{"numero_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_sha256": "94e03b4b031e7900cd188c88cb6b2fc33ecab88d6ae6fe03a27338b1cee44167", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1914/04/01_01/bmtnabh_1914-04-01_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1914/04/01_01/bmtnabh_1914-04-01_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c002", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.2", "titre_corps": "BOELY ET SES ŒUVRES DE PIANO, par Michel Brenet. V LA FORLANE, par J. EcgrcheviUe.", "titre_sommaire": "BOELY ET SES ŒUVRES DE PIANO, par Michel Brenet. V LA FORLANE, par J. EcgrcheviUe.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.1", "debut_caractere": 530, "fin_caractere_exclue": 957, "texte": "BOELY ET SES ŒUVRES DE PIANO, par Michel Brenet. V LA FORLANE, par J. EcgrcheviUe.\nLES VIEUX VIOLONS, par L- Greilsamer- LES LIVRES.\nL'ACTUALITÉ p«r\nVINCENT D'INDY 0 EMILE VUILLERMOZ LOUIS LALOY PAUL LOCARD\nMAURICE BEX 0 MARCEL MONTANDON 0 RENÉ LYR 0 H. STEIN\nPAUL LADMIRAULT OEDOUARD SCHNEIDER SWIFT\n(Canon à trois voix die P, Dupin)\n'• V '\n' ' '' ' ! ' ' ' ' ' ' • ' '' ' 0 u'j . ■ : '' . • ' : ' > A '' 4? - • . ; ' \\ \\ ■' ."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c003", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 3, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.3", "titre_corps": "LA FORLANE", "titre_sommaire": "LA FORLANE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.3", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1525, "texte": "LA FORLANE\n\nL'histoire de la forlane mérite d'être contée. Elle est instructive ;\nelle est plaisante. Comment cette danse, comparse de nos vieux ballets, et\ndéfunte depuis deux siècles, est-elle reparue soudain ? Comment les salons\ndes deux mondes ont-ils, en quelques jours, accepté le triomphe de ce\nrevenant, se disputant l'honneur de la véritable, de la vraie, de la seule\nforlane ?\nFut-ce un bluff audacieux, et la furlana existe-t-elle ailleurs que dans\nl'imagination des professionels internationaux, auquels nous devons, depuis\nquelques années, tant de variétés passagères de la flore orchestique ?\nConvient-il de sourire, ou de faire appel à la curiosité de l'historien ?\nIl semble bien, en tout cas, qu'une revue musicale puisse effleurer\nces questions de passionante actualité, et les traiter, au milieu d'autres\nsujets plus graves. Un pape n'a-t-il pas lui-même, involontairement\nprovoqué cette furieuse et caractéristique agitation, à laquelle aucun de\nnos lecteurs n'est probablement resté indifférent ?...\nLa vogue s'était fixée sur le tango, danse populacière, dont Paris\navait réussi, sans trop de peine, à faire un petit chef-d'œuvre d'harmo-\nnieuse lascivité, lorsque l'Eglise, gardienne de notre bonne morale, et\ngardienne puissante, on le voit, éleva la voix de la réprimande. Le tango\nfrappé, recula, quittant les salons vertueux, pour des lieux hospitaliers\nmais publics. Or, la danse, comme la mode ne saurait se passer de l'appui\ndes salons. Il arrive bien qu'une mode s'impose grâce au théâtre, mais"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.4", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2326, "texte": "clic ne vit en somme que des gens du monde. C'est ce que savent si bien\nses dévoués collaborateurs, lorsqu'à chaque saison nouvelle, ils provoquent\nun courant de snobisme mondain à qui rien n'échappe. Croyons bien\nqu'il en va de même de nos divertissements chorégraphiques. Un méca-\nnisme, auquel Mercure n'est pas étranger, permet de créer, et de lancer\nla musique et les pas dont vous subissez les cadences, lectrice aux jambes\nentrainées. Par qui, dans quelle officine s'élabore le succès de l'hiver ?\nNous l'ignorons mais ce tango, par exemple, sous la forme très peu\nargentine qui lui a valu l'index est, soyez-en sûr, l'œuvre d'un industriel\nhabile, tout comme la robe fendue, et ou les hauts talons.\nDonc, une crise se produisit, en pleine saison, en plein tanguisme.\nEt le désarroi eut été grand, si, à une vogue menacée on n'eut pas\nopposé, dans les vingt quatre heures, une vogue triomphante. Ainsi\nnaquit, par un coup du sort, et peut être du génie, l'idée de la furlana.\nQu'on ne me demande pas si le mot est bien venu sur les lèvres du Saint\nPère, ou si quelque machination diabolique a joué son rôle dans cette\nintrigue soudaine. L'essentiel est de constater le fait : il fallait une rem-\nplaçante, la furlana se présenta, on l'engagea de suite.\nD'où venait-elle et qu'était elle ? En France on ignorait jusqu'à son\nnom. Et pour cette bonne raison, que ce nom n'a jamais existé dans\naucune langue,\nn'est ni français ni italien. Si le pape a\njamais prononcé ces trois syllabes, il a certainement dit\nen élidant le dernier a et en donnant à fou un son bref. Ce qui signifie\nqui le français se rapprocherait autant que possible de la prononciation\ncorrecte en disant fourlane, ou mieux encore forlane. L'accent et la sonorité\nl'exigent, et la raison aurait dû nous mettre en garde contre la grotesque\nfurlana. Est-ce vraiment la peine de passer notre jeune âge dans le fami-\nliarité de Virgile et d'Horace, pour ne pas sentir la musicalité d'un mot\nitalien qui franchit les Alpes, et pour faire d'un vocable alerte et bien\ntimbré, un mot écœurant et flasque, digne de nos camelots des boulevards ?\nLa rorlane ! A la bonne heure ! Tous les amis de la musique\nancienne en ont entendu parler, comme du menuet ou de la gavotte. Ce\nn'est pas dire qu'ils l'ont jamais rencontrée au coin d'un bal, mais le nom"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.5", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2485, "texte": "leur dit quelque chose, et ils savent que l'histoire pourrait leur en dire\ndavantage encore. Nous verrons toute à l'heure qu'ils ont raison dans\nleurs pressentiments. Et, en vérité, c'est bien du côté de l'histoire que les\nmaîtres de danse, en mal de forlane le mois dernier, ont lancé un regard\ntout chargé de curiosité.\nOh, rassurons-nous ! Ni le regard ni la curiosité n'ont été bien\navides. Le Professeur Pichetti, le premier qui paraît avoir eu l'idée\nde la danse du Pape, Pichetti un voisin du Vatican, se borna à faire pho-\ntographier deux gravures anciennes, dans lesquelles ils découvrit aussitôt\nle protoype de forlane, \" telle que Ici îiobit's lr\n'•Palais des doges\". Il eut mieux fait de voir, dans ces planches, des passe-\npartout illustrant le Ballarinode Caroso (1581), ouvrage qui ignore totale-\nment la forlane. Pourtant ces documents firent le tour de la presse française,\naccompagnées des commentaires les pius graves. Tel par exemple :\n\"La furlana vient du Frioul, où elle était la danse préférée des gondoliers...\nC'est surtout vers 1800 que la furlana eut son heure de célébrité. Déjà alors, on\nen eut une adaptation à l'usage de la bonne société. Elle fit bientôt son entree\ntriomphale dans les grands salons et dans les fêtes des palais des doges et devint\nenfin la danse nationale du pays dont Pie X était le patriarche. Née dans les quar-\ntiers populaires, la furlana tut donc adoptée par 1 aristocratie au moment ou la\npavane, la gavotte et le menuet, qui avaient régné en maîtres pendant le treizième\nsiècle commençaient à lasser...1 \"\nLe tour était joué. Inutile d'aller plus loin. La forlane avait ses\npapiers ; ses ancêtres étaient là sous nos yeux. Il n'y avait plus qu a\ndécouvrir sa musique et ses règles. Rien de plus simple. Mascagni et\nPonchielli ont écrit des forlanes, l'un dans le Bal Masque, 1 autre dans\nGioconda,ce qui prouvait que le genre n'était pas mort, et qu'il existait une\ntradition chorégraphique, reliant le palais des Doges à Magic-City. On\npouvait marcher.\nNotez que tout ceci s'accomplit avec une rapidité cinématographique.\nQuelques consciencieux partirent pour Rome. C'étaient les Saints Thomas\nde la forlane. Mais beaucoup créèrent la danse papale dans 1 espace qui\nsépare le soir du matin. Je puis garantir cette petite scene, dont aucun\nde nos confrères ne sera surpris. Le 2 février un rédacteur dun de nos\nplus grands quotidiens illustrés est mandé dans le cabinet directoral :\n\n1 Illustration du 7 février."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.6", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2468, "texte": "\" Il me faut une forlane demain dans le journal... \" Le reporteur s'incline,\nse munit d'un photographe, bondit chez un maestro.\n\" Connaissez-vous la forlane ? \"\n« II\"\n•••• • • •\n\" Mettez vous 1à... Oui c'est cela... Levez les bras... Parfait...\nRésultat, quelques clichés qui apprirent le lendemain aux populations\nébahies qu'un mode nouveau de la danse était né.\nDu côté musique même procédés. Tous les éditeurs de valses légères\nouvrirent leurs cartons pour en extraire sans douleur quelques paisibles 6/8,\net cent cinquante forlanes, sous couvertures impressionnantes, s'étalèrent\nbientôt au grand jour des devantures. Si chacune d'elles a été tirée à\nmille exemplaire, cela doit faire une jolie pile de papier, de cent cinqante\nmètres de haut (environ la moitié de la tour Eiffel) sortie de néant sur un\nsigne présumé du chef de l'église !\nEt les exécutants, chargés de réaliser devant le public ces spécula-\ntions affolées ! Dois-je dévoiler les réponses qu'ils m'ont données (à la\ncondition de ne pas les nommer) ? Elles sont toutes semblables. \"\navons fait n importe quoi\". C'est ainsi ; et je voudrais prévenir ici le\nmusicologue de l'avenir, qui traitera dans deux milles ans des \" Dessous\nd'un lancement chorégraphique en 1914\". La plus naïve et la plus\nconfiante fantaisie a présidé à l'éclosion de toutes ces forlanes simultanées\ndans notre bonne ville de Paris.\nAvant de crier à la trahison ce qui serait irrespectueux à l'égard\nde Rome —, il convient de voir si les Italiens ne se sont pas montrés\nplus avisés que nous dans cette belle et joyeuse aventure. C'est en sa\nqualité de Vénitien que le Saint Père a pu prononcer le mot fatal, qui a\nmis tous nos bals en émoi. Four/an est un mot patois pour c'est\nà dire pour désigner l'habitant de cette région comprise entre Trieste et\nVenise au sud du Tyrol, et dont Udine est la capitale. C'est l'antique\nForum Julianiqui dans la langue savante et cadencée à donné la forme\nF'r-iul (frioul) et dans le dialecte de ces paysans celtes mêlés de slaves, le\nmot For(iu)lan (forlane). On remarquera en passant comme ce dernier\nmot sonne bien en français, et si, l'on ouvre un volume écrit dans la\nlangue particulière à ce petit peuple, on sera plus surpris encore de con-\nstater qu'il s'agit ici de la langue de Mistral !... Catalan, provençal, piémon-\ntais, friulan sont des rameaux d'une même langue à laquelle les Gaulois\naboutirent lorsqu'ils se sont trouvés en rapport directs avec les Latins, et"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.7", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2318, "texte": "qu'ils ont du accommoder le chantonneraient de la phrase romaine à leur\naccentuation rude et martelée. Qui ne reconnaîtrait par exemple, pour\ntrès près de nous, des couplets comme celui-ci, détaché d'une anthologie\ndu Frioul. 1\nCour de pierre, cour de marm'\nCour de tigre e de leon\nPer ce fin m'abandonais !\nCincia fregul de rason !\nAinsi parle-ton aux pieds des Alpes Carniques, au pays d'où nous vient\nle nom de la forlane, et c'est une raison de plus d'aller voir comment la\ndanse nouvelle a été accueillie dans cette province de l'irrédentisme.\nToute la presse adriatique se sentit émue à la lecture de l'article du\n\" TempsUn doux orgueil, très légitime s'empara des maestri et profes-\nsori tant en Frioul qu'en Vénétie, à la pensée que le monde entier aurait\nbientôt les yeux fixés sur eux, et que la régénération de la danse moderne\nallait sortir de leur province, peu connue du touriste. Tel l'évangile\nnouveau était né jadis dans l'humble crèche de Beethléem. Le professeur\nGalante de Venise, à l'obligeance duquel nous devons la photographie\nci-contre se mit en campagne avec la même ardeur que son confrère\nPichetti de Rome. Dès le 12 février il annonçait que\ntextes, contenant Vhistoire de toute la danse a travers les âges, il avait retrouvé\nla description et la maniéré de danser \"La signora Galante,\népouse du noto e valente maestro ayant mis la main sur un vieux de 88 ans,\nencore ingambe, retrouvait, elle aussi, la pratique de cet art et l'enseignait\naussitôt à ses élèves.\nA Udine, le maestro Marzuttini pris d'une belle ardeur, commença,\nraconte-t-il, par importuner toutes les personnes susceptibles d'avoir des\nsouvenirs, puis il bouleversa la bibliothèque, écrivit à la Marciana de\nVenise, aux archives... \" A Cividale, près de Cormons (encore un nom\ngaulois), le professeur Ettore Zanuttini, eut la bonne fortune de rencontrer\nun manuscrit de la fin du XVIe contenant une forlane à sept parties. Et\nainsi, un peu partout les recherches et les exhumations se poursuivirent.\nCes efforts, d'ailleurs tout à l'honneur des vénitiens frioulans,\nprouvent au moins une chose : en Forlanie la forlane était inconnue,\n\n1 Arboit. Villotte. (Piacenza, 1876.)\n2Je dois cette précieuse enquête au zèle bienveillant de M. Bozza, de Irieste, que je suis heureux\nde remercier ici bien sincèrement."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.8", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2575, "texte": "puisqu'il fallait l'aller chercher dans les témoignages du passé. Le Saint\nPère, en évoquant l'idée de la forlane, avait parlé d'une danse morte, et\nfait acte de musicologue.\nUn résultat aussi négatif était cependant un résultat. Certains\nl'avouèrent avec franchise.\n\" Quant à moi, écrit le rédacteur de la Patria del Friuli du 11 février, je\nconserve mon doute jusqu'à preuve du contraire. Tout le monde parle et disserte\nde la forlane, mais personne ne sait précisément ce que c'est. Dans le Frioul, il\nparait certain qu'on ne la connaît pas... Au moins que notre sclave par exemple\nn'ait passé au XVIIIe siècle à Venise sous ce nom de forlane, indiquant son origine,\net que, de là, elle se soit répandue dans le monde, pour conquérir l'immortalité,\ngrâce à Rameau, à Ponchielli... et à Pie X \".\nO J\nD'autres citèrent les historiens ; Ostermann, par exemple qui écri-\nvait encore en 1894: \" jadis on dansait la Forlane, la Sticca, la Mon-\nferrina, la Ziguzaine ou Stirienne, la Sclave, le ballo resiano et la\nNeue-Bauerisch ; mais exception faite de la Sclave et de la Stirienne, ces\ndanses sont toutes tombées en désuétude. Je 11e me rappelle avoir vu\ndanser ni Forlane, ni Sticca, ni Monferrina (on prononce Monfrine)... \"\nComment faire ? Et pourtant la reconstitution de cette inconnue\ns'organisait partout. La forlane fut le clou de toutes les fêtes du frioul\nélégant et mondain pendant un mois. Les maîtres de danse, là-bas comme\nici, et sous tous les degrés de latitude ont la même assurance. Rien ne\nles arrête. La forlane n'existe pas ! Vive la forlane ! On trouvera bien,\ndans quelques villages une danse locale à la mode antique, une de ces\ndanses un peu figurées, qui rappellent l'ancien régime, et qui, à tout\nprendre, peuvent se voir qualifier de forlane puisqu'elles sont du Frioul.\nAinsi naquit en plusieurs endroits la Sola vera furlana, prétendant nous\napporter la solution juste du petit problème historique et chorégraphique\nposé devant nous.\njusqu'à quel point ces reconstitutions, établies sur place, contien-\nnent-elles des éléments authentiques, sinon de forlane, dumoins d'anciennes\ndanses frioulanes, c'est ce que je ne saurais dire. Je crains bien cependant\nque tout, ou à peu près, ne soit moderne et improvisé dans ces prétendues\nrestitutions. La musique d'abord, car toutes les forlanes modernes que j'ai\nsous les yeux portent ostensiblement un nom de compositeur vivant ; elles\nsont sorties d'hier de la plume toute fraiche de maestri, dont je ne conteste\npas le talent, mais dont la présence m'inquiète. Comment ! pas la moindre"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.10", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 1474, "texte": "mélodie populaire, pas de folklore pour présenter une danse ancienne !\nLa forlane serait-elle vraiment un mythe ?\nEt puis, la chorégraphie ! Ce qu'on nous a donné ici, c'est tout\nsimplement une danse de pays, bien connue des indigènes. A Gorizia par\nexemple, loin de Venise, et en province, le subterfuge a tout de suite été\néventé : C'est la Sc/aves'est-on écrié. 1 Ailleurs ce fut la ou la\nStirienne. C'est-à-dire des variétés d'un même type commun a toute cette\nrégion.\n\" Nous autres Frioulans, écrit M. Marzuttini, et toute question de patriotisme\nmise à part, nous sommes des gens du Nord (nordici) en musique. Nos chants\npopulaires les villottes, sont des choeurs à trois et à quatre voix. Nous sommes\nl'unique région d'ltalie, qui ne possède pas la canzone monodique. Nous sommes\ndes mélancoliques ; notre instrument national est l'accordéon et non la flûte, ou\nla mandoline, ou le piffero. Notre peuple ne connaît pas le joyeux six-huit ;\npar contre il sent toute musique sous la forme à 3/4 de la valse et de la mazurka. \"\nEt l'un de ses confrères ajoute : \" Les figures de la forlane dansées à\nParis, et publiées hier dans le Corriere délia sera de Milan, nous font dire\nde suite, que cette danse, personne ne l'a jamais vue dans le Frioul. Ce\nsont là des figures de danse méridionale.\nEt ainsi, la forlane sera pour les uns : 2\nOu encore :\n\n1 Voir La Patria del Friuli du 10 février.\n2La vera Furlana, di G. B. Marzuttini. (Frieste Schmidl et C°.\n2"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.11", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1185, "texte": "A moins que ce ne soit :\nOu, si l'on aime mieux :\nTout cela se danserait avec de petits sauts, promenades, moulinets\net tous de mains, et formerait un petit scénario de cinq figures, que l'on\npeut varier avec fantaisie. \" Naturellement, ajoute M. Mazzuttini, les\nmouvements caractéristiques, certaines attitudes, certains battements de\npied marquant l'impatience du cavalier, certaines ondulations et certains\nsourires ne peuvent s'enseigner par la chorégraphie. Il faudra un maître,\nsi possible du frioul, ou s'étant familiarisé avec notre race, pour les\nindiquer de vive voix... \"\nNous voilà fixés, et l'érudition italienne ne nous conduit pas plus\nloin. Elle nous a prouvé que forlane n'existait plus, mais que si il fallait\nl'inventer, pour obéir à une mode flatteuse, il conviendrait d'y voir une\nvalse lente, sorte de laendler autrichien, arrangé en danse figurée, comme\nnotre bourrée et nos quadrilles, et que tout ce qui s'écarterait de ce type\ns'écarterait en même temps du Frioul et devrait être considéré comme\ninterprétations italiennes ou même méridionales de la véritable forlane\nautochtone.\nEn somme, nous nous restons dans le doute, et en pleine hypothèse."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.12", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2588, "texte": "Pas un document sérieux musical, littéraire ou iconographique n'a été\nproduit en faveur de cette infortunée, dont on parle depuis deux mois,\nsans pouvoir démontrer son existence.\nEtait-il donc si difficile de nous dire ce que fut cette danse fantôme,\nau temps où elle existait réellement ? Nos confrères italiens dont les\nbibliothèques regorgent de papiers imprimés et manuscrits, n'auraient-ils\nvraiment pas pu découvrir une note de musique, un récit de fête, une\npage de mémoires, un tableau ou une gravure, nous révélant comment on\nforlanait jadis ? Avec cette belle ardeur qu'ils tiennent de leur pays de\nsoleil, ils ont mieux aimé créer dans la fantaisie, que de pâlir sur des\ngrimoires. Ils ont préféré nous laisser présenter ici les brèves indications\nque chacun à Paris eût pu réunir sur ce petit point d'histoire musicale.\nLa forlane était connue de toute l'Europe dansante au début du\nXVIIIe siècle, et peut-être grâce àla France, où elle s'introduisit au temps\ndu Grand Roi. Elle paraît avoir existé bien avant cette période de\ncélébrité. On signale des forlanes dans une édition du XVIe de Phalèse,\net la plus ancienne source que je puisse citer ici est elle des curieux\nmémoires de J. B. Duval, dont M. Pirro signala récemment l'intérêt\nmusical.1 A Venise, le 28 mars 1609, Duval après diner s'avise d'aller\nvoir les bals publics, où, au son d'un violon et d'un cistre se dansent les\ngaillardes et passomaises et autres danses à la fourlane. \" Et il nous trace\nce petit tableau :\n\" Un garçon prend une fille, et quelquefois deux prennent chacun la leur\npar la main, lui font faire le tour du bras sur la tête et commencent à danser. Les\nfilles lèvent les deux têtes de leurs robbes afin de montrer leurs escarpins blancs,\nqu'elles portent toutes dans les soccoli,qui sont patins de cinq ou six doigts de\nhault, fort découverts par dessus, faits de maroquin ou veau rouge, découpés à\njour en roses ou autres compartiments. L'on leur sonne les gaillardes courtes, et\nestant finies elles retournent se tenir debout en leur place, où elles ne sont pas\nplutôt, que celui qui les a mené danser les reprend pour commancer de nouveau\nla gaillarde suivante qui se sonne et fait le semblable jusques à quinze ou seize\nfois, ne leur donnant pas presque le loisir de s'essuyer de leurs mouchoirs, ny le\n\n1 Les remarques triennales de Je an-Baptiste Duval.... pendant F ambassade de Me s sire Jean Bochardy Sr\nde Champigny... ambassadeur de Venise. Bib. Nat. ms. fr. 13977. (article par A. Pirro dans Mélanges\nofferts àM. Henry Lemonnier.... Paris, Champion 1913, p. 175-)"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.13", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3071, "texte": "prenant pas même pour eux. Ils s'eschauffent à cela, et quand ils demandent la\nfaveur de laisser le patin, elles dansent en escarpins avec beaucoup de dextérité,\ndécoupant leurs cing par le bout du pied fort proprement. Quand il a fini sa gail-\nlarde, ou ce qu'il a voulu danser, non toutefois les courantes, ny voltes, car ils ne\nsavent ce que c'est, il paye les ménétriers d'un qui peut revenir à neuf\ndeniers de France. S'il veut recommencer il prend une autre fille, ou cela même,\npaie encore autant. Ce sont pour la plupart de petites courtisanes, qui s'amusent à\ncela pour passer autant de temps, et entretenir par ce moyen leurs amoureux ; les\nautres, qui font le semblable, sont filles de gondoliers et gens de basse condition.\nLes joueurs les vont prier eux-mêmes de tenir le bal, et s'ils gaignent beaucoup\nl'après-dîner, ils donnent quelque peu de leur gain à celles qu'ils ont retenues et\nqui ont entretenu le ballet, de manière que tel ébattement ne manque jamais, ni\nles dimanches, ny les festes.\nElles ont toutes le sein et les épaules jusqu'au dessous du paleron à des\ncouvert, sous un voile banc fort délyé, en quelque temps que ce soit, et bien\nsouvent ledit voile est encore découpé. Leur corps de robbe est espais de deux\ndoigts, fort dur, et le lacent toutes par devant, se serrant estroitement par le milieu\ndu corps, d'autant que leurs cottes ne tiennent, sinon en tant qu'elles tont serrées,\npourceque les espaulettes leur retombent sur le bras au deffaut de l'espaule, où\nelles font bouillonner les manches de leurs chemises avec des aiguillettes de ruban.\nElles n'ont d'autre chose dans les bras tout l'été, et les portent larges d'un pied,\nmais, peu à peu, elles les reserrent d'un brasselet. Quelques unes les portent\nouvragées et la toile séparées en quatre ou plusieurs los, avec un poulce de passe-\nment de fil comme les dentelles. Leurs cottes ont la basque par derrière le dos, et\nsont toutes de haultes couleurs, verdes, rouge, jaulnes, pourpre, bleus et semblable.\nPar le devant, elles ont de grands devantiers de toile blanche, comparties de\nmêmes passements de fil, et de la dentelles tout autour, fort grands et larges, non\ntoutefois autrement fins. Elles n'ont rien sur la tête, et leurs cheveux sont retenus\nen un nœud par derrière, qui est attaché de quelque ruban de velous, et piqué de\ngrosses espingles d'argent, qui ont la teste comme un pois, et, au deffaut qu'elles\nn'en auraient d'argent, il s'en fait d'alchimie, d'ivoire et de brésil, dont elles se\nservent. \" 1\nAilleurs Duval revient encore sur ce sujet, qui l'avait frappé :\n\" Il y a plaisir, écrit il, à voir les danses de ce pays, car ils se mettent plus de\nvingt en place pour danser la gaillarde, chacun avec sa dame, faisant les tours et\nautres desparts du tout différent de notre usage. Ils dansèrent semblablement les\nallemandes et certaines autres danses de ballet, où ils s'approchèrent les uns des\nautres et touchant à l'envi dans leurs les mains l'un après l'autre.... :2\nEt Duval ajoute en marge \" Bal à la furlane. \"\n\n1 Fol. 51-52.\n2 Fol. 127."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.14", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2830, "texte": "Tout cela est bien vu. Ces petites femmes, appointées par le bal\nlui-même pour achalander l'établissement, n'éveillent-elles pas l'idée de\ndanses beaucoup plus modernes? Forlane ou tango, les mœurs sont les\nmêmes, sous les costumes différents. Mais Duval n'intéresse pas seulement\nle moraliste, il donne une très précieuse indication au chorégraphe en\nécrivant, bal à la fourlane.Ces danseurs remarquons le bien, dansent des\ngaillardes, des passomezzi, des allemands et mêmes d'autres pas encore,\nmais ils dansent à la manière de... gens du Frioul. Ceci est important et\nsi l'avisé secrétaire de notre ambassadeur nous avait poussé plus loin sa\ndescription, nous aurions une précision qu'il nous faut attendre jusqu'à la\nfin de son siècle, c'est à dire jusqu'à la Lettre de Venise parue dans\nle Mercure Galant de 1683. Nous sommes ici en meilleure compagnie.\n\" Depuis l'ouverture du Carnaval, il y a eu plusieurs bals que l'on appelle ici\nFestins, à cause que ceux qui les donnent se traitent ordinairement auparavant.\nSa plus grande partie se font chez les courtisanes, quoi qu'il y en ait chez beaucoup\nd'autres particuliers, et on y est toujours mieux reçu quand on mène une femme\navec soi. Dans la plupart, on oblige tous les hommes à ôter le masque, afin qu'ils\nne passent point les bornes de l'honnesteté, dans l'entretien qu'ils peuvent avoir\navec les femmes. 11 y a, dans deux ou trois chambres de pleinpied, des chaises\nrangées contre les murs, avec une épinette, un violon et une basse. Dans chacune\nles hommes prennent par la main les femmes qu'ils veulent, et se promènent avec\nelles de chambre en chambre à la file des autres, en causant ensemble, puis se\nviennent asseoir, ou vont boire des liqueurs, que l'on donne dans une autre\nchambre, et l'on passe ainsi toute la nuit sans danser.\nIl y en a d'autres, où, après s'estre promené durant quatre heures, tout le\nmonde s'assied, et laisse le milieu de la chambre vuide, pour ceux qui veulent\ndanser.\nLe plus jolie de leurs dances est la fourlane. Elle se fait à deux, ou à quatre\npersonnes, autant d'hommes que de femmes, qui tournent en cercle en sautant et\nfrisant les pieds avec une vitesse et une légèreté merveilleuse, et qui s'approchent\nensuite l'un devant l'autre en tournant toujours de la même manière, et en se\nprenant quelquefois les bras qu'ils s'entrelacent et passent par dessus la teste... \"\nCette fois le renseignement est assez net pour que le maestro\nmoderne puisse en tirer parti. Surtout s'il ouvre en même temps les\nChorégraphies de Feuillet2 ala page 62, et s'il jette les yeux sur La\nForlana dont la musique et tous les pas sont minutieusement indiques.\n\n1 Lettre de M. Chassebras de Cromailles. (Ed. de Lyon, avril 1683, p. 38.)\n2 Recueil de danses composées par M. Pécour et mises sur le papier par M. Feuillet. (Paris 1700.)"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.15", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 309, "texte": "Ou bien encore s'il veut se donner la peine de consulter l'ouvrage de\nJean Rameau \\ ou la même Forlane, se trouve ajustée à la mode de la\nrégence, ainsi que suit :\nSa for lamve\n\n1 Abrégé de la nouvelle méthode dans l'art d'écrire ou de tracer toutes sortes de danses de villes\nParis 1725. in-12°."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.16", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 1354, "texte": "Nous devons accorder d'autant plus de crédit à cette version de la\nforlane, que nous en retrouvons l'air un peu partout dans les ouvrages de\nce temps. Elle figure dans Campra, dans le Recueil des danses de Philidor\nde la bibliothèque nationale et dans bien d'autres.2\nElle est toujours indiquée comme étant forlane, c'est à dire l'air\ntypique sur lequelle cette danse s'accomodait. C'est la forme officielle,\nsous laquelle vers la fin du siècle, elle pénétra sans doute chez nous.\nIl faudrait donc admettre qu'en cent ans, qui séparent Duval\nde Feuillet, la danse a la fourlaneest devenu la Forlane, tout court comme\nplus tard Xalla polaca est devenu la polka. Une manière de baller aura\ndonné naissance à une forme précise, accompagnée d'une musique\nspécialement appropriée. Une telle évolution, dont l'ltalie voudra peut-\nêtre un jour nous montrer les étapes, n'est que très vraisemblable.\nUne fois installé, parmi nous, la forlane conquit rapidement une\nfacile popularité. Campra la mit sur le mode mineur dans ses\nVénitiennes,\nLa Barre n'eut garde de l'oublier dans sa (i7°s) :\n\n2 Par exemple dans le Vm 7 6222, fol 19 v°, en tablature de guitare. Et aussi dans un recueil ms\nappartenant H. M. H. Prunières, qui doit dater du début du XVIIIe, et où elle est nommée Forlana\nVecchia par opposition à une autre Forlana Nuova, qui la suit."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.17", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1786, "texte": "et le grand Rameau lui-même s'en souvint encore en 1757 dans ses Sibarites\nCouperin, enfin écrivit sur cette coupe une de ses plus jolies pièces, celle\nqui termine comme un adieu rêveur, ces dont il charmait\nLouis XIV sur ses vieux jours1. Ainsi habillée, moitié à l'italienne, moitié\nà la française, la forlane tendrement balancée se glisse à travers les Fêtes\nGalantes. Elle flotte autour des Watteau et des Lancret, avec son air\nsimplet et raffiné, sa mélancolie qui n'est pas triste, sa franchise harmonieuse.\nPuis elle disparait avec les costumes de la comédie italienne. Elle n'est\nplus qu'un accident du ballet vénitien. Peut-être se conserva-t-elle encore\nen son pays. Un journal italien nous raconte qu'en 1797 lorsque les\ntroupes de la république française entrèrent à Udine il eut un grand bal\nau palais et que la forlane en fit les honneurs. Mais, depuis lors, son étoile\ns est complètement éclipsée, au point qu'il n'est plus possible de retrouver\nsa trace, sans les longues vues de l'histoire. Ne la plaignons point. Une\ndanse qui déjà adulte à la fin du XVP siècle, se maintient jusqu'au\ndirectoire, après avoir séduit Louis XIV et le Régent,Couperin et Rameau,\na bien rempli sa destinée. Elle a vécu sa vie chorégraphique.\nC est que la forlane a toujours mené une existence réglée. Toutes\nles danses de ce nom sont taillées sur une même plan, absolument régulier,\ndont le rythme obéit à des lois très strictes.\nPour en saisir le mécanisme il suffit de se rappeler qu'il appartient\na cette variété, particulièrement aimee de notre folklore européen, où la\nmesure a deux temps se trouve divisée en deux groupes ternaires. La\nformule de cette division a ete cherchée et trouvée de bien des manières\n\n1 Nous reproduisons cette forlane à la fin de notre article."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.18", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2185, "texte": "différentes. Au Nord nous avons la Gigue ; au Sud la Tarentelle, la\nSaltarelle, la Sicilienne... Tantôt les trois valeurs sont égales et la mélodie\nroule comme un torrent sonore, tantôt elles bondissent et boitent. Et le\nmouvement, lent, moyen, ou rapide entraine plus ou moins les séries de\nces cellules ternaires, accouplées deux par deux.\nParmi toutes les variétés de cette forme rythmique la forlane a su\nprendre sa place, timidement et avec une simplicité toute populaire. Son\noriginalité est de s'être limitée aux cellules de valeur inégales et pointées.\nElle s'interdit ces roulements, que recherche l'incontinence des danses\nitaliennes méridionales, ces vagues de triolets qui submergèrent la Gigue\nelle-même à l'époque des clavecinistes. Elle pointe sans cesse, et d'une\nmanière bien à elle ; car elle s'arrange pour faire alterner les6/s avec les 3/4.\nLes premiers lui donnent du bondissement, les seconds de l'assiette. En\nbonne paysanne, elle gigotte, mais elle ne tourbillonne pas ; et son balance-\nment cherche l'équilibre, plutôt que la virtuosité. M. Marzuttini est\nperspicace, lorsqu'il place le tempo de la valse à la base du sentiment musical\nde ses compatriotes. On sent que l'évolution de la forlane sera de ce côté.\nTout singulier que cela paraisse, le laendler est encore moins éloigné\nde la forlane véritable que ces tarentelles manquées, ce gigues indiscrètes\ndont tous nos périodiques ont accueilli sans contrôle les grâces menson-\ngères. De ce petit problème qui consiste à inscrire le ternaire au sein du\nbinaire, l'aimable forlane a donné une solution ingénieuse, que contredisent\noutrageusement les textes parus sous son nom depuis deux mois.\nSi nous voulions retrouver parmi nous le sens de cette danse ancienne,\nc'est au laendler du Beau Danube Bleu qu'il faudrait le demander, ou bien\nencore à nos Lanciers déjà défunts. Nous avons tous donné la forlane sans\nnous en douter, il y a quelque trente ans, quand nous tournions sur l'air :\nComparez avec Feuillet et avec Marzuttini, vous demeurerez per-\nsuadés que la forlane fut une contredanse, un brave et plaisant quadrille,\ndont ni les pas ni la musique n'étaient difficiles à retrouver."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.19", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1240, "texte": "Et jusque dans la musique la plus haute, nous sommes hantés par\nle souvenir de ses joyeuses évolutions.\nLes Walkyriesne chevanchent-elles pas sur un rythme forlanique,\nlégèrement tronqué ?\nLa forlane est partout. Point n'est besoin d'aller la chercher si loin,\nni dans l'espace ni dans le temps. Elle représente un des modes familiers\nde la pensée musicale de notre occident. Le Saint Père, en la recommandant\nà nos jambes catholiques nous rappelait à la tradition de nos vieilles\nraces germano-celtes.\nToute cette aventure doit-être prise en gaité. Le musicologue est le\npremier à pouvoir s'en réjouir. Quand il voit s'égarer des gens partis\nallègrement à la recherche de la véritable forlane, il se dit que la vérité\nhistorique, ne se livre pas au premier venu, et que sa conquête a bien\nquelque prix. Et il se plait à espérer qu'en musique, (comme en littéra-\nture et en art plastique) le souci de l'authenticité s'est introduit dans\nl'esprit public, tel un parasite incoercible. Aujourd'hui, à propos d'une\ndanse, que chacun savait ancienne, l'opinion s'est inquiétée. Ses efforts\nn'ont pas abouti, c'est entendu; mais il y a eu effort. Que peut-on\ndemander de plus à une curiosité qui sommeille encore ?\n\nJ. Ecorcheville."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.20", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 85, "texte": "DE FRANÇOIS COUPERIN\nTirée des Concerts Royaux\nHarmonisée par A. Bertelin"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c006", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 3, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.3.3", "titre_corps": "L'histoire de la forlane mérite d'être contée. Elle est instructive ;", "titre_sommaire": "L'histoire de la forlane mérite d'être contée. Elle est instructive ;", "signature_source": "J. Ecorcheville", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.3", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1525, "texte": "L'histoire de la forlane mérite d'être contée. Elle est instructive ;\nelle est plaisante. Comment cette danse, comparse de nos vieux ballets, et\ndéfunte depuis deux siècles, est-elle reparue soudain ? Comment les salons\ndes deux mondes ont-ils, en quelques jours, accepté le triomphe de ce\nrevenant, se disputant l'honneur de la véritable, de la vraie, de la seule\nforlane ?\nFut-ce un bluff audacieux, et la furlana existe-t-elle ailleurs que dans\nl'imagination des professionels internationaux, auquels nous devons, depuis\nquelques années, tant de variétés passagères de la flore orchestique ?\nConvient-il de sourire, ou de faire appel à la curiosité de l'historien ?\nIl semble bien, en tout cas, qu'une revue musicale puisse effleurer\nces questions de passionante actualité, et les traiter, au milieu d'autres\nsujets plus graves. Un pape n'a-t-il pas lui-même, involontairement\nprovoqué cette furieuse et caractéristique agitation, à laquelle aucun de\nnos lecteurs n'est probablement resté indifférent ?...\nLa vogue s'était fixée sur le tango, danse populacière, dont Paris\navait réussi, sans trop de peine, à faire un petit chef-d'œuvre d'harmo-\nnieuse lascivité, lorsque l'Eglise, gardienne de notre bonne morale, et\ngardienne puissante, on le voit, éleva la voix de la réprimande. Le tango\nfrappé, recula, quittant les salons vertueux, pour des lieux hospitaliers\nmais publics. Or, la danse, comme la mode ne saurait se passer de l'appui\ndes salons. Il arrive bien qu'une mode s'impose grâce au théâtre, mais"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.4", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2326, "texte": "clic ne vit en somme que des gens du monde. C'est ce que savent si bien\nses dévoués collaborateurs, lorsqu'à chaque saison nouvelle, ils provoquent\nun courant de snobisme mondain à qui rien n'échappe. Croyons bien\nqu'il en va de même de nos divertissements chorégraphiques. Un méca-\nnisme, auquel Mercure n'est pas étranger, permet de créer, et de lancer\nla musique et les pas dont vous subissez les cadences, lectrice aux jambes\nentrainées. Par qui, dans quelle officine s'élabore le succès de l'hiver ?\nNous l'ignorons mais ce tango, par exemple, sous la forme très peu\nargentine qui lui a valu l'index est, soyez-en sûr, l'œuvre d'un industriel\nhabile, tout comme la robe fendue, et ou les hauts talons.\nDonc, une crise se produisit, en pleine saison, en plein tanguisme.\nEt le désarroi eut été grand, si, à une vogue menacée on n'eut pas\nopposé, dans les vingt quatre heures, une vogue triomphante. Ainsi\nnaquit, par un coup du sort, et peut être du génie, l'idée de la furlana.\nQu'on ne me demande pas si le mot est bien venu sur les lèvres du Saint\nPère, ou si quelque machination diabolique a joué son rôle dans cette\nintrigue soudaine. L'essentiel est de constater le fait : il fallait une rem-\nplaçante, la furlana se présenta, on l'engagea de suite.\nD'où venait-elle et qu'était elle ? En France on ignorait jusqu'à son\nnom. Et pour cette bonne raison, que ce nom n'a jamais existé dans\naucune langue,\nn'est ni français ni italien. Si le pape a\njamais prononcé ces trois syllabes, il a certainement dit\nen élidant le dernier a et en donnant à fou un son bref. Ce qui signifie\nqui le français se rapprocherait autant que possible de la prononciation\ncorrecte en disant fourlane, ou mieux encore forlane. L'accent et la sonorité\nl'exigent, et la raison aurait dû nous mettre en garde contre la grotesque\nfurlana. Est-ce vraiment la peine de passer notre jeune âge dans le fami-\nliarité de Virgile et d'Horace, pour ne pas sentir la musicalité d'un mot\nitalien qui franchit les Alpes, et pour faire d'un vocable alerte et bien\ntimbré, un mot écœurant et flasque, digne de nos camelots des boulevards ?\nLa rorlane ! A la bonne heure ! Tous les amis de la musique\nancienne en ont entendu parler, comme du menuet ou de la gavotte. Ce\nn'est pas dire qu'ils l'ont jamais rencontrée au coin d'un bal, mais le nom"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.5", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2485, "texte": "leur dit quelque chose, et ils savent que l'histoire pourrait leur en dire\ndavantage encore. Nous verrons toute à l'heure qu'ils ont raison dans\nleurs pressentiments. Et, en vérité, c'est bien du côté de l'histoire que les\nmaîtres de danse, en mal de forlane le mois dernier, ont lancé un regard\ntout chargé de curiosité.\nOh, rassurons-nous ! Ni le regard ni la curiosité n'ont été bien\navides. Le Professeur Pichetti, le premier qui paraît avoir eu l'idée\nde la danse du Pape, Pichetti un voisin du Vatican, se borna à faire pho-\ntographier deux gravures anciennes, dans lesquelles ils découvrit aussitôt\nle protoype de forlane, \" telle que Ici îiobit's lr\n'•Palais des doges\". Il eut mieux fait de voir, dans ces planches, des passe-\npartout illustrant le Ballarinode Caroso (1581), ouvrage qui ignore totale-\nment la forlane. Pourtant ces documents firent le tour de la presse française,\naccompagnées des commentaires les pius graves. Tel par exemple :\n\"La furlana vient du Frioul, où elle était la danse préférée des gondoliers...\nC'est surtout vers 1800 que la furlana eut son heure de célébrité. Déjà alors, on\nen eut une adaptation à l'usage de la bonne société. Elle fit bientôt son entree\ntriomphale dans les grands salons et dans les fêtes des palais des doges et devint\nenfin la danse nationale du pays dont Pie X était le patriarche. Née dans les quar-\ntiers populaires, la furlana tut donc adoptée par 1 aristocratie au moment ou la\npavane, la gavotte et le menuet, qui avaient régné en maîtres pendant le treizième\nsiècle commençaient à lasser...1 \"\nLe tour était joué. Inutile d'aller plus loin. La forlane avait ses\npapiers ; ses ancêtres étaient là sous nos yeux. Il n'y avait plus qu a\ndécouvrir sa musique et ses règles. Rien de plus simple. Mascagni et\nPonchielli ont écrit des forlanes, l'un dans le Bal Masque, 1 autre dans\nGioconda,ce qui prouvait que le genre n'était pas mort, et qu'il existait une\ntradition chorégraphique, reliant le palais des Doges à Magic-City. On\npouvait marcher.\nNotez que tout ceci s'accomplit avec une rapidité cinématographique.\nQuelques consciencieux partirent pour Rome. C'étaient les Saints Thomas\nde la forlane. Mais beaucoup créèrent la danse papale dans 1 espace qui\nsépare le soir du matin. Je puis garantir cette petite scene, dont aucun\nde nos confrères ne sera surpris. Le 2 février un rédacteur dun de nos\nplus grands quotidiens illustrés est mandé dans le cabinet directoral :\n\n1 Illustration du 7 février."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.6", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2468, "texte": "\" Il me faut une forlane demain dans le journal... \" Le reporteur s'incline,\nse munit d'un photographe, bondit chez un maestro.\n\" Connaissez-vous la forlane ? \"\n« II\"\n•••• • • •\n\" Mettez vous 1à... Oui c'est cela... Levez les bras... Parfait...\nRésultat, quelques clichés qui apprirent le lendemain aux populations\nébahies qu'un mode nouveau de la danse était né.\nDu côté musique même procédés. Tous les éditeurs de valses légères\nouvrirent leurs cartons pour en extraire sans douleur quelques paisibles 6/8,\net cent cinquante forlanes, sous couvertures impressionnantes, s'étalèrent\nbientôt au grand jour des devantures. Si chacune d'elles a été tirée à\nmille exemplaire, cela doit faire une jolie pile de papier, de cent cinqante\nmètres de haut (environ la moitié de la tour Eiffel) sortie de néant sur un\nsigne présumé du chef de l'église !\nEt les exécutants, chargés de réaliser devant le public ces spécula-\ntions affolées ! Dois-je dévoiler les réponses qu'ils m'ont données (à la\ncondition de ne pas les nommer) ? Elles sont toutes semblables. \"\navons fait n importe quoi\". C'est ainsi ; et je voudrais prévenir ici le\nmusicologue de l'avenir, qui traitera dans deux milles ans des \" Dessous\nd'un lancement chorégraphique en 1914\". La plus naïve et la plus\nconfiante fantaisie a présidé à l'éclosion de toutes ces forlanes simultanées\ndans notre bonne ville de Paris.\nAvant de crier à la trahison ce qui serait irrespectueux à l'égard\nde Rome —, il convient de voir si les Italiens ne se sont pas montrés\nplus avisés que nous dans cette belle et joyeuse aventure. C'est en sa\nqualité de Vénitien que le Saint Père a pu prononcer le mot fatal, qui a\nmis tous nos bals en émoi. Four/an est un mot patois pour c'est\nà dire pour désigner l'habitant de cette région comprise entre Trieste et\nVenise au sud du Tyrol, et dont Udine est la capitale. C'est l'antique\nForum Julianiqui dans la langue savante et cadencée à donné la forme\nF'r-iul (frioul) et dans le dialecte de ces paysans celtes mêlés de slaves, le\nmot For(iu)lan (forlane). On remarquera en passant comme ce dernier\nmot sonne bien en français, et si, l'on ouvre un volume écrit dans la\nlangue particulière à ce petit peuple, on sera plus surpris encore de con-\nstater qu'il s'agit ici de la langue de Mistral !... Catalan, provençal, piémon-\ntais, friulan sont des rameaux d'une même langue à laquelle les Gaulois\naboutirent lorsqu'ils se sont trouvés en rapport directs avec les Latins, et"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.7", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2318, "texte": "qu'ils ont du accommoder le chantonneraient de la phrase romaine à leur\naccentuation rude et martelée. Qui ne reconnaîtrait par exemple, pour\ntrès près de nous, des couplets comme celui-ci, détaché d'une anthologie\ndu Frioul. 1\nCour de pierre, cour de marm'\nCour de tigre e de leon\nPer ce fin m'abandonais !\nCincia fregul de rason !\nAinsi parle-ton aux pieds des Alpes Carniques, au pays d'où nous vient\nle nom de la forlane, et c'est une raison de plus d'aller voir comment la\ndanse nouvelle a été accueillie dans cette province de l'irrédentisme.\nToute la presse adriatique se sentit émue à la lecture de l'article du\n\" TempsUn doux orgueil, très légitime s'empara des maestri et profes-\nsori tant en Frioul qu'en Vénétie, à la pensée que le monde entier aurait\nbientôt les yeux fixés sur eux, et que la régénération de la danse moderne\nallait sortir de leur province, peu connue du touriste. Tel l'évangile\nnouveau était né jadis dans l'humble crèche de Beethléem. Le professeur\nGalante de Venise, à l'obligeance duquel nous devons la photographie\nci-contre se mit en campagne avec la même ardeur que son confrère\nPichetti de Rome. Dès le 12 février il annonçait que\ntextes, contenant Vhistoire de toute la danse a travers les âges, il avait retrouvé\nla description et la maniéré de danser \"La signora Galante,\népouse du noto e valente maestro ayant mis la main sur un vieux de 88 ans,\nencore ingambe, retrouvait, elle aussi, la pratique de cet art et l'enseignait\naussitôt à ses élèves.\nA Udine, le maestro Marzuttini pris d'une belle ardeur, commença,\nraconte-t-il, par importuner toutes les personnes susceptibles d'avoir des\nsouvenirs, puis il bouleversa la bibliothèque, écrivit à la Marciana de\nVenise, aux archives... \" A Cividale, près de Cormons (encore un nom\ngaulois), le professeur Ettore Zanuttini, eut la bonne fortune de rencontrer\nun manuscrit de la fin du XVIe contenant une forlane à sept parties. Et\nainsi, un peu partout les recherches et les exhumations se poursuivirent.\nCes efforts, d'ailleurs tout à l'honneur des vénitiens frioulans,\nprouvent au moins une chose : en Forlanie la forlane était inconnue,\n\n1 Arboit. Villotte. (Piacenza, 1876.)\n2Je dois cette précieuse enquête au zèle bienveillant de M. Bozza, de Irieste, que je suis heureux\nde remercier ici bien sincèrement."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.8", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2575, "texte": "puisqu'il fallait l'aller chercher dans les témoignages du passé. Le Saint\nPère, en évoquant l'idée de la forlane, avait parlé d'une danse morte, et\nfait acte de musicologue.\nUn résultat aussi négatif était cependant un résultat. Certains\nl'avouèrent avec franchise.\n\" Quant à moi, écrit le rédacteur de la Patria del Friuli du 11 février, je\nconserve mon doute jusqu'à preuve du contraire. Tout le monde parle et disserte\nde la forlane, mais personne ne sait précisément ce que c'est. Dans le Frioul, il\nparait certain qu'on ne la connaît pas... Au moins que notre sclave par exemple\nn'ait passé au XVIIIe siècle à Venise sous ce nom de forlane, indiquant son origine,\net que, de là, elle se soit répandue dans le monde, pour conquérir l'immortalité,\ngrâce à Rameau, à Ponchielli... et à Pie X \".\nO J\nD'autres citèrent les historiens ; Ostermann, par exemple qui écri-\nvait encore en 1894: \" jadis on dansait la Forlane, la Sticca, la Mon-\nferrina, la Ziguzaine ou Stirienne, la Sclave, le ballo resiano et la\nNeue-Bauerisch ; mais exception faite de la Sclave et de la Stirienne, ces\ndanses sont toutes tombées en désuétude. Je 11e me rappelle avoir vu\ndanser ni Forlane, ni Sticca, ni Monferrina (on prononce Monfrine)... \"\nComment faire ? Et pourtant la reconstitution de cette inconnue\ns'organisait partout. La forlane fut le clou de toutes les fêtes du frioul\nélégant et mondain pendant un mois. Les maîtres de danse, là-bas comme\nici, et sous tous les degrés de latitude ont la même assurance. Rien ne\nles arrête. La forlane n'existe pas ! Vive la forlane ! On trouvera bien,\ndans quelques villages une danse locale à la mode antique, une de ces\ndanses un peu figurées, qui rappellent l'ancien régime, et qui, à tout\nprendre, peuvent se voir qualifier de forlane puisqu'elles sont du Frioul.\nAinsi naquit en plusieurs endroits la Sola vera furlana, prétendant nous\napporter la solution juste du petit problème historique et chorégraphique\nposé devant nous.\njusqu'à quel point ces reconstitutions, établies sur place, contien-\nnent-elles des éléments authentiques, sinon de forlane, dumoins d'anciennes\ndanses frioulanes, c'est ce que je ne saurais dire. Je crains bien cependant\nque tout, ou à peu près, ne soit moderne et improvisé dans ces prétendues\nrestitutions. La musique d'abord, car toutes les forlanes modernes que j'ai\nsous les yeux portent ostensiblement un nom de compositeur vivant ; elles\nsont sorties d'hier de la plume toute fraiche de maestri, dont je ne conteste\npas le talent, mais dont la présence m'inquiète. Comment ! pas la moindre"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.10", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 1474, "texte": "mélodie populaire, pas de folklore pour présenter une danse ancienne !\nLa forlane serait-elle vraiment un mythe ?\nEt puis, la chorégraphie ! Ce qu'on nous a donné ici, c'est tout\nsimplement une danse de pays, bien connue des indigènes. A Gorizia par\nexemple, loin de Venise, et en province, le subterfuge a tout de suite été\néventé : C'est la Sc/aves'est-on écrié. 1 Ailleurs ce fut la ou la\nStirienne. C'est-à-dire des variétés d'un même type commun a toute cette\nrégion.\n\" Nous autres Frioulans, écrit M. Marzuttini, et toute question de patriotisme\nmise à part, nous sommes des gens du Nord (nordici) en musique. Nos chants\npopulaires les villottes, sont des choeurs à trois et à quatre voix. Nous sommes\nl'unique région d'ltalie, qui ne possède pas la canzone monodique. Nous sommes\ndes mélancoliques ; notre instrument national est l'accordéon et non la flûte, ou\nla mandoline, ou le piffero. Notre peuple ne connaît pas le joyeux six-huit ;\npar contre il sent toute musique sous la forme à 3/4 de la valse et de la mazurka. \"\nEt l'un de ses confrères ajoute : \" Les figures de la forlane dansées à\nParis, et publiées hier dans le Corriere délia sera de Milan, nous font dire\nde suite, que cette danse, personne ne l'a jamais vue dans le Frioul. Ce\nsont là des figures de danse méridionale.\nEt ainsi, la forlane sera pour les uns : 2\nOu encore :\n\n1 Voir La Patria del Friuli du 10 février.\n2La vera Furlana, di G. B. Marzuttini. (Frieste Schmidl et C°.\n2"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.11", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1185, "texte": "A moins que ce ne soit :\nOu, si l'on aime mieux :\nTout cela se danserait avec de petits sauts, promenades, moulinets\net tous de mains, et formerait un petit scénario de cinq figures, que l'on\npeut varier avec fantaisie. \" Naturellement, ajoute M. Mazzuttini, les\nmouvements caractéristiques, certaines attitudes, certains battements de\npied marquant l'impatience du cavalier, certaines ondulations et certains\nsourires ne peuvent s'enseigner par la chorégraphie. Il faudra un maître,\nsi possible du frioul, ou s'étant familiarisé avec notre race, pour les\nindiquer de vive voix... \"\nNous voilà fixés, et l'érudition italienne ne nous conduit pas plus\nloin. Elle nous a prouvé que forlane n'existait plus, mais que si il fallait\nl'inventer, pour obéir à une mode flatteuse, il conviendrait d'y voir une\nvalse lente, sorte de laendler autrichien, arrangé en danse figurée, comme\nnotre bourrée et nos quadrilles, et que tout ce qui s'écarterait de ce type\ns'écarterait en même temps du Frioul et devrait être considéré comme\ninterprétations italiennes ou même méridionales de la véritable forlane\nautochtone.\nEn somme, nous nous restons dans le doute, et en pleine hypothèse."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.12", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2588, "texte": "Pas un document sérieux musical, littéraire ou iconographique n'a été\nproduit en faveur de cette infortunée, dont on parle depuis deux mois,\nsans pouvoir démontrer son existence.\nEtait-il donc si difficile de nous dire ce que fut cette danse fantôme,\nau temps où elle existait réellement ? Nos confrères italiens dont les\nbibliothèques regorgent de papiers imprimés et manuscrits, n'auraient-ils\nvraiment pas pu découvrir une note de musique, un récit de fête, une\npage de mémoires, un tableau ou une gravure, nous révélant comment on\nforlanait jadis ? Avec cette belle ardeur qu'ils tiennent de leur pays de\nsoleil, ils ont mieux aimé créer dans la fantaisie, que de pâlir sur des\ngrimoires. Ils ont préféré nous laisser présenter ici les brèves indications\nque chacun à Paris eût pu réunir sur ce petit point d'histoire musicale.\nLa forlane était connue de toute l'Europe dansante au début du\nXVIIIe siècle, et peut-être grâce àla France, où elle s'introduisit au temps\ndu Grand Roi. Elle paraît avoir existé bien avant cette période de\ncélébrité. On signale des forlanes dans une édition du XVIe de Phalèse,\net la plus ancienne source que je puisse citer ici est elle des curieux\nmémoires de J. B. Duval, dont M. Pirro signala récemment l'intérêt\nmusical.1 A Venise, le 28 mars 1609, Duval après diner s'avise d'aller\nvoir les bals publics, où, au son d'un violon et d'un cistre se dansent les\ngaillardes et passomaises et autres danses à la fourlane. \" Et il nous trace\nce petit tableau :\n\" Un garçon prend une fille, et quelquefois deux prennent chacun la leur\npar la main, lui font faire le tour du bras sur la tête et commencent à danser. Les\nfilles lèvent les deux têtes de leurs robbes afin de montrer leurs escarpins blancs,\nqu'elles portent toutes dans les soccoli,qui sont patins de cinq ou six doigts de\nhault, fort découverts par dessus, faits de maroquin ou veau rouge, découpés à\njour en roses ou autres compartiments. L'on leur sonne les gaillardes courtes, et\nestant finies elles retournent se tenir debout en leur place, où elles ne sont pas\nplutôt, que celui qui les a mené danser les reprend pour commancer de nouveau\nla gaillarde suivante qui se sonne et fait le semblable jusques à quinze ou seize\nfois, ne leur donnant pas presque le loisir de s'essuyer de leurs mouchoirs, ny le\n\n1 Les remarques triennales de Je an-Baptiste Duval.... pendant F ambassade de Me s sire Jean Bochardy Sr\nde Champigny... ambassadeur de Venise. Bib. Nat. ms. fr. 13977. (article par A. Pirro dans Mélanges\nofferts àM. Henry Lemonnier.... Paris, Champion 1913, p. 175-)"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.13", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3071, "texte": "prenant pas même pour eux. Ils s'eschauffent à cela, et quand ils demandent la\nfaveur de laisser le patin, elles dansent en escarpins avec beaucoup de dextérité,\ndécoupant leurs cing par le bout du pied fort proprement. Quand il a fini sa gail-\nlarde, ou ce qu'il a voulu danser, non toutefois les courantes, ny voltes, car ils ne\nsavent ce que c'est, il paye les ménétriers d'un qui peut revenir à neuf\ndeniers de France. S'il veut recommencer il prend une autre fille, ou cela même,\npaie encore autant. Ce sont pour la plupart de petites courtisanes, qui s'amusent à\ncela pour passer autant de temps, et entretenir par ce moyen leurs amoureux ; les\nautres, qui font le semblable, sont filles de gondoliers et gens de basse condition.\nLes joueurs les vont prier eux-mêmes de tenir le bal, et s'ils gaignent beaucoup\nl'après-dîner, ils donnent quelque peu de leur gain à celles qu'ils ont retenues et\nqui ont entretenu le ballet, de manière que tel ébattement ne manque jamais, ni\nles dimanches, ny les festes.\nElles ont toutes le sein et les épaules jusqu'au dessous du paleron à des\ncouvert, sous un voile banc fort délyé, en quelque temps que ce soit, et bien\nsouvent ledit voile est encore découpé. Leur corps de robbe est espais de deux\ndoigts, fort dur, et le lacent toutes par devant, se serrant estroitement par le milieu\ndu corps, d'autant que leurs cottes ne tiennent, sinon en tant qu'elles tont serrées,\npourceque les espaulettes leur retombent sur le bras au deffaut de l'espaule, où\nelles font bouillonner les manches de leurs chemises avec des aiguillettes de ruban.\nElles n'ont d'autre chose dans les bras tout l'été, et les portent larges d'un pied,\nmais, peu à peu, elles les reserrent d'un brasselet. Quelques unes les portent\nouvragées et la toile séparées en quatre ou plusieurs los, avec un poulce de passe-\nment de fil comme les dentelles. Leurs cottes ont la basque par derrière le dos, et\nsont toutes de haultes couleurs, verdes, rouge, jaulnes, pourpre, bleus et semblable.\nPar le devant, elles ont de grands devantiers de toile blanche, comparties de\nmêmes passements de fil, et de la dentelles tout autour, fort grands et larges, non\ntoutefois autrement fins. Elles n'ont rien sur la tête, et leurs cheveux sont retenus\nen un nœud par derrière, qui est attaché de quelque ruban de velous, et piqué de\ngrosses espingles d'argent, qui ont la teste comme un pois, et, au deffaut qu'elles\nn'en auraient d'argent, il s'en fait d'alchimie, d'ivoire et de brésil, dont elles se\nservent. \" 1\nAilleurs Duval revient encore sur ce sujet, qui l'avait frappé :\n\" Il y a plaisir, écrit il, à voir les danses de ce pays, car ils se mettent plus de\nvingt en place pour danser la gaillarde, chacun avec sa dame, faisant les tours et\nautres desparts du tout différent de notre usage. Ils dansèrent semblablement les\nallemandes et certaines autres danses de ballet, où ils s'approchèrent les uns des\nautres et touchant à l'envi dans leurs les mains l'un après l'autre.... :2\nEt Duval ajoute en marge \" Bal à la furlane. \"\n\n1 Fol. 51-52.\n2 Fol. 127."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.14", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2830, "texte": "Tout cela est bien vu. Ces petites femmes, appointées par le bal\nlui-même pour achalander l'établissement, n'éveillent-elles pas l'idée de\ndanses beaucoup plus modernes? Forlane ou tango, les mœurs sont les\nmêmes, sous les costumes différents. Mais Duval n'intéresse pas seulement\nle moraliste, il donne une très précieuse indication au chorégraphe en\nécrivant, bal à la fourlane.Ces danseurs remarquons le bien, dansent des\ngaillardes, des passomezzi, des allemands et mêmes d'autres pas encore,\nmais ils dansent à la manière de... gens du Frioul. Ceci est important et\nsi l'avisé secrétaire de notre ambassadeur nous avait poussé plus loin sa\ndescription, nous aurions une précision qu'il nous faut attendre jusqu'à la\nfin de son siècle, c'est à dire jusqu'à la Lettre de Venise parue dans\nle Mercure Galant de 1683. Nous sommes ici en meilleure compagnie.