{"numero_id": "bm-bmtnabh-1914-01-15-01", "volume": "bmtnabh_1914-01-15_01", "ocr_sha256": "2b6730dda9783f0632c656ceb84ca2a7d3fd266642614ceb657837fc269fdd9b", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1914/01/15_01/bmtnabh_1914-01-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1914/01/15_01/bmtnabh_1914-01-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1914-01-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-01-15_01#c002", "volume": "bmtnabh_1914-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.2.2", "titre_corps": "SUR LA MORT DE RAOUL PUGNO, par Camille Mauclair * PARSIFAL, par H. 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Un télégramme, un soir, m'a replacé brutalement en face de l'amère énigme\nde la mort, à propos de l'ami très-grand et très-cher qui ne reviendra jamais : et on me confie\nle douloureux privilège de parler ici de lui. Comment le pourrai-je ? Le cœur me manque à\nl'idée d'user des mots qui servent à la littérature, et dont la vanité ne m'apparaît jamais plus\ngrande qu'en de telles minutes. Puissé-je ne tracer que ceux qui naîtront du chagrin dont je\nsuis envahi : puissé-je, dans ce deuil, n'être point un écrivain, mais seulement un homme\npleurant un grand aîné qui lui fut un exemple de beauté depuis l'adolescence.\nUn exemple de beauté je crois que c'est là tout ce qu'il fut. Son existence de virtuose\naura été dans notre temps un phénomène météorique et extraordinaire. Il y a vingt ans, les\nintimes de ce compositeur léger, fin et charmant étaient encore seuls à savoir que le musicien\nde grâce française dissimulait un génie du piano. Un hasard, presque, le révéla : le lendemain\nil était célèbre, et alors s'alluma la fusée éblouissante de cette carrière, qui jaillit et emporta\néperdûment à travers le vaste monde un flamboiement de l'art français.\nPugno fut un ambassadeur de notre art dans l'univers. Partout il subjugua : partout, après\navoir fait étinceler sa magique interprétation, il acheva l'œuvre en imposant l'irrésistible attrait\n\n1 Rappelons les principales étapes de la carrière de Raoul Pugno. Né en 1852, il révèle de très bonne heure\ndes dispositions exceptionnelles pour la musique. Il entre à l'Ecole Niedermeyer puis au Conservatoire où il\nremporte de nombreux succès scolaires. Organiste à Saint Eugène depuis 1872, il devient professeur au Conser-\nvatoire en 1892, y enseigne l'harmonie jusqu'en 1896 et le piano jusqu'en 1901. Il a consacré à la virtuosité\nles vingt dernières années de sa vie et s'est fait applaudir dans le monde entier ; il demeura pendant toute sa\ncarrière le fidèle champion de la maison Pleyel qui perd en lui un de ses plus vaillants défenseurs. Il fut,\npendant dix-sept ans, l'inséparable compagnon d'Ysaye avec qui il donna d'inoubliables récitals de sonates. Il\nlaisse de très nombreuses compositions de musique légère (opérettes, ballets, pantomines), des pièces de musique\nde chambre, un opéra en collaboration avec Nadia Boulanger, la Ville Morte et des projets de drames lyriques :\nla Rédemption de Colin Muset, de Maurice Léna et un Orphée de d'Annunzio. Il est mort à Moscou, au cours\nd'une tournée de concerts, le 3 Janvier 1914."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.6", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 4366, "texte": "de sa bonté joyeuse, la simplicité de son âme et l'éclat de son lucide esprit. On l'adorait après\nl'avoir admiré. Une grandeur s'éteint en lui, le reflet suprême de l'art romantique dont il était\nun des héros ressuscités, par la générosité, le don de soi, le large cœur, l'effusion rayonnante,\net le souriant, l'indulgent dédain de toute petitesse. Jamais, dans ces vingt années, notre France\nn'a envoyé à l'étranger un champion plus valeureux, un messager plus beau, un témoin plus\nfidèle de son âme musicale régénérée. Je n'ai pas à le juger techniquement : je l'oserais moins\nque jamais, et je ne suis qu'un poète fou de musique. Mais enfin je crois bien que s'il ne\nressemblait à personne, et s'il apparaissait le plus ample, le plus frémissant et le plus prestigieux\ndes lyriques du clavier, c'était parce qu'il donnait encore plus son cœur que son talent. On ne\npensait pas â sa perfection, à sa science, aussi absolues pourtant que celles d'un Paderewski,\nd'un Risler, d'un Sauer ou d'un Busoni. C'était une conscience féerique qui s'ouvrait, c'était\nun grand aveu magnifiquement humain.\nAu piano, il était sublime. Il s'asseyait, grave et simple, avec cette puissance physique\nCjui revêtait tout son être d'une sorte de majesté paisible d'officiant —et tout de suite il s'isolait.\nSes yeux se fermaient à demi, il ne connaissait plus ni la salle ni lui-même, mais, tout entier\ntourné vers le dedans de soi, le visage transfiguré de beauté mélancolique et sereine, il méditait\nce que ses mains allaient traduire, il écoutait, tour à tour léonin et tendre, le génie de\nSchumann, de Mozart ou de Franck devenir le sien. Son piano n'était plus un piano, mais un\nvioloncelle, un hautbois, ou la voix elle-même d'Ariel. Il modelait une harmonie comme\nRodin modèle une glaise ; j'ai souvent été frappé de l'identité de leurs mains de caresse et\nde force ; Pugno avait les mains de Rodin. Il en avait aussi un peu le masque, avec sa large\nbarbe et ses yeux subtils, parfois noirs d'une brusque passion tout italienne comme si la\nnature avait voulu bien préciser qu'il était le Rodin du piano. Il y avait des musiques qui, sous\nles doigts de Pugno, devenaient des tendresses vaporeuses et lumineuses comme les pâles petits\ngroupes de marbre de son génial émule: il y en avait qui s'irisaient comme des cristaux vénitiens,\net dont la délicate merveille était si frêle que nos applaudissements se contenaient de peur de\nles briser : et il y en avait qui, brûlantes, se figeaient comme des coulées de bronze au moule\nimposé par l'implacable volonté et l'impeccable robustesse de son style et de son rythme. Car\ncet homme pouvait tout, et reforger de mains titanesques le concerto de Schumann, et susciter\nle vol diapré des Papillons,et murmurer avec une exquisité verlainienne la lente, la tremblante,\nl'immatérielle confidence des Variations symphoniquesde Franck...\nEst-ce qu'il est vraiment possible que jamais, jamais plus, nous ne les revoyions s'avancer\nensemble sur une scène, lui et Eugène Ysaye ? A celui-là je n'ose penser, je mesure bien tout\nnotre deuil à tous, mais le sien... En quel coin du monde la fatale nouvelle l'aura-t-elle touché,\nce grand voyageur ? En quel lieu lointain prolongea-t-il alors une sombre rêverie sur la sorte\nd'amputation de son génie et de son âme qui vient de lui être faite ? Ils étaient les deux bons\ngéants. Ils survenaient, imposants, musclés comme deux des bâtisseurs du Walhall, et la gloire,\npour les remercier, leur jetait son anneau d'or. Un jour, ils prirent ensemble cette sonate pour\npiano et violon que Franck n'entendait jamais jouer, ils l'emportèrent à travers le monde\ncomme un flambeau, et leur âme fervente fit à la sienne le don d'une des rares joies que ce\nsaint méconnu ait goûtées avant de regagner son ciel originel : il leur dut d'être acclamé partout\noù on l'avait nié, il eut par eux le présage consolateur des justes réparations de l'avenir. Qui\nn'a point entendu Ysaye et Pugno jouer cette sonate ignore une des cimes de la musique, et\nle sens de la perfection indépassable dans l'interprétation. Un couple d'une fierté unique est\nest en eux aboli, qui portait partout la beauté, et partout soutenait de sa double stature de\ncariatides le portique musical ouvert sur l'infini des grands chefs-d'œuvre.\nYsaye reste seul ; le cher compagnon d'exodes et de triomphes ne le rejoindra plus. Ce"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.7", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 3927, "texte": "qu'était son génie, je peux mal le dire. Mais son souvenir restera lié en moi à celui des quelques\nséances inoubliables où il me fît l'insigne honneur de m'associer, pour la gloire de Chopin,\nde Schumann, de Franck, à ce qu'il appelait en souriant \" des concertos pour parole et piano \",\net où mes pauvres phrases s'achevaient dans le faste lyrique de ses sonorités. Mon amour de la\nmusique excusait à ses yeux l'ignorance technique où j'en pouvais être. Qu'il fut, en ces\nconcerts, bon pour moi, et comment, maintenant parlerais-je auprès de quelqu'un d'autre !\nTout en lui, la vie et l'art, naissait de la bonté et y faisait retour. Il faut dire aujourd'hui à\nceux qui ne l'ont pas su combien Raoul Pugno était divinement bon, et comment cet homme\nqui était la franchise vivante ne fut jamais furtif que pour obliger autrui. J'entends encore,\nlongtemps j'entendrai cette voix un peu voilée, la façon dont elle disait : \" Bonjour, ami... \",\ntoutes ses remarques si justes, si sagaces, de maître dont renseignement ne fut jamais doctri-\nnaire mais éveilla toujours en chacun une émotion plus vive et un respect plus grand devant\nles grandes oeuvres : et il était très-gai, et il ironisait parfois, mais sa raillerie s'atténuait\naussitôt d'un rire. Il fut le bon héros de l'idéal. Si tous ceux qui l'acclamèrent, et dont il\nouvrit et remua les âmes jusqu'au tréfonds, s'étaient pu joindre à nous, ses funérailles eussent\nété la levée d'un peuple : mais si tous ceux qu'il a secondés en silence étaient là, on me-\nsurerait plus encore combien l'homme valut le virtuose.\nQu'il aimait à servir ! Qu'il aimait vivre, et qu'il a intensément vécu, senti, rêvé, compris !\nEn cette demeure familiale de Gargenville, où il était si fier de ses vergers et de ses blés, devant\ndes horizons riches et étales comme ses grandes harmonies, chaque objet était révélateur d'une\nhaute culture d'artiste épris des beaux livres, des bibelots, des tableaux, des meubles rares, de\ntout ce qui orne le bonheur intime. Beauté, bonté, étaient pour lui une seule et même chose\net c'était tout son évangile lorsqu'il communiait quotidiennement à la sainte table du clavier,\nservant ses dieux, Mozart, Chopin, Schumann et Franck avant tous, comme on ne les servira plus.\nEt à présent voilà, voilà... Bien loin d'ici, dans les neiges, il est mort tout à coup, à\nl'honneur et à la peine. Une jeune fille qui fut son élève préférée, sa collaboratrice, et qu'il\nguidait à la gloire, n'a pas faibli dans la fière et atroce mission de ramener le corps inerte de\nson maître vers une famille sur le deuil de laquelle j'aurai la douloureuse pudeur de ne point\ntrouver de termes, car il n'en existe pas qui puissent suffire.\nCette culture, cette inspiration, ce charme, cette renommée, cet amour, tout s'est\névanoui. Le concert est achevé. Posons des roses sur le piano devenu sarcophage, et laissons\ncette ombre humaine prolonger son rêve au silence de l'ombre insondable et définitive. Aux\namis disparus je mesure la marche de ma vie vers un destin pareil, et les noms aimés devien-\nnent un à un des sanglots : mais je sens bien que pour celui-là il faut donner au mot \" mort\"\nun sens plus consolant et plus pur. Pour lui entre les meilleurs de ceux que j'ai déjà perdus sur\nla sombre route, je me redis le vers de mon maître Mallarmé, comme une formule conjura-\ntrice : \" Tel qu'en lui-même enfin l'éternité le change \" voilà ce qu'est maintenant notre\nRaoul Pugno. Il connaît à présent dans son indicible plénitude cette harmonie dont ses mains\ncherchaient en tâtonnant l'expression terrestre avec une ferveur, une anxiété et une foi si\nmagnifiques, et à ce geste de recherche incessante une calme certitude a succédé. Notre ami\nn'est pas plus mort que le père Franck qu'il a rejoint dans le haut ciel des bienfaisants et\ndes sincères, et s'il nous voyait pleurer sur lui, en sa toute bonté il nous consolerait...\n\nCamille Mauclair."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-01-15-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-01-15_01#c006", "volume": "bmtnabh_1914-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 8, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.2.5", "titre_corps": "Parsifal à l'Opéra", "titre_sommaire": "Parsifal à l'Opéra", "signature_source": "H. Fitz-James", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.8", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3492, "texte": "Parsifal à l'Opéra\n\nMessieurs les directeurs de l'Opéra se tirent non seule-\nment saufs mais à leur honneur de la plus effroyable diffi-\nculté qui pouvait être proposée à leurs efforts. L'idéal ne s'est\ncertes pas consenti, par faveur spéciale, à la réalisation. La\nperfection ne pouvait même pas être approchée ici autant\nqu'à Bayreuth. Je sais qu'on a parlé un instant de \" Bayreuth\nà Paris ! \" u des mêmes artistes ! de conditions identiques ! \"\nTam-tam tout cela ! Enghien chez soi passe, et encore, mais\nle plus éclatant miracle de l'art ne s'opère pas comme se\nréalise une opération commerciale.\nExaminons alors l'exécution de Parsifal que nous leur\ndevons et, pour la mieux juger, plaçons-nous successivement\naux trois points de vue de la poésie, de la musique et de la\ndanse.\nLe poème devait fatalement subir la torture d'une traduction. Rendons grâce déjà à\nMessieurs Messager et Broussan d'avoir choisi la meilleure qui ait été faite jusqu'ici.\nQuand même le traducteur a dû subir la loi et sacrifier, tantôt l'intonation pour maintenir\nl'exactitude du sens, tantôt, sinon le sens au moins son ampleur, pour trouver l'intonation\njuste. Nous n'en prendrons qu'un seul exemple, mais nous y insisterons d'autant plus qu'il s'agit\nde l'invocation capitale, de cette prière si ardente qui traverse le drame pour n'être exaucée\nque lorsque Parsifal, prenant possession de lui-même, aperçoit en lui, en son humanité éclose\nau divin, les aptitudes au sacrifice rédempteur et, compatissant alors au réel, le sanctifie\nd'idéale acceptation. \" Durch mitleid wissend \" contient exactement : \" le sachant par la\ncompassion \" ou encore : \" Celui que la compassion éclaire \" ; et n'a pourtant pas trouvé,\nque je sache, d'autre traduction se rapprochant du sens, et adaptable au texte musical, que\n\" Pitié rend sage — \" Mitleid \" \" la compassion \" contient la pitié, mais les deux termes\nne sont pas synonymes. Le premier est infiniment plus large que l'autre. La pitié n'implique\nla douleur que comme représentation et la représentation est par essence anesthésique. — Si\nbien que la pitié prend le nom de prudence chez celui qui se l'applique à lui-même.\nMais la compassion qui est essentiellement généreuse, ne saurait être appliquée à soi même,\npuisqu'elle implique le partage d'une souffrance; la souffrance d'un autre, et de tous les autres,\nressentie jusque dans la chair par suite d'une répercussion du moral sur le physique. Et, deux\nfois, au Ier et au 3uie acte, Parsifal s'évanouit, ses forces matérielles brisées, à la seule pensée de\nla détresse humaine. Détresse fatale, invincible, que l'acceptation seule rachète, puisque du fait\nseul d'être né il quittait déjà Herzeleide, sa mère réelle certes, mais qu'il faut comprendre plus\nprofondément aussi, d'un point de vue métaphysique. Détresse régénératrice aussi, puisqu'il\nlui faut avoir souffert la souffrance aperçue en Amfortas, avant de venir enfin offrir la commu-\nnion salutaire dans les symboles réunis de la lance et du sang ; du sacrifice et de l'acceptation.\nSymboles à jamais sans valeur devant la seule intelligence et qui ne se donnent pénétrables\nqu'à la clairvoyance du cœur. \" Pitié \" n'est donc ici, en présence de la musique, que la meil-\nleur traduction possible de \" compassion \" et ce meilleur possible reste incomplet. Ceci\nentendu \" pitié rend sage \" se rapproche de l'exactitude mais à la condition encore de com-\nprendre qu'il s'agit ici de cette sagesse originelle jamais perdue (') mais trop souvent enfouie"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.8", "debut_caractere": 3517, "fin_caractere_exclue": 3631, "texte": "(') .... doch bist du selbst zu ihm erkoren bleibt dir die Kunde unverloren. Cf. partition K. Klindw\north page 64."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.9", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 4171, "texte": "hélas ! sous les renaissantes ruines du réel et dont l'éveil miraculeux, lorsqu'il se produit, nous\nramène, et nous penche contemplatifs, vers l'insondable mystère de la vie, offert déjà à notre\npensée, dans la tétralogie sous la forme de Erda. Mais si le mot sage est pris au sens vulgaire,\nn'impliquant qu'une prudente soumission à des lois civiles ou à des dogmes religieux utilitaire-\nment admis, le spectateur se trouve placé en présence d'une irréductible antinomie.\nQuoi de moins compatissant en effet que la sagesse pratique ? Et quoi aussi de moins\npratiquement sage que la compassion ? Il la faut réduire pourtant cette antinomie, sous peine\nde ne pas pouvoir suivre du regard de l'âme Parsifal s'élevant jusqu'à l'idéale royauté, jusqu'à\nla divine possession par l'amour. Et nul ne la réduira jamais qu'en la dépassant pour voir les\nchoses, sans défi à la raison, mais de plus haut que la raison. En un mot : esthétiquement.\nQui donc sera capable de cet effort sans en être clairement sollicité par un texte disant et\nrépétant le pourquoi du sanglot universel, capté par le génie pour être miraculeusement\nentendu jusqu'en nos pauvres âmes vulgaires.\nEn nous plaçant au point de vue musical, nous goûterons d'abord le plaisir de saluer\nM. Messager comme un maître entre tous. Maître aussi puissant à nous envelopper des\ninquiétantes magies du \" Zauberschloss \" qu'à répandre à flot de célestes lumières sur le saint\nGraal. L'honneur lui revient aussi d'avoir éveillé les filles superlativement fleurs aux grâces\nlégères de la plus exquise coquetterie. Puisqu'il faut tout dire, nous ferons, à regret, le\nreproche à M. Messager de se trop plier aux dispositions particulières à quelques-uns des inter-\nprètes ; de ne pas contenir, d'une part, et rendre ainsi plus nobles encore les élans enthousiastes\net contrits de M. Franz et de laisser d'autre part à Mlle Bréval le plaisir de se trop\nlonguement entendre. Plaisir sans contredit suave et que nous regrettons d'autant plus de lui\nvoir réserver à son plus proche entourage.\nL'importance du drame méritait aussi que les rôles soient distribués en double, comme il\nse fait à Bayreuth, et comme il vient d'être fait du rôle de Kundry. Avec une voix éclatante\nnuancée à ravir, une diction nette, des gestes sobres mais saisissants, Mlle Demougeot nous a\nmis en présence d'un personnage de style impeccable. Il serait maintenant du plus haut\nintérêt d'entendre M. Van Dyck donner la réplique à Mlle Bréval. Le plus illustre interprète\nde Parsifal frappé en ce moment par des circonstances indépendantes de sa valeur et de sa\nvolonté se trouve libre et ce pourrait pas nous refuser ce grand plaisir. Qui sait même si\nson exemple n'entraînerait pas la grande tragédienne à une articulation plus distincte. Par des\ninterprétations diverses il serait donné au public, et cela importe avant tout, de mieux pouvoir\nmesurer la profondeur d'un drame assez puissant par lui-même pour être saisi indépendamment\ndes concours individuels.\nSans nous arrêter pour cela à la scène des filles-fleurs il nous faut parler de la danse.\nElargissons alors le terme comme l'entendait le poëte créateur et atteignons par là tout ce qui\ns'offre à la vue ; non seulement le geste, l'attitude, le regard, l'expression du visage, le rire, le\nsourire et les larmes, mais encore le costume, les accessoires, le décor et la lumière. Félicitons\nd'abord les interprètes, sans exceptions tous les interprètes, depuis les premiers jusqu'aux\nchevaliers et écuyers, du soin apporté dans l'étude et l'exécution des gestes, aussi du souci\nqu'ils semblent prendre de les perfectionner encore en écoutant les sollicitations de l'orchestre.\nPar contre peu ont l'audace de l'immobilité pourtant si puissamment expressive du drame\nintérieur et souvent commandée par la situation. Mme Caron nous a laissé de beaux exemples\nde ce genre dont le souvenir devrait rester présent.\nLa couleur générale, si impressionante à Bayreuth, des scènes finales du Ie et du 3me acte\nest gâtée ici par le rouge trop dur du manteau des chevaliers ; si toutefois ce mauvais effet\nn'est pas le résultat d'un éclairage moins habile. M. Franz et Melle Bréval ont aussi"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.10", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 4185, "texte": "inauguré des nouveautés. Pourquoi r Mell(1 Bréval se prive de ses plus belles facultés en s'impo-\nsant les entraves d'une robe de bal et renonce ainsi à offrir l'éternel féminin à notre méditation\npour ne plus soumettre qu'une question de mode au jugement de quelques toiletteuses. Le\ncostume d'automobiliste de M. Franz n'a pas été non plus très bien compris je crois.\nEncore les Tea Gowns des filles-fleurs, comme la robe plus haut citée, ont dû être décalquées\nsur quelque prospectus de couturière en mal de création tapageuse.\nUn seul mot sur les accessoires. La substitution d'un pauvre canard à la majestueuse blan-\ncheur du cygne est fâcheuse. Lorsque le malencontreux volatile fait son entrée éperdue\nl'orchestre a déjà, heureusement, saturé l'atmosphère de gravité, sinon de fâcheux éclats de\nrire seraient chaque fois à déplorer.\nQuant aux décors nous ne ferons aussi que les effleurer. Avant de nous ouvrir le Mont-\nsalvat, par une brève réplique, \" tu vois mon fils qu'ici le temps devient l'espace \", le poëte\nnous prévient que nous quittons la domaine limité des faits pour nous élever vers la sphère\nillimitée des sentiments, mais, en entrant dans le burg inaccessible à nos pas, toute illusion\ndevient impossible. Les murs se dressent rigides, arrêtant les regards au dur éclat de couleurs\nagressives et tristes en même temps. Pourquoi ne pas avoir cherché l'effet saisissant, obtenu à\nBayreuth, par l'éloignement de l'autel, sa hauteur et des voûtes de style indéfini s'enfonçant\ndiluées de vague vers un lointain sans limite. Les autres décors ne sont pas plus heureux. Le\nlac dont il est tant question au premier acte n'a été deviné que par quelques rares privilégiés.\n\" Ce qui peut être montré ne doit pas seulement être dit \" est pourtant un axiome wagnérien\nqu'il eut été bon de mettre en pratique. Au 3e acte la transformation de la hutte fleurie des\nvertus de Gurnemanz en une paillotte de nègre congolais n'a pas été mieux goûtée, je crois,\nque le canard, dont l'engagement ne sera pas renouvelé, j'espère. Le maniement de la lumière\nest malheureusement trop inhabile pour ne pas gâter en partie l'effet du jardin enchanté qui,\nsans cela, répondrait en tout point à la situation, surtout si les changements qui précèdent et\nsuivent étaient un peu plus faciles.\nLa mission du critique est d'appeler l'attention sur les inévitables erreurs de façon à\npermettre au spectateur de les éluder pour réserver sa pensée à l'idée morale proposée. Je l'ai\nfait sans en avoir heureusement de graves à désigner et, si la représentation de Parsifal n'est\npas parfaite, elle mérite cependant notre reconnaissance à ceux qui en ont assumé la charge au\nmilieu d'innombrables difficultés.\nEt maintenant quel sera l'effet produit ici par l'incomparable chef-d'œuvre ? \" Il ne s'agit\npas d'une pièce de théâtre\" comme l'a dit M. Vuillermoz que je remplace bien mal ici,\n\" mais d'une cérémonie religieuse \" Et quelle cérémonie religieuse ! Jamais plus puissant appel\nau cœur humain, au mystère de notre âme n'avait retenti. De telles choses ne peuvent certes\npas être entendues par les snobs enchaînés par une paresseuse vanité aux déprimantes jacasseries\nmondaines ni par les habitués des lieux consacrés aux vulgarités du Bridge ou du Tango. Ce\nn'est pas la France heureusement que je désigne ainsi, ce n'est même qu'une partie, trop\ngrande encore, mais faible du public parisien. Mais dans ce Paris si beau, si brave et si troublant\nne sommes nous pas tous esclaves de trompeuses lumières r Tous plus ou moins brûlés des\nmauvaises fièvres du luxe et du plaisir facile ? N'avons nous pas, pour la plupart, dilapidé\nentièrement les richesses du cœur qu'il nous faudrait posséder encore, au moins en pour\ncomprendre Amfortas s'écriant. \" Ah ! se peut-il que personne ne mesure l'effroyable ravage\nde mon âme en présence de ce qui enchante la naïve foi des purs. Ma blessure, l'infernal\ntourment du désir indompté ne serait rien ! mais moi ! Pêcheur exécrable ! Il me faut régner\nsur vous, appeler la grâce sur votre pureté. Et lorsque au pied de l'Autel, extasié jusqu'à la\nsouffrance, la joie du sacrifice accepté vient s'offrir en délice àma pensée, je sens encore le"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.11", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2171, "texte": "flot de mon sang impur rouler dans mes veines, prêt à s'élancer, rompant les digues d'un\nimpuissant repentir, pour se répandre dans un monde, a jamais alors! Corrompu de ma cor-\nruption. \" Cependant le roi pêcheur rongé dans le présent, terrifié de l'avenir s'incline à\nl'appel répété du passé, et dans l'obscurité répandue progressive, le Saint Graal va s'enflammer,\nresplendir. L'âme du pénitent s'éclaire ainsi d'être scrutée par sa contrition et, par le\nmiracle de l'art, se laisse offrir visible à nos regards.