{"numero_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_sha256": "1ef594abbb98d31fe3ad8c19a7f0ba8b216cd5b40c59e11344fae138e03e251d", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1913/11/01_01/bmtnabh_1913-11-01_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1913/11/01_01/bmtnabh_1913-11-01_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c002", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.2", "titre_corps": ".LA BIBLIOTHÈQUE DE BERLIN, par G. 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M.\nDepuis six mois, 110 s lecteurs sont accoutumés à trouver un avis\nau début de chaque numéro de la Revue.\nCette fois encore, nous avons le plaisir de leur annoncer une\nheureuse nouvelle.\nPour satisfaire aux exigences chaque jour croissantes de l'actualité\nmusicale et répondre aux vœux de nombreux lecteurs soucieux d'en\nsuivre de plus près les manifestations, S.I.M. publiera, le 15 de\nchaque mois, pendant la saison, un supplément spécialement consacré\nà l'Actualité et à l'lnformation.\nCe supplément, qui paraîtra pour la première fois le 15 Décembre,\nsera servi gratuitement à tout abonné de France ou de Belgique.\nLe numéro habituel du ler,Ier, ne sera pas modifié par cette disposi-\ntion nouvelle. Non seulement il conservera toute son importance,\nmais nous augmenterons le nombre de ses pages et de ses illustrations\ntoutes les fois que les circonstances l'exigeront. 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Saint-Saëns", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.4", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1191, "texte": "LES MANUSCRITS DE LA\nBIBLIOTHÈQUE DE BERLIN\n\nRécemment installée dans un palais construit pour elle sur la fameuse\npromenade \" Unter den Linden, \" la Bibliothèque Royale de Berlin est\nriche en manuscrits des grands musiciens du passé : Ils sont renfermés\ndans une grande armoire de fer, ouverte à bon escient et refermée aussitôt.\nA Berlin pour quelques jours, je ne pouvais manquer l'occasion de consulter\nces précieux documents et d'élucider certaines questions qui me préoc-\ncupaient depuis longtemps. Voici le résultat de mes recherches.\nLorsque Carvalho, dans son théâtre lyrique, ressuscita pour les Parisiens\nla merveilleuse partition des Noces de Figaro, on crut faire merveille et\nrestaurer une intention de l'auteur en lui infligeant une appogiature\naffreuse, dure, à la fin du récitatif qui précède l'air de Suzanne au dernier\nacte. On s'était basé sur je ne sais quelle édition dans laquelle cette appo-\ngiature est formulée ainsi :\nQuand on a beaucoup pratiqué les œuvres de Mozart, on sait qu'il usait\nà l'extrême des \" accidents \" dits \"de précaution C'eut été le cas où\njamais de se servir de ce procédé, et ce mi si désagréable à l'oreille,\nne me paraissait pas authentique."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.5", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 1418, "texte": "Avant Mozart, la fausse relation était sévèrement interdite ; il lui était\nréservé de montrer que dans bien des cas elle peut être une source de\nbeauté. Mozart en a trouvé beaucoup d'excellentes, dont la plus extraor-\ndinaire est peut-être celle qui se trouve dans une sonate pour piano :\nl'effet en est si délicieux qu'on n'en remarque pas l'étrangeté.\nCelle des Noces de Figaro ne se contente pas de ne pas être délicieuse :\nelle est atroce. Et cependant, depuis les représentations célébrés du Théâtre\nLyrique, on n'exécute plus ce récitatif autrement.\nLe manuscrit de Mozart permet de rétablir la vérité. On y lit textuel-\nlement ceci :\nLes apoggiatures sont sous-entendues, suivant la mode italienne du\ntemps. La mesure se trouvant transitoirement en l'appogiature doit\nêtre un Mibycomme l'oreille l'indique, sauf indication contraire qui\nn'existe pas.\nUn des plus précieux joyaux de la collection des manuscrits est celui de\nla 9me symphonie de Beethoven. On ne saurait croire le nombre de\ngrattages, de surcharges qu'on y rencontre. Là également, les indications\nprécieuses ne font pas défaut.\nOn sait l'effet merveilleux de ce basson suspendu entre ciel et terre,\ndans le développement instrumental qui précède, au commencement de\nla dernière partie, l'entrée des voix. Depuis quelque temps cet effet a\ndisparu ; le second basson intervient pour doubler les contrebasses, et lorsque"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.6", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1586, "texte": "les deux bassons se rencontrent à la tierce, il en résulte une lourdeur qui\nn'a rien d'esthétique. A ce sujet, que dit le manuscrit ?\nIl porte une note au crayon noir. Mais ce\nn'était pas l'idée première de l'auteur, car il avait écrit :\nindiquant ainsi clairement que le second basson devait se taire.\nBeethoven, comme on sait, entendait mal. Peut-être aussi l'orchestre\nqui exécuta pour la première fois l'illustre symphonie n'était-il pas aussi\nriche en contrebasses que nos grands orchestres modernes. Quoi-qu'il en\nsoit, Beethoven aura trouvé que les contrebasses, qui sont privées dans ce\noassage du concours des violoncelles, ne soutenaient pas suffisamment\n! 'ensemble ; il leur adjoignit le second basson. Avec nos orchestres actuels\noù les contrebasses sont en nombre il est inutile de recourir à cet expédient.\nUne autre question, très-importante, est celle du mouvement dans\nlequel doit-être exécuté le Majeur du Scherzo.\nLes partitions usuelles portent le même numéro du métronome pour\nla blanche pointée du 3/4 et pour la blanche du J'avais cru bien\nfaire, lorsque j'eus l'honneur de diriger la 9me symphonie à l'Opéra, en\nme conformant à cette indication. Elle n'a aucune authenticité : ni le\nmanuscrit, ni la ière édition de la symphonie ne portent d'indication\nmétronomique.\nAprès un stringendo, on trouve le presto C barré. L'auteur l'avait écrit\nd'abord en 2/4 de cette manière\net tout le majeur se continuait ainsi, de façon fort incommode pour le\nchef d'orchestre. L'auteur a gratté le 2/4 et l'a remplacé par il a\ngratté les barres de mesure marquées +"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.7", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 1655, "texte": "et marqué sur les mesures suivantes les chiffres\nlaissant le reste en l'état. Rien n'indique un changement de mouvement,\nun retour à celui du 3/4 ; le mouvement doit-être maintenu.\nMais il faut faire attention que la dernière partie du Final est un\nprestissimo et que ce presto ne doit pas lui être assimilé. Sa blanche est\nplus rapide que la blanche pointée de 3/4, mais ce n'est pas la rapidité\nextrême du presto de nos jours ; tout ce fragment doit avoir un caractère\nagreste et nullement précipité. J'en dirai autant de\n(l'indication est textuelle sur le manuscrit) qui précède le redoutable\nquatuor vocal du Final ; on en fait presque l'équivalent du\nalors qu'il doit faire contraste, par sa joie calme, avec la joie délirante,\ndionysiaque de la conclusion.\nA noter aussi le solo de timbales du Scherzo, marqué forte, et que\nl'on a pris l'habitude de frapper forl'auteur a marqué mais\navec cette indication\nrépétée chaque fois, montrant une intention de diminuenao sur les dernières\nnotes. Cette indication n'a pas été respectée dans l'édition originale, et\nelle est devenue partout un simple accent sur la première note. D'ordi-\nnaire, on frappe les trois notes tutta forza ; cela fait, au lieu d'un\nsimple contraste avec le reste, un disparate choquant qui n'était certaine-\nment pas dans l'intention de l'auteur.\nJ'ai dit les nombreuses corrections faites par Beethoven sur son propre\nmanuscrit ; il en est de fort curieuses ; c'est ainsi qu'à la rentrée du\nthème jf dans la ire partie, au lieu du trémolo des basses\nBeethoven avec écrit d'abord :\nUn passage très intéressant par les grattages et les surcharges qui s'y"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.8", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 873, "texte": "trouvent est celui où les instruments en bois se livrent à un amusant\nbadinage sur la figure :\nCette figure se répétait sans modification, quand l'auteur, par un scrupule\nbizarre, voulut éviter la rencontre de la même note dans la figure des\n\" bois \" avec une note des instruments à cordes qui persistent dans leur\nmarche implacable :\nOn voit alors que l'auteur après avoir écrit pour la flûte\na noté ensuite\net enfin\nLe basson après avoir hésité entre\nest revenu à sa première version. De pareilles hésitations ont amené les\nautres instruments à la forme adoptée en dernier lieu.\nMais n'est-il pas déconcertant de constater que le beau mouvement\nde basse\nn'a pas été trouvé du premier coup ?\nBeethoven avait d'abord écrit\nIl y a quelque temps déjà que j'ai signalé deux fautes graves qui\ns'obstinent à ne pas disparaître, dans le Concerto en Mi b de Beethoven."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.9", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 703, "texte": "Dans un des tutti du premier mouvement, on voit avec stupeur la\nseconde clarinette compter des poses, gardant un inexplicable silence.\nLa première figure seule, il est vrai, sur le manuscrit ; mais l'auteur a\nclairement indiqué que la seconde doit jouer à l'unisson du premier\nbasson.\nSur la dernière note qui précède le final, dans la partie de piano,\non a placé un point d'orgue. C'est une erreur grossière ; on a pris pour\nun point d'orgue un petit trait de plume curviligne qui n'est autre que\nl'indication de la tenue des cors qui accompagnent le piano.\nCes deux fautes persistent depuis un siècle ; il est à craindre qu'elles\nne soient jamais corrigées.\n\nC. Saint-Saëns"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c025", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c025", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 10, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.5", "titre_corps": "LE CAS RUST RÉPONSE A M. VINCENT D'INDY", "titre_sommaire": "LE CAS RUST RÉPONSE A M. VINCENT D'INDY", "signature_source": "E. Neufeldt", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.10", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1873, "texte": "LE CAS RUST\nRÉPONSE\nA M. VINCENT D'INDY\n\nDans son deuxième cahier de décembre dernier, la revue berlinoise\nDie Musik, a fait paraître un article intitulé \"Le cas Rust\" : j'y sou-\ntenais que des sonates, de piano et de violon, publiées par le Professeur\nGuillaume Rust, comme œuvres de son grand-père, Frédéric W. Rust,\nmaître de chapelle à la cour de Dessau (1739-1796), n'étaient point\ndes originaux, mais des arrangements, et de très libres arrangements.\nCet article provoqua, dans la Revue Musicale S. I. éM. du 15 avril\n1913, une singulière réponse, signée de M. Vincent d'lndy, le com-\npositeur parisien bien connu, musicien et musicologue. M. d'lndy\naffirmait que je m'étais avancé à la légère et sans preuves, comme un\nesprit peu au courant des choses de la musique. Je me voyais traité de\njoyeux fumiste,et mis au rang des gens insensibles à tout ce qui fait la\nvaleur d'une œuvre musicale. Pour le cas où cette classification n'eût\npas été de mon goût, M. d'lndy avait l'amabilité de me laisser une\néchappatoire, à savoir : que j'aurais très bien pu ne pas connaître un mot\nde ce dont je parlais.\nJe me vois donc obligé de déclarer ici, tout net, que je compte\nM. d'lndy au nombre des gens, qui se permettent de porter les plus\ngraves accusations avec la plus incroyable des légèretés. Et, moi aussi, je\nlaisse le choix à M. d'lndy : ou bien, il n'a pas lu mon article ou\nbien, le sien prouve une évidente mauvaise foi. Insouciance coupable ou\nintention calomniatrice, c'est l'un ou l'autre. M. d'lndy optera.\nIl ne me sera pas difficile de faire la preuve de ce que j'ai avancé,\nd'autant que je l'ai déjà faite. Mais voyons d'abord de plus près les\narmes dont M. d'lndy veut user contre moi.\nLes raisons invoquées s'il est permis de donner ce nom aux\ngriefs de mon adversaire sont au nombre de deux.\nEn premier lieu, M. d'lndy, pris d'un accès de sensibilité bien"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.11", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2289, "texte": "déplacée pour celui qu'il nomme \" le pauvre docteur Wilhelm \", me\nreproche d'avoir malmené Rust junior, ni plus ni moins coupable à ses\nyeux qu'une infinité d'autres arrangeurs du même genre. Comme si\nj'étais obligé de traiter de tous les faux, passés et présents, commis dans\nle domaine de l'érudition musicale, le jour où il me plaisait de parler de\nGuillaume Rust !\nSecondo, M. d'lndy me taxe de faiblesse d'esprit musical, parce que\nj'aurais déclaré sans valeur les œuvres originales de Rust l'ancêtre ce\nqui ne m'est jamais venu à l'esprit ; mon article en fait foi.\nEt c'est tout ! C'est toute l'argumentation par laquelle M. d'lndy\ntente de jeter le discrédit sur la réputation d'un écrivain ! Que faut-il\nrépondre ?\nFaut-il montrer d'abord combien M. d'lndy est mal inspiré en mêlant\nau débat les auteurs de certaines rééditions musicales du XIXe siècle\nallemand ? Soit Bulow et les sonates de Scarlatti ou de Ph. E. Bach ;\nsoit Liszt et la Wanderer-^Phantasie; soit Robert Franz, Czerny, voire\nmême Griepenkerl et les œuvres de Bach ; soit Mottl et son instrumen-\ntation de Gluck ; soit, enfin, les rééditeurs de la littérature de violon,\ndepuis Ferdinand David jusqu'à Kreisler ? Loin de moi l'idée de justi-\nfier et de prendre à mon compte les vues personnelles de chacun de ces\nMessieurs ! J'ai plaisir, au contraire, à proclamer bien haut que je suis\nl'ennemi de toute édition anti-critique et anti-scientifique, et cela, avec\nbeaucoup plus de discernement sans doute que ne saurait le faire\nM. d'lndy, si j'en juge par la présente contestation. Mais... (et sans\nrépéter encore que j'avais le droit de ne pas aborder un pareil sujet), j'ai\nhâte de remarquer combien tous ces exemples diffèrent du cas Rust,\ndont il est ici question. Presque partout, il s'agit là d'oeuvres connues\npar ailleurs, et dont il était facile de confronter l'original avec l'arrange-\nment. Des sonates de Frédéric Rust avons-nous, je le demande, connu\nautre chose que les éditions du Dr. Guillaume ?\nIl y a plus encore. Je ne me suis pas donné la peine de parcourir\ntoutes les éditions incriminées par M. d'lndy ; cependant on admettra\nbien, qu'en général, elles ne dissimulent pas au lecteur le rôle et l'inter-\nvention de l'arrangeur. Liszt appelle son édition de la grande Fantaisie"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.12", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2491, "texte": "de Schubert Arrangement symphonique. Bulow désigne très explicitement\nsa publication de Scarlatti, par un titre que M. d'lndy qualifie tout\nbonnement de \" titre menteuret qui n'est menteur que dans la citation\ntronquée qu'en donne M. d'lndy. Bulow écrit non pas \"Sonates de\nScarlatti\", mais \"18 Sonates choisies Scarlatti,\nsuites, et soumises a une révision critique /) et le point\nde vue de cette révision est expliqué par une préface en bonne forme.\nQuant à l'inoffensif Czerny, qui pourvut le Clavecin bien tempéré de\nnuances et de signes d'exécution, peut-on l'assimiler sans rire à un arran-\ngeur de la taille de G. Rust ? Nous tombons là dans le grotesque.\nPar contre, si l'intransigeance d'un censeur voulait jamais s'exercer\nsur un exemple irréfutable, elle ne trouverait jamais de plus beau champ\nde démonstration que celui du \" pauvre docteur Ici, pas un mot sur\nles titres, pas une indication ; l'œuvre porte invariablement \" Composé\npar F. IV. Rust, publié par IV. Rust\"; elle sort vierge de la plume du\nvieux maître. Et, préfaces, notes et renvois, tout semble fait à souhait\npour tromper le lecteur bénévole.\nAinsi la simple sonate en mi mineur, prend le nom de Sonata\nItaliana dans l'édition. Savez-vous pourquoi ? Parce que tout à coup\napparait dans son premier morceau un thème de quatre mesures, qui\névoque le souvenir d'une sonate de Corelli, où semblable idée se trouve\nprésentée vers la fin du XVIIe siècle. Et le docteur prend aussitôt la\nplume pour préciser :\n\" En 1765 et 1766 le maître eut la bonne fortune d'accompagner son prince\nen Italie... Le voilà qui revoit cet heureux moment et qui, sans s'arrêter aux\nbeautés de la route, gagne la Rome éternelle. Le Mont Cassin, avec son incom-\nparable panorama, son église qui regorge de richesses, est son but. Les moines\nartistes avaient un jour donné au jeune artiste formé à l'improvisation par\nFriedmann Bach, un thème de Corelli (voyez p. 9). Maintenant perdu dans\nles nues, il se souvient de cette idée, et plus il se représente la sainteté du\nlieu, plus le son de l'orgue remplit son âme, plus se concrétise l'image en\nformes musicales,... \"\nQuel gré nous devons savoir au pauvre docteur de la peine qu'il a\nprise pour nous documenter ainsi ! Mais comme nous sommes loin de\nnous douter de la vérité ! Ces quatre mesures corelliennes, c'est lui-même\nqui, de sa propre autorité, les intercale dans le texte de l'aïeul, où on les\nchercherait en vain. Bien plus, il ajoute à la sonate originale toute une"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.13", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2636, "texte": "Fantaisie de son crû, destinée sans doute à justifier la vision poétique et le\nsouvenir du Mont-Cassin, que la préface rendait obligatoire !!!\nAutre exemple pris dans la fameuse Le docteur\nécrit, sur le ton d'une aimable et modeste érudition :\n\" De même que Beethoven emprunta, dit-on, le Thème varié de son septuor\nà une chanson populaire des bords du Rhin, de même Rust a fait choix ici de\nl'air de Marlborough... \"\nParfaitement ! Seulement, c'est le Rust de 1890 qui fit cet emprunt,\nauquel le Rust du XVIIIe siècle était resté complètement étranger, car il\nn'y a pas une note de tout ceci dans l'œuvre originale.\nCes préfaces ne sont que de petits tableaux perfides, inventés de\ntoutes pièces, pour célébrer chez l'ancêtre le mérite des innovations\nimaginées par le petit-fils.\n\" C'est encore un pas dans cette voie qu'accomplit le vieux maître, nous\nassure la préface de la Sonate en ut, et c'est probablement ici le premier exemple\nque nous offre l'histoire de la musique du principe de la Variation appliqué à la\ncréation d'une grande œuvre, complexe en son unité... Le Récitatif du début, qui\nsonne comme appel désespéré, est déjà une variation, qui nous conduit au thème\nsuivant, prière profonde et grave... Le même procédé apparaît dans le second\nmorceau formé de trois variations. En songeant au cortège nocturne du Faust de\nLenau, nous nous laissons aller aux souvenirs que le compositeur a rapportés\nd'ltalie. De graves pèlerins vêtus de bure passent devant nous ; une théorie de\npieux enfants les suit. C'est comme si l'esprit du de Mozart chantait avec\neux \" Voca mecum benedictis \" ! Et voici la lumière ! Quel resplendissement.\nComme le soleil brille ; comme rit le paysage ! C'est le ciel de la pure Italie que\nnous contemplons dans cette adorable page en la majeur... Dans l'épilogue, l'art\nde la variation transforme une prière en une marche de triomphe. Et ajoutons,\npour être complet, que, dans ce qu'on pourrait appeler le trio de cette partie,\nl'émotion religieuse ne fait pas défaut... \"\nOr, savez-vous à quoi s'adresse ce dithyrambe ? quels sont ce réci-\ntatif, cette prière, ce défilé romantique, cette marche triomphale, cette\nadorable page en la majeur ? Exactement toutes les parties ajoutées par\nRust junior à la malheureuse Sonate en ut majeur de Rust l'ancien, toutes\nles parties dont on ne trouve pas l'existence dans le manuscrit original,\net dont le style, mélange de Weber et de Spohr, place le Rust de\nDessau de cinquante ans en avance sur son temps.\nVoit-on maintenant à qui nous avons à faire ? Arrangeur, certes\nRust pouvait l'être comme tout autre, avec les mêmes risques et les"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.14", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2308, "texte": "mêmes droits aussi. Mais ce qui le rend impardonable, c'est de ne pas\nnous avoir dit qu'il arrangeait et d'avoir poussé le goût de la mysti-\nfication jusqu'à l'abus de confiance. Sciemment, intentionnellement,\nGuillaume Rust nous a trompé. Je ne crois pas que les éditeurs incri-\nminés par M. d'lndy puissent encourir ce reproche formel, et tomber\nsous le coup d'une aussi grave inculpation. Par conséquent, tendancieuse\net inacceptable est l'assimilation qu'on voudrait établir entre des musi-\nciens respectables et le transcripteur Guillaume Rust.\nRevenons à M. d'lndy, dont une assertion mérite encore d'être\nrelevée. C'est celle qui tend à généraliser parmi nous autres le goût des\ntripatouillages, et à en faire une mode allemande. \"\nallemands \", écrit-il sans sourciller, et l'Allemagne se voit,\nsans preuves (pour prendre une expression de M. d'lndy lui-même),\nexposée en bloc à une injurieuse suspicion. Je ne veux pas croire que\nM. d'lndy puisse ignorer ce qu'est la science allemande, et notamment\nce que l'érudition allemande a produit dans le domaine de l'histoire\nmusicale. En lisant ce passage de son article, on se rend compte que le\nchauvinisme l'a égaré. Jusqu'ici régnait, dans la République des Lettres\ntout au moins, un large internationalisme. Il paraît que tout est changé,\net M. d'lndy nous fournit un exemple éclatant de ces mœurs nouvelles.\nIl serait facile de lui rendre la monnaie de sa pièce, et de qualifier de\nméthode française la légèreté invraisemblable de ses attaques. Mais ce\nserait m'approprier ses armes ; or, le sentiment des simples convenances\nqui régnent parmi les gens de lettres me le défendrait, si ce n'était, bien\nplus fortement encore, le respect que j'éprouve pour une nation grande,\nnoble, et qui a donné, depuis des siècles, l'exemple d'une formidable\nactivité intellectuelle.\nLe second coup de massue que M. d'lndy cherche à m'asséner est\ncelui-ci : j'aurais dénié toute valeur aux œuvres originales du vieux Rust.\nEn parlant de ses pauvres petites sj'aurais évoqué l'idée de la\nbanalité et du néant. Je regrette beaucoup, mais là encore, je suis forcé\nde démentir M. d'lndy.\nJ'ai raconté ma déconvenue, en face des originaux de la Biblio-\nthèque royale de Berlin, ce qui est vraiment bien explicable. Mais\nj'ajoutais, à la fin de mon article :"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.15", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2230, "texte": "\" C'est en somme une physionomie que celle de Frédéric W. Rust et qu'on\nne peut guère confondre avec une autre... Maintenant que Rust le Titan est\nsombré dans le néant, le véritable Rust, l'artiste élégant et intéressant, l'homme\navisé et de cœur sensible qui s'offre à nous dans ces pages va pouvoir suivre le\ncours d'une existence normale et mieux assurée. 11 est indispensable que l'élément\ndurable de l'œuvre de Rust soit rapidement mis à la portée de tous et devienne\nun bien commun. \"\nEst-ce là décréter quelqu'un de nullité, ou, suivant les termes de\nM. d'lndy, \"attacher a des œuvres de charme\ngeante de sombre néant \" ? Il me faut enlever à M. d'lndy cette dernière\narme et, pour une fois, me déclarer pleinement de son avis. Bras-dessus\nbras-dessous faisons campagne en faveur du vieux Rust. Nous l'en-\ntourerons de notre estime et nous tiendrons pour fumistes, joyeux ou\nnon, tous ceux qui soutiendront le contraire.\nN'est-ce pas pour le mieux ? Et ma défense n'est-elle pas achevée ?\nEn ce qui me concerne personnellement, je le crois. Plus d'un lecteur de\nla Revue voudra me croire sur parole et me tiendra quitte. Cependant,\nil me semble entendre quelques voix réclamer un supplément d'informa-\ntion et des preuves tirées de la musique même, de celle de Rust A.\net de celle de Rust B.\nD'autre part, M. d'lndy m'a présenté comme une sorte de pédant\nen chambre, de censeur académique, coupant un cheveu en quatre et\nclassifiant la musique comme les plantes sèches d'un herbier. C'est là\nencore un plaisant malentendu qu'il m'importe de dissiper. Je suis tout\nau contraire journaliste et praticien. Bien loin de jouer le rôle de rat de\nbibliothèque, je considère qu'une œuvre n'a de valeur et d'intérêt\nqu'aussi longtemps qu'elle éveille en moi un sentiment musical et\ndes joies auriculaires. Ce sont ces joies que je cherche à travers les\nmusiqués du passé et du présent, à travers Josquin ou Schœnberg, Rust\nou Debussy. Comme document d'archivé, comme objet de catalogue,\nune œuvre m'est parfaitement indifférente. On me pardonnera ce plai-\ndoyer. Il était nécessaire pour justifier les citations qui suivent et l'in-\nsistance que je me vois contraint d'apporter à cette question, si simple\ncependant."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.16", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1618, "texte": "Pour éviter toute contestation, rappelons ici que le Dr a édité\nquatorze sonates de son ancêtre. Le tripatouillage ne saurait donc, comme\nle veut M. d'lndy, s'appliquer à deux œuvres sur 57. Un tel calcul ne\nserait vrai qu'en faisant entrer en ligne de compte les œuvres restées en\nmanuscrit, Or, nous ne savons pas ce qu'elles seraient devenues, si le\nDr avait vécu plus longtemps, et les dossiers de la Bibliothèque de Berlin\nnous montrent certaines d'entre elles déjà préparées pour de prochaines\nBearbeitungen (p. Ex. une en ut et une en fa). En réalité, toutes les\nsonates publiées portent les marques d'arrangements et ont été mises au\njour dans le même esprit de modernisation. Si l'on parle de proportion\nce n'est pas 4 %, mais bien 100 % qu'il faut accuser ici.\nEt, maintenant, comparons ces deux grands hommes, unis dans une\ncollaboration à distance.\nLe vieux Rust a, comme on le pense bien, certaines habitudes\nd'écriture, qui appartiennent plus encore à son temps qu'à lui-même,\net dont la persistance constitue ce que l'historien appelle un style.\nBouleverser ces habitudes, et se libérer des règles souvent étroites\nde ce style, semblent avoir été les premiers désirs du jeune Rust.\nC'est du moins ce qui nous frappe avant tout dans l'examen de ses\ntranscriptions.\nLes cadences, par exemple, ces véritables idiotismes du langage\nmusical, ces points saillants du discours sonore, éprouvent soudain de\nprofondes et troublantes modifications. 1\nOu bien le geste rapide\ndevient\n\n1 Dans les citations qui vont suivre, nous indiquerons toujours le texte original en-dessus du texte\ndu Dr Guillaume."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.17", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 407, "texte": "s'élargit ainsi :\nIl en est de même de la trame musicale. Frédéric Rust, comme\ntout claveciniste contemporain de Haydn et de Clementi, s'en tient avant\ntout à deux parties réelles, qui courent et serpentent l'une à la main\ndroite, l'autre à la main gauche, avec une élégance un peu grêle parfois,\nmais très caractéristique. Le D' Guillaume s'empresse d'étoffer cette\nmaigreur voulue. Ainsi :"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.18", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 38, "texte": "Ainsi encore :\nou bien :"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.19", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1, "texte": "2"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.19", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 643, "texte": "F. Rust se montre encore \"bien de son!' Siècle dans sa prédilec-\ntion pour les basses en légers laccords brisés, dites \" basses d'Alberti\nqui voltigent comme d'amusants papillons, presque toujours au médium\ndu clavier. C'est une des manies significatives de ce style aujourd'hui\ndésuet, que ce joli va et vient des basses, sous une mélodie fragile, et\ntout près du chant qu'il soutient en équilibre. Et c'est à en altérer l'effet\nque Guillaume fait preuve de toute son application.\nIci la frivolité est remplacéefpar de solides syncopes :\nou par un rythme moderne :\nLà, ce sont de beaux arpèges qui s'entremêlent aiuchant :"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.20", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 212, "texte": "Si Frédéric arpège lui-même, aussitôt son petit-fils en profite pour\nen accentuer l'effet :\nOu bien encore, la basse s'éloigne, remonte, passe de haut en bas,\njongle autour de la mélodie stupéfaite :"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.21", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 166, "texte": "Autre exemple :\nAilleurs, elle bondit avec une ardeur qui l'honore, mais qui contraste\nsingulièrement avec le tranquille point d'orgue de l'original :"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.22", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2092, "texte": "Pour qui connaît le style de 1780, l'apparition de cette pédale\n\" Meistersinger \" est assez surprenante, mais elle prend toute son impor-\ntance lorsqu'on le rapproche du commentaire mégalomane dont Guillaume\nRust a prétendu l'entourer :\n\" Le thème de ce morceau, dit la Préface, laisserait à peine supposer, sous\nson allure gracieuse, l'héroïsme qu'il est capable d'engendrer. Mais dès sa seconde\nmesure apparaît tel un vrai gars d'Allemagne une figure vive et sympa-\nthique, qui promet de devenir quelque chose de grand... Le morceau s'élève à la\nhauteur d'un combat de Titans, où nous reconnaissons le héros vainqueur, aux\nrappels du thème gravés sur son bouclier. \"\nSi je pouvais citer tout le morceau, le lecteur verrait comment le\ntitanisme, sorti de l'imagination du docteur, a été appliqué à un rondo\njoyeux et bon enfant, par ces procédés de grossissement, qui voudraient\ntransformer le vieux maître de chapelle en un Siegfried redoutable et\ntonitruant ! procédés qui, pour M. d'lndy, n'ont aucune importance,\non le sait.\nContinuons. Les sonates de Frédéric Rust sont écrites, tantôt\npour piano seul (ut et mi min.), tantôt pour piano et violon (ré,\nré bémol, si bémol et si naturel mineur), quelquefois même pour piano,\n2 violons et violoncelle (la majeur). Dans l'édition moderne, seule la\nSonate en si mineur apparaît comme œuvre de piano et violon. Les\nautres sont présentées en réduction de piano pure et simple, sans rien qui\npuisse en avertir le lecteur. Or, dans cet emploi de deux ou trois instru-\nments simultanés, le maître de chapelle avait bien le droit d'avoir une\nopinion. Les sonates en la et en ré bémol qualifient le rôle des instruments\nà cordes d' accompagnato, ce qui veut dire que la partie principale est\nentre les mains du pianiste et que les cordes fournissent un appoint\nmodeste. Pour les sonates en ré et en si mineur, le est au contraire\nobligato. Quel fut le point de vue du Dr Guillaume dans l'incorporation\nde ces éléments. Nous le voyons dans la sonate en si mineur, publiée\navec sa partie de violon. Voici quelques points de comparaison :"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.23", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 27, "texte": "Ou encore :"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.24", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 933, "texte": "La préface de cette sonate nous apprend du reste encore une bonne\nhistoire. Sonata séria, nous dit le docteur, et il nous donne à croire que\ncette œuvre ne saurait dater que des années de maturité du maître, par\nla raison que : \"le grand Art demeure toujours le privilège et l'acquit\nd'une maîtrise accomplie Puis, redoutant sans doute la faiblesse de cet\nargument, il s'avise que Rust possédait depuis 1788 un piano-forte carré\nde J.G. Wagner, à quatre pédales, dont la seconde paraît convenir admi-\nrablement aux mesures 1-4 de la page 22. De suite, son lyrisme évoque\nces deux vers de Lenau :\nUeber die Saiten der Windhauch lief\nUeber sein Herz ein Traum ging.\net le Prince Louis Ferdinand de Prusse, qui, attiré par la renommée de\ncet instrument nouveau, aurait tenu à entendre le maître interpréter\npersonnellement une œuvre comme celle-ci.\nHélas ! Consultons le passage, en manuscrit et en gravure, nous\nobtenons :"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.25", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 798, "texte": "C'est-à-dire que la cadence écrite pour le piano seul a été confiée\nau violon; et que le piano s'est donné le plaisir d'égréner quelques arpèges\ndu bon docteur. Wagner, Lenau et le prince Ferdinand viennent com-\npléter cette supercherie avec une touchante naïveté.\nIl est bien évident qu'une pareille méthode n'est pas absolument\ncompatible avec le respect des textes, dans le sens le plus indulgent de ce\nmot, et que le trouble apporté par le docteur dans les manières du vieux\nmaître de musique doit sensiblement modifier la physionomie harmo-\nnique, rythmique et mélodique des sonates ancestrales. En veut-on\nquelques preuves, prises çà et là ?\nVoilà, par exemple, qui n'a l'air de rien et qui, par une simple\ncoloration chromatique, nous approche infiniment près de Mendelssohn."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.26", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 121, "texte": "Ceci est plus grave, et que penser de ce début où, encore une fois,\nle chromatisme sévit :\nOu de cet autre :"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.28", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1395, "texte": "Ce sont là en vérité les dernières violences qu'un texte puisse\nsupporter sans cesser d'être lui-même, et je crois qu'on m'accordera sans\npeine qu'il reste ici peu de chose du contemporain de Klopstock.\nTout ce qui particularise un compositeur de la fin du XVIIIe siècle,\ntout ce qui date dans cette musique, a été l'objet d'un incessant effort de\nremaniement. A rebours de certains spécialistes qui s'efforcent de vieillir\nles objets qui sortent de leurs mains, Guillaume Rust s'ingénie à rajeunir\nune musique centenaire. Il arrange, il dérange, il garnit, amplifie, mou-\nvementé, et triture ces œuvres dont il est dépositaire.\nBrillante ! !s'écrie-t-il sans cesse ! et il force la note à tout\npropos, il enfle le ton, heureux lorsqu'il a substitué à la discrétion de son\ngrand-père, l'emphase d'un style travaillé.\nConclusion : les Sonates publiées à la fin du XIXe siècle ne\nsauraient avoir de valeur historique.Elles ne peuvent passer pour des\ndocuments authentiques, offrant au connaisseur et à l'antiquaire l'expres-\nsion fidèle et naïve d'une âme contemporaine de Grétry, de Benda et\nde Gossec. Pour l'historien, elles sont des paraphrases habiles, ingé-\nnieuses, mais que la découverte et la consultation des originaux à la\nBibliothèque de Berlin rend superflues.\n(La fin de cet article paraîtra dan notre prochain numéro avec la réponse de\nM. Vincent d'lndy.)\n\nE. Neufeldt."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c053", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c053", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 29, "image_fin": 35, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.6", "titre_corps": "LES EX-LIBRIS", "titre_sommaire": "LES EX-LIBRIS", "signature_source": "Henry-André", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.29", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1032, "texte": "L'ex-libris est le plus lointain et le plus universel témoignage de\nl'amour sincère des hommes pour le livre. La marque de possession\na existé de tous temps, sous toutes formes de symboles et d'allégories.\nSi nous nous reportons à l'antiquité la plus reculée, nous trouvons des\ngemmes avec des intailles ; elles fournissaient des cachets, aux em-\npreintes accompagnées de légendes, et où le nom était précédé du\n\" lamed d'appartenance \", quelquefois de l'indication de la fonction.\nToujours ces marques ont expressément tendu à se différencier les unes\ndes autres, ici établissant d'une façon manifeste le rang du possesseur,\nlà le plaçant sous l'égide d'une divinité spéciale. Plus elles étaient\nstrictement person-\nnelles, plus elles pré-\nsentent d'originalité.\nParmi les in-\nnombrables marques\nde possession connues,\nqu'elles remontent à\ncette très-haute anti-\nquité, qu'elles datent\ndu moyen-âge ou\nd'aujourd'hui,les mar-\nques des dévots de la\nmusique tiennent un\nrang fort honorable.\nNous abandon-\nnerons toutefois,*! |au\n•s* ~"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.30", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1586, "texte": "moins en cette étude, la \" marque\nmusicale \" représentée par les nombreux\ncachets des anciens, ainsi que par les\ncachets de bagues, les sceaux,les meubles,\nle blason d'époques plus rapprochées ;\ntel le fameux blason de la famille van\nSwieten qui portait trois violons d'argent.\nNous nous en tiendrons au programme\nindiqué par notre titre, c'est-à-dire à la\nmonographie de YEx de\nXEx-musici et de Y Ex-c\nLe plus ancien ex-libris que l'on connaisse est celui de la bibliothèque\nd'Aménophis 111, qui date d'environ 1400 av. J.-C. Cette marque con-\nsiste en une petite plaque d'un genre de faïence égyptienne. Les\ninscriptions y sont bleu foncé sur bleu pâle. Cet ancêtre millénaire de\ntous les ex-libris se trouvait fixé sur une boîte à papyrus. Il fait partie des\ncollections du British Muséum.\nEn Europe, pendant la période du moyen-âge, la marque de\npropriété se trouve assez nombreuse sur les Codices des couvents et des\nsavants, les Livres d'Heures et les Missels.\nLa Renaissance, où tous les intellectuels,\ny compris les sommités de l'Eglise, paganisèrent\nà qui mieux, marque un retour aux symboles\nantiques. En Italie, le témoignage en est\nrendu innombrable par les imprese. En France,\nLouis XII eut son porc-épic, François lerIer sa\nsalamandre, Louis XIV son soleil, etc... et, à\nleur suite, les imitant, quantité de seigneurs\neurent, en dehors des armes de leur maison, de\n\" leur marque de fabrication \", oserai-je dire,\nune marque à eux spéciale, un blason intellec-\ntuel, réfléchissant leur psychologie et leurs\ngoûts. N'était-ce pas là une régénération par\nl'Art ?"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.32", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1281, "texte": "LES EX-LIBRIS\n\nL'Allemagne ne suivit pas cet exem-\nple ; elle garda et garde encore jalousement,\nses armoiries médiévales sans adjonctions et\nqui lui donnent, lui semble-t-il, encore le\ndroit au \" Faustrecht \" d'un autre âge.\nC'est cependant le pays où la musique est\nen suprême honneur, en tel honneur que\npour elle et par elle, des grands musico-\nphiles, se détachent en brillantes exceptions\nde l'enracinement héraldique collectif. Les\nplus anciens types de Tex-libris, tel que nous\nl'entendons de nos jours, c'est-à-dire mul-\nplus tard. Jusqu'à la fin du règne de\nLouis XIV, il semble bien qu'Euterpe\nfut toujours honorée en compagnie, et\nmême plutôt en la personne de Polym-\nnie ; on en trouve le témoignage dans\nles lyres et syringes qu'offrent les ex-\nlibris de ces époques, allégorisant l'une\net l'autre des deux sœurs.\nC'est au XVIIIe siècle que l'on\nvoit apparaître l'ex-libris rendant fran-\nchement les honneurs à l'Art divin.\nNous en présentons ici quelques exem-\nples, notamment l'ex-libris de Daquin,\nle célèbre claveciniste. Ils montrent\ntiplié sur\npapier\npar des moyens mécaniques, sont nés\ndans l'Allemagne du sud avec l'inven-\ntion de l'imprimerie vers 1470.\nEn France, l'ex-libris imprimé\nn'apparaît qu'à la fin du XVI ; en\nAngleterre, on ne le voit que cent ans"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.33", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1611, "texte": "tous une sympathie manifeste pour la musique, et le désir de briller\nparmi les amateurs. Cependant ils demeurent encore plus décoratifs que\nvraiment expressifs. Qu'ils se présentent\navec insistance, comme chez le sieur\nd'Uffenbach (1723) ou qu'ils se dissi-\nmulent derrière un blason, comme chez\nM\" du Tailly, ils restent d'in-\nstruments, ils indiquent le goût d'un\naimable passetemps; ils ne signifient pas\nune préoccupation exclusive.\nPlus musicaux sont les ex-libris de\nKastner ou de la reine Alexandra, tous\ndeux romantiques, bien que cinquante\nans de date les séparent, et tous deux\npourvus de notation musicale révélant\nles préférences de leurs possesseurs. Kast-\nner, le musicien heureux, qui épousa la\nfille du banquier Boursault, et qui s'offrit, vers 1840, le luxe de vivre\nen généreux musicologue, ne pouvait résister à la passion de la marque\ndu livre. Mais timide et livresque encore est son ex-libris en comparaison\ndu princier paysage qui nous guide des rives du Holstein au château\nde Windsor et se couronne d'un texte que je n'ai pu identifier, tandis\nque les œuvres de Brahms, de Wagner, Gade, Schumann et Rubinstein,\nsommeillent au pied d'un lévrier fidèle. Nous sommes ici définitivement\ndans la musique.\nIl y aurait bien des manières de\nclasser les ex-libris de musique dont la\npremière serait de s'inspirer de l'intention\nqui a guidé l'artiste.\nCertains amateurs sont allés très\nloin dans cette voie et, voulant expres-\nsément marquer leurs prédilections, ont\ndonné à la marque de leurs livres les\ntraits de leur auteur favori. Nous avons\nainsi toute une iconographie de Beet-"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.34", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 1098, "texte": "hoven, de Wagner, de Chopin, voire même de Bach et de Verdi.\nCertains trouveraient là, matière à référendum : la tentative pourrait\nêtre intéressante, à con-\ndition toutefois de ne\npas oublier que chaque\npays a ses grands hommes,\net, d'autre part, que l'Al-\nlemagne surtout est le\npays de floraison du plus\ngrand nombre d'ex-libris\n\" musicaux \"...\nBeethoven est le maître\nauquel l'ex-libris a con-\nsacré le plus d'hommages\npieux. Le nombre est\ngrand des marques où,\nen place d'honneur, on\na reproduit ses traits. Le\nmasque de Beethoven, de\nce surhomme, ce titan de\nconception si haute, et\naussi ce héros de philo-\nsophie qui enfanta ses\n| chefs-d'œuvre au milieu\ndes difficultés les plus\nrudes et les plus prosaï-\nques delà vie ! Un masque\nde douleur, de résigna-\ntion, d'énergie et de\nbonté ! Un front large et\npuissant, tout auréolé\nd'une crinière sauvage ;\ndes yeux lumineux ; une\nbouche fermée, comme\npour ne pas laisser échap-\nper la plainte. Ce visage, qui émeut et subjugue, évoqueiSsuffisamment\nl'art plein d'emprise du compositeur. Les artistes de l'ex-libris \" musical \""}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.35", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1509, "texte": "se sont efforcés de rendre l'impression de\ncette souveraine captation psychologique\nen' donnant figure aux rêves imprécis en-\nfantés par l'audition des œuvres du maître.\nNous trouvons aussi, et fréquemment,\ndans les ex-libris musicaux, la grande\nfigure de Wagner. Car le drame musical\ndu Maître, cet art nouveau jaillissant de\nla fusion intime de tous les arts, devait\nsoulever un immense courant d'admiration\nuniverselle, dont la littérature et les arts\nplastiques ont essayé maintes fois de s'em-\nparer. Tantôt purement décoratifs, tantôt\npieusemement zélés, quelques fois même\nd'une stylisation ironique, ces témoignages\nrendus à la gloire du Maître et de ses\nœuvres sont légions, et leur liste n'est cer-\ntainement pas close. Les thèmes de la\nTétralogie s'enchevêtreront encore dans le\nbanderolle de maints ex-libris ; Siegfried et son oiseau, Lohengrin et son\ncygne inspireront encore plus d'un en mal d'idée musico-\nbibliophilique.\nPourtant, c'est en dehors d'une\ntrop facile inspiration que l'art\ndont nous traitons ici cherche ses\nvoies actuellement. Il s'efforce de\ntraduire par la plastique les diffé-\nrentes conceptions que la musique\na su inspirer à notre Occident,\ndepuis que, sortie du banal symbo-\nlisme mythologique, elle offre à\nl'imagination visuelle un champ sans\ncesse étendu. C'est par cette expres-\nsion, souvent fort habile, souvent audacieuse, du sentiment musical, que\nl'ex-libris peut nous intéresser, dans les limites étroites de son domaine.\nfcA suivre.)\n\nHenry-André."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c055", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c055", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 29, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.6.2", "titre_corps": "Ex-libris du sieur von Offenbach.", "titre_sommaire": "Ex-libris du sieur von Offenbach.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.29", "debut_caractere": 1034, "fin_caractere_exclue": 1067, "texte": "Ex-libris du sieur von Offenbach."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c056", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c056", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 30, "image_fin": 30, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.6.3", "titre_corps": "Impresa d'Alcibiade Lucarini", "titre_sommaire": "Impresa d'Alcibiade Lucarini", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.30", "debut_caractere": 1588, "fin_caractere_exclue": 1616, "texte": "Impresa d'Alcibiade Lucarini"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c058", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c058", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 31, "image_fin": 31, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.6.5", "titre_corps": "EX-libris de S. 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[n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.7", "titre_corps": "LES LIVRES", "titre_sommaire": "LES LIVRES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.36", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2036, "texte": "SINGER (Kurt.) Richard JVagner. (Berlin-Morawe et\nScheffelt, 1913, 150 p. in-8°)\nC'est une série de douze articles dont quelques uns avaient\ndéjà été publiés, paraît-il, dans divers périodiques (page 9). On\ncommence du moins en Allemagne à connaître pas mal\nWagner ; la bibliographie qui le touche est formidable. On\nretiendra cependant de la présente brochure le parallèle entre Ibsen\net Wagner (p. 13 à 24) et le ch. 3 (p. 49 à 69) consacré à Wagner\net Beethoven ainsi et surtout que l'admiration débordante que\nl'auteur témoigne à son héros.\nROBERT (P.-L.) Etudes sur Boïeldieu, Chopin et Liszt.\n(Rouen 1913, 113 p.)\nEtrange Association. La première partie est sinon la plus\nattrayante, du moins la plus utile au point de vue documentaire :\nce sont des lettres ou fragments de Boïeldieu entre 1827-1830 :\nelles nous montrent, en même temps que les difficultés où se débat-\ntait le théâtre à cette époque, le caractère bon enfant de Boï'el-\ndieu, qui tantôt malade, tantôt menacé dans les intérêts, tantôt assailli par les soucis de\nfamille, fait cependant bonne contenance, et n'avoue qu'à demi les peu réjouissantes perspec-\ntives qu'il entrevoit. \" Chopin \" et \" Liszt \" n'ajoutent pas grand chose à ce que nous\nsavons d'eux ; le caractère de ces dernières études s'adapte davantage à la conférence qu'au\ntravail musicologique proprement dit.\nA. MACHABEY.\nWOLF (Joannes). Handbuch der Nctationskunde, Ie partie, VIIIe volume de la collec-\ntion des Kleine Handbûcher der Adusikgeschichte H. Kretzschmar, (Lpz. Breitkopf 1913, in-8°\nde 488 pp. MK. 10)\nL'ouvrage que nous présentons aujourd'hui aux lecteurs de S. I. M. mérite mieux qu'un\nbanal compte rendu. Aussi bien c'est un livre de curieux intérêt et de copieuse documentation,\nconsacré à u l'art de la notation\" depuis l'antiquité jusqu'à la renaissance. Certainement, nul\nmusicologue n'était plus qualifié pour écrire ce \"manuel\", (bien plutôt une \" somme \")\nque le savant auteur de la belle histoire de la notation mesurée au moyen âge l, notre éminent\ncollègue M. Joh. Wolf."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.37", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4275, "texte": "Le nouveau livre de M. Joh. Wolf est fort habilement fait : spécialiste de la notation\nmesurée telle qu'elle se forma vers la fin du XIIIe siècle, l'auteur, pour les autres formes de la\nnotation, a fait appel aux principaux spécialistes, tels que les Bénédictins et M. Peter Wagner\npour l'art neumatique, Aubry et Beck pour l'interprétation \" modale \" des chants des trou-\nvères et des troubadours, M. Ludwig pour les organa des XIP-XIIP siècles, Ruelle pour\nles chants gnosticomagiques. etc. En somme, M. Joh. Wolf a faites siennes la documentation\net les conclusions de tous ces érudits, chacun selon sa partie.\nCe livre est divisé en quatre sections : I, notations alphabétiques de l'antiquité et du\nmoyen-âge latin ; 11, notations par accents : ekphonétique, byzantine, notation grecque\nmoderne, ancienne notation russe, neumes latins, que l'auteur suit jusque dans leurs dérivés\ndes XVIe et XVIIe siècles, y compris les livres anglicans et luthériens allemands; 111, notation\ndes trouvères et des troubadours, \" ars antiqua \", et notations italiennes; IV, 1' \" ars nova\"\njusqu'à ses dérivé dans l'écriture des maîtres du XVIe siècle. C'est dire combien l'ouvrage est\ncomplet.\nIl est presque trop complet : je veux dire que l'auteur a presque trop étendu la matière\nqu'il a traitée. Certes, M. Joh. Wolf est un maître ès-notations mesurées; la première partie\nde son livre, jusqu'au deuxième chapitre de la seconde section, renferme d'excellentes pages,\net, depuis ce chapitre jusqu'à la fin, on ne saurait mieux faire : toute cette seconde partie du\nlivre est parfaite. Mais, par cela seul que l'auteur, en son début, a surtout eu recours aux\nlumières d'autres spécialistes, il y a là quelques inégalités et quelques lacunes. Comment notre\nsavant confrère, en adoptant, avec juste raison, l'interprétation des Bénédictins pour la lecture\nde la notation latine ', en suivant avec les réserves nécessaires, le système Becq-Aubry pour les\nchants de troubadours et de trouvères, comment dis-je, a-t-il penché vers H. Riemann et Paul\nRunçe pour la lecture des manuscrits allemands 2, écrits suivant les mêmes systèmes de notation,\net ayant suivi les mêmes développements ? Il y a là, évidemment, une contradiction regrettable.\nCertaines transcriptions données dans la première partie de l'ouvrage, depuis le chant\ngrec de la p. 25, (où il devrait y avoir des mesures irrationnelles à 7/8) jusqu'à Vorganum de la\np. 229, où je n'adopterais point les traductions de la plie a telle que l'entend l'auteur, 0 souffrent\nde ces contradictions. Il est très regrettable aussi de ne pas avoir utilisé, en ce qui concerne\nla notation grecque, tous les travaux de Gevaert, tels que son édition des Problèmes musicaux\nd'Aristote, où le savant belge corrige certaines affirmations trop absolues de son Histoire de la\nmusique dans Vantiquité', dont plusieurs passages ont vieilli. Deux lacunes aussi : dans le\nchapitre consacré aux notations par accents, on est surpris de ne rien trouver sur la notation\nhébraïque, 4 et, dans celui qui traite des débuts de la diastématie, de ne point voir figurer la\nnotation aquitaine, où déjà, (lorsqu'ailleurs on employait les neumes-accents), au IXe siècle, les\nsignes musicaux sont superposés, suivant le principe d'où sortit plus tard la portée. Je dirai\naussi que les références données par Joh. Thibaut sont parfois sujettes à caution ; et j'aurais\nplacé tout ce qui concerne les ligatures et les modes de l'\"ars antiqua\" avant les œuvres\n\n1 Que M. Joh. Wolf me permette de lui indiquer qu'on ne cite plus le de Solesmes\nde 1883, depuis qu'il a eu une seconde édition améliorée en 1895, et une refonte complète dans l'édition\nVaticane, en 1908..\n3 L'ouvra»e de Joh. Wolf renferme un chapitre des plus intéressants sur la notation des manuscrits en\nlangue allemande, du XIIe au XVIe siècle.\n' 3 Et où je n'adopterais point, avec autant d'absolu, les règles de la musica ficta ; un \" ténor \" aussi\nconnu que Régnât ne souffre point de Fa fi (voir mon étude faite en collaboration avec Aubry sur les Ténors\nlatins du ms. de Montpellier, (Paris, Champion).