\n\" Depuis l'ouverture du Carnaval, il y a eu plusieurs bals que l'on appelle ici\nFestins, à cause que ceux qui les donnent se traitent ordinairement auparavant.\nSa plus grande partie se font chez les courtisanes, quoi qu'il y en ait chez beaucoup\nd'autres particuliers, et on y est toujours mieux reçu quand on mène une femme\navec soi. Dans la plupart, on oblige tous les hommes à ôter le masque, afin qu'ils\nne passent point les bornes de l'honnesteté, dans l'entretien qu'ils peuvent avoir\navec les femmes. 11 y a, dans deux ou trois chambres de pleinpied, des chaises\nrangées contre les murs, avec une épinette, un violon et une basse. Dans chacune\nles hommes prennent par la main les femmes qu'ils veulent, et se promènent avec\nelles de chambre en chambre à la file des autres, en causant ensemble, puis se\nviennent asseoir, ou vont boire des liqueurs, que l'on donne dans une autre\nchambre, et l'on passe ainsi toute la nuit sans danser.\nIl y en a d'autres, où, après s'estre promené durant quatre heures, tout le\nmonde s'assied, et laisse le milieu de la chambre vuide, pour ceux qui veulent\ndanser.\nLe plus jolie de leurs dances est la fourlane. Elle se fait à deux, ou à quatre\npersonnes, autant d'hommes que de femmes, qui tournent en cercle en sautant et\nfrisant les pieds avec une vitesse et une légèreté merveilleuse, et qui s'approchent\nensuite l'un devant l'autre en tournant toujours de la même manière, et en se\nprenant quelquefois les bras qu'ils s'entrelacent et passent par dessus la teste... \"\nCette fois le renseignement est assez net pour que le maestro\nmoderne puisse en tirer parti. Surtout s'il ouvre en même temps les\nChorégraphies de Feuillet2 ala page 62, et s'il jette les yeux sur La\nForlana dont la musique et tous les pas sont minutieusement indiques.\n\n1 Lettre de M. Chassebras de Cromailles. (Ed. de Lyon, avril 1683, p. 38.)\n2 Recueil de danses composées par M. Pécour et mises sur le papier par M. Feuillet. (Paris 1700.)"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.15", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 309, "texte": "Ou bien encore s'il veut se donner la peine de consulter l'ouvrage de\nJean Rameau \\ ou la même Forlane, se trouve ajustée à la mode de la\nrégence, ainsi que suit :\nSa for lamve\n\n1 Abrégé de la nouvelle méthode dans l'art d'écrire ou de tracer toutes sortes de danses de villes\nParis 1725. in-12°."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.16", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 1354, "texte": "Nous devons accorder d'autant plus de crédit à cette version de la\nforlane, que nous en retrouvons l'air un peu partout dans les ouvrages de\nce temps. Elle figure dans Campra, dans le Recueil des danses de Philidor\nde la bibliothèque nationale et dans bien d'autres.2\nElle est toujours indiquée comme étant forlane, c'est à dire l'air\ntypique sur lequelle cette danse s'accomodait. C'est la forme officielle,\nsous laquelle vers la fin du siècle, elle pénétra sans doute chez nous.\nIl faudrait donc admettre qu'en cent ans, qui séparent Duval\nde Feuillet, la danse a la fourlaneest devenu la Forlane, tout court comme\nplus tard Xalla polaca est devenu la polka. Une manière de baller aura\ndonné naissance à une forme précise, accompagnée d'une musique\nspécialement appropriée. Une telle évolution, dont l'ltalie voudra peut-\nêtre un jour nous montrer les étapes, n'est que très vraisemblable.\nUne fois installé, parmi nous, la forlane conquit rapidement une\nfacile popularité. Campra la mit sur le mode mineur dans ses\nVénitiennes,\nLa Barre n'eut garde de l'oublier dans sa (i7°s) :\n\n2 Par exemple dans le Vm 7 6222, fol 19 v°, en tablature de guitare. Et aussi dans un recueil ms\nappartenant H. M. H. Prunières, qui doit dater du début du XVIIIe, et où elle est nommée Forlana\nVecchia par opposition à une autre Forlana Nuova, qui la suit."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.17", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1786, "texte": "et le grand Rameau lui-même s'en souvint encore en 1757 dans ses Sibarites\nCouperin, enfin écrivit sur cette coupe une de ses plus jolies pièces, celle\nqui termine comme un adieu rêveur, ces dont il charmait\nLouis XIV sur ses vieux jours1. Ainsi habillée, moitié à l'italienne, moitié\nà la française, la forlane tendrement balancée se glisse à travers les Fêtes\nGalantes. Elle flotte autour des Watteau et des Lancret, avec son air\nsimplet et raffiné, sa mélancolie qui n'est pas triste, sa franchise harmonieuse.\nPuis elle disparait avec les costumes de la comédie italienne. Elle n'est\nplus qu'un accident du ballet vénitien. Peut-être se conserva-t-elle encore\nen son pays. Un journal italien nous raconte qu'en 1797 lorsque les\ntroupes de la république française entrèrent à Udine il eut un grand bal\nau palais et que la forlane en fit les honneurs. Mais, depuis lors, son étoile\ns est complètement éclipsée, au point qu'il n'est plus possible de retrouver\nsa trace, sans les longues vues de l'histoire. Ne la plaignons point. Une\ndanse qui déjà adulte à la fin du XVP siècle, se maintient jusqu'au\ndirectoire, après avoir séduit Louis XIV et le Régent,Couperin et Rameau,\na bien rempli sa destinée. Elle a vécu sa vie chorégraphique.\nC est que la forlane a toujours mené une existence réglée. Toutes\nles danses de ce nom sont taillées sur une même plan, absolument régulier,\ndont le rythme obéit à des lois très strictes.\nPour en saisir le mécanisme il suffit de se rappeler qu'il appartient\na cette variété, particulièrement aimee de notre folklore européen, où la\nmesure a deux temps se trouve divisée en deux groupes ternaires. La\nformule de cette division a ete cherchée et trouvée de bien des manières\n\n1 Nous reproduisons cette forlane à la fin de notre article."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.18", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2185, "texte": "différentes. Au Nord nous avons la Gigue ; au Sud la Tarentelle, la\nSaltarelle, la Sicilienne... Tantôt les trois valeurs sont égales et la mélodie\nroule comme un torrent sonore, tantôt elles bondissent et boitent. Et le\nmouvement, lent, moyen, ou rapide entraine plus ou moins les séries de\nces cellules ternaires, accouplées deux par deux.\nParmi toutes les variétés de cette forme rythmique la forlane a su\nprendre sa place, timidement et avec une simplicité toute populaire. Son\noriginalité est de s'être limitée aux cellules de valeur inégales et pointées.\nElle s'interdit ces roulements, que recherche l'incontinence des danses\nitaliennes méridionales, ces vagues de triolets qui submergèrent la Gigue\nelle-même à l'époque des clavecinistes. Elle pointe sans cesse, et d'une\nmanière bien à elle ; car elle s'arrange pour faire alterner les6/s avec les 3/4.\nLes premiers lui donnent du bondissement, les seconds de l'assiette. En\nbonne paysanne, elle gigotte, mais elle ne tourbillonne pas ; et son balance-\nment cherche l'équilibre, plutôt que la virtuosité. M. Marzuttini est\nperspicace, lorsqu'il place le tempo de la valse à la base du sentiment musical\nde ses compatriotes. On sent que l'évolution de la forlane sera de ce côté.\nTout singulier que cela paraisse, le laendler est encore moins éloigné\nde la forlane véritable que ces tarentelles manquées, ce gigues indiscrètes\ndont tous nos périodiques ont accueilli sans contrôle les grâces menson-\ngères. De ce petit problème qui consiste à inscrire le ternaire au sein du\nbinaire, l'aimable forlane a donné une solution ingénieuse, que contredisent\noutrageusement les textes parus sous son nom depuis deux mois.\nSi nous voulions retrouver parmi nous le sens de cette danse ancienne,\nc'est au laendler du Beau Danube Bleu qu'il faudrait le demander, ou bien\nencore à nos Lanciers déjà défunts. Nous avons tous donné la forlane sans\nnous en douter, il y a quelque trente ans, quand nous tournions sur l'air :\nComparez avec Feuillet et avec Marzuttini, vous demeurerez per-\nsuadés que la forlane fut une contredanse, un brave et plaisant quadrille,\ndont ni les pas ni la musique n'étaient difficiles à retrouver."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.19", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1240, "texte": "Et jusque dans la musique la plus haute, nous sommes hantés par\nle souvenir de ses joyeuses évolutions.\nLes Walkyriesne chevanchent-elles pas sur un rythme forlanique,\nlégèrement tronqué ?\nLa forlane est partout. Point n'est besoin d'aller la chercher si loin,\nni dans l'espace ni dans le temps. Elle représente un des modes familiers\nde la pensée musicale de notre occident. Le Saint Père, en la recommandant\nà nos jambes catholiques nous rappelait à la tradition de nos vieilles\nraces germano-celtes.\nToute cette aventure doit-être prise en gaité. Le musicologue est le\npremier à pouvoir s'en réjouir. Quand il voit s'égarer des gens partis\nallègrement à la recherche de la véritable forlane, il se dit que la vérité\nhistorique, ne se livre pas au premier venu, et que sa conquête a bien\nquelque prix. Et il se plait à espérer qu'en musique, (comme en littéra-\nture et en art plastique) le souci de l'authenticité s'est introduit dans\nl'esprit public, tel un parasite incoercible. Aujourd'hui, à propos d'une\ndanse, que chacun savait ancienne, l'opinion s'est inquiétée. Ses efforts\nn'ont pas abouti, c'est entendu; mais il y a eu effort. Que peut-on\ndemander de plus à une curiosité qui sommeille encore ?\n\nJ. Ecorcheville."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c020", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 9, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.3.4", "titre_corps": "LA FORLANE RECONSTITUÉE PAR LE PROFESSEUR GALANTE DE VENISE", "titre_sommaire": "LA FORLANE RECONSTITUÉE PAR LE PROFESSEUR GALANTE DE VENISE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.9", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 59, "texte": "LA FORLANE RECONSTITUÉE PAR LE PROFESSEUR GALANTE\nDE VENISE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c021", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 20, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.3.5", "titre_corps": "DE FRANÇOIS COUPERIN", "titre_sommaire": "DE FRANÇOIS COUPERIN", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.20", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 85, "texte": "DE FRANÇOIS COUPERIN\nTirée des Concerts Royaux\nHarmonisée par A. 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Les\nchefs-d'œuvre des temps passés, peintures, sculptures, monuments de\ntoutes sortes, nous émeuvent sur des points déterminés ; reflets d'un idéal\net d'une époque, ils expriment certaines beautés définies et immuables. Les\nvieux violons sont de tous les temps, et contiennent tous les idéals en\npuissance. Intarissables, leurs flancs aux courbes harmonieuses, renferment\nnon pas une sorte de musique, mais toute la musique, et celle de demain\nen jaillira aussi pure, aussi fraîche qu'en est sortie celle d'autrefois. Nous\navons à leur égard le respect que l'on accorde aux vieilles choses témoins\ndu passé, avec cette différence que nous voyons en eux, non pas des\ntémoins muets et impassibles, mais des sortes d'êtres, ayant vibré à toutes\nles passions, tout près du cœur des hommes, dont ils traduisirent les\nbattements les plus nobles en un langage divin. Ils furent de toutes les\nsplendeurs et de toutes les misères, ils connurent toutes les joies et toutes\nles douleurs.\nRien n'est suggestif comme leur histoire. Quelle que soit leur\norigine, qu'ils aient été crées pour des princes ou des rois, destinés à des\nmusiciens plus ou moins renommés, vendus à vil prix sur les marchés aux\nménétriers de villages et aux humbles de toutes catégories, tous, grâce à\nla longévité dont ils furent doués, ont vécu à travers les siècles d'une\nexistence émouvante, comparable à celle des hommes dont ils partagèrent\nles vicissitudes les plus diverses, les plus paradoxales. Tel violon, par\nexemple, sorti des mains d'Andréas Amati pour orner la chapelle du roi\nde France Charles IX, et qui fut de toutes les fêtes de la monarchie\njusqu'à la révolution, n'a-t-il pas un beau jour accompagné la voix\nhurlante de la populace ? Et la fortune prodigieuse de ce Guarnerius, qui\nvendu il y a deux siècles sur un marché d'ltalie, pour quelques menues\nmonnaies, après avoir trainé de bouge en mauvais lieu, et fait danser\nribauds et ribaudes, se prélasse aujourd'hui dans un écrin de soie, au milieu"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.23", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2468, "texte": "d'un palais. Et, par contre, les malheureux qui, après avoir connu les\nivresses de la gloire, sont maintenant enfermés dans des vitrines d'où ils\nne sortiront jamais, victimes de la vanité d'un virtuose ou de la folie d'un\ncollectionneur !\nLes vieux violons ont leurs chroniques. La tradition veut qu'Amati\nsoit venu à Paris pour achever une commande du roi Charles IX, soit\n12 violons petit format, 12 violons grand format, 6 altos et 8 basses. On\nn'a retrouvé aucun compte de cet achat, et on a cru longtemps que tous\nces instruments avaient été détruits pendant la tourmente révolutionnaire\nde 1789. Or deux d'entre eux existent encore. L'un, d'après Hart, se\ntrouve en Angleterre, et nous ne possédons aucun détail à son sujet, quant\nà l'autre, nous le connaissons. Il porte les armes de la maison de France\net le monogramme de Charles IX ; les quatre coins sont ornés d'une fleur\nde lys. Voici comment il nous fut conservé :\nPendant la journée du 10 Août 1792, les gardes suisses au nombre\nde 600 hommes furent massacrés par le peuple. Un seul, Jean Tardi,\néchappé comme par miracle, mais blessé, poursuivi, traqué, trouva un\nrefuge chez son ami l'inspecteur du garde meuble du roi. Après sa\nguérison, il en reçut ce violon, autant comme moyen de gagner sa vie en\nroute, que de se mettre à l'abri de ses ennemis, en se dissimulant sous la\nfigure d'un ménétrier ambulant. Il vint ainsi à Fribourg sa ville natale,\noù le patricien von der Weid le lui acheta pour 3.500 francs. Cet\ninstrument qui fut témoin de la St. Barthélémy et de la révolution fran-\nçaise, passa depuis dans les mains d'un noble amateur de Reichenbach en\nAllemagne.\nUn autre violon royal eut une singulière destinée. Le roi d'Angleterre\nGeorge I, avait commandé un violon à Stradivarius. L'instrument daté\nde 1716 resta dans la famille royale jusqu'au commencement du\n19me siècle. Ace moment, il passa, sans que nous en connaissons le motif,\nentre les mains d'un noble écossais, officier anglais, et il le suivit partout\ndans ses bagages. C'est ainsi qu'il assista à la bataille de Waterloo. La\nfamille de l'officier l'offrit depuis au violoniste Molique. Ce dernier le\nlaissa à son élève le baron von Dreyfus de Munich, et en Février 1889\nfut acquis par le violoniste Waldmar Meyer. Depuis sa création, il\nchangea donc six fois de possesseur.\nIci on peut faire un rapprochement piquant : Deux généraux fran-\nçais firent les campagnes du premier Empire, avec leur Stradivarius dans"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.24", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 17, "texte": "LES VIEUX VIOLONS"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.24", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2561, "texte": "leurs bagages, et c'est ainsi que trois Stradivarius prirent part à la grande\népopée, dans des armées opposées.\nIl est des violons qui ne connurent ni la splendeur des cours, ni les\npérils des champs de bataille, et qui, dans leur carrière purement artis-\ntique coururent d'autres dangers, et recueillirent une gloire différente.\nParmi eux, il faut citer en première ligne celui de Viotti, de Rode, de\nKreutzer, d'où s'exhala pour la première fois la célèbre sonate de Beet-\nhoven, de Paganini qui galvanisa l'Europe, d'Alard, de Vieuxtemps, de\nJoachim et de Sarasate. Ce dernier acquit sur le tard un violon dont\nl'histoire est curieux et bien peu connue. L'instrument est désigné par\nFétis-Wuillaume sous le nom de Boissier, comme une des plus belles\nœuvres du maître Crémonais. Voici dans quelles circonstances il sortit de\nl'obscurité il y a environ trois quarts de siècle.\nM. Boissier, gros richard de Genève, se promenant un jour en\nvoiture dans les environs de la ville, s'aperçut que son cheval venait de\nperdre un fer. Il alla chez le maréchal ferrant du village le plus proche,\npour faire remettre le fer manquant. Pendant l'opération, comme il\nregardait machinalement l'installation du forgeron, son attention fut\nattirée par un violon accroché au mur. Boissier était grand amateur de\nlutherie, et de plus, très-fin connaisseur. Il alla à l'instrument, et tandis\nqu'il l'examinait curieusement : Vous jouez du violon ? demanda-t-il\nau forgeron. Monsieur veut rire, lui répondit ce dernier, en tendant\nses deux grosses mains calleuses. Elles ne sont point faites pour manier de\nsemblables joujoux. Mais alors ? Voilà comment ce violon se trouve\nici : Il y a une dixaine d'années, un grand diable de tzigane vint me\nchercher pour une réparation urgente à sa voiture, restée en panne sur la\nroute. Je fis la réparation, et comme elle était plus importante que nous\nne l'avions prévu, le tzigane me déclara n'avoir pas l'argent nécessaire\npour la payer. Je suis un honnête homme, me dit-il, et, si vous le\nvoulez bien, je vous laisse en garantie mon violon. Je repasserai dans\nquelques jours, et je vous réglerai, vous pouvez y compter. Je consentis\nd'autant plus volontiers que la réparation étant faite, c'était le parti le\nplus sage. Le tzigane ne repassa jamais, et son violon est depuis pendu au\nmur. Vous vendriez ce violon ? Pour le prix de la réparation. Je\nme le rappelle comme si c'était hier, trente francs, tout juste. Je vous\nen donne cinq cents, car il les vaut, et votre tzigane était effectivement\nun honnête homme."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.25", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2505, "texte": "Le forgeron ébahi accepta l'offre avec joie, et Boissier retourna à\nGenève avec son Stradivarius, car on l'a deviné, c'était le fameux violon,\nqui ne devait être vendu qu'à sa mort.\nLe Boissier fut acquis par le luthier Wuillaume, puis il disparut\npendant une vingtaine d'années. Il était entre les mains d'un amateur de\nprovince qui, un beau jour, le céda à un luthier parisien, lequel le vendit\nà Sarasate qui venait de gagner beaucoup d'argent... aux cartes, et le lui\nporta, c'était pendant la saison d'hiver 1888-1889, Genève, où l'artiste\nétait descendu à l'hôtel de Russie. Le Boissier suivit donc dans ses péré-\ngrinations Sarasate qui ne le jouait d'ailleurs que bien rarement, lui\npréférant son autre Stradivarius. A sa mort, le célèbre violoniste légua à\nsa ville natale de Pampelune le violon du tzigane, tandis qu'il laissait au\nmusée du Conservatoire de Paris, l'instrument sur lequel, il s'était produit\npendant toute sa carrière.\nJe ne veux pas terminer cette anecdote, sans prévenir mon lecteur\nbénévole, qu'on ne trouve plus de Stradivarius chez les forgerons, et que\nsi par hasard il rencontre un violon dans des conditions analogues, il peut\nêtre bien certain que l'instrument y aura été placé par les soins d'un\nmarchand avisé et psychologue.\nJ'ai connu dans ma jeunesse un violon tragique. Il appartenait à\nmon vieux professeur, et lui était tombé dans les mains d'une façon\nsingulière. Dans l'été 1865, il reçut la visite d'un artiste venant de Vichy,\net qui avait dû interrompre sa saison artistique par suite d'un accident :\nen fermant une fenêtre, il avait brisé une vitre, et s'était blessé griève-\nment au bras et à la main droite. Il offrait son violon. Je suis citoyen\naméricain, disait-il, et pour retourner dans mon pays, je fais argent de\ntout. Le marché fut conclu, et en prenant congé de mon vieux profes-\nseur, l'américain lui dit : vous entendrez d'ailleurs parler de moi. En\neffet quelque temps plus tard, ou apprit l'assassinat de Lincoln par un\nartiste, et le portrait du meurtrier, qui parvint en Europe, était bien\ncelui de notre pauvre violoniste, victime d'un accident.\nCe violon, mon vieux maître le garda sa vie durant. Il était doué\nd'un timbre particulièrement mélancolique. Où se trouve-t-il actuelle-\nment ? Pourquoi Lincoln périt-il si tragiquement ? Les Vieux Violons\nont aussi leurs secrets.\nL'art de connaître les vieux violons reste le privilège de quelques\nrares initiés. Les connaissances nécessaires à cet effet sont multiples ; elles"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.26", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1, "texte": "3"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.26", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2564, "texte": "ressortissent à la fois à l'histoire et à la pratique de la lutherie. Il faut\navoir vu beaucoup d'instruments, connaître les plus célèbres, savoir par\nquelles mains ils ont passé, car, dans bien des cas, connaître pour l'expert\nc'est seulement reconnaître.ll faut savoir en quoi diffère la main d'œuvre\nmoderne de celle des anciens, et avoir observé les caractéristiques de\nl'œuvre de chaque maître, pouvoir discerner les truquages, les démar-\nquages. En un mot, l'érudition la plus complète doit seconder l'observa-\ntion la plus judicieuse. Le nombre des connaisseurs diminue de jour en\njour, les éléments d'observation se faisant de plus en plus rares. Autrefois,\nles plus beaux instruments se trouvaient en Europe, principalement en\nFrance et en Angleterre. Aujourd'hui l'Amérique et les colonies anglaises\nen ont absorbé une grande partie.\nLes gens du monde ne connaissent guère qu'un nom de luthier\ncélèbre, Stradivarius, et encore le confondent-ils souvent avec celui d'un\nvioloniste non moins célèbre, Paganini. Les violonistes en connaissent\ndavantage, mais généralement la liste n'est pas longue, une dizaine tout\nau plus. Et pourtant, pendant la période classique de 1600 à 1780, plus\nde trois cents luthiers s'illustrèrent dans différentes villes de l'ltalie sans\ncompter quelques Allemands, français ou autres nationaux, dont le mérite\nn'est pas à dédaigner.\nSi l'on songe qu'au cours de ces trois derniers siècles, devant la\ncélébrité plus ou moins justifiée des uns, on démarqua les autres, on se\ntrouve en présence d'énigmes difficiles à résoudre, ou de mensonges\nconsacrés. Certes, le connaisseur peut souvent reconnaître certains détails\nparticuliers à tel maître, et rendre à César ce qui lui appartient, mais il\nlui est parfois impossible de faire réviser des jugements que la tradition\net l'intérêt ont rendu intangibles.\nEt puis, en réalité, les instruments réputés les plus authentiques, le\nsont-ils dans le sens rigoureux du mot ? Je m'explique : Par exemple tous\nles violons de l'atelier de Stradivarius et portant son étiquette, sont-ils\nréellement sortis des mains mêmes du célèbre luthier ? A cette question,\ntous les experts titrés et assermentés, me diront : oui. Mais alors,\nrépondrai-je, que faisaient dans l'atelier les élèves supposés qui y séjour-\nnèrent plus ou moins longtemps, et devinrent célèbres à leur tour, sous\nleurs propres noms : Joseph Guarnerius, Lorenzo Guadagnini, Carlo\nBergonzi, Francesco Gobetti, Alessandro Gagliano, Michel Ange Ber-\ngonzi, Montagnana, Omobono et Francesco Stradivari ?"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.27", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2492, "texte": "Nous reconnaissons la main d'oeuvre, affirmeront invariable-\nment les experts.\nOn ne peut reconnaître que ce que l'on a connu, leur opposera-\nt-on facilement. Le patron a pu exiger de son ouvrier non seulement qu'il\ntravaillât d'après son modèle, sa création, mais encore qu'il en reproduisit\nles plus petits détails. Ce devait être un jeu pour Bergonzi, de faire un\nStradivarius. Puis devenu patron à son tour, Bergonzi créa un modèle\npersonnel, et agit probablement de la même façon à l'égard de ses élèves.\nJe viens d'émettre ce paradoxe, uniquement pour démontrer qu'il\nn'y a réellement d'authentique que ce que l'on a voulu admettre comme\ntel, par tradition ou par comparaison. Nous en avons un exemple parlant!\nIl existe un violon de Nicolo Amati, de son type le plus pur, portant\nson étiquette parfaitement authentique, que tous les connaisseurs sans\nexception attribuent à son élève Antonius Stradivarius. Ce violon circule\nsous le nom d'Amati, et celui qui oserait le vendre sous le nom de son\ncréateur, verrait devant la justice de son pays, ce qu'il en coûte de\nson prochain sur la nature de la marchandise vendue.\nComme de tous les objets d'art, la spéculation s'est emparée des vieux\nviolons. D'une façon générale, leur valeur a décuplé depuis une trentaine\nd'années, mais il est des marques qui rétrogradent, tandis que d'autres\nprennent une avance considérable. Les violons de Nicolo Amati, le maître\nde Stradivarius, qui passaient autrefois pour le nec plus ultra, sont en\nbaisse. Leur sonorité n'est plus suffisante pour la grandeur des salles de\nconcert, et pour l'importance de l'orchestre moderne. Par contre, les\nGuadagnini et même les plus modernes encore Pressenda, jouissent d'une\ngrande faveur. Quant à Stradivarius, il reste le champion du monde. Ses\nbeaux instruments bien conservés se vendent jusqu'à cent mille francs, si\nce n'est davantage. De tels prix paraissent élevés, ils ne le sont guère en\nréalité. On les trouvera plutôt modestes, en songeant que des tableaux de\nla même époque et de qualité équivalente, valent des millions, et qu'il y\na même des peintures modernes qui se vendent des centaines de mille\nfrancs. Cette disproportion vient évidemment de ce que le tableau est un\nobjet meublant, complément nécessaire à tout intérieur luxueux, parlant\npar lui-même, et à la portée du premier venu. On acquiert les vieux\nviolons par besoin ou par passion ; aussi, leurs détenteurs sont générale-\nment dignes de les posséder.\n\nLucien Greilsamer."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c026", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 28, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.5", "titre_corps": "SPI ES (Robert). Frédéric Les 24 Préludes.", "titre_sommaire": "SPI ES (Robert). Frédéric Les 24 Préludes.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.28", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2811, "texte": "SPI ES (Robert). Frédéric Les 24 Préludes.\n(Munchen Wunderhorn-Verlag, in-fol, 1913. Mk. —).\nCet ouvrage se compose vingt quatre planches en hélio-\ngravure grand-infolio réunies dans un cartonnage sobre et dis-\ncret. Il constitue un effort tout à fait remarquable pour projeter\ndans le plan des réalités visuelles, chacun des préludes pianis-\ntiques de Chopin.\nIl est, on le conçoit assez difficile, de donner une idée d'un\nvolume de ce genre, qui s'adresse aux yeux, avant de s'emparer\nde l'esprit. Les deux planches ci jointes, aimablement prêtées par\nl'éditeur, donneront une faible idée, en leur simili, de l'œuvre\ntoute entière... M. Spies excelle dans l'interprétation d'un cer-\ntain paysage stylisé, ou l'obscur et le clair s'opposent et luttent\nsous une lumière de lune. Il a su combiner ensemble le gout de\nla composition fortement poussée, tel qu'il règne actuellement\nen Allemagne, avec ce tempérament d'improvisateur que Chopin\na toujours conservé. Je demanderais à m'habituer à certains\npersonnages falots et diaboliques, mais l'ensemble d'une belle et\nlarge inspiration et toujours évoque une Stimmung...\nJ. E.\nLUDWIG, (Friedrich). Die âlteren Musikwerke der von Gusiav Jacobsthal (t 1912)\nbegrundeten Bibliothek des\" A kademischen Gesang Gr. B°, de 14 pp.)\nCe catalogue montre ce que l'on peut, en relativement peu d'années, et avec peu de\nmoyens, réunir, lorsque l'on sait choisir et que l'on suit fidèlement un plan de travail. Cette\nbibliothèque est riche en œuvres théoriques et pratique, du XIe au XIXe siècle. Citons les\nœuvres de Gafori, Glarean, Faber, Zarlino, Guidetti, Doni etc. etc. Cette excellente collec-\ntion rendra le plus grands services aux étudiants de l'Université de la capitale de l'Alsace.\nNous avons, dans le même genre, hérité à Paris, des bibliothèques de Pierre Aubry et\nd'Alexandre Guilmant : à quand la publication de leurs catalogues ?\nWAGNER (Peter). Geschichte der Messe (Histoire de la Messe). lre Partie : jusqu'en\n1600. Leipzig. Breitkopf et Haertel, 1913 ; broché : 15 Mk. rel., 17.50. (1 vol. in-8° de\n548 pp.)\nCe volume, le llme des \"Manuels d'histoire de la musique\", édités par Hermann\nKretzschmar, n'est pas l'un des moins intéressantes de cette collection si remarquable tant\npar le choix des sujets traités, que par la valeur des collaborateurs. Un second tome\ncomplétera l'ouvrage qui nous occupe ; il est actuellement sous presse ainsi qu'une histoire de\nla \" musique d'orgue \" du Dr M. Seiffert. Aujourd'hui l'éminent professeur de Fribourg nous\noffre une contribution des plus importantes à l'histoire de la musique d'église ; c'est en effet\nla première fois que l'histoire de la forme musicale de la messe est exposée systématiquement,\ndans une vue d'ensemble.\nM. Wagner expose d'abord clairement le caractère et le rôle de chacune des parties qui"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.29", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3971, "texte": "composent la messe (Ordinaire et Propre) et nous fait voir comment nait peu à peu du chant\ngrégorien, tout l'art polyphonique ; des exemples musicaux, la plupart inédits, nous font\nsaisir les différents progrès de cette évolution.\nUn chapitre est consacré aux prédécesseurs de Josquin : Dufay, Okeghem, Hobrecht ;\nvoici maintenant le glorieux XVIe siècle avec Josquin de Près, Pierre de la Rue, Brumel,\nMouton, Compère, Gombert, Clemens non Papa, Adrian Willaert, J. de Kerle et en France\nJanequin, Certon, de Sermisy et Goudimel. En Allemagne fleurissent Adam de Fulda,\nAgricola, Heinrich Isaak, Senfl, Handl, H. L. Hassler et surtout Orlando Lassus.\nM. Wagner, attribue la plus grande importance aux messes de Roland de Lassus, qu'il\nappelle \" le plus international des auteurs de messes, qui ait jamais vécu. \"\nLes deux derniers chapitres du livre sont consacrés à l'Italie et l'Espagne. Les diverses\nécoles : vénitienne, romaine sont présentées et étudiés. Les messes de Palestrina font l'objet\ndu dernier chapitre.\nEn appendice M. Wagner publie pour la première fois deux messes très caractéristiques :\nl'une de Morales (f 1553) à 4 voix (Missa de beaia Virgine), l'autre de Viadana (1564-1627) à\n2 voix égales (Missa Dominicalis)publiée à Venise en 1607. Dans celle-ci pendant le\net le Credo,le chant grégorien (messe XI. Ed. Vat.) doit alterner avec la polyphonie.\nUne table alphabétique, rendant les recherches faciles, complète le volume.\nFÉLIX RAUGEL.\nEMMANUEL (Maurice.) — Traité de Vaccompagnement modal des Psaumes, (grav. in-8°,\n210 pages, 6 francs. Janin frères, éditeurs, Lyon.)\nJe suis heureux de saluer, en ce nouveau livre de notre confrère, un très bon ouvrage.\nIl procède d'idées artistiques, très supérieures, et, par là, se heurtera certainement non\nseulement aux conditions pratiques de l'office, mais surtout au manque de culture archéo-\nlogique de nombreux organistes, et plus encore au manque de goût qui domine dans le\nclergé, où l'éducation d'art, même d'art purement liturgique, est à peu près lettre morte.\nM. Emmanuel donne d'excellents exemples de ce qu'il entend comme rôle du grand\norgue, dans les réponses au chœur : ces exemples, soigneusement étudiés, et minutieusement\ndécrits par l'auteur, doivent intéresser tous les musiciens, par la recherche et l'observation\naiguës en quoi M. Emmanuel a voulu faire ressortir tout ce que ces chants contenaient.\nMais, (en le remerciant de m'avoir trop souvent fait l'honneur de me citer), l'auteur me\npermettra-t-il quelques objections ? Il veut ramener la pratique du chant liturgique à l'art\nde la grèce antique. Or, quels sont les chants qui procèdent de la pratique musicale gréco-\nromaine ? A coup sûr pas les Psaumes auxqueîs il consacre son livre : leurs textes et leurs\ngenres sont d'origine hébraïque, si leurs formules ont été fixées à une date plus moderne.\nEt depuis Aristote jusqu'à Saint Grégoire le Grand et ses successeurs, combien de siècles se\nsont écoulés ? Si l'enseignement antique comme je l'ai démontré, resta en vigueur, en ses\ngrandes lignes, jusque vers le XIe siècle, ce ne fut pas sans modifications du style et d'ailleurs\nau grand profit de l'art. Pourquoi faire rétrograder cet art de plusieurs siècles, en lui impo-\nsant un \" canon \" périmé ?\nEnfin, une autre objection sera faite. Si, au nom de l'art et de l'archéologie, M. Emma-\nnuel condamne l'accompagnement polyphone de toute autre pièce que les psaumes et\nl'ordinaire de la messe, pourquoi est-il plus difficile, sur ce point, que nos confrères de\nl'époque monodique ? Car, pour \" une \" qu'ils voulussent la mélodie, ils ne la voulaient pas\n\" nue \" : les plus anciens traités d'organum montrent que dès au moins le VIIIe siècle de\nnotre ère, — et certainement bien avant, — on \" organisait \" les antiennes, les psaumes, et\nles hymnes, dont nous avons d'ailleurs des exemples : et celui que M. Emmanuel cite comme\ntype p. 25, est justement 1' \"organisation\" d'une antienne. Alors ?\nA. GASTOUÉ."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c029", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 31, "image_fin": 31, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.7", "titre_corps": "PRÉLUDE DE CHOPIN", "titre_sommaire": "PRÉLUDE DE CHOPIN", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.31", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 41, "texte": "PRÉLUDE DE CHOPIN\nComposition de R. 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Elles sont éligibles à toutes les\nfonctions.\nARTICLE 4\nLa qualité de membre de la Société se perd :\n1° Par la démission,\n2° Par la radiation prononcée par le Conseil d'administration pour non paiement des\ncotisations, après deux avis, ou pour motif grave.\nTout membre démissionnaire doit les cotisations échues et celles de\nl'année courante. (Loi du ler1er Juillet 1901, art. 4)."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.33", "debut_caractere": 207, "fin_caractere_exclue": 1670, "texte": "Tous ceux qui, de près ou de loin, comme amateurs ou à titre professionnel,\ns'intéressent à l'art musical, doivent faire partie de la Société Française des AMIS\nDE LA MUSIQUE :\nPARCE QUE LES AVANTAGES QUI LEUR SONT OFFERTS :\nService gratuit de la Revue Musicale S. I. M. dont l'abonnement est de 15 francs,\nRéduction sur le prix des places de certains concerts symphoniques et de musique de\nchambre,\nRemise spéciale sur achat de livres et de musique,\nEn certaines circonstances, réduction de prix sur les chemins de fer,\nPrérogatives particulières, etc...\nleur assureront plusieurs fois le remboursement de leur cotisation,\nPARCE QU'ILS profiteront de privilèges spéciaux pendant la saison musicale à Paris,\nPARCE QU'ILS seront conviés à des réunions privées réservées aux seuls membres de\nla Société (représentations, concerts, auditions, conférences, promenades, etc.),\nPARCE QU'ILS trouveront au siège de la Société les renseignements, les avis et l'appui\nqui leur manquent bien souvent, en province surtout,\nPARCE QUE l'union s'impose entre ceux qui estiment que la musique n'a pas, dans la\nvie de notre pays, le rôle et la place qu'elle doit et qu'elle peut avoir,\nPARCE QU'ILS coopéreront à une œuvre à la fois artistique, sociale et philanthropique\ndont le succès immédiat a prouvé la nécessité et le haut intérêt moral, et dont toute l'ambi-\ntion, son Conseil d'Administration en est garant, est de se montrer éclairée, indépen-\ndante, active et pratique."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.34", "debut_caractere": 45, "fin_caractere_exclue": 3024, "texte": "BULLETIN MENSUEL\nUne séance musicale privée du plus haut intérêt artistique a réuni nos membres le\nlundi 16 mars chez Madame Alexandre ANDRÉ, qui avait eu la gracieuseté de mettre ses\nsalons à la disposition de la Société Française des Amis de la Musique.\nNous prions Madame ANDRÉ de trouver ici, pour le nouveau témoignage de sympathie\nqu'elle vient de nous donner, l'expression de notre profonde reconnaissance.\nLes privilégiés qui ont assisté à cette réunion ont eu le rare plaisir d'une audition de\nmusique ancienne interprétée sur des instruments anciens reconstitués et construits par les\nsoins de la Société des Etablissements Gaveau et gracieusement prêtés, pour la circonstance,\npar M. Etienne Gaveau.\nLe cadre élégant et distingué du bel hôtel de Madame André était bien fait pour\névoquer, pendant une heure, des époques les plus attrayantes de la musique.\nSur le clavicorde, l'épinette et le clavecin, Mademoiselle Hélène Léon a fait revivre,\navec un charme et un talent exquis, des œuvres telles que : Prélude et Fugue (J. S. Bach),\nMusette et tambourin (Rameau), Marche turque (Mozart), Passacaille (Haendel), deux pièces\n(Scarlatti), Rappel des oiseaux (Rameau) dans leur véritable esprit et tels qu'on les entendait\nau temps jadis.\nEt Melle Madeleine Bonnard, très gracieuse dans une toilette du temps, a chanté avec\nun art et un style infiniment poétiques, en s'accompagnant à l'épinette et à la harpe irlandaise,\ndes vieilles chansons telles que : Bouton de Rose (Princesse de Lamballe), L'amour est un\nenfant trompeur (Martini), Romance (Garat) et l'Heureux Vagabond (Bruneau), dont la grâce\nsurannée a charmé l'auditoire.\nParmi les personnes présentes : Mmes Alavoine, C. Alphen-Salvador, Bally, Beer,\nBenda, Bernheim, Bloch-Cardozo, Blondel, la Baronne et Mlle de Blonay, Brettauer, Brey,\nE. Cahen, G. Cahen, Cahn, Citroën, Cohen, Dauriac, Dreyfus-Stern, Dufour, Ebel, Escoffier,\nEstrabaut, Faucheur, Ferdinand-Dreyfus, Galewska, Max Getting, Harouel-Garcia,\nL. Helbronner, Herrmann, Jourdain, Juge, de Kisch, Laffite, Leleux, Lucien Léon, Lowen-\nbach, Mange de Hauke, Mayrargues, P. Moricand, P. Moyse, Pam, Peignot, E. Philippi, la\nComtesse de Pourtalès, Sée, Vacher, Vogt, Weinbach, Trêves, Zukowska, Mme et Mue Léon,\nMeUes Arthus, Bizet, Bloch, S. Boudon, Didier, Francôme, Du Bled, de Fébrer, Gaillard de\nWitt, V. Gross, Kastler, Lucie et Liseron Léon, Lindahl Moreau, Winklerfelt, MlB et Mmes\nBeaucaire, Bret, Gaiffe, Thomas, Turquan, Monsieur, Mme et MlleGaveau, MM. Berly, Bertelin,\nBoeswillwald, David, Devaux Haussmann, Dreyfus. d'Eichthal de la Fresnay, F. Halphen,\nHerbelot, Kateneff, Laugier, Michel, Mayer, Raulin, H. Rieder, Rikoff, Rolléro, Vacher,\nWeinbach et Zébaume.\nGrâce à Mlles Madeleine Bonnard et Hélène Léon qui ont bien voulu accepter avec tant\nd'amabilité de nous prêter leur concours, cette matinée a remporté le plus grand succès ;\nnous adressons à ces deux charmantes artistes l'expression de nos plus chaleureux remer-\nciements."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c031", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 35, "image_fin": 38, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.9", "titre_corps": "Les Théâtres", "titre_sommaire": "Les Théâtres", "signature_source": "Emile Vuillermoz", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.35", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1618, "texte": "Les Théâtres\n\nBÉATRICE\nC'est décidément au-delà de nos frontières que s'écrit cette année l'Histoire de France.\nPour la seconde fois de la saison, Monte-Carlo a enlevé à Paris l'honneur de créer une\nœuvre significative de notre théâtre contemporain. Pendant que les directeurs de nos scènes\nsubventionnées, qui ont le devoir d'être prévoyants, dispersent leur effort sur des partitions\ncondamnées à mourir jeunes, Raoul Gunsbourg qui est pourtant affranchi de la servitude\ndu répertoire met sa coquetterie à choisir, pour trois représentations, des ouvrages offrant\ntous les signes extérieurs de la longévité la plus rassurante et à donner à ses collègues\nla recette d'un bon souper de \" centième\".\nIl est certain que les deux dernières œuvres de Massenet et de Messager représentent\nune contribution importante à l'histoire du lyrisme contemporain. Nous les retrouverons\nbientôt, installées \" dans leurs meubles \" sur les boulevards, avec un bail sérieux. L'indiscrète\nintervention du président Bricoud, qui entend lui imposer un mobilier de son choix,\nretardera sans doute l'emménagement de la pauvre Cléopâtre, mais Béatrice a déjà signé\nson engagement de location avec les propriétaires actuels de la salle Favart. Les baptêmes\nmonégasques portent bonheur.\nL'œuvre nouvelle de MM. de Fiers, Caillavet et Messager n'est pas ce qu'un vain\npeuple pense. On s'accorde à louer chez ces trois artistes un esprit délié, une sensibilité à\nfleur d'épiderme, une ingéniosité raffinée et une imagination orientée vers la plus délicate\nfantaisie. Ils ont bénéficié d'un legs appréciable dans la succession de Marivaux et l'ont"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.36", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3562, "texte": "fait fructifier avec une rare intelligence. D'innombrables succès les ont classés dans l'admi-\nration publique. C'est assez dire qu'une telle unanimité dans l'éloge et une telle spécialisation\ndans la république des arts commencent à leur peser. Ils doivent éprouver une lassitude\ncroissante lorsqu'on les félicite d'être spirituels et légers : à ces moments-là ils comprennent\nle père Ingres et l'absolvent d'avoir parfois délaissé le pinceau pour l'archet !\nC'est dans une de ces minutes de défi que les auteurs de ont choisi le sujet de\nBéatrice. Une belle légende du XVIe siècle avec un miracle, un rapt de religieuse, un bouge\nsicilien où l'on joue du couteau pour les beaux yeux de la nonne devenue ribaude et une\nvierge ex machina qui ramène la brebis égarée, voilà qui vous lave sérieusement du reproche\nde parisianisme !\nSœur Béatrice se fait remarquer dans son couvent par sa ferveur à la Vierge des\nt I\nEpines fleuries. L'ardeur de sa piété qui va jusqu'à l'exaltation la plus passionnée lui attire\nmême les remontrances de la Supérieure et du vénérable évêque de Palerme qui l'interroge\npaternellement sur son passé.\nBéatrice est entrée au couvent pour accomplir un vœu : elle a pris le voile parceque la\nVierge Marie a sauvé son ami d'enfance Lorenzo d'une mort certaine. Par toute une vie de\nrenoncement elle s'efforcera d'acquitter cette dette de reconnaissance. Voilà pourquoi son\nmysticisme est presque farouche et frise l'orgueil coupable. Le bon évêque s'efforce de\nramener le calme dans ce cœur agité.\nSoudain Lorenzo paraît. Il n'a pas oublié la tendresse qui le liait jadis à Béatrice. Il\nl'aime et vient l'arracher au cloître. Troublée par la prédiction d'une bohémienne qui lui a\npromis un avenir de volupté, la pauvre religieuse lutte courageusement contre son cœur, mais\nLorenzo, qui ne s'embarrasse pas de vains scrupules, appelle deux amis, la bâillonne et\nl'enlève. Et voici que la statue de la Vierge s'anime ; au pied de son autel elle ramasse le\nmanteau de Béatrice, s'en enveloppe et va occuper à la chapelle la place de la fugitive.\nDans une voluptueuse villa, enfouie sous la verdure, les deux amants ont caché leur\nbonheur. Béatrice se grise de tendresse pour étouffer ses remords, mais Lorenzo est déjà las\nd'une passion aussi tyrannique. La comédienne Musidora n'a pas de peine à l'attirer dans ses\nbras et à l'emmener à Palerme. Folle de désespoir, Béatrice renie l'Amour et se voue\ndouloureusement au Plaisir.\nQuatre ans ont passé. Lorenzo revient d'un long voyage où il a vainement cherché\nl'oubli. Il entre dans une petite auberge de pêcheurs et demande à voir danser la fameuse\nGinevra \" si belle que pas un ne lui résiste et si docile qu'elle ne résiste à aucun. \" Elle\nentre, et Lorenzo reconnaît avec horreur Béatrice devenue courtisane. Il essaie de l'arracher\nà sa honte mais elle le repousse avec des gestes d'hallucinée. Des matelots envahissent le\nbouge et lui demandent de danser. Elle obéit, pendant que Lorenzo s'enfuit, éperdu. Deux\npêcheurs, ivres de jalousie, se ruent l'un contre l'autre, le couteau à la main : l'un d'eux\ns'effondre bientôt, le cœur transpercé. Tout le monde s'écarte avec horreur de Béatrice qui,\ndemeurée seule avec le cadavre sanglant, prie quelques instants et se redresse à l'appel d'une\nvoix mystérieuse. Des chants lointains l'attirent au dehors et elle s'éloigne dans une sorte\nd'extase.\nSes pas l'ont ramenée au seuil du couvent. Elle boit comme une eau pure l'air du\ncloître où frissonnent les voix angéliques de ses compagnes. La Vierge Marie est toujours au"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.37", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3654, "texte": "milieu d'elles, sous le manteau de Sœur Béatrice : la pécheresse se jette à ses pieds, et la\nMère de miséricorde l'absout et reprend sa place sur l'autel pendant que le couvent retentit\nd'hymnes d'actions de grâces.\nInutile d'épiloguer sur l'orientation d'esprit que représente le choix d'une telle anecdote\nde la part des auteurs de la Belle Aventure et du compositeur de Visiblement,\nils ont voulu faire un grand pas hors du sentier fleuri qu'ils suivaient si allègrement jusqu'ici :\nest-ce un pas en avant ou en arrière ?... Je professe à l'égard de la hiérarchie des genres des\nopinions trop subversives pour oser trancher cette question dans le sens de mes préférences\npersonnelles !\nLe seul fait certain est que Messager est un délicieux musicien qui, dans toutes les\ncirconstances de la vie et dans toutes les situations où le placera la fantaisie des librettistes\nsaura toujours nous ravir par son tact, son goût, la perfection de sa forme et la nette élégance\nde sa pensée. La partition de Béatrice nous le prouve une fois de plus avec une très person-\nnelle éloquence.\nElle offre des particularités assez curieuses qui intéresseront vivement tous ceux qui se\nplaisent à prolonger par une lecture attentive, sous la lampe amie, l'écho des joies musicales\néveillées par l'orchestre. La personnalité d'André Messager s'est trop victorieusement affir-\nmée jusqu'ici pour qu'on puisse se méprendre sur le sens de l'observation qui va suivre et\nc'est pourquoi je n'hésite pas à la formuler. En s'imposant la tâche d'aborder dans ce\n\" mystère \" un style plus élevé que dans ses précédents opéra-comiques, Messager a tout\nnaturellement resserré son écriture, et a révélé un côté de son talent que le public connais-\nsait assez mal. Béatrice et c'est son plus adorable défaut est écrite, presque tout entière,\ndans une langue harmonique qui a la densité, le grain si spécial de la musique de chambre.\nEt cette musique de chambre est celle qui donne à la un parfum impéris-\nsable. Lisez au piano le premier acte de Béatrice : dans la coupe des phrases, dans l'accent\ndes périodes, dans les formules pianistiques d'accompagnement, dans les progressions\nharmoniques et les altérations caractéristiques, vous retrouverez l'atmosphère si spéciale des\nlieder de Fauré. Encore une fois, l'originalité de l'auteur demeure inattaquable, mais cette\ncurieuse expérience a trahi la secrète parenté qui unissait deux musiciens dont nul ne soup-\nçonnait les affinités. L'humoriste des Dragons de Vlmpératrice et des Petites Michu cachait\nune âme fauréenne ! Par la qualité de son écriture, par la rigueur avec laquelle une scène est\nsoumise jusqu'au bout à la logique d'un développement musical, par le style volontairement\nrebelle aux conventions théâtrales, Béatrice est la petite sœur de Pénélope. Comme son aînée\nelle pourra surprendre l'auditeur par la superposition de ses fines nuances harmoniques\nneutralisées à l'orchestre par un contact trop étroit, mais elle l'enchantera dès qu'il se sera\npenché sur la partition.\nLes trouvailles d'expression sont innombrables dans ces quatre actes : les interprétations\nles plus libres des chefs-d'œuvres russes ou des ouvrages wagnériens auxquels l'auteur s'est\nsi généreusement dévoué, créent à chaque instant des ambiances d'une riche couleur dans\ncette musique d'humaniste et de lettré. On sent que le musicien qui a écrit ces lignes\ncomprend toute la musique. C'est un art supérieurement intelligent. C'est l'art de l'homme\nqui a donné, le premier, à ses contemporains des indications définitives sur le dosage subtil\ndes éléments mystérieux qui confèrent au philtre orchestral d'un Debussy son pouvoir"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.38", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2277, "texte": "magique ; c'est l'art du chef d'orchestre qui, après tous les capellmeister du monde, a su\ndécouvrir dans Parsifal des sonorités d'une suavité insoupçonnée et dévoiler, d'un coup de\nbaguette, le sens caché de prophéties wagnériennes demeurées obscures à l'entendement des\nexégètes bayreuthiens les plus attentifs ! Nous aurons dans quelques semaines le loisir de\nrevenir sur ce sujet lorsque Béatrice deviendra citoyenne française : en attendant ne négli-\ngeons pas l'occasion qui nous est offerte de proclamer l'efficace et bienfaisante influence\nqu'a su exercer dans une période de l'histoire de la musique aussi troublée que la nôtre,\nce témoin clairvoyant, ce jeune Nestor à la sagesse bienveillante qui unit au sens critique\nle plus lucide la plus tendre sensibilité musicale.\nBéatrice est présentée à Monte-Carlo avec le faste, la magnificence et cette sorte d'iro-\nnique prodigalité qui sont de tradition dans la maison de Raoul Gunsbourg. Pour interpréter\nun rôle de quelques mesures on a fait appel, par exemple, à des artistes comme Bourbon ou\nGilly et nul ne songe, dans ce pays de Cocagne, à invoquer les sacro-saintes hiérarchies qui\nrendent impossibles, sur d'autres scènes, des ensembles de cette qualité. MUe Andrée Vally,\nque l'émotion paralysait un peu, a étudié avec la plus louable conscience les deux aspects\nde la Kundry palermitaine qu'elle incarne avec toutes les qualités et les défauts d'une\ntriomphante jeunesse ; Rousselière domine toujours ses rôles avec une aisance et une autorité\nqui ne donnent jamais la sensation de l'effort; MMes Royer, Carton, Monti, Alex, Malraison,\nMM. Marvini, Delmas, Clauzure, Delorme et tous leurs brillants camarades, Léon Jehin et\nson orchestre, Visconti et ses pinceaux ont savouré une fois de plus les joies du triomphe.\nEt, dans sa loge de scène, alerte et trépidant, l'organisateur de la victoire, l'œil au hublot\ncomme un mécanicien de rapide surveillant ses signaux, règle la marche de la puissante\nmachine théâtrale qu'il conduit, en vitesse, avec une souriante témérité, mime toutes les\nscènes, joue tous les rôles et sourit de satisfaction en voyant se dérouler les phases d'un duel\nau couteau, réglé avec une maîtrise qui atteste la proximité de la frontière italienne...\n\nEmile Vuillermoz."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c034", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 39, "image_fin": 43, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.10", "titre_corps": "L'ACTUALITÉ", "titre_sommaire": "L'ACTUALITÉ", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.39", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1726, "texte": "La grippe qui sévit si fâcheusement à Paris,\ncollaborateur Claude Debussy qui, à la dernière minute, s'est trouvé dans l'impossibilité absolue\nde nous donner sa chronique habituelle. Nous remettons donc au prochain numéro le compte-\nrendu des Concerts Colonne.\n\nCONCERTS LAMOUREUX\n\nBien que cela n'ait pas beaucoup de rapport avec les concerts Lamoureux, nous tenons\nà nous associer aux vœux de bienvenue adressés à la nouvelle par notre\ncollègue en critique Cl. Debussy.\nCelui-ci nous permettra bien de lui signaler une légère erreur qui s'est glissée dans son\narticle.\nIl semble ressortir de cet article que jusqu'ici, ni Paris, ni la province française, ne\npossédaient d'association de ce genre...\nIl existe cependant à Paris, et cela depuis bientôt quinze ans, une certaine Schola\nCantorum plus intéressante, même au point de vue social, que toutes les associations\nprofessionnelles, puisqu'elle est organisée en coopérative, ce qui la rend absolument unique\nen son genre.\nLes cent-soixante-dix chanteurs et instrumentistes de cette association ont donné en\npremière audition à Paris une quantité de belles œuvres inconnues jusque-là ; plus de vingt\ncantates de Bach, trois opéras de Rameau, deux opéras de Monteverdi, etc.\nSi nos souvenirs ne nous trompent pas, c'est même aux concerts de cette\ncoopérative que M. Debussy a fait, il y a quelque douze ans, connaissance avec J. Ph. Rameau\nauquel il rendit à cette époque un si charmant \" hommage \" pianistique.\nIl paraît aussi avoir oublié la Schola cantorum association chorale bien connue\ndans toute la région méridionale française, qui, sous l'habile direction du vaillant Witkowski,\na donné de superbes exécutions, dans maintes villes de France, de Suisse et d'ltalie."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.40", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 11, "texte": "L'ACTUALITÉ"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.40", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3095, "texte": "Il semble également ignorer qu'il existe à Nantes deux associations chorales hors\nligne : la Société César Franck et la Schola cant toutes deux dirigées par des\nchefs jeunes et ardents, MM. Le Gueanant et d'Argœuves. 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Inghelbrecht, ce jeune\net intelligent artiste dont nous avons été des premiers ce n'est pas lui qui nous contre-\ndira à reconnaître et à signaler le talent de chef.\nPassons maintenant aux nouveautés entendues depuis le mois dernier aux concerts\nChevillard.\nElles furent nombreuses et variées, nous les citerons par ordre de date.\nD'abord, le Prélude du IVe acte de la Cléode M. Le Borne, longue phrase pour\nquintette à cordes, tour à tour douloureuse et tendre, sans effets déclamatoires de mauvais\naloi, et d'une belle tenue, en dépit de certains frottements un peu rugueux. Il faut noter\nun ingénieux procédé, (déjà employé par M. Max Reger dans sa op. 95) qui\nconsiste à diviser les instruments à cordes en deux masses, l'une avec sourdines, l'autre sans\nsourdines. L'auteur obtient de la sorte des oppositions de timbres instantanées, et, lorsque\nles deux masses sont réunies, une sonorité mélangée tout à fait curieuse. C'est du bon\ncoloris orchestral.\nLe ler1er Mars, c'étaient les Chants de guerre de M. Alexandre Georges.\nCes récits dramatiques entrecoupés de répliques d'orchestre d'allure vigoureuse et un\npeu sauvage, ont été remarquablement interprétés par Mme Lyse Charny. Il convient de\nlouer chez l'auteur la très juste accentuation des paroles que la voix généreuse de la cantatrice\net sa diction hors-ligne firent particulièrement ressortir.\nLe 8 Mars, l'orchestre interpréta à merveille une Symphonie en trois parties de M. Stan\nGolestan.\nCette symphonie, dont les deux premières pièces {allegro et scherzando) s'enchaînent, est\nbâtie, très classiquement du reste, sur des thèmes populaires roumains dont quelques-uns\n(celui du scherzando notamment) sont vraiment un peu \" simplets \" et ne méritaient guère\nl'honneur d'un agencement symphonique. De plus, la réexposition du premier mouvement\neut gagné à n'être point la reproduction intégrale de l'exposition, ce qui donne à ce morceau\nune certaine monotonie. Ces défauts mis à part, l'œuvre est assez solidement construite et\nla dernière partie du finale, où tous les thèmes antérieurs sont ramenés par changements de\nrythmes, est d'un effet tout à fait charmant."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.41", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3286, "texte": "Mais quels cornistes il faut pour enlever d'assaut les terribles hauteurs du début de ce\nfinal ! Le vaillant pupitre des cors de l'orchestre Chevillard semble se jouer de ces\nmais je ne conseille pas à M. Golestan de confier l'exécution de sa symphonie à l'orchestre\nde Romorantin, voire à celui de Carpentras !\nAu concert du 15 Mars nous eûmes un duo extrait de Cachaprès, l'œuvre de M. Casadesus\nqui vient d'être représentée avec succès à la Monnaie de Bruxelles.\nA notre humble avis, la musique faite en vue de la scène (et ce duo est essentiellement\nscénique) perd une grande partie de son intérêt si elle est présentée au concert... et nous\nne faisons pas d'exception pour les extraits des drames Wagnériens.\nConséquemment, le duo de Cachaprès ne nous a point produit l'effet que nous en\nespérions après lecture. Mais qu'on veuille bien noter que ceci n'est nullement un blâme\ncontre le compositeur... ce serait plutôt un éloge... L'orchestre, (quelqu'attention qu'y\napportât M. Chevillard) étant donnée sa situation matérielle, couvrait naturellement l'articu-\nlation des chanteurs, en sorte qu'il était difficile à l'auditeur de se rendre compte de ce qui\npouvait se passer entre eux. Un trop long grouillement de petits cris d'oiseaux imités à s'y\nméprendre, pouvait avoir sa raison d'être au théâtre, mais parut, au concert, bien déplacé et\nquelque peu grotesque.\nNous attendons la venue du musicien qui, non content de savoir photographier\ninstrumentalement les cris d'oiseaux, prendra l'initiative d'introduire dans l'orchestre une\nvolière garnie de ses habitants... cela serait bien plus vrai que les gazouillements de petites\nflûtes et de sons harmoniques.\nPour en revenir au duo de Cachaprès, toute la terminaison, où l'orchestre se calme et\nlaisse enfin transparaître les paroles, nous a paru d'un sentiment très franchement musical\net plein d'une véritable poésie.\nIl y avait fort longtemps que nous n'avions entendu la de M. R. Strauss ;\naussi, avons-nous tenté l'expérience d'une audition sans apprêts littéraires, nous contentant\nd'écouter cela comme on écouterait une symphonie.\nEt nous avons été frappés de la pauvreté— nous pourrions presque dire de la puérilité\nde conception de cette grandiloquente palabre.\nC'est une superposition d'épisodes sans grand intérêt musical, dont l'arbitraire assem-\nblage ne peut s'expliquer si l'on perd de vue le scénario inscrit au programme. L'architec-\nture n'en est guère plus compliquée que celle d'une symphonie d'Haydn ou de Cannabich,\nmais avec un emploi de moyens exaspérés parfois exaspérants qui jurent considéra-\nblement avec la fragilité de la construction.\nC'est bien toujours le manque absolu de que nous observons chez tous les\nallemands modernes, peintres, architectes, littérateurs et musiciens.\nUn ravissant épisode, s'il se bornait à rester épisodique, l'apparition féminine\npersonnifiée par l'habile archet de M. Soudant.\nC'est d'abord tout à fait charmant, et l'on est séduit par la venue de cette délicieuse\nfigure mais pourquoi s'ensuit-il un étalage d'études de Fiorillo et de caprices de Kreutzer\ncombinés P....\nAprès tout, la femme aimée du héros était peut-être violoniste...., ce serait sa seule excuse.\nDès que Madame Héros a fermé sa boîte à violon, de sérieuses difficultés surgissent."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.42", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3207, "texte": "Le héros se fâche tout rouge contre ses détracteurs, ou peut-être sont-ce les dits détracteurs\nqui l'apostrophent de façon aussi peu avenante, nous n'avons pas bien pu le discerner ; mais\nque ce soit l'un ou que ce soient les autres, tous ces gens-là produisent des bruits bien peu\nmusicaux.... et bien inutiles.