{"numero_id": "bm-bmtnabh-1914-03-15-01", "volume": "bmtnabh_1914-03-15_01", "ocr_sha256": "6cb80630eebd0f4f2c0c05ecf67233bbe9d9efa4e49b5f93473613a49ecb0ed9", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1914/03/15_01/bmtnabh_1914-03-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1914/03/15_01/bmtnabh_1914-03-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1914-03-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-03-15_01#c002", "volume": "bmtnabh_1914-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.2.2", "titre_corps": "A PROPOS DU \" JOSEPH \" de Richard STRAUSS (Interview du Comte Kessler)", "titre_sommaire": "A PROPOS DU \" JOSEPH \" de Richard STRAUSS (Interview du Comte Kessler)", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.1", "debut_caractere": 440, "fin_caractere_exclue": 601, "texte": "A PROPOS DU \" JOSEPH \" de Richard STRAUSS (Interview du Comte Kessler)\nLA QUINZAINE :\nCONCERTS ET RÉCITALS PROVINCE— BELGIQUE— L'ÉDITION REVUE DE LA PRESSE ÉCHOS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-03-15-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-03-15_01#c003", "volume": "bmtnabh_1914-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 3, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.2.3", "titre_corps": "A propos de la “Légende de Joseph” de Richard Strauss.", "titre_sommaire": "A propos de la “Légende de Joseph” de Richard Strauss.", "signature_source": "C-M. L", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.3", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1893, "texte": "A propos de la “Légende de Joseph”\nde Richard Strauss.\n\nUNE INTERVIEW DU COMTE KESSLER\nLa France qui accueillit jadis la première les grandes œuvres de Meyerbeer et de\nRossini, la France, qui fut la seconde patrie de Glilck et de Lully, ignore les derniers drames\nde Richard Strauss. Nous seuls en Europe, nous ne connaissons ni la terrifiante ni le\nChevalier à la rose, ni la provocante Ariane.\nLe Théâtre des Champs-Elysées y avait bien songé ; il nous les aurait donnés, si des con-\nsidérations extra-musicales, appuyées par une critique toujours dédaigneuse, n'avaient entravé\nson zèle, et imposé la banalité d'un répertoire usagé, mais classique.\nL'Opéra, agréablement surpris du succès de Salomé ne tient guère à s'aventurer plus loin ;\nen ce moment surtout. Il fallait donc attendre une intervention' étrangère, seule capable de\nprésenter à la France l'œuvre dramatique de ce phénomène musical qu'est Richard Strauss.\nCette intervention va se produire. Au Théâtre de l'Avenue Montaigne un consortium anglo-\naméricain va venir nous montrer comment on dirige une scène moderne ; Strauss fait partie\nde son programme. En outre, à l'Académie Nationale de Musique, le prestigieux Diaghilew va\ns'installer quelques semaines et nous révéler dans toute sa nouveauté une œuvre de Straus\nspécialement écrite pour les ballets russes, pour cette troupe errante et qui porte aux quatre\ncoins du monde l'art révolutionnaire.\nNotre public français et ses directeurs comprendront-ils la leçon ? Se sentiront-ils humiliés\nd'être servis après l'Europe et l'Amérique, et ne devoir une première de Strauss qu'à l'ingé-\nnieuse audace du plus slave des managers ? Je ne sais, mais il m a paru desnable d insistei sur\ncet événement, et de saisir à son passage à Paris l'un des auteurs de cette \" Légende de Joseph \"\ndont on commence à jaser, et sur laquelle on a déjà colporte plus d une histoire fantastique."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.4", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3331, "texte": "Je suis donc allé voir le Comte de Kessler, qui, avec Hoffmannsthal, signera cette fois\nl'œuvre nouvelle du grand compositeur allemand. Craintif à bon droit, le Comte redoute une\nindiscrétion de plus. N'a-t-on pas été jusqu'à raconter comment l'idée de \" Joseph \" lui était\nvenue l'année dernière au Musée du Louvre, en contemplant un tableau célèbre. Le hasard\nn'a été, en réalité, pour rien dans cette conception. Si les auteurs ont choisi l'histoire de\nJoseph et de la femme de Putiphar, c'est qu'ils ont vu dans cette aventure une et un\nsymbole.\nLa tragédie résulte du contraste violent et soudain de deux mondes dans l'âme de la\nfemme de Putiphar ; contraste qui l'anéantit, parce qu'elle est incapable de le résoudre.\nL'arrivée de Joseph, petit être qui respire l'atmosphère étrange et quasi divine d'un pays\nlointain, Lohengrin enfant, oiseau de Paradis encore tout auréolé de ciel, révèle à l'âme trouble\net lourde de la femme de Putiphar, à cette âme royale, cuirassée d'or et écrasée sous les\nrichesses, un monde nouveau, libre et léger, le monde divin de la Vie. Elle, que rien jamais n'a\ntentée, que rien n'a émue, lac d'eau morte et glacée que nul souffle jamais ne rida, se sent\nremuée pour la première fois par ce rayon de soleil venu d'elle ne sait où. Elle naît en même\ntemps à l'émotion et à l'impossibilité de satisfaire cette émotion. Ou plutôt le seul moyen de\nla satisfaire qui se présente à son imagination, celui de posséder Joseph, se révèle à elle\nillusoire au moment même où Joseph apparaît, à ses yeux, nu. Car devant cette nudité divine,\nelle reconnaît en Joseph l'être qu'aucune possession jamais ne lui donnera. Et alors, c'est le\nduel à mort dans son âme entre les deux mondes, celui dont elle est, et celui où elle désespère\nd'atteindre. Il faut que l'un anéantisse l'autre. Si la femme de Putiphar ne détruit pas jusqu'au\nsouvenir de ce monde divin qui lui est fermé, elle-même sera détruite. Et la tragédie maintenant,\nc'est la désagrégation progressive d'une âme noble et fïère, mais lourde et incapable de se libérer\npar la puissance corrodante du Divin. L'esprit de tentation et de mort, c'est ici non plus\ncomme dans FaustMéphistophélès, mais Dieu. Peut-être y aurait-il aussi un rapprochement\nà faire avec Phèdre, mais avec la Phèdre antique, non pas celle qui meurt de honte, mais celle\nqui, comme Sémélé, est pour ainsi dire foudroyée par la colère des dieux. Chez la femme de\nPutiphar, le mystère de la malfaisance de Dieu prend une forme plus détournée, plus subtile ;\nmais c'est cependant la même conception fondamentale, tamisée à travers vingt siècles de con-\nceptions chrétiennes. Voilà, nous dit le Comte Kessler, à peu près la signification du drame\nque nous avons conçu. A moins que, et l'auteur sourit, à moins que vous ne préfériez\nimaginer à travers l'action présentée, un symbole différent, ce qui est toujours permis.\nMais quant à notre intention symbolique, elle était bien arrêtée dès le début. C'est même\ndans cette intention que nous avons transporté notre action d'Egypte à Venise, et du temps\ndes Pharaons à celui de Véronèse. Le cadre trop exactement historique gêne, à notre sens,\nl'imagination. Ou plutôt, dans ce cadre trop étroit, elle prend moins facilement une significa-\ntion générale. Il faut déraciner les faits, pour les libérer des contingences."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.5", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2831, "texte": "Et, demandons-nous, vous avez pu exprimer tout cela par la danse ?\nOui. Mais entendons-nous, il ne s'agit pas d'un ballet !\nAlors, une pantomime ?\nNon plus.\nUn mimodrame ?\nPlutôt ; mais pas encore tout à fait. Nous voulons des gestes qui se comprennent sans\neffort, sans recours à aucune convention ; des gestes \" réalistes \", mais cependant ;\noui, des gestes parcourant toutes les étapes du rythme, depuis la danse pure, jusqu'au rythme\nà peine sensible de l'action passionnée. C'est, en somme ce qu'ont dû obtenir les tragiques\ngrecs, ce que Wagner a cherché, mais n'a pu réaliser qu'avec un ou deux acteurs exception-\nnels, tels Niemann ou la Sucher. Toutefois, comme nous nous passons de la parole, (parce que\ndans nos théâtres modernes de musique elle est toujours mal comprise, et nécessite partant un\neffort souvent pénible) nous avons été forcés d'imaginer notre action, nos gestes d'une façon\ndifférente de celle qui inspirait nos prédécesseurs dans la tragédie musicale. C'est, si vous le\nvoulez, un art nouveau que nous tentons d'instaurer à côté du drame musical traditionnel ;\nart issu à parts égales de la musique et du geste se mariant dans le rythme, mais sans interven-\ntion de la parole comme dans le drame grec ou wagnérien ; art dont Nijinski et Diaghilew,\ndans \" L'après-midi d'un faune \" et le \" Sacre du Printemps \", ont génialement indiqué la\nvoie, mais que nous avons essayé de développer dans le sens dramatique et psychologique.\nFaut-il ajouter que la musique, dans ces conditions, doit posséder une action révélatrice\nplus directe que dans l'ancien drame lyrique. Elle doit se marier plus intimement encore au\ngeste pour nous suggérer ce qui se passe dans les âmes des personnages. Strauss lui-même s'est\ntrouvé là en présence d'un problème qui réclamait toute l'intensité d'un art prodigieusement\nriche. La grande scène où l'éphèbe laisse tomber son manteau et se dévoile nu à la femme\négarée, et où doit éclater l'impossibilité de toute union, môme charnelle, entre ces deux êtres,\nStrauss l'a cherchée pendant une année et c'est aujourd'hui un point culminant, non seulement\nde cette œuvre, mais de la musique moderne.\nLa musique apparaît bien ici comme une sorte de religion, qui le spectateur au\ndrame, directement, sans faire appel à la parole, sans lui permettre de se souvenir même, qu'il\npuisse exister une expression verbale de la passion.\nAinsi parla le Comte de Kessler ; et nos lecteurs lui sauront gré d'avoir rompu en leur\nfaveur le silence qu'il s'était imposé, n'ayant même pas démenti les bruits que la nouvelle de\nce drame biblique avait fait naître depuis quelque temps. Nous compléterons ici même et\nprochainement, les témoignages de cette intéressante interview, en donnant des précisions sur\nla musique de cette singulière partition.\n\nC-M. L."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-03-15-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-03-15_01#c005", "volume": "bmtnabh_1914-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 6, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.2.4", "titre_corps": "A Travers la Quinzaine", "titre_sommaire": "A Travers la Quinzaine", "signature_source": "Maurice Bex", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.6", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3068, "texte": "A Travers la Quinzaine\n\nSi le concert d'aujourd'hui n'était venu nous rassurer, peut-être serions nous un peu\ninquiets : à peine nous sommes-nous extasies sur l'avènement des concerts populaires\nMonteux, sur leur but, sur leur raison d'être et leur spéciale utilité que déjà nous avons à\nconstater quelque réaction dans la composition de leurs programmes. Je ne viens pas ici discuter\nla valeur d'oeuvres justement célébrés, et nier le plaisir que peut, que doit même éprouver tout\nêtre sensible et suffisamment averti en écoutant la \" Surprise \" de Haydn et les Eolides de\nFranck, mais je dis que les nombreuses associations symphoniques qui sévissent chaque dimanche\nsuffisent, et au delà, à entretenir le feu sacré sur l'autel des divinités adorées de la foule, et que\nle but de la jeune société est à la fois plus élevé et plus particulier. Aussi bien les applaudisse-\nments significatifs qui traduisirent, après la remarquable exécution de ce chef-d'œuvre d'inven-\ntion sonore et de trouvailles rythmiques qui se nomme Pétrouchka, le sentiment d'un public\nintelligemment chaleureux suffisent à prouver que le triomphe est plus glorieux là où le péril\ncomplique la victoire et à encourager Monteux et ses compagnons à s'engager hardiment dans\nla forêt trop vierge.\nJe ne veux pas insister sur le quatrième concert qui rétrograde encore sur le précédent.\nHenri Rabaud, qui lors dirigeait, joua sa seconde symphonie ce qui est bien naturel. Mais, ce\nqui l'est moins, M 1 Staub exécuta, de Saint-Saëns, un très ancien concerto en ré qui a\ncinquante-deux ans et paraît bien davantage. XJOrphêe de Liszt remplaçait un concerto de\nBach et l'ouverture des Maîtres Chanteurs terminait ces manifestations sonores au milieu\ndesquelles apparut toutefois pour notre plus grande joie le frais décor de deux scènes de la\nForêt Bleue de Louis Aubert.\nNe quittons pas cette œuvre et puisqu'un hasard précieux nous fournit une transition,\nprofitons-en : Les concerts Hasselmans ont eux aussi emprunté tels fragments à cette partition ;\nainsi nous avons vu le soir s'endormir d'un sommeil enchanté la princesse que le prince\ncharmant avait reveillée dans la journée. Qu'importe d'ailleurs cet ordre illogique ? Il suffit de\nbien peu d'imagination pour rétablir les choses. Peut-être les fragments du premier acte d'une\ninspiration plus franche et plus spontanée présentent-ils encore plus d'intérêt que les scènes du\nretour du prince et du réveil de la Belle au bois dormant et cette gradation suffit à ordonner ce\nqui, à d autres points de vue, était interverti. La couleur de l'œuvre de Louis Aubert la\nrattache aux ouvrages nettement modernes dans lesquels domine la recherche pittoresque,\ndécorative et lumineuse, mais je ne sais jusqu'à quel point il n'y a pas là un fait volontaire.\nDans les phrases où l'on peut avoir l'impression, plus qu'en d'autres, que le musicien laisse\nparler son esprit librement, il apparaît que le contour mélodique un peu alangui rappelle plutôt\nla manière de IVlassenet qu aucune autre. Quoi qu il en soit, 1 effet réalisé est très plaisant et des"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.7", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3413, "texte": "plus agréables à entendre. L. Aubert a trouvé en Mme Bathori-Engel une interprète fidèle\nchez qui la sensibilité n'entrave jamais l'intelligence et qui sait, comme peu d'artistes, imposer\nsa compréhension sans que l'esprit de l'auditeur songe à la discuter.\nLe programme de ce même concert comprenait en outre (et voilà qui pouvait fournir\naussi une admirable transition) la Procession Nocturne d'Henri Rabaud, poëme symphonique\nemprunté au Faust de Lenau. Là, une fois de plus, apparaît le caractère morne et lent de\ncette musique inutilement développée dans laquelle les idées peu fécondes engendrent difficile-\nment des développements actifs. Il est normal qu'une procession avance majestueusement mais\npourquoi donnerait-elle l'impression d'un piétinement !\nMelle Dubel a chanté deux mélodies de M. G. R. Simia, commentaires très discrets de\ndeux beaux poèmes de Samain dont le rythme et la sonorité se seraient bien passés de musique.\nM. André Lévy a joué à la perfection un concerto pour violoncelle de Haydn et la symphonie\nen si bémol de Schumann, le Prélude à l'après midi d'un faune de Debussy et la Rhapsodie\nnorvégienne de Lalo fournirent à M. Lucien Wurmser une matière riche et variée pour\nl'exercer au métier si difficile de chef d'orchestre.\nSechiari ayant repris la direction de sa compagnie a donné cette quinzaine deux\nprogrammes très éclectiques consacrés en partie à Wagner, Bach, Saint-Saëns, Debussy,\nSchubert et Chabrier, quelques premières auditions ajoutèrent à l'intérêt de ces séances :\nImprovisation et Final d'Armand Marsick, dans lequel M. Pollain put faire montre de la plus\nétonnante virtuosité sans avoir malheureusement à la mettre au service d'une musique très\nélevée ; deux mélodies issues d'une recherche pleine de goût de Gustave Samazeuilh qui\ndonnèrent à Melle Gall l'occasion de mettre en valeur sa voix flûtée ;et poëme\nsymphonique de M. Dorson van Reysschoot qui ne nous a point procuré l'occasion de\nsensations imprévues.\nLe début du XXme siècle sera classé par les historiens avides de désigner d'un mot la\ntendance d'une période, comme un temps où fleurit l'amitié. Que de personnes morales, depuis\nquelques années, ont subi le geste chaleureux de tendres amis voués spontanément ou non à les\ndéfendre au besoin, à mettre en évidence leurs qualités, et plus encore à les protéger contre\nl'indifférence du public en général et des pouvoirs publics en particulier. Tout comme \"la\nsociété pour le développement intellectuel des Papous \", le Conservatoire possède désormais\ndes Amis. Leur premier geste fut de donner un concert, on ne saurait le leur reprocher. Le\nPrésident de la République y assistait : faut-il voir là une preuve que l'Etat peut s'intéresser à\ndes réformes et des établissements nouveaux qui jusqu'ici l'ont trouvé inactif? Ce serait constater\nbien vite un surprenant présage, et on peut dire que les Amis du Conservatoire auraient, en\nce cas, obtenu déjà une manière de triomphe.\nLeur concert en tous cas en obtint un. Il était très heureusement composé de la sym-\nphonie sur un chant montagnard de d'lndy, du Requiem de Fauré, du quatuor de Debussy et\nde la Ballade pour piano et orchestre de Fauré. Le quatuor Capet, Alfred Cortot et Vincent\nd'lndy, lequel dirigeait ses élèves du Conservatoire, furent fêtés comme il se devait après les très\nmusicales interprétations qu'ils donnèrent de ces belles œuvres.\n\nMaurice Bex."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-03-15-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-03-15_01#c007", "volume": "bmtnabh_1914-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 8, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.2.5", "titre_corps": "Les Sociétés", "titre_sommaire": "Les Sociétés", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.8", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3332, "texte": "Les Sociétés\nSociété Musicale Indépendante\nDevançant la conférence prochaine de M. Calvocoressi sur la géographie musicale de\nl'Europe contemporaine, la S. M. I. nous offrait mercredi dernier un concert international\nd'un rare intérêt. D'ailleurs non seulement l'Europe, mais l'Afrique, et peut-être même un\npeu l'Asie, y étaient harmonieusement associées.\nMM. Enrique van der Henst, Franceschi-Costa et Antonio Sala forment un jeune et\ncourageux trio. Ils servirent fort bien la cause du musicien serbe Peter Stojanovits dont l'œuvre\nnous fit apprécier l'abondance juvénile mais indisciplinée d'une imagination parfois heureuse\nmais trop facile. L'abus de l'unisson du violon et du violoncelle est le principal défaut de ce\nTrio qui dénote d'autre part de réels mérites.\nLes mêmes exécutants firent entendre une rhapsodie de Rozycki, beaucoup plus intéres-\nsante. Ce jeune compositeur qui se place au premier rang de l'école polonaise moderne, possède\nune véritable personnalité. On sait quel accueil enthousiaste reçut à Vienne, il y a deux ans, sa\nsymphonie : Ladislas le Terrible.\nLes trois mélodies de M. Armand Abita formaient la partie la dlus attachante du pro-\ngramme par leur spontanéité et leur originalité. La première, cependant, n'est pas exempte\nd'une certaine influence debussyste et son début rappelle vaguement la scène de la terrasse de\nPelléas. Mais dans la seconde de ces mélodies et surtout dans la troisième, M. Abita arrive à\ndégager une personnalité séduisante, empreinte d'une couleur orientale très particulière.\nM. Abita qui est un jeune musicien tunisien, connaît à fond le folklore de son pays ; et il\ntravaille actuellement à une symphonie sur des thèmes arabes où la fantaisie la plus savoureuse\nest servie par une technique très sûre. Espérons que la S. M. I. nous la fera connaître d'ici peu.\nMadame Magda Leymo prêtait aux mélodies de M. Abita le charme de sa voix et de sa\nparfaite diction déjà applaudies naguère dans les œuvres de MM. Florent Schmitt et Mariotte\ndont elle est l'interprète favorite.\nTrois études pour piano de M. Sachs furent admirablement jouées par M. Loyonnet.\nM. Sachs est ce musicien qui fut pris pour Schumann au concert anonyme de la S. M. I. C'est\nsuffisamment dire la qualité de sa musique. Ses \" études \" très délicatement écrites et d'une\ntenue fort distinguée, forment une suite aimable d'un réel intérêt pianistique.\nDu hongrois Léo Weiner, M. Jean Michelin et M. André Salomon révélèrent une\nballade pour clarinette et piano très sérieusement construite. Elle abonde en traits, en gammes,\nen trilles d'une jolie difficulté dont se jouèrent les interprètes, intrépides \" buveurs d'obstacles.\"\nEt certes il n'est pas superflu pour M. Jean Michelin, d'être le fils d'un grand fabricant\nd'instruments à vent et d'avoir hérité de son père d'évidentes qualités de souffle.\nC'était cette fois à la Salle Malakoff que la S. M. I. errante messagère de la Bonne\nNouvelle musicale, nous donnait rendez-vous pour trois premières auditions et une sensation-\nnelle reprise.\nCe furent d'abord les \" Impressions d'Ariège \" de M. Marc Delmas, dont la seconde\nsurtout (Les Usines de la Bastide-sur-l'Hers) témoigne d'une musicalité sûre d'où un sage\nmodernisme n'exclut pas la solidité. Cette page, Casella en traduisit l'intensité avec son habi-\ntuelle et compréhensive dextérité."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.9", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3671, "texte": "Il était difficile de n'être pas heureusement inspiré par l'exquise \" Simone \" de Rémy de\nGourmont. M. Raoul Bardac n'y manque point et bien que sa tâche fût simplifiée par les\nvers émouvants du poète, il faut glorifier la perfection avec laquelle il sut en souligner les\nnuances les plus délicates. Naïve et tendre dans la Neige, gracieuse et enjouée dans le Houx,\nsuave et recueillie, dans Y Eglise, lumineuse dans le Verger, sa musique emprunta une séduction\nde plus à la voix fraîche et à l'art consommé de Mlle Rose Féart. De la suite pour piano de\nM. van Cleeff, on doit mentionner principalement la Bourrée qui en forme la 3e partie, encore\nque sa truculence ne soit pas sans rapport avec celle d'une autre bourrée plus fantasque\ndont ses premières lignes évoquent l'impérieux souvenir.\nLe concert se terminait par le Quintette de M. Florent Schmitt. Il serait malaisé d'ex-\nprimer l'émotion intense et la fascination que dégage cette œuvre quasi géniale devant laquelle\nle Quintette de César Franck lui-même semble pâlir. Impossible d'évoquer avec des mots\nl'inépuisable invention, la prodigieuses habileté qui s'y déploient. Le mieux n'est-il pas de les\nadmirer humblement \" comme une brute \" selon un mot fameux qui ne saurait mieux être\nrappelé qu'ici ? PAUL LADMIRAULT.\nSociété Nationale.\nNon moins bien composé était le programme offert le lendemain par la Société Nationale\nà notre curiosité.\nParmi les \"Trois Mélodies\" de M. Gabriel Grovlez, la ire Des Œuillets japonais et\nsurtout la 3e Sérénade paraissent devoir retenir nos préférence par leur discrète originalité\nque Madame Engel-Bathori sut si bien mettre en lumière. Son interprétation des lieder de\nM. Albert Roussel ne fut pas moins heureuse : principalement dans YOde Chinoise exquise-\nment puérile où s'estompe comme un souvenir des \" Pagodes \" debussystes.