\n4 Puis-je ici renvoyer à mes Origines du chant romain, (Paris 1907), où j'ai publié pour la première fois les\nplus anciennes transcriptions musicales connues des signes hébraïques."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.38", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 10, "texte": "LES LIVRES"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.38", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3784, "texte": "des poètes musiciens. Les troubadours et les trouvères ne faisaient encore que balbutier, quand\nles organistœ de la cathédrale de Paris échafaudaient déjà leurs compositions en \" triple \"\net en \" quadruple Enfin, Walter Odington fut un contemporain de Philippe de Vitry,\nce qui change entièrement les conclusions à tirer de ses œuvres.\nQu'on me pardonne d'entrer en ces détails : l'œuvre de M. Wolf est de celles qni ne\nsouffrent point la médiocrité. Oui bene amat, dit le proverbe, bene castigat : je suis de ceux-là, et\nserais heureux, pour ma part, de voir ce livre intéressant tenir compte de mes critiques, en une\nprochaine \" seconde édition \".\nAMEDEE GASTOUÉ.\nSTUDIEN zur Musikwissenschaft. Beihefte des Denkmaeler der Tonkunst in Oester-\nreich, unter der Leitung von Guido ADLER. (Lpz., Breitkopf, et Wien, Artaria, 1913, in-40\nde 303 pp.)\nLes Denkmaeler autrichiens et leur chef éminent le Prof. Adler, ayant remarqué qu'il\nétait assez difficile de concilier les exigences d'une publication de textes musicaux, avec les\nétudes historiques dent ces textes provoquent et nécessitent l'apparition, ont décidé de grouper\nà part les monographies qui dépassaient la mesure de simples introductions.\nNous avons ici le premier volume de ces Il contient quatre articles, un peu dans\nle genre de notre \" Année Musicale L'un de Wellesz sur Cavalli, l'autre de Neuhaus sur\nA. Draghi,le troisième de Kurth sur les opéras de jeunesse de et enfin quelques\ndocuments d'archivé présentés par le Dr Koczirz. On le voit, une certaine unité de plan\nrègne dans cc volume, au rebours de la variété contrastante qu'on s'efforce chez nous d'obtenir\ndans ces sortes c ouvrages. C'est qu'il s'agit ici de ce que nous n'avons pas encore en France\nle courage de présenter ouvertement, une publication savante, non musicale, mais musicologique.\nCavalli, Draghi et Gluck jeune forment 150 ans d'histoire de l'opéra italo-viennois de\n1640 à 1760 environ. Il ne manque à cette suite qu'un chainon, qui pourrait être Caldara, au\ndébut du XVIIIe siècle. Réunies, ces trois études nous permettent une vue d'ensemble de\nl'évolution de la musique dramatique, à l'Est de l'Europe, depuis la fin de Monteverde jusqu'à\nla révolution gluckiste. Elles nous montrent, toutes trois, le partage de plus en plus conscient\ndes éléments lyriques et des éléments dramatiques dans l'opéra. Tandis que l'action se confine\ndans un récit tout-à-fait secco, l'expression des sentiments se localise et se condense dans les\nairs. Pour obtenir la spécialisation de ces deux éléments le drarna per musica, dès Monteverde\ndéjà, cherche à se simplifier, à atteindre ce minimum qui servira de point de départ au style\nnouveau. De là, cette différence qui sépare Y Ide , et qui nous surprend\nchez un homme aussi riche d'imagination que Monteverde. Cavalli, élève direct de ce dernier,\nest franchement un minimiste. Draghi (1635-1700) étoffe déjà plus, et sa naturelle disposition\nà traiter des sujets bouffes en fait un prédécesseur charmant de Pergolése. Quant à Gluck,\ntout jeune encore, il est à la hauteur de son temps, et M. Kurth cite des airs d'Artamène (1743)\nd'lpermnestre (1744) et d'Antigone (1756) qui conviendraient admirablement au répertoire\nd'un grand mariage parisien. C'est vocal, onctueux, développé avec sûreté. On n'a pas fait\nmieux depuis.\nMM. Neuhaus, Kurth et Koczirz se montrent ici bons et solides historiens. M. Wellesz\nfait preuve d'une subtile et personnelle esthétique, qui apparaît rarement à travers la stricte\nméthode de la musicologie d'Outre-Rhin. Les perpétuelles comparaisons qu'il cherche à\nétablir avec les arts voisins du nôtre, et entre les différents pays d'Europe, la recherche des\ncauses et la poursuite des idées générales, enfin le souci de ne pas se limiter à la présentation"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.39", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3809, "texte": "des documents bruts, tout nous engage à prédire à notre collègue une carrière brillante.\nHardie, soutenable cependant, me semble la thèse suivante : \" la musique en France a\ntoujours eu pour but d'offrir à la sensibilité l'image tranquille de la nature extérieure, bien\nplutôt que d'exprimer vivement des états d'âme. L'élan particulier au Français, manque\njustement à sa musique naturelle. C'est pourquoi les romantiques français en musique doivent\nêtre considérés comme des imitateurs de l'école allemande ; et pourquoi aussi les modernes\nles désavouent, en prêchant un retour à Rameau, c'est-à-dire à la tradition de la musique\nobjective... \" Que vont dire les graves critiques, apôtres de l'accent dramatique de Rameau ?\nCeci encore me paraît à retenir : \" Une sorte d'optimisme, écrit Wellesz, s'est in-\ntroduit dans l'histoire et nous pousse à considérer le présent comme en continuel progrès\nsur le passé. Nous nous accoutumons à accorder la valeur de points culminants aux périodes,\ndont les tendances artistiques se rapprochent des nôtres, et nous parlons de moments de déca-\ndence pour les autres. Prenons garde ! Dans la peinture, où le sentiment historique est\nbeaucoup plus développé qu'en musique, il arrive qu'une école ancienne décriée, considérée\ncomme barbare et décadente (Cimabue), se trouve étudiée, comprise et remise en honneur par\nune école moderne (les préraphaélites), et tout aussitôt sa valeur nous apparaît. Il en sera de\nmême chez nous. Par exemple, le prince de Venose, pour qui Ambros n'eut pas assez de\ndédain, devient, sous l'empire de notre chromatisme récent, une sorte de personnage, qui va\nprendre son rang... Il faut considérer les faits comme des données de la nature, sans nous\ndemander perpétuellement quel fut leur droit à l'existence... \" Voilà un langage nouveau, et\nqui fait honneur à l'histoire de la musique.\nCH. L.\nREINACH (Théodore). Tibia. (S. 1. n. d., in-fol. de 37 pp. Extrait du Dictionnaire\ndes Antiquités.)\nLe ronflement bruyant, criard et orgiaque de Vaulos grec, la tibia romaine, domina toute\nla musique antique, depuis le cinquième siècle avant notre ère, jusqu'à l'aurore des temps\nmodernes, laissant dans les textes, et sur les monuments les plus variés, des témoignages\nnombreux de sa glorieuse destinée. Cet aulos était, non pas une flûte comme on nous l'enseigne\nnégligemment dans les classes, mais un instrument de perce cylindrique, avec ou sans pavillon,\net pourvu d'une anche double, c'est-à-dire une sorte de clarinette-hautbois, dont les variétés, au\ncours de ces mille ans, se multiplièrent, en passant de la Phrygie à l'ltalie et de la civilisation\nétrusque à celle d'Alexandrie.\nM. Reinach consacre à cette illustre famille de nos instruments occidentaux une mono-\ngraphie dont la précision, la prudente réserve archéologique et l'extraordinaire érudition\npeuvent être données en modèle à tous les historiens de la musique. Le nombre de textes grecs\net latins réunis dans les notes qui forment l'appareil critique de cette étude, est vraiment\nimpressionnant. Et non moins remarquable est la clarté avec laquelle l'auteur a su condenser\nen quarante pages les résultats de ses vastes recherches, et les conclusions d'une enquête aussi\nadroitement menée à travers le dédale des auteurs anciens et modernes. Je ne regrette qu'une\nchose, c'est que les nécessités d'un dictionnaire aient limité la place et le nombre des repro-\nductions accordés à l'auteur. Nous aurions pu avoir certainement un joli volume in-120 de\n25° pages avec des photographies directes, remplaçant les dessins toujours moins saisissants; et\nc'eût été un livre définitif.\nCar, l'instrument, son origine, sa facture dans tous ses détails, son histoire, sa technique,\nson rôle musical, social, artistique tout est nettement présenté dans cet ouvrage fonda-"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.40", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3367, "texte": "mental, qui évoque devant nous dix siècles de culture greco-romaine. Nous pouvons constater\nune fois de plus combien la littérature des anciens est inséparable de la musicalité, avec\nlaquelle elle est apparue et s'est développée. Chez les latins eux-mêmes (c'est tout dire\nlorsqu'il s'agit d'art !) le tibicen resta longtemps indispensable. Comment peut-il se faire\nque précisément cet élément sonore soit le seul qui ait disparu avec le monde ancien qu'il\nfaisait vibrer, et que nous n'ayons plus, de cet art bruissant, chantant, modulant sans cesse,\nque la lettre morte, dont la prononciation même nous échappe ? Tout au moins des recherches\nparallèles à la philologie, comme celles dont il s'agit ici, aideront-elles notre imagination à\ns'approcher de l'antiquité autrement que par la triste grammaire et par la morne syntaxe\nverbale, et à deviner, derrière le sens des textes, la réalité vivante et sensible de leurs sonorités\ndéfuntes. J. E.\nDAURIAC (Lionel). Meyerbeer.(Collection Alcan, 1913, in-120 de 216 pp. 3 fr. 50.)\nTâche délicate d'écrire un livre de vulgarisation sur l'auteur Une vie\nsans relief, prosaïque, de labeur patient et de succès lentement préparé offre au biographe un\ncurriculum vitae assez bourgeois. Quant aux œuvres, encore d'actualité (en province), elles\nont du mal à entrer définitivement dans l'histoire ; d'où un perpétuel flottement dans le point\nde vue de celui qui veut les apprécier. M. Dauriac a parfaitement compris cette situation\nfausse ; d'une main il polémise, et de l'autre il situe, si j'ose dire. Avec cette merveilleuse\nsouplesse d'idées et de style que nous lui connaissons, il donne ou refuse, il abandonne ou\ndénie à Meyerbeer telle qualité, tel défaut ; il nous montre sans cesse des facettes nouvelles de\nson héros et de ses oeuvres. De cette critique kaléïdoscopique nous emportons une impression\nqui ne doit pas être éloignée de la réalité, la musique de Meyerbeer devant sans doute rester\nle type de l'art composite, et comme la tour de Babel de notre opéra. Un livre bien français,\nde fine psychologie et de délicate intuition.\nBREITKOPF ET HAERTEL . Das Musikb(Breitkopf, 1913,01-8° de 390 pp.)\nCe livre est un catalogue méthodique et richement présenté de la littérature, c'est à dire\ndes ouvrages sur la musique, édités par la séculaire et puissante maison de Leipzig. Une jolie\ntypographie, en deux couleurs, des portraits et photographies, des facsimilés d'autographes,\nrendent attrayant cet instrument de librairie et de diffusion, dont l'exemple devrait bien tenter\nun de nos grands éditeurs parisiens.\nGUTMANSTHAL (N. de). Souvenirs de Liszt. (Breitkopf, I9X3> in~l2° de 69 pp.\nMk. 2.)\nLe père de l'auteur fut consul d'Autriche à Odessa, et, en cette qualité fit connaissance\nde Liszt en 1847, au moment même où le futur abbé retrouvait Caroline de Wittgenstein,\nentrevue déjà à Kiew. Le grand pianiste, au cours des années suivantes eut occasion d'échanger\nquelques lettres avec M. de Gutmansthal, dignes d'intérêt, pleines de verve et de charme,\net fort agréables à lire. Elles ajouteront au bagage épistolaire de cet homme considérable.\nDUSSAUZE (Henri). u Captain\" Cooke a (S. 1. u. d., in-8® de 124 pp.)\nQuelle singulière fortune que celle de cet ouvrage, thèse de doctorat ès-lettres soutenue\nen Sorbonne, qui nous revient sous la forme d'un petit volume anglais dépourvu de toute"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.41", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2478, "texte": "indication d'éditeur et modestement intitulé \" A contribution to the history of secular music in\nEngland. \" La période étudiée ici, le milieu du XVIIe siècle pour n'être pas aussi originale\nque celle des Virginalistes Elisabethéens ne manque cependant pas d'intérêt, ni de fécondité ;\nc'est une de ces terres promises, où la musicologie trouvera encore à glaner plus d'une fois.\nOn pourrait reprocher à M. Dussauze de s'être limité un peu trop rigoureusement à son\nsujet. Nous ne demandons pas mieux que de nous intéresser au Captain et à ses Choir Boys,\nmais quelques mots sur l'état général de la musique anglaise avant leur venue eussent été\nici bien à leur place. Et de plus, certains aperçus sur les origines de la Sonate fort\nintéressants par eux-mêmes l'eussent été encore davantage, étayés par quelques\nrapprochements et quelques points de comparaison ; les mêmes problèmes ne se sont-ils pas\nposes pour la France, pour l'Allemagne et pour l'ltalie ? certaines questions d'art sont forcément\ninternationales. Il faut néanmoins saluer comme l'indice d'une largeur d'esprit certaine\n1 intérêt qui nous porte depuis peu vers l'art anglais et vers tout ce qui s'y rattache. Nous\navons été trop longtemps enclins à condamner en bloc toute musique ayant résonné de\nl'autre côté du détroit. Il n'est jamais trop tard pour devenir plus équitable.\nJ. K.\nDENKMAELER DER TONKUNST in Oesterreich, Bd. 40 et 41 (Wien Artaria\n2 vol. in-fol.)\nLe premier de ces volumes contient la partie IV de YOpus Musicum de Jacob Handl\n(Gallus), paru en 1587, publié ici par MM. Bezecny et Mantuani avec une courte introduction,\net un soin qui me paraît louable. Malheureusement des œuvres aussi polyphoniques, écrites\nsouvent à plusieurs chœurs, et sans réduction de clavier aucune ne sont pas accessibles à un\npublic très nombreux.\nLe second volume confié à M. H. Rietsch, présente un manuscrit de Minnesaenger, en\nfacsimilé et transcription, également avec quelques mots de révision. Il y a là de jolies mélodies\ncomme celle-ci :\nGRATTAN FLOOD. The Dublin Society for the support of decayed musician.\n(Reprinted from the Journal of the Royal Society of antiquaries of Ireland.)\nCes quelques pages nous apportent des documents d'archivé sur une société de prévoyance,\nformée à Dublin pour les musiciens au XVIIIe siècle.\n\nLIVRES REÇUS\nBARZUN. Poème et drame (Paris, Figuière et Cie, 1913, in-8° de 58 pp.)\nGREEN. Some aspects of chinese (London. Reeves, 1913, in-120 de\n150 pp. 2 s.)"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.42", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 1917, "texte": "CLOSSON. Notes sur la chanson populaire en Belgique (Bruxelles, Schott. 1913\nin-8° de 84 pp. Fr. 1.50)\nHILDEBRANDT (Merrick). Ce (Genève, 29 quai\ndes Bergues, 1913, in-12° de 16 pp.)\nCHENNEVIÈRE (Daniel). Claude Debuss (Paris, Durand, 1913, in-\nde 48 pp. Fr. 2)\nEMMANUEL (Maurice). Traité de F accompagnement modal des psaumes. (Lyon\nJanin frères, 1913, in-40 de 210 pp. Fr. 6)\nORTIZ (Diego). Tratado de glosas sobre clausulas... Roma 1553. Herausgegeben\nvon Max SCHNEIDER. Veroeffentlichungen der Ortsgruppe Berlin der Internationalen\nMusikgesellschaft. (Berlin, Liepmannssohn, 1913* obi. de 136 pp.)\nSPRINGER (Herman). Das Partiturautog Scarlattis\nClemenzia di Tito. (Berlin, Breslauer, in-40 de 16 pp.)\nMASSON (Paul-Marie). Chants de Carnaval Florentins, de l'époque de Laurent\nle Magnifique. (Bibliothèque de l'lnstitut français de Florence. Paris M. Senart et Cie, 1913,\nin-fol. de 106 pp. Fr. 6)\nGASTOUÉ (Amédée). Variation sur la Musique d'église. (Paris, Editions de la\nSchola Cantorum, 1913? 'n-4° de PP- I*s°)\nGREGORY (Julia). Catalogue of early books on music. Library of Congress.\n(Washington. Governement printing office, 1913> în~4 de pp.)\nLACH (Robert). Studien %ur Entwickelungsgeschlchte der ornamenialen Melopoïe.\n(Lpz. Kahnt Nachfolger, 1913, in-40 de 735 pp.+ 98 pp. de musique. Mk. 22.)\nDEUTSCHE MUSIKBUECHEREI. (Regensburg, Gustav Bosse. Collection\nde volumes in-120.) Bd. I, FRANKENSTEIN, A. Seidl. Bd. 11, A. SEIDL, Hellerauer\nSchulfeste. Bd. 111, B. MARX, Wege zu Beethoven. Bd. IV, A. WEWELER, Ave\nMusikai. Bd. V, A. SEIDL, Moderner G Bd. VI,\nA. LORTZING, Gesammelte Briefe. Bd. VII, A. SEIDL,\nPETIT (ALBERT). La fonction vo (Paris, 2 rue Blanche,\n1913, in-40 de 265 PP-> fr- 8-)\n- THOMAS-SAN-GALLI (W. A.). Mona Lisa.(Jena, Costenoble 1913, in-120\nde 197 pp. Mk 2,25.)\nTEANNIN (Dom J.). Le chant liturgique syrien. (Paris. Extrait du journal Asiatique.\n1912 in-8° de 132 pp.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c070", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c070", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 36, "image_fin": 41, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.7.2", "titre_corps": "SINGER (Kurt.) Richard JVagner. (Berlin-Morawe et", "titre_sommaire": "SINGER (Kurt.) Richard JVagner. 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Etudes sur Boïeldieu, Chopin et Liszt.\n(Rouen 1913, 113 p.)\nEtrange Association. La première partie est sinon la plus\nattrayante, du moins la plus utile au point de vue documentaire :\nce sont des lettres ou fragments de Boïeldieu entre 1827-1830 :\nelles nous montrent, en même temps que les difficultés où se débat-\ntait le théâtre à cette époque, le caractère bon enfant de Boï'el-\ndieu, qui tantôt malade, tantôt menacé dans les intérêts, tantôt assailli par les soucis de\nfamille, fait cependant bonne contenance, et n'avoue qu'à demi les peu réjouissantes perspec-\ntives qu'il entrevoit. \" Chopin \" et \" Liszt \" n'ajoutent pas grand chose à ce que nous\nsavons d'eux ; le caractère de ces dernières études s'adapte davantage à la conférence qu'au\ntravail musicologique proprement dit.\nA. MACHABEY.\nWOLF (Joannes). Handbuch der Nctationskunde, Ie partie, VIIIe volume de la collec-\ntion des Kleine Handbûcher der Adusikgeschichte H. Kretzschmar, (Lpz. Breitkopf 1913, in-8°\nde 488 pp. MK. 10)\nL'ouvrage que nous présentons aujourd'hui aux lecteurs de S. I. M. mérite mieux qu'un\nbanal compte rendu. Aussi bien c'est un livre de curieux intérêt et de copieuse documentation,\nconsacré à u l'art de la notation\" depuis l'antiquité jusqu'à la renaissance. Certainement, nul\nmusicologue n'était plus qualifié pour écrire ce \"manuel\", (bien plutôt une \" somme \")\nque le savant auteur de la belle histoire de la notation mesurée au moyen âge l, notre éminent\ncollègue M. Joh. Wolf."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.37", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4275, "texte": "Le nouveau livre de M. Joh. Wolf est fort habilement fait : spécialiste de la notation\nmesurée telle qu'elle se forma vers la fin du XIIIe siècle, l'auteur, pour les autres formes de la\nnotation, a fait appel aux principaux spécialistes, tels que les Bénédictins et M. Peter Wagner\npour l'art neumatique, Aubry et Beck pour l'interprétation \" modale \" des chants des trou-\nvères et des troubadours, M. Ludwig pour les organa des XIP-XIIP siècles, Ruelle pour\nles chants gnosticomagiques. etc. En somme, M. Joh. Wolf a faites siennes la documentation\net les conclusions de tous ces érudits, chacun selon sa partie.\nCe livre est divisé en quatre sections : I, notations alphabétiques de l'antiquité et du\nmoyen-âge latin ; 11, notations par accents : ekphonétique, byzantine, notation grecque\nmoderne, ancienne notation russe, neumes latins, que l'auteur suit jusque dans leurs dérivés\ndes XVIe et XVIIe siècles, y compris les livres anglicans et luthériens allemands; 111, notation\ndes trouvères et des troubadours, \" ars antiqua \", et notations italiennes; IV, 1' \" ars nova\"\njusqu'à ses dérivé dans l'écriture des maîtres du XVIe siècle. C'est dire combien l'ouvrage est\ncomplet.\nIl est presque trop complet : je veux dire que l'auteur a presque trop étendu la matière\nqu'il a traitée. Certes, M. Joh. Wolf est un maître ès-notations mesurées; la première partie\nde son livre, jusqu'au deuxième chapitre de la seconde section, renferme d'excellentes pages,\net, depuis ce chapitre jusqu'à la fin, on ne saurait mieux faire : toute cette seconde partie du\nlivre est parfaite. Mais, par cela seul que l'auteur, en son début, a surtout eu recours aux\nlumières d'autres spécialistes, il y a là quelques inégalités et quelques lacunes. Comment notre\nsavant confrère, en adoptant, avec juste raison, l'interprétation des Bénédictins pour la lecture\nde la notation latine ', en suivant avec les réserves nécessaires, le système Becq-Aubry pour les\nchants de troubadours et de trouvères, comment dis-je, a-t-il penché vers H. Riemann et Paul\nRunçe pour la lecture des manuscrits allemands 2, écrits suivant les mêmes systèmes de notation,\net ayant suivi les mêmes développements ? Il y a là, évidemment, une contradiction regrettable.\nCertaines transcriptions données dans la première partie de l'ouvrage, depuis le chant\ngrec de la p. 25, (où il devrait y avoir des mesures irrationnelles à 7/8) jusqu'à Vorganum de la\np. 229, où je n'adopterais point les traductions de la plie a telle que l'entend l'auteur, 0 souffrent\nde ces contradictions. Il est très regrettable aussi de ne pas avoir utilisé, en ce qui concerne\nla notation grecque, tous les travaux de Gevaert, tels que son édition des Problèmes musicaux\nd'Aristote, où le savant belge corrige certaines affirmations trop absolues de son Histoire de la\nmusique dans Vantiquité', dont plusieurs passages ont vieilli. Deux lacunes aussi : dans le\nchapitre consacré aux notations par accents, on est surpris de ne rien trouver sur la notation\nhébraïque, 4 et, dans celui qui traite des débuts de la diastématie, de ne point voir figurer la\nnotation aquitaine, où déjà, (lorsqu'ailleurs on employait les neumes-accents), au IXe siècle, les\nsignes musicaux sont superposés, suivant le principe d'où sortit plus tard la portée. Je dirai\naussi que les références données par Joh. Thibaut sont parfois sujettes à caution ; et j'aurais\nplacé tout ce qui concerne les ligatures et les modes de l'\"ars antiqua\" avant les œuvres\n\n1 Que M. Joh. Wolf me permette de lui indiquer qu'on ne cite plus le de Solesmes\nde 1883, depuis qu'il a eu une seconde édition améliorée en 1895, et une refonte complète dans l'édition\nVaticane, en 1908..\n3 L'ouvra»e de Joh. Wolf renferme un chapitre des plus intéressants sur la notation des manuscrits en\nlangue allemande, du XIIe au XVIe siècle.\n' 3 Et où je n'adopterais point, avec autant d'absolu, les règles de la musica ficta ; un \" ténor \" aussi\nconnu que Régnât ne souffre point de Fa fi (voir mon étude faite en collaboration avec Aubry sur les Ténors\nlatins du ms. de Montpellier, (Paris, Champion).\n4 Puis-je ici renvoyer à mes Origines du chant romain, (Paris 1907), où j'ai publié pour la première fois les\nplus anciennes transcriptions musicales connues des signes hébraïques."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.38", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3784, "texte": "des poètes musiciens. Les troubadours et les trouvères ne faisaient encore que balbutier, quand\nles organistœ de la cathédrale de Paris échafaudaient déjà leurs compositions en \" triple \"\net en \" quadruple Enfin, Walter Odington fut un contemporain de Philippe de Vitry,\nce qui change entièrement les conclusions à tirer de ses œuvres.\nQu'on me pardonne d'entrer en ces détails : l'œuvre de M. Wolf est de celles qni ne\nsouffrent point la médiocrité. Oui bene amat, dit le proverbe, bene castigat : je suis de ceux-là, et\nserais heureux, pour ma part, de voir ce livre intéressant tenir compte de mes critiques, en une\nprochaine \" seconde édition \".\nAMEDEE GASTOUÉ.\nSTUDIEN zur Musikwissenschaft. Beihefte des Denkmaeler der Tonkunst in Oester-\nreich, unter der Leitung von Guido ADLER. (Lpz., Breitkopf, et Wien, Artaria, 1913, in-40\nde 303 pp.)\nLes Denkmaeler autrichiens et leur chef éminent le Prof. Adler, ayant remarqué qu'il\nétait assez difficile de concilier les exigences d'une publication de textes musicaux, avec les\nétudes historiques dent ces textes provoquent et nécessitent l'apparition, ont décidé de grouper\nà part les monographies qui dépassaient la mesure de simples introductions.\nNous avons ici le premier volume de ces Il contient quatre articles, un peu dans\nle genre de notre \" Année Musicale L'un de Wellesz sur Cavalli, l'autre de Neuhaus sur\nA. Draghi,le troisième de Kurth sur les opéras de jeunesse de et enfin quelques\ndocuments d'archivé présentés par le Dr Koczirz. On le voit, une certaine unité de plan\nrègne dans cc volume, au rebours de la variété contrastante qu'on s'efforce chez nous d'obtenir\ndans ces sortes c ouvrages. C'est qu'il s'agit ici de ce que nous n'avons pas encore en France\nle courage de présenter ouvertement, une publication savante, non musicale, mais musicologique.\nCavalli, Draghi et Gluck jeune forment 150 ans d'histoire de l'opéra italo-viennois de\n1640 à 1760 environ. Il ne manque à cette suite qu'un chainon, qui pourrait être Caldara, au\ndébut du XVIIIe siècle. Réunies, ces trois études nous permettent une vue d'ensemble de\nl'évolution de la musique dramatique, à l'Est de l'Europe, depuis la fin de Monteverde jusqu'à\nla révolution gluckiste. Elles nous montrent, toutes trois, le partage de plus en plus conscient\ndes éléments lyriques et des éléments dramatiques dans l'opéra. Tandis que l'action se confine\ndans un récit tout-à-fait secco, l'expression des sentiments se localise et se condense dans les\nairs. Pour obtenir la spécialisation de ces deux éléments le drarna per musica, dès Monteverde\ndéjà, cherche à se simplifier, à atteindre ce minimum qui servira de point de départ au style\nnouveau. De là, cette différence qui sépare Y Ide , et qui nous surprend\nchez un homme aussi riche d'imagination que Monteverde. Cavalli, élève direct de ce dernier,\nest franchement un minimiste. Draghi (1635-1700) étoffe déjà plus, et sa naturelle disposition\nà traiter des sujets bouffes en fait un prédécesseur charmant de Pergolése. Quant à Gluck,\ntout jeune encore, il est à la hauteur de son temps, et M. Kurth cite des airs d'Artamène (1743)\nd'lpermnestre (1744) et d'Antigone (1756) qui conviendraient admirablement au répertoire\nd'un grand mariage parisien. C'est vocal, onctueux, développé avec sûreté. On n'a pas fait\nmieux depuis.\nMM. Neuhaus, Kurth et Koczirz se montrent ici bons et solides historiens. M. Wellesz\nfait preuve d'une subtile et personnelle esthétique, qui apparaît rarement à travers la stricte\nméthode de la musicologie d'Outre-Rhin. Les perpétuelles comparaisons qu'il cherche à\nétablir avec les arts voisins du nôtre, et entre les différents pays d'Europe, la recherche des\ncauses et la poursuite des idées générales, enfin le souci de ne pas se limiter à la présentation"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.39", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3809, "texte": "des documents bruts, tout nous engage à prédire à notre collègue une carrière brillante.\nHardie, soutenable cependant, me semble la thèse suivante : \" la musique en France a\ntoujours eu pour but d'offrir à la sensibilité l'image tranquille de la nature extérieure, bien\nplutôt que d'exprimer vivement des états d'âme. L'élan particulier au Français, manque\njustement à sa musique naturelle. C'est pourquoi les romantiques français en musique doivent\nêtre considérés comme des imitateurs de l'école allemande ; et pourquoi aussi les modernes\nles désavouent, en prêchant un retour à Rameau, c'est-à-dire à la tradition de la musique\nobjective... \" Que vont dire les graves critiques, apôtres de l'accent dramatique de Rameau ?\nCeci encore me paraît à retenir : \" Une sorte d'optimisme, écrit Wellesz, s'est in-\ntroduit dans l'histoire et nous pousse à considérer le présent comme en continuel progrès\nsur le passé. Nous nous accoutumons à accorder la valeur de points culminants aux périodes,\ndont les tendances artistiques se rapprochent des nôtres, et nous parlons de moments de déca-\ndence pour les autres. Prenons garde ! Dans la peinture, où le sentiment historique est\nbeaucoup plus développé qu'en musique, il arrive qu'une école ancienne décriée, considérée\ncomme barbare et décadente (Cimabue), se trouve étudiée, comprise et remise en honneur par\nune école moderne (les préraphaélites), et tout aussitôt sa valeur nous apparaît. Il en sera de\nmême chez nous. Par exemple, le prince de Venose, pour qui Ambros n'eut pas assez de\ndédain, devient, sous l'empire de notre chromatisme récent, une sorte de personnage, qui va\nprendre son rang... Il faut considérer les faits comme des données de la nature, sans nous\ndemander perpétuellement quel fut leur droit à l'existence... \" Voilà un langage nouveau, et\nqui fait honneur à l'histoire de la musique.\nCH. L.\nREINACH (Théodore). Tibia. (S. 1. n. d., in-fol. de 37 pp. Extrait du Dictionnaire\ndes Antiquités.)\nLe ronflement bruyant, criard et orgiaque de Vaulos grec, la tibia romaine, domina toute\nla musique antique, depuis le cinquième siècle avant notre ère, jusqu'à l'aurore des temps\nmodernes, laissant dans les textes, et sur les monuments les plus variés, des témoignages\nnombreux de sa glorieuse destinée. Cet aulos était, non pas une flûte comme on nous l'enseigne\nnégligemment dans les classes, mais un instrument de perce cylindrique, avec ou sans pavillon,\net pourvu d'une anche double, c'est-à-dire une sorte de clarinette-hautbois, dont les variétés, au\ncours de ces mille ans, se multiplièrent, en passant de la Phrygie à l'ltalie et de la civilisation\nétrusque à celle d'Alexandrie.\nM. Reinach consacre à cette illustre famille de nos instruments occidentaux une mono-\ngraphie dont la précision, la prudente réserve archéologique et l'extraordinaire érudition\npeuvent être données en modèle à tous les historiens de la musique. Le nombre de textes grecs\net latins réunis dans les notes qui forment l'appareil critique de cette étude, est vraiment\nimpressionnant. Et non moins remarquable est la clarté avec laquelle l'auteur a su condenser\nen quarante pages les résultats de ses vastes recherches, et les conclusions d'une enquête aussi\nadroitement menée à travers le dédale des auteurs anciens et modernes. Je ne regrette qu'une\nchose, c'est que les nécessités d'un dictionnaire aient limité la place et le nombre des repro-\nductions accordés à l'auteur. Nous aurions pu avoir certainement un joli volume in-120 de\n25° pages avec des photographies directes, remplaçant les dessins toujours moins saisissants; et\nc'eût été un livre définitif.\nCar, l'instrument, son origine, sa facture dans tous ses détails, son histoire, sa technique,\nson rôle musical, social, artistique tout est nettement présenté dans cet ouvrage fonda-"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.40", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3367, "texte": "mental, qui évoque devant nous dix siècles de culture greco-romaine. Nous pouvons constater\nune fois de plus combien la littérature des anciens est inséparable de la musicalité, avec\nlaquelle elle est apparue et s'est développée. Chez les latins eux-mêmes (c'est tout dire\nlorsqu'il s'agit d'art !) le tibicen resta longtemps indispensable. Comment peut-il se faire\nque précisément cet élément sonore soit le seul qui ait disparu avec le monde ancien qu'il\nfaisait vibrer, et que nous n'ayons plus, de cet art bruissant, chantant, modulant sans cesse,\nque la lettre morte, dont la prononciation même nous échappe ? Tout au moins des recherches\nparallèles à la philologie, comme celles dont il s'agit ici, aideront-elles notre imagination à\ns'approcher de l'antiquité autrement que par la triste grammaire et par la morne syntaxe\nverbale, et à deviner, derrière le sens des textes, la réalité vivante et sensible de leurs sonorités\ndéfuntes. J. E.\nDAURIAC (Lionel). Meyerbeer.(Collection Alcan, 1913, in-120 de 216 pp. 3 fr. 50.)\nTâche délicate d'écrire un livre de vulgarisation sur l'auteur Une vie\nsans relief, prosaïque, de labeur patient et de succès lentement préparé offre au biographe un\ncurriculum vitae assez bourgeois. Quant aux œuvres, encore d'actualité (en province), elles\nont du mal à entrer définitivement dans l'histoire ; d'où un perpétuel flottement dans le point\nde vue de celui qui veut les apprécier. M. Dauriac a parfaitement compris cette situation\nfausse ; d'une main il polémise, et de l'autre il situe, si j'ose dire. Avec cette merveilleuse\nsouplesse d'idées et de style que nous lui connaissons, il donne ou refuse, il abandonne ou\ndénie à Meyerbeer telle qualité, tel défaut ; il nous montre sans cesse des facettes nouvelles de\nson héros et de ses oeuvres. De cette critique kaléïdoscopique nous emportons une impression\nqui ne doit pas être éloignée de la réalité, la musique de Meyerbeer devant sans doute rester\nle type de l'art composite, et comme la tour de Babel de notre opéra. Un livre bien français,\nde fine psychologie et de délicate intuition.\nBREITKOPF ET HAERTEL . Das Musikb(Breitkopf, 1913,01-8° de 390 pp.)\nCe livre est un catalogue méthodique et richement présenté de la littérature, c'est à dire\ndes ouvrages sur la musique, édités par la séculaire et puissante maison de Leipzig. Une jolie\ntypographie, en deux couleurs, des portraits et photographies, des facsimilés d'autographes,\nrendent attrayant cet instrument de librairie et de diffusion, dont l'exemple devrait bien tenter\nun de nos grands éditeurs parisiens.\nGUTMANSTHAL (N. de). Souvenirs de Liszt. (Breitkopf, I9X3> in~l2° de 69 pp.\nMk. 2.)\nLe père de l'auteur fut consul d'Autriche à Odessa, et, en cette qualité fit connaissance\nde Liszt en 1847, au moment même où le futur abbé retrouvait Caroline de Wittgenstein,\nentrevue déjà à Kiew. Le grand pianiste, au cours des années suivantes eut occasion d'échanger\nquelques lettres avec M. de Gutmansthal, dignes d'intérêt, pleines de verve et de charme,\net fort agréables à lire. Elles ajouteront au bagage épistolaire de cet homme considérable.\nDUSSAUZE (Henri). u Captain\" Cooke a (S. 1. u. d., in-8® de 124 pp.)\nQuelle singulière fortune que celle de cet ouvrage, thèse de doctorat ès-lettres soutenue\nen Sorbonne, qui nous revient sous la forme d'un petit volume anglais dépourvu de toute"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.41", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2315, "texte": "indication d'éditeur et modestement intitulé \" A contribution to the history of secular music in\nEngland. \" La période étudiée ici, le milieu du XVIIe siècle pour n'être pas aussi originale\nque celle des Virginalistes Elisabethéens ne manque cependant pas d'intérêt, ni de fécondité ;\nc'est une de ces terres promises, où la musicologie trouvera encore à glaner plus d'une fois.\nOn pourrait reprocher à M. Dussauze de s'être limité un peu trop rigoureusement à son\nsujet. Nous ne demandons pas mieux que de nous intéresser au Captain et à ses Choir Boys,\nmais quelques mots sur l'état général de la musique anglaise avant leur venue eussent été\nici bien à leur place. Et de plus, certains aperçus sur les origines de la Sonate fort\nintéressants par eux-mêmes l'eussent été encore davantage, étayés par quelques\nrapprochements et quelques points de comparaison ; les mêmes problèmes ne se sont-ils pas\nposes pour la France, pour l'Allemagne et pour l'ltalie ? certaines questions d'art sont forcément\ninternationales. Il faut néanmoins saluer comme l'indice d'une largeur d'esprit certaine\n1 intérêt qui nous porte depuis peu vers l'art anglais et vers tout ce qui s'y rattache. Nous\navons été trop longtemps enclins à condamner en bloc toute musique ayant résonné de\nl'autre côté du détroit. Il n'est jamais trop tard pour devenir plus équitable.\nJ. K.\nDENKMAELER DER TONKUNST in Oesterreich, Bd. 40 et 41 (Wien Artaria\n2 vol. in-fol.)\nLe premier de ces volumes contient la partie IV de YOpus Musicum de Jacob Handl\n(Gallus), paru en 1587, publié ici par MM. Bezecny et Mantuani avec une courte introduction,\net un soin qui me paraît louable. Malheureusement des œuvres aussi polyphoniques, écrites\nsouvent à plusieurs chœurs, et sans réduction de clavier aucune ne sont pas accessibles à un\npublic très nombreux.\nLe second volume confié à M. H. Rietsch, présente un manuscrit de Minnesaenger, en\nfacsimilé et transcription, également avec quelques mots de révision. Il y a là de jolies mélodies\ncomme celle-ci :\nGRATTAN FLOOD. The Dublin Society for the support of decayed musician.\n(Reprinted from the Journal of the Royal Society of antiquaries of Ireland.)\nCes quelques pages nous apportent des documents d'archivé sur une société de prévoyance,\nformée à Dublin pour les musiciens au XVIIIe siècle."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c072", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c072", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 41, "image_fin": 42, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.7.3", "titre_corps": "LIVRES REÇUS", "titre_sommaire": "LIVRES REÇUS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.41", "debut_caractere": 2317, "fin_caractere_exclue": 2478, "texte": "LIVRES REÇUS\nBARZUN. Poème et drame (Paris, Figuière et Cie, 1913, in-8° de 58 pp.)\nGREEN. Some aspects of chinese (London. Reeves, 1913, in-120 de\n150 pp. 2 s.)"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.42", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 1917, "texte": "CLOSSON. Notes sur la chanson populaire en Belgique (Bruxelles, Schott. 1913\nin-8° de 84 pp. Fr. 1.50)\nHILDEBRANDT (Merrick). Ce (Genève, 29 quai\ndes Bergues, 1913, in-12° de 16 pp.)\nCHENNEVIÈRE (Daniel). Claude Debuss (Paris, Durand, 1913, in-\nde 48 pp. Fr. 2)\nEMMANUEL (Maurice). Traité de F accompagnement modal des psaumes. (Lyon\nJanin frères, 1913, in-40 de 210 pp. Fr. 6)\nORTIZ (Diego). Tratado de glosas sobre clausulas... Roma 1553. Herausgegeben\nvon Max SCHNEIDER. Veroeffentlichungen der Ortsgruppe Berlin der Internationalen\nMusikgesellschaft. (Berlin, Liepmannssohn, 1913* obi. de 136 pp.)\nSPRINGER (Herman). Das Partiturautog Scarlattis\nClemenzia di Tito. (Berlin, Breslauer, in-40 de 16 pp.)\nMASSON (Paul-Marie). Chants de Carnaval Florentins, de l'époque de Laurent\nle Magnifique. (Bibliothèque de l'lnstitut français de Florence. Paris M. Senart et Cie, 1913,\nin-fol. de 106 pp. Fr. 6)\nGASTOUÉ (Amédée). Variation sur la Musique d'église. (Paris, Editions de la\nSchola Cantorum, 1913? 'n-4° de PP- I*s°)\nGREGORY (Julia). Catalogue of early books on music. Library of Congress.\n(Washington. Governement printing office, 1913> în~4 de pp.)\nLACH (Robert). Studien %ur Entwickelungsgeschlchte der ornamenialen Melopoïe.\n(Lpz. Kahnt Nachfolger, 1913, in-40 de 735 pp.+ 98 pp. de musique. Mk. 22.)\nDEUTSCHE MUSIKBUECHEREI. (Regensburg, Gustav Bosse. Collection\nde volumes in-120.) Bd. I, FRANKENSTEIN, A. Seidl. Bd. 11, A. SEIDL, Hellerauer\nSchulfeste. Bd. 111, B. MARX, Wege zu Beethoven. Bd. IV, A. WEWELER, Ave\nMusikai. Bd. V, A. SEIDL, Moderner G Bd. VI,\nA. LORTZING, Gesammelte Briefe. Bd. VII, A. SEIDL,\nPETIT (ALBERT). La fonction vo (Paris, 2 rue Blanche,\n1913, in-40 de 265 PP-> fr- 8-)\n- THOMAS-SAN-GALLI (W. A.). Mona Lisa.(Jena, Costenoble 1913, in-120\nde 197 pp. Mk 2,25.)\nTEANNIN (Dom J.). Le chant liturgique syrien. (Paris. Extrait du journal Asiatique.\n1912 in-8° de 132 pp.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c073", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c073", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 43, "image_fin": 44, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.8", "titre_corps": "Les Théâtres", "titre_sommaire": "Les Théâtres", "signature_source": "Emile Vuillermoz", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.43", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1713, "texte": "Les Théâtres\n\nLES TROIS MASQUES\nOn nous avait dit : \" C'est du théâtre ! \" et cette formule magique nous avait fait entre-\nvoir toute une série de phénomènes aussi mathématiquement réglés que le cours des astres et\nl'heure des marées. \" C'est du théâtre; c'est du bon théâtre \"... on sait ce que signifient ces\ncertificats. \" C'est du théâtre \" veut dire qu'il y aura dans le livret une succession d'événements\nsaisissants, une action attachante, des épisodes adroitement enchaînés, des pages illustrées\nrapidement tournées, du mouvement, de l'action directe, des coups de couteau, de fusil ou de\nbâton, du sang, de la volupté et de la mort. \" C'est du théâtre \"... voilà qui excuse d'avance\ntoutes les inélégances de langage, toutes les imperfections de l'écriture, les incorrections, les\nfautes de français et les maladresses de style ; voilà qui permet aussi au compositeur de faire\nbon marché des scrupules techniques, de négliger son harmonie, de se contenter de la première\nidée mélodique venue pourvu qu'elle ait de l'accent, de renoncer au travail des développements,\nde simplifier son orchestration et de briser toute entrave esthétique.\nN'allez pas objecter qu'il n'y a peut-être pas qu'une seule espèce de \" théâtre \" et qu'on\npeut fonder une œuvre parfaitement scéniquesur un lyrisme moins frénétique, sur de l'émotion,\nsur de la poésie, sur de la tendresse, sur de la psychologie, du mystère, de l'au-delà, d'immo-\nbiles conflits intérieurs... on vous rirait au nez sans daigner vous honorer d'une réponse.\nN'allez pas faire observer que \" Pelléas \" qui, paraît-il, ne peut pas prétendre au titre d'œuvre\nthéâtrale, tient assez solidement le plateau alors que \" Sanga \" qui est \" le théâtre \" même, a"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.44", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3422, "texte": "cessé de fréquenter celui de l'Opéra-Comique, on se contenterait de hausser les épaules.\nFaire \"du théâtre\" est une expression consacrée qui veut dire faire du vérisme. Il suffit\nde s'entendre sur le sens des mots en matière d'art pour mettre tout le monde d'accord.\nMM. Charles Méré et Isidore de Lara ont eu, l'un et l'autre, l'intention bien arrêtée\nde faire œuvre théâtrale en donnant à l'acte angoissant des u Trois Masques\" représenté avec\ntant de succès, sans musique, il y a cinq ans, les caractères et les dimensions d'un drame\nlyrique. On était donc en droit de s'attendre à la série des catastrophes prévues par les\nconventions internationales qui régissent ce genre de travaux. En réalité nous fumes favorisés\nd'une surprise.\nD'abord, le drame de Charles Méré, atteint à l'intérêt sans dérouler le peloton de ficelles\ndramatiques dont l'entrelacement immuable, cent fois observé avec résignation par les\nspectateurs avertis n'a qu'une solidité toute conventionnelle. Certes, la dilatation démesurée\nqu'à dû subir son action si nerveusement ramassée sur elle-même pour donner au musicien les\nmoyens de parfaire deux cent cinquante pages de partition de piano, fut pour le scénario\nprimitif une douloureuse épreuve, mais le résultat obtenu passe tout espoir. Ces quatre actes\nsauf le dernier que le musicien a terriblement alourdi demeurent captivants et riches\nd'atmosphère. Alises en action par M. Durée avec une remarquable intelligence, certaines\nscènes constituent d'inoubliables visions.\nMais la grande surprise nous vint de la partition. M. Isidore de Lara a réalisé de si\nnotables progrès sur ses œuvres précédentes qu'on ose à peine les noter de peur de commettre\nune impertinence ! Comme il y a loin de l'écriture des u Trois Masques \" à celle de u Solea \"\nou de \" Messaline\"! Sans doute, pour taquiner les musiciens modernes qu'il ne chérit pas\nd'une tendresse immodérée, si l'on en croit ses biographes, il continue à prendre avec l'ortho-\ngraphe musicale des libertés un peu méprisantes, sans doute il traite assez cavalièrement les\ntraités d'harmonie et ne tient aucun compte des relations diplomatiques en usage entre les\nquintes et les octaves, mais ces incartades qui, pour lui, étaient autrefois la règle, sont aujour-\nd'hui l'exception et nous trouvons à chaque pas des coquetteries d'écriture absolument\nimprévues. Voici des appogiatures expressivement interprêtées, voici une adroite utilisation de\nla gamme mineure sans altération du sixième degré, voici des accords chromatiquement déduits,\nvoici des imitations, voici de la romance bien taillée en pleine musique italienne, bien coupée,\nbien \" balancée \" comme disent les connaisseurs. Voici enfin justifiée par trois ou quatre\nmélodies solidement u envoyées \", cette ambition, jusqu'ici mystérieuse, de l'auteur de Sanga,\nd'être un champion de l'art vocal et du bel canto. Assurément cet idéal n'est pas celui de tous\nnos contemporains et n'est, en tous cas, pas le mien ! Mais notre devoir n'est-il pas de\nproclamer le résultat complet des courses, quel que soit l'emplacement du poteau d'arrivée ?\nDans le grand-prix international du vérisme j'ai noté dernièrement le peu de confiance que\nm'inspirait un favori, je m'empresse de déclarer aujourd'hui qu'il faut compter avec un outsider.\nLa critique n'a pas d'autre rôle. Au public de choisir avec soin le guichet du pari-mutuel où\nil portera ses enieux !\n\nEmile Vuillermoz."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c075", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c075", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 45, "image_fin": 47, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.9", "titre_corps": "CONCERTS COLONNE – SOCIÉTÉ DES NOUVEAUX CONCERTS", "titre_sommaire": "CONCERTS COLONNE – SOCIÉTÉ DES NOUVEAUX CONCERTS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.45", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1939, "texte": "CONCERTS COLONNE - SOCIÉTÉ DES NOUVEAUX CONCERTS\nLorsque le rideau des brouillards d'Octobre est retombé sur le dernier acte de la féerie\nautomnale, lorsque les machinistes du théâtre de la Nature ont remisé au \" lointain \" les\nportants et les toiles de fond couleur de rouille de l'apothéose finale, les sociétés de concerts\ns'empressent de planter leur décor musical et de faire la \" mise en état \" symphonique pour\nleur réouverture annuelle.\nIl faut bien l'avouer, ceci ne tue pas cela et le second spectacle ne vaut pas le premier.\nMais, que voulez-vous, il faut bien faire quelque chose pour les milliers de braves gens qui\ndemandent à toucher, le dimanche, sous la forme d'une petite somme d'idéaî, le prix d'une\nsemaine de labeur. Reconnaissons, en passant, qu'ils savent, à cet égard, se contenter d'un\nsalaire de famine.\nAu fond, nos peintres symphonistes n'accordent pas une attention assez fervente\nà la beauté des saisons. Ils étudient la nature dans des ouvrages où elle revêt un aspect\ndésagréablement artificiel, où les rochers sont en carton et les feuillages, en gaze peinte.\nOr, la musique est précisément l'art qui est le plus près de la nature, celui qui lui tend le\npiège le plus subtil. Malgré leurs prétentions de traducteurs-assermentés, les peintres et les\nsculpteurs ne peuvent nous donner de la beauté de l'univers qu'une interprétation assez libre\net toujours fragmentaire. Ils ne saisissent et ne fixent qu'un seul de ses aspects, un seul de ses\ninstants : seuls, les musiciens ont le privilège de capter toute la poésie de la nuit et du jour,\nde la terre et du ciel, d'en reconstituer l'atmosphère et d'en rythmer l'immense palpitation.\nNous savons que c'est un privilège dont ils n'abusent pas. Il est rare que la nature leur arrache\nun de ces cris sincères d'amants qui font le charme de certaines pages du ; le plus\nsouvent leur passion s'accommode d'une végétation que la littérature a desséchée entre les"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.46", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3510, "texte": "feuillets de ses livres : Berlioz s'en contenta toute sa vie. Son génie trouva d'âpres délices\nà promener sa nostalgie dans un magasin de fleurs artificielles.\nLa musique de notre époque sut échapper à ce travers romantique de la vision littéraire\nmais elle a d'autres faiblesses. On a pu noter, en ces dernières années, son indulgence particu-\nlière pour la rigueur mécanique de certains agencements de paysages. Il n'est évidemment pas\nindispensable de revenir à la naïve esthétique de Jean-Jacques Rousseau mais, tout de même,\nle passé nous donne quelques spirituelles leçons. Nous avons besoin de méditer l'exemple que\nnous proposent certaines petites pièces de clavecin de Couperin ; elles sont d'adorables modèles\nd'une grâce et d'un naturel que nous ne connaissons plus. Rien ne peut faire oublier le parfum\nsournoisement voluptueux, la fine perversité inavouée qui rôdent innocemment autour des\nBarricades mystérieuses....\nAvouons-le franchement, l'art de s'exprimer symphoniquement est de ceux qui ne\ns'apprennent pas. Aucun Conservatoire, aucune Schola n'en détient le secret. Le théâtre offre\ndes ressources heureuses de gestes, de cris, de mouvements qui viennent au secours du musicien\nembarrassé mais la musique pure ne met aucune bonne volonté a le tirer d affaire. Il faut avoir\nen soi le don d'évocation ou renoncer immédiatement à la lutte. Et puis, d'où vient la musique\nsymphonique de notre pays? Quelle est l'hérédité qui nous guide vers ce mode d'expression?...\nNos musiciens se sont inspirés d'abord des poèmes de Liszt, puis de ceux de Richard Strauss\navec une grande docilité. Notez, d'ailleurs, que toutes leurs tentatives d'émancipation ont été\nsévèrement réprimées. Chaque fois qu'ils voulurent s'affranchir de cette tradition, ils furent\nrappelés à l'ordre. On les accabla sous le poids de sublimes exemples. Beethoven à qui l'on\ndevrait bien permettre de prendre, en matière de critique, un repos bien gagné Beethoven\nfut appelé à la rescousse. Des juges sévères prononcèrent de terribles sentences, au nom des\nrègles classiques de la construction dont ils ignorent le mécanisme le plus élémentaire. Savent-\nils que personne ne poussa plus loin que Bach, l'un de leurs législateurs, la liberté et la fantaisie\nde l'écriture et de la forme ?\nPourquoi, de plus, ne veulent-ils pas comprendre que ce ne serait vraiment pas la peine\nd'avoir tant de siècles de musique derrière nous, d'avoir bénéficié de ce magnifique héritage\nintellectuel et de chercher puérilement à récrire l'histoire. Notre devoir n'est-il pas, au contraire,\nde trouver la formule symphonique qu'exige notre époque, celle qu'appellent les progrès, les\naudaces et les victoires modernes? Le siècle des aéroplanes a droit à sa musique. Qu on ne\nlaisse pas les défenseurs de notre art s'immobiliser au dernier rang de l'armée des chercheurs\nqu'ils ne soient pas distancés par le génie des mécaniciens.\nLa musique dramatique est directement intéressée à cette transformation des mœurs\nsymphoniques. Son sort est lié à celui de la musique pure. Si elle souffre aujourd'hui c'est\nparcequ'elle a mal interprété l'idéal wagnérien et a voulu en tirer une formule inacceptable\npour notre race. Wagner n'est pas un bon professeur de français.\nEpurons notre musique. Appliquons nous à la décongestionner. Cherchons à obtenir une\nmusique plus nue. Gardons nous de laisser étouffer l'émotion sous l'amoncellement des motifs\net des dessins superposés : comment en rendrions nous la fleur ou la force en conservant la"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.47", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2700, "texte": "préoccupation de tous ces détails d'écriture, en maintenant une impossible discipline dans la\nmeute grouillante des petits thèmes qui se bousculent et se chevauchent pour mordre aux jambes\nle pauvre sentiment qui cherche bientôt son salut dans la fuite !... En règle générale, toutes\nles fois, qu'en art, on pense à compliquer une forme ou un sentiment, c'est qu'on ne sait pas\nce qu'on veut dire.