{"numero_id": "bm-bmtnabj-1903-07-15-01", "volume": "bmtnabj_1903-07-15_01", "ocr_sha256": "2dbe7186c57be8d9310d5f872639a985d6f6330cb31772defecb69d72ca58f59", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1903/07/15_01/bmtnabj_1903-07-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1903/07/15_01/bmtnabj_1903-07-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1903-07-15-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-07-15_01#c001", "volume": "bmtnabj_1903-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "313", "page_fin": "334", "image_debut": 1, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.2.1", "titre_corps": "LE CONSERVATOIRE NATIONAL DE MUSIQUE", "titre_sommaire": "LE CONSERVATOIRE NATIONAL DE MUSIQUE", "signature_source": "CONSTANT PIERRE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "313", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.1", "debut_caractere": 68, "fin_caractere_exclue": 2803, "texte": "LE CONSERVATOIRE NATIONAL DE MUSIQUE\n\nLes Concours du Conservatoire vont commencer ; une fois de plus, la vieille salle\nsera l'arène où se livreront d'ardents combats. Il nous a paru bon, à ce propos, de\nrechercher ce qui se fait dans cet établissement illustre, et à quel régime sont sou-\nmis nos futurs artistes. Ce sont là des détails fort ignorés du public, qui cependant\nne se gêne pas pour juger, et surtout pour dénigrer. Aujourd'hui tous les détours\ndu sérail lui seront révélés par un guide dont la compétence égale le talent :\nM. Constant Pierre.\nI. — LE PRESTIGE D'UNE GRANDE ÉCOLE. — QUELQUES TRUCS.\nLe Conservatoire jouit dans le public d'un tel prestige qu'il n'est guère de\nmoyen qui ne soit mis en pratique, ni de subterfuge que Ton n'emploie, soit\npour s'y faire admettre, soit pour paraître y avoir appartenu. Son titre est\nrecherché de la plupart des écoles de musique privées ou subventionnées par\nl'État et les départements, dont les programmes, le but et le niveau d'études\nn'ont qu'un rapport très relatif avec les siens. D'ardentes compétitions s'élèvent\nlorsqu'il se produit des vacances dans son personnel enseignant ; nombre d ar-\ntistes, chanteurs, virtuoses ou professeurs recourent sans scrupule à de\nregrettables supercheries pour s'attribuer, par des formules équivoques, une\nqualité qui semble les y rattacher, bien qu'en réalité ils n'en possèdent point ;\nenfin, des aspirants ne remplissant pas les .conditions d'âge n'hésitent point\nàse livrer parfois à de coupables manœuvres pour s'y faire recevoir.\nC'est donc que, malgré des critiques violentes et un dénigrement systéma-\ntique de la part de quelques-uns, la décadence de l'institution n'est pas telle\nque certains se plaisent à le dire, et qu'il y a honneur et profit moral à en faire\nou à en avoir fait partie. Cet hommage indirect est flatteur assurément pour\nceux qui peuvent se prévaloir d'une qualité dûment acquise, mais ont-ils lieu\nde se montrer satisfaits de cette concurrence déloyale ? Évidemment non,\nparce que, le plus souvent, écoles, artistes ou professeurs, se réclamant fausse-\nment du Conservatoire, ne sont pas de premier ordre, et que parfois ils don-\nnent aux esprits clairvoyants une médiocre idée de la valeur réelle de notre\ngrand établissement national.\nC'est inexactement et dans un but intéressé que l'on a rendu le mot « Con-\nservatoire )) synonyme d' « école de musique ». Il y eut sous la Révolution le\nConservatoire du Louvre, et personnen'ignore l'existence du Conservatoire des Arts\net Métiers. Logiquement, nulle école de musique autre que le Conservatoire\nnational n'est donc fondée à s'approprier ce vocable et ce ne peut être que\npour donner à leurs établissements une importance qu'ils n'ont pas que direc-"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "314", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.2", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2381, "texte": "teurs, conseils d'administration, municipalités, etc., les décorent de ce titre impro-\nprement significatif.\nOfficiellement, aucune école en France n'est en droit de le porter. Celles\nqui sont subventionnées à la fois par les villes' et par l'État se divisent en\ndeux catégories. Les unes sont appelées « succursales du Conservatoire »,\nquoique en fait elles ne soient nullement rattachées à l'établissement de Paris ;\non nomme les autres (( écoles nationales ».\nQuant aux artistes ou professeurs qui, n'ayant jamais fait partie des classes\ndu Conservatoire ou n'y ayant obtenu aucune récompense, s'inscrivent impu-\ndemment sur leurs cartes, programmes, prospectus, annonces, affiches de cours\nou de concerts, etc., soit comme élèves, soit comme lauréats, ils sont assez nom-\nbreux. Ceux qui n'hésitent pas à se présenter indûment comme titulaires d'une\nrécompense supérieure à celle qu'ils ont réellement remportée ne sont pas\nrares non plus. Ils convertissent facilement une médaille de piano préparatoire\nou de violon préparatoire en prix de piano ou de violon, bien que les classes\npréparatoires soient d'ordre inférieur.\nLes rédactions les plus bizarres sont imaginées par ceux qui, éprouvant quel-\nque scrupule, veulent mettre leur conscience en repos, ou se prémunir prudem-\nment contre des protestations ou des poursuites judiciaires, mais n'en cherchent\npas moins à se faire prendre pour des anciens élèves ou lauréats du Conserva-\ntoire, afin de profiter des avantages que peuvent procurer ces qualités. La série\nen est curieuse. Ainsi on peut voir, pas très loin du faubourg Poissonnière, un\nécusson ainsi disposé :\nLEÇONS DE SOLFÈGE ET DE PIANO\npar une dame élève d'an\nPREMIER PRIX DU CONSERVATOIRE\nces derniers mots naturellement peints en lettres énormes. On trouve aussi des\nannonces dans ce goût :\nCOURS PRÉPARATOIRES AUX EXAMENS DU CONSERVATOIRE\npar M. X...\nProfesseur de piano\nPREMIER PRIX.\nLa bonne foi se combine ici avec l'ambiguïté. Premier prix de quoi et d'où ?\nDe l'école primaire ?\nUn autre rédige sa carte de la façon suivante :\nM. A...\nAccompagnateur de M. X.\nPROFESSEUR AU CONSERVATOIRE\nCette qualité étant imprimée sur une ligne distincte en caractères bien sail-\nlants, il y a dix chances contre une pour qu'on l'applique au titulaire de la\ncarte, qui, en réalité, accompagne non au Conservatoire mais à l'un des"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "315", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.3", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 3299, "texte": "cours particuliers dudit professeur. Celui-là, qui prit peut-être deux ou trois\nleçons avec le maître, pompeusement en ces termes :\nM. W...\nElève de Raoul Pugno,\nPROFESSEUR AU CONSERVATOIRE\nToujours l'équivoque et la confusion. Que vient faire ici la qualité du célèbre\nvirtuose ? Ces procédés, dont quelques-uns sont franchement indélicats, pro-\nvoquent des réclamations justifiées de la part des véritables lauréats, qui vont\njusqu'à se plaindre parfois de n'être pas protégés à cet égard par l'autorité\nsupérieure.\nIl est pénible de constater qu'il existe des candidats heureusement peu\nnombreux qui, en vue de satisfaire leur ambition ou leur passion pour la\ncarrière artistique, commettent des actes répréhensibles, même délictueux. Trop\nâgés pour être admissibles, ils falsifient leur acte de naissance ou empruntent\ncelui d'une autre personne : frère, sœur, cousin ou ami, qu'ils déposent comme\nétant le leur, grâce à la faculté qu'ont les élèves se destinant au théâtre de pren-\ndre un pseudonyme : ils déclarent comme tel le nom véritable et ne font ainsi\nqu'une apparence de changement. Ce qui est désespérant, c'est que ces candi-\ndats trouvent la complicité de leurs parents ou de personnes majeures qui\ns'imaginent agir le plus innocemment du monde. On les surprend fort lors-\nqu'on leur révèle la gravité de l'acte dont ils se rendent coupables et des consé-\nquences judiciaires qui en découlent. La perspective des tribunaux ne les émeut\npoint, et c'est très cyniquement que quelques-uns, malgré l'avis qui leur est\ndonné des pénalités encourues, signent une déclaration attestant l'authenticité\nde l'acte présenté ou la non-substitution d'acte. Ils persistent malgré tout dans\nleurs allégations, soutenus par cette singulière excuse : « Bien d'autres l'ont déjà\nfait, cest de tradition courante. » Et en vérité, plusieurs s'en vantent et le con-\nseillent ouvertement à qui veut les écouter.\nTelle est malheureusement la mentalité de certains individus et l'aberration\nqui s'établit chez ceux que fascine le Conservatoire. Il va sans dire que\nl'administration prend les mesures nécessaires pour déjouer les stratagèmes\net que plus d'un fraudeur s'est vu exclure impitoyablement des concours d'ad-\nmission. On doit s'en féliciter autant pour la justice et la loyauté, que dans\nl'intérêt des candidats qui, se trouvant dans les conditions requises, seraient\névincés par la réception de tout sujet ayant dépassé l'âge réglementaire qui\nréussirait à le dissimuler.\nBien peu, parmi ces derniers, ont songé que la rigueur même du code pénal\nleur assurait l'impunité ; en effet, ils n'encouraient pas moins que les travaux\nforcés, puisqu'ils pouvaient être inculpés de faux, usage de faux ou substitution\nde personnes. La disproportion entre la faute et les peines édictées faisait\nhésiter le parquet, et il en résultait que l'on ne poursuivait pas ou que le\ntribunal acquittait. On l'a vu dans plusieurs cas de substitution de personnes\net fausses déclarations, à l'occasion des examens du baccalauréat. Mais l'abus\nse propageant, la loi du 23 décembre 1901, pour la répression des fraudes dans\nles examens et concours publics, en caractérisant les délits et en atténuant les\npénalités primitives, a donné les moyens de poursuivre efficacement les cou-"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "316", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.4", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 3503, "texte": "pables. Elle a toute chance de faire cesser un état de choses qui non seulement\nrévolte toute conscience honnête, mais qui, répétons-le, est préjudiciable à des\ncandidats auxquels l'entrée de l'Ecole peut se trouver refusée, faute d'un\nnombre suffisant de places vacantes, le chiffre maximum étant strictement\nlimité.\nII - VRAI CARACTÈRE DU CONSERVATOIRE. CONCOURS D'ENTRÉE.\nLe Conservatoire est généralement considéré dans la masse comme une école\nprofessionnelle quelconque. Il semble que 1 on puisse entrer dans la carrière\nartistique comme Ton choisirait une profession manuelle, sans qu'il soit besoin\nd'une préparation technique ou d'aptitudes artistiques. Le Conservatoire est une\nécole d'enseignement supérieur dans laquelle on n'est admis qu'après avoir fait\npreuve de connaissances techniques dont le degré s'accroît sans cesse avec la\nvaleur artistique des postulants.\nEn effet, la diffusion que cet établissement a opérée depuis sa création en\nproduisant quantité de professeurs expérimentés a contribué à élever le niveau\ndes études dans l'enseignement privé. Dans l'espace dun siècle, la musique a\nénormément progressé, et le Conservatoire peut revendiquer une large part\ndans le mouvement. Il s'est acquis une juste renommée et a amplement justifié\nles espérances de ses fondateurs. A l'origine, et pendant un assez long temps,\non dut accueillir plus facilement ceux qui s'y présentaient, pourvu qu'ils possé-\ndassent quelques aptitudes ou quelques connaissances sommaires. On manquait\nd'artistes ; il fallait en former. Mais, à mesure qu'ils progressaient en nombre\net en talent, l'on devint plus sévère ; aujourd'hui, en présence de la multiplicité\ndes aspirants et des qualités qu'ils possèdent en général, il arrive presque dans\ncertaines branches d'études qu'ils doivent être à peu près en état de quitter\nl'Ecole pour pouvoir y être admis.\nLa gratuité et la supériorité de l'enseignement, la limitation du nombre\nd'élèves, la quantité d'aspirants ont fait instituer le concours pour l'entrée. C'est\ndonc au mieux doué ou au plus heureux dans les épreuves d'admissibilité que le >\nplaces d'élèves sont réservées. Les postulants augmentant sans cesse, il a fallu,\ndans leur intérêt, apporter une modération à l'excès qui se manifestait dans quel-\nques spécialités. On a cru y parvenir en abaissant la limite d'âge. On n'a réussi\nqu'à restreindre l'accroissement qui se serait fatalement produit avec le temps et\nle maintien du statu quo, mais on n'a pas sensiblement diminué le nombre des\naspirants : ils se présentent plus jeunes, voilà tout. Afin d'écarter ceux qui se\ncroient une vocation pour le théâtre parce qu'ils ont récité quelques fables, parti-\ncipé à un dialogue ou joué dans une comédie de distribution de prix à l'école\nprimaire ou à la pension, on a imposé un programme d'oeuvres qui précise la\nnature de l'enseignement donné au Conservatoire et un âge minimum La me-\nsure n'était pas inutile, car certains aspirants faisaient entendre au jury d'ad-\nmission des pièces parfois grotesques et sans rapport avec l'art dramatique, des\nmonologues gais, tel te Sous-Préfet aux champs, des romances de société ou des\nchansons montmartroises, comme les Petits Pavés, insuffisantes sans conteste à\nrévéler les dons d'un Talma ou d'un Nourrit. Néanmoins, il se trouve encore des\naspirants assez simples pour débiter le rôle de tous les personnages de la comé-\ndie ou de la tragédie qu'ils ont choisie. Ces excentricités témoignent de l'igno-"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "317", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.5", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 3773, "texte": "rance et de l'absence de préparation des candidats. Elles ne peuvent se produire\ndans les classes instrumentales.\nMalgré les obstacles apportés par les règlements et programmes, le nombre\nd'aspirants n'a pas cessé de croître dans des proportions assez sensibles. De 280\nqu'il était en 1851 pour l'ensemble des classes auxquelles l'admission a lieu par\nvoie de concours, le total est passé à 310 en 1861 ; puis, en 1871, il était de 461.\nEn 1881, il s'éleva à 753, pour atteindre 903 en 1891, et arriver à 968 en 1902.\nCette augmentation n'a pas été sans compliquer la tâche des divers jurys et du\npersonnel administratif. Il y a seulement une quinzaine d'années, en l'absence\nde réglementation spéciale, les formalités étaient réduites au minimum : il suf-\nfisait, pour se faire inscrire, de déposer un acte de naissance et un certificat de\nvaccination. Il n'y avait aucune formule à remplir, aucune liste d'oeuvres à pro-\nposer pour l'audition d'après un programme défini. Les demandes d'inscriptions\nétaient reçues même pendant la séance. Cette façon sommaire de procéder, pour\nexpéditive qu'elle était, offrait divers inconvénients. Les fraudes étaient plus dif-\nficiles à dévoiler, les aspirants nullement préparés allongeaient inutilement les\nlistes et occupaient en pure perte les instants du jury. On ne savait pas à\nl'avance, et assez tôt pour la fixation du nombre et de la durée des séances d'au-\ndition, combien d'aspirants devaient se présenter; et ceux-ci avaient quelques\nraisons de ne point se hâter. Etant appelés devant le jury dans l'ordre d'inscrip-\ntion, ils attendaient jusqu'aux derniers jours pour faire, leur déclaration de can-\ndidature les chanteuses et les comédiennes surtout de manière à être en-\ntendus en fin de séance, afin d'attirer davantage l'attention à la lumière du gaz,\npropice à la mise en valeur de leur savant maquillage.\nIl n'en va plus de même aujourd'hui.\nUn délai est rigoureusement imparti pour la clôture des inscriptions, à l'issue\nduquel les scènes et morceaux proposés sont vérifiés, les demandes et actes soi-\ngneusement examinés et classés par ordre alphabétique, la liste générale des as-\npirants établie après que le sort a déterminé la lettre par laquelle l'audition doit\ncommencer, les convocations individuelles adressées aux aspirants répartis en\nautant de séances que leur nombre le comporte, etc., de sorte que nul. n'a plus\nd'intérêt à différer son inscription jusqu'au dernier moment.\nLes concours d'admission, au nombre de huit, occupent généralement seize\nséances qui ont lieu annuellement dans la période comprise entre le 15 octobre et\nle 15 novembre. Cette périodicité, la limitation du chiffre d'élèves à un total rela-\ntivement restreint, les conditions d'âge et du programme, la durée maximum des\nétudes, la gratuité delà scolarité, etc., ne laissent pas de surprendre les étrangers\naméricains et anglais accoutumés àse présenter dans leurs écoles à toute\népoque de l'année et pour le temps qu'il leur convient de fixer. Beaucoup, sinon\ntous, s'imaginent que le Conservatoire de Paris est organisé comme les écoles de\nmusique du Nouveau-Monde et d'Allemagne, voire d'Angleterre, qui sont des in-\nstitutions particulières accessibles sans conditions administratives à quiconque est\nen état de payer le prix des leçons. Avons-nous besoin de rappeler qu'il y a quel-\nques années, un de ces établissements ne comptait pas moins de 500 élèves de\npiano, dont 368 femmes? Aussi sont-ils stupéfaits lorsqu'ils apprennent que le\nConservatoire national de Paris est entièrement entretenu par le gouvernement\net qu'il n'en coûte rien aux élèves pour leur instruction, quelle que.soit leur natio-\nnalité, et que même des subsides sont accordés à quelques-uns. Ils s'expliquent"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "318", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.6", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 3615, "texte": "alors les règles étroites qui leur ferment l'accès de l'école et s'en vont, déçus,\npasser à Leipzig, à Berlin ou à Vienne, les quelques mois pendant lesquels ils\ncomptaient s'initier aux saines traditions de l'art français. Cela est regrettable à\nun certain point de vue, mais le caractère du Conservatoire ne se prête pas à\nde telles pratiques. Ce n'est pas une exploitation au profit de l'Etat.\nCe sont les classes préparant à la scène dramatique et lyrique qui attirent le\nplus d'aspirants. Est-ce le prestige qu'exerce le théâtre qui en est la cause dé-\nterminante ? Est-ce la réussite exceptionnelle de quelques chanteurs et comé-\n'diens > Est-ce parce que cette carrière semble plus accessible à leurs moyens ?\nEst-ce qu'ils attendent le succès d'un hasard heureux ou s'illusionnent sur leur\nvaleur, s'exagèrent-ils les dons qu'ils croient avoir reçus de la nature ? On ne\nsaurait dire exactement auquel de ces mobiles ils obéissent. Çe qui est patent,\nc'est qu'au début de l'année scolaire qui s'achève, 224 candidats, hommes et\nfemmes, se firent inscrire pour la déclamation dramatique, alors qu'on n'en\ncomptait que 174 il y a vingt ans, et seulement 80 dix ans auparavant. Ainsi plus\nde deux cents candidats se disputèrent une quinzaine de places !\nPour le chant, il s'en présenta 227 les femmes étant sensiblement plus\nnombreuses que les hommes, chiffre à peu près égal à ceux de 1882 et de\n1892, mais de beaucoup supérieur à celui de l'année 1872 (185).\nOn trouve encore un nombre assez élevé d'aspirantes pianistes (192), bien\nqu'il y ait une importante diminution sur 1 année 1889, qui n'en comprenait pas\nmoins de 238. En 1881, elles étaient 223.\nLes violonistes furent 166. On en compta entre 102 et 148 dans la période\n1891-1900 ; antérieurement, en 1882, il ne s'en trouva que 88. Il est à remarquer\nque les jeunes filles maniant l'archet deviennent de plus en plus nombreuses, au\ndétriment du recrutement des orchestres. L'engouement qu'elles manifestent\npour le violon provient sans contredit de l'excès qui s'est produit dans le nombre\ndes adeptes du piano.\nDans cette quantité d'aspirants, la province n'entre que pour un faible contin-\ngent. Le département de la Seine, où la population est très dense et où les\nmoyens de préparation abondent, produit à lui seul plus des trois quarts de la\ntotalité des aspirants.\nCombien parmi ces futurs artistes réussissent à forcer les portes du Conser-\nvatoire ? Le nombre des places est strictement limité. Le chiffre en est variable\net subordonné aux vacances, qui se produisent inégalement, selon les années. La\nmoyenne pour la dernière période décennale a été au total de 165. En 1902, les\ndivers concours n'ont donné lieu qu'à 146 admissions (81 hommes et 65 femmes),\nainsi réparties : déclamation dramatique, 22 ; chant, 39 ; piano, 17 ; piano pré-\nparatoire3 14 ; violon, 12 ; violon préparatoire, 4, etc., etc. A ces chiffres s'ajoutent\nceux des classes de solfège, d'harmonie, d'accompagnement au piano, d'orgue\net de composition, produisant de 40 à 50 admissions.\nLa population scolaire est donc pour la présente année 1902-1903 de 630\nélèves : 344 hommes, 286 femmes. Depuis 1857, elle a toujours été supérieure à\n600 ; elle passa en 1879 à 710, et à 735 en 1885. Les mesures prises en 1894 ont\nsagement mis un frein à l'élévation constante du nombre d'élèves dans chaque\nclasse, et il importe peu que la statistique fournisse des effectifs inférieurs aux\nanciens. Il y avait trop d'élèves, étant donné le nombre des classes.\nEn réalité, le Conservatoire est fréquenté par un plus grand nombre de sujets."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "319", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.7", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 3308, "texte": "En sus des élèves titulaires, on admet des auditeurs inscrits, en petite quantité,\net quelques-uns sont autorisés à assister à diverses classes pour une période lir\nmitée, dont il n'est pas fait état dans le décompte ci-dessus.\nD'ailleurs, les locaux, insuffisants en nombre et en superficie, ne permettent\npas d'étendre cette faveur outre mesure. Nul n'ignore aujourd'hui les conditions\ndéplorables d'exiguïté de l'installation du Conservatoire, où, au mépris des lois\nde l'hygiène, trop d'élèves sont réunis, dans des classes ne fournissant ni la\nlumière ni le cube d'air indispensables. Vainement les rapporteurs du budget\nont signalé ce fâcheux état de choses, vainement la tribune du Parlement a-t-elle\nretenti à maintes reprises des justes doléances de l'administration, les projets\ndemeurent lettre morte et la reconstruction réclamée depuis plus de vingt-cinq\nans ne se décide point.\nIII. — LE BUDGET DU CONSERVATOIRE.\nLe budget du Conservatoire s'élève à 256.700 francs, dont 193.200 pour le\npersonnel administratif et enseignant et les gens de service, formant un total de\ncent parties prenantes.\nSur cette somme que revient-il à chacun des 83 professeurs et accompagnateurs\ndes 81 classes en exercice ? Une maigre indemnité variable et éventuelle pour une\ndouzaine, un minimum de 600 francs et un maximum de 2.400 francs pour les\nautres, un traitement de 3.000 francs étant réservé aux professeurs d'histoire et\nde composition. Alors que tous les professeurs de l'Ecole nationale des Beaux-\nArts reçoivent 4.000 francs d'appointements, unMarmontel, un Le Couppey, un\nMassart, unDelsart, un Regnier, un Monrose, un Got, un Barbot, un Bussine,\nunßax, un Benjamin Godard ne peut prétendre au Conservatoire qu'à un maxi-\nmum de 2.400 francs après plus de dix ans de service ! Encore n'est-il pas assuré\nd'y parvenir dans un délai normal. Les avancements ne se font qu'au fur et à\nmesure des extinctions ; de plus, des créations de classes effectuées depuis 1894\nsans augmentation de crédit sont absorbés des sommes q.ui auraient permis de\nsatisfaire en temps opportun à des droits acquis ; il en résulte qu'un certain\nnombre de mutations restent en souffrance, faute de fonds disponibles, pendant\nune période plus ou moins longue.\nLa situation des professeurs dans la plus grande école de musique est donc\nfort peu avantageuse et bien au-dessous de ce que l'on pouvait s'imaginer. Mal-\ngré tout, leur zèle, leur dévouement ne s'en ressentent point : les résultats sont là\npour l'attester.\nUne somme de 63.500 francs est affectée aux dépenses du matériel, sur laquelle\n24.000 francs sont distribués en pensions et encouragements aux élèves de chant\net de déclamation dramatique Près de 4.000 francs sont, en outre, consacrés à\nl'acquisition des médailles en argent et en bronze, diplômes et palmarès délivrés\naux lauréats. Les autres dépenses occasionnées par les concours, exercices et\ndistribution de prix,consistant en copie et achat de musique, billets, programmes,\nautographies, service d'ordre et de sûreté par les gardiens de la paix et sapeurs-\npompiers, etc., ne demandent pas moins de 3.500 francs.\nLes frais d'achat et de copie de musique, de matériel, d'entretien, d'accord et\nde réparation des instruments de musique et du mobilier pour le service des"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "320", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.8", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 3350, "texte": "classes s'élèvent en moyenne à 6.000 francs. Le chauffage et l'éclairage nécessi-\ntent environ 13.500 francs.\nLes charges qui ne profitent en rien à l'enseignement : taxe de balayage, curage\nd'égout, vidanges, droits d'usage pour les fils téléphoniques , télégraphiques et\navertisseurs d'incendie, eaux de source, menues réparations, etc., sont assez\nlourdes et absorbent à peu près 3.600 francs, auxquels s'ajoutent environ\n1.500 fr. pour l'habillement des gardiens et des concierges.\nEnfin, la bibliothèque et le musée doivent se suffire avec 7.000 francs, somme\nréellement insuffisante lorsqu'il s'agit d'acquérir des ouvrages anciens ou des\npièces de valeur.\nÇe n'est donc qu'avec beaucoup de circonspection et d'économie, et en échelon-\nnant les dépenses sur plusieurs années, que l'on parvient à faire face, avec des res-\nsources invariables, à des dépenses essentiellement mobiles et souvent imprévues.\nIV. — LES ETUDES.\nC'est une vérité qu'il devrait être superflu d'exprimer, qu'en matière d'ensei-\ngnement artistique il ne saurait y avoir de programme d'études absolu, s'appli-\nquant à tous les élèves sans distinction pendant un temps rigoureusement déter-\nminé. 11 n'y a donc point au Conservatoire, comme dans les lycées, écoles primai-\nres ou grandes écoles spéciales, une division du travail uniformément réglée.\nLa plus grande latitude est laissée aux professeurs quant aux moyens ; le but\nimporte seul. Et comment pourrait-il en être autrement avec la diversité de\nnature et de tempérament des différents élèves ? Certes, il y a une doctrine, des\ntraditions, un ensemble d'exercices techniques qui forment la base de l'ensei-\ngnement ; mais chaque élève y est initié suivant ses aptitudes, son degré d'in-\ntelligence, la rapidité de ses progrès, la caractéristique de son talent, etc.\n11 convient par conséquent d'envisager non pas les systèmes, mais les résul-\ntats. Or ils sont des plus satisfaisants dans la majeure partie des branches d'é-\ntudes. On les apprécie lors des concours de fin d'année.