{"numero_id": "bm-bmtnabh-1914-04-15-01", "volume": "bmtnabh_1914-04-15_01", "ocr_sha256": "72ab6ae090493c14541f6faf8bc6b6800595a1980d886e65b4278b84372a61d9", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1914/04/15_01/bmtnabh_1914-04-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1914/04/15_01/bmtnabh_1914-04-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-15_01#c002", "volume": "bmtnabh_1914-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.2.2", "titre_corps": "UN ENTRETIEN AVEC GRANADOS par Jacques Pillois", "titre_sommaire": "UN ENTRETIEN AVEC GRANADOS par Jacques Pillois", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.1", "debut_caractere": 436, "fin_caractere_exclue": 585, "texte": "UN ENTRETIEN AVEC GRANADOS par Jacques Pillois\nLA QUINZAINE :\nCONCERTS ET RÉCITALS SOCIÉTÉS PROVINCE BELGIQUE ÉCHOS NOUVELLES\nSupplément de Quinzaine"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-15-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-15_01#c003", "volume": "bmtnabh_1914-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 3, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.2.3", "titre_corps": "A Travers la Quinzaine", "titre_sommaire": "A Travers la Quinzaine", "signature_source": "Maurice Bex", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.3", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2924, "texte": "A Travers la Quinzaine\n\nJ'examinais il y a quinze jours quelques-unes des raisons pour lesquelles les programmes\ndes divers concerts et spécialement ceux des récitals sont si souvent mal composés. 11 en est\nune sur laquelle il convient d'insister non parce qu'elle agit fréquemment mais parce qu'elle\nest sans excuse : je veux parler du manque d'indépendance qu'ont les virtuoses, du moins la\nplupart d'entre eux, en face d'une opinion répandue ou d'une idée admise. Pour ne pas\nprendre un exemple actuel, citons un fait de la veille. Il est indéniable que depuis plusieurs\nannées la musique de Grieg a été mise à l'index par nombre de gens, sans doute très avertis,\nqui se contentaient d'ailleurs de sourire d'un air méprisant lorsque devant eux on osait classer\nGrieg parmi les musiciens. En face de ceci qu'ont fait les virtuoses ? Ils n'ont pas hésité. Leur\nrôle n'est point de combattre, il ne lui appartient pas de prendre parti, ils ont purement et\nsimplement supprimé de leurs programmes l'auteur de Peer Gynt. Le plus minime pianiste se\nserait cru compromis en n'affectant pas un dédain supérieur à l'endroit d'un compositeur si\nmal vu. Il a fallu qu'une voix généreuse et puissante dénonce cette injustice pour que cet état\nde choses cesse. Ce qui prouve qu'heureusement à tout ceci il y a des remèdes ; nous les\nrechercherons prochainement.\nLe travail, au moment où la saison des concerts dominicaux tend à sa fin, devient plus\nardent, une activité plus évidente se manifeste là même où l'on désespérait d'en trouver\ndésormais.\nChez Monteux cette activité ne saurait surprendre elle date du premier instant, elle\ns'accroit cependant suivant les lois qui font intervenir la vitesse acquise. Le concert du\n29 Mars fut évidemment plus remarquable par sa tenue que par son éclat. Rien ne peut\nsembler plus utile et plus opportunément juste à l'heure actuelle qu'une audition de Namounay\ncette œuvre toujours jeune et si agréable à entendre dans laquelle Lalo a fait preuve d'autant\nde goût que d'invention est l'objet d'une indifférence inexplicable et imméritée.\nLa Procession sur les bords de VAdriatique d'H. Lutz est la traduction musicale d'un sujet\ningénieux : une procession longe le rivage en chantant puis traverse une grotte, les chants se\nrépercutent sous les voûtes. Sortie dans le soleil (ah ! voici la clarté) éblouissement. Puis\nconclusion mystique. Ces différents épisodes reçoivent une traduction orchestrale agréable mais\nun peu arbitraire.\nDeux mélodies de Paul Ladmirault : les Béatitudes et Gnomes sur des poèmes gauches et\nprétentieux de Marie Dauguet semblent pleines de qualités merveilleuses bien que l'auteur\nn'ait pas encore trouvé la formule d'écriture exacte qui convient àsa nature musicale si géné-\nreuse et si nuancée. Je dis u semblent \" car Mine Hilda Roosevelt qui s'était dévouée, en\ndernière heure, pour chanter ces pages difficiles, fut victime de son dévouement : d'ailleurs les"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.4", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2854, "texte": "Gnomes sont un étonnant scherzo d'orchestre où l'adjonction de la voix y apparaît un peu inutile.\nLe programme était complété par les Djinnesde Franck dans lesquels M\"° Blanche Selva mani-\nfesta une dureté et une sécheresse qui ont surpris ses admirateurs, par l'exquise suite de Fauré.\nDolly qu'Henri Rabaud orchestra incomparablement et par la Rhapsodie espagnole de Ravel\noù la virtuosité coutumière de ce musicien s'allie, par exception, à une très réelle émotion.\nLe concert suivant eut évidemment une tout autre importance. Monteux y a redonné la\nTragédie de Salomé. Et si l'on s'élève à juste titre contre le perpétuel rabâchage d'œuvres\nclassées, on ne saurait assez être reconnaissant à qui fournit à un public désireux d'apprendre,\nl'occasion de pénétrer plus avant dans la connaissance de pages aussi évidemment belles mais\nsavantes et touffues qu'on subit plus ou moins spontanément mais à la compréhension réelle\ndesquelles on atteint après plusieurs auditions ce n'est cependant pas l'avis de chacun puisque\nparmi la foule imposante désireuse d'entendre le il s'est trouvé des individus,\ntrès peu à vrai dire, pour insulter de leur rire ignare et gêné malgré tout, ce qui les domine et\nles surpasse dans cette œuvre plus sincère et plus généreuse qu'aucune autre et qui à ce titre\nseul mérite d'être acclamée comme elle le fut.\nLes concerts Sechiari ont terminé leur saison par deux manifestations très intéressantes.\nLe 29 Mars il nous fut donné d'applaudir en Busoni le compositeur. Il est extraordinaire et\ninjuste que les virtuoses qui après tout ne sont pas forcément anti-musiciens aient tant de mal\nà faire apprécier leurs œuvres. Pour déchaîner l'enthousiasme des foules il a fallu que Busoni\ns'installe au clavier et cependant son Concerto pour violon, sa Suite d'orchestre et sa Symphonie\nIndienne sont issus de tendances très appréciables et qu'on voudrait rencontrer plus souvent.\nLe dimanche suivant quatre mélodies de Fl. Schmitt nous ravirent. Les textes littéraires\nempruntés à des auteurs différents, et parfois indifférents, sont dominés par une égalité de\npensée impressionnante. Le style, la profondeur, l'abondance musicale, la simplicité des lignes\net la féconde influence du décor sonore sont les caractéristiques trop brièvement exposées\nde ces pages brèves qui consolent des lourdes et hautaines productions qui satisfont les\ntendances inexplicables des fidèles de l'Ennui.\nPar contre deux pièces pour orchestre du même Fl. Schmitt exécutées, dernièrement chez\nHasselmans et qui datent il est vrai de 1899 appartiennent nettement au siècle dernier\net n'ajoutent rien à la gloire de leur auteur. Elles accompagnaient sur l'affiche des œuvres très\nvariées puisque Vittoria voisinait avec Saint-Saëns et Ravel cependant que Rédemption nous\nétait donné intégralement sinon de façon suffisante.\n\nMaurice Bex."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-15-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-15_01#c005", "volume": "bmtnabh_1914-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 4, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.2.4", "titre_corps": "Les Sociétés", "titre_sommaire": "Les Sociétés", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.4", "debut_caractere": 2856, "fin_caractere_exclue": 3224, "texte": "Les Sociétés\nSociété Musicale Indépendante\nQuatre nouveautés fort intéressantes figuraient à ce programme qui réunissait les noms\nde Mme Herscher et de MM. Kœchlin, Pillois, Enesco et Le Flem.\nLes \" Poèmes \" de M. Jacques Pillois paraissent être une des plus jolies inspirations de\nce délicat musicien dont l'an dernier le Quatuor Battaille nous révélait de charmantes"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.5", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3440, "texte": "Chansons Chorales. Le séduisant caprice de leur ligne vocale, la poétique couleur de leur\ninstrumentation où la flûte bucolique murmure enlacée aux branches harmonieuses du\nquatuor, trouvèrent en Madame Gaétane Vicq-Challet, en M. Willaume et leurs collabora-\nteurs les plus éloquents interprètes. Nous attendions le quatuor de M. Kœchlin : ce fut\ncelui de M. Ravel qui vint. Il ne fallait pas moins que cette œuvre exquise, justement célèbre,\npour nous faire accepter la remise probable à une autre soirée de l'œuvre de M. Kœchlin et\nadoucir notre déception.\nL'\" Ophélia\"de Mme Herscher est une page élégante d'une grâce toute fauréenne. Le \" Cré-\npuscule d'Armor\" de M. Paul Le Flem nous transporte en un rêve légendaire où se succèdent\nles visions sonores les plus variées et imprévues, à la voix multiple des accords. Quant au\n\" Nocturne \" de M. Enesco, malgré sa longueur, il n'ajoute nulle gloire à un parfait musicien\nqui fut tant de fois plus heureusement inspiré.\nFestival Granados.\nLa S. M. I. qui nous initia déjà aux richesses de l'école espagnole contemporaine, avait\nsu pour ce dernier concert, s'assurer le concours d'un de ses meilleurs représentants : le pianiste-\ncompositeur Henri Granados. Pendant deux heures, ce subtil magicien des harmonies et du\npiano nous entraîna donc au pays des \" Majos énamourés \", aux accents de ses \" Goyescas \"\net de ses \" Tonadillas\" révélatrices d'une Espagne moins brillante peut-être mais plus intime-\nment émouvante que celle d'Albeniz.\nGrâces soient rendues àM. Granados et à ses excellents collaborateurs : Mme Polack,\nMM. Costa et Zighera et souhaitons que la S. M. I. après cette découverte d'une nouvelle\nEspagne, nous convie bientôt à d'autres voyages musicaux où les âmes diverses des races\nlatine, slave, germanique et celtique nous livreront tous leurs secrets.\nPAUL LADMIRAULT.\nSociété Nationale\nLe Quintette de M. Jean Huré, comme celui de M. Florent Schmitt, est une de ces\nœuvres dont une brève et sèche analyse ne pourrait décrire la riche complexité ni faire\ncomprendre l'émotion intense. Il faut l'entendre ;et en disant seulement que Mme Gellée et le\nQuatuor Touche en donnèrent une fidèle traduction, on ne peut leur faire un plus grand éloge.\nLes \" 4 Clairs de Lune \" de M. Abel Decaux nous révèlent un très grand musicien,\ntrop longtemps et injustement ignoré ou méconnu, chez qui une imagination étonnante\njusqu'à la bizarrerie s'allie à un lyrisme grandiose trop rare de nos jours. C'est surtout dans le\n4® de ces \" Clairs de Lune \" (Sur la Mer) que ces dons atteignent leur plein épanouissement.\nCe tableau saisissant par l'intensité de la vision et la sûreté de la transposition sonore est d'une\nréalisation si parfaite qu'on ne pourrait concevoir un autre \" Clair de Lune sur la Mer \" après\navoir entendu celui-là. Le \" Clair de lune au cimetière \" avec ses harmonies blafardes,\nsinistres, sur lesquelles vient quelque temps planer le chant du Requiem, est d'une poésie\nfarouche, j'allais dire, implacable. Quant aux deux premiers \" clairs de lune \" ils sont\nplus difficilement compréhensibles à une première audition, encore que le fantastique de\n\" Minuit passe \" et l'effroi de \" la Ruelle \" en fassent des pages parmi les plus curieuses de la\nlittérature pianistique, comparables seulement au \" Gaspard de la Nuit \" de M. Maurice\nRavel et écrites dix ans avant lui.\nM. Decaux apparaît dans cette œuvre surprenante comme l'Arthur Rimbaud ou le"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.6", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3514, "texte": "Tristan Corbière de la musique. C'est dire avec quelle curiosité nous devons attendre les\nœuvres nouvelles qu'il doit à nos légitimes impatiences. Que dire après cela des \" Croquis\nd'un gros bonhomme en bois \" de M. Erik Satie ? bien que l'on veuille considérer cet agréable\nhumoriste comme le précurseur du debussysme, sur la foi de quelques aimables mystificateurs\nessayant à leur manière \" de piquer au talon la grande figure d'Achille. \"\nM. Erik Satie doit être le premier à rire de ce rôle qu'on veut lui attribuer, ce qui\nn'empêche pas sa musique de renfermer d'ingénieuses et amusantes trouvailles rythmiques et\nharmoniques, principalement dans ces \" croquis \" destinés à nous divertir.\nM. Ricardo Vines y apporta son habituelle virtuosité.\nAvec M. Georges Auric, nous entrons dans la musique d'après-demain, celle qui est\ndestinée à succéder au debussysme et à le dévorer. Parmi ces oeuvres inégales d'un tout jeune\ncompositeur de quatorze ans à peine, il faut accorder une mention spéciale aux u Chansons de\nV Escarpolette\" et à deux de ces chansons \\Y u Œuf de Pâques\" et le \"Canard\" qui annoncent une\ncurieuse personnalité et contiennent même de véritables conquêtes dans le \" domaine inexploré du\nbruit \" qui doit, selon M. Vuillermoz, offrir une riche carrière aux recherches de nos futuristes.\nEn musicienne experte, Mme de Lestang se joua des difficultés que comporte une telle\nmusique.\nLe Concert se terminait par la Sonate de M. Witkowski pour nous rappeler à la réalité\ndont tant de fantasmagories auditives nous auraient fait perdre le souvenir.\nPAUL LADMIRAULT.\nSociété J. S. Bach.\nLa Passion selon St. Matthieu. Parmi les œuvres que la Société Bach a inscrites à son\nrépertoire, la Passion selon St. Matthieu est, sans conteste, une de celles qu'elle possède le\nmieux ; aussi, fut-ce de sa part, un choix particulièrement heureux que d'en donner une\naudition pour célébrer le dixième anniversaire de sa fondation. Cet admirable monument est\nd'une telle magnificence qu'on reste confondu chaque fois qu'on est appelé à le contempler ;\ncomme les créations les plus achevées de l'art gothique, il unit la force à la grâce, la puissance\nau charme \\ les épisodes du drame le plus poignant qu'ait connu l'humanité y sont traduits avec\nune profondeur d'accent qui émeut et qui trouble : cette partition est un chef-d'œuvre dans\ntoute l'acception du terme.\nL'exécution intégrale d'une œuvre aussi développée est impossible en une seule séance,\naussi faut-il faire un choix parmi les airs, les chœurs, les chorals qui la composent ; disons\nde suite que M. Bret a très judicieusement choisi ; je regrette seulement qu'il ait cru\ndevoir écarter l'admirable air d'Alto : Sehet, Sehet dans lequel les JVohin ? JVohin ?du chœur\ninterviennent de façon si saisissante ; l'audition aurait été allongée de quelques minutes, mais\nqui s'en serait plaint ?\nMelle Germaine Emo, d'une voix claire un peu frêle, chanta les airs de soprano dans un\nbon style. Mme Maria Freund fut, comme toujours, expressive et émouvante ;je ne crois pas\nqu'il soit possible de tenir avec une plus absolue perfection le rôle de l'Evangéliste que ne le\nfait M. Georg Walter. M. Roellens-Collet dont la voix a quelque lourdeur et dont la pronon-\nciation allemande n'est pas sans défaut manque un peu d'onction dans le rôle du Christ, il a\nplus d'autorité que de douceur résignée devant le Sacrifice consenti librement. Bonne exécu-\ntion qui témoigne d'un sérieux effort de la part des chœurs et de l'orchestre.\nALB. BERTELIN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-15-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-15_01#c007", "volume": "bmtnabh_1914-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 7, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.2.5", "titre_corps": "LE VIOLON", "titre_sommaire": "LE VIOLON", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.7", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2275, "texte": "Pianos et Archets. Sous cette rubrique heureuse qui définit nettement leur objet sans\nle limiter de façon trop étroite, Léon Jongen, Jean Lensen, J. O. Englebert et Georges\nPitsch ont donné le lerIer avril dans la salle des quatuors Gaveau une première séance de\nmusique de chambre qui obtint auprès des connaisseurs une manière de triomphe. On ne\nsaurait trop y insister. Trois œuvres seulement figuraient au programme. Mais la qualité\ncompensait et au-delà la quantité. Le quatuor de Fauré est un pur chef-d'œuvre, une des plus\nbelles inventions de l'auteur de Pénélope. Une forme impeccable, des harmonies riches, expansives,\nexpressives sont les caractéristiques de ces pages qui furent jouées avec le fondu et la couleur\nque réclament leurs sonorités nombreuses et chatoyantes. La sonate en ut mineur de Jongen\nest une œuvre puissante et vaste, admirablement écrite pour les deux instruments, sonnant à\nmerveille et fut exécutée à la perfection. Le premier mouvement ample et noble est assez\npathétique, le second est composé d'un andante dont la mélo-\ndie incomparable que met en valeur le violoncelle fait place\nà un scherzando fin et délicat. Le Finale très puissant conclut\ndans la douceur. Quant au quatuor de Chausson, œuvre\nriche, variée, tantôt sensible, tantôt grandiose, tantôt familière,\ntoujours élevée, il atteint à la plus profonde émotion.\nMme Lucy Vuillemin n'est pas de ces chanteuses qui ayant appris tant bien que mal\nla matière littéraire et musicale d'un texte croient avoir assez fait pour prétendre à son inter-\nprétation. Si elle consacre tout un récital à Fauré, ce n'est pas non plus\npour sacrifier à la mode et obtenir la confiance de tel public sur la foi d'un\nprogramme. C'est plutôt, il n'en faut pas douter, parce qu'elle aime cette\nmusique sincèrement et qu'elle l'a étudiée à fond. C'est pourquoi avant\nde juger le résultat il convient d'apprécier l'esprit et la tendance qui ont\nprésidé à l'élaboration de ce récital qui dépasse évidemment les manifestations\nsimilaires.\nMme Vuillemin possède une très jolie voix lumineuse et frêle, dont le timbre très\npersonnel et très défini se transforme difficilement. Aussi, pour éviter la monotonie, la\nchanteuse habile ne pouvant trouver des couleurs très différentes cherche la variété dans les"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.8", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2863, "texte": "nuances, elle l'obtient, mais alors la voix semble parfois forcée et traîne quelque peu sans\nd'ailleurs cesser à aucun moment d'être plaisante, et cela seul importe. D'ailleurs quelle est\nla chanteuse capable sans défaillance technique de chanter une vingtaine de mélodies. Peut-\nêtre yen a-t-il. A coup sûr elles ne sont pas nombreuses. Mme Vuillemin obtient un grand\nsuccès très mérité.