\nMais il faut surtout nous convaincre que nos compatriotes n'aiment pas la musique. Les\ncompositeurs ne se sentent pas encouragés à livrer des batailles et à chercher du nouveau. On\nn'aime pas la musique en France : si vous en doutez écoutez seulement sur quel ton en parlent\nles critiques ! Comme on voit bien qu'ils n'ont pas de tendresse pour elle ! Ils semblent toujours\nassouvir sur l'infortunée une obscure rancune, une vieille haine tenace. Ce sentiment n'est pas\nspécial à notre époque. De tout temps la beauté a été ressentie par certains comme une secrète\ninsulte. Ils éprouvent instinctivement le besoin d'en tirer vengeance en abaissant l'idéal qui les\nhumilie. Qu'il y a loin de cet état d'âme haineux à la juste sévérité d'un Sainte-Beuve, qui,\nlui, aimait la littérature ou d'un Baudelaire qui fut, en même temps qu'un merveilleux artiste,\nun critique d'une compréhension unique.\nIl nous reste pourtant un moyen de faire revivre le goût de la musique symphonique\nparmi nos contemporains : appliquons à la musique pure le traitement du cinématographe.\nC'est le film le film d'Ariane qui nous permettra de sortir de cet inquiétant labyrinthe.\nMM. Léon Moreau et Henry Février viennent d'en fournir la preuve avec le plus grand\nsuccès. Les innombrables auditeurs qui s'ennuient à l'audition de la Passion de Bach, et même\nde la Messe en r/, retrouveraient toute leur attention et toute leur émotion si l'écran prenait\nen pitié leur détresse. On pourrait même y ajouter la cinématographie des instants par\nlesquels a passé l'auteur au moment de la composition de son œuvre...\nQue de malentendus seraient ainsi évités ! Le spectateur n'est pas toujours responsable de\nses erreurs ! Il ne peut pas toujours préparer son audition comme une thèse ; la vie normale\nd'un citoyen n'est pas spécialement favorable à la suggestion des émotions esthétiques.\nL'auteur ne serait plus trahi, nous serions débarrassés des fausses interprétations, nous con-\nnaîtrions enfin avec certitude la vérité, la vérité, la vérité !...\nMalheureusement nous sommes trop respectueux de nos habitudes, nous ne renoncerons\npas volontiers à nos façons traditionnelles de nous ennuyer et nous imiterons toujours les\nmêmes choses...\nAh ! quel dommage que Mozart ne soit pas français... on l'imiterait davantage."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c077", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c077", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 47, "image_fin": 48, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.10", "titre_corps": "Notes sur les Concerts", "titre_sommaire": "Notes sur les Concerts", "signature_source": "Claude Debussy", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.47", "debut_caractere": 2702, "fin_caractere_exclue": 3057, "texte": "Notes sur les Concerts\n\nNous n'avons pas pu suivre les deux premiers Concerts Colonne parce qu'il est convenable,\nen ce moment, d'avoir la grippe. D'ailleurs, aucune nouveauté ne figurait au programme.\nL'honorable Association a pris le départ à une allure de train-omnibus : ne pourrait-on pas\nlui faire contracter l'habitude de brûler quelques stations ?"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.48", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 510, "texte": "Il a bien fallu pourtant que nous assistions, au Théâtre des Champs-Elysées, aux deux\nsoirées d'inauguration de la Société des Nouveaux Concerts. De ces débuts nous emportons\nl'impression qu'il est difficile d'obtenir une exécution plus rapprochée de la perfection que celle\nqui nous fut offerte par cette jeune Société. Nous avions déjà rendu hommage au talent de\nson chef D. E. Inghelbrecht ; ses efforts ont enfin reçu leur récompense : il a maintenant\nl'orchestre qu'il mérite.\n\nClaude Debussy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c078", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c078", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 48, "image_fin": 51, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.11", "titre_corps": "CONCERTS LAMOUREUX", "titre_sommaire": "CONCERTS LAMOUREUX", "signature_source": "P. de Bréville", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.48", "debut_caractere": 512, "fin_caractere_exclue": 2493, "texte": "CONCERTS LAMOUREUX\n\nMonsieur V\nMon cher ami,\nAu moment de monter en chemin de fer vous m'avez écrit \"Voulez-vous me rendre le\nservice d'entendre pour moi les Concerts Lamoureux pendant mon absence ?... \" 1 puis vous êtes\nparti sans me laisser d'adresse.\nQui ne dit mot consent ! le silence lui fût-il imposé par la force des choses.\nJ'ai donc consulté le très précis calendrier du Père Übu, et j'ai vu que parmi les fêtes\nmobiles de saints plus ou moins fantaisistes, S 1 Esturgeon ou Ste Carpe près de S 4 Polycarpe,\nune solennité demeure immuable : 2â dimanche d'octobre, réouverture des Concerts Lamoureux.\nVotre désir en ayant fait pour moi une fê le 12 octobre je me suis rendu\nau temple où elle est célébrée, salle Gaveau.\nJ'y ai trouvé un concert hors série, un concert exceptionnel.... N'en inférez pas que le\nprogramme méritât ce nom. Si je faisais rôle de critique je crois même que l'occasion se\nprésenterait ici de placer un couplet sur le rajeunissement nécessaire des programmes.\nMais je ne suis pas et ne veux pas être critique. Je n'ignore pas, en outre, qu'il pourrait,\net non sans raison, m'être répondu : si certaines générations sont saturées de Beethoven, de\nWagner, de Franck ou de S 1 Saëns, il est des \"générations montantes \" qui, à leur tour, ont\n\" droit à cette beauté. \"\nJe n'insiste donc pas, mais vous dis en toute simplicité que je fais partie à certains égards\nde la génération saturée.\nNe croyez pas cependant que je vais me plaindre d'avoir, une fois de plus, entendu la\nsymphonie de Franck. D'abord je l'aime, et puis je l'ai aimée dès que je l'ai connue. Elle\n\n1 Cette absence sera de courte durée. Dès le prochain numéro, M. VINCENT D'INDY reprendra possession\nde sa rubrique. N'étant pas appelé à s'absenter de Paris cet hiver aussi fréquemment que la saison dernière,\nl'éminent compositeur se propose même d'honorer notre Revue d'une collaboration particulièrement fidèle, en\nassurant personnellement toute la critique des Concerts Lamoureux."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.49", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3142, "texte": "n'était pas à la mode alors, et ma vanité de \" précurseur \" se doit de lui témoigner une\npublique reconnaissance.\nAssurément je ne suis pas le seul qui aie le droit d'arborer cette fierté, nous sommes\nquelques-uns \" comme çà mais pas très nombreux.\nVous souvenez-vous de la répétition générale de cette symphonie au Conservatoire ? Un\nlaisser-passer avait été accordé \" aux élèves de Monsieur Franck A ceux-ci s'étaient joints\nquelques fervents des Béatitudes et du Quintette,et tout cela formait un petit groupe qui\ntenait facilement dans les deux ou trois premiers rangs des fauteuils.\nNous étions émus. Il nous semblait que quelque chose de grand allait naître.\nA certains d'entre nous notre maître avait expliqué son œuvre :\n\" C'est une symphonie classique.\nAu début du premier mouvement se trouve une reprise, comme on faisait autrefois pour\nmieux affirmer les thèmes. Mais elle est dans-un autre ton. Ensuite viennent un et un\nscherzo liés l'un à l'autre. Je les avais voulus de telle sorte que chaque temps de\négalant une mesure du scherzo celui-ci pût, après développement complet des deux morceaux,\nse superposer au premier. J'ai réussi mon problème.\nLe Finale,ainsi que dans la IXe, rappelle tous les thèmes ; mais ils n'apparaissent pas\ncomme des citations, j'en fais quelque chose, ils jouent le rôle d'éléments nouveaux.\nJe crois que c'est bien. Je crois que vous serez contents ! \"\nCertes, nous fûmes contents ! et je ne puis oublier l'exaltation de Chabrier, de qui\nl'enthousiasme débordant emplissait la petite salle.\nLe lendemain il n'y avait plus de laisser-passer. Parmi les abonnés quatre ou cinq\nd'entre nous seulement purent se glisser. Ils furent presque seuls à applaudir, et cela\nmême au grand scandale de leurs voisins. Je vois encore une vieille dame, toute grave,\nqui, les yeux fixes, parlant comme ex cathedra à toute le monde et à personne, mais en réalité\nà moi, prononçait \" Pourquoi jouer ici cette symphonie ? Quel est ce monsieur Franck ?...\nun professeur d'harmonium, je crois... \"\nA la sortie, nous tremblions de trouver le Père Franck attristé par la froideur du public.\nIl était radieux ! Il avait entendu sa musique, joie qui lui était rarement accordée ; il lui\nsemblait qu'elle avait p1u.... et il comptait qu'elle plairait davantage encore le dimanche\nsuivant, la série B des abonnés ayant, à cette époque, on ne sait pourquoi, la réputation\nd'être plus \" avancée \" que la série A. Déjà il se figurait avoir vaincu l'hostilité des\nchefs d'orchestre et du public, faisait des projets de compositions, songeait à des ouvrages....\nqui seraient exécutés, et, instruit par l'expérience se promettait (Dois-je dire\npromettait ?) d'écrire désormais les cuivres autrement qu'il ne l'avait fait dans le\nLe lendemain la presse demeura muette. Un petit journal musical inséra un article\ninjurieux, où Delibes était accusé de s'être gravement compromis par ses applaudissements.\nPuis les années passèrent. Franck était mort. Sa symphonie, qu'il entendit une fois\nseulement en France, découverte comme ses autres œuvres, fit recette.... et prit place\nau répertoire de toutes les sociétés de concert."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.50", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2972, "texte": "Aujourd'hui certains se plaignent de son retour trop fréquent. Il paraît même\nque quelques jeunes éprouvent à son égard une telle aversion que son exécution leur cause une\nvéritable souffrance.\nPar contre ils auraient décidé d'adresser des témoignages d'affectueuse admiration à\nMr S 1 Saëns qui, lui, ne les peut souffrir, et entendent avec émotion (pourquoi ce mot,\nen cette occasion, prend-il apparence de paradoxe ?...) sa symphonie en ut mineur.\nj'ai peine à croire cependant qu'ils en aiment au même titre l'ingénieux et vivant\npremier morceau et le somptueux finale, ou le mendelsohnien scherzo et la \" belle phrase \"\nde l'adagio.\nQuant au public, pour lui aucun doute ne subsiste. Il vibre à tout, acclamant avec la\nmême frénésie Franck, Mr Saint-Saëns, la scène du Vaisseau fantôme chantée avec soin par\nM. Albers, ou un air de Grétry dont les paroles consolantes... pour les vieux messieurs ne lui\narrachent même pas un sourire :\nNon, ce n'est point une chimère,\nJe sens mon front sexagénaire\nEncor brûlant de son baiser.\nDe même il applaudit au second concert la symphonie de Ml' Dukas. Et ce fut justice,\ncomme on dit dans les requêtes à fin de révision, bien qu'il n'y ait dans le cas actuel aucun\njugement à réformer. M. Dukas en effet, exemple presque unique dans l'histoire de l'art, est\nun çrand musicien qui fut presque immédiatement reconnu pour tel. Cette symphonie,\nd'allure parfois Beethovénienne à mon avis (le thème du finale ne vous a-t-il jamais fait songer\nà l'ouverture de Léonore ou au concerto en mi bémol r) s'affirme tout d'abord, sans qu'il soit\nbesoin d'analyse, solidement construite, avec cette sûreté de forme par où se reconnaissent les\nœuvres durables. Elle n'est pas cyclique, et cependant son style lui confère un caractère\nd'unité qui lie étroitement les uns aux autres ses trois morceaux, sans que l'épisode délicieuse-\nment mystérieux et comme lointain du second en rompe le fil.\nAprès cette œuvre déjà classée d'une manière définitive, et hors de la portée des caprices\ndu coût, nous avons entendu en première audition les Djinns de M. A. Philip.\nBien qu'il ait mis en musique tout le célèbre poème de Victor Hugo, M. Philip ne lui a\n2;uère emprunté que le plan de son morceau : un suivi d'un C'est celui\ndes préludes de Lohengrinet de Tristan.Les formes identiques engendrent parfois des\nmusiques bien différentes !\nDe l'expression et du rythme des vers il a montré peu de souci, et semble s'être inspire\nde ce poème pour en composer un autre, qui est en réalité un poème symphonique. Aussi\ntraite-t-il la voix sans grands égards, oubliant de la protéger contre les clameurs des instru-\nments, ou lui imposant avec une déconcertante régularité, à la fin et aussi au milieu de chaque\nstrophe, de longs et parfois inexplicables silences.\nCes critiques de composition accordées à ma conscience, j'ai plaisir à constater en\nM. Philip un musicien bien doué, qui ne paraît pas chercher, afin de se créer une originalité,"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.51", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2397, "texte": "à imiter celui-ci ou celui-là, et qui, ayant eu peu d'occasions encore de s'entendre, semble\ndéjà familiarisé avec les timbres de l'orchestre.\nSon interprète, Mlle Daumas, dont la voix est fort belle, est chanteuse de théâtre, et\nsemble un peu dépaysée au concert.\nQuand je vous aurai dit que M. Chevillard, si discret à l'égard de ses œuvres, a fait\nentendre sa Ballade sy?nphonique exécutée pour la première fois il y a treize ans, et que ce\nmorceau clairement pensé et justement instrumenté a reçu un accueil chaleureux où il\naurait tort de ne voir qu'une formule de politesse de la part d'un public qui a de nombreux\nmotifs de lui être reconnaissant je n'aurai, je crois, rien omis.\nSi, en effet, je ne vous ai pas parlé du concerto en mi bémol de Liszt, c'est volontaire-\nment, ce concerto faisant partie à coup sûr pour moi des œuvres dont je suis saturé.\nMalgré le talent de Mr Borchard, je ne puis, je l'avoue, me résigner à écouter ses octaves,\nses trilles, ses tintements de triangle... je m'efforce à penser à autre chose.\nTandis que î'entendais, malgré moi, certain thème à la fois goguenard et vainqueur du\nfinale, je songeais que, à cette minute précise, vous étiez peut-être dans l'église inférieure\nd'Assise devant les fresques de Simone Martini ou de Giotto ou bien à Montefaleo devant\nles Gozzoli à Cortone devant l'Annonciation de Fra Angelico, ou bien encore au cher\ncouvent de la Verna, parmi les bons et gais moines franciscains et les émouvants souvenirs\nvieux de sept siècles ! du Petit Pauvre d'Assise !....\nJe reviens vite rue la Boëtie pour vous affirmer en terminant que l'orchestre Chevillard\nn'a rien perdu de ses qualités, que si souvent vous m'avez vantées et qu'il a fait\nbénéficier toutes ces œuvres, notamment les symphonies de Franck, de MM. Dukas et\nSt-Saëns, de la précision minutieuse et de la sonorité brillante qui conviennent si bien surtout\nà la dernière.\nQuant à Mozart, dont la symphonie Jupiter clôturait le 2d concert, il a été applaudi tel\nun ancien jeune méconnu longtemps, et auquel on doit quelque réparation.\nAssurément il n'existe guère de musicien et pas de public qui n'aiment Mozart, mais\nsachez qu'un groupe se forme actuellement qui fait profession de l'aimer. Ce n'est pas absolument\nla même chose.\nIl y a de la politique là-dessous. On aime Mozart contre Beethoven, comme on aime\nMr. St-Saëns contre Franck.\n\nP. de Bréville."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c080", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c080", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 52, "image_fin": 52, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.12", "titre_corps": "Le Musée Heyer a Cologne", "titre_sommaire": "Le Musée Heyer a Cologne", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.52", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 24, "texte": "Le Musée Heyer a Cologne"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c081", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c081", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 53, "image_fin": 53, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.13", "titre_corps": "J. 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L'un est le jongleur Salerno\nqui paraît guider les objets dans l'espace par des effluves émanés de toute sa personne, en telle\nsorte que sans hésitation, d'un mouvement précis et moelleux, cette feuille de papier jetée en\nl'air retombe en l'enveloppe à peine ouverte, ou cette boule vienne se poser comme un oiseau\nsur la colonne de queues de billard, qui a son front pour base. L'autre intéressera plus parti-\nculièrement les musiciens : c'est un enfant qui joue du xylophone. Son nom cosmopolite,\nlittle Roberto, avoue maintes tournées déjà, et on ne lui donnerait guère plus d'une douzaine\nd'années. Il prend place sans grâce devant son instrument qui a la forme d'un cymbalon ;\nmais aux premiers sons de l'orchestre, un sourire timide éclaire sa face écrasée de lutteur\nforain. Il se penche, brandit ses baguettes, et sur l'ouverture de Guillaume Tell exécute les\nplus brillantes gambades ; les sons s'allument, pétillent comme des étincelles électriques,\ns'enchaînent en longs arpèges, rebondissent en trilles et en batteries de haute fréquence, sur\nun mouvement qui s'accélère régulièrement et comme un bon moteur s'emballe sans aucun\nraté. L'orchestre, que bien des théâtres, à Paris même, pourraient envier à ce music-hall,\naccompagne dans une sonorité douce dont les nuances, loin d'être couvertes, s'éclairent au\nreflet de ces traits de feu : telle est la vertu des instruments à percussion, que leurs sons\npeuvent se rapprocher indéfiniment sans se rejoindre, et comme une trame transparente laissent\npasser les vibrations les plus subtiles. Les Chinois, les Cambodgiens, les Javanais, excellent à\nentrecroiser ces lignes pointillées qui ne risquent jamais l'empâtement ; leur orchestre impres-\nsionniste a pour armature le chœur des cloches, des gongs, des tambours, des pierres, des\nmétaux et des bois sonores ; c'est pourquoi leurs oreilles sont d'abord peu flattées par les\nfilaments macaroniques qui s'étirent de nos violons, par la bouillie bitumineuse de nos basses,\nou les épaisses éclaboussures de nos cuivres.\nCe sont là, évidemment, des ressources dont nous ne pouvons nous passer. Mais depuis\nlongtemps nos musiciens sentent le besoin de prévenir l'agglomération des sons : les pizzicati\ndes instruments à cordes, les battements des timbales, les égrénements de la harpe, le martèle-\nment du piano, n'ont pas d'autre objet. Le xylophone a été employé d'abord pour des effets\ndescriptifs, comme dans la Danse macabre de Saint-Saëns où il imite le cliquetis des ossements ;\nmais c'est sans aucune allusion de ce genre et seulement pour le charme de sa résonance\nconfuse, qu'il intervient, par exemple, dans la nuit embaumée Par malheur, les\nxylophones d'Europe sont construits avec des bois trop mous et mal prépares : le son est sec\net mat. Celui du jeune virtuose ne fait pas exception. L'Asie a le secret de ces lames résistantes\nqui vibrent comme le cristal. On se souvient peut-être qu'un xylophone a figuré avec honneur\ndans un concert de la Société musicale indépendante. Il faut croire que nos fabricants\nd'instruments n'étaient pas dans la salle ce soir-là."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.55", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1371, "texte": "Le ballet de Montmartre, qui est aux Folies-Bergères le morceau de résistance, contient\ndes intentions fort jolies que l'exécution trahit en grande partie. L'éternel Pierrot depuis\nl'antiquité païenne amoureux de Diane, des Muses, des Bacchantes, mais surtout de sa\nPierrette, est digne de la fantaisie de son tendre poète, Willette. Quelques siècles plus tard, les\njeux dans l'atelier, l'apparition de M. Vautour en un costume parlant, sa lutte avec les Chats\nnoirs, l'effronterie des gamins de Poulbot, la stupide agression de la Vache enragée qui meurt\nd'avoir léché une peinture, sont encore des idées fort plaisantes en leur incohérence souriante.\nLe dernier tableau représente l'apothéose de la butte, parce qu'il fallait une apothéose pour\nfinir ; c'est le moins intéressant. Les rôles sont tenus avec conscience, mais sans aucune\nlégèreté où il en fallait beaucoup. Les ensembles sont manqués parce que les braves petites\ncréatures qui les composent sont à jamais incapables de comprendre la valeur d'un geste, d'un\npas, d'une attitude, et ne s'en font pas de souci d ailleurs, pressées seulement d etre sorties de\nscène pour se revêtir. La musique de IVÏ. L>osc utilise adroitement les lefiains connus, mais\nl'orchestration en est un peu chargée. L'ouverture de Guillaume Tell, pour trente musiciens et\nxylophone obligé, sonnait mieux.\n\nLouis Laloy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c083", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c083", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 55, "image_fin": 55, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.14.1", "titre_corps": "(Bernard Naudin.)", "titre_sommaire": "(Bernard Naudin.)", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.55", "debut_caractere": 1373, "fin_caractere_exclue": 1390, "texte": "(Bernard Naudin.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c084", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c084", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 56, "image_fin": 56, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.15", "titre_corps": "Province", "titre_sommaire": "Province", "signature_source": "H. 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Vincent d'lndy,\nde Berlioz, les Poèmes de Liszt, le Capricio espagnol de Rimsky-Korsakov, Tamar de\nBalakirev, les Nocturnes de M. Claude Debussy ; puis quelques symphonies classiques, et,\npour finir, rien moins que Parsifalde Wagner.\nA Lille, la Société des Concerts populaires, dont M. Sechiari assume la responsabilité,\nest moins novatrice : Mendelssohn, Mozart, Beethoven, Saint-Saëns, Haendel, Liszt, Wagner,\nseront ses préférés, en de belles exécutions dont Mme 3 Hatto, Kaurovska, Montjovet, M. Reder,\nM. Amour, M. Enesco, M. Hekking et M. Pierre Mathieu (hautbois) seront les solistes.\nLa Société des grands Concerts de Lyon, sous la conduite éprouvée de M. Witkowski,\ndonnera, outre les symphonies coutumières, Tam de Balakirew, la\net les préludes du Pays, de M. Guy Ropartz, le Chant funèbre de M. Albéric Magnard,\nCachaprès de M. Francis Casadesus, Ma mère lde M. Maurice Ravel, la pour\nhautbois et orchestre de M. Vincent d'lndy, Penthésilée de M. Alfred Bruneau.\nA Marseille, c'est M. Louis Hasselmans qui aux Concerts classiques fera entendre\nun acte de Pénélope de M. Gabriel Fauré, les préludes du Pays de M. Guy Ropartz,\nMa Mère VOye de M. Maurice Ravel, le prélude de M. Déodat de\nSéverac, le prélude à un Ballet de M. Roger Ducasse, de M. Pécoud,\nde Gilson, Cataloniad'Albéniz, le Coq d'or de Rimski-Korsakov, les de\nStravinski, la Fille de Pohjolade Sibélius, la de Glazounov, le de\nDvorak.\nA Nancy, M. Guy Ropartz l'éminent-directeur du Conservatoire, annonce parmi les\nœuvres nouvelles le Jour d'été à la montagne et d'importants fragments de l'Etranger de\nM. Vincent d'lndy, le 3e acte de Parsifal de Wagner, la 2e de M. Witkowski,\nSaint François d'Assises de M. Pierné, la première des de M. Albert Roussel,\net il reprendra la Symphonie de Chausson, celle de Dukas, la de M. Debussy.\nEnfin il jouera, sans que nul songe à s'en plaindre, deux de ses propres ouvrages : A Marie\nendormie et La chasse du prince Arthur.\nA Troyes, l'Association du double Quintette donnera quatre concerts symphoniques,\nsous la direction de M. Lucien Wurmser. Beethoven, Haydn, Saint-Saëns, G. Charpentier,\nBorodine, César Franck, Debussy et Wagner en seront les héros.\nEnfin l'Association des Concerts Rouge se transportera tour à tour en la même cité de\nTroyes, puis au Mans, puis à Cambrai, Dijon, Lyon, Marseille, Nice, Orléans,\nTours, Rouen, avec ses programmes parisiens, ses artistes, ses solistes, et son chef\nM. Rabani."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c085", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c085", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 57, "image_fin": 60, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.16", "titre_corps": "Belgique", "titre_sommaire": "Belgique", "signature_source": "René Lyr", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.57", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3928, "texte": "Belgique\n\nAvant de commencer à rendre compte des premières auditions de la saison 1913-19145\nqui promet d'être brillante, nous voudrions consacrer quelques lignes au magnifique effort\naccompli durant les mois d'été par l'Association des Concerts du Waux-Hall. Cette association\nest formée par les musiciens de l'orchestre de la Monnaie ; elle fut dirigée cette année par les\néminents chefs de cette phalange d'élite ! MM. Corneil de Thoran, Lauweryns, Léon Van\nHout, auxquels fut adjoint le président annuel M. Andelkof. L'organisation et l'exploitation\nsont aux risques de la société. La ville leur accorda pour le dernier exercice une subvention\nde 15 .000 frs, sous l'obligation de trois mois et demi de saison, avec 52 musiciens, deux\nrépétitions par semaine et la réalisation de douze concerts gratuits, suivant un programme\néducatif et chronologique approuvé par le Collège. 84 auditions furent données sur les\n106 jours prévus. Soixante solistes, dix conférenciers s'y sont produits. Aux programmes\nfigurèrent 64 auteurs français, avec 160 œuvres et 272 exécutions ; 34 allemands et\nautrichiens, avec 109 œuvres et 142 exécutions ; 15 russes, Scandinaves, tchèques et\npolonais avec 26 œuvres et 44 exécutions ; 12 italiens, 35 œuvres, 51 exécutions ;\n2 hollandais, 4 œuvres, 5 exécutions ; 2 anglais, 3 œuvres, 4 exécutions ; 1 espagnol,\nI œuvre, 1 exécution ; I suisse, idem, 62 belges, 91 œuvres et 212 exécutions. Il\nconvient de souligner ces derniers chiffres. Il y eut un festival Saint-Saëns, un festival\nBerlioz, une festival russe, trois concerts Wagner, quatre concerts belges. Le cycle éducatif,\ncommencé par Rameau, passa par Bach, Haëndel, Gluck, Méhul, Grétry, Haydn, Mozart,\nBeethoven, Weber, Schumann, Schubert, Mendelssohn, Brahms, Liszt, Wagner ; suivirent\ndeux festivals français Berlioz-Massenet, Saint-Saëns, Bizet, Lalo, Fourdrain, d'lndy, Debussy;\nau festival russo-scandinave depuis Glinka, jusqu'à Glazounov, avec un représentant de\nchaque époque, Grieg et Swendsen. Deux festivals belges enfin, l'un consacré aux maîtres\ndéfunts (Franck, Benoit, Gevaert, Tinel, Blokx, Radoux etc.,) l'autre aux vivants (Gilson,\nDe Baeck, Wambach, Dupuis, Du Bois, Lunssens, Delune, etc., etc., jusqu'aux plus jeunes\nVan Hoof, Logge, Brusselmans). Les conférences furent confiées successivement à MM. Mou-\nlinas, Pasquier, Van der Velden (Beethoven). Closson (les Romantiques); De Plessy, (Wagner),\nChokier (Russes et Scandinaves) ; Mangin (Berlioz), Georges Eekhoud (l'art musical en\nBelgique depuis le Moyen-Age à nos jours), René Lyr (les musiciens belges modernes). Une\nbrochure, écrite par Paul Gilson \" Notes brèves \" fut distribuée aux\nconcerts gratuits à plusieurs milliers d'exemplaires. Cet ensemble n'est-il pas remarquable ?\nII faut en féliciter les promoteurs et les vaillants instrumentistes qui surent accomplir une telle\ntâche, ingrate, mais féconde, avec persévérance et désintéressement. Car la récompense ne fut\npoint à la mesure de la peine. Au point de vue moral, certes, le succès fut grand. L'affluence\ndu public en est la première preuve. A ce propos, détachons, du rapport adressé par l'Association\nau Conseil communal de Bruxelles, cette observation. \" Nous avons remarqué que si les amateurs\nont été nombreux (officiellement 14.577) formaient un auditoire bien diffèrent de celui qu'on\nrencontre aux concerts organisés sur nos places publiques et dans nos parcs. Ce public ne bougeait\npas, ni pendant l'exécution musicale, ni pendant la conférence ; l'une et l'autre étaient écoutées\ndans un silence religieux. Plusieurs centaines de personnes se tenaient debout pendant plus de\ndeux heures sans se déplacer et sans se plaindre. Ajoutons que, personnellement, nous avons fait\nsouvent cette expérience : le grand public populaire est le plus ductile, le plus compréhensif, le\nplus respectueux de l'art et des artistes. C'est en lui qu'il faut chercher les communions, et les"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.58", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3730, "texte": "correspondances. Il est le foyer même où couvent et s'allument les enthousiasmes et les\nferveurs. Dans ses élans sincères et spontanés, nous trouverons l'explosion saine et forte des\nsens vierges, et la jeunesse éternelle du cœur. Mais nous disions que les musiciens de\nl'orchestre du Waux-Hall ne trouveront point la légitime récompense au point de vue finan-\ncier : il est déplorable de constater que les solistes, professeurs au Conservatoire, n'ont touché\nque 120 frs. par mois, tandis que les modestes instrumentistes n'avaient que 90 francs ! C'est\ninsuffisant, de moitié. Il faut souhaiter que la Ville de Bruxelles, et au besoin l'Administra-\ntion gouvernementale des Beaux-Arts, viennent efficacement en aide, dès la prochaine saison,\nà la belle œuvre entreprise par l'Association des Concerts du Waux-Hall. Nulle ne peut avoir\nsa portée, son influence éducatrice, nulle ne s'adresse plus puissamment à la masse populaire,\nnulle n'est plus digne d'encouragement.\nC'est Fritz Kreisler, ainsi que nous l'avions annoncé qui a ouvert la saison des\nconcerts à Bruxelles. Son programme comportait cette fois quelques œuvres ude fond à\ncôté des \" petites choses vieillottes \" qu'il nous offre d'habitude. La Sonate a Kreutzer, Sonate\npour violon de Bach, Caprices de Paganini, etc. \" merveilleusement interprétés par l'illustre\nvirtuose et le pianiste Charles Hénusse, valurent aux deux artistes une ovation enthousiaste.\nNous n'avons plus d'éloges à décerner au maître, mais nous notons avec un réel plaisir le\nsuccès, que la presse enfin a consacré, de son accompagnateur. Hénusse eut l'occasion de\nrévéler ses qualités, et la critique est unanime à reconnaître, après Kreisler lui-même, qu'il est\nle digne partenaire des glorieux violonistes et chanteurs dans l'ombre du renom desquels il se\ntint jusqu'ici trop modestement effacé.\nLe centenaire de Verdi vient d'être célébré au théâtre royal de La Monnaie, par deux\nreprésentations brillantes, sous les auspices du Comité du Commerce. Les célèbres artistes\nitaliens, Mme Destinn, MM. Martinelli et Dinh Gilly, sous la conduite du maestro Polacco,\nprêtèrent un caractère, un charme particulier aux œuvres tout italiennes Aïda et la Fille du\nFar-lVest. La première, par la spontanéité, l'aisance, la fraîcheur d'inspiration, par la sincérité\nd'émotion et d'exubérance, impressionne et émeut davantage. Nous avons, lors de sa création,\nexprimé nos réserves quant à la qualité d'art de la partition mélodramatique, encore que riche\net colorée, de M. Puccini.\nLa Monnaie a mis en répétitions Les Joyaux de la Madone de M. Wolff-Ferrari, Pénélope\nde M. Fauré, Cachapres de M. Casadesus, et Parsifal, dont la première est fixée au 2 janvier.\nElle reprendra Le Chant de la Cloche, de M. d'lndy ; elle annonce le ballet Istar, du même,\nle Timbre d\" argent de C. Saint-Saëns, et un ballet Les Phalènes du compositeur belge A. de\nBoeck. Souhaitons que cette \" fiche \" de consolation offerte aux auteurs nationaux ne se perde\npas d'ici la fin de la saison\nMentionnons une \" petite \" première belge, au théâtre nouveau de La Gaîté. La\npartition de M. Léon Delcroix sur le conte enfantin : Le Petit Poucet de M. I. Elslander, y\nfut donnée non sans succès. Prochainement le Théâtre du Parc nous conviera aussi à une\naudition de musique de scène écrite sur Le Poete et la Femme de F. Jammes, par notre confrère\nM. Gaston Knosp. Cette exécution sera précédée d'une conférence de M. F. Thys. Nous\nen sommes aux projets : donnons ici le plan général, d'ores et déjà fixé, de la saison\n1913-1914.\nA Bruxelles, les quatre concerts du Conservatoire auront lieu les dimanches 21 décembre,\n8 février, 8 mars, et 5 avril. Les répétitions générales, le jeudi et le samedi précédant chaque"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.59", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3895, "texte": "concert. Le premier programme est réservé à Haendel : Israël en Egypte. Le deuxième à\nBach (deux cantates Nos 118 et 169, inconnues à Bruxelles); à Hugo Wolf lieder ; à\nP Benoit (fragment du Requiem) et à Mahler (2e symphonie). Le troisième constituera un\nexposé de la symphonie classique (Back, Haydn, Mozart, Beethoven, Brahms). Le quatrième\nsera consacré aux Béatitudes de César Franck avec le concours de Mlle Malnory, de\nMM. Plamondon, Seguin, etc...\nLa Société des Concerts Ysaye a fixé au 25-26 octobre, 22-23 novembre 1913* 17-18 janvier\net 14-15 mars 1914 ses quatre concerts ainsi que les répétitions générales de ceux-ci. Elle\ns'est assurée le concours de MM. Ernest Wendel, Lucien Capet, A. Bodanzky, Pablo Casais,\nCari Friedbery, Eugène Ysaye, Séverin Eisenberger. Ces auditions, qui constituent, en\nBelgique, l'élément et le rendez-vous de Pavant-garde musicienne, n'auront plus lieu, le\nmaître nous en prévenait dans l'interview qu'il réserva en juin dernier à S. ï. M. à l'Alhambra.\nProvisoirement elles se donneront à la salle Patria. Eugène Ysaye en exprime lui-même le\nregret dans une notice qui accompagne ses programmes.\n\" Cette modification, dit-il, mieux que n'importe quel argument souligne combien il est\ndéplorable et inconcevable que Bruxelles reste obstinément la seule capitale du monde entier qui\nn ait pas de salle de Concerts !...\nLes Concerts Populaires se donneront à la Monnaie, le lundi, à 8 heures 1/2. Les\nrépétitions, le samedi à 2 h. 1/2. La soirée qui a débuté le lundi 13 octobre comprendra\nsix concerts. Le premier fut dirigé par M. Lauweryns ; Mme Emmy Destinn y prêtait son\nconcours. Au programme. Euryanthe, de Weber ; Symphonie inachevée, de Schubert ; le\nFreischiïtZy air d'Agathe, Weber ; Symphonie U de Mendelsohn ; Don Juan, air de\nDona Anna, Mozart ; Le Carnaval Romain, ouverture (Berlioz). Nous aurons un concert\ndirigé par M. Richard Strauss, un concert dirigé par MM. Vincent d'lndy et Claude Debussy,\nun concert de l'orchestre de Meiningen, sous la direction de son chef, M. Max Reger, le\ncompositeur le plus en vue de l'Allemagne, à côté de Richard Strauss : enfin, l'on verra un\nautre chef d'orchestre fameux d'outre-Rhin, M. Scheevoight, qui fit naguère à Bruxelles une\napparation sensationnelle à la tête de l'orchestre Kaim. Avec ces maîtres illustres rivaliseront\ndeux chefs d'orchestres belges : M. François Ruhlmann, qui occupe avec tant d'éclat depuis\nhuit ans le pupitre de premier chef à l'Opéra-Comique de Paris, et M. Georges Lauweryns,\ndont on a pu apprécier le talent à l'orchestre de la Monnaie.\nAvant de clore ces notes bruxelloises, accusons réception de : Julien, de G. Charpentier,\néditeur Max Eschig, 13, rue Laffitte, Paris; La Forêt Bleue de Louis Aubert, édition J.\nDurand ; L'lntruse, de Léo Van der Haeghe, drame de M. Maeterlinck, édition Breitkopff et\nHârtel, Bruxelles : Quentin Metsys (récemment repris à Anvers) de M. Wambach, édition\nBreitkopff et Hârtel, Bruxelles ; Elektra, Salomè, de Richard Strauss, édition Fûrstner, Paris ;\nMiniatures, pour piano de L. Mawet ; En Ardenne, de Ryelandt, Esquisses symphoniques, par-\ntitions d'orchestre de Théo Ysaye ; Sonate pour piano, de Trèmolle, Sonate Fantaisie, pour\npiano de F. Rasse, Dans les Ardennes, pour piano de Cari Smulders, le tout chez Breitkopff et\nHârtel, Bruxelles ; 6 mélodies, de Th. Lefebure, 42, rue de Maubeuge, Paris ; Mélodies (cinq)\nd'Aug. de Boeck ; 8 mélodies et une scène dramatique de F. Rasse, édition G. Dertel ;\nBruxelles ; Fleurs stellaires, de E. Saeys, idem ; Chant de Paris, pour chant violoncelle et\npiano, de Fl. Duysburgh, idem. Nous reviendrons à ces ouvrages.\nANVERS. L'Opéra lyrique flamand a représenté déjà leurs œuvres nationales :\nHeibike poème de M. R. Verhulst, musique de E. Verheyden, partition colorée et vivante,\net Quentyn Metsys de E. Wambach. Poursuivant sa noble tâche, M. Fontaine se promet de"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.60", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3330, "texte": "créer cette année plusieurs ouvrages belges encore. Nous ne manquerons pas d'en signaler les\npremières.\nAux concerts de la Zoologie, toujours très brillamment conçus et suivis, le 5 novembre,\naudition de Francisca di Rimini de Paul Gilson ; le 7 janvier, Y Enfant prodigue de Claude\nDebussy; le 28 janvier, œuvres du jeune compositeur Van Hoof, le 4 mars, Le Rhin de\nP. Benoit ; etc.\nLa Société des Nouveaux Concerts d'Anvers donnera au Théâtre Royal cinq concerts\nd'abonnement fixés aux lundis 24 novembre, 15 décembre, 2 février, 2 mars et 20 avril. Ils\nseront respectivement dirigés par MM. L. Mortelmans, K. Panzner, F. Weingartner et\nA. Messager. Ce dernier amènera de Paris l'orchestre et les chœurs du Conservatoire, qui\ninterpréteront, entre autres, Rédemption de César ïranck.\nLa Société s'est assuré, en outre, le concours des solistes suivants : M. J. Gerardy,\nvioloncelliste; M. K. Friedberg, pianiste; Mme L. Weingartner, cantatrice; M. B. Huber-\nmann, violoniste.\nProgrammes classiques. Parmi les nouveautés : Lieder avec accompagnement d'orchestre\nde L. Mortelmans; Suite symphonique d'E. von Donâhnyi ; Schauspiel Ouverture de\nE. Korngold; Lustige Ouverture de F. Weingartner.\nTOURNAI. Les Concerts de la Société de Musique auront lieu :\nLe dimanche 30 novembre, à 2 heures : Les Saisons, d Haydn. Solistes : IVime Bathori-*\nEngel ; MM. Paulet et Mary, de la Société des Concerts du Conservatoire de Paris.\nLe dimanche 8 février, à 2 heures! La Passion selon saint Jean, de J.-S. Bach. Solistes .\nMmes Mellot-Joubert et Masurel-Vion ; MM. Plamondon et Reder.\nLe dimanche 26 avril, à 2 heures : Franciscusy d'Edgar Tinel. Solistes : Mlle Demougeot,\nde l'Opéra de Paris ; MM. Plamondon et Frolich.\nNOUVELLES. Nous apprenons la décision, irrévocable cette fois, de M. Alfred\nMabille, directeur général de l'lnstruction publique et des Beaux Arts de la Ville de Bruxelles,\nde prendre sa retraite au premier janvier prochain. 13 autres ont dit ce que fut au long de\nquarante années, l'œuvre de ce grand travailleur. Il a organise vraiment 1 enseignement de la\ncapitale moderne; grâce à son initiative, à sa curiosité des méthodes rationnelles et neuves, il\nen à fait un organisme qui eut l'honneur souvent d etre propose comme modèle pai les\nspécialistes étrangers. Aux Beaux-Arts, M. Mabille ne réserva pas moins d attentive et de très\navertie sollicitude. Lettré, écrivain de talent lui-meme, épris de toutes les manifestations\nesthétiques, il sut toujours encourager nos artistes. Nous nous souvenons personnellement du\nchaleureux accueil qu'il nous réserva à chaque fois que nous vînmes lui parler de la musique\net des musiciens belges. Ayant suivi de près la vie musicale et la production contemporaine,\nil évoquait devant nous des luttes et des victoires déjà lointaines, notant d un trait sur le\ncaractère des œuvres, leur signification. Rappelons sa participation a notre Enquête et\nl'intérêt qu'il porta à l'effort tenté par S. I. M. en faveur du Théâtre lyrique national.\nM. Mabille emportera les regrets de tous ceux qui purent apprécier sa bonhomie et son\ndévouement. Il en trouvera l'attestation lors de la manifestation qui se préparé en son honneur.\nMaintenant nous lui offrons l'expression respectueuse et cordiale de nos vœux qui 1 accompag-\nneront, dans la joie du repos mérité.\n\nRené Lyr."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c086", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c086", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 61, "image_fin": 66, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.17", "titre_corps": "Étranger", "titre_sommaire": "Étranger", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.61", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3357, "texte": "Étranger\n\nA Barcelone: Une visite à Granados\n\nUne rue claire dans le quartier neuf de Barcelone ; une maison moderne, sans caractère\nparticulier, pourvue d'un ascenseur ; un appartement ne visant pas au pittoresque, voilà où\ns'écoule la vie d'un des plus délicieux visionnaires parmi les artistes qui nous ont donné de\nl'Espagne du XVIIe siècle d'inoubliables interprétations, le musicien Henri Granador. Je suis\nvenu lui apporter le salut de la Revue Musicale et lui parler de ces adorables\ndont la seconde partie, non encore publiée, est attendue dans les milieux musicaux avec tant\nd'impatience.\nJe trouve le compositeur entouré de sa famille. Il apprécie tout particulièrement le charme\nde l'intimité de son foyer. Entre sa délicieuse femme et ses six enfants, il mène une existence\nexempte d'émotions. L'un de ses fils le seconde dans la direction de cette Académie Granados,\nécole de piano et de composition qui a formé tant d'excellents élèves. Né en 1868 à Lérida,\nl'illustre pianiste commença ses études musicales à Barcelone avec Pujol. La faiblesse de sa\nsanté l'avait tout naturellement détourné de tout ce qui n'était pas son art. C'est cette santé\nchancelante qui l'empêcha plus tard de travailler très longtemps à Paris avec de Bériot, puis\nde conserver le poste de professeur qui lui avait été confié au Conservatoire de Barcelone.\nIl donne en 1890 ses premières compositions, les et les\nPuis il se tourne vers la scène et donne en 1893 Miel et en 1898\nCarmen qui lui vaut la croix de Charles 111 qu'il reçoit des mains de la reine Marie-Christine.\nUn poème symphonique, Dante retient également son effort.\nLe grand musicien m'accueille dans son salon aux murs duquel sont accrochés quelques\nGoya et Velasquez de choix. Deux pianos aussi mauvais l'un que l'autre et quelques\nmeubles anciens complètent le décor. C'est là qu'il réalise la féerie de ses évocations pianisti-\nques si personnelles, le miracle des rythmes et des couleurs dont il a le secret.\nEsclave de la sensation, vibrant et illuminé, il a des presciences et des divinations qui ont\nparfois un caractère troublant. Mon ami Léon Moreau m'a raconté que Granados ayant voulu\nconnaître une de ses œuvres, lut, un jour, au piano un Impromptu de sa composition. L'admi-\nrable pianiste, s'inspirant des lignes générales du morceau, de ses élans, de ses arabesques, de sa\ncourbe extérieure, s'abandonna à une improvisation exquise, retrouvant, sans la lire, la pensée\nde l'auteur et traduisant avec d'autres mots mais avec une fidélité parfaite ses plus secrètes\nconfidences.\nIl faut avoir entendu et vu Granados au clavier pour comprendre et goûter tout le\ncharme de sa musique. Sous ses doigts les Goyescas prennent tout leur pouvoir évocateur. Il fait\nrevivre sous vos yeux les gestes et les attitudes de l'aristocratique \" \", ce couple\nfier qui marche la tête haute et les reins cambrés, qui possède une grâce inimitable et dont les\nmœurs chevaleresques sont aujourd'hui perdues. Il sait noter leurs \" \", ces compli-\nments spirituels, ces épigrammes coquettes et tendres, ces malicieuses déclarations d'un amour\ninavoué. Il rythme fougueusement le \" Fandango et berce la mélancolie de la\nMaja avec les douces plaintes du Rossignol. Rien ne peut donner une idée de son interprétation\ndu \" Colliquio en la reja\" si passionné et si rêveur, et de \" \" dont l'émotion\nest si poignante."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.62", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3294, "texte": "La conception primitive de ces Goyescas s'est d'ailleurs peu à peu modifiée. Ces petits\ntableaux musicaux n'ont pu enclore dans leur cadre étroit tant de pittoresque et tant de\npassion ; bientôt un drame lyrique est né de leur réunion. Animée par la verve des tonadillas,\nqu'il y a introduites, cette action sera un inoubliable poème de couleurs et de parfums. Elle\nsera une émanation admirable de l'âme espagnole dans ce qu'elle a de plus savoureux et de\nplus caractéristique.\nParis verra certainement triompher sur une de ses scènes ces émouvantes visions. Nous en\ndevinons d'avance le succès et en félicitons l'auteur qui est bien l'un des seuls musiciens de sa\nrace pouvant nous laisser une œuvre d'une sensibilité artistique profonde et durable comme\ncelle du maître qui l'a inspirée.\n\nH. Montoriol-Tarrès.\n\nLe Congrès d'esthétique de Berlin\nDr Hans Joaehim Moser.\nLes gens de l'esthétique (ils sont nombreux) ont senti le besoin de se compter et la\nnécessité de grouper leurs forces. Ils viennent de se réunir pour la première fois a Berlin,\nrépondant à l'invitation d'un homme d'initiative, le professeur Max Dessoir, et a l'instigation\nd'un comité dirigé par le musicologue Werner Wolfheim et l'historien von Allesch. Du y au\n9 octobre des séances assidûment suivies ont montré que l'idée était bonne et répondait aux\ndésirs des spécialistes.\nD'abord, séance d'ouverture sous la présidence de Dessoir, en présence du représentant\ngouvernemental Schmidt et de M. Reicke, maire de Berlin. Discours, enthousiasme,\napplaudissements, allocution enflammée du délégué français (en allemand) M. Basch, venu tout\nexprès de la Sorbonne, cordialité du délégué anglais, souffle de pacifisme. Belle journée.\nPuis, les travaux et les savantes communications, réparties dans les sections suivantes :\nphilosophie de Vart, arts plastiques, littérature et enfin musique. Le professeur Lamprecht de\nLeipzig, qui n'est pas un orateur, apporta de curieux dessins d'eniants. Le germaniste Sievers\nse livra à d'intéressantes expériences psychologiques, pas toujours couronnées de succès. Par\ncontre le Français Charles Lalo, développant un programme d'esthetique sociologique, se\ntailla un succès à côté du paléontologue viennois Hoernes, et GU dernier des heçeliens\nAdolph Lasson.\nEn fait de musique, il y eut d'utiles débats. Paul Moos fit un rapport sur Vétat présent de\nVesthétique musicale. Charles Myers d'Oxford parla sur les Origines de la musique ; plein de feu,\nnotre collègue Heuss ne craignit pas de montrer comment se comportent l'un envers 1 autre\nle texte et la mélodie dans le lied strophique. Arnold Schering s'attaqua naturellement a\nY Hermétisme musical, sujet qui lui est particulièrement cher, Fritz Ohmann présenta des\nexpériences à?acoustique psychologique, et H. Wetzel discuta de théorie. Enfin le traditionnel\nbanquet, sans lequel il n'est pas de Congrès, même en esthétique, permit à Jules Combarieu\nd'élever une voix agréable et de rendre hommage à l'illustre Spitta, qui fut son maître jadis.\nEn somme, un vrai succès, d'utiles échanges de vues, des connaissances profitables, et le\nsentiment du devoir accompli. Voilà le bilan de ces journées. Dès maintenant le prochain\ncongrès a élu domicile à Vienne en 1915. Puis c'est Paris qui sera choisi, avec la date de 1917."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.63", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3277, "texte": "A travers Berlin.\n\nNOTES ET IMPRESSIONS\nLe \" Deutsche Michel \" voulut faire la connaissance de Marianne. Ne sachant comment\ns'y prendre, il l'accosta par ces mots : \"Je crois bien, Mademoiselle, que je vous ai vue souvent\nau Jardin zoologique! \" \"Tiens, répond Marianne, dans quelle cage étiez vous donc?\" Et\nMichel, piqué, de reprendre : \" Dans celle que le coq gaulois croit voir, lorsqu'il passe la tête\nà travers les barreaux de la sienne. \"\nCette scène s'est reproduite bien des fois, tandisque l'expérience nous démontrait que\nchacun reste prisonnier dans sa cage et qu'entre nos deux pays musicaux se dresse un grillage,\nderrière lequel nous nous lançons des regards, sans arriver à nous connaître. Voudra-t-on bien\nautoriser un ours de Germanie à déplacer quelques barreaux pour inviter l'aimable gallinacé,\nson voisin, à une visite à travers sa case de Berlin ? La connaissance sera vite faite.\nLes compositeurs sérieux n'ont pas ici les vins envers les autres ces sentiments de\nsympathie ou d'antipathie, qui se manifestent chez vos grands hommes de la musique à Paris.\nChacun va son chemin, insouciant. Représentez-vous Maurice Ravel, entendant une œuvre\nde Vincent d'lndy ou de Paul Dukas, et s'écriant : \" Tiens, il compose donc aussi, celui là ! \"\nTelle est la situation à Berlin. On ne s'ignore pas totalement, mais on n'éprouve aucune\nhaine... et surtout aucune affection.\nUne place à part est naturellement réservée aux compositeurs d'opérette. Quelques uns\nse sont donné des noms français (ça sonne mieux). Ainsi, l'un des plus illustres, en son temps,\nse nomma Jean Gilbert. On raconte qu'un jour, dans un restaurant, il croisa un confrère, qui se\nprésenta à lui comme artiste, en ajoutant qu'il fabriquait des chaussures vernies. u Mais, hasarda\nGilbert, ce n'est pas de l'art. \" \" Pas de l'art, essayez donc d'en faire vous-même ! \". Le\ncordonnier disait vrai ; il entrait plus d'art dans ses chaussures vernies, que dans toutes les\nopérettes de M. Max Winterfeld pardon, de Jean Gilbert... Personne ne parle plus de\nPaul Lincke, ou de Victor Hollaender. M. Gilbert a tué toute concurrence, et il suffit\namplement à assouvir les passions musicales du tout-Berlin qui siffle dans la rue.\nLes critiques musicaux de Berlin sont parfois érudits, avertis, bons juges et bons écrivains\nparfois ils se révèlent aussi ignorants qu'incapables. A l'opposé de Paris, on ne trouve parmi\neux aucun compositeur imposant, mais de nombreux dilettantes, évadés de toutes les professions,\net dont la culture est naturellement contestable. En général mal rétribués, ils cherchent un\nà-côté qui leur permette de vivre. On en cite un qui, voulant rester pur, a fait paraitre un\nmanuel de cuisine.\nLes aptitudes musicales d'un critique ont évidemment plus d'importance que sa civilité.\nPourtant il est triste de constater que le niveau social des critiques berlinois est si souvent au\ndessous de leur niveau intellectuel. En février dernier vint une société de concerts de Paris se\nfaire entendre dans les salons d'un hôtel. On vit arriver nos juges, l'un en vêtements de travail,\nl'autre en redingote graisseuse, un troisième avec femme et enfants, un autre s'enquérant du\nbuffet...\nOn me dira qu'une revue musicale française a bien célébré dernièrement une Madame"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.64", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3927, "texte": "Rheinhold von Wahrhech, alors qu'il sagissait de M. Reinhold von Warlich. Un lapsus de ce\ngenre paraîtrait ici impossible dans un périodique spécialisé. J'accorde que c'est risibîe. Mais\nparaître au concert avec des chaussures couvertes de boue c'est autrement horripilant. Notez\nqu'en Allemagne ce que j'avance là est subversif, et vous fait passer pour un être superficiel,\ndépourvu de sérieux et de moralité.\nLes incidents récents dont M. Saint-Saëns a été le motif ont bien montré que la Ville\nBarbare sait faire preuve de politesse. Pour le Berlinois, il n'y a pas de chauvinisme en musique.\nLa provenance étrangère devient au contraire un attrait. Les artistes français en savent\nquelque chose.\nEn France tout se condense dans Paris. En pays germanique les grands centres se font\nconcurrence. Pourtant Berlin est, peu à peu, devenu le point de mire de tous les musiciens.\nLa raison n'est pas dans la supériorité de sa musique, mais dans le nombre de ses concerts.\nPendant la saison dernière il y eut ici 1210 auditions, contre 435 à Vienne, 430 à Munich,\n293 à Hambourg, 292 à Leipzig, 213 à Franckfort, 190 à Breslau, 112 à Stuttgart, et 99 à\nKarlsruhe. Cette statistique s'explique. Un débutant qui ne montrera pas de bonnes coupures\nde la presse berlinoise, ne peut espérer d'engagement en province. Aussi Berlin opére-t-il de\nplus en plus la concentration de l'art et du dilettantisme, dont les moindres productions\ntrouvent toujours moyen d'obtenir un compte-rendu dans les gazettes. Mais, comme les\nrédactions se soucient peu de faire des sacrifices pour leur critique musicale, on opère avec des\néléments à bon marché. Cela a ses inconvénients.