\nQuatre Esquisses pour piano inspirées par \" Bruges \" à M. Marcel Pollet, furent confiés\nau talent d'Alfred Casella. La première : La chambre sur le vieux canal, se distingue par un\ncalme mélancolique un peu uniforme. La seconde : Au béguinage, le dimanche, offre un intérêt\nplus varié, mais nous introduit dans un couvent mal clos dont, irrévérencieuses, les chansons\nde la rue viennent parfois troubler le recueillement. Ainsi faut-il sans doute expliquer les échos\naffaiblis d'une bourrée fantasque elle aussi et d'une berceuse trop populaire qui s'y\négarent pour notre étonnement inquiet.\nLe \" Clair de lune sur le Lac d'amour \" laisse une impression assez vague et incertaine.\nLa \" Procession du Saint Sang \", d'une belle sonorité pianistique a de l'allure et même du faste.\nPeut-être lui reprocherait-on d'être trop fidèle au 9e commandement d'Erik Satie, (L'accord\nparfaitne désireras qu'en mariage seulement), ce qui l'enveloppe d'un mysticisme souvent\nconventionnel.\nQuant au sage quatuor de M. Neymarck, avec ses timides modulations, il eût sans doute\nété plus à l'aise dans un autre u Salon \" musical. MM. Malkine, Duval, De Bruyne et\nDesmonts se constituèrent ses vaillants gardes du corps.\nLa Sonate —un peu austère —de M. Eugène Lacroix, dont Mmes Barrier, Védrenne\net Maréchaux donnèrent une exécution fort bonne, terminait cette audition capable par son\néclectisme de satisfaire les goûts les plus divers. PAUL LADMIRAULT.\nSociété J. S. Bach.\nC'est à la Société des Concerts du Conservatoire que revient l'honneur d'avoir fait\nentendre pour la première fois à Paris, (il y a une vingtaine d'années si mes souvenirs ne me\ntrompent pas) la Messe en si mineur. Le succès de cette audition fut tel que, depuis, l'œuvre\na reparu presque régulièrement tous les deux ans sur les programmes. Elle est beaucoup trop"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.10", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3921, "texte": "connue pour qu'il soit utile d'en donner une analyse, même sommaire ; je me bornerai donc à\nparler de l'exécution qu'a dirigée M. Bret le 27 Février à la Salle Gaveau.\nBien que ma compétence soit loin d'être absolue en la matière, je me permettrai de n'être\npas d'accord avec M. Bret sur les mouvements qu'il a adoptés pour le Kyrie, Y Et in terra pax\ndu Gloria et la première partie du Sanctus : je les ai trouvés sensiblement trop lents. M'en\nréférant à l'autorité de M. Albert Schweitzer, un des meilleurs juges dans ces questions\ncontreversées et difficiles, je me contenterai, pour justifier ma manière de voir, de citer cette\nphrase extraite du chapitre qu'il consacre, dans son remarquable ouvrage, à \" la façon d'exécuter\nles œuvres de Bach Au fondy le mouvement authentique cCun morceau de Bach est facile à trouver :\nc est celui qui fait ressortir à la fois les grandes lignes et le détail. A mon humble avis ces pages\ngrandioses et majestueuses ne gagnent nullement à être trop ralenties : le relief de la ligne se\nperd, elles paraissent longues et monotones.\nL'exécution, d'une manière générale, a été très satisfaisante. Le Qui tollis fut chanté dans\nune demi-teinte très saisissante, ainsi que Y Et incarnatus est ; l'admirable fugue Cum sancto\nspiritu, le Resurrexit, le Sanctus furent exécutés avec toute la vigueur, toute l'énergie désirables.\nMmes Gilly et Altmann-Kuntz ont droit à de grands éloges ; elles ont interprété avec\nun rythme impeccable, une musicalité parfaite, une belle simplicité expressive les airs et\nduos qui leur étaient confiés. M. Gaston Dubois, dont la voix manque de souplesse fut leur\ndigne partenaire. ALB. BERTELIN\nGéographie Musicale\n\" Au point de vue musical, il faut classer les nations européennes en trois catégories. La\n\" première comprend celles en possession d'une tradition ancienne et ininterrompue comme\n\" l'Allemagne. Leurs musiciens tendaient généralement à s'immobiliser dans un académisme\n\" stérile. Dans la seconde se rangent les pays où la production musicale connut des périodes\n\" de prospérité, de décadence, d'inertie et de renaissance (France, Grande Bretagne). Là au\n\" contraire se remarquent les courants artistiques les plus riches et les plus divers. A la troisième\n\" enfin appartiennent les nations jeunes tout récemment pourvues d'une Ecole. (Hongrie,\n\" Russie) Le chant populaire alimente ordinairement l'inspiration des artistes de ces heureuses\n\" contrées sans histoire. \"\nTel est le résumé très imparfait de la remarquable conférence de M. Calvocoressi sur la\nGéographie musicale de l'Europe. Des exemples suivaient — nombreux et concluants — de\ncette délimitation fort exacte. Ce furent d'abord les mélodies de Richard Strauss aux timides\naudaces ; puis les \" Impressions du Livre de la Jungle \" de M. Cyril Scott où l'imagination\nla plus étourdissante se livre carrière surtout dans l'étonnante \" Danse des éléphants \" ; et pour\nfinir les curieuses pièces pour piano de Bartok, Kodaly et Zagon où l'influence du folklore\nhongrois est, selon M. Calvocoressi, indéniable. On y remarque toutefois l'expression émou-\nvante et véhémente des deux dernières \" Nénies \" de M. Bartok, et la musicalité attachante\nde M. Kodaly. On comprend malaisément aujourd'hui l'accueil hostile fait il y a quatre ans\npar le public à ce dernier musicien si habile et sympathique. Une exception — sans doute confir-\nmant la règle — terminait la démonstration de M. Calvocoressi. Il s'agit de M. Léo Ornstein\nqui, bien qu'appartenant au troisième groupe ethnique, affirme une anarchique fantaisie dont\non rechercherait vainement l'origine populaire ! Alfred de Vigny qui déclarait la musique du\nRequiem de Berlioz \"sauvage et convulsive \", qu'aurait-il dit de celle-ci ?\nPar un curieux contraste à son outrance, l'œuvre de M. Ornsteinis'intitule tout modeste-\nment : \" Impression on serait tenté de la nommer plutôt : \" Fautes d'impression\nPAUL LADMIRAULT."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-03-15-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-03-15_01#c009", "volume": "bmtnabh_1914-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 11, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.2.6", "titre_corps": "PROVINCE", "titre_sommaire": "PROVINCE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.11", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3462, "texte": "M. Risler vient de terminer la série des huit concerts destinés à accaparer nos soirées du\njeudi depuis le 15 janvier et si, en les suivant, nous n'avons pas appris que M. Risler est un\ngrand pianiste (nous le savions), il nous a été du moins prouvé une fois de plus que la maîtrise\n-\nla plus réelle, le talent le plus sûr, le métier le plus absolu sont soumis à l'influence\nde la disposition momentanée, et le Risler du 5 mars nous a semblé un\nbien plus admirable artiste que le Risler du 26 février. D'ailleurs, n'en\ndoutons pas, le style de l'op 111 est plus accessible à chacun que celui de\nl'op 110. Le public de la salle Pleyel qui a suivi ces instructifs programmes\n~ r «il r •. ' i i i i •. • • t\na ovationne comme 11 le méritait le blond pianiste qui, sans concession, s est attache\npendant huit semaines à analyser le Clavecin bien tempéré et les dix dernières\nsonates de Beethoven et à montrer de ci de là comment les auteurs modernes écrivent diffé-\nremment pour le piano en opposant, par exemple, les fades Myrtilles de Th. Dubois à la\nsavoureuse Soirée dans Grenade de Debussy.\nIl y aurait beaucoup à dire encore sur ces concerts mais tant de pianistes, cette quinzaine,\nont attiré notre attention à plus d'un titre ! C'est tout d'abord Melle Gropeano dont l'émotion\nne rend que plus sensible les qualités de délicatesse et d'intelligence. Son interprétation de\nBach, Mozart, Beethoven, Schumann et Liszt témoigne d'une personnalité, et la jeunesse\nfranche, indépendante et spontanée de cette artiste n'est pas l'une des moin-\ndres séductions de son jeu. Toute jeune, elle aussi, Melle Guller ne craint\npoint d'affronter l'appassionata, la Ballade op 52 de Chopin et le terrible Islamey\nde Balakirew. C'est une bien lourde épreuve pour des doigts si frêles, cepen-\ndant Mlle Guller étonne par le charme et la profondeur qu'elle prête à\ncertaines phrases de ces textes et sa technique qui manque peut-être de\npuissance est remarquable à tous autres points de vue. M. Friedman est un\npianiste qui a pénétré tous les secrets du piano Gaveau et qui met des\nmoyens remarquables au service d'un sentiment musical supérieur. Ses inter-\nprétations de la Chaconne de Bach-Busoni, de la Sonate en si mineur de\nChopin et des variations de Brahms lui valent à juste titre les applaudissements les plus enthou-\nsiastes. M. Loyonnet peut prétendre aux titres les plus élevés et sa façon de traiter orchestrale-\nment le piano est très attachante : les Etudes symphoniques de Schumann gardent ainsi leur\nsignification entière et deux voix humaines au timbre émouvant et pur chantent dans l'admirable\nduo de la Variation en sol mineur. Mlle Veluard très en progrès depuis l'an dernier consacre son\ntalent à des œuvres très heureusement choisies pour mettre en valeur ses qualités différentes, elle\nprouve ainsi que la finesse et la légèreté qu'elle consacre à Haydn ne l'empêchent pas de réser-\nver à Balakirew toute la puissance sonore désirable. MUo Ruemmeli fête Mozart, Beethoven,\nChopin, Fauré, Philipp et Liszt et pour l'en remercier le public chaleureux lui lance des fleurs.\nMllc Meerovitch. qui aun grand talent le fait valoir dans prélnde choral et fugue et les 12 études\nop. i o de Chopin. Seul de cette pléiade, Mr Maurice Schwaab donne un concert avec orchestre,\nqui remplit la salle Gaveau. Loin de redouter un contrôle rythmique, il sollicite la surveil-\nlance de Chevillard et ne craint point la férule que le sévère magister agite menaçante, ccpen-"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.12", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3403, "texte": "dant il s'applique à ne pas être pris en défaut et joue le concerto de Schumann de façon très\nmesurée, peut-être ce souci matériel détruit-il quelque peu l'esprit de l'œuvre. Le Concerto en\nmi b de Beethoven est aussi très d'aplomb, très correct mais si calme ! Cependant comme déci-\ndément la baguette ne sévit pas, Mr Schwaab très émancipé maintenant propose à Liszt quelques\nrounds et martelle lourdement le thème du dies irae, ébranle son antagoniste dans des swings-\nglissando du droit et du gauche et le met finalement knock-out au moyen de terribles une-\ndeux que nous appellerons trilles à deux mains. Le public électrisé acclame le vainqueur.\nDans sa dernière séance consacrée à Beethoven, le Quatuor Luquin, toujours homogène\net dont on peut louer sans réserve l'équilibre et la belle sonorité, a donné une très heureuse\ninterprétation du quatuor op 55* Ace même concert M. Luquin et Melle Canal jouèrent sans\ndéfaillance la sonate op 30 n° 7 et admirablement accompagnés par la charmante pianiste\nMM. Austin et Renaud se jouèrent des difficultés accumulées dans les Moines de Banjor, et\nle Rêve, deux duos pour voix d'hommes.\nLe trio Chaigneau continue à établir des programmes variés, très agréables à entendre\nmais dont, à vrai dire, le plan n'apparaît pas très nettement. Peut-être après tout y aurait-il là\nun souci superflu et le public ne semble nullement désorienté d'aller de Brahms à Schumann\nen passant par Francesco Rossi, Pergolèse, Stefano Galeotti, Moussorgsky, Borodine, Chabrier\net Bruneau. Il faut l'imiter et applaudir comme lui l'autorité du trio Chaigneau, la jolie voix\nde Melle Germaine Chevalet, les doigts délicats de M. Jean Verd et le talent remarquable de\nMM. Cahuzac et Maurice Vieux et de Mme Piazza-Chaigneau.\nLe quatuor Malkine a inauguré le deux Mars la jolie salle Beethoven à Passy et a\nobtenu un très légitime succès. M. Risler qui prêtait son concours à cette intéressante soirée a\njoué Y Appassionata avec l'autorité que vous pensez. Melle Speranza Calo a soumis sa voix ample\net tragique au style de pièces anciennes, Mrae Malkine et Mlle Gerda Magnus ont participé\nau succès de cette soirée qui dédia si harmonieusement un nouveau temple à la musique.\nMM1S Lucien Wurmser, Firmin Xauche, Maurice Vieux et Jules MarnefF viennent en\ntrois séances de passer en revue quelques-uns des plus intéressants Quatuors avec piano.\nLeurs programmes très heureusement variés comportaient deux premières auditions : un\nquatuor d'lvan Knorr bien bâti, logiquement développé et d'allure classique, et une œuvre\ntrès attachante de Vitêzslan Novàk dans laquelle les mélodies et les rythmes hongrois abondent.\nA côté de ces auteurs un public chaleureux ne se lassa pas d'applaudir le quatuor inachevé\nde Lekeu ; ceux en sol mineur de Mozart ; en ut mineur de Brahms ; en sol mineur de\nFauré; le quatuor de Boëllmann dontJ'andante d'un charme facile ne fait pas oublier le début\nclair et sonore qui rappelle heureusement la manière de Saint-Saëns; le quatuor de Joseph\nJongen assez touffu mais très musical dans lequel le début du dernier mouvement ressemble\nd'assez près à celui du quatuor en sol mineur de Fauré ;\nenfin le quatuor de Schumann.\nL'exécution très remarquable de toutes ces œuvres\nbrilla surtout par sa variété, le don de s'adapter à des\nstyles très opposés en les respectant tous et un ensemble\nqui dénote une très consciencieuse mise au point."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.13", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2931, "texte": "Madame Gaëtane Vicq a consacré tout un programme à la musique ancienne, elle a même\npoussé le souci de la couleur exacte jusqu'à sa faire accompagner parfois au clavecin. Ce faisant\nelle a bien mérité de la musique, mais elle a sacrifié en partie ce qui pouvait la mettre en valeur\npuisque, très évidemment, sa voix ample se marie mieux aux timbres riches du piano qu'aux\nsons grêles et uniformes du clavecin. Aussi bien tout dans ce programme ne présentait pas le\nmême intérêt. Si Ya ir et rondeau de Lulli aux mouvements opposés sont\ncharmants, si le récitatif et air d'Astorga sont un modèle d'expression\ndramatique, et si /'Amarilli de Caccini étonne et ravit, la Rachelina de\nPaesieilo n'offre aucun intérêt et toutes les chansons harmonisées qui formaient\nla seconde partie du programme ne gagnent point à être juxtaposées. Toutes\nces pièces menues et petites quoique bien dites, bien chantées et bien\naccompagnées, sont un peu lassantes à suivre. Quoi qu'il en soit, il faut louer\nle beau talent de Mme Vicq et reconnaître que si, lorsqu'il joue seul du clavecin, M. de Flagny\nse laisse quelque peu dominer par l'émotion, il est par contre un accompagnateur sûr, calme et\npossède un très heureux sens rythmique.\nMlle Monjovet, lors du dernier concert de la Société des Compositeurs de musique, a\nchanté avec un grand talent et d'excellentes intentions les chansons de Marjolie de Th. Dubois.\nCe n'est pas sa faute si ces pauvres petites choses sont dépourvues d'intérêt.\nMllc Luquiens a consacré un concert àla musique française moderne, c'est à dire qu'elle\na chanté uniquement des mélodies d'auteurs français vivants, sans souci, semble-t-il, d'établir un\nprogramme critique. Melle Luquiens dont la voix manque peut-être de développement a chanté\navec une bonne diction et dans un style très sûr des mélodies de Ravel, Lenormand et Fauré.\nLe quatuor Willaume s'est au cours de cette séance fait applaudir pour avoir joué à la\nperfection le quatuor à cordes de\nFauré, dans lequel Mme Feuillard\nLa séance de l'Ecole des Hautes\nLalo, Massenet et Saint-Saëns, sous le\nd'avant hier était une mélancolique\nunes des pièces que chantèrent Mme\nleur exhumation, par contraste avec\nRavel et le quatour avec piano de\noccupa très heureusement le clavier.\nEtudes consacrée à Gounod, Bizet,\ntitre : La Mélodie d'hier et même\nexposition rétrospective, où quelques-\nMockel et M. Austin, souffrirent de\nd'autres œuvres du même auteur\nrestées incomparablement plus vivantes. — Les auditions avaient été précédées d une causerie\nde M. Charles Oulmont qui parla des tendances nettement théâtrales des auteurs\nsusnommés et de l'emprise qu'avait eue sur eux la musique étrangère, bien que leur inspiration\nsoit restée toujours franchement française. Mais pourquoi M. Oulmont s'élève-t-il contre\n\" la terrible et encombrante école russe \" ? Il aurait pu choisir avec plus de discernement son\nspectre avant de l'agiter devant nos jeunes musiciens."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.14", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2609, "texte": "Mlle Geneviève Lorrain, violoniste, et Melle Raymonde Blanc, pianiste, ont donné salle\nErard une séance de sonates. Leur programme d'une tenue musicale très élevée était composé\nde la sonate en mi de Bach, de la sonate de Lekeu et de celle de Franck. Le jeu profond et\nmystérieux de MelI° Lorrain convient à merveille à ces pages où\nl'idée s'unit étroitement à la sensation et ceux qui l'entendirent\nles interpréter n'ont pas pu résister à l'étrange autorité qui s'en\ndégage. Melle Blanc qui a d'excellents doigts et un sens très utile\nde la précision dans la musique d'ensemble, ne semble pas subir\naussi intensément que sa partenaire la pensée de Bach, de Lekeu et\nde Franck; il est vrai que Melle Lorrain est une très grande artiste.\nMme Marie Laghos a fait valoir dans des œuvres très différente toutes\nses qualités de charme et de grâce, une virtuosité complète et un sentiment\nmusical supérieur. Peut-être pourrait-on regretter ça et là quelque manque de\nchaleur et de force mais il faudrait être bien sévère. Mme Laghos obtint le plus\nfranc succès dans des œuvres de Tartini, Bach, Hasndel, Beethoven, Pugnani,\nSinding, dans une rhapsodie piémontaise de Leone Sinigaglia (bissée) et dans la\nsonate de Lekeu.\nIl n'est que juste d'associer Mr. Verd, le pianiste si souvent fêté, à ce très\nbeau succès.\nMelle Pinguet bonne pianiste est cependant meilleure harpiste. Elle ne craint point de\nse produire salle Erard sous ces deux aspects ni de s'attaquer à un programme périlleux. C'est\nainsi que, après avoir joué avec Mr Hémery la sonate de Franck elle traduisit sur la harpe\nY Arabesque de Debussy et la Féerie de Tournier avec une charmante simplicité.\nLe double Quintette de Paris en attendant, sans doute, de trouver une œuvre qui\nréclame dix pupitres, s'évertue, pour le plus grand plaisir des auditeurs, à leur révéler des\nquatuors et des trios. Parfois cependant le monsieur affolé d'exactitude mathématique trouve\nune solution satisfaisante en procédant par addition de points. C'est ainsi qu'à la séance du\n6 mars après avoir applaudi le trio en Mi bde Mozart il se réjouit en son cœur de ce que les\nsept exécutants du septuor de Beethoven ajoutés aux trois du dit trio lui aient fourni un\nchiffre explicatif. Il lui fallait d'ailleurs cette compensation, parce que la précédente fois il avait\nfailli perdre la tête en se demandant pourquoi le quatuor à cordes de Schubert et le trio en ut\nmineur de Bach nécessitaient un double quintette.\nN'eut-il pas mieux fait de se laisser aller à ses impressions et de goûter la joie que peut\ndonner aux musiciens l'exécution parfaite de tels chefs-d'œuvre."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.15", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3370, "texte": "BORDEAUX. Après Ph. Gaubert, qui dirigea le deuxième et le troisième Concert de\nla Société de Sainte-Cécile, nous eûmes la bonne fortune de voir au pupitre de direction de\nl'orchestre le Maître Ch. M. Widor. Plusieurs œuvres du savant compositeur étaient inscrites\nau programme : parmi celles qui portèrent le plus sur le public, il convient de citer \" Conte\nd'Avril \" délicieuse suite d'orchestre adaptée à la comédie de Dorchain. Notre compatriote\nAndré Hekking, avec le concerto de Lalo, prêtait à ce concert le concours de son beau talent\nde violoncelliste.\nLucien André, ancien chef d'orchestre de notre Théâtre Municipal dirigeait le cinquième\nconcert. M. Lucien André est un violoniste de valeur ; aussi sa profonde connaissance\ndes ressources du quatuor à cordes lui permit de conduire l'orchestre avec une maîtrise\nincontestable.\nEdouard Risler fit entendre à ce concert le beau concerto en mi b de Beethoven. Je\nn'insisterai pas sur le magnifique succès remporté par ce grand pianiste ; du reste M. Risler\nest actuellement le pianiste favori du public bordelais, et les séances qu'il donne tous\nles vendredis à la Salle Franklin, depuis deux mois, sont toujours suivies par de nombreux\nauditeurs.\nFlorent Schmitt dirigea le sixième concert. La Tragédie de Salomê, son œuvre capitale,\nfigurait, bien entendu, au programme. Je me dispenserai de parler de l'œuvre de M. Schmitt,\nelle était déjà connue à Bordeaux.Rhené-Baton nous en fit entendre quelques fragments 1 annee\ndernière, elle fut à cette époque diversement appréciée. Qu'il me soit permis de dire seulement\nque cette belle œuvre eut dans la salle de très nombreux amis, et qu'elle fut très applaudie.\nDu reste quelques jours avant, quelques privilégiés amis de la musique, réunis dans les salons du\nCafé de Bordeaux, firent un excellent accueil au quatuor Gaspard qui donna une très bonne\nexécution du Quintette de M. Schmitt. L'auteur était au piano. M. Calvocoressi dit quelque\npart, en parlant de ce Quintette, que c'est u une des productions les plus émouvantes,\nles plus généreuses et les plus révélatrices de ces dernières années \". Beaucoup a Bordeaux\npartagent ce sentiment.\nLe jeune violoniste bordelais Darrieux prêtait son concours à ce sixième concert avec le\nconcerto de Mendelssohn.\nLe prochain Concert sera dirigé par M. Crocé-Spinelli, le huitième par M. Monteux.\nM. Crocé-Spinelli dirigera également le neuvième Concert donné par / Association Amicale\ndes Artistes musiciens professionnels de Bordeaux.\nAprès la mort de M. Stuart, dont je vous annonçais, dans ma dernière lettre, la\nnomination à la direction de notre scène municipale, nos édiles ont choisi pour lui succéder\nMM. René Chauvet et Perron. M. Chauvet est bordelais et en même temps excellent\ncompositeur. Elève de la classe de Massenet au Conservatoire de Paris, il est 1 auteur de\nnombreuses œuvres musicales très appréciées. M. Perron est un habile metteur en scene dont\nla réputation n'est plus à faire. Ces Messieurs ont pris comme chef d'orchestre M. Amalou,\nde la Gaîté Lyrique, de Paris. Les nominations de MM. Chauvet et Perron, et celle de\nM. Amalou, ont été fort bien accueillies par les musiciens et le public. L'orchestre est\nen voie de formation, et, dit-on, sera composé des meilleurs instrumentistes de notre ville\nfaisant partie de l'orchestre de Sainte-Cécile, et comme solistes des professeurs ue notre"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.16", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3748, "texte": "Conservatoire. C'est le plus sûr garant du succès pour notre futur directeur, à condition bien\nentendu, que le personnel de la scène soit en rapport avec celui de l'orchestre.