraits que le volume de M. J. Joachim Nin\névoque sur cette question (comme aussi sur nombre d'autres) des aperçus fort suggestifs. Et, en\nterminant, nous ne pouvons nous dispenser de lui témoigner de toute notre estime pour le\ncourage et la sincérité avec lesquels il n'a pas craint d'exposer ses idées.\nIl est un autre point encore pour lequel je voudrais lui dire ma gratitude. Quel plaisir\nn'ai-je pas eu, en parcourant son titre, à retrouver en maint endroit la trace d'une véritable\nculture littéraire, hélas ! si rare aujourd'hui. Les plus savoureuses citations de Pascal, Bossuet,\nLa Bruyère, Fénélon, etc... illuminent les en-tête des chapitres. Horace lui-même intervient,\net aussi Aristote dans la traduction de Barthélémy Saint-Hilaire. Enfin quelle touchante\nnoblesse n'y a-t-il pas dans ce mot d'Anselme de Laon sur lequel je veux finir ! \" A quelqu'un\nqui lui offrait des emplois et des titres de noblesse pour ses neveux, il répondit : \" A Dieu ne\nplaise que mes leçons sur l'Ecriture procurent à mes parents des distinctions capables de leur\nfaire perdre l'humilité que l'Ecriture commande. \" (P. 161). Il vivait au XIe siècle !\n\nGustave Robert."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.53", "texte": "4\n\nLES LIVRES\n49\n\nLIVRES REÇUS\nCAVALIERI (Emilio de'.) Rappresentati Reproduction\nen facsimilé de l'exemplaire unique de l'édition de 1600, par FRANCESCO MANTICA, et\npréface de D. ALALEONA (Rorna Casa éditrice C. Monteverd 237 via degli Scipioni,\n1912, in-fol.)\nDENKMAELER DER TONKUNST IN OESTERREICH XIXe Jahrgang\n(Vienne Artaria 1912 in fol.)\n1. Trienter Codices 111. Funf Messen des XV. Jahrhunderts.\n2. Wiener Instrumentalmusik im XVIII. Jahrhundert. (Monn & Mann.)\nKRETZSCHMAR (H.) Geschichte des neuen deutschen Liedes. I. Teil : von Albert\nbis Zelter. (Breitkopf, 1911, in-8° de 356 pp. Mk. 7,50.)\nVILLETARD (abbé H.) Odoranne de Sens et son œuv Rapport lu au\nCongrès parisien de chant liturgique. (Paris, Picard et fils, 1912, in-8° de 8 pp.)\n. La danse ecclésiastique à la Métropole de Sens. (Id. ibid., 19x1, in-12® de 20 pp.)\nRATTAY (Kurt). Die Ostracher L(Halle, Max Niemayer, 1911,\nin-8° de 136 pp. Fcs 5.)\nSPRINGER, SCHNEIDER & WOLFFHEIM. Miscellanea musicae bio-biblio-\ngraphica. (Breitkopf, 19x2, in-8° de 24 pp.)\nVALLAS (Léon). I. La véritable h 11.\nmémoire sur la trompette marine.(Lyon, I9I2> in-B°.)\nEVANS (Edwin). Historical, descriptive\nJohannes Brahms.Vol. I. The vocal Works, (London, W. Reeves, 1912, in-8 de s*o PP*\nFcs 10.)\nSCHOENBERG (Arnold). Harmonielehre. (Vienne, Universal-Edition, 1911,\nin-8° de 476 pp.)\nBROSSET (Jules). Les Trois Berry (1797-1879) Silhouettes musicales du Blésois.\n(Blois, 19 T 2, in-8° de 19 pp.)\nSPIRO (R.) Debussy, traduction allemande de l'italien, par G. SETACCIOLI.\n(Breitkopf, 19x1, in-12 de 106 pp. Mk. 3.)\nHANSLICK (E.) Aus meinem Leben.(Berlin, Allg. Verein fur deutsche Litteratur.\n2e vol. in-8° de 340 et 370 pp. Mk. 10.)\nEMMANUEL (Maurice.) Eloge funèbre de L. A. Bourgault-Ducoudray ; répertoire\ncomplèt de ses œuvres dressé par J. Bourgault-Ducoudray et portrait par Lhermite (Publica-\ntions du Monde Musical, 19x1 in 12°, de 34 PP*)\nWOOLEETT (Henry.) Histoire 2e vol. (de Bach à Schumann)\n(Ibid. 1911 in 12* de 460 pp. Frs 3,50.)\nMAISON DU LIED. Concerts de Marie Olénine. (Moscou, 22 Boulevard\nSmolensk, I9I2> in-120 de 122 pp.)\nBOSCHOT (Adolphe.) L'agonie d'un romantique, Berlioz de 1863-1869. (Tirage\nà part du Correspondant du 10 mars 1912.)"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.54", "texte": "5°\nS. I. M.\n\nFRIMMEL (Dr Theodor von.) Beeth(Vienne, 8 Stephans-Platz,\n1912 in-120.)\nJAHRBURH der Musikbibliothek PETERS (Lpz. Peters, 1912 in-40 de 124 pp.)\nBARROSO (Matheo.) —La IX Sinfonia de Beethoven. (Madrid 1912, in-120 de\n220 pp. Pes. 3,50.)\nSONNECK (O. G.) Was Richard Wagner a Jew ? (Tirage à part de Music\nTeachers' National Association for 1911. In-8° de 24 pp.)\nSERE (Octave.) Musiciens français (Mercure de France 1912 in-120\nde 416 pp. Fcs 3,50.)\nADLER (Dr Guido.) Der Stil IBuch (Breitkopf 1911 in-8° de\n279 pp. Mk. 7,50.)\nSONNECK (O. G. T.) Orchestral (Washington 1912 in-40\nde 663 pp.)\nL'ANNEE MUSICALE, publiée par MM. M. Brenet, J. Chantavoine, L. Laloy\net L. de La Laurencie (Alcan 1911 in-8° de 316 pp. Fcs 10.)\nLAURENCIE (L. de LA) & ST. FOIX (G. de.) Contribution à Vhistoire de la\nsymphonie française vers 1750. (Tirage à part de la précédente publication. 128 pp. in-B°.)\nSOUBIES (A.) et CURZON (H. de).\n(Paris Fischbacher, 1912. In-40 de 72 pp.)\nDAVISON (Henry). From Mendelssohn being the Memoirs of J. W.\nDavison forty years music critic of \"the Times\". (Reeves, 1912. In-8° de 540 PP- Price : 12/6."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.55", "texte": "Les Théatres\nROMA DE MASSENET A L'OPÉRA\nNous avons souvent frémi d'horreur en lisant des récits de voyage où les\nexplorateurs nous révèlent que certains nègres ont l'habitude de tuer et de dévorer\nleurs parents lorsque ceux-ci ont le manque de tact de dépasser un certain âge.\nC'est le moyen le plus pratique et le plus expéditif qu'ils aient pu découvrir pour\nremédier à la crise de la vie chère et à l'encombrement des carrières libérales. La\nfréquentation assidue des musiciens m'a peu à peu démontré qu'il n'y a pas une"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.56", "texte": "LA TRANSFORMISTE.\n\no\nJe l'entends danser, je ne puis la voir delà coulisse, car elle danse dans un décor fermé, un de ces\nétranges décors qu'on ne trouve qu'au music-hall. Celui-ci représente un lieu unique, où l'on rassem-\npeinte en rose vomi rehaussé d'or, une cheminée chargée de candélabres, un escalier de marbre veiné\nd'azur qui imite le savon de Marseille, un portique persan enlacé de fleurs rares, et deux grands vases\nbleus, vides. Un rideau en perles de verre ferme le fond de la scène ; c'est par là que la a danseuse\ncosmopolite à transformations \" disparaît et reparaît, vêtue chaque fois d'un nouveau costume.\nJe ne la vois que dans la coulisse, où la ramène chacune de ses éclipses. Je m'efface derrière\nla longue table qui supporte, en petits tas distincts, ses costumes. Des robes, des chapeaux, des\nperruques promettent au public, toutes les deux minutes, une idole nouvelle ; je me fais petite pour\nne pas la gêner, mais elle ne semble pas soupçonner ma présence. .\nLa fin d'un cake-walk vient de rejeter sur moi, entre les rideaux de perles tintantes, une longue\npoupée Greenaway en tulle bleue, haletante. D'une tape brutale sur son front, la poupée anglaise\ndécolle chapeau et perruque, pendant que tombe l'abat-jour de tulle bleu fané qui lui servait de jupe.\nAvant que j'aie le temps de détailler son visage, violet de fard sous la lumière lunaire d'un portant\nà ampoules bleues,.— une silencieuse larve noire, agenouillée, ferme les agrafes d'une robe espagnole ;\nles pizzicati et les tambourins sévillans frémissent dans l'orchestre et la danseuse gémit d'impatience :\nvite, la perruque noire à rose rouge le châle sur l'épaule, les castagnettes... elle ouvre d'un bond\nles rideaux de perles et j'entends, mêlé à l'orchestre, le langage rythmé de ses pieds intelligents...\nDeux minutes : la revoici. Elle halète plus fort et s'accote un instant, pour quitter sa jupe à\ngrelots de chenille, contre le portant, la tête en arrière... La ritournelle plus longue d'une tarentelle\nme donne le loisir de la regarder : c'est une figure italienne un peu lourde et régulière, aux paupières\nmi-fermées, et comme enivrée de fatigue... Mes yeux habitués à l'ombre distinguent, à présent, de\nbrunes épaules maigres, des seins nus, jeunes et las, pas assez remplis, au-dessus d'un minable corset-\nceinture en coutil gris... Une défroque napolitaine de pêcheur chemise de soie, cèinture frangée et\nbonnet pendant sur l'oreille cache tout cela comme par magie. Le visage évanoui ressuscite, et le\npêcheur napolitain, agitant un tambour de basque, entre en scène.\nJe compte, pendant la tarentelle, les costumes qui restent sur la table : la servante silencieuse, qui\nprépare des voiles d'aimée, suit mon regard et hoche la tête... Presque aussitôt, le pêcheur napolitain lui"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.57", "texte": "tombe sur les bras, à bout de souffle. La danseuse porte sur son visage la sueur, la pâleur de ceux que\nleur cœur suffoque, je voudrais parler, offrir une aide, mais la hâte des deux femmes prend quelque\nchose de tragique: il faut, malgré les mains qui tremblent, les flancs qui sautent, il faut aller jusqu'au bout...\nJ'assiste, impuissante, aux dernières \" transformations \" : je vois passer encore contre moi une\nIndienne de la Prairie, hérissée de plumes, à qui l'on vient de presser un citron dans la bouche, comme\non fait aux boxeurs fourbus, puis une aimée titubante, qui exhale des \" h 0... h 0...\" rauques, puis\nun moujik en blouse rouge, qui sanglote nerveusement et pleure de grosses larmes rondes parce que ses\njambes vont lui refuser service, enfin, enfin, il n'y a plus devant moi, sous la froide lumière d'un \"bleu\nde lune, que l'armature, à cette heure inerte, de tous ces costumes fanés : un jeune corps exténué,\ndemi-nu contre le portant, et qui, pour chercher un peu d'air, renverse sa gorge, comme Saint Sébastien\noffert aux flèches...\n\nLE TÉNOR.\nIl est beau. Il porte les couleurs de la mode actuelle : noir et blanc. Blanc plastron et habit noir,\nun gardénia à la boutonnière. Blanc visage régulier, au nez romain, cheveux noirs où se mire la herse,\net noires prunelles, larges, tranquilles, dans un grand œil blanc. Sa bouche, rehaussée d'un fard sombre\net riche, ses dents, sa chevelure, ses vastes yeux, tout cela brille d'un éclat gras, comme lustré d'une\nhuile rare. Il est beau.\nQuand il paraît, annoncé par une plainte des violons à l'unisson, et qu'il s'arrête juste au milieu\nde la scène, la claque seule l'applaudit. Mais je jure bien qu'on pourrait entendre, en faisant taire la\nmusique et les bravos, un discret murmure exclusivement féminin : soupirs d'aise et d'envie, froissement\nde robes, parce qu'on s'installe et qu'on s'accoude, et chuchotement où sifflent les s de son nom, à lut !\nIl chante les valses qu'exige la vogue, il détaille aussi la romance dramatique où l'héroïque gigolette\nmeurt pour sauver le fils de famille qui l'a rendue mère, - le tout d'une jolie voix facile, qu il ménagé\nprudemment, car la fumée et la poussière des music-halls font aux ténors une gloire breve. Il est non\nmoins ménager de ses gestes et s'en remet à ses yeux pour séduire. Durant qu il chante, ces yeux noirs\net blancs font le tour des loges, lents, assurés, voilés de dédain voluptueux, puis caressent pareillement\n\nLes Théatres\n\nROMA DE MASSENET A L'OPÉRA\nNous avons souvent frémi d'horreur en lisant des récits de voyage où les\nexplorateurs nous révèlent que certains nègres ont l'habitude de tuer et de dévorer\nleurs parents lorsque ceux-ci ont le manque de tact de dépasser un certain âge.\nC'est le moyen le plus pratique et le plus expéditif qu'ils aient pu découvrir pour\nremédier à la crise de la vie chère et à l'encombrement des carrières libérales. La\nfréquentation assidue des musiciens m'a peu à peu démontré qu'il n'y a pas une"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.58", "texte": "les fauteuils d'orchestre. Parfois, son regard s'arrête, fixe un point précis, où l'on est sûr de voir une\nfemme abaisser sa lorgnette et s'appuyer soudain au dossier de son siège, avec le geste de s'écarter\nd'un foyer trop vif. Ce n'est qu'un instant: les yeux ont déjà repris leur promenade professionnelle,\nau mépris de toute valse amoureuse, de toute romance dramatique, ils ont l'air, ma parole, d'ignorer\nmême que le ténor chante...\nAyant salué, les talons joints, une main appuyée à quelque buisson fleuri du portant découpé, il\nnous rejoint dans la coulisse, où il flâne un peu. Dix heures sonnent à peine, et le ténor bâille, d'avoir\ndevant lui la moitié d'une soirée à tuer. Un miroir écorné, sans cadre, pend au mur: le ténor y mire\nses dents, son menton rasé, où la poudre masque le bleu d'une barbe dure. Il consulte le bulletin de\nservice, bâille de nouveau, et dit haut, à la cantonade :\nBelle salle, ce soir.