\nTristan heurté au monde des formes vacillantes ne pouvait espérer qu'en la mort pour les\nabolir et en même temps dissoudre ses illusions. Amfortas est aussi un vain esclave du jour\nmais il aeu la sainte vision du salut par la consécration des puissances du désir aux fins\nglorieuses de l'amour. Tous nous la portons en nous ensevelie, cette vision, et si notre pensée\nl'atteint, aux rares instants des bienheureuses résurrections de notre enfance préalable au désir\ncruel, ce n'est que pour la voir aussitôt pâlir, s'effacer et pour retomber alors épuisée comme\nAmfortas, laissant Kundry subir à jamais l'esclavage d'exécrables sortilèges. Ah! pleurez Kundry\néternelle ! l'invisible idéal à jamais vous échappe mais pleurez et vous en apercevrez les\nlointaines et insaisissables splendeurs à travers vos larmes. De Parsifal il vous reste plus qu'un\nsouvenir, à votre front saigne désormais la blessure sacrée que le baptême de Bayreuth\nrénove, puisque maintenant vous pressentez au moins le mystère du Graal, puisque vous voilà\naffranchie des vaines formules et des cultes idolâtres allez! faites la longue route qui mérite\nce baptême et vous verrez, nobles femmes de France ! Le Graal ne sera plus jamais recouvert,\nl'idée chrétienne toujours présente vous guidant, vous vous efforcerez désormais à la rédemption\nde votre rédempteur. 1 Grâces soient rendues ! !\nSi la direction de l'Opéra n'a pu atteindre à l'impossible perfection, tout ce qui était\npossible ici a au moins été largement fait. Cela suffit pour que les voies du sanctuaire nous\nsoient lumineusement tracées.\nA bientôt alors, sur le Heilige Hugel.\n\nH. Fitz-James."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-01-15-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-01-15_01#c007", "volume": "bmtnabh_1914-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.2.5.1", "titre_corps": "(Dessin de Kufferath)", "titre_sommaire": "(Dessin de Kufferath)", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.8", "debut_caractere": 3494, "fin_caractere_exclue": 3515, "texte": "(Dessin de Kufferath)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-01-15-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-01-15_01#c008", "volume": "bmtnabh_1914-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 11, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.2.6", "titre_corps": "A propos de la grève des Tziganes", "titre_sommaire": "A propos de la grève des Tziganes", "signature_source": "Louis Fleury", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.11", "debut_caractere": 2173, "fin_caractere_exclue": 3406, "texte": "A propos de la grève des Tziganes\n\nPar une singulière coïncidence, au moment même où s'imprimait mon article sur les\nsyndicats de musiciens 2 une grève générale des orchestres dits 66 tziganes \" éclatait à Mont-\nmartre. Si une grève n'avait pas, le plus souvent, tant de douloureux a-cotes, je serais tenté de\nme réjouir d'un incident qui remet la question en pleine actualité. Personne n'ignore, je pense,\nque les \" tziganes \" de nos établissements de nuit, sont, pour la plupart, d'excellents musiciens\nparisiens que les hasards de la profession ont poussés à revêtir la tunique à brandebourgs des\nHongrois et des Roumains. Ce sont, pour le plus grand nombre, de fort habiles musiciens\nd'orchestre, et certains d'entre eux sont gens de talent. On se demandera quelles raisons ont\npu les déterminer à faire un pareil métier : l'explication est fort simple et je n'aurais pas\nbesoin d'y revenir aujourd'hui si un petit accident (deux pages égarées dans le trajet entre les\nbureaux et l'imprimerie de la S. I. M.) n'avaient enlevé à mon précédent article quelques\n\n1 PARSIFAL : Nicht soll der mehr verschlossen sein : enthullet den Gral, œfFnet den Schrein ! ALLÉ :\nHochsten Heiles Wunder : Erlosung dem Erloser !\n2 N° du icr Janvier."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.12", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3466, "texte": "précisions sur la situation matérielle des musiciens d'orchestre avant la fondation de leur\nsyndicat.\ni° Il y a eu ces 20 dernières années, un tel afflux de musiciens à Paris que le nombre\ndes chômeurs, en certaines saisons, dépasse celui des musiciens employés.\n2° Les théâtres de musique pure, ou les orchestres syrnphoniques, n'emploient pas le\nI/IO de l'effectif total des musiciens parisiens.\n3° Il n'existe pas un seul établissement à Paris donnant à son personnel une somme de\ntravail annuel suffisante pour occuper son activité, et un salaire assez rémunérateur pour le\nfaire vivre.\nEn conséquence les musiciens, dans leur grande majorité, sont contraints d'exercer leur\nprofession n'importe où et n'importe comment. Ils doivent surtout cumuler le plus d'emplois\npossible, jouer la meilleure et la pire musique, courir sans relâche aux quatre coins de Paris.\nCeux qui jouent d'un instrument privilégié tel que le violon ou le piano ont la ressource\nbien aléatoire du professorat. Les autres, les gros instruments, les cuivres, notamment,\nseraient-ils dans leur spécialité des Paganini ou des Rubinstein, n'arrivent à boucler leur\nbudget qu'en acceptant en bloc toutes les besognes : enregistrement de disques de phonographes,\nbals de nuit, etc. etc. Et tout cela sans aucune certitude de durée. C'est une honte pour\nl'organisation de la musique à Paris que durant de longues années, certains solistes de nos\ngrandes associations syrnphoniques aient dû affronter les responsabilités de leur concert du\nDimanche après avoir soufflé des valses et des quadrilles de dix heures du soir à six heures du\nmatin dans les bals à grand orchestre du Grand Hôtel et du Continental et ceci pour un salaire\nmisérable.\nCar ce métier qui nécessite de nombreux frais de déplacement et de tenue et comporte\ntous les risques des professions dites libérales, s'il n'exige pas une grande dépense de talent,\ndemande au moins un certain effort physique. Sait-on combien les musiciens de théâtres étaient\npayés avant la grève de 1902 ? A l'Opéra, 011 trouvait encore des emplois à 1500 fr. par an. Il y\navait à l'Opéra-Comique des premiers violons à 135 fr. par mois. Dans les théâtres et music-\nhalls les appointements allaient de 150 fr. (pour les solistes) à 12c, 100 et jusqu'à 75 fr. par\nmois ! Et, si les matinées étaient payées à part (souvent à 1/2 tarif), toutes les répétitions,\nmême celles de nuit, après le spectacle ! étaient dues gratuitement aux directeurs. Bref,\nde sérieuses statistiques l'ont prouvé, le salaire moyen d'un musicien évoluait entre 2 fr. et\n4 fr. 50 par service. Et l'on s'étonne que ces gens là se soient mis au rang des prolétaires et\nemployé leurs moyens d'action pour améliorer leur sort !\nJe n'ai suivi que de loin la grève des tziganes et ce sont les journaux qui m'apprennent\naujourd'hui la fin du conflit à leur avantage, paraît-il. Jusqu'ici l'action syndicale avait eu\npeu de prise sur eux : ils tiraient le plus clair de leurs ressources du produit des quêtes et le\ngouvernement a interdit les quêtes. Il y aurait long à écrire là-dessus et la place m'est mesurée.\nLes chefs d'établissement de nuit devront donc payer directement leurs musiciens : les violon-solo\ntoucheront désormais 13 fr. par nuit et les autres 10 fr. Ils joueront de minuit à 5 heures du\nmatin, mais ils auront droit à une minute de repos entre les morceaux. Vous avez bien lu :\nune minute entiere !! Allons ! ce sont d'heureux gaillards....\n\nLouis Fleury."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-01-15-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-01-15_01#c009", "volume": "bmtnabh_1914-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 13, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.2.7", "titre_corps": "A travers la quinzaine", "titre_sommaire": "A travers la quinzaine", "signature_source": "Jean Poueigh", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.13", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3124, "texte": "A travers la quinzaine\n\nLes vastes nefs des cathédrales dont les colonnes s'élancent en un fusèlement vertigineux\net les voussures plus modestes des chapelles aux humbles piliers viennent de ressusciter pour\nnous ces lieux d'asile qu'étaient au moyen-âge les basiliques. Là se réfugia, l'espace de quelques\nsoirs, la Musique momentanément abandonnée par les virtuoses. Chaque église, pour la mieux\naccueillir, s'était parée de ses plus fines dentelles de pierre, avait poudré sa toiture de frimas à\nla façon d'une chevelure de noble dame ou d'aïeule et, resplendissant de tout l'éclat des\ncierges, faisant rougeoyer ses vitraux, brasiller ses verrières, dans la frigidité limpide de la belle\nnuit d'hiver.\nMaîtres de chapelle et organistes rivalisèrent d'activité et l'ordonnance de ces solennités\nvint témoigner de leur culture, de leur goût, parfois aussi de regrettables préférences subies ou\nvolontaires. La musique sacrée déroula son ampleur sereine ; la religiosité fade ou équivoque\nne mit aucune pudeur à étaler complaisamment ses pages de médiocre et fausse musicalité ;\nenfin, dans la plupart des temples, retentirent ces chants d'allégresse, ces vieux Noëls dont la\nnaïveté et la candeur n'ont point cessé de nous paraître attendrissantes. A Saint-Eustache,\nMM. Raugel et Joseph Bonnet magnifièrent Bach, Corelli, Schiitz, Lotti, R. de Lassus,\nVittoria, Palestrina, Liszt et César Franck. Le Psaume CL du \"Pater Seraphicus \" résonna\naussi à Sainte-Clotilde, sur ces mêmes orgues qui tant de fois se montrèrent les dociles confi-\ndentes de son angélique inspiration et qui sont actuellement tenues par M. Tournemire. De\nFranck encore, la Messe Solennelle exécutée sous les auspices de M. Gigout à Saint-Augustin.\nPar les soins de MM. Marc de Ranse et Joseph Boulnois, Saint-Louis d'Antin vit la ferveur\nfranckiste se mélanger d'attique pureté fauréenne avec le Tu es Petrus et le Tantum Ergo qui\nfurent également chantés à la Madeleine où M. Gabriel Fauré avait été le prédécesseur de\nM. Dallier. Et c'est par des œuvres religieuses de choix que M. Alfred Marichelle à Notre-\nDame de Bonne-Nouvelle, M. Tricon à Saint-Honoré d'Eylau, parmi bien d'autres, célé-\nbrèrent les fêtes de la Nativité.\nEn dehors de la musique appropriée aux cérémonies rituelles, U Enfance du Christ est\nvraiment de circonstance quand approche Noël. La société \" Le Gratin \" voulant glorifier le\ncent-dixième anniversaire du maître dauphinois consacra à cet ouvrage la presque totalité de\nson Festival Berlioz. Cette audition intégrale, donnée dans la Salle du Conservatoire avec des\nsolistes d'un talent éprouvé, un orchestre et des chœurs bien disciplinés, fut extrêmement\nréussie. Comme plus tard Wagner, écrivant dans sa vieillesse les aventures du chaste et fol\nParsifal, Berlioz avait renoncé en pleine maturité à ses habituelles et volcaniques ardeurs pour\npeindre ce tableau biblique. L'homme des passions tumultueuses et des frénétiques déchaîne-\nments instrumentaux sut trouver ici des couleurs atténuées et des accents d'une simplicité\némouvante. Si la fraîcheur de certaines pages nous semble un peu fanée aujourd'hui, combien"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.14", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4252, "texte": "—et La Fuite en Egypte en particulier ont conservé intacts leur poésie et leur parfum.\nMme Auguez de Montalant, MM. Jan Reder et Georges Mary en exprimèrent avec piété le\ncharme d'idylle et la grandeur mystique. Quant à M. Coulomb, le Récitant, il y a plaisir à\ninsister sur ses très remarquables qualités de musicien. Un ténor à la voix bien timbrée qui\ndéchiffre impeccablement toute musique est une exception, même à notre époque. Les difficultés\nd'une déclamation lyrique aux intonations redoutables devraient pourtant nous valoir en plus\ngrand nombre des chanteurs rompus aux modulations intensives. Malgré que les mélodies de\nBerlioz n'en demandassent pas tant, M. Coulomb y apporta une sûreté vocale, un goût\nd'interprétation et un style qui furent unanimement appréciés. Cette soirée marqua en outre\nles débuts à Paris d'un jeune chef d'orchestre. M. Henri Morin, chef de l'Association Nantaise\ndes Grands Concerts, est considéré à Nantes comme un kapellmeister d'avenir. L'exécution,\nsous sa baguette, de L'Enfance du Christ,de la Marche Hongroise de\ndes ouvertures de Benvenutoet celle-ci surtout du nous prouvèrent\nqu'il possède cette précision à la fois souple et ferme, réfléchie et impulsive, seule capable de\ndiriger des masses et d'obtenir d'elles une interprétation juste, nuancée, vivante.\nAu milieu de ces manifestations où la religion le disputait à l'art, la Schola Cantorum\nest venu mettre un rappel de la pompe théâtrale. Son second concert mensuel était en effet\nconsacré à La Musique de Scène.L'on sait que c'est là un genre assez récent encore qu'il\ndérive du ballet et de la pantomime. La musique de scène proprement dite ne remonte guère\nau delà du siècle dernier. Elle se propose de créer autour d'un drame une atmosphère musicale\nqui en accompagne les péripéties, en commente les situations et elle emprunte ses effets tantôt\nà la symphonie, tantôt à l'opéra. Sans doute le programme d'une seule séance n'aurait pu\ncontenir tout ce qui a été produit d'intéressant dans cette branche. Il est tout de même permis\nde déplorer que n'y aient pas trouvé place Le Songe d'une Nuit d'Eté de Mendelssohn ni le\nManfred de Schumann. Plus significatifs encore eussent été de Massenet, le\nShylock de M. Gabriel Fauré et Le Martyre de Saint-Sébastien de M. Claude Debussy. Cette\ndernière partition, en opposant son esprit délibérément novateur aux formes plus classiques des\nouvrages antérieurs, n'aurait pas manqué de constituer un contraste amusant et un enseigne-\nment précieux.\nMais, si un intérêt historique ou un caractère instructif ne ressortaient pas de leur groupe-\nment, les œuvres choisies se présentaient du moins avec tout le mérite de vertus depuis\nlongtemps reconnues. La musique d'Egmont, écrite pour la tragédie de Gœthe, ne rappelle\nque de fort loin le Beethoven des Symphonies.De nombreuses formules remplissent quelques-\nuns des fragments entendus ce soir-là. Toutefois, la dramatique Ouverture, souvent inscrite à\nnos grands concerts dominicaux, et La Mort de Cldrchen douce agonie de jeune fille, lueur\nde lampe qui vacille et s'éteint avec les dernières notes des cors sont d'une hauteur\nd'expression humaine et frémissante. Après les sombres événements qui ensanglantèrent les\nPays-Bas espagnols, voici notre Provence et son ciel adorable. L'Arlésienne, c'est le soleil des\nplaines de la Crau, la senteur des bois d'olivets, la séduction divine d'une nature et d'une race\nbelles entre toutes. Populaire aujourd'hui, l'œuvre de Bizet demeurera sûrement le type le\nplus achevé de la musique de scène au dix-neuvième siècle. Pêcheur d'lslande, représenté en\n1892, se rapproche de certaines pages du Pays. La rumeur monotone de la mer islandaise\net son horizon gris et bas ont trouvé en M. Guy-Ropartz le musicien qui en traduisit le\nmieux la sévère beauté. Du prélude du troisième acte, La Mer d'lslande, déferle une âpre,\ngrandiose, impressionnante gravité. Le tempérament de M. Guy-Ropartz est plus à l'aise dans\nces descriptions que dans les Danses,lesquelles manquent un peu d'éclat et de variété orches-\ntrale. M. Vincent d'lndy, au contraire, excelle à vivifier ces rythmes populaires, à leur donner\nla saveur et le pittoresque et le coloris instrumental qu'ils réclament. La Pantomime qui ouvre"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.15", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 535, "texte": "le premier acte de Médée et accompagne l'entrée du cortège de Créon et de Creuse est à ce\npoint de vue caractéristique, tandis que Le Triomphe auroral termine la tragédie de Catulle\nMendès en une superbe apothéose sonore. Sous la direction sobre et attentive de M. Marcel\nLabey, l'orchestre de la Schola tint sans faiblir le premier rôle. Grâce à sa nerveuse com-\npréhension et à l'ardente chaleur qu'il communiqua à toute cette musique de scène, nous ne\nnous aperçûmes pas trop que la scène resta vide.\n\nJean Poueigh."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-01-15-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-01-15_01#c011", "volume": "bmtnabh_1914-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 15, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.2.8", "titre_corps": "Les Sociétés Concerts Barrau", "titre_sommaire": "Les Sociétés Concerts Barrau", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.15", "debut_caractere": 537, "fin_caractere_exclue": 3327, "texte": "Les Sociétés\nConcerts Barrau\nPour effacer sans doute le fâcheux souvenir du festival italien du 18 décembre et terminer\nl'année en beauté, les deux derniers concerts Barrau faisaient une large part à plusieurs des\nmeilleurs musiciens contemporains.\nLa séance du 27 décembre nous permit d'applaudir Mlle Guller dans Y Evocation volup-\ntueuse et nostalgique d'Albeniz, dans l'éblouissant Islamey de Balakiref, et le Jardin du vieux\nsérail d'Andrinople de Blanchet. Mlle Lapeyrette chanta de très intéressantes mélodies de Paul\nVidal parmi lesquelles il faut signaler Retraite, Sous-bois et Aubade. La première de ces Trois\nChansons de Shakespeare, tirée ou inspirée, selon toute probabilité, du folklore d'Ecosse, possédé\ntoute la grâce svelte et exquisement surannée des vieux chants gaéliques, tendres et capricieux,\ningénus et fantasques. L'accompagnement de ces trois lieds shakespeariens, confié à un orchestre\nà cordes et au piano, accentue leurs qualités par sa richesse sonore et son charme harmonique.\nLe mercredi 31 décembre, nous entendîmes M. Ed. Clément dont l'admirable voix et\nl'art consommé firent merveille dans VAbsence de Berlioz, YEpithalame de Déjanire de Sfc Saëns,\nY Air des Oiseaux de Georges Hue et surtout dans le Clair de Lune et Y Adieu de Fauré.\nDifférents morceaux de piano complétaient ce programme, le plus intéressant peut-être\nque nous eussent offert depuis longtemps les Concerts-Barrau pour le dernier jour de\nl'année. Sans parler de la sonate Clair de Lune de Beethoven sur laquelle tout a ete dit\ndepuis longtemps, et sans insister sur la perfection coutumière apportée par Risler a son\nexécution, il convient de mentionner la Danse espagnole assez peu saillante de Granados\net la Bourrée fantasque de Chabrier ; enfin une autre Bourrée, non moins fantasque en un genre\ndifférent, que Saint-Saëns écrivit pour la main gauche seule. Ainsi Risler tint sans doute a nous\nmontrer (en était-il besoin ?) que sa main gauche n'ignorait rien des prouesses de sa\nmain droite. Le public transporté par cette découverte pourtant prévue, fit à la bourree et a\nson interprète une longue ovation. PAUL LADMIRAULT.\nU. P. P. O.\nLes deux à trois musicaux de 1' u Union des Femmes Professeurs et Compositeurs de\nMusique \" développent cette saison un programme, dont le côté historique n'est pas le seul\nagrément. Consacrées à l'Ecole Allemande, les trois premières séances ont présente un intérêt\ncroissant. Les Classiques Allemands faisaient les frais de la matinée du 8 décembre. Bach, Haydn,\nHaendel, Beethoven et Weber y étaient représentés par des sonates, airs ou concertos à travers\nlesquels on regrette d'apercevoir parfois le bout de l'oreille de 1 arrangeur, qu il se nomme\nFriedmann-Bach ou Bach-Saint-Saëns. Weber, qui usurpait la semble-t-il la place du divin"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.16", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 718, "texte": "Mozart, était tout indiqué pour figurer le 22 décembre, dans les à côté\nde Schubert, Schumann et Chopin. Mais ici Brahms aurait dû s'abstenir. Sa part était d'ail-\nleurs fort belle le 5 janvier, dans les Modernes où il voisinait avec Hugo Wolf,\nKlengel, Max Bruch, Hildach, Richard Strauss et Wagner.\nRiche en talents féminins, l'U. F. P. C. n'avait que l'embarras du choix pour l'interpré-\ntation de ces œuvres, se firent donc applaudir MMmes Astruc, de Viville, Bonis-Billard,\nLéninger-Devriès, MelIes Cartier, Pleiffer, Chastel, Moulinet, Dauly, Caffaret, Molica, René,\nLewinsohn et MMelles Bonnard et Dœrken qui méritent toutes deux une mention particu-\nlière pour avoir chanté en allemand.\nJ. RENARD."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-01-15-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-01-15_01#c014", "volume": "bmtnabh_1914-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.2.9", "titre_corps": "Nos virtuoses respectent scrupuleusement la trêve. Aussi, dilettantes et amateurs n'auront", "titre_sommaire": "Nos virtuoses respectent scrupuleusement la trêve. 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Il triompha encore dans La Campanella de Liszt et ne put se dérober aux acclama-\ntions qu'en se rasseyant encore devant le clavier.\nSuccès'également considérable'pour les deux séances de Sonates données par le grand violo-\nniste J. Boucherit avec le précieux concours de M. Goldschmidt, un des meilleurs dompteurs\nd'Erard que nous possédions. La Sonate a Kreutzer de Beethoven et la Sonate de Franck furent\nrendues avec ampleur et émotion. Mais Mozart convient tout particulièrement au talent de ces\ndeux artistes. M. Boucherit surtout a dérobé le secret de cette musique. Il excelle à en exprimer\nl'intime sentiment, à lui donner tout son charme simple et son exquise signification.\nSalle Malakoff, les Concerts-Rouge continuent leurs soirées de gala. On y fête succes-\nsivement l'admirable talent de Mme Frédéric Boyer dans Y Enfant Prodigue de Debussy, les\nqualités artistiques si rares de Mme Marcella Doria dans Y Enfance du Christ et on applaudit une\nparfaite interprétation de Parsifal par MMmes Henriquez et Arcos, MM. Snell et Chanoine-\nDavranches.\nLa matinée avec orchestre donnée par M. Jemain au Théâtre Fémina fît applaudir sa\nSonate pour piano et violon, des mélodies et une pièce pour orchestre Nuit de Printemps qui fut\nbissée. Ces œuvres aimables reçurent l'accueil le plus sympathique. Excellente soirée également\nau Triolet. De chaleureux applaudissements saluèrent l'orchestre et son chef, M. R. Lesens\naprès une exécution consciencieuse et brillante de pages de Beethoven et Mendelssohn. Enfin\nle Double Quintette se dépensa sans compter dans les Quintettes de Dubois et de Magnard\nqui pour n'être pas doubles n'en sont pas moins copieux."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-01-15-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-01-15_01#c016", "volume": "bmtnabh_1914-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.2.10", "titre_corps": "L'Homme de la Cinquième", "titre_sommaire": "L'Homme de la Cinquième", "signature_source": "Maurice Desclers", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.17", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3473, "texte": "L'Homme de la Cinquième\nMaurice Desclers\nLe thème principal de la 5e symphonie a été inspiré à\nBeethoven par un importun qui frappait à sa porte.\n(La Légende).\nMonsieur de Beethoven... Pardon si jusqu'aux cieux\nJe viens troubler votre génie.\nMe remettez-vous ? Je suis le monsieur\nDe la cinquième symphonie.\nMais oui, voyons ? Vous savez bien !\nQuelqu'un frappait à votre porte :\n\" Pan ! Pan ! Pan ! Pan ! \" Ce simple bruit, ce rien,\nVous vient suggérer des cohortes\nDe sons, de rythmes musicaux,\nRoule dans votre tête un torrent d'harmonie\nDont retentissent les échos...\nAh ! Vous en aviez, du génie !\nY êtes-vous, Monsieur de Beethoven ? C'est moi\nQui vins frapper, par ce beau soir, à votre porte.\nComme j'étais tremblant d'émoi !\nCe que je désirais ? Qu'importe ?\nJ'étais, de mon vivant, laitier\nIl n'y a pas de sot métier !\nPour m'en cacher, mon âme est bien trop franche !\nEt je venais voir, s'il-vous-plaît,\nCombien, le lendemain dimanche,\nIl vous faudrait porter de lait.\nJ'envoyais mes garçons, d'ordinaire, à la vente,\nMon affaire étant conséquente,\nMais vous, je désirais vous voir.\n\" Monsieur de Beethoven, disais-je, ce grand homme,\nEst mon client ! \" Alors, chacun voulait savoir :\n\" Comment est-il ? \" Moi, je ne savais pas, en somme.\nAussi m'étais-je résolu\nA vous aller trouver, sans plus\nDe façons. Et c'est de la sorte\nQue j'ai frappé Pan ! Pan î Pan ! Pan ! à votre porte.\n\" Pan ! Pan ! Pan ! Pan ! \" D'abord, on ne me répond pas.\nMoi, comme de juste, j'insiste :\nJe savais que le grand artiste\nEtait dans sa chambre, à deux pas.\nVous m'excusez d'avoir insisté, n'est-ce pas ?\nTout-à-coup, ô merveille !\nJ'entends vibrer à mon oreille\nLes plus magnifiques accords\nDu monde. Seigneur Dieu ! Je les entends encor !\nPuis, plus rien, Fini le prodige.\n\" Il joue : il est donc là, me dis-je. \"\nEt sur votre seuil me campant,\nJe reprends mon : \" Pan ! Pan ! Pan ! Pan !\nDerechef, le piano sous votre main résonne.\nAutrement, pour sûr, j'aurais cru\nQu'il n'y avait personne,\nMais il n'était pas incongru,\nMonsieur de Beethoven, de refrapper, je pense,\nEt je n'ai rien fait d'impoli,\nPuisque ces accords, si jolis !\nEtaient un aveu de présence.\nJe refrappai donc. De nouveau,\nLa phrase que votre cerveau\nDans son génie immense enfante\nRetentit, triomphante !\nA la fin, je me dis : \" Non, je dois le gêner ! \"\nEt discrètement, je m'apprête,\nSans bruit, à m'éloigner.\nAlors, j'entends un cri : \" Arrête ! \"\nEt votre porte s'ouvre, et vous y paraissez !\nEt voilà que vous m'adressez\nLa parole ! Quelle minute !\nEt vous me dites : \" Triple brute,\nVeux-tu bien reprendre ce bruit ! \"\nEt d'un grand geste vlan ! vous refermez la porte.\nFier de vous obéir, je remonte, de sorte\nQue j'ai frappé Pan ! Pan ! Pan ! Pan ! toute la nuit...\nToute la nuit, ou presque, enfin, car à l'aurore,\nJe me trouvai, rouvrant un œil,\nAssis, Monsieur, sur votre seuil,\nEt vous, vous composiez encore,\nAinsi, mon bonheur fut complet.\nHélas ! Je suis parti quand même.\nQue voulez-vous ? Il le fallait,\nCar c'était l'heure, où, de mon lait,\nChaque matin, j'ôtais la crème...\nVoilà, voilà ! Je suis votre humble serviteur,\nMonsieur de Beethoven. Mais je tenais à faire\nConnaissance avec vous, car enfin, sur la terre,\nNous fûmes quasiment des collaborateurs...\nVous vous taisez, songeant au passé que j'évoque !\nNon ? Vous me parlerez? Enfin ! Sublime jour !