{"numero_id": "bm-bmtnabh-1914-02-15-01", "volume": "bmtnabh_1914-02-15_01", "ocr_sha256": "0a7223e09fa4580e06cdd369dcf9076468b6337c6d08016f4b01dfd32af91b95", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1914/02/15_01/bmtnabh_1914-02-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1914/02/15_01/bmtnabh_1914-02-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1914-02-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-02-15_01#c002", "volume": "bmtnabh_1914-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.2.2", "titre_corps": "LE TÉNOR, par Victor Debay (Illustrations de Barcet)", "titre_sommaire": "LE TÉNOR, par Victor Debay (Illustrations de Barcet)", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.1", "debut_caractere": 338, "fin_caractere_exclue": 486, "texte": "LE TÉNOR, par Victor Debay (Illustrations de Barcet)\nLA QUINZAINE:\nCONCERTS ET RÉCITALS PROVINCE BELGIQUE ECHOS ET NOUVELLES\nSupplément de Quinzaine"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-02-15-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-02-15_01#c003", "volume": "bmtnabh_1914-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 3, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.2.3", "titre_corps": "LE TÉNOR", "titre_sommaire": "LE TÉNOR", "signature_source": "Victor Debay", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.3", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1872, "texte": "Au firmament lyrique brillent d'un éclat rival étoiles et comètes. Je ne me risquerai\npas à qualifier par une définition trop précise ces deux flambeaux célestes. Il me suffira\nde dire que le contralto aux mâles et graves accents est une étoile, tandis que le ténorino\nau timbre gracieux et léger est une comète. La distinction n'est donc pas d'ordre musical.\nAu premier rang des astres mélodieux il convient de placer le ténor, à raison du\nprestige qu'il exerce encore sur l'imagination des toutes jeunes filles et qu'il conserve\ndans la mémoire d'aimables aïeules dont, à la Salle Favart, jadis propice aux matri-\nmoniales ouvertures, il enchanta les premiers rêves.\nle postillon du Conjungo ! Entendu à l'heure où s'échangeaient les aveux, prélude des\naccordailles, que de fois ce morceau célèbre a uni, dans un inoubliable et touchant\nsouvenir, le fiancé du soir, le mari du lendemain, la musique complice et le ténor renommé.\nNotre temps, démolisseur de principes, a, il est vrai, quelque peu entamé le prestige\ndu ténor, qui résidait surtout dans sa prétendue rareté. De récents concours, miroitants\nappeaux qui attirèrent alouettes, rossignols, merles et simples pierrots, nous ont appris\nque l'oiseau très précieux qu'était jusque-là le ténor pullulait et perchait aussi bien sur les\nchâtaigniers morvandeaux et sur les chênes armoricains que sur\nles oliviers de la Provence. Du coup la valeur marchande de\nl'oiseau charmeur a subi une baisse considérable. Maintenant\non le trouve en solde, aux jours de liquidation. Le marasme\nrègne dans tout le pays toulousain, qui fut longtemps le\nfournisseur attitré de nos grandes volières lyriques et nationales.\nQu'il y ait partout une pareille surproduction de compositeurs,\nde librettistes, de peintres officiels et d'hommes politiques, et\nvoilà une région ruinée.\nMalgré cette abondance du ténor, on se plaît néanmoins à"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.4", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2263, "texte": "citer quelques grands favoris qui, grâce aux prix excep-\ntionnels dont leur est payée la moindre romance, demeurent\nl'orgueil de l'espèce, le rêve des aspirants aux notes élevées\net l'exemple qui, stimulant les efforts, justifie les plus\ntéméraires ambitions.\nLe ténor n'a pas toujours besoin de talent pour réussir.\nLa conscience qu'il possède de son importance aux yeux du\npublic, déjà fasciné par son seul titre, peut lui en tenir lieu.\nSans parler de la séduction réelle de son organe vocal,\nil ne faut pas chercher à cette faveur d'autre raison que le\nrôle par lui joué au milieu des feux auréolants de la rampe,\ndes herses et des frises. Il est l'amoureux. C'est pour lui\nun privilège. Victime de la passion ou bourreau des cœurs, il représente l'Amour avec\nses cruautés, ses désespoirs, ses fureurs et ses délices. On le plaint, on l'envie, on l'ad-\nmire. Il aime, il est aimé. C'est le dieu de la j Reprenons\ntous en chœur.\nPar profession il allume chaque soir, dans la salle, des flammes nombreuses que le\nsouci d'une voix chère et fragile ne lui permet ni d'entretenir, ni d'éteindre. D'autres s'en\nchargent.\nLe ténor doit être marié. La prudence et l'instinct de la conservation le lui conseillent.\nSa femme devient l'économe et jalouse gardienne du feu.\nS'il était toujours aussi beau à contempler qu'agréable à entendre, il serait un danger\npublic. Les autres hommes n'auraient qu'à le suppléer pauvrement. Mais, pour limiter ses\nravages et, peut-être, pour laisser quelque chose à dévaster aux barytons et aux basses, dont\nla vaillance n'est pas purement vocale, la Providence donne-t'elle parfois au ténor des\njambes torses et un nez camus. L'équilibre est ainsi rétabli.\nD'ailleurs dame Nature, qui met souvent de la malice dans ses créations et qui, en\ndistribuant ses grâces et dons, ne se préoccupe jamais des de théâtre, ne déteste\nw 7 x JLJ JL ___7_\npas plaisanter un peu aux dépens de notre comète lyrique. Pour s'amuser du\ncontraste, elle dépose délicatement une voix de ténor dans le gosier\népais d'un solide gaillard que sa corpulence classerait plutôt parmi\nles poids lourds. Par contre, elle fait cadeau du vigoureux\nut de poitrine du fort ténor a un gringalet courtaud et\nventru. Oh ! Nature, reine du temps et de l'espace,"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.5", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 22, "texte": "LE TÉNOR\nVictor Debay."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.5", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1934, "texte": "(musique de Massenet) voilà de tes coups ! Aussi avons-\nnous vu, sur la scène même de l'Opéra, des Sigurd,\ndont, malgré l'escabeau de leurs talonnettes, les épaules\nétaient au niveau de l'ombilic cuirassé de la cavalière\nBrunnehild.\nDans la rue, vous pourrez, aux abords d'un théâtre,\nreconnaître notre héros au foulard de soie, blanche\ncomme neige, qui capitonne sa gorge où des millions\nsommeillent, et sur lequel s'appuie le double bourrelet\nde son menton bleu noblement.\nLe ténor, particulièrement en province, aime que\nle petit fer redresse sa moustache et ondule, à la nuque et au front, sa chevelure, pour\nrendre l'une conquérante et l'autre plus harmonieuse. Alors il porte haut la tête ainsi\nqu'un ostensoir sacré, et, même au moment le plus pathétique de l'action\nla falcon serait malvenue à lui passer la main dans les cheveux en lui criant\ndans son délire qu'elle l'adore. Il se redresserait pour défendre de toute\nprofane atteinte son chef bouclé et dirait volontiers, comme le poète du vase\ncélèbre : \" N'y touchez pas, il \" est frisé. \"\nLe ténor reste l'idole des galeries supérieures. Sans doute parce que,\ndans l'attitude de son favori levant le nez vers le lustre pour\nses notes extrêmes et claironnantes, elles croient voir un hommage flatteur\nà la haute situation que, pour un modeste prix, les spectateurs y occupent.\nLe ténor ferait-il de la démagogie ? .\nCependant le drame lyrique moderne, en plaçant le ténor sur le même plan que\nses camarades du chant, a réduit ses prétentions et diminué ses trop faciles succès. Il\nl'oblige désormais, pour plaire, émouvoir et réussir, à compter plus sur son intelligence\net sur son travail que sur sa voix, si belle soit-elle. Maintenant il y en a qui sont musiciens.\nQuand il veut bien oublier qu'il est le ténor, un ténor peut être un artiste comme\nles autres chanteurs. Vous en connaissez, et, hier encore,\nj'en applaudissais de remarquables."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-02-15-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-02-15_01#c011", "volume": "bmtnabh_1914-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 6, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.2.4", "titre_corps": "A travers la quinzaine", "titre_sommaire": "A travers la quinzaine", "signature_source": "Jean Poueigh", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.6", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3335, "texte": "A travers la quinzaine\n\nDe loin en loin, les gazettes signalent l'apparition d'un musicien nouveau, sorte de\nmétéore traversant brusquement le firmament musical et dont l'éclat, disent-elles, éclipsera\nbientôt tous les autres soleils. L'auréole de Tautodidactisme nimbe son front à la façon d'un\nanneau de Saturne. Et c'est un illogisme bien curieux à notre époque que d'arborer fièrement\ncomme s'il conférait une valeur particulière, une suprématie évidente, un brevet de génie\nce titre, trop souvent synonyme d'ignorance, d'inexpérience tout au moins. La petite\nlueur fugitive pâlit vite et le ciel de la musique compte un astre de plus, mais un astre éteint\navant que d'avoir brillé.\nVioloniste du plus grand mérite et, aussi, compositeur, M. Joan Manén est un jeune\nespagnol fort célèbre à l'étranger. Il incarne présentement l'autodidactisme sous la forme la\nplus pure et la plus extraordinaire, si nous en croyons le programme des Concerts Hassel-\nmans où il vient de se faire entendre. Autodidacte ou non, M. Joan Manén s'est affirmé sur\nson instrument virtuose hors de pair. Le coup d'archet est long, moelleux, et la qualité de\nson tout à fait belle. Son interprétation ardente et nuancée de la Symphonie Espagnole de\nLalo fut superbe et lui valut un succès unanime. Je voudrais pouvoir en dire autant de son\nœuvre Juventus dont c'était la première audition en France. Ce concerto grosso en quatre\nparties s'enchaînant entre elles, pour orchestre, un piano et deux violons seuls, témoigne\ncertes des plus nobles aspirations. Il essaye d'exprimer les doutes, les égarements, les luttes\nde l'artiste dans sa recherche de la voie inconnue, ses élans de joie victorieuse quand il\ncroit avoir enfin trouvé sa route. Après l'incertitude du début, ce que l'auteur appelle\nbizarrement l'exotisme voisine avec l'atmosphère classique qui fait le fond de la troisième\npartie et à laquelle succède, pour finir, le chant de sa propre inspiration. Un tel mélange de\nstyles ne saurait présenter d'attraits que dans le cas où il s'en dégagerait une personnalité\noriginale, puissante et dominatrice. Il n'en est malheureusement pas ainsi et, malgré certains\npassages agréables, l'ensemble demeure interminablement touffu, disparate et désordonné.\nBien que vivante et colorée, l'instrumentation en est assez lourde, avec abus du quatuor et\nde la trompette. Le piano et les deux violons solistes y sont traités dans une note terne\nn'offrant rien de particulier. Toutefois, M. Joachim Nin et MM. Joan Manén et Tin Cassado\nsurent communiquer au texte une netteté et une chaleur qui en accusèrent le relief. L'accueil\nfait à cette nouveauté de par delà les monts fut des plus sympathiques. En l'absence de\nM. Hasselmans, actuellement dispensateur de la manne musicale dans l'antique cité\nphocéenne, M. Lucien Wurmser conduisait l'orchestre. Il en obtint un résultat fort appré-\nciable dans les ouvertures de Hânsel et Gretel d'Humperdinck et des Maîtres-Chanteur s de\nWagner plus encore que dans la suite de Shylock de M. Gabriel Fauré, où se fit applaudir\nM. Coulomb —■ par sa souple, élégante, intelligente direction à laquelle font défaut seulement\nla force et la véhémence.\nAux Concerts Sechiari la baguette avait également changé de main. Les doigts qui là\ntinrent étaient ceux d'un très remarquable kappelmeister, M. Bernard Stavenhagen, chef"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.7", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 4447, "texte": "d'orchestre des Concerts de l'Abonnement de Genève. Sa mimique commande avec une\nprécision et une rigueur toutes militaires. Impératif, son geste soulève ou apaise instantané-\nment le tumulte sonore. Il exagère les oppositions et semble affectionner les interprétations\nnerveuses, frénétiques. La Symphonie Héroïque de Beethoven en souffrit quelque peu.\nPlusieurs parties, notamment le scherzo, prises dans un mouvement trop rapide, manquèrent\nde liant, de fondu. Mais le Don Juan de M. Richard Strauss bénéficie d'une étonnante\nextériorisation. M. Stavenhagen dirige avec une conviction violente et passionnée cette\nmusique qui convient si merveilleusement à sa nature et dont l'exécution lui valut une ovation\nmagnifique. Il ne conduisit pas moins bien Le de Wagner\nFunèbre et Scène Finale où Melle Jane Hatto, palpitante et farouche, eut de beaux cris —et\nle Concerto en mi bémol de Liszt dont il doit connaître les arcanes puisqu'il fut à Weimar\nl'élève favori du grand précurseur. M. Maurice Dumesnil tenait ici le piano, rude tâche\naccomplie par lui en virtuose éprouvé, menant un train fougueux et terminant dans une allure\nvertigineuse qui lui mérita plusieurs rappels.\nJ'ai beaucoup moins aimé le jeu de M. Maurice Dumesnil tout au long de la fantaisie\npour piano et orchestre donnée la fois suivante. Hispania, de M. Joaquin Cassado, est une\nœuvre de couleur crue, de truculence assez vulgaire, qui obtint un succès considérable lors\nde sa première audition à la S. M. I. où la fit triompher en 1911, M. Montoriol-Tarrès, le\nprestigieux pianiste catalan qui en a la dédicace. M. Dumesnil s'y montra trop correct, trop\nmesuré, alors qu'il fallait en accentuer le caractère national fait, tantôt de voluptueuse\ngravité, par endroits de banalité outrancière.\nCela n'empêcha point M. Dumesnil d'être acclamé. On fêta encore Mlle Montjovet,\ndélicatement émouvante dans l'Amour du Poète de Schumann, transporté à l'orchestre par\nM. Théodore Dubois avec une louable sûreté de main. Revenu à la tête de ses instrumen-\ntistes, M. Pierre Sechiari se dépensa en outre dans la en de Beethoven, bien\njouée, Les Murmures de la Forêt wagnérienne, admirablement détaillés, VApprenti-Sorcier\nmoins éblouissant que de coutume.\nCombien d'œuvres, dont le scherzo de M. Dukas comme la fantaisie de M. Cassado,\navant de s'épanouir au plein jour des associations symphoniques naquirent timidement\ndans la clarté propice de nos sociétés de musique de chambre. Le fleuve qui baigne la\nS. M. I. et la Société Nationale ne charrie pas que du limon ; il s'y trouve aussi des paillettes et\nses rives capricieuses baignent parfois d'adorables paysages. C'est un bien joli site que le\nTrio de M. Miklos Radnaï inscrit à la dernière séance de la S. M. 1., et j'ai pris le plus vif\nagrément à en parcourir les méandres où de précieux dons rythmiques et mélodiques avaient\ndistribué généreusement le bel équilibre des sonorités, ainsi que des statues et que des\nvasques peuplant l'ordonnance des jardins. MM. Enrique Van der Henst, Francesch Costa\net Antonio Sala nous en faisaient les honneurs. Guides expérimentés, impeccables et\nfougueux, ils ont droit à toute notre admiration. On ne saurait décerner pareil éloge aux\nmaladroits qui exécutèrent sans pitié le Quatuor à cordes de M. Henri Cliquet. Je soupçonne\ncette œuvre d'appartenir à un genre proche parent du pointillisme ou du cubisme qui n'ont\npoint mes sympathies, mais devant une audition aussi nettement défavorable il convient de\nréserver toute appréciation : Les deux pièces pour piano de M. A. Bertelin, Nocturne et\nBarcarolle, sont d'une facture aisée et musicale. Melle Juliette Meerovitch les traduisit d'un\ntoucher délicat, empreint d'une grâce sensible. Des mélodies de Moussorgsky, Glière,\nGretschaninow et un fragment de Salammbô,(opéra inédit de Moussorgsky) rappelant Boris\nGodounow, auxquels la voix de Mme Mussatovo-Kulgenko prêtait sa vaillance expressive,\ncomplétaient ce programme de choix.\nQuelques jours après la S. M. I. conviait ses fidèles à venir juger des tendances de\nl'école italienne moderne. Le concert donné sous son patronage comprenait des pages bien\ninégales des jeunes musiciens qui ont renoncé aux accents du vérisme natal et s'orientent\nvers un idéal novateur. C'étaient MM. Ferranti, Malipiero, Bastianelli, Pizzetti, Davico et\nTommasini, parmi lesquels se distingue leur compatriote déraciné M. Alfred Casella, musicien\nparticulièrement bien doué."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.8", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2650, "texte": "Moins variées étaient les œuvres nouvelles entendues à la Société Nationale. A la\ncatégorie des productions qualifiées d'honorables appartiennent de M. Claude\nDelvincourt, chantées avec beaucoup de charme par Mme Hilda Roosevelt et le Thème varié\nde M. Guy de Lioncourt que, sur le piano et le violon, Mlle Blanche Selva et M. Le Feuve\ndéroulèrent. La Sonate pour violoncelle et piano de M. Pierre Bretagne est de meilleure\ntrempe, son premier mouvement surtout, MM. Fernand Pollain et Maurice Amour, prota-\ngonistes enflammés, y déployèrent un zèle communicatif. On sait que M. Guy-Ropartz est\nun maritime. Il se plaît à évoquer souvent la triste mer d'lslande et la nostalgie de la lande\nbretonne le hante. Cette fois il est allé rafraîchir son inspiration Dans l'Ombre de la\nMontagne. La suite de cinq paysages est d'une pâte âprement savoureuse, d'une pensée\nnoble, recueillie et concentrée. Nous contemplâmes, aux détours du chemin, des horizons\ngraves, larges, infinis. Sans doute M. Guy-Ropartz a-t-il considéré les blanches cîmes\nlointaines comme une autre crête écumante, et en regardant les sommets muets et immobiles,\nc'est à la rumeur animée des flots qu'il a certainement songé. Car la montagne ne livre pas\nson secret et il faut la chérir sans partage pour qu'elle consente à laisser pénétrer le mystère\nqui l'enveloppe de sa sérénité. Mlle Blanche Selva, de ses mains expertes et ferventes, régla\nminutieusement les jeux de lumière qui éclairèrent la route et tamisèrent le jour dans la\nvieille église.\nLa soirée suivante offrait un intérêt plus soutenu. Quelques mélodies de Charles Bordes,\nde MM. Stravinski et Liapounovv, déclamées avec un art émouvant par Mme Paule de Lestang,\nles poétiques Naïades au soir de M. Gustave Samazeuilh et les redoutables de\nM. Dukas sur un thème de Rameau que M. Trillat a donc un toucher délicieux !\némaillaient le programme où deux quatuors mettaient leurs frondaisons légères ou robustes.\nMM. Firmin Touche, Hémery, M. Vieux et J. Marneff, furent les excellents interprètes du\nQuatuor à cordes de M. Maurice Ravel et du Quatuor pour piano et cordes de M. R. Arenal,\nlequel était au piano. Inédit, ce dernier ouvrage s'annonçait bien et l'impression du début\nétait excellente. Avant la fin cela se gâta ; dans le dernier mouvement un coquin de thème\nfit son apparition, présenté en liberté sur le violoncelle (le voilà bien le renâcleur des brui-\ntistes !) et suivi d'un clavier seul tout à fait réussi. Ces joyeux ébats étaient environnés d'une\natmosphère sonore souvent cruelle pour des oreilles musiciennes. Mais il n'y a pas que des\nmusiciens qui écoutent la musique.\n\nJean Poueigh."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-02-15-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-02-15_01#c013", "volume": "bmtnabh_1914-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 8, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.2.5", "titre_corps": "Les Sociétés", "titre_sommaire": "Les Sociétés", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.8", "debut_caractere": 2652, "fin_caractere_exclue": 4244, "texte": "Les Sociétés\nSociété Philharmonique.\nLes minutes les plus riches que nous aient données les trois derniers concerts de la\nPhilharmonique sont, à mon gré, celles où M. Capet et ses musiciens nous ont fait entendre\nle quatuor n° 3 de Schumann. Comment ne voit-on pas plus souvent inscrite à nos programmes\ncette œuvre de génie ? La délicatesse des idées, cette pudeur d'aveu qui enveloppe dès\nl'andante initial le chant des voix, le tremblement doucement enivré qui s'en élève et le\ncolore des nuances les plus fines, puis la diffusion du cœur humain dans le cœur des\nchoses, le cri de la passion à la nature qui lui répond, la mélancolie du désir qui se mue en\nl'expression souveraine de la joie comme l'eau fuselée d'une vasque s'épanouit en gerbe\ndans la lumière, tous ces éléments concourent à faire de ce quatuor l'une des plus humaines,\ndes plus complètes expressions de l'éternel chant de l'amour. Ah! la pure émotion de\ncette œuvre où l'inspiration de Schumann a trouvé l'une de ses plus parfaites réalisations !\nSi je fais une réserve pour l'allégro final où les exécutants n'apportèrent pas peut-être la\nrondeur et la variation rythmique nécessaires, j'applaudis avec gratitude l'interprétation\npénétrante et scrupuleusement compréhensive qu'en a donnée l'admirable quatuor de\nM. Capet. Un pareil succès saluait son exécution du quatuor de César Franck.\nC'est un excellent artiste que M. Boucherit. On connait la dextérité légère de son archet\net l'habileté gracieuse de son jeu. Au concerto\ncordes de Haydn, qu'on peut sans excès taxer de quelque froideur, il sait donner de l'accent"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.9", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 4025, "texte": "et du mouvement, mais j'ai trouvé préférable son choix de la pour\nviolon, alto et orchestre de Mozart dont l'éclat vivant et les détails exquis abondent non pas\nseulement aux instruments des solistes, mais dans l'orchestre le plus plaisant et le plus facile\nqui soit. Et M. Maurice Vieux, lui aussi, possède un talent exceptionnellement sûr et probe.\nChez lui on ne saisit jamais la recherche de l'effet. Une sensibilité vive et sobre donnent à\nson style une irrésistible séduction. Ce soir là, MUe May Petersen, que nombre de ses\ncompatriotes étaient venus fêter, chantait du Campra, du Schubert, du Schumann. Miss May\nPeterson lit son texte sur un calepin minuscule blotti au creux de ses mains et qu'on dirait\nun memento. Certes, Miss Peterson est une chanteuse consciencieuse et fort bien stylée ;\nmais la voix ne manque-t-elle pas d'étoffe, les poumons un peu de souffle et l'expression un\ntantinet de chaleur ?\nEnfin, le dernier concert réunissait les noms particulièrement chers aux mélomanes de\nCortot et de Casais... Cortot et Casais, c'est une salle comble, une attention tendue, un\nenthousiasme qui dès le début semble à son comble et, au terme de la soirée, sans limites.\nLe fait est qu'on serait mal venu de demander à deux artistes plus d'homogénéité, de fondu,\nd'intelligence musicale qu'à ceux-ci. La sonate n° 58 de Mendelssohn où s'amuse un\nallegretto scherzando des plus aimables, la sonate en sol majeur de Bach et celle en la de\nBeethoven trouvent sous leurs doigts et dans leur sensibilité l'expression la plus heureuse.\nHasarderais-je cependant une légère critique à ces deux parfaits musiciens, et ne me\ntromperais-je point en insinuant que me paraît trop accentuée leur tendance à généraliser\navec excès dans leurs exécutions l'emploi de la demi-teinte ?\nEDOUARD SCHNEIDER.\nConcerts Chaigneau.\nLe chaleureux accueil qu'un nombreux public fit au vaillant trio Chaigneau et à ses\ncollaborateurs prouve en quelle estime est tenu ce gracieux ensemble instrumental.