{"numero_id": "bm-bmtnabh-1914-05-01-01", "volume": "bmtnabh_1914-05-01_01", "ocr_sha256": "397520f6cba321fa3a525920a0bf9812dc7b1dd1edefd7990bc77afb3a612201", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabh/issues/1914/05/01_01/bmtnabh_1914-05-01_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabh/issues/1914/05/01_01/bmtnabh_1914-05-01_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabh-1914-05-01-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-05-01_01#c002", "volume": "bmtnabh_1914-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.2.2", "titre_corps": "LE s«ne CONGRÈS DE LA SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE", "titre_sommaire": "LE s«ne CONGRÈS DE LA SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.1", "debut_caractere": 472, "fin_caractere_exclue": 955, "texte": "LE s«ne CONGRÈS DE LA SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE\nLA MUSIQUE ET LE BALLET AU SÉNÉGAL, par Paul Adam. UN ART QUI RETARDE.\nLA MUSIQUE AMÉRICAINE, par Cora Lyman. BOELY ET SES ŒUVRES DE PIANO,\npar M. Brenet. »LE STYLE EN MUSIQUE, par P. Landormy. LES LIVRES.\nWSÊSËSStSÊffi- : '■ ' t ■■ . '■'! : I.': \" - • ' . •*•• • • %.x,; '■ '• \" ' W • jfe# | % §3|\nL'ACTUALITÉ par\nVINCENT D'INDY. OLOUIS LALOY. OP. CLEMENCEAU. P. LOCARD. V. DEBAY.\nMAURICE BEX. OP. LADMIRAULT, RENÉ LYR. 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Ils se souviennent encore des\ncompte-rendus des Congrès de Vienne (1909) et de Londres (1911), et\nnous leur avons dit, ici-même, que le prochain Congrès se réunirait en\njuin prochain à Paris.\nC'est donc à la France, et en particulier à Paris, qu'incombent cette\nfois la responsabilité et l'honneur d une semblable manifestation. Si nous\nnous rappelons l'accueil fait à notre Société par la capitale de l'Autriche\net par celle du Royaume-Uni, nous ne pouvons nous dissimuler\nl'importance de notre tâche. Mais nous savons que Paris, lorsqu'il s'agit\nd'hospitalité, sait se montrer digne de toutes les comparaisons et, dès\nmaintenant, les précieux concours que la Société à su grouper autour de\ncette belle exposition de notre art et de notre science, nous permettent\nd'assurer que la cinquième Congrès de la S. I. M. se montrera digne de\nceux qui l'ont précédé.\nVoici les détails de l'organisation du Congrès, préparé méthodique-\nment depuis un an, par de nombreuses réunions tenues au Ministère des\nBeaux Arts et au Ministère de l'lnstruction Publique, sous la présidence\nde M. Louis Barthou.\nCOMITÉ D'HONNEUR\nPRÉSIDENTS :\nH ENRY ROUJON, LOUIS BARTHOU,\nSecrétaire perpétuel de l'Académie des député, ancien président du Conseil\nBeaux-Arts, membre de l'Académie\nFrançaise\nMM. Chassaigne Goyon, Président du Conseil Municipal de Paris ; Delanney,\nPréfet de la Seine ; Poirier de Narçay, Président du Conseil Général de la Seine ;\nL. Liard, Vice-Recteur de VAcadémie de Paris ; E. d'Estournelles de Constant, chef\ndu Bureau des Théâtres ; Messager, Broussan, J. Rouché, Directeurs de l'Opéra ;\nGheusi, Emile et Vincent Isola, Directeurs A. Carré, Admi-\nnistrateur Général de la Comédie-Française ; H. Marcel, Directeur des Musées\nNationaux ; Homolle, Administrateur Général de la Bibliothèque Nationale ; P. de\nNolhac, Conservateur du Musée de Versailles ; L. Layus,\nLibrairie."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.4", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2343, "texte": "MM. A. Bruneau, Gustave Charpentier, Claude Debussy, Théodore Dubois,\nPaul Dukas, Gabriel Fauré, E. Paladilhe, Camille Saint-Saëns, Ch.-M. Widor.\nMme la Princesse de Polignac. MM. Henry Deutsch de la Meurthe, J. Ecor-\ncheville, le professeur Gariel, H. Auriol, député, G. Berly, Président des\nla Musique,A. Blondel, directeur de la maison Erard, J. Chantavoine, C. Chevil-\nlard, directeur des Concerts Lamoureux,M. Couyba, sénateur, ancien ministre,\nF. Custot, président de Y Ut-Mineur, R. Doire, Administrateur général de la Revue\nS. I. M.,Etienne Gaveau, directeur de la Maison Gaveau, Paul Gentien,\nFernand Halphen, G. Lyon, directeur de la Maison Pleyel, Georges Menier,\nP. Monteux, directeur des Concerts Monteux,Louis de Morsier, Ch. Mutin, directeur\nde la maison Cavaillé-Coll, Gabriel Pierné, directeur des E. Polia-\nkow, Théodore Reinach, député, membre de l'lnstitut, Jules Roches, député,\nancien ministre, Alexis Rostand, président du Comptoir National d'Escompte de\nParis, J. Stern, J. Tauber, Emile Vuillermoz,\nS. 1.M., Edouard Weisweiller.\nCOMITÉ EXÉCUTIF\nPrésident: Louis BARTHOU, député, ancien Président du Conseil ;\ndents :La princesse Edmond de POLIGNAG, Henry DEUTSCH DE LA MEURTHE,\nJ. ECORCHEVILLE, président de la Société Internationale de Musique, Professeur\nGARIEL, membre de l'Académie de Médecine ; Jean CHANTA-\nVOINE ; Trésorier : Ch. MUTIN, directeur de la Maison Cavaillé-Coll.\nCommission des Fêtes :J. ROUCHÉ, dir Louis DE MORSIER,\nEdouard WEISWEILLER.\nSECTIONS\n1. Histoire Profane. André Pirro, professeur à la Faculté des Lettres\nde Paris, M. Brenet, et J. Tiersot, bibliothécaire du Conservatoire.\n2. Histoire Religieuse. A. Gastoué, consulteur de la Commission\nPontificale pour la réforme du Chant Grégorien, et Félix Raugel, maître\nde Chapelle de S* Eustache.\n3. Esthétique. L. Dauriac, professeur honoraire de la Faculté de\nMontpellier, et E. Poirée, conservateur-adjoint de la Bibliothèque\nSte Geneviève.\n4. Ethnologie. Louis Laloy, secrétaire général de l'Opéra, docteur\nès-lettres, et Gabriel Lefeuve.\n5. Acoustique. Gariel, professeur de l'Académie de Médecine, et\nGustave Lyon, directeur de la Maison Pleyel.\n6. Instruments. L. Greilsamer, et Ch. Mutin, directeur de la Maison\nCavaillé-Coll.\ny. Bibliographie. L. de la Laurencie, et Henry Expert, Sous-bibliothé-\ncaire du Conservatoire.\n»\n/"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.5", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2487, "texte": "8. Théorie et Enseignement. Maurice Emmanuel, professeur au Con-\nservatoire de Musique, et Paul Vidal, chef d'orchestre de l'Opéra-\nComique.\nRÈGLEMENT DU CONGRÈS\nArticle ler.Ier. —La session du 5e Congrès de la Société Internationale de la\nMusique se tiendra à Paris, et aura une durée de 10 jours, du 1 au 10 juin 1914.\nArticle 2. Le montant de la cotisation est de 30 fr. (15 fr. pour les membres\nde la Société). Il doit être versé lors de l'inscription.\nArticle 3. Les langues officielles du Congrès sont : l'allemand, l'anglais, le\nfrançais et l'italien.\nArticle 4. Il peut être fait des communications dans une langue autre que\nles langues officielles, si les auteurs en ont fait parvenir un résumé dans une des\nlangues officielles avant le 1 mai 1914.\nArticle 5. Il peut être mis, à l'avance, certaines questions à l'ordre du jour\ndu Congrès, pour lesquelles des rapporteurs seront désignés.\nArticle 6. Ne peuvent être acceptés les travaux imprimés ou ceux ayant\nété déjà présentés à d'autres Congrès.\nArticle 7. Le titre et le résumé des communications présentées au Congrès\ndoivent être envoyés au Secrétaire du Comité d'organisation, avant le 1 mai 1914,\npour être publiés et remis aux Congressistes.\nArticle 8. Les congressistes en arrivant à Paris doivent faire connaître au\nSecrétariat leurs noms, titres et qualités, adresse ordinaire, adresse pendant le Congrès.\nArticle 9. Les Gouvernements Etrangers sont invités à se faire représenter\nau Congrès par des délégués officiels. Ces délégués s'entendront sur celui d'entre\neux qui prendra la parole à la séance d'inauguration.\nArticle 10. Le Comité d'Organisation du Congrès, d'accord avec le Comité\nDirecteur de la Société, constitue le Bureau définitif du Congrès, en s'adjoignant\nun certain nombre de membres choisis parmi les savants présents au Congrès.\nArticle 11. Pour l'étude et la discussion des rapports et des communica-\ntions, le Congrès se divise en sections, dont la liste et les bureaux provisoires ont\nparu dans le Bulletin mensuel de Juillet-Août.\nArticle 12. Le Bureau d'une section du Congrès est constitué par son\nBureau provisoire, auquel sont adjoints des présidents étrangers et des secrétaires.\nArticle 13. Autant que possible, les secrétaires devront être choisis parmi\nles personnes ayant la connaissance de plusieurs langues.\nArticle 14. Les sections sont maîtresses de leur ordre du jour ; elles fixent\nle nombre, les jours et heures des séances, ainsi que l'ordre dans lequel seront"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.6", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2116, "texte": "faites les lectures ou communications. Les décisions prises doivent être portées le\nplus rapidement possible à la connaissance des membre du Congrès.\nArticle 15. A l'issue de la séance d'inauguration, les sections se réunissent\ndans leurs salles respectives pour compléter leurs bureaux et pour fixer l'ordre du\njour de la première séance de travail.\nArticle 16. Le temps accordé à un auteur pour la lecture ou l'exposé d'un\ntravail ne peut excéder quinze minutes, à moins que la Section consultée n'en\ndécide autrement.\nArticle 17. Une même personne ne peut prendre plus de deux fois la\nparole dans une discussion sur une même question. Ces interventions ne peuvent\navoir des durées respectivement supérieures à cinq minutes ; pour l'auteur du\ntravail en discussion, ces durées peuvent être de dix minutes.\nArticle 18. Les manuscrits des communications doivent être remis au\nSecrétaire de la Section à la fin de la séance où la communication a été faite.\nArticle 19. Les personnes qui prennent la parole dans une discussion\ndoivent remettre au Secrétaire de la Section un résumé de ce qu'elles ont dit avant\nla fin de la séance (au plus tard dans les vingts-quatre heures).\nArticle 20. Deux ou plusieurs Sections peuvent se réunir pour entendre\ndes communications qui les intéressent également.\nLa carte de Congressiste, donnant le droit d'assister à toutes les\nséances, réunions, auditions et fêtes du Congrès pourra être retirée aux\nbureaux de la Société, 29 rue La Boétie, à partir du 10 mai. Son prix,\npour tous ceux qui ne font pas partie de la Société Internationale de\nMusique, est fixé à 30 frs.\nNous ne saurions trop recommander à nos lecteurs de s'associer en\nfoule à cette grande manifestation, qui sera la première de ce genre\norganisée par notre pays. Car, jamais un Congrès musical autonome, et\nindépendant d'une Exposition officielle, n'a encore tenu ses assises à Paris.\nIl importe donc que l'intérêt et l'éclat de cette à laquelle assiste-\nront les délégués officiels de vingt Gouvernements Etrangers, soit en tout\npoint digne de notre grand pays et de notre bonne Ville.\n\nLa Rédaction."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-05-01-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-05-01_01#c004", "volume": "bmtnabh_1914-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 7, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.2.4", "titre_corps": "Programme général", "titre_sommaire": "Programme général", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.7", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1016, "texte": "Programme général\nDU ler AU IO JUIN\nMATIN APRES-MIDI SOIR\n- \"\nLundi Réunion des dêlê- R& .]a\n, gues des Semons de des Fêtesd.Excelsior\nA la Société\nMardi Séance d'inauguration sé i\n2 à la Sorbonne\nTVTprprpcii . n, 7 .7 Ç)pcTU—Coyiitouc\nSéance de travail Se\n. , . . . ~~ \"\nde Musique\nJeudi Séance de travail Se de la Rena.issa.nce,\n4 Salle Gaveau\n\"Vcmriffirîi , •i Opéra-Comique\nSéance de travail Sé (série B)\nSamedi Séance de travail Sé\n6\n_ . Concert de Musique\nLundi des Primitifs dg chambre ancienne\n8 FnT<an Vf?\" au château de Ver-\nChapelle du Palais sai]les\nConcert de Musique Concert de Musique .\n__ Religieuse des XVIIe d'Orchestre,, avec ré- Banquet suivi dun\nar 1 et XVIIIe siècles à ception chez Mme la Spectacle de Musi-\n® l'Eglise du Val-de- Princesse de Poli- cill6 ancienne\nGrâce gnac\n. . ...... ... - '\nConcert de VOrféo\nMercredi\n10 Théâtre des Champs-\nElysées\n1 Les séances de travail du Congrès auront lieu à l'Hôtel des Ingénieurs Cmls, 19 rue Dianche, et\nchez MM. Pleyel, Lyon et Cie."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-05-01-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-05-01_01#c005", "volume": "bmtnabh_1914-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 8, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.2.5", "titre_corps": "LA MUSIQUE ET LE BALLET AU SÉNÉGAL", "titre_sommaire": "LA MUSIQUE ET LE BALLET AU SÉNÉGAL", "signature_source": "Paul Adam", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.8", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1514, "texte": "LA MUSIQUE ET LE BALLET AU SÉNÉGAL\n\nNous avons affranchi, au prix d'exploits sans pareils dans l'histoire\nde Rome ou de Sparte même, quinze à vingt millions d'hommes vraiment\ncivilisés, habiles dans les métiers de l'artisan du pasteur, du pécheur, du\nplanteur. Aujourd'hui très reconnaissants, ils en témoignent par l'héroïsme\nquotidien de leurs guerriers devenus sous notre drapeau, ces tirailleurs\nlégendaires pour leur invraisemblable courage et leur sens exemplaire de\nl'honneur.\nOn les voit à Dakar, en vestes et en caleçons d'uniforme beaux\nsoldats que la chéchia pare de son écarlate et de son gland bleu. Grands, le\nfront découvert et bosselé, la lèvre dédaigneuse, les pommettes larges et\ndures, les Ouoloffs marchent orgueilleusement, avec au côté, l'épée-baïon-\nnette trop petite pour leur taille. En gaîté, le rire devant l'œil puéril, nos\nBambaras se dandinent contents de se sentir trapus, musculeux, solidement\nposés sur leurs pieds larges, et toujours prêts aux mises en gardes comme\naux voltes rapides de l'escrime à la bayonnette. Plus noirs, quelques\nDahoméens narquois, délurés, curieux, semblent faire cas de leur esprit\net de leur élégance militaire pour laquelle leurs regards vifs réclament\ndes approbations. Fils des plus anciens civilisés en Afrique le Saracolé se\nmontre taciturne, pénétré de sa mission. Il boude si l'on en croit la gros-\nseur tombante du pli nasolabial, la pesanteur de la bouche allant vers le\nmenton pointu, vers le sol. Il y a les Peuhls à d'origine méditerranéenne"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.9", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2678, "texte": "au nez droit, au teint ambré, qui portent leurs galons avec noblesse. Leurs\nregards obstinés scrutent l'âme d'autrui. Des Toucouleurs paradent fiers\nimposants, soucieux de paraître guerriers autant que leurs ancêtres, fonda-\nteurs d'empires. D'ailleurs beaucoup de ces tirailleurs sont gentilshommes.\nFils, petit fils de chefs, et, par atavisme, habitués au commandement\ncomme à l'indispensable obéissance, ils n'ont rien perdu de ce qui déter-\nmina jadis leurs triomphes lorsqu'ils combattaient pour la suprématie\nde leurs ambitions collectives, ou lorsqu'ils luttaient, contre le maure et\nle noir islamisé, pour la défense de leurs filles et femmes, de leurs récoltes,\nde leur bétail.\nAussi rien de malpropre ni de honteux dans la cité militaire.\nFacilement les officiers obtiennent l'entretien de ces maisonnettes rondes\net blondes, couvertes d'un chaume en pointe. Le soldat les construit\nlui-même dans l'alignement, pour son épouse a la coiffure artiste, pour sa\nmarmaille brune, vivace, toute nue... La charmante enfance ! Depuis le\nbébé obèse dolichocéphale qui titube chargé d'un crâne volumineux,\njusqu'à la fillette gracile et futée qu'habille un brin de chiffon dans le trou\nde la cloison nasale où s'introduira plus tard une boucle d'or, ce petit\nmonde est tout de joie. Joie qui frétille et gambille, qui galope et culbute,\nqui bataille et se relève grise de sable, les rires au soleil, les gestes en\ntumulte. Le climat permet à ces momes de ne pas être ballonnés, comme\nles nôtres, par de jupons grotesques, des tabliers à carreaux des bérets\nhideux. Point de ces monstres ahuris et morveux que nous offrent sans\npudeur les seuils de nos fermes. Mais la plus ravissante la plus libre et la\nplus folle des puérilités heureuses, celle que l'art du XVIIIe siècle nous\npeignit dans les trumeaux sous l'apparence d'amours à carquois et à\ntorches. Ajoutez le comique de houppes ou de chenilles armoriales taillées\ndans la mousse des cheveux, et isolées sur l'occiput de ces petits crânes\nras, par dessus tant de minois toujours en éveil. Voyez ce marmot potelé,\nventru comme un Buddah à cheval sur l'échiné d'une sœur maternelle\nqui compte neuf ou dix ans, et qui trotte allègrement pour rejoindre ses\ncamarades au jeu. Riez à cette vierge minuscule vêtue d'un fil de perles\nblanches et bleues autour des reins. Avisez ce garçon plus cabriolant que le\nchevreau poursuivi, suivez les écoliers crépus en sarrau court et décolleté\nqui se précipitent a la conquête d'une calebasse pleine sur la tête d'un\nfuyard agile. Cela pour le plaisir des mères accroupies au seuil de leurs\nmaisonnettes simples sur un petit trépied de caïlcédrat, et devant une"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.10", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2630, "texte": "série de calebasses à rincer le linge. Sur un lit de rondins les uns trans-\nverseaux, les autres longitudinaux, et superposés, liés ensemble, le soldat\nrepose, à l'intérieur, en grattant le boyau de sa mandoline. L'autre ména-\ngère surveille son pot à feu avec, au-dessus, la marmite à cuire le mil du\ncouscouse, écrasé auparavant par le pilon de bois qu'une fine adolescente\nlaisse encore retomber sur les graines au fond d'une souche creuse en\nforme de mortier.\nBambaras, Ouoloves, Peulhes ou Toucouleurs, toutes admirablement\ncoiffées, la chevelure en mitre, en casque, en franges de tresses petites et\ndrues, ces solides gaillardes ne chôment guere. Elles pilent le grain, elles\nattisent le feu. Elles allaitent leur bébés. Elles filent le coton tassé sur leur\nfine quenouille qu'inventèrent les sujettes des Pharaons au bord du Nil.\nDe ces Thébaïques, la mode subsiste d'étroitement serrer le pagne à large\nrayures autour du ventre, de la croupe et des genoux. Pour les soins du\nménage ces dames se sont débarrassées du boubou. Innocemment elles\nmontrent le bronze lisse de leur échine élégante de leurs bras minces, de\nleurs épaules arrondies de leurs gorges, ou jeunes et superbes, ou trop\nflétri es par le poids des nourrissons. Et c'est une liesse, une activité sans\nnom, le long du boulevard sabloneux, des avenues et des rues parallèles\nque bordent ces maisonnettes rondes, blondes et pointues. On entrevoit les\nintérieurs soigneusement balayés où des moustiquaires mêmes révèlent chez\nles sergents noirs un goût du confort, une connaissance avertie d'une hygiène\nhostile aux stégomyas propagateurs de la fièvre.\nAvec ses tambours tendus sur les demi sphères des courges\nprofondes, sur les deux orifices d'un tronc creusé avec ses petites guitares\nmonocordes ou dicordes, ses flageolets de bambou, ses balafons à touches\nde bois alignées au dessus de calebasses sonores, un orchestre rythme\nau centre de l'esplanade la danse d'une Salomé en essor sous les ailes\nde son boubou. Elle se contourne gracieusement, les pointes en dehors.\nLes reins se cambrent dans les rayures du pagne. Les bras arqués, les\nmains longues et ballantes simulent le vol de l'oiseau puis la mimique\nlangoureuse audacieuse de l'amour. Et, autour, un chœur de femmes\nassemblées claque de leurs mains aux paumes roses, en psalmodiant un\nrefrain mélancolique. La ballerine s'exalte, saute et trépigne. Une seconde\nla rejoint. Tambours et balafons rivalisent. Le corybantese mêle au ballet.\nSa chéchia entre les deux mitres noires s'agite. Le gland sursaute contre\nle dos de la vareuse tandis que le mime tente des exploits applaudis par"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.11", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2193, "texte": "cent mains de fer qui les scandent. La joie de l'Afrique écarquille les\nbouches. Elle crispe les pommettes luisantes sur tous ces visages camus.\nAvec des yeux de nuit brûlante, avec des dentures de clarté, telles faces\nde choristes rieuses se penchent entre leurs pendeloques a boules d'ambre,\nentre leurs cadenettes de cheveux tressés parmi des piécettes d'argent et\ndes perles rouges, entre leurs anneaux d'ivoire suspendus aux oreilles. Et\nles colliers pendillent, cliquettent et selon l'animation des lazzis, auxquels\nrépondent les spectateurs accourus, massés là.\nCependant les plus sérieuses des ménagères n'ont point abandonné\ncelle-ci leur tâche. Aux cuisines publiques de la cité militaire, et sous un\nportique de \" banco \" cette sorte de pisé qui sert dans toute l'Afrique à\nconstruire maisons et palais. Maintes dames décolletées jusqu'à la taille,\nquelques unes même en costume d'Eve décortiquent le riz. Celles-ci trient\nles noix de karité qui donneront le beurre végétal. Celles-la, soufflent sur\nles braises de leurs pots à feu. D'aucunes tisonnent les grillades sur les\nbranches flamboyantes que supportent de petits murs parallèles en terre.\nLà, de même, la joie de l'Afrique s'épanouit tant sur les bonnes figures\nde ces dames que sur celles de leurs marmots pareils aux bronze des\n\" Hercule enfant \" offerts dans les musées de Rome et de Naples par\nl'antiquité latine. Telles vierges gambadent, que si l'on n'en regarde pas\nle nez aplati, ressemblent aux nymphes d'airain exhumées de tous les\nHerculanums, après vingt siècles d'ensevelissement. Ce portique à piliers\nmassifs, ces femmes nues aux attaches délicates, ces enfants potelés qui\ncabriolent parmi des chèvres grises, c'est une vision de la Méditerrannée\nvirgilienne. Le pieux Enée, dans les rues de Carthage s'amusa de pareils\nspectacles en allant vers l'accueil de la reine Didon. Et si les recrues, près\nde là, s'exercent aux souples mouvements dê la guerre, à lancer le coup\nde pointe, sous l'œil d'un capitaine droit, blanc des pieds au casque,\nl'illusion d'une continuité parfaite, entre nos souvenirs d'histoire latine et\nles évidences présentes, n'a point à se dissiper.\n\nPaul Adam."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-05-01-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-05-01_01#c007", "volume": "bmtnabh_1914-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 12, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.2.6", "titre_corps": "UN ART QUI RETARDE LA MUSIQUE AMÉRICAINE", "titre_sommaire": "UN ART QUI RETARDE LA MUSIQUE AMÉRICAINE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.12", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1725, "texte": "UN ART QUI RETARDE\nLA MUSIQUE\nAMÉRICAINE\nOn avoue généralement que la mu-\nsique américaine simple embryon\nest encore à naître, et l'on ne se demande\npas : \" Quel est notre esprit musical \",\nmais \" que sera-t-il ? \" Il semble régner\nparmi les musiciens une crainte obsédante :\nsi nous ne nous hâtons de faire quelque\nchose dans le genre concours, distribution de prix, exhumation de vieilles\nchansons populaires, évocation de sujets locaux etc... les chances de créer\nune musique nationale seront bientôt évanouies ! D'autre part l'Europe\nredoute de nous voir développer, par des procédés qui furent les siens, un\nart concurrent. Ce qui ne serait guère à désirer. Ne faut-il pas souhaiter\nau contraire que la genèse de la future musique américaine se fasse d'une\nmanière toute imprévue ? Et ne peut-on dès maintenant, distinguer chez\nnous les signes précurseurs d'une semblable innovation ?\nOui, et c'est ce qu'on admet tacitement quand on dit que les œuvres\nde Edouard MacDowell, par exemple, annoncent déjà un idéal améri-\ncain en musique. A la vérité, MacDowell ne fut qu'une hirondelle\nqui, à elle seule, ne pouvait faire un été. Il en faudra beaucoup comme\nlui pour nous assurer un été d'art permanent. Et je ne puis m'empêcher\nde demander au gens si pressés de posséder une musique américaine,\ncomment ils entendent la créer, avant même que nous n'ayons une race\naméricaine. Où donc, dans tout le continent, trouverez vous le véritable\nAméricain ? Sera-ce l'Américain-Allemand, qui ne perd pas de vue le\nVaterland, ou l'Américain-Irlandais, qui revient toujours à sa vieille\nIrlande, ou l'Américain-Anglais qui ne nous parle que de ce qu'on fait\nat home ?\nCeux mêmes d'entre nous qui se vantent de préparer la révolution"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.13", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2390, "texte": "demeurent absolument locaux et provinciaux dans leur patriotisme. Le\nNew Englander se croit seul représentatif de l'âme américaine parceque\nses ancêtres arrivèrent les premiers. Le Virginien se dit le seul aristocrate,\nparcequ'il descend de la noblesse anglaise, tandis que le New-Yorkais\nsait très bien qu'il est le plus vaillant, parcequ'il descend de la brave\npetite Hollande. Mais ce culte des ancêtres ne fait que retarder la\nformation de la race américaine. Assez de grands pères, et un peu plus de\npetits fils de petits fils américains si nous voulons avoir une race et\nune musique américaine !\n*\n* *\nIl ne peut, naturellement, être question d'échapper au sang étranger\nqui est en nous, puisque ce sang non seulement fut, mais est et sera\ntoujours en grande partie étranger. Il se renouvelle continuellement, par\ncargaisons, et fait toujours de nous des métis, incurables en un certain\nsens. Mais, heureusement, les sociologues nous assurent qu'un mystérieux\nprocédé de fusion amalgame sans cesse ces éléments hétéroclites ; telles\nnos couleurs modernes différent des vieux rouges, des verts et des jaunes\ncommuns qui ont été combinés pour les former. On doit, évidemment, en\ndéduire que ce produit résultant et national sera supérieur à ses éléments\nconstitutifs. Ce n'est donc point les ancêtres eux-mêmes que nous devons\ncraindre, mais seulement ce culte ancestral qui empêche le développement\nde la conscience et du sentiment national.\nL'incorporation naturelle et fatale d'éléments étrangers, qui nous\nparviennent à l'état de matière brute, est tout à fait légitime. Mais il n'en\nva pas de même du produit fini et manifacturé par la civilisation, achevé\npar la tradition artistique, que nous autres étudiants, nous rapportons\ntout fait dans nos malles plutôt encore que dans nos âmes. C'est à peu\nprès le seul article pour lequel nous ne payons pas de droits à la douane,\nc'est celui pour lequel nous devrions édicter les plus hauts tarifs ; car si\nnous n'appliquons pas un protectionisme rigoureux à notre goût artistique\nnous resterons éternellement une nation de jobards.\nSommes nous capables de juger un artiste ou une œuvre d'ici,\navant que l'Europe n'ait prononcé son verdict? Tant qu'une prima\ndonna n'a pas gagné une réputation suffisante pour lui permettre de gifler\nson directeur, sommes-nous sûrs qu'elle ait réellement du talent ? Toutefois"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.14", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2228, "texte": "l'espoir renaît et nous romperons avec la muse du dogmatisme artistique\neuropéen, comme nous avons rompu jadis avec cette vieille bigotte, la\nroyauté de droit divin de George 111.\n* sic-\nDeux influences s'exercent simultanément sur la musique américaine.\nL'une est naturellement celle du folk-lore, indien ou nègre, l'autre est\ncelle du puritanisme. Si rebattu que soit ce sujet, il vaut d'être considéré\nd'un point de vue nouveau.\nIl y a eu une tendance de la part de quelques musiciens (pour la\nplupart européens) à prédire qu'une belle musique nationale pourrait être\nécrite sur des thèmes indiens et nègres, tandis que d'autres (pour la\nplupart américains) ont reproché à ces thèmes d'être étrangers, exotiques\net sans affinité avec notre sentiment national. Mais chacune de ces écoles\nde prophétie, se trompe dans sa façon de poser la question ; du moins à\nnotre avis.\nCar il s'agit toujours des thèmes eux mêmes et de la façon de les\nincorporer de force dans un organisme musical, qui n'est pas fait pour\neux ni par eux. Et, en effet quoi de plus incongru qu'un thème nègre,\nou une mélodie sauvage des Indiens, apparaissant tout à coup parmi\nl'harmonie wagnérienne, laborieuse et savante, de la de Nevin ?\nIl est clair que si une haute musique se dégage jamais de ces éléments\nelle aura pour auteurs des Nègres ou des Indiens eux-mêmes, ou, à leur\ndéfaut, un Américain particulièrement en sympathie avec ces races, et qui\nne cherchera pas à créer sciemment un art national. Ce sera en tout cas\nun compositeur émancipé de la tutelle européenne, comme le fut jusqu'à\nun certain point MacDowell.\nM ais ne faut-il pas chercher ailleurs, bien plus loin, la solution\nde ce problème des races, et sans se borner à la simple appropriation des\nthèmes nationaux ? Cela nous amènerait à traiter une difficile question\nd'ethnologie. Nous avons vu l'Américain en face des nations qui\nlui ont donné naissance. Le voilà en présence des races qui coha-\nbitent avec lui géographiquement. Nous ne prétendons pas que la fusion\nsoit ici possible ou même désirable comme elle l'est entre peuples\nséparés par de simples différences de nationalité. Cependant, l'homme\nrouge est chez nous depuis plus longtemps nous, et l'homme noir"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.15", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2653, "texte": "depuis presque aussi longtemps. Nous avons eu avec eux des rapports\ndramatiques et émotifs plus nombreux qu'avec n'importe quelle branche\nde notre race, et nous ne pouvons nous défendre d'avoir subi leur\ninfluence. La voix même du Southerner (l'homme du Sud), avec ses\ninflexions chantantes, le proclame encore chaque jour. Et aussi la grâce\nnonchalante de ses mouvements, son goût des mélodies douces et\npoignantes, son optimisme naïf, et jusqu'à cette espèce vraiment nouvelle\nd'humour qui lui est particulière. Tous ces caractères du Nègre se sont\nemparées si subtilement du Southerner, qu il n'en a pas conscience lui-\nmême, tandis que nous, qui appartenons à d'autres régions, nous les\nremarquons de suite. A vrai dire, toute l'institution de l'esclavage lui-même,\navec ses rapports féodaux, souvent aimables et affectueux, entre l'homme\net le maître, a ajouté une sorte de grâce médiévale et chevaleresque au\ncaractère de l'habitant du Sud. C'est grâce à un tempérament semblable\nque jadis les Provençaux créèrent une musique et une poésie magnifiques\net romantiques. Oh, le Sud nous parlera toujours, à la fois musicalement\net poétiquement, d'une façon qu'il n'aurait jamais connue sans son\ncontact avec cette race étrangère !\nD'un autre côté, il est tout-à-fait évident que nos premiers et pieux\nancêtres de Nouvelle Angleterre, qui arrivèrent dans l'Ouest dès le début\ndu XIXe siècle gagnèrent beaucoup à leurs relations avec les Indiens.\nNous ne pouvons pas sans doute nous vanter qu'ils atteignirent jamais la\nperfection du Peau-Rouge dans la chirurgie tonsurale, mais il leur fallut\ndevenir eux-mêmes à moitié sauvages afin de garder intacts leurs scalpes.\nCe ne fut pas pour rien que, durant des années, ils mangèrent et dormirent\nla carabine à la main, que les femmes connurent une endurance effective\net les hommes un courage révolté. Qu'est tout l'ensemble du caractère de\nl'Ouest, avec sa roideur, sa dureté, son illégalité ; qu'est notre notoire\nhabitude de l'Ouest et du Sud de se lyncher et de se brûler les uns les\nautres, sinon un reste et une preuve de notre association avec ces peuples\nsauvages ? Il est vrai que ce sont là de nos caractéristiques les plus critiquées\net dont nous devons nous débarrasser, si nous voulons atteindre à la\ndroiture nationale, au raffinement de culture et de race ; mais, néanmoins,\nces qualités sont les évidences d'une réelle splendeur d'activité et de passion\nen nous qui devrait, un jour, en matière d'art produire quelque chose de\nbien. Ce sont, somme toute, des matériaux ni plus ni moins primitifs\nque ceux qui contribuèrent à la formation du théâtre grec ; ni plus"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.16", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2049, "texte": "ni moins sommaires que ceux qui fournirent à Wagner ses sujets\nd'opéras.\nEt c'est ainsi qu'un MacDowell a pu écrire une et y\nmettre l'atmosphère des plaines et du wigwam, aussi bien que des thèmes\nindiens, tandis qu'un Dvorak ou un Puccini en dépit de tout leur arsenal\nde mélodies et de rhytmes indiens et nègres ne pourront jamais composer\nune véritable symphonie ou un réel opéra du Quelle\nidée même, de la part d'un latin ou d'un tchèque, d'essayer un sujet que\nseuls les enfants du vieux et robuste pionnier américain peuvent com-\nprendre et réaliser artistiquement !\nPassons au puritanisme. Artistes et musiciens lui reprochent une\ninfluence néfaste sur notre sensibilité et sur notre imagination. Il est très\nvrai qu'il naquit avec les allures du fanatisme. Mais, dans son ensemble,\net surtout dans la pratique, il a joué le rôle d'une de ces forces morales\nqui endiguent et clarifient les peuples. En outre, et l'on ne saurait trop le\ndire, il a connu son heure d'inspiration poétique. Il fut une passion\nd'austérité, passion cérébrale dont nous avons tous été possédés.\nLes gens qui avaient le courage ardent de composer et de chanter\nquotidiennement des strophes comme celles-ci :\n\" Eternal plagues and heavy chains,\nTormenting racks and fiery coals,\nAnd darts t'inflict immortal wounds\nDipt in the blood of damned soûls. \"\n\" Maux éternels et lourdes chaînes,\nRoues de tortures et charbons ardents,\nEt dards qui infligent des blessures immortelles\nTrempés dans le sang des âmes damnées. \"\nLes gens, disons-nous, qui pouvaient quotidiennement s'enflammer pour\nces hymnes incandescents peuvent difficilement être accusés de manquer\nde sentiment chaleureux et d'imagination fantastique.\nOù trouve-t-on une fantaisie plus poétique que chez Hawthorne, à\nl'âme ascétique ? Qui sut manier avec plus de tendresse le sentiment\nnational que le poète quaker Whittier ? Et d'où viennent-ils tous les\nLowell, les Longfellow, les Holmes, les Bryant, les Emerson, les Thoreau\net les Howells, sinon de la puritaine Nouvelle Angleterre ? Dans"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.17", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2418, "texte": "Y Ouest et dans le Sud nous avons peu d'écrivains, malgré Bret Harte, de\nCalifornie, et George W. Cable, de Louisiane, poignants et pittoresques.\nMais qu'un auteur soit un New Englander ou un homme du Nord, de\nY Ouest ou du Sud,on peut toujours remarquer chez l'écrivain américain\nde Jirst classun certain, équilibre, une retenue dans la torme, un choix\nméticuleux du sujet, une impuissance à analyser les passions ou a dégager\nles caractères, qui sont du puritanisme, au sens le plus beau et le plus\npoétique du mot. Nous ne prétendons pas, naturellement, que nous ayons\ndéjà atteint l'époque géniale de notre développement littéraire, mais\nquelles que soient les fautes les maladresses de nos artistes, elles ne sont\ncertainement pas le résultat d'un manque d'émotion ou d imagination.\nEt n'est-il pas probable que ce qui est vrai de notre littérature le\nsera aussi de nos autres arts ? On peut dire du talent de MacDowell, qu il\nest au moins aux deux tiers puritain. On voudrait que le troisième tiers\nfut quelque peu païen ou sauvage, mais il ne l'est pas. Il est simplement\neuropéen. MacDowell eut Y handicapageaussi bien que 1 d etre\nun Easterner.L'Est est un voisin trop proche de 1 Europe pour en et) e\nentièrement émancipé, c'est pourquoi ce grand compositeur n a pas pu\ndire le dernier mot dans la musique du Nouveau Monde. Mais il a dit le\npremier, et ce fut un mot magnifique. La qualité qui distingue 1 améri-\ncanisme de MacDowell est son affranchissement de la sensualité morbide\nqui domine la musique de Tschaikowski, de Strauss et de Debussy. En\nréalité, il est à peine un compositeur moderne dont la musique ne\ndégage point cette chaleur étouffante, cette émotion lourde qui précédé\nl'orage, à moins que l'orage, comme chez Beethoven, ne soit la lui-\nmême. L'atmosphère musicale de MacDowell est au contraire celle qui\nsuit l'orage, lorsque le temps redevient serein. On perçoit a travers\nses harmonies la voix de l'âme qui chante : \" Qu'il fait bon vivre !\nSeul un Tondichter américain pouvait nous montrer que la musique\nest capable d'exprimer une sorte de passion adorable, impersonnelle et\nspiritualisée, qui ne penche pas vers l'érotique névrose de 1 art européen.\n\" Sommes-nous indissolublement liés à l'idiome musical germanique ?\ndemandait un critique. Non, dirons-nous. MacDowell a prononce\nofficiellement notre divorce. A ses tendances nouvelles, repond une manière"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.18", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2295, "texte": "nouvelle, plus consonante, plus diatonique, plus délicatement teintée. Ce\nn'est pas de lui qu'on dira jamais, comme d'un européen : \"Jouez-moi\ncette chose écarlate de Dvorak. \" MacDowell ne fait pas de musique\nécarlate. Ses couleurs sont dorées, profondes, ou gris perle.\nCe n'est pas s'aventurer trop loin, pensons nous, que de prédire que\ncette manière et ce style de la musique de MacDowell seront jusqu'à un\ncertain point la manière et le style des futurs compositeurs de notre pays.\nCette nouvelle musique ne scintillera pas des mêmes feux que celle de\nLi szt, elle ne resplendira pas, somptueuse et wagnérienne. Son américanisme\nne sera pas nécessairement limité aux rudiments du folklore, ni voué à\nl'exploitation de sujets exclusivement locaux. Son nationalisme s'affirmera\nau contraire dans la mise en œuvre des matériaux, plutôt que dans le\nchoix de ces matériaux.\nL'Est, nous l'admettons, a probablement dit le premier mot dans la\nmusique américaine, mais lorsque les demi-dieux s'en iront et que les\ndieux arriveront, le dernier mot sera dit par un génie né aux Etats-Unis,\nspécialement élevé à Y Ouest, dont l'inspiration contiendra, devra contenir,\nnon seulement la clarté et l'idéalisme de la Nouvelle Angleterre, non seule-\nment la chaleur et la couleur du Sud, non seulement un écho de la vie\nsauvage du pionnier, mais quelque chose de pittoresque, un peu de la\ngrandeur âpre des Rocheuses, des rapides de l'Ouest, du charme étrange\ndu désert. Croît-on que tout ceci ne comptera pas autant dans l'inspi-\nration, que ces histoires d'amour illicite qui se nomment ou\nElectra ? Qui a fait de Schubert le plus grand écrivain de lieder, et de\nWagner le plus grand des dramaturges lyriques ? Qui donne naissance à\ncette mystérieuse et puissante chose appelée mélodie, qu'aucun homme,\nne peut créer en devenant simplement mélancolique ? C'est 1\npoétique, d'abord, et encore, et toujours.\nDonc, quel est le rôle, du peuple américain dans la préparation\nd'une grande musique américaine ?\nIl ne peut y avoir de doute sur l'œuvre à accomplir au début. C'est\nd'éveiller dans le public, spécialement chez les jeunes Américains, un sens\npoétique et esthétique plus élevé que celui qui existe en ce moment. La\nmusique, plus que tout autre art, est un produit social. Non seulement"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.19", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2545, "texte": "les chansons populaires, patriotiques et religieuses surgissent en grande\npartie des masses, mais c'est le tempérament même du peuple qui perce\nfinalement à travers la personnalité d'un Tschaikowski, d'un Chopin, d'un\nGrieg. Maurice Hewlett demandait très justement : \"\npeut-il faire un chef-d'œuvre si le public Quelqu'un a\nécrit un essai intéressant et plein d'idées, dans lequel il montre combien\nle compositeur a besoin d'une nation De même que\nle public d'un concert crée ou détruit un lied ou une sonate, selon qu'il\naccorde ou qu'il refuse sa sympathie, de même le vaste public national\nrend possible ou impossible un grand musicien créateur.\nOn prétend parfois que l'ltalien ou l'Allemand a réellement un goût\net un talent plus inné pour la musique que l'Américain. N'est-ce pas\nplutôt que dans ces pays, le goût et le talent individuel se trouvent exaltés\npar un public qui a un sens de la beauté beaucoup plus vif que ne l'a le\npublic américain ? Nous autres américains, nous avons l'ambition d'être\nun peuple musical, en grande partie parceque nous ne voulons pas que les\nautres nations l'emportent sur nous en quoi que ce soit. C'est pourquoi\nnous travaillons avec zèle à former des orchestres symphoniques et des\nthéâtres locaux ; nous construisons de beaux conservatoires et payons\nles plus hauts prix pour des professeurs ; nous enlevons, en pleine saison,\nles grands artistes de l'Europe et nous les renvoyons chez eux, les poches\npleines, proclamer que l'Amérique est réellement devenue une nation\nmusicale plus grande que l'ltalie ou l'Allemagne. Cela me rappelle le\npetit garçon qui jure toujours obéissance à la personne qui lui donne le\nplus gros morceau de gingerbread.\nL'opinion de ces artistes est fondée presque entièrement sur les\npublics enthousiastes et cultivés qui les applaudissent à New York, Boston,\nChicago et St. Louis. Mais les musiciens et les professeurs éparpillés çà\net là dans la campagne et dans les petites villes, qui font de leur mieux\npour accomplir le millenniummusical, savent que la grande masse du\npeuple américain ne se soucie point de bonne musique ou ne la comprend\npas. Cela était inévitable. Nous avons été trop occupés depuis 1776 à\nélever notre nation pour accorder beaucoup d'attention aux beaux arts.\nAussi malgré les richesses de notre fond, encore inexploité, les exigeances\ndu devoir social, économique et politique, ont-elles fait prendre à notre\nnation certains mauvais plis, dont il faudra bien se débarrasser, avant de\ndevenir un grand peuple musical."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.20", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2567, "texte": "L'un de ces défauts est notre crainte chronique de la sentimentalité\n(peut-être parceque nous sommes sentimentaux). Nous, (spécialement\nl'homme d'affaires, gavé de journaux) nous nous sentons gênés dans l'at-\nmosphère du sublime. Réellement, notre passion grandissante pour le sens\ncommun est déplorable. On craint même que nous ne tombions encore\nplus bas et que nous adorions le bon sens comme les Israélites adoraient\nle veau d'or. La passion du pratique, nous porte à décrier le langage\nélevé, au théâtre ou ailleurs. Personne n'ose plus se montrer éloquent ou\nlittéraire, de crainte d'être accusé de poser, d'où l'insignifiance du théâtre\naméricain et la ligue que nous organisons en ce moment pour le réformer.\nLes grandes œuvres littéraires ne sont plus lues parceque nous sommes\ndevenus des consommateurs de romans. La plus grande partie des hommes\net beaucoup de femmes trouvent la poésie mortellement ennuyeuse ;\nles jeunes gens et les jeunes femmes des grandes écoles auraient honte\nd'avouer qu'ils aiment la poésie, même s'ils l'aimaient. Et comme\nla plupart du peuple américain est indifférent à la vue d'un tableau, à\nmoins que ce tableau ne possède une histoire authentique ! Bien plus, il\nn'est pas rare de voir des gens choqués par une reproduction de la Vénus\nde Milo ou de l'Appollon du Belvédère ! Vestige, sans doute, de\nl'influence puritaine.\nUn autre défaut national est notre don (très surfait) de l'humour.\nL'humour est naturellement une qualité esthétique, mais seulement en\ncertains cas. Nous devrions savoir que le comique n'est permis que\nlorsqu'il ne se met pas en travers de choses plus élevées. Mais où est\nl'Américain \" typique \" qui sait résister à un bon mot au dépens des choses\nles plus élevées ? Nous sommes tous largement hélas !\nPour guérir cette chère vieille Amérique de son mal, il est nécessaire\nque l'art, la poésie et l'amour du beau fassent une concurrence beaucoup\nplus acharnée à la politique et aux affaires. Ce n'est pas sans émotion que\nnous le disons, mais nous ne deviendrons jamais un pays musical si nous\nne cessons de bâtir des \" skyscrapers \" et de demander de tout projet\ndestiné à développer les arts : \" Est-ce \" Nous avons encore\nà apprendre qu'il y a beaucoup plus à obtenir de ce misérable monde par\nun chaud frisson de beauté que par une douzaine de frissons glacés\ndu devoir. Seulement, naturellement, pour que ce frisson soit chaud, pour\nqu'il ne ressemble en rien au frisson glacial, il faut qu'il pénètre au delà\nde la peau, au delà des sens. Nous faisons rarement quelque chose valant"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-05-01-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-05-01_01#c009", "volume": "bmtnabh_1914-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 21, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.2.7", "titre_corps": "LE STYLE EN MUSIQUE", "titre_sommaire": "LE STYLE EN MUSIQUE", "signature_source": "Paul Landormy", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.21", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2054, "texte": "La plupart des musicologues français semblent craindre les idées\ngénérales. Ils s'enferment prudemment et modestement dans les recherches\nde détail. Ils ne s'aventurent point dans les vastes synthèses. Le cas de\nM. Emmanuel écrivant un livre sur l'histoire de la langue musicale est\ntout à fait exceptionnel.\nEn Allemagne au contraire l'esprit philosophique ne perd jamais ses\ndroits, et l'histoire de la musique lui offre un champ où il s'exerce très\nvolontiers. Ai-je besoin de rappeler les écrits théoriques de M. Hugo\nRiemann, d'une hardiesse de systématisation si troublante ?\nVoici que l'éminent professeur à l'Université de Vienne, le Dr Guido\nAdler, nous offre à son tour un essai d'esthétique musicale très large-\nment conçu, où, sous le titre : le Style il résume et coordonne\ndes idées fondamentales sur l'essence et le développement de l'art des sons.\nSans doute la part de l'hypothèse, du postulat, de Va priori, est ici\nmoins considérable que dans les ouvrages de M. Hugo Riemann. Le\nDr Adler ne quitte pas volontiers le terrain des faits ; mais il faut bien\nqu'il les interprète à un moment donné, et qu'il choisisse entre les points\nde vue divers d'où il est possible de les rendre intelligibles. Si son inter-\nprétation est moins hardie que celle de M. Hugo Riemann, elle n'en\nreste pas moins une construction de l'esprit en partie arbitraire.\nNous avons lu avec infiniment de plaisir le livre de M. Guido\nAdler, livre écrit dans un langage ferme, net, et clair, un peu à la\nfrançaise, et nous avons fort goûté la solidité d'une pensée nourrie de\nla plus abondante information. Les indications les plus originales et les\nplus suggestives abondent dans cet ouvrage. M. Guido Adler sollicite\ntoute nos réflexions sur des questions jusqu'à présent trop peu ou trop\n\n1 DER STIL IN DER MUSIK von DY Guido Adler, a. ô. Professor der Musikwissenschaft an der\nWiener Universitât. I. Buch. Prinzipien und Arten des musikalischen Stils, i vol. in-8° de VIIy\n279 pages, Druck und Verlag von Breitkopf und Hartel, Leipzig, broché 7,50 M.; relié 9 M."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.22", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2475, "texte": "hâtivement étudiées. Il cherche une méthode pour établir les\ndu style musical et la classification des genres musicaux. Un volume\nultérieur sera consacré à l'histoire du style et des styles. L'entreprise est\nconsidérable. Quels sont les points acquis et les points discutables ?\nVoilà ce que nous voudrions examiner brièvement.\nD'abord qu'est-ce que le Style ? Ici M. Guido Adler se montre un\npeu hésitant. Peut-être a-t-il le tort de ne pas considérer toute définition\ninitiale comme une simple convention, ce qui l'amènerait à nous imposer\nune conception du style qu'il ne chercherait même pas à justifier. C'est\nsans doute la seule façon de définir l'objet d'une étude sur le style.\nPour n'avoir pas procédé ainsi, M. Guido Adler est fort embarrassé\nde choisir entre les différentes acceptions du mot. D'abord il nous donne\ncette définition un peu vague : le style est \" la façon dont l'artiste\ns'exprime, dont il traduit ses impressions et sa pensée \", et alors il va\njusqu'à dire que le style \" est la mesure d'après laquelle tout, dans une\nœuvre d'art, doit être apprécié. \" Oui et non. Si l'on entend cette première\ndéfinition du style dans un sens étroit, il est impossible d'admettre que la\nbeauté d'une œuvre réside uniquement dans son style, c'est-à-dire dans les\nmoyens d'expression dont s'est servi l'auteur, et l'on imagine facilement\nqu'une noble pensée ou qu'une émotion forte et rare conservent un intérêt\nesthétique, même s'ils sont maladroitement exprimés : ainsi le style n'est\npas tout : il ne contribue que pour une part à la valeur de l'œuvre.\nMais, d'autre part, si l'on entend la définition de M. Adler dans un\nsens large, on comprend ce qu'il a voulu dire ; car, comme nous ne savons\nrien de ce que pense ou sent un auteur que par les moyens qu'il emploie\npour s'exprimer, ce sont ces moyens, et ces moyens seuls, que nous pou-\nvons juger ; et ainsi la considération du style enveloppe à la fois l'étude\nde la forme et celle de contenu qu'elle révèle. Mais alors je ne saisis plus\npourquoi, quelques lignes plus bas, M. Adler parle d'œuvres \" sans style\ncar si le style n'est pas que l'apparence extérieure de l'œuvre par opposi-\ntion à sa réalité interne, s'il constitue à la fois le dedans et le dehors de\nl'œuvre, il n'y a pas d'œuvre sans style, toute œuvre a son style. Ou bien\nalors il faut distinguer l'œuvre où l'auteur sait s'exprimer de celle où il ne\ntraduit que gauchement sa pensée, et où il ne se révèle qu'imparfaitement,"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.23", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 19, "texte": "LE STYLE EN MUSIQUE"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.23", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2545, "texte": "et nous sommes ramenés ainsi à la distinction de la matière et de la\nforme que nous avions été obligés d'écarter.\nMais voici maintenant que M. Adler introduit un nouvelle défini-\ntion du style, celle de Taine : le style c'est l'extériorisation du caractère ;\nd'où il résulterait que le style est d'ordre essentiellement subjectif, au\nmoins dans son origine. A ce point de vue de Taine M. Adler oppose\nensuite celui de Hanslick qui réduit le style à la technique de composi-\ntion ; et nous nous trouvons bien embarrassés de choisir entre tant de con-\nceptions diverses qu'on se contente de juxtaposer, sans tenter d'en résoudre\nles contradictions. Sur ce terrain de la philosophie de l'art, M. Adler\ns'avance avec un peu trop de circonspection.\nNe pourrait-on tout concilier en distinguant le style, ou\nd'une œuvre, des conditions tant subjectives (sentiment, inspiration)\nobjectives (tradition, milieu) qui le déterminent ? On aurait ainsi l'avan-\ntage de ne pas confondre la pensée ou le sentiment avec le style et\nd'indiquer en même temps la liaison intime et comme la solidarité de ces\ndeux éléments complémentaires de toute œuvre d'art.\nQuand il entre davantage dans le vif de son sujet, M. Guido Adler\nnous présente une foule de remarques très intéressantes et assez nouvelles\nsur le changement, la transposition, le croisement, le mélange des styles ;\npuis il arrive à la question du \" matériel sonore et de son utilisation sty-\nlistique. \" Il parle d'abord des échelles et des tonalités, et il examine en\npassant la problème de Véchelle pentatonique ? Est-elle, comme on l'a\nsoutenu, antérieure aux échelles de sept sons ? M. Adler ne le croit pas ;\net, à l'appui de son opinion, il invoque des faits : la découverte d'une flûte\négyptienne, vieille de 3000 ans environ et donnant une gamme de sept\nsons par tons entiers, et celle d'une lyre à 10 cordes datant de 1500 av.\nJ. C. Bien qu'il attribue une importance fondamentale au rapport\nnaturel de quinte dans l'établissement des gammes, il ne croit pas,\ncomme M. Hugo Riemann, qu'on puisse en déduire la priorité de\nl'échelle pentatonique sur toutes les autres échelles. Le pentatonisme lui-\nmême peut dériver d'une autre origine que d'une superposition de quintes\npuisque les Javanais ont pu diviser l'octave en cinq parties égales.\nM. Adler conclut que les échelles à cinq sons ne sont que des échelles\nincomplètes abrégés.\nCette argumentation est fort intéressante. Mais il me semble que\nM. Adler va bien vite en besogne. Peut-être n'y a-t-il pas de réponse à"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.24", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2480, "texte": "une question posée sous une forme aussi générale. Peut-être faudrait-il\ntenir compte de la différence des lieux et des races. Peut-être serait-il\nnécessaire de considérer, à côté des besoins proprement esthétiques de\nl'individu humain, et des exigences purement musicales de son oreille,\nles nécessités d'ordres très divers auxquels ont obéi les premiers inventeurs\nd'instruments et de gammes : nécessités d'ordre pratique, d'ordre scienti-\nfique ou d'ordre religieux (nombre des doigts disponibles pour jouer d'un\ninstrument, facilité d'évaluation de distances égales entre les trous d'une\nflûte, préjugé du nombre sacré, etc. etc.) Remarquons que le souci de la\nrégularité arithmétique domine, à la fois la pratique, la science et la\nreligion, et dans la mesure où elles influent sur l'art, l'art lui-même. Les\nbesoins esthétiques ont après cela modifié les premières inventions : il a\nfallu satisfaire l'oreille ; mais on n'a peut-être pas commencé par là. Ainsi\nles instruments à tierces neutres (ni majeures ni mineures) des Ecossais, dont\nparle M. Adler, ne me paraissent pas le moins du monde constituer un essai\nde tempérament.Le tempérament en effet est un compromis, un pis-aller ;\non renonce à la justesse idéale, que pour une\njustesse approximative. Il me semble très probable que la construction des\ninstruments à tierce neutre dut précéder le sentiment conscient de la dif-\nférence entre la tierce majeure et la tierce mineure. L'oreille, en s'affir-\nmant, réclama plus tard d'autres satisfactions. 11 serait à rechercher si la\ntierce neutre ne répondait pas à quelque besoin extra-musical, auquel\nnous ne songions point. Et je reviens toujours à l'importance de l'arith-\nmétisme, sous toutes les formes, dans l'art primitif ; M. Adler n'y insiste\npeut-être pas assez, quoiqu'il indique le rapport entre cet arithmétisme\nmusical et le géométrisme initial des arts plastiques.\nLa question des \" critères rythmiques \" du style est une des plus\népineuses qui soient. Elle arrête longtemps M. Guido Adler. Tout d'abord\nil insiste sur la nécessité de renoncer définitivement à la thèse selon\nlaquelle il n'y aurait pas de mélodie sans mesure. \" Car i°, dit-il, il y a\nune musique aux rythmes libres, dont les divisions du temps ne sont pas\nfixées numériquement, et par conséquent, ne peuvent pas être égales ;\n2° il y a des rythmes qui se composent de temps égaux et de leurs mul-\ntiples, sans que la distinction des temps forts et des temps faibles indisso-"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.25", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2455, "texte": "lublement liée à notre conception de la mesure leur soit applicable. \" Et\nvoilà qui est fort juste et très nettement dit. J'ajouterais volontiers qu'il y a\ndes mélodies dont le rythme est jusqu'à un certain point ad libitum, dont le\ndessin seul se présente avec le caractère d'un élément constitutif et inva-\nriable. Tout au moins faut-il tenir compte de la disposition de tout\nchanteur populaire à subordonner les exigences du rythme à celle de la\nrespiration, en supprimant ou en ajoutant des silences, en abrégeant ou\nen allongeant des valeurs, et ainsi de suite. Plus nous nous éloignons de\nla pratique de la notation musicale, plus ces libertés rythmiques d'exécu-\ntion doivent prendre d'importance. L'enseignement purement oral même\nle plus diligent n'a jamais pu remédier absolument à l'absence de notation\nrythmique.\nPar opposition à la doctrine de M. Hugo Riemann, M. Guido\nAdler propose une nouvelle définition de la Métrique et de la Ryth-\nmique. Pour lui la Métrique s'applique au langage, la Rythmique à la\nmusique, l'un et l'autre considérant des quantités (longues et courtes) et\ndes qualités (accents). La métrique ne serait-elle pas plutôt la théorie de\nce qui est mesurable^à savoir les durées, et la la théorie de ce\nqui ne l'est pas, c'est-à-dire de ce qui est purement qualitatif, l'accent. Si\nl'on comprend ainsi, et si l'on sépare la Métrique de la Rythmique, on se\nprépare à mieux expliquer pourquoi le \" premier temps \" et le \" temps fort \"\nne coïncident pas nécessairement. On me demandera : en quoi le premier\ntemps est-il premier s'il n'est marqué d'aucun signe particulier, d'aucun\naccent ? Je répondrai : ce n'est pas seulement par l'accent qu'un temps se\ndistingue d'un autre, mais par sa fonction dans un mouvement mélodique\ndont il est un moment. Le premier mériterait mieux, du reste, le\nnom de dernier temps car il est essentiellement le après le\ntemps d'élan.Mais c'est tantôt le temps de repos, tantôt le temps d'élan\nqui est fort ou faible. Si vous marchez, vous pouvez mettre toute votre\nénergie à frapper le sol de vos pieds, ou au contraire à les relever pour ne\nfrapper le sol que très légèrement.\nEn ce qui concerne les \" critères mélodiques \" du style, M. Guido\nAdler a dit d'excellentes choses mais je n'y vois aucune nouveauté à signaler.\nJe note seulement ceci : M. Guido Adler n'aime pas l'abus de l'ornement\nen art : il a peut-être raison. Mais il va certainement trop loin quand il"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.26", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2388, "texte": "affirme que l'art musical doit avoir toujours sa source dans l'émotion,\nqu'il doit exprimer l'âme humaine et qu'il manque à son rôle quand il se\ncontente d'amuser l'oreille. Pourquoi exclure du domaine de l'art véri-\ntable une musique qui ne s'adresserait qu'aux sens et qui n'aurait aucun\ncontenu expressif? Et puis ce qui est expressif pour l'un ne l'est pas pour\nl'autre. Telle musique de Couperin est-elle purement ornementale ou\nexprime-t-il un état d'âme ? Grave question. Tout ornement, du reste,\nn'est-il pas expressif?... M. Guido Adler prétend que l'art des Maîtres\nchanteurs fut caduc parce qu'il était de pur agrément ; je ne crois pas ;\nmais il est mort par ce qu'il reposait sur l'emploi de formules stéréo-\ntypées, qui n'avaient même plus d'agrément, sans doute, pour ceux qui\nen faisaient usage.\nC'est quand il passe à la détermination des \" genres musicaux \" que\nM. Guido Adler procède peut-être le plus arbitrairement. Mais je suis\ntout disposé cette fois à ne pas trop lui chercher chicane.\nIl est impossible de définir les genres musicaux autrement que d'une\nfaçon arbitraire, pour la bonne raison qu'il n'y a pas des genre musicaux.