\nAlfred Casella pianiste et accompagnateur et le quatuor Capet qui joue à souhait le\nquatuor de Debussy ne sauraient sans injustice manquer d'être associés au succès de leur\ncamarade.\nMme Marie Leroy a donné avec Emmanuel Moor un récital de chant. Son style dans les\nclassiques tels que Bach, Schubert, Brahms s'est élevé et très musical, il laisserait davantage à\ndésirer dans les œuvres de Duparc et\nbelle et importante. Pourquoi faut-il\nrendent peu agréable à entendre à la\ndu lied à travers les temps et les\nAustin n'ont pas manqué, il faut les\ndances qui séparent les modernes, et\nidéalistes, ils en ont dédié une aux\nde d'lndy. La voix de Mme Leroy est\nque tant de résonnances gutturales la\nlongue ? Poursuivant leur étude\ncontrées Mme Mockel et Stéphane\nen féliciter, d'insister sur les ten-\naprès avoir consacré une soirée aux\ncoloristes et aux impressionnistes.\nMalheureusement une indisposition du conférencier ayant privé les auditeurs du commentaire\nsur lequel ils comptaient, la tâche des chanteurs n'en a été que plus difficile.\nMmc Maud Humphery a bien mérité de la musicologie en consacrant une \" causerie\nmusicale \" aux classiques italiens du XVeme au XVIIIeme et il serait à souhaiter que l'éducation\nmusicale des auditeurs trouve fréquemment des occasions comparables à celle-ci de se parfaire.\nLes exemples qui illustrèrent cette causerie, nombreux et variés ne présentent pas tous le\nmême intérêt mais aucun n'est indifférent et la plupart sont très attachants. Mme Humphery\ndont la voix parut encore se développer, sut les mettre en valeur et obtint à tous les points de\nvue un brillant succès.\nMme Desmaret-Wintrebert compose ses programmes avec le goût le plus sûr et le plus\nraffiné. De Bach à Debussy elle a su choisir des pages caractéristiques des diverses écoles du\nlied et de l'air classique et les a traduites, avec la musicalité la plus éclairée. Jacques Pillois\neut en elle une interprête particulièrement intelligente. Melle Andrée Arnoult et M. Henne-\nbains la secondèrent efficacement et achevèrent de donner à ce concert un caractère très\nartistique.\nPaul Goldschmidt est un pianiste de grande race que nul ne saurait oublier après avoir\nentendu, fut-ce une seule fois, la netteté et la décision de ses interprétations et, parmi tant de\nqualités techniques, son étonnante précision. Il a pu sembler dernièrement lors des deux récitals\ndonnes salle Erard que dans certains passages de force le son attaqué durement manquait de"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.9", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 9, "texte": "LE VIOLON"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.9", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2387, "texte": "continuité peut-être faut-il attribuer ceci à la façon spéciale dont Goldschmidt emploie la pédale\nmais cette légère critique admise, il faut louer sans réserve le talent supérieur de ce pianiste\nqui ne se permet pas comme tant d'autres, et non des moindres, de bousculer les mouvements\net les nuances et de jouer les passages les plus chantants avec une correction stricte\nà faire bondir.\nM,le Mary Fischer consacre tout un programme à Schumann : Fan-\ntaisie, pièces romantiques, études symphoniques. Son jeu attrayant et souple\nmanque peut-être d'audace mais évidemment pas de franchise et c'est par\nl'intermédiaire du maître de Zwickau une révélation spontanée de tout ce à quoi\nrêvent les pianistes.\nMll' Illingsworth virtuose et musicienne à souhait passe de Bach à Fauré et de Schubert\nà Liszt avec une facilité surprenante, sous ses doigts prestes la pensée de ces maîtres vit et renaît\névidente et limpide et le public ému et ravi semble comprendre qu'il doit à l'action de l'inter-\nprète une intelligence musicale qu'il n'avait point la veille.\nLéon Eustratiou possède des doigts de virtuose agiles, égaux, déliés, mais le souci\npianistique domine évidemment ses préoccupations musicales ; les sonorités sont monotones et\npauvres. Le Carnaval, lui-même, se passe dans le brouillard et Pierrot, Arlequin, Eusebius,\nFlorestan, Estrella, Pantalon et Colombine tout de gris habillés se confondent et ne nous\nséduisent plus.\nDans la composition de son programme MIU Clara Sansoni a fait preuve d'un large\néclectisme. La brillante pianiste que ne rebute aucune difficulté sait animer d'une vie ardente\ndes pages qu'on entend chaque\njour. A la Salle Erard, devant un\nauditoire chaleureux, cette excel-\nlente musicienne montre une vir-\ntuosité déjà sûre d'elle-même et elle\ninterprète sans mièvrerie Brahms,\nSchumann et Chopin. La jeune\nvirtuose a eu la rare fortune de\nbénéficier des conseils d'Albeniz.\nAussi a-t-elle fait valoir avec autant de brio que de couleur exacte la à Séville»\nLavapics et diverses autres pièces tirées Liberia.\nTandis que les pianistes semblent se reposer quelque peu, les violonistes nombreux et\nardents sollicitent le public et accaparent les salles de concert.\nJourdan-Morhange dont l'éloge n'est plus à faire possède toujours une agreable\nvirtuosité et une sonorité qui, un peu grêle parfois, est toujours plaisante et distinguée. Et cette"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.10", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3735, "texte": "artiste est à ce point sensible à l'ambiance musicale que plus ou moins bien accompagnée ellc\nse sent plus ou moins inspirée. Son programme intelligemment composé comportait outre le\nconcerto de Chausson, une sonate de Locatelli et deux premières\nauditions. Le fait vaut d'être signalé. La sonate de Paul Paray\nbien que dominée par des souvenirs franckistes est une œuvre\nattachante, bien composée, aux lignes nettes, aux harmonies fines\net distinguées et elle ne suscite à aucun moment le moindre\nennui. Les trois sonnets de Raymond Charpentier sont d'aimables\nproductions destinées à plaire dans les salons. Mlle Morhange, le\nquatuor Chailley et Paul Paray qui secondaient Mme Jourdan-Morhange partagèrent son\nsuccès. Mlle J. Devriès chanta en s'accompagnant elle-même des textes ardus, mais elle le fît\navec plus d'assurance que de compétence, montra une indifférence exagérée de la mesure, du\nrythme, du sens des textes, de la technique pianistique et de la ligne vocale.\nLucien Durosoir vient de donner son troisième récital et d'obtenir un succès très franc\net très mérité. Il était consacré à des œuvres de Geminiani Bach, Mendelssohn et à deux\npièces russes d'Eugène Cools dont la première, Pièsnia, suffoqua un tantinet les auditeurs et\ndont la seconde Pliaska parut mieux appréciée.\nMlle Lily Franconie fait par-dessus tout montre de virtuosité et ses qualités techniques\ndominent, notamment quand elle joue la sonate de Fauré, ses facultés d'émotion et d'expression.\nMlle Franconie joua avec orchestre des pièces de Max Bruch, Bach et Guiraud. Lefort qui\ndirigeait cet orchestre trouvant sans doute que la pantomime est un genre inférieur, unissant\nle geste et la parole, multiplia les exhortations à ses administrés d'un soir et leur distribua\nabondamment des u chut \" sensationnels.\nJoseph Debroux poursuit vaillamment l'étude des textes anciens méconnus. En agissant\nainsi, il sert avec désintéressement une noble cause, puisqu'il ne peut ignorer lui-même que\nces textes exhumes ne présentent pas tous un intérêt artistique supérieur. C est\nainsi que la sonate de Mangean froide et pompeuse comme pourraient l'être\ndes pages très inférieures de Haendel ne vaut pas à beaucoup près la sonate en\nmi majeur de Giuseppe Fedeli Saggione ni surtout le charmant andante de\nGiovanni Chinzer, dont Eug. Wagner, réalisa, d'aimable façon, la basse.\nLe concert avec orchestre donné par L. S. Tenenbaum avec l'orchestre\nLamoureux avait attiré à juste titre salle Gaveau la foule des grands jours.\nD' aucuns se plaisent à affirmer que cet élève de Lefort deviendra un des plus\ngrands violonistes qui soient lorsqu'il aura acquis la maîtrise et l'autorité qui lui\nmanquent encore. Il possède en tous cas dès maintenant une agilité surprenante,\ndes doigts extraordinaires, du charme, de la fougue et le sens des styles propres à traduire\ncomme il convient Bach, Mendelssohn et Lalo.\nMlla Lapié communique à tout ce qu'elle interprète une noblesse et une élévation très\nrares, si bien que dominé par l'ampleur et l'autorité de la pensée, on ne songe pas à s'étonner\ndes moyens employés et cependant même au point de vue technique il faudrait admirer la\nnetteté, la précision et la qualité des sons. La charmante pianiste qu'est Mlle Caffaret traduisit\nà merveille des textes de Chopin, et cette soirée eût été parfaite si le concerto de Chausson, un\npeu plus travaillé, eût été plus au point. Cousinou, de l'Opéra, montra qu'un peu de voix suffit\npour enthousiasmer les foules et qu'il n'est pas nécessaire par surcroît de soigner son style et\nson émission. Gaston Théroine fut comme toujours un accompagnateur discret, précieux et\nmodeste.\nMUô Yvonne Astruc sait heureusement s'entourer et on ne saurait trop la féliciter de"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.11", "debut_caractere": 5, "fin_caractere_exclue": 2810, "texte": "nous avoir donne 1 occasion d applaudir Enesco dans le rôle de chef d'orchestre. Le concerto\nde Brahms, deux mouvements d'une sonate de Bach, le poème de Chausson et le septième\nconcerto de Mozart permirent a Mîle Astruc de mettre en valeur ses qualités techniques très\nbrillantes et son souci des styles différents.\nMelle Suzanne Cardon sait donner àla harpe une sonorité ample et continue qui n'est\npoint le fait coutumier de ses émules. La première partie de son programme réservée aux\ncompositeurs femmes nous permit d'applaudir une suite pour harpe, flûte et violoncelle de\nMellc Grumbach, mais jouant seule, Melle Cardon peut à loisir faire valoir ses qualités rythmiques\net sa verve exubérante. Sous ses doigts, tantôt légers, tantôt vigoureux les compositions de\nMelle Renié, L. Vierne, G. Pierné et Cl. Debussy s'animent d' une vie intense et débordante\nqui contraste heureusement avec l'interprétation étriquée de nombreux virtuoses.\nLa seconde séance de sonates donnée salle Pleyel par Mellc Marthe Girod et Henri\nChoinet présenta un attrait plus grand encore que la précédente ; les sonates de Brahms, Lalo,\nRozycki et Ropartz fournissent un champ varié aux deux brillants musiciens pour mettre en\nvaleur leurs sonorités profondes et puissantes, leur virtuosité de bon aloi et leur commun\nrespect de ces belles œuvres.\nLe concert donné par Gaston Blanquart permit d'admirer une fois de plus le talent\nsupérieur de ce flûtiste, de constater qu'il sait à merveille établir un programme très élevé et\ntrès varié et de nous réjouir qu'il soit entouré d'amis qui ont nom Enesco, Vieux, Francmesnil\net Nicot-Vauchelet qui font tous de bien bonne musique.\nLa société artistique et littéraire de l'Ouest a donné dernièrement un concert très\nintéressant au cours duquel se firent entendre et applaudir Melle Andrée Arnoult et\nMM. Eugène Borrel et W. Gwin notamment dans des œuvres de A. Vinée, Purcell et Boely.\nEdouard Laparra a eu le courage de faire exécuter par un petit orchestre choisi de\nl'association Colonne et par deux de nos meilleures cantatrices Mmes Vallin tout un programme\nde Lully auquel Melle Delcourt ajouta deux pièces de clavecin de Rameau et de Couperin.\nC'est peut-être la première fois qu'on prend au sérieux le Grand Lully dans une manifesta-\ntion qui n'appartient pas à la musicologie. E. Laparra mérite tous nos éloges. Au programme\nfigurait également la première audition de Rythmes espagnols de Raoul Laparra pour harpe\nchromatique auxquels Mme Wurmser Delcourt consacra son admirable talent.\nMr Mme et Melle Ronchini forment une famille qui semble bien paisible. Tous trois\nmettent dans leur jeu ou dans leur chant quelque chose de languissant qui semble parfois\nexagéré, mais ils marquent d'autre part qu'ils aiment, comprennent, et savent la musique.\n\nINSTRUMENTS DIVERS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-15-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-15_01#c024", "volume": "bmtnabh_1914-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 12, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.2.6", "titre_corps": "PROVINCE", "titre_sommaire": "PROVINCE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.12", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3453, "texte": "ROUEN. Théâtre des Arts. Depuis six ans M. Fermo exerçait au Théâtre des\nArts une dictature abusive, se souciant assez peu du cahier des charges, se moquant du public\net de la municipalité. Il s'écroule sous une série de représentations d'opérette ce qui reste un\nsymbole de sa direction. Des 2 œuvres inscrites au cahier des charges il a représenté 3 fois\nl'une: Pénélope, fort médiocrement; 1 fois l'autre: Tristan, avec le personnel de l'opéra.\nLes années précédentes il avait monté beaucoup d'œuvres inédites dont plusieurs comme\nSoléa ou l'Aigle 11'ofFraient aucun intérêt. L'Aube Rouge, Graziella, Djordis en présentaient\ndavantage. Cet hiver Cléopâtre produisit une impression d'art incontestable. En fin de saison\nM. Fermo donna Madame Petit-Jardin de M. André Roumier qui fut un four complet, et le\nFléau de M. L. Bouserez, mystère macabre d'un mérite réel : la partition se distingue par\nl'excellente écriture vocale et le relief du chant, par une réelle habileté au maniement de\nl'orchestre. En dépit de quelque monotonie l'œuvre mérite de retenir l'attention des musiciens.\nM. Masselon, le nouveau directeur, un Rouennais sympathique, annonce Pelléas, Parsifaly\nla Vte Brlve et des auditions symphoniques.\nSociétés Chorales. —L'Accord parfait aura cet hiver interprété la Messe a 3 voix de Franck,\nPraxinoë de L. Vierne et le Christ au Mont des Oliviers de Beethoven. Cette société groupe\nune élite de musiciennes et de jolies voix, et ses chœurs de femmes atteignent à un degré de\nperfection rare en province. Les hommes sont solides et entraînés. M.M. Albert et Marcel Dupré\napportent à la direction de cette Société un goût et une autorité dignes de tous éloges.\nLa Gamme. Nous aurons le regret d'ignorer cette société, son chef M. Haelling ayant\njugé bon de nous ignorer comme critique. M. Haelling nous a déclaré d'ailleurs n'admettre\nque des compte-rendus de tous points élogieux.\nCercle Symphonique. M. Sufry consacra une séance à Schumann et diriga avec chaleur\nl'admirable Symphonie Rhénane, tirant un bon parti de son orchestre d'amateurs.\nPetits Concerts. Nos professeurs de chant poursuivent à Rouen une excellente tâche.\nMnie Marie Capoy conférencie sur Grétry et Rousseau, interprète habilement ces maîtres en\ncompagnie de M. R. Chanoine Davranches et chante la plus grande partie du Devin de Village\navec des partenaires un peu inexpérimentés.\nMme Marie Robert qui révéla ici (et ailleurs) les grands Romantiques et Moussorgsky,\nChausson, Duparc, consacre cet hiver son zèle à Debussy et H. Wolf dont nous retraçâmes\n'émouvante biographie.\nMelle J. Hébert, M. Krettly assistés de divers partenaires continuent à donner d'intéres-\nsants concerts. M. Boquel nous ménage toujours des auditions de choix : Mme Povla Frisch et\nM. Ciampi ; M.M. Albers, de Lausnay, Melle Ira Novi.\nLa Société des Artistes Rouennais fournit avec ses 4 ou 5 concerts une contribution\nintéressante chaque année à notre vie artistique. Cet hiver Mmes Lyse Charny, Marie Robert\net de Bergevin, Rita del Sarte, M.M. Foix, Benoist et Dupont. Mmes de Léotard et Gaubert\npianistes, Melle Antoinette Veluard, le maître Luzzati ; les violonistes Christiane Roussel,\nMendels, Le Feuve, Santa Vicca;les violoncellistes Dumond, Feuillard et Audisiose partagèrent\nle succès. Le très sympathique organisateur de ces concerts M. Delepouve a fait preuve d'un\ngoût méritoire.\nEt c'est tout, hélas ! Depuis deux ans les concerts deviennent rares ; l'opérette ou l'opéra"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.13", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 8, "texte": "PROVINCE"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.13", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3684, "texte": "cinématographique sévissent au Théâtre des Arts. La musique perd du terrain à Rouen. Il est\ngrand temps de nous ressaisir, en vérité.\nPAUL-LOUIS ROBERT.\nTOULOUSE. Calme plat au Capitoley le répertoire courant ayant fait tous les frais\ndes représentations en attendant la première de u Julien \" qu'on nous promettait depuis le\ncommencement de la saison et qui vient, enfin, d'avoir lieu.\nLa \" concurrence \" au contraire montre une activité fébrile. La concurrence, c'est la\nmusique de chambre ou la musique symphonique. L'une et l'autre font de grands progrès à\nToulouse grâce aux initiatives privées, loin de toute approbation officielle.\nJe vous ai déjà parlé d'une société d'amateurs : la Schola Charles Bordes, qui a abordé\navec bonheur le répertoire Palestrinien et les grandes œuvres de J. S. Bach, encore peu connus\nici. A côté, VAssociation Symphonique, créée par un de nos plus actifs professeurs au Conservatoire,\nMr Montpellier, et composée de professionnels, donne régulièrement deux fois par semaine,\ndans le coquet théâtre de l'Apollo, des séances de musique de chambre et de musique d'orchestre\nqui attirent en foule le public élégant et connaisseur. Citons, parmi les dernières séances qui\nont été le plus remarquées, celles données avec le concours du Quatuor Lefeuve ; de\nMme Berthe Marx-Goldschmith; Melle Mathilde Calvet, la belle artiste de l'Opéra; Mclle Jeannette\nIsnard, lauréat du Conservatoire de Paris (classes de violon) presque une enfant mais déjà très\nartiste et virtuose d'avenir, et les deux concerts où brilla le sérieux talent de pianiste de\nMme Gellibert-Lambert et de Mr Gabriel Sizes.\nLa cinquième audition de la Société des Concerts du Conservatoire fut dirigée, non par\nMr Xavier Leroux qui, empêché au dernier moment se fit excuser, mais par Mr Aymé Kunc\ndont les qualités remarquables de chef-d'orchestre s'affirmèrent à nouveau. La soliste du jour\nfut Melle Noëla Cousin, violoniste, ler Prix du Conservatoire de Paris, qui fit apprécier un\nsolide mécanisme et un joli style dans deux concertos deux ! celui en mi bémol de\nMozart, si délicieusement musical, et celui de Mendelssohn.