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Ropartz, etc., sans compter les fréquentes auditions d'ouvrages\nsymphoniques de Saint-Saëns et de César Franck, qui étaient peu joués alors,\nmême en France.\nDepuis sa nomination àla direction du théâtre de la Monnaie en septembre\n1900, pour une période de 9 ans, Guidé a monté dans ses trois premières sai-\nsons les œuvres de y8 compositeurs français, représentés par 5 S ouvrages diffé-\nrents, contre 11 compositeurs allemands, 11 italiens et 5 belges.\nIl a donné les ires représentations à Bruxelles de :\nLouise. —G. Charpentier.\nLa Maladetta. — P. Vidal.\nGrisélidis. —Massenet.\nLe Légataire. — G. Pfeiffer.\nLa Korrigane. — Widor.\nLEtranger. — V. d'Indy {création).\nIl prépare pour la saison prochaine: LeroiArthus, d'E. Chausson, qui n'a\nété joué nulle part encore, sans compter les ires auditions à Bruxelles de :\nPelléas et Mélisande. — Cl. Debussy.\nLes Barbares. — Saint-Saëns.\nLe Cid. — Massenet.\nDe tels services font de M. 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Nous nous\nsommes toujours associés de cœur à ces vœux, mais ce n'est pas un petit\ntravail que de tirer au clair une de ces anciennes partitions, souvent fau-\ntives et toujours incomplètes : car les parties intermédiaires ne sont que\ntrès rarement exprimées ; on se contentait de noter Iharmonie au moyen\nde la basse chiffrée, et les musiciens du sièle, plus instruits que\nceux d'aujourd'hui, réalisaient cette basse à la simple lecture. Ce travail\nde réalisation exige une connaissance profonde de l'harmonie et une\ngrande familiarité avec le style de l'époque. Par bonheur, nous avons\ntrouvé en M. de Lacer da, élève de M. Vincent le musicien éprouvé\nautant qu'éruditqui seul pouvait mener à bien une pareille tâche. Nous\nsommes heureux d'annoncer aujourd'hui à nos lecteurs qu'il devient le col-\nlaborateur régulier de la Revue pour la transcription des œuvres an-\nciennes. Il nous a donné, pour le\\présent numéro, deux\n« Guirlande le charmant ballet de , inédit jusqu'à ce jour.\nEt chacun de nos suppléments contiendrà au moins un mor-\nceau tiré dune œuvre inédite ou peu connue du temps passé. 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Tels sont les deux principes qu'il faut rappeler en abordant l'étude de la\nmusique instrumentale et « abstraite ».\nLa symphonie, dans l'ordre d'idées où nous sommes, — la symphonie pure,"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "356", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.4", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 3338, "texte": "sans programme verbal, et sans d'autre titre que la tonalité où elle est écrite,—\nsemble devoir embarrasser l'esthéticien préoccupé de ramener les formes musi-\ncales à une origine concrète, sociologique. La difficulté n'est qu'apparente quand\non l'examine à la lumière de l'histoire. Une symphonie de Beethoven est sans\ndoute une œuvre à laquelle le génie du compositeur donne une grande unité ;\nmais c'est une œuvre qui, au point de vue formel, associe et juxtapose les genres\nles plus différents ; l'analyse n'a aucune peine à montrer qu'elle est aussi com-\nplexe que l'opéra et faite, comme lui, de pièces hétérogènes dont l'origine est\nbien connue.\nLa symphonie instrumentale a été précédée, préparée, rendue possible par la\nsonate. C'est celle-ci qu'il faut étudier, pour expliquer celle-là. (Je rappelle que\nc'est dans la 2e partie du xvme siècle, vers 1760, que J. Haydn, créateur du\ngenre, a écrit ses premières symphonies, alors que les premiers recueils de\nsonates de Corelli sont de 1683 et 1685, et qu'on trouve même le mot (( sonate ))\ndans des recueils bien antérieurs.)