\nA la deuxième séance, exécution sympathique de la de Purcell pour deux\nviolons, violoncelle et piano, jouée par l'excellent trio Chaigneau et M. Guillard qui sont\ntous quatre à un égal degré d'aussi parfaits exécutants. L'interprétation si expressive qu'ils\ndonnèrent de la \" Golden\" fut très appréciée par toute l'assistance.\nGros succès aussi pour Melle Madeleine Bonnard dans les airs de Haydn, Ravel, Ladmi-\nrault, et pour M. Walter Morse-Rummel après son exécution des six délicieux Préludes de\nDebussy. 1\nJe regrette de n'avoir pas la place d'étudier en détail la très belle pour piano et\nvioloncelle de M. L. Vierne qui produisit une impression profonde bien que venant à la fin\nd'un programme déjà très chargé ; elle a fait le plus grand honneur à l'éminent organiste et\nle public en a surtout goûté l'émouvant \" Molto largamento \" dont l'inspiration est digne des\nvoûtes de Notre Dame. Mme Piazza-Chaigneau et l'auteur s'y surpassèrent et furent longue-\nment applaudis. JEANNE HELFT.\nSchola Cantorum.\nLe Chant de la Cloche. On ne peut, en quelques lignes, apprécier une partition de\ncette importance et de cette valeur, ni montrer quelle place elle occupe dans la musique\net comment elle unit l'influence wagnérienne à l'influence franckiste, ni marquer, d'autre\npart, le rang qu'elle tient dans l'œuvre de son auteur en établissant, notamment, la\nparenté étroite qui unit Wilhelm à Fervaal.\nJe ne parlerai donc ici que de la belle exécution que la Schola donna de ce chef-\nd'œuvre dernièrement. L'orchestre et les chœurs animés d'un enthousiasme compréhensif\nont marqué un progrès étonnant et l'on peut dire qu'aucune des intentions du \" patron \" n'a\nété trahie par ses disciples. Les solistes, dont les voix sonnent bien, furent des interprètes\nplus timides ; je ne dis pas cela pour R. Plamondon qui aborda vaillamment le rôle écrasant\nde Wilhelm. Souhaitons qu'un tel exemple et le succès obtenu lors de ce concert donne à\nl'une de nos associations symphoniques l'idée de monter cette belle œuvre.\nMAURICE BEX."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-02-15-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-02-15_01#c014", "volume": "bmtnabh_1914-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 10, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.2.6", "titre_corps": "LE VIOLON", "titre_sommaire": "LE VIOLON", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.10", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2791, "texte": "Les cuadrillas entrent dans l'arène. L'espada, qui se nomme en l'occurence premier\nviolon, brandit son archet en guise de lame. Pendant que ses acolytes, les picadors second\nviolon, alto et violoncelle, s'escriment à planter des banderilles sonores, lui s'apprête à faire\npénétrer dans le crâne des auditeurs le thème un ou l'idée deux. Car il n'y a pas ici de\ntaureau mis à mort, tout au plus la mise à mal d'un morceau de musique justement dénommé\nquatuor, parce que quatre sombres compères s'entendent parfois pour en écarteler joyeuse-\nment les quatre parties.\nCe qui précède ne s'applique nullement au Quatuor à Cordes Hongrois, lequel vient\nde nous rendre aimablement visite. Le Quatuor en de Max Reger qui ouvrait leur\nséance est bien touffu. Par contre, le Quatuor en de Maurice Ravel et le en\nde Mozart voisinèrent agréablement. Les excellents artistes de cette compagnie en expri-\nmèrent à merveille la grâce et la fraîcheur et leur interprétation bien disciplinée obtint un\nsuccès fort légitime. Poursuivant sa tâche, le Quatuor Parent consacre entre César\nFranck et Beethoven une soirée entière à son chef A. Parent. Une telle solennité\nn'appelle que la louange. Abstenons-nous donc de toute réflexion et félicitons M. Parent\nd'avoir su si bien matelasser sa production. C'est à l'attique Gabriel Fauré un musicien de\nrace, celui-ci, que sacrifiait M. Jean Canivet avec le concours du remarquable Quatuor\nGeloso. A eux cinq ils exécutèrent avec un art pénétrant le et, en s'amputant\nd'un membre à archet, les deux magnifiques Quatuors. Mais les desseins du Quatuor Luquin\nsont plus redoutables pour ceux qui ne sont pas friands de\nBeethoven. Dix séances entières consacrées au Titan de\nBonn. Il est vrai que le quatuor Luquin mérite largement le\nchaleureux accueil que viennent de remporter ses deux\npremiers concerts. Enfin au Double Quintette de Paris, c'est\nM. Louis Diémer qui officia dans son en ré pour\ninstruments à vent, dont il tint la partie de piano avec autant\nde dévouement et de maîtrise que si l'œuvre était d'un autre\nque lui-même.\nPendant un de ses derniers séjours au Caire, Camille Saint-Saëns s'amusa à\nécrire une pièce de piano pour la main gauche seule. C'est là un illustre exemple\nqu'il convient de proposer aux méditations des grands virtuoses ambitionnant le\ntitre de Protée de la musique. N'annonce-t-on pas en effet que M. Ferruccio\nBusoni dont les deux derniers récitals déchaînèrent un enthousiasme\nindescriptible doit prochainement s'exhiber à l'un de nos concerts du dimanche\nsous le triple aspect d'exécutant, de compositeur et de chef d'orchestre. Pourquoi\nne composerait-il pas pour la saison prochaine un concerto destiné à la seule main gauche.\nIl pourrait ainsi conduire l'orchestre de la dextre, tandis que la senestre interpréterait sur le"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.11", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 9, "texte": "LE VIOLON"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.11", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3152, "texte": "clavier son propre ouvrage. Et M. Busoni a tant de talent qu'il parviendrait bien à\nnous faire oublier que sa main gauche n'a que cinq doigts, comme la nôtre.\nVoici maintenant toute une foule impatiente qui se presse et se bouscule au\nbout de la plume. M. Edouard Risler est un chef. Il prélude noblement avec Le\nClavecin bien tempéré de Bach, triomphe par sa puissance dans les de\nBeethoven et donne aux Scènes d'Enfants de Schumann la délicatesse et le charme\nquelles exigent. Mais pourquoi dans des récitals de piano vouloir remplacer l'orchestre.\nMême arrangée par Liszt et remarquablement exécutée sur l'Erard par M. Risler, la Sym-\nphonie Fantastique de Berlioz ne résiste pas à l'absence des timbres instrumentaux. Gentil-\nhomme de fière race, M. Visconti di Modrone s'est révélé concertiste au\ntoucher fin, sobre, net, en accompagnant dans diverses Sonates de Bach, de\nBeethoven, Strauss, M. Antonio Certani, violoncelliste, à la technique im-\npeccable. Renonçant cette fois àsa passion pour Chopin, Mlle Eugenia\nGalewska a mis sa coquetterie à faire applaudir la pureté de son style clas-\nsique en interprétant Bach, Beethoven, puis a laissé s'épancher librement\nla poésie de son âme slave dans des œuvres de Moniusko, Gwodecki, ses\ncompatriotes. MUe Pauline Autaert, passant du piano au clavecin avec une égale aisance,\nfit surtout apprécier la grâce de son jeu et sa délicate virtuosité dans les d'Andrieu et\nLes Folies Françaises de Couperin. Très bons doigts que ceux de Mlle Tina Lerner, mais le\nsens des textes lui échappe parfois. L'Etude en sol bémol op. 10 de\nChopin lui fut particulièrement favorable et fit briller sa légèreté.\nMlle Aline van Barentzen obtint à bon droit un accueil des plus\nflatteurs en mettant ses belles qualités au service de Beethoven,\nSchumann, Chopin et Liszt. C'est aussi Liszt qui terminait la\nséance de M. Adolphe Borchard. Mozart, Mendelssohn, Schumann\net Chopin trouvèrent également en lui un consciencieux et très\nméritant artiste. Déplorons seulement l'introduction dans un récital de piano de cette\nOuverture de Tannhauserarrangée (elle aussi !) par Liszt. Salle Pleyel MUe Blanche Selva\nayant épuisé momentanément les délices de Bach, rend à Robert Schumann un émouvant\nhommage. Cependant que Mlle An-\ntorité, en fait de même, Salle Erard,\nlouable zèle la jeune école hongroise\net Kodaly sont exprimés par lui\nBach, Schumann, Chopin, déci-\ngeaient le programme très intéres-\ntoinette Veluard, avec moins d'au-\nM. V. G. Zagon défend avec un\ndont il fait d'ailleurs partie. Bartock\navec une compréhension totale,\ndément les plus nommés, se parta-\nsant de M. Victor Gille. Quant à\nM. Théodore Szanto, en ayant terminé avec Bach, Beethoven et Brahms, il recommença à\nfaire bourdonner ses Guêpes voltigeantes.\nEt tous ces chasseurs d'ivoire en quittant leur terrain de chasse, emportèrent maints\ntrophées et dépouilles que, sous forme de succès, leur octroyèrent l'admiration ou l'indul-\ngence de leurs auditeurs.\nQui n'a pas son petit violon d'lngres ? Sans être un esprit universel comme le grand\nLéonard, il est bon de ne se point cantonner dans l'exercice exclusif de ses fonctions. Peu"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.12", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2916, "texte": "d'artistes cependant réunissent dans la même main l'archet du virtuose et la plume du com-\npositeur à un degré aussi remarquable que M. Georges Enesco. Voilà un musicien excep-\ntionnellement doué et qui a droit à toute notre admiration. Son\ndernier concert fut un triomphe. On peut ne pas aimer sa\nmanière d'interpréter certains maîtres classiques, mais que par\nailleurs il séduit, empoigne, ravit, transporte l'auditeur !\ndu Diable de Tartini, la Sonate en de Bach et diverses\npièces lui valurent ce soir-là un des plus beaux succès de sa\ncarrière. Le concert de M. Arthur Hartmann, également\nvioloniste de talent, présentait cette particularité que M. Claude\nDebussy avait accepté d'accompagner au piano la en de Grieg et trois de\nses propres Préludes transcrits par M. Arthur Hartmann. Louis Laloy a délicieusement\ncaractérisé la virtuosité de Debussy en décrivant \" ce piano surnaturel où les sons naissent\nsans chocs de marteaux, sans frôlements de cordes, s'élèvent dans un air transparent qui les\nunit sans les confondre et s'évaporent en brumes irisées. Debussy apprivoise\nle clavier d'un charme qui n'est à la portée d'aucun de nos virtuoses. Comme\nun de ses ancêtres spirituels, François Couperin, il pourrait écrire un\ntoucher le piano,qui, d'ailleurs, ne trahirait pas son secret aux profanes. \"\nChampions de la sonate pour piano et violoncelle, MM. Armand Ferté et\nLouis Fournier ont commencé leur série de quatre séances en inscrivant sur\nleur premier programme les noms de Bach, Mozart, Hândel. C'est dans le\nmeilleur style, sobre et juste qu'ils exécutèrent la Sonate en sol majeur de\nBach, la Sonate (œuvre posthume) de Mozart, la Sonate en sol mineur de\nPh.-E. Bach et la Sonate en si bémol de Hândel. Et ces deux éminents artistes\nse partagèrent en bons frères siamois les applaudissements nourris qui les\nsaluèrent.\nDevant les pluies de perles dont les compositeurs modernes, voire les plus avancés'\némaillent leur écriture pianistique, cantatrices et chanteurs s'émeuvent et\nréclament leur droit à la virtuosité. Quoi ! Eux seuls seraient privés de tous\nces exercices de haute vocalise qui consistent à tenir en équilibre dans le\ngosier un pesant fa dièze ou un léger si bémol, ou à suivre la dangereuse\nglissière d'une rapide roulade ? Et tous les détracteurs de la musique\nd'aujourd'hui de s'écrier que, seule, l'ancienne musique permettait au chanteur\nde briller. Pourtant quand se présente l'occasion assez rare d'entendre une\nvraie nature d'artiste, on se rend compte des multiples qualités qu'exige l'actuelle décla-\nmation lyrique et comme elle sait mettre en lumière le talent de l'interprète chez lequel la\ntechnique approfondie, l'intelligence de la diction, l'exacte adaptation à l'esprit du morceau,\ns'allient à un organe souple, nuancé, capable de traduire les sensations les plus subtiles.\nM;\"e Jane Bathori-Engel en est le type accompli. Ardente prosélyte de la jeune"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.13", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 18, "texte": "INSTRUMENTS DIVERS"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.13", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3619, "texte": "musique elle en souligne la précieuse originalité et quand elle s'accompagne au piano on a\n1 impression d'un tout harmonieux, vibrant à l'unisson, d'un seul et même instrument qui\nchante et s'accompagne. Pathétique dans La Jeune Religieuse de Schubert, elle fut incom-\nparable dans les Chansons de Bilitis, Le Faune) Colloque sentimental et Fantoches celle-ci\nredemandée de Debussy. Mme Bathori-Engel remporta encore un très vif succès dans\nplusieurs lieder de Chausson, Hillemacher et Chabrier. L'excellent violoncelliste M. Georges\nPitsch pai tageait les honneurs de la soirée. Il exécuta dans un style très musical et dépourvu\nde lourdeur la Sonate de Locatelli et la Sonate en re majeur de Bach dont l'andante obtint un\naccueil particulièrement chaleureux.\nLa Société Le Lied en tous Pays vient de donner une copieuse audition fort réussie\nou des mélodies françaises voisi-\ncédoniennes, des russes et des alle-\nMélodies allemandes de Cari Reinecke\nlicieusement joli de MUe Luquiens,\ndans l'interprétation de ces scènes\nnés d'Emile Riadis ont de la couleur\nloureuse. Elles furent fort bien dé-\nMélodies françaises, espagnoles, rus-\n-1 -1 > 1 •\nnaient avec des espagnoles, des ma-\nmandes. Parmi tant de chansons, les\npermirent d'apprécier le timbre dé-\nsi pleine d'intelligence et de malice\nd'enfants. Les Mélodies Macédonien-\net parfois une force un peu dou-\ntaillées par Mlle Fanny Malnory.\nses, allemandes et macédoniennes,\nles voila bien en musique tout au moins les Etats-Unis d'Europe.\nVers la fin du XVIIe siècle un artiste petit russien, nommé Pantaléon Hebenstreit, se\nfit entendre chez la célèbre Ninon de Lenclos et réussit à émerveiller le Roi-Soleil lui-\nmême. Il était passé maître sur le Tympanon, instrument bizarre connu déjà aux temps\nbibliques. On sait que c'est là une variété de psaltérion, dont on joue en frappant les cordes\navec deux baguettes. Le Tympanon dont il se servait, fut, après la mort d'Hebenstreit,\napporté en petite Russie. Légué de père en fils, il finit par revenir au dernier descendant.\nM. Sacha Votitchenko, lequel est devenu, comme son aïeul, un véritable virtuose.\nRomantique et fatal, M. Sacha Votitchenko s'avance sur l'estrade vers le somptueux\nmeuble qui porte le précieux tympanon. Avec une nonchalance apprêtée, il laisse retomber\nchaque baguette et, sous les coups légers ou appuyés, lents ou précipités, les cordes réson-\nnent comme des cloches lointaines. Les Chants popula et\nXVI ll* siècle conviennent à la nature de M. Votitchenko et il en dégage admirablement le\nparfum et la poésie. Malheureusement la résonnance du tympanon manque d'ampleur et sa\nsaveur spéciale doit s'émousser assez vite. Une assistance extrêmement élégante prit le plus\nvif plaisir à écouter cette musique ossianique et ovationna longuement M. Votitchenko.\nA côté de lui, d'excellents artistes prirent leur juste part des succès. Mlle Marguerite\nCouée interprétant des Mélodies Françaises ancienn nous prouva que la sonorité de la harpe\nest vraiment délicieuse et possède àla fois la douceur et la puissance. Puis, Mlle Marthe\nGirod en exécutant, dans un superbe style fait de fougue et de précision,\nen ré mineur de Bach et Prélude en sol mineur de Rachmaninoff, nous démontre quelle\ndiversité d'accents, quelles oppositions de force et de délicatesse peut revêtir le piano entre\ndes mains expertes. Et MUe Alvina Alvi mit à chanter des Mélodies populaires Russes tout le\ncharme émotif que sont susceptibles d'exprimer des cordes encore, mais cette fois vocales !\nEt ce rapprochement n'alla point sans causer quelque dommage au délicieux mais artificiel\ntympanon."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-02-15-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-02-15_01#c031", "volume": "bmtnabh_1914-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 14, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.2.7", "titre_corps": "Dans le Monde", "titre_sommaire": "Dans le Monde", "signature_source": "G. de F", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.14", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3422, "texte": "Dans le Monde\nUNE REPRÉSENTATION PRIVÉE DE “LA FARCE DU CUVIER”\n\nLe cuvier fameux où le savetier Jaquinot précipite Périnette son\népouse et la mère d'icelle, dame Jaquette, s'abrita d'abord au Théâtre\nde la Monnaie. L'accueil que lui fit Bruxelles décida le Théâtre des\nChamps-Elysées à se réserver la primeur de sa représentation en France.\nMais ce temple ne tarda point, hélas ! à l'ensevelir sous ses décombres.\nEn attendant qu'un de nos grands lyriques mette à son répertoire\nce charmant ouvrage, M. Robert Le Lubez vient d'en donner chez lui une sensationnelle\naudition privée.\nOn connaît le sujet de la farce de haulte liesse traitée par Maurice Léna dans un mou-\nvement alerte, une vivacité de touche et un esprit qui, pour demeurer toujours dans les\nlimites du bon ton, n'en sont pas moins de la vieille gaieté française. Rappelons-le en\nquelques lignes.\nPaisible savetier, amoureux de sa femme, le bon Jaquinot est mené\nrudement par la frivole Périnette. Plus encore que la fine main de celle-ci,\nil redoute la poigne vigoureuse de sa belle-mère, la terrible matrone\nJaquette. Toutes deux s'entendent comme larrons en foire pour le mettre\nà mal et finissent même par lui faire signer une sorte d'abandon des\ndroits de l'homme. En sorte que Jaquinot, à l'avenir, s'occupera seul\ndes soins du ménage. Quand vient le jour de la lessive, Périnette veut\nen inspecter les apprêts. Elle s'approche et se penche au-dessus du\ncuvier. Jaquinot, qui n'attendait que cet instant propice, la saisit et d'un mouvement brusque\nla laisse choir au fond du cuvier. Après quoi, sa belle-mère survenant, il l'y jette aussi. Et se\ngaussant de leur mine déconfite, il exulte et triomphe en timide qui se rebelle et récalcitre.\nMais c'est un excellent compagnon que notre Jaquinot et comme il chérit tendrement sa\nfemme, il ne la laissera pas plus longtemps barbotter dans la savonnade.\nLa musique de Gabriel Dupont est extrêmement vivante. Son rythme rebondit et\ns'anime, communiquant sans cesse un nouvel élan à la parole et au geste. Claire et chantante,\nmalgré sa pâte bien travaillée, elle illustre congrûment cette truculente joyeuseté.\nQuant aux trois principaux interprètes, ils furent étourdissants\nde brio et de talent. Mme Jaqueline Vaucaire mena la ronde avec\nune pétulance et une autorité vocale et scénique extraordinairement\nsavoureuses. Pétillante Périnette, Mme Jacquet-Marsans unit la plus\nadorable espièglerie à une voix exquisement fraîche. Plus complexe\nque les deux figures féminines, celle de Jaquinot permit à M. Robert\nLe Lubez de se montrer avec une égale maîtrise sous des aspects\ndivers. Tour à tour bonhomme, tendre, apeuré, narquois ou taquin,\nd'un organe bien timbré à la diction mordante, il tint superbement\ntête à ses deux délicieuses partenaires et partagea leur très gros\nsuccès. L'orchestre était personnifié par M. Le Baillif qui tint remar-\nquablement le piano d'accompagnement. La mise en scène fort pittoresque était de\nMme Pierron-Danbé.\nUne assistance suprêmement élégante se pressait dans les salons de M. Robert\nLe Lubez ; elle manifesta longuement et à plusieurs reprises tout le plaisir qu'elle prit à un\ntel spectacle. Voici quelques noms pris au hasard parmi les nombreuses personnalités qui s'y\ntrouvaient réunies : Marquise de Lanjuinais, Cte et Ctes3e de Beaumont, Vte et Vtes3e de Grand-\nmaison, Bon et BonQe de Loqueyssie, Ctesse Molitor, Mme Délia Torre, Cfce et Cte3se de Rostang,"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.15", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 421, "texte": "Colonel et Mmo Casron, M. et Mme de Buysieulx,\nBOQ et Bonne de Sauzéa, M. et Mme Willy Blumenthal,\nM. et Mme Ernest Caron, Mme Lecomte du Nouy,\nM. et Mme P. Milliet, M. et Mme Marcel Bertrand,\nCte R. de Clermont-Tonnerre, M. et Mme Michel Carré,\nM. R. de Malherbe, Mme Cauvain, Mme Singer, Cte de\nGerminy, Bon de Bermingham, M. Silver, M. S 1 Hilaire,\nM. P. Sarchi, etc. etc...\n(croquis de Fabiano)\n\nG. de F"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-02-15-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-02-15_01#c037", "volume": "bmtnabh_1914-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 15, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.2.8", "titre_corps": "A l'Opéra", "titre_sommaire": "A l'Opéra", "signature_source": "Swift", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.15", "debut_caractere": 423, "fin_caractere_exclue": 3115, "texte": "A l'Opéra\nSwift.\nCinq heures du soir. L'Opéra est désert. De la salle, plongée dans une demi-obscurité,\narrivent des rumeurs insolites. C'est, d'abord, un échange de violents démentis : \" Oui ! \"\n\" Non ! \" vociférés d'une voix énergique... puis, immédiatement pif ! paf ! l'éclat d'une\nretentissante paire de gifles !...\nQue se passe-t-il ?... On se précipite sur le plateau, on ne voit rien, mais l'altercation\nrecommence : \" Oui !\" u Non ! \" Pif ! Paf !...\nCela semble venir de l'orchestre ! Et pendant qu'on y court, les démentis et les soufflets\nse succèdent sans interruption...\nL'orchestre est vide. Seul, dans un coin, l'air grave, M. Gustave Lyon s'amuse à nier et\nà affirmer tour à tour, d'une voix sonore, une mystérieuse proposition tout en imitant un\nbruit de gifles à l'aide d'une forte claquette de bois. Singulier passe-temps pour un homme\nsérieux !\nPlus irrésolu que Triplepatte, l'inventeur de la harpe chromatique parcourt en tous\nsens la fosse orchestrale et s'assied successivement à tous les pupitres abandonnés ; il se\ndonne l'illusion d'être chargé d'une partie de contrebasse ou de petite flûte ; le voici devenu\nviolon-solo puis troisième trombone ; il abandonne le cor anglais pour les timbales, mais,\nvisiblement, un doute affreux le torture : il ne peut se résoudre à prendre un parti :\nu Oui !\" \" Non !\" \" Oui !\" \" Non ! \"... et chaque fois, de deux solides coups de\nclaquoir il semble châtier son indécision !\nMais des visages attentifs émergent de l'ombre et nous donnent la clef du mystère :\ndans les loges, au balcon, au parterre, à l'amphithéâtre, des témoins muets prennent des\nnotes fiévreuses. Voici Camille Clievillard, Louis Laloy, Auguste Chapuis, Maurice\nEmmanuel, Henri Quittard et toute une armée d'u observateurs \" qui, l'oreille au guet,\nrecherchent les résonnances de l'immense vaisseau et établissent des graphiques dont\nGustave Lyon tirera des conclusions précieuses pour l'amélioration de l'acoustique de\nl'Opéra.\nM. Jacques Rouché, en effet, insensible à la poésie du paganisme, a chargé l'éminent\ningénieur d'organiser une battue dans son futur domaine pour en expulser la pauvre nymphe\nEcho. La poursuite fut acharnée : la nymphe se déroba très habilement mais on affirme\nl'avoir aperçue dans un angle du parterre et elle sera bientôt cernée.\nQuatre cent trente-deux fois, la claquette la fit tressaillir, puis les chasseurs épuisés\nrenoncèrent à la lutte, en se donnant un prochain rendez-vous pour reprendre leur cruelle\nbesogne. La pauvrette n'a qu'à bien se tenir !