\n\" Mon bon ami, veux-tu m'écrire ton discours :\nJe n'en ai pas compris, comme on dit, une broque,\nCar je suis terriblement sourd... \""}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-01-15-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-01-15_01#c018", "volume": "bmtnabh_1914-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 18, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.2.11", "titre_corps": "Province", "titre_sommaire": "Province", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.18", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3750, "texte": "Province\nNANCY. — La musique de chambre est révélée aux nancéens par les quatuors de\nMM. Hekking et F. Pollain. Ces deux phalanges musicales nous permettent chaque année\nd'apprécier en quatre séances la réelle valeur et l'homogénéité parfaite de leurs manifestations\nmusicales. Pour cette fois, c'est la deuxième séance de M. Hekking que nous avons à signaler.\nUn pianiste, M. Johnny Aubert, prêta son concours, et exécuta avec fougue et une très juste\ncompréhension la \" grande Fantaisie \" de Chopin. M. Hekking et Mine Vallin-Hekking\nfurent également très applaudis le premier dans la noble sonate de M. Fauré pour violon et\npiano, le seconde dans diverses mélodies de Debussy et Moussorgski.\nAu Conservatoire les troisième et quatrième concerts de l'abonnement pourront compter\nparmi les meilleurs de la saison. Le programme du troisième était superbement composé : \" A\nla musique de Chabrier, une importante partie de \" L'Etranger \" de M. d'Indy, et enfin\n\" Prélude et Mort d'Yseult \" de Wagner furent interprétés par MelIe Demougeot et M. Delmas\navec la perfection qui classe ces deux artistes parmi les maîtres incontestés du chant. Et l'on\nreconnut, une fois encore, que le public nancéen, réputé si froid, sait manifester son enthou-\nsiasme lorsqu'il y a lieu. Le quatrième concert comportait une Ie audition : la première partie\ndes \" Evocations \" de M. A. Roussel. Cette page richement colorée, et remarquablement\nécrite fut fort bien accueillie par notre public. Ce dernier ne ménagea point ses applaudissements\nà M. Bédetti, violoncelliste, qui interpréta la classique suite en do de J. S. Bach, et réusit à\nnous émouvoir profondément dans l'andante du Concerto de Schumann.\nNous ne pouvons passer sous silence la très belle messe de Ste Cécile donnée par l'Orchestre\ndu Conservatoire à la Basilique S1 Epire. Au programme le Morceau Symphonique de\nRédemption, Partis Angelicus,de Franck, et un Aria, pour violoncelle, d'Antonio Lotti, que\nM. Fernand Pollain exécuta avec son talent habituel.\nANDRÉ LÉVY.\nMARSEILLE. — L'Opéra de Paris a fait couvrir d'affiches les murs de notre ville pour\nannoncer qu'il avait monté Parsifal; nous nous en réjouissons pour lui. sera donné\npareillement à Marseille dans le milieu de Janvier, ainsi que vous l'indiquait ma dernière\ncorrespondance. Mais notre Opéra Municipal n'a pas cru, pour cela, devoir faire suivre cette\nnouvelle jusques dans la capitale. En attendant, et après les représentation du\nDieux données il y a quelques semaines, c'est la Fille de Mme Angot qui tient l'affiche.\nM. l'Adjoint aux Beaux-Arts a bien fait entendre quelques protestations : mais la partition de\nLecocq étant un \" opéra-comique \", pouvait, à ce titre et aux termes du Cahier des charges,\nfigurer au répertoire de notre première scène.\nAux Concerts classiques, la Damnation d a été exécutée deux dimanches de\nsuite devant deux salles combles, avec Mmc Jacques Isnardon, MM. Lapelletrie, de la Crux-\nFroelich et Léon Roure : à la 2e audition, M. Froelich, engagé ailleurs, fut remplacé par\nM. Carbelly. Chacun des interprètes, à commencer par M. le chef Hasselmans, les solistes,\nl'orchestre et les choeurs méritent de très réels éloges. Malheureusement, et en dépit des\ngrandes beautés de l'ouvrage, le temps accomplit son oeuvre en accusant davantage les défauts\nde la partition.\nComme soliste, nous avons applaudi M. Gérard Hekking, violoncelliste. Pour le Ier Janvier,\nM. de Aceves présenta aux Concerts classiques, un Pianola. Pianola joua, seul, un\nde Chopin ; puis il exécuta avec accompagnement d'orchestre, le en de Grieg,\net il accompagna à son tour Melle Geneviève Vix dans diverses mélodies. Le Pianola est un\ninstrument à coup sûr extraordinaire et que des célébrités artistiques ont vanté tour à tour."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.19", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2796, "texte": "Mais c'est singulier le besoin que l'on éprouve, au sortir d'une de ces auditions, d'entendre\njouer d'un vrai piano et avec quelques fausses notes.\nA mentionner, dans le domaine de la musique de chambre : le quatuor Lautier\n(23e année) ; — le trio Polleri, Alberti et G. Messerer ; — deux récitals de piano, l'un par\nM1Ie Lucy Gibault l'autre par M. André Chevillion ; — concert de M. et Mme Pellanc et de\nM. Pierre Samazeuilh ; audition par MIle Germaine Montel avec le concours de Mmes Groslier\net Suzanne Lévy. HENRI DE VAUPLANE.\nBORDEAUX. — La saison des Concerts symphoniques a été inaugurée, cette année\npar H. Bûsser, qui dirigea l'Orchestre de la Société de Sainte-Cécile.\nLe distingué chef de l'Opéra, nous fit entendre au premier concert, la belle symphonie\nde Franck, et le délicieux tableau musical de Debussy Yvonne Gall, la\ngracieuse pensionnaire de l'Opéra, interpréta avec beaucoup de talent et\ndifférentes pièces de chant très bien écrites par Monsieur Biisser.\nAu deuxième et troisième Concert, la baguette change de main et le maître Philippe\nGaubert, qui dirige l'orchestre, nous donne une magnifique interprétation de la\nHéroïque de Beethoven, et de Y Entracte symphonique de Rédemption.\nLes Murmures de la Forêt, qui eurent les honneurs du bis, et une pièce d'orchestre, dont\nil est l'auteur et qui fut chaleureusement accueillie, firent apprécier le talent du compositeur,\naussi bien que la maîtrise du jeune chef d'orchestre. Le violoniste A. Geloso, nous donna une\ninterprétation chaude et colorée de la Symphonie de Lalo, beau succès pour notre\ncompatriote.\nEntre temps l'organiste Joseph Bonnet, qui est aussi bordelais, se fit entendre dans\nPrélude et Fugue,de Bach, deux chorals du même, et les de César Franck,\ninutile de dire l'accueil chaleureux que l'on fit au célèbre artiste.\nA son tour la cantatrice Litvinne, nous donna intégralement \" Les Amours du Poète \"\nde Schumann, avec la version française dont elle est l'auteur. La grande artiste reçut un\nmagnifique accueil, qui fut du reste partagé par la pianiste Mme Gentil Depecker et le violoniste\nCh. Arthur. Madame Gentil Depecker avait déjà été applaudie, au 3e Concert de Sainte-\nCécile dans le Concerto en la majeur de Mozart.\nAu dernier moment j'apprends la nomination comme Directeur, pour trois années, de\nnotre Opéra Municipal, de M. Stuart, régisseur général du Grand Opéra National. Le\npassé de M. Stuart, comme metteur en scène et comme administrateur, est un sûr\ngarant de l'accueil sympathique que lui réserve le public bordelais ; surtout si notre nouveau\nDirecteur s'entoure de collaborateurs dévoués et compétents au point de vue artistique et d'un\norchestre savant et homogène, comme on peut le trouver à Bordeaux, ce dont nous avons été\nprivés depuis longtemps.\nVALENTIN GENDREU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-01-15-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-01-15_01#c020", "volume": "bmtnabh_1914-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 20, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.2.12", "titre_corps": "Belgique", "titre_sommaire": "Belgique", "signature_source": "René Lyr", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.20", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3992, "texte": "Belgique\n\n\" Timeo Danaos, et dona ferentes \"\nJe crains les Grecs, même quand ils apportent des présents ! Je l'avais évoqué, ce\nsentiment, vieux comme le monde, ma foi, en annonçant que le Théâtre de la Monnaie\npromettait pour la saison que nous voyons, le ballet d'A. de Boeck : La Phalïne. (Les poètes\nfrançais disent le Phalïne, mais j'avoue ma préférence pour le féminin, en raison même de la\ncouleur \" féminine \" de l'assonance.) Dieu veuille, songions-nous, que cette fiche de consolation\nofferte aux compositeurs belges, ne se perde d'ici fin d'exercice! Hélas, elle ne s'est point perdue,\net l'on n'a pas manqué l'occasion de justifier, par cette présentation, l'ostracisme dont sont frappés\nnos musiciens sur notre première scène. M. de Boeck, d'autre part, ne pourrait plus répondre\nà notre Enquête : \" Nos compositeurs nationaux ouvrent difficilement les portes des théâtres...\nIls sont abandonnés à eux-mêmes, sans ressources, sans appui, partant dans l'impossibilité de\nprésenter leurs ouvrages au public. La cour, la ville de Bruxelles, (peut-être la province)\ndonnent des subsides par trop considérables, nous en convenons, au Théâtre de la Monnaie.\nSerait-ce trop de demander à la cour, à la ville, à la province, d'insister auprès de ces MM.\nles directeurs pour que pour l'argent belge que nous donnons, ils nous prennent un peu\nde notre marchandise\" etc...\nAuguste De Boeck jouit, chez nous, d'une consécration à peu près égale à celle de\nPaul Gilson. Plusieurs critiques virent même en lui le plus représentatif, le plus \" caractéris-\ntique \" des musiciens flamands. Ses œuvres, nombreuses, dans tous les genres, exécutées et\néditées, se sont répandues plus que toutes autres, grâce à l'inspiration franchement et\nsainement bellement aussi, je l'entends \"populaire\". Ce musicien, que je me plus à\nnommer un \" Uylenspiegel \" jovial, narquois, rieur, est certainement le plus goûté du public,\net les initiés lui vouent une admiration légitime. A tous ces points de vue, il était désigné, il\ndevait servir de \" pièce à conviction... \"\nM. Ambrosiny, le maître de ballet du Théâtre, est l'auteur du scénario \"La Phalène,\nbeau papillon de nuit, trouble le breton Yvonnic (naturellement) qui va prendre femme.\nElle lui apparaît, à la veille des épousailles, sous les bosquets baignés de lune, elle l'affole, le\nséduit, l'entraîne parmi les elfes. A cette course, l'amant déchire ses habits de fête. Mais il\nparvient à rompre le charme de l'illusoire chimère symbole, je veux croire, de l'éternelle\nâme sœur, au vœu des nuits silencieuses, pour le poète ! Il retrouve à l'aube sa fiancée\néplorée. La noce se prépare. Mais la fée ailée revient, et, au seuil du temple elle fascine\nencore et fait hésiter de nouveau Yvonnic. Ce n'est qu'une épreuve dernière. Se résignant\nsacrifiant enfin le rêve, elle préside elle-même à l'échange des serments éternels \".\nTraité par d'autres, ce thème, en somme, aurait pu nous offrir de gracieuses évolutions, au\ncharme fanfreluquet duquel nous nous serions abandonné. Mais le flamand sanguin, le gai luron,\nle terrien fruste qu'est De Boeck n'a rien de l'enjoliveur, du miniaturiste, du \" pompadour \"\nqu'il eût fallu pour peindre les plumules aux ailes, de cette Phalène. Il s'empressa d'en froisser\nle satin aux fanfarants éclats de cuivres benoîtiens. Et quel malaise dût-il, rude flandrin,\néprouver, pour amenuiser ses élans, poudreriser sa verve jusqu'à donner cette impression, que\nje trouve imprimée dans la chronique d'un confrère \"d'un Delibesflamand\". Cela nous vaut\nune œuvre sans accent, d'un \"poncivisme\" qui désolerait, si nous ne lui savions trop\nd'excuses.\nEt pourtant les œuvres ne manquent pas en Belgique. Les œuvres sincèrement et\nfortement pensées, les œuvres autochtones. L'insuccès, prévu, d'un ballet comme la Phalène ne\nprévaudrait en aucune façon contre cette réalité. De Boeck lui-même a écrit des drames\nlyriques, entendus à Anvers, pour la plupart qui sauront vivre, même à la scène. Ce sont ceux-là\nque nous voulons."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.21", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3741, "texte": "Les chefs d'orchestre étrangers se suivent au pupitre des Concerts Populaires, des Concerts\nYsaye. Après Max Reger, voici M. Schneevoigt, un Finlandais, sont le tempérament est bien\nplutôt méridional, à en juger par sa mimique échevelée. L'orchestre a servi de son mieux cette\nfrénésie sacrée. M. Schneevoigt nous révèle deux ouvrages de ses compatriotes : Glier et Sibélius.\nLa symphonie de ce dernier, est pleine d'accents, de caractère, de pittoresque. Les Sirenes, de\nM. Glier, d'une poésie séduisante, dans le tour mélodique, manquent peut être d'originalité\ndans l'arrangement harmonique. Les auditeurs du Concert, le lundi soir, eurent la déception de\nne pouvoir entendre Jacques Thibaud, qui avait joué en soliste à la répétition générale de\nl'avant-veille, dans la Symphonie espagnole de Lalo. Ce fut Mme Kousnezocréatrice de Venise,\nqui le remplaça.\nLa coïncidence de cette exécution avec le premier concert des u Compositeurs belges \"\nétait décidément fâcheuse. On y exécutait une Sonate pour violon et piano, de M. Léon\nJadin. L'œuvre, que l'auteur nous fit connaître dès sa composition, pour n'être pas d'une\npersonnalité transcendante, ne manque ni de chaleur, ni d'allure. Le joyeux bon vivant qu'est\nl'organiste de St-Waudru y dépense l'abondante sentimentalité qui distingue tous ses ouvrages.\nMme Eggermont, pianiste, interprétait diverses pages de M. Florestan Duysburgh, qui prend\ntitre parmi nos compositeurs. Après des mélodies, de trop longtemps connues de Paul Gilson\n(Elaine I et II), de De Boeck (Fidélité, Sonnet), de Frémolle (Contemplation), la Fantaisie\nRhapsodique d'A. Dupuis exécutée par Mlle Cholet et M. Jadin.\nL'exellente cantatrice Mlle Founsny, a trouvé le plus vif succès, dans des mélodies de\nFauré, Duparc, Chausson, Debussy, interprétées avec un art des plus délicats, et encore, dans\nle récit de Kundry, de Parsifal, des lieder de Brahms, Hugo Wolf, Richard Strauss, Pfitzner.\nLes quatre concurrents pour le Prix Huberty, font honneur à l'Ecole de Musique de\nSchaarbeek-St-Josse-ten-Noode, que dirige M. François Rasse, ainsi qu'aux excellents\nprofesseurs M,ne Cornelis, M. Desmet. La distinction fut accordée, par le jury composé par\nMM. Latour, F. Rasse, Mme Feltesse, MM. Solvay et Closson, à Mlle Henriette Vuga. (trois\nvoix contre deux à M. Ghiot). La jeune cantatrice possède une jolie voix et n'est pas\ndépourvue de tempérament, au point de vue de l'expression dramatique. Toutefois, son\ninterprétation est assez extérieure ; M. Lion Ghiot nous parut plus artiste. D'un sentiment\npieux, grave, sans pose, avec motion, sa diction pure, prenante, au timbre musical, nous\nséduisit dans les mélodies surtout. Et nous fûmes heureux d'entendre ainsi le poème tout\nintime, choisi par M. Rasse parmi nos Brises déjà lointaines et qu'il enlumina d'une mélodie\ndiscrète, fine, -mélancoliquement nuancée. A signaler encore, le récital Friedbergh, au troi-\nsième concert Philharmonique. L'illustre et merveilleux pianiste, à juste titre, est l'un des\nfavoris du public bruxellois. Les rappels dont on salua chacune de ses exécutions le lui prou-\nvèrent une fois de plus. Enfin, un Festival St-Saëns, organisé en la salle des Arts par le\ncercle symphonique de Watermaei, sous la direction de M. E. Jhek avec le concours du\npianiste Charles Hénusse, brillant dans le Concerto en sol mineur op. 22, et de M. Turc,\nun jeune violoncelliste bien doué. L'orchestre fut tout à fait remarquable, et l'interprétation\nde son chef, dans des compositions évidemment fort estimables, et consacrées, d'un maître\ndont l'inspiration, sans doute, ne connut pas les affres et les tourments d'une vocation qui\nfouaille et déchire, pages sans cri, veux-je dire, \" jailli du cœur pour aller au cœur \".\n\nRené Lyr."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-01-15-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-01-15_01#c021", "volume": "bmtnabh_1914-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 22, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.2.13", "titre_corps": "Revue de la Presse Quotidienne", "titre_sommaire": "Revue de la Presse Quotidienne", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.22", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 6220, "texte": "Revue de la Presse Quotidienne\nPARSIFAL\nLE FIGARO\nAu point de vue musical, on pourrait\ndire de Parsifai qu'il représente le cou-\nchant splendide et apaisé d'un art\ngigantesque. Ici, quelle que soit la\nvivacité, l'intensité de leur expression,\nles sentiments sont à ce point épurés,\nlibérés de tout contact humain qu'ils\nsemblent planer bien au-dessus de nous,\ndans des régions de paix et de man-\nsuétude.\nMais si tel est le caractère essentiel\nde cette œuvre, comment tenter d'en\nfaire comprendre par l'analyse les mul-\ntiples splendeurs ? La physionomie, la\nnature de la plupart des thèmes sont\nintroduisibles comme sont intraduisibles\nla puissance d'émotion,la beauté insigne\nque peuvent atteindre certains de leurs\ndéveloppements. D'ailleurs, d'amples\nfragments exécutés dans les concerts\nont donné depuis longtemps le sentiment\nde ce que révélerait une réalisation\nscénique et totale de Tarsifal. Attendait-\non cependant une impression aussi pro-\nfonde de la grande scène du Temple,\npage incomparable par son caractère\nmajestueux, par sa prodigieuse richesse\nmusicale, pour sa sublime élévation ? Et\ntoutes les séductions du chœur des Filles-\nFleurs ? Et le drame aigu et poignant\nqui se déroule à la fin du second acte\nentre Kundry et Parsifai ? Puis c'est le\nsombre prélude du troisième acte qui\ntraduit l'angoisse désolée des chevaliers\ndu Graal; puis c'est l'hymne merveil-\nleux qui s'appelle le Charme du 'ven-\ndredi saint. Enfin, la vaste et drama-\ntique scène finale avec ses cortèges,\nses cloches funèbres, avec le triomphe\nde Parsifai rédempteur que semble\nproclamer la voix des anges.\nEncore une fois toute analyse est\nimpossible car, pour expliquer certaine\nmusique, les mots font défaut.\nIl faut écouter 'Parsifai, il faut écouter\net regarder et se laisser gagner par\nl'indicible émotion.\nGABRIEL FAURÉ.\nLE JOURNAL\nJamais, dans aucun théâtre et malgré\ntout le souci qu'on y pourra apporter, on\nn'obtiendra un équivalent des représen-\ntations de Parsifai à Bayreuth. Ce n'est\npas qu'elles soient irréprochables. Les\ndécors y sont laids, certains costumes le\nsont plus encore, les chanteurs ne sau-\nraient y être toujours excellents, les\nchefs d'orchestre y sont forcément de\nvaleur inégale. Mais il y règne une piété,\nune émotion, un mystère qui ne sau-\nraient exister que là. Un mystère : c'est\nle mot. Les représentations de Parsifai\nà Bayreuth, et en dépit même de tout ce\nqui s'y mêle forcément de vulgaire :\n\"potins\" locaux, dissensions, rivalités\nprofessionnelles, réclames, touristes,\nsnobisme et choucroute, les représenta-\ntions de Parsifai à Bayreuth sont des\n\"mystères\", tout comme l'étaient les\ncérémonies d'Eleusis. Dans quelques\nannées, quand Parsifai aura été joué\npartout, quand toutes les grandes villes\nauront répondu aux cris de camelots\ndes imprésarios : \" Qui n'a pas son p'tit\nParsifai ?\" quand il aura été offert\nau rabais par les théâtres de second\nordre et qu'il aura passé jusque dans le\nrépertoire de la province, alors, si\nBayreuth existe encore et qu'on y en-\ntende Parsifai, on se conviencra de la\nvanité du sacrilège ; on se persuadera\nque le véritable u mystère \" de l'œuvre\nest resté intact et que toute cette diffu-\nsion ne l'aura pas divulgué...\nLe principe du \" sacrilège \" étant ad-\nmis, l'Opéra de Paris se devait être le\npremier à représenter Parsifai. Il vient\nde le faire avec une magnificence et un\nrespect dignes d'admiration, je ne doute\npas qu'une réussite éclatante récompense\nde si généreux efforts. Certes, tout n'est\npas, ni ne saurait être parfait dans une\nreprésentation à laquelle le cadre, l'as-\npect de la salle et les plans mêmes du\nthéâtre opposent des obstacles insurmon-\ntables. Mais l'ensemble du spectacle est\nimposant et les détails en décèlent un\ndésir sincère et minutieux d'atteindre à\nla perfection.\nREYNALDO HAHN.\nI TU »îu§\nEn voulant que sa dernière œuvre,\nmalgré les lois allemandes qui la jettent\naujourd'hui dans le domaine public,\ndemeurât éternellement l'exclusive pro-\npriété du théâtre de Bayreuth, Wagner\nsavait bien ce qu'il faisait. Il n'ignorait\npoint que les idées exprimées par lui en\ncette œuvre ne pourraient jamais con-\nquérir la totalité des âmes. L'ombre\nmystérieuse et troublante d'un temple\nexceptionnel lui semblait mieux convenir\nà Parsifai que la franche et vive clarté\ndes coutumières salles de spectacle.\nIl avait raison.\nSi la chasteté est la vertu suprême, si\nl'homme vierge est le héros supérieur\nseul capable de sauver le monde, à quoi\nbon vivre, aimer, travailler, créer? Cette\nconception, sublime pour les uns, discu-\ntable pour les autres, a le mérite assez\nrare de ne laisser aucun esprit indifférent.\nDepuis un quart de siècle, on exécute\ndans nos concerts les pages principales\nde la partition. Nul n'en a perdu le\nsouvenir. Elles ne trouvent leur véritable\nplace qu'à la scène, où elles prennent\nune ampleur magnifique. Certaines\nd'entre elles forment évidemment ie\nplus beau joyau de la couronne wagné-\nrienne. Qui donc retiendrait ses larmes\nen écoutant le chant divin du Vendredi-\nSaint ? Dans quelques-unes, cependant,\nle procédé apparaît de manière excessive\net nuit parfois à la spontanéité du senti-\nment. L'auteur montre çà et là un peu\nde fatigue. Mais qu'importe ! Oublions\nles légères défaillances d'un génie vieil-\nlissant. Admirons la musique splendide\nqui, tantôt grave, sévère, auguste et\nsolennelle, tantôt frénétique, farouche,\ninfernale et voluptueuse, nous étreint,\nnous captive, nous ravit et nous torture,\nnous déchire et nous caresse, nous em-\nbrase et nous rafraîchit, nous roule dans\nses larges ondes furieuses ou calmes, et\nqui, malgré des longueurs souvent acca-\nblantes, force l'émotion et l'enthousiasme.\nALFRED BRUNEAU.\nCOMŒDIA\nQuels miracles le Graal va-t-il ac-\ncomplir parmi nous ? Verrons-nous se\nliquéfier sous nos yeux le rubis de la\nSainte Ampoule ?... Les prêtres les plus\nfervents n'osent nous le dire ! Il faut\ntant de conditions climatériques et\natmosphériques, tant d'heureux acquies-\ncements d'une nature complice pour que\nle fluide mystérieux de l'au delà se\npropage jusqu'à nos nerfs, pour que l'air\nque nous respirons devienne soudain\nbon conducteur de l'électricité surna-\nturelle !... Le courant s'établira-t-il entre\nle chœur et la nef? Notre public com-"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.23", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 6708, "texte": "prendra-t-il le sens du sublime mystère\nou restera-t-il immobile et glacé comme\nParsifal lui-même, béant de stupeur,\ndevant le premier sacrifice d'Amfortas ?\n\" Pitié rend sage le chaste Fol \", a dit\nl'oracle : notre public est parfois fol,\nmais il n'est pas chaste, et ce n'est pas à\nla pitié qu'il devra jamais la révélation\nde la sagesse...\nSaura-t-il s'abandonner à l'irrésistible\nmarée musicale qui monte de cette\npartition? Ne commettra-t-il pas l'im-\nprudence de résister au flot sonore, de\nlutter contre sa douce violence ? Accep-\ntera-t-il de perdre pied dans cet océan\nd'harmonie qui vous berce, vous roule et\nvous étourdit suavement si vous vous\nconfiez passivement à ses vagues, mais\nvous brise et vous engloutit si vous\ntentez de lui imposer votre volonté, de\nmaintenir systématiquement votre direc-\ntion et de demeurer en vue du rivage.\nCes interminables dialogues, ces mou-\ntonnements de cadences rompues défer-\nlant éternellement les unes sur les autres\nn'ont d'autre but que d'user votre\nénergie, de tromper votre sot instinct de\nconservation, de détruire votre équilibre\nterrestre, et de vous apprendre à flotter\nsans effort dans un élément qui ne vous\nétait pas familier. Et votre récompense\nest de pouvoir vous balancer délicieuse-\nment sur l'eau calme des golfes enchantés,\ndans la féerique lumière que verse l'au-\nrore sur le lac sacré, dans le charme du\nVendredi-Saint.\nCe confiant abandon est nécessaire\npour que la révélation s'accomplisse en\nprésence d'une partition que les indis-\ncrétions méthodiques de nos concerts\nsymphoniques ont depuis longtemps\ndépouillée de tout son mystère et d'un\npoème familier à toutes les mémoires.\nTous les éléments secrets constitutifs du\nchef-d'œuvre on été depuis trente ans\nsoigneusement isolés, étudiés et analysés;\nnous en connaissons les propriétés et la\nnature avec toute l'exactitude scienti-\nfique désirable. En ce moment, nous\ntentons solennellement d'en faire une\némouvante synthèse et la hardiesse d'un\ntel geste peut nous causer quelque\nanxiété. N'est-il pas trop tard N'avons-\nnous pas laissé s'accomplir l'irréparable\net ne nous trouvons-nous pas devant le\ncercueil de Titurel ?...\nÉMILE VUILLERMOZ.\nLA LIBERTÉ\nLes wagnériens d'Allemagne s'étaient\némus pour qu'une loi d'exception pro-\nlongeât le privilège de Bayreuth. Il\nm'est impossible de trouver tout à fait\nmauvais qu'ils ne l'aient point obtenue.\nC'est l'honneur des œuvres de l'esprit\nhumain, qu'elles ne puissent constituer,\nmême pour celui qui les a créées, une\nvéritable propriété. Elles ne sont pas\ndes choses : elles sont des êtres, et qui\nvivent, du jour qu'ils sont lancés dans\nle monde. La liberté est nécessaire à\ncette vie, dont l'évolution mystérieuse\nsubit une collaboration universelle.\nAyons le courage de surmonter notre\nrépugnance à voir Parsifal commencer\nses nouvelles pérégrinations : une âme\nqui s'ouvrira à son contact compensera\nmille injures reçues. Prétendriez-vous\ntrier le public des musées ou renfermer\nles cathédrales, pour leur épargner des\nregards d'imbéciles ?