{"numero_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_sha256": "3b7b87409140fbccffaa507e8c0ae064476994066233be571d7b423835a6a6cd", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1912/12_01/bmtnabh_1912-12_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1912/12_01/bmtnabh_1912-12_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c002", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.2", "titre_corps": "SOUVENIRS DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE, par Henri Duparc. * LES RAPPORTS MUSICAUX", "titre_sommaire": "SOUVENIRS DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE, par Henri Duparc. * LES RAPPORTS MUSICAUX", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.1", "debut_caractere": 345, "fin_caractere_exclue": 776, "texte": "SOUVENIRS DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE, par Henri Duparc. * LES RAPPORTS MUSICAUX\nDES UNITÉS D'ESPACE ET DES UNITÉS DE TEMPS, par Jean d'Udine. * UNE ŒUVRE IN-\nCONNUE DE BEETHOVEN, (musique pour mandoline et piano) par le Dr. Chitr. # ENQUÊTE SUR\nLA CONDITION SOCIALE DU MUSICIEN A L'ÉTRANGER, par M. 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Il convenait de ne pas\nlaisser passer inaperçue cette date historique dans l'existence d'une institution, à laquelle notre\nmusique française doit en partie son renouveau. Les archives de la Société Nationale très\nne permettent déjà plus de reconstituer sou histoire avec une précision documen-\ntaire, et rares sont les maîtres qui ont assisté à ses débuts. Nous avons pu cependant décider\nl'auteur illustre de Vlnvitation au Voyage à évoquer ses souvenirs, et à nous dire comment il\net contribua à la fondation de ce groupement. C'est chez Henri Duparc que se\nVéunirent en 1871 les promoteurs de la Nationale, et c'est à son actif dévouement que cette\nsociété doit ses premiers progrès. Nous remercions ici le Maître d'avoir rompu en faveur de\nnotre revue un silence qu'il s'impose depuis de si longues années.\nOn sait que la Société Nationale fut fondée en 1871 par Romain\nBussine qui fut longtemps professeur de chant au Conservatoire : L'était-\nil déjà à cette époque ? Je ne m'en souviens pas, mais je ne le crois pas.\nBussine était un homme tout-à-fait charmant et extrêmement intelligent;\nje n'ai jamais entendu dire qu'il eût composé, mais ce que je sais, c'est\nque ses connaissances musicales étaient très étendues, surprenantes même.\nJe le rencontrais chaque semaine chez Camille Saint-Saëns qui recevait\nalors tous les lundis et nous ne tardâmes pas à devenir des amis. Il est\nl'auteur de la version française du Faust de Schumann : je ne connais\naucun autre ouvrage de lui. Comme professeur de chant, il a laissé des\nélèves connus comme Delmas, Mouliérat, M'\"'; Fanny Lépine, et il allait\nnous rendre de précieux services. Il forma en effet un petit chœur pas\ntrès nombreux (6 à 8 voix par partie) de gens tous musiciens et répétant"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.4", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2560, "texte": "régulièrement, Saint-Saëns, qui en faisait partie répétait comme les\nautres. Ce petit chœur nous donna des éxécutions idéales d'oeuvres\ncomme la Chevauchée du Cid de d'lndy, le Madrigal, le Cantique de\nRacine, la Naissance de Vénus de Gabriel Fauré, certains fragments des\nBéatitudes.\nBussine fut surtout, pour moi, le fondateur de la Société Nationale,\nqui à cette époque répondait à un véritable besoin. Il n'y avait pas alors\nd'autres concerts dominicaux que le concert populaire de Pasdeloup, et\nle Conservatoire, qui était très fermé. Les jeunes compositeurs n'avaient\ndonc pour ainsi dire aucun moyen de se faire connaître, non seulement\ndu grand public, mais même d'un public restreint. Les hommes qui n'ont\npas le triste bénéfice de l'âge, et qui n'ont pas vécu à cette époque-là,\nne peuvent pas se douter aujourd'hui que les nouveautés sont si\nrecherchées à quel point le public se méfiait de tout ce qu'il ne\nconnaissait pas : c'était presque une sorte d'hostilité instinctive contre\ntoute œuvre nouvelle, et il la déclarait mauvaise avant même de la con-\nnaître. Berlioz passait pour un révolutionnaire inacceptable : on sait que\npour faire éxécuter 1 'Enfance du Christ avec quelque chance de succès, il\ndut donner à croire que c'était un manuscrit du XVIe ou du XVIIe siècle\nretrouvé par lui. Wagner passait naturellement pour un malfaiteur ; je\nme souviens même parfaitement, quoique je ne sois pas encore tout-à-fait\nun Macrobite, d'avoir entendu chuter au Conservatoire la 9e symphonie\nde Beethoven, dirigée par Georges Hainel ! Bach était inconnu, et le\nmardi soir nous nous réunissions quelques-uns, parmi lesquels Chabrier et\nd'lndy d'lndy se mettant au piano pour apprendre à le connaître.\nOn n'admettait comme art français que Boïeldieu Auber, Hérold,\nVictor Massé, Adolphe Adam, Maillart a tutti quanti.\nQuant à un art symphonique français, il n'y en avait pas et il ne\npouvait pas y en avoir. Les jeunes compositeurs qui auraient voulu le\nfonder ou qui apportaient avec eux des préoccupations nouvelles se\nheurtaient à l'hostilité du milieu, et pâtissaient de l'incroyable pénurie de\nmoyens d'expression où l'on était alors, et dont les musiciens actuels ne\nsauraient se faire une idée, maintenant qu'il y a tant de concerts et\nqu'on joue au théâtre tant de pièces nouvelles dont, à l'époque, on\nn'aurait pas même voulu connaître l'existence. Leur groupement seul\n\n1 C'est Boïeldieu, qui mettant un jour en musique la phrase : \" le troubadour fier de son prestige \" écrivit\nun point d'orgue sur la ier syllabe de \" troubadour"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.5", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 9, "texte": "SOUVENIRS"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.5", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2451, "texte": "pouvait donner à ces jeunes musiciens le moyen de se manifester. C'est\ndire combien la fondation de la Société Nationale devenait nécessaire.\nQuoique je n'aie été nommé du Comité que la 3e année, c'est chez\nmoi qu'en réalité elle se fonda. Bussine en soumit l'idée à quelques\nmusiciens, Saint-Saëns, Massenet, Franck, Théodore Dubois, Gouvy,\nAlexis de Castillon et Lalo, qui y étaient réunis, et la Société fut aussitôt\nconstituée. Dès le dimanche suivant, les séances du comité commencèrent\nchez Bussine où elles continuèrent très longtemps à avoir lieu.\nNous nous réunissions chez lui, 4, rue Chabanais, vers 5 heures\nles uns, organistes ou maîtres de chapelle, sortant de leurs églises où les\noffices étaient terminés, d'autres venant des concerts, et les professeurs\nn'étant empêchés par aucune leçon. C'était pour nous un véritable plaisir\nde nous retrouver : aussi les absences étaient-elles excessivement rares. Je\nvois encore la pièce où nous nous réunissions, et la grande table mise\npour l'occasion auprès du piano à queue autour de laquelle travaillaient\nensemble pendant plus de deux heures, gaîment mais très sérieusement\ndes hommes qui pressentaient que de leur groupement allait bientôt sortir\nla magnifiqe rénovation de la musique française à laquelle nous assistons\ndepuis quarante ans. Peut-être est-on devenu trop individualiste et trop\narriviste pour se rendre bien compte de la parfaite cordialité de ces\nréunions où des artistes de tendances souvent très différentes parfois\nmême opposées poursuivaient le même but, et étaient devenus des\namis. Il n'y avait entre nous aucun esprit d'envie ou de jalousie : au con-\ntraire, quand le succès arrivait à l'un de nous, les autres s'en réjouissaient\nréellement. Je me rappelle en particulier que les premières représentations\nde Samson et Dalila à l'Opéra, de Carmen, du Rot à l'Opéra-Comique,\nles exécutions de la 6e Béatitude au Conservatoire, de au Concert\nColonne, de la symphonie en ré mineur d'Kspana, de la trilogie de\nWallenstein et de la symphonie cévenole furent l'occasion de véritables fêtes\ndu Comité. Cet esprit de désintéressement et cette parfaite cordialité qui\nrégnaient alors parmi nous expliquent bien, me semble-t-il, que notre\nprincipal, notre unique souci était l'intérêt général de l'art français, si\ngravement compromis, et devant lequel toute question d'intérêt personnel\ndevait pâlir. Nous sentions qu'un art nouveau, alors complètement ignoré,"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.6", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2363, "texte": "commençait avec nous ; chaque succès de l'un de nous justifiait nos\nefforts communs, et rendait pour ainsi dire tangible l'immense utilité de\nnotre Société.\nA chaque séance du dimanche, les auteurs étaient convoqués pour faire\nentendre leurs œuvres : presque tous venaient : on se groupait autour de\nl'éxécutant pour lire la partition à mesure qu'il la jouait, et aussitôt après,\nou votait l'admission ou la non-admission. Dans ce vote, on ne tenait\naucun compte delà tendance artistique— comme le prouvèrent d'ailleurs\nles programmes : il suffisait qu'une œuvre fut bien écrite et montrât\nque l'auteur savait son métier pour qu'elle lût acceptée, et l'admission\néquivalait à une promesse d'éxecution. Il est bien arrivé parfois que des\nauteurs d'une vanité presque toujours peu justifiée, s'accomodâssent mal\nd'être jugés par des confrères, surtout par des confrères alors jeunes et\nparfaitement inconnus, tels que d'lndy et moi-même, par exemple ;\nmais ce fut très rare. L'impartialité de nos jugements était évidente ; les\nsociétaires comprirent bien vite que ces jugements s'adressaient aux\nœuvres, et n'avaient absolument rien de personnel. D'ailleurs, on savait\nque des œuvres de musiciens tels que César Franck, Saint-Saëns, Lalo,\nétaient examinées au même titre que des œuvres de débutants, et dès lors\nil eût été tout-à-fait ridicule de ne pas accepter ce qu'acceptaient\nvolontiers des maîtres incontestés. C'était le règlement règlement\ntrès sage, nécessaire même au point de vue de la composition des\nprogrammes, et auquel ou se soumettait de bon cœur.\nLa ire audition eut lieu le 17 novembre 1871. M. Wolff de la Maison\nPlevel avait mis sa salle à la disposition de la Société, et nous avait offert\npour notre concert annuel d'orchestre un petit ensemble de 40 musiciens.\nNous nous étions attaché aussi un quatuor excellent, qui fut longtemps\nle quatuor Marsick et qui nous prêtait son concours à des conditions\ntrès douces. Au reste, chacun pouvait choisir ses interprêtes. Malheureu-\nsement, au bout de quelques temps, les grandes œuvres se faisant rares\net les petites œuvres se multipliant, les programmes prirent quelque\nmonotonie. On en vint à donner des concerts de 14 mélodies ! Je proposai\nalors que l'on renonçât à borner nos programmes aux seules œuvres\nfrançaises contemporaines, et qu'on y inscrivit les maîtres anciens, ainsi"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.7", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2441, "texte": "que quelques modernes étrangers. J'avais trouvé Franck, un jour, en train\nde réduire au piano une partition ancienne. \" Que faites-vous-là ? lui\ndis-je. —Je prépare une réduction de piano d'jde\nLes noms me parurent si baroques que je me mis à rire. Mais considérant\nla partition d'un peu près, j'y trouvai des choses charmantes. Sans parler\ndu grand Rameau et des Couperin, j'étais persuadé que nous avions\nbeaucoup à apprendre de nos anciens. Ils faisaient une musique si française.\nQuelques auditions de modernes étrangers auraient contribué aussi à\néduquer le public, et lui auraient permis, par comparaison, de mieux\njuger de nos efforts. Après beaucoup de discussions, et dans la 7e ou\n8e année de son existence, la Société se rangea à cet avis.\nLes premiers membres de la Société Nationale en demeurèrent long-\ntemps le noyau, à l'exception de Massenet qui très vite, s'en retira.\nSaint-Saëns, qui en avait été, avec Bussine, le véritable fondateur, en\nresta, sans conteste, le membre le plus dévoué et le plus important. Il y\njoua très souvent, y donna plusieurs premières auditions de ses œuvres,\nen écrivit même si ma mémoire ne me trompe pas quelques-unes\nà son intention, et sauva la Société à un moment très difficile, où il sem-\nblait presque impossible de la tirer d'affaire. Ceux qui, comme moi et la\nplupart des compositeurs de ma génération doivent beaucoup à la Société\nNationale n'oublieront jamais combien il se dépensa alors, donnant\ndes Concerts où il se faisait entendre tout le temps, réunissant des inter-\nprêtes de premier ordre et aimés du public, pour remplir la caisse\nà peu près vide. Bref, on peut dire qu'il fonda une seconde fois la\nSociété qui, depuis lors, fut toujours prospère et rendit les plus grands\nservices. Ce que furent ces services, on ne peut assez le dire. Non seule-\nment, beaucoup de musiciens qui ont acquis depuis de la notoriété y ont\ntrouvé des interprêtes et un public, mais elle fit entendre souvent des\nœuvres de premier ordre, même des chefs-d'œuvre d'hommes de\nla génération qui a précédé la mienne, et qui étaient alors inconnus ou\nméconnus, tels que César Franck, Lalo, de Castillon, et d'autres. A\nplusieurs même de ceux qui ont suivi, par exemple à d'lndy, à\nChausson, et à moi-même elle a été immensément utile au point de\nvue de l'orchestration, en leur permettant d'entendre leurs propres\nœuvres, ce qui est de beaucoup le meilleur moyen d'apprendre à\norchestrer."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.8", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2545, "texte": "Il est extrêmement instructif de parcourir la collection incomplète\nd'ailleurs, des anciens programmes de la Nationale. On y voit les noms\nd'Alkan, de Chauvet (organiste de la Trinité avant Guilmant) de\nFissot, pianiste de premier ordre, mort jeune, de Gouvy, admirateur\nfanatique du Gewandthaus de Leipzig, aussi intime de Reivecke,\nd'Emile Bernard. Et d'autres encore : Marlois, Chavagnat, Blas Colomer,\nBoisseau, Couture, Octave Fouque, Hect. Salomon, Tingry, Vor Sieg,\nSalomé, Jacoby, de Maupeou, Caillebote, Lacombe, Claudius Blanc,\nAlary, Falkenberg, Ratez, Pichoz, Wintzweiller, Grillet, Dolmetsch,\nnoms très oubliés aujourd'hui et qui étaient ceux souvent de musiciens\nde talent.\nOn me permettra de consacrer un mot spécial à Alexis de Castillon.\nOn en a dit, stupidement à mon sens, qu'il était venu avant son heure,\net que depuis, son heure avait passé, que, par conséquent, il n'avait\njamais eu son heure : or, je suis convaincu qu'un jour ou l'autre un\ndécouvreur (il y en a toujours eu et il y en aura toujours) l'inventera,\net qu'on dira : \" Comment, un tel musicien existait, et son époque l'a\npresque ignoré ! \" Evidemment il y a de grandes réserves à faire au point\nde vue de la structure, des développements souvent longs et filandreux,\nparfois insuffisants et maladroits ; mais il ne faut pas oublier que cet\nadmirable musicien est mort à 33 ans, que ce sont là surtout des questions\nde métier, et que son éducation technique a été tardive et médiocre : il\nn'est donc pas douteux qu'il se fût perfectionné à cet égard s'il eût vécu,\net qu'il eût alors produit des œuvres magnifiques. Comme trouveur d'idées\net comme personnalité, il était tout-à-fait hors rang : son inspiration avait\ncette générosité dont on peut dire qu'elle est le don de soi-même, et qui\nn'appartient qu'aux grands maîtres ; et il avait le don très-rare de la\nlongue phrase musicale, la phrase qui vient de l'âme, qui est émue et\némouvante, et qui est bien au-dessus de toutes les subtilités parfois trop\nhabiles du \" métier \". En un mot, il avait ce qui ne s'acquiert pas.\nEnfin, je tiens à ajouter un mot qui me concerne personnellement ;\non jugera mieux par là quelle fut, il y a 30 ou 40 ans, l'utilité de la\nSociété : depuis sa fondation jusqu'en 1884, j'y ai été joué au moins une\nquinzaine de fois ; elle a fait entendre ainsi à un public d'élite, soit à\nl'orchestre, soit au piano, des morceaux qui sans elle, n'auraient été\nexécutés que dans quelques salons amis.\nJe n'ai voulu parler ici que des débuts de la Société Nationale : j'ai"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.9", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1916, "texte": "quitté Paris en 1884; je n'y suis revenu pour quelques années qu'en\n1897, assez niai portant ; et en 1907, je me suis fixé près de Vevey.\nJ'ignore donc totalement ce qui s'est passé après 1884, et surtout depuis\nîa mort de Bussine. Tout ce que j'en puis dire, c'est que, le centre de ces\nréunions n'existant plus, et l'esprit n'étant plus le même, la physionomie\ndes séances du comité changea du tout au tout : on s'assembla pendant\nquelques temps au Restaurant Weber, rue Royale, et on confectionna\ndes programmes avec des œuvres qu'on ne connaissait pas, et qui étaient\nadmises un peu à l'aveuglette sur la simple recommandation d'un ou\ndeux des membres présents. Mais je crois que ce fut une période très\ntransitoire et qu'on ne tarda pas à organiser des séances plus sérieuses,\nCe qui est certain, c'est que nombre d'ceuvres admirables ou très intéres-\nsantes y furent exécutées et que 1a Société ne cessa pas de rendre aux\njeunes musiciens les grands services qu'elle nous avait rendus à nous-mêmes.\n\nHenri Duparc.\n\nL'impartialité historique nous fait un devoir d'ajouter que, par suite de Fabondance et de la variété de la\nproduction musicale contemporaine, la Société Nationale n'a pu continuera remplir seule la noble tâche qu'elle\ns'était imposée, à l'égard des jeunes compositeurs. Estimant, à tort ou à raison, que certaines tendances actuelles\nn'étaient pas suffisamment représentées et encouragées, soucieux, en outre, de révéler à notre public la musique\nmoderne étrangère une fraction importante de l'ancienne société fonda, sur les mêmes bases un groupement\nnouveau sous le nom de SOCIÉTÉ MUSICALE INDÉPENDANTE. Les compositeurs qui prirent l'initia-\ntive de cette scission et constituèrent le Comité fondateur de la S. M. I. sont MM. Gabriel Fauré,\nLouis Aubert, André Caplet, Roger Ducasse, Jean Huré, Charles Kœchlin, Maurice Ravel, Florent Schmitt»\net Emile Vuillermoz.\nLA RÉDACTION,"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c006", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 10, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.4", "titre_corps": "LES RAPPORTS MUSICAUX DES UNITÉS D'ESPACE ET DES UNITÉS DE TEMPS", "titre_sommaire": "LES RAPPORTS MUSICAUX DES UNITÉS D'ESPACE ET DES UNITÉS DE TEMPS", "signature_source": "Jean d'Udine", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.10", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1346, "texte": "LES RAPPORTS MUSICAUX DES UNITÉS\nD'ESPACE ET DES UNITÉS DE TEMPS\nLES NAVES ET LES PULSES\n\nLes pages qui suivent forment la sixième leçon du Traite élémentaire de Géométrie rythmique, composé en\n1911, par M. Jean d'Udine, traité qu'il enseigne depuis quinze mois aux élèves de son Ecole de gymnastique\nrythmique. Pour diverses raisons M. d'Udine gardera cet ouvrage inédit pendant de longues années encore.\nUltérieurement nous publierons, du même auteur, une étude sur un problème archéologique relatif aux \"roses\"\ndes cathédrales gothiques, problème dont il a trouvé la solution par la musique, en enseignant sa géométrie\nrythmique.\nLe principe de la géométrie rythmique consiste essentiellement à\nconstruire, au son du piano, les diverses figures de la géométrie en les\nconsidérant, non plus comme des divisions de l'espace, à la manière des\nmathématiciens, mais comme des divisions du temps. Les droites et les\ncourbes composant les figures sont tracées à des vitesses arbitraires et\nvariables d'un exercice à l'autre, mais constantes pour un même exercice\n(au moins dans les figures simples : polygones, circonférences et arcs de\ncercle) et leurs longueurs respectives sont mesurées, dans chaque exercice,\nen fonction de la durée des valeurs musicales qu'elles traduisent.\nOn dessinera, par exemple, une série d'angles droits :\nsur le rythme :"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.11", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 927, "texte": "le tracé du sommet de chaque angle correspondant rigoureusement avec\nle temps fort, les droites verticales (dans le cas qui nous occupe) étant\ntracées pendant le second temps des mesures et les horizontales pendant\nleur premier temps.\nJ.l U Si le rythme musical devient deux fois plus lent :\nou si les valeurs doublent de durée :\nles angles tracés par la main de l'élève, à la même vitesse que précédem-\nment (c'est-à-dire à raison du même nombre de millimètres par seconde),\ndeviendront aussi deux fois plus grands :\nPlus tard on obtient des variations spatiales analogues, au moyen de\nsimples variations de l'intensité sonore, le même rythme déterminant,\nsuivant qu'il est joué \" piu piano \" ou \" piu forte \" des figures semblables\nplus petites ou plus grandes.\nLa grecque suivante :\ncorrespondra, par conséquent au rythme :\net si la main de l'élève se meut dans l'espace avec une vitesse bien con-"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.12", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 661, "texte": "stante, la régularité du rythme musical suffira à déterminer aussi la régu-\nlarité absolue du dessin. '\nIl s'établit, de la sorte, une association étroite entre le sens optique\nou musculaire de l'étendue et le sens de la durée sonore.\nCes exercices sont ensuite reproduits, à diverses échelles, dans les\nmouvements segmentaires de la Gymnastique Rythmique, au perfection-\nnement desquels ils sont spécialement destinés.\nOn fera, par exemple, avec les bras, le geste :\nsur deux noires :\net le geste double d'ampleur :\nsur deux blanches :\n\n1 L'ouverture des angles dépend du degré de legato de la musique (angles obtus) ou de staccato (angles\naigus)."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.13", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 286, "texte": "On parcourra le trajet suivant :\nsur le rythme :\net le trajet double :\nsur le rythme :\nCes notions très succinctes du principe même de la Géométrie\nRythmique doivent permettre, si elles sont bien comprises, de suivre les\nraisonnements du chapitre que voici :"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.14", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2111, "texte": "6me LEÇON\nAvant de poursuivre les exercices de géométrie rythmique et d'abor-\nder l'étude des nuances de vitesse, il nous faut réfléchir àla nature des\nexercices précédents et en tirer, par déduction, les enseignements théori-\nques qu'ils renferment. Ce sera l'objet de la présente leçon. Elle demande,\npour être bien comprise, une attention soutenue. Mais si les notions que\nnous allons en tirer semblent compliquées, l'exercice nous familiarisera\nbientôt avec le sens des termes nouveaux que nous allons introduire dans\nnotre langage et avec les lois des rapports entre la musique et le mouve-\nment dont nous découvrirons, dans quelques instants, les principes élé-\nmentaires.\nDans tous les exercices que nous avons effectués jusqu'ici, nous\navons fait intervenir deux éléments essentiels :\ni° le mouvement musical (que nous pouvons exprimer soit d'une façon\nun peu vague par les termes de presto, amiante,\netc., soit d'une façon précise, en indiquant, au moyen du métronome, la\ndurée exacte de l'unité rythmique:\netc.'i\n2° la longueur des traits que nous traçons pendant une durée musicale\ndéfinie (un centimètre pendant un noire, 2 centimètres pendant une croche,\nun centimètre pendant 2 noires, 1 5 millimètres pendant une blanche, etc.)\nLes rapports entre la durée musicale et la longueur des lignes tracées\nau son de la musique sont évidemment arbitraires. Ils dérivent d'une\nconvention que le professeur peut changer à chaque exercice.\nMais suivant que ce rapport varie, un troisième élément, qui en\ndérive, varie aussi nécessairement, je veux dire la vitesse avec laquelle le\ncrayon ou la plume qui trace les figures au son de la musique se meut\nsur le papier.\nOn peut, au contraire, convenir d'un rapport fixe entre cette vitesse\ndu tracé et la vitesse de la musique. Dans ce cas c'est la longueur des\ntraits correspondant à chaque unité rythmique qui découle nécessairement\nde ce rapport.\nOn peut enfin convenir d'un rapport fixe entre la longueur des\ntraits et la vitesse avec laquelle on les trace et dans ce dernier cas, c'est le\nmouvement musical qui se trouve indirectement imposé."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.15", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 1111, "texte": "En un mot, un rapport arbitraire étant établi entre deux des éléments\nen jeu dans les exercices de la Géométrie Rythmique, la teneur du troisième\nen dérive nécessairement.\nTâchons, par des exemples, de découvrir les lois de ces rapports.\nA. Dessinons une série d petites d\ni centimètre par\nnous constatons que si le mouvement musical reste fixe (c'est-a-dire si on\nne le presse ni ne le ralentit) la vitesse du mobile (crayon ou plume) que\nnous appellerons désormais la vitesse m reste fixe également. Si le\nmouvement musical s'accélère, la vitesse mécanique s'accélère aussi. Si le\nmouvement musical se ralentit, la vitesse mécanique se ralentit dans les\nmêmes proportions.\nNous en déduirons cette première formule :\n( vitesse musicale constante\n( vitesse mécanique constante\nJ j vitesse musicale croissante\nI. Espaces paicouius constants j vitesse mécanique croissante\n( vitesse musicale décroissante\n( vitesse mécanique décroissante\nB. Sur un rythme musical constant (sans accelerando ni rallentendo)\ni\" soit des traits de même longueur :\nla vitesse mécanique restera constante ;"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.16", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 720, "texte": "2° soit des traits croissants :\nla vitesse mécanique croîtra proportionnellement ;\n3° soit des traits décroissants :\nla vitesse mécanique décroîtra proportionnellement.\nNous en déduirons cette seconde formule :\n/ espaces parcourus constants\n( vitesse mécanique constante\nTT TT. . , J f espaces parcourus croissants\n11. Vitesse musicale constante \\ 1 •: ,\n( vitesse mécanique croissante\nf espaces parcourus décroissants\n\\ vitesse mécanique décroissante\nC. Enfin avec une vitesse mécanique constante, traçons sur le rythme\ni° soit des traits de longueur constante :\nla vitesse musicale restera constante ;\n2° soit des traits de dimensions croissantes :\nla vitesse musicale décroîtra, (il y aura rallentendo) ;"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.17", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 1794, "texte": "30 soit des traits de dimensions décroissantes :\nla vitesse musicale croîtra, (il y aura acceîerando).\nCe qui nous donne cette troisième formule :\n.( espaces parcourus constants\n( vitesse musicale constante\nTTT Tr* , t t I f espaces parcourus croissants\n111. Vitesse mécanique constante ,r r . , ~\n( vitesse musicale décroissante\n( espaces parcourus décroissants\nl vitesse musicale croissante\nL'examen de ces formules nous démontre, ce que nous savions déjà\nempiriquement, que la vitesse mécanique et la vitesse musicale ne sont\npas nécessairement solidaires l'une de l'autre et peuvent même se trouver\nen opposition. On peut, par exemple, courir vite sur une musique lente\net marcher lentement sur une musique très rapide. Il n'est pas naturel\nd'agir de la sorte, mais ce n'est pas matériellement impossible. Nous verrons\nplus loin quel quatrième élément entre généralement en jeu dans ce cas l;\nmais ici nous devons d'abord nous demander quelle différence il y a entre\nla vitesse mécanique et la vitesse musicale.\nLa vitesse mécanique,on le sait, e\net le temps élu parcours.Ce que les mathématiciens expriment par la for-\nmule algébrique : v= -L\nOr, dans la vitesse musicale, il n'y a pas de chemin parcouru, la musique\nétant située uniquement dans le temps et non dans l'étendue (du moins\ndirectement, comme phénomène purement sonore2).\nQu'est-ce donc que la vitesse musll èst évident\ntenir que élans le fait d'une division du\n\n1 L'intensité sonore.\n2 Je suis d'ailleurs convaincu que notre perception artistique de la musique est, au contraire, fatalement\naccompagnée d'images spatiales. La musique qui, comme phénomène, se déroule dans le temps, se déroule\ndans l'étendue pour l'auditeur artiste. Sinon nous n'aurions pas la notion subjective de sa \" vitesse \"."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.18", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2571, "texte": "nombreuses, pendant une durée donnée.Car, de même qu'un mètre de tailleur\n(un mètre en cuir ou en toile cirée) divise le mètre en cent parties seule-\nment, tandis qu'une règle graduée d'architecte divise le même espace en\nmille parties égales, (parfois même en deux mille demi-millimètres), de\nmême un morceau de musique (ou un métronome) peut par une série de\nsensations sonores différenciées, diviser une minute en cinquante ou en\ncinq cents parties égales.\nQuelle est donc l'unité musicale de division de la durée qui nous\nfait déclarer un morceau lent ou rapide ? Est-ce la note ? Non, car les\nnotes n'ont pas une durée égale ; les unes valent deux fois, trois fois,\nquatre fois, une demi-fois, une fois et demie, trois demi-fois, une fois et\nquart, etc... plus ou moins les unes que les autres. Et d'ailleurs tel mor-\nceau (un adagio d'Haydn, par exemple) peut avoir force notes très courtes\naccumulées les unes après les autres, et être lent, ou, au contraire, avoir\npeu de notes très longues, et être rapide (telle la phrase des clarinettes dans\nl'Ouverture de Freyschutz).\nEst-ce donc ce qu'on appelle le \" temps \" en solfège, qui est l'unité\nmusicale de la durée ? Pas forcément. Mozart a fréquemment écrit des\nmorceaux à §, dont le \" temps \" est, par conséquent, la noire pointée et\ndont l'unité rythmique est pourtant la croche. Et nous pouvons concevoir,\nen réalité nous écrivons même déjà (les danses anciennes nous en présentent\nde fréquents exemples) de la musique à temps inégaux. L'unité musicale\nde mesure de la durée n'a pas encore reçu de nom dans notre langue. C'est\nle plus grand commun diviseur rythmique des notes employées dans une\nphrase sonore ou dans un ensemble de phrases sonores. Nous rappellerons\nla puise (de pulsation) parce que la plus parfaite image en est le mouvement\ndu pouls (à tel point que l'on a donné son nom au en l'empruntant\nau mot grec qui signifie pou/s).\nDans un morceau de musique, pour que nous ayons la notion senso-\nrielle de sa vitesse, il faut nécessairement que la puise soit d'abord expri-\nmée par une série de notes ayant exactement sa valeur (ou en étant des\nsous-multiples exacts). Elle peut être ensuite sous-entendue, quand ie\nsentiment de la vitesse de ce morceau est suffisamment établi.1 Une note\npeut renfermer plusieurs puises, ou une puise plusieurs notes. Les temps\nd'un morceau peuvent renfermer un nombre inégal de puises. Etc...\nComme toutes les unités de mesure possibles, la grandeur de la puise\n\n1 C'est précisément le cas, ({ans les deux exemples musicaux que nous venons de citer."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.19", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2443, "texte": "est arbitraire. On a pu mesurer et calculer jadis en toises et en pouces,\ncomme on mesure et on calcule aujourd'hui en mètres et en centi-\nmètres.\nM ais tandis que les unités de mesure scientifiques sont\nprécises et fixes,les unités de mesure dans les arts sont\net variables.\nLa valeur d'une seconde est arbitraOn aurait pu diviser le jour\nen 10 heures, l'heure en 100 minutes et la minute en 100 secondes. Mais\nelle est précise.Elle est telle qu'une rotation diurne en renferme 43.200.\nEt elle est fixe, (au moins par rapport au mouvement de la terre.)\nIl n'en est pas de même en musique. La valeur arbitraire et précise\nde la puise s'exprime au moyen du métronome. Si nous écrivons J = 120,\nnous faisons connaître à l'interprète du morceau que c'est la noire qui est\nla puise, et que cette noire devra mesurer une durée telle qu'il y aurait\n120 noires dans une minute, si elles étaient toutes rigoureusement égales.\nMais (et c'est en ceci que les mesures artistiques diffèrent des me-\nsures scientifiques) les puises peuvent ne pas rester constamment égales\nà elles-mêmes. Elles peuvent croître (allargando, rallentendo, ritenuto)\nou diminuer (accelerando, stringendo) de durée et c'est ce qui constitue\nune nuance rythmique. Toute nuance en art est la conséquence des varia-\ntions possibles d'une unité de mesure (durée, longueur, intensité, etc.)\nConsidérons maintenant la vitesse mécanique en art.\nNous ne pouvons penser directement qu'aux arts de mouvement.\nLa danse [danse populaire ou de salon, danse lyrique (ballet) ou danse\ndramatique (série d'attitudes du tragédien ou du comédien)] est le\nseul art de mouvement connu jusqu'ici, auquel vient s'ajouter notre\nGéométrie Rythmique. Or, nous avons rappelé tout à l'heure que la\nvitesse, pour les mathématiciens, c'est le rapport entre le chemin parcouru\net le temps du parcours. Nous avons bien trouvé dans nos trois formules\nce deux éléments. Le chemin parcouru s'est présenté à nous sous la forme\ndes lignes tracées dans nos figures (ou de nos mouvements segmentaires\nen gymnastique rythmique (et le temps du parcours a été mesuré par des\nvaleurs (ou durées) musicales (calculées en puises). Si bien que si nous\nvoulons maintenant choisir l'unité de\nles mouvements dans notre Géométrie Rythmique ou dans la Danse, nous\nverrons qu'il n'y en a qu'une seule qui nous intéresse,\ncouru pendant la durée d'une puise.Sinon il n'y aurait aucun lien fixe entre\n\n2"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.20", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2089, "texte": "nos figures géométriques (ou les mouvements de la danse) et îa musique\nqui doit les engendrer, ou réciproquement.\nCette unité de mesure spatiale, l'espace parcouru par un mobile,\nbras ou jambe, crayon ou pinceau, pendant la durée d'une puise n'ayant\njamais été l'objet d'aucune étude, et n'ayant même reçu aucun nom, je\npropose de l'appeler une nave(parce que le va-et-vient de la navette est\nl'image la plus simple d'un mouvement rythmique).\nLa nave offrira, comme la puise à laquelle elle correspond, le triple\ncaractère d'être : i\" arbitraire, de même que la puise elle peut être choisie\nconventionnellement très courte, moyenne ou très longue ; nous\ndéfinirons sa longueur en centimètres et millimètres comme nous définis-\nsons la durée de la puise en secondes ou fractions de secondes ; 30\nde même que la puise peut croître ou décroître de durée, la nave pourra\ncroître ou décroître d'amplitude, suivant des progressions définies.\nCeci compris, nous devons admettre comme une évidence à priori\nqu'en principe, une nave ayant été choisie\npondre à une puise donnée, si, par le fait\naugme7ite ou diminue de durée, la nave\nGéométrie Rythmique J devra augmenter\nproportions ou réciproquement.\nEn effet, l'élément le plus naturellement fixe des rapports que nous\navons établis dans les trois formules ci-dessus, c'est évidemment la vitesse\nmécanique, qui (dans les arts du mouvement, où l'homme est le moteur)\nintéresse primordialement notre sens de l'effort.\nSi donc nous voulons que dans la Danse ou en Géométrie Rythmique,\nnotre effort soit constant, ce qui est la convention la plus simple et la\nplus logique de toute activité humaine, notre formule n° 111, nous donnera\nen remplaçant les mots espace parcouru par et les mots vitesse\nmusicale par puises,la première loi fondamentale des arts du mouvement :\nPremière loi mécanique de la Géométrie Rythmique et de la Danse\n/ j naves constantes\nI puises constantes\nVitesse mécanique J j naves croissantes\nconstante ] 1 puises croissantes (v. mus. décroissante)\n( naves décroissantes\n1 puises décroissantes (v. mus. croissante)"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.21", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 1759, "texte": "Mais, comme nous l'avons fait observer tout à l'heure, et comme\nnous en avons déjà usé dans maint exercice, on peut concevoir une vitesse\ndu mobile indépendante de la vitesse musicale ou contraire à elle. C'est\nune convention plus compliquée, moins naturelle, mais possible. Dans ce\ncas les rapports des trois éléments en jeu seront régis par les lois suivantes,\nque nous obtenons encore en remplaçant, dans les formules I et II ci-\ndessus, les mots espaces parcourus par naves et les mots vitesse musicale\npar puises.\nDeuxième loi mécanique de la Géométrie Rythmique et de la Danse\n. ( puises constantes\n( vitesse mécanique constante\nXT J ( puises décroissantes (v. mus. croissante)\nNaves constantes \\ { r. , v. '\n( vitesse mécanique croissante\n| puises croissantes (v. mus. décroissante)\n1 vitesse mécanique décroissante\nTroisième loi mécanique de la Géométrie Rythmique et de la Danse\n( naves constantes\n1 vitesse mécanique constante\n~ t J ( naves croissantes\nPuises constantes \"\\ i . /\n( vitesse mécanique croissante\n( naves décroissantes\nl\nk vitesse mécanique décroissante\nOr nous disions à l'instant que la vitesse mécanique dans la Danse\net la Géométrie Rythmique est l'expression de notre effort musculaire.\nPar conséquent pour que nous puissions légitimement établir entre les\npuises et les naves des rapports de grandeur tels que notre vitesse méca-\nnique doive subir des variations, il faudra que la musique renferme des\nvariations identiques de l'élément qui y caractérise l'effort, c'est-à-dire\nde l'intensité.\nPartout où la deuxième et la troisième loi que nous venons de décou-\nvrir indiquent une vitesse mécanique croissante, il faudra qu'il y ait\ncrescendo musical, partout où elles indiquent une vitesse mécanique"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 462, "texte": "décroissante, il faudra qu'il y ait decrescendo musical, pour que l'on\npuisse accepter comme artistique le rapport établi arbitrairement entre\nles valeurs successives des naves et des puises.\nNous complétons ici sous forme de tableaux les données de ces trois\nlois, qui élucident toutes les conditions possibles des rapports entre les\nnuances d'intensité et les nuances de vitesse, tant dans la Danse que dans\nla Géométrie Rythmique.\n\nJean d'Udine."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.23", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 1437, "texte": "I. Rapports des Nuances de Vitesse musicale et d'Intensité sonore en\nfonction de l'Amplitude des Mouvements.\nAMPLITUDE DÉCROISSANTE\n1. ALLARGANDO... Diminuendo molto. (Plus la vitesse et l'amplitude décroîtront (ou seule-\n(Vmer rrA« ment l une des deux) Plus le diminuendo devra\n(v. mec. très décroissante) être accentué).\n2. VITESSE FIXE... Diminuendo.\n(V. méc. décroissante)\n/ 3his Si les puises décroissent moins vite que les naves...\nDiminuendo un poco.\n3- CCELERANDO... (Cas de 2. Puises relativement constantes).\nIntensité fixe\n(V. méc. constante) I 3ter Si les puises décroissent plus vite que les naves...\nI Crescendo un poco.\n(Cas de 6. Naves relativement constantes).\nAMPLITUDE FIXE\n4. ALLARGANDO... Diminuendo.\n(V. méc. décroissante)\n5. VITESSE FIXE... Intensité fixe.\n(V. méc. constante)\n6. ACCELERANDO... Crescendo.\n(V. méc. croissante)\nAMPLITUDE CROISSANTE\nfy bis gj jes pU]ses croissent plus vite que les naves...\nDiminuendo un poco.\n7. ALLARGANDO... (Casde 4. Naves relativement constantes).\nIntensité fixe.\n(V. méc. constante) 7ter Si les puises croissent plus lentement que les naves...\nCrescendo un poco.\n(Cas de 8. Puises relativement constantes).\n8. VITESSE FIXE... Crescendo\n(V. méc. croissante).\n9. ACCELERANDO... Crescendo molto. (Plus la vitesse et l'amplitude croîtront (ou seulement\n/T R f . y • . \\ Tune des deux) plus le crescendo devra être\n(V. mec. très croissante). accentué.)"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.24", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1481, "texte": "II. Rapports de l'Amplitude des Mouvements et des Nuances d'Intensité\nsonore en fonction de Nuances de Vitesse musicale.\nALLARGANDO\n1. AMPLITUDE DÉCROISSANTE... Diminuendo molto. (Plus la vitesse et l'amplitude décroî-\nf\\r r . \\ if . v tront (ou seulement Tune des deux) plus\n(V. méc. très décroissante). le dinlinuendo devra être accentué).\n2. AMPLITUDE FIXE... Diminuendo.\n(V. méc. décroissante)\n(3BIS Si les naves croissent moins vite que les puises...\nDiminuendo un poco.\n(Cas de 2. Naves relativement constantes;.\nJLIILCLISLLC ILAC. V\n(V. méc. constante) | 3ter Si les naves croissent plus vite que les puises...\nCrescendo un poco.\n(Cas de 6. Puises relativement constantes).\nVITESSE FIXE\n4. AMPLITUDE DÉCROISSANTE... Diminuendo.\n(V. méc. décroissante).\n5. AMPLITUDE FIXE... Intensité fixe.\n(V. méc. constante).\n6. AMPLITUDE CROISSANTE... Crescendo.\n(V. méc. croissante).\nACCELERANDO\n'7bls Si les naves décroissent plus vite que les puises...\nDiminuendo un poco.\n7. AMPLITUDE DÉCROISSANTE D . , . , „„ .\n/ (Cas de 4. Puises relativement constantes).\nIntensité fixe. J\n(V. méc. constante). 7ter Si les naves décroissent moins vite que les puises...\nCrescendo un poco.\n(Cas de 8. Naves relativement constantes).\n8. AMPLITUDE FIXE... Crescendo.\n(V. méc. croissante).\nq. AMPLITUDE CROISSANTE... Crescendo molto. (Plus la vitesse et l'amplitude croîtront (ou sem-\n-7 /xt r i • \\ lement Tune des deux), plus le crescendo\n(V. méc. très croissante). devra être accentué)."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.25", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 1341, "texte": "III. Rapports des Nuances de Vitesse musicale et de l'Amplitude des\nMouvements en fonction des Nuances d'Intensité sonore.\nDIMINUENDO\n1. ACCELERANDO... (Plus les deux nuances sont accentuées (ou seulement\nA 1 • 3 . 1 1 / • . l'une d'entre elles) plus l'amplitude devra décroître.)\nAmplitude très décroissante. ; r r '\n2. VITESSE FIXE...\nAmplitude décroissante.\nF 2bis Si Pallargando est moins accentué que le dimi-\nnuendo... Amplitude légèrement décroissante.\n3. ALLARGANDO... (Cas de 2. Vitesse relativement fixe).\nAmplitude tev gj j'ai]argan(]0 est pjus accentué que le diminuendo...\nAmplitude légèrement croissante.\n(Cas de 6. Intensité relativement fixe).\nINTENSITÉ FIXE\n4. ACCELERANDO... Amplitude décroissante.\n5. VITESSE FIXE... Amplitude fixe.\n6. ALLARGANDO... Amplitude croissante.\nCRESCENDO\nf y bis gj l'accelerando est plus accentué que le crescendo..\nAmplitude légèrement décroissante\n7. ACCELERANDO... J (Cas de 4- Intensité relativement fixe).\nAmplitude fixe y ter Si Paccelerando est moins accentué que le crescendo..\nAmplitude légèrement croissante,\n(Cas de 8. Vitesse relativement fixe).\n8. VITESSE FIXE...\nAmplitude croissante.\nQ. ALLARGANDO... (Hus les deux nuances sont accentuées (ou seulement Tune\nA i*j . • . d'entre elles) plus l'amplitude devra croître).\nAmplitude très croissante. 'r r '"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c035", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 26, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.5", "titre_corps": "UNE ŒUVRE INCONNUE", "titre_sommaire": "UNE ŒUVRE INCONNUE", "signature_source": "Dr Arthur Chitz", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.26", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2168, "texte": "On ne sera pas surpris de ce titre si l'on veut bien se souvenir de la\nfaveur, dont s'applaudit la mandoline à la fin du XVIIIe siècle, à l'époque\noù Sor et Carulli étaient sur tous les pupitres, où Hummel, Weber et\nMozart lui-même ne dédaignaient pas d'honorer de leur plume un des\nderniers représentants de la famille des luths. De Mozart, on pourrait\nciter deux mélodies accompagnées de mandoline \" Wasfrag' ich viel'\\ et\n\" Komm, liebe Zither, komm \". Enfin la sérénade de Don Juan est dans toutes\nles mémoires. Or, elle est bien pour mandoline et non pour tout autre\ninstrument semblable. Berlioz, dans son s'est donné\nla peine de le remarquer, avec sa coutumière amertume.\n\" Bien qu'au bout de quelques jours d'étude, écrit-il, un guitariste ou même\nun violoniste ordinaire puisse se rendre familier le manche de la mandoline, on a si\npeu de respect en général pour les intentions des grands maîtres, dès qu'il s'agit\nde déranger en la moindre chose de vieilles habitudes, qu'on se permet presque\npartout, et même à l'opéra (le dernier lieu du monde où l'on devrait prendre une\npareille liberté), de jouer la partie de mandoline de Don Juan sur des violons\nen pizzicato ou sur des guitares. Le timbre de ces instruments n'a point la finesse\nmordante de celui auquel on le substitue, et Mozart savait bien ce qu'il faisait en\nchoisissant la mandoline pour accompagner l'érotique chanson de son héros.\"\nBeethoven pouvait donc, il devait sans doute, avoir écrit pour cet\ninstrument. Et, de fait le Dr. Mandycewski publia en 1888, dans le\nSupplément delà grande édition Breitkopf, deux compositions du Maître\nl'une appelée \" Sonatine \" l'autre nommée \" Adagio \" qui montrent que\nl'auteur de la Neuvième n'avait pas échappé à l'engouement de son temps.\nDe mon côté je fus assez heureux pour découvrir récemment une\nsérie de pièces pour mandoline et piano, dont l'attribution n'est aucune-\nment douteuse. Elles sommeillaient dans la bibliothèque des comtes de\nClam-Gallas de Prague. On y retrouve l'adagio publié par Mandycewski,\nmais sous sa forme parfaitement achevée, et non pas en brouillon comme\ndans le manuscrit qui servit à l'édition Breitkopf. En outre et ceci"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.27", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 18, "texte": "UNE ŒUVRE INCONNUE"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.27", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2412, "texte": "est capital la version autographe de la collection du comte de Clam\nporte cette dédicace \" Pour la belle J. par L. V. B. Enfin, à côté de\nces deux morceaux déjà connus, s'en trouvent trois autres, toujours pour\nmandoline et piano, et restés totalement inconnus jusqu'à ce jour. C'est\nde Fun d'eux qu'il s'agit ici. On le verra publié en appendice à\nla suite de ces pages.\nLa \" belle est ici la comtesse Joséphine Clary, qui devint ensuite\ncomtesse de Clam-Gallas. C'est à elle qu'est dédié par Beethoven le grand\nAir de concert \" Ah perjîdo \" et déjà Thayer, examinant les esquisses\ndu maître s'était arrêté devant un feuillet portant ces mots révélateurs :\n\" (jeschrieben undgewidmet der(jr. Q. (j.\nLe biographe ajoutait dans son commentaire : \" Existerait-il encore des\nœuvres inédites de Beethoven dans les archives de la famille Clam-Gallas? \"\nAinsi se trouvaient naturellement orientées les recherches de l'histoire.\nOn sait que Beethoven séjourna dans la capitale de la Bohème en\n1796, attiré, comme Mozart l'avait été sept ans auparavant, par le mécé-\nnisme du prince Lichnowsky. Il y habitait, comme le montre une lettre\nécrite à son frère Nicolas, dans la maison du \" goldenen Eichorn \" et se\nplaisait fort dans la Ville aux cent Tours. \" Mon art, écrit-il, me concilie\nl'amitié et l'estime ; que voudrais-je de plus ? L'argent aussi vient assez\nbien. \" Il y a donc tout lieu de croire que l'auteur des Trios op. I avait\ntrouvé bon accueil dans la société de Prague. Et, au premier rang de\ncelle-ci, se trouvaient les comtes de Clam.\n\" Chez le comte Christian Philippe de Clam, nous dit le Jahrbuch\nder Tonkunst paru à Vienne en 1796, se donnaient souvent des soirées\nmusicales, et lui-même passait pour un protecteur de l'art, jouant en\nperfection du forte-piano, entretenant un orchestre et faisant de grands\nfrais pour soutenir la musique. A la mort du comte Wentzel von Spork\nla Société Musicale l'avait élu président, il mourut en 1805, à 56 ans. \"\nLes deux filles de ce grand seigneur, Louise et jeannette furent parmi\nles meilleures pianistes de Prague. Deux autres demoiselles de Clam, la\nprincesse d'Auersperg et Mmo de Kocz-Dobrz jouaient et chantaient sur\nleur théâtre particulier. Enfin le comte Christophe (1771-1838), fils ainé\ndu comte Philippe fut un des fondateurs du Conservatoire de Prague, qui\nexiste encore de nos jours. Nommé Oberstland Marschall de Bohème,"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.28", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2719, "texte": "président d'une foule de sociétés, il reçut enfin le titre de \" Premier\nBourgeois de ''. Le 30 nov. 1797, il épousait Josepha, comtesse Clarv.\nBeethoven fréquentait chez les comtes de Clam. Nous en avons la\npreuve dans un passage bien curieux des Mémoires du musicien péda-\ngogue W. J. Tomaschek, homme oublié aujourd'hui, mais que Berlioz\njugea digne d'une visite, lorsqu'il vint à Prague. Tomaschek, le maître\nde Schulhoff et de Hanslick écrit :\n\" J'entendis Beethoven pour la troisième fois chez le comte de C... ; après\navoir exécuté le gracieux rondo de la Sonate en la majeur, il se mit à improviser\nsur \" Ah ! vous dirai-je maman. \" Je pus suivre cette fois d'un esprit calme l'art de\nBeethoven. J'en admirai certes la force et le brillant, mais souvent sans en comprendre\nles brusques sautes d'un motif à un autre, qui privent l'organisme musical de tout\ndéveloppement logique. Ces défauts déparent ses plus grands chefs-d'œuvres, ceux\ndont l'inspiration se montre la plus heureuse. L'auditeur qui ne s'y attend pas se\ntrouve ainsi bien souvent arraché de son rêve. L'original et le singulier paraissaient\nêtre pour Beethoven le principal de la composition. De là, sa réponse à une dame\nqui lui demandait s'il allait souvent entendre les opéras de Mozart : \"Je ne les\nconnais pas, et n'entends pas volontiers la musique des autres, car je tiens à\nconserver ma propre originalité\nTel était le jeune et fougeux Beethoven dont la comtesse Clary avait\nsu inspirer la muse. L'opus 65 \" Ah perjido \" lui est dédié, nous l'avons\ndit. Et, à ce propos il convient de détruire la légende qui voudrait que\ncet air de bravoure ait été composé pour MIQU Duschek, l'amie de Mozart.\nL'erreur vient d'un communiqué paru dans la Gazette de Leipzig le 19\nnovembre 1796 et que voici Lundi 21 prochain Mme Duschek donnera\nun concert à Leipzig. Elle chantera avec Mhi' Neefe la\node de Klopstok, (entretien de deux rossignols, la mère et la fille, sur\nles principes de l'art) musique de Naurnann. Puis une scène composée par\nBeethoven pour Mme Duschek, et quelques morceaux de Mozart \". Mais\nle ms. revu par le Maître est formel et porte : \" Une grande scene mise en\nmusique... composta e dedicata alla Signora Clari \". En outre une\nesquisse, conservée à la bibliothèque de Berlin vient encore appuyer cette\ncertitude, en ajoutant : \" Pour M\"e de Clary\nCette esquisse nous ramène à notre sujet, car elle est suivie de quelques\nmesures qui se trouvent textuellement dans l'allégro pour mandoline qu'on\nlira plus loin. Cette dernière confirmation, jointe à ce que nous avons vu\njusqu'ici nous parait décisive. L'œuvre trouvée dans les papiers des comtes\nde Clam, dédiée à la comtesse Clary, appartient bien à la série des"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.29", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 513, "texte": "compositions réalisées par l'auteur de Fidelio, au cours d'un séjour à\nPrague, qui doit se situer en 1796. La littérature beethovenienne se\ntrouve donc enrichie d'une œuvre nouvelle.\nLa valeur de cette œuvre, le lecteur en jugera en tournant la page.\nElle est celle de beaucoup d'autres compositions de jeunesse du maître.\nC'est de la musique d'agrément, aimable, élégante, et convenable à un\ninstrument qui voulait satisfaire aux plaisirs d'une aristocratie dilettante...\n\nDr Arthur Chitz."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c038", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 30, "image_fin": 33, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.6", "titre_corps": "SONATINE", "titre_sommaire": "SONATINE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.30", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 67, "texte": "SONATINE\nPOUR MANDOLINE ET PIANO\nDÉDIÉ A MUE CLARY\nL. 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Daubresse", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.34", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1637, "texte": "ENQUÊTE SUR LA CONDITION SOCIALE\nDU MUSICIEN A L'ÉTRANGER\n\n{Suite.)\nNous devons la plupart des renseignements qui vont suivre à\nY Action Sociale de la Femme. La dévouée secrétaire, Mme Gautier-Lacaze,\nparle et écrit onze langues ; elle a bien voulu mettre à notre disposition\ntoutes les ressources de son savoir et nous sommes heureux de lui adresser,\ntout d'abord, l'expression de notre vive gratitude.\nSUÉDE\nSTOCKHOLM. L'instruction musicale, en Suède, est donnée dans\nles établissements suivants, pourvus de classes, comme au Conservatoire\nde Paris.\ni° Conservatoire de l'Etat \" Kungliger Musikerliska Akademien \"\n(Académie royale de musique).\n2° Conservatoires privés: Malmô Konservatorium (Conservatoire de\nMalmô, sous la direction de G. Franchi) ;\nLund, sous la direction de M. P. Norlind.\n3° Ecoles privées : Richard Andesso très en vogue et\ntrès considérée ; Kunt Backs Musik Sk Goteberg, etc.\nIl n'y a que XAcadémie Royale de Musique qui délivre des diplômes\nsous le contrôle de l'Etat. Toute musicienne peut prendre le titre de\nprofesseur et ouvrir un cours sans avoir de diplôme.\nLe traitement moyen annuel des professeurs, à\nMusique, est de 1750 couronnes et, pour les professeurs auxiliaires, de\n1500 couronnes, avec l'obligation de donner une leçon par semaine.\nCe traitement est augmenté avec l'âge et les années de services. En\noutre les titulaires ont droit à une pension. Les écoles privées accordent,\nen moyenne, un salaire de 150 couronnes par mois à leurs professeurs.\nLa dépense annuelle d'un musicien est assez difficile à évaluer. En\nraison de la relativité des besoins et des prétentions personnelles des sujets,"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.35", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1, "texte": "3"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.35", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 1962, "texte": "il est malaisé de donner des précisions. Pour vivre en Suède, matérielle-\nment, il faut un minimum de 1500 couronnes soit 2100 fr.\nIl n'y a pas de modes d'assurances ni de caisses de retraites, (loyer ou\nchômage) semblables à ceux ou celles qui existent par tous les autres\nemplois. Les associations qui viennent en aide aux musiciens sont :\nSwenska Musikfortbundetqui n'offre des secours qu'aux hommes.\nMusikemas Pensions Kassa qui vient aussi en aide aux femmes.\nLa cause principale du chômage est dans les vacances d'été qui durent\ntrois mois au moins.\nLe moyen d'y remédier consisterait à rechercher un emploi d'exécu-\ntants dans les orchestres qui sont attachés aux établissements balnéaires\nou autres qui s'ouvrent pendant l'été.\nLes femmes sont admises comme exécutantes professionnelles à\nl'orchestre de l'Opéra Royal ; au grand orchestre dit Orkesterforeming de\nGothembourg et d'autres orchestres privés. Leur nombre cependant est\nassez limité.\nDANEMARK\nL'enseignement musical est donné dans le\ndans le Conservatoire Hornemann et dans l'école privée de Ml!e Fanny\nGat]e.\nCes divers établissements délivrent bien des diplômes, mais ils ne\ndonnent aucun titre officiel et tout musicien peut ouvrir un cours sans\nposséder des diplômes.\nIl n'y a aucune caisse de retraites ni d'assurances contre la maladie,\nle chômage.\nLes femmes ne sont pas admises à l'orchestre comme exécutantes\npersonnelles : \" excepté une harpéniste (!) (faute d'un masculin). \"\nConstatons, avec tristesse, qu'on n'est pas plus féministe en Dane-\nmark qu'en France. Ah ! s'il y avait un \" masculin \", comme la pauvre\n\" harpéniste \" serait renvoyée à la maison, presqu'aussi durement que\nchez nous, car nos grandes associations de concerts n'admettent pas, ou\nn'admettent plus, les femmes parmi les exécutants. Notre correspondante\najoute : \" Il existe un orchestre féminin à Copenhague \".\nLe traitement du professeur dans l'enseignement privé est d'une"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.36", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1886, "texte": "couronne et même au-dessus jusqu'à 10 couronnes. Dans l'enseignement\npublic le prix diffère beaucoup.\nLa dépense annuelle d'un musicien varie entre 900 et 1200 couronnes.\nRUSSIE\nLes documents obtenus tiennent ici en trois lignes.\nNous les donnons telles qu'ils nous sont parvenus.\nSAINT-PÉTERSBOURG. Au point de vue artistique, tout est sous la\ndirection du Conservatoire ; tout est officiel et les initiatives privées sont\nDeu développées ; les traitements peu élevés en vue des pensions et de\nDien des privilèges.\nCette dernière phrase, assez énigmatique, laisse cependant entendre\nque les intérêts de l'Art ne tiennent pas toujours la première place dans\nles préoccupations conservatoriales pétersbourgeoises.\nAUTRICHE\nVIENNE. L'instruction musicale est donnée dans les écoles privées\net dans les conservatoires. Les diplômes sont délivrés sous le contrôle de\nl'Etat. Et un musicien ne peut prendre le titre de professeur que lorsqu'il\npossède un diplôme.\nLes femmes ne sont pas admises à l'orchestre en qualité d'exécutantes\nprofessionnelles.\nLEMBERG [Galicie autrichienne). L'instruction est donnée, en Galicie\ndans des écoles privées ; dans des séminaires pour futures maîtresses\nd'écoles ; dans les Conservatoires.\nRemarques. Pour obtenir une place, comme professeur de musique,\nil faut avoir i° le brevet supérieur d'enseignement, 2°un examen pratique,\n30 le diplôme délivré par le Conservatoire.\nConstatons, à notre tour, qu'un tel pays pourrait servir d'exemple,\nen France, où commence seulement à se dessiner un mouvement pour\nobliger les professeurs de musique à obtenir leurs titres de capacité.\nReprenons notre lecture.\n\" Dans notre pays, c'est seulement le Conservatoire de Léopol qui a\nle droit de délivrer des diplômes, sous le contrôle de l'Etat. Le Conserva-\ntoire de Cracovie n'a pas ce droit.\nUne musicienne non diplômée ne peut pas prendre le titre de"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.37", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2009, "texte": "professeur, mais si elle possède une instruction musicale suffisante, elle\npeut avoir le droit d'ouvrir un cours.\nLe traitement annuel moyen, dans les Ecoles d'Etat et dans les\nEcoles privées, varie d'après le cours que dirige le professeur. Dans l'en-\nseignement privé il varie avec le nombre des élèves.\nLa dépense annuelle est environ de 1600 couronnes.\nJusqu'à présent, il n'y avait pas de moyens pratiques pour venir en\naide aux musiciens, et aux musiciennes, en cas de maladie ou de chômage.\nL'association musico-pédagogique d'Autriche (résidant à Vienne) est en\ntrain de régler ces questions.\nLe chômage a pour cause le trop grand nombre de musiciennes non\ndiplômées.\nNous comptons dans l'orchestre du théâtre de Léopol une femme,\njoueuse de harpe, admise comme exécutante professionnelle. 1\nSUISSE\nGENÈVE. Il y a, à Genève, un Conservatoire fréquenté par\n1500 élèves environ. Il ne dépend pas de l'Etat mais vit par ses propres\nressources qui sont les inscriptions des élèves. Il est administré par un\ncomité. Il y a une soixantaine de professeurs dont une trentaine de\nfemmes.\nIl n'y a pas, à Genève, d'Ecole d'Etat. Les Ecoles privées sont :\nX Académie de musique ; Y Ecole populaire\nviolon, etc.\nTous ces établissements délivrent des diplômes, toujours sans inter-\nvention quelconque de l'Etat.\nUne musicienne peut prendre le titre de professeur et ouvrir des\ncours sans avoir aucun diplôme.\nDans l'enseignement privé, la moyenne du prix des leçons varie\nentre 2 et 5 fr. l'heure. Il est nécessaire de remarquer qu'un professeur\nest soumis à une taxe fixe, un impôt professionnel. Il paie, par exemple,\n25 fr. pour un gain annuel de 1500 fr. et encore un tantième sur le gain\n0,25 o/° pour 1500 fr. Pour 5000 fr. de gain, on paie 0.45 °/0. La taxe\nfixe progresse également.\n\n1 Ajoutons que nous devons ces réponses à Famabilité et à l'expérience de MUe Bertha Franke qui\npossède le diplôme du Conservatoire de Léopol et dirige un cours de musique dans une école privée."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.38", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1561, "texte": "Les dépenses sont assez élevées. Un professeur doit naturellement\navoir un appartement convenable pour donner des leçons ; un ou deux\nIl ajoute les frais de musique, d'abonnements, de concerts.