\nPlus loin, le calme reparaît, et l'on croit comprendre malgré certains borborygmes\ntroublants qu'il s'agit d'un déjeûner sur l'herbe àla campagne Encore quelques légères\ndifficultés mais l'ange du foyer est allé quérir son violon, elle endort gentiment son héros\net puis c'est fini.\nTout cela, à peu de choses près, dans les mêmes tonalités et sans aucune recherche de\ncomposition.\nIl y a c'est évident, de la puissance mais c'est tout.\nCombien nous devons nous estimer heureux, nous français, à quelque école que nous\nappartenions, de n'avoir point subi ces déprimantes influences et d'avoir su conserver, même\nà travers notre actuelle russomanie, les qualités de goût et de style qui ont toujours, et à\ntoutes les époques, constitué la caractéristique de toutes nos productions d'Art !\n\nVincent d'Indy.\n\nSOCIÉTÉ DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE\n\nC'est un vieil égyptologue, récemment décédé, qui inaugurait, je crois, en ces termes,\nune notice bibliographique : \" Il y a beaucoup de bon et de nouveau dans le livre de M. X...\nMalheureusement tout ce qui est bon n'est pas nouveau et tout ce qui est nouveau n'est\npas bon. \"\nRien n'était nouveau dans l'antépénultième programme de la Société des Concerts,\nmais presque tout était excellent. Et rien n'apparaît plus salutaire pour les âmes citadines\nque la Symphonie pastorale.Quand on l'affiche, tout l'abonnement est aux champs. La baguette\nde Messager y fait, à souhait, la pluie et le beau temps. Le second pour piano de\nM. Saint-Saëns est sans doute l'une des œuvres préférées de M. Cortot, l'une de celles où\nl'ascendant de son jeu altier, de son fougueux lyrisme, s'impose avec le plus de force. On\nmanifeste assez chichement au Conservatoire. C'est le fin du fin d'affecter une certaine\nfroideur dédaigneuse. M. Cortot s'est fait arracher un et il a joué l'aubaine est rare\ndu Schubert. Peut-être faut-il voir là le présage de la dont les pianistes paraissent\navoir, depuis quelque temps, perdu la mémoire.\nLe motet de Bach Je reste avec toi,compte parmi les pages familières aux Chœurs de\nla Société des Concerts. Le Messsie, dont les deux chœurs Parmi nous Venfant est né et Alléluia\nvenaient u clore \"le programme, s'est donc fait suffisamment attendre pour ne pas démentir\nle poncif que vous savez. Il faut respecter toutes les traditions. Quant à Thamar de Balakirew,\nnous la retrouvons toujours avec ravissement. L'extraordinaire plasticité, la diversité des\nthèmes, cette impatience ou cette langueur des rythmes raniment, plus vivement que le plus\nsomptueux spectacle, la légende farouche. J'ai souvent confessé ma prédilection pour Antar\noù transparaît une émotion dont Rimsky s'est montré trop avare. Je n'aimerais pas beaucoup\nqu'Antar devînt un ballet russe. Peut-être, de même, la réalisation scénique, qui accapare\nles yeux au détriment de l'oreille, enlève-t-elle à l'œuvre de Balakirew un peu de son pouvoir"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.43", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3365, "texte": "suggestif. Tout au plus peut-on regretter qu'elle ne soit pas orchestrée par Rimsky. Qu'en\npense Casella ?\nM.M. de Bréville et Florent Schmitt siégeaient, le 22 février, entre Haydn, Beethoven\net Berlioz. Le Concerto pour violoncelle d'Haydn s'est porté beaucoup cette année. L'exécu-\ntion en est fort ingrate. Ce ne sont qu'escalades et glissades tout le long du manche. La\nmaîtrise de Mme Caponsacchi-Jeisler n'en a cure. Cette douceur dans l'autorité, cette intelli-\ngence et ce charme sont irrésistibles. La Danse de M. Schmitt dédiée à Emile\nVuillermoz est, si je ne m'abuse, un chœur d'épreuve au concours de Rome, qui a mérité de\nsurvivre à son académique destin. Elle s'inspire d'une poésie du charmant Jean Lahor,\ndilettante de l'orientalisme, qui a écrit une Histoir et à qui l'on doit\nles vers que M. Saint-Saëns a mis en épigraphe au seuil de la Danse macabre et les strophes\ncâlines de la Chanson triste de M. Duparc.\nLa Danse des Devadasis trahit déjà la personnalité de M. Schmitt. C'est cette virilité,\ncette vigueur, cette ardeur impulsive qui l'ont gardé de Palexandrinisme déliquescent. C'est\nen même temps cet instinct de l'évasion, cette hantise des pays inconnus, ce don et ce goût\nde la couleur, de tout ce qui vibre. On sait combien M. Schmitt a été séduit par l'exubérante\nvitalité de Chabrier. Les rythmes, les modes exotiques, la rutilance orchestrale, composent\nà la Danse des Devadasis une capiteuse atmosphère. Les imitations n'ont plus rien de\nscholastique. C'est le tournoiement des corps éperdus. Et, du fugato, assez peu oriental en\napparence, monte peu à peu l'ivresse envahissante du délire choréique. Le public conserva-\ntoral lui-même s'est laissé gagner par cette frénésie. Je ne me rappelle pas qu'un auteur\nvéritablement \"jeune\" ait obtenu rue Bergère un succès aussi franc.\nMme Magda Leymo, soprano solo parmi les se retrouvait aux côtés de\nMme Croiza, de Mlle Sanderson et de Mlle Suzanne Thévenet dans de\nM. Pierre de Bréville, représenté à la Monnaie en 1910 et qui figure, sans doute, parmi les\ndenrées dont l'importation est prohibée à la douane française, puisqu'il n'a pas encore\ntrouvé sur notre sol, de scène hospitalière. Les éternelles légendes revivent à travers la\ntransparence, la fraîcheur et la jeune émotion de cette musique, si délicatement et finement\npoétique. Mais j'accorde que l'action ou seulement, si l'on veut, le décor, ne paraissent pas\npouvoir en être détachés. Puisque MM. Isola ont renoncé à se consacrer uniquement à la\nvieille \" Gaieté \" française, il me semble que la féerie de M. de Bréville pourrait trouver\nplace dans leurs programmes.\nIl me reste à peine quelques lignes pour évoquer la huitième de Beethoven, la\nSymphonie en si bémol de Haydn, le Psaume de Liszt que M. Frantz clama avec une ardeur\nd'apôtre. Le Conservatoire l'avait exhumé récemment. Le pour harpe de Mlle Renié\nne nous était pas inconnu. Le souvenir de Parsifalle traverse. Il y a aussi du ce\nsont les bras souples, onduleux, de Mlle Renié qui se jouent comme deux cols de cygnes et\nqui font des miracles sonores. La harpe retrouve une faveur nouvelle dans le monde virginal.\nQui sait? Si la Forlane, ressuscitée par un •'bref\" papal, a la vie courte, la Pavane renaîtra\npeut-être ô Fauré ! ô vous Ravel ! qui jugez que les infantes doivent être défuntes, et qui\navez quelquefois raison.\n\nPaul Locard."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c036", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c036", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 39, "image_fin": 39, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.10.2", "titre_corps": "La grippe qui sévit si fâcheusement à Paris,", "titre_sommaire": "La grippe qui sévit si fâcheusement à Paris,", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.39", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 260, "texte": "La grippe qui sévit si fâcheusement à Paris,\ncollaborateur Claude Debussy qui, à la dernière minute, s'est trouvé dans l'impossibilité absolue\nde nous donner sa chronique habituelle. 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De plus, la réexposition du premier mouvement\neut gagné à n'être point la reproduction intégrale de l'exposition, ce qui donne à ce morceau\nune certaine monotonie. Ces défauts mis à part, l'œuvre est assez solidement construite et\nla dernière partie du finale, où tous les thèmes antérieurs sont ramenés par changements de\nrythmes, est d'un effet tout à fait charmant."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.41", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3286, "texte": "Mais quels cornistes il faut pour enlever d'assaut les terribles hauteurs du début de ce\nfinal ! Le vaillant pupitre des cors de l'orchestre Chevillard semble se jouer de ces\nmais je ne conseille pas à M. Golestan de confier l'exécution de sa symphonie à l'orchestre\nde Romorantin, voire à celui de Carpentras !\nAu concert du 15 Mars nous eûmes un duo extrait de Cachaprès, l'œuvre de M. Casadesus\nqui vient d'être représentée avec succès à la Monnaie de Bruxelles.\nA notre humble avis, la musique faite en vue de la scène (et ce duo est essentiellement\nscénique) perd une grande partie de son intérêt si elle est présentée au concert... et nous\nne faisons pas d'exception pour les extraits des drames Wagnériens.\nConséquemment, le duo de Cachaprès ne nous a point produit l'effet que nous en\nespérions après lecture. Mais qu'on veuille bien noter que ceci n'est nullement un blâme\ncontre le compositeur... ce serait plutôt un éloge... L'orchestre, (quelqu'attention qu'y\napportât M. Chevillard) étant donnée sa situation matérielle, couvrait naturellement l'articu-\nlation des chanteurs, en sorte qu'il était difficile à l'auditeur de se rendre compte de ce qui\npouvait se passer entre eux. Un trop long grouillement de petits cris d'oiseaux imités à s'y\nméprendre, pouvait avoir sa raison d'être au théâtre, mais parut, au concert, bien déplacé et\nquelque peu grotesque.\nNous attendons la venue du musicien qui, non content de savoir photographier\ninstrumentalement les cris d'oiseaux, prendra l'initiative d'introduire dans l'orchestre une\nvolière garnie de ses habitants... cela serait bien plus vrai que les gazouillements de petites\nflûtes et de sons harmoniques.\nPour en revenir au duo de Cachaprès, toute la terminaison, où l'orchestre se calme et\nlaisse enfin transparaître les paroles, nous a paru d'un sentiment très franchement musical\net plein d'une véritable poésie.\nIl y avait fort longtemps que nous n'avions entendu la de M. R. Strauss ;\naussi, avons-nous tenté l'expérience d'une audition sans apprêts littéraires, nous contentant\nd'écouter cela comme on écouterait une symphonie.\nEt nous avons été frappés de la pauvreté— nous pourrions presque dire de la puérilité\nde conception de cette grandiloquente palabre.\nC'est une superposition d'épisodes sans grand intérêt musical, dont l'arbitraire assem-\nblage ne peut s'expliquer si l'on perd de vue le scénario inscrit au programme. L'architec-\nture n'en est guère plus compliquée que celle d'une symphonie d'Haydn ou de Cannabich,\nmais avec un emploi de moyens exaspérés parfois exaspérants qui jurent considéra-\nblement avec la fragilité de la construction.\nC'est bien toujours le manque absolu de que nous observons chez tous les\nallemands modernes, peintres, architectes, littérateurs et musiciens.\nUn ravissant épisode, s'il se bornait à rester épisodique, l'apparition féminine\npersonnifiée par l'habile archet de M. Soudant.\nC'est d'abord tout à fait charmant, et l'on est séduit par la venue de cette délicieuse\nfigure mais pourquoi s'ensuit-il un étalage d'études de Fiorillo et de caprices de Kreutzer\ncombinés P....\nAprès tout, la femme aimée du héros était peut-être violoniste...., ce serait sa seule excuse.\nDès que Madame Héros a fermé sa boîte à violon, de sérieuses difficultés surgissent."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.42", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 1133, "texte": "Le héros se fâche tout rouge contre ses détracteurs, ou peut-être sont-ce les dits détracteurs\nqui l'apostrophent de façon aussi peu avenante, nous n'avons pas bien pu le discerner ; mais\nque ce soit l'un ou que ce soient les autres, tous ces gens-là produisent des bruits bien peu\nmusicaux.... et bien inutiles.\nPlus loin, le calme reparaît, et l'on croit comprendre malgré certains borborygmes\ntroublants qu'il s'agit d'un déjeûner sur l'herbe àla campagne Encore quelques légères\ndifficultés mais l'ange du foyer est allé quérir son violon, elle endort gentiment son héros\net puis c'est fini.\nTout cela, à peu de choses près, dans les mêmes tonalités et sans aucune recherche de\ncomposition.\nIl y a c'est évident, de la puissance mais c'est tout.\nCombien nous devons nous estimer heureux, nous français, à quelque école que nous\nappartenions, de n'avoir point subi ces déprimantes influences et d'avoir su conserver, même\nà travers notre actuelle russomanie, les qualités de goût et de style qui ont toujours, et à\ntoutes les époques, constitué la caractéristique de toutes nos productions d'Art !\n\nVincent d'Indy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c038", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 42, "image_fin": 43, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.10.4", "titre_corps": "SOCIÉTÉ DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE", "signature_source": "Paul Locard", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.42", "debut_caractere": 1135, "fin_caractere_exclue": 3207, "texte": "SOCIÉTÉ DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE\n\nC'est un vieil égyptologue, récemment décédé, qui inaugurait, je crois, en ces termes,\nune notice bibliographique : \" Il y a beaucoup de bon et de nouveau dans le livre de M. X...\nMalheureusement tout ce qui est bon n'est pas nouveau et tout ce qui est nouveau n'est\npas bon. \"\nRien n'était nouveau dans l'antépénultième programme de la Société des Concerts,\nmais presque tout était excellent. Et rien n'apparaît plus salutaire pour les âmes citadines\nque la Symphonie pastorale.Quand on l'affiche, tout l'abonnement est aux champs. La baguette\nde Messager y fait, à souhait, la pluie et le beau temps. Le second pour piano de\nM. Saint-Saëns est sans doute l'une des œuvres préférées de M. Cortot, l'une de celles où\nl'ascendant de son jeu altier, de son fougueux lyrisme, s'impose avec le plus de force. On\nmanifeste assez chichement au Conservatoire. C'est le fin du fin d'affecter une certaine\nfroideur dédaigneuse. M. Cortot s'est fait arracher un et il a joué l'aubaine est rare\ndu Schubert. Peut-être faut-il voir là le présage de la dont les pianistes paraissent\navoir, depuis quelque temps, perdu la mémoire.\nLe motet de Bach Je reste avec toi,compte parmi les pages familières aux Chœurs de\nla Société des Concerts. Le Messsie, dont les deux chœurs Parmi nous Venfant est né et Alléluia\nvenaient u clore \"le programme, s'est donc fait suffisamment attendre pour ne pas démentir\nle poncif que vous savez. Il faut respecter toutes les traditions. Quant à Thamar de Balakirew,\nnous la retrouvons toujours avec ravissement. L'extraordinaire plasticité, la diversité des\nthèmes, cette impatience ou cette langueur des rythmes raniment, plus vivement que le plus\nsomptueux spectacle, la légende farouche. J'ai souvent confessé ma prédilection pour Antar\noù transparaît une émotion dont Rimsky s'est montré trop avare. Je n'aimerais pas beaucoup\nqu'Antar devînt un ballet russe. Peut-être, de même, la réalisation scénique, qui accapare\nles yeux au détriment de l'oreille, enlève-t-elle à l'œuvre de Balakirew un peu de son pouvoir"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.43", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3365, "texte": "suggestif. Tout au plus peut-on regretter qu'elle ne soit pas orchestrée par Rimsky. Qu'en\npense Casella ?\nM.M. de Bréville et Florent Schmitt siégeaient, le 22 février, entre Haydn, Beethoven\net Berlioz. Le Concerto pour violoncelle d'Haydn s'est porté beaucoup cette année. L'exécu-\ntion en est fort ingrate. Ce ne sont qu'escalades et glissades tout le long du manche. La\nmaîtrise de Mme Caponsacchi-Jeisler n'en a cure. Cette douceur dans l'autorité, cette intelli-\ngence et ce charme sont irrésistibles. La Danse de M. Schmitt dédiée à Emile\nVuillermoz est, si je ne m'abuse, un chœur d'épreuve au concours de Rome, qui a mérité de\nsurvivre à son académique destin. Elle s'inspire d'une poésie du charmant Jean Lahor,\ndilettante de l'orientalisme, qui a écrit une Histoir et à qui l'on doit\nles vers que M. Saint-Saëns a mis en épigraphe au seuil de la Danse macabre et les strophes\ncâlines de la Chanson triste de M. Duparc.\nLa Danse des Devadasis trahit déjà la personnalité de M. Schmitt. C'est cette virilité,\ncette vigueur, cette ardeur impulsive qui l'ont gardé de Palexandrinisme déliquescent. C'est\nen même temps cet instinct de l'évasion, cette hantise des pays inconnus, ce don et ce goût\nde la couleur, de tout ce qui vibre. On sait combien M. Schmitt a été séduit par l'exubérante\nvitalité de Chabrier. Les rythmes, les modes exotiques, la rutilance orchestrale, composent\nà la Danse des Devadasis une capiteuse atmosphère. Les imitations n'ont plus rien de\nscholastique. C'est le tournoiement des corps éperdus. Et, du fugato, assez peu oriental en\napparence, monte peu à peu l'ivresse envahissante du délire choréique. Le public conserva-\ntoral lui-même s'est laissé gagner par cette frénésie. Je ne me rappelle pas qu'un auteur\nvéritablement \"jeune\" ait obtenu rue Bergère un succès aussi franc.\nMme Magda Leymo, soprano solo parmi les se retrouvait aux côtés de\nMme Croiza, de Mlle Sanderson et de Mlle Suzanne Thévenet dans de\nM. Pierre de Bréville, représenté à la Monnaie en 1910 et qui figure, sans doute, parmi les\ndenrées dont l'importation est prohibée à la douane française, puisqu'il n'a pas encore\ntrouvé sur notre sol, de scène hospitalière. Les éternelles légendes revivent à travers la\ntransparence, la fraîcheur et la jeune émotion de cette musique, si délicatement et finement\npoétique. Mais j'accorde que l'action ou seulement, si l'on veut, le décor, ne paraissent pas\npouvoir en être détachés. Puisque MM. Isola ont renoncé à se consacrer uniquement à la\nvieille \" Gaieté \" française, il me semble que la féerie de M. de Bréville pourrait trouver\nplace dans leurs programmes.\nIl me reste à peine quelques lignes pour évoquer la huitième de Beethoven, la\nSymphonie en si bémol de Haydn, le Psaume de Liszt que M. Frantz clama avec une ardeur\nd'apôtre. Le Conservatoire l'avait exhumé récemment. Le pour harpe de Mlle Renié\nne nous était pas inconnu. Le souvenir de Parsifalle traverse. Il y a aussi du ce\nsont les bras souples, onduleux, de Mlle Renié qui se jouent comme deux cols de cygnes et\nqui font des miracles sonores. La harpe retrouve une faveur nouvelle dans le monde virginal.\nQui sait? Si la Forlane, ressuscitée par un •'bref\" papal, a la vie courte, la Pavane renaîtra\npeut-être ô Fauré ! ô vous Ravel ! qui jugez que les infantes doivent être défuntes, et qui\navez quelquefois raison.\n\nPaul Locard."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c039", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c039", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 44, "image_fin": 45, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.11", "titre_corps": "Le bal de l'Opéra", "titre_sommaire": "Le bal de l'Opéra", "signature_source": "Louis Laloy", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.44", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3769, "texte": "4\n\nLe bal de l'Opéra\n\nA cohue est animée plutôt que joyeuse. On va, on vient dans les couloirs, en quête on\nxJLJJ ' m • X\nne sait de quoi. On se croirait dans un grand magasin, un jour d'exposi-\ntion, les étalages manquent. On voudrait passer dans la salle, mais l'entrée\nde l'amphithéâtre est barrée de sombres sergents de ville qui renvoient\nla foule au rez-de-chaussée, et là d'étincelants gardes républicains la\nréexpédient au premier étage. De guerre lasse, on va stationner au foyer,\noù des couples essayent de vagues Tangos parmi le rassemblement com-\npact, heurtant ici un dos tourné, plus loin une table servie, renvoyés\nd'épaule en épaule. Bientôt ils s'arrêtent et deviennent spectateurs,\ncomme tout le monde. C'est le bal de l'Opéra.\nLes hommes sont en imposante majorité, et cette majorité est\nx - J ' J\nd aspect tristement parlementaire, car presque tous portent l'habit noir, avec la concession\ninfime d'un nœud de rubans à la boutonnière ou d'une écharpe aux trois quarts dissimulée\nsous le gilet. Quelques-uns seulement portent des dominos qui reportent aux beaux jours du\nThéâtre des Arts, et cette évocation elle-même n'est pas sans mélancolie. Il faut tout\navouer : cinq ou six jeunes gens se donnent l'air d'être persans pour exhiber des bras\nrougeauds et des nuques pustuleuses qui ne tentent l'un ni l'autre sexe, et ils sont réduits\nà se prendre mutuellement par la main.\nLes femmes, par un heureux retour, sont presque toutes jeunes et jolies. Celles qui\nprétendent appartenir au monde ont simplement ajouté à leur toilette de soirée un fichu\njaune et rouge, car ce sont là, on le sait, les couleurs de la redoute. Celles qui viennent\ndes théâtres portent les costumes des derniers spectacles : le le\nimaginaire. Quelques pierrots et pierrettes, quelques marquises, un ou deux arlequins.\nOn s'écarte au passage d'une énorme bergère qui s'appuie lourdement sur sa houlette et\nsemble un aggloméré de biscuits de Sèvres.\nUn remous, des rires, des cris affectés : des habits noirs poursuivent deux nymphes\nfaussement éperdues ; ce sont des mannequins, venues pour montrer ces robes aux interstices\nquadrillés. Un peu plus loin, une dame au bras de son cavalier est harnachée d'un réseau de\nlanières endiamantées qui souligne de haut en bas toutes les mollesses d'un corps replet, et\nelle parle paisiblement de gens de connaissance. Ajoutons, pour l'honneur de notre pays,\nqu'elle parle russe.\nLe temps passe, et pour ne pas partir sans avoir vu la salle, on tente un effort désespéré.\nCette fois les sergents de ville débordés s'écartent, un flot roule sur l'escalier, les costumes\nsont fripés, les chairs meurtries, et on retrouve, sur le plancher improvisé, la même cohue\nd'habits noirs, les mêmes dominos, les mêmes mannequins, la même bergère impotente. La\nlumière est faible, l'orchestre sur la scène domine à peine le tumulte. Les cortèges des\nthéâtres défilent, évoquant moins de succès que de déceptions. Puis quatre-vingts girls que\nleurs perruques rosées rendent plus pareilles encore lèvent en cadence des jambes superpo-\nsables. Dans les loges, des familles regardent et ne daignent pas applaudir.\nDécidément les couloirs sont plus hospitaliers, sinon plus gais. Voilà qu'une pêcheuse\nde crevettes monte le grand escalier, conduite par un correct habit noir. Elle montre aussi\nhaut qu'on peut les montrer des cuisses de sauterelle, mais saisie par le courant d'air du\nvestibule, éternue sans précaution. Sur la plus haute marche, une arlequine apparaît, aima-\nblement moulée par le costume multicolore ; un instant appuyée sur sa batte, elle paraît\nnous faire signe, et disparaît. De toutes jeunes filles, des enfants presque, m'entourent ; ce\nsont des élèves de la maison, reconnaissables à la fraicheur de leur sourire ainsi qu'à leur"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.45", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3938, "texte": "étourderie sans fraude. L'une d'elles, qui fut au théâtre des Arts, mais n'en a gardé que des\nsouvenirs un peu confus, m'interpelle à pleine voix : \" Bonjour, Monsieur Piot. \"Et toutes,\nsur cette fausse identité, viennent m'offrir des mains confiantes. Toutes portent la robe à\nvolants étagés des miniatures persanes. Accoutumées aux déguisements, elles frétillent en\nces évasements que des cercles soutiennent, aussi à l'aise que si elles se sentaient nues, et\nelles ont bien raison, car leur gracieuse jeunesse imprime d'elle-même aux raides anneaux\ndes ondulation prestes et des fuites légères que les artistes persans voudraient avoir connues.\nMais elles m'ont quitté, car leur tour est venu de défiler devant les loges impassibles, et\nje rencontre un ami, puis un confrère, puis un camarade, un autre, un autre encore. On ne\nsaurait croire combien il est possible au bal de l'Opéra de renouer d'antiques relations de\nmétier, d'étude et même de collège. On ne saurait croire non plus combien, après tant de\npas inutiles, de bousculades, et de vains propos, le roulement de l'automobile est doux qui en\nquelques minutes atteindra une maison assoupie parmi le murmure inapaisé des arbres.\nJe ne prétends donner ici qu'une impression personnelle. D'autres ont pu trouver leur\nplaisir où je n'ai recueilli que fatigue. C'est qu'ils l'avaient apporté avec eux. Une société\nd'avance constituée s'est amusée au bal de l'Opéra, elle se fût amusée aussi bien, et plus à\nl'aise, dans le hall d'un hôtel ou sur le pont d'un paquebot. Loin d'avoir tiré du bal aucun\nprofit, il lui a fallu se défendre contre son désordre. Chaque groupe n'avait d'autre souci que\nde rester impénétrable aux groupes rivaux. On ne voyait que phalanges unies, on n'entendait\nque cris de ralliement et ceux qui par hasard se perdaient tombaient aussitôt dans un\ndésespoir de poussins en détresse au rebord d'une haie.\nIl n'en allait pas ainsi jadis, àce qu'on nous raconte. L'agrément de ce bal était au\ncontraire qu'à la faveur des masques et des travestis chacun pouvait s'évader de ses liens\ncoutumiers et conclure pour quelques instants, parfois, pour la nuit entière, des alliances\ninconnues et délicieuses. On ne se risque plus aujourd'hui à ces aventures. Paris est devenu\ntrop grand, et surtout trop accueillant aux aventuriers de toute espèce, notamment à ceux\nd'outre-mer. La crainte du rasta est, dans un bal ouvert, le commencement de l'ennui. Il\nfaut remarquer aussi que les gens de lettres et les artistes, autrefois représentants attitrés de\nla fantaisie, affectent aujourd'hui une correction plus que mondaine. Aucun d'eux, pour si\npeu qu'il se croie de notoriété, n'oserait la compromettre par un costume excentrique ou\ndes farces de collégien. Il ne reste donc plus, pour nous divertir, que ceux qui en font\nmétier. On observe, en toutes les civilisations anciennes, cette substitution. Les Romains de\nl'empire se contentaient, couchés sur leurs lits de repos, de regarder danser. Depuis plusieurs\nsiècles les Chinois de bonne éducation penseraient déchoir, eux aussi, en se livrant à des\ngestes dont pourtant le spectacle leur agrée fort. Ce sont là des faits dont il eût été bon de\ntenir compte, avant de tenter une résurrection sans doute impossible, à moins d'un miracle.\nJe ne crois pas que le miracle survienne cette année. D'ailleurs je ne contesterai pas le\nsuccès matériel de cette inauguration :on nous affirme que le bénéfice brut serait d'une\ncentaine de mille francs. Mais n'était-ce pas surtout un succès de curiosité ?Ce qui est\ncertain, c'est que jamais on n'avait entendu parler àla fois tant de langues étrangères,\nt' Vive le Brésil ! \" vociférait, près de l'un des buffets, une jeune femme plantureuse,\nbrandissant une coupe de Champagne et jetant autour d'elle des regards à l'huile bouillante.\nNous sommes quelques-uns qui ne pouvant relever son défi décidâmes àce moment-là de\nEprendre nos vestiaires.\n\nLouis Laloy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c042", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 46, "image_fin": 48, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.12", "titre_corps": "S. I. M. sur la Riviera", "titre_sommaire": "S. I. M. sur la Riviera", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.46", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1825, "texte": "S. I. M.\nsur la Riviera\n\nLe succès de la Grande Semaine d' S. I. M. sur la Côte dAzur a dépassé toutes nos\nprévisions. Favorisée par un temps splendide, la réunion de nos amis dans le décor enchanté\ndu printemps de la Riviera a été particulièrement brillante et animée.\nLe luxueux Grand-Palais de Nice, d'où l'on découvre le splendide\npanorama de la baie des Anges et qui, dans son aménagement intérieur,\na su joindre au confort le plus raffiné une note d'art si curieuse et si\npersonnelle, était le point de ralliement choisi pour nos voyageurs. Ils en\napprécièrent vivement l'agrément exceptionnel.\nLa ville de Nice les combla d'ailleurs de charmantes prévenances.\nAvec une bonne grâce dont nous ne saurions trop les remercier les\ndirecteurs de l'Opéra, du Casino Municipal et de l'Eldorado de Nice\nleur ouvrirent leurs théâtres et leur permirent de constater l'activité et\nl'éclat de la vie artistique niçoise dans cette période\nparticulièrement brillante de la saison.\nDeux déjeuners très élégants clôturèrent la série des\nmanifestations artistiques et mondaines qui marquèrent\nle séjour de nos abonnés sur le littoral.\nLe premier de ces déjeuners eut lieu à Nice, au Nouvel\nHôtel Ruhl, le matin de la Fête des Fleurs de la Mi-\nCarême. L'emplacement exceptionnellement favorable\nde ce luxueux Palace situé à l'angle de la place Masséna\net de la Promenade des Anglais permit à nos convives de\njouir du double spectacle de la Méditerranée miroitant\nsous le soleil et du défilé des automobiles fleuries, tout en\nsavourant les trouvailles d'un menu raffiné élaboré par un\nartiste culinaire héritier de Vatel.\nLe second déjeuner réunissait nos amis à l'Hôtel de\nParis à Monte-Carlo, avant la répétition générale de d'André Messager. Dans le\nmagnifique décor du hall monumental qui a fourni à nos romanciers tant de somptueuses"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.47", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2134, "texte": "descriptions, on se groupa autour de petites tables ornées avec un goût exquis. Les plus\nchaleureux éloges furent décernés à une cuisine et une cave justement célèbres dans le monde\nentier. Par une faveur spéciale aimable-\nment consentie par M. Raoul Gunsbourg,\ndirecteur de l'Opéra de Monte-Carlo, nos\nabonnés furent ensuite conviés à la répéti-\ntion générale de l'ouvrage de MM. de Fiers,\nCaillavet et Messager qui se déroula devant\nun public suprêmement élégant.\nNous ne pouvons citer les noms de\ntoutes les notabilités ayant assisté à nos\ndeux déjeuners et nous nous ne excusons\nd'avance. Relevons simplement, au hasard\ndes tables, la présence de Son Excellence\nM. Flach, ministre d'Etat, M. Isard, com-\nmissaire du Gouvernement, Général Goiran,\nmaire de Nice, le maître Camille Saint-\nSaëns, MM. André Messager, P.-B. Gheusi,\nM. Pedro Gailhard, Baronne Meyronnet\nde Saint-Marc, Comtesse de Morville, M. et\nMme Morgan, M. J. Ecorcheville, Mme Claire\nVirenque, Baron Reynaud, M. Salignac,\ndirecteur de l'Opéra de Nice, MM. Jean\nde Bonne-fon, Kufferath, MM. Léon Jehin, Louis Ganne, Baron et Baronne Charles de\nSaint-Cyr, Baron Guillaume de Saint-Cyr, M. et Mme Jules Chéret, Mnie Piré, M. Pélissier du\nBesset, M. et Mme Moro, M. Schlesinger, Marquis de Torre-Hermosa, M. de Mandryka,\nM. Mors, M. Eiffel, M. Navello, M. Pomé, M. et Mme René Doire, M. de Fourcaudj\nM. Emile Vuillermoz, Mme S. Brévil, M. Edouard Bouteron,\nBaronne de Winterfeld, Comte de Vissée, M. André Muller,\nCapitaine et Mme Vannier, M. Louis de Morsier, M. Pèrgre,\nM. Le Lubez, M. Ricardou, M. de Môller,\nM. Lénéka, MUe Geneviève Vix, Mme Jeanne\nDiot, Mme et MUe Bonnard, M. et Mme Fré-\ndéric Boyer, Mlle Bailac, M. de Richebourg,\nMme Sorga, Mme Royer, M. et Mme Paul\nSouday, Mlle Alice Gautier, M. et Mme Au-\nguste Germain, Mme Honfray, M. Bourbon,\nM. et Mme Barnett, M. Schneider, Mlle Ro-\nzann, M. Darrès, M. Kohn, M. et Mme Main,\nM. Lees, M. Dardenne, Mlle Lucienne\nGuett, Mme Thyll, MM. Jules Bois, J. Méry,\nde Playoust, Mme et MUe Delbois, M. Beau-\ndu, Mlle Christiane Dix, MM. Blavinhac, Marcel July, Cristini, Guglieminetti, M. et Mme Sama-"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.48", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 1917, "texte": "zeuilh, M. et Mme Aron, M. André Gailhard, Mme de Villeneuve, Baron de Meyendorff,\nM. et Mme Georges Avril, M. et Mme de Cujis, M. Philippe Flon, M. Maurice Renaud,\nM. et Mme Linor, M. Brès, MUe Heilbronner,\nM. et Mme Legros, M. Gir, Mme Louise\nBalthy, Mme Cécile Didier, M. Pierre-Jan,\nle Capitaine Carpeaux, Mme d'Heilson, M. Le-\nfeuve, Mlle Renée Fanty, M. Strauss, M. Gan-\ndilhac, etc., etc\nNous avons été extrêmement touchés de\nconstater avec quel empressement les habi-\ntués de nos dîners parisiens ont répondu à\ncette \" Invitation au Voyage \" qui leur permit\nde retrouver dans un cadre exquis, l'atmo-\nsphère de cordialité et l'attrait artistique qui\nont fait le succès de nos réunions précédentes. En acceptant avec une bonne grâce si\namicale de monter indifféremment dans un taxi ou dans le Côte-d'Azur-Rapide pour se\nrendre à notre appel, nos hôtes nous ont donné un témoignage de sympathie et une preuve\nde fidélité auxquels nous sommes très sensibles.\nL'élégance de ce geste qui a supprimé les distances au nom\nde la plus charmante solidarité artistique a vivement intéressé\nla presse du littoral qui s'est montrée particulièrement aimable à\nl'égard de la Revue et de ses amis.\nNous devons des remerciements tout particuliers à nos\nexcellents confrères pour l'empressement avec lequel ils se sont\nmis à notre disposition pour faciliter notre tâche. L'J\nNice, le Petit Niçois,le\nle Journal,(édition de la Côte d'Azur), le\nDaily Mail, le Petit Metc... nous\nont témoigné la plus cordiale et la plus\nefficace confraternité.\nQuelques hautes personnalités mon-\ndaines de Nice nous ont favorisés de leur\nconcours le plus actif pour nous permettre\nde donner à nos réunions le cachet d'élé-\ngance et le caractère d'intimité choisie qui\nfirent leur charme.\nS. I. M.tient à exprimer ici à tous ceux qui l'ont aidée à réaliser ce projet, un peu\nhardi en apparence, sa très sincère gratitude.\n(Croquis"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c044", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c044", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 46, "image_fin": 46, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.12.2", "titre_corps": "M. Flach", "titre_sommaire": "M. 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Sans doute, dira-t-on, il faut voir là un fait heureux et se réjouir de ce que, tant\nd'occasions leur étant offertes, les parisiens aient toute facilité pour s'instruire et avancer\ndans la connaissance d'un art qui leur est cher. Peut-être y aurait-il dans cette affirmation\nune part d'illusion. En regardant de plus près les choses, en comparant, pour prendre un\nexemple, les programmes élaborés cette année par dix pianistes dans le même mois, nous\ntrouverons cinq fois l'Appassionata, hait fois les quatre auditions\nintégrales des Etudes de Chopin op. 10 ou op. 25, enfin presque tous ces concerts inaugurés\npar une pièce de Bach se termineront par une page de Liszt. On peut dès lors se demander\nsi, malgré le talent, la plupart du temps très réel des interprètes, il n'y a pas là, en quelque\nsorte, une surcharge et, pour tout dire, des manifestations inutiles.\nLes origines de cet état de chose sont nombreuses et faciles à trouver. Il vient d'abord\ndu manque de curiosité musicale des virtuoses et de leur manque de facilité ; ayant appris à\nforce d'acharnement, sous la direction d'un maître donné, un certain nombre d'oeuvres,\ns'étant familiarisés avec le style de quelques auteurs, ils s'en tiennent à ces notions et à\nces habitudes scolaires et semblent ne pas soupçonner qu'il pourrait en être autrement.\nIl vient encore du manque d'indépendance et de cette espèce d'instinct qui incite à\nfaire comme le voisin de peur qu'il soit dit qu'on ne peut l'imiter. Cet état de choses vient\nen outre du public. Les auditeurs coutumiers des récitals ont adopté un certain nombre de\ncritériums et veulent constamment qu'on leur fournisse ce point de comparaison, cette\ncommune mesure faute de quoi ils se sentent incapables d'apprécier. Les auditeurs occa-\nsionnels sont encore plus exigeants et il est permis de penser qu'ils verraient d'un mauvais\nœil, ou pour ainsi parler, entendraient d'une mauvaise oreille une de Weber et\nprendraient les Scènes d'enfants pour une mauvaise plaisanterie. Il y aurait beaucoup à dire sur\nce sujet et nous y reviendrons. Pour aujourd'hui constatons l'équilibre et la méthode qui\nrégnent dans les travaux des concerts Monteux. Poursuivant un but nettement défini et\nconnu les programmes succèdent aux programmes sans le moindre manque de logique. Il\nest possible d'imaginer nettement non pas le détail du concert suivant mais son esprit et ce\nn'est pas là la moindre satisfaction que nous éprouvons. La cinquième séance se composait\nde Shéhérazade de Rimsky Korsakow, du Jo de Roger Ducasse et d'une\nseconde audition de Pétrouchka, pour la partie moderne. L'étincelant poème de Rimsky fut\njoué à la perfection sans aucune déformation rythmique et paré de tous les reflets de ses\ntimbres .Pétrouchkabénéficia d'une exécution aussi remarquable que la précédente, c'est le\nplus bel éloge que je puisse faire. Le Joli jeu de f est une page fort attrayante dans laquelle\nle thème très bref n'est qu'un prétexte et l'idée même qui s'y attache : \"il court, il\ncourt \" la vraie raison d'être. La virtuosité orchestrale de son auteur s'y emploie de la plus"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.50", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 2880, "texte": "heureuse façon. J'avoue timidement que les deux emprunts faits aux classiques m'ont paru\nsoufrir de tels contacts: le Concerto pour violoncelle d'Haydn fournit à André Hekking\nl'occasion de faire des exercices en public, il les fit d'ailleurs très bien et Mme Claire Friché\n/ v AT-a- V/AIUI v JL 1 ÎVIIV^^\nmalgré tout son talent, ne sut rendre intéressant le\ngrand air de Fidelioqui est sans doute une des plus\nfaibles choses qu'ait écrites Beethoven. Le sixième\nconcert nous rendait la dernière des symphonies de\nSchubert. On se demande en subissant le charme de\nces quatre mouvements si vivants, si variés, pleins de\nmusique et de sève, ce qui a pu causer l'abandon dont\nsouffre cette œuvre exquise. la\nde Debussy et la Symphonie de Mozart très\ndélicatement jouée par MM. G. Poulet et F. Denayer\nnous fournirent l'occasion d'admirer encore la souplesse\net la qualité d'un orchestre qui égale les meilleurs. Une\npremière audition était consacrée à deux pièces sym-\nphoniques qui témoignent d'une délicatesse et d'un goût\naussi inspiré que discipliné, la seconde, principalement,\nintitulée Au soleil et qui tend à réaliser musicalement\nce vers de Samain :\nAu Zénith, aveuglant, brûle un globe de flamme\nest une évocation féconde de tout l'insaisissable travail des ondes lumineuses que le\nrythme et Fatmosphère orchestrale rendent sensible.\nMme Auguez de Montalant dont chacun connaît le\ntalent noble dosa avec sûreté le de Franck,\nsoulignant à la perfection la belle mélodie et renonçant\nà expliquer ce qu'est un cœur qui 11 bouillonne comme\nune urne \" puis elle dramatisa à souhait la phrase de\nla Mater Dolorosades Béatitudes.Pourquoi faut-il, depuis\nque nous avons entendu Mme Vallin-Pardo chanter la\nmême phrase d'inoubliable façon, que toutes les inter-\nprétations, même les plus sincères et les plus intelligen-\ntes. nous en paraissent, par comparaison, insignifiantes.\nLes deux derniers programmes de chez Sechiari\ntoujours très éclectiques ne semblent pas correspondre à\nla réalisation d'un plan précis. Le prélude de\nl'ut mineur,la Marche Hongroise de la\net l'ouverture d'Obéronsont de ces œuvres qu'on ne se\nlasse pas d'entendre mais qu'on a entendu la veille ici\nou là. Le Concerto en ré mineur pour piano et orchestre\nde Mozart permit à Mlle Hélène Léon de faire valoir ses\nqualités d'exécutante et d'interprète, le en ut\nmineur de Beethoven joué un peu scolairement par M]le Madeleine Franck lui fut cependant\nune occasion de montrer de la virtuosité, des œuvres nouvelles de M.M. Louis Villermin,\nFernand Masson, André Fijan et J. Rousse méritent mieux qu'une simple mention. Là aussi\nnous avons trouvé Shéhérazade mais peut-être un peu calmée un peu alourdie, plus soucieuse\nde logique et moins attirée vers la fantaisie qu'à l'ordinaire. Puis nous avons assisté indifférents\nà l'exhumation du prélude du 3me acte de Myrdhinde Bourgault-Ducoudray."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.50", "debut_caractere": 2902, "fin_caractere_exclue": 2914, "texte": "Maurice Bex."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c055", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c055", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 50, "image_fin": 50, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.13.2", "titre_corps": "Fidélo", "titre_sommaire": "Fidélo", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.50", "debut_caractere": 2882, "fin_caractere_exclue": 2888, "texte": "Fidélo"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c056", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c056", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 50, "image_fin": 50, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.13.3", "titre_corps": "Pétrouchka", "titre_sommaire": "Pétrouchka", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.50", "debut_caractere": 2890, "fin_caractere_exclue": 2900, "texte": "Pétrouchka"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c057", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c057", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 51, "image_fin": 53, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.14", "titre_corps": "Les Sociétés", "titre_sommaire": "Les Sociétés", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.51", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3369, "texte": "Les Sociétés\nSociété Philharmonique.\nLe sourcil étonné, l'œil tendu, fixe, maître de soi, oh ! combien, M. Debussy guette les\nnotes de la partition et surveille parfois, quand les extrémités du clavier les appelle, ses\nmains. Quelle saveur des gestes, dès lors que M. Debussy nous détaille la simplicité subtile\nde Children's Corner,ce régal d'invention pleine d'humeur et d'esprit délicat ! Les éléphants\nse balancent, la poupée tourne et chante, la neige danse en des arabesques de songe, le\npetit berger attendrit les cœurs féminins, le Golliwogg's cake-walk ravit l'assistance au point\nque l'auteur, sollicité, exécute un demi-tour de clown, s'assied de nouveau devant le clavier\net reprend le Golliwogg's cake-walk.\nChildren's Corner, Poèmes de Mallarmé dont le Soupir réserve à la voix humaine s'élevant\nsur un fond musical aux nuances blanches, chuchotantes, quasi muettes, un accent d'indé-\npendance intensément sensible, les Trois Ariettes décrues, fluides comme le temps\nqui passe et a passé, la Fille aux Cheveux dla ces pages se\nsuccèdent, s'appellent, avouent des liens secrets, une vie spéciale qui, rythme par rythme,\nnote par note dégrade notre âme à l'image de ses demi-teintes évanouissantes.\nJ'avoue qu'à ces petits tableaux dont la délicatesse ne va pas toujours sans excès je\npréfère le très connu et si attachant quatuor Que voilà de la pure musique,\nexpressive, ruisselante de richesses certaines et d'harmonieuse inspiration ! Est-il un enve-\nloppement plus légèrement chargé de poésie et de fleurs de rêve que interprété\nd'ailleurs par le quatuor Hayot avec le plus minutieux scrupule?\nEt pour exprimer l'esprit exact des Poèmes,des du\nlouons encore M. Debussy d'avoir fait appel à Mme Vallin-Pardo. On ne peut songer sans\nune vive irritation qu'un si pur talent demeure inemployé. La substance de la voix est\nextraordinairement pleine, souple et claire. L'art de donner à un mot, à un son, à une\nsyllabe leur valeur précise ne saurait mieux s'accuser. Et puis, l'intelligence et le goût\ndominent le chant avec une aise si constante et sensible qu'ils créent à chaque minute\nl'impression du parfait. Ce chant, sur l'effacement pianistique de M. Debussy, c'est la\nmusique même dans sa nudité pathétique.\nEDOUARD SCHNEIDER.\nGéographie musicale de l'Europe. (2E SÉANCE)\nReprenant son pèlerinage à travers l'Europe musicale contemporaine, M. Calvocoressi\nnous entraîna dans de nouvelles contrées, parfois inexplorées, toutes riches d'intéressantes\nrévélations.\nM. Emile Riadis, jeune compositeur macédonien, doit être placé au premier rang de\nnos découvertes. Sa verve mélodique surprend et séduit par sa spontanéité et son imprévu,\nrehaussée de savoureuses harmonies dont les témérités même ne sont pas sans charme. Ses\n\" Mélodies macédoniennes \" furent chantées par Mlle Malnory et accompagnées par\nM. Armand Lacroix mieux qu'avec talent : avec une compréhension parfaite des moindres\nintentions de l'auteur. M. Riadis dont l'œuvre est déjà assez considérable, a écrit de\nnombreuses autres mélodies et deux opéras : \" Galatheïa \"la Route Verte \" qu'il faut\nsouhaiter de connaître bientôt intégralement, les airs de ballet du premier ne pouvant\nqu'exciter nos légitimes impatiences. Il est aussi l'auteur d'un poème symphonique :\nISCHIOI MAKEDONIKOI, plein de vie et de couleur, que nous entendrons prochainement à\nl'un de nos concerts dominicaux."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.52", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3731, "texte": "Une nouvelle audition de deux œuvres de M. Léo Ornstein, m'oblige à leur faire\namende honorable et à rétracter l'appréciation trop hâtive, et maussade qu'elles\nm'avaient suggérée.\nLeurs juvéniles outrances déconcertent en effet moins par elles-mêmes que par leur\naccumulation, mais l'on arrive à en dégager la sensation d'une musique nerveuse, trépidante,\nexpressive à l'excès et même émouvante.\nLes \" Impressions de la Tamise \" semblent le plus réussi et accessible de ces deux\nmorceaux, avec leurs carillons fêlés répercutés dans les ondes grises du fleuve, leurs oiseaux\ntristes planant et gémissant sur ses rives. La \" Danse sauvage \" est moins pénétrable. Les\nrenâcleurs, strideurs et éclateurs futuristes ne seraient pas inutiles peut-être à son orches-\ntration. Ses trouvailles sonores, la frénésie et la diversité de son rythme nous livrent le secret\ndes sympathies qu'elle inspire malgré les obscurités de sa conception. M. Léo Ornstein reste\nsincère jusque dans ses pires audaces ; peut-on en dire autant de celles de M. Arnold\nSchœnberg ! Leurs agressives laideurs, leur exaspérante incohérence permettraient d'en\ndouter.\nDans son \"Traité d'Harmonie M. Schœnberg recommande, paraît-il, à ses disciples\n\"de n'être délibérément ni conservateurs ni révolutionnaires, l'artiste ne devant user que des\nmoyens que réclament son véritable tempérament poussé par un besoin impérieux. \"Il reste\ndifficile de discerner à quel besoin impérieux doivent naissance les œuvres d'un maître\naussi sage.\nAvec M. Walter Morse-Rummel nous revenons à une esthétique plus claire. Ses\nmélodies agréablement fauréennes et debussystes à la fois, nous replacent au milieu d'horizons\ndéjà familiers. Une autre mélodie, de M. Binenbaum sur un poème de Verlaine, nous\nmontre, en dépit de ses qualités, son auteur moins à l'aise dans le genre restreint du lied\nque dans les formes plus vastes de la sonate où nous avons déjà applaudi sa musique\némouvante et parfois grandiose.\nLe concert était complété par le \" Bœuf \" et la \" Plainte Antique \" de M. Alfred\nCasella, et les mélodies japonaises de M. Strawinsky. Ces œuvres avaient été précédemment\nentendues à la S. M. I. Il est inutile d'insister sur la séduisante musicalité des premières\net la joliesse menue des secondes si heureusement exprimées par Mme Nikitina et\nM. Koubitzky.\nPAUL LADMIRAULT.\nSchola Cantorum.\nLes deux dernières séances de la Schola étaient consacrées à l'exécution intégrale de la\nMesse en ré de Beethoven sous la direction de M. Vincent d'lndy. Je pense que les lecteurs de\nS. I.M. n'attendent ni ne désirent de moi une analyse détaillée de cette œuvre colossale dont\non a dit vraiment tout ce qu'il est possible de dire. Je me bornerai donc à parler de l'inter-\nprétation et louerai tout d'abord M. Vincent d'lndy d'avoir compris tout le côté descriptif,\npresque théâtral de l'œuvre, de ne l'avoir point exagéré ni trop mis en valeur, mais de ne\nl'avoir pas non plus négligé ou volontairement effacé. Il m'a paru en suivant la partition que\nles intentions de l'auteur étaient bien nettement marquées dans l'exécution. Louons donc et\nsans restriction M. Vincent d'lndy ! Louons aussi les solistes Mme Seyrés et Philip, Mrs Paulet,\nPlamondon et Gébelin ; louons encore les chœurs, surtout les voix féminines qui soutiennent\nsans défaillance une écriture vocale sensiblement aigûe et souhaitons enfin que M. Claveau,\nviolon solo, acquière, pour l'avenir une sonorité plus douce et par conséquent plus en rapport\navec la tendre prière du Bénédictus.\nMAX VIDAL.\nLes Amis des Cathédrales\nLe concert donné le 19 février par la Société des \" Amis des Cathédrales \" a offert\naux amateurs de résurections historiques un régal de haut prix. Avec l'un des splendides"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.53", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2710, "texte": "motets de Bach, le Stabat mater de Josquin Deprés, quelques pièces d'orgue de Bach, de\nSweelinck, de Gigault, le programme présentait en première audition une ''histoire sacrée\"\nde Marc-Antoine Charpentier, le Jugement d composée en 1702 pour la Messe\nrouge de la rentrée du Parlement, et jamais imprimée ni entendue idepuis lors : nouveauté\ndeux fois centenaire, dont MM. Letocart et de Reulin ont \" recueilli et restitué \" la partition\nd'après les manuscrits autographes de l'auteur, conservés à la Bibliothèque Nationale. On\ndoit les en remercier hautement. Le jugement de Salomon est une très belle œuvre, par\nhistoire de l'oratorio.\nL'exécution a fait grand honneur aux chœurs de la Société des \" Amis des Cathédrales\"\net à leur chef, M. Henri Letocart. Madame Jane Arger a donné au rôle de \" la vraie mère \"\ntout le relief que promettait son beau talent.\nM. B.\nConcerts-Rouge\nLe Festival Léo Sachs que donnaient les Concerts-Rouge pour leur \" gala \" de la Salle\nMalakoff, nous permit de porter un jugement d'ensemble sur l'œuvre si variée et déjà si con-\nsidérable de ce compositeur. Ce musicien unit à la veine mélodique abondante, à une\ninspiration claire et sincère, la forme nette, trop souvent négligée de nos jours. Ces\nqualités ont pu se révéler tout au long d'un programme où figuraient les noms d'artistes de\nchoix. C'était d'abord MUe Montjovet, qui dans la ballade accompagnée\npar l'orchestre, puis dans un groupe de mélodies au piano, se montra interprète d'une rare\nsouplesse, passant de la puissance dramatique au charme intime avec l'aisance la plus parfaite.\nServie par un organe vocal de premier ordre et par une diction sûre, elle souleva l'enthou-\nsiasme du public, qui redemanda. \"J'ai rêvet \" deux lieder\njustement populaires.\nC'est ensuite Madame Nordmann qui souligna délicieusement de son joli soprano le\nsolo d'une scène évoquant la Grèce antique, où la danse forme un fond délicat, accompagnée\nde flûte et de harpe. Cette jolie bluette, (sous le titre : u Les Nymphes\") eut également les\nhonneurs du bis.\nMllie Roger-Miclos joua en artiste de courtes pièces pour piano seul et le célèbre\nquatuor vocal Battaille interpréta une sélection de chœurs dont les meilleurs, à mon avis,\nsont : u Roses d'Automne\" et \" Le Soir\".Quand j'aurai ajouté que M. Léo Sachs dirigea ses\nœuvres symphoniques avec une remarquable sûreté, que le vaillant petit orchestre fut\nparfait, et charmantes les \"étoiles\" Mlle Antonine Meunier, M. Rouvière et Sauvageau de\nl'Opéra dans les \" Nymphes\" aussi bien que dans des qui terminaient la\nsoirée, j'aurai résumé mon opinion et celle aussi du public qui fit à Léo Sachs (et à ses\nœuvres) un accueil dont il a tout lieu d'être satisfait.\nL. V."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c061", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c061", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 54, "image_fin": 60, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.15", "titre_corps": "LA QUINZAINE", "titre_sommaire": "LA QUINZAINE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.54", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2583, "texte": "Le quatuor Lejeune a donné sa quatrième séance. Elle était consacrée en partie aux\ncompositeurs tchèques. On est un peu surpris en entendant des pièces signées de noms\ndifférents Novàk, Suk, Fibich, Smetana, Dvoràk et désignées par des titres si caractéristiques :\nEglogue dans le style populaire, Amoroso, Elégie, Sérénade. Danse tchèque, Ballade\npaysanne etc. de les trouver très semblables, toujours tragiques, souvent vulgaires, jamais\nsimples au sens élevé et musical du terme, on ne saurait en rejeter la responsabilité sur\nMl' Jan Herman qui traduisit pianistiquement ces pages avec toutes les qualités d'un fidèle\net compétent interprète. Le quintette à cordes de Dvoràk est une œuvre bien plus intéressante\nquoiqu'inégale. Le larghetto avec sa mélodie nostalgique et lancinante, si heureusement\nconfiée au premier alto, et ses oppositions rocailleuses et sautillantes est d'un effet bizarre\nmais captivant.\nNous apprîmes au même concert que Lazare Lévy composait ; il nous a été donné\nd'entendre un trio à cordes qui fait mal juger de la hardiesse de son auteur et apprécier au\ncontraire sa discipline. Peut-être avait-on craint l'emploi d'instruments à double fond ;\ntoujours est-il que, prestidigitateurs sans reproche, MMrs Nestor Lejeune, H. Benoit et\nM. Jullien n'ont pas craint de convier trois \" personnes de la société '\" à s'asseoir auprès de\nchacun d'eux pendant l'exécution des quatre parties du dit trio, et qu'aucun truc n'a été\néventé. Pour la plus grande satisfaction des auditeurs la séance avait commencé par le\nquatuor en si maj. de Mozart dans lequel le plaisant allegro final se moque de qui s'est\nlaissé impressionner par les interrogations mélancoliques de l'adagio et conclut en riant.\nLe quatuor Malkine a donné une très intéressante audition du pour piano et\nquatuor à cordes de G. Dupont. M. Dumesnil et les autres interprètes ont été fort appréciés\net applaudis après leur belle exécution.\nLe quatuor Oapet comme il le fait chaque année depuis\nune date déjà ancienne donne une audition intégrale des\nquatuors de Beethoven et réalise comme on sait une très\nérudite et très admirable interprétation. La salle Pleyel sera\ntrop étroite pour contenir le flot toujours montant des\nbeethoveniens.\nMel1* Hortense Miquel n'a pas une voix inouïe et expressive. Elle n'en a que plus de\nmérite d'avoir réussi à chanter de façon en somme variée, souvent jolie, toujours adroite,\nsans jamais crier ni recourir à des \" trucs \" un air de la Flûte enchantée de Mozart et des\nlieder de Schubert, Debussy, R. Hahn, Duparc et R. Strauss. Il faut la féliciter en outre"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.55", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2875, "texte": "d'avoir chanté deux des mélodies d'Enesco sur des textes de Clement Marot. Ces pages\ntrop peu connues ont la plus réelle valeur et celle intitulée est\nune manière de chef-d'œuvre. Georges Enesco lui-même les accompagna et joua seul des\nnièces de violon, et avec Mr Braud, la sonate de Franck. Un rhumatisme tacheux qui avait élu\ndomicile dans les avant-bras de ce\nimprovisation où la pensée de Franck\nil été plus simple de demander à\npuisqu'il était là, vaillant, et que, à\nfaçon, on peut penser qu'il aurait\nBlonde et souriante dans sa\nd'argent Mme Linkenbach ignore\nvoix très éclatante ne connaît pas\npianiste fut, parait-il, la cause a une\ntint une place réduite. Peut-être eut-\nJean Verd de jouer cette sonate\nl'entendre accompagner d'exquise\nfort bien secondé Enesco.\nrobe verte recouverte d'une tunique\nl'art si difficile des demi-teintes, sa\nde nuances intermédiaires entre les\nFf et les pp. il s'ensuit que les textes sont parfois écrasés et que 1 articulation pune mai.\nMr Victor Gille prêtait son concours à cette soirée. On ne saurait reprocher ace pianiste\nl'excès de simplicité mais on ne peut d'autre part ne pas être séduit par une technique très\npersonnelle et pleine d'invention.\nInnombrables et vaillants les pianistes attirent chaque soir une foule délirante plus\nsoucieuse que jamais de voir les grands prêtres du clavier consulter les dieux et interroger\nl'avenir en éveillant les vibrations de la grande harpe qui dort couchée dans son sarcophage\nd'ébène sur le trépied sacré de la Pythie. Nul mieux que le grand\nSaùer ne sait la faire parler, et nul n'explique plus clairement ses\noracles. Jamais ses interprétations ne sont en deçà des textes, jamais\nnon plus elles ne vont au delà, c'est pourquoi il atteint la perfection.\nOn a trop insisté sur la science pianistique de ce grand artiste pour\nqu'il soit utile d'y revenir, mais on ne dira jamais assez jusqu'où va\nchez lui le souci de l'exactitude et comment son jeu change de couleur en passant\nde Bach à Beethoven et de Schumann à Chopin. C'est l'âme même de ces com-\npositeurs de génie qui revit, ranimée par le miracle de ses doigts.\nMarcel Oiampi dans un programme varié et attrayant fait valoir une technique souple\net riche plus brillante qu'imprévue. En une séance précédente il avait fait preuve de disci-\npline et de goût en jouant avec Jules Boucherit, André Hekking et F. Denayer des œuvres\nde Schumann, Rachmaninow, Saint-Saëns et Fauré.\nOssip Gabrilowitsch remporte un grand succès\nnotamment après avoir donné une belle interprétation\nde la sonate en si j> min. de Chopin. Peut-être Beet-\nhoven et Schumann exigent-ils un style moins heurté\net moins fantaisiste et la façon dont le célèbre pianiste\ntraduit la pathétique est pour certains un peu surprenante Roger de Francmesnil exclut\nla fantaisie, il tente au contraire dans son programme consacré à Chopin de réaliser la"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.56", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 12, "texte": "LA QUINZAINE"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.56", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 3535, "texte": "pensée du maître en certaines cle ses oeuvres et ne craint point d'affronter coup sur coup les\nquatre ballades et la sonate op. 35. déjà nommée, c'est là un beau courage qui comble d'aise\net d'admiration un nombreux public.\nMelle Marguerite Laeuffer est probablement l'une des plus douées parmi les jeunes\npianistes ; avec une aisance et une simplicité étrangères au moindre effort anna.-^r>f\ntraduit à la perfection entre autres les douze études ' ent, elle\ns op. 25 de Chopin montrant sous toutes ses formes\nson talent où s'unissent le charme le plus grand et\nla puissance la moins commune. Mlle LucieCafFaret\nne lui cède en rien à aucun point de vue : la vir-\ntuosité, le goût, l'intelligence musicale ici comme\nlà sont tout à fait attrayantes.\nIl faut féliciter Melle Caffaret d'avoir élu la en la de Weber non seulement parce\nqu'elle y a trouvé l'occasion d'un grand succès mais parce que ces sonates trop abandonnées\nsont pleines de musique et de musique riche, ardente, mouvementée, qui manque parfois de\ngoût et de mesure, mais de passagère façon, et n'ignore en tout cas jamais la variété ni\nl'inspiration. Ne faut-il pas aussi dire que cette remarquable pianiste, plus que quiconque\nécoute ce qu'elle joue, et que le geste est bien joli de la tête blonde qui se penche légère-\nment de côté pour juger du son obtenu. Au souci qui se marque ainsi gracieusement sont\ndues sans doute ces qualités de ponctuation et d'accentuation musicales qui expliquent et\nvoient les textes.\nMaurice Dumesnil a donné salle Gaveau une séance composée d'œuvres classiques et\ndes Heures dolentes de Gabriel Dupont. On sait que le célèbre pianiste depuis longtemps déjà\na pénétré les secrets de cette musique et que nul mieux que lui ne saurait la faire compren-\ndre. Mais ces quatorze pièces ne gagnent évidemment pas à être jouées les unes à la suite\ndes autres et leur audition intégrale est plus instructive qu'attrayante. Il faut d'autant plus\nféliciter M. Dumesnil d'avoir fait passer le souci du respect qu'on doit aux œuvres chères au\ndelà de la tendance inférieure qui pousse la plupart des virtuoses à chercher un succès\nfacile.