\nVALENTIN GENDREU.\nNANTES. Grand Théâtre. —M. Rachet vient de monter les Maîtres Chanteurs dans\nd'excellentes conditions et avec un louable souci d'art. En tête de l'interprétation, il faut placer\nM. Grimaud, un Beckmesser tout à fait remarquable. Les principaux autres rôles étaient bien\ntenus par M.M. Leroux, Antony, Capitaine, Lasserre ; Mmes Luart et Nordi. L'orchestre fut\nsuperbe de discipline et de précision; d'interminables ovations furent faites à l'éminent\nkappellmeister Fritz Ernaldy. Les chœurs, renforcés par le Choral Nantais, marchèrent avec un\nensemble inaccoutumé. Beaux décors.\nLa Passion selon Saint Jean. Un groupe d'amateurs a donné une intéressante audition\nde la Passion selon Saint Jean. L'exécution de ce chef-d'œuvre de Bach fut des plus satisfaisantes.\nD'ailleurs, elle était dirigée par M. Vincent d'lndy dont la haute autorité de chef d'orchestre\net la conviction profonde menèrent les choses à bien. Les soli étaient confiés à M. Gibert, le\nténor bien connu de la Schola, à Mmes Nozière, Vallée et Masselin, et à M. Reliet.\nUnion Symphonique. A son dernier concert, cette société a fait entendre deux jeunes\nartistes d'une réelle valeur : M. Armand Lacroix, pianiste au jeu élégant et vigoureux, qui\ninterpréta avec une impeccable sûreté et de beaux effets de sonorité une transcription du\nConcerto en ré mineur de Wilhelm Friedmann Bach, ainsi que différents morceaux de Saint-\nSaëns, de Chabrier et de Debussy, et son frère M. Jean Lacroix, violoniste, un des plus brillants\nélèves de Marteau, qui joua d'une façon délicieuse la Sonate en Sol mineur de Tartini, l'exquise\nPavane pour une Infante défunte de Ravel, et la Berceuse de Fauré. Un public de dilettanti fit\nà M.M. Armand et Jean Lacroix un très vif succès.\nETIENNE DESTRANGES.\nANGERS. Une suite de petites fatalités dont nul n'est plus contristé que lui-même\noblige le signataire de ces lignes à résumer aujourd'hui dans une chronique unique une suite\nde concerts dont chacun méritait vraiment mieux qu'une schématique analyse. De ce retard,\nqu'on voudra bien excuser, tirons au moins un bénéfice : ce bref résumé d'un long moment\nde la vie musicale angevine suggère une ou deux réflexions qu'on me permettra bien de dire\nen deux mots puisqu'elles s'imposent. Pas de considérations générales : ce n'est pas ici\nqu'il est besoin de rappeler ce qu'est l'œuvre admirable de nos concerts, d'évoquer le nom du\ngrand disparu qui semble les animer encore de son génie organisateur, ni de redire les mérites\nde ceux qui président actuellement à leurs destinées. Mais il est permis, en cette saison\nfinissante, de constater ce que ces concerts récents notamment ont manifesté de si éclatante\nfaçon : d'une part le spectacle infiniment encourageant d'un public toujours plus nombreux et\nplus fervent et grâce auquel les beaux mots rebattus d'\" éducation musicale \" et de concerts\n\" populaires \" reprennent leur plus noble sens; de l'autre, l'étonnant courant de sympathie\nqui unit visiblement cet auditoire à l'orchestre et qu'a singulièrement fortifié le pouvoir que\nsur l'un et sur l'autre M. J ean Gay a certainement conquis ; enfin, la remarquable maîtrise\nde ce chef même, de qui le dévouement et la puissance de travail égalent des qualités pro-\nfessionnelles dont la sobriété, la force et la sûreté, ne sont pas les moins admirables.\nIl ne faut pas moins que tout cela pour accomplir des prodiges comme ceux de Décembre\ndernier (Parsifal) ou de Mars prochain (La Passion de Bach).\nLes premiers concerts extraordinaires où furent donnés deux fois de suite les lerIer et"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.17", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 8, "texte": "PROVINCE"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.17", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3768, "texte": "3e actes de Parsifal ne peuvent s'oublier : MM. Sigwalt (Gournemanz), et surtout Allard\n(Amfortas) et Lheureux (Parsifal) furent absolument dignes de leur lourde tâche, notre\norchestre se souvint qu'il appartenait à la plus vieille ville wagnérienne de France, et l'ovation\nfolle qui fut faite à M. Gay était bien due à celui qui, par l'écrasant labeur de préparation de\nl'orchestre et des chœurs (Ste Cécile et dames-amateurs) et par son opiniâtre énergie, eut la\njoie de mener à une aussi glorieuse victoire ces 220 exécutants.\n—Au cinquième concert, très belle exécution de la Septième, d'une Suite curieuse de\nGrieg et de la Faute de Vabbé Mouret ; M. Manuel Quiroga, violoniste, fut lui aussi très\napplaudi pour le Concerto en mi mineur de Mendelssohn et pour trois morceaux de virtuosité.\nLe sixième concert fait le plus bel éloge de l'éclectisme et de la souplesse de M. Gay:\nle programme comportait des œuvres aussi variées que le Concerto en mi bémol de Liszt, le\n2e Concerto grosso en fa majeur de Haendel, Espana et surtout la très belle Symphonie en mi bémol\nde Sylvio Lazzari. Toutes furent supérieurement jouées et fort goûtées par un public qui ne\nménagea pas non plus ses applaudissements à M. Borchard, lequel fit preuve de brillantes\nqualités dans Liszt, et dans trois pièces de Chopin.\nAu septième concert, le Concerto de Mozart (flûte, harpe et orchestre) fut un très gros\nsuccès pour MM. Moncelet et Durand, deux de nos modestes et grands artistes ; la Symphonie\nen ré de Haydn plut énormément, comme d'ailleurs l'étrange Sadko du magicien Rimsky. Une\npremière audition : Prélude de Brocéliande, de Ladmirault, fut une courte mais véritable joie.\nJe n'en dirai pas autant du Carnaval de Dvorak, ni surtout des pièces de Biisser par lesquelles\nM. Mayeux, altiste des Concerts-Colonne, très bien accueilli d'ailleurs, tenta non sans talent\nde nous gagner au charme discutable d'un instrument bien ingrat.\nHuitième concert : il fut merveilleusement réussi. Le nom de Fanelli dont les\nTableaux Symphoniques longs, incomplets et très beaux furent moins applaudis que leur auteur,\navait attiré une foule énorme. Elle fut électrisée littéralement, et légitimement, par\nl'admirable audition que Jean Gay nous donna de la Pastorale et parut transportée par la voix\nitalienne et chaude, la science, la grâce et l'exquise simplicité de Mile Louise Mazzoli qui de\nson côté remporta un véritable triomphe avec un air des Noces, un air Iphigénie et surtout\ndes pièces de Schubert, Fauré et Durante. L'ouverture à?Euryante complétait de la plus\nheureuse façon ce concert parfait.\nTOULOUSE. On a joué Carmosine d'Henri Février au théâtre du Capitole. Sujet\ncharmant malgré son invraisemblance, entouré d'une musique claire, compréhensive et gaie.\nLa gaieté devient en musique une chose rare, et le compositeur qui ose ne pas être ennuyeux...\nmais voilà un sujet qui m'entraînerait loin et j'allais oublier que je dois me borner, en quelques\nlignes, au rôle modeste de conteur de nouvelles.\nLes nouvelles sont bonnes, du moins pour l'auteur, car la Carmosine de M. Février rem-\nporta un très vif succès. Ah ! ce ne fut pas la faute des interprètes si l'œuvre a réussi ; à part\nune ou deux exceptions, ils ont tout fait pour l'écraser sous le poids de leur incompréhension.\nJouer lourd, jouer triste, tel est le lot de beaucoup de nos chanteurs provinciaux placés entre le\ndrame lyrique moderne et l'opéra-comique ancien ; pas assez musiciens, la plupart du temps,\npour être supérieurs dans le premier ; trop médiocres comédiens pour être supportables dans le\nsecond.\nLa voilà bien la crise du théâtre ! aussi j'aime mieux vous parler du dernier concert de la\nSociété du Conservatoire, dirigé, cette fois, par M. Aymé Kunc. Sans doute avez-vous appris"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.18", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3290, "texte": "que le Ministre des Beaux-Arts et la municipalité toulousaine s'étaient mis d'accord pour\nappeler à la direction du Conservatoire de notre ville, en remplacement de M. Crocé-Spinelli\ndémissionnaire, notre jeune compatriote M. Aymé Kunc.\nFils d'Aloys Kunc, le renommé musicographe et plain-chantiste, le nouveau directeur de\nnotre Conservatoire qui obtint, il y a quelques années le Grand Prix de Rome a, croyons-\nnous, toutes les qualités nécessaires pour mener à bien la tâche qui lui est confiée ; aussi son\narrivée au pupitre de chef fut-elle saluée par d'unanimes applaudissements. Sous sa direction,\nl'excellent orchestre de la Société, vite soumis à sa discipline autoritaire et souple à la fois,\ndonna une exécution parfaite des différents morceaux inscrits au programme, entres autres de la\nSymphonie en ut mineur avec orgue de Saint Saëns, et de deux compositions de M. A. Kunc :\nOuverture de fête et Suite dramatique^d'un brillant coloris orchestral. A ce meme concert\nM. Edouard Risler conquit l'auditoire par la fougue et la personnalité avec lesquelles il inter-\npréta le concerto en mi bémol de Beethoven et diverses pièces modernes.\nG. G.\n*\n* *\nREIMS. — L'orchestre de la Société Philharmonique a terminé la série de ses concerts,\npar une manifestation artistique véritablement remarquable ; et c'est plaisir de constater quels\nmerveilleux progrès elle a accomplis, cette année, sous l'énergique impulsion de son jeune\ndirecteur.\nLa renommée de M. D. E. Inghelbrecht n'est plus à faire ; son intelligence de la musique\net sa valeur de chef d'orchestre sont depuis longtemps consacrées par les plus grands critiques.\nMais on est heureux, malgré tout, de juger ce que peut, sur une société agonisante l'influence\nd'une nature d'élite.\nLe programme comportait une série d'œuvres de premier ordre : La pathétique ouverture\nn° 3 de Léonorede Beethoven, fut exécutée avec une justesse et une intensité d'expression\nincomparables. On ne pourrait en dire autant de la de Mendelsshon, dont\nl'ensemble de l'exécution fut assez flou, notamment en ce qui concerne l'Allégro vivasissimo\nqu'on a reproché à M. D. E. Inghelbrecht d'avoir battu dans un mouvement trop vif. Pour\nnous, nous ne commettrons pas cette injustice, convaincu qu'il y a surtout lieu d'incriminer la\nvirtuosité encore insuffisante de nos musiciens.\nLa première partie de Wallenstein (le camp) de M. Vincent d'Indy, a obtenu un très vif\nsuccès. Mais où la société se surpassa surtout, c'est dans la première audition qu'elle a donnée\ndu prologue et d'importants fragments du premier de de Moussorgsky. A cette\noccasion, il avait été fait appel au superbe talent de Melle Rose Féart, de l'Opéra, qui se fit\nd'abord entendre et chaleureusement applaudir dans le grand air de de Weber, de\nMeUe Thérèse Jeanès, de Melle Romanitza et de M. Collet qui chantèrent avec un art impec-\ncable les principaux motifs de la partition, en même temps que les chœurs — composés en\ngrande partie, cas peut-être unique, d'éléments de la société mondaine de la vieille cité\nrémoise — se montraient à la hauteur de leur lourde tâche. Cette partie du programme repré-\nsentait, à elle seule, un effort considérable dont il convient de louer M. D. E. Inghelbrecht\nqui eut à surmonter tant de sérieuses difficultés.\nMAURICE MARÉE."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.19", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3774, "texte": "Cependant que nos grandes associations symphoniques rapprochent les vivants, l'orchestre\ndu Conservatoire, fidèle àla tradition, se consacre aux grands défunts. Le deuxième concert\nressuscitait les cantates de Bach, O Jesus-Christ,\nhaben ; Sanctus, Benedictuset Requiem de P. Benoit, des d'Hugo Wolf, et nous\nfaisait connaître la deuxième symphonie de G. Mahler, œuvre confuse et complexe, imperson-\nnelle, et néanmoins marquée d'un souffle original. L'exécution de ces pages, particulièrement\nde la dernière, vaut à M. Léon du Bois de nombreuses ovations, très méritées. Plus\nrigoureusement classique, le troisième programme permet au sympathique directeur de nous\noffrir de très pures exécutions d'ouvrages connus, à part Le Roi des Génies, ouverture de Weber.\nLe 2e Concerto brandebourgeois, de Bach, pour trompette, flûte, hautbois, violon, accompagnés\npar les cordes et l'orgue. C'est un charme que d'entendre, se répondant avec une virtuosité, une\njustesse, une homogénéité impeccables, les artistes de M.M. Goeyens, Demont, Piérard, res-\npectivement professeurs de trompette, flûte et hautbois du Conservatoire, et le maître César\nThomson lui-même dont le jeu seul, en son incomparable élégance, prête à l'ensemble une\nbeauté de ligne, immatérielle et grave. Un peu monotones, d'impression fânée, de grâce mièvre,\nfrêle et lointaine, la Symphonie en ut d'Haydn, le Concerto pour Harpe et flûte (avec MM. Meerlo\net Demont) de Mozart, gardent un parfum d'exquis et clair naguère... Moins divin, mais se-\ncouant de vrais rythmes de vie, voire dans cette sentimentale Pastorale, où il y tout de même\nd'inoubliables harmonies, Beethoven ; et enfin Weber, sont plus proches de nous.\nA la Société Philharmonique, le prestigieux Pablo Casais, chante, aussi, Bach, Mozart,\nBeethoven, et Brahms. A la Société Bach, en attendant la voici\ndes cantates, des choeurs, des airs et des sonates, sous la direction de M. Zimmer, avec le con-\ncours des brillants solistes M. Gmeiner, Mmes Kaempfert, Landowska, M. Soiron. Aux Composi-\nteurs belges, M. Bosquet présente la Sonate pour piano de Lekeu, un Prléude d'A. de Boeck, le\nPaysage n. 2 (encore !) de P. Gilson,et Soleil de midi, délicieuse impression de Jos. Jongen, Mme E.\nVarny chante des mélodies de L. Delcroix, une Elégie romanesque de G. Frémolle et deux lieder\nd'A. de Greef. Enfin, MM. Deru et Bosquet donnent une excellente interprétation de la belle\nsonate pour piano et violon de M. Buffin. De la musique belge figure aussi au concert de la\ndistribution des prix à l'Ecole de musique de St-Josse-Schaarbeeck. poème lyrique\nd'E. Tinel; Les Saisons,chœur pour voix d'enfants et d'orchestre de M. L. Du Bois; des mélodies\nde Gilson, un Adieu de F. Rasse. Les deux dernières soirées musicales de la revue Le Thyrse\nfurent consacrées aux compositeurs nationaux : Rasse et Jos. Jongen. Elles ont obtenu le\nplus vif succès. Félicitons notre confrère de son initiative. Signalons la sixième matinée\nlittéraire du Parc, où l'on exécuta la musique de scène écrite par M. Gaston Knosp pour\nLe Poète et sa femme de F. Jammes ; les fête du et de dont la partie\nmusicale fut entièrement tenue par des ouvrages de M. Charles Mêlant.\n%\n% *\nL'illustre maître français C. Saint-Saëns vient de trouver, une fois encore, à Bruxelles,\nl'accueil enthousiaste auquel de longtemps le public belge l'accoutuma, à l'occasion de la\nreprésentation à la Monnaie, pour le Gala de la Presse, de son\nCette œuvre, créée à Paris en 1877, avait déjà été jouée en 1879 non sans\ncoupures, dans sa forme première d'opéra-comique. L'auteur l'a remaniée depuis, afin de lui\ndonner l'aspect d'un drame lyrique avec récitatifs. \" Il y a de tout écrit-il lui-même dans cet\nouvrage, qui va de la symphonie à l'opérette en passant par le drame lyrique et le ballet"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.20", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3766, "texte": "Un tel programme semble bien risqué de nos jours mais on ne peut nier qu'il réunit\nles éléments d'un succès.\nLe groupe belge S. I. M. patronne deux séances intéressantes : l'une consacrée\nà Schumann, avec le concours de M. Delgouffre, pianiste-conférencier et de Mme d'Albert\ncantatrice ; l'autre, par M. Van Roy, professeur au Conservatoire de Bruges, comportant un\nprogramme de pièces variées pour piano : Brahms, Debussy, Albeniz, Glazounow-Balakirew\net Ryelandt, où s'est révélé un éminent virtuose.\nLa Société Philharmonique avait retenu, pour son cinquième concert, la participation d'Emil\nSauer. Programme classique, de Rameau à Liszt, en passant par Gluck, Beethoven, Chopin, Men-\ndelssohn, avec aussi trois petites œuvres de Sauer lui-même, dont la maîtrise n'est plus à dire.\nA M. Dumesnil, le pianiste français, qui nous convia à un récital, nous reprocherons son\njeu mièvre, d'une élégance trop gracieuse, frisant la préciosité. Sa technique à \" fleur de\ntouche \", convient très bien à Scarlatti mais elle est déplorable dans l'exécution du\net Fugue de Bach, pages d'un lyrisme puissant et majestueux. Quant à on peut\nse demander si l'artiste se rend compte du sens même de cette limineuse indication.\nIl tombe dans cette erreur des pianistes qui, sottement, croient encore au Beethoven du\n\" clair de lune \". Plus heureux dans les œuvres modernes, d'Albenitz, de Rachmaninoff, de\nG. Dupont, de Liszt, il y fut toutefois mal servi par l'instrument, doué de formidables basses,\nle haut manquant d'égalité et donnant l'impression, sur les pédales d'orgue par exemple,\nd'appartenir à un autre clavier.\nActons le succès de la fête annuelle organisée en la maison commune de Molenbeeck\npar le comité local de la Croix-Rouge, sous la présidence de Mme la comtesse de Mérode, de\nM. le Bourgmestre Hanssens, ayant à leurs côtés M. l'auditeur général Chômé, et les membres\ndu corps échevinal. Aussi, le récital, de Mlle Zelima de Herve, et l'audition de la \" Société de\nMusique ancienne\" avec le concours de MUe Strauwen, et de M. Maas. René Lyr.\nANVERS\nL'opéra flamand d'Anvers a créé depuis le début de la saison trois œuvres belges. Shylock\nde M. Alpaerts, Alceade M. Auguste Dupont, neveu du regretté Joseph Dupont et\nChanson d'Halewynde M. A. Dupuis, sur un livret de notre éminent confrère M. Lucien\nSolvay. Il montera, incessamment Parsifal,au respect des plus pures traditions de Baireuth, la\ndirection de la mise en scène ayant été confiée à M. Ernest Van Dyck, et le rôle de\nà l'excellent chanteur Laurent Swolfs, qui, probablement, est le seul ténor franco-belge pouvant\n-se glorifier d'avoir chanté toutes les œuvres de Wagner.\nLIÈGE\nM. Lucien Mawet, directeur de Y A Capella a fait entendre à quelques\nœuvres de musiciens wallons. Une sonate pour piano et violon de M. Micha, quelques pièces :\nMiniatures (récemment publiées par Breitkopf et Hârtel), de lui-même ; un chœur de\nDuyssens, une suite pianistique Dans les Ardende M. Smulders, un chœur encore de\nMme Van den Boorn-Coclet : Hyménée; enfin la scène finale de de Sylvain Dupuis.\n.Nombreux public, accueillant aux œuvres et qui applaudit les interprètes Mmes Mawet-Rutten,\nWastrade, MM. Henry et Fernand Mawet.\nCONCERTS DIVERS\nLa séance donnée salle Patria par M. Reuschel a été un véritable triomphe pour les\nauteurs et aussi pour Mme Elias qui a très bien détaillé des mélodies de Léo Sachs.\nL'audition Suzanne-Godenne-Josef Szigeti fut une nouvelle occasion pour la grâcieuse\npianiste d'affirmer ses qualités de technicienne brillante et de compréhensive artiste. Elle joua\nla sonate op 78 de Brahms, de Sonatensatzdu même et la sonate op 36 de G. Pierné,\nM. Szigeti, virtuose impeccable interpréta de son côté avec tout le sentiment désirable la suite\nop 11 de G. Goldmark. X."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-03-15-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-03-15_01#c027", "volume": "bmtnabh_1914-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.2.7", "titre_corps": "L'Édition Musicale", "titre_sommaire": "L'Édition Musicale", "signature_source": "V. P", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.21", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2867, "texte": "L'Édition Musicale\nV. P.\nUne Romance un peu trop romance de M. Pedro de Ferran (*) et une aimable Berceuse\nde Jeanne Levïvre (2), nous guident vers trois nouvelles œuvres de notre ami Léo Sachs (3).\nOn a prononcé, à propos de Sachs, le mot de Schumann français, c'est plutôt à Mendelssohn\nqu'il faut songer. Même souci de logique et de la mise au point, même tendance à ramener\nle langage harmonique à un certain équilibre, et enfin, même goût pour le personnage\nsymphonique de bonne compagnie et légèrement sentimental. Les u Jeux de nuages \" carac-\ntérisent parfaitement cette manière.\nPour les petits arrivent chaque mois des envois nouveaux. Cette fois ce sont les six pièces\nde M. Orban (4), qui donneront aux débutants une idée de la grande musique, et les Enfan-\ntillages de Paul Allix (5) où apparaissent des préoccupations de style ancien.\nNos enfants trouvent ainsi la route ouverte vers la musique que l'on considérait encore,\nil y a trente ans comme un simple objet de curiosité. Et voilà que\ndes collections comme celle de Roudanez (6) leur présentent un\nchoix qui va de Purcell à Haessler et de Bulow à Beethoven. Il\nfaudra bien que cet enseignement se méthodise un jour, et pénètre\njusque dans nos établissement officiels, dans nos lycées.\nLo Guarracino de Gaspare Casella (7), le brillant libraire de\nNaples, est une tarentelle, qui peut, dans une certaine mesure\nseulement, prendre place parmi les oeuvres rétrospectives. Très\nauthentiquement ancienne est, au contraire, la Suite publiée par\nCh. Bouvet (8) et tirée du célèbre ms fol. 61 de Cassel. Ecrite pour\ncinq parties, M. B. l'a réduite en duo pour un dessus et un clavier,\nce qui la rend accessible au grand public, avec ses indications de\nmesure, coups d'archets, nuances etc... C'est faire œuvre pie ; nous\nsommes toujours bien en peine lorsqu'il faut redonner la vie à ces\ncompositions dont le style nous échappe. C'eût peut-être été l'occa-\nsion de tenter ici la publication de quelques reprises ornées et dimi-\nnuées, suivant l'habitude des violons français de 1660 !\nEn dernière heure le Prélude à VAprh-midi d'un faune (9) nous\navertit que nous sommes au XXe siècle. Qui eût cru que cette\nœuvre, déjà classique, n'était pas encore réduite pour piano.\n(1) Primavera, romance pour piano et violon\n(Breitkopf). (2) Berceuse pour chant et piano\n(Roudanez). (3) Jeux de nuages, pour piano\n(Eschig) Sonate pour piano et violon ; Prélude,\npour piano (M. Senart). *(4) Tour les petits,\npiano à quatre mains (Edition mutuelle).\n(5) Enfantillage piano à deux mains (Roudanez).\n(6) Les Maîtres classiques de la musique, collec-\ntion placée sous le contrôle artistique de Vincent\nd'lndy, et publiée avec la collaboration de Blanche\nSelva (Roudanez).\n(7) antica (Napoli G. Cassella).\n(8) Suite, pour violon, flûte ou hautbois et piano.\n(Demets). (9) Pour piano à 2 mains par L.\nBorwick (E. Fromont)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-03-15-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-03-15_01#c029", "volume": "bmtnabh_1914-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 22, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.2.8", "titre_corps": "Revue de la Presse Quotidienne", "titre_sommaire": "Revue de la Presse Quotidienne", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.22", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 6268, "texte": "Revue de la Presse Quotidienne\nLA MARCHANDE D'ALLUMETTES\nLA LIBERTÉ\nOn se plaint déjà que les grands hom-\nmes encombrent un peu, quelquefois, le\nchemin des générations qui les suivent.