\nCe mode de jugement amène forcément une épreuve identique pour tous les\nélèves, et l'on peut, non sans raison parfois, le critiquer pour ses aléas; mais\ncomment procéder ? Faut il, comme dans certains Conservatoires étrangers ou\ndans les facultés, instituer des examens généraux et délivrer des brevets ou di-\nplômes d'études ou de-capacité? 11 n'est pas certain que l'on y gagnerait. Un\nbrevet assurera-t-il la réputation d'un artiste plus qu'un premier prix ? Que le\nprincipe soit bon ou mauvais, le concours entré dans les mœurs n'est pas près\nde disparaître.\nVoyons comment il se pratique au Conservatoire.\nL'étude du solfège a été portée à un haut degré. Il semble, a priori, qu'on ne\ns'occupe dans ces classes que des rudiments de la musique et que ce soit là un\nenseignement d'importance accessoire, auquel on n'accorde que le minimum de\ntemps. En réalité, on y pousse le travail jusqu'à la minutie. Par leur zèle, par\nune émulation constante, les élèves en général sont parvenus à un degré de force\nqui fait l'étonnement des plus prévenus. En vain accumule-t-on les difficultés,\nles subtilités, on n'arrive pas à les prendre en défaut ! Chaque complication nou-\nvelle ne fait qu'accroître la somme de travail.\nLe concours comprend trois épreuves : dictée musicale, théorie, lecture. Les"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "321", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.9", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 74, "texte": "DICTÉE MUSICALE. (Concours de 1902.)"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "322", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.10", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 3787, "texte": "deux premières ont lieu simultanément. Tous les élèves étant réunis dans la\ngrande salle— à distance raisonnable les uns des autres pour empêcher toute\ncommunication, —une mélodie résumant les principales difficultés rythmiques et\nd'intonations est vocalisée ou jouée tout entière sur l'orgue. Cette exécution\nininterrompue a pour but de permettre aux élèves de se rendre compte de l'en-\nsemble, mesure, figures, modalité, etc. Ensuite le texte mélodique est détaillé\npar fragments de deux mesures exécutées de la façon suivante. Le premier frag-\nment est dit une fois ; puis, après un court silence, il est repris une deuxième\nfois; puis, après un nouvel intervalle, il est répété une troisième fois et immé-\ndiatement suivi du fragment venant ensuite ; ce fragment est exécuté à nou-\nveau une deuxième fois, et à la troisième, on enchaîne le troisième fragment,\net ainsi de suite jusqu'à la fin. Lorsque tout est ainsi terminé, on fait entendre\nune dernière fois, sans interruption, le texte entier pour que les concurrents\npuissent revoir leur copie et en corriger les défectuosité. Quelques instants\naprès, leur travail est recueilli pour être soumis au jury. On verra par le fac-\nsimilé ci-dessus quels résultats on obtient avec des enfants de dix à quinze\nans. La copie reproduite ci-dessus a été écrite au concours de 1902 par une\nélève de douze ans, Mlle Blum-Picarcl. Onze premières médailles, douze\ndeuxièmes et douze troisièmes furent décernées aux jeunes filles à ce concours;\nil ne s'agit donc pas, on le voit, de cas exceptionnels. L'épreuve de dictée a été\n*\ninstituée en 1872 par Ambroise Thomas, et la collection des textes imposés aux\nexamens et concours en a été publiée en 1900 (1).\nAprès la dictée vient la théorie musicale. Trois questions sont posées. Voici\ncelles du concours des classes d'instrumentistes femmes en 1902 :\ni° Quelle distance y a-t-il entre fa double bémol et fa double dièse ?\n20 Combien la mesure à 12/2 contient-elle de quadruples croches en triolets ?\n30 Par combien d'altérations diffèrent deux tons à distance d'un demi-ton chro-\nmatique ?\nCes deux épreuves écrites sont éliminatoires, et quiconque ne les a pas trai-\ntées d'une façon satisfaisante n'est pas admis à la lecture. Or, à certains con-\ncours, réunissant jusqu'à 71 élèves, aucun ne fut exclu de l'épreuve décisive.\nElle consiste en une leçon d'environ soixante mesures, à plusieurs mouvements,\net écrite avec les sept clefs : sol 2e ligne ; ut ire, 2e, 30 et 4e ligne; fa, 3e et\n4e ligne, qu'il s'agit de déchiffrer à première vue et avec le sentiment musical\nqui lui convient. Par le texte reproduit ci-après, imposé au concours de 1902\net dû à M. Théodore Dubois, on jugera de la promptitude de coup d'oeil et de la\nsûreté d'intonation qu'il faut posséder pour réussir. Difficultés rythmiques, alté-\nrations, multiplicité des clefs, etc., sont largement prodiguées. Elles ne sont pas\ninsurmontables, mais Ton reconnaîtra qu'elles nécessitent une préparation\nspéciale, un travail soutenu et singulièrement intensif qui ne s'effectue guère\ndans ces conditions qu'au Conservatoire. En parcourant les recueils de leçons\ncomposées par Cherubini et Auber et en les comparant avec ceux d'Ambroise\nThomas et de M. Th. Dubois, on se rendra compte du progrès accompli (2).\n\n(1) Dictées musicales du Conservatoire... par A. Thomas et A. Lavignac, Paris, Heugel et Cie.\n(2) Leçons de solfège à changements de clefs, etc., Paris, Heugel et Cie. Il convient de noter\nque, pour les classes de solfège des chanteurs, les textes sont singulièrement simplifiés, et qu'il\nn'est pas fait usage des sept clés pour la lecture. Quoique de dénomination semblable, les récom-\npenses des classes d'instrumentistes et de chanteurs ne comportent aucune assimilation."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "324", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.12", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1965, "texte": "Le concours d'harmonie a lieu en loge. Chaque concurrent est enfermé, un\ndimanche de juin ou de juillet, à six heures du matin, dans une des classes, où\nil reste seul jusqu'à ce que son travail soit terminé, et au plus tard jusqu'à\nminuit. Il ne doit aucunement communiquer avec le dehors ni avec les autres\nconcurrents ; toute correspondance est proscrite, et l'on veille à ce que nul\nrenseignement ne soit transmis par les garçons de restaurant au moment des\nrepas, qui se prennent dans la loge même de l'élève.\nA son arrivée, il reçoit le texte de la composition imposée : une basse et un\nchant, d'environ 40 mesures. Son travail consiste à écrire, dans le cours de la\nséance, les trois parties complétant le texte remis, sans faire usage de notes,\nexemples, traités, piano, etc.\nCette opération peut sembler aisée ; elle est en réalité assez compliquée. Elle\nexige une préparation de plusieurs années, une connaissance profonde des\nnombreuses règles qui constituent la science harmonique, une grande pratique,\nune écriture élégante et correcte ; en un mot, l'ensemble doit être intéressant\nmusicalement. A titre d'exemple, nous reproduisons les deux leçons présentées\nau concours de 1902 par Ml,e de Orelly, qui obtint le premier prix.\nAu nombre des harmonistes qui ont remporté le premier prix dans le cours\ndu siècle, il faut citer Kalkbrenner, Zimmermann, Pasdeloup, Benoist, Leborne,\nCaspers, A. Lhote, Borelli, O. Métra, Colonne, Taudou, T. Génin, Alary,\nKarren, Marty, Rouher, Savard, Honnoré, A. Magnard, Bouval, Silver, Delà-\nfosse, Caussade, d'Ollone, Gallon, Domerg, Ladmirault, Motte-Lacroix. Du\ncôté des femmes on remarque depuis l'année 1879 Mlles Sorbier, Bonis, Chré-\ntien, Lange, Lefrançois, Vernaut (Mme Renart), d'Obigny de Perrière, Prestat,\nGonthier, Jaeger, (Jossic), Depecker, Riwinach, Barat (Marcou), Duroziez,\nGot (Roy). Markreich, Thouvenel, Laville, C. Campagna, L. Lhote, Chené,\nL. Jaffroy, etc."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "327", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.15", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1878, "texte": "Pour le concours d'harmonie, l'élève a tout le loisir de méditer son sujet, de\nréfléchir aux multiples combinaisons dont il est susceptible. Il en va tout autre-\nment pour les épreuves du concours d'accompagnement au piano, auxquelles on\nne peut d'ailleurs participer qu'après avoir concouru pour l'harmonie écrite.\nC'est séance tenante, instantanément, qu'il faut exécuter les épreuves imposées.\nUne basse au-dessus de laquelle sont placés les chiffres indiquant la nature des\naccords constitutifs de l'harmonie doit être réalisée sur le clavier après un rapide\ncoup d'oeil d'ensemble. Pour le chant donné, l'élève doit trouver dans les\nmêmes conditions la basse et les parties intermédiaires, en ayant soin que son\naccompagnement soit intéressant et varié. La réduction au piano de la grande\npartition d'orchestre est une opération délicate, tant par son instantanéité, que\npar la nécessité d'extraire à première vue de la multiplicité des parties instru-\nmentales les parties essentielles de l'oeuvre, souvent écrites dans des tonalités\ndifférentes, suivant la nature des instruments transpositeurs employés. Il s'agit\nde donner une idée du morceau, d'en souligner les passages caractéristiques ou\nd'accompagner les voix. C'est un art dans lequel brillèrent plusieurs des lau-\nréats du Conservatoire, entre autres Le Couppey, Le Carpentier, A Thomas,\nBazin, Batiste, Ch. Colin, Th. Dubois, Fissot, Danhauser, L. Delahaye, etc.\nAujourd hui, les partitions d'ouvrages dramatiques sont presque toutes publiées\nen réductions pour le piano ; moins qu'autrefois cette étude trouve son applica-\ntion, mais elle est indispensable pour le répertoire ancien; elle a, en outre,\nl'avantage de former des musiciens exercés.\nEn dehors du morceau d exécution: fugue, choral, fantaisie, etc., qui est étudié\net dans lequel l'exécutant peut faire briller sa virtuosité ou l'ingéniosité de ses"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "328", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.16", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 3418, "texte": "combinaisons de jeux, les diverses épreuves du concours d'orgue'doivent être\ninstantanément réalisées comme celles de la classe d'accompagnement au piano ;\nelles en diffèrent par la nature. L'harmonisation du plain-chant dont la partie\nprincipale est placée tantôt à la basse, tantôt dans une partie intermédiaire,\ntantôt à la partie supérieure, se fait suivant des règles assez spécieuses, sur un\ntexte emprunté à la liturgie. Vient ensuite l'improvisation d'une fugue sur un\nsujet donné de quelques mesures. Cette épreuve demande une grande promp\ntitude dans la conception des différents éléments qui doivent entrer dans la\ncomposition de ce genre de morceau. Les règles sont peut-être moins rigou-\nreuses que dans la fugue écrite, mais l'ordonnance générale doit présenter une\ndisposition cote et un plan logique\nL improvisation se fait aussi sur un sujet libre ou moderne qui n'a rien de la\nrigoureuse sévérité de la fugue. L'organiste peut donner libre carrière à son\nimagination en le développant, en l'enrichissant et en le variant de façon à\nproduire une composition intéressante, tout en restant dans le caractère du\nsujet donné.\nQuatre maîtres se sont succédé dans l'enseignement de l'orgue depuis 1818 :\nBenoist, César Franck, Widor et Guilmant. Ils ont eu pour élèves des artistes\ndont plusieurs se sont illustrés : Fessy, Lefébure, Bazin, Renaud de Vilbac,\nBazille, Saint-Saëns, J. Cohen, G. Bizet, Grisy, A. Deslandres, Th. Dubois,\nFissot, Chauvet, Salvayre, R. Pugno, P. Wachs, S. Rousseau, Dallier,\nChapuis, Pierné, Marty, Vierne, etc ,et parmi les femmes, Mlles Rousseau,\nLetourneur et Ilervy (1827-36), Lorotte (1854), Boulay (1888), Prestat (1890), etc.\nQuoique le concours de composition musicale pour le prix de Rome soit\nouvert à tous les musiciens sans distinction d'Ecoles, on n'y voit guère prendre\npart et y réussir que des élèves du Conservatoire. Ce concours, organisé par\nl'lnstitut de France, portant sur la composition proprement dite et l'orchestra-\ntion, le Conservatoire consacre l'épreuve de fin d'année scolaire au contrepoint\net à la fugue.\nTandis que l'harmonie traite de l'enchaînement des accords, ou agrégations\nde sons simultanés, la science du contrepoint consiste dans la marche de parties\nmélodiques écrites note contre note (point contre point), sans qu'on ait à tenir\ncompte des accords, mais seulement du rapport des intervalles des sons suivant\nleur distance\nL'étude et la pratique du contrepoint procurent une grande souplesse de main\net de grandes facilités d'écriture, tout en préparant à la connaissance de la fugue,\nqui en est le complément indispensable. Le mot fugue (tiré de fuga) signifie\nfuite ; il caractérise bien ce genre de composition dans lequel toutes les parties\nsemblent successivement se fuir.\nUn thème, appelé sujet de fugue, comprenant environ quatre mesures (A), est\nfourni aux concurrents, qui sont mis en loge un dimanche, dans les mêmes con-\nditions que les harmonistes et pour une même durée de 18 heures. Avec ce court\nfragment, ils doivent écrire, suivant des règles très rigoureuses et nombreuses,\nune composition dont le développement comportant une exposition, des diver-\ntissements, des strettos, etc., dépasse parfois cent mesures. Sans entrer dans\nl'analyse de ce genre d'oeuvre, rappelons que le sujet doit être successivement\nexposé dans deux des quatre parties dont se compose une fugue vocale"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "329", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.17", "debut_caractere": 47, "fin_caractere_exclue": 1041, "texte": "(A, ligne I). Il est immédiatement suivi de la réponse (B, ligne II), qui en est une\nimitation ; puis vient le contre-sujet, écrit en contrepoint renversable à l'octave\nou à la quinzième (C, ligne I), accompagnant le sujet à chacune de ses entrées.\nLorsque le sujet et la réponse ont été entendus dans deux parties, ils repa-\nraissent dans les deux autres (A, ligne 111 ; B, ligne IV), tandis que des brode-\nries et divertissements variés, tirés de fragments du sujet ou du contre-sujet,\ncomplètent les autres parties (i).\nOn reprend ensuite la fugue en modulant au ton relatif, puis on arrive aux\nstrettos, dans lesquels tous les éléments de la fugue se rapprochent, se resserrent\nà intervalles de plus en plus courts (voir ier stretto :A, ligne 111 ;B, ligne IV;\n4e stretto : A. ligne I ; B, ligne IV).\n\n(i) La fugue s'écrit sur les clefs d'ut et do fa, à l'instar des leçons d'harmonie. Elles ont été\nremplacées ici par les clefs de sol, pour rendre l'exemple accessible à tous les lecteurs."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "331", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.19", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 3578, "texte": "Nombreux sont ceux qui figurent au palmarès de l'école avec le premier prix\nde fugue : Gasse, Daussoigne-Méhul, Barbereau, Elwart, Bazin, Deldevez,\nBatiste, César et Joseph Franck, H. Duvernoy, V. Massé, Maillart, Prumier,\nBazille, N. Alkan, J. Cohen, S.David, G.Bizet, Th. Dubois, A. Deslandres, Dan-\nhauser, Fissot, Diemer, Massenet, Lavignac, Taudou, Rougnon, V. de la Nux,\nT. Génin, le trésorier des concerts de Châtelet, C. Broutin, Dallier, etc. Dans la\njeune génération on remarque : P. Vidal, Pierné, Ch. René, Grandjany, Fer-\nroni, X. Leroux, Dukas, Bondon, Galeotti, Busser, Van Doren, Letorey, Roux,\nMarichelle, Caussade, Estyle, Pech, etc.\nLes femmes n'ont pas dédaigné ces études ardues, et l'on peut signaler parmi\nles premiers prix Ml,cs Renaud, qui épousa Maury, sous-chef de musique de la\ngarde républicaine ; Chrétien, Gonthier, Prestat, Jaeger (Mme Jossic), Depecker,\nBoulay, etc.\nQuelles que soient l'importance et la valeur des concours dont il vient d'être\nquestion, le public n y prête qu'une médiocre attention. Ils n'offrent rien qui\nfrappe son imagination ou qui s'impose à sa compréhension. Il ne s'intéresse\nqu aux épreuves ayant lieu en sa présence et dont il peut apprécier plus ou\nmoins justement les résultats, encore tous ne lui agréent-ils pas également.\nIl fait bon marché des séances dans lesquelles s'exercent, à qui mieux mieux,\ncontrebassistes, altistes, violoncellistes, harpistes, pianistes, joueurs d'instru-\nments à vent, etc, qui n'attirent que des spécialistes. Mais il se rue aux séances\nde chant, de déclamation lyrique et dramatique. C'est devenu affaire de mode, de\nsnobisme. On s empresse moins aux épreuves qui exigent de qui veut les com-\nprendre des connaissances techniques. Toutefois, en ce qui touche au théâtre,\nchacun s accorde une autorité pour juger, ou tout au moins désire assister à un\nspectacle gratuit, où le bon ton exige que l'on paraisse.\nAvec les concours publics, reviennent les éternelles récriminations contre les\nméthodes d enseignement, les professeurs maladroits, la pénurie de sujets de\npremier ordre, etc. Ce sont de vieux thèmes sur lesquels on trouve encore à bro-\nder sans arguments nouveaux et qui fournissent aux empiriques, aux pro-\nfesseurs repoussés, 1 occasion de célébrer leur système soi-disant infaillible ou\nde manifester leur mauvaise humeur.\nCertes tout n est pas parfait en ce qui concerne le chantet la déclamation. Mais où\nfait-on mieux ? Est-ce la faute du gouvernement,des professeurs ou des chanteurs ?\nIl est évident que les voix n'abondent pas et que, sur 80 élèves formant an-\nnuellement 1 effectif des classes, dont un quart environ se renouvelle chaque\nannée, il n en sort qu'une faible proportion arrivant à la célébrité. Avant de\ncritiquer, il serait juste pourtant d'examiner les résultats produits dans les écoles\nsimilaires. On verrait alors qu'il en est ailleurs comme ici. La nature ne pro-\ndigue pas ses dons. Les élèves sont peut-être trop pressés de cultiver un talent\nqu ils ne prennent pas le temps de porter à sa maturité. Ne suivent-ils pas des\nconseils néfastes? Possèdent-ils tous une intelligence vive et une culture musi-\ncale suffisante? Cherchent-ils enfin à profiter consciencieusement des divers ensei-\ngnements mis à leur disposition, classes principales et accessoires? Se laissent-\nils diriger et acceptent-ils docilement les préceptes qui leur sont donnés ? Sont-ils\nenfin exempts de cette présomption, de cette suffisance, de cette fatuité qui porte\nquelques-uns à considérer suffisant un travail approximatif?"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "332", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.20", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 3431, "texte": "En outre, ignore-t-on que la généralité des sujets se présente avec des défauts\nnaturels difficiles à faire disparaître ou avec de fâcheux principes presque impos-\nsibles à déraciner? Citons au hasard la mauvaise contraction de la langue faisant\nobstacle à la résonnance du palais et altérant par suite le caractère et le timbre\nde la voix ; la raideur du larynx entraînant une vibration imparfaite des cordes\nvocales, le rapprochement des amygdales et la rétractation de la luette par le res-\nserrement des piliers du voile du palais; la respiration défectueuse claviculaire\nau lieu delà respiration diaphragmatique ; le grasseyement, défaut de la langue\nproduisant une vibration gutturale désagréable à entendre et ayant l'inconvé-\nnient de diminuer l'orifice supérieur du larynx et d'étrangler les sons au pas-\nsage, etc. Il ne suffit pas au professeur de corriger les défectuosités de l'organe,\nil doit encore essayer d'inculquer ou de développer les qualités nécessaires :\npose de la voix, articulation, vocalisation, style, sentiment musical, etc. La tâche\nne laisse pas d'être délicate et laborieuse et elle exige la parfaite docilité de l'élève\net un travail soutenu.\nQuoi que bon puisse dire contre l'enseignement du Conservatoire, il peut op-\nposer à ses détracteurs une longue série de maîtres et de lauréats qui lui font\nhonneur et dont la réputation n'est pas discutable.\nParmi les premiers, on rencontre Lays, Mrae Cinti-Damoreau, Bordogni, Vau-\nthrot, Pellegrini, Galli, Masset, Garat, G. Duprez, Battaille, Bussine, Garcia,\nBax, Plantade, Banderali, Ponchard, Faure, Delle-Sedie, Mme Viardot, Barbot,\nRévial, Roger, Bonnehée, etc., dont plusieurs ont fait leurs études dans l'Ecole\net y ont obtenu le premier prix.\nLa même récompense fut remportée par Roland, Rigaut, Levasseur, Massol,\nWartel, Dérivis, Achard, Jourdan, Grignon, Chapuis, Archainbaud, Rouclil,\nMaurel, Gailhard, Bouhy, Boyer, Vergnet, Manoury, Talazac, Sellier, Lorrain,\nEscalaïs, Fournets, Delmas, Saleza, Clément, Imbart de la Tour, Beyle, etc.,\ndont le nom n'est pas tout à fait inconnu de ceux qui se sont occupés d'art dra-\nmatique.\nLes femmes tiennent une place honorable depuis Mllcs Chevalier, Ribou,\nHimm, Dorus, Falcon, Nau, Julian, Lavoye, Carvalho, Lefebvre, Barbot, Wer-\ntheimber, Cico, Daram, Bloc, Mauduit, Marie Roze, Brunet-Lafleur, Thibault,\nBilbaut-Vauchelet, Richard, Boidin-Puisais, M. Vaillant, Janvier, Merguillier,\nLureau-Escalaïs, jusqu'à Mlles Simonnet, Ribeyre, Buhl, Wyns, Lafarge,\netc., qui ont brillé sur les plus grandes scènes lyriques.\nParler de l'enseignement de la déclamation dramatique nous entraînerait dans\nune controverse aussi délicate qu'inopportune. Rappelons seulement que, de tous\nles concours, c'est celui de tragédie-comédie qui excite le plus l'engouement\net la curiosité du public. Une foule élégante, mondaine et demi-mondaine, se\npresse dans l'étroite salle. Aussi que de démarches, de sollicitations, d'intrigues,\nvoire d'expédients, pour obtenir le bienheureux coupon conférant le dignus\nintrare!\nLa séance de tragédie, qui a lieu le matin, n'attire guère que les fanatiques,\nmais celle de l'après-midi, consacrée à la comédie, fait salle comble, et si l'admi-\nnistration, obtempérant aux injonctions de la Préfecture de Police, n'y veillait\nsévèrement, ce serait un envahissement complet des couloirs et des loges, et la\ncirculation deviendrait impossible."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "333", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.21", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 3374, "texte": "La journée est une des plus longues, comme des plus décevantes et quelque-\nfois des plus bruyantes. Six classes comprenant 60 élèves fournissent une\nmoyenne de 18 à 24 concurrents. Cette année, le concours de comédie en réunira\n35, chiffre qui n'avait pas encore été atteint. Verra-t-on le nombre des lauréats\ns'augmenter proportionnellement ? Cela n'est pas probable. Il y aura les mêmes\ndésillusions, les mêmes malédictions. Et d'ailleurs seraient-ils plus nombreux,\nque les débouchés ne s'offriront pas en plus grande quantité qu'auparavant et\nqu'ils ne seront pas plus rémunérateurs. La Comédie-Française, 1 Odéon, les\nthéâtres de genre ne peuvent faire place à tous, et la province ne procure que de\nrares et maigres avantages.\nCombien de lauréats justement diplômés demeurent sans emploi ! Quels dé-\nboires les attendent et quelle situation leur est faite ! Rien ne peut mieux nous\ninstruire à cet égard que les confidences faites par Mlle B. Maufroy, premier\nprix de comédie en 1897, à Mme M. Laparcerie et que celle-ci a consignées dans\nla Pi 'esse du 22 juin dernier.\nL'enseignement de la déclamation a toujours été confié à des artistes de pre-\nmier rang, parmi lesquels on peut citer Beauvallet, Dugazon, Michelot, Provost,\nSamson, Monrose, Talma, Fleury, Worms, A. Brohan, Delaunay, Got,\nt\nRegnier, etc., la plupart élèves et lauréats de l'Ecole.\nLa tragédie a rarement fourni des premiers prix ; il y eut jusqu à douze con-\ncours consécutifs sans qu'il en fût décerné un seul Aussi n avons-nous guère à\nsignaler que Ligier, Jourdan, A. Lambert, Marquet, Leitner, de Max, Fenoux,\nMonteux. M. Silvain n'obtint qu'un second prix. Du côté des dames, citons\nMUes Rousseil, M. Colombier, Lerou, Caristie-Martel, S. Weber, Moreno, Dux,\nGrumbach, etc.\nDans la comédie on remarque les noms de Got, Ihiron, Saint-Germain,\nGrenier, Provost, Laroche, Seveste, E. Coquelin (l'aîné ne remporta que le\nsecond prix), Joumard, Le Bargy, de h éraudy, Galipaux, Duflos, Laugier, Berre,\nLeitner, Burguet, etc., et ceux de Mmes A. et M. Brohan, Denain, Lloyd, Reichen-\nberg, Croizette, Legault, Samary, Sisos, Amel, M. Durand, Marsy, Brandès,\ndu Minil, Ludwig, Bertiny, de Boncza, Lara, Desprès, Maufroy, Regnier, etc.\nOn est unanime de tous côtés pour proclamer la supériorité des classes instru-\nmentales du Conservatoire. Celles de piano et de violon comptent parmi les plus\nréputées. La liste est longue des virtuoses et des maîtres qu'elles ont produits pen-\ndant le cours du siècle dernier. Qualités de mécanisme, de sonorité, style, phrasé,\ntechnique, sentiment musical, etc., se retrouvent à des degrés divers chez les con-\ncurrents et font sans cesse croître l'émulation et rehausser le niveau des études.\nLa plume est impuissante du moins la nôtre à donner un aperçu de ce\nque peut être un de ces concours où les élèves luttent de virtuosité et de talent.\nComment distinguer et préciser entre les interprétations diverses r En jetant un\ncoup d'oeil sur la liste des morceaux de concours donnés depuis l'origine, les\nspécialistes pourront se rendre compte du degré de force exigé des concurrents (1).\nComme point de comparaison entre deux époques, nous reproduisons ci-après\nles morceaux donnés à déchiffrer à première vue à 70 ans d intervalle aux\nconcours de piano (hommes).\n\n(1 ) Voir le supplément musical de ce numéro, pages 25-27"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "334", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.22", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 3390, "texte": "Le premier date de 1833 5 il a été composé par L. Adam, père de l'auteur du\nPostillon de Long jumeau, qui exerça les fonctions de professeur de piano au\nConservatoire depuis l'an V. Voici, d'après le manuscrit autographe, le titre et la\ndistination de l'œuvre : Morceau de musique pour le piano composé exprès pour\nfaire lire à livre ouvert aux concourants de la classe des hommes pour les prix de\npiano de 1833, par L. Adam.\nCe pianiste compositeur avait alors 75 ans ; il mourut quinze ans plus tard.\nEn cette année 1833, le premier prix de piano échut à Prudent, qui acquit une\ncertaine réputation et mourut en pleine carrière à 46 ans. Pasdeloup, dont le\nnom est plus connu, non comme pianiste, mais comme fondateur des Concerts\npopulaires du Cirque d'hiver, remporta le second prix au même concours Le\nmorceau d'exécution était une sonate de Hummel.\nAutrefois, les morceaux de lecture à vue restaient inédits, ce qui permettait de\nles imposer à nouveau dans les examens et concours postérieurs. Celui de 1833\nfut donné en 1836, en 1842 et en 1852. En cette dernière année, il fut exécuté\npar G. Bizet, qui reçut le premier prix.\nLe second morceau de déchiffrage a été écrit en 1902 par M. Raoul Pugno\nPoint n'est besoin d'établir un parallèle.