\nQu'est-ce, à l origine, que la musique purement instrumentale, destinée à\n(( sonner )) (d'où le mot Sonata) sur les violons ou les clavecins ? Ce n'est d'abord\nqu'une extension et un second emploi facultatif de la musique vocale (profane et\nreligieuse). Les titres des compositions en font foi. En voici quelques-uns que je\nciterai pour bien marquer le point initial de cette analyse :\n1556. TENOR. | JARDIN MUSIQVAL, CONTE- | NANT PLUSIEURS\nBELLES FLEVRS DE | Chansons à trois parties, choysies d'entre les œuvres\nde plu- | sieurs auteurs excellents en l'art de Musicque, ensemble | le blason de\nbeau et laiclTei'mpropice tant à la voix [ comme aux instruments. | Le premier livre\n| EN ANVERS. | Par Hubert Vuaelrant et Jean Laet. | Avec Previlege. | (1).\n(A la Bibliothèque de Munich.)\n1556. TENOR. | JARDIN MUSICAL, CONTE- | NANT PLVSIEVRS\nBELLES FLEVRS DE | Chansons spirituelles a quatre parties, composées par |\nMaistre JeanCaulery, Maistre de la Chappelle de j la Royne de France, et de\nplusieurs autres | excellents autheurs en l'art de Music- | que, tant propices à la\nvoix | comme aux instruments. | Livre second, j | EN ANVERS. | Chez Hubert\nVvaelrant et Jean Laet. | Avec Privilège. | — (Bibl. de Munich.)\n1559. TENOR. FANTASIE RECERCARI | CONTRAPVNTI. A TRE VOCI\nDI | M. Adriano et de altri Autori appropriati per Cantare et Sonare d'ogni | sorte\nde stromenti, etc. In Venetia, Apresso di | Antonio Gardano. | 1559. — (Bibl. de\nMunich.)\n1564. THESAVRVS MVSI- ) CVS CONTINENS SELECTISSIMAS OCTO,\n1 SEPTEM, SEX, QVINQUE ET QVATVOR VOCVM | harmonias, tam\na veteribus quam recentioribus Symphonistis compositas et ad omnis generis\ninstrumenta musicce accomodatas, etc. (Nûrnberg). —(Bibl. de Berlin )\n1568. TENOR. | NOVI THESAVRI | MVSICI | LIBER PRIMUS | QVO\nSELECTISSIME j Planeq ; nouas nec unquam in luce editae | Cantiones sacrae\n(quas vulgo moteta vo- j cant) continentur octo, septem, sex, quinq ; | ac quatuor\nvocum a prasstantissimis ac | huius astatis, precipuis Symphoniacis | compositas,\n\n(1) Pour ne pas surcharger ces notes de vieil allemand, je ne cite pas le recueil publié à\nNurnberg en 1556 et dont le titre contient une formule de même sens [propice tant àla voix\nqu'aux instruments)., — Bibl. de Berlin."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "357", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.5", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 3440, "texte": "quas in sacra Ecclesia catho- | lica, summis solemnibusq ; festiuitatibus, | canun-\ntur, ad omms generis instrumenta [ mnsica accomodatœ ; etc., etc. (Venise). —\n(Bibl. de Berlin et de Munich.)\n1570. SEPTIESME LIVRE I DES CHANSONS A QVATRE PARTIES,\nDE NOV- | VEAV REVEV, CORRIGE ET DE PLVSIEVRS | autres nou-\nvelles chansons (lesquelles jamais n'ont esté imprimées) augmenté. Tontes conve-\nnables | tant aux instruments qii àla voix. | SUPERIVS | . Imprimé à Louvain, par\nPierre Phalese, Libraire Juré. L'an 1570 | Avec grâce et privilège). (Bibl. de\nl'Univ. d'Upsal.)\nJe signalerai encore, en abrégeant : le livre de chansons (titre en hollandais)\npublié à Louvain chez Pierre Phalèse en 1572; le recueil analogue publié à\nAnvers, chez le même, en 1590; le recueil de Chants sacrés (avec une messe à\n6 voix), Munich, chez Adam Berg, en 1590; les Madrigaux à 8 voix (avec\nDialogues, Echos, etc.), à Anvers, chez Phalèse, en 1596; le livre de chansons à\n4 parties, Anvers, chez la veuve JeanBellere, à l'Aigle d'or, en 1597; les Sym-\nphonies sacrées à Nurnberg, chez Paul Kauffmann, en 1598; les 40 chants\nchrétiens, à Mùlhausen, chez Andréas, en 1599; la Sacrarum Symphoniarum\ncontinuation publiée à Nurnberg, chez Kauffmann, en 1600.\nTous ces ouvrages sont per (( cantare et sonare )), c'est-à-dire chants et\n(( sonates )) ad libitum. Nous saisissons là, de façon très simple et très nette, la\npremière désappropriation qui va détacher la musique chantée de son objet, pour\nl'organiser à l'état indépendant et en faire peu à peu un monde à part, ou, si l'on\npréfère, une personne libre. La symphonie sera la fille émancipée du chant; mais\nelle aura beau faire, elle ne perdra jamais cette première marque de ses ori-\ngines.