\nVa-t-il falloir que femmes et enfants,\ndétachés autour d'eux, achèvent de bar-\nrer la route ? Une gloire devient une\nraison sociale, que toute une dynastie\ndoit exploiter en tous sens. Et la gloire\nn'y gagne rien.\nQue ces familles régnantes s'amusent\nentre elles à de petits jeux innocents,\nc'est tout à fait gentil 5 mais l'Etat\nsubventionne-t-il des théâtres, où si peu\nd'opéras peuvent voir le jour chaque\nannée, pour donner un public à ces\njeux ? Jeux d'une puérilité vraiment\ndéconcertante à notre époque 5 si pré-\ntentieux en même temps, que les enfants\nne pourraient les prendre au sérieux plus\nque les grandes personnes. On y parle\nde \"subconscient\". Jamais, cependant,\nDeux Gosses ni Deux Orphelines, jamais\nVie de Bohème ni Mignon n'ont plus\neffrontément spéculé sur ce qu'il y a de\nplus facile, de plus convenu et de plus\nniais dans la sensiblerie humaine. Rien\nn'y manque pour vous tirer les larmes\ncomme on vous demande un sou. Et\nles larmes ne viennent même point,\nparce que tout cela est traité, avec une\ninsigne maladresse, par de malheureux\nauteurs qui sont intoxiqués de littérature\ndepuis le berceau 5 qui devaient en faire\ndéjà quand ils criaient pour qu'on chan-\ngeât leurs langes ; qui n'ont jamais pu\nce n'est plus leur faute rien voir,\nrien sentir, rien penser naturellement 5\npour qui tout n'est que mots, et les\nmots eux-mêmes ont perdu leur sens et\nleur usage naturels. Il semble que l'air\nmême qu'ils respirent soit factice ; et le\ntortillage de leur délire verbal atteint\nlaborieusement à l'exact contraire de la\nvraie poésie, de l'esprit, du sentiment,\nau contraire de la jeunesse et de la\nnaïveté surtout. Quand la préciosité\nmoderne trouvera-t-elle son Molière ?\nIl ne faudrait pas juger de l'auteur de\nla musique tout à fait comme de ceux\ndu livret. Il n'est pas impossible qu'en\nce débutant la valeur n'attende que le\nnombre des années. Seulement, son\ndébut est un peu prématuré. A la lec-\nture, sa partition semble soigneusement\nécrite et même assez soigneusement\ncomposée. M. Tiarko Richepin aurait\nencore beaucoup à apprendre pour la\nconstruire comme il en montre la vel-\nléité. Est-ce à cause de cela, ou de\nl'agrément un peu salonnier, avec quel-\nque chose de déjà entendu, des idées ?\nEst-ce à cause d'une instrumentation\nqui cherche évidemment une jolie cou-\nleur, mais qui ne trouve pas son équili-\nbre ? Cette musique, à l'audition, s'effi-\nloche en charpie d'une molle monotonie.\nIl est un peu inquiétant que les idées\nles plus nettement venues soient deux\nvalses, dont l'une, jouée sur un orgue de\nBarbarie, apparaisse cruellement vrai-\nsemblable. Pourtant, si le sujet a en-\ntraîné le musicien à une sucrerie conti-\nnuelle, ce musicien ne tombe point à la\nfausseté sentimentale du poème. Il a\npeu de vivacité, mais quelquefois une\ncertaine grâce, et de la fraîcheur. Son\nton évite le mélo. Enfin il n'a point le\nsnobisme de ses collaborateurs. Au lieu\nd'on ne sait quel sous-debussysme de\npacotille qui aurait pu s'y assortir, il\nnous offre, non sans ingénuité, de l'hon-\nnête Massenet, du Massenet au second\ndegré, et plutôt au travers des élèves de\nMassenet. GASTON CARRAUD.\nEt Œtmpo\n\" La Marchande d* allumettes est signée\nde deux noms extrêmement célèbres.\nMais les auteurs qui portent ici ces\nnoms ne sont pas les mêmes qui leur\nont conquis sa célébrité : ils ne font que\nprofiter de la renommée d'autrui. Je ne\nsongerais d'ailleurs pas à vous en faire\nla remarque, si leur œuvre avait une\nvaleur personnelle. Mais tel n'est pas\nprécisément le cas : la Marchande d'allu-\nmettes ne s'impose point par elle-même.\nSans le crédit qu'elle tire de Cyrano et\nde la Chanson des Gueux, il n'est pas\ntéméraire de supposer qu'elle n'eût pas\nsi facilement trouvé grandes ouvertes les\nportes de l'Opéra-Comique. On a vu ces\nportes être moins hospitalières à d'autres\nouvrages, dont le mérite est assurément\nplus véritable. Les librettistes et le mu-\nsicien de la Marchande dyallumettes doi-\nvent ainsi à leurs noms un privilège,\nque leurs talents ne justifient pas assez.\n... Je ne crois pas qu'il y ait dans la\nMarchande d? allumettes un seul mot de\nnaturel : tout n'est qu'affectation, préci-\nosité et mièvrerie. Cela va de l'extrême\npuérilité à l'extrême prétention, et d'une\ndésinvolture faussement pimpante à une\nsensiblerie faussement naïve. Partout\nrègne le plus détestable petit goût qui\nfait des grâces et se complaît en lui-\nmême avec une sorte de fatuité. Et par-\ntout, partout est répandue une fadeur\ndont on se sent comme écœuré : on ne\npeut entendre cette \"poésie\" sans son-\nger aussitôt à des sucreries, à des confi-\nseries, à des pâtisseries. Et quand ce\nn'est pas à de la pâtisserie qu'on songe,\nc'est à de la parfumerie pâtisserie et\nparfumeries mêlées, comme ces pâtes\norientales dont on ne sait au juste si\nelles sont faites pour qu'on les mange\nou pour qu'on s'en lave les mains. \"\nPIERRE LALO.\nLE JOURNAL\nLes contes d'Andersen sont moins\nanimés que ceux de Perrault, moins bril-\nlants que ceux de Mme d'Aulnoy, mais\nil n'en est pas de plus touchants ; et\ncelui de la Petite Marchande d** allumettes\nest le plus touchant de tous. C'est ce\nque n'ont pas manqué de ressentir\nMme Rosemonde Gérard et M. Mau-\nrice Rostand ; et, au mérite d'avoir\ndiscerné que la douloureuse histoire de\nla pauvre petite fille pouvait inspirer de\nla jolie musique à un jeune musicien\nsi jeune qu'il lui est encore facile\nd'obéir au précepte de Schiller et de\n\" respecter, étant devenu un homme,\nles rêves de son enfance \" ils ont\njoint celui d'avoir, dans leur adaptation\nscénique, maintenu et sauvegardé ce\ntrait distinctif d'Andersen : l'émotion.\nLes développements, les épisodes qu'ils\nont ajoutés à ce conte de trois ou quatre\npages, les fictions dont ils l'ont orné,\nau risque, parfois, de le surcharger un\npeu, sont du même ordre et de la\nmême qualité que le conte lui-même ;\nces deux poètes français se sont assimi-\nlés intimement au poète danois et ne se\nsont permis que de superposer à sa\nmanière simplette le disparate savant\n(et d'ailleurs opportun dans une pièce\nfantastique) d'un ingénieux maniérisme\net d'une versification raffinée."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.23", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 6905, "texte": "M. Tiarko Richepin est un musicien\ndes plus doués 5 il a de séduisantes idées\nmélodiques et l'instinct de l'effet théâ-\ntral, mérite que bien des gens dédai-\ngnent aujourd'hui, surtout ceux qui\nen sont privés. Peut-être même abuse-\nt-il des expédients que lui suggère ce\ndon précieux et recherche-t-il trop sou-\nvent l'Effet. La musique de M. Richepin\ndénote un sens très sûr du pittoresque\net de l'atmosphère, ainsi qu'en témoigne\nla page remarquable qui accompagne la\nfermeture des boutiques, au soir tom-\nbant ; son orchestration sait évoquer et\ndécrire } mais elle est un peu uniforme\n(je sais bien que la prédominance des\nvisions neigeuses et argentées excuse un\npeu ici l'emploi continu des mêmes\nprocédés) ; en outre, elle manque\npeut-être de solidité dans les passages\nqui exigent de la force. M. Richepin\nécrit bien pour les voix et sait les faire\nchanter 5 il devra seulement surveiller\nsérieusement sa prosodie, qui est parfois\nlégèrement défectueuse. Tout compte\nfait, l'ensemble de son œuvre est des\nplus heureux et permet de fonder sur lui\nde très fermes et très sympathiques\nespérances.\nREYNALDO HAHN.\nISCHO BB PARIS\nLe livret comporte trois grands actes.\nPour ce conte, c'est beaucoup, c'est trop.\nLe premier acte, où la petite fille s'en-\ndort sous la neige, le dernier, 011 elle\nmeurt, ne sont, en réalité, que deux\nlongues scènes. Il a donc fallu les farcir\navec des épisodes.\nCertes, on le fit avec adresse 5 et le\nspectateur voit bien que les librettistes\nsont deux poètes fort ingénieux, fort\navisés, et qui, comme le renard de la\nfable, ont plus d'un tour dans leur sac...\nPar malheur, dans leurs artifices, ils\nn'ont pas été soutenus par le musicien,\nqui n'a pas enoore un tour de main\naussi souple.\nSi bien que ces épisodes, où la musique\nmanque de variété et de relief, produi-\nsent une impression de longueur, de\nmonotonie.\nEt l'auditeur a trop le loisir d'être\ngêné par l'excessive préciosité du livret.\nQuand certaines subtilités, certaines\ngentillesses verbales sont prises dans le\nmouvement du discours ou dans l'en-\ntraînement des jeux de scène, elles pas-\nsent : au passage, elles amusent. Mais,\nralenties par la musique, elles déconcer-\ntent, et font rire d'elles.\nAussi bien, pour le compositeur, la\npartie était fort difficile à gagner. A\nchaque instant, on lui imposait l'occa-\nsion de montrer s'il avait des atouts.\nEn effet, un livret sur un sujet admi-\nrable, mais un livret trop long, dange-\nreux par la juxtaposition du rêve et de\nla réalité, plein d'élégances ou de cocas-\nseries qui tirent l'œil, détonnent, et\nqu'il est bien difficile de sauver ou\nd'escamoter. un livret, enfin, qui\ns'arrête tout le temps pour dire au\ncompositeur : \" A toi, vas-y de ta ro-\nmance !... \" Mais la romance, il faut\nla trouver. Et voilà une nouvelle preuve\nqu'il est facile de penser à Massenet,\nmais qu'il n'est pas à la portée de tout\nle monde d'écrire \" Adieu, notre petite\ntable \".\nCe c'est pas que la partition manque\nd'idées agréables et faciles. Mais elles ne\nsont pas assez caractérisées, et elles ne\nportent guère. Peu de développement,\naucun travail thématique, des rappels\npar tranches successives, aucun plan,\naucune gradation, un pêle-mêle impro-\nvisé, et une orchestration hâtive,\nsans imprévu, sans nulle recherche.\nEt, dans l'ensemble de l'œuvre, quel-\nque chose de lourd, de monotone, de\npiétinant, qui tient un peu à tout ce que\nnous venons de signaler, mais beaucoup\nsans doute à l'emploi excessif des pédales\net des doubles pédales (tonique et domi-\nnante). La musique ne peut plus se\nmouvoir, alourdie par ces semelles et\nces pédales de plomb : elle s'avance,\nmusa par trop pedestris avec la légèreté\ndésinvolte d'un scaphandrier.\nADOLPHE BOSCHOT.\nLa collaboration d'une mère et de son\nfils est d'un charmant exemple, et on\nregrette ne n'avoir pas assisté à cette\naffectueuse rivalité d'invention, à cet\néchange d'un sagesse souriante et d'un\nrespect attendri, à cet assaut de fantaisie,\ncette surenchère d'extravagance et ce\nrebondissement de rimes dont le résultat\nnous fut offert hier.\nQue ce résultat soit charmant lui-\nmême, qui aurait la triste audace d'en\ndouter ? Et comment tout Paris, divisé\nen deux camps plus complices qu'enne-\nmis, n'aurait-il pas pour cet ouvrage des\nyeux de mère ou bien de fils ?\nComment n'être pas ému jusqu'au\nfond du cœur par cette humble mendi-\nante qui vend des allumettes sous la\nneige, au premier acte, voit un beau\nrêve au second, et meurt au troisième\nentre les bras d'un jeune officier de ma-\nrine et d'un vieux joueur d'orgue ? Ce\ndernier qu'un caniche accompagne, la\npleure, nous dit la préface maternelle\nu de toute son âme, de tout son chien,\nde tout son orgue L'orgue excepté,\nplus d'une capiteuse spectatrice imitera\nsans doute un deuil aussi généralisé.\nM. Tiarko Richepin a enveloppé\ncette dolente histoire d'une musique\nhabile qui sait infléchir des mélodies se-\nlon la formule immortelle de Massenet,\net disposer alentour d'élégantes fanfre-\nluches de violons, de flûtes, de harpes,\nque parfois brode un suave solo. Elle\nn'ignore pas davantage, à l'occasion, la\ntrivialité des cuivres ni la facile gogue-\nnardise des bassons. Elle pratique même,\nquand c'est nécessaire, des guirlandes de\ntierces ou des sanglots de septièmes ma-\njeures. Mais sa plus chère joie est de\nretarder une cadence prévue, qui, lors-\nqu'elle arrive enfin, arrache un ah ! de\npâmoison à l'auditoire bénévole.\nLouis LALOY.\nNous venons de voir la petite Daisy\nquitter, à travers le feu magique de ses\nallumettes, la rue inhospitalière, vivre\nchez la duchesse son rêve de joie, y\naimer le beau Greham. Puis nous l'avons\nretrouvée, mourant sous la neige, bercée\npar l'orgue de Barbarie du mendiant fra-\nternel. L'aventure dont elle est la douce\nhéroïne me parut exquise, je l'avoue. Le\npublic n'a pas compris le mélange d'irré-\nalité et de vérité qui en constitue le\nprincipal élément et qui, je le reconnais\nvolontiers, la rendait assez dangereuse.\nJe regrette qu'il soit resté insensible à\nson vif agrément, qu'il n'ait point cher-\nché à saisir son symbolisme clair et joli.\nComment un livret d'essence si fée-\nrique et si moderne à la fois, d'invention\nsi délicate, n'aurait-il pas inspiré M. Ti-\narko Richepin ? Le nom illustre que\nporte celui-ci double l'intérêt qui s'at-\ntache à sa partition de début. Les idées\ny sont jetées avec abondance. Elles ne\nmanquent ni de couleur ni de grâce.\nElles ont un franc caractère mélodique\net frappent moins par leurs développe-\nments que par leur spontanéité et leur\nfacilité. M. Richepin rte fait étalage\nd'aucune science, dédaigne les raffine-\nments d'écriture, les hardiesses mélo-\ndiques et polyphoniques. Sa sincérité est\névidente 5 ses dons sont certains 5 sa\njeunesse lui impose le devoir de s'élever\ndavantage, d'acquérir la sûreté de main\net de pensée sans quoi il n'est pas d'œu-\nvre durable. On l'a très sympathique-\nment applaudi. ALFRED BRUNEAU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-03-15-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-03-15_01#c030", "volume": "bmtnabh_1914-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 24, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.2.9", "titre_corps": "ÇA ET LA", "titre_sommaire": "ÇA ET LA", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.24", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2318, "texte": "ÇA ET LA\nNouvelles\nLe dèjeûner de la Revue S. I. M. au Nouvel Hôtel Ruhl,\nLe déjeûner de la Revue à /'Hôtel de Paris, à Monte-Carlo, avant la répétition générale de\nBéatrice, reste fixe au 20 Mars.\n*\n* *\nLa Société des Compositeurs de Musique met au Concours, réservé aux seuls Musiciens\nfrançais, pour l'année 1914, les œuvres ci-après :\nI. Messe à quatre voix mixtes (S. C. T. B.) a capella ou avec accompagnement d'orgue.\nPrix Ambroise Thomas : 1.000 francs.\n11. Quatuor, pour piano et instruments à cordes. Prix : 500 francs, offert par la Société.\n111. Laudate, duo pour ténor et baryton, avec accompagnement de chœur à trois voix et\nd'orgue. Prix Samuel Rousseau : 300 francs, offert par Mme Samuel Rousseau.\nLes manuscrits devront être parvenus le 31 décembre 1914, à l'Archiviste de la Société,\n22, rue Rochechouart (9e). Ils devront être écrits lisiblement à l'encre noire. Les concurrents\npour le Quatuor devront joindre à la partition les parties séparées.\n* *\nSignalons à nos lecteurs que le poste de Directeur, professeur de piano d'une Ecole\nPopulaire de Musique, dans une ville de la Suisse française est actuellement vacant. Le\ntraitement fixe est de 3.000 francs auxquels vient s'ajouter une part dans les bénéfices de\nl'établissement.\nPour tous renseignements écrire à M. le professeur Frank-Choisy, 19 Grande Rue à\nGenève.\n%\n* *\nNous avons le regret d'annoncer la mort de Mme Trélat, née Molinos, qui s'est éteinte\nle 2 Mars dernier après une longue maladie. Tous ceux qui l'ont connue conserveront un\nsouvenir fidèle de cette femme d'un grand cœur, aussi distinguée par le caractère que par\nl'intelligence et le talent; beaucoup lui devront un souvenir reconnaissant, car elle était\nardente et constante dans ses amitiés : sa maison était un de ces centres de réunion qu'on\naime, auxquels on s'attache, où l'on revient toujours et que la mort seule peut détruire en\nlaissant après elle un grand vide.\n*\n* x\nLa Société J. S. Bach (Salle Gaveau) annonce pour le vendredi 27 mars sa grande\naudition annuelle de la Passion selon S 1 Mathieu. Solistes : Mme Maria Freund, Mr Georges\nWalter (de Berlin), Melle G. Emo, Mr Roelens-Collet. Orchestre, double chœur mixte et\nchœur d'enfants (200 exécutants) sous la direction de Mr Gustave Bret. Répétition générale\npublique : le jeudi 26 à 3 h. 3/4 précises."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.25", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2654, "texte": "La Schola Paroissiale,nouvelle collection de Musique d'Église, met au concours une\nmarche religieuse sur un thème grégorien pour\nLes concurrents ont toute liberté en ce qui concerne le choix du thème grégorien.\nDeux prix sont affectés à ce concours.\nler Prix: ioo fr. en espèces et 50 exemplaires de l'œuvre éditée;\n2e Prix : 50 fr. en espèces et 50 exemplaires de l'œuvre éditée.\nLes œuvres primées deviennent la propriété de la et sont publiées dans\nsa 3e série.\nLes manuscrits doivent être adressés à La\navant le ler Mai 1914.\nLes œuvres non retenues sont retournées aux auteurs aux frais de la\n*\n* *\nLa ville de Rouen qui possède clans les églises S 1 Ouen, S 1 Godard, S 1 Vincent, N.-D. de\nBonsecours, de magnifiques orgues construites ou transformées par la Maison Mutin (Cavallié-\nColl) vient de s'enrichir d'un nouvel instrument fourni par la même maison. C'est M. Haelling,\norganiste à la cathédrale, qui l'a commandé pour son domicile particulier. L'instrument se\ncompose de 11 jeux (14 prévus) entièrement expressifs, répartis sur 2 claviers manuels et un\nclavier de pédale.\nUn instrument analogue, qui est d'une admirable facture, existe depuis longtemps déjà\nchez M. Albert Dupré, organiste de S 1 Ouen.\nL'inauguration de l'orgue de M. Haelling a été faite avec beaucoup d'éclat par\nM. Tournemire, organiste à Ste Clotilde, et M. Haelling, qui ont merveilleusement mis en\nvaleur ses ressources multiples et la perfection de ses timbres.\n* *\nDe Monte Carlo :\nA l'occasion du centenaire de Verdi, M. Raoul Gunsbourg a remis à la scène une des\nœuvres du maître italien qui, l'on ne sait pourquoi, est un peu délaissée, malgré sa richesse\nmélodique, son extrême variété et sa puissance dramatique.\nC'est une fort heureuse restitution, qui a ravi les nombreux admirateurs de Verdi.\nLa musique du Bal Masqué est d'un charme délicieux. Cette œuvre, toute de passion,\net dont le dénouement est tragique, offre des contrastes, presque violents, de drame et de\ncomédie. Certains épisodes, alertes, très gais, semblent annoncer Falstaff.\nUne fois de plus, M. Raoul Gunsbourg a su réussir le plus merveilleux ensemble vocal :\nMme Ordina, cantatrice à l'organe pur et éclatant, Mme Lipkowska, fauvette de la plus fluide\nvirtuosité, Mme Hiribéri, contralto magnifique, aux splendides notes graves, au médium plein,\net qui a de l'éclat dans le registre aigu ; l'héroïque ténor Martinelli, le nouveau Caruso ; le\ndramatique baryton, M. Baklanoff; les solides basses MM. Marvini et Clauzure; MM. Feiner\net Ghastau, tous, toutes les meilleures voix du monde, assurent au la plus\nremarquable interprétation.\nLe maestro Pomé dirigeait l'orchestre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-03-15-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-03-15_01#c033", "volume": "bmtnabh_1914-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 27, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.2.11", "titre_corps": "L'ASSOCIATION CHORALE PROFESSIONNELLE DE PARIS", "titre_sommaire": "L'ASSOCIATION CHORALE PROFESSIONNELLE DE PARIS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.27", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 187, "texte": "L'ASSOCIATION CHORALE PROFESSIONNELLE DE PARIS\n(Cliché Meurisse)\nL'A.-C.-P. qui vient de donner à la Salle Gaveau deux grands concerts a capella dont le retentissement a été considérable."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-03-15-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-03-15_01#c035", "volume": "bmtnabh_1914-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 28, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.2.13", "titre_corps": "(Cliché A. Bert) Madame la Princesse BARATOW", "titre_sommaire": "(Cliché A. Bert) Madame la Princesse BARATOW", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.28", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 44, "texte": "(Cliché A. Bert)\nMadame la Princesse BARATOW"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-03-15-01-c036", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-03-15_01#c036", "volume": "bmtnabh_1914-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "couv. 2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.2.14", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 854, "texte": "V*\nLA REVUE MUSICALE\n/\n? S. I. M.\nJ ET COURRIER MUSICAL RIUNIS %\n<V Directeur : ♦\nQP\nJULES ECORCHEVILLE\nAdministrateur général: Rédacteur en chef:\nRENÉ DOIRE ÉMILE VUILLERMOZ\nPUBLIE :\ndans son numéro du Vr :\nd'importantes études musicologiques, critiques et historiques ; les compte-rendus des grands concerts par CLAUDK\nDEBUSSY et VINCENT D'INDY ; des Théâtres par EMILE VUILLERMOZ ; des Music-halls par Louis LALOY, etc.\ndans son numéro du 15 :\ndes articles d'actualité, des échos, indiscrétions et nouvelles, des compte-rendus détaillés des Concerts et récitals,\ndes interviews d'artistes, une revue de la presse, des correspondances de la province et de l'étranger, etc.\nAKnnnpmpnt _ TTNT AN i France et Belgique :15 fr. |Le numéro du ler: 1 fr. 50 (Union Postale : 2 fr.)\n\\ Union Postale Ï 20 fr. |Le numéro du 15: o fr. 50 (Union Postale : ofr. 75)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-03-15-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-03-15_01#c037", "volume": "bmtnabh_1914-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "couv. 2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.2.15", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.2", "debut_caractere": 856, "fin_caractere_exclue": 1978, "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES\nAMIS DE LA MUSIQUE\nComité d'honneur:\nM. le Président de la République M. le Ministre de l'lnstruction Publique et des Beaux-Arts\nM. le Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts M. Gabriel Fauré, Directeur du Conservatoire\nM. Henry Marcel, ancien Directeur des Beaux-Arts, Directeur des Musées Nationaux.\nConseil d'Administration :\nPrésidente d'Honneur : S. A. R. Mme la Duchesse de VENDOME\n•t'\\ i ■ *\nBureau :\nPrésident: M. Gustave BERLY Vice-Présidents : M. le Prince A. D'ARENBERG M. Louis\nBARTHOU M. J. ÉCORCHEVILLE M. Alexis ROSTAND ; M. Léo SACHS;\nSecrétaire du Conseil:M. Gustave CAHEN ; SM. Louis DE MORSIER.