\nAinsi que je vous le disais, Julien, retardé par les difficultés de la mise au point, a fait une\napparition tardive mais très heureuse sur la scène du Capitole. Un peu surpris au début par le\nsujet, le public sut vite (au milieu de l'obscurité du livret) mettre à part les beautés de la\nmusique et accueillit chaleureusement la nouvelle œuvre de M 1 Charpentier, qui fut montée\navec un soin intelligent par la direction du théâtre. Excellente interprétation scénique, chorale\net orchestrale sous la direction du maestro de la Fuente.\nG. G.\nBESANÇON. Consacré exclusivement à la musique française, le programme du\n3me Concert d'abonnement fut l'un des plus heureux que nous ait présentés notre Société des\nConcerts symphoniques. Tout au plus pouvait-on faire quelques réserves sur le choix de\nVOuverture de Patrie, de G. Bizet, qui nous paraît aujourd'hui, en certaines parties du moins,\nquelque peu banale et désuète. Mais les trois autres numéros du programme, VEnfance du\nChrist de Berlioz (fragments), la Nuit persane de C. Saint-Saëns, et la délicieuse suite de Pellèas\net Mélisande de G. Fauré étaient judicieusement choisis pour se faire valoir par leur propre\ncontraste, et pour donner à notre public un ingénieux aperçu de trois moments de l'art musical\nfrançais.\nSous la direction toujours appréciée de M. Datte, chœurs et orchestre furent à la hauteur\nde leur réputation dans l'exécution de ces œuvres. La calme et limpide musique où Berlioz\nchante le mystère de l'enfance divine fut présentée avec un parfait souci des nuances et une"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.14", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3771, "texte": "douce émotion. Si l'art artistocratique et tout intime de M. Fauré trouva notre public un peu\nfroid, par contre le lumineux coloris de la Nuit persane l'enthousiasma. Cette œuvre savoureuse\nfut admirablement mise en valeur par M. Paulet à qui l'on bissa la délicieuse mélodie du\nCimetière, j_ar Mmc Laithier, notre aimable concitoyenne dont le splendide contralto fit mer-\nveille, et aussi par l'orchestre et les chœurs ; à signaler encore le parfait talent de diseuse de\nMme Dantrevaux.\nLa conférence préparatoire nous fut une occasion nouvelle d'apprécier le grand talent de\nM. Henry Najean ; quelques pages de G. Fauré et C. Saint-Saëns nous furent agréablement\nprésentées par Mlles André et Schaeffer et M. Grillot.\nE. G.\nMARSEILLE. Au théâtre comme aux Concerts classiques, la saison musicale est\naujourd'hui terminée.\nNeuf ouvrages nouveaux ont été représentés sur notre scène d'opéra, témoignant d'une\nsomme de travail peu ordinaire: Parsifal et le Crépuscule des Dieux dont je vous ai parlé succes-\nsivement ; puis Gwendoline ; Y Enfant Prodigue de M. Debussy ; Ivan le Terrible ; Panurge ;\nun ballet de M. Robert Laloue, nommé les Fantômes et deux petits actes de jeunes auteurs\nmarseillais l'Ouvrière de M. Lucien Aube et le Dépit Amoureux de M. J. Gérard.\nAux Concerts classiques, la saison, d'une durée de cinq mois environ et qui ne comporte\npas moins de vingt-deux à vingt-quatre séances, exige par là même beaucoup de labeur et de\nbonne volonté tant de la part du chef que des musiciens : et chacun a rivalisé de zèle.\nDepuis ma derrière correspondance, l'orchestre a joué, en ire audition : une ouverture de\nDvorak Carnaval ; la Pavane pour une Infante défunte de M. Ravel ; l'ouverture de la Grande\nPâque Russe de Rimsky-Korsakow ; une rapsodie Andalucia de F. Pécoud ; la Mer de Paul\nGilson ; le prélude de la Terreur de F. Le Borne ; un Lamento pour orgue et orchestre de\nM. H. Messerer d'une noble inspiration. Notons aussi une ire audition de l'ouverture de\nWitikind aux thèmes caractéristique ; Witikind est une tragédie musicale dont le texte et la\nmusique sont de notre confrère M. H. Mirande qui tient avec autorité la plume de critique et\nprofessa avec distinction l'harmonie aux Conservatoires de Genève et de Lyon.\nComme solistes, nous relevons les noms de Melle Nicole Anckier, harpiste ; M. George\nEnesco ; M. Emile Sauer dont les exécutions sont parfaites au point de vue pianistique ; enfin\nM. Alfred Cortot dont la venue parmi nous apporte toujours une véritable impression d'art;\nNous regrettons de n'avoir pu entendre Mlle Jeanne Hatto qui a fait connaître, ici, le Sommeil\nde Canope, de M. G. Samazeuilh.\nLa Société Chorale, attachée aux Concerts classiques et reconstituée l'an dernier, continue\nà faire de très sensibles progrès. Elle nous a fait entendre le 2e acte de Pénélope de M. Gabriel\nFauré, avec Mmes Croiza et Courso, M.M. Lheureux et Albers, Mlle Mazetgerbe ;la Lyre et\nla Harpe de M. Saint-Saëns.\nPour son concert à bénéfice, M. Hasselmans a monté le Dies irœ et le Tuba Mirum\nextraits du Requiem de Berlioz, qui n avaient pas encore été exécutés ici. L'impression produite\nsur le public a été telle que trois auditions consécutives en ont été données devant des salles\ncombles ; 1 effet de ces quatre fanfares disséminées aux quatre points cardinaux est cependant\nbrutal et tout extérieur, mais l'exécution fut fort belle : les groupes des cuivres se composaient\ndes musiciens des Equipages de la Flotte, de Toulon, qui sont remarquables et trouvaient dans\nloi chestre et les chœurs des partenaires convaincus. Au même concert, l'ode charmante Ala\nMusique qu'Emmanuel Chabrier écrivit pour inaugurer la maison d'un ami.\nEnfin, la symphonie avec chœurs de Beethoven clôtura noblement une saison intéressante,"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.15", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2359, "texte": "avec Mmes Brévonnes et Courso, M.M. G. Paulet et Imbert. Ala même séance, la Nuit de\nNoël de M. Gabriel Pierné.\nHENRI DE VAUPLANE.\nANGERS. Neuvième Concert. Un concert \" ordinaire \", dont le programme comportait\nun important fragment de la TValkyrie et le premier tableau d'un drame lyrique inédit de\nMax d'Ollone, voilà de quoi déjà faire, n'est-ce pas? singulièrement honneur à nos Concerts\nPopulaires. En réalité la saison présente qui vit pourtant déjà de bien belles séances en aura-t-\n-elle, (jusqu'à la Passion, dont nous parlerons) connu d'aussi parfaites que celle-ci? Le gros\nintérêt du concert, qui se parait par surcroît des noms de M. Dubois et, surtout, de Melle Hatto,\nc'était évidemment la ire audition de ce tableau de VEtrangère chanté il y a trois mois chez\nColonne. Impossible, malheureusement, d'aborder ici à son sujet la passionnante étude de\nl'esthétique théâtrale particulière à Max d'Ollone. A ce point de vue VEtrangère semble\nconfirmer pleinement, magnifiquement un parti-pris que certains ont déjà tant admiré dans\nle Retour. Résignons-nous donc à ne point parler de la signification \" symbolique \" du drame\nnon plus que de son affabulation scénique, toutes choses sur lesquelles il m'a semblé qu'on\navait quelque peu divagué, dans la presse, au lendemain de l'audition chez Pierné.\nMusicalement même, il est difficile de faire entrevoir les qualités du ir tableau à qui ne\nsent pas d'abord l'impérieuse fusion de cette sensibilité, et de cet art. D'où l'acuité un peu\ndéchirante de cette musique, sa \" nudité \" aussi, et ce qu'on a excellemment défini \"sa\nrecherche d'inflexions expressives. \" Mais d'où surtout sa pureté absolue, et sa richesse inouïe,\nsa profondeur, son éloquence, et, pour tout dire, et si nous nous plaçons au point du vue\nidéalement et nécessairement requis ici, sa perfection véritable. M. Max d'Ollone, qui\ndirigeait son œuvre, a partagé avec ses interprètes et l'orchestre un émouvant succès : M. Dubois\nfut parfait, et Melle Hatto admirable. Tous deux nous donnèrent une inoubliable interprétation\nde la scène 111 du ir acte de la TV alkyrie. Je n'insiste pas sur ces merveilles, non plus que sur\nle reste du programme qui comprenait encore l'ouverture des Noces, des Danses de Brahms et\nle Rouet d'Omphale (dirigé, entre autres, avec une maîtrise tout à fait admirable par Jean Gay).\nA. M."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-15-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-15_01#c026", "volume": "bmtnabh_1914-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 15, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.2.7", "titre_corps": "BELGIQUE", "titre_sommaire": "BELGIQUE", "signature_source": "René Lyr", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.15", "debut_caractere": 2361, "fin_caractere_exclue": 3010, "texte": "Dans notre chronique du 15 mars, nous avons apprécié, en termes nets, suivant notre\nhabitude, l'interprétation du pianiste M. Dumesnil, interprétation qui nous parut trahir le\ncaractère de certaines œuvres, tel Prélude et Fugue de Bach et YAppassionata de Beethoven.\nUsant d'un légitime droit de réponse, M. Dumesnil a fait tenir à 5. I. M. la petite lettre,\névidemment un peu exagérée, quant aux dimensions \" légales \", que voici :\nParis, 6 Avril 1914.\nMonsieur le Directeur,\nL'article publié dans votre dernier Supplément de Quinzaine, sous la signature de\nMonsieur René Lyr, me suggère quelques réflexions. Rassurez-vous ! Mon intention n'est pas"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.16", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4116, "texte": "d'importuner vos lecteurs ni d'entreprendre une longue et inutile polémique. Mais cette\ncritique me remet à la mémoire une ancienne idée, et m'incite à vous en donner un petit\naperçu.\nVoici donc quelques années, j'avais pensé à fonder une Revue. Une Revue ! direz-vous.\nIl y en a tant déjà ! Oui, d'accord. Mais la mienne eût été, peut-être, assez originale dans\nsa nouveauté. Je voulais l'appeler \"La critique des Critiques ! \" et ouvrir largement ses\ncolonnes aux artistes désireux d'opposer leurs propres convictions aux jugements, souvent\nhâtifs et improvisés (n'insistons pas), de personnalités dont la compétence, d'autre part, n'est\npas toujours démontrée de façon indiscutable. Ce but me paraissait intéressant ; je vais essayer\nde le démontrer.\nMonsieur René Lyr, en quelques phrases lapidaires et incisives, extermine mes interpré-\ntations de deux grands Maîtres classiques, me décoche une épithète vraiment peu flatteuse pour\nmes facultés intellectuelles, et assomme, en terminant, un malheureux instrument qui n'en peut\nmais. J'avoue que j'ai commencé par être fort marri à la lecture de ces lignes. J'ai pensé que\npeut-être je faisais fausse route et qu'il conviendrait d'aviser, de \" veiller au grain \". En effet\nla netteté, la vigueur, la décision du jugement de votre correspondant bruxellois me donnaient\nà penser que je me trouvais en présence d'une intelligence d'essence supérieure, d'une infailli-\nbilité, d' une clairvoyance quasi-divines lui permettant à?affirmer avec une aisance, une autorité\nqui sont l'apanage de quelques rares élus.\nPuis j' ai réfléchi. Somme toute, j'ignore absolument qui est Monsieur René Lyr. Le nom\nde ce musicographe obscur m'était, jusqu'à ce jour, parfaitement inconnu ! Je me suis dit,\nd'autre part, que mon interprétation de Bach était basée non seulement sur une étude appro-\nfondie, mais encore sur de nombreuses et instructives conversations que j'avais pu avoir avec\ncertains musiciens spécialement avertis du style et de l'esprit du maître, tels que Steinbach,\nNeitzel, Moor, Casais, Mengelberg, etc. En réfléchissant davantage, je me suis demandé s'il\nne serait pas raisonnable d'opposer, en guise de consolation personnelle, ces noms à celui de\nMonsieur René Lyr. Je me suis senti, du même coup, un peu réconforté. Puis, suivant le\ncours de l'article, je suis arrivé à Beethoven. Sur ce chapitre vraiment, Monsieur René Lyr\nn'est pas doux. Il n'y va pas par quatre chemins. Je suis un sot ; voilà ! C'est clair, net et\nprécis. Et pourquoi ? Parce que je comprends la Sonate opus 57 autrement que lui ; parce que\nje ne me rends aucun compte du sens de cette lumineuse indication : Appassionata, et que je\ncrois encore au Beethoven du Clair de lune.\nOh, alors, ici j'ai repris confiance. Clair de lune appassionata, que de littérature ! Lumi-\nneuse indication, en effet, que celle, tout apocryphe, ajoutée par un éditeur sentimental dans\nun but de lucre, et qui n'a rien de commun arec la profondeur, la noblesse, la grandeur, puis\nla radieuse sérénité de l'opus 57- J'aurais eu la naïveté de croire que personne ne restait à\nédifier sur l'exacte valeur de ces sous-titres ; de croire aussi que tout critique musical digne\nde ce nom commençait par se documenter de façon sérieuse, avant d'aborder le jugement d'une\nœuvre ou d'une interprétation. Cette petite désillusion m'a rassuré, et je pensais toujours. Je\nme disais que, somme toute, j'ai consacré à la musique dix-sept années d'un labeur incessant ;\nque j'ai même approfondi la moindre de mes exécutions ; que j'ai le droit d'être un peu fier, ou\ntout au moins confiant, à l'idée que Florent Schmitt m'a confié la première audition de son\nQuintette, Gabriel Dupont celle des Heures dolentes et de la Maison dans les dunes. Et comme\nleur estime m'est infiniment plus précieuse que celle de Monsieur René Lyr, je me suis senti,\nà la fin, complètement réconforté. Et tenez, j'en ai même conçu quelque vanité, au point que,\nsans rien affirmer, je me demande maintenant si \" le plus sot des deux... ! \"\nVeuillez, je vous prie, m'excuser d'avoir encombré vos colonnes de ce premier feuillet de"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.17", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 18, "texte": "BELGIQUE\nRené Lyr."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.17", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3221, "texte": "ma Revue encore à naître, et agréer, Monsieur le Directeur, l'assurance de ma considération\ntrès distinguée.\nMAURICE DUMESNIL.\n\" Œil pour œil, dent pour dent \". Je ne veux point répondre aux pointes assassines que me\ndécoche, fort spirituellement, M. Maurice Dumesnil, car si mon estime lui reste peu précieuse,\nj'avoue que sa mésestime m'indiffère. Le fait qu'il ignore parfaitement mon nom d'obscur\nmusicographe, (dieu merci) prouve simplement qu'il ne lit que depuis le 15 mars\ndernier, vu que, dès 1908, ce nom a figuré régulièrement aux sommaires de la Revue. Au\nsurplus, mon ambition ne fut jamais de l'illustrer dans la l'ironie de M. Dumesnil\nn'aurait pu tomber plus à faux. Mais bref. Il oppose, à l'opinion que j'ai signée, les conversa-\ntions qu'il a eues avec des musiciens célèbres. Celles-ci, sans doute, sont de nature à le consoler\nen lui donnant la plus haute idée de sa propre valeur. Je m'en réjouis. Je suis désolé en effet\nque mon obscure appréciation ait pu, un seul instant, l'intéresser ou le blesser légèrement.\nToutefois, je tiens à lui faire observer que les hautes leçons de style qu'il a pu avoir ne prouvent\nrien à ceux qui l'entendirent à Bruxelles, et quand il leur opposerait toutes les louanges du\nmonde, ils prétendraient avoir le droit de garder leur impression. Puisque l'artiste fait appel à\nla compétence de tiers, je lui dirai encore que le jugement que j'ai traduit est celui de plusieurs\nmusiciens, au nombre desquels je puis citer le compositeur Eugène Samuel Holeman, de qui\nl'autorité n'est pas discutable, et de qui la compréhension, semblable à la mienne, s'appuie en\noutre sur la tradition la plus authentique et la plus pure, en ce qui concerne tout au moins\nBeethoven. Son père, Adolphe Samuel la lui légua, qui la tenait lui-même de son maître,\ndisciple immédiat du grand Créateur. Pour le reste, je dois convenir que M. Dumesnil n'a\npas compris mon article. Une coquille assez fâcheuse, ma foi, m'y faisait écrire limineuse pour\nliminaire indication. Mais à cela ne tienne, je déplorais précisément l'erreur qui,\nsottement (et entre parenthèses encore, je ne songeai pas un instant à créer ici d'équivoque\ninjurieuse) croient encore au Beethoven du \" Clair de lune \". Cela dit assez ce que je pense\nquant à la valeur des sous-titres, et je me trouve, tout à fait d'accord, on le voit, avec\nM. Dumesnil, pour déclarer que l'acception \"sentimentale\" n'a rien de commun avec la\nprofondeur, la noblesse, le cri tumultueux, la fougue du fauve et douloureux, du\nmâle et poignant Beethoven. La conclusion est plaisante. Il me parait que le pianiste ne se\nrend pas compte de ce que son jeu, de virtuosité gracieuse, trahit sa compréhension. S'il veut\nbien accepter qu'une oeuvre d'art a besoin, pour être complète, de l'accord de ses trois éléments\nde vie : auteur, interprète et auditeur, s'il estime comme moi que ce dernier, aussi modeste\nsoit-il, peut offrir un utile critérium à l'officiant, après avoir fait la part de ce que mon avis a de\npersonnel, il gardera tout de même, pour corriger son assurance d'être toujours dans\nce grain dont il parle, ce grain de doute et d'inconscience qui fait les vrais artistes, et même,\nles grands interprètes."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-15-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-15_01#c028", "volume": "bmtnabh_1914-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 18, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.2.8", "titre_corps": "ÇA ET LA", "titre_sommaire": "ÇA ET LA", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.18", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2571, "texte": "ÇA ET LA\n\nEchos\n\nLes surprises du divorce.\nL'incompatbilité d'humeur fait des ravages parmi les musiciens. 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Une tentative de conciliation va\npeut-être permettre d'étouffer ce douloureux incident et d'en conjurer les suites,\ntoujours regrettables pour le moral des troupes.\nLa critique unifiée.\nCe théâtre n'a pas toujours eu à se louer de la critique. Il tient pourtant beaucoup\nà mettre sous les yeux du public la traditionnelle série d'appréciations élogieuses que\nl'on prélève avec soin dans les différents compte-rendus pour démontrer l'unanimité\nde l'enthousiasme au lendemain d'une bataille. Mais comment rédiger ce bulletin de\nvictoire avec des articles ironiques, méprisants ou furibonds qui s'entassent sur le\nbureau directorial ? Impossible de trouver une \" revue de la presse \" avouable dans ce\nconcert de réprobation.\nMais le directeur ne s'émeut pas de ces vagues contingences. 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Après Casais qui parait en tierce et en sixte mais que Pierné désarma après\ndes battements de seconde, un savant contre de quarte et une attaque de septième,\nvoici, nous dit-on, qu'Ysaye vient d'affûter soigneusement son archet sur son pain de\ncolophane et de tomber en garde en face d'un capellmeister de New-York qui émet-\ntait la singulière prétention d'écarter d'un Fun concerto... de Vivaldi.