\nChargé de rechercher, moi aussi, des échos pour S. I. M., j'ai dérobé celui-ci au vol et,\nsans l'avouer à Gustave Lyon, je me suis empressé de le noter pour nos lecteurs."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-02-15-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-02-15_01#c038", "volume": "bmtnabh_1914-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 16, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.2.9", "titre_corps": "ÉTRANGER", "titre_sommaire": "ÉTRANGER", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.16", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3814, "texte": "BESANÇON. Dans sa conférence préparatoire au 32rae Concert Symphonique,\nM. Henry Najean exerça sa verve spirituelle et caustique au détriment de quelques-uns des\nauteurs inscrits au programme, Brahms, Debussy et Massenet. S'il tint cependant à rendre\njustice au génie du premier, et à l'originalité savoureuse du second, l'auteur d\npar contre fut traité avec un irrespect suffisant pour mériter au talentueux conférencier les\nrancunes sérieuses de maints adorateurs de Massenet. Les circonstances cependant semblèrent\nlui donner raison: Alors que Brahms et Debussy triomphaient au concert du lendemain, avec\nla belle et hautaine Rapsodiedu premier pour alto solo, chœur d'hommes et orchestre et la\nravisante Petite suite du second dont En bateau et furent délicieusement rendus par\nnotre orchestre, la suite d'orchestre à' Esclarmonde malgré tout son pittoresque scintillement,\nmalgré même la belle flambée de son Hyménée, laissa le public absolument froid. Non,\ndécidément, il faut laisser Massenet au théâtre. Il n'a rien à gagner en affrontant l'épreuve\ndu Concert, pas plus d'ailleurs que l'épreuve des dont M. Najean souligna le vide\nahurissant.\nCe fut Madame Fernand Datte qui chanta le solo de la de Brahms ; sa belle\nvoix chaudement timbrée, ressortant avec aisance sur les chœurs d'hommes, fit réellement\nsensation. M. Datte dirigea encore l'Ouverture de inspiration beethovenienne d'une\naltière beauté. Enfin une bonne part de succès de la soirée revint encore à M. Jules Boucherit\nqui interpréta avec une grâce sans rivale le Con de Mendelssohn, que l'on réentendit\navec plaisir, et diverses pages de Beethoven, Rameau, J. Hubay.\nJe ne voudrais pas terminer sans mentionner les collaborateurs interprètes de M. Najean\nà la Conférence préparatoire : Madame Bourgean, dont la voix d'or semble toujours plus\nbelle à chaque nouvelle audition, et qui chanta et la de\nBrahms en véritable artiste ; Madame Saillard-Cambier, une grande artiste elle aussi, dont\nje ne saurais assez dire le mérite et la modestie, et qui joua avec un art accompli lé\nde Debussy et Jardin sous la pluie du même. Enfin M. Bascou, violoniste, qui sut mettre en\nvaleur deux fragments de la Sonate op. 108 pour piano et violon de Brahms.\nE. G.\nMARSEILLE. La première de Parsifala eu lieu le 20 janvier et les représentations se\nsont succédées, depuis, à raison de trois par semaine, devant des salles combles. Il faut\nlouer tout d'abord l'effort considérable déployé par tous ceux qui, de près ou de loin, ont\nconcouru à ces exécutions. Au-dessus de tous les interprètes, se détache M. Altchewsky :\nl'expiration de son engagement va malheureusement interrompre les représentations, sinon\nles clôturer.\nAvoir monté Parsifal en quelques semaines, alors que le Crépuscule des dieux tenait pour\nla première fois, l'affiche au mois de décembre et que, entre temps, s'imposait l'obligation\ncommune à tout théâtre de province de varier les spectacles courants ; parvenir, malgré\ntout, à présenter un ensemble suffisamment honorable pour réunir un public dont l'attention\nne s'est jamais démentie : tout cela, dis-je, sort trop de l'ordinaire pour ne pas comporter\nde chaleureux éloges. Notre Opéra municipal a donc ressenti une légitime fierté à faire\nentendre, le premier, Parsifal en province.\nLa satisfaction éprouvée devant le succès obtenu ne doit point, toutefois, faire oublier\nle respect dû aux chefs-d'œuvre. Il est certain que les exécutions données ne peuvent être\nappelées des représentations \" wagnériennes et qu'elles ne paraissent même pas de nature\nà laisser une impression d'art véritable. Il eût été, semble-t-il, possible de rectifier certains\nmouvements d'une précipitation choquante et qui variaient même d'une représentation à\nl'autre ; ou, encore, de restituer à la scène de séduction des Filles-fleurs, relativement si"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.17", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 8, "texte": "ÉTRANGER"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.17", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 1189, "texte": "connue, son véritable caractère. On eût pu, aussi, dès la lre audition, rappeler à l'ordre les\nfigurants qui, dans le temple du Graal, prenaient l'habitude, conservée depuis, d'échanger\nquelques sourires ou chuchottements : et, alors que le 1er acte, lors des premières exécutions,\ndurait sept quarts d'heure, ne point le diminuer aux représentations suivantes au point qu'il\nn'en durât plus que six. Ces errements se rattachent au laisser aller des théâtres d'opéra\nen général : ils ne font point disparaître le grand effort accompli.\nEncore un peu de temps et chaque ville aura son Beaucoup s'en réjouissent,\naujourd'hui où quiconque peut visiter, en chemin de fer, les cimes de la Jungfrau ou se pro-\ncurer l'illusion, en tournant un rouleau mécanique, de jouer la \" Fantaisie chromatique \" ou\n,l Prélude, Choral et Fugue. \" Mais rendra-t-on jamais aux ancien pèlerins de Bayreuth leurs\nimpressions inoubliées, fût-ce même le simple appel de par Kundry, dans la\nscène des Filles-fleurs et qui, à trente ans de distance, retentit encore à notre oreille.\nLes concerts de toute nature ne chôment pas : je vous en parlerai dans ma prochaine\ncorrespondance.\nHENRI DE VAUPLANE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-02-15-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-02-15_01#c040", "volume": "bmtnabh_1914-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 17, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.2.10", "titre_corps": "Étranger", "titre_sommaire": "Étranger", "signature_source": "J. Lortel", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.17", "debut_caractere": 1191, "fin_caractere_exclue": 3760, "texte": "Étranger\n\nLA \" PHYSIOGNOMIE VOCALE\"\nBOSTON. Dorénavant le visage ne sera plus seulement le miroir de l'âme, il en sera\nla voix silencieuse si on peut ainsi parler, grâce à la science nouvelle que les américains\nappellent la 41 Physiognomie vocale \" et qui fait de M. Umberto Sorrentino, un ténor, jadis\nattaché à l'Opéra de Boston, un continuateur de Lavater.\nGrâce à ce diagnostic optique pour un art auditif, il n'y aura plus jamais de voix mal\ntraitées et chose précieuse en notre temps si agité, où le temps est vraiment de l'argent, les\nengagements de théâtre pourraient presque se faire sans auditions, un système anthropomé-\ntrique remplaçant celles-ci, et réunissant ainsi à l'avantage d'être plus scientifique, celui\nd'être plus expéditif et parfois moins désagréable pour les examinateurs.\nQuelque novateurs que soient les américains, M. Sorrentino rencontra des incrédules,\njusqu'au jour, où une expérience publique et décisive vint démontrer l'infaillibilité de son\ndiagnostic.\nAcceptant le défi de l'un des plus importants \" managers \" lyriques des Etats-Unis,\nil organisa une séance publique, quasi-officielle, au cours de laquelle il réussit à classer, à\nsix exceptions près, les choristes d'un Grand Opéra, par groupes de ténors, de barytons et de\nbasses, sans les avoir entendus proférer un seul son.\nLes six voix douteuses étaient de celles dont M. Sorrentino avait dit dès le début du\n\" challenge \" qu'il ne pouvait être absolument catégorique pour les barytons dont le physique,\net la voix par conséquent se rapprochent, suivant les cas, plus des basses ou plus des ténors.\nL'examen de l'angle facial, de la coupe du visage, du développement et de la forme\ndu nez, du plus ou moins de prognathisme de la mâchoire inférieure, de la protubérance\nplus ou moins accentuée de la \" pomme d'Adam \" (cartilage thyroïde) déterminera le registre\nde la voix.\nLes qualités d'ampleur, d'harmonie dépendant du développement des cordes vocales il\nsuffira de jeter un coup d'œil sur celles-ci pour se rendre un compte exact de la capacité\nmusicale ou oratoire du sujet examiné au point de vue physique.\nPlus les cordes vocales seront longues, plus le larynx qui les contiendra sera grand, plus\nles cartilages de celui-ci seront robustes, plus forte sera la voix. D'autre part, plus les cordes\nseront longues, plus lentement elles vibreront, et plus les sons qu'elles émettront seront pro-\nfonds... On objecterait à tort, explique l'auteur du système \" que chez les grands ténors\ndramatiques et les barytons les plus brillants les sections du clivage anatomique sont"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.18", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 4350, "texte": "obscurcies par une sorte de recouvrement... sont là des exceptions connues, qui ne font\nque confirmer la règle établie péremptoirement par l'examen de nombreux individus, et\nreconnue exacte dans la proportion de quatre-vingt-cinq pour cent.\nDonc quand vous verrez un homme dont le haut du visage sera fortement développé,\ndont Varcade zygomatique(c'est-à-dire l'arête osseuse qui va de la tempe au nez) sera très\naccentuée, les pommettes saillantes et le nez bien proportionné vous pourrez affirmer à\npremière vue qu'il possède en outre des avantages décrits ci-dessus une voix de ténor.\nCelui qui se présentera devant nous avec une figure alourdie du bas par une épaisse\nmâchoire, qui dissimulera ou étalera selon son esthétique personnelle une volumieuse\npomme d'Adam, sera à coup sûr une basse, et lorsque, ces indices divers se mêleront de\nfaçon vague, ambiguë, vous aurez devant vous une sorte d'hermaphrodite vocal: un baryton.\nCes expériences faciales sont considérées comme très importantes par les impresarii\naméricains, qui ont souvent besoin de parer à de l'imprévu, de former des chœurs à la hâte,\net on se rend compte de leur utilité pour aider les chefs de musiques militaires, ou de\nsociétés chorales dans l'organisation de leurs équipes, sans oublier iqu'en cas de grève elles\naideraient puissamment les directeurs de théâtre.\nNaturellement tout ce qui précède s'applique aussi bien aux orateurs qu'aux chanteurs,\ncar jamais, si nous en croyons M. Sorrentino, un homme qui aura \" une bonne figure ronde\ncomme une pomme, un petit nez pointu et une peau sombre et sèche \" et dont par consé-\nquent la voix sera chevrotante, faible, sans autorité, ne pourra lancer des ordres sur le pont\nd'un navire ou se faire entendre des soldats sur un champ de bataille; la joie du commande-\nment lui sera refusée aussi bien que les triomphes de la tribune, de la barre ou de la chaire.\nSeuls les gaillards \" au nez hardi, aux narines ouvertes, aux pommettes ou à la mâchoire\ndéveloppées \" seront capables \" d'empoigner \" la foule, leurs capacités intellectuelles ou\nartistiques fussent-elles de beaucoup inférieures à celles des chétifs décrits plus haut.\nM. Sorrentino ne fait pas d'exception pour les femmes, et n'admet pas du tout en matière\nvocale, l'axiome si profondément vrai du psychologue qui considère la faiblesse comme la\nplus grande force du beau sexe.\nPar une idée bien américaine M. Sorrentino propose de démontrer l'impeccabilité de ses\nobservations, par l'audition d'un chœur cosmopolite où les différences physiques des races\nse manifesteraient vocalement. Par exemple, les Chinois aux proéminences faciales accen-\ntuées, à la gorge souple seraient d'excellents ténors, les Japonais aux pommettes plus\neffacées mais aux mâchoires plus lourdes, aux cartilages thyroïdes plus développés, seraient\ndes grands ténors admirables, une tribu d'lndiens à la pomme d'Adam énorme, aux pom-\nmettes exagérées, seraient les basses chantantes ou les barytons, et les nègres prognathes\nseraient des basses tonitruantes.\nEn résumé, M. Sorrentino estime que la réussite d'un chanteur repose abstraction\nfaite de sa maîtrise artistique sur le développement de sa mâchoire inférieure, du plus ou\nmoins de force des muscles de celle-ci dépendra u la facilité d'ouverture \" de la gorge et de\nla boucle, permettant plus ou moins aisément 14 le sourire ou le bâillement\" que M. Sorren-\ntino déclare être u les deux mouvements indispensables à l'émission du son et à la détente\nde l'appareil vocal \". Or seule une mâchoire bien conditionnée permettra à la voix d'être\nposée, égale, harmonieuse, sonore et vibrante.\nPour nous convaincre définitivement de ces vérités, le physiognomiste nous convie à\nexaminer les photographies des chanteurs ou des cantatrices réputés et il ne doute pas que\nnous ne trouvions chez Caruso,Titta-Ruffo,Chaliapine,Plançon ou chez Mesdames Tetrazzini,\nCavalieri, Nordica, Eames ou autres les signes caractéristiques qu'il indique u leurs mâchoires\ninférieures étant sensiblement plus fortes que celles du commun des mortels et leur nez,\nquelque beau et bien fait qu'il puisse être, généralement assez fort... qualités physiques\nindispensables pour transmettre et renforcer les vibrations dans les boîtes résonnantes du\npharynx, du larynx, dans les voiles du palais et même dans les cavités nasales...\"\n\nJ. Lortel."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-02-15-01-c041", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-02-15_01#c041", "volume": "bmtnabh_1914-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 19, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.2.11", "titre_corps": "L'OPÉRA FRANÇAIS AU CANADA", "titre_sommaire": "L'OPÉRA FRANÇAIS AU CANADA", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.19", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3561, "texte": "L'OPÉRA FRANÇAIS AU CANADA\nNotre correspondant de Montréal, Paul Ouimet,\nStandard h /'occasion de la réouverture de la saison d^opéra.\nLe curieux état d'esprit que révèlent ces lignes montrera combien les canadiens français éprouvent de\ndifficultés a défendre leur culture artistique traditionnelle e a\ndans les milieux anglais oh F entente cordiale s'exerce unique\n\" Pour la quatrième année consécutive nous allons avoir une saison d'Opéra au théâtre\nHis Majesty's, que partout où l'on parle de grand opéra, on s'accorde à qualifier de Covent\nGarden, de Metropolitan Opéra, de Montréal. A en juger par les multiples annonces\nconcernant les ouvrages qui seront représentés et les artistes qu'on engagera, cette saison\npromet beaucoup au point de vue de la musique.\nPour la première fois depuis qu'on a commencé à nous donner de l'opéra sous une\ndirection locale il semblerait qu'on ne donnera pas à l'opéra français la place d'honneur dans le\nrépertoire de la troupe, et pour cette seule heureuse nouvelle, soyez remerciée mille fois,\nô direction !\nOn nous épargnera donc l'ennui de \" Cendrillon \" de \" La Navarraise \", de \" Mignon \",\net de diverses autres pièces de même nature, que nos péchés artistiques ont nécessairement\nfait tomber sur nous dans le passé, et il faut espérer qu'on ne nous infligera pas jusqu'à six\nreprésentations de \" Manon \" et huit représentations de \" Faust \", à l'occasion de cette saison.\nDans une saison d'opéra de huit semaines, ce qui est bien court pour une saison d'opéra\nmétropolitain, il y a beaucoup d'ouvrages dont nous pouvons nous passer. On pourrait nous\népargner les lieux communs musicaux usés et montrant le fil que tout le monde sait par cœur\net que tout musicien déteste et méprise d'une façon absolue. Dans cette catégorie on peut\nmettre \" Mignon \" sur le même pied que la \" Maritana \", au moins en ce qui concerne le\nlivret, et la première est aussi familière et aussi indigne d'attirer notre attention, à l'époque\nactuelle, que l'est l'autre, quoique ces opéras appartiennent à des classes différentes au point de\nvue musical. Des opéras comme \" Carmen \", qui appartiennent à une autre classe peuvent\nsupporter un bon nombre de reprises, surtout parce qu'ils sont dramatiques et qu'on les\nconsidère à un point de vue qui n'est pas toujours purement musical.\nLes nouveaux opéras convenables aux besoins locaux ou les opéras qui n'ont pas été\njoués ici depuis quelque temps peuvent toujours être compris parmi les œuvres qu'on doit nous\ndonner. Dans les dernières années, la \"Manon Lescaut\" de Puccini et \" L'Ami Fritz\" de\nMascagni ont été goûtés par les musiciens et honnis par ceux qui ne peuvent distinguer une\nnote de musique du cri d'une sirène d'auto ou de l'accord donné par deux chats qui chantent\nsur la clôture d'une cour. \" Chopin \" est un autre opéra qui a fait la jouissance des connaisseurs\net \" Paillasse \" a été donné en quelques représentations,il y a deux saisons, mais la distribution\nn'était pas capable de l'interpréter d'une façon suffisante, et l'on peut dire que cet opéra n'a\njamais été donné d'une manière réussie pendant la saison.\nLa saison d'opéra promet beaucoup sous tous rapports. Plusieurs chanteurs jouissent de\nlongue date d'une réputation qui, à elle seule, devrait attirer la foule aux représentations. On\nnous donnera quelques nouveautés, nouveautés pour notre public au moins, par exemple,\nau cours de la première semaine, \"La Gioconda \" et \"Le Secret de Suzanne \". On voit\ncombien de telles tentatives méritent d'être chaleureusement soutenues et encouragées. \""}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-02-15-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-02-15_01#c042", "volume": "bmtnabh_1914-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 20, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.2.12", "titre_corps": "ÇA ET LA", "titre_sommaire": "ÇA ET LA", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.20", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2957, "texte": "ÇA ET LA\n\nÉchos\n\nLa recherche de la paternité (fin).\nMme Valentine de Saint-Point nous prie d'insérer la lettre suivante :\nEn effet, cher Monsieur, il faut en finir. Je ne saurais d'ailleurs plus suivre M. Paolo Litta dans la\nvoie où il s'est engagé, en altérant outrageusement les textes qu'il a cités dans le dernier supplément\nde la S. I. M.\nIl est seulement nécessaire d'en donner un échantillon à vos lecteurs. Je choisis le sien, la\nMétachorie pouvant encore offrir à M. Paolo Litta cette dernière réclame.\nTexte du livre de M. Litta.\n...nos artistes en les amenant à recevoir parmi\neux et reconnaître, finalement, cette \" sœur\" un\npeu trop délaissée que fut la Danse. Jusqu'à pré-\nsent nul n'a osé donner la même importance à la\ndanse telle que nous l'entendons qu'à la\nlittérature, la musique, la peinture, la sculpture.\nDanser une Symphonie de Beethoven est certes\nfaire preuve d'habileté, mais est-ce bien néces-\nsaire ?\nCombien plus virante, plus vibrante, plus spon-\ntanée serait cette œuvre où le musicien serait à\nmême de créer esotériquement des \" situations\nmusicales dansées\" ou mieux encore à s'habituer\npar commencer, avant de penser à toute musique,\nà présenter à son imagination inspirée des visions,\ndes apparitions immatérielles d'abord des \" formes\nvagues, en mouvement \" qui prendraient peu a\npeu des allures eurythmiques lesquelles feraient\nplace, à leur tour, à des entités ayant déjà le\ncaractère déclaré de la danse et se rapprocher\ninsensiblement au monde plus positif des formes\nhumaines, les plus adéquates à traduire d'une\nfaçon visible, tangible et par conséquent possible,\nce que le cerveau de ce musicien de nouveau style\naurait entrevu !!\nNul n'a pu soupçonner que peut-être en dehors\ndes pirouettes et entrechats, il pourrait bien se\nrévéler un Art nouveau d'une telle intensité souve-\nraine d'expression au point d'égaler, sinon d'éclip-\nser même tous les autres arts.\nSerait-ce une chose vraiment si folle que d'aban-\ndonner toutes les manifestations un peu surannées\nde notre art musical actuel en y introduisant à\ntitre définitif le Poème musical dansé ?\nTexte cité comme extraits de son livre par\nM. P. Litta.\nNul n'a donné la même importance à la danse\nqu'à la littérature, la musique, la peinture. Pour-\nquoi la danse ne pourrait-elle pas prétendre à être\nune \" sœur \" égale à ces arts et a leur hauteur\nactuelle.\nDanser une symphonie de Beethoven est-ce\nnécessaire ? Les œuvres classiques ont-elles besoin\nd'être commentées par des gestes ?\nCréer avant de penser à toute musique, des\nvisions immatérielles (idées) formes vagues en\nmouvement qui prendraient peu à peu des allures\neurythmiques {géométriques) des entités capables\nde traduire dans la danse ce que le cerveau aurait\nentrevu.\nEn dehors des pirouettes et entrechats (de la\ndanse classique) il devra exister un art nouveau\ndentités mouvantes autrement dit des lignes en\nmouvement.\nSerait-ce vraiment une chose aussi folle que de\ncréer le Poème dansé ?"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.21", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2900, "texte": "Ses oreilles entendent à peine la musique qui\nn'est plus ici la \" grande accapareuse\", mais cette\nfois-ci, l'accaparée !...\nLes yeux impuissants à communiquer au cer-\nveau le contrôle réflexe de l'impression si rapide-\nment reçue, au milieu du tourbillon des mouve-\nments de l'artiste, au milieu de la confusion du\nnéophyte lui-même, sont fixés sur la Superbe\nEvocatrice avec une joie mêlée à la crainte de\nperdre chacun de ces précieux mouvements, sou-\nvent à peine esquissés, souvent à peine indiqués !\nPeu à peu cette \" forme\" s'est fixée dans son\nesprit et il a pensé qu'elle pourrait bien être ce\nqu'il cherchait et lui servir à créer une entité mou-\nvante dont la danse serait le moyen extérieur d'ex-\npression artistique.\nLa danse se détachera de la musique cette\n\" grande accapareuse \" pour reprendre la place\nqu'elle a le droit d'occuper.\nSes mouvements seront à peine esquissés, à peine\nindiqués ils ne seront plus qu'une forme d'origine\npurement cérébrale, une entité mouvante dont la\ndanse (la nouvelle) serait le moyen extérieur\nd'expression artistique.\nEst-il utile de souligner que tout ce qui pouvait ressembler à la a été ajouté : les\nla géométrie,le poème- dansé, l'origine purement cérébrale,etc.\nSans commentaires n'est-ce pas ?\nCroyez, cher monsieur, à mes sentiments sympathiques et très distingués.\nVALENTINE DE SAINT-POINT.\n0 0 0\nLes Commandements du catéchisme du Conservatoire, remis à 9.\n7 «\nUn correspondant anonyme nous demande l'insertion des octosyllabes suivants\ndont on appréciera le but éducateur et humanitaire et qui sont sans doute la consé-\nquence d'un vœu :\n1. Dieubussy seul adoreras, 6. Au grand jamais ne résoudras\nEt copieras parfaitement. De dissonance aucunement.\n2. Mélodieux point ne seras, 7. Aucun morceau ne finiras\nDe fait ni de consentement. Jamais par accord consonant.\n3. De plan toujours tu t'abstiendras, 8. Les neuvièmes accumuleras,\nPour composer plus aisément. Et sans aucun discernement.\n4. Avec grand soin tu violeras 9. L'accord parfait ne désireras\nLes règles du vieux rudiment. ' Qu'en mariage seulement.