\nMembres du Conseil :\nMme Alexandre ANDRÉ Mme la Comtesse RENÉ DE BÉARN M. André BÉNAC\nM. Léon BOURGEOIS M. Gustave BRET Mme la Comtesse GÉRARD DE GANAY\nM. Fernand HALPHEN Mme la Vicomtesse D'HARCOURT Mme la Comtesse D'HAUS-\nSONVILLE Mme Daniel HERRMANN Mme Henry HOTTINGUER Mme Georges\nKINEN M. Jacques PASQUIER Mme la Comtesse PAUL DE POURTALÈS\nM. A. PRÈGRE Mme Théodore REINACH M. Romain ROLLAND M. Jacques\nROUCHÉ M. Louis SCHOPFER Mme SÉLIGMANN-LUI M. Jacques STERN\nMme TERNAUX-COMPANS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-03-15-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-03-15_01#c038", "volume": "bmtnabh_1914-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 26, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.2.16", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.26", "debut_caractere": 91, "fin_caractere_exclue": 1121, "texte": "â\nConcerts du Conservatoire\nLamoureux, Colonne,\nMonteux, Sechiari,\nTOUS LES\nDIMANCHES\nEN MATINÉE\nwM ttauMlÉßr\n« §\nSalle MalaKoff\ndu 16 au 31 Mars\nles lundis et les jeudis à 9 h. Concerts-Rouge.\nTous les Vendiedis a 4 h. de chambre.\n17 M. Yturbi et Poulet 9h.\n20 M. Houmfield 9\n21 M. Gilly 9\n25 M. Van Bommel 9\n27 Mmo Desmarest 9\n71 M. Montazen 2\nnubmm\nO\n.s£,r\n&\nSalle G AVE AU\ndu 16 au 31 Mars\n17 Répét. de la Schola 3J h.\n18 Schola Cantorum 9\n21 Société Philharmonique 9\n22 Concert Lamoureux 3\n23 M. Amenoyanni\n24 M 1 Y. Astruc\n26 Répétition Bach\n26 M. Keller\n27 Concert Bach\n29 Concert Lamoureux\n29 Concert Hasselmans\n30 Mme Morhange-\nJourdain\n31 le Violon d'lngres\n9\n9\n4\n9\n9\n3\n9\nSalle PLEYEL\ndu 16 au 31 Mars\n16 Mllc Girod\n17 Le Quatuor Capet\n1 8 Mmo Legrix (Elèves)\n20 Le Quatuor Lejeune\n21 Le Quatuor Capet\n9\n9\n9\n9\n9\n22 Mme Breton-Halmagrund 9\n23 M. Delroux\n24 Le Quatuor Capet\n25 S M. I.\n26 Composit. de musique\n27 Le Quatuor Capet\n28 Société Nationale\n29 Mme Lyon (Elèves)\n30 M. E. Lappara\n31 M. L. Martin\n9\n9\n9\n9\n9\n9\n1\n9\n9"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-03-15-01-c039", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-03-15_01#c039", "volume": "bmtnabh_1914-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 26, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.2.17", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.26", "debut_caractere": 1123, "fin_caractere_exclue": 2015, "texte": "Salle ERARD\ndu 16 au 31 Mars\n16 M. Gabrilowitscb 9 h.\n17 Mlle Lucie Caffaret 9\n1 8 Mlle Perez Garcia 9\n20 Mme Franquin 9\n21 M. Batalla 9\n22 Mme Chaumont-Kahn (él.) 3\n23 M. Gabrilowitsch 9\n24 M. P. Goldschmidt 9\n25 Mme Rousseau d'Almeida 9\n26 Mnifc Lucy Vuillemin 9\n27 Mlle Joegger 9\n28 Mllw Cardon 9\n29 Mlle Bex (Elèves) 2\n30 M. Goldschmidt 9\n31 M. Blanquart 9\nSALLE DES AGRICULTEURS\nDE FRANCE\n16 M. Charles Dorson 9 h.\n17 Concerts d'Art 9\n18 Alba Rosa 9\n20 M. Charles Dorson 9\n21 M. Durosoir 9\n22 Société Marengo 3\n22 Dr Schaingits 9\n23 M. Szanto 9\n24 MUfi Fischer 9\n25 Mlle Stengel 9\n26 Chaigneau 9\n27 Marie Leroux 9\n28 M. Durosoir 9\n29 Lavagne 3\n30 Wins 9\n3 1 Basset 9\nSALLE VILLIERS\nTous les vendredis, concerts\nclassiques de 4 h. }> à 6 h.\n16 Mlle Cocq 9h.\n17 M. Schmidt 9\n18 Enesco et Mlle Miquel 9\n21 Concert Pierné et Debussy 9\n26 Mme Plamondon 9\n28 Abbé Voguier 9\n30 M. Basagillard g"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.1", "texte": "X* Année ,\n4 S TALTAUC® '4*U4\nLA REVUE MUSICALE\n1'?•- : ; . '\nHonorée d'une souscription du Ministère de l'lnstruction Publique et des Beaux-Arts\nSupplément de Quinzaine\nAbonnement - UN AN îFrance et 15 francs\nl Union Postale : 20 francs\n,7,'r-4:y \"■ • . * -\nLe Numéro du ler:1er: 1 fr. 50 (Union Postale: 2 fr.)\nLe Numéro du 15: 0 fr. 50 (Union Postale: 0 fr. 75)\nCopyright by S. I. M. 1914\nPARIS, 29 9 ru 6 Là Eoëtie\nTél. Wagram : 98-12\n\nA PROPOS DU \" JOSEPH \" de Richard STRAUSS (Interview du Comte Kessler)\nLA QUINZAINE :\nCONCERTS ET RÉCITALS PROVINCE— BELGIQUE— L'ÉDITION REVUE DE LA PRESSE ÉCHOS"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.2", "texte": "V*\nLA REVUE MUSICALE\n/\n? S. I. M.\nJ ET COURRIER MUSICAL RIUNIS %\n<V Directeur : ♦\nQP\nJULES ECORCHEVILLE\nAdministrateur général: Rédacteur en chef:\nRENÉ DOIRE ÉMILE VUILLERMOZ\nPUBLIE :\ndans son numéro du Vr :\nd'importantes études musicologiques, critiques et historiques ; les compte-rendus des grands concerts par CLAUDK\nDEBUSSY et VINCENT D'INDY ; des Théâtres par EMILE VUILLERMOZ ; des Music-halls par Louis LALOY, etc.\ndans son numéro du 15 :\ndes articles d'actualité, des échos, indiscrétions et nouvelles, des compte-rendus détaillés des Concerts et récitals,\ndes interviews d'artistes, une revue de la presse, des correspondances de la province et de l'étranger, etc.\nAKnnnpmpnt _ TTNT AN i France et Belgique :15 fr. |Le numéro du ler: 1 fr. 50 (Union Postale : 2 fr.)\n\\ Union Postale Ï 20 fr. |Le numéro du 15: o fr. 50 (Union Postale : ofr. 75)\n\nSOCIÉTÉ FRANÇAISE DES\nAMIS DE LA MUSIQUE\nComité d'honneur:\nM. le Président de la République M. le Ministre de l'lnstruction Publique et des Beaux-Arts\nM. le Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts M. Gabriel Fauré, Directeur du Conservatoire\nM. Henry Marcel, ancien Directeur des Beaux-Arts, Directeur des Musées Nationaux.\nConseil d'Administration :\nPrésidente d'Honneur : S. A. R. Mme la Duchesse de VENDOME\n•t'\\ i ■ *\nBureau :\nPrésident: M. Gustave BERLY Vice-Présidents : M. le Prince A. D'ARENBERG M. Louis\nBARTHOU M. J. ÉCORCHEVILLE M. Alexis ROSTAND ; M. Léo SACHS;\nSecrétaire du Conseil:M. Gustave CAHEN ; SM. Louis DE MORSIER.\nMembres du Conseil :\nMme Alexandre ANDRÉ Mme la Comtesse RENÉ DE BÉARN M. André BÉNAC\nM. Léon BOURGEOIS M. Gustave BRET Mme la Comtesse GÉRARD DE GANAY\nM. Fernand HALPHEN Mme la Vicomtesse D'HARCOURT Mme la Comtesse D'HAUS-\nSONVILLE Mme Daniel HERRMANN Mme Henry HOTTINGUER Mme Georges\nKINEN M. Jacques PASQUIER Mme la Comtesse PAUL DE POURTALÈS\nM. A. PRÈGRE Mme Théodore REINACH M. Romain ROLLAND M. Jacques\nROUCHÉ M. Louis SCHOPFER Mme SÉLIGMANN-LUI M. Jacques STERN\nMme TERNAUX-COMPANS"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.3", "texte": "A propos de la “Légende de Joseph”\nde Richard Strauss.\n\nUNE INTERVIEW DU COMTE KESSLER\nLa France qui accueillit jadis la première les grandes œuvres de Meyerbeer et de\nRossini, la France, qui fut la seconde patrie de Glilck et de Lully, ignore les derniers drames\nde Richard Strauss. Nous seuls en Europe, nous ne connaissons ni la terrifiante ni le\nChevalier à la rose, ni la provocante Ariane.\nLe Théâtre des Champs-Elysées y avait bien songé ; il nous les aurait donnés, si des con-\nsidérations extra-musicales, appuyées par une critique toujours dédaigneuse, n'avaient entravé\nson zèle, et imposé la banalité d'un répertoire usagé, mais classique.\nL'Opéra, agréablement surpris du succès de Salomé ne tient guère à s'aventurer plus loin ;\nen ce moment surtout. Il fallait donc attendre une intervention' étrangère, seule capable de\nprésenter à la France l'œuvre dramatique de ce phénomène musical qu'est Richard Strauss.\nCette intervention va se produire. Au Théâtre de l'Avenue Montaigne un consortium anglo-\naméricain va venir nous montrer comment on dirige une scène moderne ; Strauss fait partie\nde son programme. En outre, à l'Académie Nationale de Musique, le prestigieux Diaghilew va\ns'installer quelques semaines et nous révéler dans toute sa nouveauté une œuvre de Straus\nspécialement écrite pour les ballets russes, pour cette troupe errante et qui porte aux quatre\ncoins du monde l'art révolutionnaire.\nNotre public français et ses directeurs comprendront-ils la leçon ? Se sentiront-ils humiliés\nd'être servis après l'Europe et l'Amérique, et ne devoir une première de Strauss qu'à l'ingé-\nnieuse audace du plus slave des managers ? Je ne sais, mais il m a paru desnable d insistei sur\ncet événement, et de saisir à son passage à Paris l'un des auteurs de cette \" Légende de Joseph \"\ndont on commence à jaser, et sur laquelle on a déjà colporte plus d une histoire fantastique."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.4", "texte": "2\nS. I. M.\n\nJe suis donc allé voir le Comte de Kessler, qui, avec Hoffmannsthal, signera cette fois\nl'œuvre nouvelle du grand compositeur allemand. Craintif à bon droit, le Comte redoute une\nindiscrétion de plus. N'a-t-on pas été jusqu'à raconter comment l'idée de \" Joseph \" lui était\nvenue l'année dernière au Musée du Louvre, en contemplant un tableau célèbre. Le hasard\nn'a été, en réalité, pour rien dans cette conception. Si les auteurs ont choisi l'histoire de\nJoseph et de la femme de Putiphar, c'est qu'ils ont vu dans cette aventure une et un\nsymbole.\nLa tragédie résulte du contraste violent et soudain de deux mondes dans l'âme de la\nfemme de Putiphar ; contraste qui l'anéantit, parce qu'elle est incapable de le résoudre.\nL'arrivée de Joseph, petit être qui respire l'atmosphère étrange et quasi divine d'un pays\nlointain, Lohengrin enfant, oiseau de Paradis encore tout auréolé de ciel, révèle à l'âme trouble\net lourde de la femme de Putiphar, à cette âme royale, cuirassée d'or et écrasée sous les\nrichesses, un monde nouveau, libre et léger, le monde divin de la Vie. Elle, que rien jamais n'a\ntentée, que rien n'a émue, lac d'eau morte et glacée que nul souffle jamais ne rida, se sent\nremuée pour la première fois par ce rayon de soleil venu d'elle ne sait où. Elle naît en même\ntemps à l'émotion et à l'impossibilité de satisfaire cette émotion. Ou plutôt le seul moyen de\nla satisfaire qui se présente à son imagination, celui de posséder Joseph, se révèle à elle\nillusoire au moment même où Joseph apparaît, à ses yeux, nu. Car devant cette nudité divine,\nelle reconnaît en Joseph l'être qu'aucune possession jamais ne lui donnera. Et alors, c'est le\nduel à mort dans son âme entre les deux mondes, celui dont elle est, et celui où elle désespère\nd'atteindre. Il faut que l'un anéantisse l'autre. Si la femme de Putiphar ne détruit pas jusqu'au\nsouvenir de ce monde divin qui lui est fermé, elle-même sera détruite. Et la tragédie maintenant,\nc'est la désagrégation progressive d'une âme noble et fïère, mais lourde et incapable de se libérer\npar la puissance corrodante du Divin. L'esprit de tentation et de mort, c'est ici non plus\ncomme dans FaustMéphistophélès, mais Dieu. Peut-être y aurait-il aussi un rapprochement\nà faire avec Phèdre, mais avec la Phèdre antique, non pas celle qui meurt de honte, mais celle\nqui, comme Sémélé, est pour ainsi dire foudroyée par la colère des dieux. Chez la femme de\nPutiphar, le mystère de la malfaisance de Dieu prend une forme plus détournée, plus subtile ;\nmais c'est cependant la même conception fondamentale, tamisée à travers vingt siècles de con-\nceptions chrétiennes. Voilà, nous dit le Comte Kessler, à peu près la signification du drame\nque nous avons conçu. A moins que, et l'auteur sourit, à moins que vous ne préfériez\nimaginer à travers l'action présentée, un symbole différent, ce qui est toujours permis.\nMais quant à notre intention symbolique, elle était bien arrêtée dès le début. C'est même\ndans cette intention que nous avons transporté notre action d'Egypte à Venise, et du temps\ndes Pharaons à celui de Véronèse. Le cadre trop exactement historique gêne, à notre sens,\nl'imagination. Ou plutôt, dans ce cadre trop étroit, elle prend moins facilement une significa-\ntion générale. Il faut déraciner les faits, pour les libérer des contingences."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.5", "texte": "A PROPOS DE LA \"LÉGENDE DE JOSEPH\"\n3\n\nEt, demandons-nous, vous avez pu exprimer tout cela par la danse ?\nOui. Mais entendons-nous, il ne s'agit pas d'un ballet !\nAlors, une pantomime ?\nNon plus.\nUn mimodrame ?\nPlutôt ; mais pas encore tout à fait. Nous voulons des gestes qui se comprennent sans\neffort, sans recours à aucune convention ; des gestes \" réalistes \", mais cependant ;\noui, des gestes parcourant toutes les étapes du rythme, depuis la danse pure, jusqu'au rythme\nà peine sensible de l'action passionnée. C'est, en somme ce qu'ont dû obtenir les tragiques\ngrecs, ce que Wagner a cherché, mais n'a pu réaliser qu'avec un ou deux acteurs exception-\nnels, tels Niemann ou la Sucher. Toutefois, comme nous nous passons de la parole, (parce que\ndans nos théâtres modernes de musique elle est toujours mal comprise, et nécessite partant un\neffort souvent pénible) nous avons été forcés d'imaginer notre action, nos gestes d'une façon\ndifférente de celle qui inspirait nos prédécesseurs dans la tragédie musicale. C'est, si vous le\nvoulez, un art nouveau que nous tentons d'instaurer à côté du drame musical traditionnel ;\nart issu à parts égales de la musique et du geste se mariant dans le rythme, mais sans interven-\ntion de la parole comme dans le drame grec ou wagnérien ; art dont Nijinski et Diaghilew,\ndans \" L'après-midi d'un faune \" et le \" Sacre du Printemps \", ont génialement indiqué la\nvoie, mais que nous avons essayé de développer dans le sens dramatique et psychologique.\nFaut-il ajouter que la musique, dans ces conditions, doit posséder une action révélatrice\nplus directe que dans l'ancien drame lyrique. Elle doit se marier plus intimement encore au\ngeste pour nous suggérer ce qui se passe dans les âmes des personnages. Strauss lui-même s'est\ntrouvé là en présence d'un problème qui réclamait toute l'intensité d'un art prodigieusement\nriche. La grande scène où l'éphèbe laisse tomber son manteau et se dévoile nu à la femme\négarée, et où doit éclater l'impossibilité de toute union, môme charnelle, entre ces deux êtres,\nStrauss l'a cherchée pendant une année et c'est aujourd'hui un point culminant, non seulement\nde cette œuvre, mais de la musique moderne.\nLa musique apparaît bien ici comme une sorte de religion, qui le spectateur au\ndrame, directement, sans faire appel à la parole, sans lui permettre de se souvenir même, qu'il\npuisse exister une expression verbale de la passion.\nAinsi parla le Comte de Kessler ; et nos lecteurs lui sauront gré d'avoir rompu en leur\nfaveur le silence qu'il s'était imposé, n'ayant même pas démenti les bruits que la nouvelle de\nce drame biblique avait fait naître depuis quelque temps. Nous compléterons ici même et\nprochainement, les témoignages de cette intéressante interview, en donnant des précisions sur\nla musique de cette singulière partition.\n\nC-M. L."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.6", "texte": "A Travers la Quinzaine\n\nSi le concert d'aujourd'hui n'était venu nous rassurer, peut-être serions nous un peu\ninquiets : à peine nous sommes-nous extasies sur l'avènement des concerts populaires\nMonteux, sur leur but, sur leur raison d'être et leur spéciale utilité que déjà nous avons à\nconstater quelque réaction dans la composition de leurs programmes. Je ne viens pas ici discuter\nla valeur d'oeuvres justement célébrés, et nier le plaisir que peut, que doit même éprouver tout\nêtre sensible et suffisamment averti en écoutant la \" Surprise \" de Haydn et les Eolides de\nFranck, mais je dis que les nombreuses associations symphoniques qui sévissent chaque dimanche\nsuffisent, et au delà, à entretenir le feu sacré sur l'autel des divinités adorées de la foule, et que\nle but de la jeune société est à la fois plus élevé et plus particulier. Aussi bien les applaudisse-\nments significatifs qui traduisirent, après la remarquable exécution de ce chef-d'œuvre d'inven-\ntion sonore et de trouvailles rythmiques qui se nomme Pétrouchka, le sentiment d'un public\nintelligemment chaleureux suffisent à prouver que le triomphe est plus glorieux là où le péril\ncomplique la victoire et à encourager Monteux et ses compagnons à s'engager hardiment dans\nla forêt trop vierge.\nJe ne veux pas insister sur le quatrième concert qui rétrograde encore sur le précédent.\nHenri Rabaud, qui lors dirigeait, joua sa seconde symphonie ce qui est bien naturel. Mais, ce\nqui l'est moins, M 1 Staub exécuta, de Saint-Saëns, un très ancien concerto en ré qui a\ncinquante-deux ans et paraît bien davantage. XJOrphêe de Liszt remplaçait un concerto de\nBach et l'ouverture des Maîtres Chanteurs terminait ces manifestations sonores au milieu\ndesquelles apparut toutefois pour notre plus grande joie le frais décor de deux scènes de la\nForêt Bleue de Louis Aubert.\nNe quittons pas cette œuvre et puisqu'un hasard précieux nous fournit une transition,\nprofitons-en : Les concerts Hasselmans ont eux aussi emprunté tels fragments à cette partition ;\nainsi nous avons vu le soir s'endormir d'un sommeil enchanté la princesse que le prince\ncharmant avait reveillée dans la journée. Qu'importe d'ailleurs cet ordre illogique ? Il suffit de\nbien peu d'imagination pour rétablir les choses. Peut-être les fragments du premier acte d'une\ninspiration plus franche et plus spontanée présentent-ils encore plus d'intérêt que les scènes du\nretour du prince et du réveil de la Belle au bois dormant et cette gradation suffit à ordonner ce\nqui, à d autres points de vue, était interverti. La couleur de l'œuvre de Louis Aubert la\nrattache aux ouvrages nettement modernes dans lesquels domine la recherche pittoresque,\ndécorative et lumineuse, mais je ne sais jusqu'à quel point il n'y a pas là un fait volontaire.\nDans les phrases où l'on peut avoir l'impression, plus qu'en d'autres, que le musicien laisse\nparler son esprit librement, il apparaît que le contour mélodique un peu alangui rappelle plutôt\nla manière de IVlassenet qu aucune autre. Quoi qu il en soit, 1 effet réalisé est très plaisant et des"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.7", "texte": "A TRAVERS LA QUINZAINE\n5\n\nplus agréables à entendre. L. Aubert a trouvé en Mme Bathori-Engel une interprète fidèle\nchez qui la sensibilité n'entrave jamais l'intelligence et qui sait, comme peu d'artistes, imposer\nsa compréhension sans que l'esprit de l'auditeur songe à la discuter.\nLe programme de ce même concert comprenait en outre (et voilà qui pouvait fournir\naussi une admirable transition) la Procession Nocturne d'Henri Rabaud, poëme symphonique\nemprunté au Faust de Lenau. Là, une fois de plus, apparaît le caractère morne et lent de\ncette musique inutilement développée dans laquelle les idées peu fécondes engendrent difficile-\nment des développements actifs. Il est normal qu'une procession avance majestueusement mais\npourquoi donnerait-elle l'impression d'un piétinement !\nMelle Dubel a chanté deux mélodies de M. G. R. Simia, commentaires très discrets de\ndeux beaux poèmes de Samain dont le rythme et la sonorité se seraient bien passés de musique.\nM. André Lévy a joué à la perfection un concerto pour violoncelle de Haydn et la symphonie\nen si bémol de Schumann, le Prélude à l'après midi d'un faune de Debussy et la Rhapsodie\nnorvégienne de Lalo fournirent à M. Lucien Wurmser une matière riche et variée pour\nl'exercer au métier si difficile de chef d'orchestre.\nSechiari ayant repris la direction de sa compagnie a donné cette quinzaine deux\nprogrammes très éclectiques consacrés en partie à Wagner, Bach, Saint-Saëns, Debussy,\nSchubert et Chabrier, quelques premières auditions ajoutèrent à l'intérêt de ces séances :\nImprovisation et Final d'Armand Marsick, dans lequel M. Pollain put faire montre de la plus\nétonnante virtuosité sans avoir malheureusement à la mettre au service d'une musique très\nélevée ; deux mélodies issues d'une recherche pleine de goût de Gustave Samazeuilh qui\ndonnèrent à Melle Gall l'occasion de mettre en valeur sa voix flûtée ;et poëme\nsymphonique de M. Dorson van Reysschoot qui ne nous a point procuré l'occasion de\nsensations imprévues.\nLe début du XXme siècle sera classé par les historiens avides de désigner d'un mot la\ntendance d'une période, comme un temps où fleurit l'amitié. Que de personnes morales, depuis\nquelques années, ont subi le geste chaleureux de tendres amis voués spontanément ou non à les\ndéfendre au besoin, à mettre en évidence leurs qualités, et plus encore à les protéger contre\nl'indifférence du public en général et des pouvoirs publics en particulier. Tout comme \"la\nsociété pour le développement intellectuel des Papous \", le Conservatoire possède désormais\ndes Amis. Leur premier geste fut de donner un concert, on ne saurait le leur reprocher. Le\nPrésident de la République y assistait : faut-il voir là une preuve que l'Etat peut s'intéresser à\ndes réformes et des établissements nouveaux qui jusqu'ici l'ont trouvé inactif? Ce serait constater\nbien vite un surprenant présage, et on peut dire que les Amis du Conservatoire auraient, en\nce cas, obtenu déjà une manière de triomphe.\nLeur concert en tous cas en obtint un. Il était très heureusement composé de la sym-\nphonie sur un chant montagnard de d'lndy, du Requiem de Fauré, du quatuor de Debussy et\nde la Ballade pour piano et orchestre de Fauré. Le quatuor Capet, Alfred Cortot et Vincent\nd'lndy, lequel dirigeait ses élèves du Conservatoire, furent fêtés comme il se devait après les très\nmusicales interprétations qu'ils donnèrent de ces belles œuvres.\n\nMaurice Bex."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.8", "texte": "Les Sociétés\nSociété Musicale Indépendante\nDevançant la conférence prochaine de M. Calvocoressi sur la géographie musicale de\nl'Europe contemporaine, la S. M. I. nous offrait mercredi dernier un concert international\nd'un rare intérêt. D'ailleurs non seulement l'Europe, mais l'Afrique, et peut-être même un\npeu l'Asie, y étaient harmonieusement associées.\nMM. Enrique van der Henst, Franceschi-Costa et Antonio Sala forment un jeune et\ncourageux trio. Ils servirent fort bien la cause du musicien serbe Peter Stojanovits dont l'œuvre\nnous fit apprécier l'abondance juvénile mais indisciplinée d'une imagination parfois heureuse\nmais trop facile. L'abus de l'unisson du violon et du violoncelle est le principal défaut de ce\nTrio qui dénote d'autre part de réels mérites.\nLes mêmes exécutants firent entendre une rhapsodie de Rozycki, beaucoup plus intéres-\nsante. Ce jeune compositeur qui se place au premier rang de l'école polonaise moderne, possède\nune véritable personnalité. On sait quel accueil enthousiaste reçut à Vienne, il y a deux ans, sa\nsymphonie : Ladislas le Terrible.\nLes trois mélodies de M. Armand Abita formaient la partie la dlus attachante du pro-\ngramme par leur spontanéité et leur originalité. La première, cependant, n'est pas exempte\nd'une certaine influence debussyste et son début rappelle vaguement la scène de la terrasse de\nPelléas. Mais dans la seconde de ces mélodies et surtout dans la troisième, M. Abita arrive à\ndégager une personnalité séduisante, empreinte d'une couleur orientale très particulière.\nM. Abita qui est un jeune musicien tunisien, connaît à fond le folklore de son pays ; et il\ntravaille actuellement à une symphonie sur des thèmes arabes où la fantaisie la plus savoureuse\nest servie par une technique très sûre. Espérons que la S. M. I. nous la fera connaître d'ici peu.