\nL'illustre violoniste ne voulut pas rompre d'une semelle et y perdit stoïquement,\nnous assure un confrère, un cachet de 10.000 francs. Si l'on veut bien se souvenir\nqu'Ysaye avait déjà voulu, à Zurich, faire entrer de force dans une grande apothéose\nde Beethoven un Concerto de M. Moor on comprendra pourquoi la Ligue anti-\nbeethovienne du IX1\"0 arrondissement, pour récompenser cet héroïque prosélytisme, a\ndécidé d'offrir au grand virtuose le titre de membre bienfaiteur.\nMusique sur l'eau.\nLes frontières mystérieuses qui séparaient le domaine du bruit de celui de la\nmusique tendent de plus en plus à s'effacer. Les musiciens s'annexent avec une\nsatisfaction croissante ces territoires inconnus si riches en surprises sonores. Le\ndéveloppement donné à la percussion par nos orchestrateurs modernes les plus\naudacieux est, à cet égard, tout à fait caractéristique. La section des gas-de-batterie\ns'augmente de jour en jour dans nos armées instrumentales. Et voici que la nature\ns'intéresse à nos jeux musicaux et veut tenir sa partie dans nos concerts. \" Les orgues\nde la terre \" dont parle le taoïste Louis Laloy s'accordent lentement pour permettre\naux futurs Strawinsky de leur réserver une portée dans leurs partitions. Les éléments\nprennent le la à notre diapason. Les ingénieurs hydrographes nous apprennent, en\neffet, que toutes les cascades du monde, quelle que soit leur importance, donnent un\nfa grave nettement perceptible sur lequel vient se greffer un accord parfait d'ut majeur.\nQuelle merveilleuse ressource ! Quelle grandiose contribution aux festivals de plein\nair. Quelle belle pédale naturelle pour le prélude transposé du Rheingold exécuté\nà Schaffouse, près du Rheinfall!... La Compagnie des Eaux est dans la joie: elle va\nfaire installer des conduites soigneusement calibrées dans toutes les salles de concert\npour offrir aux musiciens toute une gamme chromatique de cascatelles. A quand le\npremier concerto pour deux robinets obligés et orchestre ?...\n\nL'Homme à la Contrebasse.\n\nNouvelles\nPour fêter le passage à Paris d'Enrique Granados, notre Revue a réuni dans un déjeuner\nintime au Café de Paris le comité de la Société Musicale Indépendante qui avait organisé !e\nfestival du 4 avril, et quelques amis de réminent artiste espagnol parmi lesquels on remarquait\nAlfred Cortot, Ricardo Vinès, Montoriol-Tarrès, Lucien Wurmser, Lazare Lévy, Mme Jane\nMortier, Louis Laloy, Henry Malherbe, J. Nin, Llobet, Quiroga, Costa, Cassado, Salomon,\nMlle Rose Féart, Raoul Bardac, René Delange, Kauffmann, Mlle Lilian Grenville, José Vinès,\nA.-Z. Mathot, Maurice Léna, Smith, Roché, Aroca, etc. etc."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.20", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3546, "texte": "Au dessert, notre Directeur a traduit les sentiments de tous les artistes présents en\nexprimant à Granados la sympathie et l'admiration dont l'entourent les musiciens français et\nen formulant le vœu de voir créer sur un de nos théâtres, le drame lyrique auquel travaille en\nce moment l'auteur des Goyescas.\nGranados a répondu avec autant d'esprit que de modestie et s'est déclaré infiniment\ntouché de l'accueil de ses confrères français. Il gardera, affirme-t-il, de ce séjour à Paris le plus\nexcellent souvenir.\nEn exécution de la Fondation Crescent, un concours de poèmes a été institué en vue de\nmettre un livret à la disposition des compositeurs qui désireraient prendre part au concours\nd'oeuvres musicales dramatiques de cette Fondat'iGri et le prix a été décerné à M. Eugène A dénis\npour un poème intitulé \" Barberine \" comédie musicale, d'après Alfred de Musset.\nTous les compositeurs de nationalité française sont admis à concourir et ont la faculté\nd'écrire leur partition soit sur le livret de M. Eugène Adenis, soit sur tout autre livret de leur\nchoix. L'auteur de la partition ayant obtenu le prix recevra une prime de s>oo° francs. Si le\nprix n'est pas décerné, l'auteur de la partition ayant obtenu une mention recevra une prime\nde 2,500 francs. D'autre part, une somme de 10,000 francs ou de 14,000 francs selon que\nl'ouvrage aura 2 ou 3 actes, sera attribuée au théâtre lyrique qui aura monté cet ouvrage.\nLe programme du concours et le livret de u Barberine \" seront adressés aux compositeurs\nqui en feront la demande au Sous-Secrétariat d'Etat des Beaux-Arts (Bureau des Théâtres).\nLe Comité des Concerts Lamoureux vient d'élire son second chef. C'est sur M. Rhené\nBâton que s'est porté son choix. Cette décision sera très sympathiquement accueillie par\ntous les musiciens et nous félicitons bien cordialement les électeurs et l'élu de cette heureuse\nnomination.\nUn emploi de professeur de violon est actuellement vacant à l'Ecole Nationale de\nMusique de Valenciennes. Le titulaire est tenu d'enseigner en même temps l'alto à cordes. Il\ndevra faire le cours de musique de chambre. Les candidats devront adresser leur demande\nd'inscription avant le 10 mai prochain à Monsieur le Directeur de l'Ecole Nationale de\nMusique de Valenciennes qui leur fera parvenir le programme du concours. Le traitement\nde début sera de 1.200 francs par an pour la classe de violon et de 300 francs pour la\nmusique de chambre. Le Professeur est tenu de remplir la partie de violon solo à l'orchestre\ndu Théâtre, et touche de ce fait une rétribution qui ne sera pas inférieure à 400 francs. Pour\ntous renseignements s'adresser à M. Fernand Lamy, directeur de l'Ecole nationale de Musique.\nLes Amis des Cathédrales. Les Amis des Cathédrales se rendront le mardi 28 Avril à\nAmiens dont ils visiteront, de 10 heures à midi, la Cathédrale, sous la direction de M. Georges\nDurand, Archiviste du Département.\nA 2 h. 30, à la Cathédrale également, audition de musique sacrée, du Moyen-Age au\nXIXe siècle par les \" Chanteurs des Amis des Cathédrales \", sous la direction de Mr. Henri\nLetocart, réminent Maître de Chapelle de Saint-Pierre de Neuilly. Le Grand-Orgue sera\ntenu par M. Joseph Bonnet, le talentueux organiste de l'Eglise Saint-Eustache à Paris et de\nla Société des Concerts du Conservatoire, et par M. Boucher, organiste de la Cathédrale.\nGËuvres de J.S. Bach, Clérambault, C. Franck. Répons de l'Office Saint-Firmin d'Amiens.\nMotets de Bournouville, Palestrina, Schutz. Motets de P. de la Rue, Orlando de Lassus,\nGabrielli, Rameau."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.21", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3083, "texte": "Une erreur de composition nous a fait attribuer dans notre dernier numéro à M. 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Gottfried Galston arrivera prochainement\nà Paris pour donner deux récitals à la Salle Erard, le 27 avril et le 7 mai.\nDe Bruxelles.\nTrès brillant concert àla Salle iEolian, donné par MIIe Vizentini et Alfred d'Ambrosio.\nLa Sonate de Fauré, des pièces de Debussy, Albeniz, Dubois, Chopin, Schumann et Liszt et\nla Sonate op. 30 de Beethoven valurent aux deux remarquables artistes les plus chaleureux\napplaudissements.\nDe Genève. Notre collaborateur, M. le professeur et Mme Frank Choisy, ont offert\ndernièrement, dans leur hospitalière demeure de la Grand' Rue, une soirée de musique russe,\navec le concours de B. Kibaltchitch, de la Chapelle russe et d'artistes distingués.\nDans l'assistance, M. le Consul de Russie et Mme de Wiesel, l'archiprêtre et Mme Orloff,\nPrince et Princesse Lobanow, Baron et Baronne de Vientinghoff, Mme de Roberty, le corps\nconsulaire accrédité à Genève, ainsi que l'élite de la société genevoise. Au programme,\nMoussorgsky, Liadoff, Akimenko, Borodine, Cui, Rimsky, Kalinikoff, Rachmaninoff, Winkler,\nLvovsky, etc.\nDe Monte-Carlo.\nA l'occasion du vingt-cinquième anniversaire du règne de S. A. S. le Prince de Monaco,\nde grandes fêtes auront lieu le lundi de Pâques prochain, 13 Avril.\nOn inaugurera le monument commémoratif, sculpté par le maître Constant Roux. Sur\nl'initiative des membres les plus autorisés de la Colonie Etrangère, un Comité fut formé, qui\nrecueillit, pour l'érection de ce monument au Prince, les six mille souscriptions dont le \" Livre\nd'Or \" forme un véritable Gotha de l'élite mondaine et intellectuelle.\nCe livre est aussi un magnifique livre d'art, orné par le maître médailliste Tony Szirmaï\nd'une plaquette et de ciselures qui en font une œuvre unique.\nLes Barbares de M. Camille Saint-Saëns ont été triomphalement accueillis. La musique,\nsi noblement inspirée, que le maître écrivit sur l'excellent poème de Victorien Sardou et\nM. L. B. Gheusi, a été acclamée. M. Camille Saint-Saëns qui assistait à la représentation,\ndans la loge princière, dut, à la fin du second acte, saluer le public qui lui fit une grandiose\novation. M. Raoul Gunsbourg avait monté cette belle œuvre avec le plus rare souci d'art :"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.22", "debut_caractere": 102, "fin_caractere_exclue": 1195, "texte": "l'interprétation fut magnifique avec les deux belles tragé-\ndiennes lyriques Mme Kousnetzoff et Mlle Bailac, et le\nmerveilleux ténor Rousselière. Ces trois admirables\nartistes étaient brillamment entourés par MM. Clauzure,\nMaguenat, André Gilly et Feiner. L'orchestre, sous la\ndirection de M. Léon Jehin, exécuta en toute perfection\nla partition des Barbares.\nDeux œuvres nouvelles, deux nouveaux succès :\nD'abord, Kaatje, opéra en trois actes de M. Victor\nBuffin, sur un fort intéressant livret de MM. Paul Spaak\net Henri Cain. La musique de M. Victor Buffin est\nfort expressive et a beaucoup plu. Le public a applaudi\nchaleureusement l'œuvre et ses excellents interprètes,\nMmes Heldy, Charney, Carton, Cuvelier, MM, Girod et\nBourbon.\nPuis Leilah, deux actes exquis de MM. Bemberg et de\nLorey, sur un poème féerique de M. Jules Bois : c'est un\nconte adorable et émouvant où le poème et la musique réalisent\nun délicieux rêve d'art. Leilah a valu vin très vif succès a\nMmes Kousnetzoff, Doriani, Carton, Rozann, Malraison, et à\nM. André Gilly. Très beaux décors de MM. 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Après Casais qui parait en tierce et en sixte mais que Pierné désarma après\ndes battements de seconde, un savant contre de quarte et une attaque de septième,\nvoici, nous dit-on, qu'Ysaye vient d'affûter soigneusement son archet sur son pain de\ncolophane et de tomber en garde en face d'un capellmeister de New-York qui émet-\ntait la singulière prétention d'écarter d'un Fun concerto... de Vivaldi.\nL'illustre violoniste ne voulut pas rompre d'une semelle et y perdit stoïquement,\nnous assure un confrère, un cachet de 10.000 francs. Si l'on veut bien se souvenir\nqu'Ysaye avait déjà voulu, à Zurich, faire entrer de force dans une grande apothéose\nde Beethoven un Concerto de M. 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Les éléments\nprennent le la à notre diapason. Les ingénieurs hydrographes nous apprennent, en\neffet, que toutes les cascades du monde, quelle que soit leur importance, donnent un\nfa grave nettement perceptible sur lequel vient se greffer un accord parfait d'ut majeur.\nQuelle merveilleuse ressource ! Quelle grandiose contribution aux festivals de plein\nair. Quelle belle pédale naturelle pour le prélude transposé du Rheingold exécuté\nà Schaffouse, près du Rheinfall!... La Compagnie des Eaux est dans la joie: elle va\nfaire installer des conduites soigneusement calibrées dans toutes les salles de concert\npour offrir aux musiciens toute une gamme chromatique de cascatelles. A quand le\npremier concerto pour deux robinets obligés et orchestre ?...\n\nL'Homme à la Contrebasse."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-15-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-15_01#c031", "volume": "bmtnabh_1914-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 19, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.2.8.3", "titre_corps": "Nouvelles", "titre_sommaire": "Nouvelles", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.19", "debut_caractere": 2686, "fin_caractere_exclue": 3294, "texte": "Nouvelles\nPour fêter le passage à Paris d'Enrique Granados, notre Revue a réuni dans un déjeuner\nintime au Café de Paris le comité de la Société Musicale Indépendante qui avait organisé !e\nfestival du 4 avril, et quelques amis de réminent artiste espagnol parmi lesquels on remarquait\nAlfred Cortot, Ricardo Vinès, Montoriol-Tarrès, Lucien Wurmser, Lazare Lévy, Mme Jane\nMortier, Louis Laloy, Henry Malherbe, J. Nin, Llobet, Quiroga, Costa, Cassado, Salomon,\nMlle Rose Féart, Raoul Bardac, René Delange, Kauffmann, Mlle Lilian Grenville, José Vinès,\nA.-Z. Mathot, Maurice Léna, Smith, Roché, Aroca, etc. etc."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.20", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3546, "texte": "Au dessert, notre Directeur a traduit les sentiments de tous les artistes présents en\nexprimant à Granados la sympathie et l'admiration dont l'entourent les musiciens français et\nen formulant le vœu de voir créer sur un de nos théâtres, le drame lyrique auquel travaille en\nce moment l'auteur des Goyescas.\nGranados a répondu avec autant d'esprit que de modestie et s'est déclaré infiniment\ntouché de l'accueil de ses confrères français. Il gardera, affirme-t-il, de ce séjour à Paris le plus\nexcellent souvenir.\nEn exécution de la Fondation Crescent, un concours de poèmes a été institué en vue de\nmettre un livret à la disposition des compositeurs qui désireraient prendre part au concours\nd'oeuvres musicales dramatiques de cette Fondat'iGri et le prix a été décerné à M. Eugène A dénis\npour un poème intitulé \" Barberine \" comédie musicale, d'après Alfred de Musset.\nTous les compositeurs de nationalité française sont admis à concourir et ont la faculté\nd'écrire leur partition soit sur le livret de M. Eugène Adenis, soit sur tout autre livret de leur\nchoix. L'auteur de la partition ayant obtenu le prix recevra une prime de s>oo° francs. Si le\nprix n'est pas décerné, l'auteur de la partition ayant obtenu une mention recevra une prime\nde 2,500 francs. D'autre part, une somme de 10,000 francs ou de 14,000 francs selon que\nl'ouvrage aura 2 ou 3 actes, sera attribuée au théâtre lyrique qui aura monté cet ouvrage.\nLe programme du concours et le livret de u Barberine \" seront adressés aux compositeurs\nqui en feront la demande au Sous-Secrétariat d'Etat des Beaux-Arts (Bureau des Théâtres).\nLe Comité des Concerts Lamoureux vient d'élire son second chef. C'est sur M. Rhené\nBâton que s'est porté son choix. Cette décision sera très sympathiquement accueillie par\ntous les musiciens et nous félicitons bien cordialement les électeurs et l'élu de cette heureuse\nnomination.\nUn emploi de professeur de violon est actuellement vacant à l'Ecole Nationale de\nMusique de Valenciennes. Le titulaire est tenu d'enseigner en même temps l'alto à cordes. Il\ndevra faire le cours de musique de chambre. Les candidats devront adresser leur demande\nd'inscription avant le 10 mai prochain à Monsieur le Directeur de l'Ecole Nationale de\nMusique de Valenciennes qui leur fera parvenir le programme du concours. Le traitement\nde début sera de 1.200 francs par an pour la classe de violon et de 300 francs pour la\nmusique de chambre. Le Professeur est tenu de remplir la partie de violon solo à l'orchestre\ndu Théâtre, et touche de ce fait une rétribution qui ne sera pas inférieure à 400 francs. Pour\ntous renseignements s'adresser à M. Fernand Lamy, directeur de l'Ecole nationale de Musique.\nLes Amis des Cathédrales. Les Amis des Cathédrales se rendront le mardi 28 Avril à\nAmiens dont ils visiteront, de 10 heures à midi, la Cathédrale, sous la direction de M. Georges\nDurand, Archiviste du Département.\nA 2 h. 30, à la Cathédrale également, audition de musique sacrée, du Moyen-Age au\nXIXe siècle par les \" Chanteurs des Amis des Cathédrales \", sous la direction de Mr. Henri\nLetocart, réminent Maître de Chapelle de Saint-Pierre de Neuilly. Le Grand-Orgue sera\ntenu par M. Joseph Bonnet, le talentueux organiste de l'Eglise Saint-Eustache à Paris et de\nla Société des Concerts du Conservatoire, et par M. Boucher, organiste de la Cathédrale.\nGËuvres de J.S. Bach, Clérambault, C. Franck. Répons de l'Office Saint-Firmin d'Amiens.\nMotets de Bournouville, Palestrina, Schutz. Motets de P. de la Rue, Orlando de Lassus,\nGabrielli, Rameau."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.21", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3083, "texte": "Une erreur de composition nous a fait attribuer dans notre dernier numéro à M. Gérard\nHekking un récital qui avait été donné en réalité par son cousin M. André Hekking. Nos\nlecteurs auront sans doute rectifié d'eux-mêmes, mais nous tenons à rendre à M. André Hekking\nla justice qui lui est bien due et les éloges qu'il a mérités dans cette circonstance.\nMonsieur Paul Goldschmidt devant séjourner à Paris du ler Mai au début de Juin\nacceptera un nombre limité d'élèves. Pour les inscriptions s'adresser : à l'administration de\nConcerts A. Dandelot, 83, Rue d'Amsterdam, Paris.\nGottfried Galston nous revient chargé de nombreux lauriers cueillis en Russie. Son succès,\naprès ses concerts historiques de Kieff, Charkoff, Tiflis et ses quatorze récitals de Pétersbourg\na été tel que la Société Impériale Russe de Musique a réengagé le brillant pianiste pour une\ngrande tournée au cours de la saison 1914-1915. Gottfried Galston arrivera prochainement\nà Paris pour donner deux récitals à la Salle Erard, le 27 avril et le 7 mai.\nDe Bruxelles.\nTrès brillant concert àla Salle iEolian, donné par MIIe Vizentini et Alfred d'Ambrosio.\nLa Sonate de Fauré, des pièces de Debussy, Albeniz, Dubois, Chopin, Schumann et Liszt et\nla Sonate op. 30 de Beethoven valurent aux deux remarquables artistes les plus chaleureux\napplaudissements.\nDe Genève. Notre collaborateur, M. le professeur et Mme Frank Choisy, ont offert\ndernièrement, dans leur hospitalière demeure de la Grand' Rue, une soirée de musique russe,\navec le concours de B. Kibaltchitch, de la Chapelle russe et d'artistes distingués.\nDans l'assistance, M. le Consul de Russie et Mme de Wiesel, l'archiprêtre et Mme Orloff,\nPrince et Princesse Lobanow, Baron et Baronne de Vientinghoff, Mme de Roberty, le corps\nconsulaire accrédité à Genève, ainsi que l'élite de la société genevoise. Au programme,\nMoussorgsky, Liadoff, Akimenko, Borodine, Cui, Rimsky, Kalinikoff, Rachmaninoff, Winkler,\nLvovsky, etc.\nDe Monte-Carlo.\nA l'occasion du vingt-cinquième anniversaire du règne de S. A. S. le Prince de Monaco,\nde grandes fêtes auront lieu le lundi de Pâques prochain, 13 Avril.