\nTout cela est cher à Genève.\nAssociation des Artistes Musiciens réunit la plupart des musiciens\ndont un grand nombre de femmes. Moyennant 12 frs. par an, les socié-\ntaires ont droit à 2 frs. par jour pendant 3 mois de maladie. Passé ce\nterme, les secours deviennent facultatifs. Les soins médicaux sont aussi\nconsidérés comme secours et pour une durée égale à l'indemnité pécu-\nniaire. Le montant des visites ou consultations de médecins incombant à\nl'Association est calculé d'après le tarif de Y Association des Médecins de\nGenève. L'Association participe aux frais des funérailles de ses membres\npar une cotisation extraordinaire de 1 fr. pour chaque sociétaire.\nLa même association s'occupe de la manière suivante d'une \" caisse\ndes retraites \". Elle propose à ses membres de s'assurer eux-mêmes indi-\ndividuellement auprès de la Société des retraites pour la vieillesse existant à\nGenève et s'engage à répartir entre les membres assurés les intérêts du\nfonds spécial qu'elle possède. Ce petit encouragement peut-être évalué à\n20 frs. par an, au maximum, actuellement.\n\" Ces renseignements sont incomplets ; il faudrait, pour les donner\nintégralement, et précisément, commencer une enquête longue et minu-\ntieuse, et l'on se heurterait peut-être aussi aux intéressés eux-mêmes qui\nparfois n'aiment pas les questionnaires. \"\n(a suivre )\n\nM. Daubresse."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c057", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c057", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 39, "image_fin": 50, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.8", "titre_corps": "LES LIVRES", "titre_sommaire": "LES LIVRES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.39", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2709, "texte": "L'ANNÉE MUSICALE, publiée par MM. Brenet,\nChantavoine, Laloy, et de La Laurencie (Alcan, 1912, in-8°\nde 316 pp. Frs 10.)\nCette première année contient les mémoires suivants : Contri-\nbution à Vhistoire de la symphonie française vers 1750, par L. de la\nLaurencie et G. de Saint-Foix. Deux traditions françaises inédites\ndes institutions harmoniques de rLarlino, par M. Brenet. Le Beron\nde Bagge et son temps, (1718-1791) par Georges Cucuel. Lullistes\net Ramistes, par Paul-Marie Masson. La musique de la chambre\net de VEcurie sous le règne de François /er, par Henry Prunières.\nLa musique française en 1911, par Jean Chantavoine.\nNous avons été des premiers à nous réjouir de l'apparition de\ncette savante publication, dont les auteurs sont tous nos collègues,\net qui doit en partie son existence même aux efforts faits en musi-\ncologie, depuis bientôt quinze ans par la Société Internationale de\nMusique. Il n'est pas jusqu'à la revue S. I. M. qui ne se doive\nféliciter de voir les historiens de la musique trouver en France un\néditeur accueillant pour leurs mémoires volumineux et leurs plus\naustères recherches. La tâche toujours délicate d'un organe de\nhaute vulgarisation comme le nôtre, se trouve ainsi rendue plus aisée, et son devoir plus précis.\nParmi ces importantes contributions, celle de MM. de La Laurencie et de St-Foix mérite\ntout particulièrement d'attirer l'attention des érudits. Pour la première fois la question de la\nsymphonie française est traitée, et elle l'est avec ce zèle infatigable que nos deux collègues\nsavent apporter à toutes leurs études. Ainsi donc, de Mangean à Papavoine, de 1735 I\nune cinquantaine d'illustres inconnus se sont servis de la symphonie pour remplir leur rôle de\nmusiciens français et pour capter les bonnes grâces d'un public généralement peu disposé à la\nmusique pure. Comment ils s'y sont pris pour cela, VAnnée Musicale de 1911 nous le dit. Mais\nil reste prouvé aujourd'hui que cette forme, entre leurs mains, n'a rien donné d'original. Les\nsymphonistes français de 1750 ont été des suiveurs d'avant-garde, à la remorque des Italiens et\ndes Allemands. C'est un résultat. Peut-être le trouvera-t-on négatif. La faute en est l'état\nd'esprit de nos ancêtres, de ces contemporains de l'abbé Pluche qui faisaient tout aussi peu de\ncas d'une sonate que d'un papier marbré. Le rôle de notre pays dans la formation du nouveau\nstyle symphonique du XVIIIe siècle est sans éclat. \" Les François n ont pas de musique \" disait\nRousseau, qui a contribué plus qu'un autre à leur enlever le goût d'en avoir.\nCHANT A V OINE (Jean). Musiciens et poët es. (Alcan, 1912. In-12° de 218 pp.)\nCe livre sera lu avec profit, non seulement par les musiciens, mais par tous ceux qui"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.40", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3523, "texte": "estiment la musique et la littérature unies de trop près pour que leur étude puisse jamais être\ntotalement dissociée. On y trouvera l'étude abrégée de certains sujets généralement ignorés\nchez nous : l'histoire de la ballade allemande, les débuts de Liszt comme auteur dramatique.\nA signaler aussi certains aperçus nouveaux sur R. Schumann : comment celui-ci ne pouvait\npas demeurer poëte et devait forcément devenir un musicien. C'est avec regret que nous\nvoyons ce volume, trop court à notre goût, se fermer sur ces quelques pages d'intense et\nscrupuleuse analyse psychologique.\nCRÉMIEUX (Mathilde). Lettres choisies de Robert Schumann (Paris, Fischbacher,\nin-12 de 233 pp.).\nUn second volume de lettres de Schumann ! le premier composé surtout de sa correspon-\ndance avec sa mère et ses sœurs, nous avait fait pénétrer au cœur même de son intimité.\nCelui-ci, adressé en général à des artistes et à des amis, est d'un caractère moins strictement\nconfidentiel, mais touche de plus près à la musique. Un lecteur attentif pourrait y voir poindre\npetit à petit les premiers symptômes de la maladie cérébrale à laquelle Schumann allait\nsuccomber en 1856. Cette restriction faite, et, une fois mises de côté certaines lettres qui\nrévèlent un évident déséquilibre mental, Schumann se montre souvent bon juge ; les questions\nqu'il traite demeurent encore d'actualité. Lisez cette lettre adressée à Liszt en mai 1849? Pour\njustifier l'école de Leipsick de certaines accusations de plagiat : u On rencontre des réminis-\ncences dans toutes les œuvres d'art... Bach, Haendel, Gluck, et plus tard Mozart, Haydn,\nBeethoven, se ressemblent à s'y méprendre sur cent points différents... Il n'existe pas d œuvre\ncomplètement originale...\" Et plus loin, appréciation plus sérieuse encore (lettre a Mendeîssohn,\ndatée du 22 octobre 1845) : \" Wagner est certainement un musicien spirituel plein d'inven-\ntions folles et rempli d'audace... mais en réalité, il est à peine capable d'écrire et de penser\nconvenablement quatre mesures de suite...\" Puis le 7 janvier 1846, (à H. Dorn) : \"Je\nvoudrais que vous vissiez le Tannhauser de Wagner ; il renferme cent fois plus de profondeur\net d'originalité que ses premiers Opéras, unies toutefois à certaines trivialités musicales. En\nrésumé, Wagner peut prendre une grande place au théâtre, et tel que je le connais il aura\nl'audace nécessaire pour y réussir \". Tant il est vrai que les grands hommes ne sont pas,\nmoins que nous, sujets à revenir sur leurs opinions les mieux arrêtées.\nWOODHOUSE (George). The artist ai the piano (Londres, chez Reeves, in-8°\nde 50 pp.).\nCette brochure est une diatribe sévère contre les pianistes en général, et plus particulière-\nment ceux que l'auteur désigne du nom de Nous pouvons applaudir\nM. Woodhouse lorsqu'il s'insurge contre les artistes qui considèrent la limite des ressources de\nleur instrument comme la limite inéluctable de la musicalité, et qui ne cherchent pas à étendre\nsans cesse le champ de leurs effets et de leurs moyens d'expression. Par contre, il nous est bien\ndifficile de le suivre dans son parfait mépris de tout enseignement technique. Faut-il vraiment\nsupposer qu'une science approfondie du doigté et du mécanisme doive forcément annihiler\nchez l'exécutant tout sens artistique ? De plus, il n'est personne aujourd'hui qui dénie la\nnécessité de se pénétrer de l'esprit et du style d'un morceau pour le bien interpréter ; sur ce\npoint, et sur beaucoup d'autres, M. Woodhouse nous a un peu l'air d'enfoncer une porte\nouverte."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.41", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 10, "texte": "LES LIVRES"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.41", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3412, "texte": "SEEBURG (Franz von). J. Haydn, ein Lebensbild (Regensburg, F. Pustet, 1912,\nin-12 de 476 pp.).\nL'idée de présenter la vie de Haydn sous la forme d'un roman sentimental, n'était encore,\nsans doute, venue à personne. Elle semble être née d'une affectueuse conversation entre\n\"Friedrich Pustet senior\" et M. de Seeburg, un beau matin d'avril, sur les bords du lac de\nChiemsee, où le roi Louis II vint jadis promener ses rêves. Elle a enfanté un livre agréable\net d'utile lecture.\nFITZ-JAMES (Comte de). De la morale et de Vart. (Paris, Barreau, 16 rue Littré,\nin-120 de 42 pp.).\nTout le monde ne souscrira pas aux doctrines de morale esthétique exposées dans cette\nbrochure par notre confrère et ami le comte de Fitz-James. Mais il n'est personne qui ne\nveuille en reconnaître l'idéalisme transcendant et le noble effort. Oui, le Bien et le Beau, que\ndes intérêts confessionnels ont parfois voulu opposer l'un à l'autre dans l'art et dans la morale,\nse rejoignent dans l'amour, et le grand apôtre de cette synthèse fut et restera le musicien-poète\nRichard Wagner. C'est de lui que partit le fécond mouvement de religion artistique, dont\nFitz-James prêche la venue. Un petit volume comme celui-ci console de bien des écœurements ;\nje souhaite qu'il fasse oublier des articles comme celui qui parut il y a quelque temps dans un\nquotidien sous la signature de Léon Daudet pour dresser une fois encore contre le wagnérisme\ntriomphant l'esprit du boulevard. Il est bienfaisant de constater, par ces temps de patrouillo-\ntisme à 10 centimes, que des esprits fiers ont le courage de ne pas renier leur idéal, fut-il\nmême entaché de germanisme.\nGIESSWEIN. Über die Resonanz der Mundhohle und der Nasenraurne, im besonderen\nder Nebenhohlen der Nase. (Berlin, S. Karger 1911, Mk. 2).\nEtude très fouillée de cette question, qui semble un peu accessoire au musicien, bien quelle\ntouche à la pratique de la voix, mais qui intéresse vivement le physiologiste. M. G. prouve que\nle rôle de résonateur, parfois attribué aux fosses nasales, est réduit à presque rien ; de même la\nvibration des os de la boîte crânienne est fort peu de chose. Il n'y a par conséquent pas à s'en\npréoccuper dans l'éducation du chanteur.\nOCTAVE SÈRE. Musiciens français d'aujourd'hui (in-120 de 416 pages, au Mercure\nde France).\nCe livre vaut surtout par son abondante bibliographie. Vingt sept musiciens français,\nchoisis parmi les plus représentatifs de notre art contemporain, y sont étudiés avec un visible\nsouci d'impartialité. A chacun d'eux est consacrée d'abord une petite notice sans grandes\nprétentions, destinée simplement à nous présenter l'auteur en question ; puis vient une liste\ncomplète de ses œuvres, et des principaux ouvrages à consulter à son sujet : livres, revues et\nquotidiens ; il y a donc là un répertoire indispensable à tous ceux qui veulent étudier l'école\nfrançaise moderne. L'auteur gagnerait peut-être à se méfier de certaines généralités comme\ncelles-ci (il s'agit de M. Paul Dukas) : \"La présence, parmi ses ancêtres d'un arrière grand-\npère strasbourgeois nous éclaire singulièrement sur le goût qu'il a toujours montré pour la\nconstruction et la forme, au point de leur donner dans son œuvre la prépondérance sur l'idée\nelle-même. \" Ceci prêterait évidemment à discussion : rien de plus dangereux que d'aborder\nen quatre lignes des sujets dont la controverse remplirait des pages, et même des volumes."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.42", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3694, "texte": "SONNECK (O.) Catalogue of the Orchestr Library of Congress. (Washington\n1912, in-4, de 663 pages.)\nCe volume nous apporte le catalogue des partitions de musique symphonique qui se trou-\nvent dans la Bibliothèque Nationale des Etats-Unis, à Washington. Il est dû à notre éminent\ncollègue le Dr. Sonneck et comprend tout d'abord un classement alphabétique par noms\nd'auteurs; puis un classement méthodique par c'est-à-dire par matière, enfin, un index\ndes incipitdes morceaux dans la mesure où il est possible de le dresser. La collection entière\nne remonte pas avant 1830, et les œuvres d'auteurs anciens qu'elle possède (Bach, Cherubini,\netc.) sont en éditions modernes. Elle est considérable, et nos maîtres français s'y trouvent fort\nbien représentés. Daphnismême de Ravel n'y manque pas. En est-il de même à Paris pour les\nétrangers ? L'élève du Conservatoire trouverait-il chez nous, les jeunes Russes, Hongrois,\nAnglais, Belges et Allemands du dernier cri ? Que mon excellent ami, Julien Tiersot ne\nprenne pas ombrage de cette question. Je suis sûr qu'il a pourvu à tout dans la mesure de ses\ncrédits. On sait que chez nous l'administration ne marchande pas quand il s'agit d'une biblio-\nthèque de musique !\nLe classement de Washington, comme celui de nos bibliothèques semble se faire par ordre\nde matières. A chaque instrument, à chaque dispositif musical correspond une classe et une\ncote spéciale, dans laquelle règne le numérotage. J'ai toujours protesté contre cette méthode,\nqui fut encore aggravée à la Bibliothèque Nationale, il y a quelques années. A qui sert, en\nvérité, cette subdivision d'une même matière en douze ou quinze classes, fractionnées elles-\nmêmes par des chiffres différents ? Ce n'est certes pas au lecteur, absolument étranger aux\nmystères de la cote. Est-ce à la bibliothèque ? Je ne le crois pas. Le classement par matière\nn'allège en rien les recherches, ni sur les rayons, ni sur les fiches. Il complique par contre et\ntrès notablement la besogne du fonctionnaire préposé au catalogue. Il satisfait uniquement une\nlogique apparente et idéale ; encore 11e la satisfait-il jamais pleinement. Ces classements ne\ndevraient apparaître que dans les catalogues eux-mêmes, où le travailleur cherche sa pâture.\nLà, qu'on les pousse aussi loin que possible, qu'on les multiplie à l'infini. Mais que les livres à\nleur entrée dans le local où ils doivent prendre place, soient tout bonnement rangés à la suite\nles uns des autres dans la série musicale, et reçoivent un numérotage continu, sans ,se soucier\ndu matériel sonore auquel ils font appel.\nJ. E.\nVILLAR (Rogelio). La musica y los musicos espanoles contemporaneos. (San Sébastian,\n28, via S. Martin, 1912, in-12, de 56 pp.)\nCe sont deux conférences tenues à Madrid en décembre dernier, et par lesquelles\nM. Villar s'efforce de réveiller l'Espagne de la scandaleuse inertie qu'elle témoigne à l'égard\nde la musique en général et de la sienne en particulier. Tâche ingrate et qui demandera du\ntemps. Il n'importe ! De pareils efforts arriveront certainement au triomphe d'un nationalité\nmusicale qui compte des artistes comme Pedrell, Albeniz, Granados, Falla, Turina et del\nCampo. L'Espagne est de tous les pays de l'Europe, celui dont nous devons attendre le plus.\nRepliée sur elle-même depuis le XVIe siècle, la détente de son génie sera certainement une\nrévélation, dont les gens du Nord seront surpris. Il faudrait qu'un courant généreux parcourut\nce pays et que, du côté de la presse, des éditeurs, des pouvoirs publics, un mouvement\nd'enthousiasme se manifestât en faveur de la jeune Espagne musicale. Les souhaits de M. Villar,\nqui sont ceux de nous tous, se trouveraient alors réalisés.\nJ. E."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.43", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3998, "texte": "LAMY (P.). —J.F. Le Sueur (Paris, Fischbacher 1912, in-8° de 152 pp.)\nu Notre âme, indépendemment du raisonnement exprimé verbalement, a son raisonnement\ntacite et particulier : quand une fois elle a senti, elle a déjà plus que l'intelligence de la chose \".\nQui écrit ceci ? Un moderne esthéticien, un contemporain de Wagner, un disciple de\nSchopenhauer, un admirateur de M. Bergson? Non pas! Un jeune musicien français de I7s7>\nqui sort du Concert Spirituel et célèbre J. B. Rousseau ! C'est Le Sueur, franc Picard, cœur\nchaud, âme tenace, qui vient offrir aux Parisiens la candeur d'un génie prodigieusement\nchimérique. C'est Le Sueur, à qui nous devons Ambroise Thomas, Gounod et Berlioz,\nLe Sueur le patriarche de notre musique moderne, et un peu aussi le patron de notre\nmusicologie ! Souvenons-nous de ce grand homme, beaucoup plus grand et plus fécond que\nne le ferait croire ses opéras dérnodés. Ni la Caverne, ni les Bardes n'ont survécu, pas plus que\nles Hymnes révolutionnaires et les Oratorios impériaux ; l'Histoire Générale de la musique n'a\nplus guère chance de sortir de ses volumineux manuscrits. Mais la personnalité de Le Sueur\nreste importante, et l'une de celles dont la France doit être fïère.\nTout génie mis à part, Le Sueur fait songer à Wagner. Il en a l'ardeur prosélyte,\nl'intransigeance artistique, le goût des mythologies romantiques, la manie des systèmes, et\njusqu'à l'incontinence épistolaire. Il lutte pour le triomphe du chef-d'œuvre total, pour la\ngloire de Vidée fixe, qui s'appellera plus tard leit-motiv, il voit tout en gigantesque, et fraternise\nà travers les siècles avec les Grecs et les Hébreux, les Celtes et les Incas. Dans cette tête\nchaude où bouillonnent les idées de l'avenir, les genres se confondent et s'unissent en un même\nrêve grandiose, de religiosité et de fraternelle extase. Le Sueur, à la scène comme à l'église,\nreste pénétré du même programme. Qu'il écrive le Chant du Premier Vendémiaire ou la Mort\nd?Adam, il demeure fidèle à son Exposé d'une musique imitative et particulière, c'est-à-dire à\nun idéal dramatique qu'il a de suite placé très haut, trop haut sans doute pour la musique\nfrançaise de 1800 ! De la symphonie, de l'art pur, il ne se soucie pas. La musique n'existe\npour lui que comme moyen expressif d'une action visible, où toutes les fibres de notre être sont\nintéressées. N'est-ce pas bien wagnérien ? Et aussi, et encore, ce perpétuel besoin d'un\ncommentaire qui argumente et polémise ! Le Sueur est un musicien a idées qui cherche toujours\nhors de la musique la justification de son activité dévorante. Comme Berlioz apparaît le digne\nélève de cet apôtre du délice ossianique !\nM. Lamy avait une belle tâche. Il a su la remplir pieusement, et avec l'agréable facilité\nd'un écrivain judicieux, sage, parfois même courageux. On lui en voudra peut-être un peu de\nn'avoir pas mis au premier plan la documentation si curieuse, si abondante que lui offrait la\nbibliothèque de l'Opéra, la collection Malherbe et les archives d'Amiens. Son livre est conçu\nplutôt à la façon d'un Mémoire d'Académie, qu'à la manière en usage dans la musicologie. Ce\nn'est pas que l'on puisse concevoir ici le moindre doute sur l'entière probité de l'auteur, et je\nme hâte d'ajouter que les références sont admirablement et amplement exposées. Mais le\nmusicien des Bardes méritait un livre définitif et il l'aurait aujourd'hui, si l'éditeur s'était\nmontré bibliophile. Tandis qu'il restera encore à glaner après M. Lamy, ne serait ce que pour\nprésenter Le Sueur historien de la musique, d'après ses volumineux manuscrits.\nJ. E.\nCUCUEL (G.). La vie parisienne des princes de Wurtemberg. J, E. Montbêliard au\nXVIIIe siècle.(Montbêliard. Extrait des Mémoires de la Société d'Emulation.)\nToujours très documenté, et ne perdant jamais de vue la musicologie, notre collègue cite\nici d'amusantes contredanses et un air de table, qui évoquent la vie galante des habitants de\nPassy, au temps où La Poupelinière régnait sur ce coin charmant."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.44", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3600, "texte": "WANTZLOEBEN (Sigfrid). Das Monochord als Instrument und als System. (Halle\nM. Nieineyer 1911, in-8, de 131 pp., Mk. 4).\nLivre de bonne et sûre érudition, qui retrace l'histoire d'un instrument bien oublié\naujourd'hui, auquel l'humanité musicale doit pourtant une profonde reconnaissance. Le mono-\ncorde n'a jamais joui d'un grand charme sonore, mais il a présidé pendant de longs siècles aux\ndestinées de la musique théorique. Il fut, pour les Grecs et pour le moyen-âge, l'instrument de\nprécision et l'agent de démonstration, grâce auquel la spéculation du calcul devenait visible et\npour ainsi dire tangible. C'est à la faveur du monocorde que se sont réalisées toutes les décou-\nvertes de l'acoustique antique, que se sont vérifiés tous les essais de la doctrine, les recherches\nd'un art voulant prendre conscience de soi-même et donner à la pratique incertaine les prin-\ncipes d'une théorie solide.\nOn n'a donc qu'à suivre le témoignage du monocorde et de ses adeptes pour retracer\nl'histoire de notre système sonore depuis Pythagore jusqu'à Ramis de Pareia. C'est ce que fait\nM. Wantzloeben, en citant de nombreux textes grecs et latins qui donnent du poids a son\nlivre. Car la petite caisse sonore pourvue d'une corde et d'un chevalet mobile, qui constitue\ntoujours l'instrument classique, offre peu de matière à l'historien. Toutefois, l'idée d'associer\nplusieurs cordes à la corde principale et le désir de remplacer les chevalets par un dispositif plus\naisément maniable se présentèrent un jour dans l'âme du patricien, et, du coup, l'instrument\nde science devenait un instrument concert ! Monocorde, mancorde, clavicorde, clavecin, ces\nvocables et les réalités qu'ils supposent, les progrès qu'ils annoncent, les efforts qu'ils trahissent...\ntout, nous montre que, dès la fin du XIV0 siècle, l'Occident avait tiré du vénérable monocorde\nautre chose qu'une leçon d'acoustique. Sachons gré à M. Wantzloeben de nous avoir très\nbien fait apercevoir ces évolutions.\nJ. E.\nLITTA (Paolo). La Déesse Nue (Editions de la Libéra Estetica. Florence 1912,\nin-12, de 78 pp. Frs. 1.75)'\nLa danse comme moyen ésotérique d'expression musicale ! Voilà ce que notre éminent\nami Litta voudrait défendre en cet ouvrage, plein d'idées et de profondes réflexions, et qui\nmériterait à lui seul un article. Jusqu'ici le renouveau de la danse expressive nous était venu\ndu Nord, de Suisse avec Jaques-Dalcroze, de Bretagne avec d'Udine, d'Amérique avec\nIsadora, et de Russie avec Nijinski. L'ltalie, la patrie de la \" Camerata fiorentina toujours\nhantée du souvenir de l'antique, prend part aujourd'hui à ce débat. Litta croit, lui aussi, que\nle lien brisé entre la musique et la danse peut et doit être renoué ; il croit a 1 indissolubilité\nde ces arts voisins, et si souvent rivaux. Il imagine une danseuse idéale, une Déesse, chaste et\nnue, dont l'extase serait irrésistible, et, dans le cadre d'une musique de chambre, avec un\npiano, un violon, un triangle, devant quelques initiés, il a tenté l'expérience personnelle d'une\naction musicale dansée. Ces pages subtiles et philosophiques nous donnent la curiosité de voir\nun jour à Paris, la réalisation synthétique de Litta. Dans cette recherche des synesthésies\nchorégraphiques nous en sommes encore aux tâtonnements; il conviendrait de multiplier des\nefforts comme ceux-ci.\nLIEBESKIND (Josef.). Compléments et Suppléments au catalogue thématique des œuvres\nde G lue{y de Wotquenne. Traduction française de L. Frankenstein. (Leipzig. Geb. Reinecke,\nin-8, de 20 pp.)\nUn certain nombre d'indications données par Wotquenne dans son Catalogue de Gluck,"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.45", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3308, "texte": "avaient besoin d'être complétées. M. Liebeskind vient de le faire par cette mise à jour, dont\nl'érudition lui rendra grâce.\nSOUBIES (Albert). Almanach des spectacles. Année 1911 (Flammarion, in-120\nde 154 pp.)\nC'est le tome 41 de cette séduisante publication, ornée d'agréables eau-fortes, et que notre\nconfrère poursuit chaque année. Les chercheurs lui en savent gré, et plus tard les historiens lui\nseront reconnaissants de ce résumé fidèle de l'année théâtrale. Il parait, d'après ce judicieux\ninventaire, que la France a vu représenter, l'année passée 986 œuvres nouvelles, sur ses divers\nthéâtres, soit cent cinquante de plus que en 1910. Grâce à M. Soubies nous avons donc la\nconscience en repos. L'art dramatique et musical se soutient.\nFRANKENSTEIN (L.). Richard IVagner-Jahrbuch Band IV. (Berlin, Hans Schnip-\npel, 1912, in-4 de 354 pp. Mk. 9.)\nAprès quelques années d'interruption, voici de nouveau le précieux Jahrbuch Wagnérien,\nauquel Ludwig Frankenstein a voué son inlassable zèle. Il est toujours difficile de présenter\naux lecteurs d'un bref compte-rendu la matière d'un annuaire, qui vaut par sa multiplicité.\nNous trouvons ici, un peu comme dans le numéro spécial d'une très volumineuse revue, des\narticles de documentation sur les œuvres, des critiques esthétiques, des bibliographies abondantes,\ndes nécrologies, des mélanges. (Pas d'iconographie, c'est dommage.) En un mot une vue générale\ndu mouvement wagnérien depuis 1909, mouvement toujours actif et qui s'étend vers toutes les\ndirections. En France, il est de mode d'ignorer systématiquement le wagnérisme et les\nwagnériens. Pour nos nationalistes au petit pied, Wagner n'a pu être qu'un musicien comme\ntant d'autres, comme tous les autres. Qu'on nous montre donc un musicien français déclanchant\nune effervescence aussi durable, et 11e cessant, trente ans après sa mort, d'éveiller dans les\nintelligences les plus distantes, chez les hommes les plus différents une curiosité critique aussi\nvive, un prurit livresque aussi incoercible. Qu'on nous montre le Gounodisme, ou le Massenet-\nisme, en un Jahrbuch annuel !\nBRANBERGER (J.). Das Konservatorium (Prag H. Mercy 1911,\nin-8° de 400 pp.)\nLe Conservatoire de Prag fondé en 1811, est un des plus anciens et des plus réputés\nd'Europe. Comme celui de Vienne, il dut sa création à une société académique d'Amis de la\nmusique, à laquelle l'Etat vint peu à peu en aide. Prag (et non Prague) fut toujours un centre\nmusical. Mozart y dirigea ses œuvres avec joie. Weber y prit en main l'opéra. Ambros et\nHanslick y virent le jour. De très nombreux virtuoses partirent de ce pays pour rayonner dans\nle monde et y porter le bon renom d'une instruction solide.\nL'ouvrage de M. Branberger est en partie nouveau, en partie la réédition du volume\nqu'Ambros fit paraître en 1858 sur le même sujet. Ce n'est pas un livre de littérature, mais\nun rapport bien fait, détaillé, un document qu'il faut placer dans nos bibliothèques.\nHOUDARD (Georges). Vade-Mecum\n(St. Germain, Mirvault 1912, in-8 de 40 pp. Fr. 2.00)\nOn sait que notre collègue défend depuis longtemps la doctrine des Neume-temps. Pour\nlui, le neume est l'équivalent du pied rythmique latin, son incarnation graphique, et le seul\nprocédé employé par le moyen-âge pour représenter les différentes inflexions dont la phrase"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.46", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3792, "texte": "musicale est composée. Il se rencontre dans cette voie avec le Professeur Riemann, et avec le\nregretté Père Dechevrens, tandis qu'il s'oppose nettement aux Bénédictins et à la réforme\ngrégorienne sanctionnée par Pie X. A Dieu ne plaise que je prenne parti dans cette délicate\nquerelle. Tout ce que peut avancer un profane, comme moi, c'est que l'ouvrage de\nM. Houdard est la présentation méthodique, le commentaire très vigoureux d'un certain\nnombre de textes du moyen- âge. Hucbald, Qdon, Gui et Aribon se trouvent ici réunis pour nous\nconvier à une interprétation très rigoureuse, je dirais presque mathématique de la rythmique du\nplaint-chant, chose ardue entre toutes, puisque les spécialistes n'ont pas encore pu y parvenir.\nKAMIENSKI (Lucian). Die Oratorien von J. A. Hasse. (Breitkopf 1912, in-8, de\n368 +5B pp. Mk. 10).\nHasse a de la chance. Il y a six ans notre collège Mennicke de Leipzig étudiait en lui,\ndans un fort volume, le symphoniste novateur. Dernièrement dans nos Bulletins Internationaux\nparaissait une série d'études de Walter Mueller sur Hasse compositeur de musique sacré. Enfin\nvoici un travail considérable, et à peu près définitif sur l'oratorio tel que le conçut et le pratiqua\nce grand homme.\nHasse est oublié du public français. Il fut cependant un des seuls compositeurs allemands\nqui se fit connaître chez nous au XVIIIe siècle. C'est qu'en réalité, malgré sa nationalité, il\ntut et resta toute sa vie un italienisant, et c'est aussi comme représentant de l'école napolitaine\ndu bel canto, que M. Kamienski nous le présente, et démonte devant nous les rouages très\nhabiles de son œuvre. Je ne puis le suivre dans le détail dé cette analyse, mais je tiens à\nsignaler ici les tendances et l'esprit dans lequel est écrit ce gros et intéressant ouvrage.\nPour M. Kamienski, nous avons une leçon à tirer de Hasse, comme nous en avions une à tirer\nde Bach, il y a trente ans. Notre XIX® siècle s'est plongé dans la polyphonie du grand Cantor\net en est sorti tout vivifié. Le XXe siècle aurait pour tâche de remettre en honneur les grands\nmélodistes italiens dont \"il Sassone \" peut être considéré comme un type achevé. Ce serait le\nmoyen toujours d'après M. Kamienski, de combler cet abîme qui sépare notre musique savante\nde l'art facile et chantant du public populaire.\nLe spectacle des oratorios où le maître montre tous ses talents, et leur remise au concert\nsont de bons débuts d'une propagande mélodique dans nos milieux éclairés. Faisons campagne\nen faveur de Hasse; appliquons-nous à la connaître, à pénétrer son style \" travaillé d'un grand\ngoût d'expression et d'harmonie \", comme écrivait le Président de Brosses, et nous serons\nétonnés de trouver devant nous le spectacle d'un art admirable tout différent du notre, art\nd'expression vocale et d'audacieuses arabesques.\nMalheureusement nous n'avons ni les voix, ni le style, pour accomplir cette restauration.\nEn avons-nous même le goût et le désir ? Qui sait si la Faustina et son partenaire Farinelli,\nténorisant d'une voix claire, perçante, flexible dans un de nos concerts, ne nous sembleraient\npas prodigieusement désuets, avec leurs grâces, leurs vocalises, leurs tenues, en un mot tout\nl'appareil du grand chant italien ? N'importe, ou plutôt à cause de ses difficultés, le problème\nest tentant. Il faut mettre l'école napolitaine de Hasse à la mode, comme on a mis l'école\ngermanique de Jean Sébastien. Une Société Hasse, pour le renouveau de la mélodie transalpine\nne serait pas si mal imaginée !\nKRETZSCHMAR (Herman). Geschichte des neuen deutschen Liedes. (Breitkopf 191 t,\nin-8° de 356 pp. Mk. 7,50.)\nUn livre du Professeur Kretzschmar est toujours une bonne fortune. Celui-ci traite du\nLied allemand depuis Albert jusqu'à Zelter, c'est-à-dire au XVIIe et au XVIIIe siècles. Il est"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.47", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3972, "texte": "annoncé comme première partie d'une histoire qui comprendra sans doute deux volumes. Enfin\nil appartient à la collection des Kleine Handbttcher der Musikgeschichte qui se publient\nprécisément sous la direction de l'éminent Geheimrat.\nLe lied est un des gloires de la musique allemande et on ne saurait assez en magnifier\nl'histoire. M. Kretzschmar le fait naître avec le mouvement monodique, dont Caccini et Péri\nfurent les parrains en Italie. Il nous le montre ensuite en Allemagne, se dégageant des influences\nétrangères hésitant d'abord avec Schutz, Schein, Staden puis prenant conscience de lui-même\navec Heinrich Albert vers 1630. De là il se répand en différentes provinces où sévissent des\nécoles locales. Il oscille entre la chanson et le choral, entre la table et l'église. Tantôt sous la\nforme de \" Venus harnachée\", tantôt à l'état de ou de il s'élève\nprogressivement jusqu'aux grands musiciens du XVIIe, les Franck, les Erlebach, les Krieger.\nNous arrivons au XVIIIe. Le lied se fait mondain, et les celles mêmes de\nSperontes, vont chercher leurs inspirations à Versailles. Pendant cent ans, écrit notre savant\ncollègue, on pourra écrire sur le lied allemand la devise suivante \" Sous la tutelle française\nEnfin perce le Sturrn und Drang,et Schubert commence à esthétiquer du fond de sa prison. La\nmode de l'ode et de la mélodie anacréontiques va faire place au lied moderne.\nDe cette patiente étude, pleine de faits, de vues et d'idées se dégage une leçon qui fait\nhonneur à l'Allemagne. N'aurait-on pu cependant définir, dès le début, la notion assez com-\nplexe de ce que nous appelons un lied ? Aria, air et lied sont des termes bien voisins à certaine\népoque de la musique; le dernier d'entre eux a pris un sens tout particulier, au cours de cer-\ntaines vicissitudes, dont nous voyons ici le spectacle. Mais quel fut le principe électif autour\nduquel se rassemblèrent ces forces ? Il faut croire que le volume suivant nous le dira.\nAutre chose encore (car le Professeur Kretzschmar est au-dessus des louanges banales). Il\nm'a semblé que l'influence française de la première moitié du XVIIe se trouvait un peu négli-\ngée. Ou plutôt que, suivant une habitude de l'esprit allemand, on ne lui attribuait que le rôle\nsuperficiel d'un art badin. Il ne serait pas exclu du tout, au contraire, que les Boesset, et les\nMoulinié avec leurs mélos vertueux et larmoyants, aient servis la cause d'un Henri Albert.\nLa mentalité artistique et particulièrement musicale que Louis XIII encouragea et dont il\ndonna lui-même si souvent le modèle, s'accorde si bien avec le tempérament du lied allemand.\nIl y aurait un regard à jeter du côté de ces musiciens sévères, affectés, et qui, même lorsqu'ils\ns'appellent Lambert ou Mollier, ont réellement fait effort vers la musique d'âme dont les\nAllemands cherchaient la formule. Mais, M. Kretzschmar répondra que les historiens de\nFrance n'ont rien fait qui puisse permettre au musicologue allemand de tenir compte de leur\nmusique de chambre vers 1630 ; et il aura raison.\nR ATT A Y (Kurt).— Die Ostracher Liederhandschrift.(Halle, Max Niemeyer, 1911,\nin-8, de 136 pp., Mk. 5-) GROLIMUND (S.). Folkslieder aus dem Kanton Aargau.\n(Basel, Augustinergasse 8, 1911, in-8, de 280 pp. 6.20). SPECK (Frank G.)\nsongs of the Creek and Tuchi Indians.(University of Pensylvania, Philadelphia, 19x1, in-4,\nde 246 pp.)\nC'est avec intention que je réunis ici ces trois ouvrages et les place directement après le\ncompte rendu du livre de M. le Professeur Kretzschmar. Ils traitent en effet tous de l'air\nmonodique dont le lied est devenu la forme la plus éleveé.\nLe premier nous signale un recueil manuscrit formé vers 1740 en Wurtemberg. Le second\nprésente une série de chants recueillis sur les pentes du Jura suisse. Le dernier nous transporte\nau pays des Peaux-Rouges de l'Amérique du Nord. Voilà trois étapes qu'il est intéressant de\nfranchir, après s'être plongé dans la musique savante de notre Occident. Très bourgeois le"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.48", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3767, "texte": "recueil de la Bibliothèque de Stuttgart, nommé Ostracher Handschrift, nous donne le répertoire\nde quelque jeune Souabe en plein XVIII®. A remarquer que, jusqu'à la fin du siècle, l'évolution\ndu lied appartient exclusivement au Nord de l'Allemagne. Dans le Sud on est resté peuple\net sans souci d'une forme idéalisée. Ce petit volume ne s'élève donc pas bien haut, mais il a le\nmérite de nous donner une opinion de la moyenne de ces élucubrations. Les textes poétiques\nd'ailleurs très peu poétiques sont souvent fort plaisants et d'une raillerie qui ne respecte\nguère la pudeur. La musique y sent son lândler et son menuet.\nPassons avec M. Grolimund en Suisse, qui tyrolise, et reconnaisons que le populaire\ns'étale ici dans toute sa naïveté. Il ne faut pas séparer ces mélodies de l'atmosphère pure et\nalpestre, où elles retentissent, lancées par les voix fraîches et franches des filles, qui marchent\nen longues théories, bras dessus, bras dessous. Dans un salon elles tournent aussitôt à l'aigreur\ndu café-concert, elles nous rappellent qu'on a trop abusé d'elles, et l'on se demande si elles\nreprésentent dans notre état musical présent un élément encore trop jeune, ou déjà trop vieux.\nIl fallait en tout cas les préserver de l'oubli; la pensée de M. Grolimund fut sage et pieuse.\nEt, tout-à-coup, voilà l'lndien de M. Frank (le Sioux du Frank), dont l'exotisme pique\nnotre curiosité. Ce sont les habituelles mélopées de danse d'incantation et de formules théra-\npeutiques. Car chez les peuples primitifs la musique, on le sait, se confond avec la magie. Et\nfaut-il l'avouer cette sauvagerie se trouve réellement plus près de nous, auditeurs de\nDebussy, que la civilisation de l'honnête montagnard. C'est ici vraiment de la musique en\nmarche, et pour ainsi dire à mi-chemin de la Russie et du Japon. Certaines tournures évoquent\nnettement le souvenir de Moussorgski, alors que d'autres pentonisent comme de vrais mandarins,\n(p. 187). Une de ces mélopées chantée par Fagoonwi (ce qui signifie u Sors du fourré \")\ntoucherait certainement nos modernes Roussauistes; elle sert de thème à la ronde qui termine\nle Devin du Village.\nQue d'espace entre ces trois volumes, et quels rapprochements derrière ces textes !\nL'Université de Philadelphie a raison de confier la musicologie à sa section d'anthropologie.\nIl n'y a rien qui nous permette plus sûrement et plus rapidement de parcourir les distances qui\nséparent l'humanité.\nLUSSY (Mathis). La Sonate Pathétique de Beethoven. (Costallat 1912, in-40 de\n105 + 25 pp. Frs 6.)\nMathis Lussy est mort, et la P. Dechevrens qui acheva cet œuvre a suivi son maître et\nami. C'est donc un livre doublement posthume que nous avons devant nous. Un livre vaillant\net qui relève avant tout de la pédagogie. C'est aux maîtres de piano/ et à leurs élèves qu'il faut\nen signaler l'importance et la savante méthode. Ils y trouveront la défence d'une doctrine, qui\naux temps de Lussy était nouvelle, et qui n'a peut être pas encore triomphé partout : celle de\nY accentuation pathétique et du phrasé expressif Evidemment l'auteur a choisi un exemple\nfavorable avec la Sonate en ut mineur de Beethoven, et il a beau jeu pour montrer comment\nle pathos d'un grand musicien bouleverse la carrure et s'installe au milieu des rythmes. Ils y\nverront aussi des idées un peu naïves et dont il ne faudrait pas discuter l'originalité. Lussy était\navant tout un artiste, c'est-à-dire un impulsif, et ses ouvrages sont nés d'une belle indignation\nd'entendre tant de chef d'œuvres profanés par l'incompétence. C'est du reste le sort de toutes\nces doctrines rythmico-esthétiques de mêler la pédagogie la plus évidente aux conceptions les\nplus hardies. La logique et le sentiment se jouent autour du lecteur, non sans le désorienter\nun peu."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.49", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2033, "texte": "LIVRES REÇUS\nSPECK (Frank G.). Cérémonial songs of the Greek\\ and Yuchi Indians. (Philadelphia,\nUniversity Muséum, 1911, in-fol. de 245 pp.).\nFRANKENSTEIN (Ludwig). RBand (Berlin,\nH. Schnippel, 1912, in-40 de 353 pp. Mk 9).\nKAMIENSKI (Lucian). Die Oratorien (Breitkopf, 1912,\nin-8° de 366 + 58 pp. Mk. 10).\nWANTZLOEBEN (Sigfrid). Das M Instrument und (Halle,\nMax Niemeyer, 1911, in-8° de 131 pp. Mk. 4).\nSOUBIES (Albert).— Almanach des Année 1911. (Flammarion, 1912,\nin-120 de 154 pp.).\nLITTA (Paolo). La Déesse Nue.(Florence, éd. de la Libéra Estetica, in-12 de\n84 pp. Frs. 1,50).\nSCHERING (Arnold). Die Niederlaendis im Zeitalter des Josquin.\n(Breitkopf, 1912, in-8° de 96 pp. Mk. 3).\nSOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE. Report of the fourth\nCongress of the I. M. S. (Novello, 1912, in-40 de 4 PP*)*\nLIEBESKIND (Josef). Supplément\npar A. Wotquenne. (Lpz., Geb. Reinecke 1911, in-40 de 20 pp.).\nFELLINGER (Maria). Brahms-Bilder.(Breitkopf, 1911, in-8° de 40 pp. Mk. 3).\nBEKKER (Paul). Beethoven. (Berlin, Schuster et Loeffler, 1911, in-fol. de\n500 pp. + 160 pp. d'illustrations, Mk. 25. Edition sans illustrations, Mk. 10).\nCATALOGO DELLE OPERE MUSICALE... Bolletino dell' Associazione\ndei Musicologi Italiani. Citta di Roma.(Parma, in-fol. de 16 pp.).\nDUSSAUZE (Henri). Les règles esthéti (Alcan, 1911, in-8°\nde 542 pp. Frs. 10).\nPOUGIN (Arthur). Marietta Alboni.(Pion, 1912, in-120 de 270 pp.).\nBUSCHKOETTER (W.). J. F. (Halle, 1912, in-8° de 62 pp.).\nMONOD (Edmond). Mathis Lussy et le rythme musical. (Fischbacher, 1912, in-8°\ncarré de 116 pp. Frs. 2).\nTHIBAUT (Jean-Baptiste). Monuments de la notation ekphonétique et neumatique de\nV église latine.(S1 Pétersbourg, 1912, gr. in-fol. de 104 pp. et XCIV planches. Frs. 15°)*\nPROD'HOMME (J.-G.). Ecrits (Mercure de France, 1912, in-120\nde 455 PP- Frs. 3,50).\nCUMMINGS (Dr. William). Purcell(London, Sampson Low, Marston et C°,\n1912, in-i 2° de 124 pp.).\nSCHEURLEER (Dr. D. F.). Nederlandsche Liedboeken. ('s-Gravenhage M. Rijhofï,\n1912, in-40 de XII, 321 pp. Fl. 5)."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.50", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1820, "texte": "CRAWFORD FLITCH (J. E.). Modem Dancing and dancers. (London, Grant\nRichard, 1912, in-40 de 228 pp. 15 net).\nKINSKI (O.). Katalog der Musikhistoris von W. Hayer. Bard. II\n(Coin et Lpz. Breitkopf, in-40 de 718 pp. Mk. 56).\nROTTER (Dr. Curt). Der Schnaderhuepjl-Rythmus... (Berlin, Mayer und Mueller,\n1912, 2 vol in-40 de 236 pp. et un album de musique. Mk. 8).\nWALLNER (Bertha Antonia). Musikalische Denkmaeler der Steinaetzkunst des 16\nund 17 Jahrhunderts.(Muenchen J. J. Lentner'sche Hofbuchhandlung, in-8° de 548 pp.\nMk. 12).\nDAFFNER (Dr. Hugo). F. Nietzsche \" (Regens-\nburg, Gustav Bosse, in-120 de 68 pp. Mk. 1).\nSACHS (Curt). Musik und Oper am kurbrandenburgischen Hof (Berlin, Julius Bard,\n1910, in-8° de 299 pp).\nSOUBIES (Albert). Massenet historien.(Flammarion, 1913, in-40 de 9 PP»)*\nSTAINER (J.). La musique dans\nTraduit de l'anglais par L. PENNEQUIN. (Paris, Gaillard, 1912, in-8° de 56 pp.).\nHEINZ-EWERS et MARC HENRY. Das Franzoesische Volks-\nlied. (Berlin, W. Borngraeber, 1911, in-8° de 270 pp.).\nPIRRO (A.). Dietrich Buxtehude. (Fischbacher, 1913, in-40 de 507 pp.).\nSTRIFFLING (Louis). Esquisse\nXVIIIe siècle. (Delagrave, 1912, in-120 de 288 pp. Frs. 3,50).\nWESTARP (Alfred). Japan ahead (Japan Society. .London, Hanover\nSquare 20. In-8° de 20 pp.).\nVAN DEN BORREN (Charles). Les origines de la musique de clavier en\nAngleterre. (Bruxelles, Librairie des Deux Mondes. In-8° de 256 pp. Frs. 5).\nLA LAURENCIE (Lionel de). L (Publications de la Revue S. I. M.,\n1912, in-40 de 4-6 PP-)-\nSEIFFERT (Prof. Max). Compositioni di C.-F. HURLE-\nBUSCH. (Breitkopf, 1912, in-fol. de 92 pp.).\nWEINGARTNER (Félix). Erlebnisse eines Koeniglichen Kapellmeister s in Berlin.\n(Berlin, P. Cassirer, 1912, in-80 de 87 pp.).\nWEISSMANN (Adolf). Chopin. (Berlin, Schuster et Loeffler, 1912, in-8° de\n219 pp. Mk. 5)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c059", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c059", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 39, "image_fin": 48, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.8.2", "titre_corps": "L'ANNÉE MUSICALE, publiée par MM. Brenet,", "titre_sommaire": "L'ANNÉE MUSICALE, publiée par MM. 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La musique de la chambre\net de VEcurie sous le règne de François /er, par Henry Prunières.\nLa musique française en 1911, par Jean Chantavoine.\nNous avons été des premiers à nous réjouir de l'apparition de\ncette savante publication, dont les auteurs sont tous nos collègues,\net qui doit en partie son existence même aux efforts faits en musi-\ncologie, depuis bientôt quinze ans par la Société Internationale de\nMusique. Il n'est pas jusqu'à la revue S. I. M. qui ne se doive\nféliciter de voir les historiens de la musique trouver en France un\néditeur accueillant pour leurs mémoires volumineux et leurs plus\naustères recherches. La tâche toujours délicate d'un organe de\nhaute vulgarisation comme le nôtre, se trouve ainsi rendue plus aisée, et son devoir plus précis.\nParmi ces importantes contributions, celle de MM. de La Laurencie et de St-Foix mérite\ntout particulièrement d'attirer l'attention des érudits. Pour la première fois la question de la\nsymphonie française est traitée, et elle l'est avec ce zèle infatigable que nos deux collègues\nsavent apporter à toutes leurs études. Ainsi donc, de Mangean à Papavoine, de 1735 I\nune cinquantaine d'illustres inconnus se sont servis de la symphonie pour remplir leur rôle de\nmusiciens français et pour capter les bonnes grâces d'un public généralement peu disposé à la\nmusique pure. Comment ils s'y sont pris pour cela, VAnnée Musicale de 1911 nous le dit. Mais\nil reste prouvé aujourd'hui que cette forme, entre leurs mains, n'a rien donné d'original. Les\nsymphonistes français de 1750 ont été des suiveurs d'avant-garde, à la remorque des Italiens et\ndes Allemands. C'est un résultat. Peut-être le trouvera-t-on négatif. La faute en est l'état\nd'esprit de nos ancêtres, de ces contemporains de l'abbé Pluche qui faisaient tout aussi peu de\ncas d'une sonate que d'un papier marbré. Le rôle de notre pays dans la formation du nouveau\nstyle symphonique du XVIIIe siècle est sans éclat. \" Les François n ont pas de musique \" disait\nRousseau, qui a contribué plus qu'un autre à leur enlever le goût d'en avoir.\nCHANT A V OINE (Jean). Musiciens et poët es. (Alcan, 1912. In-12° de 218 pp.)\nCe livre sera lu avec profit, non seulement par les musiciens, mais par tous ceux qui"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.40", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3523, "texte": "estiment la musique et la littérature unies de trop près pour que leur étude puisse jamais être\ntotalement dissociée. On y trouvera l'étude abrégée de certains sujets généralement ignorés\nchez nous : l'histoire de la ballade allemande, les débuts de Liszt comme auteur dramatique.\nA signaler aussi certains aperçus nouveaux sur R. Schumann : comment celui-ci ne pouvait\npas demeurer poëte et devait forcément devenir un musicien. C'est avec regret que nous\nvoyons ce volume, trop court à notre goût, se fermer sur ces quelques pages d'intense et\nscrupuleuse analyse psychologique.\nCRÉMIEUX (Mathilde). Lettres choisies de Robert Schumann (Paris, Fischbacher,\nin-12 de 233 pp.).\nUn second volume de lettres de Schumann ! le premier composé surtout de sa correspon-\ndance avec sa mère et ses sœurs, nous avait fait pénétrer au cœur même de son intimité.\nCelui-ci, adressé en général à des artistes et à des amis, est d'un caractère moins strictement\nconfidentiel, mais touche de plus près à la musique. Un lecteur attentif pourrait y voir poindre\npetit à petit les premiers symptômes de la maladie cérébrale à laquelle Schumann allait\nsuccomber en 1856. Cette restriction faite, et, une fois mises de côté certaines lettres qui\nrévèlent un évident déséquilibre mental, Schumann se montre souvent bon juge ; les questions\nqu'il traite demeurent encore d'actualité. Lisez cette lettre adressée à Liszt en mai 1849? Pour\njustifier l'école de Leipsick de certaines accusations de plagiat : u On rencontre des réminis-\ncences dans toutes les œuvres d'art... Bach, Haendel, Gluck, et plus tard Mozart, Haydn,\nBeethoven, se ressemblent à s'y méprendre sur cent points différents... Il n'existe pas d œuvre\ncomplètement originale...\" Et plus loin, appréciation plus sérieuse encore (lettre a Mendeîssohn,\ndatée du 22 octobre 1845) : \" Wagner est certainement un musicien spirituel plein d'inven-\ntions folles et rempli d'audace... mais en réalité, il est à peine capable d'écrire et de penser\nconvenablement quatre mesures de suite...\" Puis le 7 janvier 1846, (à H. Dorn) : \"Je\nvoudrais que vous vissiez le Tannhauser de Wagner ; il renferme cent fois plus de profondeur\net d'originalité que ses premiers Opéras, unies toutefois à certaines trivialités musicales. En\nrésumé, Wagner peut prendre une grande place au théâtre, et tel que je le connais il aura\nl'audace nécessaire pour y réussir \". Tant il est vrai que les grands hommes ne sont pas,\nmoins que nous, sujets à revenir sur leurs opinions les mieux arrêtées.\nWOODHOUSE (George). The artist ai the piano (Londres, chez Reeves, in-8°\nde 50 pp.).\nCette brochure est une diatribe sévère contre les pianistes en général, et plus particulière-\nment ceux que l'auteur désigne du nom de Nous pouvons applaudir\nM. Woodhouse lorsqu'il s'insurge contre les artistes qui considèrent la limite des ressources de\nleur instrument comme la limite inéluctable de la musicalité, et qui ne cherchent pas à étendre\nsans cesse le champ de leurs effets et de leurs moyens d'expression. Par contre, il nous est bien\ndifficile de le suivre dans son parfait mépris de tout enseignement technique. Faut-il vraiment\nsupposer qu'une science approfondie du doigté et du mécanisme doive forcément annihiler\nchez l'exécutant tout sens artistique ? De plus, il n'est personne aujourd'hui qui dénie la\nnécessité de se pénétrer de l'esprit et du style d'un morceau pour le bien interpréter ; sur ce\npoint, et sur beaucoup d'autres, M. Woodhouse nous a un peu l'air d'enfoncer une porte\nouverte."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.41", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3412, "texte": "SEEBURG (Franz von). J. Haydn, ein Lebensbild (Regensburg, F. Pustet, 1912,\nin-12 de 476 pp.).\nL'idée de présenter la vie de Haydn sous la forme d'un roman sentimental, n'était encore,\nsans doute, venue à personne. Elle semble être née d'une affectueuse conversation entre\n\"Friedrich Pustet senior\" et M. de Seeburg, un beau matin d'avril, sur les bords du lac de\nChiemsee, où le roi Louis II vint jadis promener ses rêves. Elle a enfanté un livre agréable\net d'utile lecture.\nFITZ-JAMES (Comte de). De la morale et de Vart. (Paris, Barreau, 16 rue Littré,\nin-120 de 42 pp.).\nTout le monde ne souscrira pas aux doctrines de morale esthétique exposées dans cette\nbrochure par notre confrère et ami le comte de Fitz-James. Mais il n'est personne qui ne\nveuille en reconnaître l'idéalisme transcendant et le noble effort. Oui, le Bien et le Beau, que\ndes intérêts confessionnels ont parfois voulu opposer l'un à l'autre dans l'art et dans la morale,\nse rejoignent dans l'amour, et le grand apôtre de cette synthèse fut et restera le musicien-poète\nRichard Wagner. C'est de lui que partit le fécond mouvement de religion artistique, dont\nFitz-James prêche la venue. Un petit volume comme celui-ci console de bien des écœurements ;\nje souhaite qu'il fasse oublier des articles comme celui qui parut il y a quelque temps dans un\nquotidien sous la signature de Léon Daudet pour dresser une fois encore contre le wagnérisme\ntriomphant l'esprit du boulevard. Il est bienfaisant de constater, par ces temps de patrouillo-\ntisme à 10 centimes, que des esprits fiers ont le courage de ne pas renier leur idéal, fut-il\nmême entaché de germanisme.\nGIESSWEIN. Über die Resonanz der Mundhohle und der Nasenraurne, im besonderen\nder Nebenhohlen der Nase. (Berlin, S. Karger 1911, Mk. 2).\nEtude très fouillée de cette question, qui semble un peu accessoire au musicien, bien quelle\ntouche à la pratique de la voix, mais qui intéresse vivement le physiologiste. M. G. prouve que\nle rôle de résonateur, parfois attribué aux fosses nasales, est réduit à presque rien ; de même la\nvibration des os de la boîte crânienne est fort peu de chose. Il n'y a par conséquent pas à s'en\npréoccuper dans l'éducation du chanteur.\nOCTAVE SÈRE. Musiciens français d'aujourd'hui (in-120 de 416 pages, au Mercure\nde France).\nCe livre vaut surtout par son abondante bibliographie. Vingt sept musiciens français,\nchoisis parmi les plus représentatifs de notre art contemporain, y sont étudiés avec un visible\nsouci d'impartialité. A chacun d'eux est consacrée d'abord une petite notice sans grandes\nprétentions, destinée simplement à nous présenter l'auteur en question ; puis vient une liste\ncomplète de ses œuvres, et des principaux ouvrages à consulter à son sujet : livres, revues et\nquotidiens ; il y a donc là un répertoire indispensable à tous ceux qui veulent étudier l'école\nfrançaise moderne. L'auteur gagnerait peut-être à se méfier de certaines généralités comme\ncelles-ci (il s'agit de M. Paul Dukas) : \"La présence, parmi ses ancêtres d'un arrière grand-\npère strasbourgeois nous éclaire singulièrement sur le goût qu'il a toujours montré pour la\nconstruction et la forme, au point de leur donner dans son œuvre la prépondérance sur l'idée\nelle-même. \" Ceci prêterait évidemment à discussion : rien de plus dangereux que d'aborder\nen quatre lignes des sujets dont la controverse remplirait des pages, et même des volumes."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.42", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3694, "texte": "SONNECK (O.) Catalogue of the Orchestr Library of Congress. (Washington\n1912, in-4, de 663 pages.)\nCe volume nous apporte le catalogue des partitions de musique symphonique qui se trou-\nvent dans la Bibliothèque Nationale des Etats-Unis, à Washington. Il est dû à notre éminent\ncollègue le Dr. Sonneck et comprend tout d'abord un classement alphabétique par noms\nd'auteurs; puis un classement méthodique par c'est-à-dire par matière, enfin, un index\ndes incipitdes morceaux dans la mesure où il est possible de le dresser. La collection entière\nne remonte pas avant 1830, et les œuvres d'auteurs anciens qu'elle possède (Bach, Cherubini,\netc.) sont en éditions modernes. Elle est considérable, et nos maîtres français s'y trouvent fort\nbien représentés. Daphnismême de Ravel n'y manque pas. En est-il de même à Paris pour les\nétrangers ? L'élève du Conservatoire trouverait-il chez nous, les jeunes Russes, Hongrois,\nAnglais, Belges et Allemands du dernier cri ? Que mon excellent ami, Julien Tiersot ne\nprenne pas ombrage de cette question. Je suis sûr qu'il a pourvu à tout dans la mesure de ses\ncrédits. On sait que chez nous l'administration ne marchande pas quand il s'agit d'une biblio-\nthèque de musique !\nLe classement de Washington, comme celui de nos bibliothèques semble se faire par ordre\nde matières. A chaque instrument, à chaque dispositif musical correspond une classe et une\ncote spéciale, dans laquelle règne le numérotage. J'ai toujours protesté contre cette méthode,\nqui fut encore aggravée à la Bibliothèque Nationale, il y a quelques années. A qui sert, en\nvérité, cette subdivision d'une même matière en douze ou quinze classes, fractionnées elles-\nmêmes par des chiffres différents ? Ce n'est certes pas au lecteur, absolument étranger aux\nmystères de la cote. Est-ce à la bibliothèque ? Je ne le crois pas. Le classement par matière\nn'allège en rien les recherches, ni sur les rayons, ni sur les fiches. Il complique par contre et\ntrès notablement la besogne du fonctionnaire préposé au catalogue. Il satisfait uniquement une\nlogique apparente et idéale ; encore 11e la satisfait-il jamais pleinement. Ces classements ne\ndevraient apparaître que dans les catalogues eux-mêmes, où le travailleur cherche sa pâture.\nLà, qu'on les pousse aussi loin que possible, qu'on les multiplie à l'infini. Mais que les livres à\nleur entrée dans le local où ils doivent prendre place, soient tout bonnement rangés à la suite\nles uns des autres dans la série musicale, et reçoivent un numérotage continu, sans ,se soucier\ndu matériel sonore auquel ils font appel.\nJ. E.\nVILLAR (Rogelio). La musica y los musicos espanoles contemporaneos. (San Sébastian,\n28, via S. Martin, 1912, in-12, de 56 pp.)\nCe sont deux conférences tenues à Madrid en décembre dernier, et par lesquelles\nM. Villar s'efforce de réveiller l'Espagne de la scandaleuse inertie qu'elle témoigne à l'égard\nde la musique en général et de la sienne en particulier. Tâche ingrate et qui demandera du\ntemps. Il n'importe ! De pareils efforts arriveront certainement au triomphe d'un nationalité\nmusicale qui compte des artistes comme Pedrell, Albeniz, Granados, Falla, Turina et del\nCampo. L'Espagne est de tous les pays de l'Europe, celui dont nous devons attendre le plus.\nRepliée sur elle-même depuis le XVIe siècle, la détente de son génie sera certainement une\nrévélation, dont les gens du Nord seront surpris. Il faudrait qu'un courant généreux parcourut\nce pays et que, du côté de la presse, des éditeurs, des pouvoirs publics, un mouvement\nd'enthousiasme se manifestât en faveur de la jeune Espagne musicale. Les souhaits de M. Villar,\nqui sont ceux de nous tous, se trouveraient alors réalisés.\nJ. E."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.43", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3998, "texte": "LAMY (P.). —J.F. Le Sueur (Paris, Fischbacher 1912, in-8° de 152 pp.)\nu Notre âme, indépendemment du raisonnement exprimé verbalement, a son raisonnement\ntacite et particulier : quand une fois elle a senti, elle a déjà plus que l'intelligence de la chose \".\nQui écrit ceci ? Un moderne esthéticien, un contemporain de Wagner, un disciple de\nSchopenhauer, un admirateur de M. Bergson? Non pas! Un jeune musicien français de I7s7>\nqui sort du Concert Spirituel et célèbre J. B. Rousseau ! C'est Le Sueur, franc Picard, cœur\nchaud, âme tenace, qui vient offrir aux Parisiens la candeur d'un génie prodigieusement\nchimérique. C'est Le Sueur, à qui nous devons Ambroise Thomas, Gounod et Berlioz,\nLe Sueur le patriarche de notre musique moderne, et un peu aussi le patron de notre\nmusicologie ! Souvenons-nous de ce grand homme, beaucoup plus grand et plus fécond que\nne le ferait croire ses opéras dérnodés. Ni la Caverne, ni les Bardes n'ont survécu, pas plus que\nles Hymnes révolutionnaires et les Oratorios impériaux ; l'Histoire Générale de la musique n'a\nplus guère chance de sortir de ses volumineux manuscrits. Mais la personnalité de Le Sueur\nreste importante, et l'une de celles dont la France doit être fïère.\nTout génie mis à part, Le Sueur fait songer à Wagner. Il en a l'ardeur prosélyte,\nl'intransigeance artistique, le goût des mythologies romantiques, la manie des systèmes, et\njusqu'à l'incontinence épistolaire. Il lutte pour le triomphe du chef-d'œuvre total, pour la\ngloire de Vidée fixe, qui s'appellera plus tard leit-motiv, il voit tout en gigantesque, et fraternise\nà travers les siècles avec les Grecs et les Hébreux, les Celtes et les Incas. Dans cette tête\nchaude où bouillonnent les idées de l'avenir, les genres se confondent et s'unissent en un même\nrêve grandiose, de religiosité et de fraternelle extase. Le Sueur, à la scène comme à l'église,\nreste pénétré du même programme. Qu'il écrive le Chant du Premier Vendémiaire ou la Mort\nd?Adam, il demeure fidèle à son Exposé d'une musique imitative et particulière, c'est-à-dire à\nun idéal dramatique qu'il a de suite placé très haut, trop haut sans doute pour la musique\nfrançaise de 1800 ! De la symphonie, de l'art pur, il ne se soucie pas. La musique n'existe\npour lui que comme moyen expressif d'une action visible, où toutes les fibres de notre être sont\nintéressées. N'est-ce pas bien wagnérien ? Et aussi, et encore, ce perpétuel besoin d'un\ncommentaire qui argumente et polémise ! Le Sueur est un musicien a idées qui cherche toujours\nhors de la musique la justification de son activité dévorante. Comme Berlioz apparaît le digne\nélève de cet apôtre du délice ossianique !\nM. Lamy avait une belle tâche. Il a su la remplir pieusement, et avec l'agréable facilité\nd'un écrivain judicieux, sage, parfois même courageux. On lui en voudra peut-être un peu de\nn'avoir pas mis au premier plan la documentation si curieuse, si abondante que lui offrait la\nbibliothèque de l'Opéra, la collection Malherbe et les archives d'Amiens. Son livre est conçu\nplutôt à la façon d'un Mémoire d'Académie, qu'à la manière en usage dans la musicologie. Ce\nn'est pas que l'on puisse concevoir ici le moindre doute sur l'entière probité de l'auteur, et je\nme hâte d'ajouter que les références sont admirablement et amplement exposées. Mais le\nmusicien des Bardes méritait un livre définitif et il l'aurait aujourd'hui, si l'éditeur s'était\nmontré bibliophile. Tandis qu'il restera encore à glaner après M. Lamy, ne serait ce que pour\nprésenter Le Sueur historien de la musique, d'après ses volumineux manuscrits.\nJ. E.\nCUCUEL (G.). La vie parisienne des princes de Wurtemberg. J, E. Montbêliard au\nXVIIIe siècle.(Montbêliard. Extrait des Mémoires de la Société d'Emulation.)