\nEn fondant le théâtre de Bayreuth,\nWagner n'a pas voulu seulement assurer\nà ses ouvrages une exécution selon ses\nvœux, mais proposer un haut exemple\nmoral, et créer, d'abord entre des disciples\nchoisis, un état d'esprit rénovateur, qui\ndevait se propager peu à peu. Il n'ad-\nmettait pas que Parsifal pût être\nreprésenté ailleurs que sur un théâtre\nspécial, à lui consacré, où l'on ne vînt\nque pour lui ; mais il admettait déjà que\nce théâtre, avec le temps, pût devenir\nambulant. Aujourd'hui son but semble\natteint, dans la mesure où il pouvait\nl'être. Par l'énorme diffusion de ses\nœuvres, par l'action prolongée du prestige\nde Bayreuth, il s'est formé partout des\nmilieux 011 l'état d'esprit qu'il souhaitait\nexiste. On y peut réaliser quelque chose\nqui approche de son intention essentielle.\nQu'est-ce que le plus zélé wagnérien\npourrait voir de choquant, à ce que\nnotre Opéra donnât chaque année une\nsérie de représentations exceptionnelles\nde Parsifal, telles qu'il les donne en ce\nmoment 5 des représentations hors de la\nvie normale de Paris, où exécutants et\npublic apporteraient une égale résolution\nde respect ? Cela serait-il si contraire au\nfond de la pensée du maître, surtout si\nl'on parvenait à donner aux places un\ntaux qui ne fût ni de luxe ni de lucre ?\nCe qui serait monstrueux, ce serait que\nl'Opéra, à force de mutilations, fit ren-\ntrer Parsifal dans le cadre de ses\nreprésentations régulière, pour l'offrir\nen pâture à l'Abonné. C'est ce jour-là\nseulement que commencerait la mauvaise\naction... et soyez tranquilles : l'Opéra la\ncommettra.\nJe sais qu'il faut penser aussi à\nd'autres théâtres, à la province... et\nc'est à faire frémir ?\nGASTON CARRAUD.\nIXCHO DE PARIS\n*\nLa musique de Parsifal est si connue,\net l'on vient de la réentendre si souvent\ndans les concerts récents, qu'il est sans\ndoute superflu d'en parler.\nAnalyser cette musique construite\navec des leitmotifs, ce serait encore ris-\nquer de revenir aux catalogues théma-\ntiques de naguère. Ils furent peut-être\nutiles, un moment ; mais on peut\ndésormais les oublier, afin de revenir à\nun plus simple sentiment de l'œuvre, à\nune émotion moins scolaire mais plus\nartiste, et plus purement musicale.\nA part des choses incontestables, se\nrapportant au système de Wagner, qui\nont été dites cent fois et qui désormais\nsont acquises, il n'y a plus place, à\npropros de cette musique, que pour des\njugements individuels : tradidit eam\ndisputationnibus hominum.\nPour une fois, j'aimerais à m'abstenir\nde toute appréciation. En effet, je ne\nsais quelle est la pensée de chaque lec-\nteur qui me dira, et je prévois que\nParsifal va être, ces jours-ci, trop exalté\net trop dénigré. Or, non par esprit de\ncontradiction, mais dans le légitime souci\nd'être juste, j'aimerais à prendre deux\nattitudes contraires : défendre Parsifal\ncontre celui qui chercherait à le dimi-\nnuer, mais ramener à plus de sang-\nfroid celui qui l'exalterait d'une façon\ninconsidérée.\nCette double attitude n'est pas celle\nd'un homme timoré, ni qui aime les\nfroides et mornes régions du \"juste\nmilieu \", où l'Art s'étiole, car il ne vit\nque de conviction et d'intransigeance.\nC'est l'attitude d'un homme recueilli,\nrespectueux, qui se rappelle la situation\nprodigieuse, surhumaine, de Parsifal il\ny a quinze ou vingt ans,.— et qui ne\nvoit pas sans tristesse, ni sans un grand\nserrement de cœur, Parsifal descendre\nsur le plan des pièces ordinaires...\nParsifal était sur une colline sacrée ; on\nne l'y voyait que de loin en loin ; on\nl'adorait comme une idole ; et le\nvoilà près du boulevard, sur les mêmes\nplanches que n'importe quel ballet...\nJe n'ose dire ni ma douleur, ni mes\ncraintes.\nADOLPHE BOSCHOT."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-01-15-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-01-15_01#c022", "volume": "bmtnabh_1914-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 24, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.2.14", "titre_corps": "Çà et Là", "titre_sommaire": "Çà et Là", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.24", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3109, "texte": "Çà et Là\n\nÉchos\n\nLa recherche de la paternité (suite)\nM. Paolo Litta nous prie de juxtaposer les textes que voici afin de laisser à nos\nlecteurs le soin de trancher eux-mêmes la question délicate discutée devant eux dans\nnotre dernier numéro :\nExtraits de la Déesse Nue de Paolo Litta\n(Mai 1912)\nNul n'a donné !a même importance à la danse qu'à\nla littérature, la musique, la peinture. Pourquoi la\ndanse ne pourrait-elle pas prétendre à être une \" sœur\négale à ces arts et à leur hauteur actuelle.\nDanser une symphonie de Beethoven est-ce néces-\nsaire ? Les œuvres classiques ont-elles besoin d'être\ncommentées par des gestes ?\nCréer, avant de penser à toute musique, des -visions\nimmatérielles (idées) formes vagues en mouvement qui\nprendraient peu à peu des allures enrythmiques (géo-\nmétriques) des entités capables de traduire dans la\ndanse ce que le cerveau aurait entrevu.\nEn dehors des pirouettes et entrechats (<de la danse\nclassique) il devra exister un art nouveau d'entités mou-\nvantes autrement dit des lignes en mouvement.\nSerait-ce vraiment une chose aussi folle que de créer\nle Poème dansé ?\nLa danse se détachera de la musique cette \" grande\naccapareuse \" pour reprendre la place qu'elle a le droit\nd'occuper.\nSes mouvements seront à peine esquissés, à peine\nindiqués ils ne seront plus qu'une forme d'origine\npurement cérébrale, une entité mouvante dont la danse\n(la nouvelle) serait le moyen extérieur d'expression\nartistique.\nExtraits des déclarations de Mme V. de Saint-Point\n(Figaro 14 Décembre 1913)\n|'ai été frappée de voir, alors que tous les arts\névoluaient, la danse rester stationnaire. La musique, la\npeinture etc. ont cessé d'être simplement instinctives ;\nla danse devait suivre la même voie.\nLes danseuses précédentes ne dansèrent que sur des\nmusiques classiques pas du tout d'ailleurs destinées à\nêtre dansées.\nMa métachorie apporte des danses idéistesy la danse\nqui n'est pas seulement le rythme humain de la\nmusique, mais la danse créée, dirigée cérébralement, la\ndanse qui exprime une idée arrêtée dans les lignes\nstrictes comme la musique l'est dans le contrepoint.\nAu lieu que toute l'importance de la danse soit\ncomme pour les ballerines classiques dans le pas, dans\nles attitudes elle est pour moi dans la ligne totale de la\ndanse.\nJ'ai pris pour thèmes de mes danses idéistes quelques\nuns de mes pohnes.\nAu lieu de dépendre exclusivement de la musique\nma métachorie n'en est plus l'esclave mais l'égale.\nJamais je n esquisse même un geste que le poème\nindique : je trace, je danse uniquement dans son\ndéroulement évolutif l'esprit qui l'anime.\nEt maintenant que nous avons mis les deux textes en présence et prononcé le sacramen-\ntel: 41 Allez, messieurs! \" nous espérons que cette rencontre sur le terrain de notre Revue\nnous permettra de considérer l'incident comme définitivement clos.\nLes deux parrains.\nRaoul Pugno avait manifesté de très bonne heure bétonnantes dispositions pour\nl'instrument qu'il devait plus tard si magnifiquement honorer. A six ans il put se produire\ndans un concert donné à l'Hôtel de Ville, salle Saint-Jean : il y exécuta un morceau à deux"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.25", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3095, "texte": "pianos en compagnie de son cher professeur M'nc Joséphine Martin à qui est tendrement\ndédiée la photographie enfantine que nous publions dans ce numéro, grâce à l'obligeance de\nMlle Léonie Martin. Lorque le morceau fut terminé, un spectateur enthousiasmé se précipita\nvers l'enfant, l'enleva dans ses bras et l'embrassa sur les deux joues avec la plus affectueuse\nadmiration : c'était Charles Gounod.\nUn an plus tard, le jeune Raoul improvisait dans la petite boutique de la rue\nMonsieur-le-Prince où son père tenait un commerce de musique, lorsque, se détachant\nd'un groupe d'étudiants, un passant s'immobilisa devant la vitrine en prêtant l'oreille. 11\nécouta longtemps puis, n'y tenant plus, fit une fougueuse irruption dans le magasin, sera\nchaleureusement les mains du petite pianiste, s'assit à ses côtés et, tantôt jouant, tantôt\ndiscutant avec passion, passa la journée entière en sa compagnie. C'était un étudiant en\ndroit, originaire du Puy de Dôme : il s'appelait Emmanuel Chabrier.\nLe témoin oculaire.\nTous les élèves du Conservatoire connaissent Barthe, auteur d'innombrables \" chants et\nbasses donnés \"attestant victorieusement que la façon de donner vaut mieux que ce qu'on\ndonne. Mais tout le monde ne sait pas que cet honnête musicien avait composé un opéra\nintitulé La Fiancée d'Abydoset voué àun prompt oubli. Cet ouvrage, pourtant, ne devait pas\nmourir tout entier. Un heureux hasard ayant rapproché sur les catalogues d'un éditeur le\npatrimoine de Barthe de celui de Bizet, le mur mitoyen qui séparait les propriétés des deux\ncompositeurs fut vite abattu dans l'esprit de certains critiques musicaux habitués à en croire\nleurs yeux plutôt que leurs oreilles. Et c'est ainsi que l'on peut lire à la page 362 de la\ncélèbre Histoire de la Musique d'H. Lavoix, ouvrage qui fait autorité, la généreuse protesta-\ntion suivante : \" Bizet fut longtemps méconnu et des œuvres remarquables de lui, comme les\nPécheurs de Perles et la Fiancée d'Abydos ont été accueillies froidement \". Les amis de Bizet\naccueilleront plus froidement encore cette curieuse découverte et conservent toujours quelque\nscepticisme à l'égard des convictions intimes d'un historien qui est tort de ne pas ajuster\nplus soigneusement ses lunettes avant de laisser parler son cœur.\nCritique élyséenne.\nLe Président de la République tint à assister en compagnie de Mrae Raymond Poincaré,\nà la première représentation de Pcirsifcila l'Opéra. Curieux de connaître les impiessions\nmusicales de ce spectateur de choix, nous avons interrogé un familier de l'Elysée qui avait\nrecueilli, pendant les entr'actes, les confidences du chef de 1 Etat. M. Poincaie aete, pat ait-il,\nravi de sa soirée, mais deux détails l'ont particulièrement réjoui : l'horreur que manifeste\npour les barbares plaisirs de la chasse honte de Rambouillet ! l'excellent Gurnemanz,\nmembre de la Société protectrice des animaux, et l'amusant esprit d'à-propos du ténor\nFranz qui, ayant à personnifier un héros parlant haut... et longtemps, s'est fait si adroite-\nment, au second acte, la tête de M. Jaurès !\n\nL'Homme à la Contrebasse."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.26", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2482, "texte": "Nouvelles\n\nNous publions plus loin le beau programme d'inau-\nguration de l'Association Chorale Professionnelle que dirigera\nM. D.-E. Inghelbrecht. L'A. C. P. a été fondée en\n1912 par un groupe d'artistes choristes professionnels\njustement émus de ce qu'il soit toujours fait appel à des\nSociétés étrangères, ou à des Sociétés d'amateurs, lors-\nqu'une exécution musicale nécessitait un groupe choral\nimportant.\nLa première répétition eut lieu le 18 Novembre 1912\nelle fut consacrée aux trois Chansons de Charles d'Orléans\net Claude Debussy, l'Association comptait à cette date\n80 membres, elle en compte aujourd'hui 160.\nL'A. C. P. désirait d'abord démontrer au monde musical qu'il était\npossible de réunir à Paris un groupe choral professionnel dont le nombre\npuisse atteindre celui des Sociétés étrangères connues ; elle s'efforcera de rivaliser avec ces\nSociétés au point de vue artistique en faisant entendre les chefs-d'œuvre classiques et modernes\ninconnus ou trop peu connus, elle espère enfin contribuer à faire obtenir à la musique a\ncapella la place importante qu'elle doit occuper.\nLe Quatuor Willaume vient de s'embarquer pour la Grande Bretagne. Le répertoire de\ncette excellente compagnie, s'il comprend du Mozart et du Beethoven, est surtout composé\nd'oeuvres de l'école moderne. Voilà de bons pionniers de l'art qui vont affirmer à l'étranger la\nsupériorité de la musique française contemporaine. C'est d'ailleurs la septième fois que\nMM. Willaume, Morel, Mâcon et Feuillard se rendent ainsi en Angleterre où leur succès est\ntoujours considérable.\nLa musique à VEglise.\nDécidément, la musique d'Eglise commence à faire parler d'elle. Le vénérable curé de\nSaint-François-Xavier, M. le chanoine Gréa, vient de fonder, sur l'initiative du Maître de\nChapelle de son église, M. Drees, un groupement de personnes bénévoles, destiné à donner\nplus d'importance encore à sa Maîtrise, qui est une des meilleures de Paris. Accroître le\ntraitement des enfants de chœur et leur nombre, les suivre dans la vie lorsque leur voix a mué,\nles réunir autour d'une œuvre bien organisée dans un local spacieux pourvu d'une bibliothèque,\net enfin, donner à la musique de la paroisse tout l'éclat qu'elle peut comporter, tel est le but\nque poursuit cette association.\nPour toutes demandes de renseignements, s'adrésser, à M. 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Alfred Marichelle comme\nco-directeur des études musicales de l'Ecole Niedermeyer, Ancien élève de l'Ecole, premier\nprix de fugue du Conservatoire et actuellement organiste de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle,\nM. Marichelle professe depuis de nombreuses années le contre-point et la composition à\nl'Ecole Niedermeyer. Nul choix ne pouvait être plus heureux pour la prospérité artistique de\ncet établissement que celui de ce musicien dont le mérite et la modestie ont su s'attirer toutes\nles sympathies.\n. *\n* *\nM. Mangeot, nous écrit pour nous dire que la photographie de Delaborde reproduite\ndernièrement dans notre Revue, avait été faite par ses soins. Nous donnons bien volontiers à\nM. Mangeot, dont on connait le talent de photographe, acte de sa déclaration, en ajoutant que\nce cliché fait partie de la collection du Courrier Musical, et qu'à son tour, le Courrier\nMusical le tenait directement de la Maison Pleyel.\n*\n* *\nL'importante maison d'éditions musicales G. Schirmer, de Boston (The Bosten Music\nCompany) nous communique son récent catalogue de nouveautés tiré à 140.000 exemplaires\nqui atteste son dévouement à la cause de la musique française contemporaine. Par ses soins\nviennent de paraître en effet, ou vont incessamment être gravées, la Quatrième Symphonie\nde M. Guy-Ropartz, des Mélodies inédites de MM. Paul Ladmirault, Henri Biïsser, Hillemacher,\nCasella, Déodat de Séverac, des Pièces de piano de MM. de Séverac, G. Enesco. En outre\nThe Boston Music Company a acquis le droit exclusif de représentations américaines de nombreuses\nœuvres notoires de Massenet, César Franck, Edouard Lalo, Ernest Chausson, de MM. Vincent\nd'lndy, Claude Debussy, Charpentier, G. Fauré, Ravel, Roger-Ducasse, Florent Schmitt,\ndont elle a fréquemment publié des éditions spéciales. Une telle initiative, que la maison\nSchirmer se propose d'affirmer encore dans l'avenir nous a paru digne d'être signalée et\nencouragée.\nLes dépositaires parisiens de la Boston Music Company sont MM. Costallat et Cie.\n* *\nDe Berlin.\nLe violoniste José Porta a remporté un véritable triomphe à la salle Klindworth-Schar-\nwencka dans les œuvres de Bach, Paganini, Francœur, Kreisler... etc. qu'il a interprétées avec\nune remarquable autorité et une virtuosité étourdissante."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.28", "debut_caractere": 101, "fin_caractere_exclue": 534, "texte": "De Monte Carlo.\nAu derniers Concerts Classiques, M. Léon Jehin\nnous a donné la primeur de deux œuvres du plus vif inté-\nrêt : Impressions Romaines,du jeune compositeur M. David,\nœuvre pleine de promesses, et la\npoème symphonique de M. 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Paolo Litta nous prie de juxtaposer les textes que voici afin de laisser à nos\nlecteurs le soin de trancher eux-mêmes la question délicate discutée devant eux dans\nnotre dernier numéro :\nExtraits de la Déesse Nue de Paolo Litta\n(Mai 1912)\nNul n'a donné !a même importance à la danse qu'à\nla littérature, la musique, la peinture. Pourquoi la\ndanse ne pourrait-elle pas prétendre à être une \" sœur\négale à ces arts et à leur hauteur actuelle.\nDanser une symphonie de Beethoven est-ce néces-\nsaire ? Les œuvres classiques ont-elles besoin d'être\ncommentées par des gestes ?\nCréer, avant de penser à toute musique, des -visions\nimmatérielles (idées) formes vagues en mouvement qui\nprendraient peu à peu des allures enrythmiques (géo-\nmétriques) des entités capables de traduire dans la\ndanse ce que le cerveau aurait entrevu.\nEn dehors des pirouettes et entrechats (<de la danse\nclassique) il devra exister un art nouveau d'entités mou-\nvantes autrement dit des lignes en mouvement.\nSerait-ce vraiment une chose aussi folle que de créer\nle Poème dansé ?\nLa danse se détachera de la musique cette \" grande\naccapareuse \" pour reprendre la place qu'elle a le droit\nd'occuper.\nSes mouvements seront à peine esquissés, à peine\nindiqués ils ne seront plus qu'une forme d'origine\npurement cérébrale, une entité mouvante dont la danse\n(la nouvelle) serait le moyen extérieur d'expression\nartistique.\nExtraits des déclarations de Mme V. de Saint-Point\n(Figaro 14 Décembre 1913)\n|'ai été frappée de voir, alors que tous les arts\névoluaient, la danse rester stationnaire. La musique, la\npeinture etc. ont cessé d'être simplement instinctives ;\nla danse devait suivre la même voie.\nLes danseuses précédentes ne dansèrent que sur des\nmusiques classiques pas du tout d'ailleurs destinées à\nêtre dansées.\nMa métachorie apporte des danses idéistesy la danse\nqui n'est pas seulement le rythme humain de la\nmusique, mais la danse créée, dirigée cérébralement, la\ndanse qui exprime une idée arrêtée dans les lignes\nstrictes comme la musique l'est dans le contrepoint.\nAu lieu que toute l'importance de la danse soit\ncomme pour les ballerines classiques dans le pas, dans\nles attitudes elle est pour moi dans la ligne totale de la\ndanse.\nJ'ai pris pour thèmes de mes danses idéistes quelques\nuns de mes pohnes.\nAu lieu de dépendre exclusivement de la musique\nma métachorie n'en est plus l'esclave mais l'égale.\nJamais je n esquisse même un geste que le poème\nindique : je trace, je danse uniquement dans son\ndéroulement évolutif l'esprit qui l'anime.\nEt maintenant que nous avons mis les deux textes en présence et prononcé le sacramen-\ntel: 41 Allez, messieurs! \" nous espérons que cette rencontre sur le terrain de notre Revue\nnous permettra de considérer l'incident comme définitivement clos.\nLes deux parrains.\nRaoul Pugno avait manifesté de très bonne heure bétonnantes dispositions pour\nl'instrument qu'il devait plus tard si magnifiquement honorer. A six ans il put se produire\ndans un concert donné à l'Hôtel de Ville, salle Saint-Jean : il y exécuta un morceau à deux"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.25", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3095, "texte": "pianos en compagnie de son cher professeur M'nc Joséphine Martin à qui est tendrement\ndédiée la photographie enfantine que nous publions dans ce numéro, grâce à l'obligeance de\nMlle Léonie Martin. Lorque le morceau fut terminé, un spectateur enthousiasmé se précipita\nvers l'enfant, l'enleva dans ses bras et l'embrassa sur les deux joues avec la plus affectueuse\nadmiration : c'était Charles Gounod.\nUn an plus tard, le jeune Raoul improvisait dans la petite boutique de la rue\nMonsieur-le-Prince où son père tenait un commerce de musique, lorsque, se détachant\nd'un groupe d'étudiants, un passant s'immobilisa devant la vitrine en prêtant l'oreille. 11\nécouta longtemps puis, n'y tenant plus, fit une fougueuse irruption dans le magasin, sera\nchaleureusement les mains du petite pianiste, s'assit à ses côtés et, tantôt jouant, tantôt\ndiscutant avec passion, passa la journée entière en sa compagnie. C'était un étudiant en\ndroit, originaire du Puy de Dôme : il s'appelait Emmanuel Chabrier.\nLe témoin oculaire.\nTous les élèves du Conservatoire connaissent Barthe, auteur d'innombrables \" chants et\nbasses donnés \"attestant victorieusement que la façon de donner vaut mieux que ce qu'on\ndonne. Mais tout le monde ne sait pas que cet honnête musicien avait composé un opéra\nintitulé La Fiancée d'Abydoset voué àun prompt oubli. Cet ouvrage, pourtant, ne devait pas\nmourir tout entier. Un heureux hasard ayant rapproché sur les catalogues d'un éditeur le\npatrimoine de Barthe de celui de Bizet, le mur mitoyen qui séparait les propriétés des deux\ncompositeurs fut vite abattu dans l'esprit de certains critiques musicaux habitués à en croire\nleurs yeux plutôt que leurs oreilles. Et c'est ainsi que l'on peut lire à la page 362 de la\ncélèbre Histoire de la Musique d'H. Lavoix, ouvrage qui fait autorité, la généreuse protesta-\ntion suivante : \" Bizet fut longtemps méconnu et des œuvres remarquables de lui, comme les\nPécheurs de Perles et la Fiancée d'Abydos ont été accueillies froidement \". Les amis de Bizet\naccueilleront plus froidement encore cette curieuse découverte et conservent toujours quelque\nscepticisme à l'égard des convictions intimes d'un historien qui est tort de ne pas ajuster\nplus soigneusement ses lunettes avant de laisser parler son cœur.\nCritique élyséenne.\nLe Président de la République tint à assister en compagnie de Mrae Raymond Poincaré,\nà la première représentation de Pcirsifcila l'Opéra. Curieux de connaître les impiessions\nmusicales de ce spectateur de choix, nous avons interrogé un familier de l'Elysée qui avait\nrecueilli, pendant les entr'actes, les confidences du chef de 1 Etat. M. Poincaie aete, pat ait-il,\nravi de sa soirée, mais deux détails l'ont particulièrement réjoui : l'horreur que manifeste\npour les barbares plaisirs de la chasse honte de Rambouillet ! l'excellent Gurnemanz,\nmembre de la Société protectrice des animaux, et l'amusant esprit d'à-propos du ténor\nFranz qui, ayant à personnifier un héros parlant haut... et longtemps, s'est fait si adroite-\nment, au second acte, la tête de M. 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D.-E. Inghelbrecht. L'A. C. P. a été fondée en\n1912 par un groupe d'artistes choristes professionnels\njustement émus de ce qu'il soit toujours fait appel à des\nSociétés étrangères, ou à des Sociétés d'amateurs, lors-\nqu'une exécution musicale nécessitait un groupe choral\nimportant.\nLa première répétition eut lieu le 18 Novembre 1912\nelle fut consacrée aux trois Chansons de Charles d'Orléans\net Claude Debussy, l'Association comptait à cette date\n80 membres, elle en compte aujourd'hui 160.\nL'A. C. P. désirait d'abord démontrer au monde musical qu'il était\npossible de réunir à Paris un groupe choral professionnel dont le nombre\npuisse atteindre celui des Sociétés étrangères connues ; elle s'efforcera de rivaliser avec ces\nSociétés au point de vue artistique en faisant entendre les chefs-d'œuvre classiques et modernes\ninconnus ou trop peu connus, elle espère enfin contribuer à faire obtenir à la musique a\ncapella la place importante qu'elle doit occuper.\nLe Quatuor Willaume vient de s'embarquer pour la Grande Bretagne. Le répertoire de\ncette excellente compagnie, s'il comprend du Mozart et du Beethoven, est surtout composé\nd'oeuvres de l'école moderne. Voilà de bons pionniers de l'art qui vont affirmer à l'étranger la\nsupériorité de la musique française contemporaine. C'est d'ailleurs la septième fois que\nMM. 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Surtout n'imaginez pas, comme on nous-\nen menace, d'aller d'un extrême à l'autre en vous transformant en Venus Callypige ! Déjà,,\nn'affirme-t-on pas que les \" belles Madames \" utilisent les petits coussinets qu'elles portaient\nhier par devant en les mettant en arrière aujourd'hui r\nNous serions heureux également si vous consentiez à redresser vos bustes infléchis et à\nfaire valoir vos épaules jolies. Pourquoi, en effet, l'aspect vaguement bossu que vous affectionnez\nalors que vous privez nos regards de rondeurs normales ? Nous en pouvons témoigner puisque\nvos généreux décolletages nous permettent déjuger la question. Oserai-je, enfin, vous conseiller\nde méditer l'adage \" connais toi toi-même Si vous le pratiquiez, bien des fautes contre-\nl'esthétique seraient-évitées, mais, il semble que votre esprit finement critique, lorsqu'il\ns'exerce sur vos meilleures amies, n'existe plus dès qu'il s'agit de vous.\nVous remarquez fort bien que la jupe trop fendue de Mme X révèle à ceux qui l'ignoraient\nla lourdeur de ses chevilles et de ses jambes et de son côté, Mme X satisfaite de sa plastique\nraille vos \" mollets de coq \" qualifiés par vous de jambes de Diane.\nLa morale n'est donc pas seule à se plaindre des indiscrétions de vos robes. Néanmoins\nnous aurions mauvaise grâce à proscrire une mode qui, si elle nous apporte parfois des désillu-\nsions, nous procure d'autre part, des surprises charmantes ; car lorsqu'ils sont jolis, vos petits-\npieds chaussés de cothurnes à hauts talons Louis XV sont un délicieux et illogique spectacle.\nCe mélange incohérent d'antique et de XVIIIe siècle est d'ailleurs normal, puisque vous*\nréunissez sur vos toilettes les \" Paniers \", les draperies grecques, et les ceintures Orientales.\nCes fâcheux amalgames produisent parfois un heureux effet quand le couturier est habile\net la femme séduisante, mais il est temps, cependant, mesdames, de vous crier \" casse cou \".\nSi vous n'y prenez garde, en effet, le goût des Parisiennes cessera bientôt d'être article de foi\net d'exportation.\nN'est-ce pas un défi ce dernier cri du chic: La tunique frangée en peau de Léopard et les\nflancs de Paradis posés au bas des ceintures ?\nVoulez-vous donc donner des armes à vos détracteurs et le cubisme et le futurisme vous\nmettent ils la tête à l'envers sans le mérite de \" boucler la boucle ? \" Il semble bien du moins-\nque les nuances hurlantes au salon d'automne soient responsables de votre dernière fantaisie :\nles cheveux verts, violine, turquoise malade que vous arborez aux répétitions générales.