\nIl tousse, et ajoute :\nJe ne sais pas ce que j'ai dans la gorge, depuis ce matin.\nLe comique prostré réplique un mot banal, ou bien c'est la diseuse incomprise qui va distiller\nles \"Jolies chansons de France\", ou bien moi...\nEt le ténor ne s'en va toujours pas. Il s'attarde dans la demi-nuit sinistre, dans ce silence singulier,\ntroublé seulement par l'orchestre, des coulisses de café-concert. Parfois, le petit chasseur lui remet une\nlettre, qu'il ouvre lentement avec un indiscret sourire.\nMais je ne lui vois point de hâte, ni de fièvre, et ce \" briseur de cœurs \" n'a jamais l'air d'un\nhomme qu'on attend. C'est un très paisible camarade, et je le jurerais incapable de faire commerce de\nses charmes ailleurs que sur la scène. Le ténor n'y songe même pas. Chacun de ses coups d'œil aux\nmiroirs le récompense ; quoi qu'en pense la duègne, qui le traite amoureusement de \" beau gosse\net le comique chétif, qui murmure \" barbeau \" sur son passage, je ne le nommerais ni Don Juan, ni\nAlphonse, mais Narcisse.\n\nColette Willy."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.59", "texte": "Les Théatres\n\nROMA DE MASSENET A L'OPÉRA\nNous avons souvent frémi d'horreur en lisant des récits de voyage où les\nexplorateurs nous révèlent que certains nègres ont l'habitude de tuer et de dévorer\nleurs parents lorsque ceux-ci ont le manque de tact de dépasser un certain âge.\nC'est le moyen le plus pratique nt le plus expéditif qu'ils aient pu découvrir pour\nremédier à la crise de la vie chère et à l'encombrement des carrières libérales. La\nfréquentation assidue des musiciens m'a peu à peu démontré qu'il n'y a pas une"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.60", "texte": "52\nS. I. M.\n\ntrès grande différence spécifique entre l'âme d'un nègre et celle d'un compositeur :\nà la répétition générale de Borna, en particulier, j'ai eu la sensation très nette que\ntous deux ont exactement la meme conception de 1 amour filial.\nM. Jules Massenet, patriarche prolifique, commence à gêner terriblement sa\ndescendance. On trouve inquiétante la verdeur persistante de cet ancêtre qui, tous\nles ans, engrosse sa Muse, l'envoie faire ses couches à Monte-Carlo ou à Paris et\nn'est jamais aussi joyeux que lorsqu'elle lui donne des jumeaux. Ce prodigieux\ngrouillement d'héritiers, ces baptêmes annuels célébrés avec pompe, irritent la\ntribu qui se trouve déjà trop étroitement logée dans nos palais nationaux et gémit\nsur l'exiguité des \" nursery \"de l'Etat. , . ,\nCette année, une particularité inattendue a mis le comble a 1 exaspération des\npères de famille. M. Massenet à son âge, c'est presque une indécence ! ne\ns'est-il pas avisé de changer sa manière! Jusqu'ici il n'avait jamais eu que des\nfilles invariablement blondes et souriantes, or son dernier enfant est un garçon\nnoiraud à la mine sévère ! Inquiétant présage ; n est-ce pas la le commencement\nd'une nouvelle dynastie ? .\nQue deviendra l'art lyrique, pensent les montreurs d ours, si la délimitation\ndes genres n'est plus respectée ! Comment se reconnaître dans la melee theatrale,\ndéjà si confuse, si les rôles des combattants sont intervertis ? Qui nous dit que\nSaint-Saëns ne va pas demain remettre Manon en musique puisque Massenet vient\nde récrire les Barbares ? .\nCe fut un bel affolement dans les couloirs et, il faut bien 1 avouer, un leger\neffarement dans le public. La malveillance et la tendresse s'accordèrent à déplorer\nce choix d'un austère sujet de la part d'un doux vieillard voué depuis son enfance\nau culte de Vénus cc invisible et présente\". Le \"cas Massenet est classe dans\nl'histoire de l'art ; quel ennui d'avoir tout à remettre en question à propos de\nce malencontreux essai ! L'auteur de Werther était entré vivant dans 1 immortalité.\nOn lui avait rendu pleine justice, on avait mis en lumière son heureuse influence\nsur l'essor d'une génération audacieuse, les historiographes du modernisme le pius\naigu le saluaient au passage, Debussy, lui-même, ne rougissait pas de lui dédier la\nfiliale accolade de l'Enfant Prodigue, on lui avait reconnu, une fois pour toutes,\nle droit à la romance et à la grande effusion sur la quarte et sixte en maniéré de\npension de retraite, on continuait à fêter courtoisement les aimables redites ses\nderniers ouvrages, et l'on recueillait avec respect les irradiations de son geme\npassé semblables à ces rayons qui cheminent encore dans les espaces intersolaires\nplusieurs années après l'extinction de l'astre qui les émit ! Quel sort pouvait etre\nplus enviable ? , .\nUn geste maladroit de l'lmmortel vient de signaler aux passants que le\nPanthéon recélait un vivant ! Tout est remis en discussion et nous nous retrou-\nvons, sans indulgence, en présence d'un banal livret d'Henri Cain et d'une\npartition desséchée et sans grâce ! Heureusement que Noé a des fils dans le\nAu fond, cette mésaventure nous eut été épargnée sans 1 exemple déplorable"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.61", "texte": "LE MOIS\n53\n\nde ce diabolique Verdi et de son sénile miracle : le \"coup de Falstaff\" empêchera\ntoujours nos immortels... de mourir !\nEMILE VUILLERMOZ\nP. S. La \"Grande Saison de Paris\" obéissant à un idéal nettement \"cyclique\"\nje ne saurais sans trahison isoler un de ses thèmes. On me permettra donc de laisser\nà Hélène de Sparte sa véritable signification en ne la séparant pas des autres\nmanifestations musicales qui l'accompagnent et dont je rendrai compte dans le\nprochain numéro.\nDON JUAN DE MOZART A L'OPÉRA COMIQUE\n/\n/\nIl y a eu, dans cette nouvelle reprise de Don Juan, quelque chose de touchant\net en vérité de très beau, dont je crois bien que tout le monde a été frappé\ncomme moi. Unanimement, nous admirions M. Albert Carré d'avoir consenti à ce\nque M. Reynaldo Hahn essayât ainsi, sur la scène de l'Opéra-Comique, une fidèle\nrésurrection de l'œuvre de Mozart ; et nous savions un gré infini à M. Hahn\nlui-même de tout ce qu'il avait dépensé de science, et de talent, et d'amour, du\nservice d'une cause artistique toute désintéressée.\nNon pas, cependant, que cet éminent connaisseur et \" amateur \" de Mozart\neût réussi à nous rendre aussi parfaitement qu'il l'aurait voulu la partition authen-\ntique et originale de Don Juan,telle que l'ont entendue les habitants de Prague, le\nsoir du 29 octobre 1787. Force lui a été, par exemple, de confier à la sûre et\nsavante voix de Mlle Génevieve Vix, dans son rôle de Dona Elvire, en plus de\nl'air en ré composé pour Prague, un autre air, en écrit, pour l'Opéra de\nVienne en 1788 ; tandis que d'autre part nous avons été privés, après du\nsecond acte, d'un grand air de Leporello qui appartient incontestablement à la\nversion primitive, et dont l'étonnante ampleur et emphase comique ajoute un\nélément des plus précieux à la définition musicale du peureux et effronte\ncompagnon de Don Juan. Pareillement encore un \" mozartien \" de la \"stricte\nobservance \" serait homme à regretter que, dans l'une des premières scènes du pre-\nmier finale, l'on n'eût pas tenu compte d'une intention manifeste du compositeur.\nLorsque, en effet, Leporello, soufflé par son maître, invite les trois masques a\nprendre leur part du bal, cette invitation ne devrait pas être faite à travers une\ngrille, comme nous le voyons à l'Opéra-Comique, mais bien à travers une fenetre,\ndont l'ouverture momentanée nous laisserait entendre les premiers échos du\nmenuet, dansé à l'intérieur du palais. L'intervention de ce menuet dans l'accam-\npagnement, à ce moment du finale, nous reste inexplicable sans ce jeu de scene de\nla fenêtre ouverte.\nMais que sont ces menues imperfections en regard de la masse énorme de\nchoses nouvelles, ou plutôt heureusement renouvelées d'après la partition\noriginale, dont nous voici redevables à la providentielle collaboration"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.62", "texte": "54\ns. I. M.\n\n\" mozartienne \" de MM. R. Hahn et Albert Carré ? Un orchestre réduit à ses\nproportions naturelles, les dernières scènes du second finale rappelées à la vie après\nplus d'un siècle de complet abandon, tout porte à coire que ces scènes\navaient même été supprimés dès le premier soir, au théâtre de Prague, la\ndivision primitive en deux actes scrupuleusement conservée (tout au moins sur le\nprogramme et en théorie), et l'installation de trois petits orchestres \"réels\" au\nmilieu des danseurs, dans le premier finale : autant de véritables victoires rempor-\ntées désormais sur une tradition le plus souvent imbécile, sans compter vingt\nautres victoires moins apparentes, peut-être, mais mieux faites encore pour\némouvoir délicieusement toute âme qui se soucie de goûter le pur et subtil\nparfum du génie de Mozart. A quoi j'ajouterai que, pour ne rien dire de\nl'excellente tenue de l'orchestre sous la direction personnelle de M. Hahn,\nl'interprétation des rôles atteste un progrès considérable sur celles où le même\nthéâtre nous avait naguère habitués. M. Périer use avec une intelligence et un art\nsans pareils d'une voix qui seulement, par instants, aurait gagné à être plus sonore.\nMM. Vieuille, Francell, Delvoye, et Payan, Mmes Espinasse et Geneviève Vix\nont tâché de leur mieux à retrouver le secret d'un chant très différent de celui qui,\nà l'ordinaire, leur permet de déployer les ressources de leurs voix. Et si la voix de\nMUe Mathieu-Lutz, elle non plus, n'a peut-être pas toute la force qu'exigerait une\nrestitution idéale du rôle de Zerline, jamais encore je n'ai entendu une traduction\nde ce rôle aussi merveilleusement juste, légère, \" zerlinienne \" que celle-la.\nQue si maintenant l'on me demandait mon opinion sur les résultats pratiques\net les probabilités d'avenir de cette admirable reprise de j'aurais à\némettre le pronostic le plus pessimiste. Car je suis à peu près certain que, cette\nfois encore, le chef-d'œuvre de Mozart disparaîtra bientôt de la scène de l'Opéra-\nComique, tout de même qu'en a disparu, l'année dernière, la Flûte enchantée.\nDe nouveau, le public ne tardera pas à se lasser de Don Juan, ce qui achèvera de\nconfirmer les directeurs dans la croyance, absolument erronnée, qu'il n'y a\nplus de vie possible, chez nous, pour la génie dramatique de Mozart. Et pour-\nquoi ? Parce que Don Juan, avec toute sa beauté immortelle, est une pièce vieille\nde plus d'un siècle, et qui, cela étant, ne saurait nous être présentée de la même\nfaçon qu'une pièce écrite aujourd'hui pour nous. Lorsque la direction du Théâtre-\nFrançais s'avise de ressusciter un chef-d'œuvre de Molière, tel que Georges Dandin\nou le Médecin malgré luiy l'idée ne lui viendrait pas d'offrir cette comédie classique\navec un luxe de mise en scène qui l'obligerait à ne pas donner autre chose, durant\nla soirée. Pour imprévus ou merveilleux que soient les décors éxécutés en vue de\ncette reprise d'une pièce de Molière, le public du Théâtre-Français s'impatienterait\nd'avoir à les payer par de longs entractes, comme ceux où il se résigne pour\nentendre une œuvre nouvelle de M. Rostand ou de M. Donnay.\nVoilà ce que nos directeurs de théâtres musicaux semblent ne pas vouloir\ncomprendre, au grand détriment de leurs propres efforts et de la gloire des\nmaîtres anciens ! C'est ainsi que Don Juan, sur l'affiche, ne comporte que deux\nactes : en réalité, il nous condamne à subir, en plus du grand entracte régulier,"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.63", "texte": "LE MOIS\n55\n\nune demi-douzaine d'entractes un peu plus courts, mais, tout de même, bien\nennuyeux pour des auditeurs qui ne sont pas encouragés à la patience par la\ncuriosité de découvrir ce qui va ensuite leur être montré sur la scène. Le premier\nfinale, par exemple se trouve coupé, après le trio des masques, d'une façon qui en\naltère l'unité musicale. Au second acte, nous devons attendre dix minutes le petit\nduo du cimetière,puis de nouveau dix minutes l'air, —si fâcheux au point de vue\ndramatique, il faut bien l'avouer ! de Dona Anna ; et, après cet air, dix\nminutes encore d'attente avant d'être admis à la jouissance du second finale. Et\nque l'on n'allègue pas que ces petits arrêts ne sont pas de véritables \" entractes, \"\nparce que l'on est invité à ne pas bouger de sa place ! J'affirme, au contraire, que\ncet obligation d'attendre sur place est pour nous, inconsciemment, plus agaçante\nencore qu'un entracte où nous pouvons échanger nos impressions avec des amis.