\nLa deuxième séance Loyonnet eut le même succès que la première. Tout chez cet\nartiste concourt à la parfaite expression musicale. Ce fut un magnifique interprète de\nHaendel, Beethoven et Chopin et dut pour apaiser un public enthousiaste mais exigeant\njouer après avoir exécuté son programme une des légendes de Liszt ! Melle Lewinsohn, très\nfêtée elle aussi, a un talent qui s'oriente plutôt vers la sensibilité que vers la précision ; elle\nparut mêler quelques giboulées à la pluie discrète qui tombe doucement sur les de\nClaude Debussy mais joua avec beaucoup d'âme tel prélude de Chopin et garda à telles\npolonaises cette teinte mélancolique dont leur éclat est parfois empreint.\nV. Buesst dans des œuvres très connues montre qu'il lui est plus facile d'interpréter les\nmouvements lents que ceux\ndans lesquels ses doigts s'in-\nquiètent. Melle Meyer prouve\nqu'elle sait composer un pro-\ngramme, le jouer d'attrayante\nfaçon, et attirer un public\nnombreux. Melle Cocq donne\ndeux récitals consacrés à la\nmusique classique et moderne\net obtient un grand succès.\nMelle Carmencita Perez dont le nom est plus espagnol que le jeu, raide devant son piano\nsemble une poupée mécanique mais une poupée qui possède une virtuosité impressionnante.\nAlbeniz, de Falla, et Turina sont fêtés comme leur jeune interprète.\nAussi bien l'Espagne est-elle noblement représentée cette quinzaine, puisqu'à la Salle"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.57", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3064, "texte": "Erard, Montoriol Tarrès nous révèle à proprement parler les de Granados bien\nque nombre de pianistes les jouent assez fréquemment. Il analyse les diverses phases de ce\nroman, et les situe en des décors précisés, il montre ce majo et cette maja tour à tour mêlés\nà la foule grouillante ou isolés dans leur tristesse et nous laisse sous l'impression de ce\njardin solitaire où \" agonisent lentement les échos de la nuit, de la fontaine et d'une\nmerveilleuse chanson. \"\nLe reste du programme fut enlevé avec un brio si étourdissant que la salle enthousiasmée\nfit au brillant pianiste catalan une interminable ovation ; après les Six de Liszt d'après\nPaganini, notamment, ce fut du délire. Jamais la prestigieuse technique du remarquable\nvirtuose n'avait été plus éblouissante.\nBatalla qui possède plus que jamais une virtuosité incomparable domine de loin les\ndifficultés qu'on rencontre dans certaines pages de Saint-Saëns, Bach, Scarlatti, Beethoven,\nSchumann, Brahms, Fauré ou Liszt. Enfin, Motte-Lacroix pianiste émérite que sa technique\nd'une qualité très supérieure place au premier rang des grands virtuoses, manifeste une\nconscience et une sincérité musicales au delà de tout éloge ; il se donne à l'interprétation\nde Bach, de Liszt, de Fauré et de Chopin avec une ardeur et une conviction élevées et rares\net à l'admiration qu'on éprouve en l'entendant se mêle une respectueuse émotion.\nLe jeune André de Prang nous est arrivé de Russie précédé d'une réputation glorieuse.\nLes plus grands maîtres lui avaient accordé leur suffrage le plus flatteur et le désignaient\ncomme l'un des futurs rois de l'archet. Le récital merveilleux que cet étonnant enfant prodige\nnous a donné salle Gaveau n'a pas déçu l'espoir qu'avait fait\nnaître sa renommée. L'éclat de sa virtuosité, la perfection de sa\ntechnique, le charme de sa sonorité, la souplesse de son archet\nont fait l'admiration des connaisseurs et lui ont valu un formi-\ndable succès. Son programme qui réunissait les noms de Men-\ndelssohn, Beethoven, Bach, Paganini, Popper, Elgar et Kreisler\na été interprété d'un bout à l'autre avec une autorité musicale\net une maturité dans l'expression et le style absolument stupéfiantes. L'avenir qui s'ouvre\ndevant un artiste aussi exceptionnellement doué dépassera sans doute ses plus ambitieux\nespoirs.\nMlle Simone Pilon est plus qu'une virtuose remarquable, c'est une véritable artiste, elle\na joué dans une suave sonorité Varia de Bach et avec la plus saine dextérité la de\nSaint-Saëns. La sonate de Grieg que l'on réentend comme par enchantement a été\nexécutée avec une grande correction et cependant une certaine indépendance qui ne nuit\npas dans le premier morceau. MUe Madeleine Filon comme pianiste et Mme Pierre Weber en\ntant que cantatrice obtinrent, elles aussi, un grand et légitime succès.\nJosé Iturbi et Gaston Poulet, le violoniste bien connu des habitués des concerts\nMonteux, ont donné un concert très attrayant tant au point de vue de la composition du\nprogramme que de son exécution. La sonate de Franck, la sonate à Kreutzer et même le"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.58", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 2409, "texte": "Concerto de Chausson pour piano, violon et quatuor à cordes sont certes\ndes œuvres que l'on entend fréquemment mais ce n'est pas sans raison\nd'être. deux artistes y ont trouvé l'occasion de mettre en valeur leurs\nqualités très rares de charme, de délicatesse, de distinction et de haute\ntenue musicale.\nEdouard Nadaud a organisé un festival de violon. Tout en conduisant\nl'orchestre il a fait entendre quelques-uns de ses élèves dans des concertos\nde Mendelssohn, de Beethoven, Lalo et dans la de Max\nBruch. René Hemery, Mlle Lorsain, Mme LineTalluel, et Vittorio Emmanuele\nont fait preuve d'un talent égal et de personnalités diverses très intéressantes.\nConcerts Chaigneau. Une grippe malencontreuse empêche Mlle Berta Goldenson\nde participer à ce concert, M. Sistermans, en remplacement voulut bien accepter de chanter\nquelques liederde Schubert ; il les dit d'une voix ample, sincèrement émue et sensible.\nM. Ossip Gabrilowitch joue impeccablement d'une prétention jolie et subtile la en la\nmineur de Schubert dont la pensée musicale n'est pas très profonde, mais qui fit tant briller\nle virtuose en remplacement des duos de Schumann il interpréta une de Gluck\nBrahms et une rhapsodie de Brahms ; il enthousiasma son auditoire. Le succès de cette\nséance fut pour le Concerto en ré mineur de Bach, pour trois pianos et orchestre si plein de\ngravité et d'émotion, où les trois exécutants, Mme Thérèse Chaigneau, M. Gabrilowitch et\nM. Walter Morse Rummel ainsi que M. Vieux à l'orchestre recueillirent de nombreux bravos.\nGérard Hekking possède toutes les qualités des grands artistes : la virtuosité, le style,\nla qualité et l'ampleur de la sonorité, on chercherait en vain ce qui lui manque. Il a donné\ndernièrement un récital où il obtint le plus grand succès.\nGeorges Pitsch, un jeune belge de très grand mérite, violoncelliste, lui aussi, dans les\nsonates de Porpora, de Boccherini et dans le ler1er concerto de Saint-Saëns montra que ces œuvres\ndifférentes sont propres à faire ressortir les diverses faces de son beau talent. Mme Durand-\nTexte qui chantait à ce concert dit avec autorité trois mélodies de Fauré et trois mélodies de\nR. Hahn.\nMme Marthe Girod et Henri Choinet exécutent correctement un programme un peu\nmonotone consacré uniquement à Beethoven. On pourra mieux juger ces artistes dans leur\nprochain concert dont le programme est plus varié.\nr » O 'r r > pr r. . \\( X X"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.59", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3787, "texte": "NANCY. Comment y a-t-il pu vraiment y avoir une question du théâtre et du\nConservatoire à Nancy ? A-t-on pu mettre un seul instant en comparaison la valeur artistique\nde ces deux maisons ? C'est en sortant du 10e concert que je me pose ces questions :\nMHe Demougeot, une fois encore, vient d'être ovationnée comme il est impossible de\nl'imaginer. M. Ropartz, en regagnant son pupitre, eut sa large part d'enthousiasme.\nM. Fernand Pollain, en nous faisant connaître un lamento écrit spécialement pour lui par\nson ami Gaubert, retrouva son succès habituel. Disons encore que le prochain et dernier\nconcert terminera splendidement la saison, avec l'audition entière du 3e acte de Parsifal, le\nrôle de Gurnemanz étant tenu par Delmas.\nEn vérité, comment a-t-on pu penser un seul instant à compromettre ces concerts pour\nle seul avantage du théâtre, qui ne peut donner, une seule fois dans toute la saison, une\nmanifestation comparable à un seul de ces concerts?\nUn vœu du conseil municipal disons de suite qu'il ne se réalisera jamais voulant\nsauver le théâtre qui se meurt à Nancy, demanda le changement de jour et d'heure des\nconcerts. On projetait de les donner en semaine, le soir. C'était la mort de l'institution :\nquiconque connaît quelque peu les Nancéiens, leur amour de la routine, de leurs habitudes,\ncomprendra facilement que c'en était fait de la belle école musicale de Nancy. Et tout cela\npourquoi ? Tout d'abord pour laisser ces jours-là l'orchestre à la disposition du théâtre, et\nensuite, très probablement, dans l'espoir que le public du Conservatoire, avec un ensemble\nparfait, n'ayant plus son concert du dimanche irait chercher des compensations au théâtre.\nCela n'a même pas besoin d'être discuté.\nS'il faut rechercher la cause de la crise du théâtre à Nancy, on la trouvera ailleurs.\nDonnez-nous une bonne troupe, une interprétation digne d'une telle ville, et je suis certain\nque le public ne sera pas long à retrouver le chemin du théâtre.\nJe ne suis pas un bien vieux nancéien. J'ai cependant le souvenir de quelques belles\nsoirées, qui ont fait date dans mon esprit, tout comme tel ou tel concert du Conservatoire :\nje cite, au hasard, une représentation du Fortude Messager, avec Breton-Caubet, en\nforme parfaite, et l'exquise Mlle Pérérol. C'était au temps de la direction Mirai. Est-il si\ndifficile de retrouver de pareilles soirées ?\nNon loin de nous, et sans vouloir vanter une direction qui a certes contribué à cette\ncrise théâtrale, rappelons que M. Chabance a monté à Nancy, et sur le plateau incommode\nde la salle Poirel, la Damnation de Faust, la création du Pays, et enfin les Maîtres-Chanteurs,\navec Delmas dans le rôle de Hans Sachs. Peut-on mettre en balance la et\nqui furent les grandes nouveautés de la saison actuelle ?\nIl y a autre chose. C'est même plus qu'un vœu, malheureusement, c'est une réalité.\nNancy n'aura plus de troupe comique l'an prochain. La troupe lyrique y gagnera-t-elle\nvraiment ? Et la direction théâtrale aura-t-elle la tâche facilitée de cette manière ? C'est\nimprobable : la question serait trop longue à discuter ici. Je me bornerai à rappeler le fait\nsuivant, qui prouve que la comédie a connu de beaux jours à Nancy.\nC'était il y a trente ans, M. Albert Carré, aujourd'hui administrateur de la Comédie\nFrançaise, était directeur du théâtre de Nancy. Ce fut lui qui fonda ces concerts qui donnent\naujourd'hui tant de renom à notre ville, et qui à leur début, firent partie de l'administration\nthéâtrale. Tout d'abord, ils périclitaient. Sait-on ce qui les sauva, en quelque sorte ? La troupe\nde comédie, car M. Albert Carré put opposer aux maigres recettes des dimanches de\nconcert, les splendides matinées des autres dimanches, où l'on donnait de la comédie, il fit\nvaloir aussi que les représentations de comédie étaie"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.60", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3386, "texte": "frais, et put ainsi obtenir de la municipalité une subvention amplement justifiée, qui, sans\ntoutefois lui faire regagner tout ce qu'il perdait ainsi volontairement pour le seul amour de\nla musique, lui permit cependant de mener à bonne fin son œuvre des concerts.\nMaintenant, je dois ajouter que M. Carré n'hésitait pas à recourir au talent du <frand\nCoquelin\nRevenons au Conservatoire. Sa sérénité n'est en rien troublée par le léger orage qui vient\nde passer sur lui. Longtemps encore, espérons-le, son directeur continuera son excellente\nbesogne, pour le plus grand bien de l'Art musical, et aussi de la ville de Nancy. Et pour me\nplacer à un point de vue un peu plus particulier, nombreux sont ceux qui, comme moi\nappartenant à la jeunesse universitaire, ont tout appris de la musique dans ces concerts du\nConservatoire. Nombreux sont ceux qui ont senti là pour la première fois leur âme pro-\nfondément troublée par le souffle de Beethoven, de Schumann et de Franck. Ils ne sont pas\nla majorité, mais cependant ce sont eux qui, bientôt dispersés aux quatre coins de la France,\nferont connaître la valeur artistique de leur ville d'étude. Et vraiment, n'est-ce pas la\nmusique actuellement, du moins qui intervient pour la plus grande part dans les\nmanifestations d'art de Nancy ?\nA. L.\nNANTES. Grand-Théâtre. Madame Marie Delna et M. Albers ont donné une\nmagnifique représentation de Y Attaque du Moulin.Madame Delna a été longuement acclamée\naprès les \" imprécations à la guerre \" qu'elle rend avec une admirable puissance vocale et\ntragique. Triomphe pour M. Albers, le meilleur Merlier qui existe à l'heure actuelle. Madame\nDelna a chanté aussi Carmen avec succès. Mme Lucy Vuillemin a interprété Mimi de la\nde Bohème d'une façon charmante. C'est une chanteuse de goût et une délicieuse comédienne.\nAssociation Nantaise des Grands Concerts. Le programme du dernier Concert compre-\nnait d'abord la Symphonie Italienne de Mendelssohn. Cette musique d'une élégance fade,\nd'une inspiration banale et froide, qui ravissait d'aise les dilettanti du temps de Louis-\nPhilippe et du second Empire, cause aujourd'hui un ennui profond. La majeure partie de la\nsalle éprouva cette impression d'une façon très nette. Venaient ensuite le Prélude de\net la Mort d'lsoldeinterprétée avec une belle ampleur par Mlle Demougeot; enfin le Prélude\nde Parsifalet le second tableau du deuxième acte remarquablement chanté par M. Van\nDyck, un Parsifal inégalé et Mlle Demougeot. Le chœur des Filles-Fleurs, confié à des\namateurs, a bien marché. L'Orchestre de Y Association Nantaise exécuta ces divers ouvrages\navec beaucoup d'ensemble. Certes, tout ne fut pas parfait, mais les musiciens eurent, notam-\nment dans Parsifal et dans Tristan des effets de finesse et de douceur dont on ne saurait\ntrop les féliciter. Il est à regretter, néanmoins, que, dans le Prélude de Parsifal, la mélodie\nde la Cène ait été attaquée beaucoup trop fort alors qu'elle doit s'élever dans un mystérieux\npiano et qu'à la fin de ce même fragment le retour du thème de la orné, cette fois,\nd'une appogiature chère à Wagner, n'ait pas été mis en valeur. Quoi qu'il en soit, l'orchestre\nest très en progrès. Son chef, auquel une palme fut offerte, ne saurait donc être oublié dans\nle bilan de cette belle soirée. Depuis quatre ans, d'ailleurs, le public nantais a su justement\nl'apprécier.\nETIENNE DESTRANGES.\n5"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c082", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c082", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 61, "image_fin": 62, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.16", "titre_corps": "LA QUINZAINE", "titre_sommaire": "LA QUINZAINE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.61", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3594, "texte": "Nous voici à mi-mars! Le Lyrique flamand d'Anvers donneia mardi la première de\nParsifal, à qui l'on prépare à la Monnaie de mémorables funérailles. La 35e et derniere\nreprésentation du chef-d'œuvre y est annoncée pour le 16 avril. Elle précédera immédiate-\nment le Festival Wagner qui clôture la saison. Celle-ci s'achèvera donc, une fois encore, sans\nque l'on ait créé à Bruxelles un seul acte lyrique belge, et elle marquera du même coup la\nfaillite dit-on, de l'initiative officielle en faveur du Théâtre dramatique. Du moins 1 expé-\nrience des deux années sera terminée. Tout cela nous sert d'enseignement : le comité pour\nla défense de l'art lyrique national a fait crédit, pour un exercice, aux bons vouloirs avertis ;\nce fut, on le constate aujourd'hui, bien à tort. Plus rien ne nous retiendra désormais de poser\nles conclusions de notre enquête et d'établir, en publiant ce document, le plan de l'action\nqu'il sollicite. . . . .\nDeux auditions, cette quinzaine, ont retenu l'attention. Le concert annuel du violoniste\nde L. L. M. M. le Roi et la Reine, M. Edouard Deru, à la Grande Harmonie ; le récital, salle\nGiroux de Mme Marie-Anne Weber. Le programme du premier était exclusivement consacré\nà la musique italienne des 17e et 18e siècles. Le concert-sonate en mi mineur de Veracini, la\nsonate de Tartini, en ré majeur, le concerto pour trois violons de Vivaldi, un andan de\nP. Martini, un tempo di minuettode Pugnani, la de Vitali (ces trois dernières pièces\ndans l'arrangement de Fritz Kreisler) permirent à M. Deru de faire apprécier une fois de\nplus la distinction, la finesse, la sûreté de son jeu, ses qualités de style. Mieux, dans\nCantabile de la Sonate de Tartini et surtout dans la Chaconne de Vitali, pages dont la phrase\nlarge et chantante convient à son tempérament, le virtuose nous donna l'impression d'une\nvéritable maîtrise, que jusqu'ici, nous n'avions point soupçonnée. Il fut parfaitement secondé,\ndans le concerto pour trois violons de Vivaldi par Melles K. Buckley et G. Schellinx. La\ncantatrice prêtait son concouis a la seance. £vlle întei pieta une\ncantata de Rossi, une autre cantata et un Aria di Erminia, pour chant, violon et piano de\nCaldara et de Pasquini, enfin, une ariette de Spontini, et L'Abandon de Blangini, piécettes\nd'une fadesse sentimentale qui déparaient ce bel ensemble.\nDes mélodies italiennes, du 17e siècle, figurent aussi au programme de Mme M. A.\nWeber, à côté de lieder allemands, et d'œuvres françaises. Une voix naturelle, ample,\nétendue, de l'éclat, de la solidité, de la jeunesse. Une expression charmante et profonde\ndans la mélodie de Bordes : Promenade sentimentale.De l'élan, du lyrisme dans le Schubert,\nde la force dramatique dans le Schumann. M. Defauw, qui prêtait son concours à la sympa-\nthique artiste, a joué avec fougue une Chaconne de Vitali ; avec un sentiment juste, la sonate\nde Lekeu. Au piano : Mrae Defauw et Melle Daisy Weber.\nMentionnons la séance de musique ancienne organisée par le quatuor vocal Henry\nCarpay, avec le concours de Mme Mahy-Dardenne, cantatrice, de M. Van Neste, viole de\ngambe,' et de M. J. Janssens, claveciniste. On y entendit des compositions de Roland\nde Lattre, Costeley, Schutz, Rameau, Grétry, Pergolèse, des pages instrumentales de Bach,\nHaendel, Forqueray, Marais. Scarlatti, etc... A la même salle Sainte-Elisabeth, la matinée\nmusicale' au profit de l'œuvre de la Protection sous le haut patronage du\nRoi et la Reine. Mme Henry Le Bœuf, cantatrice, Noblet, violoncelliste, M. Van der Borght,\nbaryton, accompagnés par Charles Hénusse, assurèrent le plus vif succès à la réunion."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.62", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 12, "texte": "LA QUINZAINE"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.62", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 1983, "texte": "NOUVELLES.\nBruxelles va posséder enfin sa salle des fêtes. Le collège échevinal vient d'en\ndécider. L'édifice sera construit derrière la propriété Errera, le long d'une voie nouvelle qui\nrelie la Montagne de la Cour à la rue du Parchemin.\nUn article de M. Clément Charlier, dans la nous apprend que la maison\nnatale de César Franck, ne fut pas démolie ainsi qu'on le^croyait. Elle porte aujourd'hui le\nn° 13 de la rue S* Pierre, près de l'église Ste Croix, à Liège. La Ligue wallonne vient d'y\nfaire apposer une plaque commémorative.\nLe compositeur Jean Van den Eeden, auteur de Rhèna, travaille à un nouveau\ndrame lyrique : l'Œuvre,en collaboration avec M. M. Carré. Souhaitons à cette partition le\nsuccès de son aînée, et moins longue attente avant d'être présentée au public.\nCHARLEROI.\nLe premier concert de l'Académie de Musique, sous la direction du sympathique\ncompositeur Adolphe Biarent, et avec le concours de M. F. Quinet, jeune violoncelliste\ndoué, que nous verrons sans doute prochainement membre d'un quatuor, et du baryton\nM. Pieltain, rapprochait des auteurs wallons. Grétry, (Danses villageoises), Daneau,\n(Fantaisie sur des airs tournaisiens), Lekeu (Fantaisie sur des airs angevins), Mathieu (le\nBarde), A. Dupuis (Eglogue), Vreuls (Poème pour cello et orchestre), Delune (Variation et\nfugue), Biarent (Sonnets pour cello et orchestre), Franck (Interlude de Rédemption). Succès\npour les œuvres et pour leurs interprètes.\nTOURNAI.\nNous avons signalé naguère les efforts que poursuit dans notre ville M. Nicolas Daneau,\ndirecteur de l'Ecole de Musique (désormais élevée au rang et au titre de Conservatoire). Ils\nont donné lieu, cette année, à une série de concerts très remarquables, consacrés aux\nclassiques et aux modernes. L'audition du 30 mars comporte un festival Vincent d'lndy, sous\nla direction du maître.\nLA HAYE.\n%\nLe conseil municipal de la Résidence a nommé directeur de l'Opéra français M. Léopold\nRoosen, baryton, belge de naissance."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c085", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c085", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 63, "image_fin": 67, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.17", "titre_corps": "LA QUINZAINE", "titre_sommaire": "LA QUINZAINE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.63", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3296, "texte": "La Rédaction.\nUNE MISE AU POINT. —La lettre de Berlin publiée dans notre Numéro du ler Novembre\npar le Docteur Richard-H.Stein, a produit dans\némotion à laquelle nous étions très loin de nous\nfait parvenir l'écho. Est-il besoin de déclarer ici, que Vhumour de Stein n'eut jamais l'intention\nde blesser personne, et que S. I. M. saisit avec plaisir l'occasion d'assurer tous Collègues;\nd'outre-Rhin, de ses sentiments aussi pacifiques que bienveillants. Le prochain Congrès organisé\npar la Société Internationale de Musique à Paris,\ntout son concours le plus dévoué, permettra àla musicologie française d'aplanir ce petit incident\ninternational.\n\nLETTRE DE MUNICH\n\nLe drame musical de M. Franz Schreker, le Son lointain, qui vient d'avoir sa première\nà Munich, a déchaîné à nouveau une véritable petite guerre des Anciens et des Modernes.\nC'est à peine croyable à quel point l'histoire se répète. L'œuvre a remporté un franc succès\nauprès du public ; mais la critique munichoise s'est rangée comme un seul homme du côté\ntraditionnel de ceux qui préférèrent Keiser à Haendel, Gassmann à Mozart, Piccini à Gluck,\nMeyerbeer à Wagner, ou qui estimèrent, à son apparition, le Barbier de Séville trop\naudacieux ; et si nous avions encore des chanteurs de cour italiens il y a fort à parier qu'ils\nauraient saboté le Fernen Klangcomme un vulgaire ; Joseph II revenu aurait pu\ns'exclamer une fois encore : \" Que de notes ! \" Et M. Schreker pourrait lui répondre de\nmême qu'au taux de ce qu'il désire réaliser, il n'y en a pas une de trop. Dans quelques\nannées les pions auront découvert dans cette partition leur \" pain de professeurs \" ; il faut\nleur laisser le temps de l'adaptation.\n' Retenons pour le moment que si la critique professionnelle a fait des progrès indéniables\ndepuis une cinquantaine d'années, au point de vue des connaissances techniques, elle n'a pas\navancé d'une semelle (je parle des quatre ou cinq journaux de Munich qui ont\nM. Schreker et complètement dérouté la foule) quant à la compréhension de procédés\nrenouvelés et d'une action vraie, empruntée à la vie contemporaine. Que reproche-t-elle au\nSon lointain ? l'absence de mélodies, la complication de l'orchestre, les difficultés \" insur-\nmontables \"de ce qu'on évite d'appeler du chant !Ne vous semble-t-il pas entendre le mot\nde Hanslick sur les Maîtres-Chanteurs : \" die Partitur ist ein knocherloser Mollusk \", ou\nles acteurs de Dresde s'étonner que Schnorr eût encore de la voix après avoir chanté\nTristan ? Mais c'est le privilège de Beckmesser de ne pas sentir son ridicule. Cette fois\npourtant ces Messieurs de la Critique se sont haussés d'un rang : ils s'érigent en gardiens de\nla morale. Nous ne savions pas que les représentations théâtrales fussent régies jusqu'ici par\nle Traité de l'Education des filles de Fénelon ; il faut nous en laisser convaincre : Songez\ndonc : le second acte de M. Schreker se passe tout entier dans une maison de nuit, et ces\ndames sont toutes au salon ! Par ailleurs que Madame Sylva, de l'Opéra-Comique, vienne\nmontrer aux Munichois une Carmen comme ils n'en avaient peut-être jamais vue, fût-ce en\npleine saison de Salvator, la même Critique s'extasie sur \" la sensualité de son jeu \" et lui\ndécerne sans arrière-pensée les éloges qu'elle mérite si bien. Il nous avait toujours semblé"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.64", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 12, "texte": "LA QUINZAINE"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.64", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 4541, "texte": "cependant que les manières de la gitane et que le second acte de Carmen...; mais n'insistons\npas, on est conséquent avec soi-même ou on ne l'est pas : Carmen a trente ans de succès\nderrière elle, sela suffit.\nM. Franz Schreker écrit lui-même ses livrets : Faction du Fernen Klang est poignante\ncomme la vie et marche avec la même rapidité, sans ménagements. Peut-être, dans notre\nvieux monde chrétien, les héros eussent-ils mis quelque retenue sentimentale à certaines de\nleurs décisions ; la vie moderne, dont l'individualisme forme l'étrange étape entre\nl'ancienne charité et le socialisme de demain, ne connaît plus ces délicatesses surannées.\nL'auteur ne recule pas devant la brutalité ; mais son réalisme demeure désolant de vérité, et\ndans le détail son texte abonde en trouvailles poétiques, ce qui est non moins vrai, je n'en\nvoudrais pour preuve qu'un roman montmartrois récent de M. Francis Carco, qui déborde\nd'idéalité dans un milieu où l'on a tort, après tout, de s'étonner qu'elle subsiste. C'est le cas\npour le Fernen Klang. Voici l'histoire en deux mots, l'histoire d'une fille trois fois mise en\njeu et trois fois roulée par le sort ; cela se compose comme un triptyque.\nlerIer acte : Fritz quitte sa petite amie Grete. Un u son lointain\" l'attire et l'inspire ; quand\nil aura réalisé le mirage en une œuvre qui lui donnera la fortune et la gloire, il reviendra.\nElle se résigne, sagement. Mais son père, un ivrogne de petit fonctionnaire retraité, n'a rien\ntrouvé de mieux, pour couvrir ses dettes que de jouer sa fille en une partie de quilles avec\nl'aubergiste, et l'a perdue : intermède grotesque de la demande en mariage. Grete épouvantée,\nespère rejoindre son Fritz et se sauve. Au bois, au bord du lac où seule la féerie d'une nuit\nde Juin l'empêche de se jeter, elle est rejointe par une vieille entremetteuse qui lui promet\ndes gains tels qu'elle pourra venir en aide à sa pauvre mère...\nII : Dix ans plus tard, dans l'épanouissement de sa beauté, Grete est adulée et fêtée\ncomme une reine dans la casa di maschere, au golfe de Venise. On se la dispute : elle se\npromet, cette fois elle-même, à celui qui racontera l'aventure qui lui plaira le mieux ; elle va\nfaire son choix entre le comte amoureux et le chevalier rigolard, lorsque Fritz survient : le\nu son lointain\" le poursuit, il vient de l'entendre, il pressent un bonheur tout proche, il\nreconnaît Grete, lui raconte ses dix ans écoulés. C'est à lui qu'elle se donne ; mais lorsqu'il\ncomprend l'existence qu'elle mène, il la méprise et se sauve éperdu d'être revenu trop tard ;\navec un éclat de rire strident, d'ironie et de désespoir, Grete se jette dans les bras du comte\nqui l'enlève.\n111 : Cinq ans plus tard encore. Sur la terrasse d'un café d'artistes, un agent de police\nescorte une femme de peu qui s'est trouvée mal au théâtre d'à côté, où l'on joue, enfin, la\npièce de Fritz : le succès qui s'annonçait aux deux premiers actes, tombe au troisième ; c'est\njustement cette fin malheureuse qui a touché la créature déchue ; elle comprend qu'elle a\nencore un rôle à jouer. Fritz, prévenu de son côté, veut voir cette femme qui sans doute l'a\ncompris. Le u son lointain \" plus que jamais l'obsède ; il bourdonne là tout près, c est\ncomme l'atmosphère sonore de sa chambre même où malade, fiévreux, il connaît presque\nl'impatience de Tristan. Au signalement que lui en fait son ami, il devine la fille qu'il a\ninsultée : Grete arrive, ils sont enfin l'un à l'autre ; Fritz connaît le bonheur, il va pouvoir\nmodifier son œuvre et lui donner le dénouement qui en fera le chef-d'œuvre entrevu, mais\népuisé il meurt dans les bras de son amie, abandonnée une fois de plus.\nCe que l'on reproche à M. Schreker musicien, ce sont les énormes difficultés de sa\npartition ; on lui fait un grief de ce qu'il ait fallu une bonne centaine de répétitions pour\nmettre la représentation au point. Il n'y a cependant rien là que de bien naturel. Voyez-vous\nFlaubert écrivant dans le style de Télémaque ? Et un de nos élèves d'Académie ne se mordrait-il\npas les doigts plutôt que de dessiner les lions paternes ou tragi-comiques de Delacroix ? Si\nl'orchestre de Prague en 1787 a pu exécuter l'ouverture de Don Juan à première vue,\nl'orchestre de Berlin s'échinait sur Tristan et Yseult en 1876 et W/agner, pour ranimer les\ncourages, s'accusait d'avoir u certainement mal composé et maladroitement instrumente \".\nLa trouvons-nous assez limpide, Dieu me pardonne, assez enfantine (je veux dire : enfance de\nl'art), cette partition de Tristan, aujourd'hui !"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.65", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4286, "texte": "Eh bien ! ce grand nombre de répétitions pour monter une œuvre, représente à coup\nsûr le plus réel progrès qui se soit accompli de nos jours dans l'exécution de la musique. Un\nthéâtre, un orchestre, les chanteurs sont là pour réaliser les intentions de l'auteur avant tout;\nje sais que les chefs-d'orchestre sont rares qui ne croient pas au-dessous de leur dignité de s'en\nenquérir ; c'est le grand mérite d'un Bruno Walter de mettre son point d'honneur dans cette\nsoumission aux exigences musicales et scéniques du compositeur. Aussi est-il à peu près seul\nà obtenir de cet immense appareil vocal et orchestral, en même temps les nuances de détail,\nl'indépendance des groupes d'instruments et la grande allure de l'ensemble : si bien qu'à la\nseconde reprise déjà \" on ne semblait presque plus assister à des tours de force \". M. Schreker\na beau employer toutes les ressources de l'orchestre moderne le plus développé, il ne tend\nà rien moins que surpasser Richard Strauss : ses effets sont minutieusement fouillés, con-\ntenus, discrets ; ses éclats les plus emportés n'outrepassent pas, je crois, les délicatesses de\nM. Debussy, et se noient dans les sons bouchés ; ce n'est pas qu'il manque de force, de\npassion ou de lyrisme, mais ses thèmes et ses mélodies s'étoffent d'harmonies et de timbres\nd'une subtilité que l'on n'avait pas encore atteinte ; sa trame sonore s'enrichit de tons divisés,\nde dissonnances, poussés à l'extrême de ce que nous avons jusqu'ici entendu. Quel que soit le\ndécousu apparent de l'écriture, dont on a voulu s'effrayer, cela demeure dans le raffiné, ample-\nment musical ; une pleine maîtrise associe là l'impressionnisme fidèle à la traduction immédiate\ndes situations, et la grande ligne symphonique telle qu'elle peut s'adapter au théâtre, avec ses\nmotifs conducteurs et ses rappels entiers. Le second acte, d'un bout à l'autre, qui superpose,\nsans rien perdre de la discrétion générale, un orchestre de mandolinistes et une bande de\ntsiganes sur la scène, le branle-bas simultané des chœurs et des danses, les récits de solistes et\nle travail thématique à l'orchestre, est d'un musicien auquel on n'apprend pas son métier. Le\ntableau de la nuit de la Saint-Jean dans la forêt crée un enchantement, dont Grete se souvient\nen une sorte d'extase au second acte. Pour ne donner qu'un exemple de la manière de\nM. Schreker, le son lointain se garde bien de prendre la forme précise et romantique d'un\nmotif ou d'une idée fixe ;ce n'est en vérité qu'un bourdonnement où grésillent les harpes et\nsoupire la célesta, mais il s'enfle et se développe jusqu'à la polyphonie dramatique, à chaque\nfois que Fritz se rapproche davantage du but, et je ne m'étonnerais pas de le retrouver à la\nbase de la scène de la forêt. Pour ce qui est du maniement des voix, M. Schreker attend\nde ses acteurs qu'ils soient musiciens ; c'est une exigence légitime. Son récitatif, qui utilise\npar-ci par-là, discrètement toujours, le simple parler, connaît tous les degrés et toutes les\nnuances de l'expression ; son chant a des passages de toute beauté, d'une rare puissance,\nremarquablement mis en valeur par la superbe cantatrice qu'est MUe Perard-Petzl, et par\nl'excellent tragédien que se montre M. Erb. A leurs côtés il faut citer l'entremetteuse hoff-\nmannesque de Mme Mottl-Fassbender, le comte suprêmement élégant de M. Fœnss, les rôles\nsecondaires de MM. Gillmann, Lohfing, qui ont contribué avec art et conscience à la réussite\nde l'œuvre.\nEn réponse aux acclamations spontanées des premières représentations l'intendant des\nthéâtres de Munich s'est assuré la primeur du nouvel opéra, le troisième de M. Schreker, malgré\nl'insuccès de son second à Vienne et à Francfort. Le baron de Frankenstein sera-t-il le\nLouis II de cette carrière qui s'ouvre ? On peut le souhaiter et l'espérer, tant qu'il aura à sa\ndisposition un Bruno Walter pour faire donner aux artistes de la scène et de l'orchestre un\naussi magnifique effort, et aussi soutenu, que celui du Son lointain.\n\nMarcel Montandon.\n\nLES DÉCORS DE PARSIFAL A BERLIN\n\nEn assistant aux premières de Parsifal à l'opéra royal de Berlin, et au théâtre de Char-\nlottenbourg, je me souvins du mot de Lessing : \"\ntoujours comme en présence d'une reine, et attendez modestement que l'on vous adresse la parole. \" Et"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.66", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 4123, "texte": "j'avoue que j'attendis parfois longtemps avant que le chef-d'œuvre ne me dit quoique ce soit.\nCes moments d'attente, je les ai mis à profit pour considérer (comme on m'avait donné\nla mission) l'habillement de la reine. Et à la vérité, j'ai remarqué depuis, que presque tous les\ncompte-rendus de Parsifal s'en sont tenus comme moi a parler ues habits, sans însistei sur le\nchef-d'œuvre. Je crains qu'il n'y ait à cela une profonde raison, et que la reine en question, si\nelle se montrait en costume tailleur passerait inaperçue. Mais c'est toujours une reine, malgré\ntout. N'est-ce pas.\nLa grosse difficulté de toute mise en scène de Parsifal, c'est le panneau mobile du premier\net du second acte. L'opéra de Charlottenbourg y a complètement renoncé. L'opéra royal ne\npouvait, à cause de l'exiguité de sa scène, le présenter qu'au premier acte. Encore aperçoit-on\nl'artifice. Si, au lieu de déplacer toute la perspective boisée du premier acte, on ne peut que\nfaire mouvoir les coulisses, mieux vaut encore se contenter du vieux procédé des toiles qui se\ndéroulent. On ne saurait aucunement, comme le veut Wagner, faire remonter la forêt, et en\nmême temps déplacer la scène, moitié latéralement, moitié verticalement. Ce ne serait possible\nqu'avec le cinéma. Or, l'opéra royal a fait l'expérience du cinéma pour l'entrée des dieux dans\nle Walhall (Rheingold) et a renoncé à s'en servir.\nAu Royal, les Chevaliers ont des pourpoints d'une rose terne et des manteaux gris-jaunes,\npourvus de capuchons. On insiste ainsi sur le côté monastique. A Charlottenbourg ils sont en\nblanc avec bandes bleu vif, et, sur la poitrine, un empiècement portant la colombe du Grâl,\nblanche sur fond bleu. Cette colombe stylisée, ressemble fortement à l'aigle prussien. Rien sur\nla tête. Les enfants sont naturellement pareils aux chevaliers. Mais au on a mis ces\nGralsbuben (comme on dit à Bayreuth) en lilas, couleur mystique.\nD'après Wagner, le Grâl doit se trouver dans un coffret recouvert d'une étoffe de\npourpre. A Charlottenbourg, on apporte une grande caisse couverte de toile bleue, qui, avec\nses côtés mobiles éveille l'idée d'une table à thé pliante. (Le mot est d'un critique berlinois.)\nCette caisse renferme une boîte, qui contient à son tour un coffret de métal, dont sort enfin\nun très petit calice. Au Royal, l'écrin du grâl, qui est un objet d'orfèvrerie et non un coffret,\nest porté seul par les enfants.\nUne question en passant. Plus d'un lecteur de la revue S. I. M. est aile a Bayreuth.\nN'a-t-on pas été gêné, là comme partout ailleurs, par 1 idee que le calice du sang divin est\ndevenu un appareil d'éclairage. Si un jour l'accumulateur venait a rester en panne et que le\ngrâl manquât son incandescence, est-ce que l'effet de l'œuvre toute entiere n en serait pas\nanéanti ? Chez moi, du moins, le sentiment de la profanation s'unit ici à la crainte que cette\nprofanation n'échoue ; et j'en souffre toujours.\nLes décors de Charlottenbourg feront sans doute beaucoup d'effet à qui les verra repro-\nduits à l'échelle de 10 X 15, sur une feuille de papier. Mais, au theatre, dans leui taille geante\nils deviennent stupéfiants, parfois même monstrueux. La forêt consiste en troncs épais, massifs,\nnus. Le temple représente une rotonde peinte en bleu, dont les murs s ornent de six ou huit\ncolonnes lourdes, dont la dorure criarde pétarade, et qui ne supportent rien du tout. _.a\ncampagne fleurie du trois, avec sa grande caverne pour Gurnemanz, offre un fond bleu som re,\nsur lequel de gignatesques taches blanches signifient les nuages. Tout cela peut avoir été\nd'une invention originale. En réalisation c est du PLUS mauvais goût. Le jai in e insor,\navec ses branches fleuries, dont la disposition eveille le souvenir des jardins de emiramis,\nferait une louable exception, si cette fantasmagorie végétale ne tombait sur un sol absolument nu.\nEn face de cette mise en scène étrange, les décors du Royal mentent louange et\nreconnaissance. Au premier acte un merveilleux sous bois, pénétré d'une douce lumière, u\ndernier, un paysage qu'éclairent des bouleaux; à gauche, la cabane couverte de lierre ; a droite,"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.67", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3706, "texte": "une sombre forêt, dont sort Parsifal ; et, au loin, un éclairage de plus en plus intense ; enfin,\nla tour de Klinsor, telle un spectre entouré de nuages menaçants. Le tout baigné d'un jour\nmystique, à travers lequel on ne distingue parfois que le visage gras et les bras nus de Kundry...\nJamais spectacle ne fut plus parfait.\nLe temple de l'opéra royal porte ouvertement le caractère chrétien, tout en conservant\nl'éclat byzantin. Autour de la nef se groupent deux absides avec des tribunes, par où arrivent\nles chevaliers. La coupole proprement dite est soutenue par quatre colonnes richement ornées.\nDans le fond, on devine une chapelle verdâtre, féerique et mystérieuse. Les jeux d'une\nlumière, tirant tantôt sur le lilas, tantôt sur le bleu, crépusculaire et diffuse complètent cet\nensemble.\nA propos de lumière, il est à remarquer qu'à Charlottenbourg le temple se plonge dans\nla plus complété obscurité au moment où le Grâl s'illumine, pour reprendre tout son éclairage\naprès la ceremonie. C'est contre nature, bien que théâtral. A l'opéra royal la lumière s'estompe\npeu a peu ; cela suffit a rendre le Grâl visible et point n'est besoin ensuite de rien changer\npour le reste de la scène.\nIl est un seul point, ou Charlottenbourg l'emporte. Ses filles fleurs, enveloppées de\nvoiles légers, et qui s'offrent tout naturellement, n'ont pas de peine valoir les danseuses\nsanglees, qui a 1 opéra royal, entourent Parsifal de leurs pas réglés, dans un décor d'ailleurs\ndépourvu de chic.\nTrès épineuse est la question suivante : quelle attitude Parsifal doit-il observer, durant\nles 18 mesures du baiser du deux ? On ne saurait admettre que cette première rencontre d'un\njeune homme et d une femme, qui a tout ce qu'il faut pour le perdre, tourne simplement au\nprofit d une pensee de charitable commisération à l'égard d'un absent. Il faut donc laisser le\nbaiser se terminer quelques mesures plus tôt, afin que Parsifal ait le temps de se plonger dans\nla philosophie wagnérienne, et de mettre en accord son cœur agité avec le cœur blessé\nd Amfortas. En tout cas, ne pas arracher Parsifal brusquement des lèvres de Kundry, comme\nà Charlottenbourg.\nL'opéra royal disposa des solistes de Bayreuth. Je n'en veux citer ici que deux.\nKirchoff-Parsifal d'abord, dont le pianissimo sur les derniers mots \" und glaub an dm Erloeser \",\nfit jaillir bien des larmes (non pas seulement celles de Kundry), et Knupfer-Gurnemanz, si\nnoble, si doux, et si bon. On ne voit et n'entend plus que lui.\ndes plus significatives innovations de l'opéra royal consiste à avoir habillé toute\nI avant-scène d une décoration spéciale qui recule la scène proprement dite et la place dans un\ncadre approprié, cadre de religiosité et de mystère. Il faut songer aux triptyques de nos vieilles\néglises et à leur entourage pour comprendre la pensée pieuse qui a guidé ici, le comte Hulsen-\nHaeseler. Le spectateur de l'orchestre se trouve ainsi ramené au rôle du fidèle qui contemple\nde la nef l'autel et l'office sacré. '\nYvette Guilbert a écrit pour le Berliner Tageblatt un article spirituel, où elle attribue\n1 engouement pour Parsifal à un retour de religiosité. L'idée est belle et noble! Mais j'ai peur\nque ledit engouement ne disparaisse assez vite. Lorsque la curiosité sera satisfaite, Parsifal\nsera tenu par la masse pour un drame ennuyeux, et par les connaisseurs pour l'œuvre d'un\ngénie que l'âge n'a pas épargné. Si bien que ceux qui cherchent réellement dans Part la satis-\nfaction de leurs tendances religieuses, se détourneront plutôt de ce qu'il y a de manifestement\nthéâtral dans la religiosité wagnérienne, et reprendront le chemin des Passions de Bach voire\nde la Messe de Beethoven. '\n\nDr. Richard H. Stein."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c087", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c087", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 63, "image_fin": 63, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.17.2", "titre_corps": "UNE MISE AU POINT. —La lettre de Berlin publiée dans notre Numéro du ler Novembre", "titre_sommaire": "UNE MISE AU POINT. —La lettre de Berlin publiée dans notre Numéro du ler Novembre", "signature_source": "La Rédaction", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.63", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 644, "texte": "La Rédaction.\nUNE MISE AU POINT. —La lettre de Berlin publiée dans notre Numéro du ler Novembre\npar le Docteur Richard-H.Stein, a produit dans\némotion à laquelle nous étions très loin de nous\nfait parvenir l'écho. 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Franz Schreker, le Son lointain, qui vient d'avoir sa première\nà Munich, a déchaîné à nouveau une véritable petite guerre des Anciens et des Modernes.\nC'est à peine croyable à quel point l'histoire se répète. L'œuvre a remporté un franc succès\nauprès du public ; mais la critique munichoise s'est rangée comme un seul homme du côté\ntraditionnel de ceux qui préférèrent Keiser à Haendel, Gassmann à Mozart, Piccini à Gluck,\nMeyerbeer à Wagner, ou qui estimèrent, à son apparition, le Barbier de Séville trop\naudacieux ; et si nous avions encore des chanteurs de cour italiens il y a fort à parier qu'ils\nauraient saboté le Fernen Klangcomme un vulgaire ; Joseph II revenu aurait pu\ns'exclamer une fois encore : \" Que de notes ! \" Et M. Schreker pourrait lui répondre de\nmême qu'au taux de ce qu'il désire réaliser, il n'y en a pas une de trop. Dans quelques\nannées les pions auront découvert dans cette partition leur \" pain de professeurs \" ; il faut\nleur laisser le temps de l'adaptation.\n' Retenons pour le moment que si la critique professionnelle a fait des progrès indéniables\ndepuis une cinquantaine d'années, au point de vue des connaissances techniques, elle n'a pas\navancé d'une semelle (je parle des quatre ou cinq journaux de Munich qui ont\nM. Schreker et complètement dérouté la foule) quant à la compréhension de procédés\nrenouvelés et d'une action vraie, empruntée à la vie contemporaine. Que reproche-t-elle au\nSon lointain ? l'absence de mélodies, la complication de l'orchestre, les difficultés \" insur-\nmontables \"de ce qu'on évite d'appeler du chant !Ne vous semble-t-il pas entendre le mot\nde Hanslick sur les Maîtres-Chanteurs : \" die Partitur ist ein knocherloser Mollusk \", ou\nles acteurs de Dresde s'étonner que Schnorr eût encore de la voix après avoir chanté\nTristan ? Mais c'est le privilège de Beckmesser de ne pas sentir son ridicule. Cette fois\npourtant ces Messieurs de la Critique se sont haussés d'un rang : ils s'érigent en gardiens de\nla morale. Nous ne savions pas que les représentations théâtrales fussent régies jusqu'ici par\nle Traité de l'Education des filles de Fénelon ; il faut nous en laisser convaincre : Songez\ndonc : le second acte de M. Schreker se passe tout entier dans une maison de nuit, et ces\ndames sont toutes au salon ! Par ailleurs que Madame Sylva, de l'Opéra-Comique, vienne\nmontrer aux Munichois une Carmen comme ils n'en avaient peut-être jamais vue, fût-ce en\npleine saison de Salvator, la même Critique s'extasie sur \" la sensualité de son jeu \" et lui\ndécerne sans arrière-pensée les éloges qu'elle mérite si bien. Il nous avait toujours semblé"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.64", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 4541, "texte": "cependant que les manières de la gitane et que le second acte de Carmen...; mais n'insistons\npas, on est conséquent avec soi-même ou on ne l'est pas : Carmen a trente ans de succès\nderrière elle, sela suffit.\nM. Franz Schreker écrit lui-même ses livrets : Faction du Fernen Klang est poignante\ncomme la vie et marche avec la même rapidité, sans ménagements. 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Sur la terrasse d'un café d'artistes, un agent de police\nescorte une femme de peu qui s'est trouvée mal au théâtre d'à côté, où l'on joue, enfin, la\npièce de Fritz : le succès qui s'annonçait aux deux premiers actes, tombe au troisième ; c'est\njustement cette fin malheureuse qui a touché la créature déchue ; elle comprend qu'elle a\nencore un rôle à jouer. Fritz, prévenu de son côté, veut voir cette femme qui sans doute l'a\ncompris. Le u son lointain \" plus que jamais l'obsède ; il bourdonne là tout près, c est\ncomme l'atmosphère sonore de sa chambre même où malade, fiévreux, il connaît presque\nl'impatience de Tristan. Au signalement que lui en fait son ami, il devine la fille qu'il a\ninsultée : Grete arrive, ils sont enfin l'un à l'autre ; Fritz connaît le bonheur, il va pouvoir\nmodifier son œuvre et lui donner le dénouement qui en fera le chef-d'œuvre entrevu, mais\népuisé il meurt dans les bras de son amie, abandonnée une fois de plus.\nCe que l'on reproche à M. Schreker musicien, ce sont les énormes difficultés de sa\npartition ; on lui fait un grief de ce qu'il ait fallu une bonne centaine de répétitions pour\nmettre la représentation au point. Il n'y a cependant rien là que de bien naturel. Voyez-vous\nFlaubert écrivant dans le style de Télémaque ? Et un de nos élèves d'Académie ne se mordrait-il\npas les doigts plutôt que de dessiner les lions paternes ou tragi-comiques de Delacroix ? Si\nl'orchestre de Prague en 1787 a pu exécuter l'ouverture de Don Juan à première vue,\nl'orchestre de Berlin s'échinait sur Tristan et Yseult en 1876 et W/agner, pour ranimer les\ncourages, s'accusait d'avoir u certainement mal composé et maladroitement instrumente \".\nLa trouvons-nous assez limpide, Dieu me pardonne, assez enfantine (je veux dire : enfance de\nl'art), cette partition de Tristan, aujourd'hui !"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.65", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4012, "texte": "Eh bien ! ce grand nombre de répétitions pour monter une œuvre, représente à coup\nsûr le plus réel progrès qui se soit accompli de nos jours dans l'exécution de la musique. Un\nthéâtre, un orchestre, les chanteurs sont là pour réaliser les intentions de l'auteur avant tout;\nje sais que les chefs-d'orchestre sont rares qui ne croient pas au-dessous de leur dignité de s'en\nenquérir ; c'est le grand mérite d'un Bruno Walter de mettre son point d'honneur dans cette\nsoumission aux exigences musicales et scéniques du compositeur. Aussi est-il à peu près seul\nà obtenir de cet immense appareil vocal et orchestral, en même temps les nuances de détail,\nl'indépendance des groupes d'instruments et la grande allure de l'ensemble : si bien qu'à la\nseconde reprise déjà \" on ne semblait presque plus assister à des tours de force \". M. Schreker\na beau employer toutes les ressources de l'orchestre moderne le plus développé, il ne tend\nà rien moins que surpasser Richard Strauss : ses effets sont minutieusement fouillés, con-\ntenus, discrets ; ses éclats les plus emportés n'outrepassent pas, je crois, les délicatesses de\nM. Debussy, et se noient dans les sons bouchés ; ce n'est pas qu'il manque de force, de\npassion ou de lyrisme, mais ses thèmes et ses mélodies s'étoffent d'harmonies et de timbres\nd'une subtilité que l'on n'avait pas encore atteinte ; sa trame sonore s'enrichit de tons divisés,\nde dissonnances, poussés à l'extrême de ce que nous avons jusqu'ici entendu. Quel que soit le\ndécousu apparent de l'écriture, dont on a voulu s'effrayer, cela demeure dans le raffiné, ample-\nment musical ; une pleine maîtrise associe là l'impressionnisme fidèle à la traduction immédiate\ndes situations, et la grande ligne symphonique telle qu'elle peut s'adapter au théâtre, avec ses\nmotifs conducteurs et ses rappels entiers. Le second acte, d'un bout à l'autre, qui superpose,\nsans rien perdre de la discrétion générale, un orchestre de mandolinistes et une bande de\ntsiganes sur la scène, le branle-bas simultané des chœurs et des danses, les récits de solistes et\nle travail thématique à l'orchestre, est d'un musicien auquel on n'apprend pas son métier. Le\ntableau de la nuit de la Saint-Jean dans la forêt crée un enchantement, dont Grete se souvient\nen une sorte d'extase au second acte. Pour ne donner qu'un exemple de la manière de\nM. Schreker, le son lointain se garde bien de prendre la forme précise et romantique d'un\nmotif ou d'une idée fixe ;ce n'est en vérité qu'un bourdonnement où grésillent les harpes et\nsoupire la célesta, mais il s'enfle et se développe jusqu'à la polyphonie dramatique, à chaque\nfois que Fritz se rapproche davantage du but, et je ne m'étonnerais pas de le retrouver à la\nbase de la scène de la forêt. Pour ce qui est du maniement des voix, M. Schreker attend\nde ses acteurs qu'ils soient musiciens ; c'est une exigence légitime. Son récitatif, qui utilise\npar-ci par-là, discrètement toujours, le simple parler, connaît tous les degrés et toutes les\nnuances de l'expression ; son chant a des passages de toute beauté, d'une rare puissance,\nremarquablement mis en valeur par la superbe cantatrice qu'est MUe Perard-Petzl, et par\nl'excellent tragédien que se montre M. Erb. A leurs côtés il faut citer l'entremetteuse hoff-\nmannesque de Mme Mottl-Fassbender, le comte suprêmement élégant de M. Fœnss, les rôles\nsecondaires de MM. Gillmann, Lohfing, qui ont contribué avec art et conscience à la réussite\nde l'œuvre.\nEn réponse aux acclamations spontanées des premières représentations l'intendant des\nthéâtres de Munich s'est assuré la primeur du nouvel opéra, le troisième de M. Schreker, malgré\nl'insuccès de son second à Vienne et à Francfort. Le baron de Frankenstein sera-t-il le\nLouis II de cette carrière qui s'ouvre ? On peut le souhaiter et l'espérer, tant qu'il aura à sa\ndisposition un Bruno Walter pour faire donner aux artistes de la scène et de l'orchestre un\naussi magnifique effort, et aussi soutenu, que celui du Son lointain.\n\nMarcel Montandon."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c089", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c089", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 65, "image_fin": 67, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.17.4", "titre_corps": "LES DÉCORS DE PARSIFAL A BERLIN", "titre_sommaire": "LES DÉCORS DE PARSIFAL A BERLIN", "signature_source": "Richard H. 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Et à la vérité, j'ai remarqué depuis, que presque tous les\ncompte-rendus de Parsifal s'en sont tenus comme moi a parler ues habits, sans însistei sur le\nchef-d'œuvre. Je crains qu'il n'y ait à cela une profonde raison, et que la reine en question, si\nelle se montrait en costume tailleur passerait inaperçue. Mais c'est toujours une reine, malgré\ntout. N'est-ce pas.\nLa grosse difficulté de toute mise en scène de Parsifal, c'est le panneau mobile du premier\net du second acte. L'opéra de Charlottenbourg y a complètement renoncé. L'opéra royal ne\npouvait, à cause de l'exiguité de sa scène, le présenter qu'au premier acte. Encore aperçoit-on\nl'artifice. Si, au lieu de déplacer toute la perspective boisée du premier acte, on ne peut que\nfaire mouvoir les coulisses, mieux vaut encore se contenter du vieux procédé des toiles qui se\ndéroulent. On ne saurait aucunement, comme le veut Wagner, faire remonter la forêt, et en\nmême temps déplacer la scène, moitié latéralement, moitié verticalement. Ce ne serait possible\nqu'avec le cinéma. Or, l'opéra royal a fait l'expérience du cinéma pour l'entrée des dieux dans\nle Walhall (Rheingold) et a renoncé à s'en servir.\nAu Royal, les Chevaliers ont des pourpoints d'une rose terne et des manteaux gris-jaunes,\npourvus de capuchons. On insiste ainsi sur le côté monastique. A Charlottenbourg ils sont en\nblanc avec bandes bleu vif, et, sur la poitrine, un empiècement portant la colombe du Grâl,\nblanche sur fond bleu. Cette colombe stylisée, ressemble fortement à l'aigle prussien. Rien sur\nla tête. Les enfants sont naturellement pareils aux chevaliers. Mais au on a mis ces\nGralsbuben (comme on dit à Bayreuth) en lilas, couleur mystique.\nD'après Wagner, le Grâl doit se trouver dans un coffret recouvert d'une étoffe de\npourpre. A Charlottenbourg, on apporte une grande caisse couverte de toile bleue, qui, avec\nses côtés mobiles éveille l'idée d'une table à thé pliante. (Le mot est d'un critique berlinois.)\nCette caisse renferme une boîte, qui contient à son tour un coffret de métal, dont sort enfin\nun très petit calice. Au Royal, l'écrin du grâl, qui est un objet d'orfèvrerie et non un coffret,\nest porté seul par les enfants.\nUne question en passant. Plus d'un lecteur de la revue S. I. M. est aile a Bayreuth.\nN'a-t-on pas été gêné, là comme partout ailleurs, par 1 idee que le calice du sang divin est\ndevenu un appareil d'éclairage. Si un jour l'accumulateur venait a rester en panne et que le\ngrâl manquât son incandescence, est-ce que l'effet de l'œuvre toute entiere n en serait pas\nanéanti ? Chez moi, du moins, le sentiment de la profanation s'unit ici à la crainte que cette\nprofanation n'échoue ; et j'en souffre toujours.\nLes décors de Charlottenbourg feront sans doute beaucoup d'effet à qui les verra repro-\nduits à l'échelle de 10 X 15, sur une feuille de papier. Mais, au theatre, dans leui taille geante\nils deviennent stupéfiants, parfois même monstrueux. La forêt consiste en troncs épais, massifs,\nnus. Le temple représente une rotonde peinte en bleu, dont les murs s ornent de six ou huit\ncolonnes lourdes, dont la dorure criarde pétarade, et qui ne supportent rien du tout. _.a\ncampagne fleurie du trois, avec sa grande caverne pour Gurnemanz, offre un fond bleu som re,\nsur lequel de gignatesques taches blanches signifient les nuages. Tout cela peut avoir été\nd'une invention originale. En réalisation c est du PLUS mauvais goût. Le jai in e insor,\navec ses branches fleuries, dont la disposition eveille le souvenir des jardins de emiramis,\nferait une louable exception, si cette fantasmagorie végétale ne tombait sur un sol absolument nu.\nEn face de cette mise en scène étrange, les décors du Royal mentent louange et\nreconnaissance. Au premier acte un merveilleux sous bois, pénétré d'une douce lumière, u\ndernier, un paysage qu'éclairent des bouleaux; à gauche, la cabane couverte de lierre ; a droite,"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.67", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3706, "texte": "une sombre forêt, dont sort Parsifal ; et, au loin, un éclairage de plus en plus intense ; enfin,\nla tour de Klinsor, telle un spectre entouré de nuages menaçants. Le tout baigné d'un jour\nmystique, à travers lequel on ne distingue parfois que le visage gras et les bras nus de Kundry...\nJamais spectacle ne fut plus parfait.\nLe temple de l'opéra royal porte ouvertement le caractère chrétien, tout en conservant\nl'éclat byzantin. Autour de la nef se groupent deux absides avec des tribunes, par où arrivent\nles chevaliers. La coupole proprement dite est soutenue par quatre colonnes richement ornées.\nDans le fond, on devine une chapelle verdâtre, féerique et mystérieuse. Les jeux d'une\nlumière, tirant tantôt sur le lilas, tantôt sur le bleu, crépusculaire et diffuse complètent cet\nensemble.\nA propos de lumière, il est à remarquer qu'à Charlottenbourg le temple se plonge dans\nla plus complété obscurité au moment où le Grâl s'illumine, pour reprendre tout son éclairage\naprès la ceremonie. C'est contre nature, bien que théâtral. A l'opéra royal la lumière s'estompe\npeu a peu ; cela suffit a rendre le Grâl visible et point n'est besoin ensuite de rien changer\npour le reste de la scène.\nIl est un seul point, ou Charlottenbourg l'emporte. Ses filles fleurs, enveloppées de\nvoiles légers, et qui s'offrent tout naturellement, n'ont pas de peine valoir les danseuses\nsanglees, qui a 1 opéra royal, entourent Parsifal de leurs pas réglés, dans un décor d'ailleurs\ndépourvu de chic.\nTrès épineuse est la question suivante : quelle attitude Parsifal doit-il observer, durant\nles 18 mesures du baiser du deux ? On ne saurait admettre que cette première rencontre d'un\njeune homme et d une femme, qui a tout ce qu'il faut pour le perdre, tourne simplement au\nprofit d une pensee de charitable commisération à l'égard d'un absent. Il faut donc laisser le\nbaiser se terminer quelques mesures plus tôt, afin que Parsifal ait le temps de se plonger dans\nla philosophie wagnérienne, et de mettre en accord son cœur agité avec le cœur blessé\nd Amfortas. En tout cas, ne pas arracher Parsifal brusquement des lèvres de Kundry, comme\nà Charlottenbourg.\nL'opéra royal disposa des solistes de Bayreuth. Je n'en veux citer ici que deux.\nKirchoff-Parsifal d'abord, dont le pianissimo sur les derniers mots \" und glaub an dm Erloeser \",\nfit jaillir bien des larmes (non pas seulement celles de Kundry), et Knupfer-Gurnemanz, si\nnoble, si doux, et si bon. On ne voit et n'entend plus que lui.\ndes plus significatives innovations de l'opéra royal consiste à avoir habillé toute\nI avant-scène d une décoration spéciale qui recule la scène proprement dite et la place dans un\ncadre approprié, cadre de religiosité et de mystère. Il faut songer aux triptyques de nos vieilles\néglises et à leur entourage pour comprendre la pensée pieuse qui a guidé ici, le comte Hulsen-\nHaeseler. Le spectateur de l'orchestre se trouve ainsi ramené au rôle du fidèle qui contemple\nde la nef l'autel et l'office sacré. '\nYvette Guilbert a écrit pour le Berliner Tageblatt un article spirituel, où elle attribue\n1 engouement pour Parsifal à un retour de religiosité. L'idée est belle et noble! Mais j'ai peur\nque ledit engouement ne disparaisse assez vite. Lorsque la curiosité sera satisfaite, Parsifal\nsera tenu par la masse pour un drame ennuyeux, et par les connaisseurs pour l'œuvre d'un\ngénie que l'âge n'a pas épargné. Si bien que ceux qui cherchent réellement dans Part la satis-\nfaction de leurs tendances religieuses, se détourneront plutôt de ce qu'il y a de manifestement\nthéâtral dans la religiosité wagnérienne, et reprendront le chemin des Passions de Bach voire\nde la Messe de Beethoven. '\n\nDr. Richard H. Stein."