\n11 y a des œuvres que nous classons dans tel ou tel genre, tout simplement\npour mettre un peu d'ordre dans nos idées. Ces classifications sont très\ncommodes : usons-en, mais ne nous faisons pas d'illusions sur leur valeur.\nJe reprocherai seulement à M. Guido Adler d'accorder à ses définitions\ndes genres un valeur objective qu'elles n'ont pas, qu'elles ne peuvent pas\navoir.\nIci M. Guido Adler se débat quelquefois contre de singulières\ndifficultés. Il est certain, par exemple, que nous désignons sous le même\nnom d\"oratorio des œuvres extrêmement disparates, qui n'ont de commun\nentres elles que d'être écrites pour des voix accompagnés par des instru-\nments, de se composer de plusieurs morceaux, et d'être exécutées au\nconcert, non au théâtre. Mais M. Guido Adler ne veut pas se contenter\nde citer ces caractères purement extérieurs. Il veut découvrir à tout prix\ndes analogies internes, là où il n'y en a pas. Il lui répugnerait de définir\nun genre par des moyens aussi factices. Mais ses efforts sont vains. Il ne\nréussit qu'à tout brouiller. S'il arrive à opposer à\ncomme le lyrique au dramatique, c'est au prix d'une confuse définition du\nlyrisme, qui ne nous satisfait pas, et, ce qui est pis, le voici dès lors"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.27", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1790, "texte": "entraîné à nous démontrer que le Samson et le Joseph de Haendel ne sont\npas des drames sacrés,bien que l'expression soit de Haendel lui-même, et\nque le caractère dramatique de tels oratorios soit frappant. On se saurait\ntout de même soutenir que seul le est M. Guido\nAdler ajoute que l'oratorio est une œuvre essentiellement et du\nmême coup toutes les cantates religieuses ou profanes dont le style ne sera\npas essentiellement choral devront être exclues du genre oratorio. Je veux\nbien ; mais j'avoue dès lors que je ne vois pas comment on peut ranger\nles Saisons de Haydn dans le genre oratorio : car, bien que les chœurs y\nfigurent, le style m'en paraît fort peu choral.\nLa distinction des caractères du style n'est pas plus nette. Il est un\npeu sommaire de définir le style classique par la coordination des parties\nà l'égard du tout, par la maîtrise dans l'emploi et dans l'économie des\nmoyens, par la sobriété dans l'expression, et le souci de ne point dépasser\nune certaine limite de beauté. Il faudrait nuancer davantage, et au lieu\nde poser le concept de classique dans le vide, le rattacher à des réalités\nhistoriques. Il y a classiques et classiques, et le pur classique est un\nmythe. En tout cas il aurait fallu indiquer que Beethoven n'est qu'à\nmoitié un classique et que par bien des points il touche déjà au roman-\ntisme.\nMais n'importe ! Le livre de M. Guido Adler est de ceux qui font\npenser : il suffit. Les quelques indications que nous avons pu donner sur\nses intentions ont certainement éveillé la curiosité du lecteur. Nous sou-\nhaitons le plus grand succès à ce premier volume d'un ouvrage important\nqui résume un labeur si considérable, et témoigne d'une si rare étendue\nd'esprit, et nous attendons la suite avec impatience.\n\nPaul Landormy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-05-01-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-05-01_01#c012", "volume": "bmtnabh_1914-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 28, "image_fin": 34, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.2.8", "titre_corps": "LES LIVRES", "titre_sommaire": "LES LIVRES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.28", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2754, "texte": "COURANT (Maurice). Essaie historique sur la musique\nclassique des Chinois, avec un appendice relatif à la musique coréenne.\n(Delagrave, 1912. In-40 de 241 pp.)\nLe travail très-important et très-intéressant de M. Courant\nprésente des défauts apparents qu'il serait souverainement injuste\nde reprocher à l'auteur, car ils résultent de la double destination\nde ce travail, à la fois thèse de doctorat et fragment d'une vaste\nencyclopédie dont l'ensemble commence seulement à ce jour. C'est\nl'encyclopédie qui a imposé cette incommode typographie en deux\ncolonnes à l'instar du Larousse, ces références qui renvoient elles-\nmêmes à un index difficile à trouver, car il n'est pas à la fin du\nvolume, enfin ce système de transcription qui, manquant d'un\nsigne spécial pour l'aspiration, abuse des h et nous fait lire, comme\nnos anciennes grammaires, khwei pour k'ouei, pha pour tchhang\npour tchhang. Un inconvénient plus grave est le considérable écart\nentre la date de l'impression et celle de la publication. Ces quatre\nannées n'ont pas été entièrement vaines pour les études de musique\nchinoise, et la bibliographie que M. Courant nous propose aurait\ngagné à mentionner, par exemple, l'article très précis de Moule sur les instruments de\nmusique *), ceux de M. Soulié sur la musique moderne 2) peut-être même le petit livre\noù l'auteur de ces lignes a essayé de résumer la théorie de la musique chinoise en son\ndéveloppement historique 3).\nIl y avait aussi des réflexions intéressantes dans le premier volume de l'ouvrage inachevé\nde La Fage 4), qui est un compilateur comme Fétis, mais plus intelligent et mieux informé.\nEnfin et surtout les philosophes non classiques de la Chine méritaient d'être représentés autre-\nment que par les Textes philosophiques du P. Wieger ; il était bien facile à M. Courant\nd'indiquer ici un des nombreux recueils de tzeii qui figurent à la Bibliothèque Nationale, et\ndont plusieurs renferment de précieux commentaires. Mais il n'entrait pas dans son dessein\nd'approfondir les considérations de morale et de métaphysique qui, à toutes les époques,\nen Chine comme dans la Grèce antique, ont marqué si fortement non seulement la théorie,\nmais aussi la pratique de l'art musical, en imposant par exemple certains nombres pour les\ndimensions des instruments, le calcul des longueurs vibrantes, ou la construction des gammes.\n\n1 A. C. Moule, Chinese musical instruments, Journal of the North China Branch of the Royal Asiatic\nSociety, XXXIX (1908).\n2G. Soulié, La musique en Chine, Bulletin de l'Association franco-chinoise, 1910, pp. 13, 139, 239,\n369 ; 1911, pp. 24., 156, 203, 263, 287.\n3 Louis Laloy, La musique chinoise. Paris, Laurens, 1910.\n4 La Fage, Histoire de la musique et de la danse. Paris, Imprimeurs réunis, 1844."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.29", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 10, "texte": "LES LIVRES"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.29", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 4018, "texte": "Il relègue clans un dernier chapitre les Idées cosmologiques et philosophiques, et n'en donne qu'un\naperçu très sommaire, alors que l'exposé historique qui précède fût devenu beaucoup plus clair si\n011 y avait mis ces idées en rapport avec chacune des institutions successives qui les expriment.\nParticulièrement je reprocherai à M. Courant d'avoir trop rarement invoqué les textes des\nphilosophes taoïstes, et j'insisterai sur ce reproche parce que j'en dois prendre ma part. Quand\nj'ai fait paraître mon petit essai, je n'avais encore qu'une connaissance très imparfaite de\nces textes : aussi me suis-je appuyé presque exclusivement sur les préceptes de Classiques, qui\nne concernent que l'hygiène morale, au lieu que les philosophes qui succèdent à Lao-tzè,\nanimés d'un esprit véritablement panthéiste, ont manifesté, tantôt par les rapprochements d'une\npuissante poésie, tantôt par les spéculations d'une arithmétique symbolique très comparable\nà celle des Pythagoriciens, la mystérieuse analogie qui fait de l'harmonie musicale l'image\nde l'harmonie universelle. Il me paraît aujourd'hui qu'on ne saurait parler de la musique\nen général, sans traduire en manière d'introduction cette page admirable où Tchouâng-tzè\ndécrit la musique de la Terre, que le vent, respiration immense, joue en faisant retentir les\ngrottes des montagnes et les arbres des forêts.\nCe ne sont là que des hypothèses. Si je les risque, c'est que je ne désespère pas de les\nvoir confirmer un jour ; c'est surtout afin de montrer combien il peut être utile, pour connaître\nla musique chinoise, de lire même les ouvrages qui ne lui sont pas spécialement consacrés. Par\nailleurs, M. Courant a dépouillé de la façon la plus consciencieuse les traités spéciaux ainsi que\nles histoires dynastiques, dont chacune, comme on sait, réserve quelques chapitres à la musique,\nplacée en Chine sous la tutelle de l'Etat. Ce labeur est assez considérable, et assez fructueux,\npour qu'on lui sache gré de l'avoir mené à bien et le tienne quitte du reste pour l'instant. On\ntrouvera dans son livre les renseignements les plus sûrs et les plus minutieux sur les liu, ces\ndiapasons de la musique chinoise, leurs variations nombreuses et leurs combinaisons com-\npliquées. En particulier il cite et commente avec beaucoup de sagacité un texte de l'histoire des\nSoueî, d'où il résulte que dès le VIe siècle de notre ère un musicien de race turque avait\nimporté en Chine la gamme diatonique de 7 notes, sans pourtant réussir à la faire adopter.\nIl n'est pas possible aujourd'hui de traiter à la fois de façon complète toutes les questions\nrelatives à la musique chinoise, ni surtout de les résoudre. Le sujet est presque entièrement\nneuf, en ce sens que jusqu'à ces dernières années il n'a tenté que les historiens de la musique\net non les sinologues ; le dépouillement des textes, si nombreux et si disséminés, est à peine\ncommencé. Ce qu'il nous faut, et pour longtemps encore, ce sont des monographies et des\nrépertoires. Si on veut bien considérer l'ouvrage de M. Courant comme un de ces répertoires\ndont le titre pourrait être La musique chinoise dans les histoires dynastiques et les traités techniquess\non le trouvera de tous points excellent, et, ce qui vaut mieux encore, très utile pour toutes les\nrecherches ultérieures.\nLouis LALOY.\nBACHMANN (A.) Les grands violonistes du passe. (Fischbacher in-40 de 470 pages,\navec nombreux textes de musique).\nL'ouvrage de M. A. Bachmann consiste essentiellement en une sorte de dictionnaire\nconsacré à 40 violonistes célèbres. Le dictionnaire comprend, pour chacun des artistes consi-\ndérés, une biographie plus ou moins détaillée ornée du portrait du musicien qui fait l'objet de\ncette biographie et suivie selon le dégré d'importance violonistique de ce musicien du Catalogue\nthématique de ses œuvres. Il ne faut chercher ici aucun travail d'ensemble conçu selon un\nplan historique ; c'est une série de monographies de violonistes de toutes époques et de tous\npays, rangées par ordre alphabétique."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.30", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3561, "texte": "L'auteur a cependant cherché à rattacher les uns aux autres des divers violonistes du pays\nen les groupant d'après l'enseignement qu'ils ont suivi et sous le titre de UEcole de violon il a\ndressé de ceux-ci une sorte d'arbre généalogique pédagogique. Certaines biographies, celle de\nJoachim,par exemple, et surtout celle de Paganini, sont très développés et apportent d'intéressants\ndocuments. D'autres ne sont pas seulement trop brèves, elles se contentent de faire intervenir\nFétis ou Wasielewski, et semblent ignorer les travaux modernes ; nous citerons les biographies\nde Corelli, de Leclair et de Kreutzer. Enfin les catalogues thématiques sont souvent établis,\nen ce qui concerne, les violonistes du XVIII6 siècle, non pas d'après les éditions originales,\nmais d'après des révisions récentes. Tels qu'ils se présentent, ces catalogues peuvent néanmoins\nrendre de grand services...\nL. DE LA LAURENCIE.\nà\nBARMAS (Isaye). La solution des problème (Berlin, Bote et\nBock, Paris M. Eschig in-fol).\nIsaye Barmas est depuis longtemps accrédité en allemagne et à l'étranger en qualité\nde violiniste et de professeur. Son école basée sur un système solide lui a valu un succès\nmérité, ainsi que le prouvent de nombreux et brillants élèves.\nBarmas démontre dans son ouvrage que la principale condition d'un jeu précis et sûr, c'est\nl'agilité des doigts, l'indépendance du poignet, et la légèreté du bras.\nu Ce que la nature a souvent donné au génie, dit-il, chacun peut l'acquérir par le savoir\net par un enseignement rationel. N'oublions jamais que toute technique réside dans le cerveau,\net qu'elle est dirigée par lui. Avant d'aborder les hautes difficultés techniques, on veillera à ne\ntravailler le violon et l'archet que de la façon la plus naturelle. Alors l'ennui et le mécontente-\nment disparaîtront, d'autant plus qu'on pourra plus rapidement se consacrer à la musique\nproprement dite \".\nLe livre, parfaitement traduit par Nestor Lejeune, est orné de 27 illustrations et d'une\nsérie d'exercices. Capet, Marteau et Kreissler lui ont adressé d'élogieux compliments.\nK. K.\nWAGNER (Peter). Einfûhru ng in die I Band, 2er Theil.\n(Leipzig. Breitkopf. 1912. gr. in 8U de XVI et 505 pp. avec plusieurs reproductions phototy-\npiques.)\nCe livre est consacré à la Paléographie du chant grégorien. Il est impossible en quelques\nlignes de décrire un ouvrage d'une si haute importance, non seulement pour la théorie, mais\naussi la pratique du chant liturgique. Le très riche contenu de ce volume est présenté avec\nun ordre, une logique et une volonté qui en font un instrument de travail de premier ordre.\n18 chapitres et un important appendice nous initient à l'histoire des Neûmes ; d'abord\nleur origine : étude des notations byzantine, russe, et arménienne ; puis, description des plus\nanciens neumes latins.\nLe Dr Wagner passe ensuite aux principaux types d'écriture neumatique : mozarabe,\nitalienne, française, anglo-saxonne et allemande, et arrive aux XIIe, XIIIe et XIVe siècles,\navec l'étude des neumes-accents.\nLes trois derniers chapitres sont consacrés à la rythmique des neumes, et là M. Wagner\na remanié considérablement la première édition de son ouvrage, en exposant une thèse\nnouvelle d'interprétation : la figure seule des notes donnerait le secret du rythme. M. Gastoué\na discuté certaines théories du Dr Wagner ; mais quoi qu'il en soit, ce manuel de Paléo-\ngraphie grégorienne est un ouvrage capital pour l'étude du chant liturgique, et la deuxième\nédition de la N eumenkun de rendra les plus grands services aux amis de l'art grégorien."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.31", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3663, "texte": "WAGNER (Peter). Neumenkunde,Palâographie des liturgischen Gesanges, 2e édition,\nrevue et augmentée, (Leipzig. Breitkopf et Hârtel, grand in-8° de XVI & 506 pages, avec\ntranscriptions musicales et nombreuses phototypies. 12 M.)\nCet ouvrage considérable forme le tome II des études du Dr Wagner sur \" l'lntroduction\naux mélodies grégoriennes dont nous venons de citer le premier volume.\nUn livre aussi éminent, et qui résume une vie d'études, de travaux et d'enseignements\nmériterait une longue et sérieuse analyse, et aussi une traduction française. L'érudit professeur\nde l'Académie de Fribourg expose successivement avec une énorme documentation les diverses\nespèces de notation qui furent usitées au moyen-âge. Trois gros chapitres sont consacrés aux\nsignes des lectionnaires orientaux, aux neumes byzantins, russes et arméniens.\nMais, à côté de l'étude paléographique, le Dr Wagner aborde la question d'interprétation\net de rythme ; il remontre par exemple, l'identité rythmique de la du et de la\nvirga jacens, dans les passages syllabiques, et il prouve à l'aide d'un texte nouveau du ms. C.\n58.275 de la bibliothèque de Zurich (XIIe s.) que certaines écoles ont indiqué par la les\nnotes longues, et par le punctum les brèves, mais seulement dans les groupes, ce qui paraît\ncontradictoire. On s'est précisément demandé si ce ne serait pas là le premier jet des\npropriétates de la notation proportionnelle du XIIIe siècle. (Cf. Tribune de St. Gervais.\nDécembre 1913).\nL'ouvrage du Dr Wagner est un instrument de travail indispensable à ceux qui s'inté-\nressent par métier ou par vocation, au chant liturgique et à l'art musical du moyen-âge.\nF. RAUGEL.\nJEANNIN. Le chanl liturgique syrien (in-8° de 205 pages. Paris, Imprimerie\nNationale.)\nUn excellent livre en tout sens, tel est ce travail \"de bénédictin c'est bien le cas de\nle dire, sur le chant de l'église chrétienne orientale de Syrie, c'est-à-dire de celle qui, depuis\nl'origine, continue de célébrer dans la langue et avec les coutumes syriaques, la liturgie\ntraditionnelle.\nMais, si les paroles de ces offices remontent, en grande partie, au IIIe siècle, que sont\nses mélodies ? Ici, il n'y a d'autre guide que la tradition orale. Et l'ouvrage de Dom Jeannin\nfruit de dix années de travail, est justement précieux parce qu'il fixe, avec un soin infini,\nl'instant de cette tradition qui nous est contemporain. Jamais, en effet, l'église syrienne à\npart d'infimes exemples, n'a connu de notation musicale : la théorie, très complexe, demi-\narabe et demi-persane, jointe à la transmission orale des mélodies, a suffi. Et, de celles-ci,\nl'auteur donne des types assez nombreux, dans tous les genres, pour qu'on soit parfaitement\ndocumenté sur la question.\nCritiquement, et avec tout ce que je sais du chant oriental, je tiens pour parfait le livre\nde Dom jeannin: appuyées, d'un côté, sur un rigoureux enregistrement des pièces chantées,\net d'un autre, sur une érudition de bon aloi, ses conclusions ne peuvent qu'être acceptées par\ntout musicologue. Le travail de Dom Jeannin est précieux, entre autres points de vue, par la\ndocumentation authentique qu'il nous offre de chants syriens, bien éloignés de l'orienta-\nlisme tout conventionnel dont certains auteurs nous objectent les formes, qu'ils ne connais-\nsent que par à peu près. A ce titre, cet ouvrage peut aider à jeter de vives lumières sur la\ncompréhension du rythme original des chants grégoriens, et c'est à quoi Dom Jeannin n'a\npas manqué.\nJe n'émettrai qu'un seul voeu : c'est que le savant auteur nous donne bientôt la collec-\ntion complète des mélodies syriaques et chaldéennes dont il a recueilli le répertoire.\nA. GASTOUÉ."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.32", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3660, "texte": "GATARD (A.) La Musique grégorienne (in-8° de 124 p., Paris, Laurens).\nSimple exposé de l'ensemble de la question, telle qu'elle résulte de la restauration\nbénédictine, le livre de Dom Gatard est une très pratique conférence de vulgarisation pour\nle \" grand public \" non initié au sujet. Je ne reprocherai pas trop à l'auteur les quelques\npassages rares, en lesquels il s'est trop montré partisan des doctrines de Dom Mocquereau.\nSon livre est un aimable compagnon, avec lequel on peut passer une heure profitable.\nA. GASTOUÉ.\nSPAETH, (S. G.). M lit on s Knowledge of Music. (Princeton, University, Library,\n1913, in-8° de 186 pp.)\nCette dissertation fut présentée à la Faculté de l'Université de Princeton pour l'obtention\ndu titre de Docteur en Philosophie. C'est un travail très consciencieux, très documenté et fort\nintéressant. Il a pour but de jeter quelque nouvelle lumière sur le caractère et la personnalité\nde Milton, grâce à l'étude, dans ses ouvrages, de tout ce qui touche à la musique. L'auteur\nréussit à montrer, après un examen des textes, patient, judicieux, et habilement conduit, que\nla musique fut chez le poète, par aptitude naturelle, et aussi par éducation, un mode de\npensée si habituel qu'on peut affirmer que la Nature se révélait à lui plus par ses harmonies\nque par ses couleurs ; et ceci, même alors qu'il était encore clairvoyant. Ainsi, dit S.,\npour Milton, la caractéristique de la forêt n'est point d'être verte, mais de faire entendre le\nmurmure des feuilles et le chant des oiseaux.\nFidèle aux méthodes qui sont encore les nôtres, je veux dire à la théorie d'influence du\nmilieu et du moment, S. consacre le premier chapitre de sa thèse à étudier la musique\nanglaise au XVIIe siècle. On y trouve cette assertion, assez inattendue, que la seule école\nmusicale ayant quelque valeur, à cette époque, fut l'école anglaise. Les Flamands, dit\nFauteur, déployèrent beaucoup d'habileté, principalement dans le développement de la forme\nmadrigalesque... mais leurs compositeurs étaient forcés de satisfaire à une telle variété de goûts\nqu'aucun style caractéristique ne sortit de leur plume. L'Allemagne produisit seulement un\nou deux bons compositeurs. L'ltalie, préoccupée de la re-découverte du monde ancien, n'offre\nrien de son propre fonds à la musique européenne, mais se contente des ouvrages importés\ndes Flandres. Chacun étant ainsi mis à son rang, (nous laissons à l'auteur la responsa-\nbilité de ses affirmations) l'Angleterre reste seule.\nCe qui est tout à fait notable, c'est la place accordée par Milton à la musique. Reprenant\nles théories platoniciennes, il ne la considère pas tant comme un art particulier que comme\nl'expression même de l'harmonie des mondes. Philosophe, poète et chrétien il puisa son inspi-\nration dans son idéale conception de la musique. Pour lui, la signification de la musique est en\nrelation étroite avec l'univers entier.\nM. DAUBRESSE.\nGRATIA. VEtude du piano, (1 vol. petit in 40 ill. de 4 planches hors-texte et de\n60 figures. Ch. Delagrave.)\nNul mieux que M. L. E. Gratia n'était qualifié pour traiter un tel sujet. Nombreux\nsont les ouvrages qui ont été écrits sur l'étude du piano. Ce dernier né a ceci de particulier\nqu'il résume tout ce qui a été dit, et apporte des idées nouvelles. L'ordonnance des matières\nest méthodique. Des tableaux synoptiques aident le lecteur à comprendre l'ensemble,\net lui permettent de se reporter ensuite aux pages indiquées plus pour amples détails. De\nnombreuses figures et exemples ajoutent à la clarté des démonstrations, et font que les\npassages, qui parfois pourraient être un peu ardus à la lecture, deviennent aussitôt essentiellement"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.33", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3432, "texte": "pratiques. Grâce à un index joint aux tableaux, l'élève peut immédiatement trouver la solution\ndes difficultés qui le préoccupent, et les travailler à l'aide de moyens ayant pour but de réaliser\nun maximum de progrès, à l'aide d'un minimum de travail. Les observations personnelles dont\nl'ouvrage fourmille, lui donnent un attrait particulier. M. Gratia met en garde contre les\ndangers d'une étude mal conduite ou exagérée, cite les différentes positions de mains, etc.,\nexamine les adjuvants mécaniques dont quelques uns ont été inventés par lui, le choix des\ndoigtés, les pédales, et il aborde ensuite l'étude de la mémoire musicale.\nLes pianistes liront ce volume avec profit. Il sera encore utile aux musiciens de tout\ngenre, les travaux sur la mémoire, les centres psychiques supérieurs et inférieurs, les mouve-\nments réflexes, l'automatisme, étendant considérablement l'intérêt de l'ouvrage.\nL. GREILSAMER.\nCURZON, (H. de). Mozart. (Paris, Alcan 1914, in-8° de 287 pp.).\nIl est évidemment difficile de dire du nouveau sur Mozart ; M. de Curzon, du reste,\nn'affiche pas cette prétention et fait de larges emprunts à ses devanciers en littérature\nmozartine, principalement à MM. de Wyzewa et de St. Foix. Son livre essentiellement\nlaudatif est donc un intéressant résumé de \" ce que tout musicien doits avoir \" concernant\nle maître de Salzbourg.\n• V. P.\nBERDENIS DE BERLEKOM, (M.). Les premières leçons de piano. (Paris, Gaillard,\n18 rue St. Sulpice, in 40 de 80 pp.).\nCette petite méthode est plutôt destinée à la nursery qu'à la salle d'études. Elle comprend\nà la fois un manuel élémentaire de solfège, qui n'est assurément pas plus mauvais que beaucoup\nd'autres et des morceaux à 2 et à 4 mains pour les débutants ; toute théorie sur le mécanisme\net l'articulation est délibérément laissée de côté sous prétexte que l'enfant y est invinciblement\nrebelle ; on pourrait objecter à cela que l'objet d'une bonne méthode serait précisément de\nvaincre cette naturelle antipathie. Mme Berdenis a pourvu chaque morceau d'un petit texte,\nque l'élève chantera tout en déchiffrant : excellente intention.\nV. P.\nFLORENCE MAY. Johannes Brahms. (Deux parties en un seul volume in-8° de\nxvi + 314 + 362 pages. Breitkopf et Hârtel, Leipzig, 1911).\nCette publication est la seconde édition d'un ouvrage considérable paru en anglais en 1905\net présenté cette fois en allemand par les soins du traducteur Ludmille Kirschbaum. Sous le\ncontrôle de l'auteur lui-même. Mme Florence May a connu personnellement Brahms,\nelle s'est rencontré avec lui à différentes époques de sa vie, et elle nous rapporte très soigneu-\nsement les moindres faits, les moindres paroles, les moindres impressions qu'elle a pu\nnoter alors. D'autre part elle a dépouillé avec le zèle le plus minutieux tous les\narticles de journaux, toutes les pièces d'archives, toutes les lettres publiées et même parfois\ninédites, tous les travaux critiques dont l'étude pouvait, directement ou indirectement, éclairer\nla figure de Brahms et l'histoire de sa vie. Elle n'a point négligé non plus de nous décrire\nles milieux divers qu'a traversés Brahms, et de nous faire connaître, en leur intimité, ses\nprincipaux amis. Elle a su rattacher même à son récit tout un tableau général de l'activité\nmusicale en Allemagne dans la seconde moitié du XIXe siècle. Mnie Florence May a donc\nexcellemment rempli sa tâche. Tout au plus pourrait-on lui reprocher un peu trop de com-"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.34", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2374, "texte": "plaisance pour les mérites du musicien dont-elle a entrepris la biographie. Mais ne soyons pas\ntrop difficiles ! Et louons, pour finir, Mme Florence May d'avoir joint à son livre des tables\ndes œuvres de Brahms par numéro d'œuvre, par ordre chronologique, par ordre systématique,\nune table des lieder par ordre alphabétique d'\" Incipit \", une table des auteurs de textes\npoétiques, un index bibliographique, et une table alphabétique des matières traitées dans le\nvolume. Voilà qui est d'une utilité inappréciable !\nLANDORMY.\n\nLIVRES REÇUS\nFALCK W. Friedmann Bach.(Lpz. Kanht Nachfolger 1913 in-8\" de 170+32 pp.)\nSEIFERT (Max). Ein Archiv fur (Berlin Ernest\nSiegfried Mittler und Sohn, 1914 in-8\" de 16 pp.)\nDELBRUCK (Hans). Die Zukunft (Extrait des Preussische\nJahrbùcher, Berlin 1914)\nBERNARD (Gabriel). Le Wagner de Parsifal (Paris, Méricant in-12° de\n320 pp. fr. 5)\nBONNEROT (Jean). C. Sainl-Saëns (Durand et fils, 1914 in-12° de 179 pp. fr. 2)\nLAURENCIE (L. de La). La (Chapitre de\nXVIIIe siècle) (Félix Alcan, 1914 in-8°)\nMAY (Florence). Johannes Brahms,aus dem englischen iibersezt von KIRSCH-\nBAUM (Lpz. Breitkopf 1911, in-8° de 362 pp. Mk. 22)\nCUCUEL (G.). Les créateurs de Vopéra-comique français. (F. Alcan 1914, in-12°\nfr. 3,50)\nDUHAMEL (Maurice). Musiques (Paris, Rouart Lerolle et Cie 1913\nin-8° de 224 pp.)\nBACHMANN (Alberto). Les grands (Fischbacher 1913 in-fol\nde 470 pp. fr. 50)\n—QUATRELLES L'ÉPINE (M). Cherubini. (Lille, Lefebvre-Duroc, 1913, in-4°\nde 174 pp.)\nAUGE DE LASSUS (L.). Sain t-Saëns(Delagrave 1914, in-12° de 276 pp. fr. 3.50)\nVUILLEMIN. Gabriel Fauré (A. Durand et fils, 1914, in-12 de 55 pp. fr. 3).\nTHOMAS (Wolfgang). Mozart-Schatzkâstlein (Munchen,Wunderhorn-Verlag 1912,\nin-12 de 88 pp.)\nRAYMOND DUVAL (P. H.). La (Non mis\ndans le commerce. In-12° de 315 pp.)\nWYZEWA (Th. de). Beethoven et Wagner (Peirrin 1912, in-8° de 382 pp, fr. 5).\nDEUTSCH (Otto Erich). Franz Schu(Muenchen, Georg Miiller, 1913-1914,\n2 vol. in-4° de 500 pp. Mk. 20).\nSTENDHAL. Vies de Haydn, de M préface de ROMAIN\nROLLAND. (Paris, Champion, 1914, in-8° de 496 pp.)\nCOMBARIEU. (J.) L'Enseignement (Dela-\ngrave 1914 in-120 de 16 pp).\nISTEL (Edgar). Duo Libretto. (Berlin, Schuter und Lœffer, 1914, in-12° de 240\npp. M. 3.)\nLAVIGNAC. Encyclopédie de la musique... Delagrave 1913-1914, 2 vol. T. I. Anti-\nquité. T. 11, Italie, Allemangne in-4° de 600 pp.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-05-01-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-05-01_01#c014", "volume": "bmtnabh_1914-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 28, "image_fin": 34, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.2.8.2", "titre_corps": "COURANT (Maurice). 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C'est\nl'encyclopédie qui a imposé cette incommode typographie en deux\ncolonnes à l'instar du Larousse, ces références qui renvoient elles-\nmêmes à un index difficile à trouver, car il n'est pas à la fin du\nvolume, enfin ce système de transcription qui, manquant d'un\nsigne spécial pour l'aspiration, abuse des h et nous fait lire, comme\nnos anciennes grammaires, khwei pour k'ouei, pha pour tchhang\npour tchhang. Un inconvénient plus grave est le considérable écart\nentre la date de l'impression et celle de la publication. Ces quatre\nannées n'ont pas été entièrement vaines pour les études de musique\nchinoise, et la bibliographie que M. Courant nous propose aurait\ngagné à mentionner, par exemple, l'article très précis de Moule sur les instruments de\nmusique *), ceux de M. Soulié sur la musique moderne 2) peut-être même le petit livre\noù l'auteur de ces lignes a essayé de résumer la théorie de la musique chinoise en son\ndéveloppement historique 3).\nIl y avait aussi des réflexions intéressantes dans le premier volume de l'ouvrage inachevé\nde La Fage 4), qui est un compilateur comme Fétis, mais plus intelligent et mieux informé.\nEnfin et surtout les philosophes non classiques de la Chine méritaient d'être représentés autre-\nment que par les Textes philosophiques du P. Wieger ; il était bien facile à M. Courant\nd'indiquer ici un des nombreux recueils de tzeii qui figurent à la Bibliothèque Nationale, et\ndont plusieurs renferment de précieux commentaires. Mais il n'entrait pas dans son dessein\nd'approfondir les considérations de morale et de métaphysique qui, à toutes les époques,\nen Chine comme dans la Grèce antique, ont marqué si fortement non seulement la théorie,\nmais aussi la pratique de l'art musical, en imposant par exemple certains nombres pour les\ndimensions des instruments, le calcul des longueurs vibrantes, ou la construction des gammes.\n\n1 A. C. Moule, Chinese musical instruments, Journal of the North China Branch of the Royal Asiatic\nSociety, XXXIX (1908).\n2G. Soulié, La musique en Chine, Bulletin de l'Association franco-chinoise, 1910, pp. 13, 139, 239,\n369 ; 1911, pp. 24., 156, 203, 263, 287.\n3 Louis Laloy, La musique chinoise. Paris, Laurens, 1910.\n4 La Fage, Histoire de la musique et de la danse. Paris, Imprimeurs réunis, 1844."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.29", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 4018, "texte": "Il relègue clans un dernier chapitre les Idées cosmologiques et philosophiques, et n'en donne qu'un\naperçu très sommaire, alors que l'exposé historique qui précède fût devenu beaucoup plus clair si\n011 y avait mis ces idées en rapport avec chacune des institutions successives qui les expriment.\nParticulièrement je reprocherai à M. Courant d'avoir trop rarement invoqué les textes des\nphilosophes taoïstes, et j'insisterai sur ce reproche parce que j'en dois prendre ma part. Quand\nj'ai fait paraître mon petit essai, je n'avais encore qu'une connaissance très imparfaite de\nces textes : aussi me suis-je appuyé presque exclusivement sur les préceptes de Classiques, qui\nne concernent que l'hygiène morale, au lieu que les philosophes qui succèdent à Lao-tzè,\nanimés d'un esprit véritablement panthéiste, ont manifesté, tantôt par les rapprochements d'une\npuissante poésie, tantôt par les spéculations d'une arithmétique symbolique très comparable\nà celle des Pythagoriciens, la mystérieuse analogie qui fait de l'harmonie musicale l'image\nde l'harmonie universelle. Il me paraît aujourd'hui qu'on ne saurait parler de la musique\nen général, sans traduire en manière d'introduction cette page admirable où Tchouâng-tzè\ndécrit la musique de la Terre, que le vent, respiration immense, joue en faisant retentir les\ngrottes des montagnes et les arbres des forêts.\nCe ne sont là que des hypothèses. Si je les risque, c'est que je ne désespère pas de les\nvoir confirmer un jour ; c'est surtout afin de montrer combien il peut être utile, pour connaître\nla musique chinoise, de lire même les ouvrages qui ne lui sont pas spécialement consacrés. Par\nailleurs, M. Courant a dépouillé de la façon la plus consciencieuse les traités spéciaux ainsi que\nles histoires dynastiques, dont chacune, comme on sait, réserve quelques chapitres à la musique,\nplacée en Chine sous la tutelle de l'Etat. Ce labeur est assez considérable, et assez fructueux,\npour qu'on lui sache gré de l'avoir mené à bien et le tienne quitte du reste pour l'instant. On\ntrouvera dans son livre les renseignements les plus sûrs et les plus minutieux sur les liu, ces\ndiapasons de la musique chinoise, leurs variations nombreuses et leurs combinaisons com-\npliquées. En particulier il cite et commente avec beaucoup de sagacité un texte de l'histoire des\nSoueî, d'où il résulte que dès le VIe siècle de notre ère un musicien de race turque avait\nimporté en Chine la gamme diatonique de 7 notes, sans pourtant réussir à la faire adopter.\nIl n'est pas possible aujourd'hui de traiter à la fois de façon complète toutes les questions\nrelatives à la musique chinoise, ni surtout de les résoudre. Le sujet est presque entièrement\nneuf, en ce sens que jusqu'à ces dernières années il n'a tenté que les historiens de la musique\net non les sinologues ; le dépouillement des textes, si nombreux et si disséminés, est à peine\ncommencé. Ce qu'il nous faut, et pour longtemps encore, ce sont des monographies et des\nrépertoires. Si on veut bien considérer l'ouvrage de M. Courant comme un de ces répertoires\ndont le titre pourrait être La musique chinoise dans les histoires dynastiques et les traités techniquess\non le trouvera de tous points excellent, et, ce qui vaut mieux encore, très utile pour toutes les\nrecherches ultérieures.\nLouis LALOY.\nBACHMANN (A.) Les grands violonistes du passe. (Fischbacher in-40 de 470 pages,\navec nombreux textes de musique).\nL'ouvrage de M. A. Bachmann consiste essentiellement en une sorte de dictionnaire\nconsacré à 40 violonistes célèbres. Le dictionnaire comprend, pour chacun des artistes consi-\ndérés, une biographie plus ou moins détaillée ornée du portrait du musicien qui fait l'objet de\ncette biographie et suivie selon le dégré d'importance violonistique de ce musicien du Catalogue\nthématique de ses œuvres. Il ne faut chercher ici aucun travail d'ensemble conçu selon un\nplan historique ; c'est une série de monographies de violonistes de toutes époques et de tous\npays, rangées par ordre alphabétique."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.30", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3561, "texte": "L'auteur a cependant cherché à rattacher les uns aux autres des divers violonistes du pays\nen les groupant d'après l'enseignement qu'ils ont suivi et sous le titre de UEcole de violon il a\ndressé de ceux-ci une sorte d'arbre généalogique pédagogique. Certaines biographies, celle de\nJoachim,par exemple, et surtout celle de Paganini, sont très développés et apportent d'intéressants\ndocuments. D'autres ne sont pas seulement trop brèves, elles se contentent de faire intervenir\nFétis ou Wasielewski, et semblent ignorer les travaux modernes ; nous citerons les biographies\nde Corelli, de Leclair et de Kreutzer. Enfin les catalogues thématiques sont souvent établis,\nen ce qui concerne, les violonistes du XVIII6 siècle, non pas d'après les éditions originales,\nmais d'après des révisions récentes. Tels qu'ils se présentent, ces catalogues peuvent néanmoins\nrendre de grand services...\nL. DE LA LAURENCIE.\nà\nBARMAS (Isaye). La solution des problème (Berlin, Bote et\nBock, Paris M. Eschig in-fol).\nIsaye Barmas est depuis longtemps accrédité en allemagne et à l'étranger en qualité\nde violiniste et de professeur. Son école basée sur un système solide lui a valu un succès\nmérité, ainsi que le prouvent de nombreux et brillants élèves.\nBarmas démontre dans son ouvrage que la principale condition d'un jeu précis et sûr, c'est\nl'agilité des doigts, l'indépendance du poignet, et la légèreté du bras.\nu Ce que la nature a souvent donné au génie, dit-il, chacun peut l'acquérir par le savoir\net par un enseignement rationel. N'oublions jamais que toute technique réside dans le cerveau,\net qu'elle est dirigée par lui. Avant d'aborder les hautes difficultés techniques, on veillera à ne\ntravailler le violon et l'archet que de la façon la plus naturelle. Alors l'ennui et le mécontente-\nment disparaîtront, d'autant plus qu'on pourra plus rapidement se consacrer à la musique\nproprement dite \".\nLe livre, parfaitement traduit par Nestor Lejeune, est orné de 27 illustrations et d'une\nsérie d'exercices. Capet, Marteau et Kreissler lui ont adressé d'élogieux compliments.\nK. K.\nWAGNER (Peter). Einfûhru ng in die I Band, 2er Theil.\n(Leipzig. Breitkopf. 1912. gr. in 8U de XVI et 505 pp. avec plusieurs reproductions phototy-\npiques.)\nCe livre est consacré à la Paléographie du chant grégorien. Il est impossible en quelques\nlignes de décrire un ouvrage d'une si haute importance, non seulement pour la théorie, mais\naussi la pratique du chant liturgique. Le très riche contenu de ce volume est présenté avec\nun ordre, une logique et une volonté qui en font un instrument de travail de premier ordre.\n18 chapitres et un important appendice nous initient à l'histoire des Neûmes ; d'abord\nleur origine : étude des notations byzantine, russe, et arménienne ; puis, description des plus\nanciens neumes latins.\nLe Dr Wagner passe ensuite aux principaux types d'écriture neumatique : mozarabe,\nitalienne, française, anglo-saxonne et allemande, et arrive aux XIIe, XIIIe et XIVe siècles,\navec l'étude des neumes-accents.\nLes trois derniers chapitres sont consacrés à la rythmique des neumes, et là M. Wagner\na remanié considérablement la première édition de son ouvrage, en exposant une thèse\nnouvelle d'interprétation : la figure seule des notes donnerait le secret du rythme. M. Gastoué\na discuté certaines théories du Dr Wagner ; mais quoi qu'il en soit, ce manuel de Paléo-\ngraphie grégorienne est un ouvrage capital pour l'étude du chant liturgique, et la deuxième\nédition de la N eumenkun de rendra les plus grands services aux amis de l'art grégorien."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.31", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3663, "texte": "WAGNER (Peter). Neumenkunde,Palâographie des liturgischen Gesanges, 2e édition,\nrevue et augmentée, (Leipzig. Breitkopf et Hârtel, grand in-8° de XVI & 506 pages, avec\ntranscriptions musicales et nombreuses phototypies. 12 M.)\nCet ouvrage considérable forme le tome II des études du Dr Wagner sur \" l'lntroduction\naux mélodies grégoriennes dont nous venons de citer le premier volume.\nUn livre aussi éminent, et qui résume une vie d'études, de travaux et d'enseignements\nmériterait une longue et sérieuse analyse, et aussi une traduction française. L'érudit professeur\nde l'Académie de Fribourg expose successivement avec une énorme documentation les diverses\nespèces de notation qui furent usitées au moyen-âge. Trois gros chapitres sont consacrés aux\nsignes des lectionnaires orientaux, aux neumes byzantins, russes et arméniens.\nMais, à côté de l'étude paléographique, le Dr Wagner aborde la question d'interprétation\net de rythme ; il remontre par exemple, l'identité rythmique de la du et de la\nvirga jacens, dans les passages syllabiques, et il prouve à l'aide d'un texte nouveau du ms. C.\n58.275 de la bibliothèque de Zurich (XIIe s.) que certaines écoles ont indiqué par la les\nnotes longues, et par le punctum les brèves, mais seulement dans les groupes, ce qui paraît\ncontradictoire. On s'est précisément demandé si ce ne serait pas là le premier jet des\npropriétates de la notation proportionnelle du XIIIe siècle. (Cf. Tribune de St. Gervais.\nDécembre 1913).\nL'ouvrage du Dr Wagner est un instrument de travail indispensable à ceux qui s'inté-\nressent par métier ou par vocation, au chant liturgique et à l'art musical du moyen-âge.\nF. RAUGEL.\nJEANNIN. Le chanl liturgique syrien (in-8° de 205 pages. Paris, Imprimerie\nNationale.)\nUn excellent livre en tout sens, tel est ce travail \"de bénédictin c'est bien le cas de\nle dire, sur le chant de l'église chrétienne orientale de Syrie, c'est-à-dire de celle qui, depuis\nl'origine, continue de célébrer dans la langue et avec les coutumes syriaques, la liturgie\ntraditionnelle.\nMais, si les paroles de ces offices remontent, en grande partie, au IIIe siècle, que sont\nses mélodies ? Ici, il n'y a d'autre guide que la tradition orale. Et l'ouvrage de Dom Jeannin\nfruit de dix années de travail, est justement précieux parce qu'il fixe, avec un soin infini,\nl'instant de cette tradition qui nous est contemporain. Jamais, en effet, l'église syrienne à\npart d'infimes exemples, n'a connu de notation musicale : la théorie, très complexe, demi-\narabe et demi-persane, jointe à la transmission orale des mélodies, a suffi. Et, de celles-ci,\nl'auteur donne des types assez nombreux, dans tous les genres, pour qu'on soit parfaitement\ndocumenté sur la question.\nCritiquement, et avec tout ce que je sais du chant oriental, je tiens pour parfait le livre\nde Dom jeannin: appuyées, d'un côté, sur un rigoureux enregistrement des pièces chantées,\net d'un autre, sur une érudition de bon aloi, ses conclusions ne peuvent qu'être acceptées par\ntout musicologue. Le travail de Dom Jeannin est précieux, entre autres points de vue, par la\ndocumentation authentique qu'il nous offre de chants syriens, bien éloignés de l'orienta-\nlisme tout conventionnel dont certains auteurs nous objectent les formes, qu'ils ne connais-\nsent que par à peu près. A ce titre, cet ouvrage peut aider à jeter de vives lumières sur la\ncompréhension du rythme original des chants grégoriens, et c'est à quoi Dom Jeannin n'a\npas manqué.\nJe n'émettrai qu'un seul voeu : c'est que le savant auteur nous donne bientôt la collec-\ntion complète des mélodies syriaques et chaldéennes dont il a recueilli le répertoire.\nA. GASTOUÉ."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.32", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3660, "texte": "GATARD (A.) La Musique grégorienne (in-8° de 124 p., Paris, Laurens).\nSimple exposé de l'ensemble de la question, telle qu'elle résulte de la restauration\nbénédictine, le livre de Dom Gatard est une très pratique conférence de vulgarisation pour\nle \" grand public \" non initié au sujet. Je ne reprocherai pas trop à l'auteur les quelques\npassages rares, en lesquels il s'est trop montré partisan des doctrines de Dom Mocquereau.\nSon livre est un aimable compagnon, avec lequel on peut passer une heure profitable.\nA. GASTOUÉ.\nSPAETH, (S. G.). M lit on s Knowledge of Music. (Princeton, University, Library,\n1913, in-8° de 186 pp.)\nCette dissertation fut présentée à la Faculté de l'Université de Princeton pour l'obtention\ndu titre de Docteur en Philosophie. C'est un travail très consciencieux, très documenté et fort\nintéressant. Il a pour but de jeter quelque nouvelle lumière sur le caractère et la personnalité\nde Milton, grâce à l'étude, dans ses ouvrages, de tout ce qui touche à la musique. L'auteur\nréussit à montrer, après un examen des textes, patient, judicieux, et habilement conduit, que\nla musique fut chez le poète, par aptitude naturelle, et aussi par éducation, un mode de\npensée si habituel qu'on peut affirmer que la Nature se révélait à lui plus par ses harmonies\nque par ses couleurs ; et ceci, même alors qu'il était encore clairvoyant. Ainsi, dit S.,\npour Milton, la caractéristique de la forêt n'est point d'être verte, mais de faire entendre le\nmurmure des feuilles et le chant des oiseaux.\nFidèle aux méthodes qui sont encore les nôtres, je veux dire à la théorie d'influence du\nmilieu et du moment, S. consacre le premier chapitre de sa thèse à étudier la musique\nanglaise au XVIIe siècle. On y trouve cette assertion, assez inattendue, que la seule école\nmusicale ayant quelque valeur, à cette époque, fut l'école anglaise. Les Flamands, dit\nFauteur, déployèrent beaucoup d'habileté, principalement dans le développement de la forme\nmadrigalesque... mais leurs compositeurs étaient forcés de satisfaire à une telle variété de goûts\nqu'aucun style caractéristique ne sortit de leur plume. L'Allemagne produisit seulement un\nou deux bons compositeurs. L'ltalie, préoccupée de la re-découverte du monde ancien, n'offre\nrien de son propre fonds à la musique européenne, mais se contente des ouvrages importés\ndes Flandres. Chacun étant ainsi mis à son rang, (nous laissons à l'auteur la responsa-\nbilité de ses affirmations) l'Angleterre reste seule.\nCe qui est tout à fait notable, c'est la place accordée par Milton à la musique. Reprenant\nles théories platoniciennes, il ne la considère pas tant comme un art particulier que comme\nl'expression même de l'harmonie des mondes. Philosophe, poète et chrétien il puisa son inspi-\nration dans son idéale conception de la musique. Pour lui, la signification de la musique est en\nrelation étroite avec l'univers entier.\nM. DAUBRESSE.\nGRATIA. VEtude du piano, (1 vol. petit in 40 ill. de 4 planches hors-texte et de\n60 figures. Ch. Delagrave.)\nNul mieux que M. L. E. Gratia n'était qualifié pour traiter un tel sujet. Nombreux\nsont les ouvrages qui ont été écrits sur l'étude du piano. Ce dernier né a ceci de particulier\nqu'il résume tout ce qui a été dit, et apporte des idées nouvelles. L'ordonnance des matières\nest méthodique. Des tableaux synoptiques aident le lecteur à comprendre l'ensemble,\net lui permettent de se reporter ensuite aux pages indiquées plus pour amples détails. De\nnombreuses figures et exemples ajoutent à la clarté des démonstrations, et font que les\npassages, qui parfois pourraient être un peu ardus à la lecture, deviennent aussitôt essentiellement"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.33", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3432, "texte": "pratiques. Grâce à un index joint aux tableaux, l'élève peut immédiatement trouver la solution\ndes difficultés qui le préoccupent, et les travailler à l'aide de moyens ayant pour but de réaliser\nun maximum de progrès, à l'aide d'un minimum de travail. Les observations personnelles dont\nl'ouvrage fourmille, lui donnent un attrait particulier. M. Gratia met en garde contre les\ndangers d'une étude mal conduite ou exagérée, cite les différentes positions de mains, etc.,\nexamine les adjuvants mécaniques dont quelques uns ont été inventés par lui, le choix des\ndoigtés, les pédales, et il aborde ensuite l'étude de la mémoire musicale.\nLes pianistes liront ce volume avec profit. Il sera encore utile aux musiciens de tout\ngenre, les travaux sur la mémoire, les centres psychiques supérieurs et inférieurs, les mouve-\nments réflexes, l'automatisme, étendant considérablement l'intérêt de l'ouvrage.\nL. GREILSAMER.\nCURZON, (H. de). Mozart. (Paris, Alcan 1914, in-8° de 287 pp.).\nIl est évidemment difficile de dire du nouveau sur Mozart ; M. de Curzon, du reste,\nn'affiche pas cette prétention et fait de larges emprunts à ses devanciers en littérature\nmozartine, principalement à MM. de Wyzewa et de St. Foix. Son livre essentiellement\nlaudatif est donc un intéressant résumé de \" ce que tout musicien doits avoir \" concernant\nle maître de Salzbourg.\n• V. P.\nBERDENIS DE BERLEKOM, (M.). Les premières leçons de piano. (Paris, Gaillard,\n18 rue St. Sulpice, in 40 de 80 pp.).\nCette petite méthode est plutôt destinée à la nursery qu'à la salle d'études. Elle comprend\nà la fois un manuel élémentaire de solfège, qui n'est assurément pas plus mauvais que beaucoup\nd'autres et des morceaux à 2 et à 4 mains pour les débutants ; toute théorie sur le mécanisme\net l'articulation est délibérément laissée de côté sous prétexte que l'enfant y est invinciblement\nrebelle ; on pourrait objecter à cela que l'objet d'une bonne méthode serait précisément de\nvaincre cette naturelle antipathie. Mme Berdenis a pourvu chaque morceau d'un petit texte,\nque l'élève chantera tout en déchiffrant : excellente intention.\nV. P.\nFLORENCE MAY. Johannes Brahms. (Deux parties en un seul volume in-8° de\nxvi + 314 + 362 pages. Breitkopf et Hârtel, Leipzig, 1911).\nCette publication est la seconde édition d'un ouvrage considérable paru en anglais en 1905\net présenté cette fois en allemand par les soins du traducteur Ludmille Kirschbaum. Sous le\ncontrôle de l'auteur lui-même. Mme Florence May a connu personnellement Brahms,\nelle s'est rencontré avec lui à différentes époques de sa vie, et elle nous rapporte très soigneu-\nsement les moindres faits, les moindres paroles, les moindres impressions qu'elle a pu\nnoter alors. D'autre part elle a dépouillé avec le zèle le plus minutieux tous les\narticles de journaux, toutes les pièces d'archives, toutes les lettres publiées et même parfois\ninédites, tous les travaux critiques dont l'étude pouvait, directement ou indirectement, éclairer\nla figure de Brahms et l'histoire de sa vie. Elle n'a point négligé non plus de nous décrire\nles milieux divers qu'a traversés Brahms, et de nous faire connaître, en leur intimité, ses\nprincipaux amis. Elle a su rattacher même à son récit tout un tableau général de l'activité\nmusicale en Allemagne dans la seconde moitié du XIXe siècle. Mnie Florence May a donc\nexcellemment rempli sa tâche. Tout au plus pourrait-on lui reprocher un peu trop de com-"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.34", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 538, "texte": "plaisance pour les mérites du musicien dont-elle a entrepris la biographie. Mais ne soyons pas\ntrop difficiles ! Et louons, pour finir, Mme Florence May d'avoir joint à son livre des tables\ndes œuvres de Brahms par numéro d'œuvre, par ordre chronologique, par ordre systématique,\nune table des lieder par ordre alphabétique d'\" Incipit \", une table des auteurs de textes\npoétiques, un index bibliographique, et une table alphabétique des matières traitées dans le\nvolume. Voilà qui est d'une utilité inappréciable !\nLANDORMY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-05-01-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-05-01_01#c015", "volume": "bmtnabh_1914-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 34, "image_fin": 34, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.2.8.3", "titre_corps": "LIVRES REÇUS", "titre_sommaire": "LIVRES REÇUS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.34", "debut_caractere": 540, "fin_caractere_exclue": 2374, "texte": "LIVRES REÇUS\nFALCK W. Friedmann Bach.(Lpz. Kanht Nachfolger 1913 in-8\" de 170+32 pp.)\nSEIFERT (Max). Ein Archiv fur (Berlin Ernest\nSiegfried Mittler und Sohn, 1914 in-8\" de 16 pp.)\nDELBRUCK (Hans). Die Zukunft (Extrait des Preussische\nJahrbùcher, Berlin 1914)\nBERNARD (Gabriel). Le Wagner de Parsifal (Paris, Méricant in-12° de\n320 pp. fr. 5)\nBONNEROT (Jean). C. Sainl-Saëns (Durand et fils, 1914 in-12° de 179 pp. fr. 2)\nLAURENCIE (L. de La). La (Chapitre de\nXVIIIe siècle) (Félix Alcan, 1914 in-8°)\nMAY (Florence). Johannes Brahms,aus dem englischen iibersezt von KIRSCH-\nBAUM (Lpz. Breitkopf 1911, in-8° de 362 pp. Mk. 22)\nCUCUEL (G.). Les créateurs de Vopéra-comique français. (F. Alcan 1914, in-12°\nfr. 3,50)\nDUHAMEL (Maurice). Musiques (Paris, Rouart Lerolle et Cie 1913\nin-8° de 224 pp.)\nBACHMANN (Alberto). Les grands (Fischbacher 1913 in-fol\nde 470 pp. fr. 50)\n—QUATRELLES L'ÉPINE (M). Cherubini. (Lille, Lefebvre-Duroc, 1913, in-4°\nde 174 pp.)\nAUGE DE LASSUS (L.). Sain t-Saëns(Delagrave 1914, in-12° de 276 pp. fr. 3.50)\nVUILLEMIN. Gabriel Fauré (A. Durand et fils, 1914, in-12 de 55 pp. fr. 3).\nTHOMAS (Wolfgang). Mozart-Schatzkâstlein (Munchen,Wunderhorn-Verlag 1912,\nin-12 de 88 pp.)\nRAYMOND DUVAL (P. H.). La (Non mis\ndans le commerce. In-12° de 315 pp.)\nWYZEWA (Th. de). Beethoven et Wagner (Peirrin 1912, in-8° de 382 pp, fr. 5).\nDEUTSCH (Otto Erich). Franz Schu(Muenchen, Georg Miiller, 1913-1914,\n2 vol. in-4° de 500 pp. Mk. 20).\nSTENDHAL. Vies de Haydn, de M préface de ROMAIN\nROLLAND. (Paris, Champion, 1914, in-8° de 496 pp.)\nCOMBARIEU. (J.) L'Enseignement (Dela-\ngrave 1914 in-120 de 16 pp).\nISTEL (Edgar). Duo Libretto. (Berlin, Schuter und Lœffer, 1914, in-12° de 240\npp. M. 3.)\nLAVIGNAC. Encyclopédie de la musique... Delagrave 1913-1914, 2 vol. T. I. Anti-\nquité. 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G. Berly assisté de M. Ecorcheville, Vice-Président,\nM. Léo Sachs, Trésorier, M. Gustave Cahen, Secrétaire du Conseil et de M. Louis de\nMorsier, Secrétaire général.\nM. G. Berly a donné lecture du rapport du Conseil pour l'année 1913, dans lequel il\nest rendu compte des travaux de la Société pour l'année écoulée et de ses projets pour l'avenir.\nIl y est notamment expliqué qu'au lendemain de la dernière Assemblée Générale, le\nConseil a précisé quel devait être le programme général de la Société. Ce programme a été\npublié en détail dans l'annuaire de 1913 qui donne également l'objet des quatre Commissions\nconstituées : de Propagande, de Musique, de Province et de Philanthropie.\nIl y est rappelé les manifestations auxquelles la Société a cru devoir accorder son patronage,\nles différentes réunions musicales qui ont eu lieu, les subventions diverses qui ont été consenties\nsoit à des Sociétés, soit à des musiciens dignes d'intérêt. L'attention de l'Assemblée s'y trouve,\nensuite, attirée sur la fondation du Prix de Musique, la création d'une Bibliothèque musicale,\nle prochain Congrès International de Musique qui doit avoir lieu à Paris au mois de juin, le\nprojet de fondation, à Bruxelles, d'une société Belge des Amis de la Musique.\nIl y est en outre annoncé, avec l'expression des regrets unanimes du Conseil, les\ndémissions de Mme la Comtesse d'Haussonville et de M. Romain Rolland qui, si leurs occu-\npations ne leur permettent plus de faire partie du Conseil d'Administration, n'en restent pas\nmoins membres de la Société.\nEnfin, après un compte-rendu de la statistique des membres de la Société dont le nombre\naugmente chaque jour, le Rapport rappelle, avec de vives félicitations, le grand succès remporté\npar les Concerts Populaires Monteux qui ont débuté cette année sous le patronage de la Société\net grâce à l'appui de quelques-uns de ses membres les plus dévoués. S'associant à ces félicita-\ntions, l'Assemblée a fait à M. Monteux, qui y assistait, la plus sympathique ovation.\nL'intéressant rapport du Conseil a provoqué, à maintes reprises, les applaudissements de\nl'Assemblée. Il paraîtra d'ailleurs intégralement dans notre prochain annuaire de 1914, qui est\nactuellement sous presse.\nM. Léo Sachs, trésorier, a donné ensuite lecture de son rapport sur la situation financière\nde la Société. Les comptes présentés dans ce rapport ont été approuvés à l'unanimité.\nL'ordre du jour étant épuisé et personne n'ayant demandé la parole, la séance a été levée\nà 4 heures 1/2.\nRÉUNIONS MUSICALES\nA la suite de l'Assemblée Générale, nos sociétaires ont eu le plaisir d'assister à une\naudition musicale qui fut des plus réussies, grâce à l'amabilité de Madame Bugg, de l'Opéra,\net du Quatuor Chailley."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.36", "debut_caractere": 45, "fin_caractere_exclue": 3644, "texte": "Le Quatuor Chailley, composé de Messieurs Marcel Chailley, Victor Gentil, Philippe\nJurgensen et Jules Griset est, comme on le sait, lauréat du prix de musique, pour 1913, de la\nSociété Française des Amis de la Musique.\nEn remerciement du témoignage d'estime et d'encouragement qui lui fut ainsi accordé\npar notre Société, le Quatuor Chailley nous a très gracieusement demandé de se faire entendre\nà l'une de nos réunions privées. Il va de soi que nous avons accepté avec empressement cette\naimable proposition.\nC'est ainsi que nos membres ont eu l'occasion d'apprécier les hautes qualités musicales\nde ce Quatuor, qui a d'ailleurs souvent affirmé sa maîtrise dans les grands concerts, tant en\nFrance qu'à l'étranger. Mais, il ne nous appartient pas de faire, à cette place, œuvre de\ncritique. Nous voulons seulement nous borner à constater l'accueil enthousiaste qui a été fait\nà Messieurs Marcel Chailley, Victor Gentil, Philippe Jurgensen et Jules Griset pour l'excel-\nlente exécution du 2e quatuor à cordes de Beethoven et du quatuor a cordes de Debussy et\nrenouveler à ces remarquables artistes nos remerciements les plus sincères pour le plaisir qu'ils\nnous ont procuré.\nNous désirons également offrir ici l'hommage de notre vive gratitude à Mme Bugg qui a\nbien voulu accepter d'apporter à notre réunion la grâce exquise de sa personne et le charme\nprofond de son art. Malgré l'inquiétude d'un rhume malencontreux qui voilait un peu l'éclat\nhabituel de sa voix, Mme Bugg n'a pas moins interprété de la manière la plus émouvante le bel\nair d'Acis et Galatée de Haendel, le farouche Hopak de Moussorgski et deux délicieuses et\nspirituelles mélodies de M. Alfred Bruneau intitulées \" Promenade \" et \"La Lettre du\njardinier \".\nL'Assemblée a exprimé à Madame Bugg combien elle a apprécié tout à la fois sa vaillance\net son talent en ne lui ménageant pas, de tout cœur, les plus chaleureuses acclamations.\nNos membres ont encore eu le grand plaisir d'être conviés, le samedi soir 25 avril, à la\nsalle Malakoff, pour assister à une représentation de \"La Farce du Cuvier \", paroles de\nM. Maurice Léna, et musique de M. Gabriel Dupont.\nCette réunion exceptionnelle qui offrait, on en conviendra, un intérêt tout particulier, a\neu lieu nous sommes heureux de le redire ici grâce à l'aimable initiative de M. Robert\nLe Lubez, un des membres les plus dévoués de notre Société.\nM. Robert Le Lubez, dont on connaît l'autorité en matière musicale et le beau talent de\nchanteur, a eu l'heureuse idée de monter la Farce du Cuvier avec le concours de deux artistes\ndes plus appréciées dans la haute société parisienne, Mesdames Vaucaire et Jacquet-Marsans ;\nnous sommes très vivement touchés qu'avant toute audition publique il nous ait offert de\nréserver, en quelque sorte, la primeur de ce charmant ouvrage aux \" Amis de la Musique\nQue M. Robert Le Lubez et ses charmantes collaboratrices reçoivent ici à nouveau\nl'expression de toute notre reconnaissance et, de plus, tous nos compliments, car la représenta-\ntion de samedi dernier a remporté un succès éclatant.\nL'œuvre est de celles qui s'imposent du premier coup, d'abord par la franche gaîté d'un\nsujet bouffon traité de main de maître par M. Maurice Léna, ensuite par l'élégance, la\nvivacité et le pittoresque d'une musique imprégnée de la plus heureuse inspiration.