\nLes pianistes ayant remporté le premier prix sont légion, aussi ne pouvons-\nnous en nommer que quelques-uns : Pradher, Zimmermann, Kalkbrenner,\nHérold, Ilerz, Benoît, Le Couppey, A. Thomas, Lacombe, Marmontel, Ravina,\nC. Franck, V. Massé, Alkan, Philippot, Wienawski, Planté, J. Cohen, G. Bizet,\nFissot. Paladilhe, Guiraud, Massenet, E. Bernard, Pugno, Wormser, C. Bellai-\ngue, Pierné, Ch. René, I. Philipp, Falcke, Chansarel, Jemain, Delafosse,\nStaub, Risler, Malats, Wurmser, Lemaire, Cortot, etc. Plus nombreuses encore\nsont les femmes, et la place nous manque pour citer des noms sans éveiller de\nsusceptibilités.\nTous les concours des classes d'instruments consistent dans l'exécution d'un\nmorceau désigné par le Comité d'examen environ un mois à l'avance et la lec-\nture à première vue d'un fragment manuscrit spécialement composé pour chaque\nconcours. Nombre d artistes ont triomphé dans ces épreuves et se sont fait un\nnom digne de l'Ecole. Faute de place, nous ne pouvons consacrer un souvenir\nmême aux plus éminents des diverses branches d'études. Nous terminerons\ndonc par les violonistes. Parmi les maîtres, où trouve-t-on de plus célèbres vir-\ntuoses que Gaviniès, Lahoussaye, Rode, Kreutzer, Alard, Flabeneck, Baillot,\nMassart, Sauzay, Dancla, Girard et Maurin, pour la plupart premiers prix de\nl'École ? Dans le nombre de ceux qui ont remporté la suprême récompense, ne\nrencontre-t-on pas quantité d'artistes connus, depuis Sauvageot, Duret, Mazas,\nTilmant, Tolbecque, Gras, Sainton, Croisilles, Chaine, Bevon, Wienawski,\nAltès, Lancien, Garcin, Lamoureux, Accursi, White, Sarasate, Jacobi, Colonne,\nDesjardins, Montardon, Taudou, Heyrnann, Marsick, Berthelier, Nadaud,\nJ. Wolf, Hayot, jusqu'à Mâche, Rieu, Laforge, Quanté, Tracol, Marteau,\nBoucherit, Capet, Willaume et Thibaud ? Plusieurs femmes se sont également\ndistinguées: entre autres, Mlles Tayau, Boulanger, Pommereul (devenue la femme\nde l'actuel ministre des finances), Tua, Dantin, etc.\nDe tels résultats suffisent à prouver que le Conservatoire remplit sans déméri-\nter la haute mission qui lui est dévolue.\n\nCONSTANT PIERRE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-07-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-07-15_01#c002", "volume": "bmtnabj_1903-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "321", "page_fin": "321", "image_debut": 9, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.2.1.1", "titre_corps": "DICTÉE MUSICALE. (Concours de 1902.)", "titre_sommaire": "DICTÉE MUSICALE. 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Le Conservatoire de Lille est un des plus importants. Avec celui de\nNancy, c'est le seul qui ait une classe d'orgue. Il a 42.000 fr. de ressources\n(dont 10.000 fournis par la Ville, 32.000 par l'Etat), et 3i2 élèves (dont 185\ngarçons et 127 filles), admis depuis l'âge de 8 ans, et soumis à trois examens\nréguliers par an, avec un concours périodique en juillet Les professeurs sont\nau nombre de 34; parmi ceux dont les classes sont le plus estimées, on peut\nciter :R. Brugmann (orgue), M. Pianay (solfège), Mlle Masson (piano),\nM. Seiglet (violon), M. Lecocq (harmonie), etc. Il y a une classe de harpe\nchromatique.\nLe directeur, M. Ratez, est en même temps professeur d'un « Cours d'en-\nsemble de musique de chambre » qui s'étend aussi aux pièces pour instru-\nments à vent, dans une salle de concert bien aménagée, peut-être un peu trop\nsonore. L'enseignement est gratuit.\nM. Ratez est né à Besançon (iBsi), où il fut l'élève de Demol; il eut pour\nmaîtres, au Conservatoire de Paris, Bazin et Massenet. Sa dernière œuvre est\nPode chantée à l'inauguration du monument de Pasteur, à Dole, le 3 août 1902.\nNancy. Le Conservatoire de Nancy reçoit 284 élèves âgés de 8 à 25 ans et\npayant une rétribution scolaire de 60 francs par an, ce qui produit par suite\ndes nombreuses dispenses accordées par la ville une somme de i.500 francs\nenviron; le Conseil municipal fournit 26.000 fr., et l'Etat 6.000 fr. ; soit, en\ntout, 33.500fr. de ressources. M. Guy Ropartz, auquel nous avons consacré\nune étude dans un de nos derniers numéros, est à la fois directeur de l'Ecole\net professeur d'harmonie ; il a confondu les deux classes d'ensemble (vocal et\ninstrumental) avec les Concerts du Conservatoire où sont employés tous les\nbons élèves, et qui ont pris, grâce à son initiative, une sérieuse importance. Il\nn'y a pas beaucoup de jolies voix dans la région de Meurthe-et-Moselle, et les\nclasses de solfège ou de chant s'en ressentent un peu, quoique fort bien diri-\ngées. Les professeurs sont au nombre de 18 : nous citerons M. Thirion (orgue)\nqui, l'été dernier,n'avait que deux élèves! M. David (solfège), M. Bolinne\n(chant), Mrae Richert-Collin (piano), Mlle Brossler (harpe), Mlle Cœur et\nM. Stéveniers (violon), M. Schwartz (violoncelle), M. Foucaut (hautbois),\nM. Gandoin (basson), etc.\nM. Ropartz, né à Guingamp (1864), élève de Th. Dubois, Massenet et Cés.\nFranck, n'est pas seulement un de nos plus remarquables chefs d'orchestre,\nmais un compositeur original et savant : qu'il nous suffise de cirer ici le\nPsaume CXXXVI, et les deux Symphonies, qui comptent parmi les œuvres\nles plus solides de notre temps.\nToulouse.— L'Ecole de musique de Toulouse est classée la seconde de\nFrance, après le Conservatoire de Paris. Elle donne un enseignement gratuit;\nses ressources sont de 58.700 fr. par an (dont i 5.000 donnés par l'Etat et les\n43.700 par la municipalité). L'été dernier, le nombre des élèves était de 317\n(208 hommes et 109 femmes). La classe d'orchestre, que dirige le directeur,"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "336", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.24", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 2180, "texte": "est sans rivale parmi les autres écoles de province ; il en est de même de la\nclasse de piano (titulaire : M. Debat-Pontao); les autres cours d'instruments\nsont également remarquables : mais c'est surtout par les chanteurs qu'il a pro-\nduits que le Conservatoire de Toulouse est célèbre. En feuilletant les palmarès\ndes 25 dernières années, on trouve (par ordre de sortie) des noms comme ceux\nde Soulacroix, Mlle Caroline Brun, M,le Castagné, Muratet, Seintein, Soum,\nMlle Cassé (plus connue sous le nom de Simonne d'Arnaud), Cazeneuve,\nDaraux, Carbonne, Affre, Sizes, Vialas, Mlle Baux, beaucoup d'autres qui ont\nfourni une bonne carrière en province. Parmi les plus brillants élèves que pos-\nsédait l'an dernier l'école de Toulouse, on peut citer : dans la classe de\nMme Bacquié, M. Salles, baryton ; Mlle Massonnier, soprano ; MM. Malet,\nténor, Mlle Péguillan, Mlle Cabestain, M!le de Péco, M. Espa (classes de\nM. Méric, de M. Echetto,de M. Boudil). Puissions-nous, plus tard, retrouver\nces noms sur les affiches des grands théâtres de Paris !\nLe directeur du Conservatoire de Toulouse est actuellement M. Crocé-\nSpinelli, né à Paris le 18 février 1871. Il est donc âgé de 32 ans. En 1897,\nobtint, au Conservatoire de Paris, le premier second grand prix de Rome\n(tandis que M. d'Ollone obtenait le premier prix, et M. Schmitt le deuxième\nsecond grand prix). Sa jeune et intelligente initiative vaut à cette ville une\ncréation des plus intéressantes : on vient, en effet, de constituer une Société\ndes concerts du Conservatoire, qui se propose de donner six grandes auditions\nchaque année, avec un programme qui comprendra une symphonie classique,\ndes œuvres anciennes et modernes, un soliste chanteur ou concertiste, etc.\nM. C rocé-Spinelli, dont on ne saurait trop louer l'action bienfaisante dans\nune ville très éprise d'art, dirigera les concerts en qualité de chef d'orchestre.\n11 sera secondé par M. Borne, deuxième chef d'orchestre, et par M. Guilhot,\nchef des chœurs.\nL'orchestre, composé des meilleurs instrumentistes de Toulouse, aura pour\nsoliste MM. Bergès et Chazot (violon), Sauvaget père et R. Valladier (violon-\ncelliste) ; Mlle Delon (harpe)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-07-15-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-07-15_01#c011", "volume": "bmtnabj_1903-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "337", "page_fin": "339", "image_debut": 25, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.2.3", "titre_corps": "La musique et renseignement supérieur en France et à l'Étranger.", "titre_sommaire": "La musique et renseignement supérieur en France et à l'Étranger.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 25, "page_imprimee": "337", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.25", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 2285, "texte": "La musique et renseignement supérieur en France\net à l'Étranger.\nOn sait que notre enseignement national et public a trois degrés : enseigne-\nment primaire (écoles d'instituteurs), enseignement secondaire (lycées et collèges),\nenseignement supérieur (universités).\nEn France, le Conservatoire de Paris est considéré, dans les décrets officiels,\ncomme établissement d'enseignement supérieur ; mais, dans l'enseignement\nsupérieur proprement dit (dans ce qu'on appelait autrefois les Facultés des\nLettres et des Sciences), la musique n'a aucune place.\nA l'étranger, surtout en Allemagne, c'est le système opposé qui semble régner.\nLes (( Conservatoires )) de musique n'ont pas de caractère officiel et sont des\ninstitutions privées ; au contraire, dans presque toutes les universités, la\nmusique est enseignée.\nQu'en résulte-t-il ?\nC'est qu'en Fiance on forme surtout des praticiens et des virtuoses, l'en-\nseignement (( supérieur )) de la musique étant donné par des musiciens de\nprofession, tandis qu'en Allemagne on forme surtout des érudits, des critiques,\ndes penseurs, le même enseignement étant donné par des savants qui, tout en\nayant une compétence reconnue, sont imbus de philosophie, de littérature,\nd'esthétique, et de méthode historique.\nVoici, d après un relevé officiel, la liste des principales (( chaires magistrales ))\noccupées par la musique dans les Universités étrangères.\nAllemagne.\nTÏ RVPDCI'RÛC PROFESSEURS PROFESSEURS\nU MVERSII ES OBSERV 4TIONS\nTITULAIRES EXTRAORDINAIRES\nGottillgen. O. FREIBERG. Cours: Harmo-\nnie et Exercices.\nGreifswald. M. REINBRECHT (maître spé- Cours : Histoire\ncial).* gén. de la musi-\nque, Harmonie,\nEnseignement\nthéorique, et pra-\ntique de la musi-\nque sacrée.\nHalle-Wittenberg. O. RENBKE [lecteur), Directeur Cours: Harmo-\nroy. de musique à l'Université, nie et contrepoint\nH eidelberg. I) THODK (con- 2) WOLFBOM. Cours:\nseiller intime). U Rich. Wag-\nner.\n2) Harmonie,\nExercices théori-\nques et pratiques\nde la musique.\nKiel. STANGE [maître des Beaux- Cours : Harmo-\nArts). nie, Liturgie.\nKonigsberg. MAX BRODE (maître acadé-\nmique de musique), Gonst. BEN-\nCHER, directeur royal de musi-\nque.\n\n* Les « maîtres spéciaux », « maîtres académiques », etc., ne font pas partie du « Sénat\nacadémique »."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "338", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.26", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2065, "texte": "Allemagne (suite).\nPROFESSEURS PROFESSEURS\nUNIVERSITES TITULAIRES EXTRAORDINAIRES OBSERVATIONS\nLeipzig. i) Dr phil. KRETSCHMAR. . . Cours:\n2) DR phil. et mus. RIEMANN. .1 ) Interpréta-\n-3) Privcit-docent : Dr phil. et Mon textes mu-\nmus. PRUFER. BILCIUX.\n2) Histoire de\nla musique, etc.\nBerlin. 1) DR FLEISCHER, conserva- 1) Histoire de\nteur de la collection royale la musique au\nd'instruments anciens de musi- m?Yen Bis-\nque, secrétaire des monuments tolie e a 0 1T^ufI_\nq 1 ~ -, que au xix° siecle,\nde musique allemande. Exercices.\n2) P rivât- do cent :DR FRIED- 2) Histoire gé-\nLANDEK. nérale de la musi-\nDr J, WULF, que.\nBonn. Prof. WOI.FF. I) Histoire de\nl'Opéra.\nBreslau. 1)1 DR VOGT, prof. 3) M. FILKE, directeur royal 1)\nordinaire de la Fa- de musique. 2) Chant sacré\nculté de Philoso- 4) Dr BOHN, maître de musi- (exercices),\nphie. que. 3) Exercices\n\\ ix.« w pratiques de\n2) WREDE, . chant choral,\nprof, ordinaire de 4) Harmonie,\nla Faculté de Théo-\nlogie protestante.\nLes quatre professeurs font partie de l'lnstitut\nuniversitaire de musique sacrée, dont M. Vogt est\nle directeur.\nMunich. Adolf SANDBERGER, chargé des\nsciences musicales.\nMarburg. JENNER, maître (Lehrer) char- Cours : Histoire\ngé de cours, avec le titre de de la musique ins-\nDirecteur de musique de l'Uni- trumentale aile-\nversité.mande'\nRostock. DR A. THIERFELDER, avec le Cours : Histoire\ntitre de Akademischer Musik- ciu chant liturgi-\nlehrer que, Harmonie,\nExercices.\nStrasbourg. Dr JACOBSTHAL. Cours : Histoire\nde la musique\nmoderne depuis\nBach.\nTubingen. D 1 KAUFFMANN, Musiklehrer. Exercices.\nAmérique.\nHarvard. John KNOWLES M. SPALDING, assistant (exer-\nPAINE M. A., DOC- cices pratiques),\ntor Mus. (Histoire\nde la musique,\nInstrumentation,\netc.).\nColumbia (New- Edw. Alexander Ch. Hubert FARNSWORTH, Donne un di-\nYork). MAC DOWELL, DOC- professeur adjoint à Teacher's plôme.\ntor Mus. Collège Léonard BEECKER,\nMAC WHOOD, répétiteur. Gustav\nHINRICKS, chef d'orchestre et\nde chœur.\nYale(NewHaven) I) Samuel S. SAN-\nFORL.\n2) Horatio W.\nPARKER."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "339", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.27", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 2736, "texte": "Angleterre.\nTTLKTTTTT^_PROFESSEURS PROFESSEURS\nUNIVERSITES OBSERVATIONS\nTITULAIRES EXTRAORDINAIRES\nOxford. Sir Ch. Hubert Basil HARWOOD, M. A., Doc- Confère des\nHastings PARRY, tor Mus. (choragus). gracies de bache-\nBart. M. A., Doc- c lier et de docteur\ntor Mus., etc., etc. es musique»\nCambridge. C. V. STANFORD, C. WOOD, Doctor Mus. (Lec- »\nDoctor Mus. (Hist. teuràGonvilleetCaiusCollège),\net science musica-\nles), Trinity Col-\nlege.\nVictoria (Man- A Manchester : Lecteurs : »\nchester-Liver- Henry HILES, Doctor Mus. )}\npool-Leeds). (Harmonie et composition), )}\nAdolph BRODSKY (Musique),\nJ. KENDRICK PYNE, Doctor Mus. (Faculté cle mu-\n(Musique sacrée, orgue), Henry sique.)\nWATSEN, Doctor Mus. (Histoire\ndes instruments de musique).\nLondres (nou - E. H. TURPIN, Dix-huit maîtres reconnus. . (Faculté de mu-\nvelle constitu- Doctor Mus.,doyen sique.)\ntion). de la Faculté de\nMusique.\nEcosse.\nÉdimbourg. Chaire fondée (Faculté de mu-\npar M. Reid en sique.)\n1839 : Frederick\nNIECKS, Doctor\nMus., titulaire ac-\ntuel.\nAutres pays.\nA Vienne, il y a une chaire de science musicale qui est occupée par le professeur\ntitulaire Guido ADLER ; un privat-docent (M. Max DIETZ) fait des cours sur l'histoire\net l'esthétique de la musique ; un autre (Richard WALLASCHEK) en fait sur l'esthétique\net la psychologie de la musique; un maître spécial (le Prof, Rud. WEINWURM)\nenseigne le chant. Le titulaire dirige aussi la Collection d'histoire de la musique,\nqui fait partie des instituts spéciaux de l'Université.\nA Prague (où il existe une chaire ordinaire d'esthétique), il y a un lecteur spécial\n(Karel STECKER) pour la musique.\nMadrid a une chaire de « la Théorie et la Littérature de l}Art » et une autre d'es-\nthétique, dont les titulaires sont des professeurs de plein exercice.\nGenève et Lausanne ont dans la faculté de théologie un cours d'histoire de la\nmusique sacrée fait par des privâtim-docentes.\nL'Université d'Upsala a un orchestre dont le director musices est Ivar Eggert\nHELDENBLAD.\nL'Université de Copenhague a un professeur titulaire d'esthétique (M. J. PALUDAN)\net un professeur exiraordinarius (Dr A. HAMMERICH) pour l'histoire de la musique.\nA Moscou, il y aun titulaire pour la théorie et l'histoire de l'art; plusieurs privat-\ndocentes font des cours sur la théorie et l'histoire des beaux-arts; nous ignorons si\nquelques-uns de ces cours portent spécialement sur la musique.\nA Saint-Pétersbourg, il en est de même. Là c'est le titulaire de philologie classi-\nque (emeritus) qui est directeur du Musée des Beaux-Arts, et le privatim-docens sur\nla théorie et l'histoire de l'art (M. Serge Alex. ZEBELER) en est le conservateur. Un\nmaître spécial de musique est attaché à l'Université."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-07-15-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-07-15_01#c012", "volume": "bmtnabj_1903-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "340", "page_fin": "343", "image_debut": 28, "image_fin": 31, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.2.4", "titre_corps": "La musique dans renseignement secondaire.", "titre_sommaire": "La musique dans renseignement secondaire.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "340", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.28", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 3880, "texte": "La musique dans renseignement secondaire.\nQuelques journaux ont parlé, mais d'une façon très incomplète, du projet que\nM. Chaumié, Ministre de l'lnstruction publique et des Beaux-Arts, a soumis au\nConseil supérieur.\nVoici le texte complet de ce projet :\nL'enseignement de la musique est organisé aujourd'hui de façon assez vague et\ntrès inégale dans les lycées et collèges.\nLes prescriptions du règlement du 3o janvier 1865 ne sont que très incomplète-\nment exécutées dans la plupart des établissements.\nQu'il y ait là une lacune fâcheuse, difficilement explicable, c'est ce qu'on pourrait\nétablir à l'aide de raisons si nombreuses qu'on n'a vraiment que l'embarras du\nchoix :\na) Le chant choral est d'abord un plaisir et une distraction de bon aloi : à ce\ntitre seul, il mérite de n'être pas négligé par l'éducateur;\nb) Au point de vue d'un intérêt social très général, le chant doit être encouragé le\nplus possible. Un peuple qui chante a le travail gai et les loisirs honnêtes. Si ce\nprincipe est vrai, c'est au lycée, non moins qu'à l'école primaire, qu'il convient de\nlui donner un commencement de réalité. En Allemagne, les étudiants qui viennent\nd'entendre un cours à l'Université se réunissent, par petits groupes, et chantent des\nchœurs à plusieurs parties (i) : cette manière d'occuper ses loisirs en vaut bien\nd'autres\nc) Le chant choral est un excellent exercice d'hygiène : c'est une sorte de gymnas-\ntique locale produisant sur l'appareil respiratoire le même effet salutaire que les\nexercices physiques sur l'ensemble du corps. L'expérience démontre que les maux\nde gorge, rhumes, bronchites, sont beaucoup moins fréquents chez les personnes qui\nchantent que chez les personnes qui ne chantent pas;\nd) Le chant choral habitue les enfants à se bien tenir, à porter la tête droite, à res-\npirer largement et à entendre leur propre voix. Il leur donne une certaine assurance\nde parole ; en outre, tout ce qui est gagné du côté du chant est gagné aussi, pour\nl'aisance et la netteté, du côté de la diction et de l'articulation.\né) Le chant choral forme le sens de l'oreille en même temps que l'organe de la\nvoix : il apprend à écouter autant qu'à parler, le devoir du choriste, alors surtout\nqu'il compte des mesures, étant de suivre avec le plus grand soin ce qui se chante\nautour de lui ;\nf) Le chant choral développe les qualités d'attention et de discipline, sans les-\nquelles toute musique d'ensemble est impossible. Il développe les facultés d'analyse,\nd'observation et de précision. Il stimule enfin la volonté en créant une émulation\ninévitable parmi les exécutants ; il tient l'esprit toujours en éveil, car il n'admet ni\nles distractions ni les pauses de paresse qui interrompent le travail individuel;\ng) Le chant choral favorise l'instinct de sociabilité, puisqu'il met toujours l'action\ndu jeune homme ou de la jeune fille en concours et en harmonie avec celle des au-\ntres chanteurs, et ne permet pas d'oublier que chacun est solidaire de ses voisins ;\nh) Grâce à l'étude de l'expression et de ses nuances les plus délicates, il peut avoir\nd'excellents effets sur la sensibilité morale, sur le sens esthétique et sur le goût ;\ni) 11 est le meilleur moyen de graver dans la mémoire, en traits ineffaçables, cer-\ntaines poésies qui méritent d'être retenues à cause des sentiments qu'elles traduisent;\nj) Il contribuerait enfin à l'éclat de certaines fêtes : fêtes du début de l'année sco-\nlaire (qu'on a cherché à instituer, mais sans beaucoup de succès), fête de la distri-\nbution des prix du concours général, etc...\nPour ces motifs, on aimerait à voir les jeunes gens des lycées pratiquer régulière-\n\n(1) Dans la province rhénane, où les associations de tout genre sont innombrables (le (( Man-\nnergesangverein >/ de Cologne est célèbre), il y a 13 associations d'élèves qui ont pour but le\nchant et la musique."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "341", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.29", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 4408, "texte": "ment l'exercice du chant, et même se réunir parfois pour des concours de musique,\nanalogues à ceux que provoque, entre divers établissements, le jeu du foot-ball, du\ntennis, de la course, du saut ou du canotage... M. Laurent de Rillé, inspecteur gé-\nnéral du chant dans les écoles primaires de la Seine, a obtenu d'inoubliables effets\nen faisant exécuter une composition chorale par deux mille enfants. Puisse-t-on\namener un jour à de tels résultats les élèves de l'enseignement secondaire! Est-il\nsans intérêt de concevoir qu'en de certaines circonstances, et suivant certaines rè-\ngles de convenance dont le détail serait à étudier, les jeunes gens puissent être réunis\naux jeunes filles pour de solennelles exécutions? Ayant entre ses mains la jeunesse\ndu pays, l'Etat dispose d'une puissance très riche, et il faut qu'il en tire tout le parti\npossible. Il y a au moins une chose qu'il paraît avoir un peu négligée : l'éducation\nde la voix chez l'enfant. Il est inutile de démontrer combien cette éducation est\nimportante dans une démocratie où chaque citoyen doit être capable de parler en\npublic.\nLes programmes de l'enseignement secondaire, objectera-t-on, sont déjà chargés;\nleur imposer une surcharge nouvelle paraît bien difficile !\nA cela on peut répondre :\ni° Si nous ne craignions de sortir delà question qui nous occupe, nous n'hésite-\nrions pas à dire que la surcharge et le « surmenage » des études tiennent moins au\nnombre des matières enseignées qu'à la façon dont on les enseigne; ils tiennent\nparfois à la multiplicité exagérée des leçons à apprendre par cœur, des devoirs\nécrits, des cours à rédiger. La musique ne peut donner lieu à de tels inconvénients.\nDes « devoirs » musicaux ne sauraient exister que dans les classes du Conservatoire,\net seraient parfaitement déplacés au lycée.\n20 C'est comme divertissement, et même pendant une récréation, que l'enseigne-\nment très élémentaire et les exercices de musique pourraient être pratiqués ; à ce\ntitre, la musique n'apparaît pas comme une intruse encombrante venant demander\nune place là où tous les sièges sont occupés : sans gêner personne, sans vouloir em-\npiéter le moins du monde sur certains enseignements traditionnels pour qui posses-\nsion vaut titre, elle viendrait mettre un peu d'agrément et d'élégance, un peu plus\nde vie et de joie dans ce qui fut trop longtemps, comme l'a dit Jules Ferry, « l'asile\nd'une latinité morne ». On a considéré comme un amusement la gymnastique qui,\ndans beaucoup de lycées, est cultivée le jeudi, entre la seconde étude du matin et le\ndéjeuner; on pourrait fort bien faire quelque chose d'analogue pour la musique.\n3° Quand une matière d'enseignement est reconnue belle et utile, capable d'avoir\nde bons effets sur la jeunesse, c'est aux programmes à s'adapter à elle, ce n'est pas\nà ell e à se mutiler ou à s'effacer en vue des programmes.\n40 Enfin, bien qu'il convienne d'attacher une importance accessoire à un tel\nargument, l'exemple des peuples voisins peut donner à réfléchir :\nCE QUI SE FAIT A L'ÉTRANGER : EN ALLEMAGNE.\nLes Allemands, qui, dans leurs gymnases classiques, leurs gymnases réaux et leurs\nécoles réaies supérieures, enseignent tout ce que nous enseignons nous-mêmes, et,\nen plus, certaines autres choses (par exemple, la calligraphie « pour les élèves de la\n4e et de la 3e classe dont récriture est mauvaise », et Yhébreu, auquel deux heures\nsont concédées à partir de la ne A), les Allemands n'ont pas oublié la musique.\nDans les « Plans d'études généraux pour l'enseignement secondaire en Prusse », tels\nqu'ils ont été fixés par le rescrit royal de 1900, on lit ceci : a II y aura deux heures\nde chant par semaine pour les élèves de la 4e et de la 3e. Des dispenses individuelles\nne peuvent être accordées que sur un certificat du médecin et, en règle générale, pour\nsix mois seulement. Les élèves de 4e et des classes supérieures qui sont doués pour\nle chant sont tenus de faire partie des chœurs (1). » Et plus loin : « 11 appartiendra\nau Directeur de juger si, dans des cas individuels, depuis la 4e jusqu'en ire,une dis-\npense de leçons de chant doit être accordée. Cela ne change rien à la participation\nobligatoire à renseignement théorique du chant, qui demeure entière pour les élèves\n\n(ii Documents relatifs à la réforme de l'enseignement secondaire en Prusse, 1900-1902 (Paris,\nDelagrave, 1902. V. pages 7, 8, 9, 11)."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "342", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.30", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 3537, "texte": "des classes de 4e et de 5e dispensés des exercices pratiques du chant (1). » Dès 1808,\nle gymnase ce Zum grauen Kloster », qui est réputé un des meilleurs de Berlin,\navait organisé un enseignement musical qui comprend toutes les classes, depuis\nP « Unter-Sexta » jusqu'à la « Prima » et où les chœurs peuvent être complétés par un\naccompagnement instrumental, en vue de l'exécution des oratorios de Haendel! (2).\nEN SUISSE.\nEn Suisse, où chaque canton règle lui-même les plans d'études, la musique n'est\npas oubliée. D'après la loi scolaire qui, depuis 1898, régit l'enseignement du pro-\ngymnase et de l'école réale (classes I et II) et du gymnase (classes 111-IV) de Coire\n(Grisons), le chant est obligatoire. Deux heures par semaine, les classes I et 11, 111\net IV, V et VI, travaillent ensemble ; le chœur mixte et le chœur d'hommes sont in-\ndiqués comme but de renseignement.—Au gymnase d'Appenzell, le but principal\nde l'enseignement musical, dit le plan détaillé de 1897, est a l'acquisition d'un trésor\nde bonnes chansons populaires et de chants pour la jeunesse » ; les maîtres doivent\nveiller à une bonne intonation et enseigner les éléments de l'harmonie et de la. théo-\nrie.\nEN BELGIQUE.\nEn Belgique, le premier volume déjà publié du rapport triennal sur l'enseigne-\nment moyen (comprenant les années 1898-1901) nous apprend que le chant est obli-\ngatoire dans les écoles d'ordre secondaire et qu'il est enseigné une heure par se-\nmaine.