\nToujours très documenté, et ne perdant jamais de vue la musicologie, notre collègue cite\nici d'amusantes contredanses et un air de table, qui évoquent la vie galante des habitants de\nPassy, au temps où La Poupelinière régnait sur ce coin charmant."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.44", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3600, "texte": "WANTZLOEBEN (Sigfrid). Das Monochord als Instrument und als System. (Halle\nM. Nieineyer 1911, in-8, de 131 pp., Mk. 4).\nLivre de bonne et sûre érudition, qui retrace l'histoire d'un instrument bien oublié\naujourd'hui, auquel l'humanité musicale doit pourtant une profonde reconnaissance. Le mono-\ncorde n'a jamais joui d'un grand charme sonore, mais il a présidé pendant de longs siècles aux\ndestinées de la musique théorique. Il fut, pour les Grecs et pour le moyen-âge, l'instrument de\nprécision et l'agent de démonstration, grâce auquel la spéculation du calcul devenait visible et\npour ainsi dire tangible. C'est à la faveur du monocorde que se sont réalisées toutes les décou-\nvertes de l'acoustique antique, que se sont vérifiés tous les essais de la doctrine, les recherches\nd'un art voulant prendre conscience de soi-même et donner à la pratique incertaine les prin-\ncipes d'une théorie solide.\nOn n'a donc qu'à suivre le témoignage du monocorde et de ses adeptes pour retracer\nl'histoire de notre système sonore depuis Pythagore jusqu'à Ramis de Pareia. C'est ce que fait\nM. Wantzloeben, en citant de nombreux textes grecs et latins qui donnent du poids a son\nlivre. Car la petite caisse sonore pourvue d'une corde et d'un chevalet mobile, qui constitue\ntoujours l'instrument classique, offre peu de matière à l'historien. Toutefois, l'idée d'associer\nplusieurs cordes à la corde principale et le désir de remplacer les chevalets par un dispositif plus\naisément maniable se présentèrent un jour dans l'âme du patricien, et, du coup, l'instrument\nde science devenait un instrument concert ! Monocorde, mancorde, clavicorde, clavecin, ces\nvocables et les réalités qu'ils supposent, les progrès qu'ils annoncent, les efforts qu'ils trahissent...\ntout, nous montre que, dès la fin du XIV0 siècle, l'Occident avait tiré du vénérable monocorde\nautre chose qu'une leçon d'acoustique. Sachons gré à M. Wantzloeben de nous avoir très\nbien fait apercevoir ces évolutions.\nJ. E.\nLITTA (Paolo). La Déesse Nue (Editions de la Libéra Estetica. Florence 1912,\nin-12, de 78 pp. Frs. 1.75)'\nLa danse comme moyen ésotérique d'expression musicale ! Voilà ce que notre éminent\nami Litta voudrait défendre en cet ouvrage, plein d'idées et de profondes réflexions, et qui\nmériterait à lui seul un article. Jusqu'ici le renouveau de la danse expressive nous était venu\ndu Nord, de Suisse avec Jaques-Dalcroze, de Bretagne avec d'Udine, d'Amérique avec\nIsadora, et de Russie avec Nijinski. L'ltalie, la patrie de la \" Camerata fiorentina toujours\nhantée du souvenir de l'antique, prend part aujourd'hui à ce débat. Litta croit, lui aussi, que\nle lien brisé entre la musique et la danse peut et doit être renoué ; il croit a 1 indissolubilité\nde ces arts voisins, et si souvent rivaux. Il imagine une danseuse idéale, une Déesse, chaste et\nnue, dont l'extase serait irrésistible, et, dans le cadre d'une musique de chambre, avec un\npiano, un violon, un triangle, devant quelques initiés, il a tenté l'expérience personnelle d'une\naction musicale dansée. Ces pages subtiles et philosophiques nous donnent la curiosité de voir\nun jour à Paris, la réalisation synthétique de Litta. Dans cette recherche des synesthésies\nchorégraphiques nous en sommes encore aux tâtonnements; il conviendrait de multiplier des\nefforts comme ceux-ci.\nLIEBESKIND (Josef.). Compléments et Suppléments au catalogue thématique des œuvres\nde G lue{y de Wotquenne. Traduction française de L. Frankenstein. (Leipzig. Geb. Reinecke,\nin-8, de 20 pp.)\nUn certain nombre d'indications données par Wotquenne dans son Catalogue de Gluck,"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.45", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3308, "texte": "avaient besoin d'être complétées. M. Liebeskind vient de le faire par cette mise à jour, dont\nl'érudition lui rendra grâce.\nSOUBIES (Albert). Almanach des spectacles. Année 1911 (Flammarion, in-120\nde 154 pp.)\nC'est le tome 41 de cette séduisante publication, ornée d'agréables eau-fortes, et que notre\nconfrère poursuit chaque année. Les chercheurs lui en savent gré, et plus tard les historiens lui\nseront reconnaissants de ce résumé fidèle de l'année théâtrale. Il parait, d'après ce judicieux\ninventaire, que la France a vu représenter, l'année passée 986 œuvres nouvelles, sur ses divers\nthéâtres, soit cent cinquante de plus que en 1910. Grâce à M. Soubies nous avons donc la\nconscience en repos. L'art dramatique et musical se soutient.\nFRANKENSTEIN (L.). Richard IVagner-Jahrbuch Band IV. (Berlin, Hans Schnip-\npel, 1912, in-4 de 354 pp. Mk. 9.)\nAprès quelques années d'interruption, voici de nouveau le précieux Jahrbuch Wagnérien,\nauquel Ludwig Frankenstein a voué son inlassable zèle. Il est toujours difficile de présenter\naux lecteurs d'un bref compte-rendu la matière d'un annuaire, qui vaut par sa multiplicité.\nNous trouvons ici, un peu comme dans le numéro spécial d'une très volumineuse revue, des\narticles de documentation sur les œuvres, des critiques esthétiques, des bibliographies abondantes,\ndes nécrologies, des mélanges. (Pas d'iconographie, c'est dommage.) En un mot une vue générale\ndu mouvement wagnérien depuis 1909, mouvement toujours actif et qui s'étend vers toutes les\ndirections. En France, il est de mode d'ignorer systématiquement le wagnérisme et les\nwagnériens. Pour nos nationalistes au petit pied, Wagner n'a pu être qu'un musicien comme\ntant d'autres, comme tous les autres. Qu'on nous montre donc un musicien français déclanchant\nune effervescence aussi durable, et 11e cessant, trente ans après sa mort, d'éveiller dans les\nintelligences les plus distantes, chez les hommes les plus différents une curiosité critique aussi\nvive, un prurit livresque aussi incoercible. Qu'on nous montre le Gounodisme, ou le Massenet-\nisme, en un Jahrbuch annuel !\nBRANBERGER (J.). Das Konservatorium (Prag H. Mercy 1911,\nin-8° de 400 pp.)\nLe Conservatoire de Prag fondé en 1811, est un des plus anciens et des plus réputés\nd'Europe. Comme celui de Vienne, il dut sa création à une société académique d'Amis de la\nmusique, à laquelle l'Etat vint peu à peu en aide. Prag (et non Prague) fut toujours un centre\nmusical. Mozart y dirigea ses œuvres avec joie. Weber y prit en main l'opéra. Ambros et\nHanslick y virent le jour. De très nombreux virtuoses partirent de ce pays pour rayonner dans\nle monde et y porter le bon renom d'une instruction solide.\nL'ouvrage de M. Branberger est en partie nouveau, en partie la réédition du volume\nqu'Ambros fit paraître en 1858 sur le même sujet. Ce n'est pas un livre de littérature, mais\nun rapport bien fait, détaillé, un document qu'il faut placer dans nos bibliothèques.\nHOUDARD (Georges). Vade-Mecum\n(St. Germain, Mirvault 1912, in-8 de 40 pp. Fr. 2.00)\nOn sait que notre collègue défend depuis longtemps la doctrine des Neume-temps. Pour\nlui, le neume est l'équivalent du pied rythmique latin, son incarnation graphique, et le seul\nprocédé employé par le moyen-âge pour représenter les différentes inflexions dont la phrase"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.46", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3792, "texte": "musicale est composée. Il se rencontre dans cette voie avec le Professeur Riemann, et avec le\nregretté Père Dechevrens, tandis qu'il s'oppose nettement aux Bénédictins et à la réforme\ngrégorienne sanctionnée par Pie X. A Dieu ne plaise que je prenne parti dans cette délicate\nquerelle. Tout ce que peut avancer un profane, comme moi, c'est que l'ouvrage de\nM. Houdard est la présentation méthodique, le commentaire très vigoureux d'un certain\nnombre de textes du moyen- âge. Hucbald, Qdon, Gui et Aribon se trouvent ici réunis pour nous\nconvier à une interprétation très rigoureuse, je dirais presque mathématique de la rythmique du\nplaint-chant, chose ardue entre toutes, puisque les spécialistes n'ont pas encore pu y parvenir.\nKAMIENSKI (Lucian). Die Oratorien von J. A. Hasse. (Breitkopf 1912, in-8, de\n368 +5B pp. Mk. 10).\nHasse a de la chance. Il y a six ans notre collège Mennicke de Leipzig étudiait en lui,\ndans un fort volume, le symphoniste novateur. Dernièrement dans nos Bulletins Internationaux\nparaissait une série d'études de Walter Mueller sur Hasse compositeur de musique sacré. Enfin\nvoici un travail considérable, et à peu près définitif sur l'oratorio tel que le conçut et le pratiqua\nce grand homme.\nHasse est oublié du public français. Il fut cependant un des seuls compositeurs allemands\nqui se fit connaître chez nous au XVIIIe siècle. C'est qu'en réalité, malgré sa nationalité, il\ntut et resta toute sa vie un italienisant, et c'est aussi comme représentant de l'école napolitaine\ndu bel canto, que M. Kamienski nous le présente, et démonte devant nous les rouages très\nhabiles de son œuvre. Je ne puis le suivre dans le détail dé cette analyse, mais je tiens à\nsignaler ici les tendances et l'esprit dans lequel est écrit ce gros et intéressant ouvrage.\nPour M. Kamienski, nous avons une leçon à tirer de Hasse, comme nous en avions une à tirer\nde Bach, il y a trente ans. Notre XIX® siècle s'est plongé dans la polyphonie du grand Cantor\net en est sorti tout vivifié. Le XXe siècle aurait pour tâche de remettre en honneur les grands\nmélodistes italiens dont \"il Sassone \" peut être considéré comme un type achevé. Ce serait le\nmoyen toujours d'après M. Kamienski, de combler cet abîme qui sépare notre musique savante\nde l'art facile et chantant du public populaire.\nLe spectacle des oratorios où le maître montre tous ses talents, et leur remise au concert\nsont de bons débuts d'une propagande mélodique dans nos milieux éclairés. Faisons campagne\nen faveur de Hasse; appliquons-nous à la connaître, à pénétrer son style \" travaillé d'un grand\ngoût d'expression et d'harmonie \", comme écrivait le Président de Brosses, et nous serons\nétonnés de trouver devant nous le spectacle d'un art admirable tout différent du notre, art\nd'expression vocale et d'audacieuses arabesques.\nMalheureusement nous n'avons ni les voix, ni le style, pour accomplir cette restauration.\nEn avons-nous même le goût et le désir ? Qui sait si la Faustina et son partenaire Farinelli,\nténorisant d'une voix claire, perçante, flexible dans un de nos concerts, ne nous sembleraient\npas prodigieusement désuets, avec leurs grâces, leurs vocalises, leurs tenues, en un mot tout\nl'appareil du grand chant italien ? N'importe, ou plutôt à cause de ses difficultés, le problème\nest tentant. Il faut mettre l'école napolitaine de Hasse à la mode, comme on a mis l'école\ngermanique de Jean Sébastien. Une Société Hasse, pour le renouveau de la mélodie transalpine\nne serait pas si mal imaginée !\nKRETZSCHMAR (Herman). Geschichte des neuen deutschen Liedes. (Breitkopf 191 t,\nin-8° de 356 pp. Mk. 7,50.)\nUn livre du Professeur Kretzschmar est toujours une bonne fortune. Celui-ci traite du\nLied allemand depuis Albert jusqu'à Zelter, c'est-à-dire au XVIIe et au XVIIIe siècles. Il est"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.47", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3972, "texte": "annoncé comme première partie d'une histoire qui comprendra sans doute deux volumes. Enfin\nil appartient à la collection des Kleine Handbttcher der Musikgeschichte qui se publient\nprécisément sous la direction de l'éminent Geheimrat.\nLe lied est un des gloires de la musique allemande et on ne saurait assez en magnifier\nl'histoire. M. Kretzschmar le fait naître avec le mouvement monodique, dont Caccini et Péri\nfurent les parrains en Italie. Il nous le montre ensuite en Allemagne, se dégageant des influences\nétrangères hésitant d'abord avec Schutz, Schein, Staden puis prenant conscience de lui-même\navec Heinrich Albert vers 1630. De là il se répand en différentes provinces où sévissent des\nécoles locales. Il oscille entre la chanson et le choral, entre la table et l'église. Tantôt sous la\nforme de \" Venus harnachée\", tantôt à l'état de ou de il s'élève\nprogressivement jusqu'aux grands musiciens du XVIIe, les Franck, les Erlebach, les Krieger.\nNous arrivons au XVIIIe. Le lied se fait mondain, et les celles mêmes de\nSperontes, vont chercher leurs inspirations à Versailles. Pendant cent ans, écrit notre savant\ncollègue, on pourra écrire sur le lied allemand la devise suivante \" Sous la tutelle française\nEnfin perce le Sturrn und Drang,et Schubert commence à esthétiquer du fond de sa prison. La\nmode de l'ode et de la mélodie anacréontiques va faire place au lied moderne.\nDe cette patiente étude, pleine de faits, de vues et d'idées se dégage une leçon qui fait\nhonneur à l'Allemagne. N'aurait-on pu cependant définir, dès le début, la notion assez com-\nplexe de ce que nous appelons un lied ? Aria, air et lied sont des termes bien voisins à certaine\népoque de la musique; le dernier d'entre eux a pris un sens tout particulier, au cours de cer-\ntaines vicissitudes, dont nous voyons ici le spectacle. Mais quel fut le principe électif autour\nduquel se rassemblèrent ces forces ? Il faut croire que le volume suivant nous le dira.\nAutre chose encore (car le Professeur Kretzschmar est au-dessus des louanges banales). Il\nm'a semblé que l'influence française de la première moitié du XVIIe se trouvait un peu négli-\ngée. Ou plutôt que, suivant une habitude de l'esprit allemand, on ne lui attribuait que le rôle\nsuperficiel d'un art badin. Il ne serait pas exclu du tout, au contraire, que les Boesset, et les\nMoulinié avec leurs mélos vertueux et larmoyants, aient servis la cause d'un Henri Albert.\nLa mentalité artistique et particulièrement musicale que Louis XIII encouragea et dont il\ndonna lui-même si souvent le modèle, s'accorde si bien avec le tempérament du lied allemand.\nIl y aurait un regard à jeter du côté de ces musiciens sévères, affectés, et qui, même lorsqu'ils\ns'appellent Lambert ou Mollier, ont réellement fait effort vers la musique d'âme dont les\nAllemands cherchaient la formule. Mais, M. Kretzschmar répondra que les historiens de\nFrance n'ont rien fait qui puisse permettre au musicologue allemand de tenir compte de leur\nmusique de chambre vers 1630 ; et il aura raison.\nR ATT A Y (Kurt).— Die Ostracher Liederhandschrift.(Halle, Max Niemeyer, 1911,\nin-8, de 136 pp., Mk. 5-) GROLIMUND (S.). Folkslieder aus dem Kanton Aargau.\n(Basel, Augustinergasse 8, 1911, in-8, de 280 pp. 6.20). SPECK (Frank G.)\nsongs of the Creek and Tuchi Indians.(University of Pensylvania, Philadelphia, 19x1, in-4,\nde 246 pp.)\nC'est avec intention que je réunis ici ces trois ouvrages et les place directement après le\ncompte rendu du livre de M. le Professeur Kretzschmar. Ils traitent en effet tous de l'air\nmonodique dont le lied est devenu la forme la plus éleveé.\nLe premier nous signale un recueil manuscrit formé vers 1740 en Wurtemberg. Le second\nprésente une série de chants recueillis sur les pentes du Jura suisse. Le dernier nous transporte\nau pays des Peaux-Rouges de l'Amérique du Nord. Voilà trois étapes qu'il est intéressant de\nfranchir, après s'être plongé dans la musique savante de notre Occident. Très bourgeois le"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.48", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3767, "texte": "recueil de la Bibliothèque de Stuttgart, nommé Ostracher Handschrift, nous donne le répertoire\nde quelque jeune Souabe en plein XVIII®. A remarquer que, jusqu'à la fin du siècle, l'évolution\ndu lied appartient exclusivement au Nord de l'Allemagne. Dans le Sud on est resté peuple\net sans souci d'une forme idéalisée. Ce petit volume ne s'élève donc pas bien haut, mais il a le\nmérite de nous donner une opinion de la moyenne de ces élucubrations. Les textes poétiques\nd'ailleurs très peu poétiques sont souvent fort plaisants et d'une raillerie qui ne respecte\nguère la pudeur. La musique y sent son lândler et son menuet.\nPassons avec M. Grolimund en Suisse, qui tyrolise, et reconnaisons que le populaire\ns'étale ici dans toute sa naïveté. Il ne faut pas séparer ces mélodies de l'atmosphère pure et\nalpestre, où elles retentissent, lancées par les voix fraîches et franches des filles, qui marchent\nen longues théories, bras dessus, bras dessous. Dans un salon elles tournent aussitôt à l'aigreur\ndu café-concert, elles nous rappellent qu'on a trop abusé d'elles, et l'on se demande si elles\nreprésentent dans notre état musical présent un élément encore trop jeune, ou déjà trop vieux.\nIl fallait en tout cas les préserver de l'oubli; la pensée de M. Grolimund fut sage et pieuse.\nEt, tout-à-coup, voilà l'lndien de M. Frank (le Sioux du Frank), dont l'exotisme pique\nnotre curiosité. Ce sont les habituelles mélopées de danse d'incantation et de formules théra-\npeutiques. Car chez les peuples primitifs la musique, on le sait, se confond avec la magie. Et\nfaut-il l'avouer cette sauvagerie se trouve réellement plus près de nous, auditeurs de\nDebussy, que la civilisation de l'honnête montagnard. C'est ici vraiment de la musique en\nmarche, et pour ainsi dire à mi-chemin de la Russie et du Japon. Certaines tournures évoquent\nnettement le souvenir de Moussorgski, alors que d'autres pentonisent comme de vrais mandarins,\n(p. 187). Une de ces mélopées chantée par Fagoonwi (ce qui signifie u Sors du fourré \")\ntoucherait certainement nos modernes Roussauistes; elle sert de thème à la ronde qui termine\nle Devin du Village.\nQue d'espace entre ces trois volumes, et quels rapprochements derrière ces textes !\nL'Université de Philadelphie a raison de confier la musicologie à sa section d'anthropologie.\nIl n'y a rien qui nous permette plus sûrement et plus rapidement de parcourir les distances qui\nséparent l'humanité.\nLUSSY (Mathis). La Sonate Pathétique de Beethoven. (Costallat 1912, in-40 de\n105 + 25 pp. Frs 6.)\nMathis Lussy est mort, et la P. Dechevrens qui acheva cet œuvre a suivi son maître et\nami. C'est donc un livre doublement posthume que nous avons devant nous. Un livre vaillant\net qui relève avant tout de la pédagogie. C'est aux maîtres de piano/ et à leurs élèves qu'il faut\nen signaler l'importance et la savante méthode. Ils y trouveront la défence d'une doctrine, qui\naux temps de Lussy était nouvelle, et qui n'a peut être pas encore triomphé partout : celle de\nY accentuation pathétique et du phrasé expressif Evidemment l'auteur a choisi un exemple\nfavorable avec la Sonate en ut mineur de Beethoven, et il a beau jeu pour montrer comment\nle pathos d'un grand musicien bouleverse la carrure et s'installe au milieu des rythmes. Ils y\nverront aussi des idées un peu naïves et dont il ne faudrait pas discuter l'originalité. Lussy était\navant tout un artiste, c'est-à-dire un impulsif, et ses ouvrages sont nés d'une belle indignation\nd'entendre tant de chef d'œuvres profanés par l'incompétence. C'est du reste le sort de toutes\nces doctrines rythmico-esthétiques de mêler la pédagogie la plus évidente aux conceptions les\nplus hardies. La logique et le sentiment se jouent autour du lecteur, non sans le désorienter\nun peu."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c060", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c060", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 49, "image_fin": 50, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.8.3", "titre_corps": "LIVRES REÇUS", "titre_sommaire": "LIVRES REÇUS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.49", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2033, "texte": "LIVRES REÇUS\nSPECK (Frank G.). Cérémonial songs of the Greek\\ and Yuchi Indians. (Philadelphia,\nUniversity Muséum, 1911, in-fol. de 245 pp.).\nFRANKENSTEIN (Ludwig). RBand (Berlin,\nH. Schnippel, 1912, in-40 de 353 pp. Mk 9).\nKAMIENSKI (Lucian). Die Oratorien (Breitkopf, 1912,\nin-8° de 366 + 58 pp. Mk. 10).\nWANTZLOEBEN (Sigfrid). Das M Instrument und (Halle,\nMax Niemeyer, 1911, in-8° de 131 pp. Mk. 4).\nSOUBIES (Albert).— Almanach des Année 1911. (Flammarion, 1912,\nin-120 de 154 pp.).\nLITTA (Paolo). La Déesse Nue.(Florence, éd. de la Libéra Estetica, in-12 de\n84 pp. Frs. 1,50).\nSCHERING (Arnold). Die Niederlaendis im Zeitalter des Josquin.\n(Breitkopf, 1912, in-8° de 96 pp. Mk. 3).\nSOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE. Report of the fourth\nCongress of the I. M. S. (Novello, 1912, in-40 de 4 PP*)*\nLIEBESKIND (Josef). Supplément\npar A. Wotquenne. (Lpz., Geb. Reinecke 1911, in-40 de 20 pp.).\nFELLINGER (Maria). Brahms-Bilder.(Breitkopf, 1911, in-8° de 40 pp. Mk. 3).\nBEKKER (Paul). Beethoven. (Berlin, Schuster et Loeffler, 1911, in-fol. de\n500 pp. + 160 pp. d'illustrations, Mk. 25. Edition sans illustrations, Mk. 10).\nCATALOGO DELLE OPERE MUSICALE... Bolletino dell' Associazione\ndei Musicologi Italiani. Citta di Roma.(Parma, in-fol. de 16 pp.).\nDUSSAUZE (Henri). Les règles esthéti (Alcan, 1911, in-8°\nde 542 pp. Frs. 10).\nPOUGIN (Arthur). Marietta Alboni.(Pion, 1912, in-120 de 270 pp.).\nBUSCHKOETTER (W.). J. F. (Halle, 1912, in-8° de 62 pp.).\nMONOD (Edmond). Mathis Lussy et le rythme musical. (Fischbacher, 1912, in-8°\ncarré de 116 pp. Frs. 2).\nTHIBAUT (Jean-Baptiste). Monuments de la notation ekphonétique et neumatique de\nV église latine.(S1 Pétersbourg, 1912, gr. in-fol. de 104 pp. et XCIV planches. Frs. 15°)*\nPROD'HOMME (J.-G.). Ecrits (Mercure de France, 1912, in-120\nde 455 PP- Frs. 3,50).\nCUMMINGS (Dr. William). Purcell(London, Sampson Low, Marston et C°,\n1912, in-i 2° de 124 pp.).\nSCHEURLEER (Dr. D. F.). Nederlandsche Liedboeken. ('s-Gravenhage M. Rijhofï,\n1912, in-40 de XII, 321 pp. Fl. 5)."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.50", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1820, "texte": "CRAWFORD FLITCH (J. E.). Modem Dancing and dancers. (London, Grant\nRichard, 1912, in-40 de 228 pp. 15 net).\nKINSKI (O.). Katalog der Musikhistoris von W. Hayer. Bard. II\n(Coin et Lpz. Breitkopf, in-40 de 718 pp. Mk. 56).\nROTTER (Dr. Curt). Der Schnaderhuepjl-Rythmus... (Berlin, Mayer und Mueller,\n1912, 2 vol in-40 de 236 pp. et un album de musique. Mk. 8).\nWALLNER (Bertha Antonia). Musikalische Denkmaeler der Steinaetzkunst des 16\nund 17 Jahrhunderts.(Muenchen J. J. Lentner'sche Hofbuchhandlung, in-8° de 548 pp.\nMk. 12).\nDAFFNER (Dr. Hugo). F. Nietzsche \" (Regens-\nburg, Gustav Bosse, in-120 de 68 pp. Mk. 1).\nSACHS (Curt). Musik und Oper am kurbrandenburgischen Hof (Berlin, Julius Bard,\n1910, in-8° de 299 pp).\nSOUBIES (Albert). Massenet historien.(Flammarion, 1913, in-40 de 9 PP»)*\nSTAINER (J.). La musique dans\nTraduit de l'anglais par L. PENNEQUIN. (Paris, Gaillard, 1912, in-8° de 56 pp.).\nHEINZ-EWERS et MARC HENRY. Das Franzoesische Volks-\nlied. (Berlin, W. Borngraeber, 1911, in-8° de 270 pp.).\nPIRRO (A.). Dietrich Buxtehude. (Fischbacher, 1913, in-40 de 507 pp.).\nSTRIFFLING (Louis). Esquisse\nXVIIIe siècle. (Delagrave, 1912, in-120 de 288 pp. Frs. 3,50).\nWESTARP (Alfred). Japan ahead (Japan Society. .London, Hanover\nSquare 20. In-8° de 20 pp.).\nVAN DEN BORREN (Charles). Les origines de la musique de clavier en\nAngleterre. (Bruxelles, Librairie des Deux Mondes. In-8° de 256 pp. Frs. 5).\nLA LAURENCIE (Lionel de). L (Publications de la Revue S. I. M.,\n1912, in-40 de 4-6 PP-)-\nSEIFFERT (Prof. Max). Compositioni di C.-F. HURLE-\nBUSCH. (Breitkopf, 1912, in-fol. de 92 pp.).\nWEINGARTNER (Félix). Erlebnisse eines Koeniglichen Kapellmeister s in Berlin.\n(Berlin, P. Cassirer, 1912, in-80 de 87 pp.).\nWEISSMANN (Adolf). Chopin. (Berlin, Schuster et Loeffler, 1912, in-8° de\n219 pp. Mk. 5)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c061", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c061", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 51, "image_fin": 63, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.9", "titre_corps": "LE MOIS", "titre_sommaire": "LE MOIS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.51", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1435, "texte": "Les Concerts\nCONCERT COLONNE\nDu respect dans l'art\nLa critique musicale a parfois de singulières façons de comprendre le respect qui se doit\nà la musique.\nA propos d'une symphonie de Monsieur Théodore Dubois que le public des \" galeries \"\ns'est permis de molester, elle traite ce pauvre public, sévèrement, allant jusqu'à l'accuser de se\nmal tenir. Il est évident qu'il valait mieux ne pas manifester, le silence sera toujours, dans de\npareils cas, la plus forte des critiques. Pourtant, il faudrait s'entendre et savoir si la situation\nofficielle de Monsieur Théodore Dubois commande absolument le respect ? Il a écrit un traité\nd'harmonie fort distingué, dirigé excellemment le Conservatoire de Musique. Son œuvre\nlyrique se joue peu, mais on ne joue plus du tout la Dame Blanche, charmant opéra-comique,\nde vraie tradition française, à la faveur duquel se faisaient et se défaisaient tant de mariages et\nqui vaut bien les coups de tampon du vérisme italien.\nIl prend à M. Théodore Dubois, vers la fin d'une vie bien remplie, la fantaisie d'écrire\nune symphonie dont le public (des galeries) lui fait sentir, sans aménité, qu'elle n'est utile, ni\nà la gloire de la musique en général, ni à la musique française en particulier. Où est le mal ?\net fallait-il prendre ces airs effarouchés ? On a déjà tué le goût du classique en France, en\nconfiant le soin de le faire respecter à des gens très ennuyeux. Pour oublier la tête du pion\n\n4"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.52", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3068, "texte": "qui nous forçait à réciter le songe d'Athalie, il faut pas mal d'années, encore la confond-on\nsouvent avec celle de Racine. En art, il ne peut y avoir de respect obligatoire et c'est avec de\nsemblables erreurs que l'on embarrasse le chemin d'un tas de gens qui ne sont devenus\nrespectables qu'à l'ancienneté. Depuis longtemps nous sommes pris de la manie d'administrer\nles choses les moins administrables qui soient au monde et, forcément, cette manie a fini par\nenvahir l'art ! Qu'on veuille faire de la musique, on fonde immédiatement une société où\ndes éléments contradictoires finissent généralement par se neutraliser. Qu'on veuille apprendre\nla musique ? On a le choix entre le Conservatoire, la Schola Cantorum, où, fût-on génial\ncomme Bach, doué comme Chopin, il faut subir le même règlement. Par quelle suite de\nmiracles ces deux mots : art, règlement, ont-ils pu se trouver associés, est proprement\ninimaginable.\nSans revenir aux maîtrises de la Renaissance qui ne s'accorderaient peut-être plus avec\nnotre époque, ne pourrait-on pas s'en inspirer et retrouver cet enseignement à l'air libre, sans\ndésirs de gloire trop prompte, où l'élève prenait le beau titre de disciple et craignait son\nmaître autant qu'il l'aimait.\nNe mêlons pas le respect, qui n'est qu'une vertu, à l'art qui est la plus belle des religions,\nfaite d'amour et d'égoïsme accepté.\nNOTES SUR LES CONCERTS DU MOIS.\nDans le triptyque intitulé \" De l'ombre à la lumière \" dont l'auteur est M. Paul Pierné,\nil faut sans doute préférer \" l'ombre \" à la \" lumière \" et mettre à part le second morceau\nle premier n'étant guère plus qu'un développement sur place. Par le moyen d'une figure\nrythmique un peu \" valse viennoise \" des libellules font des essais de vol plané bien émouvants,\ncependant qu'au fond du paysage, des nymphes évoluent selon les dernières méthodes de\nMademoiselle Isadora Duncan. La couleur orchestrale de ce morceau évoque délicieusement\nces dernières heures où les féeries intimes de la nuit laissent à regret la place au dur matin.\n(Comme nous n'avions pas le programme, il est possible que M. P. Pierné ait imaginé un\npaysage absolument différent du nôtre. Dans quel cas, il voudra bien nous excuser.)\nLe troisième morceau semble d'abord recommencer le second ; ce n'est qu'une alerte,\nd'ailleurs pas désagréable. C'est là que se placent les efforts de la lumière à vaincre l'ombre.\nMalheureusement, d'impudents violons se mettent devant les trompettes, font des paris à qui\nfera le plus de notes dans une mesure, et la belle lumière que le titre nous faisait espérer ne\nnous arrive qu'un peu diffuse. M. P. Pierné habille son orchestre à la dernière mode. Il\nn'oublie point ce déploiement d'étoffes orientales, sans lequel il n'est de bon orchestre aujour-\nd'hui. Toutefois il reste de bon goût, sans jamais tomber dans la parade. On lui voudrait\nquelquefois une mise en œuvre moins concertée, une émotion plus libre. On chantait dans ce\nmême concert l'air de l'Archange de Rédemption. M. P. Pierné a pu se rendre compte\njusqu'où peut aller \" l'effusion \"."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.53", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 7, "texte": "LE MOIS"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.53", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3267, "texte": "Il y a de curieux rapports entre l'art de Bôcklin et l'art de Richard Strauss.... Même\ninsouci d'un dessin préconçu, même goût pour chercher la forme directement dans la couleur,\net, tirer de cette même couleur des effets de pittoresque dramatique. De ces deux maîtres, le\npremier ne pourra plus changer sa manière, puisqu'il est mort ; le second, incontestablement\nvivant n'aurait garde de rien changer à la sienne, puisqu'il dispense l'émotion à travers les cinq\nparties du monde ou presque !\nDans \" la cuisinière bourgeoise \" à l'article ucivet de lièvre\" on peut lire cette prudente\nrecommandation: prenez un lièvre !... Richard Strauss procède différemment. Pour faire un\npoème symphonique il prend n'importe quelle idée ; c'est bien par quoi il est un extraordinaire\niliusioniste qui en remontrerait aux plus entraînés des Fakirs.\nMort et Transfiguration,sans avoir l'étincelante sûreté de \" Till Eulenspiegel \", ou la\ngrandiloquence passionnée du \" Don Juan \" contient néanmoins des formules restées chères\nà Richard Strauss, bien qu'il les ait améliorées dans la suite.\nLe commencement a des odeurs de sépulcre, dans lequel semblent se mouvoir d'inquiétantes\nlarves ; l'âme s'y livre à de durs combats, tendant de toutes ses forces à se libérer du corps\nmisérable qui la retient encore a la terre. IVlais, voici un hautbois qui chante une cantilène aux\ninflexions italiennes. On n en saisit pas tout de suite le pourquoi, faute d'avoir pensé à temps\nà ces innombrables migrations des âmes, restées si mystérieuses. D'ailleurs, si l'on se mêle de\nvouloir comprendre ce qui se passe dans un poeme symphonique, il vaut mieux renoncer à en\nécrire. Ce n est certes pas la lecture de ces petits guides, où les lettres de l'alphabet repré-\nsentent des membres de phrases-rebus, que l'on essaie de résoudre pendant l'exécution, qui fera\ncesser les fréquents malentendus entre l'auteur et l'auditeur. Pourtant la \" Transfiguration \"\ns'opère sous les yeux du public, sans trucs visibles, que de grands accords en ut majeur. C'est\nle ton qui donne le plus sûrement le sentiment de l'éternité.\nIl n'est pas du tout prouvé que la musique se meuve plus aisément dans le surhumain que\ndans 1 humain tout court. C'est une opinion forcée et généralement, littéraire. Et même,\ndans ce cas il n'est pas besoin de programme, qui attire la littérature \" comme miel \", la\nmusique la plus simple, la plus nue, y suffit. C'est pourquoi dans 4< Mort et Transfiguration \"\ncertaines parties paraissent un peu vides de ce qu'elles ne se justifient plus du titre. Ça n'est\nla faute de personne, pas même de Richard Strauss, qui est un des génies les plus autoritaires\nde notre temps.\nDimanche ler Décembre, Festival Beethoven Festival nécessaire, et en réfléchissant,\nfestival utile a detendre les esprits. On est enfin tranquille de n'avoir cju'à admirer, de pouvoir\néchanger des sourires informés à des endroits précis, toujours les mêmes, puisqu'on se les\nrepasse de génération en génération.\nA la sortie, on peut dire avec assurance : \" ce Beethoven ! quel génie ! \" rien n'est plus\nlégitimé, puis 1 attitude contraire ne serait que du snobisme encore plus bête. Nulle crainte à\navoir de subir cette atmosphère chargée de nervosité qui particularise les dimanches où l'on"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.54", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2924, "texte": "exécute : \" un jeune D'abord, il faut se faire une opinion, ce qui n'est pas toujours\ncommode. Faut-il, aussi, avoir l'air d'avoir compris ? ou l'air à jamais bouché aux harmonies\ntendancieuses ? Quel problème ! En vérité, nous regardons souvent très mal les paysages\nqui ne sont pas célèbres en savent quelque chose et jusqu'où peut aller la fantaisie des\nappréciations nous entendons peut-être plus mal encore ?\nAinsi restons persuadés qu'il y a des personnes très honorables qui n'entendent qu'une\nmesure sur huit cette arithmétique n'est pas infaillible, elle doit même varier avec\nchaque individu, il est donc naturel qu'à la fin d'un morceau il leur manque des mesures\net que leur compte ne soit] pas juste ! Ce manque est difficile à avouer, à moins d'employer\ncette ruse habituelle qui consiste à dire, l'air préoccupé : \" j'ai besoin d'entendre cela plusieurs\nfois... \" Rien n'est plus faux ! Quand on entend bien la musique écartons l'entraînement,\nles études appropriées on entend tout de suite, Le reste n'est qu'une\naffaire de milieu, ou d'influence extérieure. Un public n'est jamais, de lui même, hostile à la\nmusique, souvent il ne s'inquiète même pas de la signature, ce qui est une jolie leçon pour les\nspécialistes. Seulement, nous avons les terribles dilettantes qui ne sont pas venus pour\ns'amuser et devant lesquels il ne faut pas dire de bêtises. Alors, \" on se tient \", et comme\nles enfants, auxquels on fait \" choisir \" le gâteau dont justement ils n'avaient pas envie, on\nboude contre son cœur. Très sincèrement, ça n'est pas drôle d'être public ! Il faut lui souhaiter\nde réserver quelques dimanches à l'étude du bilboquet ; jeu qui exige une adresse peu commune,\nmais qui, du moins, ne réclame aucune faculté auriculaire spéciale.\nClaude Debussy.\nCONCERTS LAMOUREUX\nParmi les œuvres récentes exécutées pour la première fois aux Concerts-Lamoureux,\nnous devons signaler le Prélude et la Danse extraits de la d'Antoine Mariotte : on sait\nque cette œuvre contient d'excellentes pages, surtout dans la scène finale, et il faut désirer\nqu'on lui fasse au théâtre la place qu'elle mérite.\nExcellente exécution de la belle Symphonie de Paul Dukas, une œuvre qui reste et\nmérite de rester au répertoire des concerts, parce qu'elle est fournie d'idées vraiment musicales,\ntraitées et développées selon les méthodes traditionnelles, ce qui ne nuit en rien à son origi-\nnalité, au contraire.\n—La Chasse du Prince Arthur de Guy Ropartz fut dirigée par M. Chevillard avec une\ngrande poésie. L'œuvre, qui n'est pas sans rappeler parfois le style de César Franck (peut-on\nlui en faire un reproche ?) présente un épisode de chasse, avec les fanfares obligées,\nencadré entre deux mouvements lents, dont le dernier surtout est extrêmement expressif et\nprovoquera une réelle et profonde émotion chez tous ceux qui recherchent dans la musique\nautre chose que le \" chichi \" des sonorités.\nVincent d'lndy."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.55", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3188, "texte": "P. S. De fâcheuses coquilles ont émaillé mon dernier article sur le bon sens ; \" celui \"\nde nos lecteurs aura suffi à leur faire comprendre que je parlais de tons entiers et de gammes\npar tons ; nous sommes tous d'accord sur ce point.\nV. L\nBeware of Concerto\nAu temps lointain où nos grands concerts parcouraient chaque année, à tour de rôle ou\nsimultanément, le \" cycle \" des symphonies de Beethoven, quelqu'un que la musique\nmoderne incommodait réclama un jour publiquement un cycle complet des symphonies\nde Haydn : il lui fut répondu que le nombre de celles-ci variait suivant les musicographes entre\ncent dix-sept et cent-vingt-cinq. Le malheureux protestataire en mourut. Un pieux souvenir\nest dû à sa mémoire, à l'occasion du commencement de satisfaction qu'obtient maintenant cet\nhonnête homme par la \"première audition\" de la symphonie en ré majeur (op. 83) que vient\nde nous donner M. Chevillard. La précaution qu'a prise l'éminent chef-d'orchestre de rendre à\ncette œuvre son caractère originel de musique de chambre, en restreignant le nombre des instru-\nmentistes du quatuor, est excellente : elle rétablit l'équilibre de ce petit orchestre, toujours\nléger et plein en même temps, qui fut chez Haydn presque une création. A raison d'une\nsymphonie par an (ou deux les années bissextiles), un petit siècle suffira pour achever le \" cycle\nHaydn \" : Quid hoc ad œternitatem ?\nCette même époque reculée qui vit éclore les \" cycles \" fut aussi celle des \" merles \".\nEntendez par là certain trio de jeunes siffleurs qui entreprit, il y a huit ou dix ans, de purger\nnos programmes des acrobaties dites \" concertos \". On se souvient des salutaires effets de cette\ncampagne d'assainissement : polémiques, altercations, tumulte, puis apaisement progressif. La\nvictoire fut pour les merles alliés, tandis que la bonne tête de Turc du virtuose abandonnait\nl'une après l'autre ses positions, même les plus élevées.\nAujourd'hui, le u cycle \" est démodé ; la folie de la vitesse sévit ; 1' \" auto \" règne :\net voici que reparaît le fâcheux concerto tant sifflé. Si l'on n'y veille point, nos \" mélodromes \"\ndominicaux redeviendront l'asile élu de ces excentricités élégantes que représentent dignement\nles mots si français de sport, record. performance, etc.\nAprès Diémer, correct interprête d'un concerto de Massenet, récent et oublié, voici\nLhévinne (Joseph) qui pianote sans faute un concerto formulaire et suranné de Liszt ; et puis\nvoici Bauer (Harold) qui se mesure vaillamment avec le redoutable concerto en sol de Beethoven,\ndont l'adagio seul résiste au temps et demeure immuablement beau, parce que le virtuose n'y\npeut rien ajouter. Cet envahissement sournois ne s'exécute même plus à pas-de-loup (puisqu'il\nest mort), mais plutôt au germanique \" pas de parade \" tant vanté par le Professor Knatschké.\nLa cadence d'Outre-Rhin, prétentieuse et difforme, s'allonge ridiculement : le chef d'orchestre\nlui-même marque avec raison quelque impatience en présence de cet étalage dû à un quel-\nconque Hans de Biilow, rafraîchissant Beethoven par des formules pianistiques qu'un Ravina\nn'eût point reniées, comme l'on rafraîchit, à Berlin où à Stuttgart, les vieux tableaux des"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.56", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3344, "texte": "Primitifs par des tons subtilement choisis dans la palette des chromos. Et l'abonné mondain se\npâme ; et il court au vestiaire aussitôt après le dernier rappel du seul \" artiste \" qui l'intéresse.\nMusiciens, méfions-nous aussi de ces rappels qui provoqueront un jour ou l'autre l'adjonction\ninattendue au programme du Rappel des Oiseaux.\nPourquoi se gênerait-il, au surplus, cet élégant claqueur du pianiste à la mode, puisque\n\" le reste du programme \" ne contient guère que de la musique ? Ce serait vraiment dommage\nqu'il s'attardât dans la salle pour entendre cette pittoresque de Balakirew, que\nM. Chevillard aime et conduit \" par cœur \" avec une rare souplesse et une grande vérité de\nnuances ; cette magistrale Symphonie de César Franck, chef d'œuvre de notre art musical\nfrançais, clair, logique, équilibré, sans cesser jamais d'être à la fois expressif et émouvant ; cette\nmélancolique Lènore, poignante ballade symphonique de celui qui apparaît encore au milieu\nde nous comme le chantre génial de toutes les douleurs, peut-être parce qu'il en fut aussi\nl'héroïque victime, Henri Duparc.\nLes Pièces pittoresques romaines de M. André Gailhard ont bénéficié au contraire de\nl'auditoire \" intégral \", puisqu'elles prenaient rang avant le \" numéro sensationnel \", c'est-à-\n-dire avant le virtuose. Et il se peut que de la sorte elles aient rencontré un plus grand nombre\nd'appréciateurs: Une chanson passe...nous apprend l'un des titres; et l'on aurait pu\nretrouver dans cette chanson d'un italianisme assez vrai quelque chose de la bonne gaîté de ce\npeuple qui, seul, rend digeste par l'assaissonnement qu'il y ajoute la musique d'un Mascagni.\nMais on nous a présenté cette chanson \" bon enfant \" dans un style compassé et solennel qui\nlui ôtait toute saveur. Quant aux Bords du Tibre,si vraiment les coups de gong et les carillons\ny font un tel \" chambard \", on s'explique la préférence de beaucoup de gens pour notre place\nde l'Opéra. Au surplus, l'Opéra n'est-il pas la place de M. André Gailhard...\nEt par droit de naissance et par droit de ?\nNous avons dit ailleurs le bien qu'il fallait penser de la de M. Florent\nSchmitt, et surtout le lien étroit qui unit la musique et la pantomime dans cet ouvrage\néminemment représentatif. Mais où peut-on jouer une pantomime vraiment musicale dans nos\nthéâtres ? Cela n'est possible qu'exceptionnellement : c'est pourquoi nous retrouvons au concert\ncette Salomé qui n'y est pas plus à sa place qu'aucune autre.\nUn mois de concerts serait incomplet sans un contingent de Slaves. C'est pourquoi, sans\ncompter Thamar déjà nommée et déjà bissée, Mad. Nikitina nous apporta des bords de\nla Néva quelques extraits de la Légende de la Ville de Rimsky, et une complainte\ndu Prince Igor>de Borodine, qui ne valaient pas ce long voyage. Heureusement, elle avait mis\naussi dans sa malle une certaine Nuit de Moussorgsky : cette pièce, excellemment traduite\npar M. Calvocoressi, suffisait seule à nous dédommager : l'auteur de la et\nde Boris Godounovudemeure et demeurera pour nous le plus grand, sinon le plus heureux,\ndes cinq...de ces fameux cinq\" qui, comme les mousquetaires, ne furent jamais que\nquatre\", ainsi que le rappelait spirituellement un de nos excellents eonfrères. Car, plus que tout\nautre, Moussorgsky, qu'on devrait appeler \" le grand Modest \", sut garder la caractéristique"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.57", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2820, "texte": "de sa race, en dépit de sa culture musicale, n'en déplaise à beaucoup de Critiques russes qui\nrevendiquent, on ne sait pourquoi, le plus Allemand des leurs, Tschaïkowsky, comme leur\nmusicien national.\nAuguste Sérieyx.\nSOCIÉTÉ DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE\nIl faut se louer de l'existence de la Société des Concerts : il est bon qu'après les discours\nsur la montagne de Chevillard ou de Pierné après les manifestes internationaux des sociétés\nd'avant-garde, après les proclamations de certains impresarii, bachi-bouzouks ivres de féeries\nrusses ou de séances de boxe allemande, se fasse entendre une voix purement et simplement\nfrançaise.\nEt cette voix est d'autant plus forte qu'elle émane de la Société des Concerts. Parce que ?\nparce que la Société des Concerts a 86 ans d'existence, ce qui lui donne la grâce avertie des\nvieilles gens, parce qu'elle se cramponne à un local, qui n'est pas un théâtre loué à l'heure ou\nà la petite semaine, ni une galerie moderne plafonnée de lumière, mais cette menue, spirituelle\net bienveillante salle du vieux Conservatoire, aussi sacrée que la Coupole de l'lnstitut, et\nsurtout parce que ce serait un truisme que de réaffirmer l'excellence de l'orchestre de la\nsociété, de ses chœurs et de son chef, M. Messager.\nEt c'est pourquoi le premier concert de la saison avec un programme presque exclusive-\nment français et ces noms : Saint-Saëns, Chausson, Fauré, Berlioz, obtint l'approbation\nunanime et prévint tout de suite l'auditeur ou le critique des intentions de celui qui\n\" mène le jeu \", rue du Faubourg Poissonnière.\nJ'ai dit presque exclusivement français : je ne saurais négliger une incursion dans le\ntemple Beethovenien.\nIl faut adorer les temples : il faut y entrer le front bas et les mains paisibles, en vénérer les\ncoins les plus sombres : l'atmosphère d'une cathédrale tient du prodige comme la pensée d'un\ngénie : à fouiller les replis de cette pensée comme à scruter les profondeurs de cette cathédrale\non éprouve de grandes joies, de glorieuses surprises : les vitraux sont étrangement nuancés\ndans les chapelles de l'abside : l'odeur des siècles est plus précieuse dans la crypte. Mais\ncomme il faut se défier de certains autels consacrés à des saints à succès : Antoine ou Expédit ;\nla renommée y conduit la masse des fidèles qui s'ébroue d'admiration ; le cicerone indique\nd'un geste autoritaire les innombrables ex-votos accrochés au mur par des demandeurs exaucés;\nil couvre même souvent le saint d'un manteau que dans un excès de zèle un adorateur lui\nbroda. Si nous ne pouvons ou voulons découvrir le coin qui dissimule une lueur ou une forme\nimprévues, restons dans la grande nef où monte la symphonie des voûtes et des colonnes.\nM. A. Rivarde a posé un nouvel ex-voto dans la chapelle vouée au concerto pour violon\nde Beethoven.\nJean Laporte."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.58", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3771, "texte": "Concerts divers\n\nLa vulgarisation intensive de la musique, le développement croissant de l'appétit des\nconcerts dans notre société contemporaine sont des progrès dont nous commençons à payer la\nrançon. Certes nous consommons aujourd'hui une quantité prodigieuse de doubles croches\net nos salles d'auditions sont toujours pleines mais cette boulimie est devenue peu à peu un\ninstinct banal qui s'exerce sans réflexion, un besoin vulgaire et inconscient que nous satisfaisons\nsans discernement. Nous avalons notre musique quotidienne comme notre pain quotidien, sans\nplaisir, sans même nous en apercevoir ; ce n'est plus pour nous une délicate et rare friandise.\nAussi nos fournisseurs ne se donnent-ils plus la peine inutile de parer ingénieusement la\nmarchandise qu'ils nous offrent et de varier leurs livraisons.\nDès le début de cette saison la pauvreté d'imagination et la nonchalance des organisateurs\nreprennent leurs droits. On vit sur le répertoire, on renouvelle les mêmes effets, on tourne les\nmêmes pages. Et le public se déclare satisfait de pouvoir s'ébrouer et applaudir aux mêmes\nendroits. Combien de temps dureront cette somnolence et cette béate indulgence ? Qui nous\nréveillera de cette torpeur ? L'avenir nous le dira mais cet avenir-là semble assez lointain.\nEn attendant enregistrons le présent. L'Association des Concerts Hasselmans\nemplit le Trocadéro d'harmonies wagnériennes et beethoveniennes. La Société Philar-\nmonique rallume dans son ciel les étoiles que M. Viviani croyait avoir éteintes: le quatuor\nCapet, Moritz Rosenthal, Wurmser, Vecsei, Fritz Kreisler et Mme Durigo accourent à l'appel\nde l'astronome Rey qui, des fenêtres de la salle Gaveau, braque sur le firmament européen un\npuissant télescope. La Société Bach. donne une belle interprétation de la Passion selon\nS 1 Jean et sa sœur, la Société Hœndel se prosterne devant le Messie. Le Salon des\nMusiciens accroche à sa cimaise trois cadres où sourient les visages de Léon Moreau, Roger\nde Francmesuil et Louis Duttenhofer, bien connus des habitués du Salon de l'lndépendante.\nMme Brejean-Silver y récolte des ovations dans une œuvre d'Amirian et l'on y fête avec\nattendrissement la chère mémoire de Massenet. Les Soirées et les Matinées d'Art se\nconsacrent à Chopin, à Schumann et à Beethoven. La Schola fête la trinité des Bach.\nLes quatuors, l'archet haut, attaquent vigoureusement leurs seize cordes. C'est Parent\nqui rend hommage à Brahms, à Magnard, à d'lndy, à Chausson, à Debussy, à Lekeu, à\nTurina, à Paul Dupin, à Franck et à sa propre inspiration. C'est Sangra qui, assisté\nd'Antoinette Veluard, bat tous les records de vitesse, de durée, de résistance, d'endurance,\nde poids et de nombre. C'est Junnemann qui réunit Haydn, Mozart et Beethoven en un\nraccourci instructif et c'est la phalange hongroise de Waldbauer présentée par Calvoceressi\nà l'Ecole des Hautes Etudes sociales et jouant avec âme du Nicolas Radnaï et du Béla Bartok.\nQuelques jours plus tard, cet admirable groupe nous donnait une interprétation du Quatuor\nde Debussy absolument stupéfiante de goût et de clairvoyance.\nLes pianistes n'en sont pas encore venus aux mains. MM. Lemberg, Max Behrens,\nHarold Bauer et Lhévinne sont à peu près seuls à défendre le bon renom de la corpo-\nration. Peu de violonistes également ; c'est à peine si Mlles \"Wllt, Bernin et M. Marsick\nosent émouvoir les chanterelles devant un public respecteux et attentif.\nLes chanteurs y mettent moins de discrétion. Le baryton Louis Aerts mobilise quatre\nfois de suite les afficheurs. Il a d'ailleurs le tact de s'entourer d'une excellente compagnie où\nculmine le pur soprano de Madeleine Bonnard. M. Seagle tente une importation des\nméthodes vocales américaines appliquées au lied français. Mme Clara Butt, cantatrice"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.59", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3768, "texte": "anglaise, n'a pas voulu laisser at home les œuvres qui lui valent chez ses compatriotes un succès\ntoujours nouveau ; ce trait de patriotisme est diversement apprécié. Mme Nikitina, plus\nsagement internationaliste, passe de Moussorgsky à Schubert, de César Cui à Chausson, de\nGretchaninow à Binenbaum et de Borodine à Debussy. Son succès est triomphal. Mlle The-\nbaudt donne un récital qui part du bel canto pour aboutir au lied contemporain et ne faiblit\npas au cours de ce long voyage.\nEnfin quelques compositeurs, partisans de l'action directe, et estimant que l'on n'est\njamais bien servi que par soi-même, invitent le public à venir recenser leur bibliothèque. De ce\nnombre M. Schlesinger, mélodiste abondant et ingénu et l'ineffable Emanuel Moor,\ntoujours fécond, toujours olympien, toujours passionnément défendu par l'excellent Maurice\nDumesnil. Ces expositions officielles doivent être encouragées. Il est bon que les auditeurs\npuissent ainsi prendre connaissance en une soirée du bagage complet d'un artiste et se faire\nune idée plus juste de sa personnalité d'après l'ensemble de sa production. L'épreuve est loyale\ncomme une exposition de peinture : en sortant d'un tel concert on peut au moins, en connais-\nsance de cause, dire au musicien un affectueux au revoir on prendra définitivement congé de\nlui. Voilà qui simplifie singulièrement notre existence !\n\nG. K.\n\nProvince\nLentement, paresseusement, la musique arrachée à son sommeil estival, s'étire et s'éveille.\nLes violons départementaux s'accordent, les barytons provençaux cherchent leur creux et les\nténors gascons fourbissent leur contre-ut de poitrine. Les théâtres lyriques ont repris Faust et\nannoncent Mignon et les associations symphoniques travaillent les Symphonies de Beethoven\net l'ouverture de Tannhauser. La vie recommence. Lyoïl n'apporte pas à la création de Don\nQuichotte la ferveur escomptée par la u Société des Amis de Massenet \", mais réserve à\nMlle Vallandri un succès flatteur. L'on n'ignore pas, en effet qu'au tribunal de la gloire, Paris\nreprésente la juridiction de première instance, Marseille, la procédure d'appel et Lyon la cour\nde cassation. Mlle Vallandri n'a donc plus rien à attendre de la justice humaine. M. Witkowski\nrevèle à la fois une symphonie de Gédalge et le Prélude à Y Après-midi d'un Faune, affirmant\nainsi un éclectisme aveuglant. Mlle Janssen, idole des lyonnais wagnériens, fanatise ses admira-\nteurs par son admirable interprétation des Rêves et de la Mort d'Yseult. Mmes Caratozzolo,\nAllard et Mlle Blanche Selva viennent défendre les dernières œuvres de Beethoven contre vin\npublic un peu méfiant. L'orchestre symphonique de Clermont-Perrancl prend la parole.\nMéhul, Haendel, Schubert, Brahms et le nouvel immortel Gustave Charpentier font les frais\nde la première séance. En même temps un violoniste de treize ans, Charles Sommer, affirme\nune virtuosité et un sentiment très remarquables. M. Soulacroup, l'habile chef-d'orchestre\ns'applaudit de cette révélation et le public applaudit à son tour M. Soulacroup. Champ-clos\ndes capellmeister, Angers se livre à son passe-temps favori qui consiste à comparer les\nperformances des divers recordman de la baguette se succédant au pupitre. M. Jean Gay se\nmesure avec l'ombre de Rhené-Bâton sur le ring qu'entoure une foule attentive. Les paris\nsont ouverts. Les premiers rounds sont douteux mais les brillants uppercuts de Shéhérazade et\ndes Steppes de Borodine permettent au nouveau venu de marquer quelques points avec\nmaestria. Le public acclame son nouveau champion. Cependant, Mme Mariano Bagnoli ouvre\nbrillamment ses cours et Guy Ropartz, suivi de son compatriote Pollain fait apprécier la belle\nconstruction cyclique de sa Quatrième Symphonie cyclisme démontable en quatre morceaux,"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.60", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3602, "texte": "modèle portatif de campagne et la douloureuse nostalgie de son Couvert de gloire,\nil regagne Nancy où l'attendent ses brillants concerts de la salle Victor Poirel. Florent\nSchmitt y représente dignement avec sa sauvage et somptueuse Tragédie de Salomé, l'école\ncontemporaine au milieu des effigies respectables des défenseurs d'un glorieux passé rangés en\ncercle autour du jeune auteur du Psaume XLVI. Grâce à l'amicale propagande d'Edouard\nPerrin, Schmitt, d'ailleurs, fait également à Montpellier des ravages dans le cœur des-\nmélomanes. L'actif et dévoué P. Coulet dirige brillamment la Société Charles Bordes et y\ndéfend la cause de l'art moderne. Par ses soins de très beaux concerts ont été organisés ; on\ny entendit avec émerveillement les Chansons à quatre voix de Debussy. Quelques étoiles,\nfilantes jettent un fugitif éclat sur \" lou Clapas \" : hier M'ne Marié de Lisle, MM. Marx-\nGoldschmitt, Frœlich, Spalding, David Blitz, demain Alfred Cortot. Enfin Crocé-Spinelli\nattire à Toulouse Mme Roger Miclos-Battaille et lui fait exécuter une de Liszt et\nles Etudes Symphoniques de Schumann au Conservatoire. Lui-même se couvre de gloire dans-\nune brillante interprétation de Thamar.Les toulousains semblent goûter médiocrement les\nhardiesses de Balakirew mais leur châtiment sera prompt et terrible : le théâtre du Capitole\nque son nom incline à l'indulgence envers certains volatiles dont il attend le salut\nprépare un perchoir à Y Aigle de M. Nouguès ! Tout se paie, ô toulousains ! L'heure de\nl'expiation va sonner !\n\nBelgique\n\nLE CHANT DE LA CLOCHE A BRUXELLES\n(SOUVENIRS)\nC'est par fragments que l'œuvre de Vincent d'lndy fut révélée à Bruxelles : au piano,\nd'abord, puis avec un orchestre réduit, aux concerts de la dont le secrétaire\nM. Octave Maus a tant fait pour la divulgation de la musique française d'avant garde. Les-\npremiers essais d'exécution ne nous en offrant, à la vérité, qu'une idée forcément très imparfaite,\nle Chant de la Cloche ne nous séduisit guère. Nous,c'est-à-dire, les \" Jeunes \" d'alors, férus du\nwagnérisme, nourris des grandes épopées germaniques, gavés des sonorités consistantes et grasses\nde l'orchestre wagnérien. Les œuvres de d'lndy nous plaisaient assez par le choix du sujet\n(pensez donc : du Schiller !), mais elles nous satisfaisaient mal sous le rapport des harmonies.\nCelles-ci nous apparaissaient crues, parsemées de modulations dures. L'orchestre sonnait, à\nnotre avis, aigrement. Le Rêve de Bruneau, qui venait de triompher à la ne nous\navait pas préparés (encore qu'il fût bourré d'incontestables grincements harmoniques et orches-\ntraux) à la musique infiniment subtile du Chant et d'autres pages d qui\ndéfrayaient abondamment les programmes de la au temps dont nous parlons.\nIl y avait toutefois parmi les derniers venus, un jeune compositeur, Guillaume Lekeu,\ndont la face fiévreuse, aux yeux injectés, exultait à l'audition de l'œuvre de son Maître. Il avait\ntravaillé, en effet, à Paris, sous la direction de Vincent d'lndy, et il vantait sa science, sa déli-\ncatesse d'invention, sa profondeur d'idées... Il le comparait volontiers à Mozart. Lekeu fut très\nécouté. Il arrivait de la \" grande ville \" ! Et puis, tout ce qu'il disait avait l'accent de la certi-\ntude, de la conviction. Son verbe enthousiaste faisait flotter comme un encens dans l'air. Les\ncompatriotes de Lekeu, j'entends : ses \" concitoyens \" verviétois, acceptaient ses paroles-\nainsi qu'un Evangile. Leur exubérance finit par convaincre de l'excellence de cette rhétorique\nmusicale nouvelle, dont nous n'apercevions pas toujours la véritable raison d'être."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.61", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 4296, "texte": "Mais nous disions donc que le Chant de la Cloche ne nous u emballa \" point du premier\ncoup. Nous ressentîmes toutefois pour cette musique un grand respect celui qui va aux\noeuvres fortement pensées, et fortement réalisées aux oeuvres sincères, aux œuvres enfin, à\nquelque tendance qu'elles appartiennent.\nUne nouvelle exécution, complète celle-là, se fit aux Artistes musiciens, sous la direction de\nM. Ph. Flon. Ce titre désignait une association de musiciens d'orchestre, ayant constitué une\ncaisse de secours et de retraite, dissoute depuis. Elle organisait chaque année i ou 2 concerts\nau bénéfice de ces caisses. Les études du Chant de la Cloche furent gravement entravées par les\ndissentions politiques de l'époque, dissentions qui entraînèrent des échauffourées violentes, au cours\ndesquelles par une étrange ironie les admirateurs mêmes de Vincent d'lndy se virent con-\ntraints de se battre entre eux. L'audition, bien entendu, se ressentit de cet état de choses, et d'esprits.\nJe me souviens du médiocre effet de Y Incendie, par exemple, qui est aujourd'hui l'un des clous de\nla partition. Il est certain qu'une bonne moitié des choristes ne chantaient point. Le dessin\npersistant des violons m'apparut d'une désolante minceur. Et le succès fut d'estime, sans plus»\nEnfin, après longtemps, près de 20 années, voici que le Chant de la Cloche nous revient, et\ntriomphe ! Faut-il attribuer ce triomphe à la mise en scène ? Certes elle est fort habile et répond\ntout à fait aux goûts du public bruxellois qui, j'ai pu souvent le constater, a l'œil plus sensible\nque l'oreille : il est plus peintre que musicien ! Mais il n'y a pas que les magnificences et\nl'animation de la mise en scène. Il y a surtout ceci : c'est que, depuis 1890, le public et les\nexécutants se sont renouvelés. Le beau temps du wagnérisme est fini, les musiciens d'avant-\ngarde ne jurent plus que par Debussy ou Ravel, en France, et en Allemagne, par Strauss ou\nMalher. Vincent d'lndy est classé; bien mieux, il est u classique \". De ses audaces d'écriture\nqui nous semblaient des bravades géniales en 1890, plus personne ne s'offusque, sinon quelques\nvieux obstinés qui ont survécu à l'ère héroïque.\nLe Chant de la Cloche a donc trouvé le grand succès. On a goûté l'animation et la variété\ndes tableaux. Parmi ceux-ci, le baptême est une belle page, calme et tendre, qui dut, charmer le\nbon \" père Franck\". On y retrouve les inflexions mélodiques et harmoniques chères au rénovateur\nde la musique de chambre en France. Un autre tableau délicieux est l'Amour, tout en douce\ngrisaille,— chaste rêverie au clair de lune. Certains épisodes ont de l'humour: la Kermesse; où\nsont animés d'un réel souffle dramatique : Y Incendie. Malgré leur âge, ces pages là sont encore\nsolides. Par la forme, elles s'apparentent de très près aux procédés wagnériens, voire meyer-\nbeeriens. Toutefois, à part peut-être le défilé des corporations dans la Kermesse, rien ne rappelle\nabsolument ces \" ancêtres \". L'effet est gros, il frise le conventionnel sans y trébucher, et s'en\ndégage tout à fait par une foule de détails amusants, encore aujourd'hui de fort bon aloi.\nSi l'on examine plus attentivement le plan que s'est tracé l'auteur dans le Chant de la Cloche,\non y découvre une parfaite entente de la construction scénique wagnérienne : grandes scènes\nen crescendo, régies par dès alternances tonales établies et surtout par des motifs conducteurs»\nSeule, la scène du Baptême fait exception : elle rappelle davantage, je l'ai déjà dit, la facture\nfranckiste. Quant au tableau de Y Amour, il appartient tout entier, sans conteste, à Vincent\nd'lndy lui-même. Le compositeur s'écriait récemment \" L'Esthétique allemande? j'en suis bien\nrevenu ! \" Si l'influence de cette esthétique est visible dans le Chant de la Cloche et dans plus\nd'une œuvre de la même date [lVallenstein, La Forêt enchantée, Schumaniana,) —la préoccupation\nétait générale, alors, de s'inspirer de données allemandes: [Le Chasseur Maudit, de C. Franck,\nLénore de Duparc) elle ne fut jamais bien profonde. Emprunter aux Allemands leurs données\npoétiques ne suffit pas pour que l'on puisse parler d'art allemand. Le tableau de Y Amour, dans le\nChant de la Cloche en était donc déjà \" revenu \", au moins autant que les œuvres subséquentes..»