\nNul ne s'étonnera, parmi ceux qui le connaissent, que le musicien à la fois si délicat et si\nprofond qu'est M. Gabriel Dupont ait écrit pour cette \" farce \" sentimentale, du meilleur aloi,\nune partition qui est très certainement, nous nous risquons à le proclamer, un petit chef-d'œuvre."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.37", "debut_caractere": 45, "fin_caractere_exclue": 2089, "texte": "Quant aux artistes, il serait impossible, sans doute, d'interpréter avec plus d'esprit»\nde sûreté et d'entrain, une œuvre plus charmante, au double point de vue de la musique et de\nl'action, que ne l'ont fait Mme Vaucaire, incomparable dans le rôle de Mm* Jacquet-\nMarsans, infiniment spirituelle sous le traits de et M. Robert Le Lubez qui a fait du\npersonnage de Jaquinotune création inoubliable.\nNous ne voulons pas oublier Mmes Coursin, Couty, Delanne et Rosemai qui ont chanté\nles rôles épisodiques des lavandières avec beaucoup de verve et de talent, ni M. Le Baillif, qui a\ntenu la partie de piano avec une maestria tout-à-fait remarquable.\nLa mise en scène de Mme Pierron-Danbé fut très appréciée et l'on se doute bien que\ncette troupe d'élite a été longuement acclamée et rappelée par l'auditoire nombreux et élégant\nqui se pressait à la salle Malakoff.\nNOUVEAUX MEMBRES\nLes nouvelles adhésions qui sont parvenues au Secrétaire Générai sont, par ordre\nalphabétique :\nMme C. Alphen-Salvador\nMme Roger d'Amboix de Larbont\nM. Claude Anet\nM. Maurice Bonhomme\nMme Maurice Bonhomme\nMlle Odette Carlyle\nMme Claude\nM. Alfred Coenen\nMlle Cohen\nM. Constantin-Gilles\nM. N. G. Coronio\nMme Lucien Delmas\nMme Paul Desmarais\nM. Jean Dreyfus-Stern\nMlle Thérèse Duroziez\nS. E. Etienne de Elisséieff\nMme P. Foucher\nMme Eugenia Galewska\nMme Etienne Gaveau\nM. Jules Griset\nMme Jules Griset\nM. Louis Helbronner\nM. Louis Jacob\nMme Japy\nMThérèse Jeanès\nMme Kœchlin\nMlle Larcher\nM]le Aline Léon\nMme Lise Lièvre\nMlle Ester Lindahl\nMme Paul Marty\nM. André Mauban\nMme André Mauban\nM. L. Mors\nMme Léon Muhlfeld\nMme Louis Natanson\nM. Georges Parcelier\nMme Georges Parcelier\nMme Albert Petsche\nM. Olivier Raulin\nM. de Renaucourt\nM. Gabriel Rosenwald\nMme Gabriel Rosenwald\nMme Sartoris\nMme Gabrielle Scapini\nMme Louis Schopfer\nMlle Anna Sée\nM. Marcel Simon\nM\"e Arnolde Stephenson\nM. J. Stern\nMme J. Stern\nMme Léon Tabet\nMlle Minnie Tracey\nMme Vacher\nMme Gustave Valabrègue\nM. Paul Vidal\nDoctor Villeroux\nMlle Watto\nMme Eva de Winklerfelt\nMme Jean de Witt\nM. Zukowski"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-05-01-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-05-01_01#c017", "volume": "bmtnabh_1914-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 39, "image_fin": 44, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.2.10", "titre_corps": "L'ACTUALITÉ", "titre_sommaire": "L'ACTUALITÉ", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.39", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1670, "texte": "Le Sacre du Printemps\n\nParis, qui avait commis une cruelle iujustice, vient de la réparer par un triomphe. 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La concurrence de cinq sociétés de concerts\nsymphoniques, l'existence aussi d'une revue comme celle où paraîtront ces lignes, sont à la fois\nles preuves et les instruments de cet indéniable progrès. Entre les artistes et le monde, une\nalliance s'est conclue ; les premiers ne sont plus montrés aux invités d'une soirée comme des\nphénomènes dont l'approche est interdite ; on traite avec eux d'égal à égal ; ils reçoivent à\nleur tour, et les personnes qui assistent à la dernière répétition de tel concert du dimanche,\nintimement flattées de cet honneur, se tiennent, en dépit de leurs aigrettes ou de leurs four-\nrures, aussi sages qu'au cours de M. Bergson."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.40", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3068, "texte": "Le Sacre du printemps a bénéficié de ces heureuses dispositions. 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Ce sont les terreurs de la nuit, les\nfrôlements d'ailes, les cris, les murmures, les plaintes de l'espace, ce sont les mugissements des\nmonstres, les galops implacables, les approches rampantes, les bonds de surprise, les sursauts\nd'agonie, les combats, les angoisses, les délires, les prostrations, les triomphes ensanglantés, et\nc'est l'union indissoluble de la vie et de la mort. La nature nous apparaît ici dans son aveugle-\nment terrible, sans les atténuations ni les interprétations que si longtemps notre lâcheté lui\ninfligea. C'est son rude langage, complété seulement, renforcé et éclairci, quand elle ne sait\nqu'en balbutier les syllabes confuses. Ce sont les orgues de la terre, mais un musicien est un\nclavier.\nIl y aurait beaucoup à dire sur le rythme qui n'est pas, comme les esprits simples se\nl'imaginent, une arithmétique hygiénique, mais un concours subtil de la durée, de l'intensité,\nde la hauteur et du timbre. Le rythme ne se juge que par son effet, qui est ici prodigieux.\nC'est un ouragan qui passe, l'âme avec ses scrupules, ses réserves et ses résistances personnelles\nest dissipée, et on se laisse porter comme une pierre ou * une feuille. C'est une ivresse, une\nextase, un anéantissement, et l'auditoire, quand la musique s'arrête, ne se possède plus, en proie\nà un enthousiasme qu'on ne saurait mieux qualifier que de panique.\n\" J'ai accompli, dit M. Strawinski, une œuvre de foi \". Cette foi, il nous l'a communiquée.\nAvec lui nous avons célébré les mystères de la Mère éternelle ; nous avons contemplé sans\nhorreur le sacrifice humain et nous nous sommes partagé les chairs égorgées.\n\nLouis Laloy.\n\nCONCERTS COLONNE\n\nUindisposition persistante de notre éminent collaborateur CLAUDE DEBUSSY nous prive\naujourd'hui de son compte-rendu des Concerts Colonne.\nEn son absence M. Paul Clémenceau a bien voulu se charger de renseigner nos lecteurs sur les\ndernières exécutions du Châtelet.\nLe Directeur du Conservatoire de Cologne, M. Fritz Steinbach, qui dirigea le Concert\nColonne du 29 Mars dernier, tient une place trop importante parmi les grands chefs d'orchestre\nd'Allemagne de notre époque pour que nous osions le présenter comme un nouveau venu. Il\nest vrai qu'il a très peu dirigé de concerts en France ; mais tous ceux qui aiment la musique,"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.41", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 11, "texte": "L'ACTUALITÉ"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.41", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3247, "texte": "tous ceux qui vont où l'on en fait, sans attendre qu'on vienne à eux, tous ceux qui lisent ce\nqui s'écrit, connaissaient depuis longtemps la haute valeur de l'artiste avant qu'il vienne diriger\nau Châtelet. Steinbach est de ceux qui, abstraction faite de leurs préférences personnelles,\ncherchent à se pénétrer de la pensée du compositeur qu'ils interprètent, à saisir les raisons de\nla forme donnée à l'expression, et à traduire enfin avec exactitude, sans négliger aucun détail,\nle sentiment qui donne la vie à l'œuvre et force la compréhension de l'auditeur. Sous sa direc-\ntion, la Cinquième de Beethoven nous est apparue pleine de jeunesse, et dégagée de l'ennui\nclassique que certains aiment chez nous à y mettre pour rappeler que le compositeur est mort,\net que par respect, il faut le jouer comme si on déposait une couronne funéraire sur sa tombe.\nLe public a fait à Steinbach l'accueil qu'il méritait, et il a retrouvé les mêmes acclamations\naprès l'exécution de l'adorable Sérénade de Mozart pour instruments à vent, et du\nBrandebourgeois de Bach en si bémol qu'on ne qualifie pas : être éternel, ce n'est pas être\nvieux. Le concert se terminait par la 4me Symphonie de Brahms. Steinbach qui, on le sait, est\nun disciple fervent de Brahms, en a donné une exécution si parfaite, si colorée et si claire,\nque sa compréhension s'est imposée à ceux même qui, par principe, étaient les plus hostiles.\nAu milieu du Concert, le programme comportait un poème lyrique d'Alfred Casella,\nécrit sur la Notte di Maggiode Carducci, dédié à Madame Maria Freund et interprété par\nelle. L'auteur fait partie des jeunes musiciens les plus connus de Paris. De nationalité\nitalienne, il a fait toutes ses études à Paris, et si par ses goûts il est des nôtres, son interpréta-\ntion, toujours très personnelle, lui vient de son pays natal. Dans toutes ses œuvres, un sérieux\net une gravité rares chez un artiste de son âge dominent, mais si sa forme d'expression orches-\ntrale fut influencée par les maîtres allemands qu'il préfère, son sentiment personnel reste\ntoujours en lumière, au service de la musique pure. Dans la Notte ces qualités\ns'affirment avec plus de netteté que dans ses compositions antérieures. Sur un fond orchestral\nfait d'harmonies audacieuses et de sonorités nouvelles, s'élève un chant grave, émouvant par\nson ardeur contenue, et dont la simplicité évoque le souvenir des maîtres italiens de la glorieuse\népoque. Ces deux juxtapositions, si différentes d'origine, font une œuvre d'une belle unité pour\nchanter le mystère d'une nuit de Mai, où dort encore la nature sous les rayons d'une lune\nclaire et tiède, pour le cœur du solitaire qui a aimé et souffert.\nMadame Maria Freund a interprété la \" Notte di Maggio \" avec l'art parfait et la\nnoblesse altière qui font d'elle une des plus grandes artistes de notre temps. Le public lui a\nfait un chaleureux accueil à elle et à Casella qui conduisait l'orchestre. Il est superflu d'ajouter\nque ce dernier eut avec raison, sa part d'applaudissements mérités.\n\nPaul Clémenceau.\n\nCONCERTS LAMOUREUX\n\nLe dimanche 5 Avril fut ce que l'on pourrait appeler la \" journée des ballets \" ; hâtons\nnous de dire que ce ne fut pas la \"journée des dupes. \" Au Châtelet, c'était Y lie de"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.42", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3299, "texte": "M. Henri Ltttz, que nous n'avons pu entendre mais dont on nous a dit grand bien et qui\nobtint un légitime succès.\nAu concert Monteux, c'était le Sacre du printemps, délices des esthètes, un chef-d'œuvre\nselon les rites de la petite église moderniste. Chef-d'œuvre, non certes, il faut tout de\nmême autre chose pour motiver ce titre, mais œuvre d'un très grand intérêt rythmique, sinon\nmusical, et qui dénote chez son auteur un réel tempérament d'artiste. Nous attendons avec\nconfiance le jour où M. Strawinsky ayant secoué le joug et s'étant libéré des dogmes de\nsa petite confrérie, nous donnera une œuvre d'émotion dans laquelle il osera laisser parler son\ncœur plus haut que son ingéniosité. Nous croyons le jeune auteur de assez fortement\ndoué pour, après les curiosités rythmiques et les bruits exceptionnels, nous apporter enfin cette\nsatisfaction musicale.\nAu concert Lamoureux de ce même Dimanche figurait la troisième partie de\nChiot,ballet de M. Maurice Ravel, et, à notre avis, l'œuvre la plus \" pensée \" qu'il ait écrite\njusqu'ici. L'art de M. Ravel semble se modifier, sa conception s'élargit, il parait abandonner\nmomentanément, du moins, le bibelot, l'objet rare, la miniature de cimaise, pour aller\nfranchement vers la musique. Voilà, enfin, de lui, une partition importante, dont nous regret-\ntons, (n'ayant pu assister aux représentations de l'an dernier), de n'avoir entendu qu'un\nfragment. L'œuvre est cohérente, se tient debout, et l'auteur ne répugne point à y employer des\nsonorités purement musicales, des thèmes presque émus, et même des\nessais de leitmotivwagnérien...\nCe n'est pas à dire que M. Ravel ne sacrifie point encore, comme il convient, au dieu\nde la mode en lui offrant des encensements d'agglomérations sonores inusitées et des holocaustes\nde frottis bizarres dont l'utilité musicale ne paraît point flagrante : il faut bien être de\nson temps et savoir distribuer quelque aliment aux passions malsaines de trop exigeants amis.\nMais tout cela n'empêche que Daphnis et Chloéne nous présage, dans un avenir peut-être plus\nrapproché qu'on ne croit, ce que M. Ravel pourra faire lorsqu'il aura virilement rompu les\nchaînes qui l'attachent encore à sa camaril la.En dépit de l'abus vraiment fatigant des instru-\nments de percussion, (le xylophone et le célesta commencent à paraître aussi vieillots que la\ngrosse caisse cymbalisante des Rossini et des Donizetti) le partition de Daphnis est pleine\nde charmantes trouvailles dans l'ordre de la sonorité ; une pointe d'émotion semble parfois\nvouloir s'y glisser à travers les barrières soigneusement dressées contre la musique et jalousement\ngardées par les grands mandarins du snobisme ! la danse finale, en son rythme tourbillon-\nnant exagéré jusqu'au paroxysme, donne une impression de puissance inhabituelle chez\nM. Ravel, qui entraîne joyeusement dans sa rude bacchanale tout auditeur dénué d'idées\npréconçues.\nNous voudrions voir Daphnis et Chloé remis àla scène par un directeur intelligent ; nous\nsommes persuadés qu'en dehors même des snobs, applaudisseurs inconscients de tout ce qui est\nprescrit par les rites, cette adaptation sonore jointe à la réalisation scénique ne pourrait\nqu'obtenir un très grand succès.\nLa troisième partie de cette pantomime fut merveilleusement mise en valeur sous la"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.43", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 3092, "texte": "direction de M. Chevillard ; orchestre et chef y déployèrent une chaleureuse virtuosité et une\nfiiria francese que nous aimons à voir mises au service d'œuvres de notre terroir.\n.\nIl se produisit, ces temps derniers un événement musical de tout premier ordie,\nmanifestation artistique de laquelle le snobisme se tint prudemment a 1 écart, parce qu elle\nn'était point inscrite au rituel, mais dont il ne nous est pas permis de parler en détail dans cet\narticle consacré aux concerts Lamoureux.\nIl s'agit de la première audition d'une Symphonie, la quatrième de M. Albéric Magnard.\nLà, il n'y a pas douze instrumentistes à la batterie mais il y a véritablement de la très belle\nmusique...\n\nVincent d'Indy.\n\nSOCIÉTÉ DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE\n\nPersonne, assurément, ne reprochera à la Société des Concerts de gaspiller son temps en\ndes travaux frivoles ni d'avoir la passion du bibelot. Les trois derniers programmes fléchissaient\nsous le poids de la Symphonie avec chœurs de M. Ropartz, de la Messe en ré et de la /J 5fme Sym-\nphonie de Beethoven. Les abonnés, que la légende nous représente comme de très vieilles gens,\ncacochymes sourds ou monauts, ne souffrent pas de dyspepsie sénile. Beethoven n'est d'ailleurs\nindigeste actuellement que pour les adultes que défrise la quarantaine. Mais si l'état sanitaire\nde ces derniers a pu être précaire aux environs de Pâques, depuis quatre jours le Sacre du\nPrintemps a tout réparé.\nLa Symphonie de M. Ropartz nous apparut pour la première fois, alors qu'elle venait\nd'être couronnée, il y a quelque huit ans, dans cette meme salle de la rue Bergeie sous les\nauspices de Georges Marty. On sait quelle disposition nouvelle elle offrait. Le programme\nlittéraire, où se manifeste la pensée de l'auteur, est en efîet expose dans une soi te de préfacé\nchorale qui résume le développement symphonique. C est un symbole ou plutôt une philosophie,\nun grand mouvement de charité, une sorte de panthéisme sonore ou les voix de la nature se\nconfondent avec celles de l'homme dans un chœur universel. Vous reconnaissez la 1 esprit des\njßéatitudes. Vous y reconnaissez même le style franckiste dont M. Ropartz n était pas a cette\népoque entièrement libéré. J'avais naguère discerné cette influence dans uun certain mode de\ndéveloppement, de processus harmonique ou de modulation, dans 1 emploi de quelques locutions\nchromatiques, dans l'agrégation parfois un peu massive de l'orchestre et jusque dans le satanisme\n(rappelez-vous le Franck u possédé \" des Béatitudes ou du Chasseur maudit) du Scherzo farouche\net haineux \". Ces expositions rétrospectives éclairent singulièrement 1 évolution d un artiste.\nM. Ropartz n'est plus l'écho du maître. Il porte maintenant en soi, dans une fervente intimité,\ntoute son inspiration. Mais j'imagine qu'il ne renie rien d'une œuvre qui avait des 1 abord\nconquis ses pairs (même ceux à qui la discipline franckiste, beaucoup plus que Franck, parait\nmaintenant intolérable), et qui avait plongé dans une stupeur, hélas non mortelle, les abonnes\nde ce temps-là. Rassurons-nous. Ce ne sont plus les mêmes."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.44", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3281, "texte": "Mmes Madeleine Bonnard et Povla Frisch, MM. Altchewsky et Narçon nous conviaient\nà nous \"Aimer les uns les autres.\" Mme Povla Frisch chanta une Cantate de Tunder, élève\nde Frescobaldi et beau-père de Buxtehude, dont il faut regretter que l'œuvre ne nous soit pas\nplus largement divulgué et le Roi des Aulnes, de Schubert, orchestre par Berlioz. Les adorables\nNocturnes de M. Debussy ont trouvé dans l'orchestre de la Société des Concerts, docile à la\nbaguette divinatoire de M. Gaubert, des interprètes admirablement souples, intelligents,\nintuitifs. Te n'ai jamais mieux senti la douceur d habitei dans les Il faut craindre\nd'écraser sous le faix des épithètes le talent de M. Boucherit, qui est fait de clarté, de grâce,\nde vivacité spirituelle et d'une émotion que sa pudeur même revèle plus ardente. On gagerait\nque le Concerto pour violon de IVJendelssoh n a ete écrit poui un tel virtuose. 11 le joue en se\njouant, avec ce mélange de sensibilité et de dandysme élégant qui caractérise l'auteur du Songe ;\nson succès a été considérable.\nLe concert vraiment \" spirituel \" du Vendredi-Saint était consacré à Beethoven avec\nl'ouverture de Coriolan^le (concertoen sol majeur pour piano ou excelle IV1. Rislcr et la\nen ré,célébrée par Mmes Bonnard et Philipp, MM. Paulet et Froelich. J'aurais volontiers\nesquissé l'apologie du-Concerto en sol majeur — celle de M. Risler est superflue. L'Allegro\ninitial et Y Anda ntene peuvent, ce semble, et d ailleurs pour des taisons très différentes, laisser\nqui que ce soit insensible. Ceci posé, je ne pense pas qu'il y aurait eu un inconvénient quel-\nconque à ajourner la Messe en réyBeethoven ayant joui cet hiver, a la Société des Concerts,\nd'un traitement de faveur qui n'était peut-être pas justifié par 1 ingratitude d autrui. Et puis\nil se trouve d'excellents catholiques qui gardent toute leur vie une certaine terreur de la\n\" grand-messe \" et qui n'en sont pas moins \" sauvés \" pour cela. Ces gens-là sont terriblement\ninconséquents, me direz-vous. Hélas ! c'est le cas de quelques-uns de... mes meilleurs amis.\nJ'avoue que quand je veux entendre une prophétie, c'est — ne parlons ni des quatuors ni des\ndernières sonates — dans la neuvième symphonie que je vais la chercher, beaucoup plus que\ndans la Messe en ri.S'il vous plait de savoir pourquoi relisez donc, dans le Mercure de France,\nun vieil article de J. Marnold que j'ai confusément pensé et que je regrette de n'avoir point écrit.\nLes 19 et 26 avril, la Symphonie avec chœurs clôturait le cycle beethovenien. MIlM Nottick\net Lapeyrette, MM. Paulet et Journet s'y réjouissaient généreusement au geste impératif de\nM. Messager. Je ne vous ai pas dit avec quel héroïsme, avec quelle vaillance heureuse les\nchoristes de la Société ont donné l'assaut aux escarpements d'une inaccessible tessiture. Comme\nles plus grandes fugues de la Messe,le final de la ne leur a pas résiste. Et le mérité,\nsi l'on considère leur nombre restreint, n'est pas mince. M. Schelling s'était, quelques instants\nauparavant, fait applaudir avec le Concerto pour piano de Schumann. L'ouverture de de\nRameau ouvrait la fête. Nous avons dû à la Société des Concerts quelques aubaines ramistes\ncet hiver. Qui l'empêche de les multiplier et de dépasser ces promesses fugitives r\n\nPaul Locard."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-05-01-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-05-01_01#c019", "volume": "bmtnabh_1914-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 39, "image_fin": 40, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.2.10.2", "titre_corps": "Le Sacre du Printemps", "titre_sommaire": "Le Sacre du Printemps", "signature_source": "Louis Laloy", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.39", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1670, "texte": "Le Sacre du Printemps\n\nParis, qui avait commis une cruelle iujustice, vient de la réparer par un triomphe. 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La concurrence de cinq sociétés de concerts\nsymphoniques, l'existence aussi d'une revue comme celle où paraîtront ces lignes, sont à la fois\nles preuves et les instruments de cet indéniable progrès. Entre les artistes et le monde, une\nalliance s'est conclue ; les premiers ne sont plus montrés aux invités d'une soirée comme des\nphénomènes dont l'approche est interdite ; on traite avec eux d'égal à égal ; ils reçoivent à\nleur tour, et les personnes qui assistent à la dernière répétition de tel concert du dimanche,\nintimement flattées de cet honneur, se tiennent, en dépit de leurs aigrettes ou de leurs four-\nrures, aussi sages qu'au cours de M. Bergson."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.40", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2421, "texte": "Le Sacre du printemps a bénéficié de ces heureuses dispositions. Car l'œuvre, en sa\nhardiesse intrépide, avait de quoi surprendre plus d'un auditeur timoré. Mais aujourd'hui le\npublic des concerts est devenu bon public. Il ne demande qu'à se laisser émouvoir, et il a bien\nraison. J'avais moi-même, à la lecture de la partition, cru remarquer l'abus de tel ou tel\nprocédé. Ce sont là des observations parfaitement oiseuses. Une telle musique ne livre pas son\nsecret à la lecture. Elle parvient à l'existence dans l'orchestre, et non sur le papier. Les sons,\net le mouvement des sons, qui est le rythme, en forment la substance.\nM. Strawinski est le maître des sons et du rythme. Il sait choisir et disposer les sons de\ntelle manière que tous les bruits de la nature sont évoqués. Ce sont les terreurs de la nuit, les\nfrôlements d'ailes, les cris, les murmures, les plaintes de l'espace, ce sont les mugissements des\nmonstres, les galops implacables, les approches rampantes, les bonds de surprise, les sursauts\nd'agonie, les combats, les angoisses, les délires, les prostrations, les triomphes ensanglantés, et\nc'est l'union indissoluble de la vie et de la mort. La nature nous apparaît ici dans son aveugle-\nment terrible, sans les atténuations ni les interprétations que si longtemps notre lâcheté lui\ninfligea. C'est son rude langage, complété seulement, renforcé et éclairci, quand elle ne sait\nqu'en balbutier les syllabes confuses. Ce sont les orgues de la terre, mais un musicien est un\nclavier.\nIl y aurait beaucoup à dire sur le rythme qui n'est pas, comme les esprits simples se\nl'imaginent, une arithmétique hygiénique, mais un concours subtil de la durée, de l'intensité,\nde la hauteur et du timbre. Le rythme ne se juge que par son effet, qui est ici prodigieux.\nC'est un ouragan qui passe, l'âme avec ses scrupules, ses réserves et ses résistances personnelles\nest dissipée, et on se laisse porter comme une pierre ou * une feuille. C'est une ivresse, une\nextase, un anéantissement, et l'auditoire, quand la musique s'arrête, ne se possède plus, en proie\nà un enthousiasme qu'on ne saurait mieux qualifier que de panique.\n\" J'ai accompli, dit M. Strawinski, une œuvre de foi \". Cette foi, il nous l'a communiquée.\nAvec lui nous avons célébré les mystères de la Mère éternelle ; nous avons contemplé sans\nhorreur le sacrifice humain et nous nous sommes partagé les chairs égorgées.\n\nLouis Laloy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-05-01-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-05-01_01#c020", "volume": "bmtnabh_1914-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 40, "image_fin": 41, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.2.10.3", "titre_corps": "CONCERTS COLONNE", "titre_sommaire": "CONCERTS COLONNE", "signature_source": "Paul Clémenceau", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.40", "debut_caractere": 2423, "fin_caractere_exclue": 3068, "texte": "CONCERTS COLONNE\n\nUindisposition persistante de notre éminent collaborateur CLAUDE DEBUSSY nous prive\naujourd'hui de son compte-rendu des Concerts Colonne.\nEn son absence M. Paul Clémenceau a bien voulu se charger de renseigner nos lecteurs sur les\ndernières exécutions du Châtelet.\nLe Directeur du Conservatoire de Cologne, M. Fritz Steinbach, qui dirigea le Concert\nColonne du 29 Mars dernier, tient une place trop importante parmi les grands chefs d'orchestre\nd'Allemagne de notre époque pour que nous osions le présenter comme un nouveau venu. Il\nest vrai qu'il a très peu dirigé de concerts en France ; mais tous ceux qui aiment la musique,"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.41", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3051, "texte": "tous ceux qui vont où l'on en fait, sans attendre qu'on vienne à eux, tous ceux qui lisent ce\nqui s'écrit, connaissaient depuis longtemps la haute valeur de l'artiste avant qu'il vienne diriger\nau Châtelet. Steinbach est de ceux qui, abstraction faite de leurs préférences personnelles,\ncherchent à se pénétrer de la pensée du compositeur qu'ils interprètent, à saisir les raisons de\nla forme donnée à l'expression, et à traduire enfin avec exactitude, sans négliger aucun détail,\nle sentiment qui donne la vie à l'œuvre et force la compréhension de l'auditeur. Sous sa direc-\ntion, la Cinquième de Beethoven nous est apparue pleine de jeunesse, et dégagée de l'ennui\nclassique que certains aiment chez nous à y mettre pour rappeler que le compositeur est mort,\net que par respect, il faut le jouer comme si on déposait une couronne funéraire sur sa tombe.\nLe public a fait à Steinbach l'accueil qu'il méritait, et il a retrouvé les mêmes acclamations\naprès l'exécution de l'adorable Sérénade de Mozart pour instruments à vent, et du\nBrandebourgeois de Bach en si bémol qu'on ne qualifie pas : être éternel, ce n'est pas être\nvieux. Le concert se terminait par la 4me Symphonie de Brahms. Steinbach qui, on le sait, est\nun disciple fervent de Brahms, en a donné une exécution si parfaite, si colorée et si claire,\nque sa compréhension s'est imposée à ceux même qui, par principe, étaient les plus hostiles.\nAu milieu du Concert, le programme comportait un poème lyrique d'Alfred Casella,\nécrit sur la Notte di Maggiode Carducci, dédié à Madame Maria Freund et interprété par\nelle. L'auteur fait partie des jeunes musiciens les plus connus de Paris. De nationalité\nitalienne, il a fait toutes ses études à Paris, et si par ses goûts il est des nôtres, son interpréta-\ntion, toujours très personnelle, lui vient de son pays natal. Dans toutes ses œuvres, un sérieux\net une gravité rares chez un artiste de son âge dominent, mais si sa forme d'expression orches-\ntrale fut influencée par les maîtres allemands qu'il préfère, son sentiment personnel reste\ntoujours en lumière, au service de la musique pure. Dans la Notte ces qualités\ns'affirment avec plus de netteté que dans ses compositions antérieures. Sur un fond orchestral\nfait d'harmonies audacieuses et de sonorités nouvelles, s'élève un chant grave, émouvant par\nson ardeur contenue, et dont la simplicité évoque le souvenir des maîtres italiens de la glorieuse\népoque. Ces deux juxtapositions, si différentes d'origine, font une œuvre d'une belle unité pour\nchanter le mystère d'une nuit de Mai, où dort encore la nature sous les rayons d'une lune\nclaire et tiède, pour le cœur du solitaire qui a aimé et souffert.\nMadame Maria Freund a interprété la \" Notte di Maggio \" avec l'art parfait et la\nnoblesse altière qui font d'elle une des plus grandes artistes de notre temps. Le public lui a\nfait un chaleureux accueil à elle et à Casella qui conduisait l'orchestre. Il est superflu d'ajouter\nque ce dernier eut avec raison, sa part d'applaudissements mérités.\n\nPaul Clémenceau."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-05-01-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-05-01_01#c021", "volume": "bmtnabh_1914-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 41, "image_fin": 43, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.2.10.4", "titre_corps": "CONCERTS LAMOUREUX", "titre_sommaire": "CONCERTS LAMOUREUX", "signature_source": "Vincent d'Indy", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.41", "debut_caractere": 3053, "fin_caractere_exclue": 3247, "texte": "CONCERTS LAMOUREUX\n\nLe dimanche 5 Avril fut ce que l'on pourrait appeler la \" journée des ballets \" ; hâtons\nnous de dire que ce ne fut pas la \"journée des dupes. \" Au Châtelet, c'était Y lie de"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.42", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3299, "texte": "M. Henri Ltttz, que nous n'avons pu entendre mais dont on nous a dit grand bien et qui\nobtint un légitime succès.\nAu concert Monteux, c'était le Sacre du printemps, délices des esthètes, un chef-d'œuvre\nselon les rites de la petite église moderniste. Chef-d'œuvre, non certes, il faut tout de\nmême autre chose pour motiver ce titre, mais œuvre d'un très grand intérêt rythmique, sinon\nmusical, et qui dénote chez son auteur un réel tempérament d'artiste. Nous attendons avec\nconfiance le jour où M. Strawinsky ayant secoué le joug et s'étant libéré des dogmes de\nsa petite confrérie, nous donnera une œuvre d'émotion dans laquelle il osera laisser parler son\ncœur plus haut que son ingéniosité. Nous croyons le jeune auteur de assez fortement\ndoué pour, après les curiosités rythmiques et les bruits exceptionnels, nous apporter enfin cette\nsatisfaction musicale.\nAu concert Lamoureux de ce même Dimanche figurait la troisième partie de\nChiot,ballet de M. Maurice Ravel, et, à notre avis, l'œuvre la plus \" pensée \" qu'il ait écrite\njusqu'ici. L'art de M. Ravel semble se modifier, sa conception s'élargit, il parait abandonner\nmomentanément, du moins, le bibelot, l'objet rare, la miniature de cimaise, pour aller\nfranchement vers la musique. Voilà, enfin, de lui, une partition importante, dont nous regret-\ntons, (n'ayant pu assister aux représentations de l'an dernier), de n'avoir entendu qu'un\nfragment. L'œuvre est cohérente, se tient debout, et l'auteur ne répugne point à y employer des\nsonorités purement musicales, des thèmes presque émus, et même des\nessais de leitmotivwagnérien...\nCe n'est pas à dire que M. Ravel ne sacrifie point encore, comme il convient, au dieu\nde la mode en lui offrant des encensements d'agglomérations sonores inusitées et des holocaustes\nde frottis bizarres dont l'utilité musicale ne paraît point flagrante : il faut bien être de\nson temps et savoir distribuer quelque aliment aux passions malsaines de trop exigeants amis.\nMais tout cela n'empêche que Daphnis et Chloéne nous présage, dans un avenir peut-être plus\nrapproché qu'on ne croit, ce que M. Ravel pourra faire lorsqu'il aura virilement rompu les\nchaînes qui l'attachent encore à sa camaril la.En dépit de l'abus vraiment fatigant des instru-\nments de percussion, (le xylophone et le célesta commencent à paraître aussi vieillots que la\ngrosse caisse cymbalisante des Rossini et des Donizetti) le partition de Daphnis est pleine\nde charmantes trouvailles dans l'ordre de la sonorité ; une pointe d'émotion semble parfois\nvouloir s'y glisser à travers les barrières soigneusement dressées contre la musique et jalousement\ngardées par les grands mandarins du snobisme ! la danse finale, en son rythme tourbillon-\nnant exagéré jusqu'au paroxysme, donne une impression de puissance inhabituelle chez\nM. Ravel, qui entraîne joyeusement dans sa rude bacchanale tout auditeur dénué d'idées\npréconçues.\nNous voudrions voir Daphnis et Chloé remis àla scène par un directeur intelligent ; nous\nsommes persuadés qu'en dehors même des snobs, applaudisseurs inconscients de tout ce qui est\nprescrit par les rites, cette adaptation sonore jointe à la réalisation scénique ne pourrait\nqu'obtenir un très grand succès.\nLa troisième partie de cette pantomime fut merveilleusement mise en valeur sous la"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.43", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 721, "texte": "direction de M. Chevillard ; orchestre et chef y déployèrent une chaleureuse virtuosité et une\nfiiria francese que nous aimons à voir mises au service d'œuvres de notre terroir.\n.\nIl se produisit, ces temps derniers un événement musical de tout premier ordie,\nmanifestation artistique de laquelle le snobisme se tint prudemment a 1 écart, parce qu elle\nn'était point inscrite au rituel, mais dont il ne nous est pas permis de parler en détail dans cet\narticle consacré aux concerts Lamoureux.\nIl s'agit de la première audition d'une Symphonie, la quatrième de M. Albéric Magnard.\nLà, il n'y a pas douze instrumentistes à la batterie mais il y a véritablement de la très belle\nmusique...\n\nVincent d'Indy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-05-01-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-05-01_01#c022", "volume": "bmtnabh_1914-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 43, "image_fin": 44, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.2.10.5", "titre_corps": "SOCIÉTÉ DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE", "signature_source": "Paul Locard", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.43", "debut_caractere": 723, "fin_caractere_exclue": 3092, "texte": "SOCIÉTÉ DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE\n\nPersonne, assurément, ne reprochera à la Société des Concerts de gaspiller son temps en\ndes travaux frivoles ni d'avoir la passion du bibelot. Les trois derniers programmes fléchissaient\nsous le poids de la Symphonie avec chœurs de M. Ropartz, de la Messe en ré et de la /J 5fme Sym-\nphonie de Beethoven. Les abonnés, que la légende nous représente comme de très vieilles gens,\ncacochymes sourds ou monauts, ne souffrent pas de dyspepsie sénile. Beethoven n'est d'ailleurs\nindigeste actuellement que pour les adultes que défrise la quarantaine. Mais si l'état sanitaire\nde ces derniers a pu être précaire aux environs de Pâques, depuis quatre jours le Sacre du\nPrintemps a tout réparé.\nLa Symphonie de M. Ropartz nous apparut pour la première fois, alors qu'elle venait\nd'être couronnée, il y a quelque huit ans, dans cette meme salle de la rue Bergeie sous les\nauspices de Georges Marty. On sait quelle disposition nouvelle elle offrait. Le programme\nlittéraire, où se manifeste la pensée de l'auteur, est en efîet expose dans une soi te de préfacé\nchorale qui résume le développement symphonique. C est un symbole ou plutôt une philosophie,\nun grand mouvement de charité, une sorte de panthéisme sonore ou les voix de la nature se\nconfondent avec celles de l'homme dans un chœur universel. Vous reconnaissez la 1 esprit des\njßéatitudes. Vous y reconnaissez même le style franckiste dont M. Ropartz n était pas a cette\népoque entièrement libéré. J'avais naguère discerné cette influence dans uun certain mode de\ndéveloppement, de processus harmonique ou de modulation, dans 1 emploi de quelques locutions\nchromatiques, dans l'agrégation parfois un peu massive de l'orchestre et jusque dans le satanisme\n(rappelez-vous le Franck u possédé \" des Béatitudes ou du Chasseur maudit) du Scherzo farouche\net haineux \". Ces expositions rétrospectives éclairent singulièrement 1 évolution d un artiste.\nM. Ropartz n'est plus l'écho du maître. Il porte maintenant en soi, dans une fervente intimité,\ntoute son inspiration. Mais j'imagine qu'il ne renie rien d'une œuvre qui avait des 1 abord\nconquis ses pairs (même ceux à qui la discipline franckiste, beaucoup plus que Franck, parait\nmaintenant intolérable), et qui avait plongé dans une stupeur, hélas non mortelle, les abonnes\nde ce temps-là. Rassurons-nous. Ce ne sont plus les mêmes."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.44", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3281, "texte": "Mmes Madeleine Bonnard et Povla Frisch, MM. Altchewsky et Narçon nous conviaient\nà nous \"Aimer les uns les autres.\" Mme Povla Frisch chanta une Cantate de Tunder, élève\nde Frescobaldi et beau-père de Buxtehude, dont il faut regretter que l'œuvre ne nous soit pas\nplus largement divulgué et le Roi des Aulnes, de Schubert, orchestre par Berlioz. Les adorables\nNocturnes de M. Debussy ont trouvé dans l'orchestre de la Société des Concerts, docile à la\nbaguette divinatoire de M. Gaubert, des interprètes admirablement souples, intelligents,\nintuitifs. Te n'ai jamais mieux senti la douceur d habitei dans les Il faut craindre\nd'écraser sous le faix des épithètes le talent de M. Boucherit, qui est fait de clarté, de grâce,\nde vivacité spirituelle et d'une émotion que sa pudeur même revèle plus ardente. On gagerait\nque le Concerto pour violon de IVJendelssoh n a ete écrit poui un tel virtuose. 11 le joue en se\njouant, avec ce mélange de sensibilité et de dandysme élégant qui caractérise l'auteur du Songe ;\nson succès a été considérable.\nLe concert vraiment \" spirituel \" du Vendredi-Saint était consacré à Beethoven avec\nl'ouverture de Coriolan^le (concertoen sol majeur pour piano ou excelle IV1. Rislcr et la\nen ré,célébrée par Mmes Bonnard et Philipp, MM. Paulet et Froelich. J'aurais volontiers\nesquissé l'apologie du-Concerto en sol majeur — celle de M. Risler est superflue. L'Allegro\ninitial et Y Anda ntene peuvent, ce semble, et d ailleurs pour des taisons très différentes, laisser\nqui que ce soit insensible. Ceci posé, je ne pense pas qu'il y aurait eu un inconvénient quel-\nconque à ajourner la Messe en réyBeethoven ayant joui cet hiver, a la Société des Concerts,\nd'un traitement de faveur qui n'était peut-être pas justifié par 1 ingratitude d autrui. Et puis\nil se trouve d'excellents catholiques qui gardent toute leur vie une certaine terreur de la\n\" grand-messe \" et qui n'en sont pas moins \" sauvés \" pour cela. Ces gens-là sont terriblement\ninconséquents, me direz-vous. Hélas ! c'est le cas de quelques-uns de... mes meilleurs amis.\nJ'avoue que quand je veux entendre une prophétie, c'est — ne parlons ni des quatuors ni des\ndernières sonates — dans la neuvième symphonie que je vais la chercher, beaucoup plus que\ndans la Messe en ri.S'il vous plait de savoir pourquoi relisez donc, dans le Mercure de France,\nun vieil article de J. Marnold que j'ai confusément pensé et que je regrette de n'avoir point écrit.\nLes 19 et 26 avril, la Symphonie avec chœurs clôturait le cycle beethovenien. MIlM Nottick\net Lapeyrette, MM. Paulet et Journet s'y réjouissaient généreusement au geste impératif de\nM. Messager. Je ne vous ai pas dit avec quel héroïsme, avec quelle vaillance heureuse les\nchoristes de la Société ont donné l'assaut aux escarpements d'une inaccessible tessiture. Comme\nles plus grandes fugues de la Messe,le final de la ne leur a pas résiste. Et le mérité,\nsi l'on considère leur nombre restreint, n'est pas mince. M. Schelling s'était, quelques instants\nauparavant, fait applaudir avec le Concerto pour piano de Schumann. L'ouverture de de\nRameau ouvrait la fête. Nous avons dû à la Société des Concerts quelques aubaines ramistes\ncet hiver. Qui l'empêche de les multiplier et de dépasser ces promesses fugitives r\n\nPaul Locard."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-05-01-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-05-01_01#c023", "volume": "bmtnabh_1914-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 45, "image_fin": 47, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.2.11", "titre_corps": "Les jeunes Chinois qui en ce moment achèvent leurs études en nos capitales ne bornent", "titre_sommaire": "Les jeunes Chinois qui en ce moment achèvent leurs études en nos capitales ne bornent", "signature_source": "Louis Laloy", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.45", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2014, "texte": "Les jeunes Chinois qui en ce moment achèvent leurs études en nos capitales ne bornent\npas leur curiosité aux sciences de l'Occident ; nos arts et nos plaisirs leur deviennent bientôt\nfamiliers. Plusieurs d'entre eux n'ont pas dédaigné d'apprendre les danses à la mode, depuis la\nvalse jusqu'au tango, et grâce à une habileté native ils font en un bal aussi bonne, sinon meil-\nleure figure que bien des Européens. La Chine nous devait un retour : l'expérience de l'histoire\nmontre en effet que les institutions et les mœurs sont objets d'échange, et qu'il n'est pas\nd'influence sans réciprocité. Une danse chinoise vient à point nommé combler le vide laissé\npar la transmission des nôtres, et on ne saurait trop féliciter le maître avisé qui nous la propose,\nd'avoir si justement deviné les vœux de la nature.\nDès la plus haute antiquité les Chinois ont aimé la danse, et de brefs poèmes du\ndes Vers,qui sont les chansons populaires d'un peuple raffiné de naissance, conservent délicate-\nment la joie des rustique assemblées :\nA la porte de l'est des ormes,\nEt des chênes sur la colline ;\nLa fille de Tzeu3-Tchoungx, la belle\nDessous les arbres va dansante.\nOn choisit belle matinée.\nAu sud est une aire élevée ;\nElle ne file pas le chanvre,\nMais sur la place va dansante.\nOn sort par belle matinée,\nEt on marche en grande assemblée ;\nBelle à voir comme fleur de mauve,\nDes grains de poivre en ma main pose.\nDes coutumes aussi goûtées attirèrent de bonne heure l'attention des moralistes ; la danse,\ncomme la musique fut réglementée et mise au service de l'Etat. On dansa dans les temples et\ndevant le souverain; on dansa pour honorer les ancêtres de même que pour égayer les banquets.\nEnfin, par l'intervention des rites qui prescrivent à chacun des actes de l'existence humaine la\nDans les transcriptions de mots chinois, les indices placés après la syllabe indiquent le ton sur lequel elle\nse module : i égal supérieur, 2 égal inférieur, 3 montant, 4 fuyant, 5 entrant. L'apostrophe est le signe de\nl'aspiration,"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.46", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3741, "texte": "forme et la mesure, le Chinois bien né s'accoutume à surveiller ses gestes et ses attitudes, à\ninterpréter ses sentiments, et à jouer sa vie comme un ballet tour à tour religieux, civique,\nfamilial et d'agrément. Confucius dans les Entretiens mémorables que ses disciples nous ont\nlaissés est célébré non moins pour ses vertus que pour l'harmonie de ses mouvements : \" lors-\nqu'il descendait les degrés, ses manches derrière lui flottaient comme des ailes étendues On\nsait que la morale chinoise, moins strictement spiritualiste que la nôtre, ne sépare jamais l'âme\ndu corps, ni l'idée de sa manifestation.\nSous la dynastie des Han4, qui répond à l'époque des successeurs d'Alexandre, la danse\nest intimement liée à la prospérité nationale. Il n'est pas de riche marchand ni de hobereau\nqui n'ait ses mimes et son corps de ballet ; il n'est pas de village qui n'ait son orchestre et son\nesplanade. Quand le fondateur de la dynastie, Kao1-tsou3, va rendre visite hardiment au\nredoutable chef de bandes Hiang4-yu;{, après le banquet un parent de l'hôte, nommé Hiang4-\ndemande la permission d'exécuter la danse guerrière de l'épée. Il s'élance, bondit, et\navec des gestes d'une feinte maladresse approche de Kao1-tsou3 impassible ; alors un ami du\nprince se lève et danse à son tour: agitant ses larges manches il pare les coups d'épée et répète :\nSeigneur, ne lui faites pas de mal ! Koungx mo5 hai±. Après huit siècles écoulés, sous la dynastie\ndes T'ang0, on imitait encore cette scène tragique, sous le nom de Danse de Koung} mo5.\nC'est sous les Han4 également que la Chine avu paraître la merveille de la danse, Feit-\nYen4, dont le surnom signifie l'Hirondelle volante. Elle était si légère que la tour du palais\nimpérial où elle était logée s'appelait la tour qui abrite du vent car on craignait qu'un souffle\nne la ravît à la terre. Elle pouvait danser sans dépasser de la pointe menue de ses pieds le bord\nd'une soucoupe ou le creux de la main d'un homme ; les génies quittaient pour la contempler\nle ciel, et de leur souffle parfumaient les plis tournoyants de sa robe. Longtemps elle a hanté\nles rêves des poètes ; et c'est à elle que le génial Li3 T'ai4-pe5, sous les T'ang2, compare la\nbeauté, jusque là inconnue, des pivoines :\nLes nuages sont robes légères et les fleurs ont tenue humaine.\nLe vent du printemps effleure la balustrade et la rosée est opulente.\nSur la cime du mont des Joyaux on ne voit tel spectacle.\nOn croirait la terrasse de Jade à l'heure des audiences de la lune.\nSur chaque branche chargée de fleurs réside le parfum.\nSur le mont enchanté c'est la Bergère des nuages, et le cœur se déchire.\nDans le palais de Han4 est-il une beauté égale ?\nNon, pas même Fei1-yen4 nouvellement parée.\nEn ce temps-là, une langueur suave inclinait les esprits à la contemplation. Les vapeurs\ndu vin en étaient cause ainsi que la fatigue ancestrale des plaisirs. Les Chinois de la bonne\ncompagnie ne dansaient plus : ce sont les artistes de profession ou les femmes des palais impé-\nriaux qui leur procuraient un spectacle oisif. Puis survint la mode des petits pieds, aussi tenace\nen Chine que celle du corset en Europe. Aujourd'hui les jeunes filles qui mettent leur grâce à\nla disposition non pas de tout venant, comme en Europe, mais des amis de leur choix ne\ndansent plus ; elles chantent, sourient, et répondent avec mignardise aux compliments. On ne\ndanse que dans les temples ; encore les mouvements ont-ils, au dire des amis de l'antiquité,\nperdu cette ampleur espacée, choux, qui leur conférait jadis une majesté limpide.\nC'est d'après ces danses, ou plus exactement d'après la description que nous en fait un\nérudit chinois, traduit au XVille siècle par le Père Amiot en ses Mémoires sur la Chine, que le"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.47", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2793, "texte": "professeur Lefort a reconstitué le t'a6-tao4. Ce nom, qui s'inscrit en tête du présent article,\nrésume en ses deux termes les mouvements primordiaux de la danse, car le premier signifie le\nchoc du talon, et le second celui de la pointe du pied contre le sol. Les six figures sont les\nsuivantes :\ni° T\"a5-tao4 : les battements.\n2° Hoang2-wou3 : la danse du phénix.\n3° Hien eQ : les flots.\n4° : le grand ensemble.\n5° Ta 4-siuen2 : le grand tournoiement.\n6° Jen(2,-wou.6 : la danse de l'homme.\nLa musique s'inspire de symphonies très anciennes dont les temples ont gardé l'usage\njusqu'à nous. Les mouvements ont été développés selon les indications succinctes des livres, et\ndans un goût très pur. Jamais ils ne sont simples ni directs, mais complexes et compenses.\nCe qui s'avance d'un côté recule du côté opposé ; ce qui s'élève en avant s'abaisse en arriéré.\nAinsi se trouve observé le principe fondamental de la danse chinoise, qui est de ne procéder\nque par mouvements tournants, tchouen3-siuen2. Ainsi se rappellent constamment à l'esprit des\ndanseurs les précellences de l'ordre sur le désordre, du calme sur le trouble, de l'équilibre sur\nl'entraînement, du repos sur l'action, de l'univers sur la créature, et du néant originel sur\nl'existence. Notre frivolité s'étonnera sans doute qu'une danse comporte d'aussi graves pensées.\nNous venons, sous l'influence plus ou moins directe des civilisations musulmanes, de la réduire\nà n'être plus qu'une provocation à la débauche. Depuis que Mahomet a peuplé son paradis de\nhouris peu farouches, il n'y a plus guère en effet que le plaisir des sens qui compte non seule-\nment dans la danse, mais dans la poésie comme aussi dans la vie d'un croyant. De là cette\nobsession d'abord délicieuse, puis accablante, qui menace de nous envahir à notre tour, brisant\ntoutes les forces de l'esprit. Puisque nos religions ni nos systèmes de philosophie n'ont plus\ngardé aucun pouvoir créateur, il faut bien que la Chine nous sauve en nous rappelant que la\ndanse elle-même a une mission plus haute que l'excitation passagère de l'instinct.\nUne seule concession a été faite à notre matérialité : les deux danseurs d'un couple se\ntiennent par la main. Dans la Chine discrète ils dansaient également par couples, mais se\ncontentaient de se répondre par gestes et d'enlacer leurs mouvements.\nLes deux mots ci-dessous se lisent hoang^wou3, la danse du phénix. Le second signifie la\ndanse. Il se décompose en un élément qui indique le son, et un autre qui répond à l'idée. Ce\ndernier, placé à la partie inférieure représente précisément deux personnages qui s'opposent\nl'un à l'autre : c'est, fixée par l'écriture à une époque si lointaine que le souvenir n'en persiste\nplus que dans la légende, l'image du premier couple de danseurs.\n\nLouis Laloy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-05-01-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-05-01_01#c026", "volume": "bmtnabh_1914-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 48, "image_fin": 49, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.2.12", "titre_corps": "A travers la Quinzaine", "titre_sommaire": "A travers la Quinzaine", "signature_source": "Maurice Bex", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.48", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2981, "texte": "A travers la Quinzaine\n\nLa musique, qui ne saurait rester étrangère à aucune tendance, ni à aucune idée, a été le\nprétexte d'une manifestation féministe ; manifestation tout harmonieuse, ordonnée, mesurée et\nnuancée comme il convient : L'union des femmes professeurs et compositeurs de\nMusique a donné un concert symphonique dans les premiers jours d'Avril. Ces dames de\nrU. F. P. C. ne sont pas intransigeantes et lors, elles n'hésitèrent pas à confier à un représen-\ntant du sexe rival le rôle enviable de chef d'orchestre, mieux encore, elles sollicitèrent deux\ndirections différentes en une même soirée et s'y soumirent avec une docilité, une bonne grâce\net une souplesse symboliques. Par contre, elles laissèrent les cuivres grossiers et les bois aux\nhommes que rien n'effraie, gardant pour elles les pupitres réservés aux instruments dont on joue\nélégamment.\nD'ailleurs un souci esthétique dominait visiblement, souci qui marque encore une\ndifférence avec la tradition féministe et nous fûmes largement récompensés d'avoir rigou-\nreusement endossé la tenue de soirée en admirant l'uniforme noir et blanc des gracieuses\ninstrumentistes.\nMais revenons à la musique. Le programme assez bizarrement établi mélangeait comme\nà plaisir les époques et les écoles, l'ordre suivi ne se recommandait d'aucune logique et s'il ne\ns'était agi dans la plupart des cas d'œuvres très connues la tâche de l'auditeur n'eût pas\nété simplifiée. L'ouverture cPObéron, la charmante Sérénade pour deux orchestres à cordes de\nMozart et la Marche Polovtsienne du Prince Igor de Borodine furent jouées avec un ensemble\net dans une sonorité très agréable, sous la conduite précise, solide et très musicale de Gabriel\nGrovlez, mais l'intérêt de cette soirée résidait avant tout dans la première audition de la\nquatrième symphonie d'Albéric Magnard. Je ne peux résister au plaisir de féliciter l'orchestre,\nici surtout, de sa vaillance, de son ardeur, de sa virtuosité mais j'aurais beau reculer encore\nà force d'épithètes le moment de parler de cette oeuvre importante il faudrait bien que j'en\narrive là. Et m'y voici. Vous est-il jamais arrivé d'assister en tiers à la conversation intime de\ndeux amis qui sans s'occuper de vous échangent des propos qui sans doute expriment tout leur\nêtre mais auxquels vous ne sauriez être mêlé ? Si oui, vous comprendrez mon embarras\nprésent. Il y a dans cette symphonie une abondance de musique, une surcharge de notes,\nd'harmonies, de timbres qui créent une atmosphère lourde, sombre et profonde aussi qu'on\nvoudrait naïvement subir, il y a là, sans doute, l'expression d'idées élevées à la compréhension\ndesquelles on voudrait atteindre, l'aveu de belles souffrances auxquelles on voudrait compatir\nmais, pour peu qu'on se laisse aller à vibrer, un accent sévère et hautain vous rappelle\naux convenances et vous signale votre indiscrétion en vous marquant avec une netteté\nnon ambiguë que tout ceci n'est point pour vous. Quitte à me mêler de ce qui ne me regarde"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.49", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3045, "texte": "pas je dirai cependant que la conclusion en forme de choral du troisième et dernier mouvement\nne saurait laisser indifférent quiconque aime la musique.\nAu même concert Melle Lapeyrette chanta largement un air d'Haendel et Marine\nde Lalo et sous les ordres de la caporale Henriette Renié, MMelles Cardon, Schwartz, Marx,\nDelorme et Jousselin en uniforme blanc, exécutèrent quelques mouvements d'ensemble au\ncommandement : Debout, saluez, asseyez-vous, jouez, assez ! que le public applaudit avec\nfrénésie.\nDans TU. F. P. C. les professeurs dominent sans doute, sans quoi nous aurions entendu\nj'imagine plus d'une œuvre issue d'un cerveau féminin.\nEn l'absence du <4 patron \" Georges Enesco dirigea le dernier concert Monteux. Les\nmusiciens d'orchestre habitués à certaines conventions, à la signification d'un geste, à l'indica-\ntion d'un regard semblent généralement désemparés pour avoir changé de chef et n'obéissent\nqu'en hésitant aux objurgations d'un directeur occasionnel. Les instrumentistes des Concerts\nPopulaires, en l'espèce ne connurent pas ces craintes, tant la fougue autoritaire du grand\nvioloniste s'allie à la netteté et à la précision, tant son geste a un sens évident et défini, tant\nsa prodigieuse mémoire lui donne de liberté pour dominer ses musiciens. Et nous n'avons pas\neu à subir une interprétation de fortune de la Symphonie inachevée de Borodine ni de la Suite\nFrançaise de Roger Ducasse. Les deux Rhapsodies roumaines de Georges Enesco ont obtenu un\ntrès vif succès qui prouve assez que le public aime la musique abondante, colorée, aux rythmes\napparents et familiers et ne saurait être gêné par des souvenirs plus ou moins tziganes\nqui auraient pu l'induire en erreur. Mme Caponsacchi-jeisler mit un très beau talent au service\nd'une œuvre discutable .Mme Croiza, qui a l'oreille du public, ce qui est bien agréable pour une\nchanteuse, eut l'occasion d'interpréter des œuvres très diverses et de faire valoir son art sous\ndifférents jours, pour ainsi parler. L'air de Clytemnestre tragique et douloureux servit parfaite-\nment cette artiste chez qui le souci du style domine les autres. Le charmant Madrigal\nLyrique de Gabriel Grovlez qui décrit avec une minutie pleine d'inventions tous les mots d'un\npoëme d'Henri de Régnier aurait demandé une traduction plus vivante et surtout une\narticulation plus claire. Dans la Fleur d'or de Guy Ropartz peut-être eut-il mieux valu ne pas\naccentuer le caractère morne qui distingue cette œuvre et marquer plus nettement le\ndialogue de Brizeux ? Mais que sont ces faibles réserves à côté des remarquables qualités de\nMme Croiza. /\nAu dernier concert Sechiari nous eûmes le plaisir d'entendre une artiste polonaise\nremarquable tant par sa science pianistique que par les caractéristiques très personnelles de\nson jeu, une ardeur communicative, une sûreté et une précision étonnantes, une variété sonore\nnombreuse et féconde. C'est, croyons-nous, la première fois que Mme Levinskaja se fait entendre\nà Paris. Souhaitons que la seconde soit proche.\n\nMaurice Bex."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-05-01-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-05-01_01#c029", "volume": "bmtnabh_1914-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 50, "image_fin": 51, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.2.13", "titre_corps": "Au Théâtre des Champs=Elysées", "titre_sommaire": "Au Théâtre des Champs=Elysées", "signature_source": "Victor Debay", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.50", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3584, "texte": "Au Théâtre des\nChamps=Elysées\nL'AMORE DEI TRE RE\n\nLe temple élevé à la Musique par M. Gabriel Astruc, où nous fut révélée l'harmonieuse\nPénélope de notre maître Fauré, où, secouant notre moutonnière apathie et divisant le public\nen factions bruyantes et la critique en confrères ennemis, le Printemps d'lgor Stravinsky fut\nsacré de façons si différentes par les unes et par les autres, où des œuvres d'une audace et d'une\nsaveur nouvelles de Debussy, Ravel et Florent Schmitt commandèrent les gestes, les poses et\nles pas des danseurs russes, où la symphonie fut grandement honorée, où souriaient tant\nd'artistiques espérances qu'un désastre financier faucha dans leur fleur, le superbe théâtre des\nChamps-Elysées, propice aux grandes manifestations lyriques, vient enfin de rouvrir ses portes\nen même temps que les marronniers de l'avenue dressent, comme des flambeaux de fête, leurs\ngirandoles roses et blanches. Nous devons cette résurrection à l'initiative combinée de l'Opéra\nde Boston et du théâtre de Covent-Garden de Londres qui, avec leurs remarquables troupes,\nleurs excellents choristes, et le concours des artistes de l'orchestre Monteux, vont rendre la vie\na cette belle salle qu'on avait craint de voir déchoir de sa haute destinée pour n'être plus, après\ntant d'efforts, qu'un music-hall à cinématographe.\nLa première œuvre présentée par la société anglo-américaine que dirige M. Henry Russel,\nest Y A more dei tre re du compositeur italien Montemezzi dont ses compatriotes célèbrent la\npuissance dramatique, en le plaçant au rang de leurs maîtres actuels de l'art lyrique. Le poème\nde cette tragédie, dû à la plume de M. Sem Benelli, nous conte, en ses trois actes rapides,\nune sombre aventure où la passion farouche d'un vieillard cause trois catastrophes mortelles.\nL'action se passe en Italie à l'époque des invasions barbares. La belle Fiora, qui fut le prix de\nla paix entre deux principautés voisines, a épousé Manfredo, le fils du vieux baron Archibaldo,\nmais son cœur appartient au jeune seigneur Avito, dont elle fut jadis la fiancée. En l'absence\nde Manfredo, elle reçoit son amant. Leurs rendez-vous ont été soupçonnés puis surpris par\nArchibaldo, qui, aveugle, n'a pu voir le coupable. Ayant arraché à sa belle-fille, qu'il aime\nd'une passion secrète et impuissante, l'aveu de sa tendresse pour un autre que son époux, il\nétrangle la malheureuse. Sa fureur jalouse n'est pas apaisée par ce crime, et, pour connaître et\npunir l'amant, il dépose sur les lèvres de la morte un poison redoutable que ne manquera pas\nd'absorber celui qui viendra, dans le tombeau de son aimée, prendre le suprême et désespéré\nbaiser de l'éternel adieu. Son espoir n'est pas déçu. Avito meurt de ce baiser. Mais Manfredo,\nl'époux qui a pardonné à l'infidèle, devient aussi la victime de cette infernale machination, et\nlorsqu'Archibaldo arrive, sûr de la vengeance, c'est le cadavre de son fils qu'il reçoit dans ses bras.