\n5. Quintes de suite tu feras,\nEt octaves pareillement. Ad gloriam tuam\nErit Satis.\nAmen.\n0 0 0\nSimple Avis.\nUn journal musical américain publie, en tête de ses colonnes, la note suivante :\nUn citoyen peut pousser l'avarice au point de se servir d'une verrue, placée derrière la tête, en\nguise de bouton de col.\nIl peut, par raison d'économie, voyager sur les tampons d'un wagon de chemin de fer; arrêter\nsa montre pour n'en pas user les rouages.\nIl peut, dans sa correspondance, omettre la ponctuation et épargner ainsi quelques gouttes\nd'encre.\nIl n'en est pas moins un gentleman, comparé au citoyen qui accepte pendant deux ou trois\nsemaines l'envoi d'un journal à domicile et refuse, après coup, de payer l'abonnement sous prétexte\nqu'il ne l'avait point sollicité.\nFortes paroles qu'affaiblirait tout commentaire !"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3232, "texte": "La double excommunication.\nSoucieux de venir en aide à un compatriote et de prêter l'appui de son autorité\nà son auguste collègue du Vatican, le Pape du Futurisme a lancé un bref d'excom-\nmunication contre le Tango. Il y a joint une interdiction de Parsifal rédigée en des\ntermes d'une éloquence bien personnelle :\n\"Si le tango est mauvais, Parsifal est pire, car il inocule aux danseurs trébuchants d'ennui et de\nmollesse une incurable neurasthénie musicale.\n\"Comment éviterons-nous Parsifal,avec ses averses, ses flaques et ses inondations de larmes\nmystiques ? Parsifal c'est la dépréciation systématique de la vie ! Fabrique coopérative de tristesse et\nde désespoir. Tiraillements peu mélodieux d'estomacs faibles. Mauvaise digestion et haleine lourde\ndes vierges de quarante ans. Vente en gros et en détail de remords et de lâchetés élégantes pour\nsnobs. Insuffisance du sang, faiblesse des reins, hystérie, anémie et chlorose. Génuflexion, abrutisse-\nment et écrasement de l'Homme. Rampement ridicule de notes vaincues et blessées. Ronflement\nd'orgues ivres et vautrées dans le vomissement des leit-motivs amers. Larmes et perles fausses de\nMarie Magdeleine en décolleté chez Maxim. Purulence polyphonique de la plaie d'Amfortas. Somno-\nlence pleurnicheuse des chevaliers du Saint-Graal. Satanisme ridicule de Kundry... Passéisme !\nPasséisme ! Assez ! \"\nLa cause est entendue.\n0 0 0\nL'ingénieux auteur.\nC'est un virtuose incomparable. C'est un chef d'orchestre de valeur. C'est aussi\nun compositeur applaudi qui vient de connaître les émotions de l'apothéose\nofficielle. Mais il a une infirmité : il ne peut jamais trouver un titre satisfaisant pour\nses compositions.\nIl avait terminé depuis longtemps une exquise pièce de flûte et ne se décidait pas\nà la donner à son éditeur impatient : le titre ne venait pas ! On rencontrait le mal-\nheureux auteur, le front plissé, le regard lointain, la mine pensive ; jour et nuit il\ns'absorbait dans cette vaine recherche. Il dépérissait, il maigrissait et commençait à\ninquiéter ses amis...\nUn beau jour on le vit, en pleine rue, pousser un cri de délivrance et gambader\néperdument au grand effroi des passants : \" J'ai trouvé ! j'ai trouvé ! hurlait-il : je vais\nécrire un second morceau du même genre et je pourrai prendre comme titre : Deux\nPièces pour flûte ! \"\nEvidemment c'est un rien, mais il fallait y penser.\n\nL'Homme à la Contrebasse.\n\nNouvelles\nLa ville de Genève prépare, à l'occasion du centenaire de son entrée dans la Confédé-\nration, des fêtes solennelles où la musique aura une large part. Un vaste théâtre couvert\nsera, pour la circonstance, élevé sur les bords du Léman. Il pourra contenir 7000 spectateurs.\nLa scène, qui mesurera 40 mètres de largeur sur 20 de profondeur, s'ouvrira au dernier acte\nsur le lac et le public verra s'avancer sur l'eau et atterrir de grandes barques portant les\nchœurs des confédérés. C'est notre ami Jaques Dalcroze qui a été chargé de composer la\nmusique de ce grandiose spectacle et d'en régler les danses qui seront exécutées, d'après\nla méthode rythmique, par 300 jeunes filles et jeunes garçons. La mise en scène a été\nconfiée à Gémier qui avait déjà dirigé les représentations du Festival Vaudois, il y a dix ans."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.23", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2801, "texte": "L'ensemble de l'interprétation réunira 1500 exécutants. Ces fêtes seront données du\n3 au 10 juillet prochain.\nLa Société des u Amis des Cathédrales \" donnera le jeudi 19 février à la Salle Gaveau,\nune audition de musique spirituelle.\nA cette audition sera exécuté uLe Jugement de Salomon 4i Motet pour la Messe\nrouge en 1702 \", de Marc Antoine Charpentier, recueilli et restitué spécialement pour cette\naudition d'après le manuscrit authentique de la bibliothèque Nationale par MM. Letocart et\nde Raulin.\nNous appelons spécialement l'attention de nos lecteurs sur le caractère public de cette\nréunion qui est aussi la seule de l'année où les 44 Chanteurs des Amis des Cathédrales\nsous la direction de M. Letocart, se feront entendre à Paris.\nA titre absolument exceptionnel, des billets du prix de 6 francs seront mis en vente\npour les personnes étrangères à la Société, qui ne pourraient trouver d'invitation auprès\nd'un sociétaire, à la Salle Gaveau, chez les principaux éditeurs de musique et au Secrétariat\nde la Société 57, rue de Châteaudun, à Paris.\nUn très beau service à la mémoire de S. M. la reine douairière de Suède a été célébré\nen l'église suédoise rue Guyot.\nLe Président de la République y était représenté par le lieutenant-colonel Paquette, et\nM. William Martin, chef du protocole, représentait le gouvernement. On y voyait aussi tous\nles Ambassadeurs et Ministres plénipotentiaires accrédités à Paris.\nMelle Lita de Klint, maître de chapelle, et qui possède une très belle voix, a chanté avec\nune diction parfaite, un air de Haendel. M. Arvriot Hydén exécuta, avec un style noble,\nun air de Beethoven et M. H. M. Melchers jouait une marche funèbre de sa composition.\nLa charmante pianiste, Mllc Norah Drewett, vient de donner à Davosplatz deux récitals de\npiano qui ont remporté un très brillant succès. Un des programmes était presqu'exclusivement\nconsacré à Ravel et Debussy sur la demande du directeur allemand du grand sanatorium où\neut lieu cet intéressent concert de musique française.\nMmc Elvira Rubinstein dont nous publions aujourd'hui le portrait est une des plus\ndélicieuses et talentueuses élèves de Mme Felia Litvinne. Nous aurons le plaisir de l'entendre\nà Paris au printemps dans un concert de musique russe où elle chantera des mélodies inédites.\nL'audition de la Messe en si mineur par la Société J.-S. Bach (salle Gaveau) reste fixée\nau vendredi 27 février, en soirée : répétition générale publique, la veille, jeudi 26, à quatre\nheures. Les solis seront chantés par Mme Cécile Gilly, Mme Altmann (de Strasbourg)\nM. Kohman (de Francfort). Chœurs et orchestre ; 200 exécutants sous la direction de\nM. Gustave Bret.\nLe 44 Quatuor avec piano \" (M.M. Lucien Wurmser, Firmin Touche, Maurice Vieux et\nJules Marneff) donnera trois séances à la salle Pleyel."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.24", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1531, "texte": "Vendredi 27 Février en soirée : Quatuors d'lwan Knorr (lre audition à Paris) l'lnachevé\nde Lekeu, Sol mineur Mozart.\nLundi 2 Mars en matinée à quatre heures : Quatuors, Op. 60 Brahms, op 45 Fauré,\nBoëllmann.\nJeudi 5 Mars en soirée: Quatuors: Joseph Jongen, Vitezslaw Novak (lre audition)\nSchumann.\nPrime à nos lecteurs.\nCe pittoresque croquis a été exécuté par Ferruccio Busoni au sortir d'un de ses récitals :\nCeux de nos lecteurs qui n'ont pu applaudir le célèbre pianiste auront au moins la\nsatisfaction d'apprécier son talent de dessinateur et de connaître une face imprévue de sa\nvirtuosité.\nLe premier concert de la Société Palestrina, fixé au 18 Février, à la Schola comprendra\nune causerie de Vincent d'lndy sur l'Art spiritualiste, la en fa et la Cantate\n\" Bleib bei uns\" de Bach, la Légende de Ste de Chausson et le 2me de\nVincent d'lndy.\nNous apprenons avec regret la mort du Dr Wolf Dohrn victime d'un accident de\nmontagne au cours d'un voyage en skis dans le Valais. Le Dr Dohrn était le fondateur\net le bienfaiteur de l'lnstitut Jaques Dalcroze à Hellerau. Il venait précisément d'assurer\nsur des bases financières nouvelles le solide avenir de cette entreprise qui était la grande\nœuvre de sa vie. Sa perte sera douloureusement ressentie dans les milieux artistiques.\nMM. Morel, Maçon et Feuillard, membres de la viennent\nd'être engagés en Angleterre pour jouer le d'Haydn pour viole d'amour,\nviolon et violoncelle, à Bournemouth, Newcastle, Southport, Harpeden et à Londres aux\nSunday Concerts-Society."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.25", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2853, "texte": "La Compagnie des Chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, nous informe\nque le Concours International de Ski, organisé par le Club Alpin Français et qui devait\navoir lieu, à Briançon, du 6 au 9 février, est reporté au 21 février.\nDe Barcelone.\nToute la presse catalane signale le très vif succès obtenu par le Trio en sol de\nLéo Sachs dont la première audition fut donnée avec une parfaite maîtrise par les artistes\néminents qui composent le trio Radua-Roig. L'œuvre de notre compatriote a été chaleu-\nreusement fêtée.\nDe Saint-Pétersbourg.\nL'art français moderne vient de triompher aux concerts Ziloti. 44 Orphée \", le beau\nmimodrame lyrique de M. Roger-Ducasse, y a obtenu un succès éclatant sous sa forme\nsymphonique. C'est d'un bon augure pour les représentations de cette œuvre que donnera\nle Théâtre Impérial, en octobre prochain, avec la chorégraphie de Michel Fokine.\nDe Monte-Carlo :\nM. Raoul Gunsbourg vient de reprendre, avec un éclatant succès, l'œuvre si dramatique\nde M. Puccini, la Fille du Far-West.\nCet opéra où l'action prédomine exige des chanteurs qui soient comédiens. Ce fut pleine-\nment réalisé : Mme Carmen Mélis, cantatrice àla voix éclatante, est une admirable tragé-\ndienne. L'extraordinaire ténor M. Martinelli est doublé d'un acteur remarquable. Le baryton\nM. Baklanoff, dont l'organe est très beau, excelle dans l'art de mettre en relief les moindres\nnuances d'un rôle.\nA côté de ces trois grands artistes, il faut citer Mme Mary Girard, MM. Chalmin,\nClauzure, Charles Delmas, Ghastan, Feiner, tous parfaits, et les chœurs, sonores et d'une\nsavante animation. Le maestro Bellucci dirigeait l'orchestre.\nLes Fêtes d'Hébéde Rameau ont remporté un succès triomphal.\nCe merveilleux chef-d'œuvre, du génial précurseur de qui toute la musique française\ndécoule, fut admirablement interprété et mis en scène.\nIl faut citer hors de pair, parmi tant d'interprètes, l'exquise cantatrice MUe Alexandro-\nvitz, MMUes Lilian Grenville, Rainal-Monti, Gautier, MM. Gilly, Maguenat, Journet et\nMarvini.\nLes ballets, magistralement réglés par M. Bolm, ont valu un éclatant succès à\nMlle Zambelli, l'étoile de la danse, et àla gracieuse Mlle Magliani.\nLes décors de M. Visconti, et les 44 décors lumineux \" de M. Eugène Frey, ont fait\nsensation.\nSous la magistrale direction de M. Léon Jehin, l'orchestre a remarquablement exécuté\nle pur et grand chef-d'œuvre de Rameau.\nLe vieux chef-d'œuvre, nullement vieillot, de Bellini, la que, nulle part,\non n'a joué depuis un quart de siècle, vient de triompher à Monte-Carlo. Le public, friand\nde mélodie pure et expressive, s'est enthousiasmé pour cette œuvre, encore si jeune,\noù l'inspiration déborde.\nMais il y fallait une interprétation vocale et dramatique toute spéciale, à cause des\ndifficultés de chant qui ont motivé l'ostracisme dont frappent la tant de directeurs"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.26", "debut_caractere": 103, "fin_caractere_exclue": 416, "texte": "qui n'ont pas à leur disposition les chanteurs\nqu'il y faut. M. Raoul Gunsbourg vient de\nrendre à ce vieil opéra italien, si merveilleuse-\nment mélodique, la justice due, en le faisant\ninterpréter magnifiquement par Mmes Kous-\nnezoff, Royer, MM. Rousselière et Journet.\nEt cette restitution d'art fut un triomphe."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-02-15-01-c044", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-02-15_01#c044", "volume": "bmtnabh_1914-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 20, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.2.12.2", "titre_corps": "Échos", "titre_sommaire": "Échos", "signature_source": "L'Homme à la Contrebasse", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.20", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 2957, "texte": "Échos\n\nLa recherche de la paternité (fin).\nMme Valentine de Saint-Point nous prie d'insérer la lettre suivante :\nEn effet, cher Monsieur, il faut en finir. Je ne saurais d'ailleurs plus suivre M. Paolo Litta dans la\nvoie où il s'est engagé, en altérant outrageusement les textes qu'il a cités dans le dernier supplément\nde la S. I. M.\nIl est seulement nécessaire d'en donner un échantillon à vos lecteurs. Je choisis le sien, la\nMétachorie pouvant encore offrir à M. Paolo Litta cette dernière réclame.\nTexte du livre de M. Litta.\n...nos artistes en les amenant à recevoir parmi\neux et reconnaître, finalement, cette \" sœur\" un\npeu trop délaissée que fut la Danse. Jusqu'à pré-\nsent nul n'a osé donner la même importance à la\ndanse telle que nous l'entendons qu'à la\nlittérature, la musique, la peinture, la sculpture.\nDanser une Symphonie de Beethoven est certes\nfaire preuve d'habileté, mais est-ce bien néces-\nsaire ?\nCombien plus virante, plus vibrante, plus spon-\ntanée serait cette œuvre où le musicien serait à\nmême de créer esotériquement des \" situations\nmusicales dansées\" ou mieux encore à s'habituer\npar commencer, avant de penser à toute musique,\nà présenter à son imagination inspirée des visions,\ndes apparitions immatérielles d'abord des \" formes\nvagues, en mouvement \" qui prendraient peu a\npeu des allures eurythmiques lesquelles feraient\nplace, à leur tour, à des entités ayant déjà le\ncaractère déclaré de la danse et se rapprocher\ninsensiblement au monde plus positif des formes\nhumaines, les plus adéquates à traduire d'une\nfaçon visible, tangible et par conséquent possible,\nce que le cerveau de ce musicien de nouveau style\naurait entrevu !!\nNul n'a pu soupçonner que peut-être en dehors\ndes pirouettes et entrechats, il pourrait bien se\nrévéler un Art nouveau d'une telle intensité souve-\nraine d'expression au point d'égaler, sinon d'éclip-\nser même tous les autres arts.\nSerait-ce une chose vraiment si folle que d'aban-\ndonner toutes les manifestations un peu surannées\nde notre art musical actuel en y introduisant à\ntitre définitif le Poème musical dansé ?\nTexte cité comme extraits de son livre par\nM. P. Litta.\nNul n'a donné la même importance à la danse\nqu'à la littérature, la musique, la peinture. Pour-\nquoi la danse ne pourrait-elle pas prétendre à être\nune \" sœur \" égale à ces arts et a leur hauteur\nactuelle.\nDanser une symphonie de Beethoven est-ce\nnécessaire ? Les œuvres classiques ont-elles besoin\nd'être commentées par des gestes ?\nCréer avant de penser à toute musique, des\nvisions immatérielles (idées) formes vagues en\nmouvement qui prendraient peu à peu des allures\neurythmiques {géométriques) des entités capables\nde traduire dans la danse ce que le cerveau aurait\nentrevu.\nEn dehors des pirouettes et entrechats (de la\ndanse classique) il devra exister un art nouveau\ndentités mouvantes autrement dit des lignes en\nmouvement.\nSerait-ce vraiment une chose aussi folle que de\ncréer le Poème dansé ?"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.21", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2900, "texte": "Ses oreilles entendent à peine la musique qui\nn'est plus ici la \" grande accapareuse\", mais cette\nfois-ci, l'accaparée !...\nLes yeux impuissants à communiquer au cer-\nveau le contrôle réflexe de l'impression si rapide-\nment reçue, au milieu du tourbillon des mouve-\nments de l'artiste, au milieu de la confusion du\nnéophyte lui-même, sont fixés sur la Superbe\nEvocatrice avec une joie mêlée à la crainte de\nperdre chacun de ces précieux mouvements, sou-\nvent à peine esquissés, souvent à peine indiqués !\nPeu à peu cette \" forme\" s'est fixée dans son\nesprit et il a pensé qu'elle pourrait bien être ce\nqu'il cherchait et lui servir à créer une entité mou-\nvante dont la danse serait le moyen extérieur d'ex-\npression artistique.\nLa danse se détachera de la musique cette\n\" grande accapareuse \" pour reprendre la place\nqu'elle a le droit d'occuper.\nSes mouvements seront à peine esquissés, à peine\nindiqués ils ne seront plus qu'une forme d'origine\npurement cérébrale, une entité mouvante dont la\ndanse (la nouvelle) serait le moyen extérieur\nd'expression artistique.\nEst-il utile de souligner que tout ce qui pouvait ressembler à la a été ajouté : les\nla géométrie,le poème- dansé, l'origine purement cérébrale,etc.\nSans commentaires n'est-ce pas ?\nCroyez, cher monsieur, à mes sentiments sympathiques et très distingués.\nVALENTINE DE SAINT-POINT.\n0 0 0\nLes Commandements du catéchisme du Conservatoire, remis à 9.\n7 «\nUn correspondant anonyme nous demande l'insertion des octosyllabes suivants\ndont on appréciera le but éducateur et humanitaire et qui sont sans doute la consé-\nquence d'un vœu :\n1. Dieubussy seul adoreras, 6. Au grand jamais ne résoudras\nEt copieras parfaitement. De dissonance aucunement.\n2. Mélodieux point ne seras, 7. Aucun morceau ne finiras\nDe fait ni de consentement. Jamais par accord consonant.\n3. De plan toujours tu t'abstiendras, 8. Les neuvièmes accumuleras,\nPour composer plus aisément. Et sans aucun discernement.\n4. Avec grand soin tu violeras 9. L'accord parfait ne désireras\nLes règles du vieux rudiment. ' Qu'en mariage seulement.\n5. Quintes de suite tu feras,\nEt octaves pareillement. Ad gloriam tuam\nErit Satis.\nAmen.\n0 0 0\nSimple Avis.\nUn journal musical américain publie, en tête de ses colonnes, la note suivante :\nUn citoyen peut pousser l'avarice au point de se servir d'une verrue, placée derrière la tête, en\nguise de bouton de col.\nIl peut, par raison d'économie, voyager sur les tampons d'un wagon de chemin de fer; arrêter\nsa montre pour n'en pas user les rouages.\nIl peut, dans sa correspondance, omettre la ponctuation et épargner ainsi quelques gouttes\nd'encre.\nIl n'en est pas moins un gentleman, comparé au citoyen qui accepte pendant deux ou trois\nsemaines l'envoi d'un journal à domicile et refuse, après coup, de payer l'abonnement sous prétexte\nqu'il ne l'avait point sollicité.\nFortes paroles qu'affaiblirait tout commentaire !"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2406, "texte": "La double excommunication.\nSoucieux de venir en aide à un compatriote et de prêter l'appui de son autorité\nà son auguste collègue du Vatican, le Pape du Futurisme a lancé un bref d'excom-\nmunication contre le Tango. Il y a joint une interdiction de Parsifal rédigée en des\ntermes d'une éloquence bien personnelle :\n\"Si le tango est mauvais, Parsifal est pire, car il inocule aux danseurs trébuchants d'ennui et de\nmollesse une incurable neurasthénie musicale.\n\"Comment éviterons-nous Parsifal,avec ses averses, ses flaques et ses inondations de larmes\nmystiques ? Parsifal c'est la dépréciation systématique de la vie ! Fabrique coopérative de tristesse et\nde désespoir. Tiraillements peu mélodieux d'estomacs faibles. Mauvaise digestion et haleine lourde\ndes vierges de quarante ans. Vente en gros et en détail de remords et de lâchetés élégantes pour\nsnobs. Insuffisance du sang, faiblesse des reins, hystérie, anémie et chlorose. Génuflexion, abrutisse-\nment et écrasement de l'Homme. Rampement ridicule de notes vaincues et blessées. Ronflement\nd'orgues ivres et vautrées dans le vomissement des leit-motivs amers. Larmes et perles fausses de\nMarie Magdeleine en décolleté chez Maxim. Purulence polyphonique de la plaie d'Amfortas. Somno-\nlence pleurnicheuse des chevaliers du Saint-Graal. Satanisme ridicule de Kundry... Passéisme !\nPasséisme ! Assez ! \"\nLa cause est entendue.\n0 0 0\nL'ingénieux auteur.\nC'est un virtuose incomparable. C'est un chef d'orchestre de valeur. C'est aussi\nun compositeur applaudi qui vient de connaître les émotions de l'apothéose\nofficielle. Mais il a une infirmité : il ne peut jamais trouver un titre satisfaisant pour\nses compositions.\nIl avait terminé depuis longtemps une exquise pièce de flûte et ne se décidait pas\nà la donner à son éditeur impatient : le titre ne venait pas ! On rencontrait le mal-\nheureux auteur, le front plissé, le regard lointain, la mine pensive ; jour et nuit il\ns'absorbait dans cette vaine recherche. Il dépérissait, il maigrissait et commençait à\ninquiéter ses amis...\nUn beau jour on le vit, en pleine rue, pousser un cri de délivrance et gambader\néperdument au grand effroi des passants : \" J'ai trouvé ! j'ai trouvé ! hurlait-il : je vais\nécrire un second morceau du même genre et je pourrai prendre comme titre : Deux\nPièces pour flûte ! \"\nEvidemment c'est un rien, mais il fallait y penser.\n\nL'Homme à la Contrebasse."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-02-15-01-c045", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-02-15_01#c045", "volume": "bmtnabh_1914-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 22, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.2.12.3", "titre_corps": "Nouvelles", "titre_sommaire": "Nouvelles", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.22", "debut_caractere": 2408, "fin_caractere_exclue": 3232, "texte": "Nouvelles\nLa ville de Genève prépare, à l'occasion du centenaire de son entrée dans la Confédé-\nration, des fêtes solennelles où la musique aura une large part. Un vaste théâtre couvert\nsera, pour la circonstance, élevé sur les bords du Léman. Il pourra contenir 7000 spectateurs.\nLa scène, qui mesurera 40 mètres de largeur sur 20 de profondeur, s'ouvrira au dernier acte\nsur le lac et le public verra s'avancer sur l'eau et atterrir de grandes barques portant les\nchœurs des confédérés. C'est notre ami Jaques Dalcroze qui a été chargé de composer la\nmusique de ce grandiose spectacle et d'en régler les danses qui seront exécutées, d'après\nla méthode rythmique, par 300 jeunes filles et jeunes garçons. La mise en scène a été\nconfiée à Gémier qui avait déjà dirigé les représentations du Festival Vaudois, il y a dix ans."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.23", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2801, "texte": "L'ensemble de l'interprétation réunira 1500 exécutants. Ces fêtes seront données du\n3 au 10 juillet prochain.\nLa Société des u Amis des Cathédrales \" donnera le jeudi 19 février à la Salle Gaveau,\nune audition de musique spirituelle.\nA cette audition sera exécuté uLe Jugement de Salomon 4i Motet pour la Messe\nrouge en 1702 \", de Marc Antoine Charpentier, recueilli et restitué spécialement pour cette\naudition d'après le manuscrit authentique de la bibliothèque Nationale par MM. Letocart et\nde Raulin.