\nPas grâce, mesdames, et c'est mon souhait final abandonnez au plus vite ces nuances-\nhideuses. La preuve est acquise que vous en faites voir de toutes les couleurs à vos adorateurs,."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-01-15-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-01-15_01#c040", "volume": "bmtnabh_1914-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "couv. 2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.2.25", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 887, "texte": "•A\nf\n$\n.4*\n-vv\nLA REVUE MUSICALE\nS. I. M.\nET COURRIER MUSICAL RÉUNIS\n*• • • -\nDirecteur :\nJULES ÉCORCHEVILLE\nA\nAdministrateur général :\nRENÉ DOIRE\n&\n,'-Ï\nQP\nv- \"\nRédacteur\nEMILE VUILLERMOZ\n*\nPUBLIE :\nV-T;-\n' ;S\ndans son numéro du Vr :\nd'importantes études musicologiquesf critiques et historiques $ les compte-rendus des grands concerts par CLAUDE\nDEBUSSY et VINCENT D'INDY 5 des Théâtres par EMILE VUILLERMOZ ; des Music-halls par Louis LALOY, etc.\ndans son numéro du 15 :\ndes articles d'actualité, des échos, indiscrétions et nouvelles, des compte-rendus détailles des Concerts et récitals,\ndes interviews d'artistes, une revue de la presse, des correspondances de la province et de 1 étranger, etc.\nm\n-vr ( France et Belgique :15 fr. |Le numéro du ler:Ier: 1 fr. 50 (Union Postale : 2 fr.)\nAbonnement NAN j Union postaie . 2Q fr. jLe numéro du 15: o fr. 50 (Union Postale : ofr. ;\n75)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-01-15-01-c041", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-01-15_01#c041", "volume": "bmtnabh_1914-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "couv. 2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.2.26", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.2", "debut_caractere": 889, "fin_caractere_exclue": 2053, "texte": "AL\nSOCIÉTÉ rRANÇAISE DES\nusibMj E!\n: •• \" -.7; ' BBBMI\nComité d'honneur :\nM. le Président de la République M. le Ministre de l'lnstruction Publique et des Beaux-Arts\nM, le Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts M. Gabriel Fauré, Directeur du Conservatoire\nM. Henry Marcel, ancien Directeur des Beaux-Arts, Directeur des Musées Nationaux.\nConseil d'Administration :\nPrésidente d'Honneur : S. A. R. Mme la Duchesse de VENDOME\nBureau :\nPrésident: M. Gustave BERLY Vice-Présidents : M. le Prince A. D'ARENBERG M. Louis\nBARTHOU M. J. ÉCORCHEVILLE M. Alexis ROSTAND ; Trésorier : M. Léo SACHS 5\nSecrétaire du Conseil: M. Gustave CAHEN ; Secrétaire Général: M. Louis DE MORSIER.\nMembres du Conseil :\nMme Alexandre ANDRÉ Mme la Comtesse RENÉ DE BÉARN —— M. André BÉNAC\nM. Léon BOURGEOIS M. Gustave BRET Mme la Comtesse GÉRARD DE GANAY\nM. Fernand HALPHEN Mme la Vicomtesse D'HARCOURT Mme la Comtesse D'HAUS-\nSONVILLE - Mme Daniel HERRMANN Mme Henry HOTTINGUER Mme Georges\nKINEN M. Jacques PASQUIER Mme la Comtesse PAUL DE POURTALÈS\nM. A. PRÈGRE Mme Théodore REINACH M. Romain ROLLAND M. Jacques\nROUCHÉ M, Louis SCHOPFER Mme SÉLIGMANN-LUI M. Jacques STERN\nMme TERNAUX-COMPANS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-01-15-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-01-15_01#c042", "volume": "bmtnabh_1914-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 3, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.2.27", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.3", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1019, "texte": ", r\nI \\v.\nV .\n• : t'- ■■ ,\n.. 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'A A\nN° 1 à 25 exemplaires sur papier à la cuve avec un croquis\noriginal de Valentine GROSS 500 fr.\nN° 26 à 500 exemplaires sur velin 150 fr.\nA PARAITRE EN 12 FASCICULES SOUS COUVERTURES\nLJn fascicule par mois\ncomprenant 4 planches hors texte, 8 pages de texte, 20 croquis\nA, A AU PRIX DE 12 FR. 50 A A A\n\\V , #\nLe prix des exemplaires sur Velin sera\nde l'ouvrage\n; A ' r\" y' ' ,\ne. , v\"V- '\nOn souscrit dès a présent chez- M; DE BRUNOFP, éditeur d Art\nv - . 32, Rue Louis-le-Grand, 32 PARIS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-01-15-01-c043", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-01-15_01#c043", "volume": "bmtnabh_1914-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 28, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.2.28", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.28", "debut_caractere": 536, "fin_caractere_exclue": 1342, "texte": "Salle ERARD\n16 au 31 janvier\n16 M. F. Busoni 9 h.\n17 M. Vernon Warner 9h.\n18 M. Reitlinger 9 h.\n19 Mllc Morin 9h.\n20 M. F. Busoni 9 h.\n21 M. E. Frey 9 h.\n22 M. E. Risler 9 h.\n23 Mme Baltus 9h.\n24 Mme Lainé-Lantez 9h.\n25 Mlle Legrenay 9h.\n26 M. F. Busoni 9 h.\n27 Mllc Van Barentzen * 9h.\n28 Mlle Veluard 9h.\n29 M. E. Risler 9 h.\n30 La Tarentelle 9 h.\n31 M. Borchard * 9 h.\n* Voir nos annonces.\nSalle PLEYEL\n16 au 31 janvier\n16 Quatuor Lejeune 9 h.\n17 Mmf Baissac 9h.\n19 M. Joseph Debroux 9h.\n20 M,ne Galewska 9h.\n21 Quatuor Calliat 9 h.\n22 Mmc L*c Vaillant 9h.\n23 M 1 Pauline Aubert 9h.\n24 Société Nationale 9 h.\n25 Mllc R. Lénars 9h.\n26 M. Alfred Casella 9 h.\n27 M. Raymond Marthe 9 h.\n28 La S. M. I. 9 h.\n29 Str des Comprs. de Mus. 9h.\nMme Cam. Chevillard 2h.\nM. André Lévy 9 h.\n3 1 M. 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F. P. C.i\n20 Socte Philharmonique\n22 M. Tina Lerner\n23 M. Jean Canivet\n24 Mme Bathori\n26 M. Lamond\n27SSou'cu' Philharmonique 9h.\n28 M. Tectkonius 9 h.\n29 M. Enesco 9 h.\n30 Schola Cantorum 9 h.\n3 1 Assoc. Chor. Prof11*1 * 9h.\nSalle\nMALAKOFF\nles lundis et jeudis à 9 heures\nConcerts-Rouge\nSALLE DES AGRICULTEURS\n16 M 1 Laval 9h.\n18 Asson Turgot 3h.\n22 Cte Visconti * 9h.\n23 Mlle Laval 9h.\n24 M. Aerts 9 h.\n26 Quatuor-Hongrois 9 h.\n27 Cu Visconti * 9h.\n28 M. Zanto 9. h.\n29 Mlle Chaigneau 9. h.\n30 M,lc Blancard 9. h.\nSCHOLA CANTORUM\n16 Quatuor Le Feuve 9 h.\n20 Quatuor Parent 9 h.\n27 Quatuor Parent 9 h.\nSALLE DU\nCONSERVATOIRE\n27 Salon des M. 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Fitz-James\n# LA GRÈVE DES TZIGANES, par Louis Flcury\nLA QUINZAINE :\nCONCERTS ET RÉCITALS PROVINCE BELGIQUE REVUE DE LA PRESSE ÇA ET LA\nSupplément de Quinzaine"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.2", "texte": "•A\nf\n$\n.4*\n-vv\nLA REVUE MUSICALE\nS. I. M.\nET COURRIER MUSICAL RÉUNIS\n*• • • -\nDirecteur :\nJULES ÉCORCHEVILLE\nA\nAdministrateur général :\nRENÉ DOIRE\n&\n,'-Ï\nQP\nv- \"\nRédacteur\nEMILE VUILLERMOZ\n*\nPUBLIE :\nV-T;-\n' ;S\ndans son numéro du Vr :\nd'importantes études musicologiquesf critiques et historiques $ les compte-rendus des grands concerts par CLAUDE\nDEBUSSY et VINCENT D'INDY 5 des Théâtres par EMILE VUILLERMOZ ; des Music-halls par Louis LALOY, etc.\ndans son numéro du 15 :\ndes articles d'actualité, des échos, indiscrétions et nouvelles, des compte-rendus détailles des Concerts et récitals,\ndes interviews d'artistes, une revue de la presse, des correspondances de la province et de 1 étranger, etc.\nm\n-vr ( France et Belgique :15 fr. |Le numéro du ler:Ier: 1 fr. 50 (Union Postale : 2 fr.)\nAbonnement NAN j Union postaie . 2Q fr. jLe numéro du 15: o fr. 50 (Union Postale : ofr. ;\n75)\n\nAL\nSOCIÉTÉ rRANÇAISE DES\nusibMj E!\n: •• \" -.7; ' BBBMI\nComité d'honneur :\nM. le Président de la République M. le Ministre de l'lnstruction Publique et des Beaux-Arts\nM, le Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts M. Gabriel Fauré, Directeur du Conservatoire\nM. Henry Marcel, ancien Directeur des Beaux-Arts, Directeur des Musées Nationaux.\nConseil d'Administration :\nPrésidente d'Honneur : S. A. R. Mme la Duchesse de VENDOME\nBureau :\nPrésident: M. Gustave BERLY Vice-Présidents : M. le Prince A. D'ARENBERG M. Louis\nBARTHOU M. J. ÉCORCHEVILLE M. Alexis ROSTAND ; Trésorier : M. Léo SACHS 5\nSecrétaire du Conseil: M. Gustave CAHEN ; Secrétaire Général: M. Louis DE MORSIER.\nMembres du Conseil :\nMme Alexandre ANDRÉ Mme la Comtesse RENÉ DE BÉARN —— M. André BÉNAC\nM. Léon BOURGEOIS M. Gustave BRET Mme la Comtesse GÉRARD DE GANAY\nM. Fernand HALPHEN Mme la Vicomtesse D'HARCOURT Mme la Comtesse D'HAUS-\nSONVILLE - Mme Daniel HERRMANN Mme Henry HOTTINGUER Mme Georges\nKINEN M. Jacques PASQUIER Mme la Comtesse PAUL DE POURTALÈS\nM. A. PRÈGRE Mme Théodore REINACH M. Romain ROLLAND M. Jacques\nROUCHÉ M, Louis SCHOPFER Mme SÉLIGMANN-LUI M. 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Un télégramme, un soir, m'a replacé brutalement en face de l'amère énigme\nde la mort, à propos de l'ami très-grand et très-cher qui ne reviendra jamais : et on me confie\nle douloureux privilège de parler ici de lui. Comment le pourrai-je ? Le cœur me manque à\nl'idée d'user des mots qui servent à la littérature, et dont la vanité ne m'apparaît jamais plus\ngrande qu'en de telles minutes. Puissé-je ne tracer que ceux qui naîtront du chagrin dont je\nsuis envahi : puissé-je, dans ce deuil, n'être point un écrivain, mais seulement un homme\npleurant un grand aîné qui lui fut un exemple de beauté depuis l'adolescence.\nUn exemple de beauté je crois que c'est là tout ce qu'il fut. Son existence de virtuose\naura été dans notre temps un phénomène météorique et extraordinaire. Il y a vingt ans, les\nintimes de ce compositeur léger, fin et charmant étaient encore seuls à savoir que le musicien\nde grâce française dissimulait un génie du piano. Un hasard, presque, le révéla : le lendemain\nil était célèbre, et alors s'alluma la fusée éblouissante de cette carrière, qui jaillit et emporta\néperdûment à travers le vaste monde un flamboiement de l'art français.\nPugno fut un ambassadeur de notre art dans l'univers. Partout il subjugua : partout, après\navoir fait étinceler sa magique interprétation, il acheva l'œuvre en imposant l'irrésistible attrait\n\n1 Rappelons les principales étapes de la carrière de Raoul Pugno. Né en 1852, il révèle de très bonne heure\ndes dispositions exceptionnelles pour la musique. Il entre à l'Ecole Niedermeyer puis au Conservatoire où il\nremporte de nombreux succès scolaires. Organiste à Saint Eugène depuis 1872, il devient professeur au Conser-\nvatoire en 1892, y enseigne l'harmonie jusqu'en 1896 et le piano jusqu'en 1901. Il a consacré à la virtuosité\nles vingt dernières années de sa vie et s'est fait applaudir dans le monde entier ; il demeura pendant toute sa\ncarrière le fidèle champion de la maison Pleyel qui perd en lui un de ses plus vaillants défenseurs. Il fut,\npendant dix-sept ans, l'inséparable compagnon d'Ysaye avec qui il donna d'inoubliables récitals de sonates. Il\nlaisse de très nombreuses compositions de musique légère (opérettes, ballets, pantomines), des pièces de musique\nde chambre, un opéra en collaboration avec Nadia Boulanger, la Ville Morte et des projets de drames lyriques :\nla Rédemption de Colin Muset, de Maurice Léna et un Orphée de d'Annunzio. Il est mort à Moscou, au cours\nd'une tournée de concerts, le 3 Janvier 1914."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.6", "texte": "2\nS. I. M.\n\nde sa bonté joyeuse, la simplicité de son âme et l'éclat de son lucide esprit. On l'adorait après\nl'avoir admiré. Une grandeur s'éteint en lui, le reflet suprême de l'art romantique dont il était\nun des héros ressuscités, par la générosité, le don de soi, le large cœur, l'effusion rayonnante,\net le souriant, l'indulgent dédain de toute petitesse. Jamais, dans ces vingt années, notre France\nn'a envoyé à l'étranger un champion plus valeureux, un messager plus beau, un témoin plus\nfidèle de son âme musicale régénérée. Je n'ai pas à le juger techniquement : je l'oserais moins\nque jamais, et je ne suis qu'un poète fou de musique. Mais enfin je crois bien que s'il ne\nressemblait à personne, et s'il apparaissait le plus ample, le plus frémissant et le plus prestigieux\ndes lyriques du clavier, c'était parce qu'il donnait encore plus son cœur que son talent. On ne\npensait pas â sa perfection, à sa science, aussi absolues pourtant que celles d'un Paderewski,\nd'un Risler, d'un Sauer ou d'un Busoni. C'était une conscience féerique qui s'ouvrait, c'était\nun grand aveu magnifiquement humain.\nAu piano, il était sublime. Il s'asseyait, grave et simple, avec cette puissance physique\nCjui revêtait tout son être d'une sorte de majesté paisible d'officiant —et tout de suite il s'isolait.\nSes yeux se fermaient à demi, il ne connaissait plus ni la salle ni lui-même, mais, tout entier\ntourné vers le dedans de soi, le visage transfiguré de beauté mélancolique et sereine, il méditait\nce que ses mains allaient traduire, il écoutait, tour à tour léonin et tendre, le génie de\nSchumann, de Mozart ou de Franck devenir le sien. Son piano n'était plus un piano, mais un\nvioloncelle, un hautbois, ou la voix elle-même d'Ariel. Il modelait une harmonie comme\nRodin modèle une glaise ; j'ai souvent été frappé de l'identité de leurs mains de caresse et\nde force ; Pugno avait les mains de Rodin. Il en avait aussi un peu le masque, avec sa large\nbarbe et ses yeux subtils, parfois noirs d'une brusque passion tout italienne comme si la\nnature avait voulu bien préciser qu'il était le Rodin du piano. Il y avait des musiques qui, sous\nles doigts de Pugno, devenaient des tendresses vaporeuses et lumineuses comme les pâles petits\ngroupes de marbre de son génial émule: il y en avait qui s'irisaient comme des cristaux vénitiens,\net dont la délicate merveille était si frêle que nos applaudissements se contenaient de peur de\nles briser : et il y en avait qui, brûlantes, se figeaient comme des coulées de bronze au moule\nimposé par l'implacable volonté et l'impeccable robustesse de son style et de son rythme. Car\ncet homme pouvait tout, et reforger de mains titanesques le concerto de Schumann, et susciter\nle vol diapré des Papillons,et murmurer avec une exquisité verlainienne la lente, la tremblante,\nl'immatérielle confidence des Variations symphoniquesde Franck...\nEst-ce qu'il est vraiment possible que jamais, jamais plus, nous ne les revoyions s'avancer\nensemble sur une scène, lui et Eugène Ysaye ? A celui-là je n'ose penser, je mesure bien tout\nnotre deuil à tous, mais le sien... En quel coin du monde la fatale nouvelle l'aura-t-elle touché,\nce grand voyageur ? En quel lieu lointain prolongea-t-il alors une sombre rêverie sur la sorte\nd'amputation de son génie et de son âme qui vient de lui être faite ? Ils étaient les deux bons\ngéants. Ils survenaient, imposants, musclés comme deux des bâtisseurs du Walhall, et la gloire,\npour les remercier, leur jetait son anneau d'or. Un jour, ils prirent ensemble cette sonate pour\npiano et violon que Franck n'entendait jamais jouer, ils l'emportèrent à travers le monde\ncomme un flambeau, et leur âme fervente fit à la sienne le don d'une des rares joies que ce\nsaint méconnu ait goûtées avant de regagner son ciel originel : il leur dut d'être acclamé partout\noù on l'avait nié, il eut par eux le présage consolateur des justes réparations de l'avenir. Qui\nn'a point entendu Ysaye et Pugno jouer cette sonate ignore une des cimes de la musique, et\nle sens de la perfection indépassable dans l'interprétation. Un couple d'une fierté unique est\nest en eux aboli, qui portait partout la beauté, et partout soutenait de sa double stature de\ncariatides le portique musical ouvert sur l'infini des grands chefs-d'œuvre.\nYsaye reste seul ; le cher compagnon d'exodes et de triomphes ne le rejoindra plus. Ce"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.7", "texte": "SUR LA MORT DE RAOUL PUGNO\n3\n\nqu'était son génie, je peux mal le dire. Mais son souvenir restera lié en moi à celui des quelques\nséances inoubliables où il me fît l'insigne honneur de m'associer, pour la gloire de Chopin,\nde Schumann, de Franck, à ce qu'il appelait en souriant \" des concertos pour parole et piano \",\net où mes pauvres phrases s'achevaient dans le faste lyrique de ses sonorités. Mon amour de la\nmusique excusait à ses yeux l'ignorance technique où j'en pouvais être. Qu'il fut, en ces\nconcerts, bon pour moi, et comment, maintenant parlerais-je auprès de quelqu'un d'autre !\nTout en lui, la vie et l'art, naissait de la bonté et y faisait retour. Il faut dire aujourd'hui à\nceux qui ne l'ont pas su combien Raoul Pugno était divinement bon, et comment cet homme\nqui était la franchise vivante ne fut jamais furtif que pour obliger autrui. J'entends encore,\nlongtemps j'entendrai cette voix un peu voilée, la façon dont elle disait : \" Bonjour, ami... \",\ntoutes ses remarques si justes, si sagaces, de maître dont renseignement ne fut jamais doctri-\nnaire mais éveilla toujours en chacun une émotion plus vive et un respect plus grand devant\nles grandes oeuvres : et il était très-gai, et il ironisait parfois, mais sa raillerie s'atténuait\naussitôt d'un rire. Il fut le bon héros de l'idéal. Si tous ceux qui l'acclamèrent, et dont il\nouvrit et remua les âmes jusqu'au tréfonds, s'étaient pu joindre à nous, ses funérailles eussent\nété la levée d'un peuple : mais si tous ceux qu'il a secondés en silence étaient là, on me-\nsurerait plus encore combien l'homme valut le virtuose.\nQu'il aimait à servir ! Qu'il aimait vivre, et qu'il a intensément vécu, senti, rêvé, compris !\nEn cette demeure familiale de Gargenville, où il était si fier de ses vergers et de ses blés, devant\ndes horizons riches et étales comme ses grandes harmonies, chaque objet était révélateur d'une\nhaute culture d'artiste épris des beaux livres, des bibelots, des tableaux, des meubles rares, de\ntout ce qui orne le bonheur intime. Beauté, bonté, étaient pour lui une seule et même chose\net c'était tout son évangile lorsqu'il communiait quotidiennement à la sainte table du clavier,\nservant ses dieux, Mozart, Chopin, Schumann et Franck avant tous, comme on ne les servira plus.\nEt à présent voilà, voilà... Bien loin d'ici, dans les neiges, il est mort tout à coup, à\nl'honneur et à la peine. Une jeune fille qui fut son élève préférée, sa collaboratrice, et qu'il\nguidait à la gloire, n'a pas faibli dans la fière et atroce mission de ramener le corps inerte de\nson maître vers une famille sur le deuil de laquelle j'aurai la douloureuse pudeur de ne point\ntrouver de termes, car il n'en existe pas qui puissent suffire.\nCette culture, cette inspiration, ce charme, cette renommée, cet amour, tout s'est\névanoui. Le concert est achevé. Posons des roses sur le piano devenu sarcophage, et laissons\ncette ombre humaine prolonger son rêve au silence de l'ombre insondable et définitive. Aux\namis disparus je mesure la marche de ma vie vers un destin pareil, et les noms aimés devien-\nnent un à un des sanglots : mais je sens bien que pour celui-là il faut donner au mot \" mort\"\nun sens plus consolant et plus pur. Pour lui entre les meilleurs de ceux que j'ai déjà perdus sur\nla sombre route, je me redis le vers de mon maître Mallarmé, comme une formule conjura-\ntrice : \" Tel qu'en lui-même enfin l'éternité le change \" voilà ce qu'est maintenant notre\nRaoul Pugno. Il connaît à présent dans son indicible plénitude cette harmonie dont ses mains\ncherchaient en tâtonnant l'expression terrestre avec une ferveur, une anxiété et une foi si\nmagnifiques, et à ce geste de recherche incessante une calme certitude a succédé. Notre ami\nn'est pas plus mort que le père Franck qu'il a rejoint dans le haut ciel des bienfaisants et\ndes sincères, et s'il nous voyait pleurer sur lui, en sa toute bonté il nous consolerait...\n\nCamille Mauclair."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.8", "texte": "Parsifal à l'Opéra\n\nMessieurs les directeurs de l'Opéra se tirent non seule-\nment saufs mais à leur honneur de la plus effroyable diffi-\nculté qui pouvait être proposée à leurs efforts. L'idéal ne s'est\ncertes pas consenti, par faveur spéciale, à la réalisation. La\nperfection ne pouvait même pas être approchée ici autant\nqu'à Bayreuth. Je sais qu'on a parlé un instant de \" Bayreuth\nà Paris ! \" u des mêmes artistes ! de conditions identiques ! \"\nTam-tam tout cela ! Enghien chez soi passe, et encore, mais\nle plus éclatant miracle de l'art ne s'opère pas comme se\nréalise une opération commerciale.\nExaminons alors l'exécution de Parsifal que nous leur\ndevons et, pour la mieux juger, plaçons-nous successivement\naux trois points de vue de la poésie, de la musique et de la\ndanse.\nLe poème devait fatalement subir la torture d'une traduction. Rendons grâce déjà à\nMessieurs Messager et Broussan d'avoir choisi la meilleure qui ait été faite jusqu'ici.\nQuand même le traducteur a dû subir la loi et sacrifier, tantôt l'intonation pour maintenir\nl'exactitude du sens, tantôt, sinon le sens au moins son ampleur, pour trouver l'intonation\njuste. Nous n'en prendrons qu'un seul exemple, mais nous y insisterons d'autant plus qu'il s'agit\nde l'invocation capitale, de cette prière si ardente qui traverse le drame pour n'être exaucée\nque lorsque Parsifal, prenant possession de lui-même, aperçoit en lui, en son humanité éclose\nau divin, les aptitudes au sacrifice rédempteur et, compatissant alors au réel, le sanctifie\nd'idéale acceptation. \" Durch mitleid wissend \" contient exactement : \" le sachant par la\ncompassion \" ou encore : \" Celui que la compassion éclaire \" ; et n'a pourtant pas trouvé,\nque je sache, d'autre traduction se rapprochant du sens, et adaptable au texte musical, que\n\" Pitié rend sage — \" Mitleid \" \" la compassion \" contient la pitié, mais les deux termes\nne sont pas synonymes. Le premier est infiniment plus large que l'autre. La pitié n'implique\nla douleur que comme représentation et la représentation est par essence anesthésique. — Si\nbien que la pitié prend le nom de prudence chez celui qui se l'applique à lui-même.\nMais la compassion qui est essentiellement généreuse, ne saurait être appliquée à soi même,\npuisqu'elle implique le partage d'une souffrance; la souffrance d'un autre, et de tous les autres,\nressentie jusque dans la chair par suite d'une répercussion du moral sur le physique. Et, deux\nfois, au Ier et au 3uie acte, Parsifal s'évanouit, ses forces matérielles brisées, à la seule pensée de\nla détresse humaine. Détresse fatale, invincible, que l'acceptation seule rachète, puisque du fait\nseul d'être né il quittait déjà Herzeleide, sa mère réelle certes, mais qu'il faut comprendre plus\nprofondément aussi, d'un point de vue métaphysique. Détresse régénératrice aussi, puisqu'il\nlui faut avoir souffert la souffrance aperçue en Amfortas, avant de venir enfin offrir la commu-\nnion salutaire dans les symboles réunis de la lance et du sang ; du sacrifice et de l'acceptation.\nSymboles à jamais sans valeur devant la seule intelligence et qui ne se donnent pénétrables\nqu'à la clairvoyance du cœur. \" Pitié \" n'est donc ici, en présence de la musique, que la meil-\nleur traduction possible de \" compassion \" et ce meilleur possible reste incomplet. Ceci\nentendu \" pitié rend sage \" se rapproche de l'exactitude mais à la condition encore de com-\nprendre qu'il s'agit ici de cette sagesse originelle jamais perdue (') mais trop souvent enfouie\n\n(Dessin de Kufferath)\n\n(') .... doch bist du selbst zu ihm erkoren bleibt dir die Kunde unverloren. Cf. partition K. Klindw\north page 64."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.9", "texte": "PARSIFAL\n5\n\nhélas ! sous les renaissantes ruines du réel et dont l'éveil miraculeux, lorsqu'il se produit, nous\nramène, et nous penche contemplatifs, vers l'insondable mystère de la vie, offert déjà à notre\npensée, dans la tétralogie sous la forme de Erda. Mais si le mot sage est pris au sens vulgaire,\nn'impliquant qu'une prudente soumission à des lois civiles ou à des dogmes religieux utilitaire-\nment admis, le spectateur se trouve placé en présence d'une irréductible antinomie.\nQuoi de moins compatissant en effet que la sagesse pratique ? Et quoi aussi de moins\npratiquement sage que la compassion ? Il la faut réduire pourtant cette antinomie, sous peine\nde ne pas pouvoir suivre du regard de l'âme Parsifal s'élevant jusqu'à l'idéale royauté, jusqu'à\nla divine possession par l'amour. Et nul ne la réduira jamais qu'en la dépassant pour voir les\nchoses, sans défi à la raison, mais de plus haut que la raison. En un mot : esthétiquement.\nQui donc sera capable de cet effort sans en être clairement sollicité par un texte disant et\nrépétant le pourquoi du sanglot universel, capté par le génie pour être miraculeusement\nentendu jusqu'en nos pauvres âmes vulgaires.\nEn nous plaçant au point de vue musical, nous goûterons d'abord le plaisir de saluer\nM. Messager comme un maître entre tous. Maître aussi puissant à nous envelopper des\ninquiétantes magies du \" Zauberschloss \" qu'à répandre à flot de célestes lumières sur le saint\nGraal. L'honneur lui revient aussi d'avoir éveillé les filles superlativement fleurs aux grâces\nlégères de la plus exquise coquetterie. Puisqu'il faut tout dire, nous ferons, à regret, le\nreproche à M. Messager de se trop plier aux dispositions particulières à quelques-uns des inter-\nprètes ; de ne pas contenir, d'une part, et rendre ainsi plus nobles encore les élans enthousiastes\net contrits de M. Franz et de laisser d'autre part à Mlle Bréval le plaisir de se trop\nlonguement entendre. Plaisir sans contredit suave et que nous regrettons d'autant plus de lui\nvoir réserver à son plus proche entourage.\nL'importance du drame méritait aussi que les rôles soient distribués en double, comme il\nse fait à Bayreuth, et comme il vient d'être fait du rôle de Kundry. Avec une voix éclatante\nnuancée à ravir, une diction nette, des gestes sobres mais saisissants, Mlle Demougeot nous a\nmis en présence d'un personnage de style impeccable. Il serait maintenant du plus haut\nintérêt d'entendre M. Van Dyck donner la réplique à Mlle Bréval. Le plus illustre interprète\nde Parsifal frappé en ce moment par des circonstances indépendantes de sa valeur et de sa\nvolonté se trouve libre et ce pourrait pas nous refuser ce grand plaisir. Qui sait même si\nson exemple n'entraînerait pas la grande tragédienne à une articulation plus distincte. Par des\ninterprétations diverses il serait donné au public, et cela importe avant tout, de mieux pouvoir\nmesurer la profondeur d'un drame assez puissant par lui-même pour être saisi indépendamment\ndes concours individuels.