\nLe rapport qui vientd'être indiqué entre la musique instrumentale et le chant\nexiste aussi entre la musique instrumentale et la danse. A ce second point de vue,\nje citerai, comme donnant lieu aux mêmes observations, l'ouvrage suivant, au-\njourd'hui à la bibliothèque de Munich :\nRECVEIL DE DANSERIES. | CONTENANT PRESQVE TOVTES\nSORTES DE DANSES, | comme Pauanes, Pass'emezes, Allemandes, Gail-\nlardes, Branles, et plusieurs autres, accomodées | aussi bien à la voix, comme\nà tous Instruments Musicaux, nouuellement amassé d'aucuns | sçavants maistres\nMusiciens, et autres amateurs de toute sorte d'Harmonie. | TENOR. | (petite\nvignette) | | EN ANVERS. | Chez Pierre Phalese au Lyon Rouge, et chez Jean\nBellere à l'Aigle d'Or. | 1583. — (Bibl. de Munich.)\nLa lecture de ce titre nous avertit que les trois formes musicales : chant,\ndanse, musique instrumentale, s'engendrent mutuellement, et peuvent même, à\nl'origine, se substituer l'une à l'autre. (Beethoven et Schumann se montreront\nfidèles à ce principe lorsque par une régression passagère de la musique\nabstraite à la musique expressive ou à programme, ils remplaceront l'Adagio,\nforme essentiellement mélodique, par la Marche funèbre : le premier dans la\nsonate en la majeur, le second dans son quintette op. 44. — C'est ainsi que\nJ.-S. Bach prendra 1' (( ouverture )), simple prélude instrumental, sans forme arrê-\ntée, précédant un chœur, et la mettra à la tête d'une suite de danses : par exemple\nles Suites en ut majeur, ré majeur, la mineur, série VI de l'édition Péters.)\nLa musique de danse, elle aussi et comme le chant, s'est donc désaffectée de\nson objet. Elle l'a fait de deux façons : dans une première voie de son évolution,"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "358", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.6", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 879, "texte": "elle s'est bornée, sans perdre son caractère initial et même son étiquette, à s'en-\nrichir de sentiment artistique et de pensée : telles sont les Suites de Bach, les\nvalses et polonaises de Schubert, les valses, polonaises et mazurkas de Chopin,\nqui ne s'adressent plus qu'à l'esprit et au cœur, danse d'idées qui n'ont emprunté\nau rythme des jambes et des mouvements réels qu'un cadre auquel viennent\ns adapter les pensées les plus hautes. Dans sa seconde évolution, la musique de\ndanse est transformée organiquement et aboutit à un genre nouveau : c'est ainsi\nque Beethoven, tout en conservant parfois la coupe du Menuet, l'altérera essen-\ntiellement et le remplacera par le Scherzo.\nA la lumière de ces idées très simples, nous pouvons aborder l'examen des\ndifférentes formes de la sonate et de la symphonie.\n(A suivre.)\n\nJULES COMBARIEU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c007", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "355", "page_fin": "358", "image_debut": 3, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.3.1", "titre_corps": "LA MUSIQUE AU POINT DE VUE SOCIOLOGIQUE (Suite) : LES ORIGINES DE LA SYMPHONIE.", "titre_sommaire": "LA MUSIQUE AU POINT DE VUE SOCIOLOGIQUE (Suite) : LES ORIGINES DE LA SYMPHONIE.", "signature_source": "JULES COMBARIEU", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "355", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.3", "debut_caractere": 1608, "fin_caractere_exclue": 2043, "texte": "LA MUSIQUE AU POINT DE VUE SOCIOLOGIQUE (Suite) : LES ORIGINES\nDE LA SYMPHONIE.\n\nLe fait sociologique est celui qui suppose l'existence d'une société ; les faits\nsociologiques par excellence sont le langage (ou le chant, qui en dérive) et la\ndanse. Tels sont les deux principes qu'il faut rappeler en abordant l'étude de la\nmusique instrumentale et « abstraite ».