\nEn moyenne, un concert à Berlin coûte 750 francs, au minimum le tiers de cette somme,\net souvent jusqu'à quatre fois plus. Le prix des salles de concert oscille entre 95 et 800 trancs.\nL'orchestre de la Philharmonie demande de 875 à 1300 fcs. Il faut ajouter les frais d'agence\nd'affiches, de publicité etc... Les inconnus, sans relations, ne peuvent compter sur un sou de\nrecette. Si bien, que la direction d'une salle nouvellement construite, a décidé de prélever sur\ntout vestiaire un droit de 10 pfennig en faveur du malheureux qui donne le concert. Il ne\nreste plus qu'à placer à l'entrée un tronc pour les aumônes généreuses.\nL'empereur Guillaume I, un jour à Bayreuth, se mit à applaudir, en même temps qu'il\nse penchait vers son aide de camp pour murmurer : \" C'est horrible. \"\nL'empereur Guillaume II a, lui-aussi, en général, une opinion personnelle différente de\ncelles des gens compétents, mais il ne donne de louanges qu'à ce qui lui plait.\nLe public berlinois imite Guillaume L II applaudit quand il voit applaudir, et garde ses\nimpressions pour un cercle d'intimes.\nGrâce à Dieu ! Bach, Beethoven, Brahms et autres ont aussi besoin de gens qui viennent,\napplaudissent, et s'en vont. Si tout auditeur n'approuvait et ne prônait que la musique qui lui\nplait, c'en serait bientôt fait de la musique elle-même ! La sympathie et la compréhension ne\nse laissant point forcer. On ne peut exiger qu'une chose d'un public, c'est le respect de toute\nœuvre sérieuse. Et ce respect le Berlinois en fait preuve évidente, permettant ainsi l'éclosion\nd'un nombre infini de concerts gratuits, dont la valeur est certaine. C'est déjà beaucoup. C'est\npeut-être même tout ce qu'on peut demander.\nLe public des théâtres est moins discret que celui des concerts, et près de lui, l'oreille\nattentive saisit souvent des propos qui n'étaient pas faits pour elle. Quelques exemples montre-\nront devant qui se jouent les chefs d'oeuvres.\nFidelio. Lieutenant V. \" Jolie fille n'est-ce pas ? \" Lieutenant Q. \" Si vous aviez vu\nl'autre fois la petite W...\" V. : \" Voyons, vous n'allez pas me faire croire que vous assistez\nà cela tous les soirs ! \" Q. : \" Non, je ne suis pas maboul. J'étais obligé de remplacer un\ncamarade, pour que son régiment ne perde pas son tour. \""}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.65", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3894, "texte": "Walkyrie. Intendant H. \"Un type épatant ce Wagner. Du commencement jusqu'à\nla fin personne ne chôme dans l'orchestre ; tous y passent. C'est ce qu'il faut à tous ces\nfeignants. \" Intendant F. : \" Moi aussi ces gens là me mettent en rage. Il n'y a même pas\nchez eux l'apparente correction. Chaque trombone tire son instrument aussi loin que ça lui\ndit. Et le chef d'orchestre a le toupet de prétendre que ça doit se passer comme cela. Il n'y a\nguère que les cordes que j'ai pu dresser à un mouvement d'ensemble. \"\nTristan. L. : \"Tout demême, ça vaut bien la Veuve Joyeuse. Mais attends le dernier\nacte, où il meurt en douceur...\". H. (méfiant) : \"Comment sais-tu ça\" L. : \" Tiens, mais,\nVeilchenfeld m'a raconté toute l'histoire. \"\nCrépuscule des Dieux. Le mari, en baillant : \"Tu vois, nous aurions mieux fait de\nrester chez nous. \" La femme : \"Je croyais que c'était comme la Walkyrie ; tu sais bien la\npièce où il y a des femmes qui dressent des chevaux, avec un feu d'artifice à la fin. \"\nTout cela est entendu, avec bien d'autres choses.\nLilli Lehman, au temps où elle donnait encore des leçons, avait coutume de soumettre\ntous les candidats à un examen préalable. Elle entrait, parfois portant sous son bras un petit\nchien, auquel elle confiait son amertume. \" Ah, mon petit, ce qu'il faut entendre, tout de\nmême ! \" L'examen était terminé ; soit 40 à 60 mark. Aujourd'hui les grands artistes ont des\npréparateurs, qui continuent à suivre les élèves, épargnant au maître la peine la plus légère.\nL'enseignement le plus cher à Berlin est donné par la basse de l'opéra Paul Knuepfer.\nC'est 100 mark l'heure. Une minorité arrive à 60, 50 ou 40 mark ; beaucoup à 10, 20 et 30\nmark. La majorité en reste a 2 à 5 mark. Le syndicat berlinois ne permet pas à ses\nmembres de descendre au dessous de ce tarif. Mais il y a bien des malheureux qui se\ncontentent de 75 pfennig, d'autant qu'ils ont à subir la concurrence de Conservatoires de\nbas étage, qui offrent des leçons de 3 à 6 mark par mois.\nL'Ecole Supérieure, académique et royale, de musique (ou professe M. Knuepfer précité)\nfait payer à ses élèves de 120 à 225 mark par semestre. Si, malgré ces prix infimes, elle ne\npeut toujours remplir ses classes, la faute en est au caractère conservateur de son enseignement.\nPlus d'un artiste qui jouit d'un renom mondial, s'est vu jadis refuser l'entrée ou mettre dehors\npour cause d'insuffisance. Le compositeur surtout y pâtit ; on lui inculque une théorie dont la\npratique ne tient plus compte depuis une centaine d'années. Tant que Joachim fut à la tête\nle mot d'ordre était Beethoven, et Wagner servait d'épouvantail. Hermann Kretzschmar, son\nsuccesseur a fait infiniment de bien. Mais ne pensons pas au Conservatoire de Paris.\nL'Opéra comique à Berlin (Friedrichstrasse), devenu un théâtre dramatique, est remplacé\npar le nouvel opéra de Charlottenburg. On parle d'un opéra populaire. Jusqu'à présent l'opéra\npopulaire 11e s'est pas maintenu à Berlin, l'administration ne pouvant, avec des tarifs minimes,\nengager Caruso ou Destinn, et la critique incorrigible continuant à prétendre que, pour le\npopulaire, mieux était tout juste assez bon. Qui sait ! Cette fois tout le monde se mettra\npeut-être d'accord. Berlin est une ville encore jeune ; chaque jour est une surprise. Quand\non s'absente pendant six mois on ne s'y retrouve plus. C'est le contraire de Paris, où vous\npouvez revenir au bout de dix ans, sans que rien d'essentiel ne vous paraisse changé. Des\ndeux cotés il y avantages et inconvénients.\nLa visite est terminée. Nous la reprendrons une autre fois. Retournons derrière nos\nbarreaux, non sans gémir de voir la musique et ses habitants ressembler si fort au \" Jardin\nd'acclimation \". Le perchoir du coq ou la fosse aux ours, cela se vaut. Que ne donnerait-on\npas pour s'échapper à travers champs, loin des salles, loin des papiers... Utopie.\n\nDr. Richard H. Stein."}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.66", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3518, "texte": "Inauguration du Musée Heyer à Cologne\nJ. E.\nCe que Guimet et Chernuschi ont fait ici pour l'Orientalisme, ce que le Prince de\nMonaco a réalisé pour l'Océanographie, ce que Jacques Doucet a entrepris pour l'lconographie\nfrançaise, personne ne l'a tenté pour la musique. Le Mécéne musical qui songerait à autre\nchose qu'à sa propre satisfaction, et qui s'appliquerait à doter son pays d'un Institut à la fois\npratique, scientifique et artistique, dont la musique serait l'objet, celui là n'existe pas encore\nchez nous. Seul peut-être, le comte de Camondo avait entrevu ce beau rêve que la mort est\nvenue briser, avant même qu'il n'eut pris corps...\nEt pourtant, cet homme s'est trouvé, tout prés de nous, de l'autre coté de la frontière, à\nCologne sur le Rhin. Le commerzienrat Wilhelm Heyer, mort il y a quelques mois, avait\ndepuis des années appliqué systématiquement aux choses de la musique, un tempérament de\ncollectionneur passionné, un esprit habitué aux grandes entreprises, et une fortune à toute\népreuve. En peu de temps, trois millions de mark firent sortir de terre un vaste édifice, ou des\ncollections entières vinrent s'engouffrer, recevant un classement précis, et donnant à la ville de\nCologne un Institut musicologique, dont elle peut être fière.\nHomme moderne et industrieux, W. Heyer semble avoir tenu avant tout à faire œuvre\nutile, différant en cela de tant de collectionneurs anciens ou actuels, qui accumulent des trésors\npar un sentiment de jalouse et inquiète vanité. Le musée Heyer ne conserve pas ses richesses\npour la satisfaction de les conserver, ainsi qu'il arrive si souvent à nos bibliothèques, même aux\nplus grandes. Il entend que cette conservation trouve sa raison d'être dans l'utilité qu'elle peut\noffrir au travailleur. Et, dès le début, un atelier de lutherie, organe essentiel d'un musée musi-\ncal, veilla scrupuleusement à ce que tous les instruments fussent tenus en parfait état, bien\nd'accord, susceptibles, autant que leur permettait leur âge, de se montrer tels qu'ils furent jadis\nau temps de leur existence. Le musée Heyer n'est pas un cimetière. De même que son édifice\nest, on peut le voir, d'une architecture et d'une décoration bien vivantes, qui ne rappellent en\nrien la triste archéologie, de même ses salles et ses bibliothèques sont disposées pour un enseigne-\nment direct, et non pour flatter la curiosité du touriste.\nUne telle œuvre a son mérite si l'on songe qu'Heyer a pu réunir plus de 25 00 instru-\nments anciens, 1600 autographes, environ 20.000 lettres; une admirable collection de livres\net de partitions, ou dominent spécialement les ouvrages polyphoniques de la renaissance ; enfin\n3500 estampes et portraits.\nC'est ce Musée, dont nos lecteurs connaissent déjà le Catalogue instrumental, qui fut\ninauguré le 20 Septembre dernier, en présence de la veuve et des héritiers de W. Heyer, et\ngrâce aux zèle actif de notre collègue Kinski. Un joli programme accompagnait cette cérémonie.\nMme Land owska, qui ne pouvait manquer à une telle séance, représentait avec M. Kinski le\ncembalo, M. Niel Vogel d'Amsterdam, la viole d'amour., et M. van Neste de Bruxelles la\nviole de gambe. Cet ensemble discret célébra Pasquini, Milandre, Bach, Haendel, Bull et\nRameau, et désormais chacun peut trouver au Musée Heyer, qui continue à s'accroitre, l'accueil\nle plus courtois. Ne serait-ce point, à quelque jour, l'occasion pour les u Amis de la musique\nd'une agréable excursion jusqu'à Cologne ? 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Il sait noter leurs \" \", ces compli-\nments spirituels, ces épigrammes coquettes et tendres, ces malicieuses déclarations d'un amour\ninavoué. Il rythme fougueusement le \" Fandango et berce la mélancolie de la\nMaja avec les douces plaintes du Rossignol. Rien ne peut donner une idée de son interprétation\ndu \" Colliquio en la reja\" si passionné et si rêveur, et de \" \" dont l'émotion\nest si poignante."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.62", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 823, "texte": "La conception primitive de ces Goyescas s'est d'ailleurs peu à peu modifiée. Ces petits\ntableaux musicaux n'ont pu enclore dans leur cadre étroit tant de pittoresque et tant de\npassion ; bientôt un drame lyrique est né de leur réunion. Animée par la verve des tonadillas,\nqu'il y a introduites, cette action sera un inoubliable poème de couleurs et de parfums. Elle\nsera une émanation admirable de l'âme espagnole dans ce qu'elle a de plus savoureux et de\nplus caractéristique.\nParis verra certainement triompher sur une de ses scènes ces émouvantes visions. Nous en\ndevinons d'avance le succès et en félicitons l'auteur qui est bien l'un des seuls musiciens de sa\nrace pouvant nous laisser une œuvre d'une sensibilité artistique profonde et durable comme\ncelle du maître qui l'a inspirée.\n\nH. 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Ils viennent de se réunir pour la première fois a Berlin,\nrépondant à l'invitation d'un homme d'initiative, le professeur Max Dessoir, et a l'instigation\nd'un comité dirigé par le musicologue Werner Wolfheim et l'historien von Allesch. Du y au\n9 octobre des séances assidûment suivies ont montré que l'idée était bonne et répondait aux\ndésirs des spécialistes.\nD'abord, séance d'ouverture sous la présidence de Dessoir, en présence du représentant\ngouvernemental Schmidt et de M. Reicke, maire de Berlin. Discours, enthousiasme,\napplaudissements, allocution enflammée du délégué français (en allemand) M. Basch, venu tout\nexprès de la Sorbonne, cordialité du délégué anglais, souffle de pacifisme. Belle journée.\nPuis, les travaux et les savantes communications, réparties dans les sections suivantes :\nphilosophie de Vart, arts plastiques, littérature et enfin musique. Le professeur Lamprecht de\nLeipzig, qui n'est pas un orateur, apporta de curieux dessins d'eniants. Le germaniste Sievers\nse livra à d'intéressantes expériences psychologiques, pas toujours couronnées de succès. Par\ncontre le Français Charles Lalo, développant un programme d'esthetique sociologique, se\ntailla un succès à côté du paléontologue viennois Hoernes, et GU dernier des heçeliens\nAdolph Lasson.\nEn fait de musique, il y eut d'utiles débats. Paul Moos fit un rapport sur Vétat présent de\nVesthétique musicale. Charles Myers d'Oxford parla sur les Origines de la musique ; plein de feu,\nnotre collègue Heuss ne craignit pas de montrer comment se comportent l'un envers 1 autre\nle texte et la mélodie dans le lied strophique. Arnold Schering s'attaqua naturellement a\nY Hermétisme musical, sujet qui lui est particulièrement cher, Fritz Ohmann présenta des\nexpériences à?acoustique psychologique, et H. Wetzel discuta de théorie. Enfin le traditionnel\nbanquet, sans lequel il n'est pas de Congrès, même en esthétique, permit à Jules Combarieu\nd'élever une voix agréable et de rendre hommage à l'illustre Spitta, qui fut son maître jadis.\nEn somme, un vrai succès, d'utiles échanges de vues, des connaissances profitables, et le\nsentiment du devoir accompli. Voilà le bilan de ces journées. Dès maintenant le prochain\ncongrès a élu domicile à Vienne en 1915. Puis c'est Paris qui sera choisi, avec la date de 1917."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c089", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c089", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 63, "image_fin": 65, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.17.3", "titre_corps": "A travers Berlin.", "titre_sommaire": "A travers Berlin.", "signature_source": "Richard H. 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Ne sachant comment\ns'y prendre, il l'accosta par ces mots : \"Je crois bien, Mademoiselle, que je vous ai vue souvent\nau Jardin zoologique! \" \"Tiens, répond Marianne, dans quelle cage étiez vous donc?\" Et\nMichel, piqué, de reprendre : \" Dans celle que le coq gaulois croit voir, lorsqu'il passe la tête\nà travers les barreaux de la sienne. \"\nCette scène s'est reproduite bien des fois, tandisque l'expérience nous démontrait que\nchacun reste prisonnier dans sa cage et qu'entre nos deux pays musicaux se dresse un grillage,\nderrière lequel nous nous lançons des regards, sans arriver à nous connaître. Voudra-t-on bien\nautoriser un ours de Germanie à déplacer quelques barreaux pour inviter l'aimable gallinacé,\nson voisin, à une visite à travers sa case de Berlin ? La connaissance sera vite faite.\nLes compositeurs sérieux n'ont pas ici les vins envers les autres ces sentiments de\nsympathie ou d'antipathie, qui se manifestent chez vos grands hommes de la musique à Paris.\nChacun va son chemin, insouciant. Représentez-vous Maurice Ravel, entendant une œuvre\nde Vincent d'lndy ou de Paul Dukas, et s'écriant : \" Tiens, il compose donc aussi, celui là ! \"\nTelle est la situation à Berlin. On ne s'ignore pas totalement, mais on n'éprouve aucune\nhaine... et surtout aucune affection.\nUne place à part est naturellement réservée aux compositeurs d'opérette. Quelques uns\nse sont donné des noms français (ça sonne mieux). Ainsi, l'un des plus illustres, en son temps,\nse nomma Jean Gilbert. On raconte qu'un jour, dans un restaurant, il croisa un confrère, qui se\nprésenta à lui comme artiste, en ajoutant qu'il fabriquait des chaussures vernies. u Mais, hasarda\nGilbert, ce n'est pas de l'art. \" \" Pas de l'art, essayez donc d'en faire vous-même ! \". Le\ncordonnier disait vrai ; il entrait plus d'art dans ses chaussures vernies, que dans toutes les\nopérettes de M. Max Winterfeld pardon, de Jean Gilbert... Personne ne parle plus de\nPaul Lincke, ou de Victor Hollaender. M. Gilbert a tué toute concurrence, et il suffit\namplement à assouvir les passions musicales du tout-Berlin qui siffle dans la rue.\nLes critiques musicaux de Berlin sont parfois érudits, avertis, bons juges et bons écrivains\nparfois ils se révèlent aussi ignorants qu'incapables. A l'opposé de Paris, on ne trouve parmi\neux aucun compositeur imposant, mais de nombreux dilettantes, évadés de toutes les professions,\net dont la culture est naturellement contestable. En général mal rétribués, ils cherchent un\nà-côté qui leur permette de vivre. On en cite un qui, voulant rester pur, a fait paraitre un\nmanuel de cuisine.\nLes aptitudes musicales d'un critique ont évidemment plus d'importance que sa civilité.\nPourtant il est triste de constater que le niveau social des critiques berlinois est si souvent au\ndessous de leur niveau intellectuel. En février dernier vint une société de concerts de Paris se\nfaire entendre dans les salons d'un hôtel. On vit arriver nos juges, l'un en vêtements de travail,\nl'autre en redingote graisseuse, un troisième avec femme et enfants, un autre s'enquérant du\nbuffet...\nOn me dira qu'une revue musicale française a bien célébré dernièrement une Madame"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.64", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3927, "texte": "Rheinhold von Wahrhech, alors qu'il sagissait de M. Reinhold von Warlich. Un lapsus de ce\ngenre paraîtrait ici impossible dans un périodique spécialisé. J'accorde que c'est risibîe. Mais\nparaître au concert avec des chaussures couvertes de boue c'est autrement horripilant. Notez\nqu'en Allemagne ce que j'avance là est subversif, et vous fait passer pour un être superficiel,\ndépourvu de sérieux et de moralité.\nLes incidents récents dont M. Saint-Saëns a été le motif ont bien montré que la Ville\nBarbare sait faire preuve de politesse. Pour le Berlinois, il n'y a pas de chauvinisme en musique.\nLa provenance étrangère devient au contraire un attrait. Les artistes français en savent\nquelque chose.\nEn France tout se condense dans Paris. En pays germanique les grands centres se font\nconcurrence. Pourtant Berlin est, peu à peu, devenu le point de mire de tous les musiciens.\nLa raison n'est pas dans la supériorité de sa musique, mais dans le nombre de ses concerts.\nPendant la saison dernière il y eut ici 1210 auditions, contre 435 à Vienne, 430 à Munich,\n293 à Hambourg, 292 à Leipzig, 213 à Franckfort, 190 à Breslau, 112 à Stuttgart, et 99 à\nKarlsruhe. Cette statistique s'explique. Un débutant qui ne montrera pas de bonnes coupures\nde la presse berlinoise, ne peut espérer d'engagement en province. Aussi Berlin opére-t-il de\nplus en plus la concentration de l'art et du dilettantisme, dont les moindres productions\ntrouvent toujours moyen d'obtenir un compte-rendu dans les gazettes. Mais, comme les\nrédactions se soucient peu de faire des sacrifices pour leur critique musicale, on opère avec des\néléments à bon marché. Cela a ses inconvénients.\nEn moyenne, un concert à Berlin coûte 750 francs, au minimum le tiers de cette somme,\net souvent jusqu'à quatre fois plus. Le prix des salles de concert oscille entre 95 et 800 trancs.\nL'orchestre de la Philharmonie demande de 875 à 1300 fcs. Il faut ajouter les frais d'agence\nd'affiches, de publicité etc... Les inconnus, sans relations, ne peuvent compter sur un sou de\nrecette. Si bien, que la direction d'une salle nouvellement construite, a décidé de prélever sur\ntout vestiaire un droit de 10 pfennig en faveur du malheureux qui donne le concert. Il ne\nreste plus qu'à placer à l'entrée un tronc pour les aumônes généreuses.\nL'empereur Guillaume I, un jour à Bayreuth, se mit à applaudir, en même temps qu'il\nse penchait vers son aide de camp pour murmurer : \" C'est horrible. \"\nL'empereur Guillaume II a, lui-aussi, en général, une opinion personnelle différente de\ncelles des gens compétents, mais il ne donne de louanges qu'à ce qui lui plait.\nLe public berlinois imite Guillaume L II applaudit quand il voit applaudir, et garde ses\nimpressions pour un cercle d'intimes.\nGrâce à Dieu ! Bach, Beethoven, Brahms et autres ont aussi besoin de gens qui viennent,\napplaudissent, et s'en vont. Si tout auditeur n'approuvait et ne prônait que la musique qui lui\nplait, c'en serait bientôt fait de la musique elle-même ! La sympathie et la compréhension ne\nse laissant point forcer. On ne peut exiger qu'une chose d'un public, c'est le respect de toute\nœuvre sérieuse. Et ce respect le Berlinois en fait preuve évidente, permettant ainsi l'éclosion\nd'un nombre infini de concerts gratuits, dont la valeur est certaine. C'est déjà beaucoup. C'est\npeut-être même tout ce qu'on peut demander.\nLe public des théâtres est moins discret que celui des concerts, et près de lui, l'oreille\nattentive saisit souvent des propos qui n'étaient pas faits pour elle. Quelques exemples montre-\nront devant qui se jouent les chefs d'oeuvres.\nFidelio. Lieutenant V. \" Jolie fille n'est-ce pas ? \" Lieutenant Q. \" Si vous aviez vu\nl'autre fois la petite W...\" V. : \" Voyons, vous n'allez pas me faire croire que vous assistez\nà cela tous les soirs ! \" Q. : \" Non, je ne suis pas maboul. J'étais obligé de remplacer un\ncamarade, pour que son régiment ne perde pas son tour. \""}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.65", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3894, "texte": "Walkyrie. Intendant H. \"Un type épatant ce Wagner. Du commencement jusqu'à\nla fin personne ne chôme dans l'orchestre ; tous y passent. C'est ce qu'il faut à tous ces\nfeignants. \" Intendant F. : \" Moi aussi ces gens là me mettent en rage. Il n'y a même pas\nchez eux l'apparente correction. Chaque trombone tire son instrument aussi loin que ça lui\ndit. Et le chef d'orchestre a le toupet de prétendre que ça doit se passer comme cela. Il n'y a\nguère que les cordes que j'ai pu dresser à un mouvement d'ensemble. \"\nTristan. L. : \"Tout demême, ça vaut bien la Veuve Joyeuse. Mais attends le dernier\nacte, où il meurt en douceur...\". H. (méfiant) : \"Comment sais-tu ça\" L. : \" Tiens, mais,\nVeilchenfeld m'a raconté toute l'histoire. \"\nCrépuscule des Dieux. Le mari, en baillant : \"Tu vois, nous aurions mieux fait de\nrester chez nous. \" La femme : \"Je croyais que c'était comme la Walkyrie ; tu sais bien la\npièce où il y a des femmes qui dressent des chevaux, avec un feu d'artifice à la fin. \"\nTout cela est entendu, avec bien d'autres choses.\nLilli Lehman, au temps où elle donnait encore des leçons, avait coutume de soumettre\ntous les candidats à un examen préalable. Elle entrait, parfois portant sous son bras un petit\nchien, auquel elle confiait son amertume. \" Ah, mon petit, ce qu'il faut entendre, tout de\nmême ! \" L'examen était terminé ; soit 40 à 60 mark. Aujourd'hui les grands artistes ont des\npréparateurs, qui continuent à suivre les élèves, épargnant au maître la peine la plus légère.\nL'enseignement le plus cher à Berlin est donné par la basse de l'opéra Paul Knuepfer.\nC'est 100 mark l'heure. Une minorité arrive à 60, 50 ou 40 mark ; beaucoup à 10, 20 et 30\nmark. La majorité en reste a 2 à 5 mark. Le syndicat berlinois ne permet pas à ses\nmembres de descendre au dessous de ce tarif. Mais il y a bien des malheureux qui se\ncontentent de 75 pfennig, d'autant qu'ils ont à subir la concurrence de Conservatoires de\nbas étage, qui offrent des leçons de 3 à 6 mark par mois.\nL'Ecole Supérieure, académique et royale, de musique (ou professe M. Knuepfer précité)\nfait payer à ses élèves de 120 à 225 mark par semestre. Si, malgré ces prix infimes, elle ne\npeut toujours remplir ses classes, la faute en est au caractère conservateur de son enseignement.\nPlus d'un artiste qui jouit d'un renom mondial, s'est vu jadis refuser l'entrée ou mettre dehors\npour cause d'insuffisance. Le compositeur surtout y pâtit ; on lui inculque une théorie dont la\npratique ne tient plus compte depuis une centaine d'années. Tant que Joachim fut à la tête\nle mot d'ordre était Beethoven, et Wagner servait d'épouvantail. Hermann Kretzschmar, son\nsuccesseur a fait infiniment de bien. Mais ne pensons pas au Conservatoire de Paris.\nL'Opéra comique à Berlin (Friedrichstrasse), devenu un théâtre dramatique, est remplacé\npar le nouvel opéra de Charlottenburg. On parle d'un opéra populaire. Jusqu'à présent l'opéra\npopulaire 11e s'est pas maintenu à Berlin, l'administration ne pouvant, avec des tarifs minimes,\nengager Caruso ou Destinn, et la critique incorrigible continuant à prétendre que, pour le\npopulaire, mieux était tout juste assez bon. Qui sait ! Cette fois tout le monde se mettra\npeut-être d'accord. Berlin est une ville encore jeune ; chaque jour est une surprise. Quand\non s'absente pendant six mois on ne s'y retrouve plus. C'est le contraire de Paris, où vous\npouvez revenir au bout de dix ans, sans que rien d'essentiel ne vous paraisse changé. Des\ndeux cotés il y avantages et inconvénients.\nLa visite est terminée. Nous la reprendrons une autre fois. Retournons derrière nos\nbarreaux, non sans gémir de voir la musique et ses habitants ressembler si fort au \" Jardin\nd'acclimation \". Le perchoir du coq ou la fosse aux ours, cela se vaut. Que ne donnerait-on\npas pour s'échapper à travers champs, loin des salles, loin des papiers... Utopie.\n\nDr. Richard H. Stein."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c090", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c090", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 66, "image_fin": 66, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.17.4", "titre_corps": "Inauguration du Musée Heyer à Cologne", "titre_sommaire": "Inauguration du Musée Heyer à Cologne", "signature_source": "J. 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Seul peut-être, le comte de Camondo avait entrevu ce beau rêve que la mort est\nvenue briser, avant même qu'il n'eut pris corps...\nEt pourtant, cet homme s'est trouvé, tout prés de nous, de l'autre coté de la frontière, à\nCologne sur le Rhin. Le commerzienrat Wilhelm Heyer, mort il y a quelques mois, avait\ndepuis des années appliqué systématiquement aux choses de la musique, un tempérament de\ncollectionneur passionné, un esprit habitué aux grandes entreprises, et une fortune à toute\népreuve. En peu de temps, trois millions de mark firent sortir de terre un vaste édifice, ou des\ncollections entières vinrent s'engouffrer, recevant un classement précis, et donnant à la ville de\nCologne un Institut musicologique, dont elle peut être fière.\nHomme moderne et industrieux, W. Heyer semble avoir tenu avant tout à faire œuvre\nutile, différant en cela de tant de collectionneurs anciens ou actuels, qui accumulent des trésors\npar un sentiment de jalouse et inquiète vanité. Le musée Heyer ne conserve pas ses richesses\npour la satisfaction de les conserver, ainsi qu'il arrive si souvent à nos bibliothèques, même aux\nplus grandes. Il entend que cette conservation trouve sa raison d'être dans l'utilité qu'elle peut\noffrir au travailleur. Et, dès le début, un atelier de lutherie, organe essentiel d'un musée musi-\ncal, veilla scrupuleusement à ce que tous les instruments fussent tenus en parfait état, bien\nd'accord, susceptibles, autant que leur permettait leur âge, de se montrer tels qu'ils furent jadis\nau temps de leur existence. Le musée Heyer n'est pas un cimetière. De même que son édifice\nest, on peut le voir, d'une architecture et d'une décoration bien vivantes, qui ne rappellent en\nrien la triste archéologie, de même ses salles et ses bibliothèques sont disposées pour un enseigne-\nment direct, et non pour flatter la curiosité du touriste.\nUne telle œuvre a son mérite si l'on songe qu'Heyer a pu réunir plus de 25 00 instru-\nments anciens, 1600 autographes, environ 20.000 lettres; une admirable collection de livres\net de partitions, ou dominent spécialement les ouvrages polyphoniques de la renaissance ; enfin\n3500 estampes et portraits.\nC'est ce Musée, dont nos lecteurs connaissent déjà le Catalogue instrumental, qui fut\ninauguré le 20 Septembre dernier, en présence de la veuve et des héritiers de W. Heyer, et\ngrâce aux zèle actif de notre collègue Kinski. Un joli programme accompagnait cette cérémonie.\nMme Land owska, qui ne pouvait manquer à une telle séance, représentait avec M. Kinski le\ncembalo, M. Niel Vogel d'Amsterdam, la viole d'amour., et M. van Neste de Bruxelles la\nviole de gambe. Cet ensemble discret célébra Pasquini, Milandre, Bach, Haendel, Bull et\nRameau, et désormais chacun peut trouver au Musée Heyer, qui continue à s'accroitre, l'accueil\nle plus courtois. Ne serait-ce point, à quelque jour, l'occasion pour les u Amis de la musique\nd'une agréable excursion jusqu'à Cologne ? Départ le matin, retour dans la nuit, rien n'est\nplus aisé."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c091", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c091", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 67, "image_fin": 67, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.18", "titre_corps": "L'Ongakou Kaï, revue musicale japonaise.", "titre_sommaire": "L'Ongakou Kaï, revue musicale japonaise.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.67", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 40, "texte": "L'Ongakou Kaï, revue musicale japonaise."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c092", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c092", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 68, "image_fin": 71, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.19", "titre_corps": "POINT DE VUE JAPONAIS EN MUSIQUE", "titre_sommaire": "POINT DE VUE JAPONAIS EN MUSIQUE", "signature_source": "E. Morita", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.68", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2612, "texte": "POINT DE VUE JAPONAIS EN MUSIQUE\n\nje demande pardon à M. Bryan, Péminent correspondant de la Revue Musicale S. I. M.\nau Japon d'empiéter sur son domaine. Je voudrais présenter au lecteur français une revue\nmusicale Japonaise, que dirige à Tokio notre confrère M. Yamamoto, et qui montrera quel\nest actuellement le point de vue des Japonais en ces matières.\n\\j Ongakou Kaiy dont on peut voir ci-contre la dernière page de couverture, se présente\nsous la forme d'une brochure mensuelle, environ du format et de l'importance de S. I. M., et\nqui se lit, comme il convient, de droite à gauche. Le numéro, qui nous sert de spécimen, date\ndéjà du printemps dernier, et, quoiqu'il s'en trouve de plus récents aux bureaux de la rue La\nBoétie, je le choisis pour un article important dont je voudrais citer les fragments.\nAssez sensiblement inspiré par les revues musicales américaines, celle-ci comporte tout\nd'abord des portraits d'artistes. Ainsi, nous voyons un groupe de musiciens de Nagoya, un\nautre de Tairen ; sans leurs instruments d'ailleurs, et groupés sagement par un photographe\nd'atelier, sans aucune préoccupation documentaire... exotique. Puis voici deux professeurs\nnouvellement nommés au Conservatoire, tous deux Allemands bien entendu. Puis un tableau\ndes grandes vedettes, destiné à donner aux Japonais l'idée des étoiles des deux continents\nblancs. On y retrouve Ysaye à côté de Caruso, de Destinn et de Muck et de maint autre que\nje ne citerai pas (j'aurais l'air de leur faire de la réclame) ! Tous artistes se faisant connaître\nà Tokio vià New-York, et pas un seul Français !\nLes annonces ne manquent pas à la revue japonaise, elle se présentent sur un élégant\npapier safran qui en fait ressortir le caractère.\nOn trouve aussi de la musique dans Y Ongakou Kaiy et de la musique européenne. C'est\nune surprise de rencontrer le célèbre a Plus près de toi, w.on Dieu \", et sur des paroles fran-\nçaises ! Un certain nombre de clichés ornent également les frontispices et culs de lampe. Ils\nsemblent être pris dans des volumes européens. Par exemple, en tête d'un article sur la\nréorganisation des services de la revue, figurent des Egyptiens jouant du net et de la harpe,\ndevant un paysage de pyramides ! Ailleurs dansent des nègres en délire, au-dessus de cette\ninscription \" Macabre Tout cela n'est pas très japonais, et prouve une certaine hésitation\ndans la présentation de cet organe de l'art musical d'Extrême Orient. Nous n'avons pas en\nface de nous une publication absolument consciente et semblable à notre illustre Koka, qui\nvaut toutes les revues d'art plastique et décoratif du vieux monde."}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.70", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1, "texte": "5"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.70", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3629, "texte": "Toute modeste qu'elle est, YOngakou Kai reste cependant une revue sérieuse et de\ntendances graves. Son sommaire le prouve. Nous y voyons des articles sur la position sociale\ndu musicien en Europe ; l'avenir de la musique japonaise ; Théâtre et Musique ; les musiciens\ndans la flotte ; la vie musicale. Cette dernière partie est la plus développée. En somme, un\nbon tiers d'articles et deux tiers de ce qu'on nomme ici compte-rendus.\nTrès digne d'intérêt sont ces chroniques d'actualité, envoyées de différentes régions du\nJapon. Voici, par exemple, quelques lignes sur le Théâtre à Formose :\n\" Je vous envoie un bref compte-rendu du théâtre du Sud, qui comprend deux genres :\nle théâtre de cérémonie, celui qu'on emploie traditionnellement à l'occasion de certaines fêtes,\nanniversaires, etc... et le théâtre de simple divertissement. Le premier étant provisoire, on ne\nfait pas de grands frais pour lui, et l'on n'engage que des acteurs de second rang. On y joint\nsouvent les marionnettes. La rénumération de la troupe ne dépasse pas 50 fr. par jour, et celle\ndes marionnettes 15 fr. Les frais d'établissement de la baraque, où se donnent ces représen-\ntations, est à la charge du public.\nOn donne trois représentations dans la même journée ; une le matin, une l'après-midi,\nune le soir, chacune dure quatre heures. Les acteurs sont tous des hommes, et spécialisés dans\nleur rôle. Ils sont tous très ignorants. Le Hakuji est une sorte de théâtre d'enfant, joué en\nlangue vulgaire par de jeunes garçons ; le Kyuka et le Kotsubo sont au contraire joués par des\nadultes en langue chinoise de Pékin.\nPour les marionnettes, il y en a trois sortes : les Kwairai-Geki, mus par des ficelles, le\nKawa-Geki ou lanterne magique, et le Hotei-Gekl, poupées qu'on fait mouvoir avec les mains,\nl'index dans la tête, le pouce et l'annulaire dans les bras.\nLe théâtre d'amusement proprement dit est mieux organisé. Les acteurs en sont meilleurs\net la troupe comprend généralement 70 à 80 personnes, qui viennent directement de Chine. \"\nVoici par contre un exemple de reportage, tout-à-fait américain :\nMalgré le deuil national, la ville a déjà retrouvé son air de printemps et sa gaîté. Le\nconcert chez Kineya Uyekidana, à l'occasion de la reprise de ses cours, a eu le plus brillant\nsuccès. De nombreuses jeunes filles de famille s'exhibèrent sur l'estrade, telles les poupées à la\nfête du 3 mars, et jouèrent ou chantèrent. Dans les principales maisons de Kanzè, Hojo, Kita.\non chante de bonne heure le matin, assis sur la scène glaciale, à la lueur des bougies.\nNaniwa Boushi fait fureur. La Compagnie Phonographique du Japon a donné 25.000 fr.\nà M. Koumoemon pour chanter devant trois disques.\nLa biwa (sorte de luth) a toujours sa vogue. Une revue spécialement consacrée à cet\ninstrument vient de ce créer. A Kioto on en rafole ;et le Club de biwa fondé par Mlie Sougano\net Tanabé est tout à fait prospère.\nDe même la harpe, qui, elle aussi, a sa revue particulière.\nOn le voit l'information est accréditée au Japon sous sa xorme la plus aimable. Mais voici\nqui est de nature à nous intéresser davantage. Que pense un de nos compatriotes de l'avenir\nde notre musique ?\n\"En tout ce qui touche la musique, nous traversons au Japon une période d'incertitude.\nL'ancienne musique est démodée, la nouvelle n'est pas encore créée. On se demande ce qu'il\nen adviendra. Je ne puis rien prédire et pourtant je sens bien dans quelle voie nous devons\nnous engager. Notre art ancien national a certainement de bons côtés ; mais il est un legs de\nnos anciens esprits. Il ne répond plus logiquement aux nouveaux besoins sociaux et moraux de"}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.71", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4153, "texte": "notre temps. D'abord, et d'un point de vue strictement musical, on ne saurait dire si la\nmusique proprement japonaise est encore capable de vie. Par exemple la musique populaire,\ndite S angen Rakou,manque d'harmonie, elle est donc un peu monotone. Elle ne peut traduire\nles sentiments délicats et complexes. Elle ne peut produire d'effet sur le grand public. C'est\nun art de salon, réservé à un petit auditoire. La A plus moderne comparativement, ne\nconvient pas non plus au concert. Et toutes nos autres espèces musicales présentent des défauts\nanalogues.\nComprenons bien que nos mœurs et nos goûts changent et que nous aimerons à entendre\nla musique dans de grandes salles ou au théâtre. La musique nationale perdra donc sa valeur.\nMais historiquement il est indispensable d'en poursuivre l'étude. Il est nécessaire de prendre\nconscience du sentiment national à l'égard de la musique. Jusqu'ici on n'a étudié le caractère\njaponais que d'après les œuvres littéraires : or, la littérature n'offre qu'un élément extérieur ;\nla musique atteint ce qu'il y a de plus intime dans l'âme de la nation. Nous n'avons encore\nrien fait dans cette voie. Les étrangers s'y mettent, mais avec de très pauvres documents.\nEn Europe, on fait de profondes études d'histoire comparée de la musique ; on envoie\ndes savants à l'étranger pour s'instruire. Lors d'un voyage que je fis, j'ai visité les cabinets\nd'étude musicale (sic) de Berlin et de Vienne. J'ai été surpris des documents qui y sont\naccumulés ; on peut y entendre même des musiques nègres et africaines. La musique\neuropéenne ayant atteint son apogée cherche de nouvelles voies ; elle s'essaye du côté de\nl'Extrême-Orient, et particulièrement du Japon.\nQuelques Européens prétendent que la musique japonaise est merveilleuse. J'en doute.\nMais il n'y a pas un pays où l'on puisse rencontrer, comme au Japon, les survivances de\ndifférentes musiques, vieilles de mille ans. Nous avons une infinité de documents, il nous faut\nles étudier. Le Conservatoire de Tokio a entrepris une enquête sur la musique nationale.\nMalheureusement le budget affecté à cette œuvre est insufisant pour en assurer la réalisation.\nQuant à la musique européenne, il y a quarante ans que nous l'avons introduite chez\nnous, mais nous ne pouvons encore dire quels seront les résultats de cette implantation. Nous\narriverons à nous servir des instruments, mais pour la voix, on ne peut rien prévoir, la langue\njaponaise étant essentiellement différente des langues européennes. Dernièrement, un étranger\nqui n'est pas au courant de la langue japonaise a composé la musique d'un opéra japonais. Il a\néchoué. Pour comprendre une musique, on doit d'abord bien connaître le tempérament et les\nmœurs d'une nation. Les notes ne suffisent pas. Pour moi je n'attends rien de bon du mélange\ndes deux musiques. La musique européenne existe depuis mille ans, et la nôtre est rebelle\nà toute évolution. Servons-nous donc de tous ces éléments, nationaux et étrangers comme de\nréférences, prenons-en connaissance, et tout naturellement se formera un nouvel art musical\njaponais. Pour le moment il faut prendre notre parti de ce pêle-mêle. N'avons-nous pas, au\nJapon même, l'exemple de la cohabitation de musiques différentes, par leurs origines et leur\nhistoire : musique de cour musique sacrée musique du peuple...\nDurant ce règne des Mei-ji nous avons assuré le progrès social, politique et militaire.\nNous sommes encore, pour les arts, sous l'empire du traditionalisme. C'est notre devoir de\nréaliser les conditions dans lesquelles peuvent et pourront se produire les musiciens de génie. \"\nC'est peut-être la première fois que l'Europe entend un langage aussi net et aussi autorisé\nde la part d'un musicologue japonais. Ongakou on le voit, mérite d'attirer l'attention de\ntous ceux qui s'intéressent aux arts de l'Extrême-Orient et même de ceux qui se bornent à\ndes ambitions professionnelles. Nous ne connaissons guère au pays du Soleil Levant, en fait\nde musique, que l'Allemagne et l'Amérique. Il y a à cela beaucoup de bonnes raisons, que je\nlaisse aux compositeurs et aux virtuoses français le soin de deviner eux-mêmes.\n\nE. Morita."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c094", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c094", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 69, "image_fin": 69, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.19.2", "titre_corps": "Une annonce de l'Ongakou-Kaï Le Piano Pleyel a Tokio.", "titre_sommaire": "Une annonce de l'Ongakou-Kaï Le Piano Pleyel a Tokio.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.69", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 53, "texte": "Une annonce de l'Ongakou-Kaï\nLe Piano Pleyel a Tokio."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c095", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c095", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 72, "image_fin": 72, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.20", "titre_corps": "UN TANGO CHEZ LUCILE", "titre_sommaire": "UN TANGO CHEZ LUCILE", "signature_source": "Christiana", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.72", "debut_caractere": 11, "fin_caractere_exclue": 43, "texte": "UN\nTANGO\nCHEZ\nLUCILE\nChristiana."}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.72", "debut_caractere": 110, "fin_caractere_exclue": 778, "texte": "Comme tous les ans a pareille époque, V o\npar certains événements artistiques qui s imposent a Vattention des Parisiennes et des\namateurs oV art.\nParmi ces manifestations de notre bon\nVexposition des modèles qu organise deux\nravissant Hôtel de la Rue\nde Penthièvre.\nOn sait qu\ncieux y entoure le défilé des plus\nmerveilleuses toi\nde Lady Duff Gordon.\nCette année,\n14 Octobre, qu a\nreprésentation,\nmière pour ceux\nque passionne Vart de la\ntoilette féminine.\nLe grand\ntout au Tango dansé sur la\npetite scène aménag\nles éclairages\ngrand théâtre,\ndigne des Contes des Mille\net Une Nuits, et où défilè-\nportés far\nquins d'une rar\nce que V imagina\nconcevoir de som\nbon goût."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c096", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c096", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 72, "image_fin": 72, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.20.1", "titre_corps": "Cl. 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Barthou vient de donner\ncongé. Aubades par le Raffut de St-Polycarpe sans augmentation de\nprix. Vactualité en musique : MM. Charles Méré et Isidore de\nLara font représenter a/' Opéra-Montaigne un drame lyrique a clef\nintitulé \" Les Trois Masques Tout le monde a deviné que ces\ntrois masques sont ceux que viennent de laisser tomber les nouveaux\ndirecteurs de V Opéra\nComique. & Pacifisme.\nPour ne pas troubler\nle concert européen et apaiser le courroux de Camille Saint-Saè'ns,\nVempereur Guillaume II recolle avec soin les pages de la partition\nde \" Samson \" qiïun directeur berlinois avait maladroitement déchi-\nrées. La main passe, à VOpéra... Elle passe même un peu trop\nprès de la joue d}un concessionnaire... &A la suite de cet incident,\ndeux plaintes ont été déposées contre M. Broussan : Vune par les\nhéritiers de Labiche qui prétendent n*avoir pas été consultés pour\nune reprise de u la Main leste, \" Vautre par le chef de claque de\nVAcadémie Nationale de musique pour usurpation de fonctions. & Varchitecte de la salle Favart vient de\ndonner sa démission, ne voulant pas\nformations coûteuses qu'imposera Vin-\nd'une direction triangulaire. & La\ndiapason qui se déclarait satisfait\nne plus pouvoir s'en tirer avec ce\nen a progressivement élevé le nombre\naugmente. & Trois de nos taxis sub-\nprendre la responsabilité des trans-\nstallation, dans la Maison Carré,\ncrise du luxe et la vie chère. Le la du\njusqu'ici de ses 870 vibrations affirme\nchiffre dérisoire. Depuis deux ans il\nqui est actuellement de 900. Tout\nventionnés ont effectué leur prise en\ncharge, mais7 à Vheure ou nous mettons sous presse, aucune main n'a encore abaissé le drapeau qui flotte au\nsommet du quatrième.\nSwift.\n(Croquis d'Emmanuel"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c104", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c104", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 75, "image_fin": 76, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.22", "titre_corps": "L'Édition Musicale", "titre_sommaire": "L'Édition Musicale", "signature_source": "V. 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Et signalons, de suite, peut-être sans espoir de retour, les\nla côte d'azur(l) de MM. Deffès, Carlini, Ménardi, Tartanac, ainsi que\nà la France(2) de G. Anglebel, écho de l'Est belliqueux. Il reste encore un ensemble aussi\nimposant que disparate.\nPeu de sonates.Deux seulement, pour piano et violon, mais de ces belles et larges œuvres,\nqui montrent que le genre est toujours vivace. Celle de M. Jean Neymarck (3) vise à\nl'effet dramatique, celle de M. P. de Guarnieri (3) tourne au contraire au lyrisme irisé\nde Fauré.\nDeux œuvres d'orchestre aussi. La Suite Brè(4) de Louis Aubert en petite partition\nd'orchestre, et la Chasse du Prince Arthur(4) de Ropartz en grand format de réduction\npour deux pianos. Enfin un drame en un acte de Maeterlinck, musique de van der\nHaegen, Ylntruse (5), qui montre bien que l'exemple de Pelléas n'a pas été perdu pour tout\nle monde.\nDu piano, voici les échantillons bariolés, depuis les Pièces (1) de Cools, coloré\nun peu durement parfois, jusqu'au Prélude(4) de Ducasse et à celui de Ravel, aux nuances\nfugitives, en passant par les Mirages de Chansarel, et les (3) de Mansilla.\nComme chant, une juvénile interprétation de \" l'extase amoureuse \" de Verlaine (le\nVent dans la plaine)(4) par le maître Saint-Saëns. Puis, diverses mélodies (3) de\nDumas, Borchard, Herscher, Delage-Prat, illustrant ingénieusement, qui Hugo,\nqui Régnier, qui Tailhade. Les Chansons dans le (3) de Gérard de Chamberet\nméritent d'être citées à part. Archaïsme tranquille, simplicité rappelant quelque Racan\nmoderne. Enfin notre magicien j'ai nommé Claude Debussy dispose ses sortilèges\nautour de Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé(4), d'une impressionnante futilité. Mais, n'est-ce\npas Ravel, qui, lui aussi, s'est plu cet été à sortir de musique ces jeux mièvres ? Que va-t-il se\npasser, bon Dieu !\n\n1 Lointier à Nice. ® Senart et C\".5 Demets. 4 Durand et fils. 5 Breitkopf et Hartel à Bruxelles.\n6 Max Eschig. 7 Janin frères à Lyon."}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.76", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2201, "texte": "Je ne vois trop rien à évoquer à propos de (3) pour piano et\nviolon de Raoul MoreaU, ni du Menuet tend(3) de Verley, ni même du\nDanse (6) pour hautbois et piano de Cools, et j'arrive, en vitesse, à la Collection\nSénart, dont les 25 morceaux, pour piano, piano et violon, piano et chant, accomplissent\nméthodiquement leur œuvre de prophylaxie musicale, en délogeant une foule de nocives\nfariboles. Certes, cette Musique Contemporaine se réclame plus encore d'hier que de demain,\nbien qu'elle soit signée de MM. Vierne, Vanzande, Piglia, Mel-Bonis, Bagge,\nEymieu, Gallois, Verdalle, Boulnois, Collin, de Lioncourt, Michaux,\nBarria, de Dammès, Ladmirault, Deeaux, Duhamel, Brody, Malherbe,\nDelmas, Desportes, Kunc, et Chanoine-Davranches ! Mais, n'oublions pas qu'il\ns'agit ici d'humaniser le grand art et de faire la guerre à la contrefaçon.\nDu même souci d'utile vulgarisation, mais avec des vues rétrospectives, part la\nde transcriptions pour piano d'œuvres d'orgue(3), de J. Herscher. Mettre àla portée de tous,\nen évitant le tripatouillage, les richesses de Roberday, Grigny, Clérambault, Couperin,\nDaquin, Frescobaldi, Schutz, etc... c'est faire œuvre pie. Si l'éditeur était un lanceur hardi et\npuissant, cette collection prendrait une place d'honneur dans le monde de la musique.\nMais, j'allais oublier notre bon abbé Brun, qui glisse parmi tous ces profanes, le\nfascicule inévitable et sacré de ses Hymnes avec Savez-\nvous, Monsieur l'abbé, que, si j'en avais la place, je ne résisterais pas au plaisir de vous\nhouspiller ? Quelle rage d'appuyer les volutes du plain-chant sur les massives colonnes de notre\nharmonie ! Laissons donc chanter les voix suaves de ces Echos d'Orient, sans y mettre la main,\nni l'orgue sacrilège. La beauté d'une vocalise ou d'une voûte, c'est de s'élancer, toute seule,\nà la Pégoud. Si vous la faites accompagner par trois solides gaillards, qui la maintiennent dans\nl'espace sonore, vous tuez ses prouesses, et, d'un raid audacieux, qui stimule notre imagination,\nvous faites un exercice d'école, qui n'amuse que vous.\nEn somme, bonne rentrée. Beaucoup d'élèves. Les maîtres toujours vaillants. Et le\nCompte d'auteur n'est pas mort. Tout va bien.\n\nV. P."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c107", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c107", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 77, "image_fin": 78, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.23", "titre_corps": "Société Française des Amis de la Musique", "titre_sommaire": "Société Française des Amis de la Musique", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.77", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1619, "texte": "Société Française des Amis\nde la Musique\nBUT DE LA SOCIÉTÉ\nLA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE a pour but de grouper\nen une Grande Association tous ceux qui aiment la Musique, d'aider de la manière la plus\ngénérale au développement de l'Art Musical, en France et à sa diffusion à l'Etranger ;\nd'accorder son patronage et son appui à toute manifestation générale digne d'intérêt, enfin de\ncréer les moyens d'action nécessaires pour réaliser, à côté de son programme artistique, une\nŒuvre Sociale, Philantrophique et Utilitaire qui ennoblisse ses efforts et justifie la mission\nqu'elle s'est proposée.\nEXTRAIT DES STATUTS\nARTICLE 3.\nLa Société se compose de Membres Sociétaires, de Membres Donateurs,\nde Membres Bienfaiteurs et de Membres d'Honneur.\nLes Membres Sociétaires, Donateurs et Bienfaiteurs devront être agréés par\nle Bureau.\nPour être Membre Sociétaire, il faut payer une cotisation annuelle de 20 francs.\nLa cotisation de 20 francs peut être rachetée par un versement unique de 500 francs.\nPour être Membre Donateur, il faut verser une cotisation annuelle d'au moins\n100 francs.\nPour être Membre bienfaiteur, il faut avoir versé en une fois une somme d'au\nmoins 1000 francs.\nLes Dames peuvent faire partie de l'Association. Elles sont éligibles à toutes les\nfonctions.\nARTICLE 4.\nLa qualité de membre de la Société se perd :\ni° Par la démission.\n2° Par la radiation prononcée par le Conseil d'administration pour non paiement des\ncotisations, après deux avis, ou pour motif grave.\nTout membre démissionnaire doit les cotisations échues et celles de\nl'année courante. (Loi du ier juillet 1901, art. 4.)"