\nSans nous arrêter pour cela à la scène des filles-fleurs il nous faut parler de la danse.\nElargissons alors le terme comme l'entendait le poëte créateur et atteignons par là tout ce qui\ns'offre à la vue ; non seulement le geste, l'attitude, le regard, l'expression du visage, le rire, le\nsourire et les larmes, mais encore le costume, les accessoires, le décor et la lumière. Félicitons\nd'abord les interprètes, sans exceptions tous les interprètes, depuis les premiers jusqu'aux\nchevaliers et écuyers, du soin apporté dans l'étude et l'exécution des gestes, aussi du souci\nqu'ils semblent prendre de les perfectionner encore en écoutant les sollicitations de l'orchestre.\nPar contre peu ont l'audace de l'immobilité pourtant si puissamment expressive du drame\nintérieur et souvent commandée par la situation. Mme Caron nous a laissé de beaux exemples\nde ce genre dont le souvenir devrait rester présent.\nLa couleur générale, si impressionante à Bayreuth, des scènes finales du Ie et du 3me acte\nest gâtée ici par le rouge trop dur du manteau des chevaliers ; si toutefois ce mauvais effet\nn'est pas le résultat d'un éclairage moins habile. M. Franz et Melle Bréval ont aussi"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.10", "texte": "6\nS. I. M.\n\ninauguré des nouveautés. Pourquoi r Mell(1 Bréval se prive de ses plus belles facultés en s'impo-\nsant les entraves d'une robe de bal et renonce ainsi à offrir l'éternel féminin à notre méditation\npour ne plus soumettre qu'une question de mode au jugement de quelques toiletteuses. Le\ncostume d'automobiliste de M. Franz n'a pas été non plus très bien compris je crois.\nEncore les Tea Gowns des filles-fleurs, comme la robe plus haut citée, ont dû être décalquées\nsur quelque prospectus de couturière en mal de création tapageuse.\nUn seul mot sur les accessoires. La substitution d'un pauvre canard à la majestueuse blan-\ncheur du cygne est fâcheuse. Lorsque le malencontreux volatile fait son entrée éperdue\nl'orchestre a déjà, heureusement, saturé l'atmosphère de gravité, sinon de fâcheux éclats de\nrire seraient chaque fois à déplorer.\nQuant aux décors nous ne ferons aussi que les effleurer. Avant de nous ouvrir le Mont-\nsalvat, par une brève réplique, \" tu vois mon fils qu'ici le temps devient l'espace \", le poëte\nnous prévient que nous quittons la domaine limité des faits pour nous élever vers la sphère\nillimitée des sentiments, mais, en entrant dans le burg inaccessible à nos pas, toute illusion\ndevient impossible. Les murs se dressent rigides, arrêtant les regards au dur éclat de couleurs\nagressives et tristes en même temps. Pourquoi ne pas avoir cherché l'effet saisissant, obtenu à\nBayreuth, par l'éloignement de l'autel, sa hauteur et des voûtes de style indéfini s'enfonçant\ndiluées de vague vers un lointain sans limite. Les autres décors ne sont pas plus heureux. Le\nlac dont il est tant question au premier acte n'a été deviné que par quelques rares privilégiés.\n\" Ce qui peut être montré ne doit pas seulement être dit \" est pourtant un axiome wagnérien\nqu'il eut été bon de mettre en pratique. Au 3e acte la transformation de la hutte fleurie des\nvertus de Gurnemanz en une paillotte de nègre congolais n'a pas été mieux goûtée, je crois,\nque le canard, dont l'engagement ne sera pas renouvelé, j'espère. Le maniement de la lumière\nest malheureusement trop inhabile pour ne pas gâter en partie l'effet du jardin enchanté qui,\nsans cela, répondrait en tout point à la situation, surtout si les changements qui précèdent et\nsuivent étaient un peu plus faciles.\nLa mission du critique est d'appeler l'attention sur les inévitables erreurs de façon à\npermettre au spectateur de les éluder pour réserver sa pensée à l'idée morale proposée. Je l'ai\nfait sans en avoir heureusement de graves à désigner et, si la représentation de Parsifal n'est\npas parfaite, elle mérite cependant notre reconnaissance à ceux qui en ont assumé la charge au\nmilieu d'innombrables difficultés.\nEt maintenant quel sera l'effet produit ici par l'incomparable chef-d'œuvre ? \" Il ne s'agit\npas d'une pièce de théâtre\" comme l'a dit M. Vuillermoz que je remplace bien mal ici,\n\" mais d'une cérémonie religieuse \" Et quelle cérémonie religieuse ! Jamais plus puissant appel\nau cœur humain, au mystère de notre âme n'avait retenti. De telles choses ne peuvent certes\npas être entendues par les snobs enchaînés par une paresseuse vanité aux déprimantes jacasseries\nmondaines ni par les habitués des lieux consacrés aux vulgarités du Bridge ou du Tango. Ce\nn'est pas la France heureusement que je désigne ainsi, ce n'est même qu'une partie, trop\ngrande encore, mais faible du public parisien. Mais dans ce Paris si beau, si brave et si troublant\nne sommes nous pas tous esclaves de trompeuses lumières r Tous plus ou moins brûlés des\nmauvaises fièvres du luxe et du plaisir facile ? N'avons nous pas, pour la plupart, dilapidé\nentièrement les richesses du cœur qu'il nous faudrait posséder encore, au moins en pour\ncomprendre Amfortas s'écriant. \" Ah ! se peut-il que personne ne mesure l'effroyable ravage\nde mon âme en présence de ce qui enchante la naïve foi des purs. Ma blessure, l'infernal\ntourment du désir indompté ne serait rien ! mais moi ! Pêcheur exécrable ! Il me faut régner\nsur vous, appeler la grâce sur votre pureté. Et lorsque au pied de l'Autel, extasié jusqu'à la\nsouffrance, la joie du sacrifice accepté vient s'offrir en délice àma pensée, je sens encore le"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.11", "texte": "LA GRÈVE DES TZIGANES\n7\n\nflot de mon sang impur rouler dans mes veines, prêt à s'élancer, rompant les digues d'un\nimpuissant repentir, pour se répandre dans un monde, a jamais alors! Corrompu de ma cor-\nruption. \" Cependant le roi pêcheur rongé dans le présent, terrifié de l'avenir s'incline à\nl'appel répété du passé, et dans l'obscurité répandue progressive, le Saint Graal va s'enflammer,\nresplendir. L'âme du pénitent s'éclaire ainsi d'être scrutée par sa contrition et, par le\nmiracle de l'art, se laisse offrir visible à nos regards.\nTristan heurté au monde des formes vacillantes ne pouvait espérer qu'en la mort pour les\nabolir et en même temps dissoudre ses illusions. Amfortas est aussi un vain esclave du jour\nmais il aeu la sainte vision du salut par la consécration des puissances du désir aux fins\nglorieuses de l'amour. Tous nous la portons en nous ensevelie, cette vision, et si notre pensée\nl'atteint, aux rares instants des bienheureuses résurrections de notre enfance préalable au désir\ncruel, ce n'est que pour la voir aussitôt pâlir, s'effacer et pour retomber alors épuisée comme\nAmfortas, laissant Kundry subir à jamais l'esclavage d'exécrables sortilèges. Ah! pleurez Kundry\néternelle ! l'invisible idéal à jamais vous échappe mais pleurez et vous en apercevrez les\nlointaines et insaisissables splendeurs à travers vos larmes. De Parsifal il vous reste plus qu'un\nsouvenir, à votre front saigne désormais la blessure sacrée que le baptême de Bayreuth\nrénove, puisque maintenant vous pressentez au moins le mystère du Graal, puisque vous voilà\naffranchie des vaines formules et des cultes idolâtres allez! faites la longue route qui mérite\nce baptême et vous verrez, nobles femmes de France ! Le Graal ne sera plus jamais recouvert,\nl'idée chrétienne toujours présente vous guidant, vous vous efforcerez désormais à la rédemption\nde votre rédempteur. 1 Grâces soient rendues ! !\nSi la direction de l'Opéra n'a pu atteindre à l'impossible perfection, tout ce qui était\npossible ici a au moins été largement fait. Cela suffit pour que les voies du sanctuaire nous\nsoient lumineusement tracées.\nA bientôt alors, sur le Heilige Hugel.\n\nH. Fitz-James.\n\nA propos de la grève des Tziganes\n\nPar une singulière coïncidence, au moment même où s'imprimait mon article sur les\nsyndicats de musiciens 2 une grève générale des orchestres dits 66 tziganes \" éclatait à Mont-\nmartre. Si une grève n'avait pas, le plus souvent, tant de douloureux a-cotes, je serais tenté de\nme réjouir d'un incident qui remet la question en pleine actualité. Personne n'ignore, je pense,\nque les \" tziganes \" de nos établissements de nuit, sont, pour la plupart, d'excellents musiciens\nparisiens que les hasards de la profession ont poussés à revêtir la tunique à brandebourgs des\nHongrois et des Roumains. Ce sont, pour le plus grand nombre, de fort habiles musiciens\nd'orchestre, et certains d'entre eux sont gens de talent. On se demandera quelles raisons ont\npu les déterminer à faire un pareil métier : l'explication est fort simple et je n'aurais pas\nbesoin d'y revenir aujourd'hui si un petit accident (deux pages égarées dans le trajet entre les\nbureaux et l'imprimerie de la S. I. M.) n'avaient enlevé à mon précédent article quelques\n\n1 PARSIFAL : Nicht soll der mehr verschlossen sein : enthullet den Gral, œfFnet den Schrein ! ALLÉ :\nHochsten Heiles Wunder : Erlosung dem Erloser !\n2 N° du icr Janvier."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.12", "texte": "8\nS. I. M.\n\nprécisions sur la situation matérielle des musiciens d'orchestre avant la fondation de leur\nsyndicat.\ni° Il y a eu ces 20 dernières années, un tel afflux de musiciens à Paris que le nombre\ndes chômeurs, en certaines saisons, dépasse celui des musiciens employés.\n2° Les théâtres de musique pure, ou les orchestres syrnphoniques, n'emploient pas le\nI/IO de l'effectif total des musiciens parisiens.\n3° Il n'existe pas un seul établissement à Paris donnant à son personnel une somme de\ntravail annuel suffisante pour occuper son activité, et un salaire assez rémunérateur pour le\nfaire vivre.\nEn conséquence les musiciens, dans leur grande majorité, sont contraints d'exercer leur\nprofession n'importe où et n'importe comment. Ils doivent surtout cumuler le plus d'emplois\npossible, jouer la meilleure et la pire musique, courir sans relâche aux quatre coins de Paris.\nCeux qui jouent d'un instrument privilégié tel que le violon ou le piano ont la ressource\nbien aléatoire du professorat. Les autres, les gros instruments, les cuivres, notamment,\nseraient-ils dans leur spécialité des Paganini ou des Rubinstein, n'arrivent à boucler leur\nbudget qu'en acceptant en bloc toutes les besognes : enregistrement de disques de phonographes,\nbals de nuit, etc. etc. Et tout cela sans aucune certitude de durée. C'est une honte pour\nl'organisation de la musique à Paris que durant de longues années, certains solistes de nos\ngrandes associations syrnphoniques aient dû affronter les responsabilités de leur concert du\nDimanche après avoir soufflé des valses et des quadrilles de dix heures du soir à six heures du\nmatin dans les bals à grand orchestre du Grand Hôtel et du Continental et ceci pour un salaire\nmisérable.\nCar ce métier qui nécessite de nombreux frais de déplacement et de tenue et comporte\ntous les risques des professions dites libérales, s'il n'exige pas une grande dépense de talent,\ndemande au moins un certain effort physique. Sait-on combien les musiciens de théâtres étaient\npayés avant la grève de 1902 ? A l'Opéra, 011 trouvait encore des emplois à 1500 fr. par an. Il y\navait à l'Opéra-Comique des premiers violons à 135 fr. par mois. Dans les théâtres et music-\nhalls les appointements allaient de 150 fr. (pour les solistes) à 12c, 100 et jusqu'à 75 fr. par\nmois ! Et, si les matinées étaient payées à part (souvent à 1/2 tarif), toutes les répétitions,\nmême celles de nuit, après le spectacle ! étaient dues gratuitement aux directeurs. Bref,\nde sérieuses statistiques l'ont prouvé, le salaire moyen d'un musicien évoluait entre 2 fr. et\n4 fr. 50 par service. Et l'on s'étonne que ces gens là se soient mis au rang des prolétaires et\nemployé leurs moyens d'action pour améliorer leur sort !\nJe n'ai suivi que de loin la grève des tziganes et ce sont les journaux qui m'apprennent\naujourd'hui la fin du conflit à leur avantage, paraît-il. Jusqu'ici l'action syndicale avait eu\npeu de prise sur eux : ils tiraient le plus clair de leurs ressources du produit des quêtes et le\ngouvernement a interdit les quêtes. Il y aurait long à écrire là-dessus et la place m'est mesurée.\nLes chefs d'établissement de nuit devront donc payer directement leurs musiciens : les violon-solo\ntoucheront désormais 13 fr. par nuit et les autres 10 fr. Ils joueront de minuit à 5 heures du\nmatin, mais ils auront droit à une minute de repos entre les morceaux. Vous avez bien lu :\nune minute entiere !! Allons ! ce sont d'heureux gaillards....\n\nLouis Fleury."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.13", "texte": "A travers la quinzaine\n\nLes vastes nefs des cathédrales dont les colonnes s'élancent en un fusèlement vertigineux\net les voussures plus modestes des chapelles aux humbles piliers viennent de ressusciter pour\nnous ces lieux d'asile qu'étaient au moyen-âge les basiliques. Là se réfugia, l'espace de quelques\nsoirs, la Musique momentanément abandonnée par les virtuoses. Chaque église, pour la mieux\naccueillir, s'était parée de ses plus fines dentelles de pierre, avait poudré sa toiture de frimas à\nla façon d'une chevelure de noble dame ou d'aïeule et, resplendissant de tout l'éclat des\ncierges, faisant rougeoyer ses vitraux, brasiller ses verrières, dans la frigidité limpide de la belle\nnuit d'hiver.\nMaîtres de chapelle et organistes rivalisèrent d'activité et l'ordonnance de ces solennités\nvint témoigner de leur culture, de leur goût, parfois aussi de regrettables préférences subies ou\nvolontaires. La musique sacrée déroula son ampleur sereine ; la religiosité fade ou équivoque\nne mit aucune pudeur à étaler complaisamment ses pages de médiocre et fausse musicalité ;\nenfin, dans la plupart des temples, retentirent ces chants d'allégresse, ces vieux Noëls dont la\nnaïveté et la candeur n'ont point cessé de nous paraître attendrissantes. A Saint-Eustache,\nMM. Raugel et Joseph Bonnet magnifièrent Bach, Corelli, Schiitz, Lotti, R. de Lassus,\nVittoria, Palestrina, Liszt et César Franck. Le Psaume CL du \"Pater Seraphicus \" résonna\naussi à Sainte-Clotilde, sur ces mêmes orgues qui tant de fois se montrèrent les dociles confi-\ndentes de son angélique inspiration et qui sont actuellement tenues par M. Tournemire. De\nFranck encore, la Messe Solennelle exécutée sous les auspices de M. Gigout à Saint-Augustin.\nPar les soins de MM. Marc de Ranse et Joseph Boulnois, Saint-Louis d'Antin vit la ferveur\nfranckiste se mélanger d'attique pureté fauréenne avec le Tu es Petrus et le Tantum Ergo qui\nfurent également chantés à la Madeleine où M. Gabriel Fauré avait été le prédécesseur de\nM. Dallier. Et c'est par des œuvres religieuses de choix que M. Alfred Marichelle à Notre-\nDame de Bonne-Nouvelle, M. Tricon à Saint-Honoré d'Eylau, parmi bien d'autres, célé-\nbrèrent les fêtes de la Nativité.\nEn dehors de la musique appropriée aux cérémonies rituelles, U Enfance du Christ est\nvraiment de circonstance quand approche Noël. La société \" Le Gratin \" voulant glorifier le\ncent-dixième anniversaire du maître dauphinois consacra à cet ouvrage la presque totalité de\nson Festival Berlioz. Cette audition intégrale, donnée dans la Salle du Conservatoire avec des\nsolistes d'un talent éprouvé, un orchestre et des chœurs bien disciplinés, fut extrêmement\nréussie. Comme plus tard Wagner, écrivant dans sa vieillesse les aventures du chaste et fol\nParsifal, Berlioz avait renoncé en pleine maturité à ses habituelles et volcaniques ardeurs pour\npeindre ce tableau biblique. L'homme des passions tumultueuses et des frénétiques déchaîne-\nments instrumentaux sut trouver ici des couleurs atténuées et des accents d'une simplicité\némouvante. Si la fraîcheur de certaines pages nous semble un peu fanée aujourd'hui, combien"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.14", "texte": "IO\nS. I. M.\n\n—et La Fuite en Egypte en particulier ont conservé intacts leur poésie et leur parfum.\nMme Auguez de Montalant, MM. Jan Reder et Georges Mary en exprimèrent avec piété le\ncharme d'idylle et la grandeur mystique. Quant à M. Coulomb, le Récitant, il y a plaisir à\ninsister sur ses très remarquables qualités de musicien. Un ténor à la voix bien timbrée qui\ndéchiffre impeccablement toute musique est une exception, même à notre époque. Les difficultés\nd'une déclamation lyrique aux intonations redoutables devraient pourtant nous valoir en plus\ngrand nombre des chanteurs rompus aux modulations intensives. Malgré que les mélodies de\nBerlioz n'en demandassent pas tant, M. Coulomb y apporta une sûreté vocale, un goût\nd'interprétation et un style qui furent unanimement appréciés. Cette soirée marqua en outre\nles débuts à Paris d'un jeune chef d'orchestre. M. Henri Morin, chef de l'Association Nantaise\ndes Grands Concerts, est considéré à Nantes comme un kapellmeister d'avenir. L'exécution,\nsous sa baguette, de L'Enfance du Christ,de la Marche Hongroise de\ndes ouvertures de Benvenutoet celle-ci surtout du nous prouvèrent\nqu'il possède cette précision à la fois souple et ferme, réfléchie et impulsive, seule capable de\ndiriger des masses et d'obtenir d'elles une interprétation juste, nuancée, vivante.\nAu milieu de ces manifestations où la religion le disputait à l'art, la Schola Cantorum\nest venu mettre un rappel de la pompe théâtrale. Son second concert mensuel était en effet\nconsacré à La Musique de Scène.L'on sait que c'est là un genre assez récent encore qu'il\ndérive du ballet et de la pantomime. La musique de scène proprement dite ne remonte guère\nau delà du siècle dernier. Elle se propose de créer autour d'un drame une atmosphère musicale\nqui en accompagne les péripéties, en commente les situations et elle emprunte ses effets tantôt\nà la symphonie, tantôt à l'opéra. Sans doute le programme d'une seule séance n'aurait pu\ncontenir tout ce qui a été produit d'intéressant dans cette branche. Il est tout de même permis\nde déplorer que n'y aient pas trouvé place Le Songe d'une Nuit d'Eté de Mendelssohn ni le\nManfred de Schumann. Plus significatifs encore eussent été de Massenet, le\nShylock de M. Gabriel Fauré et Le Martyre de Saint-Sébastien de M. Claude Debussy. Cette\ndernière partition, en opposant son esprit délibérément novateur aux formes plus classiques des\nouvrages antérieurs, n'aurait pas manqué de constituer un contraste amusant et un enseigne-\nment précieux.\nMais, si un intérêt historique ou un caractère instructif ne ressortaient pas de leur groupe-\nment, les œuvres choisies se présentaient du moins avec tout le mérite de vertus depuis\nlongtemps reconnues. La musique d'Egmont, écrite pour la tragédie de Gœthe, ne rappelle\nque de fort loin le Beethoven des Symphonies.De nombreuses formules remplissent quelques-\nuns des fragments entendus ce soir-là. Toutefois, la dramatique Ouverture, souvent inscrite à\nnos grands concerts dominicaux, et La Mort de Cldrchen douce agonie de jeune fille, lueur\nde lampe qui vacille et s'éteint avec les dernières notes des cors sont d'une hauteur\nd'expression humaine et frémissante. Après les sombres événements qui ensanglantèrent les\nPays-Bas espagnols, voici notre Provence et son ciel adorable. L'Arlésienne, c'est le soleil des\nplaines de la Crau, la senteur des bois d'olivets, la séduction divine d'une nature et d'une race\nbelles entre toutes. Populaire aujourd'hui, l'œuvre de Bizet demeurera sûrement le type le\nplus achevé de la musique de scène au dix-neuvième siècle. Pêcheur d'lslande, représenté en\n1892, se rapproche de certaines pages du Pays. La rumeur monotone de la mer islandaise\net son horizon gris et bas ont trouvé en M. Guy-Ropartz le musicien qui en traduisit le\nmieux la sévère beauté. Du prélude du troisième acte, La Mer d'lslande, déferle une âpre,\ngrandiose, impressionnante gravité. Le tempérament de M. Guy-Ropartz est plus à l'aise dans\nces descriptions que dans les Danses,lesquelles manquent un peu d'éclat et de variété orches-\ntrale. M. Vincent d'lndy, au contraire, excelle à vivifier ces rythmes populaires, à leur donner\nla saveur et le pittoresque et le coloris instrumental qu'ils réclament. La Pantomime qui ouvre"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.15", "texte": "LES SOCIÉTÉS\n11\n\nle premier acte de Médée et accompagne l'entrée du cortège de Créon et de Creuse est à ce\npoint de vue caractéristique, tandis que Le Triomphe auroral termine la tragédie de Catulle\nMendès en une superbe apothéose sonore. Sous la direction sobre et attentive de M. Marcel\nLabey, l'orchestre de la Schola tint sans faiblir le premier rôle. Grâce à sa nerveuse com-\npréhension et à l'ardente chaleur qu'il communiqua à toute cette musique de scène, nous ne\nnous aperçûmes pas trop que la scène resta vide.\n\nJean Poueigh.\n\nLes Sociétés\nConcerts Barrau\nPour effacer sans doute le fâcheux souvenir du festival italien du 18 décembre et terminer\nl'année en beauté, les deux derniers concerts Barrau faisaient une large part à plusieurs des\nmeilleurs musiciens contemporains.\nLa séance du 27 décembre nous permit d'applaudir Mlle Guller dans Y Evocation volup-\ntueuse et nostalgique d'Albeniz, dans l'éblouissant Islamey de Balakiref, et le Jardin du vieux\nsérail d'Andrinople de Blanchet. Mlle Lapeyrette chanta de très intéressantes mélodies de Paul\nVidal parmi lesquelles il faut signaler Retraite, Sous-bois et Aubade. La première de ces Trois\nChansons de Shakespeare, tirée ou inspirée, selon toute probabilité, du folklore d'Ecosse, possédé\ntoute la grâce svelte et exquisement surannée des vieux chants gaéliques, tendres et capricieux,\ningénus et fantasques. L'accompagnement de ces trois lieds shakespeariens, confié à un orchestre\nà cordes et au piano, accentue leurs qualités par sa richesse sonore et son charme harmonique.\nLe mercredi 31 décembre, nous entendîmes M. Ed. Clément dont l'admirable voix et\nl'art consommé firent merveille dans VAbsence de Berlioz, YEpithalame de Déjanire de Sfc Saëns,\nY Air des Oiseaux de Georges Hue et surtout dans le Clair de Lune et Y Adieu de Fauré.\nDifférents morceaux de piano complétaient ce programme, le plus intéressant peut-être\nque nous eussent offert depuis longtemps les Concerts-Barrau pour le dernier jour de\nl'année. Sans parler de la sonate Clair de Lune de Beethoven sur laquelle tout a ete dit\ndepuis longtemps, et sans insister sur la perfection coutumière apportée par Risler a son\nexécution, il convient de mentionner la Danse espagnole assez peu saillante de Granados\net la Bourrée fantasque de Chabrier ; enfin une autre Bourrée, non moins fantasque en un genre\ndifférent, que Saint-Saëns écrivit pour la main gauche seule. Ainsi Risler tint sans doute a nous\nmontrer (en était-il besoin ?) que sa main gauche n'ignorait rien des prouesses de sa\nmain droite. Le public transporté par cette découverte pourtant prévue, fit à la bourree et a\nson interprète une longue ovation. PAUL LADMIRAULT.\nU. P. P. O.\nLes deux à trois musicaux de 1' u Union des Femmes Professeurs et Compositeurs de\nMusique \" développent cette saison un programme, dont le côté historique n'est pas le seul\nagrément. Consacrées à l'Ecole Allemande, les trois premières séances ont présente un intérêt\ncroissant. Les Classiques Allemands faisaient les frais de la matinée du 8 décembre. Bach, Haydn,\nHaendel, Beethoven et Weber y étaient représentés par des sonates, airs ou concertos à travers\nlesquels on regrette d'apercevoir parfois le bout de l'oreille de 1 arrangeur, qu il se nomme\nFriedmann-Bach ou Bach-Saint-Saëns. Weber, qui usurpait la semble-t-il la place du divin"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.16", "texte": "12\nS. I. M.\n\nMozart, était tout indiqué pour figurer le 22 décembre, dans les à côté\nde Schubert, Schumann et Chopin. Mais ici Brahms aurait dû s'abstenir. Sa part était d'ail-\nleurs fort belle le 5 janvier, dans les Modernes où il voisinait avec Hugo Wolf,\nKlengel, Max Bruch, Hildach, Richard Strauss et Wagner.\nRiche en talents féminins, l'U. F. P. C. n'avait que l'embarras du choix pour l'interpré-\ntation de ces œuvres, se firent donc applaudir MMmes Astruc, de Viville, Bonis-Billard,\nLéninger-Devriès, MelIes Cartier, Pleiffer, Chastel, Moulinet, Dauly, Caffaret, Molica, René,\nLewinsohn et MMelles Bonnard et Dœrken qui méritent toutes deux une mention particu-\nlière pour avoir chanté en allemand.\nJ. RENARD.\n\nNos virtuoses respectent scrupuleusement la trêve. Aussi, dilettantes et amateurs n'auront\nen cette quinzaine que bien peu de friandises à grignoter. Quelques-unes cependant sortent\nde chez le confiseur en renom et l'emportent par la qualité.\nVoici à la salle Gaveau, M. Maurice Dumesnil et son premier récital de piano. Trois\nPièces de Scarlatti, Prœludium et Fuga de Bach, Theme et Variations de Chevillard affirmèrent\ntour à tour sa finesse et sa puissance et sa recherche des sonorités robustes ou délicatement\natténuées. Il triompha encore dans La Campanella de Liszt et ne put se dérober aux acclama-\ntions qu'en se rasseyant encore devant le clavier.\nSuccès'également considérable'pour les deux séances de Sonates données par le grand violo-\nniste J. Boucherit avec le précieux concours de M. Goldschmidt, un des meilleurs dompteurs\nd'Erard que nous possédions. La Sonate a Kreutzer de Beethoven et la Sonate de Franck furent\nrendues avec ampleur et émotion. Mais Mozart convient tout particulièrement au talent de ces\ndeux artistes. M. Boucherit surtout a dérobé le secret de cette musique. Il excelle à en exprimer\nl'intime sentiment, à lui donner tout son charme simple et son exquise signification.