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c090", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c090", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 68, "image_fin": 68, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.18", "titre_corps": "Les faits du Mois", "titre_sommaire": "Les faits du Mois", "signature_source": "Swift", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.68", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3019, "texte": "Les faits du Mois\nSwift.\nLe service de F émigration a signalé, le 16 mars dernier, un exode\ninquiétant de la population parisienne : a la gare de Lyon, les employés\nsont débordés par le flot des voyageurs. Renseignements pris, il s'agissait du départ\nde nos abonnés appelés sur la Cote d''Axur par la Grande Semaine d 9 S. I. M.\n& Depuis que F ouvrage des héritiers Rostand et Richepin est affiché a F Opéra-\nComique on voit un grand vieillard décoré roder avec insistance autour du monument\nBernier ; les passants qui le reconnaissent se découvrent avec respect devant F ex-\ndirecteur de notre Conservatoire : demeuré fidèle a la mission que lui assigna\nCour te line, Théodore cherche des allumettes. Au siècle du tango. Après Cléopâtre et après Béatrice\nque vient de créer F Opéra de Monte-Carlo, il devient évident que la science des pointes et des jetés-\nbattus est aujourd'hui plus utile a un soprano dramatique que celle du solfège. Prévoyant une transfor-\nmation semblable dans leurs attributions, les ténors et les basses-nobles s*entraînent courageusement en vue\nde leurs prochaines création s. &\nles sauteries dominicale s.Le s lau-\nchefs d\"*orchestre de dormir,\namène une reprise sensasionnelle\nestrade de direction, dont le\nforcé pour la circonstance, Che-\na dansé Jeux et Monteux a\nveut bien noter que ces capell-\nsur coup la Péri, l'Araignée,\nPrince Igor, Namouna, les\ntaies..., etc., on conviendra que\nNouvelles victoires de la danse :\nriers de Nijinsky empêchent nos\nChaque concert symphonique\nd'un de ses rôles : sur la petite\ngarde-fou a été prudemment ren-\nvillard a mimé Daphnis,Pierné\ntrépigné Pétrouchka. Si Fon\nmeister nous ont déjà offert coup\nSalomé, Istar, les Danses du\nValses nobles et sentimen-\nnos grands concerts sont bien\ndevenus les derniers salons ou Fon danse. Cependant nos abonnés menaient joyeuse vie sur le littoral et scandalisaient par\nleurs excès de tout genre les laborieuses populations de la Riviera. Les œdipes locaux cherchent a pénétrer le sens mystérieux\nde trois lettres fatidiques derrière lesquelles s'abrite F incognito de nos amis. On a cru successivement reconnaître : le Syndicat\ndes Ingénieurs du Métro le Syndicat des Inscrits Maritimes, le Salon des Indépendants de Marseille, le Sanatorium des\nInstituteurs de Madagascar, la Société I?nmobilière de Monaco, les Sur vivants de l Incendie de\nMenton y les distributeurs de Secours aux Inondés du Midi Je Service de l Inspection de la Mai in e,\nle Syndicat d}lnitiative Monégasque, la Société des Inventeurs Méconnus, les Sous-Intendants\nMilitaires... etc.* etc. Les médisants insinuèrent qu 'il s*agissaitpeut-etre d une Société d Intempé-\nrance Mutuelle, d 1 une Section d\"*lntrépides Marcheurs ou d{ un Syndicat d Insatiables Machoi? esy\nmais les témoins bienveillants nous attribuèrent la Spécialité des Itinéraires Modèles et nous félicite-\nrent de cette Série d'lnoubliables Manifestations. En dernière heure nous\napprenons que nos abonnés étant rentré s,Pari s a repris son aspect Habituel'.\n(,dessinsd'Em."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c094", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c094", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 69, "image_fin": 73, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.19", "titre_corps": "ÇA ET LA", "titre_sommaire": "ÇA ET LA", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.69", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1845, "texte": "ÇA ET LA\n\nEchos\n\nFolk-lore breton\nLe trésor sacré de nos vieilles chansons populaires n'est pas, comme on pourrait\nle croire, soustrait aux fantaisies de la spéculation. Cet auguste capital continue, de\nnos jours, à fructifier mystérieusement et à subir les fluctuations de la Bourse de\nl'actualité. En ce moment, en Basse-Bretagne, une touchante et tragique complainte\nse chantonne, à la veillée, dans les chaumières. A la sortie de la grand'messe, à\nPlougastel-Daoulas, des bardes inspirés la redisent à la foule attentive. Un de nos\namis, friand de vieilles légendes, voulut recueillir ce précieux document, mais il\ns'aperçut bientôt que les couplets qu'il notait pieusement étaient tout simplement le\nrécit versifié de l'affaire Cadiou, exposé dans ses moindres détails !\nC'est ainsi que s'enrichit le folk-lore de nos provinces : dans quelques siècles,\ncette complainte permettra, sans doute, à un nouveau Bataille d'écrire une nouvelle\nLépreuse et à un nouveau Lazzari d'en tirer un drame lyrique !\n0 0 0\nLe mystère des X.\nOn sait qu'un de nos music-halls a promis de récompenser par quelques présents\nde choix la perspicacité des auditeurs qui découvriraient les auteurs des différents\nmorceaux d'une partition en nom collectif. Le premier lot est une automobile. Nous\nl'avions deviné, d'ailleurs, en lisant les noms des compositeurs mystérieux :\nHAhn\nCUvillier\nRedsTone\nLerOux\nHirschMann\nLecOcq\nBerger\nViciai\nErLanger\nMEssager\nEn examinant de plus près ces noms révélateurs nous pourrons sans doute con-\nnaître la nature des autres petits cadeaux qui attendent les heureux gagnants :\nLeßoux Leßoux ViDal\nMEssager HaHn Beßger\nHirschMann Vidal LerOux\nRedstOne HirschmanN Messager\nBeßger LecOcq ErlAnger\nLecocQ Cuvillier ReDstone\nPaUl Vidal Erlanger HAhn\nREynaldo Hahn Beßger Cuvillier\nCUvillier RedstOne Hißschmann\nERlanger MesSager LEcocq"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.70", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 2230, "texte": "Avis aux personnes étroitement logées. Mais les mélomanes seront heureux d'ap-\nprendre que l'addition de tous ces talents réunis donne pour total :\nMeSsager BerGer\nV id Al LeRoux\nXavier Leroux , . ReynaldO Hahn\nErlaNger et pour résultat pratique : ' RedStone\nRedsTone\nHirSchmann\nCharleS Cuvillier PaUl Vidal\nHAhn Cuvillier\nBErger LeOocq\nHirschmaNn Erlanger\nCharleS Lecocq MeSsager\n0 0 0\nWagnérisme transalpin.\n¥\nNotre ami Lélio, de Florence, nous communique les citations suivantes dont la\nsaveur sera goûtée par tous ceux qui s'intéressent à la culture musicale de notre sœur\nlatine.\nLettre ouverte au directeur du Théâtre S publiée dans le journal\nProvincia :\nu Convaincus du triste effet produit par l'opéra Tristan, nous vous prions poliment de vouloir nous\ndébarrasser de cette puante et inféconde partition qui fait de notre théâtre un dortoir public. Dans le cas\ncontraire vous nous mettrez dans l'obligation d'empêcher ces représentations par des démonstrations hostiles\nen pleine exécution\nMais à ces blasphèmes répondent de courageuses professions de foi. Un conféren-\ncier wagnérien n'a pas craint de flétrir ces ignorants par les fortes paroles que voici :\n»\n\" Aujourd'hui, le public italien est en extase devant les harmonies célestes de Parsifal. Richard Wagner\ns'est surpassé lui-même en ce chef-d'œuvre comme il a surpassé Sébastien Bach et... Ludovic Halévy ! \"\n* Evidemment ceci rachète cela !...\n\nL'Homme à la Contrebasse.\n\nNouvelles\n\nCent Canons de Paul Dupin.\nOn ne savait ce que devenait Paul Dupin. Ses meilleurs amis s'inquiétaient. Nous\npouvons les rassurer. Après avoir mis Jean-Christophe en musique, après avoir cultivé le\nquatuor et la sonate, Dupin dressait ses batteries en vue de la guerre future. Il forgeait, dans\nle silence, une armée de 108 canons de tous calibres pour trois, quatre, cinq, six, sept, huit,\nneuf et douze voix, paroles et musique !\nNous verrons donc bientôt apparaître : Le chant de ma bouilloire (28 Canons, nommes\nMaximes, Paraboles, Humour) En Gerbes et Faisceaux (28 Canons appelés Invocations,\nPortraits et Paysages) enfin, Les Frises du Nil (52 Canons groupés au cours d un voyage\naccompli sur la Dahabieh de Paris Singer, en compagnie d'lsadora Duncan)."}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.71", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3344, "texte": "Il y a quelques jours, Madame Cruppi, toujours empressée à soutenir Part jeune et\nmoderne, nous permettait d'entendre quelques-unes de ces œuvres, exécutées par Mlles\nDalliés, Kohn, Gilberte Dupin, et Fauteur. N'est-il pas curieux de constater l'atavisme poly-\nphonique chez ce Flamand, qui cherchait sa vie à travers notre harmonie, et qui trouve le\nsalut dans le contrepoint rigoureux, tout en flânant devant les Pyramides ! Les Canons de\nDupin, dont nous donnons ci-contre un exemple, compteront parmi ses meilleurs œuvres.\n# %\nC'est le Samedi 4 Avril, à la salle Pleyel, qu'Enrique Granados, répondant à l'invitation\nde la Société Musicale Indépendante, viendra donner aux abonnés de cette société la primeur\nde ses nouvelles œuvres. Le programme de ce festival comprend la première audition des\nTonadillas par Mme Mathilde Polack, de deux Danses Espagnoles et de nouvelles Goyescas\nexécutées par Granados et d'une Sérénade pour deux violons et piano dont MM, Costa,\nZighera et l'Auteur seront les interprètes.\n# *\nLa visite du Chevalier à la Rose à Paris est encore une fois ajournée La première\nnouveauté de Richard Strauss que nous entendrons sera donc la qui sera\ncréée, à l'Opéra, le 14 Mai prochain, sous la direction de l'auteur, par Fokine et Ida\nRubinstein, au cours de la saison russe. L'orchestre sera composé de cent instrumentistes :\nil comporte quatre harpes et quatre célestas. 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Et l'œuvre de Ponchielli vient de recevoir la juste réparation d'une si longue attente.\nLe succès en fut triomphal.\nIl faut se hâter de dire que l'œuvre posthume de l'auteur de Gioconda est pleinement\ndigne de ce triomphe. Gioconda passait pour le chef-d'œuvre de Ponchielli, éclipsant même\nI Lituani : les Maures de Valence sont du même génial mélodiste, du même grand musicien\nde théâtre à qui l'on doit Gioconda : c'est absolument de la même qualité, de la même\nbeauté. La phrase mélodique, au large contour, est nette et expressive, sans toutefois avoir\nla carrure désuète des vieux opéras. On y devine un souci de vérité, de justesse, qui\napparente Ponchielli aux novateurs modernes. L'orchestration est variée, vivante, et d'un\ncoloris très vif.\nLe public, acclamant cette œuvre superbe, a également fêté ses admirables interprètes,\nla délicieuse cantatrice Mlle Lipkowska, la splendide contralto Mœe Royer, le magnifique\nténor M. Martinelli, le brillant baryton M. 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ReynaldO Hahn\nErlaNger et pour résultat pratique : ' RedStone\nRedsTone\nHirSchmann\nCharleS Cuvillier PaUl Vidal\nHAhn Cuvillier\nBErger LeOocq\nHirschmaNn Erlanger\nCharleS Lecocq MeSsager\n0 0 0\nWagnérisme transalpin.\n¥\nNotre ami Lélio, de Florence, nous communique les citations suivantes dont la\nsaveur sera goûtée par tous ceux qui s'intéressent à la culture musicale de notre sœur\nlatine.\nLettre ouverte au directeur du Théâtre S publiée dans le journal\nProvincia :\nu Convaincus du triste effet produit par l'opéra Tristan, nous vous prions poliment de vouloir nous\ndébarrasser de cette puante et inféconde partition qui fait de notre théâtre un dortoir public. Dans le cas\ncontraire vous nous mettrez dans l'obligation d'empêcher ces représentations par des démonstrations hostiles\nen pleine exécution\nMais à ces blasphèmes répondent de courageuses professions de foi. 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I. M. je mets ma\ncompétence financière à leur disposition pour les aider a bien placer leur argent\net à augmenter leurs ressources.\nCeux qui ont eu confiance en moi depuis que je fais cette chronique\nn'ont qu'à s'en féliciter grâce aux résultats obtenus qui ont dépassé leurs\nespérances.\nJ'ai donné mes conseils consciencieusement, avec conviction ; je ne suis pas infaillible, mais une\nlongue expérience de pratique financière me permet de me tromper moins souvent et moins fortement\nqu'un autre.\nJe rappelle qu'en 1913, j'ai pu élever progressivement de I °/0 à 3 °/0 par mois les bénéfices fixes\nque j'ai distribués à mes participants. Pour l'année 1914, et pour ceux qui ne veulent courir aucun\nrisque, je prends l'engagement de verser 3 °/0 par mois sur toutes provisions en espèces qui me seront\nenvoyées, ce qui représente du 36 °/0\nJ'accepte également les titres comme provision et assure un bénéfice fixe de 1 °/0 par mois, calculé\nsur leur valeur moyenne. Vous pouvez par cette combinaison vous procurer sans aléa une augmentation\nsérieuse de revenu. J'ai l'espoir qu'après avoir pris connaissance de mes conditions de participation, vous\npourrez devenir bientôt un de mes fidèles adhérents.\nCONDITIONS DE PARTICIPATION\nProvisions en Espèces\ni° J'assure à mes clients un bénéfice fixe à forfait de 3 °/0 par mois pour toutes sommes qui me seront\nenvoyées pour être employées dans mes opérations ;\n20 Je prends l'entière responsabilité du capital, qu'il est toujours possible de retirer en me préve-\nnant un mois à l'avance, pour que je n'engage pas de nouvelles opérations ;\n30 Les bénéfices et les remboursements sont envoyés par la Poste le 5 de chaque mois.\nProvisions en titres\ni° J'accepte les titres comme espèces en les comptant à leur valeur moyenne pour laquelle j'assure\nun bénéfice fixe de I °/0 Par mo^s 5\n20 Le client conserve la propriété de ses titres et a droit par conséquent à tous les coupons,\ndividendes et plus-value ;\n30 Les retraits des titres peuvent se faire en prévenant simplement un mois à l'avance.\nP. E. PENAUD, directeur du \"Livre à un sou\"\nP. S. Je suis a la disposition des lecteurs de la S. /. M. tous les jours de 10 h. a 11 h. et de 4 h. a 7 h.\na mon bureau, 8, rue Drouot à Paris, ou par Correspondance."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c100", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c100", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 76, "image_fin": 76, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.21", "titre_corps": "LA SAKYÉ", "titre_sommaire": "LA SAKYÉ", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.76", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 28, "texte": "LA SAKYÉ\nCanon à\nPAUL DU PIN"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c102", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c102", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 77, "image_fin": 77, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; 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Vous ne voterez pas,\nMesdames, déclare-t-il, au nom d'une idée ; vous élirez un député d'après son physique, ou\nvos impressions du moment, absolument comme si vous lui accordiez d'autres suffrages. Au\nlieu de se poser en moralisatrices, conclut mon grincheux ami, les femmes feraient mieux de\nréformer leurs toilettes et si elles tiennent à voter qu'elles commencent par un essai de référen-\ndum sur la mode aujourd'hui. Je gage que pas une ne la désavouera et la preuve sera acquise\nde leur mentalité.\nAh ! qu'ils vous connaissent mal ceux qui vous dénigrent ! J'en appelle à quelques-uns\ndes tout derniers modèles créés rue de la Paix, car ils témoignent que, lasses des outrances\nrévolutionnaires, vous favorisez désormais les tendances réactionnaires. Voici d'abord une\ntoilette Louis-Philippe en taffetas changeant. Le corsage s'orne de deux bretelles en taffetas\net s'échancre chastement en un mouvement arrondi partant des épaules. La jupe, à trois\nvolants étagés et très courte, laisse voir un pa de linon blanc et nous voilà loin des\nrobes fendues et des bas ajourés ! Ne me dites pas que le linon est transparent et que ce\npantalon apparent manque de discrétion. Nous sommes à une heure où l'on doit affirmer ses\nconvictions et hier encore ne reprochait-on pas aux femmes leur nudité !\nUne seconde toilette est de forme princesse, boutonnée devant. Elle vous reporte à\n40 ans en arrière, tandis qu'un autre modèle, avec tunique drapée en paniers, que souligne une\nguirlande de roses, nous est un rappel du XVIIIe siècle. D'autre part, l'apparition des\ndernier cri du chic évoque les jeunes beautés qui s'en paraient vers 1879 !\nEt vous voilà tentés, n'est-ce pas de reprocher cette fois aux femmes de se montrer trop\nrétrogrades. Vous oubliez donc qu'une délicieuse souplesse, aussi bien morale que physique,\nleur permet de crier simultanément \"vive le roi, vive la ligue. \"\nC'est ainsi qu'elles abandonnent définitivement le corset cette dernière entrave et\nle modèle \" Pantalon\" voisine avec une création que nous décrit une spirituelle chroniqueuse :\n\" la jupe drapée et retroussée juste au milieu par derrière est séparée complètement en deux\neffets laissant les jambes à l'air. \"\nCette toilette ne s'appellerait-elle pas, par hasard, Bamboche ?\nUne autre en tulle et taffetas \" Aurore \" est baptisée \" \" ; le flot des volants de\ntulle et du pouff jeune cousin de la vieille tournure démontre la moralité de cette\ndanse décriée, car le modèle est si fragile qu'il ne peut supporter aucun frôlement.\nPour flatter vos goûts musicaux, nous trouvons la création enveloppante et\n\" charmeuse \" jusqu'en l'étoffe dont elle est faite.\nPuis, nous apercevons le Tutu, ce dernier né de la mode. Sur la jupe en satin souple\nest posée une petite tunique très courte en tulle bouffant et resserrée en un bouillonné\nsemblable aux \" dessous \" des danseuses... quand elles en portaient. Le corsage à clair\ns'orne de girandoles en diamants, ou même, simple, en similis. Porté par vous, le toc éblouit\naussi bien que les brillants authentiques, car votre beauté nous fait oublier que son éclat est\nmensonger.\nDécidément, Mesdames, vous ferez d'admirables politiques."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c110", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c110", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "couv. 2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.29", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1298, "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇAISE |«£,V\nAMIS T)E LA MUSIQUE\n:\nCOMITE D'HONNEUR\nM. le Président\nM. le Ministre de V Instruction\nM. le Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts.\nM. GabrielFauré, D\nM. Henry ancien Di\ndes Musées\nMEMBRE D'HONNEUR\nS. A. I. LE GRAND DUC BORIS DE RUSSIE\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nPRÉSIDENTE D'HONNEUR : S. A. R. MADAME LA DUCHESSE DE VENDÔME\nPRÉSIDENT D'HONNEUR : M. HENRY DEUTSCH (DE LA MEURTHE)\nBUREAU\nPRÉSIDENT\nM. GUSTAVE BERLY, banquier.\nVICE-PRÉSIDENTS\nM. LE PRINCE A. D'ARENBERG, de V Institut.\nM. LOUIS BARTHOU, député.\nM. J. ECORCHEVILLE, docteur ès-lettres.\nW'\nM. ALEXIS ROSTAND, Président du\ndy Administration du\nd'Escompte de Paris.\nTRÉSORIER\nM. LÉO SACHS.\nSECRÉTAIRE DU CONSEIL\nM. GUSTAVE CAHEN.\n•) ! - 'l'A'-- ' ' ' 2>-,'^iV' À.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL : M. Louis DE MORSIER.\nMEMBRES DU CONSEIL\nMm* ALEXANDRE ANDRÉ.\nMM* LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, d\nraire au ministère d\nM. LÉON BOURGEOIS, ancien Min\nM. GUSTAVE BRET.\nMME LA COMTESSE GÉRARD DE GANAY.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMme DANIEL HERRMANN.\nMme HENRY HOTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nM. J. PASQUIER.\nM. LE MARQUIS DE POLIGNAC.\nMME LA COMTESSE PAUL DE PoURTALÉS.\nM. A. PRÈGRE.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. JACQUES ROUCH\nM. Louis SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nM. JACQUES STERN.\nMME TERNAUX-COMPANS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c111", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c111", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 74, "image_fin": 74, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.30", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.74", "debut_caractere": 91, "fin_caractere_exclue": 544, "texte": "Concerts du Conservatoire\n; Lamoureux, Colonne,\nMonteux, Sechiari,\nTOUS LES\nDIMANCHES\nEN MATINÉE\nW\nm\n\\I\nSalle MalaKoff\nLes lundis et les jeudis à 9 h. Concerts-Rouge.\nTous les Vendredis à 4 h. Musique\nde chambre.\no\nSalle PLEYEL\n1 Mme C. Chevillard (Elèves) 2h,\nLe Quatuor Calliat 9 h.\n2 M 1 Fanny Ferrier 9h.\n3 MUe N. Girod et M. Choinet 9h.\n4S.M. I. (M. 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J à 6 h.\npar le Double-Quintette de Paris\n5 MUe Pauline Vaillant\n(audition d'élèves)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c113", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c113", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 75, "image_fin": 75, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.32", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.75", "debut_caractere": 2395, "fin_caractere_exclue": 2711, "texte": "BON POUR UN RENSEIGNEMENT FINANCIER GRATUIT\nJ'ai en portefeuille les Valeurs suivantes : Dois-je les garder ou les vendre ?\nJ'ai un capital de francs à placer. Quel emploi dois-je en faire ?\nEcrire lisiblement : Nom, prénoms et adresse :\nDécouper ce bon et l'envoyer sous enveloppe à M. Penaud, 8, rue Drouot, Paris."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c114", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c114", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 84, "image_fin": 84, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.33", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.84", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 68, "texte": "CORDES\nff\nG\n9 9\nGRANDE\n48, Rue de Rome, PARIS\nTél. 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KIESGEN, 8, rue de Milan, Tél. Central 44.45 Salle Gaveau, 45, rue La Boëtie, Paris.\nMercredi 8 Avril 1914, à 9 heures du soir\nRécital de Piano donné par TINA LERNER\nPROGRAMME\nŒuvres de Chopin et de Liszt\nFantaisie Polonaise, Op. 61\nQuatre Préludes . CHOPIN\nLISZT\nLISZT\nSonate en si mineur\nFeux Follets (des Etudes Transcendantes)\nLes Cloches de Genève . ......\nGnomenreigen\nHark ! Hark the lark (SCHUBERT) . . .\nNocturne en mi mineur f Mephisto Waltz .\nValse en la bémol, Op. 34 ) PIANO GAVEAU\nPRIX DES PLACES Loges, la place 10 fr. Fauteuls de Parterre, 10 fr. Premier Balcon, premier rang, 6 fr.\nDeuxième et troisième rangs, 4 fr. Deuxième Balcon, premier rang, 3 fr. Deuxième rang, 2 fr. Entrée, 1 fr.\nBillets en vente ; à la Salle Gaveau, 45, rue La Boëtie et chez les Editeurs Durand, 4, place de la Madeleine ; Max Eschig,\n13, rue Laffitte et 48, rue de Rome."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c116", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c116", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 84, "image_fin": 84, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.35", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.84", "debut_caractere": 954, "fin_caractere_exclue": 1561, "texte": "S. BORNEMANN, EDITEUR, 15, RUE DE TOURNON PARIS\nŒUVRES DE CH. BORDES =\nChanson triste, paroles de J. Lahor ... 1 fr. 70\nSérénade mélancolique . 1 fr. 70\nFantaisie persane . 1 fr. 70\nTantum Ergo, motet pour soprano et ténor ou ténor solo, avec accompagnement d'orgue 1 fr. 35\nLitanies de la Très Sainte Vierge, chant et orgue. . . 3 fr. 00\nO Salutaris, solo et chœur à 3 voix, avec accompagnement de harpe et orgue 1 fr. 70\nSUITE BASQUE\nsuite symphonique d'orchestre pour Flûte, 2 Violons, alto, violoncelle\n'Partition d'orchestre 8 fr. | 'Parties d'orchestre 15 fr. j 'Piano à 4 mains, par E. Chausson 6 fr."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c117", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c117", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 85, "image_fin": 85, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.36", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.85", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 319, "texte": "TOUT POUR TOUS SPORTS\nA.TUNMER\nô\nîe\n1 et 3\nPlace St. Augustin\nPARIS\nRaquette\nTUNMER\nboyaux extra, bois premier choix . <• • • 35 fr.\nLa même avec DOUBLE CADRE breveté 40 fr.\nCatalogue illustré\nBALLES \" TUNMER SPÉCIAL \" les meilleures pour terrains durs\nadoptées pour les Championnats de TU S. F, S.A. la douz. 17 fr. 50"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c118", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c118", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 85, "image_fin": 85, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.37", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.85", "debut_caractere": 321, "fin_caractere_exclue": 1918, "texte": "SOCIÉTÉ GÉNÉRALE\nPour favoriser le développement du Commerce et de l Industrie en Ftance*\nSOCIÉTÉ ANONYME. CAPITAL : 400 MILLIONS.\nSIÈGE SOCIAL ; 54, et 56, Rue de Provence\nSUCCURSALE-OPERA ; 1, Rue Halévy\nSUCCURSALE ; 134, Rue Réaumur (Place de la Bourse)\nà PARIS.\nDépôts de fonds à intérêts en compte ou à échéance fixe (taux des dépôts : de 1 an à 2 ans 2 °/0 ;\nde 4 ans à 5 ans 4°/0 ; net d'impôt et de timbre) ; Ordres de Bourse (France et Etranger) ;\nSouscriptions sans frais ; Vente aux guichets de valeurs livrées immédiatement (Obi. de Ch. de\nfer, Obi. et bons à lots, etc.) ; Escompte et Encaissement d'Effets de Commerce et de Coupons\nfrançais et étrangers ; Mise en règle et Garde de titres ; Avances sur titres ; Garantie contre\nle remboursement au pair et les risques de non-vérification des tirages ; Virements et chèques sus\nla France et l'Etranger ; Lettres et Billets de crédit circulaires ; Change de monnaies\nétrangères; Assurances ('Vie, Incendie, Accidents), etc. r\nSERVICE DE COFFRES-FORTS\n(Compartiments depuis 5 fr. par mois ; tarif décroissant en proportion\nde la durée et de la dimension.)\n• ■ • . A\n98 succursales, agences et bureaux à Paris et dans la Banlieue ; 924 agences en Province ; 3 agences\nà l'Etranger (Londres, 53, Old Broad Street ; Bureau à West-End, 65, 67, Regent-Street), et\nSt-Sébastien (Espagne) ; correspondants sur toutes les places de France et de l'Etranger. Corres-\npondant en Belgique et Hollande ; Société française de Banque et de dépôts, Bruxelles, 70, rue\nRoyale ; Anvers, 74, place de Meir ; 2l, avenue Léopold ; Rotterdam, 103, Leuvehaven"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c119", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c119", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 86, "image_fin": 86, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.38", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.86", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 252, "texte": "Chez ROUART LEROLLE & Cie, 29, rue d'Astorg, PARIS\nVient de paraître :\n===== F. W. RU SX -\nDOUZE SONATES\nen recueil (8 fr.) ou séparément (2 fr.)\nPubliées sous la direction de M. VINCENT D INDY\navec un portrait de RUST et la reproduction d'un manuscrit"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c120", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c120", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 86, "image_fin": 86, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.39", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.86", "debut_caractere": 254, "fin_caractere_exclue": 1092, "texte": "aKaKMcanaßaßnt!^tîaßaßa^atiiißaßaiiuaa«»HtßH!BaaKatsaKagagagasatfaßacasatiaS\nLE GUIDE DU CONCERT ' ' §\ncomplété par\n— 12, PLACE D'ANVERS, PARIS (Tél. 114=04) LA CRITIQUE MUSICALE g\nPUBLIE UN NUMÉRO HORS-SÉRIE offert à ses abonnés et consacré a SAINT=SAENS\n70 pages de texte, illustrations, documents inédits et musique.\nCOLLABORATEURS : MM. Athénius, A, de Lassus, Bender, Bonnerot. Boschot, L, Ceillier, R. Ceillier. A Cellier,\nJ. Chantavoine, M. Emmanuel, d'Estrée, Fannière, Ganche, Gigout, J. Huré, Le Borne,\nM. David, Péiichardo I. Philipp, Pillois, J. G. Prod'homme, Second, Sizes, Vauzanges,\nViardot, L. Vierne, R. 1 horsl.\nParis Province Etranger\nABONNEMENTS: au GUIDE «édition simple) 8 fr. ? fr. 10 fr. g\nau GUIDE et à LA CRITIQUE 12 fr. 14 fr. 15 fr.\nSRBR3RBmSr^»R!BM!n{»WnSB?!fIB«RBIRBR»BBBîraîn!!îI«9«»B9R3ROR3G3Rî)ï!îIRStSSR"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c121", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c121", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 86, "image_fin": 86, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.40", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.86", "debut_caractere": 1094, "fin_caractere_exclue": 1182, "texte": "LIQUEUR.\nF D O'f* •\n+ :)\n, n\n••i» * • »\nii>»\n*»t» 4Vr»»v ' ' \".'.V'- ]\n... ,■— ,\n. . 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DURAND Fils,\nDURAND «S Cie\nPARIS 4, Place de la Madeleine, 4 PARIS\nAdr. Telegr. DURFIS-PARIS Téléph. 245.74\nM M\nDernières publications\nAubert (L.) Op. 6, Suite ; 6.\nChevillard (0.) Op. 6. Ballade symphonique, réduction par l'auteur 5.—-\nChopin Op. 35. Sonate, arrangée par C. Saint-Saëns *0.—\nDebussy (0.) Images (3e série) transcription par André Caplet :\n1. Gigues\n2. Ibéria 10-3.\n3. Rondes de printemps 7.—\nDuJfcas (P ) La Péri, poème dansé, réduction de concert par G. Samazeuilh . .12.—\nPojyeucte, ouvert, pour la tragédie de Corneille, par G. Samazeuilh B.\nDupin (P.) La Pièce d'eau aux petits poissons rouges, (extraits du Beau jardin),\npar L. Roques 3-5°\nFranck Final, par J. Griset\nGrande pièce symphonique, par J. Griset 10.—\nPastorale, par J. Griset. 6.—\nPièce héroïque, par J. Griset 5.—\nPrière, par J. Griset. ; 7.—\nRavel (M.) Daphnis & Chloé, Fragments symphoniques, ire série. Nocturne,\nInterlude, Danse guerrière, Transcription. Il faut pour l'exécu-\ntion 2 exemplaires. Chaque 5.—\nDaphnis & Chloé, 2ma série. Lever du jour. Pantomime. Danse géné-\nrale (L. Roques). Il faut pour l'exécution 2 exemplaires. Chaque 8.—\nMa Mère l'Oye, 5 pièces enfantine, Transcription 7.—\nRoger-Ducasse Au jardin de Marguerite, Chœur de la dispute des fleurs, par l'auteur 7.—\n„ Interlude, par l'auteur 8.—\n~ Prélude et chœurs (20 partie), par l'auteur 6.—\nLe Joli jeu de furet, réduction de l'auteur . 7.—\nQuatuor à cordes, en ré mineur, réduction de l'auteur 15.—\nQuatuor pour piano et cordes en sol par Laurent Ceillier .... 15,—\nRoussel (A.) Evocations, réduction par l'auteur :\n1. Les Dieux dans l'ombre des cavernes B.\n2. La Ville Rose ' B.\n3. Aux bords du fleuve sacré , . 10.—\nSaint-Saëns (C.) Op. 41, Quatuor en si bémol transcrit par J. Griset 15,—\nLa Lyre et la Harpe, soli et chœurs : Chante, chante ! Jupiter règne\net l'univers t'implore, transcription de Reynaldo Hahn . . . 7.—\nOp. m, n° 5. Etudes en tierces majeures chromatiques, transcription\npar Ed. Risler 3.50\nOp. m, n° 6. Toccata, d'après le finale du sme5me Concerto, transcrip-\ntion par Ed. Risler 7.—\nSamazeuilh (G.) Le Sommeil de Canope, poème, transcrit par l'auteur B.\nUne étude symphonique d'après La Nef, par l'auteur 10.—\nSchmitt (Flor.) Op. 49. Etude pour le \" Palais Hanté \" d'Edgar Poë, réduction par\nl'auteur\nOp. 50. La Tragédie de Salomé, réduction par l'auteur 20.—\nOp. 53. Trois Rapsodies, (Française, Polonaise, Viennoise) . . . 12.—"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c123", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c123", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 88, "image_fin": 88, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.42", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.88", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 225, "texte": "1\n[ !\n\"v\n>À\n«\"\n;•\n■\n«\n•:ï:\n\\\nu m\nk i\n« Ni\n■ sis.,.\n-M»*\nPliy\n*#\n-\n.\n•• «$&&& ■■...-. - ■ ' ■' , -, . • . .\n(Farandole Provençale d'après un tableau oie R.Lelong)\nL'HIVER A LA COTE D'AZUR\nTRAINS EXTRA RAPIDES DE JOUR oude NUIT"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-01-01-c124", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-01_01#c124", "volume": "bmtnabh_1914-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 89, "image_fin": 89, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.2.43", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.89", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1559, "texte": "Société Anonyme des EDITIONS RICORDI\n18, rue de la Pépinière PARIS\nNOUVELLES PUBLICATIONS\nPARSIFAL\nde RICHARD WAGNER\nPartition Chant et Piano, traduction française de Jean Chantavoine . net fr. 4.00\nPartition Piano seul net fr- 2.50\nŒUVRES\nD'AUTEURS ANCIENS\nArrangées pour Violoncelle avec Accompagnement de Piano\n>\npar J. SALMOiN\n0 0 0\nPrix nets\nWILHEM DE FESCH (1695-1758) . . Sonate (Sol majeur): 1. Prélude et Allemande; 2. Sara-\nbande et Menuet 3 00\nSéparés: Prélude et Allemande 2 25\nSarabande et Menuet 1 75\nWILHKM DE FESCH (1695-1758) . . Sonate (Ré mineur) : 1. Sicilienne et Allemande ;\n2. Audante Cantabile; 3. Menuet ... 3 00\nSéparés : Sicilienne et Allemande 2 00\nAnd au te Cantabile 1 25\nMenuet 1 5°\nHENRI ECCLES (1670-1742) . . . Sonate :1. Grave et Courante; 2. Adagio et Vivace. . 2 50\nSéparés : Grave et Courante 1 5°\nAdagio et Vivace 2 00\nCERVETTO (1682-1783) Sonate: 1. Adagio et Allegro; 2. Audante Cantabile\net Allegro 4 00\nSéparés : Adagio et Allegro 2 75\nAudante Cantabile et Allegro .... 2 25\nBENEDETTO MARCELLO (1686-1739) Sonate :1. Grave et Allegro; 2. Largo et Vivace . . . 3 00\nSéparés : Grave et Allegro 2 25\nLargo et Vivace 175\nSAMMARTINI (1700-1770) .... Sonate : 1. Allegro; 2. Grave; 3. Vivace 3 00\nSéparés : Allegro 1 75\nGrave 1 00\nVivace 125\nJ.-B. SENALLIE (1687-1730) . . . Allegro Spiritoso 2 50\nFRANCESCO GUERINI (1710-1780) . Allegro con brio 2 50\nRAMEAU (1683-1764) Gavotte pour les fleurs d.i ballet u Les Indes galantes\" 2 00\nRAMEAU (1683-1764) Menuet de l'opéra Platée\" 2 00\nCOUPERIN (1668-1733) Les Chérubins 2 50"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.1", "texte": "Xe Année.\n1\" Avril 1914\nfljjj'' MÊtÊÊÊp\n_m PÉÉI 111, il IS 111 l\nfl A \"Vf 'H .V:''' :'- Hn JB\njfl *p iH A !»•\nBp fl^HH W\n■ iffjl lÉL^^S^^f\nB /.. wp 1\nHHHBbI BHHI 0 «■■■\n■■ V^HH^^BH^\n8 jK H\nHonoréc- d'une souscription du Ministère de l'lnstruction Publique et? des Beaux-Arts\nAbonnement ~UN AN I France et Be|gi(lue: 15 francs\nl Union Postale : 20 francs\n| Le Numéro du 1\": 1 fr. 50 (Union Postale: 2 fr.)\nLe Numéro du 15: 0 fr. 50 (Union Postale: 0 fr. 75)\nCopyright by S, I. M. 1914\nPARIS, 29, rue La Boëtie\nTél. Wagram s 98-12\n\nBOELY ET SES ŒUVRES DE PIANO, par Michel Brenet. V LA FORLANE, par J. EcgrcheviUe.\nLES VIEUX VIOLONS, par L- Greilsamer- LES LIVRES.\nL'ACTUALITÉ p«r\nVINCENT D'INDY 0 EMILE VUILLERMOZ LOUIS LALOY PAUL LOCARD\nMAURICE BEX 0 MARCEL MONTANDON 0 RENÉ LYR 0 H. STEIN\nPAUL LADMIRAULT OEDOUARD SCHNEIDER SWIFT\n(Canon à trois voix die P, Dupin)\n'• V '\n' ' '' ' ! ' ' ' ' ' ' • ' '' ' 0 u'j . ■ : '' . • ' : ' > A '' 4? - • . ; ' \\ \\ ■' ."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.2", "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇAISE |«£,V\nAMIS T)E LA MUSIQUE\n:\nCOMITE D'HONNEUR\nM. le Président\nM. le Ministre de V Instruction\nM. le Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts.\nM. GabrielFauré, D\nM. Henry ancien Di\ndes Musées\nMEMBRE D'HONNEUR\nS. A. I. LE GRAND DUC BORIS DE RUSSIE\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nPRÉSIDENTE D'HONNEUR : S. A. R. MADAME LA DUCHESSE DE VENDÔME\nPRÉSIDENT D'HONNEUR : M. HENRY DEUTSCH (DE LA MEURTHE)\nBUREAU\nPRÉSIDENT\nM. GUSTAVE BERLY, banquier.\nVICE-PRÉSIDENTS\nM. LE PRINCE A. D'ARENBERG, de V Institut.\nM. LOUIS BARTHOU, député.\nM. J. ECORCHEVILLE, docteur ès-lettres.\nW'\nM. ALEXIS ROSTAND, Président du\ndy Administration du\nd'Escompte de Paris.\nTRÉSORIER\nM. LÉO SACHS.\nSECRÉTAIRE DU CONSEIL\nM. GUSTAVE CAHEN.\n•) ! - 'l'A'-- ' ' ' 2>-,'^iV' À.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL : M. Louis DE MORSIER.\nMEMBRES DU CONSEIL\nMm* ALEXANDRE ANDRÉ.\nMM* LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, d\nraire au ministère d\nM. LÉON BOURGEOIS, ancien Min\nM. GUSTAVE BRET.\nMME LA COMTESSE GÉRARD DE GANAY.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMme DANIEL HERRMANN.\nMme HENRY HOTTINGUER.\nMME GEORGES KINEN.\nM. J. PASQUIER.\nM. LE MARQUIS DE POLIGNAC.\nMME LA COMTESSE PAUL DE PoURTALÉS.\nM. A. PRÈGRE.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. JACQUES ROUCH\nM. Louis SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nM. JACQUES STERN.\nMME TERNAUX-COMPANS."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.3", "texte": "LA FORLANE\n\nL'histoire de la forlane mérite d'être contée. Elle est instructive ;\nelle est plaisante. Comment cette danse, comparse de nos vieux ballets, et\ndéfunte depuis deux siècles, est-elle reparue soudain ? Comment les salons\ndes deux mondes ont-ils, en quelques jours, accepté le triomphe de ce\nrevenant, se disputant l'honneur de la véritable, de la vraie, de la seule\nforlane ?\nFut-ce un bluff audacieux, et la furlana existe-t-elle ailleurs que dans\nl'imagination des professionels internationaux, auquels nous devons, depuis\nquelques années, tant de variétés passagères de la flore orchestique ?\nConvient-il de sourire, ou de faire appel à la curiosité de l'historien ?\nIl semble bien, en tout cas, qu'une revue musicale puisse effleurer\nces questions de passionante actualité, et les traiter, au milieu d'autres\nsujets plus graves. Un pape n'a-t-il pas lui-même, involontairement\nprovoqué cette furieuse et caractéristique agitation, à laquelle aucun de\nnos lecteurs n'est probablement resté indifférent ?...\nLa vogue s'était fixée sur le tango, danse populacière, dont Paris\navait réussi, sans trop de peine, à faire un petit chef-d'œuvre d'harmo-\nnieuse lascivité, lorsque l'Eglise, gardienne de notre bonne morale, et\ngardienne puissante, on le voit, éleva la voix de la réprimande. Le tango\nfrappé, recula, quittant les salons vertueux, pour des lieux hospitaliers\nmais publics. Or, la danse, comme la mode ne saurait se passer de l'appui\ndes salons. Il arrive bien qu'une mode s'impose grâce au théâtre, mais"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.4", "texte": "12\nS. I. M.\n\nclic ne vit en somme que des gens du monde. C'est ce que savent si bien\nses dévoués collaborateurs, lorsqu'à chaque saison nouvelle, ils provoquent\nun courant de snobisme mondain à qui rien n'échappe. Croyons bien\nqu'il en va de même de nos divertissements chorégraphiques. Un méca-\nnisme, auquel Mercure n'est pas étranger, permet de créer, et de lancer\nla musique et les pas dont vous subissez les cadences, lectrice aux jambes\nentrainées. Par qui, dans quelle officine s'élabore le succès de l'hiver ?\nNous l'ignorons mais ce tango, par exemple, sous la forme très peu\nargentine qui lui a valu l'index est, soyez-en sûr, l'œuvre d'un industriel\nhabile, tout comme la robe fendue, et ou les hauts talons.\nDonc, une crise se produisit, en pleine saison, en plein tanguisme.\nEt le désarroi eut été grand, si, à une vogue menacée on n'eut pas\nopposé, dans les vingt quatre heures, une vogue triomphante. Ainsi\nnaquit, par un coup du sort, et peut être du génie, l'idée de la furlana.\nQu'on ne me demande pas si le mot est bien venu sur les lèvres du Saint\nPère, ou si quelque machination diabolique a joué son rôle dans cette\nintrigue soudaine. L'essentiel est de constater le fait : il fallait une rem-\nplaçante, la furlana se présenta, on l'engagea de suite.\nD'où venait-elle et qu'était elle ? En France on ignorait jusqu'à son\nnom. Et pour cette bonne raison, que ce nom n'a jamais existé dans\naucune langue,\nn'est ni français ni italien. Si le pape a\njamais prononcé ces trois syllabes, il a certainement dit\nen élidant le dernier a et en donnant à fou un son bref. Ce qui signifie\nqui le français se rapprocherait autant que possible de la prononciation\ncorrecte en disant fourlane, ou mieux encore forlane. L'accent et la sonorité\nl'exigent, et la raison aurait dû nous mettre en garde contre la grotesque\nfurlana. Est-ce vraiment la peine de passer notre jeune âge dans le fami-\nliarité de Virgile et d'Horace, pour ne pas sentir la musicalité d'un mot\nitalien qui franchit les Alpes, et pour faire d'un vocable alerte et bien\ntimbré, un mot écœurant et flasque, digne de nos camelots des boulevards ?\nLa rorlane ! A la bonne heure ! Tous les amis de la musique\nancienne en ont entendu parler, comme du menuet ou de la gavotte. Ce\nn'est pas dire qu'ils l'ont jamais rencontrée au coin d'un bal, mais le nom"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.5", "texte": "LA FORLANE\nr3\n\nleur dit quelque chose, et ils savent que l'histoire pourrait leur en dire\ndavantage encore. Nous verrons toute à l'heure qu'ils ont raison dans\nleurs pressentiments. Et, en vérité, c'est bien du côté de l'histoire que les\nmaîtres de danse, en mal de forlane le mois dernier, ont lancé un regard\ntout chargé de curiosité.\nOh, rassurons-nous ! Ni le regard ni la curiosité n'ont été bien\navides. Le Professeur Pichetti, le premier qui paraît avoir eu l'idée\nde la danse du Pape, Pichetti un voisin du Vatican, se borna à faire pho-\ntographier deux gravures anciennes, dans lesquelles ils découvrit aussitôt\nle protoype de forlane, \" telle que Ici îiobit's lr\n'•Palais des doges\". Il eut mieux fait de voir, dans ces planches, des passe-\npartout illustrant le Ballarinode Caroso (1581), ouvrage qui ignore totale-\nment la forlane. Pourtant ces documents firent le tour de la presse française,\naccompagnées des commentaires les pius graves. Tel par exemple :\n\"La furlana vient du Frioul, où elle était la danse préférée des gondoliers...\nC'est surtout vers 1800 que la furlana eut son heure de célébrité. Déjà alors, on\nen eut une adaptation à l'usage de la bonne société. Elle fit bientôt son entree\ntriomphale dans les grands salons et dans les fêtes des palais des doges et devint\nenfin la danse nationale du pays dont Pie X était le patriarche. Née dans les quar-\ntiers populaires, la furlana tut donc adoptée par 1 aristocratie au moment ou la\npavane, la gavotte et le menuet, qui avaient régné en maîtres pendant le treizième\nsiècle commençaient à lasser...1 \"\nLe tour était joué. Inutile d'aller plus loin. La forlane avait ses\npapiers ; ses ancêtres étaient là sous nos yeux. Il n'y avait plus qu a\ndécouvrir sa musique et ses règles. Rien de plus simple. Mascagni et\nPonchielli ont écrit des forlanes, l'un dans le Bal Masque, 1 autre dans\nGioconda,ce qui prouvait que le genre n'était pas mort, et qu'il existait une\ntradition chorégraphique, reliant le palais des Doges à Magic-City. On\npouvait marcher.\nNotez que tout ceci s'accomplit avec une rapidité cinématographique.\nQuelques consciencieux partirent pour Rome. C'étaient les Saints Thomas\nde la forlane. Mais beaucoup créèrent la danse papale dans 1 espace qui\nsépare le soir du matin. Je puis garantir cette petite scene, dont aucun\nde nos confrères ne sera surpris. Le 2 février un rédacteur dun de nos\nplus grands quotidiens illustrés est mandé dans le cabinet directoral :\n\n1 Illustration du 7 février."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.6", "texte": "*4\nS. I. M.\n\n\" Il me faut une forlane demain dans le journal... \" Le reporteur s'incline,\nse munit d'un photographe, bondit chez un maestro.\n\" Connaissez-vous la forlane ? \"\n« II\"\n•••• • • •\n\" Mettez vous 1à... Oui c'est cela... Levez les bras... Parfait...\nRésultat, quelques clichés qui apprirent le lendemain aux populations\nébahies qu'un mode nouveau de la danse était né.\nDu côté musique même procédés. Tous les éditeurs de valses légères\nouvrirent leurs cartons pour en extraire sans douleur quelques paisibles 6/8,\net cent cinquante forlanes, sous couvertures impressionnantes, s'étalèrent\nbientôt au grand jour des devantures. Si chacune d'elles a été tirée à\nmille exemplaire, cela doit faire une jolie pile de papier, de cent cinqante\nmètres de haut (environ la moitié de la tour Eiffel) sortie de néant sur un\nsigne présumé du chef de l'église !\nEt les exécutants, chargés de réaliser devant le public ces spécula-\ntions affolées ! Dois-je dévoiler les réponses qu'ils m'ont données (à la\ncondition de ne pas les nommer) ? Elles sont toutes semblables. \"\navons fait n importe quoi\". C'est ainsi ; et je voudrais prévenir ici le\nmusicologue de l'avenir, qui traitera dans deux milles ans des \" Dessous\nd'un lancement chorégraphique en 1914\". La plus naïve et la plus\nconfiante fantaisie a présidé à l'éclosion de toutes ces forlanes simultanées\ndans notre bonne ville de Paris.\nAvant de crier à la trahison ce qui serait irrespectueux à l'égard\nde Rome —, il convient de voir si les Italiens ne se sont pas montrés\nplus avisés que nous dans cette belle et joyeuse aventure. C'est en sa\nqualité de Vénitien que le Saint Père a pu prononcer le mot fatal, qui a\nmis tous nos bals en émoi. Four/an est un mot patois pour c'est\nà dire pour désigner l'habitant de cette région comprise entre Trieste et\nVenise au sud du Tyrol, et dont Udine est la capitale. C'est l'antique\nForum Julianiqui dans la langue savante et cadencée à donné la forme\nF'r-iul (frioul) et dans le dialecte de ces paysans celtes mêlés de slaves, le\nmot For(iu)lan (forlane). On remarquera en passant comme ce dernier\nmot sonne bien en français, et si, l'on ouvre un volume écrit dans la\nlangue particulière à ce petit peuple, on sera plus surpris encore de con-\nstater qu'il s'agit ici de la langue de Mistral !... Catalan, provençal, piémon-\ntais, friulan sont des rameaux d'une même langue à laquelle les Gaulois\naboutirent lorsqu'ils se sont trouvés en rapport directs avec les Latins, et"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.7", "texte": "LA FORLANE\nr5\n\nqu'ils ont du accommoder le chantonneraient de la phrase romaine à leur\naccentuation rude et martelée. Qui ne reconnaîtrait par exemple, pour\ntrès près de nous, des couplets comme celui-ci, détaché d'une anthologie\ndu Frioul. 1\nCour de pierre, cour de marm'\nCour de tigre e de leon\nPer ce fin m'abandonais !\nCincia fregul de rason !\nAinsi parle-ton aux pieds des Alpes Carniques, au pays d'où nous vient\nle nom de la forlane, et c'est une raison de plus d'aller voir comment la\ndanse nouvelle a été accueillie dans cette province de l'irrédentisme.\nToute la presse adriatique se sentit émue à la lecture de l'article du\n\" TempsUn doux orgueil, très légitime s'empara des maestri et profes-\nsori tant en Frioul qu'en Vénétie, à la pensée que le monde entier aurait\nbientôt les yeux fixés sur eux, et que la régénération de la danse moderne\nallait sortir de leur province, peu connue du touriste. Tel l'évangile\nnouveau était né jadis dans l'humble crèche de Beethléem. Le professeur\nGalante de Venise, à l'obligeance duquel nous devons la photographie\nci-contre se mit en campagne avec la même ardeur que son confrère\nPichetti de Rome. Dès le 12 février il annonçait que\ntextes, contenant Vhistoire de toute la danse a travers les âges, il avait retrouvé\nla description et la maniéré de danser \"La signora Galante,\népouse du noto e valente maestro ayant mis la main sur un vieux de 88 ans,\nencore ingambe, retrouvait, elle aussi, la pratique de cet art et l'enseignait\naussitôt à ses élèves.\nA Udine, le maestro Marzuttini pris d'une belle ardeur, commença,\nraconte-t-il, par importuner toutes les personnes susceptibles d'avoir des\nsouvenirs, puis il bouleversa la bibliothèque, écrivit à la Marciana de\nVenise, aux archives... \" A Cividale, près de Cormons (encore un nom\ngaulois), le professeur Ettore Zanuttini, eut la bonne fortune de rencontrer\nun manuscrit de la fin du XVIe contenant une forlane à sept parties. Et\nainsi, un peu partout les recherches et les exhumations se poursuivirent.\nCes efforts, d'ailleurs tout à l'honneur des vénitiens frioulans,\nprouvent au moins une chose : en Forlanie la forlane était inconnue,\n\n1 Arboit. Villotte. (Piacenza, 1876.)\n2Je dois cette précieuse enquête au zèle bienveillant de M. Bozza, de Irieste, que je suis heureux\nde remercier ici bien sincèrement."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.8", "texte": "i 6\nS. I. M.\n\npuisqu'il fallait l'aller chercher dans les témoignages du passé. Le Saint\nPère, en évoquant l'idée de la forlane, avait parlé d'une danse morte, et\nfait acte de musicologue.\nUn résultat aussi négatif était cependant un résultat. Certains\nl'avouèrent avec franchise.\n\" Quant à moi, écrit le rédacteur de la Patria del Friuli du 11 février, je\nconserve mon doute jusqu'à preuve du contraire. Tout le monde parle et disserte\nde la forlane, mais personne ne sait précisément ce que c'est. Dans le Frioul, il\nparait certain qu'on ne la connaît pas... Au moins que notre sclave par exemple\nn'ait passé au XVIIIe siècle à Venise sous ce nom de forlane, indiquant son origine,\net que, de là, elle se soit répandue dans le monde, pour conquérir l'immortalité,\ngrâce à Rameau, à Ponchielli... et à Pie X \".\nO J\nD'autres citèrent les historiens ; Ostermann, par exemple qui écri-\nvait encore en 1894: \" jadis on dansait la Forlane, la Sticca, la Mon-\nferrina, la Ziguzaine ou Stirienne, la Sclave, le ballo resiano et la\nNeue-Bauerisch ; mais exception faite de la Sclave et de la Stirienne, ces\ndanses sont toutes tombées en désuétude. Je 11e me rappelle avoir vu\ndanser ni Forlane, ni Sticca, ni Monferrina (on prononce Monfrine)... \"\nComment faire ? Et pourtant la reconstitution de cette inconnue\ns'organisait partout. La forlane fut le clou de toutes les fêtes du frioul\nélégant et mondain pendant un mois. Les maîtres de danse, là-bas comme\nici, et sous tous les degrés de latitude ont la même assurance. Rien ne\nles arrête. La forlane n'existe pas ! Vive la forlane ! On trouvera bien,\ndans quelques villages une danse locale à la mode antique, une de ces\ndanses un peu figurées, qui rappellent l'ancien régime, et qui, à tout\nprendre, peuvent se voir qualifier de forlane puisqu'elles sont du Frioul.\nAinsi naquit en plusieurs endroits la Sola vera furlana, prétendant nous\napporter la solution juste du petit problème historique et chorégraphique\nposé devant nous.\njusqu'à quel point ces reconstitutions, établies sur place, contien-\nnent-elles des éléments authentiques, sinon de forlane, dumoins d'anciennes\ndanses frioulanes, c'est ce que je ne saurais dire. Je crains bien cependant\nque tout, ou à peu près, ne soit moderne et improvisé dans ces prétendues\nrestitutions. La musique d'abord, car toutes les forlanes modernes que j'ai\nsous les yeux portent ostensiblement un nom de compositeur vivant ; elles\nsont sorties d'hier de la plume toute fraiche de maestri, dont je ne conteste\npas le talent, mais dont la présence m'inquiète. Comment ! pas la moindre"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.9", "texte": "LA FORLANE RECONSTITUÉE PAR LE PROFESSEUR GALANTE\nDE VENISE"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.10", "texte": "LA FORLANE\n17\n\nmélodie populaire, pas de folklore pour présenter une danse ancienne !\nLa forlane serait-elle vraiment un mythe ?\nEt puis, la chorégraphie ! Ce qu'on nous a donné ici, c'est tout\nsimplement une danse de pays, bien connue des indigènes. A Gorizia par\nexemple, loin de Venise, et en province, le subterfuge a tout de suite été\néventé : C'est la Sc/aves'est-on écrié. 1 Ailleurs ce fut la ou la\nStirienne. C'est-à-dire des variétés d'un même type commun a toute cette\nrégion.\n\" Nous autres Frioulans, écrit M. Marzuttini, et toute question de patriotisme\nmise à part, nous sommes des gens du Nord (nordici) en musique. Nos chants\npopulaires les villottes, sont des choeurs à trois et à quatre voix. Nous sommes\nl'unique région d'ltalie, qui ne possède pas la canzone monodique. Nous sommes\ndes mélancoliques ; notre instrument national est l'accordéon et non la flûte, ou\nla mandoline, ou le piffero. Notre peuple ne connaît pas le joyeux six-huit ;\npar contre il sent toute musique sous la forme à 3/4 de la valse et de la mazurka. \"\nEt l'un de ses confrères ajoute : \" Les figures de la forlane dansées à\nParis, et publiées hier dans le Corriere délia sera de Milan, nous font dire\nde suite, que cette danse, personne ne l'a jamais vue dans le Frioul. Ce\nsont là des figures de danse méridionale.\nEt ainsi, la forlane sera pour les uns : 2\nOu encore :\n\n1 Voir La Patria del Friuli du 10 février.\n2La vera Furlana, di G. B. Marzuttini. (Frieste Schmidl et C°.\n2"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.11", "texte": "18\nS. I. M.\n\nA moins que ce ne soit :\nOu, si l'on aime mieux :\nTout cela se danserait avec de petits sauts, promenades, moulinets\net tous de mains, et formerait un petit scénario de cinq figures, que l'on\npeut varier avec fantaisie. \" Naturellement, ajoute M. Mazzuttini, les\nmouvements caractéristiques, certaines attitudes, certains battements de\npied marquant l'impatience du cavalier, certaines ondulations et certains\nsourires ne peuvent s'enseigner par la chorégraphie. Il faudra un maître,\nsi possible du frioul, ou s'étant familiarisé avec notre race, pour les\nindiquer de vive voix... \"\nNous voilà fixés, et l'érudition italienne ne nous conduit pas plus\nloin. Elle nous a prouvé que forlane n'existait plus, mais que si il fallait\nl'inventer, pour obéir à une mode flatteuse, il conviendrait d'y voir une\nvalse lente, sorte de laendler autrichien, arrangé en danse figurée, comme\nnotre bourrée et nos quadrilles, et que tout ce qui s'écarterait de ce type\ns'écarterait en même temps du Frioul et devrait être considéré comme\ninterprétations italiennes ou même méridionales de la véritable forlane\nautochtone.\nEn somme, nous nous restons dans le doute, et en pleine hypothèse."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.12", "texte": "LA FORLANE\nI 9\n\nPas un document sérieux musical, littéraire ou iconographique n'a été\nproduit en faveur de cette infortunée, dont on parle depuis deux mois,\nsans pouvoir démontrer son existence.\nEtait-il donc si difficile de nous dire ce que fut cette danse fantôme,\nau temps où elle existait réellement ? Nos confrères italiens dont les\nbibliothèques regorgent de papiers imprimés et manuscrits, n'auraient-ils\nvraiment pas pu découvrir une note de musique, un récit de fête, une\npage de mémoires, un tableau ou une gravure, nous révélant comment on\nforlanait jadis ? Avec cette belle ardeur qu'ils tiennent de leur pays de\nsoleil, ils ont mieux aimé créer dans la fantaisie, que de pâlir sur des\ngrimoires. Ils ont préféré nous laisser présenter ici les brèves indications\nque chacun à Paris eût pu réunir sur ce petit point d'histoire musicale.\nLa forlane était connue de toute l'Europe dansante au début du\nXVIIIe siècle, et peut-être grâce àla France, où elle s'introduisit au temps\ndu Grand Roi. Elle paraît avoir existé bien avant cette période de\ncélébrité. On signale des forlanes dans une édition du XVIe de Phalèse,\net la plus ancienne source que je puisse citer ici est elle des curieux\nmémoires de J. B. Duval, dont M. Pirro signala récemment l'intérêt\nmusical.1 A Venise, le 28 mars 1609, Duval après diner s'avise d'aller\nvoir les bals publics, où, au son d'un violon et d'un cistre se dansent les\ngaillardes et passomaises et autres danses à la fourlane. \" Et il nous trace\nce petit tableau :\n\" Un garçon prend une fille, et quelquefois deux prennent chacun la leur\npar la main, lui font faire le tour du bras sur la tête et commencent à danser. Les\nfilles lèvent les deux têtes de leurs robbes afin de montrer leurs escarpins blancs,\nqu'elles portent toutes dans les soccoli,qui sont patins de cinq ou six doigts de\nhault, fort découverts par dessus, faits de maroquin ou veau rouge, découpés à\njour en roses ou autres compartiments. L'on leur sonne les gaillardes courtes, et\nestant finies elles retournent se tenir debout en leur place, où elles ne sont pas\nplutôt, que celui qui les a mené danser les reprend pour commancer de nouveau\nla gaillarde suivante qui se sonne et fait le semblable jusques à quinze ou seize\nfois, ne leur donnant pas presque le loisir de s'essuyer de leurs mouchoirs, ny le\n\n1 Les remarques triennales de Je an-Baptiste Duval.... pendant F ambassade de Me s sire Jean Bochardy Sr\nde Champigny... ambassadeur de Venise. Bib. Nat. ms. fr. 13977. (article par A. Pirro dans Mélanges\nofferts àM. Henry Lemonnier.... Paris, Champion 1913, p. 175-)"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.13", "texte": "20\nS. I. M.\n\nprenant pas même pour eux. Ils s'eschauffent à cela, et quand ils demandent la\nfaveur de laisser le patin, elles dansent en escarpins avec beaucoup de dextérité,\ndécoupant leurs cing par le bout du pied fort proprement. Quand il a fini sa gail-\nlarde, ou ce qu'il a voulu danser, non toutefois les courantes, ny voltes, car ils ne\nsavent ce que c'est, il paye les ménétriers d'un qui peut revenir à neuf\ndeniers de France. S'il veut recommencer il prend une autre fille, ou cela même,\npaie encore autant. Ce sont pour la plupart de petites courtisanes, qui s'amusent à\ncela pour passer autant de temps, et entretenir par ce moyen leurs amoureux ; les\nautres, qui font le semblable, sont filles de gondoliers et gens de basse condition.\nLes joueurs les vont prier eux-mêmes de tenir le bal, et s'ils gaignent beaucoup\nl'après-dîner, ils donnent quelque peu de leur gain à celles qu'ils ont retenues et\nqui ont entretenu le ballet, de manière que tel ébattement ne manque jamais, ni\nles dimanches, ny les festes.\nElles ont toutes le sein et les épaules jusqu'au dessous du paleron à des\ncouvert, sous un voile banc fort délyé, en quelque temps que ce soit, et bien\nsouvent ledit voile est encore découpé. Leur corps de robbe est espais de deux\ndoigts, fort dur, et le lacent toutes par devant, se serrant estroitement par le milieu\ndu corps, d'autant que leurs cottes ne tiennent, sinon en tant qu'elles tont serrées,\npourceque les espaulettes leur retombent sur le bras au deffaut de l'espaule, où\nelles font bouillonner les manches de leurs chemises avec des aiguillettes de ruban.\nElles n'ont d'autre chose dans les bras tout l'été, et les portent larges d'un pied,\nmais, peu à peu, elles les reserrent d'un brasselet. Quelques unes les portent\nouvragées et la toile séparées en quatre ou plusieurs los, avec un poulce de passe-\nment de fil comme les dentelles. Leurs cottes ont la basque par derrière le dos, et\nsont toutes de haultes couleurs, verdes, rouge, jaulnes, pourpre, bleus et semblable.\nPar le devant, elles ont de grands devantiers de toile blanche, comparties de\nmêmes passements de fil, et de la dentelles tout autour, fort grands et larges, non\ntoutefois autrement fins. Elles n'ont rien sur la tête, et leurs cheveux sont retenus\nen un nœud par derrière, qui est attaché de quelque ruban de velous, et piqué de\ngrosses espingles d'argent, qui ont la teste comme un pois, et, au deffaut qu'elles\nn'en auraient d'argent, il s'en fait d'alchimie, d'ivoire et de brésil, dont elles se\nservent. \" 1\nAilleurs Duval revient encore sur ce sujet, qui l'avait frappé :\n\" Il y a plaisir, écrit il, à voir les danses de ce pays, car ils se mettent plus de\nvingt en place pour danser la gaillarde, chacun avec sa dame, faisant les tours et\nautres desparts du tout différent de notre usage. Ils dansèrent semblablement les\nallemandes et certaines autres danses de ballet, où ils s'approchèrent les uns des\nautres et touchant à l'envi dans leurs les mains l'un après l'autre.... :2\nEt Duval ajoute en marge \" Bal à la furlane. \"\n\n1 Fol. 51-52.\n2 Fol. 127."