\nNous appelons spécialement l'attention de nos lecteurs sur le caractère public de cette\nréunion qui est aussi la seule de l'année où les 44 Chanteurs des Amis des Cathédrales\nsous la direction de M. Letocart, se feront entendre à Paris.\nA titre absolument exceptionnel, des billets du prix de 6 francs seront mis en vente\npour les personnes étrangères à la Société, qui ne pourraient trouver d'invitation auprès\nd'un sociétaire, à la Salle Gaveau, chez les principaux éditeurs de musique et au Secrétariat\nde la Société 57, rue de Châteaudun, à Paris.\nUn très beau service à la mémoire de S. M. la reine douairière de Suède a été célébré\nen l'église suédoise rue Guyot.\nLe Président de la République y était représenté par le lieutenant-colonel Paquette, et\nM. William Martin, chef du protocole, représentait le gouvernement. On y voyait aussi tous\nles Ambassadeurs et Ministres plénipotentiaires accrédités à Paris.\nMelle Lita de Klint, maître de chapelle, et qui possède une très belle voix, a chanté avec\nune diction parfaite, un air de Haendel. M. Arvriot Hydén exécuta, avec un style noble,\nun air de Beethoven et M. H. M. Melchers jouait une marche funèbre de sa composition.\nLa charmante pianiste, Mllc Norah Drewett, vient de donner à Davosplatz deux récitals de\npiano qui ont remporté un très brillant succès. Un des programmes était presqu'exclusivement\nconsacré à Ravel et Debussy sur la demande du directeur allemand du grand sanatorium où\neut lieu cet intéressent concert de musique française.\nMmc Elvira Rubinstein dont nous publions aujourd'hui le portrait est une des plus\ndélicieuses et talentueuses élèves de Mme Felia Litvinne. Nous aurons le plaisir de l'entendre\nà Paris au printemps dans un concert de musique russe où elle chantera des mélodies inédites.\nL'audition de la Messe en si mineur par la Société J.-S. Bach (salle Gaveau) reste fixée\nau vendredi 27 février, en soirée : répétition générale publique, la veille, jeudi 26, à quatre\nheures. Les solis seront chantés par Mme Cécile Gilly, Mme Altmann (de Strasbourg)\nM. Kohman (de Francfort). Chœurs et orchestre ; 200 exécutants sous la direction de\nM. Gustave Bret.\nLe 44 Quatuor avec piano \" (M.M. Lucien Wurmser, Firmin Touche, Maurice Vieux et\nJules Marneff) donnera trois séances à la salle Pleyel."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.24", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1531, "texte": "Vendredi 27 Février en soirée : Quatuors d'lwan Knorr (lre audition à Paris) l'lnachevé\nde Lekeu, Sol mineur Mozart.\nLundi 2 Mars en matinée à quatre heures : Quatuors, Op. 60 Brahms, op 45 Fauré,\nBoëllmann.\nJeudi 5 Mars en soirée: Quatuors: Joseph Jongen, Vitezslaw Novak (lre audition)\nSchumann.\nPrime à nos lecteurs.\nCe pittoresque croquis a été exécuté par Ferruccio Busoni au sortir d'un de ses récitals :\nCeux de nos lecteurs qui n'ont pu applaudir le célèbre pianiste auront au moins la\nsatisfaction d'apprécier son talent de dessinateur et de connaître une face imprévue de sa\nvirtuosité.\nLe premier concert de la Société Palestrina, fixé au 18 Février, à la Schola comprendra\nune causerie de Vincent d'lndy sur l'Art spiritualiste, la en fa et la Cantate\n\" Bleib bei uns\" de Bach, la Légende de Ste de Chausson et le 2me de\nVincent d'lndy.\nNous apprenons avec regret la mort du Dr Wolf Dohrn victime d'un accident de\nmontagne au cours d'un voyage en skis dans le Valais. Le Dr Dohrn était le fondateur\net le bienfaiteur de l'lnstitut Jaques Dalcroze à Hellerau. Il venait précisément d'assurer\nsur des bases financières nouvelles le solide avenir de cette entreprise qui était la grande\nœuvre de sa vie. Sa perte sera douloureusement ressentie dans les milieux artistiques.\nMM. Morel, Maçon et Feuillard, membres de la viennent\nd'être engagés en Angleterre pour jouer le d'Haydn pour viole d'amour,\nviolon et violoncelle, à Bournemouth, Newcastle, Southport, Harpeden et à Londres aux\nSunday Concerts-Society."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.25", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2853, "texte": "La Compagnie des Chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, nous informe\nque le Concours International de Ski, organisé par le Club Alpin Français et qui devait\navoir lieu, à Briançon, du 6 au 9 février, est reporté au 21 février.\nDe Barcelone.\nToute la presse catalane signale le très vif succès obtenu par le Trio en sol de\nLéo Sachs dont la première audition fut donnée avec une parfaite maîtrise par les artistes\néminents qui composent le trio Radua-Roig. L'œuvre de notre compatriote a été chaleu-\nreusement fêtée.\nDe Saint-Pétersbourg.\nL'art français moderne vient de triompher aux concerts Ziloti. 44 Orphée \", le beau\nmimodrame lyrique de M. Roger-Ducasse, y a obtenu un succès éclatant sous sa forme\nsymphonique. C'est d'un bon augure pour les représentations de cette œuvre que donnera\nle Théâtre Impérial, en octobre prochain, avec la chorégraphie de Michel Fokine.\nDe Monte-Carlo :\nM. Raoul Gunsbourg vient de reprendre, avec un éclatant succès, l'œuvre si dramatique\nde M. Puccini, la Fille du Far-West.\nCet opéra où l'action prédomine exige des chanteurs qui soient comédiens. Ce fut pleine-\nment réalisé : Mme Carmen Mélis, cantatrice àla voix éclatante, est une admirable tragé-\ndienne. L'extraordinaire ténor M. Martinelli est doublé d'un acteur remarquable. Le baryton\nM. Baklanoff, dont l'organe est très beau, excelle dans l'art de mettre en relief les moindres\nnuances d'un rôle.\nA côté de ces trois grands artistes, il faut citer Mme Mary Girard, MM. Chalmin,\nClauzure, Charles Delmas, Ghastan, Feiner, tous parfaits, et les chœurs, sonores et d'une\nsavante animation. Le maestro Bellucci dirigeait l'orchestre.\nLes Fêtes d'Hébéde Rameau ont remporté un succès triomphal.\nCe merveilleux chef-d'œuvre, du génial précurseur de qui toute la musique française\ndécoule, fut admirablement interprété et mis en scène.\nIl faut citer hors de pair, parmi tant d'interprètes, l'exquise cantatrice MUe Alexandro-\nvitz, MMUes Lilian Grenville, Rainal-Monti, Gautier, MM. Gilly, Maguenat, Journet et\nMarvini.\nLes ballets, magistralement réglés par M. Bolm, ont valu un éclatant succès à\nMlle Zambelli, l'étoile de la danse, et àla gracieuse Mlle Magliani.\nLes décors de M. Visconti, et les 44 décors lumineux \" de M. Eugène Frey, ont fait\nsensation.\nSous la magistrale direction de M. Léon Jehin, l'orchestre a remarquablement exécuté\nle pur et grand chef-d'œuvre de Rameau.\nLe vieux chef-d'œuvre, nullement vieillot, de Bellini, la que, nulle part,\non n'a joué depuis un quart de siècle, vient de triompher à Monte-Carlo. Le public, friand\nde mélodie pure et expressive, s'est enthousiasmé pour cette œuvre, encore si jeune,\noù l'inspiration déborde.\nMais il y fallait une interprétation vocale et dramatique toute spéciale, à cause des\ndifficultés de chant qui ont motivé l'ostracisme dont frappent la tant de directeurs"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.26", "debut_caractere": 103, "fin_caractere_exclue": 416, "texte": "qui n'ont pas à leur disposition les chanteurs\nqu'il y faut. M. Raoul Gunsbourg vient de\nrendre à ce vieil opéra italien, si merveilleuse-\nment mélodique, la justice due, en le faisant\ninterpréter magnifiquement par Mmes Kous-\nnezoff, Royer, MM. Rousselière et Journet.\nEt cette restitution d'art fut un triomphe."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-02-15-01-c047", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-02-15_01#c047", "volume": "bmtnabh_1914-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "couv. 2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.2.13", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 855, "texte": "V*\nLA REVUE MUSICALE\n/ S. I. M.\nv*\nG>\\\n/ ET COURRIER MUSICAL RÉUNIS %\nQP\n'\n% ■ Directeur : %\nJULES ECORCHEVILLE\nAdministrateur général: Rédacteur en chef:\nRENÉ DOIRE ÉMILE VUILLERMOZ\nPUBLIE :\ndans son numéro du 1\nd'importantes études musicologiques, critiques et historiques 5 les compte-rendus des grands concerts par CLAUDE\nDEBUSSY et VINCENT D'INDY 5 des Théâtres par EMILE VUILLERMOZ 5 des Music-halls par Louis LALOY, etc.\ndans son numéro du 15 :\ndes articles d'actualité, des échos, indiscrétions et nouvelles, des compte-rendus détaillés des Concerts et récitals,\ndes interviews d'artistes, une revue de la presse, des correspondances de la province et de l'étranger, etc.\nAbonnement UN AN i France et Belgique :15 fr. |Le numéro du ler: 1 fr. 50 (Union Postale : 2 fr.)\n( Union Postale : 20 fr. | Le numéro du 15:0 fr. 50 (Union Postale : ofr. 75)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-02-15-01-c048", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-02-15_01#c048", "volume": "bmtnabh_1914-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "couv. 2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.2.14", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.2", "debut_caractere": 857, "fin_caractere_exclue": 2004, "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES\nAMIS DE LA MUSIQUE\nComité d'honneur :\nM. le Président de la République M. le Ministre de l'lnstruction Publique et des Beaux-Arts\nM. le Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts M. Gabriel Fauré, Directeur du Conservatoire\nM. Henry Marcel, ancien Directeur des Beaux-Arts, Directeur des Musées Nationaux.\nConseil d'Administration :\nPrésidente d'Honneur : S. A. R. Mme la Duchesse de VENDOME\nBureau :\nPrésident: M. Gustave BERLY Vice-Présidents : M. le Prince A. D'ARENBERG M. Louis\nBARTHOU —M. J. ÉCORCHEVILLE —M. Alexis ROSTAND ; Trésorier, M. Léo SACHS ;\nSecrétaire du Conseil: M. Gustave CAHEN ; Secrétaire Général: M. Louis DE MORSIER.\nMembres du Conseil :\nMme Alexandre ANDRÉ Mme la Comtesse RENÉ DE BÉARN M. André BÉNAC\nM. Léon BOURGEOIS M. Gustave BRET Mme la Comtesse GÉRARD DE GANAY\nM. Fernand HALPHEN Mme la Vicomtesse D'HARCOURT Mme la Comtesse D'HAUS-\nSONVILLE Mme Daniel HERRMANN Mme Henry liOTTINGUER Mme Georges\nKINEN M. Jacques PASQUIER Mme la Comtesse PAUL DE POURTALÈS\nM. A. PRÈGRE Mme Théodore REINACH M. Romain ROLLAND M. Jacques\nROUCHÉ M. Louis SCHOPFER Mme SÉLIGMANN-LUI M. Jacques STERN\nMme TERNAUX-COMPANS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-02-15-01-c049", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-02-15_01#c049", "volume": "bmtnabh_1914-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 26, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.2.15", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.26", "debut_caractere": 418, "fin_caractere_exclue": 419, "texte": "*"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-02-15-01-c050", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-02-15_01#c050", "volume": "bmtnabh_1914-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 26, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.2.16", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.26", "debut_caractere": 421, "fin_caractere_exclue": 633, "texte": "TOUS LES DIMANCHES EN MATINÉE :\nSalle Gaveau : Concerts Lamoureux 0 Châtelet : Concerts\nColonne 0 Conservatoire : Société des Concerts a Casino de\nParis : Concerts Mont eux 0 Palais des Fêtes : Concerts\nSechiari."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-02-15-01-c051", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-02-15_01#c051", "volume": "bmtnabh_1914-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 26, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.2.17", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.26", "debut_caractere": 635, "fin_caractere_exclue": 1148, "texte": "Salle ERARD\n16 au 28 Février\n16 M. Via\n17 Mlle Sropeano\n18 M. Emil Sauer *\n19 M. Edouard Risler\n20 Soc. Chor. d'Amat.\n21 M. Bouswillwald\n22 M. Broche\n23 M 1 Lorrain\n26 M. Edouard Risler\n27 M. Reitlinger\n28 Mlle Siffler\nh.\n9\n9\n9\n9\n9\n9\n9\n9\n9\n9\n9\nSalle PLEYEL\n16 au 28 Février\n16 M. Y. Tkaltchich\n17 M,îe M. Souchon\n18 Quatuor Calliat\n19 M. Tin Cassado\n20 Quatuor Lejeune\n21 Société Nationale\n23 M. Raymond Marthe\n25 S. M. I.\n26 Soc. des Comp. de Mus.\n27 Quatuor Wiermser\n28 M. Emile Mendels\nh.\n9\n9\n9\n9\n9\n9\n9\n9\n9\n9\n9"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-02-15-01-c052", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-02-15_01#c052", "volume": "bmtnabh_1914-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 26, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.2.18", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.26", "debut_caractere": 1150, "fin_caractere_exclue": 1744, "texte": "Salle GAVEAU\n16 au 28 Février\n19 Amis des Cathédr. 9 h.\n23 M. Van Draing 9\n25 M. Peracchio 9\nRépétition Bach 3 I/ 2\nOrchestre Médical 9\n27 Société Bach 9\nSalle Malakoff\nles lundis et jeudis à 9 heures\nConcerts-Rouge\nSALLE DES AGRICULTEURS\n16 Concerts d'art 9\n17 AssM Franco-Slave 9\n19 Le Sanctuaire 9\n20 Mme Villot 9\n21 Concerts Aerts 9\n22 Enfants de Paris 3\n24 Institut S 1 Charles 3\n26 Concerts Chaigneau 9\n28 Mmc Réol 9\nSCHOLA CANTORUM\n18 Société Palestrina 9\n21 MM. Ferté et Fournier 9\nECOLE DES Htea Ed\" SOC1\"\n19 Quatuor Luquin 9\n26 Quatuor Luquin 9\nGRAND PALAIS\n16 MM. Ferté et Fournier 3"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.1", "texte": "Xe Année.\n15 Février 1914\nLA REVUE MUSICALE\nHonorée dune'souscription du Ministère de l'lnstruction Publique et des Beaux-Arts\nAbonnement -UN AN I F,'ance et Belgique: 15 francs\n( Union Postale : 20 francs\nLe Numéro du ler:1er: 1 fr. 50 (Union Postale: 2 fr.)\nLe Numéro du 15: 0 fr. 50 (Union Postale: 0 fr. 75)\nPARIS, 29, rue La Boëtie\n\nLE TÉNOR, par Victor Debay (Illustrations de Barcet)\nLA QUINZAINE:\nCONCERTS ET RÉCITALS PROVINCE BELGIQUE ECHOS ET NOUVELLES\nSupplément de Quinzaine"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.2", "texte": "V*\nLA REVUE MUSICALE\n/ S. I. M.\nv*\nG>\\\n/ ET COURRIER MUSICAL RÉUNIS %\nQP\n'\n% ■ Directeur : %\nJULES ECORCHEVILLE\nAdministrateur général: Rédacteur en chef:\nRENÉ DOIRE ÉMILE VUILLERMOZ\nPUBLIE :\ndans son numéro du 1\nd'importantes études musicologiques, critiques et historiques 5 les compte-rendus des grands concerts par CLAUDE\nDEBUSSY et VINCENT D'INDY 5 des Théâtres par EMILE VUILLERMOZ 5 des Music-halls par Louis LALOY, etc.\ndans son numéro du 15 :\ndes articles d'actualité, des échos, indiscrétions et nouvelles, des compte-rendus détaillés des Concerts et récitals,\ndes interviews d'artistes, une revue de la presse, des correspondances de la province et de l'étranger, etc.\nAbonnement UN AN i France et Belgique :15 fr. |Le numéro du ler: 1 fr. 50 (Union Postale : 2 fr.)\n( Union Postale : 20 fr. | Le numéro du 15:0 fr. 50 (Union Postale : ofr. 75)\n\nSOCIÉTÉ FRANÇAISE DES\nAMIS DE LA MUSIQUE\nComité d'honneur :\nM. le Président de la République M. le Ministre de l'lnstruction Publique et des Beaux-Arts\nM. le Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts M. Gabriel Fauré, Directeur du Conservatoire\nM. Henry Marcel, ancien Directeur des Beaux-Arts, Directeur des Musées Nationaux.\nConseil d'Administration :\nPrésidente d'Honneur : S. A. R. Mme la Duchesse de VENDOME\nBureau :\nPrésident: M. Gustave BERLY Vice-Présidents : M. le Prince A. D'ARENBERG M. Louis\nBARTHOU —M. J. ÉCORCHEVILLE —M. Alexis ROSTAND ; Trésorier, M. Léo SACHS ;\nSecrétaire du Conseil: M. Gustave CAHEN ; Secrétaire Général: M. Louis DE MORSIER.\nMembres du Conseil :\nMme Alexandre ANDRÉ Mme la Comtesse RENÉ DE BÉARN M. André BÉNAC\nM. Léon BOURGEOIS M. Gustave BRET Mme la Comtesse GÉRARD DE GANAY\nM. Fernand HALPHEN Mme la Vicomtesse D'HARCOURT Mme la Comtesse D'HAUS-\nSONVILLE Mme Daniel HERRMANN Mme Henry liOTTINGUER Mme Georges\nKINEN M. Jacques PASQUIER Mme la Comtesse PAUL DE POURTALÈS\nM. A. PRÈGRE Mme Théodore REINACH M. Romain ROLLAND M. Jacques\nROUCHÉ M. Louis SCHOPFER Mme SÉLIGMANN-LUI M. Jacques STERN\nMme TERNAUX-COMPANS"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.3", "texte": "Au firmament lyrique brillent d'un éclat rival étoiles et comètes. Je ne me risquerai\npas à qualifier par une définition trop précise ces deux flambeaux célestes. Il me suffira\nde dire que le contralto aux mâles et graves accents est une étoile, tandis que le ténorino\nau timbre gracieux et léger est une comète. La distinction n'est donc pas d'ordre musical.\nAu premier rang des astres mélodieux il convient de placer le ténor, à raison du\nprestige qu'il exerce encore sur l'imagination des toutes jeunes filles et qu'il conserve\ndans la mémoire d'aimables aïeules dont, à la Salle Favart, jadis propice aux matri-\nmoniales ouvertures, il enchanta les premiers rêves.\nle postillon du Conjungo ! Entendu à l'heure où s'échangeaient les aveux, prélude des\naccordailles, que de fois ce morceau célèbre a uni, dans un inoubliable et touchant\nsouvenir, le fiancé du soir, le mari du lendemain, la musique complice et le ténor renommé.\nNotre temps, démolisseur de principes, a, il est vrai, quelque peu entamé le prestige\ndu ténor, qui résidait surtout dans sa prétendue rareté. De récents concours, miroitants\nappeaux qui attirèrent alouettes, rossignols, merles et simples pierrots, nous ont appris\nque l'oiseau très précieux qu'était jusque-là le ténor pullulait et perchait aussi bien sur les\nchâtaigniers morvandeaux et sur les chênes armoricains que sur\nles oliviers de la Provence. Du coup la valeur marchande de\nl'oiseau charmeur a subi une baisse considérable. Maintenant\non le trouve en solde, aux jours de liquidation. Le marasme\nrègne dans tout le pays toulousain, qui fut longtemps le\nfournisseur attitré de nos grandes volières lyriques et nationales.\nQu'il y ait partout une pareille surproduction de compositeurs,\nde librettistes, de peintres officiels et d'hommes politiques, et\nvoilà une région ruinée.\nMalgré cette abondance du ténor, on se plaît néanmoins à"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.4", "texte": "2\nS. I. M.\n\nciter quelques grands favoris qui, grâce aux prix excep-\ntionnels dont leur est payée la moindre romance, demeurent\nl'orgueil de l'espèce, le rêve des aspirants aux notes élevées\net l'exemple qui, stimulant les efforts, justifie les plus\ntéméraires ambitions.\nLe ténor n'a pas toujours besoin de talent pour réussir.\nLa conscience qu'il possède de son importance aux yeux du\npublic, déjà fasciné par son seul titre, peut lui en tenir lieu.\nSans parler de la séduction réelle de son organe vocal,\nil ne faut pas chercher à cette faveur d'autre raison que le\nrôle par lui joué au milieu des feux auréolants de la rampe,\ndes herses et des frises. Il est l'amoureux. C'est pour lui\nun privilège. Victime de la passion ou bourreau des cœurs, il représente l'Amour avec\nses cruautés, ses désespoirs, ses fureurs et ses délices. On le plaint, on l'envie, on l'ad-\nmire. Il aime, il est aimé. C'est le dieu de la j Reprenons\ntous en chœur.\nPar profession il allume chaque soir, dans la salle, des flammes nombreuses que le\nsouci d'une voix chère et fragile ne lui permet ni d'entretenir, ni d'éteindre. D'autres s'en\nchargent.\nLe ténor doit être marié. La prudence et l'instinct de la conservation le lui conseillent.\nSa femme devient l'économe et jalouse gardienne du feu.\nS'il était toujours aussi beau à contempler qu'agréable à entendre, il serait un danger\npublic. Les autres hommes n'auraient qu'à le suppléer pauvrement. Mais, pour limiter ses\nravages et, peut-être, pour laisser quelque chose à dévaster aux barytons et aux basses, dont\nla vaillance n'est pas purement vocale, la Providence donne-t'elle parfois au ténor des\njambes torses et un nez camus. L'équilibre est ainsi rétabli.\nD'ailleurs dame Nature, qui met souvent de la malice dans ses créations et qui, en\ndistribuant ses grâces et dons, ne se préoccupe jamais des de théâtre, ne déteste\nw 7 x JLJ JL ___7_\npas plaisanter un peu aux dépens de notre comète lyrique. Pour s'amuser du\ncontraste, elle dépose délicatement une voix de ténor dans le gosier\népais d'un solide gaillard que sa corpulence classerait plutôt parmi\nles poids lourds. Par contre, elle fait cadeau du vigoureux\nut de poitrine du fort ténor a un gringalet courtaud et\nventru. Oh ! Nature, reine du temps et de l'espace,"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.5", "texte": "LE TÉNOR\nVictor Debay.\n\n3\n\n(musique de Massenet) voilà de tes coups ! Aussi avons-\nnous vu, sur la scène même de l'Opéra, des Sigurd,\ndont, malgré l'escabeau de leurs talonnettes, les épaules\nétaient au niveau de l'ombilic cuirassé de la cavalière\nBrunnehild.\nDans la rue, vous pourrez, aux abords d'un théâtre,\nreconnaître notre héros au foulard de soie, blanche\ncomme neige, qui capitonne sa gorge où des millions\nsommeillent, et sur lequel s'appuie le double bourrelet\nde son menton bleu noblement.\nLe ténor, particulièrement en province, aime que\nle petit fer redresse sa moustache et ondule, à la nuque et au front, sa chevelure, pour\nrendre l'une conquérante et l'autre plus harmonieuse. Alors il porte haut la tête ainsi\nqu'un ostensoir sacré, et, même au moment le plus pathétique de l'action\nla falcon serait malvenue à lui passer la main dans les cheveux en lui criant\ndans son délire qu'elle l'adore. Il se redresserait pour défendre de toute\nprofane atteinte son chef bouclé et dirait volontiers, comme le poète du vase\ncélèbre : \" N'y touchez pas, il \" est frisé. \"\nLe ténor reste l'idole des galeries supérieures. Sans doute parce que,\ndans l'attitude de son favori levant le nez vers le lustre pour\nses notes extrêmes et claironnantes, elles croient voir un hommage flatteur\nà la haute situation que, pour un modeste prix, les spectateurs y occupent.\nLe ténor ferait-il de la démagogie ? .\nCependant le drame lyrique moderne, en plaçant le ténor sur le même plan que\nses camarades du chant, a réduit ses prétentions et diminué ses trop faciles succès. Il\nl'oblige désormais, pour plaire, émouvoir et réussir, à compter plus sur son intelligence\net sur son travail que sur sa voix, si belle soit-elle. Maintenant il y en a qui sont musiciens.\nQuand il veut bien oublier qu'il est le ténor, un ténor peut être un artiste comme\nles autres chanteurs. Vous en connaissez, et, hier encore,\nj'en applaudissais de remarquables."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.6", "texte": "A travers la quinzaine\n\nDe loin en loin, les gazettes signalent l'apparition d'un musicien nouveau, sorte de\nmétéore traversant brusquement le firmament musical et dont l'éclat, disent-elles, éclipsera\nbientôt tous les autres soleils. L'auréole de Tautodidactisme nimbe son front à la façon d'un\nanneau de Saturne. Et c'est un illogisme bien curieux à notre époque que d'arborer fièrement\ncomme s'il conférait une valeur particulière, une suprématie évidente, un brevet de génie\nce titre, trop souvent synonyme d'ignorance, d'inexpérience tout au moins. La petite\nlueur fugitive pâlit vite et le ciel de la musique compte un astre de plus, mais un astre éteint\navant que d'avoir brillé.