\n\nPaul Gilson."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.62", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3221, "texte": "Etranger\n\nLETTRE DE LONDRES\nCONCERTS.\nLes \" Promenade-Concerts \" du Queen's Hall ont organisé cette année une saison assez\nintéressante. Les programmes cependant ne nous révélèrent que peu de nouveautés. Parmi\ncelles-ci un Concerto pour violon de Coleridge Taylor (dont la mort récente est certainement\nune grande perte pour la musique anglaise) qui contient un allegro vigoureux, un andante plein\nde charme et un final quelque peu longuet ; un remarquable poème symphonique de\nMme Poldouski (Lady Dean Paul) \" Une Nuit sur une île près la cote à\"* Ecosse\", descriptif,\nmystérieux, plein d'atmosphère et délicatement orchestrée ; et trois Celtic Sketches de M. E. L.\nBainton d'une facture intéressante et d'une agréable variété.\nLe reste du programme fut consacré comme d'habitude à des fragments de Wagner, de\nsymphonies classiques et modernes, des œuvres de Debussy, Dukas, et autres musiciens\ncontemporains de nationalité différente.\nQuelques Récitals et des meilleurs, Casais, Jacques Thibaut, Bauer et quelques autres\nmoins glorieux. M. Liebich annonce une série de matinées consacrées les unes aux compositeurs\ndes XVIIe et XVIIIe siècles, les autres à Severac, Schmitt, Maurice Ravel et Debussy.\nENCORE L'OPÉRA.\nIl ne semble pas que, à Londres du moins, la Fortune favorise les audacieux ; car si\nquelqu'un montra jamais de l'audace pour ne pas dire plus, ce fut bien M. Oscar\nHammerstein fondateur et ex-directeur du London Opéra House. On le prévint pourtant\nassez, cet Américain entreprenant, qu'il ne réussirait pas à attirer le public anglais dont il\nignorait et les goûts et les habitudes et les manies et qu'il lui faudrait bientôt fermer les portes,\nà peine ouvertes, de son théâtre, après y avoir englouti une fortune.\nMais M. Hammerstein ne voulut rien entendre. Il continua de faire bâtir son énorme\nédifice, il prétendit montrer au public de Londres comment, en Amérique, on monte les\nopéras et il débuta, l'hiver dernier, par une gaffe naturellement, en choisissant comme pièce\nd'ouverture une œuvre d'un compositeur inconnu à Londres et dont le sujet même n'eut\njamais en Angleterre aucun succès en tant que roman, Quo Vadis.\nPour comprendre l'insuccès forcé de la tentative de M. Hammerstein, il faut connaître et\ncomprendre le goût musical anglais, et, avant d'arriver à ce résultat, il faut oublier les articles\naimables qui transforment un demi-succès en un triomphe, les \" Lettres de Londres \" tendan-\ncieuses qui dénaturent sur la plus évidente bonne foi la mentalité anglaise ; il faut enfin voir\nla situation vraiment telle qu'elle est.\nTout d'abord, reconnaissons le, au concert comme au théâtre, le public anglais n'aime\npas la musique française moderne, pas plus d'ailleurs qu'il n'aime la musique des compositeurs\nbritanniques ; une infime minorité peut apprécier au Queen's Hall les œuvres de Berlioz, de\nVincent d'lndy et de Dukas ; une certaine partie de ce public peut hurler d'enthousiasme,\ndu haut de la galerie de Covent Garden, aux représentations de Pelléas et Mèlisande ou de\nLouise ; ni ces applaudissements ni ces cris ne résument l'opinion du vrai public anglais. Car\nil ne s'est même pas dérangé ce vrai public, et n'a pas même eu la curiosité de venir entendre"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.63", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3952, "texte": "ces œuvres nouvelles pour lui. En effet, le public anglais résolument conservateur, peu curieux\net craintif ne tient nullement à entendre des nouveautés qui l'effarent et dont il ne sait que\npenser, jusqu'au jour où, dans peut-être dix ans d'ici, les journaux l'auront convaincu\nque Pellèaspar exemple est ausssi intéressant que la ou Jusqu'à ce jour,\nPelléas et Louise,les deux seules œuvres françaises qui aient, ces dernières années, obtenu un\nvrai succès artistique, continueront d'être jouées trois ou quatre fois par an devant des salles\ncomposées de spectateurs (ils ne se renouvellent guère et l'on voit les mêmes personnes à\nchaque représentation) dont l'accueil enthousiaste peut donner un instant, à un étranger,\nl'illusion du gros succès populaire.\nEvidemment, M. Hammerstein, Américain, ignorait tout de Londres ; mais les directeurs\nde Covent Garden, bien avisés, se gardèrent toujours, eux, de monter des nouveautés et chaque\nsaison nous ramène régulièrement les mêmes drames lyriques Wagnériens et les éternels opéras\nitaliens chers à la foule. Que M. Hammerstein ne s'étonne donc pas, en des interviews amers\npubliés actuellement dans les journaux américains, de l'indifférence du public à propos\nde Quo Fadis et des œuvres complètes de Massenet (qui n'obtint jamais même avec Manon et\nMiss Mary Garden aucun succès à Londres).\nLe jour où le London Opéra House afficha Rigoletto et la Traviata il y eut cependant un\npeu plus de monde dans la salle. Pas assez cependant au gré du directeur qui, une fois encore,\nne comprit plus ce que le public anglais veut.\nC'est pourtant bien simple. Tout d'abord M. Hammerstein ne nous offrit point des\ninterprétations aussi parfaites que les directeurs de Covent Garden. A des noms d'étoiles\ncosmopolites telles que Mmes Melba, Tetrazzini, MM. Sammarco, Anselmi, Van Roy, il\nopposa des noms de chanteurs excellents mais moins glorieux. II nous offrit de bonnes petites\nreprésentations d'ensemble, c'est-à-dire justement ce qu'il ne faut pas dans un pays qui pousse\njusqu'à la manie le culte de l'étoile.\nEnfin il y a autre chose, et c'est plus grave. Covent Garden est une tradition mondaine\ntandis que le London Opéra House ne fut jamais qu'une tentative commerciale ou\nartistique, peu importe. Et c'est contre cela surtout que M. Hammerstein a eu à lutter.\nA Covent Garden les \" gens chics \" et même les gens du monde ont leurs fauteuils et leurs\nhabitudes, les loges leurs titulaires titrés ; les abonnés s'y rencontrent, au cours de la saison,\naprès-dîner. C'est en somme le dernier salon où l'on cause, et quelquefois fort bruyamment.\nLa Cour s'y montre fréquemment. C'est le \" Royal Opéra \" enfin où il faut être vu certains\nsoirs par semaine ; et du haut de l'amphithéâtre, la Ville et la Baulieue viennent contempler\navec respect et admiration la belle société qui s'y exhibe et bavarde tout le long des actes.\nQue pouvait M. Hammerstein contre ces traditions mondaines et cet éclat sans pareil ?\nEt que ne lui a-t-on fait comprendre l'horreur de la situation sans ;ssue dans laquelle il se\ndébattit pendant plusieurs mois ? En pleine saison ces abonnés illustres restent fidèles à Covent\nGarden, en hiver ils sont à St Moritz, sur la Riviera, en Egypte, dans leurs terres, partout\nexcepté au London Opéra House ! C'est pourquoi M. Hammerstein, après avoir exhalé des\nplaintes amères et empreintes de rancune a dû se décider à fermer son théâtre.\nEt voici maintenant que les musiciens anglais tâchent d'ouvrir une souscription dont le\nmontant servirait à acquérir l'opéra de M. Hammerstein pour le convertir en Opéra National\npermanent. Des compositeurs tels que Sir Eréderick Bridge, Sir Fréderick Cowen, Sir\nAlexander Mackenzie, Sir Charles V. Stanford, M. Edward German et M. Landen Ronald\nsont à la tête de ce mouvement. Réussiront-ils à secouer l'apathie du public et à convaincre la\nnation anglaise de l'utilité et des chances de leur entreprise ?...\n\nX. Marcel Boulestin."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c062", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c062", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 51, "image_fin": 57, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.9.1", "titre_corps": "Les Concerts", "titre_sommaire": "Les Concerts", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.51", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1435, "texte": "Les Concerts\nCONCERT COLONNE\nDu respect dans l'art\nLa critique musicale a parfois de singulières façons de comprendre le respect qui se doit\nà la musique.\nA propos d'une symphonie de Monsieur Théodore Dubois que le public des \" galeries \"\ns'est permis de molester, elle traite ce pauvre public, sévèrement, allant jusqu'à l'accuser de se\nmal tenir. Il est évident qu'il valait mieux ne pas manifester, le silence sera toujours, dans de\npareils cas, la plus forte des critiques. Pourtant, il faudrait s'entendre et savoir si la situation\nofficielle de Monsieur Théodore Dubois commande absolument le respect ? Il a écrit un traité\nd'harmonie fort distingué, dirigé excellemment le Conservatoire de Musique. Son œuvre\nlyrique se joue peu, mais on ne joue plus du tout la Dame Blanche, charmant opéra-comique,\nde vraie tradition française, à la faveur duquel se faisaient et se défaisaient tant de mariages et\nqui vaut bien les coups de tampon du vérisme italien.\nIl prend à M. Théodore Dubois, vers la fin d'une vie bien remplie, la fantaisie d'écrire\nune symphonie dont le public (des galeries) lui fait sentir, sans aménité, qu'elle n'est utile, ni\nà la gloire de la musique en général, ni à la musique française en particulier. Où est le mal ?\net fallait-il prendre ces airs effarouchés ? On a déjà tué le goût du classique en France, en\nconfiant le soin de le faire respecter à des gens très ennuyeux. Pour oublier la tête du pion\n\n4"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.52", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3068, "texte": "qui nous forçait à réciter le songe d'Athalie, il faut pas mal d'années, encore la confond-on\nsouvent avec celle de Racine. En art, il ne peut y avoir de respect obligatoire et c'est avec de\nsemblables erreurs que l'on embarrasse le chemin d'un tas de gens qui ne sont devenus\nrespectables qu'à l'ancienneté. Depuis longtemps nous sommes pris de la manie d'administrer\nles choses les moins administrables qui soient au monde et, forcément, cette manie a fini par\nenvahir l'art ! Qu'on veuille faire de la musique, on fonde immédiatement une société où\ndes éléments contradictoires finissent généralement par se neutraliser. Qu'on veuille apprendre\nla musique ? On a le choix entre le Conservatoire, la Schola Cantorum, où, fût-on génial\ncomme Bach, doué comme Chopin, il faut subir le même règlement. Par quelle suite de\nmiracles ces deux mots : art, règlement, ont-ils pu se trouver associés, est proprement\ninimaginable.\nSans revenir aux maîtrises de la Renaissance qui ne s'accorderaient peut-être plus avec\nnotre époque, ne pourrait-on pas s'en inspirer et retrouver cet enseignement à l'air libre, sans\ndésirs de gloire trop prompte, où l'élève prenait le beau titre de disciple et craignait son\nmaître autant qu'il l'aimait.\nNe mêlons pas le respect, qui n'est qu'une vertu, à l'art qui est la plus belle des religions,\nfaite d'amour et d'égoïsme accepté.\nNOTES SUR LES CONCERTS DU MOIS.\nDans le triptyque intitulé \" De l'ombre à la lumière \" dont l'auteur est M. Paul Pierné,\nil faut sans doute préférer \" l'ombre \" à la \" lumière \" et mettre à part le second morceau\nle premier n'étant guère plus qu'un développement sur place. Par le moyen d'une figure\nrythmique un peu \" valse viennoise \" des libellules font des essais de vol plané bien émouvants,\ncependant qu'au fond du paysage, des nymphes évoluent selon les dernières méthodes de\nMademoiselle Isadora Duncan. La couleur orchestrale de ce morceau évoque délicieusement\nces dernières heures où les féeries intimes de la nuit laissent à regret la place au dur matin.\n(Comme nous n'avions pas le programme, il est possible que M. P. Pierné ait imaginé un\npaysage absolument différent du nôtre. Dans quel cas, il voudra bien nous excuser.)\nLe troisième morceau semble d'abord recommencer le second ; ce n'est qu'une alerte,\nd'ailleurs pas désagréable. C'est là que se placent les efforts de la lumière à vaincre l'ombre.\nMalheureusement, d'impudents violons se mettent devant les trompettes, font des paris à qui\nfera le plus de notes dans une mesure, et la belle lumière que le titre nous faisait espérer ne\nnous arrive qu'un peu diffuse. M. P. Pierné habille son orchestre à la dernière mode. Il\nn'oublie point ce déploiement d'étoffes orientales, sans lequel il n'est de bon orchestre aujour-\nd'hui. Toutefois il reste de bon goût, sans jamais tomber dans la parade. On lui voudrait\nquelquefois une mise en œuvre moins concertée, une émotion plus libre. On chantait dans ce\nmême concert l'air de l'Archange de Rédemption. M. P. Pierné a pu se rendre compte\njusqu'où peut aller \" l'effusion \"."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.53", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3267, "texte": "Il y a de curieux rapports entre l'art de Bôcklin et l'art de Richard Strauss.... Même\ninsouci d'un dessin préconçu, même goût pour chercher la forme directement dans la couleur,\net, tirer de cette même couleur des effets de pittoresque dramatique. De ces deux maîtres, le\npremier ne pourra plus changer sa manière, puisqu'il est mort ; le second, incontestablement\nvivant n'aurait garde de rien changer à la sienne, puisqu'il dispense l'émotion à travers les cinq\nparties du monde ou presque !\nDans \" la cuisinière bourgeoise \" à l'article ucivet de lièvre\" on peut lire cette prudente\nrecommandation: prenez un lièvre !... Richard Strauss procède différemment. Pour faire un\npoème symphonique il prend n'importe quelle idée ; c'est bien par quoi il est un extraordinaire\niliusioniste qui en remontrerait aux plus entraînés des Fakirs.\nMort et Transfiguration,sans avoir l'étincelante sûreté de \" Till Eulenspiegel \", ou la\ngrandiloquence passionnée du \" Don Juan \" contient néanmoins des formules restées chères\nà Richard Strauss, bien qu'il les ait améliorées dans la suite.\nLe commencement a des odeurs de sépulcre, dans lequel semblent se mouvoir d'inquiétantes\nlarves ; l'âme s'y livre à de durs combats, tendant de toutes ses forces à se libérer du corps\nmisérable qui la retient encore a la terre. IVlais, voici un hautbois qui chante une cantilène aux\ninflexions italiennes. On n en saisit pas tout de suite le pourquoi, faute d'avoir pensé à temps\nà ces innombrables migrations des âmes, restées si mystérieuses. D'ailleurs, si l'on se mêle de\nvouloir comprendre ce qui se passe dans un poeme symphonique, il vaut mieux renoncer à en\nécrire. Ce n est certes pas la lecture de ces petits guides, où les lettres de l'alphabet repré-\nsentent des membres de phrases-rebus, que l'on essaie de résoudre pendant l'exécution, qui fera\ncesser les fréquents malentendus entre l'auteur et l'auditeur. Pourtant la \" Transfiguration \"\ns'opère sous les yeux du public, sans trucs visibles, que de grands accords en ut majeur. C'est\nle ton qui donne le plus sûrement le sentiment de l'éternité.\nIl n'est pas du tout prouvé que la musique se meuve plus aisément dans le surhumain que\ndans 1 humain tout court. C'est une opinion forcée et généralement, littéraire. Et même,\ndans ce cas il n'est pas besoin de programme, qui attire la littérature \" comme miel \", la\nmusique la plus simple, la plus nue, y suffit. C'est pourquoi dans 4< Mort et Transfiguration \"\ncertaines parties paraissent un peu vides de ce qu'elles ne se justifient plus du titre. Ça n'est\nla faute de personne, pas même de Richard Strauss, qui est un des génies les plus autoritaires\nde notre temps.\nDimanche ler Décembre, Festival Beethoven Festival nécessaire, et en réfléchissant,\nfestival utile a detendre les esprits. On est enfin tranquille de n'avoir cju'à admirer, de pouvoir\néchanger des sourires informés à des endroits précis, toujours les mêmes, puisqu'on se les\nrepasse de génération en génération.\nA la sortie, on peut dire avec assurance : \" ce Beethoven ! quel génie ! \" rien n'est plus\nlégitimé, puis 1 attitude contraire ne serait que du snobisme encore plus bête. Nulle crainte à\navoir de subir cette atmosphère chargée de nervosité qui particularise les dimanches où l'on"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.54", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2924, "texte": "exécute : \" un jeune D'abord, il faut se faire une opinion, ce qui n'est pas toujours\ncommode. Faut-il, aussi, avoir l'air d'avoir compris ? ou l'air à jamais bouché aux harmonies\ntendancieuses ? Quel problème ! En vérité, nous regardons souvent très mal les paysages\nqui ne sont pas célèbres en savent quelque chose et jusqu'où peut aller la fantaisie des\nappréciations nous entendons peut-être plus mal encore ?\nAinsi restons persuadés qu'il y a des personnes très honorables qui n'entendent qu'une\nmesure sur huit cette arithmétique n'est pas infaillible, elle doit même varier avec\nchaque individu, il est donc naturel qu'à la fin d'un morceau il leur manque des mesures\net que leur compte ne soit] pas juste ! Ce manque est difficile à avouer, à moins d'employer\ncette ruse habituelle qui consiste à dire, l'air préoccupé : \" j'ai besoin d'entendre cela plusieurs\nfois... \" Rien n'est plus faux ! Quand on entend bien la musique écartons l'entraînement,\nles études appropriées on entend tout de suite, Le reste n'est qu'une\naffaire de milieu, ou d'influence extérieure. Un public n'est jamais, de lui même, hostile à la\nmusique, souvent il ne s'inquiète même pas de la signature, ce qui est une jolie leçon pour les\nspécialistes. Seulement, nous avons les terribles dilettantes qui ne sont pas venus pour\ns'amuser et devant lesquels il ne faut pas dire de bêtises. Alors, \" on se tient \", et comme\nles enfants, auxquels on fait \" choisir \" le gâteau dont justement ils n'avaient pas envie, on\nboude contre son cœur. Très sincèrement, ça n'est pas drôle d'être public ! Il faut lui souhaiter\nde réserver quelques dimanches à l'étude du bilboquet ; jeu qui exige une adresse peu commune,\nmais qui, du moins, ne réclame aucune faculté auriculaire spéciale.\nClaude Debussy.\nCONCERTS LAMOUREUX\nParmi les œuvres récentes exécutées pour la première fois aux Concerts-Lamoureux,\nnous devons signaler le Prélude et la Danse extraits de la d'Antoine Mariotte : on sait\nque cette œuvre contient d'excellentes pages, surtout dans la scène finale, et il faut désirer\nqu'on lui fasse au théâtre la place qu'elle mérite.\nExcellente exécution de la belle Symphonie de Paul Dukas, une œuvre qui reste et\nmérite de rester au répertoire des concerts, parce qu'elle est fournie d'idées vraiment musicales,\ntraitées et développées selon les méthodes traditionnelles, ce qui ne nuit en rien à son origi-\nnalité, au contraire.\n—La Chasse du Prince Arthur de Guy Ropartz fut dirigée par M. Chevillard avec une\ngrande poésie. L'œuvre, qui n'est pas sans rappeler parfois le style de César Franck (peut-on\nlui en faire un reproche ?) présente un épisode de chasse, avec les fanfares obligées,\nencadré entre deux mouvements lents, dont le dernier surtout est extrêmement expressif et\nprovoquera une réelle et profonde émotion chez tous ceux qui recherchent dans la musique\nautre chose que le \" chichi \" des sonorités.\nVincent d'lndy."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.55", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3188, "texte": "P. S. De fâcheuses coquilles ont émaillé mon dernier article sur le bon sens ; \" celui \"\nde nos lecteurs aura suffi à leur faire comprendre que je parlais de tons entiers et de gammes\npar tons ; nous sommes tous d'accord sur ce point.\nV. L\nBeware of Concerto\nAu temps lointain où nos grands concerts parcouraient chaque année, à tour de rôle ou\nsimultanément, le \" cycle \" des symphonies de Beethoven, quelqu'un que la musique\nmoderne incommodait réclama un jour publiquement un cycle complet des symphonies\nde Haydn : il lui fut répondu que le nombre de celles-ci variait suivant les musicographes entre\ncent dix-sept et cent-vingt-cinq. Le malheureux protestataire en mourut. Un pieux souvenir\nest dû à sa mémoire, à l'occasion du commencement de satisfaction qu'obtient maintenant cet\nhonnête homme par la \"première audition\" de la symphonie en ré majeur (op. 83) que vient\nde nous donner M. Chevillard. La précaution qu'a prise l'éminent chef-d'orchestre de rendre à\ncette œuvre son caractère originel de musique de chambre, en restreignant le nombre des instru-\nmentistes du quatuor, est excellente : elle rétablit l'équilibre de ce petit orchestre, toujours\nléger et plein en même temps, qui fut chez Haydn presque une création. A raison d'une\nsymphonie par an (ou deux les années bissextiles), un petit siècle suffira pour achever le \" cycle\nHaydn \" : Quid hoc ad œternitatem ?\nCette même époque reculée qui vit éclore les \" cycles \" fut aussi celle des \" merles \".\nEntendez par là certain trio de jeunes siffleurs qui entreprit, il y a huit ou dix ans, de purger\nnos programmes des acrobaties dites \" concertos \". On se souvient des salutaires effets de cette\ncampagne d'assainissement : polémiques, altercations, tumulte, puis apaisement progressif. La\nvictoire fut pour les merles alliés, tandis que la bonne tête de Turc du virtuose abandonnait\nl'une après l'autre ses positions, même les plus élevées.\nAujourd'hui, le u cycle \" est démodé ; la folie de la vitesse sévit ; 1' \" auto \" règne :\net voici que reparaît le fâcheux concerto tant sifflé. Si l'on n'y veille point, nos \" mélodromes \"\ndominicaux redeviendront l'asile élu de ces excentricités élégantes que représentent dignement\nles mots si français de sport, record. performance, etc.\nAprès Diémer, correct interprête d'un concerto de Massenet, récent et oublié, voici\nLhévinne (Joseph) qui pianote sans faute un concerto formulaire et suranné de Liszt ; et puis\nvoici Bauer (Harold) qui se mesure vaillamment avec le redoutable concerto en sol de Beethoven,\ndont l'adagio seul résiste au temps et demeure immuablement beau, parce que le virtuose n'y\npeut rien ajouter. Cet envahissement sournois ne s'exécute même plus à pas-de-loup (puisqu'il\nest mort), mais plutôt au germanique \" pas de parade \" tant vanté par le Professor Knatschké.\nLa cadence d'Outre-Rhin, prétentieuse et difforme, s'allonge ridiculement : le chef d'orchestre\nlui-même marque avec raison quelque impatience en présence de cet étalage dû à un quel-\nconque Hans de Biilow, rafraîchissant Beethoven par des formules pianistiques qu'un Ravina\nn'eût point reniées, comme l'on rafraîchit, à Berlin où à Stuttgart, les vieux tableaux des"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.56", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3344, "texte": "Primitifs par des tons subtilement choisis dans la palette des chromos. Et l'abonné mondain se\npâme ; et il court au vestiaire aussitôt après le dernier rappel du seul \" artiste \" qui l'intéresse.\nMusiciens, méfions-nous aussi de ces rappels qui provoqueront un jour ou l'autre l'adjonction\ninattendue au programme du Rappel des Oiseaux.\nPourquoi se gênerait-il, au surplus, cet élégant claqueur du pianiste à la mode, puisque\n\" le reste du programme \" ne contient guère que de la musique ? Ce serait vraiment dommage\nqu'il s'attardât dans la salle pour entendre cette pittoresque de Balakirew, que\nM. Chevillard aime et conduit \" par cœur \" avec une rare souplesse et une grande vérité de\nnuances ; cette magistrale Symphonie de César Franck, chef d'œuvre de notre art musical\nfrançais, clair, logique, équilibré, sans cesser jamais d'être à la fois expressif et émouvant ; cette\nmélancolique Lènore, poignante ballade symphonique de celui qui apparaît encore au milieu\nde nous comme le chantre génial de toutes les douleurs, peut-être parce qu'il en fut aussi\nl'héroïque victime, Henri Duparc.\nLes Pièces pittoresques romaines de M. André Gailhard ont bénéficié au contraire de\nl'auditoire \" intégral \", puisqu'elles prenaient rang avant le \" numéro sensationnel \", c'est-à-\n-dire avant le virtuose. Et il se peut que de la sorte elles aient rencontré un plus grand nombre\nd'appréciateurs: Une chanson passe...nous apprend l'un des titres; et l'on aurait pu\nretrouver dans cette chanson d'un italianisme assez vrai quelque chose de la bonne gaîté de ce\npeuple qui, seul, rend digeste par l'assaissonnement qu'il y ajoute la musique d'un Mascagni.\nMais on nous a présenté cette chanson \" bon enfant \" dans un style compassé et solennel qui\nlui ôtait toute saveur. Quant aux Bords du Tibre,si vraiment les coups de gong et les carillons\ny font un tel \" chambard \", on s'explique la préférence de beaucoup de gens pour notre place\nde l'Opéra. Au surplus, l'Opéra n'est-il pas la place de M. André Gailhard...\nEt par droit de naissance et par droit de ?\nNous avons dit ailleurs le bien qu'il fallait penser de la de M. Florent\nSchmitt, et surtout le lien étroit qui unit la musique et la pantomime dans cet ouvrage\néminemment représentatif. Mais où peut-on jouer une pantomime vraiment musicale dans nos\nthéâtres ? Cela n'est possible qu'exceptionnellement : c'est pourquoi nous retrouvons au concert\ncette Salomé qui n'y est pas plus à sa place qu'aucune autre.\nUn mois de concerts serait incomplet sans un contingent de Slaves. C'est pourquoi, sans\ncompter Thamar déjà nommée et déjà bissée, Mad. Nikitina nous apporta des bords de\nla Néva quelques extraits de la Légende de la Ville de Rimsky, et une complainte\ndu Prince Igor>de Borodine, qui ne valaient pas ce long voyage. Heureusement, elle avait mis\naussi dans sa malle une certaine Nuit de Moussorgsky : cette pièce, excellemment traduite\npar M. Calvocoressi, suffisait seule à nous dédommager : l'auteur de la et\nde Boris Godounovudemeure et demeurera pour nous le plus grand, sinon le plus heureux,\ndes cinq...de ces fameux cinq\" qui, comme les mousquetaires, ne furent jamais que\nquatre\", ainsi que le rappelait spirituellement un de nos excellents eonfrères. Car, plus que tout\nautre, Moussorgsky, qu'on devrait appeler \" le grand Modest \", sut garder la caractéristique"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.57", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2820, "texte": "de sa race, en dépit de sa culture musicale, n'en déplaise à beaucoup de Critiques russes qui\nrevendiquent, on ne sait pourquoi, le plus Allemand des leurs, Tschaïkowsky, comme leur\nmusicien national.\nAuguste Sérieyx.\nSOCIÉTÉ DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE\nIl faut se louer de l'existence de la Société des Concerts : il est bon qu'après les discours\nsur la montagne de Chevillard ou de Pierné après les manifestes internationaux des sociétés\nd'avant-garde, après les proclamations de certains impresarii, bachi-bouzouks ivres de féeries\nrusses ou de séances de boxe allemande, se fasse entendre une voix purement et simplement\nfrançaise.\nEt cette voix est d'autant plus forte qu'elle émane de la Société des Concerts. Parce que ?\nparce que la Société des Concerts a 86 ans d'existence, ce qui lui donne la grâce avertie des\nvieilles gens, parce qu'elle se cramponne à un local, qui n'est pas un théâtre loué à l'heure ou\nà la petite semaine, ni une galerie moderne plafonnée de lumière, mais cette menue, spirituelle\net bienveillante salle du vieux Conservatoire, aussi sacrée que la Coupole de l'lnstitut, et\nsurtout parce que ce serait un truisme que de réaffirmer l'excellence de l'orchestre de la\nsociété, de ses chœurs et de son chef, M. Messager.\nEt c'est pourquoi le premier concert de la saison avec un programme presque exclusive-\nment français et ces noms : Saint-Saëns, Chausson, Fauré, Berlioz, obtint l'approbation\nunanime et prévint tout de suite l'auditeur ou le critique des intentions de celui qui\n\" mène le jeu \", rue du Faubourg Poissonnière.\nJ'ai dit presque exclusivement français : je ne saurais négliger une incursion dans le\ntemple Beethovenien.\nIl faut adorer les temples : il faut y entrer le front bas et les mains paisibles, en vénérer les\ncoins les plus sombres : l'atmosphère d'une cathédrale tient du prodige comme la pensée d'un\ngénie : à fouiller les replis de cette pensée comme à scruter les profondeurs de cette cathédrale\non éprouve de grandes joies, de glorieuses surprises : les vitraux sont étrangement nuancés\ndans les chapelles de l'abside : l'odeur des siècles est plus précieuse dans la crypte. Mais\ncomme il faut se défier de certains autels consacrés à des saints à succès : Antoine ou Expédit ;\nla renommée y conduit la masse des fidèles qui s'ébroue d'admiration ; le cicerone indique\nd'un geste autoritaire les innombrables ex-votos accrochés au mur par des demandeurs exaucés;\nil couvre même souvent le saint d'un manteau que dans un excès de zèle un adorateur lui\nbroda. Si nous ne pouvons ou voulons découvrir le coin qui dissimule une lueur ou une forme\nimprévues, restons dans la grande nef où monte la symphonie des voûtes et des colonnes.\nM. A. Rivarde a posé un nouvel ex-voto dans la chapelle vouée au concerto pour violon\nde Beethoven.\nJean Laporte."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c064", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c064", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 58, "image_fin": 59, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.9.2", "titre_corps": "Concerts divers", "titre_sommaire": "Concerts divers", "signature_source": "G. K", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.58", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3771, "texte": "Concerts divers\n\nLa vulgarisation intensive de la musique, le développement croissant de l'appétit des\nconcerts dans notre société contemporaine sont des progrès dont nous commençons à payer la\nrançon. Certes nous consommons aujourd'hui une quantité prodigieuse de doubles croches\net nos salles d'auditions sont toujours pleines mais cette boulimie est devenue peu à peu un\ninstinct banal qui s'exerce sans réflexion, un besoin vulgaire et inconscient que nous satisfaisons\nsans discernement. Nous avalons notre musique quotidienne comme notre pain quotidien, sans\nplaisir, sans même nous en apercevoir ; ce n'est plus pour nous une délicate et rare friandise.\nAussi nos fournisseurs ne se donnent-ils plus la peine inutile de parer ingénieusement la\nmarchandise qu'ils nous offrent et de varier leurs livraisons.\nDès le début de cette saison la pauvreté d'imagination et la nonchalance des organisateurs\nreprennent leurs droits. On vit sur le répertoire, on renouvelle les mêmes effets, on tourne les\nmêmes pages. Et le public se déclare satisfait de pouvoir s'ébrouer et applaudir aux mêmes\nendroits. Combien de temps dureront cette somnolence et cette béate indulgence ? Qui nous\nréveillera de cette torpeur ? L'avenir nous le dira mais cet avenir-là semble assez lointain.\nEn attendant enregistrons le présent. L'Association des Concerts Hasselmans\nemplit le Trocadéro d'harmonies wagnériennes et beethoveniennes. La Société Philar-\nmonique rallume dans son ciel les étoiles que M. Viviani croyait avoir éteintes: le quatuor\nCapet, Moritz Rosenthal, Wurmser, Vecsei, Fritz Kreisler et Mme Durigo accourent à l'appel\nde l'astronome Rey qui, des fenêtres de la salle Gaveau, braque sur le firmament européen un\npuissant télescope. La Société Bach. donne une belle interprétation de la Passion selon\nS 1 Jean et sa sœur, la Société Hœndel se prosterne devant le Messie. Le Salon des\nMusiciens accroche à sa cimaise trois cadres où sourient les visages de Léon Moreau, Roger\nde Francmesuil et Louis Duttenhofer, bien connus des habitués du Salon de l'lndépendante.\nMme Brejean-Silver y récolte des ovations dans une œuvre d'Amirian et l'on y fête avec\nattendrissement la chère mémoire de Massenet. Les Soirées et les Matinées d'Art se\nconsacrent à Chopin, à Schumann et à Beethoven. La Schola fête la trinité des Bach.\nLes quatuors, l'archet haut, attaquent vigoureusement leurs seize cordes. C'est Parent\nqui rend hommage à Brahms, à Magnard, à d'lndy, à Chausson, à Debussy, à Lekeu, à\nTurina, à Paul Dupin, à Franck et à sa propre inspiration. C'est Sangra qui, assisté\nd'Antoinette Veluard, bat tous les records de vitesse, de durée, de résistance, d'endurance,\nde poids et de nombre. C'est Junnemann qui réunit Haydn, Mozart et Beethoven en un\nraccourci instructif et c'est la phalange hongroise de Waldbauer présentée par Calvoceressi\nà l'Ecole des Hautes Etudes sociales et jouant avec âme du Nicolas Radnaï et du Béla Bartok.\nQuelques jours plus tard, cet admirable groupe nous donnait une interprétation du Quatuor\nde Debussy absolument stupéfiante de goût et de clairvoyance.\nLes pianistes n'en sont pas encore venus aux mains. MM. Lemberg, Max Behrens,\nHarold Bauer et Lhévinne sont à peu près seuls à défendre le bon renom de la corpo-\nration. Peu de violonistes également ; c'est à peine si Mlles \"Wllt, Bernin et M. Marsick\nosent émouvoir les chanterelles devant un public respecteux et attentif.\nLes chanteurs y mettent moins de discrétion. Le baryton Louis Aerts mobilise quatre\nfois de suite les afficheurs. Il a d'ailleurs le tact de s'entourer d'une excellente compagnie où\nculmine le pur soprano de Madeleine Bonnard. M. Seagle tente une importation des\nméthodes vocales américaines appliquées au lied français. Mme Clara Butt, cantatrice"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.59", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1387, "texte": "anglaise, n'a pas voulu laisser at home les œuvres qui lui valent chez ses compatriotes un succès\ntoujours nouveau ; ce trait de patriotisme est diversement apprécié. Mme Nikitina, plus\nsagement internationaliste, passe de Moussorgsky à Schubert, de César Cui à Chausson, de\nGretchaninow à Binenbaum et de Borodine à Debussy. Son succès est triomphal. Mlle The-\nbaudt donne un récital qui part du bel canto pour aboutir au lied contemporain et ne faiblit\npas au cours de ce long voyage.\nEnfin quelques compositeurs, partisans de l'action directe, et estimant que l'on n'est\njamais bien servi que par soi-même, invitent le public à venir recenser leur bibliothèque. De ce\nnombre M. Schlesinger, mélodiste abondant et ingénu et l'ineffable Emanuel Moor,\ntoujours fécond, toujours olympien, toujours passionnément défendu par l'excellent Maurice\nDumesnil. Ces expositions officielles doivent être encouragées. Il est bon que les auditeurs\npuissent ainsi prendre connaissance en une soirée du bagage complet d'un artiste et se faire\nune idée plus juste de sa personnalité d'après l'ensemble de sa production. L'épreuve est loyale\ncomme une exposition de peinture : en sortant d'un tel concert on peut au moins, en connais-\nsance de cause, dire au musicien un affectueux au revoir on prendra définitivement congé de\nlui. Voilà qui simplifie singulièrement notre existence !\n\nG. K."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c065", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c065", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 59, "image_fin": 60, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.9.3", "titre_corps": "Province", "titre_sommaire": "Province", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.59", "debut_caractere": 1389, "fin_caractere_exclue": 3768, "texte": "Province\nLentement, paresseusement, la musique arrachée à son sommeil estival, s'étire et s'éveille.\nLes violons départementaux s'accordent, les barytons provençaux cherchent leur creux et les\nténors gascons fourbissent leur contre-ut de poitrine. Les théâtres lyriques ont repris Faust et\nannoncent Mignon et les associations symphoniques travaillent les Symphonies de Beethoven\net l'ouverture de Tannhauser. La vie recommence. Lyoïl n'apporte pas à la création de Don\nQuichotte la ferveur escomptée par la u Société des Amis de Massenet \", mais réserve à\nMlle Vallandri un succès flatteur. L'on n'ignore pas, en effet qu'au tribunal de la gloire, Paris\nreprésente la juridiction de première instance, Marseille, la procédure d'appel et Lyon la cour\nde cassation. Mlle Vallandri n'a donc plus rien à attendre de la justice humaine. M. Witkowski\nrevèle à la fois une symphonie de Gédalge et le Prélude à Y Après-midi d'un Faune, affirmant\nainsi un éclectisme aveuglant. Mlle Janssen, idole des lyonnais wagnériens, fanatise ses admira-\nteurs par son admirable interprétation des Rêves et de la Mort d'Yseult. Mmes Caratozzolo,\nAllard et Mlle Blanche Selva viennent défendre les dernières œuvres de Beethoven contre vin\npublic un peu méfiant. L'orchestre symphonique de Clermont-Perrancl prend la parole.\nMéhul, Haendel, Schubert, Brahms et le nouvel immortel Gustave Charpentier font les frais\nde la première séance. En même temps un violoniste de treize ans, Charles Sommer, affirme\nune virtuosité et un sentiment très remarquables. M. Soulacroup, l'habile chef-d'orchestre\ns'applaudit de cette révélation et le public applaudit à son tour M. Soulacroup. Champ-clos\ndes capellmeister, Angers se livre à son passe-temps favori qui consiste à comparer les\nperformances des divers recordman de la baguette se succédant au pupitre. M. Jean Gay se\nmesure avec l'ombre de Rhené-Bâton sur le ring qu'entoure une foule attentive. Les paris\nsont ouverts. Les premiers rounds sont douteux mais les brillants uppercuts de Shéhérazade et\ndes Steppes de Borodine permettent au nouveau venu de marquer quelques points avec\nmaestria. Le public acclame son nouveau champion. Cependant, Mme Mariano Bagnoli ouvre\nbrillamment ses cours et Guy Ropartz, suivi de son compatriote Pollain fait apprécier la belle\nconstruction cyclique de sa Quatrième Symphonie cyclisme démontable en quatre morceaux,"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.60", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1539, "texte": "modèle portatif de campagne et la douloureuse nostalgie de son Couvert de gloire,\nil regagne Nancy où l'attendent ses brillants concerts de la salle Victor Poirel. Florent\nSchmitt y représente dignement avec sa sauvage et somptueuse Tragédie de Salomé, l'école\ncontemporaine au milieu des effigies respectables des défenseurs d'un glorieux passé rangés en\ncercle autour du jeune auteur du Psaume XLVI. Grâce à l'amicale propagande d'Edouard\nPerrin, Schmitt, d'ailleurs, fait également à Montpellier des ravages dans le cœur des-\nmélomanes. L'actif et dévoué P. Coulet dirige brillamment la Société Charles Bordes et y\ndéfend la cause de l'art moderne. Par ses soins de très beaux concerts ont été organisés ; on\ny entendit avec émerveillement les Chansons à quatre voix de Debussy. Quelques étoiles,\nfilantes jettent un fugitif éclat sur \" lou Clapas \" : hier M'ne Marié de Lisle, MM. Marx-\nGoldschmitt, Frœlich, Spalding, David Blitz, demain Alfred Cortot. Enfin Crocé-Spinelli\nattire à Toulouse Mme Roger Miclos-Battaille et lui fait exécuter une de Liszt et\nles Etudes Symphoniques de Schumann au Conservatoire. Lui-même se couvre de gloire dans-\nune brillante interprétation de Thamar.Les toulousains semblent goûter médiocrement les\nhardiesses de Balakirew mais leur châtiment sera prompt et terrible : le théâtre du Capitole\nque son nom incline à l'indulgence envers certains volatiles dont il attend le salut\nprépare un perchoir à Y Aigle de M. Nouguès ! Tout se paie, ô toulousains ! L'heure de\nl'expiation va sonner !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c066", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c066", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 60, "image_fin": 61, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.9.4", "titre_corps": "Belgique", "titre_sommaire": "Belgique", "signature_source": "Paul Gilson", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.60", "debut_caractere": 1541, "fin_caractere_exclue": 3602, "texte": "Belgique\n\nLE CHANT DE LA CLOCHE A BRUXELLES\n(SOUVENIRS)\nC'est par fragments que l'œuvre de Vincent d'lndy fut révélée à Bruxelles : au piano,\nd'abord, puis avec un orchestre réduit, aux concerts de la dont le secrétaire\nM. Octave Maus a tant fait pour la divulgation de la musique française d'avant garde. Les-\npremiers essais d'exécution ne nous en offrant, à la vérité, qu'une idée forcément très imparfaite,\nle Chant de la Cloche ne nous séduisit guère. Nous,c'est-à-dire, les \" Jeunes \" d'alors, férus du\nwagnérisme, nourris des grandes épopées germaniques, gavés des sonorités consistantes et grasses\nde l'orchestre wagnérien. Les œuvres de d'lndy nous plaisaient assez par le choix du sujet\n(pensez donc : du Schiller !), mais elles nous satisfaisaient mal sous le rapport des harmonies.\nCelles-ci nous apparaissaient crues, parsemées de modulations dures. L'orchestre sonnait, à\nnotre avis, aigrement. Le Rêve de Bruneau, qui venait de triompher à la ne nous\navait pas préparés (encore qu'il fût bourré d'incontestables grincements harmoniques et orches-\ntraux) à la musique infiniment subtile du Chant et d'autres pages d qui\ndéfrayaient abondamment les programmes de la au temps dont nous parlons.\nIl y avait toutefois parmi les derniers venus, un jeune compositeur, Guillaume Lekeu,\ndont la face fiévreuse, aux yeux injectés, exultait à l'audition de l'œuvre de son Maître. Il avait\ntravaillé, en effet, à Paris, sous la direction de Vincent d'lndy, et il vantait sa science, sa déli-\ncatesse d'invention, sa profondeur d'idées... Il le comparait volontiers à Mozart. Lekeu fut très\nécouté. Il arrivait de la \" grande ville \" ! Et puis, tout ce qu'il disait avait l'accent de la certi-\ntude, de la conviction. Son verbe enthousiaste faisait flotter comme un encens dans l'air. Les\ncompatriotes de Lekeu, j'entends : ses \" concitoyens \" verviétois, acceptaient ses paroles-\nainsi qu'un Evangile. Leur exubérance finit par convaincre de l'excellence de cette rhétorique\nmusicale nouvelle, dont nous n'apercevions pas toujours la véritable raison d'être."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.61", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 4296, "texte": "Mais nous disions donc que le Chant de la Cloche ne nous u emballa \" point du premier\ncoup. Nous ressentîmes toutefois pour cette musique un grand respect celui qui va aux\noeuvres fortement pensées, et fortement réalisées aux oeuvres sincères, aux œuvres enfin, à\nquelque tendance qu'elles appartiennent.\nUne nouvelle exécution, complète celle-là, se fit aux Artistes musiciens, sous la direction de\nM. Ph. Flon. Ce titre désignait une association de musiciens d'orchestre, ayant constitué une\ncaisse de secours et de retraite, dissoute depuis. Elle organisait chaque année i ou 2 concerts\nau bénéfice de ces caisses. Les études du Chant de la Cloche furent gravement entravées par les\ndissentions politiques de l'époque, dissentions qui entraînèrent des échauffourées violentes, au cours\ndesquelles par une étrange ironie les admirateurs mêmes de Vincent d'lndy se virent con-\ntraints de se battre entre eux. L'audition, bien entendu, se ressentit de cet état de choses, et d'esprits.\nJe me souviens du médiocre effet de Y Incendie, par exemple, qui est aujourd'hui l'un des clous de\nla partition. Il est certain qu'une bonne moitié des choristes ne chantaient point. Le dessin\npersistant des violons m'apparut d'une désolante minceur. Et le succès fut d'estime, sans plus»\nEnfin, après longtemps, près de 20 années, voici que le Chant de la Cloche nous revient, et\ntriomphe ! Faut-il attribuer ce triomphe à la mise en scène ? Certes elle est fort habile et répond\ntout à fait aux goûts du public bruxellois qui, j'ai pu souvent le constater, a l'œil plus sensible\nque l'oreille : il est plus peintre que musicien ! Mais il n'y a pas que les magnificences et\nl'animation de la mise en scène. Il y a surtout ceci : c'est que, depuis 1890, le public et les\nexécutants se sont renouvelés. Le beau temps du wagnérisme est fini, les musiciens d'avant-\ngarde ne jurent plus que par Debussy ou Ravel, en France, et en Allemagne, par Strauss ou\nMalher. Vincent d'lndy est classé; bien mieux, il est u classique \". De ses audaces d'écriture\nqui nous semblaient des bravades géniales en 1890, plus personne ne s'offusque, sinon quelques\nvieux obstinés qui ont survécu à l'ère héroïque.\nLe Chant de la Cloche a donc trouvé le grand succès. On a goûté l'animation et la variété\ndes tableaux. Parmi ceux-ci, le baptême est une belle page, calme et tendre, qui dut, charmer le\nbon \" père Franck\". On y retrouve les inflexions mélodiques et harmoniques chères au rénovateur\nde la musique de chambre en France. Un autre tableau délicieux est l'Amour, tout en douce\ngrisaille,— chaste rêverie au clair de lune. Certains épisodes ont de l'humour: la Kermesse; où\nsont animés d'un réel souffle dramatique : Y Incendie. Malgré leur âge, ces pages là sont encore\nsolides. Par la forme, elles s'apparentent de très près aux procédés wagnériens, voire meyer-\nbeeriens. Toutefois, à part peut-être le défilé des corporations dans la Kermesse, rien ne rappelle\nabsolument ces \" ancêtres \". L'effet est gros, il frise le conventionnel sans y trébucher, et s'en\ndégage tout à fait par une foule de détails amusants, encore aujourd'hui de fort bon aloi.\nSi l'on examine plus attentivement le plan que s'est tracé l'auteur dans le Chant de la Cloche,\non y découvre une parfaite entente de la construction scénique wagnérienne : grandes scènes\nen crescendo, régies par dès alternances tonales établies et surtout par des motifs conducteurs»\nSeule, la scène du Baptême fait exception : elle rappelle davantage, je l'ai déjà dit, la facture\nfranckiste. Quant au tableau de Y Amour, il appartient tout entier, sans conteste, à Vincent\nd'lndy lui-même. Le compositeur s'écriait récemment \" L'Esthétique allemande? j'en suis bien\nrevenu ! \" Si l'influence de cette esthétique est visible dans le Chant de la Cloche et dans plus\nd'une œuvre de la même date [lVallenstein, La Forêt enchantée, Schumaniana,) —la préoccupation\nétait générale, alors, de s'inspirer de données allemandes: [Le Chasseur Maudit, de C. Franck,\nLénore de Duparc) elle ne fut jamais bien profonde. Emprunter aux Allemands leurs données\npoétiques ne suffit pas pour que l'on puisse parler d'art allemand. Le tableau de Y Amour, dans le\nChant de la Cloche en était donc déjà \" revenu \", au moins autant que les œuvres subséquentes..»\n\nPaul Gilson."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c067", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c067", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 62, "image_fin": 63, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.9.5", "titre_corps": "Etranger", "titre_sommaire": "Etranger", "signature_source": "X. Marcel Boulestin", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.62", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3221, "texte": "Etranger\n\nLETTRE DE LONDRES\nCONCERTS.\nLes \" Promenade-Concerts \" du Queen's Hall ont organisé cette année une saison assez\nintéressante. Les programmes cependant ne nous révélèrent que peu de nouveautés. Parmi\ncelles-ci un Concerto pour violon de Coleridge Taylor (dont la mort récente est certainement\nune grande perte pour la musique anglaise) qui contient un allegro vigoureux, un andante plein\nde charme et un final quelque peu longuet ; un remarquable poème symphonique de\nMme Poldouski (Lady Dean Paul) \" Une Nuit sur une île près la cote à\"* Ecosse\", descriptif,\nmystérieux, plein d'atmosphère et délicatement orchestrée ; et trois Celtic Sketches de M. E. L.\nBainton d'une facture intéressante et d'une agréable variété.\nLe reste du programme fut consacré comme d'habitude à des fragments de Wagner, de\nsymphonies classiques et modernes, des œuvres de Debussy, Dukas, et autres musiciens\ncontemporains de nationalité différente.\nQuelques Récitals et des meilleurs, Casais, Jacques Thibaut, Bauer et quelques autres\nmoins glorieux. M. Liebich annonce une série de matinées consacrées les unes aux compositeurs\ndes XVIIe et XVIIIe siècles, les autres à Severac, Schmitt, Maurice Ravel et Debussy.\nENCORE L'OPÉRA.\nIl ne semble pas que, à Londres du moins, la Fortune favorise les audacieux ; car si\nquelqu'un montra jamais de l'audace pour ne pas dire plus, ce fut bien M. Oscar\nHammerstein fondateur et ex-directeur du London Opéra House. On le prévint pourtant\nassez, cet Américain entreprenant, qu'il ne réussirait pas à attirer le public anglais dont il\nignorait et les goûts et les habitudes et les manies et qu'il lui faudrait bientôt fermer les portes,\nà peine ouvertes, de son théâtre, après y avoir englouti une fortune.\nMais M. Hammerstein ne voulut rien entendre. Il continua de faire bâtir son énorme\nédifice, il prétendit montrer au public de Londres comment, en Amérique, on monte les\nopéras et il débuta, l'hiver dernier, par une gaffe naturellement, en choisissant comme pièce\nd'ouverture une œuvre d'un compositeur inconnu à Londres et dont le sujet même n'eut\njamais en Angleterre aucun succès en tant que roman, Quo Vadis.\nPour comprendre l'insuccès forcé de la tentative de M. Hammerstein, il faut connaître et\ncomprendre le goût musical anglais, et, avant d'arriver à ce résultat, il faut oublier les articles\naimables qui transforment un demi-succès en un triomphe, les \" Lettres de Londres \" tendan-\ncieuses qui dénaturent sur la plus évidente bonne foi la mentalité anglaise ; il faut enfin voir\nla situation vraiment telle qu'elle est.\nTout d'abord, reconnaissons le, au concert comme au théâtre, le public anglais n'aime\npas la musique française moderne, pas plus d'ailleurs qu'il n'aime la musique des compositeurs\nbritanniques ; une infime minorité peut apprécier au Queen's Hall les œuvres de Berlioz, de\nVincent d'lndy et de Dukas ; une certaine partie de ce public peut hurler d'enthousiasme,\ndu haut de la galerie de Covent Garden, aux représentations de Pelléas et Mèlisande ou de\nLouise ; ni ces applaudissements ni ces cris ne résument l'opinion du vrai public anglais. Car\nil ne s'est même pas dérangé ce vrai public, et n'a pas même eu la curiosité de venir entendre"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.63", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3952, "texte": "ces œuvres nouvelles pour lui. En effet, le public anglais résolument conservateur, peu curieux\net craintif ne tient nullement à entendre des nouveautés qui l'effarent et dont il ne sait que\npenser, jusqu'au jour où, dans peut-être dix ans d'ici, les journaux l'auront convaincu\nque Pellèaspar exemple est ausssi intéressant que la ou Jusqu'à ce jour,\nPelléas et Louise,les deux seules œuvres françaises qui aient, ces dernières années, obtenu un\nvrai succès artistique, continueront d'être jouées trois ou quatre fois par an devant des salles\ncomposées de spectateurs (ils ne se renouvellent guère et l'on voit les mêmes personnes à\nchaque représentation) dont l'accueil enthousiaste peut donner un instant, à un étranger,\nl'illusion du gros succès populaire.\nEvidemment, M. Hammerstein, Américain, ignorait tout de Londres ; mais les directeurs\nde Covent Garden, bien avisés, se gardèrent toujours, eux, de monter des nouveautés et chaque\nsaison nous ramène régulièrement les mêmes drames lyriques Wagnériens et les éternels opéras\nitaliens chers à la foule. Que M. Hammerstein ne s'étonne donc pas, en des interviews amers\npubliés actuellement dans les journaux américains, de l'indifférence du public à propos\nde Quo Fadis et des œuvres complètes de Massenet (qui n'obtint jamais même avec Manon et\nMiss Mary Garden aucun succès à Londres).\nLe jour où le London Opéra House afficha Rigoletto et la Traviata il y eut cependant un\npeu plus de monde dans la salle. Pas assez cependant au gré du directeur qui, une fois encore,\nne comprit plus ce que le public anglais veut.\nC'est pourtant bien simple. Tout d'abord M. Hammerstein ne nous offrit point des\ninterprétations aussi parfaites que les directeurs de Covent Garden. A des noms d'étoiles\ncosmopolites telles que Mmes Melba, Tetrazzini, MM. Sammarco, Anselmi, Van Roy, il\nopposa des noms de chanteurs excellents mais moins glorieux. II nous offrit de bonnes petites\nreprésentations d'ensemble, c'est-à-dire justement ce qu'il ne faut pas dans un pays qui pousse\njusqu'à la manie le culte de l'étoile.\nEnfin il y a autre chose, et c'est plus grave. Covent Garden est une tradition mondaine\ntandis que le London Opéra House ne fut jamais qu'une tentative commerciale ou\nartistique, peu importe. Et c'est contre cela surtout que M. Hammerstein a eu à lutter.\nA Covent Garden les \" gens chics \" et même les gens du monde ont leurs fauteuils et leurs\nhabitudes, les loges leurs titulaires titrés ; les abonnés s'y rencontrent, au cours de la saison,\naprès-dîner. C'est en somme le dernier salon où l'on cause, et quelquefois fort bruyamment.\nLa Cour s'y montre fréquemment. C'est le \" Royal Opéra \" enfin où il faut être vu certains\nsoirs par semaine ; et du haut de l'amphithéâtre, la Ville et la Baulieue viennent contempler\navec respect et admiration la belle société qui s'y exhibe et bavarde tout le long des actes.\nQue pouvait M. Hammerstein contre ces traditions mondaines et cet éclat sans pareil ?\nEt que ne lui a-t-on fait comprendre l'horreur de la situation sans ;ssue dans laquelle il se\ndébattit pendant plusieurs mois ? En pleine saison ces abonnés illustres restent fidèles à Covent\nGarden, en hiver ils sont à St Moritz, sur la Riviera, en Egypte, dans leurs terres, partout\nexcepté au London Opéra House ! C'est pourquoi M. Hammerstein, après avoir exhalé des\nplaintes amères et empreintes de rancune a dû se décider à fermer son théâtre.\nEt voici maintenant que les musiciens anglais tâchent d'ouvrir une souscription dont le\nmontant servirait à acquérir l'opéra de M. Hammerstein pour le convertir en Opéra National\npermanent. Des compositeurs tels que Sir Eréderick Bridge, Sir Fréderick Cowen, Sir\nAlexander Mackenzie, Sir Charles V. Stanford, M. Edward German et M. Landen Ronald\nsont à la tête de ce mouvement. Réussiront-ils à secouer l'apathie du public et à convaincre la\nnation anglaise de l'utilité et des chances de leur entreprise ?...\n\nX. Marcel Boulestin."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c068", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c068", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 64, "image_fin": 64, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.10", "titre_corps": "10 NOVEMBRE AU 10 DECEMBRE", "titre_sommaire": "10 NOVEMBRE AU 10 DECEMBRE", "signature_source": "Swift", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.64", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2902, "texte": "10 NOVEMBRE AU 10 DECEMBRE\nSwift.\nDeux débuts dam la critique musicale : MM. Gallon et Félix Leroux, chefs de service a VOpéra,\nconfient a un journaliste que \" Fervaal est le monument le plus considérable que Von ait produit dans\nla musique dramatique durant ces trente dernières années En entendant ces énergiques déclarations,\nles compositeurs que n'a pas encore atteints la prescription trentenaire échangent des regards noirs.\nAu nom de la Convention de Berne qui berne-t-on ici? et la devise bernsteinienne\n\" Après moi \" le directeur de VOpéra monégasque prend hypothéqué sur Parsifal malgré les protesta-\ntions véhémentes des créanciers privilégiés. Pendant ces discussions le jeune Julien s'enfuit et va\ndemander asile à M. Albert Carré Sous toutes réserves : M. Henri Gain, immobilisé par ordre\nde la Faculté\\ aurait passé un mois entier sans écrire un livret d'opéra. Nous ne saurions accueillir\nqu avec la plus extrême circonspection une information aussi invraisemblable. L'école des\nchefs-d'orchestre. Il a été récemment question de placer sur le pupitre de chaque instrumentiste une\npartition d'orchestre. Par bonheur, quelques jours après, on s'aperçut que le chef d'orchestre d'un de\nnos théâtres lyriques dirigeait ses représentations sur une partition de piano. L'équilibre est ainsi rétabli.\nUne série noire à la Schola. Plusieurs accidents jettent le trouble dans le laborieux établissement\nde la rue Saint-Jacques : aux ateliers de fonderie un petit canon a Voctave que l'on soumettait aux\nessais réglementaires, éclate soudain, blessant grièvement les ouvriers ; le même jour, un apprenti\ninexpérimenté en maniant trop brutalement un contre-point \" qui n'était pas renversable \" le fait\nexploser n'occasionnant heureusement que des dégâts purement matériels. Enfin, un thème conducteur\nayant obtenu sanj examen suffisant son \" permis de conduire \" s'est lancé a une allure désordonnée dans\nun Scherzoy défonçant les barres de mesure? faussant les clefs et dévastant tout sur son passage. Arrêté\nau point d'orgue, il a été envoyé au dépôt et sera poursuivi pour excès de vitesse et blessures par\nimprudence. Dépopulation : nous apprenons avec une patriotique tristesse que dans le sixième cours\ntrois cellules de sonates ont été reconnues impropres a la génération. M. Jean Nouguès interdit\nà la critique l'accès du théâtre oit il vient d'enfermer son Aigle ; seul\\ le Peuple-de-Paris est invité\na passer à la caisse et à prendre des tickets pour défier devant la cage du royal volatile. A la sortie\ndu square des Arts et Métiers les spectateurs s'affligent de n'avoir pu découvrir ni le métier ni l'art.\nA? M. Raoul Gunsbourg vient de traduire dans le sublime dialecte montecarlien les drames lyriques\nde IVagner qu'il destine a son théâtre : ainsi seront apaisés les mânes de Nietsche qui craignait de voir\nméconnus dans l'esthétique wagnérienne u les droits de la Méditerranée \"."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c070", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c070", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 65, "image_fin": 66, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.11", "titre_corps": "(Suite) 1", "titre_sommaire": "(Suite) 1", "signature_source": "Henri Maréchal", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.65", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2784, "texte": "(Suite) 1\nEt huit séances succédèrent à celle-là. La dernière eut lieu le 4 Juin avec le concours\ntrès fêté de Théodore Dubois et sous la présidence de Camille Saint-Saëns, dont le public ne\nse lassa pas d'acclamer la présence, qui voulut bien à son tour gagner l'estrade, s'y faire\nentendre, et n'en descendit qu'au milieu des applaudissements sans fin d'un public nombreux,\nà ce point, qu'il fallut refuser l'entrée à plus de trois cents personnes, d'ailleurs fort\nmécontentes, jurant, mais un peu tard... de venir de meilleure heure une autre fois !\nLes résultats de cette saison dépassèrent donc les espérances des plus optimistes, car les\nfrais indispensables furent couverts... Or, pour vivre et durer, il faut toujours compter avec\ncette question, même lorsque, comme ici, nul ne poursuit un but financièrement intéressé.\nPour assurer ces frais inévitables les membres paient une cotisation ; des\nadhérents une autre, leur donnant droit à toutes les séances d'une saison ; des\nune autre plus significative, en échange d'un plus grand nombre de places. Parmi ces\nmembres donateurs les personnalités les plus considérables, S. A. R. Madame la Duchesse de\nVendôme, S. A. I. Madame la Comtesse d'Eu, Messieurs les Barons de Rothschild et d'autres\nvoulurent bien, parmi les premiers, consentir à accorder leur appui aux efforts du comité\nnaissant. A ce fonds acquis, vint s'ajouter le prix d'entrée, pour le passant, à chaque séance.\nDès que les recettes dépasseront les dépenses, le comité s'occupera d'employer l'excédant\naux frais d'un concert d'orchestre. Il ne dépend donc que du public qu'il en soit donné un ou\nplusieurs par saison. Si des ressources plus grandes peuvent-être obtenues par les intéressés\nfaisant appel à leurs amis, ils n'auront plus, dès lors, à accuser le \" malheur des temps \" du\nsilence gardé autour de leurs œuvres orchestrales !\nToujours fidèle à son modèle, le comité du lui aussi\ncomme le \" Salon \" des peintres décerna des récompenses lorsque la bise fut... partie au\ncommencement de Juillet. Des premières, secondes, troisièmes médailles et des mentions furent\nattribuées aux œuvres du mérite le plus évident, comme à celles qui rencontrèrent le plus\nchaud accueil auprès du public.\nEt si l'on pouvait accuser de quelque présomption un comité s'arrogeant le droit de\ntelles distributions, la joie débordante des lauréats, les remerciements enthousiastes parvenus au\nsecrétariat suffiraient à lui donner raison en prouvant, une fois de plus, que titres et médailles\nne sont pas à la veille d'abandonner la place à la pure philosophie !