\nMadame Magda Leymo prêtait aux mélodies de M. Abita le charme de sa voix et de sa\nparfaite diction déjà applaudies naguère dans les œuvres de MM. Florent Schmitt et Mariotte\ndont elle est l'interprète favorite.\nTrois études pour piano de M. Sachs furent admirablement jouées par M. Loyonnet.\nM. Sachs est ce musicien qui fut pris pour Schumann au concert anonyme de la S. M. I. C'est\nsuffisamment dire la qualité de sa musique. Ses \" études \" très délicatement écrites et d'une\ntenue fort distinguée, forment une suite aimable d'un réel intérêt pianistique.\nDu hongrois Léo Weiner, M. Jean Michelin et M. André Salomon révélèrent une\nballade pour clarinette et piano très sérieusement construite. Elle abonde en traits, en gammes,\nen trilles d'une jolie difficulté dont se jouèrent les interprètes, intrépides \" buveurs d'obstacles.\"\nEt certes il n'est pas superflu pour M. Jean Michelin, d'être le fils d'un grand fabricant\nd'instruments à vent et d'avoir hérité de son père d'évidentes qualités de souffle.\nC'était cette fois à la Salle Malakoff que la S. M. I. errante messagère de la Bonne\nNouvelle musicale, nous donnait rendez-vous pour trois premières auditions et une sensation-\nnelle reprise.\nCe furent d'abord les \" Impressions d'Ariège \" de M. Marc Delmas, dont la seconde\nsurtout (Les Usines de la Bastide-sur-l'Hers) témoigne d'une musicalité sûre d'où un sage\nmodernisme n'exclut pas la solidité. Cette page, Casella en traduisit l'intensité avec son habi-\ntuelle et compréhensive dextérité."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.9", "texte": "LES SOCIÉTÉS\n7\n\nIl était difficile de n'être pas heureusement inspiré par l'exquise \" Simone \" de Rémy de\nGourmont. M. Raoul Bardac n'y manque point et bien que sa tâche fût simplifiée par les\nvers émouvants du poète, il faut glorifier la perfection avec laquelle il sut en souligner les\nnuances les plus délicates. Naïve et tendre dans la Neige, gracieuse et enjouée dans le Houx,\nsuave et recueillie, dans Y Eglise, lumineuse dans le Verger, sa musique emprunta une séduction\nde plus à la voix fraîche et à l'art consommé de Mlle Rose Féart. De la suite pour piano de\nM. van Cleeff, on doit mentionner principalement la Bourrée qui en forme la 3e partie, encore\nque sa truculence ne soit pas sans rapport avec celle d'une autre bourrée plus fantasque\ndont ses premières lignes évoquent l'impérieux souvenir.\nLe concert se terminait par le Quintette de M. Florent Schmitt. Il serait malaisé d'ex-\nprimer l'émotion intense et la fascination que dégage cette œuvre quasi géniale devant laquelle\nle Quintette de César Franck lui-même semble pâlir. Impossible d'évoquer avec des mots\nl'inépuisable invention, la prodigieuses habileté qui s'y déploient. Le mieux n'est-il pas de les\nadmirer humblement \" comme une brute \" selon un mot fameux qui ne saurait mieux être\nrappelé qu'ici ? PAUL LADMIRAULT.\nSociété Nationale.\nNon moins bien composé était le programme offert le lendemain par la Société Nationale\nà notre curiosité.\nParmi les \"Trois Mélodies\" de M. Gabriel Grovlez, la ire Des Œuillets japonais et\nsurtout la 3e Sérénade paraissent devoir retenir nos préférence par leur discrète originalité\nque Madame Engel-Bathori sut si bien mettre en lumière. Son interprétation des lieder de\nM. Albert Roussel ne fut pas moins heureuse : principalement dans YOde Chinoise exquise-\nment puérile où s'estompe comme un souvenir des \" Pagodes \" debussystes.\nQuatre Esquisses pour piano inspirées par \" Bruges \" à M. Marcel Pollet, furent confiés\nau talent d'Alfred Casella. La première : La chambre sur le vieux canal, se distingue par un\ncalme mélancolique un peu uniforme. La seconde : Au béguinage, le dimanche, offre un intérêt\nplus varié, mais nous introduit dans un couvent mal clos dont, irrévérencieuses, les chansons\nde la rue viennent parfois troubler le recueillement. Ainsi faut-il sans doute expliquer les échos\naffaiblis d'une bourrée fantasque elle aussi et d'une berceuse trop populaire qui s'y\négarent pour notre étonnement inquiet.\nLe \" Clair de lune sur le Lac d'amour \" laisse une impression assez vague et incertaine.\nLa \" Procession du Saint Sang \", d'une belle sonorité pianistique a de l'allure et même du faste.\nPeut-être lui reprocherait-on d'être trop fidèle au 9e commandement d'Erik Satie, (L'accord\nparfaitne désireras qu'en mariage seulement), ce qui l'enveloppe d'un mysticisme souvent\nconventionnel.\nQuant au sage quatuor de M. Neymarck, avec ses timides modulations, il eût sans doute\nété plus à l'aise dans un autre u Salon \" musical. MM. Malkine, Duval, De Bruyne et\nDesmonts se constituèrent ses vaillants gardes du corps.\nLa Sonate —un peu austère —de M. Eugène Lacroix, dont Mmes Barrier, Védrenne\net Maréchaux donnèrent une exécution fort bonne, terminait cette audition capable par son\néclectisme de satisfaire les goûts les plus divers. PAUL LADMIRAULT.\nSociété J. S. Bach.\nC'est à la Société des Concerts du Conservatoire que revient l'honneur d'avoir fait\nentendre pour la première fois à Paris, (il y a une vingtaine d'années si mes souvenirs ne me\ntrompent pas) la Messe en si mineur. Le succès de cette audition fut tel que, depuis, l'œuvre\na reparu presque régulièrement tous les deux ans sur les programmes. Elle est beaucoup trop"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.10", "texte": "8\nS. I. M.\n\nconnue pour qu'il soit utile d'en donner une analyse, même sommaire ; je me bornerai donc à\nparler de l'exécution qu'a dirigée M. Bret le 27 Février à la Salle Gaveau.\nBien que ma compétence soit loin d'être absolue en la matière, je me permettrai de n'être\npas d'accord avec M. Bret sur les mouvements qu'il a adoptés pour le Kyrie, Y Et in terra pax\ndu Gloria et la première partie du Sanctus : je les ai trouvés sensiblement trop lents. M'en\nréférant à l'autorité de M. Albert Schweitzer, un des meilleurs juges dans ces questions\ncontreversées et difficiles, je me contenterai, pour justifier ma manière de voir, de citer cette\nphrase extraite du chapitre qu'il consacre, dans son remarquable ouvrage, à \" la façon d'exécuter\nles œuvres de Bach Au fondy le mouvement authentique cCun morceau de Bach est facile à trouver :\nc est celui qui fait ressortir à la fois les grandes lignes et le détail. A mon humble avis ces pages\ngrandioses et majestueuses ne gagnent nullement à être trop ralenties : le relief de la ligne se\nperd, elles paraissent longues et monotones.\nL'exécution, d'une manière générale, a été très satisfaisante. Le Qui tollis fut chanté dans\nune demi-teinte très saisissante, ainsi que Y Et incarnatus est ; l'admirable fugue Cum sancto\nspiritu, le Resurrexit, le Sanctus furent exécutés avec toute la vigueur, toute l'énergie désirables.\nMmes Gilly et Altmann-Kuntz ont droit à de grands éloges ; elles ont interprété avec\nun rythme impeccable, une musicalité parfaite, une belle simplicité expressive les airs et\nduos qui leur étaient confiés. M. Gaston Dubois, dont la voix manque de souplesse fut leur\ndigne partenaire. ALB. BERTELIN\nGéographie Musicale\n\" Au point de vue musical, il faut classer les nations européennes en trois catégories. La\n\" première comprend celles en possession d'une tradition ancienne et ininterrompue comme\n\" l'Allemagne. Leurs musiciens tendaient généralement à s'immobiliser dans un académisme\n\" stérile. Dans la seconde se rangent les pays où la production musicale connut des périodes\n\" de prospérité, de décadence, d'inertie et de renaissance (France, Grande Bretagne). Là au\n\" contraire se remarquent les courants artistiques les plus riches et les plus divers. A la troisième\n\" enfin appartiennent les nations jeunes tout récemment pourvues d'une Ecole. (Hongrie,\n\" Russie) Le chant populaire alimente ordinairement l'inspiration des artistes de ces heureuses\n\" contrées sans histoire. \"\nTel est le résumé très imparfait de la remarquable conférence de M. Calvocoressi sur la\nGéographie musicale de l'Europe. Des exemples suivaient — nombreux et concluants — de\ncette délimitation fort exacte. Ce furent d'abord les mélodies de Richard Strauss aux timides\naudaces ; puis les \" Impressions du Livre de la Jungle \" de M. Cyril Scott où l'imagination\nla plus étourdissante se livre carrière surtout dans l'étonnante \" Danse des éléphants \" ; et pour\nfinir les curieuses pièces pour piano de Bartok, Kodaly et Zagon où l'influence du folklore\nhongrois est, selon M. Calvocoressi, indéniable. On y remarque toutefois l'expression émou-\nvante et véhémente des deux dernières \" Nénies \" de M. Bartok, et la musicalité attachante\nde M. Kodaly. On comprend malaisément aujourd'hui l'accueil hostile fait il y a quatre ans\npar le public à ce dernier musicien si habile et sympathique. Une exception — sans doute confir-\nmant la règle — terminait la démonstration de M. Calvocoressi. Il s'agit de M. Léo Ornstein\nqui, bien qu'appartenant au troisième groupe ethnique, affirme une anarchique fantaisie dont\non rechercherait vainement l'origine populaire ! Alfred de Vigny qui déclarait la musique du\nRequiem de Berlioz \"sauvage et convulsive \", qu'aurait-il dit de celle-ci ?\nPar un curieux contraste à son outrance, l'œuvre de M. Ornsteinis'intitule tout modeste-\nment : \" Impression on serait tenté de la nommer plutôt : \" Fautes d'impression\nPAUL LADMIRAULT."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.11", "texte": "M. Risler vient de terminer la série des huit concerts destinés à accaparer nos soirées du\njeudi depuis le 15 janvier et si, en les suivant, nous n'avons pas appris que M. Risler est un\ngrand pianiste (nous le savions), il nous a été du moins prouvé une fois de plus que la maîtrise\n-\nla plus réelle, le talent le plus sûr, le métier le plus absolu sont soumis à l'influence\nde la disposition momentanée, et le Risler du 5 mars nous a semblé un\nbien plus admirable artiste que le Risler du 26 février. D'ailleurs, n'en\ndoutons pas, le style de l'op 111 est plus accessible à chacun que celui de\nl'op 110. Le public de la salle Pleyel qui a suivi ces instructifs programmes\n~ r «il r •. ' i i i i •. • • t\na ovationne comme 11 le méritait le blond pianiste qui, sans concession, s est attache\npendant huit semaines à analyser le Clavecin bien tempéré et les dix dernières\nsonates de Beethoven et à montrer de ci de là comment les auteurs modernes écrivent diffé-\nremment pour le piano en opposant, par exemple, les fades Myrtilles de Th. Dubois à la\nsavoureuse Soirée dans Grenade de Debussy.\nIl y aurait beaucoup à dire encore sur ces concerts mais tant de pianistes, cette quinzaine,\nont attiré notre attention à plus d'un titre ! C'est tout d'abord Melle Gropeano dont l'émotion\nne rend que plus sensible les qualités de délicatesse et d'intelligence. Son interprétation de\nBach, Mozart, Beethoven, Schumann et Liszt témoigne d'une personnalité, et la jeunesse\nfranche, indépendante et spontanée de cette artiste n'est pas l'une des moin-\ndres séductions de son jeu. Toute jeune, elle aussi, Melle Guller ne craint\npoint d'affronter l'appassionata, la Ballade op 52 de Chopin et le terrible Islamey\nde Balakirew. C'est une bien lourde épreuve pour des doigts si frêles, cepen-\ndant Mlle Guller étonne par le charme et la profondeur qu'elle prête à\ncertaines phrases de ces textes et sa technique qui manque peut-être de\npuissance est remarquable à tous autres points de vue. M. Friedman est un\npianiste qui a pénétré tous les secrets du piano Gaveau et qui met des\nmoyens remarquables au service d'un sentiment musical supérieur. Ses inter-\nprétations de la Chaconne de Bach-Busoni, de la Sonate en si mineur de\nChopin et des variations de Brahms lui valent à juste titre les applaudissements les plus enthou-\nsiastes. M. Loyonnet peut prétendre aux titres les plus élevés et sa façon de traiter orchestrale-\nment le piano est très attachante : les Etudes symphoniques de Schumann gardent ainsi leur\nsignification entière et deux voix humaines au timbre émouvant et pur chantent dans l'admirable\nduo de la Variation en sol mineur. Mlle Veluard très en progrès depuis l'an dernier consacre son\ntalent à des œuvres très heureusement choisies pour mettre en valeur ses qualités différentes, elle\nprouve ainsi que la finesse et la légèreté qu'elle consacre à Haydn ne l'empêchent pas de réser-\nver à Balakirew toute la puissance sonore désirable. MUo Ruemmeli fête Mozart, Beethoven,\nChopin, Fauré, Philipp et Liszt et pour l'en remercier le public chaleureux lui lance des fleurs.\nMllc Meerovitch. qui aun grand talent le fait valoir dans prélnde choral et fugue et les 12 études\nop. i o de Chopin. Seul de cette pléiade, Mr Maurice Schwaab donne un concert avec orchestre,\nqui remplit la salle Gaveau. Loin de redouter un contrôle rythmique, il sollicite la surveil-\nlance de Chevillard et ne craint point la férule que le sévère magister agite menaçante, ccpen-"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.12", "texte": "10\nS. I. M.\n\ndant il s'applique à ne pas être pris en défaut et joue le concerto de Schumann de façon très\nmesurée, peut-être ce souci matériel détruit-il quelque peu l'esprit de l'œuvre. Le Concerto en\nmi b de Beethoven est aussi très d'aplomb, très correct mais si calme ! Cependant comme déci-\ndément la baguette ne sévit pas, Mr Schwaab très émancipé maintenant propose à Liszt quelques\nrounds et martelle lourdement le thème du dies irae, ébranle son antagoniste dans des swings-\nglissando du droit et du gauche et le met finalement knock-out au moyen de terribles une-\ndeux que nous appellerons trilles à deux mains. Le public électrisé acclame le vainqueur.\nDans sa dernière séance consacrée à Beethoven, le Quatuor Luquin, toujours homogène\net dont on peut louer sans réserve l'équilibre et la belle sonorité, a donné une très heureuse\ninterprétation du quatuor op 55* Ace même concert M. Luquin et Melle Canal jouèrent sans\ndéfaillance la sonate op 30 n° 7 et admirablement accompagnés par la charmante pianiste\nMM. Austin et Renaud se jouèrent des difficultés accumulées dans les Moines de Banjor, et\nle Rêve, deux duos pour voix d'hommes.\nLe trio Chaigneau continue à établir des programmes variés, très agréables à entendre\nmais dont, à vrai dire, le plan n'apparaît pas très nettement. Peut-être après tout y aurait-il là\nun souci superflu et le public ne semble nullement désorienté d'aller de Brahms à Schumann\nen passant par Francesco Rossi, Pergolèse, Stefano Galeotti, Moussorgsky, Borodine, Chabrier\net Bruneau. Il faut l'imiter et applaudir comme lui l'autorité du trio Chaigneau, la jolie voix\nde Melle Germaine Chevalet, les doigts délicats de M. Jean Verd et le talent remarquable de\nMM. Cahuzac et Maurice Vieux et de Mme Piazza-Chaigneau.\nLe quatuor Malkine a inauguré le deux Mars la jolie salle Beethoven à Passy et a\nobtenu un très légitime succès. M. Risler qui prêtait son concours à cette intéressante soirée a\njoué Y Appassionata avec l'autorité que vous pensez. Melle Speranza Calo a soumis sa voix ample\net tragique au style de pièces anciennes, Mrae Malkine et Mlle Gerda Magnus ont participé\nau succès de cette soirée qui dédia si harmonieusement un nouveau temple à la musique.\nMM1S Lucien Wurmser, Firmin Xauche, Maurice Vieux et Jules MarnefF viennent en\ntrois séances de passer en revue quelques-uns des plus intéressants Quatuors avec piano.\nLeurs programmes très heureusement variés comportaient deux premières auditions : un\nquatuor d'lvan Knorr bien bâti, logiquement développé et d'allure classique, et une œuvre\ntrès attachante de Vitêzslan Novàk dans laquelle les mélodies et les rythmes hongrois abondent.\nA côté de ces auteurs un public chaleureux ne se lassa pas d'applaudir le quatuor inachevé\nde Lekeu ; ceux en sol mineur de Mozart ; en ut mineur de Brahms ; en sol mineur de\nFauré; le quatuor de Boëllmann dontJ'andante d'un charme facile ne fait pas oublier le début\nclair et sonore qui rappelle heureusement la manière de Saint-Saëns; le quatuor de Joseph\nJongen assez touffu mais très musical dans lequel le début du dernier mouvement ressemble\nd'assez près à celui du quatuor en sol mineur de Fauré ;\nenfin le quatuor de Schumann.\nL'exécution très remarquable de toutes ces œuvres\nbrilla surtout par sa variété, le don de s'adapter à des\nstyles très opposés en les respectant tous et un ensemble\nqui dénote une très consciencieuse mise au point."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.13", "texte": "Madame Gaëtane Vicq a consacré tout un programme à la musique ancienne, elle a même\npoussé le souci de la couleur exacte jusqu'à sa faire accompagner parfois au clavecin. Ce faisant\nelle a bien mérité de la musique, mais elle a sacrifié en partie ce qui pouvait la mettre en valeur\npuisque, très évidemment, sa voix ample se marie mieux aux timbres riches du piano qu'aux\nsons grêles et uniformes du clavecin. Aussi bien tout dans ce programme ne présentait pas le\nmême intérêt. Si Ya ir et rondeau de Lulli aux mouvements opposés sont\ncharmants, si le récitatif et air d'Astorga sont un modèle d'expression\ndramatique, et si /'Amarilli de Caccini étonne et ravit, la Rachelina de\nPaesieilo n'offre aucun intérêt et toutes les chansons harmonisées qui formaient\nla seconde partie du programme ne gagnent point à être juxtaposées. Toutes\nces pièces menues et petites quoique bien dites, bien chantées et bien\naccompagnées, sont un peu lassantes à suivre. Quoi qu'il en soit, il faut louer\nle beau talent de Mme Vicq et reconnaître que si, lorsqu'il joue seul du clavecin, M. de Flagny\nse laisse quelque peu dominer par l'émotion, il est par contre un accompagnateur sûr, calme et\npossède un très heureux sens rythmique.\nMlle Monjovet, lors du dernier concert de la Société des Compositeurs de musique, a\nchanté avec un grand talent et d'excellentes intentions les chansons de Marjolie de Th. Dubois.\nCe n'est pas sa faute si ces pauvres petites choses sont dépourvues d'intérêt.\nMllc Luquiens a consacré un concert àla musique française moderne, c'est à dire qu'elle\na chanté uniquement des mélodies d'auteurs français vivants, sans souci, semble-t-il, d'établir un\nprogramme critique. Melle Luquiens dont la voix manque peut-être de développement a chanté\navec une bonne diction et dans un style très sûr des mélodies de Ravel, Lenormand et Fauré.\nLe quatuor Willaume s'est au cours de cette séance fait applaudir pour avoir joué à la\nperfection le quatuor à cordes de\nFauré, dans lequel Mme Feuillard\nLa séance de l'Ecole des Hautes\nLalo, Massenet et Saint-Saëns, sous le\nd'avant hier était une mélancolique\nunes des pièces que chantèrent Mme\nleur exhumation, par contraste avec\nRavel et le quatour avec piano de\noccupa très heureusement le clavier.\nEtudes consacrée à Gounod, Bizet,\ntitre : La Mélodie d'hier et même\nexposition rétrospective, où quelques-\nMockel et M. Austin, souffrirent de\nd'autres œuvres du même auteur\nrestées incomparablement plus vivantes. — Les auditions avaient été précédées d une causerie\nde M. Charles Oulmont qui parla des tendances nettement théâtrales des auteurs\nsusnommés et de l'emprise qu'avait eue sur eux la musique étrangère, bien que leur inspiration\nsoit restée toujours franchement française. Mais pourquoi M. Oulmont s'élève-t-il contre\n\" la terrible et encombrante école russe \" ? Il aurait pu choisir avec plus de discernement son\nspectre avant de l'agiter devant nos jeunes musiciens."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.14", "texte": "Mlle Geneviève Lorrain, violoniste, et Melle Raymonde Blanc, pianiste, ont donné salle\nErard une séance de sonates. Leur programme d'une tenue musicale très élevée était composé\nde la sonate en mi de Bach, de la sonate de Lekeu et de celle de Franck. Le jeu profond et\nmystérieux de MelI° Lorrain convient à merveille à ces pages où\nl'idée s'unit étroitement à la sensation et ceux qui l'entendirent\nles interpréter n'ont pas pu résister à l'étrange autorité qui s'en\ndégage. Melle Blanc qui a d'excellents doigts et un sens très utile\nde la précision dans la musique d'ensemble, ne semble pas subir\naussi intensément que sa partenaire la pensée de Bach, de Lekeu et\nde Franck; il est vrai que Melle Lorrain est une très grande artiste.\nMme Marie Laghos a fait valoir dans des œuvres très différente toutes\nses qualités de charme et de grâce, une virtuosité complète et un sentiment\nmusical supérieur. Peut-être pourrait-on regretter ça et là quelque manque de\nchaleur et de force mais il faudrait être bien sévère. Mme Laghos obtint le plus\nfranc succès dans des œuvres de Tartini, Bach, Hasndel, Beethoven, Pugnani,\nSinding, dans une rhapsodie piémontaise de Leone Sinigaglia (bissée) et dans la\nsonate de Lekeu.\nIl n'est que juste d'associer Mr. Verd, le pianiste si souvent fêté, à ce très\nbeau succès.\nMelle Pinguet bonne pianiste est cependant meilleure harpiste. Elle ne craint point de\nse produire salle Erard sous ces deux aspects ni de s'attaquer à un programme périlleux. C'est\nainsi que, après avoir joué avec Mr Hémery la sonate de Franck elle traduisit sur la harpe\nY Arabesque de Debussy et la Féerie de Tournier avec une charmante simplicité.\nLe double Quintette de Paris en attendant, sans doute, de trouver une œuvre qui\nréclame dix pupitres, s'évertue, pour le plus grand plaisir des auditeurs, à leur révéler des\nquatuors et des trios. Parfois cependant le monsieur affolé d'exactitude mathématique trouve\nune solution satisfaisante en procédant par addition de points. C'est ainsi qu'à la séance du\n6 mars après avoir applaudi le trio en Mi bde Mozart il se réjouit en son cœur de ce que les\nsept exécutants du septuor de Beethoven ajoutés aux trois du dit trio lui aient fourni un\nchiffre explicatif. Il lui fallait d'ailleurs cette compensation, parce que la précédente fois il avait\nfailli perdre la tête en se demandant pourquoi le quatuor à cordes de Schubert et le trio en ut\nmineur de Bach nécessitaient un double quintette.\nN'eut-il pas mieux fait de se laisser aller à ses impressions et de goûter la joie que peut\ndonner aux musiciens l'exécution parfaite de tels chefs-d'œuvre."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.15", "texte": "BORDEAUX. Après Ph. Gaubert, qui dirigea le deuxième et le troisième Concert de\nla Société de Sainte-Cécile, nous eûmes la bonne fortune de voir au pupitre de direction de\nl'orchestre le Maître Ch. M. Widor. Plusieurs œuvres du savant compositeur étaient inscrites\nau programme : parmi celles qui portèrent le plus sur le public, il convient de citer \" Conte\nd'Avril \" délicieuse suite d'orchestre adaptée à la comédie de Dorchain. Notre compatriote\nAndré Hekking, avec le concerto de Lalo, prêtait à ce concert le concours de son beau talent\nde violoncelliste.\nLucien André, ancien chef d'orchestre de notre Théâtre Municipal dirigeait le cinquième\nconcert. M. Lucien André est un violoniste de valeur ; aussi sa profonde connaissance\ndes ressources du quatuor à cordes lui permit de conduire l'orchestre avec une maîtrise\nincontestable.