\nCette tragédie, qui dans ses épisodes se souvient à la fois des poëmes wagnériens et des\ndrames de Shakespeare, offrait au musicien de nombreuses occasions d'exercer son lyrisme, et\nM. Italo Montemezzi s'est rendu à l'invitation. Imitant son librettiste, le compositeur, qui a\nde la culture musicale, a puisé à toutes les sources dont les vertus lui ont semblé susceptibles\nde donner à sa partition forme, force et beauté. Il y prouve une connaissance approfondie des\npartitions de Tristan et de la Tétralogie. Après Moussorgski il sait quelle émotion mystérieuse\npeut apporter aux heures mortuaires, le tintement assombri d'une cloche lointaine. S'il n'en"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.51", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 1774, "texte": "fait qu'un usage discret, il n'ignore rien des subtilités exquises de notre ecole moderne. Il a la\nforce de déchaîner, au bon moment, ces grands tourbillons symphoniques à la Richard Strauss,\nle courage de s'y jeter à corps perdu et l'habileté de se tirer sain et sauf de leur fureur pi ogies-\nsivement et savamment apaisée. Tout cela ne montre pas que M. Montemezzi ait une\nconception bien personnelle du drame lyrique. Mais il est de grandes et glorieuses traces qu il\nest difficile de reprocher à un artiste d'avoir suivies, et ce qui est bien propre à M. Montemezzi\nc'est la vie ardente que son tempérament méridional communique a cet assemblage ou\nson érudition, avec goût dépensée, parvient parfois à donner l'illusion de 1 inspiration\noriginale. On écoute et l'on est intéressé par ce qu'on entend, alors meme qu on en définit\nbien les origines, grâce à la conviction qui anime cette œuvre. Elle est d'ailleurs servie par\nune interprétation remarquable chez ses principaux interprètes. M'nc Louise Edvina, avec un\nheureux succès de rares et voluptueuses attitudes, incarne vocalement de façon parfaite la\nsensuelle Fiora. M. Ferrari-Fontana, le seigneur Avito, possède une de ces généreuses voix de\nténor dont l'ltalie a le privilège. M. Francesco Cigada, baryton aux notes métalliques, a des\naccents un peu trop rudes pour Manfredo, le débonnaire. Quant à M. Vanni-Marcoux, il a\ncomposé et chanté en grand artiste le rôle du vieil aveugle. L'orchestre se montra excellent\nsous la direction de M. Roberto Moranzoni, dont le bras nerveux accentue le rythme avec\nune fougue impérieuse. Une mise en scène pittoresque et curieuse en ses effets, encadre cette\npremière manifestation lyrique et témoigné du soin avec lequel tout fut préparé.\n\nVictor Debay."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-05-01-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-05-01_01#c031", "volume": "bmtnabh_1914-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 51, "image_fin": 53, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.2.14", "titre_corps": "Les Sociétés", "titre_sommaire": "Les Sociétés", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.51", "debut_caractere": 1776, "fin_caractere_exclue": 3138, "texte": "Les Sociétés\nSociété Palestrina\nLe 2me concert de la Société Palestrina, dirigée par M. de Saint-Requiei, a marque un\ntrès grand progrès sur le premier déjà fort honorable pour le début d un groupement d ama-\nteurs. L'orchestre est plus souple et plus précis, les chœurs plus expressifs et plus sonores. Le\ntravail accompli en si peu de temps est un gage certain d'un très intéressant résultat artistique\npour la saison prochaine. Félicitons les solistes : Mlle Hatt, Mme Proche-Charpentier,\nM. Naniot et M. J. Hazart qui dans le Requiem de Mozart et le chant élégiaque de Beethoven\nformèrent un quatuor homogène et expressif. Mlle Louise Cartier qui possède une tort belle\nvoix de contralto et chante avec beaucoup de style eut comme partenaire dans le Stabat de\nPergolèse Mlle Blandine Munier jeune artiste à la voix expressive qui chante avec intelligence\net musicalité. Dans l'air u cujus animam gementem elle trouva des accents émouvants qui lui\nvalurent un très légitime succès.\nE. F.\nAssociation des Compositeurs Bretons\nL'Association des Compositeurs Bretons qui revendique le u home rule pour une nation\nmusicale méconnue de quelques-uns de nos meilleurs géographes, nous conviait jeudi 23 avril,\nà une nouvelle solennité, digne des précédentes, où Celtes intégraux, Celtes d inspiration\net Celtes de naissance formaient un ensemble harmonieux et varie."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.52", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2962, "texte": "La Suite Irlandaise de M. Swan Hennessy est avec son Quatuor à cordes, une des plus\njolies œuvres de ce musicien habile et fécond. Toute la grâce capricante des 66 reels et\nla mélancolie des vieux chants d'Erin, revivent en ces pages délicates, parées d harmonies\ndiscrètes mais pénétrantes et de développements sobres et clairs. Madame Gellee et M. Paul\nMartineau en rendirent toute l'intime poésie avec talent.\nLes mélodies de M. Hervé — dont Madame Lucy Vuillemin fut l'excellente interprète ,\nmalgré la fantaisie un peu désordonnée de leur composition, témoignent d'un tempérament\ngénéreux, riche de promesses.\nDans celles de M. Paul Martineau écrites avec une plus grande sûreté, on retrouve les\nvigoureuses qualités de ce jeune compositeur merveilleusement doué dont on n a pas oublié les\n\" Sonates \" que la S. M. I. naguère nous fit applaudir.\nLes fragments de la Suite : En Bretagne de M. Rhené-Baton, ainsi que les Lutins\nde M. Louis Aubert, — exécutés magnifiquement par M. Pierre Lucas, — en dépit de leur\nremarquable musicalité, ne nous révèlent que la Bretagne quelque peu artificielle des villégia-\ntures et des livres.\nSignalons aussi les pièces de piano de M. Léon Moreau, — fort intéressantes — et celles\nde M. Maurice Duhamel : Dimanche matin, 'Jabadao, pleines de verve et d'entrain ou\nMlle Mathilde Coffer triompha.\nLes chœurs de M. Paul Le Flem étonnent par la richesse harmonique et rythmique et\nl'imagination toujours heureuse qui s'y déploient. M. Robert Schmitz et son parfait Octuor\nvocal en surmontèrent les difficultés avec une maîtrise digne de tout éloge.\nQuant au Crépuscule de M. Louis Vuillemin, c'est l'œuvre la plus réussie de son auteur.\nDécrire le charme prenant de sa polyphonie, l'habile disposition de ses voix et de ses\ninstruments, serait une tâche malaisée à remplir dans ce compte-rendu hâtif. On ne saurait\ntrop féliciter les interprètes de cette œuvre : l'Octuor Schmitz déjà nommé et l excellent\nquatuor d'archets où Mlle Yvonne Astruc, MM. Mayeux et Alexanian se distinguent tout\nparticulièrement.\nPour finir : l'admirable Quintette de Jean Huré dont nous avons déjà loué le pittoresque\net l'émouvant lyrisme. Il faut regretter amèrement que M. Huré n'appartienne pas a la\nBretagne par ses origines, sinon peut-être à celle dont Noménoé, notre regretté Souverain,\navait reculé les frontières jusqu'à Chartres ! En tous cas, sa musique souvent impregnee\nde notre folklore, est toute bretonne d'accent, et à ce titre M. Huré doit être rangé parmi nos\nmeilleurs bretons d'adoption.\nAvant de terminer, adressons nos chaleureux remerciements au Quatuor Battaille\n(MMmes Mayrand et Jeanès, MM. Battaille, Sayetta et Hérard) pour leur excellente et\nintelligente exécution des fragments du \" Dominical \" de\nPAUL LADMIRAULT.\nLaissant la place aux organistes et aux chantres, pendant la semaine sainte les virtuoses\net les chanteurs ne nous ont point sollicité. Puis connaissant l'humeur voyageuse des parisiens"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.53", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3086, "texte": "ils ont respecté notre repos pascal mais\ndélassés ils nous ont de nouveau con-\nSalle Pleyel le quatuor Renaci-\nde mélomanes qui espèrent revivre les\ndire une seule œuvre extra-pyré-\nen mi de C. del Campo. Peut-être\nprofondeur. C'est un babillage très\ndès lundi nous supposant sanctifiés et\nviés plus nombreux que jamais,\nmiento de Barcelone réunit un public\némotions du festival Granados. A vrai\nnéenne nous est offerte : un quatuor\nne faut-il pas y chercher beaucoup de\nagréable à entendre, les instruments\ntiennent un langage gracieux et doux aux inflexions et aux rythmes printaniers. Puis une\nsaltation jeune et souple intervient suivie de récits solennels qui précèdent un chant plus calme\net comme assagi, plein d'espoir contenu. La passion s'exprime en sérénade et l'indication\nfinale Allegro moderado y humoristico ne surprend point et autorise l'allure de tout ce qui\nprécédé. ;.. . $\nSalle Erard ne quittons point l'Espagne Ricardo Vines qui se nomme aussi Roda\nvoit accourir à son appel le même public, et au delà, soucieux de fêter\nun artiste digne de ce nom et entendre un programme admirablement\ncomposé. La recherche du vrai, de la diversité, la préoccupation de\ndonner à une phrase sa ligne et sa valeur, à telle note son accent\naniment plus que jamais le jeu de ce virtuose dont la technique\npoussée au point utile et même plus loin, n'est jamais gênante. Et\nqui songerait à reprocher à Vines quelque manque passager de puissance si c'est la rançon d'un\nfini dans les nuances délicates qu'on ne saurait rencontrer souvent au même degré. Le\nprogramme varié et très musical de ce récital aurait perdu quelque attrait si les titres amusants\ninventés par Erik Satie n'y avaient figuré, mais était-il nécessaire d'une part d'imprimer\nen gros caractères des mots dont l'assemblage ou la surcharge ne sauraient passer inaperçus et\nd'autre part de jouer ces indifférentes plaisanteries entre du Ravel et du Turina ?\nMme Leech Carreras qui nous vint d'Argentine aeu le bon goût de remplacer les\ntangos qu'on pouvait redouter par le concerto de Mendelssohn et des danses européensen\nElle donnera prochainement une seconde séance, et\nnous aurons alors l'occasion d'apprécier son talent\ncomme il le mérite, mais puisque M. Coulomb ne\nfigurera pas alors, disons qu'il obtint un très grand\nsuccès et combla les vides du programme causés par\nl'absence d'une de ses camarades.\nAugusto Gabrini, violoniste, a donné un con-\ncert qui n'a pas mis en valeur ses qualités techniques, sa mémoire, ni sa musi-\ncalité, mais Loyonnet et Eugène Wagner furent fêtés comme il se devait.\nM. Herschmann aux Concerts Rouge, salle Malakoff, dans un très intéressant choix de\nlieder fait apprécier sa belle voix et son style remarquable. Ce chanteur, que nous entendons trop\nrarement à Paris a le double mérite de savoir composer un récital et de 1 interpréter avec un\ngoût parfait. Nous sommes si peu gâtés sous ce rapport que nous goûtons tout particulièrement\nun régal si rare. Souhaitons qu'une prochaine audition permette aux musiciens d'applaudir de\nnouveau cet excellent artiste."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-05-01-01-c039", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-05-01_01#c039", "volume": "bmtnabh_1914-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 54, "image_fin": 62, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.2.15", "titre_corps": "La Musique de Danse à l'église.", "titre_sommaire": "La Musique de Danse à l'église.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.54", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1152, "texte": "La Musique de Danse\nà l'église.\n\nUNE ENQUÊTE\n(fin)\nM..., le 11 avril 1914.\nJ ai hâte de clore cette enquête, déjà trop longue, et que Rallongerais indéfiniment, si je\npubliais toutes les lettres qui me sont parvenues depuis le numéro du lerIer mars. Je remercie\nnotamment MM. Coedes-Mongin, Pierre Mayer, J. Civil, G. Belier, E. Bonnal, Jules Meunier,\nH. Mulet, et tant d autres qui ont pris la peine d'apporter à cet important débat le témoignage\nautorisé de leur compétence.\nEt, de tous ces documents, dont on peut bien dire qu'ils représentent l'opinion des gens\nde l'art, je voudrais dégager, si possible, une brève conclusion.\n- H semble bien tout d'abord que le morceau en question ait été unanimement condamné,\ncomme mauvais et déplace. Ceci suffirait a justifier la plainte que j'avais déposée auprès du\ntribunal de la musique. Mais, à côté et au-dessus de ce jugement de fait, il y a une question\nde droit, qui devait tout naturellement apparaître ici, et sur laquelle, si je ne me trompe, mes\nhonorables correspondants se trouvent divisés en deux écoles.\nLes intransigeants proscrivent rigoureusement du temple toute musique dont le goût leur"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.55", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3541, "texte": "parait suspect. Les opportunistes admettent des distinctions et tolèrent des accommodements.\nJe me rallierais volontiers aux premiers, qui ont pour eux un Motu Proprio très net. Les\ncérémonies du culte sont réglées par un protocole sévère. Pourquoi en serait-il autrement de la\nmusique qui les accompagne, et les rend sensibles aux oreilles ? Que vient faire ici l'interpréta-\ntion personnelle ? La meilleure musique à l'église est celle qui se rapproche le plus de la\nliturgie dont elle n'est que l'extériorisation sensible.\nMais, je ne me cache pas que l'opportunisme, en cette matière comme en beaucoup\nd'autres, a d'excellents arguments. Le maître Saint-Saëns, par exemple, en faisant appel dans\nsa réponse au nationalisme divergent, nous rappelle qu'il existe un auditoire, pour qui en\nfin de compte cette musique est faite. Et de même, par d'autres considérations, M. Dallier\net M. Chapuis nous attirent vers un point de vue, qui est celui de la tolérance même. Oui, il\nest évident qu'une musique, dont l'effet est religieux, doit être qualifiée de religieuse. Et, par\ncontre, un morceau qui porterait tous les symptômes officiels de religiosité serait inopérant et\ninutile à l'église, s'il restait sans effet sur le fidèle qui l'écoute. Alors il n'y a rien à faire ? Et\nil faut se résigner avec Claude Debussy à ne pas savoir comment, ni de quel droit on peut\nintervenir !\nIl faudrait cependant s'entendre, avant tout, sur un point : la musique d'église est-elle\nfaite pour le fidèle, ou le fidèle pour la musique ? Tout est là. Les rites et les dogmes sont\nimposés au fidèle, et la religion consiste précisément dans cette initiation, où la personnalité se\nplace dans un état de prédisposition. En serait-il autrement de la musique sacrée, et pourquoi ?\nNotez que je ne prétends pas répondre. Je pose simplement la question, dont dépend toute\nl'attitude de la musique et des musiciens dans cette vaste discussion.\nCeci posé et résolu il restera encore à prouver qu'il existe un critérium, permettant de\njuger la valeur religieuse d'un morceau de musique. Encore une fois, ce critérium nous l'avons\ndans les choses de la foi. Ne serait-ce pas lui dont le Motu Proprio a cherché la formule en\nmusique ? Nous saurions alors que le chant grégorien et la polyphonie palestrinienne sont des\nmodèles recommandés à notre imitation. Mais le pape, avec raison, s'est gardé d'en faire des\nmodèles exclusifs. Il nous dit simplement : le problème de la religiosité musicale a été\nparfaitement résolu par deux formes d'art différentes. Et il nous laisse croire que d'autres\nsolutions peuvent encore être cherchées. Ce qui est bien le contraire d'un critérium. Donc la\nreligiosité d'une musique dépend de la religiosité de celui qui la crée, et de celui qui l'écoute.\nEt si l'Eglise se laisse envahir, comme nous venons de le voir, par des pratiques d'où la religio-\nsité est absente, à qui la faute ?...\nMais je sens que je dépasse les limites d'un simple plaidoyer pro domo, et je laisse à\nd'autres le soin d'aborder ces graves questions, trop heureux si, grâce a 1 hospitalité de ia\nS. I. M., j'ai pu attirer sur elles la méditation de quelques bons esprits.\nJ. H. MORAIN.\nLYON. Les Concerts de M. Witkowski. bi le melomane lyonnais est un neureux\nmortel, gardons-nous pourtant de le comparer aux peuples qui n'ont pas d histoire. Celle de la\ndernière saison fut mémorable : de Novembre à la fin de Mars, M. Witkowski vient de déployer\ndevant les abonnés de ses concerts symphoniques une série de programmes aussi chatoyants que"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.56", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3753, "texte": "l'écharpe de Mayâ, mais d'un éclat moins illusoire. A défaut du feuilleton rétrospectif que\nmériterait chacune de ces neuf auditions, les lignes qui suivent s'efforceront à l'exactitude d'une\nhonnête table des matières.\nI. Le premier programme présentait, dans un splendide isolement, deux noms (est-ce afin\nde symboliser l'accord des deux Testaments ?) : Beethoven avec l'Héroïque, V. d'lndy, dans\ncette triade : Poème de la Montagne, Souvenirs, L'idée fut\nheureuse de commenter le sombre \" vocero \" symphonique des par le voisinage du\njuvénile poème de piano qui lui prêta le \" thème de la Bien-Aimée Ala \" Cévenole \", toute\nclaire et vibrante, il ne fallut d'autre commentaire que l'art fervent de MUe Selva.\n11. En première audition, le Chant funèbre de M. Magnard. Cette musique hautaine et\ndépouillée, d'un pathétiqeu si poignant sous l'austérité de sa forme, échappe encore à notre\npublic saturé de wagnérisme. Tous les applaudissements sont allés à la de Chausson,\ndont la pâte wagnero-franckiste, riche et séduisante certes, a de plus le mérite de ne décon-\ncerter aucune de nos habitudes. L'expérience est d'autant plus décisive, que l'exécution fut\nexcellente de part et d'autre.\nLa technique magistrale et l'autorité (un peu pédagogique) de M. Henri Marteau firent\nmerveille dans le Concerto de Beethoven et la Chde Bach.\n111. Visiblement, M. Witkowski dirige avec amour cette délicieuse\njusqu'ici inconnue à Lyon, qu'on appellerait volontiers la de Borodine. Poème de\nplein-air dont la fraîcheur, la grâce âpre et suave, la divine aisance firent paraître presque\nlaborieuses les Rondes de printemps de Debussy —où l'orchestre, au surplus, n'eut pas toute la\nfluidité désirable.\nLes Hymnes pour toi de M. Ehrenberg, chantées par Mme Blanchet-Dutoit, révélèrent un\ntalent vigoureux, qui semble osciller de Wagner à Richard Strauss. Adroitement \" sand-\nwichés\" entre ces modernités, le Concerto en ut de Saint-Saëns, où excella le solide et\nbrillant pianiste Robert Lortat, et la Suite en ré de Haendel, fort congrûment donnée\npar les \" cordes \", rassurèrent les amis des musiques traditionnelles. Et n'omettons pas la\nRhapsodie norvégienne de Lalo.\nIV. Pour tout habitué de la salle Rameau, ce quatrième concert marque une étape dans les\nprogrès constants de notre orchestre. De la grâce patricienne de Mozart (Symphonie en mi b) à\nl'orgie sonore de M. Florent Schmitt {Psaume Xen passant par le grave Prélude de\nl'acte 111 des Maîtres Chanteurs, M. Witkowski et sa phalange ont montré une souplesse de\nstyle et une variété de ressources dont ils n'avaient peut-être pas encore donné de telles preuves.\nAu vérisme amusant, mais grossier, des Chev de Charpentier, le Noël\nde Ravel, précieux, artificiel et charmant, fait une bien curieuse antithèse, que l'art profondé-\nment intelligent de Mm# Bathori sut mettre en pleine lumière.\nPuis, sauvage et brûlant, comme une rafale de sirocco, le de Schmitt déchaîna ses\ntumultes. Cette musique sent le désert, et la tente, et le poil de chameau. C'est la frénésie\nsacrée d'une tribu barbare, hurlant sous un soleil vertical ; et l'on peut préférer à ces trucu-\nlences le sublime lyrisme du Psaume CL de Franck. Mais M. Schmitt a voulu faire autre\nchose ; il l'a réussi. Il a le don de force, rare en tout temps, presque introuvable aujourd'hui.\nNous avons senti planer sur cette tempête de cris quelque chose qui ressemble au génie.\nLes chœurs de notre Schola lyonnaise ont vaillamment rempli leur tâche redoutable.\nL. A.\nBREST. Brest n'a jamais passé pour un grand centre musical. Les hurlements de la\ntempête peut-être aussi les frais de déplacement élevés semblent effrayer les artistes en\ntournée. Seuls le regretté Pugno, Boucheit et quelques rares autres se sont risqués jusqu'en"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.57", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3884, "texte": "Finistère. Et le programme de leurs concerts témoignait parfois d'une défiance injustifiée à\nFégard du goût musical brestois.\nCe n'est pas au théâtre qu'il faut chercher un mouvement musical bien intéressant.\nIl y a pourtant à Brest agglomération de cent mille âmes quelques poignées de mélo-\nmanes farouches. Les milieux maritimes aiment généralement la musique. Beaucoup, parmi les\nmigrateurs qui habitent nos ports de guerre, ont entendu ou pratiqué d'excellente musique. La\ndifficulté était de grouper ces forces éparses, trop souvent dispersées par le hasard des mutations\net embarquements. Une société florissante, la Palestrina, a pu toutefois se constituer. Un aperçu\ndes programmes donnera une idée du goût élevé qui les inspira. Concertos de Bach, plusieurs\nde ses Cantates ; Motets de Palestrina, Vittoria, Concerto Grosso, Judas Macchabée, de\nHaendel, Requiem de Mozart, Suites de d'lndy ; Chant funèbre de Chausson, un acte d\" Armide\net d'Hippolyte et Ariciey enfin de Franck, les Variations symphoniques, le Psaume CL, Ruthy\nRebeccay et tout dernièrement Rédemption...\nNous avons, sous le patronage de la Société des Amis de la Musique, organisé avec un de\nnos amis, M. Etard, professeur à Lyon, une série de concerts de musique de chambre. Les\ndifficultés n'ont pas manqué. Nous avons pourtant pu grouper un groupe d'exellents artistes\nlocaux MM. Devimeux, Last et Estrade et surtout trouvé un chef : M. Saigne, violon-\ncelliste, lauréat du Conservatoire de Paris, qui, en quelques mois de travail, est parvenu à former\nun quatuor homogène. Nos séances, précédées chacune d'une conférence, ont célébré Beethoven,\nHaydn, Mozart, Schumann, Schubert, Lalo, St. Saëns, Franck et l'Ecole française moderne.\nBien des amateurs sincères de bonne musique n'avaient jamais ouï jouer proprement un quatuor\nde Beethoven.\nLe lied moderne dont Mme Humber-Saigne, élève d'lsnardon —est une très émouvante\ninterprète a fait son entrée à Brest. Chausson, avec son beau quatuor à cordes et sa Chanson\nperpétuelle ; Fauré avec son 2e quatuor, Debussy, Duparc, Ravel, ont pénétré dans la Bretagne.\nL'accueil du public fut fort encourageant. Nous songeons à continuer par une séance de sonates\nvioloncelle et piano et une séance de quatuors russes, et espérons bien avoir ainsi créé à Brest\nune tradition qui se perpétuera.\nE. DELAGE SUERUS.\nNICE. C'est une saison bien remplie que la saison lyrique à Nice. Qu'on en juge\nplutôt : A l'Opéra, après VAuréole de M. Trémisot et une intéressante audition de toute la\nTétralogie de /'Anneau du Niebelung avec des artistes comme MM. Verdier et Arens, M. Sali-\ngnac a joué lui-même dans son théâtre avec MTne Marguerite Carré une œuvre inédite en\n2 actes : le Marchand de Masques, de M. Albert Wolff, le chef d'orchestre de l'Opéra-Comique\nde Paris. Cette pièce a produit une vive impression autant par le talent de ses interprètes que\npar les situations dramatiques d'un livret tourmenté et les qualités de netteté et d'expression\nd'une partition s'apparentant, bien que de loin, avec le vérisme transalpin. M. Salignac a\négalement donné Les Girondins de M. Le Borne et deux ballets: Djali de M. Menier et Mika\nde M. Tarelli qui ont plu à des titres divers. A mentionner une belle reprise à\"Aphrodite avec\nMllO Chenal.\nAu Casino Municipal, nous avons eu la création en France d'une œuvre italienne, la\nFemme et le Pantin, drame lyrique peu théâtral malgré les habiletés de l'adaptation, mais dont\nla musique très curieusement écrite par un symphoniste doué, M. Zandonaï, a présenté un\nréel intérêt. L'héroïne de Pierre Louys a trouvé au surplus en Mlle Bianca Bellincioni une\nidéale interprète. Les autres \" nouveautés \"de la saison furent :la Vivandière avec Mme Delna\nles Noces de Figaro avec Mlle Vix, Alceste avec Mme Félia Litvinne.\nIl convient de signaler, dans un genre plus léger, le succès remporté au Palais de la Jetée"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.58", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3526, "texte": "par une opérette fort spirituelle de M. Fauchey : Ni qui fera certainement\nson tour de France, et à l'Olympia le triomphe de la qui a dépassé sans effort\nla cinquantième ! Quant aux concerts, nous en avons entendu de tous genres et en tous\nlieux... Les seuls dont on puisse parler sont les concerts de danse de l'Opéra, avec Mlle Trou-\nhanova et Mme Loïe Fuller, et les grands \" classiques \"de la Jetée sous la direction du maestro\nGervasio : cycle des Symphonies de Beethoven, œuvres de Borodine, Wagner, Berlioz,\nRimsky-Korsakoff, César Franck. Malheureusement pas de Dukas, de Debussy, de Ravel ; on\nn'est en vérité pas encore bien dans le mouvement en ce Paris d'Azur que veut être Nice.\nLouis DARRÈS.\nIl semble que le succès de Parsifal ait nui, de façon générale, à toutes les autres\noeuvres, y compris celles du répertoire \" à rapport \" représentées cette saison à la Monnaie.\nC'est à cette cause qu'il convient d'attribuer sans doute le peu d'empressement de notre public,\naccoutumé pourtant de fêter le maître français, à revenir entendre L'œuvre, qui\nfut créée à Bruxelles, en 1903, et dont les principaux interprètes étaient àla reprise MIIe Vorska\net M. Bouilliez, n'a eu que deux représentations devant des salles à demi-vides. L'action\nlyrique de M. d'lndy reste toutefois l'une des partitions préférées par une fraction des jeunes\nmusiciens. Le Festival Wagner, avec des chefs d'orchestre, des interprètes d'Outre-Rhin,\net en allemand (Bruxelles, n'est-ce pas, tout comme Anvers, est une cité quasi conquise),\nretiendra désormais les dévotions de notre première scène —si peu \" nôtre Nous avons dit,\ndans notre chronique du premier Avril, quelle est la part réservée pour 1913-1914 aux musiciens\nnationaux. Le ballet d'August De Boeck La Phalène en création (c'est tout ce qu'on a trouvé\ndans l'admirable production de nos auteurs, qui ne se découragent point d'ailleurs), et une\nreprise de Kaatje, du sympathique baron V. Buffin. Celle-ci s'en fut, il est vrai, trouver succès\nà Monte-Carlo. La statistique des ouvrages lyriques belges présentés par la Monnaie se\ncomplète donc, à ce jour, comme suit : De 1900 à 1909 : de Blockx,\nJean Michel et Martilled'A Dupuis, Princesse de P. Gilson, de\nF. Rasse, Katharina de Tinel. En 1909, néant. En 1910-1911 : Ceci n est pas un conte, de\nM. le baron Ludovic Stiénon du Pré. En 1911-1912 : Rhena de Van den Eeden, Oudelette\nde Radoux. En 1912-19x3 : Kaatje de M. le baron Victor Buffin. En 1913-1914 : néant.\nAu total, de 1900 à 1914, dix créations, soit une moyenne annuelle de 0,7 de partition\nnationale. Il paraît que nous avons tort de nous plaindre... les compositeurs belges n'ayant\naucun talent. L'un d'eux, néanmoins, vient de connaître encore une éclatante consécration\nau théâtre des Arts de Rouen. Le Fléau,triptyque musical de M. Bouserez, sur des poèmes\nd'Emile Verhaeren, extraits des Campagnes Halluciné y fut créé devant un public enthousiaste.\nLe dernier concert populaire toujours le dernier, bien entendu était réservé à\nquelques-uns de nos musiciens. On y réentendit les de Paul Gilson, l'une\ndes plus marquantes compositions de l'école belge, sur une poésie de L. Solvay,\npage délicate et fraîche de Léon du Bois, le Scherzœuvre fort intéressante si souvent\nexécutée au piano dans les concerts de M. Raway. Les appartiennent toutes trois à la\nphalange de second ordre. Timon d'/ithenes,poème symphonique de M. Ltinssens nous confirme\ndans l'opinion que nous avons depuis longtemps, et qui, pour cette fois, est partagée unanimement :"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.59", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 4298, "texte": "à savoir, que le musicien possède à fond son métier, qu'il n'y a point chez nous de plus savant,\nde plus autorisé \" professeur \" et c'est tout ; le Concerto pour piano et orchestre, joué par\nl'auteur, de M. G. de Greef, est certainement aussi fort appréciable, à d'autres titres, peut-\nêtre que sa parfaite virtuosité. Mais il ne contient tout de même que de hautes intentions.\nQuant au \" Renouveau \"de Mme Van den Boorn-Coclet, la galanterie nous défend d'y\nreconnaître plus qu'une aimable impersonnalité. L'éminente direction de notre compatriote\nM. Ruhlman, chef d'orchestre de l'Opéra-Comique, aurait, franchement, pu honorer meilleur\nensemble, et plus vraiment représentatif de notre art symphonique.\nHâtons-nous de constater que nos compositeurs ne sont guère plus heureux quand ils\ns'inquiètent de se défendre eux-mêmes. La Société Nationale des Compositeurs belges nous en a\ndonné assez de preuves depuis sa fondation. Inconsistante, incertaine, privée de toute unité de\nvues et de direction, son effort semble voué à la plus désolante stérilité.\nAu programme de sa troisième séance : des mélodies de Strauwen, Wambach, De Boeck,\nchantées par M. Morissens, un quatuor de M. E. Guillaume, qui se souvient de Franck, trois\npièces pour piano de M. Sevenants, et trois pièces de P. Gilson.\nPar contre, notre confrère M. Rosy, directeur de la revue Le Thyrse, dont nous avons\ndéjà loué l'heureuse initiative, malheureusement privée de grands moyens et de retentissement,\npoursuit avec succès l'organisation de ses auditions belges. Le concert de la quinzaine réunissait\nles meilleures pages de M. Léon Delcroix. Trio en si mineur, quintette en si bémol pour piano\net cordes, exécutés par MM. Bosquet, Defauw, Kûhner, Onnon, Prévost. Arabesque et\nBallade d'un art exquis, plein de recherches, de distinction pour piano, par M. Bosquet ;\ndes lieder, dont deux mélodies remarquables: Ulnfante et Kermesse, sur des textes poétiques de\nGéo Drains, avec lequel M. Delcroix collabore en ce moment à une nouvelle partition lyrique,\nchantés délicatement par Mrne Esther Varny et accompagnés par l'auteur. Signalons aussi la\nquatrième audition, consacrée aux œuvres de M. Rasse, à 1' Union musicale belge, groupement\navare de ses services à l'égard même des auteurs dont il inscrit des pages à ses programmes, et\nenfin, pour clôturer ce palmarès national, le concert Arthur Van Dooren, où l'on entendit un\nAllegro de Concert pour piano, exécuté naguère à la Société Nationale, une Sonate pour\nviolon et piano, trois mélodies (Madame la Marquise, Berceuse, Nocturne), l'air et le duo du\ntableau final de l'opéra Kermesse.\nParmi les manifestations importantes, il faut inscrire en tête l'exécution (la première à\nBruxelles) au dernier concert du Conservatoire, des Béatitudes de César Franck. Le noble\nartiste a mis, dans cette composition monumentale, le meilleur de sa pensée, de sa foi sereine\net pure, toute sa bonté, toute sa probité, toute sa science de musicien. Les chœurs sont tous\nd'une admirable lucidité, l'ensemble orchestral et vocal revêt une incontestable beauté, une\ngrandeur calme de lignes. Pourtant, il ne nous donne que par endroits la sainte émotion, la\nrévélation que, naguère, nous firent vivre d'autres pages, plus intimes, plus immatérielles. Le\nvrai Franck n'est pas sous les nefs somptueuses, extérieurement décoratives. L'impression reste,\ncertes, des plus profondes et joyeuses, et nous devons féliciter M. Léon Du Bois pour\nl'admirable interprétation qu'il conduisit avec l'autorité d'un maître, la piété grave de la plus\nhaute conscience d'art. Ses solistes :M. Plamondon, de qui la voix est un charme, Melle Fanny\nMalnory, cancatrice adorable, douée du plus pur sens artistique, M. Seguin, toujours magistral,\nMelle Buyens et M. Huberty. Chœurs et orchestre irréprochables.\nLa Société Bach a terminé, elle aussi, son cycle annuel par la Passion selon S 1 Mathieu.\nL'effort de M. Zimmer est considérable ; il mérite qu'on lui pardonne des imperfections presque\ninévitables. Son succès, au surplus, marque l'ascension de la Société Bach que son activité\ndévouée situe au meilleur plan.\nDans une même voie s'engage la jeune société des Concerts Anciens, sous la direction\nsympathique de M. Louis Baroen. Sa deuxième séance, comportait des chansons pour quatuor"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.60", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4138, "texte": "vocal, du 16e siècle, entre autres Vaarwel mijn Broeder de Waelrant, chansons néerlandaises,\nchansons françaises, noëls wallons, chants religieux de Palestrina, de Vittoria, de H. Schiltz\ndes pages italiennes par Melle Fonsny, des sonates pour deux violons avec accompagnement de\npiano, de Ph. Em. Bach, et Haendel, par MM. Zimmer et Ghigo ; enfin, des pièces pour\nclavecin par M. Minet.\nNotre confrère M. Antonio Tirabassi ressuscite aussi des pages oubliées, salle Erard,\navec le concours d'une chorale mixte, de Melle Fonsny, cantatrice, Ewings, claveciniste,\nŒuvres de Gifra, S. d'lndice, G. Caccini, G. Ghizzolo, D. Belli, chœurs de Monteverde, de\nVerovio, de Peetrino, pièces de clavecin de G. M. Radino et Frescobaldi. Ces évocations d'un\nart défunt ont un charme mélancolique et reposant un peu, au sein de la furibonde conquête\nmoderne. Elles offrent en même temps, à l'historien de la musique, un intérêt des plus vifs.\nPlus spéciale, dans le même sens, l'audition organisée Salle Patria par notre collaborateur\nliégeois M. Guillaume Waitz, avec le concours de la société qu'il a fondée et\nqu'il dirige. Organiste, compositeur, critique musical, notre confrère, à ces divers titres,\nsollicite l'attention. La 38e Heure de Musique et fut réservée, il y a quelques\njours, à une audition partielle de ses œuvres dont le rend compte en ces\ntermes : \"M. Jaspar fit entendre une pièce de piano de notre excellent collègue Guillaume\nWaitz, un disciple aimé de Vincent d'lndy. L'œuvre, intitulée \" Heures d'Automne est\nd'un tour heureux ; le développement est de proportion excellente. Les thèmes ont de la clarté,\nla pensée, poétiquement assombrie, est sincère, originale.\"\nMais la pièce capitale de l'audition c'était une sonate pour piano et violon, du même\nauteur, interprétée par Melle Yvonne Clédina et Maurice Jaspar. On n'attend pas de nous\nl'audace d'un jugement définitif, établi sur cette première audition. On sent, oh ! très nette-\nment, que l'on est en présence d'une personnalité, et que cette première œuvre livrée au public\nest fortement réfléchie, établie. Elle vit, elle vibre, les périodes mélodiques s'épandant librement,\net l'écriture, intéressante, n'accapare pourtant pas l'attention au point de faire perdre de vue\nla grande ligne. Ceci nous est surtout suggéré par les deux premières parties ; la troisième nous\nplaît moins malgré sa robuste allure, son rythme franc. Mais la première partie est fort\nattachante ; quant à la seconde, notre préférée, elle est d'une originalité indiscutable, d'une\ntrès noble poésie. \"\nNous venons de recevoir, d'autre part, trois mélodies : Promenade sur Peau, La Lettre\nDouceur du Souvenir, et une page pour piano : Heures d'Automne, parues à VEdition\nMutuelle. Ces œuvres manquent peut-être encore de bien réelle personnalité, mais elles\nrévèlent une nature distinguée, un art sincère, épris de pensée, de réflexion et d'une expres-\nsion originale, moderne. M. Waitz effectivement, s'affirme disciple de Vincent d'lndy, et\nd'emblée, se classe au nombre de nos marquants compositeurs wallons. Nous aurons l'occasion\nde reparler de ses compositions. Le concert qu'il réalisa, en commentaire musical d'une\nconférence sur le Plain-chant donnée par Dom Vandeur, prieur de l'Abbaye de Mont-\nCésar, et honorée de la présence de S. E. le Cardinal Archevêque de Malines, ressuscitait\nd'adorables pages : l'lntroït de la 3e messe de la Noël, de la messe des Saints-\nInnocents, Victimae paschali laudes du XIe siècle, l'lntroït \" \" etc... Les\ncollaborateurs de M. Waitz mirent toute ferveur, toute foi à cette pieuse évocation, dont la\nhaute portée et le succès consacrent la jeune phalange et son chef.\nRené Lyr.\n1\nLIEGE. Dans peu de villes la vie musicale est plus intense que dans la vieille cité\nmosane. Aussi devant vous en donner un rapide aperçu suis-je un peu embarrassé. Nous avons\nentendu tant de belles œuvres, nous avons vu passer sur nos scènes tant d'artistes depuis\nl'ouverture de la \" saison \" ! Et nous voici arrivés au moment où les grosses contrebasses, bien\nemmitouflées dans leur grande boîte noire, s'en vont, une large étiquette collée sur le ventre,"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.61", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3743, "texte": "commencer la traditionnelle randonnée vers les villes d'eaux. Si donc ma mémoire m'est\ninfidèle, que l'on veuille bien m'excuser\nEn tout premier lieu il convient de signaler les exécutions d'une irréprochable correction\ndonnées par l'orchestre du Conservatoire sous la direction de M. Sylvain Dupuis. Ce premier\nconcert était entièrement consacré à Brahms, le soliste M. Serato joua le en ré.\nL'orchestre donna \\& symphonie en ut mineur, les sur un thème de Haydn et avec les\nchœurs, le Chant du Destin.\nAu deuxième concert Pablo Casais triomphe avec l'admirable en ré de Haydn\net se fait applaudir dans la Sérénade Espagnole de Glazounow, bien pauvre musique mais si\nbellement présentée que plus d'un s'y laissa prendre. M. Dupuis conduisit la Symphonie en si\nbémol de Schumann, les Equipées de Till Eulenspde Richard Strauss et\nTannhàuserde Wagner avec la virtuosité remarquable qui le caractérise. Au troisième concert\nnous eûmes la Symphonie fantastique de Berlioz qui n'eut pas grand succès malgré une exécution\ndes plus fouillées. Cela se comprend. Les modernes ont enrichi considérablement la palette\norchestrale et les hardiesses du maître romantique ne nous étonnent plus. Les belles couleurs\nde ses tableaux ont pâli. Quant à la structure et aux idées de Berlioz, mieux vaut n'en rien\ndire. M. Dupuis et son brillant orchestre remportèrent un plus franc et unanime succès avec\nle Chaseeur Maudit de Franck et la Chevauchée des ÎValkyries. Le soliste de ce concert,\nM. Eisenberger joua dans un goût très pur et avec une rare intelligence le en ut mineur\nde Mozart et celui en ut dièze mineur de Rimsky-Korsakow.\nIncontestablement le quatrième et dernier concert fut aussi le plus beau et l'on ovationna\nM. Dupuis pour son intelligente interprétation d de Monteverdi et la de\nBeethoven.\nA côté de l'orchestre du Conservatoire on peut ranger l'orchestre des grands concerts\nsymphoniques dirigé par M. Debefve. Non point qu'une comparaison puisse s'établir entre les\nexécutions impeccables du premier et celles, plus relâchées, du second. Mais parce que les\nconcerts du Conservatoire n'accordent que peu d'importance aux modernes tandis que l'orchestre\nde M. Debefve joue surtout des oeuvres de nos contemporains. Qu'on en juge : au premier\nConcert, M. Cortot joua le concerto en ut mineur de Saint-Saëns et une excellente transcrip-\ntion du concerto pour orgue de Wilhelm Friedmann Bach. L'orchestre exécuta une symphonie\nde Borodine, Phosphoréinede M. E. Mawet, de Albert Roussel et la\n'Joyeuse Marche de Chabrier. Au second concert un nous fit connaître le\nconcerto en si mineur pour violon de Jos. Jongen excellemment interprété par M. Ch. Herman\nqui exécuta aussi un Adagio pathétique de Marsick et une Passacaille de M. Thomson.\nM. M. Dambois fit chanter son violoncelle en artiste dans la prière hébraïque de\nM. Smulders et le Concertstïïck de M'\"° Faivilla. Le programme orchestral comprenait l'ouver-\nture de Hermann et Dorothée de A. Dupuis, un Scherzo de M. Sylv. Dupuis et une curieuse\nVision de Ch. Radoux. M'u* Fassin chanta un air de de Franck et des mélodies de\nMM. Ch. Radoux et Jaspar.\n( A suivre.) Guillaume Waitz.\n\nL'Edition Musicale\n\nUn correspondant de la Revue se plaignait l'autre jour dans ces pages des allures profanes\nde son organiste. Je serais bien tenté de lui répondre qu'en dehors de la musique rituelle, dont\nle formulaire est nécessaire à la célébration du culte, il ne peut y avoir de musique proprement\nreligieuse, dans un siècle où les Béatitudes, la Damoiselle Elue et le Vendredi-Saint se sont\ninstallés au théâtre. Mais, oui, tout notre musique religieuse sera forcément profane, puisque\nnotre musique profane est devenue religieuse. L'état d'âme de l'auditeur, qui laisse montre"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.62", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4548, "texte": "son recueillement vers un mystérieux au-delà, est devenu celui de nos concerts. Or, c'est lui\nque nous retrouvons à l'église, encadré dans les pratiques confessionnelles, et avec lui ses\nmoyens d'expression sonore. La musique religieuse! Mais elle est partout; il n'y a plus qu'elle!\nAinsi, prenons l'envoi qui nous parvient des mains attentives et diligentes de M.M.Durand\net fils. Que voyons nous? Vingt-quatre pièces en style libre pour orgue de Louis Vierne. Libre!\nPourquoi ? Parce que l'auteur a instinctivement senti qu'elles convenaient aussi bien à l'église\nqu'à la chambre. Et de fait on pourrait en dire autant des Rythmes berceurs (x) de ou du Trio\nde Dupin, (2) complexes, graves, méditatifs, ou des deux œuvres de Ropartz, (3) adorablement\nprenantes, chastes, retenues, et comme repliées sur elles-mêmes, ou mêmes, si vous voulez, des\nmélodies de Samazeuilh, (4) de Chéneviere (°) ou de la Bal de M. Jarnach. Tout cela est un art\nd'austérité, qui froisse et fait geindre la mélodie, pour nous dire l'ardeur d'un mysticisme\ninapaisé et d'une souffrance inquiète. Peu importe que l'objet de ces élans n'ait pas précision\nd'une religion constituée. Les tendances et le style restent les mêmes, et reflètent le même\nidéal sérieux et tendu. Il n'est pas jusqu'à l'ouverture d'un opéra-comique inachevé de Saint-\nSaëns qui ne marque cette volonté purificatrice, qui est le propre de la musique symphonique.\nUn thème guilleret s'y transforme, s'y assagit, s'y trempe dans le courant déjà profond (1854)\nqui a depuis entraîné notre art français vers la musique pure. Il peut y avoir une musique\ncléricale. Il n'y a pas de musique religieuse, parce que toute musique est religieuse et qu'elle\nouvre devant nous le monde de l'irréalité. Il ne tient qu'au catholicisme de lui donner la main.\nDe l'Orphée (6) de M. Roger-Ducasse, je ne puis rien dire avant d'avoir entendu et vu\ncette œuvre importante et pleine, dont la partition paraît, très crânement, aujourd'hui.\nJ'ai hâte de signaler un bel effort d'art qui se fait à l'étranger, à Munich, sous le nom de\nJVunderhornverlag. Il s'agit là de décentraliser et d'empêcher que Leipzig ou Berlin n'absorbent\ntoute l'attention musicale aux dépens des compositeurs du Sud. Les quelques artistes dont les\nœuvres nous parviennent àla faveur de ce groupement, sont M.M. Jan Ingenhoven, (7) Robert\nHaas, (8) Godfried Ruedinger, (9) et Hermann Zilcher, (10) quatre noms de jeunes à retenir.\nDans son ensemble, leur œuvre ne se sépare pas de la musique allemande moderne, docile à\nl'exemple de Schumann et de Strauss ; mais on distingue cependant un désir d'indépendance\nchez ces âmes volontairement locales, surtout chez M. Haas. Le répertoire du Wunderhorn,\nqui comprend aussi toute une réédition de JVilhelm Friedman Bach, Piesendel, Geminiani,\nPergolese (u), un charmant volume de la Serva Padrona (12), et quelques livres sur la musique, (13)\nmériterait de pénétrer chez nous. Les pianistes y trouveraient nombre de pièces délicates,\naccessibles, et d'un commerce agréable.\nM. Walter Morse-Rummel nous fait sauter en pays anglo-saxon, bien que sa personnalité\net aussi sa musique n'ignorent point Paris. J'avoue que je suis très séduit par les lieder, songs et\nchansons (14) que M. Rummel asu revêtir de la fraîcheur de sa musique. Il y a dans ces pièces\nune liberté charmante.\n(l) Pour violoncelle et piano. (2) Pour piano, violon et violoncelle. (3) Soir sur les chaumes, étude\nsymphonique. Dans Vombre de la montagne, pour piano. La route, piano et chant. (4) Chanson àma poupée.\nTendresse. Feuillage du cœur. Japonnerie. (5) Prière de Venfant triste. (6) Orphée, partition piano et chant\n(Durand et fils). (7) Jan Ingenhoven : Quintett ; Streichquartett ; Drei Saetxe fur Sreichquartett ; Brabant una\nRolland, symphonische Phantasie. (8) J. Haas. Quatre recueils pour piano ; Kukuks Lieder ; Kammer-Trio ;\nEulenspiegeleien ; Grillen far violine und Klavier ; Hornsonate. (9) H. Zichler 5 Dehmel-Cyclus, pour piano et\nchant. (10) G. Ruedinger : Sieben Bagatellen, piano à quatre mains ; Heimliche-ldyllen, violon et piano, Sechs\nSinnsprueche, chant et piano ; sechs Skizzen, piano et violoncelle ; Romantische Serenade, orchestre. (n) Neuf\nvolumes de sonates, sérénades et lieder. (I 2) Partition d'orchestre et partition piano et chant, in 4° obi.\n(M) Thomas San-Galli : Beethoven, die unstrebliche Geliebte. Joseph Pembauer d. J. : <von der Poesie des\nKlavierspiels. (u) Chansons arabes, Through the i<vory gâte, Three Songs. Lové*s Songs. Hushings Songs.\n(London, Augener).\n\nV. P."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-05-01-01-c041", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-05-01_01#c041", "volume": "bmtnabh_1914-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 54, "image_fin": 61, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.2.15.2", "titre_corps": "UNE ENQUÊTE", "titre_sommaire": "UNE ENQUÊTE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.54", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1152, "texte": "UNE ENQUÊTE\n(fin)\nM..., le 11 avril 1914.\nJ ai hâte de clore cette enquête, déjà trop longue, et que Rallongerais indéfiniment, si je\npubliais toutes les lettres qui me sont parvenues depuis le numéro du lerIer mars. Je remercie\nnotamment MM. Coedes-Mongin, Pierre Mayer, J. Civil, G. Belier, E. Bonnal, Jules Meunier,\nH. Mulet, et tant d autres qui ont pris la peine d'apporter à cet important débat le témoignage\nautorisé de leur compétence.\nEt, de tous ces documents, dont on peut bien dire qu'ils représentent l'opinion des gens\nde l'art, je voudrais dégager, si possible, une brève conclusion.\n- H semble bien tout d'abord que le morceau en question ait été unanimement condamné,\ncomme mauvais et déplace. Ceci suffirait a justifier la plainte que j'avais déposée auprès du\ntribunal de la musique. Mais, à côté et au-dessus de ce jugement de fait, il y a une question\nde droit, qui devait tout naturellement apparaître ici, et sur laquelle, si je ne me trompe, mes\nhonorables correspondants se trouvent divisés en deux écoles.\nLes intransigeants proscrivent rigoureusement du temple toute musique dont le goût leur"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.55", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3541, "texte": "parait suspect. Les opportunistes admettent des distinctions et tolèrent des accommodements.\nJe me rallierais volontiers aux premiers, qui ont pour eux un Motu Proprio très net. Les\ncérémonies du culte sont réglées par un protocole sévère. Pourquoi en serait-il autrement de la\nmusique qui les accompagne, et les rend sensibles aux oreilles ? Que vient faire ici l'interpréta-\ntion personnelle ? La meilleure musique à l'église est celle qui se rapproche le plus de la\nliturgie dont elle n'est que l'extériorisation sensible.\nMais, je ne me cache pas que l'opportunisme, en cette matière comme en beaucoup\nd'autres, a d'excellents arguments. Le maître Saint-Saëns, par exemple, en faisant appel dans\nsa réponse au nationalisme divergent, nous rappelle qu'il existe un auditoire, pour qui en\nfin de compte cette musique est faite. Et de même, par d'autres considérations, M. Dallier\net M. Chapuis nous attirent vers un point de vue, qui est celui de la tolérance même. Oui, il\nest évident qu'une musique, dont l'effet est religieux, doit être qualifiée de religieuse. Et, par\ncontre, un morceau qui porterait tous les symptômes officiels de religiosité serait inopérant et\ninutile à l'église, s'il restait sans effet sur le fidèle qui l'écoute. Alors il n'y a rien à faire ? Et\nil faut se résigner avec Claude Debussy à ne pas savoir comment, ni de quel droit on peut\nintervenir !\nIl faudrait cependant s'entendre, avant tout, sur un point : la musique d'église est-elle\nfaite pour le fidèle, ou le fidèle pour la musique ? Tout est là. Les rites et les dogmes sont\nimposés au fidèle, et la religion consiste précisément dans cette initiation, où la personnalité se\nplace dans un état de prédisposition. En serait-il autrement de la musique sacrée, et pourquoi ?\nNotez que je ne prétends pas répondre. Je pose simplement la question, dont dépend toute\nl'attitude de la musique et des musiciens dans cette vaste discussion.\nCeci posé et résolu il restera encore à prouver qu'il existe un critérium, permettant de\njuger la valeur religieuse d'un morceau de musique. Encore une fois, ce critérium nous l'avons\ndans les choses de la foi. Ne serait-ce pas lui dont le Motu Proprio a cherché la formule en\nmusique ? Nous saurions alors que le chant grégorien et la polyphonie palestrinienne sont des\nmodèles recommandés à notre imitation. Mais le pape, avec raison, s'est gardé d'en faire des\nmodèles exclusifs. Il nous dit simplement : le problème de la religiosité musicale a été\nparfaitement résolu par deux formes d'art différentes. Et il nous laisse croire que d'autres\nsolutions peuvent encore être cherchées. Ce qui est bien le contraire d'un critérium. Donc la\nreligiosité d'une musique dépend de la religiosité de celui qui la crée, et de celui qui l'écoute.\nEt si l'Eglise se laisse envahir, comme nous venons de le voir, par des pratiques d'où la religio-\nsité est absente, à qui la faute ?...\nMais je sens que je dépasse les limites d'un simple plaidoyer pro domo, et je laisse à\nd'autres le soin d'aborder ces graves questions, trop heureux si, grâce a 1 hospitalité de ia\nS. I. M., j'ai pu attirer sur elles la méditation de quelques bons esprits.\nJ. H. MORAIN.\nLYON. Les Concerts de M. Witkowski. bi le melomane lyonnais est un neureux\nmortel, gardons-nous pourtant de le comparer aux peuples qui n'ont pas d histoire. Celle de la\ndernière saison fut mémorable : de Novembre à la fin de Mars, M. Witkowski vient de déployer\ndevant les abonnés de ses concerts symphoniques une série de programmes aussi chatoyants que"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.56", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3753, "texte": "l'écharpe de Mayâ, mais d'un éclat moins illusoire. A défaut du feuilleton rétrospectif que\nmériterait chacune de ces neuf auditions, les lignes qui suivent s'efforceront à l'exactitude d'une\nhonnête table des matières.\nI. Le premier programme présentait, dans un splendide isolement, deux noms (est-ce afin\nde symboliser l'accord des deux Testaments ?) : Beethoven avec l'Héroïque, V. d'lndy, dans\ncette triade : Poème de la Montagne, Souvenirs, L'idée fut\nheureuse de commenter le sombre \" vocero \" symphonique des par le voisinage du\njuvénile poème de piano qui lui prêta le \" thème de la Bien-Aimée Ala \" Cévenole \", toute\nclaire et vibrante, il ne fallut d'autre commentaire que l'art fervent de MUe Selva.\n11. En première audition, le Chant funèbre de M. Magnard. Cette musique hautaine et\ndépouillée, d'un pathétiqeu si poignant sous l'austérité de sa forme, échappe encore à notre\npublic saturé de wagnérisme. Tous les applaudissements sont allés à la de Chausson,\ndont la pâte wagnero-franckiste, riche et séduisante certes, a de plus le mérite de ne décon-\ncerter aucune de nos habitudes. L'expérience est d'autant plus décisive, que l'exécution fut\nexcellente de part et d'autre.\nLa technique magistrale et l'autorité (un peu pédagogique) de M. Henri Marteau firent\nmerveille dans le Concerto de Beethoven et la Chde Bach.\n111. Visiblement, M. Witkowski dirige avec amour cette délicieuse\njusqu'ici inconnue à Lyon, qu'on appellerait volontiers la de Borodine. Poème de\nplein-air dont la fraîcheur, la grâce âpre et suave, la divine aisance firent paraître presque\nlaborieuses les Rondes de printemps de Debussy —où l'orchestre, au surplus, n'eut pas toute la\nfluidité désirable.\nLes Hymnes pour toi de M. Ehrenberg, chantées par Mme Blanchet-Dutoit, révélèrent un\ntalent vigoureux, qui semble osciller de Wagner à Richard Strauss. Adroitement \" sand-\nwichés\" entre ces modernités, le Concerto en ut de Saint-Saëns, où excella le solide et\nbrillant pianiste Robert Lortat, et la Suite en ré de Haendel, fort congrûment donnée\npar les \" cordes \", rassurèrent les amis des musiques traditionnelles. Et n'omettons pas la\nRhapsodie norvégienne de Lalo.\nIV. Pour tout habitué de la salle Rameau, ce quatrième concert marque une étape dans les\nprogrès constants de notre orchestre. De la grâce patricienne de Mozart (Symphonie en mi b) à\nl'orgie sonore de M. Florent Schmitt {Psaume Xen passant par le grave Prélude de\nl'acte 111 des Maîtres Chanteurs, M. Witkowski et sa phalange ont montré une souplesse de\nstyle et une variété de ressources dont ils n'avaient peut-être pas encore donné de telles preuves.\nAu vérisme amusant, mais grossier, des Chev de Charpentier, le Noël\nde Ravel, précieux, artificiel et charmant, fait une bien curieuse antithèse, que l'art profondé-\nment intelligent de Mm# Bathori sut mettre en pleine lumière.\nPuis, sauvage et brûlant, comme une rafale de sirocco, le de Schmitt déchaîna ses\ntumultes. Cette musique sent le désert, et la tente, et le poil de chameau. C'est la frénésie\nsacrée d'une tribu barbare, hurlant sous un soleil vertical ; et l'on peut préférer à ces trucu-\nlences le sublime lyrisme du Psaume CL de Franck. Mais M. Schmitt a voulu faire autre\nchose ; il l'a réussi. Il a le don de force, rare en tout temps, presque introuvable aujourd'hui.\nNous avons senti planer sur cette tempête de cris quelque chose qui ressemble au génie.\nLes chœurs de notre Schola lyonnaise ont vaillamment rempli leur tâche redoutable.\nL. A.\nBREST. Brest n'a jamais passé pour un grand centre musical. Les hurlements de la\ntempête peut-être aussi les frais de déplacement élevés semblent effrayer les artistes en\ntournée. Seuls le regretté Pugno, Boucheit et quelques rares autres se sont risqués jusqu'en"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.57", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3884, "texte": "Finistère. Et le programme de leurs concerts témoignait parfois d'une défiance injustifiée à\nFégard du goût musical brestois.\nCe n'est pas au théâtre qu'il faut chercher un mouvement musical bien intéressant.\nIl y a pourtant à Brest agglomération de cent mille âmes quelques poignées de mélo-\nmanes farouches. Les milieux maritimes aiment généralement la musique. Beaucoup, parmi les\nmigrateurs qui habitent nos ports de guerre, ont entendu ou pratiqué d'excellente musique. La\ndifficulté était de grouper ces forces éparses, trop souvent dispersées par le hasard des mutations\net embarquements. Une société florissante, la Palestrina, a pu toutefois se constituer. Un aperçu\ndes programmes donnera une idée du goût élevé qui les inspira. Concertos de Bach, plusieurs\nde ses Cantates ; Motets de Palestrina, Vittoria, Concerto Grosso, Judas Macchabée, de\nHaendel, Requiem de Mozart, Suites de d'lndy ; Chant funèbre de Chausson, un acte d\" Armide\net d'Hippolyte et Ariciey enfin de Franck, les Variations symphoniques, le Psaume CL, Ruthy\nRebeccay et tout dernièrement Rédemption...\nNous avons, sous le patronage de la Société des Amis de la Musique, organisé avec un de\nnos amis, M. Etard, professeur à Lyon, une série de concerts de musique de chambre. Les\ndifficultés n'ont pas manqué. Nous avons pourtant pu grouper un groupe d'exellents artistes\nlocaux MM. Devimeux, Last et Estrade et surtout trouvé un chef : M. Saigne, violon-\ncelliste, lauréat du Conservatoire de Paris, qui, en quelques mois de travail, est parvenu à former\nun quatuor homogène. Nos séances, précédées chacune d'une conférence, ont célébré Beethoven,\nHaydn, Mozart, Schumann, Schubert, Lalo, St. Saëns, Franck et l'Ecole française moderne.\nBien des amateurs sincères de bonne musique n'avaient jamais ouï jouer proprement un quatuor\nde Beethoven.\nLe lied moderne dont Mme Humber-Saigne, élève d'lsnardon —est une très émouvante\ninterprète a fait son entrée à Brest. Chausson, avec son beau quatuor à cordes et sa Chanson\nperpétuelle ; Fauré avec son 2e quatuor, Debussy, Duparc, Ravel, ont pénétré dans la Bretagne.\nL'accueil du public fut fort encourageant. Nous songeons à continuer par une séance de sonates\nvioloncelle et piano et une séance de quatuors russes, et espérons bien avoir ainsi créé à Brest\nune tradition qui se perpétuera.\nE. DELAGE SUERUS.\nNICE. C'est une saison bien remplie que la saison lyrique à Nice. Qu'on en juge\nplutôt : A l'Opéra, après VAuréole de M. Trémisot et une intéressante audition de toute la\nTétralogie de /'Anneau du Niebelung avec des artistes comme MM. Verdier et Arens, M. Sali-\ngnac a joué lui-même dans son théâtre avec MTne Marguerite Carré une œuvre inédite en\n2 actes : le Marchand de Masques, de M. Albert Wolff, le chef d'orchestre de l'Opéra-Comique\nde Paris. Cette pièce a produit une vive impression autant par le talent de ses interprètes que\npar les situations dramatiques d'un livret tourmenté et les qualités de netteté et d'expression\nd'une partition s'apparentant, bien que de loin, avec le vérisme transalpin. M. Salignac a\négalement donné Les Girondins de M. Le Borne et deux ballets: Djali de M. Menier et Mika\nde M. Tarelli qui ont plu à des titres divers. A mentionner une belle reprise à\"Aphrodite avec\nMllO Chenal.\nAu Casino Municipal, nous avons eu la création en France d'une œuvre italienne, la\nFemme et le Pantin, drame lyrique peu théâtral malgré les habiletés de l'adaptation, mais dont\nla musique très curieusement écrite par un symphoniste doué, M. Zandonaï, a présenté un\nréel intérêt. L'héroïne de Pierre Louys a trouvé au surplus en Mlle Bianca Bellincioni une\nidéale interprète. Les autres \" nouveautés \"de la saison furent :la Vivandière avec Mme Delna\nles Noces de Figaro avec Mlle Vix, Alceste avec Mme Félia Litvinne.\nIl convient de signaler, dans un genre plus léger, le succès remporté au Palais de la Jetée"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.58", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3526, "texte": "par une opérette fort spirituelle de M. Fauchey : Ni qui fera certainement\nson tour de France, et à l'Olympia le triomphe de la qui a dépassé sans effort\nla cinquantième ! Quant aux concerts, nous en avons entendu de tous genres et en tous\nlieux... Les seuls dont on puisse parler sont les concerts de danse de l'Opéra, avec Mlle Trou-\nhanova et Mme Loïe Fuller, et les grands \" classiques \"de la Jetée sous la direction du maestro\nGervasio : cycle des Symphonies de Beethoven, œuvres de Borodine, Wagner, Berlioz,\nRimsky-Korsakoff, César Franck. Malheureusement pas de Dukas, de Debussy, de Ravel ; on\nn'est en vérité pas encore bien dans le mouvement en ce Paris d'Azur que veut être Nice.