\nSalle Malakoff, les Concerts-Rouge continuent leurs soirées de gala. On y fête succes-\nsivement l'admirable talent de Mme Frédéric Boyer dans Y Enfant Prodigue de Debussy, les\nqualités artistiques si rares de Mme Marcella Doria dans Y Enfance du Christ et on applaudit une\nparfaite interprétation de Parsifal par MMmes Henriquez et Arcos, MM. Snell et Chanoine-\nDavranches.\nLa matinée avec orchestre donnée par M. Jemain au Théâtre Fémina fît applaudir sa\nSonate pour piano et violon, des mélodies et une pièce pour orchestre Nuit de Printemps qui fut\nbissée. Ces œuvres aimables reçurent l'accueil le plus sympathique. Excellente soirée également\nau Triolet. De chaleureux applaudissements saluèrent l'orchestre et son chef, M. R. Lesens\naprès une exécution consciencieuse et brillante de pages de Beethoven et Mendelssohn. Enfin\nle Double Quintette se dépensa sans compter dans les Quintettes de Dubois et de Magnard\nqui pour n'être pas doubles n'en sont pas moins copieux."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.17", "texte": "L'Homme de la Cinquième\nMaurice Desclers\nLe thème principal de la 5e symphonie a été inspiré à\nBeethoven par un importun qui frappait à sa porte.\n(La Légende).\nMonsieur de Beethoven... Pardon si jusqu'aux cieux\nJe viens troubler votre génie.\nMe remettez-vous ? Je suis le monsieur\nDe la cinquième symphonie.\nMais oui, voyons ? Vous savez bien !\nQuelqu'un frappait à votre porte :\n\" Pan ! Pan ! Pan ! Pan ! \" Ce simple bruit, ce rien,\nVous vient suggérer des cohortes\nDe sons, de rythmes musicaux,\nRoule dans votre tête un torrent d'harmonie\nDont retentissent les échos...\nAh ! Vous en aviez, du génie !\nY êtes-vous, Monsieur de Beethoven ? C'est moi\nQui vins frapper, par ce beau soir, à votre porte.\nComme j'étais tremblant d'émoi !\nCe que je désirais ? Qu'importe ?\nJ'étais, de mon vivant, laitier\nIl n'y a pas de sot métier !\nPour m'en cacher, mon âme est bien trop franche !\nEt je venais voir, s'il-vous-plaît,\nCombien, le lendemain dimanche,\nIl vous faudrait porter de lait.\nJ'envoyais mes garçons, d'ordinaire, à la vente,\nMon affaire étant conséquente,\nMais vous, je désirais vous voir.\n\" Monsieur de Beethoven, disais-je, ce grand homme,\nEst mon client ! \" Alors, chacun voulait savoir :\n\" Comment est-il ? \" Moi, je ne savais pas, en somme.\nAussi m'étais-je résolu\nA vous aller trouver, sans plus\nDe façons. Et c'est de la sorte\nQue j'ai frappé Pan ! Pan î Pan ! Pan ! à votre porte.\n\" Pan ! Pan ! Pan ! Pan ! \" D'abord, on ne me répond pas.\nMoi, comme de juste, j'insiste :\nJe savais que le grand artiste\nEtait dans sa chambre, à deux pas.\nVous m'excusez d'avoir insisté, n'est-ce pas ?\nTout-à-coup, ô merveille !\nJ'entends vibrer à mon oreille\nLes plus magnifiques accords\nDu monde. Seigneur Dieu ! Je les entends encor !\nPuis, plus rien, Fini le prodige.\n\" Il joue : il est donc là, me dis-je. \"\nEt sur votre seuil me campant,\nJe reprends mon : \" Pan ! Pan ! Pan ! Pan !\nDerechef, le piano sous votre main résonne.\nAutrement, pour sûr, j'aurais cru\nQu'il n'y avait personne,\nMais il n'était pas incongru,\nMonsieur de Beethoven, de refrapper, je pense,\nEt je n'ai rien fait d'impoli,\nPuisque ces accords, si jolis !\nEtaient un aveu de présence.\nJe refrappai donc. De nouveau,\nLa phrase que votre cerveau\nDans son génie immense enfante\nRetentit, triomphante !\nA la fin, je me dis : \" Non, je dois le gêner ! \"\nEt discrètement, je m'apprête,\nSans bruit, à m'éloigner.\nAlors, j'entends un cri : \" Arrête ! \"\nEt votre porte s'ouvre, et vous y paraissez !\nEt voilà que vous m'adressez\nLa parole ! Quelle minute !\nEt vous me dites : \" Triple brute,\nVeux-tu bien reprendre ce bruit ! \"\nEt d'un grand geste vlan ! vous refermez la porte.\nFier de vous obéir, je remonte, de sorte\nQue j'ai frappé Pan ! Pan ! Pan ! Pan ! toute la nuit...\nToute la nuit, ou presque, enfin, car à l'aurore,\nJe me trouvai, rouvrant un œil,\nAssis, Monsieur, sur votre seuil,\nEt vous, vous composiez encore,\nAinsi, mon bonheur fut complet.\nHélas ! Je suis parti quand même.\nQue voulez-vous ? Il le fallait,\nCar c'était l'heure, où, de mon lait,\nChaque matin, j'ôtais la crème...\nVoilà, voilà ! Je suis votre humble serviteur,\nMonsieur de Beethoven. Mais je tenais à faire\nConnaissance avec vous, car enfin, sur la terre,\nNous fûmes quasiment des collaborateurs...\nVous vous taisez, songeant au passé que j'évoque !\nNon ? Vous me parlerez? Enfin ! Sublime jour !\n\" Mon bon ami, veux-tu m'écrire ton discours :\nJe n'en ai pas compris, comme on dit, une broque,\nCar je suis terriblement sourd... \""}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.18", "texte": "Province\nNANCY. — La musique de chambre est révélée aux nancéens par les quatuors de\nMM. Hekking et F. Pollain. Ces deux phalanges musicales nous permettent chaque année\nd'apprécier en quatre séances la réelle valeur et l'homogénéité parfaite de leurs manifestations\nmusicales. Pour cette fois, c'est la deuxième séance de M. Hekking que nous avons à signaler.\nUn pianiste, M. Johnny Aubert, prêta son concours, et exécuta avec fougue et une très juste\ncompréhension la \" grande Fantaisie \" de Chopin. M. Hekking et Mine Vallin-Hekking\nfurent également très applaudis le premier dans la noble sonate de M. Fauré pour violon et\npiano, le seconde dans diverses mélodies de Debussy et Moussorgski.\nAu Conservatoire les troisième et quatrième concerts de l'abonnement pourront compter\nparmi les meilleurs de la saison. Le programme du troisième était superbement composé : \" A\nla musique de Chabrier, une importante partie de \" L'Etranger \" de M. d'Indy, et enfin\n\" Prélude et Mort d'Yseult \" de Wagner furent interprétés par MelIe Demougeot et M. Delmas\navec la perfection qui classe ces deux artistes parmi les maîtres incontestés du chant. Et l'on\nreconnut, une fois encore, que le public nancéen, réputé si froid, sait manifester son enthou-\nsiasme lorsqu'il y a lieu. Le quatrième concert comportait une Ie audition : la première partie\ndes \" Evocations \" de M. A. Roussel. Cette page richement colorée, et remarquablement\nécrite fut fort bien accueillie par notre public. Ce dernier ne ménagea point ses applaudissements\nà M. Bédetti, violoncelliste, qui interpréta la classique suite en do de J. S. Bach, et réusit à\nnous émouvoir profondément dans l'andante du Concerto de Schumann.\nNous ne pouvons passer sous silence la très belle messe de Ste Cécile donnée par l'Orchestre\ndu Conservatoire à la Basilique S1 Epire. Au programme le Morceau Symphonique de\nRédemption, Partis Angelicus,de Franck, et un Aria, pour violoncelle, d'Antonio Lotti, que\nM. Fernand Pollain exécuta avec son talent habituel.\nANDRÉ LÉVY.\nMARSEILLE. — L'Opéra de Paris a fait couvrir d'affiches les murs de notre ville pour\nannoncer qu'il avait monté Parsifal; nous nous en réjouissons pour lui. sera donné\npareillement à Marseille dans le milieu de Janvier, ainsi que vous l'indiquait ma dernière\ncorrespondance. Mais notre Opéra Municipal n'a pas cru, pour cela, devoir faire suivre cette\nnouvelle jusques dans la capitale. En attendant, et après les représentation du\nDieux données il y a quelques semaines, c'est la Fille de Mme Angot qui tient l'affiche.\nM. l'Adjoint aux Beaux-Arts a bien fait entendre quelques protestations : mais la partition de\nLecocq étant un \" opéra-comique \", pouvait, à ce titre et aux termes du Cahier des charges,\nfigurer au répertoire de notre première scène.\nAux Concerts classiques, la Damnation d a été exécutée deux dimanches de\nsuite devant deux salles combles, avec Mmc Jacques Isnardon, MM. Lapelletrie, de la Crux-\nFroelich et Léon Roure : à la 2e audition, M. Froelich, engagé ailleurs, fut remplacé par\nM. Carbelly. Chacun des interprètes, à commencer par M. le chef Hasselmans, les solistes,\nl'orchestre et les choeurs méritent de très réels éloges. Malheureusement, et en dépit des\ngrandes beautés de l'ouvrage, le temps accomplit son oeuvre en accusant davantage les défauts\nde la partition.\nComme soliste, nous avons applaudi M. Gérard Hekking, violoncelliste. Pour le Ier Janvier,\nM. de Aceves présenta aux Concerts classiques, un Pianola. Pianola joua, seul, un\nde Chopin ; puis il exécuta avec accompagnement d'orchestre, le en de Grieg,\net il accompagna à son tour Melle Geneviève Vix dans diverses mélodies. Le Pianola est un\ninstrument à coup sûr extraordinaire et que des célébrités artistiques ont vanté tour à tour."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.19", "texte": "PROVINCE\n15\n\nMais c'est singulier le besoin que l'on éprouve, au sortir d'une de ces auditions, d'entendre\njouer d'un vrai piano et avec quelques fausses notes.\nA mentionner, dans le domaine de la musique de chambre : le quatuor Lautier\n(23e année) ; — le trio Polleri, Alberti et G. Messerer ; — deux récitals de piano, l'un par\nM1Ie Lucy Gibault l'autre par M. André Chevillion ; — concert de M. et Mme Pellanc et de\nM. Pierre Samazeuilh ; audition par MIle Germaine Montel avec le concours de Mmes Groslier\net Suzanne Lévy. HENRI DE VAUPLANE.\nBORDEAUX. — La saison des Concerts symphoniques a été inaugurée, cette année\npar H. Bûsser, qui dirigea l'Orchestre de la Société de Sainte-Cécile.\nLe distingué chef de l'Opéra, nous fit entendre au premier concert, la belle symphonie\nde Franck, et le délicieux tableau musical de Debussy Yvonne Gall, la\ngracieuse pensionnaire de l'Opéra, interpréta avec beaucoup de talent et\ndifférentes pièces de chant très bien écrites par Monsieur Biisser.\nAu deuxième et troisième Concert, la baguette change de main et le maître Philippe\nGaubert, qui dirige l'orchestre, nous donne une magnifique interprétation de la\nHéroïque de Beethoven, et de Y Entracte symphonique de Rédemption.\nLes Murmures de la Forêt, qui eurent les honneurs du bis, et une pièce d'orchestre, dont\nil est l'auteur et qui fut chaleureusement accueillie, firent apprécier le talent du compositeur,\naussi bien que la maîtrise du jeune chef d'orchestre. Le violoniste A. Geloso, nous donna une\ninterprétation chaude et colorée de la Symphonie de Lalo, beau succès pour notre\ncompatriote.\nEntre temps l'organiste Joseph Bonnet, qui est aussi bordelais, se fit entendre dans\nPrélude et Fugue,de Bach, deux chorals du même, et les de César Franck,\ninutile de dire l'accueil chaleureux que l'on fit au célèbre artiste.\nA son tour la cantatrice Litvinne, nous donna intégralement \" Les Amours du Poète \"\nde Schumann, avec la version française dont elle est l'auteur. La grande artiste reçut un\nmagnifique accueil, qui fut du reste partagé par la pianiste Mme Gentil Depecker et le violoniste\nCh. Arthur. Madame Gentil Depecker avait déjà été applaudie, au 3e Concert de Sainte-\nCécile dans le Concerto en la majeur de Mozart.\nAu dernier moment j'apprends la nomination comme Directeur, pour trois années, de\nnotre Opéra Municipal, de M. Stuart, régisseur général du Grand Opéra National. Le\npassé de M. Stuart, comme metteur en scène et comme administrateur, est un sûr\ngarant de l'accueil sympathique que lui réserve le public bordelais ; surtout si notre nouveau\nDirecteur s'entoure de collaborateurs dévoués et compétents au point de vue artistique et d'un\norchestre savant et homogène, comme on peut le trouver à Bordeaux, ce dont nous avons été\nprivés depuis longtemps.\nVALENTIN GENDREU."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.20", "texte": "Belgique\n\n\" Timeo Danaos, et dona ferentes \"\nJe crains les Grecs, même quand ils apportent des présents ! Je l'avais évoqué, ce\nsentiment, vieux comme le monde, ma foi, en annonçant que le Théâtre de la Monnaie\npromettait pour la saison que nous voyons, le ballet d'A. de Boeck : La Phalïne. (Les poètes\nfrançais disent le Phalïne, mais j'avoue ma préférence pour le féminin, en raison même de la\ncouleur \" féminine \" de l'assonance.) Dieu veuille, songions-nous, que cette fiche de consolation\nofferte aux compositeurs belges, ne se perde d'ici fin d'exercice! Hélas, elle ne s'est point perdue,\net l'on n'a pas manqué l'occasion de justifier, par cette présentation, l'ostracisme dont sont frappés\nnos musiciens sur notre première scène. M. de Boeck, d'autre part, ne pourrait plus répondre\nà notre Enquête : \" Nos compositeurs nationaux ouvrent difficilement les portes des théâtres...\nIls sont abandonnés à eux-mêmes, sans ressources, sans appui, partant dans l'impossibilité de\nprésenter leurs ouvrages au public. La cour, la ville de Bruxelles, (peut-être la province)\ndonnent des subsides par trop considérables, nous en convenons, au Théâtre de la Monnaie.\nSerait-ce trop de demander à la cour, à la ville, à la province, d'insister auprès de ces MM.\nles directeurs pour que pour l'argent belge que nous donnons, ils nous prennent un peu\nde notre marchandise\" etc...\nAuguste De Boeck jouit, chez nous, d'une consécration à peu près égale à celle de\nPaul Gilson. Plusieurs critiques virent même en lui le plus représentatif, le plus \" caractéris-\ntique \" des musiciens flamands. Ses œuvres, nombreuses, dans tous les genres, exécutées et\néditées, se sont répandues plus que toutes autres, grâce à l'inspiration franchement et\nsainement bellement aussi, je l'entends \"populaire\". Ce musicien, que je me plus à\nnommer un \" Uylenspiegel \" jovial, narquois, rieur, est certainement le plus goûté du public,\net les initiés lui vouent une admiration légitime. A tous ces points de vue, il était désigné, il\ndevait servir de \" pièce à conviction... \"\nM. Ambrosiny, le maître de ballet du Théâtre, est l'auteur du scénario \"La Phalène,\nbeau papillon de nuit, trouble le breton Yvonnic (naturellement) qui va prendre femme.\nElle lui apparaît, à la veille des épousailles, sous les bosquets baignés de lune, elle l'affole, le\nséduit, l'entraîne parmi les elfes. A cette course, l'amant déchire ses habits de fête. Mais il\nparvient à rompre le charme de l'illusoire chimère symbole, je veux croire, de l'éternelle\nâme sœur, au vœu des nuits silencieuses, pour le poète ! Il retrouve à l'aube sa fiancée\néplorée. La noce se prépare. Mais la fée ailée revient, et, au seuil du temple elle fascine\nencore et fait hésiter de nouveau Yvonnic. Ce n'est qu'une épreuve dernière. Se résignant\nsacrifiant enfin le rêve, elle préside elle-même à l'échange des serments éternels \".\nTraité par d'autres, ce thème, en somme, aurait pu nous offrir de gracieuses évolutions, au\ncharme fanfreluquet duquel nous nous serions abandonné. Mais le flamand sanguin, le gai luron,\nle terrien fruste qu'est De Boeck n'a rien de l'enjoliveur, du miniaturiste, du \" pompadour \"\nqu'il eût fallu pour peindre les plumules aux ailes, de cette Phalène. Il s'empressa d'en froisser\nle satin aux fanfarants éclats de cuivres benoîtiens. Et quel malaise dût-il, rude flandrin,\néprouver, pour amenuiser ses élans, poudreriser sa verve jusqu'à donner cette impression, que\nje trouve imprimée dans la chronique d'un confrère \"d'un Delibesflamand\". Cela nous vaut\nune œuvre sans accent, d'un \"poncivisme\" qui désolerait, si nous ne lui savions trop\nd'excuses.\nEt pourtant les œuvres ne manquent pas en Belgique. Les œuvres sincèrement et\nfortement pensées, les œuvres autochtones. L'insuccès, prévu, d'un ballet comme la Phalène ne\nprévaudrait en aucune façon contre cette réalité. De Boeck lui-même a écrit des drames\nlyriques, entendus à Anvers, pour la plupart qui sauront vivre, même à la scène. Ce sont ceux-là\nque nous voulons."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.21", "texte": "BELGIQUE\n17\n\nLes chefs d'orchestre étrangers se suivent au pupitre des Concerts Populaires, des Concerts\nYsaye. Après Max Reger, voici M. Schneevoigt, un Finlandais, sont le tempérament est bien\nplutôt méridional, à en juger par sa mimique échevelée. L'orchestre a servi de son mieux cette\nfrénésie sacrée. M. Schneevoigt nous révèle deux ouvrages de ses compatriotes : Glier et Sibélius.\nLa symphonie de ce dernier, est pleine d'accents, de caractère, de pittoresque. Les Sirenes, de\nM. Glier, d'une poésie séduisante, dans le tour mélodique, manquent peut être d'originalité\ndans l'arrangement harmonique. Les auditeurs du Concert, le lundi soir, eurent la déception de\nne pouvoir entendre Jacques Thibaud, qui avait joué en soliste à la répétition générale de\nl'avant-veille, dans la Symphonie espagnole de Lalo. Ce fut Mme Kousnezocréatrice de Venise,\nqui le remplaça.\nLa coïncidence de cette exécution avec le premier concert des u Compositeurs belges \"\nétait décidément fâcheuse. On y exécutait une Sonate pour violon et piano, de M. Léon\nJadin. L'œuvre, que l'auteur nous fit connaître dès sa composition, pour n'être pas d'une\npersonnalité transcendante, ne manque ni de chaleur, ni d'allure. Le joyeux bon vivant qu'est\nl'organiste de St-Waudru y dépense l'abondante sentimentalité qui distingue tous ses ouvrages.\nMme Eggermont, pianiste, interprétait diverses pages de M. Florestan Duysburgh, qui prend\ntitre parmi nos compositeurs. Après des mélodies, de trop longtemps connues de Paul Gilson\n(Elaine I et II), de De Boeck (Fidélité, Sonnet), de Frémolle (Contemplation), la Fantaisie\nRhapsodique d'A. Dupuis exécutée par Mlle Cholet et M. Jadin.\nL'exellente cantatrice Mlle Founsny, a trouvé le plus vif succès, dans des mélodies de\nFauré, Duparc, Chausson, Debussy, interprétées avec un art des plus délicats, et encore, dans\nle récit de Kundry, de Parsifal, des lieder de Brahms, Hugo Wolf, Richard Strauss, Pfitzner.\nLes quatre concurrents pour le Prix Huberty, font honneur à l'Ecole de Musique de\nSchaarbeek-St-Josse-ten-Noode, que dirige M. François Rasse, ainsi qu'aux excellents\nprofesseurs M,ne Cornelis, M. Desmet. La distinction fut accordée, par le jury composé par\nMM. Latour, F. Rasse, Mme Feltesse, MM. Solvay et Closson, à Mlle Henriette Vuga. (trois\nvoix contre deux à M. Ghiot). La jeune cantatrice possède une jolie voix et n'est pas\ndépourvue de tempérament, au point de vue de l'expression dramatique. Toutefois, son\ninterprétation est assez extérieure ; M. Lion Ghiot nous parut plus artiste. D'un sentiment\npieux, grave, sans pose, avec motion, sa diction pure, prenante, au timbre musical, nous\nséduisit dans les mélodies surtout. Et nous fûmes heureux d'entendre ainsi le poème tout\nintime, choisi par M. Rasse parmi nos Brises déjà lointaines et qu'il enlumina d'une mélodie\ndiscrète, fine, -mélancoliquement nuancée. A signaler encore, le récital Friedbergh, au troi-\nsième concert Philharmonique. L'illustre et merveilleux pianiste, à juste titre, est l'un des\nfavoris du public bruxellois. Les rappels dont on salua chacune de ses exécutions le lui prou-\nvèrent une fois de plus. Enfin, un Festival St-Saëns, organisé en la salle des Arts par le\ncercle symphonique de Watermaei, sous la direction de M. E. Jhek avec le concours du\npianiste Charles Hénusse, brillant dans le Concerto en sol mineur op. 22, et de M. Turc,\nun jeune violoncelliste bien doué. L'orchestre fut tout à fait remarquable, et l'interprétation\nde son chef, dans des compositions évidemment fort estimables, et consacrées, d'un maître\ndont l'inspiration, sans doute, ne connut pas les affres et les tourments d'une vocation qui\nfouaille et déchire, pages sans cri, veux-je dire, \" jailli du cœur pour aller au cœur \".\n\nRené Lyr."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.22", "texte": "Revue de la Presse Quotidienne\nPARSIFAL\nLE FIGARO\nAu point de vue musical, on pourrait\ndire de Parsifai qu'il représente le cou-\nchant splendide et apaisé d'un art\ngigantesque. Ici, quelle que soit la\nvivacité, l'intensité de leur expression,\nles sentiments sont à ce point épurés,\nlibérés de tout contact humain qu'ils\nsemblent planer bien au-dessus de nous,\ndans des régions de paix et de man-\nsuétude.\nMais si tel est le caractère essentiel\nde cette œuvre, comment tenter d'en\nfaire comprendre par l'analyse les mul-\ntiples splendeurs ? La physionomie, la\nnature de la plupart des thèmes sont\nintroduisibles comme sont intraduisibles\nla puissance d'émotion,la beauté insigne\nque peuvent atteindre certains de leurs\ndéveloppements. D'ailleurs, d'amples\nfragments exécutés dans les concerts\nont donné depuis longtemps le sentiment\nde ce que révélerait une réalisation\nscénique et totale de Tarsifal. Attendait-\non cependant une impression aussi pro-\nfonde de la grande scène du Temple,\npage incomparable par son caractère\nmajestueux, par sa prodigieuse richesse\nmusicale, pour sa sublime élévation ? Et\ntoutes les séductions du chœur des Filles-\nFleurs ? Et le drame aigu et poignant\nqui se déroule à la fin du second acte\nentre Kundry et Parsifai ? Puis c'est le\nsombre prélude du troisième acte qui\ntraduit l'angoisse désolée des chevaliers\ndu Graal; puis c'est l'hymne merveil-\nleux qui s'appelle le Charme du 'ven-\ndredi saint. Enfin, la vaste et drama-\ntique scène finale avec ses cortèges,\nses cloches funèbres, avec le triomphe\nde Parsifai rédempteur que semble\nproclamer la voix des anges.\nEncore une fois toute analyse est\nimpossible car, pour expliquer certaine\nmusique, les mots font défaut.\nIl faut écouter 'Parsifai, il faut écouter\net regarder et se laisser gagner par\nl'indicible émotion.\nGABRIEL FAURÉ.\nLE JOURNAL\nJamais, dans aucun théâtre et malgré\ntout le souci qu'on y pourra apporter, on\nn'obtiendra un équivalent des représen-\ntations de Parsifai à Bayreuth. Ce n'est\npas qu'elles soient irréprochables. Les\ndécors y sont laids, certains costumes le\nsont plus encore, les chanteurs ne sau-\nraient y être toujours excellents, les\nchefs d'orchestre y sont forcément de\nvaleur inégale. Mais il y règne une piété,\nune émotion, un mystère qui ne sau-\nraient exister que là. Un mystère : c'est\nle mot. Les représentations de Parsifai\nà Bayreuth, et en dépit même de tout ce\nqui s'y mêle forcément de vulgaire :\n\"potins\" locaux, dissensions, rivalités\nprofessionnelles, réclames, touristes,\nsnobisme et choucroute, les représenta-\ntions de Parsifai à Bayreuth sont des\n\"mystères\", tout comme l'étaient les\ncérémonies d'Eleusis. Dans quelques\nannées, quand Parsifai aura été joué\npartout, quand toutes les grandes villes\nauront répondu aux cris de camelots\ndes imprésarios : \" Qui n'a pas son p'tit\nParsifai ?\" quand il aura été offert\nau rabais par les théâtres de second\nordre et qu'il aura passé jusque dans le\nrépertoire de la province, alors, si\nBayreuth existe encore et qu'on y en-\ntende Parsifai, on se conviencra de la\nvanité du sacrilège ; on se persuadera\nque le véritable u mystère \" de l'œuvre\nest resté intact et que toute cette diffu-\nsion ne l'aura pas divulgué...\nLe principe du \" sacrilège \" étant ad-\nmis, l'Opéra de Paris se devait être le\npremier à représenter Parsifai. Il vient\nde le faire avec une magnificence et un\nrespect dignes d'admiration, je ne doute\npas qu'une réussite éclatante récompense\nde si généreux efforts. Certes, tout n'est\npas, ni ne saurait être parfait dans une\nreprésentation à laquelle le cadre, l'as-\npect de la salle et les plans mêmes du\nthéâtre opposent des obstacles insurmon-\ntables. Mais l'ensemble du spectacle est\nimposant et les détails en décèlent un\ndésir sincère et minutieux d'atteindre à\nla perfection.\nREYNALDO HAHN.\nI TU »îu§\nEn voulant que sa dernière œuvre,\nmalgré les lois allemandes qui la jettent\naujourd'hui dans le domaine public,\ndemeurât éternellement l'exclusive pro-\npriété du théâtre de Bayreuth, Wagner\nsavait bien ce qu'il faisait. Il n'ignorait\npoint que les idées exprimées par lui en\ncette œuvre ne pourraient jamais con-\nquérir la totalité des âmes. L'ombre\nmystérieuse et troublante d'un temple\nexceptionnel lui semblait mieux convenir\nà Parsifai que la franche et vive clarté\ndes coutumières salles de spectacle.\nIl avait raison.\nSi la chasteté est la vertu suprême, si\nl'homme vierge est le héros supérieur\nseul capable de sauver le monde, à quoi\nbon vivre, aimer, travailler, créer? Cette\nconception, sublime pour les uns, discu-\ntable pour les autres, a le mérite assez\nrare de ne laisser aucun esprit indifférent.\nDepuis un quart de siècle, on exécute\ndans nos concerts les pages principales\nde la partition. Nul n'en a perdu le\nsouvenir. Elles ne trouvent leur véritable\nplace qu'à la scène, où elles prennent\nune ampleur magnifique. Certaines\nd'entre elles forment évidemment ie\nplus beau joyau de la couronne wagné-\nrienne. Qui donc retiendrait ses larmes\nen écoutant le chant divin du Vendredi-\nSaint ? Dans quelques-unes, cependant,\nle procédé apparaît de manière excessive\net nuit parfois à la spontanéité du senti-\nment. L'auteur montre çà et là un peu\nde fatigue. Mais qu'importe ! Oublions\nles légères défaillances d'un génie vieil-\nlissant. Admirons la musique splendide\nqui, tantôt grave, sévère, auguste et\nsolennelle, tantôt frénétique, farouche,\ninfernale et voluptueuse, nous étreint,\nnous captive, nous ravit et nous torture,\nnous déchire et nous caresse, nous em-\nbrase et nous rafraîchit, nous roule dans\nses larges ondes furieuses ou calmes, et\nqui, malgré des longueurs souvent acca-\nblantes, force l'émotion et l'enthousiasme.\nALFRED BRUNEAU.\nCOMŒDIA\nQuels miracles le Graal va-t-il ac-\ncomplir parmi nous ? Verrons-nous se\nliquéfier sous nos yeux le rubis de la\nSainte Ampoule ?... Les prêtres les plus\nfervents n'osent nous le dire ! Il faut\ntant de conditions climatériques et\natmosphériques, tant d'heureux acquies-\ncements d'une nature complice pour que\nle fluide mystérieux de l'au delà se\npropage jusqu'à nos nerfs, pour que l'air\nque nous respirons devienne soudain\nbon conducteur de l'électricité surna-\nturelle !... Le courant s'établira-t-il entre\nle chœur et la nef? Notre public com-"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.23", "texte": "REVUE DE LA PRESSE QUOTIDIENNE\n19\n\nprendra-t-il le sens du sublime mystère\nou restera-t-il immobile et glacé comme\nParsifal lui-même, béant de stupeur,\ndevant le premier sacrifice d'Amfortas ?