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.78", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2047, "texte": "De nouvelles adhésions sont parvenues au Secrétaire Général de la Société. Ce sont, par\nordre d'inscription :\nMEMBRES SOCIÉTAIRES (1913)\nM. Herrmann Borel. M. Ernest Guillierme. M'119 Grâce Nelson.\nMUe de Chateaubourg. Mme Ernest Guillierme Mmc de la Noue.\nM. Ch. Danner. M. Haarbleicher. M. Max de Novion.\nMme Em. Deutsch de la Mme Juliette Heidelbach. M. Daniel de Poliakoff.\nMeurthe. M. Alfred Jonas. M. Henry Say.\nM. Girardin. M. Jean Kinen. Mme Vallin-Hekking.\nM. Goldner. M. Arnold Naville. M. Edmond Vidal-Naquet.\nM. Arthur de Guichard. Mme Arnold Naville.\nLes personnes suivantes se sont déjà fait inscrire pour l'année 1914*\nMEMBRES SOCIÉTAIRES\nMme Béatrix 8011. Mme Mange de Hauke. Mmo Auguste Roussel.\nM. Victor Buesst. Mme Lenoir. M,ne Marie Roussel.\nMme Victor Buesst Mme Henry Léon. Mme Charles Sautter.\nM. Joseph Debroux. Mlle Paulette Léon. Mme Gaston Sautter.\nM. Silvin Dubois. Mme Jacques Lovenbach. Mlle Denise Sautter.\nM. Eugène Gigout. M. Jean Naville. M'\"e Lazare Weiller.\nLes membres de la Société Française des Amis de la Musique jouiront, à partir de cette\nsaison, d'un nouveau privilège.\nM. Gabriel Pierné et le Comité des Concerts Colonne, ont bien voulu accorder aux\n\" Amis \" la faveur d'une réduction de 20 °/0 sur les cartes des membres honoraires qui donnent\ndroit aux entrées des répétitions publiques du samedi matin au Théâtre du Châtelet.\nNous rappelons aux membres de la Société que, sur présentation de leur carte, ils\npourront se procurer au siège social de l'Administration des Concert Colonne, 13, rue de\nTocqueville, une entrée permanente à ces répétitions, moyennant le prix de 80 fr. (au lieu de\n100 fr.)\nNous adressons à Monsieur Gabriel Pierné et à Messieurs les Membres du Comité de\nl'Association des Concerts Colonne l'expression de nos bien vifs remerciements pour cette\ngracieuseté.\nLe Conseil d'Administration de la Société se réunira le mois prochain pour nommer la\ncommission qui sera chargée de décerner le premier prix de musique de la Société à une\ncompagnie de quatuors à cordes."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c108", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c108", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 79, "image_fin": 84, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.24", "titre_corps": "Çà et Là", "titre_sommaire": "Çà et Là", "signature_source": "Pierre Lérys", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.79", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2782, "texte": "Çà et Là\n\nM& MARTHE\nMarthe Prévost ne se consacra définitivement a Vart musical qu après de\nsérieuses études littéraires. SA# éducation artistique se ressentit utilement de cette culture\ngénérale. violon retint quelque temps son attention mais elle abandonna Varchet\nlorsque sa voix se fut développée, grâce aux conseils éclairés de Mme Archainbaud et de\nMM. Eugène et 'Joseph Archainbaud. Ne ressentant aucun attrait pour la scène, la jeune\nartiste se voua résolument a la défense de la musique de chambre\nclassique et moderne. Sa connaissance parfaite de la langue allemande\nlui a permis de donner d}admirables interprétations des mélodies de\nSchumann, Schubert et de Richard Strauss. S#r programmes\nse trouvent réunies les plus belles pages de Haendel, de Mozart, de\nRameau et de Lulli aussi bien que celles de Duparc, Fauré, Kaechlin, Gabriel Dupont,\nChausson ou Debussy. Les habitués des Concerts pour tous, des Concerts Berlioz, des Concerts\nTouche, des Matinées et Soirées d'Art ou des séances du Quatuor Lejeune ont souvent\nfêté le talent de M^e Marthe Prévost qui donna récemment, 0 & S*//* Gaveau,\n/* concours de Vorchestre Lamoureux dirigé par Chevillard., 00 concert ou elle remporta un\nvéritable triomphe. Nous aurons, sans doute, plus d'une fois, Voccasion d'entretenir nos\nlecteurs des succès de cette remarquable artiste qui asu se créer, parmi les musiciens, ji enviable renommée.\nM. Maurice Duhamel nous prie d'annoncer qu'il a terminé en 1908 un drame lyrique\nen deux tableaux intitulé Viviane dont on prépare l'exécution. Ceci pour éviter toute contesta-\ntion au sujet de la priorité du titre qu'a choisi M. Amédée Gastoué, comme nous l'avons\nannoncé dans notre dernier numéro.\nMlle Henriette Renié, la brillante harpiste, institue un Concours, portant son nom et\nenrichi d'un prix de 1200 francs et d'une mention de 300 francs. Le programme comprend\nune épreuve publique (exécution de morceaux imposés et transcription) et une épreuve à\nhuis-clos (exécution de morceaux et d'études). Le concours est réservé aux harpistes ayant\nobtenu depuis 1908 un premier prix à un Conservatoire de Paris, de province ou de l'étranger,\nou ayant suivi pendant un an le cours d'artistes d'Henriette Renié.\nPour les inscriptions et renseignements complémentaires s'adresser 47 rue Nicolo.\nLa très utile publication qu'est le \" Guide \" s'augmente d'une partie critique.\nUn supplément, intitulé \" La Critique Musicale''''rendra compte de toutes les manifestations\nmusicales dont le Guide aura précédemment annoncé l'apparition. Les musicographes seront\nheureux de l'hommage qui leur est ainsi rendu par une publication qui renonce en leur faveur\nau parti-pris d'impassibilité qu'elle s'était imposé à ses débuts. Nous souhaitons cordialement la\nbienvenue à notre nouveau confrère."}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.80", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2626, "texte": "Pour éviter toute erreur d'interprétation, M. Paul Fournier, le sympathique président\nd'honneur de l'Association des Concerts classiques de Marseille, nous prie d'apprendre à nos\nlecteurs que c'est par raison de santé que M. de Lacerda, victime de son zèle et de son\ndévouement, à dû renoncer à la direction de l'orchestre de sa société et passer la baguette à\nM. Louis Hasselmans.\nNous apprenons que l'Agenda P.L.M. pour 1914, actuellement sous presse, va paraître\nincessamment. A côté de nombreux articles et nouvelles des plus intéressants, il nous réserve\nla surprise de douze forts beaux hors-texte en couleurs, merveilleuses reproductions de compo-\nsitions inédites représentant les plus beaux sites auxquels conduit le réseau P.L.M.\nLe prix de cette remarquable publication restera néanmoins fixé à 1 fr. 50.\nM. Jean d'Udine, Directeur-professeur de l'Ecole de Gymnastique rythmique (méthode\nJacques-Dalcroze) a repris ses cours de gymnastique, solfège er géométrie rythmiques,\n11 Avenue des Ternes. Cette école prospère entre, cette saison, dans sa cinquième année\nd'existence.\nLe Comité du \" Salon des Musiciens Français\" (sous la présidence de M. Henri Maréchal,\nInspecteur de l'Enseignement Musical et le patronage de la \" \") a\ndécidé que la première des douze Auditions qu'il donnera cette année,\nConservatoire, aura lieu le Mardill Novembre prochain, à 8 h. 3/4 du soir.\nUn succès pour Fart vocal français. —On sait que les chanteurs français ne sont point\naimés en Italie où on ne les admet ni au théâtre ni au concert.\nLe Quatuor Vocal Battaille vient de triompher de cette mise à l'index, car il est\nengagé à Rome par la Société du Quartette, l'une des premières d'ltalie ; de là, il rayonnera\ndans un certain nombre d'autres villes.\nNotre collaborateur Camille Mauclair va faire paraître, à la fin de ce mois, sous le titre\nde La Musique européenne,(Les hommes. Les idées. Les œuvres de 1850 à 1914) un\nvolume très documenté sur toutes les écoles d'Europe, dans le but de donner au public des\nconcerts, souvent mal renseigné, un memento lui permettant de comparer utilement les diverses\ntendances du mouvement musical contemporain.\nDeux partitions nouvelles (Edition Fiirstner). André Messager, l'éminent directeur de\nl'Opéra, met actuellement la dernière main à son nouvel opéra \" Béatrice \", sur un livret de\nR. de Fiers et G.-A. de Caillavet.\nCette œuvre, doit être créée à Nice au commencement de Mars prochain.\nLa vie de \"Palestrina\", le célèbre reformateur de la musique italienne vient de tenter un\ndes compositeurs allemands les plus éminents de notre époque. Nous apprenons, en effet, que"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.81", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2329, "texte": "le professeur Hans Pfitzner, qui, depuis longtemps n'a pas donné d'oeuvres nouvelles travaille\nactuellement à un opéra en trois actes consacré à la gloire du maître italien.\nLes Chœurs de la Maitrise de Saint-Eustache et les Chanteuses de Sainte Cécile sous la\ndirection de M. F. Raugel donneront à St. Eustache, à l'occasion de Ste Cécile, le 22 Novembre\nune exécution de la Cantate pour tous les temps de Bach. M. Joseph Bonnet se fera entendre à\nl'orgue dans le Prélude et Fugue en ré majeur.\nM\"e Lili de la Nux a obtenu cette année le diplôme de professeur à l'lnstitut de gymna-\nstique Rythmique de Jacques Dalcroze. MUe de la Nux est la première Française diplômée de\nHellerau enseignant à Paris.\nMonsieur François Dressen, premier Violoncelle solo des Concerts Lamoureux, professeur\nà la Schola Cantorum (Cours supérieur), a repris ses leçons particulières de violoncelle, d'accom-\npagnement et ses cours de trios et quatuors dans son nouvel appartement 41, boulevard des\nBatignolles.\nLa brillante saison d'été du Casino de Deauville a été pour Mlle Yvonne Chazel l'occasion\nd'un véritable triomphe. La jeune artiste a remporté en particulier, dans le rôle de un\nchaleureux succès.\nDe Montreux, M. Ansermet, directeur des Concerts symphoniques du Kursaal, nous\ncommunique un abondant et intéressant programme où brillent les noms de Bach, Beethoven,\nBerlioz, Brahms, Ditterdorf, César Franck, Haydn, Huber, d'lndy, Saint-Saëns, Schubert,\nStrong, Schumann, Tchaïkowski, Chabrier, Cornélius, Glazounov, Gluck, Humperdinck,\nMozart, Schillings, Strauss, Wagner, Weber, Albeniz, Ansermet, Duparc, Granville-Bantoch,\nLiszt, Moussorgski, Milhaud, Rameau, Rimski-Korsakov, Sibelius, Smetana, Strong, Strauss.\nUne petite salle charmante, située 51 rue Blanche, est mise dans d'excellentes conditions\npar M. Serpeille, à la disposition des artistes qui désireraient la louer pour des auditions, cours\net leçons.\nLe pianiste Dario Attal, l'un des plus remarquables virtuoses de la génération nouvelle\nse propose de donner en Janvier et Février une série de concerts appelés à avoir un grand\nretentissement dans les milieux musicaux. L'admirable élève de Leschetizki a déjà remporté\nici de nombreux succès et personne n'a oublié l'éclat de son dernier récital où il souleva\nl'enthousiasme des habitués de la Salle Gaveau."}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.84", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3134, "texte": "Claude Debussy met la dernière\nmain à un ballet pour enfants qu'il a\nécrit sur un argument du dessinateur\nbien connu André Hellé. L'œuvre\nremplie de fantaisie et d'humour est\ndestinée à une de nos scènes parisien-\nnes les plus réputées pour ses specta-\ncles d'art.\nLe charmant ballet va paraître\nbientôt avec de délicieux dessins en\ncouleurs qui représentent les principales scènes de l'ouvrage. Titre : \"La Boîte à Joujoux '*\nUNE INTÉRESSANTE EXPERIENCE\nLe 5 Novembre, en matinée, au Théâtre des Champs-Elysées, sera tentée une très\ncurieuse et très artistique expérience dont la simple annonce passionne déjà les milieux musicaux.\nUn fort beau concert symphonique, dont nous publions le programme dans ce numéro, réunira\nsur la belle scène de l'Avenue Montaigne l'admirable cantatrice Marthe Chenal, que l'Amérique\nse dispose à nous ravir, notre grand chef d'orchestre Camille Chevillard et les brillants\nexécutants de l'Association des Concerts Lamoureux, Mais un élément artistique nouveau\nviendra donner à cette audition une signification tout particulière. Renouvelant l'essai, si\nfavorablement accueilli, d'Arthur Nikisch, Camille Chevillard aura sous sa baguette, pour\nl'exécution de la Fantaisie Hongroise de Liszt et du Concerto de Grieg, non pas un pianiste\nprofessionnel mais un instrument ingénieusement doté de toute la souplesse d'un organisme\nvivant, un mécanisme délicieusement subtil, capable d'offrir aux chefs d'œuvres de la littérature\npianistique les moyens d'expression les plus puissants, les plus riches et les plus nuancés. Le\nPianola reçoit, ce jour là, ses lettres de noblesse musicale. Cette solennelle consécration d'une des\ninventions humaines qui auront le plus utilement contribué à la diffusion et au progrès de la\nmusique dans le monde moderne, sera chaleureusement accueillie par tous les artistes et enchan-\ntera tous ceux qui doivent au Pianola des joies esthétiques de premier ordre réservées jusqu'alors\naux seuls virtuoses. Ils sont nombreux, ceux qui, après avoir longtemps souffert de l'insuffisance\nd'une éducation technique trop longue à acquérir, ont trouvé dans ce frémissant traducteur de\nla pensée des maîtres, un confident sensible et un complaisant initiateur. Ils se sont souvent\nirrités des grossières confusions qui se sont parfois établies dans la foule ignorante entre le puéril\net brutal engrenage des claviers mécaniques et ce très artistique \" cohéreur \" de sensations\ndont ils connaissent toute l'intelligente docilité. Cette publique apothéose enorgueillira tous\nceux qui ont courageusement protesté contre de tels préjugés. En rendant ainsi justice à l'une\ndes plus précieuses conquêtes de la sciences moderne, nos grands artistes affirment que, loin de\nvoir en elle un danger pour le développement technique de nos futures générations de pianistes,\nils attendent de sa fidèle collaboration un bienfaisant renouveau, une salutaire exaltation de la\ntendresse des foules à l'égard d'une Muse qui fut parfois un peu hautaine et distante mais qui\nexaucera désormais les prières des plus humbles de ses fidèles et ne se refusera plus à leur\nadoration.\n\nPierre Lérys"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c113", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c113", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 85, "image_fin": 85, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.25", "titre_corps": "La Vie chère et la Bourse", "titre_sommaire": "La Vie chère et la Bourse", "signature_source": "P.-E. Penaud", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.85", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 5493, "texte": "La Vie chère et la Bourse\nP.-E. Penaud.\nDepuis une douzaine d'années, tous les budgets, depuis celui de l'Etat jusqu'à\nceux des plus humbles citoyens, ont augmenté dans une proportion considérable. Les\ndépenses devenant de plus en plus fortes, il a fallu trouver des recettes de plus en\nplus élevées pour arriver à établir l'équilibre, mais cela n'est pas toujours facile et\nj'en connais beaucoup, à commencer par l'Etat, qui n'arrivent pas à combler le\ndéficit. Pendant quelques années chacun est parvenu, tant bien que mal, à boucler\nson budget en prenant sur ses réserves et en réalisant quelques économies, mais la plupart n'ont pu se procurer des\nressources supplémentaires qu'en engageant l'avenir, de sorte que leur situation se trouve maintenant aggravée.\nEt pourtant il faut en sortir. Il devient urgent de prendre des décisions énergiques pour éviter que le mal\ndevienne irréparable. Avant tout, il faut établir sans restriction le chiffre total des dépenses nécessaires et\ntrouver, pour y faire face, des recettes normales. C'est ce dernier point qui devient de plus en plus difficile.\nL'Etat a, à sa disposition, un moyen très simple, c'est d'imposer davantage les contribuables et il va inaugurer\nprochainement de nouvelles taxes, impôt sur le capital, impôt sur le revenu, impôt sur les valeurs mo-\nbilières, qui en définitive frappent les mêmes personnes, c'est-à-dire les capitalistes grands ou petits. Les\nindustriels et commerçants peuvent également faire supporter à d'autres leurs charges supplémentaires en aug-\nmentant le prix de vente de leurs marchandises, ce qui pèse encore sur les consommateurs 5 mais les particuliers\nne disposent pas de ces moyens réservés à l'Etat et aux producteurs et doivent tirer d'eux-mêmes leurs ressources.\nEt c'est justement au moment précis où leurs dépenses s'augmentent par le renchérissement de la vie que\nla surélévation des impôts vient diminuer leurs recettes. Les capitalistes sont par conséquent forcés de chercher\nun revenu plus fort pour supporter les charges nouvelles qui pèsent sur eux et que, seuls, ils ne peuvent\nrepasser sur le dos des autres. Aussi, depuis quelques années, voyons-nous les grandes valeurs de tout repos\ndélaissées pour des valeurs de second ordre qui produisent un revenu plus important. Les fonds d'Etats, anglais,\nfrançais, allemands, belges, italiens, russes ont été remplacés dans beaucoup de portefeuilles par les fonds\nbrésiliens, argentins, chinois, japonais, etc. Les titres des grandes compagnies européennes de chemin de fer ont\nfait place à ceux des Compagnies américaines. Les actions et obligations des Sociétés industrielles et minières,\ndont le passé et les réserves assurent l'avenir, ont été abandonnées au profit des vignettes plus ou moins\naléatoires de nouvelles entreprises ne présentant aucune sécurité et destinées à l'effondrement.\nMon avis est que les capitalistes ont lâché la proie pour l'ombre et que dans l'espoir de toucher s°/0\nau lieu de 3 ou 31/2 ils ont risqué de perdre, et souvent ils ont perdu, sur leur capital une somme supérieure\nà la différence de revenu. Depuis 40 ans que je m'occupe de finance, j'ai toujours constaté qu'il y avait plus\nd'avantages à opérer sur des valeurs de premier ordre parce que la plus-value du cours compense largement leur\nfaible revenu. Leur abandon momentané a fait baisser les cours, c'est le moment d'en profiter pour rentrer dans\nces valeurs à de bonnes conditions. Examinez donc votre portefeuille, faites-en l'inventaire exact et débarrassez-\nvous sans retard de tout titre ne présentant pas une absolue sécurité ; en un mot ne gardez que les\ngrandes valeurs dites de père de famille. Si vous avez la moindre hésitation pour vous décider, demandez-moi\nun avis, que je vous donnerai immédiatement et gracieusement, trop heureux d'être utile à mes lecteurs. Vous\npouvez m'envoyer la liste des valeurs composant votre portefeuille, je vous la retournerai en mettant en face de\nchacune la mention : à garder ou à vendre. De plus je me mets à votre disposition pour vous fournir\nles explications nécessaires à votre édification personnelle.\nNon seulement, je vous éviterai d'aventurer votre argent dans des placements douteux, mais je vous indiquerai\nle moyen d'augmenter votre revenu annuel et je suis convaincu qu'après vous être rendu compte, par la pratique,\nde l'excellence de mes conseils, vous continuerez à me les demander et à les suivre. Je heurterai souvent\nles avis intéressés que vous donnent certains courtiers ou employés de Banque, qui, pour gagner une commission\nde quelques francs sur une affaire, n'hésitent pas à vous faire perdre au besoin des centaines de francs. Croyez-\nmoi, il faut être absolument désintéressé pour vous recommander la rente française, les consolidés anglais,\nles fonds d'états belges, russes ou allemands, ainsi que les actions et obligations des grandes compagnies\nde chemins de fer et des principales Sociétés industrielles ou minières. Aussi, vous pouvez en toute confiance me\ndemander une consultation sur votre situation financière, même si vous avez une mauvaise spéculation engagée,\nje mettrai ma vieille expérience à votre disposition, soit par correspondance, soit de vive voix à mon bureau,\n8, rue Drouot, tous les jours de 10 h. à 11 h. du matin et de 4 h. à 7 h. Vous auriez vraiment tort de ne pas\nen profiter, puisque cela ne vous engage à rien et peut vous rendre service.\nEn matière financière, un bon conseil ne doit jamais être négligé, et souvent une fortune en dépend."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c115", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c115", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "couv. 2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.26", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1268, "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇAISE T>ES\nAMIS <DE LA MUSIQUE\nCOMITE D'HONNEUR\nM. le Président d\nM. le Ministre de V Instruction et\nM. le Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts.\nM. Gabriel Fauré, Direct\nM. Henry ancien Directeu\ndes Musées Nationaux.\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nPRÉSIDENTE D'HONNEUR : S. A. R. MADAME LA DUCHESSE DE VENDÔME\nBUREAU\nPRÉSIDENT\nM. GUSTAVE BERLY,\nVICE-PRÉSIDENTS\nM. LE PRINCE A. D'ARENBERG, de F Institut.\nM. Louis BARTHOU,\nConseil, Ministre de Vlnstruction Publique\net des Beaux-Arts.\nM. J. ECORCHEVILLE, docteur es-lettres.\nM. ALEXIS ROSTAND,\nd Administration du\nd'Escompte de Paris.\nTRÉSORIER\nM. LÉO SACHS.\nSECRÉTAIRE DU CONSEIL\nM. GUSTAVE CAHEN.\n•i\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL : M. Louis DE MORSIER.\nMEMBRES DU CONSEIL\nMŒS ALEXANDRE ANDRÉ.\nMMA LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, di\nraire au ministère d\nM. LÉON BOURGEOIS,\ndu Travail.\nM. GUSTAVE BRET.\nM™ LA COMTESSE GÉRARD DE GANAY.\nM. FERNAND HALPHEN.\nJYPE LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nM®* LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE.\nM®* DANIEL HERRMANN.\n■ v\nMM® HENRY HOTTINGUER.\nMMC GEORGES KINEN.\nM. J. PASQUIER.\nM. LE MARQUIS DE POLIGNAC.\nMme LA COMTESSE PAUL DE PoURTALÉS.\nM. A. PRÉGRE.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND.\nM. JACQUES ROUCHÉ.\nM. Louis SCHOPFER.\nM\"0 SÉLIGMANN-LUI.\nM. JACQUES STERN.\nM®* TERNAUX-COMPANS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c116", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c116", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 73, "image_fin": 73, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.27", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.73", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1678, "texte": "Administration des Concerts A. DANDELOT, 83, rue d'Amsterdam, PARIS\nSALLE GAVEAU, 45, rue La Boëtie\nJEUDI 6 NOVEMBRE 1913, à 9 heures précises du soir\nConcert avec orchestre Jpâ°é M. C« Saint-Saëns\nFrtrn.it d'une lettre adressée bir M. C. Saint-Saëns à M. A. Dandelot, le 14 Octobre 1913 :\n\" ...Vous ferez observer que je ne joue plus à Paris dans les concerts depuis longtemps et que on\nm'entendra pour la dernière fois...\navec le concours de MUe Nicole AncKier, M. R. Diaz= Albertini, M. Pierre Monteux\nau bénéfice de l'œuvre \" CERCLE NATIONAL POUR LE SOLDAT DE PARIS \"\n(CERCLE MILITAIRE DES TROUPES DE LA GARNISON)\nAu PROGRAMME : INTERPRETE PAR M. C. SAINT-SAENS\nA L'ORGUE : Rapsodie Bretonne, (C. Saint-Saëns). Grande Fantaisie sur le Choral du Prophète, (Litszt.)\nAu PIANO :Conc erto, (Mozart.) Quintette et Wedding-Cake, (C. Saint-Saëns.) Havanaise, (C. Saint-Saens,) M. îaz-\nAlbertini. Morceaux pour le luth (arrang. pour harpe) M. C. Saint-Saëns : Mlle Nicole Anckier. Duo pour harpe\net violon, (C. Saint-Saëns,) Mlle N. Anckier, M. Diaz-Albertini.\nORCHESTRE SOUS LA DIRECTION DE M. PIERRE MONTEUX.\nPRIX DES PLACES : Parterre : Loge de Face, 80 fr. ; Loge de coté, 100 fr. ; Fauteuil d'orchestre i,e sene, 20 fi.;\n2e série, 10 fr. 5 Pourvoir, 5 fr. ; Promenoir, 2 fr.\nlerIer Balcon : Fauteuil de face et ler rang, 12 fr.5 Côté, 8 fr., Pourtour, 4 fr.; Promenoir, 2 fr.\n2e Balcon : Fauteuil 3 fr.; Pourtour, 2 fr.; Promenoir, 1 fi.\nEschig, 48, rue\nLOCATION * A la salle Gaveau, 45, rue La Boëtie, chez MM. Durand & Cie, 4, place de la Madeleine , M. M«ix ■\nde Rome et 13 rue Lafitte et à l'administration de Concerts A. Dandelot, 83, rue d'Amsterdam, Téléphoné Gut 13.25."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c117", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c117", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 73, "image_fin": 73, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.28", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.73", "debut_caractere": 1680, "fin_caractere_exclue": 2422, "texte": "SALLE ERARD, 13, RUE DU MAIL\nJeudis, 15, 22, 29 Janvier, 5, 12, 19, 26 Février, 5 Mars 1914\nà 9 heures précises du soir\nHuit Concerts donnés par\nEDOUARD RISLER\nAudition Intégrale du Clavecin bien tempéré de J. S. BACH (Deux Cahiers); des dix dernières SONATES DE BEETHOVEN\net d'œuvres de :\nMOZART, SCHUBERT, WEBER, SCHUMANN CHOPIN BERLIOZ C P.'S'KAS\nSAINT-SAENS G. FAURE, E. CHABRIER, C. DEBUSS\\, L. DIEME , »\nR. HAHN, GRANADOS\nPIANO ERARD\nPRIX DES PLACES : Parquet et ler Balcon : Abonnement aux 8 séances 4° '•\npour 4 séances J\npar seance\n»\n2° Balcon » aux séances\n„ pour 4 séances\n„ par séance\nio fr.\n20 fr.\ni 5 fr.\n5 fr.\nOn peut s'inscrire dès à présent à I'ADMINISTRATION DE CONCERTS A, DANDELOT, 83, rue\nd'Amsterdam, Téléph. 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Les Cours sont payables d'avance\nPour les renseignements s'adresser à la"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1913-11-01-01-c119", "article_bluemountain": "bmtnabh_1913-11-01_01#c119", "volume": "bmtnabh_1913-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 83, "image_fin": 83, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.2.30", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.83", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 960, "texte": "THEATRE DES CïïAMPS=ELYSEES\n— —„ (Avenue Montaigne) ———~\nRECITAL DE PIANOLA avec ORCHESTRE\n(90 exécutants)\n(Association des Concerts Lamoureux)\nsous la direction de M. Camille CHEVILLARD\net avec le Concours de Mll' Marthe CHENAL\nde TOpéra-Comique\nle Mercredi 5 Novembre 1913, à 3 h. précises\nPROGRAMME\n1. Ouverture de Tannhauser Wagner\npar VORCHESTRE\n2. a) Elégie en fa mineur Massenet\nb) Myrto Léo Delibes\nMne MARTHE CHENAL, accompagnée au Pianola.\n3. a) Allegro Appassionato, op. 70, en ut mineur . . . Saint-Saëns\nb) Nocturne, op. 15, N{) 2, en fa dièse Chopin\nc) Valse de Concert, op. 41 Glazounow\nau PIANOLA.\n4. Concerto, op. 16, en la mineur Grieg\nAllegro molto moderato\nAdagio. Allegro moderato.\nau PIANOLA, avec accompagnement d'ORCHESTRE.\n5. Prière de la Tosca Puccini\nMlle MARTHE CHENAL, accompagnée au PIANOLA.\n6. Fantaisie Hongroise en mi mineur ........ 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MORITA 0 SWIFT"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.2", "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇAISE T>ES\nAMIS <DE LA MUSIQUE\nCOMITE D'HONNEUR\nM. le Président d\nM. le Ministre de V Instruction et\nM. le Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts.\nM. Gabriel Fauré, Direct\nM. Henry ancien Directeu\ndes Musées Nationaux.\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nPRÉSIDENTE D'HONNEUR : S. A. R. MADAME LA DUCHESSE DE VENDÔME\nBUREAU\nPRÉSIDENT\nM. GUSTAVE BERLY,\nVICE-PRÉSIDENTS\nM. LE PRINCE A. D'ARENBERG, de F Institut.\nM. Louis BARTHOU,\nConseil, Ministre de Vlnstruction Publique\net des Beaux-Arts.\nM. J. ECORCHEVILLE, docteur es-lettres.\nM. ALEXIS ROSTAND,\nd Administration du\nd'Escompte de Paris.\nTRÉSORIER\nM. LÉO SACHS.\nSECRÉTAIRE DU CONSEIL\nM. GUSTAVE CAHEN.\n•i\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL : M. Louis DE MORSIER.\nMEMBRES DU CONSEIL\nMŒS ALEXANDRE ANDRÉ.\nMMA LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, di\nraire au ministère d\nM. LÉON BOURGEOIS,\ndu Travail.\nM. GUSTAVE BRET.\nM™ LA COMTESSE GÉRARD DE GANAY.\nM. FERNAND HALPHEN.\nJYPE LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nM®* LA COMTESSE D'HAUSSONVILLE.\nM®* DANIEL HERRMANN.\n■ v\nMM® HENRY HOTTINGUER.\nMMC GEORGES KINEN.\nM. J. PASQUIER.\nM. LE MARQUIS DE POLIGNAC.\nMme LA COMTESSE PAUL DE PoURTALÉS.\nM. A. PRÉGRE.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. ROMAIN ROLLAND.\nM. JACQUES ROUCHÉ.\nM. Louis SCHOPFER.\nM\"0 SÉLIGMANN-LUI.\nM. JACQUES STERN.\nM®* TERNAUX-COMPANS."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.3", "texte": "A nos Abonnés\nS. I. M.\nDepuis six mois, 110 s lecteurs sont accoutumés à trouver un avis\nau début de chaque numéro de la Revue.\nCette fois encore, nous avons le plaisir de leur annoncer une\nheureuse nouvelle.\nPour satisfaire aux exigences chaque jour croissantes de l'actualité\nmusicale et répondre aux vœux de nombreux lecteurs soucieux d'en\nsuivre de plus près les manifestations, S.I.M. publiera, le 15 de\nchaque mois, pendant la saison, un supplément spécialement consacré\nà l'Actualité et à l'lnformation.\nCe supplément, qui paraîtra pour la première fois le 15 Décembre,\nsera servi gratuitement à tout abonné de France ou de Belgique.\nLe numéro habituel du ler,Ier, ne sera pas modifié par cette disposi-\ntion nouvelle. Non seulement il conservera toute son importance,\nmais nous augmenterons le nombre de ses pages et de ses illustrations\ntoutes les fois que les circonstances l'exigeront. Le fascicule supplé-\nmentaire, permettant à nos lecteurs de demeurer de quinzaine en\nquinzaine en contact avec la vie musicale si active de notre temps,\ndoit être considéré comme un premier pas vers la bi-mensualité\ndéfinitive, légitime ambition à laquelle les bienveillants encourage-\nments de nos lecteurs ne nous permettront pas de résister bien\nlongtemps."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.4", "texte": "LES MANUSCRITS DE LA\nBIBLIOTHÈQUE DE BERLIN\n\nRécemment installée dans un palais construit pour elle sur la fameuse\npromenade \" Unter den Linden, \" la Bibliothèque Royale de Berlin est\nriche en manuscrits des grands musiciens du passé : Ils sont renfermés\ndans une grande armoire de fer, ouverte à bon escient et refermée aussitôt.\nA Berlin pour quelques jours, je ne pouvais manquer l'occasion de consulter\nces précieux documents et d'élucider certaines questions qui me préoc-\ncupaient depuis longtemps. Voici le résultat de mes recherches.\nLorsque Carvalho, dans son théâtre lyrique, ressuscita pour les Parisiens\nla merveilleuse partition des Noces de Figaro, on crut faire merveille et\nrestaurer une intention de l'auteur en lui infligeant une appogiature\naffreuse, dure, à la fin du récitatif qui précède l'air de Suzanne au dernier\nacte. On s'était basé sur je ne sais quelle édition dans laquelle cette appo-\ngiature est formulée ainsi :\nQuand on a beaucoup pratiqué les œuvres de Mozart, on sait qu'il usait\nà l'extrême des \" accidents \" dits \"de précaution C'eut été le cas où\njamais de se servir de ce procédé, et ce mi si désagréable à l'oreille,\nne me paraissait pas authentique."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.5", "texte": "LES MANUSCRITS DE BERLIN\n3\n\nAvant Mozart, la fausse relation était sévèrement interdite ; il lui était\nréservé de montrer que dans bien des cas elle peut être une source de\nbeauté. Mozart en a trouvé beaucoup d'excellentes, dont la plus extraor-\ndinaire est peut-être celle qui se trouve dans une sonate pour piano :\nl'effet en est si délicieux qu'on n'en remarque pas l'étrangeté.\nCelle des Noces de Figaro ne se contente pas de ne pas être délicieuse :\nelle est atroce. Et cependant, depuis les représentations célébrés du Théâtre\nLyrique, on n'exécute plus ce récitatif autrement.\nLe manuscrit de Mozart permet de rétablir la vérité. On y lit textuel-\nlement ceci :\nLes apoggiatures sont sous-entendues, suivant la mode italienne du\ntemps. La mesure se trouvant transitoirement en l'appogiature doit\nêtre un Mibycomme l'oreille l'indique, sauf indication contraire qui\nn'existe pas.\nUn des plus précieux joyaux de la collection des manuscrits est celui de\nla 9me symphonie de Beethoven. On ne saurait croire le nombre de\ngrattages, de surcharges qu'on y rencontre. Là également, les indications\nprécieuses ne font pas défaut.\nOn sait l'effet merveilleux de ce basson suspendu entre ciel et terre,\ndans le développement instrumental qui précède, au commencement de\nla dernière partie, l'entrée des voix. Depuis quelque temps cet effet a\ndisparu ; le second basson intervient pour doubler les contrebasses, et lorsque"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.6", "texte": "4\nS. I. M.\n\nles deux bassons se rencontrent à la tierce, il en résulte une lourdeur qui\nn'a rien d'esthétique. A ce sujet, que dit le manuscrit ?\nIl porte une note au crayon noir. Mais ce\nn'était pas l'idée première de l'auteur, car il avait écrit :\nindiquant ainsi clairement que le second basson devait se taire.\nBeethoven, comme on sait, entendait mal. Peut-être aussi l'orchestre\nqui exécuta pour la première fois l'illustre symphonie n'était-il pas aussi\nriche en contrebasses que nos grands orchestres modernes. Quoi-qu'il en\nsoit, Beethoven aura trouvé que les contrebasses, qui sont privées dans ce\noassage du concours des violoncelles, ne soutenaient pas suffisamment\n! 'ensemble ; il leur adjoignit le second basson. Avec nos orchestres actuels\noù les contrebasses sont en nombre il est inutile de recourir à cet expédient.\nUne autre question, très-importante, est celle du mouvement dans\nlequel doit-être exécuté le Majeur du Scherzo.\nLes partitions usuelles portent le même numéro du métronome pour\nla blanche pointée du 3/4 et pour la blanche du J'avais cru bien\nfaire, lorsque j'eus l'honneur de diriger la 9me symphonie à l'Opéra, en\nme conformant à cette indication. Elle n'a aucune authenticité : ni le\nmanuscrit, ni la ière édition de la symphonie ne portent d'indication\nmétronomique.\nAprès un stringendo, on trouve le presto C barré. L'auteur l'avait écrit\nd'abord en 2/4 de cette manière\net tout le majeur se continuait ainsi, de façon fort incommode pour le\nchef d'orchestre. L'auteur a gratté le 2/4 et l'a remplacé par il a\ngratté les barres de mesure marquées +"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.7", "texte": "LES MANUSCRITS DE BERLIN\n5\n\net marqué sur les mesures suivantes les chiffres\nlaissant le reste en l'état. Rien n'indique un changement de mouvement,\nun retour à celui du 3/4 ; le mouvement doit-être maintenu.\nMais il faut faire attention que la dernière partie du Final est un\nprestissimo et que ce presto ne doit pas lui être assimilé. Sa blanche est\nplus rapide que la blanche pointée de 3/4, mais ce n'est pas la rapidité\nextrême du presto de nos jours ; tout ce fragment doit avoir un caractère\nagreste et nullement précipité. J'en dirai autant de\n(l'indication est textuelle sur le manuscrit) qui précède le redoutable\nquatuor vocal du Final ; on en fait presque l'équivalent du\nalors qu'il doit faire contraste, par sa joie calme, avec la joie délirante,\ndionysiaque de la conclusion.\nA noter aussi le solo de timbales du Scherzo, marqué forte, et que\nl'on a pris l'habitude de frapper forl'auteur a marqué mais\navec cette indication\nrépétée chaque fois, montrant une intention de diminuenao sur les dernières\nnotes. Cette indication n'a pas été respectée dans l'édition originale, et\nelle est devenue partout un simple accent sur la première note. D'ordi-\nnaire, on frappe les trois notes tutta forza ; cela fait, au lieu d'un\nsimple contraste avec le reste, un disparate choquant qui n'était certaine-\nment pas dans l'intention de l'auteur.\nJ'ai dit les nombreuses corrections faites par Beethoven sur son propre\nmanuscrit ; il en est de fort curieuses ; c'est ainsi qu'à la rentrée du\nthème jf dans la ire partie, au lieu du trémolo des basses\nBeethoven avec écrit d'abord :\nUn passage très intéressant par les grattages et les surcharges qui s'y"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.8", "texte": "6\nS. I. M.\n\ntrouvent est celui où les instruments en bois se livrent à un amusant\nbadinage sur la figure :\nCette figure se répétait sans modification, quand l'auteur, par un scrupule\nbizarre, voulut éviter la rencontre de la même note dans la figure des\n\" bois \" avec une note des instruments à cordes qui persistent dans leur\nmarche implacable :\nOn voit alors que l'auteur après avoir écrit pour la flûte\na noté ensuite\net enfin\nLe basson après avoir hésité entre\nest revenu à sa première version. De pareilles hésitations ont amené les\nautres instruments à la forme adoptée en dernier lieu.\nMais n'est-il pas déconcertant de constater que le beau mouvement\nde basse\nn'a pas été trouvé du premier coup ?\nBeethoven avait d'abord écrit\nIl y a quelque temps déjà que j'ai signalé deux fautes graves qui\ns'obstinent à ne pas disparaître, dans le Concerto en Mi b de Beethoven."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.9", "texte": "LES MANUSCRITS DE BERLIN\n7\n\nDans un des tutti du premier mouvement, on voit avec stupeur la\nseconde clarinette compter des poses, gardant un inexplicable silence.\nLa première figure seule, il est vrai, sur le manuscrit ; mais l'auteur a\nclairement indiqué que la seconde doit jouer à l'unisson du premier\nbasson.\nSur la dernière note qui précède le final, dans la partie de piano,\non a placé un point d'orgue. C'est une erreur grossière ; on a pris pour\nun point d'orgue un petit trait de plume curviligne qui n'est autre que\nl'indication de la tenue des cors qui accompagnent le piano.\nCes deux fautes persistent depuis un siècle ; il est à craindre qu'elles\nne soient jamais corrigées.\n\nC. Saint-Saëns"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.10", "texte": "LE CAS RUST\nRÉPONSE\nA M. VINCENT D'INDY\n\nDans son deuxième cahier de décembre dernier, la revue berlinoise\nDie Musik, a fait paraître un article intitulé \"Le cas Rust\" : j'y sou-\ntenais que des sonates, de piano et de violon, publiées par le Professeur\nGuillaume Rust, comme œuvres de son grand-père, Frédéric W. Rust,\nmaître de chapelle à la cour de Dessau (1739-1796), n'étaient point\ndes originaux, mais des arrangements, et de très libres arrangements.\nCet article provoqua, dans la Revue Musicale S. I. éM. du 15 avril\n1913, une singulière réponse, signée de M. Vincent d'lndy, le com-\npositeur parisien bien connu, musicien et musicologue. M. d'lndy\naffirmait que je m'étais avancé à la légère et sans preuves, comme un\nesprit peu au courant des choses de la musique. Je me voyais traité de\njoyeux fumiste,et mis au rang des gens insensibles à tout ce qui fait la\nvaleur d'une œuvre musicale. Pour le cas où cette classification n'eût\npas été de mon goût, M. d'lndy avait l'amabilité de me laisser une\néchappatoire, à savoir : que j'aurais très bien pu ne pas connaître un mot\nde ce dont je parlais.\nJe me vois donc obligé de déclarer ici, tout net, que je compte\nM. d'lndy au nombre des gens, qui se permettent de porter les plus\ngraves accusations avec la plus incroyable des légèretés. Et, moi aussi, je\nlaisse le choix à M. d'lndy : ou bien, il n'a pas lu mon article ou\nbien, le sien prouve une évidente mauvaise foi. Insouciance coupable ou\nintention calomniatrice, c'est l'un ou l'autre. M. d'lndy optera.\nIl ne me sera pas difficile de faire la preuve de ce que j'ai avancé,\nd'autant que je l'ai déjà faite. Mais voyons d'abord de plus près les\narmes dont M. d'lndy veut user contre moi.\nLes raisons invoquées s'il est permis de donner ce nom aux\ngriefs de mon adversaire sont au nombre de deux.\nEn premier lieu, M. d'lndy, pris d'un accès de sensibilité bien"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.11", "texte": "LE CAS RUST\n9\n\ndéplacée pour celui qu'il nomme \" le pauvre docteur Wilhelm \", me\nreproche d'avoir malmené Rust junior, ni plus ni moins coupable à ses\nyeux qu'une infinité d'autres arrangeurs du même genre. Comme si\nj'étais obligé de traiter de tous les faux, passés et présents, commis dans\nle domaine de l'érudition musicale, le jour où il me plaisait de parler de\nGuillaume Rust !\nSecondo, M. d'lndy me taxe de faiblesse d'esprit musical, parce que\nj'aurais déclaré sans valeur les œuvres originales de Rust l'ancêtre ce\nqui ne m'est jamais venu à l'esprit ; mon article en fait foi.\nEt c'est tout ! C'est toute l'argumentation par laquelle M. d'lndy\ntente de jeter le discrédit sur la réputation d'un écrivain ! Que faut-il\nrépondre ?\nFaut-il montrer d'abord combien M. d'lndy est mal inspiré en mêlant\nau débat les auteurs de certaines rééditions musicales du XIXe siècle\nallemand ? Soit Bulow et les sonates de Scarlatti ou de Ph. E. Bach ;\nsoit Liszt et la Wanderer-^Phantasie; soit Robert Franz, Czerny, voire\nmême Griepenkerl et les œuvres de Bach ; soit Mottl et son instrumen-\ntation de Gluck ; soit, enfin, les rééditeurs de la littérature de violon,\ndepuis Ferdinand David jusqu'à Kreisler ? Loin de moi l'idée de justi-\nfier et de prendre à mon compte les vues personnelles de chacun de ces\nMessieurs ! J'ai plaisir, au contraire, à proclamer bien haut que je suis\nl'ennemi de toute édition anti-critique et anti-scientifique, et cela, avec\nbeaucoup plus de discernement sans doute que ne saurait le faire\nM. d'lndy, si j'en juge par la présente contestation. Mais... (et sans\nrépéter encore que j'avais le droit de ne pas aborder un pareil sujet), j'ai\nhâte de remarquer combien tous ces exemples diffèrent du cas Rust,\ndont il est ici question. Presque partout, il s'agit là d'oeuvres connues\npar ailleurs, et dont il était facile de confronter l'original avec l'arrange-\nment. Des sonates de Frédéric Rust avons-nous, je le demande, connu\nautre chose que les éditions du Dr. Guillaume ?\nIl y a plus encore. Je ne me suis pas donné la peine de parcourir\ntoutes les éditions incriminées par M. d'lndy ; cependant on admettra\nbien, qu'en général, elles ne dissimulent pas au lecteur le rôle et l'inter-\nvention de l'arrangeur. Liszt appelle son édition de la grande Fantaisie"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.12", "texte": "IO\nS. I. M.\n\nde Schubert Arrangement symphonique. Bulow désigne très explicitement\nsa publication de Scarlatti, par un titre que M. d'lndy qualifie tout\nbonnement de \" titre menteuret qui n'est menteur que dans la citation\ntronquée qu'en donne M. d'lndy. Bulow écrit non pas \"Sonates de\nScarlatti\", mais \"18 Sonates choisies Scarlatti,\nsuites, et soumises a une révision critique /) et le point\nde vue de cette révision est expliqué par une préface en bonne forme.\nQuant à l'inoffensif Czerny, qui pourvut le Clavecin bien tempéré de\nnuances et de signes d'exécution, peut-on l'assimiler sans rire à un arran-\ngeur de la taille de G. Rust ? Nous tombons là dans le grotesque.\nPar contre, si l'intransigeance d'un censeur voulait jamais s'exercer\nsur un exemple irréfutable, elle ne trouverait jamais de plus beau champ\nde démonstration que celui du \" pauvre docteur Ici, pas un mot sur\nles titres, pas une indication ; l'œuvre porte invariablement \" Composé\npar F. IV. Rust, publié par IV. Rust\"; elle sort vierge de la plume du\nvieux maître. Et, préfaces, notes et renvois, tout semble fait à souhait\npour tromper le lecteur bénévole.\nAinsi la simple sonate en mi mineur, prend le nom de Sonata\nItaliana dans l'édition. Savez-vous pourquoi ? Parce que tout à coup\napparait dans son premier morceau un thème de quatre mesures, qui\névoque le souvenir d'une sonate de Corelli, où semblable idée se trouve\nprésentée vers la fin du XVIIe siècle. Et le docteur prend aussitôt la\nplume pour préciser :\n\" En 1765 et 1766 le maître eut la bonne fortune d'accompagner son prince\nen Italie... Le voilà qui revoit cet heureux moment et qui, sans s'arrêter aux\nbeautés de la route, gagne la Rome éternelle. Le Mont Cassin, avec son incom-\nparable panorama, son église qui regorge de richesses, est son but. Les moines\nartistes avaient un jour donné au jeune artiste formé à l'improvisation par\nFriedmann Bach, un thème de Corelli (voyez p. 9). Maintenant perdu dans\nles nues, il se souvient de cette idée, et plus il se représente la sainteté du\nlieu, plus le son de l'orgue remplit son âme, plus se concrétise l'image en\nformes musicales,... \"\nQuel gré nous devons savoir au pauvre docteur de la peine qu'il a\nprise pour nous documenter ainsi ! Mais comme nous sommes loin de\nnous douter de la vérité ! Ces quatre mesures corelliennes, c'est lui-même\nqui, de sa propre autorité, les intercale dans le texte de l'aïeul, où on les\nchercherait en vain. Bien plus, il ajoute à la sonate originale toute une"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.13", "texte": "LE CAS RUST\n11\n\nFantaisie de son crû, destinée sans doute à justifier la vision poétique et le\nsouvenir du Mont-Cassin, que la préface rendait obligatoire !!!\nAutre exemple pris dans la fameuse Le docteur\nécrit, sur le ton d'une aimable et modeste érudition :\n\" De même que Beethoven emprunta, dit-on, le Thème varié de son septuor\nà une chanson populaire des bords du Rhin, de même Rust a fait choix ici de\nl'air de Marlborough... \"\nParfaitement ! Seulement, c'est le Rust de 1890 qui fit cet emprunt,\nauquel le Rust du XVIIIe siècle était resté complètement étranger, car il\nn'y a pas une note de tout ceci dans l'œuvre originale.\nCes préfaces ne sont que de petits tableaux perfides, inventés de\ntoutes pièces, pour célébrer chez l'ancêtre le mérite des innovations\nimaginées par le petit-fils.\n\" C'est encore un pas dans cette voie qu'accomplit le vieux maître, nous\nassure la préface de la Sonate en ut, et c'est probablement ici le premier exemple\nque nous offre l'histoire de la musique du principe de la Variation appliqué à la\ncréation d'une grande œuvre, complexe en son unité... Le Récitatif du début, qui\nsonne comme appel désespéré, est déjà une variation, qui nous conduit au thème\nsuivant, prière profonde et grave... Le même procédé apparaît dans le second\nmorceau formé de trois variations. En songeant au cortège nocturne du Faust de\nLenau, nous nous laissons aller aux souvenirs que le compositeur a rapportés\nd'ltalie. De graves pèlerins vêtus de bure passent devant nous ; une théorie de\npieux enfants les suit. C'est comme si l'esprit du de Mozart chantait avec\neux \" Voca mecum benedictis \" ! Et voici la lumière ! Quel resplendissement.\nComme le soleil brille ; comme rit le paysage ! C'est le ciel de la pure Italie que\nnous contemplons dans cette adorable page en la majeur... Dans l'épilogue, l'art\nde la variation transforme une prière en une marche de triomphe. Et ajoutons,\npour être complet, que, dans ce qu'on pourrait appeler le trio de cette partie,\nl'émotion religieuse ne fait pas défaut... \"\nOr, savez-vous à quoi s'adresse ce dithyrambe ? quels sont ce réci-\ntatif, cette prière, ce défilé romantique, cette marche triomphale, cette\nadorable page en la majeur ? Exactement toutes les parties ajoutées par\nRust junior à la malheureuse Sonate en ut majeur de Rust l'ancien, toutes\nles parties dont on ne trouve pas l'existence dans le manuscrit original,\net dont le style, mélange de Weber et de Spohr, place le Rust de\nDessau de cinquante ans en avance sur son temps.\nVoit-on maintenant à qui nous avons à faire ? Arrangeur, certes\nRust pouvait l'être comme tout autre, avec les mêmes risques et les"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.14", "texte": "12\nS. I. M.\n\nmêmes droits aussi. Mais ce qui le rend impardonable, c'est de ne pas\nnous avoir dit qu'il arrangeait et d'avoir poussé le goût de la mysti-\nfication jusqu'à l'abus de confiance. Sciemment, intentionnellement,\nGuillaume Rust nous a trompé. Je ne crois pas que les éditeurs incri-\nminés par M. d'lndy puissent encourir ce reproche formel, et tomber\nsous le coup d'une aussi grave inculpation. Par conséquent, tendancieuse\net inacceptable est l'assimilation qu'on voudrait établir entre des musi-\nciens respectables et le transcripteur Guillaume Rust.\nRevenons à M. d'lndy, dont une assertion mérite encore d'être\nrelevée. C'est celle qui tend à généraliser parmi nous autres le goût des\ntripatouillages, et à en faire une mode allemande. \"\nallemands \", écrit-il sans sourciller, et l'Allemagne se voit,\nsans preuves (pour prendre une expression de M. d'lndy lui-même),\nexposée en bloc à une injurieuse suspicion. Je ne veux pas croire que\nM. d'lndy puisse ignorer ce qu'est la science allemande, et notamment\nce que l'érudition allemande a produit dans le domaine de l'histoire\nmusicale. En lisant ce passage de son article, on se rend compte que le\nchauvinisme l'a égaré. Jusqu'ici régnait, dans la République des Lettres\ntout au moins, un large internationalisme. Il paraît que tout est changé,\net M. d'lndy nous fournit un exemple éclatant de ces mœurs nouvelles.\nIl serait facile de lui rendre la monnaie de sa pièce, et de qualifier de\nméthode française la légèreté invraisemblable de ses attaques. Mais ce\nserait m'approprier ses armes ; or, le sentiment des simples convenances\nqui régnent parmi les gens de lettres me le défendrait, si ce n'était, bien\nplus fortement encore, le respect que j'éprouve pour une nation grande,\nnoble, et qui a donné, depuis des siècles, l'exemple d'une formidable\nactivité intellectuelle.\nLe second coup de massue que M. d'lndy cherche à m'asséner est\ncelui-ci : j'aurais dénié toute valeur aux œuvres originales du vieux Rust.\nEn parlant de ses pauvres petites sj'aurais évoqué l'idée de la\nbanalité et du néant. Je regrette beaucoup, mais là encore, je suis forcé\nde démentir M. d'lndy.\nJ'ai raconté ma déconvenue, en face des originaux de la Biblio-\nthèque royale de Berlin, ce qui est vraiment bien explicable. Mais\nj'ajoutais, à la fin de mon article :"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.15", "texte": "LE CAS RUST\n13\n\n\" C'est en somme une physionomie que celle de Frédéric W. Rust et qu'on\nne peut guère confondre avec une autre... Maintenant que Rust le Titan est\nsombré dans le néant, le véritable Rust, l'artiste élégant et intéressant, l'homme\navisé et de cœur sensible qui s'offre à nous dans ces pages va pouvoir suivre le\ncours d'une existence normale et mieux assurée. 11 est indispensable que l'élément\ndurable de l'œuvre de Rust soit rapidement mis à la portée de tous et devienne\nun bien commun. \"\nEst-ce là décréter quelqu'un de nullité, ou, suivant les termes de\nM. d'lndy, \"attacher a des œuvres de charme\ngeante de sombre néant \" ? Il me faut enlever à M. d'lndy cette dernière\narme et, pour une fois, me déclarer pleinement de son avis. Bras-dessus\nbras-dessous faisons campagne en faveur du vieux Rust. Nous l'en-\ntourerons de notre estime et nous tiendrons pour fumistes, joyeux ou\nnon, tous ceux qui soutiendront le contraire.\nN'est-ce pas pour le mieux ? Et ma défense n'est-elle pas achevée ?\nEn ce qui me concerne personnellement, je le crois. Plus d'un lecteur de\nla Revue voudra me croire sur parole et me tiendra quitte. Cependant,\nil me semble entendre quelques voix réclamer un supplément d'informa-\ntion et des preuves tirées de la musique même, de celle de Rust A.\net de celle de Rust B.\nD'autre part, M. d'lndy m'a présenté comme une sorte de pédant\nen chambre, de censeur académique, coupant un cheveu en quatre et\nclassifiant la musique comme les plantes sèches d'un herbier. C'est là\nencore un plaisant malentendu qu'il m'importe de dissiper. Je suis tout\nau contraire journaliste et praticien. Bien loin de jouer le rôle de rat de\nbibliothèque, je considère qu'une œuvre n'a de valeur et d'intérêt\nqu'aussi longtemps qu'elle éveille en moi un sentiment musical et\ndes joies auriculaires. Ce sont ces joies que je cherche à travers les\nmusiqués du passé et du présent, à travers Josquin ou Schœnberg, Rust\nou Debussy. Comme document d'archivé, comme objet de catalogue,\nune œuvre m'est parfaitement indifférente. On me pardonnera ce plai-\ndoyer. Il était nécessaire pour justifier les citations qui suivent et l'in-\nsistance que je me vois contraint d'apporter à cette question, si simple\ncependant."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.16", "texte": "M\nS. I. M.