\nLouis DARRÈS.\nIl semble que le succès de Parsifal ait nui, de façon générale, à toutes les autres\noeuvres, y compris celles du répertoire \" à rapport \" représentées cette saison à la Monnaie.\nC'est à cette cause qu'il convient d'attribuer sans doute le peu d'empressement de notre public,\naccoutumé pourtant de fêter le maître français, à revenir entendre L'œuvre, qui\nfut créée à Bruxelles, en 1903, et dont les principaux interprètes étaient àla reprise MIIe Vorska\net M. Bouilliez, n'a eu que deux représentations devant des salles à demi-vides. L'action\nlyrique de M. d'lndy reste toutefois l'une des partitions préférées par une fraction des jeunes\nmusiciens. Le Festival Wagner, avec des chefs d'orchestre, des interprètes d'Outre-Rhin,\net en allemand (Bruxelles, n'est-ce pas, tout comme Anvers, est une cité quasi conquise),\nretiendra désormais les dévotions de notre première scène —si peu \" nôtre Nous avons dit,\ndans notre chronique du premier Avril, quelle est la part réservée pour 1913-1914 aux musiciens\nnationaux. Le ballet d'August De Boeck La Phalène en création (c'est tout ce qu'on a trouvé\ndans l'admirable production de nos auteurs, qui ne se découragent point d'ailleurs), et une\nreprise de Kaatje, du sympathique baron V. Buffin. Celle-ci s'en fut, il est vrai, trouver succès\nà Monte-Carlo. La statistique des ouvrages lyriques belges présentés par la Monnaie se\ncomplète donc, à ce jour, comme suit : De 1900 à 1909 : de Blockx,\nJean Michel et Martilled'A Dupuis, Princesse de P. Gilson, de\nF. Rasse, Katharina de Tinel. En 1909, néant. En 1910-1911 : Ceci n est pas un conte, de\nM. le baron Ludovic Stiénon du Pré. En 1911-1912 : Rhena de Van den Eeden, Oudelette\nde Radoux. En 1912-19x3 : Kaatje de M. le baron Victor Buffin. En 1913-1914 : néant.\nAu total, de 1900 à 1914, dix créations, soit une moyenne annuelle de 0,7 de partition\nnationale. Il paraît que nous avons tort de nous plaindre... les compositeurs belges n'ayant\naucun talent. L'un d'eux, néanmoins, vient de connaître encore une éclatante consécration\nau théâtre des Arts de Rouen. Le Fléau,triptyque musical de M. Bouserez, sur des poèmes\nd'Emile Verhaeren, extraits des Campagnes Halluciné y fut créé devant un public enthousiaste.\nLe dernier concert populaire toujours le dernier, bien entendu était réservé à\nquelques-uns de nos musiciens. On y réentendit les de Paul Gilson, l'une\ndes plus marquantes compositions de l'école belge, sur une poésie de L. Solvay,\npage délicate et fraîche de Léon du Bois, le Scherzœuvre fort intéressante si souvent\nexécutée au piano dans les concerts de M. Raway. Les appartiennent toutes trois à la\nphalange de second ordre. Timon d'/ithenes,poème symphonique de M. Ltinssens nous confirme\ndans l'opinion que nous avons depuis longtemps, et qui, pour cette fois, est partagée unanimement :"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.59", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 4298, "texte": "à savoir, que le musicien possède à fond son métier, qu'il n'y a point chez nous de plus savant,\nde plus autorisé \" professeur \" et c'est tout ; le Concerto pour piano et orchestre, joué par\nl'auteur, de M. G. de Greef, est certainement aussi fort appréciable, à d'autres titres, peut-\nêtre que sa parfaite virtuosité. Mais il ne contient tout de même que de hautes intentions.\nQuant au \" Renouveau \"de Mme Van den Boorn-Coclet, la galanterie nous défend d'y\nreconnaître plus qu'une aimable impersonnalité. L'éminente direction de notre compatriote\nM. Ruhlman, chef d'orchestre de l'Opéra-Comique, aurait, franchement, pu honorer meilleur\nensemble, et plus vraiment représentatif de notre art symphonique.\nHâtons-nous de constater que nos compositeurs ne sont guère plus heureux quand ils\ns'inquiètent de se défendre eux-mêmes. La Société Nationale des Compositeurs belges nous en a\ndonné assez de preuves depuis sa fondation. Inconsistante, incertaine, privée de toute unité de\nvues et de direction, son effort semble voué à la plus désolante stérilité.\nAu programme de sa troisième séance : des mélodies de Strauwen, Wambach, De Boeck,\nchantées par M. Morissens, un quatuor de M. E. Guillaume, qui se souvient de Franck, trois\npièces pour piano de M. Sevenants, et trois pièces de P. Gilson.\nPar contre, notre confrère M. Rosy, directeur de la revue Le Thyrse, dont nous avons\ndéjà loué l'heureuse initiative, malheureusement privée de grands moyens et de retentissement,\npoursuit avec succès l'organisation de ses auditions belges. Le concert de la quinzaine réunissait\nles meilleures pages de M. Léon Delcroix. Trio en si mineur, quintette en si bémol pour piano\net cordes, exécutés par MM. Bosquet, Defauw, Kûhner, Onnon, Prévost. Arabesque et\nBallade d'un art exquis, plein de recherches, de distinction pour piano, par M. Bosquet ;\ndes lieder, dont deux mélodies remarquables: Ulnfante et Kermesse, sur des textes poétiques de\nGéo Drains, avec lequel M. Delcroix collabore en ce moment à une nouvelle partition lyrique,\nchantés délicatement par Mrne Esther Varny et accompagnés par l'auteur. Signalons aussi la\nquatrième audition, consacrée aux œuvres de M. Rasse, à 1' Union musicale belge, groupement\navare de ses services à l'égard même des auteurs dont il inscrit des pages à ses programmes, et\nenfin, pour clôturer ce palmarès national, le concert Arthur Van Dooren, où l'on entendit un\nAllegro de Concert pour piano, exécuté naguère à la Société Nationale, une Sonate pour\nviolon et piano, trois mélodies (Madame la Marquise, Berceuse, Nocturne), l'air et le duo du\ntableau final de l'opéra Kermesse.\nParmi les manifestations importantes, il faut inscrire en tête l'exécution (la première à\nBruxelles) au dernier concert du Conservatoire, des Béatitudes de César Franck. Le noble\nartiste a mis, dans cette composition monumentale, le meilleur de sa pensée, de sa foi sereine\net pure, toute sa bonté, toute sa probité, toute sa science de musicien. Les chœurs sont tous\nd'une admirable lucidité, l'ensemble orchestral et vocal revêt une incontestable beauté, une\ngrandeur calme de lignes. Pourtant, il ne nous donne que par endroits la sainte émotion, la\nrévélation que, naguère, nous firent vivre d'autres pages, plus intimes, plus immatérielles. Le\nvrai Franck n'est pas sous les nefs somptueuses, extérieurement décoratives. L'impression reste,\ncertes, des plus profondes et joyeuses, et nous devons féliciter M. Léon Du Bois pour\nl'admirable interprétation qu'il conduisit avec l'autorité d'un maître, la piété grave de la plus\nhaute conscience d'art. Ses solistes :M. Plamondon, de qui la voix est un charme, Melle Fanny\nMalnory, cancatrice adorable, douée du plus pur sens artistique, M. Seguin, toujours magistral,\nMelle Buyens et M. Huberty. Chœurs et orchestre irréprochables.\nLa Société Bach a terminé, elle aussi, son cycle annuel par la Passion selon S 1 Mathieu.\nL'effort de M. Zimmer est considérable ; il mérite qu'on lui pardonne des imperfections presque\ninévitables. Son succès, au surplus, marque l'ascension de la Société Bach que son activité\ndévouée situe au meilleur plan.\nDans une même voie s'engage la jeune société des Concerts Anciens, sous la direction\nsympathique de M. Louis Baroen. Sa deuxième séance, comportait des chansons pour quatuor"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.60", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4138, "texte": "vocal, du 16e siècle, entre autres Vaarwel mijn Broeder de Waelrant, chansons néerlandaises,\nchansons françaises, noëls wallons, chants religieux de Palestrina, de Vittoria, de H. Schiltz\ndes pages italiennes par Melle Fonsny, des sonates pour deux violons avec accompagnement de\npiano, de Ph. Em. Bach, et Haendel, par MM. Zimmer et Ghigo ; enfin, des pièces pour\nclavecin par M. Minet.\nNotre confrère M. Antonio Tirabassi ressuscite aussi des pages oubliées, salle Erard,\navec le concours d'une chorale mixte, de Melle Fonsny, cantatrice, Ewings, claveciniste,\nŒuvres de Gifra, S. d'lndice, G. Caccini, G. Ghizzolo, D. Belli, chœurs de Monteverde, de\nVerovio, de Peetrino, pièces de clavecin de G. M. Radino et Frescobaldi. Ces évocations d'un\nart défunt ont un charme mélancolique et reposant un peu, au sein de la furibonde conquête\nmoderne. Elles offrent en même temps, à l'historien de la musique, un intérêt des plus vifs.\nPlus spéciale, dans le même sens, l'audition organisée Salle Patria par notre collaborateur\nliégeois M. Guillaume Waitz, avec le concours de la société qu'il a fondée et\nqu'il dirige. Organiste, compositeur, critique musical, notre confrère, à ces divers titres,\nsollicite l'attention. La 38e Heure de Musique et fut réservée, il y a quelques\njours, à une audition partielle de ses œuvres dont le rend compte en ces\ntermes : \"M. Jaspar fit entendre une pièce de piano de notre excellent collègue Guillaume\nWaitz, un disciple aimé de Vincent d'lndy. L'œuvre, intitulée \" Heures d'Automne est\nd'un tour heureux ; le développement est de proportion excellente. Les thèmes ont de la clarté,\nla pensée, poétiquement assombrie, est sincère, originale.\"\nMais la pièce capitale de l'audition c'était une sonate pour piano et violon, du même\nauteur, interprétée par Melle Yvonne Clédina et Maurice Jaspar. On n'attend pas de nous\nl'audace d'un jugement définitif, établi sur cette première audition. On sent, oh ! très nette-\nment, que l'on est en présence d'une personnalité, et que cette première œuvre livrée au public\nest fortement réfléchie, établie. Elle vit, elle vibre, les périodes mélodiques s'épandant librement,\net l'écriture, intéressante, n'accapare pourtant pas l'attention au point de faire perdre de vue\nla grande ligne. Ceci nous est surtout suggéré par les deux premières parties ; la troisième nous\nplaît moins malgré sa robuste allure, son rythme franc. Mais la première partie est fort\nattachante ; quant à la seconde, notre préférée, elle est d'une originalité indiscutable, d'une\ntrès noble poésie. \"\nNous venons de recevoir, d'autre part, trois mélodies : Promenade sur Peau, La Lettre\nDouceur du Souvenir, et une page pour piano : Heures d'Automne, parues à VEdition\nMutuelle. Ces œuvres manquent peut-être encore de bien réelle personnalité, mais elles\nrévèlent une nature distinguée, un art sincère, épris de pensée, de réflexion et d'une expres-\nsion originale, moderne. M. Waitz effectivement, s'affirme disciple de Vincent d'lndy, et\nd'emblée, se classe au nombre de nos marquants compositeurs wallons. Nous aurons l'occasion\nde reparler de ses compositions. Le concert qu'il réalisa, en commentaire musical d'une\nconférence sur le Plain-chant donnée par Dom Vandeur, prieur de l'Abbaye de Mont-\nCésar, et honorée de la présence de S. E. le Cardinal Archevêque de Malines, ressuscitait\nd'adorables pages : l'lntroït de la 3e messe de la Noël, de la messe des Saints-\nInnocents, Victimae paschali laudes du XIe siècle, l'lntroït \" \" etc... Les\ncollaborateurs de M. Waitz mirent toute ferveur, toute foi à cette pieuse évocation, dont la\nhaute portée et le succès consacrent la jeune phalange et son chef.\nRené Lyr.\n1\nLIEGE. Dans peu de villes la vie musicale est plus intense que dans la vieille cité\nmosane. Aussi devant vous en donner un rapide aperçu suis-je un peu embarrassé. Nous avons\nentendu tant de belles œuvres, nous avons vu passer sur nos scènes tant d'artistes depuis\nl'ouverture de la \" saison \" ! Et nous voici arrivés au moment où les grosses contrebasses, bien\nemmitouflées dans leur grande boîte noire, s'en vont, une large étiquette collée sur le ventre,"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.61", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3156, "texte": "commencer la traditionnelle randonnée vers les villes d'eaux. Si donc ma mémoire m'est\ninfidèle, que l'on veuille bien m'excuser\nEn tout premier lieu il convient de signaler les exécutions d'une irréprochable correction\ndonnées par l'orchestre du Conservatoire sous la direction de M. Sylvain Dupuis. Ce premier\nconcert était entièrement consacré à Brahms, le soliste M. Serato joua le en ré.\nL'orchestre donna \\& symphonie en ut mineur, les sur un thème de Haydn et avec les\nchœurs, le Chant du Destin.\nAu deuxième concert Pablo Casais triomphe avec l'admirable en ré de Haydn\net se fait applaudir dans la Sérénade Espagnole de Glazounow, bien pauvre musique mais si\nbellement présentée que plus d'un s'y laissa prendre. M. Dupuis conduisit la Symphonie en si\nbémol de Schumann, les Equipées de Till Eulenspde Richard Strauss et\nTannhàuserde Wagner avec la virtuosité remarquable qui le caractérise. Au troisième concert\nnous eûmes la Symphonie fantastique de Berlioz qui n'eut pas grand succès malgré une exécution\ndes plus fouillées. Cela se comprend. Les modernes ont enrichi considérablement la palette\norchestrale et les hardiesses du maître romantique ne nous étonnent plus. Les belles couleurs\nde ses tableaux ont pâli. Quant à la structure et aux idées de Berlioz, mieux vaut n'en rien\ndire. M. Dupuis et son brillant orchestre remportèrent un plus franc et unanime succès avec\nle Chaseeur Maudit de Franck et la Chevauchée des ÎValkyries. Le soliste de ce concert,\nM. Eisenberger joua dans un goût très pur et avec une rare intelligence le en ut mineur\nde Mozart et celui en ut dièze mineur de Rimsky-Korsakow.\nIncontestablement le quatrième et dernier concert fut aussi le plus beau et l'on ovationna\nM. Dupuis pour son intelligente interprétation d de Monteverdi et la de\nBeethoven.\nA côté de l'orchestre du Conservatoire on peut ranger l'orchestre des grands concerts\nsymphoniques dirigé par M. Debefve. Non point qu'une comparaison puisse s'établir entre les\nexécutions impeccables du premier et celles, plus relâchées, du second. Mais parce que les\nconcerts du Conservatoire n'accordent que peu d'importance aux modernes tandis que l'orchestre\nde M. Debefve joue surtout des oeuvres de nos contemporains. Qu'on en juge : au premier\nConcert, M. Cortot joua le concerto en ut mineur de Saint-Saëns et une excellente transcrip-\ntion du concerto pour orgue de Wilhelm Friedmann Bach. L'orchestre exécuta une symphonie\nde Borodine, Phosphoréinede M. E. Mawet, de Albert Roussel et la\n'Joyeuse Marche de Chabrier. Au second concert un nous fit connaître le\nconcerto en si mineur pour violon de Jos. Jongen excellemment interprété par M. Ch. Herman\nqui exécuta aussi un Adagio pathétique de Marsick et une Passacaille de M. Thomson.\nM. M. Dambois fit chanter son violoncelle en artiste dans la prière hébraïque de\nM. Smulders et le Concertstïïck de M'\"° Faivilla. Le programme orchestral comprenait l'ouver-\nture de Hermann et Dorothée de A. Dupuis, un Scherzo de M. Sylv. Dupuis et une curieuse\nVision de Ch. Radoux. M'u* Fassin chanta un air de de Franck et des mélodies de\nMM. Ch. Radoux et Jaspar.\n( A suivre.) Guillaume Waitz."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-05-01-01-c044", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-05-01_01#c044", "volume": "bmtnabh_1914-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 61, "image_fin": 62, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.2.15.3", "titre_corps": "L'Edition Musicale", "titre_sommaire": "L'Edition Musicale", "signature_source": "V. 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L'état d'âme de l'auditeur, qui laisse montre"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.62", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4548, "texte": "son recueillement vers un mystérieux au-delà, est devenu celui de nos concerts. Or, c'est lui\nque nous retrouvons à l'église, encadré dans les pratiques confessionnelles, et avec lui ses\nmoyens d'expression sonore. La musique religieuse! Mais elle est partout; il n'y a plus qu'elle!\nAinsi, prenons l'envoi qui nous parvient des mains attentives et diligentes de M.M.Durand\net fils. Que voyons nous? Vingt-quatre pièces en style libre pour orgue de Louis Vierne. Libre!\nPourquoi ? Parce que l'auteur a instinctivement senti qu'elles convenaient aussi bien à l'église\nqu'à la chambre. Et de fait on pourrait en dire autant des Rythmes berceurs (x) de ou du Trio\nde Dupin, (2) complexes, graves, méditatifs, ou des deux œuvres de Ropartz, (3) adorablement\nprenantes, chastes, retenues, et comme repliées sur elles-mêmes, ou mêmes, si vous voulez, des\nmélodies de Samazeuilh, (4) de Chéneviere (°) ou de la Bal de M. Jarnach. Tout cela est un art\nd'austérité, qui froisse et fait geindre la mélodie, pour nous dire l'ardeur d'un mysticisme\ninapaisé et d'une souffrance inquiète. Peu importe que l'objet de ces élans n'ait pas précision\nd'une religion constituée. Les tendances et le style restent les mêmes, et reflètent le même\nidéal sérieux et tendu. Il n'est pas jusqu'à l'ouverture d'un opéra-comique inachevé de Saint-\nSaëns qui ne marque cette volonté purificatrice, qui est le propre de la musique symphonique.\nUn thème guilleret s'y transforme, s'y assagit, s'y trempe dans le courant déjà profond (1854)\nqui a depuis entraîné notre art français vers la musique pure. Il peut y avoir une musique\ncléricale. Il n'y a pas de musique religieuse, parce que toute musique est religieuse et qu'elle\nouvre devant nous le monde de l'irréalité. Il ne tient qu'au catholicisme de lui donner la main.\nDe l'Orphée (6) de M. Roger-Ducasse, je ne puis rien dire avant d'avoir entendu et vu\ncette œuvre importante et pleine, dont la partition paraît, très crânement, aujourd'hui.\nJ'ai hâte de signaler un bel effort d'art qui se fait à l'étranger, à Munich, sous le nom de\nJVunderhornverlag. Il s'agit là de décentraliser et d'empêcher que Leipzig ou Berlin n'absorbent\ntoute l'attention musicale aux dépens des compositeurs du Sud. Les quelques artistes dont les\nœuvres nous parviennent àla faveur de ce groupement, sont M.M. Jan Ingenhoven, (7) Robert\nHaas, (8) Godfried Ruedinger, (9) et Hermann Zilcher, (10) quatre noms de jeunes à retenir.\nDans son ensemble, leur œuvre ne se sépare pas de la musique allemande moderne, docile à\nl'exemple de Schumann et de Strauss ; mais on distingue cependant un désir d'indépendance\nchez ces âmes volontairement locales, surtout chez M. Haas. Le répertoire du Wunderhorn,\nqui comprend aussi toute une réédition de JVilhelm Friedman Bach, Piesendel, Geminiani,\nPergolese (u), un charmant volume de la Serva Padrona (12), et quelques livres sur la musique, (13)\nmériterait de pénétrer chez nous. Les pianistes y trouveraient nombre de pièces délicates,\naccessibles, et d'un commerce agréable.\nM. Walter Morse-Rummel nous fait sauter en pays anglo-saxon, bien que sa personnalité\net aussi sa musique n'ignorent point Paris. J'avoue que je suis très séduit par les lieder, songs et\nchansons (14) que M. Rummel asu revêtir de la fraîcheur de sa musique. Il y a dans ces pièces\nune liberté charmante.\n(l) Pour violoncelle et piano. (2) Pour piano, violon et violoncelle. (3) Soir sur les chaumes, étude\nsymphonique. Dans Vombre de la montagne, pour piano. La route, piano et chant. (4) Chanson àma poupée.\nTendresse. Feuillage du cœur. Japonnerie. (5) Prière de Venfant triste. (6) Orphée, partition piano et chant\n(Durand et fils). (7) Jan Ingenhoven : Quintett ; Streichquartett ; Drei Saetxe fur Sreichquartett ; Brabant una\nRolland, symphonische Phantasie. (8) J. Haas. Quatre recueils pour piano ; Kukuks Lieder ; Kammer-Trio ;\nEulenspiegeleien ; Grillen far violine und Klavier ; Hornsonate. (9) H. Zichler 5 Dehmel-Cyclus, pour piano et\nchant. (10) G. Ruedinger : Sieben Bagatellen, piano à quatre mains ; Heimliche-ldyllen, violon et piano, Sechs\nSinnsprueche, chant et piano ; sechs Skizzen, piano et violoncelle ; Romantische Serenade, orchestre. (n) Neuf\nvolumes de sonates, sérénades et lieder. (I 2) Partition d'orchestre et partition piano et chant, in 4° obi.\n(M) Thomas San-Galli : Beethoven, die unstrebliche Geliebte. Joseph Pembauer d. J. : <von der Poesie des\nKlavierspiels. (u) Chansons arabes, Through the i<vory gâte, Three Songs. Lové*s Songs. Hushings Songs.\n(London, Augener).\n\nV. P."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-05-01-01-c045", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-05-01_01#c045", "volume": "bmtnabh_1914-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 63, "image_fin": 63, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.2.16", "titre_corps": "Les faits au mois", "titre_sommaire": "Les faits au mois", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.63", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2975, "texte": "Les faits au mois\nLe massacre des innocents. La critique parisienne a fait sa soumission a Strazuinsky et, prosternée au pied du trône\nau prince Igor, cherche a se faire pardonner ses injustes sévérités passées. Elle pousse même le zèle jusqua offrir solennelle-\nment au jeune Moloch des sacrifices humains : on a organisé dans ce but une formidable hécatombe des esquimaux du \" Sacre\ndu Printemps '\\ Pourchassés et traqués de toutes parts, les malheureux expirent sous le\npoignard ou la bêche. Rien, d'ailleurs, ri est venu prouver jusqu'ici que cet holocauste soit\n.• v 1 r\nparticulièrement agréa-\nble a l'intéressé.\nNous sommes autorisés a\naffirmer que jamais nos\ndeux collaborateurs M.\nBex et M. Stein ri ont\nsongé a s'associer pour\nexploiter une manufac-\nture de pianos. La bonne\nfoi de nos confrères qui\nontannoncécette nouvelle\na certainement été sur-\nprise. s? amais les\nconcerts du Vendredi-\nSaint riavaient été aussi spirituels que cette année : la seule\nlecture de leurs affiches mit le public en joie. Jamais par l'humour\nqui présida au choix des œuvres, par l'ironie et la fantaisie qui\npy prodiguèrent si finement, ces manifestations ri avaient mieux mérité leur titre. N'ayant pu obtenir de lafamille IVagner\nVautorisation de modifier et de remplacer, a ses frais, le mécanisme suranné du prélude de \" l'Or du Rhin J', M. Gustave\nLyon vient de fonder un prix de 500 francs pour récompenser la meilleure composition ne contenant pas une seule harmonie\nsur pédale. A V Opéra-Comique. La direction vient de louer, pour classer ses archives, un vaste local situé a Montmartre\nrue des Trois Frères. —M. P.-B. Gheusi vient de terminer le livret d'une comédie musicale tirée du délicieux chef-d'œuvre\nde Courteline \"La Paix chez soi \". Il le destine a celui de nos compositeurs qui voudra bien utiliser Vaccord parfait pour\nécrire sa partition. A l'heure ou nous mettons sous presse, aucun musicien ri a encore\naccepté cette condition. Une discussion s'étant élevée entre MM. Isola frères, le\nministre a décidé que le docteur Doyen, spécialiste de ce genre d'opérations, serait seul\nqualifié a F avenir pour trancher les différents qui pourraient\nsurvenir entre les directeurs xiphopages. /gf3 Le célèbre cirque\nanglo-américain Russel-Higgins and C° est dans nos murs.\nCette magnifique compagnie the greatest of the world\nvient de s'installer Avenue Montaigne. Magnifiques représen-\ntations ; numéros et attractions de premier ordre ; minstrels,\nclowns musicaux, chanteuses a voix, F homme qui jongle avec les contre-ut, le baryton-ventriloque, le\nprestidigitateur qui escamote les notes, la danseuse sur la corde-neuvième, Phomme-serpent-a-sonnette\njw/ joue simultanément du saxophone et du glockenspiel, la femme qui tord une barre de\nmesure entre deux doigts, la diva aux pauses plastiques... etc. etc. Spectacles variés et\ndivertissants. Nota .• Pour être agréable à la clientèle parisienne, la Maison reprend les\no\npièces italiennes n'ayant plus cours en France."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-05-01-01-c050", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-05-01_01#c050", "volume": "bmtnabh_1914-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 64, "image_fin": 64, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.2.17", "titre_corps": "ÇA ET LA", "titre_sommaire": "ÇA ET LA", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.64", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2885, "texte": "ÇA ET LA\nNouvelles\nLa Société des Amis des Cathédrales a visité le 28 avril la cathédrale d'Amiens.\nUn temps magnifique favorisa cette excursion qui réunit près de 400 Parisiens. Notre Revue\navait été invitée à prendre part à ce voyage dont grâce à l'amabilité et au dévouement de\nM. Jean Chantagut l'organisation fut parfaite. Nous donnerons dans notre prochain\nnuméro un compte-rendu de cette intéressante journée.\n* *\nNous nous empressons de démentir l'annonce lancée par notre confrère le Monde\nMusical, du départ de Pierre Monteux pour l'Amérique où l'aurait appelé un engagement de\nchef d'orchestre à l'Opéra de Boston en remplacement de M. André Caplet. Cette nouvelle\nqui avait causé une certaine émotion parmi les amis des Concerts Populaires du Casino de\nParis est de pure fantaisie. Jamais l'excellent fondateur de l'Association des Concerts Monteux\nn'a songé à abandonner sa vaillante société dont les débuts ont été si remarquables. Il élabore\nau contraire d'intéressants projets qui rendront plus brillante encore sa prochaine saison.\n*\n* *\nM. et Mme Ancel-Guyonnet ont donné une très brillante soirée musicale consacrée aux\nœuvres d'Albert Roussel. Le Trio, la Sonatine pour piano, la Sonate pour piano et violon et des\nmélodies de choix ont été admirablement interprétés par Mlle Marthe Dron, Mlle Suzanne\nBerchut, Mme Ancel-Guyonnet, M. Henri Choinet et 1' auteur. Le succès fut très vif et\nl'auteur du Festin de VAraignée a été chaleureusement fêté par une brillante assistance.\n\\ 1\n*\n* *\nLa maison Rouart Lerolle, 29 rue d'Astorg, vient de faire paraître une transcription pour\ndeux pianos à quatre mains de la Symphonie de Paul Dukas.\n%\n* *\nNous avons annoncé la fondation de la Société des Amis de la Maîtrise de S* François\nXavier. Voici les noms des membres de son comité:\nMM. Duc de Doudeauville, Duc de Trévise, Comte de Brissac, Vincent d'lndy, Comte\nCellier, Camille Bellaigue, Baron de Montigny, de la Tombelle, Baron de Rotours, Ecorche-\nville, Louis Michon, Dabancourt, Comte de Tocqueville, Comte de Bourblanc, Comte de\nVallombrosa. La Société donnera le 8 mai, à 4 heures, dans la salle paroissiale, un concert\nauquel M. Vincent d'lndy prêtera son triple concours de compositeur, de chef d'orchestre et\nde conférencier.\n*\n* *\nChemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.\nExcursions en auto-cars dans la Foret de Fontainebleau. Le Service d'excursions par\nauto-cars, organisé par la Compagnie P. L. M. dans la forêt de Fontainebleau, fonctionnera\ncette année du 9 avril au 2 novembre. Ce Service permettra de visiter, le matin, la partie\nNord de la Foret et 1 après-midi la partie Sud, moyennant la somme de 11 fr. par personne.\nLe touriste pourra, s'il le désire, n'effectuer que la visite de la partie Nord de la Forêt,\npour le prix de 5 francs ou de la partie Sud, pour le prix de 8 fr.\nPour plus de détails, consulter les prospectus spéciaux."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-05-01-01-c051", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-05-01_01#c051", "volume": "bmtnabh_1914-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 65, "image_fin": 65, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.2.18", "titre_corps": "LA QUINZAINE", "titre_sommaire": "LA QUINZAINE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.65", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1245, "texte": "LA QUINZAINE\nDe Monte-Carlo.\nu Daphnis et Chloé \", le délicieux ballet de Mes-\nsieurs Michel Fokine et Maurice Ravel, vient d'obtenir\nun succès considérable interprété par la troupe des Bal-\nlets Russes. Remarquable interprétation de la part des\ndanseurs et de l'orchestre, sous la direction magistrale\nde Pierre Monteux.\nAu cours de la représentation de gala donnée en\nl'honneur du vingt-cinquième anniversaire de l'avène-\nment du Prince Albert lerIer au trône de Monaco, le\npublic a tout particulièrement acclamé le Vieil Aigle,\nle célèbre drame lyrique de M. Raoul Gunsbourg.\nLa grandeur épique du poème, son intensité tragique,\nl'élan spontané de la mélodie toujours puissamment expressive ont\nprovoqué la même émotion, et le même enthousiasme qu'au\nsoir de la première de cette œuvre superbe, en 1909.\nM. Maurice Renaud est un Vieil Aigle magnifique, d'une\nvéhémence admirable et d'une incomparable grandeur. M. Franz\na fait applaudir sa voix généreuse et son jeu dramatique. MlK'Vally\nfut une Zita d'un charme délicieux et d'une exquise sensibilité.\nM. Léon Jehin, qui écrivit l'orchetration du Vieil Aigle avec\nun très vif coloris, dirigeait l'exécution de l'œuvre de M. 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Autant vouloir rendre à la vie un moribond, au seuil de la tombe.\nQue cela serve de leçon à tous ceux qui se laissent séduire par le mirage des prospectus ronflants,\ndes affiches mirobolantes et des promesses alléchantes des banques d'émission et des établissements de\ncrédit, qui ne cessent d'empoisonner la petite épargne avec des obligations soi-disant de tout repos,\nmais dont le cours baisse de 1 5 à 20 pour cent aussitôt qu'elles sont passées de leurs opulentes caisses\ndans les mains de leur clientèle confiante.\nL'émission terminée, la commission encaissée, le tour est joué, le détenteur naïf n'a que la\nressource, s'il a besoin de son argent, d'aller vendre à la Bourse à 400 ou 420 francs les obligations\nqu'il a achetées 460 ou 480 francs aux guichets de ces luxueux établissements dont les succursales seront\nbientôt aussi nombreuses aux coins des rues que les débitants d'alcool.\nC'est le progrès ! dira-t-on. D'accord, mais il faut savoir profiter du progrès sans en souffrir.\nServez-vous des services pratiques organisés par les établissements de crédit pour traiter vos affaires\nfinancières : dépôt momentané de vos fonds disponibles, compte de chèques, encaissement de coupons,\nachat ou vente de valeurs, emprunts sur titres, mais ne vous laissez pas embobiner par <le commis qui vous\nprône telles ou telles obligations émises par sa banque, dont il perçoit une commission sur votre dos.\nPour gagner 2 ou 3 francs par titre, il n'hésitera pas à vous faire acheter une obligation de 460 ou\n480 francs dont vous ne pourrez tirer que 420 ou même moins si vous voulez la revendre.\nEh bien ! il faut que cette exploitation cesse ; aussi, n'hésitez pas à me signaler les titres que vous\navez achetés dans ces conditions et je vous donnerai le moyen de rentrer dans vos fonds si le mal n'est\npas encore irréparable.\nP.-E. PENAUD, directeur du Livre a un sou, 8, rue Drouot, Paris.\nP. S. Une circulaire spéciale est adressée gratuitement sur demande concernant le meilleur\nmoyen de faire produire le maximum possible de revenu soit aux capitaux disponibles, soit aux titres en\nportefeuille.\nP. S. J-e suis a la disposition des lecteurs de la S. I. M. tous les jours de 4 h. a 7 h. a mon bureau, 8, rue\nDrouot a Paris, ou par Correspondance."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-05-01-01-c054", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-05-01_01#c054", "volume": "bmtnabh_1914-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 67, "image_fin": 67, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.2.20", "titre_corps": "M. Englebert", "titre_sommaire": "M. 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On sait que cet admirable chanteur est un musicien\naccompli, pianiste de valeur et en possession de toutes les ressources de la technique la plus\nraffinée. C'est d'ailleurs, pour répondre aux exigences d'un tempérament musical excep-\ntionnel et à l'appel d'une vocation artistique irrésistible que celui qui fut un brillant\ningénieur renonça à la haute situation qu'il occupait pour se consacrer exclusivement à\nson art. Né en Autriche, M. HERSCHMANN réside habituellement à New-York mais se fait\napplaudir périodiquement dans les plus grandes villes d'Amérique, d'Autriche, d'Allemagne,\net d'Angleterre. Partout la presse a constaté ses succès et loué sa voix magnifique et savam-\nment conduite qui domine l'orchestre sans effort et se plie à la discipline d'un style impec-\ncable. Interprète inégalable de lîeder il s'en est fait dans tous les pays qu'il a traversés,\nune sorte de glorieuse spécialité l'éminent artiste s'est également voué à l'oratorio et\nplus spécialement aux grands ouvrages de Bach. Il chante d'ailleurs toutes les œuvres dans\nleur langue originale et donne indifféremment ses concerts en français, en allemand, en\nanglais ou en italien. De prochaines tournées en Belgique, en Hollande et en Amérique\nvont de nouveau le retenir quelque temps loin de Paris mais cet excellent chanteur nous\nreviendra bientôt pour la plus grande satisfaction des musiciens qui viennent de l'applaudir\nsi chaleureusement au cours des différents concerts dont nos critiques ont relaté le succès."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-05-01-01-c057", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-05-01_01#c057", "volume": "bmtnabh_1914-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 69, "image_fin": 69, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.2.22", "titre_corps": "CRÉATION LUCILE Robe d'après-midi en mousseline noire", "titre_sommaire": "CRÉATION LUCILE Robe d'après-midi en mousseline noire", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.69", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 64, "texte": "CRÉATION LUCILE\nRobe d'après-midi en mousseline noire\nCl. 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N'allez pas croire que le physique peu avantageux\nde Messieurs les Socialistes soit en jeu ; la question ne nous importerait guère, tandis que nous\nnous inquiétons de l'application de l'une de leurs théories égalitaires, car elle ne tend rien\nmoins qu'à s'attaquer à la beauté féminine.\nOui, Mesdames : de votre anatomie si délicieusement diverse, on veut faire un \" bloc \"\nuniforme, et désormais vous ne serez plus fines, ou rondes, élancées ou potelées, évocatrices des\nstatuettes tanagréennes, ou des Rubens. Ainsi en ont décrété quelques arbitres créateurs d'un\nmannequin intitulé \" La femme telle qu'elle doit être \" et nul doute que vous n'obéissiez à\nl'esthétique nouvelle : Ce Sacre du Printemps de l'élégance féminine en Tan de laideur 1914.\nSur le Torse unifié, nous apparaîtront mélangées les couleurs stridentes qui heurtent les\nyeux les plus avertis. Ne faut-il pas qu'elles marchent de pair avec la peinture et la musique\n\"orphistes \" chères à nos \" des Esseintes \" dernier cri et aux jolies snobinettes, car sous le\nvocable d'Art moderne trop souvent synonyme d'impuissance, d'oripeaux, ou de naiseries\non obtient tout.\nL'an dernier, sous l'influence du \" Minaret \", vous vous transformâtes en abat-jour.\nAujourd'hui, Aphrodite vous incite, non pas aux nobles draperies de la statuaire grecque, mais\nà l'accentuation de nudités qui s'aggravent de détails suggestifs : la montre posée en bracelet\nau dessus du genou ; le décolletage à peine indiqué au devant du corsage, tandis qu'il laisse\nentièrement à découvert le dessous des bras et le dos jusqu'à la ceinture !\nIl est vrai que pour ne pas attirer les foudres de la ligue patriotique des Françaises, vous\nmasquez les \" fenêtres du diable \" sous la cape, cette nouvelle venue parmi les élégances\nprintanières et dont le succès s'affirme triomphal. Elle permet, en effet, à celles qui la portent\nde se montrer u reines de l'attitude et princesses du geste \". Elle évoque les sérénades espagnoles,\nplus encore, le collet écclesiastique. Parfois aussi la cape devient le coquet ajustement des abbés\nde cour de jadis.\nLe Cléricalisme vous sied fort bien, Mesdames, et je me reproche d'avoir joint mes\ninvectives à celles de Gilles d'Orléans lorsqu'il fulminait au XIIe siècle, dans un sermon\nfameux, contre les femmes u qui courent la ville toutes décolletées et espoitrinées \".\nPeut-être son indignation s'adressait-elle à des visions coupables principalement de\nrévélations inesthétiques car, dans tous les temps, nous en témoignons la beauté, qui est une vertu,\nsi l'on en croit Renan, est chose rare.\nDe «race, Mesdames, redevenez donc pudiques.\nMon Courrier.\nA Mme de St. XX. Vous trouverez àla papeterie Tronchet, 25-27, rue Tronchet, non\nseulement tout un choix délicieux de papeterie proprement dite, et de maroquinerie, mais\naussi de charmants bibelots d'art : petits bronzes, figurines de Saxe, bracelets, colliers, aqua-\nrelles, etc."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-05-01-01-c060", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-05-01_01#c060", "volume": "bmtnabh_1914-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "couv. 2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.2.24", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 60, "texte": "Voir page 41 le Bulletin mensuel de la Société\n■ ■ ■i'< m '■"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabh-1914-05-01-01-c061", "article_bluemountain": "bmtnabh_1914-05-01_01#c061", "volume": "bmtnabh_1914-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "couv. 2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.2.25", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.2", "debut_caractere": 62, "fin_caractere_exclue": 1756, "texte": "THEATRE DES CHAMPS-ÉLYSÉES\n13, AVENUE MONTAIGNE\nSAISON ANGLO-AMÉRICAINE DE GRAND OPÉRA\nORGANISÉE PAR LA\n>\nBoston Opéra Company f] Royal Opéra Covent Garden\nDE LONDRES\ndu 25 avril au 30 juin 1914\nDirecteur Général : M. HENRY RUSSELL\nRÉPERTOIRE\nL'AMORE DEI TRE RE\nUN BALLO IN MASCHERA . . .\nIL BARBIERE DI SIVIGLIA\nDON GIOVANNI . : . .\nFRANCESCA DA RIMINI {Création a Paris) \\\nMANON LESCAUT . .\nDIE MEISTERSINGER VON NURNBERG.\nLE NOZZE DI FIGARO ;\nOTELLO\nI PAGLIACCI ...\nPARSIFAL . . ~ . . .\nTRISTAN UND ISOLDE .\nLES TROIS MASQUES ....\nC\nMONTEMEZZI\nVERDI ;\nROSSINÏ\nMOZART\nZANDONAI\nPUCCINI\nWAGNER\nMOZART\nVERDI\nLEONCAVALLO\nWAGNER\nWAGNER\nV DE LARA\n_\nA.RTI STES (Par ordre Alphabétique)\nSoprani et Mezzo\nSoprani\nBIANCA BELLINCIONI\nFRANZISKA BENDER-SCHAEFER\nEMMY DESTINN\nCLAIRE Duc\nLOUISE EDVINA\nMARY GARDEN\nFRIIDA HEMPEL\nMARIA KOUSNEZOFF\nELYIRA LEVERONI\nMARGARETE MATZENAUER\nNELLIE MELBA\nCLAUDIA MUZIO\nALICE NIELSEN\nROSINA RAISA\nMAGGIE TEYTE\nEVA VAN DER OSTEN\nBarytons et Basses\nPASQUALE AMATO\nAQUISTAPACE\nPAUL BENDER\nFRANCESCO CIGADA\nJOHANNES FÔNSS\nAUGUST KIESS\nPAUL KNUPFER\nPAOLO LUDIKAR\nPOMPILIO MALATESTA\nVANNI MARCOUX\nANTONIO SCOTTI\nI\nDE SEGUROLA\nLUIGI TAVECCHIA\nCAROL VAN HULST\n*\nTADDEO WRÔNSKY ,\n• ~yi: /. 4% \\ ' .1\n•F\nTêntri\nPETER CORNÉLIUS\\\nGIULIO CRIMI \\\nEDUARDO FERRARI-FONTAKA\nJOHN MC-CORMACK\nGIOVANNI MARTINELLI\nGIORDANO PALTRINIERÏ\nJOHANNES SEMBACH\nVINCENZO TANLONGO\nI '.LK ■\nI\n; -\nChefs d'Orchestre : MM. ALBERT COATES, ROBERTO MORANZONI, ETTORI PANIZZA,\nFÉLIX WEINCARTNER et PIERRE MONTEUX.\nDirecteur de la scène : M. JOSEPH TJRBAK\nCktf des chœurs : M. OR ESTE SBAVAGLIA Régisseur ; M. 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Gabriel Faurê Directeur du Conservatoire.\n- _ _ •\nM. Henry Marcel, ancien Directeu\ndes Musées\nMEMBRE D'HONNEUR\nS. A. 1. LE GRAND DUC BORIS DE RUSSIE\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nPRÉSIDENTE D'HONNEUR : S. A. R. MADAME LA DUCHESSE DE VENDÔME\ni\nPRÉSIDENT D'HONNEUR : M. HENRY DEUTSCH (DE LA MEURTHE)\nBUREAU\nPRESIDENT\nM. GUSTAVE BERLY, banquier.\nVICE-PRÉSIDENTS\nM. LE PRINCE A. D'ARENBERG, de l'lnstitut.\nM. Louis BARTHOU, député.\nM. J. ECORCHEVILLE, docteur és-lettres.\nM. ALEXIS ROSTAND, Président du Conseil\nd ' Administration du\nd'Escompte de Paris.\nTRÉSORIER\nM. LÉO SACHS.\nSECRETAIRE DU CONSEIL\nM. GUSTAVE CAHEN.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL : M. Louis DE MORSIER.\nMEMBRES\nMME ALEXANDRE ANDRÉ.\nM,NE LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, d\nraire au ministère des finances.\nM. LÉON BOURGEOIS, ancien Ministre.\nM. GUSTAVE BRET.\nMME LA COMTESSE GÉRARD DE GANAY.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME DANIEL HERRMANN.\nMME HENRY HOTTINGUER.\nDU CONSEIL\nMME GEORGES KINEN.\nM. J. PASQUIER.\nM. LE MARQUIS DE POLIGNAC.\nMME LA COMTESSE PAUL DE POURTALÈS.\nM. A. PRÈGRE.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. JACQUES ROUCHÉ, Directeur de V Opéra\nM. Louis SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nM. 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Quel emploi dois-je en faire ?\nEcrire lisiblement : Nom, prénoms et adresse :\nDécouper ce bon et l'envoyer sous enveloppe à M. 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Cognet 9 h.\n6 Soirée Yvette Guilbert 9 h.\n7 Le chant classique 2 h.\n7 Société symphonique 9 h.\n9 Mlle Andrée Arnoult 9 h,\n10 M. Enesco 3 k.\n11 Chorale St-Louis 9h.\n12 M. Robert Schmitz 9 h.\n13 Soirée Yvette Guilbert 9\n15 Mlle Alice Verlet 9 h.\nSalle PLEYEL\n(du 1 au 15 Mai)\n2 Mlle Suzanne Ratez 9h.\n3 Mme Paul Vizentini (élèves) Ih.\n4 La S. M. I. 9 h.\n5 Mlle Marthe Girod 9h.\n6 Mm# L. Wurmser-Delcourt 9h.\n7 M,le Suzanne Tourey 9h.\ng Mmc Roger-Miclos-Battaille 9h.\n9 M. J. White 9 h.\n10 Mme Muraour Lepetit (él.) Ih.\n11 Mra* Irène Reichert 9h.\n12 M 1 Magd Godard 9h.\n14 M 1 Alice Sauvrezis 9h.\n15 M. 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Foerster 9 h.\n6 M. Dorival 9 h.\n7 M. Galston 9 h.\n9 M*lle Dehelly 9h.\n10 M. Wintzweiller (élèves) 9h.\n11 M*11* Weil 9h.\n12 Mclu Eminger 9h.\n13 M*\"11* H. Barry 9h.\n14 M\"lle Lefort 9h.\n15 Melle Remusat 9h.\nSalle MalaKoff\n5 M. Gaston Lemaire 9 h.\n6 M*\"11\" Meillard 9h.\n10 M. Villeroy Grégoire 2 h.\n12 M. Maurice Naudin 9 h.\n13 Mmß Thiercelin 9h.\n15 M. Wladimir Cernicoff 9h.\nSALLE DES AGRICULTEURS\nI M. Jules Tordo 9 h.\n4 M 11\" Marié de L'lsle 9h.\n5 M. Victor Gilles 9 h.\n6 MUe Marié de L'lsle 9h.\n8 M. Michelin 9 h.\n9 M. Cortot 9 h.\n10 Ecole Paris-Chevé 9 h.\nII Mu* Giraud 9h.\n12 Mlle Bernin 9h.\n13 M. Cortot 9 h.\n14 Concerts d'Art 9 h.\n15 Mllc Dienne 9h.\nSALLE VILLIERS\nTous les vendredis, concerts\nclassiques de 4 h. 1/2 à 6 h.\npar le Double-Quintette de Paris"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.1", "texte": "X*» Année,\nJHB ÊSHk Ji\nHBr H •> M\nHL Bl H jjjjjjl\nM iHB SÈÊ wSÈ r. A 111\nV '•.. \\\\ *... • ggggl ffigal gjjp ■\niHHR MBj\nHonorée d une souscription du Ministère de Fliiïtruction Publique et des Beaux-Arts\nV\nAbonnement -UN AN\n{ France et Belgique: 15 francs\n( Union Postale : 20 francs\nLe Numéro du 1\": 1 fr. 50 (Union Postale : 2 fr.)\nLe Numéro du 15: 0 fr. 50 (Union Postale :*0 fr. 75)\nCopyright by S. I. M. 1914\nPARIS, 29, rue La Boêtie\nl*r Mai 1914\nTél. Wagram : 9S-12\n\nLE s«ne CONGRÈS DE LA SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE\nLA MUSIQUE ET LE BALLET AU SÉNÉGAL, par Paul Adam. UN ART QUI RETARDE.\nLA MUSIQUE AMÉRICAINE, par Cora Lyman. BOELY ET SES ŒUVRES DE PIANO,\npar M. Brenet. »LE STYLE EN MUSIQUE, par P. Landormy. LES LIVRES.\nWSÊSËSStSÊffi- : '■ ' t ■■ . '■'! : I.': \" - • ' . •*•• • • %.x,; '■ '• \" ' W • jfe# | % §3|\nL'ACTUALITÉ par\nVINCENT D'INDY. OLOUIS LALOY. OP. CLEMENCEAU. P. LOCARD. V. DEBAY.\nMAURICE BEX. OP. LADMIRAULT, RENÉ LYR. SWIFT."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.2", "texte": "Voir page 41 le Bulletin mensuel de la Société\n■ ■ ■i'< m '■\n\nTHEATRE DES CHAMPS-ÉLYSÉES\n13, AVENUE MONTAIGNE\nSAISON ANGLO-AMÉRICAINE DE GRAND OPÉRA\nORGANISÉE PAR LA\n>\nBoston Opéra Company f] Royal Opéra Covent Garden\nDE LONDRES\ndu 25 avril au 30 juin 1914\nDirecteur Général : M. HENRY RUSSELL\nRÉPERTOIRE\nL'AMORE DEI TRE RE\nUN BALLO IN MASCHERA . . .\nIL BARBIERE DI SIVIGLIA\nDON GIOVANNI . : . .\nFRANCESCA DA RIMINI {Création a Paris) \\\nMANON LESCAUT . .\nDIE MEISTERSINGER VON NURNBERG.\nLE NOZZE DI FIGARO ;\nOTELLO\nI PAGLIACCI ...\nPARSIFAL . . ~ . . .\nTRISTAN UND ISOLDE .\nLES TROIS MASQUES ....\nC\nMONTEMEZZI\nVERDI ;\nROSSINÏ\nMOZART\nZANDONAI\nPUCCINI\nWAGNER\nMOZART\nVERDI\nLEONCAVALLO\nWAGNER\nWAGNER\nV DE LARA\n_\nA.RTI STES (Par ordre Alphabétique)\nSoprani et Mezzo\nSoprani\nBIANCA BELLINCIONI\nFRANZISKA BENDER-SCHAEFER\nEMMY DESTINN\nCLAIRE Duc\nLOUISE EDVINA\nMARY GARDEN\nFRIIDA HEMPEL\nMARIA KOUSNEZOFF\nELYIRA LEVERONI\nMARGARETE MATZENAUER\nNELLIE MELBA\nCLAUDIA MUZIO\nALICE NIELSEN\nROSINA RAISA\nMAGGIE TEYTE\nEVA VAN DER OSTEN\nBarytons et Basses\nPASQUALE AMATO\nAQUISTAPACE\nPAUL BENDER\nFRANCESCO CIGADA\nJOHANNES FÔNSS\nAUGUST KIESS\nPAUL KNUPFER\nPAOLO LUDIKAR\nPOMPILIO MALATESTA\nVANNI MARCOUX\nANTONIO SCOTTI\nI\nDE SEGUROLA\nLUIGI TAVECCHIA\nCAROL VAN HULST\n*\nTADDEO WRÔNSKY ,\n• ~yi: /. 4% \\ ' .1\n•F\nTêntri\nPETER CORNÉLIUS\\\nGIULIO CRIMI \\\nEDUARDO FERRARI-FONTAKA\nJOHN MC-CORMACK\nGIOVANNI MARTINELLI\nGIORDANO PALTRINIERÏ\nJOHANNES SEMBACH\nVINCENZO TANLONGO\nI '.LK ■\nI\n; -\nChefs d'Orchestre : MM. ALBERT COATES, ROBERTO MORANZONI, ETTORI PANIZZA,\nFÉLIX WEINCARTNER et PIERRE MONTEUX.\nDirecteur de la scène : M. JOSEPH TJRBAK\nCktf des chœurs : M. OR ESTE SBAVAGLIA Régisseur ; M. LÉON URBAH\nCkœurs de la \" Boston Opéra Company. \" Orchestre de la \" Société des Concerts Monteux n"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.3", "texte": "I\n\nCINQUIÈME CONGRÈS DE LA SOCIÉTÉ\nINTERNATIONALE DE MUSIQUE\n\nTous nos lecteurs savent que la Société Internationale de musique\nqui présida jadis à notre fondation, organise périodiquement de vastes\nCongrès de science et d'histoire musicale. Ils se souviennent encore des\ncompte-rendus des Congrès de Vienne (1909) et de Londres (1911), et\nnous leur avons dit, ici-même, que le prochain Congrès se réunirait en\njuin prochain à Paris.\nC'est donc à la France, et en particulier à Paris, qu'incombent cette\nfois la responsabilité et l'honneur d une semblable manifestation. Si nous\nnous rappelons l'accueil fait à notre Société par la capitale de l'Autriche\net par celle du Royaume-Uni, nous ne pouvons nous dissimuler\nl'importance de notre tâche. Mais nous savons que Paris, lorsqu'il s'agit\nd'hospitalité, sait se montrer digne de toutes les comparaisons et, dès\nmaintenant, les précieux concours que la Société à su grouper autour de\ncette belle exposition de notre art et de notre science, nous permettent\nd'assurer que la cinquième Congrès de la S. I. M. se montrera digne de\nceux qui l'ont précédé.\nVoici les détails de l'organisation du Congrès, préparé méthodique-\nment depuis un an, par de nombreuses réunions tenues au Ministère des\nBeaux Arts et au Ministère de l'lnstruction Publique, sous la présidence\nde M. Louis Barthou.\nCOMITÉ D'HONNEUR\nPRÉSIDENTS :\nH ENRY ROUJON, LOUIS BARTHOU,\nSecrétaire perpétuel de l'Académie des député, ancien président du Conseil\nBeaux-Arts, membre de l'Académie\nFrançaise\nMM. Chassaigne Goyon, Président du Conseil Municipal de Paris ; Delanney,\nPréfet de la Seine ; Poirier de Narçay, Président du Conseil Général de la Seine ;\nL. Liard, Vice-Recteur de VAcadémie de Paris ; E. d'Estournelles de Constant, chef\ndu Bureau des Théâtres ; Messager, Broussan, J. Rouché, Directeurs de l'Opéra ;\nGheusi, Emile et Vincent Isola, Directeurs A. Carré, Admi-\nnistrateur Général de la Comédie-Française ; H. Marcel, Directeur des Musées\nNationaux ; Homolle, Administrateur Général de la Bibliothèque Nationale ; P. de\nNolhac, Conservateur du Musée de Versailles ; L. Layus,\nLibrairie."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.4", "texte": "2\nS. I. M.\n\nMM. A. Bruneau, Gustave Charpentier, Claude Debussy, Théodore Dubois,\nPaul Dukas, Gabriel Fauré, E. Paladilhe, Camille Saint-Saëns, Ch.-M. Widor.\nMme la Princesse de Polignac. MM. Henry Deutsch de la Meurthe, J. Ecor-\ncheville, le professeur Gariel, H. Auriol, député, G. Berly, Président des\nla Musique,A. Blondel, directeur de la maison Erard, J. Chantavoine, C. Chevil-\nlard, directeur des Concerts Lamoureux,M. Couyba, sénateur, ancien ministre,\nF. Custot, président de Y Ut-Mineur, R. Doire, Administrateur général de la Revue\nS. I. M.,Etienne Gaveau, directeur de la Maison Gaveau, Paul Gentien,\nFernand Halphen, G. Lyon, directeur de la Maison Pleyel, Georges Menier,\nP. Monteux, directeur des Concerts Monteux,Louis de Morsier, Ch. Mutin, directeur\nde la maison Cavaillé-Coll, Gabriel Pierné, directeur des E. Polia-\nkow, Théodore Reinach, député, membre de l'lnstitut, Jules Roches, député,\nancien ministre, Alexis Rostand, président du Comptoir National d'Escompte de\nParis, J. Stern, J. Tauber, Emile Vuillermoz,\nS. 1.M., Edouard Weisweiller.\nCOMITÉ EXÉCUTIF\nPrésident: Louis BARTHOU, député, ancien Président du Conseil ;\ndents :La princesse Edmond de POLIGNAG, Henry DEUTSCH DE LA MEURTHE,\nJ. ECORCHEVILLE, président de la Société Internationale de Musique, Professeur\nGARIEL, membre de l'Académie de Médecine ; Jean CHANTA-\nVOINE ; Trésorier : Ch. MUTIN, directeur de la Maison Cavaillé-Coll.\nCommission des Fêtes :J. ROUCHÉ, dir Louis DE MORSIER,\nEdouard WEISWEILLER.\nSECTIONS\n1. Histoire Profane. André Pirro, professeur à la Faculté des Lettres\nde Paris, M. Brenet, et J. Tiersot, bibliothécaire du Conservatoire.\n2. Histoire Religieuse. A. Gastoué, consulteur de la Commission\nPontificale pour la réforme du Chant Grégorien, et Félix Raugel, maître\nde Chapelle de S* Eustache.\n3. Esthétique. L. Dauriac, professeur honoraire de la Faculté de\nMontpellier, et E. Poirée, conservateur-adjoint de la Bibliothèque\nSte Geneviève.\n4. Ethnologie. Louis Laloy, secrétaire général de l'Opéra, docteur\nès-lettres, et Gabriel Lefeuve.\n5. Acoustique. Gariel, professeur de l'Académie de Médecine, et\nGustave Lyon, directeur de la Maison Pleyel.\n6. Instruments. L. Greilsamer, et Ch. Mutin, directeur de la Maison\nCavaillé-Coll.\ny. Bibliographie. L. de la Laurencie, et Henry Expert, Sous-bibliothé-\ncaire du Conservatoire.\n»\n/"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.5", "texte": "LE CONGRES\n3\n\n8. Théorie et Enseignement. Maurice Emmanuel, professeur au Con-\nservatoire de Musique, et Paul Vidal, chef d'orchestre de l'Opéra-\nComique.\nRÈGLEMENT DU CONGRÈS\nArticle ler.Ier. —La session du 5e Congrès de la Société Internationale de la\nMusique se tiendra à Paris, et aura une durée de 10 jours, du 1 au 10 juin 1914.\nArticle 2. Le montant de la cotisation est de 30 fr. (15 fr. pour les membres\nde la Société). Il doit être versé lors de l'inscription.\nArticle 3. Les langues officielles du Congrès sont : l'allemand, l'anglais, le\nfrançais et l'italien.\nArticle 4. Il peut être fait des communications dans une langue autre que\nles langues officielles, si les auteurs en ont fait parvenir un résumé dans une des\nlangues officielles avant le 1 mai 1914.\nArticle 5. Il peut être mis, à l'avance, certaines questions à l'ordre du jour\ndu Congrès, pour lesquelles des rapporteurs seront désignés.\nArticle 6. Ne peuvent être acceptés les travaux imprimés ou ceux ayant\nété déjà présentés à d'autres Congrès.\nArticle 7. Le titre et le résumé des communications présentées au Congrès\ndoivent être envoyés au Secrétaire du Comité d'organisation, avant le 1 mai 1914,\npour être publiés et remis aux Congressistes.\nArticle 8. Les congressistes en arrivant à Paris doivent faire connaître au\nSecrétariat leurs noms, titres et qualités, adresse ordinaire, adresse pendant le Congrès.\nArticle 9. Les Gouvernements Etrangers sont invités à se faire représenter\nau Congrès par des délégués officiels. Ces délégués s'entendront sur celui d'entre\neux qui prendra la parole à la séance d'inauguration.\nArticle 10. Le Comité d'Organisation du Congrès, d'accord avec le Comité\nDirecteur de la Société, constitue le Bureau définitif du Congrès, en s'adjoignant\nun certain nombre de membres choisis parmi les savants présents au Congrès.\nArticle 11. Pour l'étude et la discussion des rapports et des communica-\ntions, le Congrès se divise en sections, dont la liste et les bureaux provisoires ont\nparu dans le Bulletin mensuel de Juillet-Août.\nArticle 12. Le Bureau d'une section du Congrès est constitué par son\nBureau provisoire, auquel sont adjoints des présidents étrangers et des secrétaires.\nArticle 13. Autant que possible, les secrétaires devront être choisis parmi\nles personnes ayant la connaissance de plusieurs langues.\nArticle 14. Les sections sont maîtresses de leur ordre du jour ; elles fixent\nle nombre, les jours et heures des séances, ainsi que l'ordre dans lequel seront"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.6", "texte": "4\nS. I. M.\n\nfaites les lectures ou communications. Les décisions prises doivent être portées le\nplus rapidement possible à la connaissance des membre du Congrès.\nArticle 15. A l'issue de la séance d'inauguration, les sections se réunissent\ndans leurs salles respectives pour compléter leurs bureaux et pour fixer l'ordre du\njour de la première séance de travail.\nArticle 16. Le temps accordé à un auteur pour la lecture ou l'exposé d'un\ntravail ne peut excéder quinze minutes, à moins que la Section consultée n'en\ndécide autrement.\nArticle 17. Une même personne ne peut prendre plus de deux fois la\nparole dans une discussion sur une même question. Ces interventions ne peuvent\navoir des durées respectivement supérieures à cinq minutes ; pour l'auteur du\ntravail en discussion, ces durées peuvent être de dix minutes.\nArticle 18. Les manuscrits des communications doivent être remis au\nSecrétaire de la Section à la fin de la séance où la communication a été faite.\nArticle 19. Les personnes qui prennent la parole dans une discussion\ndoivent remettre au Secrétaire de la Section un résumé de ce qu'elles ont dit avant\nla fin de la séance (au plus tard dans les vingts-quatre heures).\nArticle 20. Deux ou plusieurs Sections peuvent se réunir pour entendre\ndes communications qui les intéressent également.\nLa carte de Congressiste, donnant le droit d'assister à toutes les\nséances, réunions, auditions et fêtes du Congrès pourra être retirée aux\nbureaux de la Société, 29 rue La Boétie, à partir du 10 mai. Son prix,\npour tous ceux qui ne font pas partie de la Société Internationale de\nMusique, est fixé à 30 frs.\nNous ne saurions trop recommander à nos lecteurs de s'associer en\nfoule à cette grande manifestation, qui sera la première de ce genre\norganisée par notre pays. Car, jamais un Congrès musical autonome, et\nindépendant d'une Exposition officielle, n'a encore tenu ses assises à Paris.\nIl importe donc que l'intérêt et l'éclat de cette à laquelle assiste-\nront les délégués officiels de vingt Gouvernements Etrangers, soit en tout\npoint digne de notre grand pays et de notre bonne Ville.\n\nLa Rédaction."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.7", "texte": "LE CONGRÈS\n5\n\nProgramme général\nDU ler AU IO JUIN\nMATIN APRES-MIDI SOIR\n- \"\nLundi Réunion des dêlê- R& .]a\n, gues des Semons de des Fêtesd.Excelsior\nA la Société\nMardi Séance d'inauguration sé i\n2 à la Sorbonne\nTVTprprpcii . n, 7 .7 Ç)pcTU—Coyiitouc\nSéance de travail Se\n. , . . . ~~ \"\nde Musique\nJeudi Séance de travail Se de la Rena.issa.nce,\n4 Salle Gaveau\n\"Vcmriffirîi , •i Opéra-Comique\nSéance de travail Sé (série B)\nSamedi Séance de travail Sé\n6\n_ . Concert de Musique\nLundi des Primitifs dg chambre ancienne\n8 FnT<an Vf?\" au château de Ver-\nChapelle du Palais sai]les\nConcert de Musique Concert de Musique .\n__ Religieuse des XVIIe d'Orchestre,, avec ré- Banquet suivi dun\nar 1 et XVIIIe siècles à ception chez Mme la Spectacle de Musi-\n® l'Eglise du Val-de- Princesse de Poli- cill6 ancienne\nGrâce gnac\n. . ...... ... - '\nConcert de VOrféo\nMercredi\n10 Théâtre des Champs-\nElysées\n1 Les séances de travail du Congrès auront lieu à l'Hôtel des Ingénieurs Cmls, 19 rue Dianche, et\nchez MM. Pleyel, Lyon et Cie."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.8", "texte": "LA MUSIQUE ET LE BALLET AU SÉNÉGAL\n\nNous avons affranchi, au prix d'exploits sans pareils dans l'histoire\nde Rome ou de Sparte même, quinze à vingt millions d'hommes vraiment\ncivilisés, habiles dans les métiers de l'artisan du pasteur, du pécheur, du\nplanteur. Aujourd'hui très reconnaissants, ils en témoignent par l'héroïsme\nquotidien de leurs guerriers devenus sous notre drapeau, ces tirailleurs\nlégendaires pour leur invraisemblable courage et leur sens exemplaire de\nl'honneur.\nOn les voit à Dakar, en vestes et en caleçons d'uniforme beaux\nsoldats que la chéchia pare de son écarlate et de son gland bleu. Grands, le\nfront découvert et bosselé, la lèvre dédaigneuse, les pommettes larges et\ndures, les Ouoloffs marchent orgueilleusement, avec au côté, l'épée-baïon-\nnette trop petite pour leur taille. En gaîté, le rire devant l'œil puéril, nos\nBambaras se dandinent contents de se sentir trapus, musculeux, solidement\nposés sur leurs pieds larges, et toujours prêts aux mises en gardes comme\naux voltes rapides de l'escrime à la bayonnette. Plus noirs, quelques\nDahoméens narquois, délurés, curieux, semblent faire cas de leur esprit\net de leur élégance militaire pour laquelle leurs regards vifs réclament\ndes approbations. Fils des plus anciens civilisés en Afrique le Saracolé se\nmontre taciturne, pénétré de sa mission. Il boude si l'on en croit la gros-\nseur tombante du pli nasolabial, la pesanteur de la bouche allant vers le\nmenton pointu, vers le sol. Il y a les Peuhls à d'origine méditerranéenne"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.9", "texte": "LA MUSIQUE AU SÉNÉGAL\n7\n\nau nez droit, au teint ambré, qui portent leurs galons avec noblesse. Leurs\nregards obstinés scrutent l'âme d'autrui. Des Toucouleurs paradent fiers\nimposants, soucieux de paraître guerriers autant que leurs ancêtres, fonda-\nteurs d'empires. D'ailleurs beaucoup de ces tirailleurs sont gentilshommes.\nFils, petit fils de chefs, et, par atavisme, habitués au commandement\ncomme à l'indispensable obéissance, ils n'ont rien perdu de ce qui déter-\nmina jadis leurs triomphes lorsqu'ils combattaient pour la suprématie\nde leurs ambitions collectives, ou lorsqu'ils luttaient, contre le maure et\nle noir islamisé, pour la défense de leurs filles et femmes, de leurs récoltes,\nde leur bétail.\nAussi rien de malpropre ni de honteux dans la cité militaire.