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.14", "texte": "LA FORLANE\n21\n\nTout cela est bien vu. Ces petites femmes, appointées par le bal\nlui-même pour achalander l'établissement, n'éveillent-elles pas l'idée de\ndanses beaucoup plus modernes? Forlane ou tango, les mœurs sont les\nmêmes, sous les costumes différents. Mais Duval n'intéresse pas seulement\nle moraliste, il donne une très précieuse indication au chorégraphe en\nécrivant, bal à la fourlane.Ces danseurs remarquons le bien, dansent des\ngaillardes, des passomezzi, des allemands et mêmes d'autres pas encore,\nmais ils dansent à la manière de... gens du Frioul. Ceci est important et\nsi l'avisé secrétaire de notre ambassadeur nous avait poussé plus loin sa\ndescription, nous aurions une précision qu'il nous faut attendre jusqu'à la\nfin de son siècle, c'est à dire jusqu'à la Lettre de Venise parue dans\nle Mercure Galant de 1683. Nous sommes ici en meilleure compagnie.\n\" Depuis l'ouverture du Carnaval, il y a eu plusieurs bals que l'on appelle ici\nFestins, à cause que ceux qui les donnent se traitent ordinairement auparavant.\nSa plus grande partie se font chez les courtisanes, quoi qu'il y en ait chez beaucoup\nd'autres particuliers, et on y est toujours mieux reçu quand on mène une femme\navec soi. Dans la plupart, on oblige tous les hommes à ôter le masque, afin qu'ils\nne passent point les bornes de l'honnesteté, dans l'entretien qu'ils peuvent avoir\navec les femmes. 11 y a, dans deux ou trois chambres de pleinpied, des chaises\nrangées contre les murs, avec une épinette, un violon et une basse. Dans chacune\nles hommes prennent par la main les femmes qu'ils veulent, et se promènent avec\nelles de chambre en chambre à la file des autres, en causant ensemble, puis se\nviennent asseoir, ou vont boire des liqueurs, que l'on donne dans une autre\nchambre, et l'on passe ainsi toute la nuit sans danser.\nIl y en a d'autres, où, après s'estre promené durant quatre heures, tout le\nmonde s'assied, et laisse le milieu de la chambre vuide, pour ceux qui veulent\ndanser.\nLe plus jolie de leurs dances est la fourlane. Elle se fait à deux, ou à quatre\npersonnes, autant d'hommes que de femmes, qui tournent en cercle en sautant et\nfrisant les pieds avec une vitesse et une légèreté merveilleuse, et qui s'approchent\nensuite l'un devant l'autre en tournant toujours de la même manière, et en se\nprenant quelquefois les bras qu'ils s'entrelacent et passent par dessus la teste... \"\nCette fois le renseignement est assez net pour que le maestro\nmoderne puisse en tirer parti. Surtout s'il ouvre en même temps les\nChorégraphies de Feuillet2 ala page 62, et s'il jette les yeux sur La\nForlana dont la musique et tous les pas sont minutieusement indiques.\n\n1 Lettre de M. Chassebras de Cromailles. (Ed. de Lyon, avril 1683, p. 38.)\n2 Recueil de danses composées par M. Pécour et mises sur le papier par M. Feuillet. (Paris 1700.)"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.15", "texte": "22\nS. I. M.\n\nOu bien encore s'il veut se donner la peine de consulter l'ouvrage de\nJean Rameau \\ ou la même Forlane, se trouve ajustée à la mode de la\nrégence, ainsi que suit :\nSa for lamve\n\n1 Abrégé de la nouvelle méthode dans l'art d'écrire ou de tracer toutes sortes de danses de villes\nParis 1725. in-12°."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.16", "texte": "LA FORLANE\n23\n\nNous devons accorder d'autant plus de crédit à cette version de la\nforlane, que nous en retrouvons l'air un peu partout dans les ouvrages de\nce temps. Elle figure dans Campra, dans le Recueil des danses de Philidor\nde la bibliothèque nationale et dans bien d'autres.2\nElle est toujours indiquée comme étant forlane, c'est à dire l'air\ntypique sur lequelle cette danse s'accomodait. C'est la forme officielle,\nsous laquelle vers la fin du siècle, elle pénétra sans doute chez nous.\nIl faudrait donc admettre qu'en cent ans, qui séparent Duval\nde Feuillet, la danse a la fourlaneest devenu la Forlane, tout court comme\nplus tard Xalla polaca est devenu la polka. Une manière de baller aura\ndonné naissance à une forme précise, accompagnée d'une musique\nspécialement appropriée. Une telle évolution, dont l'ltalie voudra peut-\nêtre un jour nous montrer les étapes, n'est que très vraisemblable.\nUne fois installé, parmi nous, la forlane conquit rapidement une\nfacile popularité. Campra la mit sur le mode mineur dans ses\nVénitiennes,\nLa Barre n'eut garde de l'oublier dans sa (i7°s) :\n\n2 Par exemple dans le Vm 7 6222, fol 19 v°, en tablature de guitare. Et aussi dans un recueil ms\nappartenant H. M. H. Prunières, qui doit dater du début du XVIIIe, et où elle est nommée Forlana\nVecchia par opposition à une autre Forlana Nuova, qui la suit."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.17", "texte": "24\nS. I. M.\n\net le grand Rameau lui-même s'en souvint encore en 1757 dans ses Sibarites\nCouperin, enfin écrivit sur cette coupe une de ses plus jolies pièces, celle\nqui termine comme un adieu rêveur, ces dont il charmait\nLouis XIV sur ses vieux jours1. Ainsi habillée, moitié à l'italienne, moitié\nà la française, la forlane tendrement balancée se glisse à travers les Fêtes\nGalantes. Elle flotte autour des Watteau et des Lancret, avec son air\nsimplet et raffiné, sa mélancolie qui n'est pas triste, sa franchise harmonieuse.\nPuis elle disparait avec les costumes de la comédie italienne. Elle n'est\nplus qu'un accident du ballet vénitien. Peut-être se conserva-t-elle encore\nen son pays. Un journal italien nous raconte qu'en 1797 lorsque les\ntroupes de la république française entrèrent à Udine il eut un grand bal\nau palais et que la forlane en fit les honneurs. Mais, depuis lors, son étoile\ns est complètement éclipsée, au point qu'il n'est plus possible de retrouver\nsa trace, sans les longues vues de l'histoire. Ne la plaignons point. Une\ndanse qui déjà adulte à la fin du XVP siècle, se maintient jusqu'au\ndirectoire, après avoir séduit Louis XIV et le Régent,Couperin et Rameau,\na bien rempli sa destinée. Elle a vécu sa vie chorégraphique.\nC est que la forlane a toujours mené une existence réglée. Toutes\nles danses de ce nom sont taillées sur une même plan, absolument régulier,\ndont le rythme obéit à des lois très strictes.\nPour en saisir le mécanisme il suffit de se rappeler qu'il appartient\na cette variété, particulièrement aimee de notre folklore européen, où la\nmesure a deux temps se trouve divisée en deux groupes ternaires. La\nformule de cette division a ete cherchée et trouvée de bien des manières\n\n1 Nous reproduisons cette forlane à la fin de notre article."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.18", "texte": "LA FORLANE\n25\n\ndifférentes. Au Nord nous avons la Gigue ; au Sud la Tarentelle, la\nSaltarelle, la Sicilienne... Tantôt les trois valeurs sont égales et la mélodie\nroule comme un torrent sonore, tantôt elles bondissent et boitent. Et le\nmouvement, lent, moyen, ou rapide entraine plus ou moins les séries de\nces cellules ternaires, accouplées deux par deux.\nParmi toutes les variétés de cette forme rythmique la forlane a su\nprendre sa place, timidement et avec une simplicité toute populaire. Son\noriginalité est de s'être limitée aux cellules de valeur inégales et pointées.\nElle s'interdit ces roulements, que recherche l'incontinence des danses\nitaliennes méridionales, ces vagues de triolets qui submergèrent la Gigue\nelle-même à l'époque des clavecinistes. Elle pointe sans cesse, et d'une\nmanière bien à elle ; car elle s'arrange pour faire alterner les6/s avec les 3/4.\nLes premiers lui donnent du bondissement, les seconds de l'assiette. En\nbonne paysanne, elle gigotte, mais elle ne tourbillonne pas ; et son balance-\nment cherche l'équilibre, plutôt que la virtuosité. M. Marzuttini est\nperspicace, lorsqu'il place le tempo de la valse à la base du sentiment musical\nde ses compatriotes. On sent que l'évolution de la forlane sera de ce côté.\nTout singulier que cela paraisse, le laendler est encore moins éloigné\nde la forlane véritable que ces tarentelles manquées, ce gigues indiscrètes\ndont tous nos périodiques ont accueilli sans contrôle les grâces menson-\ngères. De ce petit problème qui consiste à inscrire le ternaire au sein du\nbinaire, l'aimable forlane a donné une solution ingénieuse, que contredisent\noutrageusement les textes parus sous son nom depuis deux mois.\nSi nous voulions retrouver parmi nous le sens de cette danse ancienne,\nc'est au laendler du Beau Danube Bleu qu'il faudrait le demander, ou bien\nencore à nos Lanciers déjà défunts. Nous avons tous donné la forlane sans\nnous en douter, il y a quelque trente ans, quand nous tournions sur l'air :\nComparez avec Feuillet et avec Marzuttini, vous demeurerez per-\nsuadés que la forlane fut une contredanse, un brave et plaisant quadrille,\ndont ni les pas ni la musique n'étaient difficiles à retrouver."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.19", "texte": "2 6\nS. I. M.\n\nEt jusque dans la musique la plus haute, nous sommes hantés par\nle souvenir de ses joyeuses évolutions.\nLes Walkyriesne chevanchent-elles pas sur un rythme forlanique,\nlégèrement tronqué ?\nLa forlane est partout. Point n'est besoin d'aller la chercher si loin,\nni dans l'espace ni dans le temps. Elle représente un des modes familiers\nde la pensée musicale de notre occident. Le Saint Père, en la recommandant\nà nos jambes catholiques nous rappelait à la tradition de nos vieilles\nraces germano-celtes.\nToute cette aventure doit-être prise en gaité. Le musicologue est le\npremier à pouvoir s'en réjouir. Quand il voit s'égarer des gens partis\nallègrement à la recherche de la véritable forlane, il se dit que la vérité\nhistorique, ne se livre pas au premier venu, et que sa conquête a bien\nquelque prix. Et il se plait à espérer qu'en musique, (comme en littéra-\nture et en art plastique) le souci de l'authenticité s'est introduit dans\nl'esprit public, tel un parasite incoercible. Aujourd'hui, à propos d'une\ndanse, que chacun savait ancienne, l'opinion s'est inquiétée. Ses efforts\nn'ont pas abouti, c'est entendu; mais il y a eu effort. Que peut-on\ndemander de plus à une curiosité qui sommeille encore ?\n\nJ. Ecorcheville."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.20", "texte": "LA FORLANE\n\nDE FRANÇOIS COUPERIN\nTirée des Concerts Royaux\nHarmonisée par A. Bertelin"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.21", "texte": "2 8\nS. I. M."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.22", "texte": "Les vieux violons ont un attrait mystérieux et singulier, qui ne\nressemble en rien à ce que nous font éprouver d'autres objets d'art. Les\nchefs-d'œuvre des temps passés, peintures, sculptures, monuments de\ntoutes sortes, nous émeuvent sur des points déterminés ; reflets d'un idéal\net d'une époque, ils expriment certaines beautés définies et immuables. Les\nvieux violons sont de tous les temps, et contiennent tous les idéals en\npuissance. Intarissables, leurs flancs aux courbes harmonieuses, renferment\nnon pas une sorte de musique, mais toute la musique, et celle de demain\nen jaillira aussi pure, aussi fraîche qu'en est sortie celle d'autrefois. Nous\navons à leur égard le respect que l'on accorde aux vieilles choses témoins\ndu passé, avec cette différence que nous voyons en eux, non pas des\ntémoins muets et impassibles, mais des sortes d'êtres, ayant vibré à toutes\nles passions, tout près du cœur des hommes, dont ils traduisirent les\nbattements les plus nobles en un langage divin. Ils furent de toutes les\nsplendeurs et de toutes les misères, ils connurent toutes les joies et toutes\nles douleurs.\nRien n'est suggestif comme leur histoire. Quelle que soit leur\norigine, qu'ils aient été crées pour des princes ou des rois, destinés à des\nmusiciens plus ou moins renommés, vendus à vil prix sur les marchés aux\nménétriers de villages et aux humbles de toutes catégories, tous, grâce à\nla longévité dont ils furent doués, ont vécu à travers les siècles d'une\nexistence émouvante, comparable à celle des hommes dont ils partagèrent\nles vicissitudes les plus diverses, les plus paradoxales. Tel violon, par\nexemple, sorti des mains d'Andréas Amati pour orner la chapelle du roi\nde France Charles IX, et qui fut de toutes les fêtes de la monarchie\njusqu'à la révolution, n'a-t-il pas un beau jour accompagné la voix\nhurlante de la populace ? Et la fortune prodigieuse de ce Guarnerius, qui\nvendu il y a deux siècles sur un marché d'ltalie, pour quelques menues\nmonnaies, après avoir trainé de bouge en mauvais lieu, et fait danser\nribauds et ribaudes, se prélasse aujourd'hui dans un écrin de soie, au milieu"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.23", "texte": "3°\nS. I. M.\n\nd'un palais. Et, par contre, les malheureux qui, après avoir connu les\nivresses de la gloire, sont maintenant enfermés dans des vitrines d'où ils\nne sortiront jamais, victimes de la vanité d'un virtuose ou de la folie d'un\ncollectionneur !\nLes vieux violons ont leurs chroniques. La tradition veut qu'Amati\nsoit venu à Paris pour achever une commande du roi Charles IX, soit\n12 violons petit format, 12 violons grand format, 6 altos et 8 basses. On\nn'a retrouvé aucun compte de cet achat, et on a cru longtemps que tous\nces instruments avaient été détruits pendant la tourmente révolutionnaire\nde 1789. Or deux d'entre eux existent encore. L'un, d'après Hart, se\ntrouve en Angleterre, et nous ne possédons aucun détail à son sujet, quant\nà l'autre, nous le connaissons. Il porte les armes de la maison de France\net le monogramme de Charles IX ; les quatre coins sont ornés d'une fleur\nde lys. Voici comment il nous fut conservé :\nPendant la journée du 10 Août 1792, les gardes suisses au nombre\nde 600 hommes furent massacrés par le peuple. Un seul, Jean Tardi,\néchappé comme par miracle, mais blessé, poursuivi, traqué, trouva un\nrefuge chez son ami l'inspecteur du garde meuble du roi. Après sa\nguérison, il en reçut ce violon, autant comme moyen de gagner sa vie en\nroute, que de se mettre à l'abri de ses ennemis, en se dissimulant sous la\nfigure d'un ménétrier ambulant. Il vint ainsi à Fribourg sa ville natale,\noù le patricien von der Weid le lui acheta pour 3.500 francs. Cet\ninstrument qui fut témoin de la St. Barthélémy et de la révolution fran-\nçaise, passa depuis dans les mains d'un noble amateur de Reichenbach en\nAllemagne.\nUn autre violon royal eut une singulière destinée. Le roi d'Angleterre\nGeorge I, avait commandé un violon à Stradivarius. L'instrument daté\nde 1716 resta dans la famille royale jusqu'au commencement du\n19me siècle. Ace moment, il passa, sans que nous en connaissons le motif,\nentre les mains d'un noble écossais, officier anglais, et il le suivit partout\ndans ses bagages. C'est ainsi qu'il assista à la bataille de Waterloo. La\nfamille de l'officier l'offrit depuis au violoniste Molique. Ce dernier le\nlaissa à son élève le baron von Dreyfus de Munich, et en Février 1889\nfut acquis par le violoniste Waldmar Meyer. Depuis sa création, il\nchangea donc six fois de possesseur.\nIci on peut faire un rapprochement piquant : Deux généraux fran-\nçais firent les campagnes du premier Empire, avec leur Stradivarius dans"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.24", "texte": "LES VIEUX VIOLONS\n\n3i\n\nleurs bagages, et c'est ainsi que trois Stradivarius prirent part à la grande\népopée, dans des armées opposées.\nIl est des violons qui ne connurent ni la splendeur des cours, ni les\npérils des champs de bataille, et qui, dans leur carrière purement artis-\ntique coururent d'autres dangers, et recueillirent une gloire différente.\nParmi eux, il faut citer en première ligne celui de Viotti, de Rode, de\nKreutzer, d'où s'exhala pour la première fois la célèbre sonate de Beet-\nhoven, de Paganini qui galvanisa l'Europe, d'Alard, de Vieuxtemps, de\nJoachim et de Sarasate. Ce dernier acquit sur le tard un violon dont\nl'histoire est curieux et bien peu connue. L'instrument est désigné par\nFétis-Wuillaume sous le nom de Boissier, comme une des plus belles\nœuvres du maître Crémonais. Voici dans quelles circonstances il sortit de\nl'obscurité il y a environ trois quarts de siècle.\nM. Boissier, gros richard de Genève, se promenant un jour en\nvoiture dans les environs de la ville, s'aperçut que son cheval venait de\nperdre un fer. Il alla chez le maréchal ferrant du village le plus proche,\npour faire remettre le fer manquant. Pendant l'opération, comme il\nregardait machinalement l'installation du forgeron, son attention fut\nattirée par un violon accroché au mur. Boissier était grand amateur de\nlutherie, et de plus, très-fin connaisseur. Il alla à l'instrument, et tandis\nqu'il l'examinait curieusement : Vous jouez du violon ? demanda-t-il\nau forgeron. Monsieur veut rire, lui répondit ce dernier, en tendant\nses deux grosses mains calleuses. Elles ne sont point faites pour manier de\nsemblables joujoux. Mais alors ? Voilà comment ce violon se trouve\nici : Il y a une dixaine d'années, un grand diable de tzigane vint me\nchercher pour une réparation urgente à sa voiture, restée en panne sur la\nroute. Je fis la réparation, et comme elle était plus importante que nous\nne l'avions prévu, le tzigane me déclara n'avoir pas l'argent nécessaire\npour la payer. Je suis un honnête homme, me dit-il, et, si vous le\nvoulez bien, je vous laisse en garantie mon violon. Je repasserai dans\nquelques jours, et je vous réglerai, vous pouvez y compter. Je consentis\nd'autant plus volontiers que la réparation étant faite, c'était le parti le\nplus sage. Le tzigane ne repassa jamais, et son violon est depuis pendu au\nmur. Vous vendriez ce violon ? Pour le prix de la réparation. Je\nme le rappelle comme si c'était hier, trente francs, tout juste. Je vous\nen donne cinq cents, car il les vaut, et votre tzigane était effectivement\nun honnête homme."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.25", "texte": "32\nS. I. M.\n\nLe forgeron ébahi accepta l'offre avec joie, et Boissier retourna à\nGenève avec son Stradivarius, car on l'a deviné, c'était le fameux violon,\nqui ne devait être vendu qu'à sa mort.\nLe Boissier fut acquis par le luthier Wuillaume, puis il disparut\npendant une vingtaine d'années. Il était entre les mains d'un amateur de\nprovince qui, un beau jour, le céda à un luthier parisien, lequel le vendit\nà Sarasate qui venait de gagner beaucoup d'argent... aux cartes, et le lui\nporta, c'était pendant la saison d'hiver 1888-1889, Genève, où l'artiste\nétait descendu à l'hôtel de Russie. Le Boissier suivit donc dans ses péré-\ngrinations Sarasate qui ne le jouait d'ailleurs que bien rarement, lui\npréférant son autre Stradivarius. A sa mort, le célèbre violoniste légua à\nsa ville natale de Pampelune le violon du tzigane, tandis qu'il laissait au\nmusée du Conservatoire de Paris, l'instrument sur lequel, il s'était produit\npendant toute sa carrière.\nJe ne veux pas terminer cette anecdote, sans prévenir mon lecteur\nbénévole, qu'on ne trouve plus de Stradivarius chez les forgerons, et que\nsi par hasard il rencontre un violon dans des conditions analogues, il peut\nêtre bien certain que l'instrument y aura été placé par les soins d'un\nmarchand avisé et psychologue.\nJ'ai connu dans ma jeunesse un violon tragique. Il appartenait à\nmon vieux professeur, et lui était tombé dans les mains d'une façon\nsingulière. Dans l'été 1865, il reçut la visite d'un artiste venant de Vichy,\net qui avait dû interrompre sa saison artistique par suite d'un accident :\nen fermant une fenêtre, il avait brisé une vitre, et s'était blessé griève-\nment au bras et à la main droite. Il offrait son violon. Je suis citoyen\naméricain, disait-il, et pour retourner dans mon pays, je fais argent de\ntout. Le marché fut conclu, et en prenant congé de mon vieux profes-\nseur, l'américain lui dit : vous entendrez d'ailleurs parler de moi. En\neffet quelque temps plus tard, ou apprit l'assassinat de Lincoln par un\nartiste, et le portrait du meurtrier, qui parvint en Europe, était bien\ncelui de notre pauvre violoniste, victime d'un accident.\nCe violon, mon vieux maître le garda sa vie durant. Il était doué\nd'un timbre particulièrement mélancolique. Où se trouve-t-il actuelle-\nment ? Pourquoi Lincoln périt-il si tragiquement ? Les Vieux Violons\nont aussi leurs secrets.\nL'art de connaître les vieux violons reste le privilège de quelques\nrares initiés. Les connaissances nécessaires à cet effet sont multiples ; elles"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.26", "texte": "3\n\nLES VIEUX VIOLONS\n33\n\nressortissent à la fois à l'histoire et à la pratique de la lutherie. Il faut\navoir vu beaucoup d'instruments, connaître les plus célèbres, savoir par\nquelles mains ils ont passé, car, dans bien des cas, connaître pour l'expert\nc'est seulement reconnaître.ll faut savoir en quoi diffère la main d'œuvre\nmoderne de celle des anciens, et avoir observé les caractéristiques de\nl'œuvre de chaque maître, pouvoir discerner les truquages, les démar-\nquages. En un mot, l'érudition la plus complète doit seconder l'observa-\ntion la plus judicieuse. Le nombre des connaisseurs diminue de jour en\njour, les éléments d'observation se faisant de plus en plus rares. Autrefois,\nles plus beaux instruments se trouvaient en Europe, principalement en\nFrance et en Angleterre. Aujourd'hui l'Amérique et les colonies anglaises\nen ont absorbé une grande partie.\nLes gens du monde ne connaissent guère qu'un nom de luthier\ncélèbre, Stradivarius, et encore le confondent-ils souvent avec celui d'un\nvioloniste non moins célèbre, Paganini. Les violonistes en connaissent\ndavantage, mais généralement la liste n'est pas longue, une dizaine tout\nau plus. Et pourtant, pendant la période classique de 1600 à 1780, plus\nde trois cents luthiers s'illustrèrent dans différentes villes de l'ltalie sans\ncompter quelques Allemands, français ou autres nationaux, dont le mérite\nn'est pas à dédaigner.\nSi l'on songe qu'au cours de ces trois derniers siècles, devant la\ncélébrité plus ou moins justifiée des uns, on démarqua les autres, on se\ntrouve en présence d'énigmes difficiles à résoudre, ou de mensonges\nconsacrés. Certes, le connaisseur peut souvent reconnaître certains détails\nparticuliers à tel maître, et rendre à César ce qui lui appartient, mais il\nlui est parfois impossible de faire réviser des jugements que la tradition\net l'intérêt ont rendu intangibles.\nEt puis, en réalité, les instruments réputés les plus authentiques, le\nsont-ils dans le sens rigoureux du mot ? Je m'explique : Par exemple tous\nles violons de l'atelier de Stradivarius et portant son étiquette, sont-ils\nréellement sortis des mains mêmes du célèbre luthier ? A cette question,\ntous les experts titrés et assermentés, me diront : oui. Mais alors,\nrépondrai-je, que faisaient dans l'atelier les élèves supposés qui y séjour-\nnèrent plus ou moins longtemps, et devinrent célèbres à leur tour, sous\nleurs propres noms : Joseph Guarnerius, Lorenzo Guadagnini, Carlo\nBergonzi, Francesco Gobetti, Alessandro Gagliano, Michel Ange Ber-\ngonzi, Montagnana, Omobono et Francesco Stradivari ?"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.27", "texte": "34\nS. I. M.\n\nNous reconnaissons la main d'oeuvre, affirmeront invariable-\nment les experts.\nOn ne peut reconnaître que ce que l'on a connu, leur opposera-\nt-on facilement. Le patron a pu exiger de son ouvrier non seulement qu'il\ntravaillât d'après son modèle, sa création, mais encore qu'il en reproduisit\nles plus petits détails. Ce devait être un jeu pour Bergonzi, de faire un\nStradivarius. Puis devenu patron à son tour, Bergonzi créa un modèle\npersonnel, et agit probablement de la même façon à l'égard de ses élèves.\nJe viens d'émettre ce paradoxe, uniquement pour démontrer qu'il\nn'y a réellement d'authentique que ce que l'on a voulu admettre comme\ntel, par tradition ou par comparaison. Nous en avons un exemple parlant!\nIl existe un violon de Nicolo Amati, de son type le plus pur, portant\nson étiquette parfaitement authentique, que tous les connaisseurs sans\nexception attribuent à son élève Antonius Stradivarius. Ce violon circule\nsous le nom d'Amati, et celui qui oserait le vendre sous le nom de son\ncréateur, verrait devant la justice de son pays, ce qu'il en coûte de\nson prochain sur la nature de la marchandise vendue.\nComme de tous les objets d'art, la spéculation s'est emparée des vieux\nviolons. D'une façon générale, leur valeur a décuplé depuis une trentaine\nd'années, mais il est des marques qui rétrogradent, tandis que d'autres\nprennent une avance considérable. Les violons de Nicolo Amati, le maître\nde Stradivarius, qui passaient autrefois pour le nec plus ultra, sont en\nbaisse. Leur sonorité n'est plus suffisante pour la grandeur des salles de\nconcert, et pour l'importance de l'orchestre moderne. Par contre, les\nGuadagnini et même les plus modernes encore Pressenda, jouissent d'une\ngrande faveur. Quant à Stradivarius, il reste le champion du monde. Ses\nbeaux instruments bien conservés se vendent jusqu'à cent mille francs, si\nce n'est davantage. De tels prix paraissent élevés, ils ne le sont guère en\nréalité. On les trouvera plutôt modestes, en songeant que des tableaux de\nla même époque et de qualité équivalente, valent des millions, et qu'il y\na même des peintures modernes qui se vendent des centaines de mille\nfrancs. Cette disproportion vient évidemment de ce que le tableau est un\nobjet meublant, complément nécessaire à tout intérieur luxueux, parlant\npar lui-même, et à la portée du premier venu. On acquiert les vieux\nviolons par besoin ou par passion ; aussi, leurs détenteurs sont générale-\nment dignes de les posséder.\n\nLucien Greilsamer."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.28", "texte": "SPI ES (Robert). Frédéric Les 24 Préludes.\n(Munchen Wunderhorn-Verlag, in-fol, 1913. Mk. —).\nCet ouvrage se compose vingt quatre planches en hélio-\ngravure grand-infolio réunies dans un cartonnage sobre et dis-\ncret. Il constitue un effort tout à fait remarquable pour projeter\ndans le plan des réalités visuelles, chacun des préludes pianis-\ntiques de Chopin.\nIl est, on le conçoit assez difficile, de donner une idée d'un\nvolume de ce genre, qui s'adresse aux yeux, avant de s'emparer\nde l'esprit. Les deux planches ci jointes, aimablement prêtées par\nl'éditeur, donneront une faible idée, en leur simili, de l'œuvre\ntoute entière... M. Spies excelle dans l'interprétation d'un cer-\ntain paysage stylisé, ou l'obscur et le clair s'opposent et luttent\nsous une lumière de lune. Il a su combiner ensemble le gout de\nla composition fortement poussée, tel qu'il règne actuellement\nen Allemagne, avec ce tempérament d'improvisateur que Chopin\na toujours conservé. Je demanderais à m'habituer à certains\npersonnages falots et diaboliques, mais l'ensemble d'une belle et\nlarge inspiration et toujours évoque une Stimmung...\nJ. E.\nLUDWIG, (Friedrich). Die âlteren Musikwerke der von Gusiav Jacobsthal (t 1912)\nbegrundeten Bibliothek des\" A kademischen Gesang Gr. B°, de 14 pp.)\nCe catalogue montre ce que l'on peut, en relativement peu d'années, et avec peu de\nmoyens, réunir, lorsque l'on sait choisir et que l'on suit fidèlement un plan de travail. Cette\nbibliothèque est riche en œuvres théoriques et pratique, du XIe au XIXe siècle. Citons les\nœuvres de Gafori, Glarean, Faber, Zarlino, Guidetti, Doni etc. etc. Cette excellente collec-\ntion rendra le plus grands services aux étudiants de l'Université de la capitale de l'Alsace.\nNous avons, dans le même genre, hérité à Paris, des bibliothèques de Pierre Aubry et\nd'Alexandre Guilmant : à quand la publication de leurs catalogues ?\nWAGNER (Peter). Geschichte der Messe (Histoire de la Messe). lre Partie : jusqu'en\n1600. Leipzig. Breitkopf et Haertel, 1913 ; broché : 15 Mk. rel., 17.50. (1 vol. in-8° de\n548 pp.)\nCe volume, le llme des \"Manuels d'histoire de la musique\", édités par Hermann\nKretzschmar, n'est pas l'un des moins intéressantes de cette collection si remarquable tant\npar le choix des sujets traités, que par la valeur des collaborateurs. Un second tome\ncomplétera l'ouvrage qui nous occupe ; il est actuellement sous presse ainsi qu'une histoire de\nla \" musique d'orgue \" du Dr M. Seiffert. Aujourd'hui l'éminent professeur de Fribourg nous\noffre une contribution des plus importantes à l'histoire de la musique d'église ; c'est en effet\nla première fois que l'histoire de la forme musicale de la messe est exposée systématiquement,\ndans une vue d'ensemble.\nM. Wagner expose d'abord clairement le caractère et le rôle de chacune des parties qui"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.29", "texte": "36\nS. I. M.\n\ncomposent la messe (Ordinaire et Propre) et nous fait voir comment nait peu à peu du chant\ngrégorien, tout l'art polyphonique ; des exemples musicaux, la plupart inédits, nous font\nsaisir les différents progrès de cette évolution.\nUn chapitre est consacré aux prédécesseurs de Josquin : Dufay, Okeghem, Hobrecht ;\nvoici maintenant le glorieux XVIe siècle avec Josquin de Près, Pierre de la Rue, Brumel,\nMouton, Compère, Gombert, Clemens non Papa, Adrian Willaert, J. de Kerle et en France\nJanequin, Certon, de Sermisy et Goudimel. En Allemagne fleurissent Adam de Fulda,\nAgricola, Heinrich Isaak, Senfl, Handl, H. L. Hassler et surtout Orlando Lassus.\nM. Wagner, attribue la plus grande importance aux messes de Roland de Lassus, qu'il\nappelle \" le plus international des auteurs de messes, qui ait jamais vécu. \"\nLes deux derniers chapitres du livre sont consacrés à l'Italie et l'Espagne. Les diverses\nécoles : vénitienne, romaine sont présentées et étudiés. Les messes de Palestrina font l'objet\ndu dernier chapitre.\nEn appendice M. Wagner publie pour la première fois deux messes très caractéristiques :\nl'une de Morales (f 1553) à 4 voix (Missa de beaia Virgine), l'autre de Viadana (1564-1627) à\n2 voix égales (Missa Dominicalis)publiée à Venise en 1607. Dans celle-ci pendant le\net le Credo,le chant grégorien (messe XI. Ed. Vat.) doit alterner avec la polyphonie.\nUne table alphabétique, rendant les recherches faciles, complète le volume.\nFÉLIX RAUGEL.\nEMMANUEL (Maurice.) — Traité de Vaccompagnement modal des Psaumes, (grav. in-8°,\n210 pages, 6 francs. Janin frères, éditeurs, Lyon.)\nJe suis heureux de saluer, en ce nouveau livre de notre confrère, un très bon ouvrage.\nIl procède d'idées artistiques, très supérieures, et, par là, se heurtera certainement non\nseulement aux conditions pratiques de l'office, mais surtout au manque de culture archéo-\nlogique de nombreux organistes, et plus encore au manque de goût qui domine dans le\nclergé, où l'éducation d'art, même d'art purement liturgique, est à peu près lettre morte.\nM. Emmanuel donne d'excellents exemples de ce qu'il entend comme rôle du grand\norgue, dans les réponses au chœur : ces exemples, soigneusement étudiés, et minutieusement\ndécrits par l'auteur, doivent intéresser tous les musiciens, par la recherche et l'observation\naiguës en quoi M. Emmanuel a voulu faire ressortir tout ce que ces chants contenaient.\nMais, (en le remerciant de m'avoir trop souvent fait l'honneur de me citer), l'auteur me\npermettra-t-il quelques objections ? Il veut ramener la pratique du chant liturgique à l'art\nde la grèce antique. Or, quels sont les chants qui procèdent de la pratique musicale gréco-\nromaine ? A coup sûr pas les Psaumes auxqueîs il consacre son livre : leurs textes et leurs\ngenres sont d'origine hébraïque, si leurs formules ont été fixées à une date plus moderne.\nEt depuis Aristote jusqu'à Saint Grégoire le Grand et ses successeurs, combien de siècles se\nsont écoulés ? Si l'enseignement antique comme je l'ai démontré, resta en vigueur, en ses\ngrandes lignes, jusque vers le XIe siècle, ce ne fut pas sans modifications du style et d'ailleurs\nau grand profit de l'art. Pourquoi faire rétrograder cet art de plusieurs siècles, en lui impo-\nsant un \" canon \" périmé ?\nEnfin, une autre objection sera faite. Si, au nom de l'art et de l'archéologie, M. Emma-\nnuel condamne l'accompagnement polyphone de toute autre pièce que les psaumes et\nl'ordinaire de la messe, pourquoi est-il plus difficile, sur ce point, que nos confrères de\nl'époque monodique ? Car, pour \" une \" qu'ils voulussent la mélodie, ils ne la voulaient pas\n\" nue \" : les plus anciens traités d'organum montrent que dès au moins le VIIIe siècle de\nnotre ère, — et certainement bien avant, — on \" organisait \" les antiennes, les psaumes, et\nles hymnes, dont nous avons d'ailleurs des exemples : et celui que M. Emmanuel cite comme\ntype p. 25, est justement 1' \"organisation\" d'une antienne. Alors ?\nA. GASTOUÉ."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.31", "texte": "PRÉLUDE DE CHOPIN\nComposition de R. Spies"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.32", "texte": "Société Française des Amis\nde la Musique\nBUT DE LA SOCIÉTÉ\nLA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE a pour but de grouper\nen une grande Association tous ceux qui aiment la Musique ; d'aider de la manière la plus\ngénérale au développement de lArt Musical en France et à sa diffusion à l'Etranger ;\nd'accorder son patronage et son appui à toute manifestation musicale digne d'intérêt ; enfin\nde créer les moyens d'action nécessaires pour réaliser, à côté de son programme artistique,\nune Œuvre Sociale, Philantropique et Utilitaire qui ennoblisse ses efforts et justifie la\nmission qu'elle s'est proposée.\nEXTRAIT DES STATUTS\nARTICLE 3\nLa Société se compose de Membres Sociétaires, de Membres Donateurs,\nde Membres Bienfaiteurs et de Membres d'Honneur.\nLes Membres Sociétaires, Donateurs et Bienfaiteurs devront être agréés\npar le Bureau.\nPour être Membre Sociétaire, il faut payer une cotisation annuelle de 20 francs.\nLa cotisation de 20 francs peut être rachetée par un versement unique de 500 francs.\nPour être Membre Donateur, il faut verser une cotisation annuelle d'au moins\n100 francs.\nPour être Membre bienfaiteur, il faut avoir versé en une fois une somme d'au\nmoins 1000 francs.\nLes Dames peuvent faire partie de l'Association. Elles sont éligibles à toutes les\nfonctions.\nARTICLE 4\nLa qualité de membre de la Société se perd :\n1° Par la démission,\n2° Par la radiation prononcée par le Conseil d'administration pour non paiement des\ncotisations, après deux avis, ou pour motif grave.\nTout membre démissionnaire doit les cotisations échues et celles de\nl'année courante. (Loi du ler1er Juillet 1901, art. 4).\n\nToutes les communications doivent être adressées au SECRÉTAIRE GENERAL de la\nSociété, Rue de 29."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.33", "texte": "38\nSOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE\nN. B. Les adhésions qui nous parviendraient\ns'appliqueront à Vannée suivante. Néanmoins, les AMIS\ncarte, et ils bénéficieront du service de la Revue\nsociétaires.\n\nTous ceux qui, de près ou de loin, comme amateurs ou à titre professionnel,\ns'intéressent à l'art musical, doivent faire partie de la Société Française des AMIS\nDE LA MUSIQUE :\nPARCE QUE LES AVANTAGES QUI LEUR SONT OFFERTS :\nService gratuit de la Revue Musicale S. I. M. dont l'abonnement est de 15 francs,\nRéduction sur le prix des places de certains concerts symphoniques et de musique de\nchambre,\nRemise spéciale sur achat de livres et de musique,\nEn certaines circonstances, réduction de prix sur les chemins de fer,\nPrérogatives particulières, etc...\nleur assureront plusieurs fois le remboursement de leur cotisation,\nPARCE QU'ILS profiteront de privilèges spéciaux pendant la saison musicale à Paris,\nPARCE QU'ILS seront conviés à des réunions privées réservées aux seuls membres de\nla Société (représentations, concerts, auditions, conférences, promenades, etc.),\nPARCE QU'ILS trouveront au siège de la Société les renseignements, les avis et l'appui\nqui leur manquent bien souvent, en province surtout,\nPARCE QUE l'union s'impose entre ceux qui estiment que la musique n'a pas, dans la\nvie de notre pays, le rôle et la place qu'elle doit et qu'elle peut avoir,\nPARCE QU'ILS coopéreront à une œuvre à la fois artistique, sociale et philanthropique\ndont le succès immédiat a prouvé la nécessité et le haut intérêt moral, et dont toute l'ambi-\ntion, son Conseil d'Administration en est garant, est de se montrer éclairée, indépen-\ndante, active et pratique."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.34", "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE\n39\n\nBULLETIN MENSUEL\nUne séance musicale privée du plus haut intérêt artistique a réuni nos membres le\nlundi 16 mars chez Madame Alexandre ANDRÉ, qui avait eu la gracieuseté de mettre ses\nsalons à la disposition de la Société Française des Amis de la Musique.\nNous prions Madame ANDRÉ de trouver ici, pour le nouveau témoignage de sympathie\nqu'elle vient de nous donner, l'expression de notre profonde reconnaissance.\nLes privilégiés qui ont assisté à cette réunion ont eu le rare plaisir d'une audition de\nmusique ancienne interprétée sur des instruments anciens reconstitués et construits par les\nsoins de la Société des Etablissements Gaveau et gracieusement prêtés, pour la circonstance,\npar M. Etienne Gaveau.\nLe cadre élégant et distingué du bel hôtel de Madame André était bien fait pour\névoquer, pendant une heure, des époques les plus attrayantes de la musique.\nSur le clavicorde, l'épinette et le clavecin, Mademoiselle Hélène Léon a fait revivre,\navec un charme et un talent exquis, des œuvres telles que : Prélude et Fugue (J. S. Bach),\nMusette et tambourin (Rameau), Marche turque (Mozart), Passacaille (Haendel), deux pièces\n(Scarlatti), Rappel des oiseaux (Rameau) dans leur véritable esprit et tels qu'on les entendait\nau temps jadis.\nEt Melle Madeleine Bonnard, très gracieuse dans une toilette du temps, a chanté avec\nun art et un style infiniment poétiques, en s'accompagnant à l'épinette et à la harpe irlandaise,\ndes vieilles chansons telles que : Bouton de Rose (Princesse de Lamballe), L'amour est un\nenfant trompeur (Martini), Romance (Garat) et l'Heureux Vagabond (Bruneau), dont la grâce\nsurannée a charmé l'auditoire.\nParmi les personnes présentes : Mmes Alavoine, C. Alphen-Salvador, Bally, Beer,\nBenda, Bernheim, Bloch-Cardozo, Blondel, la Baronne et Mlle de Blonay, Brettauer, Brey,\nE. Cahen, G. Cahen, Cahn, Citroën, Cohen, Dauriac, Dreyfus-Stern, Dufour, Ebel, Escoffier,\nEstrabaut, Faucheur, Ferdinand-Dreyfus, Galewska, Max Getting, Harouel-Garcia,\nL. Helbronner, Herrmann, Jourdain, Juge, de Kisch, Laffite, Leleux, Lucien Léon, Lowen-\nbach, Mange de Hauke, Mayrargues, P. Moricand, P. Moyse, Pam, Peignot, E. Philippi, la\nComtesse de Pourtalès, Sée, Vacher, Vogt, Weinbach, Trêves, Zukowska, Mme et Mue Léon,\nMeUes Arthus, Bizet, Bloch, S. Boudon, Didier, Francôme, Du Bled, de Fébrer, Gaillard de\nWitt, V. Gross, Kastler, Lucie et Liseron Léon, Lindahl Moreau, Winklerfelt, MlB et Mmes\nBeaucaire, Bret, Gaiffe, Thomas, Turquan, Monsieur, Mme et MlleGaveau, MM. Berly, Bertelin,\nBoeswillwald, David, Devaux Haussmann, Dreyfus. d'Eichthal de la Fresnay, F. Halphen,\nHerbelot, Kateneff, Laugier, Michel, Mayer, Raulin, H. Rieder, Rikoff, Rolléro, Vacher,\nWeinbach et Zébaume.\nGrâce à Mlles Madeleine Bonnard et Hélène Léon qui ont bien voulu accepter avec tant\nd'amabilité de nous prêter leur concours, cette matinée a remporté le plus grand succès ;\nnous adressons à ces deux charmantes artistes l'expression de nos plus chaleureux remer-\nciements."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.35", "texte": "Les Théâtres\n\nBÉATRICE\nC'est décidément au-delà de nos frontières que s'écrit cette année l'Histoire de France.\nPour la seconde fois de la saison, Monte-Carlo a enlevé à Paris l'honneur de créer une\nœuvre significative de notre théâtre contemporain. Pendant que les directeurs de nos scènes\nsubventionnées, qui ont le devoir d'être prévoyants, dispersent leur effort sur des partitions\ncondamnées à mourir jeunes, Raoul Gunsbourg qui est pourtant affranchi de la servitude\ndu répertoire met sa coquetterie à choisir, pour trois représentations, des ouvrages offrant\ntous les signes extérieurs de la longévité la plus rassurante et à donner à ses collègues\nla recette d'un bon souper de \" centième\".\nIl est certain que les deux dernières œuvres de Massenet et de Messager représentent\nune contribution importante à l'histoire du lyrisme contemporain. Nous les retrouverons\nbientôt, installées \" dans leurs meubles \" sur les boulevards, avec un bail sérieux. L'indiscrète\nintervention du président Bricoud, qui entend lui imposer un mobilier de son choix,\nretardera sans doute l'emménagement de la pauvre Cléopâtre, mais Béatrice a déjà signé\nson engagement de location avec les propriétaires actuels de la salle Favart. Les baptêmes\nmonégasques portent bonheur.\nL'œuvre nouvelle de MM. de Fiers, Caillavet et Messager n'est pas ce qu'un vain\npeuple pense. On s'accorde à louer chez ces trois artistes un esprit délié, une sensibilité à\nfleur d'épiderme, une ingéniosité raffinée et une imagination orientée vers la plus délicate\nfantaisie. Ils ont bénéficié d'un legs appréciable dans la succession de Marivaux et l'ont"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.36", "texte": "L'ACTUALITÉ\n4-1\n\nfait fructifier avec une rare intelligence. D'innombrables succès les ont classés dans l'admi-\nration publique. C'est assez dire qu'une telle unanimité dans l'éloge et une telle spécialisation\ndans la république des arts commencent à leur peser. Ils doivent éprouver une lassitude\ncroissante lorsqu'on les félicite d'être spirituels et légers : à ces moments-là ils comprennent\nle père Ingres et l'absolvent d'avoir parfois délaissé le pinceau pour l'archet !\nC'est dans une de ces minutes de défi que les auteurs de ont choisi le sujet de\nBéatrice. Une belle légende du XVIe siècle avec un miracle, un rapt de religieuse, un bouge\nsicilien où l'on joue du couteau pour les beaux yeux de la nonne devenue ribaude et une\nvierge ex machina qui ramène la brebis égarée, voilà qui vous lave sérieusement du reproche\nde parisianisme !\nSœur Béatrice se fait remarquer dans son couvent par sa ferveur à la Vierge des\nt I\nEpines fleuries. L'ardeur de sa piété qui va jusqu'à l'exaltation la plus passionnée lui attire\nmême les remontrances de la Supérieure et du vénérable évêque de Palerme qui l'interroge\npaternellement sur son passé.\nBéatrice est entrée au couvent pour accomplir un vœu : elle a pris le voile parceque la\nVierge Marie a sauvé son ami d'enfance Lorenzo d'une mort certaine. Par toute une vie de\nrenoncement elle s'efforcera d'acquitter cette dette de reconnaissance. Voilà pourquoi son\nmysticisme est presque farouche et frise l'orgueil coupable. Le bon évêque s'efforce de\nramener le calme dans ce cœur agité.\nSoudain Lorenzo paraît. Il n'a pas oublié la tendresse qui le liait jadis à Béatrice. Il\nl'aime et vient l'arracher au cloître. Troublée par la prédiction d'une bohémienne qui lui a\npromis un avenir de volupté, la pauvre religieuse lutte courageusement contre son cœur, mais\nLorenzo, qui ne s'embarrasse pas de vains scrupules, appelle deux amis, la bâillonne et\nl'enlève. Et voici que la statue de la Vierge s'anime ; au pied de son autel elle ramasse le\nmanteau de Béatrice, s'en enveloppe et va occuper à la chapelle la place de la fugitive.\nDans une voluptueuse villa, enfouie sous la verdure, les deux amants ont caché leur\nbonheur. Béatrice se grise de tendresse pour étouffer ses remords, mais Lorenzo est déjà las\nd'une passion aussi tyrannique. La comédienne Musidora n'a pas de peine à l'attirer dans ses\nbras et à l'emmener à Palerme. Folle de désespoir, Béatrice renie l'Amour et se voue\ndouloureusement au Plaisir.\nQuatre ans ont passé. Lorenzo revient d'un long voyage où il a vainement cherché\nl'oubli. Il entre dans une petite auberge de pêcheurs et demande à voir danser la fameuse\nGinevra \" si belle que pas un ne lui résiste et si docile qu'elle ne résiste à aucun. \" Elle\nentre, et Lorenzo reconnaît avec horreur Béatrice devenue courtisane. Il essaie de l'arracher\nà sa honte mais elle le repousse avec des gestes d'hallucinée. Des matelots envahissent le\nbouge et lui demandent de danser. Elle obéit, pendant que Lorenzo s'enfuit, éperdu. Deux\npêcheurs, ivres de jalousie, se ruent l'un contre l'autre, le couteau à la main : l'un d'eux\ns'effondre bientôt, le cœur transpercé. Tout le monde s'écarte avec horreur de Béatrice qui,\ndemeurée seule avec le cadavre sanglant, prie quelques instants et se redresse à l'appel d'une\nvoix mystérieuse. Des chants lointains l'attirent au dehors et elle s'éloigne dans une sorte\nd'extase.\nSes pas l'ont ramenée au seuil du couvent. Elle boit comme une eau pure l'air du\ncloître où frissonnent les voix angéliques de ses compagnes. La Vierge Marie est toujours au"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.37", "texte": "42\nS. I. M.\n\nmilieu d'elles, sous le manteau de Sœur Béatrice : la pécheresse se jette à ses pieds, et la\nMère de miséricorde l'absout et reprend sa place sur l'autel pendant que le couvent retentit\nd'hymnes d'actions de grâces.\nInutile d'épiloguer sur l'orientation d'esprit que représente le choix d'une telle anecdote\nde la part des auteurs de la Belle Aventure et du compositeur de Visiblement,\nils ont voulu faire un grand pas hors du sentier fleuri qu'ils suivaient si allègrement jusqu'ici :\nest-ce un pas en avant ou en arrière ?... Je professe à l'égard de la hiérarchie des genres des\nopinions trop subversives pour oser trancher cette question dans le sens de mes préférences\npersonnelles !\nLe seul fait certain est que Messager est un délicieux musicien qui, dans toutes les\ncirconstances de la vie et dans toutes les situations où le placera la fantaisie des librettistes\nsaura toujours nous ravir par son tact, son goût, la perfection de sa forme et la nette élégance\nde sa pensée. La partition de Béatrice nous le prouve une fois de plus avec une très person-\nnelle éloquence.\nElle offre des particularités assez curieuses qui intéresseront vivement tous ceux qui se\nplaisent à prolonger par une lecture attentive, sous la lampe amie, l'écho des joies musicales\néveillées par l'orchestre. La personnalité d'André Messager s'est trop victorieusement affir-\nmée jusqu'ici pour qu'on puisse se méprendre sur le sens de l'observation qui va suivre et\nc'est pourquoi je n'hésite pas à la formuler. En s'imposant la tâche d'aborder dans ce\n\" mystère \" un style plus élevé que dans ses précédents opéra-comiques, Messager a tout\nnaturellement resserré son écriture, et a révélé un côté de son talent que le public connais-\nsait assez mal. Béatrice et c'est son plus adorable défaut est écrite, presque tout entière,\ndans une langue harmonique qui a la densité, le grain si spécial de la musique de chambre.\nEt cette musique de chambre est celle qui donne à la un parfum impéris-\nsable. Lisez au piano le premier acte de Béatrice : dans la coupe des phrases, dans l'accent\ndes périodes, dans les formules pianistiques d'accompagnement, dans les progressions\nharmoniques et les altérations caractéristiques, vous retrouverez l'atmosphère si spéciale des\nlieder de Fauré. Encore une fois, l'originalité de l'auteur demeure inattaquable, mais cette\ncurieuse expérience a trahi la secrète parenté qui unissait deux musiciens dont nul ne soup-\nçonnait les affinités. L'humoriste des Dragons de Vlmpératrice et des Petites Michu cachait\nune âme fauréenne ! Par la qualité de son écriture, par la rigueur avec laquelle une scène est\nsoumise jusqu'au bout à la logique d'un développement musical, par le style volontairement\nrebelle aux conventions théâtrales, Béatrice est la petite sœur de Pénélope. Comme son aînée\nelle pourra surprendre l'auditeur par la superposition de ses fines nuances harmoniques\nneutralisées à l'orchestre par un contact trop étroit, mais elle l'enchantera dès qu'il se sera\npenché sur la partition.\nLes trouvailles d'expression sont innombrables dans ces quatre actes : les interprétations\nles plus libres des chefs-d'œuvres russes ou des ouvrages wagnériens auxquels l'auteur s'est\nsi généreusement dévoué, créent à chaque instant des ambiances d'une riche couleur dans\ncette musique d'humaniste et de lettré. On sent que le musicien qui a écrit ces lignes\ncomprend toute la musique. C'est un art supérieurement intelligent. C'est l'art de l'homme\nqui a donné, le premier, à ses contemporains des indications définitives sur le dosage subtil\ndes éléments mystérieux qui confèrent au philtre orchestral d'un Debussy son pouvoir"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.38", "texte": "L'ACTUALITÉ\n43\n\nmagique ; c'est l'art du chef d'orchestre qui, après tous les capellmeister du monde, a su\ndécouvrir dans Parsifal des sonorités d'une suavité insoupçonnée et dévoiler, d'un coup de\nbaguette, le sens caché de prophéties wagnériennes demeurées obscures à l'entendement des\nexégètes bayreuthiens les plus attentifs ! Nous aurons dans quelques semaines le loisir de\nrevenir sur ce sujet lorsque Béatrice deviendra citoyenne française : en attendant ne négli-\ngeons pas l'occasion qui nous est offerte de proclamer l'efficace et bienfaisante influence\nqu'a su exercer dans une période de l'histoire de la musique aussi troublée que la nôtre,\nce témoin clairvoyant, ce jeune Nestor à la sagesse bienveillante qui unit au sens critique\nle plus lucide la plus tendre sensibilité musicale.\nBéatrice est présentée à Monte-Carlo avec le faste, la magnificence et cette sorte d'iro-\nnique prodigalité qui sont de tradition dans la maison de Raoul Gunsbourg. Pour interpréter\nun rôle de quelques mesures on a fait appel, par exemple, à des artistes comme Bourbon ou\nGilly et nul ne songe, dans ce pays de Cocagne, à invoquer les sacro-saintes hiérarchies qui\nrendent impossibles, sur d'autres scènes, des ensembles de cette qualité. MUe Andrée Vally,\nque l'émotion paralysait un peu, a étudié avec la plus louable conscience les deux aspects\nde la Kundry palermitaine qu'elle incarne avec toutes les qualités et les défauts d'une\ntriomphante jeunesse ; Rousselière domine toujours ses rôles avec une aisance et une autorité\nqui ne donnent jamais la sensation de l'effort; MMes Royer, Carton, Monti, Alex, Malraison,\nMM. Marvini, Delmas, Clauzure, Delorme et tous leurs brillants camarades, Léon Jehin et\nson orchestre, Visconti et ses pinceaux ont savouré une fois de plus les joies du triomphe.\nEt, dans sa loge de scène, alerte et trépidant, l'organisateur de la victoire, l'œil au hublot\ncomme un mécanicien de rapide surveillant ses signaux, règle la marche de la puissante\nmachine théâtrale qu'il conduit, en vitesse, avec une souriante témérité, mime toutes les\nscènes, joue tous les rôles et sourit de satisfaction en voyant se dérouler les phases d'un duel\nau couteau, réglé avec une maîtrise qui atteste la proximité de la frontière italienne...\n\nEmile Vuillermoz."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.39", "texte": "La grippe qui sévit si fâcheusement à Paris,\ncollaborateur Claude Debussy qui, à la dernière minute, s'est trouvé dans l'impossibilité absolue\nde nous donner sa chronique habituelle. Nous remettons donc au prochain numéro le compte-\nrendu des Concerts Colonne.\n\nCONCERTS LAMOUREUX\n\nBien que cela n'ait pas beaucoup de rapport avec les concerts Lamoureux, nous tenons\nà nous associer aux vœux de bienvenue adressés à la nouvelle par notre\ncollègue en critique Cl. Debussy.\nCelui-ci nous permettra bien de lui signaler une légère erreur qui s'est glissée dans son\narticle.\nIl semble ressortir de cet article que jusqu'ici, ni Paris, ni la province française, ne\npossédaient d'association de ce genre...\nIl existe cependant à Paris, et cela depuis bientôt quinze ans, une certaine Schola\nCantorum plus intéressante, même au point de vue social, que toutes les associations\nprofessionnelles, puisqu'elle est organisée en coopérative, ce qui la rend absolument unique\nen son genre.\nLes cent-soixante-dix chanteurs et instrumentistes de cette association ont donné en\npremière audition à Paris une quantité de belles œuvres inconnues jusque-là ; plus de vingt\ncantates de Bach, trois opéras de Rameau, deux opéras de Monteverdi, etc.\nSi nos souvenirs ne nous trompent pas, c'est même aux concerts de cette\ncoopérative que M. Debussy a fait, il y a quelque douze ans, connaissance avec J. Ph. Rameau\nauquel il rendit à cette époque un si charmant \" hommage \" pianistique.\nIl paraît aussi avoir oublié la Schola cantorum association chorale bien connue\ndans toute la région méridionale française, qui, sous l'habile direction du vaillant Witkowski,\na donné de superbes exécutions, dans maintes villes de France, de Suisse et d'ltalie."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.40", "texte": "L'ACTUALITÉ\n\n45\n\nIl semble également ignorer qu'il existe à Nantes deux associations chorales hors\nligne : la Société César Franck et la Schola cant toutes deux dirigées par des\nchefs jeunes et ardents, MM. Le Gueanant et d'Argœuves. Cette dernière association, com-\nposée de cent-quatre-vingts choristes vient de donner, de la de Bach,\nune exécution qui pourrait servir de modèle au point de vue du rendu expressif.\nNous en passons, et des meilleures, comme la de Pau, celles de Besançon,\nde Nancy, de Valence, et cette magnifique Société Charles Bordes de Saint-Jean-de-Luz qui\ndonnait, l'automne dernier, une si émouvante interprétation de la Grand'messe de Bach...\nNon, certes, la France n'a rien à envier à l'Allemagne sous ce rapport ; les associations\nchorales faisant \" de l'art \" n'y manquent pas.\nMais plus il y en aura et mieux ce sera pour la musique ; c'est pourquoi nous sommes\nheureux de saluer à sa naissance la nouvelle association fondée par M. Inghelbrecht, ce jeune\net intelligent artiste dont nous avons été des premiers ce n'est pas lui qui nous contre-\ndira à reconnaître et à signaler le talent de chef.\nPassons maintenant aux nouveautés entendues depuis le mois dernier aux concerts\nChevillard.\nElles furent nombreuses et variées, nous les citerons par ordre de date.\nD'abord, le Prélude du IVe acte de la Cléode M. Le Borne, longue phrase pour\nquintette à cordes, tour à tour douloureuse et tendre, sans effets déclamatoires de mauvais\naloi, et d'une belle tenue, en dépit de certains frottements un peu rugueux. Il faut noter\nun ingénieux procédé, (déjà employé par M. Max Reger dans sa op. 95) qui\nconsiste à diviser les instruments à cordes en deux masses, l'une avec sourdines, l'autre sans\nsourdines. L'auteur obtient de la sorte des oppositions de timbres instantanées, et, lorsque\nles deux masses sont réunies, une sonorité mélangée tout à fait curieuse. C'est du bon\ncoloris orchestral.\nLe ler1er Mars, c'étaient les Chants de guerre de M. Alexandre Georges.\nCes récits dramatiques entrecoupés de répliques d'orchestre d'allure vigoureuse et un\npeu sauvage, ont été remarquablement interprétés par Mme Lyse Charny. Il convient de\nlouer chez l'auteur la très juste accentuation des paroles que la voix généreuse de la cantatrice\net sa diction hors-ligne firent particulièrement ressortir.\nLe 8 Mars, l'orchestre interpréta à merveille une Symphonie en trois parties de M. Stan\nGolestan.\nCette symphonie, dont les deux premières pièces {allegro et scherzando) s'enchaînent, est\nbâtie, très classiquement du reste, sur des thèmes populaires roumains dont quelques-uns\n(celui du scherzando notamment) sont vraiment un peu \" simplets \" et ne méritaient guère\nl'honneur d'un agencement symphonique. De plus, la réexposition du premier mouvement\neut gagné à n'être point la reproduction intégrale de l'exposition, ce qui donne à ce morceau\nune certaine monotonie. Ces défauts mis à part, l'œuvre est assez solidement construite et\nla dernière partie du finale, où tous les thèmes antérieurs sont ramenés par changements de\nrythmes, est d'un effet tout à fait charmant."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.41", "texte": "46\nS. I. M.\n\nMais quels cornistes il faut pour enlever d'assaut les terribles hauteurs du début de ce\nfinal ! Le vaillant pupitre des cors de l'orchestre Chevillard semble se jouer de ces\nmais je ne conseille pas à M. Golestan de confier l'exécution de sa symphonie à l'orchestre\nde Romorantin, voire à celui de Carpentras !\nAu concert du 15 Mars nous eûmes un duo extrait de Cachaprès, l'œuvre de M. Casadesus\nqui vient d'être représentée avec succès à la Monnaie de Bruxelles.\nA notre humble avis, la musique faite en vue de la scène (et ce duo est essentiellement\nscénique) perd une grande partie de son intérêt si elle est présentée au concert... et nous\nne faisons pas d'exception pour les extraits des drames Wagnériens.\nConséquemment, le duo de Cachaprès ne nous a point produit l'effet que nous en\nespérions après lecture. Mais qu'on veuille bien noter que ceci n'est nullement un blâme\ncontre le compositeur... ce serait plutôt un éloge... L'orchestre, (quelqu'attention qu'y\napportât M. Chevillard) étant donnée sa situation matérielle, couvrait naturellement l'articu-\nlation des chanteurs, en sorte qu'il était difficile à l'auditeur de se rendre compte de ce qui\npouvait se passer entre eux. Un trop long grouillement de petits cris d'oiseaux imités à s'y\nméprendre, pouvait avoir sa raison d'être au théâtre, mais parut, au concert, bien déplacé et\nquelque peu grotesque.\nNous attendons la venue du musicien qui, non content de savoir photographier\ninstrumentalement les cris d'oiseaux, prendra l'initiative d'introduire dans l'orchestre une\nvolière garnie de ses habitants... cela serait bien plus vrai que les gazouillements de petites\nflûtes et de sons harmoniques.\nPour en revenir au duo de Cachaprès, toute la terminaison, où l'orchestre se calme et\nlaisse enfin transparaître les paroles, nous a paru d'un sentiment très franchement musical\net plein d'une véritable poésie.\nIl y avait fort longtemps que nous n'avions entendu la de M. R. Strauss ;\naussi, avons-nous tenté l'expérience d'une audition sans apprêts littéraires, nous contentant\nd'écouter cela comme on écouterait une symphonie.\nEt nous avons été frappés de la pauvreté— nous pourrions presque dire de la puérilité\nde conception de cette grandiloquente palabre.\nC'est une superposition d'épisodes sans grand intérêt musical, dont l'arbitraire assem-\nblage ne peut s'expliquer si l'on perd de vue le scénario inscrit au programme. L'architec-\nture n'en est guère plus compliquée que celle d'une symphonie d'Haydn ou de Cannabich,\nmais avec un emploi de moyens exaspérés parfois exaspérants qui jurent considéra-\nblement avec la fragilité de la construction.\nC'est bien toujours le manque absolu de que nous observons chez tous les\nallemands modernes, peintres, architectes, littérateurs et musiciens.\nUn ravissant épisode, s'il se bornait à rester épisodique, l'apparition féminine\npersonnifiée par l'habile archet de M. Soudant.\nC'est d'abord tout à fait charmant, et l'on est séduit par la venue de cette délicieuse\nfigure mais pourquoi s'ensuit-il un étalage d'études de Fiorillo et de caprices de Kreutzer\ncombinés P....\nAprès tout, la femme aimée du héros était peut-être violoniste...., ce serait sa seule excuse.\nDès que Madame Héros a fermé sa boîte à violon, de sérieuses difficultés surgissent."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.42", "texte": "L'ACTUALITÉ\n47\n\nLe héros se fâche tout rouge contre ses détracteurs, ou peut-être sont-ce les dits détracteurs\nqui l'apostrophent de façon aussi peu avenante, nous n'avons pas bien pu le discerner ; mais\nque ce soit l'un ou que ce soient les autres, tous ces gens-là produisent des bruits bien peu\nmusicaux.... et bien inutiles.\nPlus loin, le calme reparaît, et l'on croit comprendre malgré certains borborygmes\ntroublants qu'il s'agit d'un déjeûner sur l'herbe àla campagne Encore quelques légères\ndifficultés mais l'ange du foyer est allé quérir son violon, elle endort gentiment son héros\net puis c'est fini.