\n\nPour éviter toute contestation, rappelons ici que le Dr a édité\nquatorze sonates de son ancêtre. Le tripatouillage ne saurait donc, comme\nle veut M. d'lndy, s'appliquer à deux œuvres sur 57. Un tel calcul ne\nserait vrai qu'en faisant entrer en ligne de compte les œuvres restées en\nmanuscrit, Or, nous ne savons pas ce qu'elles seraient devenues, si le\nDr avait vécu plus longtemps, et les dossiers de la Bibliothèque de Berlin\nnous montrent certaines d'entre elles déjà préparées pour de prochaines\nBearbeitungen (p. Ex. une en ut et une en fa). En réalité, toutes les\nsonates publiées portent les marques d'arrangements et ont été mises au\njour dans le même esprit de modernisation. Si l'on parle de proportion\nce n'est pas 4 %, mais bien 100 % qu'il faut accuser ici.\nEt, maintenant, comparons ces deux grands hommes, unis dans une\ncollaboration à distance.\nLe vieux Rust a, comme on le pense bien, certaines habitudes\nd'écriture, qui appartiennent plus encore à son temps qu'à lui-même,\net dont la persistance constitue ce que l'historien appelle un style.\nBouleverser ces habitudes, et se libérer des règles souvent étroites\nde ce style, semblent avoir été les premiers désirs du jeune Rust.\nC'est du moins ce qui nous frappe avant tout dans l'examen de ses\ntranscriptions.\nLes cadences, par exemple, ces véritables idiotismes du langage\nmusical, ces points saillants du discours sonore, éprouvent soudain de\nprofondes et troublantes modifications. 1\nOu bien le geste rapide\ndevient\n\n1 Dans les citations qui vont suivre, nous indiquerons toujours le texte original en-dessus du texte\ndu Dr Guillaume."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.17", "texte": "LE CAS RUST\n15\n\ns'élargit ainsi :\nIl en est de même de la trame musicale. Frédéric Rust, comme\ntout claveciniste contemporain de Haydn et de Clementi, s'en tient avant\ntout à deux parties réelles, qui courent et serpentent l'une à la main\ndroite, l'autre à la main gauche, avec une élégance un peu grêle parfois,\nmais très caractéristique. Le D' Guillaume s'empresse d'étoffer cette\nmaigreur voulue. Ainsi :"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.18", "texte": "i 6\nS. I. M.\n\nAinsi encore :\nou bien :"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.19", "texte": "2\n\nLE CAS RUST\nI 7\n\nF. Rust se montre encore \"bien de son!' Siècle dans sa prédilec-\ntion pour les basses en légers laccords brisés, dites \" basses d'Alberti\nqui voltigent comme d'amusants papillons, presque toujours au médium\ndu clavier. C'est une des manies significatives de ce style aujourd'hui\ndésuet, que ce joli va et vient des basses, sous une mélodie fragile, et\ntout près du chant qu'il soutient en équilibre. Et c'est à en altérer l'effet\nque Guillaume fait preuve de toute son application.\nIci la frivolité est remplacéefpar de solides syncopes :\nou par un rythme moderne :\nLà, ce sont de beaux arpèges qui s'entremêlent aiuchant :"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.20", "texte": "18\nS. I. M.\n\nSi Frédéric arpège lui-même, aussitôt son petit-fils en profite pour\nen accentuer l'effet :\nOu bien encore, la basse s'éloigne, remonte, passe de haut en bas,\njongle autour de la mélodie stupéfaite :"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.21", "texte": "LE CAS RUST\n19\n\nAutre exemple :\nAilleurs, elle bondit avec une ardeur qui l'honore, mais qui contraste\nsingulièrement avec le tranquille point d'orgue de l'original :"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.22", "texte": "20\nS. I. M.\n\nPour qui connaît le style de 1780, l'apparition de cette pédale\n\" Meistersinger \" est assez surprenante, mais elle prend toute son impor-\ntance lorsqu'on le rapproche du commentaire mégalomane dont Guillaume\nRust a prétendu l'entourer :\n\" Le thème de ce morceau, dit la Préface, laisserait à peine supposer, sous\nson allure gracieuse, l'héroïsme qu'il est capable d'engendrer. Mais dès sa seconde\nmesure apparaît tel un vrai gars d'Allemagne une figure vive et sympa-\nthique, qui promet de devenir quelque chose de grand... Le morceau s'élève à la\nhauteur d'un combat de Titans, où nous reconnaissons le héros vainqueur, aux\nrappels du thème gravés sur son bouclier. \"\nSi je pouvais citer tout le morceau, le lecteur verrait comment le\ntitanisme, sorti de l'imagination du docteur, a été appliqué à un rondo\njoyeux et bon enfant, par ces procédés de grossissement, qui voudraient\ntransformer le vieux maître de chapelle en un Siegfried redoutable et\ntonitruant ! procédés qui, pour M. d'lndy, n'ont aucune importance,\non le sait.\nContinuons. Les sonates de Frédéric Rust sont écrites, tantôt\npour piano seul (ut et mi min.), tantôt pour piano et violon (ré,\nré bémol, si bémol et si naturel mineur), quelquefois même pour piano,\n2 violons et violoncelle (la majeur). Dans l'édition moderne, seule la\nSonate en si mineur apparaît comme œuvre de piano et violon. Les\nautres sont présentées en réduction de piano pure et simple, sans rien qui\npuisse en avertir le lecteur. Or, dans cet emploi de deux ou trois instru-\nments simultanés, le maître de chapelle avait bien le droit d'avoir une\nopinion. Les sonates en la et en ré bémol qualifient le rôle des instruments\nà cordes d' accompagnato, ce qui veut dire que la partie principale est\nentre les mains du pianiste et que les cordes fournissent un appoint\nmodeste. Pour les sonates en ré et en si mineur, le est au contraire\nobligato. Quel fut le point de vue du Dr Guillaume dans l'incorporation\nde ces éléments. Nous le voyons dans la sonate en si mineur, publiée\navec sa partie de violon. Voici quelques points de comparaison :"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.23", "texte": "LE CAS RUST\n21\n\nOu encore :"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.24", "texte": "22\nS. I. M.\n\nLa préface de cette sonate nous apprend du reste encore une bonne\nhistoire. Sonata séria, nous dit le docteur, et il nous donne à croire que\ncette œuvre ne saurait dater que des années de maturité du maître, par\nla raison que : \"le grand Art demeure toujours le privilège et l'acquit\nd'une maîtrise accomplie Puis, redoutant sans doute la faiblesse de cet\nargument, il s'avise que Rust possédait depuis 1788 un piano-forte carré\nde J.G. Wagner, à quatre pédales, dont la seconde paraît convenir admi-\nrablement aux mesures 1-4 de la page 22. De suite, son lyrisme évoque\nces deux vers de Lenau :\nUeber die Saiten der Windhauch lief\nUeber sein Herz ein Traum ging.\net le Prince Louis Ferdinand de Prusse, qui, attiré par la renommée de\ncet instrument nouveau, aurait tenu à entendre le maître interpréter\npersonnellement une œuvre comme celle-ci.\nHélas ! Consultons le passage, en manuscrit et en gravure, nous\nobtenons :"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.25", "texte": "LE CAS RUST\n23\n\nC'est-à-dire que la cadence écrite pour le piano seul a été confiée\nau violon; et que le piano s'est donné le plaisir d'égréner quelques arpèges\ndu bon docteur. Wagner, Lenau et le prince Ferdinand viennent com-\npléter cette supercherie avec une touchante naïveté.\nIl est bien évident qu'une pareille méthode n'est pas absolument\ncompatible avec le respect des textes, dans le sens le plus indulgent de ce\nmot, et que le trouble apporté par le docteur dans les manières du vieux\nmaître de musique doit sensiblement modifier la physionomie harmo-\nnique, rythmique et mélodique des sonates ancestrales. En veut-on\nquelques preuves, prises çà et là ?\nVoilà, par exemple, qui n'a l'air de rien et qui, par une simple\ncoloration chromatique, nous approche infiniment près de Mendelssohn."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.26", "texte": "24\nS. I. M.\n\nCeci est plus grave, et que penser de ce début où, encore une fois,\nle chromatisme sévit :\nOu de cet autre :"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.27", "texte": "LE CAS RUST\n25"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.28", "texte": "26\nS. I. M.\n\nCe sont là en vérité les dernières violences qu'un texte puisse\nsupporter sans cesser d'être lui-même, et je crois qu'on m'accordera sans\npeine qu'il reste ici peu de chose du contemporain de Klopstock.\nTout ce qui particularise un compositeur de la fin du XVIIIe siècle,\ntout ce qui date dans cette musique, a été l'objet d'un incessant effort de\nremaniement. A rebours de certains spécialistes qui s'efforcent de vieillir\nles objets qui sortent de leurs mains, Guillaume Rust s'ingénie à rajeunir\nune musique centenaire. Il arrange, il dérange, il garnit, amplifie, mou-\nvementé, et triture ces œuvres dont il est dépositaire.\nBrillante ! !s'écrie-t-il sans cesse ! et il force la note à tout\npropos, il enfle le ton, heureux lorsqu'il a substitué à la discrétion de son\ngrand-père, l'emphase d'un style travaillé.\nConclusion : les Sonates publiées à la fin du XIXe siècle ne\nsauraient avoir de valeur historique.Elles ne peuvent passer pour des\ndocuments authentiques, offrant au connaisseur et à l'antiquaire l'expres-\nsion fidèle et naïve d'une âme contemporaine de Grétry, de Benda et\nde Gossec. Pour l'historien, elles sont des paraphrases habiles, ingé-\nnieuses, mais que la découverte et la consultation des originaux à la\nBibliothèque de Berlin rend superflues.\n(La fin de cet article paraîtra dan notre prochain numéro avec la réponse de\nM. Vincent d'lndy.)\n\nE. Neufeldt."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.29", "texte": "L'ex-libris est le plus lointain et le plus universel témoignage de\nl'amour sincère des hommes pour le livre. La marque de possession\na existé de tous temps, sous toutes formes de symboles et d'allégories.\nSi nous nous reportons à l'antiquité la plus reculée, nous trouvons des\ngemmes avec des intailles ; elles fournissaient des cachets, aux em-\npreintes accompagnées de légendes, et où le nom était précédé du\n\" lamed d'appartenance \", quelquefois de l'indication de la fonction.\nToujours ces marques ont expressément tendu à se différencier les unes\ndes autres, ici établissant d'une façon manifeste le rang du possesseur,\nlà le plaçant sous l'égide d'une divinité spéciale. Plus elles étaient\nstrictement person-\nnelles, plus elles pré-\nsentent d'originalité.\nParmi les in-\nnombrables marques\nde possession connues,\nqu'elles remontent à\ncette très-haute anti-\nquité, qu'elles datent\ndu moyen-âge ou\nd'aujourd'hui,les mar-\nques des dévots de la\nmusique tiennent un\nrang fort honorable.\nNous abandon-\nnerons toutefois,*! |au\n•s* ~\n\nEx-libris du sieur von Offenbach."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.30", "texte": "28\nS. I. M.\n\nmoins en cette étude, la \" marque\nmusicale \" représentée par les nombreux\ncachets des anciens, ainsi que par les\ncachets de bagues, les sceaux,les meubles,\nle blason d'époques plus rapprochées ;\ntel le fameux blason de la famille van\nSwieten qui portait trois violons d'argent.\nNous nous en tiendrons au programme\nindiqué par notre titre, c'est-à-dire à la\nmonographie de YEx de\nXEx-musici et de Y Ex-c\nLe plus ancien ex-libris que l'on connaisse est celui de la bibliothèque\nd'Aménophis 111, qui date d'environ 1400 av. J.-C. Cette marque con-\nsiste en une petite plaque d'un genre de faïence égyptienne. Les\ninscriptions y sont bleu foncé sur bleu pâle. Cet ancêtre millénaire de\ntous les ex-libris se trouvait fixé sur une boîte à papyrus. Il fait partie des\ncollections du British Muséum.\nEn Europe, pendant la période du moyen-âge, la marque de\npropriété se trouve assez nombreuse sur les Codices des couvents et des\nsavants, les Livres d'Heures et les Missels.\nLa Renaissance, où tous les intellectuels,\ny compris les sommités de l'Eglise, paganisèrent\nà qui mieux, marque un retour aux symboles\nantiques. En Italie, le témoignage en est\nrendu innombrable par les imprese. En France,\nLouis XII eut son porc-épic, François lerIer sa\nsalamandre, Louis XIV son soleil, etc... et, à\nleur suite, les imitant, quantité de seigneurs\neurent, en dehors des armes de leur maison, de\n\" leur marque de fabrication \", oserai-je dire,\nune marque à eux spéciale, un blason intellec-\ntuel, réfléchissant leur psychologie et leurs\ngoûts. N'était-ce pas là une régénération par\nl'Art ?\n\nImpresa d'Alcibiade Lucarini"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.31", "texte": "EX-libris de S. M. la Reine Alexandra\n\nEX-libris de Kastner-Boursault"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.32", "texte": "LES EX-LIBRIS\n\nL'Allemagne ne suivit pas cet exem-\nple ; elle garda et garde encore jalousement,\nses armoiries médiévales sans adjonctions et\nqui lui donnent, lui semble-t-il, encore le\ndroit au \" Faustrecht \" d'un autre âge.\nC'est cependant le pays où la musique est\nen suprême honneur, en tel honneur que\npour elle et par elle, des grands musico-\nphiles, se détachent en brillantes exceptions\nde l'enracinement héraldique collectif. Les\nplus anciens types de Tex-libris, tel que nous\nl'entendons de nos jours, c'est-à-dire mul-\nplus tard. Jusqu'à la fin du règne de\nLouis XIV, il semble bien qu'Euterpe\nfut toujours honorée en compagnie, et\nmême plutôt en la personne de Polym-\nnie ; on en trouve le témoignage dans\nles lyres et syringes qu'offrent les ex-\nlibris de ces époques, allégorisant l'une\net l'autre des deux sœurs.\nC'est au XVIIIe siècle que l'on\nvoit apparaître l'ex-libris rendant fran-\nchement les honneurs à l'Art divin.\nNous en présentons ici quelques exem-\nples, notamment l'ex-libris de Daquin,\nle célèbre claveciniste. Ils montrent\ntiplié sur\npapier\npar des moyens mécaniques, sont nés\ndans l'Allemagne du sud avec l'inven-\ntion de l'imprimerie vers 1470.\nEn France, l'ex-libris imprimé\nn'apparaît qu'à la fin du XVI ; en\nAngleterre, on ne le voit que cent ans\n\nEx-libris de Daquin\n\n29\n\nEx-libris de Fuligny-Damas\n\nEx-libris d'Angran d'Alleray"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.33", "texte": "3°\nS. I. M.\n\ntous une sympathie manifeste pour la musique, et le désir de briller\nparmi les amateurs. Cependant ils demeurent encore plus décoratifs que\nvraiment expressifs. Qu'ils se présentent\navec insistance, comme chez le sieur\nd'Uffenbach (1723) ou qu'ils se dissi-\nmulent derrière un blason, comme chez\nM\" du Tailly, ils restent d'in-\nstruments, ils indiquent le goût d'un\naimable passetemps; ils ne signifient pas\nune préoccupation exclusive.\nPlus musicaux sont les ex-libris de\nKastner ou de la reine Alexandra, tous\ndeux romantiques, bien que cinquante\nans de date les séparent, et tous deux\npourvus de notation musicale révélant\nles préférences de leurs possesseurs. Kast-\nner, le musicien heureux, qui épousa la\nfille du banquier Boursault, et qui s'offrit, vers 1840, le luxe de vivre\nen généreux musicologue, ne pouvait résister à la passion de la marque\ndu livre. Mais timide et livresque encore est son ex-libris en comparaison\ndu princier paysage qui nous guide des rives du Holstein au château\nde Windsor et se couronne d'un texte que je n'ai pu identifier, tandis\nque les œuvres de Brahms, de Wagner, Gade, Schumann et Rubinstein,\nsommeillent au pied d'un lévrier fidèle. Nous sommes ici définitivement\ndans la musique.\nIl y aurait bien des manières de\nclasser les ex-libris de musique dont la\npremière serait de s'inspirer de l'intention\nqui a guidé l'artiste.\nCertains amateurs sont allés très\nloin dans cette voie et, voulant expres-\nsément marquer leurs prédilections, ont\ndonné à la marque de leurs livres les\ntraits de leur auteur favori. Nous avons\nainsi toute une iconographie de Beet-"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.34", "texte": "LES EX-LIBRIS\n31\n\nhoven, de Wagner, de Chopin, voire même de Bach et de Verdi.\nCertains trouveraient là, matière à référendum : la tentative pourrait\nêtre intéressante, à con-\ndition toutefois de ne\npas oublier que chaque\npays a ses grands hommes,\net, d'autre part, que l'Al-\nlemagne surtout est le\npays de floraison du plus\ngrand nombre d'ex-libris\n\" musicaux \"...\nBeethoven est le maître\nauquel l'ex-libris a con-\nsacré le plus d'hommages\npieux. Le nombre est\ngrand des marques où,\nen place d'honneur, on\na reproduit ses traits. Le\nmasque de Beethoven, de\nce surhomme, ce titan de\nconception si haute, et\naussi ce héros de philo-\nsophie qui enfanta ses\n| chefs-d'œuvre au milieu\ndes difficultés les plus\nrudes et les plus prosaï-\nques delà vie ! Un masque\nde douleur, de résigna-\ntion, d'énergie et de\nbonté ! Un front large et\npuissant, tout auréolé\nd'une crinière sauvage ;\ndes yeux lumineux ; une\nbouche fermée, comme\npour ne pas laisser échap-\nper la plainte. Ce visage, qui émeut et subjugue, évoqueiSsuffisamment\nl'art plein d'emprise du compositeur. Les artistes de l'ex-libris \" musical \""}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.35", "texte": "32\nS. I. M.\n\nse sont efforcés de rendre l'impression de\ncette souveraine captation psychologique\nen' donnant figure aux rêves imprécis en-\nfantés par l'audition des œuvres du maître.\nNous trouvons aussi, et fréquemment,\ndans les ex-libris musicaux, la grande\nfigure de Wagner. Car le drame musical\ndu Maître, cet art nouveau jaillissant de\nla fusion intime de tous les arts, devait\nsoulever un immense courant d'admiration\nuniverselle, dont la littérature et les arts\nplastiques ont essayé maintes fois de s'em-\nparer. Tantôt purement décoratifs, tantôt\npieusemement zélés, quelques fois même\nd'une stylisation ironique, ces témoignages\nrendus à la gloire du Maître et de ses\nœuvres sont légions, et leur liste n'est cer-\ntainement pas close. Les thèmes de la\nTétralogie s'enchevêtreront encore dans le\nbanderolle de maints ex-libris ; Siegfried et son oiseau, Lohengrin et son\ncygne inspireront encore plus d'un en mal d'idée musico-\nbibliophilique.\nPourtant, c'est en dehors d'une\ntrop facile inspiration que l'art\ndont nous traitons ici cherche ses\nvoies actuellement. Il s'efforce de\ntraduire par la plastique les diffé-\nrentes conceptions que la musique\na su inspirer à notre Occident,\ndepuis que, sortie du banal symbo-\nlisme mythologique, elle offre à\nl'imagination visuelle un champ sans\ncesse étendu. C'est par cette expres-\nsion, souvent fort habile, souvent audacieuse, du sentiment musical, que\nl'ex-libris peut nous intéresser, dans les limites étroites de son domaine.\nfcA suivre.)\n\nHenry-André."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.36", "texte": "SINGER (Kurt.) Richard JVagner. (Berlin-Morawe et\nScheffelt, 1913, 150 p. in-8°)\nC'est une série de douze articles dont quelques uns avaient\ndéjà été publiés, paraît-il, dans divers périodiques (page 9). On\ncommence du moins en Allemagne à connaître pas mal\nWagner ; la bibliographie qui le touche est formidable. On\nretiendra cependant de la présente brochure le parallèle entre Ibsen\net Wagner (p. 13 à 24) et le ch. 3 (p. 49 à 69) consacré à Wagner\net Beethoven ainsi et surtout que l'admiration débordante que\nl'auteur témoigne à son héros.\nROBERT (P.-L.) Etudes sur Boïeldieu, Chopin et Liszt.\n(Rouen 1913, 113 p.)\nEtrange Association. La première partie est sinon la plus\nattrayante, du moins la plus utile au point de vue documentaire :\nce sont des lettres ou fragments de Boïeldieu entre 1827-1830 :\nelles nous montrent, en même temps que les difficultés où se débat-\ntait le théâtre à cette époque, le caractère bon enfant de Boï'el-\ndieu, qui tantôt malade, tantôt menacé dans les intérêts, tantôt assailli par les soucis de\nfamille, fait cependant bonne contenance, et n'avoue qu'à demi les peu réjouissantes perspec-\ntives qu'il entrevoit. \" Chopin \" et \" Liszt \" n'ajoutent pas grand chose à ce que nous\nsavons d'eux ; le caractère de ces dernières études s'adapte davantage à la conférence qu'au\ntravail musicologique proprement dit.\nA. MACHABEY.\nWOLF (Joannes). Handbuch der Nctationskunde, Ie partie, VIIIe volume de la collec-\ntion des Kleine Handbûcher der Adusikgeschichte H. Kretzschmar, (Lpz. Breitkopf 1913, in-8°\nde 488 pp. MK. 10)\nL'ouvrage que nous présentons aujourd'hui aux lecteurs de S. I. M. mérite mieux qu'un\nbanal compte rendu. Aussi bien c'est un livre de curieux intérêt et de copieuse documentation,\nconsacré à u l'art de la notation\" depuis l'antiquité jusqu'à la renaissance. Certainement, nul\nmusicologue n'était plus qualifié pour écrire ce \"manuel\", (bien plutôt une \" somme \")\nque le savant auteur de la belle histoire de la notation mesurée au moyen âge l, notre éminent\ncollègue M. Joh. Wolf.\n\n1 Geschichte dtr Mensuralnotation njcn 1250-1460, Leipzig, Breitkopf et Hârtel, 1902.\n3"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.37", "texte": "34\nS. I. M.\n\nLe nouveau livre de M. Joh. Wolf est fort habilement fait : spécialiste de la notation\nmesurée telle qu'elle se forma vers la fin du XIIIe siècle, l'auteur, pour les autres formes de la\nnotation, a fait appel aux principaux spécialistes, tels que les Bénédictins et M. Peter Wagner\npour l'art neumatique, Aubry et Beck pour l'interprétation \" modale \" des chants des trou-\nvères et des troubadours, M. Ludwig pour les organa des XIP-XIIP siècles, Ruelle pour\nles chants gnosticomagiques. etc. En somme, M. Joh. Wolf a faites siennes la documentation\net les conclusions de tous ces érudits, chacun selon sa partie.\nCe livre est divisé en quatre sections : I, notations alphabétiques de l'antiquité et du\nmoyen-âge latin ; 11, notations par accents : ekphonétique, byzantine, notation grecque\nmoderne, ancienne notation russe, neumes latins, que l'auteur suit jusque dans leurs dérivés\ndes XVIe et XVIIe siècles, y compris les livres anglicans et luthériens allemands; 111, notation\ndes trouvères et des troubadours, \" ars antiqua \", et notations italiennes; IV, 1' \" ars nova\"\njusqu'à ses dérivé dans l'écriture des maîtres du XVIe siècle. C'est dire combien l'ouvrage est\ncomplet.\nIl est presque trop complet : je veux dire que l'auteur a presque trop étendu la matière\nqu'il a traitée. Certes, M. Joh. Wolf est un maître ès-notations mesurées; la première partie\nde son livre, jusqu'au deuxième chapitre de la seconde section, renferme d'excellentes pages,\net, depuis ce chapitre jusqu'à la fin, on ne saurait mieux faire : toute cette seconde partie du\nlivre est parfaite. Mais, par cela seul que l'auteur, en son début, a surtout eu recours aux\nlumières d'autres spécialistes, il y a là quelques inégalités et quelques lacunes. Comment notre\nsavant confrère, en adoptant, avec juste raison, l'interprétation des Bénédictins pour la lecture\nde la notation latine ', en suivant avec les réserves nécessaires, le système Becq-Aubry pour les\nchants de troubadours et de trouvères, comment dis-je, a-t-il penché vers H. Riemann et Paul\nRunçe pour la lecture des manuscrits allemands 2, écrits suivant les mêmes systèmes de notation,\net ayant suivi les mêmes développements ? Il y a là, évidemment, une contradiction regrettable.\nCertaines transcriptions données dans la première partie de l'ouvrage, depuis le chant\ngrec de la p. 25, (où il devrait y avoir des mesures irrationnelles à 7/8) jusqu'à Vorganum de la\np. 229, où je n'adopterais point les traductions de la plie a telle que l'entend l'auteur, 0 souffrent\nde ces contradictions. Il est très regrettable aussi de ne pas avoir utilisé, en ce qui concerne\nla notation grecque, tous les travaux de Gevaert, tels que son édition des Problèmes musicaux\nd'Aristote, où le savant belge corrige certaines affirmations trop absolues de son Histoire de la\nmusique dans Vantiquité', dont plusieurs passages ont vieilli. Deux lacunes aussi : dans le\nchapitre consacré aux notations par accents, on est surpris de ne rien trouver sur la notation\nhébraïque, 4 et, dans celui qui traite des débuts de la diastématie, de ne point voir figurer la\nnotation aquitaine, où déjà, (lorsqu'ailleurs on employait les neumes-accents), au IXe siècle, les\nsignes musicaux sont superposés, suivant le principe d'où sortit plus tard la portée. Je dirai\naussi que les références données par Joh. Thibaut sont parfois sujettes à caution ; et j'aurais\nplacé tout ce qui concerne les ligatures et les modes de l'\"ars antiqua\" avant les œuvres\n\n1 Que M. Joh. Wolf me permette de lui indiquer qu'on ne cite plus le de Solesmes\nde 1883, depuis qu'il a eu une seconde édition améliorée en 1895, et une refonte complète dans l'édition\nVaticane, en 1908..\n3 L'ouvra»e de Joh. Wolf renferme un chapitre des plus intéressants sur la notation des manuscrits en\nlangue allemande, du XIIe au XVIe siècle.\n' 3 Et où je n'adopterais point, avec autant d'absolu, les règles de la musica ficta ; un \" ténor \" aussi\nconnu que Régnât ne souffre point de Fa fi (voir mon étude faite en collaboration avec Aubry sur les Ténors\nlatins du ms. de Montpellier, (Paris, Champion).\n4 Puis-je ici renvoyer à mes Origines du chant romain, (Paris 1907), où j'ai publié pour la première fois les\nplus anciennes transcriptions musicales connues des signes hébraïques."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.38", "texte": "LES LIVRES\n\n35\n\ndes poètes musiciens. Les troubadours et les trouvères ne faisaient encore que balbutier, quand\nles organistœ de la cathédrale de Paris échafaudaient déjà leurs compositions en \" triple \"\net en \" quadruple Enfin, Walter Odington fut un contemporain de Philippe de Vitry,\nce qui change entièrement les conclusions à tirer de ses œuvres.\nQu'on me pardonne d'entrer en ces détails : l'œuvre de M. Wolf est de celles qni ne\nsouffrent point la médiocrité. Oui bene amat, dit le proverbe, bene castigat : je suis de ceux-là, et\nserais heureux, pour ma part, de voir ce livre intéressant tenir compte de mes critiques, en une\nprochaine \" seconde édition \".\nAMEDEE GASTOUÉ.\nSTUDIEN zur Musikwissenschaft. Beihefte des Denkmaeler der Tonkunst in Oester-\nreich, unter der Leitung von Guido ADLER. (Lpz., Breitkopf, et Wien, Artaria, 1913, in-40\nde 303 pp.)\nLes Denkmaeler autrichiens et leur chef éminent le Prof. Adler, ayant remarqué qu'il\nétait assez difficile de concilier les exigences d'une publication de textes musicaux, avec les\nétudes historiques dent ces textes provoquent et nécessitent l'apparition, ont décidé de grouper\nà part les monographies qui dépassaient la mesure de simples introductions.\nNous avons ici le premier volume de ces Il contient quatre articles, un peu dans\nle genre de notre \" Année Musicale L'un de Wellesz sur Cavalli, l'autre de Neuhaus sur\nA. Draghi,le troisième de Kurth sur les opéras de jeunesse de et enfin quelques\ndocuments d'archivé présentés par le Dr Koczirz. On le voit, une certaine unité de plan\nrègne dans cc volume, au rebours de la variété contrastante qu'on s'efforce chez nous d'obtenir\ndans ces sortes c ouvrages. C'est qu'il s'agit ici de ce que nous n'avons pas encore en France\nle courage de présenter ouvertement, une publication savante, non musicale, mais musicologique.\nCavalli, Draghi et Gluck jeune forment 150 ans d'histoire de l'opéra italo-viennois de\n1640 à 1760 environ. Il ne manque à cette suite qu'un chainon, qui pourrait être Caldara, au\ndébut du XVIIIe siècle. Réunies, ces trois études nous permettent une vue d'ensemble de\nl'évolution de la musique dramatique, à l'Est de l'Europe, depuis la fin de Monteverde jusqu'à\nla révolution gluckiste. Elles nous montrent, toutes trois, le partage de plus en plus conscient\ndes éléments lyriques et des éléments dramatiques dans l'opéra. Tandis que l'action se confine\ndans un récit tout-à-fait secco, l'expression des sentiments se localise et se condense dans les\nairs. Pour obtenir la spécialisation de ces deux éléments le drarna per musica, dès Monteverde\ndéjà, cherche à se simplifier, à atteindre ce minimum qui servira de point de départ au style\nnouveau. De là, cette différence qui sépare Y Ide , et qui nous surprend\nchez un homme aussi riche d'imagination que Monteverde. Cavalli, élève direct de ce dernier,\nest franchement un minimiste. Draghi (1635-1700) étoffe déjà plus, et sa naturelle disposition\nà traiter des sujets bouffes en fait un prédécesseur charmant de Pergolése. Quant à Gluck,\ntout jeune encore, il est à la hauteur de son temps, et M. Kurth cite des airs d'Artamène (1743)\nd'lpermnestre (1744) et d'Antigone (1756) qui conviendraient admirablement au répertoire\nd'un grand mariage parisien. C'est vocal, onctueux, développé avec sûreté. On n'a pas fait\nmieux depuis.\nMM. Neuhaus, Kurth et Koczirz se montrent ici bons et solides historiens. M. Wellesz\nfait preuve d'une subtile et personnelle esthétique, qui apparaît rarement à travers la stricte\nméthode de la musicologie d'Outre-Rhin. Les perpétuelles comparaisons qu'il cherche à\nétablir avec les arts voisins du nôtre, et entre les différents pays d'Europe, la recherche des\ncauses et la poursuite des idées générales, enfin le souci de ne pas se limiter à la présentation"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.39", "texte": "36\nS. I. M.\n\ndes documents bruts, tout nous engage à prédire à notre collègue une carrière brillante.\nHardie, soutenable cependant, me semble la thèse suivante : \" la musique en France a\ntoujours eu pour but d'offrir à la sensibilité l'image tranquille de la nature extérieure, bien\nplutôt que d'exprimer vivement des états d'âme. L'élan particulier au Français, manque\njustement à sa musique naturelle. C'est pourquoi les romantiques français en musique doivent\nêtre considérés comme des imitateurs de l'école allemande ; et pourquoi aussi les modernes\nles désavouent, en prêchant un retour à Rameau, c'est-à-dire à la tradition de la musique\nobjective... \" Que vont dire les graves critiques, apôtres de l'accent dramatique de Rameau ?\nCeci encore me paraît à retenir : \" Une sorte d'optimisme, écrit Wellesz, s'est in-\ntroduit dans l'histoire et nous pousse à considérer le présent comme en continuel progrès\nsur le passé. Nous nous accoutumons à accorder la valeur de points culminants aux périodes,\ndont les tendances artistiques se rapprochent des nôtres, et nous parlons de moments de déca-\ndence pour les autres. Prenons garde ! Dans la peinture, où le sentiment historique est\nbeaucoup plus développé qu'en musique, il arrive qu'une école ancienne décriée, considérée\ncomme barbare et décadente (Cimabue), se trouve étudiée, comprise et remise en honneur par\nune école moderne (les préraphaélites), et tout aussitôt sa valeur nous apparaît. Il en sera de\nmême chez nous. Par exemple, le prince de Venose, pour qui Ambros n'eut pas assez de\ndédain, devient, sous l'empire de notre chromatisme récent, une sorte de personnage, qui va\nprendre son rang... Il faut considérer les faits comme des données de la nature, sans nous\ndemander perpétuellement quel fut leur droit à l'existence... \" Voilà un langage nouveau, et\nqui fait honneur à l'histoire de la musique.\nCH. L.\nREINACH (Théodore). Tibia. (S. 1. n. d., in-fol. de 37 pp. Extrait du Dictionnaire\ndes Antiquités.)\nLe ronflement bruyant, criard et orgiaque de Vaulos grec, la tibia romaine, domina toute\nla musique antique, depuis le cinquième siècle avant notre ère, jusqu'à l'aurore des temps\nmodernes, laissant dans les textes, et sur les monuments les plus variés, des témoignages\nnombreux de sa glorieuse destinée. Cet aulos était, non pas une flûte comme on nous l'enseigne\nnégligemment dans les classes, mais un instrument de perce cylindrique, avec ou sans pavillon,\net pourvu d'une anche double, c'est-à-dire une sorte de clarinette-hautbois, dont les variétés, au\ncours de ces mille ans, se multiplièrent, en passant de la Phrygie à l'ltalie et de la civilisation\nétrusque à celle d'Alexandrie.\nM. Reinach consacre à cette illustre famille de nos instruments occidentaux une mono-\ngraphie dont la précision, la prudente réserve archéologique et l'extraordinaire érudition\npeuvent être données en modèle à tous les historiens de la musique. Le nombre de textes grecs\net latins réunis dans les notes qui forment l'appareil critique de cette étude, est vraiment\nimpressionnant. Et non moins remarquable est la clarté avec laquelle l'auteur a su condenser\nen quarante pages les résultats de ses vastes recherches, et les conclusions d'une enquête aussi\nadroitement menée à travers le dédale des auteurs anciens et modernes. Je ne regrette qu'une\nchose, c'est que les nécessités d'un dictionnaire aient limité la place et le nombre des repro-\nductions accordés à l'auteur. Nous aurions pu avoir certainement un joli volume in-120 de\n25° pages avec des photographies directes, remplaçant les dessins toujours moins saisissants; et\nc'eût été un livre définitif.\nCar, l'instrument, son origine, sa facture dans tous ses détails, son histoire, sa technique,\nson rôle musical, social, artistique tout est nettement présenté dans cet ouvrage fonda-"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.40", "texte": "LES LIVRES\n37\n\nmental, qui évoque devant nous dix siècles de culture greco-romaine. Nous pouvons constater\nune fois de plus combien la littérature des anciens est inséparable de la musicalité, avec\nlaquelle elle est apparue et s'est développée. Chez les latins eux-mêmes (c'est tout dire\nlorsqu'il s'agit d'art !) le tibicen resta longtemps indispensable. Comment peut-il se faire\nque précisément cet élément sonore soit le seul qui ait disparu avec le monde ancien qu'il\nfaisait vibrer, et que nous n'ayons plus, de cet art bruissant, chantant, modulant sans cesse,\nque la lettre morte, dont la prononciation même nous échappe ? Tout au moins des recherches\nparallèles à la philologie, comme celles dont il s'agit ici, aideront-elles notre imagination à\ns'approcher de l'antiquité autrement que par la triste grammaire et par la morne syntaxe\nverbale, et à deviner, derrière le sens des textes, la réalité vivante et sensible de leurs sonorités\ndéfuntes. J. E.\nDAURIAC (Lionel). Meyerbeer.(Collection Alcan, 1913, in-120 de 216 pp. 3 fr. 50.)\nTâche délicate d'écrire un livre de vulgarisation sur l'auteur Une vie\nsans relief, prosaïque, de labeur patient et de succès lentement préparé offre au biographe un\ncurriculum vitae assez bourgeois. Quant aux œuvres, encore d'actualité (en province), elles\nont du mal à entrer définitivement dans l'histoire ; d'où un perpétuel flottement dans le point\nde vue de celui qui veut les apprécier. M. Dauriac a parfaitement compris cette situation\nfausse ; d'une main il polémise, et de l'autre il situe, si j'ose dire. Avec cette merveilleuse\nsouplesse d'idées et de style que nous lui connaissons, il donne ou refuse, il abandonne ou\ndénie à Meyerbeer telle qualité, tel défaut ; il nous montre sans cesse des facettes nouvelles de\nson héros et de ses oeuvres. De cette critique kaléïdoscopique nous emportons une impression\nqui ne doit pas être éloignée de la réalité, la musique de Meyerbeer devant sans doute rester\nle type de l'art composite, et comme la tour de Babel de notre opéra. Un livre bien français,\nde fine psychologie et de délicate intuition.\nBREITKOPF ET HAERTEL . Das Musikb(Breitkopf, 1913,01-8° de 390 pp.)\nCe livre est un catalogue méthodique et richement présenté de la littérature, c'est à dire\ndes ouvrages sur la musique, édités par la séculaire et puissante maison de Leipzig. Une jolie\ntypographie, en deux couleurs, des portraits et photographies, des facsimilés d'autographes,\nrendent attrayant cet instrument de librairie et de diffusion, dont l'exemple devrait bien tenter\nun de nos grands éditeurs parisiens.\nGUTMANSTHAL (N. de). Souvenirs de Liszt. (Breitkopf, I9X3> in~l2° de 69 pp.\nMk. 2.)\nLe père de l'auteur fut consul d'Autriche à Odessa, et, en cette qualité fit connaissance\nde Liszt en 1847, au moment même où le futur abbé retrouvait Caroline de Wittgenstein,\nentrevue déjà à Kiew. Le grand pianiste, au cours des années suivantes eut occasion d'échanger\nquelques lettres avec M. de Gutmansthal, dignes d'intérêt, pleines de verve et de charme,\net fort agréables à lire. Elles ajouteront au bagage épistolaire de cet homme considérable.\nDUSSAUZE (Henri). u Captain\" Cooke a (S. 1. u. d., in-8® de 124 pp.)\nQuelle singulière fortune que celle de cet ouvrage, thèse de doctorat ès-lettres soutenue\nen Sorbonne, qui nous revient sous la forme d'un petit volume anglais dépourvu de toute"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.41", "texte": "3«\nS. I. M.\n\nindication d'éditeur et modestement intitulé \" A contribution to the history of secular music in\nEngland. \" La période étudiée ici, le milieu du XVIIe siècle pour n'être pas aussi originale\nque celle des Virginalistes Elisabethéens ne manque cependant pas d'intérêt, ni de fécondité ;\nc'est une de ces terres promises, où la musicologie trouvera encore à glaner plus d'une fois.\nOn pourrait reprocher à M. Dussauze de s'être limité un peu trop rigoureusement à son\nsujet. Nous ne demandons pas mieux que de nous intéresser au Captain et à ses Choir Boys,\nmais quelques mots sur l'état général de la musique anglaise avant leur venue eussent été\nici bien à leur place. Et de plus, certains aperçus sur les origines de la Sonate fort\nintéressants par eux-mêmes l'eussent été encore davantage, étayés par quelques\nrapprochements et quelques points de comparaison ; les mêmes problèmes ne se sont-ils pas\nposes pour la France, pour l'Allemagne et pour l'ltalie ? certaines questions d'art sont forcément\ninternationales. Il faut néanmoins saluer comme l'indice d'une largeur d'esprit certaine\n1 intérêt qui nous porte depuis peu vers l'art anglais et vers tout ce qui s'y rattache. Nous\navons été trop longtemps enclins à condamner en bloc toute musique ayant résonné de\nl'autre côté du détroit. Il n'est jamais trop tard pour devenir plus équitable.\nJ. K.\nDENKMAELER DER TONKUNST in Oesterreich, Bd. 40 et 41 (Wien Artaria\n2 vol. in-fol.)\nLe premier de ces volumes contient la partie IV de YOpus Musicum de Jacob Handl\n(Gallus), paru en 1587, publié ici par MM. Bezecny et Mantuani avec une courte introduction,\net un soin qui me paraît louable. Malheureusement des œuvres aussi polyphoniques, écrites\nsouvent à plusieurs chœurs, et sans réduction de clavier aucune ne sont pas accessibles à un\npublic très nombreux.\nLe second volume confié à M. H. Rietsch, présente un manuscrit de Minnesaenger, en\nfacsimilé et transcription, également avec quelques mots de révision. Il y a là de jolies mélodies\ncomme celle-ci :\nGRATTAN FLOOD. The Dublin Society for the support of decayed musician.\n(Reprinted from the Journal of the Royal Society of antiquaries of Ireland.)\nCes quelques pages nous apportent des documents d'archivé sur une société de prévoyance,\nformée à Dublin pour les musiciens au XVIIIe siècle.\n\nLIVRES REÇUS\nBARZUN. Poème et drame (Paris, Figuière et Cie, 1913, in-8° de 58 pp.)\nGREEN. Some aspects of chinese (London. Reeves, 1913, in-120 de\n150 pp. 2 s.)"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.42", "texte": "LES LIVRES\n39\n\nCLOSSON. Notes sur la chanson populaire en Belgique (Bruxelles, Schott. 1913\nin-8° de 84 pp. Fr. 1.50)\nHILDEBRANDT (Merrick). Ce (Genève, 29 quai\ndes Bergues, 1913, in-12° de 16 pp.)\nCHENNEVIÈRE (Daniel). Claude Debuss (Paris, Durand, 1913, in-\nde 48 pp. Fr. 2)\nEMMANUEL (Maurice). Traité de F accompagnement modal des psaumes. (Lyon\nJanin frères, 1913, in-40 de 210 pp. Fr. 6)\nORTIZ (Diego). Tratado de glosas sobre clausulas... Roma 1553. Herausgegeben\nvon Max SCHNEIDER. Veroeffentlichungen der Ortsgruppe Berlin der Internationalen\nMusikgesellschaft. (Berlin, Liepmannssohn, 1913* obi. de 136 pp.)\nSPRINGER (Herman). Das Partiturautog Scarlattis\nClemenzia di Tito. (Berlin, Breslauer, in-40 de 16 pp.)\nMASSON (Paul-Marie). Chants de Carnaval Florentins, de l'époque de Laurent\nle Magnifique. (Bibliothèque de l'lnstitut français de Florence. Paris M. Senart et Cie, 1913,\nin-fol. de 106 pp. Fr. 6)\nGASTOUÉ (Amédée). Variation sur la Musique d'église. (Paris, Editions de la\nSchola Cantorum, 1913? 'n-4° de PP- I*s°)\nGREGORY (Julia). Catalogue of early books on music. Library of Congress.\n(Washington. Governement printing office, 1913> în~4 de pp.)\nLACH (Robert). Studien %ur Entwickelungsgeschlchte der ornamenialen Melopoïe.\n(Lpz. Kahnt Nachfolger, 1913, in-40 de 735 pp.+ 98 pp. de musique. Mk. 22.)\nDEUTSCHE MUSIKBUECHEREI. (Regensburg, Gustav Bosse. Collection\nde volumes in-120.) Bd. I, FRANKENSTEIN, A. Seidl. Bd. 11, A. SEIDL, Hellerauer\nSchulfeste. Bd. 111, B. MARX, Wege zu Beethoven. Bd. IV, A. WEWELER, Ave\nMusikai. Bd. V, A. SEIDL, Moderner G Bd. VI,\nA. LORTZING, Gesammelte Briefe. Bd. VII, A. SEIDL,\nPETIT (ALBERT). La fonction vo (Paris, 2 rue Blanche,\n1913, in-40 de 265 PP-> fr- 8-)\n- THOMAS-SAN-GALLI (W. A.). Mona Lisa.(Jena, Costenoble 1913, in-120\nde 197 pp. Mk 2,25.)\nTEANNIN (Dom J.). Le chant liturgique syrien. (Paris. Extrait du journal Asiatique.\n1912 in-8° de 132 pp.)"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.43", "texte": "Les Théâtres\n\nLES TROIS MASQUES\nOn nous avait dit : \" C'est du théâtre ! \" et cette formule magique nous avait fait entre-\nvoir toute une série de phénomènes aussi mathématiquement réglés que le cours des astres et\nl'heure des marées. \" C'est du théâtre; c'est du bon théâtre \"... on sait ce que signifient ces\ncertificats. \" C'est du théâtre \" veut dire qu'il y aura dans le livret une succession d'événements\nsaisissants, une action attachante, des épisodes adroitement enchaînés, des pages illustrées\nrapidement tournées, du mouvement, de l'action directe, des coups de couteau, de fusil ou de\nbâton, du sang, de la volupté et de la mort. \" C'est du théâtre \"... voilà qui excuse d'avance\ntoutes les inélégances de langage, toutes les imperfections de l'écriture, les incorrections, les\nfautes de français et les maladresses de style ; voilà qui permet aussi au compositeur de faire\nbon marché des scrupules techniques, de négliger son harmonie, de se contenter de la première\nidée mélodique venue pourvu qu'elle ait de l'accent, de renoncer au travail des développements,\nde simplifier son orchestration et de briser toute entrave esthétique.\nN'allez pas objecter qu'il n'y a peut-être pas qu'une seule espèce de \" théâtre \" et qu'on\npeut fonder une œuvre parfaitement scéniquesur un lyrisme moins frénétique, sur de l'émotion,\nsur de la poésie, sur de la tendresse, sur de la psychologie, du mystère, de l'au-delà, d'immo-\nbiles conflits intérieurs... on vous rirait au nez sans daigner vous honorer d'une réponse.\nN'allez pas faire observer que \" Pelléas \" qui, paraît-il, ne peut pas prétendre au titre d'œuvre\nthéâtrale, tient assez solidement le plateau alors que \" Sanga \" qui est \" le théâtre \" même, a"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.44", "texte": "LE MOIS\n4i\n\ncessé de fréquenter celui de l'Opéra-Comique, on se contenterait de hausser les épaules.\nFaire \"du théâtre\" est une expression consacrée qui veut dire faire du vérisme. Il suffit\nde s'entendre sur le sens des mots en matière d'art pour mettre tout le monde d'accord.\nMM. Charles Méré et Isidore de Lara ont eu, l'un et l'autre, l'intention bien arrêtée\nde faire œuvre théâtrale en donnant à l'acte angoissant des u Trois Masques\" représenté avec\ntant de succès, sans musique, il y a cinq ans, les caractères et les dimensions d'un drame\nlyrique. On était donc en droit de s'attendre à la série des catastrophes prévues par les\nconventions internationales qui régissent ce genre de travaux. En réalité nous fumes favorisés\nd'une surprise.\nD'abord, le drame de Charles Méré, atteint à l'intérêt sans dérouler le peloton de ficelles\ndramatiques dont l'entrelacement immuable, cent fois observé avec résignation par les\nspectateurs avertis n'a qu'une solidité toute conventionnelle. Certes, la dilatation démesurée\nqu'à dû subir son action si nerveusement ramassée sur elle-même pour donner au musicien les\nmoyens de parfaire deux cent cinquante pages de partition de piano, fut pour le scénario\nprimitif une douloureuse épreuve, mais le résultat obtenu passe tout espoir. Ces quatre actes\nsauf le dernier que le musicien a terriblement alourdi demeurent captivants et riches\nd'atmosphère. Alises en action par M. Durée avec une remarquable intelligence, certaines\nscènes constituent d'inoubliables visions.\nMais la grande surprise nous vint de la partition. M. Isidore de Lara a réalisé de si\nnotables progrès sur ses œuvres précédentes qu'on ose à peine les noter de peur de commettre\nune impertinence ! Comme il y a loin de l'écriture des u Trois Masques \" à celle de u Solea \"\nou de \" Messaline\"! Sans doute, pour taquiner les musiciens modernes qu'il ne chérit pas\nd'une tendresse immodérée, si l'on en croit ses biographes, il continue à prendre avec l'ortho-\ngraphe musicale des libertés un peu méprisantes, sans doute il traite assez cavalièrement les\ntraités d'harmonie et ne tient aucun compte des relations diplomatiques en usage entre les\nquintes et les octaves, mais ces incartades qui, pour lui, étaient autrefois la règle, sont aujour-\nd'hui l'exception et nous trouvons à chaque pas des coquetteries d'écriture absolument\nimprévues. Voici des appogiatures expressivement interprêtées, voici une adroite utilisation de\nla gamme mineure sans altération du sixième degré, voici des accords chromatiquement déduits,\nvoici des imitations, voici de la romance bien taillée en pleine musique italienne, bien coupée,\nbien \" balancée \" comme disent les connaisseurs. Voici enfin justifiée par trois ou quatre\nmélodies solidement u envoyées \", cette ambition, jusqu'ici mystérieuse, de l'auteur de Sanga,\nd'être un champion de l'art vocal et du bel canto. Assurément cet idéal n'est pas celui de tous\nnos contemporains et n'est, en tous cas, pas le mien ! Mais notre devoir n'est-il pas de\nproclamer le résultat complet des courses, quel que soit l'emplacement du poteau d'arrivée ?\nDans le grand-prix international du vérisme j'ai noté dernièrement le peu de confiance que\nm'inspirait un favori, je m'empresse de déclarer aujourd'hui qu'il faut compter avec un outsider.\nLa critique n'a pas d'autre rôle. Au public de choisir avec soin le guichet du pari-mutuel où\nil portera ses enieux !\n\nEmile Vuillermoz."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.45", "texte": "CONCERTS COLONNE - SOCIÉTÉ DES NOUVEAUX CONCERTS\nLorsque le rideau des brouillards d'Octobre est retombé sur le dernier acte de la féerie\nautomnale, lorsque les machinistes du théâtre de la Nature ont remisé au \" lointain \" les\nportants et les toiles de fond couleur de rouille de l'apothéose finale, les sociétés de concerts\ns'empressent de planter leur décor musical et de faire la \" mise en état \" symphonique pour\nleur réouverture annuelle.\nIl faut bien l'avouer, ceci ne tue pas cela et le second spectacle ne vaut pas le premier.\nMais, que voulez-vous, il faut bien faire quelque chose pour les milliers de braves gens qui\ndemandent à toucher, le dimanche, sous la forme d'une petite somme d'idéaî, le prix d'une\nsemaine de labeur. Reconnaissons, en passant, qu'ils savent, à cet égard, se contenter d'un\nsalaire de famine.\nAu fond, nos peintres symphonistes n'accordent pas une attention assez fervente\nà la beauté des saisons. Ils étudient la nature dans des ouvrages où elle revêt un aspect\ndésagréablement artificiel, où les rochers sont en carton et les feuillages, en gaze peinte.\nOr, la musique est précisément l'art qui est le plus près de la nature, celui qui lui tend le\npiège le plus subtil. Malgré leurs prétentions de traducteurs-assermentés, les peintres et les\nsculpteurs ne peuvent nous donner de la beauté de l'univers qu'une interprétation assez libre\net toujours fragmentaire. Ils ne saisissent et ne fixent qu'un seul de ses aspects, un seul de ses\ninstants : seuls, les musiciens ont le privilège de capter toute la poésie de la nuit et du jour,\nde la terre et du ciel, d'en reconstituer l'atmosphère et d'en rythmer l'immense palpitation.\nNous savons que c'est un privilège dont ils n'abusent pas. Il est rare que la nature leur arrache\nun de ces cris sincères d'amants qui font le charme de certaines pages du ; le plus\nsouvent leur passion s'accommode d'une végétation que la littérature a desséchée entre les"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.46", "texte": "LE MOIS\n43\n\nfeuillets de ses livres : Berlioz s'en contenta toute sa vie. Son génie trouva d'âpres délices\nà promener sa nostalgie dans un magasin de fleurs artificielles.\nLa musique de notre époque sut échapper à ce travers romantique de la vision littéraire\nmais elle a d'autres faiblesses. On a pu noter, en ces dernières années, son indulgence particu-\nlière pour la rigueur mécanique de certains agencements de paysages. Il n'est évidemment pas\nindispensable de revenir à la naïve esthétique de Jean-Jacques Rousseau mais, tout de même,\nle passé nous donne quelques spirituelles leçons. Nous avons besoin de méditer l'exemple que\nnous proposent certaines petites pièces de clavecin de Couperin ; elles sont d'adorables modèles\nd'une grâce et d'un naturel que nous ne connaissons plus. Rien ne peut faire oublier le parfum\nsournoisement voluptueux, la fine perversité inavouée qui rôdent innocemment autour des\nBarricades mystérieuses....\nAvouons-le franchement, l'art de s'exprimer symphoniquement est de ceux qui ne\ns'apprennent pas. Aucun Conservatoire, aucune Schola n'en détient le secret. Le théâtre offre\ndes ressources heureuses de gestes, de cris, de mouvements qui viennent au secours du musicien\nembarrassé mais la musique pure ne met aucune bonne volonté a le tirer d affaire. Il faut avoir\nen soi le don d'évocation ou renoncer immédiatement à la lutte. Et puis, d'où vient la musique\nsymphonique de notre pays? Quelle est l'hérédité qui nous guide vers ce mode d'expression?...\nNos musiciens se sont inspirés d'abord des poèmes de Liszt, puis de ceux de Richard Strauss\navec une grande docilité. Notez, d'ailleurs, que toutes leurs tentatives d'émancipation ont été\nsévèrement réprimées. Chaque fois qu'ils voulurent s'affranchir de cette tradition, ils furent\nrappelés à l'ordre. On les accabla sous le poids de sublimes exemples. Beethoven à qui l'on\ndevrait bien permettre de prendre, en matière de critique, un repos bien gagné Beethoven\nfut appelé à la rescousse. Des juges sévères prononcèrent de terribles sentences, au nom des\nrègles classiques de la construction dont ils ignorent le mécanisme le plus élémentaire. Savent-\nils que personne ne poussa plus loin que Bach, l'un de leurs législateurs, la liberté et la fantaisie\nde l'écriture et de la forme ?\nPourquoi, de plus, ne veulent-ils pas comprendre que ce ne serait vraiment pas la peine\nd'avoir tant de siècles de musique derrière nous, d'avoir bénéficié de ce magnifique héritage\nintellectuel et de chercher puérilement à récrire l'histoire. Notre devoir n'est-il pas, au contraire,\nde trouver la formule symphonique qu'exige notre époque, celle qu'appellent les progrès, les\naudaces et les victoires modernes? Le siècle des aéroplanes a droit à sa musique. Qu on ne\nlaisse pas les défenseurs de notre art s'immobiliser au dernier rang de l'armée des chercheurs\nqu'ils ne soient pas distancés par le génie des mécaniciens.\nLa musique dramatique est directement intéressée à cette transformation des mœurs\nsymphoniques. Son sort est lié à celui de la musique pure. Si elle souffre aujourd'hui c'est\nparcequ'elle a mal interprété l'idéal wagnérien et a voulu en tirer une formule inacceptable\npour notre race. Wagner n'est pas un bon professeur de français.\nEpurons notre musique. Appliquons nous à la décongestionner. Cherchons à obtenir une\nmusique plus nue. Gardons nous de laisser étouffer l'émotion sous l'amoncellement des motifs\net des dessins superposés : comment en rendrions nous la fleur ou la force en conservant la"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.47", "texte": "44\nS. I. M.