\nFacilement les officiers obtiennent l'entretien de ces maisonnettes rondes\net blondes, couvertes d'un chaume en pointe. Le soldat les construit\nlui-même dans l'alignement, pour son épouse a la coiffure artiste, pour sa\nmarmaille brune, vivace, toute nue... La charmante enfance ! Depuis le\nbébé obèse dolichocéphale qui titube chargé d'un crâne volumineux,\njusqu'à la fillette gracile et futée qu'habille un brin de chiffon dans le trou\nde la cloison nasale où s'introduira plus tard une boucle d'or, ce petit\nmonde est tout de joie. Joie qui frétille et gambille, qui galope et culbute,\nqui bataille et se relève grise de sable, les rires au soleil, les gestes en\ntumulte. Le climat permet à ces momes de ne pas être ballonnés, comme\nles nôtres, par de jupons grotesques, des tabliers à carreaux des bérets\nhideux. Point de ces monstres ahuris et morveux que nous offrent sans\npudeur les seuils de nos fermes. Mais la plus ravissante la plus libre et la\nplus folle des puérilités heureuses, celle que l'art du XVIIIe siècle nous\npeignit dans les trumeaux sous l'apparence d'amours à carquois et à\ntorches. Ajoutez le comique de houppes ou de chenilles armoriales taillées\ndans la mousse des cheveux, et isolées sur l'occiput de ces petits crânes\nras, par dessus tant de minois toujours en éveil. Voyez ce marmot potelé,\nventru comme un Buddah à cheval sur l'échiné d'une sœur maternelle\nqui compte neuf ou dix ans, et qui trotte allègrement pour rejoindre ses\ncamarades au jeu. Riez à cette vierge minuscule vêtue d'un fil de perles\nblanches et bleues autour des reins. Avisez ce garçon plus cabriolant que le\nchevreau poursuivi, suivez les écoliers crépus en sarrau court et décolleté\nqui se précipitent a la conquête d'une calebasse pleine sur la tête d'un\nfuyard agile. Cela pour le plaisir des mères accroupies au seuil de leurs\nmaisonnettes simples sur un petit trépied de caïlcédrat, et devant une"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.10", "texte": "8\nS. I. M.\n\nsérie de calebasses à rincer le linge. Sur un lit de rondins les uns trans-\nverseaux, les autres longitudinaux, et superposés, liés ensemble, le soldat\nrepose, à l'intérieur, en grattant le boyau de sa mandoline. L'autre ména-\ngère surveille son pot à feu avec, au-dessus, la marmite à cuire le mil du\ncouscouse, écrasé auparavant par le pilon de bois qu'une fine adolescente\nlaisse encore retomber sur les graines au fond d'une souche creuse en\nforme de mortier.\nBambaras, Ouoloves, Peulhes ou Toucouleurs, toutes admirablement\ncoiffées, la chevelure en mitre, en casque, en franges de tresses petites et\ndrues, ces solides gaillardes ne chôment guere. Elles pilent le grain, elles\nattisent le feu. Elles allaitent leur bébés. Elles filent le coton tassé sur leur\nfine quenouille qu'inventèrent les sujettes des Pharaons au bord du Nil.\nDe ces Thébaïques, la mode subsiste d'étroitement serrer le pagne à large\nrayures autour du ventre, de la croupe et des genoux. Pour les soins du\nménage ces dames se sont débarrassées du boubou. Innocemment elles\nmontrent le bronze lisse de leur échine élégante de leurs bras minces, de\nleurs épaules arrondies de leurs gorges, ou jeunes et superbes, ou trop\nflétri es par le poids des nourrissons. Et c'est une liesse, une activité sans\nnom, le long du boulevard sabloneux, des avenues et des rues parallèles\nque bordent ces maisonnettes rondes, blondes et pointues. On entrevoit les\nintérieurs soigneusement balayés où des moustiquaires mêmes révèlent chez\nles sergents noirs un goût du confort, une connaissance avertie d'une hygiène\nhostile aux stégomyas propagateurs de la fièvre.\nAvec ses tambours tendus sur les demi sphères des courges\nprofondes, sur les deux orifices d'un tronc creusé avec ses petites guitares\nmonocordes ou dicordes, ses flageolets de bambou, ses balafons à touches\nde bois alignées au dessus de calebasses sonores, un orchestre rythme\nau centre de l'esplanade la danse d'une Salomé en essor sous les ailes\nde son boubou. Elle se contourne gracieusement, les pointes en dehors.\nLes reins se cambrent dans les rayures du pagne. Les bras arqués, les\nmains longues et ballantes simulent le vol de l'oiseau puis la mimique\nlangoureuse audacieuse de l'amour. Et, autour, un chœur de femmes\nassemblées claque de leurs mains aux paumes roses, en psalmodiant un\nrefrain mélancolique. La ballerine s'exalte, saute et trépigne. Une seconde\nla rejoint. Tambours et balafons rivalisent. Le corybantese mêle au ballet.\nSa chéchia entre les deux mitres noires s'agite. Le gland sursaute contre\nle dos de la vareuse tandis que le mime tente des exploits applaudis par"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.11", "texte": "LA MUSIQUE AU SÉNÉGAL\n9\n\ncent mains de fer qui les scandent. La joie de l'Afrique écarquille les\nbouches. Elle crispe les pommettes luisantes sur tous ces visages camus.\nAvec des yeux de nuit brûlante, avec des dentures de clarté, telles faces\nde choristes rieuses se penchent entre leurs pendeloques a boules d'ambre,\nentre leurs cadenettes de cheveux tressés parmi des piécettes d'argent et\ndes perles rouges, entre leurs anneaux d'ivoire suspendus aux oreilles. Et\nles colliers pendillent, cliquettent et selon l'animation des lazzis, auxquels\nrépondent les spectateurs accourus, massés là.\nCependant les plus sérieuses des ménagères n'ont point abandonné\ncelle-ci leur tâche. Aux cuisines publiques de la cité militaire, et sous un\nportique de \" banco \" cette sorte de pisé qui sert dans toute l'Afrique à\nconstruire maisons et palais. Maintes dames décolletées jusqu'à la taille,\nquelques unes même en costume d'Eve décortiquent le riz. Celles-ci trient\nles noix de karité qui donneront le beurre végétal. Celles-la, soufflent sur\nles braises de leurs pots à feu. D'aucunes tisonnent les grillades sur les\nbranches flamboyantes que supportent de petits murs parallèles en terre.\nLà, de même, la joie de l'Afrique s'épanouit tant sur les bonnes figures\nde ces dames que sur celles de leurs marmots pareils aux bronze des\n\" Hercule enfant \" offerts dans les musées de Rome et de Naples par\nl'antiquité latine. Telles vierges gambadent, que si l'on n'en regarde pas\nle nez aplati, ressemblent aux nymphes d'airain exhumées de tous les\nHerculanums, après vingt siècles d'ensevelissement. Ce portique à piliers\nmassifs, ces femmes nues aux attaches délicates, ces enfants potelés qui\ncabriolent parmi des chèvres grises, c'est une vision de la Méditerrannée\nvirgilienne. Le pieux Enée, dans les rues de Carthage s'amusa de pareils\nspectacles en allant vers l'accueil de la reine Didon. Et si les recrues, près\nde là, s'exercent aux souples mouvements dê la guerre, à lancer le coup\nde pointe, sous l'œil d'un capitaine droit, blanc des pieds au casque,\nl'illusion d'une continuité parfaite, entre nos souvenirs d'histoire latine et\nles évidences présentes, n'a point à se dissiper.\n\nPaul Adam."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.12", "texte": "UN ART QUI RETARDE\nLA MUSIQUE\nAMÉRICAINE\nOn avoue généralement que la mu-\nsique américaine simple embryon\nest encore à naître, et l'on ne se demande\npas : \" Quel est notre esprit musical \",\nmais \" que sera-t-il ? \" Il semble régner\nparmi les musiciens une crainte obsédante :\nsi nous ne nous hâtons de faire quelque\nchose dans le genre concours, distribution de prix, exhumation de vieilles\nchansons populaires, évocation de sujets locaux etc... les chances de créer\nune musique nationale seront bientôt évanouies ! D'autre part l'Europe\nredoute de nous voir développer, par des procédés qui furent les siens, un\nart concurrent. Ce qui ne serait guère à désirer. Ne faut-il pas souhaiter\nau contraire que la genèse de la future musique américaine se fasse d'une\nmanière toute imprévue ? Et ne peut-on dès maintenant, distinguer chez\nnous les signes précurseurs d'une semblable innovation ?\nOui, et c'est ce qu'on admet tacitement quand on dit que les œuvres\nde Edouard MacDowell, par exemple, annoncent déjà un idéal améri-\ncain en musique. A la vérité, MacDowell ne fut qu'une hirondelle\nqui, à elle seule, ne pouvait faire un été. Il en faudra beaucoup comme\nlui pour nous assurer un été d'art permanent. Et je ne puis m'empêcher\nde demander au gens si pressés de posséder une musique américaine,\ncomment ils entendent la créer, avant même que nous n'ayons une race\naméricaine. Où donc, dans tout le continent, trouverez vous le véritable\nAméricain ? Sera-ce l'Américain-Allemand, qui ne perd pas de vue le\nVaterland, ou l'Américain-Irlandais, qui revient toujours à sa vieille\nIrlande, ou l'Américain-Anglais qui ne nous parle que de ce qu'on fait\nat home ?\nCeux mêmes d'entre nous qui se vantent de préparer la révolution"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.13", "texte": "LA MUSIQUE AMÉRICAINE\n11\n\ndemeurent absolument locaux et provinciaux dans leur patriotisme. Le\nNew Englander se croit seul représentatif de l'âme américaine parceque\nses ancêtres arrivèrent les premiers. Le Virginien se dit le seul aristocrate,\nparcequ'il descend de la noblesse anglaise, tandis que le New-Yorkais\nsait très bien qu'il est le plus vaillant, parcequ'il descend de la brave\npetite Hollande. Mais ce culte des ancêtres ne fait que retarder la\nformation de la race américaine. Assez de grands pères, et un peu plus de\npetits fils de petits fils américains si nous voulons avoir une race et\nune musique américaine !\n*\n* *\nIl ne peut, naturellement, être question d'échapper au sang étranger\nqui est en nous, puisque ce sang non seulement fut, mais est et sera\ntoujours en grande partie étranger. Il se renouvelle continuellement, par\ncargaisons, et fait toujours de nous des métis, incurables en un certain\nsens. Mais, heureusement, les sociologues nous assurent qu'un mystérieux\nprocédé de fusion amalgame sans cesse ces éléments hétéroclites ; telles\nnos couleurs modernes différent des vieux rouges, des verts et des jaunes\ncommuns qui ont été combinés pour les former. On doit, évidemment, en\ndéduire que ce produit résultant et national sera supérieur à ses éléments\nconstitutifs. Ce n'est donc point les ancêtres eux-mêmes que nous devons\ncraindre, mais seulement ce culte ancestral qui empêche le développement\nde la conscience et du sentiment national.\nL'incorporation naturelle et fatale d'éléments étrangers, qui nous\nparviennent à l'état de matière brute, est tout à fait légitime. Mais il n'en\nva pas de même du produit fini et manifacturé par la civilisation, achevé\npar la tradition artistique, que nous autres étudiants, nous rapportons\ntout fait dans nos malles plutôt encore que dans nos âmes. C'est à peu\nprès le seul article pour lequel nous ne payons pas de droits à la douane,\nc'est celui pour lequel nous devrions édicter les plus hauts tarifs ; car si\nnous n'appliquons pas un protectionisme rigoureux à notre goût artistique\nnous resterons éternellement une nation de jobards.\nSommes nous capables de juger un artiste ou une œuvre d'ici,\navant que l'Europe n'ait prononcé son verdict? Tant qu'une prima\ndonna n'a pas gagné une réputation suffisante pour lui permettre de gifler\nson directeur, sommes-nous sûrs qu'elle ait réellement du talent ? Toutefois"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.14", "texte": "I 2\nS. I. M.\n\nl'espoir renaît et nous romperons avec la muse du dogmatisme artistique\neuropéen, comme nous avons rompu jadis avec cette vieille bigotte, la\nroyauté de droit divin de George 111.\n* sic-\nDeux influences s'exercent simultanément sur la musique américaine.\nL'une est naturellement celle du folk-lore, indien ou nègre, l'autre est\ncelle du puritanisme. Si rebattu que soit ce sujet, il vaut d'être considéré\nd'un point de vue nouveau.\nIl y a eu une tendance de la part de quelques musiciens (pour la\nplupart européens) à prédire qu'une belle musique nationale pourrait être\nécrite sur des thèmes indiens et nègres, tandis que d'autres (pour la\nplupart américains) ont reproché à ces thèmes d'être étrangers, exotiques\net sans affinité avec notre sentiment national. Mais chacune de ces écoles\nde prophétie, se trompe dans sa façon de poser la question ; du moins à\nnotre avis.\nCar il s'agit toujours des thèmes eux mêmes et de la façon de les\nincorporer de force dans un organisme musical, qui n'est pas fait pour\neux ni par eux. Et, en effet quoi de plus incongru qu'un thème nègre,\nou une mélodie sauvage des Indiens, apparaissant tout à coup parmi\nl'harmonie wagnérienne, laborieuse et savante, de la de Nevin ?\nIl est clair que si une haute musique se dégage jamais de ces éléments\nelle aura pour auteurs des Nègres ou des Indiens eux-mêmes, ou, à leur\ndéfaut, un Américain particulièrement en sympathie avec ces races, et qui\nne cherchera pas à créer sciemment un art national. Ce sera en tout cas\nun compositeur émancipé de la tutelle européenne, comme le fut jusqu'à\nun certain point MacDowell.\nM ais ne faut-il pas chercher ailleurs, bien plus loin, la solution\nde ce problème des races, et sans se borner à la simple appropriation des\nthèmes nationaux ? Cela nous amènerait à traiter une difficile question\nd'ethnologie. Nous avons vu l'Américain en face des nations qui\nlui ont donné naissance. Le voilà en présence des races qui coha-\nbitent avec lui géographiquement. Nous ne prétendons pas que la fusion\nsoit ici possible ou même désirable comme elle l'est entre peuples\nséparés par de simples différences de nationalité. Cependant, l'homme\nrouge est chez nous depuis plus longtemps nous, et l'homme noir"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.15", "texte": "LA MUSIQUE AMÉRICAINE\n!3\n\ndepuis presque aussi longtemps. Nous avons eu avec eux des rapports\ndramatiques et émotifs plus nombreux qu'avec n'importe quelle branche\nde notre race, et nous ne pouvons nous défendre d'avoir subi leur\ninfluence. La voix même du Southerner (l'homme du Sud), avec ses\ninflexions chantantes, le proclame encore chaque jour. Et aussi la grâce\nnonchalante de ses mouvements, son goût des mélodies douces et\npoignantes, son optimisme naïf, et jusqu'à cette espèce vraiment nouvelle\nd'humour qui lui est particulière. Tous ces caractères du Nègre se sont\nemparées si subtilement du Southerner, qu il n'en a pas conscience lui-\nmême, tandis que nous, qui appartenons à d'autres régions, nous les\nremarquons de suite. A vrai dire, toute l'institution de l'esclavage lui-même,\navec ses rapports féodaux, souvent aimables et affectueux, entre l'homme\net le maître, a ajouté une sorte de grâce médiévale et chevaleresque au\ncaractère de l'habitant du Sud. C'est grâce à un tempérament semblable\nque jadis les Provençaux créèrent une musique et une poésie magnifiques\net romantiques. Oh, le Sud nous parlera toujours, à la fois musicalement\net poétiquement, d'une façon qu'il n'aurait jamais connue sans son\ncontact avec cette race étrangère !\nD'un autre côté, il est tout-à-fait évident que nos premiers et pieux\nancêtres de Nouvelle Angleterre, qui arrivèrent dans l'Ouest dès le début\ndu XIXe siècle gagnèrent beaucoup à leurs relations avec les Indiens.\nNous ne pouvons pas sans doute nous vanter qu'ils atteignirent jamais la\nperfection du Peau-Rouge dans la chirurgie tonsurale, mais il leur fallut\ndevenir eux-mêmes à moitié sauvages afin de garder intacts leurs scalpes.\nCe ne fut pas pour rien que, durant des années, ils mangèrent et dormirent\nla carabine à la main, que les femmes connurent une endurance effective\net les hommes un courage révolté. Qu'est tout l'ensemble du caractère de\nl'Ouest, avec sa roideur, sa dureté, son illégalité ; qu'est notre notoire\nhabitude de l'Ouest et du Sud de se lyncher et de se brûler les uns les\nautres, sinon un reste et une preuve de notre association avec ces peuples\nsauvages ? Il est vrai que ce sont là de nos caractéristiques les plus critiquées\net dont nous devons nous débarrasser, si nous voulons atteindre à la\ndroiture nationale, au raffinement de culture et de race ; mais, néanmoins,\nces qualités sont les évidences d'une réelle splendeur d'activité et de passion\nen nous qui devrait, un jour, en matière d'art produire quelque chose de\nbien. Ce sont, somme toute, des matériaux ni plus ni moins primitifs\nque ceux qui contribuèrent à la formation du théâtre grec ; ni plus"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.16", "texte": "J 4\nS. I. M.\n\nni moins sommaires que ceux qui fournirent à Wagner ses sujets\nd'opéras.\nEt c'est ainsi qu'un MacDowell a pu écrire une et y\nmettre l'atmosphère des plaines et du wigwam, aussi bien que des thèmes\nindiens, tandis qu'un Dvorak ou un Puccini en dépit de tout leur arsenal\nde mélodies et de rhytmes indiens et nègres ne pourront jamais composer\nune véritable symphonie ou un réel opéra du Quelle\nidée même, de la part d'un latin ou d'un tchèque, d'essayer un sujet que\nseuls les enfants du vieux et robuste pionnier américain peuvent com-\nprendre et réaliser artistiquement !\nPassons au puritanisme. Artistes et musiciens lui reprochent une\ninfluence néfaste sur notre sensibilité et sur notre imagination. Il est très\nvrai qu'il naquit avec les allures du fanatisme. Mais, dans son ensemble,\net surtout dans la pratique, il a joué le rôle d'une de ces forces morales\nqui endiguent et clarifient les peuples. En outre, et l'on ne saurait trop le\ndire, il a connu son heure d'inspiration poétique. Il fut une passion\nd'austérité, passion cérébrale dont nous avons tous été possédés.\nLes gens qui avaient le courage ardent de composer et de chanter\nquotidiennement des strophes comme celles-ci :\n\" Eternal plagues and heavy chains,\nTormenting racks and fiery coals,\nAnd darts t'inflict immortal wounds\nDipt in the blood of damned soûls. \"\n\" Maux éternels et lourdes chaînes,\nRoues de tortures et charbons ardents,\nEt dards qui infligent des blessures immortelles\nTrempés dans le sang des âmes damnées. \"\nLes gens, disons-nous, qui pouvaient quotidiennement s'enflammer pour\nces hymnes incandescents peuvent difficilement être accusés de manquer\nde sentiment chaleureux et d'imagination fantastique.\nOù trouve-t-on une fantaisie plus poétique que chez Hawthorne, à\nl'âme ascétique ? Qui sut manier avec plus de tendresse le sentiment\nnational que le poète quaker Whittier ? Et d'où viennent-ils tous les\nLowell, les Longfellow, les Holmes, les Bryant, les Emerson, les Thoreau\net les Howells, sinon de la puritaine Nouvelle Angleterre ? Dans"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.17", "texte": "LA MUSIQUE AMÉRICAINE\n15\n\nY Ouest et dans le Sud nous avons peu d'écrivains, malgré Bret Harte, de\nCalifornie, et George W. Cable, de Louisiane, poignants et pittoresques.\nMais qu'un auteur soit un New Englander ou un homme du Nord, de\nY Ouest ou du Sud,on peut toujours remarquer chez l'écrivain américain\nde Jirst classun certain, équilibre, une retenue dans la torme, un choix\nméticuleux du sujet, une impuissance à analyser les passions ou a dégager\nles caractères, qui sont du puritanisme, au sens le plus beau et le plus\npoétique du mot. Nous ne prétendons pas, naturellement, que nous ayons\ndéjà atteint l'époque géniale de notre développement littéraire, mais\nquelles que soient les fautes les maladresses de nos artistes, elles ne sont\ncertainement pas le résultat d'un manque d'émotion ou d imagination.\nEt n'est-il pas probable que ce qui est vrai de notre littérature le\nsera aussi de nos autres arts ? On peut dire du talent de MacDowell, qu il\nest au moins aux deux tiers puritain. On voudrait que le troisième tiers\nfut quelque peu païen ou sauvage, mais il ne l'est pas. Il est simplement\neuropéen. MacDowell eut Y handicapageaussi bien que 1 d etre\nun Easterner.L'Est est un voisin trop proche de 1 Europe pour en et) e\nentièrement émancipé, c'est pourquoi ce grand compositeur n a pas pu\ndire le dernier mot dans la musique du Nouveau Monde. Mais il a dit le\npremier, et ce fut un mot magnifique. La qualité qui distingue 1 améri-\ncanisme de MacDowell est son affranchissement de la sensualité morbide\nqui domine la musique de Tschaikowski, de Strauss et de Debussy. En\nréalité, il est à peine un compositeur moderne dont la musique ne\ndégage point cette chaleur étouffante, cette émotion lourde qui précédé\nl'orage, à moins que l'orage, comme chez Beethoven, ne soit la lui-\nmême. L'atmosphère musicale de MacDowell est au contraire celle qui\nsuit l'orage, lorsque le temps redevient serein. On perçoit a travers\nses harmonies la voix de l'âme qui chante : \" Qu'il fait bon vivre !\nSeul un Tondichter américain pouvait nous montrer que la musique\nest capable d'exprimer une sorte de passion adorable, impersonnelle et\nspiritualisée, qui ne penche pas vers l'érotique névrose de 1 art européen.\n\" Sommes-nous indissolublement liés à l'idiome musical germanique ?\ndemandait un critique. Non, dirons-nous. MacDowell a prononce\nofficiellement notre divorce. A ses tendances nouvelles, repond une manière"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.18", "texte": "16\nS. I. M.\n\nnouvelle, plus consonante, plus diatonique, plus délicatement teintée. Ce\nn'est pas de lui qu'on dira jamais, comme d'un européen : \"Jouez-moi\ncette chose écarlate de Dvorak. \" MacDowell ne fait pas de musique\nécarlate. Ses couleurs sont dorées, profondes, ou gris perle.\nCe n'est pas s'aventurer trop loin, pensons nous, que de prédire que\ncette manière et ce style de la musique de MacDowell seront jusqu'à un\ncertain point la manière et le style des futurs compositeurs de notre pays.\nCette nouvelle musique ne scintillera pas des mêmes feux que celle de\nLi szt, elle ne resplendira pas, somptueuse et wagnérienne. Son américanisme\nne sera pas nécessairement limité aux rudiments du folklore, ni voué à\nl'exploitation de sujets exclusivement locaux. Son nationalisme s'affirmera\nau contraire dans la mise en œuvre des matériaux, plutôt que dans le\nchoix de ces matériaux.\nL'Est, nous l'admettons, a probablement dit le premier mot dans la\nmusique américaine, mais lorsque les demi-dieux s'en iront et que les\ndieux arriveront, le dernier mot sera dit par un génie né aux Etats-Unis,\nspécialement élevé à Y Ouest, dont l'inspiration contiendra, devra contenir,\nnon seulement la clarté et l'idéalisme de la Nouvelle Angleterre, non seule-\nment la chaleur et la couleur du Sud, non seulement un écho de la vie\nsauvage du pionnier, mais quelque chose de pittoresque, un peu de la\ngrandeur âpre des Rocheuses, des rapides de l'Ouest, du charme étrange\ndu désert. Croît-on que tout ceci ne comptera pas autant dans l'inspi-\nration, que ces histoires d'amour illicite qui se nomment ou\nElectra ? Qui a fait de Schubert le plus grand écrivain de lieder, et de\nWagner le plus grand des dramaturges lyriques ? Qui donne naissance à\ncette mystérieuse et puissante chose appelée mélodie, qu'aucun homme,\nne peut créer en devenant simplement mélancolique ? C'est 1\npoétique, d'abord, et encore, et toujours.\nDonc, quel est le rôle, du peuple américain dans la préparation\nd'une grande musique américaine ?\nIl ne peut y avoir de doute sur l'œuvre à accomplir au début. C'est\nd'éveiller dans le public, spécialement chez les jeunes Américains, un sens\npoétique et esthétique plus élevé que celui qui existe en ce moment. La\nmusique, plus que tout autre art, est un produit social. Non seulement"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.19", "texte": "LA MUSIQUE AMÉRICAINE\n17\n2\n\nles chansons populaires, patriotiques et religieuses surgissent en grande\npartie des masses, mais c'est le tempérament même du peuple qui perce\nfinalement à travers la personnalité d'un Tschaikowski, d'un Chopin, d'un\nGrieg. Maurice Hewlett demandait très justement : \"\npeut-il faire un chef-d'œuvre si le public Quelqu'un a\nécrit un essai intéressant et plein d'idées, dans lequel il montre combien\nle compositeur a besoin d'une nation De même que\nle public d'un concert crée ou détruit un lied ou une sonate, selon qu'il\naccorde ou qu'il refuse sa sympathie, de même le vaste public national\nrend possible ou impossible un grand musicien créateur.\nOn prétend parfois que l'ltalien ou l'Allemand a réellement un goût\net un talent plus inné pour la musique que l'Américain. N'est-ce pas\nplutôt que dans ces pays, le goût et le talent individuel se trouvent exaltés\npar un public qui a un sens de la beauté beaucoup plus vif que ne l'a le\npublic américain ? Nous autres américains, nous avons l'ambition d'être\nun peuple musical, en grande partie parceque nous ne voulons pas que les\nautres nations l'emportent sur nous en quoi que ce soit. C'est pourquoi\nnous travaillons avec zèle à former des orchestres symphoniques et des\nthéâtres locaux ; nous construisons de beaux conservatoires et payons\nles plus hauts prix pour des professeurs ; nous enlevons, en pleine saison,\nles grands artistes de l'Europe et nous les renvoyons chez eux, les poches\npleines, proclamer que l'Amérique est réellement devenue une nation\nmusicale plus grande que l'ltalie ou l'Allemagne. Cela me rappelle le\npetit garçon qui jure toujours obéissance à la personne qui lui donne le\nplus gros morceau de gingerbread.\nL'opinion de ces artistes est fondée presque entièrement sur les\npublics enthousiastes et cultivés qui les applaudissent à New York, Boston,\nChicago et St. Louis. Mais les musiciens et les professeurs éparpillés çà\net là dans la campagne et dans les petites villes, qui font de leur mieux\npour accomplir le millenniummusical, savent que la grande masse du\npeuple américain ne se soucie point de bonne musique ou ne la comprend\npas. Cela était inévitable. Nous avons été trop occupés depuis 1776 à\nélever notre nation pour accorder beaucoup d'attention aux beaux arts.\nAussi malgré les richesses de notre fond, encore inexploité, les exigeances\ndu devoir social, économique et politique, ont-elles fait prendre à notre\nnation certains mauvais plis, dont il faudra bien se débarrasser, avant de\ndevenir un grand peuple musical."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.20", "texte": "18\nS. I. M.\n\nL'un de ces défauts est notre crainte chronique de la sentimentalité\n(peut-être parceque nous sommes sentimentaux). Nous, (spécialement\nl'homme d'affaires, gavé de journaux) nous nous sentons gênés dans l'at-\nmosphère du sublime. Réellement, notre passion grandissante pour le sens\ncommun est déplorable. On craint même que nous ne tombions encore\nplus bas et que nous adorions le bon sens comme les Israélites adoraient\nle veau d'or. La passion du pratique, nous porte à décrier le langage\nélevé, au théâtre ou ailleurs. Personne n'ose plus se montrer éloquent ou\nlittéraire, de crainte d'être accusé de poser, d'où l'insignifiance du théâtre\naméricain et la ligue que nous organisons en ce moment pour le réformer.\nLes grandes œuvres littéraires ne sont plus lues parceque nous sommes\ndevenus des consommateurs de romans. La plus grande partie des hommes\net beaucoup de femmes trouvent la poésie mortellement ennuyeuse ;\nles jeunes gens et les jeunes femmes des grandes écoles auraient honte\nd'avouer qu'ils aiment la poésie, même s'ils l'aimaient. Et comme\nla plupart du peuple américain est indifférent à la vue d'un tableau, à\nmoins que ce tableau ne possède une histoire authentique ! Bien plus, il\nn'est pas rare de voir des gens choqués par une reproduction de la Vénus\nde Milo ou de l'Appollon du Belvédère ! Vestige, sans doute, de\nl'influence puritaine.\nUn autre défaut national est notre don (très surfait) de l'humour.\nL'humour est naturellement une qualité esthétique, mais seulement en\ncertains cas. Nous devrions savoir que le comique n'est permis que\nlorsqu'il ne se met pas en travers de choses plus élevées. Mais où est\nl'Américain \" typique \" qui sait résister à un bon mot au dépens des choses\nles plus élevées ? Nous sommes tous largement hélas !\nPour guérir cette chère vieille Amérique de son mal, il est nécessaire\nque l'art, la poésie et l'amour du beau fassent une concurrence beaucoup\nplus acharnée à la politique et aux affaires. Ce n'est pas sans émotion que\nnous le disons, mais nous ne deviendrons jamais un pays musical si nous\nne cessons de bâtir des \" skyscrapers \" et de demander de tout projet\ndestiné à développer les arts : \" Est-ce \" Nous avons encore\nà apprendre qu'il y a beaucoup plus à obtenir de ce misérable monde par\nun chaud frisson de beauté que par une douzaine de frissons glacés\ndu devoir. Seulement, naturellement, pour que ce frisson soit chaud, pour\nqu'il ne ressemble en rien au frisson glacial, il faut qu'il pénètre au delà\nde la peau, au delà des sens. Nous faisons rarement quelque chose valant"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.21", "texte": "La plupart des musicologues français semblent craindre les idées\ngénérales. Ils s'enferment prudemment et modestement dans les recherches\nde détail. Ils ne s'aventurent point dans les vastes synthèses. Le cas de\nM. Emmanuel écrivant un livre sur l'histoire de la langue musicale est\ntout à fait exceptionnel.\nEn Allemagne au contraire l'esprit philosophique ne perd jamais ses\ndroits, et l'histoire de la musique lui offre un champ où il s'exerce très\nvolontiers. Ai-je besoin de rappeler les écrits théoriques de M. Hugo\nRiemann, d'une hardiesse de systématisation si troublante ?\nVoici que l'éminent professeur à l'Université de Vienne, le Dr Guido\nAdler, nous offre à son tour un essai d'esthétique musicale très large-\nment conçu, où, sous le titre : le Style il résume et coordonne\ndes idées fondamentales sur l'essence et le développement de l'art des sons.\nSans doute la part de l'hypothèse, du postulat, de Va priori, est ici\nmoins considérable que dans les ouvrages de M. Hugo Riemann. Le\nDr Adler ne quitte pas volontiers le terrain des faits ; mais il faut bien\nqu'il les interprète à un moment donné, et qu'il choisisse entre les points\nde vue divers d'où il est possible de les rendre intelligibles. Si son inter-\nprétation est moins hardie que celle de M. Hugo Riemann, elle n'en\nreste pas moins une construction de l'esprit en partie arbitraire.\nNous avons lu avec infiniment de plaisir le livre de M. Guido\nAdler, livre écrit dans un langage ferme, net, et clair, un peu à la\nfrançaise, et nous avons fort goûté la solidité d'une pensée nourrie de\nla plus abondante information. Les indications les plus originales et les\nplus suggestives abondent dans cet ouvrage. M. Guido Adler sollicite\ntoute nos réflexions sur des questions jusqu'à présent trop peu ou trop\n\n1 DER STIL IN DER MUSIK von DY Guido Adler, a. ô. Professor der Musikwissenschaft an der\nWiener Universitât. I. Buch. Prinzipien und Arten des musikalischen Stils, i vol. in-8° de VIIy\n279 pages, Druck und Verlag von Breitkopf und Hartel, Leipzig, broché 7,50 M.; relié 9 M."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.22", "texte": "28\nS. I. M.\n\nhâtivement étudiées. Il cherche une méthode pour établir les\ndu style musical et la classification des genres musicaux. Un volume\nultérieur sera consacré à l'histoire du style et des styles. L'entreprise est\nconsidérable. Quels sont les points acquis et les points discutables ?\nVoilà ce que nous voudrions examiner brièvement.\nD'abord qu'est-ce que le Style ? Ici M. Guido Adler se montre un\npeu hésitant. Peut-être a-t-il le tort de ne pas considérer toute définition\ninitiale comme une simple convention, ce qui l'amènerait à nous imposer\nune conception du style qu'il ne chercherait même pas à justifier. C'est\nsans doute la seule façon de définir l'objet d'une étude sur le style.\nPour n'avoir pas procédé ainsi, M. Guido Adler est fort embarrassé\nde choisir entre les différentes acceptions du mot. D'abord il nous donne\ncette définition un peu vague : le style est \" la façon dont l'artiste\ns'exprime, dont il traduit ses impressions et sa pensée \", et alors il va\njusqu'à dire que le style \" est la mesure d'après laquelle tout, dans une\nœuvre d'art, doit être apprécié. \" Oui et non. Si l'on entend cette première\ndéfinition du style dans un sens étroit, il est impossible d'admettre que la\nbeauté d'une œuvre réside uniquement dans son style, c'est-à-dire dans les\nmoyens d'expression dont s'est servi l'auteur, et l'on imagine facilement\nqu'une noble pensée ou qu'une émotion forte et rare conservent un intérêt\nesthétique, même s'ils sont maladroitement exprimés : ainsi le style n'est\npas tout : il ne contribue que pour une part à la valeur de l'œuvre.\nMais, d'autre part, si l'on entend la définition de M. Adler dans un\nsens large, on comprend ce qu'il a voulu dire ; car, comme nous ne savons\nrien de ce que pense ou sent un auteur que par les moyens qu'il emploie\npour s'exprimer, ce sont ces moyens, et ces moyens seuls, que nous pou-\nvons juger ; et ainsi la considération du style enveloppe à la fois l'étude\nde la forme et celle de contenu qu'elle révèle. Mais alors je ne saisis plus\npourquoi, quelques lignes plus bas, M. Adler parle d'œuvres \" sans style\ncar si le style n'est pas que l'apparence extérieure de l'œuvre par opposi-\ntion à sa réalité interne, s'il constitue à la fois le dedans et le dehors de\nl'œuvre, il n'y a pas d'œuvre sans style, toute œuvre a son style. Ou bien\nalors il faut distinguer l'œuvre où l'auteur sait s'exprimer de celle où il ne\ntraduit que gauchement sa pensée, et où il ne se révèle qu'imparfaitement,"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.23", "texte": "LE STYLE EN MUSIQUE\n\n29\n\net nous sommes ramenés ainsi à la distinction de la matière et de la\nforme que nous avions été obligés d'écarter.\nMais voici maintenant que M. Adler introduit un nouvelle défini-\ntion du style, celle de Taine : le style c'est l'extériorisation du caractère ;\nd'où il résulterait que le style est d'ordre essentiellement subjectif, au\nmoins dans son origine. A ce point de vue de Taine M. Adler oppose\nensuite celui de Hanslick qui réduit le style à la technique de composi-\ntion ; et nous nous trouvons bien embarrassés de choisir entre tant de con-\nceptions diverses qu'on se contente de juxtaposer, sans tenter d'en résoudre\nles contradictions. Sur ce terrain de la philosophie de l'art, M. Adler\ns'avance avec un peu trop de circonspection.\nNe pourrait-on tout concilier en distinguant le style, ou\nd'une œuvre, des conditions tant subjectives (sentiment, inspiration)\nobjectives (tradition, milieu) qui le déterminent ? On aurait ainsi l'avan-\ntage de ne pas confondre la pensée ou le sentiment avec le style et\nd'indiquer en même temps la liaison intime et comme la solidarité de ces\ndeux éléments complémentaires de toute œuvre d'art.\nQuand il entre davantage dans le vif de son sujet, M. Guido Adler\nnous présente une foule de remarques très intéressantes et assez nouvelles\nsur le changement, la transposition, le croisement, le mélange des styles ;\npuis il arrive à la question du \" matériel sonore et de son utilisation sty-\nlistique. \" Il parle d'abord des échelles et des tonalités, et il examine en\npassant la problème de Véchelle pentatonique ? Est-elle, comme on l'a\nsoutenu, antérieure aux échelles de sept sons ? M. Adler ne le croit pas ;\net, à l'appui de son opinion, il invoque des faits : la découverte d'une flûte\négyptienne, vieille de 3000 ans environ et donnant une gamme de sept\nsons par tons entiers, et celle d'une lyre à 10 cordes datant de 1500 av.\nJ. C. Bien qu'il attribue une importance fondamentale au rapport\nnaturel de quinte dans l'établissement des gammes, il ne croit pas,\ncomme M. Hugo Riemann, qu'on puisse en déduire la priorité de\nl'échelle pentatonique sur toutes les autres échelles. Le pentatonisme lui-\nmême peut dériver d'une autre origine que d'une superposition de quintes\npuisque les Javanais ont pu diviser l'octave en cinq parties égales.\nM. Adler conclut que les échelles à cinq sons ne sont que des échelles\nincomplètes abrégés.\nCette argumentation est fort intéressante. Mais il me semble que\nM. Adler va bien vite en besogne. Peut-être n'y a-t-il pas de réponse à"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.24", "texte": "3°\nS. I. M.\n\nune question posée sous une forme aussi générale. Peut-être faudrait-il\ntenir compte de la différence des lieux et des races. Peut-être serait-il\nnécessaire de considérer, à côté des besoins proprement esthétiques de\nl'individu humain, et des exigences purement musicales de son oreille,\nles nécessités d'ordres très divers auxquels ont obéi les premiers inventeurs\nd'instruments et de gammes : nécessités d'ordre pratique, d'ordre scienti-\nfique ou d'ordre religieux (nombre des doigts disponibles pour jouer d'un\ninstrument, facilité d'évaluation de distances égales entre les trous d'une\nflûte, préjugé du nombre sacré, etc. etc.) Remarquons que le souci de la\nrégularité arithmétique domine, à la fois la pratique, la science et la\nreligion, et dans la mesure où elles influent sur l'art, l'art lui-même. Les\nbesoins esthétiques ont après cela modifié les premières inventions : il a\nfallu satisfaire l'oreille ; mais on n'a peut-être pas commencé par là. Ainsi\nles instruments à tierces neutres (ni majeures ni mineures) des Ecossais, dont\nparle M. Adler, ne me paraissent pas le moins du monde constituer un essai\nde tempérament.Le tempérament en effet est un compromis, un pis-aller ;\non renonce à la justesse idéale, que pour une\njustesse approximative. Il me semble très probable que la construction des\ninstruments à tierce neutre dut précéder le sentiment conscient de la dif-\nférence entre la tierce majeure et la tierce mineure. L'oreille, en s'affir-\nmant, réclama plus tard d'autres satisfactions. 11 serait à rechercher si la\ntierce neutre ne répondait pas à quelque besoin extra-musical, auquel\nnous ne songions point. Et je reviens toujours à l'importance de l'arith-\nmétisme, sous toutes les formes, dans l'art primitif ; M. Adler n'y insiste\npeut-être pas assez, quoiqu'il indique le rapport entre cet arithmétisme\nmusical et le géométrisme initial des arts plastiques.\nLa question des \" critères rythmiques \" du style est une des plus\népineuses qui soient. Elle arrête longtemps M. Guido Adler. Tout d'abord\nil insiste sur la nécessité de renoncer définitivement à la thèse selon\nlaquelle il n'y aurait pas de mélodie sans mesure. \" Car i°, dit-il, il y a\nune musique aux rythmes libres, dont les divisions du temps ne sont pas\nfixées numériquement, et par conséquent, ne peuvent pas être égales ;\n2° il y a des rythmes qui se composent de temps égaux et de leurs mul-\ntiples, sans que la distinction des temps forts et des temps faibles indisso-"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.25", "texte": "LE STYLE EN MUSIQUE\n31\n\nlublement liée à notre conception de la mesure leur soit applicable. \" Et\nvoilà qui est fort juste et très nettement dit. J'ajouterais volontiers qu'il y a\ndes mélodies dont le rythme est jusqu'à un certain point ad libitum, dont le\ndessin seul se présente avec le caractère d'un élément constitutif et inva-\nriable. Tout au moins faut-il tenir compte de la disposition de tout\nchanteur populaire à subordonner les exigences du rythme à celle de la\nrespiration, en supprimant ou en ajoutant des silences, en abrégeant ou\nen allongeant des valeurs, et ainsi de suite. Plus nous nous éloignons de\nla pratique de la notation musicale, plus ces libertés rythmiques d'exécu-\ntion doivent prendre d'importance. L'enseignement purement oral même\nle plus diligent n'a jamais pu remédier absolument à l'absence de notation\nrythmique.\nPar opposition à la doctrine de M. Hugo Riemann, M. Guido\nAdler propose une nouvelle définition de la Métrique et de la Ryth-\nmique. Pour lui la Métrique s'applique au langage, la Rythmique à la\nmusique, l'un et l'autre considérant des quantités (longues et courtes) et\ndes qualités (accents). La métrique ne serait-elle pas plutôt la théorie de\nce qui est mesurable^à savoir les durées, et la la théorie de ce\nqui ne l'est pas, c'est-à-dire de ce qui est purement qualitatif, l'accent. Si\nl'on comprend ainsi, et si l'on sépare la Métrique de la Rythmique, on se\nprépare à mieux expliquer pourquoi le \" premier temps \" et le \" temps fort \"\nne coïncident pas nécessairement. On me demandera : en quoi le premier\ntemps est-il premier s'il n'est marqué d'aucun signe particulier, d'aucun\naccent ? Je répondrai : ce n'est pas seulement par l'accent qu'un temps se\ndistingue d'un autre, mais par sa fonction dans un mouvement mélodique\ndont il est un moment. Le premier mériterait mieux, du reste, le\nnom de dernier temps car il est essentiellement le après le\ntemps d'élan.Mais c'est tantôt le temps de repos, tantôt le temps d'élan\nqui est fort ou faible. Si vous marchez, vous pouvez mettre toute votre\nénergie à frapper le sol de vos pieds, ou au contraire à les relever pour ne\nfrapper le sol que très légèrement.\nEn ce qui concerne les \" critères mélodiques \" du style, M. Guido\nAdler a dit d'excellentes choses mais je n'y vois aucune nouveauté à signaler.\nJe note seulement ceci : M. Guido Adler n'aime pas l'abus de l'ornement\nen art : il a peut-être raison. Mais il va certainement trop loin quand il"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.26", "texte": "32\nS. I. M.\n\naffirme que l'art musical doit avoir toujours sa source dans l'émotion,\nqu'il doit exprimer l'âme humaine et qu'il manque à son rôle quand il se\ncontente d'amuser l'oreille. Pourquoi exclure du domaine de l'art véri-\ntable une musique qui ne s'adresserait qu'aux sens et qui n'aurait aucun\ncontenu expressif? Et puis ce qui est expressif pour l'un ne l'est pas pour\nl'autre. Telle musique de Couperin est-elle purement ornementale ou\nexprime-t-il un état d'âme ? Grave question. Tout ornement, du reste,\nn'est-il pas expressif?... M. Guido Adler prétend que l'art des Maîtres\nchanteurs fut caduc parce qu'il était de pur agrément ; je ne crois pas ;\nmais il est mort par ce qu'il reposait sur l'emploi de formules stéréo-\ntypées, qui n'avaient même plus d'agrément, sans doute, pour ceux qui\nen faisaient usage.\nC'est quand il passe à la détermination des \" genres musicaux \" que\nM. Guido Adler procède peut-être le plus arbitrairement. Mais je suis\ntout disposé cette fois à ne pas trop lui chercher chicane.\nIl est impossible de définir les genres musicaux autrement que d'une\nfaçon arbitraire, pour la bonne raison qu'il n'y a pas des genre musicaux.\n11 y a des œuvres que nous classons dans tel ou tel genre, tout simplement\npour mettre un peu d'ordre dans nos idées. Ces classifications sont très\ncommodes : usons-en, mais ne nous faisons pas d'illusions sur leur valeur.\nJe reprocherai seulement à M. Guido Adler d'accorder à ses définitions\ndes genres un valeur objective qu'elles n'ont pas, qu'elles ne peuvent pas\navoir.\nIci M. Guido Adler se débat quelquefois contre de singulières\ndifficultés. Il est certain, par exemple, que nous désignons sous le même\nnom d\"oratorio des œuvres extrêmement disparates, qui n'ont de commun\nentres elles que d'être écrites pour des voix accompagnés par des instru-\nments, de se composer de plusieurs morceaux, et d'être exécutées au\nconcert, non au théâtre. Mais M. Guido Adler ne veut pas se contenter\nde citer ces caractères purement extérieurs. Il veut découvrir à tout prix\ndes analogies internes, là où il n'y en a pas. Il lui répugnerait de définir\nun genre par des moyens aussi factices. Mais ses efforts sont vains. Il ne\nréussit qu'à tout brouiller. S'il arrive à opposer à\ncomme le lyrique au dramatique, c'est au prix d'une confuse définition du\nlyrisme, qui ne nous satisfait pas, et, ce qui est pis, le voici dès lors"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.27", "texte": "LE STYLE EN MUSIQUE\n33\n3\n\nentraîné à nous démontrer que le Samson et le Joseph de Haendel ne sont\npas des drames sacrés,bien que l'expression soit de Haendel lui-même, et\nque le caractère dramatique de tels oratorios soit frappant. On se saurait\ntout de même soutenir que seul le est M. Guido\nAdler ajoute que l'oratorio est une œuvre essentiellement et du\nmême coup toutes les cantates religieuses ou profanes dont le style ne sera\npas essentiellement choral devront être exclues du genre oratorio. Je veux\nbien ; mais j'avoue dès lors que je ne vois pas comment on peut ranger\nles Saisons de Haydn dans le genre oratorio : car, bien que les chœurs y\nfigurent, le style m'en paraît fort peu choral.\nLa distinction des caractères du style n'est pas plus nette. Il est un\npeu sommaire de définir le style classique par la coordination des parties\nà l'égard du tout, par la maîtrise dans l'emploi et dans l'économie des\nmoyens, par la sobriété dans l'expression, et le souci de ne point dépasser\nune certaine limite de beauté. Il faudrait nuancer davantage, et au lieu\nde poser le concept de classique dans le vide, le rattacher à des réalités\nhistoriques. Il y a classiques et classiques, et le pur classique est un\nmythe. En tout cas il aurait fallu indiquer que Beethoven n'est qu'à\nmoitié un classique et que par bien des points il touche déjà au roman-\ntisme.\nMais n'importe ! Le livre de M. Guido Adler est de ceux qui font\npenser : il suffit. Les quelques indications que nous avons pu donner sur\nses intentions ont certainement éveillé la curiosité du lecteur. Nous sou-\nhaitons le plus grand succès à ce premier volume d'un ouvrage important\nqui résume un labeur si considérable, et témoigne d'une si rare étendue\nd'esprit, et nous attendons la suite avec impatience.\n\nPaul Landormy."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.28", "texte": "COURANT (Maurice). Essaie historique sur la musique\nclassique des Chinois, avec un appendice relatif à la musique coréenne.\n(Delagrave, 1912. In-40 de 241 pp.)\nLe travail très-important et très-intéressant de M. Courant\nprésente des défauts apparents qu'il serait souverainement injuste\nde reprocher à l'auteur, car ils résultent de la double destination\nde ce travail, à la fois thèse de doctorat et fragment d'une vaste\nencyclopédie dont l'ensemble commence seulement à ce jour. C'est\nl'encyclopédie qui a imposé cette incommode typographie en deux\ncolonnes à l'instar du Larousse, ces références qui renvoient elles-\nmêmes à un index difficile à trouver, car il n'est pas à la fin du\nvolume, enfin ce système de transcription qui, manquant d'un\nsigne spécial pour l'aspiration, abuse des h et nous fait lire, comme\nnos anciennes grammaires, khwei pour k'ouei, pha pour tchhang\npour tchhang. Un inconvénient plus grave est le considérable écart\nentre la date de l'impression et celle de la publication. Ces quatre\nannées n'ont pas été entièrement vaines pour les études de musique\nchinoise, et la bibliographie que M. Courant nous propose aurait\ngagné à mentionner, par exemple, l'article très précis de Moule sur les instruments de\nmusique *), ceux de M. Soulié sur la musique moderne 2) peut-être même le petit livre\noù l'auteur de ces lignes a essayé de résumer la théorie de la musique chinoise en son\ndéveloppement historique 3).\nIl y avait aussi des réflexions intéressantes dans le premier volume de l'ouvrage inachevé\nde La Fage 4), qui est un compilateur comme Fétis, mais plus intelligent et mieux informé.\nEnfin et surtout les philosophes non classiques de la Chine méritaient d'être représentés autre-\nment que par les Textes philosophiques du P. Wieger ; il était bien facile à M. Courant\nd'indiquer ici un des nombreux recueils de tzeii qui figurent à la Bibliothèque Nationale, et\ndont plusieurs renferment de précieux commentaires. Mais il n'entrait pas dans son dessein\nd'approfondir les considérations de morale et de métaphysique qui, à toutes les époques,\nen Chine comme dans la Grèce antique, ont marqué si fortement non seulement la théorie,\nmais aussi la pratique de l'art musical, en imposant par exemple certains nombres pour les\ndimensions des instruments, le calcul des longueurs vibrantes, ou la construction des gammes.\n\n1 A. C. Moule, Chinese musical instruments, Journal of the North China Branch of the Royal Asiatic\nSociety, XXXIX (1908).\n2G. Soulié, La musique en Chine, Bulletin de l'Association franco-chinoise, 1910, pp. 13, 139, 239,\n369 ; 1911, pp. 24., 156, 203, 263, 287.\n3 Louis Laloy, La musique chinoise. Paris, Laurens, 1910.\n4 La Fage, Histoire de la musique et de la danse. Paris, Imprimeurs réunis, 1844."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.29", "texte": "LES LIVRES\n\n35\n\nIl relègue clans un dernier chapitre les Idées cosmologiques et philosophiques, et n'en donne qu'un\naperçu très sommaire, alors que l'exposé historique qui précède fût devenu beaucoup plus clair si\n011 y avait mis ces idées en rapport avec chacune des institutions successives qui les expriment.\nParticulièrement je reprocherai à M. Courant d'avoir trop rarement invoqué les textes des\nphilosophes taoïstes, et j'insisterai sur ce reproche parce que j'en dois prendre ma part. Quand\nj'ai fait paraître mon petit essai, je n'avais encore qu'une connaissance très imparfaite de\nces textes : aussi me suis-je appuyé presque exclusivement sur les préceptes de Classiques, qui\nne concernent que l'hygiène morale, au lieu que les philosophes qui succèdent à Lao-tzè,\nanimés d'un esprit véritablement panthéiste, ont manifesté, tantôt par les rapprochements d'une\npuissante poésie, tantôt par les spéculations d'une arithmétique symbolique très comparable\nà celle des Pythagoriciens, la mystérieuse analogie qui fait de l'harmonie musicale l'image\nde l'harmonie universelle. Il me paraît aujourd'hui qu'on ne saurait parler de la musique\nen général, sans traduire en manière d'introduction cette page admirable où Tchouâng-tzè\ndécrit la musique de la Terre, que le vent, respiration immense, joue en faisant retentir les\ngrottes des montagnes et les arbres des forêts.\nCe ne sont là que des hypothèses. Si je les risque, c'est que je ne désespère pas de les\nvoir confirmer un jour ; c'est surtout afin de montrer combien il peut être utile, pour connaître\nla musique chinoise, de lire même les ouvrages qui ne lui sont pas spécialement consacrés. Par\nailleurs, M. Courant a dépouillé de la façon la plus consciencieuse les traités spéciaux ainsi que\nles histoires dynastiques, dont chacune, comme on sait, réserve quelques chapitres à la musique,\nplacée en Chine sous la tutelle de l'Etat. Ce labeur est assez considérable, et assez fructueux,\npour qu'on lui sache gré de l'avoir mené à bien et le tienne quitte du reste pour l'instant. On\ntrouvera dans son livre les renseignements les plus sûrs et les plus minutieux sur les liu, ces\ndiapasons de la musique chinoise, leurs variations nombreuses et leurs combinaisons com-\npliquées. En particulier il cite et commente avec beaucoup de sagacité un texte de l'histoire des\nSoueî, d'où il résulte que dès le VIe siècle de notre ère un musicien de race turque avait\nimporté en Chine la gamme diatonique de 7 notes, sans pourtant réussir à la faire adopter.\nIl n'est pas possible aujourd'hui de traiter à la fois de façon complète toutes les questions\nrelatives à la musique chinoise, ni surtout de les résoudre. Le sujet est presque entièrement\nneuf, en ce sens que jusqu'à ces dernières années il n'a tenté que les historiens de la musique\net non les sinologues ; le dépouillement des textes, si nombreux et si disséminés, est à peine\ncommencé. Ce qu'il nous faut, et pour longtemps encore, ce sont des monographies et des\nrépertoires. Si on veut bien considérer l'ouvrage de M. Courant comme un de ces répertoires\ndont le titre pourrait être La musique chinoise dans les histoires dynastiques et les traités techniquess\non le trouvera de tous points excellent, et, ce qui vaut mieux encore, très utile pour toutes les\nrecherches ultérieures.\nLouis LALOY.\nBACHMANN (A.) Les grands violonistes du passe. (Fischbacher in-40 de 470 pages,\navec nombreux textes de musique).\nL'ouvrage de M. A. Bachmann consiste essentiellement en une sorte de dictionnaire\nconsacré à 40 violonistes célèbres. Le dictionnaire comprend, pour chacun des artistes consi-\ndérés, une biographie plus ou moins détaillée ornée du portrait du musicien qui fait l'objet de\ncette biographie et suivie selon le dégré d'importance violonistique de ce musicien du Catalogue\nthématique de ses œuvres. Il ne faut chercher ici aucun travail d'ensemble conçu selon un\nplan historique ; c'est une série de monographies de violonistes de toutes époques et de tous\npays, rangées par ordre alphabétique."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.30", "texte": "36\nS. I. M.\n\nL'auteur a cependant cherché à rattacher les uns aux autres des divers violonistes du pays\nen les groupant d'après l'enseignement qu'ils ont suivi et sous le titre de UEcole de violon il a\ndressé de ceux-ci une sorte d'arbre généalogique pédagogique. Certaines biographies, celle de\nJoachim,par exemple, et surtout celle de Paganini, sont très développés et apportent d'intéressants\ndocuments. D'autres ne sont pas seulement trop brèves, elles se contentent de faire intervenir\nFétis ou Wasielewski, et semblent ignorer les travaux modernes ; nous citerons les biographies\nde Corelli, de Leclair et de Kreutzer. Enfin les catalogues thématiques sont souvent établis,\nen ce qui concerne, les violonistes du XVIII6 siècle, non pas d'après les éditions originales,\nmais d'après des révisions récentes. Tels qu'ils se présentent, ces catalogues peuvent néanmoins\nrendre de grand services...\nL. DE LA LAURENCIE.\nà\nBARMAS (Isaye). La solution des problème (Berlin, Bote et\nBock, Paris M. Eschig in-fol).\nIsaye Barmas est depuis longtemps accrédité en allemagne et à l'étranger en qualité\nde violiniste et de professeur. Son école basée sur un système solide lui a valu un succès\nmérité, ainsi que le prouvent de nombreux et brillants élèves.\nBarmas démontre dans son ouvrage que la principale condition d'un jeu précis et sûr, c'est\nl'agilité des doigts, l'indépendance du poignet, et la légèreté du bras.\nu Ce que la nature a souvent donné au génie, dit-il, chacun peut l'acquérir par le savoir\net par un enseignement rationel. N'oublions jamais que toute technique réside dans le cerveau,\net qu'elle est dirigée par lui. Avant d'aborder les hautes difficultés techniques, on veillera à ne\ntravailler le violon et l'archet que de la façon la plus naturelle. Alors l'ennui et le mécontente-\nment disparaîtront, d'autant plus qu'on pourra plus rapidement se consacrer à la musique\nproprement dite \".\nLe livre, parfaitement traduit par Nestor Lejeune, est orné de 27 illustrations et d'une\nsérie d'exercices. Capet, Marteau et Kreissler lui ont adressé d'élogieux compliments.\nK. K.\nWAGNER (Peter). Einfûhru ng in die I Band, 2er Theil.\n(Leipzig. Breitkopf. 1912. gr. in 8U de XVI et 505 pp. avec plusieurs reproductions phototy-\npiques.)\nCe livre est consacré à la Paléographie du chant grégorien. Il est impossible en quelques\nlignes de décrire un ouvrage d'une si haute importance, non seulement pour la théorie, mais\naussi la pratique du chant liturgique. Le très riche contenu de ce volume est présenté avec\nun ordre, une logique et une volonté qui en font un instrument de travail de premier ordre.\n18 chapitres et un important appendice nous initient à l'histoire des Neûmes ; d'abord\nleur origine : étude des notations byzantine, russe, et arménienne ; puis, description des plus\nanciens neumes latins.\nLe Dr Wagner passe ensuite aux principaux types d'écriture neumatique : mozarabe,\nitalienne, française, anglo-saxonne et allemande, et arrive aux XIIe, XIIIe et XIVe siècles,\navec l'étude des neumes-accents.\nLes trois derniers chapitres sont consacrés à la rythmique des neumes, et là M. Wagner\na remanié considérablement la première édition de son ouvrage, en exposant une thèse\nnouvelle d'interprétation : la figure seule des notes donnerait le secret du rythme. M. Gastoué\na discuté certaines théories du Dr Wagner ; mais quoi qu'il en soit, ce manuel de Paléo-\ngraphie grégorienne est un ouvrage capital pour l'étude du chant liturgique, et la deuxième\nédition de la N eumenkun de rendra les plus grands services aux amis de l'art grégorien."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.31", "texte": "LES LIVRES\n37\n\nWAGNER (Peter). Neumenkunde,Palâographie des liturgischen Gesanges, 2e édition,\nrevue et augmentée, (Leipzig. Breitkopf et Hârtel, grand in-8° de XVI & 506 pages, avec\ntranscriptions musicales et nombreuses phototypies. 12 M.)\nCet ouvrage considérable forme le tome II des études du Dr Wagner sur \" l'lntroduction\naux mélodies grégoriennes dont nous venons de citer le premier volume.\nUn livre aussi éminent, et qui résume une vie d'études, de travaux et d'enseignements\nmériterait une longue et sérieuse analyse, et aussi une traduction française. L'érudit professeur\nde l'Académie de Fribourg expose successivement avec une énorme documentation les diverses\nespèces de notation qui furent usitées au moyen-âge. Trois gros chapitres sont consacrés aux\nsignes des lectionnaires orientaux, aux neumes byzantins, russes et arméniens.\nMais, à côté de l'étude paléographique, le Dr Wagner aborde la question d'interprétation\net de rythme ; il remontre par exemple, l'identité rythmique de la du et de la\nvirga jacens, dans les passages syllabiques, et il prouve à l'aide d'un texte nouveau du ms. C.\n58.275 de la bibliothèque de Zurich (XIIe s.) que certaines écoles ont indiqué par la les\nnotes longues, et par le punctum les brèves, mais seulement dans les groupes, ce qui paraît\ncontradictoire. On s'est précisément demandé si ce ne serait pas là le premier jet des\npropriétates de la notation proportionnelle du XIIIe siècle. (Cf. Tribune de St. Gervais.\nDécembre 1913).\nL'ouvrage du Dr Wagner est un instrument de travail indispensable à ceux qui s'inté-\nressent par métier ou par vocation, au chant liturgique et à l'art musical du moyen-âge.\nF. RAUGEL.\nJEANNIN. Le chanl liturgique syrien (in-8° de 205 pages. Paris, Imprimerie\nNationale.)\nUn excellent livre en tout sens, tel est ce travail \"de bénédictin c'est bien le cas de\nle dire, sur le chant de l'église chrétienne orientale de Syrie, c'est-à-dire de celle qui, depuis\nl'origine, continue de célébrer dans la langue et avec les coutumes syriaques, la liturgie\ntraditionnelle.\nMais, si les paroles de ces offices remontent, en grande partie, au IIIe siècle, que sont\nses mélodies ? Ici, il n'y a d'autre guide que la tradition orale. Et l'ouvrage de Dom Jeannin\nfruit de dix années de travail, est justement précieux parce qu'il fixe, avec un soin infini,\nl'instant de cette tradition qui nous est contemporain. Jamais, en effet, l'église syrienne à\npart d'infimes exemples, n'a connu de notation musicale : la théorie, très complexe, demi-\narabe et demi-persane, jointe à la transmission orale des mélodies, a suffi. Et, de celles-ci,\nl'auteur donne des types assez nombreux, dans tous les genres, pour qu'on soit parfaitement\ndocumenté sur la question.\nCritiquement, et avec tout ce que je sais du chant oriental, je tiens pour parfait le livre\nde Dom jeannin: appuyées, d'un côté, sur un rigoureux enregistrement des pièces chantées,\net d'un autre, sur une érudition de bon aloi, ses conclusions ne peuvent qu'être acceptées par\ntout musicologue. Le travail de Dom Jeannin est précieux, entre autres points de vue, par la\ndocumentation authentique qu'il nous offre de chants syriens, bien éloignés de l'orienta-\nlisme tout conventionnel dont certains auteurs nous objectent les formes, qu'ils ne connais-\nsent que par à peu près. A ce titre, cet ouvrage peut aider à jeter de vives lumières sur la\ncompréhension du rythme original des chants grégoriens, et c'est à quoi Dom Jeannin n'a\npas manqué.\nJe n'émettrai qu'un seul voeu : c'est que le savant auteur nous donne bientôt la collec-\ntion complète des mélodies syriaques et chaldéennes dont il a recueilli le répertoire.\nA. GASTOUÉ."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.32", "texte": "3»\nS. I. M.