\nEN AUTRICHE.\nEn Autriche, presque tous les établissements classiques et réaux cultivent le\nchant. Les élèves sont divisés en deux cours qui se réunissent deux heures par se-\nmaine. En dehors des éléments indispensables de la musique vocale, les élèves du\npremier cours apprennent des chants et des hymnes à deux voix. Dans le cours su-\npérieur, on chante des motets, des chœurs mixtes et une messe latine.\nEN HONGRIE.\nEn Hongrie, le chant figure dans les programmes au même plan que la sténogra-\nphie et l'hygiène scolaire. Au gymnase modèle de Budapest (gymnase spécialement\ncréé pour la préparation pédagogique des maîtres secondaires), on fait même de la\nmusique instrumentale.\nEN DANEMARK.\nAu Danemark, « partout, dans nos écoles secondaires, nous écrit M. Hans\nOlrik, directeur de l'école normale de Copenhague, le chant choral à plusieurs\nparties est cultivé. Là où c'est possible, on chante à quatre voix (soprano, contralto,\nténor, basse) ; là où les élèves des classes supérieures ne sont pas assez nombreux,\non se borne à trois voix (soprano, contralto, baryton). Dans quelques écoles, on\nchante en outre à voix d'hommes seules ; dans beaucoup de lycées de jeunes filles,\non ne chante pas seulement à deux ou trois voix, mais même à quatre ».\nEN AMÉRIQUE.\nAux Etats-Unis, où la distinction du primaire et du secondaire n'existe pas comme\nchez nous, M. J. Eaton nous apprend qu'une enquête conduite par ses soins a fait\nconnaître les faits suivants : sur 3y3 écoles (ayant répondu au questionnaire qui leur\nétait envoyé), il yen a 96 seulement où la musique n'est pas enseignée; 6 où la mu-\nsique est « permise »; 182 où l'enseignement musical est donné par un professeur\nqui enseigne en même temps d'autres matières : 171 où (dans toutes les classes) la\nmusique est enseignée une ou deux heures par semaine.\n\n(1) Documents relatifs àla réforme de l'enseignement secondaire en Prusse, 1900-1902 (Paris,\nDelagrave, 1902. V. page 74).\n(2) Voir Berlinisches Gymnasium zum grauen Kloster. Oster, 1899. Jahresbericht, Berlin, 1899\n(page 15)."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "343", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.31", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 606, "texte": "EN ANGLETERRE.\nEn Angleterre (r), où il n'existe pas, comme on sait, de règlements généraux\napplicables à toutes les écoles secondaires et où chaque établissement organise les\nprogrammes à son gré, la musique a été l'objet de mesures très importantes.\nEn tenant compte de ces exemples qui nous viennent du dehors, mais pour obéir\nsurtout à des raisons de principe, on pourrait établir de la manière suivante les\ngrandes lignes d'un programme d'enseignement musical, en prenant pour cadres\nles divisions d'études qui ont été instituées par le décret du 3i mai 1902"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "343", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.31", "debut_caractere": 3648, "fin_caractere_exclue": 3910, "texte": "(i) En Italie, dans le pays qui passe pour avoir été le berceau de la musique, on s'étonne que\nles nouveaux plans d études des gymnases et lycées (Bulletin officiel du Ministère de l'lnstruction\npublique, 8 février 1902) ne mentionnent ni la musique ni le chant."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-07-15-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-07-15_01#c013", "volume": "bmtnabj_1903-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "343", "page_fin": "344", "image_debut": 31, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.2.5", "titre_corps": "PROJET DE RÈGLEMENT.", "titre_sommaire": "PROJET DE RÈGLEMENT.", "signature_source": "Dr A. KIRCHFELD", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 31, "page_imprimee": "343", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.31", "debut_caractere": 608, "fin_caractere_exclue": 3646, "texte": "PROJET DE RÈGLEMENT.\n\nL'enseignement musical, dans les lycées et collèges de garçons et de jeunes filles,\na pour objet : l'éducation de la voix et de l'oreille. Plus particulièrement, son but\nest de former le goût, d'initier les jeunes gens à de belles œuvres, et de contribuer\nainsi, tout en leur offrant un salutaire divertissement, à l'éducation générale de l'es-\nprit et du sentiment.\nL'exercice du chant est obligatoire pour tous les élèves, sauf durant le temps où se\nproduit la mue de la voix. Le directeur ou la directrice de l'établissement sont seuls\njuges des dispenses qui pourraient être accordées sur le désir exprimé par les\nfamilles.\nChaque élève a une fiche individuelle qui le suit, depuis le début de ses études\njusqu'à la sortie de l'établissement, et sur laquelle le professeur inscrit, à la fin de\nchaque année scolaire : le registre de la voix de l'élève, ses qualités, - et ses dé-\nfauts, de timbre, de justesse, d'articulation ou d'émission.\nLes élèves sont groupés en trois divisions (qui, dans les établissements très peu-\nplés, peuvent donner lieu à des subdivisions) :\nDivision élémentaire, comprenant les classes de huitième et de septième ;\nDivision moyenne, comprenant les élèves de la sixième à la troisième inclu-\nsivement ;\nDivision supérieure, comprenant les classes de seconde, première, philosophie et\nmathématiques.\nDans les lycées et collèges de jeunes filles, les élèves sont groupées en deux ou\ntrois divisions, suivant l'importance de chaque établissement.\nDe ces trois divisions, la dernière division supérieure prend le titre de\n« Choral du lycée... ». Elle seule doit chanter dans les fêtes données par l'établisse-\nment, et peut chanter, après autorisation du Recteur, dans certaines fêtes publiques.\nDans les deux autres divisions, 011 s'attache à préparer de bons sujets pour ce « cho-\nral », dont l'existence doit contribuer à marquer la personnalité de l'établissement.\nDans la division élémentaire, le professeur se borne à faire faire des exercices de\nlecture musicale et de solfège, durant lesquels tous les élèves doivent battre eux-\nmêmes la mesure avec la main.\nDans la division moyenne, les mêmes exercices continuent. On y ajoute, à partir\nde la cinquième : la dictée musicale et quelques éléments très simples de théorie. A\npartir de la classe de quatrième, on classe les voix (ténors, barytons, etc.) et on les\nexerce à part, s'il y a lieu, en créant des subdivisions.\nDans la division supérieure, le professeur apprend aux élèves des compositions\nchorales à plusieurs parties (a cappella) ou à l'unisson, dont le choix, aussi bien pour\nles paroles que pour la musique, doit être approuvé par le chef de l'établissement.\nToute préoccupation de virtuosité doit être écartée de ces études ; le maître s'attache\nsurtout à obtenir des élèves une bonne tenue, une émission franche et normale, un\nsens juste de la valeur des paroles et des notes, une indication suffisante des nuances,\nun style correct.\nAccessoirement et à propos de chaque œuvre exécutée, le maître donne aux élèves"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "344", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.32", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 504, "texte": "quelques notions sommaires sur la notation, sur la grammaire et l'histoire de la\nmusique, sur la biographie des grands compositeurs.\nUn surveillant est mis à sa disposition, par le chef de l'établissement, pour assurer\nle bon ordre pendant les leçons.\nLes leçons ont lieu, autant que possible, le jeudi, et remplacent une récréation.\nElles sont d'une heure par semaine pour toutes les catégories d'élèves.\nEspérons que cet excellent projet aura bientôt force de loi.\n\nDr A. KIRCHFELD."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-07-15-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-07-15_01#c014", "volume": "bmtnabj_1903-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "344", "page_fin": "345", "image_debut": 32, "image_fin": 33, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.2.6", "titre_corps": "Les Pianos Gaveau.", "titre_sommaire": "Les Pianos Gaveau.", "signature_source": "HENRI DE REUILLY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 32, "page_imprimee": "344", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.32", "debut_caractere": 506, "fin_caractere_exclue": 3274, "texte": "Les Pianos Gaveau.\n\nC'est au cours de la saison qui vient de finir que les pianos Gaveau ont fait\nleur première apparition dans un de nos grands concerts classiques du diman-\nche. Le public a pu apprécier la plénitude et le velouté du son de ces pianos\ndans le beau Concerto de sa composition qu'a joué M. Léon Moreau, chez La-\nmoureux. Mais il ne faudrait pas croire que l'apparition des pianos Gaveau aux\nconcerts Lamoureux marque aussi la naissance de ces instruments.\nSi la curiosité vous pousse du côté de Fontenay-sous Bois, si surtout, comme\nmoi, vous avez envie de savoir ce que c'est qu'un piano, comment il naît, com-\nment on le construit, comment on le pare, demandez la permission de voir\nen détail l'usine Gaveau. Vous visiterez une des plus curieuses industries qui se\npuissent rêver et, en particulier pour celle-ci, la plus ingénieuse qui soit. C'est une\ncité géante où tout fonctionne mécaniquement, et où, depuis la planche de bois\nsciée en grande largeur ou en minime épaisseur, jusqu'à la vis la plus délicate, <\ntout se produit dans l'usine même.\nOn peut dire que la maison Gaveau a supprimé la main de l'ouvrier; tout\ndans le piano, depuis la petite corde filée jusqu'aux pièces les plus énormes, est\nfabriqué mécaniquement ; 1 ouvrier n'est là que pour guider la machine ; il\nest le cerveau, elle est le bras ; il est aussi l'intelligence qui met en œuvre la\nforce cle la mécanique. Mais allons faire un tour au milieu de cette ruche\nharmonieuse et assister à la naissance d'un piano...\nVoici dans la cour des troncs d'arbres, hêtres, tilleuls, peupliers, etc., qui vont\nêtre débités en planches d'épaisseurs plus ou moins grandes ; après avoir été\nainsi traités ils feront un séjour de quatre ou cinq ans en plein air ou dans des\nséchoirs à température immuable ; ils perdront là toute leur humidité ; les\nplanches seront ensuite collées en combinant le sens de leur fil de façon à\noffrir le plus de résistance possible aux variations de la température. Mais il ne\nfaudrait pas s'imaginer qu'un piano est fait d'une seule essence de bois : dix\nsortes différentes concourent à sa fabrication. Là, c'est la ceinture du piano à\nqueue qui est composée avec quatre épaisseurs juxtaposées et recouverte d'une\nfeuille de noyer, de palissandre ou de poirier teint. Toutes ces planches, toutes\nces feuilles de bois sont collées avec un soin méticuleux. La même minutie\nsera apportée plus tard quand il s'agira de les vernir. C'est une précision\nmathématique qui préside à l'établissement des différentes pièces qui compo-\nseront le piano. Car on ne saurait trop insister sur ce point : si une pièce quel-\nconque présentait une défectuosité minime, elle pourrait être immédiatement\nremplacée par une autre; une parcelle de feutre d'un marteau, une pointe"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "345", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.33", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2438, "texte": "d'acier de la table d'harmonie, tout, enfin, est là à portée de la main, et toutes\nles pièces, quelles qu'elles soient, sont interchangeables. MM. Gaveau arrivent\nà fabriquer leurs pianos avec une supériorité quasi mathématique, basée aussi\nbien sur l'expérience que sur des données techniques. Or, dans ces intruments,\nil n y a pas un boulon, pas une corde, pas un marteau qui ne sorte des ateliers\nde la maison ; il est donc facile de répondre de la confection d'un piano.\nVoyez la galerie des machines de l'usine de Fontenay. Depuis la scie énorme\nqui fait d'un tronc géant des lamelles minces en un clin d'oeil, jusqu'à ces outils\nqui travaillent du bois grossier pour en faire sous votre regard un pied\nLouis XV ou Empire, tout tient de la magie. On est comme abasourdi de tant\nd'ingéniosité, et bon se demande si on ne rêve pas. Plus loin, c'est l'atelier du\ntablage, celui du barrage, celui de la fabrication des cordes qui sont garnies\nd'un fil de cuivre en deux mouvements d'un tour qui tourne à une vitesse folle.\nC'est la multiplicité du petit outillage où se confectionnent les vis, les flam-\nbeaux, les poignées ; puis c'est le clavier revêtu d'ivoire et d'ébène que l'on\ndécoupe selon des proportions qui aujourd'hui semblent élémentaires et dont\nla formule a dû coûter de longues et patientes recherches Enfin, on garnit\nles pianos, on les monte, on les règle, on les vérifie, et ils commencent à ce\nmoment-là à laisser échapper leurs premiers balbutiements. Il semble alors que\nces beaux instruments aient hâte de se faire entendre, car c'est dans le\ndernier atelier l'harmonieux ramage des accordeurs qui contraste singulière-\nment avec la sèche et monotone régularité des machines qui les ont enfantés.\nEn somme, la division du travail, la méthode rationnelle basée sur l'expé-\nrience et sur la science, ont fait que les pianos Gaveau ont conquis une des pre-\nmières places dans le monde musical. Mais ce n'est pas encore là leur dernier\nmot ; et MM. Gaveau, qui ont de qui tenir, ont conservé les traditions de la\nmaison qui leur fut confiée par leur père et savent imprimer une rare activité aux\nperfectionnements qu'ils apportent tous les jours à la fabrication d'instruments\naujourd'hui universellement connus et appréciés. Il était équitable de men-\ntionner les efforts et les progrès de cette maison à l'occasion de l'entrée de ses\npianos aux Concerts Lamoureux.\n\nHENRI DE REUILLY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-07-15-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-07-15_01#c015", "volume": "bmtnabj_1903-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "345", "page_fin": "347", "image_debut": 33, "image_fin": 35, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.2.7", "titre_corps": "Notes bibliographiques.", "titre_sommaire": "Notes bibliographiques.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 33, "page_imprimee": "345", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.33", "debut_caractere": 2440, "fin_caractere_exclue": 2994, "texte": "Notes bibliographiques.\n\nI. MUSICIENS FRANÇAIS.\nPour donner à nos lecteurs une idée des ressources qu'offrent à l'historien de\nla musique nos archives départementales et communales, nous avons relevé les\nnoms de musiciens qui apparaissent dans les actes du seul département de Seine-\net-Marne : espérons que bientôt les recherches des historiens locaux se dirige-\nront de ce côté.\nA. Archives départementales.\nLAURENT BOURGOIN, organiste de l'église Saint-Aspais, Melun, présente une\nrequête en exemption de tailles, en 1602. Arch. départementales. C. 3."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "346", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.34", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2469, "texte": "TOUSSAINT DU CAURROY, musicien, figure de 1692 à 1694, comme secré-\ntaire sur les registres capitulaires des Saints-Pères de Melun. Série FI. 228.\nLÉONARD POILBLANC et CLAUDE LEBOEUF, fifres de Sa Majesté.— Certificats\nconstatant leur inscription sur l'état des fifres et tambourins du roi. Arch.\nde Seine-et-Marne. C. 82.\nFRANÇOIS VIAN, hautbois du roi. Déclaration à terrier. Archives de\nSeine-et-Marne. Fonds de l'abbaye du Lys. H. 580.\nETIENNE MANGIN, organiste. —Déclaration à terrier. Archives de Seine-\net-Marne. 1735- E. 1512,\nCHARLES MANGIN, organiste. E. 1512.\nBIBAULT, organiste à Meaux. 1760. -- Arch. départementales. G. 47.\nFRANÇOIS LE PAGE, musicien du roi. Mention dans H. 507. Arch. dépar-\ntementales.\nB. Archives communales.\n- NICOLAS DE LIVET, musicien de la chapelle, de Charles IX à Louis XIII.\nMort à Meaux en 1621.\nLULLI, acte de baptême du 9 septembre 1677, paroisse de Saint-Louis de\nFontainebleau; acte déposé à la mairie.\nME DIDIER-LESCHENET, Me compositeur et chantre de la chapelle du Roi.\nActe de baptême du 12 janvier 1582, paroisse Saint-Nicolas de Meaux.\nBATAILLÉ, luthiste, xvne siècle, compositeur des fêtes de Louis XIII.\nActe d'inhumation du 30 avril 1676, paroisse de Guérard.\nCHARLES COUPERIN, organiste. Baptisé à Chaumes le 9 avril 1638.\nNICOLAS FORQUERAY, né à Chaumes, mort le 23 octobre 1761 à Chaumes.\nC. Dépôts divers.\nBrevet de basse-taille du 30 septembre 1663. —■ Bibliothèque de Coulom-\nmiers.\nLettres de réception de Mes joueurs dfinstruments, accordées devant Bondis,\nnotaire à Provins, le 10 juillet 1670.\nNotons enfin que le bulletin de la Société Larchéologie du département de\nSeine-et-Marne a publié en 1870 une note de M. Th. Lhuillier sur <( quelques\nartistes musiciens dans la Brie ».\nII L'Arbre enchanté, de Gluck.\nCe petit opéra comique en un acte appartient à la série des pièces françaises\nque Gluck mit en musique entre 1755 et 1762 pour les représentations données\naux résidences impériales de Schœnbrunn, de Luxembourg, et de (( la Favo-\nrite ». Comme les autres ouvrages de ce genre, il a été écrit, d'abord, avec un\nsimple accompagnement de clavecin. Gluck l'orchestra plus tard, lorsqu'on le\nfît jouer à Versailles le 27 février 1775, dans la fête que Monsieur, frère clu Roi,\ndonna à l'archiduc Maximilien. 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Schumann.\nLe poète du piano, Robert Schumann, a écrit une pièce exquise (op. 12 n° 1)\nintitulée Au Soir et dont voici la première mesure :\n(( Très affectueusement », a inscrit hauteur en tête de ce court chef-d'œuvre ; il ne\nfaut pas avoir une bien grande expérience musicale pour comprendre, même\naprès un examen superficiel ou une première audition, que les deux caractères\nde ce morceau sont la tendresse et le calme : tendresse vague de poète qui rêve,\ncalme profond de la nature qui enveloppe le musicien et ajoute au sentiment\nhumain l'harmonie complice du monde extérieur. Tout cela doit être chantant\net profond, mais voilé, fondu, en demi-teinte crépusculaire. Rappelez-vous les\nbeaux vers de Lamartine et de Victor Hugo sur les harmonies du soir !\nOr nous tenons à mettre en garde tous les pianistes contre une fâcheuse\nerreur, un grave et inadmissible contresens dont s'est rendu coupable, à un\nde ses derniers concerts, un virtuose célèbre (M. 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Série FI. 228.\nLÉONARD POILBLANC et CLAUDE LEBOEUF, fifres de Sa Majesté.— Certificats\nconstatant leur inscription sur l'état des fifres et tambourins du roi. Arch.\nde Seine-et-Marne. C. 82.\nFRANÇOIS VIAN, hautbois du roi. Déclaration à terrier. Archives de\nSeine-et-Marne. Fonds de l'abbaye du Lys. H. 580.\nETIENNE MANGIN, organiste. —Déclaration à terrier. Archives de Seine-\net-Marne. 1735- E. 1512,\nCHARLES MANGIN, organiste. E. 1512.\nBIBAULT, organiste à Meaux. 1760. -- Arch. départementales. G. 47.\nFRANÇOIS LE PAGE, musicien du roi. Mention dans H. 507. Arch. dépar-\ntementales.\nB. 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Lhuillier sur <( quelques\nartistes musiciens dans la Brie ».\nII L'Arbre enchanté, de Gluck.\nCe petit opéra comique en un acte appartient à la série des pièces françaises\nque Gluck mit en musique entre 1755 et 1762 pour les représentations données\naux résidences impériales de Schœnbrunn, de Luxembourg, et de (( la Favo-\nrite ». Comme les autres ouvrages de ce genre, il a été écrit, d'abord, avec un\nsimple accompagnement de clavecin. Gluck l'orchestra plus tard, lorsqu'on le\nfît jouer à Versailles le 27 février 1775, dans la fête que Monsieur, frère clu Roi,\ndonna à l'archiduc Maximilien. 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Isidore Philippe, Paul Brand et Jacques\nChansarel\nPour la classe de harpe chromatique : Mme Tassu-Spencer et M. Jean Risler.\nCONCERTS ET SOCIÉTÉS MUSICALES DES DÉPARTEMENTS. Une médaille d'argent\na été accordée par M. le Ministre de l'lnstruction publique et des Beaux-Arts à\nTune des sociétés qui prendront part au concours de musique organisé le\n5 juillet à Artenay (Loiret).\nM. Gabriel Fauré, inspecteur de renseignement musical, a assisté le mois\ndernier à une audition de la société des Concerts populaires symphoniques\nd'Angers, présidée par M. Louis de Romain. De là M. Fauré s'est rendu à\nBordeaux, pour y entendre les concerts classiques donnés par la société sym-\nphonique (( la Sainte-Cécile », sous la direction de M. Pennequin.\nUne médaille de vermeil sera décernée au nom du Ministre de l'lnstruction\npublique et des Beaux-Arts à l'une des sociétés qui prendront part au concours\nmusical organisé le 15 août prochain à la Rochelle.\nLyon. Par arrêté préfectoral en date du 29 juin dernier, Mll J Forestier (Cécile)\na été nommée professeur de la classe de harpe à l'Ecole nationale de musique,\nsuccursale du Conservatoire, à Lyon.\nSaint-Ètienne. Un concours de musique sera organisé le 12 juillet prochain\nà Saint-Etienne par la Fédération des écoles communales de cette ville. 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Soubies ait passé sous silence un problème\ncapital dans l'histoire de la musique : c'est l'existence de ce canon anglais sur\nle chant du coucou, canon attribué d'abord au xvie siècle, mais que M. de\nCoussemaker, s'appuyant sur des raisons solides, a reculé de quelques siècles,\net qui apparaît bien avant la première école néerlandaise du contre-point,\ncomme un phénomène isolé, une exception dans l'histoire (question exposée\ndans le petit livre de Klauwell, Histoire du canon ;V. aussi YHistoire de la\nMusique en Angleterre, 2e partie, par W. Nagel (Strasbourg, 1897), t. I, p. 4,\n60 et suiv., 89 et suiv.).\nNous ne pouvons que signaler, en attendant l'occasion de leur consacrer\nl'étude qu'elles méritent, deux publications musicales du plus haut intérêt : les\nMélodies grégoriennes de M. G. BAS (Bureaux de la Rassegna gregoriana), où\nles principes rythmiques de Solesmes sont très artistement appliqués à l'har-\nmonisation du chant ; et les Huit Poésies de Francis James, mises en musique\npar RAYMOND BONHEUR (Demets, 2, rue de Louvois, éditeur). M. Debussy nous\na promis un article sur ce dernier ouvrage, bien digne en effet de lui plaire."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-07-15-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-07-15_01#c029", "volume": "bmtnabj_1903-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "352", "page_fin": "352", "image_debut": 40, "image_fin": 40, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.2.11", "titre_corps": "Le baromètre musical.", "titre_sommaire": "Le baromètre musical.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 40, "page_imprimee": "352", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.40", "debut_caractere": 105, "fin_caractere_exclue": 1652, "texte": "Le baromètre musical.\n\nTHEATRES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nDATES\nRECETTES\nOpéra\nSamson et Dali la. Coppélia\n14579 fr. 00\n(prix réduits).\n6 juin\n—\nLohengrin.\n8 —\n1 5474 fr. 41\n—\nGuillaume Tell.\nIO —\n16102 fr. 76\n—\nHenry VIII.\n12\n18012 fr. 41\n—\nLes Huguenots.\n15 —\n15 8 5 3 fr. 91\n—\nFaust.\n•7 —\nIQI63 fr. 26\n—\nPaillasse, Samson et Dalila.\n19 -\n21060 fr. 41\n—\nHenry VIII.\n22 —\n1 5 1 52 fr. 41\n—\nRoméo et Juliette.\n24 —\n14558 fr. 26\nTannhauser.\n26 —\n16311 fr. 41\n—\nHenry VIII.\n29 —\n12512 fr. 91\nOpéra-Comique\nLa Petite Maison.\n0 —\n4883 fr. 00\n—\nManon.\n7 —\n3459 fr. 5o\n—\nLa Traviata.\n8 —\n4159 fr. 00\n—\nLa Petite Maison.\n9\n3076 fr. 5o\n—\nLouise.\n10 —\n4824 fr. 5o\n—\nLe Maître de Chapelle. La Petite\nMaison.\n11 —\n2985 fr. 00\n—\nWerther.\n12 —\n5853 fr. 5o\n—\nLe Maître de Chapelle. La Petite\nMaison.\n13 —\n3197 fr. 00\n—\nLes Noces de Jeannette, Mignon.\n14 matinée\n4i38 fr.\n—\nCarmen.\n1 4 soirée\n4849 fr. 5o\n—\nManon.\n15 —\n4829 fr. 00\n—\nLe Chalet. 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M.\nig\n\nLE CONSERVATOIRE NATIONAL DE MUSIQUE\n\nLes Concours du Conservatoire vont commencer ; une fois de plus, la vieille salle\nsera l'arène où se livreront d'ardents combats. Il nous a paru bon, à ce propos, de\nrechercher ce qui se fait dans cet établissement illustre, et à quel régime sont sou-\nmis nos futurs artistes. Ce sont là des détails fort ignorés du public, qui cependant\nne se gêne pas pour juger, et surtout pour dénigrer. Aujourd'hui tous les détours\ndu sérail lui seront révélés par un guide dont la compétence égale le talent :\nM. Constant Pierre.\nI. — LE PRESTIGE D'UNE GRANDE ÉCOLE. — QUELQUES TRUCS.\nLe Conservatoire jouit dans le public d'un tel prestige qu'il n'est guère de\nmoyen qui ne soit mis en pratique, ni de subterfuge que Ton n'emploie, soit\npour s'y faire admettre, soit pour paraître y avoir appartenu. Son titre est\nrecherché de la plupart des écoles de musique privées ou subventionnées par\nl'État et les départements, dont les programmes, le but et le niveau d'études\nn'ont qu'un rapport très relatif avec les siens. D'ardentes compétitions s'élèvent\nlorsqu'il se produit des vacances dans son personnel enseignant ; nombre d ar-\ntistes, chanteurs, virtuoses ou professeurs recourent sans scrupule à de\nregrettables supercheries pour s'attribuer, par des formules équivoques, une\nqualité qui semble les y rattacher, bien qu'en réalité ils n'en possèdent point ;\nenfin, des aspirants ne remplissant pas les .conditions d'âge n'hésitent point\nàse livrer parfois à de coupables manœuvres pour s'y faire recevoir.\nC'est donc que, malgré des critiques violentes et un dénigrement systéma-\ntique de la part de quelques-uns, la décadence de l'institution n'est pas telle\nque certains se plaisent à le dire, et qu'il y a honneur et profit moral à en faire\nou à en avoir fait partie. Cet hommage indirect est flatteur assurément pour\nceux qui peuvent se prévaloir d'une qualité dûment acquise, mais ont-ils lieu\nde se montrer satisfaits de cette concurrence déloyale ? Évidemment non,\nparce que, le plus souvent, écoles, artistes ou professeurs, se réclamant fausse-\nment du Conservatoire, ne sont pas de premier ordre, et que parfois ils don-\nnent aux esprits clairvoyants une médiocre idée de la valeur réelle de notre\ngrand établissement national.\nC'est inexactement et dans un but intéressé que l'on a rendu le mot « Con-\nservatoire )) synonyme d' « école de musique ». Il y eut sous la Révolution le\nConservatoire du Louvre, et personnen'ignore l'existence du Conservatoire des Arts\net Métiers. Logiquement, nulle école de musique autre que le Conservatoire\nnational n'est donc fondée à s'approprier ce vocable et ce ne peut être que\npour donner à leurs établissements une importance qu'ils n'ont pas que direc-"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "314", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.2", "texte": "LE CONSERVATOIRE NATIONAL DE MUSIQUE\n\nteurs, conseils d'administration, municipalités, etc., les décorent de ce titre impro-\nprement significatif.