\nCroirait-on que l'un des lauréats fit, à ses frais, couler une médaille grand module d'une\nvaleur de trois cents francs dont le bronze porte à l'envers l'effigie de son interprète femme,\n\n1 Voir le N° de Novembre."}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.66", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3577, "texte": "tandis que le revers montre le nom du \" Salon \", et celui de la récompense, \"se relevant en\nbosse \" au milieu des palmes !...\nTout cela n'est pas, on en conviendra, pour décourager un comité sorti victorieusement\ndes premières difficultés inhérentes à toute entreprise nouvelle ; aussi l'avenir s'annonce-t-il\nsous d'heureux auspices.\nM. Léon Bérard, mis au courant des résultats de la première saison 76 auteurs\ninterprétés ; plus de 200 œuvres exécutées veut bien, au cours de celle-ci, mettre la\ngrande SALLE DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE à la disposition du Salon des\nmusiciens français de quinzaine en quinzaine, le mardi soir, de Novembre à Mai.\nPlus que jamais le comité tiendra à se montrer digne de la confiance de M. le Sous-\nSecrétaire d'Etat des Beaux-Arts. Dans cette illustre salle, sanctuaire et tabernacle de tant de\nchefs-d'œuvre, le comité, certes, n'a pas la présomption de ne faire entendre que des chefs-\nd'œuvre ! Quand ce ne serait que pour continuer, ici encore, à prendre modèle sur le u Salon '*\ndes peintres qui, parmi 3000 toiles n'en, produit parfois qu'un seul, ou même aucun !\nMais on voudra bien convenir que le meilleur moyen de découvrir une œuvre de valeur est\nd'en faire entendre beaucoup ou d'en montrer davantage encore ! Or, en ouvrant un débouché\naux inconnus, on leur fournit l'occasion de s'affirmer et, cela, sans aucun frais pour eux.\nS'ils veulent savoir comment ? Qu'ils s'adressent au secrétariat général, 28, rue Nollet, à\nParis, d'où leur seront expédiés tous renseignements demandés.\nTel est le Salon des musiciens français.\nMais, aux résultats obtenus, il faut en ajouter un autre d'une signification plus grande\nencore. Par son but, le \" Salon \" se relie, comme une branche à l'arbre même, à tout un\nordre d'idées admirablement résumé par la \" Ligue pour la culture française \". Cette ligue qui\ngroupa les esprits les plus éminents de notre temps parmi les sciences, les lettres et les arts,\nqui attira à elle les personnalités les plus hautes de la société moderne poursuit, sans doute, un\nbut beaucoup plus vaste puisque, ainsi qu'on le sait, elle conseille un programme d'études\nuniversitaires auquel le Ministre de l'lnstruction publique lui-même semble s'être rallié.\nNéanmoins, de ces deux titres : Culture française, Musiciens français naît un lien de parenté\nqu'il n'est pas long de découvrir, pour peu qu'on prenne la peine d'y songer un moment.\nConsulté à ce propos, le Président de la Ligue pour la culture française, M.Jean Richepin,\nn'hésita pas à le reconnaître ; et le pacte d'alliance consenti par lui vient donc élargir la\nsignification du Salon des musiciens français.\nLa manifestation tangible de cette alliance aura lieu au cours de l'hiver dans la grande\nSALLE DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE où M. Jean Richepin, avec cet\nart de la parole qu'il possède si admirablement, a promis de venir démontrer la parenté de\ncet arbre de science, auquel la comparaison de tout-à-l'heure était empruntée, avec la branche\nque représente la musique et sur laquelle nos compositeurs viendront se poser comme des\noiseaux chanteurs dont les voix diverses s'harmoniseront au mot de ralliement résumant\nl'effort commun aux deux groupes, puisque ce mot est : France !\nPour conclure, souhaitons, qu'à la suite de tels encouragements, il se trouve dans le\npublic un groupe d'amateurs suffisant à faire vivre une œuvre qui répond à leurs propres\ngoûts, en protégeant le talent encore ignoré dans une salle vénérable où ils retrouveront leurs\nhabitudes à l'ombre ancestrale des plus hautes mémoires !\n\nHenri Maréchal."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c072", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c072", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 67, "image_fin": 68, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.12", "titre_corps": "Revue de la Presse allemande", "titre_sommaire": "Revue de la Presse allemande", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.67", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 5937, "texte": "5\n\nRevue de la Presse allemande\nARIANE A NAXOS\n(PluncpnérQtéuéefê\nAppendice à ARIANE à NAXOS\nLe Critique. Je suis mort ! Je n'en\npuis plus !\nVAmateur. Asseyez-vous ici un\ninstant, maître. Le bruit des ovations\narrive jusqu'à nous. Entendez-vous ? On\nne cesse d'applaudir et de rappeler\nStrauss, Hofmannsthal et Reinhardt.\nLe Critique. Que m'importe ? Je\nsuis mort, vous dis-je !\nL'Amateur. Vous êtes trop impres-\nsionnable et vos nerfs sont surexcités.\nJ'ai passé quant à moi une soirée ex-\nquise ; toute l'Europe musicale était\ndans la salle, c'est le plus beau public\nqu'on ait jamais vu. Il est vrai que\nl'œuvre en est digne. Ell vit-on jamais\nde semblable ?\nLe Critique. Jamais ! On n'a ja-\nmais rien vu de pareil : trois pièces en\nune seule, une comédie et deux opéras\nd'un seul coup. Et le tout n'a duré qu'un\npeu plus de 4 heures. D'abord une heure\net demie de comédie coupée d'inter-\nmèdes musicaux ; puis un opéra complet,\nou mieux deux opéras... coopérants, qui\ndurèrent autant que la comédie. Qui\npourrait y résister ? Croyez-moi, les plai-\nsanteries les plus courtes sont les meil-\nleures.\nLe Chef d'orchestre. Qui aurait\njamais imaginé que Strauss dont on\nconnaît le tempérament herculéen\nécrirait un jour pour un orchestre de\n36 exécutants seulement ! Et quelle\nmusique ! C'est comme une ondée légère\net irisée tombant d'un nuage gigan-\ntesque. Quel merveilleux travail. C'est\nla renaissance du style de l'ancien\nopéra.\nLe Critique. Je crois plutôt que la\n\"simplicité du style noble\" et les traits\nde l'ancien opéra sont parodiés avec une\nironie voulue... Mais je reproche une\nchose à Strauss : c'est d'avoir traité son\npetit orchestre comme il aurait fait\nd'un grand. Jamais il n'a eu la douceur\ndu petit orchestre Mozart du Théâtre\nde la Résidence à Munich. Il semble\nplutôt un grand orchestre étouffé, et\nmanquant de proportions harmoniques.\nLorsque dans la 2e Partie, plus forte en\ncouleurs orchestrales, le tempérament\nfougueux de Strauss reparaît, il semble\nénervé de ne pouvoir donner plus de\nforce et de sonorités. Vous l'avez vu\ndiriger : ne réclamait-il pas toujours\nplus de force, jusqu'au crescendo final ?\nLe Chef d'orchestre. Quand je mon-\nterai l'ouvrage, je veux avoir tous mes\nviolons dans mon orchestre. Il m'en\nfaut deux ou trois fois autant. La fin de\nl'œuvre semble d'un autre auteur que le\ndébut. C'est la métamorphose de Richard\nStrauss, après celle de Bacchus d'Ariane\net de Zerbinetta !\nLe Chanteur. Oui ; on peut trouver\ndans Ariane des réminiscences du Rosen\nKavalier ou de Salomé. Mais ce char-\nmant petit orchestre lui donne un charme\nunique. Elle est pour moi comme la\nfloraison délicieuse d'un arbre du Japon\nen miniature qui garde dans sa petitesse\nl'exacte proportion de ses branches, de\nson feuillage et de sa prestance.\nLe Critique (songeur). Ariane,\nseule peut-être. Mais avec la pièce de\nMolière, ah non ! mille fois non ! j'en\nsuis sûr maintenant, jamais on n'aurait\ndû les réunir, non pas tant à cause de la\ndifférence des genres qu'en raison du\nmanque d'unité qui compromet l'œuvre\nentière. Cela ne forme pas un tout, cela\nn'est pas complet. Et on a l'impression\nque les deux actes de Molière tuent\nl'Opéra.\n(Sur ces derniers mots le Compositeur\net le Poète sont entrés sans être vus.)\nLe Compositeur. Juge savant et\nimpitoyable, vous dénigrez notre œuvre.\nSi, si, j'ai tout entendu. Comment\nfallait-il s'y prendre, selon vous ?\nLe Critique.— Maître, mon rôle n'est\npas de vous infliger des conseils ; ce jeu\nserait trop dangereux. Mais je veux vous\nrappeler cette phrase de votre merveil-\nleux quintette \"le cœur souvent ne se\ncomprend pas soi-même \", et l'appliquer\nà votre œuvre. Il semble bien qu'en\npoursuivant la réalisation de deux choses\nsi différentes dans votre génial labeur,\nvotre cœur ne se soit pas compris soi-\nmême. Et si vous voulez toute ma pensée,\nayez le courage d'abandonner cette\ndualité nuisible, afin de faire œuvre\nvivante au lieu de dépenser votre talent\nsur un livret qu'il n'est pas possible de\nfaire vivre jamais.\n{Le Poète donne des signes d'impa-\ntience.)\nLe Critique (poursuivant). J'espère\nqu un jour nous entendrons séparément\nle Bourgeois gentilhomme et Ariane\na Naxos, j'espère aussi que nous ne\nverrons plus l'envers du théâtre sur la\nscène, erreur que tout le talent de Ernst\nStern et de Max Reinhardt n'ont pu\natténuer. Ainsi nous pourrons prendre\na 1 une et a l'autre pièce un plaisir non\npas simultané mais successif.\nQu'en pensez-vous, cher maître ?\nRIDEAU.\nALEXANDRE DILMANN.\nLa conception même de l'œuvre\nmélange d'opéra, de ballet, de pantomime\net de comédie en fait une chose\nétrangement hybride. De plus il y a une\ntelle différence entre les conceptions\nscéniques de l'époque de Molière et la\nmusique moderne que la réunion de\ndeux choses si dissemblables n'allait pas\nsans danger, tant pour l'une que pour\nl'autre.\nComment Hofmannsthal en a-t-il usé\navec Molière ? Il a condensé en z les 5\nactes du \" Bourgeois gentilhomme \"\nlaissant délibérément de côté plusieurs\npassages très importants, comme la scène\ndes turqueries et l'intrigue amoureuse\net ne conservant que le classique Jour-\ndain, type du parvenu bouffi d'orgueil,\nsingeant lourdement les \"gens de qua-\nlité \" mécène obtus et sans élégance,\nC'est là évidemment le centre de toute\nla pièce, mais convenait-il, comme l'a\ntait Hofmannsthai, d'insister aussi lon-\nguement et aussi lourdement sur la\nsottise du personnage au point de fatiguer\nle public par de continuelles redites ?\nCe n'est qu'à la fin de cette comédie\nqu'apparaît l'Opéra Ariane a Naxos et\nune sorte de divertissement donné à ses\nhôtes par M. Jourdain et qui est dans\nla pensée des auteurs le couronnement\nde l'œuvre entière. Par suite d'une\nétrange fantaisie du maître de maison,\ndivertissement et opéra devront être\nexécutés simultanément. On imagine\naisément la stupéfaction et l'hésitation\ndes acteurs 5 mais l'ordre est formel et\n\"Ariane\" est jouée en même temps que\nle divertissement comique et sans cesse"}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.68", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3861, "texte": "entrecoupée et troublée par les pitreries\net les arlequinades de celui-ci.\nTel était dans sa dualité, le sujet\ncompliqué choisi par R. Strauss. Il y a\ndéployé toutes les ressources de sa tech-\nnique éminente. Il nous présente l'in-\nconsolable Ariane chantant des hymnes\nde deuil, brusquement interrompus par\nune danse de clown des plus burlesques,\npuis s'élève à la fin aux plus hauts som-\nmets de la passion en nous décrivant ses\namours. Cet essai de caricature musicale,\ncet humour sur les anciennes formes\nmusicales est, il faut bien en convenir\nabsolument manqué. Il est d'abord\ninterminablement long et d'une recher-\nche si contournée qu'il est pénible à\nl'excès pour l'auditeur de suivre les\nintentions de cette musique obscure et\npour ainsi dire inorganique.\nIl y a longtemps que l'on discute sur\nle \" petit orchestre \", celui de Strauss se\ncompose de 36 exécutants. Les \" Cordes\"\ndominent (16 instruments : 6 violons,\n4 altos, 4 violoncelles et 2 contrebasses)\net l'auteur en tire des effets de sonorité\nsouvent intéressants, bien que parfois\nles violons dominent et couvrent les\ncontrebasses, l'emploi du piano est d'un\ngrand charme et contribue à la fusion\ndes sons.\nMais, tout bien considéré, le génie de\nStrauss ne s'accommodera jamais que d'un\ngrand orchestre ; trop souvent il veut\nforcer les effets de son petit orchestre\nau point de lui donner l'ampleur d'un\norchestre wagnérien. Sans doute il peut\nà loisir déployer son talent dans les\n2 actes comiques qui précèdent l'opéra\noù chaque plaisanterie est soulignée par\nla musique et commentée spirituellement\npar l'orchestre. Mais toute cette débau-\nche d'esprit et d'ironie jusque dans les\nmoindres détails feront-ils de l'œuvre\nune chose durable ? Je ne le crois pas ;\nl'opéra s'accommode mal du style burles-\nque de la Comédie de Molière. De plus\nl'action d'Ariane, aussi peu dramatique\nque possible, ne saurait produire sur\nl'auditeur une impression profonde,\nni même forcer son attention.\n\"Rol'ntecÇé (Poffêe;\nMaintenant que le tumulte s'apaise\net que le silence se fait sur cette bruyante\npremière, on commence à se ressaisir et\nà examiner avec plus de sang-froid ce\n\"brillant succès\". Et il faut bien en\nconvenir maintenant, il ne reste de tous\nces cris d'enthousiasme et de cette pro-\nfusion de louanges qu'une profonde\ndésillusion...\nUn mot amusant de Richard Strauss\npendant une répétition : voyant ses inter-\nprètes féminines s'efforcer de rendre\nleur rôle vivant et de le \"jouer\" de\nleur mieux, il leur adressa cette répri-\nmande inattendue : \"je vous en prie,\nmesdames, il ne peut être question ici\nque du chant ; il s'agit d'un opéra et\nd'un opéra du temps de Molière : n'ou-\nbliez pas que \"jouer l'opéra\" est une\nerreur scandaleuse (ein Unfug) exclusi-\nvement contemporaine... \"\nCe mot authentique surprendra\nsans doute nos metteurs en scène mo-\ndernes qui s'efforcent louablement d'ani-\nmer et de rendre toujours plus vivant\nl'opéra contemporain. Strauss a-t-il parlé\nsérieusement ? Ou doit-on voir seule-\nment dans ses paroles un effet de l'éner-\nvement des répétitions ?...\nQj&tfmer Cage;\nèîatt\n...Cette œuvre manque totalement de\nplan et de construction ; aucune propor-\ntion n'est observée, certains passages de\nMolière sont développés avec excès 5\nd'autres sont supprimés. De plus nombre\nde plaisanteries drôles du temps de\nMolière sont aujourd'hui à peine intel-\nligibles. Enfin l'opéra est mal relié à la\nComédie qui le précède et l'intérêt du\nspectacle en est très diminué...\nCaçjfteciJe (Runb;\n...On dit qu'au dernier moment on\na fait encore des coupures. Le duo du\nlerIer Acte est \"tombé à plat\" de même\nque la scène des comédiens qui précède\nl'opéra. Ce ne fut pas pour donner de\nl'assurance à la suite et une catastrophe\nne fut évitée, dans la grande scène de\nZerbinette, que grâce à la grande expé-\nrience de la scène de la charmante\nMademoiselle Siems..."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c074", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c074", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 69, "image_fin": 70, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.13", "titre_corps": "L'Édition Musicale", "titre_sommaire": "L'Édition Musicale", "signature_source": "V. 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Reconnaissons-le de\nbonne grâce, la plupart des œuvres reçues mériteraient mieux que la simple 'mention»fà\nlaquelle je devrai me borner ; elles attestent en général du sérieux, de la hauteur et un parfait\nmépris du succès pécuniaire qui nous les rend tout de suite sympathiques. Les unes, sans être\nle moins du monde rétrogrades, participent pourtant d'un style et d'une esthétique qui ont\ndéjà fait leurs preuves : ce sont : de Paul Lacombe, 1, un et une\nSarabande1 ; de Paul Bazelaire, un Prélude et une 2, un 2 dont il nous faut\nsignaler la très jolie ligne mélodique, et une 2 un peu grandiloquente, mais ne\nmanquant pas d'envolée. Les autres, résolument novatrices, s'affilient plutôt à l'école\nDebussyste, tantôt par de simples coïncidences mélodiques, comme cette Redowa Chromatique,\nde Paul Hillemacher3 qui débute exactement comme l'Après-midi d'un Faune, tantôt\npar une assimilation totale des procédés impressionnistes, comme les de Jean\nCras 2, cinq pièces très intéressantes, très pianistiques, que nous entendrons certainement\njouer cet hiver, ou comme la deuxième série des de R. Bardac 2. Notons par\nailleurs une influence qui nous paraît prépondérante, elle aussi, celle de M. Satie. M. Satie\nconnaît à présent toutes les gloires : voyez le Nu 2 des de Luiz de Freitas\nBranCO ;et les Nénuphars Crépusculaires d'lnghelbrecht3. Ne sommes-nous pas tout à\nfait proches de ces Gymnopédies, qui faisaient encore crier au scandale il y a deux ou\ntrois ans ?\nD'une nation à l'autre au contraire, peu de nuances bien marquées ; d'où nous vient\nM. Marcel Granjany 5 avec ses trois pièces, Arabesque, Pastorale et Impromptu, un peu\ninconsistantes, mais d'une jolie couleur, aérienne et vaporeuse? D'où nous vient M. Vilmos\nGreza Zagon, avec son Idylle,sa Danse des et son 6 De Hongrie, si j'en\ncrois cette étonnante verdeur, et cette audace outrecuidante du dessin et de l'harmonie.\nEnfin, M. Swaïl Henessy, qui a dû voir le jour fort loin de l'Espagne, se plaît à\ndérouter son monde en composant des Gitaneries2, qu'il dédie à de belles Andalouses. Même\nimprévu dans ses Valses Caprices\"I,petit recueil de danses de caractère, qui ne feront jamais\ndanser personne. De haute fantaisie aussi, les de Charles Bredon3, pages\nenfantines qui s'inspirent de nos vieux contes de fées.\nSenart & Roudanez. Ces morceaux appartiennent au premier Fascicule de la nouvelle publication de\nMM. Senart Se Roudanez, \"La Musique Contemporaine\". Cette anthologie d'oeuvres vocales et instrumentales\ndes meilleurs maîtres, a entre autres mérites, celui de mettre la musique moderne à la portée de toutes les\nbourses ; elle constitue une entreprise analogue à celle des grandes maisons comme Peters ou Litolff avec leurs\néditions classiques. Nous ne saurions trop applaudir en voyant se combler ainsi une lacune que nous avions\nsouvent déplorée dans l'édition musicale française."}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.70", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4046, "texte": "Revenons à des œuvres plus sérieuses encore. Toute une série de publications rentrent\ndans le cadre de la pédagogie, ou de la vulgarisation moyenne : les Chefs-d'œuvre du Piano,\n5 cahiers gradués publiés par M. Pierre Servel 7, les noms des grands maîtres classiques y\nvoisinent avec ceux de Lœillet, de Dandrieu et de Zipoli ; c'est l'intrusion, fort avantageuse,\nde la musicologie, dans le cadre de l'enseignement traditionnel. La collection des Clavecinistes\nfrançais5 s'enrichit d'un 4e volume, où figurent quelques œuvres comme les Menuets de\nPlatée, ou la Sarabande de Dardanus, qui ne me paraissent pas rentrer dans le domaine\nimmédiat des pièces de clavecin, mais dans celui de l'orchestre. M. Henri Maréchal\npublie 124 pièces d'orgue 8 échelonnées du XVe au XVIIIe siècle ; beaucoup d'entre elles,\nmotets, fugues ou psaumes à plusieurs voix sont à connaître, surtout celles des Primitifs, comme\nOkeghem, Josquin des Prés R. de Lassus; les réduire pour le clavier de l'harmonium ou du\npiano était une entreprise épineuse ; il fallait toute l'habileté de M. Maréchal pour que la\ntranscription ne devint pas, comme bien souvent, une trahison.\nINSTRUMENTS. L'édition populaire française 3 publie trois Sonates en Trio (piano\net deux violons), l'une de Corelli, l'autre de Vivaldi, la troisième de Haendel; et deux\nquatuors bouffes de Corrette, Margoton et VAllure. Reconnaissons, malgré tout le respect\ndû aux vieux maîtres, que parfois, certains passages de la plus lamentable indigence y voisinent\navec les plus pures beautés. Voici maintenant trois sonates modernes pour piano et violon :\ncelle de M. Emmanuel ;), œuvre saine et forte, où la rigueur des développements s'allie à\nun très grand charme mélodique ; celle de M. Thirion 5, de rythme puissant, d'inspiration\ngénéreuse ; celle de M. Dupin 5, très tourmentée, très imprévue d'écriture, très vétilleuse\nd'exécution. Parmi les œuvres de moins longue haleine, une Légende pour violon et piano de\nErmend Bonnal0 dont les sonorités savoureuses nous font rêver de quelque orchestre\nmystérieux et féerique ; une Fantaisie pour flûte et piano, et une Légende pour harpe, de\nGaubert, musique de virtuose qui rappelle certaines pages de l'école romantique, et non des\nmeilleures.\nPassons aux œuvres de cette jeune école hongroise qui s'affirme tous les jours plus\nintéressante : les morceaux reçus aujourd'hui marquent un assagissement sur ceux que nous\nentendîmes à Paris il y a quelques années; ce sont: de M. Léo Weiner, une Ballade6\npour clarinette et piano, très séduisante de couleur, et suffisamment exotique pour piquer\nnotre curiosité sans pourtant effarer personne ; de M. Nandor Zsolt, une petite feuille\nd'album, les Libellules, pour violon et piano 9, morceau de salon, appelé àun légitime succès ;\nde M. Antoine Molnar, deux œuvres extrêmement remarquables, une Sérénade 6, pour\nviolon, clarinette et harpe, scintillante comme une nuit d'étoiles ; et une Fantaisie pour flûte\net piano, sorte de Rapsodie qui passe par toutes les nuances de la tendresse, de la fureur et de\nla passion. Ce même Antoine Molnar, qui sait s'exprimer par les moyens les plus restreints\nest encore l'auteur d'une charmante et facile petite Sonatine pour violon et piano, que termine\nun pimpant et coquet petit finale à la hongroise. Nous n'avons pas souvent affaire à une\npersonnalité aussi distinguée et aussi complète.\nEst-ce tout ? Non; il y a encore un Trio de M. Chapuis 5, dont le dernier morceau,\ns'inspire assez heureusement d'une vieille chanson populaire; il y a 22 courtes leçons, pour\nviolon et piano, par Henri Maréchal 10 écrites dans un but pédagogique, mais non dénuées\nde mérite musical ; il y a une réduction pour piano et violoncelle du Lied et Scherzo de\nFlorent Schmitt ; il y a un Triptyque de M. Saint-Saëns 5, dont la clarté et la\nfranchise toutes classiques nous seront un délicieux soulagement après tant d'œuvres alambi-\nquées ou nuageuses... il y a mais le désespoir me prend en apercevant encore Cinq\nQuatuors de M. Elek Kirchner 6 , j'y reviendrai.\n\nV. P."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c076", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c076", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 71, "image_fin": 72, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.14", "titre_corps": "Çà et Là", "titre_sommaire": "Çà et Là", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.71", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2312, "texte": "Çà et Là\nCHANGEMENT D'ADRESSE. La Société Musicale Indépendante change de\ndomicile. M. A.-Z. Mathot n'ayant pu, à son vif regret, continuer à assumer les absorbantes\nfonctions de Secrétaire Général, le Comité a confié à M. Rey, le distingué directeur de la\nSociété Philarmonique, le soin d'organiser ses auditions. C'est donc à\n9, rue de l'lsly (Tél. 211-52) que les Sociétaires de la S. M. I. sont priés d'adresser\ndésormais les manuscrits, cotisations, demandes de renseignements et en général toutes les\ncommunications concernant la Société.\nM. A. von Gross nous prie d'insérer la protestation suivante :\nPROTESTATION\nLe bruit ayant circulé qu'il était question de monter \" PARSIFAL \" de Richard\nWagner prochainement à Monte Carlo, quoique les œuvres du Maître fussent protégées\njusqu'au lerIer janvier 1914, je tiens à déclarer, en ma qualité de mandataire-fondé de pouvoirs\nde la famille Wagner, qu'AUCUNE autorisation n'a été donnée et NE sera donnée, et qu'il\nsera procédé contre toute représentation illicite de \" Parsifal \" par toutes les voies de droit.\nBayreuth, le 22 novembre 1912.\n(signé) A. VON GROSS.\nAprès une longue et douloureuse maladie Joaquim Malats vient de mourir. Depuis deux\nans il n'avait pu reparaître devant le public et avait donné à Barcelone son dernier concert, au\ncours duquel il joua Vlberïa d'Albeniz avec une virtuosité prodigieuse. On se souvient qu'il\navait remporté, le premier, le prix Diémer. Paris l'appréciait et l'aimait. On regrettera ce\nparfait musicien qui disparaît en pleine jeunesse et en plein talent.\nLe Tout-Paris 1913 vient de paraître, encore en avance sur les années précédentes, pour\nrépondre au désir maintes fois manifesté, de ses abonnés.\nMais cela n'a pas empêché cet annuaire d'enregistrer les nombreux déménagements\nd'Octobre dernier, qui font s'accentuer de plus en plus l'exode des Parisiens vers les quartiers\nde l'Ouest où de nouvelles voies sont créées chaque année, sur la rive droite et la rive gauche.\nAvec ses suppléments mensuels dont la vogue va croissant, le est et reste le\nseul annuaire réellement mondain adopté par la société française et étrangère.\nA. La Fare, éditeur, 55, rue de la Chaussée d'Antin.\nDe M. Léoncavallo ces fortes paroles :\n\" Je voudrais que les musiciens italiens aient plus de confiance en eux-mêmes et subissent"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.72", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1297, "texte": "moins l'influence de la musique d'au-delà les Alpes. Notre patrimoine artistique est sacré : il\nest de notre devoir, non seulement de le garder, mais d'en faire connaître la valeur aux jeunes\ngens qui vouent à l'étude de la musique et à la composition leurs plus belles années.\nLa critique voudra, je l'espère juger mon œuvre pour ce qu'elle est et non pour ce\nqu'elle aurait pu être. Je dis ceci, parce qu'il arrive parfois précisément le contraire : l'œuvre\nest laissée de côté et on se perd en paroles vaines pour enseigner au musicien la voie qu'il\ndevrait suivre. Je ne suis plus un jeune homme encore incertain du meilleur chemin :\ndésormais ma voie est tracée, et j'y marche vers mon but hardiment et sûrement. \"\nUn poste de professeur de piano (femme) est actuellement vacant à l'Ecole Nationale de\nMusique de Cambrai. Les candinats devront adresser leur demande d'inscription en indiquant\nleurs titres à Mr le Directeur de l'Ecole Nationale, avant le 30 décembre 1912.\nLe concours aura lieu à Paris, au Conservatoire, vers le 15 janvier 1913. L'épreuve\ncomprendra : i° un morceau imposé; 2° un morceau au choix; 30 une lecture à vue d'un\nmorceau inédit.\nLa titulaire recevra 1000 francs d'appointements par an pour dix heures de cours par\nsemaine. Elle devra habiter Cambrai."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c078", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c078", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 73, "image_fin": 74, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.15", "titre_corps": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.73", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1967, "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE\n\nASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 25 NOVEMBRE 1912\nL'Assemblée est ouverte à la Bibliothèque de l'Opéra à 4 heures 1/4, sous la présidence\nde M. Ecorcheville, Président.\nSont présents : MM. Ch. Mutin, Prod'homme, Greilsamer, de La Laurencie, de Morsier,\nBanès, Boschot, Pasquier, Legrand, Vinée, Dolmetsch, Rikoff, Cucuel, M. Brenet, A. Tessier,\nBouvet, Téneo, André Laugier, Quittard, Docteur Laugier, Peyrot. Mesdames Daubresse,\nFilliaux-Tiger & Sauvrezis. S'étaient excusés : MM. Gaveau, Gariel, Lyon, Maus. Mesdames\nPereyra & Wiener-Newton.\nLe Président déclare l'Assemblée ouverte, et fait part du décès de M. A. de Bertha,\nmembre de la Société. Il transmet aux amis de M. de Bertha, l'expression des très vives\ncondoléances de la Section. Après une courte allocution, il donne la parole au Secrétaire\nGénéral pour la lecture du procès-verbal de la dernière Assemblée Générale qui est adopté à\nl'unanimité. Le Secrétaire Général et le Trésorier donnent ensuite lecture de leurs rapports, qui\nsont adoptés à l'unanimité.\nL'Assemblée procède ensuite à l'élection de son Bureau. Sont élus : MM. A. Boschot,\nJ. Chantavoine, J. Ecorcheviile, L. de La Laurencie, L. Laloy, P. Landormy, Ch. Mutin,\nJ.-G. Prod'homme & H. Quittard. La Séance est levée à 5 heures 1/2.\nLe Bureau s'est réuni en Séance le 29 Novembre, pour l'élection du Comité. Ont été élus :\nPrésident : J. Ecorcheville. Vice-Président : L. de La Laurencie.\nGénéral : J. Chantavoine. Trésorier : Ch. Mutin. : MM. A. Boschot,\nL. Laloy, P. Landormy, J.-G. Prod'homme, H. Quittard.\n\nSÉANCE DU 2 DÉCEMBRE 1912\nLa Séance est ouverte à la Bibliothèque de l'Opéra à 4 heures 1/2, sous la présidence de\nM. J. Chantavoine, Secrétaire Général, en l'absence de M. Ecorcheville, Président, et de\nM. L. de La Laurencie, Vice-Président.\nEtaient présents : MM. Bouvet, Téneo, Poirée, Peyrot, Tessier, Docteur Laugier,\nVinée, Cucuel, Cesbron, Dolmetsch, Lefeuve, Docteur Marage, Ch. Mutin. Mesdames"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.74", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 940, "texte": "Lefeuve, M. Brenet, Sauvrezis, Daubresse & Gallet. Après la lecture du procès-verbal de\nl'Assemblée Générale qui est adopté sans observation, le progamme suivant est exécuté :\nMusique Anglaise des i6me et i 7'ne Siècles pour les Violes ; sous la direction de\nM. Arnold Dolmetsch.\n1. Pavane pour cinq Violes Thomas Tomkins (c. 1600).\n2. Le Coucou pour Soprano et cinq Violes Anonyme (c. 1600).\n3. Allemande et Courante pour deux Lyra-Violes Alfonso Ferrabosco (1609).\n4. Chi pue MirarviFantaisie pour cinq Violes— Giovanni Coperario (c. 1610 John Cooper)\n5. Prélude et Sarabande pour Basse de Viole seule William Young (c. 1610).\n6. Suite pour quatre Violes : a) Fantaisie, b) Courante, c) Air, d) Sarabande.\nMatthew Locke (c. 1650).\nVioles : —M. Arnold Dolmetsch (Dessus), M\"ie Arnold Dolmetsch (Alto, Basse et\nLyra-Viole), MUe Jacquemin (Dessus), MUe De Lens (Lyra-Viole et Basse), MUe Horne (Ténor).\nSoprano : Mlle Jacquemin."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c079", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c079", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 73, "image_fin": 73, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.15.1", "titre_corps": "ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 25 NOVEMBRE 1912", "titre_sommaire": "ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 25 NOVEMBRE 1912", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.73", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 1563, "texte": "ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 25 NOVEMBRE 1912\nL'Assemblée est ouverte à la Bibliothèque de l'Opéra à 4 heures 1/4, sous la présidence\nde M. 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'\nM. le Ministre de l'lnstruction\nAI. le Sous-Secrétaire\nM. Gabriel Faurèy D\nM. Henry ancien Directeur\n• de la Bibliothèque\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nPRÉSIDENTE D'HONNEUR\nS. A. R. MADAME LA DUCHESSE DE VENDÔME\nBUREAU\nPRESIDENT\nM; LE COMTE GASTON CHANDQN DE\nBRI AILLES.\nVICE-PRÉSIDENTS\nM. LE PRINCE A. D'ARENBERG, deVlnstitut.\nM. Louis BARTHOU, député, ancien garde\ndes scea\nM. GUSTAVE BERLY,\nM. J. ECORCHEVILLE, docteur es-lettres.\nTRÉSORIER\nM. LÉO. SACHS.\nSECRETAIRE DU CONSEIL\nM. J. PASQUIER.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL : M. GEORGES CASELLA.\nS X\nMEMBRES DU CONSEIL\nMME ALEXANDRE ANDRÉ.\nMme LA COMTKSSSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, directeur général hono-\nraire au ministère des finances.\nBOURGEOIS,\ndu Travail.\nM. GUSTAVE BRET.\nM. GUSTAVE CAHEN.\nMME MICHEL EPHRUSSI.\nMME LA COMTESSE GÉRARD DE GANAV\nM. FERNAND HALPHEN.\nI\\'ÏME LA VICOMTESSE D'HARCOURT»\nMMO LA COMTESSE D'HAUSSONVILLIO\nMME DANIEL HERRMANN.\nMME HENRY HOTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nMME LA COMTESSE PAUL DE POURTALÈS%\nM. A. PRÈGRE.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND.\nM. ALEXIS ROSTAND, Président du Conseil\nd'Administration d\nd'Escompte de Paris.\nM. LOUIS SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nM. JACQUES STERN.\nMŒ® TBRNAUX-CQMPANS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c083", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c083", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 75, "image_fin": 75, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.17", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.75", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1677, "texte": "SIX SPECTACLES DE MUSIQUE\nAU THEATRE DES ARTS\nDE DÉCEMBRE 1912 A MAI 1913\n1. ŒUVRES ANCIENNES\nLe Couronnement de Poppée (Sélection)\nLe Ballet de la nuit\nThésée (Prologue). .\nLes éléments : le feu\nIdoménée (3e acte) .\nPygmalion ....\nLes Troqueurs . .\nLes Aveux indiscrets\nLa délivrance de Renaud, ballet\n2. ŒUVRES MODERNES\nLa Source lointaine, ballet de M. de Goloubeff ....\nChrysothemis, ballet de Henry Ferrare\nTircis et Clymène, ballet .\nLes deux Vieilles Gardes, opérette\nDoliy, ballet ; ' '\nLe Rêve, pièce en vers de M. Guérinon, musique de scene de\nLa Foire de Sorotchinetz, opéra comique d'après Gogol\npar Louis Laloy »\nMesdames de la Halle, opérette\nL'Araignée, ballet du Comte Gilbert des \\ oisins ....\nContes d'Andersen, ballet • •\nLe Mari de la dame des chœurs (airs connus), vaudeville de\nMONTE VERDI\nMusique de 1653\nLULLY\nLALAXDK et DESTOUCHES\nMOZART\nRAM EAU\nDAUVÈRGNE\nMOXSIGXY\nMusique de 1617\nARMANDE DE POLIGXAC\nLOUIS AUBERT\nALFRED BRUXEAU\nLÉO DELIBES\nG. FAURE\nPH. GAUBERT\nMOUSSORGSKI\nOFFEXBACH\nALBERT ROUSSEL\nFL. SCHMITT\nDUVERT et LAUZAXXE\nChaque spectacle sera donné huit fois pendant un mois\nles Jeudis en soirée, les Mardis en matinée\nPRIX DES PLACES :\nrangs\nla place\nFauteuil d'orchestre, ire serie\n2e série\nFauteuil de balcon, lerIer rang\n2e et 3\nBaignoires de face .\nLoges de rez-de-chaussee.\nde balcon ....\nire galerie\n2e galerie\nAmphithéâtre\nDroits des pauvres, 10 °/0 en plus\nPar abonnement Par spect prise en\naux 6 représentations dehors de l'abonnem.\n10.—\n6.—\n10.—\n7.\n11.—\n9.\n6.—\n3.\n2.\nI.\n12.\nB.\n12.\n9.\n13.\n11.\nB.\n5.\n4.\n2.\nLa direction du Théâtre des Arts se réserve le droit d'aug\ndehors de V abonnement qui reste invariablement fixé comme ci-dessus."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c084", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c084", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 76, "image_fin": 76, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.18", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.76", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1773, "texte": "EMÏL GUTMANN\nBERLIN Organisation de Concerts MUNICH\nReprésentant des\nChefs d'orchestre : Ferruccio Busoni, Alfred Casella, Oscar Fried, José\nLasalle, Gabriel Pierné, Max Reger, Arnold Schônberg, Fritz\nSteinbach, Félix Weingartner.\nPianistes: Wilhelm Backhaus, Ferruccio Busoni, Harold Bauer, Alfred Cortot,\nMarie Dubois, Ignaz Friedman, Frédéric Lamond, Wanda Lan-\ndowska, Marie Panthès, Max Pauer, Raoul Pugno, Moritz\nRosenthal, Arthur Schnabel, Emile Sauer, etc.\nViolonistes : Willy Burmester, Bronislaw Huberman, Arnold Rosé, Arrigo\nSerato, Joseph Szigeti, Kathleen Parlow, Steffi Geyer, Joan\nManen, Emile Sauret, May Harrisson, Franz von Vecsey, Prof.\nAlex. Petichnikoff, etc.\nVioloncellistes : Prof. Hugo Becker, Pablo Casais, Guilhemiria Suggia-\nCasals, Jean Gérardy, Lennart von Zweygberg, Béatrice Har-\nrisson, Paul Grùmmer, etc.\nSopranos : Aïno Ackté, G. Bellincioni, H. Bosetti, Tilly Cahnbley-Hinken,\nRaymonde Delaunois, E. Destinn, Gertrude Foerstel, H. Fran-\ncillo Kaufmann, Felia Litvinne, Elma Kurz, Marie Gutheil-\nSchoder, Eva von der Osten, etc.\nContraltos : Mme Ch. Cahier, Marie Freund, Tilly Koenen, Lula Mysz-\nGmeiner, Ida Reman etc.\nTénors : Alex. Bonci, Henri Knote, Franz Naval, Erik Schmedes, Félix\nSenius, Léo Slezak, Jacques Urlus, George A. Walter, Jean\nBuysson, etc.\nBarytone et basses: Mattia Battistini, Fritz Feinhals, Alex. Heinemann,\nRichard Mayr, Prof. J. Messchaert, F. Plaschke, A. van Rooy.\netc.\nMusique de chambre : Quatuors Capet, Rosé, Triester, Hongrois, Soldat-\nRoeger, Hongrois.\nOrchestre : Orchestre de la Court de Meiningen, Orchestre du Konzert-\nverein de Munich, Philharmonique de Vienne, Wiener Ton-\nkiïnstlerorchester, Philharmonique de Berlin, Orchestre\nBliithner.\nAdresser toute la correspondance à 'Berlin W. 35\nKarlsbad"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c085", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c085", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 77, "image_fin": 77, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.19", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.77", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 271, "texte": "■* **\nm\n«foi\nM\ny\nLE HAMMAM rt„\".c,° ,\nTARIF\nHOMMES\n1 bain Turc complet . . 5 fr. 50\nDAMES\n1 bain Turc complet ... 10 fr.\n(En Salles Privées)\nSalles d'Hydrothérapie spéciales\nla douche 1 fr. 75\nGRANDES RÉDUCTIONS\nsur abonnements\nde 10, 25 &50 Cachets\n18, Rue des Mathurins"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c086", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c086", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 77, "image_fin": 77, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; 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T echnique artistique des meilleurs maîtres, donnant : Son splendide, surete de\njeu, lecture à vue, virtuosité, merveilleuses qualités de style des grands pianistes. Cours pour commençants,\navancés, profess. ou enfants. Chant, violon, harmonie, solfège, par correspondance.\nDemandez prix des cours et programmes gratuits.\nCOURS SINAT, 1, ru e Jean Bologne, PARIS (16e)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c090", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c090", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 79, "image_fin": 79, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.24", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.79", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 450, "texte": "L'Orgue \" MELODIAN \"\nest le seul véritable orgue de salon\nabsolument différent de l'harmonium Sonorité incomparable\nAttestations des maîtres de l'orgue et catalogue illustré C M franco sur demande\nplus de 150 modèles à 1 ou 2 claviers; à pédalier\nfPetit ORGUE pour accompagnement depuis 132 francs\nindispensable a tout musicien, compositeur et chanteur\nJ ¥ TLW IS HP •\"* Seul concessionnaire /. TJ •\n\\jril L/Oi!il\\ i 113=115, rue de Vaugirard i SLFIS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c091", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c091", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 79, "image_fin": 79, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.25", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.79", "debut_caractere": 452, "fin_caractere_exclue": 788, "texte": "LI GARDE-MEUBLE PUBLIC\nBUREAU CENTRAL BED E L, Ô Cie BUREAU DE PASSY\nrue St. Augustin 1.8 AGRÉÉ PAR LE TRIBUNAL Avenue Victor Hugo 18\nTéléphoné 359.24 Téléphoné 664-85\n: Rue Championnet, 194 (Montmartre) Rue Lecourbe, 308 (Grenelle)\nRue de la Voûte, 14 (Reuilly) Rue Véronèse, 2 et 4 (Gobelins) Rue\nBarbès, 16 (Levallois).\nDÉMÉNAGEMENTS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c092", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c092", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 79, "image_fin": 79, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.26", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.79", "debut_caractere": 790, "fin_caractere_exclue": 1883, "texte": "LA MUSIQUE CONTEMPORAINE\nAnthologie d'œuvres vocales et instrumentales choisies parmi les meilleurs maîtres.\nA partir du premier Décembre 1912, tous les mois il paraîtra 1111 recueil de 16 pages de\nmusique inédite, encarté dans une magnifique couverture, dans chacune des 3 séries suivantes:\ni° Piano seul, 2U Piano et chant, 30 Piano et violon. Prix du recueil 2 fr, 50 net.\nNouvelle édition Française de\nmusique classique\nà 25 centimes le morceau\npubliée sous la Direction Artistique de\nVINCENT D'INDY\nDemander le catalogue.\nMUSIQUE DE CHAMBRE\nECOLE ANCIENNE\nLes Maîtres contemporains\nde l'orgue\n275 pièces inédites pour Orgue ou Harmonium\nir volume dédié àM. Ch. Widor . . . net 2 fr.\n2me volume dédié àM.de la Tombelle . net 12 fr,\n3me volume dédié àM. de Mailly . . . net 15 fr,\nEdition J. PEYROT et J. REBUFAT\n33 Sonates déjà parues\nPrix de 1 fr. 50 à 2 fr. 50\n\"Edition M. SENART,\nChants de France et d'ltalie\nEDITION HENRY EXPERT\nsérie : Chansons mondaines des 17e et 18e siècles\nHarmonisation d'Emile Desportes.\nChaque chanson net o fr. 50\nB. ROUDANEZ «S Cie\nRUE DU DRAGON. PARIS (6e)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c093", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c093", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 80, "image_fin": 80, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.27", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.80", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 434, "texte": "Édition Universelle\nROUÂRT LEROLLE ET CIE\nREPRÉSENTANTS EXCLUSIFS\n18, BOULEVARD DE STRASBOURG, 18\nŒUVRES DE MAHLER ET DE STRAUSS\nexécutées aux concerts du Trocadéro\nMahler. IVe Symphonie à 4 mains, , net: 12 fr.\n,, partition de poche, net : 8 fr.\nStrauss- TILL EULENSPIEGEL\nà 2 mains, net : 5 fr. 35\nà 4 mains, net : 8 fr. ,,\nà 2 pianos 4 mains, net : 8 fr. ,,\npartition de poche, net : 5 fr. 35\nENVOI DU CATALOGUE FRANCO SUR DEMANDE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c094", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c094", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 80, "image_fin": 80, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.28", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.80", "debut_caractere": 436, "fin_caractere_exclue": 956, "texte": "EDITIONS W. HANSEN\nEN DEPOT CHEZ ROUART LEROLLE & Cie\nNOUVEAUTES POUR VIOLON & PIANO\nBURMESTER SINDING\nVôglein im Hain\nGavotte\nAndante religiose\nJOHAN HALVORSEÎ\nDanses norvégiennes .\nMarches des Bojards .\n2I~\n2I-\n2I-\n2.70\n•35\nChant de la Veslemoz 1.35\nFINI HENRIQUES\nAndante Religiose 2-\nSULO HURSTEIN\nAlbum\nJ. PALLASCHO\nOp. 32. N° 1. Ballade\n,, 2. Caprice\n,, 3. Thème et Variations\nCHRISTIAN SINDING\nOp. 89. 3 Morceaux.\nN° 1. Air ancien\n2. Sérénade\n2I\n2/7'\n2h\n4 I\n>>\n>> j\nChant du soir\n2.\n2-\n2-\nTous ces prix sont nets."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c095", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c095", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 81, "image_fin": 81, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.29", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.81", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1157, "texte": "BANQ U E D'OU T REMER\n(SOCIÉTÉ ANONYME)\n48, RUE DE NAMUR, 48, BRUXELLES\nCapital Social : 40.000.000 francs\nRéserves : 7.250.000 francs\nTéléphones: 3968, 4431, 6630, 8299, 125.30. — Adresse télégraph. : OUTREMER\nOuverture de COMPTES-COURANTS, COMPTES-CHÈQUES, COMPTES DE QUINZAINE et de COMPTES\nDE DÉPÔTS A PRÉAVIS. — ESCOMPTE ET ENCAISSEMENT d'effets, chèques, coupons, factures\nquittances, etc. — Emission de LETTRES DE CRÉDIT, CHÈQUES ET MANDATS sur tous pays etc.\nORDRES DE BOURSE au comptant et à terme. — AVANCES SUR TITRES belges et étrangers.\nRÉCEPTION EN DÉPÔT de fonds publics, rentes, actions et obligations, documents, argenterie,\npierres précieuses, etc.\nLOCATION DE COFFRES-FORTS\nLe tarif très réduit de location des coffres-forts varie, suivant les dimensions de compartiments ; il en existe à\npartir de 2 fr. par mois et 10 fr. par an. Pour deux ans et davantage, il est accordé des réductions proportionnelles\nà la durée de location. — Les galeries des coffres-forts sont accessibles tous les jours ouvrables, de 8 heures\ndu matin à 6 heures du soir 5 les samedis et jours fériés de Bourse, de 8 heures 3/4 du matin à 1 heure de l'après-midi"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c096", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c096", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 81, "image_fin": 81, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.30", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.81", "debut_caractere": 1159, "fin_caractere_exclue": 1288, "texte": "AUX GALERIES LAFAYETTE\nPARIS\nMaison vendant le meilleur marché de tout PARIS\nPendant tout le mois de Décembre :\nJOUETS = ÉTRENNES"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c097", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c097", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 82, "image_fin": 82, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.31", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.82", "debut_caractere": 167, "fin_caractere_exclue": 1128, "texte": "CHEMINS DE FER D'ORLÉANS\nL'HIVER AUX PLAGES NANTAISES\nLes plages Nantaises si fréquentées l'été sont aussi de délicieux séjours d'hiver parla douceur de leur climat.\nEn vue de faciliter l'hivernage dans ces stations, la Compagnie d'Orléans délivrera à titre d'essai du\n1 novembre 1912 jusqu'au mercredi précédant la Fcte des Rameaux 1913, aux familles d'au moins 3 personnes,\ndes billets d'aller et retour collectifs à prix réduits dits \" Billets d'hivernage. \"\nCes billets sont délivrés sous condition d'un parcours d'au moins 150 kilomètres (aller et retour) de toute\ngare du réseau d'Orléans pour les stations comprises entre Pornichet (inclus) et le Croisic (inclus).\nLeur validité est de deux mois, non compris le jour du départ, avec faculté de prolongation d'un mois moyen-\nnant un supplément de 10 °/0 du prix primitif.\nTrains rapides et express de jour et de nuit, voitures directes 1re, 2e et 3*\"® classe, compartiments-\ncouchettes, wagons-restaurant."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c098", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c098", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 82, "image_fin": 82, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.32", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.82", "debut_caractere": 1130, "fin_caractere_exclue": 1628, "texte": "*3#\new\nfj^\n£SCÂ\nttf*\n\" La Revue du Centre \"\n£f> REGIONALISTE, ARTISTIQUE ET LITTERAIRE\nt* w\n10 francs par an\nDirecteur: EDGARD BRIOUT\nSecrétaire Général: VICOMTE JACQUES DE ST-PARTOU\nDirectrice artistique : L. HÉLÈNE DUMAS\n£3\nl:â Pour paraître prochainement :\nnr>\n«a\nr>tfW;\nAdresser les abonnements à Mme L. H. DUMAS\nPARIS 35, RUE DU CHAMP DE MARS, 35 PARIS 11\n«53 CV>\nc.rt 1s»\nes ca\nnxr.r<>n&c.r/K?/r.&c?A^ctfc.?ïc:?ir.rrr.rn^%xrjr.rtr.&r.rïr.ric.r^?ic.rjc.ricric.rtiï?n^?itc.xc.7ïr.rir.rie:7»r.?i"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c099", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c099", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 83, "image_fin": 83, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.33", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.83", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1001, "texte": "S. I. M.\nMERCURE MUSICAL\nREVUE MUSICALE\nET\nRevue mensuelle illustrée fondée par la\nSociété Internationale de Musique\n(SECTION DE PARIS)\nHonorée d'une souscription du Ministère de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts\nDANS CE NUMERO:\nHenri Duparc . . * . . Souvenirs1\nJean cTUdine . . . . . Rapports musicaux 8\nDr. Chitz . . Une œuvre inconnue de 24\nDaubresse Enquête s 32\nJ. E Les Livres 37\nLE MOIS\nClaude Debussy .... Concerts 49\nVincent d'Indv )\nAuguste Sériêyx } ' ' Concerls L 52\nJean Laporte Concerts du Conservatoire 55\nGh K. . . Concerts divers 56\nLa Province 57\nPaul Gilson Le chant 58\nX.-M. Boulestin . . . . Lettre de Londres . 60\nSwift Les Faits 62\nHenri Maréchal . - <• ,. Le Salon Français. r ... 63\nRevue de .... . . : . ... . . 65\nV. P . . L'édition musicale 67\nÇà et là 69\nSociété Internationale de Musique 71\nRédacteur en chef : EMILE VUILLERMOZ\nRédacteur pour l'Allemagne : Rédacteur pour la Belgique :\nE. HEINTZ-ARNAULT RENE LYR\nBerlin, 13, Stuttgarterplatz. Boitsfort-Bruxelles."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1912-12-01-c100", "article_bluemountain": "bmtnabh_1912-12_01#c100", "volume": "bmtnabh_1912-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 84, "image_fin": 84, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.2.34", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.84", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 716, "texte": "CONCERTS DELA\" mm» A ESTEUCA\"\nDE FLORENCE\n% VIA MICHELE DI LAN DO, 3\nWrecteur ArMqge : PAOLO LITTA\nPATRONAGE :\nSA MAJESTÉ LA REINE MÈRE, LA REINE MARGUERITE D'ITALIE\n«<\nDie Ali-Italienische Arie\nfSj\nIDA\nft\n1\nUND\nIhre Kunst des Bel-Canto\n\" 'v\nVOM\nDr. RICHARD BATKA\n(Dozent an der K. K. AklMtfeml* fur Mualk y. Darstelland© Kunst In Wlen)\nchez HELLER 3 EauernmarKt, 3 WIEN-LEIFZIG\n%\nVolumes d'Airs anciens italien», revus, corrigés et rédigés par\nIDA ISORI\n■-'• i j Û •\" \"v: 't ■ làft î? ■ M' . ' '• ;r 1\navec la reconstitution complète dans îe style Monteverdien (basses et harmo-\nnisation do Récitatif et Lamento cTArianne de Claudio Moateverdi\n(1567-1643) par H>A ISORI\nUniversal Edition-V ien n e Leipzig\n/ ■\"*\n/-«"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.1", "texte": "rail-Année.\nN 12.\nDécembre 1912.\nREVUE MUSICALE\n, • '.. . ; . .\n|HH|H H»\nHonorée d'une souscription du Ministère de l'lnstruction Publique et des Beaux-Arts\nLe numéro :\nrance Ù Belgique I fr. S 0\nUnion Postale 2 fr.\nPARIS, 29, rue La Boëtie\nTéléphone Wagram : 98-12\nUN AN\nFrance et Belgique ISfr.\nUnion postale 20 fr.\nCopyright byS. I. M. 1912\n\nSOUVENIRS DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE, par Henri Duparc. * LES RAPPORTS MUSICAUX\nDES UNITÉS D'ESPACE ET DES UNITÉS DE TEMPS, par Jean d'Udine. * UNE ŒUVRE IN-\nCONNUE DE BEETHOVEN, (musique pour mandoline et piano) par le Dr. Chitr. # ENQUÊTE SUR\nLA CONDITION SOCIALE DU MUSICIEN A L'ÉTRANGER, par M. Daubre.se. * LES LIVRES.\nLE MOIS, par\n* CLAUDE DEBUSSY * # VINCENT D'INDY\nHENRI MARÉCHAL S AUGUSTE SERIEYX * JEAN LAPORTE # PAUL GILSON"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.2", "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES\nAMIS <DE LA MUSIQUE\nCOMITÉ D'HONNEUR\nM. le Président de la République. '\nM. le Ministre de l'lnstruction\nAI. le Sous-Secrétaire\nM. Gabriel Faurèy D\nM. Henry ancien Directeur\n• de la Bibliothèque\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nPRÉSIDENTE D'HONNEUR\nS. A. R. MADAME LA DUCHESSE DE VENDÔME\nBUREAU\nPRESIDENT\nM; LE COMTE GASTON CHANDQN DE\nBRI AILLES.\nVICE-PRÉSIDENTS\nM. LE PRINCE A. D'ARENBERG, deVlnstitut.\nM. Louis BARTHOU, député, ancien garde\ndes scea\nM. GUSTAVE BERLY,\nM. J. ECORCHEVILLE, docteur es-lettres.\nTRÉSORIER\nM. LÉO. SACHS.\nSECRETAIRE DU CONSEIL\nM. J. PASQUIER.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL : M. GEORGES CASELLA.\nS X\nMEMBRES DU CONSEIL\nMME ALEXANDRE ANDRÉ.\nMme LA COMTKSSSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, directeur général hono-\nraire au ministère des finances.\nBOURGEOIS,\ndu Travail.\nM. GUSTAVE BRET.\nM. GUSTAVE CAHEN.\nMME MICHEL EPHRUSSI.\nMME LA COMTESSE GÉRARD DE GANAV\nM. FERNAND HALPHEN.\nI\\'ÏME LA VICOMTESSE D'HARCOURT»\nMMO LA COMTESSE D'HAUSSONVILLIO\nMME DANIEL HERRMANN.\nMME HENRY HOTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nMME LA COMTESSE PAUL DE POURTALÈS%\nM. A. PRÈGRE.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND.\nM. ALEXIS ROSTAND, Président du Conseil\nd'Administration d\nd'Escompte de Paris.\nM. LOUIS SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nM. JACQUES STERN.\nMŒ® TBRNAUX-CQMPANS."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.3", "texte": "I\n\nLa Société Nationale de musique vient de franchir la quarantaine. Il convenait de ne pas\nlaisser passer inaperçue cette date historique dans l'existence d'une institution, à laquelle notre\nmusique française doit en partie son renouveau. Les archives de la Société Nationale très\nne permettent déjà plus de reconstituer sou histoire avec une précision documen-\ntaire, et rares sont les maîtres qui ont assisté à ses débuts. Nous avons pu cependant décider\nl'auteur illustre de Vlnvitation au Voyage à évoquer ses souvenirs, et à nous dire comment il\net contribua à la fondation de ce groupement. C'est chez Henri Duparc que se\nVéunirent en 1871 les promoteurs de la Nationale, et c'est à son actif dévouement que cette\nsociété doit ses premiers progrès. Nous remercions ici le Maître d'avoir rompu en faveur de\nnotre revue un silence qu'il s'impose depuis de si longues années.\nOn sait que la Société Nationale fut fondée en 1871 par Romain\nBussine qui fut longtemps professeur de chant au Conservatoire : L'était-\nil déjà à cette époque ? Je ne m'en souviens pas, mais je ne le crois pas.\nBussine était un homme tout-à-fait charmant et extrêmement intelligent;\nje n'ai jamais entendu dire qu'il eût composé, mais ce que je sais, c'est\nque ses connaissances musicales étaient très étendues, surprenantes même.\nJe le rencontrais chaque semaine chez Camille Saint-Saëns qui recevait\nalors tous les lundis et nous ne tardâmes pas à devenir des amis. Il est\nl'auteur de la version française du Faust de Schumann : je ne connais\naucun autre ouvrage de lui. Comme professeur de chant, il a laissé des\nélèves connus comme Delmas, Mouliérat, M'\"'; Fanny Lépine, et il allait\nnous rendre de précieux services. Il forma en effet un petit chœur pas\ntrès nombreux (6 à 8 voix par partie) de gens tous musiciens et répétant"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.4", "texte": "2\nS. I. M.\n\nrégulièrement, Saint-Saëns, qui en faisait partie répétait comme les\nautres. Ce petit chœur nous donna des éxécutions idéales d'oeuvres\ncomme la Chevauchée du Cid de d'lndy, le Madrigal, le Cantique de\nRacine, la Naissance de Vénus de Gabriel Fauré, certains fragments des\nBéatitudes.\nBussine fut surtout, pour moi, le fondateur de la Société Nationale,\nqui à cette époque répondait à un véritable besoin. Il n'y avait pas alors\nd'autres concerts dominicaux que le concert populaire de Pasdeloup, et\nle Conservatoire, qui était très fermé. Les jeunes compositeurs n'avaient\ndonc pour ainsi dire aucun moyen de se faire connaître, non seulement\ndu grand public, mais même d'un public restreint. Les hommes qui n'ont\npas le triste bénéfice de l'âge, et qui n'ont pas vécu à cette époque-là,\nne peuvent pas se douter aujourd'hui que les nouveautés sont si\nrecherchées à quel point le public se méfiait de tout ce qu'il ne\nconnaissait pas : c'était presque une sorte d'hostilité instinctive contre\ntoute œuvre nouvelle, et il la déclarait mauvaise avant même de la con-\nnaître. Berlioz passait pour un révolutionnaire inacceptable : on sait que\npour faire éxécuter 1 'Enfance du Christ avec quelque chance de succès, il\ndut donner à croire que c'était un manuscrit du XVIe ou du XVIIe siècle\nretrouvé par lui. Wagner passait naturellement pour un malfaiteur ; je\nme souviens même parfaitement, quoique je ne sois pas encore tout-à-fait\nun Macrobite, d'avoir entendu chuter au Conservatoire la 9e symphonie\nde Beethoven, dirigée par Georges Hainel ! Bach était inconnu, et le\nmardi soir nous nous réunissions quelques-uns, parmi lesquels Chabrier et\nd'lndy d'lndy se mettant au piano pour apprendre à le connaître.\nOn n'admettait comme art français que Boïeldieu Auber, Hérold,\nVictor Massé, Adolphe Adam, Maillart a tutti quanti.\nQuant à un art symphonique français, il n'y en avait pas et il ne\npouvait pas y en avoir. Les jeunes compositeurs qui auraient voulu le\nfonder ou qui apportaient avec eux des préoccupations nouvelles se\nheurtaient à l'hostilité du milieu, et pâtissaient de l'incroyable pénurie de\nmoyens d'expression où l'on était alors, et dont les musiciens actuels ne\nsauraient se faire une idée, maintenant qu'il y a tant de concerts et\nqu'on joue au théâtre tant de pièces nouvelles dont, à l'époque, on\nn'aurait pas même voulu connaître l'existence. Leur groupement seul\n\n1 C'est Boïeldieu, qui mettant un jour en musique la phrase : \" le troubadour fier de son prestige \" écrivit\nun point d'orgue sur la ier syllabe de \" troubadour"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.5", "texte": "SOUVENIRS\n\n3\n\npouvait donner à ces jeunes musiciens le moyen de se manifester. C'est\ndire combien la fondation de la Société Nationale devenait nécessaire.\nQuoique je n'aie été nommé du Comité que la 3e année, c'est chez\nmoi qu'en réalité elle se fonda. Bussine en soumit l'idée à quelques\nmusiciens, Saint-Saëns, Massenet, Franck, Théodore Dubois, Gouvy,\nAlexis de Castillon et Lalo, qui y étaient réunis, et la Société fut aussitôt\nconstituée. Dès le dimanche suivant, les séances du comité commencèrent\nchez Bussine où elles continuèrent très longtemps à avoir lieu.\nNous nous réunissions chez lui, 4, rue Chabanais, vers 5 heures\nles uns, organistes ou maîtres de chapelle, sortant de leurs églises où les\noffices étaient terminés, d'autres venant des concerts, et les professeurs\nn'étant empêchés par aucune leçon. C'était pour nous un véritable plaisir\nde nous retrouver : aussi les absences étaient-elles excessivement rares. Je\nvois encore la pièce où nous nous réunissions, et la grande table mise\npour l'occasion auprès du piano à queue autour de laquelle travaillaient\nensemble pendant plus de deux heures, gaîment mais très sérieusement\ndes hommes qui pressentaient que de leur groupement allait bientôt sortir\nla magnifiqe rénovation de la musique française à laquelle nous assistons\ndepuis quarante ans. Peut-être est-on devenu trop individualiste et trop\narriviste pour se rendre bien compte de la parfaite cordialité de ces\nréunions où des artistes de tendances souvent très différentes parfois\nmême opposées poursuivaient le même but, et étaient devenus des\namis. Il n'y avait entre nous aucun esprit d'envie ou de jalousie : au con-\ntraire, quand le succès arrivait à l'un de nous, les autres s'en réjouissaient\nréellement. Je me rappelle en particulier que les premières représentations\nde Samson et Dalila à l'Opéra, de Carmen, du Rot à l'Opéra-Comique,\nles exécutions de la 6e Béatitude au Conservatoire, de au Concert\nColonne, de la symphonie en ré mineur d'Kspana, de la trilogie de\nWallenstein et de la symphonie cévenole furent l'occasion de véritables fêtes\ndu Comité. Cet esprit de désintéressement et cette parfaite cordialité qui\nrégnaient alors parmi nous expliquent bien, me semble-t-il, que notre\nprincipal, notre unique souci était l'intérêt général de l'art français, si\ngravement compromis, et devant lequel toute question d'intérêt personnel\ndevait pâlir. Nous sentions qu'un art nouveau, alors complètement ignoré,"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.6", "texte": "4\nS. I. M.\n\ncommençait avec nous ; chaque succès de l'un de nous justifiait nos\nefforts communs, et rendait pour ainsi dire tangible l'immense utilité de\nnotre Société.\nA chaque séance du dimanche, les auteurs étaient convoqués pour faire\nentendre leurs œuvres : presque tous venaient : on se groupait autour de\nl'éxécutant pour lire la partition à mesure qu'il la jouait, et aussitôt après,\nou votait l'admission ou la non-admission. Dans ce vote, on ne tenait\naucun compte delà tendance artistique— comme le prouvèrent d'ailleurs\nles programmes : il suffisait qu'une œuvre fut bien écrite et montrât\nque l'auteur savait son métier pour qu'elle lût acceptée, et l'admission\néquivalait à une promesse d'éxecution. Il est bien arrivé parfois que des\nauteurs d'une vanité presque toujours peu justifiée, s'accomodâssent mal\nd'être jugés par des confrères, surtout par des confrères alors jeunes et\nparfaitement inconnus, tels que d'lndy et moi-même, par exemple ;\nmais ce fut très rare. L'impartialité de nos jugements était évidente ; les\nsociétaires comprirent bien vite que ces jugements s'adressaient aux\nœuvres, et n'avaient absolument rien de personnel. D'ailleurs, on savait\nque des œuvres de musiciens tels que César Franck, Saint-Saëns, Lalo,\nétaient examinées au même titre que des œuvres de débutants, et dès lors\nil eût été tout-à-fait ridicule de ne pas accepter ce qu'acceptaient\nvolontiers des maîtres incontestés. C'était le règlement règlement\ntrès sage, nécessaire même au point de vue de la composition des\nprogrammes, et auquel ou se soumettait de bon cœur.\nLa ire audition eut lieu le 17 novembre 1871. M. Wolff de la Maison\nPlevel avait mis sa salle à la disposition de la Société, et nous avait offert\npour notre concert annuel d'orchestre un petit ensemble de 40 musiciens.