\nTout cela, à peu de choses près, dans les mêmes tonalités et sans aucune recherche de\ncomposition.\nIl y a c'est évident, de la puissance mais c'est tout.\nCombien nous devons nous estimer heureux, nous français, à quelque école que nous\nappartenions, de n'avoir point subi ces déprimantes influences et d'avoir su conserver, même\nà travers notre actuelle russomanie, les qualités de goût et de style qui ont toujours, et à\ntoutes les époques, constitué la caractéristique de toutes nos productions d'Art !\n\nVincent d'Indy.\n\nSOCIÉTÉ DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE\n\nC'est un vieil égyptologue, récemment décédé, qui inaugurait, je crois, en ces termes,\nune notice bibliographique : \" Il y a beaucoup de bon et de nouveau dans le livre de M. X...\nMalheureusement tout ce qui est bon n'est pas nouveau et tout ce qui est nouveau n'est\npas bon. \"\nRien n'était nouveau dans l'antépénultième programme de la Société des Concerts,\nmais presque tout était excellent. Et rien n'apparaît plus salutaire pour les âmes citadines\nque la Symphonie pastorale.Quand on l'affiche, tout l'abonnement est aux champs. La baguette\nde Messager y fait, à souhait, la pluie et le beau temps. Le second pour piano de\nM. Saint-Saëns est sans doute l'une des œuvres préférées de M. Cortot, l'une de celles où\nl'ascendant de son jeu altier, de son fougueux lyrisme, s'impose avec le plus de force. On\nmanifeste assez chichement au Conservatoire. C'est le fin du fin d'affecter une certaine\nfroideur dédaigneuse. M. Cortot s'est fait arracher un et il a joué l'aubaine est rare\ndu Schubert. Peut-être faut-il voir là le présage de la dont les pianistes paraissent\navoir, depuis quelque temps, perdu la mémoire.\nLe motet de Bach Je reste avec toi,compte parmi les pages familières aux Chœurs de\nla Société des Concerts. Le Messsie, dont les deux chœurs Parmi nous Venfant est né et Alléluia\nvenaient u clore \"le programme, s'est donc fait suffisamment attendre pour ne pas démentir\nle poncif que vous savez. Il faut respecter toutes les traditions. Quant à Thamar de Balakirew,\nnous la retrouvons toujours avec ravissement. L'extraordinaire plasticité, la diversité des\nthèmes, cette impatience ou cette langueur des rythmes raniment, plus vivement que le plus\nsomptueux spectacle, la légende farouche. J'ai souvent confessé ma prédilection pour Antar\noù transparaît une émotion dont Rimsky s'est montré trop avare. Je n'aimerais pas beaucoup\nqu'Antar devînt un ballet russe. Peut-être, de même, la réalisation scénique, qui accapare\nles yeux au détriment de l'oreille, enlève-t-elle à l'œuvre de Balakirew un peu de son pouvoir"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.43", "texte": "4-8\nS. I. M.\n\nsuggestif. Tout au plus peut-on regretter qu'elle ne soit pas orchestrée par Rimsky. Qu'en\npense Casella ?\nM.M. de Bréville et Florent Schmitt siégeaient, le 22 février, entre Haydn, Beethoven\net Berlioz. Le Concerto pour violoncelle d'Haydn s'est porté beaucoup cette année. L'exécu-\ntion en est fort ingrate. Ce ne sont qu'escalades et glissades tout le long du manche. La\nmaîtrise de Mme Caponsacchi-Jeisler n'en a cure. Cette douceur dans l'autorité, cette intelli-\ngence et ce charme sont irrésistibles. La Danse de M. Schmitt dédiée à Emile\nVuillermoz est, si je ne m'abuse, un chœur d'épreuve au concours de Rome, qui a mérité de\nsurvivre à son académique destin. Elle s'inspire d'une poésie du charmant Jean Lahor,\ndilettante de l'orientalisme, qui a écrit une Histoir et à qui l'on doit\nles vers que M. Saint-Saëns a mis en épigraphe au seuil de la Danse macabre et les strophes\ncâlines de la Chanson triste de M. Duparc.\nLa Danse des Devadasis trahit déjà la personnalité de M. Schmitt. C'est cette virilité,\ncette vigueur, cette ardeur impulsive qui l'ont gardé de Palexandrinisme déliquescent. C'est\nen même temps cet instinct de l'évasion, cette hantise des pays inconnus, ce don et ce goût\nde la couleur, de tout ce qui vibre. On sait combien M. Schmitt a été séduit par l'exubérante\nvitalité de Chabrier. Les rythmes, les modes exotiques, la rutilance orchestrale, composent\nà la Danse des Devadasis une capiteuse atmosphère. Les imitations n'ont plus rien de\nscholastique. C'est le tournoiement des corps éperdus. Et, du fugato, assez peu oriental en\napparence, monte peu à peu l'ivresse envahissante du délire choréique. Le public conserva-\ntoral lui-même s'est laissé gagner par cette frénésie. Je ne me rappelle pas qu'un auteur\nvéritablement \"jeune\" ait obtenu rue Bergère un succès aussi franc.\nMme Magda Leymo, soprano solo parmi les se retrouvait aux côtés de\nMme Croiza, de Mlle Sanderson et de Mlle Suzanne Thévenet dans de\nM. Pierre de Bréville, représenté à la Monnaie en 1910 et qui figure, sans doute, parmi les\ndenrées dont l'importation est prohibée à la douane française, puisqu'il n'a pas encore\ntrouvé sur notre sol, de scène hospitalière. Les éternelles légendes revivent à travers la\ntransparence, la fraîcheur et la jeune émotion de cette musique, si délicatement et finement\npoétique. Mais j'accorde que l'action ou seulement, si l'on veut, le décor, ne paraissent pas\npouvoir en être détachés. Puisque MM. Isola ont renoncé à se consacrer uniquement à la\nvieille \" Gaieté \" française, il me semble que la féerie de M. de Bréville pourrait trouver\nplace dans leurs programmes.\nIl me reste à peine quelques lignes pour évoquer la huitième de Beethoven, la\nSymphonie en si bémol de Haydn, le Psaume de Liszt que M. Frantz clama avec une ardeur\nd'apôtre. Le Conservatoire l'avait exhumé récemment. Le pour harpe de Mlle Renié\nne nous était pas inconnu. Le souvenir de Parsifalle traverse. Il y a aussi du ce\nsont les bras souples, onduleux, de Mlle Renié qui se jouent comme deux cols de cygnes et\nqui font des miracles sonores. La harpe retrouve une faveur nouvelle dans le monde virginal.\nQui sait? Si la Forlane, ressuscitée par un •'bref\" papal, a la vie courte, la Pavane renaîtra\npeut-être ô Fauré ! ô vous Ravel ! qui jugez que les infantes doivent être défuntes, et qui\navez quelquefois raison.\n\nPaul Locard."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.44", "texte": "4\n\nLe bal de l'Opéra\n\nA cohue est animée plutôt que joyeuse. On va, on vient dans les couloirs, en quête on\nxJLJJ ' m • X\nne sait de quoi. On se croirait dans un grand magasin, un jour d'exposi-\ntion, les étalages manquent. On voudrait passer dans la salle, mais l'entrée\nde l'amphithéâtre est barrée de sombres sergents de ville qui renvoient\nla foule au rez-de-chaussée, et là d'étincelants gardes républicains la\nréexpédient au premier étage. De guerre lasse, on va stationner au foyer,\noù des couples essayent de vagues Tangos parmi le rassemblement com-\npact, heurtant ici un dos tourné, plus loin une table servie, renvoyés\nd'épaule en épaule. Bientôt ils s'arrêtent et deviennent spectateurs,\ncomme tout le monde. C'est le bal de l'Opéra.\nLes hommes sont en imposante majorité, et cette majorité est\nx - J ' J\nd aspect tristement parlementaire, car presque tous portent l'habit noir, avec la concession\ninfime d'un nœud de rubans à la boutonnière ou d'une écharpe aux trois quarts dissimulée\nsous le gilet. Quelques-uns seulement portent des dominos qui reportent aux beaux jours du\nThéâtre des Arts, et cette évocation elle-même n'est pas sans mélancolie. Il faut tout\navouer : cinq ou six jeunes gens se donnent l'air d'être persans pour exhiber des bras\nrougeauds et des nuques pustuleuses qui ne tentent l'un ni l'autre sexe, et ils sont réduits\nà se prendre mutuellement par la main.\nLes femmes, par un heureux retour, sont presque toutes jeunes et jolies. Celles qui\nprétendent appartenir au monde ont simplement ajouté à leur toilette de soirée un fichu\njaune et rouge, car ce sont là, on le sait, les couleurs de la redoute. Celles qui viennent\ndes théâtres portent les costumes des derniers spectacles : le le\nimaginaire. Quelques pierrots et pierrettes, quelques marquises, un ou deux arlequins.\nOn s'écarte au passage d'une énorme bergère qui s'appuie lourdement sur sa houlette et\nsemble un aggloméré de biscuits de Sèvres.\nUn remous, des rires, des cris affectés : des habits noirs poursuivent deux nymphes\nfaussement éperdues ; ce sont des mannequins, venues pour montrer ces robes aux interstices\nquadrillés. Un peu plus loin, une dame au bras de son cavalier est harnachée d'un réseau de\nlanières endiamantées qui souligne de haut en bas toutes les mollesses d'un corps replet, et\nelle parle paisiblement de gens de connaissance. Ajoutons, pour l'honneur de notre pays,\nqu'elle parle russe.\nLe temps passe, et pour ne pas partir sans avoir vu la salle, on tente un effort désespéré.\nCette fois les sergents de ville débordés s'écartent, un flot roule sur l'escalier, les costumes\nsont fripés, les chairs meurtries, et on retrouve, sur le plancher improvisé, la même cohue\nd'habits noirs, les mêmes dominos, les mêmes mannequins, la même bergère impotente. La\nlumière est faible, l'orchestre sur la scène domine à peine le tumulte. Les cortèges des\nthéâtres défilent, évoquant moins de succès que de déceptions. Puis quatre-vingts girls que\nleurs perruques rosées rendent plus pareilles encore lèvent en cadence des jambes superpo-\nsables. Dans les loges, des familles regardent et ne daignent pas applaudir.\nDécidément les couloirs sont plus hospitaliers, sinon plus gais. Voilà qu'une pêcheuse\nde crevettes monte le grand escalier, conduite par un correct habit noir. Elle montre aussi\nhaut qu'on peut les montrer des cuisses de sauterelle, mais saisie par le courant d'air du\nvestibule, éternue sans précaution. Sur la plus haute marche, une arlequine apparaît, aima-\nblement moulée par le costume multicolore ; un instant appuyée sur sa batte, elle paraît\nnous faire signe, et disparaît. De toutes jeunes filles, des enfants presque, m'entourent ; ce\nsont des élèves de la maison, reconnaissables à la fraicheur de leur sourire ainsi qu'à leur"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.45", "texte": "5°\nS. I. M.\n\nétourderie sans fraude. L'une d'elles, qui fut au théâtre des Arts, mais n'en a gardé que des\nsouvenirs un peu confus, m'interpelle à pleine voix : \" Bonjour, Monsieur Piot. \"Et toutes,\nsur cette fausse identité, viennent m'offrir des mains confiantes. Toutes portent la robe à\nvolants étagés des miniatures persanes. Accoutumées aux déguisements, elles frétillent en\nces évasements que des cercles soutiennent, aussi à l'aise que si elles se sentaient nues, et\nelles ont bien raison, car leur gracieuse jeunesse imprime d'elle-même aux raides anneaux\ndes ondulation prestes et des fuites légères que les artistes persans voudraient avoir connues.\nMais elles m'ont quitté, car leur tour est venu de défiler devant les loges impassibles, et\nje rencontre un ami, puis un confrère, puis un camarade, un autre, un autre encore. On ne\nsaurait croire combien il est possible au bal de l'Opéra de renouer d'antiques relations de\nmétier, d'étude et même de collège. On ne saurait croire non plus combien, après tant de\npas inutiles, de bousculades, et de vains propos, le roulement de l'automobile est doux qui en\nquelques minutes atteindra une maison assoupie parmi le murmure inapaisé des arbres.\nJe ne prétends donner ici qu'une impression personnelle. D'autres ont pu trouver leur\nplaisir où je n'ai recueilli que fatigue. C'est qu'ils l'avaient apporté avec eux. Une société\nd'avance constituée s'est amusée au bal de l'Opéra, elle se fût amusée aussi bien, et plus à\nl'aise, dans le hall d'un hôtel ou sur le pont d'un paquebot. Loin d'avoir tiré du bal aucun\nprofit, il lui a fallu se défendre contre son désordre. Chaque groupe n'avait d'autre souci que\nde rester impénétrable aux groupes rivaux. On ne voyait que phalanges unies, on n'entendait\nque cris de ralliement et ceux qui par hasard se perdaient tombaient aussitôt dans un\ndésespoir de poussins en détresse au rebord d'une haie.\nIl n'en allait pas ainsi jadis, àce qu'on nous raconte. L'agrément de ce bal était au\ncontraire qu'à la faveur des masques et des travestis chacun pouvait s'évader de ses liens\ncoutumiers et conclure pour quelques instants, parfois, pour la nuit entière, des alliances\ninconnues et délicieuses. On ne se risque plus aujourd'hui à ces aventures. Paris est devenu\ntrop grand, et surtout trop accueillant aux aventuriers de toute espèce, notamment à ceux\nd'outre-mer. La crainte du rasta est, dans un bal ouvert, le commencement de l'ennui. Il\nfaut remarquer aussi que les gens de lettres et les artistes, autrefois représentants attitrés de\nla fantaisie, affectent aujourd'hui une correction plus que mondaine. Aucun d'eux, pour si\npeu qu'il se croie de notoriété, n'oserait la compromettre par un costume excentrique ou\ndes farces de collégien. Il ne reste donc plus, pour nous divertir, que ceux qui en font\nmétier. On observe, en toutes les civilisations anciennes, cette substitution. Les Romains de\nl'empire se contentaient, couchés sur leurs lits de repos, de regarder danser. Depuis plusieurs\nsiècles les Chinois de bonne éducation penseraient déchoir, eux aussi, en se livrant à des\ngestes dont pourtant le spectacle leur agrée fort. Ce sont là des faits dont il eût été bon de\ntenir compte, avant de tenter une résurrection sans doute impossible, à moins d'un miracle.\nJe ne crois pas que le miracle survienne cette année. D'ailleurs je ne contesterai pas le\nsuccès matériel de cette inauguration :on nous affirme que le bénéfice brut serait d'une\ncentaine de mille francs. Mais n'était-ce pas surtout un succès de curiosité ?Ce qui est\ncertain, c'est que jamais on n'avait entendu parler àla fois tant de langues étrangères,\nt' Vive le Brésil ! \" vociférait, près de l'un des buffets, une jeune femme plantureuse,\nbrandissant une coupe de Champagne et jetant autour d'elle des regards à l'huile bouillante.\nNous sommes quelques-uns qui ne pouvant relever son défi décidâmes àce moment-là de\nEprendre nos vestiaires.\n\nLouis Laloy."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.46", "texte": "S. I. M.\nsur la Riviera\n\nLe succès de la Grande Semaine d' S. I. M. sur la Côte dAzur a dépassé toutes nos\nprévisions. Favorisée par un temps splendide, la réunion de nos amis dans le décor enchanté\ndu printemps de la Riviera a été particulièrement brillante et animée.\nLe luxueux Grand-Palais de Nice, d'où l'on découvre le splendide\npanorama de la baie des Anges et qui, dans son aménagement intérieur,\na su joindre au confort le plus raffiné une note d'art si curieuse et si\npersonnelle, était le point de ralliement choisi pour nos voyageurs. Ils en\napprécièrent vivement l'agrément exceptionnel.\nLa ville de Nice les combla d'ailleurs de charmantes prévenances.\nAvec une bonne grâce dont nous ne saurions trop les remercier les\ndirecteurs de l'Opéra, du Casino Municipal et de l'Eldorado de Nice\nleur ouvrirent leurs théâtres et leur permirent de constater l'activité et\nl'éclat de la vie artistique niçoise dans cette période\nparticulièrement brillante de la saison.\nDeux déjeuners très élégants clôturèrent la série des\nmanifestations artistiques et mondaines qui marquèrent\nle séjour de nos abonnés sur le littoral.\nLe premier de ces déjeuners eut lieu à Nice, au Nouvel\nHôtel Ruhl, le matin de la Fête des Fleurs de la Mi-\nCarême. L'emplacement exceptionnellement favorable\nde ce luxueux Palace situé à l'angle de la place Masséna\net de la Promenade des Anglais permit à nos convives de\njouir du double spectacle de la Méditerranée miroitant\nsous le soleil et du défilé des automobiles fleuries, tout en\nsavourant les trouvailles d'un menu raffiné élaboré par un\nartiste culinaire héritier de Vatel.\nLe second déjeuner réunissait nos amis à l'Hôtel de\nParis à Monte-Carlo, avant la répétition générale de d'André Messager. Dans le\nmagnifique décor du hall monumental qui a fourni à nos romanciers tant de somptueuses\n\nM. Flach\n\nMlle Geneviève Vix"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.47", "texte": "52\nS. I. M.\n\ndescriptions, on se groupa autour de petites tables ornées avec un goût exquis. Les plus\nchaleureux éloges furent décernés à une cuisine et une cave justement célèbres dans le monde\nentier. Par une faveur spéciale aimable-\nment consentie par M. Raoul Gunsbourg,\ndirecteur de l'Opéra de Monte-Carlo, nos\nabonnés furent ensuite conviés à la répéti-\ntion générale de l'ouvrage de MM. de Fiers,\nCaillavet et Messager qui se déroula devant\nun public suprêmement élégant.\nNous ne pouvons citer les noms de\ntoutes les notabilités ayant assisté à nos\ndeux déjeuners et nous nous ne excusons\nd'avance. Relevons simplement, au hasard\ndes tables, la présence de Son Excellence\nM. Flach, ministre d'Etat, M. Isard, com-\nmissaire du Gouvernement, Général Goiran,\nmaire de Nice, le maître Camille Saint-\nSaëns, MM. André Messager, P.-B. Gheusi,\nM. Pedro Gailhard, Baronne Meyronnet\nde Saint-Marc, Comtesse de Morville, M. et\nMme Morgan, M. J. Ecorcheville, Mme Claire\nVirenque, Baron Reynaud, M. Salignac,\ndirecteur de l'Opéra de Nice, MM. Jean\nde Bonne-fon, Kufferath, MM. Léon Jehin, Louis Ganne, Baron et Baronne Charles de\nSaint-Cyr, Baron Guillaume de Saint-Cyr, M. et Mme Jules Chéret, Mnie Piré, M. Pélissier du\nBesset, M. et Mme Moro, M. Schlesinger, Marquis de Torre-Hermosa, M. de Mandryka,\nM. Mors, M. Eiffel, M. Navello, M. Pomé, M. et Mme René Doire, M. de Fourcaudj\nM. Emile Vuillermoz, Mme S. Brévil, M. Edouard Bouteron,\nBaronne de Winterfeld, Comte de Vissée, M. André Muller,\nCapitaine et Mme Vannier, M. Louis de Morsier, M. Pèrgre,\nM. Le Lubez, M. Ricardou, M. de Môller,\nM. Lénéka, MUe Geneviève Vix, Mme Jeanne\nDiot, Mme et MUe Bonnard, M. et Mme Fré-\ndéric Boyer, Mlle Bailac, M. de Richebourg,\nMme Sorga, Mme Royer, M. et Mme Paul\nSouday, Mlle Alice Gautier, M. et Mme Au-\nguste Germain, Mme Honfray, M. Bourbon,\nM. et Mme Barnett, M. Schneider, Mlle Ro-\nzann, M. Darrès, M. Kohn, M. et Mme Main,\nM. Lees, M. Dardenne, Mlle Lucienne\nGuett, Mme Thyll, MM. Jules Bois, J. Méry,\nde Playoust, Mme et MUe Delbois, M. Beau-\ndu, Mlle Christiane Dix, MM. Blavinhac, Marcel July, Cristini, Guglieminetti, M. et Mme Sama-\n\nM. Andrê Messager.\n\nM. Pedro Gailhard\n\nMlle Lucienne Guett"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.48", "texte": "LA QUINZAINE\n53\n\nzeuilh, M. et Mme Aron, M. André Gailhard, Mme de Villeneuve, Baron de Meyendorff,\nM. et Mme Georges Avril, M. et Mme de Cujis, M. Philippe Flon, M. Maurice Renaud,\nM. et Mme Linor, M. Brès, MUe Heilbronner,\nM. et Mme Legros, M. Gir, Mme Louise\nBalthy, Mme Cécile Didier, M. Pierre-Jan,\nle Capitaine Carpeaux, Mme d'Heilson, M. Le-\nfeuve, Mlle Renée Fanty, M. Strauss, M. Gan-\ndilhac, etc., etc\nNous avons été extrêmement touchés de\nconstater avec quel empressement les habi-\ntués de nos dîners parisiens ont répondu à\ncette \" Invitation au Voyage \" qui leur permit\nde retrouver dans un cadre exquis, l'atmo-\nsphère de cordialité et l'attrait artistique qui\nont fait le succès de nos réunions précédentes. En acceptant avec une bonne grâce si\namicale de monter indifféremment dans un taxi ou dans le Côte-d'Azur-Rapide pour se\nrendre à notre appel, nos hôtes nous ont donné un témoignage de sympathie et une preuve\nde fidélité auxquels nous sommes très sensibles.\nL'élégance de ce geste qui a supprimé les distances au nom\nde la plus charmante solidarité artistique a vivement intéressé\nla presse du littoral qui s'est montrée particulièrement aimable à\nl'égard de la Revue et de ses amis.\nNous devons des remerciements tout particuliers à nos\nexcellents confrères pour l'empressement avec lequel ils se sont\nmis à notre disposition pour faciliter notre tâche. L'J\nNice, le Petit Niçois,le\nle Journal,(édition de la Côte d'Azur), le\nDaily Mail, le Petit Metc... nous\nont témoigné la plus cordiale et la plus\nefficace confraternité.\nQuelques hautes personnalités mon-\ndaines de Nice nous ont favorisés de leur\nconcours le plus actif pour nous permettre\nde donner à nos réunions le cachet d'élé-\ngance et le caractère d'intimité choisie qui\nfirent leur charme.\nS. I. M.tient à exprimer ici à tous ceux qui l'ont aidée à réaliser ce projet, un peu\nhardi en apparence, sa très sincère gratitude.\n(Croquis\n\nM. Jules Chéret\n\nM. Camille Saint-Saëns.\n\nM. Eiffel\n\nMlle Andrée Vally"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.49", "texte": "A Travers la Quinzaine\n\nIl ne faut pas être très versé dans la vie musicale parisienne pour ne pas être frappé du\ndéveloppement ou plutôt de la multiplication des concerts en général et des récitals en\nparticulier. Sans doute, dira-t-on, il faut voir là un fait heureux et se réjouir de ce que, tant\nd'occasions leur étant offertes, les parisiens aient toute facilité pour s'instruire et avancer\ndans la connaissance d'un art qui leur est cher. Peut-être y aurait-il dans cette affirmation\nune part d'illusion. En regardant de plus près les choses, en comparant, pour prendre un\nexemple, les programmes élaborés cette année par dix pianistes dans le même mois, nous\ntrouverons cinq fois l'Appassionata, hait fois les quatre auditions\nintégrales des Etudes de Chopin op. 10 ou op. 25, enfin presque tous ces concerts inaugurés\npar une pièce de Bach se termineront par une page de Liszt. On peut dès lors se demander\nsi, malgré le talent, la plupart du temps très réel des interprètes, il n'y a pas là, en quelque\nsorte, une surcharge et, pour tout dire, des manifestations inutiles.\nLes origines de cet état de chose sont nombreuses et faciles à trouver. Il vient d'abord\ndu manque de curiosité musicale des virtuoses et de leur manque de facilité ; ayant appris à\nforce d'acharnement, sous la direction d'un maître donné, un certain nombre d'oeuvres,\ns'étant familiarisés avec le style de quelques auteurs, ils s'en tiennent à ces notions et à\nces habitudes scolaires et semblent ne pas soupçonner qu'il pourrait en être autrement.\nIl vient encore du manque d'indépendance et de cette espèce d'instinct qui incite à\nfaire comme le voisin de peur qu'il soit dit qu'on ne peut l'imiter. Cet état de choses vient\nen outre du public. Les auditeurs coutumiers des récitals ont adopté un certain nombre de\ncritériums et veulent constamment qu'on leur fournisse ce point de comparaison, cette\ncommune mesure faute de quoi ils se sentent incapables d'apprécier. Les auditeurs occa-\nsionnels sont encore plus exigeants et il est permis de penser qu'ils verraient d'un mauvais\nœil, ou pour ainsi parler, entendraient d'une mauvaise oreille une de Weber et\nprendraient les Scènes d'enfants pour une mauvaise plaisanterie. Il y aurait beaucoup à dire sur\nce sujet et nous y reviendrons. Pour aujourd'hui constatons l'équilibre et la méthode qui\nrégnent dans les travaux des concerts Monteux. Poursuivant un but nettement défini et\nconnu les programmes succèdent aux programmes sans le moindre manque de logique. Il\nest possible d'imaginer nettement non pas le détail du concert suivant mais son esprit et ce\nn'est pas là la moindre satisfaction que nous éprouvons. La cinquième séance se composait\nde Shéhérazade de Rimsky Korsakow, du Jo de Roger Ducasse et d'une\nseconde audition de Pétrouchka, pour la partie moderne. L'étincelant poème de Rimsky fut\njoué à la perfection sans aucune déformation rythmique et paré de tous les reflets de ses\ntimbres .Pétrouchkabénéficia d'une exécution aussi remarquable que la précédente, c'est le\nplus bel éloge que je puisse faire. Le Joli jeu de f est une page fort attrayante dans laquelle\nle thème très bref n'est qu'un prétexte et l'idée même qui s'y attache : \"il court, il\ncourt \" la vraie raison d'être. La virtuosité orchestrale de son auteur s'y emploie de la plus"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.50", "texte": "LA QUINZAINE\n55\n\nheureuse façon. J'avoue timidement que les deux emprunts faits aux classiques m'ont paru\nsoufrir de tels contacts: le Concerto pour violoncelle d'Haydn fournit à André Hekking\nl'occasion de faire des exercices en public, il les fit d'ailleurs très bien et Mme Claire Friché\n/ v AT-a- V/AIUI v JL 1 ÎVIIV^^\nmalgré tout son talent, ne sut rendre intéressant le\ngrand air de Fidelioqui est sans doute une des plus\nfaibles choses qu'ait écrites Beethoven. Le sixième\nconcert nous rendait la dernière des symphonies de\nSchubert. On se demande en subissant le charme de\nces quatre mouvements si vivants, si variés, pleins de\nmusique et de sève, ce qui a pu causer l'abandon dont\nsouffre cette œuvre exquise. la\nde Debussy et la Symphonie de Mozart très\ndélicatement jouée par MM. G. Poulet et F. Denayer\nnous fournirent l'occasion d'admirer encore la souplesse\net la qualité d'un orchestre qui égale les meilleurs. Une\npremière audition était consacrée à deux pièces sym-\nphoniques qui témoignent d'une délicatesse et d'un goût\naussi inspiré que discipliné, la seconde, principalement,\nintitulée Au soleil et qui tend à réaliser musicalement\nce vers de Samain :\nAu Zénith, aveuglant, brûle un globe de flamme\nest une évocation féconde de tout l'insaisissable travail des ondes lumineuses que le\nrythme et Fatmosphère orchestrale rendent sensible.\nMme Auguez de Montalant dont chacun connaît le\ntalent noble dosa avec sûreté le de Franck,\nsoulignant à la perfection la belle mélodie et renonçant\nà expliquer ce qu'est un cœur qui 11 bouillonne comme\nune urne \" puis elle dramatisa à souhait la phrase de\nla Mater Dolorosades Béatitudes.Pourquoi faut-il, depuis\nque nous avons entendu Mme Vallin-Pardo chanter la\nmême phrase d'inoubliable façon, que toutes les inter-\nprétations, même les plus sincères et les plus intelligen-\ntes. nous en paraissent, par comparaison, insignifiantes.\nLes deux derniers programmes de chez Sechiari\ntoujours très éclectiques ne semblent pas correspondre à\nla réalisation d'un plan précis. Le prélude de\nl'ut mineur,la Marche Hongroise de la\net l'ouverture d'Obéronsont de ces œuvres qu'on ne se\nlasse pas d'entendre mais qu'on a entendu la veille ici\nou là. Le Concerto en ré mineur pour piano et orchestre\nde Mozart permit à Mlle Hélène Léon de faire valoir ses\nqualités d'exécutante et d'interprète, le en ut\nmineur de Beethoven joué un peu scolairement par M]le Madeleine Franck lui fut cependant\nune occasion de montrer de la virtuosité, des œuvres nouvelles de M.M. Louis Villermin,\nFernand Masson, André Fijan et J. Rousse méritent mieux qu'une simple mention. Là aussi\nnous avons trouvé Shéhérazade mais peut-être un peu calmée un peu alourdie, plus soucieuse\nde logique et moins attirée vers la fantaisie qu'à l'ordinaire. Puis nous avons assisté indifférents\nà l'exhumation du prélude du 3me acte de Myrdhinde Bourgault-Ducoudray.\n\nFidélo\n\nPétrouchka\n\nMaurice Bex."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.51", "texte": "Les Sociétés\nSociété Philharmonique.\nLe sourcil étonné, l'œil tendu, fixe, maître de soi, oh ! combien, M. Debussy guette les\nnotes de la partition et surveille parfois, quand les extrémités du clavier les appelle, ses\nmains. Quelle saveur des gestes, dès lors que M. Debussy nous détaille la simplicité subtile\nde Children's Corner,ce régal d'invention pleine d'humeur et d'esprit délicat ! Les éléphants\nse balancent, la poupée tourne et chante, la neige danse en des arabesques de songe, le\npetit berger attendrit les cœurs féminins, le Golliwogg's cake-walk ravit l'assistance au point\nque l'auteur, sollicité, exécute un demi-tour de clown, s'assied de nouveau devant le clavier\net reprend le Golliwogg's cake-walk.\nChildren's Corner, Poèmes de Mallarmé dont le Soupir réserve à la voix humaine s'élevant\nsur un fond musical aux nuances blanches, chuchotantes, quasi muettes, un accent d'indé-\npendance intensément sensible, les Trois Ariettes décrues, fluides comme le temps\nqui passe et a passé, la Fille aux Cheveux dla ces pages se\nsuccèdent, s'appellent, avouent des liens secrets, une vie spéciale qui, rythme par rythme,\nnote par note dégrade notre âme à l'image de ses demi-teintes évanouissantes.\nJ'avoue qu'à ces petits tableaux dont la délicatesse ne va pas toujours sans excès je\npréfère le très connu et si attachant quatuor Que voilà de la pure musique,\nexpressive, ruisselante de richesses certaines et d'harmonieuse inspiration ! Est-il un enve-\nloppement plus légèrement chargé de poésie et de fleurs de rêve que interprété\nd'ailleurs par le quatuor Hayot avec le plus minutieux scrupule?\nEt pour exprimer l'esprit exact des Poèmes,des du\nlouons encore M. Debussy d'avoir fait appel à Mme Vallin-Pardo. On ne peut songer sans\nune vive irritation qu'un si pur talent demeure inemployé. La substance de la voix est\nextraordinairement pleine, souple et claire. L'art de donner à un mot, à un son, à une\nsyllabe leur valeur précise ne saurait mieux s'accuser. Et puis, l'intelligence et le goût\ndominent le chant avec une aise si constante et sensible qu'ils créent à chaque minute\nl'impression du parfait. Ce chant, sur l'effacement pianistique de M. Debussy, c'est la\nmusique même dans sa nudité pathétique.\nEDOUARD SCHNEIDER.\nGéographie musicale de l'Europe. (2E SÉANCE)\nReprenant son pèlerinage à travers l'Europe musicale contemporaine, M. Calvocoressi\nnous entraîna dans de nouvelles contrées, parfois inexplorées, toutes riches d'intéressantes\nrévélations.\nM. Emile Riadis, jeune compositeur macédonien, doit être placé au premier rang de\nnos découvertes. Sa verve mélodique surprend et séduit par sa spontanéité et son imprévu,\nrehaussée de savoureuses harmonies dont les témérités même ne sont pas sans charme. Ses\n\" Mélodies macédoniennes \" furent chantées par Mlle Malnory et accompagnées par\nM. Armand Lacroix mieux qu'avec talent : avec une compréhension parfaite des moindres\nintentions de l'auteur. M. Riadis dont l'œuvre est déjà assez considérable, a écrit de\nnombreuses autres mélodies et deux opéras : \" Galatheïa \"la Route Verte \" qu'il faut\nsouhaiter de connaître bientôt intégralement, les airs de ballet du premier ne pouvant\nqu'exciter nos légitimes impatiences. Il est aussi l'auteur d'un poème symphonique :\nISCHIOI MAKEDONIKOI, plein de vie et de couleur, que nous entendrons prochainement à\nl'un de nos concerts dominicaux."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.52", "texte": "LA QUINZAINE\n57\n\nUne nouvelle audition de deux œuvres de M. Léo Ornstein, m'oblige à leur faire\namende honorable et à rétracter l'appréciation trop hâtive, et maussade qu'elles\nm'avaient suggérée.\nLeurs juvéniles outrances déconcertent en effet moins par elles-mêmes que par leur\naccumulation, mais l'on arrive à en dégager la sensation d'une musique nerveuse, trépidante,\nexpressive à l'excès et même émouvante.\nLes \" Impressions de la Tamise \" semblent le plus réussi et accessible de ces deux\nmorceaux, avec leurs carillons fêlés répercutés dans les ondes grises du fleuve, leurs oiseaux\ntristes planant et gémissant sur ses rives. La \" Danse sauvage \" est moins pénétrable. Les\nrenâcleurs, strideurs et éclateurs futuristes ne seraient pas inutiles peut-être à son orches-\ntration. Ses trouvailles sonores, la frénésie et la diversité de son rythme nous livrent le secret\ndes sympathies qu'elle inspire malgré les obscurités de sa conception. M. Léo Ornstein reste\nsincère jusque dans ses pires audaces ; peut-on en dire autant de celles de M. Arnold\nSchœnberg ! Leurs agressives laideurs, leur exaspérante incohérence permettraient d'en\ndouter.\nDans son \"Traité d'Harmonie M. Schœnberg recommande, paraît-il, à ses disciples\n\"de n'être délibérément ni conservateurs ni révolutionnaires, l'artiste ne devant user que des\nmoyens que réclament son véritable tempérament poussé par un besoin impérieux. \"Il reste\ndifficile de discerner à quel besoin impérieux doivent naissance les œuvres d'un maître\naussi sage.\nAvec M. Walter Morse-Rummel nous revenons à une esthétique plus claire. Ses\nmélodies agréablement fauréennes et debussystes à la fois, nous replacent au milieu d'horizons\ndéjà familiers. Une autre mélodie, de M. Binenbaum sur un poème de Verlaine, nous\nmontre, en dépit de ses qualités, son auteur moins à l'aise dans le genre restreint du lied\nque dans les formes plus vastes de la sonate où nous avons déjà applaudi sa musique\némouvante et parfois grandiose.\nLe concert était complété par le \" Bœuf \" et la \" Plainte Antique \" de M. Alfred\nCasella, et les mélodies japonaises de M. Strawinsky. Ces œuvres avaient été précédemment\nentendues à la S. M. I. Il est inutile d'insister sur la séduisante musicalité des premières\net la joliesse menue des secondes si heureusement exprimées par Mme Nikitina et\nM. Koubitzky.\nPAUL LADMIRAULT.\nSchola Cantorum.\nLes deux dernières séances de la Schola étaient consacrées à l'exécution intégrale de la\nMesse en ré de Beethoven sous la direction de M. Vincent d'lndy. Je pense que les lecteurs de\nS. I.M. n'attendent ni ne désirent de moi une analyse détaillée de cette œuvre colossale dont\non a dit vraiment tout ce qu'il est possible de dire. Je me bornerai donc à parler de l'inter-\nprétation et louerai tout d'abord M. Vincent d'lndy d'avoir compris tout le côté descriptif,\npresque théâtral de l'œuvre, de ne l'avoir point exagéré ni trop mis en valeur, mais de ne\nl'avoir pas non plus négligé ou volontairement effacé. Il m'a paru en suivant la partition que\nles intentions de l'auteur étaient bien nettement marquées dans l'exécution. Louons donc et\nsans restriction M. Vincent d'lndy ! Louons aussi les solistes Mme Seyrés et Philip, Mrs Paulet,\nPlamondon et Gébelin ; louons encore les chœurs, surtout les voix féminines qui soutiennent\nsans défaillance une écriture vocale sensiblement aigûe et souhaitons enfin que M. Claveau,\nviolon solo, acquière, pour l'avenir une sonorité plus douce et par conséquent plus en rapport\navec la tendre prière du Bénédictus.\nMAX VIDAL.\nLes Amis des Cathédrales\nLe concert donné le 19 février par la Société des \" Amis des Cathédrales \" a offert\naux amateurs de résurections historiques un régal de haut prix. Avec l'un des splendides"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.53", "texte": "58\nS. I. M.\n\nmotets de Bach, le Stabat mater de Josquin Deprés, quelques pièces d'orgue de Bach, de\nSweelinck, de Gigault, le programme présentait en première audition une ''histoire sacrée\"\nde Marc-Antoine Charpentier, le Jugement d composée en 1702 pour la Messe\nrouge de la rentrée du Parlement, et jamais imprimée ni entendue idepuis lors : nouveauté\ndeux fois centenaire, dont MM. Letocart et de Reulin ont \" recueilli et restitué \" la partition\nd'après les manuscrits autographes de l'auteur, conservés à la Bibliothèque Nationale. On\ndoit les en remercier hautement. Le jugement de Salomon est une très belle œuvre, par\nhistoire de l'oratorio.\nL'exécution a fait grand honneur aux chœurs de la Société des \" Amis des Cathédrales\"\net à leur chef, M. Henri Letocart. Madame Jane Arger a donné au rôle de \" la vraie mère \"\ntout le relief que promettait son beau talent.\nM. B.\nConcerts-Rouge\nLe Festival Léo Sachs que donnaient les Concerts-Rouge pour leur \" gala \" de la Salle\nMalakoff, nous permit de porter un jugement d'ensemble sur l'œuvre si variée et déjà si con-\nsidérable de ce compositeur. Ce musicien unit à la veine mélodique abondante, à une\ninspiration claire et sincère, la forme nette, trop souvent négligée de nos jours. Ces\nqualités ont pu se révéler tout au long d'un programme où figuraient les noms d'artistes de\nchoix. C'était d'abord MUe Montjovet, qui dans la ballade accompagnée\npar l'orchestre, puis dans un groupe de mélodies au piano, se montra interprète d'une rare\nsouplesse, passant de la puissance dramatique au charme intime avec l'aisance la plus parfaite.\nServie par un organe vocal de premier ordre et par une diction sûre, elle souleva l'enthou-\nsiasme du public, qui redemanda. \"J'ai rêvet \" deux lieder\njustement populaires.\nC'est ensuite Madame Nordmann qui souligna délicieusement de son joli soprano le\nsolo d'une scène évoquant la Grèce antique, où la danse forme un fond délicat, accompagnée\nde flûte et de harpe. Cette jolie bluette, (sous le titre : u Les Nymphes\") eut également les\nhonneurs du bis.\nMllie Roger-Miclos joua en artiste de courtes pièces pour piano seul et le célèbre\nquatuor vocal Battaille interpréta une sélection de chœurs dont les meilleurs, à mon avis,\nsont : u Roses d'Automne\" et \" Le Soir\".Quand j'aurai ajouté que M. Léo Sachs dirigea ses\nœuvres symphoniques avec une remarquable sûreté, que le vaillant petit orchestre fut\nparfait, et charmantes les \"étoiles\" Mlle Antonine Meunier, M. Rouvière et Sauvageau de\nl'Opéra dans les \" Nymphes\" aussi bien que dans des qui terminaient la\nsoirée, j'aurai résumé mon opinion et celle aussi du public qui fit à Léo Sachs (et à ses\nœuvres) un accueil dont il a tout lieu d'être satisfait.\nL. V."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.54", "texte": "Le quatuor Lejeune a donné sa quatrième séance. Elle était consacrée en partie aux\ncompositeurs tchèques. On est un peu surpris en entendant des pièces signées de noms\ndifférents Novàk, Suk, Fibich, Smetana, Dvoràk et désignées par des titres si caractéristiques :\nEglogue dans le style populaire, Amoroso, Elégie, Sérénade. Danse tchèque, Ballade\npaysanne etc. de les trouver très semblables, toujours tragiques, souvent vulgaires, jamais\nsimples au sens élevé et musical du terme, on ne saurait en rejeter la responsabilité sur\nMl' Jan Herman qui traduisit pianistiquement ces pages avec toutes les qualités d'un fidèle\net compétent interprète. Le quintette à cordes de Dvoràk est une œuvre bien plus intéressante\nquoiqu'inégale. Le larghetto avec sa mélodie nostalgique et lancinante, si heureusement\nconfiée au premier alto, et ses oppositions rocailleuses et sautillantes est d'un effet bizarre\nmais captivant.\nNous apprîmes au même concert que Lazare Lévy composait ; il nous a été donné\nd'entendre un trio à cordes qui fait mal juger de la hardiesse de son auteur et apprécier au\ncontraire sa discipline. Peut-être avait-on craint l'emploi d'instruments à double fond ;\ntoujours est-il que, prestidigitateurs sans reproche, MMrs Nestor Lejeune, H. Benoit et\nM. Jullien n'ont pas craint de convier trois \" personnes de la société '\" à s'asseoir auprès de\nchacun d'eux pendant l'exécution des quatre parties du dit trio, et qu'aucun truc n'a été\néventé. Pour la plus grande satisfaction des auditeurs la séance avait commencé par le\nquatuor en si maj. de Mozart dans lequel le plaisant allegro final se moque de qui s'est\nlaissé impressionner par les interrogations mélancoliques de l'adagio et conclut en riant.\nLe quatuor Malkine a donné une très intéressante audition du pour piano et\nquatuor à cordes de G. Dupont. M. Dumesnil et les autres interprètes ont été fort appréciés\net applaudis après leur belle exécution.\nLe quatuor Oapet comme il le fait chaque année depuis\nune date déjà ancienne donne une audition intégrale des\nquatuors de Beethoven et réalise comme on sait une très\nérudite et très admirable interprétation. La salle Pleyel sera\ntrop étroite pour contenir le flot toujours montant des\nbeethoveniens.\nMel1* Hortense Miquel n'a pas une voix inouïe et expressive. Elle n'en a que plus de\nmérite d'avoir réussi à chanter de façon en somme variée, souvent jolie, toujours adroite,\nsans jamais crier ni recourir à des \" trucs \" un air de la Flûte enchantée de Mozart et des\nlieder de Schubert, Debussy, R. Hahn, Duparc et R. Strauss. Il faut la féliciter en outre"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.55", "texte": "60\nS. I. M.\n\nd'avoir chanté deux des mélodies d'Enesco sur des textes de Clement Marot. Ces pages\ntrop peu connues ont la plus réelle valeur et celle intitulée est\nune manière de chef-d'œuvre. Georges Enesco lui-même les accompagna et joua seul des\nnièces de violon, et avec Mr Braud, la sonate de Franck. Un rhumatisme tacheux qui avait élu\ndomicile dans les avant-bras de ce\nimprovisation où la pensée de Franck\nil été plus simple de demander à\npuisqu'il était là, vaillant, et que, à\nfaçon, on peut penser qu'il aurait\nBlonde et souriante dans sa\nd'argent Mme Linkenbach ignore\nvoix très éclatante ne connaît pas\npianiste fut, parait-il, la cause a une\ntint une place réduite. Peut-être eut-\nJean Verd de jouer cette sonate\nl'entendre accompagner d'exquise\nfort bien secondé Enesco.\nrobe verte recouverte d'une tunique\nl'art si difficile des demi-teintes, sa\nde nuances intermédiaires entre les\nFf et les pp. il s'ensuit que les textes sont parfois écrasés et que 1 articulation pune mai.\nMr Victor Gille prêtait son concours à cette soirée. On ne saurait reprocher ace pianiste\nl'excès de simplicité mais on ne peut d'autre part ne pas être séduit par une technique très\npersonnelle et pleine d'invention.\nInnombrables et vaillants les pianistes attirent chaque soir une foule délirante plus\nsoucieuse que jamais de voir les grands prêtres du clavier consulter les dieux et interroger\nl'avenir en éveillant les vibrations de la grande harpe qui dort couchée dans son sarcophage\nd'ébène sur le trépied sacré de la Pythie. Nul mieux que le grand\nSaùer ne sait la faire parler, et nul n'explique plus clairement ses\noracles. Jamais ses interprétations ne sont en deçà des textes, jamais\nnon plus elles ne vont au delà, c'est pourquoi il atteint la perfection.\nOn a trop insisté sur la science pianistique de ce grand artiste pour\nqu'il soit utile d'y revenir, mais on ne dira jamais assez jusqu'où va\nchez lui le souci de l'exactitude et comment son jeu change de couleur en passant\nde Bach à Beethoven et de Schumann à Chopin. C'est l'âme même de ces com-\npositeurs de génie qui revit, ranimée par le miracle de ses doigts.\nMarcel Oiampi dans un programme varié et attrayant fait valoir une technique souple\net riche plus brillante qu'imprévue. En une séance précédente il avait fait preuve de disci-\npline et de goût en jouant avec Jules Boucherit, André Hekking et F. Denayer des œuvres\nde Schumann, Rachmaninow, Saint-Saëns et Fauré.\nOssip Gabrilowitsch remporte un grand succès\nnotamment après avoir donné une belle interprétation\nde la sonate en si j> min. de Chopin. Peut-être Beet-\nhoven et Schumann exigent-ils un style moins heurté\net moins fantaisiste et la façon dont le célèbre pianiste\ntraduit la pathétique est pour certains un peu surprenante Roger de Francmesnil exclut\nla fantaisie, il tente au contraire dans son programme consacré à Chopin de réaliser la"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.56", "texte": "LA QUINZAINE\n\n61\n\npensée du maître en certaines cle ses oeuvres et ne craint point d'affronter coup sur coup les\nquatre ballades et la sonate op. 35. déjà nommée, c'est là un beau courage qui comble d'aise\net d'admiration un nombreux public.\nMelle Marguerite Laeuffer est probablement l'une des plus douées parmi les jeunes\npianistes ; avec une aisance et une simplicité étrangères au moindre effort anna.-^r>f\ntraduit à la perfection entre autres les douze études ' ent, elle\ns op. 25 de Chopin montrant sous toutes ses formes\nson talent où s'unissent le charme le plus grand et\nla puissance la moins commune. Mlle LucieCafFaret\nne lui cède en rien à aucun point de vue : la vir-\ntuosité, le goût, l'intelligence musicale ici comme\nlà sont tout à fait attrayantes.\nIl faut féliciter Melle Caffaret d'avoir élu la en la de Weber non seulement parce\nqu'elle y a trouvé l'occasion d'un grand succès mais parce que ces sonates trop abandonnées\nsont pleines de musique et de musique riche, ardente, mouvementée, qui manque parfois de\ngoût et de mesure, mais de passagère façon, et n'ignore en tout cas jamais la variété ni\nl'inspiration. Ne faut-il pas aussi dire que cette remarquable pianiste, plus que quiconque\nécoute ce qu'elle joue, et que le geste est bien joli de la tête blonde qui se penche légère-\nment de côté pour juger du son obtenu. Au souci qui se marque ainsi gracieusement sont\ndues sans doute ces qualités de ponctuation et d'accentuation musicales qui expliquent et\nvoient les textes.\nMaurice Dumesnil a donné salle Gaveau une séance composée d'œuvres classiques et\ndes Heures dolentes de Gabriel Dupont. On sait que le célèbre pianiste depuis longtemps déjà\na pénétré les secrets de cette musique et que nul mieux que lui ne saurait la faire compren-\ndre. Mais ces quatorze pièces ne gagnent évidemment pas à être jouées les unes à la suite\ndes autres et leur audition intégrale est plus instructive qu'attrayante. Il faut d'autant plus\nféliciter M. Dumesnil d'avoir fait passer le souci du respect qu'on doit aux œuvres chères au\ndelà de la tendance inférieure qui pousse la plupart des virtuoses à chercher un succès\nfacile.\nLa deuxième séance Loyonnet eut le même succès que la première. Tout chez cet\nartiste concourt à la parfaite expression musicale. Ce fut un magnifique interprète de\nHaendel, Beethoven et Chopin et dut pour apaiser un public enthousiaste mais exigeant\njouer après avoir exécuté son programme une des légendes de Liszt ! Melle Lewinsohn, très\nfêtée elle aussi, a un talent qui s'oriente plutôt vers la sensibilité que vers la précision ; elle\nparut mêler quelques giboulées à la pluie discrète qui tombe doucement sur les de\nClaude Debussy mais joua avec beaucoup d'âme tel prélude de Chopin et garda à telles\npolonaises cette teinte mélancolique dont leur éclat est parfois empreint.\nV. Buesst dans des œuvres très connues montre qu'il lui est plus facile d'interpréter les\nmouvements lents que ceux\ndans lesquels ses doigts s'in-\nquiètent. Melle Meyer prouve\nqu'elle sait composer un pro-\ngramme, le jouer d'attrayante\nfaçon, et attirer un public\nnombreux. Melle Cocq donne\ndeux récitals consacrés à la\nmusique classique et moderne\net obtient un grand succès.\nMelle Carmencita Perez dont le nom est plus espagnol que le jeu, raide devant son piano\nsemble une poupée mécanique mais une poupée qui possède une virtuosité impressionnante.\nAlbeniz, de Falla, et Turina sont fêtés comme leur jeune interprète.\nAussi bien l'Espagne est-elle noblement représentée cette quinzaine, puisqu'à la Salle"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.57", "texte": "6 2\nS. I. M.\n\nErard, Montoriol Tarrès nous révèle à proprement parler les de Granados bien\nque nombre de pianistes les jouent assez fréquemment. Il analyse les diverses phases de ce\nroman, et les situe en des décors précisés, il montre ce majo et cette maja tour à tour mêlés\nà la foule grouillante ou isolés dans leur tristesse et nous laisse sous l'impression de ce\njardin solitaire où \" agonisent lentement les échos de la nuit, de la fontaine et d'une\nmerveilleuse chanson. \"\nLe reste du programme fut enlevé avec un brio si étourdissant que la salle enthousiasmée\nfit au brillant pianiste catalan une interminable ovation ; après les Six de Liszt d'après\nPaganini, notamment, ce fut du délire. Jamais la prestigieuse technique du remarquable\nvirtuose n'avait été plus éblouissante.\nBatalla qui possède plus que jamais une virtuosité incomparable domine de loin les\ndifficultés qu'on rencontre dans certaines pages de Saint-Saëns, Bach, Scarlatti, Beethoven,\nSchumann, Brahms, Fauré ou Liszt. Enfin, Motte-Lacroix pianiste émérite que sa technique\nd'une qualité très supérieure place au premier rang des grands virtuoses, manifeste une\nconscience et une sincérité musicales au delà de tout éloge ; il se donne à l'interprétation\nde Bach, de Liszt, de Fauré et de Chopin avec une ardeur et une conviction élevées et rares\net à l'admiration qu'on éprouve en l'entendant se mêle une respectueuse émotion.\nLe jeune André de Prang nous est arrivé de Russie précédé d'une réputation glorieuse.\nLes plus grands maîtres lui avaient accordé leur suffrage le plus flatteur et le désignaient\ncomme l'un des futurs rois de l'archet. Le récital merveilleux que cet étonnant enfant prodige\nnous a donné salle Gaveau n'a pas déçu l'espoir qu'avait fait\nnaître sa renommée. L'éclat de sa virtuosité, la perfection de sa\ntechnique, le charme de sa sonorité, la souplesse de son archet\nont fait l'admiration des connaisseurs et lui ont valu un formi-\ndable succès. Son programme qui réunissait les noms de Men-\ndelssohn, Beethoven, Bach, Paganini, Popper, Elgar et Kreisler\na été interprété d'un bout à l'autre avec une autorité musicale\net une maturité dans l'expression et le style absolument stupéfiantes. L'avenir qui s'ouvre\ndevant un artiste aussi exceptionnellement doué dépassera sans doute ses plus ambitieux\nespoirs.\nMlle Simone Pilon est plus qu'une virtuose remarquable, c'est une véritable artiste, elle\na joué dans une suave sonorité Varia de Bach et avec la plus saine dextérité la de\nSaint-Saëns. La sonate de Grieg que l'on réentend comme par enchantement a été\nexécutée avec une grande correction et cependant une certaine indépendance qui ne nuit\npas dans le premier morceau. MUe Madeleine Filon comme pianiste et Mme Pierre Weber en\ntant que cantatrice obtinrent, elles aussi, un grand et légitime succès.\nJosé Iturbi et Gaston Poulet, le violoniste bien connu des habitués des concerts\nMonteux, ont donné un concert très attrayant tant au point de vue de la composition du\nprogramme que de son exécution. La sonate de Franck, la sonate à Kreutzer et même le"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.58", "texte": "LA QUINZAINE\n63\n\nConcerto de Chausson pour piano, violon et quatuor à cordes sont certes\ndes œuvres que l'on entend fréquemment mais ce n'est pas sans raison\nd'être. deux artistes y ont trouvé l'occasion de mettre en valeur leurs\nqualités très rares de charme, de délicatesse, de distinction et de haute\ntenue musicale.\nEdouard Nadaud a organisé un festival de violon. Tout en conduisant\nl'orchestre il a fait entendre quelques-uns de ses élèves dans des concertos\nde Mendelssohn, de Beethoven, Lalo et dans la de Max\nBruch. René Hemery, Mlle Lorsain, Mme LineTalluel, et Vittorio Emmanuele\nont fait preuve d'un talent égal et de personnalités diverses très intéressantes.\nConcerts Chaigneau. Une grippe malencontreuse empêche Mlle Berta Goldenson\nde participer à ce concert, M. Sistermans, en remplacement voulut bien accepter de chanter\nquelques liederde Schubert ; il les dit d'une voix ample, sincèrement émue et sensible.\nM. Ossip Gabrilowitch joue impeccablement d'une prétention jolie et subtile la en la\nmineur de Schubert dont la pensée musicale n'est pas très profonde, mais qui fit tant briller\nle virtuose en remplacement des duos de Schumann il interpréta une de Gluck\nBrahms et une rhapsodie de Brahms ; il enthousiasma son auditoire. Le succès de cette\nséance fut pour le Concerto en ré mineur de Bach, pour trois pianos et orchestre si plein de\ngravité et d'émotion, où les trois exécutants, Mme Thérèse Chaigneau, M. Gabrilowitch et\nM. Walter Morse Rummel ainsi que M. Vieux à l'orchestre recueillirent de nombreux bravos.\nGérard Hekking possède toutes les qualités des grands artistes : la virtuosité, le style,\nla qualité et l'ampleur de la sonorité, on chercherait en vain ce qui lui manque. Il a donné\ndernièrement un récital où il obtint le plus grand succès.\nGeorges Pitsch, un jeune belge de très grand mérite, violoncelliste, lui aussi, dans les\nsonates de Porpora, de Boccherini et dans le ler1er concerto de Saint-Saëns montra que ces œuvres\ndifférentes sont propres à faire ressortir les diverses faces de son beau talent. Mme Durand-\nTexte qui chantait à ce concert dit avec autorité trois mélodies de Fauré et trois mélodies de\nR. Hahn.\nMme Marthe Girod et Henri Choinet exécutent correctement un programme un peu\nmonotone consacré uniquement à Beethoven. On pourra mieux juger ces artistes dans leur\nprochain concert dont le programme est plus varié.\nr » O 'r r > pr r. . \\( X X"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.59", "texte": "NANCY. Comment y a-t-il pu vraiment y avoir une question du théâtre et du\nConservatoire à Nancy ? A-t-on pu mettre un seul instant en comparaison la valeur artistique\nde ces deux maisons ? C'est en sortant du 10e concert que je me pose ces questions :\nMHe Demougeot, une fois encore, vient d'être ovationnée comme il est impossible de\nl'imaginer. M. Ropartz, en regagnant son pupitre, eut sa large part d'enthousiasme.\nM. Fernand Pollain, en nous faisant connaître un lamento écrit spécialement pour lui par\nson ami Gaubert, retrouva son succès habituel. Disons encore que le prochain et dernier\nconcert terminera splendidement la saison, avec l'audition entière du 3e acte de Parsifal, le\nrôle de Gurnemanz étant tenu par Delmas.\nEn vérité, comment a-t-on pu penser un seul instant à compromettre ces concerts pour\nle seul avantage du théâtre, qui ne peut donner, une seule fois dans toute la saison, une\nmanifestation comparable à un seul de ces concerts?\nUn vœu du conseil municipal disons de suite qu'il ne se réalisera jamais voulant\nsauver le théâtre qui se meurt à Nancy, demanda le changement de jour et d'heure des\nconcerts. On projetait de les donner en semaine, le soir. C'était la mort de l'institution :\nquiconque connaît quelque peu les Nancéiens, leur amour de la routine, de leurs habitudes,\ncomprendra facilement que c'en était fait de la belle école musicale de Nancy. Et tout cela\npourquoi ? Tout d'abord pour laisser ces jours-là l'orchestre à la disposition du théâtre, et\nensuite, très probablement, dans l'espoir que le public du Conservatoire, avec un ensemble\nparfait, n'ayant plus son concert du dimanche irait chercher des compensations au théâtre.\nCela n'a même pas besoin d'être discuté.\nS'il faut rechercher la cause de la crise du théâtre à Nancy, on la trouvera ailleurs.\nDonnez-nous une bonne troupe, une interprétation digne d'une telle ville, et je suis certain\nque le public ne sera pas long à retrouver le chemin du théâtre.\nJe ne suis pas un bien vieux nancéien. J'ai cependant le souvenir de quelques belles\nsoirées, qui ont fait date dans mon esprit, tout comme tel ou tel concert du Conservatoire :\nje cite, au hasard, une représentation du Fortude Messager, avec Breton-Caubet, en\nforme parfaite, et l'exquise Mlle Pérérol. C'était au temps de la direction Mirai. Est-il si\ndifficile de retrouver de pareilles soirées ?\nNon loin de nous, et sans vouloir vanter une direction qui a certes contribué à cette\ncrise théâtrale, rappelons que M. Chabance a monté à Nancy, et sur le plateau incommode\nde la salle Poirel, la Damnation de Faust, la création du Pays, et enfin les Maîtres-Chanteurs,\navec Delmas dans le rôle de Hans Sachs. Peut-on mettre en balance la et\nqui furent les grandes nouveautés de la saison actuelle ?\nIl y a autre chose. C'est même plus qu'un vœu, malheureusement, c'est une réalité.\nNancy n'aura plus de troupe comique l'an prochain. La troupe lyrique y gagnera-t-elle\nvraiment ? Et la direction théâtrale aura-t-elle la tâche facilitée de cette manière ? C'est\nimprobable : la question serait trop longue à discuter ici. Je me bornerai à rappeler le fait\nsuivant, qui prouve que la comédie a connu de beaux jours à Nancy.\nC'était il y a trente ans, M. Albert Carré, aujourd'hui administrateur de la Comédie\nFrançaise, était directeur du théâtre de Nancy. Ce fut lui qui fonda ces concerts qui donnent\naujourd'hui tant de renom à notre ville, et qui à leur début, firent partie de l'administration\nthéâtrale. Tout d'abord, ils périclitaient. Sait-on ce qui les sauva, en quelque sorte ? La troupe\nde comédie, car M. Albert Carré put opposer aux maigres recettes des dimanches de\nconcert, les splendides matinées des autres dimanches, où l'on donnait de la comédie, il fit\nvaloir aussi que les représentations de comédie étaie"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.60", "texte": "LA QUINZAINE\n65\n\nfrais, et put ainsi obtenir de la municipalité une subvention amplement justifiée, qui, sans\ntoutefois lui faire regagner tout ce qu'il perdait ainsi volontairement pour le seul amour de\nla musique, lui permit cependant de mener à bonne fin son œuvre des concerts.\nMaintenant, je dois ajouter que M. Carré n'hésitait pas à recourir au talent du <frand\nCoquelin\nRevenons au Conservatoire. Sa sérénité n'est en rien troublée par le léger orage qui vient\nde passer sur lui. Longtemps encore, espérons-le, son directeur continuera son excellente\nbesogne, pour le plus grand bien de l'Art musical, et aussi de la ville de Nancy. Et pour me\nplacer à un point de vue un peu plus particulier, nombreux sont ceux qui, comme moi\nappartenant à la jeunesse universitaire, ont tout appris de la musique dans ces concerts du\nConservatoire. Nombreux sont ceux qui ont senti là pour la première fois leur âme pro-\nfondément troublée par le souffle de Beethoven, de Schumann et de Franck. Ils ne sont pas\nla majorité, mais cependant ce sont eux qui, bientôt dispersés aux quatre coins de la France,\nferont connaître la valeur artistique de leur ville d'étude. Et vraiment, n'est-ce pas la\nmusique actuellement, du moins qui intervient pour la plus grande part dans les\nmanifestations d'art de Nancy ?\nA. L.\nNANTES. Grand-Théâtre. Madame Marie Delna et M. Albers ont donné une\nmagnifique représentation de Y Attaque du Moulin.Madame Delna a été longuement acclamée\naprès les \" imprécations à la guerre \" qu'elle rend avec une admirable puissance vocale et\ntragique. Triomphe pour M. Albers, le meilleur Merlier qui existe à l'heure actuelle. Madame\nDelna a chanté aussi Carmen avec succès. Mme Lucy Vuillemin a interprété Mimi de la\nde Bohème d'une façon charmante. C'est une chanteuse de goût et une délicieuse comédienne.\nAssociation Nantaise des Grands Concerts. Le programme du dernier Concert compre-\nnait d'abord la Symphonie Italienne de Mendelssohn. Cette musique d'une élégance fade,\nd'une inspiration banale et froide, qui ravissait d'aise les dilettanti du temps de Louis-\nPhilippe et du second Empire, cause aujourd'hui un ennui profond. La majeure partie de la\nsalle éprouva cette impression d'une façon très nette. Venaient ensuite le Prélude de\net la Mort d'lsoldeinterprétée avec une belle ampleur par Mlle Demougeot; enfin le Prélude\nde Parsifalet le second tableau du deuxième acte remarquablement chanté par M. Van\nDyck, un Parsifal inégalé et Mlle Demougeot. Le chœur des Filles-Fleurs, confié à des\namateurs, a bien marché. L'Orchestre de Y Association Nantaise exécuta ces divers ouvrages\navec beaucoup d'ensemble. Certes, tout ne fut pas parfait, mais les musiciens eurent, notam-\nment dans Parsifal et dans Tristan des effets de finesse et de douceur dont on ne saurait\ntrop les féliciter. Il est à regretter, néanmoins, que, dans le Prélude de Parsifal, la mélodie\nde la Cène ait été attaquée beaucoup trop fort alors qu'elle doit s'élever dans un mystérieux\npiano et qu'à la fin de ce même fragment le retour du thème de la orné, cette fois,\nd'une appogiature chère à Wagner, n'ait pas été mis en valeur. Quoi qu'il en soit, l'orchestre\nest très en progrès. Son chef, auquel une palme fut offerte, ne saurait donc être oublié dans\nle bilan de cette belle soirée. Depuis quatre ans, d'ailleurs, le public nantais a su justement\nl'apprécier.\nETIENNE DESTRANGES.\n5"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.61", "texte": "Nous voici à mi-mars! Le Lyrique flamand d'Anvers donneia mardi la première de\nParsifal, à qui l'on prépare à la Monnaie de mémorables funérailles. La 35e et derniere\nreprésentation du chef-d'œuvre y est annoncée pour le 16 avril. Elle précédera immédiate-\nment le Festival Wagner qui clôture la saison. Celle-ci s'achèvera donc, une fois encore, sans\nque l'on ait créé à Bruxelles un seul acte lyrique belge, et elle marquera du même coup la\nfaillite dit-on, de l'initiative officielle en faveur du Théâtre dramatique. Du moins 1 expé-\nrience des deux années sera terminée. Tout cela nous sert d'enseignement : le comité pour\nla défense de l'art lyrique national a fait crédit, pour un exercice, aux bons vouloirs avertis ;\nce fut, on le constate aujourd'hui, bien à tort. Plus rien ne nous retiendra désormais de poser\nles conclusions de notre enquête et d'établir, en publiant ce document, le plan de l'action\nqu'il sollicite. . . . .