\n\" Pitié rend sage le chaste Fol \", a dit\nl'oracle : notre public est parfois fol,\nmais il n'est pas chaste, et ce n'est pas à\nla pitié qu'il devra jamais la révélation\nde la sagesse...\nSaura-t-il s'abandonner à l'irrésistible\nmarée musicale qui monte de cette\npartition? Ne commettra-t-il pas l'im-\nprudence de résister au flot sonore, de\nlutter contre sa douce violence ? Accep-\ntera-t-il de perdre pied dans cet océan\nd'harmonie qui vous berce, vous roule et\nvous étourdit suavement si vous vous\nconfiez passivement à ses vagues, mais\nvous brise et vous engloutit si vous\ntentez de lui imposer votre volonté, de\nmaintenir systématiquement votre direc-\ntion et de demeurer en vue du rivage.\nCes interminables dialogues, ces mou-\ntonnements de cadences rompues défer-\nlant éternellement les unes sur les autres\nn'ont d'autre but que d'user votre\nénergie, de tromper votre sot instinct de\nconservation, de détruire votre équilibre\nterrestre, et de vous apprendre à flotter\nsans effort dans un élément qui ne vous\nétait pas familier. Et votre récompense\nest de pouvoir vous balancer délicieuse-\nment sur l'eau calme des golfes enchantés,\ndans la féerique lumière que verse l'au-\nrore sur le lac sacré, dans le charme du\nVendredi-Saint.\nCe confiant abandon est nécessaire\npour que la révélation s'accomplisse en\nprésence d'une partition que les indis-\ncrétions méthodiques de nos concerts\nsymphoniques ont depuis longtemps\ndépouillée de tout son mystère et d'un\npoème familier à toutes les mémoires.\nTous les éléments secrets constitutifs du\nchef-d'œuvre on été depuis trente ans\nsoigneusement isolés, étudiés et analysés;\nnous en connaissons les propriétés et la\nnature avec toute l'exactitude scienti-\nfique désirable. En ce moment, nous\ntentons solennellement d'en faire une\némouvante synthèse et la hardiesse d'un\ntel geste peut nous causer quelque\nanxiété. N'est-il pas trop tard N'avons-\nnous pas laissé s'accomplir l'irréparable\net ne nous trouvons-nous pas devant le\ncercueil de Titurel ?...\nÉMILE VUILLERMOZ.\nLA LIBERTÉ\nLes wagnériens d'Allemagne s'étaient\némus pour qu'une loi d'exception pro-\nlongeât le privilège de Bayreuth. Il\nm'est impossible de trouver tout à fait\nmauvais qu'ils ne l'aient point obtenue.\nC'est l'honneur des œuvres de l'esprit\nhumain, qu'elles ne puissent constituer,\nmême pour celui qui les a créées, une\nvéritable propriété. Elles ne sont pas\ndes choses : elles sont des êtres, et qui\nvivent, du jour qu'ils sont lancés dans\nle monde. La liberté est nécessaire à\ncette vie, dont l'évolution mystérieuse\nsubit une collaboration universelle.\nAyons le courage de surmonter notre\nrépugnance à voir Parsifal commencer\nses nouvelles pérégrinations : une âme\nqui s'ouvrira à son contact compensera\nmille injures reçues. Prétendriez-vous\ntrier le public des musées ou renfermer\nles cathédrales, pour leur épargner des\nregards d'imbéciles ?\nEn fondant le théâtre de Bayreuth,\nWagner n'a pas voulu seulement assurer\nà ses ouvrages une exécution selon ses\nvœux, mais proposer un haut exemple\nmoral, et créer, d'abord entre des disciples\nchoisis, un état d'esprit rénovateur, qui\ndevait se propager peu à peu. Il n'ad-\nmettait pas que Parsifal pût être\nreprésenté ailleurs que sur un théâtre\nspécial, à lui consacré, où l'on ne vînt\nque pour lui ; mais il admettait déjà que\nce théâtre, avec le temps, pût devenir\nambulant. Aujourd'hui son but semble\natteint, dans la mesure où il pouvait\nl'être. Par l'énorme diffusion de ses\nœuvres, par l'action prolongée du prestige\nde Bayreuth, il s'est formé partout des\nmilieux 011 l'état d'esprit qu'il souhaitait\nexiste. On y peut réaliser quelque chose\nqui approche de son intention essentielle.\nQu'est-ce que le plus zélé wagnérien\npourrait voir de choquant, à ce que\nnotre Opéra donnât chaque année une\nsérie de représentations exceptionnelles\nde Parsifal, telles qu'il les donne en ce\nmoment 5 des représentations hors de la\nvie normale de Paris, où exécutants et\npublic apporteraient une égale résolution\nde respect ? Cela serait-il si contraire au\nfond de la pensée du maître, surtout si\nl'on parvenait à donner aux places un\ntaux qui ne fût ni de luxe ni de lucre ?\nCe qui serait monstrueux, ce serait que\nl'Opéra, à force de mutilations, fit ren-\ntrer Parsifal dans le cadre de ses\nreprésentations régulière, pour l'offrir\nen pâture à l'Abonné. C'est ce jour-là\nseulement que commencerait la mauvaise\naction... et soyez tranquilles : l'Opéra la\ncommettra.\nJe sais qu'il faut penser aussi à\nd'autres théâtres, à la province... et\nc'est à faire frémir ?\nGASTON CARRAUD.\nIXCHO DE PARIS\n*\nLa musique de Parsifal est si connue,\net l'on vient de la réentendre si souvent\ndans les concerts récents, qu'il est sans\ndoute superflu d'en parler.\nAnalyser cette musique construite\navec des leitmotifs, ce serait encore ris-\nquer de revenir aux catalogues théma-\ntiques de naguère. Ils furent peut-être\nutiles, un moment ; mais on peut\ndésormais les oublier, afin de revenir à\nun plus simple sentiment de l'œuvre, à\nune émotion moins scolaire mais plus\nartiste, et plus purement musicale.\nA part des choses incontestables, se\nrapportant au système de Wagner, qui\nont été dites cent fois et qui désormais\nsont acquises, il n'y a plus place, à\npropros de cette musique, que pour des\njugements individuels : tradidit eam\ndisputationnibus hominum.\nPour une fois, j'aimerais à m'abstenir\nde toute appréciation. En effet, je ne\nsais quelle est la pensée de chaque lec-\nteur qui me dira, et je prévois que\nParsifal va être, ces jours-ci, trop exalté\net trop dénigré. Or, non par esprit de\ncontradiction, mais dans le légitime souci\nd'être juste, j'aimerais à prendre deux\nattitudes contraires : défendre Parsifal\ncontre celui qui chercherait à le dimi-\nnuer, mais ramener à plus de sang-\nfroid celui qui l'exalterait d'une façon\ninconsidérée.\nCette double attitude n'est pas celle\nd'un homme timoré, ni qui aime les\nfroides et mornes régions du \"juste\nmilieu \", où l'Art s'étiole, car il ne vit\nque de conviction et d'intransigeance.\nC'est l'attitude d'un homme recueilli,\nrespectueux, qui se rappelle la situation\nprodigieuse, surhumaine, de Parsifal il\ny a quinze ou vingt ans,.— et qui ne\nvoit pas sans tristesse, ni sans un grand\nserrement de cœur, Parsifal descendre\nsur le plan des pièces ordinaires...\nParsifal était sur une colline sacrée ; on\nne l'y voyait que de loin en loin ; on\nl'adorait comme une idole ; et le\nvoilà près du boulevard, sur les mêmes\nplanches que n'importe quel ballet...\nJe n'ose dire ni ma douleur, ni mes\ncraintes.\nADOLPHE BOSCHOT."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.24", "texte": "Çà et Là\n\nÉchos\n\nLa recherche de la paternité (suite)\nM. Paolo Litta nous prie de juxtaposer les textes que voici afin de laisser à nos\nlecteurs le soin de trancher eux-mêmes la question délicate discutée devant eux dans\nnotre dernier numéro :\nExtraits de la Déesse Nue de Paolo Litta\n(Mai 1912)\nNul n'a donné !a même importance à la danse qu'à\nla littérature, la musique, la peinture. Pourquoi la\ndanse ne pourrait-elle pas prétendre à être une \" sœur\négale à ces arts et à leur hauteur actuelle.\nDanser une symphonie de Beethoven est-ce néces-\nsaire ? Les œuvres classiques ont-elles besoin d'être\ncommentées par des gestes ?\nCréer, avant de penser à toute musique, des -visions\nimmatérielles (idées) formes vagues en mouvement qui\nprendraient peu à peu des allures enrythmiques (géo-\nmétriques) des entités capables de traduire dans la\ndanse ce que le cerveau aurait entrevu.\nEn dehors des pirouettes et entrechats (<de la danse\nclassique) il devra exister un art nouveau d'entités mou-\nvantes autrement dit des lignes en mouvement.\nSerait-ce vraiment une chose aussi folle que de créer\nle Poème dansé ?\nLa danse se détachera de la musique cette \" grande\naccapareuse \" pour reprendre la place qu'elle a le droit\nd'occuper.\nSes mouvements seront à peine esquissés, à peine\nindiqués ils ne seront plus qu'une forme d'origine\npurement cérébrale, une entité mouvante dont la danse\n(la nouvelle) serait le moyen extérieur d'expression\nartistique.\nExtraits des déclarations de Mme V. de Saint-Point\n(Figaro 14 Décembre 1913)\n|'ai été frappée de voir, alors que tous les arts\névoluaient, la danse rester stationnaire. La musique, la\npeinture etc. ont cessé d'être simplement instinctives ;\nla danse devait suivre la même voie.\nLes danseuses précédentes ne dansèrent que sur des\nmusiques classiques pas du tout d'ailleurs destinées à\nêtre dansées.\nMa métachorie apporte des danses idéistesy la danse\nqui n'est pas seulement le rythme humain de la\nmusique, mais la danse créée, dirigée cérébralement, la\ndanse qui exprime une idée arrêtée dans les lignes\nstrictes comme la musique l'est dans le contrepoint.\nAu lieu que toute l'importance de la danse soit\ncomme pour les ballerines classiques dans le pas, dans\nles attitudes elle est pour moi dans la ligne totale de la\ndanse.\nJ'ai pris pour thèmes de mes danses idéistes quelques\nuns de mes pohnes.\nAu lieu de dépendre exclusivement de la musique\nma métachorie n'en est plus l'esclave mais l'égale.\nJamais je n esquisse même un geste que le poème\nindique : je trace, je danse uniquement dans son\ndéroulement évolutif l'esprit qui l'anime.\nEt maintenant que nous avons mis les deux textes en présence et prononcé le sacramen-\ntel: 41 Allez, messieurs! \" nous espérons que cette rencontre sur le terrain de notre Revue\nnous permettra de considérer l'incident comme définitivement clos.\nLes deux parrains.\nRaoul Pugno avait manifesté de très bonne heure bétonnantes dispositions pour\nl'instrument qu'il devait plus tard si magnifiquement honorer. A six ans il put se produire\ndans un concert donné à l'Hôtel de Ville, salle Saint-Jean : il y exécuta un morceau à deux"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.25", "texte": "ÇA ET LA\n21\n\npianos en compagnie de son cher professeur M'nc Joséphine Martin à qui est tendrement\ndédiée la photographie enfantine que nous publions dans ce numéro, grâce à l'obligeance de\nMlle Léonie Martin. Lorque le morceau fut terminé, un spectateur enthousiasmé se précipita\nvers l'enfant, l'enleva dans ses bras et l'embrassa sur les deux joues avec la plus affectueuse\nadmiration : c'était Charles Gounod.\nUn an plus tard, le jeune Raoul improvisait dans la petite boutique de la rue\nMonsieur-le-Prince où son père tenait un commerce de musique, lorsque, se détachant\nd'un groupe d'étudiants, un passant s'immobilisa devant la vitrine en prêtant l'oreille. 11\nécouta longtemps puis, n'y tenant plus, fit une fougueuse irruption dans le magasin, sera\nchaleureusement les mains du petite pianiste, s'assit à ses côtés et, tantôt jouant, tantôt\ndiscutant avec passion, passa la journée entière en sa compagnie. C'était un étudiant en\ndroit, originaire du Puy de Dôme : il s'appelait Emmanuel Chabrier.\nLe témoin oculaire.\nTous les élèves du Conservatoire connaissent Barthe, auteur d'innombrables \" chants et\nbasses donnés \"attestant victorieusement que la façon de donner vaut mieux que ce qu'on\ndonne. Mais tout le monde ne sait pas que cet honnête musicien avait composé un opéra\nintitulé La Fiancée d'Abydoset voué àun prompt oubli. Cet ouvrage, pourtant, ne devait pas\nmourir tout entier. Un heureux hasard ayant rapproché sur les catalogues d'un éditeur le\npatrimoine de Barthe de celui de Bizet, le mur mitoyen qui séparait les propriétés des deux\ncompositeurs fut vite abattu dans l'esprit de certains critiques musicaux habitués à en croire\nleurs yeux plutôt que leurs oreilles. Et c'est ainsi que l'on peut lire à la page 362 de la\ncélèbre Histoire de la Musique d'H. Lavoix, ouvrage qui fait autorité, la généreuse protesta-\ntion suivante : \" Bizet fut longtemps méconnu et des œuvres remarquables de lui, comme les\nPécheurs de Perles et la Fiancée d'Abydos ont été accueillies froidement \". Les amis de Bizet\naccueilleront plus froidement encore cette curieuse découverte et conservent toujours quelque\nscepticisme à l'égard des convictions intimes d'un historien qui est tort de ne pas ajuster\nplus soigneusement ses lunettes avant de laisser parler son cœur.\nCritique élyséenne.\nLe Président de la République tint à assister en compagnie de Mrae Raymond Poincaré,\nà la première représentation de Pcirsifcila l'Opéra. Curieux de connaître les impiessions\nmusicales de ce spectateur de choix, nous avons interrogé un familier de l'Elysée qui avait\nrecueilli, pendant les entr'actes, les confidences du chef de 1 Etat. M. Poincaie aete, pat ait-il,\nravi de sa soirée, mais deux détails l'ont particulièrement réjoui : l'horreur que manifeste\npour les barbares plaisirs de la chasse honte de Rambouillet ! l'excellent Gurnemanz,\nmembre de la Société protectrice des animaux, et l'amusant esprit d'à-propos du ténor\nFranz qui, ayant à personnifier un héros parlant haut... et longtemps, s'est fait si adroite-\nment, au second acte, la tête de M. Jaurès !\n\nL'Homme à la Contrebasse."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.26", "texte": "2 2\nS. I. M.\n\nNouvelles\n\nNous publions plus loin le beau programme d'inau-\nguration de l'Association Chorale Professionnelle que dirigera\nM. D.-E. Inghelbrecht. L'A. C. P. a été fondée en\n1912 par un groupe d'artistes choristes professionnels\njustement émus de ce qu'il soit toujours fait appel à des\nSociétés étrangères, ou à des Sociétés d'amateurs, lors-\nqu'une exécution musicale nécessitait un groupe choral\nimportant.\nLa première répétition eut lieu le 18 Novembre 1912\nelle fut consacrée aux trois Chansons de Charles d'Orléans\net Claude Debussy, l'Association comptait à cette date\n80 membres, elle en compte aujourd'hui 160.\nL'A. C. P. désirait d'abord démontrer au monde musical qu'il était\npossible de réunir à Paris un groupe choral professionnel dont le nombre\npuisse atteindre celui des Sociétés étrangères connues ; elle s'efforcera de rivaliser avec ces\nSociétés au point de vue artistique en faisant entendre les chefs-d'œuvre classiques et modernes\ninconnus ou trop peu connus, elle espère enfin contribuer à faire obtenir à la musique a\ncapella la place importante qu'elle doit occuper.\nLe Quatuor Willaume vient de s'embarquer pour la Grande Bretagne. Le répertoire de\ncette excellente compagnie, s'il comprend du Mozart et du Beethoven, est surtout composé\nd'oeuvres de l'école moderne. Voilà de bons pionniers de l'art qui vont affirmer à l'étranger la\nsupériorité de la musique française contemporaine. C'est d'ailleurs la septième fois que\nMM. Willaume, Morel, Mâcon et Feuillard se rendent ainsi en Angleterre où leur succès est\ntoujours considérable.\nLa musique à VEglise.\nDécidément, la musique d'Eglise commence à faire parler d'elle. Le vénérable curé de\nSaint-François-Xavier, M. le chanoine Gréa, vient de fonder, sur l'initiative du Maître de\nChapelle de son église, M. Drees, un groupement de personnes bénévoles, destiné à donner\nplus d'importance encore à sa Maîtrise, qui est une des meilleures de Paris. Accroître le\ntraitement des enfants de chœur et leur nombre, les suivre dans la vie lorsque leur voix a mué,\nles réunir autour d'une œuvre bien organisée dans un local spacieux pourvu d'une bibliothèque,\net enfin, donner à la musique de la paroisse tout l'éclat qu'elle peut comporter, tel est le but\nque poursuit cette association.\nPour toutes demandes de renseignements, s'adrésser, à M. Drees, Maître de Chapelle de\nl'église Saint-François-Xavier.\nLe magnifique succès qui a récompensé les premiers efforts de la \" Schola de Saint-Louis \"\n\n(Dessin d'André Hellé)\n\n(Dessin d'André Hellé)"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.27", "texte": "ÇA ET LA\n23\n\na prouvé qu'à côté des grandes exécutions chorales révélant méthodiquement des œuvres dont\nle caractère archaïque cache sans doute d'incomparables beautés, il y avait place pour des\nauditions plus courtes dont le programme plus éclectique charmerait sans lasser. Les séances\norganisées mensuellement par MM. Marc de Ranse et Joseph Boulnois sont suivies par une\nélite et les pièces d'orgue, les motets et les chœurs qui y sont exécutés réunissent en un\nglorieux palmarès tous les maîtres de la musique religieuse.\n*\n* *\nNous apprenons que M. Périlhou vient de s'adjoindre M. Alfred Marichelle comme\nco-directeur des études musicales de l'Ecole Niedermeyer, Ancien élève de l'Ecole, premier\nprix de fugue du Conservatoire et actuellement organiste de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle,\nM. Marichelle professe depuis de nombreuses années le contre-point et la composition à\nl'Ecole Niedermeyer. Nul choix ne pouvait être plus heureux pour la prospérité artistique de\ncet établissement que celui de ce musicien dont le mérite et la modestie ont su s'attirer toutes\nles sympathies.\n. *\n* *\nM. Mangeot, nous écrit pour nous dire que la photographie de Delaborde reproduite\ndernièrement dans notre Revue, avait été faite par ses soins. Nous donnons bien volontiers à\nM. Mangeot, dont on connait le talent de photographe, acte de sa déclaration, en ajoutant que\nce cliché fait partie de la collection du Courrier Musical, et qu'à son tour, le Courrier\nMusical le tenait directement de la Maison Pleyel.\n*\n* *\nL'importante maison d'éditions musicales G. Schirmer, de Boston (The Bosten Music\nCompany) nous communique son récent catalogue de nouveautés tiré à 140.000 exemplaires\nqui atteste son dévouement à la cause de la musique française contemporaine. Par ses soins\nviennent de paraître en effet, ou vont incessamment être gravées, la Quatrième Symphonie\nde M. Guy-Ropartz, des Mélodies inédites de MM. Paul Ladmirault, Henri Biïsser, Hillemacher,\nCasella, Déodat de Séverac, des Pièces de piano de MM. de Séverac, G. Enesco. En outre\nThe Boston Music Company a acquis le droit exclusif de représentations américaines de nombreuses\nœuvres notoires de Massenet, César Franck, Edouard Lalo, Ernest Chausson, de MM. Vincent\nd'lndy, Claude Debussy, Charpentier, G. Fauré, Ravel, Roger-Ducasse, Florent Schmitt,\ndont elle a fréquemment publié des éditions spéciales. Une telle initiative, que la maison\nSchirmer se propose d'affirmer encore dans l'avenir nous a paru digne d'être signalée et\nencouragée.\nLes dépositaires parisiens de la Boston Music Company sont MM. Costallat et Cie.\n* *\nDe Berlin.\nLe violoniste José Porta a remporté un véritable triomphe à la salle Klindworth-Schar-\nwencka dans les œuvres de Bach, Paganini, Francœur, Kreisler... etc. qu'il a interprétées avec\nune remarquable autorité et une virtuosité étourdissante."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.28", "texte": "24\nS. I. M.\nLe Gérant:MARCEL FREDET.\nImprimerie Sainte Catherine, Quai St. Pierre, Bruges, Belgique\n\nDe Monte Carlo.\nAu derniers Concerts Classiques, M. Léon Jehin\nnous a donné la primeur de deux œuvres du plus vif inté-\nrêt : Impressions Romaines,du jeune compositeur M. David,\nœuvre pleine de promesses, et la\npoème symphonique de M. Alexandre Lomé, œuvre de\nréelle maîtrise.\nLe public a particulièrement applaudi les remarquables\nsolistes MM. Wagemans, Benedetti, Jeanjean, Dorel\nGabus, Andraud, Debatty, Pariot, et Mll'' Thévenet.\n\nSalle ERARD\n16 au 31 janvier\n16 M. F. Busoni 9 h.\n17 M. Vernon Warner 9h.\n18 M. Reitlinger 9 h.\n19 Mllc Morin 9h.\n20 M. F. Busoni 9 h.\n21 M. E. Frey 9 h.\n22 M. E. Risler 9 h.\n23 Mme Baltus 9h.\n24 Mme Lainé-Lantez 9h.\n25 Mlle Legrenay 9h.\n26 M. F. Busoni 9 h.\n27 Mllc Van Barentzen * 9h.\n28 Mlle Veluard 9h.\n29 M. E. Risler 9 h.\n30 La Tarentelle 9 h.\n31 M. Borchard * 9 h.\n* Voir nos annonces.\nSalle PLEYEL\n16 au 31 janvier\n16 Quatuor Lejeune 9 h.\n17 Mmf Baissac 9h.\n19 M. Joseph Debroux 9h.\n20 M,ne Galewska 9h.\n21 Quatuor Calliat 9 h.\n22 Mmc L*c Vaillant 9h.\n23 M 1 Pauline Aubert 9h.\n24 Société Nationale 9 h.\n25 Mllc R. Lénars 9h.\n26 M. Alfred Casella 9 h.\n27 M. Raymond Marthe 9 h.\n28 La S. M. I. 9 h.\n29 Str des Comprs. de Mus. 9h.\nMme Cam. Chevillard 2h.\nM. André Lévy 9 h.\n3 1 M. René Lenormand 9 h.\n\nA\nSalle GAVE AU\n16 au 31 janvier\nq\n2 h. 1/2\n9 h-\n-9 h.\n9 h.\n9 h.\n9 h.\n19 U. F. P. C.i\n20 Socte Philharmonique\n22 M. Tina Lerner\n23 M. Jean Canivet\n24 Mme Bathori\n26 M. Lamond\n27SSou'cu' Philharmonique 9h.\n28 M. Tectkonius 9 h.\n29 M. Enesco 9 h.\n30 Schola Cantorum 9 h.\n3 1 Assoc. Chor. Prof11*1 * 9h.\nSalle\nMALAKOFF\nles lundis et jeudis à 9 heures\nConcerts-Rouge\nSALLE DES AGRICULTEURS\n16 M 1 Laval 9h.\n18 Asson Turgot 3h.\n22 Cte Visconti * 9h.\n23 Mlle Laval 9h.\n24 M. Aerts 9 h.\n26 Quatuor-Hongrois 9 h.\n27 Cu Visconti * 9h.\n28 M. Zanto 9. h.\n29 Mlle Chaigneau 9. h.\n30 M,lc Blancard 9. h.\nSCHOLA CANTORUM\n16 Quatuor Le Feuve 9 h.\n20 Quatuor Parent 9 h.\n27 Quatuor Parent 9 h.\nSALLE DU\nCONSERVATOIRE\n27 Salon des M. F. 9 h.\nPALAIS DES FÊTES\nDE PARIS\nles dimanches à 3 heures\n-Concerts-Sechiari\n* Voir nos annonces."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.29", "texte": "La Grève-des Tziganes a Montmartre"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.30", "texte": "LA REMARQUABLE CANTATRICE\nMARGUERITE HERLEROY\nS'HABILLE CHEZ WORTH"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.31", "texte": "F. W. Rust"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.32", "texte": "Le Saint Graal de la Cathédrale de Valence"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.33", "texte": "Le professeur GUIDO ADLER\nfondateur de l'institut musicologique de vienne"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.34", "texte": "Notre Diner du 16 Décembre\n(Cliché Henri Manuel)"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.35", "texte": "Notre Diner du 16 Décembre\n(Cliché Henri Manuel)"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.36", "texte": "Habillée pa Worth\nCl. Félix\nMlle Lillian Grenville\nla nouvelle et admirable Tosca de l'Opéra-Comique"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.37", "texte": "Cl. Lucile\nCréation Lucile\nRobe en velours frisson bleu pastel, tunique garnie de renard gris. La blouse est en\nAlençon d'argent, la ceinture en broché de grisaille lamé d'argent avec des roses\nvieux tons Beauvais."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140115-01.1.38", "texte": "L'Art et la Mode\nJan de la Tour.\nL'ère des souhaits n'est pas close ; qu'il me soit donc permis en ce premier article, dé-\nlaisser un peu de coté la Mode proprement dite : je voudrais, en effet, formuler des vœux\naprès un hommage rendu aux parisiennes, car, bien injustes se montrent ceux qui qualifiant\n1913 l'année de Tango, incriminent ses adeptes et déclarent symbolique la couleur en vogue-\nd'un jaune spécial, dénommée u Tango\nNe feraient ils pas mieux de vous féliciter : puisque toutes, plus ou moins, pour démontrer\nl'inanité du péril de la dépopulation, vous nous offrez la vision consolante et déformante de-\nmaternités prochaines.\nMais, laissez moi vous dire que la manifestation patriotique a assez duré et que nous\nformons le vœu de retrouver vos silhouettes affinées. Surtout n'imaginez pas, comme on nous-\nen menace, d'aller d'un extrême à l'autre en vous transformant en Venus Callypige ! Déjà,,\nn'affirme-t-on pas que les \" belles Madames \" utilisent les petits coussinets qu'elles portaient\nhier par devant en les mettant en arrière aujourd'hui r\nNous serions heureux également si vous consentiez à redresser vos bustes infléchis et à\nfaire valoir vos épaules jolies. Pourquoi, en effet, l'aspect vaguement bossu que vous affectionnez\nalors que vous privez nos regards de rondeurs normales ? Nous en pouvons témoigner puisque\nvos généreux décolletages nous permettent déjuger la question. Oserai-je, enfin, vous conseiller\nde méditer l'adage \" connais toi toi-même Si vous le pratiquiez, bien des fautes contre-\nl'esthétique seraient-évitées, mais, il semble que votre esprit finement critique, lorsqu'il\ns'exerce sur vos meilleures amies, n'existe plus dès qu'il s'agit de vous.\nVous remarquez fort bien que la jupe trop fendue de Mme X révèle à ceux qui l'ignoraient\nla lourdeur de ses chevilles et de ses jambes et de son côté, Mme X satisfaite de sa plastique\nraille vos \" mollets de coq \" qualifiés par vous de jambes de Diane.\nLa morale n'est donc pas seule à se plaindre des indiscrétions de vos robes. Néanmoins\nnous aurions mauvaise grâce à proscrire une mode qui, si elle nous apporte parfois des désillu-\nsions, nous procure d'autre part, des surprises charmantes ; car lorsqu'ils sont jolis, vos petits-\npieds chaussés de cothurnes à hauts talons Louis XV sont un délicieux et illogique spectacle.\nCe mélange incohérent d'antique et de XVIIIe siècle est d'ailleurs normal, puisque vous*\nréunissez sur vos toilettes les \" Paniers \", les draperies grecques, et les ceintures Orientales.\nCes fâcheux amalgames produisent parfois un heureux effet quand le couturier est habile\net la femme séduisante, mais il est temps, cependant, mesdames, de vous crier \" casse cou \".\nSi vous n'y prenez garde, en effet, le goût des Parisiennes cessera bientôt d'être article de foi\net d'exportation.\nN'est-ce pas un défi ce dernier cri du chic: La tunique frangée en peau de Léopard et les\nflancs de Paradis posés au bas des ceintures ?\nVoulez-vous donc donner des armes à vos détracteurs et le cubisme et le futurisme vous\nmettent ils la tête à l'envers sans le mérite de \" boucler la boucle ? \" Il semble bien du moins-\nque les nuances hurlantes au salon d'automne soient responsables de votre dernière fantaisie :\nles cheveux verts, violine, turquoise malade que vous arborez aux répétitions générales.\nPas grâce, mesdames, et c'est mon souhait final abandonnez au plus vite ces nuances-\nhideuses. La preuve est acquise que vous en faites voir de toutes les couleurs à vos adorateurs,."}]}