\nNous nous étions attaché aussi un quatuor excellent, qui fut longtemps\nle quatuor Marsick et qui nous prêtait son concours à des conditions\ntrès douces. Au reste, chacun pouvait choisir ses interprêtes. Malheureu-\nsement, au bout de quelques temps, les grandes œuvres se faisant rares\net les petites œuvres se multipliant, les programmes prirent quelque\nmonotonie. On en vint à donner des concerts de 14 mélodies ! Je proposai\nalors que l'on renonçât à borner nos programmes aux seules œuvres\nfrançaises contemporaines, et qu'on y inscrivit les maîtres anciens, ainsi"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.7", "texte": "SOUVENIRS\n5\n\nque quelques modernes étrangers. J'avais trouvé Franck, un jour, en train\nde réduire au piano une partition ancienne. \" Que faites-vous-là ? lui\ndis-je. —Je prépare une réduction de piano d'jde\nLes noms me parurent si baroques que je me mis à rire. Mais considérant\nla partition d'un peu près, j'y trouvai des choses charmantes. Sans parler\ndu grand Rameau et des Couperin, j'étais persuadé que nous avions\nbeaucoup à apprendre de nos anciens. Ils faisaient une musique si française.\nQuelques auditions de modernes étrangers auraient contribué aussi à\néduquer le public, et lui auraient permis, par comparaison, de mieux\njuger de nos efforts. Après beaucoup de discussions, et dans la 7e ou\n8e année de son existence, la Société se rangea à cet avis.\nLes premiers membres de la Société Nationale en demeurèrent long-\ntemps le noyau, à l'exception de Massenet qui très vite, s'en retira.\nSaint-Saëns, qui en avait été, avec Bussine, le véritable fondateur, en\nresta, sans conteste, le membre le plus dévoué et le plus important. Il y\njoua très souvent, y donna plusieurs premières auditions de ses œuvres,\nen écrivit même si ma mémoire ne me trompe pas quelques-unes\nà son intention, et sauva la Société à un moment très difficile, où il sem-\nblait presque impossible de la tirer d'affaire. Ceux qui, comme moi et la\nplupart des compositeurs de ma génération doivent beaucoup à la Société\nNationale n'oublieront jamais combien il se dépensa alors, donnant\ndes Concerts où il se faisait entendre tout le temps, réunissant des inter-\nprêtes de premier ordre et aimés du public, pour remplir la caisse\nà peu près vide. Bref, on peut dire qu'il fonda une seconde fois la\nSociété qui, depuis lors, fut toujours prospère et rendit les plus grands\nservices. Ce que furent ces services, on ne peut assez le dire. Non seule-\nment, beaucoup de musiciens qui ont acquis depuis de la notoriété y ont\ntrouvé des interprêtes et un public, mais elle fit entendre souvent des\nœuvres de premier ordre, même des chefs-d'œuvre d'hommes de\nla génération qui a précédé la mienne, et qui étaient alors inconnus ou\nméconnus, tels que César Franck, Lalo, de Castillon, et d'autres. A\nplusieurs même de ceux qui ont suivi, par exemple à d'lndy, à\nChausson, et à moi-même elle a été immensément utile au point de\nvue de l'orchestration, en leur permettant d'entendre leurs propres\nœuvres, ce qui est de beaucoup le meilleur moyen d'apprendre à\norchestrer."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.8", "texte": "6\nS. I. M.\n\nIl est extrêmement instructif de parcourir la collection incomplète\nd'ailleurs, des anciens programmes de la Nationale. On y voit les noms\nd'Alkan, de Chauvet (organiste de la Trinité avant Guilmant) de\nFissot, pianiste de premier ordre, mort jeune, de Gouvy, admirateur\nfanatique du Gewandthaus de Leipzig, aussi intime de Reivecke,\nd'Emile Bernard. Et d'autres encore : Marlois, Chavagnat, Blas Colomer,\nBoisseau, Couture, Octave Fouque, Hect. Salomon, Tingry, Vor Sieg,\nSalomé, Jacoby, de Maupeou, Caillebote, Lacombe, Claudius Blanc,\nAlary, Falkenberg, Ratez, Pichoz, Wintzweiller, Grillet, Dolmetsch,\nnoms très oubliés aujourd'hui et qui étaient ceux souvent de musiciens\nde talent.\nOn me permettra de consacrer un mot spécial à Alexis de Castillon.\nOn en a dit, stupidement à mon sens, qu'il était venu avant son heure,\net que depuis, son heure avait passé, que, par conséquent, il n'avait\njamais eu son heure : or, je suis convaincu qu'un jour ou l'autre un\ndécouvreur (il y en a toujours eu et il y en aura toujours) l'inventera,\net qu'on dira : \" Comment, un tel musicien existait, et son époque l'a\npresque ignoré ! \" Evidemment il y a de grandes réserves à faire au point\nde vue de la structure, des développements souvent longs et filandreux,\nparfois insuffisants et maladroits ; mais il ne faut pas oublier que cet\nadmirable musicien est mort à 33 ans, que ce sont là surtout des questions\nde métier, et que son éducation technique a été tardive et médiocre : il\nn'est donc pas douteux qu'il se fût perfectionné à cet égard s'il eût vécu,\net qu'il eût alors produit des œuvres magnifiques. Comme trouveur d'idées\net comme personnalité, il était tout-à-fait hors rang : son inspiration avait\ncette générosité dont on peut dire qu'elle est le don de soi-même, et qui\nn'appartient qu'aux grands maîtres ; et il avait le don très-rare de la\nlongue phrase musicale, la phrase qui vient de l'âme, qui est émue et\némouvante, et qui est bien au-dessus de toutes les subtilités parfois trop\nhabiles du \" métier \". En un mot, il avait ce qui ne s'acquiert pas.\nEnfin, je tiens à ajouter un mot qui me concerne personnellement ;\non jugera mieux par là quelle fut, il y a 30 ou 40 ans, l'utilité de la\nSociété : depuis sa fondation jusqu'en 1884, j'y ai été joué au moins une\nquinzaine de fois ; elle a fait entendre ainsi à un public d'élite, soit à\nl'orchestre, soit au piano, des morceaux qui sans elle, n'auraient été\nexécutés que dans quelques salons amis.\nJe n'ai voulu parler ici que des débuts de la Société Nationale : j'ai"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.9", "texte": "SOUVENIRS\n7\n\nquitté Paris en 1884; je n'y suis revenu pour quelques années qu'en\n1897, assez niai portant ; et en 1907, je me suis fixé près de Vevey.\nJ'ignore donc totalement ce qui s'est passé après 1884, et surtout depuis\nîa mort de Bussine. Tout ce que j'en puis dire, c'est que, le centre de ces\nréunions n'existant plus, et l'esprit n'étant plus le même, la physionomie\ndes séances du comité changea du tout au tout : on s'assembla pendant\nquelques temps au Restaurant Weber, rue Royale, et on confectionna\ndes programmes avec des œuvres qu'on ne connaissait pas, et qui étaient\nadmises un peu à l'aveuglette sur la simple recommandation d'un ou\ndeux des membres présents. Mais je crois que ce fut une période très\ntransitoire et qu'on ne tarda pas à organiser des séances plus sérieuses,\nCe qui est certain, c'est que nombre d'ceuvres admirables ou très intéres-\nsantes y furent exécutées et que 1a Société ne cessa pas de rendre aux\njeunes musiciens les grands services qu'elle nous avait rendus à nous-mêmes.\n\nHenri Duparc.\n\nL'impartialité historique nous fait un devoir d'ajouter que, par suite de Fabondance et de la variété de la\nproduction musicale contemporaine, la Société Nationale n'a pu continuera remplir seule la noble tâche qu'elle\ns'était imposée, à l'égard des jeunes compositeurs. Estimant, à tort ou à raison, que certaines tendances actuelles\nn'étaient pas suffisamment représentées et encouragées, soucieux, en outre, de révéler à notre public la musique\nmoderne étrangère une fraction importante de l'ancienne société fonda, sur les mêmes bases un groupement\nnouveau sous le nom de SOCIÉTÉ MUSICALE INDÉPENDANTE. Les compositeurs qui prirent l'initia-\ntive de cette scission et constituèrent le Comité fondateur de la S. M. I. sont MM. Gabriel Fauré,\nLouis Aubert, André Caplet, Roger Ducasse, Jean Huré, Charles Kœchlin, Maurice Ravel, Florent Schmitt»\net Emile Vuillermoz.\nLA RÉDACTION,"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.10", "texte": "LES RAPPORTS MUSICAUX DES UNITÉS\nD'ESPACE ET DES UNITÉS DE TEMPS\nLES NAVES ET LES PULSES\n\nLes pages qui suivent forment la sixième leçon du Traite élémentaire de Géométrie rythmique, composé en\n1911, par M. Jean d'Udine, traité qu'il enseigne depuis quinze mois aux élèves de son Ecole de gymnastique\nrythmique. Pour diverses raisons M. d'Udine gardera cet ouvrage inédit pendant de longues années encore.\nUltérieurement nous publierons, du même auteur, une étude sur un problème archéologique relatif aux \"roses\"\ndes cathédrales gothiques, problème dont il a trouvé la solution par la musique, en enseignant sa géométrie\nrythmique.\nLe principe de la géométrie rythmique consiste essentiellement à\nconstruire, au son du piano, les diverses figures de la géométrie en les\nconsidérant, non plus comme des divisions de l'espace, à la manière des\nmathématiciens, mais comme des divisions du temps. Les droites et les\ncourbes composant les figures sont tracées à des vitesses arbitraires et\nvariables d'un exercice à l'autre, mais constantes pour un même exercice\n(au moins dans les figures simples : polygones, circonférences et arcs de\ncercle) et leurs longueurs respectives sont mesurées, dans chaque exercice,\nen fonction de la durée des valeurs musicales qu'elles traduisent.\nOn dessinera, par exemple, une série d'angles droits :\nsur le rythme :"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.11", "texte": "LES NAVES ET LES PULSES\n9\n\nle tracé du sommet de chaque angle correspondant rigoureusement avec\nle temps fort, les droites verticales (dans le cas qui nous occupe) étant\ntracées pendant le second temps des mesures et les horizontales pendant\nleur premier temps.\nJ.l U Si le rythme musical devient deux fois plus lent :\nou si les valeurs doublent de durée :\nles angles tracés par la main de l'élève, à la même vitesse que précédem-\nment (c'est-à-dire à raison du même nombre de millimètres par seconde),\ndeviendront aussi deux fois plus grands :\nPlus tard on obtient des variations spatiales analogues, au moyen de\nsimples variations de l'intensité sonore, le même rythme déterminant,\nsuivant qu'il est joué \" piu piano \" ou \" piu forte \" des figures semblables\nplus petites ou plus grandes.\nLa grecque suivante :\ncorrespondra, par conséquent au rythme :\net si la main de l'élève se meut dans l'espace avec une vitesse bien con-"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.12", "texte": "IO\nS. I. M.\n\nstante, la régularité du rythme musical suffira à déterminer aussi la régu-\nlarité absolue du dessin. '\nIl s'établit, de la sorte, une association étroite entre le sens optique\nou musculaire de l'étendue et le sens de la durée sonore.\nCes exercices sont ensuite reproduits, à diverses échelles, dans les\nmouvements segmentaires de la Gymnastique Rythmique, au perfection-\nnement desquels ils sont spécialement destinés.\nOn fera, par exemple, avec les bras, le geste :\nsur deux noires :\net le geste double d'ampleur :\nsur deux blanches :\n\n1 L'ouverture des angles dépend du degré de legato de la musique (angles obtus) ou de staccato (angles\naigus)."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.13", "texte": "LES NAVES ET LES PULSES\n11\n\nOn parcourra le trajet suivant :\nsur le rythme :\net le trajet double :\nsur le rythme :\nCes notions très succinctes du principe même de la Géométrie\nRythmique doivent permettre, si elles sont bien comprises, de suivre les\nraisonnements du chapitre que voici :"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.14", "texte": "I 2\nS. I. M.\n\n6me LEÇON\nAvant de poursuivre les exercices de géométrie rythmique et d'abor-\nder l'étude des nuances de vitesse, il nous faut réfléchir àla nature des\nexercices précédents et en tirer, par déduction, les enseignements théori-\nques qu'ils renferment. Ce sera l'objet de la présente leçon. Elle demande,\npour être bien comprise, une attention soutenue. Mais si les notions que\nnous allons en tirer semblent compliquées, l'exercice nous familiarisera\nbientôt avec le sens des termes nouveaux que nous allons introduire dans\nnotre langage et avec les lois des rapports entre la musique et le mouve-\nment dont nous découvrirons, dans quelques instants, les principes élé-\nmentaires.\nDans tous les exercices que nous avons effectués jusqu'ici, nous\navons fait intervenir deux éléments essentiels :\ni° le mouvement musical (que nous pouvons exprimer soit d'une façon\nun peu vague par les termes de presto, amiante,\netc., soit d'une façon précise, en indiquant, au moyen du métronome, la\ndurée exacte de l'unité rythmique:\netc.'i\n2° la longueur des traits que nous traçons pendant une durée musicale\ndéfinie (un centimètre pendant un noire, 2 centimètres pendant une croche,\nun centimètre pendant 2 noires, 1 5 millimètres pendant une blanche, etc.)\nLes rapports entre la durée musicale et la longueur des lignes tracées\nau son de la musique sont évidemment arbitraires. Ils dérivent d'une\nconvention que le professeur peut changer à chaque exercice.\nMais suivant que ce rapport varie, un troisième élément, qui en\ndérive, varie aussi nécessairement, je veux dire la vitesse avec laquelle le\ncrayon ou la plume qui trace les figures au son de la musique se meut\nsur le papier.\nOn peut, au contraire, convenir d'un rapport fixe entre cette vitesse\ndu tracé et la vitesse de la musique. Dans ce cas c'est la longueur des\ntraits correspondant à chaque unité rythmique qui découle nécessairement\nde ce rapport.\nOn peut enfin convenir d'un rapport fixe entre la longueur des\ntraits et la vitesse avec laquelle on les trace et dans ce dernier cas, c'est le\nmouvement musical qui se trouve indirectement imposé."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.15", "texte": "LES NAVES ET LES PULSES\nl 3\n\nEn un mot, un rapport arbitraire étant établi entre deux des éléments\nen jeu dans les exercices de la Géométrie Rythmique, la teneur du troisième\nen dérive nécessairement.\nTâchons, par des exemples, de découvrir les lois de ces rapports.\nA. Dessinons une série d petites d\ni centimètre par\nnous constatons que si le mouvement musical reste fixe (c'est-a-dire si on\nne le presse ni ne le ralentit) la vitesse du mobile (crayon ou plume) que\nnous appellerons désormais la vitesse m reste fixe également. Si le\nmouvement musical s'accélère, la vitesse mécanique s'accélère aussi. Si le\nmouvement musical se ralentit, la vitesse mécanique se ralentit dans les\nmêmes proportions.\nNous en déduirons cette première formule :\n( vitesse musicale constante\n( vitesse mécanique constante\nJ j vitesse musicale croissante\nI. Espaces paicouius constants j vitesse mécanique croissante\n( vitesse musicale décroissante\n( vitesse mécanique décroissante\nB. Sur un rythme musical constant (sans accelerando ni rallentendo)\ni\" soit des traits de même longueur :\nla vitesse mécanique restera constante ;"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.16", "texte": "r4\nS. I. M.\n\n2° soit des traits croissants :\nla vitesse mécanique croîtra proportionnellement ;\n3° soit des traits décroissants :\nla vitesse mécanique décroîtra proportionnellement.\nNous en déduirons cette seconde formule :\n/ espaces parcourus constants\n( vitesse mécanique constante\nTT TT. . , J f espaces parcourus croissants\n11. Vitesse musicale constante \\ 1 •: ,\n( vitesse mécanique croissante\nf espaces parcourus décroissants\n\\ vitesse mécanique décroissante\nC. Enfin avec une vitesse mécanique constante, traçons sur le rythme\ni° soit des traits de longueur constante :\nla vitesse musicale restera constante ;\n2° soit des traits de dimensions croissantes :\nla vitesse musicale décroîtra, (il y aura rallentendo) ;"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.17", "texte": "LES NAVES ET LES PULSES\n1S\n\n30 soit des traits de dimensions décroissantes :\nla vitesse musicale croîtra, (il y aura acceîerando).\nCe qui nous donne cette troisième formule :\n.( espaces parcourus constants\n( vitesse musicale constante\nTTT Tr* , t t I f espaces parcourus croissants\n111. Vitesse mécanique constante ,r r . , ~\n( vitesse musicale décroissante\n( espaces parcourus décroissants\nl vitesse musicale croissante\nL'examen de ces formules nous démontre, ce que nous savions déjà\nempiriquement, que la vitesse mécanique et la vitesse musicale ne sont\npas nécessairement solidaires l'une de l'autre et peuvent même se trouver\nen opposition. On peut, par exemple, courir vite sur une musique lente\net marcher lentement sur une musique très rapide. Il n'est pas naturel\nd'agir de la sorte, mais ce n'est pas matériellement impossible. Nous verrons\nplus loin quel quatrième élément entre généralement en jeu dans ce cas l;\nmais ici nous devons d'abord nous demander quelle différence il y a entre\nla vitesse mécanique et la vitesse musicale.\nLa vitesse mécanique,on le sait, e\net le temps élu parcours.Ce que les mathématiciens expriment par la for-\nmule algébrique : v= -L\nOr, dans la vitesse musicale, il n'y a pas de chemin parcouru, la musique\nétant située uniquement dans le temps et non dans l'étendue (du moins\ndirectement, comme phénomène purement sonore2).\nQu'est-ce donc que la vitesse musll èst évident\ntenir que élans le fait d'une division du\n\n1 L'intensité sonore.\n2 Je suis d'ailleurs convaincu que notre perception artistique de la musique est, au contraire, fatalement\naccompagnée d'images spatiales. La musique qui, comme phénomène, se déroule dans le temps, se déroule\ndans l'étendue pour l'auditeur artiste. Sinon nous n'aurions pas la notion subjective de sa \" vitesse \"."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.18", "texte": "16\nS. I. M.\n\nnombreuses, pendant une durée donnée.Car, de même qu'un mètre de tailleur\n(un mètre en cuir ou en toile cirée) divise le mètre en cent parties seule-\nment, tandis qu'une règle graduée d'architecte divise le même espace en\nmille parties égales, (parfois même en deux mille demi-millimètres), de\nmême un morceau de musique (ou un métronome) peut par une série de\nsensations sonores différenciées, diviser une minute en cinquante ou en\ncinq cents parties égales.\nQuelle est donc l'unité musicale de division de la durée qui nous\nfait déclarer un morceau lent ou rapide ? Est-ce la note ? Non, car les\nnotes n'ont pas une durée égale ; les unes valent deux fois, trois fois,\nquatre fois, une demi-fois, une fois et demie, trois demi-fois, une fois et\nquart, etc... plus ou moins les unes que les autres. Et d'ailleurs tel mor-\nceau (un adagio d'Haydn, par exemple) peut avoir force notes très courtes\naccumulées les unes après les autres, et être lent, ou, au contraire, avoir\npeu de notes très longues, et être rapide (telle la phrase des clarinettes dans\nl'Ouverture de Freyschutz).\nEst-ce donc ce qu'on appelle le \" temps \" en solfège, qui est l'unité\nmusicale de la durée ? Pas forcément. Mozart a fréquemment écrit des\nmorceaux à §, dont le \" temps \" est, par conséquent, la noire pointée et\ndont l'unité rythmique est pourtant la croche. Et nous pouvons concevoir,\nen réalité nous écrivons même déjà (les danses anciennes nous en présentent\nde fréquents exemples) de la musique à temps inégaux. L'unité musicale\nde mesure de la durée n'a pas encore reçu de nom dans notre langue. C'est\nle plus grand commun diviseur rythmique des notes employées dans une\nphrase sonore ou dans un ensemble de phrases sonores. Nous rappellerons\nla puise (de pulsation) parce que la plus parfaite image en est le mouvement\ndu pouls (à tel point que l'on a donné son nom au en l'empruntant\nau mot grec qui signifie pou/s).\nDans un morceau de musique, pour que nous ayons la notion senso-\nrielle de sa vitesse, il faut nécessairement que la puise soit d'abord expri-\nmée par une série de notes ayant exactement sa valeur (ou en étant des\nsous-multiples exacts). Elle peut être ensuite sous-entendue, quand ie\nsentiment de la vitesse de ce morceau est suffisamment établi.1 Une note\npeut renfermer plusieurs puises, ou une puise plusieurs notes. Les temps\nd'un morceau peuvent renfermer un nombre inégal de puises. Etc...\nComme toutes les unités de mesure possibles, la grandeur de la puise\n\n1 C'est précisément le cas, ({ans les deux exemples musicaux que nous venons de citer."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.19", "texte": "LES NAVES ET LES PULSES\nI 7\n\nest arbitraire. On a pu mesurer et calculer jadis en toises et en pouces,\ncomme on mesure et on calcule aujourd'hui en mètres et en centi-\nmètres.\nM ais tandis que les unités de mesure scientifiques sont\nprécises et fixes,les unités de mesure dans les arts sont\net variables.\nLa valeur d'une seconde est arbitraOn aurait pu diviser le jour\nen 10 heures, l'heure en 100 minutes et la minute en 100 secondes. Mais\nelle est précise.Elle est telle qu'une rotation diurne en renferme 43.200.\nEt elle est fixe, (au moins par rapport au mouvement de la terre.)\nIl n'en est pas de même en musique. La valeur arbitraire et précise\nde la puise s'exprime au moyen du métronome. Si nous écrivons J = 120,\nnous faisons connaître à l'interprète du morceau que c'est la noire qui est\nla puise, et que cette noire devra mesurer une durée telle qu'il y aurait\n120 noires dans une minute, si elles étaient toutes rigoureusement égales.\nMais (et c'est en ceci que les mesures artistiques diffèrent des me-\nsures scientifiques) les puises peuvent ne pas rester constamment égales\nà elles-mêmes. Elles peuvent croître (allargando, rallentendo, ritenuto)\nou diminuer (accelerando, stringendo) de durée et c'est ce qui constitue\nune nuance rythmique. Toute nuance en art est la conséquence des varia-\ntions possibles d'une unité de mesure (durée, longueur, intensité, etc.)\nConsidérons maintenant la vitesse mécanique en art.\nNous ne pouvons penser directement qu'aux arts de mouvement.\nLa danse [danse populaire ou de salon, danse lyrique (ballet) ou danse\ndramatique (série d'attitudes du tragédien ou du comédien)] est le\nseul art de mouvement connu jusqu'ici, auquel vient s'ajouter notre\nGéométrie Rythmique. Or, nous avons rappelé tout à l'heure que la\nvitesse, pour les mathématiciens, c'est le rapport entre le chemin parcouru\net le temps du parcours. Nous avons bien trouvé dans nos trois formules\nce deux éléments. Le chemin parcouru s'est présenté à nous sous la forme\ndes lignes tracées dans nos figures (ou de nos mouvements segmentaires\nen gymnastique rythmique (et le temps du parcours a été mesuré par des\nvaleurs (ou durées) musicales (calculées en puises). Si bien que si nous\nvoulons maintenant choisir l'unité de\nles mouvements dans notre Géométrie Rythmique ou dans la Danse, nous\nverrons qu'il n'y en a qu'une seule qui nous intéresse,\ncouru pendant la durée d'une puise.Sinon il n'y aurait aucun lien fixe entre\n\n2"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.20", "texte": "18\nS. I. M.\n\nnos figures géométriques (ou les mouvements de la danse) et îa musique\nqui doit les engendrer, ou réciproquement.\nCette unité de mesure spatiale, l'espace parcouru par un mobile,\nbras ou jambe, crayon ou pinceau, pendant la durée d'une puise n'ayant\njamais été l'objet d'aucune étude, et n'ayant même reçu aucun nom, je\npropose de l'appeler une nave(parce que le va-et-vient de la navette est\nl'image la plus simple d'un mouvement rythmique).\nLa nave offrira, comme la puise à laquelle elle correspond, le triple\ncaractère d'être : i\" arbitraire, de même que la puise elle peut être choisie\nconventionnellement très courte, moyenne ou très longue ; nous\ndéfinirons sa longueur en centimètres et millimètres comme nous définis-\nsons la durée de la puise en secondes ou fractions de secondes ; 30\nde même que la puise peut croître ou décroître de durée, la nave pourra\ncroître ou décroître d'amplitude, suivant des progressions définies.\nCeci compris, nous devons admettre comme une évidence à priori\nqu'en principe, une nave ayant été choisie\npondre à une puise donnée, si, par le fait\naugme7ite ou diminue de durée, la nave\nGéométrie Rythmique J devra augmenter\nproportions ou réciproquement.\nEn effet, l'élément le plus naturellement fixe des rapports que nous\navons établis dans les trois formules ci-dessus, c'est évidemment la vitesse\nmécanique, qui (dans les arts du mouvement, où l'homme est le moteur)\nintéresse primordialement notre sens de l'effort.\nSi donc nous voulons que dans la Danse ou en Géométrie Rythmique,\nnotre effort soit constant, ce qui est la convention la plus simple et la\nplus logique de toute activité humaine, notre formule n° 111, nous donnera\nen remplaçant les mots espace parcouru par et les mots vitesse\nmusicale par puises,la première loi fondamentale des arts du mouvement :\nPremière loi mécanique de la Géométrie Rythmique et de la Danse\n/ j naves constantes\nI puises constantes\nVitesse mécanique J j naves croissantes\nconstante ] 1 puises croissantes (v. mus. décroissante)\n( naves décroissantes\n1 puises décroissantes (v. mus. croissante)"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.21", "texte": "LES NAVES ET LES PULSES\n*9\n\nMais, comme nous l'avons fait observer tout à l'heure, et comme\nnous en avons déjà usé dans maint exercice, on peut concevoir une vitesse\ndu mobile indépendante de la vitesse musicale ou contraire à elle. C'est\nune convention plus compliquée, moins naturelle, mais possible. Dans ce\ncas les rapports des trois éléments en jeu seront régis par les lois suivantes,\nque nous obtenons encore en remplaçant, dans les formules I et II ci-\ndessus, les mots espaces parcourus par naves et les mots vitesse musicale\npar puises.\nDeuxième loi mécanique de la Géométrie Rythmique et de la Danse\n. ( puises constantes\n( vitesse mécanique constante\nXT J ( puises décroissantes (v. mus. croissante)\nNaves constantes \\ { r. , v. '\n( vitesse mécanique croissante\n| puises croissantes (v. mus. décroissante)\n1 vitesse mécanique décroissante\nTroisième loi mécanique de la Géométrie Rythmique et de la Danse\n( naves constantes\n1 vitesse mécanique constante\n~ t J ( naves croissantes\nPuises constantes \"\\ i . /\n( vitesse mécanique croissante\n( naves décroissantes\nl\nk vitesse mécanique décroissante\nOr nous disions à l'instant que la vitesse mécanique dans la Danse\net la Géométrie Rythmique est l'expression de notre effort musculaire.\nPar conséquent pour que nous puissions légitimement établir entre les\npuises et les naves des rapports de grandeur tels que notre vitesse méca-\nnique doive subir des variations, il faudra que la musique renferme des\nvariations identiques de l'élément qui y caractérise l'effort, c'est-à-dire\nde l'intensité.\nPartout où la deuxième et la troisième loi que nous venons de décou-\nvrir indiquent une vitesse mécanique croissante, il faudra qu'il y ait\ncrescendo musical, partout où elles indiquent une vitesse mécanique"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.22", "texte": "2 O\nS. I. M.\n\ndécroissante, il faudra qu'il y ait decrescendo musical, pour que l'on\npuisse accepter comme artistique le rapport établi arbitrairement entre\nles valeurs successives des naves et des puises.\nNous complétons ici sous forme de tableaux les données de ces trois\nlois, qui élucident toutes les conditions possibles des rapports entre les\nnuances d'intensité et les nuances de vitesse, tant dans la Danse que dans\nla Géométrie Rythmique.\n\nJean d'Udine."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.23", "texte": "LES NAVES ET LES PULSES\n2 I\n\nI. Rapports des Nuances de Vitesse musicale et d'Intensité sonore en\nfonction de l'Amplitude des Mouvements.\nAMPLITUDE DÉCROISSANTE\n1. ALLARGANDO... Diminuendo molto. (Plus la vitesse et l'amplitude décroîtront (ou seule-\n(Vmer rrA« ment l une des deux) Plus le diminuendo devra\n(v. mec. très décroissante) être accentué).\n2. VITESSE FIXE... Diminuendo.\n(V. méc. décroissante)\n/ 3his Si les puises décroissent moins vite que les naves...\nDiminuendo un poco.\n3- CCELERANDO... (Cas de 2. Puises relativement constantes).\nIntensité fixe\n(V. méc. constante) I 3ter Si les puises décroissent plus vite que les naves...\nI Crescendo un poco.\n(Cas de 6. Naves relativement constantes).\nAMPLITUDE FIXE\n4. ALLARGANDO... Diminuendo.\n(V. méc. décroissante)\n5. VITESSE FIXE... Intensité fixe.\n(V. méc. constante)\n6. ACCELERANDO... Crescendo.\n(V. méc. croissante)\nAMPLITUDE CROISSANTE\nfy bis gj jes pU]ses croissent plus vite que les naves...\nDiminuendo un poco.\n7. ALLARGANDO... (Casde 4. Naves relativement constantes).\nIntensité fixe.\n(V. méc. constante) 7ter Si les puises croissent plus lentement que les naves...\nCrescendo un poco.\n(Cas de 8. Puises relativement constantes).\n8. VITESSE FIXE... Crescendo\n(V. méc. croissante).\n9. ACCELERANDO... Crescendo molto. (Plus la vitesse et l'amplitude croîtront (ou seulement\n/T R f . y • . \\ Tune des deux) plus le crescendo devra être\n(V. mec. très croissante). accentué.)"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.24", "texte": "22\nS. I. M.\n\nII. Rapports de l'Amplitude des Mouvements et des Nuances d'Intensité\nsonore en fonction de Nuances de Vitesse musicale.\nALLARGANDO\n1. AMPLITUDE DÉCROISSANTE... Diminuendo molto. (Plus la vitesse et l'amplitude décroî-\nf\\r r . \\ if . v tront (ou seulement Tune des deux) plus\n(V. méc. très décroissante). le dinlinuendo devra être accentué).\n2. AMPLITUDE FIXE... Diminuendo.\n(V. méc. décroissante)\n(3BIS Si les naves croissent moins vite que les puises...\nDiminuendo un poco.\n(Cas de 2. Naves relativement constantes;.\nJLIILCLISLLC ILAC. V\n(V. méc. constante) | 3ter Si les naves croissent plus vite que les puises...\nCrescendo un poco.\n(Cas de 6. Puises relativement constantes).\nVITESSE FIXE\n4. AMPLITUDE DÉCROISSANTE... Diminuendo.\n(V. méc. décroissante).\n5. AMPLITUDE FIXE... Intensité fixe.\n(V. méc. constante).\n6. AMPLITUDE CROISSANTE... Crescendo.\n(V. méc. croissante).\nACCELERANDO\n'7bls Si les naves décroissent plus vite que les puises...\nDiminuendo un poco.\n7. AMPLITUDE DÉCROISSANTE D . , . , „„ .\n/ (Cas de 4. Puises relativement constantes).\nIntensité fixe. J\n(V. méc. constante). 7ter Si les naves décroissent moins vite que les puises...\nCrescendo un poco.\n(Cas de 8. Naves relativement constantes).\n8. AMPLITUDE FIXE... Crescendo.\n(V. méc. croissante).\nq. AMPLITUDE CROISSANTE... Crescendo molto. (Plus la vitesse et l'amplitude croîtront (ou sem-\n-7 /xt r i • \\ lement Tune des deux), plus le crescendo\n(V. méc. très croissante). devra être accentué)."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.25", "texte": "LES NAVES ET LES PULSES\n23\n\nIII. Rapports des Nuances de Vitesse musicale et de l'Amplitude des\nMouvements en fonction des Nuances d'Intensité sonore.\nDIMINUENDO\n1. ACCELERANDO... (Plus les deux nuances sont accentuées (ou seulement\nA 1 • 3 . 1 1 / • . l'une d'entre elles) plus l'amplitude devra décroître.)\nAmplitude très décroissante. ; r r '\n2. VITESSE FIXE...\nAmplitude décroissante.\nF 2bis Si Pallargando est moins accentué que le dimi-\nnuendo... Amplitude légèrement décroissante.\n3. ALLARGANDO... (Cas de 2. Vitesse relativement fixe).\nAmplitude tev gj j'ai]argan(]0 est pjus accentué que le diminuendo...\nAmplitude légèrement croissante.\n(Cas de 6. Intensité relativement fixe).\nINTENSITÉ FIXE\n4. ACCELERANDO... Amplitude décroissante.\n5. VITESSE FIXE... Amplitude fixe.\n6. ALLARGANDO... Amplitude croissante.\nCRESCENDO\nf y bis gj l'accelerando est plus accentué que le crescendo..\nAmplitude légèrement décroissante\n7. ACCELERANDO... J (Cas de 4- Intensité relativement fixe).\nAmplitude fixe y ter Si Paccelerando est moins accentué que le crescendo..\nAmplitude légèrement croissante,\n(Cas de 8. Vitesse relativement fixe).\n8. VITESSE FIXE...\nAmplitude croissante.\nQ. ALLARGANDO... (Hus les deux nuances sont accentuées (ou seulement Tune\nA i*j . • . d'entre elles) plus l'amplitude devra croître).\nAmplitude très croissante. 'r r '"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.26", "texte": "On ne sera pas surpris de ce titre si l'on veut bien se souvenir de la\nfaveur, dont s'applaudit la mandoline à la fin du XVIIIe siècle, à l'époque\noù Sor et Carulli étaient sur tous les pupitres, où Hummel, Weber et\nMozart lui-même ne dédaignaient pas d'honorer de leur plume un des\nderniers représentants de la famille des luths. De Mozart, on pourrait\nciter deux mélodies accompagnées de mandoline \" Wasfrag' ich viel'\\ et\n\" Komm, liebe Zither, komm \". Enfin la sérénade de Don Juan est dans toutes\nles mémoires. Or, elle est bien pour mandoline et non pour tout autre\ninstrument semblable. Berlioz, dans son s'est donné\nla peine de le remarquer, avec sa coutumière amertume.\n\" Bien qu'au bout de quelques jours d'étude, écrit-il, un guitariste ou même\nun violoniste ordinaire puisse se rendre familier le manche de la mandoline, on a si\npeu de respect en général pour les intentions des grands maîtres, dès qu'il s'agit\nde déranger en la moindre chose de vieilles habitudes, qu'on se permet presque\npartout, et même à l'opéra (le dernier lieu du monde où l'on devrait prendre une\npareille liberté), de jouer la partie de mandoline de Don Juan sur des violons\nen pizzicato ou sur des guitares. Le timbre de ces instruments n'a point la finesse\nmordante de celui auquel on le substitue, et Mozart savait bien ce qu'il faisait en\nchoisissant la mandoline pour accompagner l'érotique chanson de son héros.\"\nBeethoven pouvait donc, il devait sans doute, avoir écrit pour cet\ninstrument. Et, de fait le Dr. Mandycewski publia en 1888, dans le\nSupplément delà grande édition Breitkopf, deux compositions du Maître\nl'une appelée \" Sonatine \" l'autre nommée \" Adagio \" qui montrent que\nl'auteur de la Neuvième n'avait pas échappé à l'engouement de son temps.\nDe mon côté je fus assez heureux pour découvrir récemment une\nsérie de pièces pour mandoline et piano, dont l'attribution n'est aucune-\nment douteuse. Elles sommeillaient dans la bibliothèque des comtes de\nClam-Gallas de Prague. On y retrouve l'adagio publié par Mandycewski,\nmais sous sa forme parfaitement achevée, et non pas en brouillon comme\ndans le manuscrit qui servit à l'édition Breitkopf. En outre et ceci"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.27", "texte": "UNE ŒUVRE INCONNUE\n\n25\n\nest capital la version autographe de la collection du comte de Clam\nporte cette dédicace \" Pour la belle J. par L. V. B. Enfin, à côté de\nces deux morceaux déjà connus, s'en trouvent trois autres, toujours pour\nmandoline et piano, et restés totalement inconnus jusqu'à ce jour. C'est\nde Fun d'eux qu'il s'agit ici. On le verra publié en appendice à\nla suite de ces pages.\nLa \" belle est ici la comtesse Joséphine Clary, qui devint ensuite\ncomtesse de Clam-Gallas. C'est à elle qu'est dédié par Beethoven le grand\nAir de concert \" Ah perjîdo \" et déjà Thayer, examinant les esquisses\ndu maître s'était arrêté devant un feuillet portant ces mots révélateurs :\n\" (jeschrieben undgewidmet der(jr. Q. (j.\nLe biographe ajoutait dans son commentaire : \" Existerait-il encore des\nœuvres inédites de Beethoven dans les archives de la famille Clam-Gallas? \"\nAinsi se trouvaient naturellement orientées les recherches de l'histoire.\nOn sait que Beethoven séjourna dans la capitale de la Bohème en\n1796, attiré, comme Mozart l'avait été sept ans auparavant, par le mécé-\nnisme du prince Lichnowsky. Il y habitait, comme le montre une lettre\nécrite à son frère Nicolas, dans la maison du \" goldenen Eichorn \" et se\nplaisait fort dans la Ville aux cent Tours. \" Mon art, écrit-il, me concilie\nl'amitié et l'estime ; que voudrais-je de plus ? L'argent aussi vient assez\nbien. \" Il y a donc tout lieu de croire que l'auteur des Trios op. I avait\ntrouvé bon accueil dans la société de Prague. Et, au premier rang de\ncelle-ci, se trouvaient les comtes de Clam.\n\" Chez le comte Christian Philippe de Clam, nous dit le Jahrbuch\nder Tonkunst paru à Vienne en 1796, se donnaient souvent des soirées\nmusicales, et lui-même passait pour un protecteur de l'art, jouant en\nperfection du forte-piano, entretenant un orchestre et faisant de grands\nfrais pour soutenir la musique. A la mort du comte Wentzel von Spork\nla Société Musicale l'avait élu président, il mourut en 1805, à 56 ans. \"\nLes deux filles de ce grand seigneur, Louise et jeannette furent parmi\nles meilleures pianistes de Prague. Deux autres demoiselles de Clam, la\nprincesse d'Auersperg et Mmo de Kocz-Dobrz jouaient et chantaient sur\nleur théâtre particulier. Enfin le comte Christophe (1771-1838), fils ainé\ndu comte Philippe fut un des fondateurs du Conservatoire de Prague, qui\nexiste encore de nos jours. Nommé Oberstland Marschall de Bohème,"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.28", "texte": "2 6\nS. I. M.\n\nprésident d'une foule de sociétés, il reçut enfin le titre de \" Premier\nBourgeois de ''. Le 30 nov. 1797, il épousait Josepha, comtesse Clarv.\nBeethoven fréquentait chez les comtes de Clam. Nous en avons la\npreuve dans un passage bien curieux des Mémoires du musicien péda-\ngogue W. J. Tomaschek, homme oublié aujourd'hui, mais que Berlioz\njugea digne d'une visite, lorsqu'il vint à Prague. Tomaschek, le maître\nde Schulhoff et de Hanslick écrit :\n\" J'entendis Beethoven pour la troisième fois chez le comte de C... ; après\navoir exécuté le gracieux rondo de la Sonate en la majeur, il se mit à improviser\nsur \" Ah ! vous dirai-je maman. \" Je pus suivre cette fois d'un esprit calme l'art de\nBeethoven. J'en admirai certes la force et le brillant, mais souvent sans en comprendre\nles brusques sautes d'un motif à un autre, qui privent l'organisme musical de tout\ndéveloppement logique. Ces défauts déparent ses plus grands chefs-d'œuvres, ceux\ndont l'inspiration se montre la plus heureuse. L'auditeur qui ne s'y attend pas se\ntrouve ainsi bien souvent arraché de son rêve. L'original et le singulier paraissaient\nêtre pour Beethoven le principal de la composition. De là, sa réponse à une dame\nqui lui demandait s'il allait souvent entendre les opéras de Mozart : \"Je ne les\nconnais pas, et n'entends pas volontiers la musique des autres, car je tiens à\nconserver ma propre originalité\nTel était le jeune et fougeux Beethoven dont la comtesse Clary avait\nsu inspirer la muse. L'opus 65 \" Ah perjido \" lui est dédié, nous l'avons\ndit. Et, à ce propos il convient de détruire la légende qui voudrait que\ncet air de bravoure ait été composé pour MIQU Duschek, l'amie de Mozart.\nL'erreur vient d'un communiqué paru dans la Gazette de Leipzig le 19\nnovembre 1796 et que voici Lundi 21 prochain Mme Duschek donnera\nun concert à Leipzig. Elle chantera avec Mhi' Neefe la\node de Klopstok, (entretien de deux rossignols, la mère et la fille, sur\nles principes de l'art) musique de Naurnann. Puis une scène composée par\nBeethoven pour Mme Duschek, et quelques morceaux de Mozart \". Mais\nle ms. revu par le Maître est formel et porte : \" Une grande scene mise en\nmusique... composta e dedicata alla Signora Clari \". En outre une\nesquisse, conservée à la bibliothèque de Berlin vient encore appuyer cette\ncertitude, en ajoutant : \" Pour M\"e de Clary\nCette esquisse nous ramène à notre sujet, car elle est suivie de quelques\nmesures qui se trouvent textuellement dans l'allégro pour mandoline qu'on\nlira plus loin. Cette dernière confirmation, jointe à ce que nous avons vu\njusqu'ici nous parait décisive. L'œuvre trouvée dans les papiers des comtes\nde Clam, dédiée à la comtesse Clary, appartient bien à la série des"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.29", "texte": "UNE ŒUVRE INCONNUE\n27\n\ncompositions réalisées par l'auteur de Fidelio, au cours d'un séjour à\nPrague, qui doit se situer en 1796. La littérature beethovenienne se\ntrouve donc enrichie d'une œuvre nouvelle.\nLa valeur de cette œuvre, le lecteur en jugera en tournant la page.\nElle est celle de beaucoup d'autres compositions de jeunesse du maître.\nC'est de la musique d'agrément, aimable, élégante, et convenable à un\ninstrument qui voulait satisfaire aux plaisirs d'une aristocratie dilettante...\n\nDr Arthur Chitz."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.30", "texte": "SONATINE\nPOUR MANDOLINE ET PIANO\nDÉDIÉ A MUE CLARY\nL. VAN BEETHOVEN"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.31", "texte": "SONATINE\n2 9"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.32", "texte": "3°\nS. I. M."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.33", "texte": "SONATINE\n3 1"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.34", "texte": "ENQUÊTE SUR LA CONDITION SOCIALE\nDU MUSICIEN A L'ÉTRANGER\n\n{Suite.)\nNous devons la plupart des renseignements qui vont suivre à\nY Action Sociale de la Femme. La dévouée secrétaire, Mme Gautier-Lacaze,\nparle et écrit onze langues ; elle a bien voulu mettre à notre disposition\ntoutes les ressources de son savoir et nous sommes heureux de lui adresser,\ntout d'abord, l'expression de notre vive gratitude.\nSUÉDE\nSTOCKHOLM. L'instruction musicale, en Suède, est donnée dans\nles établissements suivants, pourvus de classes, comme au Conservatoire\nde Paris.\ni° Conservatoire de l'Etat \" Kungliger Musikerliska Akademien \"\n(Académie royale de musique).\n2° Conservatoires privés: Malmô Konservatorium (Conservatoire de\nMalmô, sous la direction de G. Franchi) ;\nLund, sous la direction de M. P. Norlind.\n3° Ecoles privées : Richard Andesso très en vogue et\ntrès considérée ; Kunt Backs Musik Sk Goteberg, etc.\nIl n'y a que XAcadémie Royale de Musique qui délivre des diplômes\nsous le contrôle de l'Etat. Toute musicienne peut prendre le titre de\nprofesseur et ouvrir un cours sans avoir de diplôme.\nLe traitement moyen annuel des professeurs, à\nMusique, est de 1750 couronnes et, pour les professeurs auxiliaires, de\n1500 couronnes, avec l'obligation de donner une leçon par semaine.\nCe traitement est augmenté avec l'âge et les années de services. En\noutre les titulaires ont droit à une pension. Les écoles privées accordent,\nen moyenne, un salaire de 150 couronnes par mois à leurs professeurs.\nLa dépense annuelle d'un musicien est assez difficile à évaluer. En\nraison de la relativité des besoins et des prétentions personnelles des sujets,"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.35", "texte": "3\n\nDU MUSICIEN A L'ÉTRANGER\n33\n\nil est malaisé de donner des précisions. Pour vivre en Suède, matérielle-\nment, il faut un minimum de 1500 couronnes soit 2100 fr.\nIl n'y a pas de modes d'assurances ni de caisses de retraites, (loyer ou\nchômage) semblables à ceux ou celles qui existent par tous les autres\nemplois. Les associations qui viennent en aide aux musiciens sont :\nSwenska Musikfortbundetqui n'offre des secours qu'aux hommes.\nMusikemas Pensions Kassa qui vient aussi en aide aux femmes.\nLa cause principale du chômage est dans les vacances d'été qui durent\ntrois mois au moins.\nLe moyen d'y remédier consisterait à rechercher un emploi d'exécu-\ntants dans les orchestres qui sont attachés aux établissements balnéaires\nou autres qui s'ouvrent pendant l'été.\nLes femmes sont admises comme exécutantes professionnelles à\nl'orchestre de l'Opéra Royal ; au grand orchestre dit Orkesterforeming de\nGothembourg et d'autres orchestres privés. Leur nombre cependant est\nassez limité.\nDANEMARK\nL'enseignement musical est donné dans le\ndans le Conservatoire Hornemann et dans l'école privée de Ml!e Fanny\nGat]e.\nCes divers établissements délivrent bien des diplômes, mais ils ne\ndonnent aucun titre officiel et tout musicien peut ouvrir un cours sans\nposséder des diplômes.\nIl n'y a aucune caisse de retraites ni d'assurances contre la maladie,\nle chômage.\nLes femmes ne sont pas admises à l'orchestre comme exécutantes\npersonnelles : \" excepté une harpéniste (!) (faute d'un masculin). \"\nConstatons, avec tristesse, qu'on n'est pas plus féministe en Dane-\nmark qu'en France. Ah ! s'il y avait un \" masculin \", comme la pauvre\n\" harpéniste \" serait renvoyée à la maison, presqu'aussi durement que\nchez nous, car nos grandes associations de concerts n'admettent pas, ou\nn'admettent plus, les femmes parmi les exécutants. Notre correspondante\najoute : \" Il existe un orchestre féminin à Copenhague \".\nLe traitement du professeur dans l'enseignement privé est d'une"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.36", "texte": "3+\nS. I. M.\n\ncouronne et même au-dessus jusqu'à 10 couronnes. Dans l'enseignement\npublic le prix diffère beaucoup.\nLa dépense annuelle d'un musicien varie entre 900 et 1200 couronnes.\nRUSSIE\nLes documents obtenus tiennent ici en trois lignes.\nNous les donnons telles qu'ils nous sont parvenus.\nSAINT-PÉTERSBOURG. Au point de vue artistique, tout est sous la\ndirection du Conservatoire ; tout est officiel et les initiatives privées sont\nDeu développées ; les traitements peu élevés en vue des pensions et de\nDien des privilèges.\nCette dernière phrase, assez énigmatique, laisse cependant entendre\nque les intérêts de l'Art ne tiennent pas toujours la première place dans\nles préoccupations conservatoriales pétersbourgeoises.\nAUTRICHE\nVIENNE. L'instruction musicale est donnée dans les écoles privées\net dans les conservatoires. Les diplômes sont délivrés sous le contrôle de\nl'Etat. Et un musicien ne peut prendre le titre de professeur que lorsqu'il\npossède un diplôme.\nLes femmes ne sont pas admises à l'orchestre en qualité d'exécutantes\nprofessionnelles.\nLEMBERG [Galicie autrichienne). L'instruction est donnée, en Galicie\ndans des écoles privées ; dans des séminaires pour futures maîtresses\nd'écoles ; dans les Conservatoires.\nRemarques. Pour obtenir une place, comme professeur de musique,\nil faut avoir i° le brevet supérieur d'enseignement, 2°un examen pratique,\n30 le diplôme délivré par le Conservatoire.\nConstatons, à notre tour, qu'un tel pays pourrait servir d'exemple,\nen France, où commence seulement à se dessiner un mouvement pour\nobliger les professeurs de musique à obtenir leurs titres de capacité.\nReprenons notre lecture.\n\" Dans notre pays, c'est seulement le Conservatoire de Léopol qui a\nle droit de délivrer des diplômes, sous le contrôle de l'Etat. Le Conserva-\ntoire de Cracovie n'a pas ce droit.\nUne musicienne non diplômée ne peut pas prendre le titre de"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.37", "texte": "DU MUSICIEN A L'ÉTRANGER\n35\n\nprofesseur, mais si elle possède une instruction musicale suffisante, elle\npeut avoir le droit d'ouvrir un cours.\nLe traitement annuel moyen, dans les Ecoles d'Etat et dans les\nEcoles privées, varie d'après le cours que dirige le professeur. Dans l'en-\nseignement privé il varie avec le nombre des élèves.\nLa dépense annuelle est environ de 1600 couronnes.\nJusqu'à présent, il n'y avait pas de moyens pratiques pour venir en\naide aux musiciens, et aux musiciennes, en cas de maladie ou de chômage.\nL'association musico-pédagogique d'Autriche (résidant à Vienne) est en\ntrain de régler ces questions.\nLe chômage a pour cause le trop grand nombre de musiciennes non\ndiplômées.\nNous comptons dans l'orchestre du théâtre de Léopol une femme,\njoueuse de harpe, admise comme exécutante professionnelle. 1\nSUISSE\nGENÈVE. Il y a, à Genève, un Conservatoire fréquenté par\n1500 élèves environ. Il ne dépend pas de l'Etat mais vit par ses propres\nressources qui sont les inscriptions des élèves. Il est administré par un\ncomité. Il y a une soixantaine de professeurs dont une trentaine de\nfemmes.\nIl n'y a pas, à Genève, d'Ecole d'Etat. Les Ecoles privées sont :\nX Académie de musique ; Y Ecole populaire\nviolon, etc.\nTous ces établissements délivrent des diplômes, toujours sans inter-\nvention quelconque de l'Etat.\nUne musicienne peut prendre le titre de professeur et ouvrir des\ncours sans avoir aucun diplôme.\nDans l'enseignement privé, la moyenne du prix des leçons varie\nentre 2 et 5 fr. l'heure. Il est nécessaire de remarquer qu'un professeur\nest soumis à une taxe fixe, un impôt professionnel. Il paie, par exemple,\n25 fr. pour un gain annuel de 1500 fr. et encore un tantième sur le gain\n0,25 o/° pour 1500 fr. Pour 5000 fr. de gain, on paie 0.45 °/0. La taxe\nfixe progresse également.\n\n1 Ajoutons que nous devons ces réponses à Famabilité et à l'expérience de MUe Bertha Franke qui\npossède le diplôme du Conservatoire de Léopol et dirige un cours de musique dans une école privée."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.38", "texte": "36\nS. I. M.\n\nLes dépenses sont assez élevées. Un professeur doit naturellement\navoir un appartement convenable pour donner des leçons ; un ou deux\nIl ajoute les frais de musique, d'abonnements, de concerts.\nTout cela est cher à Genève.\nAssociation des Artistes Musiciens réunit la plupart des musiciens\ndont un grand nombre de femmes. Moyennant 12 frs. par an, les socié-\ntaires ont droit à 2 frs. par jour pendant 3 mois de maladie. Passé ce\nterme, les secours deviennent facultatifs. Les soins médicaux sont aussi\nconsidérés comme secours et pour une durée égale à l'indemnité pécu-\nniaire. Le montant des visites ou consultations de médecins incombant à\nl'Association est calculé d'après le tarif de Y Association des Médecins de\nGenève. L'Association participe aux frais des funérailles de ses membres\npar une cotisation extraordinaire de 1 fr. pour chaque sociétaire.\nLa même association s'occupe de la manière suivante d'une \" caisse\ndes retraites \". Elle propose à ses membres de s'assurer eux-mêmes indi-\ndividuellement auprès de la Société des retraites pour la vieillesse existant à\nGenève et s'engage à répartir entre les membres assurés les intérêts du\nfonds spécial qu'elle possède. Ce petit encouragement peut-être évalué à\n20 frs. par an, au maximum, actuellement.\n\" Ces renseignements sont incomplets ; il faudrait, pour les donner\nintégralement, et précisément, commencer une enquête longue et minu-\ntieuse, et l'on se heurterait peut-être aussi aux intéressés eux-mêmes qui\nparfois n'aiment pas les questionnaires. \"\n(a suivre )\n\nM. Daubresse."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.39", "texte": "L'ANNÉE MUSICALE, publiée par MM. Brenet,\nChantavoine, Laloy, et de La Laurencie (Alcan, 1912, in-8°\nde 316 pp. Frs 10.)\nCette première année contient les mémoires suivants : Contri-\nbution à Vhistoire de la symphonie française vers 1750, par L. de la\nLaurencie et G. de Saint-Foix. Deux traditions françaises inédites\ndes institutions harmoniques de rLarlino, par M. Brenet. Le Beron\nde Bagge et son temps, (1718-1791) par Georges Cucuel. Lullistes\net Ramistes, par Paul-Marie Masson. La musique de la chambre\net de VEcurie sous le règne de François /er, par Henry Prunières.\nLa musique française en 1911, par Jean Chantavoine.\nNous avons été des premiers à nous réjouir de l'apparition de\ncette savante publication, dont les auteurs sont tous nos collègues,\net qui doit en partie son existence même aux efforts faits en musi-\ncologie, depuis bientôt quinze ans par la Société Internationale de\nMusique. Il n'est pas jusqu'à la revue S. I. M. qui ne se doive\nféliciter de voir les historiens de la musique trouver en France un\néditeur accueillant pour leurs mémoires volumineux et leurs plus\naustères recherches. La tâche toujours délicate d'un organe de\nhaute vulgarisation comme le nôtre, se trouve ainsi rendue plus aisée, et son devoir plus précis.\nParmi ces importantes contributions, celle de MM. de La Laurencie et de St-Foix mérite\ntout particulièrement d'attirer l'attention des érudits. Pour la première fois la question de la\nsymphonie française est traitée, et elle l'est avec ce zèle infatigable que nos deux collègues\nsavent apporter à toutes leurs études. Ainsi donc, de Mangean à Papavoine, de 1735 I\nune cinquantaine d'illustres inconnus se sont servis de la symphonie pour remplir leur rôle de\nmusiciens français et pour capter les bonnes grâces d'un public généralement peu disposé à la\nmusique pure. Comment ils s'y sont pris pour cela, VAnnée Musicale de 1911 nous le dit. Mais\nil reste prouvé aujourd'hui que cette forme, entre leurs mains, n'a rien donné d'original. Les\nsymphonistes français de 1750 ont été des suiveurs d'avant-garde, à la remorque des Italiens et\ndes Allemands. C'est un résultat. Peut-être le trouvera-t-on négatif. La faute en est l'état\nd'esprit de nos ancêtres, de ces contemporains de l'abbé Pluche qui faisaient tout aussi peu de\ncas d'une sonate que d'un papier marbré. Le rôle de notre pays dans la formation du nouveau\nstyle symphonique du XVIIIe siècle est sans éclat. \" Les François n ont pas de musique \" disait\nRousseau, qui a contribué plus qu'un autre à leur enlever le goût d'en avoir.\nCHANT A V OINE (Jean). Musiciens et poët es. (Alcan, 1912. In-12° de 218 pp.)\nCe livre sera lu avec profit, non seulement par les musiciens, mais par tous ceux qui"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.40", "texte": "3»\nS. I. M.\n\nestiment la musique et la littérature unies de trop près pour que leur étude puisse jamais être\ntotalement dissociée. On y trouvera l'étude abrégée de certains sujets généralement ignorés\nchez nous : l'histoire de la ballade allemande, les débuts de Liszt comme auteur dramatique.\nA signaler aussi certains aperçus nouveaux sur R. Schumann : comment celui-ci ne pouvait\npas demeurer poëte et devait forcément devenir un musicien. C'est avec regret que nous\nvoyons ce volume, trop court à notre goût, se fermer sur ces quelques pages d'intense et\nscrupuleuse analyse psychologique.\nCRÉMIEUX (Mathilde). Lettres choisies de Robert Schumann (Paris, Fischbacher,\nin-12 de 233 pp.).\nUn second volume de lettres de Schumann ! le premier composé surtout de sa correspon-\ndance avec sa mère et ses sœurs, nous avait fait pénétrer au cœur même de son intimité.\nCelui-ci, adressé en général à des artistes et à des amis, est d'un caractère moins strictement\nconfidentiel, mais touche de plus près à la musique. Un lecteur attentif pourrait y voir poindre\npetit à petit les premiers symptômes de la maladie cérébrale à laquelle Schumann allait\nsuccomber en 1856. Cette restriction faite, et, une fois mises de côté certaines lettres qui\nrévèlent un évident déséquilibre mental, Schumann se montre souvent bon juge ; les questions\nqu'il traite demeurent encore d'actualité. Lisez cette lettre adressée à Liszt en mai 1849? Pour\njustifier l'école de Leipsick de certaines accusations de plagiat : u On rencontre des réminis-\ncences dans toutes les œuvres d'art... Bach, Haendel, Gluck, et plus tard Mozart, Haydn,\nBeethoven, se ressemblent à s'y méprendre sur cent points différents... Il n'existe pas d œuvre\ncomplètement originale...\" Et plus loin, appréciation plus sérieuse encore (lettre a Mendeîssohn,\ndatée du 22 octobre 1845) : \" Wagner est certainement un musicien spirituel plein d'inven-\ntions folles et rempli d'audace... mais en réalité, il est à peine capable d'écrire et de penser\nconvenablement quatre mesures de suite...\" Puis le 7 janvier 1846, (à H. Dorn) : \"Je\nvoudrais que vous vissiez le Tannhauser de Wagner ; il renferme cent fois plus de profondeur\net d'originalité que ses premiers Opéras, unies toutefois à certaines trivialités musicales. En\nrésumé, Wagner peut prendre une grande place au théâtre, et tel que je le connais il aura\nl'audace nécessaire pour y réussir \". Tant il est vrai que les grands hommes ne sont pas,\nmoins que nous, sujets à revenir sur leurs opinions les mieux arrêtées.\nWOODHOUSE (George). The artist ai the piano (Londres, chez Reeves, in-8°\nde 50 pp.).\nCette brochure est une diatribe sévère contre les pianistes en général, et plus particulière-\nment ceux que l'auteur désigne du nom de Nous pouvons applaudir\nM. Woodhouse lorsqu'il s'insurge contre les artistes qui considèrent la limite des ressources de\nleur instrument comme la limite inéluctable de la musicalité, et qui ne cherchent pas à étendre\nsans cesse le champ de leurs effets et de leurs moyens d'expression. Par contre, il nous est bien\ndifficile de le suivre dans son parfait mépris de tout enseignement technique. Faut-il vraiment\nsupposer qu'une science approfondie du doigté et du mécanisme doive forcément annihiler\nchez l'exécutant tout sens artistique ? De plus, il n'est personne aujourd'hui qui dénie la\nnécessité de se pénétrer de l'esprit et du style d'un morceau pour le bien interpréter ; sur ce\npoint, et sur beaucoup d'autres, M. Woodhouse nous a un peu l'air d'enfoncer une porte\nouverte."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.41", "texte": "LES LIVRES\n\n39\n\nSEEBURG (Franz von). J. Haydn, ein Lebensbild (Regensburg, F. Pustet, 1912,\nin-12 de 476 pp.).\nL'idée de présenter la vie de Haydn sous la forme d'un roman sentimental, n'était encore,\nsans doute, venue à personne. Elle semble être née d'une affectueuse conversation entre\n\"Friedrich Pustet senior\" et M. de Seeburg, un beau matin d'avril, sur les bords du lac de\nChiemsee, où le roi Louis II vint jadis promener ses rêves. Elle a enfanté un livre agréable\net d'utile lecture.\nFITZ-JAMES (Comte de). De la morale et de Vart. (Paris, Barreau, 16 rue Littré,\nin-120 de 42 pp.).\nTout le monde ne souscrira pas aux doctrines de morale esthétique exposées dans cette\nbrochure par notre confrère et ami le comte de Fitz-James. Mais il n'est personne qui ne\nveuille en reconnaître l'idéalisme transcendant et le noble effort. Oui, le Bien et le Beau, que\ndes intérêts confessionnels ont parfois voulu opposer l'un à l'autre dans l'art et dans la morale,\nse rejoignent dans l'amour, et le grand apôtre de cette synthèse fut et restera le musicien-poète\nRichard Wagner. C'est de lui que partit le fécond mouvement de religion artistique, dont\nFitz-James prêche la venue. Un petit volume comme celui-ci console de bien des écœurements ;\nje souhaite qu'il fasse oublier des articles comme celui qui parut il y a quelque temps dans un\nquotidien sous la signature de Léon Daudet pour dresser une fois encore contre le wagnérisme\ntriomphant l'esprit du boulevard. Il est bienfaisant de constater, par ces temps de patrouillo-\ntisme à 10 centimes, que des esprits fiers ont le courage de ne pas renier leur idéal, fut-il\nmême entaché de germanisme.\nGIESSWEIN. Über die Resonanz der Mundhohle und der Nasenraurne, im besonderen\nder Nebenhohlen der Nase. (Berlin, S. Karger 1911, Mk. 2).\nEtude très fouillée de cette question, qui semble un peu accessoire au musicien, bien quelle\ntouche à la pratique de la voix, mais qui intéresse vivement le physiologiste. M. G. prouve que\nle rôle de résonateur, parfois attribué aux fosses nasales, est réduit à presque rien ; de même la\nvibration des os de la boîte crânienne est fort peu de chose. Il n'y a par conséquent pas à s'en\npréoccuper dans l'éducation du chanteur.\nOCTAVE SÈRE. Musiciens français d'aujourd'hui (in-120 de 416 pages, au Mercure\nde France).\nCe livre vaut surtout par son abondante bibliographie. Vingt sept musiciens français,\nchoisis parmi les plus représentatifs de notre art contemporain, y sont étudiés avec un visible\nsouci d'impartialité. A chacun d'eux est consacrée d'abord une petite notice sans grandes\nprétentions, destinée simplement à nous présenter l'auteur en question ; puis vient une liste\ncomplète de ses œuvres, et des principaux ouvrages à consulter à son sujet : livres, revues et\nquotidiens ; il y a donc là un répertoire indispensable à tous ceux qui veulent étudier l'école\nfrançaise moderne. L'auteur gagnerait peut-être à se méfier de certaines généralités comme\ncelles-ci (il s'agit de M. Paul Dukas) : \"La présence, parmi ses ancêtres d'un arrière grand-\npère strasbourgeois nous éclaire singulièrement sur le goût qu'il a toujours montré pour la\nconstruction et la forme, au point de leur donner dans son œuvre la prépondérance sur l'idée\nelle-même. \" Ceci prêterait évidemment à discussion : rien de plus dangereux que d'aborder\nen quatre lignes des sujets dont la controverse remplirait des pages, et même des volumes."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.42", "texte": "4°\nS. I. M.\n\nSONNECK (O.) Catalogue of the Orchestr Library of Congress. (Washington\n1912, in-4, de 663 pages.)\nCe volume nous apporte le catalogue des partitions de musique symphonique qui se trou-\nvent dans la Bibliothèque Nationale des Etats-Unis, à Washington. Il est dû à notre éminent\ncollègue le Dr. Sonneck et comprend tout d'abord un classement alphabétique par noms\nd'auteurs; puis un classement méthodique par c'est-à-dire par matière, enfin, un index\ndes incipitdes morceaux dans la mesure où il est possible de le dresser. La collection entière\nne remonte pas avant 1830, et les œuvres d'auteurs anciens qu'elle possède (Bach, Cherubini,\netc.) sont en éditions modernes. Elle est considérable, et nos maîtres français s'y trouvent fort\nbien représentés. Daphnismême de Ravel n'y manque pas. En est-il de même à Paris pour les\nétrangers ? L'élève du Conservatoire trouverait-il chez nous, les jeunes Russes, Hongrois,\nAnglais, Belges et Allemands du dernier cri ? Que mon excellent ami, Julien Tiersot ne\nprenne pas ombrage de cette question. Je suis sûr qu'il a pourvu à tout dans la mesure de ses\ncrédits. On sait que chez nous l'administration ne marchande pas quand il s'agit d'une biblio-\nthèque de musique !