\nVioloniste du plus grand mérite et, aussi, compositeur, M. Joan Manén est un jeune\nespagnol fort célèbre à l'étranger. Il incarne présentement l'autodidactisme sous la forme la\nplus pure et la plus extraordinaire, si nous en croyons le programme des Concerts Hassel-\nmans où il vient de se faire entendre. Autodidacte ou non, M. Joan Manén s'est affirmé sur\nson instrument virtuose hors de pair. Le coup d'archet est long, moelleux, et la qualité de\nson tout à fait belle. Son interprétation ardente et nuancée de la Symphonie Espagnole de\nLalo fut superbe et lui valut un succès unanime. Je voudrais pouvoir en dire autant de son\nœuvre Juventus dont c'était la première audition en France. Ce concerto grosso en quatre\nparties s'enchaînant entre elles, pour orchestre, un piano et deux violons seuls, témoigne\ncertes des plus nobles aspirations. Il essaye d'exprimer les doutes, les égarements, les luttes\nde l'artiste dans sa recherche de la voie inconnue, ses élans de joie victorieuse quand il\ncroit avoir enfin trouvé sa route. Après l'incertitude du début, ce que l'auteur appelle\nbizarrement l'exotisme voisine avec l'atmosphère classique qui fait le fond de la troisième\npartie et à laquelle succède, pour finir, le chant de sa propre inspiration. Un tel mélange de\nstyles ne saurait présenter d'attraits que dans le cas où il s'en dégagerait une personnalité\noriginale, puissante et dominatrice. Il n'en est malheureusement pas ainsi et, malgré certains\npassages agréables, l'ensemble demeure interminablement touffu, disparate et désordonné.\nBien que vivante et colorée, l'instrumentation en est assez lourde, avec abus du quatuor et\nde la trompette. Le piano et les deux violons solistes y sont traités dans une note terne\nn'offrant rien de particulier. Toutefois, M. Joachim Nin et MM. Joan Manén et Tin Cassado\nsurent communiquer au texte une netteté et une chaleur qui en accusèrent le relief. L'accueil\nfait à cette nouveauté de par delà les monts fut des plus sympathiques. En l'absence de\nM. Hasselmans, actuellement dispensateur de la manne musicale dans l'antique cité\nphocéenne, M. Lucien Wurmser conduisait l'orchestre. Il en obtint un résultat fort appré-\nciable dans les ouvertures de Hânsel et Gretel d'Humperdinck et des Maîtres-Chanteur s de\nWagner plus encore que dans la suite de Shylock de M. Gabriel Fauré, où se fit applaudir\nM. Coulomb —■ par sa souple, élégante, intelligente direction à laquelle font défaut seulement\nla force et la véhémence.\nAux Concerts Sechiari la baguette avait également changé de main. Les doigts qui là\ntinrent étaient ceux d'un très remarquable kappelmeister, M. Bernard Stavenhagen, chef"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.7", "texte": "CONCERTS ET RÉCITALS\n5\n\nd'orchestre des Concerts de l'Abonnement de Genève. Sa mimique commande avec une\nprécision et une rigueur toutes militaires. Impératif, son geste soulève ou apaise instantané-\nment le tumulte sonore. Il exagère les oppositions et semble affectionner les interprétations\nnerveuses, frénétiques. La Symphonie Héroïque de Beethoven en souffrit quelque peu.\nPlusieurs parties, notamment le scherzo, prises dans un mouvement trop rapide, manquèrent\nde liant, de fondu. Mais le Don Juan de M. Richard Strauss bénéficie d'une étonnante\nextériorisation. M. Stavenhagen dirige avec une conviction violente et passionnée cette\nmusique qui convient si merveilleusement à sa nature et dont l'exécution lui valut une ovation\nmagnifique. Il ne conduisit pas moins bien Le de Wagner\nFunèbre et Scène Finale où Melle Jane Hatto, palpitante et farouche, eut de beaux cris —et\nle Concerto en mi bémol de Liszt dont il doit connaître les arcanes puisqu'il fut à Weimar\nl'élève favori du grand précurseur. M. Maurice Dumesnil tenait ici le piano, rude tâche\naccomplie par lui en virtuose éprouvé, menant un train fougueux et terminant dans une allure\nvertigineuse qui lui mérita plusieurs rappels.\nJ'ai beaucoup moins aimé le jeu de M. Maurice Dumesnil tout au long de la fantaisie\npour piano et orchestre donnée la fois suivante. Hispania, de M. Joaquin Cassado, est une\nœuvre de couleur crue, de truculence assez vulgaire, qui obtint un succès considérable lors\nde sa première audition à la S. M. I. où la fit triompher en 1911, M. Montoriol-Tarrès, le\nprestigieux pianiste catalan qui en a la dédicace. M. Dumesnil s'y montra trop correct, trop\nmesuré, alors qu'il fallait en accentuer le caractère national fait, tantôt de voluptueuse\ngravité, par endroits de banalité outrancière.\nCela n'empêcha point M. Dumesnil d'être acclamé. On fêta encore Mlle Montjovet,\ndélicatement émouvante dans l'Amour du Poète de Schumann, transporté à l'orchestre par\nM. Théodore Dubois avec une louable sûreté de main. Revenu à la tête de ses instrumen-\ntistes, M. Pierre Sechiari se dépensa en outre dans la en de Beethoven, bien\njouée, Les Murmures de la Forêt wagnérienne, admirablement détaillés, VApprenti-Sorcier\nmoins éblouissant que de coutume.\nCombien d'œuvres, dont le scherzo de M. Dukas comme la fantaisie de M. Cassado,\navant de s'épanouir au plein jour des associations symphoniques naquirent timidement\ndans la clarté propice de nos sociétés de musique de chambre. Le fleuve qui baigne la\nS. M. I. et la Société Nationale ne charrie pas que du limon ; il s'y trouve aussi des paillettes et\nses rives capricieuses baignent parfois d'adorables paysages. C'est un bien joli site que le\nTrio de M. Miklos Radnaï inscrit à la dernière séance de la S. M. 1., et j'ai pris le plus vif\nagrément à en parcourir les méandres où de précieux dons rythmiques et mélodiques avaient\ndistribué généreusement le bel équilibre des sonorités, ainsi que des statues et que des\nvasques peuplant l'ordonnance des jardins. MM. Enrique Van der Henst, Francesch Costa\net Antonio Sala nous en faisaient les honneurs. Guides expérimentés, impeccables et\nfougueux, ils ont droit à toute notre admiration. On ne saurait décerner pareil éloge aux\nmaladroits qui exécutèrent sans pitié le Quatuor à cordes de M. Henri Cliquet. Je soupçonne\ncette œuvre d'appartenir à un genre proche parent du pointillisme ou du cubisme qui n'ont\npoint mes sympathies, mais devant une audition aussi nettement défavorable il convient de\nréserver toute appréciation : Les deux pièces pour piano de M. A. Bertelin, Nocturne et\nBarcarolle, sont d'une facture aisée et musicale. Melle Juliette Meerovitch les traduisit d'un\ntoucher délicat, empreint d'une grâce sensible. Des mélodies de Moussorgsky, Glière,\nGretschaninow et un fragment de Salammbô,(opéra inédit de Moussorgsky) rappelant Boris\nGodounow, auxquels la voix de Mme Mussatovo-Kulgenko prêtait sa vaillance expressive,\ncomplétaient ce programme de choix.\nQuelques jours après la S. M. I. conviait ses fidèles à venir juger des tendances de\nl'école italienne moderne. Le concert donné sous son patronage comprenait des pages bien\ninégales des jeunes musiciens qui ont renoncé aux accents du vérisme natal et s'orientent\nvers un idéal novateur. C'étaient MM. Ferranti, Malipiero, Bastianelli, Pizzetti, Davico et\nTommasini, parmi lesquels se distingue leur compatriote déraciné M. Alfred Casella, musicien\nparticulièrement bien doué."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.8", "texte": "6\nS. I. M.\n\nMoins variées étaient les œuvres nouvelles entendues à la Société Nationale. A la\ncatégorie des productions qualifiées d'honorables appartiennent de M. Claude\nDelvincourt, chantées avec beaucoup de charme par Mme Hilda Roosevelt et le Thème varié\nde M. Guy de Lioncourt que, sur le piano et le violon, Mlle Blanche Selva et M. Le Feuve\ndéroulèrent. La Sonate pour violoncelle et piano de M. Pierre Bretagne est de meilleure\ntrempe, son premier mouvement surtout, MM. Fernand Pollain et Maurice Amour, prota-\ngonistes enflammés, y déployèrent un zèle communicatif. On sait que M. Guy-Ropartz est\nun maritime. Il se plaît à évoquer souvent la triste mer d'lslande et la nostalgie de la lande\nbretonne le hante. Cette fois il est allé rafraîchir son inspiration Dans l'Ombre de la\nMontagne. La suite de cinq paysages est d'une pâte âprement savoureuse, d'une pensée\nnoble, recueillie et concentrée. Nous contemplâmes, aux détours du chemin, des horizons\ngraves, larges, infinis. Sans doute M. Guy-Ropartz a-t-il considéré les blanches cîmes\nlointaines comme une autre crête écumante, et en regardant les sommets muets et immobiles,\nc'est à la rumeur animée des flots qu'il a certainement songé. Car la montagne ne livre pas\nson secret et il faut la chérir sans partage pour qu'elle consente à laisser pénétrer le mystère\nqui l'enveloppe de sa sérénité. Mlle Blanche Selva, de ses mains expertes et ferventes, régla\nminutieusement les jeux de lumière qui éclairèrent la route et tamisèrent le jour dans la\nvieille église.\nLa soirée suivante offrait un intérêt plus soutenu. Quelques mélodies de Charles Bordes,\nde MM. Stravinski et Liapounovv, déclamées avec un art émouvant par Mme Paule de Lestang,\nles poétiques Naïades au soir de M. Gustave Samazeuilh et les redoutables de\nM. Dukas sur un thème de Rameau que M. Trillat a donc un toucher délicieux !\némaillaient le programme où deux quatuors mettaient leurs frondaisons légères ou robustes.\nMM. Firmin Touche, Hémery, M. Vieux et J. Marneff, furent les excellents interprètes du\nQuatuor à cordes de M. Maurice Ravel et du Quatuor pour piano et cordes de M. R. Arenal,\nlequel était au piano. Inédit, ce dernier ouvrage s'annonçait bien et l'impression du début\nétait excellente. Avant la fin cela se gâta ; dans le dernier mouvement un coquin de thème\nfit son apparition, présenté en liberté sur le violoncelle (le voilà bien le renâcleur des brui-\ntistes !) et suivi d'un clavier seul tout à fait réussi. Ces joyeux ébats étaient environnés d'une\natmosphère sonore souvent cruelle pour des oreilles musiciennes. Mais il n'y a pas que des\nmusiciens qui écoutent la musique.\n\nJean Poueigh.\n\nLes Sociétés\nSociété Philharmonique.\nLes minutes les plus riches que nous aient données les trois derniers concerts de la\nPhilharmonique sont, à mon gré, celles où M. Capet et ses musiciens nous ont fait entendre\nle quatuor n° 3 de Schumann. Comment ne voit-on pas plus souvent inscrite à nos programmes\ncette œuvre de génie ? La délicatesse des idées, cette pudeur d'aveu qui enveloppe dès\nl'andante initial le chant des voix, le tremblement doucement enivré qui s'en élève et le\ncolore des nuances les plus fines, puis la diffusion du cœur humain dans le cœur des\nchoses, le cri de la passion à la nature qui lui répond, la mélancolie du désir qui se mue en\nl'expression souveraine de la joie comme l'eau fuselée d'une vasque s'épanouit en gerbe\ndans la lumière, tous ces éléments concourent à faire de ce quatuor l'une des plus humaines,\ndes plus complètes expressions de l'éternel chant de l'amour. Ah! la pure émotion de\ncette œuvre où l'inspiration de Schumann a trouvé l'une de ses plus parfaites réalisations !\nSi je fais une réserve pour l'allégro final où les exécutants n'apportèrent pas peut-être la\nrondeur et la variation rythmique nécessaires, j'applaudis avec gratitude l'interprétation\npénétrante et scrupuleusement compréhensive qu'en a donnée l'admirable quatuor de\nM. Capet. Un pareil succès saluait son exécution du quatuor de César Franck.\nC'est un excellent artiste que M. Boucherit. On connait la dextérité légère de son archet\net l'habileté gracieuse de son jeu. Au concerto\ncordes de Haydn, qu'on peut sans excès taxer de quelque froideur, il sait donner de l'accent"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.9", "texte": "LES SOCIÉTÉS\n7\n\net du mouvement, mais j'ai trouvé préférable son choix de la pour\nviolon, alto et orchestre de Mozart dont l'éclat vivant et les détails exquis abondent non pas\nseulement aux instruments des solistes, mais dans l'orchestre le plus plaisant et le plus facile\nqui soit. Et M. Maurice Vieux, lui aussi, possède un talent exceptionnellement sûr et probe.\nChez lui on ne saisit jamais la recherche de l'effet. Une sensibilité vive et sobre donnent à\nson style une irrésistible séduction. Ce soir là, MUe May Petersen, que nombre de ses\ncompatriotes étaient venus fêter, chantait du Campra, du Schubert, du Schumann. Miss May\nPeterson lit son texte sur un calepin minuscule blotti au creux de ses mains et qu'on dirait\nun memento. Certes, Miss Peterson est une chanteuse consciencieuse et fort bien stylée ;\nmais la voix ne manque-t-elle pas d'étoffe, les poumons un peu de souffle et l'expression un\ntantinet de chaleur ?\nEnfin, le dernier concert réunissait les noms particulièrement chers aux mélomanes de\nCortot et de Casais... Cortot et Casais, c'est une salle comble, une attention tendue, un\nenthousiasme qui dès le début semble à son comble et, au terme de la soirée, sans limites.\nLe fait est qu'on serait mal venu de demander à deux artistes plus d'homogénéité, de fondu,\nd'intelligence musicale qu'à ceux-ci. La sonate n° 58 de Mendelssohn où s'amuse un\nallegretto scherzando des plus aimables, la sonate en sol majeur de Bach et celle en la de\nBeethoven trouvent sous leurs doigts et dans leur sensibilité l'expression la plus heureuse.\nHasarderais-je cependant une légère critique à ces deux parfaits musiciens, et ne me\ntromperais-je point en insinuant que me paraît trop accentuée leur tendance à généraliser\navec excès dans leurs exécutions l'emploi de la demi-teinte ?\nEDOUARD SCHNEIDER.\nConcerts Chaigneau.\nLe chaleureux accueil qu'un nombreux public fit au vaillant trio Chaigneau et à ses\ncollaborateurs prouve en quelle estime est tenu ce gracieux ensemble instrumental.\nA la deuxième séance, exécution sympathique de la de Purcell pour deux\nviolons, violoncelle et piano, jouée par l'excellent trio Chaigneau et M. Guillard qui sont\ntous quatre à un égal degré d'aussi parfaits exécutants. L'interprétation si expressive qu'ils\ndonnèrent de la \" Golden\" fut très appréciée par toute l'assistance.\nGros succès aussi pour Melle Madeleine Bonnard dans les airs de Haydn, Ravel, Ladmi-\nrault, et pour M. Walter Morse-Rummel après son exécution des six délicieux Préludes de\nDebussy. 1\nJe regrette de n'avoir pas la place d'étudier en détail la très belle pour piano et\nvioloncelle de M. L. Vierne qui produisit une impression profonde bien que venant à la fin\nd'un programme déjà très chargé ; elle a fait le plus grand honneur à l'éminent organiste et\nle public en a surtout goûté l'émouvant \" Molto largamento \" dont l'inspiration est digne des\nvoûtes de Notre Dame. Mme Piazza-Chaigneau et l'auteur s'y surpassèrent et furent longue-\nment applaudis. JEANNE HELFT.\nSchola Cantorum.\nLe Chant de la Cloche. On ne peut, en quelques lignes, apprécier une partition de\ncette importance et de cette valeur, ni montrer quelle place elle occupe dans la musique\net comment elle unit l'influence wagnérienne à l'influence franckiste, ni marquer, d'autre\npart, le rang qu'elle tient dans l'œuvre de son auteur en établissant, notamment, la\nparenté étroite qui unit Wilhelm à Fervaal.\nJe ne parlerai donc ici que de la belle exécution que la Schola donna de ce chef-\nd'œuvre dernièrement. L'orchestre et les chœurs animés d'un enthousiasme compréhensif\nont marqué un progrès étonnant et l'on peut dire qu'aucune des intentions du \" patron \" n'a\nété trahie par ses disciples. Les solistes, dont les voix sonnent bien, furent des interprètes\nplus timides ; je ne dis pas cela pour R. Plamondon qui aborda vaillamment le rôle écrasant\nde Wilhelm. Souhaitons qu'un tel exemple et le succès obtenu lors de ce concert donne à\nl'une de nos associations symphoniques l'idée de monter cette belle œuvre.\nMAURICE BEX."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.10", "texte": "Les cuadrillas entrent dans l'arène. L'espada, qui se nomme en l'occurence premier\nviolon, brandit son archet en guise de lame. Pendant que ses acolytes, les picadors second\nviolon, alto et violoncelle, s'escriment à planter des banderilles sonores, lui s'apprête à faire\npénétrer dans le crâne des auditeurs le thème un ou l'idée deux. Car il n'y a pas ici de\ntaureau mis à mort, tout au plus la mise à mal d'un morceau de musique justement dénommé\nquatuor, parce que quatre sombres compères s'entendent parfois pour en écarteler joyeuse-\nment les quatre parties.\nCe qui précède ne s'applique nullement au Quatuor à Cordes Hongrois, lequel vient\nde nous rendre aimablement visite. Le Quatuor en de Max Reger qui ouvrait leur\nséance est bien touffu. Par contre, le Quatuor en de Maurice Ravel et le en\nde Mozart voisinèrent agréablement. Les excellents artistes de cette compagnie en expri-\nmèrent à merveille la grâce et la fraîcheur et leur interprétation bien disciplinée obtint un\nsuccès fort légitime. Poursuivant sa tâche, le Quatuor Parent consacre entre César\nFranck et Beethoven une soirée entière à son chef A. Parent. Une telle solennité\nn'appelle que la louange. Abstenons-nous donc de toute réflexion et félicitons M. Parent\nd'avoir su si bien matelasser sa production. C'est à l'attique Gabriel Fauré un musicien de\nrace, celui-ci, que sacrifiait M. Jean Canivet avec le concours du remarquable Quatuor\nGeloso. A eux cinq ils exécutèrent avec un art pénétrant le et, en s'amputant\nd'un membre à archet, les deux magnifiques Quatuors. Mais les desseins du Quatuor Luquin\nsont plus redoutables pour ceux qui ne sont pas friands de\nBeethoven. Dix séances entières consacrées au Titan de\nBonn. Il est vrai que le quatuor Luquin mérite largement le\nchaleureux accueil que viennent de remporter ses deux\npremiers concerts. Enfin au Double Quintette de Paris, c'est\nM. Louis Diémer qui officia dans son en ré pour\ninstruments à vent, dont il tint la partie de piano avec autant\nde dévouement et de maîtrise que si l'œuvre était d'un autre\nque lui-même.\nPendant un de ses derniers séjours au Caire, Camille Saint-Saëns s'amusa à\nécrire une pièce de piano pour la main gauche seule. C'est là un illustre exemple\nqu'il convient de proposer aux méditations des grands virtuoses ambitionnant le\ntitre de Protée de la musique. N'annonce-t-on pas en effet que M. Ferruccio\nBusoni dont les deux derniers récitals déchaînèrent un enthousiasme\nindescriptible doit prochainement s'exhiber à l'un de nos concerts du dimanche\nsous le triple aspect d'exécutant, de compositeur et de chef d'orchestre. Pourquoi\nne composerait-il pas pour la saison prochaine un concerto destiné à la seule main gauche.\nIl pourrait ainsi conduire l'orchestre de la dextre, tandis que la senestre interpréterait sur le"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.11", "texte": "LE VIOLON\n\n9\n\nclavier son propre ouvrage. Et M. Busoni a tant de talent qu'il parviendrait bien à\nnous faire oublier que sa main gauche n'a que cinq doigts, comme la nôtre.\nVoici maintenant toute une foule impatiente qui se presse et se bouscule au\nbout de la plume. M. Edouard Risler est un chef. Il prélude noblement avec Le\nClavecin bien tempéré de Bach, triomphe par sa puissance dans les de\nBeethoven et donne aux Scènes d'Enfants de Schumann la délicatesse et le charme\nquelles exigent. Mais pourquoi dans des récitals de piano vouloir remplacer l'orchestre.\nMême arrangée par Liszt et remarquablement exécutée sur l'Erard par M. Risler, la Sym-\nphonie Fantastique de Berlioz ne résiste pas à l'absence des timbres instrumentaux. Gentil-\nhomme de fière race, M. Visconti di Modrone s'est révélé concertiste au\ntoucher fin, sobre, net, en accompagnant dans diverses Sonates de Bach, de\nBeethoven, Strauss, M. Antonio Certani, violoncelliste, à la technique im-\npeccable. Renonçant cette fois àsa passion pour Chopin, Mlle Eugenia\nGalewska a mis sa coquetterie à faire applaudir la pureté de son style clas-\nsique en interprétant Bach, Beethoven, puis a laissé s'épancher librement\nla poésie de son âme slave dans des œuvres de Moniusko, Gwodecki, ses\ncompatriotes. MUe Pauline Autaert, passant du piano au clavecin avec une égale aisance,\nfit surtout apprécier la grâce de son jeu et sa délicate virtuosité dans les d'Andrieu et\nLes Folies Françaises de Couperin. Très bons doigts que ceux de Mlle Tina Lerner, mais le\nsens des textes lui échappe parfois. L'Etude en sol bémol op. 10 de\nChopin lui fut particulièrement favorable et fit briller sa légèreté.\nMlle Aline van Barentzen obtint à bon droit un accueil des plus\nflatteurs en mettant ses belles qualités au service de Beethoven,\nSchumann, Chopin et Liszt. C'est aussi Liszt qui terminait la\nséance de M. Adolphe Borchard. Mozart, Mendelssohn, Schumann\net Chopin trouvèrent également en lui un consciencieux et très\nméritant artiste. Déplorons seulement l'introduction dans un récital de piano de cette\nOuverture de Tannhauserarrangée (elle aussi !) par Liszt. Salle Pleyel MUe Blanche Selva\nayant épuisé momentanément les délices de Bach, rend à Robert Schumann un émouvant\nhommage. Cependant que Mlle An-\ntorité, en fait de même, Salle Erard,\nlouable zèle la jeune école hongroise\net Kodaly sont exprimés par lui\nBach, Schumann, Chopin, déci-\ngeaient le programme très intéres-\ntoinette Veluard, avec moins d'au-\nM. V. G. Zagon défend avec un\ndont il fait d'ailleurs partie. Bartock\navec une compréhension totale,\ndément les plus nommés, se parta-\nsant de M. Victor Gille. Quant à\nM. Théodore Szanto, en ayant terminé avec Bach, Beethoven et Brahms, il recommença à\nfaire bourdonner ses Guêpes voltigeantes.\nEt tous ces chasseurs d'ivoire en quittant leur terrain de chasse, emportèrent maints\ntrophées et dépouilles que, sous forme de succès, leur octroyèrent l'admiration ou l'indul-\ngence de leurs auditeurs.\nQui n'a pas son petit violon d'lngres ? Sans être un esprit universel comme le grand\nLéonard, il est bon de ne se point cantonner dans l'exercice exclusif de ses fonctions. Peu"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.12", "texte": "IO\nS. I. M.\n\nd'artistes cependant réunissent dans la même main l'archet du virtuose et la plume du com-\npositeur à un degré aussi remarquable que M. Georges Enesco. Voilà un musicien excep-\ntionnellement doué et qui a droit à toute notre admiration. Son\ndernier concert fut un triomphe. On peut ne pas aimer sa\nmanière d'interpréter certains maîtres classiques, mais que par\nailleurs il séduit, empoigne, ravit, transporte l'auditeur !\ndu Diable de Tartini, la Sonate en de Bach et diverses\npièces lui valurent ce soir-là un des plus beaux succès de sa\ncarrière. Le concert de M. Arthur Hartmann, également\nvioloniste de talent, présentait cette particularité que M. Claude\nDebussy avait accepté d'accompagner au piano la en de Grieg et trois de\nses propres Préludes transcrits par M. Arthur Hartmann. Louis Laloy a délicieusement\ncaractérisé la virtuosité de Debussy en décrivant \" ce piano surnaturel où les sons naissent\nsans chocs de marteaux, sans frôlements de cordes, s'élèvent dans un air transparent qui les\nunit sans les confondre et s'évaporent en brumes irisées. Debussy apprivoise\nle clavier d'un charme qui n'est à la portée d'aucun de nos virtuoses. Comme\nun de ses ancêtres spirituels, François Couperin, il pourrait écrire un\ntoucher le piano,qui, d'ailleurs, ne trahirait pas son secret aux profanes. \"\nChampions de la sonate pour piano et violoncelle, MM. Armand Ferté et\nLouis Fournier ont commencé leur série de quatre séances en inscrivant sur\nleur premier programme les noms de Bach, Mozart, Hândel. C'est dans le\nmeilleur style, sobre et juste qu'ils exécutèrent la Sonate en sol majeur de\nBach, la Sonate (œuvre posthume) de Mozart, la Sonate en sol mineur de\nPh.