\nOn inaugurera le monument commémoratif, sculpté par le maître Constant Roux. Sur\nl'initiative des membres les plus autorisés de la Colonie Etrangère, un Comité fut formé, qui\nrecueillit, pour l'érection de ce monument au Prince, les six mille souscriptions dont le \" Livre\nd'Or \" forme un véritable Gotha de l'élite mondaine et intellectuelle.\nCe livre est aussi un magnifique livre d'art, orné par le maître médailliste Tony Szirmaï\nd'une plaquette et de ciselures qui en font une œuvre unique.\nLes Barbares de M. Camille Saint-Saëns ont été triomphalement accueillis. La musique,\nsi noblement inspirée, que le maître écrivit sur l'excellent poème de Victorien Sardou et\nM. L. B. Gheusi, a été acclamée. M. Camille Saint-Saëns qui assistait à la représentation,\ndans la loge princière, dut, à la fin du second acte, saluer le public qui lui fit une grandiose\novation. M. Raoul Gunsbourg avait monté cette belle œuvre avec le plus rare souci d'art :"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.22", "debut_caractere": 102, "fin_caractere_exclue": 1195, "texte": "l'interprétation fut magnifique avec les deux belles tragé-\ndiennes lyriques Mme Kousnetzoff et Mlle Bailac, et le\nmerveilleux ténor Rousselière. Ces trois admirables\nartistes étaient brillamment entourés par MM. Clauzure,\nMaguenat, André Gilly et Feiner. L'orchestre, sous la\ndirection de M. Léon Jehin, exécuta en toute perfection\nla partition des Barbares.\nDeux œuvres nouvelles, deux nouveaux succès :\nD'abord, Kaatje, opéra en trois actes de M. Victor\nBuffin, sur un fort intéressant livret de MM. Paul Spaak\net Henri Cain. La musique de M. Victor Buffin est\nfort expressive et a beaucoup plu. Le public a applaudi\nchaleureusement l'œuvre et ses excellents interprètes,\nMmes Heldy, Charney, Carton, Cuvelier, MM, Girod et\nBourbon.\nPuis Leilah, deux actes exquis de MM. Bemberg et de\nLorey, sur un poème féerique de M. Jules Bois : c'est un\nconte adorable et émouvant où le poème et la musique réalisent\nun délicieux rêve d'art. Leilah a valu vin très vif succès a\nMmes Kousnetzoff, Doriani, Carton, Rozann, Malraison, et à\nM. André Gilly. Très beaux décors de MM. 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I. M.\n4.\nF ET COURRIER MUSICAL RÉUNIS %\n>9\nGP\nOj *\nV Directeur:\nJULES ÉCORCHEVILLE\nAdministrateur général : Rédacteur en chef :\nRENÉ DOIRE EMILE VUILLERMOZ\nPUBLIE :\ndans son numéro du ler1er :\nd'importantes études musicologiques, critiques et historiques; les compte-rendus des\ngrands concerts par CLAUDE DEBUSSY et VINCENT D'INDY ; des Théâtres par\nEMILE VUILLERMOZ ; des Music-halls par Louis LALOY, etc.\ndans son numéro du 15 :\ndes articles d'actualité, des échos, indiscrétions et nouvelles, des compte-rendus\ndétaillés des Concerts et récitals, des interviews d'artistes, une revue de la presse,\ndes correspondances de la province et de l'étranger, etc.\nALV,„N„MPNT TTM Av ( France et Belgique :15 fr. |Le numéro du ler:Ier: 1 fr. 50 (Union Postale : 2 fr.)\n( Union Postale : 20 fr. | Le numéro du 15: o fr. 50 (Union Postale : ofr. 75)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-04-15-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-04-15_01#c035", "volume": "bmtnabh_1914-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "couv. 2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.2.12", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.2", "debut_caractere": 873, "fin_caractere_exclue": 2073, "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES\nAMIS DE LA MUSIQUE\nComité d'honneur :\nM. le Président de la République M. le Ministre de l'lnstruction Publique et des Beaux-Arts\nM. le Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts M. Gabriel Fauré, Directeur du Conservatoire\nM. Henry Marcel, ancien Directeur des Beaux-Arts, Directeur des Musées Nationaux.\nConseil d'Administration :\nPrésidente d'Honneur : S. A. R. Mme la Duchesse de VENDOME\nPrésident d'honneur : M. Henry Deutsch (de la Meurthe)\nBureau :\nPrésident: M. Gustave BERLY Vice-Présidents :M. le Prince A. D'ARENBERG - M. Louis\nBARTHOU M. J. ÉCORCHEVILLE M. Alexis ROSTAND ; Trésorier: M. Léo SACHS ;\nSecrétaire du Conseil: M. Gustave CAHEN ; Secrétaire Général: M. Louis DE MORSIER.\nMembres du Conseil :\nMme Alexandre ANDRÉ Mme la Comtesse RENÉ DE BÉARN M. André BÉNAC\nM. Léon BOURGEOIS M. Gustave BRET Mme la Comtesse GÉRARD DE GANAY\nM. Fernand HALPHEN Mme la Vicomtesse D'HARCOURT Mme la Comtesse D'HAUS-\nSONVILLE Mme Daniel HERRMANN Mme Henry HOTTINGUER Mme Georges\nKINEN M. Jacques PASQUIER Mme la Comtesse PAUL DE POURTALÈS\nM. A. PRÈGRE Mme Théodore REINACH M. Romain ROLLAND M. Jacques\nROUCHÉ M. Louis SCHOPFER Mme SÉLIGMANN-LUI M. 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Schola 3 1/2\n23 Concert Kellermann 9h.\n24 Concert Schola Cant. 9h.\n25 Récital Rossi 9 h.\n26 Concert Kreisler 3 h.\n26 Concert Hasselmans 9 h.\n27 M. & Mme de Lausnay\n(élèves) 9 h.\n28 Union des Femmes de\nFrance 9 h.\n29 Soirée Yvette Guilbert 9h.\n30 Répétition publ. Schola 3 1/2\n30 Récital Turcynski 9 h.\nSalle PLEYEL\n(15 au 30 Avril)\n20 Le Quatuor Ant° Ramôs 9 h.\n21 Mme N. Jaques-Dalcroze 9h.\n22 Mme Bétille 9h.\n25 La Soc. Nationale de mus* 9 h.\n26 Mme A. Latour (élèves) Ih.\n27 Melle C. 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Veuve\n21 M. R. Vinès\n22 M. Henri Gilles\n24 Melle Grandpierre\n25 Moreau\n26 Mnie Laurens (élèves)\n27 M. Galston\n28 M. Paul Braud (élèves)\n29 A. Amour\n30 M. Henri Gilles\nSalle MalaKoff\nles lundis et jeudis à 9 heures\nConcerts-Rouge\nles vendredis à 4 heures\nMusique de chambre\nSALLE VILLIERS\nTous les vendredis, concerts\nclassiques de 4 h. \\ à 6 h.\npar le Double-Quintette de Paris\n20 Melle Carreras\n27 M. Erbiceano\n30 M. Erbiceano\nCasino de Paris\n19 et 26 Concerts Monteux"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.1", "texte": "X* Année.\n15 Avril 1914\nLA REVUE MUSICALE\nuT r. - 'v':* f\n1 gegfcgjS £&&** JE&EBbSHB69I^^K'\nP® m m\nHonorée d'une souscription du Ministère de l'lnstruction Publique et des Beaux-Arts\nAbonnement-UN AN îf,ranceDet B,el^ue: ™ fanes\n{ Union Postale : 20 francs\nLe Numéro du ler:1er: 1 fr. 50 (Union Postale: 2 fr.)\nLe Numéro du 15: 0 fr. 50 (Union Postale: 0 fr. 75)\nCopyright by S. I. M. 1914\nPARIS, 29, rue La Boëtie\nTél. Wagram: 98» 12\n\nUN ENTRETIEN AVEC GRANADOS par Jacques Pillois\nLA QUINZAINE :\nCONCERTS ET RÉCITALS SOCIÉTÉS PROVINCE BELGIQUE ÉCHOS NOUVELLES\nSupplément de Quinzaine"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.2", "texte": "LA REVUE MUSICALE\nX 4 1\nv*\nS. I. M.\n4.\nF ET COURRIER MUSICAL RÉUNIS %\n>9\nGP\nOj *\nV Directeur:\nJULES ÉCORCHEVILLE\nAdministrateur général : Rédacteur en chef :\nRENÉ DOIRE EMILE VUILLERMOZ\nPUBLIE :\ndans son numéro du ler1er :\nd'importantes études musicologiques, critiques et historiques; les compte-rendus des\ngrands concerts par CLAUDE DEBUSSY et VINCENT D'INDY ; des Théâtres par\nEMILE VUILLERMOZ ; des Music-halls par Louis LALOY, etc.\ndans son numéro du 15 :\ndes articles d'actualité, des échos, indiscrétions et nouvelles, des compte-rendus\ndétaillés des Concerts et récitals, des interviews d'artistes, une revue de la presse,\ndes correspondances de la province et de l'étranger, etc.\nALV,„N„MPNT TTM Av ( France et Belgique :15 fr. |Le numéro du ler:Ier: 1 fr. 50 (Union Postale : 2 fr.)\n( Union Postale : 20 fr. | Le numéro du 15: o fr. 50 (Union Postale : ofr. 75)\n\nSOCIÉTÉ FRANÇAISE DES\nAMIS DE LA MUSIQUE\nComité d'honneur :\nM. le Président de la République M. le Ministre de l'lnstruction Publique et des Beaux-Arts\nM. le Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts M. Gabriel Fauré, Directeur du Conservatoire\nM. Henry Marcel, ancien Directeur des Beaux-Arts, Directeur des Musées Nationaux.\nConseil d'Administration :\nPrésidente d'Honneur : S. A. R. Mme la Duchesse de VENDOME\nPrésident d'honneur : M. Henry Deutsch (de la Meurthe)\nBureau :\nPrésident: M. Gustave BERLY Vice-Présidents :M. le Prince A. D'ARENBERG - M. Louis\nBARTHOU M. J. ÉCORCHEVILLE M. Alexis ROSTAND ; Trésorier: M. Léo SACHS ;\nSecrétaire du Conseil: M. Gustave CAHEN ; Secrétaire Général: M. Louis DE MORSIER.\nMembres du Conseil :\nMme Alexandre ANDRÉ Mme la Comtesse RENÉ DE BÉARN M. André BÉNAC\nM. Léon BOURGEOIS M. Gustave BRET Mme la Comtesse GÉRARD DE GANAY\nM. Fernand HALPHEN Mme la Vicomtesse D'HARCOURT Mme la Comtesse D'HAUS-\nSONVILLE Mme Daniel HERRMANN Mme Henry HOTTINGUER Mme Georges\nKINEN M. Jacques PASQUIER Mme la Comtesse PAUL DE POURTALÈS\nM. A. PRÈGRE Mme Théodore REINACH M. Romain ROLLAND M. Jacques\nROUCHÉ M. Louis SCHOPFER Mme SÉLIGMANN-LUI M. Jacques STERN\nMme TERNAUX-COMPANS"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.3", "texte": "A Travers la Quinzaine\n\nJ'examinais il y a quinze jours quelques-unes des raisons pour lesquelles les programmes\ndes divers concerts et spécialement ceux des récitals sont si souvent mal composés. 11 en est\nune sur laquelle il convient d'insister non parce qu'elle agit fréquemment mais parce qu'elle\nest sans excuse : je veux parler du manque d'indépendance qu'ont les virtuoses, du moins la\nplupart d'entre eux, en face d'une opinion répandue ou d'une idée admise. Pour ne pas\nprendre un exemple actuel, citons un fait de la veille. Il est indéniable que depuis plusieurs\nannées la musique de Grieg a été mise à l'index par nombre de gens, sans doute très avertis,\nqui se contentaient d'ailleurs de sourire d'un air méprisant lorsque devant eux on osait classer\nGrieg parmi les musiciens. En face de ceci qu'ont fait les virtuoses ? Ils n'ont pas hésité. Leur\nrôle n'est point de combattre, il ne lui appartient pas de prendre parti, ils ont purement et\nsimplement supprimé de leurs programmes l'auteur de Peer Gynt. Le plus minime pianiste se\nserait cru compromis en n'affectant pas un dédain supérieur à l'endroit d'un compositeur si\nmal vu. Il a fallu qu'une voix généreuse et puissante dénonce cette injustice pour que cet état\nde choses cesse. Ce qui prouve qu'heureusement à tout ceci il y a des remèdes ; nous les\nrechercherons prochainement.\nLe travail, au moment où la saison des concerts dominicaux tend à sa fin, devient plus\nardent, une activité plus évidente se manifeste là même où l'on désespérait d'en trouver\ndésormais.\nChez Monteux cette activité ne saurait surprendre elle date du premier instant, elle\ns'accroit cependant suivant les lois qui font intervenir la vitesse acquise. Le concert du\n29 Mars fut évidemment plus remarquable par sa tenue que par son éclat. Rien ne peut\nsembler plus utile et plus opportunément juste à l'heure actuelle qu'une audition de Namounay\ncette œuvre toujours jeune et si agréable à entendre dans laquelle Lalo a fait preuve d'autant\nde goût que d'invention est l'objet d'une indifférence inexplicable et imméritée.\nLa Procession sur les bords de VAdriatique d'H. Lutz est la traduction musicale d'un sujet\ningénieux : une procession longe le rivage en chantant puis traverse une grotte, les chants se\nrépercutent sous les voûtes. Sortie dans le soleil (ah ! voici la clarté) éblouissement. Puis\nconclusion mystique. Ces différents épisodes reçoivent une traduction orchestrale agréable mais\nun peu arbitraire.\nDeux mélodies de Paul Ladmirault : les Béatitudes et Gnomes sur des poèmes gauches et\nprétentieux de Marie Dauguet semblent pleines de qualités merveilleuses bien que l'auteur\nn'ait pas encore trouvé la formule d'écriture exacte qui convient àsa nature musicale si géné-\nreuse et si nuancée. Je dis u semblent \" car Mine Hilda Roosevelt qui s'était dévouée, en\ndernière heure, pour chanter ces pages difficiles, fut victime de son dévouement : d'ailleurs les"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.4", "texte": "6\nS. I. M.\n\nGnomes sont un étonnant scherzo d'orchestre où l'adjonction de la voix y apparaît un peu inutile.\nLe programme était complété par les Djinnesde Franck dans lesquels M\"° Blanche Selva mani-\nfesta une dureté et une sécheresse qui ont surpris ses admirateurs, par l'exquise suite de Fauré.\nDolly qu'Henri Rabaud orchestra incomparablement et par la Rhapsodie espagnole de Ravel\noù la virtuosité coutumière de ce musicien s'allie, par exception, à une très réelle émotion.\nLe concert suivant eut évidemment une tout autre importance. Monteux y a redonné la\nTragédie de Salomé. Et si l'on s'élève à juste titre contre le perpétuel rabâchage d'œuvres\nclassées, on ne saurait assez être reconnaissant à qui fournit à un public désireux d'apprendre,\nl'occasion de pénétrer plus avant dans la connaissance de pages aussi évidemment belles mais\nsavantes et touffues qu'on subit plus ou moins spontanément mais à la compréhension réelle\ndesquelles on atteint après plusieurs auditions ce n'est cependant pas l'avis de chacun puisque\nparmi la foule imposante désireuse d'entendre le il s'est trouvé des individus,\ntrès peu à vrai dire, pour insulter de leur rire ignare et gêné malgré tout, ce qui les domine et\nles surpasse dans cette œuvre plus sincère et plus généreuse qu'aucune autre et qui à ce titre\nseul mérite d'être acclamée comme elle le fut.\nLes concerts Sechiari ont terminé leur saison par deux manifestations très intéressantes.\nLe 29 Mars il nous fut donné d'applaudir en Busoni le compositeur. Il est extraordinaire et\ninjuste que les virtuoses qui après tout ne sont pas forcément anti-musiciens aient tant de mal\nà faire apprécier leurs œuvres. Pour déchaîner l'enthousiasme des foules il a fallu que Busoni\ns'installe au clavier et cependant son Concerto pour violon, sa Suite d'orchestre et sa Symphonie\nIndienne sont issus de tendances très appréciables et qu'on voudrait rencontrer plus souvent.\nLe dimanche suivant quatre mélodies de Fl. Schmitt nous ravirent. Les textes littéraires\nempruntés à des auteurs différents, et parfois indifférents, sont dominés par une égalité de\npensée impressionnante. Le style, la profondeur, l'abondance musicale, la simplicité des lignes\net la féconde influence du décor sonore sont les caractéristiques trop brièvement exposées\nde ces pages brèves qui consolent des lourdes et hautaines productions qui satisfont les\ntendances inexplicables des fidèles de l'Ennui.\nPar contre deux pièces pour orchestre du même Fl. Schmitt exécutées, dernièrement chez\nHasselmans et qui datent il est vrai de 1899 appartiennent nettement au siècle dernier\net n'ajoutent rien à la gloire de leur auteur. Elles accompagnaient sur l'affiche des œuvres très\nvariées puisque Vittoria voisinait avec Saint-Saëns et Ravel cependant que Rédemption nous\nétait donné intégralement sinon de façon suffisante.\n\nMaurice Bex.\n\nLes Sociétés\nSociété Musicale Indépendante\nQuatre nouveautés fort intéressantes figuraient à ce programme qui réunissait les noms\nde Mme Herscher et de MM. Kœchlin, Pillois, Enesco et Le Flem.\nLes \" Poèmes \" de M. Jacques Pillois paraissent être une des plus jolies inspirations de\nce délicat musicien dont l'an dernier le Quatuor Battaille nous révélait de charmantes"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.5", "texte": "LES SOCIÉTÉS\n7\n\nChansons Chorales. Le séduisant caprice de leur ligne vocale, la poétique couleur de leur\ninstrumentation où la flûte bucolique murmure enlacée aux branches harmonieuses du\nquatuor, trouvèrent en Madame Gaétane Vicq-Challet, en M. Willaume et leurs collabora-\nteurs les plus éloquents interprètes. Nous attendions le quatuor de M. Kœchlin : ce fut\ncelui de M. Ravel qui vint. Il ne fallait pas moins que cette œuvre exquise, justement célèbre,\npour nous faire accepter la remise probable à une autre soirée de l'œuvre de M. Kœchlin et\nadoucir notre déception.\nL'\" Ophélia\"de Mme Herscher est une page élégante d'une grâce toute fauréenne. Le \" Cré-\npuscule d'Armor\" de M. Paul Le Flem nous transporte en un rêve légendaire où se succèdent\nles visions sonores les plus variées et imprévues, à la voix multiple des accords. Quant au\n\" Nocturne \" de M. Enesco, malgré sa longueur, il n'ajoute nulle gloire à un parfait musicien\nqui fut tant de fois plus heureusement inspiré.\nFestival Granados.\nLa S. M. I. qui nous initia déjà aux richesses de l'école espagnole contemporaine, avait\nsu pour ce dernier concert, s'assurer le concours d'un de ses meilleurs représentants : le pianiste-\ncompositeur Henri Granados. Pendant deux heures, ce subtil magicien des harmonies et du\npiano nous entraîna donc au pays des \" Majos énamourés \", aux accents de ses \" Goyescas \"\net de ses \" Tonadillas\" révélatrices d'une Espagne moins brillante peut-être mais plus intime-\nment émouvante que celle d'Albeniz.\nGrâces soient rendues àM. Granados et à ses excellents collaborateurs : Mme Polack,\nMM. Costa et Zighera et souhaitons que la S. M. I. après cette découverte d'une nouvelle\nEspagne, nous convie bientôt à d'autres voyages musicaux où les âmes diverses des races\nlatine, slave, germanique et celtique nous livreront tous leurs secrets.\nPAUL LADMIRAULT.\nSociété Nationale\nLe Quintette de M. Jean Huré, comme celui de M. Florent Schmitt, est une de ces\nœuvres dont une brève et sèche analyse ne pourrait décrire la riche complexité ni faire\ncomprendre l'émotion intense. Il faut l'entendre ;et en disant seulement que Mme Gellée et le\nQuatuor Touche en donnèrent une fidèle traduction, on ne peut leur faire un plus grand éloge.\nLes \" 4 Clairs de Lune \" de M. Abel Decaux nous révèlent un très grand musicien,\ntrop longtemps et injustement ignoré ou méconnu, chez qui une imagination étonnante\njusqu'à la bizarrerie s'allie à un lyrisme grandiose trop rare de nos jours. C'est surtout dans le\n4® de ces \" Clairs de Lune \" (Sur la Mer) que ces dons atteignent leur plein épanouissement.\nCe tableau saisissant par l'intensité de la vision et la sûreté de la transposition sonore est d'une\nréalisation si parfaite qu'on ne pourrait concevoir un autre \" Clair de Lune sur la Mer \" après\navoir entendu celui-là. Le \" Clair de lune au cimetière \" avec ses harmonies blafardes,\nsinistres, sur lesquelles vient quelque temps planer le chant du Requiem, est d'une poésie\nfarouche, j'allais dire, implacable. Quant aux deux premiers \" clairs de lune \" ils sont\nplus difficilement compréhensibles à une première audition, encore que le fantastique de\n\" Minuit passe \" et l'effroi de \" la Ruelle \" en fassent des pages parmi les plus curieuses de la\nlittérature pianistique, comparables seulement au \" Gaspard de la Nuit \" de M. Maurice\nRavel et écrites dix ans avant lui.\nM. Decaux apparaît dans cette œuvre surprenante comme l'Arthur Rimbaud ou le"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.6", "texte": "8\nS. I. M.