\nOfficiellement, aucune école en France n'est en droit de le porter. Celles\nqui sont subventionnées à la fois par les villes' et par l'État se divisent en\ndeux catégories. Les unes sont appelées « succursales du Conservatoire »,\nquoique en fait elles ne soient nullement rattachées à l'établissement de Paris ;\non nomme les autres (( écoles nationales ».\nQuant aux artistes ou professeurs qui, n'ayant jamais fait partie des classes\ndu Conservatoire ou n'y ayant obtenu aucune récompense, s'inscrivent impu-\ndemment sur leurs cartes, programmes, prospectus, annonces, affiches de cours\nou de concerts, etc., soit comme élèves, soit comme lauréats, ils sont assez nom-\nbreux. Ceux qui n'hésitent pas à se présenter indûment comme titulaires d'une\nrécompense supérieure à celle qu'ils ont réellement remportée ne sont pas\nrares non plus. Ils convertissent facilement une médaille de piano préparatoire\nou de violon préparatoire en prix de piano ou de violon, bien que les classes\npréparatoires soient d'ordre inférieur.\nLes rédactions les plus bizarres sont imaginées par ceux qui, éprouvant quel-\nque scrupule, veulent mettre leur conscience en repos, ou se prémunir prudem-\nment contre des protestations ou des poursuites judiciaires, mais n'en cherchent\npas moins à se faire prendre pour des anciens élèves ou lauréats du Conserva-\ntoire, afin de profiter des avantages que peuvent procurer ces qualités. La série\nen est curieuse. Ainsi on peut voir, pas très loin du faubourg Poissonnière, un\nécusson ainsi disposé :\nLEÇONS DE SOLFÈGE ET DE PIANO\npar une dame élève d'an\nPREMIER PRIX DU CONSERVATOIRE\nces derniers mots naturellement peints en lettres énormes. On trouve aussi des\nannonces dans ce goût :\nCOURS PRÉPARATOIRES AUX EXAMENS DU CONSERVATOIRE\npar M. X...\nProfesseur de piano\nPREMIER PRIX.\nLa bonne foi se combine ici avec l'ambiguïté. Premier prix de quoi et d'où ?\nDe l'école primaire ?\nUn autre rédige sa carte de la façon suivante :\nM. A...\nAccompagnateur de M. X.\nPROFESSEUR AU CONSERVATOIRE\nCette qualité étant imprimée sur une ligne distincte en caractères bien sail-\nlants, il y a dix chances contre une pour qu'on l'applique au titulaire de la\ncarte, qui, en réalité, accompagne non au Conservatoire mais à l'un des"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "315", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.3", "texte": "LE CONSERVATOIRE NATIONAL DE MUSIQUE\n\ncours particuliers dudit professeur. Celui-là, qui prit peut-être deux ou trois\nleçons avec le maître, pompeusement en ces termes :\nM. W...\nElève de Raoul Pugno,\nPROFESSEUR AU CONSERVATOIRE\nToujours l'équivoque et la confusion. Que vient faire ici la qualité du célèbre\nvirtuose ? Ces procédés, dont quelques-uns sont franchement indélicats, pro-\nvoquent des réclamations justifiées de la part des véritables lauréats, qui vont\njusqu'à se plaindre parfois de n'être pas protégés à cet égard par l'autorité\nsupérieure.\nIl est pénible de constater qu'il existe des candidats heureusement peu\nnombreux qui, en vue de satisfaire leur ambition ou leur passion pour la\ncarrière artistique, commettent des actes répréhensibles, même délictueux. Trop\nâgés pour être admissibles, ils falsifient leur acte de naissance ou empruntent\ncelui d'une autre personne : frère, sœur, cousin ou ami, qu'ils déposent comme\nétant le leur, grâce à la faculté qu'ont les élèves se destinant au théâtre de pren-\ndre un pseudonyme : ils déclarent comme tel le nom véritable et ne font ainsi\nqu'une apparence de changement. Ce qui est désespérant, c'est que ces candi-\ndats trouvent la complicité de leurs parents ou de personnes majeures qui\ns'imaginent agir le plus innocemment du monde. On les surprend fort lors-\nqu'on leur révèle la gravité de l'acte dont ils se rendent coupables et des consé-\nquences judiciaires qui en découlent. La perspective des tribunaux ne les émeut\npoint, et c'est très cyniquement que quelques-uns, malgré l'avis qui leur est\ndonné des pénalités encourues, signent une déclaration attestant l'authenticité\nde l'acte présenté ou la non-substitution d'acte. Ils persistent malgré tout dans\nleurs allégations, soutenus par cette singulière excuse : « Bien d'autres l'ont déjà\nfait, cest de tradition courante. » Et en vérité, plusieurs s'en vantent et le con-\nseillent ouvertement à qui veut les écouter.\nTelle est malheureusement la mentalité de certains individus et l'aberration\nqui s'établit chez ceux que fascine le Conservatoire. Il va sans dire que\nl'administration prend les mesures nécessaires pour déjouer les stratagèmes\net que plus d'un fraudeur s'est vu exclure impitoyablement des concours d'ad-\nmission. On doit s'en féliciter autant pour la justice et la loyauté, que dans\nl'intérêt des candidats qui, se trouvant dans les conditions requises, seraient\névincés par la réception de tout sujet ayant dépassé l'âge réglementaire qui\nréussirait à le dissimuler.\nBien peu, parmi ces derniers, ont songé que la rigueur même du code pénal\nleur assurait l'impunité ; en effet, ils n'encouraient pas moins que les travaux\nforcés, puisqu'ils pouvaient être inculpés de faux, usage de faux ou substitution\nde personnes. La disproportion entre la faute et les peines édictées faisait\nhésiter le parquet, et il en résultait que l'on ne poursuivait pas ou que le\ntribunal acquittait. On l'a vu dans plusieurs cas de substitution de personnes\net fausses déclarations, à l'occasion des examens du baccalauréat. Mais l'abus\nse propageant, la loi du 23 décembre 1901, pour la répression des fraudes dans\nles examens et concours publics, en caractérisant les délits et en atténuant les\npénalités primitives, a donné les moyens de poursuivre efficacement les cou-"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "316", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.4", "texte": "LE CONSERVATOIRE NATIONAL DE MUSIQUE\n\npables. Elle a toute chance de faire cesser un état de choses qui non seulement\nrévolte toute conscience honnête, mais qui, répétons-le, est préjudiciable à des\ncandidats auxquels l'entrée de l'Ecole peut se trouver refusée, faute d'un\nnombre suffisant de places vacantes, le chiffre maximum étant strictement\nlimité.\nII - VRAI CARACTÈRE DU CONSERVATOIRE. CONCOURS D'ENTRÉE.\nLe Conservatoire est généralement considéré dans la masse comme une école\nprofessionnelle quelconque. Il semble que 1 on puisse entrer dans la carrière\nartistique comme Ton choisirait une profession manuelle, sans qu'il soit besoin\nd'une préparation technique ou d'aptitudes artistiques. Le Conservatoire est une\nécole d'enseignement supérieur dans laquelle on n'est admis qu'après avoir fait\npreuve de connaissances techniques dont le degré s'accroît sans cesse avec la\nvaleur artistique des postulants.\nEn effet, la diffusion que cet établissement a opérée depuis sa création en\nproduisant quantité de professeurs expérimentés a contribué à élever le niveau\ndes études dans l'enseignement privé. Dans l'espace dun siècle, la musique a\nénormément progressé, et le Conservatoire peut revendiquer une large part\ndans le mouvement. Il s'est acquis une juste renommée et a amplement justifié\nles espérances de ses fondateurs. A l'origine, et pendant un assez long temps,\non dut accueillir plus facilement ceux qui s'y présentaient, pourvu qu'ils possé-\ndassent quelques aptitudes ou quelques connaissances sommaires. On manquait\nd'artistes ; il fallait en former. Mais, à mesure qu'ils progressaient en nombre\net en talent, l'on devint plus sévère ; aujourd'hui, en présence de la multiplicité\ndes aspirants et des qualités qu'ils possèdent en général, il arrive presque dans\ncertaines branches d'études qu'ils doivent être à peu près en état de quitter\nl'Ecole pour pouvoir y être admis.\nLa gratuité et la supériorité de l'enseignement, la limitation du nombre\nd'élèves, la quantité d'aspirants ont fait instituer le concours pour l'entrée. C'est\ndonc au mieux doué ou au plus heureux dans les épreuves d'admissibilité que le >\nplaces d'élèves sont réservées. Les postulants augmentant sans cesse, il a fallu,\ndans leur intérêt, apporter une modération à l'excès qui se manifestait dans quel-\nques spécialités. On a cru y parvenir en abaissant la limite d'âge. On n'a réussi\nqu'à restreindre l'accroissement qui se serait fatalement produit avec le temps et\nle maintien du statu quo, mais on n'a pas sensiblement diminué le nombre des\naspirants : ils se présentent plus jeunes, voilà tout. Afin d'écarter ceux qui se\ncroient une vocation pour le théâtre parce qu'ils ont récité quelques fables, parti-\ncipé à un dialogue ou joué dans une comédie de distribution de prix à l'école\nprimaire ou à la pension, on a imposé un programme d'oeuvres qui précise la\nnature de l'enseignement donné au Conservatoire et un âge minimum La me-\nsure n'était pas inutile, car certains aspirants faisaient entendre au jury d'ad-\nmission des pièces parfois grotesques et sans rapport avec l'art dramatique, des\nmonologues gais, tel te Sous-Préfet aux champs, des romances de société ou des\nchansons montmartroises, comme les Petits Pavés, insuffisantes sans conteste à\nrévéler les dons d'un Talma ou d'un Nourrit. Néanmoins, il se trouve encore des\naspirants assez simples pour débiter le rôle de tous les personnages de la comé-\ndie ou de la tragédie qu'ils ont choisie. Ces excentricités témoignent de l'igno-"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "317", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.5", "texte": "LE CONSERVATOIRE NATIONAL DE MUSIQUE\n\nrance et de l'absence de préparation des candidats. Elles ne peuvent se produire\ndans les classes instrumentales.\nMalgré les obstacles apportés par les règlements et programmes, le nombre\nd'aspirants n'a pas cessé de croître dans des proportions assez sensibles. De 280\nqu'il était en 1851 pour l'ensemble des classes auxquelles l'admission a lieu par\nvoie de concours, le total est passé à 310 en 1861 ; puis, en 1871, il était de 461.\nEn 1881, il s'éleva à 753, pour atteindre 903 en 1891, et arriver à 968 en 1902.\nCette augmentation n'a pas été sans compliquer la tâche des divers jurys et du\npersonnel administratif. Il y a seulement une quinzaine d'années, en l'absence\nde réglementation spéciale, les formalités étaient réduites au minimum : il suf-\nfisait, pour se faire inscrire, de déposer un acte de naissance et un certificat de\nvaccination. Il n'y avait aucune formule à remplir, aucune liste d'oeuvres à pro-\nposer pour l'audition d'après un programme défini. Les demandes d'inscriptions\nétaient reçues même pendant la séance. Cette façon sommaire de procéder, pour\nexpéditive qu'elle était, offrait divers inconvénients. Les fraudes étaient plus dif-\nficiles à dévoiler, les aspirants nullement préparés allongeaient inutilement les\nlistes et occupaient en pure perte les instants du jury. On ne savait pas à\nl'avance, et assez tôt pour la fixation du nombre et de la durée des séances d'au-\ndition, combien d'aspirants devaient se présenter; et ceux-ci avaient quelques\nraisons de ne point se hâter. Etant appelés devant le jury dans l'ordre d'inscrip-\ntion, ils attendaient jusqu'aux derniers jours pour faire, leur déclaration de can-\ndidature les chanteuses et les comédiennes surtout de manière à être en-\ntendus en fin de séance, afin d'attirer davantage l'attention à la lumière du gaz,\npropice à la mise en valeur de leur savant maquillage.\nIl n'en va plus de même aujourd'hui.\nUn délai est rigoureusement imparti pour la clôture des inscriptions, à l'issue\nduquel les scènes et morceaux proposés sont vérifiés, les demandes et actes soi-\ngneusement examinés et classés par ordre alphabétique, la liste générale des as-\npirants établie après que le sort a déterminé la lettre par laquelle l'audition doit\ncommencer, les convocations individuelles adressées aux aspirants répartis en\nautant de séances que leur nombre le comporte, etc., de sorte que nul. n'a plus\nd'intérêt à différer son inscription jusqu'au dernier moment.\nLes concours d'admission, au nombre de huit, occupent généralement seize\nséances qui ont lieu annuellement dans la période comprise entre le 15 octobre et\nle 15 novembre. Cette périodicité, la limitation du chiffre d'élèves à un total rela-\ntivement restreint, les conditions d'âge et du programme, la durée maximum des\nétudes, la gratuité delà scolarité, etc., ne laissent pas de surprendre les étrangers\naméricains et anglais accoutumés àse présenter dans leurs écoles à toute\népoque de l'année et pour le temps qu'il leur convient de fixer. Beaucoup, sinon\ntous, s'imaginent que le Conservatoire de Paris est organisé comme les écoles de\nmusique du Nouveau-Monde et d'Allemagne, voire d'Angleterre, qui sont des in-\nstitutions particulières accessibles sans conditions administratives à quiconque est\nen état de payer le prix des leçons. Avons-nous besoin de rappeler qu'il y a quel-\nques années, un de ces établissements ne comptait pas moins de 500 élèves de\npiano, dont 368 femmes? Aussi sont-ils stupéfaits lorsqu'ils apprennent que le\nConservatoire national de Paris est entièrement entretenu par le gouvernement\net qu'il n'en coûte rien aux élèves pour leur instruction, quelle que.soit leur natio-\nnalité, et que même des subsides sont accordés à quelques-uns. Ils s'expliquent"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "318", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.6", "texte": "LE CONSERVATOIRE NATIONAL DE MUSIQUE\n\nalors les règles étroites qui leur ferment l'accès de l'école et s'en vont, déçus,\npasser à Leipzig, à Berlin ou à Vienne, les quelques mois pendant lesquels ils\ncomptaient s'initier aux saines traditions de l'art français. Cela est regrettable à\nun certain point de vue, mais le caractère du Conservatoire ne se prête pas à\nde telles pratiques. Ce n'est pas une exploitation au profit de l'Etat.\nCe sont les classes préparant à la scène dramatique et lyrique qui attirent le\nplus d'aspirants. Est-ce le prestige qu'exerce le théâtre qui en est la cause dé-\nterminante ? Est-ce la réussite exceptionnelle de quelques chanteurs et comé-\n'diens > Est-ce parce que cette carrière semble plus accessible à leurs moyens ?\nEst-ce qu'ils attendent le succès d'un hasard heureux ou s'illusionnent sur leur\nvaleur, s'exagèrent-ils les dons qu'ils croient avoir reçus de la nature ? On ne\nsaurait dire exactement auquel de ces mobiles ils obéissent. Çe qui est patent,\nc'est qu'au début de l'année scolaire qui s'achève, 224 candidats, hommes et\nfemmes, se firent inscrire pour la déclamation dramatique, alors qu'on n'en\ncomptait que 174 il y a vingt ans, et seulement 80 dix ans auparavant. Ainsi plus\nde deux cents candidats se disputèrent une quinzaine de places !\nPour le chant, il s'en présenta 227 les femmes étant sensiblement plus\nnombreuses que les hommes, chiffre à peu près égal à ceux de 1882 et de\n1892, mais de beaucoup supérieur à celui de l'année 1872 (185).\nOn trouve encore un nombre assez élevé d'aspirantes pianistes (192), bien\nqu'il y ait une importante diminution sur 1 année 1889, qui n'en comprenait pas\nmoins de 238. En 1881, elles étaient 223.\nLes violonistes furent 166. On en compta entre 102 et 148 dans la période\n1891-1900 ; antérieurement, en 1882, il ne s'en trouva que 88. Il est à remarquer\nque les jeunes filles maniant l'archet deviennent de plus en plus nombreuses, au\ndétriment du recrutement des orchestres. L'engouement qu'elles manifestent\npour le violon provient sans contredit de l'excès qui s'est produit dans le nombre\ndes adeptes du piano.\nDans cette quantité d'aspirants, la province n'entre que pour un faible contin-\ngent. Le département de la Seine, où la population est très dense et où les\nmoyens de préparation abondent, produit à lui seul plus des trois quarts de la\ntotalité des aspirants.\nCombien parmi ces futurs artistes réussissent à forcer les portes du Conser-\nvatoire ? Le nombre des places est strictement limité. Le chiffre en est variable\net subordonné aux vacances, qui se produisent inégalement, selon les années. La\nmoyenne pour la dernière période décennale a été au total de 165. En 1902, les\ndivers concours n'ont donné lieu qu'à 146 admissions (81 hommes et 65 femmes),\nainsi réparties : déclamation dramatique, 22 ; chant, 39 ; piano, 17 ; piano pré-\nparatoire3 14 ; violon, 12 ; violon préparatoire, 4, etc., etc. A ces chiffres s'ajoutent\nceux des classes de solfège, d'harmonie, d'accompagnement au piano, d'orgue\net de composition, produisant de 40 à 50 admissions.\nLa population scolaire est donc pour la présente année 1902-1903 de 630\nélèves : 344 hommes, 286 femmes. Depuis 1857, elle a toujours été supérieure à\n600 ; elle passa en 1879 à 710, et à 735 en 1885. Les mesures prises en 1894 ont\nsagement mis un frein à l'élévation constante du nombre d'élèves dans chaque\nclasse, et il importe peu que la statistique fournisse des effectifs inférieurs aux\nanciens. Il y avait trop d'élèves, étant donné le nombre des classes.\nEn réalité, le Conservatoire est fréquenté par un plus grand nombre de sujets."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "319", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.7", "texte": "LE CONSERVATOIRE NATIONAL DE MUSIQUE\n\nEn sus des élèves titulaires, on admet des auditeurs inscrits, en petite quantité,\net quelques-uns sont autorisés à assister à diverses classes pour une période lir\nmitée, dont il n'est pas fait état dans le décompte ci-dessus.\nD'ailleurs, les locaux, insuffisants en nombre et en superficie, ne permettent\npas d'étendre cette faveur outre mesure. Nul n'ignore aujourd'hui les conditions\ndéplorables d'exiguïté de l'installation du Conservatoire, où, au mépris des lois\nde l'hygiène, trop d'élèves sont réunis, dans des classes ne fournissant ni la\nlumière ni le cube d'air indispensables. Vainement les rapporteurs du budget\nont signalé ce fâcheux état de choses, vainement la tribune du Parlement a-t-elle\nretenti à maintes reprises des justes doléances de l'administration, les projets\ndemeurent lettre morte et la reconstruction réclamée depuis plus de vingt-cinq\nans ne se décide point.\nIII. — LE BUDGET DU CONSERVATOIRE.\nLe budget du Conservatoire s'élève à 256.700 francs, dont 193.200 pour le\npersonnel administratif et enseignant et les gens de service, formant un total de\ncent parties prenantes.\nSur cette somme que revient-il à chacun des 83 professeurs et accompagnateurs\ndes 81 classes en exercice ? Une maigre indemnité variable et éventuelle pour une\ndouzaine, un minimum de 600 francs et un maximum de 2.400 francs pour les\nautres, un traitement de 3.000 francs étant réservé aux professeurs d'histoire et\nde composition. Alors que tous les professeurs de l'Ecole nationale des Beaux-\nArts reçoivent 4.000 francs d'appointements, unMarmontel, un Le Couppey, un\nMassart, unDelsart, un Regnier, un Monrose, un Got, un Barbot, un Bussine,\nunßax, un Benjamin Godard ne peut prétendre au Conservatoire qu'à un maxi-\nmum de 2.400 francs après plus de dix ans de service ! Encore n'est-il pas assuré\nd'y parvenir dans un délai normal. Les avancements ne se font qu'au fur et à\nmesure des extinctions ; de plus, des créations de classes effectuées depuis 1894\nsans augmentation de crédit sont absorbés des sommes q.ui auraient permis de\nsatisfaire en temps opportun à des droits acquis ; il en résulte qu'un certain\nnombre de mutations restent en souffrance, faute de fonds disponibles, pendant\nune période plus ou moins longue.\nLa situation des professeurs dans la plus grande école de musique est donc\nfort peu avantageuse et bien au-dessous de ce que l'on pouvait s'imaginer. Mal-\ngré tout, leur zèle, leur dévouement ne s'en ressentent point : les résultats sont là\npour l'attester.\nUne somme de 63.500 francs est affectée aux dépenses du matériel, sur laquelle\n24.000 francs sont distribués en pensions et encouragements aux élèves de chant\net de déclamation dramatique Près de 4.000 francs sont, en outre, consacrés à\nl'acquisition des médailles en argent et en bronze, diplômes et palmarès délivrés\naux lauréats. Les autres dépenses occasionnées par les concours, exercices et\ndistribution de prix,consistant en copie et achat de musique, billets, programmes,\nautographies, service d'ordre et de sûreté par les gardiens de la paix et sapeurs-\npompiers, etc., ne demandent pas moins de 3.500 francs.\nLes frais d'achat et de copie de musique, de matériel, d'entretien, d'accord et\nde réparation des instruments de musique et du mobilier pour le service des"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "320", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.8", "texte": "LE CONSERVATOIRE NATIONAL DE MUSIQUE\n\nclasses s'élèvent en moyenne à 6.000 francs. Le chauffage et l'éclairage nécessi-\ntent environ 13.500 francs.\nLes charges qui ne profitent en rien à l'enseignement : taxe de balayage, curage\nd'égout, vidanges, droits d'usage pour les fils téléphoniques , télégraphiques et\navertisseurs d'incendie, eaux de source, menues réparations, etc., sont assez\nlourdes et absorbent à peu près 3.600 francs, auxquels s'ajoutent environ\n1.500 fr. pour l'habillement des gardiens et des concierges.\nEnfin, la bibliothèque et le musée doivent se suffire avec 7.000 francs, somme\nréellement insuffisante lorsqu'il s'agit d'acquérir des ouvrages anciens ou des\npièces de valeur.\nÇe n'est donc qu'avec beaucoup de circonspection et d'économie, et en échelon-\nnant les dépenses sur plusieurs années, que l'on parvient à faire face, avec des res-\nsources invariables, à des dépenses essentiellement mobiles et souvent imprévues.\nIV. — LES ETUDES.\nC'est une vérité qu'il devrait être superflu d'exprimer, qu'en matière d'ensei-\ngnement artistique il ne saurait y avoir de programme d'études absolu, s'appli-\nquant à tous les élèves sans distinction pendant un temps rigoureusement déter-\nminé. 11 n'y a donc point au Conservatoire, comme dans les lycées, écoles primai-\nres ou grandes écoles spéciales, une division du travail uniformément réglée.\nLa plus grande latitude est laissée aux professeurs quant aux moyens ; le but\nimporte seul. Et comment pourrait-il en être autrement avec la diversité de\nnature et de tempérament des différents élèves ? Certes, il y a une doctrine, des\ntraditions, un ensemble d'exercices techniques qui forment la base de l'ensei-\ngnement ; mais chaque élève y est initié suivant ses aptitudes, son degré d'in-\ntelligence, la rapidité de ses progrès, la caractéristique de son talent, etc.\n11 convient par conséquent d'envisager non pas les systèmes, mais les résul-\ntats. Or ils sont des plus satisfaisants dans la majeure partie des branches d'é-\ntudes. On les apprécie lors des concours de fin d'année.\nCe mode de jugement amène forcément une épreuve identique pour tous les\nélèves, et l'on peut, non sans raison parfois, le critiquer pour ses aléas; mais\ncomment procéder ? Faut il, comme dans certains Conservatoires étrangers ou\ndans les facultés, instituer des examens généraux et délivrer des brevets ou di-\nplômes d'études ou de-capacité? 11 n'est pas certain que l'on y gagnerait. Un\nbrevet assurera-t-il la réputation d'un artiste plus qu'un premier prix ? Que le\nprincipe soit bon ou mauvais, le concours entré dans les mœurs n'est pas près\nde disparaître.\nVoyons comment il se pratique au Conservatoire.\nL'étude du solfège a été portée à un haut degré. Il semble, a priori, qu'on ne\ns'occupe dans ces classes que des rudiments de la musique et que ce soit là un\nenseignement d'importance accessoire, auquel on n'accorde que le minimum de\ntemps. En réalité, on y pousse le travail jusqu'à la minutie. Par leur zèle, par\nune émulation constante, les élèves en général sont parvenus à un degré de force\nqui fait l'étonnement des plus prévenus. En vain accumule-t-on les difficultés,\nles subtilités, on n'arrive pas à les prendre en défaut ! Chaque complication nou-\nvelle ne fait qu'accroître la somme de travail.\nLe concours comprend trois épreuves : dictée musicale, théorie, lecture. Les"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "321", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.9", "texte": "LE CONSERVATOIRE NATIONAL DE MUSIQUE\n\nDICTÉE MUSICALE. (Concours de 1902.)"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "322", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.10", "texte": "LE CONSERVATOIRE NATIONAL DE MUSIQUE\n\ndeux premières ont lieu simultanément. Tous les élèves étant réunis dans la\ngrande salle— à distance raisonnable les uns des autres pour empêcher toute\ncommunication, —une mélodie résumant les principales difficultés rythmiques et\nd'intonations est vocalisée ou jouée tout entière sur l'orgue. Cette exécution\nininterrompue a pour but de permettre aux élèves de se rendre compte de l'en-\nsemble, mesure, figures, modalité, etc. Ensuite le texte mélodique est détaillé\npar fragments de deux mesures exécutées de la façon suivante. Le premier frag-\nment est dit une fois ; puis, après un court silence, il est repris une deuxième\nfois; puis, après un nouvel intervalle, il est répété une troisième fois et immé-\ndiatement suivi du fragment venant ensuite ; ce fragment est exécuté à nou-\nveau une deuxième fois, et à la troisième, on enchaîne le troisième fragment,\net ainsi de suite jusqu'à la fin. Lorsque tout est ainsi terminé, on fait entendre\nune dernière fois, sans interruption, le texte entier pour que les concurrents\npuissent revoir leur copie et en corriger les défectuosité. Quelques instants\naprès, leur travail est recueilli pour être soumis au jury. On verra par le fac-\nsimilé ci-dessus quels résultats on obtient avec des enfants de dix à quinze\nans. La copie reproduite ci-dessus a été écrite au concours de 1902 par une\nélève de douze ans, Mlle Blum-Picarcl. Onze premières médailles, douze\ndeuxièmes et douze troisièmes furent décernées aux jeunes filles à ce concours;\nil ne s'agit donc pas, on le voit, de cas exceptionnels. L'épreuve de dictée a été\n*\ninstituée en 1872 par Ambroise Thomas, et la collection des textes imposés aux\nexamens et concours en a été publiée en 1900 (1).\nAprès la dictée vient la théorie musicale. Trois questions sont posées. Voici\ncelles du concours des classes d'instrumentistes femmes en 1902 :\ni° Quelle distance y a-t-il entre fa double bémol et fa double dièse ?\n20 Combien la mesure à 12/2 contient-elle de quadruples croches en triolets ?\n30 Par combien d'altérations diffèrent deux tons à distance d'un demi-ton chro-\nmatique ?\nCes deux épreuves écrites sont éliminatoires, et quiconque ne les a pas trai-\ntées d'une façon satisfaisante n'est pas admis à la lecture. Or, à certains con-\ncours, réunissant jusqu'à 71 élèves, aucun ne fut exclu de l'épreuve décisive.