-E. Bach et la Sonate en si bémol de Hândel. Et ces deux éminents artistes\nse partagèrent en bons frères siamois les applaudissements nourris qui les\nsaluèrent.\nDevant les pluies de perles dont les compositeurs modernes, voire les plus avancés'\némaillent leur écriture pianistique, cantatrices et chanteurs s'émeuvent et\nréclament leur droit à la virtuosité. Quoi ! Eux seuls seraient privés de tous\nces exercices de haute vocalise qui consistent à tenir en équilibre dans le\ngosier un pesant fa dièze ou un léger si bémol, ou à suivre la dangereuse\nglissière d'une rapide roulade ? Et tous les détracteurs de la musique\nd'aujourd'hui de s'écrier que, seule, l'ancienne musique permettait au chanteur\nde briller. Pourtant quand se présente l'occasion assez rare d'entendre une\nvraie nature d'artiste, on se rend compte des multiples qualités qu'exige l'actuelle décla-\nmation lyrique et comme elle sait mettre en lumière le talent de l'interprète chez lequel la\ntechnique approfondie, l'intelligence de la diction, l'exacte adaptation à l'esprit du morceau,\ns'allient à un organe souple, nuancé, capable de traduire les sensations les plus subtiles.\nM;\"e Jane Bathori-Engel en est le type accompli. Ardente prosélyte de la jeune"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.13", "texte": "INSTRUMENTS DIVERS\n\n11\n\nmusique elle en souligne la précieuse originalité et quand elle s'accompagne au piano on a\n1 impression d'un tout harmonieux, vibrant à l'unisson, d'un seul et même instrument qui\nchante et s'accompagne. Pathétique dans La Jeune Religieuse de Schubert, elle fut incom-\nparable dans les Chansons de Bilitis, Le Faune) Colloque sentimental et Fantoches celle-ci\nredemandée de Debussy. Mme Bathori-Engel remporta encore un très vif succès dans\nplusieurs lieder de Chausson, Hillemacher et Chabrier. L'excellent violoncelliste M. Georges\nPitsch pai tageait les honneurs de la soirée. Il exécuta dans un style très musical et dépourvu\nde lourdeur la Sonate de Locatelli et la Sonate en re majeur de Bach dont l'andante obtint un\naccueil particulièrement chaleureux.\nLa Société Le Lied en tous Pays vient de donner une copieuse audition fort réussie\nou des mélodies françaises voisi-\ncédoniennes, des russes et des alle-\nMélodies allemandes de Cari Reinecke\nlicieusement joli de MUe Luquiens,\ndans l'interprétation de ces scènes\nnés d'Emile Riadis ont de la couleur\nloureuse. Elles furent fort bien dé-\nMélodies françaises, espagnoles, rus-\n-1 -1 > 1 •\nnaient avec des espagnoles, des ma-\nmandes. Parmi tant de chansons, les\npermirent d'apprécier le timbre dé-\nsi pleine d'intelligence et de malice\nd'enfants. Les Mélodies Macédonien-\net parfois une force un peu dou-\ntaillées par Mlle Fanny Malnory.\nses, allemandes et macédoniennes,\nles voila bien en musique tout au moins les Etats-Unis d'Europe.\nVers la fin du XVIIe siècle un artiste petit russien, nommé Pantaléon Hebenstreit, se\nfit entendre chez la célèbre Ninon de Lenclos et réussit à émerveiller le Roi-Soleil lui-\nmême. Il était passé maître sur le Tympanon, instrument bizarre connu déjà aux temps\nbibliques. On sait que c'est là une variété de psaltérion, dont on joue en frappant les cordes\navec deux baguettes. Le Tympanon dont il se servait, fut, après la mort d'Hebenstreit,\napporté en petite Russie. Légué de père en fils, il finit par revenir au dernier descendant.\nM. Sacha Votitchenko, lequel est devenu, comme son aïeul, un véritable virtuose.\nRomantique et fatal, M. Sacha Votitchenko s'avance sur l'estrade vers le somptueux\nmeuble qui porte le précieux tympanon. Avec une nonchalance apprêtée, il laisse retomber\nchaque baguette et, sous les coups légers ou appuyés, lents ou précipités, les cordes réson-\nnent comme des cloches lointaines. Les Chants popula et\nXVI ll* siècle conviennent à la nature de M. Votitchenko et il en dégage admirablement le\nparfum et la poésie. Malheureusement la résonnance du tympanon manque d'ampleur et sa\nsaveur spéciale doit s'émousser assez vite. Une assistance extrêmement élégante prit le plus\nvif plaisir à écouter cette musique ossianique et ovationna longuement M. Votitchenko.\nA côté de lui, d'excellents artistes prirent leur juste part des succès. Mlle Marguerite\nCouée interprétant des Mélodies Françaises ancienn nous prouva que la sonorité de la harpe\nest vraiment délicieuse et possède àla fois la douceur et la puissance. Puis, Mlle Marthe\nGirod en exécutant, dans un superbe style fait de fougue et de précision,\nen ré mineur de Bach et Prélude en sol mineur de Rachmaninoff, nous démontre quelle\ndiversité d'accents, quelles oppositions de force et de délicatesse peut revêtir le piano entre\ndes mains expertes. Et MUe Alvina Alvi mit à chanter des Mélodies populaires Russes tout le\ncharme émotif que sont susceptibles d'exprimer des cordes encore, mais cette fois vocales !\nEt ce rapprochement n'alla point sans causer quelque dommage au délicieux mais artificiel\ntympanon."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.14", "texte": "Dans le Monde\nUNE REPRÉSENTATION PRIVÉE DE “LA FARCE DU CUVIER”\n\nLe cuvier fameux où le savetier Jaquinot précipite Périnette son\népouse et la mère d'icelle, dame Jaquette, s'abrita d'abord au Théâtre\nde la Monnaie. L'accueil que lui fit Bruxelles décida le Théâtre des\nChamps-Elysées à se réserver la primeur de sa représentation en France.\nMais ce temple ne tarda point, hélas ! à l'ensevelir sous ses décombres.\nEn attendant qu'un de nos grands lyriques mette à son répertoire\nce charmant ouvrage, M. Robert Le Lubez vient d'en donner chez lui une sensationnelle\naudition privée.\nOn connaît le sujet de la farce de haulte liesse traitée par Maurice Léna dans un mou-\nvement alerte, une vivacité de touche et un esprit qui, pour demeurer toujours dans les\nlimites du bon ton, n'en sont pas moins de la vieille gaieté française. Rappelons-le en\nquelques lignes.\nPaisible savetier, amoureux de sa femme, le bon Jaquinot est mené\nrudement par la frivole Périnette. Plus encore que la fine main de celle-ci,\nil redoute la poigne vigoureuse de sa belle-mère, la terrible matrone\nJaquette. Toutes deux s'entendent comme larrons en foire pour le mettre\nà mal et finissent même par lui faire signer une sorte d'abandon des\ndroits de l'homme. En sorte que Jaquinot, à l'avenir, s'occupera seul\ndes soins du ménage. Quand vient le jour de la lessive, Périnette veut\nen inspecter les apprêts. Elle s'approche et se penche au-dessus du\ncuvier. Jaquinot, qui n'attendait que cet instant propice, la saisit et d'un mouvement brusque\nla laisse choir au fond du cuvier. Après quoi, sa belle-mère survenant, il l'y jette aussi. Et se\ngaussant de leur mine déconfite, il exulte et triomphe en timide qui se rebelle et récalcitre.\nMais c'est un excellent compagnon que notre Jaquinot et comme il chérit tendrement sa\nfemme, il ne la laissera pas plus longtemps barbotter dans la savonnade.\nLa musique de Gabriel Dupont est extrêmement vivante. Son rythme rebondit et\ns'anime, communiquant sans cesse un nouvel élan à la parole et au geste. Claire et chantante,\nmalgré sa pâte bien travaillée, elle illustre congrûment cette truculente joyeuseté.\nQuant aux trois principaux interprètes, ils furent étourdissants\nde brio et de talent. Mme Jaqueline Vaucaire mena la ronde avec\nune pétulance et une autorité vocale et scénique extraordinairement\nsavoureuses. Pétillante Périnette, Mme Jacquet-Marsans unit la plus\nadorable espièglerie à une voix exquisement fraîche. Plus complexe\nque les deux figures féminines, celle de Jaquinot permit à M. Robert\nLe Lubez de se montrer avec une égale maîtrise sous des aspects\ndivers. Tour à tour bonhomme, tendre, apeuré, narquois ou taquin,\nd'un organe bien timbré à la diction mordante, il tint superbement\ntête à ses deux délicieuses partenaires et partagea leur très gros\nsuccès. L'orchestre était personnifié par M. Le Baillif qui tint remar-\nquablement le piano d'accompagnement. La mise en scène fort pittoresque était de\nMme Pierron-Danbé.\nUne assistance suprêmement élégante se pressait dans les salons de M. Robert\nLe Lubez ; elle manifesta longuement et à plusieurs reprises tout le plaisir qu'elle prit à un\ntel spectacle. Voici quelques noms pris au hasard parmi les nombreuses personnalités qui s'y\ntrouvaient réunies : Marquise de Lanjuinais, Cte et Ctes3e de Beaumont, Vte et Vtes3e de Grand-\nmaison, Bon et BonQe de Loqueyssie, Ctesse Molitor, Mme Délia Torre, Cfce et Cte3se de Rostang,"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.15", "texte": "A L'OPÉRA\n13\n\nColonel et Mmo Casron, M. et Mme de Buysieulx,\nBOQ et Bonne de Sauzéa, M. et Mme Willy Blumenthal,\nM. et Mme Ernest Caron, Mme Lecomte du Nouy,\nM. et Mme P. Milliet, M. et Mme Marcel Bertrand,\nCte R. de Clermont-Tonnerre, M. et Mme Michel Carré,\nM. R. de Malherbe, Mme Cauvain, Mme Singer, Cte de\nGerminy, Bon de Bermingham, M. Silver, M. S 1 Hilaire,\nM. P. Sarchi, etc. etc...\n(croquis de Fabiano)\n\nG. de F\n\nA l'Opéra\nSwift.\nCinq heures du soir. L'Opéra est désert. De la salle, plongée dans une demi-obscurité,\narrivent des rumeurs insolites. C'est, d'abord, un échange de violents démentis : \" Oui ! \"\n\" Non ! \" vociférés d'une voix énergique... puis, immédiatement pif ! paf ! l'éclat d'une\nretentissante paire de gifles !...\nQue se passe-t-il ?... On se précipite sur le plateau, on ne voit rien, mais l'altercation\nrecommence : \" Oui !\" u Non ! \" Pif ! Paf !...\nCela semble venir de l'orchestre ! Et pendant qu'on y court, les démentis et les soufflets\nse succèdent sans interruption...\nL'orchestre est vide. Seul, dans un coin, l'air grave, M. Gustave Lyon s'amuse à nier et\nà affirmer tour à tour, d'une voix sonore, une mystérieuse proposition tout en imitant un\nbruit de gifles à l'aide d'une forte claquette de bois. Singulier passe-temps pour un homme\nsérieux !\nPlus irrésolu que Triplepatte, l'inventeur de la harpe chromatique parcourt en tous\nsens la fosse orchestrale et s'assied successivement à tous les pupitres abandonnés ; il se\ndonne l'illusion d'être chargé d'une partie de contrebasse ou de petite flûte ; le voici devenu\nviolon-solo puis troisième trombone ; il abandonne le cor anglais pour les timbales, mais,\nvisiblement, un doute affreux le torture : il ne peut se résoudre à prendre un parti :\nu Oui !\" \" Non !\" \" Oui !\" \" Non ! \"... et chaque fois, de deux solides coups de\nclaquoir il semble châtier son indécision !\nMais des visages attentifs émergent de l'ombre et nous donnent la clef du mystère :\ndans les loges, au balcon, au parterre, à l'amphithéâtre, des témoins muets prennent des\nnotes fiévreuses. Voici Camille Clievillard, Louis Laloy, Auguste Chapuis, Maurice\nEmmanuel, Henri Quittard et toute une armée d'u observateurs \" qui, l'oreille au guet,\nrecherchent les résonnances de l'immense vaisseau et établissent des graphiques dont\nGustave Lyon tirera des conclusions précieuses pour l'amélioration de l'acoustique de\nl'Opéra.\nM. Jacques Rouché, en effet, insensible à la poésie du paganisme, a chargé l'éminent\ningénieur d'organiser une battue dans son futur domaine pour en expulser la pauvre nymphe\nEcho. La poursuite fut acharnée : la nymphe se déroba très habilement mais on affirme\nl'avoir aperçue dans un angle du parterre et elle sera bientôt cernée.\nQuatre cent trente-deux fois, la claquette la fit tressaillir, puis les chasseurs épuisés\nrenoncèrent à la lutte, en se donnant un prochain rendez-vous pour reprendre leur cruelle\nbesogne. La pauvrette n'a qu'à bien se tenir !\nChargé de rechercher, moi aussi, des échos pour S. I. M., j'ai dérobé celui-ci au vol et,\nsans l'avouer à Gustave Lyon, je me suis empressé de le noter pour nos lecteurs."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.16", "texte": "BESANÇON. Dans sa conférence préparatoire au 32rae Concert Symphonique,\nM. Henry Najean exerça sa verve spirituelle et caustique au détriment de quelques-uns des\nauteurs inscrits au programme, Brahms, Debussy et Massenet. S'il tint cependant à rendre\njustice au génie du premier, et à l'originalité savoureuse du second, l'auteur d\npar contre fut traité avec un irrespect suffisant pour mériter au talentueux conférencier les\nrancunes sérieuses de maints adorateurs de Massenet. Les circonstances cependant semblèrent\nlui donner raison: Alors que Brahms et Debussy triomphaient au concert du lendemain, avec\nla belle et hautaine Rapsodiedu premier pour alto solo, chœur d'hommes et orchestre et la\nravisante Petite suite du second dont En bateau et furent délicieusement rendus par\nnotre orchestre, la suite d'orchestre à' Esclarmonde malgré tout son pittoresque scintillement,\nmalgré même la belle flambée de son Hyménée, laissa le public absolument froid. Non,\ndécidément, il faut laisser Massenet au théâtre. Il n'a rien à gagner en affrontant l'épreuve\ndu Concert, pas plus d'ailleurs que l'épreuve des dont M. Najean souligna le vide\nahurissant.\nCe fut Madame Fernand Datte qui chanta le solo de la de Brahms ; sa belle\nvoix chaudement timbrée, ressortant avec aisance sur les chœurs d'hommes, fit réellement\nsensation. M. Datte dirigea encore l'Ouverture de inspiration beethovenienne d'une\naltière beauté. Enfin une bonne part de succès de la soirée revint encore à M. Jules Boucherit\nqui interpréta avec une grâce sans rivale le Con de Mendelssohn, que l'on réentendit\navec plaisir, et diverses pages de Beethoven, Rameau, J. Hubay.\nJe ne voudrais pas terminer sans mentionner les collaborateurs interprètes de M. Najean\nà la Conférence préparatoire : Madame Bourgean, dont la voix d'or semble toujours plus\nbelle à chaque nouvelle audition, et qui chanta et la de\nBrahms en véritable artiste ; Madame Saillard-Cambier, une grande artiste elle aussi, dont\nje ne saurais assez dire le mérite et la modestie, et qui joua avec un art accompli lé\nde Debussy et Jardin sous la pluie du même. Enfin M. Bascou, violoniste, qui sut mettre en\nvaleur deux fragments de la Sonate op. 108 pour piano et violon de Brahms.\nE. G.\nMARSEILLE. La première de Parsifala eu lieu le 20 janvier et les représentations se\nsont succédées, depuis, à raison de trois par semaine, devant des salles combles. Il faut\nlouer tout d'abord l'effort considérable déployé par tous ceux qui, de près ou de loin, ont\nconcouru à ces exécutions. Au-dessus de tous les interprètes, se détache M. Altchewsky :\nl'expiration de son engagement va malheureusement interrompre les représentations, sinon\nles clôturer.\nAvoir monté Parsifal en quelques semaines, alors que le Crépuscule des dieux tenait pour\nla première fois, l'affiche au mois de décembre et que, entre temps, s'imposait l'obligation\ncommune à tout théâtre de province de varier les spectacles courants ; parvenir, malgré\ntout, à présenter un ensemble suffisamment honorable pour réunir un public dont l'attention\nne s'est jamais démentie : tout cela, dis-je, sort trop de l'ordinaire pour ne pas comporter\nde chaleureux éloges. Notre Opéra municipal a donc ressenti une légitime fierté à faire\nentendre, le premier, Parsifal en province.\nLa satisfaction éprouvée devant le succès obtenu ne doit point, toutefois, faire oublier\nle respect dû aux chefs-d'œuvre. Il est certain que les exécutions données ne peuvent être\nappelées des représentations \" wagnériennes et qu'elles ne paraissent même pas de nature\nà laisser une impression d'art véritable. Il eût été, semble-t-il, possible de rectifier certains\nmouvements d'une précipitation choquante et qui variaient même d'une représentation à\nl'autre ; ou, encore, de restituer à la scène de séduction des Filles-fleurs, relativement si"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.17", "texte": "ÉTRANGER\n\ni 5\n\nconnue, son véritable caractère. On eût pu, aussi, dès la lre audition, rappeler à l'ordre les\nfigurants qui, dans le temple du Graal, prenaient l'habitude, conservée depuis, d'échanger\nquelques sourires ou chuchottements : et, alors que le 1er acte, lors des premières exécutions,\ndurait sept quarts d'heure, ne point le diminuer aux représentations suivantes au point qu'il\nn'en durât plus que six. Ces errements se rattachent au laisser aller des théâtres d'opéra\nen général : ils ne font point disparaître le grand effort accompli.\nEncore un peu de temps et chaque ville aura son Beaucoup s'en réjouissent,\naujourd'hui où quiconque peut visiter, en chemin de fer, les cimes de la Jungfrau ou se pro-\ncurer l'illusion, en tournant un rouleau mécanique, de jouer la \" Fantaisie chromatique \" ou\n,l Prélude, Choral et Fugue. \" Mais rendra-t-on jamais aux ancien pèlerins de Bayreuth leurs\nimpressions inoubliées, fût-ce même le simple appel de par Kundry, dans la\nscène des Filles-fleurs et qui, à trente ans de distance, retentit encore à notre oreille.\nLes concerts de toute nature ne chôment pas : je vous en parlerai dans ma prochaine\ncorrespondance.\nHENRI DE VAUPLANE.\n\nÉtranger\n\nLA \" PHYSIOGNOMIE VOCALE\"\nBOSTON. Dorénavant le visage ne sera plus seulement le miroir de l'âme, il en sera\nla voix silencieuse si on peut ainsi parler, grâce à la science nouvelle que les américains\nappellent la 41 Physiognomie vocale \" et qui fait de M. Umberto Sorrentino, un ténor, jadis\nattaché à l'Opéra de Boston, un continuateur de Lavater.\nGrâce à ce diagnostic optique pour un art auditif, il n'y aura plus jamais de voix mal\ntraitées et chose précieuse en notre temps si agité, où le temps est vraiment de l'argent, les\nengagements de théâtre pourraient presque se faire sans auditions, un système anthropomé-\ntrique remplaçant celles-ci, et réunissant ainsi à l'avantage d'être plus scientifique, celui\nd'être plus expéditif et parfois moins désagréable pour les examinateurs.\nQuelque novateurs que soient les américains, M. Sorrentino rencontra des incrédules,\njusqu'au jour, où une expérience publique et décisive vint démontrer l'infaillibilité de son\ndiagnostic.\nAcceptant le défi de l'un des plus importants \" managers \" lyriques des Etats-Unis,\nil organisa une séance publique, quasi-officielle, au cours de laquelle il réussit à classer, à\nsix exceptions près, les choristes d'un Grand Opéra, par groupes de ténors, de barytons et de\nbasses, sans les avoir entendus proférer un seul son.\nLes six voix douteuses étaient de celles dont M. Sorrentino avait dit dès le début du\n\" challenge \" qu'il ne pouvait être absolument catégorique pour les barytons dont le physique,\net la voix par conséquent se rapprochent, suivant les cas, plus des basses ou plus des ténors.\nL'examen de l'angle facial, de la coupe du visage, du développement et de la forme\ndu nez, du plus ou moins de prognathisme de la mâchoire inférieure, de la protubérance\nplus ou moins accentuée de la \" pomme d'Adam \" (cartilage thyroïde) déterminera le registre\nde la voix.\nLes qualités d'ampleur, d'harmonie dépendant du développement des cordes vocales il\nsuffira de jeter un coup d'œil sur celles-ci pour se rendre un compte exact de la capacité\nmusicale ou oratoire du sujet examiné au point de vue physique.\nPlus les cordes vocales seront longues, plus le larynx qui les contiendra sera grand, plus\nles cartilages de celui-ci seront robustes, plus forte sera la voix. D'autre part, plus les cordes\nseront longues, plus lentement elles vibreront, et plus les sons qu'elles émettront seront pro-\nfonds... On objecterait à tort, explique l'auteur du système \" que chez les grands ténors\ndramatiques et les barytons les plus brillants les sections du clivage anatomique sont"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.18", "texte": "i 6\nS. I. M.\n\nobscurcies par une sorte de recouvrement... sont là des exceptions connues, qui ne font\nque confirmer la règle établie péremptoirement par l'examen de nombreux individus, et\nreconnue exacte dans la proportion de quatre-vingt-cinq pour cent.\nDonc quand vous verrez un homme dont le haut du visage sera fortement développé,\ndont Varcade zygomatique(c'est-à-dire l'arête osseuse qui va de la tempe au nez) sera très\naccentuée, les pommettes saillantes et le nez bien proportionné vous pourrez affirmer à\npremière vue qu'il possède en outre des avantages décrits ci-dessus une voix de ténor.\nCelui qui se présentera devant nous avec une figure alourdie du bas par une épaisse\nmâchoire, qui dissimulera ou étalera selon son esthétique personnelle une volumieuse\npomme d'Adam, sera à coup sûr une basse, et lorsque, ces indices divers se mêleront de\nfaçon vague, ambiguë, vous aurez devant vous une sorte d'hermaphrodite vocal: un baryton.\nCes expériences faciales sont considérées comme très importantes par les impresarii\naméricains, qui ont souvent besoin de parer à de l'imprévu, de former des chœurs à la hâte,\net on se rend compte de leur utilité pour aider les chefs de musiques militaires, ou de\nsociétés chorales dans l'organisation de leurs équipes, sans oublier iqu'en cas de grève elles\naideraient puissamment les directeurs de théâtre.\nNaturellement tout ce qui précède s'applique aussi bien aux orateurs qu'aux chanteurs,\ncar jamais, si nous en croyons M. Sorrentino, un homme qui aura \" une bonne figure ronde\ncomme une pomme, un petit nez pointu et une peau sombre et sèche \" et dont par consé-\nquent la voix sera chevrotante, faible, sans autorité, ne pourra lancer des ordres sur le pont\nd'un navire ou se faire entendre des soldats sur un champ de bataille; la joie du commande-\nment lui sera refusée aussi bien que les triomphes de la tribune, de la barre ou de la chaire.\nSeuls les gaillards \" au nez hardi, aux narines ouvertes, aux pommettes ou à la mâchoire\ndéveloppées \" seront capables \" d'empoigner \" la foule, leurs capacités intellectuelles ou\nartistiques fussent-elles de beaucoup inférieures à celles des chétifs décrits plus haut.\nM. Sorrentino ne fait pas d'exception pour les femmes, et n'admet pas du tout en matière\nvocale, l'axiome si profondément vrai du psychologue qui considère la faiblesse comme la\nplus grande force du beau sexe.\nPar une idée bien américaine M. Sorrentino propose de démontrer l'impeccabilité de ses\nobservations, par l'audition d'un chœur cosmopolite où les différences physiques des races\nse manifesteraient vocalement. Par exemple, les Chinois aux proéminences faciales accen-\ntuées, à la gorge souple seraient d'excellents ténors, les Japonais aux pommettes plus\neffacées mais aux mâchoires plus lourdes, aux cartilages thyroïdes plus développés, seraient\ndes grands ténors admirables, une tribu d'lndiens à la pomme d'Adam énorme, aux pom-\nmettes exagérées, seraient les basses chantantes ou les barytons, et les nègres prognathes\nseraient des basses tonitruantes.\nEn résumé, M. Sorrentino estime que la réussite d'un chanteur repose abstraction\nfaite de sa maîtrise artistique sur le développement de sa mâchoire inférieure, du plus ou\nmoins de force des muscles de celle-ci dépendra u la facilité d'ouverture \" de la gorge et de\nla boucle, permettant plus ou moins aisément 14 le sourire ou le bâillement\" que M. Sorren-\ntino déclare être u les deux mouvements indispensables à l'émission du son et à la détente\nde l'appareil vocal \". Or seule une mâchoire bien conditionnée permettra à la voix d'être\nposée, égale, harmonieuse, sonore et vibrante.