\n\nTristan Corbière de la musique. C'est dire avec quelle curiosité nous devons attendre les\nœuvres nouvelles qu'il doit à nos légitimes impatiences. Que dire après cela des \" Croquis\nd'un gros bonhomme en bois \" de M. Erik Satie ? bien que l'on veuille considérer cet agréable\nhumoriste comme le précurseur du debussysme, sur la foi de quelques aimables mystificateurs\nessayant à leur manière \" de piquer au talon la grande figure d'Achille. \"\nM. Erik Satie doit être le premier à rire de ce rôle qu'on veut lui attribuer, ce qui\nn'empêche pas sa musique de renfermer d'ingénieuses et amusantes trouvailles rythmiques et\nharmoniques, principalement dans ces \" croquis \" destinés à nous divertir.\nM. Ricardo Vines y apporta son habituelle virtuosité.\nAvec M. Georges Auric, nous entrons dans la musique d'après-demain, celle qui est\ndestinée à succéder au debussysme et à le dévorer. Parmi ces oeuvres inégales d'un tout jeune\ncompositeur de quatorze ans à peine, il faut accorder une mention spéciale aux u Chansons de\nV Escarpolette\" et à deux de ces chansons \\Y u Œuf de Pâques\" et le \"Canard\" qui annoncent une\ncurieuse personnalité et contiennent même de véritables conquêtes dans le \" domaine inexploré du\nbruit \" qui doit, selon M. Vuillermoz, offrir une riche carrière aux recherches de nos futuristes.\nEn musicienne experte, Mme de Lestang se joua des difficultés que comporte une telle\nmusique.\nLe Concert se terminait par la Sonate de M. Witkowski pour nous rappeler à la réalité\ndont tant de fantasmagories auditives nous auraient fait perdre le souvenir.\nPAUL LADMIRAULT.\nSociété J. S. Bach.\nLa Passion selon St. Matthieu. Parmi les œuvres que la Société Bach a inscrites à son\nrépertoire, la Passion selon St. Matthieu est, sans conteste, une de celles qu'elle possède le\nmieux ; aussi, fut-ce de sa part, un choix particulièrement heureux que d'en donner une\naudition pour célébrer le dixième anniversaire de sa fondation. Cet admirable monument est\nd'une telle magnificence qu'on reste confondu chaque fois qu'on est appelé à le contempler ;\ncomme les créations les plus achevées de l'art gothique, il unit la force à la grâce, la puissance\nau charme \\ les épisodes du drame le plus poignant qu'ait connu l'humanité y sont traduits avec\nune profondeur d'accent qui émeut et qui trouble : cette partition est un chef-d'œuvre dans\ntoute l'acception du terme.\nL'exécution intégrale d'une œuvre aussi développée est impossible en une seule séance,\naussi faut-il faire un choix parmi les airs, les chœurs, les chorals qui la composent ; disons\nde suite que M. Bret a très judicieusement choisi ; je regrette seulement qu'il ait cru\ndevoir écarter l'admirable air d'Alto : Sehet, Sehet dans lequel les JVohin ? JVohin ?du chœur\ninterviennent de façon si saisissante ; l'audition aurait été allongée de quelques minutes, mais\nqui s'en serait plaint ?\nMelle Germaine Emo, d'une voix claire un peu frêle, chanta les airs de soprano dans un\nbon style. Mme Maria Freund fut, comme toujours, expressive et émouvante ;je ne crois pas\nqu'il soit possible de tenir avec une plus absolue perfection le rôle de l'Evangéliste que ne le\nfait M. Georg Walter. M. Roellens-Collet dont la voix a quelque lourdeur et dont la pronon-\nciation allemande n'est pas sans défaut manque un peu d'onction dans le rôle du Christ, il a\nplus d'autorité que de douceur résignée devant le Sacrifice consenti librement. Bonne exécu-\ntion qui témoigne d'un sérieux effort de la part des chœurs et de l'orchestre.\nALB. BERTELIN."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.7", "texte": "Pianos et Archets. Sous cette rubrique heureuse qui définit nettement leur objet sans\nle limiter de façon trop étroite, Léon Jongen, Jean Lensen, J. O. Englebert et Georges\nPitsch ont donné le lerIer avril dans la salle des quatuors Gaveau une première séance de\nmusique de chambre qui obtint auprès des connaisseurs une manière de triomphe. On ne\nsaurait trop y insister. Trois œuvres seulement figuraient au programme. Mais la qualité\ncompensait et au-delà la quantité. Le quatuor de Fauré est un pur chef-d'œuvre, une des plus\nbelles inventions de l'auteur de Pénélope. Une forme impeccable, des harmonies riches, expansives,\nexpressives sont les caractéristiques de ces pages qui furent jouées avec le fondu et la couleur\nque réclament leurs sonorités nombreuses et chatoyantes. La sonate en ut mineur de Jongen\nest une œuvre puissante et vaste, admirablement écrite pour les deux instruments, sonnant à\nmerveille et fut exécutée à la perfection. Le premier mouvement ample et noble est assez\npathétique, le second est composé d'un andante dont la mélo-\ndie incomparable que met en valeur le violoncelle fait place\nà un scherzando fin et délicat. Le Finale très puissant conclut\ndans la douceur. Quant au quatuor de Chausson, œuvre\nriche, variée, tantôt sensible, tantôt grandiose, tantôt familière,\ntoujours élevée, il atteint à la plus profonde émotion.\nMme Lucy Vuillemin n'est pas de ces chanteuses qui ayant appris tant bien que mal\nla matière littéraire et musicale d'un texte croient avoir assez fait pour prétendre à son inter-\nprétation. Si elle consacre tout un récital à Fauré, ce n'est pas non plus\npour sacrifier à la mode et obtenir la confiance de tel public sur la foi d'un\nprogramme. C'est plutôt, il n'en faut pas douter, parce qu'elle aime cette\nmusique sincèrement et qu'elle l'a étudiée à fond. C'est pourquoi avant\nde juger le résultat il convient d'apprécier l'esprit et la tendance qui ont\nprésidé à l'élaboration de ce récital qui dépasse évidemment les manifestations\nsimilaires.\nMme Vuillemin possède une très jolie voix lumineuse et frêle, dont le timbre très\npersonnel et très défini se transforme difficilement. Aussi, pour éviter la monotonie, la\nchanteuse habile ne pouvant trouver des couleurs très différentes cherche la variété dans les"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.8", "texte": "10\nS. I. M.\n\nnuances, elle l'obtient, mais alors la voix semble parfois forcée et traîne quelque peu sans\nd'ailleurs cesser à aucun moment d'être plaisante, et cela seul importe. D'ailleurs quelle est\nla chanteuse capable sans défaillance technique de chanter une vingtaine de mélodies. Peut-\nêtre yen a-t-il. A coup sûr elles ne sont pas nombreuses. Mme Vuillemin obtient un grand\nsuccès très mérité.\nAlfred Casella pianiste et accompagnateur et le quatuor Capet qui joue à souhait le\nquatuor de Debussy ne sauraient sans injustice manquer d'être associés au succès de leur\ncamarade.\nMme Marie Leroy a donné avec Emmanuel Moor un récital de chant. Son style dans les\nclassiques tels que Bach, Schubert, Brahms s'est élevé et très musical, il laisserait davantage à\ndésirer dans les œuvres de Duparc et\nbelle et importante. Pourquoi faut-il\nrendent peu agréable à entendre à la\ndu lied à travers les temps et les\nAustin n'ont pas manqué, il faut les\ndances qui séparent les modernes, et\nidéalistes, ils en ont dédié une aux\nde d'lndy. La voix de Mme Leroy est\nque tant de résonnances gutturales la\nlongue ? Poursuivant leur étude\ncontrées Mme Mockel et Stéphane\nen féliciter, d'insister sur les ten-\naprès avoir consacré une soirée aux\ncoloristes et aux impressionnistes.\nMalheureusement une indisposition du conférencier ayant privé les auditeurs du commentaire\nsur lequel ils comptaient, la tâche des chanteurs n'en a été que plus difficile.\nMmc Maud Humphery a bien mérité de la musicologie en consacrant une \" causerie\nmusicale \" aux classiques italiens du XVeme au XVIIIeme et il serait à souhaiter que l'éducation\nmusicale des auditeurs trouve fréquemment des occasions comparables à celle-ci de se parfaire.\nLes exemples qui illustrèrent cette causerie, nombreux et variés ne présentent pas tous le\nmême intérêt mais aucun n'est indifférent et la plupart sont très attachants. Mme Humphery\ndont la voix parut encore se développer, sut les mettre en valeur et obtint à tous les points de\nvue un brillant succès.\nMme Desmaret-Wintrebert compose ses programmes avec le goût le plus sûr et le plus\nraffiné. De Bach à Debussy elle a su choisir des pages caractéristiques des diverses écoles du\nlied et de l'air classique et les a traduites, avec la musicalité la plus éclairée. Jacques Pillois\neut en elle une interprête particulièrement intelligente. Melle Andrée Arnoult et M. Henne-\nbains la secondèrent efficacement et achevèrent de donner à ce concert un caractère très\nartistique.\nPaul Goldschmidt est un pianiste de grande race que nul ne saurait oublier après avoir\nentendu, fut-ce une seule fois, la netteté et la décision de ses interprétations et, parmi tant de\nqualités techniques, son étonnante précision. Il a pu sembler dernièrement lors des deux récitals\ndonnes salle Erard que dans certains passages de force le son attaqué durement manquait de"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.9", "texte": "LE VIOLON\n\n11\n\ncontinuité peut-être faut-il attribuer ceci à la façon spéciale dont Goldschmidt emploie la pédale\nmais cette légère critique admise, il faut louer sans réserve le talent supérieur de ce pianiste\nqui ne se permet pas comme tant d'autres, et non des moindres, de bousculer les mouvements\net les nuances et de jouer les passages les plus chantants avec une correction stricte\nà faire bondir.\nM,le Mary Fischer consacre tout un programme à Schumann : Fan-\ntaisie, pièces romantiques, études symphoniques. Son jeu attrayant et souple\nmanque peut-être d'audace mais évidemment pas de franchise et c'est par\nl'intermédiaire du maître de Zwickau une révélation spontanée de tout ce à quoi\nrêvent les pianistes.\nMll' Illingsworth virtuose et musicienne à souhait passe de Bach à Fauré et de Schubert\nà Liszt avec une facilité surprenante, sous ses doigts prestes la pensée de ces maîtres vit et renaît\névidente et limpide et le public ému et ravi semble comprendre qu'il doit à l'action de l'inter-\nprète une intelligence musicale qu'il n'avait point la veille.\nLéon Eustratiou possède des doigts de virtuose agiles, égaux, déliés, mais le souci\npianistique domine évidemment ses préoccupations musicales ; les sonorités sont monotones et\npauvres. Le Carnaval, lui-même, se passe dans le brouillard et Pierrot, Arlequin, Eusebius,\nFlorestan, Estrella, Pantalon et Colombine tout de gris habillés se confondent et ne nous\nséduisent plus.\nDans la composition de son programme MIU Clara Sansoni a fait preuve d'un large\néclectisme. La brillante pianiste que ne rebute aucune difficulté sait animer d'une vie ardente\ndes pages qu'on entend chaque\njour. A la Salle Erard, devant un\nauditoire chaleureux, cette excel-\nlente musicienne montre une vir-\ntuosité déjà sûre d'elle-même et elle\ninterprète sans mièvrerie Brahms,\nSchumann et Chopin. La jeune\nvirtuose a eu la rare fortune de\nbénéficier des conseils d'Albeniz.\nAussi a-t-elle fait valoir avec autant de brio que de couleur exacte la à Séville»\nLavapics et diverses autres pièces tirées Liberia.\nTandis que les pianistes semblent se reposer quelque peu, les violonistes nombreux et\nardents sollicitent le public et accaparent les salles de concert.\nJourdan-Morhange dont l'éloge n'est plus à faire possède toujours une agreable\nvirtuosité et une sonorité qui, un peu grêle parfois, est toujours plaisante et distinguée. Et cette"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.10", "texte": "12\nS. I. M.\n\nartiste est à ce point sensible à l'ambiance musicale que plus ou moins bien accompagnée ellc\nse sent plus ou moins inspirée. Son programme intelligemment composé comportait outre le\nconcerto de Chausson, une sonate de Locatelli et deux premières\nauditions. Le fait vaut d'être signalé. La sonate de Paul Paray\nbien que dominée par des souvenirs franckistes est une œuvre\nattachante, bien composée, aux lignes nettes, aux harmonies fines\net distinguées et elle ne suscite à aucun moment le moindre\nennui. Les trois sonnets de Raymond Charpentier sont d'aimables\nproductions destinées à plaire dans les salons. Mlle Morhange, le\nquatuor Chailley et Paul Paray qui secondaient Mme Jourdan-Morhange partagèrent son\nsuccès. Mlle J. Devriès chanta en s'accompagnant elle-même des textes ardus, mais elle le fît\navec plus d'assurance que de compétence, montra une indifférence exagérée de la mesure, du\nrythme, du sens des textes, de la technique pianistique et de la ligne vocale.\nLucien Durosoir vient de donner son troisième récital et d'obtenir un succès très franc\net très mérité. Il était consacré à des œuvres de Geminiani Bach, Mendelssohn et à deux\npièces russes d'Eugène Cools dont la première, Pièsnia, suffoqua un tantinet les auditeurs et\ndont la seconde Pliaska parut mieux appréciée.\nMlle Lily Franconie fait par-dessus tout montre de virtuosité et ses qualités techniques\ndominent, notamment quand elle joue la sonate de Fauré, ses facultés d'émotion et d'expression.\nMlle Franconie joua avec orchestre des pièces de Max Bruch, Bach et Guiraud. Lefort qui\ndirigeait cet orchestre trouvant sans doute que la pantomime est un genre inférieur, unissant\nle geste et la parole, multiplia les exhortations à ses administrés d'un soir et leur distribua\nabondamment des u chut \" sensationnels.\nJoseph Debroux poursuit vaillamment l'étude des textes anciens méconnus. En agissant\nainsi, il sert avec désintéressement une noble cause, puisqu'il ne peut ignorer lui-même que\nces textes exhumes ne présentent pas tous un intérêt artistique supérieur. C est\nainsi que la sonate de Mangean froide et pompeuse comme pourraient l'être\ndes pages très inférieures de Haendel ne vaut pas à beaucoup près la sonate en\nmi majeur de Giuseppe Fedeli Saggione ni surtout le charmant andante de\nGiovanni Chinzer, dont Eug. Wagner, réalisa, d'aimable façon, la basse.\nLe concert avec orchestre donné par L. S. Tenenbaum avec l'orchestre\nLamoureux avait attiré à juste titre salle Gaveau la foule des grands jours.\nD' aucuns se plaisent à affirmer que cet élève de Lefort deviendra un des plus\ngrands violonistes qui soient lorsqu'il aura acquis la maîtrise et l'autorité qui lui\nmanquent encore. Il possède en tous cas dès maintenant une agilité surprenante,\ndes doigts extraordinaires, du charme, de la fougue et le sens des styles propres à traduire\ncomme il convient Bach, Mendelssohn et Lalo.\nMlla Lapié communique à tout ce qu'elle interprète une noblesse et une élévation très\nrares, si bien que dominé par l'ampleur et l'autorité de la pensée, on ne songe pas à s'étonner\ndes moyens employés et cependant même au point de vue technique il faudrait admirer la\nnetteté, la précision et la qualité des sons. La charmante pianiste qu'est Mlle Caffaret traduisit\nà merveille des textes de Chopin, et cette soirée eût été parfaite si le concerto de Chausson, un\npeu plus travaillé, eût été plus au point. Cousinou, de l'Opéra, montra qu'un peu de voix suffit\npour enthousiasmer les foules et qu'il n'est pas nécessaire par surcroît de soigner son style et\nson émission. Gaston Théroine fut comme toujours un accompagnateur discret, précieux et\nmodeste.\nMUô Yvonne Astruc sait heureusement s'entourer et on ne saurait trop la féliciter de"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.11", "texte": "i 3\n\nnous avoir donne 1 occasion d applaudir Enesco dans le rôle de chef d'orchestre. Le concerto\nde Brahms, deux mouvements d'une sonate de Bach, le poème de Chausson et le septième\nconcerto de Mozart permirent a Mîle Astruc de mettre en valeur ses qualités techniques très\nbrillantes et son souci des styles différents.\nMelle Suzanne Cardon sait donner àla harpe une sonorité ample et continue qui n'est\npoint le fait coutumier de ses émules. La première partie de son programme réservée aux\ncompositeurs femmes nous permit d'applaudir une suite pour harpe, flûte et violoncelle de\nMellc Grumbach, mais jouant seule, Melle Cardon peut à loisir faire valoir ses qualités rythmiques\net sa verve exubérante. Sous ses doigts, tantôt légers, tantôt vigoureux les compositions de\nMelle Renié, L. Vierne, G. Pierné et Cl. Debussy s'animent d' une vie intense et débordante\nqui contraste heureusement avec l'interprétation étriquée de nombreux virtuoses.\nLa seconde séance de sonates donnée salle Pleyel par Mellc Marthe Girod et Henri\nChoinet présenta un attrait plus grand encore que la précédente ; les sonates de Brahms, Lalo,\nRozycki et Ropartz fournissent un champ varié aux deux brillants musiciens pour mettre en\nvaleur leurs sonorités profondes et puissantes, leur virtuosité de bon aloi et leur commun\nrespect de ces belles œuvres.\nLe concert donné par Gaston Blanquart permit d'admirer une fois de plus le talent\nsupérieur de ce flûtiste, de constater qu'il sait à merveille établir un programme très élevé et\ntrès varié et de nous réjouir qu'il soit entouré d'amis qui ont nom Enesco, Vieux, Francmesnil\net Nicot-Vauchelet qui font tous de bien bonne musique.\nLa société artistique et littéraire de l'Ouest a donné dernièrement un concert très\nintéressant au cours duquel se firent entendre et applaudir Melle Andrée Arnoult et\nMM. Eugène Borrel et W. Gwin notamment dans des œuvres de A. Vinée, Purcell et Boely.\nEdouard Laparra a eu le courage de faire exécuter par un petit orchestre choisi de\nl'association Colonne et par deux de nos meilleures cantatrices Mmes Vallin tout un programme\nde Lully auquel Melle Delcourt ajouta deux pièces de clavecin de Rameau et de Couperin.\nC'est peut-être la première fois qu'on prend au sérieux le Grand Lully dans une manifesta-\ntion qui n'appartient pas à la musicologie. E. Laparra mérite tous nos éloges. Au programme\nfigurait également la première audition de Rythmes espagnols de Raoul Laparra pour harpe\nchromatique auxquels Mme Wurmser Delcourt consacra son admirable talent.\nMr Mme et Melle Ronchini forment une famille qui semble bien paisible. Tous trois\nmettent dans leur jeu ou dans leur chant quelque chose de languissant qui semble parfois\nexagéré, mais ils marquent d'autre part qu'ils aiment, comprennent, et savent la musique.\n\nINSTRUMENTS DIVERS"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.12", "texte": "ROUEN. Théâtre des Arts. Depuis six ans M. Fermo exerçait au Théâtre des\nArts une dictature abusive, se souciant assez peu du cahier des charges, se moquant du public\net de la municipalité. Il s'écroule sous une série de représentations d'opérette ce qui reste un\nsymbole de sa direction. Des 2 œuvres inscrites au cahier des charges il a représenté 3 fois\nl'une: Pénélope, fort médiocrement; 1 fois l'autre: Tristan, avec le personnel de l'opéra.