\nElle consiste en une leçon d'environ soixante mesures, à plusieurs mouvements,\net écrite avec les sept clefs : sol 2e ligne ; ut ire, 2e, 30 et 4e ligne; fa, 3e et\n4e ligne, qu'il s'agit de déchiffrer à première vue et avec le sentiment musical\nqui lui convient. Par le texte reproduit ci-après, imposé au concours de 1902\net dû à M. Théodore Dubois, on jugera de la promptitude de coup d'oeil et de la\nsûreté d'intonation qu'il faut posséder pour réussir. Difficultés rythmiques, alté-\nrations, multiplicité des clefs, etc., sont largement prodiguées. Elles ne sont pas\ninsurmontables, mais Ton reconnaîtra qu'elles nécessitent une préparation\nspéciale, un travail soutenu et singulièrement intensif qui ne s'effectue guère\ndans ces conditions qu'au Conservatoire. En parcourant les recueils de leçons\ncomposées par Cherubini et Auber et en les comparant avec ceux d'Ambroise\nThomas et de M. Th. Dubois, on se rendra compte du progrès accompli (2).\n\n(1) Dictées musicales du Conservatoire... par A. Thomas et A. Lavignac, Paris, Heugel et Cie.\n(2) Leçons de solfège à changements de clefs, etc., Paris, Heugel et Cie. Il convient de noter\nque, pour les classes de solfège des chanteurs, les textes sont singulièrement simplifiés, et qu'il\nn'est pas fait usage des sept clés pour la lecture. Quoique de dénomination semblable, les récom-\npenses des classes d'instrumentistes et de chanteurs ne comportent aucune assimilation."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "324", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.12", "texte": "LE CONSERVATOIRE NATIONAL DE MUSIQUE\n\nLe concours d'harmonie a lieu en loge. Chaque concurrent est enfermé, un\ndimanche de juin ou de juillet, à six heures du matin, dans une des classes, où\nil reste seul jusqu'à ce que son travail soit terminé, et au plus tard jusqu'à\nminuit. Il ne doit aucunement communiquer avec le dehors ni avec les autres\nconcurrents ; toute correspondance est proscrite, et l'on veille à ce que nul\nrenseignement ne soit transmis par les garçons de restaurant au moment des\nrepas, qui se prennent dans la loge même de l'élève.\nA son arrivée, il reçoit le texte de la composition imposée : une basse et un\nchant, d'environ 40 mesures. Son travail consiste à écrire, dans le cours de la\nséance, les trois parties complétant le texte remis, sans faire usage de notes,\nexemples, traités, piano, etc.\nCette opération peut sembler aisée ; elle est en réalité assez compliquée. Elle\nexige une préparation de plusieurs années, une connaissance profonde des\nnombreuses règles qui constituent la science harmonique, une grande pratique,\nune écriture élégante et correcte ; en un mot, l'ensemble doit être intéressant\nmusicalement. A titre d'exemple, nous reproduisons les deux leçons présentées\nau concours de 1902 par Ml,e de Orelly, qui obtint le premier prix.\nAu nombre des harmonistes qui ont remporté le premier prix dans le cours\ndu siècle, il faut citer Kalkbrenner, Zimmermann, Pasdeloup, Benoist, Leborne,\nCaspers, A. Lhote, Borelli, O. Métra, Colonne, Taudou, T. Génin, Alary,\nKarren, Marty, Rouher, Savard, Honnoré, A. Magnard, Bouval, Silver, Delà-\nfosse, Caussade, d'Ollone, Gallon, Domerg, Ladmirault, Motte-Lacroix. Du\ncôté des femmes on remarque depuis l'année 1879 Mlles Sorbier, Bonis, Chré-\ntien, Lange, Lefrançois, Vernaut (Mme Renart), d'Obigny de Perrière, Prestat,\nGonthier, Jaeger, (Jossic), Depecker, Riwinach, Barat (Marcou), Duroziez,\nGot (Roy). Markreich, Thouvenel, Laville, C. Campagna, L. Lhote, Chené,\nL. Jaffroy, etc."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "327", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.15", "texte": "Pour le concours d'harmonie, l'élève a tout le loisir de méditer son sujet, de\nréfléchir aux multiples combinaisons dont il est susceptible. Il en va tout autre-\nment pour les épreuves du concours d'accompagnement au piano, auxquelles on\nne peut d'ailleurs participer qu'après avoir concouru pour l'harmonie écrite.\nC'est séance tenante, instantanément, qu'il faut exécuter les épreuves imposées.\nUne basse au-dessus de laquelle sont placés les chiffres indiquant la nature des\naccords constitutifs de l'harmonie doit être réalisée sur le clavier après un rapide\ncoup d'oeil d'ensemble. Pour le chant donné, l'élève doit trouver dans les\nmêmes conditions la basse et les parties intermédiaires, en ayant soin que son\naccompagnement soit intéressant et varié. La réduction au piano de la grande\npartition d'orchestre est une opération délicate, tant par son instantanéité, que\npar la nécessité d'extraire à première vue de la multiplicité des parties instru-\nmentales les parties essentielles de l'oeuvre, souvent écrites dans des tonalités\ndifférentes, suivant la nature des instruments transpositeurs employés. Il s'agit\nde donner une idée du morceau, d'en souligner les passages caractéristiques ou\nd'accompagner les voix. C'est un art dans lequel brillèrent plusieurs des lau-\nréats du Conservatoire, entre autres Le Couppey, Le Carpentier, A Thomas,\nBazin, Batiste, Ch. Colin, Th. Dubois, Fissot, Danhauser, L. Delahaye, etc.\nAujourd hui, les partitions d'ouvrages dramatiques sont presque toutes publiées\nen réductions pour le piano ; moins qu'autrefois cette étude trouve son applica-\ntion, mais elle est indispensable pour le répertoire ancien; elle a, en outre,\nl'avantage de former des musiciens exercés.\nEn dehors du morceau d exécution: fugue, choral, fantaisie, etc., qui est étudié\net dans lequel l'exécutant peut faire briller sa virtuosité ou l'ingéniosité de ses"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "328", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.16", "texte": "LE CONSERVATOIRE NATIONAL DE MUSIQUE\n\ncombinaisons de jeux, les diverses épreuves du concours d'orgue'doivent être\ninstantanément réalisées comme celles de la classe d'accompagnement au piano ;\nelles en diffèrent par la nature. L'harmonisation du plain-chant dont la partie\nprincipale est placée tantôt à la basse, tantôt dans une partie intermédiaire,\ntantôt à la partie supérieure, se fait suivant des règles assez spécieuses, sur un\ntexte emprunté à la liturgie. Vient ensuite l'improvisation d'une fugue sur un\nsujet donné de quelques mesures. Cette épreuve demande une grande promp\ntitude dans la conception des différents éléments qui doivent entrer dans la\ncomposition de ce genre de morceau. Les règles sont peut-être moins rigou-\nreuses que dans la fugue écrite, mais l'ordonnance générale doit présenter une\ndisposition cote et un plan logique\nL improvisation se fait aussi sur un sujet libre ou moderne qui n'a rien de la\nrigoureuse sévérité de la fugue. L'organiste peut donner libre carrière à son\nimagination en le développant, en l'enrichissant et en le variant de façon à\nproduire une composition intéressante, tout en restant dans le caractère du\nsujet donné.\nQuatre maîtres se sont succédé dans l'enseignement de l'orgue depuis 1818 :\nBenoist, César Franck, Widor et Guilmant. Ils ont eu pour élèves des artistes\ndont plusieurs se sont illustrés : Fessy, Lefébure, Bazin, Renaud de Vilbac,\nBazille, Saint-Saëns, J. Cohen, G. Bizet, Grisy, A. Deslandres, Th. Dubois,\nFissot, Chauvet, Salvayre, R. Pugno, P. Wachs, S. Rousseau, Dallier,\nChapuis, Pierné, Marty, Vierne, etc ,et parmi les femmes, Mlles Rousseau,\nLetourneur et Ilervy (1827-36), Lorotte (1854), Boulay (1888), Prestat (1890), etc.\nQuoique le concours de composition musicale pour le prix de Rome soit\nouvert à tous les musiciens sans distinction d'Ecoles, on n'y voit guère prendre\npart et y réussir que des élèves du Conservatoire. Ce concours, organisé par\nl'lnstitut de France, portant sur la composition proprement dite et l'orchestra-\ntion, le Conservatoire consacre l'épreuve de fin d'année scolaire au contrepoint\net à la fugue.\nTandis que l'harmonie traite de l'enchaînement des accords, ou agrégations\nde sons simultanés, la science du contrepoint consiste dans la marche de parties\nmélodiques écrites note contre note (point contre point), sans qu'on ait à tenir\ncompte des accords, mais seulement du rapport des intervalles des sons suivant\nleur distance\nL'étude et la pratique du contrepoint procurent une grande souplesse de main\net de grandes facilités d'écriture, tout en préparant à la connaissance de la fugue,\nqui en est le complément indispensable. Le mot fugue (tiré de fuga) signifie\nfuite ; il caractérise bien ce genre de composition dans lequel toutes les parties\nsemblent successivement se fuir.\nUn thème, appelé sujet de fugue, comprenant environ quatre mesures (A), est\nfourni aux concurrents, qui sont mis en loge un dimanche, dans les mêmes con-\nditions que les harmonistes et pour une même durée de 18 heures. Avec ce court\nfragment, ils doivent écrire, suivant des règles très rigoureuses et nombreuses,\nune composition dont le développement comportant une exposition, des diver-\ntissements, des strettos, etc., dépasse parfois cent mesures. Sans entrer dans\nl'analyse de ce genre d'oeuvre, rappelons que le sujet doit être successivement\nexposé dans deux des quatre parties dont se compose une fugue vocale"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "329", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.17", "texte": "LE CONSERVATOIRE NATIONAL DE MUSIQUE\nR. M.\n20\n\n(A, ligne I). Il est immédiatement suivi de la réponse (B, ligne II), qui en est une\nimitation ; puis vient le contre-sujet, écrit en contrepoint renversable à l'octave\nou à la quinzième (C, ligne I), accompagnant le sujet à chacune de ses entrées.\nLorsque le sujet et la réponse ont été entendus dans deux parties, ils repa-\nraissent dans les deux autres (A, ligne 111 ; B, ligne IV), tandis que des brode-\nries et divertissements variés, tirés de fragments du sujet ou du contre-sujet,\ncomplètent les autres parties (i).\nOn reprend ensuite la fugue en modulant au ton relatif, puis on arrive aux\nstrettos, dans lesquels tous les éléments de la fugue se rapprochent, se resserrent\nà intervalles de plus en plus courts (voir ier stretto :A, ligne 111 ;B, ligne IV;\n4e stretto : A. ligne I ; B, ligne IV).\n\n(i) La fugue s'écrit sur les clefs d'ut et do fa, à l'instar des leçons d'harmonie. Elles ont été\nremplacées ici par les clefs de sol, pour rendre l'exemple accessible à tous les lecteurs."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "330", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.18", "texte": "LE CONSERVATOIRE NATIONAL DE MARIE"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "331", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.19", "texte": "LE CONSERVATOIRE NATIONAL DE MUSIQUE\n\nNombreux sont ceux qui figurent au palmarès de l'école avec le premier prix\nde fugue : Gasse, Daussoigne-Méhul, Barbereau, Elwart, Bazin, Deldevez,\nBatiste, César et Joseph Franck, H. Duvernoy, V. Massé, Maillart, Prumier,\nBazille, N. Alkan, J. Cohen, S.David, G.Bizet, Th. Dubois, A. Deslandres, Dan-\nhauser, Fissot, Diemer, Massenet, Lavignac, Taudou, Rougnon, V. de la Nux,\nT. Génin, le trésorier des concerts de Châtelet, C. Broutin, Dallier, etc. Dans la\njeune génération on remarque : P. Vidal, Pierné, Ch. René, Grandjany, Fer-\nroni, X. Leroux, Dukas, Bondon, Galeotti, Busser, Van Doren, Letorey, Roux,\nMarichelle, Caussade, Estyle, Pech, etc.\nLes femmes n'ont pas dédaigné ces études ardues, et l'on peut signaler parmi\nles premiers prix Ml,cs Renaud, qui épousa Maury, sous-chef de musique de la\ngarde républicaine ; Chrétien, Gonthier, Prestat, Jaeger (Mme Jossic), Depecker,\nBoulay, etc.\nQuelles que soient l'importance et la valeur des concours dont il vient d'être\nquestion, le public n y prête qu'une médiocre attention. Ils n'offrent rien qui\nfrappe son imagination ou qui s'impose à sa compréhension. Il ne s'intéresse\nqu aux épreuves ayant lieu en sa présence et dont il peut apprécier plus ou\nmoins justement les résultats, encore tous ne lui agréent-ils pas également.\nIl fait bon marché des séances dans lesquelles s'exercent, à qui mieux mieux,\ncontrebassistes, altistes, violoncellistes, harpistes, pianistes, joueurs d'instru-\nments à vent, etc, qui n'attirent que des spécialistes. Mais il se rue aux séances\nde chant, de déclamation lyrique et dramatique. C'est devenu affaire de mode, de\nsnobisme. On s empresse moins aux épreuves qui exigent de qui veut les com-\nprendre des connaissances techniques. Toutefois, en ce qui touche au théâtre,\nchacun s accorde une autorité pour juger, ou tout au moins désire assister à un\nspectacle gratuit, où le bon ton exige que l'on paraisse.\nAvec les concours publics, reviennent les éternelles récriminations contre les\nméthodes d enseignement, les professeurs maladroits, la pénurie de sujets de\npremier ordre, etc. Ce sont de vieux thèmes sur lesquels on trouve encore à bro-\nder sans arguments nouveaux et qui fournissent aux empiriques, aux pro-\nfesseurs repoussés, 1 occasion de célébrer leur système soi-disant infaillible ou\nde manifester leur mauvaise humeur.\nCertes tout n est pas parfait en ce qui concerne le chantet la déclamation. Mais où\nfait-on mieux ? Est-ce la faute du gouvernement,des professeurs ou des chanteurs ?\nIl est évident que les voix n'abondent pas et que, sur 80 élèves formant an-\nnuellement 1 effectif des classes, dont un quart environ se renouvelle chaque\nannée, il n en sort qu'une faible proportion arrivant à la célébrité. Avant de\ncritiquer, il serait juste pourtant d'examiner les résultats produits dans les écoles\nsimilaires. On verrait alors qu'il en est ailleurs comme ici. La nature ne pro-\ndigue pas ses dons. Les élèves sont peut-être trop pressés de cultiver un talent\nqu ils ne prennent pas le temps de porter à sa maturité. Ne suivent-ils pas des\nconseils néfastes? Possèdent-ils tous une intelligence vive et une culture musi-\ncale suffisante? Cherchent-ils enfin à profiter consciencieusement des divers ensei-\ngnements mis à leur disposition, classes principales et accessoires? Se laissent-\nils diriger et acceptent-ils docilement les préceptes qui leur sont donnés ? Sont-ils\nenfin exempts de cette présomption, de cette suffisance, de cette fatuité qui porte\nquelques-uns à considérer suffisant un travail approximatif?"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "332", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.20", "texte": "LE CONSERVATOIRE NATIONAL DE MUSIQUE\n\nEn outre, ignore-t-on que la généralité des sujets se présente avec des défauts\nnaturels difficiles à faire disparaître ou avec de fâcheux principes presque impos-\nsibles à déraciner? Citons au hasard la mauvaise contraction de la langue faisant\nobstacle à la résonnance du palais et altérant par suite le caractère et le timbre\nde la voix ; la raideur du larynx entraînant une vibration imparfaite des cordes\nvocales, le rapprochement des amygdales et la rétractation de la luette par le res-\nserrement des piliers du voile du palais; la respiration défectueuse claviculaire\nau lieu delà respiration diaphragmatique ; le grasseyement, défaut de la langue\nproduisant une vibration gutturale désagréable à entendre et ayant l'inconvé-\nnient de diminuer l'orifice supérieur du larynx et d'étrangler les sons au pas-\nsage, etc. Il ne suffit pas au professeur de corriger les défectuosités de l'organe,\nil doit encore essayer d'inculquer ou de développer les qualités nécessaires :\npose de la voix, articulation, vocalisation, style, sentiment musical, etc. La tâche\nne laisse pas d'être délicate et laborieuse et elle exige la parfaite docilité de l'élève\net un travail soutenu.\nQuoi que bon puisse dire contre l'enseignement du Conservatoire, il peut op-\nposer à ses détracteurs une longue série de maîtres et de lauréats qui lui font\nhonneur et dont la réputation n'est pas discutable.\nParmi les premiers, on rencontre Lays, Mrae Cinti-Damoreau, Bordogni, Vau-\nthrot, Pellegrini, Galli, Masset, Garat, G. Duprez, Battaille, Bussine, Garcia,\nBax, Plantade, Banderali, Ponchard, Faure, Delle-Sedie, Mme Viardot, Barbot,\nRévial, Roger, Bonnehée, etc., dont plusieurs ont fait leurs études dans l'Ecole\net y ont obtenu le premier prix.\nLa même récompense fut remportée par Roland, Rigaut, Levasseur, Massol,\nWartel, Dérivis, Achard, Jourdan, Grignon, Chapuis, Archainbaud, Rouclil,\nMaurel, Gailhard, Bouhy, Boyer, Vergnet, Manoury, Talazac, Sellier, Lorrain,\nEscalaïs, Fournets, Delmas, Saleza, Clément, Imbart de la Tour, Beyle, etc.,\ndont le nom n'est pas tout à fait inconnu de ceux qui se sont occupés d'art dra-\nmatique.\nLes femmes tiennent une place honorable depuis Mllcs Chevalier, Ribou,\nHimm, Dorus, Falcon, Nau, Julian, Lavoye, Carvalho, Lefebvre, Barbot, Wer-\ntheimber, Cico, Daram, Bloc, Mauduit, Marie Roze, Brunet-Lafleur, Thibault,\nBilbaut-Vauchelet, Richard, Boidin-Puisais, M. Vaillant, Janvier, Merguillier,\nLureau-Escalaïs, jusqu'à Mlles Simonnet, Ribeyre, Buhl, Wyns, Lafarge,\netc., qui ont brillé sur les plus grandes scènes lyriques.\nParler de l'enseignement de la déclamation dramatique nous entraînerait dans\nune controverse aussi délicate qu'inopportune. Rappelons seulement que, de tous\nles concours, c'est celui de tragédie-comédie qui excite le plus l'engouement\net la curiosité du public. Une foule élégante, mondaine et demi-mondaine, se\npresse dans l'étroite salle. Aussi que de démarches, de sollicitations, d'intrigues,\nvoire d'expédients, pour obtenir le bienheureux coupon conférant le dignus\nintrare!\nLa séance de tragédie, qui a lieu le matin, n'attire guère que les fanatiques,\nmais celle de l'après-midi, consacrée à la comédie, fait salle comble, et si l'admi-\nnistration, obtempérant aux injonctions de la Préfecture de Police, n'y veillait\nsévèrement, ce serait un envahissement complet des couloirs et des loges, et la\ncirculation deviendrait impossible."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "333", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.21", "texte": "LE CONSERVATOIRE NATIONAL DE MUSIQUE\n\nLa journée est une des plus longues, comme des plus décevantes et quelque-\nfois des plus bruyantes. Six classes comprenant 60 élèves fournissent une\nmoyenne de 18 à 24 concurrents. Cette année, le concours de comédie en réunira\n35, chiffre qui n'avait pas encore été atteint. Verra-t-on le nombre des lauréats\ns'augmenter proportionnellement ? Cela n'est pas probable. Il y aura les mêmes\ndésillusions, les mêmes malédictions. Et d'ailleurs seraient-ils plus nombreux,\nque les débouchés ne s'offriront pas en plus grande quantité qu'auparavant et\nqu'ils ne seront pas plus rémunérateurs. La Comédie-Française, 1 Odéon, les\nthéâtres de genre ne peuvent faire place à tous, et la province ne procure que de\nrares et maigres avantages.\nCombien de lauréats justement diplômés demeurent sans emploi ! Quels dé-\nboires les attendent et quelle situation leur est faite ! Rien ne peut mieux nous\ninstruire à cet égard que les confidences faites par Mlle B. Maufroy, premier\nprix de comédie en 1897, à Mme M. Laparcerie et que celle-ci a consignées dans\nla Pi 'esse du 22 juin dernier.\nL'enseignement de la déclamation a toujours été confié à des artistes de pre-\nmier rang, parmi lesquels on peut citer Beauvallet, Dugazon, Michelot, Provost,\nSamson, Monrose, Talma, Fleury, Worms, A. Brohan, Delaunay, Got,\nt\nRegnier, etc., la plupart élèves et lauréats de l'Ecole.\nLa tragédie a rarement fourni des premiers prix ; il y eut jusqu à douze con-\ncours consécutifs sans qu'il en fût décerné un seul Aussi n avons-nous guère à\nsignaler que Ligier, Jourdan, A. Lambert, Marquet, Leitner, de Max, Fenoux,\nMonteux. M. Silvain n'obtint qu'un second prix. Du côté des dames, citons\nMUes Rousseil, M. Colombier, Lerou, Caristie-Martel, S. Weber, Moreno, Dux,\nGrumbach, etc.\nDans la comédie on remarque les noms de Got, Ihiron, Saint-Germain,\nGrenier, Provost, Laroche, Seveste, E. Coquelin (l'aîné ne remporta que le\nsecond prix), Joumard, Le Bargy, de h éraudy, Galipaux, Duflos, Laugier, Berre,\nLeitner, Burguet, etc., et ceux de Mmes A. et M. Brohan, Denain, Lloyd, Reichen-\nberg, Croizette, Legault, Samary, Sisos, Amel, M. Durand, Marsy, Brandès,\ndu Minil, Ludwig, Bertiny, de Boncza, Lara, Desprès, Maufroy, Regnier, etc.\nOn est unanime de tous côtés pour proclamer la supériorité des classes instru-\nmentales du Conservatoire. Celles de piano et de violon comptent parmi les plus\nréputées. La liste est longue des virtuoses et des maîtres qu'elles ont produits pen-\ndant le cours du siècle dernier. Qualités de mécanisme, de sonorité, style, phrasé,\ntechnique, sentiment musical, etc., se retrouvent à des degrés divers chez les con-\ncurrents et font sans cesse croître l'émulation et rehausser le niveau des études.\nLa plume est impuissante du moins la nôtre à donner un aperçu de ce\nque peut être un de ces concours où les élèves luttent de virtuosité et de talent.\nComment distinguer et préciser entre les interprétations diverses r En jetant un\ncoup d'oeil sur la liste des morceaux de concours donnés depuis l'origine, les\nspécialistes pourront se rendre compte du degré de force exigé des concurrents (1).\nComme point de comparaison entre deux époques, nous reproduisons ci-après\nles morceaux donnés à déchiffrer à première vue à 70 ans d intervalle aux\nconcours de piano (hommes).\n\n(1 ) Voir le supplément musical de ce numéro, pages 25-27"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "334", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.22", "texte": "LE CONSERVATOIRE NATIONAL DE MUSIQUE\n\nLe premier date de 1833 5 il a été composé par L. Adam, père de l'auteur du\nPostillon de Long jumeau, qui exerça les fonctions de professeur de piano au\nConservatoire depuis l'an V. Voici, d'après le manuscrit autographe, le titre et la\ndistination de l'œuvre : Morceau de musique pour le piano composé exprès pour\nfaire lire à livre ouvert aux concourants de la classe des hommes pour les prix de\npiano de 1833, par L. Adam.\nCe pianiste compositeur avait alors 75 ans ; il mourut quinze ans plus tard.\nEn cette année 1833, le premier prix de piano échut à Prudent, qui acquit une\ncertaine réputation et mourut en pleine carrière à 46 ans. Pasdeloup, dont le\nnom est plus connu, non comme pianiste, mais comme fondateur des Concerts\npopulaires du Cirque d'hiver, remporta le second prix au même concours Le\nmorceau d'exécution était une sonate de Hummel.\nAutrefois, les morceaux de lecture à vue restaient inédits, ce qui permettait de\nles imposer à nouveau dans les examens et concours postérieurs. Celui de 1833\nfut donné en 1836, en 1842 et en 1852. En cette dernière année, il fut exécuté\npar G. Bizet, qui reçut le premier prix.\nLe second morceau de déchiffrage a été écrit en 1902 par M. Raoul Pugno\nPoint n'est besoin d'établir un parallèle.\nLes pianistes ayant remporté le premier prix sont légion, aussi ne pouvons-\nnous en nommer que quelques-uns : Pradher, Zimmermann, Kalkbrenner,\nHérold, Ilerz, Benoît, Le Couppey, A. Thomas, Lacombe, Marmontel, Ravina,\nC. Franck, V. Massé, Alkan, Philippot, Wienawski, Planté, J. Cohen, G. Bizet,\nFissot. Paladilhe, Guiraud, Massenet, E. Bernard, Pugno, Wormser, C. Bellai-\ngue, Pierné, Ch. René, I. Philipp, Falcke, Chansarel, Jemain, Delafosse,\nStaub, Risler, Malats, Wurmser, Lemaire, Cortot, etc. Plus nombreuses encore\nsont les femmes, et la place nous manque pour citer des noms sans éveiller de\nsusceptibilités.\nTous les concours des classes d'instruments consistent dans l'exécution d'un\nmorceau désigné par le Comité d'examen environ un mois à l'avance et la lec-\nture à première vue d'un fragment manuscrit spécialement composé pour chaque\nconcours. Nombre d artistes ont triomphé dans ces épreuves et se sont fait un\nnom digne de l'Ecole. Faute de place, nous ne pouvons consacrer un souvenir\nmême aux plus éminents des diverses branches d'études. Nous terminerons\ndonc par les violonistes. Parmi les maîtres, où trouve-t-on de plus célèbres vir-\ntuoses que Gaviniès, Lahoussaye, Rode, Kreutzer, Alard, Flabeneck, Baillot,\nMassart, Sauzay, Dancla, Girard et Maurin, pour la plupart premiers prix de\nl'École ? Dans le nombre de ceux qui ont remporté la suprême récompense, ne\nrencontre-t-on pas quantité d'artistes connus, depuis Sauvageot, Duret, Mazas,\nTilmant, Tolbecque, Gras, Sainton, Croisilles, Chaine, Bevon, Wienawski,\nAltès, Lancien, Garcin, Lamoureux, Accursi, White, Sarasate, Jacobi, Colonne,\nDesjardins, Montardon, Taudou, Heyrnann, Marsick, Berthelier, Nadaud,\nJ. Wolf, Hayot, jusqu'à Mâche, Rieu, Laforge, Quanté, Tracol, Marteau,\nBoucherit, Capet, Willaume et Thibaud ? Plusieurs femmes se sont également\ndistinguées: entre autres, Mlles Tayau, Boulanger, Pommereul (devenue la femme\nde l'actuel ministre des finances), Tua, Dantin, etc.\nDe tels résultats suffisent à prouver que le Conservatoire remplit sans déméri-\nter la haute mission qui lui est dévolue.\n\nCONSTANT PIERRE."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "335", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.23", "texte": "ÉCOLES NATIONALES\n\nEcoles nationales de musique.\n(Notes sur quelques écoles de musique en province.)\nLille. Le Conservatoire de Lille est un des plus importants. Avec celui de\nNancy, c'est le seul qui ait une classe d'orgue. Il a 42.000 fr. de ressources\n(dont 10.000 fournis par la Ville, 32.000 par l'Etat), et 3i2 élèves (dont 185\ngarçons et 127 filles), admis depuis l'âge de 8 ans, et soumis à trois examens\nréguliers par an, avec un concours périodique en juillet Les professeurs sont\nau nombre de 34; parmi ceux dont les classes sont le plus estimées, on peut\nciter :R. Brugmann (orgue), M. Pianay (solfège), Mlle Masson (piano),\nM. Seiglet (violon), M. Lecocq (harmonie), etc. Il y a une classe de harpe\nchromatique.\nLe directeur, M. Ratez, est en même temps professeur d'un « Cours d'en-\nsemble de musique de chambre » qui s'étend aussi aux pièces pour instru-\nments à vent, dans une salle de concert bien aménagée, peut-être un peu trop\nsonore. L'enseignement est gratuit.\nM. Ratez est né à Besançon (iBsi), où il fut l'élève de Demol; il eut pour\nmaîtres, au Conservatoire de Paris, Bazin et Massenet. Sa dernière œuvre est\nPode chantée à l'inauguration du monument de Pasteur, à Dole, le 3 août 1902.