\nJe l'ai bien vu à la répétion générale : tout autour de moi, à partir du milieu du\nsecond acte, des auditeurs commençaient par relire leurs programmes, durant\nl'un ou l'autre de ces désastreux arrêts, et puis, machinalement, fatigués\nd'attendre, ils prenaient leur chapeau et s'en allaient chez soi.\nC'est là, pour moi, une question pratique d'une importance considérable. Et\nvraiment je ne parviens pas à comprendre que nos directeurs ne se rendent pas\ncompte de son importance, et ne cherchent pas un moyen quelconque d'alléger, de\nrendre plus courte et plus foncièrement agréable au public la représentation\nd'œuvres qui, comme celles de Mozart, ont besoin, pour nous attirer au théâtre,\nde provoquer en nous un plaisir quasi spontané, je veux dire aussi facile à goûter\net aussi peu mêlé que possible. A Munich, depuis bientôt vingt ans, l'appareil de\nla \" scène tournante \" nous a permis d'entendre les opéras de Mozart dans des\nconditions incomparables de simple et profonde jouissance musicale. Ou bien, à\ndéfaut de ce moyen-la, ne pourrait-on pas recourir à d'autres artifices, n'importe\nlesquels, pourvu qu'ils nous missent à même d'entendre vraiment Don Juan ou la\nFlûte Enchantée en deux actes, comme Mozart les a conçus ? Alors seulement le\npublic parisien recommencerait à éprouver le besoin et l'amour de cette musique\ndivine ; et alors tout l'admirable sacrifice \" mozartien \" de M. R. Hahn se\ntrouverait dûment apprécié ; et M. Albert Carré n'aurait plus la tristesse de\ndevoir rejeter de son répertoire des œuvres qu'un artiste comme lui ne peut\nmanquer d'adorer. Mais, hélas ! je crains bien de perdre mon temps, et surtout\nd'exercer inutilement la patience des lecteurs du avec ces doléances que\nj'ai déjà exprimées bien des fois, sans que personne, je crois bien, ait même pris la\npeine de les écouter !\n\nT. de Wyzewa."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.64", "texte": "DE LA MUSIQUE ET DE LA DANSE\nLES CONCERTS DE Mlle TROUHANOWA\n\nIl n'est pas trop tard pour parler d'eux : encore ils constituent plus qu'un événement\nsensationnel de la saison parisienne ; ils marquent une date importante de notre histoire\nartistique : celle où notre musique symphonique française s'est unie intimement à la danse :\nc'est la date de la première représentation de la Péri de Paul Dukas.\nAprès une quarantaine d'années d'indifférence, qu'explique facilement la faiblesse où est\ntombé le ballet de théâtre, la danse est de nouveau en faveur. On l'a peut-être aimée, jadis,\nau XVIIIe siècle surtout, avec un zèle plus constant, avec plus de passion et d'enthousiasme,\nmais jamais on ne s'est intéressé à elle avec des soins plus graves et une intelligence plus\nsoutenue. Ces marques de sollicitude si différentes, les unes légères, les autres attentives,\ncorrespondent évidemment à des conceptions tout opposées de la chorégraphie ; le ballet frivole\nest l'objet des premières, la danse d'expression est l'objet des secondes. Certains prétendent que\nces formes s'opposent et se détruisent, d'autres au contraire qu'elles se pénètrent et se com-\nplètent. Je serais plutôt de l'avis de ces derniers. Quoi qu'il en soit, la danse tient à nouveau\nune place considérable dans les goûts du jour : non seulement elle est à la mode, ce qui serait\npeu de chose, mais elle a donné à penser à des artistes de toute sorte : poètes, peintres et\nmusiciens, ce qui a infiniment plus de prix. A l'exception de quelques praticiens comme\nCahuzac ou Noverre, nul ne s'était soucié jadis de donner à la Danse des lois esthétiques."}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.65", "texte": "Mme Trouhanowa dans Adelaïde"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.66", "texte": "Décor de la Péri, par R. Piot"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.67", "texte": "LE MOIS\n57\n\nPoètes et prosateurs épris de jolis spectacles, bornaient leur zèle à composer en son honneur\nd élégants badinages en forme d épîtres ou de madrigaux enflammés. Aujourd'hui que les\nesthéticiens s en sont mêles ou vont le faire la Danse connaît des heures inquiètes.\nA l'appel de qui doit-elle se rendre ?\nMme Isadora Duncan 1 a profondement troublée ; les ballets russes ont plus encore secoué\nsa torpeur ; d autres imitateurs ou disciples ont ému le ballet de naguère, qui s'en allait,\nmourant doucement, avec son vieux sourire figé depuis l'ancien régime et qui n'a plus, hélas,\nde séduction ni de grâce pour personne.\nEn examinant rapidement les deux aspects suivant lesquels la danse s'est renouvelée de\nnos jours, nous saisirons plus aisément la caractéristique des concerts de Mlie Trouhanowa et\nce qui en constitue l'exceptionnelle valeur.\nL art de Mme Isadora Duncan peut irriter ou remplir d'extase ;sa personnalité peut être\nhaïssable aux uns, adorable aux autres ; on n'empêchera pas qu'elle ne soit l'initiatrice du plus\ngrand mouvement qui se soit produit dans la chorégraphie depuis Noverre. Mais son art, qui\nfut quelquefois divin, est essentiellement un art égoïste : il ne tend qu'à mettre en relief la\nvaleur d'une interprète, qui a peut-être du génie, mais dont les définitions sont trop vagues\npour composer une méthode. On me dira que Mme Duncan a formé une école, et que cette\nécole, où sont enseignées la grâce des gestes et la noblesse des attitudes, est la chose la plus\nadorable qui soit au monde. Mais Mme Duncan enseigne aussi que l'art qui n'est que\nfiction et artifice alors même qu'il est de pure expression que l'art peut dépouiller tout\nartifice ; elle pense qu'en empruntant à la mer ses cadences, aux feuillages leurs ondulations,\nelle communique à ses pas et à ses gestes des rhythmes naturels ; elle pense surtout forte\nen cela de son cuite pour la plus belle musique qu'elle a le droit d'appliquer sans que les\nauteurs aient pu y consentir à des conceptions purement abstraites une traduction arbitraire\noù la nature se reconnaîtrait peut-être, mais où la musique ne se reconnaît sûrement pas.\nMme Duncan estime avant toute chose que le ballet est une forme d'art condamnable qu'il\nconvient de rayer d'un trait de plume du tableau des mœurs et de l'histoire. On ne supprime\npas aussi aisément une forme d'art surtout quand, comme celle-ci, elle a créé des chefs-\nd'œuvre et qu'elle a cette supériorité de posséder une terminologie précise, une méthode, des\nécoles, et un passé. Des traditions qui évoluent insensiblement constituent seules les échelons\nprogressifs d'un art. C'est pour avoir méconnu cette loi fondamentale et pour avoir voulu briser\nce qui ne saurait se détruire, que, malgré son immense influence et malgré la parcelle de génie\nqui lui a été dévolue par la divinité, Mme Duncan n'a pas encore suscité l'œuvre définitive et\nexemplaire qu'on est en droit d'attendre d'elle.\nImmédiatement après elle sont venus ce qu'on est convenu de nommer les \" ballets\nrusses \", c'est-à-dire la troupe composite réunie par M. de Diaghilew.\nM. de Diaghilew est un prodigieux artiste : il est \" artiste \" en toute chose ; il est\na artiste \" avant toute chose : si le sort avait fait de lui un cuisinier ou un maçon, il aurait\ntrouvé le moyen de mettre de \" l'Art \" dans ses sauces ou dans son plâtre. C'est une qualité\nprécieuse, qui poussée à ce point ne va pas sans inconvénients: La réalisation d'un ouvrage\ndevient elle même une nouvelle œuvre d'art qui relegue le compositeur au second ou au\ntroisième plan."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.68", "texte": "5»\nS. I. M.\n\nFort heureusement, en même temps qu'il est artiste, M. de Diaghilew est extrêmement\nintelligent et habile. Il a pensé qu'il serait déraisonnable de ne point profiter de la culture\nchorégraphique d'une troupe élevée dans l'Ecole où sont précisément conservées avec le plus de\npureté les traditions de la grande danse française. De la sorte, impressionné sans aucun doute\npar Mme Duncan, aidé par le maître de ballet sans pareil qu'est Michel Fokine, il a constitué\nun spectacle où la \" danse noble \" se mêle à \" la danse libre \" et qui loin de détruire le ballet,\nle renouvela, et a prolongé par là l'existence d'un art charmant.\nMais les qualités \" d'art \" de M. de Diaghilew n'ont pas manqué de déteindre sur ces\nspectacles jusqu'à en absorber en quelque sorte tout l'intérêt. On sait quel en fut le succès : il\nn'est point aujourd'hui de \" bourgeois du Marais \" (s'il en existe encore) qui ne rêve volup-\ntueusement des Sylphides et de Cléopatre. Le goût naquit, puis la mode s'acharna : la mode qui\ndéfinit si bien la prédominance de l'élément plastique sur la musique. Car jusqu'au jour mer-\nveilleux où naquit Y Oiseau de feu la musique fut reléguée au second plan. Aussi bien si l'on vit\nnombre de turbans \" Sheherazade \", si les nègres de M. Bakst firent une quantité énorme de\npetits nègres, les confiseurs se dispensèrent du moins de baptiser leurs produits du nom de\nStrawinsky : Hormis à Bayreuth, les industries de l'élégance et de la gourmandise ne s'encom-\nbrent pas de chefs-d'œuvre.\nDés qu'apparurent VOiseau de Feu, puis Petrouchka, la musique une musique singulière-\nment frappante fut rétablie dans ses droits. En même temps se précisait la fonction que\nrempliront dans l'histoire de la chorégraphie les spectacles de M. de Diaghilew : si inédits qu'ils\naient été de mise en œuvre musicale, les ballets nouveaux étaient cependant des ballets, renou-\nvelés, rajeunis, éblouissants, ayant tout l'imprévu d'une manière inconnue, mais des ballets\npourtant. Les collaborateurs de M. de Diaghilew, qui sont aussi habiles et judicieux qu'il l'est\nlui -même, ont façonné leurs livrets, déterminé leurs mises en scène, réglé leurs pas suivant les\naptitudes des interprètes qu'ils pressentaient devoir leur être attribués. Leur œuvre est particu-\nlière et non point générale : il faut au prodigieux Nijinsky des bonds démesurés et des poses où\npuisse se tordre ou s'épanouir son corps flexible ; il faut à l'ineffable talent de l'adorable\nKarsavina des personnages où elle puisse révéler sa chaste séduction en même temps que sa\ntechnique pure et volubile : Narcisse est fait à la mesure du talent de Nijinsky ; l'Oiseau de feu\nn'est nulle autre que Tamar Karsavina et je ne vois point Cléopatre sous d'autres traits que\nceux de Madame Rubinstein.\nAinsi se précise la tendance et la portée du \" Ballet russe \" : l'apport dans un cadre\nrenouvelé par la peinture, d'une chorégraphie libre ; l'utilisation judicieuse, suivant les dons\ndes interprètes, de la virtuosité classique, en tant que ressort dramatique : la conciliation\nd'éléments hétérogènes et qui paraissaient, auparavant, inconciliables.\nQu'ont donc apporté de particulier les concerts de Mlle Trouhanowa ? Ils sont tout\nd'abord essentiellement français, ce qui, pour des français, est d'une certaine importance ;\nensuite, la musique y est au premier plan, ce qui, pour des musiciens, ne l'est pas moins ; enfin\nl'apport de l'interprète, en tant que créatrice de spectacle, est d'une qualité absolument neuve\net inespérée, disons-le, chez une danseuse.\nLa physionomie artistique de Mlle Trouhanowa et sa personnalité intellectuelle sont l'un\net l'autre exceptionnelles, et également savoureuses. Je n'en sais point qui leur ressemblent ;\nleurs caractères distinctifs ne sont empruntés à nulles autres ; elles sont, profondément et au\nmeilleur sens du mot, originales. Sa culture qui est extrêmement variée, n'a rien de superficiel :"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.69", "texte": "LE MOIS\n59\n\nje me souviens de la stupéfaction qu'eurent les artistes et les lettrés lorsqu'elle arriva à Paris il\ny a quelques années, a rencontrer chez une danseuse, avec tant de simplicité et de modestie,\ndes connaissances philosophiques, littéraires, musicales, aussi variées et aussi parfaitement\nassimilées. Elle a sur tout ce qui concerne l'art, des vues et un jugement très frappants qui lui\nappartiennent en propre. Elle excelle a composer des unes et de l'autre des synthèses remar-\nquables aussi bien par leur netteté et leur justesse, que par le tour pittoresque qu'elle leur\ndonne. Aussi bien après avoir étudié avec un zèle égal toutes les formes de l'expression drama-\ntique : la comedie, la tragédie, la danse classique et la mimique, elle est arrivée à se faire de\nson art une conception singulièrement neuve et personnelle. Ce qui caractérise cette conception\nc est que la personnalité d'ordinaire égoïste de toute interprète semble s'y absorber dans la\nproduction de 1 esprit créateur : Zèle et respect si absolus, que non seulement l'interprète\ns'identifie à l'œuvre, mais qu'elle finit par s'effacer elle-même, par se dérober à \" l'effet \" que\ntout autre ne manquerait pas de vouloir susciter, afin de laisser à la musique et à la pensée\npoétique qui l'a engendrée ses plans, ses reliefs et ses ombres.