\n\nGATARD (A.) La Musique grégorienne (in-8° de 124 p., Paris, Laurens).\nSimple exposé de l'ensemble de la question, telle qu'elle résulte de la restauration\nbénédictine, le livre de Dom Gatard est une très pratique conférence de vulgarisation pour\nle \" grand public \" non initié au sujet. Je ne reprocherai pas trop à l'auteur les quelques\npassages rares, en lesquels il s'est trop montré partisan des doctrines de Dom Mocquereau.\nSon livre est un aimable compagnon, avec lequel on peut passer une heure profitable.\nA. GASTOUÉ.\nSPAETH, (S. G.). M lit on s Knowledge of Music. (Princeton, University, Library,\n1913, in-8° de 186 pp.)\nCette dissertation fut présentée à la Faculté de l'Université de Princeton pour l'obtention\ndu titre de Docteur en Philosophie. C'est un travail très consciencieux, très documenté et fort\nintéressant. Il a pour but de jeter quelque nouvelle lumière sur le caractère et la personnalité\nde Milton, grâce à l'étude, dans ses ouvrages, de tout ce qui touche à la musique. L'auteur\nréussit à montrer, après un examen des textes, patient, judicieux, et habilement conduit, que\nla musique fut chez le poète, par aptitude naturelle, et aussi par éducation, un mode de\npensée si habituel qu'on peut affirmer que la Nature se révélait à lui plus par ses harmonies\nque par ses couleurs ; et ceci, même alors qu'il était encore clairvoyant. Ainsi, dit S.,\npour Milton, la caractéristique de la forêt n'est point d'être verte, mais de faire entendre le\nmurmure des feuilles et le chant des oiseaux.\nFidèle aux méthodes qui sont encore les nôtres, je veux dire à la théorie d'influence du\nmilieu et du moment, S. consacre le premier chapitre de sa thèse à étudier la musique\nanglaise au XVIIe siècle. On y trouve cette assertion, assez inattendue, que la seule école\nmusicale ayant quelque valeur, à cette époque, fut l'école anglaise. Les Flamands, dit\nFauteur, déployèrent beaucoup d'habileté, principalement dans le développement de la forme\nmadrigalesque... mais leurs compositeurs étaient forcés de satisfaire à une telle variété de goûts\nqu'aucun style caractéristique ne sortit de leur plume. L'Allemagne produisit seulement un\nou deux bons compositeurs. L'ltalie, préoccupée de la re-découverte du monde ancien, n'offre\nrien de son propre fonds à la musique européenne, mais se contente des ouvrages importés\ndes Flandres. Chacun étant ainsi mis à son rang, (nous laissons à l'auteur la responsa-\nbilité de ses affirmations) l'Angleterre reste seule.\nCe qui est tout à fait notable, c'est la place accordée par Milton à la musique. Reprenant\nles théories platoniciennes, il ne la considère pas tant comme un art particulier que comme\nl'expression même de l'harmonie des mondes. Philosophe, poète et chrétien il puisa son inspi-\nration dans son idéale conception de la musique. Pour lui, la signification de la musique est en\nrelation étroite avec l'univers entier.\nM. DAUBRESSE.\nGRATIA. VEtude du piano, (1 vol. petit in 40 ill. de 4 planches hors-texte et de\n60 figures. Ch. Delagrave.)\nNul mieux que M. L. E. Gratia n'était qualifié pour traiter un tel sujet. Nombreux\nsont les ouvrages qui ont été écrits sur l'étude du piano. Ce dernier né a ceci de particulier\nqu'il résume tout ce qui a été dit, et apporte des idées nouvelles. L'ordonnance des matières\nest méthodique. Des tableaux synoptiques aident le lecteur à comprendre l'ensemble,\net lui permettent de se reporter ensuite aux pages indiquées plus pour amples détails. De\nnombreuses figures et exemples ajoutent à la clarté des démonstrations, et font que les\npassages, qui parfois pourraient être un peu ardus à la lecture, deviennent aussitôt essentiellement"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.33", "texte": "LES LIVRES\n39\n\npratiques. Grâce à un index joint aux tableaux, l'élève peut immédiatement trouver la solution\ndes difficultés qui le préoccupent, et les travailler à l'aide de moyens ayant pour but de réaliser\nun maximum de progrès, à l'aide d'un minimum de travail. Les observations personnelles dont\nl'ouvrage fourmille, lui donnent un attrait particulier. M. Gratia met en garde contre les\ndangers d'une étude mal conduite ou exagérée, cite les différentes positions de mains, etc.,\nexamine les adjuvants mécaniques dont quelques uns ont été inventés par lui, le choix des\ndoigtés, les pédales, et il aborde ensuite l'étude de la mémoire musicale.\nLes pianistes liront ce volume avec profit. Il sera encore utile aux musiciens de tout\ngenre, les travaux sur la mémoire, les centres psychiques supérieurs et inférieurs, les mouve-\nments réflexes, l'automatisme, étendant considérablement l'intérêt de l'ouvrage.\nL. GREILSAMER.\nCURZON, (H. de). Mozart. (Paris, Alcan 1914, in-8° de 287 pp.).\nIl est évidemment difficile de dire du nouveau sur Mozart ; M. de Curzon, du reste,\nn'affiche pas cette prétention et fait de larges emprunts à ses devanciers en littérature\nmozartine, principalement à MM. de Wyzewa et de St. Foix. Son livre essentiellement\nlaudatif est donc un intéressant résumé de \" ce que tout musicien doits avoir \" concernant\nle maître de Salzbourg.\n• V. P.\nBERDENIS DE BERLEKOM, (M.). Les premières leçons de piano. (Paris, Gaillard,\n18 rue St. Sulpice, in 40 de 80 pp.).\nCette petite méthode est plutôt destinée à la nursery qu'à la salle d'études. Elle comprend\nà la fois un manuel élémentaire de solfège, qui n'est assurément pas plus mauvais que beaucoup\nd'autres et des morceaux à 2 et à 4 mains pour les débutants ; toute théorie sur le mécanisme\net l'articulation est délibérément laissée de côté sous prétexte que l'enfant y est invinciblement\nrebelle ; on pourrait objecter à cela que l'objet d'une bonne méthode serait précisément de\nvaincre cette naturelle antipathie. Mme Berdenis a pourvu chaque morceau d'un petit texte,\nque l'élève chantera tout en déchiffrant : excellente intention.\nV. P.\nFLORENCE MAY. Johannes Brahms. (Deux parties en un seul volume in-8° de\nxvi + 314 + 362 pages. Breitkopf et Hârtel, Leipzig, 1911).\nCette publication est la seconde édition d'un ouvrage considérable paru en anglais en 1905\net présenté cette fois en allemand par les soins du traducteur Ludmille Kirschbaum. Sous le\ncontrôle de l'auteur lui-même. Mme Florence May a connu personnellement Brahms,\nelle s'est rencontré avec lui à différentes époques de sa vie, et elle nous rapporte très soigneu-\nsement les moindres faits, les moindres paroles, les moindres impressions qu'elle a pu\nnoter alors. D'autre part elle a dépouillé avec le zèle le plus minutieux tous les\narticles de journaux, toutes les pièces d'archives, toutes les lettres publiées et même parfois\ninédites, tous les travaux critiques dont l'étude pouvait, directement ou indirectement, éclairer\nla figure de Brahms et l'histoire de sa vie. Elle n'a point négligé non plus de nous décrire\nles milieux divers qu'a traversés Brahms, et de nous faire connaître, en leur intimité, ses\nprincipaux amis. Elle a su rattacher même à son récit tout un tableau général de l'activité\nmusicale en Allemagne dans la seconde moitié du XIXe siècle. Mnie Florence May a donc\nexcellemment rempli sa tâche. Tout au plus pourrait-on lui reprocher un peu trop de com-"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.34", "texte": "4°\nS. I. M.\n\nplaisance pour les mérites du musicien dont-elle a entrepris la biographie. Mais ne soyons pas\ntrop difficiles ! Et louons, pour finir, Mme Florence May d'avoir joint à son livre des tables\ndes œuvres de Brahms par numéro d'œuvre, par ordre chronologique, par ordre systématique,\nune table des lieder par ordre alphabétique d'\" Incipit \", une table des auteurs de textes\npoétiques, un index bibliographique, et une table alphabétique des matières traitées dans le\nvolume. Voilà qui est d'une utilité inappréciable !\nLANDORMY.\n\nLIVRES REÇUS\nFALCK W. Friedmann Bach.(Lpz. Kanht Nachfolger 1913 in-8\" de 170+32 pp.)\nSEIFERT (Max). Ein Archiv fur (Berlin Ernest\nSiegfried Mittler und Sohn, 1914 in-8\" de 16 pp.)\nDELBRUCK (Hans). Die Zukunft (Extrait des Preussische\nJahrbùcher, Berlin 1914)\nBERNARD (Gabriel). Le Wagner de Parsifal (Paris, Méricant in-12° de\n320 pp. fr. 5)\nBONNEROT (Jean). C. Sainl-Saëns (Durand et fils, 1914 in-12° de 179 pp. fr. 2)\nLAURENCIE (L. de La). La (Chapitre de\nXVIIIe siècle) (Félix Alcan, 1914 in-8°)\nMAY (Florence). Johannes Brahms,aus dem englischen iibersezt von KIRSCH-\nBAUM (Lpz. Breitkopf 1911, in-8° de 362 pp. Mk. 22)\nCUCUEL (G.). Les créateurs de Vopéra-comique français. (F. Alcan 1914, in-12°\nfr. 3,50)\nDUHAMEL (Maurice). Musiques (Paris, Rouart Lerolle et Cie 1913\nin-8° de 224 pp.)\nBACHMANN (Alberto). Les grands (Fischbacher 1913 in-fol\nde 470 pp. fr. 50)\n—QUATRELLES L'ÉPINE (M). Cherubini. (Lille, Lefebvre-Duroc, 1913, in-4°\nde 174 pp.)\nAUGE DE LASSUS (L.). Sain t-Saëns(Delagrave 1914, in-12° de 276 pp. fr. 3.50)\nVUILLEMIN. Gabriel Fauré (A. Durand et fils, 1914, in-12 de 55 pp. fr. 3).\nTHOMAS (Wolfgang). Mozart-Schatzkâstlein (Munchen,Wunderhorn-Verlag 1912,\nin-12 de 88 pp.)\nRAYMOND DUVAL (P. H.). La (Non mis\ndans le commerce. In-12° de 315 pp.)\nWYZEWA (Th. de). Beethoven et Wagner (Peirrin 1912, in-8° de 382 pp, fr. 5).\nDEUTSCH (Otto Erich). Franz Schu(Muenchen, Georg Miiller, 1913-1914,\n2 vol. in-4° de 500 pp. Mk. 20).\nSTENDHAL. Vies de Haydn, de M préface de ROMAIN\nROLLAND. (Paris, Champion, 1914, in-8° de 496 pp.)\nCOMBARIEU. (J.) L'Enseignement (Dela-\ngrave 1914 in-120 de 16 pp).\nISTEL (Edgar). Duo Libretto. (Berlin, Schuter und Lœffer, 1914, in-12° de 240\npp. M. 3.)\nLAVIGNAC. Encyclopédie de la musique... Delagrave 1913-1914, 2 vol. T. I. Anti-\nquité. T. 11, Italie, Allemangne in-4° de 600 pp.)"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.35", "texte": "Société Française des\nAmis de la Musique\nBULLETIN MENSUEL\nASSEMBLÉE GÉNÉRALE\nL'Assemblée Générale de la Société Française des Amis de la Musique a eu lieu le\nlundi 30 mars à 4 heures, dans les salons de l'Elysée-Palace-Hôtel (avenue des Champs-\nElysées), sous la Présidence de M. G. Berly assisté de M. Ecorcheville, Vice-Président,\nM. Léo Sachs, Trésorier, M. Gustave Cahen, Secrétaire du Conseil et de M. Louis de\nMorsier, Secrétaire général.\nM. G. Berly a donné lecture du rapport du Conseil pour l'année 1913, dans lequel il\nest rendu compte des travaux de la Société pour l'année écoulée et de ses projets pour l'avenir.\nIl y est notamment expliqué qu'au lendemain de la dernière Assemblée Générale, le\nConseil a précisé quel devait être le programme général de la Société. Ce programme a été\npublié en détail dans l'annuaire de 1913 qui donne également l'objet des quatre Commissions\nconstituées : de Propagande, de Musique, de Province et de Philanthropie.\nIl y est rappelé les manifestations auxquelles la Société a cru devoir accorder son patronage,\nles différentes réunions musicales qui ont eu lieu, les subventions diverses qui ont été consenties\nsoit à des Sociétés, soit à des musiciens dignes d'intérêt. L'attention de l'Assemblée s'y trouve,\nensuite, attirée sur la fondation du Prix de Musique, la création d'une Bibliothèque musicale,\nle prochain Congrès International de Musique qui doit avoir lieu à Paris au mois de juin, le\nprojet de fondation, à Bruxelles, d'une société Belge des Amis de la Musique.\nIl y est en outre annoncé, avec l'expression des regrets unanimes du Conseil, les\ndémissions de Mme la Comtesse d'Haussonville et de M. Romain Rolland qui, si leurs occu-\npations ne leur permettent plus de faire partie du Conseil d'Administration, n'en restent pas\nmoins membres de la Société.\nEnfin, après un compte-rendu de la statistique des membres de la Société dont le nombre\naugmente chaque jour, le Rapport rappelle, avec de vives félicitations, le grand succès remporté\npar les Concerts Populaires Monteux qui ont débuté cette année sous le patronage de la Société\net grâce à l'appui de quelques-uns de ses membres les plus dévoués. S'associant à ces félicita-\ntions, l'Assemblée a fait à M. Monteux, qui y assistait, la plus sympathique ovation.\nL'intéressant rapport du Conseil a provoqué, à maintes reprises, les applaudissements de\nl'Assemblée. Il paraîtra d'ailleurs intégralement dans notre prochain annuaire de 1914, qui est\nactuellement sous presse.\nM. Léo Sachs, trésorier, a donné ensuite lecture de son rapport sur la situation financière\nde la Société. Les comptes présentés dans ce rapport ont été approuvés à l'unanimité.\nL'ordre du jour étant épuisé et personne n'ayant demandé la parole, la séance a été levée\nà 4 heures 1/2.\nRÉUNIONS MUSICALES\nA la suite de l'Assemblée Générale, nos sociétaires ont eu le plaisir d'assister à une\naudition musicale qui fut des plus réussies, grâce à l'amabilité de Madame Bugg, de l'Opéra,\net du Quatuor Chailley."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.36", "texte": "42\nSOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE\n\nLe Quatuor Chailley, composé de Messieurs Marcel Chailley, Victor Gentil, Philippe\nJurgensen et Jules Griset est, comme on le sait, lauréat du prix de musique, pour 1913, de la\nSociété Française des Amis de la Musique.\nEn remerciement du témoignage d'estime et d'encouragement qui lui fut ainsi accordé\npar notre Société, le Quatuor Chailley nous a très gracieusement demandé de se faire entendre\nà l'une de nos réunions privées. Il va de soi que nous avons accepté avec empressement cette\naimable proposition.\nC'est ainsi que nos membres ont eu l'occasion d'apprécier les hautes qualités musicales\nde ce Quatuor, qui a d'ailleurs souvent affirmé sa maîtrise dans les grands concerts, tant en\nFrance qu'à l'étranger. Mais, il ne nous appartient pas de faire, à cette place, œuvre de\ncritique. Nous voulons seulement nous borner à constater l'accueil enthousiaste qui a été fait\nà Messieurs Marcel Chailley, Victor Gentil, Philippe Jurgensen et Jules Griset pour l'excel-\nlente exécution du 2e quatuor à cordes de Beethoven et du quatuor a cordes de Debussy et\nrenouveler à ces remarquables artistes nos remerciements les plus sincères pour le plaisir qu'ils\nnous ont procuré.\nNous désirons également offrir ici l'hommage de notre vive gratitude à Mme Bugg qui a\nbien voulu accepter d'apporter à notre réunion la grâce exquise de sa personne et le charme\nprofond de son art. Malgré l'inquiétude d'un rhume malencontreux qui voilait un peu l'éclat\nhabituel de sa voix, Mme Bugg n'a pas moins interprété de la manière la plus émouvante le bel\nair d'Acis et Galatée de Haendel, le farouche Hopak de Moussorgski et deux délicieuses et\nspirituelles mélodies de M. Alfred Bruneau intitulées \" Promenade \" et \"La Lettre du\njardinier \".\nL'Assemblée a exprimé à Madame Bugg combien elle a apprécié tout à la fois sa vaillance\net son talent en ne lui ménageant pas, de tout cœur, les plus chaleureuses acclamations.\nNos membres ont encore eu le grand plaisir d'être conviés, le samedi soir 25 avril, à la\nsalle Malakoff, pour assister à une représentation de \"La Farce du Cuvier \", paroles de\nM. Maurice Léna, et musique de M. Gabriel Dupont.\nCette réunion exceptionnelle qui offrait, on en conviendra, un intérêt tout particulier, a\neu lieu nous sommes heureux de le redire ici grâce à l'aimable initiative de M. Robert\nLe Lubez, un des membres les plus dévoués de notre Société.\nM. Robert Le Lubez, dont on connaît l'autorité en matière musicale et le beau talent de\nchanteur, a eu l'heureuse idée de monter la Farce du Cuvier avec le concours de deux artistes\ndes plus appréciées dans la haute société parisienne, Mesdames Vaucaire et Jacquet-Marsans ;\nnous sommes très vivement touchés qu'avant toute audition publique il nous ait offert de\nréserver, en quelque sorte, la primeur de ce charmant ouvrage aux \" Amis de la Musique\nQue M. Robert Le Lubez et ses charmantes collaboratrices reçoivent ici à nouveau\nl'expression de toute notre reconnaissance et, de plus, tous nos compliments, car la représenta-\ntion de samedi dernier a remporté un succès éclatant.\nL'œuvre est de celles qui s'imposent du premier coup, d'abord par la franche gaîté d'un\nsujet bouffon traité de main de maître par M. Maurice Léna, ensuite par l'élégance, la\nvivacité et le pittoresque d'une musique imprégnée de la plus heureuse inspiration.\nNul ne s'étonnera, parmi ceux qui le connaissent, que le musicien à la fois si délicat et si\nprofond qu'est M. Gabriel Dupont ait écrit pour cette \" farce \" sentimentale, du meilleur aloi,\nune partition qui est très certainement, nous nous risquons à le proclamer, un petit chef-d'œuvre."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.37", "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES AMIS DE LA MUSIQUE\n43\n\nQuant aux artistes, il serait impossible, sans doute, d'interpréter avec plus d'esprit»\nde sûreté et d'entrain, une œuvre plus charmante, au double point de vue de la musique et de\nl'action, que ne l'ont fait Mme Vaucaire, incomparable dans le rôle de Mm* Jacquet-\nMarsans, infiniment spirituelle sous le traits de et M. Robert Le Lubez qui a fait du\npersonnage de Jaquinotune création inoubliable.\nNous ne voulons pas oublier Mmes Coursin, Couty, Delanne et Rosemai qui ont chanté\nles rôles épisodiques des lavandières avec beaucoup de verve et de talent, ni M. Le Baillif, qui a\ntenu la partie de piano avec une maestria tout-à-fait remarquable.\nLa mise en scène de Mme Pierron-Danbé fut très appréciée et l'on se doute bien que\ncette troupe d'élite a été longuement acclamée et rappelée par l'auditoire nombreux et élégant\nqui se pressait à la salle Malakoff.\nNOUVEAUX MEMBRES\nLes nouvelles adhésions qui sont parvenues au Secrétaire Générai sont, par ordre\nalphabétique :\nMme C. Alphen-Salvador\nMme Roger d'Amboix de Larbont\nM. Claude Anet\nM. Maurice Bonhomme\nMme Maurice Bonhomme\nMlle Odette Carlyle\nMme Claude\nM. Alfred Coenen\nMlle Cohen\nM. Constantin-Gilles\nM. N. G. Coronio\nMme Lucien Delmas\nMme Paul Desmarais\nM. Jean Dreyfus-Stern\nMlle Thérèse Duroziez\nS. E. Etienne de Elisséieff\nMme P. Foucher\nMme Eugenia Galewska\nMme Etienne Gaveau\nM. Jules Griset\nMme Jules Griset\nM. Louis Helbronner\nM. Louis Jacob\nMme Japy\nMThérèse Jeanès\nMme Kœchlin\nMlle Larcher\nM]le Aline Léon\nMme Lise Lièvre\nMlle Ester Lindahl\nMme Paul Marty\nM. André Mauban\nMme André Mauban\nM. L. Mors\nMme Léon Muhlfeld\nMme Louis Natanson\nM. Georges Parcelier\nMme Georges Parcelier\nMme Albert Petsche\nM. Olivier Raulin\nM. de Renaucourt\nM. Gabriel Rosenwald\nMme Gabriel Rosenwald\nMme Sartoris\nMme Gabrielle Scapini\nMme Louis Schopfer\nMlle Anna Sée\nM. Marcel Simon\nM\"e Arnolde Stephenson\nM. J. Stern\nMme J. Stern\nMme Léon Tabet\nMlle Minnie Tracey\nMme Vacher\nMme Gustave Valabrègue\nM. Paul Vidal\nDoctor Villeroux\nMlle Watto\nMme Eva de Winklerfelt\nMme Jean de Witt\nM. Zukowski"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.38", "texte": "SOCIÉTÉ FRANÇAISE T>ES\nAMIS T>E LA\nCOMITE D'HONNEUR\nM. le Président de la République.\nM. le Ministre de V Instruction\nM. le Sous-Secnétaine d'Etat aux Beaux-Ants.\nM. Gabriel Faurê Directeur du Conservatoire.\n- _ _ •\nM. Henry Marcel, ancien Directeu\ndes Musées\nMEMBRE D'HONNEUR\nS. A. 1. LE GRAND DUC BORIS DE RUSSIE\nCONSEIL D'ADMINISTRATION\nPRÉSIDENTE D'HONNEUR : S. A. R. MADAME LA DUCHESSE DE VENDÔME\ni\nPRÉSIDENT D'HONNEUR : M. HENRY DEUTSCH (DE LA MEURTHE)\nBUREAU\nPRESIDENT\nM. GUSTAVE BERLY, banquier.\nVICE-PRÉSIDENTS\nM. LE PRINCE A. D'ARENBERG, de l'lnstitut.\nM. Louis BARTHOU, député.\nM. J. ECORCHEVILLE, docteur és-lettres.\nM. ALEXIS ROSTAND, Président du Conseil\nd ' Administration du\nd'Escompte de Paris.\nTRÉSORIER\nM. LÉO SACHS.\nSECRETAIRE DU CONSEIL\nM. GUSTAVE CAHEN.\nSECRÉTAIRE GÉNÉRAL : M. Louis DE MORSIER.\nMEMBRES\nMME ALEXANDRE ANDRÉ.\nM,NE LA COMTESSE RENÉ DE BÉARN.\nM. ANDRÉ BÉNAC, d\nraire au ministère des finances.\nM. LÉON BOURGEOIS, ancien Ministre.\nM. GUSTAVE BRET.\nMME LA COMTESSE GÉRARD DE GANAY.\nM. FERNAND HALPHEN.\nMME LA VICOMTESSE D'HARCOURT.\nMME DANIEL HERRMANN.\nMME HENRY HOTTINGUER.\nDU CONSEIL\nMME GEORGES KINEN.\nM. J. PASQUIER.\nM. LE MARQUIS DE POLIGNAC.\nMME LA COMTESSE PAUL DE POURTALÈS.\nM. A. PRÈGRE.\nMME THÉODORE REINACH.\nM. JACQUES ROUCHÉ, Directeur de V Opéra\nM. Louis SCHOPFER.\nMME SÉLIGMANN-LUI.\nM. JACQUES STERN.\nMME TERNAUX-COMPANS."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.39", "texte": "Le Sacre du Printemps\n\nParis, qui avait commis une cruelle iujustice, vient de la réparer par un triomphe. Nous\nn'avions pu entendre, l'année passée, le Sacre du printemps, à cause des clameurs indignées. Il a\nété, aux derniers concerts de M. Monteux, écouté dans le plus respectueux silence, et acclamé\nsans fin. Les critiques les plus sévères ont reconnu son pouvoir. Les compositeurs les plus\nenvieux sont réduits à accuser la cabale ou la mystification.\nSi Wagner, après le scandale du Tannhauser,avait pu, les passions politiques calmées, en\nappeler au goût des amateurs, aurait-il obtenu, lui aussi, sa réhabilitation ? Peut-être, car le\npublic véritable, celui qui vient pour son plaisir, commençait à se substituer aux factions de la\ncour et eût soutenu l'ouvrage si, après trois représentations, on ne l'eût retiré de l'affiche. Il ne\nfaut jamais désespérer de Paris.\nMais il est certain également que depuis cinquante ans on a appris, en notre capitale, à\nmieux aimer et à mieux comprendre la musique. La concurrence de cinq sociétés de concerts\nsymphoniques, l'existence aussi d'une revue comme celle où paraîtront ces lignes, sont à la fois\nles preuves et les instruments de cet indéniable progrès. Entre les artistes et le monde, une\nalliance s'est conclue ; les premiers ne sont plus montrés aux invités d'une soirée comme des\nphénomènes dont l'approche est interdite ; on traite avec eux d'égal à égal ; ils reçoivent à\nleur tour, et les personnes qui assistent à la dernière répétition de tel concert du dimanche,\nintimement flattées de cet honneur, se tiennent, en dépit de leurs aigrettes ou de leurs four-\nrures, aussi sages qu'au cours de M. Bergson."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.40", "texte": "46\nS. I. M.\n\nLe Sacre du printemps a bénéficié de ces heureuses dispositions. Car l'œuvre, en sa\nhardiesse intrépide, avait de quoi surprendre plus d'un auditeur timoré. Mais aujourd'hui le\npublic des concerts est devenu bon public. Il ne demande qu'à se laisser émouvoir, et il a bien\nraison. J'avais moi-même, à la lecture de la partition, cru remarquer l'abus de tel ou tel\nprocédé. Ce sont là des observations parfaitement oiseuses. Une telle musique ne livre pas son\nsecret à la lecture. Elle parvient à l'existence dans l'orchestre, et non sur le papier. Les sons,\net le mouvement des sons, qui est le rythme, en forment la substance.\nM. Strawinski est le maître des sons et du rythme. Il sait choisir et disposer les sons de\ntelle manière que tous les bruits de la nature sont évoqués. Ce sont les terreurs de la nuit, les\nfrôlements d'ailes, les cris, les murmures, les plaintes de l'espace, ce sont les mugissements des\nmonstres, les galops implacables, les approches rampantes, les bonds de surprise, les sursauts\nd'agonie, les combats, les angoisses, les délires, les prostrations, les triomphes ensanglantés, et\nc'est l'union indissoluble de la vie et de la mort. La nature nous apparaît ici dans son aveugle-\nment terrible, sans les atténuations ni les interprétations que si longtemps notre lâcheté lui\ninfligea. C'est son rude langage, complété seulement, renforcé et éclairci, quand elle ne sait\nqu'en balbutier les syllabes confuses. Ce sont les orgues de la terre, mais un musicien est un\nclavier.\nIl y aurait beaucoup à dire sur le rythme qui n'est pas, comme les esprits simples se\nl'imaginent, une arithmétique hygiénique, mais un concours subtil de la durée, de l'intensité,\nde la hauteur et du timbre. Le rythme ne se juge que par son effet, qui est ici prodigieux.\nC'est un ouragan qui passe, l'âme avec ses scrupules, ses réserves et ses résistances personnelles\nest dissipée, et on se laisse porter comme une pierre ou * une feuille. C'est une ivresse, une\nextase, un anéantissement, et l'auditoire, quand la musique s'arrête, ne se possède plus, en proie\nà un enthousiasme qu'on ne saurait mieux qualifier que de panique.\n\" J'ai accompli, dit M. Strawinski, une œuvre de foi \". Cette foi, il nous l'a communiquée.\nAvec lui nous avons célébré les mystères de la Mère éternelle ; nous avons contemplé sans\nhorreur le sacrifice humain et nous nous sommes partagé les chairs égorgées.\n\nLouis Laloy.\n\nCONCERTS COLONNE\n\nUindisposition persistante de notre éminent collaborateur CLAUDE DEBUSSY nous prive\naujourd'hui de son compte-rendu des Concerts Colonne.\nEn son absence M. Paul Clémenceau a bien voulu se charger de renseigner nos lecteurs sur les\ndernières exécutions du Châtelet.\nLe Directeur du Conservatoire de Cologne, M. Fritz Steinbach, qui dirigea le Concert\nColonne du 29 Mars dernier, tient une place trop importante parmi les grands chefs d'orchestre\nd'Allemagne de notre époque pour que nous osions le présenter comme un nouveau venu. Il\nest vrai qu'il a très peu dirigé de concerts en France ; mais tous ceux qui aiment la musique,"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.41", "texte": "L'ACTUALITÉ\n\n47\n\ntous ceux qui vont où l'on en fait, sans attendre qu'on vienne à eux, tous ceux qui lisent ce\nqui s'écrit, connaissaient depuis longtemps la haute valeur de l'artiste avant qu'il vienne diriger\nau Châtelet. Steinbach est de ceux qui, abstraction faite de leurs préférences personnelles,\ncherchent à se pénétrer de la pensée du compositeur qu'ils interprètent, à saisir les raisons de\nla forme donnée à l'expression, et à traduire enfin avec exactitude, sans négliger aucun détail,\nle sentiment qui donne la vie à l'œuvre et force la compréhension de l'auditeur. Sous sa direc-\ntion, la Cinquième de Beethoven nous est apparue pleine de jeunesse, et dégagée de l'ennui\nclassique que certains aiment chez nous à y mettre pour rappeler que le compositeur est mort,\net que par respect, il faut le jouer comme si on déposait une couronne funéraire sur sa tombe.\nLe public a fait à Steinbach l'accueil qu'il méritait, et il a retrouvé les mêmes acclamations\naprès l'exécution de l'adorable Sérénade de Mozart pour instruments à vent, et du\nBrandebourgeois de Bach en si bémol qu'on ne qualifie pas : être éternel, ce n'est pas être\nvieux. Le concert se terminait par la 4me Symphonie de Brahms. Steinbach qui, on le sait, est\nun disciple fervent de Brahms, en a donné une exécution si parfaite, si colorée et si claire,\nque sa compréhension s'est imposée à ceux même qui, par principe, étaient les plus hostiles.\nAu milieu du Concert, le programme comportait un poème lyrique d'Alfred Casella,\nécrit sur la Notte di Maggiode Carducci, dédié à Madame Maria Freund et interprété par\nelle. L'auteur fait partie des jeunes musiciens les plus connus de Paris. De nationalité\nitalienne, il a fait toutes ses études à Paris, et si par ses goûts il est des nôtres, son interpréta-\ntion, toujours très personnelle, lui vient de son pays natal. Dans toutes ses œuvres, un sérieux\net une gravité rares chez un artiste de son âge dominent, mais si sa forme d'expression orches-\ntrale fut influencée par les maîtres allemands qu'il préfère, son sentiment personnel reste\ntoujours en lumière, au service de la musique pure. Dans la Notte ces qualités\ns'affirment avec plus de netteté que dans ses compositions antérieures. Sur un fond orchestral\nfait d'harmonies audacieuses et de sonorités nouvelles, s'élève un chant grave, émouvant par\nson ardeur contenue, et dont la simplicité évoque le souvenir des maîtres italiens de la glorieuse\népoque. Ces deux juxtapositions, si différentes d'origine, font une œuvre d'une belle unité pour\nchanter le mystère d'une nuit de Mai, où dort encore la nature sous les rayons d'une lune\nclaire et tiède, pour le cœur du solitaire qui a aimé et souffert.\nMadame Maria Freund a interprété la \" Notte di Maggio \" avec l'art parfait et la\nnoblesse altière qui font d'elle une des plus grandes artistes de notre temps. Le public lui a\nfait un chaleureux accueil à elle et à Casella qui conduisait l'orchestre. Il est superflu d'ajouter\nque ce dernier eut avec raison, sa part d'applaudissements mérités.\n\nPaul Clémenceau.\n\nCONCERTS LAMOUREUX\n\nLe dimanche 5 Avril fut ce que l'on pourrait appeler la \" journée des ballets \" ; hâtons\nnous de dire que ce ne fut pas la \"journée des dupes. \" Au Châtelet, c'était Y lie de"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.42", "texte": "48\nS. I. M.\n\nM. Henri Ltttz, que nous n'avons pu entendre mais dont on nous a dit grand bien et qui\nobtint un légitime succès.\nAu concert Monteux, c'était le Sacre du printemps, délices des esthètes, un chef-d'œuvre\nselon les rites de la petite église moderniste. Chef-d'œuvre, non certes, il faut tout de\nmême autre chose pour motiver ce titre, mais œuvre d'un très grand intérêt rythmique, sinon\nmusical, et qui dénote chez son auteur un réel tempérament d'artiste. Nous attendons avec\nconfiance le jour où M. Strawinsky ayant secoué le joug et s'étant libéré des dogmes de\nsa petite confrérie, nous donnera une œuvre d'émotion dans laquelle il osera laisser parler son\ncœur plus haut que son ingéniosité. Nous croyons le jeune auteur de assez fortement\ndoué pour, après les curiosités rythmiques et les bruits exceptionnels, nous apporter enfin cette\nsatisfaction musicale.\nAu concert Lamoureux de ce même Dimanche figurait la troisième partie de\nChiot,ballet de M. Maurice Ravel, et, à notre avis, l'œuvre la plus \" pensée \" qu'il ait écrite\njusqu'ici. L'art de M. Ravel semble se modifier, sa conception s'élargit, il parait abandonner\nmomentanément, du moins, le bibelot, l'objet rare, la miniature de cimaise, pour aller\nfranchement vers la musique. Voilà, enfin, de lui, une partition importante, dont nous regret-\ntons, (n'ayant pu assister aux représentations de l'an dernier), de n'avoir entendu qu'un\nfragment. L'œuvre est cohérente, se tient debout, et l'auteur ne répugne point à y employer des\nsonorités purement musicales, des thèmes presque émus, et même des\nessais de leitmotivwagnérien...\nCe n'est pas à dire que M. Ravel ne sacrifie point encore, comme il convient, au dieu\nde la mode en lui offrant des encensements d'agglomérations sonores inusitées et des holocaustes\nde frottis bizarres dont l'utilité musicale ne paraît point flagrante : il faut bien être de\nson temps et savoir distribuer quelque aliment aux passions malsaines de trop exigeants amis.\nMais tout cela n'empêche que Daphnis et Chloéne nous présage, dans un avenir peut-être plus\nrapproché qu'on ne croit, ce que M. Ravel pourra faire lorsqu'il aura virilement rompu les\nchaînes qui l'attachent encore à sa camaril la.En dépit de l'abus vraiment fatigant des instru-\nments de percussion, (le xylophone et le célesta commencent à paraître aussi vieillots que la\ngrosse caisse cymbalisante des Rossini et des Donizetti) le partition de Daphnis est pleine\nde charmantes trouvailles dans l'ordre de la sonorité ; une pointe d'émotion semble parfois\nvouloir s'y glisser à travers les barrières soigneusement dressées contre la musique et jalousement\ngardées par les grands mandarins du snobisme ! la danse finale, en son rythme tourbillon-\nnant exagéré jusqu'au paroxysme, donne une impression de puissance inhabituelle chez\nM. Ravel, qui entraîne joyeusement dans sa rude bacchanale tout auditeur dénué d'idées\npréconçues.\nNous voudrions voir Daphnis et Chloé remis àla scène par un directeur intelligent ; nous\nsommes persuadés qu'en dehors même des snobs, applaudisseurs inconscients de tout ce qui est\nprescrit par les rites, cette adaptation sonore jointe à la réalisation scénique ne pourrait\nqu'obtenir un très grand succès.\nLa troisième partie de cette pantomime fut merveilleusement mise en valeur sous la"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.43", "texte": "L'ACTUALITÉ\n49\n4\n\ndirection de M. Chevillard ; orchestre et chef y déployèrent une chaleureuse virtuosité et une\nfiiria francese que nous aimons à voir mises au service d'œuvres de notre terroir.\n.\nIl se produisit, ces temps derniers un événement musical de tout premier ordie,\nmanifestation artistique de laquelle le snobisme se tint prudemment a 1 écart, parce qu elle\nn'était point inscrite au rituel, mais dont il ne nous est pas permis de parler en détail dans cet\narticle consacré aux concerts Lamoureux.\nIl s'agit de la première audition d'une Symphonie, la quatrième de M. Albéric Magnard.\nLà, il n'y a pas douze instrumentistes à la batterie mais il y a véritablement de la très belle\nmusique...\n\nVincent d'Indy.\n\nSOCIÉTÉ DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE\n\nPersonne, assurément, ne reprochera à la Société des Concerts de gaspiller son temps en\ndes travaux frivoles ni d'avoir la passion du bibelot. Les trois derniers programmes fléchissaient\nsous le poids de la Symphonie avec chœurs de M. Ropartz, de la Messe en ré et de la /J 5fme Sym-\nphonie de Beethoven. Les abonnés, que la légende nous représente comme de très vieilles gens,\ncacochymes sourds ou monauts, ne souffrent pas de dyspepsie sénile. Beethoven n'est d'ailleurs\nindigeste actuellement que pour les adultes que défrise la quarantaine. Mais si l'état sanitaire\nde ces derniers a pu être précaire aux environs de Pâques, depuis quatre jours le Sacre du\nPrintemps a tout réparé.\nLa Symphonie de M. Ropartz nous apparut pour la première fois, alors qu'elle venait\nd'être couronnée, il y a quelque huit ans, dans cette meme salle de la rue Bergeie sous les\nauspices de Georges Marty. On sait quelle disposition nouvelle elle offrait. Le programme\nlittéraire, où se manifeste la pensée de l'auteur, est en efîet expose dans une soi te de préfacé\nchorale qui résume le développement symphonique. C est un symbole ou plutôt une philosophie,\nun grand mouvement de charité, une sorte de panthéisme sonore ou les voix de la nature se\nconfondent avec celles de l'homme dans un chœur universel. Vous reconnaissez la 1 esprit des\njßéatitudes. Vous y reconnaissez même le style franckiste dont M. Ropartz n était pas a cette\népoque entièrement libéré. J'avais naguère discerné cette influence dans uun certain mode de\ndéveloppement, de processus harmonique ou de modulation, dans 1 emploi de quelques locutions\nchromatiques, dans l'agrégation parfois un peu massive de l'orchestre et jusque dans le satanisme\n(rappelez-vous le Franck u possédé \" des Béatitudes ou du Chasseur maudit) du Scherzo farouche\net haineux \". Ces expositions rétrospectives éclairent singulièrement 1 évolution d un artiste.\nM. Ropartz n'est plus l'écho du maître. Il porte maintenant en soi, dans une fervente intimité,\ntoute son inspiration. Mais j'imagine qu'il ne renie rien d'une œuvre qui avait des 1 abord\nconquis ses pairs (même ceux à qui la discipline franckiste, beaucoup plus que Franck, parait\nmaintenant intolérable), et qui avait plongé dans une stupeur, hélas non mortelle, les abonnes\nde ce temps-là. Rassurons-nous. Ce ne sont plus les mêmes."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.44", "texte": "5°\nS. I. M.\n\nMmes Madeleine Bonnard et Povla Frisch, MM. Altchewsky et Narçon nous conviaient\nà nous \"Aimer les uns les autres.\" Mme Povla Frisch chanta une Cantate de Tunder, élève\nde Frescobaldi et beau-père de Buxtehude, dont il faut regretter que l'œuvre ne nous soit pas\nplus largement divulgué et le Roi des Aulnes, de Schubert, orchestre par Berlioz. Les adorables\nNocturnes de M. Debussy ont trouvé dans l'orchestre de la Société des Concerts, docile à la\nbaguette divinatoire de M. Gaubert, des interprètes admirablement souples, intelligents,\nintuitifs. Te n'ai jamais mieux senti la douceur d habitei dans les Il faut craindre\nd'écraser sous le faix des épithètes le talent de M. Boucherit, qui est fait de clarté, de grâce,\nde vivacité spirituelle et d'une émotion que sa pudeur même revèle plus ardente. On gagerait\nque le Concerto pour violon de IVJendelssoh n a ete écrit poui un tel virtuose. 11 le joue en se\njouant, avec ce mélange de sensibilité et de dandysme élégant qui caractérise l'auteur du Songe ;\nson succès a été considérable.\nLe concert vraiment \" spirituel \" du Vendredi-Saint était consacré à Beethoven avec\nl'ouverture de Coriolan^le (concertoen sol majeur pour piano ou excelle IV1. Rislcr et la\nen ré,célébrée par Mmes Bonnard et Philipp, MM. Paulet et Froelich. J'aurais volontiers\nesquissé l'apologie du-Concerto en sol majeur — celle de M. Risler est superflue. L'Allegro\ninitial et Y Anda ntene peuvent, ce semble, et d ailleurs pour des taisons très différentes, laisser\nqui que ce soit insensible. Ceci posé, je ne pense pas qu'il y aurait eu un inconvénient quel-\nconque à ajourner la Messe en réyBeethoven ayant joui cet hiver, a la Société des Concerts,\nd'un traitement de faveur qui n'était peut-être pas justifié par 1 ingratitude d autrui. Et puis\nil se trouve d'excellents catholiques qui gardent toute leur vie une certaine terreur de la\n\" grand-messe \" et qui n'en sont pas moins \" sauvés \" pour cela. Ces gens-là sont terriblement\ninconséquents, me direz-vous. Hélas ! c'est le cas de quelques-uns de... mes meilleurs amis.\nJ'avoue que quand je veux entendre une prophétie, c'est — ne parlons ni des quatuors ni des\ndernières sonates — dans la neuvième symphonie que je vais la chercher, beaucoup plus que\ndans la Messe en ri.S'il vous plait de savoir pourquoi relisez donc, dans le Mercure de France,\nun vieil article de J. Marnold que j'ai confusément pensé et que je regrette de n'avoir point écrit.\nLes 19 et 26 avril, la Symphonie avec chœurs clôturait le cycle beethovenien. MIlM Nottick\net Lapeyrette, MM. Paulet et Journet s'y réjouissaient généreusement au geste impératif de\nM. Messager. Je ne vous ai pas dit avec quel héroïsme, avec quelle vaillance heureuse les\nchoristes de la Société ont donné l'assaut aux escarpements d'une inaccessible tessiture. Comme\nles plus grandes fugues de la Messe,le final de la ne leur a pas résiste. Et le mérité,\nsi l'on considère leur nombre restreint, n'est pas mince. M. Schelling s'était, quelques instants\nauparavant, fait applaudir avec le Concerto pour piano de Schumann. L'ouverture de de\nRameau ouvrait la fête. Nous avons dû à la Société des Concerts quelques aubaines ramistes\ncet hiver. Qui l'empêche de les multiplier et de dépasser ces promesses fugitives r\n\nPaul Locard."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.45", "texte": "Les jeunes Chinois qui en ce moment achèvent leurs études en nos capitales ne bornent\npas leur curiosité aux sciences de l'Occident ; nos arts et nos plaisirs leur deviennent bientôt\nfamiliers. Plusieurs d'entre eux n'ont pas dédaigné d'apprendre les danses à la mode, depuis la\nvalse jusqu'au tango, et grâce à une habileté native ils font en un bal aussi bonne, sinon meil-\nleure figure que bien des Européens. La Chine nous devait un retour : l'expérience de l'histoire\nmontre en effet que les institutions et les mœurs sont objets d'échange, et qu'il n'est pas\nd'influence sans réciprocité. Une danse chinoise vient à point nommé combler le vide laissé\npar la transmission des nôtres, et on ne saurait trop féliciter le maître avisé qui nous la propose,\nd'avoir si justement deviné les vœux de la nature.\nDès la plus haute antiquité les Chinois ont aimé la danse, et de brefs poèmes du\ndes Vers,qui sont les chansons populaires d'un peuple raffiné de naissance, conservent délicate-\nment la joie des rustique assemblées :\nA la porte de l'est des ormes,\nEt des chênes sur la colline ;\nLa fille de Tzeu3-Tchoungx, la belle\nDessous les arbres va dansante.\nOn choisit belle matinée.\nAu sud est une aire élevée ;\nElle ne file pas le chanvre,\nMais sur la place va dansante.\nOn sort par belle matinée,\nEt on marche en grande assemblée ;\nBelle à voir comme fleur de mauve,\nDes grains de poivre en ma main pose.\nDes coutumes aussi goûtées attirèrent de bonne heure l'attention des moralistes ; la danse,\ncomme la musique fut réglementée et mise au service de l'Etat. On dansa dans les temples et\ndevant le souverain; on dansa pour honorer les ancêtres de même que pour égayer les banquets.\nEnfin, par l'intervention des rites qui prescrivent à chacun des actes de l'existence humaine la\nDans les transcriptions de mots chinois, les indices placés après la syllabe indiquent le ton sur lequel elle\nse module : i égal supérieur, 2 égal inférieur, 3 montant, 4 fuyant, 5 entrant. L'apostrophe est le signe de\nl'aspiration,"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.46", "texte": "52\nS. I. M.\n\nforme et la mesure, le Chinois bien né s'accoutume à surveiller ses gestes et ses attitudes, à\ninterpréter ses sentiments, et à jouer sa vie comme un ballet tour à tour religieux, civique,\nfamilial et d'agrément. Confucius dans les Entretiens mémorables que ses disciples nous ont\nlaissés est célébré non moins pour ses vertus que pour l'harmonie de ses mouvements : \" lors-\nqu'il descendait les degrés, ses manches derrière lui flottaient comme des ailes étendues On\nsait que la morale chinoise, moins strictement spiritualiste que la nôtre, ne sépare jamais l'âme\ndu corps, ni l'idée de sa manifestation.\nSous la dynastie des Han4, qui répond à l'époque des successeurs d'Alexandre, la danse\nest intimement liée à la prospérité nationale. Il n'est pas de riche marchand ni de hobereau\nqui n'ait ses mimes et son corps de ballet ; il n'est pas de village qui n'ait son orchestre et son\nesplanade. Quand le fondateur de la dynastie, Kao1-tsou3, va rendre visite hardiment au\nredoutable chef de bandes Hiang4-yu;{, après le banquet un parent de l'hôte, nommé Hiang4-\ndemande la permission d'exécuter la danse guerrière de l'épée. Il s'élance, bondit, et\navec des gestes d'une feinte maladresse approche de Kao1-tsou3 impassible ; alors un ami du\nprince se lève et danse à son tour: agitant ses larges manches il pare les coups d'épée et répète :\nSeigneur, ne lui faites pas de mal ! Koungx mo5 hai±. Après huit siècles écoulés, sous la dynastie\ndes T'ang0, on imitait encore cette scène tragique, sous le nom de Danse de Koung} mo5.\nC'est sous les Han4 également que la Chine avu paraître la merveille de la danse, Feit-\nYen4, dont le surnom signifie l'Hirondelle volante. Elle était si légère que la tour du palais\nimpérial où elle était logée s'appelait la tour qui abrite du vent car on craignait qu'un souffle\nne la ravît à la terre. Elle pouvait danser sans dépasser de la pointe menue de ses pieds le bord\nd'une soucoupe ou le creux de la main d'un homme ; les génies quittaient pour la contempler\nle ciel, et de leur souffle parfumaient les plis tournoyants de sa robe. Longtemps elle a hanté\nles rêves des poètes ; et c'est à elle que le génial Li3 T'ai4-pe5, sous les T'ang2, compare la\nbeauté, jusque là inconnue, des pivoines :\nLes nuages sont robes légères et les fleurs ont tenue humaine.\nLe vent du printemps effleure la balustrade et la rosée est opulente.\nSur la cime du mont des Joyaux on ne voit tel spectacle.\nOn croirait la terrasse de Jade à l'heure des audiences de la lune.\nSur chaque branche chargée de fleurs réside le parfum.\nSur le mont enchanté c'est la Bergère des nuages, et le cœur se déchire.\nDans le palais de Han4 est-il une beauté égale ?\nNon, pas même Fei1-yen4 nouvellement parée.\nEn ce temps-là, une langueur suave inclinait les esprits à la contemplation. Les vapeurs\ndu vin en étaient cause ainsi que la fatigue ancestrale des plaisirs. Les Chinois de la bonne\ncompagnie ne dansaient plus : ce sont les artistes de profession ou les femmes des palais impé-\nriaux qui leur procuraient un spectacle oisif. Puis survint la mode des petits pieds, aussi tenace\nen Chine que celle du corset en Europe. Aujourd'hui les jeunes filles qui mettent leur grâce à\nla disposition non pas de tout venant, comme en Europe, mais des amis de leur choix ne\ndansent plus ; elles chantent, sourient, et répondent avec mignardise aux compliments. On ne\ndanse que dans les temples ; encore les mouvements ont-ils, au dire des amis de l'antiquité,\nperdu cette ampleur espacée, choux, qui leur conférait jadis une majesté limpide.\nC'est d'après ces danses, ou plus exactement d'après la description que nous en fait un\nérudit chinois, traduit au XVille siècle par le Père Amiot en ses Mémoires sur la Chine, que le"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.47", "texte": "L'ACTUALITÉ\n53\n\nprofesseur Lefort a reconstitué le t'a6-tao4. Ce nom, qui s'inscrit en tête du présent article,\nrésume en ses deux termes les mouvements primordiaux de la danse, car le premier signifie le\nchoc du talon, et le second celui de la pointe du pied contre le sol. Les six figures sont les\nsuivantes :\ni° T\"a5-tao4 : les battements.\n2° Hoang2-wou3 : la danse du phénix.\n3° Hien eQ : les flots.\n4° : le grand ensemble.\n5° Ta 4-siuen2 : le grand tournoiement.\n6° Jen(2,-wou.6 : la danse de l'homme.\nLa musique s'inspire de symphonies très anciennes dont les temples ont gardé l'usage\njusqu'à nous. Les mouvements ont été développés selon les indications succinctes des livres, et\ndans un goût très pur. Jamais ils ne sont simples ni directs, mais complexes et compenses.\nCe qui s'avance d'un côté recule du côté opposé ; ce qui s'élève en avant s'abaisse en arriéré.\nAinsi se trouve observé le principe fondamental de la danse chinoise, qui est de ne procéder\nque par mouvements tournants, tchouen3-siuen2. Ainsi se rappellent constamment à l'esprit des\ndanseurs les précellences de l'ordre sur le désordre, du calme sur le trouble, de l'équilibre sur\nl'entraînement, du repos sur l'action, de l'univers sur la créature, et du néant originel sur\nl'existence. Notre frivolité s'étonnera sans doute qu'une danse comporte d'aussi graves pensées.\nNous venons, sous l'influence plus ou moins directe des civilisations musulmanes, de la réduire\nà n'être plus qu'une provocation à la débauche. Depuis que Mahomet a peuplé son paradis de\nhouris peu farouches, il n'y a plus guère en effet que le plaisir des sens qui compte non seule-\nment dans la danse, mais dans la poésie comme aussi dans la vie d'un croyant. De là cette\nobsession d'abord délicieuse, puis accablante, qui menace de nous envahir à notre tour, brisant\ntoutes les forces de l'esprit. Puisque nos religions ni nos systèmes de philosophie n'ont plus\ngardé aucun pouvoir créateur, il faut bien que la Chine nous sauve en nous rappelant que la\ndanse elle-même a une mission plus haute que l'excitation passagère de l'instinct.\nUne seule concession a été faite à notre matérialité : les deux danseurs d'un couple se\ntiennent par la main. Dans la Chine discrète ils dansaient également par couples, mais se\ncontentaient de se répondre par gestes et d'enlacer leurs mouvements.\nLes deux mots ci-dessous se lisent hoang^wou3, la danse du phénix. Le second signifie la\ndanse. Il se décompose en un élément qui indique le son, et un autre qui répond à l'idée. Ce\ndernier, placé à la partie inférieure représente précisément deux personnages qui s'opposent\nl'un à l'autre : c'est, fixée par l'écriture à une époque si lointaine que le souvenir n'en persiste\nplus que dans la légende, l'image du premier couple de danseurs.\n\nLouis Laloy."}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.48", "texte": "A travers la Quinzaine\n\nLa musique, qui ne saurait rester étrangère à aucune tendance, ni à aucune idée, a été le\nprétexte d'une manifestation féministe ; manifestation tout harmonieuse, ordonnée, mesurée et\nnuancée comme il convient : L'union des femmes professeurs et compositeurs de\nMusique a donné un concert symphonique dans les premiers jours d'Avril. Ces dames de\nrU. F. P. C. ne sont pas intransigeantes et lors, elles n'hésitèrent pas à confier à un représen-\ntant du sexe rival le rôle enviable de chef d'orchestre, mieux encore, elles sollicitèrent deux\ndirections différentes en une même soirée et s'y soumirent avec une docilité, une bonne grâce\net une souplesse symboliques. Par contre, elles laissèrent les cuivres grossiers et les bois aux\nhommes que rien n'effraie, gardant pour elles les pupitres réservés aux instruments dont on joue\nélégamment.\nD'ailleurs un souci esthétique dominait visiblement, souci qui marque encore une\ndifférence avec la tradition féministe et nous fûmes largement récompensés d'avoir rigou-\nreusement endossé la tenue de soirée en admirant l'uniforme noir et blanc des gracieuses\ninstrumentistes.\nMais revenons à la musique. Le programme assez bizarrement établi mélangeait comme\nà plaisir les époques et les écoles, l'ordre suivi ne se recommandait d'aucune logique et s'il ne\ns'était agi dans la plupart des cas d'œuvres très connues la tâche de l'auditeur n'eût pas\nété simplifiée. L'ouverture cPObéron, la charmante Sérénade pour deux orchestres à cordes de\nMozart et la Marche Polovtsienne du Prince Igor de Borodine furent jouées avec un ensemble\net dans une sonorité très agréable, sous la conduite précise, solide et très musicale de Gabriel\nGrovlez, mais l'intérêt de cette soirée résidait avant tout dans la première audition de la\nquatrième symphonie d'Albéric Magnard. Je ne peux résister au plaisir de féliciter l'orchestre,\nici surtout, de sa vaillance, de son ardeur, de sa virtuosité mais j'aurais beau reculer encore\nà force d'épithètes le moment de parler de cette oeuvre importante il faudrait bien que j'en\narrive là. Et m'y voici. Vous est-il jamais arrivé d'assister en tiers à la conversation intime de\ndeux amis qui sans s'occuper de vous échangent des propos qui sans doute expriment tout leur\nêtre mais auxquels vous ne sauriez être mêlé ? Si oui, vous comprendrez mon embarras\nprésent. Il y a dans cette symphonie une abondance de musique, une surcharge de notes,\nd'harmonies, de timbres qui créent une atmosphère lourde, sombre et profonde aussi qu'on\nvoudrait naïvement subir, il y a là, sans doute, l'expression d'idées élevées à la compréhension\ndesquelles on voudrait atteindre, l'aveu de belles souffrances auxquelles on voudrait compatir\nmais, pour peu qu'on se laisse aller à vibrer, un accent sévère et hautain vous rappelle\naux convenances et vous signale votre indiscrétion en vous marquant avec une netteté\nnon ambiguë que tout ceci n'est point pour vous. Quitte à me mêler de ce qui ne me regarde"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.49", "texte": "LA QUINZAINE\n55\n\npas je dirai cependant que la conclusion en forme de choral du troisième et dernier mouvement\nne saurait laisser indifférent quiconque aime la musique.\nAu même concert Melle Lapeyrette chanta largement un air d'Haendel et Marine\nde Lalo et sous les ordres de la caporale Henriette Renié, MMelles Cardon, Schwartz, Marx,\nDelorme et Jousselin en uniforme blanc, exécutèrent quelques mouvements d'ensemble au\ncommandement : Debout, saluez, asseyez-vous, jouez, assez ! que le public applaudit avec\nfrénésie.\nDans TU. F. P. C. les professeurs dominent sans doute, sans quoi nous aurions entendu\nj'imagine plus d'une œuvre issue d'un cerveau féminin.\nEn l'absence du <4 patron \" Georges Enesco dirigea le dernier concert Monteux. Les\nmusiciens d'orchestre habitués à certaines conventions, à la signification d'un geste, à l'indica-\ntion d'un regard semblent généralement désemparés pour avoir changé de chef et n'obéissent\nqu'en hésitant aux objurgations d'un directeur occasionnel. Les instrumentistes des Concerts\nPopulaires, en l'espèce ne connurent pas ces craintes, tant la fougue autoritaire du grand\nvioloniste s'allie à la netteté et à la précision, tant son geste a un sens évident et défini, tant\nsa prodigieuse mémoire lui donne de liberté pour dominer ses musiciens. Et nous n'avons pas\neu à subir une interprétation de fortune de la Symphonie inachevée de Borodine ni de la Suite\nFrançaise de Roger Ducasse. Les deux Rhapsodies roumaines de Georges Enesco ont obtenu un\ntrès vif succès qui prouve assez que le public aime la musique abondante, colorée, aux rythmes\napparents et familiers et ne saurait être gêné par des souvenirs plus ou moins tziganes\nqui auraient pu l'induire en erreur. Mme Caponsacchi-jeisler mit un très beau talent au service\nd'une œuvre discutable .Mme Croiza, qui a l'oreille du public, ce qui est bien agréable pour une\nchanteuse, eut l'occasion d'interpréter des œuvres très diverses et de faire valoir son art sous\ndifférents jours, pour ainsi parler. L'air de Clytemnestre tragique et douloureux servit parfaite-\nment cette artiste chez qui le souci du style domine les autres. Le charmant Madrigal\nLyrique de Gabriel Grovlez qui décrit avec une minutie pleine d'inventions tous les mots d'un\npoëme d'Henri de Régnier aurait demandé une traduction plus vivante et surtout une\narticulation plus claire. Dans la Fleur d'or de Guy Ropartz peut-être eut-il mieux valu ne pas\naccentuer le caractère morne qui distingue cette œuvre et marquer plus nettement le\ndialogue de Brizeux ? Mais que sont ces faibles réserves à côté des remarquables qualités de\nMme Croiza. /\nAu dernier concert Sechiari nous eûmes le plaisir d'entendre une artiste polonaise\nremarquable tant par sa science pianistique que par les caractéristiques très personnelles de\nson jeu, une ardeur communicative, une sûreté et une précision étonnantes, une variété sonore\nnombreuse et féconde. C'est, croyons-nous, la première fois que Mme Levinskaja se fait entendre\nà Paris. Souhaitons que la seconde soit proche.\n\nMaurice Bex."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.50", "texte": "Au Théâtre des\nChamps=Elysées\nL'AMORE DEI TRE RE\n\nLe temple élevé à la Musique par M. Gabriel Astruc, où nous fut révélée l'harmonieuse\nPénélope de notre maître Fauré, où, secouant notre moutonnière apathie et divisant le public\nen factions bruyantes et la critique en confrères ennemis, le Printemps d'lgor Stravinsky fut\nsacré de façons si différentes par les unes et par les autres, où des œuvres d'une audace et d'une\nsaveur nouvelles de Debussy, Ravel et Florent Schmitt commandèrent les gestes, les poses et\nles pas des danseurs russes, où la symphonie fut grandement honorée, où souriaient tant\nd'artistiques espérances qu'un désastre financier faucha dans leur fleur, le superbe théâtre des\nChamps-Elysées, propice aux grandes manifestations lyriques, vient enfin de rouvrir ses portes\nen même temps que les marronniers de l'avenue dressent, comme des flambeaux de fête, leurs\ngirandoles roses et blanches. Nous devons cette résurrection à l'initiative combinée de l'Opéra\nde Boston et du théâtre de Covent-Garden de Londres qui, avec leurs remarquables troupes,\nleurs excellents choristes, et le concours des artistes de l'orchestre Monteux, vont rendre la vie\na cette belle salle qu'on avait craint de voir déchoir de sa haute destinée pour n'être plus, après\ntant d'efforts, qu'un music-hall à cinématographe.\nLa première œuvre présentée par la société anglo-américaine que dirige M. Henry Russel,\nest Y A more dei tre re du compositeur italien Montemezzi dont ses compatriotes célèbrent la\npuissance dramatique, en le plaçant au rang de leurs maîtres actuels de l'art lyrique. Le poème\nde cette tragédie, dû à la plume de M. Sem Benelli, nous conte, en ses trois actes rapides,\nune sombre aventure où la passion farouche d'un vieillard cause trois catastrophes mortelles.\nL'action se passe en Italie à l'époque des invasions barbares. La belle Fiora, qui fut le prix de\nla paix entre deux principautés voisines, a épousé Manfredo, le fils du vieux baron Archibaldo,\nmais son cœur appartient au jeune seigneur Avito, dont elle fut jadis la fiancée. En l'absence\nde Manfredo, elle reçoit son amant. Leurs rendez-vous ont été soupçonnés puis surpris par\nArchibaldo, qui, aveugle, n'a pu voir le coupable. Ayant arraché à sa belle-fille, qu'il aime\nd'une passion secrète et impuissante, l'aveu de sa tendresse pour un autre que son époux, il\nétrangle la malheureuse. Sa fureur jalouse n'est pas apaisée par ce crime, et, pour connaître et\npunir l'amant, il dépose sur les lèvres de la morte un poison redoutable que ne manquera pas\nd'absorber celui qui viendra, dans le tombeau de son aimée, prendre le suprême et désespéré\nbaiser de l'éternel adieu. Son espoir n'est pas déçu. Avito meurt de ce baiser. Mais Manfredo,\nl'époux qui a pardonné à l'infidèle, devient aussi la victime de cette infernale machination, et\nlorsqu'Archibaldo arrive, sûr de la vengeance, c'est le cadavre de son fils qu'il reçoit dans ses bras.\nCette tragédie, qui dans ses épisodes se souvient à la fois des poëmes wagnériens et des\ndrames de Shakespeare, offrait au musicien de nombreuses occasions d'exercer son lyrisme, et\nM. Italo Montemezzi s'est rendu à l'invitation. Imitant son librettiste, le compositeur, qui a\nde la culture musicale, a puisé à toutes les sources dont les vertus lui ont semblé susceptibles\nde donner à sa partition forme, force et beauté. Il y prouve une connaissance approfondie des\npartitions de Tristan et de la Tétralogie. Après Moussorgski il sait quelle émotion mystérieuse\npeut apporter aux heures mortuaires, le tintement assombri d'une cloche lointaine. S'il n'en"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.51", "texte": "LA QUINZAINE\n57\n\nfait qu'un usage discret, il n'ignore rien des subtilités exquises de notre ecole moderne. Il a la\nforce de déchaîner, au bon moment, ces grands tourbillons symphoniques à la Richard Strauss,\nle courage de s'y jeter à corps perdu et l'habileté de se tirer sain et sauf de leur fureur pi ogies-\nsivement et savamment apaisée. Tout cela ne montre pas que M. Montemezzi ait une\nconception bien personnelle du drame lyrique. Mais il est de grandes et glorieuses traces qu il\nest difficile de reprocher à un artiste d'avoir suivies, et ce qui est bien propre à M. Montemezzi\nc'est la vie ardente que son tempérament méridional communique a cet assemblage ou\nson érudition, avec goût dépensée, parvient parfois à donner l'illusion de 1 inspiration\noriginale. On écoute et l'on est intéressé par ce qu'on entend, alors meme qu on en définit\nbien les origines, grâce à la conviction qui anime cette œuvre. Elle est d'ailleurs servie par\nune interprétation remarquable chez ses principaux interprètes. M'nc Louise Edvina, avec un\nheureux succès de rares et voluptueuses attitudes, incarne vocalement de façon parfaite la\nsensuelle Fiora. M. Ferrari-Fontana, le seigneur Avito, possède une de ces généreuses voix de\nténor dont l'ltalie a le privilège. M. Francesco Cigada, baryton aux notes métalliques, a des\naccents un peu trop rudes pour Manfredo, le débonnaire. Quant à M. Vanni-Marcoux, il a\ncomposé et chanté en grand artiste le rôle du vieil aveugle. L'orchestre se montra excellent\nsous la direction de M. Roberto Moranzoni, dont le bras nerveux accentue le rythme avec\nune fougue impérieuse. Une mise en scène pittoresque et curieuse en ses effets, encadre cette\npremière manifestation lyrique et témoigné du soin avec lequel tout fut préparé.