\nPour nous convaincre définitivement de ces vérités, le physiognomiste nous convie à\nexaminer les photographies des chanteurs ou des cantatrices réputés et il ne doute pas que\nnous ne trouvions chez Caruso,Titta-Ruffo,Chaliapine,Plançon ou chez Mesdames Tetrazzini,\nCavalieri, Nordica, Eames ou autres les signes caractéristiques qu'il indique u leurs mâchoires\ninférieures étant sensiblement plus fortes que celles du commun des mortels et leur nez,\nquelque beau et bien fait qu'il puisse être, généralement assez fort... qualités physiques\nindispensables pour transmettre et renforcer les vibrations dans les boîtes résonnantes du\npharynx, du larynx, dans les voiles du palais et même dans les cavités nasales...\"\n\nJ. Lortel."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.19", "texte": "ÉTRANGER\n17\n\nL'OPÉRA FRANÇAIS AU CANADA\nNotre correspondant de Montréal, Paul Ouimet,\nStandard h /'occasion de la réouverture de la saison d^opéra.\nLe curieux état d'esprit que révèlent ces lignes montrera combien les canadiens français éprouvent de\ndifficultés a défendre leur culture artistique traditionnelle e a\ndans les milieux anglais oh F entente cordiale s'exerce unique\n\" Pour la quatrième année consécutive nous allons avoir une saison d'Opéra au théâtre\nHis Majesty's, que partout où l'on parle de grand opéra, on s'accorde à qualifier de Covent\nGarden, de Metropolitan Opéra, de Montréal. A en juger par les multiples annonces\nconcernant les ouvrages qui seront représentés et les artistes qu'on engagera, cette saison\npromet beaucoup au point de vue de la musique.\nPour la première fois depuis qu'on a commencé à nous donner de l'opéra sous une\ndirection locale il semblerait qu'on ne donnera pas à l'opéra français la place d'honneur dans le\nrépertoire de la troupe, et pour cette seule heureuse nouvelle, soyez remerciée mille fois,\nô direction !\nOn nous épargnera donc l'ennui de \" Cendrillon \" de \" La Navarraise \", de \" Mignon \",\net de diverses autres pièces de même nature, que nos péchés artistiques ont nécessairement\nfait tomber sur nous dans le passé, et il faut espérer qu'on ne nous infligera pas jusqu'à six\nreprésentations de \" Manon \" et huit représentations de \" Faust \", à l'occasion de cette saison.\nDans une saison d'opéra de huit semaines, ce qui est bien court pour une saison d'opéra\nmétropolitain, il y a beaucoup d'ouvrages dont nous pouvons nous passer. On pourrait nous\népargner les lieux communs musicaux usés et montrant le fil que tout le monde sait par cœur\net que tout musicien déteste et méprise d'une façon absolue. Dans cette catégorie on peut\nmettre \" Mignon \" sur le même pied que la \" Maritana \", au moins en ce qui concerne le\nlivret, et la première est aussi familière et aussi indigne d'attirer notre attention, à l'époque\nactuelle, que l'est l'autre, quoique ces opéras appartiennent à des classes différentes au point de\nvue musical. Des opéras comme \" Carmen \", qui appartiennent à une autre classe peuvent\nsupporter un bon nombre de reprises, surtout parce qu'ils sont dramatiques et qu'on les\nconsidère à un point de vue qui n'est pas toujours purement musical.\nLes nouveaux opéras convenables aux besoins locaux ou les opéras qui n'ont pas été\njoués ici depuis quelque temps peuvent toujours être compris parmi les œuvres qu'on doit nous\ndonner. Dans les dernières années, la \"Manon Lescaut\" de Puccini et \" L'Ami Fritz\" de\nMascagni ont été goûtés par les musiciens et honnis par ceux qui ne peuvent distinguer une\nnote de musique du cri d'une sirène d'auto ou de l'accord donné par deux chats qui chantent\nsur la clôture d'une cour. \" Chopin \" est un autre opéra qui a fait la jouissance des connaisseurs\net \" Paillasse \" a été donné en quelques représentations,il y a deux saisons, mais la distribution\nn'était pas capable de l'interpréter d'une façon suffisante, et l'on peut dire que cet opéra n'a\njamais été donné d'une manière réussie pendant la saison.\nLa saison d'opéra promet beaucoup sous tous rapports. Plusieurs chanteurs jouissent de\nlongue date d'une réputation qui, à elle seule, devrait attirer la foule aux représentations. On\nnous donnera quelques nouveautés, nouveautés pour notre public au moins, par exemple,\nau cours de la première semaine, \"La Gioconda \" et \"Le Secret de Suzanne \". On voit\ncombien de telles tentatives méritent d'être chaleureusement soutenues et encouragées. \""}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.20", "texte": "ÇA ET LA\n\nÉchos\n\nLa recherche de la paternité (fin).\nMme Valentine de Saint-Point nous prie d'insérer la lettre suivante :\nEn effet, cher Monsieur, il faut en finir. Je ne saurais d'ailleurs plus suivre M. Paolo Litta dans la\nvoie où il s'est engagé, en altérant outrageusement les textes qu'il a cités dans le dernier supplément\nde la S. I. M.\nIl est seulement nécessaire d'en donner un échantillon à vos lecteurs. Je choisis le sien, la\nMétachorie pouvant encore offrir à M. Paolo Litta cette dernière réclame.\nTexte du livre de M. Litta.\n...nos artistes en les amenant à recevoir parmi\neux et reconnaître, finalement, cette \" sœur\" un\npeu trop délaissée que fut la Danse. Jusqu'à pré-\nsent nul n'a osé donner la même importance à la\ndanse telle que nous l'entendons qu'à la\nlittérature, la musique, la peinture, la sculpture.\nDanser une Symphonie de Beethoven est certes\nfaire preuve d'habileté, mais est-ce bien néces-\nsaire ?\nCombien plus virante, plus vibrante, plus spon-\ntanée serait cette œuvre où le musicien serait à\nmême de créer esotériquement des \" situations\nmusicales dansées\" ou mieux encore à s'habituer\npar commencer, avant de penser à toute musique,\nà présenter à son imagination inspirée des visions,\ndes apparitions immatérielles d'abord des \" formes\nvagues, en mouvement \" qui prendraient peu a\npeu des allures eurythmiques lesquelles feraient\nplace, à leur tour, à des entités ayant déjà le\ncaractère déclaré de la danse et se rapprocher\ninsensiblement au monde plus positif des formes\nhumaines, les plus adéquates à traduire d'une\nfaçon visible, tangible et par conséquent possible,\nce que le cerveau de ce musicien de nouveau style\naurait entrevu !!\nNul n'a pu soupçonner que peut-être en dehors\ndes pirouettes et entrechats, il pourrait bien se\nrévéler un Art nouveau d'une telle intensité souve-\nraine d'expression au point d'égaler, sinon d'éclip-\nser même tous les autres arts.\nSerait-ce une chose vraiment si folle que d'aban-\ndonner toutes les manifestations un peu surannées\nde notre art musical actuel en y introduisant à\ntitre définitif le Poème musical dansé ?\nTexte cité comme extraits de son livre par\nM. P. Litta.\nNul n'a donné la même importance à la danse\nqu'à la littérature, la musique, la peinture. Pour-\nquoi la danse ne pourrait-elle pas prétendre à être\nune \" sœur \" égale à ces arts et a leur hauteur\nactuelle.\nDanser une symphonie de Beethoven est-ce\nnécessaire ? Les œuvres classiques ont-elles besoin\nd'être commentées par des gestes ?\nCréer avant de penser à toute musique, des\nvisions immatérielles (idées) formes vagues en\nmouvement qui prendraient peu à peu des allures\neurythmiques {géométriques) des entités capables\nde traduire dans la danse ce que le cerveau aurait\nentrevu.\nEn dehors des pirouettes et entrechats (de la\ndanse classique) il devra exister un art nouveau\ndentités mouvantes autrement dit des lignes en\nmouvement.\nSerait-ce vraiment une chose aussi folle que de\ncréer le Poème dansé ?"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.21", "texte": "ÇA ET LA\n*9\n\nSes oreilles entendent à peine la musique qui\nn'est plus ici la \" grande accapareuse\", mais cette\nfois-ci, l'accaparée !...\nLes yeux impuissants à communiquer au cer-\nveau le contrôle réflexe de l'impression si rapide-\nment reçue, au milieu du tourbillon des mouve-\nments de l'artiste, au milieu de la confusion du\nnéophyte lui-même, sont fixés sur la Superbe\nEvocatrice avec une joie mêlée à la crainte de\nperdre chacun de ces précieux mouvements, sou-\nvent à peine esquissés, souvent à peine indiqués !\nPeu à peu cette \" forme\" s'est fixée dans son\nesprit et il a pensé qu'elle pourrait bien être ce\nqu'il cherchait et lui servir à créer une entité mou-\nvante dont la danse serait le moyen extérieur d'ex-\npression artistique.\nLa danse se détachera de la musique cette\n\" grande accapareuse \" pour reprendre la place\nqu'elle a le droit d'occuper.\nSes mouvements seront à peine esquissés, à peine\nindiqués ils ne seront plus qu'une forme d'origine\npurement cérébrale, une entité mouvante dont la\ndanse (la nouvelle) serait le moyen extérieur\nd'expression artistique.\nEst-il utile de souligner que tout ce qui pouvait ressembler à la a été ajouté : les\nla géométrie,le poème- dansé, l'origine purement cérébrale,etc.\nSans commentaires n'est-ce pas ?\nCroyez, cher monsieur, à mes sentiments sympathiques et très distingués.\nVALENTINE DE SAINT-POINT.\n0 0 0\nLes Commandements du catéchisme du Conservatoire, remis à 9.\n7 «\nUn correspondant anonyme nous demande l'insertion des octosyllabes suivants\ndont on appréciera le but éducateur et humanitaire et qui sont sans doute la consé-\nquence d'un vœu :\n1. Dieubussy seul adoreras, 6. Au grand jamais ne résoudras\nEt copieras parfaitement. De dissonance aucunement.\n2. Mélodieux point ne seras, 7. Aucun morceau ne finiras\nDe fait ni de consentement. Jamais par accord consonant.\n3. De plan toujours tu t'abstiendras, 8. Les neuvièmes accumuleras,\nPour composer plus aisément. Et sans aucun discernement.\n4. Avec grand soin tu violeras 9. L'accord parfait ne désireras\nLes règles du vieux rudiment. ' Qu'en mariage seulement.\n5. Quintes de suite tu feras,\nEt octaves pareillement. Ad gloriam tuam\nErit Satis.\nAmen.\n0 0 0\nSimple Avis.\nUn journal musical américain publie, en tête de ses colonnes, la note suivante :\nUn citoyen peut pousser l'avarice au point de se servir d'une verrue, placée derrière la tête, en\nguise de bouton de col.\nIl peut, par raison d'économie, voyager sur les tampons d'un wagon de chemin de fer; arrêter\nsa montre pour n'en pas user les rouages.\nIl peut, dans sa correspondance, omettre la ponctuation et épargner ainsi quelques gouttes\nd'encre.\nIl n'en est pas moins un gentleman, comparé au citoyen qui accepte pendant deux ou trois\nsemaines l'envoi d'un journal à domicile et refuse, après coup, de payer l'abonnement sous prétexte\nqu'il ne l'avait point sollicité.\nFortes paroles qu'affaiblirait tout commentaire !"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.22", "texte": "2 O\nS. I. M.\n\nLa double excommunication.\nSoucieux de venir en aide à un compatriote et de prêter l'appui de son autorité\nà son auguste collègue du Vatican, le Pape du Futurisme a lancé un bref d'excom-\nmunication contre le Tango. Il y a joint une interdiction de Parsifal rédigée en des\ntermes d'une éloquence bien personnelle :\n\"Si le tango est mauvais, Parsifal est pire, car il inocule aux danseurs trébuchants d'ennui et de\nmollesse une incurable neurasthénie musicale.\n\"Comment éviterons-nous Parsifal,avec ses averses, ses flaques et ses inondations de larmes\nmystiques ? Parsifal c'est la dépréciation systématique de la vie ! Fabrique coopérative de tristesse et\nde désespoir. Tiraillements peu mélodieux d'estomacs faibles. Mauvaise digestion et haleine lourde\ndes vierges de quarante ans. Vente en gros et en détail de remords et de lâchetés élégantes pour\nsnobs. Insuffisance du sang, faiblesse des reins, hystérie, anémie et chlorose. Génuflexion, abrutisse-\nment et écrasement de l'Homme. Rampement ridicule de notes vaincues et blessées. Ronflement\nd'orgues ivres et vautrées dans le vomissement des leit-motivs amers. Larmes et perles fausses de\nMarie Magdeleine en décolleté chez Maxim. Purulence polyphonique de la plaie d'Amfortas. Somno-\nlence pleurnicheuse des chevaliers du Saint-Graal. Satanisme ridicule de Kundry... Passéisme !\nPasséisme ! Assez ! \"\nLa cause est entendue.\n0 0 0\nL'ingénieux auteur.\nC'est un virtuose incomparable. C'est un chef d'orchestre de valeur. C'est aussi\nun compositeur applaudi qui vient de connaître les émotions de l'apothéose\nofficielle. Mais il a une infirmité : il ne peut jamais trouver un titre satisfaisant pour\nses compositions.\nIl avait terminé depuis longtemps une exquise pièce de flûte et ne se décidait pas\nà la donner à son éditeur impatient : le titre ne venait pas ! On rencontrait le mal-\nheureux auteur, le front plissé, le regard lointain, la mine pensive ; jour et nuit il\ns'absorbait dans cette vaine recherche. Il dépérissait, il maigrissait et commençait à\ninquiéter ses amis...\nUn beau jour on le vit, en pleine rue, pousser un cri de délivrance et gambader\néperdument au grand effroi des passants : \" J'ai trouvé ! j'ai trouvé ! hurlait-il : je vais\nécrire un second morceau du même genre et je pourrai prendre comme titre : Deux\nPièces pour flûte ! \"\nEvidemment c'est un rien, mais il fallait y penser.\n\nL'Homme à la Contrebasse.\n\nNouvelles\nLa ville de Genève prépare, à l'occasion du centenaire de son entrée dans la Confédé-\nration, des fêtes solennelles où la musique aura une large part. Un vaste théâtre couvert\nsera, pour la circonstance, élevé sur les bords du Léman. Il pourra contenir 7000 spectateurs.\nLa scène, qui mesurera 40 mètres de largeur sur 20 de profondeur, s'ouvrira au dernier acte\nsur le lac et le public verra s'avancer sur l'eau et atterrir de grandes barques portant les\nchœurs des confédérés. C'est notre ami Jaques Dalcroze qui a été chargé de composer la\nmusique de ce grandiose spectacle et d'en régler les danses qui seront exécutées, d'après\nla méthode rythmique, par 300 jeunes filles et jeunes garçons. La mise en scène a été\nconfiée à Gémier qui avait déjà dirigé les représentations du Festival Vaudois, il y a dix ans."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.23", "texte": "ÇA ET LA\n21\n\nL'ensemble de l'interprétation réunira 1500 exécutants. Ces fêtes seront données du\n3 au 10 juillet prochain.\nLa Société des u Amis des Cathédrales \" donnera le jeudi 19 février à la Salle Gaveau,\nune audition de musique spirituelle.\nA cette audition sera exécuté uLe Jugement de Salomon 4i Motet pour la Messe\nrouge en 1702 \", de Marc Antoine Charpentier, recueilli et restitué spécialement pour cette\naudition d'après le manuscrit authentique de la bibliothèque Nationale par MM. Letocart et\nde Raulin.\nNous appelons spécialement l'attention de nos lecteurs sur le caractère public de cette\nréunion qui est aussi la seule de l'année où les 44 Chanteurs des Amis des Cathédrales\nsous la direction de M. Letocart, se feront entendre à Paris.\nA titre absolument exceptionnel, des billets du prix de 6 francs seront mis en vente\npour les personnes étrangères à la Société, qui ne pourraient trouver d'invitation auprès\nd'un sociétaire, à la Salle Gaveau, chez les principaux éditeurs de musique et au Secrétariat\nde la Société 57, rue de Châteaudun, à Paris.\nUn très beau service à la mémoire de S. M. la reine douairière de Suède a été célébré\nen l'église suédoise rue Guyot.\nLe Président de la République y était représenté par le lieutenant-colonel Paquette, et\nM. William Martin, chef du protocole, représentait le gouvernement. On y voyait aussi tous\nles Ambassadeurs et Ministres plénipotentiaires accrédités à Paris.\nMelle Lita de Klint, maître de chapelle, et qui possède une très belle voix, a chanté avec\nune diction parfaite, un air de Haendel. M. Arvriot Hydén exécuta, avec un style noble,\nun air de Beethoven et M. H. M. Melchers jouait une marche funèbre de sa composition.\nLa charmante pianiste, Mllc Norah Drewett, vient de donner à Davosplatz deux récitals de\npiano qui ont remporté un très brillant succès. Un des programmes était presqu'exclusivement\nconsacré à Ravel et Debussy sur la demande du directeur allemand du grand sanatorium où\neut lieu cet intéressent concert de musique française.\nMmc Elvira Rubinstein dont nous publions aujourd'hui le portrait est une des plus\ndélicieuses et talentueuses élèves de Mme Felia Litvinne. Nous aurons le plaisir de l'entendre\nà Paris au printemps dans un concert de musique russe où elle chantera des mélodies inédites.\nL'audition de la Messe en si mineur par la Société J.-S. Bach (salle Gaveau) reste fixée\nau vendredi 27 février, en soirée : répétition générale publique, la veille, jeudi 26, à quatre\nheures. Les solis seront chantés par Mme Cécile Gilly, Mme Altmann (de Strasbourg)\nM. Kohman (de Francfort). Chœurs et orchestre ; 200 exécutants sous la direction de\nM. Gustave Bret.\nLe 44 Quatuor avec piano \" (M.M. Lucien Wurmser, Firmin Touche, Maurice Vieux et\nJules Marneff) donnera trois séances à la salle Pleyel."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.24", "texte": "22\nS. I. M.\n\nVendredi 27 Février en soirée : Quatuors d'lwan Knorr (lre audition à Paris) l'lnachevé\nde Lekeu, Sol mineur Mozart.\nLundi 2 Mars en matinée à quatre heures : Quatuors, Op. 60 Brahms, op 45 Fauré,\nBoëllmann.\nJeudi 5 Mars en soirée: Quatuors: Joseph Jongen, Vitezslaw Novak (lre audition)\nSchumann.\nPrime à nos lecteurs.\nCe pittoresque croquis a été exécuté par Ferruccio Busoni au sortir d'un de ses récitals :\nCeux de nos lecteurs qui n'ont pu applaudir le célèbre pianiste auront au moins la\nsatisfaction d'apprécier son talent de dessinateur et de connaître une face imprévue de sa\nvirtuosité.\nLe premier concert de la Société Palestrina, fixé au 18 Février, à la Schola comprendra\nune causerie de Vincent d'lndy sur l'Art spiritualiste, la en fa et la Cantate\n\" Bleib bei uns\" de Bach, la Légende de Ste de Chausson et le 2me de\nVincent d'lndy.\nNous apprenons avec regret la mort du Dr Wolf Dohrn victime d'un accident de\nmontagne au cours d'un voyage en skis dans le Valais. Le Dr Dohrn était le fondateur\net le bienfaiteur de l'lnstitut Jaques Dalcroze à Hellerau. Il venait précisément d'assurer\nsur des bases financières nouvelles le solide avenir de cette entreprise qui était la grande\nœuvre de sa vie. Sa perte sera douloureusement ressentie dans les milieux artistiques.\nMM. Morel, Maçon et Feuillard, membres de la viennent\nd'être engagés en Angleterre pour jouer le d'Haydn pour viole d'amour,\nviolon et violoncelle, à Bournemouth, Newcastle, Southport, Harpeden et à Londres aux\nSunday Concerts-Society."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.25", "texte": "ÇA ET LA\n23\n\nLa Compagnie des Chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, nous informe\nque le Concours International de Ski, organisé par le Club Alpin Français et qui devait\navoir lieu, à Briançon, du 6 au 9 février, est reporté au 21 février.\nDe Barcelone.\nToute la presse catalane signale le très vif succès obtenu par le Trio en sol de\nLéo Sachs dont la première audition fut donnée avec une parfaite maîtrise par les artistes\néminents qui composent le trio Radua-Roig. L'œuvre de notre compatriote a été chaleu-\nreusement fêtée.\nDe Saint-Pétersbourg.\nL'art français moderne vient de triompher aux concerts Ziloti. 44 Orphée \", le beau\nmimodrame lyrique de M. Roger-Ducasse, y a obtenu un succès éclatant sous sa forme\nsymphonique. C'est d'un bon augure pour les représentations de cette œuvre que donnera\nle Théâtre Impérial, en octobre prochain, avec la chorégraphie de Michel Fokine.\nDe Monte-Carlo :\nM. Raoul Gunsbourg vient de reprendre, avec un éclatant succès, l'œuvre si dramatique\nde M. Puccini, la Fille du Far-West.\nCet opéra où l'action prédomine exige des chanteurs qui soient comédiens. Ce fut pleine-\nment réalisé : Mme Carmen Mélis, cantatrice àla voix éclatante, est une admirable tragé-\ndienne. L'extraordinaire ténor M. Martinelli est doublé d'un acteur remarquable. Le baryton\nM. Baklanoff, dont l'organe est très beau, excelle dans l'art de mettre en relief les moindres\nnuances d'un rôle.\nA côté de ces trois grands artistes, il faut citer Mme Mary Girard, MM. Chalmin,\nClauzure, Charles Delmas, Ghastan, Feiner, tous parfaits, et les chœurs, sonores et d'une\nsavante animation. Le maestro Bellucci dirigeait l'orchestre.\nLes Fêtes d'Hébéde Rameau ont remporté un succès triomphal.\nCe merveilleux chef-d'œuvre, du génial précurseur de qui toute la musique française\ndécoule, fut admirablement interprété et mis en scène.\nIl faut citer hors de pair, parmi tant d'interprètes, l'exquise cantatrice MUe Alexandro-\nvitz, MMUes Lilian Grenville, Rainal-Monti, Gautier, MM. Gilly, Maguenat, Journet et\nMarvini.\nLes ballets, magistralement réglés par M. Bolm, ont valu un éclatant succès à\nMlle Zambelli, l'étoile de la danse, et àla gracieuse Mlle Magliani.\nLes décors de M. Visconti, et les 44 décors lumineux \" de M. Eugène Frey, ont fait\nsensation.\nSous la magistrale direction de M. Léon Jehin, l'orchestre a remarquablement exécuté\nle pur et grand chef-d'œuvre de Rameau.\nLe vieux chef-d'œuvre, nullement vieillot, de Bellini, la que, nulle part,\non n'a joué depuis un quart de siècle, vient de triompher à Monte-Carlo. Le public, friand\nde mélodie pure et expressive, s'est enthousiasmé pour cette œuvre, encore si jeune,\noù l'inspiration déborde.\nMais il y fallait une interprétation vocale et dramatique toute spéciale, à cause des\ndifficultés de chant qui ont motivé l'ostracisme dont frappent la tant de directeurs"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140215-01.1.26", "texte": "24\nS. I. M.\nLe Gérant : MARCEL FREDET\nImprimeri e Sainte Catherine, Quai St. Pierre, Bruges, Belgique\n\nqui n'ont pas à leur disposition les chanteurs\nqu'il y faut. M. Raoul Gunsbourg vient de\nrendre à ce vieil opéra italien, si merveilleuse-\nment mélodique, la justice due, en le faisant\ninterpréter magnifiquement par Mmes Kous-\nnezoff, Royer, MM. Rousselière et Journet.\nEt cette restitution d'art fut un triomphe.\n\n*\n\nTOUS LES DIMANCHES EN MATINÉE :\nSalle Gaveau : Concerts Lamoureux 0 Châtelet : Concerts\nColonne 0 Conservatoire : Société des Concerts a Casino de\nParis : Concerts Mont eux 0 Palais des Fêtes : Concerts\nSechiari.\n\nSalle ERARD\n16 au 28 Février\n16 M. Via\n17 Mlle Sropeano\n18 M. Emil Sauer *\n19 M. Edouard Risler\n20 Soc. Chor. d'Amat.\n21 M. Bouswillwald\n22 M. Broche\n23 M 1 Lorrain\n26 M. Edouard Risler\n27 M. Reitlinger\n28 Mlle Siffler\nh.\n9\n9\n9\n9\n9\n9\n9\n9\n9\n9\n9\nSalle PLEYEL\n16 au 28 Février\n16 M. Y. Tkaltchich\n17 M,îe M. Souchon\n18 Quatuor Calliat\n19 M. Tin Cassado\n20 Quatuor Lejeune\n21 Société Nationale\n23 M. Raymond Marthe\n25 S. M. I.\n26 Soc. des Comp. de Mus.\n27 Quatuor Wiermser\n28 M. Emile Mendels\nh.\n9\n9\n9\n9\n9\n9\n9\n9\n9\n9\n9\n\nSalle GAVEAU\n16 au 28 Février\n19 Amis des Cathédr. 9 h.\n23 M. Van Draing 9\n25 M. Peracchio 9\nRépétition Bach 3 I/ 2\nOrchestre Médical 9\n27 Société Bach 9\nSalle Malakoff\nles lundis et jeudis à 9 heures\nConcerts-Rouge\nSALLE DES AGRICULTEURS\n16 Concerts d'art 9\n17 AssM Franco-Slave 9\n19 Le Sanctuaire 9\n20 Mme Villot 9\n21 Concerts Aerts 9\n22 Enfants de Paris 3\n24 Institut S 1 Charles 3\n26 Concerts Chaigneau 9\n28 Mmc Réol 9\nSCHOLA CANTORUM\n18 Société Palestrina 9\n21 MM. Ferté et Fournier 9\nECOLE DES Htea Ed\" SOC1\"\n19 Quatuor Luquin 9\n26 Quatuor Luquin 9\nGRAND PALAIS\n16 MM. Ferté et Fournier 3"}]}