\nOn vous a vanté par ailleurs le choix et la qualité du programme : il se composait de\nquatre œuvres de quatre compositeurs notoires de la musique moderne française : M. Vincent\nd'lndy, M. Paul Dukas, M. Florent Schmitt, M. Maurice Ravel. Pour la première fois au\nmonde, notre musique était appelée à concourir à un pareil spectacle ; pour la première fois,\nsans \" arrangement \" irrespectueux, sans u adaptation \" fantaisiste, la musique symphonique\nfrançaise occupait la première place dans un spectacle de chorégraphie. Je ne reviendrai ni sur\nla noble beauté d'lstar, ni sur la passion tragique que récèle Salomê, ni sur l'élégance spirituelle\net piquante à?Adélaïde. Sauf dans ce dernier ouvrage où elle s'est divertie à établir une\nsilhouette conventionnelle du ballet, Mlle Trouhanowa est demeurée fidèle à son principe.\nEt je ne saurais dire à quel point fut saisissante son Istar humble et fière, hiératique et\nhumaine, à quel point fut troublante et touchante sa Salomê frénétique et superbement\ndéchaînée. Je sais que Mlle Trouhanowa est très belle et que, dès qu'elle apparaît en scène,\nle public est gagné à sa cause. Mais il ne suffisait pas de posséder cette splendide beauté pour\nfaire de la Péri le drame poétique et saisissant qu'elle a conçu et réalisé. Et c'est précisément\ncet ouvrage qui, s'il décida du plus violent enthousiasme du public, fut aussi de tous le plus\nattachant. C'est un hommage bien significatif que M. Paul Dukas rendit à la danse, le jour\noù il écrivit la Péri. La musique française, la \" grande \" musique s'entend, s'est trop long-\ntemps refusée à accorder à la danse des vertus de pathétique : il fallait qu'un musicien de\nnoble race artistique \" crût \" enfin à l'avenir d'une forme qui est peut-être la plus complète\ndes formes lyriques : le poème dansé. La Péri est précisément ce poème dansé.\nMais il fallait pour que ce miracle se réalisât le terme de : a Danse \" prît un sens plus\ngénéral ; qu'il ne s'appliquât point exclusivement à ce qu'il y a de volubile dans la choré-\ngraphie ; que la musique pût être vraiment libre ; et son pathétique dégagé de tous ornements\npittoresques, divisions en \" couplets \", périodes de virtuosité, déguisés ou franchement avoués\nque tous les ballets, si neufs de musique qu'ils soient tolèrent encore. Il fallait surtout que\nla chorégraphie et le décor ne fussent pas l'essentiel du spectacle, mais un complément\ndocile.\nAussi bien en l'écrivant, Paul Dukas n'a-t-il abdiqué aucune de ces exceptionnelles beautés\nqui font d \"Ariane et Barbe-bleue un chef-d'œuvre : une architecture d'un dessin magnifique et\nd'une ornementation somptueuse ; une sève musicale riche de la plus rare richesse, où la passion\nle dispute en intensité à la plus émouvante sérénité. Cette même sève circule dans la Péri, et si\nles dehors sont différents, si l'orchestre y est d'un pittoresque plus accusé, la poétique demeure\nidentique : c'est toujours l'expression qui régit le choix des idées et leur développement ; en"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.70", "texte": "6o\nS. L M.\n\ngravissant lentement les pentes qui conduisent au paradis d'Ormuzd, la Péri rejoint assurément\nAriane qui, elle aussi, a reconquis sa fleur d'immortalité.\nVoici donc une œuvre musicale qui n'a subi, ni directement ni indirectement, les lois\ntyranniques du ballet ; vous ne surprendrez dans son développement nul arrêt causé par un\nincident chorégraphique, nul \" morceau \" qui suspende l'intérêt, nul appel ou nulle concession\nà la virtuosité.\nEt c'est ici que se manifeste le plus lucidement le talent de Mlle Trouhanowa: aussi bien\nqu'au lever du rideau, le magnifique manteau dont l'a revêtu René Piot ne se détache pas de\nl'harmonie de l'arbre aux fleurs d'or, aussi bien son interprétation épouse-t-elle avec une fidélité\nabsolue les fluctuations de la symphonie, ses rappels thématiques, ses brisures de rythmes,\nses accents ; aucun de ses gestes, aucun de ses pas ne sort du \" cadre \" musical ; tous s'y\nadaptent ; et il semble tant ils sont justes qu'au lieu de l'interpréter, ils prolongent le pathé-\ntique musical et en sont l'indispensable corollaire ; ils ne sont pas ce qu'est d'ordinaire le ballet\nappliqué a u l'adaptation musicale \" : un agrément superflu ; ils sont un élément indispensable\nde r émotion. Tant de simplicité, un sentiment si juste et si sobrement exprimé, une poésie\naussi constante dans le mouvement, voilà le plus rare et le plus merveilleux de l'interprétation\nde Mlle Trouhanowa. On a longuement parlé des beaux décors qu'ont réalisé pour Istar,\nM. Desvall ières, pour la Tragédie de Salomé M. Maxime Dethomas, pour Adélaïde M. Drésa.\nJe voudrais revenir une fois encore sur celui que M. René Piot a brossé pour la Péri. Il était\ndigne de l'œuvre qu'il commentait ; il était animé du même sentiment poétique ; une richesse\nde tonalité identique l'illuminait ; il était ennobli par une même dignité artistique. Ici la\ncollaboration du peintre et du musicien fut absolue ; l'esprit pénétrant du premier devina quel\nrêve plastique le second avait imaginé.\nAussi bien, si son illustration fut magnifique, elle fut aussi fidèle et respectueuse du sens\npoétique et musical. Le décor évidemment conçu pour la pleine clarté ne s'illumina que\nprogressivement en suivant mesure à mesure l'éclat croissant de la musique. Une fois encore\ncette dernière fut mise au premier plan : témoignage de respect qui pourrait utilement servir\nd'exemple. Le détail du décor et du costume révèle ce même souci \" d'obéissance \" qui est\nen la circonstance la marque d'une superbe personnalité à la poétique de l'œuvre : La\npremière colline que découvre le paysage est azurée : c'est celle qu'lskender ne saurait dépasser ;\nla montagne de la Péri est toute \" corail \" ; celle du Palais d'Ormuzd le séjour du Bien\nest toute d'or. On retrouve là dans le choix des tons, le rapport persan de bleu, rose et or.\nPas un noir. Iskender, dès le début, apparaissant au sommet de la montagne bleue disperse sur\ntout le paysage l'harmonie de pourpre sombre qui lie les trois valeurs. La Péri a, sur son\nmanteau, répandu les yeux du paon et la nacre perlée. Elle allie sur elle la fusion des deux\nmondes opposés qu'a feint toute mythologie pour les êtres célestes : l'aile de l'oiseau et\nl'irisation des coquillages des mers. D'abord toute voilée devant l'être terrestre, elle apparaît\ndans son manteau divin ; mais à mesure qu'elle s'abaisse à une séduction plus humaine, son\nvêtement devient purement terrestre. Des fleurs de rubis et la pourpre l'inondent jusqu'au\nmoment où resaisissant la fleur d'immortalité, elle retrouve son manteau céleste.\nJamais la musique associé à la danse, en conservant la liberté de son développement\npathétique, n'a donné naissance à un spectacle aussi purement expressif ; jamais la danse\nn'a pu, sur des événements plus décisifs, mieux augurer de son avenir. Et ce sera l'honneur de\nMlle Trouhanowa de lui avoir permis d'aussi précieux espoirs.\n\nRobert Brussel."}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.71", "texte": "LE MOIS\n6i\n\nFANFARE POUR PRÉCÉDER LA PÉRI\nPUBLIÉ AVEC AUTORISATION DE\nMM. DURAND ET FILS\nPAUL DUKAS\ntranscrit pour piano par D. E. Inghelbrecht"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.72", "texte": "6 2\nS. I. M."}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.73", "texte": "LE MOIS\n63\n\nUNE SÉANCE DE LUTH\n\nQui aurait dit que ce roi des instruments et cet instrument des rois (au temps où les rois\nétaient instrumentistes) aurait la gloire d'une conférence du Maître Vincent d'lndy, dans\nl'élégante salle Pleyel, en présence du Tout-Paris musicologique de 1912 ? C'est cependant ce\nqui vient de se réaliser le lerIer mai dernier, (jour des revendications révolutionaires), grâce à\nl'habile persévérance de MM. Emile Deniau et A. Mulot. Louons M. Deniau, qui, d'une\nvoix fraîche et très joliment teintée, rend la vie à Bataille, à Boesset, à Moulinié, représentants\nde l'air de cour au début du XVIIe siècle. Louons aussi M. Mulot de sa dextérité sur la\nharpe-luth, et de son goût pour Francesco da Milano, un des très grands musiciens de 1550.\nEt cherchons le sens de cette manifestation, dont l'honneur revient pour une bonne part, (la\npart du Lyon), à l'obligeant mécène de la rue Rochechouart.\nLe but de cette séance était double, du moins m'a-t-il semblé. On avait eu le légitime souci\nde remettre en honneur le luth et son répertoire. On avait aussi le non moins légitime désir de\nnous présenter le remplaçant moderne d'un instrument disparu, et de permettre à la harpe-luth\nde faire ses preuves devant nous.\nCeci posé, il convenait de présenter les choses sous un certain jour c'est-à-dire de se\nmontrer à la fois historien soucieux du passé, et moderniste enflammé. M. Vincent d'lndy me\ncroira certainement si j'avoue que j'ai été émerveillé de l'autorité avec laquelle il a, le plus\ntranquillement du monde, résolu ce petit problème. Tout d'abord, en quelques mots latins dont\nil sut tirer quelques mots d'esprit, il mit le public de son côté. Puis il nous entraîna vers la\nchanson populaire, la chanson française, nous flattant agréablement par le riant aspect de nos\ntrouvères et de nos troubadours, de nos vaudevillistes et de nos faiseurs de couplets.\nIl parvint ainsi au cœur du sujet, nous montra le rôle du luth dans cet formation de la\nmusique occidentale, et nous fît honte de délaisser un répertoire aussi brillant, aussi étendu.\nEnfin, prévenant les objections qui pourrait s'adresser au luth oublié et désuet, à sa tablature,\nà sa bizarrerie même, M. d'lndy nous démontra la nécessité pour tout artiste de se libérer des\nentraves du passé et de ne retenir de la tradition que ce qui pouvait s'accommoder au goût\nprésent, à notre goût d'auditeurs et d'exécutants. Encore un pas, et nous fûmes dans les bras\nde la harpe-luth, u permettant de reconstituer aisément et fidèlement ces œuvres pittoresques et char-\nmantes. \"\nEn fait, et à ne considérer que les contingences artistiques, M. d'lndy nous trouvera sans\ndoute tous avec lui. Il est certain que la harpe-luth de Lyon sonne à la fois en harpe et en\nluth, et qu'elle fait entrer dans la pratique moderne instrumentale, sans effort ni singularité,\ndes sonorités que les luthistes se sont jadis efforcés de réaliser. Elle classe donc dans un type\nnormal, une couleur musicale à peu près oubliée. Et, si l'on tient compte de l'histoire qui nous\nmontre le répertoire de la harpe s'alimentant aux mêmes sources que celui de luth, on peut\nhardiment soutenir que c'est une bonne action de donner à nos musiciens et à nos orchestres\nun instrument de plus, qui leur permet, à bon compte, de restaurer un instrument disparu.\nDonc, vive cette harpe-luth, que notre Société Internationale de Musique fut, je crois, la\npremière à exposer dans une de ses séances de 1908. L'expérience du lerIer mai 1912 est\ndéfinitive.\nEn droit cependant, et toute harpe-luth mise de côté, la thèse soutenue par M. d'lndy\nrencontrera des adversaires parmi les historiens de la musique, et je ne puis résister a me faire\nici leur avocat. L'auteur de Fervaal est assez musicologue pour me le pardonner.\nSi Francesco l'ltalien ou le brave Besard, bysontin, se fussent trouvés l'autre soir dans la"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.74", "texte": "64\nS. I. M.