\n\npréoccupation de tous ces détails d'écriture, en maintenant une impossible discipline dans la\nmeute grouillante des petits thèmes qui se bousculent et se chevauchent pour mordre aux jambes\nle pauvre sentiment qui cherche bientôt son salut dans la fuite !... En règle générale, toutes\nles fois, qu'en art, on pense à compliquer une forme ou un sentiment, c'est qu'on ne sait pas\nce qu'on veut dire.\nMais il faut surtout nous convaincre que nos compatriotes n'aiment pas la musique. Les\ncompositeurs ne se sentent pas encouragés à livrer des batailles et à chercher du nouveau. On\nn'aime pas la musique en France : si vous en doutez écoutez seulement sur quel ton en parlent\nles critiques ! Comme on voit bien qu'ils n'ont pas de tendresse pour elle ! Ils semblent toujours\nassouvir sur l'infortunée une obscure rancune, une vieille haine tenace. Ce sentiment n'est pas\nspécial à notre époque. De tout temps la beauté a été ressentie par certains comme une secrète\ninsulte. Ils éprouvent instinctivement le besoin d'en tirer vengeance en abaissant l'idéal qui les\nhumilie. Qu'il y a loin de cet état d'âme haineux à la juste sévérité d'un Sainte-Beuve, qui,\nlui, aimait la littérature ou d'un Baudelaire qui fut, en même temps qu'un merveilleux artiste,\nun critique d'une compréhension unique.\nIl nous reste pourtant un moyen de faire revivre le goût de la musique symphonique\nparmi nos contemporains : appliquons à la musique pure le traitement du cinématographe.\nC'est le film le film d'Ariane qui nous permettra de sortir de cet inquiétant labyrinthe.\nMM. Léon Moreau et Henry Février viennent d'en fournir la preuve avec le plus grand\nsuccès. Les innombrables auditeurs qui s'ennuient à l'audition de la Passion de Bach, et même\nde la Messe en r/, retrouveraient toute leur attention et toute leur émotion si l'écran prenait\nen pitié leur détresse. On pourrait même y ajouter la cinématographie des instants par\nlesquels a passé l'auteur au moment de la composition de son œuvre...\nQue de malentendus seraient ainsi évités ! Le spectateur n'est pas toujours responsable de\nses erreurs ! Il ne peut pas toujours préparer son audition comme une thèse ; la vie normale\nd'un citoyen n'est pas spécialement favorable à la suggestion des émotions esthétiques.\nL'auteur ne serait plus trahi, nous serions débarrassés des fausses interprétations, nous con-\nnaîtrions enfin avec certitude la vérité, la vérité, la vérité !...\nMalheureusement nous sommes trop respectueux de nos habitudes, nous ne renoncerons\npas volontiers à nos façons traditionnelles de nous ennuyer et nous imiterons toujours les\nmêmes choses...\nAh ! quel dommage que Mozart ne soit pas français... on l'imiterait davantage.\n\nNotes sur les Concerts\n\nNous n'avons pas pu suivre les deux premiers Concerts Colonne parce qu'il est convenable,\nen ce moment, d'avoir la grippe. D'ailleurs, aucune nouveauté ne figurait au programme.\nL'honorable Association a pris le départ à une allure de train-omnibus : ne pourrait-on pas\nlui faire contracter l'habitude de brûler quelques stations ?"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.48", "texte": "LE MOIS\n45\n\nIl a bien fallu pourtant que nous assistions, au Théâtre des Champs-Elysées, aux deux\nsoirées d'inauguration de la Société des Nouveaux Concerts. De ces débuts nous emportons\nl'impression qu'il est difficile d'obtenir une exécution plus rapprochée de la perfection que celle\nqui nous fut offerte par cette jeune Société. Nous avions déjà rendu hommage au talent de\nson chef D. E. Inghelbrecht ; ses efforts ont enfin reçu leur récompense : il a maintenant\nl'orchestre qu'il mérite.\n\nClaude Debussy.\n\nCONCERTS LAMOUREUX\n\nMonsieur V\nMon cher ami,\nAu moment de monter en chemin de fer vous m'avez écrit \"Voulez-vous me rendre le\nservice d'entendre pour moi les Concerts Lamoureux pendant mon absence ?... \" 1 puis vous êtes\nparti sans me laisser d'adresse.\nQui ne dit mot consent ! le silence lui fût-il imposé par la force des choses.\nJ'ai donc consulté le très précis calendrier du Père Übu, et j'ai vu que parmi les fêtes\nmobiles de saints plus ou moins fantaisistes, S 1 Esturgeon ou Ste Carpe près de S 4 Polycarpe,\nune solennité demeure immuable : 2â dimanche d'octobre, réouverture des Concerts Lamoureux.\nVotre désir en ayant fait pour moi une fê le 12 octobre je me suis rendu\nau temple où elle est célébrée, salle Gaveau.\nJ'y ai trouvé un concert hors série, un concert exceptionnel.... N'en inférez pas que le\nprogramme méritât ce nom. Si je faisais rôle de critique je crois même que l'occasion se\nprésenterait ici de placer un couplet sur le rajeunissement nécessaire des programmes.\nMais je ne suis pas et ne veux pas être critique. Je n'ignore pas, en outre, qu'il pourrait,\net non sans raison, m'être répondu : si certaines générations sont saturées de Beethoven, de\nWagner, de Franck ou de S 1 Saëns, il est des \"générations montantes \" qui, à leur tour, ont\n\" droit à cette beauté. \"\nJe n'insiste donc pas, mais vous dis en toute simplicité que je fais partie à certains égards\nde la génération saturée.\nNe croyez pas cependant que je vais me plaindre d'avoir, une fois de plus, entendu la\nsymphonie de Franck. D'abord je l'aime, et puis je l'ai aimée dès que je l'ai connue. Elle\n\n1 Cette absence sera de courte durée. Dès le prochain numéro, M. VINCENT D'INDY reprendra possession\nde sa rubrique. N'étant pas appelé à s'absenter de Paris cet hiver aussi fréquemment que la saison dernière,\nl'éminent compositeur se propose même d'honorer notre Revue d'une collaboration particulièrement fidèle, en\nassurant personnellement toute la critique des Concerts Lamoureux."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.49", "texte": "46\nS. I. M.\n\nn'était pas à la mode alors, et ma vanité de \" précurseur \" se doit de lui témoigner une\npublique reconnaissance.\nAssurément je ne suis pas le seul qui aie le droit d'arborer cette fierté, nous sommes\nquelques-uns \" comme çà mais pas très nombreux.\nVous souvenez-vous de la répétition générale de cette symphonie au Conservatoire ? Un\nlaisser-passer avait été accordé \" aux élèves de Monsieur Franck A ceux-ci s'étaient joints\nquelques fervents des Béatitudes et du Quintette,et tout cela formait un petit groupe qui\ntenait facilement dans les deux ou trois premiers rangs des fauteuils.\nNous étions émus. Il nous semblait que quelque chose de grand allait naître.\nA certains d'entre nous notre maître avait expliqué son œuvre :\n\" C'est une symphonie classique.\nAu début du premier mouvement se trouve une reprise, comme on faisait autrefois pour\nmieux affirmer les thèmes. Mais elle est dans-un autre ton. Ensuite viennent un et un\nscherzo liés l'un à l'autre. Je les avais voulus de telle sorte que chaque temps de\négalant une mesure du scherzo celui-ci pût, après développement complet des deux morceaux,\nse superposer au premier. J'ai réussi mon problème.\nLe Finale,ainsi que dans la IXe, rappelle tous les thèmes ; mais ils n'apparaissent pas\ncomme des citations, j'en fais quelque chose, ils jouent le rôle d'éléments nouveaux.\nJe crois que c'est bien. Je crois que vous serez contents ! \"\nCertes, nous fûmes contents ! et je ne puis oublier l'exaltation de Chabrier, de qui\nl'enthousiasme débordant emplissait la petite salle.\nLe lendemain il n'y avait plus de laisser-passer. Parmi les abonnés quatre ou cinq\nd'entre nous seulement purent se glisser. Ils furent presque seuls à applaudir, et cela\nmême au grand scandale de leurs voisins. Je vois encore une vieille dame, toute grave,\nqui, les yeux fixes, parlant comme ex cathedra à toute le monde et à personne, mais en réalité\nà moi, prononçait \" Pourquoi jouer ici cette symphonie ? Quel est ce monsieur Franck ?...\nun professeur d'harmonium, je crois... \"\nA la sortie, nous tremblions de trouver le Père Franck attristé par la froideur du public.\nIl était radieux ! Il avait entendu sa musique, joie qui lui était rarement accordée ; il lui\nsemblait qu'elle avait p1u.... et il comptait qu'elle plairait davantage encore le dimanche\nsuivant, la série B des abonnés ayant, à cette époque, on ne sait pourquoi, la réputation\nd'être plus \" avancée \" que la série A. Déjà il se figurait avoir vaincu l'hostilité des\nchefs d'orchestre et du public, faisait des projets de compositions, songeait à des ouvrages....\nqui seraient exécutés, et, instruit par l'expérience se promettait (Dois-je dire\npromettait ?) d'écrire désormais les cuivres autrement qu'il ne l'avait fait dans le\nLe lendemain la presse demeura muette. Un petit journal musical inséra un article\ninjurieux, où Delibes était accusé de s'être gravement compromis par ses applaudissements.\nPuis les années passèrent. Franck était mort. Sa symphonie, qu'il entendit une fois\nseulement en France, découverte comme ses autres œuvres, fit recette.... et prit place\nau répertoire de toutes les sociétés de concert."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.50", "texte": "LE MOIS\n47\n\nAujourd'hui certains se plaignent de son retour trop fréquent. Il paraît même\nque quelques jeunes éprouvent à son égard une telle aversion que son exécution leur cause une\nvéritable souffrance.\nPar contre ils auraient décidé d'adresser des témoignages d'affectueuse admiration à\nMr S 1 Saëns qui, lui, ne les peut souffrir, et entendent avec émotion (pourquoi ce mot,\nen cette occasion, prend-il apparence de paradoxe ?...) sa symphonie en ut mineur.\nj'ai peine à croire cependant qu'ils en aiment au même titre l'ingénieux et vivant\npremier morceau et le somptueux finale, ou le mendelsohnien scherzo et la \" belle phrase \"\nde l'adagio.\nQuant au public, pour lui aucun doute ne subsiste. Il vibre à tout, acclamant avec la\nmême frénésie Franck, Mr Saint-Saëns, la scène du Vaisseau fantôme chantée avec soin par\nM. Albers, ou un air de Grétry dont les paroles consolantes... pour les vieux messieurs ne lui\narrachent même pas un sourire :\nNon, ce n'est point une chimère,\nJe sens mon front sexagénaire\nEncor brûlant de son baiser.\nDe même il applaudit au second concert la symphonie de Ml' Dukas. Et ce fut justice,\ncomme on dit dans les requêtes à fin de révision, bien qu'il n'y ait dans le cas actuel aucun\njugement à réformer. M. Dukas en effet, exemple presque unique dans l'histoire de l'art, est\nun çrand musicien qui fut presque immédiatement reconnu pour tel. Cette symphonie,\nd'allure parfois Beethovénienne à mon avis (le thème du finale ne vous a-t-il jamais fait songer\nà l'ouverture de Léonore ou au concerto en mi bémol r) s'affirme tout d'abord, sans qu'il soit\nbesoin d'analyse, solidement construite, avec cette sûreté de forme par où se reconnaissent les\nœuvres durables. Elle n'est pas cyclique, et cependant son style lui confère un caractère\nd'unité qui lie étroitement les uns aux autres ses trois morceaux, sans que l'épisode délicieuse-\nment mystérieux et comme lointain du second en rompe le fil.\nAprès cette œuvre déjà classée d'une manière définitive, et hors de la portée des caprices\ndu coût, nous avons entendu en première audition les Djinns de M. A. Philip.\nBien qu'il ait mis en musique tout le célèbre poème de Victor Hugo, M. Philip ne lui a\n2;uère emprunté que le plan de son morceau : un suivi d'un C'est celui\ndes préludes de Lohengrinet de Tristan.Les formes identiques engendrent parfois des\nmusiques bien différentes !\nDe l'expression et du rythme des vers il a montré peu de souci, et semble s'être inspire\nde ce poème pour en composer un autre, qui est en réalité un poème symphonique. Aussi\ntraite-t-il la voix sans grands égards, oubliant de la protéger contre les clameurs des instru-\nments, ou lui imposant avec une déconcertante régularité, à la fin et aussi au milieu de chaque\nstrophe, de longs et parfois inexplicables silences.\nCes critiques de composition accordées à ma conscience, j'ai plaisir à constater en\nM. Philip un musicien bien doué, qui ne paraît pas chercher, afin de se créer une originalité,"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.51", "texte": "48\nS. I. M.\n\nà imiter celui-ci ou celui-là, et qui, ayant eu peu d'occasions encore de s'entendre, semble\ndéjà familiarisé avec les timbres de l'orchestre.\nSon interprète, Mlle Daumas, dont la voix est fort belle, est chanteuse de théâtre, et\nsemble un peu dépaysée au concert.\nQuand je vous aurai dit que M. Chevillard, si discret à l'égard de ses œuvres, a fait\nentendre sa Ballade sy?nphonique exécutée pour la première fois il y a treize ans, et que ce\nmorceau clairement pensé et justement instrumenté a reçu un accueil chaleureux où il\naurait tort de ne voir qu'une formule de politesse de la part d'un public qui a de nombreux\nmotifs de lui être reconnaissant je n'aurai, je crois, rien omis.\nSi, en effet, je ne vous ai pas parlé du concerto en mi bémol de Liszt, c'est volontaire-\nment, ce concerto faisant partie à coup sûr pour moi des œuvres dont je suis saturé.\nMalgré le talent de Mr Borchard, je ne puis, je l'avoue, me résigner à écouter ses octaves,\nses trilles, ses tintements de triangle... je m'efforce à penser à autre chose.\nTandis que î'entendais, malgré moi, certain thème à la fois goguenard et vainqueur du\nfinale, je songeais que, à cette minute précise, vous étiez peut-être dans l'église inférieure\nd'Assise devant les fresques de Simone Martini ou de Giotto ou bien à Montefaleo devant\nles Gozzoli à Cortone devant l'Annonciation de Fra Angelico, ou bien encore au cher\ncouvent de la Verna, parmi les bons et gais moines franciscains et les émouvants souvenirs\nvieux de sept siècles ! du Petit Pauvre d'Assise !....\nJe reviens vite rue la Boëtie pour vous affirmer en terminant que l'orchestre Chevillard\nn'a rien perdu de ses qualités, que si souvent vous m'avez vantées et qu'il a fait\nbénéficier toutes ces œuvres, notamment les symphonies de Franck, de MM. Dukas et\nSt-Saëns, de la précision minutieuse et de la sonorité brillante qui conviennent si bien surtout\nà la dernière.\nQuant à Mozart, dont la symphonie Jupiter clôturait le 2d concert, il a été applaudi tel\nun ancien jeune méconnu longtemps, et auquel on doit quelque réparation.\nAssurément il n'existe guère de musicien et pas de public qui n'aiment Mozart, mais\nsachez qu'un groupe se forme actuellement qui fait profession de l'aimer. Ce n'est pas absolument\nla même chose.\nIl y a de la politique là-dessous. On aime Mozart contre Beethoven, comme on aime\nMr. St-Saëns contre Franck.\n\nP. de Bréville."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.52", "texte": "Le Musée Heyer a Cologne"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.53", "texte": "J. Heyer fondateur du Musée Instrumental de Cologne"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.54", "texte": "4\n\nMusic=Halls\n\nLes Folies-Bergères hébergent en ce moment deux prodiges. L'un est le jongleur Salerno\nqui paraît guider les objets dans l'espace par des effluves émanés de toute sa personne, en telle\nsorte que sans hésitation, d'un mouvement précis et moelleux, cette feuille de papier jetée en\nl'air retombe en l'enveloppe à peine ouverte, ou cette boule vienne se poser comme un oiseau\nsur la colonne de queues de billard, qui a son front pour base. L'autre intéressera plus parti-\nculièrement les musiciens : c'est un enfant qui joue du xylophone. Son nom cosmopolite,\nlittle Roberto, avoue maintes tournées déjà, et on ne lui donnerait guère plus d'une douzaine\nd'années. Il prend place sans grâce devant son instrument qui a la forme d'un cymbalon ;\nmais aux premiers sons de l'orchestre, un sourire timide éclaire sa face écrasée de lutteur\nforain. Il se penche, brandit ses baguettes, et sur l'ouverture de Guillaume Tell exécute les\nplus brillantes gambades ; les sons s'allument, pétillent comme des étincelles électriques,\ns'enchaînent en longs arpèges, rebondissent en trilles et en batteries de haute fréquence, sur\nun mouvement qui s'accélère régulièrement et comme un bon moteur s'emballe sans aucun\nraté. L'orchestre, que bien des théâtres, à Paris même, pourraient envier à ce music-hall,\naccompagne dans une sonorité douce dont les nuances, loin d'être couvertes, s'éclairent au\nreflet de ces traits de feu : telle est la vertu des instruments à percussion, que leurs sons\npeuvent se rapprocher indéfiniment sans se rejoindre, et comme une trame transparente laissent\npasser les vibrations les plus subtiles. Les Chinois, les Cambodgiens, les Javanais, excellent à\nentrecroiser ces lignes pointillées qui ne risquent jamais l'empâtement ; leur orchestre impres-\nsionniste a pour armature le chœur des cloches, des gongs, des tambours, des pierres, des\nmétaux et des bois sonores ; c'est pourquoi leurs oreilles sont d'abord peu flattées par les\nfilaments macaroniques qui s'étirent de nos violons, par la bouillie bitumineuse de nos basses,\nou les épaisses éclaboussures de nos cuivres.\nCe sont là, évidemment, des ressources dont nous ne pouvons nous passer. Mais depuis\nlongtemps nos musiciens sentent le besoin de prévenir l'agglomération des sons : les pizzicati\ndes instruments à cordes, les battements des timbales, les égrénements de la harpe, le martèle-\nment du piano, n'ont pas d'autre objet. Le xylophone a été employé d'abord pour des effets\ndescriptifs, comme dans la Danse macabre de Saint-Saëns où il imite le cliquetis des ossements ;\nmais c'est sans aucune allusion de ce genre et seulement pour le charme de sa résonance\nconfuse, qu'il intervient, par exemple, dans la nuit embaumée Par malheur, les\nxylophones d'Europe sont construits avec des bois trop mous et mal prépares : le son est sec\net mat. Celui du jeune virtuose ne fait pas exception. L'Asie a le secret de ces lames résistantes\nqui vibrent comme le cristal. On se souvient peut-être qu'un xylophone a figuré avec honneur\ndans un concert de la Société musicale indépendante. Il faut croire que nos fabricants\nd'instruments n'étaient pas dans la salle ce soir-là."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.55", "texte": "50\nS. I. M.\n\nLe ballet de Montmartre, qui est aux Folies-Bergères le morceau de résistance, contient\ndes intentions fort jolies que l'exécution trahit en grande partie. L'éternel Pierrot depuis\nl'antiquité païenne amoureux de Diane, des Muses, des Bacchantes, mais surtout de sa\nPierrette, est digne de la fantaisie de son tendre poète, Willette. Quelques siècles plus tard, les\njeux dans l'atelier, l'apparition de M. Vautour en un costume parlant, sa lutte avec les Chats\nnoirs, l'effronterie des gamins de Poulbot, la stupide agression de la Vache enragée qui meurt\nd'avoir léché une peinture, sont encore des idées fort plaisantes en leur incohérence souriante.\nLe dernier tableau représente l'apothéose de la butte, parce qu'il fallait une apothéose pour\nfinir ; c'est le moins intéressant. Les rôles sont tenus avec conscience, mais sans aucune\nlégèreté où il en fallait beaucoup. Les ensembles sont manqués parce que les braves petites\ncréatures qui les composent sont à jamais incapables de comprendre la valeur d'un geste, d'un\npas, d'une attitude, et ne s'en font pas de souci d ailleurs, pressées seulement d etre sorties de\nscène pour se revêtir. La musique de IVÏ. L>osc utilise adroitement les lefiains connus, mais\nl'orchestration en est un peu chargée. L'ouverture de Guillaume Tell, pour trente musiciens et\nxylophone obligé, sonnait mieux.\n\nLouis Laloy.\n\n(Bernard Naudin.)"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.56", "texte": "LE MOIS\n51\n\nProvince\nH. P.\nGÉNÉREUSES PROMESSES\nLa décentralisation répandra cette année sur nos provinces des bienfaits plus nombreux\nque jamais.\nA Angers, l'Association artistique des Concerts populaires, dirigée par M. J. Gay,\nannonce en première audition, les symphonies diverses de MM. Le Borne, Lazzari et du\nregretté Ernest Chausson, ainsi que des poèmes symphoniques de MM. P. de Bréville, Gaston\nCarraud, Francis Casadesus, Camille Chevillard, Pierre Coindreau, Philippe Gaubert, Florent\nSchmitt et de Guillaume Lekeu ; parmi les œuvres reprises : de César Franck, la\nde l'abbé Mouretde M. Alfred Bruneau, Saugefleurieet de M. Vincent d'lndy,\nde Berlioz, les Poèmes de Liszt, le Capricio espagnol de Rimsky-Korsakov, Tamar de\nBalakirev, les Nocturnes de M. Claude Debussy ; puis quelques symphonies classiques, et,\npour finir, rien moins que Parsifalde Wagner.\nA Lille, la Société des Concerts populaires, dont M. Sechiari assume la responsabilité,\nest moins novatrice : Mendelssohn, Mozart, Beethoven, Saint-Saëns, Haendel, Liszt, Wagner,\nseront ses préférés, en de belles exécutions dont Mme 3 Hatto, Kaurovska, Montjovet, M. Reder,\nM. Amour, M. Enesco, M. Hekking et M. Pierre Mathieu (hautbois) seront les solistes.\nLa Société des grands Concerts de Lyon, sous la conduite éprouvée de M. Witkowski,\ndonnera, outre les symphonies coutumières, Tam de Balakirew, la\net les préludes du Pays, de M. Guy Ropartz, le Chant funèbre de M. Albéric Magnard,\nCachaprès de M. Francis Casadesus, Ma mère lde M. Maurice Ravel, la pour\nhautbois et orchestre de M. Vincent d'lndy, Penthésilée de M. Alfred Bruneau.\nA Marseille, c'est M. Louis Hasselmans qui aux Concerts classiques fera entendre\nun acte de Pénélope de M. Gabriel Fauré, les préludes du Pays de M. Guy Ropartz,\nMa Mère VOye de M. Maurice Ravel, le prélude de M. Déodat de\nSéverac, le prélude à un Ballet de M. Roger Ducasse, de M. Pécoud,\nde Gilson, Cataloniad'Albéniz, le Coq d'or de Rimski-Korsakov, les de\nStravinski, la Fille de Pohjolade Sibélius, la de Glazounov, le de\nDvorak.\nA Nancy, M. Guy Ropartz l'éminent-directeur du Conservatoire, annonce parmi les\nœuvres nouvelles le Jour d'été à la montagne et d'importants fragments de l'Etranger de\nM. Vincent d'lndy, le 3e acte de Parsifal de Wagner, la 2e de M. Witkowski,\nSaint François d'Assises de M. Pierné, la première des de M. Albert Roussel,\net il reprendra la Symphonie de Chausson, celle de Dukas, la de M. Debussy.\nEnfin il jouera, sans que nul songe à s'en plaindre, deux de ses propres ouvrages : A Marie\nendormie et La chasse du prince Arthur.\nA Troyes, l'Association du double Quintette donnera quatre concerts symphoniques,\nsous la direction de M. Lucien Wurmser. Beethoven, Haydn, Saint-Saëns, G. Charpentier,\nBorodine, César Franck, Debussy et Wagner en seront les héros.\nEnfin l'Association des Concerts Rouge se transportera tour à tour en la même cité de\nTroyes, puis au Mans, puis à Cambrai, Dijon, Lyon, Marseille, Nice, Orléans,\nTours, Rouen, avec ses programmes parisiens, ses artistes, ses solistes, et son chef\nM. Rabani."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.57", "texte": "52\nS. I. M.\n\nBelgique\n\nAvant de commencer à rendre compte des premières auditions de la saison 1913-19145\nqui promet d'être brillante, nous voudrions consacrer quelques lignes au magnifique effort\naccompli durant les mois d'été par l'Association des Concerts du Waux-Hall. Cette association\nest formée par les musiciens de l'orchestre de la Monnaie ; elle fut dirigée cette année par les\néminents chefs de cette phalange d'élite ! MM. Corneil de Thoran, Lauweryns, Léon Van\nHout, auxquels fut adjoint le président annuel M. Andelkof. L'organisation et l'exploitation\nsont aux risques de la société. La ville leur accorda pour le dernier exercice une subvention\nde 15 .000 frs, sous l'obligation de trois mois et demi de saison, avec 52 musiciens, deux\nrépétitions par semaine et la réalisation de douze concerts gratuits, suivant un programme\néducatif et chronologique approuvé par le Collège. 84 auditions furent données sur les\n106 jours prévus. Soixante solistes, dix conférenciers s'y sont produits. Aux programmes\nfigurèrent 64 auteurs français, avec 160 œuvres et 272 exécutions ; 34 allemands et\nautrichiens, avec 109 œuvres et 142 exécutions ; 15 russes, Scandinaves, tchèques et\npolonais avec 26 œuvres et 44 exécutions ; 12 italiens, 35 œuvres, 51 exécutions ;\n2 hollandais, 4 œuvres, 5 exécutions ; 2 anglais, 3 œuvres, 4 exécutions ; 1 espagnol,\nI œuvre, 1 exécution ; I suisse, idem, 62 belges, 91 œuvres et 212 exécutions. Il\nconvient de souligner ces derniers chiffres. Il y eut un festival Saint-Saëns, un festival\nBerlioz, une festival russe, trois concerts Wagner, quatre concerts belges. Le cycle éducatif,\ncommencé par Rameau, passa par Bach, Haëndel, Gluck, Méhul, Grétry, Haydn, Mozart,\nBeethoven, Weber, Schumann, Schubert, Mendelssohn, Brahms, Liszt, Wagner ; suivirent\ndeux festivals français Berlioz-Massenet, Saint-Saëns, Bizet, Lalo, Fourdrain, d'lndy, Debussy;\nau festival russo-scandinave depuis Glinka, jusqu'à Glazounov, avec un représentant de\nchaque époque, Grieg et Swendsen. Deux festivals belges enfin, l'un consacré aux maîtres\ndéfunts (Franck, Benoit, Gevaert, Tinel, Blokx, Radoux etc.,) l'autre aux vivants (Gilson,\nDe Baeck, Wambach, Dupuis, Du Bois, Lunssens, Delune, etc., etc., jusqu'aux plus jeunes\nVan Hoof, Logge, Brusselmans). Les conférences furent confiées successivement à MM. Mou-\nlinas, Pasquier, Van der Velden (Beethoven). Closson (les Romantiques); De Plessy, (Wagner),\nChokier (Russes et Scandinaves) ; Mangin (Berlioz), Georges Eekhoud (l'art musical en\nBelgique depuis le Moyen-Age à nos jours), René Lyr (les musiciens belges modernes). Une\nbrochure, écrite par Paul Gilson \" Notes brèves \" fut distribuée aux\nconcerts gratuits à plusieurs milliers d'exemplaires. Cet ensemble n'est-il pas remarquable ?\nII faut en féliciter les promoteurs et les vaillants instrumentistes qui surent accomplir une telle\ntâche, ingrate, mais féconde, avec persévérance et désintéressement. Car la récompense ne fut\npoint à la mesure de la peine. Au point de vue moral, certes, le succès fut grand. L'affluence\ndu public en est la première preuve. A ce propos, détachons, du rapport adressé par l'Association\nau Conseil communal de Bruxelles, cette observation. \" Nous avons remarqué que si les amateurs\nont été nombreux (officiellement 14.577) formaient un auditoire bien diffèrent de celui qu'on\nrencontre aux concerts organisés sur nos places publiques et dans nos parcs. Ce public ne bougeait\npas, ni pendant l'exécution musicale, ni pendant la conférence ; l'une et l'autre étaient écoutées\ndans un silence religieux. Plusieurs centaines de personnes se tenaient debout pendant plus de\ndeux heures sans se déplacer et sans se plaindre. Ajoutons que, personnellement, nous avons fait\nsouvent cette expérience : le grand public populaire est le plus ductile, le plus compréhensif, le\nplus respectueux de l'art et des artistes. C'est en lui qu'il faut chercher les communions, et les"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.58", "texte": "LE MOIS\n53\n\ncorrespondances. Il est le foyer même où couvent et s'allument les enthousiasmes et les\nferveurs. Dans ses élans sincères et spontanés, nous trouverons l'explosion saine et forte des\nsens vierges, et la jeunesse éternelle du cœur. Mais nous disions que les musiciens de\nl'orchestre du Waux-Hall ne trouveront point la légitime récompense au point de vue finan-\ncier : il est déplorable de constater que les solistes, professeurs au Conservatoire, n'ont touché\nque 120 frs. par mois, tandis que les modestes instrumentistes n'avaient que 90 francs ! C'est\ninsuffisant, de moitié. Il faut souhaiter que la Ville de Bruxelles, et au besoin l'Administra-\ntion gouvernementale des Beaux-Arts, viennent efficacement en aide, dès la prochaine saison,\nà la belle œuvre entreprise par l'Association des Concerts du Waux-Hall. Nulle ne peut avoir\nsa portée, son influence éducatrice, nulle ne s'adresse plus puissamment à la masse populaire,\nnulle n'est plus digne d'encouragement.\nC'est Fritz Kreisler, ainsi que nous l'avions annoncé qui a ouvert la saison des\nconcerts à Bruxelles. Son programme comportait cette fois quelques œuvres ude fond à\ncôté des \" petites choses vieillottes \" qu'il nous offre d'habitude. La Sonate a Kreutzer, Sonate\npour violon de Bach, Caprices de Paganini, etc. \" merveilleusement interprétés par l'illustre\nvirtuose et le pianiste Charles Hénusse, valurent aux deux artistes une ovation enthousiaste.\nNous n'avons plus d'éloges à décerner au maître, mais nous notons avec un réel plaisir le\nsuccès, que la presse enfin a consacré, de son accompagnateur. Hénusse eut l'occasion de\nrévéler ses qualités, et la critique est unanime à reconnaître, après Kreisler lui-même, qu'il est\nle digne partenaire des glorieux violonistes et chanteurs dans l'ombre du renom desquels il se\ntint jusqu'ici trop modestement effacé.\nLe centenaire de Verdi vient d'être célébré au théâtre royal de La Monnaie, par deux\nreprésentations brillantes, sous les auspices du Comité du Commerce. Les célèbres artistes\nitaliens, Mme Destinn, MM. Martinelli et Dinh Gilly, sous la conduite du maestro Polacco,\nprêtèrent un caractère, un charme particulier aux œuvres tout italiennes Aïda et la Fille du\nFar-lVest. La première, par la spontanéité, l'aisance, la fraîcheur d'inspiration, par la sincérité\nd'émotion et d'exubérance, impressionne et émeut davantage. Nous avons, lors de sa création,\nexprimé nos réserves quant à la qualité d'art de la partition mélodramatique, encore que riche\net colorée, de M. Puccini.\nLa Monnaie a mis en répétitions Les Joyaux de la Madone de M. Wolff-Ferrari, Pénélope\nde M. Fauré, Cachapres de M. Casadesus, et Parsifal, dont la première est fixée au 2 janvier.\nElle reprendra Le Chant de la Cloche, de M. d'lndy ; elle annonce le ballet Istar, du même,\nle Timbre d\" argent de C. Saint-Saëns, et un ballet Les Phalènes du compositeur belge A. de\nBoeck. Souhaitons que cette \" fiche \" de consolation offerte aux auteurs nationaux ne se perde\npas d'ici la fin de la saison\nMentionnons une \" petite \" première belge, au théâtre nouveau de La Gaîté. La\npartition de M. Léon Delcroix sur le conte enfantin : Le Petit Poucet de M. I. Elslander, y\nfut donnée non sans succès. Prochainement le Théâtre du Parc nous conviera aussi à une\naudition de musique de scène écrite sur Le Poete et la Femme de F. Jammes, par notre confrère\nM. Gaston Knosp. Cette exécution sera précédée d'une conférence de M. F. Thys. Nous\nen sommes aux projets : donnons ici le plan général, d'ores et déjà fixé, de la saison\n1913-1914.\nA Bruxelles, les quatre concerts du Conservatoire auront lieu les dimanches 21 décembre,\n8 février, 8 mars, et 5 avril. Les répétitions générales, le jeudi et le samedi précédant chaque"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.59", "texte": "54\nS. I. M.\n\nconcert. Le premier programme est réservé à Haendel : Israël en Egypte. Le deuxième à\nBach (deux cantates Nos 118 et 169, inconnues à Bruxelles); à Hugo Wolf lieder ; à\nP Benoit (fragment du Requiem) et à Mahler (2e symphonie). Le troisième constituera un\nexposé de la symphonie classique (Back, Haydn, Mozart, Beethoven, Brahms). Le quatrième\nsera consacré aux Béatitudes de César Franck avec le concours de Mlle Malnory, de\nMM. Plamondon, Seguin, etc...\nLa Société des Concerts Ysaye a fixé au 25-26 octobre, 22-23 novembre 1913* 17-18 janvier\net 14-15 mars 1914 ses quatre concerts ainsi que les répétitions générales de ceux-ci. Elle\ns'est assurée le concours de MM. Ernest Wendel, Lucien Capet, A. Bodanzky, Pablo Casais,\nCari Friedbery, Eugène Ysaye, Séverin Eisenberger. Ces auditions, qui constituent, en\nBelgique, l'élément et le rendez-vous de Pavant-garde musicienne, n'auront plus lieu, le\nmaître nous en prévenait dans l'interview qu'il réserva en juin dernier à S. ï. M. à l'Alhambra.\nProvisoirement elles se donneront à la salle Patria. Eugène Ysaye en exprime lui-même le\nregret dans une notice qui accompagne ses programmes.\n\" Cette modification, dit-il, mieux que n'importe quel argument souligne combien il est\ndéplorable et inconcevable que Bruxelles reste obstinément la seule capitale du monde entier qui\nn ait pas de salle de Concerts !...\nLes Concerts Populaires se donneront à la Monnaie, le lundi, à 8 heures 1/2. Les\nrépétitions, le samedi à 2 h. 1/2. La soirée qui a débuté le lundi 13 octobre comprendra\nsix concerts. Le premier fut dirigé par M. Lauweryns ; Mme Emmy Destinn y prêtait son\nconcours. Au programme. Euryanthe, de Weber ; Symphonie inachevée, de Schubert ; le\nFreischiïtZy air d'Agathe, Weber ; Symphonie U de Mendelsohn ; Don Juan, air de\nDona Anna, Mozart ; Le Carnaval Romain, ouverture (Berlioz). Nous aurons un concert\ndirigé par M. Richard Strauss, un concert dirigé par MM. Vincent d'lndy et Claude Debussy,\nun concert de l'orchestre de Meiningen, sous la direction de son chef, M. Max Reger, le\ncompositeur le plus en vue de l'Allemagne, à côté de Richard Strauss : enfin, l'on verra un\nautre chef d'orchestre fameux d'outre-Rhin, M. Scheevoight, qui fit naguère à Bruxelles une\napparation sensationnelle à la tête de l'orchestre Kaim. Avec ces maîtres illustres rivaliseront\ndeux chefs d'orchestres belges : M. François Ruhlmann, qui occupe avec tant d'éclat depuis\nhuit ans le pupitre de premier chef à l'Opéra-Comique de Paris, et M. Georges Lauweryns,\ndont on a pu apprécier le talent à l'orchestre de la Monnaie.\nAvant de clore ces notes bruxelloises, accusons réception de : Julien, de G. Charpentier,\néditeur Max Eschig, 13, rue Laffitte, Paris; La Forêt Bleue de Louis Aubert, édition J.\nDurand ; L'lntruse, de Léo Van der Haeghe, drame de M. Maeterlinck, édition Breitkopff et\nHârtel, Bruxelles : Quentin Metsys (récemment repris à Anvers) de M. Wambach, édition\nBreitkopff et Hârtel, Bruxelles ; Elektra, Salomè, de Richard Strauss, édition Fûrstner, Paris ;\nMiniatures, pour piano de L. Mawet ; En Ardenne, de Ryelandt, Esquisses symphoniques, par-\ntitions d'orchestre de Théo Ysaye ; Sonate pour piano, de Trèmolle, Sonate Fantaisie, pour\npiano de F. Rasse, Dans les Ardennes, pour piano de Cari Smulders, le tout chez Breitkopff et\nHârtel, Bruxelles ; 6 mélodies, de Th. Lefebure, 42, rue de Maubeuge, Paris ; Mélodies (cinq)\nd'Aug. de Boeck ; 8 mélodies et une scène dramatique de F. Rasse, édition G. Dertel ;\nBruxelles ; Fleurs stellaires, de E. Saeys, idem ; Chant de Paris, pour chant violoncelle et\npiano, de Fl. Duysburgh, idem. Nous reviendrons à ces ouvrages.\nANVERS. L'Opéra lyrique flamand a représenté déjà leurs œuvres nationales :\nHeibike poème de M. R. Verhulst, musique de E. Verheyden, partition colorée et vivante,\net Quentyn Metsys de E. Wambach. Poursuivant sa noble tâche, M. Fontaine se promet de"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.60", "texte": "LE MOIS\n55\n\ncréer cette année plusieurs ouvrages belges encore. Nous ne manquerons pas d'en signaler les\npremières.\nAux concerts de la Zoologie, toujours très brillamment conçus et suivis, le 5 novembre,\naudition de Francisca di Rimini de Paul Gilson ; le 7 janvier, Y Enfant prodigue de Claude\nDebussy; le 28 janvier, œuvres du jeune compositeur Van Hoof, le 4 mars, Le Rhin de\nP. Benoit ; etc.\nLa Société des Nouveaux Concerts d'Anvers donnera au Théâtre Royal cinq concerts\nd'abonnement fixés aux lundis 24 novembre, 15 décembre, 2 février, 2 mars et 20 avril. Ils\nseront respectivement dirigés par MM. L. Mortelmans, K. Panzner, F. Weingartner et\nA. Messager. Ce dernier amènera de Paris l'orchestre et les chœurs du Conservatoire, qui\ninterpréteront, entre autres, Rédemption de César ïranck.\nLa Société s'est assuré, en outre, le concours des solistes suivants : M. J. Gerardy,\nvioloncelliste; M. K. Friedberg, pianiste; Mme L. Weingartner, cantatrice; M. B. Huber-\nmann, violoniste.\nProgrammes classiques. Parmi les nouveautés : Lieder avec accompagnement d'orchestre\nde L. Mortelmans; Suite symphonique d'E. von Donâhnyi ; Schauspiel Ouverture de\nE. Korngold; Lustige Ouverture de F. Weingartner.\nTOURNAI. Les Concerts de la Société de Musique auront lieu :\nLe dimanche 30 novembre, à 2 heures : Les Saisons, d Haydn. Solistes : IVime Bathori-*\nEngel ; MM. Paulet et Mary, de la Société des Concerts du Conservatoire de Paris.\nLe dimanche 8 février, à 2 heures! La Passion selon saint Jean, de J.-S. Bach. Solistes .\nMmes Mellot-Joubert et Masurel-Vion ; MM. Plamondon et Reder.\nLe dimanche 26 avril, à 2 heures : Franciscusy d'Edgar Tinel. Solistes : Mlle Demougeot,\nde l'Opéra de Paris ; MM. Plamondon et Frolich.\nNOUVELLES. Nous apprenons la décision, irrévocable cette fois, de M. Alfred\nMabille, directeur général de l'lnstruction publique et des Beaux Arts de la Ville de Bruxelles,\nde prendre sa retraite au premier janvier prochain. 13 autres ont dit ce que fut au long de\nquarante années, l'œuvre de ce grand travailleur. Il a organise vraiment 1 enseignement de la\ncapitale moderne; grâce à son initiative, à sa curiosité des méthodes rationnelles et neuves, il\nen à fait un organisme qui eut l'honneur souvent d etre propose comme modèle pai les\nspécialistes étrangers. Aux Beaux-Arts, M. Mabille ne réserva pas moins d attentive et de très\navertie sollicitude. Lettré, écrivain de talent lui-meme, épris de toutes les manifestations\nesthétiques, il sut toujours encourager nos artistes. Nous nous souvenons personnellement du\nchaleureux accueil qu'il nous réserva à chaque fois que nous vînmes lui parler de la musique\net des musiciens belges. Ayant suivi de près la vie musicale et la production contemporaine,\nil évoquait devant nous des luttes et des victoires déjà lointaines, notant d un trait sur le\ncaractère des œuvres, leur signification. Rappelons sa participation a notre Enquête et\nl'intérêt qu'il porta à l'effort tenté par S. I. M. en faveur du Théâtre lyrique national.\nM. Mabille emportera les regrets de tous ceux qui purent apprécier sa bonhomie et son\ndévouement. Il en trouvera l'attestation lors de la manifestation qui se préparé en son honneur.\nMaintenant nous lui offrons l'expression respectueuse et cordiale de nos vœux qui 1 accompag-\nneront, dans la joie du repos mérité.\n\nRené Lyr."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.61", "texte": "Étranger\n\nA Barcelone: Une visite à Granados\n\nUne rue claire dans le quartier neuf de Barcelone ; une maison moderne, sans caractère\nparticulier, pourvue d'un ascenseur ; un appartement ne visant pas au pittoresque, voilà où\ns'écoule la vie d'un des plus délicieux visionnaires parmi les artistes qui nous ont donné de\nl'Espagne du XVIIe siècle d'inoubliables interprétations, le musicien Henri Granador. Je suis\nvenu lui apporter le salut de la Revue Musicale et lui parler de ces adorables\ndont la seconde partie, non encore publiée, est attendue dans les milieux musicaux avec tant\nd'impatience.\nJe trouve le compositeur entouré de sa famille. Il apprécie tout particulièrement le charme\nde l'intimité de son foyer. Entre sa délicieuse femme et ses six enfants, il mène une existence\nexempte d'émotions. L'un de ses fils le seconde dans la direction de cette Académie Granados,\nécole de piano et de composition qui a formé tant d'excellents élèves. Né en 1868 à Lérida,\nl'illustre pianiste commença ses études musicales à Barcelone avec Pujol. La faiblesse de sa\nsanté l'avait tout naturellement détourné de tout ce qui n'était pas son art. C'est cette santé\nchancelante qui l'empêcha plus tard de travailler très longtemps à Paris avec de Bériot, puis\nde conserver le poste de professeur qui lui avait été confié au Conservatoire de Barcelone.\nIl donne en 1890 ses premières compositions, les et les\nPuis il se tourne vers la scène et donne en 1893 Miel et en 1898\nCarmen qui lui vaut la croix de Charles 111 qu'il reçoit des mains de la reine Marie-Christine.\nUn poème symphonique, Dante retient également son effort.\nLe grand musicien m'accueille dans son salon aux murs duquel sont accrochés quelques\nGoya et Velasquez de choix. Deux pianos aussi mauvais l'un que l'autre et quelques\nmeubles anciens complètent le décor. C'est là qu'il réalise la féerie de ses évocations pianisti-\nques si personnelles, le miracle des rythmes et des couleurs dont il a le secret.\nEsclave de la sensation, vibrant et illuminé, il a des presciences et des divinations qui ont\nparfois un caractère troublant. Mon ami Léon Moreau m'a raconté que Granados ayant voulu\nconnaître une de ses œuvres, lut, un jour, au piano un Impromptu de sa composition. L'admi-\nrable pianiste, s'inspirant des lignes générales du morceau, de ses élans, de ses arabesques, de sa\ncourbe extérieure, s'abandonna à une improvisation exquise, retrouvant, sans la lire, la pensée\nde l'auteur et traduisant avec d'autres mots mais avec une fidélité parfaite ses plus secrètes\nconfidences.\nIl faut avoir entendu et vu Granados au clavier pour comprendre et goûter tout le\ncharme de sa musique. Sous ses doigts les Goyescas prennent tout leur pouvoir évocateur. Il fait\nrevivre sous vos yeux les gestes et les attitudes de l'aristocratique \" \", ce couple\nfier qui marche la tête haute et les reins cambrés, qui possède une grâce inimitable et dont les\nmœurs chevaleresques sont aujourd'hui perdues. Il sait noter leurs \" \", ces compli-\nments spirituels, ces épigrammes coquettes et tendres, ces malicieuses déclarations d'un amour\ninavoué. Il rythme fougueusement le \" Fandango et berce la mélancolie de la\nMaja avec les douces plaintes du Rossignol. Rien ne peut donner une idée de son interprétation\ndu \" Colliquio en la reja\" si passionné et si rêveur, et de \" \" dont l'émotion\nest si poignante."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.62", "texte": "LE MOIS\n57\n\nLa conception primitive de ces Goyescas s'est d'ailleurs peu à peu modifiée. Ces petits\ntableaux musicaux n'ont pu enclore dans leur cadre étroit tant de pittoresque et tant de\npassion ; bientôt un drame lyrique est né de leur réunion. Animée par la verve des tonadillas,\nqu'il y a introduites, cette action sera un inoubliable poème de couleurs et de parfums. Elle\nsera une émanation admirable de l'âme espagnole dans ce qu'elle a de plus savoureux et de\nplus caractéristique.\nParis verra certainement triompher sur une de ses scènes ces émouvantes visions. Nous en\ndevinons d'avance le succès et en félicitons l'auteur qui est bien l'un des seuls musiciens de sa\nrace pouvant nous laisser une œuvre d'une sensibilité artistique profonde et durable comme\ncelle du maître qui l'a inspirée.\n\nH. Montoriol-Tarrès.\n\nLe Congrès d'esthétique de Berlin\nDr Hans Joaehim Moser.\nLes gens de l'esthétique (ils sont nombreux) ont senti le besoin de se compter et la\nnécessité de grouper leurs forces. Ils viennent de se réunir pour la première fois a Berlin,\nrépondant à l'invitation d'un homme d'initiative, le professeur Max Dessoir, et a l'instigation\nd'un comité dirigé par le musicologue Werner Wolfheim et l'historien von Allesch. Du y au\n9 octobre des séances assidûment suivies ont montré que l'idée était bonne et répondait aux\ndésirs des spécialistes.\nD'abord, séance d'ouverture sous la présidence de Dessoir, en présence du représentant\ngouvernemental Schmidt et de M. Reicke, maire de Berlin. Discours, enthousiasme,\napplaudissements, allocution enflammée du délégué français (en allemand) M. Basch, venu tout\nexprès de la Sorbonne, cordialité du délégué anglais, souffle de pacifisme. Belle journée.\nPuis, les travaux et les savantes communications, réparties dans les sections suivantes :\nphilosophie de Vart, arts plastiques, littérature et enfin musique. Le professeur Lamprecht de\nLeipzig, qui n'est pas un orateur, apporta de curieux dessins d'eniants. Le germaniste Sievers\nse livra à d'intéressantes expériences psychologiques, pas toujours couronnées de succès. Par\ncontre le Français Charles Lalo, développant un programme d'esthetique sociologique, se\ntailla un succès à côté du paléontologue viennois Hoernes, et GU dernier des heçeliens\nAdolph Lasson.\nEn fait de musique, il y eut d'utiles débats. Paul Moos fit un rapport sur Vétat présent de\nVesthétique musicale. Charles Myers d'Oxford parla sur les Origines de la musique ; plein de feu,\nnotre collègue Heuss ne craignit pas de montrer comment se comportent l'un envers 1 autre\nle texte et la mélodie dans le lied strophique. Arnold Schering s'attaqua naturellement a\nY Hermétisme musical, sujet qui lui est particulièrement cher, Fritz Ohmann présenta des\nexpériences à?acoustique psychologique, et H. Wetzel discuta de théorie. Enfin le traditionnel\nbanquet, sans lequel il n'est pas de Congrès, même en esthétique, permit à Jules Combarieu\nd'élever une voix agréable et de rendre hommage à l'illustre Spitta, qui fut son maître jadis.\nEn somme, un vrai succès, d'utiles échanges de vues, des connaissances profitables, et le\nsentiment du devoir accompli. Voilà le bilan de ces journées. Dès maintenant le prochain\ncongrès a élu domicile à Vienne en 1915. Puis c'est Paris qui sera choisi, avec la date de 1917."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.63", "texte": "58\nS. I. M.\n\nA travers Berlin.\n\nNOTES ET IMPRESSIONS\nLe \" Deutsche Michel \" voulut faire la connaissance de Marianne. Ne sachant comment\ns'y prendre, il l'accosta par ces mots : \"Je crois bien, Mademoiselle, que je vous ai vue souvent\nau Jardin zoologique! \" \"Tiens, répond Marianne, dans quelle cage étiez vous donc?\" Et\nMichel, piqué, de reprendre : \" Dans celle que le coq gaulois croit voir, lorsqu'il passe la tête\nà travers les barreaux de la sienne. \"\nCette scène s'est reproduite bien des fois, tandisque l'expérience nous démontrait que\nchacun reste prisonnier dans sa cage et qu'entre nos deux pays musicaux se dresse un grillage,\nderrière lequel nous nous lançons des regards, sans arriver à nous connaître. Voudra-t-on bien\nautoriser un ours de Germanie à déplacer quelques barreaux pour inviter l'aimable gallinacé,\nson voisin, à une visite à travers sa case de Berlin ? La connaissance sera vite faite.\nLes compositeurs sérieux n'ont pas ici les vins envers les autres ces sentiments de\nsympathie ou d'antipathie, qui se manifestent chez vos grands hommes de la musique à Paris.\nChacun va son chemin, insouciant. Représentez-vous Maurice Ravel, entendant une œuvre\nde Vincent d'lndy ou de Paul Dukas, et s'écriant : \" Tiens, il compose donc aussi, celui là ! \"\nTelle est la situation à Berlin. On ne s'ignore pas totalement, mais on n'éprouve aucune\nhaine... et surtout aucune affection.\nUne place à part est naturellement réservée aux compositeurs d'opérette. Quelques uns\nse sont donné des noms français (ça sonne mieux). Ainsi, l'un des plus illustres, en son temps,\nse nomma Jean Gilbert. On raconte qu'un jour, dans un restaurant, il croisa un confrère, qui se\nprésenta à lui comme artiste, en ajoutant qu'il fabriquait des chaussures vernies. u Mais, hasarda\nGilbert, ce n'est pas de l'art. \" \" Pas de l'art, essayez donc d'en faire vous-même ! \". Le\ncordonnier disait vrai ; il entrait plus d'art dans ses chaussures vernies, que dans toutes les\nopérettes de M. Max Winterfeld pardon, de Jean Gilbert... Personne ne parle plus de\nPaul Lincke, ou de Victor Hollaender. M. Gilbert a tué toute concurrence, et il suffit\namplement à assouvir les passions musicales du tout-Berlin qui siffle dans la rue.\nLes critiques musicaux de Berlin sont parfois érudits, avertis, bons juges et bons écrivains\nparfois ils se révèlent aussi ignorants qu'incapables. A l'opposé de Paris, on ne trouve parmi\neux aucun compositeur imposant, mais de nombreux dilettantes, évadés de toutes les professions,\net dont la culture est naturellement contestable. En général mal rétribués, ils cherchent un\nà-côté qui leur permette de vivre. On en cite un qui, voulant rester pur, a fait paraitre un\nmanuel de cuisine.\nLes aptitudes musicales d'un critique ont évidemment plus d'importance que sa civilité.\nPourtant il est triste de constater que le niveau social des critiques berlinois est si souvent au\ndessous de leur niveau intellectuel. En février dernier vint une société de concerts de Paris se\nfaire entendre dans les salons d'un hôtel. On vit arriver nos juges, l'un en vêtements de travail,\nl'autre en redingote graisseuse, un troisième avec femme et enfants, un autre s'enquérant du\nbuffet...\nOn me dira qu'une revue musicale française a bien célébré dernièrement une Madame"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.64", "texte": "LE MOIS\n59\n\nRheinhold von Wahrhech, alors qu'il sagissait de M. Reinhold von Warlich. Un lapsus de ce\ngenre paraîtrait ici impossible dans un périodique spécialisé. J'accorde que c'est risibîe. Mais\nparaître au concert avec des chaussures couvertes de boue c'est autrement horripilant. Notez\nqu'en Allemagne ce que j'avance là est subversif, et vous fait passer pour un être superficiel,\ndépourvu de sérieux et de moralité.\nLes incidents récents dont M. Saint-Saëns a été le motif ont bien montré que la Ville\nBarbare sait faire preuve de politesse. Pour le Berlinois, il n'y a pas de chauvinisme en musique.\nLa provenance étrangère devient au contraire un attrait. Les artistes français en savent\nquelque chose.\nEn France tout se condense dans Paris. En pays germanique les grands centres se font\nconcurrence. Pourtant Berlin est, peu à peu, devenu le point de mire de tous les musiciens.\nLa raison n'est pas dans la supériorité de sa musique, mais dans le nombre de ses concerts.\nPendant la saison dernière il y eut ici 1210 auditions, contre 435 à Vienne, 430 à Munich,\n293 à Hambourg, 292 à Leipzig, 213 à Franckfort, 190 à Breslau, 112 à Stuttgart, et 99 à\nKarlsruhe. Cette statistique s'explique. Un débutant qui ne montrera pas de bonnes coupures\nde la presse berlinoise, ne peut espérer d'engagement en province. Aussi Berlin opére-t-il de\nplus en plus la concentration de l'art et du dilettantisme, dont les moindres productions\ntrouvent toujours moyen d'obtenir un compte-rendu dans les gazettes. Mais, comme les\nrédactions se soucient peu de faire des sacrifices pour leur critique musicale, on opère avec des\néléments à bon marché. Cela a ses inconvénients.\nEn moyenne, un concert à Berlin coûte 750 francs, au minimum le tiers de cette somme,\net souvent jusqu'à quatre fois plus. Le prix des salles de concert oscille entre 95 et 800 trancs.\nL'orchestre de la Philharmonie demande de 875 à 1300 fcs. Il faut ajouter les frais d'agence\nd'affiches, de publicité etc... Les inconnus, sans relations, ne peuvent compter sur un sou de\nrecette. Si bien, que la direction d'une salle nouvellement construite, a décidé de prélever sur\ntout vestiaire un droit de 10 pfennig en faveur du malheureux qui donne le concert. Il ne\nreste plus qu'à placer à l'entrée un tronc pour les aumônes généreuses.\nL'empereur Guillaume I, un jour à Bayreuth, se mit à applaudir, en même temps qu'il\nse penchait vers son aide de camp pour murmurer : \" C'est horrible. \"\nL'empereur Guillaume II a, lui-aussi, en général, une opinion personnelle différente de\ncelles des gens compétents, mais il ne donne de louanges qu'à ce qui lui plait.\nLe public berlinois imite Guillaume L II applaudit quand il voit applaudir, et garde ses\nimpressions pour un cercle d'intimes.\nGrâce à Dieu ! Bach, Beethoven, Brahms et autres ont aussi besoin de gens qui viennent,\napplaudissent, et s'en vont. Si tout auditeur n'approuvait et ne prônait que la musique qui lui\nplait, c'en serait bientôt fait de la musique elle-même ! La sympathie et la compréhension ne\nse laissant point forcer. On ne peut exiger qu'une chose d'un public, c'est le respect de toute\nœuvre sérieuse. Et ce respect le Berlinois en fait preuve évidente, permettant ainsi l'éclosion\nd'un nombre infini de concerts gratuits, dont la valeur est certaine. C'est déjà beaucoup. C'est\npeut-être même tout ce qu'on peut demander.\nLe public des théâtres est moins discret que celui des concerts, et près de lui, l'oreille\nattentive saisit souvent des propos qui n'étaient pas faits pour elle. Quelques exemples montre-\nront devant qui se jouent les chefs d'oeuvres.\nFidelio. Lieutenant V. \" Jolie fille n'est-ce pas ? \" Lieutenant Q. \" Si vous aviez vu\nl'autre fois la petite W...