\nNancy. Le Conservatoire de Nancy reçoit 284 élèves âgés de 8 à 25 ans et\npayant une rétribution scolaire de 60 francs par an, ce qui produit par suite\ndes nombreuses dispenses accordées par la ville une somme de i.500 francs\nenviron; le Conseil municipal fournit 26.000 fr., et l'Etat 6.000 fr. ; soit, en\ntout, 33.500fr. de ressources. M. Guy Ropartz, auquel nous avons consacré\nune étude dans un de nos derniers numéros, est à la fois directeur de l'Ecole\net professeur d'harmonie ; il a confondu les deux classes d'ensemble (vocal et\ninstrumental) avec les Concerts du Conservatoire où sont employés tous les\nbons élèves, et qui ont pris, grâce à son initiative, une sérieuse importance. Il\nn'y a pas beaucoup de jolies voix dans la région de Meurthe-et-Moselle, et les\nclasses de solfège ou de chant s'en ressentent un peu, quoique fort bien diri-\ngées. Les professeurs sont au nombre de 18 : nous citerons M. Thirion (orgue)\nqui, l'été dernier,n'avait que deux élèves! M. David (solfège), M. Bolinne\n(chant), Mrae Richert-Collin (piano), Mlle Brossler (harpe), Mlle Cœur et\nM. Stéveniers (violon), M. Schwartz (violoncelle), M. Foucaut (hautbois),\nM. Gandoin (basson), etc.\nM. Ropartz, né à Guingamp (1864), élève de Th. Dubois, Massenet et Cés.\nFranck, n'est pas seulement un de nos plus remarquables chefs d'orchestre,\nmais un compositeur original et savant : qu'il nous suffise de cirer ici le\nPsaume CXXXVI, et les deux Symphonies, qui comptent parmi les œuvres\nles plus solides de notre temps.\nToulouse.— L'Ecole de musique de Toulouse est classée la seconde de\nFrance, après le Conservatoire de Paris. Elle donne un enseignement gratuit;\nses ressources sont de 58.700 fr. par an (dont i 5.000 donnés par l'Etat et les\n43.700 par la municipalité). L'été dernier, le nombre des élèves était de 317\n(208 hommes et 109 femmes). La classe d'orchestre, que dirige le directeur,"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "336", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.24", "texte": "ECOLES NATTONALES\n\nest sans rivale parmi les autres écoles de province ; il en est de même de la\nclasse de piano (titulaire : M. Debat-Pontao); les autres cours d'instruments\nsont également remarquables : mais c'est surtout par les chanteurs qu'il a pro-\nduits que le Conservatoire de Toulouse est célèbre. En feuilletant les palmarès\ndes 25 dernières années, on trouve (par ordre de sortie) des noms comme ceux\nde Soulacroix, Mlle Caroline Brun, M,le Castagné, Muratet, Seintein, Soum,\nMlle Cassé (plus connue sous le nom de Simonne d'Arnaud), Cazeneuve,\nDaraux, Carbonne, Affre, Sizes, Vialas, Mlle Baux, beaucoup d'autres qui ont\nfourni une bonne carrière en province. Parmi les plus brillants élèves que pos-\nsédait l'an dernier l'école de Toulouse, on peut citer : dans la classe de\nMme Bacquié, M. Salles, baryton ; Mlle Massonnier, soprano ; MM. Malet,\nténor, Mlle Péguillan, Mlle Cabestain, M!le de Péco, M. Espa (classes de\nM. Méric, de M. Echetto,de M. Boudil). Puissions-nous, plus tard, retrouver\nces noms sur les affiches des grands théâtres de Paris !\nLe directeur du Conservatoire de Toulouse est actuellement M. Crocé-\nSpinelli, né à Paris le 18 février 1871. Il est donc âgé de 32 ans. En 1897,\nobtint, au Conservatoire de Paris, le premier second grand prix de Rome\n(tandis que M. d'Ollone obtenait le premier prix, et M. Schmitt le deuxième\nsecond grand prix). Sa jeune et intelligente initiative vaut à cette ville une\ncréation des plus intéressantes : on vient, en effet, de constituer une Société\ndes concerts du Conservatoire, qui se propose de donner six grandes auditions\nchaque année, avec un programme qui comprendra une symphonie classique,\ndes œuvres anciennes et modernes, un soliste chanteur ou concertiste, etc.\nM. C rocé-Spinelli, dont on ne saurait trop louer l'action bienfaisante dans\nune ville très éprise d'art, dirigera les concerts en qualité de chef d'orchestre.\n11 sera secondé par M. Borne, deuxième chef d'orchestre, et par M. Guilhot,\nchef des chœurs.\nL'orchestre, composé des meilleurs instrumentistes de Toulouse, aura pour\nsoliste MM. Bergès et Chazot (violon), Sauvaget père et R. Valladier (violon-\ncelliste) ; Mlle Delon (harpe)."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "337", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.25", "texte": "LA MUSIQUE ET L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR\n\nLa musique et renseignement supérieur en France\net à l'Étranger.\nOn sait que notre enseignement national et public a trois degrés : enseigne-\nment primaire (écoles d'instituteurs), enseignement secondaire (lycées et collèges),\nenseignement supérieur (universités).\nEn France, le Conservatoire de Paris est considéré, dans les décrets officiels,\ncomme établissement d'enseignement supérieur ; mais, dans l'enseignement\nsupérieur proprement dit (dans ce qu'on appelait autrefois les Facultés des\nLettres et des Sciences), la musique n'a aucune place.\nA l'étranger, surtout en Allemagne, c'est le système opposé qui semble régner.\nLes (( Conservatoires )) de musique n'ont pas de caractère officiel et sont des\ninstitutions privées ; au contraire, dans presque toutes les universités, la\nmusique est enseignée.\nQu'en résulte-t-il ?\nC'est qu'en Fiance on forme surtout des praticiens et des virtuoses, l'en-\nseignement (( supérieur )) de la musique étant donné par des musiciens de\nprofession, tandis qu'en Allemagne on forme surtout des érudits, des critiques,\ndes penseurs, le même enseignement étant donné par des savants qui, tout en\nayant une compétence reconnue, sont imbus de philosophie, de littérature,\nd'esthétique, et de méthode historique.\nVoici, d après un relevé officiel, la liste des principales (( chaires magistrales ))\noccupées par la musique dans les Universités étrangères.\nAllemagne.\nTÏ RVPDCI'RÛC PROFESSEURS PROFESSEURS\nU MVERSII ES OBSERV 4TIONS\nTITULAIRES EXTRAORDINAIRES\nGottillgen. O. FREIBERG. Cours: Harmo-\nnie et Exercices.\nGreifswald. M. REINBRECHT (maître spé- Cours : Histoire\ncial).* gén. de la musi-\nque, Harmonie,\nEnseignement\nthéorique, et pra-\ntique de la musi-\nque sacrée.\nHalle-Wittenberg. O. RENBKE [lecteur), Directeur Cours: Harmo-\nroy. de musique à l'Université, nie et contrepoint\nH eidelberg. I) THODK (con- 2) WOLFBOM. Cours:\nseiller intime). U Rich. Wag-\nner.\n2) Harmonie,\nExercices théori-\nques et pratiques\nde la musique.\nKiel. STANGE [maître des Beaux- Cours : Harmo-\nArts). nie, Liturgie.\nKonigsberg. MAX BRODE (maître acadé-\nmique de musique), Gonst. BEN-\nCHER, directeur royal de musi-\nque.\n\n* Les « maîtres spéciaux », « maîtres académiques », etc., ne font pas partie du « Sénat\nacadémique »."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "338", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.26", "texte": "LA MUSIQUE ET LENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR\n\nAllemagne (suite).\nPROFESSEURS PROFESSEURS\nUNIVERSITES TITULAIRES EXTRAORDINAIRES OBSERVATIONS\nLeipzig. i) Dr phil. KRETSCHMAR. . . Cours:\n2) DR phil. et mus. RIEMANN. .1 ) Interpréta-\n-3) Privcit-docent : Dr phil. et Mon textes mu-\nmus. PRUFER. BILCIUX.\n2) Histoire de\nla musique, etc.\nBerlin. 1) DR FLEISCHER, conserva- 1) Histoire de\nteur de la collection royale la musique au\nd'instruments anciens de musi- m?Yen Bis-\nque, secrétaire des monuments tolie e a 0 1T^ufI_\nq 1 ~ -, que au xix° siecle,\nde musique allemande. Exercices.\n2) P rivât- do cent :DR FRIED- 2) Histoire gé-\nLANDEK. nérale de la musi-\nDr J, WULF, que.\nBonn. Prof. WOI.FF. I) Histoire de\nl'Opéra.\nBreslau. 1)1 DR VOGT, prof. 3) M. FILKE, directeur royal 1)\nordinaire de la Fa- de musique. 2) Chant sacré\nculté de Philoso- 4) Dr BOHN, maître de musi- (exercices),\nphie. que. 3) Exercices\n\\ ix.« w pratiques de\n2) WREDE, . chant choral,\nprof, ordinaire de 4) Harmonie,\nla Faculté de Théo-\nlogie protestante.\nLes quatre professeurs font partie de l'lnstitut\nuniversitaire de musique sacrée, dont M. Vogt est\nle directeur.\nMunich. Adolf SANDBERGER, chargé des\nsciences musicales.\nMarburg. JENNER, maître (Lehrer) char- Cours : Histoire\ngé de cours, avec le titre de de la musique ins-\nDirecteur de musique de l'Uni- trumentale aile-\nversité.mande'\nRostock. DR A. THIERFELDER, avec le Cours : Histoire\ntitre de Akademischer Musik- ciu chant liturgi-\nlehrer que, Harmonie,\nExercices.\nStrasbourg. Dr JACOBSTHAL. Cours : Histoire\nde la musique\nmoderne depuis\nBach.\nTubingen. D 1 KAUFFMANN, Musiklehrer. Exercices.\nAmérique.\nHarvard. John KNOWLES M. SPALDING, assistant (exer-\nPAINE M. A., DOC- cices pratiques),\ntor Mus. (Histoire\nde la musique,\nInstrumentation,\netc.).\nColumbia (New- Edw. Alexander Ch. Hubert FARNSWORTH, Donne un di-\nYork). MAC DOWELL, DOC- professeur adjoint à Teacher's plôme.\ntor Mus. Collège Léonard BEECKER,\nMAC WHOOD, répétiteur. Gustav\nHINRICKS, chef d'orchestre et\nde chœur.\nYale(NewHaven) I) Samuel S. SAN-\nFORL.\n2) Horatio W.\nPARKER."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "339", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.27", "texte": "LA MUSIQUE ET L EN SEIGNEMENT SUPÉRIEUR\n\nAngleterre.\nTTLKTTTTT^_PROFESSEURS PROFESSEURS\nUNIVERSITES OBSERVATIONS\nTITULAIRES EXTRAORDINAIRES\nOxford. Sir Ch. Hubert Basil HARWOOD, M. A., Doc- Confère des\nHastings PARRY, tor Mus. (choragus). gracies de bache-\nBart. M. A., Doc- c lier et de docteur\ntor Mus., etc., etc. es musique»\nCambridge. C. V. STANFORD, C. WOOD, Doctor Mus. (Lec- »\nDoctor Mus. (Hist. teuràGonvilleetCaiusCollège),\net science musica-\nles), Trinity Col-\nlege.\nVictoria (Man- A Manchester : Lecteurs : »\nchester-Liver- Henry HILES, Doctor Mus. )}\npool-Leeds). (Harmonie et composition), )}\nAdolph BRODSKY (Musique),\nJ. KENDRICK PYNE, Doctor Mus. (Faculté cle mu-\n(Musique sacrée, orgue), Henry sique.)\nWATSEN, Doctor Mus. (Histoire\ndes instruments de musique).\nLondres (nou - E. H. TURPIN, Dix-huit maîtres reconnus. . (Faculté de mu-\nvelle constitu- Doctor Mus.,doyen sique.)\ntion). de la Faculté de\nMusique.\nEcosse.\nÉdimbourg. Chaire fondée (Faculté de mu-\npar M. Reid en sique.)\n1839 : Frederick\nNIECKS, Doctor\nMus., titulaire ac-\ntuel.\nAutres pays.\nA Vienne, il y a une chaire de science musicale qui est occupée par le professeur\ntitulaire Guido ADLER ; un privat-docent (M. Max DIETZ) fait des cours sur l'histoire\net l'esthétique de la musique ; un autre (Richard WALLASCHEK) en fait sur l'esthétique\net la psychologie de la musique; un maître spécial (le Prof, Rud. WEINWURM)\nenseigne le chant. Le titulaire dirige aussi la Collection d'histoire de la musique,\nqui fait partie des instituts spéciaux de l'Université.\nA Prague (où il existe une chaire ordinaire d'esthétique), il y a un lecteur spécial\n(Karel STECKER) pour la musique.\nMadrid a une chaire de « la Théorie et la Littérature de l}Art » et une autre d'es-\nthétique, dont les titulaires sont des professeurs de plein exercice.\nGenève et Lausanne ont dans la faculté de théologie un cours d'histoire de la\nmusique sacrée fait par des privâtim-docentes.\nL'Université d'Upsala a un orchestre dont le director musices est Ivar Eggert\nHELDENBLAD.\nL'Université de Copenhague a un professeur titulaire d'esthétique (M. J. PALUDAN)\net un professeur exiraordinarius (Dr A. HAMMERICH) pour l'histoire de la musique.\nA Moscou, il y aun titulaire pour la théorie et l'histoire de l'art; plusieurs privat-\ndocentes font des cours sur la théorie et l'histoire des beaux-arts; nous ignorons si\nquelques-uns de ces cours portent spécialement sur la musique.\nA Saint-Pétersbourg, il en est de même. Là c'est le titulaire de philologie classi-\nque (emeritus) qui est directeur du Musée des Beaux-Arts, et le privatim-docens sur\nla théorie et l'histoire de l'art (M. Serge Alex. ZEBELER) en est le conservateur. Un\nmaître spécial de musique est attaché à l'Université."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "340", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.28", "texte": "LA MUSIQUE DANS L ENSEIGNEMENT SECONDAIRE\n\nLa musique dans renseignement secondaire.\nQuelques journaux ont parlé, mais d'une façon très incomplète, du projet que\nM. Chaumié, Ministre de l'lnstruction publique et des Beaux-Arts, a soumis au\nConseil supérieur.\nVoici le texte complet de ce projet :\nL'enseignement de la musique est organisé aujourd'hui de façon assez vague et\ntrès inégale dans les lycées et collèges.\nLes prescriptions du règlement du 3o janvier 1865 ne sont que très incomplète-\nment exécutées dans la plupart des établissements.\nQu'il y ait là une lacune fâcheuse, difficilement explicable, c'est ce qu'on pourrait\nétablir à l'aide de raisons si nombreuses qu'on n'a vraiment que l'embarras du\nchoix :\na) Le chant choral est d'abord un plaisir et une distraction de bon aloi : à ce\ntitre seul, il mérite de n'être pas négligé par l'éducateur;\nb) Au point de vue d'un intérêt social très général, le chant doit être encouragé le\nplus possible. Un peuple qui chante a le travail gai et les loisirs honnêtes. Si ce\nprincipe est vrai, c'est au lycée, non moins qu'à l'école primaire, qu'il convient de\nlui donner un commencement de réalité. En Allemagne, les étudiants qui viennent\nd'entendre un cours à l'Université se réunissent, par petits groupes, et chantent des\nchœurs à plusieurs parties (i) : cette manière d'occuper ses loisirs en vaut bien\nd'autres\nc) Le chant choral est un excellent exercice d'hygiène : c'est une sorte de gymnas-\ntique locale produisant sur l'appareil respiratoire le même effet salutaire que les\nexercices physiques sur l'ensemble du corps. L'expérience démontre que les maux\nde gorge, rhumes, bronchites, sont beaucoup moins fréquents chez les personnes qui\nchantent que chez les personnes qui ne chantent pas;\nd) Le chant choral habitue les enfants à se bien tenir, à porter la tête droite, à res-\npirer largement et à entendre leur propre voix. Il leur donne une certaine assurance\nde parole ; en outre, tout ce qui est gagné du côté du chant est gagné aussi, pour\nl'aisance et la netteté, du côté de la diction et de l'articulation.\né) Le chant choral forme le sens de l'oreille en même temps que l'organe de la\nvoix : il apprend à écouter autant qu'à parler, le devoir du choriste, alors surtout\nqu'il compte des mesures, étant de suivre avec le plus grand soin ce qui se chante\nautour de lui ;\nf) Le chant choral développe les qualités d'attention et de discipline, sans les-\nquelles toute musique d'ensemble est impossible. Il développe les facultés d'analyse,\nd'observation et de précision. Il stimule enfin la volonté en créant une émulation\ninévitable parmi les exécutants ; il tient l'esprit toujours en éveil, car il n'admet ni\nles distractions ni les pauses de paresse qui interrompent le travail individuel;\ng) Le chant choral favorise l'instinct de sociabilité, puisqu'il met toujours l'action\ndu jeune homme ou de la jeune fille en concours et en harmonie avec celle des au-\ntres chanteurs, et ne permet pas d'oublier que chacun est solidaire de ses voisins ;\nh) Grâce à l'étude de l'expression et de ses nuances les plus délicates, il peut avoir\nd'excellents effets sur la sensibilité morale, sur le sens esthétique et sur le goût ;\ni) 11 est le meilleur moyen de graver dans la mémoire, en traits ineffaçables, cer-\ntaines poésies qui méritent d'être retenues à cause des sentiments qu'elles traduisent;\nj) Il contribuerait enfin à l'éclat de certaines fêtes : fêtes du début de l'année sco-\nlaire (qu'on a cherché à instituer, mais sans beaucoup de succès), fête de la distri-\nbution des prix du concours général, etc...\nPour ces motifs, on aimerait à voir les jeunes gens des lycées pratiquer régulière-\n\n(1) Dans la province rhénane, où les associations de tout genre sont innombrables (le (( Man-\nnergesangverein >/ de Cologne est célèbre), il y a 13 associations d'élèves qui ont pour but le\nchant et la musique."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "341", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.29", "texte": "LA MUSIQUE DANS L'ENSEIGNEMENT SECONDAIRE\n\nment l'exercice du chant, et même se réunir parfois pour des concours de musique,\nanalogues à ceux que provoque, entre divers établissements, le jeu du foot-ball, du\ntennis, de la course, du saut ou du canotage... M. Laurent de Rillé, inspecteur gé-\nnéral du chant dans les écoles primaires de la Seine, a obtenu d'inoubliables effets\nen faisant exécuter une composition chorale par deux mille enfants. Puisse-t-on\namener un jour à de tels résultats les élèves de l'enseignement secondaire! Est-il\nsans intérêt de concevoir qu'en de certaines circonstances, et suivant certaines rè-\ngles de convenance dont le détail serait à étudier, les jeunes gens puissent être réunis\naux jeunes filles pour de solennelles exécutions? Ayant entre ses mains la jeunesse\ndu pays, l'Etat dispose d'une puissance très riche, et il faut qu'il en tire tout le parti\npossible. Il y a au moins une chose qu'il paraît avoir un peu négligée : l'éducation\nde la voix chez l'enfant. Il est inutile de démontrer combien cette éducation est\nimportante dans une démocratie où chaque citoyen doit être capable de parler en\npublic.\nLes programmes de l'enseignement secondaire, objectera-t-on, sont déjà chargés;\nleur imposer une surcharge nouvelle paraît bien difficile !\nA cela on peut répondre :\ni° Si nous ne craignions de sortir delà question qui nous occupe, nous n'hésite-\nrions pas à dire que la surcharge et le « surmenage » des études tiennent moins au\nnombre des matières enseignées qu'à la façon dont on les enseigne; ils tiennent\nparfois à la multiplicité exagérée des leçons à apprendre par cœur, des devoirs\nécrits, des cours à rédiger. La musique ne peut donner lieu à de tels inconvénients.\nDes « devoirs » musicaux ne sauraient exister que dans les classes du Conservatoire,\net seraient parfaitement déplacés au lycée.\n20 C'est comme divertissement, et même pendant une récréation, que l'enseigne-\nment très élémentaire et les exercices de musique pourraient être pratiqués ; à ce\ntitre, la musique n'apparaît pas comme une intruse encombrante venant demander\nune place là où tous les sièges sont occupés : sans gêner personne, sans vouloir em-\npiéter le moins du monde sur certains enseignements traditionnels pour qui posses-\nsion vaut titre, elle viendrait mettre un peu d'agrément et d'élégance, un peu plus\nde vie et de joie dans ce qui fut trop longtemps, comme l'a dit Jules Ferry, « l'asile\nd'une latinité morne ». On a considéré comme un amusement la gymnastique qui,\ndans beaucoup de lycées, est cultivée le jeudi, entre la seconde étude du matin et le\ndéjeuner; on pourrait fort bien faire quelque chose d'analogue pour la musique.\n3° Quand une matière d'enseignement est reconnue belle et utile, capable d'avoir\nde bons effets sur la jeunesse, c'est aux programmes à s'adapter à elle, ce n'est pas\nà ell e à se mutiler ou à s'effacer en vue des programmes.\n40 Enfin, bien qu'il convienne d'attacher une importance accessoire à un tel\nargument, l'exemple des peuples voisins peut donner à réfléchir :\nCE QUI SE FAIT A L'ÉTRANGER : EN ALLEMAGNE.\nLes Allemands, qui, dans leurs gymnases classiques, leurs gymnases réaux et leurs\nécoles réaies supérieures, enseignent tout ce que nous enseignons nous-mêmes, et,\nen plus, certaines autres choses (par exemple, la calligraphie « pour les élèves de la\n4e et de la 3e classe dont récriture est mauvaise », et Yhébreu, auquel deux heures\nsont concédées à partir de la ne A), les Allemands n'ont pas oublié la musique.\nDans les « Plans d'études généraux pour l'enseignement secondaire en Prusse », tels\nqu'ils ont été fixés par le rescrit royal de 1900, on lit ceci : a II y aura deux heures\nde chant par semaine pour les élèves de la 4e et de la 3e. Des dispenses individuelles\nne peuvent être accordées que sur un certificat du médecin et, en règle générale, pour\nsix mois seulement. Les élèves de 4e et des classes supérieures qui sont doués pour\nle chant sont tenus de faire partie des chœurs (1). » Et plus loin : « 11 appartiendra\nau Directeur de juger si, dans des cas individuels, depuis la 4e jusqu'en ire,une dis-\npense de leçons de chant doit être accordée. Cela ne change rien à la participation\nobligatoire à renseignement théorique du chant, qui demeure entière pour les élèves\n\n(ii Documents relatifs à la réforme de l'enseignement secondaire en Prusse, 1900-1902 (Paris,\nDelagrave, 1902. V. pages 7, 8, 9, 11)."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "342", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.30", "texte": "LA MUSIQUE DANS L ENSEIGNEMENT SECONDAIRE\n\ndes classes de 4e et de 5e dispensés des exercices pratiques du chant (1). » Dès 1808,\nle gymnase ce Zum grauen Kloster », qui est réputé un des meilleurs de Berlin,\navait organisé un enseignement musical qui comprend toutes les classes, depuis\nP « Unter-Sexta » jusqu'à la « Prima » et où les chœurs peuvent être complétés par un\naccompagnement instrumental, en vue de l'exécution des oratorios de Haendel! (2).\nEN SUISSE.\nEn Suisse, où chaque canton règle lui-même les plans d'études, la musique n'est\npas oubliée. D'après la loi scolaire qui, depuis 1898, régit l'enseignement du pro-\ngymnase et de l'école réale (classes I et II) et du gymnase (classes 111-IV) de Coire\n(Grisons), le chant est obligatoire. Deux heures par semaine, les classes I et 11, 111\net IV, V et VI, travaillent ensemble ; le chœur mixte et le chœur d'hommes sont in-\ndiqués comme but de renseignement.—Au gymnase d'Appenzell, le but principal\nde l'enseignement musical, dit le plan détaillé de 1897, est a l'acquisition d'un trésor\nde bonnes chansons populaires et de chants pour la jeunesse » ; les maîtres doivent\nveiller à une bonne intonation et enseigner les éléments de l'harmonie et de la. théo-\nrie.\nEN BELGIQUE.\nEn Belgique, le premier volume déjà publié du rapport triennal sur l'enseigne-\nment moyen (comprenant les années 1898-1901) nous apprend que le chant est obli-\ngatoire dans les écoles d'ordre secondaire et qu'il est enseigné une heure par se-\nmaine.\nEN AUTRICHE.\nEn Autriche, presque tous les établissements classiques et réaux cultivent le\nchant. Les élèves sont divisés en deux cours qui se réunissent deux heures par se-\nmaine. En dehors des éléments indispensables de la musique vocale, les élèves du\npremier cours apprennent des chants et des hymnes à deux voix. Dans le cours su-\npérieur, on chante des motets, des chœurs mixtes et une messe latine.\nEN HONGRIE.\nEn Hongrie, le chant figure dans les programmes au même plan que la sténogra-\nphie et l'hygiène scolaire. Au gymnase modèle de Budapest (gymnase spécialement\ncréé pour la préparation pédagogique des maîtres secondaires), on fait même de la\nmusique instrumentale.\nEN DANEMARK.\nAu Danemark, « partout, dans nos écoles secondaires, nous écrit M. Hans\nOlrik, directeur de l'école normale de Copenhague, le chant choral à plusieurs\nparties est cultivé. Là où c'est possible, on chante à quatre voix (soprano, contralto,\nténor, basse) ; là où les élèves des classes supérieures ne sont pas assez nombreux,\non se borne à trois voix (soprano, contralto, baryton). Dans quelques écoles, on\nchante en outre à voix d'hommes seules ; dans beaucoup de lycées de jeunes filles,\non ne chante pas seulement à deux ou trois voix, mais même à quatre ».\nEN AMÉRIQUE.\nAux Etats-Unis, où la distinction du primaire et du secondaire n'existe pas comme\nchez nous, M. J. Eaton nous apprend qu'une enquête conduite par ses soins a fait\nconnaître les faits suivants : sur 3y3 écoles (ayant répondu au questionnaire qui leur\nétait envoyé), il yen a 96 seulement où la musique n'est pas enseignée; 6 où la mu-\nsique est « permise »; 182 où l'enseignement musical est donné par un professeur\nqui enseigne en même temps d'autres matières : 171 où (dans toutes les classes) la\nmusique est enseignée une ou deux heures par semaine.\n\n(1) Documents relatifs àla réforme de l'enseignement secondaire en Prusse, 1900-1902 (Paris,\nDelagrave, 1902. V. page 74).\n(2) Voir Berlinisches Gymnasium zum grauen Kloster. Oster, 1899. Jahresbericht, Berlin, 1899\n(page 15)."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "343", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.31", "texte": "LA MUSIQUE DANS L'ENSEIGNEMENT SECONDAIRE\n\nEN ANGLETERRE.\nEn Angleterre (r), où il n'existe pas, comme on sait, de règlements généraux\napplicables à toutes les écoles secondaires et où chaque établissement organise les\nprogrammes à son gré, la musique a été l'objet de mesures très importantes.\nEn tenant compte de ces exemples qui nous viennent du dehors, mais pour obéir\nsurtout à des raisons de principe, on pourrait établir de la manière suivante les\ngrandes lignes d'un programme d'enseignement musical, en prenant pour cadres\nles divisions d'études qui ont été instituées par le décret du 3i mai 1902\n\nPROJET DE RÈGLEMENT.\n\nL'enseignement musical, dans les lycées et collèges de garçons et de jeunes filles,\na pour objet : l'éducation de la voix et de l'oreille. Plus particulièrement, son but\nest de former le goût, d'initier les jeunes gens à de belles œuvres, et de contribuer\nainsi, tout en leur offrant un salutaire divertissement, à l'éducation générale de l'es-\nprit et du sentiment.\nL'exercice du chant est obligatoire pour tous les élèves, sauf durant le temps où se\nproduit la mue de la voix. Le directeur ou la directrice de l'établissement sont seuls\njuges des dispenses qui pourraient être accordées sur le désir exprimé par les\nfamilles.\nChaque élève a une fiche individuelle qui le suit, depuis le début de ses études\njusqu'à la sortie de l'établissement, et sur laquelle le professeur inscrit, à la fin de\nchaque année scolaire : le registre de la voix de l'élève, ses qualités, - et ses dé-\nfauts, de timbre, de justesse, d'articulation ou d'émission.\nLes élèves sont groupés en trois divisions (qui, dans les établissements très peu-\nplés, peuvent donner lieu à des subdivisions) :\nDivision élémentaire, comprenant les classes de huitième et de septième ;\nDivision moyenne, comprenant les élèves de la sixième à la troisième inclu-\nsivement ;\nDivision supérieure, comprenant les classes de seconde, première, philosophie et\nmathématiques.\nDans les lycées et collèges de jeunes filles, les élèves sont groupées en deux ou\ntrois divisions, suivant l'importance de chaque établissement.\nDe ces trois divisions, la dernière division supérieure prend le titre de\n« Choral du lycée... ». Elle seule doit chanter dans les fêtes données par l'établisse-\nment, et peut chanter, après autorisation du Recteur, dans certaines fêtes publiques.\nDans les deux autres divisions, 011 s'attache à préparer de bons sujets pour ce « cho-\nral », dont l'existence doit contribuer à marquer la personnalité de l'établissement.\nDans la division élémentaire, le professeur se borne à faire faire des exercices de\nlecture musicale et de solfège, durant lesquels tous les élèves doivent battre eux-\nmêmes la mesure avec la main.\nDans la division moyenne, les mêmes exercices continuent. On y ajoute, à partir\nde la cinquième : la dictée musicale et quelques éléments très simples de théorie. A\npartir de la classe de quatrième, on classe les voix (ténors, barytons, etc.) et on les\nexerce à part, s'il y a lieu, en créant des subdivisions.