\n\nsalle Pleyel, ils n'eussent point sans protestation, laissé dire que le leur instrument sonnait en\ncontinuels pizzicati et que sa tablature devait se transcrire en projetant sur la portée un semis\nde notes éparses. Ils auraient certainement relevé la confusion humiliante où le conférencier\ns'est plu à placer le luth, parmi les mandores, cholachon, guitarres, vihuela, et autres membres de\nla famille, parents pauvres toujours sévèrement bannis de la ligne directe. Ils auraient\ndemandé la parole pour soutenir que le luth ne fut pas le vagabond, de mœurs arbitraires, de\nforme incertaine, qu'on a pu entrevoir dans cette causerie, le gratte-corde à jamais disparu et\nqui ne peut, ni ne doit revoir le jour.\nMais, à coté de ces virtuoses, dont on ne voudra peut-être pas accepter le témoignage\nintéressé, l'esprit critique cherchera, lui aussi, à formuler ses scrupules. Je le crois du moins.\nCar, on n'admettra pas sans bonnes raisons que l'apologie d'un instrument se termine\npar le triomphe d'un autre. On apercevra certainement, à la réflexion, que ce paradoxe, peut\nêtre essentiellement bienfaisant aux praticiens, sans cesser d'alarmer les historiens. Pour que\nla logique soit satisfaite, il serait nécessaire, de prouver que la pratique du luth est chose\nabsolument impossible de nos jours. Or, rien n'est moins certain. Et, le serait-ce, que nous\naurions là un cas de force majeure, mais non pas une justification capable de satisfaire la\nraison. M. d'lndy, qui est de nos meilleurs logiciens, a senti la faiblesse de cette argumentation\ntoute utilitaire. Il a voulu s'appuyer sur un principe correct, et il nous a dit : le luth est\nmorty il ne faut jamais chercher à faire revivre ce qui est mort. Fort bien, mais alors pourquoi\nrestaurer cette littérature, bien défunte elle aussi, et qui demande de fervents initiés pour\nreprendre vie devant nous ? Ici on revit, là on succombe à jamais, et tout juste sur la foi d'un\nprincipe énoncé vigoureusement. C'est un peu gênant.\nJe sais bien que nous avons eu affaire, nous l'avons dit à la double personnalité d'un\nhistorien-artiste ou d'un artiste-historien. C'est l'historien qui nous prescrit, au nom de\nl'érudition et de la vérité, de corriger notre ignorance et de parcourir avec lui le domaine du\nluth. Mais c'est l'artiste qui nous arrête brusquement dans cette excursion archéologique\net nous ramene à la réalité de 1912. La promenade du Musée est terminée. Il n'en reste\npas moins vrai que cette dialectique est scabreuse, qui consiste à s'appuyer tour a tour sur la\nfoi des documents objectifs et sur la témoignage des sentiments personnels ! Qu'importe,\naprès tout, si le goût de la musique de luth a pu, ce soir là, gagner quelques fidèles !\n\nJ. E.\n\nConcerts Divers\n\nLa trêve pascale qui, chaque année, interrompt les hostilités musicales s'est prolongée,\nce printemps, au-delà de toutes les prévisions. Il semble qu'en présence d'une arrière-saison\ndevenue la véritable saison artistique particulièrement chargée, les combattants aient voulu\nse recueillir, se reposer, pour aborder avec plus d'énergie la lutte finale. Cette lutte est mainte-\nnant engagée. Voici le résultat des premières escarmouches :\nLes salles de musique, une à une, ont rouvert leurs portes fermées depuis les derniers\nconcerts spirituels. Chez Pleyel, le Quatuor Capet stupéfie ses habitués en donnant deux\nauditions où le Beethoven attendu fut remplacé par Ravel et Debussy ! L'événement est\nd'importance et particulièrement significatif, Capet ayant souvent déclaré qu'il ne soumettrait\nson archet qu'à des génies souverains ! La Société des Compositeurs crée un remarquable"}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.75", "texte": "LE MOIS\n65\n\nfragment du Myrdhin de Paul Ladmirault, le duo de la Saint Jean d'Eté, avec le plus vif\nsuccès. Mlleßonnard et M. Sautelet en sont les interprètes applaudis. Une intéressante causerie\nest raite par M. Vincent d'lndy sur l'intérêt que présente l'étude de la tablature du luth :\nM. André Mullot joint son geste à la parole du Maître. La Société Mozart, sous la musicale\ndirection de Jean Huré, donne un Concerto grosso en si bémol de Haendel, une Fantaisie et\nFugue de Mozart et un Concerto de piano de Bach. Et la Nationale donne la première\naudition d une Sonate de Louis Thirion et de trois mélodies de Victor Vreuls.\nLa Salle Erard hospitalise la même Société quelques jours plus tard. Au milieu de reprises\nparticulièrement intéressantes, nous y trouvons le piquant régal d'un cycle de mélodies de\nMessager interprétées brillamment par Mme Kousnezoff. Puis c'est le défilé habituel des\npianistes de tout sexe et de tout âge. Sur la même chaise mécanique se succèdent sans inter-\nruption d'obèses quadragénaires et des fillettes en jupe courte jouant les mêmes concertos, les\nmêmes études et les mêmes fantaisies. De cette foule un peu trop amorphe ne se détache que\nl'énergique figure du pianiste catalan Montoriol-Tarrès dont le récital annuel fut éclatant.\nJamais le fougueux virtuose n'avait dépensé plus de force, de souplesse et d'autorité que dans\nl'exécution qu'il nous donna de Mazeppa et de la fameuse Islamey où il est incomparable.\nSalle Gaveatl, l'activité est grande. Voici Mark Hambourg dont le programme s'oriente\nvers un modernisme résolu, grâce à Cyrill Scott, Ravel et Debussy. Avec une conscience\nhistorique assez rare, il faut bien l'avouer, chez les spécialistes de la musique ancienne. Arnold\nDolmetsch nous offre des reconstitutions méthodiques d'instruments. Sur le luth, le cistre, la\nflûte douce, la lyra-viole, le clavicorde et la famille des violes, il nous donne des exécutions\nextrêmement attachantes de pièces anglaises des XVIe et XVIIe siècles. Une foule ardente\nacclame Kreisler qui, deux dimanches de suite, remplace seul sur l'estrade, l'orchestre\nChevillard, rentré dans son mutisme annuel. Piqué au jeu, Jacques Thibaud prend immédia-\ntement sa place et nous exécute trois Concertos avec la complicité de l'orchestre Hasselmans.\nLa S. M. I. fait pleuvoir les premières auditions dont la plus significative est assurément un\nénorme Quintette de M. Bienenbaum, œuvre touffue, passionnée et tumultueuse où s'affirme\nune personnalité très remarquable et des dons exceptionnels d'émotion et de lyrisme. Et la\nSociété Haendel nous donne une belle audition intégrale du Judas Macchabée.\nLa salle du Conservatoire après avoir vu se clore la série des concerts de la Société sur un\ntrès brillant programme où figuraient signe des temps les Chansons à quatre voix de\nDebussy, s'est entr'ouverte un beau soir en l'honneur de Mme Lili Lehmann qui donne avec\nl'aide de Schubert une brillante démonstration de sa méthode. Les mélomanes parisiens qui\nont toujours entendu répéter que cette admirable salle était interdite au public, le soir, par\nordre de la préfecture de police, demeurent interdits devant cet extraordinaire événement qui\nconstitue un précédent à retenir.\nLa salle du Lyoeuni, où règne MUe Gignoux se remplit d'une assistance aristocratique\npour applaudir Jeanne Raunay, Cortot et Mme de Guerne.\nMais la salle qui, vraiment, a donné l'impression la plus sensible d'une renaissance à la\nvie artistique est le Trocadéro. L'immense vaisseau, désormais aménagé en vue des concerts,\nchauffe, mieux clos, rendu confortable et enrichi de dispositifs améliorant sa déplorable\nacoustique, retient maintenant le public. Les Concerts populaires d'Alfred Casella y attirèrent\nune foule empressée qui écouta avec le plus grand respect la Neuvième Symphonie de Beet-\nhoven exécutée dans la version orchestrale retouchée par Mahler et expurgée des vulgarités\ninstrumentales de la bruyante conclusion. Pablo Casais y remporte un triomphe en exécutant\nun Concerto de Haydn.\nQuelques jours plus tard, le public select de la \" Grande Saison de Paris \" envahissait\n\n5"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.76", "texte": "66\nS. I. M.\n\ncette même salle pour fêter Weingartner dans ses belles exécutions du Requiem de Berlioz,\ndu Messie de Haendel et de la Messe en ré. On s'accorda, une fois de plus, à constater la\nmerveilleuse compréhension de notre romantisme que manifestent les chefs d'orchestre\nallemands. Ils interprètent notre Berlioz comme, seul, Edouard Colonne savait le faire. Encore\nquelques années de debussysme intégral et la Damnation deviendra un article \" made in\nGermany \" que nous ferons venir de Munich par curiosité, pour amuser nos enfants tout en\nleur donnant une leçon d'histoire !...\n\nG. K."}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.77", "texte": "Société française des Amis de la Musique\n\nLa réunion des Amis du mois de mars, qui avait été ajournée par suite du brusque départ\nde M. Gaubert, eut lieu le 29 avril à la salle de l'Hôtel des Modes avec le concours du maître\nPaul Vidal, de Mme Mayrand, du MUe Charny\nde l'opéra et de Mme Mary Christian. Au pro-\ngramme des œuvres du très aimable chef d'or-\nchestre de l'opéra, deux mélodies de Debussy\net \" le premier papillon blanc \" d'Ernest Fanelli.\nLes Amis s'étaient fait une fête de révé-\nler au monde de la musique la quintette à\ncordes de cet auteur méconnu. Malheureuse-\nment, après en avoir brusquement interrompu\nles répétitions, M. Fanelli crut bon de repren-\ndre son manuscrit et de ne pas livrer son œuvre\nau public, mettant ainsi à la fois les artistes et\nnotre société dans un embarras, aussi cruel\nqu'immérité.\nPar contre les Amis furent les premiers\nà entendre la symphonie de Beethoven, dite\nd'léna, retrouvée dernièrement par le Dr Stein\ndans un ancien fonds de la bibliothèque de cette\nville. Conduite *avec un style parfait et une\nmaîtrise impeccable par M. Hasselmans cette\noeuvre de jeunesse, qui pourrait être de Haydn, a paru charmante.\nNotre société a décidé de prêter son appui et son patronage au concert annuel d'orchestre\nde la Société Musicale Indépendante, dans lequel on exécutera entre\nautres choses la musique du Martyre de Saint Sébastien de Debussy,\ndans le courant du mois de juin et sous la direction de M. Inghel-\nbrecht. Les Amis, se souvenant des susceptibilités éveillées l'année\ndernière par les représentations de cette œuvre au théâtre n'ont pas\nvoulu donner leur concours à cette audition symphonique sans prendre\navis de S. E. le cardinal archevêque de Paris. Les démarches qu'ils ont\nfaites auprès de Mgr Amette ont été couronnées de succès, et les\ncatholiques qui n'avaient pu franchir l'entrée du Châtelet, pourront\nassister, en toute confiance, à l'exécution salle Gaveau de cette œuvre\nmusicale éminente. Un petit nombre de places, à des prix réduits, sera\nmis à la disposition de nos membres pour cette solennité.\n\nPaul Vidal, par Bils\n\nErnest Fanelli\npar J.P. Besson-Dandrieux"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.78", "texte": "L'Édition Musicale\n\n# voix élevées\n*# voix moyennes\n##* en plusieurs tons\n1 chez Bouwens\n6 Rouart Lerolle\n* Demets\n7 Eschig\n3 Durand\n8 Heugel\n4 Durdilly 5 Janin\n9 Guardia à Barcelone\n\nCHANT. Débutons, si vous le voulez bien, par quelques estimables morceaux de\nsalon, qui pour être écrits à l'usage des gens du monde, n'en seront pas moins à peu près tolé-\nrables pour des musiciens convaincus. De M. Erlanger, une Sérénade (*), /'Echelle d'Amour,1\nassez banale avec le dessin obstiné de ses basses ; de M. Bouwens van der Boijen 1 une\nromance ultra-sentimentale (**), au Rouet ;du même auteur, trois 1 à deux voix\n(* et *) ; la première très séduisante de couleur. De M. Larmanjat \\ (**) ; la\nseconde intitulée, Causerie de Vagues, d'un tour très heureux. Nous arrivons avec le\nVAdieu(***), de M. Sch.idenh.elm 2, à quelques pages plus émues, d'un sentiment très\njuste, très profond, exprimé avec la plus parfaite mesure ; ce modeste morceau compte évidem-\nment parmi les meilleurs reçus depuis longtemps. Avec M. Bertelin 2 un musicien qui sait\nson métier mais s'en tient à un idéal déjà un peu suranné, nous tombons dans le style ténébreux;\nsa lre Ballade, la nuit tombait sur ma paupière(**), d'après H. Heine, a tout du romantisme, à\npart la fantaisie. La 2de, intitulée la Chimère (***) se termine sur une phrase assez captivante,\nen son pathétique grandiloquent. M. Ladmirault1 veut être fort recueilli et fort dévotieux ;\nmais pourquoi un tel déploiement de moyens lorsqu'il s'agit de chanter tout uniment les pures\net innocentes Béatitudes (**) ■ nous souhaiterions moins de notes inutiles. Voici maintenant\nquelques auteurs à qui l'on pourrait adresser le reproche de découper Pelléas en petites\ntranches ; l'opération demande déjà un certain doigter, du reste ; ne s'y risque pas qui veut.