\nLe classement de Washington, comme celui de nos bibliothèques semble se faire par ordre\nde matières. A chaque instrument, à chaque dispositif musical correspond une classe et une\ncote spéciale, dans laquelle règne le numérotage. J'ai toujours protesté contre cette méthode,\nqui fut encore aggravée à la Bibliothèque Nationale, il y a quelques années. A qui sert, en\nvérité, cette subdivision d'une même matière en douze ou quinze classes, fractionnées elles-\nmêmes par des chiffres différents ? Ce n'est certes pas au lecteur, absolument étranger aux\nmystères de la cote. Est-ce à la bibliothèque ? Je ne le crois pas. Le classement par matière\nn'allège en rien les recherches, ni sur les rayons, ni sur les fiches. Il complique par contre et\ntrès notablement la besogne du fonctionnaire préposé au catalogue. Il satisfait uniquement une\nlogique apparente et idéale ; encore 11e la satisfait-il jamais pleinement. Ces classements ne\ndevraient apparaître que dans les catalogues eux-mêmes, où le travailleur cherche sa pâture.\nLà, qu'on les pousse aussi loin que possible, qu'on les multiplie à l'infini. Mais que les livres à\nleur entrée dans le local où ils doivent prendre place, soient tout bonnement rangés à la suite\nles uns des autres dans la série musicale, et reçoivent un numérotage continu, sans ,se soucier\ndu matériel sonore auquel ils font appel.\nJ. E.\nVILLAR (Rogelio). La musica y los musicos espanoles contemporaneos. (San Sébastian,\n28, via S. Martin, 1912, in-12, de 56 pp.)\nCe sont deux conférences tenues à Madrid en décembre dernier, et par lesquelles\nM. Villar s'efforce de réveiller l'Espagne de la scandaleuse inertie qu'elle témoigne à l'égard\nde la musique en général et de la sienne en particulier. Tâche ingrate et qui demandera du\ntemps. Il n'importe ! De pareils efforts arriveront certainement au triomphe d'un nationalité\nmusicale qui compte des artistes comme Pedrell, Albeniz, Granados, Falla, Turina et del\nCampo. L'Espagne est de tous les pays de l'Europe, celui dont nous devons attendre le plus.\nRepliée sur elle-même depuis le XVIe siècle, la détente de son génie sera certainement une\nrévélation, dont les gens du Nord seront surpris. Il faudrait qu'un courant généreux parcourut\nce pays et que, du côté de la presse, des éditeurs, des pouvoirs publics, un mouvement\nd'enthousiasme se manifestât en faveur de la jeune Espagne musicale. Les souhaits de M. Villar,\nqui sont ceux de nous tous, se trouveraient alors réalisés.\nJ. E."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.43", "texte": "LES LIVRES\n41\n\nLAMY (P.). —J.F. Le Sueur (Paris, Fischbacher 1912, in-8° de 152 pp.)\nu Notre âme, indépendemment du raisonnement exprimé verbalement, a son raisonnement\ntacite et particulier : quand une fois elle a senti, elle a déjà plus que l'intelligence de la chose \".\nQui écrit ceci ? Un moderne esthéticien, un contemporain de Wagner, un disciple de\nSchopenhauer, un admirateur de M. Bergson? Non pas! Un jeune musicien français de I7s7>\nqui sort du Concert Spirituel et célèbre J. B. Rousseau ! C'est Le Sueur, franc Picard, cœur\nchaud, âme tenace, qui vient offrir aux Parisiens la candeur d'un génie prodigieusement\nchimérique. C'est Le Sueur, à qui nous devons Ambroise Thomas, Gounod et Berlioz,\nLe Sueur le patriarche de notre musique moderne, et un peu aussi le patron de notre\nmusicologie ! Souvenons-nous de ce grand homme, beaucoup plus grand et plus fécond que\nne le ferait croire ses opéras dérnodés. Ni la Caverne, ni les Bardes n'ont survécu, pas plus que\nles Hymnes révolutionnaires et les Oratorios impériaux ; l'Histoire Générale de la musique n'a\nplus guère chance de sortir de ses volumineux manuscrits. Mais la personnalité de Le Sueur\nreste importante, et l'une de celles dont la France doit être fïère.\nTout génie mis à part, Le Sueur fait songer à Wagner. Il en a l'ardeur prosélyte,\nl'intransigeance artistique, le goût des mythologies romantiques, la manie des systèmes, et\njusqu'à l'incontinence épistolaire. Il lutte pour le triomphe du chef-d'œuvre total, pour la\ngloire de Vidée fixe, qui s'appellera plus tard leit-motiv, il voit tout en gigantesque, et fraternise\nà travers les siècles avec les Grecs et les Hébreux, les Celtes et les Incas. Dans cette tête\nchaude où bouillonnent les idées de l'avenir, les genres se confondent et s'unissent en un même\nrêve grandiose, de religiosité et de fraternelle extase. Le Sueur, à la scène comme à l'église,\nreste pénétré du même programme. Qu'il écrive le Chant du Premier Vendémiaire ou la Mort\nd?Adam, il demeure fidèle à son Exposé d'une musique imitative et particulière, c'est-à-dire à\nun idéal dramatique qu'il a de suite placé très haut, trop haut sans doute pour la musique\nfrançaise de 1800 ! De la symphonie, de l'art pur, il ne se soucie pas. La musique n'existe\npour lui que comme moyen expressif d'une action visible, où toutes les fibres de notre être sont\nintéressées. N'est-ce pas bien wagnérien ? Et aussi, et encore, ce perpétuel besoin d'un\ncommentaire qui argumente et polémise ! Le Sueur est un musicien a idées qui cherche toujours\nhors de la musique la justification de son activité dévorante. Comme Berlioz apparaît le digne\nélève de cet apôtre du délice ossianique !\nM. Lamy avait une belle tâche. Il a su la remplir pieusement, et avec l'agréable facilité\nd'un écrivain judicieux, sage, parfois même courageux. On lui en voudra peut-être un peu de\nn'avoir pas mis au premier plan la documentation si curieuse, si abondante que lui offrait la\nbibliothèque de l'Opéra, la collection Malherbe et les archives d'Amiens. Son livre est conçu\nplutôt à la façon d'un Mémoire d'Académie, qu'à la manière en usage dans la musicologie. Ce\nn'est pas que l'on puisse concevoir ici le moindre doute sur l'entière probité de l'auteur, et je\nme hâte d'ajouter que les références sont admirablement et amplement exposées. Mais le\nmusicien des Bardes méritait un livre définitif et il l'aurait aujourd'hui, si l'éditeur s'était\nmontré bibliophile. Tandis qu'il restera encore à glaner après M. Lamy, ne serait ce que pour\nprésenter Le Sueur historien de la musique, d'après ses volumineux manuscrits.\nJ. E.\nCUCUEL (G.). La vie parisienne des princes de Wurtemberg. J, E. Montbêliard au\nXVIIIe siècle.(Montbêliard. Extrait des Mémoires de la Société d'Emulation.)\nToujours très documenté, et ne perdant jamais de vue la musicologie, notre collègue cite\nici d'amusantes contredanses et un air de table, qui évoquent la vie galante des habitants de\nPassy, au temps où La Poupelinière régnait sur ce coin charmant."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.44", "texte": "42\nS. I. M.\n\nWANTZLOEBEN (Sigfrid). Das Monochord als Instrument und als System. (Halle\nM. Nieineyer 1911, in-8, de 131 pp., Mk. 4).\nLivre de bonne et sûre érudition, qui retrace l'histoire d'un instrument bien oublié\naujourd'hui, auquel l'humanité musicale doit pourtant une profonde reconnaissance. Le mono-\ncorde n'a jamais joui d'un grand charme sonore, mais il a présidé pendant de longs siècles aux\ndestinées de la musique théorique. Il fut, pour les Grecs et pour le moyen-âge, l'instrument de\nprécision et l'agent de démonstration, grâce auquel la spéculation du calcul devenait visible et\npour ainsi dire tangible. C'est à la faveur du monocorde que se sont réalisées toutes les décou-\nvertes de l'acoustique antique, que se sont vérifiés tous les essais de la doctrine, les recherches\nd'un art voulant prendre conscience de soi-même et donner à la pratique incertaine les prin-\ncipes d'une théorie solide.\nOn n'a donc qu'à suivre le témoignage du monocorde et de ses adeptes pour retracer\nl'histoire de notre système sonore depuis Pythagore jusqu'à Ramis de Pareia. C'est ce que fait\nM. Wantzloeben, en citant de nombreux textes grecs et latins qui donnent du poids a son\nlivre. Car la petite caisse sonore pourvue d'une corde et d'un chevalet mobile, qui constitue\ntoujours l'instrument classique, offre peu de matière à l'historien. Toutefois, l'idée d'associer\nplusieurs cordes à la corde principale et le désir de remplacer les chevalets par un dispositif plus\naisément maniable se présentèrent un jour dans l'âme du patricien, et, du coup, l'instrument\nde science devenait un instrument concert ! Monocorde, mancorde, clavicorde, clavecin, ces\nvocables et les réalités qu'ils supposent, les progrès qu'ils annoncent, les efforts qu'ils trahissent...\ntout, nous montre que, dès la fin du XIV0 siècle, l'Occident avait tiré du vénérable monocorde\nautre chose qu'une leçon d'acoustique. Sachons gré à M. Wantzloeben de nous avoir très\nbien fait apercevoir ces évolutions.\nJ. E.\nLITTA (Paolo). La Déesse Nue (Editions de la Libéra Estetica. Florence 1912,\nin-12, de 78 pp. Frs. 1.75)'\nLa danse comme moyen ésotérique d'expression musicale ! Voilà ce que notre éminent\nami Litta voudrait défendre en cet ouvrage, plein d'idées et de profondes réflexions, et qui\nmériterait à lui seul un article. Jusqu'ici le renouveau de la danse expressive nous était venu\ndu Nord, de Suisse avec Jaques-Dalcroze, de Bretagne avec d'Udine, d'Amérique avec\nIsadora, et de Russie avec Nijinski. L'ltalie, la patrie de la \" Camerata fiorentina toujours\nhantée du souvenir de l'antique, prend part aujourd'hui à ce débat. Litta croit, lui aussi, que\nle lien brisé entre la musique et la danse peut et doit être renoué ; il croit a 1 indissolubilité\nde ces arts voisins, et si souvent rivaux. Il imagine une danseuse idéale, une Déesse, chaste et\nnue, dont l'extase serait irrésistible, et, dans le cadre d'une musique de chambre, avec un\npiano, un violon, un triangle, devant quelques initiés, il a tenté l'expérience personnelle d'une\naction musicale dansée. Ces pages subtiles et philosophiques nous donnent la curiosité de voir\nun jour à Paris, la réalisation synthétique de Litta. Dans cette recherche des synesthésies\nchorégraphiques nous en sommes encore aux tâtonnements; il conviendrait de multiplier des\nefforts comme ceux-ci.\nLIEBESKIND (Josef.). Compléments et Suppléments au catalogue thématique des œuvres\nde G lue{y de Wotquenne. Traduction française de L. Frankenstein. (Leipzig. Geb. Reinecke,\nin-8, de 20 pp.)\nUn certain nombre d'indications données par Wotquenne dans son Catalogue de Gluck,"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.45", "texte": "LES LIVRES\n43\n\navaient besoin d'être complétées. M. Liebeskind vient de le faire par cette mise à jour, dont\nl'érudition lui rendra grâce.\nSOUBIES (Albert). Almanach des spectacles. Année 1911 (Flammarion, in-120\nde 154 pp.)\nC'est le tome 41 de cette séduisante publication, ornée d'agréables eau-fortes, et que notre\nconfrère poursuit chaque année. Les chercheurs lui en savent gré, et plus tard les historiens lui\nseront reconnaissants de ce résumé fidèle de l'année théâtrale. Il parait, d'après ce judicieux\ninventaire, que la France a vu représenter, l'année passée 986 œuvres nouvelles, sur ses divers\nthéâtres, soit cent cinquante de plus que en 1910. Grâce à M. Soubies nous avons donc la\nconscience en repos. L'art dramatique et musical se soutient.\nFRANKENSTEIN (L.). Richard IVagner-Jahrbuch Band IV. (Berlin, Hans Schnip-\npel, 1912, in-4 de 354 pp. Mk. 9.)\nAprès quelques années d'interruption, voici de nouveau le précieux Jahrbuch Wagnérien,\nauquel Ludwig Frankenstein a voué son inlassable zèle. Il est toujours difficile de présenter\naux lecteurs d'un bref compte-rendu la matière d'un annuaire, qui vaut par sa multiplicité.\nNous trouvons ici, un peu comme dans le numéro spécial d'une très volumineuse revue, des\narticles de documentation sur les œuvres, des critiques esthétiques, des bibliographies abondantes,\ndes nécrologies, des mélanges. (Pas d'iconographie, c'est dommage.) En un mot une vue générale\ndu mouvement wagnérien depuis 1909, mouvement toujours actif et qui s'étend vers toutes les\ndirections. En France, il est de mode d'ignorer systématiquement le wagnérisme et les\nwagnériens. Pour nos nationalistes au petit pied, Wagner n'a pu être qu'un musicien comme\ntant d'autres, comme tous les autres. Qu'on nous montre donc un musicien français déclanchant\nune effervescence aussi durable, et 11e cessant, trente ans après sa mort, d'éveiller dans les\nintelligences les plus distantes, chez les hommes les plus différents une curiosité critique aussi\nvive, un prurit livresque aussi incoercible. Qu'on nous montre le Gounodisme, ou le Massenet-\nisme, en un Jahrbuch annuel !\nBRANBERGER (J.). Das Konservatorium (Prag H. Mercy 1911,\nin-8° de 400 pp.)\nLe Conservatoire de Prag fondé en 1811, est un des plus anciens et des plus réputés\nd'Europe. Comme celui de Vienne, il dut sa création à une société académique d'Amis de la\nmusique, à laquelle l'Etat vint peu à peu en aide. Prag (et non Prague) fut toujours un centre\nmusical. Mozart y dirigea ses œuvres avec joie. Weber y prit en main l'opéra. Ambros et\nHanslick y virent le jour. De très nombreux virtuoses partirent de ce pays pour rayonner dans\nle monde et y porter le bon renom d'une instruction solide.\nL'ouvrage de M. Branberger est en partie nouveau, en partie la réédition du volume\nqu'Ambros fit paraître en 1858 sur le même sujet. Ce n'est pas un livre de littérature, mais\nun rapport bien fait, détaillé, un document qu'il faut placer dans nos bibliothèques.\nHOUDARD (Georges). Vade-Mecum\n(St. Germain, Mirvault 1912, in-8 de 40 pp. Fr. 2.00)\nOn sait que notre collègue défend depuis longtemps la doctrine des Neume-temps. Pour\nlui, le neume est l'équivalent du pied rythmique latin, son incarnation graphique, et le seul\nprocédé employé par le moyen-âge pour représenter les différentes inflexions dont la phrase"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.46", "texte": "44\nS. I. M.\n\nmusicale est composée. Il se rencontre dans cette voie avec le Professeur Riemann, et avec le\nregretté Père Dechevrens, tandis qu'il s'oppose nettement aux Bénédictins et à la réforme\ngrégorienne sanctionnée par Pie X. A Dieu ne plaise que je prenne parti dans cette délicate\nquerelle. Tout ce que peut avancer un profane, comme moi, c'est que l'ouvrage de\nM. Houdard est la présentation méthodique, le commentaire très vigoureux d'un certain\nnombre de textes du moyen- âge. Hucbald, Qdon, Gui et Aribon se trouvent ici réunis pour nous\nconvier à une interprétation très rigoureuse, je dirais presque mathématique de la rythmique du\nplaint-chant, chose ardue entre toutes, puisque les spécialistes n'ont pas encore pu y parvenir.\nKAMIENSKI (Lucian). Die Oratorien von J. A. Hasse. (Breitkopf 1912, in-8, de\n368 +5B pp. Mk. 10).\nHasse a de la chance. Il y a six ans notre collège Mennicke de Leipzig étudiait en lui,\ndans un fort volume, le symphoniste novateur. Dernièrement dans nos Bulletins Internationaux\nparaissait une série d'études de Walter Mueller sur Hasse compositeur de musique sacré. Enfin\nvoici un travail considérable, et à peu près définitif sur l'oratorio tel que le conçut et le pratiqua\nce grand homme.\nHasse est oublié du public français. Il fut cependant un des seuls compositeurs allemands\nqui se fit connaître chez nous au XVIIIe siècle. C'est qu'en réalité, malgré sa nationalité, il\ntut et resta toute sa vie un italienisant, et c'est aussi comme représentant de l'école napolitaine\ndu bel canto, que M. Kamienski nous le présente, et démonte devant nous les rouages très\nhabiles de son œuvre. Je ne puis le suivre dans le détail dé cette analyse, mais je tiens à\nsignaler ici les tendances et l'esprit dans lequel est écrit ce gros et intéressant ouvrage.\nPour M. Kamienski, nous avons une leçon à tirer de Hasse, comme nous en avions une à tirer\nde Bach, il y a trente ans. Notre XIX® siècle s'est plongé dans la polyphonie du grand Cantor\net en est sorti tout vivifié. Le XXe siècle aurait pour tâche de remettre en honneur les grands\nmélodistes italiens dont \"il Sassone \" peut être considéré comme un type achevé. Ce serait le\nmoyen toujours d'après M. Kamienski, de combler cet abîme qui sépare notre musique savante\nde l'art facile et chantant du public populaire.\nLe spectacle des oratorios où le maître montre tous ses talents, et leur remise au concert\nsont de bons débuts d'une propagande mélodique dans nos milieux éclairés. Faisons campagne\nen faveur de Hasse; appliquons-nous à la connaître, à pénétrer son style \" travaillé d'un grand\ngoût d'expression et d'harmonie \", comme écrivait le Président de Brosses, et nous serons\nétonnés de trouver devant nous le spectacle d'un art admirable tout différent du notre, art\nd'expression vocale et d'audacieuses arabesques.\nMalheureusement nous n'avons ni les voix, ni le style, pour accomplir cette restauration.\nEn avons-nous même le goût et le désir ? Qui sait si la Faustina et son partenaire Farinelli,\nténorisant d'une voix claire, perçante, flexible dans un de nos concerts, ne nous sembleraient\npas prodigieusement désuets, avec leurs grâces, leurs vocalises, leurs tenues, en un mot tout\nl'appareil du grand chant italien ? N'importe, ou plutôt à cause de ses difficultés, le problème\nest tentant. Il faut mettre l'école napolitaine de Hasse à la mode, comme on a mis l'école\ngermanique de Jean Sébastien. Une Société Hasse, pour le renouveau de la mélodie transalpine\nne serait pas si mal imaginée !\nKRETZSCHMAR (Herman). Geschichte des neuen deutschen Liedes. (Breitkopf 191 t,\nin-8° de 356 pp. Mk. 7,50.)\nUn livre du Professeur Kretzschmar est toujours une bonne fortune. Celui-ci traite du\nLied allemand depuis Albert jusqu'à Zelter, c'est-à-dire au XVIIe et au XVIIIe siècles. Il est"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.47", "texte": "LES LIVRES\n45\n\nannoncé comme première partie d'une histoire qui comprendra sans doute deux volumes. Enfin\nil appartient à la collection des Kleine Handbttcher der Musikgeschichte qui se publient\nprécisément sous la direction de l'éminent Geheimrat.\nLe lied est un des gloires de la musique allemande et on ne saurait assez en magnifier\nl'histoire. M. Kretzschmar le fait naître avec le mouvement monodique, dont Caccini et Péri\nfurent les parrains en Italie. Il nous le montre ensuite en Allemagne, se dégageant des influences\nétrangères hésitant d'abord avec Schutz, Schein, Staden puis prenant conscience de lui-même\navec Heinrich Albert vers 1630. De là il se répand en différentes provinces où sévissent des\nécoles locales. Il oscille entre la chanson et le choral, entre la table et l'église. Tantôt sous la\nforme de \" Venus harnachée\", tantôt à l'état de ou de il s'élève\nprogressivement jusqu'aux grands musiciens du XVIIe, les Franck, les Erlebach, les Krieger.\nNous arrivons au XVIIIe. Le lied se fait mondain, et les celles mêmes de\nSperontes, vont chercher leurs inspirations à Versailles. Pendant cent ans, écrit notre savant\ncollègue, on pourra écrire sur le lied allemand la devise suivante \" Sous la tutelle française\nEnfin perce le Sturrn und Drang,et Schubert commence à esthétiquer du fond de sa prison. La\nmode de l'ode et de la mélodie anacréontiques va faire place au lied moderne.\nDe cette patiente étude, pleine de faits, de vues et d'idées se dégage une leçon qui fait\nhonneur à l'Allemagne. N'aurait-on pu cependant définir, dès le début, la notion assez com-\nplexe de ce que nous appelons un lied ? Aria, air et lied sont des termes bien voisins à certaine\népoque de la musique; le dernier d'entre eux a pris un sens tout particulier, au cours de cer-\ntaines vicissitudes, dont nous voyons ici le spectacle. Mais quel fut le principe électif autour\nduquel se rassemblèrent ces forces ? Il faut croire que le volume suivant nous le dira.\nAutre chose encore (car le Professeur Kretzschmar est au-dessus des louanges banales). Il\nm'a semblé que l'influence française de la première moitié du XVIIe se trouvait un peu négli-\ngée. Ou plutôt que, suivant une habitude de l'esprit allemand, on ne lui attribuait que le rôle\nsuperficiel d'un art badin. Il ne serait pas exclu du tout, au contraire, que les Boesset, et les\nMoulinié avec leurs mélos vertueux et larmoyants, aient servis la cause d'un Henri Albert.\nLa mentalité artistique et particulièrement musicale que Louis XIII encouragea et dont il\ndonna lui-même si souvent le modèle, s'accorde si bien avec le tempérament du lied allemand.\nIl y aurait un regard à jeter du côté de ces musiciens sévères, affectés, et qui, même lorsqu'ils\ns'appellent Lambert ou Mollier, ont réellement fait effort vers la musique d'âme dont les\nAllemands cherchaient la formule. Mais, M. Kretzschmar répondra que les historiens de\nFrance n'ont rien fait qui puisse permettre au musicologue allemand de tenir compte de leur\nmusique de chambre vers 1630 ; et il aura raison.\nR ATT A Y (Kurt).— Die Ostracher Liederhandschrift.(Halle, Max Niemeyer, 1911,\nin-8, de 136 pp., Mk. 5-) GROLIMUND (S.). Folkslieder aus dem Kanton Aargau.\n(Basel, Augustinergasse 8, 1911, in-8, de 280 pp. 6.20). SPECK (Frank G.)\nsongs of the Creek and Tuchi Indians.(University of Pensylvania, Philadelphia, 19x1, in-4,\nde 246 pp.)\nC'est avec intention que je réunis ici ces trois ouvrages et les place directement après le\ncompte rendu du livre de M. le Professeur Kretzschmar. Ils traitent en effet tous de l'air\nmonodique dont le lied est devenu la forme la plus éleveé.\nLe premier nous signale un recueil manuscrit formé vers 1740 en Wurtemberg. Le second\nprésente une série de chants recueillis sur les pentes du Jura suisse. Le dernier nous transporte\nau pays des Peaux-Rouges de l'Amérique du Nord. Voilà trois étapes qu'il est intéressant de\nfranchir, après s'être plongé dans la musique savante de notre Occident. Très bourgeois le"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.48", "texte": "4-6\nS. I. M.\n\nrecueil de la Bibliothèque de Stuttgart, nommé Ostracher Handschrift, nous donne le répertoire\nde quelque jeune Souabe en plein XVIII®. A remarquer que, jusqu'à la fin du siècle, l'évolution\ndu lied appartient exclusivement au Nord de l'Allemagne. Dans le Sud on est resté peuple\net sans souci d'une forme idéalisée. Ce petit volume ne s'élève donc pas bien haut, mais il a le\nmérite de nous donner une opinion de la moyenne de ces élucubrations. Les textes poétiques\nd'ailleurs très peu poétiques sont souvent fort plaisants et d'une raillerie qui ne respecte\nguère la pudeur. La musique y sent son lândler et son menuet.\nPassons avec M. Grolimund en Suisse, qui tyrolise, et reconnaisons que le populaire\ns'étale ici dans toute sa naïveté. Il ne faut pas séparer ces mélodies de l'atmosphère pure et\nalpestre, où elles retentissent, lancées par les voix fraîches et franches des filles, qui marchent\nen longues théories, bras dessus, bras dessous. Dans un salon elles tournent aussitôt à l'aigreur\ndu café-concert, elles nous rappellent qu'on a trop abusé d'elles, et l'on se demande si elles\nreprésentent dans notre état musical présent un élément encore trop jeune, ou déjà trop vieux.\nIl fallait en tout cas les préserver de l'oubli; la pensée de M. Grolimund fut sage et pieuse.\nEt, tout-à-coup, voilà l'lndien de M. Frank (le Sioux du Frank), dont l'exotisme pique\nnotre curiosité. Ce sont les habituelles mélopées de danse d'incantation et de formules théra-\npeutiques. Car chez les peuples primitifs la musique, on le sait, se confond avec la magie. Et\nfaut-il l'avouer cette sauvagerie se trouve réellement plus près de nous, auditeurs de\nDebussy, que la civilisation de l'honnête montagnard. C'est ici vraiment de la musique en\nmarche, et pour ainsi dire à mi-chemin de la Russie et du Japon. Certaines tournures évoquent\nnettement le souvenir de Moussorgski, alors que d'autres pentonisent comme de vrais mandarins,\n(p. 187). Une de ces mélopées chantée par Fagoonwi (ce qui signifie u Sors du fourré \")\ntoucherait certainement nos modernes Roussauistes; elle sert de thème à la ronde qui termine\nle Devin du Village.\nQue d'espace entre ces trois volumes, et quels rapprochements derrière ces textes !\nL'Université de Philadelphie a raison de confier la musicologie à sa section d'anthropologie.\nIl n'y a rien qui nous permette plus sûrement et plus rapidement de parcourir les distances qui\nséparent l'humanité.\nLUSSY (Mathis). La Sonate Pathétique de Beethoven. (Costallat 1912, in-40 de\n105 + 25 pp. Frs 6.)\nMathis Lussy est mort, et la P. Dechevrens qui acheva cet œuvre a suivi son maître et\nami. C'est donc un livre doublement posthume que nous avons devant nous. Un livre vaillant\net qui relève avant tout de la pédagogie. C'est aux maîtres de piano/ et à leurs élèves qu'il faut\nen signaler l'importance et la savante méthode. Ils y trouveront la défence d'une doctrine, qui\naux temps de Lussy était nouvelle, et qui n'a peut être pas encore triomphé partout : celle de\nY accentuation pathétique et du phrasé expressif Evidemment l'auteur a choisi un exemple\nfavorable avec la Sonate en ut mineur de Beethoven, et il a beau jeu pour montrer comment\nle pathos d'un grand musicien bouleverse la carrure et s'installe au milieu des rythmes. Ils y\nverront aussi des idées un peu naïves et dont il ne faudrait pas discuter l'originalité. Lussy était\navant tout un artiste, c'est-à-dire un impulsif, et ses ouvrages sont nés d'une belle indignation\nd'entendre tant de chef d'œuvres profanés par l'incompétence. C'est du reste le sort de toutes\nces doctrines rythmico-esthétiques de mêler la pédagogie la plus évidente aux conceptions les\nplus hardies. La logique et le sentiment se jouent autour du lecteur, non sans le désorienter\nun peu."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.49", "texte": "LES LIVRES\n47\n\nLIVRES REÇUS\nSPECK (Frank G.). Cérémonial songs of the Greek\\ and Yuchi Indians. (Philadelphia,\nUniversity Muséum, 1911, in-fol. de 245 pp.).\nFRANKENSTEIN (Ludwig). RBand (Berlin,\nH. Schnippel, 1912, in-40 de 353 pp. Mk 9).\nKAMIENSKI (Lucian). Die Oratorien (Breitkopf, 1912,\nin-8° de 366 + 58 pp. Mk. 10).\nWANTZLOEBEN (Sigfrid). Das M Instrument und (Halle,\nMax Niemeyer, 1911, in-8° de 131 pp. Mk. 4).\nSOUBIES (Albert).— Almanach des Année 1911. (Flammarion, 1912,\nin-120 de 154 pp.).\nLITTA (Paolo). La Déesse Nue.(Florence, éd. de la Libéra Estetica, in-12 de\n84 pp. Frs. 1,50).\nSCHERING (Arnold). Die Niederlaendis im Zeitalter des Josquin.\n(Breitkopf, 1912, in-8° de 96 pp. Mk. 3).\nSOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE. Report of the fourth\nCongress of the I. M. S. (Novello, 1912, in-40 de 4 PP*)*\nLIEBESKIND (Josef). Supplément\npar A. Wotquenne. (Lpz., Geb. Reinecke 1911, in-40 de 20 pp.).\nFELLINGER (Maria). Brahms-Bilder.(Breitkopf, 1911, in-8° de 40 pp. Mk. 3).\nBEKKER (Paul). Beethoven. (Berlin, Schuster et Loeffler, 1911, in-fol. de\n500 pp. + 160 pp. d'illustrations, Mk. 25. Edition sans illustrations, Mk. 10).\nCATALOGO DELLE OPERE MUSICALE... Bolletino dell' Associazione\ndei Musicologi Italiani. Citta di Roma.(Parma, in-fol. de 16 pp.).\nDUSSAUZE (Henri). Les règles esthéti (Alcan, 1911, in-8°\nde 542 pp. Frs. 10).\nPOUGIN (Arthur). Marietta Alboni.(Pion, 1912, in-120 de 270 pp.).\nBUSCHKOETTER (W.). J. F. (Halle, 1912, in-8° de 62 pp.).\nMONOD (Edmond). Mathis Lussy et le rythme musical. (Fischbacher, 1912, in-8°\ncarré de 116 pp. Frs. 2).\nTHIBAUT (Jean-Baptiste). Monuments de la notation ekphonétique et neumatique de\nV église latine.(S1 Pétersbourg, 1912, gr. in-fol. de 104 pp. et XCIV planches. Frs. 15°)*\nPROD'HOMME (J.-G.). Ecrits (Mercure de France, 1912, in-120\nde 455 PP- Frs. 3,50).\nCUMMINGS (Dr. William). Purcell(London, Sampson Low, Marston et C°,\n1912, in-i 2° de 124 pp.).\nSCHEURLEER (Dr. D. F.). Nederlandsche Liedboeken. ('s-Gravenhage M. Rijhofï,\n1912, in-40 de XII, 321 pp. Fl. 5)."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.50", "texte": "+8\nS. I. M.\n\nCRAWFORD FLITCH (J. E.). Modem Dancing and dancers. (London, Grant\nRichard, 1912, in-40 de 228 pp. 15 net).\nKINSKI (O.). Katalog der Musikhistoris von W. Hayer. Bard. II\n(Coin et Lpz. Breitkopf, in-40 de 718 pp. Mk. 56).\nROTTER (Dr. Curt). Der Schnaderhuepjl-Rythmus... (Berlin, Mayer und Mueller,\n1912, 2 vol in-40 de 236 pp. et un album de musique. Mk. 8).\nWALLNER (Bertha Antonia). Musikalische Denkmaeler der Steinaetzkunst des 16\nund 17 Jahrhunderts.(Muenchen J. J. Lentner'sche Hofbuchhandlung, in-8° de 548 pp.\nMk. 12).\nDAFFNER (Dr. Hugo). F. Nietzsche \" (Regens-\nburg, Gustav Bosse, in-120 de 68 pp. Mk. 1).\nSACHS (Curt). Musik und Oper am kurbrandenburgischen Hof (Berlin, Julius Bard,\n1910, in-8° de 299 pp).\nSOUBIES (Albert). Massenet historien.(Flammarion, 1913, in-40 de 9 PP»)*\nSTAINER (J.). La musique dans\nTraduit de l'anglais par L. PENNEQUIN. (Paris, Gaillard, 1912, in-8° de 56 pp.).\nHEINZ-EWERS et MARC HENRY. Das Franzoesische Volks-\nlied. (Berlin, W. Borngraeber, 1911, in-8° de 270 pp.).\nPIRRO (A.). Dietrich Buxtehude. (Fischbacher, 1913, in-40 de 507 pp.).\nSTRIFFLING (Louis). Esquisse\nXVIIIe siècle. (Delagrave, 1912, in-120 de 288 pp. Frs. 3,50).\nWESTARP (Alfred). Japan ahead (Japan Society. .London, Hanover\nSquare 20. In-8° de 20 pp.).\nVAN DEN BORREN (Charles). Les origines de la musique de clavier en\nAngleterre. (Bruxelles, Librairie des Deux Mondes. In-8° de 256 pp. Frs. 5).\nLA LAURENCIE (Lionel de). L (Publications de la Revue S. I. M.,\n1912, in-40 de 4-6 PP-)-\nSEIFFERT (Prof. Max). Compositioni di C.-F. HURLE-\nBUSCH. (Breitkopf, 1912, in-fol. de 92 pp.).\nWEINGARTNER (Félix). Erlebnisse eines Koeniglichen Kapellmeister s in Berlin.\n(Berlin, P. Cassirer, 1912, in-80 de 87 pp.).\nWEISSMANN (Adolf). Chopin. (Berlin, Schuster et Loeffler, 1912, in-8° de\n219 pp. Mk. 5)."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.51", "texte": "Les Concerts\nCONCERT COLONNE\nDu respect dans l'art\nLa critique musicale a parfois de singulières façons de comprendre le respect qui se doit\nà la musique.\nA propos d'une symphonie de Monsieur Théodore Dubois que le public des \" galeries \"\ns'est permis de molester, elle traite ce pauvre public, sévèrement, allant jusqu'à l'accuser de se\nmal tenir. Il est évident qu'il valait mieux ne pas manifester, le silence sera toujours, dans de\npareils cas, la plus forte des critiques. Pourtant, il faudrait s'entendre et savoir si la situation\nofficielle de Monsieur Théodore Dubois commande absolument le respect ? Il a écrit un traité\nd'harmonie fort distingué, dirigé excellemment le Conservatoire de Musique. Son œuvre\nlyrique se joue peu, mais on ne joue plus du tout la Dame Blanche, charmant opéra-comique,\nde vraie tradition française, à la faveur duquel se faisaient et se défaisaient tant de mariages et\nqui vaut bien les coups de tampon du vérisme italien.\nIl prend à M. Théodore Dubois, vers la fin d'une vie bien remplie, la fantaisie d'écrire\nune symphonie dont le public (des galeries) lui fait sentir, sans aménité, qu'elle n'est utile, ni\nà la gloire de la musique en général, ni à la musique française en particulier. Où est le mal ?\net fallait-il prendre ces airs effarouchés ? On a déjà tué le goût du classique en France, en\nconfiant le soin de le faire respecter à des gens très ennuyeux. Pour oublier la tête du pion\n\n4"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.52", "texte": "50\nS. I. M.\n\nqui nous forçait à réciter le songe d'Athalie, il faut pas mal d'années, encore la confond-on\nsouvent avec celle de Racine. En art, il ne peut y avoir de respect obligatoire et c'est avec de\nsemblables erreurs que l'on embarrasse le chemin d'un tas de gens qui ne sont devenus\nrespectables qu'à l'ancienneté. Depuis longtemps nous sommes pris de la manie d'administrer\nles choses les moins administrables qui soient au monde et, forcément, cette manie a fini par\nenvahir l'art ! Qu'on veuille faire de la musique, on fonde immédiatement une société où\ndes éléments contradictoires finissent généralement par se neutraliser. Qu'on veuille apprendre\nla musique ? On a le choix entre le Conservatoire, la Schola Cantorum, où, fût-on génial\ncomme Bach, doué comme Chopin, il faut subir le même règlement. Par quelle suite de\nmiracles ces deux mots : art, règlement, ont-ils pu se trouver associés, est proprement\ninimaginable.\nSans revenir aux maîtrises de la Renaissance qui ne s'accorderaient peut-être plus avec\nnotre époque, ne pourrait-on pas s'en inspirer et retrouver cet enseignement à l'air libre, sans\ndésirs de gloire trop prompte, où l'élève prenait le beau titre de disciple et craignait son\nmaître autant qu'il l'aimait.\nNe mêlons pas le respect, qui n'est qu'une vertu, à l'art qui est la plus belle des religions,\nfaite d'amour et d'égoïsme accepté.\nNOTES SUR LES CONCERTS DU MOIS.\nDans le triptyque intitulé \" De l'ombre à la lumière \" dont l'auteur est M. Paul Pierné,\nil faut sans doute préférer \" l'ombre \" à la \" lumière \" et mettre à part le second morceau\nle premier n'étant guère plus qu'un développement sur place. Par le moyen d'une figure\nrythmique un peu \" valse viennoise \" des libellules font des essais de vol plané bien émouvants,\ncependant qu'au fond du paysage, des nymphes évoluent selon les dernières méthodes de\nMademoiselle Isadora Duncan. La couleur orchestrale de ce morceau évoque délicieusement\nces dernières heures où les féeries intimes de la nuit laissent à regret la place au dur matin.\n(Comme nous n'avions pas le programme, il est possible que M. P. Pierné ait imaginé un\npaysage absolument différent du nôtre. Dans quel cas, il voudra bien nous excuser.)\nLe troisième morceau semble d'abord recommencer le second ; ce n'est qu'une alerte,\nd'ailleurs pas désagréable. C'est là que se placent les efforts de la lumière à vaincre l'ombre.\nMalheureusement, d'impudents violons se mettent devant les trompettes, font des paris à qui\nfera le plus de notes dans une mesure, et la belle lumière que le titre nous faisait espérer ne\nnous arrive qu'un peu diffuse. M. P. Pierné habille son orchestre à la dernière mode. Il\nn'oublie point ce déploiement d'étoffes orientales, sans lequel il n'est de bon orchestre aujour-\nd'hui. Toutefois il reste de bon goût, sans jamais tomber dans la parade. On lui voudrait\nquelquefois une mise en œuvre moins concertée, une émotion plus libre. On chantait dans ce\nmême concert l'air de l'Archange de Rédemption. M. P. Pierné a pu se rendre compte\njusqu'où peut aller \" l'effusion \"."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.53", "texte": "LE MOIS\n\n51\n\nIl y a de curieux rapports entre l'art de Bôcklin et l'art de Richard Strauss.... Même\ninsouci d'un dessin préconçu, même goût pour chercher la forme directement dans la couleur,\net, tirer de cette même couleur des effets de pittoresque dramatique. De ces deux maîtres, le\npremier ne pourra plus changer sa manière, puisqu'il est mort ; le second, incontestablement\nvivant n'aurait garde de rien changer à la sienne, puisqu'il dispense l'émotion à travers les cinq\nparties du monde ou presque !\nDans \" la cuisinière bourgeoise \" à l'article ucivet de lièvre\" on peut lire cette prudente\nrecommandation: prenez un lièvre !... Richard Strauss procède différemment. Pour faire un\npoème symphonique il prend n'importe quelle idée ; c'est bien par quoi il est un extraordinaire\niliusioniste qui en remontrerait aux plus entraînés des Fakirs.\nMort et Transfiguration,sans avoir l'étincelante sûreté de \" Till Eulenspiegel \", ou la\ngrandiloquence passionnée du \" Don Juan \" contient néanmoins des formules restées chères\nà Richard Strauss, bien qu'il les ait améliorées dans la suite.\nLe commencement a des odeurs de sépulcre, dans lequel semblent se mouvoir d'inquiétantes\nlarves ; l'âme s'y livre à de durs combats, tendant de toutes ses forces à se libérer du corps\nmisérable qui la retient encore a la terre. IVlais, voici un hautbois qui chante une cantilène aux\ninflexions italiennes. On n en saisit pas tout de suite le pourquoi, faute d'avoir pensé à temps\nà ces innombrables migrations des âmes, restées si mystérieuses. D'ailleurs, si l'on se mêle de\nvouloir comprendre ce qui se passe dans un poeme symphonique, il vaut mieux renoncer à en\nécrire. Ce n est certes pas la lecture de ces petits guides, où les lettres de l'alphabet repré-\nsentent des membres de phrases-rebus, que l'on essaie de résoudre pendant l'exécution, qui fera\ncesser les fréquents malentendus entre l'auteur et l'auditeur. Pourtant la \" Transfiguration \"\ns'opère sous les yeux du public, sans trucs visibles, que de grands accords en ut majeur. C'est\nle ton qui donne le plus sûrement le sentiment de l'éternité.\nIl n'est pas du tout prouvé que la musique se meuve plus aisément dans le surhumain que\ndans 1 humain tout court. C'est une opinion forcée et généralement, littéraire. Et même,\ndans ce cas il n'est pas besoin de programme, qui attire la littérature \" comme miel \", la\nmusique la plus simple, la plus nue, y suffit. C'est pourquoi dans 4< Mort et Transfiguration \"\ncertaines parties paraissent un peu vides de ce qu'elles ne se justifient plus du titre. Ça n'est\nla faute de personne, pas même de Richard Strauss, qui est un des génies les plus autoritaires\nde notre temps.\nDimanche ler Décembre, Festival Beethoven Festival nécessaire, et en réfléchissant,\nfestival utile a detendre les esprits. On est enfin tranquille de n'avoir cju'à admirer, de pouvoir\néchanger des sourires informés à des endroits précis, toujours les mêmes, puisqu'on se les\nrepasse de génération en génération.\nA la sortie, on peut dire avec assurance : \" ce Beethoven ! quel génie ! \" rien n'est plus\nlégitimé, puis 1 attitude contraire ne serait que du snobisme encore plus bête. Nulle crainte à\navoir de subir cette atmosphère chargée de nervosité qui particularise les dimanches où l'on"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.54", "texte": "52\nS. I. M.\n\nexécute : \" un jeune D'abord, il faut se faire une opinion, ce qui n'est pas toujours\ncommode. Faut-il, aussi, avoir l'air d'avoir compris ? ou l'air à jamais bouché aux harmonies\ntendancieuses ? Quel problème ! En vérité, nous regardons souvent très mal les paysages\nqui ne sont pas célèbres en savent quelque chose et jusqu'où peut aller la fantaisie des\nappréciations nous entendons peut-être plus mal encore ?\nAinsi restons persuadés qu'il y a des personnes très honorables qui n'entendent qu'une\nmesure sur huit cette arithmétique n'est pas infaillible, elle doit même varier avec\nchaque individu, il est donc naturel qu'à la fin d'un morceau il leur manque des mesures\net que leur compte ne soit] pas juste ! Ce manque est difficile à avouer, à moins d'employer\ncette ruse habituelle qui consiste à dire, l'air préoccupé : \" j'ai besoin d'entendre cela plusieurs\nfois... \" Rien n'est plus faux ! Quand on entend bien la musique écartons l'entraînement,\nles études appropriées on entend tout de suite, Le reste n'est qu'une\naffaire de milieu, ou d'influence extérieure. Un public n'est jamais, de lui même, hostile à la\nmusique, souvent il ne s'inquiète même pas de la signature, ce qui est une jolie leçon pour les\nspécialistes. Seulement, nous avons les terribles dilettantes qui ne sont pas venus pour\ns'amuser et devant lesquels il ne faut pas dire de bêtises. Alors, \" on se tient \", et comme\nles enfants, auxquels on fait \" choisir \" le gâteau dont justement ils n'avaient pas envie, on\nboude contre son cœur. Très sincèrement, ça n'est pas drôle d'être public ! Il faut lui souhaiter\nde réserver quelques dimanches à l'étude du bilboquet ; jeu qui exige une adresse peu commune,\nmais qui, du moins, ne réclame aucune faculté auriculaire spéciale.\nClaude Debussy.\nCONCERTS LAMOUREUX\nParmi les œuvres récentes exécutées pour la première fois aux Concerts-Lamoureux,\nnous devons signaler le Prélude et la Danse extraits de la d'Antoine Mariotte : on sait\nque cette œuvre contient d'excellentes pages, surtout dans la scène finale, et il faut désirer\nqu'on lui fasse au théâtre la place qu'elle mérite.\nExcellente exécution de la belle Symphonie de Paul Dukas, une œuvre qui reste et\nmérite de rester au répertoire des concerts, parce qu'elle est fournie d'idées vraiment musicales,\ntraitées et développées selon les méthodes traditionnelles, ce qui ne nuit en rien à son origi-\nnalité, au contraire.\n—La Chasse du Prince Arthur de Guy Ropartz fut dirigée par M. Chevillard avec une\ngrande poésie. L'œuvre, qui n'est pas sans rappeler parfois le style de César Franck (peut-on\nlui en faire un reproche ?) présente un épisode de chasse, avec les fanfares obligées,\nencadré entre deux mouvements lents, dont le dernier surtout est extrêmement expressif et\nprovoquera une réelle et profonde émotion chez tous ceux qui recherchent dans la musique\nautre chose que le \" chichi \" des sonorités.\nVincent d'lndy."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.55", "texte": "LE MOIS\n53\n\nP. S. De fâcheuses coquilles ont émaillé mon dernier article sur le bon sens ; \" celui \"\nde nos lecteurs aura suffi à leur faire comprendre que je parlais de tons entiers et de gammes\npar tons ; nous sommes tous d'accord sur ce point.\nV. L\nBeware of Concerto\nAu temps lointain où nos grands concerts parcouraient chaque année, à tour de rôle ou\nsimultanément, le \" cycle \" des symphonies de Beethoven, quelqu'un que la musique\nmoderne incommodait réclama un jour publiquement un cycle complet des symphonies\nde Haydn : il lui fut répondu que le nombre de celles-ci variait suivant les musicographes entre\ncent dix-sept et cent-vingt-cinq. Le malheureux protestataire en mourut. Un pieux souvenir\nest dû à sa mémoire, à l'occasion du commencement de satisfaction qu'obtient maintenant cet\nhonnête homme par la \"première audition\" de la symphonie en ré majeur (op. 83) que vient\nde nous donner M. Chevillard. La précaution qu'a prise l'éminent chef-d'orchestre de rendre à\ncette œuvre son caractère originel de musique de chambre, en restreignant le nombre des instru-\nmentistes du quatuor, est excellente : elle rétablit l'équilibre de ce petit orchestre, toujours\nléger et plein en même temps, qui fut chez Haydn presque une création. A raison d'une\nsymphonie par an (ou deux les années bissextiles), un petit siècle suffira pour achever le \" cycle\nHaydn \" : Quid hoc ad œternitatem ?\nCette même époque reculée qui vit éclore les \" cycles \" fut aussi celle des \" merles \".\nEntendez par là certain trio de jeunes siffleurs qui entreprit, il y a huit ou dix ans, de purger\nnos programmes des acrobaties dites \" concertos \". On se souvient des salutaires effets de cette\ncampagne d'assainissement : polémiques, altercations, tumulte, puis apaisement progressif. La\nvictoire fut pour les merles alliés, tandis que la bonne tête de Turc du virtuose abandonnait\nl'une après l'autre ses positions, même les plus élevées.\nAujourd'hui, le u cycle \" est démodé ; la folie de la vitesse sévit ; 1' \" auto \" règne :\net voici que reparaît le fâcheux concerto tant sifflé. Si l'on n'y veille point, nos \" mélodromes \"\ndominicaux redeviendront l'asile élu de ces excentricités élégantes que représentent dignement\nles mots si français de sport, record. performance, etc.\nAprès Diémer, correct interprête d'un concerto de Massenet, récent et oublié, voici\nLhévinne (Joseph) qui pianote sans faute un concerto formulaire et suranné de Liszt ; et puis\nvoici Bauer (Harold) qui se mesure vaillamment avec le redoutable concerto en sol de Beethoven,\ndont l'adagio seul résiste au temps et demeure immuablement beau, parce que le virtuose n'y\npeut rien ajouter. Cet envahissement sournois ne s'exécute même plus à pas-de-loup (puisqu'il\nest mort), mais plutôt au germanique \" pas de parade \" tant vanté par le Professor Knatschké.\nLa cadence d'Outre-Rhin, prétentieuse et difforme, s'allonge ridiculement : le chef d'orchestre\nlui-même marque avec raison quelque impatience en présence de cet étalage dû à un quel-\nconque Hans de Biilow, rafraîchissant Beethoven par des formules pianistiques qu'un Ravina\nn'eût point reniées, comme l'on rafraîchit, à Berlin où à Stuttgart, les vieux tableaux des"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.56", "texte": "54\nS. I. M.\n\nPrimitifs par des tons subtilement choisis dans la palette des chromos. Et l'abonné mondain se\npâme ; et il court au vestiaire aussitôt après le dernier rappel du seul \" artiste \" qui l'intéresse.\nMusiciens, méfions-nous aussi de ces rappels qui provoqueront un jour ou l'autre l'adjonction\ninattendue au programme du Rappel des Oiseaux.\nPourquoi se gênerait-il, au surplus, cet élégant claqueur du pianiste à la mode, puisque\n\" le reste du programme \" ne contient guère que de la musique ? Ce serait vraiment dommage\nqu'il s'attardât dans la salle pour entendre cette pittoresque de Balakirew, que\nM. Chevillard aime et conduit \" par cœur \" avec une rare souplesse et une grande vérité de\nnuances ; cette magistrale Symphonie de César Franck, chef d'œuvre de notre art musical\nfrançais, clair, logique, équilibré, sans cesser jamais d'être à la fois expressif et émouvant ; cette\nmélancolique Lènore, poignante ballade symphonique de celui qui apparaît encore au milieu\nde nous comme le chantre génial de toutes les douleurs, peut-être parce qu'il en fut aussi\nl'héroïque victime, Henri Duparc.\nLes Pièces pittoresques romaines de M. André Gailhard ont bénéficié au contraire de\nl'auditoire \" intégral \", puisqu'elles prenaient rang avant le \" numéro sensationnel \", c'est-à-\n-dire avant le virtuose. Et il se peut que de la sorte elles aient rencontré un plus grand nombre\nd'appréciateurs: Une chanson passe...nous apprend l'un des titres; et l'on aurait pu\nretrouver dans cette chanson d'un italianisme assez vrai quelque chose de la bonne gaîté de ce\npeuple qui, seul, rend digeste par l'assaissonnement qu'il y ajoute la musique d'un Mascagni.\nMais on nous a présenté cette chanson \" bon enfant \" dans un style compassé et solennel qui\nlui ôtait toute saveur. Quant aux Bords du Tibre,si vraiment les coups de gong et les carillons\ny font un tel \" chambard \", on s'explique la préférence de beaucoup de gens pour notre place\nde l'Opéra. Au surplus, l'Opéra n'est-il pas la place de M. André Gailhard...\nEt par droit de naissance et par droit de ?\nNous avons dit ailleurs le bien qu'il fallait penser de la de M. Florent\nSchmitt, et surtout le lien étroit qui unit la musique et la pantomime dans cet ouvrage\néminemment représentatif. Mais où peut-on jouer une pantomime vraiment musicale dans nos\nthéâtres ? Cela n'est possible qu'exceptionnellement : c'est pourquoi nous retrouvons au concert\ncette Salomé qui n'y est pas plus à sa place qu'aucune autre.\nUn mois de concerts serait incomplet sans un contingent de Slaves. C'est pourquoi, sans\ncompter Thamar déjà nommée et déjà bissée, Mad. Nikitina nous apporta des bords de\nla Néva quelques extraits de la Légende de la Ville de Rimsky, et une complainte\ndu Prince Igor>de Borodine, qui ne valaient pas ce long voyage. Heureusement, elle avait mis\naussi dans sa malle une certaine Nuit de Moussorgsky : cette pièce, excellemment traduite\npar M. Calvocoressi, suffisait seule à nous dédommager : l'auteur de la et\nde Boris Godounovudemeure et demeurera pour nous le plus grand, sinon le plus heureux,\ndes cinq...de ces fameux cinq\" qui, comme les mousquetaires, ne furent jamais que\nquatre\", ainsi que le rappelait spirituellement un de nos excellents eonfrères. Car, plus que tout\nautre, Moussorgsky, qu'on devrait appeler \" le grand Modest \", sut garder la caractéristique"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.57", "texte": "LE MOIS\n55\n\nde sa race, en dépit de sa culture musicale, n'en déplaise à beaucoup de Critiques russes qui\nrevendiquent, on ne sait pourquoi, le plus Allemand des leurs, Tschaïkowsky, comme leur\nmusicien national.\nAuguste Sérieyx.\nSOCIÉTÉ DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE\nIl faut se louer de l'existence de la Société des Concerts : il est bon qu'après les discours\nsur la montagne de Chevillard ou de Pierné après les manifestes internationaux des sociétés\nd'avant-garde, après les proclamations de certains impresarii, bachi-bouzouks ivres de féeries\nrusses ou de séances de boxe allemande, se fasse entendre une voix purement et simplement\nfrançaise.\nEt cette voix est d'autant plus forte qu'elle émane de la Société des Concerts. Parce que ?\nparce que la Société des Concerts a 86 ans d'existence, ce qui lui donne la grâce avertie des\nvieilles gens, parce qu'elle se cramponne à un local, qui n'est pas un théâtre loué à l'heure ou\nà la petite semaine, ni une galerie moderne plafonnée de lumière, mais cette menue, spirituelle\net bienveillante salle du vieux Conservatoire, aussi sacrée que la Coupole de l'lnstitut, et\nsurtout parce que ce serait un truisme que de réaffirmer l'excellence de l'orchestre de la\nsociété, de ses chœurs et de son chef, M. Messager.\nEt c'est pourquoi le premier concert de la saison avec un programme presque exclusive-\nment français et ces noms : Saint-Saëns, Chausson, Fauré, Berlioz, obtint l'approbation\nunanime et prévint tout de suite l'auditeur ou le critique des intentions de celui qui\n\" mène le jeu \", rue du Faubourg Poissonnière.\nJ'ai dit presque exclusivement français : je ne saurais négliger une incursion dans le\ntemple Beethovenien.\nIl faut adorer les temples : il faut y entrer le front bas et les mains paisibles, en vénérer les\ncoins les plus sombres : l'atmosphère d'une cathédrale tient du prodige comme la pensée d'un\ngénie : à fouiller les replis de cette pensée comme à scruter les profondeurs de cette cathédrale\non éprouve de grandes joies, de glorieuses surprises : les vitraux sont étrangement nuancés\ndans les chapelles de l'abside : l'odeur des siècles est plus précieuse dans la crypte. Mais\ncomme il faut se défier de certains autels consacrés à des saints à succès : Antoine ou Expédit ;\nla renommée y conduit la masse des fidèles qui s'ébroue d'admiration ; le cicerone indique\nd'un geste autoritaire les innombrables ex-votos accrochés au mur par des demandeurs exaucés;\nil couvre même souvent le saint d'un manteau que dans un excès de zèle un adorateur lui\nbroda. Si nous ne pouvons ou voulons découvrir le coin qui dissimule une lueur ou une forme\nimprévues, restons dans la grande nef où monte la symphonie des voûtes et des colonnes.\nM. A. Rivarde a posé un nouvel ex-voto dans la chapelle vouée au concerto pour violon\nde Beethoven.\nJean Laporte."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.58", "texte": "56\nS. I. M.\n\nConcerts divers\n\nLa vulgarisation intensive de la musique, le développement croissant de l'appétit des\nconcerts dans notre société contemporaine sont des progrès dont nous commençons à payer la\nrançon. Certes nous consommons aujourd'hui une quantité prodigieuse de doubles croches\net nos salles d'auditions sont toujours pleines mais cette boulimie est devenue peu à peu un\ninstinct banal qui s'exerce sans réflexion, un besoin vulgaire et inconscient que nous satisfaisons\nsans discernement. Nous avalons notre musique quotidienne comme notre pain quotidien, sans\nplaisir, sans même nous en apercevoir ; ce n'est plus pour nous une délicate et rare friandise.\nAussi nos fournisseurs ne se donnent-ils plus la peine inutile de parer ingénieusement la\nmarchandise qu'ils nous offrent et de varier leurs livraisons.\nDès le début de cette saison la pauvreté d'imagination et la nonchalance des organisateurs\nreprennent leurs droits. On vit sur le répertoire, on renouvelle les mêmes effets, on tourne les\nmêmes pages. Et le public se déclare satisfait de pouvoir s'ébrouer et applaudir aux mêmes\nendroits. Combien de temps dureront cette somnolence et cette béate indulgence ? Qui nous\nréveillera de cette torpeur ? L'avenir nous le dira mais cet avenir-là semble assez lointain.\nEn attendant enregistrons le présent. L'Association des Concerts Hasselmans\nemplit le Trocadéro d'harmonies wagnériennes et beethoveniennes. La Société Philar-\nmonique rallume dans son ciel les étoiles que M. Viviani croyait avoir éteintes: le quatuor\nCapet, Moritz Rosenthal, Wurmser, Vecsei, Fritz Kreisler et Mme Durigo accourent à l'appel\nde l'astronome Rey qui, des fenêtres de la salle Gaveau, braque sur le firmament européen un\npuissant télescope. La Société Bach. donne une belle interprétation de la Passion selon\nS 1 Jean et sa sœur, la Société Hœndel se prosterne devant le Messie. Le Salon des\nMusiciens accroche à sa cimaise trois cadres où sourient les visages de Léon Moreau, Roger\nde Francmesuil et Louis Duttenhofer, bien connus des habitués du Salon de l'lndépendante.\nMme Brejean-Silver y récolte des ovations dans une œuvre d'Amirian et l'on y fête avec\nattendrissement la chère mémoire de Massenet. Les Soirées et les Matinées d'Art se\nconsacrent à Chopin, à Schumann et à Beethoven. La Schola fête la trinité des Bach.\nLes quatuors, l'archet haut, attaquent vigoureusement leurs seize cordes. C'est Parent\nqui rend hommage à Brahms, à Magnard, à d'lndy, à Chausson, à Debussy, à Lekeu, à\nTurina, à Paul Dupin, à Franck et à sa propre inspiration. C'est Sangra qui, assisté\nd'Antoinette Veluard, bat tous les records de vitesse, de durée, de résistance, d'endurance,\nde poids et de nombre. C'est Junnemann qui réunit Haydn, Mozart et Beethoven en un\nraccourci instructif et c'est la phalange hongroise de Waldbauer présentée par Calvoceressi\nà l'Ecole des Hautes Etudes sociales et jouant avec âme du Nicolas Radnaï et du Béla Bartok.\nQuelques jours plus tard, cet admirable groupe nous donnait une interprétation du Quatuor\nde Debussy absolument stupéfiante de goût et de clairvoyance.\nLes pianistes n'en sont pas encore venus aux mains. MM. Lemberg, Max Behrens,\nHarold Bauer et Lhévinne sont à peu près seuls à défendre le bon renom de la corpo-\nration. Peu de violonistes également ; c'est à peine si Mlles \"Wllt, Bernin et M. Marsick\nosent émouvoir les chanterelles devant un public respecteux et attentif.\nLes chanteurs y mettent moins de discrétion. Le baryton Louis Aerts mobilise quatre\nfois de suite les afficheurs. Il a d'ailleurs le tact de s'entourer d'une excellente compagnie où\nculmine le pur soprano de Madeleine Bonnard. M. Seagle tente une importation des\nméthodes vocales américaines appliquées au lied français. Mme Clara Butt, cantatrice"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.59", "texte": "LE MOIS\n57\n\nanglaise, n'a pas voulu laisser at home les œuvres qui lui valent chez ses compatriotes un succès\ntoujours nouveau ; ce trait de patriotisme est diversement apprécié. Mme Nikitina, plus\nsagement internationaliste, passe de Moussorgsky à Schubert, de César Cui à Chausson, de\nGretchaninow à Binenbaum et de Borodine à Debussy. Son succès est triomphal. Mlle The-\nbaudt donne un récital qui part du bel canto pour aboutir au lied contemporain et ne faiblit\npas au cours de ce long voyage.\nEnfin quelques compositeurs, partisans de l'action directe, et estimant que l'on n'est\njamais bien servi que par soi-même, invitent le public à venir recenser leur bibliothèque. De ce\nnombre M. Schlesinger, mélodiste abondant et ingénu et l'ineffable Emanuel Moor,\ntoujours fécond, toujours olympien, toujours passionnément défendu par l'excellent Maurice\nDumesnil. Ces expositions officielles doivent être encouragées. Il est bon que les auditeurs\npuissent ainsi prendre connaissance en une soirée du bagage complet d'un artiste et se faire\nune idée plus juste de sa personnalité d'après l'ensemble de sa production. L'épreuve est loyale\ncomme une exposition de peinture : en sortant d'un tel concert on peut au moins, en connais-\nsance de cause, dire au musicien un affectueux au revoir on prendra définitivement congé de\nlui. Voilà qui simplifie singulièrement notre existence !\n\nG. K.\n\nProvince\nLentement, paresseusement, la musique arrachée à son sommeil estival, s'étire et s'éveille.\nLes violons départementaux s'accordent, les barytons provençaux cherchent leur creux et les\nténors gascons fourbissent leur contre-ut de poitrine. Les théâtres lyriques ont repris Faust et\nannoncent Mignon et les associations symphoniques travaillent les Symphonies de Beethoven\net l'ouverture de Tannhauser. La vie recommence. Lyoïl n'apporte pas à la création de Don\nQuichotte la ferveur escomptée par la u Société des Amis de Massenet \", mais réserve à\nMlle Vallandri un succès flatteur. L'on n'ignore pas, en effet qu'au tribunal de la gloire, Paris\nreprésente la juridiction de première instance, Marseille, la procédure d'appel et Lyon la cour\nde cassation. Mlle Vallandri n'a donc plus rien à attendre de la justice humaine. M. Witkowski\nrevèle à la fois une symphonie de Gédalge et le Prélude à Y Après-midi d'un Faune, affirmant\nainsi un éclectisme aveuglant. Mlle Janssen, idole des lyonnais wagnériens, fanatise ses admira-\nteurs par son admirable interprétation des Rêves et de la Mort d'Yseult. Mmes Caratozzolo,\nAllard et Mlle Blanche Selva viennent défendre les dernières œuvres de Beethoven contre vin\npublic un peu méfiant. L'orchestre symphonique de Clermont-Perrancl prend la parole.\nMéhul, Haendel, Schubert, Brahms et le nouvel immortel Gustave Charpentier font les frais\nde la première séance. En même temps un violoniste de treize ans, Charles Sommer, affirme\nune virtuosité et un sentiment très remarquables. M. Soulacroup, l'habile chef-d'orchestre\ns'applaudit de cette révélation et le public applaudit à son tour M. Soulacroup. Champ-clos\ndes capellmeister, Angers se livre à son passe-temps favori qui consiste à comparer les\nperformances des divers recordman de la baguette se succédant au pupitre. M. Jean Gay se\nmesure avec l'ombre de Rhené-Bâton sur le ring qu'entoure une foule attentive. Les paris\nsont ouverts. Les premiers rounds sont douteux mais les brillants uppercuts de Shéhérazade et\ndes Steppes de Borodine permettent au nouveau venu de marquer quelques points avec\nmaestria. Le public acclame son nouveau champion. Cependant, Mme Mariano Bagnoli ouvre\nbrillamment ses cours et Guy Ropartz, suivi de son compatriote Pollain fait apprécier la belle\nconstruction cyclique de sa Quatrième Symphonie cyclisme démontable en quatre morceaux,"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.60", "texte": "58\nS. I. M.\n\nmodèle portatif de campagne et la douloureuse nostalgie de son Couvert de gloire,\nil regagne Nancy où l'attendent ses brillants concerts de la salle Victor Poirel. Florent\nSchmitt y représente dignement avec sa sauvage et somptueuse Tragédie de Salomé, l'école\ncontemporaine au milieu des effigies respectables des défenseurs d'un glorieux passé rangés en\ncercle autour du jeune auteur du Psaume XLVI. Grâce à l'amicale propagande d'Edouard\nPerrin, Schmitt, d'ailleurs, fait également à Montpellier des ravages dans le cœur des-\nmélomanes. L'actif et dévoué P. Coulet dirige brillamment la Société Charles Bordes et y\ndéfend la cause de l'art moderne. Par ses soins de très beaux concerts ont été organisés ; on\ny entendit avec émerveillement les Chansons à quatre voix de Debussy. Quelques étoiles,\nfilantes jettent un fugitif éclat sur \" lou Clapas \" : hier M'ne Marié de Lisle, MM. Marx-\nGoldschmitt, Frœlich, Spalding, David Blitz, demain Alfred Cortot. Enfin Crocé-Spinelli\nattire à Toulouse Mme Roger Miclos-Battaille et lui fait exécuter une de Liszt et\nles Etudes Symphoniques de Schumann au Conservatoire. Lui-même se couvre de gloire dans-\nune brillante interprétation de Thamar.Les toulousains semblent goûter médiocrement les\nhardiesses de Balakirew mais leur châtiment sera prompt et terrible : le théâtre du Capitole\nque son nom incline à l'indulgence envers certains volatiles dont il attend le salut\nprépare un perchoir à Y Aigle de M. Nouguès ! Tout se paie, ô toulousains ! L'heure de\nl'expiation va sonner !\n\nBelgique\n\nLE CHANT DE LA CLOCHE A BRUXELLES\n(SOUVENIRS)\nC'est par fragments que l'œuvre de Vincent d'lndy fut révélée à Bruxelles : au piano,\nd'abord, puis avec un orchestre réduit, aux concerts de la dont le secrétaire\nM. Octave Maus a tant fait pour la divulgation de la musique française d'avant garde. Les-\npremiers essais d'exécution ne nous en offrant, à la vérité, qu'une idée forcément très imparfaite,\nle Chant de la Cloche ne nous séduisit guère. Nous,c'est-à-dire, les \" Jeunes \" d'alors, férus du\nwagnérisme, nourris des grandes épopées germaniques, gavés des sonorités consistantes et grasses\nde l'orchestre wagnérien. Les œuvres de d'lndy nous plaisaient assez par le choix du sujet\n(pensez donc : du Schiller !), mais elles nous satisfaisaient mal sous le rapport des harmonies.