\nLes années précédentes il avait monté beaucoup d'œuvres inédites dont plusieurs comme\nSoléa ou l'Aigle 11'ofFraient aucun intérêt. L'Aube Rouge, Graziella, Djordis en présentaient\ndavantage. Cet hiver Cléopâtre produisit une impression d'art incontestable. En fin de saison\nM. Fermo donna Madame Petit-Jardin de M. André Roumier qui fut un four complet, et le\nFléau de M. L. Bouserez, mystère macabre d'un mérite réel : la partition se distingue par\nl'excellente écriture vocale et le relief du chant, par une réelle habileté au maniement de\nl'orchestre. En dépit de quelque monotonie l'œuvre mérite de retenir l'attention des musiciens.\nM. Masselon, le nouveau directeur, un Rouennais sympathique, annonce Pelléas, Parsifaly\nla Vte Brlve et des auditions symphoniques.\nSociétés Chorales. —L'Accord parfait aura cet hiver interprété la Messe a 3 voix de Franck,\nPraxinoë de L. Vierne et le Christ au Mont des Oliviers de Beethoven. Cette société groupe\nune élite de musiciennes et de jolies voix, et ses chœurs de femmes atteignent à un degré de\nperfection rare en province. Les hommes sont solides et entraînés. M.M. Albert et Marcel Dupré\napportent à la direction de cette Société un goût et une autorité dignes de tous éloges.\nLa Gamme. Nous aurons le regret d'ignorer cette société, son chef M. Haelling ayant\njugé bon de nous ignorer comme critique. M. Haelling nous a déclaré d'ailleurs n'admettre\nque des compte-rendus de tous points élogieux.\nCercle Symphonique. M. Sufry consacra une séance à Schumann et diriga avec chaleur\nl'admirable Symphonie Rhénane, tirant un bon parti de son orchestre d'amateurs.\nPetits Concerts. Nos professeurs de chant poursuivent à Rouen une excellente tâche.\nMnie Marie Capoy conférencie sur Grétry et Rousseau, interprète habilement ces maîtres en\ncompagnie de M. R. Chanoine Davranches et chante la plus grande partie du Devin de Village\navec des partenaires un peu inexpérimentés.\nMme Marie Robert qui révéla ici (et ailleurs) les grands Romantiques et Moussorgsky,\nChausson, Duparc, consacre cet hiver son zèle à Debussy et H. Wolf dont nous retraçâmes\n'émouvante biographie.\nMelle J. Hébert, M. Krettly assistés de divers partenaires continuent à donner d'intéres-\nsants concerts. M. Boquel nous ménage toujours des auditions de choix : Mme Povla Frisch et\nM. Ciampi ; M.M. Albers, de Lausnay, Melle Ira Novi.\nLa Société des Artistes Rouennais fournit avec ses 4 ou 5 concerts une contribution\nintéressante chaque année à notre vie artistique. Cet hiver Mmes Lyse Charny, Marie Robert\net de Bergevin, Rita del Sarte, M.M. Foix, Benoist et Dupont. Mmes de Léotard et Gaubert\npianistes, Melle Antoinette Veluard, le maître Luzzati ; les violonistes Christiane Roussel,\nMendels, Le Feuve, Santa Vicca;les violoncellistes Dumond, Feuillard et Audisiose partagèrent\nle succès. Le très sympathique organisateur de ces concerts M. Delepouve a fait preuve d'un\ngoût méritoire.\nEt c'est tout, hélas ! Depuis deux ans les concerts deviennent rares ; l'opérette ou l'opéra"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.13", "texte": "PROVINCE\n\ni s\n\ncinématographique sévissent au Théâtre des Arts. La musique perd du terrain à Rouen. Il est\ngrand temps de nous ressaisir, en vérité.\nPAUL-LOUIS ROBERT.\nTOULOUSE. Calme plat au Capitoley le répertoire courant ayant fait tous les frais\ndes représentations en attendant la première de u Julien \" qu'on nous promettait depuis le\ncommencement de la saison et qui vient, enfin, d'avoir lieu.\nLa \" concurrence \" au contraire montre une activité fébrile. La concurrence, c'est la\nmusique de chambre ou la musique symphonique. L'une et l'autre font de grands progrès à\nToulouse grâce aux initiatives privées, loin de toute approbation officielle.\nJe vous ai déjà parlé d'une société d'amateurs : la Schola Charles Bordes, qui a abordé\navec bonheur le répertoire Palestrinien et les grandes œuvres de J. S. Bach, encore peu connus\nici. A côté, VAssociation Symphonique, créée par un de nos plus actifs professeurs au Conservatoire,\nMr Montpellier, et composée de professionnels, donne régulièrement deux fois par semaine,\ndans le coquet théâtre de l'Apollo, des séances de musique de chambre et de musique d'orchestre\nqui attirent en foule le public élégant et connaisseur. Citons, parmi les dernières séances qui\nont été le plus remarquées, celles données avec le concours du Quatuor Lefeuve ; de\nMme Berthe Marx-Goldschmith; Melle Mathilde Calvet, la belle artiste de l'Opéra; Mclle Jeannette\nIsnard, lauréat du Conservatoire de Paris (classes de violon) presque une enfant mais déjà très\nartiste et virtuose d'avenir, et les deux concerts où brilla le sérieux talent de pianiste de\nMme Gellibert-Lambert et de Mr Gabriel Sizes.\nLa cinquième audition de la Société des Concerts du Conservatoire fut dirigée, non par\nMr Xavier Leroux qui, empêché au dernier moment se fit excuser, mais par Mr Aymé Kunc\ndont les qualités remarquables de chef-d'orchestre s'affirmèrent à nouveau. La soliste du jour\nfut Melle Noëla Cousin, violoniste, ler Prix du Conservatoire de Paris, qui fit apprécier un\nsolide mécanisme et un joli style dans deux concertos deux ! celui en mi bémol de\nMozart, si délicieusement musical, et celui de Mendelssohn.\nAinsi que je vous le disais, Julien, retardé par les difficultés de la mise au point, a fait une\napparition tardive mais très heureuse sur la scène du Capitole. Un peu surpris au début par le\nsujet, le public sut vite (au milieu de l'obscurité du livret) mettre à part les beautés de la\nmusique et accueillit chaleureusement la nouvelle œuvre de M 1 Charpentier, qui fut montée\navec un soin intelligent par la direction du théâtre. Excellente interprétation scénique, chorale\net orchestrale sous la direction du maestro de la Fuente.\nG. G.\nBESANÇON. Consacré exclusivement à la musique française, le programme du\n3me Concert d'abonnement fut l'un des plus heureux que nous ait présentés notre Société des\nConcerts symphoniques. Tout au plus pouvait-on faire quelques réserves sur le choix de\nVOuverture de Patrie, de G. Bizet, qui nous paraît aujourd'hui, en certaines parties du moins,\nquelque peu banale et désuète. Mais les trois autres numéros du programme, VEnfance du\nChrist de Berlioz (fragments), la Nuit persane de C. Saint-Saëns, et la délicieuse suite de Pellèas\net Mélisande de G. Fauré étaient judicieusement choisis pour se faire valoir par leur propre\ncontraste, et pour donner à notre public un ingénieux aperçu de trois moments de l'art musical\nfrançais.\nSous la direction toujours appréciée de M. Datte, chœurs et orchestre furent à la hauteur\nde leur réputation dans l'exécution de ces œuvres. La calme et limpide musique où Berlioz\nchante le mystère de l'enfance divine fut présentée avec un parfait souci des nuances et une"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.14", "texte": "16\nS. I. M.\n\ndouce émotion. Si l'art artistocratique et tout intime de M. Fauré trouva notre public un peu\nfroid, par contre le lumineux coloris de la Nuit persane l'enthousiasma. Cette œuvre savoureuse\nfut admirablement mise en valeur par M. Paulet à qui l'on bissa la délicieuse mélodie du\nCimetière, j_ar Mmc Laithier, notre aimable concitoyenne dont le splendide contralto fit mer-\nveille, et aussi par l'orchestre et les chœurs ; à signaler encore le parfait talent de diseuse de\nMme Dantrevaux.\nLa conférence préparatoire nous fut une occasion nouvelle d'apprécier le grand talent de\nM. Henry Najean ; quelques pages de G. Fauré et C. Saint-Saëns nous furent agréablement\nprésentées par Mlles André et Schaeffer et M. Grillot.\nE. G.\nMARSEILLE. Au théâtre comme aux Concerts classiques, la saison musicale est\naujourd'hui terminée.\nNeuf ouvrages nouveaux ont été représentés sur notre scène d'opéra, témoignant d'une\nsomme de travail peu ordinaire: Parsifal et le Crépuscule des Dieux dont je vous ai parlé succes-\nsivement ; puis Gwendoline ; Y Enfant Prodigue de M. Debussy ; Ivan le Terrible ; Panurge ;\nun ballet de M. Robert Laloue, nommé les Fantômes et deux petits actes de jeunes auteurs\nmarseillais l'Ouvrière de M. Lucien Aube et le Dépit Amoureux de M. J. Gérard.\nAux Concerts classiques, la saison, d'une durée de cinq mois environ et qui ne comporte\npas moins de vingt-deux à vingt-quatre séances, exige par là même beaucoup de labeur et de\nbonne volonté tant de la part du chef que des musiciens : et chacun a rivalisé de zèle.\nDepuis ma derrière correspondance, l'orchestre a joué, en ire audition : une ouverture de\nDvorak Carnaval ; la Pavane pour une Infante défunte de M. Ravel ; l'ouverture de la Grande\nPâque Russe de Rimsky-Korsakow ; une rapsodie Andalucia de F. Pécoud ; la Mer de Paul\nGilson ; le prélude de la Terreur de F. Le Borne ; un Lamento pour orgue et orchestre de\nM. H. Messerer d'une noble inspiration. Notons aussi une ire audition de l'ouverture de\nWitikind aux thèmes caractéristique ; Witikind est une tragédie musicale dont le texte et la\nmusique sont de notre confrère M. H. Mirande qui tient avec autorité la plume de critique et\nprofessa avec distinction l'harmonie aux Conservatoires de Genève et de Lyon.\nComme solistes, nous relevons les noms de Melle Nicole Anckier, harpiste ; M. George\nEnesco ; M. Emile Sauer dont les exécutions sont parfaites au point de vue pianistique ; enfin\nM. Alfred Cortot dont la venue parmi nous apporte toujours une véritable impression d'art;\nNous regrettons de n'avoir pu entendre Mlle Jeanne Hatto qui a fait connaître, ici, le Sommeil\nde Canope, de M. G. Samazeuilh.\nLa Société Chorale, attachée aux Concerts classiques et reconstituée l'an dernier, continue\nà faire de très sensibles progrès. Elle nous a fait entendre le 2e acte de Pénélope de M. Gabriel\nFauré, avec Mmes Croiza et Courso, M.M. Lheureux et Albers, Mlle Mazetgerbe ;la Lyre et\nla Harpe de M. Saint-Saëns.\nPour son concert à bénéfice, M. Hasselmans a monté le Dies irœ et le Tuba Mirum\nextraits du Requiem de Berlioz, qui n avaient pas encore été exécutés ici. L'impression produite\nsur le public a été telle que trois auditions consécutives en ont été données devant des salles\ncombles ; 1 effet de ces quatre fanfares disséminées aux quatre points cardinaux est cependant\nbrutal et tout extérieur, mais l'exécution fut fort belle : les groupes des cuivres se composaient\ndes musiciens des Equipages de la Flotte, de Toulon, qui sont remarquables et trouvaient dans\nloi chestre et les chœurs des partenaires convaincus. Au même concert, l'ode charmante Ala\nMusique qu'Emmanuel Chabrier écrivit pour inaugurer la maison d'un ami.\nEnfin, la symphonie avec chœurs de Beethoven clôtura noblement une saison intéressante,"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.15", "texte": "PROVINCE\n17\n\navec Mmes Brévonnes et Courso, M.M. G. Paulet et Imbert. Ala même séance, la Nuit de\nNoël de M. Gabriel Pierné.\nHENRI DE VAUPLANE.\nANGERS. Neuvième Concert. Un concert \" ordinaire \", dont le programme comportait\nun important fragment de la TValkyrie et le premier tableau d'un drame lyrique inédit de\nMax d'Ollone, voilà de quoi déjà faire, n'est-ce pas? singulièrement honneur à nos Concerts\nPopulaires. En réalité la saison présente qui vit pourtant déjà de bien belles séances en aura-t-\n-elle, (jusqu'à la Passion, dont nous parlerons) connu d'aussi parfaites que celle-ci? Le gros\nintérêt du concert, qui se parait par surcroît des noms de M. Dubois et, surtout, de Melle Hatto,\nc'était évidemment la ire audition de ce tableau de VEtrangère chanté il y a trois mois chez\nColonne. Impossible, malheureusement, d'aborder ici à son sujet la passionnante étude de\nl'esthétique théâtrale particulière à Max d'Ollone. A ce point de vue VEtrangère semble\nconfirmer pleinement, magnifiquement un parti-pris que certains ont déjà tant admiré dans\nle Retour. Résignons-nous donc à ne point parler de la signification \" symbolique \" du drame\nnon plus que de son affabulation scénique, toutes choses sur lesquelles il m'a semblé qu'on\navait quelque peu divagué, dans la presse, au lendemain de l'audition chez Pierné.\nMusicalement même, il est difficile de faire entrevoir les qualités du ir tableau à qui ne\nsent pas d'abord l'impérieuse fusion de cette sensibilité, et de cet art. D'où l'acuité un peu\ndéchirante de cette musique, sa \" nudité \" aussi, et ce qu'on a excellemment défini \"sa\nrecherche d'inflexions expressives. \" Mais d'où surtout sa pureté absolue, et sa richesse inouïe,\nsa profondeur, son éloquence, et, pour tout dire, et si nous nous plaçons au point du vue\nidéalement et nécessairement requis ici, sa perfection véritable. M. Max d'Ollone, qui\ndirigeait son œuvre, a partagé avec ses interprètes et l'orchestre un émouvant succès : M. Dubois\nfut parfait, et Melle Hatto admirable. Tous deux nous donnèrent une inoubliable interprétation\nde la scène 111 du ir acte de la TV alkyrie. Je n'insiste pas sur ces merveilles, non plus que sur\nle reste du programme qui comprenait encore l'ouverture des Noces, des Danses de Brahms et\nle Rouet d'Omphale (dirigé, entre autres, avec une maîtrise tout à fait admirable par Jean Gay).\nA. M.\n\nDans notre chronique du 15 mars, nous avons apprécié, en termes nets, suivant notre\nhabitude, l'interprétation du pianiste M. Dumesnil, interprétation qui nous parut trahir le\ncaractère de certaines œuvres, tel Prélude et Fugue de Bach et YAppassionata de Beethoven.\nUsant d'un légitime droit de réponse, M. Dumesnil a fait tenir à 5. I. M. la petite lettre,\névidemment un peu exagérée, quant aux dimensions \" légales \", que voici :\nParis, 6 Avril 1914.\nMonsieur le Directeur,\nL'article publié dans votre dernier Supplément de Quinzaine, sous la signature de\nMonsieur René Lyr, me suggère quelques réflexions. Rassurez-vous ! Mon intention n'est pas"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.16", "texte": "18\nS. I. M.\n\nd'importuner vos lecteurs ni d'entreprendre une longue et inutile polémique. Mais cette\ncritique me remet à la mémoire une ancienne idée, et m'incite à vous en donner un petit\naperçu.\nVoici donc quelques années, j'avais pensé à fonder une Revue. Une Revue ! direz-vous.\nIl y en a tant déjà ! Oui, d'accord. Mais la mienne eût été, peut-être, assez originale dans\nsa nouveauté. Je voulais l'appeler \"La critique des Critiques ! \" et ouvrir largement ses\ncolonnes aux artistes désireux d'opposer leurs propres convictions aux jugements, souvent\nhâtifs et improvisés (n'insistons pas), de personnalités dont la compétence, d'autre part, n'est\npas toujours démontrée de façon indiscutable. Ce but me paraissait intéressant ; je vais essayer\nde le démontrer.\nMonsieur René Lyr, en quelques phrases lapidaires et incisives, extermine mes interpré-\ntations de deux grands Maîtres classiques, me décoche une épithète vraiment peu flatteuse pour\nmes facultés intellectuelles, et assomme, en terminant, un malheureux instrument qui n'en peut\nmais. J'avoue que j'ai commencé par être fort marri à la lecture de ces lignes. J'ai pensé que\npeut-être je faisais fausse route et qu'il conviendrait d'aviser, de \" veiller au grain \". En effet\nla netteté, la vigueur, la décision du jugement de votre correspondant bruxellois me donnaient\nà penser que je me trouvais en présence d'une intelligence d'essence supérieure, d'une infailli-\nbilité, d' une clairvoyance quasi-divines lui permettant à?affirmer avec une aisance, une autorité\nqui sont l'apanage de quelques rares élus.\nPuis j' ai réfléchi. Somme toute, j'ignore absolument qui est Monsieur René Lyr. Le nom\nde ce musicographe obscur m'était, jusqu'à ce jour, parfaitement inconnu ! Je me suis dit,\nd'autre part, que mon interprétation de Bach était basée non seulement sur une étude appro-\nfondie, mais encore sur de nombreuses et instructives conversations que j'avais pu avoir avec\ncertains musiciens spécialement avertis du style et de l'esprit du maître, tels que Steinbach,\nNeitzel, Moor, Casais, Mengelberg, etc. En réfléchissant davantage, je me suis demandé s'il\nne serait pas raisonnable d'opposer, en guise de consolation personnelle, ces noms à celui de\nMonsieur René Lyr. Je me suis senti, du même coup, un peu réconforté. Puis, suivant le\ncours de l'article, je suis arrivé à Beethoven. Sur ce chapitre vraiment, Monsieur René Lyr\nn'est pas doux. Il n'y va pas par quatre chemins. Je suis un sot ; voilà ! C'est clair, net et\nprécis. Et pourquoi ? Parce que je comprends la Sonate opus 57 autrement que lui ; parce que\nje ne me rends aucun compte du sens de cette lumineuse indication : Appassionata, et que je\ncrois encore au Beethoven du Clair de lune.\nOh, alors, ici j'ai repris confiance. Clair de lune appassionata, que de littérature ! Lumi-\nneuse indication, en effet, que celle, tout apocryphe, ajoutée par un éditeur sentimental dans\nun but de lucre, et qui n'a rien de commun arec la profondeur, la noblesse, la grandeur, puis\nla radieuse sérénité de l'opus 57- J'aurais eu la naïveté de croire que personne ne restait à\nédifier sur l'exacte valeur de ces sous-titres ; de croire aussi que tout critique musical digne\nde ce nom commençait par se documenter de façon sérieuse, avant d'aborder le jugement d'une\nœuvre ou d'une interprétation. Cette petite désillusion m'a rassuré, et je pensais toujours. Je\nme disais que, somme toute, j'ai consacré à la musique dix-sept années d'un labeur incessant ;\nque j'ai même approfondi la moindre de mes exécutions ; que j'ai le droit d'être un peu fier, ou\ntout au moins confiant, à l'idée que Florent Schmitt m'a confié la première audition de son\nQuintette, Gabriel Dupont celle des Heures dolentes et de la Maison dans les dunes. Et comme\nleur estime m'est infiniment plus précieuse que celle de Monsieur René Lyr, je me suis senti,\nà la fin, complètement réconforté. Et tenez, j'en ai même conçu quelque vanité, au point que,\nsans rien affirmer, je me demande maintenant si \" le plus sot des deux... ! \"\nVeuillez, je vous prie, m'excuser d'avoir encombré vos colonnes de ce premier feuillet de"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.17", "texte": "BELGIQUE\nRené Lyr.\n\nI 9\n\nma Revue encore à naître, et agréer, Monsieur le Directeur, l'assurance de ma considération\ntrès distinguée.\nMAURICE DUMESNIL.