\nM. Hue \\ toujours très habile et très séduisant avec ses (**); M. Grovlez (3) bien\nalambiqué, avec ses trois Mélodies (**); ne le fallait-il pas, pour être au niveau des Poèmes de\nJean Dominique ? Du reste, cela n'empêche pas son n° 3, Sérénade, d'être un vrai bijou.\nMme Cécile Simon 4, avec le Conte Simple(**), et surtout (**) montre toujours\nun don inné de la juste expressivité ; pas un mot qui ne porte, à son plan exact, et avec\nl'intensité sentimentale requise. Du reste, ce mérite n'est-il pas commun à toute notre jeune\nécole française ; notre déclamation est impeccable, et nous pouvons nous vanter d'avoir laissé\nbien loin le temps où l'on écrivait les paroles pour la musique, et non la musique pour\nles paroles.\nPIANO. Une Barcarollede M. Bron 2, une jolie de M. A. de Bertha,\nun Impromptu assez brillant de M. Chevillard 1 et une petite pièce assez banale que\nM. Szulc intitule Nostalgie,voilà le bilan de ceux qui écrivent de la musique nouvelle dans\ndes formes consacrées. Il y a plus de recherche, sinon d'originalité vraie, dans les\npiano de Ch. Bredon 2 essais courts et primesautiers, dont l'impressionnisme facile rappelle"}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.79", "texte": "LE MOIS\n6g\n\nun peu la manière de M. Swan Henessy ; et dans les Danses Grecques de M. Bernheim 2...\ndanses grecques, je le veux bien, quoique la 2de débute exactement comme un tambourin du\nXVIII® siècle ; mais il s'agit plus ici d'art que d'archéologie, et le plus pressé serait de faire\nconnaître à Mme Isadora Duncan ces petites pièces qui évoquent invinciblement sa mouvante\net capricieuse silhouette. Cette aimable transition m'amènera à vous parler de Mlle Blanche\nSelva, qui continue à transcrire héroïquement les pièces d'orgue de César Franck 3. La\nGrande piïce symphonique demeure acceptable au piano ; la Prière restera toujours un chef\nd'œuvre, mais le Finale n'est vraiment admissible qu'à l'église et requiert impérieusement le\nrayonnement triomphal du grand orgue aux multiples jeux. M. de la Tombelle 5, toujours\npieux, réussit à se défendre de toute originalité de mauvais aloi, dans ses Dix pièces pour orgue.\nM. Albert Roussel3 transcrit lui-même pour deux pianos quatre mains le 3me fragment de\nses Evocations pour orchestre : aux bords du fleuve sacré ; ce dernier morceau, extrêmement\ncomplexe, sera toujours moins aisément accessible que les deux premiers. Enfin M. Erik Satie 6\navec ses Pièces à quatre mains, En Habit de Cheval, scandalisera les esprits arriérés qui\ns'obstinent encore à chercher quelque rapport entre le titre d'un recueil et son contenu.\nPARTITIONS. Nous ne ferons que mentionner en passant quelques partitions\nd'orchestre dont chacune mériterait une étude approfondie : symphonie en Ré min. de\nWitkowski 3 Daph nis et Chloè de Maurice Ravel 3 Sarabande de Ducasse 3 légende\npour violon et orchestre de Blair Fairchild 2. Partitions piano et Chant ; le St. François\nd\"Assise de GK Pierné 7 VEsther de R. Hahn 8 qui va faire les délices des sociétés chorales\nde dames, et le Comte Arnau de F. Pedrell9 une œuvre que nous connaissons trop peu en\nFrance et qui mériterait d'éveiller notre juste curiosité.\n\nV. P."}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.80", "texte": "A 9 HEURES PRÉCISES DU SOIR SALLE GAVt\n3e ANNÉE\nSOCIÉTÉ MUSIC\nDEUX CONCERTS DE\nla Société Française\nler1er Concert, Vendredi 14 Juin 1912\nPREMIÈRE PARTIE\nSYMPHONIE (IRE Audition) ...... PAUL LADMIRAULT\nAllegro, Scherzo, Andante, Finale.\nL'ÉTOILE DU SOIR (IRE Audition) ..... ERMEND BONNAL\nChœur pour voix de femmes.\nPASTORALE (IRE Audition) ...... L£ON MOREAU ;\na) Chanson, b) Danse\npour Saxophone et Orchestre.\nLa DEUXIÈME PARTIE de chaque\nMARTYRE DE\nde Clai\n(Orchestre et Chœurs : 250 exécutants i\nPRIX DES PLACES : Loges : 60, 80, 100 et 120 fr., Orchestre : 20 fr., Balcon : 20,\nBillets chez MM. Durand, Grus, Eschig, à la Salle Gaveau, aux Amis de la Musique, 2;\nI\nLa location (sans augi"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.81", "texte": "B?UE LA BOETIE A 9 HEURES PRÉCISES DU SOIR\n11.\n3e ANNÉE\n(INDÉPENDANTE\nULA, sous îe patronage de\n! Amis de la Musique\n2m*Concert, Lundi 17 Juin 1912\nPREMIÈRE PARTIE\nLES VENDANGES (IRE Audition) ..... CHARLES KŒCHLIN\nPoème symphonique.\nL'ANÉMONE ET LA ROSE (IRE Audition) . . . JACQUES PILLOIS\nPRÉLUDE DE LA PORTE HÉROÏQUE DU CIEL (ir*Aud.) ERIK SATIE\nLA CATHÉDRALE (IRE Audition) ..... JEAN HURÉ\nScène finale\n< Mlle Vallin et les Choeurs.\n<iera consacrée à l'exécution intégrale du\nNT SÉBASTIEN\n■\nDebussy\nrection de D.-E. INGHELBRECHT).\nfr., Deuxième Balcon : 10 et 8 fr., Pourtours : 10, 8 et 6 fr., Promenoirs : 5, 4 et 2 fr,\nAugustin et au siège de la Société Musicale Indépendante, 11, rue Bergère (Tél. 234-31).\nde prix) est ouverte."}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.82", "texte": "La Musique et le Sport\n\nI\nWILLY DE BLEST-GANA\nNous assistons à une singulière renaissance de l'énergie nationale. Le début du XXmc siècle\na vu Téclosion d'un nouveau sentiment : /'esprit sportif qui dirige et passionne la jeunesse\nactuelle. Ce sentiment prend, désormais, une importance sociale, et nous savons que nos lycéens\nretiennent plus volontiers les noms de Beaumont et de Carpentier que ceux de Barrés et de\nDebussy. L'évolution qui se produit est-elle profitable à la race, ou faut-il donner raison à ceux\nqui prévoient une décadence intellectuelle au profit de la force brutale et bornée ?... Je ne\nreprendrai pas ici les théories ennemies des deux camps. Elles furent maintes fois exposées et\nopposées, et il semble bien que le sport n'ait plus que de rares adversaires. La majorité des\nécrivains que j'ai interrogés dans le Sport et /'Avenir ont vanté, avec une enthousiaste élo-\nquence, la puissance éducative du sport, son influence heureuse et sa haute signification. On\nm'a objecté que ce livre ne saurait être une preuve définitive puisqu'il ne révélait que le seul\navis des artistes, et encore d'artistes littérateurs, c'est à dire d'hommes rompus aux jeux de\nl'esprit, habitués aux \" spéculations \", prompts à envisager des hypothèses séduisantes, à déve-\nlopper des paradoxes. Le plaisant, disait-on, serait de questionner, tout de go, les sportifs achar-\nnés, de leur demander de juger à leur tour leurs juges bénévoles, de tirer d'eux une opinion\nsur l'art entre deux matches ou deux assauts.\nVoici un premier résultat. La musique étant, suivant l'expression d'Oscar Wilde, \" au\npoint de vue de la forme, le type de tous les arts, \" je proposai donc aux méditations des\nsportsmen le plus délicat problème. Il va sans dire que le choix de mes interlocuteurs d'un\ninstant n'a pas été hasardeux. Les personnalités auxquelles je me suis adressé ont conquis un\nnom par le sport seul, mais sont, en outre, des mélomanes. On ne saurait, je pense, me faire\ngrief d'avoir tenté une manière de sélection. Un interview avec un boxeur professionnel ne\npermettrait pas plus de généraliser l'indifférence des sportifs pour la musique, que l'opinion de\ntel peintre ou de tel romancier fermés à l'art de Wagner, n'autoriserait à conclure que les\nsculpteurs et les musiciens n'entendent pas la grande voix des chefs-d'œuvre musicaux. Enfin,\nle fait d'avoir groupé plusieurs sportifs célèbres engoués de musique prouve a priori que la\nmusique et le sport ne sont pas incompatibles.\nRestent les opinions dont la valeur (non la sincérité) se peut discuter. Sans doute,\nrencontrera-t-on, au cours des quelques causeries reproduites, des idées parentes, une sorte\nd'uniformité dans les sympathies et les haines exprimées, ou peut-être, au contraire, saura-t-on\ndégager des réponses dissemblables des différences de nature que l'on pourra attribuer\naux sports pratiqués. Pour moi, je ne prendrai point parti.\nWilly de Blest-Gana est un homme d'épée. Il n'est pas de salles d'armes où l'on ne\nconnaisse son jeu rapide, brillant, complexe et fougueux. Il fut champion du monde d'escrime."}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.83", "texte": "LE MOIS\n73\n\nIl est aujourd'hui vice-président du Cercle Hoche qu'il a fondé et où, chaque jour, il vient\ns'entraîner. Il a le visage anguleux, les yeux froids, la parole brève et le geste sec. Il aime\npassionnément le sport qu'il pratique depuis son enfance et dans lequel il a peu d'égaux. C'est,\nsuivant les vers de Marcel Boulenger :\n\" ... Willy, seigneur de Blest et de Gana\nEt le premier vainqueur du premier championnat. \"\nC'est aussi un artiste, et vous vous en rendez vite compte, lorsque vous pénétrez dans\nl'appartement qu'il habite et où tout révèle un goût sûr, raffiné, un sens délicat de l'harmonie\net des couleurs: vieux meubles Louis XV et Louis XVI aux belles étoffes anciennes, tapisseries\nchatoyantes qui sont des pièces de musée, tentures dignes d'orner les chambres des reines de\njadis, et enfin une collection précieuse de fragiles porcelaines chinoises (sa folie), toutes de la\n\" famille rose\nBlest-Gana joue du violon en virtuose et vous le trouverez souvent en train d'exécuter\nles œuvres qu'il préfère. La musique et l'escrime se partagent son existence, et nul n'était\nmieux désigné que lui pour répondre à mes questions.\nJe m'étonne, me dit-il d'abord, qu'on ait pu croire que la pratique des sports devait\nrendre insensible à la musique. En principe, j'estime que le sportsman peut tout juger mieux\nqu'un autre, car le propre du sportsman est d'avoir un esprit précis, sain, net, et le bon sens lui\nappartient plus, à mon avis, qu'à ces neurasthéniques de l'art, ces fumeurs d'opium, ces\nnévrosés qui demandent l'inspiration à des sources morbides... \" Mens sana... \" ! vous\nsavez l'adage... C'est dire que, pour ma part, j'aime la musique claire et simple. La vraie\nbeauté ne va pas sans la clarté, et c'est elle que j'admire chez les anciens en qui je puise mes\njoies les plus pures. Quoi de plus expressif qu'un prélude et une fugue de Bach, quoi de plus\npoignant que la Symphonie eu ut mineur de Beethoven, de plus troublant qu'une sonate de\nMozart ou de Haendel ou que l'Armide de Gluck ? Ne croyez-vous pas que ce qui provoque\nl'émotion dans ces œuvres, c'est précisément l'inspiration que l'on devine aisée, sans heurt, sans\neffort. Et je crois qu'en musique comme en poésie : \" Ce que l'on conçoit bien s'énonce\nclairement\nAlors, les modernes ?...\n—Eh ! bien parmi les modernes j'aime le Berlioz de la Damnation, le Wagner de\nl'ouverture du Tannhâuser, le César Franck de Rédemption, le Saint-Saens de la Symphonie avec\norgue. Le nouveau, ah !... Et d'abord est-il nécessaire de faire du nouveau ? Oui, je sais... le\nprogramme de la nouvelle école, c'est de faire du nouveau à tout prix, et voilà précisément ce\nqui m'exaspère et ce contre quoi je proteste. Car, pour innover, est-il nécessaire de renoncer à\ntoutes les règles admises jusqu'ici et de ne plus les reconnaître ? La manie du nouveau a conduit\na l'étrangeté. Elle a fait naître l'impressionnisme en peinture, le verlibrisme en littérature, l'art\nnouveau en ameublement. Jolis cadeaux à faire à nos enfants !\nBlest-Gana ferma violemment le piano sur lequel il s'appuyait, se leva, vint jusqu'à moi\nprès d'une fenêtre voilée de brise-bise transparents, et, s'écria, d'une voix indignée :\nAvez-vous vu, mon cher, la reproduction des cartons de Chéret en tapisseries, Chéret\nimmortalisé par cette admirable manufacture des Gobelins qui nous donna la glorieuse série\ndes Don Quichotte ! C'est à pouffer, hein !... Je souhaite qu'un jour, les gens de goût révoltés\ndisent leur fait aux snobs qui suivent aveuglément les réclames stupides ou trop habiles des\ncritiques. Les jeunes musiciens, à cet égard, sont de grands coupables. Et d'abord, ils n'ont, en\ngénéral, vous m'entendez aucune espèce de talent. Ce sont des vandales exaspérés qui\nsabotent et travestissent la musique pour en faire un tumulte informe, une cacophonie incom-\npréhensible. Evidemment, quelques-uns d'entre eux connaissent fort bien la technique de leur"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.84", "texte": "74\nS. I. M.