\nEdouard Risler fit entendre à ce concert le beau concerto en mi b de Beethoven. Je\nn'insisterai pas sur le magnifique succès remporté par ce grand pianiste ; du reste M. Risler\nest actuellement le pianiste favori du public bordelais, et les séances qu'il donne tous\nles vendredis à la Salle Franklin, depuis deux mois, sont toujours suivies par de nombreux\nauditeurs.\nFlorent Schmitt dirigea le sixième concert. La Tragédie de Salomê, son œuvre capitale,\nfigurait, bien entendu, au programme. Je me dispenserai de parler de l'œuvre de M. Schmitt,\nelle était déjà connue à Bordeaux.Rhené-Baton nous en fit entendre quelques fragments 1 annee\ndernière, elle fut à cette époque diversement appréciée. Qu'il me soit permis de dire seulement\nque cette belle œuvre eut dans la salle de très nombreux amis, et qu'elle fut très applaudie.\nDu reste quelques jours avant, quelques privilégiés amis de la musique, réunis dans les salons du\nCafé de Bordeaux, firent un excellent accueil au quatuor Gaspard qui donna une très bonne\nexécution du Quintette de M. Schmitt. L'auteur était au piano. M. Calvocoressi dit quelque\npart, en parlant de ce Quintette, que c'est u une des productions les plus émouvantes,\nles plus généreuses et les plus révélatrices de ces dernières années \". Beaucoup a Bordeaux\npartagent ce sentiment.\nLe jeune violoniste bordelais Darrieux prêtait son concours à ce sixième concert avec le\nconcerto de Mendelssohn.\nLe prochain Concert sera dirigé par M. Crocé-Spinelli, le huitième par M. Monteux.\nM. Crocé-Spinelli dirigera également le neuvième Concert donné par / Association Amicale\ndes Artistes musiciens professionnels de Bordeaux.\nAprès la mort de M. Stuart, dont je vous annonçais, dans ma dernière lettre, la\nnomination à la direction de notre scène municipale, nos édiles ont choisi pour lui succéder\nMM. René Chauvet et Perron. M. Chauvet est bordelais et en même temps excellent\ncompositeur. Elève de la classe de Massenet au Conservatoire de Paris, il est 1 auteur de\nnombreuses œuvres musicales très appréciées. M. Perron est un habile metteur en scene dont\nla réputation n'est plus à faire. Ces Messieurs ont pris comme chef d'orchestre M. Amalou,\nde la Gaîté Lyrique, de Paris. Les nominations de MM. Chauvet et Perron, et celle de\nM. Amalou, ont été fort bien accueillies par les musiciens et le public. L'orchestre est\nen voie de formation, et, dit-on, sera composé des meilleurs instrumentistes de notre ville\nfaisant partie de l'orchestre de Sainte-Cécile, et comme solistes des professeurs ue notre"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.16", "texte": "!4\nS. I. M.\n\nConservatoire. C'est le plus sûr garant du succès pour notre futur directeur, à condition bien\nentendu, que le personnel de la scène soit en rapport avec celui de l'orchestre.\nVALENTIN GENDREU.\nNANTES. Grand Théâtre. —M. Rachet vient de monter les Maîtres Chanteurs dans\nd'excellentes conditions et avec un louable souci d'art. En tête de l'interprétation, il faut placer\nM. Grimaud, un Beckmesser tout à fait remarquable. Les principaux autres rôles étaient bien\ntenus par M.M. Leroux, Antony, Capitaine, Lasserre ; Mmes Luart et Nordi. L'orchestre fut\nsuperbe de discipline et de précision; d'interminables ovations furent faites à l'éminent\nkappellmeister Fritz Ernaldy. Les chœurs, renforcés par le Choral Nantais, marchèrent avec un\nensemble inaccoutumé. Beaux décors.\nLa Passion selon Saint Jean. Un groupe d'amateurs a donné une intéressante audition\nde la Passion selon Saint Jean. L'exécution de ce chef-d'œuvre de Bach fut des plus satisfaisantes.\nD'ailleurs, elle était dirigée par M. Vincent d'lndy dont la haute autorité de chef d'orchestre\net la conviction profonde menèrent les choses à bien. Les soli étaient confiés à M. Gibert, le\nténor bien connu de la Schola, à Mmes Nozière, Vallée et Masselin, et à M. Reliet.\nUnion Symphonique. A son dernier concert, cette société a fait entendre deux jeunes\nartistes d'une réelle valeur : M. Armand Lacroix, pianiste au jeu élégant et vigoureux, qui\ninterpréta avec une impeccable sûreté et de beaux effets de sonorité une transcription du\nConcerto en ré mineur de Wilhelm Friedmann Bach, ainsi que différents morceaux de Saint-\nSaëns, de Chabrier et de Debussy, et son frère M. Jean Lacroix, violoniste, un des plus brillants\nélèves de Marteau, qui joua d'une façon délicieuse la Sonate en Sol mineur de Tartini, l'exquise\nPavane pour une Infante défunte de Ravel, et la Berceuse de Fauré. Un public de dilettanti fit\nà M.M. Armand et Jean Lacroix un très vif succès.\nETIENNE DESTRANGES.\nANGERS. Une suite de petites fatalités dont nul n'est plus contristé que lui-même\noblige le signataire de ces lignes à résumer aujourd'hui dans une chronique unique une suite\nde concerts dont chacun méritait vraiment mieux qu'une schématique analyse. De ce retard,\nqu'on voudra bien excuser, tirons au moins un bénéfice : ce bref résumé d'un long moment\nde la vie musicale angevine suggère une ou deux réflexions qu'on me permettra bien de dire\nen deux mots puisqu'elles s'imposent. Pas de considérations générales : ce n'est pas ici\nqu'il est besoin de rappeler ce qu'est l'œuvre admirable de nos concerts, d'évoquer le nom du\ngrand disparu qui semble les animer encore de son génie organisateur, ni de redire les mérites\nde ceux qui président actuellement à leurs destinées. Mais il est permis, en cette saison\nfinissante, de constater ce que ces concerts récents notamment ont manifesté de si éclatante\nfaçon : d'une part le spectacle infiniment encourageant d'un public toujours plus nombreux et\nplus fervent et grâce auquel les beaux mots rebattus d'\" éducation musicale \" et de concerts\n\" populaires \" reprennent leur plus noble sens; de l'autre, l'étonnant courant de sympathie\nqui unit visiblement cet auditoire à l'orchestre et qu'a singulièrement fortifié le pouvoir que\nsur l'un et sur l'autre M. J ean Gay a certainement conquis ; enfin, la remarquable maîtrise\nde ce chef même, de qui le dévouement et la puissance de travail égalent des qualités pro-\nfessionnelles dont la sobriété, la force et la sûreté, ne sont pas les moins admirables.\nIl ne faut pas moins que tout cela pour accomplir des prodiges comme ceux de Décembre\ndernier (Parsifal) ou de Mars prochain (La Passion de Bach).\nLes premiers concerts extraordinaires où furent donnés deux fois de suite les lerIer et"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.17", "texte": "PROVINCE\n\n15\n\n3e actes de Parsifal ne peuvent s'oublier : MM. Sigwalt (Gournemanz), et surtout Allard\n(Amfortas) et Lheureux (Parsifal) furent absolument dignes de leur lourde tâche, notre\norchestre se souvint qu'il appartenait à la plus vieille ville wagnérienne de France, et l'ovation\nfolle qui fut faite à M. Gay était bien due à celui qui, par l'écrasant labeur de préparation de\nl'orchestre et des chœurs (Ste Cécile et dames-amateurs) et par son opiniâtre énergie, eut la\njoie de mener à une aussi glorieuse victoire ces 220 exécutants.\n—Au cinquième concert, très belle exécution de la Septième, d'une Suite curieuse de\nGrieg et de la Faute de Vabbé Mouret ; M. Manuel Quiroga, violoniste, fut lui aussi très\napplaudi pour le Concerto en mi mineur de Mendelssohn et pour trois morceaux de virtuosité.\nLe sixième concert fait le plus bel éloge de l'éclectisme et de la souplesse de M. Gay:\nle programme comportait des œuvres aussi variées que le Concerto en mi bémol de Liszt, le\n2e Concerto grosso en fa majeur de Haendel, Espana et surtout la très belle Symphonie en mi bémol\nde Sylvio Lazzari. Toutes furent supérieurement jouées et fort goûtées par un public qui ne\nménagea pas non plus ses applaudissements à M. Borchard, lequel fit preuve de brillantes\nqualités dans Liszt, et dans trois pièces de Chopin.\nAu septième concert, le Concerto de Mozart (flûte, harpe et orchestre) fut un très gros\nsuccès pour MM. Moncelet et Durand, deux de nos modestes et grands artistes ; la Symphonie\nen ré de Haydn plut énormément, comme d'ailleurs l'étrange Sadko du magicien Rimsky. Une\npremière audition : Prélude de Brocéliande, de Ladmirault, fut une courte mais véritable joie.\nJe n'en dirai pas autant du Carnaval de Dvorak, ni surtout des pièces de Biisser par lesquelles\nM. Mayeux, altiste des Concerts-Colonne, très bien accueilli d'ailleurs, tenta non sans talent\nde nous gagner au charme discutable d'un instrument bien ingrat.\nHuitième concert : il fut merveilleusement réussi. Le nom de Fanelli dont les\nTableaux Symphoniques longs, incomplets et très beaux furent moins applaudis que leur auteur,\navait attiré une foule énorme. Elle fut électrisée littéralement, et légitimement, par\nl'admirable audition que Jean Gay nous donna de la Pastorale et parut transportée par la voix\nitalienne et chaude, la science, la grâce et l'exquise simplicité de Mile Louise Mazzoli qui de\nson côté remporta un véritable triomphe avec un air des Noces, un air Iphigénie et surtout\ndes pièces de Schubert, Fauré et Durante. L'ouverture à?Euryante complétait de la plus\nheureuse façon ce concert parfait.\nTOULOUSE. On a joué Carmosine d'Henri Février au théâtre du Capitole. Sujet\ncharmant malgré son invraisemblance, entouré d'une musique claire, compréhensive et gaie.\nLa gaieté devient en musique une chose rare, et le compositeur qui ose ne pas être ennuyeux...\nmais voilà un sujet qui m'entraînerait loin et j'allais oublier que je dois me borner, en quelques\nlignes, au rôle modeste de conteur de nouvelles.\nLes nouvelles sont bonnes, du moins pour l'auteur, car la Carmosine de M. Février rem-\nporta un très vif succès. Ah ! ce ne fut pas la faute des interprètes si l'œuvre a réussi ; à part\nune ou deux exceptions, ils ont tout fait pour l'écraser sous le poids de leur incompréhension.\nJouer lourd, jouer triste, tel est le lot de beaucoup de nos chanteurs provinciaux placés entre le\ndrame lyrique moderne et l'opéra-comique ancien ; pas assez musiciens, la plupart du temps,\npour être supérieurs dans le premier ; trop médiocres comédiens pour être supportables dans le\nsecond.\nLa voilà bien la crise du théâtre ! aussi j'aime mieux vous parler du dernier concert de la\nSociété du Conservatoire, dirigé, cette fois, par M. Aymé Kunc. Sans doute avez-vous appris"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.18", "texte": "16\nS. I. M.\n\nque le Ministre des Beaux-Arts et la municipalité toulousaine s'étaient mis d'accord pour\nappeler à la direction du Conservatoire de notre ville, en remplacement de M. Crocé-Spinelli\ndémissionnaire, notre jeune compatriote M. Aymé Kunc.\nFils d'Aloys Kunc, le renommé musicographe et plain-chantiste, le nouveau directeur de\nnotre Conservatoire qui obtint, il y a quelques années le Grand Prix de Rome a, croyons-\nnous, toutes les qualités nécessaires pour mener à bien la tâche qui lui est confiée ; aussi son\narrivée au pupitre de chef fut-elle saluée par d'unanimes applaudissements. Sous sa direction,\nl'excellent orchestre de la Société, vite soumis à sa discipline autoritaire et souple à la fois,\ndonna une exécution parfaite des différents morceaux inscrits au programme, entres autres de la\nSymphonie en ut mineur avec orgue de Saint Saëns, et de deux compositions de M. A. Kunc :\nOuverture de fête et Suite dramatique^d'un brillant coloris orchestral. A ce meme concert\nM. Edouard Risler conquit l'auditoire par la fougue et la personnalité avec lesquelles il inter-\npréta le concerto en mi bémol de Beethoven et diverses pièces modernes.\nG. G.\n*\n* *\nREIMS. — L'orchestre de la Société Philharmonique a terminé la série de ses concerts,\npar une manifestation artistique véritablement remarquable ; et c'est plaisir de constater quels\nmerveilleux progrès elle a accomplis, cette année, sous l'énergique impulsion de son jeune\ndirecteur.\nLa renommée de M. D. E. Inghelbrecht n'est plus à faire ; son intelligence de la musique\net sa valeur de chef d'orchestre sont depuis longtemps consacrées par les plus grands critiques.\nMais on est heureux, malgré tout, de juger ce que peut, sur une société agonisante l'influence\nd'une nature d'élite.\nLe programme comportait une série d'œuvres de premier ordre : La pathétique ouverture\nn° 3 de Léonorede Beethoven, fut exécutée avec une justesse et une intensité d'expression\nincomparables. On ne pourrait en dire autant de la de Mendelsshon, dont\nl'ensemble de l'exécution fut assez flou, notamment en ce qui concerne l'Allégro vivasissimo\nqu'on a reproché à M. D. E. Inghelbrecht d'avoir battu dans un mouvement trop vif. Pour\nnous, nous ne commettrons pas cette injustice, convaincu qu'il y a surtout lieu d'incriminer la\nvirtuosité encore insuffisante de nos musiciens.\nLa première partie de Wallenstein (le camp) de M. Vincent d'Indy, a obtenu un très vif\nsuccès. Mais où la société se surpassa surtout, c'est dans la première audition qu'elle a donnée\ndu prologue et d'importants fragments du premier de de Moussorgsky. A cette\noccasion, il avait été fait appel au superbe talent de Melle Rose Féart, de l'Opéra, qui se fit\nd'abord entendre et chaleureusement applaudir dans le grand air de de Weber, de\nMeUe Thérèse Jeanès, de Melle Romanitza et de M. Collet qui chantèrent avec un art impec-\ncable les principaux motifs de la partition, en même temps que les chœurs — composés en\ngrande partie, cas peut-être unique, d'éléments de la société mondaine de la vieille cité\nrémoise — se montraient à la hauteur de leur lourde tâche. Cette partie du programme repré-\nsentait, à elle seule, un effort considérable dont il convient de louer M. D. E. Inghelbrecht\nqui eut à surmonter tant de sérieuses difficultés.\nMAURICE MARÉE."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.19", "texte": "Cependant que nos grandes associations symphoniques rapprochent les vivants, l'orchestre\ndu Conservatoire, fidèle àla tradition, se consacre aux grands défunts. Le deuxième concert\nressuscitait les cantates de Bach, O Jesus-Christ,\nhaben ; Sanctus, Benedictuset Requiem de P. Benoit, des d'Hugo Wolf, et nous\nfaisait connaître la deuxième symphonie de G. Mahler, œuvre confuse et complexe, imperson-\nnelle, et néanmoins marquée d'un souffle original. L'exécution de ces pages, particulièrement\nde la dernière, vaut à M. Léon du Bois de nombreuses ovations, très méritées. Plus\nrigoureusement classique, le troisième programme permet au sympathique directeur de nous\noffrir de très pures exécutions d'ouvrages connus, à part Le Roi des Génies, ouverture de Weber.\nLe 2e Concerto brandebourgeois, de Bach, pour trompette, flûte, hautbois, violon, accompagnés\npar les cordes et l'orgue. C'est un charme que d'entendre, se répondant avec une virtuosité, une\njustesse, une homogénéité impeccables, les artistes de M.M. Goeyens, Demont, Piérard, res-\npectivement professeurs de trompette, flûte et hautbois du Conservatoire, et le maître César\nThomson lui-même dont le jeu seul, en son incomparable élégance, prête à l'ensemble une\nbeauté de ligne, immatérielle et grave. Un peu monotones, d'impression fânée, de grâce mièvre,\nfrêle et lointaine, la Symphonie en ut d'Haydn, le Concerto pour Harpe et flûte (avec MM. Meerlo\net Demont) de Mozart, gardent un parfum d'exquis et clair naguère... Moins divin, mais se-\ncouant de vrais rythmes de vie, voire dans cette sentimentale Pastorale, où il y tout de même\nd'inoubliables harmonies, Beethoven ; et enfin Weber, sont plus proches de nous.\nA la Société Philharmonique, le prestigieux Pablo Casais, chante, aussi, Bach, Mozart,\nBeethoven, et Brahms. A la Société Bach, en attendant la voici\ndes cantates, des choeurs, des airs et des sonates, sous la direction de M. Zimmer, avec le con-\ncours des brillants solistes M. Gmeiner, Mmes Kaempfert, Landowska, M. Soiron. Aux Composi-\nteurs belges, M. Bosquet présente la Sonate pour piano de Lekeu, un Prléude d'A. de Boeck, le\nPaysage n. 2 (encore !) de P. Gilson,et Soleil de midi, délicieuse impression de Jos. Jongen, Mme E.\nVarny chante des mélodies de L. Delcroix, une Elégie romanesque de G. Frémolle et deux lieder\nd'A. de Greef. Enfin, MM. Deru et Bosquet donnent une excellente interprétation de la belle\nsonate pour piano et violon de M. Buffin. De la musique belge figure aussi au concert de la\ndistribution des prix à l'Ecole de musique de St-Josse-Schaarbeeck. poème lyrique\nd'E. Tinel; Les Saisons,chœur pour voix d'enfants et d'orchestre de M. L. Du Bois; des mélodies\nde Gilson, un Adieu de F. Rasse. Les deux dernières soirées musicales de la revue Le Thyrse\nfurent consacrées aux compositeurs nationaux : Rasse et Jos. Jongen. Elles ont obtenu le\nplus vif succès. Félicitons notre confrère de son initiative. Signalons la sixième matinée\nlittéraire du Parc, où l'on exécuta la musique de scène écrite par M. Gaston Knosp pour\nLe Poète et sa femme de F. Jammes ; les fête du et de dont la partie\nmusicale fut entièrement tenue par des ouvrages de M. Charles Mêlant.\n%\n% *\nL'illustre maître français C. Saint-Saëns vient de trouver, une fois encore, à Bruxelles,\nl'accueil enthousiaste auquel de longtemps le public belge l'accoutuma, à l'occasion de la\nreprésentation à la Monnaie, pour le Gala de la Presse, de son\nCette œuvre, créée à Paris en 1877, avait déjà été jouée en 1879 non sans\ncoupures, dans sa forme première d'opéra-comique. L'auteur l'a remaniée depuis, afin de lui\ndonner l'aspect d'un drame lyrique avec récitatifs. \" Il y a de tout écrit-il lui-même dans cet\nouvrage, qui va de la symphonie à l'opérette en passant par le drame lyrique et le ballet"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.20", "texte": "18\nS. I. M.\n\nUn tel programme semble bien risqué de nos jours mais on ne peut nier qu'il réunit\nles éléments d'un succès.\nLe groupe belge S. I. M. patronne deux séances intéressantes : l'une consacrée\nà Schumann, avec le concours de M. Delgouffre, pianiste-conférencier et de Mme d'Albert\ncantatrice ; l'autre, par M. Van Roy, professeur au Conservatoire de Bruges, comportant un\nprogramme de pièces variées pour piano : Brahms, Debussy, Albeniz, Glazounow-Balakirew\net Ryelandt, où s'est révélé un éminent virtuose.\nLa Société Philharmonique avait retenu, pour son cinquième concert, la participation d'Emil\nSauer. Programme classique, de Rameau à Liszt, en passant par Gluck, Beethoven, Chopin, Men-\ndelssohn, avec aussi trois petites œuvres de Sauer lui-même, dont la maîtrise n'est plus à dire.\nA M. Dumesnil, le pianiste français, qui nous convia à un récital, nous reprocherons son\njeu mièvre, d'une élégance trop gracieuse, frisant la préciosité. Sa technique à \" fleur de\ntouche \", convient très bien à Scarlatti mais elle est déplorable dans l'exécution du\net Fugue de Bach, pages d'un lyrisme puissant et majestueux. Quant à on peut\nse demander si l'artiste se rend compte du sens même de cette limineuse indication.\nIl tombe dans cette erreur des pianistes qui, sottement, croient encore au Beethoven du\n\" clair de lune \". Plus heureux dans les œuvres modernes, d'Albenitz, de Rachmaninoff, de\nG. Dupont, de Liszt, il y fut toutefois mal servi par l'instrument, doué de formidables basses,\nle haut manquant d'égalité et donnant l'impression, sur les pédales d'orgue par exemple,\nd'appartenir à un autre clavier.\nActons le succès de la fête annuelle organisée en la maison commune de Molenbeeck\npar le comité local de la Croix-Rouge, sous la présidence de Mme la comtesse de Mérode, de\nM. le Bourgmestre Hanssens, ayant à leurs côtés M. l'auditeur général Chômé, et les membres\ndu corps échevinal. Aussi, le récital, de Mlle Zelima de Herve, et l'audition de la \" Société de\nMusique ancienne\" avec le concours de MUe Strauwen, et de M. Maas. René Lyr.\nANVERS\nL'opéra flamand d'Anvers a créé depuis le début de la saison trois œuvres belges. Shylock\nde M. Alpaerts, Alceade M. Auguste Dupont, neveu du regretté Joseph Dupont et\nChanson d'Halewynde M. A. Dupuis, sur un livret de notre éminent confrère M. Lucien\nSolvay. Il montera, incessamment Parsifal,au respect des plus pures traditions de Baireuth, la\ndirection de la mise en scène ayant été confiée à M. Ernest Van Dyck, et le rôle de\nà l'excellent chanteur Laurent Swolfs, qui, probablement, est le seul ténor franco-belge pouvant\n-se glorifier d'avoir chanté toutes les œuvres de Wagner.\nLIÈGE\nM. Lucien Mawet, directeur de Y A Capella a fait entendre à quelques\nœuvres de musiciens wallons. Une sonate pour piano et violon de M. Micha, quelques pièces :\nMiniatures (récemment publiées par Breitkopf et Hârtel), de lui-même ; un chœur de\nDuyssens, une suite pianistique Dans les Ardende M. Smulders, un chœur encore de\nMme Van den Boorn-Coclet : Hyménée; enfin la scène finale de de Sylvain Dupuis.\n.Nombreux public, accueillant aux œuvres et qui applaudit les interprètes Mmes Mawet-Rutten,\nWastrade, MM. Henry et Fernand Mawet.\nCONCERTS DIVERS\nLa séance donnée salle Patria par M. Reuschel a été un véritable triomphe pour les\nauteurs et aussi pour Mme Elias qui a très bien détaillé des mélodies de Léo Sachs.\nL'audition Suzanne-Godenne-Josef Szigeti fut une nouvelle occasion pour la grâcieuse\npianiste d'affirmer ses qualités de technicienne brillante et de compréhensive artiste. Elle joua\nla sonate op 78 de Brahms, de Sonatensatzdu même et la sonate op 36 de G. Pierné,\nM. Szigeti, virtuose impeccable interpréta de son côté avec tout le sentiment désirable la suite\nop 11 de G. Goldmark. X."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.21", "texte": "L'Édition Musicale\nV. P.\nUne Romance un peu trop romance de M. Pedro de Ferran (*) et une aimable Berceuse\nde Jeanne Levïvre (2), nous guident vers trois nouvelles œuvres de notre ami Léo Sachs (3).\nOn a prononcé, à propos de Sachs, le mot de Schumann français, c'est plutôt à Mendelssohn\nqu'il faut songer. Même souci de logique et de la mise au point, même tendance à ramener\nle langage harmonique à un certain équilibre, et enfin, même goût pour le personnage\nsymphonique de bonne compagnie et légèrement sentimental. Les u Jeux de nuages \" carac-\ntérisent parfaitement cette manière.\nPour les petits arrivent chaque mois des envois nouveaux. Cette fois ce sont les six pièces\nde M. Orban (4), qui donneront aux débutants une idée de la grande musique, et les Enfan-\ntillages de Paul Allix (5) où apparaissent des préoccupations de style ancien.\nNos enfants trouvent ainsi la route ouverte vers la musique que l'on considérait encore,\nil y a trente ans comme un simple objet de curiosité. Et voilà que\ndes collections comme celle de Roudanez (6) leur présentent un\nchoix qui va de Purcell à Haessler et de Bulow à Beethoven. Il\nfaudra bien que cet enseignement se méthodise un jour, et pénètre\njusque dans nos établissement officiels, dans nos lycées.