\nDans la division supérieure, le professeur apprend aux élèves des compositions\nchorales à plusieurs parties (a cappella) ou à l'unisson, dont le choix, aussi bien pour\nles paroles que pour la musique, doit être approuvé par le chef de l'établissement.\nToute préoccupation de virtuosité doit être écartée de ces études ; le maître s'attache\nsurtout à obtenir des élèves une bonne tenue, une émission franche et normale, un\nsens juste de la valeur des paroles et des notes, une indication suffisante des nuances,\nun style correct.\nAccessoirement et à propos de chaque œuvre exécutée, le maître donne aux élèves\n\n(i) En Italie, dans le pays qui passe pour avoir été le berceau de la musique, on s'étonne que\nles nouveaux plans d études des gymnases et lycées (Bulletin officiel du Ministère de l'lnstruction\npublique, 8 février 1902) ne mentionnent ni la musique ni le chant."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "344", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.32", "texte": "LES PIANOS GAVE AU\n\nquelques notions sommaires sur la notation, sur la grammaire et l'histoire de la\nmusique, sur la biographie des grands compositeurs.\nUn surveillant est mis à sa disposition, par le chef de l'établissement, pour assurer\nle bon ordre pendant les leçons.\nLes leçons ont lieu, autant que possible, le jeudi, et remplacent une récréation.\nElles sont d'une heure par semaine pour toutes les catégories d'élèves.\nEspérons que cet excellent projet aura bientôt force de loi.\n\nDr A. KIRCHFELD.\n\nLes Pianos Gaveau.\n\nC'est au cours de la saison qui vient de finir que les pianos Gaveau ont fait\nleur première apparition dans un de nos grands concerts classiques du diman-\nche. Le public a pu apprécier la plénitude et le velouté du son de ces pianos\ndans le beau Concerto de sa composition qu'a joué M. Léon Moreau, chez La-\nmoureux. Mais il ne faudrait pas croire que l'apparition des pianos Gaveau aux\nconcerts Lamoureux marque aussi la naissance de ces instruments.\nSi la curiosité vous pousse du côté de Fontenay-sous Bois, si surtout, comme\nmoi, vous avez envie de savoir ce que c'est qu'un piano, comment il naît, com-\nment on le construit, comment on le pare, demandez la permission de voir\nen détail l'usine Gaveau. Vous visiterez une des plus curieuses industries qui se\npuissent rêver et, en particulier pour celle-ci, la plus ingénieuse qui soit. C'est une\ncité géante où tout fonctionne mécaniquement, et où, depuis la planche de bois\nsciée en grande largeur ou en minime épaisseur, jusqu'à la vis la plus délicate, <\ntout se produit dans l'usine même.\nOn peut dire que la maison Gaveau a supprimé la main de l'ouvrier; tout\ndans le piano, depuis la petite corde filée jusqu'aux pièces les plus énormes, est\nfabriqué mécaniquement ; 1 ouvrier n'est là que pour guider la machine ; il\nest le cerveau, elle est le bras ; il est aussi l'intelligence qui met en œuvre la\nforce cle la mécanique. Mais allons faire un tour au milieu de cette ruche\nharmonieuse et assister à la naissance d'un piano...\nVoici dans la cour des troncs d'arbres, hêtres, tilleuls, peupliers, etc., qui vont\nêtre débités en planches d'épaisseurs plus ou moins grandes ; après avoir été\nainsi traités ils feront un séjour de quatre ou cinq ans en plein air ou dans des\nséchoirs à température immuable ; ils perdront là toute leur humidité ; les\nplanches seront ensuite collées en combinant le sens de leur fil de façon à\noffrir le plus de résistance possible aux variations de la température. Mais il ne\nfaudrait pas s'imaginer qu'un piano est fait d'une seule essence de bois : dix\nsortes différentes concourent à sa fabrication. Là, c'est la ceinture du piano à\nqueue qui est composée avec quatre épaisseurs juxtaposées et recouverte d'une\nfeuille de noyer, de palissandre ou de poirier teint. Toutes ces planches, toutes\nces feuilles de bois sont collées avec un soin méticuleux. La même minutie\nsera apportée plus tard quand il s'agira de les vernir. C'est une précision\nmathématique qui préside à l'établissement des différentes pièces qui compo-\nseront le piano. Car on ne saurait trop insister sur ce point : si une pièce quel-\nconque présentait une défectuosité minime, elle pourrait être immédiatement\nremplacée par une autre; une parcelle de feutre d'un marteau, une pointe"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "345", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.33", "texte": "NOTES BIBLIOGRAPHIQUES\nR. M.\n21\n\nd'acier de la table d'harmonie, tout, enfin, est là à portée de la main, et toutes\nles pièces, quelles qu'elles soient, sont interchangeables. MM. Gaveau arrivent\nà fabriquer leurs pianos avec une supériorité quasi mathématique, basée aussi\nbien sur l'expérience que sur des données techniques. Or, dans ces intruments,\nil n y a pas un boulon, pas une corde, pas un marteau qui ne sorte des ateliers\nde la maison ; il est donc facile de répondre de la confection d'un piano.\nVoyez la galerie des machines de l'usine de Fontenay. Depuis la scie énorme\nqui fait d'un tronc géant des lamelles minces en un clin d'oeil, jusqu'à ces outils\nqui travaillent du bois grossier pour en faire sous votre regard un pied\nLouis XV ou Empire, tout tient de la magie. On est comme abasourdi de tant\nd'ingéniosité, et bon se demande si on ne rêve pas. Plus loin, c'est l'atelier du\ntablage, celui du barrage, celui de la fabrication des cordes qui sont garnies\nd'un fil de cuivre en deux mouvements d'un tour qui tourne à une vitesse folle.\nC'est la multiplicité du petit outillage où se confectionnent les vis, les flam-\nbeaux, les poignées ; puis c'est le clavier revêtu d'ivoire et d'ébène que l'on\ndécoupe selon des proportions qui aujourd'hui semblent élémentaires et dont\nla formule a dû coûter de longues et patientes recherches Enfin, on garnit\nles pianos, on les monte, on les règle, on les vérifie, et ils commencent à ce\nmoment-là à laisser échapper leurs premiers balbutiements. Il semble alors que\nces beaux instruments aient hâte de se faire entendre, car c'est dans le\ndernier atelier l'harmonieux ramage des accordeurs qui contraste singulière-\nment avec la sèche et monotone régularité des machines qui les ont enfantés.\nEn somme, la division du travail, la méthode rationnelle basée sur l'expé-\nrience et sur la science, ont fait que les pianos Gaveau ont conquis une des pre-\nmières places dans le monde musical. Mais ce n'est pas encore là leur dernier\nmot ; et MM. Gaveau, qui ont de qui tenir, ont conservé les traditions de la\nmaison qui leur fut confiée par leur père et savent imprimer une rare activité aux\nperfectionnements qu'ils apportent tous les jours à la fabrication d'instruments\naujourd'hui universellement connus et appréciés. Il était équitable de men-\ntionner les efforts et les progrès de cette maison à l'occasion de l'entrée de ses\npianos aux Concerts Lamoureux.\n\nHENRI DE REUILLY.\n\nNotes bibliographiques.\n\nI. MUSICIENS FRANÇAIS.\nPour donner à nos lecteurs une idée des ressources qu'offrent à l'historien de\nla musique nos archives départementales et communales, nous avons relevé les\nnoms de musiciens qui apparaissent dans les actes du seul département de Seine-\net-Marne : espérons que bientôt les recherches des historiens locaux se dirige-\nront de ce côté.\nA. Archives départementales.\nLAURENT BOURGOIN, organiste de l'église Saint-Aspais, Melun, présente une\nrequête en exemption de tailles, en 1602. Arch. départementales. C. 3."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "346", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.34", "texte": "NOTES BIBLIOGRAPHIQUES\n\nTOUSSAINT DU CAURROY, musicien, figure de 1692 à 1694, comme secré-\ntaire sur les registres capitulaires des Saints-Pères de Melun. Série FI. 228.\nLÉONARD POILBLANC et CLAUDE LEBOEUF, fifres de Sa Majesté.— Certificats\nconstatant leur inscription sur l'état des fifres et tambourins du roi. Arch.\nde Seine-et-Marne. C. 82.\nFRANÇOIS VIAN, hautbois du roi. Déclaration à terrier. Archives de\nSeine-et-Marne. Fonds de l'abbaye du Lys. H. 580.\nETIENNE MANGIN, organiste. —Déclaration à terrier. Archives de Seine-\net-Marne. 1735- E. 1512,\nCHARLES MANGIN, organiste. E. 1512.\nBIBAULT, organiste à Meaux. 1760. -- Arch. départementales. G. 47.\nFRANÇOIS LE PAGE, musicien du roi. Mention dans H. 507. Arch. dépar-\ntementales.\nB. Archives communales.\n- NICOLAS DE LIVET, musicien de la chapelle, de Charles IX à Louis XIII.\nMort à Meaux en 1621.\nLULLI, acte de baptême du 9 septembre 1677, paroisse de Saint-Louis de\nFontainebleau; acte déposé à la mairie.\nME DIDIER-LESCHENET, Me compositeur et chantre de la chapelle du Roi.\nActe de baptême du 12 janvier 1582, paroisse Saint-Nicolas de Meaux.\nBATAILLÉ, luthiste, xvne siècle, compositeur des fêtes de Louis XIII.\nActe d'inhumation du 30 avril 1676, paroisse de Guérard.\nCHARLES COUPERIN, organiste. Baptisé à Chaumes le 9 avril 1638.\nNICOLAS FORQUERAY, né à Chaumes, mort le 23 octobre 1761 à Chaumes.\nC. Dépôts divers.\nBrevet de basse-taille du 30 septembre 1663. —■ Bibliothèque de Coulom-\nmiers.\nLettres de réception de Mes joueurs dfinstruments, accordées devant Bondis,\nnotaire à Provins, le 10 juillet 1670.\nNotons enfin que le bulletin de la Société Larchéologie du département de\nSeine-et-Marne a publié en 1870 une note de M. Th. Lhuillier sur <( quelques\nartistes musiciens dans la Brie ».\nII L'Arbre enchanté, de Gluck.\nCe petit opéra comique en un acte appartient à la série des pièces françaises\nque Gluck mit en musique entre 1755 et 1762 pour les représentations données\naux résidences impériales de Schœnbrunn, de Luxembourg, et de (( la Favo-\nrite ». Comme les autres ouvrages de ce genre, il a été écrit, d'abord, avec un\nsimple accompagnement de clavecin. Gluck l'orchestra plus tard, lorsqu'on le\nfît jouer à Versailles le 27 février 1775, dans la fête que Monsieur, frère clu Roi,\ndonna à l'archiduc Maximilien. L'œuvre fut reprise en 1867, au théâtre des\nFantaisies parisiennes.\nA signaler, dans cet opuscule, un air où plusieurs groupes de notes en forme\nd'écho sont sifflées :"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "347", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.35", "texte": "INFORMATIONS\n\nToujours par fillette franche\nBarbou doit être triché !\nGomme un oiseau sur la branche,\nIl est joliment perché !\nMi mi, mi mi,\nChantez mon petit ! (écho sifflé)\nSol sol, sol sol,\nChantez rossignol ! (id.)\nIII. Au Soir, de R. Schumann.\nLe poète du piano, Robert Schumann, a écrit une pièce exquise (op. 12 n° 1)\nintitulée Au Soir et dont voici la première mesure :\n(( Très affectueusement », a inscrit hauteur en tête de ce court chef-d'œuvre ; il ne\nfaut pas avoir une bien grande expérience musicale pour comprendre, même\naprès un examen superficiel ou une première audition, que les deux caractères\nde ce morceau sont la tendresse et le calme : tendresse vague de poète qui rêve,\ncalme profond de la nature qui enveloppe le musicien et ajoute au sentiment\nhumain l'harmonie complice du monde extérieur. Tout cela doit être chantant\net profond, mais voilé, fondu, en demi-teinte crépusculaire. Rappelez-vous les\nbeaux vers de Lamartine et de Victor Hugo sur les harmonies du soir !\nOr nous tenons à mettre en garde tous les pianistes contre une fâcheuse\nerreur, un grave et inadmissible contresens dont s'est rendu coupable, à un\nde ses derniers concerts, un virtuose célèbre (M. Risler, pour ne pas le nommer),\net qui consiste à jouer ainsi :\n\nAuguste LASSERY.\n\nInformations.\n\nCONSERVATOIRE NATIONAL DE MUSIQUE ET DE DÉCLAMATION. Concours de\nigoy. Les concours publics auxquels prendront part les élèves du Conserva-\ntoire désignés à la suite des examens qui ont eu lieu récemment ont été fixés\naux dates ci-après :\n( Contrebasse, alto.\nJeudi .... 16 juillet à 9 heures . . . ( Violoncdle.\nVendredi. . 17 à 1 heure 1/2. . . Chant (hommes).\nSamedi ... 18 à 1 heure .... Chant (femmes)."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "348", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.36", "texte": "INFORMATIONS\n\nLundi. ... 20 juillet à midi ..... Harpe, Piano (hommes).\nMardi. ... 21 à 9 heures. . . . Tragédie.\nMardi. ... 21 à 1 heure 1/2. . . Opéra comique.\nMercredi. . . 22 - à 9 heures. . . . Comédie.\njeudi .... 23 à midi .... . Piano (femmes).\nVendredi. 24 à midi . . . . . Violon.\nSamedi. ... 25 à 1 heure .... Opéra.\nT I• . .. ( Flûte, hautbois,\nLundi. ... 27 a midi .\n1 Clarinette, basson.\nMardi. ... 28 - à midi S Cûr' COrnet à piS!°nS'\n( Trompette, trombone.\nBIBLIOTHÈQUE DU CONSERVATOIRE. Par arrêté ministériel en date du 29 juin\ndernier, M. julien Tiersot, commis à la Bibliothèque du Conservatoire national\nde musique et de déclamation, a été nommé sous-bibliothécaire.\nConformément aux dispositions du décret du 5 mai 1896, les membres du\nconseil supérieur d'enseignement du Conservatoire (section des études musicales)\nse sont réunis, le 25 juin dernier, à la direction des Beaux-Arts, rue de Valois,\nsous la présidence de M. Henry Roujon, pour dresser la liste des candidats à\nprésenter au Ministre à l'effet de nommer un professeur pour l'une des classes\nde piano, en remplacement de M. de Bériot. admis à faire valoir ses droits à la\nretraite, et un professeur pour la classe de harpe chromatique récemment\ncréée.\nOnt été désignés dans l'ordre suivant :\nPour la classe de piano : MM. Isidore Philippe, Paul Brand et Jacques\nChansarel\nPour la classe de harpe chromatique : Mme Tassu-Spencer et M. Jean Risler.\nCONCERTS ET SOCIÉTÉS MUSICALES DES DÉPARTEMENTS. Une médaille d'argent\na été accordée par M. le Ministre de l'lnstruction publique et des Beaux-Arts à\nTune des sociétés qui prendront part au concours de musique organisé le\n5 juillet à Artenay (Loiret).\nM. Gabriel Fauré, inspecteur de renseignement musical, a assisté le mois\ndernier à une audition de la société des Concerts populaires symphoniques\nd'Angers, présidée par M. Louis de Romain. De là M. Fauré s'est rendu à\nBordeaux, pour y entendre les concerts classiques donnés par la société sym-\nphonique (( la Sainte-Cécile », sous la direction de M. Pennequin.\nUne médaille de vermeil sera décernée au nom du Ministre de l'lnstruction\npublique et des Beaux-Arts à l'une des sociétés qui prendront part au concours\nmusical organisé le 15 août prochain à la Rochelle.\nLyon. Par arrêté préfectoral en date du 29 juin dernier, Mll J Forestier (Cécile)\na été nommée professeur de la classe de harpe à l'Ecole nationale de musique,\nsuccursale du Conservatoire, à Lyon.\nSaint-Ètienne. Un concours de musique sera organisé le 12 juillet prochain\nà Saint-Etienne par la Fédération des écoles communales de cette ville. Une"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "349", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.37", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nmédaille de vermeil sera mise, à cette occasion, à la disposition du jury de ce\nconcours, pour être décernée au nom du Ministre de l'lnstruction publique et\ndes Beaux-Arts.\nThéâtre antique d'Orange. —Les représentations qu'organise Mm® Léa Caristie-\nMartel, au théâtre antique d'Orange, doivent avoir lieu très prochainement.\nOn jouera trois jours, et pendant ces trois jours, Orphée, de Gluck, Phèdre et la\nLégende du coeur, de Jean Aicard, dont le principal interprète sera Mme Sarah\nBernhardt.\nLe Ministre de l'lnstruction publique et des Beaux-Arts a bien voulu encou-\nrager cette œuvre en mettant àla disposition de Mme Caristie-Martel une somme\nde cinq mille francs.\n\nLes Concerts.\n\nL.L.\nLa saison s'avance, et cependant il faut encore signaler deux séances intéres-\nsantes : l'une chez M. de Laheudrie, où l'on exécutait, le 30 juin, une agréable\ncantate de chambre de Rameau : Diane et Actéon ; feuillages, ombrages, nym-\nphes éplorées, airs de chasse, airs tendres, c'est, en quelques pages, toute la\ngalante mythologie du xvme siècle. M. Delaquerrière, de l'Opéra-Comi-\nque, nous conviait le 5 juillet à entendre quelques-uns de ses élèves : au pro-\ngramme, des airs de Delibes, Faure, Bizet, Messager, Massenet, G. Fabre, qui\nont été rendus avec beaucoup de précision, de finesse et de sûreté. C'était un\nvrai plaisir d'entendre de jeunes voix si fraîches et déjà si bien posées. Sur les\ninstances de l'auditoire, M. Delaquerrière a bien voulu terminer lui-même le\nconcert, en détaillant avec un sentiment profond et des nuances exquises la mé-\nlodie écrite par M. G. Fabre sur l'admirable chanson de Moeterlinck : (( Et s'il\nrevenait un jour ?... »Ce fut vraiment émouvant. Mme Suzanne Dumesnil avait\nchanté, de sa voix ténue et délicate, deux valses, l'une japonaise, de Messager,\nl'autre espagnole, de Léo Delibes. Quand nous sera-t-il donné de revoir Yniold\njouer dans le parc, à la nuit tombante, tandis que passe au loin un triste trou-\npeau de moutons ?\n\nPublications nouvelles.\n\nGEORGES HOUDARD.\n\nLa richesse rythmique musicale de /'antiquité. Leçon\nd ouverture du cours d'histoire de la musique professé i<qo2-igoy àla Sorbonne.\nParis, A. Picard et fils, 1903, in-8, 84 pages.\nM. Houdard s'est fait connaître aux lecteurs curieux de l'histoire musicale\npar des publications relatives au chant grégorien, dont les titres indiquent assez\nles tendances. Nous citerons entre autres l'Art dit grégorien d'après les notations\nneumatiques ; le Rythme du chant dit grégorien d'après la notation neumatique,\ngrands ouvrages, gros de théories absolument nouvelles sur l'élément rythmique\nqu'il croit avoir découvert dans cette notation ; un Appendice complémentaire ; et"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "350", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.38", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\ndeux Mémoires sur la notation neumatique, lus au Congrès international de l'his-\ntoire de la musique en 1900.\nAujourd'hui M. Houdard aborde la rythmique de l'antiquité. Il pose la ques-\ntion de savoir s'il existe dans la musique grecque une richesse rythmique et, à\nsupposer qu'elle soit réelle, en quoi elle consiste. Sa réponse, c'est qu'en effet\nil existe une richesse relative (p. 3). Mais, après avoir passé en revue les nom-\nbreux types métriques de la poésie grecque, il cherche à établir (( la pauvreté de\nla matière musicale )), et conclut en ces termes : (( Si d'une part il y a richesse\nprosodique exubérante, incontestable, d'autre part la pauvreté rythmique musi-\ncale est irrémédiable et ne peut, ce me semble, faire le moindre doute. )) (P. 74.)\nNous ne hasarderons qu'une critique de la doctrine professée par M. Houdard.\nOn pourrait l'admettre, ou tout au moins la discuter, s'il n'avait omis un point\nessentiel dans l'histoire de la rythmique. On se demande comment il a pu ne\ntenir aucun compte des silences ou temps vides : il n'y a pas plus de musique sans\nsilences qu'il n'y a de lumière sans ombre, ou de colonnade sans entre-colonne-\nments. Or, tous les exemples qu'il imagine pour convertir des textes poétiques en\nmélodies présentent une corrélation entre la syllabe et la note musicale, de sorte\nque toute sa conférence n'est, à notre humble avis, qu'un exposé du caractère\nrythmique des mètres, ou, en d'autres termes, que l'indication du mouvement à\ndonner à la déclamation des poésies antiques. Nous nous permettrons de le\nrenvoyer à l'anonyme de Bellermann, traduit par T.-H. Vincent, où l'on trouve\nun tableau des signes de durée affectés au rythme, soit qu'il y ait émission\nd'une note, soit qu'il y ait une pause. Dans l'un comme dans l'autre cas, un signe\nparticulier détermine la durée du son ou de la pause. Il est aussi fait mention,\ndans ce même texte, des sons fondus (cruYxsyopiva) et dépourvus de rythme, dont\nM. Houdard paraît avoir fait bon marché (1).\nEn résumé, le mérite principal de ce travail consiste dans une analyse fort\nsavante des éléments métriques dont disposaient les anciens poètes grecs et dans\nun tableau complet des ressources que leur procurait la science des mètres.\n(1) Voir Bellermann, Anonymi scriptio de Musica, etc. Berlin, 1841, in-40, p. 17, 95 et 97.\nA.-T.-H, Vincent notices et ext. des manuscrits, t. XVI, 2e partie, p. 49, 50. Aristide Quin-\ntilien, p. 32 Meibom.\n\nC.-E. RUELLE.\n\nHENRY EXPERT.\nL. L.\n—Les Maîtres musiciens de la Renaissance française, 16E li-\nvraison : CLAUDE LE JEUNE, lERIER fascicule des Mélanges.\nNous aurons bientôt l'occasion de revenir sur ce charmant recueil, édité avec\nautant de luxe que de précision et de soin. M. Expert renonce aux clés d ut, qui\nrebutaient, paraît-il, les amateurs et même les musiciens. Je le regrette un peu,\nmais à l'avenir on n'aura plus de prétexte pour ignorer les chefs-d'œuvre mu-\nsicaux delà Renaissance française.\n\nALFRED BRUNEAU. Musiques de Russie et musiciens de France (1 vol. chez Fas-\nquelle). —Dans ce volume, M. Bruneau étudie d'abord les ((cinq)) compositeurs\nrusses qui, il y a une vingtaine d'années, s'unirent dans un sentiment intransi-\ngeant de nationalisme artistique : Borodine, Moussorgski (frappés les premiers\npar la mort), Balakirew, César Cui et Rimski-Korsakow, qui, avec A. Glazou-"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "351", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.39", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nnow, sont maintenant à la tête de la nouvelle école. Accessoirement, il fait l'éloge\ndu Conservatoire de Saint-Pétersbourg où l'on n'enseigne pas seulement la\nmusique, mais (( la géographie, la grammaire, l'arithmétique, la physique,\nl'histoire universelle, le russe, le français, l'allemand et l'italien, la littérature\nnationale et étrangère ». M. Bruneau étudie ensuite la musique et les musiciens\nfrançais, depuis (( les trois doyens » (Saint-Saëns, Reyer, Massenet) jusqu'aux\nplus jeunes. Il termine par un chapitre sur (( la tendance moderne du goût\nmusical » qu il croit et qu'il veut orienté désormais vers la vérité et l'humanité.\nDans ces pages on retrouve la haute personnalité de M. Bruneau, qui est un\ngrand artiste, un excellent cœur, un esprit net, sachant ce qu'il veut et poursui-\nvant son but avec logique.\n\nCAMILLE BELLAIGUE. Etudes musicales{seconde série, I vol. chez Delagrave).\nTaine, appréciant Paul de Saint-Victor, écrivait : (( Nul autre ne serait plus\ncapable de faire, après un recueil d'études, un livre proportionné et complet... Il\ndisperse en filets précieux un talent et une érudition qui, pour s'épancher et\ns'endiguer, auraient besoin d'un large lit. Si l'histoire pouvait parler, elle lui\ndirait, comme Valentine de Milan à Dunois : (( Ah ! tu m'as été dérobé ! » Que\nM. Bellaigue nous permette de lui appliquer ce jugement ! Certes, nous savons\nqu'il peut écrire de fort jolies pages sur (( les jeunes filles dans la musique »,\nsur Dante et Shakspeare musiciens, sur Louis II de Bavière, Alfred de Musset,\nKuhnau, saint Augustin, saint Thomas d'Aquin... Il a du goût, de la finesse,\nde la curiosité, de l'élégance et du charme. Bien des gens se contenteraient de la\nmoitié de ce bagage î Mais pourquoi paraît-il dédaigner les dates, la biblio-\ngraphie, l'étude précise des documents de première main et de tout le matériel\ndont se fait l'histoire ? Pourquoi n'aime-t-il pas à étudier la vie en puisant aux\n(( sources » mêmes de la vie ? Ah ! il nous a été dérobé !... et un regret se mêle\nà notre admiration fidèle.—Ne disons rien des autres lacunes, que l'auteur con-\nnaît certainement.\n\nA. SOUBIES. Histoire de la Musique en Angleterre Ce nouveau livre de\nM. Soubies n'est, comme les précédents du même genre, qu'un répertoire très\nsommaire, où les noms les plus illustres sont cités, et les œuvres à peine\neffleurées. Il est regrettable que M. Soubies ait passé sous silence un problème\ncapital dans l'histoire de la musique : c'est l'existence de ce canon anglais sur\nle chant du coucou, canon attribué d'abord au xvie siècle, mais que M. de\nCoussemaker, s'appuyant sur des raisons solides, a reculé de quelques siècles,\net qui apparaît bien avant la première école néerlandaise du contre-point,\ncomme un phénomène isolé, une exception dans l'histoire (question exposée\ndans le petit livre de Klauwell, Histoire du canon ;V. aussi YHistoire de la\nMusique en Angleterre, 2e partie, par W. Nagel (Strasbourg, 1897), t. I, p. 4,\n60 et suiv., 89 et suiv.).\nNous ne pouvons que signaler, en attendant l'occasion de leur consacrer\nl'étude qu'elles méritent, deux publications musicales du plus haut intérêt : les\nMélodies grégoriennes de M. G. BAS (Bureaux de la Rassegna gregoriana), où\nles principes rythmiques de Solesmes sont très artistement appliqués à l'har-\nmonisation du chant ; et les Huit Poésies de Francis James, mises en musique\npar RAYMOND BONHEUR (Demets, 2, rue de Louvois, éditeur). M. Debussy nous\na promis un article sur ce dernier ouvrage, bien digne en effet de lui plaire."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "352", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030715-01.1.40", "texte": "LE BAROMÈTRE MUSICAL\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'lmprimerie et de Librairie.\n\nLe baromètre musical.\n\nTHEATRES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nDATES\nRECETTES\nOpéra\nSamson et Dali la. Coppélia\n14579 fr. 00\n(prix réduits).\n6 juin\n—\nLohengrin.\n8 —\n1 5474 fr. 41\n—\nGuillaume Tell.\nIO —\n16102 fr. 76\n—\nHenry VIII.\n12\n18012 fr. 41\n—\nLes Huguenots.\n15 —\n15 8 5 3 fr. 91\n—\nFaust.\n•7 —\nIQI63 fr. 26\n—\nPaillasse, Samson et Dalila.\n19 -\n21060 fr. 41\n—\nHenry VIII.\n22 —\n1 5 1 52 fr. 41\n—\nRoméo et Juliette.\n24 —\n14558 fr. 26\nTannhauser.\n26 —\n16311 fr. 41\n—\nHenry VIII.\n29 —\n12512 fr. 91\nOpéra-Comique\nLa Petite Maison.\n0 —\n4883 fr. 00\n—\nManon.\n7 —\n3459 fr. 5o\n—\nLa Traviata.\n8 —\n4159 fr. 00\n—\nLa Petite Maison.\n9\n3076 fr. 5o\n—\nLouise.\n10 —\n4824 fr. 5o\n—\nLe Maître de Chapelle. La Petite\nMaison.\n11 —\n2985 fr. 00\n—\nWerther.\n12 —\n5853 fr. 5o\n—\nLe Maître de Chapelle. La Petite\nMaison.\n13 —\n3197 fr. 00\n—\nLes Noces de Jeannette, Mignon.\n14 matinée\n4i38 fr.\n—\nCarmen.\n1 4 soirée\n4849 fr. 5o\n—\nManon.\n15 —\n4829 fr. 00\n—\nLe Chalet. La Traviata.\n16 —\n4873 fr. 00\n—\nLouise.\nl7\n535o fr. 5o\n—\nLe Ma ître de Chapelle. La Petite\nMaison.\n18 -\n3616 fr. 5o\n—\nW erther.\n19 —\n5778 fr. 00\n—\nLa Vie de Bohême.\n20 —\n6556 fr. 5o\n—\nLe Chalet. Muguette.\n21 matinée\n5334 fr. 5o\n—\nLes Noces de Jeannette. Lakmé.\n21 soirée\n5883 fr. 00\n—\nCarmen.\n22 —\n5OO2 fr. 5o\n—.\nManon.\n23 —\n5726 fr. 5o\n—\nLe Maître de Chapelle. La Petite\n. \"\nMaison.\n24 —\n2197 fr. 5o\n—\nWerther.\n2 5 —\n4465 fr. 00\n—\nLa Vie de Bohême.\n26 —\n4069 fr. 5o\n—\nLouise.\n27- -\n4280 fr. 5o\n—\nMireille.\n28 matinée\n2817 fr. 00\n—\nMignon.\n28 soirée\n2362 fr. 00\n—\nCarmen.\n29 —\n3581 fr. 5o\n—\nManon.\n3o —\n4699 fr. 00\nPHYSICUS."}]}