\n\nmétier, mais si leur musique est remarquable... sur le papier, ils abusent de notre bonne foi\nen nous faisant écouter des embryons d'idées, des balbutiements de phrases, des essais de\nmélodies qui jamais ne se développent ni ne s'achèvent. Ceux qui s'exclament que ce sont là\nde curieuses tentatives, des audaces intéressantes, ne considèrent pas l'art ainsi qu'il doit l'être,\nc'est à dire comme ayant une portée haute, noble, humaine, et non comme une amusette, un\njeu de l'esprit, une cabriole ou un escamotage. La vérité est qu'il se dégage de ces œuvres\ntant vantées une sensation d'impuissance, de vain labeur, de fatigue... Mais quelquefois et\ncomment pardonner ces artistes courtisans ? nous en voyons qui pourraient frôler le génie et\nqui s'attardent complaisamment à se transformer en marchand de notes pour un public imbécile.\nPartir d'un accord dissonnant pour en faire la base d'une mélodie, réfréner ses élans, museler\nson inspiration, pirouetter, déconcerter, voici le programme que suit désormais un compositeur\nsoucieux de capter une clientèle d'absurdes musicomanes. Et la jeune école imite ce bel\nexemple et l'imite sans talent, elle s'essouffle vainement dans le but de créer une musique\nnouvelle. Ne nous y trompons pas : ce n'est point en s'appuyant sur des tonalités fausses qu'elle\nparviendra à accoucher de quelque chose de durable. Cette fantaisie d'une heure, cette mode\nd'un instant s'évanouira devant la première œuvre solide. Que restera-t-il des Florent Schmitt\net des Maurice Ravel, des Roger Ducasse et des Lappara, que pourrons-nous retenir de ces\ndebussystes en délire qui se plaisent à exagérer les défauts de leur maître ? Rien, je le crains,\nsinon le souvenir d'une plaisanterie qui n'aura pas toujours été très gaie.\nQuoi ! rien ?\nRien, affirma Blest-Gana péremptoire. Et il ajouta : \" Il n'y a pas de mérite à\ncompliquer ce qui est simple, à obscurcir ce qui est clair, et retenez bien ceci : La musique\nqui était autrefois un art où il entrait parfois de la science, aujourd'hui est quelquefois une\nscience, mais où il n'entre jamais d'art. \"\nLa conversation prit fin sur cette phrase lapidaire. Et comme Willy de Blest-Gana s'était\nfort animé, il me conduisit au Cercle Hoche, me battit à l'épée en dix touches et me quitta,\nsans rancune.\n\nGeorges Casella."}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.85", "texte": "Cl. Meurisse\nWilly de Blest-Gana"}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.86", "texte": "Cl. Meurisse\nWilly de Blest-Gana"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.87", "texte": "Piano ou clavecin\nJ. Joachim Nin\nMon cher Ecorcheville,\nPendant que mon amie Wanda Landowska révélait Purcell et Couperin aux Kirghizes\ndes steppes russes, moi je jouais du Couperin, du Rameau, du Scarlatti et du Bach sous le\nbeau soleil de l'Espagne et du Midi de la France... On ne choisit donc pas ses moments\ncomme l'on veut....\nAussi je réponds avec un certain retard àla lettre de Mm® Landowska parue dans le\nS. I. M. de Mars écoulé.\nJ'ai dit, ici même, dans un article concernant le Congrès d'Eisenach (N° du 15 Décembre\n1911) ce que je pensais des H matches \" piano-clavecin, dont Mme Landowska est devenue\nl'héroïne ; il était, certes, aisé, dans ses conditions, de me lancer un défi...\nMme Landowska croit la question épuisée au point de vue théorique. C'est là une\nprofonde erreur. A mon avis, non seulement la question n'est pas épuisée, mais encore elle a\nété à peine effleurée ; on s'est contenté, jusqu'à présent, de jongler avec des citations, sans\nétudier les faits eux-mêmes et les conséquences qui s'en dégagent : conséquences d'ordre\nesthétique, surtout, sinon philosophique, quiy pour des artistes, ne sont assurément pas à dédaigner.\nCe n'est que lorsque la question aura été étudiée à fond et j'espère y contribuer sérieusement\npar l'ouvrage que je suis occupé à écrire sur ce sujet qu'il sera peut-être utile d'en venir....\naux mains ; c'est alors seulement que le jury appelé à statuer, pourra former son jugement ;\nc'est alors seulement que le public pourra approuver ou critiquer en pleine connaissance de\ncause, la sentence des juges. A l'heure actuelle il n'en peut être ainsi ; le lieu commun, le\nparti-pris, le cliché, la phrase toute faite et.... les citations, font que, dans cette question, il y a\nautant d'avis que de têtes... Tôt capita, tôt sensus...\nEn attendant que Mme Landowska veuille bien croire que si je me suis servi d'arguments\nconnus, c'est parce que, jusqu'à présent, les réponses qu'elle leur a faites ne leur ont enlevé\naucune force, au contraire. Le lumineux travail de M. Buchmayer (Bach-Jahrbuch. 1908)\nsi accablant pour le clavecin et les néo-clavecinistes, reste entièrement debout, la réponse de\nMme Landowska parue dans le S. I. M. (15 Mai 1910) étant manifestement insuffisante à\ntous égards.\nQuant à l'utilité de ces tournois dernier-cri, elle est, en définitive, très problématique.\nIls sont organisés dans la pensée qu'ils aboutiront à quelque chose... mais en ce qui concerne\ncelui d'Eisenach, le résultat a été plutôt négatif, puisqu'il n'a servi qu'à établir la médiocrité\nde deux pianistes, la supériorité d'une claveciniste, et, malgré tout, la suprématie du piano sur\nle clavecin, que l'on nous présentait pourtant, quelques jours après vainqueur sur toute la\nligne, dans des communiqués officieux.\nA quoi bon recommencer ?...\nCroyez-moi, mon cher Ecorcheville, votre cordialement dévoué.\nBruxelles, Avril MCMXII."}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.88", "texte": "Çà et Là\nMONTE-CARLO. M. Léon Jehin, qui donne toujours aux Concerts classiques une place\nimportante aux œuvres modernes, vient de nous faire entendre les trois Tableaux symphoniques,\nThebes, de M. Ernest Fanelli.\nNotre collaborateur M. Henri Collet a remis en Sorbonne le 30 avril le manuscrit de sa\nthèse sur Victoria. Nous attendons avec impatience la soutenance de cette thèse.\nL'Annuaire des Artistes vient de paraître. Comme toujours cet important volume est une\nvéritable mine de renseignements.\n\nConcerts Annoncés\n\nSalle Erard\n15 Mai M. Ferté, Piano\n16 ~ Société des Enfants d'Apollon, con-\ncert d'orchestre (1 h. 1/2)\n17 ~ Mme Manière, Piano (9 heures)\n18 ~ Victor Gille, Récital de Piano (9 h.)\n£Q ~ M. Riéra, Matinée d'Elèves (1 h. 1/2)\n20 ~ Mlle Gaulier, Harpe, (9 heures)\n21 ~ M. et Mme Fleury, Piano (9 heures)\n22 ~ M. Amour, Piano (9 heures)\n23 ~ M. Victor Gille, Récital de Piano (9 h.)\n24 ~ Mlle Jullien, Piano, (9 heures)\n25 ~ Mlle Magnus, Piano (9 heures)\n28 ~ M. Schneider, Audition de ses\nŒuvres, (9 heures)\n29 ~ M. Berny, Piano (9 heures)\n30 ~ M. Dorival, Piano, (9 heures)\n31 ~ Reitlinger, Piano (9 heures)\n\nSalles Pleyel\nGrande Salle\n15 Mai Mlle Sternberg (9 heures)\n16 „ Mlle Boutet de Monvel (Elèves) (1 h.)\n17 ~ La Société des Concerts Mozart\n(3e séance) (9 heures)\n18 „ M. Théodor Szàntô (9 heures)\n19 „ Mme Ed. Lyon (Elèves) (1 heure)\n20 „ Mme Patorni-Casadesus (9 heures)\n21 „ La Société Frédéric Chopin (9 h.)\n22 ~ Mme W. Ladowska (9 heures)\n23 ~ Mme P. Vizentini (Elèves) (1 heure)\n23 ~ Mlle Elisabeth Piéchowska (9 h.)\n24 ~ La Société des Concerts Mozart\n(4e séance) (9 heures)\n29 ~ Mlle Hubert (9 heures)\n30 La Société des Compositeurs de\nMusique (5e séance) (9 heures)\n31 ~ La Société des Concerts Mozart\nSalie des Quatuors\n16 Mai Mlle Antoguini (1 heure)\n19 „ Mlles Debrie (Elèves) (1 heure)\n21 ~ Mlle M. Davan (Elèves) (1 heure)\n21 ~ Mme Courbatter (9 heures)\n22 ~ Mlle Rose Casadesus (Elèves) (9 h.)\n23 ~ J. Goupil (Elèves) (1 heure)\n30 „ Mlle Nelly Eminger (Elèves) (1 heure)"}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.89", "texte": "Théâtre du Chatelet Grande Saison de Paris\nDirection: SOCIÉTÉ MUSICALE G. ASTRUC et Cie. (Pavillon de Hanovre) PARIS.\nDU 13 MAI AU 10 JUIN 1912\nLES LUNDIS, MERCREDIS, VENDREDIS et SAMEDIS\nSeptième SAISON\norganisée par M. SERGE DE DIAGHILEW\nSEIZE SOIRÉES DE BALLET\nMichel FOKINE, directeur chorégraphique Léon BAKST, directeur artistique\nComposition d\nMmes Tamar KARSAVINA, Bronislawa NIJINSKA, Sophie FEODOROWA, Marie PILTZ, Vera FOKINA,\nAlexandra WASSILEWSKA, Marguerite FROHMAN, Seraphine ASTAFIEVA ;\nMM. NIJINSKU Adolf BOLM, Nicolas KREMNÏEW. Alexandre KOTCHETOWSKY, Pierre WLADIMIROW\nEnrico CECCHETTI, Nicolas SEMENOW,\net le Corps de Ballet, comprenant 85 danseurs et danseuses.\nChefs d'Orchestre : MM. Pierre MONTEUX et INGHELBRECHT\nPREMIER SPECTACLE, LES 13, 15, 17 ET IS MAS\nDEUXIÈME SPECTALE, LES 20, 22, 24 ET 25 MAI\nTROISIÈME SPECTALE, LES 29, 31 MAI, 1 ET 3 JUIN\nQUATRIÈME SPECTACLE, LES 5, 7, s ET 10 JUIN\nDAPHNIS & CHLOÉ (CRÉATION) SHEHERAZADE\nSymphonie chorégraphique en trois parties Livret de Drame chorégraphique de MM. L. Bakst et M. Fokine.\nM. Fokine. Musique de Maurice Ravel. Scènes et Dan- Musique de Rimsky-Korsakow. Scènes et Danses de\nses de M. Fokine. Décors et costumes de Léon Bakst. M. Fokine. Décors et costumes dessinés par L. Bakst.\nTHAMAR"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.90", "texte": "CHEMIN DE FER D'ORLEANS\nLa Traversée la plus courte de France en Algérie\nPAR PORT-VENDRES\nLe trajet le plus rapide de Paris à Port-Vendres par Limoges, Toulouse, Narbonne ou par Bordeaux, Toulouse, Narbonne.\nDe Port-Vendres à Alger en 21 heures par paquebot rapide La Marsa muni de la télégraphie sans fil.\nALLER\nDépart de Port-Vendres le Dimanche a 3 h. 30 soir\nArrivée à Alger le Lundi à 1 heure soir.\nRETOUR\nDépari d'Alger le Mercredi à midi.\nArrivée à Port-Vendres le jeudi à 10 heures matin.\nDe Port-Vendres à Oran en 29 heures par paquebot rapide Medjerda muni de la télégraphie sans fil.\nALLER\nDépart de Port-Vendres le Vendredi à 3 h. 30 soir.\nArrivée à Oran le Samedi à 9 heures soir.\nRETOUR\nDépart d'Oran le Lundi à midi.\nArrivée à Port-Vendres le Mardi à 6 heures soir.\nIl est délivré, toute l'année, des Billets simples et d'aller et retour individuels de toutes classes, de\nParis-Quai-d'Orsay à Alger ou Oran, et vice-versa, par les itinéraires ci-après ;\nBILLETS SIMPLES\nvia Bordeaux-Narbonne-Port-Vendres ou vice-versa.\nvia Montauban-Narbonne-Pcrt-Vendres ou vice-versa.\nBILLETS D'ALLER ET RETOUR\nvia Montauban-Narbonne-Port-Vendres (à l'aller et au\nretour)\nvia Montauban-Narbonne à l'aller et via Narbonne-Bor-\ndeaux-Tours au retour.\nEnregistrement direct des bagages. Voitures directes, wagons-lits.\n\nM. SENART, B. ROUDANEZ 6 Cie, Éditeurs, 20, rue du Dragon PARIS\nPour paraître le 15 Mars 1912.\nLes Maîtres Contemporains de l'Orgue\n275 PIÈCES INÉDITES pour HARMONIUM ou ORGUE\n(SANS PÉDALE OBLIGÉE)\nCOMPOSÉES par les PLUS ILLUSTRES MUSICIENS de tous les PAYS\nRECUEILLIES ET PUBLIÉES PAR\nl'Abbé Jos. JOUBERT\nOrganiste du Grand Orgue de la Cathédrale de Luçon\nlERIER VOLUME (ÉCOLE FRANÇAISE). Dédié àM. CH. M. WIDOR ......\n2RAE VOLUME (ECOLE FRANÇAISE, suite). Dédié àM.F.DE LA TOMBELLE .\n3ME VOLUME (ÉCOLES ÉTRANGÈRES). Dédié àM. AL. MAILLY\n12 francs net.\n12 francs net.\n15 francs net.\nCes trois Volumes par Souscription, net 25 francs et franco de port"}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.91", "texte": "ROUART LEROLLE & CIE\n18, BOULEVARD DE STRASBOURG, 18\nPIANO SEUL\nr r\nSEVERAC (D. DE) En Vacances, pièces romantiques de moyenne difficulté.\nir recueil : Au Château et dans le Parc\nprécédé de Invocation à Schiimann.\n1. Les caresses de Grand! maman\n2. Les petites voisines en visite\n3. Toto déguisé en Suisse d Eglise\n4. Mimi se déguise en Marquise\n5. Ronde dans le Parc\n6. Où Ton entend une vieille boîte à musique\n7. Valse romantique\nLe recueil 4 fr.\n2PIANOS, 4 MAINS\nCHA L S SON Symphonie (red. par M. G. HUMBERT) chaque ex 9 fr.\n(Il faut 2 ex. pour l'exécution)\nPIANO & VIOLONCELLE\nLEKEU (G.) Sonate piano et violon transcrite pour piano et violoncelle par F. RONCHINI 8 fr.