\nLo Guarracino de Gaspare Casella (7), le brillant libraire de\nNaples, est une tarentelle, qui peut, dans une certaine mesure\nseulement, prendre place parmi les oeuvres rétrospectives. Très\nauthentiquement ancienne est, au contraire, la Suite publiée par\nCh. Bouvet (8) et tirée du célèbre ms fol. 61 de Cassel. Ecrite pour\ncinq parties, M. B. l'a réduite en duo pour un dessus et un clavier,\nce qui la rend accessible au grand public, avec ses indications de\nmesure, coups d'archets, nuances etc... C'est faire œuvre pie ; nous\nsommes toujours bien en peine lorsqu'il faut redonner la vie à ces\ncompositions dont le style nous échappe. C'eût peut-être été l'occa-\nsion de tenter ici la publication de quelques reprises ornées et dimi-\nnuées, suivant l'habitude des violons français de 1660 !\nEn dernière heure le Prélude à VAprh-midi d'un faune (9) nous\navertit que nous sommes au XXe siècle. Qui eût cru que cette\nœuvre, déjà classique, n'était pas encore réduite pour piano.\n(1) Primavera, romance pour piano et violon\n(Breitkopf). (2) Berceuse pour chant et piano\n(Roudanez). (3) Jeux de nuages, pour piano\n(Eschig) Sonate pour piano et violon ; Prélude,\npour piano (M. Senart). *(4) Tour les petits,\npiano à quatre mains (Edition mutuelle).\n(5) Enfantillage piano à deux mains (Roudanez).\n(6) Les Maîtres classiques de la musique, collec-\ntion placée sous le contrôle artistique de Vincent\nd'lndy, et publiée avec la collaboration de Blanche\nSelva (Roudanez).\n(7) antica (Napoli G. Cassella).\n(8) Suite, pour violon, flûte ou hautbois et piano.\n(Demets). (9) Pour piano à 2 mains par L.\nBorwick (E. Fromont)."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.22", "texte": "Revue de la Presse Quotidienne\nLA MARCHANDE D'ALLUMETTES\nLA LIBERTÉ\nOn se plaint déjà que les grands hom-\nmes encombrent un peu, quelquefois, le\nchemin des générations qui les suivent.\nVa-t-il falloir que femmes et enfants,\ndétachés autour d'eux, achèvent de bar-\nrer la route ? Une gloire devient une\nraison sociale, que toute une dynastie\ndoit exploiter en tous sens. Et la gloire\nn'y gagne rien.\nQue ces familles régnantes s'amusent\nentre elles à de petits jeux innocents,\nc'est tout à fait gentil 5 mais l'Etat\nsubventionne-t-il des théâtres, où si peu\nd'opéras peuvent voir le jour chaque\nannée, pour donner un public à ces\njeux ? Jeux d'une puérilité vraiment\ndéconcertante à notre époque 5 si pré-\ntentieux en même temps, que les enfants\nne pourraient les prendre au sérieux plus\nque les grandes personnes. On y parle\nde \"subconscient\". Jamais, cependant,\nDeux Gosses ni Deux Orphelines, jamais\nVie de Bohème ni Mignon n'ont plus\neffrontément spéculé sur ce qu'il y a de\nplus facile, de plus convenu et de plus\nniais dans la sensiblerie humaine. Rien\nn'y manque pour vous tirer les larmes\ncomme on vous demande un sou. Et\nles larmes ne viennent même point,\nparce que tout cela est traité, avec une\ninsigne maladresse, par de malheureux\nauteurs qui sont intoxiqués de littérature\ndepuis le berceau 5 qui devaient en faire\ndéjà quand ils criaient pour qu'on chan-\ngeât leurs langes ; qui n'ont jamais pu\nce n'est plus leur faute rien voir,\nrien sentir, rien penser naturellement 5\npour qui tout n'est que mots, et les\nmots eux-mêmes ont perdu leur sens et\nleur usage naturels. Il semble que l'air\nmême qu'ils respirent soit factice ; et le\ntortillage de leur délire verbal atteint\nlaborieusement à l'exact contraire de la\nvraie poésie, de l'esprit, du sentiment,\nau contraire de la jeunesse et de la\nnaïveté surtout. Quand la préciosité\nmoderne trouvera-t-elle son Molière ?\nIl ne faudrait pas juger de l'auteur de\nla musique tout à fait comme de ceux\ndu livret. Il n'est pas impossible qu'en\nce débutant la valeur n'attende que le\nnombre des années. Seulement, son\ndébut est un peu prématuré. A la lec-\nture, sa partition semble soigneusement\nécrite et même assez soigneusement\ncomposée. M. Tiarko Richepin aurait\nencore beaucoup à apprendre pour la\nconstruire comme il en montre la vel-\nléité. Est-ce à cause de cela, ou de\nl'agrément un peu salonnier, avec quel-\nque chose de déjà entendu, des idées ?\nEst-ce à cause d'une instrumentation\nqui cherche évidemment une jolie cou-\nleur, mais qui ne trouve pas son équili-\nbre ? Cette musique, à l'audition, s'effi-\nloche en charpie d'une molle monotonie.\nIl est un peu inquiétant que les idées\nles plus nettement venues soient deux\nvalses, dont l'une, jouée sur un orgue de\nBarbarie, apparaisse cruellement vrai-\nsemblable. Pourtant, si le sujet a en-\ntraîné le musicien à une sucrerie conti-\nnuelle, ce musicien ne tombe point à la\nfausseté sentimentale du poème. Il a\npeu de vivacité, mais quelquefois une\ncertaine grâce, et de la fraîcheur. Son\nton évite le mélo. Enfin il n'a point le\nsnobisme de ses collaborateurs. Au lieu\nd'on ne sait quel sous-debussysme de\npacotille qui aurait pu s'y assortir, il\nnous offre, non sans ingénuité, de l'hon-\nnête Massenet, du Massenet au second\ndegré, et plutôt au travers des élèves de\nMassenet. GASTON CARRAUD.\nEt Œtmpo\n\" La Marchande d* allumettes est signée\nde deux noms extrêmement célèbres.\nMais les auteurs qui portent ici ces\nnoms ne sont pas les mêmes qui leur\nont conquis sa célébrité : ils ne font que\nprofiter de la renommée d'autrui. Je ne\nsongerais d'ailleurs pas à vous en faire\nla remarque, si leur œuvre avait une\nvaleur personnelle. Mais tel n'est pas\nprécisément le cas : la Marchande d'allu-\nmettes ne s'impose point par elle-même.\nSans le crédit qu'elle tire de Cyrano et\nde la Chanson des Gueux, il n'est pas\ntéméraire de supposer qu'elle n'eût pas\nsi facilement trouvé grandes ouvertes les\nportes de l'Opéra-Comique. On a vu ces\nportes être moins hospitalières à d'autres\nouvrages, dont le mérite est assurément\nplus véritable. Les librettistes et le mu-\nsicien de la Marchande dyallumettes doi-\nvent ainsi à leurs noms un privilège,\nque leurs talents ne justifient pas assez.\n... Je ne crois pas qu'il y ait dans la\nMarchande d? allumettes un seul mot de\nnaturel : tout n'est qu'affectation, préci-\nosité et mièvrerie. Cela va de l'extrême\npuérilité à l'extrême prétention, et d'une\ndésinvolture faussement pimpante à une\nsensiblerie faussement naïve. Partout\nrègne le plus détestable petit goût qui\nfait des grâces et se complaît en lui-\nmême avec une sorte de fatuité. Et par-\ntout, partout est répandue une fadeur\ndont on se sent comme écœuré : on ne\npeut entendre cette \"poésie\" sans son-\nger aussitôt à des sucreries, à des confi-\nseries, à des pâtisseries. Et quand ce\nn'est pas à de la pâtisserie qu'on songe,\nc'est à de la parfumerie pâtisserie et\nparfumeries mêlées, comme ces pâtes\norientales dont on ne sait au juste si\nelles sont faites pour qu'on les mange\nou pour qu'on s'en lave les mains. \"\nPIERRE LALO.\nLE JOURNAL\nLes contes d'Andersen sont moins\nanimés que ceux de Perrault, moins bril-\nlants que ceux de Mme d'Aulnoy, mais\nil n'en est pas de plus touchants ; et\ncelui de la Petite Marchande d** allumettes\nest le plus touchant de tous. C'est ce\nque n'ont pas manqué de ressentir\nMme Rosemonde Gérard et M. Mau-\nrice Rostand ; et, au mérite d'avoir\ndiscerné que la douloureuse histoire de\nla pauvre petite fille pouvait inspirer de\nla jolie musique à un jeune musicien\nsi jeune qu'il lui est encore facile\nd'obéir au précepte de Schiller et de\n\" respecter, étant devenu un homme,\nles rêves de son enfance \" ils ont\njoint celui d'avoir, dans leur adaptation\nscénique, maintenu et sauvegardé ce\ntrait distinctif d'Andersen : l'émotion.\nLes développements, les épisodes qu'ils\nont ajoutés à ce conte de trois ou quatre\npages, les fictions dont ils l'ont orné,\nau risque, parfois, de le surcharger un\npeu, sont du même ordre et de la\nmême qualité que le conte lui-même ;\nces deux poètes français se sont assimi-\nlés intimement au poète danois et ne se\nsont permis que de superposer à sa\nmanière simplette le disparate savant\n(et d'ailleurs opportun dans une pièce\nfantastique) d'un ingénieux maniérisme\net d'une versification raffinée."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.23", "texte": "REVUE DE LA PRESSE QUOTIDIENNE\n21\n\nM. Tiarko Richepin est un musicien\ndes plus doués 5 il a de séduisantes idées\nmélodiques et l'instinct de l'effet théâ-\ntral, mérite que bien des gens dédai-\ngnent aujourd'hui, surtout ceux qui\nen sont privés. Peut-être même abuse-\nt-il des expédients que lui suggère ce\ndon précieux et recherche-t-il trop sou-\nvent l'Effet. La musique de M. Richepin\ndénote un sens très sûr du pittoresque\net de l'atmosphère, ainsi qu'en témoigne\nla page remarquable qui accompagne la\nfermeture des boutiques, au soir tom-\nbant ; son orchestration sait évoquer et\ndécrire } mais elle est un peu uniforme\n(je sais bien que la prédominance des\nvisions neigeuses et argentées excuse un\npeu ici l'emploi continu des mêmes\nprocédés) ; en outre, elle manque\npeut-être de solidité dans les passages\nqui exigent de la force. M. Richepin\nécrit bien pour les voix et sait les faire\nchanter 5 il devra seulement surveiller\nsérieusement sa prosodie, qui est parfois\nlégèrement défectueuse. Tout compte\nfait, l'ensemble de son œuvre est des\nplus heureux et permet de fonder sur lui\nde très fermes et très sympathiques\nespérances.\nREYNALDO HAHN.\nISCHO BB PARIS\nLe livret comporte trois grands actes.\nPour ce conte, c'est beaucoup, c'est trop.\nLe premier acte, où la petite fille s'en-\ndort sous la neige, le dernier, 011 elle\nmeurt, ne sont, en réalité, que deux\nlongues scènes. Il a donc fallu les farcir\navec des épisodes.\nCertes, on le fit avec adresse 5 et le\nspectateur voit bien que les librettistes\nsont deux poètes fort ingénieux, fort\navisés, et qui, comme le renard de la\nfable, ont plus d'un tour dans leur sac...\nPar malheur, dans leurs artifices, ils\nn'ont pas été soutenus par le musicien,\nqui n'a pas enoore un tour de main\naussi souple.\nSi bien que ces épisodes, où la musique\nmanque de variété et de relief, produi-\nsent une impression de longueur, de\nmonotonie.\nEt l'auditeur a trop le loisir d'être\ngêné par l'excessive préciosité du livret.\nQuand certaines subtilités, certaines\ngentillesses verbales sont prises dans le\nmouvement du discours ou dans l'en-\ntraînement des jeux de scène, elles pas-\nsent : au passage, elles amusent. Mais,\nralenties par la musique, elles déconcer-\ntent, et font rire d'elles.\nAussi bien, pour le compositeur, la\npartie était fort difficile à gagner. A\nchaque instant, on lui imposait l'occa-\nsion de montrer s'il avait des atouts.\nEn effet, un livret sur un sujet admi-\nrable, mais un livret trop long, dange-\nreux par la juxtaposition du rêve et de\nla réalité, plein d'élégances ou de cocas-\nseries qui tirent l'œil, détonnent, et\nqu'il est bien difficile de sauver ou\nd'escamoter. un livret, enfin, qui\ns'arrête tout le temps pour dire au\ncompositeur : \" A toi, vas-y de ta ro-\nmance !... \" Mais la romance, il faut\nla trouver. Et voilà une nouvelle preuve\nqu'il est facile de penser à Massenet,\nmais qu'il n'est pas à la portée de tout\nle monde d'écrire \" Adieu, notre petite\ntable \".\nCe c'est pas que la partition manque\nd'idées agréables et faciles. Mais elles ne\nsont pas assez caractérisées, et elles ne\nportent guère. Peu de développement,\naucun travail thématique, des rappels\npar tranches successives, aucun plan,\naucune gradation, un pêle-mêle impro-\nvisé, et une orchestration hâtive,\nsans imprévu, sans nulle recherche.\nEt, dans l'ensemble de l'œuvre, quel-\nque chose de lourd, de monotone, de\npiétinant, qui tient un peu à tout ce que\nnous venons de signaler, mais beaucoup\nsans doute à l'emploi excessif des pédales\net des doubles pédales (tonique et domi-\nnante). La musique ne peut plus se\nmouvoir, alourdie par ces semelles et\nces pédales de plomb : elle s'avance,\nmusa par trop pedestris avec la légèreté\ndésinvolte d'un scaphandrier.\nADOLPHE BOSCHOT.\nLa collaboration d'une mère et de son\nfils est d'un charmant exemple, et on\nregrette ne n'avoir pas assisté à cette\naffectueuse rivalité d'invention, à cet\néchange d'un sagesse souriante et d'un\nrespect attendri, à cet assaut de fantaisie,\ncette surenchère d'extravagance et ce\nrebondissement de rimes dont le résultat\nnous fut offert hier.\nQue ce résultat soit charmant lui-\nmême, qui aurait la triste audace d'en\ndouter ? Et comment tout Paris, divisé\nen deux camps plus complices qu'enne-\nmis, n'aurait-il pas pour cet ouvrage des\nyeux de mère ou bien de fils ?\nComment n'être pas ému jusqu'au\nfond du cœur par cette humble mendi-\nante qui vend des allumettes sous la\nneige, au premier acte, voit un beau\nrêve au second, et meurt au troisième\nentre les bras d'un jeune officier de ma-\nrine et d'un vieux joueur d'orgue ? Ce\ndernier qu'un caniche accompagne, la\npleure, nous dit la préface maternelle\nu de toute son âme, de tout son chien,\nde tout son orgue L'orgue excepté,\nplus d'une capiteuse spectatrice imitera\nsans doute un deuil aussi généralisé.\nM. Tiarko Richepin a enveloppé\ncette dolente histoire d'une musique\nhabile qui sait infléchir des mélodies se-\nlon la formule immortelle de Massenet,\net disposer alentour d'élégantes fanfre-\nluches de violons, de flûtes, de harpes,\nque parfois brode un suave solo. Elle\nn'ignore pas davantage, à l'occasion, la\ntrivialité des cuivres ni la facile gogue-\nnardise des bassons. Elle pratique même,\nquand c'est nécessaire, des guirlandes de\ntierces ou des sanglots de septièmes ma-\njeures. Mais sa plus chère joie est de\nretarder une cadence prévue, qui, lors-\nqu'elle arrive enfin, arrache un ah ! de\npâmoison à l'auditoire bénévole.\nLouis LALOY.\nNous venons de voir la petite Daisy\nquitter, à travers le feu magique de ses\nallumettes, la rue inhospitalière, vivre\nchez la duchesse son rêve de joie, y\naimer le beau Greham. Puis nous l'avons\nretrouvée, mourant sous la neige, bercée\npar l'orgue de Barbarie du mendiant fra-\nternel. L'aventure dont elle est la douce\nhéroïne me parut exquise, je l'avoue. Le\npublic n'a pas compris le mélange d'irré-\nalité et de vérité qui en constitue le\nprincipal élément et qui, je le reconnais\nvolontiers, la rendait assez dangereuse.\nJe regrette qu'il soit resté insensible à\nson vif agrément, qu'il n'ait point cher-\nché à saisir son symbolisme clair et joli.\nComment un livret d'essence si fée-\nrique et si moderne à la fois, d'invention\nsi délicate, n'aurait-il pas inspiré M. Ti-\narko Richepin ? Le nom illustre que\nporte celui-ci double l'intérêt qui s'at-\ntache à sa partition de début. Les idées\ny sont jetées avec abondance. Elles ne\nmanquent ni de couleur ni de grâce.\nElles ont un franc caractère mélodique\net frappent moins par leurs développe-\nments que par leur spontanéité et leur\nfacilité. M. Richepin rte fait étalage\nd'aucune science, dédaigne les raffine-\nments d'écriture, les hardiesses mélo-\ndiques et polyphoniques. Sa sincérité est\névidente 5 ses dons sont certains 5 sa\njeunesse lui impose le devoir de s'élever\ndavantage, d'acquérir la sûreté de main\net de pensée sans quoi il n'est pas d'œu-\nvre durable. On l'a très sympathique-\nment applaudi. ALFRED BRUNEAU."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.24", "texte": "ÇA ET LA\nNouvelles\nLe dèjeûner de la Revue S. I. M. au Nouvel Hôtel Ruhl,\nLe déjeûner de la Revue à /'Hôtel de Paris, à Monte-Carlo, avant la répétition générale de\nBéatrice, reste fixe au 20 Mars.\n*\n* *\nLa Société des Compositeurs de Musique met au Concours, réservé aux seuls Musiciens\nfrançais, pour l'année 1914, les œuvres ci-après :\nI. Messe à quatre voix mixtes (S. C. T. B.) a capella ou avec accompagnement d'orgue.\nPrix Ambroise Thomas : 1.000 francs.\n11. Quatuor, pour piano et instruments à cordes. Prix : 500 francs, offert par la Société.\n111. Laudate, duo pour ténor et baryton, avec accompagnement de chœur à trois voix et\nd'orgue. Prix Samuel Rousseau : 300 francs, offert par Mme Samuel Rousseau.\nLes manuscrits devront être parvenus le 31 décembre 1914, à l'Archiviste de la Société,\n22, rue Rochechouart (9e). Ils devront être écrits lisiblement à l'encre noire. Les concurrents\npour le Quatuor devront joindre à la partition les parties séparées.\n* *\nSignalons à nos lecteurs que le poste de Directeur, professeur de piano d'une Ecole\nPopulaire de Musique, dans une ville de la Suisse française est actuellement vacant. Le\ntraitement fixe est de 3.000 francs auxquels vient s'ajouter une part dans les bénéfices de\nl'établissement.\nPour tous renseignements écrire à M. le professeur Frank-Choisy, 19 Grande Rue à\nGenève.\n%\n* *\nNous avons le regret d'annoncer la mort de Mme Trélat, née Molinos, qui s'est éteinte\nle 2 Mars dernier après une longue maladie. Tous ceux qui l'ont connue conserveront un\nsouvenir fidèle de cette femme d'un grand cœur, aussi distinguée par le caractère que par\nl'intelligence et le talent; beaucoup lui devront un souvenir reconnaissant, car elle était\nardente et constante dans ses amitiés : sa maison était un de ces centres de réunion qu'on\naime, auxquels on s'attache, où l'on revient toujours et que la mort seule peut détruire en\nlaissant après elle un grand vide.\n*\n* x\nLa Société J. S. Bach (Salle Gaveau) annonce pour le vendredi 27 mars sa grande\naudition annuelle de la Passion selon S 1 Mathieu. Solistes : Mme Maria Freund, Mr Georges\nWalter (de Berlin), Melle G. Emo, Mr Roelens-Collet. Orchestre, double chœur mixte et\nchœur d'enfants (200 exécutants) sous la direction de Mr Gustave Bret. Répétition générale\npublique : le jeudi 26 à 3 h. 3/4 précises."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.25", "texte": "ÇA ET LA\n23\n\nLa Schola Paroissiale,nouvelle collection de Musique d'Église, met au concours une\nmarche religieuse sur un thème grégorien pour\nLes concurrents ont toute liberté en ce qui concerne le choix du thème grégorien.\nDeux prix sont affectés à ce concours.\nler Prix: ioo fr. en espèces et 50 exemplaires de l'œuvre éditée;\n2e Prix : 50 fr. en espèces et 50 exemplaires de l'œuvre éditée.\nLes œuvres primées deviennent la propriété de la et sont publiées dans\nsa 3e série.\nLes manuscrits doivent être adressés à La\navant le ler Mai 1914.\nLes œuvres non retenues sont retournées aux auteurs aux frais de la\n*\n* *\nLa ville de Rouen qui possède clans les églises S 1 Ouen, S 1 Godard, S 1 Vincent, N.-D. de\nBonsecours, de magnifiques orgues construites ou transformées par la Maison Mutin (Cavallié-\nColl) vient de s'enrichir d'un nouvel instrument fourni par la même maison. C'est M. Haelling,\norganiste à la cathédrale, qui l'a commandé pour son domicile particulier. L'instrument se\ncompose de 11 jeux (14 prévus) entièrement expressifs, répartis sur 2 claviers manuels et un\nclavier de pédale.\nUn instrument analogue, qui est d'une admirable facture, existe depuis longtemps déjà\nchez M. Albert Dupré, organiste de S 1 Ouen.\nL'inauguration de l'orgue de M. Haelling a été faite avec beaucoup d'éclat par\nM. Tournemire, organiste à Ste Clotilde, et M. Haelling, qui ont merveilleusement mis en\nvaleur ses ressources multiples et la perfection de ses timbres.\n* *\nDe Monte Carlo :\nA l'occasion du centenaire de Verdi, M. Raoul Gunsbourg a remis à la scène une des\nœuvres du maître italien qui, l'on ne sait pourquoi, est un peu délaissée, malgré sa richesse\nmélodique, son extrême variété et sa puissance dramatique.\nC'est une fort heureuse restitution, qui a ravi les nombreux admirateurs de Verdi.\nLa musique du Bal Masqué est d'un charme délicieux. Cette œuvre, toute de passion,\net dont le dénouement est tragique, offre des contrastes, presque violents, de drame et de\ncomédie. Certains épisodes, alertes, très gais, semblent annoncer Falstaff.\nUne fois de plus, M. Raoul Gunsbourg a su réussir le plus merveilleux ensemble vocal :\nMme Ordina, cantatrice à l'organe pur et éclatant, Mme Lipkowska, fauvette de la plus fluide\nvirtuosité, Mme Hiribéri, contralto magnifique, aux splendides notes graves, au médium plein,\net qui a de l'éclat dans le registre aigu ; l'héroïque ténor Martinelli, le nouveau Caruso ; le\ndramatique baryton, M. Baklanoff; les solides basses MM. Marvini et Clauzure; MM. Feiner\net Ghastau, tous, toutes les meilleures voix du monde, assurent au la plus\nremarquable interprétation.\nLe maestro Pomé dirigeait l'orchestre."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.26", "texte": "Le Gérant : MARCEL FREDET.\nImprimerie Sainte Catherine, Quai St. Pierre, Bruges, Belgique\n\nâ\nConcerts du Conservatoire\nLamoureux, Colonne,\nMonteux, Sechiari,\nTOUS LES\nDIMANCHES\nEN MATINÉE\nwM ttauMlÉßr\n« §\nSalle MalaKoff\ndu 16 au 31 Mars\nles lundis et les jeudis à 9 h. Concerts-Rouge.\nTous les Vendiedis a 4 h. de chambre.\n17 M. Yturbi et Poulet 9h.\n20 M. Houmfield 9\n21 M. Gilly 9\n25 M. Van Bommel 9\n27 Mmo Desmarest 9\n71 M. Montazen 2\nnubmm\nO\n.s£,r\n&\nSalle G AVE AU\ndu 16 au 31 Mars\n17 Répét. de la Schola 3J h.\n18 Schola Cantorum 9\n21 Société Philharmonique 9\n22 Concert Lamoureux 3\n23 M. Amenoyanni\n24 M 1 Y. Astruc\n26 Répétition Bach\n26 M. Keller\n27 Concert Bach\n29 Concert Lamoureux\n29 Concert Hasselmans\n30 Mme Morhange-\nJourdain\n31 le Violon d'lngres\n9\n9\n4\n9\n9\n3\n9\nSalle PLEYEL\ndu 16 au 31 Mars\n16 Mllc Girod\n17 Le Quatuor Capet\n1 8 Mmo Legrix (Elèves)\n20 Le Quatuor Lejeune\n21 Le Quatuor Capet\n9\n9\n9\n9\n9\n22 Mme Breton-Halmagrund 9\n23 M. Delroux\n24 Le Quatuor Capet\n25 S M. I.\n26 Composit. de musique\n27 Le Quatuor Capet\n28 Société Nationale\n29 Mme Lyon (Elèves)\n30 M. E. Lappara\n31 M. L. Martin\n9\n9\n9\n9\n9\n9\n1\n9\n9\n\nSalle ERARD\ndu 16 au 31 Mars\n16 M. Gabrilowitscb 9 h.\n17 Mlle Lucie Caffaret 9\n1 8 Mlle Perez Garcia 9\n20 Mme Franquin 9\n21 M. Batalla 9\n22 Mme Chaumont-Kahn (él.) 3\n23 M. Gabrilowitsch 9\n24 M. P. Goldschmidt 9\n25 Mme Rousseau d'Almeida 9\n26 Mnifc Lucy Vuillemin 9\n27 Mlle Joegger 9\n28 Mllw Cardon 9\n29 Mlle Bex (Elèves) 2\n30 M. Goldschmidt 9\n31 M. Blanquart 9\nSALLE DES AGRICULTEURS\nDE FRANCE\n16 M. Charles Dorson 9 h.\n17 Concerts d'Art 9\n18 Alba Rosa 9\n20 M. Charles Dorson 9\n21 M. Durosoir 9\n22 Société Marengo 3\n22 Dr Schaingits 9\n23 M. Szanto 9\n24 MUfi Fischer 9\n25 Mlle Stengel 9\n26 Chaigneau 9\n27 Marie Leroux 9\n28 M. Durosoir 9\n29 Lavagne 3\n30 Wins 9\n3 1 Basset 9\nSALLE VILLIERS\nTous les vendredis, concerts\nclassiques de 4 h. }> à 6 h.\n16 Mlle Cocq 9h.\n17 M. Schmidt 9\n18 Enesco et Mlle Miquel 9\n21 Concert Pierné et Debussy 9\n26 Mme Plamondon 9\n28 Abbé Voguier 9\n30 M. Basagillard g"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.27", "texte": "L'ASSOCIATION CHORALE PROFESSIONNELLE DE PARIS\n(Cliché Meurisse)\nL'A.-C.-P. qui vient de donner à la Salle Gaveau deux grands concerts a capella dont le retentissement a été considérable."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140315-01.1.28", "texte": "(Cliché A. Bert)\nMadame la Princesse BARATOW"}]}