\nDeux auditions, cette quinzaine, ont retenu l'attention. Le concert annuel du violoniste\nde L. L. M. M. le Roi et la Reine, M. Edouard Deru, à la Grande Harmonie ; le récital, salle\nGiroux de Mme Marie-Anne Weber. Le programme du premier était exclusivement consacré\nà la musique italienne des 17e et 18e siècles. Le concert-sonate en mi mineur de Veracini, la\nsonate de Tartini, en ré majeur, le concerto pour trois violons de Vivaldi, un andan de\nP. Martini, un tempo di minuettode Pugnani, la de Vitali (ces trois dernières pièces\ndans l'arrangement de Fritz Kreisler) permirent à M. Deru de faire apprécier une fois de\nplus la distinction, la finesse, la sûreté de son jeu, ses qualités de style. Mieux, dans\nCantabile de la Sonate de Tartini et surtout dans la Chaconne de Vitali, pages dont la phrase\nlarge et chantante convient à son tempérament, le virtuose nous donna l'impression d'une\nvéritable maîtrise, que jusqu'ici, nous n'avions point soupçonnée. Il fut parfaitement secondé,\ndans le concerto pour trois violons de Vivaldi par Melles K. Buckley et G. Schellinx. La\ncantatrice prêtait son concouis a la seance. £vlle întei pieta une\ncantata de Rossi, une autre cantata et un Aria di Erminia, pour chant, violon et piano de\nCaldara et de Pasquini, enfin, une ariette de Spontini, et L'Abandon de Blangini, piécettes\nd'une fadesse sentimentale qui déparaient ce bel ensemble.\nDes mélodies italiennes, du 17e siècle, figurent aussi au programme de Mme M. A.\nWeber, à côté de lieder allemands, et d'œuvres françaises. Une voix naturelle, ample,\nétendue, de l'éclat, de la solidité, de la jeunesse. Une expression charmante et profonde\ndans la mélodie de Bordes : Promenade sentimentale.De l'élan, du lyrisme dans le Schubert,\nde la force dramatique dans le Schumann. M. Defauw, qui prêtait son concours à la sympa-\nthique artiste, a joué avec fougue une Chaconne de Vitali ; avec un sentiment juste, la sonate\nde Lekeu. Au piano : Mrae Defauw et Melle Daisy Weber.\nMentionnons la séance de musique ancienne organisée par le quatuor vocal Henry\nCarpay, avec le concours de Mme Mahy-Dardenne, cantatrice, de M. Van Neste, viole de\ngambe,' et de M. J. Janssens, claveciniste. On y entendit des compositions de Roland\nde Lattre, Costeley, Schutz, Rameau, Grétry, Pergolèse, des pages instrumentales de Bach,\nHaendel, Forqueray, Marais. Scarlatti, etc... A la même salle Sainte-Elisabeth, la matinée\nmusicale' au profit de l'œuvre de la Protection sous le haut patronage du\nRoi et la Reine. Mme Henry Le Bœuf, cantatrice, Noblet, violoncelliste, M. Van der Borght,\nbaryton, accompagnés par Charles Hénusse, assurèrent le plus vif succès à la réunion."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.62", "texte": "LA QUINZAINE\n\n67\n\nNOUVELLES.\nBruxelles va posséder enfin sa salle des fêtes. Le collège échevinal vient d'en\ndécider. L'édifice sera construit derrière la propriété Errera, le long d'une voie nouvelle qui\nrelie la Montagne de la Cour à la rue du Parchemin.\nUn article de M. Clément Charlier, dans la nous apprend que la maison\nnatale de César Franck, ne fut pas démolie ainsi qu'on le^croyait. Elle porte aujourd'hui le\nn° 13 de la rue S* Pierre, près de l'église Ste Croix, à Liège. La Ligue wallonne vient d'y\nfaire apposer une plaque commémorative.\nLe compositeur Jean Van den Eeden, auteur de Rhèna, travaille à un nouveau\ndrame lyrique : l'Œuvre,en collaboration avec M. M. Carré. Souhaitons à cette partition le\nsuccès de son aînée, et moins longue attente avant d'être présentée au public.\nCHARLEROI.\nLe premier concert de l'Académie de Musique, sous la direction du sympathique\ncompositeur Adolphe Biarent, et avec le concours de M. F. Quinet, jeune violoncelliste\ndoué, que nous verrons sans doute prochainement membre d'un quatuor, et du baryton\nM. Pieltain, rapprochait des auteurs wallons. Grétry, (Danses villageoises), Daneau,\n(Fantaisie sur des airs tournaisiens), Lekeu (Fantaisie sur des airs angevins), Mathieu (le\nBarde), A. Dupuis (Eglogue), Vreuls (Poème pour cello et orchestre), Delune (Variation et\nfugue), Biarent (Sonnets pour cello et orchestre), Franck (Interlude de Rédemption). Succès\npour les œuvres et pour leurs interprètes.\nTOURNAI.\nNous avons signalé naguère les efforts que poursuit dans notre ville M. Nicolas Daneau,\ndirecteur de l'Ecole de Musique (désormais élevée au rang et au titre de Conservatoire). Ils\nont donné lieu, cette année, à une série de concerts très remarquables, consacrés aux\nclassiques et aux modernes. L'audition du 30 mars comporte un festival Vincent d'lndy, sous\nla direction du maître.\nLA HAYE.\n%\nLe conseil municipal de la Résidence a nommé directeur de l'Opéra français M. Léopold\nRoosen, baryton, belge de naissance."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.63", "texte": "La Rédaction.\nUNE MISE AU POINT. —La lettre de Berlin publiée dans notre Numéro du ler Novembre\npar le Docteur Richard-H.Stein, a produit dans\némotion à laquelle nous étions très loin de nous\nfait parvenir l'écho. Est-il besoin de déclarer ici, que Vhumour de Stein n'eut jamais l'intention\nde blesser personne, et que S. I. M. saisit avec plaisir l'occasion d'assurer tous Collègues;\nd'outre-Rhin, de ses sentiments aussi pacifiques que bienveillants. Le prochain Congrès organisé\npar la Société Internationale de Musique à Paris,\ntout son concours le plus dévoué, permettra àla musicologie française d'aplanir ce petit incident\ninternational.\n\nLETTRE DE MUNICH\n\nLe drame musical de M. Franz Schreker, le Son lointain, qui vient d'avoir sa première\nà Munich, a déchaîné à nouveau une véritable petite guerre des Anciens et des Modernes.\nC'est à peine croyable à quel point l'histoire se répète. L'œuvre a remporté un franc succès\nauprès du public ; mais la critique munichoise s'est rangée comme un seul homme du côté\ntraditionnel de ceux qui préférèrent Keiser à Haendel, Gassmann à Mozart, Piccini à Gluck,\nMeyerbeer à Wagner, ou qui estimèrent, à son apparition, le Barbier de Séville trop\naudacieux ; et si nous avions encore des chanteurs de cour italiens il y a fort à parier qu'ils\nauraient saboté le Fernen Klangcomme un vulgaire ; Joseph II revenu aurait pu\ns'exclamer une fois encore : \" Que de notes ! \" Et M. Schreker pourrait lui répondre de\nmême qu'au taux de ce qu'il désire réaliser, il n'y en a pas une de trop. Dans quelques\nannées les pions auront découvert dans cette partition leur \" pain de professeurs \" ; il faut\nleur laisser le temps de l'adaptation.\n' Retenons pour le moment que si la critique professionnelle a fait des progrès indéniables\ndepuis une cinquantaine d'années, au point de vue des connaissances techniques, elle n'a pas\navancé d'une semelle (je parle des quatre ou cinq journaux de Munich qui ont\nM. Schreker et complètement dérouté la foule) quant à la compréhension de procédés\nrenouvelés et d'une action vraie, empruntée à la vie contemporaine. Que reproche-t-elle au\nSon lointain ? l'absence de mélodies, la complication de l'orchestre, les difficultés \" insur-\nmontables \"de ce qu'on évite d'appeler du chant !Ne vous semble-t-il pas entendre le mot\nde Hanslick sur les Maîtres-Chanteurs : \" die Partitur ist ein knocherloser Mollusk \", ou\nles acteurs de Dresde s'étonner que Schnorr eût encore de la voix après avoir chanté\nTristan ? Mais c'est le privilège de Beckmesser de ne pas sentir son ridicule. Cette fois\npourtant ces Messieurs de la Critique se sont haussés d'un rang : ils s'érigent en gardiens de\nla morale. Nous ne savions pas que les représentations théâtrales fussent régies jusqu'ici par\nle Traité de l'Education des filles de Fénelon ; il faut nous en laisser convaincre : Songez\ndonc : le second acte de M. Schreker se passe tout entier dans une maison de nuit, et ces\ndames sont toutes au salon ! Par ailleurs que Madame Sylva, de l'Opéra-Comique, vienne\nmontrer aux Munichois une Carmen comme ils n'en avaient peut-être jamais vue, fût-ce en\npleine saison de Salvator, la même Critique s'extasie sur \" la sensualité de son jeu \" et lui\ndécerne sans arrière-pensée les éloges qu'elle mérite si bien. Il nous avait toujours semblé"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.64", "texte": "LA QUINZAINE\n\n69\n\ncependant que les manières de la gitane et que le second acte de Carmen...; mais n'insistons\npas, on est conséquent avec soi-même ou on ne l'est pas : Carmen a trente ans de succès\nderrière elle, sela suffit.\nM. Franz Schreker écrit lui-même ses livrets : Faction du Fernen Klang est poignante\ncomme la vie et marche avec la même rapidité, sans ménagements. Peut-être, dans notre\nvieux monde chrétien, les héros eussent-ils mis quelque retenue sentimentale à certaines de\nleurs décisions ; la vie moderne, dont l'individualisme forme l'étrange étape entre\nl'ancienne charité et le socialisme de demain, ne connaît plus ces délicatesses surannées.\nL'auteur ne recule pas devant la brutalité ; mais son réalisme demeure désolant de vérité, et\ndans le détail son texte abonde en trouvailles poétiques, ce qui est non moins vrai, je n'en\nvoudrais pour preuve qu'un roman montmartrois récent de M. Francis Carco, qui déborde\nd'idéalité dans un milieu où l'on a tort, après tout, de s'étonner qu'elle subsiste. C'est le cas\npour le Fernen Klang. Voici l'histoire en deux mots, l'histoire d'une fille trois fois mise en\njeu et trois fois roulée par le sort ; cela se compose comme un triptyque.\nlerIer acte : Fritz quitte sa petite amie Grete. Un u son lointain\" l'attire et l'inspire ; quand\nil aura réalisé le mirage en une œuvre qui lui donnera la fortune et la gloire, il reviendra.\nElle se résigne, sagement. Mais son père, un ivrogne de petit fonctionnaire retraité, n'a rien\ntrouvé de mieux, pour couvrir ses dettes que de jouer sa fille en une partie de quilles avec\nl'aubergiste, et l'a perdue : intermède grotesque de la demande en mariage. Grete épouvantée,\nespère rejoindre son Fritz et se sauve. Au bois, au bord du lac où seule la féerie d'une nuit\nde Juin l'empêche de se jeter, elle est rejointe par une vieille entremetteuse qui lui promet\ndes gains tels qu'elle pourra venir en aide à sa pauvre mère...\nII : Dix ans plus tard, dans l'épanouissement de sa beauté, Grete est adulée et fêtée\ncomme une reine dans la casa di maschere, au golfe de Venise. On se la dispute : elle se\npromet, cette fois elle-même, à celui qui racontera l'aventure qui lui plaira le mieux ; elle va\nfaire son choix entre le comte amoureux et le chevalier rigolard, lorsque Fritz survient : le\nu son lointain\" le poursuit, il vient de l'entendre, il pressent un bonheur tout proche, il\nreconnaît Grete, lui raconte ses dix ans écoulés. C'est à lui qu'elle se donne ; mais lorsqu'il\ncomprend l'existence qu'elle mène, il la méprise et se sauve éperdu d'être revenu trop tard ;\navec un éclat de rire strident, d'ironie et de désespoir, Grete se jette dans les bras du comte\nqui l'enlève.\n111 : Cinq ans plus tard encore. Sur la terrasse d'un café d'artistes, un agent de police\nescorte une femme de peu qui s'est trouvée mal au théâtre d'à côté, où l'on joue, enfin, la\npièce de Fritz : le succès qui s'annonçait aux deux premiers actes, tombe au troisième ; c'est\njustement cette fin malheureuse qui a touché la créature déchue ; elle comprend qu'elle a\nencore un rôle à jouer. Fritz, prévenu de son côté, veut voir cette femme qui sans doute l'a\ncompris. Le u son lointain \" plus que jamais l'obsède ; il bourdonne là tout près, c est\ncomme l'atmosphère sonore de sa chambre même où malade, fiévreux, il connaît presque\nl'impatience de Tristan. Au signalement que lui en fait son ami, il devine la fille qu'il a\ninsultée : Grete arrive, ils sont enfin l'un à l'autre ; Fritz connaît le bonheur, il va pouvoir\nmodifier son œuvre et lui donner le dénouement qui en fera le chef-d'œuvre entrevu, mais\népuisé il meurt dans les bras de son amie, abandonnée une fois de plus.\nCe que l'on reproche à M. Schreker musicien, ce sont les énormes difficultés de sa\npartition ; on lui fait un grief de ce qu'il ait fallu une bonne centaine de répétitions pour\nmettre la représentation au point. Il n'y a cependant rien là que de bien naturel. Voyez-vous\nFlaubert écrivant dans le style de Télémaque ? Et un de nos élèves d'Académie ne se mordrait-il\npas les doigts plutôt que de dessiner les lions paternes ou tragi-comiques de Delacroix ? Si\nl'orchestre de Prague en 1787 a pu exécuter l'ouverture de Don Juan à première vue,\nl'orchestre de Berlin s'échinait sur Tristan et Yseult en 1876 et W/agner, pour ranimer les\ncourages, s'accusait d'avoir u certainement mal composé et maladroitement instrumente \".\nLa trouvons-nous assez limpide, Dieu me pardonne, assez enfantine (je veux dire : enfance de\nl'art), cette partition de Tristan, aujourd'hui !"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.65", "texte": "7°\nS. I. M.\n\nEh bien ! ce grand nombre de répétitions pour monter une œuvre, représente à coup\nsûr le plus réel progrès qui se soit accompli de nos jours dans l'exécution de la musique. Un\nthéâtre, un orchestre, les chanteurs sont là pour réaliser les intentions de l'auteur avant tout;\nje sais que les chefs-d'orchestre sont rares qui ne croient pas au-dessous de leur dignité de s'en\nenquérir ; c'est le grand mérite d'un Bruno Walter de mettre son point d'honneur dans cette\nsoumission aux exigences musicales et scéniques du compositeur. Aussi est-il à peu près seul\nà obtenir de cet immense appareil vocal et orchestral, en même temps les nuances de détail,\nl'indépendance des groupes d'instruments et la grande allure de l'ensemble : si bien qu'à la\nseconde reprise déjà \" on ne semblait presque plus assister à des tours de force \". M. Schreker\na beau employer toutes les ressources de l'orchestre moderne le plus développé, il ne tend\nà rien moins que surpasser Richard Strauss : ses effets sont minutieusement fouillés, con-\ntenus, discrets ; ses éclats les plus emportés n'outrepassent pas, je crois, les délicatesses de\nM. Debussy, et se noient dans les sons bouchés ; ce n'est pas qu'il manque de force, de\npassion ou de lyrisme, mais ses thèmes et ses mélodies s'étoffent d'harmonies et de timbres\nd'une subtilité que l'on n'avait pas encore atteinte ; sa trame sonore s'enrichit de tons divisés,\nde dissonnances, poussés à l'extrême de ce que nous avons jusqu'ici entendu. Quel que soit le\ndécousu apparent de l'écriture, dont on a voulu s'effrayer, cela demeure dans le raffiné, ample-\nment musical ; une pleine maîtrise associe là l'impressionnisme fidèle à la traduction immédiate\ndes situations, et la grande ligne symphonique telle qu'elle peut s'adapter au théâtre, avec ses\nmotifs conducteurs et ses rappels entiers. Le second acte, d'un bout à l'autre, qui superpose,\nsans rien perdre de la discrétion générale, un orchestre de mandolinistes et une bande de\ntsiganes sur la scène, le branle-bas simultané des chœurs et des danses, les récits de solistes et\nle travail thématique à l'orchestre, est d'un musicien auquel on n'apprend pas son métier. Le\ntableau de la nuit de la Saint-Jean dans la forêt crée un enchantement, dont Grete se souvient\nen une sorte d'extase au second acte. Pour ne donner qu'un exemple de la manière de\nM. Schreker, le son lointain se garde bien de prendre la forme précise et romantique d'un\nmotif ou d'une idée fixe ;ce n'est en vérité qu'un bourdonnement où grésillent les harpes et\nsoupire la célesta, mais il s'enfle et se développe jusqu'à la polyphonie dramatique, à chaque\nfois que Fritz se rapproche davantage du but, et je ne m'étonnerais pas de le retrouver à la\nbase de la scène de la forêt. Pour ce qui est du maniement des voix, M. Schreker attend\nde ses acteurs qu'ils soient musiciens ; c'est une exigence légitime. Son récitatif, qui utilise\npar-ci par-là, discrètement toujours, le simple parler, connaît tous les degrés et toutes les\nnuances de l'expression ; son chant a des passages de toute beauté, d'une rare puissance,\nremarquablement mis en valeur par la superbe cantatrice qu'est MUe Perard-Petzl, et par\nl'excellent tragédien que se montre M. Erb. A leurs côtés il faut citer l'entremetteuse hoff-\nmannesque de Mme Mottl-Fassbender, le comte suprêmement élégant de M. Fœnss, les rôles\nsecondaires de MM. Gillmann, Lohfing, qui ont contribué avec art et conscience à la réussite\nde l'œuvre.\nEn réponse aux acclamations spontanées des premières représentations l'intendant des\nthéâtres de Munich s'est assuré la primeur du nouvel opéra, le troisième de M. Schreker, malgré\nl'insuccès de son second à Vienne et à Francfort. Le baron de Frankenstein sera-t-il le\nLouis II de cette carrière qui s'ouvre ? On peut le souhaiter et l'espérer, tant qu'il aura à sa\ndisposition un Bruno Walter pour faire donner aux artistes de la scène et de l'orchestre un\naussi magnifique effort, et aussi soutenu, que celui du Son lointain.\n\nMarcel Montandon.\n\nLES DÉCORS DE PARSIFAL A BERLIN\n\nEn assistant aux premières de Parsifal à l'opéra royal de Berlin, et au théâtre de Char-\nlottenbourg, je me souvins du mot de Lessing : \"\ntoujours comme en présence d'une reine, et attendez modestement que l'on vous adresse la parole. \" Et"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.66", "texte": "LA QUINZAINE\n71\n\nj'avoue que j'attendis parfois longtemps avant que le chef-d'œuvre ne me dit quoique ce soit.\nCes moments d'attente, je les ai mis à profit pour considérer (comme on m'avait donné\nla mission) l'habillement de la reine. Et à la vérité, j'ai remarqué depuis, que presque tous les\ncompte-rendus de Parsifal s'en sont tenus comme moi a parler ues habits, sans însistei sur le\nchef-d'œuvre. Je crains qu'il n'y ait à cela une profonde raison, et que la reine en question, si\nelle se montrait en costume tailleur passerait inaperçue. Mais c'est toujours une reine, malgré\ntout. N'est-ce pas.\nLa grosse difficulté de toute mise en scène de Parsifal, c'est le panneau mobile du premier\net du second acte. L'opéra de Charlottenbourg y a complètement renoncé. L'opéra royal ne\npouvait, à cause de l'exiguité de sa scène, le présenter qu'au premier acte. Encore aperçoit-on\nl'artifice. Si, au lieu de déplacer toute la perspective boisée du premier acte, on ne peut que\nfaire mouvoir les coulisses, mieux vaut encore se contenter du vieux procédé des toiles qui se\ndéroulent. On ne saurait aucunement, comme le veut Wagner, faire remonter la forêt, et en\nmême temps déplacer la scène, moitié latéralement, moitié verticalement. Ce ne serait possible\nqu'avec le cinéma. Or, l'opéra royal a fait l'expérience du cinéma pour l'entrée des dieux dans\nle Walhall (Rheingold) et a renoncé à s'en servir.\nAu Royal, les Chevaliers ont des pourpoints d'une rose terne et des manteaux gris-jaunes,\npourvus de capuchons. On insiste ainsi sur le côté monastique. A Charlottenbourg ils sont en\nblanc avec bandes bleu vif, et, sur la poitrine, un empiècement portant la colombe du Grâl,\nblanche sur fond bleu. Cette colombe stylisée, ressemble fortement à l'aigle prussien. Rien sur\nla tête. Les enfants sont naturellement pareils aux chevaliers. Mais au on a mis ces\nGralsbuben (comme on dit à Bayreuth) en lilas, couleur mystique.\nD'après Wagner, le Grâl doit se trouver dans un coffret recouvert d'une étoffe de\npourpre. A Charlottenbourg, on apporte une grande caisse couverte de toile bleue, qui, avec\nses côtés mobiles éveille l'idée d'une table à thé pliante. (Le mot est d'un critique berlinois.)\nCette caisse renferme une boîte, qui contient à son tour un coffret de métal, dont sort enfin\nun très petit calice. Au Royal, l'écrin du grâl, qui est un objet d'orfèvrerie et non un coffret,\nest porté seul par les enfants.\nUne question en passant. Plus d'un lecteur de la revue S. I. M. est aile a Bayreuth.\nN'a-t-on pas été gêné, là comme partout ailleurs, par 1 idee que le calice du sang divin est\ndevenu un appareil d'éclairage. Si un jour l'accumulateur venait a rester en panne et que le\ngrâl manquât son incandescence, est-ce que l'effet de l'œuvre toute entiere n en serait pas\nanéanti ? Chez moi, du moins, le sentiment de la profanation s'unit ici à la crainte que cette\nprofanation n'échoue ; et j'en souffre toujours.\nLes décors de Charlottenbourg feront sans doute beaucoup d'effet à qui les verra repro-\nduits à l'échelle de 10 X 15, sur une feuille de papier. Mais, au theatre, dans leui taille geante\nils deviennent stupéfiants, parfois même monstrueux. La forêt consiste en troncs épais, massifs,\nnus. Le temple représente une rotonde peinte en bleu, dont les murs s ornent de six ou huit\ncolonnes lourdes, dont la dorure criarde pétarade, et qui ne supportent rien du tout. _.a\ncampagne fleurie du trois, avec sa grande caverne pour Gurnemanz, offre un fond bleu som re,\nsur lequel de gignatesques taches blanches signifient les nuages. Tout cela peut avoir été\nd'une invention originale. En réalisation c est du PLUS mauvais goût. Le jai in e insor,\navec ses branches fleuries, dont la disposition eveille le souvenir des jardins de emiramis,\nferait une louable exception, si cette fantasmagorie végétale ne tombait sur un sol absolument nu.\nEn face de cette mise en scène étrange, les décors du Royal mentent louange et\nreconnaissance. Au premier acte un merveilleux sous bois, pénétré d'une douce lumière, u\ndernier, un paysage qu'éclairent des bouleaux; à gauche, la cabane couverte de lierre ; a droite,"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.67", "texte": "72\nS. I. M.\n\nune sombre forêt, dont sort Parsifal ; et, au loin, un éclairage de plus en plus intense ; enfin,\nla tour de Klinsor, telle un spectre entouré de nuages menaçants. Le tout baigné d'un jour\nmystique, à travers lequel on ne distingue parfois que le visage gras et les bras nus de Kundry...\nJamais spectacle ne fut plus parfait.\nLe temple de l'opéra royal porte ouvertement le caractère chrétien, tout en conservant\nl'éclat byzantin. Autour de la nef se groupent deux absides avec des tribunes, par où arrivent\nles chevaliers. La coupole proprement dite est soutenue par quatre colonnes richement ornées.\nDans le fond, on devine une chapelle verdâtre, féerique et mystérieuse. Les jeux d'une\nlumière, tirant tantôt sur le lilas, tantôt sur le bleu, crépusculaire et diffuse complètent cet\nensemble.\nA propos de lumière, il est à remarquer qu'à Charlottenbourg le temple se plonge dans\nla plus complété obscurité au moment où le Grâl s'illumine, pour reprendre tout son éclairage\naprès la ceremonie. C'est contre nature, bien que théâtral. A l'opéra royal la lumière s'estompe\npeu a peu ; cela suffit a rendre le Grâl visible et point n'est besoin ensuite de rien changer\npour le reste de la scène.\nIl est un seul point, ou Charlottenbourg l'emporte. Ses filles fleurs, enveloppées de\nvoiles légers, et qui s'offrent tout naturellement, n'ont pas de peine valoir les danseuses\nsanglees, qui a 1 opéra royal, entourent Parsifal de leurs pas réglés, dans un décor d'ailleurs\ndépourvu de chic.\nTrès épineuse est la question suivante : quelle attitude Parsifal doit-il observer, durant\nles 18 mesures du baiser du deux ? On ne saurait admettre que cette première rencontre d'un\njeune homme et d une femme, qui a tout ce qu'il faut pour le perdre, tourne simplement au\nprofit d une pensee de charitable commisération à l'égard d'un absent. Il faut donc laisser le\nbaiser se terminer quelques mesures plus tôt, afin que Parsifal ait le temps de se plonger dans\nla philosophie wagnérienne, et de mettre en accord son cœur agité avec le cœur blessé\nd Amfortas. En tout cas, ne pas arracher Parsifal brusquement des lèvres de Kundry, comme\nà Charlottenbourg.\nL'opéra royal disposa des solistes de Bayreuth. Je n'en veux citer ici que deux.\nKirchoff-Parsifal d'abord, dont le pianissimo sur les derniers mots \" und glaub an dm Erloeser \",\nfit jaillir bien des larmes (non pas seulement celles de Kundry), et Knupfer-Gurnemanz, si\nnoble, si doux, et si bon. On ne voit et n'entend plus que lui.\ndes plus significatives innovations de l'opéra royal consiste à avoir habillé toute\nI avant-scène d une décoration spéciale qui recule la scène proprement dite et la place dans un\ncadre approprié, cadre de religiosité et de mystère. Il faut songer aux triptyques de nos vieilles\néglises et à leur entourage pour comprendre la pensée pieuse qui a guidé ici, le comte Hulsen-\nHaeseler. Le spectateur de l'orchestre se trouve ainsi ramené au rôle du fidèle qui contemple\nde la nef l'autel et l'office sacré. '\nYvette Guilbert a écrit pour le Berliner Tageblatt un article spirituel, où elle attribue\n1 engouement pour Parsifal à un retour de religiosité. L'idée est belle et noble! Mais j'ai peur\nque ledit engouement ne disparaisse assez vite. Lorsque la curiosité sera satisfaite, Parsifal\nsera tenu par la masse pour un drame ennuyeux, et par les connaisseurs pour l'œuvre d'un\ngénie que l'âge n'a pas épargné. Si bien que ceux qui cherchent réellement dans Part la satis-\nfaction de leurs tendances religieuses, se détourneront plutôt de ce qu'il y a de manifestement\nthéâtral dans la religiosité wagnérienne, et reprendront le chemin des Passions de Bach voire\nde la Messe de Beethoven. '\n\nDr. Richard H. Stein."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.68", "texte": "Les faits du Mois\nSwift.\nLe service de F émigration a signalé, le 16 mars dernier, un exode\ninquiétant de la population parisienne : a la gare de Lyon, les employés\nsont débordés par le flot des voyageurs. Renseignements pris, il s'agissait du départ\nde nos abonnés appelés sur la Cote d''Axur par la Grande Semaine d 9 S. I. M.\n& Depuis que F ouvrage des héritiers Rostand et Richepin est affiché a F Opéra-\nComique on voit un grand vieillard décoré roder avec insistance autour du monument\nBernier ; les passants qui le reconnaissent se découvrent avec respect devant F ex-\ndirecteur de notre Conservatoire : demeuré fidèle a la mission que lui assigna\nCour te line, Théodore cherche des allumettes. Au siècle du tango. Après Cléopâtre et après Béatrice\nque vient de créer F Opéra de Monte-Carlo, il devient évident que la science des pointes et des jetés-\nbattus est aujourd'hui plus utile a un soprano dramatique que celle du solfège. Prévoyant une transfor-\nmation semblable dans leurs attributions, les ténors et les basses-nobles s*entraînent courageusement en vue\nde leurs prochaines création s. &\nles sauteries dominicale s.Le s lau-\nchefs d\"*orchestre de dormir,\namène une reprise sensasionnelle\nestrade de direction, dont le\nforcé pour la circonstance, Che-\na dansé Jeux et Monteux a\nveut bien noter que ces capell-\nsur coup la Péri, l'Araignée,\nPrince Igor, Namouna, les\ntaies..., etc., on conviendra que\nNouvelles victoires de la danse :\nriers de Nijinsky empêchent nos\nChaque concert symphonique\nd'un de ses rôles : sur la petite\ngarde-fou a été prudemment ren-\nvillard a mimé Daphnis,Pierné\ntrépigné Pétrouchka. Si Fon\nmeister nous ont déjà offert coup\nSalomé, Istar, les Danses du\nValses nobles et sentimen-\nnos grands concerts sont bien\ndevenus les derniers salons ou Fon danse. Cependant nos abonnés menaient joyeuse vie sur le littoral et scandalisaient par\nleurs excès de tout genre les laborieuses populations de la Riviera. Les œdipes locaux cherchent a pénétrer le sens mystérieux\nde trois lettres fatidiques derrière lesquelles s'abrite F incognito de nos amis. On a cru successivement reconnaître : le Syndicat\ndes Ingénieurs du Métro le Syndicat des Inscrits Maritimes, le Salon des Indépendants de Marseille, le Sanatorium des\nInstituteurs de Madagascar, la Société I?nmobilière de Monaco, les Sur vivants de l Incendie de\nMenton y les distributeurs de Secours aux Inondés du Midi Je Service de l Inspection de la Mai in e,\nle Syndicat d}lnitiative Monégasque, la Société des Inventeurs Méconnus, les Sous-Intendants\nMilitaires... etc.* etc. Les médisants insinuèrent qu 'il s*agissaitpeut-etre d une Société d Intempé-\nrance Mutuelle, d 1 une Section d\"*lntrépides Marcheurs ou d{ un Syndicat d Insatiables Machoi? esy\nmais les témoins bienveillants nous attribuèrent la Spécialité des Itinéraires Modèles et nous félicite-\nrent de cette Série d'lnoubliables Manifestations. En dernière heure nous\napprenons que nos abonnés étant rentré s,Pari s a repris son aspect Habituel'.\n(,dessinsd'Em."}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.69", "texte": "ÇA ET LA\n\nEchos\n\nFolk-lore breton\nLe trésor sacré de nos vieilles chansons populaires n'est pas, comme on pourrait\nle croire, soustrait aux fantaisies de la spéculation. Cet auguste capital continue, de\nnos jours, à fructifier mystérieusement et à subir les fluctuations de la Bourse de\nl'actualité. En ce moment, en Basse-Bretagne, une touchante et tragique complainte\nse chantonne, à la veillée, dans les chaumières. A la sortie de la grand'messe, à\nPlougastel-Daoulas, des bardes inspirés la redisent à la foule attentive. Un de nos\namis, friand de vieilles légendes, voulut recueillir ce précieux document, mais il\ns'aperçut bientôt que les couplets qu'il notait pieusement étaient tout simplement le\nrécit versifié de l'affaire Cadiou, exposé dans ses moindres détails !\nC'est ainsi que s'enrichit le folk-lore de nos provinces : dans quelques siècles,\ncette complainte permettra, sans doute, à un nouveau Bataille d'écrire une nouvelle\nLépreuse et à un nouveau Lazzari d'en tirer un drame lyrique !\n0 0 0\nLe mystère des X.\nOn sait qu'un de nos music-halls a promis de récompenser par quelques présents\nde choix la perspicacité des auditeurs qui découvriraient les auteurs des différents\nmorceaux d'une partition en nom collectif. Le premier lot est une automobile. Nous\nl'avions deviné, d'ailleurs, en lisant les noms des compositeurs mystérieux :\nHAhn\nCUvillier\nRedsTone\nLerOux\nHirschMann\nLecOcq\nBerger\nViciai\nErLanger\nMEssager\nEn examinant de plus près ces noms révélateurs nous pourrons sans doute con-\nnaître la nature des autres petits cadeaux qui attendent les heureux gagnants :\nLeßoux Leßoux ViDal\nMEssager HaHn Beßger\nHirschMann Vidal LerOux\nRedstOne HirschmanN Messager\nBeßger LecOcq ErlAnger\nLecocQ Cuvillier ReDstone\nPaUl Vidal Erlanger HAhn\nREynaldo Hahn Beßger Cuvillier\nCUvillier RedstOne Hißschmann\nERlanger MesSager LEcocq"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.70", "texte": "LA QUINZAINE\n75\n\nAvis aux personnes étroitement logées. Mais les mélomanes seront heureux d'ap-\nprendre que l'addition de tous ces talents réunis donne pour total :\nMeSsager BerGer\nV id Al LeRoux\nXavier Leroux , . ReynaldO Hahn\nErlaNger et pour résultat pratique : ' RedStone\nRedsTone\nHirSchmann\nCharleS Cuvillier PaUl Vidal\nHAhn Cuvillier\nBErger LeOocq\nHirschmaNn Erlanger\nCharleS Lecocq MeSsager\n0 0 0\nWagnérisme transalpin.\n¥\nNotre ami Lélio, de Florence, nous communique les citations suivantes dont la\nsaveur sera goûtée par tous ceux qui s'intéressent à la culture musicale de notre sœur\nlatine.\nLettre ouverte au directeur du Théâtre S publiée dans le journal\nProvincia :\nu Convaincus du triste effet produit par l'opéra Tristan, nous vous prions poliment de vouloir nous\ndébarrasser de cette puante et inféconde partition qui fait de notre théâtre un dortoir public. Dans le cas\ncontraire vous nous mettrez dans l'obligation d'empêcher ces représentations par des démonstrations hostiles\nen pleine exécution\nMais à ces blasphèmes répondent de courageuses professions de foi. Un conféren-\ncier wagnérien n'a pas craint de flétrir ces ignorants par les fortes paroles que voici :\n»\n\" Aujourd'hui, le public italien est en extase devant les harmonies célestes de Parsifal. Richard Wagner\ns'est surpassé lui-même en ce chef-d'œuvre comme il a surpassé Sébastien Bach et... Ludovic Halévy ! \"\n* Evidemment ceci rachète cela !...\n\nL'Homme à la Contrebasse.\n\nNouvelles\n\nCent Canons de Paul Dupin.\nOn ne savait ce que devenait Paul Dupin. Ses meilleurs amis s'inquiétaient. Nous\npouvons les rassurer. Après avoir mis Jean-Christophe en musique, après avoir cultivé le\nquatuor et la sonate, Dupin dressait ses batteries en vue de la guerre future. Il forgeait, dans\nle silence, une armée de 108 canons de tous calibres pour trois, quatre, cinq, six, sept, huit,\nneuf et douze voix, paroles et musique !\nNous verrons donc bientôt apparaître : Le chant de ma bouilloire (28 Canons, nommes\nMaximes, Paraboles, Humour) En Gerbes et Faisceaux (28 Canons appelés Invocations,\nPortraits et Paysages) enfin, Les Frises du Nil (52 Canons groupés au cours d un voyage\naccompli sur la Dahabieh de Paris Singer, en compagnie d'lsadora Duncan)."}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.71", "texte": "76\nS. I. M.\n\nIl y a quelques jours, Madame Cruppi, toujours empressée à soutenir Part jeune et\nmoderne, nous permettait d'entendre quelques-unes de ces œuvres, exécutées par Mlles\nDalliés, Kohn, Gilberte Dupin, et Fauteur. N'est-il pas curieux de constater l'atavisme poly-\nphonique chez ce Flamand, qui cherchait sa vie à travers notre harmonie, et qui trouve le\nsalut dans le contrepoint rigoureux, tout en flânant devant les Pyramides ! Les Canons de\nDupin, dont nous donnons ci-contre un exemple, compteront parmi ses meilleurs œuvres.\n# %\nC'est le Samedi 4 Avril, à la salle Pleyel, qu'Enrique Granados, répondant à l'invitation\nde la Société Musicale Indépendante, viendra donner aux abonnés de cette société la primeur\nde ses nouvelles œuvres. Le programme de ce festival comprend la première audition des\nTonadillas par Mme Mathilde Polack, de deux Danses Espagnoles et de nouvelles Goyescas\nexécutées par Granados et d'une Sérénade pour deux violons et piano dont MM, Costa,\nZighera et l'Auteur seront les interprètes.\n# *\nLa visite du Chevalier à la Rose à Paris est encore une fois ajournée La première\nnouveauté de Richard Strauss que nous entendrons sera donc la qui sera\ncréée, à l'Opéra, le 14 Mai prochain, sous la direction de l'auteur, par Fokine et Ida\nRubinstein, au cours de la saison russe. L'orchestre sera composé de cent instrumentistes :\nil comporte quatre harpes et quatre célestas. La durée de ce ballet est d'une heure.\nRichard Strauss vient d'achever son Alpe Il travaille actuellement à un\nnouvel opéra dont le sujet est tenu rigoureusement secret.\nMlle Madeleine Bonnard, la réputée cantatrice qui a su, par l'intelligence musicale de\nses interprétations se classer au premier rang des traductrices de l'art moderne le plus\nraffiné, a donné au coquet Théâtre Edouard Vune très intéressante matinée-conférence.\nL'originalité de cette séance résidait dans le sujet choisi : \" Les animaux dans la musique \"\net dans ce fait que la conférencière passait du tapis vert au piano avec une charmante aisance.\nTour à tour oratrice diserte et spirituelle et chanteuse au style délicieusement musical on\nsait que Mlle Bonnard est également une pianiste distinguée et une harpiste de valeur\nla jeune conférencière nous présenta avec beaucoup d'adresse et d'à-propos des pages\ncaractéristiques de Couperin, Rameau, Daquin, Schubert, Schumann, Félicien David, Grieg,\nChabrier, Saint-Saëns, Pierné, Debussy, Ravel, Busser, Léon Moreau, Gabriel Grovlez... etc.,\napportant à la zoologie musicale une amusante contribution. De brillants concours rehaussaient\nl'éclat de cette matinée. Le pianiste Louis Diémer, Mme Jane Bathori-Engel, Alfred Casella,\nDupré, Mlles Yvonne Astruc et Réné prirent part avec le plus vif succès à cette intéressante\naudition.\nNous félicitons Mlle Madeleine Bonnard d'avoir si opportunément cherché à renouveler,\nau moyen d'un ingénieux \" prétexte \" littéraire, le classique concert de musique de chambre\ndont tout le monde commence à dénoncer la banalité et l'incohérence. Si, comme nous\ncroyons le savoir, la spirituelle conférencière prépare d'autres matinées de ce genre, nous\ntenons à lui offrir de chaleureux encouragements.\nLes chefs d'orchestre des grands concerts symphoniques, théâtres, music-halls, ont\ndécidé, d'un commun accord, la création d'un syndicat de chefs d'orchestre, ayant pour but"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.72", "texte": "LA QUINZAINE\n77\n\nde rechercher tous les moyens propres à éviter les conflits entre les artistes musiciens et les\ndirecteurs, et de prendre en mains la défense des intérêts professionnels de ses adhérents.\nCe syndicat, ouvert à tous les chefs d'orchestre qui auront exercé leur fonction en France\npendant un temps déterminé, a pour titre : Syndicat professionnel des chefs d'orchestre de\nFrance. Son Conseil syndical est composé de MM. Camille Chevillard, Gabriel Pierné,\nAmalou, Bretonneau, A. Forest, P. Letombe, Monteux-Brisac, Robichon. Secrétaire :\nM. François Perpignan. Siège social : 51, rue Blanche.\n*\nEn dehors des brillants récitals qui lui ont valu un succès si mérité, le remarquable\npianiste et compositeur Roger de Francmesnil a donné une soirée musicale qui fut pour lui\nl'occasion d'un véritable triomphe. Il y interpréta, avec Carembat, sa belle Sonate pour\npiano et violon, et exécuta YEtude en forme de valse de Saint-Saëns qui fut bissée\nd'enthousiasme. Lucien Fugère, Mme Carembat, Mlle Yvonne Schwartz, M. et Mme Camus-\nCarlier entouraient le brillant artiste et furent associés à son succès.\n# *\nLa Société Palestrina donnera le 4 avril à 9 heures du soir, à la Schola un concert où\nseront exécutés le Stabatde Pergolèse, le Chant de Beethoven et le de\nMozart. Cette audition est donnée pour la reconstruction de l'église de Fosses (Seine-et-Oise).\n* #\nL'office du Vendredi-Saint à l'Eglise Saint-Eustache comportera un fort beau programme\nmusical au cours duquel on entendra des pièces d'orgue de Haendel, de Bach, de J. Erl\nexécutées par Joseph Bonnet ainsi que le Stabat de Josquin Deprès et les\ndu Christ de H. Schûtz (1585-1672) pour chœurs et orchestre, sous la direction de F. Raugel.\nLe jour de Pâques sera donnée la Messe de Louis Vierne, pour chœur et\ndeux orgues.\n#\nPour prévenir toute fausse interprétation des termes employés par un de nos collabora-\nteurs dans le compte-rendu d'une plaquette de M. Chennevière sur Claude Debussy, nous\ntenons à faite observer à nos lecteurs que nous avons maintes fois rendu hommage à l'excel-\nlente présentation artistique des publications de la Maison Durand qui a toujours contribué\ntrès efficacement à maintenir le renom de bon goût de notre édition française.\nDe Nimes.\nLe Grand-Théâtre de Nîmes a créé avec un très grand succès un drame lyrique en trois\nactes de l'excellent musicien qu'est M. Chanoine-Davranche. L'ouvrage, dont le compositeur\na écrit lui-même le poème très attachant, est intitulé La musique en est extraordi-\nnairement vivante et mouvementée ; elle est mise en valeur par une orchestration très fouillée\net par une écriture qui atteste la connaissance approfondie de toutes les subtilités de la\ntechnique la plus moderne. L'interprétation, très remarquable, a contribué à la parfaite\nréussite de cette très intéressante tentative de decentialisation."}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.73", "texte": "78\nS.. I. M.\n\nD'A nvers.\nMlle Thérèse Laurent vient de triompher à Anvers. Toute la presse commente avec\nenthousiasme la riche sonorité et le mécanisme impeccable de la très remarquable violoniste\ndont le programme était composé avec un goût parfait.\nDe Rome.\nLe célèbre Quatuor Vocal Battaille qui vient de se faire entendre dans deux récitals à\nla Société du Quartette, à Rome, où il était engagé, y a remporté un triomphe qui comptera\ndans sa brillante carrière. L'élite de la Société romaine lui a fait un inoubliable accueil et\nc'est au milieu d'un réel enthousiasme que s'est achevé leur dernier concert. C'est une\nvictoire pour le Quatuor et pour l'art français.\n# #\nOpéra de Monte-Carlo\nLes Maures de Valence,de Ponchielli. Voilà, parait-il, presque quarante années que\nles Maures de Valence furent composés. Malgré le succès de l'opéra qui établit la\nrenommée de Ponchielli, les Maures de Valence,mal accueillis par les directeurs d'alors,\nsemblaient voués aux cartons perpétuels. Le triomphe de l'année même de la mort\nde Ponchielli, vint trop tard : ou, plutôt, Ponchielli mourut trop tôt.\nC'est à l'initiative du Prince de Monaco que nous devons de connaître les\nValence : ayant appris que le célèbre maître italien avait laissé, presque totalement achevé,\nun opéra que les circonstances semblaient condamner à l'oubli, le Prince témoigna le désir\nque cette œuvre fût représentée. Un compositeur italien, M. Cadore, en termina l'orchestra-\ntion. Et l'œuvre de Ponchielli vient de recevoir la juste réparation d'une si longue attente.\nLe succès en fut triomphal.\nIl faut se hâter de dire que l'œuvre posthume de l'auteur de Gioconda est pleinement\ndigne de ce triomphe. Gioconda passait pour le chef-d'œuvre de Ponchielli, éclipsant même\nI Lituani : les Maures de Valence sont du même génial mélodiste, du même grand musicien\nde théâtre à qui l'on doit Gioconda : c'est absolument de la même qualité, de la même\nbeauté. La phrase mélodique, au large contour, est nette et expressive, sans toutefois avoir\nla carrure désuète des vieux opéras. On y devine un souci de vérité, de justesse, qui\napparente Ponchielli aux novateurs modernes. L'orchestration est variée, vivante, et d'un\ncoloris très vif.\nLe public, acclamant cette œuvre superbe, a également fêté ses admirables interprètes,\nla délicieuse cantatrice Mlle Lipkowska, la splendide contralto Mœe Royer, le magnifique\nténor M. Martinelli, le brillant baryton M. Baklanoff, l'excellente basse M. Marvini.\nL'exécution orchestrale fut parfaite sous la direction de M. Alexandre Pomé.\nLes beaux décors de M. Visconti ont fait sensation.\n\nJ. Darthenay."}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.74", "texte": "Le Gérant : MARCEL FREDET.\nImprimerie Sainte Catherine, Quai St. Pierre, Bruges, Belgique\n\nConcerts du Conservatoire\n; Lamoureux, Colonne,\nMonteux, Sechiari,\nTOUS LES\nDIMANCHES\nEN MATINÉE\nW\nm\n\\I\nSalle MalaKoff\nLes lundis et les jeudis à 9 h. Concerts-Rouge.\nTous les Vendredis à 4 h. Musique\nde chambre.\no\nSalle PLEYEL\n1 Mme C. Chevillard (Elèves) 2h,\nLe Quatuor Calliat 9 h.\n2 M 1 Fanny Ferrier 9h.\n3 MUe N. Girod et M. Choinet 9h.\n4S.M. I. (M. Granados) 9h.\n5 M 1 Dominici (Elèves) Ih.\n7 Concert de bienfaisance 9 h.\nmatÊStstar/// fpßa\nH el|£\n\nA\n• •:\n-1,\nI\n-V\\\nLe Vendredi-Saint\nConcerts Symphoniques\nV W 1\nSalle ERARD\nSALLE VILLIERS\nb Tous les vendredis, concerts\n! classiques de 4 h. J à 6 h.\npar le Double-Quintette de Paris\n5 MUe Pauline Vaillant\n(audition d'élèves)."}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.75", "texte": "Les Bénéfices de la Bourse\nDésirant avant tout être utile aux lecteurs de la S. I. M. je mets ma\ncompétence financière à leur disposition pour les aider a bien placer leur argent\net à augmenter leurs ressources.\nCeux qui ont eu confiance en moi depuis que je fais cette chronique\nn'ont qu'à s'en féliciter grâce aux résultats obtenus qui ont dépassé leurs\nespérances.\nJ'ai donné mes conseils consciencieusement, avec conviction ; je ne suis pas infaillible, mais une\nlongue expérience de pratique financière me permet de me tromper moins souvent et moins fortement\nqu'un autre.\nJe rappelle qu'en 1913, j'ai pu élever progressivement de I °/0 à 3 °/0 par mois les bénéfices fixes\nque j'ai distribués à mes participants. Pour l'année 1914, et pour ceux qui ne veulent courir aucun\nrisque, je prends l'engagement de verser 3 °/0 par mois sur toutes provisions en espèces qui me seront\nenvoyées, ce qui représente du 36 °/0\nJ'accepte également les titres comme provision et assure un bénéfice fixe de 1 °/0 par mois, calculé\nsur leur valeur moyenne. Vous pouvez par cette combinaison vous procurer sans aléa une augmentation\nsérieuse de revenu. J'ai l'espoir qu'après avoir pris connaissance de mes conditions de participation, vous\npourrez devenir bientôt un de mes fidèles adhérents.\nCONDITIONS DE PARTICIPATION\nProvisions en Espèces\ni° J'assure à mes clients un bénéfice fixe à forfait de 3 °/0 par mois pour toutes sommes qui me seront\nenvoyées pour être employées dans mes opérations ;\n20 Je prends l'entière responsabilité du capital, qu'il est toujours possible de retirer en me préve-\nnant un mois à l'avance, pour que je n'engage pas de nouvelles opérations ;\n30 Les bénéfices et les remboursements sont envoyés par la Poste le 5 de chaque mois.\nProvisions en titres\ni° J'accepte les titres comme espèces en les comptant à leur valeur moyenne pour laquelle j'assure\nun bénéfice fixe de I °/0 Par mo^s 5\n20 Le client conserve la propriété de ses titres et a droit par conséquent à tous les coupons,\ndividendes et plus-value ;\n30 Les retraits des titres peuvent se faire en prévenant simplement un mois à l'avance.\nP. E. PENAUD, directeur du \"Livre à un sou\"\nP. S. Je suis a la disposition des lecteurs de la S. /. M. tous les jours de 10 h. a 11 h. et de 4 h. a 7 h.\na mon bureau, 8, rue Drouot à Paris, ou par Correspondance.\n\n(Cette rubrique ri engage pas la responsabilité de la Revue).\n\nBON POUR UN RENSEIGNEMENT FINANCIER GRATUIT\nJ'ai en portefeuille les Valeurs suivantes : Dois-je les garder ou les vendre ?\nJ'ai un capital de francs à placer. Quel emploi dois-je en faire ?\nEcrire lisiblement : Nom, prénoms et adresse :\nDécouper ce bon et l'envoyer sous enveloppe à M. Penaud, 8, rue Drouot, Paris."}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.76", "texte": "LA SAKYÉ\nCanon à\nPAUL DU PIN"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.77", "texte": "PAUL DUPIN EN EGYPTE"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.78", "texte": "HENRI MONTORIOL-TARRÈS\n\n(d'après le tableau de Mme Isabel Beaubois de Montoriol)\n\nCliché Pajor\nHenri Montoriol-Tarrès, le virtuose catalan, qui vient d'obtenir à son dernier récital\nun succès considérable."}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.79", "texte": "S. I. M. SUR LA RIVIERA\n\nCliché Simon\nAprès le déjeûner du Nouvel Hôtel Ruhl, à Nice"}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.80", "texte": "S. I. M. SUR LA RIVIERA\n\nCliché Monte-Carlo\nUne des tables du déjeûner de l'Hôtel de Paris, à Monte-Carlo"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.81", "texte": "Cliché Lucile\nRobe en souffle d'amour bleu turquoise, le dessous est en malines blanche. Bouquet Lucile\nà la ceinture qui est bleu doublée citron."}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.82", "texte": "Cliché Félix\nMme NATACHA TROUHANOWA\nLes robes de scène et de ville de Mme Trouhanowa sont de la Maison Worth"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.83", "texte": "La Mode à travers les Arts\nJean de la Tour.\nUn de mes amis, réfractaire au Féminisme, se montre particulièrement hostile au\nplébiscite... platonique imaginé par l'un de nos grands quotidiens. Vous ne voterez pas,\nMesdames, déclare-t-il, au nom d'une idée ; vous élirez un député d'après son physique, ou\nvos impressions du moment, absolument comme si vous lui accordiez d'autres suffrages. Au\nlieu de se poser en moralisatrices, conclut mon grincheux ami, les femmes feraient mieux de\nréformer leurs toilettes et si elles tiennent à voter qu'elles commencent par un essai de référen-\ndum sur la mode aujourd'hui. Je gage que pas une ne la désavouera et la preuve sera acquise\nde leur mentalité.\nAh ! qu'ils vous connaissent mal ceux qui vous dénigrent ! J'en appelle à quelques-uns\ndes tout derniers modèles créés rue de la Paix, car ils témoignent que, lasses des outrances\nrévolutionnaires, vous favorisez désormais les tendances réactionnaires. Voici d'abord une\ntoilette Louis-Philippe en taffetas changeant. Le corsage s'orne de deux bretelles en taffetas\net s'échancre chastement en un mouvement arrondi partant des épaules. La jupe, à trois\nvolants étagés et très courte, laisse voir un pa de linon blanc et nous voilà loin des\nrobes fendues et des bas ajourés ! Ne me dites pas que le linon est transparent et que ce\npantalon apparent manque de discrétion. Nous sommes à une heure où l'on doit affirmer ses\nconvictions et hier encore ne reprochait-on pas aux femmes leur nudité !\nUne seconde toilette est de forme princesse, boutonnée devant. Elle vous reporte à\n40 ans en arrière, tandis qu'un autre modèle, avec tunique drapée en paniers, que souligne une\nguirlande de roses, nous est un rappel du XVIIIe siècle. D'autre part, l'apparition des\ndernier cri du chic évoque les jeunes beautés qui s'en paraient vers 1879 !\nEt vous voilà tentés, n'est-ce pas de reprocher cette fois aux femmes de se montrer trop\nrétrogrades. Vous oubliez donc qu'une délicieuse souplesse, aussi bien morale que physique,\nleur permet de crier simultanément \"vive le roi, vive la ligue. \"\nC'est ainsi qu'elles abandonnent définitivement le corset cette dernière entrave et\nle modèle \" Pantalon\" voisine avec une création que nous décrit une spirituelle chroniqueuse :\n\" la jupe drapée et retroussée juste au milieu par derrière est séparée complètement en deux\neffets laissant les jambes à l'air. \"\nCette toilette ne s'appellerait-elle pas, par hasard, Bamboche ?\nUne autre en tulle et taffetas \" Aurore \" est baptisée \" \" ; le flot des volants de\ntulle et du pouff jeune cousin de la vieille tournure démontre la moralité de cette\ndanse décriée, car le modèle est si fragile qu'il ne peut supporter aucun frôlement.\nPour flatter vos goûts musicaux, nous trouvons la création enveloppante et\n\" charmeuse \" jusqu'en l'étoffe dont elle est faite.\nPuis, nous apercevons le Tutu, ce dernier né de la mode. Sur la jupe en satin souple\nest posée une petite tunique très courte en tulle bouffant et resserrée en un bouillonné\nsemblable aux \" dessous \" des danseuses... quand elles en portaient. Le corsage à clair\ns'orne de girandoles en diamants, ou même, simple, en similis. Porté par vous, le toc éblouit\naussi bien que les brillants authentiques, car votre beauté nous fait oublier que son éclat est\nmensonger.\nDécidément, Mesdames, vous ferez d'admirables politiques."}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.84", "texte": "CORDES\nff\nG\n9 9\nGRANDE\n48, Rue de Rome, PARIS\nTél. Wag.\nCH. ENEL &Ce\n\nReprésentant C. KIESGEN, 8, rue de Milan, Tél. Central 44.45 Salle Gaveau, 45, rue La Boëtie, Paris.\nMercredi 8 Avril 1914, à 9 heures du soir\nRécital de Piano donné par TINA LERNER\nPROGRAMME\nŒuvres de Chopin et de Liszt\nFantaisie Polonaise, Op. 61\nQuatre Préludes . CHOPIN\nLISZT\nLISZT\nSonate en si mineur\nFeux Follets (des Etudes Transcendantes)\nLes Cloches de Genève . ......\nGnomenreigen\nHark ! Hark the lark (SCHUBERT) . . .\nNocturne en mi mineur f Mephisto Waltz .\nValse en la bémol, Op. 34 ) PIANO GAVEAU\nPRIX DES PLACES Loges, la place 10 fr. Fauteuls de Parterre, 10 fr. Premier Balcon, premier rang, 6 fr.\nDeuxième et troisième rangs, 4 fr. Deuxième Balcon, premier rang, 3 fr. Deuxième rang, 2 fr. Entrée, 1 fr.\nBillets en vente ; à la Salle Gaveau, 45, rue La Boëtie et chez les Editeurs Durand, 4, place de la Madeleine ; Max Eschig,\n13, rue Laffitte et 48, rue de Rome.\n\nS. BORNEMANN, EDITEUR, 15, RUE DE TOURNON PARIS\nŒUVRES DE CH. BORDES =\nChanson triste, paroles de J. Lahor ... 1 fr. 70\nSérénade mélancolique . 1 fr. 70\nFantaisie persane . 1 fr. 70\nTantum Ergo, motet pour soprano et ténor ou ténor solo, avec accompagnement d'orgue 1 fr. 35\nLitanies de la Très Sainte Vierge, chant et orgue. . . 3 fr. 00\nO Salutaris, solo et chœur à 3 voix, avec accompagnement de harpe et orgue 1 fr. 70\nSUITE BASQUE\nsuite symphonique d'orchestre pour Flûte, 2 Violons, alto, violoncelle\n'Partition d'orchestre 8 fr. | 'Parties d'orchestre 15 fr. j 'Piano à 4 mains, par E. Chausson 6 fr."}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.85", "texte": "TOUT POUR TOUS SPORTS\nA.TUNMER\nô\nîe\n1 et 3\nPlace St. Augustin\nPARIS\nRaquette\nTUNMER\nboyaux extra, bois premier choix . <• • • 35 fr.\nLa même avec DOUBLE CADRE breveté 40 fr.\nCatalogue illustré\nBALLES \" TUNMER SPÉCIAL \" les meilleures pour terrains durs\nadoptées pour les Championnats de TU S. F, S.A. la douz. 17 fr. 50\n\nSOCIÉTÉ GÉNÉRALE\nPour favoriser le développement du Commerce et de l Industrie en Ftance*\nSOCIÉTÉ ANONYME. CAPITAL : 400 MILLIONS.\nSIÈGE SOCIAL ; 54, et 56, Rue de Provence\nSUCCURSALE-OPERA ; 1, Rue Halévy\nSUCCURSALE ; 134, Rue Réaumur (Place de la Bourse)\nà PARIS.\nDépôts de fonds à intérêts en compte ou à échéance fixe (taux des dépôts : de 1 an à 2 ans 2 °/0 ;\nde 4 ans à 5 ans 4°/0 ; net d'impôt et de timbre) ; Ordres de Bourse (France et Etranger) ;\nSouscriptions sans frais ; Vente aux guichets de valeurs livrées immédiatement (Obi. de Ch. de\nfer, Obi. et bons à lots, etc.) ; Escompte et Encaissement d'Effets de Commerce et de Coupons\nfrançais et étrangers ; Mise en règle et Garde de titres ; Avances sur titres ; Garantie contre\nle remboursement au pair et les risques de non-vérification des tirages ; Virements et chèques sus\nla France et l'Etranger ; Lettres et Billets de crédit circulaires ; Change de monnaies\nétrangères; Assurances ('Vie, Incendie, Accidents), etc. r\nSERVICE DE COFFRES-FORTS\n(Compartiments depuis 5 fr. par mois ; tarif décroissant en proportion\nde la durée et de la dimension.)\n• ■ • . A\n98 succursales, agences et bureaux à Paris et dans la Banlieue ; 924 agences en Province ; 3 agences\nà l'Etranger (Londres, 53, Old Broad Street ; Bureau à West-End, 65, 67, Regent-Street), et\nSt-Sébastien (Espagne) ; correspondants sur toutes les places de France et de l'Etranger. Corres-\npondant en Belgique et Hollande ; Société française de Banque et de dépôts, Bruxelles, 70, rue\nRoyale ; Anvers, 74, place de Meir ; 2l, avenue Léopold ; Rotterdam, 103, Leuvehaven"}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.86", "texte": "Chez ROUART LEROLLE & Cie, 29, rue d'Astorg, PARIS\nVient de paraître :\n===== F. W. RU SX -\nDOUZE SONATES\nen recueil (8 fr.) ou séparément (2 fr.)\nPubliées sous la direction de M. VINCENT D INDY\navec un portrait de RUST et la reproduction d'un manuscrit\n\naKaKMcanaßaßnt!^tîaßaßa^atiiißaßaiiuaa«»HtßH!BaaKatsaKagagagasatfaßacasatiaS\nLE GUIDE DU CONCERT ' ' §\ncomplété par\n— 12, PLACE D'ANVERS, PARIS (Tél. 114=04) LA CRITIQUE MUSICALE g\nPUBLIE UN NUMÉRO HORS-SÉRIE offert à ses abonnés et consacré a SAINT=SAENS\n70 pages de texte, illustrations, documents inédits et musique.\nCOLLABORATEURS : MM. Athénius, A, de Lassus, Bender, Bonnerot. Boschot, L, Ceillier, R. Ceillier. A Cellier,\nJ. Chantavoine, M. Emmanuel, d'Estrée, Fannière, Ganche, Gigout, J. Huré, Le Borne,\nM. David, Péiichardo I. Philipp, Pillois, J. G. Prod'homme, Second, Sizes, Vauzanges,\nViardot, L. Vierne, R. 1 horsl.\nParis Province Etranger\nABONNEMENTS: au GUIDE «édition simple) 8 fr. ? fr. 10 fr. g\nau GUIDE et à LA CRITIQUE 12 fr. 14 fr. 15 fr.\nSRBR3RBmSr^»R!BM!n{»WnSB?!fIB«RBIRBR»BBBîraîn!!îI«9«»B9R3ROR3G3Rî)ï!îIRStSSR\n\nLIQUEUR.\nF D O'f* •\n+ :)\n, n\n••i» * • »\nii>»\n*»t» 4Vr»»v ' ' \".'.V'- ]\n... ,■— ,\n. . V»'"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.87", "texte": "A. DURAND Fils,\nDURAND «S Cie\nPARIS 4, Place de la Madeleine, 4 PARIS\nAdr. Telegr. DURFIS-PARIS Téléph. 245.74\nM M\nDernières publications\nAubert (L.) Op. 6, Suite ; 6.\nChevillard (0.) Op. 6. Ballade symphonique, réduction par l'auteur 5.—-\nChopin Op. 35. Sonate, arrangée par C. Saint-Saëns *0.—\nDebussy (0.) Images (3e série) transcription par André Caplet :\n1. Gigues\n2. Ibéria 10-3.\n3. Rondes de printemps 7.—\nDuJfcas (P ) La Péri, poème dansé, réduction de concert par G. Samazeuilh . .12.—\nPojyeucte, ouvert, pour la tragédie de Corneille, par G. Samazeuilh B.\nDupin (P.) La Pièce d'eau aux petits poissons rouges, (extraits du Beau jardin),\npar L. Roques 3-5°\nFranck Final, par J. Griset\nGrande pièce symphonique, par J. Griset 10.—\nPastorale, par J. Griset. 6.—\nPièce héroïque, par J. Griset 5.—\nPrière, par J. Griset. ; 7.—\nRavel (M.) Daphnis & Chloé, Fragments symphoniques, ire série. Nocturne,\nInterlude, Danse guerrière, Transcription. Il faut pour l'exécu-\ntion 2 exemplaires. Chaque 5.—\nDaphnis & Chloé, 2ma série. Lever du jour. Pantomime. Danse géné-\nrale (L. Roques). Il faut pour l'exécution 2 exemplaires. Chaque 8.—\nMa Mère l'Oye, 5 pièces enfantine, Transcription 7.—\nRoger-Ducasse Au jardin de Marguerite, Chœur de la dispute des fleurs, par l'auteur 7.—\n„ Interlude, par l'auteur 8.—\n~ Prélude et chœurs (20 partie), par l'auteur 6.—\nLe Joli jeu de furet, réduction de l'auteur . 7.—\nQuatuor à cordes, en ré mineur, réduction de l'auteur 15.—\nQuatuor pour piano et cordes en sol par Laurent Ceillier .... 15,—\nRoussel (A.) Evocations, réduction par l'auteur :\n1. Les Dieux dans l'ombre des cavernes B.\n2. La Ville Rose ' B.\n3. Aux bords du fleuve sacré , . 10.—\nSaint-Saëns (C.) Op. 41, Quatuor en si bémol transcrit par J. Griset 15,—\nLa Lyre et la Harpe, soli et chœurs : Chante, chante ! Jupiter règne\net l'univers t'implore, transcription de Reynaldo Hahn . . . 7.—\nOp. m, n° 5. Etudes en tierces majeures chromatiques, transcription\npar Ed. Risler 3.50\nOp. m, n° 6. Toccata, d'après le finale du sme5me Concerto, transcrip-\ntion par Ed. Risler 7.—\nSamazeuilh (G.) Le Sommeil de Canope, poème, transcrit par l'auteur B.\nUne étude symphonique d'après La Nef, par l'auteur 10.—\nSchmitt (Flor.) Op. 49. Etude pour le \" Palais Hanté \" d'Edgar Poë, réduction par\nl'auteur\nOp. 50. La Tragédie de Salomé, réduction par l'auteur 20.—\nOp. 53. Trois Rapsodies, (Française, Polonaise, Viennoise) . . . 12.—"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.88", "texte": "1\n[ !\n\"v\n>À\n«\"\n;•\n■\n«\n•:ï:\n\\\nu m\nk i\n« Ni\n■ sis.,.\n-M»*\nPliy\n*#\n-\n.\n•• «$&&& ■■...-. - ■ ' ■' , -, . • . .\n(Farandole Provençale d'après un tableau oie R.Lelong)\nL'HIVER A LA COTE D'AZUR\nTRAINS EXTRA RAPIDES DE JOUR oude NUIT"}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140401-01.1.89", "texte": "Société Anonyme des EDITIONS RICORDI\n18, rue de la Pépinière PARIS\nNOUVELLES PUBLICATIONS\nPARSIFAL\nde RICHARD WAGNER\nPartition Chant et Piano, traduction française de Jean Chantavoine . net fr. 4.00\nPartition Piano seul net fr- 2.50\nŒUVRES\nD'AUTEURS ANCIENS\nArrangées pour Violoncelle avec Accompagnement de Piano\n>\npar J. SALMOiN\n0 0 0\nPrix nets\nWILHEM DE FESCH (1695-1758) . . Sonate (Sol majeur): 1. Prélude et Allemande; 2. Sara-\nbande et Menuet 3 00\nSéparés: Prélude et Allemande 2 25\nSarabande et Menuet 1 75\nWILHKM DE FESCH (1695-1758) . . Sonate (Ré mineur) : 1. Sicilienne et Allemande ;\n2. Audante Cantabile; 3. Menuet ... 3 00\nSéparés : Sicilienne et Allemande 2 00\nAnd au te Cantabile 1 25\nMenuet 1 5°\nHENRI ECCLES (1670-1742) . . . Sonate :1. Grave et Courante; 2. Adagio et Vivace. . 2 50\nSéparés : Grave et Courante 1 5°\nAdagio et Vivace 2 00\nCERVETTO (1682-1783) Sonate: 1. Adagio et Allegro; 2. Audante Cantabile\net Allegro 4 00\nSéparés : Adagio et Allegro 2 75\nAudante Cantabile et Allegro .... 2 25\nBENEDETTO MARCELLO (1686-1739) Sonate :1. Grave et Allegro; 2. Largo et Vivace . . . 3 00\nSéparés : Grave et Allegro 2 25\nLargo et Vivace 175\nSAMMARTINI (1700-1770) .... Sonate : 1. Allegro; 2. Grave; 3. Vivace 3 00\nSéparés : Allegro 1 75\nGrave 1 00\nVivace 125\nJ.-B. SENALLIE (1687-1730) . . . Allegro Spiritoso 2 50\nFRANCESCO GUERINI (1710-1780) . Allegro con brio 2 50\nRAMEAU (1683-1764) Gavotte pour les fleurs d.i ballet u Les Indes galantes\" 2 00\nRAMEAU (1683-1764) Menuet de l'opéra Platée\" 2 00\nCOUPERIN (1668-1733) Les Chérubins 2 50"}]}