\n\" Œil pour œil, dent pour dent \". Je ne veux point répondre aux pointes assassines que me\ndécoche, fort spirituellement, M. Maurice Dumesnil, car si mon estime lui reste peu précieuse,\nj'avoue que sa mésestime m'indiffère. Le fait qu'il ignore parfaitement mon nom d'obscur\nmusicographe, (dieu merci) prouve simplement qu'il ne lit que depuis le 15 mars\ndernier, vu que, dès 1908, ce nom a figuré régulièrement aux sommaires de la Revue. Au\nsurplus, mon ambition ne fut jamais de l'illustrer dans la l'ironie de M. Dumesnil\nn'aurait pu tomber plus à faux. Mais bref. Il oppose, à l'opinion que j'ai signée, les conversa-\ntions qu'il a eues avec des musiciens célèbres. Celles-ci, sans doute, sont de nature à le consoler\nen lui donnant la plus haute idée de sa propre valeur. Je m'en réjouis. Je suis désolé en effet\nque mon obscure appréciation ait pu, un seul instant, l'intéresser ou le blesser légèrement.\nToutefois, je tiens à lui faire observer que les hautes leçons de style qu'il a pu avoir ne prouvent\nrien à ceux qui l'entendirent à Bruxelles, et quand il leur opposerait toutes les louanges du\nmonde, ils prétendraient avoir le droit de garder leur impression. Puisque l'artiste fait appel à\nla compétence de tiers, je lui dirai encore que le jugement que j'ai traduit est celui de plusieurs\nmusiciens, au nombre desquels je puis citer le compositeur Eugène Samuel Holeman, de qui\nl'autorité n'est pas discutable, et de qui la compréhension, semblable à la mienne, s'appuie en\noutre sur la tradition la plus authentique et la plus pure, en ce qui concerne tout au moins\nBeethoven. Son père, Adolphe Samuel la lui légua, qui la tenait lui-même de son maître,\ndisciple immédiat du grand Créateur. Pour le reste, je dois convenir que M. Dumesnil n'a\npas compris mon article. Une coquille assez fâcheuse, ma foi, m'y faisait écrire limineuse pour\nliminaire indication. Mais à cela ne tienne, je déplorais précisément l'erreur qui,\nsottement (et entre parenthèses encore, je ne songeai pas un instant à créer ici d'équivoque\ninjurieuse) croient encore au Beethoven du \" Clair de lune \". Cela dit assez ce que je pense\nquant à la valeur des sous-titres, et je me trouve, tout à fait d'accord, on le voit, avec\nM. Dumesnil, pour déclarer que l'acception \"sentimentale\" n'a rien de commun avec la\nprofondeur, la noblesse, le cri tumultueux, la fougue du fauve et douloureux, du\nmâle et poignant Beethoven. La conclusion est plaisante. Il me parait que le pianiste ne se\nrend pas compte de ce que son jeu, de virtuosité gracieuse, trahit sa compréhension. S'il veut\nbien accepter qu'une oeuvre d'art a besoin, pour être complète, de l'accord de ses trois éléments\nde vie : auteur, interprète et auditeur, s'il estime comme moi que ce dernier, aussi modeste\nsoit-il, peut offrir un utile critérium à l'officiant, après avoir fait la part de ce que mon avis a de\npersonnel, il gardera tout de même, pour corriger son assurance d'être toujours dans\nce grain dont il parle, ce grain de doute et d'inconscience qui fait les vrais artistes, et même,\nles grands interprètes."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.18", "texte": "ÇA ET LA\n\nEchos\n\nLes surprises du divorce.\nL'incompatbilité d'humeur fait des ravages parmi les musiciens. En quelques\nsemaines nous avons vu une cantatrice et son auteur préféré, un compositeur et son\ninterprète de prédilection, un couple de librettistes et un ménage à trois de directeurs\nintroduire, presque simultanément, une instance en divorce. Et voici qu'on annonce\nun nouveau recours aux bienfaits de la loi Naquet. Une des plus courageuses amazones\nqui se soient jamais vouées au service de la musique, vient d'écrire à l'un de ses\ncompagnons d'armes pour stigmatiser la direction suivie récemment par le bataillon\nsacré dans les rangs duquel elle avait combattu jusqu'ici avec tant de vaillance. Dans\nsa lettre elle s'éleva contre le décadentisme en faveur dans certains milieux et dénonça\nle péril que nous font courir les toxines du gibier faisandé qu'affectionnent nos\ncuisiniers. Et la Walkyrie révoltée parlait de rendre à Wotan sa lance de combat et\nson bouclier.\nCet acte d'indiscipline sème l'émoi au camp. Une tentative de conciliation va\npeut-être permettre d'étouffer ce douloureux incident et d'en conjurer les suites,\ntoujours regrettables pour le moral des troupes.\nLa critique unifiée.\nCe théâtre n'a pas toujours eu à se louer de la critique. Il tient pourtant beaucoup\nà mettre sous les yeux du public la traditionnelle série d'appréciations élogieuses que\nl'on prélève avec soin dans les différents compte-rendus pour démontrer l'unanimité\nde l'enthousiasme au lendemain d'une bataille. Mais comment rédiger ce bulletin de\nvictoire avec des articles ironiques, méprisants ou furibonds qui s'entassent sur le\nbureau directorial ? Impossible de trouver une \" revue de la presse \" avouable dans ce\nconcert de réprobation.\nMais le directeur ne s'émeut pas de ces vagues contingences. Il envoie à tous les\njournaux des communiqués remplis de la plus noble exaltation et vantant les mérites\nde son nouveau spectacle ; il laisse s'écouler quelques semaines... et enfin, s'armant de\nciseaux, découpe soigneusement les plus lyriques de ses ordres du jour pour en\ncomposer un ensemble dithyrambique. Et le public apprend avec respect que la\ncritique toute entière a été émerveillée du beau spectacle d'art qui lui a été offert.\n\" Nous lisons dans le Figaro, dans le Temps, dans Comœdia... etc.\" dit froidement le\nrédacteur pince-sans-rire, en accumulant les coupures optimistes. Le lecteur ne songe\npas à se demander sous quelle signature on lit de si chaudes déclarations et le tour\nest joué. On n'est, en effet, jamais si bien servi que par soi-même."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.19", "texte": "ÇA ET LA\n21\n\nAh ! perfido...\nDans nos grands concerts symphoniques l'homme qui tient la baguette et\nl'homme qui tient l'archet sont souvent tentés de croiser comme deux épées ces deux\ninsignes de leur royauté. Les assauts entre chefs d'orchestre et virtuoses ne se comp-\ntent plus. Après Casais qui parait en tierce et en sixte mais que Pierné désarma après\ndes battements de seconde, un savant contre de quarte et une attaque de septième,\nvoici, nous dit-on, qu'Ysaye vient d'affûter soigneusement son archet sur son pain de\ncolophane et de tomber en garde en face d'un capellmeister de New-York qui émet-\ntait la singulière prétention d'écarter d'un Fun concerto... de Vivaldi.\nL'illustre violoniste ne voulut pas rompre d'une semelle et y perdit stoïquement,\nnous assure un confrère, un cachet de 10.000 francs. Si l'on veut bien se souvenir\nqu'Ysaye avait déjà voulu, à Zurich, faire entrer de force dans une grande apothéose\nde Beethoven un Concerto de M. Moor on comprendra pourquoi la Ligue anti-\nbeethovienne du IX1\"0 arrondissement, pour récompenser cet héroïque prosélytisme, a\ndécidé d'offrir au grand virtuose le titre de membre bienfaiteur.\nMusique sur l'eau.\nLes frontières mystérieuses qui séparaient le domaine du bruit de celui de la\nmusique tendent de plus en plus à s'effacer. Les musiciens s'annexent avec une\nsatisfaction croissante ces territoires inconnus si riches en surprises sonores. Le\ndéveloppement donné à la percussion par nos orchestrateurs modernes les plus\naudacieux est, à cet égard, tout à fait caractéristique. La section des gas-de-batterie\ns'augmente de jour en jour dans nos armées instrumentales. Et voici que la nature\ns'intéresse à nos jeux musicaux et veut tenir sa partie dans nos concerts. \" Les orgues\nde la terre \" dont parle le taoïste Louis Laloy s'accordent lentement pour permettre\naux futurs Strawinsky de leur réserver une portée dans leurs partitions. Les éléments\nprennent le la à notre diapason. Les ingénieurs hydrographes nous apprennent, en\neffet, que toutes les cascades du monde, quelle que soit leur importance, donnent un\nfa grave nettement perceptible sur lequel vient se greffer un accord parfait d'ut majeur.\nQuelle merveilleuse ressource ! Quelle grandiose contribution aux festivals de plein\nair. Quelle belle pédale naturelle pour le prélude transposé du Rheingold exécuté\nà Schaffouse, près du Rheinfall!... La Compagnie des Eaux est dans la joie: elle va\nfaire installer des conduites soigneusement calibrées dans toutes les salles de concert\npour offrir aux musiciens toute une gamme chromatique de cascatelles. A quand le\npremier concerto pour deux robinets obligés et orchestre ?...\n\nL'Homme à la Contrebasse.\n\nNouvelles\nPour fêter le passage à Paris d'Enrique Granados, notre Revue a réuni dans un déjeuner\nintime au Café de Paris le comité de la Société Musicale Indépendante qui avait organisé !e\nfestival du 4 avril, et quelques amis de réminent artiste espagnol parmi lesquels on remarquait\nAlfred Cortot, Ricardo Vinès, Montoriol-Tarrès, Lucien Wurmser, Lazare Lévy, Mme Jane\nMortier, Louis Laloy, Henry Malherbe, J. Nin, Llobet, Quiroga, Costa, Cassado, Salomon,\nMlle Rose Féart, Raoul Bardac, René Delange, Kauffmann, Mlle Lilian Grenville, José Vinès,\nA.-Z. Mathot, Maurice Léna, Smith, Roché, Aroca, etc. etc."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.20", "texte": "22\nS. I. M.\n\nAu dessert, notre Directeur a traduit les sentiments de tous les artistes présents en\nexprimant à Granados la sympathie et l'admiration dont l'entourent les musiciens français et\nen formulant le vœu de voir créer sur un de nos théâtres, le drame lyrique auquel travaille en\nce moment l'auteur des Goyescas.\nGranados a répondu avec autant d'esprit que de modestie et s'est déclaré infiniment\ntouché de l'accueil de ses confrères français. Il gardera, affirme-t-il, de ce séjour à Paris le plus\nexcellent souvenir.\nEn exécution de la Fondation Crescent, un concours de poèmes a été institué en vue de\nmettre un livret à la disposition des compositeurs qui désireraient prendre part au concours\nd'oeuvres musicales dramatiques de cette Fondat'iGri et le prix a été décerné à M. Eugène A dénis\npour un poème intitulé \" Barberine \" comédie musicale, d'après Alfred de Musset.\nTous les compositeurs de nationalité française sont admis à concourir et ont la faculté\nd'écrire leur partition soit sur le livret de M. Eugène Adenis, soit sur tout autre livret de leur\nchoix. L'auteur de la partition ayant obtenu le prix recevra une prime de s>oo° francs. Si le\nprix n'est pas décerné, l'auteur de la partition ayant obtenu une mention recevra une prime\nde 2,500 francs. D'autre part, une somme de 10,000 francs ou de 14,000 francs selon que\nl'ouvrage aura 2 ou 3 actes, sera attribuée au théâtre lyrique qui aura monté cet ouvrage.\nLe programme du concours et le livret de u Barberine \" seront adressés aux compositeurs\nqui en feront la demande au Sous-Secrétariat d'Etat des Beaux-Arts (Bureau des Théâtres).\nLe Comité des Concerts Lamoureux vient d'élire son second chef. C'est sur M. Rhené\nBâton que s'est porté son choix. Cette décision sera très sympathiquement accueillie par\ntous les musiciens et nous félicitons bien cordialement les électeurs et l'élu de cette heureuse\nnomination.\nUn emploi de professeur de violon est actuellement vacant à l'Ecole Nationale de\nMusique de Valenciennes. Le titulaire est tenu d'enseigner en même temps l'alto à cordes. Il\ndevra faire le cours de musique de chambre. Les candidats devront adresser leur demande\nd'inscription avant le 10 mai prochain à Monsieur le Directeur de l'Ecole Nationale de\nMusique de Valenciennes qui leur fera parvenir le programme du concours. Le traitement\nde début sera de 1.200 francs par an pour la classe de violon et de 300 francs pour la\nmusique de chambre. Le Professeur est tenu de remplir la partie de violon solo à l'orchestre\ndu Théâtre, et touche de ce fait une rétribution qui ne sera pas inférieure à 400 francs. Pour\ntous renseignements s'adresser à M. Fernand Lamy, directeur de l'Ecole nationale de Musique.\nLes Amis des Cathédrales. Les Amis des Cathédrales se rendront le mardi 28 Avril à\nAmiens dont ils visiteront, de 10 heures à midi, la Cathédrale, sous la direction de M. Georges\nDurand, Archiviste du Département.\nA 2 h. 30, à la Cathédrale également, audition de musique sacrée, du Moyen-Age au\nXIXe siècle par les \" Chanteurs des Amis des Cathédrales \", sous la direction de Mr. Henri\nLetocart, réminent Maître de Chapelle de Saint-Pierre de Neuilly. Le Grand-Orgue sera\ntenu par M. Joseph Bonnet, le talentueux organiste de l'Eglise Saint-Eustache à Paris et de\nla Société des Concerts du Conservatoire, et par M. Boucher, organiste de la Cathédrale.\nGËuvres de J.S. Bach, Clérambault, C. Franck. Répons de l'Office Saint-Firmin d'Amiens.\nMotets de Bournouville, Palestrina, Schutz. Motets de P. de la Rue, Orlando de Lassus,\nGabrielli, Rameau."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.21", "texte": "ÇA ET LA\n23\n\nUne erreur de composition nous a fait attribuer dans notre dernier numéro à M. Gérard\nHekking un récital qui avait été donné en réalité par son cousin M. André Hekking. Nos\nlecteurs auront sans doute rectifié d'eux-mêmes, mais nous tenons à rendre à M. André Hekking\nla justice qui lui est bien due et les éloges qu'il a mérités dans cette circonstance.\nMonsieur Paul Goldschmidt devant séjourner à Paris du ler Mai au début de Juin\nacceptera un nombre limité d'élèves. Pour les inscriptions s'adresser : à l'administration de\nConcerts A. Dandelot, 83, Rue d'Amsterdam, Paris.\nGottfried Galston nous revient chargé de nombreux lauriers cueillis en Russie. Son succès,\naprès ses concerts historiques de Kieff, Charkoff, Tiflis et ses quatorze récitals de Pétersbourg\na été tel que la Société Impériale Russe de Musique a réengagé le brillant pianiste pour une\ngrande tournée au cours de la saison 1914-1915. Gottfried Galston arrivera prochainement\nà Paris pour donner deux récitals à la Salle Erard, le 27 avril et le 7 mai.\nDe Bruxelles.\nTrès brillant concert àla Salle iEolian, donné par MIIe Vizentini et Alfred d'Ambrosio.\nLa Sonate de Fauré, des pièces de Debussy, Albeniz, Dubois, Chopin, Schumann et Liszt et\nla Sonate op. 30 de Beethoven valurent aux deux remarquables artistes les plus chaleureux\napplaudissements.\nDe Genève. Notre collaborateur, M. le professeur et Mme Frank Choisy, ont offert\ndernièrement, dans leur hospitalière demeure de la Grand' Rue, une soirée de musique russe,\navec le concours de B. Kibaltchitch, de la Chapelle russe et d'artistes distingués.\nDans l'assistance, M. le Consul de Russie et Mme de Wiesel, l'archiprêtre et Mme Orloff,\nPrince et Princesse Lobanow, Baron et Baronne de Vientinghoff, Mme de Roberty, le corps\nconsulaire accrédité à Genève, ainsi que l'élite de la société genevoise. Au programme,\nMoussorgsky, Liadoff, Akimenko, Borodine, Cui, Rimsky, Kalinikoff, Rachmaninoff, Winkler,\nLvovsky, etc.\nDe Monte-Carlo.\nA l'occasion du vingt-cinquième anniversaire du règne de S. A. S. le Prince de Monaco,\nde grandes fêtes auront lieu le lundi de Pâques prochain, 13 Avril.\nOn inaugurera le monument commémoratif, sculpté par le maître Constant Roux. Sur\nl'initiative des membres les plus autorisés de la Colonie Etrangère, un Comité fut formé, qui\nrecueillit, pour l'érection de ce monument au Prince, les six mille souscriptions dont le \" Livre\nd'Or \" forme un véritable Gotha de l'élite mondaine et intellectuelle.\nCe livre est aussi un magnifique livre d'art, orné par le maître médailliste Tony Szirmaï\nd'une plaquette et de ciselures qui en font une œuvre unique.\nLes Barbares de M. Camille Saint-Saëns ont été triomphalement accueillis. La musique,\nsi noblement inspirée, que le maître écrivit sur l'excellent poème de Victorien Sardou et\nM. L. B. Gheusi, a été acclamée. M. Camille Saint-Saëns qui assistait à la représentation,\ndans la loge princière, dut, à la fin du second acte, saluer le public qui lui fit une grandiose\novation. M. Raoul Gunsbourg avait monté cette belle œuvre avec le plus rare souci d'art :"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.22", "texte": "24\nS. I. M.\nLe Gérant: MARCEL FREDET.\nImprimerie Sainte Catherine, Quai St. Pierre, Bruges, Belgique\n\nl'interprétation fut magnifique avec les deux belles tragé-\ndiennes lyriques Mme Kousnetzoff et Mlle Bailac, et le\nmerveilleux ténor Rousselière. Ces trois admirables\nartistes étaient brillamment entourés par MM. Clauzure,\nMaguenat, André Gilly et Feiner. L'orchestre, sous la\ndirection de M. Léon Jehin, exécuta en toute perfection\nla partition des Barbares.\nDeux œuvres nouvelles, deux nouveaux succès :\nD'abord, Kaatje, opéra en trois actes de M. Victor\nBuffin, sur un fort intéressant livret de MM. Paul Spaak\net Henri Cain. La musique de M. Victor Buffin est\nfort expressive et a beaucoup plu. Le public a applaudi\nchaleureusement l'œuvre et ses excellents interprètes,\nMmes Heldy, Charney, Carton, Cuvelier, MM, Girod et\nBourbon.\nPuis Leilah, deux actes exquis de MM. Bemberg et de\nLorey, sur un poème féerique de M. Jules Bois : c'est un\nconte adorable et émouvant où le poème et la musique réalisent\nun délicieux rêve d'art. Leilah a valu vin très vif succès a\nMmes Kousnetzoff, Doriani, Carton, Rozann, Malraison, et à\nM. André Gilly. Très beaux décors de MM. Visconti et\nEugène Frey.\n\nSalle GAVEAU\n(15 au 30 Avril)\n22 Concert Suggia 9 h.\n23 Répétition publ. Schola 3 1/2\n23 Concert Kellermann 9h.\n24 Concert Schola Cant. 9h.\n25 Récital Rossi 9 h.\n26 Concert Kreisler 3 h.\n26 Concert Hasselmans 9 h.\n27 M. & Mme de Lausnay\n(élèves) 9 h.\n28 Union des Femmes de\nFrance 9 h.\n29 Soirée Yvette Guilbert 9h.\n30 Répétition publ. Schola 3 1/2\n30 Récital Turcynski 9 h.\nSalle PLEYEL\n(15 au 30 Avril)\n20 Le Quatuor Ant° Ramôs 9 h.\n21 Mme N. Jaques-Dalcroze 9h.\n22 Mme Bétille 9h.\n25 La Soc. Nationale de mus* 9 h.\n26 Mme A. Latour (élèves) Ih.\n27 Melle C. Pastoureau 9h.\n28 Mcll,i St. Goudeket 9h.\n29 Mrac Mitault-Steiger 9h.\n30 La Soc. des Compos1'8 de\nmusique\n\nSalle ERARD\n«r\n9 h.\n9 h.\n9 h.\n9 h.\n9 h.\n9 h.\n9 h.\n9 h.\n9 h-\n-9 h.\n(15 au 30 Avril)\n20 M. Veuve\n21 M. R. Vinès\n22 M. Henri Gilles\n24 Melle Grandpierre\n25 Moreau\n26 Mnie Laurens (élèves)\n27 M. Galston\n28 M. Paul Braud (élèves)\n29 A. Amour\n30 M. Henri Gilles\nSalle MalaKoff\nles lundis et jeudis à 9 heures\nConcerts-Rouge\nles vendredis à 4 heures\nMusique de chambre\nSALLE VILLIERS\nTous les vendredis, concerts\nclassiques de 4 h. \\ à 6 h.\npar le Double-Quintette de Paris\n20 Melle Carreras\n27 M. Erbiceano\n30 M. Erbiceano\nCasino de Paris\n19 et 26 Concerts Monteux"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.23", "texte": "La remarquable pianiste MARIA LEVINSKAJA\nqui vient de remporter un très gros succès aux Concerts Seckiari."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140415-01.1.24", "texte": "(Cliché Félix)\nLa charmante cantatrice MADELEINE BONNARD, qui fut la soliste\napplaudie des trois derniers Concerts du Conservatoire, s'habille chez Worth."}]}