\nCelles-ci nous apparaissaient crues, parsemées de modulations dures. L'orchestre sonnait, à\nnotre avis, aigrement. Le Rêve de Bruneau, qui venait de triompher à la ne nous\navait pas préparés (encore qu'il fût bourré d'incontestables grincements harmoniques et orches-\ntraux) à la musique infiniment subtile du Chant et d'autres pages d qui\ndéfrayaient abondamment les programmes de la au temps dont nous parlons.\nIl y avait toutefois parmi les derniers venus, un jeune compositeur, Guillaume Lekeu,\ndont la face fiévreuse, aux yeux injectés, exultait à l'audition de l'œuvre de son Maître. Il avait\ntravaillé, en effet, à Paris, sous la direction de Vincent d'lndy, et il vantait sa science, sa déli-\ncatesse d'invention, sa profondeur d'idées... Il le comparait volontiers à Mozart. Lekeu fut très\nécouté. Il arrivait de la \" grande ville \" ! Et puis, tout ce qu'il disait avait l'accent de la certi-\ntude, de la conviction. Son verbe enthousiaste faisait flotter comme un encens dans l'air. Les\ncompatriotes de Lekeu, j'entends : ses \" concitoyens \" verviétois, acceptaient ses paroles-\nainsi qu'un Evangile. Leur exubérance finit par convaincre de l'excellence de cette rhétorique\nmusicale nouvelle, dont nous n'apercevions pas toujours la véritable raison d'être."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.61", "texte": "LE MOIS\n59\n\nMais nous disions donc que le Chant de la Cloche ne nous u emballa \" point du premier\ncoup. Nous ressentîmes toutefois pour cette musique un grand respect celui qui va aux\noeuvres fortement pensées, et fortement réalisées aux oeuvres sincères, aux œuvres enfin, à\nquelque tendance qu'elles appartiennent.\nUne nouvelle exécution, complète celle-là, se fit aux Artistes musiciens, sous la direction de\nM. Ph. Flon. Ce titre désignait une association de musiciens d'orchestre, ayant constitué une\ncaisse de secours et de retraite, dissoute depuis. Elle organisait chaque année i ou 2 concerts\nau bénéfice de ces caisses. Les études du Chant de la Cloche furent gravement entravées par les\ndissentions politiques de l'époque, dissentions qui entraînèrent des échauffourées violentes, au cours\ndesquelles par une étrange ironie les admirateurs mêmes de Vincent d'lndy se virent con-\ntraints de se battre entre eux. L'audition, bien entendu, se ressentit de cet état de choses, et d'esprits.\nJe me souviens du médiocre effet de Y Incendie, par exemple, qui est aujourd'hui l'un des clous de\nla partition. Il est certain qu'une bonne moitié des choristes ne chantaient point. Le dessin\npersistant des violons m'apparut d'une désolante minceur. Et le succès fut d'estime, sans plus»\nEnfin, après longtemps, près de 20 années, voici que le Chant de la Cloche nous revient, et\ntriomphe ! Faut-il attribuer ce triomphe à la mise en scène ? Certes elle est fort habile et répond\ntout à fait aux goûts du public bruxellois qui, j'ai pu souvent le constater, a l'œil plus sensible\nque l'oreille : il est plus peintre que musicien ! Mais il n'y a pas que les magnificences et\nl'animation de la mise en scène. Il y a surtout ceci : c'est que, depuis 1890, le public et les\nexécutants se sont renouvelés. Le beau temps du wagnérisme est fini, les musiciens d'avant-\ngarde ne jurent plus que par Debussy ou Ravel, en France, et en Allemagne, par Strauss ou\nMalher. Vincent d'lndy est classé; bien mieux, il est u classique \". De ses audaces d'écriture\nqui nous semblaient des bravades géniales en 1890, plus personne ne s'offusque, sinon quelques\nvieux obstinés qui ont survécu à l'ère héroïque.\nLe Chant de la Cloche a donc trouvé le grand succès. On a goûté l'animation et la variété\ndes tableaux. Parmi ceux-ci, le baptême est une belle page, calme et tendre, qui dut, charmer le\nbon \" père Franck\". On y retrouve les inflexions mélodiques et harmoniques chères au rénovateur\nde la musique de chambre en France. Un autre tableau délicieux est l'Amour, tout en douce\ngrisaille,— chaste rêverie au clair de lune. Certains épisodes ont de l'humour: la Kermesse; où\nsont animés d'un réel souffle dramatique : Y Incendie. Malgré leur âge, ces pages là sont encore\nsolides. Par la forme, elles s'apparentent de très près aux procédés wagnériens, voire meyer-\nbeeriens. Toutefois, à part peut-être le défilé des corporations dans la Kermesse, rien ne rappelle\nabsolument ces \" ancêtres \". L'effet est gros, il frise le conventionnel sans y trébucher, et s'en\ndégage tout à fait par une foule de détails amusants, encore aujourd'hui de fort bon aloi.\nSi l'on examine plus attentivement le plan que s'est tracé l'auteur dans le Chant de la Cloche,\non y découvre une parfaite entente de la construction scénique wagnérienne : grandes scènes\nen crescendo, régies par dès alternances tonales établies et surtout par des motifs conducteurs»\nSeule, la scène du Baptême fait exception : elle rappelle davantage, je l'ai déjà dit, la facture\nfranckiste. Quant au tableau de Y Amour, il appartient tout entier, sans conteste, à Vincent\nd'lndy lui-même. Le compositeur s'écriait récemment \" L'Esthétique allemande? j'en suis bien\nrevenu ! \" Si l'influence de cette esthétique est visible dans le Chant de la Cloche et dans plus\nd'une œuvre de la même date [lVallenstein, La Forêt enchantée, Schumaniana,) —la préoccupation\nétait générale, alors, de s'inspirer de données allemandes: [Le Chasseur Maudit, de C. Franck,\nLénore de Duparc) elle ne fut jamais bien profonde. Emprunter aux Allemands leurs données\npoétiques ne suffit pas pour que l'on puisse parler d'art allemand. Le tableau de Y Amour, dans le\nChant de la Cloche en était donc déjà \" revenu \", au moins autant que les œuvres subséquentes..»\n\nPaul Gilson."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.62", "texte": "6o\nS. I. M.\n\nEtranger\n\nLETTRE DE LONDRES\nCONCERTS.\nLes \" Promenade-Concerts \" du Queen's Hall ont organisé cette année une saison assez\nintéressante. Les programmes cependant ne nous révélèrent que peu de nouveautés. Parmi\ncelles-ci un Concerto pour violon de Coleridge Taylor (dont la mort récente est certainement\nune grande perte pour la musique anglaise) qui contient un allegro vigoureux, un andante plein\nde charme et un final quelque peu longuet ; un remarquable poème symphonique de\nMme Poldouski (Lady Dean Paul) \" Une Nuit sur une île près la cote à\"* Ecosse\", descriptif,\nmystérieux, plein d'atmosphère et délicatement orchestrée ; et trois Celtic Sketches de M. E. L.\nBainton d'une facture intéressante et d'une agréable variété.\nLe reste du programme fut consacré comme d'habitude à des fragments de Wagner, de\nsymphonies classiques et modernes, des œuvres de Debussy, Dukas, et autres musiciens\ncontemporains de nationalité différente.\nQuelques Récitals et des meilleurs, Casais, Jacques Thibaut, Bauer et quelques autres\nmoins glorieux. M. Liebich annonce une série de matinées consacrées les unes aux compositeurs\ndes XVIIe et XVIIIe siècles, les autres à Severac, Schmitt, Maurice Ravel et Debussy.\nENCORE L'OPÉRA.\nIl ne semble pas que, à Londres du moins, la Fortune favorise les audacieux ; car si\nquelqu'un montra jamais de l'audace pour ne pas dire plus, ce fut bien M. Oscar\nHammerstein fondateur et ex-directeur du London Opéra House. On le prévint pourtant\nassez, cet Américain entreprenant, qu'il ne réussirait pas à attirer le public anglais dont il\nignorait et les goûts et les habitudes et les manies et qu'il lui faudrait bientôt fermer les portes,\nà peine ouvertes, de son théâtre, après y avoir englouti une fortune.\nMais M. Hammerstein ne voulut rien entendre. Il continua de faire bâtir son énorme\nédifice, il prétendit montrer au public de Londres comment, en Amérique, on monte les\nopéras et il débuta, l'hiver dernier, par une gaffe naturellement, en choisissant comme pièce\nd'ouverture une œuvre d'un compositeur inconnu à Londres et dont le sujet même n'eut\njamais en Angleterre aucun succès en tant que roman, Quo Vadis.\nPour comprendre l'insuccès forcé de la tentative de M. Hammerstein, il faut connaître et\ncomprendre le goût musical anglais, et, avant d'arriver à ce résultat, il faut oublier les articles\naimables qui transforment un demi-succès en un triomphe, les \" Lettres de Londres \" tendan-\ncieuses qui dénaturent sur la plus évidente bonne foi la mentalité anglaise ; il faut enfin voir\nla situation vraiment telle qu'elle est.\nTout d'abord, reconnaissons le, au concert comme au théâtre, le public anglais n'aime\npas la musique française moderne, pas plus d'ailleurs qu'il n'aime la musique des compositeurs\nbritanniques ; une infime minorité peut apprécier au Queen's Hall les œuvres de Berlioz, de\nVincent d'lndy et de Dukas ; une certaine partie de ce public peut hurler d'enthousiasme,\ndu haut de la galerie de Covent Garden, aux représentations de Pelléas et Mèlisande ou de\nLouise ; ni ces applaudissements ni ces cris ne résument l'opinion du vrai public anglais. Car\nil ne s'est même pas dérangé ce vrai public, et n'a pas même eu la curiosité de venir entendre"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.63", "texte": "LE MOIS\n6i\n\nces œuvres nouvelles pour lui. En effet, le public anglais résolument conservateur, peu curieux\net craintif ne tient nullement à entendre des nouveautés qui l'effarent et dont il ne sait que\npenser, jusqu'au jour où, dans peut-être dix ans d'ici, les journaux l'auront convaincu\nque Pellèaspar exemple est ausssi intéressant que la ou Jusqu'à ce jour,\nPelléas et Louise,les deux seules œuvres françaises qui aient, ces dernières années, obtenu un\nvrai succès artistique, continueront d'être jouées trois ou quatre fois par an devant des salles\ncomposées de spectateurs (ils ne se renouvellent guère et l'on voit les mêmes personnes à\nchaque représentation) dont l'accueil enthousiaste peut donner un instant, à un étranger,\nl'illusion du gros succès populaire.\nEvidemment, M. Hammerstein, Américain, ignorait tout de Londres ; mais les directeurs\nde Covent Garden, bien avisés, se gardèrent toujours, eux, de monter des nouveautés et chaque\nsaison nous ramène régulièrement les mêmes drames lyriques Wagnériens et les éternels opéras\nitaliens chers à la foule. Que M. Hammerstein ne s'étonne donc pas, en des interviews amers\npubliés actuellement dans les journaux américains, de l'indifférence du public à propos\nde Quo Fadis et des œuvres complètes de Massenet (qui n'obtint jamais même avec Manon et\nMiss Mary Garden aucun succès à Londres).\nLe jour où le London Opéra House afficha Rigoletto et la Traviata il y eut cependant un\npeu plus de monde dans la salle. Pas assez cependant au gré du directeur qui, une fois encore,\nne comprit plus ce que le public anglais veut.\nC'est pourtant bien simple. Tout d'abord M. Hammerstein ne nous offrit point des\ninterprétations aussi parfaites que les directeurs de Covent Garden. A des noms d'étoiles\ncosmopolites telles que Mmes Melba, Tetrazzini, MM. Sammarco, Anselmi, Van Roy, il\nopposa des noms de chanteurs excellents mais moins glorieux. II nous offrit de bonnes petites\nreprésentations d'ensemble, c'est-à-dire justement ce qu'il ne faut pas dans un pays qui pousse\njusqu'à la manie le culte de l'étoile.\nEnfin il y a autre chose, et c'est plus grave. Covent Garden est une tradition mondaine\ntandis que le London Opéra House ne fut jamais qu'une tentative commerciale ou\nartistique, peu importe. Et c'est contre cela surtout que M. Hammerstein a eu à lutter.\nA Covent Garden les \" gens chics \" et même les gens du monde ont leurs fauteuils et leurs\nhabitudes, les loges leurs titulaires titrés ; les abonnés s'y rencontrent, au cours de la saison,\naprès-dîner. C'est en somme le dernier salon où l'on cause, et quelquefois fort bruyamment.\nLa Cour s'y montre fréquemment. C'est le \" Royal Opéra \" enfin où il faut être vu certains\nsoirs par semaine ; et du haut de l'amphithéâtre, la Ville et la Baulieue viennent contempler\navec respect et admiration la belle société qui s'y exhibe et bavarde tout le long des actes.\nQue pouvait M. Hammerstein contre ces traditions mondaines et cet éclat sans pareil ?\nEt que ne lui a-t-on fait comprendre l'horreur de la situation sans ;ssue dans laquelle il se\ndébattit pendant plusieurs mois ? En pleine saison ces abonnés illustres restent fidèles à Covent\nGarden, en hiver ils sont à St Moritz, sur la Riviera, en Egypte, dans leurs terres, partout\nexcepté au London Opéra House ! C'est pourquoi M. Hammerstein, après avoir exhalé des\nplaintes amères et empreintes de rancune a dû se décider à fermer son théâtre.\nEt voici maintenant que les musiciens anglais tâchent d'ouvrir une souscription dont le\nmontant servirait à acquérir l'opéra de M. Hammerstein pour le convertir en Opéra National\npermanent. Des compositeurs tels que Sir Eréderick Bridge, Sir Fréderick Cowen, Sir\nAlexander Mackenzie, Sir Charles V. Stanford, M. Edward German et M. Landen Ronald\nsont à la tête de ce mouvement. Réussiront-ils à secouer l'apathie du public et à convaincre la\nnation anglaise de l'utilité et des chances de leur entreprise ?...\n\nX. Marcel Boulestin."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.64", "texte": "10 NOVEMBRE AU 10 DECEMBRE\nSwift.\nDeux débuts dam la critique musicale : MM. Gallon et Félix Leroux, chefs de service a VOpéra,\nconfient a un journaliste que \" Fervaal est le monument le plus considérable que Von ait produit dans\nla musique dramatique durant ces trente dernières années En entendant ces énergiques déclarations,\nles compositeurs que n'a pas encore atteints la prescription trentenaire échangent des regards noirs.\nAu nom de la Convention de Berne qui berne-t-on ici? et la devise bernsteinienne\n\" Après moi \" le directeur de VOpéra monégasque prend hypothéqué sur Parsifal malgré les protesta-\ntions véhémentes des créanciers privilégiés. Pendant ces discussions le jeune Julien s'enfuit et va\ndemander asile à M. Albert Carré Sous toutes réserves : M. Henri Gain, immobilisé par ordre\nde la Faculté\\ aurait passé un mois entier sans écrire un livret d'opéra. Nous ne saurions accueillir\nqu avec la plus extrême circonspection une information aussi invraisemblable. L'école des\nchefs-d'orchestre. Il a été récemment question de placer sur le pupitre de chaque instrumentiste une\npartition d'orchestre. Par bonheur, quelques jours après, on s'aperçut que le chef d'orchestre d'un de\nnos théâtres lyriques dirigeait ses représentations sur une partition de piano. L'équilibre est ainsi rétabli.\nUne série noire à la Schola. Plusieurs accidents jettent le trouble dans le laborieux établissement\nde la rue Saint-Jacques : aux ateliers de fonderie un petit canon a Voctave que l'on soumettait aux\nessais réglementaires, éclate soudain, blessant grièvement les ouvriers ; le même jour, un apprenti\ninexpérimenté en maniant trop brutalement un contre-point \" qui n'était pas renversable \" le fait\nexploser n'occasionnant heureusement que des dégâts purement matériels. Enfin, un thème conducteur\nayant obtenu sanj examen suffisant son \" permis de conduire \" s'est lancé a une allure désordonnée dans\nun Scherzoy défonçant les barres de mesure? faussant les clefs et dévastant tout sur son passage. Arrêté\nau point d'orgue, il a été envoyé au dépôt et sera poursuivi pour excès de vitesse et blessures par\nimprudence. Dépopulation : nous apprenons avec une patriotique tristesse que dans le sixième cours\ntrois cellules de sonates ont été reconnues impropres a la génération. M. Jean Nouguès interdit\nà la critique l'accès du théâtre oit il vient d'enfermer son Aigle ; seul\\ le Peuple-de-Paris est invité\na passer à la caisse et à prendre des tickets pour défier devant la cage du royal volatile. A la sortie\ndu square des Arts et Métiers les spectateurs s'affligent de n'avoir pu découvrir ni le métier ni l'art.\nA? M. Raoul Gunsbourg vient de traduire dans le sublime dialecte montecarlien les drames lyriques\nde IVagner qu'il destine a son théâtre : ainsi seront apaisés les mânes de Nietsche qui craignait de voir\nméconnus dans l'esthétique wagnérienne u les droits de la Méditerranée \"."}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.65", "texte": "(Suite) 1\nEt huit séances succédèrent à celle-là. La dernière eut lieu le 4 Juin avec le concours\ntrès fêté de Théodore Dubois et sous la présidence de Camille Saint-Saëns, dont le public ne\nse lassa pas d'acclamer la présence, qui voulut bien à son tour gagner l'estrade, s'y faire\nentendre, et n'en descendit qu'au milieu des applaudissements sans fin d'un public nombreux,\nà ce point, qu'il fallut refuser l'entrée à plus de trois cents personnes, d'ailleurs fort\nmécontentes, jurant, mais un peu tard... de venir de meilleure heure une autre fois !\nLes résultats de cette saison dépassèrent donc les espérances des plus optimistes, car les\nfrais indispensables furent couverts... Or, pour vivre et durer, il faut toujours compter avec\ncette question, même lorsque, comme ici, nul ne poursuit un but financièrement intéressé.\nPour assurer ces frais inévitables les membres paient une cotisation ; des\nadhérents une autre, leur donnant droit à toutes les séances d'une saison ; des\nune autre plus significative, en échange d'un plus grand nombre de places. Parmi ces\nmembres donateurs les personnalités les plus considérables, S. A. R. Madame la Duchesse de\nVendôme, S. A. I. Madame la Comtesse d'Eu, Messieurs les Barons de Rothschild et d'autres\nvoulurent bien, parmi les premiers, consentir à accorder leur appui aux efforts du comité\nnaissant. A ce fonds acquis, vint s'ajouter le prix d'entrée, pour le passant, à chaque séance.\nDès que les recettes dépasseront les dépenses, le comité s'occupera d'employer l'excédant\naux frais d'un concert d'orchestre. Il ne dépend donc que du public qu'il en soit donné un ou\nplusieurs par saison. Si des ressources plus grandes peuvent-être obtenues par les intéressés\nfaisant appel à leurs amis, ils n'auront plus, dès lors, à accuser le \" malheur des temps \" du\nsilence gardé autour de leurs œuvres orchestrales !\nToujours fidèle à son modèle, le comité du lui aussi\ncomme le \" Salon \" des peintres décerna des récompenses lorsque la bise fut... partie au\ncommencement de Juillet. Des premières, secondes, troisièmes médailles et des mentions furent\nattribuées aux œuvres du mérite le plus évident, comme à celles qui rencontrèrent le plus\nchaud accueil auprès du public.\nEt si l'on pouvait accuser de quelque présomption un comité s'arrogeant le droit de\ntelles distributions, la joie débordante des lauréats, les remerciements enthousiastes parvenus au\nsecrétariat suffiraient à lui donner raison en prouvant, une fois de plus, que titres et médailles\nne sont pas à la veille d'abandonner la place à la pure philosophie !\nCroirait-on que l'un des lauréats fit, à ses frais, couler une médaille grand module d'une\nvaleur de trois cents francs dont le bronze porte à l'envers l'effigie de son interprète femme,\n\n1 Voir le N° de Novembre."}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.66", "texte": "64\nS. I. M.\n\ntandis que le revers montre le nom du \" Salon \", et celui de la récompense, \"se relevant en\nbosse \" au milieu des palmes !...\nTout cela n'est pas, on en conviendra, pour décourager un comité sorti victorieusement\ndes premières difficultés inhérentes à toute entreprise nouvelle ; aussi l'avenir s'annonce-t-il\nsous d'heureux auspices.\nM. Léon Bérard, mis au courant des résultats de la première saison 76 auteurs\ninterprétés ; plus de 200 œuvres exécutées veut bien, au cours de celle-ci, mettre la\ngrande SALLE DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE à la disposition du Salon des\nmusiciens français de quinzaine en quinzaine, le mardi soir, de Novembre à Mai.\nPlus que jamais le comité tiendra à se montrer digne de la confiance de M. le Sous-\nSecrétaire d'Etat des Beaux-Arts. Dans cette illustre salle, sanctuaire et tabernacle de tant de\nchefs-d'œuvre, le comité, certes, n'a pas la présomption de ne faire entendre que des chefs-\nd'œuvre ! Quand ce ne serait que pour continuer, ici encore, à prendre modèle sur le u Salon '*\ndes peintres qui, parmi 3000 toiles n'en, produit parfois qu'un seul, ou même aucun !\nMais on voudra bien convenir que le meilleur moyen de découvrir une œuvre de valeur est\nd'en faire entendre beaucoup ou d'en montrer davantage encore ! Or, en ouvrant un débouché\naux inconnus, on leur fournit l'occasion de s'affirmer et, cela, sans aucun frais pour eux.\nS'ils veulent savoir comment ? Qu'ils s'adressent au secrétariat général, 28, rue Nollet, à\nParis, d'où leur seront expédiés tous renseignements demandés.\nTel est le Salon des musiciens français.\nMais, aux résultats obtenus, il faut en ajouter un autre d'une signification plus grande\nencore. Par son but, le \" Salon \" se relie, comme une branche à l'arbre même, à tout un\nordre d'idées admirablement résumé par la \" Ligue pour la culture française \". Cette ligue qui\ngroupa les esprits les plus éminents de notre temps parmi les sciences, les lettres et les arts,\nqui attira à elle les personnalités les plus hautes de la société moderne poursuit, sans doute, un\nbut beaucoup plus vaste puisque, ainsi qu'on le sait, elle conseille un programme d'études\nuniversitaires auquel le Ministre de l'lnstruction publique lui-même semble s'être rallié.\nNéanmoins, de ces deux titres : Culture française, Musiciens français naît un lien de parenté\nqu'il n'est pas long de découvrir, pour peu qu'on prenne la peine d'y songer un moment.\nConsulté à ce propos, le Président de la Ligue pour la culture française, M.Jean Richepin,\nn'hésita pas à le reconnaître ; et le pacte d'alliance consenti par lui vient donc élargir la\nsignification du Salon des musiciens français.\nLa manifestation tangible de cette alliance aura lieu au cours de l'hiver dans la grande\nSALLE DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE où M. Jean Richepin, avec cet\nart de la parole qu'il possède si admirablement, a promis de venir démontrer la parenté de\ncet arbre de science, auquel la comparaison de tout-à-l'heure était empruntée, avec la branche\nque représente la musique et sur laquelle nos compositeurs viendront se poser comme des\noiseaux chanteurs dont les voix diverses s'harmoniseront au mot de ralliement résumant\nl'effort commun aux deux groupes, puisque ce mot est : France !\nPour conclure, souhaitons, qu'à la suite de tels encouragements, il se trouve dans le\npublic un groupe d'amateurs suffisant à faire vivre une œuvre qui répond à leurs propres\ngoûts, en protégeant le talent encore ignoré dans une salle vénérable où ils retrouveront leurs\nhabitudes à l'ombre ancestrale des plus hautes mémoires !\n\nHenri Maréchal."}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.67", "texte": "5\n\nRevue de la Presse allemande\nARIANE A NAXOS\n(PluncpnérQtéuéefê\nAppendice à ARIANE à NAXOS\nLe Critique. Je suis mort ! Je n'en\npuis plus !\nVAmateur. Asseyez-vous ici un\ninstant, maître. Le bruit des ovations\narrive jusqu'à nous. Entendez-vous ? On\nne cesse d'applaudir et de rappeler\nStrauss, Hofmannsthal et Reinhardt.\nLe Critique. Que m'importe ? Je\nsuis mort, vous dis-je !\nL'Amateur. Vous êtes trop impres-\nsionnable et vos nerfs sont surexcités.\nJ'ai passé quant à moi une soirée ex-\nquise ; toute l'Europe musicale était\ndans la salle, c'est le plus beau public\nqu'on ait jamais vu. Il est vrai que\nl'œuvre en est digne. Ell vit-on jamais\nde semblable ?\nLe Critique. Jamais ! On n'a ja-\nmais rien vu de pareil : trois pièces en\nune seule, une comédie et deux opéras\nd'un seul coup. Et le tout n'a duré qu'un\npeu plus de 4 heures. D'abord une heure\net demie de comédie coupée d'inter-\nmèdes musicaux ; puis un opéra complet,\nou mieux deux opéras... coopérants, qui\ndurèrent autant que la comédie. Qui\npourrait y résister ? Croyez-moi, les plai-\nsanteries les plus courtes sont les meil-\nleures.\nLe Chef d'orchestre. Qui aurait\njamais imaginé que Strauss dont on\nconnaît le tempérament herculéen\nécrirait un jour pour un orchestre de\n36 exécutants seulement ! Et quelle\nmusique ! C'est comme une ondée légère\net irisée tombant d'un nuage gigan-\ntesque. Quel merveilleux travail. C'est\nla renaissance du style de l'ancien\nopéra.\nLe Critique. Je crois plutôt que la\n\"simplicité du style noble\" et les traits\nde l'ancien opéra sont parodiés avec une\nironie voulue... Mais je reproche une\nchose à Strauss : c'est d'avoir traité son\npetit orchestre comme il aurait fait\nd'un grand. Jamais il n'a eu la douceur\ndu petit orchestre Mozart du Théâtre\nde la Résidence à Munich. Il semble\nplutôt un grand orchestre étouffé, et\nmanquant de proportions harmoniques.\nLorsque dans la 2e Partie, plus forte en\ncouleurs orchestrales, le tempérament\nfougueux de Strauss reparaît, il semble\nénervé de ne pouvoir donner plus de\nforce et de sonorités. Vous l'avez vu\ndiriger : ne réclamait-il pas toujours\nplus de force, jusqu'au crescendo final ?\nLe Chef d'orchestre. Quand je mon-\nterai l'ouvrage, je veux avoir tous mes\nviolons dans mon orchestre. Il m'en\nfaut deux ou trois fois autant. La fin de\nl'œuvre semble d'un autre auteur que le\ndébut. C'est la métamorphose de Richard\nStrauss, après celle de Bacchus d'Ariane\net de Zerbinetta !\nLe Chanteur. Oui ; on peut trouver\ndans Ariane des réminiscences du Rosen\nKavalier ou de Salomé. Mais ce char-\nmant petit orchestre lui donne un charme\nunique. Elle est pour moi comme la\nfloraison délicieuse d'un arbre du Japon\nen miniature qui garde dans sa petitesse\nl'exacte proportion de ses branches, de\nson feuillage et de sa prestance.\nLe Critique (songeur). Ariane,\nseule peut-être. Mais avec la pièce de\nMolière, ah non ! mille fois non ! j'en\nsuis sûr maintenant, jamais on n'aurait\ndû les réunir, non pas tant à cause de la\ndifférence des genres qu'en raison du\nmanque d'unité qui compromet l'œuvre\nentière. Cela ne forme pas un tout, cela\nn'est pas complet. Et on a l'impression\nque les deux actes de Molière tuent\nl'Opéra.\n(Sur ces derniers mots le Compositeur\net le Poète sont entrés sans être vus.)\nLe Compositeur. Juge savant et\nimpitoyable, vous dénigrez notre œuvre.\nSi, si, j'ai tout entendu. Comment\nfallait-il s'y prendre, selon vous ?\nLe Critique.— Maître, mon rôle n'est\npas de vous infliger des conseils ; ce jeu\nserait trop dangereux. Mais je veux vous\nrappeler cette phrase de votre merveil-\nleux quintette \"le cœur souvent ne se\ncomprend pas soi-même \", et l'appliquer\nà votre œuvre. Il semble bien qu'en\npoursuivant la réalisation de deux choses\nsi différentes dans votre génial labeur,\nvotre cœur ne se soit pas compris soi-\nmême. Et si vous voulez toute ma pensée,\nayez le courage d'abandonner cette\ndualité nuisible, afin de faire œuvre\nvivante au lieu de dépenser votre talent\nsur un livret qu'il n'est pas possible de\nfaire vivre jamais.\n{Le Poète donne des signes d'impa-\ntience.)\nLe Critique (poursuivant). J'espère\nqu un jour nous entendrons séparément\nle Bourgeois gentilhomme et Ariane\na Naxos, j'espère aussi que nous ne\nverrons plus l'envers du théâtre sur la\nscène, erreur que tout le talent de Ernst\nStern et de Max Reinhardt n'ont pu\natténuer. Ainsi nous pourrons prendre\na 1 une et a l'autre pièce un plaisir non\npas simultané mais successif.\nQu'en pensez-vous, cher maître ?\nRIDEAU.\nALEXANDRE DILMANN.\nLa conception même de l'œuvre\nmélange d'opéra, de ballet, de pantomime\net de comédie en fait une chose\nétrangement hybride. De plus il y a une\ntelle différence entre les conceptions\nscéniques de l'époque de Molière et la\nmusique moderne que la réunion de\ndeux choses si dissemblables n'allait pas\nsans danger, tant pour l'une que pour\nl'autre.\nComment Hofmannsthal en a-t-il usé\navec Molière ? Il a condensé en z les 5\nactes du \" Bourgeois gentilhomme \"\nlaissant délibérément de côté plusieurs\npassages très importants, comme la scène\ndes turqueries et l'intrigue amoureuse\net ne conservant que le classique Jour-\ndain, type du parvenu bouffi d'orgueil,\nsingeant lourdement les \"gens de qua-\nlité \" mécène obtus et sans élégance,\nC'est là évidemment le centre de toute\nla pièce, mais convenait-il, comme l'a\ntait Hofmannsthai, d'insister aussi lon-\nguement et aussi lourdement sur la\nsottise du personnage au point de fatiguer\nle public par de continuelles redites ?\nCe n'est qu'à la fin de cette comédie\nqu'apparaît l'Opéra Ariane a Naxos et\nune sorte de divertissement donné à ses\nhôtes par M. Jourdain et qui est dans\nla pensée des auteurs le couronnement\nde l'œuvre entière. Par suite d'une\nétrange fantaisie du maître de maison,\ndivertissement et opéra devront être\nexécutés simultanément. On imagine\naisément la stupéfaction et l'hésitation\ndes acteurs 5 mais l'ordre est formel et\n\"Ariane\" est jouée en même temps que\nle divertissement comique et sans cesse"}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.68", "texte": "66\nS. I. M.\n\nentrecoupée et troublée par les pitreries\net les arlequinades de celui-ci.\nTel était dans sa dualité, le sujet\ncompliqué choisi par R. Strauss. Il y a\ndéployé toutes les ressources de sa tech-\nnique éminente. Il nous présente l'in-\nconsolable Ariane chantant des hymnes\nde deuil, brusquement interrompus par\nune danse de clown des plus burlesques,\npuis s'élève à la fin aux plus hauts som-\nmets de la passion en nous décrivant ses\namours. Cet essai de caricature musicale,\ncet humour sur les anciennes formes\nmusicales est, il faut bien en convenir\nabsolument manqué. Il est d'abord\ninterminablement long et d'une recher-\nche si contournée qu'il est pénible à\nl'excès pour l'auditeur de suivre les\nintentions de cette musique obscure et\npour ainsi dire inorganique.\nIl y a longtemps que l'on discute sur\nle \" petit orchestre \", celui de Strauss se\ncompose de 36 exécutants. Les \" Cordes\"\ndominent (16 instruments : 6 violons,\n4 altos, 4 violoncelles et 2 contrebasses)\net l'auteur en tire des effets de sonorité\nsouvent intéressants, bien que parfois\nles violons dominent et couvrent les\ncontrebasses, l'emploi du piano est d'un\ngrand charme et contribue à la fusion\ndes sons.\nMais, tout bien considéré, le génie de\nStrauss ne s'accommodera jamais que d'un\ngrand orchestre ; trop souvent il veut\nforcer les effets de son petit orchestre\nau point de lui donner l'ampleur d'un\norchestre wagnérien. Sans doute il peut\nà loisir déployer son talent dans les\n2 actes comiques qui précèdent l'opéra\noù chaque plaisanterie est soulignée par\nla musique et commentée spirituellement\npar l'orchestre. Mais toute cette débau-\nche d'esprit et d'ironie jusque dans les\nmoindres détails feront-ils de l'œuvre\nune chose durable ? Je ne le crois pas ;\nl'opéra s'accommode mal du style burles-\nque de la Comédie de Molière. De plus\nl'action d'Ariane, aussi peu dramatique\nque possible, ne saurait produire sur\nl'auditeur une impression profonde,\nni même forcer son attention.\n\"Rol'ntecÇé (Poffêe;\nMaintenant que le tumulte s'apaise\net que le silence se fait sur cette bruyante\npremière, on commence à se ressaisir et\nà examiner avec plus de sang-froid ce\n\"brillant succès\". Et il faut bien en\nconvenir maintenant, il ne reste de tous\nces cris d'enthousiasme et de cette pro-\nfusion de louanges qu'une profonde\ndésillusion...\nUn mot amusant de Richard Strauss\npendant une répétition : voyant ses inter-\nprètes féminines s'efforcer de rendre\nleur rôle vivant et de le \"jouer\" de\nleur mieux, il leur adressa cette répri-\nmande inattendue : \"je vous en prie,\nmesdames, il ne peut être question ici\nque du chant ; il s'agit d'un opéra et\nd'un opéra du temps de Molière : n'ou-\nbliez pas que \"jouer l'opéra\" est une\nerreur scandaleuse (ein Unfug) exclusi-\nvement contemporaine... \"\nCe mot authentique surprendra\nsans doute nos metteurs en scène mo-\ndernes qui s'efforcent louablement d'ani-\nmer et de rendre toujours plus vivant\nl'opéra contemporain. Strauss a-t-il parlé\nsérieusement ? Ou doit-on voir seule-\nment dans ses paroles un effet de l'éner-\nvement des répétitions ?...\nQj&tfmer Cage;\nèîatt\n...Cette œuvre manque totalement de\nplan et de construction ; aucune propor-\ntion n'est observée, certains passages de\nMolière sont développés avec excès 5\nd'autres sont supprimés. De plus nombre\nde plaisanteries drôles du temps de\nMolière sont aujourd'hui à peine intel-\nligibles. Enfin l'opéra est mal relié à la\nComédie qui le précède et l'intérêt du\nspectacle en est très diminué...\nCaçjfteciJe (Runb;\n...On dit qu'au dernier moment on\na fait encore des coupures. Le duo du\nlerIer Acte est \"tombé à plat\" de même\nque la scène des comédiens qui précède\nl'opéra. Ce ne fut pas pour donner de\nl'assurance à la suite et une catastrophe\nne fut évitée, dans la grande scène de\nZerbinette, que grâce à la grande expé-\nrience de la scène de la charmante\nMademoiselle Siems..."}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.69", "texte": "L'Édition\nMusicale\n\n1 Hamelle\n5 Durand\n9 Mathot\n2 Demets\nf' Rozsavolghyi\n10 Leduc\n3 Senart & Roudanez\n7 Janin à Lyon\n4 Pabst à Leipzig\n8 Lemoine\n\nPIANO. Quel arrivage, juste ciel ! MM. les éditeurs ont-\nils juré de rendre déjà trop petit notre nouveau local ! L'envoi de\nla maison Durand mesure au moins un mètre cube ; quant à celui\nde M. Demets, il fausserait toutes les balances ; sans tenir compte de quelques petits colis\nisolés qui nous viennent du fin fond de l'Espagne ou de la Hongrie. Reconnaissons-le de\nbonne grâce, la plupart des œuvres reçues mériteraient mieux que la simple 'mention»fà\nlaquelle je devrai me borner ; elles attestent en général du sérieux, de la hauteur et un parfait\nmépris du succès pécuniaire qui nous les rend tout de suite sympathiques. Les unes, sans être\nle moins du monde rétrogrades, participent pourtant d'un style et d'une esthétique qui ont\ndéjà fait leurs preuves : ce sont : de Paul Lacombe, 1, un et une\nSarabande1 ; de Paul Bazelaire, un Prélude et une 2, un 2 dont il nous faut\nsignaler la très jolie ligne mélodique, et une 2 un peu grandiloquente, mais ne\nmanquant pas d'envolée. Les autres, résolument novatrices, s'affilient plutôt à l'école\nDebussyste, tantôt par de simples coïncidences mélodiques, comme cette Redowa Chromatique,\nde Paul Hillemacher3 qui débute exactement comme l'Après-midi d'un Faune, tantôt\npar une assimilation totale des procédés impressionnistes, comme les de Jean\nCras 2, cinq pièces très intéressantes, très pianistiques, que nous entendrons certainement\njouer cet hiver, ou comme la deuxième série des de R. Bardac 2. Notons par\nailleurs une influence qui nous paraît prépondérante, elle aussi, celle de M. Satie. M. Satie\nconnaît à présent toutes les gloires : voyez le Nu 2 des de Luiz de Freitas\nBranCO ;et les Nénuphars Crépusculaires d'lnghelbrecht3. Ne sommes-nous pas tout à\nfait proches de ces Gymnopédies, qui faisaient encore crier au scandale il y a deux ou\ntrois ans ?\nD'une nation à l'autre au contraire, peu de nuances bien marquées ; d'où nous vient\nM. Marcel Granjany 5 avec ses trois pièces, Arabesque, Pastorale et Impromptu, un peu\ninconsistantes, mais d'une jolie couleur, aérienne et vaporeuse? D'où nous vient M. Vilmos\nGreza Zagon, avec son Idylle,sa Danse des et son 6 De Hongrie, si j'en\ncrois cette étonnante verdeur, et cette audace outrecuidante du dessin et de l'harmonie.\nEnfin, M. Swaïl Henessy, qui a dû voir le jour fort loin de l'Espagne, se plaît à\ndérouter son monde en composant des Gitaneries2, qu'il dédie à de belles Andalouses. Même\nimprévu dans ses Valses Caprices\"I,petit recueil de danses de caractère, qui ne feront jamais\ndanser personne. De haute fantaisie aussi, les de Charles Bredon3, pages\nenfantines qui s'inspirent de nos vieux contes de fées.\nSenart & Roudanez. Ces morceaux appartiennent au premier Fascicule de la nouvelle publication de\nMM. Senart Se Roudanez, \"La Musique Contemporaine\". Cette anthologie d'oeuvres vocales et instrumentales\ndes meilleurs maîtres, a entre autres mérites, celui de mettre la musique moderne à la portée de toutes les\nbourses ; elle constitue une entreprise analogue à celle des grandes maisons comme Peters ou Litolff avec leurs\néditions classiques. Nous ne saurions trop applaudir en voyant se combler ainsi une lacune que nous avions\nsouvent déplorée dans l'édition musicale française."}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.70", "texte": "68\nS. I. M.\n\nRevenons à des œuvres plus sérieuses encore. Toute une série de publications rentrent\ndans le cadre de la pédagogie, ou de la vulgarisation moyenne : les Chefs-d'œuvre du Piano,\n5 cahiers gradués publiés par M. Pierre Servel 7, les noms des grands maîtres classiques y\nvoisinent avec ceux de Lœillet, de Dandrieu et de Zipoli ; c'est l'intrusion, fort avantageuse,\nde la musicologie, dans le cadre de l'enseignement traditionnel. La collection des Clavecinistes\nfrançais5 s'enrichit d'un 4e volume, où figurent quelques œuvres comme les Menuets de\nPlatée, ou la Sarabande de Dardanus, qui ne me paraissent pas rentrer dans le domaine\nimmédiat des pièces de clavecin, mais dans celui de l'orchestre. M. Henri Maréchal\npublie 124 pièces d'orgue 8 échelonnées du XVe au XVIIIe siècle ; beaucoup d'entre elles,\nmotets, fugues ou psaumes à plusieurs voix sont à connaître, surtout celles des Primitifs, comme\nOkeghem, Josquin des Prés R. de Lassus; les réduire pour le clavier de l'harmonium ou du\npiano était une entreprise épineuse ; il fallait toute l'habileté de M. Maréchal pour que la\ntranscription ne devint pas, comme bien souvent, une trahison.\nINSTRUMENTS. L'édition populaire française 3 publie trois Sonates en Trio (piano\net deux violons), l'une de Corelli, l'autre de Vivaldi, la troisième de Haendel; et deux\nquatuors bouffes de Corrette, Margoton et VAllure. Reconnaissons, malgré tout le respect\ndû aux vieux maîtres, que parfois, certains passages de la plus lamentable indigence y voisinent\navec les plus pures beautés. Voici maintenant trois sonates modernes pour piano et violon :\ncelle de M. Emmanuel ;), œuvre saine et forte, où la rigueur des développements s'allie à\nun très grand charme mélodique ; celle de M. Thirion 5, de rythme puissant, d'inspiration\ngénéreuse ; celle de M. Dupin 5, très tourmentée, très imprévue d'écriture, très vétilleuse\nd'exécution. Parmi les œuvres de moins longue haleine, une Légende pour violon et piano de\nErmend Bonnal0 dont les sonorités savoureuses nous font rêver de quelque orchestre\nmystérieux et féerique ; une Fantaisie pour flûte et piano, et une Légende pour harpe, de\nGaubert, musique de virtuose qui rappelle certaines pages de l'école romantique, et non des\nmeilleures.\nPassons aux œuvres de cette jeune école hongroise qui s'affirme tous les jours plus\nintéressante : les morceaux reçus aujourd'hui marquent un assagissement sur ceux que nous\nentendîmes à Paris il y a quelques années; ce sont: de M. Léo Weiner, une Ballade6\npour clarinette et piano, très séduisante de couleur, et suffisamment exotique pour piquer\nnotre curiosité sans pourtant effarer personne ; de M. Nandor Zsolt, une petite feuille\nd'album, les Libellules, pour violon et piano 9, morceau de salon, appelé àun légitime succès ;\nde M. Antoine Molnar, deux œuvres extrêmement remarquables, une Sérénade 6, pour\nviolon, clarinette et harpe, scintillante comme une nuit d'étoiles ; et une Fantaisie pour flûte\net piano, sorte de Rapsodie qui passe par toutes les nuances de la tendresse, de la fureur et de\nla passion. Ce même Antoine Molnar, qui sait s'exprimer par les moyens les plus restreints\nest encore l'auteur d'une charmante et facile petite Sonatine pour violon et piano, que termine\nun pimpant et coquet petit finale à la hongroise. Nous n'avons pas souvent affaire à une\npersonnalité aussi distinguée et aussi complète.\nEst-ce tout ? Non; il y a encore un Trio de M. Chapuis 5, dont le dernier morceau,\ns'inspire assez heureusement d'une vieille chanson populaire; il y a 22 courtes leçons, pour\nviolon et piano, par Henri Maréchal 10 écrites dans un but pédagogique, mais non dénuées\nde mérite musical ; il y a une réduction pour piano et violoncelle du Lied et Scherzo de\nFlorent Schmitt ; il y a un Triptyque de M. Saint-Saëns 5, dont la clarté et la\nfranchise toutes classiques nous seront un délicieux soulagement après tant d'œuvres alambi-\nquées ou nuageuses... il y a mais le désespoir me prend en apercevant encore Cinq\nQuatuors de M. Elek Kirchner 6 , j'y reviendrai.\n\nV. P."}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.71", "texte": "Çà et Là\nCHANGEMENT D'ADRESSE. La Société Musicale Indépendante change de\ndomicile. M. A.-Z. Mathot n'ayant pu, à son vif regret, continuer à assumer les absorbantes\nfonctions de Secrétaire Général, le Comité a confié à M. Rey, le distingué directeur de la\nSociété Philarmonique, le soin d'organiser ses auditions. C'est donc à\n9, rue de l'lsly (Tél. 211-52) que les Sociétaires de la S. M. I. sont priés d'adresser\ndésormais les manuscrits, cotisations, demandes de renseignements et en général toutes les\ncommunications concernant la Société.\nM. A. von Gross nous prie d'insérer la protestation suivante :\nPROTESTATION\nLe bruit ayant circulé qu'il était question de monter \" PARSIFAL \" de Richard\nWagner prochainement à Monte Carlo, quoique les œuvres du Maître fussent protégées\njusqu'au lerIer janvier 1914, je tiens à déclarer, en ma qualité de mandataire-fondé de pouvoirs\nde la famille Wagner, qu'AUCUNE autorisation n'a été donnée et NE sera donnée, et qu'il\nsera procédé contre toute représentation illicite de \" Parsifal \" par toutes les voies de droit.\nBayreuth, le 22 novembre 1912.\n(signé) A. VON GROSS.\nAprès une longue et douloureuse maladie Joaquim Malats vient de mourir. Depuis deux\nans il n'avait pu reparaître devant le public et avait donné à Barcelone son dernier concert, au\ncours duquel il joua Vlberïa d'Albeniz avec une virtuosité prodigieuse. On se souvient qu'il\navait remporté, le premier, le prix Diémer. Paris l'appréciait et l'aimait. On regrettera ce\nparfait musicien qui disparaît en pleine jeunesse et en plein talent.\nLe Tout-Paris 1913 vient de paraître, encore en avance sur les années précédentes, pour\nrépondre au désir maintes fois manifesté, de ses abonnés.\nMais cela n'a pas empêché cet annuaire d'enregistrer les nombreux déménagements\nd'Octobre dernier, qui font s'accentuer de plus en plus l'exode des Parisiens vers les quartiers\nde l'Ouest où de nouvelles voies sont créées chaque année, sur la rive droite et la rive gauche.\nAvec ses suppléments mensuels dont la vogue va croissant, le est et reste le\nseul annuaire réellement mondain adopté par la société française et étrangère.\nA. La Fare, éditeur, 55, rue de la Chaussée d'Antin.\nDe M. Léoncavallo ces fortes paroles :\n\" Je voudrais que les musiciens italiens aient plus de confiance en eux-mêmes et subissent"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.72", "texte": "7°\nS. I. M.\n\nmoins l'influence de la musique d'au-delà les Alpes. Notre patrimoine artistique est sacré : il\nest de notre devoir, non seulement de le garder, mais d'en faire connaître la valeur aux jeunes\ngens qui vouent à l'étude de la musique et à la composition leurs plus belles années.\nLa critique voudra, je l'espère juger mon œuvre pour ce qu'elle est et non pour ce\nqu'elle aurait pu être. Je dis ceci, parce qu'il arrive parfois précisément le contraire : l'œuvre\nest laissée de côté et on se perd en paroles vaines pour enseigner au musicien la voie qu'il\ndevrait suivre. Je ne suis plus un jeune homme encore incertain du meilleur chemin :\ndésormais ma voie est tracée, et j'y marche vers mon but hardiment et sûrement. \"\nUn poste de professeur de piano (femme) est actuellement vacant à l'Ecole Nationale de\nMusique de Cambrai. Les candinats devront adresser leur demande d'inscription en indiquant\nleurs titres à Mr le Directeur de l'Ecole Nationale, avant le 30 décembre 1912.\nLe concours aura lieu à Paris, au Conservatoire, vers le 15 janvier 1913. L'épreuve\ncomprendra : i° un morceau imposé; 2° un morceau au choix; 30 une lecture à vue d'un\nmorceau inédit.\nLa titulaire recevra 1000 francs d'appointements par an pour dix heures de cours par\nsemaine. Elle devra habiter Cambrai."}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.73", "texte": "SOCIÉTÉ INTERNATIONALE\nDE MUSIQUE\n\nASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 25 NOVEMBRE 1912\nL'Assemblée est ouverte à la Bibliothèque de l'Opéra à 4 heures 1/4, sous la présidence\nde M. Ecorcheville, Président.\nSont présents : MM. Ch. Mutin, Prod'homme, Greilsamer, de La Laurencie, de Morsier,\nBanès, Boschot, Pasquier, Legrand, Vinée, Dolmetsch, Rikoff, Cucuel, M. Brenet, A. Tessier,\nBouvet, Téneo, André Laugier, Quittard, Docteur Laugier, Peyrot. Mesdames Daubresse,\nFilliaux-Tiger & Sauvrezis. S'étaient excusés : MM. Gaveau, Gariel, Lyon, Maus. Mesdames\nPereyra & Wiener-Newton.\nLe Président déclare l'Assemblée ouverte, et fait part du décès de M. A. de Bertha,\nmembre de la Société. Il transmet aux amis de M. de Bertha, l'expression des très vives\ncondoléances de la Section. Après une courte allocution, il donne la parole au Secrétaire\nGénéral pour la lecture du procès-verbal de la dernière Assemblée Générale qui est adopté à\nl'unanimité. Le Secrétaire Général et le Trésorier donnent ensuite lecture de leurs rapports, qui\nsont adoptés à l'unanimité.\nL'Assemblée procède ensuite à l'élection de son Bureau. Sont élus : MM. A. Boschot,\nJ. Chantavoine, J. Ecorcheviile, L. de La Laurencie, L. Laloy, P. Landormy, Ch. Mutin,\nJ.-G. Prod'homme & H. Quittard. La Séance est levée à 5 heures 1/2.\nLe Bureau s'est réuni en Séance le 29 Novembre, pour l'élection du Comité. Ont été élus :\nPrésident : J. Ecorcheville. Vice-Président : L. de La Laurencie.\nGénéral : J. Chantavoine. Trésorier : Ch. Mutin. : MM. A. Boschot,\nL. Laloy, P. Landormy, J.-G. Prod'homme, H. Quittard.\n\nSÉANCE DU 2 DÉCEMBRE 1912\nLa Séance est ouverte à la Bibliothèque de l'Opéra à 4 heures 1/2, sous la présidence de\nM. J. Chantavoine, Secrétaire Général, en l'absence de M. Ecorcheville, Président, et de\nM. L. de La Laurencie, Vice-Président.\nEtaient présents : MM. Bouvet, Téneo, Poirée, Peyrot, Tessier, Docteur Laugier,\nVinée, Cucuel, Cesbron, Dolmetsch, Lefeuve, Docteur Marage, Ch. Mutin. Mesdames"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.74", "texte": "12\nS. I. M.\n\nLefeuve, M. Brenet, Sauvrezis, Daubresse & Gallet. Après la lecture du procès-verbal de\nl'Assemblée Générale qui est adopté sans observation, le progamme suivant est exécuté :\nMusique Anglaise des i6me et i 7'ne Siècles pour les Violes ; sous la direction de\nM. Arnold Dolmetsch.\n1. Pavane pour cinq Violes Thomas Tomkins (c. 1600).\n2. Le Coucou pour Soprano et cinq Violes Anonyme (c. 1600).\n3. Allemande et Courante pour deux Lyra-Violes Alfonso Ferrabosco (1609).\n4. Chi pue MirarviFantaisie pour cinq Violes— Giovanni Coperario (c. 1610 John Cooper)\n5. Prélude et Sarabande pour Basse de Viole seule William Young (c. 1610).\n6. Suite pour quatre Violes : a) Fantaisie, b) Courante, c) Air, d) Sarabande.\nMatthew Locke (c. 1650).\nVioles : —M. Arnold Dolmetsch (Dessus), M\"ie Arnold Dolmetsch (Alto, Basse et\nLyra-Viole), MUe Jacquemin (Dessus), MUe De Lens (Lyra-Viole et Basse), MUe Horne (Ténor).\nSoprano : Mlle Jacquemin."}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.75", "texte": "SIX SPECTACLES DE MUSIQUE\nAU THEATRE DES ARTS\nDE DÉCEMBRE 1912 A MAI 1913\n1. ŒUVRES ANCIENNES\nLe Couronnement de Poppée (Sélection)\nLe Ballet de la nuit\nThésée (Prologue). .\nLes éléments : le feu\nIdoménée (3e acte) .\nPygmalion ....\nLes Troqueurs . .\nLes Aveux indiscrets\nLa délivrance de Renaud, ballet\n2. ŒUVRES MODERNES\nLa Source lointaine, ballet de M. de Goloubeff ....\nChrysothemis, ballet de Henry Ferrare\nTircis et Clymène, ballet .\nLes deux Vieilles Gardes, opérette\nDoliy, ballet ; ' '\nLe Rêve, pièce en vers de M. Guérinon, musique de scene de\nLa Foire de Sorotchinetz, opéra comique d'après Gogol\npar Louis Laloy »\nMesdames de la Halle, opérette\nL'Araignée, ballet du Comte Gilbert des \\ oisins ....\nContes d'Andersen, ballet • •\nLe Mari de la dame des chœurs (airs connus), vaudeville de\nMONTE VERDI\nMusique de 1653\nLULLY\nLALAXDK et DESTOUCHES\nMOZART\nRAM EAU\nDAUVÈRGNE\nMOXSIGXY\nMusique de 1617\nARMANDE DE POLIGXAC\nLOUIS AUBERT\nALFRED BRUXEAU\nLÉO DELIBES\nG. FAURE\nPH. GAUBERT\nMOUSSORGSKI\nOFFEXBACH\nALBERT ROUSSEL\nFL. SCHMITT\nDUVERT et LAUZAXXE\nChaque spectacle sera donné huit fois pendant un mois\nles Jeudis en soirée, les Mardis en matinée\nPRIX DES PLACES :\nrangs\nla place\nFauteuil d'orchestre, ire serie\n2e série\nFauteuil de balcon, lerIer rang\n2e et 3\nBaignoires de face .\nLoges de rez-de-chaussee.\nde balcon ....\nire galerie\n2e galerie\nAmphithéâtre\nDroits des pauvres, 10 °/0 en plus\nPar abonnement Par spect prise en\naux 6 représentations dehors de l'abonnem.\n10.—\n6.—\n10.—\n7.\n11.—\n9.\n6.—\n3.\n2.\nI.\n12.\nB.\n12.\n9.\n13.\n11.\nB.\n5.\n4.\n2.\nLa direction du Théâtre des Arts se réserve le droit d'aug\ndehors de V abonnement qui reste invariablement fixé comme ci-dessus."}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.76", "texte": "EMÏL GUTMANN\nBERLIN Organisation de Concerts MUNICH\nReprésentant des\nChefs d'orchestre : Ferruccio Busoni, Alfred Casella, Oscar Fried, José\nLasalle, Gabriel Pierné, Max Reger, Arnold Schônberg, Fritz\nSteinbach, Félix Weingartner.\nPianistes: Wilhelm Backhaus, Ferruccio Busoni, Harold Bauer, Alfred Cortot,\nMarie Dubois, Ignaz Friedman, Frédéric Lamond, Wanda Lan-\ndowska, Marie Panthès, Max Pauer, Raoul Pugno, Moritz\nRosenthal, Arthur Schnabel, Emile Sauer, etc.\nViolonistes : Willy Burmester, Bronislaw Huberman, Arnold Rosé, Arrigo\nSerato, Joseph Szigeti, Kathleen Parlow, Steffi Geyer, Joan\nManen, Emile Sauret, May Harrisson, Franz von Vecsey, Prof.\nAlex. Petichnikoff, etc.\nVioloncellistes : Prof. Hugo Becker, Pablo Casais, Guilhemiria Suggia-\nCasals, Jean Gérardy, Lennart von Zweygberg, Béatrice Har-\nrisson, Paul Grùmmer, etc.\nSopranos : Aïno Ackté, G. Bellincioni, H. Bosetti, Tilly Cahnbley-Hinken,\nRaymonde Delaunois, E. Destinn, Gertrude Foerstel, H. Fran-\ncillo Kaufmann, Felia Litvinne, Elma Kurz, Marie Gutheil-\nSchoder, Eva von der Osten, etc.\nContraltos : Mme Ch. Cahier, Marie Freund, Tilly Koenen, Lula Mysz-\nGmeiner, Ida Reman etc.\nTénors : Alex. Bonci, Henri Knote, Franz Naval, Erik Schmedes, Félix\nSenius, Léo Slezak, Jacques Urlus, George A. Walter, Jean\nBuysson, etc.\nBarytone et basses: Mattia Battistini, Fritz Feinhals, Alex. Heinemann,\nRichard Mayr, Prof. J. Messchaert, F. Plaschke, A. van Rooy.\netc.\nMusique de chambre : Quatuors Capet, Rosé, Triester, Hongrois, Soldat-\nRoeger, Hongrois.\nOrchestre : Orchestre de la Court de Meiningen, Orchestre du Konzert-\nverein de Munich, Philharmonique de Vienne, Wiener Ton-\nkiïnstlerorchester, Philharmonique de Berlin, Orchestre\nBliithner.\nAdresser toute la correspondance à 'Berlin W. 35\nKarlsbad"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.77", "texte": "■* **\nm\n«foi\nM\ny\nLE HAMMAM rt„\".c,° ,\nTARIF\nHOMMES\n1 bain Turc complet . . 5 fr. 50\nDAMES\n1 bain Turc complet ... 10 fr.\n(En Salles Privées)\nSalles d'Hydrothérapie spéciales\nla douche 1 fr. 75\nGRANDES RÉDUCTIONS\nsur abonnements\nde 10, 25 &50 Cachets\n18, Rue des Mathurins\n\nA\n\\\nBOIRE AUX REPAS\nV I c\nEN BOUTEILLES & BOUTEILLES\nAPRÈS LES REPAS 2 OU 3\nPASTILLES VICH Y - T A T\nFACILITENT LA DIGESTION\nMédication alcaline à la portée de toutes les bourses avec les\nCOMPRIM\n-ET AT\nr\nà base de SELS VICHY-ETAT permettant de préparer soi-même\nune excellente Eau minérale gazeuse\nLe Flacon de 100 COMPRIMÉS, 2 francs"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.78", "texte": "D O '\njxXX\n?mr.|v i ■ wm iwïïj\n\nParfaite dans ses moindres détails.\nCATALOGUE FRANCO SUR DEMANDE\nOLIVER\nMACHINE A ECRITURE VISIBLE\nLa seule possédant réunis sur la même machine\nles avantages suivants :\n96 signes ou caractères.\nEcriture immédiatement visible.\nChariots instantanément interchangeables.\nFrappe simultanée de 15 à 20 exemplaires.\nOLIVER TYPEWRITER CO. LTD.\n3bis. rue de Grammont, PARIS (II) — Tél. 305.00\n\nCOMMENT DEVENIR PARFAIT PIANISTE\nCours par Correspondance. T echnique artistique des meilleurs maîtres, donnant : Son splendide, surete de\njeu, lecture à vue, virtuosité, merveilleuses qualités de style des grands pianistes. Cours pour commençants,\navancés, profess. ou enfants. Chant, violon, harmonie, solfège, par correspondance.\nDemandez prix des cours et programmes gratuits.\nCOURS SINAT, 1, ru e Jean Bologne, PARIS (16e)"}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.79", "texte": "L'Orgue \" MELODIAN \"\nest le seul véritable orgue de salon\nabsolument différent de l'harmonium Sonorité incomparable\nAttestations des maîtres de l'orgue et catalogue illustré C M franco sur demande\nplus de 150 modèles à 1 ou 2 claviers; à pédalier\nfPetit ORGUE pour accompagnement depuis 132 francs\nindispensable a tout musicien, compositeur et chanteur\nJ ¥ TLW IS HP •\"* Seul concessionnaire /. TJ •\n\\jril L/Oi!il\\ i 113=115, rue de Vaugirard i SLFIS\n\nLI GARDE-MEUBLE PUBLIC\nBUREAU CENTRAL BED E L, Ô Cie BUREAU DE PASSY\nrue St. Augustin 1.8 AGRÉÉ PAR LE TRIBUNAL Avenue Victor Hugo 18\nTéléphoné 359.24 Téléphoné 664-85\n: Rue Championnet, 194 (Montmartre) Rue Lecourbe, 308 (Grenelle)\nRue de la Voûte, 14 (Reuilly) Rue Véronèse, 2 et 4 (Gobelins) Rue\nBarbès, 16 (Levallois).\nDÉMÉNAGEMENTS\n\nLA MUSIQUE CONTEMPORAINE\nAnthologie d'œuvres vocales et instrumentales choisies parmi les meilleurs maîtres.\nA partir du premier Décembre 1912, tous les mois il paraîtra 1111 recueil de 16 pages de\nmusique inédite, encarté dans une magnifique couverture, dans chacune des 3 séries suivantes:\ni° Piano seul, 2U Piano et chant, 30 Piano et violon. Prix du recueil 2 fr, 50 net.\nNouvelle édition Française de\nmusique classique\nà 25 centimes le morceau\npubliée sous la Direction Artistique de\nVINCENT D'INDY\nDemander le catalogue.\nMUSIQUE DE CHAMBRE\nECOLE ANCIENNE\nLes Maîtres contemporains\nde l'orgue\n275 pièces inédites pour Orgue ou Harmonium\nir volume dédié àM. Ch. Widor . . . net 2 fr.\n2me volume dédié àM.de la Tombelle . net 12 fr,\n3me volume dédié àM. de Mailly . . . net 15 fr,\nEdition J. PEYROT et J. REBUFAT\n33 Sonates déjà parues\nPrix de 1 fr. 50 à 2 fr. 50\n\"Edition M. SENART,\nChants de France et d'ltalie\nEDITION HENRY EXPERT\nsérie : Chansons mondaines des 17e et 18e siècles\nHarmonisation d'Emile Desportes.\nChaque chanson net o fr. 50\nB. ROUDANEZ «S Cie\nRUE DU DRAGON. PARIS (6e)."}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.80", "texte": "Édition Universelle\nROUÂRT LEROLLE ET CIE\nREPRÉSENTANTS EXCLUSIFS\n18, BOULEVARD DE STRASBOURG, 18\nŒUVRES DE MAHLER ET DE STRAUSS\nexécutées aux concerts du Trocadéro\nMahler. IVe Symphonie à 4 mains, , net: 12 fr.\n,, partition de poche, net : 8 fr.\nStrauss- TILL EULENSPIEGEL\nà 2 mains, net : 5 fr. 35\nà 4 mains, net : 8 fr. ,,\nà 2 pianos 4 mains, net : 8 fr. ,,\npartition de poche, net : 5 fr. 35\nENVOI DU CATALOGUE FRANCO SUR DEMANDE.\n\nEDITIONS W. HANSEN\nEN DEPOT CHEZ ROUART LEROLLE & Cie\nNOUVEAUTES POUR VIOLON & PIANO\nBURMESTER SINDING\nVôglein im Hain\nGavotte\nAndante religiose\nJOHAN HALVORSEÎ\nDanses norvégiennes .\nMarches des Bojards .\n2I~\n2I-\n2I-\n2.70\n•35\nChant de la Veslemoz 1.35\nFINI HENRIQUES\nAndante Religiose 2-\nSULO HURSTEIN\nAlbum\nJ. PALLASCHO\nOp. 32. N° 1. Ballade\n,, 2. Caprice\n,, 3. Thème et Variations\nCHRISTIAN SINDING\nOp. 89. 3 Morceaux.\nN° 1. Air ancien\n2. Sérénade\n2I\n2/7'\n2h\n4 I\n>>\n>> j\nChant du soir\n2.\n2-\n2-\nTous ces prix sont nets."}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.81", "texte": "BANQ U E D'OU T REMER\n(SOCIÉTÉ ANONYME)\n48, RUE DE NAMUR, 48, BRUXELLES\nCapital Social : 40.000.000 francs\nRéserves : 7.250.000 francs\nTéléphones: 3968, 4431, 6630, 8299, 125.30. — Adresse télégraph. : OUTREMER\nOuverture de COMPTES-COURANTS, COMPTES-CHÈQUES, COMPTES DE QUINZAINE et de COMPTES\nDE DÉPÔTS A PRÉAVIS. — ESCOMPTE ET ENCAISSEMENT d'effets, chèques, coupons, factures\nquittances, etc. — Emission de LETTRES DE CRÉDIT, CHÈQUES ET MANDATS sur tous pays etc.\nORDRES DE BOURSE au comptant et à terme. — AVANCES SUR TITRES belges et étrangers.\nRÉCEPTION EN DÉPÔT de fonds publics, rentes, actions et obligations, documents, argenterie,\npierres précieuses, etc.\nLOCATION DE COFFRES-FORTS\nLe tarif très réduit de location des coffres-forts varie, suivant les dimensions de compartiments ; il en existe à\npartir de 2 fr. par mois et 10 fr. par an. Pour deux ans et davantage, il est accordé des réductions proportionnelles\nà la durée de location. — Les galeries des coffres-forts sont accessibles tous les jours ouvrables, de 8 heures\ndu matin à 6 heures du soir 5 les samedis et jours fériés de Bourse, de 8 heures 3/4 du matin à 1 heure de l'après-midi\n\nAUX GALERIES LAFAYETTE\nPARIS\nMaison vendant le meilleur marché de tout PARIS\nPendant tout le mois de Décembre :\nJOUETS = ÉTRENNES"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.82", "texte": "Tous droits réservés pour tous pays y compris la Scandinavie et l'Extrême Orient.\nLe Gérant : MARCEL FREDET.\nImpr. par THE ST. CATHERINE PRESS LTD. Bruges, Belgique.\n\nCHEMINS DE FER D'ORLÉANS\nL'HIVER AUX PLAGES NANTAISES\nLes plages Nantaises si fréquentées l'été sont aussi de délicieux séjours d'hiver parla douceur de leur climat.\nEn vue de faciliter l'hivernage dans ces stations, la Compagnie d'Orléans délivrera à titre d'essai du\n1 novembre 1912 jusqu'au mercredi précédant la Fcte des Rameaux 1913, aux familles d'au moins 3 personnes,\ndes billets d'aller et retour collectifs à prix réduits dits \" Billets d'hivernage. \"\nCes billets sont délivrés sous condition d'un parcours d'au moins 150 kilomètres (aller et retour) de toute\ngare du réseau d'Orléans pour les stations comprises entre Pornichet (inclus) et le Croisic (inclus).\nLeur validité est de deux mois, non compris le jour du départ, avec faculté de prolongation d'un mois moyen-\nnant un supplément de 10 °/0 du prix primitif.\nTrains rapides et express de jour et de nuit, voitures directes 1re, 2e et 3*\"® classe, compartiments-\ncouchettes, wagons-restaurant.\n\n*3#\new\nfj^\n£SCÂ\nttf*\n\" La Revue du Centre \"\n£f> REGIONALISTE, ARTISTIQUE ET LITTERAIRE\nt* w\n10 francs par an\nDirecteur: EDGARD BRIOUT\nSecrétaire Général: VICOMTE JACQUES DE ST-PARTOU\nDirectrice artistique : L. HÉLÈNE DUMAS\n£3\nl:â Pour paraître prochainement :\nnr>\n«a\nr>tfW;\nAdresser les abonnements à Mme L. H. DUMAS\nPARIS 35, RUE DU CHAMP DE MARS, 35 PARIS 11\n«53 CV>\nc.rt 1s»\nes ca\nnxr.r<>n&c.r/K?/r.&c?A^ctfc.?ïc:?ir.rrr.rn^%xrjr.rtr.&r.rïr.ric.r^?ic.rjc.ricric.rtiï?n^?itc.xc.7ïr.rir.rie:7»r.?i"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.83", "texte": "S. I. M.\nMERCURE MUSICAL\nREVUE MUSICALE\nET\nRevue mensuelle illustrée fondée par la\nSociété Internationale de Musique\n(SECTION DE PARIS)\nHonorée d'une souscription du Ministère de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts\nDANS CE NUMERO:\nHenri Duparc . . * . . Souvenirs1\nJean cTUdine . . . . . Rapports musicaux 8\nDr. Chitz . . Une œuvre inconnue de 24\nDaubresse Enquête s 32\nJ. E Les Livres 37\nLE MOIS\nClaude Debussy .... Concerts 49\nVincent d'Indv )\nAuguste Sériêyx } ' ' Concerls L 52\nJean Laporte Concerts du Conservatoire 55\nGh K. . . Concerts divers 56\nLa Province 57\nPaul Gilson Le chant 58\nX.-M. Boulestin . . . . Lettre de Londres . 60\nSwift Les Faits 62\nHenri Maréchal . - <• ,. Le Salon Français. r ... 63\nRevue de .... . . : . ... . . 65\nV. P . . L'édition musicale 67\nÇà et là 69\nSociété Internationale de Musique 71\nRédacteur en chef : EMILE VUILLERMOZ\nRédacteur pour l'Allemagne : Rédacteur pour la Belgique :\nE. HEINTZ-ARNAULT RENE LYR\nBerlin, 13, Stuttgarterplatz. Boitsfort-Bruxelles."}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh191212-01.1.84", "texte": "CONCERTS DELA\" mm» A ESTEUCA\"\nDE FLORENCE\n% VIA MICHELE DI LAN DO, 3\nWrecteur ArMqge : PAOLO LITTA\nPATRONAGE :\nSA MAJESTÉ LA REINE MÈRE, LA REINE MARGUERITE D'ITALIE\n«<\nDie Ali-Italienische Arie\nfSj\nIDA\nft\n1\nUND\nIhre Kunst des Bel-Canto\n\" 'v\nVOM\nDr. RICHARD BATKA\n(Dozent an der K. K. AklMtfeml* fur Mualk y. Darstelland© Kunst In Wlen)\nchez HELLER 3 EauernmarKt, 3 WIEN-LEIFZIG\n%\nVolumes d'Airs anciens italien», revus, corrigés et rédigés par\nIDA ISORI\n■-'• i j Û •\" \"v: 't ■ làft î? ■ M' . ' '• ;r 1\navec la reconstitution complète dans îe style Monteverdien (basses et harmo-\nnisation do Récitatif et Lamento cTArianne de Claudio Moateverdi\n(1567-1643) par H>A ISORI\nUniversal Edition-V ien n e Leipzig\n/ ■\"*\n/-«"}]}