\n\nVictor Debay.\n\nLes Sociétés\nSociété Palestrina\nLe 2me concert de la Société Palestrina, dirigée par M. de Saint-Requiei, a marque un\ntrès grand progrès sur le premier déjà fort honorable pour le début d un groupement d ama-\nteurs. L'orchestre est plus souple et plus précis, les chœurs plus expressifs et plus sonores. Le\ntravail accompli en si peu de temps est un gage certain d'un très intéressant résultat artistique\npour la saison prochaine. Félicitons les solistes : Mlle Hatt, Mme Proche-Charpentier,\nM. Naniot et M. J. Hazart qui dans le Requiem de Mozart et le chant élégiaque de Beethoven\nformèrent un quatuor homogène et expressif. Mlle Louise Cartier qui possède une tort belle\nvoix de contralto et chante avec beaucoup de style eut comme partenaire dans le Stabat de\nPergolèse Mlle Blandine Munier jeune artiste à la voix expressive qui chante avec intelligence\net musicalité. Dans l'air u cujus animam gementem elle trouva des accents émouvants qui lui\nvalurent un très légitime succès.\nE. F.\nAssociation des Compositeurs Bretons\nL'Association des Compositeurs Bretons qui revendique le u home rule pour une nation\nmusicale méconnue de quelques-uns de nos meilleurs géographes, nous conviait jeudi 23 avril,\nà une nouvelle solennité, digne des précédentes, où Celtes intégraux, Celtes d inspiration\net Celtes de naissance formaient un ensemble harmonieux et varie."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.52", "texte": "5«\nS. I. M.\n\nLa Suite Irlandaise de M. Swan Hennessy est avec son Quatuor à cordes, une des plus\njolies œuvres de ce musicien habile et fécond. Toute la grâce capricante des 66 reels et\nla mélancolie des vieux chants d'Erin, revivent en ces pages délicates, parées d harmonies\ndiscrètes mais pénétrantes et de développements sobres et clairs. Madame Gellee et M. Paul\nMartineau en rendirent toute l'intime poésie avec talent.\nLes mélodies de M. Hervé — dont Madame Lucy Vuillemin fut l'excellente interprète ,\nmalgré la fantaisie un peu désordonnée de leur composition, témoignent d'un tempérament\ngénéreux, riche de promesses.\nDans celles de M. Paul Martineau écrites avec une plus grande sûreté, on retrouve les\nvigoureuses qualités de ce jeune compositeur merveilleusement doué dont on n a pas oublié les\n\" Sonates \" que la S. M. I. naguère nous fit applaudir.\nLes fragments de la Suite : En Bretagne de M. Rhené-Baton, ainsi que les Lutins\nde M. Louis Aubert, — exécutés magnifiquement par M. Pierre Lucas, — en dépit de leur\nremarquable musicalité, ne nous révèlent que la Bretagne quelque peu artificielle des villégia-\ntures et des livres.\nSignalons aussi les pièces de piano de M. Léon Moreau, — fort intéressantes — et celles\nde M. Maurice Duhamel : Dimanche matin, 'Jabadao, pleines de verve et d'entrain ou\nMlle Mathilde Coffer triompha.\nLes chœurs de M. Paul Le Flem étonnent par la richesse harmonique et rythmique et\nl'imagination toujours heureuse qui s'y déploient. M. Robert Schmitz et son parfait Octuor\nvocal en surmontèrent les difficultés avec une maîtrise digne de tout éloge.\nQuant au Crépuscule de M. Louis Vuillemin, c'est l'œuvre la plus réussie de son auteur.\nDécrire le charme prenant de sa polyphonie, l'habile disposition de ses voix et de ses\ninstruments, serait une tâche malaisée à remplir dans ce compte-rendu hâtif. On ne saurait\ntrop féliciter les interprètes de cette œuvre : l'Octuor Schmitz déjà nommé et l excellent\nquatuor d'archets où Mlle Yvonne Astruc, MM. Mayeux et Alexanian se distinguent tout\nparticulièrement.\nPour finir : l'admirable Quintette de Jean Huré dont nous avons déjà loué le pittoresque\net l'émouvant lyrisme. Il faut regretter amèrement que M. Huré n'appartienne pas a la\nBretagne par ses origines, sinon peut-être à celle dont Noménoé, notre regretté Souverain,\navait reculé les frontières jusqu'à Chartres ! En tous cas, sa musique souvent impregnee\nde notre folklore, est toute bretonne d'accent, et à ce titre M. Huré doit être rangé parmi nos\nmeilleurs bretons d'adoption.\nAvant de terminer, adressons nos chaleureux remerciements au Quatuor Battaille\n(MMmes Mayrand et Jeanès, MM. Battaille, Sayetta et Hérard) pour leur excellente et\nintelligente exécution des fragments du \" Dominical \" de\nPAUL LADMIRAULT.\nLaissant la place aux organistes et aux chantres, pendant la semaine sainte les virtuoses\net les chanteurs ne nous ont point sollicité. Puis connaissant l'humeur voyageuse des parisiens"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.53", "texte": "LA QUINZAINE\n59\n\nils ont respecté notre repos pascal mais\ndélassés ils nous ont de nouveau con-\nSalle Pleyel le quatuor Renaci-\nde mélomanes qui espèrent revivre les\ndire une seule œuvre extra-pyré-\nen mi de C. del Campo. Peut-être\nprofondeur. C'est un babillage très\ndès lundi nous supposant sanctifiés et\nviés plus nombreux que jamais,\nmiento de Barcelone réunit un public\némotions du festival Granados. A vrai\nnéenne nous est offerte : un quatuor\nne faut-il pas y chercher beaucoup de\nagréable à entendre, les instruments\ntiennent un langage gracieux et doux aux inflexions et aux rythmes printaniers. Puis une\nsaltation jeune et souple intervient suivie de récits solennels qui précèdent un chant plus calme\net comme assagi, plein d'espoir contenu. La passion s'exprime en sérénade et l'indication\nfinale Allegro moderado y humoristico ne surprend point et autorise l'allure de tout ce qui\nprécédé. ;.. . $\nSalle Erard ne quittons point l'Espagne Ricardo Vines qui se nomme aussi Roda\nvoit accourir à son appel le même public, et au delà, soucieux de fêter\nun artiste digne de ce nom et entendre un programme admirablement\ncomposé. La recherche du vrai, de la diversité, la préoccupation de\ndonner à une phrase sa ligne et sa valeur, à telle note son accent\naniment plus que jamais le jeu de ce virtuose dont la technique\npoussée au point utile et même plus loin, n'est jamais gênante. Et\nqui songerait à reprocher à Vines quelque manque passager de puissance si c'est la rançon d'un\nfini dans les nuances délicates qu'on ne saurait rencontrer souvent au même degré. Le\nprogramme varié et très musical de ce récital aurait perdu quelque attrait si les titres amusants\ninventés par Erik Satie n'y avaient figuré, mais était-il nécessaire d'une part d'imprimer\nen gros caractères des mots dont l'assemblage ou la surcharge ne sauraient passer inaperçus et\nd'autre part de jouer ces indifférentes plaisanteries entre du Ravel et du Turina ?\nMme Leech Carreras qui nous vint d'Argentine aeu le bon goût de remplacer les\ntangos qu'on pouvait redouter par le concerto de Mendelssohn et des danses européensen\nElle donnera prochainement une seconde séance, et\nnous aurons alors l'occasion d'apprécier son talent\ncomme il le mérite, mais puisque M. Coulomb ne\nfigurera pas alors, disons qu'il obtint un très grand\nsuccès et combla les vides du programme causés par\nl'absence d'une de ses camarades.\nAugusto Gabrini, violoniste, a donné un con-\ncert qui n'a pas mis en valeur ses qualités techniques, sa mémoire, ni sa musi-\ncalité, mais Loyonnet et Eugène Wagner furent fêtés comme il se devait.\nM. Herschmann aux Concerts Rouge, salle Malakoff, dans un très intéressant choix de\nlieder fait apprécier sa belle voix et son style remarquable. Ce chanteur, que nous entendons trop\nrarement à Paris a le double mérite de savoir composer un récital et de 1 interpréter avec un\ngoût parfait. Nous sommes si peu gâtés sous ce rapport que nous goûtons tout particulièrement\nun régal si rare. Souhaitons qu'une prochaine audition permette aux musiciens d'applaudir de\nnouveau cet excellent artiste."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.54", "texte": "La Musique de Danse\nà l'église.\n\nUNE ENQUÊTE\n(fin)\nM..., le 11 avril 1914.\nJ ai hâte de clore cette enquête, déjà trop longue, et que Rallongerais indéfiniment, si je\npubliais toutes les lettres qui me sont parvenues depuis le numéro du lerIer mars. Je remercie\nnotamment MM. Coedes-Mongin, Pierre Mayer, J. Civil, G. Belier, E. Bonnal, Jules Meunier,\nH. Mulet, et tant d autres qui ont pris la peine d'apporter à cet important débat le témoignage\nautorisé de leur compétence.\nEt, de tous ces documents, dont on peut bien dire qu'ils représentent l'opinion des gens\nde l'art, je voudrais dégager, si possible, une brève conclusion.\n- H semble bien tout d'abord que le morceau en question ait été unanimement condamné,\ncomme mauvais et déplace. Ceci suffirait a justifier la plainte que j'avais déposée auprès du\ntribunal de la musique. Mais, à côté et au-dessus de ce jugement de fait, il y a une question\nde droit, qui devait tout naturellement apparaître ici, et sur laquelle, si je ne me trompe, mes\nhonorables correspondants se trouvent divisés en deux écoles.\nLes intransigeants proscrivent rigoureusement du temple toute musique dont le goût leur"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.55", "texte": "LA QUINZAINE\n6i\n\nparait suspect. Les opportunistes admettent des distinctions et tolèrent des accommodements.\nJe me rallierais volontiers aux premiers, qui ont pour eux un Motu Proprio très net. Les\ncérémonies du culte sont réglées par un protocole sévère. Pourquoi en serait-il autrement de la\nmusique qui les accompagne, et les rend sensibles aux oreilles ? Que vient faire ici l'interpréta-\ntion personnelle ? La meilleure musique à l'église est celle qui se rapproche le plus de la\nliturgie dont elle n'est que l'extériorisation sensible.\nMais, je ne me cache pas que l'opportunisme, en cette matière comme en beaucoup\nd'autres, a d'excellents arguments. Le maître Saint-Saëns, par exemple, en faisant appel dans\nsa réponse au nationalisme divergent, nous rappelle qu'il existe un auditoire, pour qui en\nfin de compte cette musique est faite. Et de même, par d'autres considérations, M. Dallier\net M. Chapuis nous attirent vers un point de vue, qui est celui de la tolérance même. Oui, il\nest évident qu'une musique, dont l'effet est religieux, doit être qualifiée de religieuse. Et, par\ncontre, un morceau qui porterait tous les symptômes officiels de religiosité serait inopérant et\ninutile à l'église, s'il restait sans effet sur le fidèle qui l'écoute. Alors il n'y a rien à faire ? Et\nil faut se résigner avec Claude Debussy à ne pas savoir comment, ni de quel droit on peut\nintervenir !\nIl faudrait cependant s'entendre, avant tout, sur un point : la musique d'église est-elle\nfaite pour le fidèle, ou le fidèle pour la musique ? Tout est là. Les rites et les dogmes sont\nimposés au fidèle, et la religion consiste précisément dans cette initiation, où la personnalité se\nplace dans un état de prédisposition. En serait-il autrement de la musique sacrée, et pourquoi ?\nNotez que je ne prétends pas répondre. Je pose simplement la question, dont dépend toute\nl'attitude de la musique et des musiciens dans cette vaste discussion.\nCeci posé et résolu il restera encore à prouver qu'il existe un critérium, permettant de\njuger la valeur religieuse d'un morceau de musique. Encore une fois, ce critérium nous l'avons\ndans les choses de la foi. Ne serait-ce pas lui dont le Motu Proprio a cherché la formule en\nmusique ? Nous saurions alors que le chant grégorien et la polyphonie palestrinienne sont des\nmodèles recommandés à notre imitation. Mais le pape, avec raison, s'est gardé d'en faire des\nmodèles exclusifs. Il nous dit simplement : le problème de la religiosité musicale a été\nparfaitement résolu par deux formes d'art différentes. Et il nous laisse croire que d'autres\nsolutions peuvent encore être cherchées. Ce qui est bien le contraire d'un critérium. Donc la\nreligiosité d'une musique dépend de la religiosité de celui qui la crée, et de celui qui l'écoute.\nEt si l'Eglise se laisse envahir, comme nous venons de le voir, par des pratiques d'où la religio-\nsité est absente, à qui la faute ?...\nMais je sens que je dépasse les limites d'un simple plaidoyer pro domo, et je laisse à\nd'autres le soin d'aborder ces graves questions, trop heureux si, grâce a 1 hospitalité de ia\nS. I. M., j'ai pu attirer sur elles la méditation de quelques bons esprits.\nJ. H. MORAIN.\nLYON. Les Concerts de M. Witkowski. bi le melomane lyonnais est un neureux\nmortel, gardons-nous pourtant de le comparer aux peuples qui n'ont pas d histoire. Celle de la\ndernière saison fut mémorable : de Novembre à la fin de Mars, M. Witkowski vient de déployer\ndevant les abonnés de ses concerts symphoniques une série de programmes aussi chatoyants que"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.56", "texte": "6 2\nS. I. M.\n\nl'écharpe de Mayâ, mais d'un éclat moins illusoire. A défaut du feuilleton rétrospectif que\nmériterait chacune de ces neuf auditions, les lignes qui suivent s'efforceront à l'exactitude d'une\nhonnête table des matières.\nI. Le premier programme présentait, dans un splendide isolement, deux noms (est-ce afin\nde symboliser l'accord des deux Testaments ?) : Beethoven avec l'Héroïque, V. d'lndy, dans\ncette triade : Poème de la Montagne, Souvenirs, L'idée fut\nheureuse de commenter le sombre \" vocero \" symphonique des par le voisinage du\njuvénile poème de piano qui lui prêta le \" thème de la Bien-Aimée Ala \" Cévenole \", toute\nclaire et vibrante, il ne fallut d'autre commentaire que l'art fervent de MUe Selva.\n11. En première audition, le Chant funèbre de M. Magnard. Cette musique hautaine et\ndépouillée, d'un pathétiqeu si poignant sous l'austérité de sa forme, échappe encore à notre\npublic saturé de wagnérisme. Tous les applaudissements sont allés à la de Chausson,\ndont la pâte wagnero-franckiste, riche et séduisante certes, a de plus le mérite de ne décon-\ncerter aucune de nos habitudes. L'expérience est d'autant plus décisive, que l'exécution fut\nexcellente de part et d'autre.\nLa technique magistrale et l'autorité (un peu pédagogique) de M. Henri Marteau firent\nmerveille dans le Concerto de Beethoven et la Chde Bach.\n111. Visiblement, M. Witkowski dirige avec amour cette délicieuse\njusqu'ici inconnue à Lyon, qu'on appellerait volontiers la de Borodine. Poème de\nplein-air dont la fraîcheur, la grâce âpre et suave, la divine aisance firent paraître presque\nlaborieuses les Rondes de printemps de Debussy —où l'orchestre, au surplus, n'eut pas toute la\nfluidité désirable.\nLes Hymnes pour toi de M. Ehrenberg, chantées par Mme Blanchet-Dutoit, révélèrent un\ntalent vigoureux, qui semble osciller de Wagner à Richard Strauss. Adroitement \" sand-\nwichés\" entre ces modernités, le Concerto en ut de Saint-Saëns, où excella le solide et\nbrillant pianiste Robert Lortat, et la Suite en ré de Haendel, fort congrûment donnée\npar les \" cordes \", rassurèrent les amis des musiques traditionnelles. Et n'omettons pas la\nRhapsodie norvégienne de Lalo.\nIV. Pour tout habitué de la salle Rameau, ce quatrième concert marque une étape dans les\nprogrès constants de notre orchestre. De la grâce patricienne de Mozart (Symphonie en mi b) à\nl'orgie sonore de M. Florent Schmitt {Psaume Xen passant par le grave Prélude de\nl'acte 111 des Maîtres Chanteurs, M. Witkowski et sa phalange ont montré une souplesse de\nstyle et une variété de ressources dont ils n'avaient peut-être pas encore donné de telles preuves.\nAu vérisme amusant, mais grossier, des Chev de Charpentier, le Noël\nde Ravel, précieux, artificiel et charmant, fait une bien curieuse antithèse, que l'art profondé-\nment intelligent de Mm# Bathori sut mettre en pleine lumière.\nPuis, sauvage et brûlant, comme une rafale de sirocco, le de Schmitt déchaîna ses\ntumultes. Cette musique sent le désert, et la tente, et le poil de chameau. C'est la frénésie\nsacrée d'une tribu barbare, hurlant sous un soleil vertical ; et l'on peut préférer à ces trucu-\nlences le sublime lyrisme du Psaume CL de Franck. Mais M. Schmitt a voulu faire autre\nchose ; il l'a réussi. Il a le don de force, rare en tout temps, presque introuvable aujourd'hui.\nNous avons senti planer sur cette tempête de cris quelque chose qui ressemble au génie.\nLes chœurs de notre Schola lyonnaise ont vaillamment rempli leur tâche redoutable.\nL. A.\nBREST. Brest n'a jamais passé pour un grand centre musical. Les hurlements de la\ntempête peut-être aussi les frais de déplacement élevés semblent effrayer les artistes en\ntournée. Seuls le regretté Pugno, Boucheit et quelques rares autres se sont risqués jusqu'en"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.57", "texte": "LA QUINZAINE\n63\n\nFinistère. Et le programme de leurs concerts témoignait parfois d'une défiance injustifiée à\nFégard du goût musical brestois.\nCe n'est pas au théâtre qu'il faut chercher un mouvement musical bien intéressant.\nIl y a pourtant à Brest agglomération de cent mille âmes quelques poignées de mélo-\nmanes farouches. Les milieux maritimes aiment généralement la musique. Beaucoup, parmi les\nmigrateurs qui habitent nos ports de guerre, ont entendu ou pratiqué d'excellente musique. La\ndifficulté était de grouper ces forces éparses, trop souvent dispersées par le hasard des mutations\net embarquements. Une société florissante, la Palestrina, a pu toutefois se constituer. Un aperçu\ndes programmes donnera une idée du goût élevé qui les inspira. Concertos de Bach, plusieurs\nde ses Cantates ; Motets de Palestrina, Vittoria, Concerto Grosso, Judas Macchabée, de\nHaendel, Requiem de Mozart, Suites de d'lndy ; Chant funèbre de Chausson, un acte d\" Armide\net d'Hippolyte et Ariciey enfin de Franck, les Variations symphoniques, le Psaume CL, Ruthy\nRebeccay et tout dernièrement Rédemption...\nNous avons, sous le patronage de la Société des Amis de la Musique, organisé avec un de\nnos amis, M. Etard, professeur à Lyon, une série de concerts de musique de chambre. Les\ndifficultés n'ont pas manqué. Nous avons pourtant pu grouper un groupe d'exellents artistes\nlocaux MM. Devimeux, Last et Estrade et surtout trouvé un chef : M. Saigne, violon-\ncelliste, lauréat du Conservatoire de Paris, qui, en quelques mois de travail, est parvenu à former\nun quatuor homogène. Nos séances, précédées chacune d'une conférence, ont célébré Beethoven,\nHaydn, Mozart, Schumann, Schubert, Lalo, St. Saëns, Franck et l'Ecole française moderne.\nBien des amateurs sincères de bonne musique n'avaient jamais ouï jouer proprement un quatuor\nde Beethoven.\nLe lied moderne dont Mme Humber-Saigne, élève d'lsnardon —est une très émouvante\ninterprète a fait son entrée à Brest. Chausson, avec son beau quatuor à cordes et sa Chanson\nperpétuelle ; Fauré avec son 2e quatuor, Debussy, Duparc, Ravel, ont pénétré dans la Bretagne.\nL'accueil du public fut fort encourageant. Nous songeons à continuer par une séance de sonates\nvioloncelle et piano et une séance de quatuors russes, et espérons bien avoir ainsi créé à Brest\nune tradition qui se perpétuera.\nE. DELAGE SUERUS.\nNICE. C'est une saison bien remplie que la saison lyrique à Nice. Qu'on en juge\nplutôt : A l'Opéra, après VAuréole de M. Trémisot et une intéressante audition de toute la\nTétralogie de /'Anneau du Niebelung avec des artistes comme MM. Verdier et Arens, M. Sali-\ngnac a joué lui-même dans son théâtre avec MTne Marguerite Carré une œuvre inédite en\n2 actes : le Marchand de Masques, de M. Albert Wolff, le chef d'orchestre de l'Opéra-Comique\nde Paris. Cette pièce a produit une vive impression autant par le talent de ses interprètes que\npar les situations dramatiques d'un livret tourmenté et les qualités de netteté et d'expression\nd'une partition s'apparentant, bien que de loin, avec le vérisme transalpin. M. Salignac a\négalement donné Les Girondins de M. Le Borne et deux ballets: Djali de M. Menier et Mika\nde M. Tarelli qui ont plu à des titres divers. A mentionner une belle reprise à\"Aphrodite avec\nMllO Chenal.\nAu Casino Municipal, nous avons eu la création en France d'une œuvre italienne, la\nFemme et le Pantin, drame lyrique peu théâtral malgré les habiletés de l'adaptation, mais dont\nla musique très curieusement écrite par un symphoniste doué, M. Zandonaï, a présenté un\nréel intérêt. L'héroïne de Pierre Louys a trouvé au surplus en Mlle Bianca Bellincioni une\nidéale interprète. Les autres \" nouveautés \"de la saison furent :la Vivandière avec Mme Delna\nles Noces de Figaro avec Mlle Vix, Alceste avec Mme Félia Litvinne.\nIl convient de signaler, dans un genre plus léger, le succès remporté au Palais de la Jetée"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.58", "texte": "64\nS. I. M.\n\npar une opérette fort spirituelle de M. Fauchey : Ni qui fera certainement\nson tour de France, et à l'Olympia le triomphe de la qui a dépassé sans effort\nla cinquantième ! Quant aux concerts, nous en avons entendu de tous genres et en tous\nlieux... Les seuls dont on puisse parler sont les concerts de danse de l'Opéra, avec Mlle Trou-\nhanova et Mme Loïe Fuller, et les grands \" classiques \"de la Jetée sous la direction du maestro\nGervasio : cycle des Symphonies de Beethoven, œuvres de Borodine, Wagner, Berlioz,\nRimsky-Korsakoff, César Franck. Malheureusement pas de Dukas, de Debussy, de Ravel ; on\nn'est en vérité pas encore bien dans le mouvement en ce Paris d'Azur que veut être Nice.\nLouis DARRÈS.\nIl semble que le succès de Parsifal ait nui, de façon générale, à toutes les autres\noeuvres, y compris celles du répertoire \" à rapport \" représentées cette saison à la Monnaie.\nC'est à cette cause qu'il convient d'attribuer sans doute le peu d'empressement de notre public,\naccoutumé pourtant de fêter le maître français, à revenir entendre L'œuvre, qui\nfut créée à Bruxelles, en 1903, et dont les principaux interprètes étaient àla reprise MIIe Vorska\net M. Bouilliez, n'a eu que deux représentations devant des salles à demi-vides. L'action\nlyrique de M. d'lndy reste toutefois l'une des partitions préférées par une fraction des jeunes\nmusiciens. Le Festival Wagner, avec des chefs d'orchestre, des interprètes d'Outre-Rhin,\net en allemand (Bruxelles, n'est-ce pas, tout comme Anvers, est une cité quasi conquise),\nretiendra désormais les dévotions de notre première scène —si peu \" nôtre Nous avons dit,\ndans notre chronique du premier Avril, quelle est la part réservée pour 1913-1914 aux musiciens\nnationaux. Le ballet d'August De Boeck La Phalène en création (c'est tout ce qu'on a trouvé\ndans l'admirable production de nos auteurs, qui ne se découragent point d'ailleurs), et une\nreprise de Kaatje, du sympathique baron V. Buffin. Celle-ci s'en fut, il est vrai, trouver succès\nà Monte-Carlo. La statistique des ouvrages lyriques belges présentés par la Monnaie se\ncomplète donc, à ce jour, comme suit : De 1900 à 1909 : de Blockx,\nJean Michel et Martilled'A Dupuis, Princesse de P. Gilson, de\nF. Rasse, Katharina de Tinel. En 1909, néant. En 1910-1911 : Ceci n est pas un conte, de\nM. le baron Ludovic Stiénon du Pré. En 1911-1912 : Rhena de Van den Eeden, Oudelette\nde Radoux. En 1912-19x3 : Kaatje de M. le baron Victor Buffin. En 1913-1914 : néant.\nAu total, de 1900 à 1914, dix créations, soit une moyenne annuelle de 0,7 de partition\nnationale. Il paraît que nous avons tort de nous plaindre... les compositeurs belges n'ayant\naucun talent. L'un d'eux, néanmoins, vient de connaître encore une éclatante consécration\nau théâtre des Arts de Rouen. Le Fléau,triptyque musical de M. Bouserez, sur des poèmes\nd'Emile Verhaeren, extraits des Campagnes Halluciné y fut créé devant un public enthousiaste.\nLe dernier concert populaire toujours le dernier, bien entendu était réservé à\nquelques-uns de nos musiciens. On y réentendit les de Paul Gilson, l'une\ndes plus marquantes compositions de l'école belge, sur une poésie de L. Solvay,\npage délicate et fraîche de Léon du Bois, le Scherzœuvre fort intéressante si souvent\nexécutée au piano dans les concerts de M. Raway. Les appartiennent toutes trois à la\nphalange de second ordre. Timon d'/ithenes,poème symphonique de M. Ltinssens nous confirme\ndans l'opinion que nous avons depuis longtemps, et qui, pour cette fois, est partagée unanimement :"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.59", "texte": "LA QUINZAINE\n65\n\nà savoir, que le musicien possède à fond son métier, qu'il n'y a point chez nous de plus savant,\nde plus autorisé \" professeur \" et c'est tout ; le Concerto pour piano et orchestre, joué par\nl'auteur, de M. G. de Greef, est certainement aussi fort appréciable, à d'autres titres, peut-\nêtre que sa parfaite virtuosité. Mais il ne contient tout de même que de hautes intentions.\nQuant au \" Renouveau \"de Mme Van den Boorn-Coclet, la galanterie nous défend d'y\nreconnaître plus qu'une aimable impersonnalité. L'éminente direction de notre compatriote\nM. Ruhlman, chef d'orchestre de l'Opéra-Comique, aurait, franchement, pu honorer meilleur\nensemble, et plus vraiment représentatif de notre art symphonique.\nHâtons-nous de constater que nos compositeurs ne sont guère plus heureux quand ils\ns'inquiètent de se défendre eux-mêmes. La Société Nationale des Compositeurs belges nous en a\ndonné assez de preuves depuis sa fondation. Inconsistante, incertaine, privée de toute unité de\nvues et de direction, son effort semble voué à la plus désolante stérilité.\nAu programme de sa troisième séance : des mélodies de Strauwen, Wambach, De Boeck,\nchantées par M. Morissens, un quatuor de M. E. Guillaume, qui se souvient de Franck, trois\npièces pour piano de M. Sevenants, et trois pièces de P. Gilson.\nPar contre, notre confrère M. Rosy, directeur de la revue Le Thyrse, dont nous avons\ndéjà loué l'heureuse initiative, malheureusement privée de grands moyens et de retentissement,\npoursuit avec succès l'organisation de ses auditions belges. Le concert de la quinzaine réunissait\nles meilleures pages de M. Léon Delcroix. Trio en si mineur, quintette en si bémol pour piano\net cordes, exécutés par MM. Bosquet, Defauw, Kûhner, Onnon, Prévost. Arabesque et\nBallade d'un art exquis, plein de recherches, de distinction pour piano, par M. Bosquet ;\ndes lieder, dont deux mélodies remarquables: Ulnfante et Kermesse, sur des textes poétiques de\nGéo Drains, avec lequel M. Delcroix collabore en ce moment à une nouvelle partition lyrique,\nchantés délicatement par Mrne Esther Varny et accompagnés par l'auteur. Signalons aussi la\nquatrième audition, consacrée aux œuvres de M. Rasse, à 1' Union musicale belge, groupement\navare de ses services à l'égard même des auteurs dont il inscrit des pages à ses programmes, et\nenfin, pour clôturer ce palmarès national, le concert Arthur Van Dooren, où l'on entendit un\nAllegro de Concert pour piano, exécuté naguère à la Société Nationale, une Sonate pour\nviolon et piano, trois mélodies (Madame la Marquise, Berceuse, Nocturne), l'air et le duo du\ntableau final de l'opéra Kermesse.\nParmi les manifestations importantes, il faut inscrire en tête l'exécution (la première à\nBruxelles) au dernier concert du Conservatoire, des Béatitudes de César Franck. Le noble\nartiste a mis, dans cette composition monumentale, le meilleur de sa pensée, de sa foi sereine\net pure, toute sa bonté, toute sa probité, toute sa science de musicien. Les chœurs sont tous\nd'une admirable lucidité, l'ensemble orchestral et vocal revêt une incontestable beauté, une\ngrandeur calme de lignes. Pourtant, il ne nous donne que par endroits la sainte émotion, la\nrévélation que, naguère, nous firent vivre d'autres pages, plus intimes, plus immatérielles. Le\nvrai Franck n'est pas sous les nefs somptueuses, extérieurement décoratives. L'impression reste,\ncertes, des plus profondes et joyeuses, et nous devons féliciter M. Léon Du Bois pour\nl'admirable interprétation qu'il conduisit avec l'autorité d'un maître, la piété grave de la plus\nhaute conscience d'art. Ses solistes :M. Plamondon, de qui la voix est un charme, Melle Fanny\nMalnory, cancatrice adorable, douée du plus pur sens artistique, M. Seguin, toujours magistral,\nMelle Buyens et M. Huberty. Chœurs et orchestre irréprochables.\nLa Société Bach a terminé, elle aussi, son cycle annuel par la Passion selon S 1 Mathieu.\nL'effort de M. Zimmer est considérable ; il mérite qu'on lui pardonne des imperfections presque\ninévitables. Son succès, au surplus, marque l'ascension de la Société Bach que son activité\ndévouée situe au meilleur plan.\nDans une même voie s'engage la jeune société des Concerts Anciens, sous la direction\nsympathique de M. Louis Baroen. Sa deuxième séance, comportait des chansons pour quatuor"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.60", "texte": "66\nS. I. M.\n\nvocal, du 16e siècle, entre autres Vaarwel mijn Broeder de Waelrant, chansons néerlandaises,\nchansons françaises, noëls wallons, chants religieux de Palestrina, de Vittoria, de H. Schiltz\ndes pages italiennes par Melle Fonsny, des sonates pour deux violons avec accompagnement de\npiano, de Ph. Em. Bach, et Haendel, par MM. Zimmer et Ghigo ; enfin, des pièces pour\nclavecin par M. Minet.\nNotre confrère M. Antonio Tirabassi ressuscite aussi des pages oubliées, salle Erard,\navec le concours d'une chorale mixte, de Melle Fonsny, cantatrice, Ewings, claveciniste,\nŒuvres de Gifra, S. d'lndice, G. Caccini, G. Ghizzolo, D. Belli, chœurs de Monteverde, de\nVerovio, de Peetrino, pièces de clavecin de G. M. Radino et Frescobaldi. Ces évocations d'un\nart défunt ont un charme mélancolique et reposant un peu, au sein de la furibonde conquête\nmoderne. Elles offrent en même temps, à l'historien de la musique, un intérêt des plus vifs.\nPlus spéciale, dans le même sens, l'audition organisée Salle Patria par notre collaborateur\nliégeois M. Guillaume Waitz, avec le concours de la société qu'il a fondée et\nqu'il dirige. Organiste, compositeur, critique musical, notre confrère, à ces divers titres,\nsollicite l'attention. La 38e Heure de Musique et fut réservée, il y a quelques\njours, à une audition partielle de ses œuvres dont le rend compte en ces\ntermes : \"M. Jaspar fit entendre une pièce de piano de notre excellent collègue Guillaume\nWaitz, un disciple aimé de Vincent d'lndy. L'œuvre, intitulée \" Heures d'Automne est\nd'un tour heureux ; le développement est de proportion excellente. Les thèmes ont de la clarté,\nla pensée, poétiquement assombrie, est sincère, originale.\"\nMais la pièce capitale de l'audition c'était une sonate pour piano et violon, du même\nauteur, interprétée par Melle Yvonne Clédina et Maurice Jaspar. On n'attend pas de nous\nl'audace d'un jugement définitif, établi sur cette première audition. On sent, oh ! très nette-\nment, que l'on est en présence d'une personnalité, et que cette première œuvre livrée au public\nest fortement réfléchie, établie. Elle vit, elle vibre, les périodes mélodiques s'épandant librement,\net l'écriture, intéressante, n'accapare pourtant pas l'attention au point de faire perdre de vue\nla grande ligne. Ceci nous est surtout suggéré par les deux premières parties ; la troisième nous\nplaît moins malgré sa robuste allure, son rythme franc. Mais la première partie est fort\nattachante ; quant à la seconde, notre préférée, elle est d'une originalité indiscutable, d'une\ntrès noble poésie. \"\nNous venons de recevoir, d'autre part, trois mélodies : Promenade sur Peau, La Lettre\nDouceur du Souvenir, et une page pour piano : Heures d'Automne, parues à VEdition\nMutuelle. Ces œuvres manquent peut-être encore de bien réelle personnalité, mais elles\nrévèlent une nature distinguée, un art sincère, épris de pensée, de réflexion et d'une expres-\nsion originale, moderne. M. Waitz effectivement, s'affirme disciple de Vincent d'lndy, et\nd'emblée, se classe au nombre de nos marquants compositeurs wallons. Nous aurons l'occasion\nde reparler de ses compositions. Le concert qu'il réalisa, en commentaire musical d'une\nconférence sur le Plain-chant donnée par Dom Vandeur, prieur de l'Abbaye de Mont-\nCésar, et honorée de la présence de S. E. le Cardinal Archevêque de Malines, ressuscitait\nd'adorables pages : l'lntroït de la 3e messe de la Noël, de la messe des Saints-\nInnocents, Victimae paschali laudes du XIe siècle, l'lntroït \" \" etc... Les\ncollaborateurs de M. Waitz mirent toute ferveur, toute foi à cette pieuse évocation, dont la\nhaute portée et le succès consacrent la jeune phalange et son chef.\nRené Lyr.\n1\nLIEGE. Dans peu de villes la vie musicale est plus intense que dans la vieille cité\nmosane. Aussi devant vous en donner un rapide aperçu suis-je un peu embarrassé. Nous avons\nentendu tant de belles œuvres, nous avons vu passer sur nos scènes tant d'artistes depuis\nl'ouverture de la \" saison \" ! Et nous voici arrivés au moment où les grosses contrebasses, bien\nemmitouflées dans leur grande boîte noire, s'en vont, une large étiquette collée sur le ventre,"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.61", "texte": "LA QUINZAINE\n67\n\ncommencer la traditionnelle randonnée vers les villes d'eaux. Si donc ma mémoire m'est\ninfidèle, que l'on veuille bien m'excuser\nEn tout premier lieu il convient de signaler les exécutions d'une irréprochable correction\ndonnées par l'orchestre du Conservatoire sous la direction de M. Sylvain Dupuis. Ce premier\nconcert était entièrement consacré à Brahms, le soliste M. Serato joua le en ré.\nL'orchestre donna \\& symphonie en ut mineur, les sur un thème de Haydn et avec les\nchœurs, le Chant du Destin.\nAu deuxième concert Pablo Casais triomphe avec l'admirable en ré de Haydn\net se fait applaudir dans la Sérénade Espagnole de Glazounow, bien pauvre musique mais si\nbellement présentée que plus d'un s'y laissa prendre. M. Dupuis conduisit la Symphonie en si\nbémol de Schumann, les Equipées de Till Eulenspde Richard Strauss et\nTannhàuserde Wagner avec la virtuosité remarquable qui le caractérise. Au troisième concert\nnous eûmes la Symphonie fantastique de Berlioz qui n'eut pas grand succès malgré une exécution\ndes plus fouillées. Cela se comprend. Les modernes ont enrichi considérablement la palette\norchestrale et les hardiesses du maître romantique ne nous étonnent plus. Les belles couleurs\nde ses tableaux ont pâli. Quant à la structure et aux idées de Berlioz, mieux vaut n'en rien\ndire. M. Dupuis et son brillant orchestre remportèrent un plus franc et unanime succès avec\nle Chaseeur Maudit de Franck et la Chevauchée des ÎValkyries. Le soliste de ce concert,\nM. Eisenberger joua dans un goût très pur et avec une rare intelligence le en ut mineur\nde Mozart et celui en ut dièze mineur de Rimsky-Korsakow.\nIncontestablement le quatrième et dernier concert fut aussi le plus beau et l'on ovationna\nM. Dupuis pour son intelligente interprétation d de Monteverdi et la de\nBeethoven.\nA côté de l'orchestre du Conservatoire on peut ranger l'orchestre des grands concerts\nsymphoniques dirigé par M. Debefve. Non point qu'une comparaison puisse s'établir entre les\nexécutions impeccables du premier et celles, plus relâchées, du second. Mais parce que les\nconcerts du Conservatoire n'accordent que peu d'importance aux modernes tandis que l'orchestre\nde M. Debefve joue surtout des oeuvres de nos contemporains. Qu'on en juge : au premier\nConcert, M. Cortot joua le concerto en ut mineur de Saint-Saëns et une excellente transcrip-\ntion du concerto pour orgue de Wilhelm Friedmann Bach. L'orchestre exécuta une symphonie\nde Borodine, Phosphoréinede M. E. Mawet, de Albert Roussel et la\n'Joyeuse Marche de Chabrier. Au second concert un nous fit connaître le\nconcerto en si mineur pour violon de Jos. Jongen excellemment interprété par M. Ch. Herman\nqui exécuta aussi un Adagio pathétique de Marsick et une Passacaille de M. Thomson.\nM. M. Dambois fit chanter son violoncelle en artiste dans la prière hébraïque de\nM. Smulders et le Concertstïïck de M'\"° Faivilla. Le programme orchestral comprenait l'ouver-\nture de Hermann et Dorothée de A. Dupuis, un Scherzo de M. Sylv. Dupuis et une curieuse\nVision de Ch. Radoux. M'u* Fassin chanta un air de de Franck et des mélodies de\nMM. Ch. Radoux et Jaspar.\n( A suivre.) Guillaume Waitz.\n\nL'Edition Musicale\n\nUn correspondant de la Revue se plaignait l'autre jour dans ces pages des allures profanes\nde son organiste. Je serais bien tenté de lui répondre qu'en dehors de la musique rituelle, dont\nle formulaire est nécessaire à la célébration du culte, il ne peut y avoir de musique proprement\nreligieuse, dans un siècle où les Béatitudes, la Damoiselle Elue et le Vendredi-Saint se sont\ninstallés au théâtre. Mais, oui, tout notre musique religieuse sera forcément profane, puisque\nnotre musique profane est devenue religieuse. L'état d'âme de l'auditeur, qui laisse montre"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.62", "texte": "68\nS. I. M.\n\nson recueillement vers un mystérieux au-delà, est devenu celui de nos concerts. Or, c'est lui\nque nous retrouvons à l'église, encadré dans les pratiques confessionnelles, et avec lui ses\nmoyens d'expression sonore. La musique religieuse! Mais elle est partout; il n'y a plus qu'elle!\nAinsi, prenons l'envoi qui nous parvient des mains attentives et diligentes de M.M.Durand\net fils. Que voyons nous? Vingt-quatre pièces en style libre pour orgue de Louis Vierne. Libre!\nPourquoi ? Parce que l'auteur a instinctivement senti qu'elles convenaient aussi bien à l'église\nqu'à la chambre. Et de fait on pourrait en dire autant des Rythmes berceurs (x) de ou du Trio\nde Dupin, (2) complexes, graves, méditatifs, ou des deux œuvres de Ropartz, (3) adorablement\nprenantes, chastes, retenues, et comme repliées sur elles-mêmes, ou mêmes, si vous voulez, des\nmélodies de Samazeuilh, (4) de Chéneviere (°) ou de la Bal de M. Jarnach. Tout cela est un art\nd'austérité, qui froisse et fait geindre la mélodie, pour nous dire l'ardeur d'un mysticisme\ninapaisé et d'une souffrance inquiète. Peu importe que l'objet de ces élans n'ait pas précision\nd'une religion constituée. Les tendances et le style restent les mêmes, et reflètent le même\nidéal sérieux et tendu. Il n'est pas jusqu'à l'ouverture d'un opéra-comique inachevé de Saint-\nSaëns qui ne marque cette volonté purificatrice, qui est le propre de la musique symphonique.\nUn thème guilleret s'y transforme, s'y assagit, s'y trempe dans le courant déjà profond (1854)\nqui a depuis entraîné notre art français vers la musique pure. Il peut y avoir une musique\ncléricale. Il n'y a pas de musique religieuse, parce que toute musique est religieuse et qu'elle\nouvre devant nous le monde de l'irréalité. Il ne tient qu'au catholicisme de lui donner la main.\nDe l'Orphée (6) de M. Roger-Ducasse, je ne puis rien dire avant d'avoir entendu et vu\ncette œuvre importante et pleine, dont la partition paraît, très crânement, aujourd'hui.\nJ'ai hâte de signaler un bel effort d'art qui se fait à l'étranger, à Munich, sous le nom de\nJVunderhornverlag. Il s'agit là de décentraliser et d'empêcher que Leipzig ou Berlin n'absorbent\ntoute l'attention musicale aux dépens des compositeurs du Sud. Les quelques artistes dont les\nœuvres nous parviennent àla faveur de ce groupement, sont M.M. Jan Ingenhoven, (7) Robert\nHaas, (8) Godfried Ruedinger, (9) et Hermann Zilcher, (10) quatre noms de jeunes à retenir.\nDans son ensemble, leur œuvre ne se sépare pas de la musique allemande moderne, docile à\nl'exemple de Schumann et de Strauss ; mais on distingue cependant un désir d'indépendance\nchez ces âmes volontairement locales, surtout chez M. Haas. Le répertoire du Wunderhorn,\nqui comprend aussi toute une réédition de JVilhelm Friedman Bach, Piesendel, Geminiani,\nPergolese (u), un charmant volume de la Serva Padrona (12), et quelques livres sur la musique, (13)\nmériterait de pénétrer chez nous. Les pianistes y trouveraient nombre de pièces délicates,\naccessibles, et d'un commerce agréable.\nM. Walter Morse-Rummel nous fait sauter en pays anglo-saxon, bien que sa personnalité\net aussi sa musique n'ignorent point Paris. J'avoue que je suis très séduit par les lieder, songs et\nchansons (14) que M. Rummel asu revêtir de la fraîcheur de sa musique. Il y a dans ces pièces\nune liberté charmante.\n(l) Pour violoncelle et piano. (2) Pour piano, violon et violoncelle. (3) Soir sur les chaumes, étude\nsymphonique. Dans Vombre de la montagne, pour piano. La route, piano et chant. (4) Chanson àma poupée.\nTendresse. Feuillage du cœur. Japonnerie. (5) Prière de Venfant triste. (6) Orphée, partition piano et chant\n(Durand et fils). (7) Jan Ingenhoven : Quintett ; Streichquartett ; Drei Saetxe fur Sreichquartett ; Brabant una\nRolland, symphonische Phantasie. (8) J. Haas. Quatre recueils pour piano ; Kukuks Lieder ; Kammer-Trio ;\nEulenspiegeleien ; Grillen far violine und Klavier ; Hornsonate. (9) H. Zichler 5 Dehmel-Cyclus, pour piano et\nchant. (10) G. Ruedinger : Sieben Bagatellen, piano à quatre mains ; Heimliche-ldyllen, violon et piano, Sechs\nSinnsprueche, chant et piano ; sechs Skizzen, piano et violoncelle ; Romantische Serenade, orchestre. (n) Neuf\nvolumes de sonates, sérénades et lieder. (I 2) Partition d'orchestre et partition piano et chant, in 4° obi.\n(M) Thomas San-Galli : Beethoven, die unstrebliche Geliebte. Joseph Pembauer d. J. : <von der Poesie des\nKlavierspiels. (u) Chansons arabes, Through the i<vory gâte, Three Songs. Lové*s Songs. Hushings Songs.\n(London, Augener).\n\nV. P."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.63", "texte": "Les faits au mois\nLe massacre des innocents. La critique parisienne a fait sa soumission a Strazuinsky et, prosternée au pied du trône\nau prince Igor, cherche a se faire pardonner ses injustes sévérités passées. Elle pousse même le zèle jusqua offrir solennelle-\nment au jeune Moloch des sacrifices humains : on a organisé dans ce but une formidable hécatombe des esquimaux du \" Sacre\ndu Printemps '\\ Pourchassés et traqués de toutes parts, les malheureux expirent sous le\npoignard ou la bêche. Rien, d'ailleurs, ri est venu prouver jusqu'ici que cet holocauste soit\n.• v 1 r\nparticulièrement agréa-\nble a l'intéressé.\nNous sommes autorisés a\naffirmer que jamais nos\ndeux collaborateurs M.\nBex et M. Stein ri ont\nsongé a s'associer pour\nexploiter une manufac-\nture de pianos. La bonne\nfoi de nos confrères qui\nontannoncécette nouvelle\na certainement été sur-\nprise. s? amais les\nconcerts du Vendredi-\nSaint riavaient été aussi spirituels que cette année : la seule\nlecture de leurs affiches mit le public en joie. Jamais par l'humour\nqui présida au choix des œuvres, par l'ironie et la fantaisie qui\npy prodiguèrent si finement, ces manifestations ri avaient mieux mérité leur titre. N'ayant pu obtenir de lafamille IVagner\nVautorisation de modifier et de remplacer, a ses frais, le mécanisme suranné du prélude de \" l'Or du Rhin J', M. Gustave\nLyon vient de fonder un prix de 500 francs pour récompenser la meilleure composition ne contenant pas une seule harmonie\nsur pédale. A V Opéra-Comique. La direction vient de louer, pour classer ses archives, un vaste local situé a Montmartre\nrue des Trois Frères. —M. P.-B. Gheusi vient de terminer le livret d'une comédie musicale tirée du délicieux chef-d'œuvre\nde Courteline \"La Paix chez soi \". Il le destine a celui de nos compositeurs qui voudra bien utiliser Vaccord parfait pour\nécrire sa partition. A l'heure ou nous mettons sous presse, aucun musicien ri a encore\naccepté cette condition. Une discussion s'étant élevée entre MM. Isola frères, le\nministre a décidé que le docteur Doyen, spécialiste de ce genre d'opérations, serait seul\nqualifié a F avenir pour trancher les différents qui pourraient\nsurvenir entre les directeurs xiphopages. /gf3 Le célèbre cirque\nanglo-américain Russel-Higgins and C° est dans nos murs.\nCette magnifique compagnie the greatest of the world\nvient de s'installer Avenue Montaigne. Magnifiques représen-\ntations ; numéros et attractions de premier ordre ; minstrels,\nclowns musicaux, chanteuses a voix, F homme qui jongle avec les contre-ut, le baryton-ventriloque, le\nprestidigitateur qui escamote les notes, la danseuse sur la corde-neuvième, Phomme-serpent-a-sonnette\njw/ joue simultanément du saxophone et du glockenspiel, la femme qui tord une barre de\nmesure entre deux doigts, la diva aux pauses plastiques... etc. etc. Spectacles variés et\ndivertissants. Nota .• Pour être agréable à la clientèle parisienne, la Maison reprend les\no\npièces italiennes n'ayant plus cours en France."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.64", "texte": "ÇA ET LA\nNouvelles\nLa Société des Amis des Cathédrales a visité le 28 avril la cathédrale d'Amiens.\nUn temps magnifique favorisa cette excursion qui réunit près de 400 Parisiens. Notre Revue\navait été invitée à prendre part à ce voyage dont grâce à l'amabilité et au dévouement de\nM. Jean Chantagut l'organisation fut parfaite. Nous donnerons dans notre prochain\nnuméro un compte-rendu de cette intéressante journée.\n* *\nNous nous empressons de démentir l'annonce lancée par notre confrère le Monde\nMusical, du départ de Pierre Monteux pour l'Amérique où l'aurait appelé un engagement de\nchef d'orchestre à l'Opéra de Boston en remplacement de M. André Caplet. Cette nouvelle\nqui avait causé une certaine émotion parmi les amis des Concerts Populaires du Casino de\nParis est de pure fantaisie. Jamais l'excellent fondateur de l'Association des Concerts Monteux\nn'a songé à abandonner sa vaillante société dont les débuts ont été si remarquables. Il élabore\nau contraire d'intéressants projets qui rendront plus brillante encore sa prochaine saison.\n*\n* *\nM. et Mme Ancel-Guyonnet ont donné une très brillante soirée musicale consacrée aux\nœuvres d'Albert Roussel. Le Trio, la Sonatine pour piano, la Sonate pour piano et violon et des\nmélodies de choix ont été admirablement interprétés par Mlle Marthe Dron, Mlle Suzanne\nBerchut, Mme Ancel-Guyonnet, M. Henri Choinet et 1' auteur. Le succès fut très vif et\nl'auteur du Festin de VAraignée a été chaleureusement fêté par une brillante assistance.\n\\ 1\n*\n* *\nLa maison Rouart Lerolle, 29 rue d'Astorg, vient de faire paraître une transcription pour\ndeux pianos à quatre mains de la Symphonie de Paul Dukas.\n%\n* *\nNous avons annoncé la fondation de la Société des Amis de la Maîtrise de S* François\nXavier. Voici les noms des membres de son comité:\nMM. Duc de Doudeauville, Duc de Trévise, Comte de Brissac, Vincent d'lndy, Comte\nCellier, Camille Bellaigue, Baron de Montigny, de la Tombelle, Baron de Rotours, Ecorche-\nville, Louis Michon, Dabancourt, Comte de Tocqueville, Comte de Bourblanc, Comte de\nVallombrosa. La Société donnera le 8 mai, à 4 heures, dans la salle paroissiale, un concert\nauquel M. Vincent d'lndy prêtera son triple concours de compositeur, de chef d'orchestre et\nde conférencier.\n*\n* *\nChemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.\nExcursions en auto-cars dans la Foret de Fontainebleau. Le Service d'excursions par\nauto-cars, organisé par la Compagnie P. L. M. dans la forêt de Fontainebleau, fonctionnera\ncette année du 9 avril au 2 novembre. Ce Service permettra de visiter, le matin, la partie\nNord de la Foret et 1 après-midi la partie Sud, moyennant la somme de 11 fr. par personne.\nLe touriste pourra, s'il le désire, n'effectuer que la visite de la partie Nord de la Forêt,\npour le prix de 5 francs ou de la partie Sud, pour le prix de 8 fr.\nPour plus de détails, consulter les prospectus spéciaux."}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.65", "texte": "LA QUINZAINE\nDe Monte-Carlo.\nu Daphnis et Chloé \", le délicieux ballet de Mes-\nsieurs Michel Fokine et Maurice Ravel, vient d'obtenir\nun succès considérable interprété par la troupe des Bal-\nlets Russes. Remarquable interprétation de la part des\ndanseurs et de l'orchestre, sous la direction magistrale\nde Pierre Monteux.\nAu cours de la représentation de gala donnée en\nl'honneur du vingt-cinquième anniversaire de l'avène-\nment du Prince Albert lerIer au trône de Monaco, le\npublic a tout particulièrement acclamé le Vieil Aigle,\nle célèbre drame lyrique de M. Raoul Gunsbourg.\nLa grandeur épique du poème, son intensité tragique,\nl'élan spontané de la mélodie toujours puissamment expressive ont\nprovoqué la même émotion, et le même enthousiasme qu'au\nsoir de la première de cette œuvre superbe, en 1909.\nM. Maurice Renaud est un Vieil Aigle magnifique, d'une\nvéhémence admirable et d'une incomparable grandeur. M. Franz\na fait applaudir sa voix généreuse et son jeu dramatique. MlK'Vally\nfut une Zita d'un charme délicieux et d'une exquise sensibilité.\nM. Léon Jehin, qui écrivit l'orchetration du Vieil Aigle avec\nun très vif coloris, dirigeait l'exécution de l'œuvre de M. Raoul\nGunsbourg et a magistralement participéàson nouveau triomphe.\n\nLe Gérant: MARCEL FREDET.\nImprimerie Sainte Catherine, Quai St. Pierre, Bruges, Belgique\n\nSalle GAVEAU\n(du i au 15 Mai)\n1 Schola Cantorum 9 h.\n2 Trio Kellert 9 h»\n3 Concert Hasselmans 9 h.\n4 M. Cognet 9 h.\n6 Soirée Yvette Guilbert 9 h.\n7 Le chant classique 2 h.\n7 Société symphonique 9 h.\n9 Mlle Andrée Arnoult 9 h,\n10 M. Enesco 3 k.\n11 Chorale St-Louis 9h.\n12 M. Robert Schmitz 9 h.\n13 Soirée Yvette Guilbert 9\n15 Mlle Alice Verlet 9 h.\nSalle PLEYEL\n(du 1 au 15 Mai)\n2 Mlle Suzanne Ratez 9h.\n3 Mme Paul Vizentini (élèves) Ih.\n4 La S. M. I. 9 h.\n5 Mlle Marthe Girod 9h.\n6 Mm# L. Wurmser-Delcourt 9h.\n7 M,le Suzanne Tourey 9h.\ng Mmc Roger-Miclos-Battaille 9h.\n9 M. J. White 9 h.\n10 Mme Muraour Lepetit (él.) Ih.\n11 Mra* Irène Reichert 9h.\n12 M 1 Magd Godard 9h.\n14 M 1 Alice Sauvrezis 9h.\n15 M. Jean Huré 9 h.\n\nSalle ERARD\n1 Mell# Dretz 9h.\n2 M. et Mme Fleury 9h.\n4 Mm® Moellinger (élèves) 9h.\n5 M. Foerster 9 h.\n6 M. Dorival 9 h.\n7 M. Galston 9 h.\n9 M*lle Dehelly 9h.\n10 M. Wintzweiller (élèves) 9h.\n11 M*11* Weil 9h.\n12 Mclu Eminger 9h.\n13 M*\"11* H. Barry 9h.\n14 M\"lle Lefort 9h.\n15 Melle Remusat 9h.\nSalle MalaKoff\n5 M. Gaston Lemaire 9 h.\n6 M*\"11\" Meillard 9h.\n10 M. Villeroy Grégoire 2 h.\n12 M. Maurice Naudin 9 h.\n13 Mmß Thiercelin 9h.\n15 M. Wladimir Cernicoff 9h.\nSALLE DES AGRICULTEURS\nI M. Jules Tordo 9 h.\n4 M 11\" Marié de L'lsle 9h.\n5 M. Victor Gilles 9 h.\n6 MUe Marié de L'lsle 9h.\n8 M. Michelin 9 h.\n9 M. Cortot 9 h.\n10 Ecole Paris-Chevé 9 h.\nII Mu* Giraud 9h.\n12 Mlle Bernin 9h.\n13 M. Cortot 9 h.\n14 Concerts d'Art 9 h.\n15 Mllc Dienne 9h.\nSALLE VILLIERS\nTous les vendredis, concerts\nclassiques de 4 h. 1/2 à 6 h.\npar le Double-Quintette de Paris"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.66", "texte": "Les Titres dépréciés et la Bourse\nDe tous les pays, j'ai reçu des lettres de lecteurs m'indiquant la liste des\ntitres qu'ils ont eu l'imprudence d'acheter aux émissions et me demandant le\nmoyen de rentrer dans le capital déboursé.\nJ'ai organisé un service spécial chargé de répondre à toutes ces demandes\net de leur donner satisfaction dans la mesure du possible.\nPour beaucoup, il était encore temps de remédier au mal, grâce à la\ncombinaison que j'ai eu l'idée de mettre à exécution et qui me permet de racheter ces titres dépréciés\nenviron I 5 ou 20 pour cent de plus que leur valeur actuelle.\nMalheureusement pour quelques-uns, il est trop tard, le mal est irréparable, leurs titres n'ont plus\nqu'une valeur minime ou même nulle et malgré ma bonne volonté, il m'est impossible de reconstituer un\ncapital avec des éléments aussi dépréciés. Autant vouloir rendre à la vie un moribond, au seuil de la tombe.\nQue cela serve de leçon à tous ceux qui se laissent séduire par le mirage des prospectus ronflants,\ndes affiches mirobolantes et des promesses alléchantes des banques d'émission et des établissements de\ncrédit, qui ne cessent d'empoisonner la petite épargne avec des obligations soi-disant de tout repos,\nmais dont le cours baisse de 1 5 à 20 pour cent aussitôt qu'elles sont passées de leurs opulentes caisses\ndans les mains de leur clientèle confiante.\nL'émission terminée, la commission encaissée, le tour est joué, le détenteur naïf n'a que la\nressource, s'il a besoin de son argent, d'aller vendre à la Bourse à 400 ou 420 francs les obligations\nqu'il a achetées 460 ou 480 francs aux guichets de ces luxueux établissements dont les succursales seront\nbientôt aussi nombreuses aux coins des rues que les débitants d'alcool.\nC'est le progrès ! dira-t-on. D'accord, mais il faut savoir profiter du progrès sans en souffrir.\nServez-vous des services pratiques organisés par les établissements de crédit pour traiter vos affaires\nfinancières : dépôt momentané de vos fonds disponibles, compte de chèques, encaissement de coupons,\nachat ou vente de valeurs, emprunts sur titres, mais ne vous laissez pas embobiner par <le commis qui vous\nprône telles ou telles obligations émises par sa banque, dont il perçoit une commission sur votre dos.\nPour gagner 2 ou 3 francs par titre, il n'hésitera pas à vous faire acheter une obligation de 460 ou\n480 francs dont vous ne pourrez tirer que 420 ou même moins si vous voulez la revendre.\nEh bien ! il faut que cette exploitation cesse ; aussi, n'hésitez pas à me signaler les titres que vous\navez achetés dans ces conditions et je vous donnerai le moyen de rentrer dans vos fonds si le mal n'est\npas encore irréparable.\nP.-E. PENAUD, directeur du Livre a un sou, 8, rue Drouot, Paris.\nP. S. Une circulaire spéciale est adressée gratuitement sur demande concernant le meilleur\nmoyen de faire produire le maximum possible de revenu soit aux capitaux disponibles, soit aux titres en\nportefeuille.\nP. S. J-e suis a la disposition des lecteurs de la S. I. M. tous les jours de 4 h. a 7 h. a mon bureau, 8, rue\nDrouot a Paris, ou par Correspondance.\n\n(Cette rubrique n engage pas la responsabilité de la Revue).\n\nBON POUR UN RENSEIGNEMENT FINANCIER GRATUIT\nJ'ai en portefeuille les Valeurs suivantes : Dois-je les garder ou les vendre ?\nJ'ai un capital de francs à placer. Quel emploi dois-je en faire ?\nEcrire lisiblement : Nom, prénoms et adresse :\nDécouper ce bon et l'envoyer sous enveloppe à M. Penaud, 8, rue Drouot, Paris.\n_"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.67", "texte": "M. Englebert\nM. Pitsch\n\" PIANO ET ARCHETS \"\nM. L. Jongen\nM. Lensen\nCl. Meurisse"}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.68", "texte": "Le Baryton HERSCHMANN\nLe remarquable baryton HERSCHMANN, que ses nombreux voyages nous empêchent\ntrop souvent d'applaudir, est en ce moment à Paris ou il vient de se faire entendre à plusieurs\nreprises avec le plus grand succès. On sait que cet admirable chanteur est un musicien\naccompli, pianiste de valeur et en possession de toutes les ressources de la technique la plus\nraffinée. C'est d'ailleurs, pour répondre aux exigences d'un tempérament musical excep-\ntionnel et à l'appel d'une vocation artistique irrésistible que celui qui fut un brillant\ningénieur renonça à la haute situation qu'il occupait pour se consacrer exclusivement à\nson art. Né en Autriche, M. HERSCHMANN réside habituellement à New-York mais se fait\napplaudir périodiquement dans les plus grandes villes d'Amérique, d'Autriche, d'Allemagne,\net d'Angleterre. Partout la presse a constaté ses succès et loué sa voix magnifique et savam-\nment conduite qui domine l'orchestre sans effort et se plie à la discipline d'un style impec-\ncable. Interprète inégalable de lîeder il s'en est fait dans tous les pays qu'il a traversés,\nune sorte de glorieuse spécialité l'éminent artiste s'est également voué à l'oratorio et\nplus spécialement aux grands ouvrages de Bach. Il chante d'ailleurs toutes les œuvres dans\nleur langue originale et donne indifféremment ses concerts en français, en allemand, en\nanglais ou en italien. De prochaines tournées en Belgique, en Hollande et en Amérique\nvont de nouveau le retenir quelque temps loin de Paris mais cet excellent chanteur nous\nreviendra bientôt pour la plus grande satisfaction des musiciens qui viennent de l'applaudir\nsi chaleureusement au cours des différents concerts dont nos critiques ont relaté le succès."}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.69", "texte": "CRÉATION LUCILE\nRobe d'après-midi en mousseline noire\nCl. Lucile"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabh19140501-01.1.70", "texte": "La Mode à travers les Arts\nJan de la Tour.\nLe Torse unifié est à l'ordre du jour. N'allez pas croire que le physique peu avantageux\nde Messieurs les Socialistes soit en jeu ; la question ne nous importerait guère, tandis que nous\nnous inquiétons de l'application de l'une de leurs théories égalitaires, car elle ne tend rien\nmoins qu'à s'attaquer à la beauté féminine.\nOui, Mesdames : de votre anatomie si délicieusement diverse, on veut faire un \" bloc \"\nuniforme, et désormais vous ne serez plus fines, ou rondes, élancées ou potelées, évocatrices des\nstatuettes tanagréennes, ou des Rubens. Ainsi en ont décrété quelques arbitres créateurs d'un\nmannequin intitulé \" La femme telle qu'elle doit être \" et nul doute que vous n'obéissiez à\nl'esthétique nouvelle : Ce Sacre du Printemps de l'élégance féminine en Tan de laideur 1914.\nSur le Torse unifié, nous apparaîtront mélangées les couleurs stridentes qui heurtent les\nyeux les plus avertis. Ne faut-il pas qu'elles marchent de pair avec la peinture et la musique\n\"orphistes \" chères à nos \" des Esseintes \" dernier cri et aux jolies snobinettes, car sous le\nvocable d'Art moderne trop souvent synonyme d'impuissance, d'oripeaux, ou de naiseries\non obtient tout.\nL'an dernier, sous l'influence du \" Minaret \", vous vous transformâtes en abat-jour.\nAujourd'hui, Aphrodite vous incite, non pas aux nobles draperies de la statuaire grecque, mais\nà l'accentuation de nudités qui s'aggravent de détails suggestifs : la montre posée en bracelet\nau dessus du genou ; le décolletage à peine indiqué au devant du corsage, tandis qu'il laisse\nentièrement à découvert le dessous des bras et le dos jusqu'à la ceinture !\nIl est vrai que pour ne pas attirer les foudres de la ligue patriotique des Françaises, vous\nmasquez les \" fenêtres du diable \" sous la cape, cette nouvelle venue parmi les élégances\nprintanières et dont le succès s'affirme triomphal. Elle permet, en effet, à celles qui la portent\nde se montrer u reines de l'attitude et princesses du geste \". Elle évoque les sérénades espagnoles,\nplus encore, le collet écclesiastique. Parfois aussi la cape devient le coquet ajustement des abbés\nde cour de jadis.\nLe Cléricalisme vous sied fort bien, Mesdames, et je me reproche d'avoir joint mes\ninvectives à celles de Gilles d'Orléans lorsqu'il fulminait au XIIe siècle, dans un sermon\nfameux, contre les femmes u qui courent la ville toutes décolletées et espoitrinées \".\nPeut-être son indignation s'adressait-elle à des visions coupables principalement de\nrévélations inesthétiques car, dans tous les temps, nous en témoignons la beauté, qui est une vertu,\nsi l'on en croit Renan, est chose rare.\nDe «race, Mesdames, redevenez donc pudiques.\nMon Courrier.\nA Mme de St. XX. Vous trouverez àla papeterie Tronchet, 25-27, rue Tronchet, non\nseulement tout un choix délicieux de papeterie proprement dite, et de maroquinerie, mais\naussi de charmants bibelots d'art : petits bronzes, figurines de Saxe, bracelets, colliers, aqua-\nrelles, etc."}]}