\nRONCHINI (F.) Aria et Capricio finale (adopté au Conservatoire) 2 fr. 50\n\nEDITIONS W. HANSEN\nEN DEPOT CHEZ RQUART LEROLLE & Cie\nNOUVEAUTÉS POUR VIOLON & PIANO\nBURMESTER SINDING\nVoglein im Hain 2/-\nGavotte 2/-\nAndante religiose 2/-\nJOHAN HALVORSEN\nDanses norvégiennes 2.70\nMarches des Bojards 3.35\nChant de la Veslemoz 1.35\nFINI HENRIQUES\nAndante Religiose 2-\nTous ces prix sont nets.\nSULO HURSTEIN\nAlbum\n]. PALLASCHO\nOp. 32. N° 1. Ballade\n~ 2. Caprice\n~ 3. Thème et Variations\nCHRISTIAN SINDING\nOp. 89. 3 Morceaux.\nN° 1. Air ancien\n~ 2. Sérénade\n3. Chant du soir ...."}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.92", "texte": "G. Schirmer (Inc.) New York\nEditeurs de Musique.\n\nQUELQUES PUBLICATIONS IMPORTANTES\n\nGABRIEL FAURÉ\nQuintette en Ré mineur, pour piano, deux\nviolons, alto et Violoncelle. Net fr. 12.00\nTHÉODORE YSAYE\nOp, 9. Concerto en Mi bémol, pour piano\navec accompagnement d'orchestre.\nPartition, net fr. 75.00. Parties, net fr. 62.50.\nPiano principal avec réduction de l'orchestre\npour un second piano (en partition) netfr. 10.00\nOp. 13. Fantaisie sur un thème Wallon\npour grand orchestre.\nPartition, net fr. 12.50. Parties, net fr. 25.00\nOp. 14. Symphonie en Fa majeur, pour\ngrand orchestre.\nPartition, net fr. 30.00. Parties, net fr. 50.00\nOp. 15. Le Cygne. Esquisse symphonique\npour grand orchestre.\nPartition, net fr. 12.50 Parties, net fr. 25.00.\nSYLVIO LAZZARI\nTrois chansons de Shéhérazade (Poésies\nde Tristan Klingsor.)\n1. Demande net fr, 1.50\n2. Chanson des beaux amants . net fr. 1.90\n3. Le passé , . net fr. 1.50\nLe recueil, net fr. 5.00\nTrois Poésies d'Emile Blémont (d'après\nHenri Heine.)\n1. Nuit en Mer net fr. 1.90\n2. Une femme net fr. 1.90\n3. Malentendu net fr. 1.50\nLe recueil, net fr. 5.00\n\nLES ŒUVRES PUBLIÉES\nDE\nCHARLES M. LOEFFLER.\nLa Mort de Tintagiles, Poème dramatique,\npour grand orchestre et viole d'amour.\nPartition, net fr. 25.00 Parties, net fr. 50.00\nRéduction pour piano à 4 mains, par Marcel\nLabey net fr. 10.00\nLa VillaneEle du Diable, Fantaisie Sympho-\nnique pour grand orchestre et orgue.\nPartition, net fr. 25.00 Parties, net fr. 50.00\nRéduction pour piano à 4 mains, par Marcel\nLabay net fr. 10.00\nDeux Rapsodies, pour hautbois, alto et\npiano (L'étang, La cornemuse,) net fr. 6.25\nUn poème Païen, (d'après Virgil) pour grand\norchestre avec piano, cor anglais et trois\ntrompettes obligato.\nPartition, net fr. 50.00 Parties, net fr. 75.00\nRéduction pour deux pianos, (en partition)\npar H. Gebhard net fr. 7.50\nQuatre Mélodies, pour chant et piano. Poé-\nsies de Gustave Kahn.\n1. Timbres oubliés. 2. Adieux pour jamais.\n3. Les soirs d'automne. 4. Les Paons.\nChacune, net fr. 2.50 Le recueil netfr. 10.00\nQuatre poèmes pour voix, alto et piano.\n1. La cloche fêlée . . . . net fr. 2.50\n2. Dansons la gigue .... net fr. 2.50\n3. Le son du cor s'afflige vers\nles bois net fr, 2.50\n4. Sérénade net fr. 2,50\n\nDépôt à Paris : A. DURAND <S FILS, 4 Place de la Made=\nleine. MAX ESCHIC, 13, rue Laffitte.\nDépôt à Leipzig : FRIEDRICH HOFMEISTER.\nà Berlin : ALBERT STAHL."}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.93", "texte": "o\nm\nni » 11 n » 11 b n ii a il i\n+\nL i\nIhrl\nhn\n—.I\ni il\nYRES\nm\nS3d\nh\nlIBPS\nL_JLJL\nHH\nnrl\nTous les arti-\ncles deTennis\nCatalogue\nfranco\nJ. Titus Postma\n64, Avenue de la Grande Armée\nPARIS = Tél. 536.20\n€€\nRaquette \" WILDING\n\"Balle \" CHA\n\nLE CATALOGUE\nDES CATALOGUES\nGUIDE DE L'ACHETEUR AUTOMOBILE\n7me ANNÉE\npublie tous les prix, toutes les\ncaractéristiques, de toutes les marques\nd'automobiles\nTOUT Y EST CLASSÉ MÉTHODIQUEMENT ET\nil ne faut pas acheter d'AUTOMOBILE\nSANS AVOIR CONSULTÉ LE\nCatalogue des Catalogues\nadressé franco contre 1 fr. 20 pour la France, ! fr. 30 pour l'étranger\nVICTOR LEFÈVRE et M. BARON\n1, Avenue Félix Faure, Paris"}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.94", "texte": "CHEMINS DE FER DE L'ÉTAT\nPARIS A LONDRES\nvia ROUEN, DIEPPE et NEWHAVEN\npar la Gare Saint-Lazare.\n\nSERVICES RAPIDES TOUS LES JOURS ET TOUTE\nL ANNEE (Dimanches et Fêtes compris)\nDÉPARTS DE PARIS-SAINT-LAZARE :\nà ioh. 15 du matin (ire et 2e Cl.) et à9h. du soir (ire, 2ete 3e Cl.)\nDÉPARTS DE LONDRES :\nVictoria (C1U de Brighton) àloh. du matin (ire et 2e cl.) et à8h.45 du soir (ire, 2e et 3e cl.)\nLondon-Bridge à9h.50 du matin (9 h. 25 le dim.) (ire et 2e cl.) et à8h.45 du soir (ire, 2e et 3ecl.)\nVOIE LA PLUS PITTORESQUE ET LA PLUS ÉCONOMIQUE.\nBillets simples valables 7 jours\nire Classe 48 fr. 25\n2me Classe 35 fr-\n3me Classe 23 fr. 25\nBillets d'aller et retour valables un mois\nire Classe\nClasse\nme\n3me Classe\n82 fr. 7ç\n58 fr. 75\n41 fr. 50\nCes billets donnent le droit de s aireter, sans supplément de prix, a toutes les gares situées sur le\nparcours, ainsi qu'à Brighton.\nLes trains du service de jour entre Paris et Dieppe et vice versa comportent des voitures de ire et 2me Classes\na couloir et W.C. et toilette, ainsi qu'un wagon-restaurants ceux de service de nuit comportent des voitures à cou-\nloii des trois classes avec W.C. et toilette. Une des voitures de ire classe à couloir des trains de nuit comporte des\ncompartiments a couchettes (supplément de 5 fr. par place). Les couchettes peuvent être retenues à l'avance aux\ngares de Paris et de Dieppe moyennant une surtaxe de 1 fr. par couchette.\n\nEXCURSIONS\nBILLETS D'ALLER ET RETOUR VALABLES PENDANT 14 JOURS\ndélivrés à l'occasion des Fêtes de Pâques,\nNoël, du \"Derby d'Epsom\nDE PARIS-ST.-LAZARE A LONDRES ou toute autre gare de la Compagnie de Brighton\nirc Classe :40 fr. 05; 2e Classe :37 fr. 80 ; 3e Classe : 32 fr. 50\nCes billets donnent le droit de s'arrêter sans supplément de prix, à Rouen, Dieppe, Newhaven, Lewes ou Brighton.\n\nPour plus de renseignements, demander le bulletin spécial du service de Paris à Londres que\n1 Administration des Chemins de fer de l'Etat envoie franco, à domicile, sur demande affran-\nchie adressée au Secrétariat de la Direction (Publicité) 20, rue de Rome à Paris."}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.95", "texte": "L'Orgue \" MELODIAN \"\nest le seul véritable orgue de salon\nabsolument différent de l'harmonium Sonorité incomparable\nAttestations des maîtres de 1 orgue et catalogue illustré C M franco sur demande\nPlus de 150 modèles à 1 ou 2 claviers; à pédalier\nVêtit ORGUE VORTATI F pour accompagnement depuis 132 francs\nindispensable a tout musicien, compositeur et chanteur\nGILBERT Paris\n\nLUNA PARK S Bois de Boulogne (Porte-Maillot)\nDirecteur : GASTON AKOUN (Tél. 562.44)\nATTRACTIONS NOUVELLES ET SENSATIONNELLES\n*\nENTREE : 1 FRANCS, donnant droit à une attraction gratuite.\nOuvert de 1 h. à minuit.\n\nEmprunt de la Ville de Paris\npour travaux neufs du service du\nC'est le 21 mai prochain que la Ville de Paris procédera à l'émission, par voie de souscription publique de\nl'emprunt de 205 millions de francs, auéorisé par la loi du 6 mars dernier. '\nAinsi que chacun le sait, cet emprunt est destiné à l'exécution d'un programme important de nouveaux\ntravaux absolument indispensables pour assurer la production du gaz nécessaire aux besoins de la capitale\nLa consommation du gaz a augmenté, en effet, d'année en année dans des proportions considérables : alors\nqu'en 1902, elle portait sur 289 millions 600.000 mètres cubes, elle a atteint en 1911 le chiffre de 428,466 000\nmètres cubes.\nComme conséquence de cet accroissement de la consommation du gaz, l'extension progessive des usines\ndes canalisations et du matériel en général s'est imposée, d'où la nécessité pour la Ville de Paris de poursuivre\naujourd'hui la réalisation de l'emprunt précité de 205 millions.\nCet emprunt, qui est gagé sur le produit de l'exploitation du gaz est en cas d'insuffisance sur le budget muni-\ncipal, offre aux souscripteurs les mêmes garanties que les emprunts municipaux en cours.\nIl est représenté par des obligations 3 °/0 à lots de 300 francs de valeur nominale, qui, après libération inté-\ngrale, rapporteront un intérêt annuel de 9 francs, payable semestriellement. s\nCes obligations remboursables en trente-neuf ans au pair, sont dotées, jusqu'en 1923 inclus, de 1,490,000 fr\nde lots par an répartis sur douze tirages, soit un par mois. Parmi les lots, à noter tout spécialement l'attribution\nannuelle de deux lots de 200.000 francs, quatre lots de 100.000 francs et six lots de 50.000 francs. A partir de\n1924, ces tirages seront encore au nombre de quatre par an, et ils comprendront annuellement 522.000 francs de\nlots. Dans le cas où la Ville de Paris rembourserait par anticipation l'Emprunt avant l'année 1924, les porteurs\nd'obligations ainsi remboursées recevraient, en sus du montant au pair de chaque titre, un prime de dix francs.\nComme elle l'a fait antérieurement, la Ville de Paris a, pour l'emprunt actuel, accordé à la petite épargne\nles plus grandes facilités de libération. Le prix d'émission a été fixé à 285 francs et les souscripteurs n'auront à\ndébourser, le jour de l'émission, que 10 francs par obligation. Le solde ne sera exigible qu'en onze versements\néchelonnés sur une période de trois années, soit de septembre 1912 à septembre 1915. Toutefois, la Ville de Paris\nse réserve la faculté d'autoriser, pendant cette période, la libération anticipée de tous les termes restant encore\ndus. Les dates et les conditions de cette libération seront fixées par arrêté préfectoral."}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.96", "texte": "Tous droits réservés pour tous pays y compris la Scandinavie et l'Extrême Orient.\nImpr. par THE ST. CATHERINE PRESS LTD. Bruges, Belgique.\nLe Gérant : MARCEL FREDET.\n\nPALAIS DU TROCADÊRO (Grande Salle des Fêtes)\nCONCERTS SYMPHONIQUES POPULAIRES\nDU TROCADÊRO\nSOUS LE PATRONAGE DU SOUS-SECRETARIAT D'ÉTAT AUX BEAUX-ARTS\nAdministration : M. A. DANDELOT.\n6me Concert le Jeudi 23 Mai 1912, à 9 heures du soir\navec le concours de Mme FÉLIA LITOINNE\nBRAHMS WAGNER\n7me Concert le Jeudi 30 Mai 1912, à 9 heures du soir\nLA SYMPHONIE MODERNE FRANÇAISE\nBme8me Concert le Jeudi 6 Juin 1912, à 9 heures du soir\nECOLE MODERNE FRANÇAISE\n9me Concert le Jeudi 13 Juin 1912, à 9 heures du soir\nECOLE MODERNE ÉTRANGÈRE\n10me Concert le Jeudi 20 Juin 1912, à 9 heures du soir\nECOLE MODERNE FRANÇAISE"}, {"page_pdf": 97, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.97", "texte": "Revue mensuelle illustrée fondée par la\nociété Internationale de Musique\n(SECTION DE PARIS)\nHonorée d'une souscription du Ministère de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts\nDANS CE NUMERO:\nM. Denizart La famille française de Lully 1\nE. Vuillermoz . . . . . Igor Strawin. . » 15\nJ. Laporte .Un enfant et la musique ........ 20\nH. Auriol Décentralisation musicale . 34\nLes Livres 44\nColette Willy . . . . . Au Music-hall 51\n| j LE MOIS\nE. Vuillermoz Roma 51\nTh. de Wyzewa .... Don Juan . 53\nRobert Brussel .... Les Concerts 56\n9 • EHS il ï\nPaul Dukas ...... Fanfare 61\nJ. E Une séance 63\nG. K. .1 .§p. . ïSÊÊ \" ' ~\nX\nV.P\nGeorges Casella ...\nJ. Nin ...... .\n\\ h ••\n'\nConcerts divers 64\nLes Amis de la Musique ........ 67\nL'édition musicale , ... 70\nLa musique et le Sport 72\nPiano ou clavecin? 75\net la7 6\n.\n.■ . ——\nSecrétaire de la Rédaction :\nCH. LEGRAND\n22, rue St. Augustin, PARIS.\nDirecteur: J. ECORCHEVILLE\nRédacteur pour la Belgique:\nRENE LYR\nBoitsfort- Bruxelles.\n\nPUBLICITÉ\nVICTOR LEFEVRE et M. BARON\n1, avenue Félix Faure, Paris."}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19120515-01.1.98", "texte": "y\":.- :\nWM\nm\nWM\n• v '\n■'/y.\n\nCONCERTS DE LA \"UBERA ESTETICA\"\nFLORENCE\n3, VIA MICHELE DI LAN DO, 3\nDirecteur Artistique : PAOLO LITTA\nPATRONAGE :\nSA MAJESTÉ LA REINE MÈRE, LA REINE MARGUERITE D'ITALIE\n\"Die Alt-Italienische Arie\"\nIDA\n.\nS\nUND\nIhre Kunst des Bel=Canto\nVON\nDr. RICHARD BATKA\n(Doz«nt an d«r K. K. Akadtmie fur Muslk u. Dartt«ll«nde Kunst In Wien)\nchez HELLER 3 Bauernmarkt, 3 WIEN-LEIPZIG\nSORI ALBU\nVolumes d'Airs anciens italiens, revus, corrigés et rédigés par\nIDA ISORI\navec la reconstitution complète dans le style Monteverdien (basses et harmo-\nnisation du Récitatif et Lamento de Claudio Monteverdi\n(1567-1643) par IDA ISORI\nUniversal Edition-Vienne Leipzig"}]}