\" V. : \" Voyons, vous n'allez pas me faire croire que vous assistez\nà cela tous les soirs ! \" Q. : \" Non, je ne suis pas maboul. J'étais obligé de remplacer un\ncamarade, pour que son régiment ne perde pas son tour. \""}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.65", "texte": "60\nS. I. M.\n\nWalkyrie. Intendant H. \"Un type épatant ce Wagner. Du commencement jusqu'à\nla fin personne ne chôme dans l'orchestre ; tous y passent. C'est ce qu'il faut à tous ces\nfeignants. \" Intendant F. : \" Moi aussi ces gens là me mettent en rage. Il n'y a même pas\nchez eux l'apparente correction. Chaque trombone tire son instrument aussi loin que ça lui\ndit. Et le chef d'orchestre a le toupet de prétendre que ça doit se passer comme cela. Il n'y a\nguère que les cordes que j'ai pu dresser à un mouvement d'ensemble. \"\nTristan. L. : \"Tout demême, ça vaut bien la Veuve Joyeuse. Mais attends le dernier\nacte, où il meurt en douceur...\". H. (méfiant) : \"Comment sais-tu ça\" L. : \" Tiens, mais,\nVeilchenfeld m'a raconté toute l'histoire. \"\nCrépuscule des Dieux. Le mari, en baillant : \"Tu vois, nous aurions mieux fait de\nrester chez nous. \" La femme : \"Je croyais que c'était comme la Walkyrie ; tu sais bien la\npièce où il y a des femmes qui dressent des chevaux, avec un feu d'artifice à la fin. \"\nTout cela est entendu, avec bien d'autres choses.\nLilli Lehman, au temps où elle donnait encore des leçons, avait coutume de soumettre\ntous les candidats à un examen préalable. Elle entrait, parfois portant sous son bras un petit\nchien, auquel elle confiait son amertume. \" Ah, mon petit, ce qu'il faut entendre, tout de\nmême ! \" L'examen était terminé ; soit 40 à 60 mark. Aujourd'hui les grands artistes ont des\npréparateurs, qui continuent à suivre les élèves, épargnant au maître la peine la plus légère.\nL'enseignement le plus cher à Berlin est donné par la basse de l'opéra Paul Knuepfer.\nC'est 100 mark l'heure. Une minorité arrive à 60, 50 ou 40 mark ; beaucoup à 10, 20 et 30\nmark. La majorité en reste a 2 à 5 mark. Le syndicat berlinois ne permet pas à ses\nmembres de descendre au dessous de ce tarif. Mais il y a bien des malheureux qui se\ncontentent de 75 pfennig, d'autant qu'ils ont à subir la concurrence de Conservatoires de\nbas étage, qui offrent des leçons de 3 à 6 mark par mois.\nL'Ecole Supérieure, académique et royale, de musique (ou professe M. Knuepfer précité)\nfait payer à ses élèves de 120 à 225 mark par semestre. Si, malgré ces prix infimes, elle ne\npeut toujours remplir ses classes, la faute en est au caractère conservateur de son enseignement.\nPlus d'un artiste qui jouit d'un renom mondial, s'est vu jadis refuser l'entrée ou mettre dehors\npour cause d'insuffisance. Le compositeur surtout y pâtit ; on lui inculque une théorie dont la\npratique ne tient plus compte depuis une centaine d'années. Tant que Joachim fut à la tête\nle mot d'ordre était Beethoven, et Wagner servait d'épouvantail. Hermann Kretzschmar, son\nsuccesseur a fait infiniment de bien. Mais ne pensons pas au Conservatoire de Paris.\nL'Opéra comique à Berlin (Friedrichstrasse), devenu un théâtre dramatique, est remplacé\npar le nouvel opéra de Charlottenburg. On parle d'un opéra populaire. Jusqu'à présent l'opéra\npopulaire 11e s'est pas maintenu à Berlin, l'administration ne pouvant, avec des tarifs minimes,\nengager Caruso ou Destinn, et la critique incorrigible continuant à prétendre que, pour le\npopulaire, mieux était tout juste assez bon. Qui sait ! Cette fois tout le monde se mettra\npeut-être d'accord. Berlin est une ville encore jeune ; chaque jour est une surprise. Quand\non s'absente pendant six mois on ne s'y retrouve plus. C'est le contraire de Paris, où vous\npouvez revenir au bout de dix ans, sans que rien d'essentiel ne vous paraisse changé. Des\ndeux cotés il y avantages et inconvénients.\nLa visite est terminée. Nous la reprendrons une autre fois. Retournons derrière nos\nbarreaux, non sans gémir de voir la musique et ses habitants ressembler si fort au \" Jardin\nd'acclimation \". Le perchoir du coq ou la fosse aux ours, cela se vaut. Que ne donnerait-on\npas pour s'échapper à travers champs, loin des salles, loin des papiers... Utopie.\n\nDr. Richard H. Stein."}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.66", "texte": "LE MOIS\n61\n\nInauguration du Musée Heyer à Cologne\nJ. E.\nCe que Guimet et Chernuschi ont fait ici pour l'Orientalisme, ce que le Prince de\nMonaco a réalisé pour l'Océanographie, ce que Jacques Doucet a entrepris pour l'lconographie\nfrançaise, personne ne l'a tenté pour la musique. Le Mécéne musical qui songerait à autre\nchose qu'à sa propre satisfaction, et qui s'appliquerait à doter son pays d'un Institut à la fois\npratique, scientifique et artistique, dont la musique serait l'objet, celui là n'existe pas encore\nchez nous. Seul peut-être, le comte de Camondo avait entrevu ce beau rêve que la mort est\nvenue briser, avant même qu'il n'eut pris corps...\nEt pourtant, cet homme s'est trouvé, tout prés de nous, de l'autre coté de la frontière, à\nCologne sur le Rhin. Le commerzienrat Wilhelm Heyer, mort il y a quelques mois, avait\ndepuis des années appliqué systématiquement aux choses de la musique, un tempérament de\ncollectionneur passionné, un esprit habitué aux grandes entreprises, et une fortune à toute\népreuve. En peu de temps, trois millions de mark firent sortir de terre un vaste édifice, ou des\ncollections entières vinrent s'engouffrer, recevant un classement précis, et donnant à la ville de\nCologne un Institut musicologique, dont elle peut être fière.\nHomme moderne et industrieux, W. Heyer semble avoir tenu avant tout à faire œuvre\nutile, différant en cela de tant de collectionneurs anciens ou actuels, qui accumulent des trésors\npar un sentiment de jalouse et inquiète vanité. Le musée Heyer ne conserve pas ses richesses\npour la satisfaction de les conserver, ainsi qu'il arrive si souvent à nos bibliothèques, même aux\nplus grandes. Il entend que cette conservation trouve sa raison d'être dans l'utilité qu'elle peut\noffrir au travailleur. Et, dès le début, un atelier de lutherie, organe essentiel d'un musée musi-\ncal, veilla scrupuleusement à ce que tous les instruments fussent tenus en parfait état, bien\nd'accord, susceptibles, autant que leur permettait leur âge, de se montrer tels qu'ils furent jadis\nau temps de leur existence. Le musée Heyer n'est pas un cimetière. De même que son édifice\nest, on peut le voir, d'une architecture et d'une décoration bien vivantes, qui ne rappellent en\nrien la triste archéologie, de même ses salles et ses bibliothèques sont disposées pour un enseigne-\nment direct, et non pour flatter la curiosité du touriste.\nUne telle œuvre a son mérite si l'on songe qu'Heyer a pu réunir plus de 25 00 instru-\nments anciens, 1600 autographes, environ 20.000 lettres; une admirable collection de livres\net de partitions, ou dominent spécialement les ouvrages polyphoniques de la renaissance ; enfin\n3500 estampes et portraits.\nC'est ce Musée, dont nos lecteurs connaissent déjà le Catalogue instrumental, qui fut\ninauguré le 20 Septembre dernier, en présence de la veuve et des héritiers de W. Heyer, et\ngrâce aux zèle actif de notre collègue Kinski. Un joli programme accompagnait cette cérémonie.\nMme Land owska, qui ne pouvait manquer à une telle séance, représentait avec M. Kinski le\ncembalo, M. Niel Vogel d'Amsterdam, la viole d'amour., et M. van Neste de Bruxelles la\nviole de gambe. Cet ensemble discret célébra Pasquini, Milandre, Bach, Haendel, Bull et\nRameau, et désormais chacun peut trouver au Musée Heyer, qui continue à s'accroitre, l'accueil\nle plus courtois. Ne serait-ce point, à quelque jour, l'occasion pour les u Amis de la musique\nd'une agréable excursion jusqu'à Cologne ? Départ le matin, retour dans la nuit, rien n'est\nplus aisé."}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.67", "texte": "L'Ongakou Kaï, revue musicale japonaise."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.68", "texte": "POINT DE VUE JAPONAIS EN MUSIQUE\n\nje demande pardon à M. Bryan, Péminent correspondant de la Revue Musicale S. I. M.\nau Japon d'empiéter sur son domaine. Je voudrais présenter au lecteur français une revue\nmusicale Japonaise, que dirige à Tokio notre confrère M. Yamamoto, et qui montrera quel\nest actuellement le point de vue des Japonais en ces matières.\n\\j Ongakou Kaiy dont on peut voir ci-contre la dernière page de couverture, se présente\nsous la forme d'une brochure mensuelle, environ du format et de l'importance de S. I. M., et\nqui se lit, comme il convient, de droite à gauche. Le numéro, qui nous sert de spécimen, date\ndéjà du printemps dernier, et, quoiqu'il s'en trouve de plus récents aux bureaux de la rue La\nBoétie, je le choisis pour un article important dont je voudrais citer les fragments.\nAssez sensiblement inspiré par les revues musicales américaines, celle-ci comporte tout\nd'abord des portraits d'artistes. Ainsi, nous voyons un groupe de musiciens de Nagoya, un\nautre de Tairen ; sans leurs instruments d'ailleurs, et groupés sagement par un photographe\nd'atelier, sans aucune préoccupation documentaire... exotique. Puis voici deux professeurs\nnouvellement nommés au Conservatoire, tous deux Allemands bien entendu. Puis un tableau\ndes grandes vedettes, destiné à donner aux Japonais l'idée des étoiles des deux continents\nblancs. On y retrouve Ysaye à côté de Caruso, de Destinn et de Muck et de maint autre que\nje ne citerai pas (j'aurais l'air de leur faire de la réclame) ! Tous artistes se faisant connaître\nà Tokio vià New-York, et pas un seul Français !\nLes annonces ne manquent pas à la revue japonaise, elle se présentent sur un élégant\npapier safran qui en fait ressortir le caractère.\nOn trouve aussi de la musique dans Y Ongakou Kaiy et de la musique européenne. C'est\nune surprise de rencontrer le célèbre a Plus près de toi, w.on Dieu \", et sur des paroles fran-\nçaises ! Un certain nombre de clichés ornent également les frontispices et culs de lampe. Ils\nsemblent être pris dans des volumes européens. Par exemple, en tête d'un article sur la\nréorganisation des services de la revue, figurent des Egyptiens jouant du net et de la harpe,\ndevant un paysage de pyramides ! Ailleurs dansent des nègres en délire, au-dessus de cette\ninscription \" Macabre Tout cela n'est pas très japonais, et prouve une certaine hésitation\ndans la présentation de cet organe de l'art musical d'Extrême Orient. Nous n'avons pas en\nface de nous une publication absolument consciente et semblable à notre illustre Koka, qui\nvaut toutes les revues d'art plastique et décoratif du vieux monde."}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.69", "texte": "Une annonce de l'Ongakou-Kaï\nLe Piano Pleyel a Tokio."}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.70", "texte": "5\n\nLE MOIS\n65\n\nToute modeste qu'elle est, YOngakou Kai reste cependant une revue sérieuse et de\ntendances graves. Son sommaire le prouve. Nous y voyons des articles sur la position sociale\ndu musicien en Europe ; l'avenir de la musique japonaise ; Théâtre et Musique ; les musiciens\ndans la flotte ; la vie musicale. Cette dernière partie est la plus développée. En somme, un\nbon tiers d'articles et deux tiers de ce qu'on nomme ici compte-rendus.\nTrès digne d'intérêt sont ces chroniques d'actualité, envoyées de différentes régions du\nJapon. Voici, par exemple, quelques lignes sur le Théâtre à Formose :\n\" Je vous envoie un bref compte-rendu du théâtre du Sud, qui comprend deux genres :\nle théâtre de cérémonie, celui qu'on emploie traditionnellement à l'occasion de certaines fêtes,\nanniversaires, etc... et le théâtre de simple divertissement. Le premier étant provisoire, on ne\nfait pas de grands frais pour lui, et l'on n'engage que des acteurs de second rang. On y joint\nsouvent les marionnettes. La rénumération de la troupe ne dépasse pas 50 fr. par jour, et celle\ndes marionnettes 15 fr. Les frais d'établissement de la baraque, où se donnent ces représen-\ntations, est à la charge du public.\nOn donne trois représentations dans la même journée ; une le matin, une l'après-midi,\nune le soir, chacune dure quatre heures. Les acteurs sont tous des hommes, et spécialisés dans\nleur rôle. Ils sont tous très ignorants. Le Hakuji est une sorte de théâtre d'enfant, joué en\nlangue vulgaire par de jeunes garçons ; le Kyuka et le Kotsubo sont au contraire joués par des\nadultes en langue chinoise de Pékin.\nPour les marionnettes, il y en a trois sortes : les Kwairai-Geki, mus par des ficelles, le\nKawa-Geki ou lanterne magique, et le Hotei-Gekl, poupées qu'on fait mouvoir avec les mains,\nl'index dans la tête, le pouce et l'annulaire dans les bras.\nLe théâtre d'amusement proprement dit est mieux organisé. Les acteurs en sont meilleurs\net la troupe comprend généralement 70 à 80 personnes, qui viennent directement de Chine. \"\nVoici par contre un exemple de reportage, tout-à-fait américain :\nMalgré le deuil national, la ville a déjà retrouvé son air de printemps et sa gaîté. Le\nconcert chez Kineya Uyekidana, à l'occasion de la reprise de ses cours, a eu le plus brillant\nsuccès. De nombreuses jeunes filles de famille s'exhibèrent sur l'estrade, telles les poupées à la\nfête du 3 mars, et jouèrent ou chantèrent. Dans les principales maisons de Kanzè, Hojo, Kita.\non chante de bonne heure le matin, assis sur la scène glaciale, à la lueur des bougies.\nNaniwa Boushi fait fureur. La Compagnie Phonographique du Japon a donné 25.000 fr.\nà M. Koumoemon pour chanter devant trois disques.\nLa biwa (sorte de luth) a toujours sa vogue. Une revue spécialement consacrée à cet\ninstrument vient de ce créer. A Kioto on en rafole ;et le Club de biwa fondé par Mlie Sougano\net Tanabé est tout à fait prospère.\nDe même la harpe, qui, elle aussi, a sa revue particulière.\nOn le voit l'information est accréditée au Japon sous sa xorme la plus aimable. Mais voici\nqui est de nature à nous intéresser davantage. Que pense un de nos compatriotes de l'avenir\nde notre musique ?\n\"En tout ce qui touche la musique, nous traversons au Japon une période d'incertitude.\nL'ancienne musique est démodée, la nouvelle n'est pas encore créée. On se demande ce qu'il\nen adviendra. Je ne puis rien prédire et pourtant je sens bien dans quelle voie nous devons\nnous engager. Notre art ancien national a certainement de bons côtés ; mais il est un legs de\nnos anciens esprits. Il ne répond plus logiquement aux nouveaux besoins sociaux et moraux de"}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.71", "texte": "66\nS. I. M.\n\nnotre temps. D'abord, et d'un point de vue strictement musical, on ne saurait dire si la\nmusique proprement japonaise est encore capable de vie. Par exemple la musique populaire,\ndite S angen Rakou,manque d'harmonie, elle est donc un peu monotone. Elle ne peut traduire\nles sentiments délicats et complexes. Elle ne peut produire d'effet sur le grand public. C'est\nun art de salon, réservé à un petit auditoire. La A plus moderne comparativement, ne\nconvient pas non plus au concert. Et toutes nos autres espèces musicales présentent des défauts\nanalogues.\nComprenons bien que nos mœurs et nos goûts changent et que nous aimerons à entendre\nla musique dans de grandes salles ou au théâtre. La musique nationale perdra donc sa valeur.\nMais historiquement il est indispensable d'en poursuivre l'étude. Il est nécessaire de prendre\nconscience du sentiment national à l'égard de la musique. Jusqu'ici on n'a étudié le caractère\njaponais que d'après les œuvres littéraires : or, la littérature n'offre qu'un élément extérieur ;\nla musique atteint ce qu'il y a de plus intime dans l'âme de la nation. Nous n'avons encore\nrien fait dans cette voie. Les étrangers s'y mettent, mais avec de très pauvres documents.\nEn Europe, on fait de profondes études d'histoire comparée de la musique ; on envoie\ndes savants à l'étranger pour s'instruire. Lors d'un voyage que je fis, j'ai visité les cabinets\nd'étude musicale (sic) de Berlin et de Vienne. J'ai été surpris des documents qui y sont\naccumulés ; on peut y entendre même des musiques nègres et africaines. La musique\neuropéenne ayant atteint son apogée cherche de nouvelles voies ; elle s'essaye du côté de\nl'Extrême-Orient, et particulièrement du Japon.\nQuelques Européens prétendent que la musique japonaise est merveilleuse. J'en doute.\nMais il n'y a pas un pays où l'on puisse rencontrer, comme au Japon, les survivances de\ndifférentes musiques, vieilles de mille ans. Nous avons une infinité de documents, il nous faut\nles étudier. Le Conservatoire de Tokio a entrepris une enquête sur la musique nationale.\nMalheureusement le budget affecté à cette œuvre est insufisant pour en assurer la réalisation.\nQuant à la musique européenne, il y a quarante ans que nous l'avons introduite chez\nnous, mais nous ne pouvons encore dire quels seront les résultats de cette implantation. Nous\narriverons à nous servir des instruments, mais pour la voix, on ne peut rien prévoir, la langue\njaponaise étant essentiellement différente des langues européennes. Dernièrement, un étranger\nqui n'est pas au courant de la langue japonaise a composé la musique d'un opéra japonais. Il a\néchoué. Pour comprendre une musique, on doit d'abord bien connaître le tempérament et les\nmœurs d'une nation. Les notes ne suffisent pas. Pour moi je n'attends rien de bon du mélange\ndes deux musiques. La musique européenne existe depuis mille ans, et la nôtre est rebelle\nà toute évolution. Servons-nous donc de tous ces éléments, nationaux et étrangers comme de\nréférences, prenons-en connaissance, et tout naturellement se formera un nouvel art musical\njaponais. Pour le moment il faut prendre notre parti de ce pêle-mêle. N'avons-nous pas, au\nJapon même, l'exemple de la cohabitation de musiques différentes, par leurs origines et leur\nhistoire : musique de cour musique sacrée musique du peuple...\nDurant ce règne des Mei-ji nous avons assuré le progrès social, politique et militaire.\nNous sommes encore, pour les arts, sous l'empire du traditionalisme. C'est notre devoir de\nréaliser les conditions dans lesquelles peuvent et pourront se produire les musiciens de génie. \"\nC'est peut-être la première fois que l'Europe entend un langage aussi net et aussi autorisé\nde la part d'un musicologue japonais. Ongakou on le voit, mérite d'attirer l'attention de\ntous ceux qui s'intéressent aux arts de l'Extrême-Orient et même de ceux qui se bornent à\ndes ambitions professionnelles. Nous ne connaissons guère au pays du Soleil Levant, en fait\nde musique, que l'Allemagne et l'Amérique. Il y a à cela beaucoup de bonnes raisons, que je\nlaisse aux compositeurs et aux virtuoses français le soin de deviner eux-mêmes.\n\nE. Morita."}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.72", "texte": "C. Lucile\n\nUN\nTANGO\nCHEZ\nLUCILE\nChristiana.\n\nCl. Lucile\nMiss Helen et M. Newalt\n\nCl. Lucile\ndansant le Tango\n\nComme tous les ans a pareille époque, V o\npar certains événements artistiques qui s imposent a Vattention des Parisiennes et des\namateurs oV art.\nParmi ces manifestations de notre bon\nVexposition des modèles qu organise deux\nravissant Hôtel de la Rue\nde Penthièvre.\nOn sait qu\ncieux y entoure le défilé des plus\nmerveilleuses toi\nde Lady Duff Gordon.\nCette année,\n14 Octobre, qu a\nreprésentation,\nmière pour ceux\nque passionne Vart de la\ntoilette féminine.\nLe grand\ntout au Tango dansé sur la\npetite scène aménag\nles éclairages\ngrand théâtre,\ndigne des Contes des Mille\net Une Nuits, et où défilè-\nportés far\nquins d'une rar\nce que V imagina\nconcevoir de som\nbon goût."}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.73", "texte": "Administration des Concerts A. DANDELOT, 83, rue d'Amsterdam, PARIS\nSALLE GAVEAU, 45, rue La Boëtie\nJEUDI 6 NOVEMBRE 1913, à 9 heures précises du soir\nConcert avec orchestre Jpâ°é M. C« Saint-Saëns\nFrtrn.it d'une lettre adressée bir M. C. Saint-Saëns à M. A. Dandelot, le 14 Octobre 1913 :\n\" ...Vous ferez observer que je ne joue plus à Paris dans les concerts depuis longtemps et que on\nm'entendra pour la dernière fois...\navec le concours de MUe Nicole AncKier, M. R. Diaz= Albertini, M. Pierre Monteux\nau bénéfice de l'œuvre \" CERCLE NATIONAL POUR LE SOLDAT DE PARIS \"\n(CERCLE MILITAIRE DES TROUPES DE LA GARNISON)\nAu PROGRAMME : INTERPRETE PAR M. C. SAINT-SAENS\nA L'ORGUE : Rapsodie Bretonne, (C. Saint-Saëns). Grande Fantaisie sur le Choral du Prophète, (Litszt.)\nAu PIANO :Conc erto, (Mozart.) Quintette et Wedding-Cake, (C. Saint-Saëns.) Havanaise, (C. Saint-Saens,) M. îaz-\nAlbertini. Morceaux pour le luth (arrang. pour harpe) M. C. Saint-Saëns : Mlle Nicole Anckier. Duo pour harpe\net violon, (C. Saint-Saëns,) Mlle N. Anckier, M. Diaz-Albertini.\nORCHESTRE SOUS LA DIRECTION DE M. PIERRE MONTEUX.\nPRIX DES PLACES : Parterre : Loge de Face, 80 fr. ; Loge de coté, 100 fr. ; Fauteuil d'orchestre i,e sene, 20 fi.;\n2e série, 10 fr. 5 Pourvoir, 5 fr. ; Promenoir, 2 fr.\nlerIer Balcon : Fauteuil de face et ler rang, 12 fr.5 Côté, 8 fr., Pourtour, 4 fr.; Promenoir, 2 fr.\n2e Balcon : Fauteuil 3 fr.; Pourtour, 2 fr.; Promenoir, 1 fi.\nEschig, 48, rue\nLOCATION * A la salle Gaveau, 45, rue La Boëtie, chez MM. Durand & Cie, 4, place de la Madeleine , M. M«ix ■\nde Rome et 13 rue Lafitte et à l'administration de Concerts A. Dandelot, 83, rue d'Amsterdam, Téléphoné Gut 13.25.\n\nSALLE ERARD, 13, RUE DU MAIL\nJeudis, 15, 22, 29 Janvier, 5, 12, 19, 26 Février, 5 Mars 1914\nà 9 heures précises du soir\nHuit Concerts donnés par\nEDOUARD RISLER\nAudition Intégrale du Clavecin bien tempéré de J. S. BACH (Deux Cahiers); des dix dernières SONATES DE BEETHOVEN\net d'œuvres de :\nMOZART, SCHUBERT, WEBER, SCHUMANN CHOPIN BERLIOZ C P.'S'KAS\nSAINT-SAENS G. FAURE, E. CHABRIER, C. DEBUSS\\, L. DIEME , »\nR. HAHN, GRANADOS\nPIANO ERARD\nPRIX DES PLACES : Parquet et ler Balcon : Abonnement aux 8 séances 4° '•\npour 4 séances J\npar seance\n»\n2° Balcon » aux séances\n„ pour 4 séances\n„ par séance\nio fr.\n20 fr.\ni 5 fr.\n5 fr.\nOn peut s'inscrire dès à présent à I'ADMINISTRATION DE CONCERTS A, DANDELOT, 83, rue\nd'Amsterdam, Téléph. Gut. 13.25,"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.74", "texte": "Les Faits au Mois\n&Le Chant de la Cloche... de bois : le citoyen Cochon nous informe qu'il a traité a forfait pour k\ndéménagement simultané de la demi-douzaine de directeurs de théâtre a qui M. Barthou vient de donner\ncongé. Aubades par le Raffut de St-Polycarpe sans augmentation de\nprix. Vactualité en musique : MM. Charles Méré et Isidore de\nLara font représenter a/' Opéra-Montaigne un drame lyrique a clef\nintitulé \" Les Trois Masques Tout le monde a deviné que ces\ntrois masques sont ceux que viennent de laisser tomber les nouveaux\ndirecteurs de V Opéra\nComique. & Pacifisme.\nPour ne pas troubler\nle concert européen et apaiser le courroux de Camille Saint-Saè'ns,\nVempereur Guillaume II recolle avec soin les pages de la partition\nde \" Samson \" qiïun directeur berlinois avait maladroitement déchi-\nrées. La main passe, à VOpéra... Elle passe même un peu trop\nprès de la joue d}un concessionnaire... &A la suite de cet incident,\ndeux plaintes ont été déposées contre M. Broussan : Vune par les\nhéritiers de Labiche qui prétendent n*avoir pas été consultés pour\nune reprise de u la Main leste, \" Vautre par le chef de claque de\nVAcadémie Nationale de musique pour usurpation de fonctions. & Varchitecte de la salle Favart vient de\ndonner sa démission, ne voulant pas\nformations coûteuses qu'imposera Vin-\nd'une direction triangulaire. & La\ndiapason qui se déclarait satisfait\nne plus pouvoir s'en tirer avec ce\nen a progressivement élevé le nombre\naugmente. & Trois de nos taxis sub-\nprendre la responsabilité des trans-\nstallation, dans la Maison Carré,\ncrise du luxe et la vie chère. Le la du\njusqu'ici de ses 870 vibrations affirme\nchiffre dérisoire. Depuis deux ans il\nqui est actuellement de 900. Tout\nventionnés ont effectué leur prise en\ncharge, mais7 à Vheure ou nous mettons sous presse, aucune main n'a encore abaissé le drapeau qui flotte au\nsommet du quatrième.\nSwift.\n(Croquis d'Emmanuel"}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.75", "texte": "L'Édition\nMusicale\n\nSait-on ce que peut receler un paquet de musique de 15 centimètres de haut, comme\ncelui qui attend notre retour de vacances? Environ 125 morceaux fraîchement sortis des\nmains de nos illustres éditeurs... L'été a porté ses fruits. Mais, comment faire tenir cette\nmoisson dans l'étroite rubrique de ce compte-rendu ? Comment, surtout, en quelques adjectifs\névocateurs, donner un avant-goût de ces œuvres diverses, faites pour être entendues, et non\ndécrites ?\nRéservons, pour en parler ultérieurement, les nobles étrangers, MM. Rebikow, Cyrill\nScott et Schoenberg. Et signalons, de suite, peut-être sans espoir de retour, les\nla côte d'azur(l) de MM. Deffès, Carlini, Ménardi, Tartanac, ainsi que\nà la France(2) de G. Anglebel, écho de l'Est belliqueux. Il reste encore un ensemble aussi\nimposant que disparate.\nPeu de sonates.Deux seulement, pour piano et violon, mais de ces belles et larges œuvres,\nqui montrent que le genre est toujours vivace. Celle de M. Jean Neymarck (3) vise à\nl'effet dramatique, celle de M. P. de Guarnieri (3) tourne au contraire au lyrisme irisé\nde Fauré.\nDeux œuvres d'orchestre aussi. La Suite Brè(4) de Louis Aubert en petite partition\nd'orchestre, et la Chasse du Prince Arthur(4) de Ropartz en grand format de réduction\npour deux pianos. Enfin un drame en un acte de Maeterlinck, musique de van der\nHaegen, Ylntruse (5), qui montre bien que l'exemple de Pelléas n'a pas été perdu pour tout\nle monde.\nDu piano, voici les échantillons bariolés, depuis les Pièces (1) de Cools, coloré\nun peu durement parfois, jusqu'au Prélude(4) de Ducasse et à celui de Ravel, aux nuances\nfugitives, en passant par les Mirages de Chansarel, et les (3) de Mansilla.\nComme chant, une juvénile interprétation de \" l'extase amoureuse \" de Verlaine (le\nVent dans la plaine)(4) par le maître Saint-Saëns. Puis, diverses mélodies (3) de\nDumas, Borchard, Herscher, Delage-Prat, illustrant ingénieusement, qui Hugo,\nqui Régnier, qui Tailhade. Les Chansons dans le (3) de Gérard de Chamberet\nméritent d'être citées à part. Archaïsme tranquille, simplicité rappelant quelque Racan\nmoderne. Enfin notre magicien j'ai nommé Claude Debussy dispose ses sortilèges\nautour de Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé(4), d'une impressionnante futilité. Mais, n'est-ce\npas Ravel, qui, lui aussi, s'est plu cet été à sortir de musique ces jeux mièvres ? Que va-t-il se\npasser, bon Dieu !\n\n1 Lointier à Nice. ® Senart et C\".5 Demets. 4 Durand et fils. 5 Breitkopf et Hartel à Bruxelles.\n6 Max Eschig. 7 Janin frères à Lyon."}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.76", "texte": "LE MOIS\n6g\n\nJe ne vois trop rien à évoquer à propos de (3) pour piano et\nviolon de Raoul MoreaU, ni du Menuet tend(3) de Verley, ni même du\nDanse (6) pour hautbois et piano de Cools, et j'arrive, en vitesse, à la Collection\nSénart, dont les 25 morceaux, pour piano, piano et violon, piano et chant, accomplissent\nméthodiquement leur œuvre de prophylaxie musicale, en délogeant une foule de nocives\nfariboles. Certes, cette Musique Contemporaine se réclame plus encore d'hier que de demain,\nbien qu'elle soit signée de MM. Vierne, Vanzande, Piglia, Mel-Bonis, Bagge,\nEymieu, Gallois, Verdalle, Boulnois, Collin, de Lioncourt, Michaux,\nBarria, de Dammès, Ladmirault, Deeaux, Duhamel, Brody, Malherbe,\nDelmas, Desportes, Kunc, et Chanoine-Davranches ! Mais, n'oublions pas qu'il\ns'agit ici d'humaniser le grand art et de faire la guerre à la contrefaçon.\nDu même souci d'utile vulgarisation, mais avec des vues rétrospectives, part la\nde transcriptions pour piano d'œuvres d'orgue(3), de J. Herscher. Mettre àla portée de tous,\nen évitant le tripatouillage, les richesses de Roberday, Grigny, Clérambault, Couperin,\nDaquin, Frescobaldi, Schutz, etc... c'est faire œuvre pie. Si l'éditeur était un lanceur hardi et\npuissant, cette collection prendrait une place d'honneur dans le monde de la musique.\nMais, j'allais oublier notre bon abbé Brun, qui glisse parmi tous ces profanes, le\nfascicule inévitable et sacré de ses Hymnes avec Savez-\nvous, Monsieur l'abbé, que, si j'en avais la place, je ne résisterais pas au plaisir de vous\nhouspiller ? Quelle rage d'appuyer les volutes du plain-chant sur les massives colonnes de notre\nharmonie ! Laissons donc chanter les voix suaves de ces Echos d'Orient, sans y mettre la main,\nni l'orgue sacrilège. La beauté d'une vocalise ou d'une voûte, c'est de s'élancer, toute seule,\nà la Pégoud. Si vous la faites accompagner par trois solides gaillards, qui la maintiennent dans\nl'espace sonore, vous tuez ses prouesses, et, d'un raid audacieux, qui stimule notre imagination,\nvous faites un exercice d'école, qui n'amuse que vous.\nEn somme, bonne rentrée. Beaucoup d'élèves. Les maîtres toujours vaillants. Et le\nCompte d'auteur n'est pas mort. Tout va bien.\n\nV. P."}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.77", "texte": "Société Française des Amis\nde la Musique\nBUT DE LA SOCIÉTÉ\nLA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE a pour but de grouper\nen une Grande Association tous ceux qui aiment la Musique, d'aider de la manière la plus\ngénérale au développement de l'Art Musical, en France et à sa diffusion à l'Etranger ;\nd'accorder son patronage et son appui à toute manifestation générale digne d'intérêt, enfin de\ncréer les moyens d'action nécessaires pour réaliser, à côté de son programme artistique, une\nŒuvre Sociale, Philantrophique et Utilitaire qui ennoblisse ses efforts et justifie la mission\nqu'elle s'est proposée.\nEXTRAIT DES STATUTS\nARTICLE 3.\nLa Société se compose de Membres Sociétaires, de Membres Donateurs,\nde Membres Bienfaiteurs et de Membres d'Honneur.\nLes Membres Sociétaires, Donateurs et Bienfaiteurs devront être agréés par\nle Bureau.\nPour être Membre Sociétaire, il faut payer une cotisation annuelle de 20 francs.\nLa cotisation de 20 francs peut être rachetée par un versement unique de 500 francs.\nPour être Membre Donateur, il faut verser une cotisation annuelle d'au moins\n100 francs.\nPour être Membre bienfaiteur, il faut avoir versé en une fois une somme d'au\nmoins 1000 francs.\nLes Dames peuvent faire partie de l'Association. Elles sont éligibles à toutes les\nfonctions.\nARTICLE 4.\nLa qualité de membre de la Société se perd :\ni° Par la démission.\n2° Par la radiation prononcée par le Conseil d'administration pour non paiement des\ncotisations, après deux avis, ou pour motif grave.\nTout membre démissionnaire doit les cotisations échues et celles de\nl'année courante. (Loi du ier juillet 1901, art. 4.)\n\nToutes les communications SECRÉTAIRE de la Soc\nrue La Boe'tie, 29"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.78", "texte": "LE MOIS\n71\n\nDe nouvelles adhésions sont parvenues au Secrétaire Général de la Société. Ce sont, par\nordre d'inscription :\nMEMBRES SOCIÉTAIRES (1913)\nM. Herrmann Borel. M. Ernest Guillierme. M'119 Grâce Nelson.\nMUe de Chateaubourg. Mme Ernest Guillierme Mmc de la Noue.\nM. Ch. Danner. M. Haarbleicher. M. Max de Novion.\nMme Em. Deutsch de la Mme Juliette Heidelbach. M. Daniel de Poliakoff.\nMeurthe. M. Alfred Jonas. M. Henry Say.\nM. Girardin. M. Jean Kinen. Mme Vallin-Hekking.\nM. Goldner. M. Arnold Naville. M. Edmond Vidal-Naquet.\nM. Arthur de Guichard. Mme Arnold Naville.\nLes personnes suivantes se sont déjà fait inscrire pour l'année 1914*\nMEMBRES SOCIÉTAIRES\nMme Béatrix 8011. Mme Mange de Hauke. Mmo Auguste Roussel.\nM. Victor Buesst. Mme Lenoir. M,ne Marie Roussel.\nMme Victor Buesst Mme Henry Léon. Mme Charles Sautter.\nM. Joseph Debroux. Mlle Paulette Léon. Mme Gaston Sautter.\nM. Silvin Dubois. Mme Jacques Lovenbach. Mlle Denise Sautter.\nM. Eugène Gigout. M. Jean Naville. M'\"e Lazare Weiller.\nLes membres de la Société Française des Amis de la Musique jouiront, à partir de cette\nsaison, d'un nouveau privilège.\nM. Gabriel Pierné et le Comité des Concerts Colonne, ont bien voulu accorder aux\n\" Amis \" la faveur d'une réduction de 20 °/0 sur les cartes des membres honoraires qui donnent\ndroit aux entrées des répétitions publiques du samedi matin au Théâtre du Châtelet.\nNous rappelons aux membres de la Société que, sur présentation de leur carte, ils\npourront se procurer au siège social de l'Administration des Concert Colonne, 13, rue de\nTocqueville, une entrée permanente à ces répétitions, moyennant le prix de 80 fr. (au lieu de\n100 fr.)\nNous adressons à Monsieur Gabriel Pierné et à Messieurs les Membres du Comité de\nl'Association des Concerts Colonne l'expression de nos bien vifs remerciements pour cette\ngracieuseté.\nLe Conseil d'Administration de la Société se réunira le mois prochain pour nommer la\ncommission qui sera chargée de décerner le premier prix de musique de la Société à une\ncompagnie de quatuors à cordes."}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.79", "texte": "Çà et Là\n\nM& MARTHE\nMarthe Prévost ne se consacra définitivement a Vart musical qu après de\nsérieuses études littéraires. SA# éducation artistique se ressentit utilement de cette culture\ngénérale. violon retint quelque temps son attention mais elle abandonna Varchet\nlorsque sa voix se fut développée, grâce aux conseils éclairés de Mme Archainbaud et de\nMM. Eugène et 'Joseph Archainbaud. Ne ressentant aucun attrait pour la scène, la jeune\nartiste se voua résolument a la défense de la musique de chambre\nclassique et moderne. Sa connaissance parfaite de la langue allemande\nlui a permis de donner d}admirables interprétations des mélodies de\nSchumann, Schubert et de Richard Strauss. S#r programmes\nse trouvent réunies les plus belles pages de Haendel, de Mozart, de\nRameau et de Lulli aussi bien que celles de Duparc, Fauré, Kaechlin, Gabriel Dupont,\nChausson ou Debussy. Les habitués des Concerts pour tous, des Concerts Berlioz, des Concerts\nTouche, des Matinées et Soirées d'Art ou des séances du Quatuor Lejeune ont souvent\nfêté le talent de M^e Marthe Prévost qui donna récemment, 0 & S*//* Gaveau,\n/* concours de Vorchestre Lamoureux dirigé par Chevillard., 00 concert ou elle remporta un\nvéritable triomphe. Nous aurons, sans doute, plus d'une fois, Voccasion d'entretenir nos\nlecteurs des succès de cette remarquable artiste qui asu se créer, parmi les musiciens, ji enviable renommée.\nM. Maurice Duhamel nous prie d'annoncer qu'il a terminé en 1908 un drame lyrique\nen deux tableaux intitulé Viviane dont on prépare l'exécution. Ceci pour éviter toute contesta-\ntion au sujet de la priorité du titre qu'a choisi M. Amédée Gastoué, comme nous l'avons\nannoncé dans notre dernier numéro.\nMlle Henriette Renié, la brillante harpiste, institue un Concours, portant son nom et\nenrichi d'un prix de 1200 francs et d'une mention de 300 francs. Le programme comprend\nune épreuve publique (exécution de morceaux imposés et transcription) et une épreuve à\nhuis-clos (exécution de morceaux et d'études). Le concours est réservé aux harpistes ayant\nobtenu depuis 1908 un premier prix à un Conservatoire de Paris, de province ou de l'étranger,\nou ayant suivi pendant un an le cours d'artistes d'Henriette Renié.\nPour les inscriptions et renseignements complémentaires s'adresser 47 rue Nicolo.\nLa très utile publication qu'est le \" Guide \" s'augmente d'une partie critique.\nUn supplément, intitulé \" La Critique Musicale''''rendra compte de toutes les manifestations\nmusicales dont le Guide aura précédemment annoncé l'apparition. Les musicographes seront\nheureux de l'hommage qui leur est ainsi rendu par une publication qui renonce en leur faveur\nau parti-pris d'impassibilité qu'elle s'était imposé à ses débuts. Nous souhaitons cordialement la\nbienvenue à notre nouveau confrère."}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.80", "texte": "LE MOIS\n73\n\nPour éviter toute erreur d'interprétation, M. Paul Fournier, le sympathique président\nd'honneur de l'Association des Concerts classiques de Marseille, nous prie d'apprendre à nos\nlecteurs que c'est par raison de santé que M. de Lacerda, victime de son zèle et de son\ndévouement, à dû renoncer à la direction de l'orchestre de sa société et passer la baguette à\nM. Louis Hasselmans.\nNous apprenons que l'Agenda P.L.M. pour 1914, actuellement sous presse, va paraître\nincessamment. A côté de nombreux articles et nouvelles des plus intéressants, il nous réserve\nla surprise de douze forts beaux hors-texte en couleurs, merveilleuses reproductions de compo-\nsitions inédites représentant les plus beaux sites auxquels conduit le réseau P.L.M.\nLe prix de cette remarquable publication restera néanmoins fixé à 1 fr. 50.\nM. Jean d'Udine, Directeur-professeur de l'Ecole de Gymnastique rythmique (méthode\nJacques-Dalcroze) a repris ses cours de gymnastique, solfège er géométrie rythmiques,\n11 Avenue des Ternes. Cette école prospère entre, cette saison, dans sa cinquième année\nd'existence.\nLe Comité du \" Salon des Musiciens Français\" (sous la présidence de M. Henri Maréchal,\nInspecteur de l'Enseignement Musical et le patronage de la \" \") a\ndécidé que la première des douze Auditions qu'il donnera cette année,\nConservatoire, aura lieu le Mardill Novembre prochain, à 8 h. 3/4 du soir.\nUn succès pour Fart vocal français. —On sait que les chanteurs français ne sont point\naimés en Italie où on ne les admet ni au théâtre ni au concert.\nLe Quatuor Vocal Battaille vient de triompher de cette mise à l'index, car il est\nengagé à Rome par la Société du Quartette, l'une des premières d'ltalie ; de là, il rayonnera\ndans un certain nombre d'autres villes.\nNotre collaborateur Camille Mauclair va faire paraître, à la fin de ce mois, sous le titre\nde La Musique européenne,(Les hommes. Les idées. Les œuvres de 1850 à 1914) un\nvolume très documenté sur toutes les écoles d'Europe, dans le but de donner au public des\nconcerts, souvent mal renseigné, un memento lui permettant de comparer utilement les diverses\ntendances du mouvement musical contemporain.\nDeux partitions nouvelles (Edition Fiirstner). André Messager, l'éminent directeur de\nl'Opéra, met actuellement la dernière main à son nouvel opéra \" Béatrice \", sur un livret de\nR. de Fiers et G.-A. de Caillavet.\nCette œuvre, doit être créée à Nice au commencement de Mars prochain.\nLa vie de \"Palestrina\", le célèbre reformateur de la musique italienne vient de tenter un\ndes compositeurs allemands les plus éminents de notre époque. Nous apprenons, en effet, que"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.81", "texte": "74\nS. I. M.\n\nle professeur Hans Pfitzner, qui, depuis longtemps n'a pas donné d'oeuvres nouvelles travaille\nactuellement à un opéra en trois actes consacré à la gloire du maître italien.\nLes Chœurs de la Maitrise de Saint-Eustache et les Chanteuses de Sainte Cécile sous la\ndirection de M. F. Raugel donneront à St. Eustache, à l'occasion de Ste Cécile, le 22 Novembre\nune exécution de la Cantate pour tous les temps de Bach. M. Joseph Bonnet se fera entendre à\nl'orgue dans le Prélude et Fugue en ré majeur.\nM\"e Lili de la Nux a obtenu cette année le diplôme de professeur à l'lnstitut de gymna-\nstique Rythmique de Jacques Dalcroze. MUe de la Nux est la première Française diplômée de\nHellerau enseignant à Paris.\nMonsieur François Dressen, premier Violoncelle solo des Concerts Lamoureux, professeur\nà la Schola Cantorum (Cours supérieur), a repris ses leçons particulières de violoncelle, d'accom-\npagnement et ses cours de trios et quatuors dans son nouvel appartement 41, boulevard des\nBatignolles.\nLa brillante saison d'été du Casino de Deauville a été pour Mlle Yvonne Chazel l'occasion\nd'un véritable triomphe. La jeune artiste a remporté en particulier, dans le rôle de un\nchaleureux succès.\nDe Montreux, M. Ansermet, directeur des Concerts symphoniques du Kursaal, nous\ncommunique un abondant et intéressant programme où brillent les noms de Bach, Beethoven,\nBerlioz, Brahms, Ditterdorf, César Franck, Haydn, Huber, d'lndy, Saint-Saëns, Schubert,\nStrong, Schumann, Tchaïkowski, Chabrier, Cornélius, Glazounov, Gluck, Humperdinck,\nMozart, Schillings, Strauss, Wagner, Weber, Albeniz, Ansermet, Duparc, Granville-Bantoch,\nLiszt, Moussorgski, Milhaud, Rameau, Rimski-Korsakov, Sibelius, Smetana, Strong, Strauss.\nUne petite salle charmante, située 51 rue Blanche, est mise dans d'excellentes conditions\npar M. Serpeille, à la disposition des artistes qui désireraient la louer pour des auditions, cours\net leçons.\nLe pianiste Dario Attal, l'un des plus remarquables virtuoses de la génération nouvelle\nse propose de donner en Janvier et Février une série de concerts appelés à avoir un grand\nretentissement dans les milieux musicaux. L'admirable élève de Leschetizki a déjà remporté\nici de nombreux succès et personne n'a oublié l'éclat de son dernier récital où il souleva\nl'enthousiasme des habitués de la Salle Gaveau."}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.82", "texte": "Cèi> C«> C£> Cl> «£'•> c®>\nc®> c«> c®> ce>\nGYMNASTIQUE RYTHMIQUE\nMÉTHODE JAQUES-DALCROZE\n28, Rue de l'Annonciation (Place de Passy)\ny;?--:-\n■ :\nCours d'Enfants : Lundi,\nCours de Dames et Jeunes Filles, lre année,\nCours de Dames et Jeunes Filles, 2e année, Mardi, Vendredi, 5 h. 3\\4\nCours Mixtes à partir de Novembre . . .\nSolfège (adultes) à partir de Novembre . .\nLes Professeurs sont diplômés à l'lnstitut JAQUES-DALCROZE\nà HELLERAU\nGYMNASTIQUE RYTHMIQUE 75 fr. par trimestre ou 30 fr. par mois\nSOLFFGE 25 fr. par trimestre ou 10 fr. pai mois\nLa rentrée des Cours a lieu le 6 Octobre. Les Cours sont payables d'avance\nPour les renseignements s'adresser à la"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.83", "texte": "THEATRE DES CïïAMPS=ELYSEES\n— —„ (Avenue Montaigne) ———~\nRECITAL DE PIANOLA avec ORCHESTRE\n(90 exécutants)\n(Association des Concerts Lamoureux)\nsous la direction de M. Camille CHEVILLARD\net avec le Concours de Mll' Marthe CHENAL\nde TOpéra-Comique\nle Mercredi 5 Novembre 1913, à 3 h. précises\nPROGRAMME\n1. Ouverture de Tannhauser Wagner\npar VORCHESTRE\n2. a) Elégie en fa mineur Massenet\nb) Myrto Léo Delibes\nMne MARTHE CHENAL, accompagnée au Pianola.\n3. a) Allegro Appassionato, op. 70, en ut mineur . . . Saint-Saëns\nb) Nocturne, op. 15, N{) 2, en fa dièse Chopin\nc) Valse de Concert, op. 41 Glazounow\nau PIANOLA.\n4. Concerto, op. 16, en la mineur Grieg\nAllegro molto moderato\nAdagio. Allegro moderato.\nau PIANOLA, avec accompagnement d'ORCHESTRE.\n5. Prière de la Tosca Puccini\nMlle MARTHE CHENAL, accompagnée au PIANOLA.\n6. Fantaisie Hongroise en mi mineur ........ Liszt\nau PIANOLA, avec accompagnement d'ORCHESTRE.\nAu Pianola : Mr. R. de Aceves.\nPiano WEBER"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.84", "texte": "LE MOIS\n75\n\nClaude Debussy met la dernière\nmain à un ballet pour enfants qu'il a\nécrit sur un argument du dessinateur\nbien connu André Hellé. L'œuvre\nremplie de fantaisie et d'humour est\ndestinée à une de nos scènes parisien-\nnes les plus réputées pour ses specta-\ncles d'art.\nLe charmant ballet va paraître\nbientôt avec de délicieux dessins en\ncouleurs qui représentent les principales scènes de l'ouvrage. Titre : \"La Boîte à Joujoux '*\nUNE INTÉRESSANTE EXPERIENCE\nLe 5 Novembre, en matinée, au Théâtre des Champs-Elysées, sera tentée une très\ncurieuse et très artistique expérience dont la simple annonce passionne déjà les milieux musicaux.\nUn fort beau concert symphonique, dont nous publions le programme dans ce numéro, réunira\nsur la belle scène de l'Avenue Montaigne l'admirable cantatrice Marthe Chenal, que l'Amérique\nse dispose à nous ravir, notre grand chef d'orchestre Camille Chevillard et les brillants\nexécutants de l'Association des Concerts Lamoureux, Mais un élément artistique nouveau\nviendra donner à cette audition une signification tout particulière. Renouvelant l'essai, si\nfavorablement accueilli, d'Arthur Nikisch, Camille Chevillard aura sous sa baguette, pour\nl'exécution de la Fantaisie Hongroise de Liszt et du Concerto de Grieg, non pas un pianiste\nprofessionnel mais un instrument ingénieusement doté de toute la souplesse d'un organisme\nvivant, un mécanisme délicieusement subtil, capable d'offrir aux chefs d'œuvres de la littérature\npianistique les moyens d'expression les plus puissants, les plus riches et les plus nuancés. Le\nPianola reçoit, ce jour là, ses lettres de noblesse musicale. Cette solennelle consécration d'une des\ninventions humaines qui auront le plus utilement contribué à la diffusion et au progrès de la\nmusique dans le monde moderne, sera chaleureusement accueillie par tous les artistes et enchan-\ntera tous ceux qui doivent au Pianola des joies esthétiques de premier ordre réservées jusqu'alors\naux seuls virtuoses. Ils sont nombreux, ceux qui, après avoir longtemps souffert de l'insuffisance\nd'une éducation technique trop longue à acquérir, ont trouvé dans ce frémissant traducteur de\nla pensée des maîtres, un confident sensible et un complaisant initiateur. Ils se sont souvent\nirrités des grossières confusions qui se sont parfois établies dans la foule ignorante entre le puéril\net brutal engrenage des claviers mécaniques et ce très artistique \" cohéreur \" de sensations\ndont ils connaissent toute l'intelligente docilité. Cette publique apothéose enorgueillira tous\nceux qui ont courageusement protesté contre de tels préjugés. En rendant ainsi justice à l'une\ndes plus précieuses conquêtes de la sciences moderne, nos grands artistes affirment que, loin de\nvoir en elle un danger pour le développement technique de nos futures générations de pianistes,\nils attendent de sa fidèle collaboration un bienfaisant renouveau, une salutaire exaltation de la\ntendresse des foules à l'égard d'une Muse qui fut parfois un peu hautaine et distante mais qui\nexaucera désormais les prières des plus humbles de ses fidèles et ne se refusera plus à leur\nadoration.\n\nPierre Lérys"}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19131101-01.1.85", "texte": "La Vie chère et la Bourse\nP.-E. Penaud.\nDepuis une douzaine d'années, tous les budgets, depuis celui de l'Etat jusqu'à\nceux des plus humbles citoyens, ont augmenté dans une proportion considérable. Les\ndépenses devenant de plus en plus fortes, il a fallu trouver des recettes de plus en\nplus élevées pour arriver à établir l'équilibre, mais cela n'est pas toujours facile et\nj'en connais beaucoup, à commencer par l'Etat, qui n'arrivent pas à combler le\ndéficit. Pendant quelques années chacun est parvenu, tant bien que mal, à boucler\nson budget en prenant sur ses réserves et en réalisant quelques économies, mais la plupart n'ont pu se procurer des\nressources supplémentaires qu'en engageant l'avenir, de sorte que leur situation se trouve maintenant aggravée.\nEt pourtant il faut en sortir. Il devient urgent de prendre des décisions énergiques pour éviter que le mal\ndevienne irréparable. Avant tout, il faut établir sans restriction le chiffre total des dépenses nécessaires et\ntrouver, pour y faire face, des recettes normales. C'est ce dernier point qui devient de plus en plus difficile.\nL'Etat a, à sa disposition, un moyen très simple, c'est d'imposer davantage les contribuables et il va inaugurer\nprochainement de nouvelles taxes, impôt sur le capital, impôt sur le revenu, impôt sur les valeurs mo-\nbilières, qui en définitive frappent les mêmes personnes, c'est-à-dire les capitalistes grands ou petits. Les\nindustriels et commerçants peuvent également faire supporter à d'autres leurs charges supplémentaires en aug-\nmentant le prix de vente de leurs marchandises, ce qui pèse encore sur les consommateurs 5 mais les particuliers\nne disposent pas de ces moyens réservés à l'Etat et aux producteurs et doivent tirer d'eux-mêmes leurs ressources.\nEt c'est justement au moment précis où leurs dépenses s'augmentent par le renchérissement de la vie que\nla surélévation des impôts vient diminuer leurs recettes. Les capitalistes sont par conséquent forcés de chercher\nun revenu plus fort pour supporter les charges nouvelles qui pèsent sur eux et que, seuls, ils ne peuvent\nrepasser sur le dos des autres. Aussi, depuis quelques années, voyons-nous les grandes valeurs de tout repos\ndélaissées pour des valeurs de second ordre qui produisent un revenu plus important. Les fonds d'Etats, anglais,\nfrançais, allemands, belges, italiens, russes ont été remplacés dans beaucoup de portefeuilles par les fonds\nbrésiliens, argentins, chinois, japonais, etc. Les titres des grandes compagnies européennes de chemin de fer ont\nfait place à ceux des Compagnies américaines. Les actions et obligations des Sociétés industrielles et minières,\ndont le passé et les réserves assurent l'avenir, ont été abandonnées au profit des vignettes plus ou moins\naléatoires de nouvelles entreprises ne présentant aucune sécurité et destinées à l'effondrement.\nMon avis est que les capitalistes ont lâché la proie pour l'ombre et que dans l'espoir de toucher s°/0\nau lieu de 3 ou 31/2 ils ont risqué de perdre, et souvent ils ont perdu, sur leur capital une somme supérieure\nà la différence de revenu. Depuis 40 ans que je m'occupe de finance, j'ai toujours constaté qu'il y avait plus\nd'avantages à opérer sur des valeurs de premier ordre parce que la plus-value du cours compense largement leur\nfaible revenu. Leur abandon momentané a fait baisser les cours, c'est le moment d'en profiter pour rentrer dans\nces valeurs à de bonnes conditions. Examinez donc votre portefeuille, faites-en l'inventaire exact et débarrassez-\nvous sans retard de tout titre ne présentant pas une absolue sécurité ; en un mot ne gardez que les\ngrandes valeurs dites de père de famille. Si vous avez la moindre hésitation pour vous décider, demandez-moi\nun avis, que je vous donnerai immédiatement et gracieusement, trop heureux d'être utile à mes lecteurs. Vous\npouvez m'envoyer la liste des valeurs composant votre portefeuille, je vous la retournerai en mettant en face de\nchacune la mention : à garder ou à vendre. De plus je me mets à votre disposition pour vous fournir\nles explications nécessaires à votre édification personnelle.\nNon seulement, je vous éviterai d'aventurer votre argent dans des placements douteux, mais je vous indiquerai\nle moyen d'augmenter votre revenu annuel et je suis convaincu qu'après vous être rendu compte, par la pratique,\nde l'excellence de mes conseils, vous continuerez à me les demander et à les suivre. Je heurterai souvent\nles avis intéressés que vous donnent certains courtiers ou employés de Banque, qui, pour gagner une commission\nde quelques francs sur une affaire, n'hésitent pas à vous faire perdre au besoin des centaines de francs. Croyez-\nmoi, il faut être absolument désintéressé pour vous recommander la rente française, les consolidés anglais,\nles fonds d'états belges, russes ou allemands, ainsi que les actions et obligations des grandes compagnies\nde chemins de fer et des principales Sociétés industrielles ou minières. Aussi, vous pouvez en toute confiance me\ndemander une consultation sur votre situation financière, même si vous avez une mauvaise spéculation engagée,\nje mettrai ma vieille expérience à votre disposition, soit par correspondance, soit de vive voix à mon bureau,\n8, rue Drouot, tous les jours de 10 h. à 11 h. du matin et de 4 h. à 7 h. Vous auriez vraiment tort de ne pas\nen profiter, puisque cela ne vous engage à rien et peut vous rendre service.\nEn matière financière, un bon conseil ne doit jamais être négligé, et souvent une fortune en dépend.\n\n(Cette rubrique n engage pas la responsabilité de la Revue.)\nTous droits réservés pour tous pays y compris la Scandinavie et l'Extrême Orient.\nLe Gérant : MARCEL FREDET.\nImprimerie Sainte Cathérine, Quai St. Pierre, Bruges, Belgique."}]}