\nLa symphonie, dans l'ordre d'idées où nous sommes, — la symphonie pure,"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "356", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.4", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 3338, "texte": "sans programme verbal, et sans d'autre titre que la tonalité où elle est écrite,—\nsemble devoir embarrasser l'esthéticien préoccupé de ramener les formes musi-\ncales à une origine concrète, sociologique. La difficulté n'est qu'apparente quand\non l'examine à la lumière de l'histoire. Une symphonie de Beethoven est sans\ndoute une œuvre à laquelle le génie du compositeur donne une grande unité ;\nmais c'est une œuvre qui, au point de vue formel, associe et juxtapose les genres\nles plus différents ; l'analyse n'a aucune peine à montrer qu'elle est aussi com-\nplexe que l'opéra et faite, comme lui, de pièces hétérogènes dont l'origine est\nbien connue.\nLa symphonie instrumentale a été précédée, préparée, rendue possible par la\nsonate. C'est celle-ci qu'il faut étudier, pour expliquer celle-là. (Je rappelle que\nc'est dans la 2e partie du xvme siècle, vers 1760, que J. Haydn, créateur du\ngenre, a écrit ses premières symphonies, alors que les premiers recueils de\nsonates de Corelli sont de 1683 et 1685, et qu'on trouve même le mot (( sonate ))\ndans des recueils bien antérieurs.)\nQu'est-ce, à l origine, que la musique purement instrumentale, destinée à\n(( sonner )) (d'où le mot Sonata) sur les violons ou les clavecins ? Ce n'est d'abord\nqu'une extension et un second emploi facultatif de la musique vocale (profane et\nreligieuse). Les titres des compositions en font foi. En voici quelques-uns que je\nciterai pour bien marquer le point initial de cette analyse :\n1556. TENOR. | JARDIN MUSIQVAL, CONTE- | NANT PLUSIEURS\nBELLES FLEVRS DE | Chansons à trois parties, choysies d'entre les œuvres\nde plu- | sieurs auteurs excellents en l'art de Musicque, ensemble | le blason de\nbeau et laiclTei'mpropice tant à la voix [ comme aux instruments. | Le premier livre\n| EN ANVERS. | Par Hubert Vuaelrant et Jean Laet. | Avec Previlege. | (1).\n(A la Bibliothèque de Munich.)\n1556. TENOR. | JARDIN MUSICAL, CONTE- | NANT PLVSIEVRS\nBELLES FLEVRS DE | Chansons spirituelles a quatre parties, composées par |\nMaistre JeanCaulery, Maistre de la Chappelle de j la Royne de France, et de\nplusieurs autres | excellents autheurs en l'art de Music- | que, tant propices à la\nvoix | comme aux instruments. | Livre second, j | EN ANVERS. | Chez Hubert\nVvaelrant et Jean Laet. | Avec Privilège. | — (Bibl. de Munich.)\n1559. TENOR. FANTASIE RECERCARI | CONTRAPVNTI. A TRE VOCI\nDI | M. Adriano et de altri Autori appropriati per Cantare et Sonare d'ogni | sorte\nde stromenti, etc. In Venetia, Apresso di | Antonio Gardano. | 1559. — (Bibl. de\nMunich.)\n1564. THESAVRVS MVSI- ) CVS CONTINENS SELECTISSIMAS OCTO,\n1 SEPTEM, SEX, QVINQUE ET QVATVOR VOCVM | harmonias, tam\na veteribus quam recentioribus Symphonistis compositas et ad omnis generis\ninstrumenta musicce accomodatas, etc. (Nûrnberg). —(Bibl. de Berlin )\n1568. TENOR. | NOVI THESAVRI | MVSICI | LIBER PRIMUS | QVO\nSELECTISSIME j Planeq ; nouas nec unquam in luce editae | Cantiones sacrae\n(quas vulgo moteta vo- j cant) continentur octo, septem, sex, quinq ; | ac quatuor\nvocum a prasstantissimis ac | huius astatis, precipuis Symphoniacis | compositas,\n\n(1) Pour ne pas surcharger ces notes de vieil allemand, je ne cite pas le recueil publié à\nNurnberg en 1556 et dont le titre contient une formule de même sens [propice tant àla voix\nqu'aux instruments)., — Bibl. de Berlin."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "357", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.5", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 3440, "texte": "quas in sacra Ecclesia catho- | lica, summis solemnibusq ; festiuitatibus, | canun-\ntur, ad omms generis instrumenta [ mnsica accomodatœ ; etc., etc. (Venise). —\n(Bibl. de Berlin et de Munich.)\n1570. SEPTIESME LIVRE I DES CHANSONS A QVATRE PARTIES,\nDE NOV- | VEAV REVEV, CORRIGE ET DE PLVSIEVRS | autres nou-\nvelles chansons (lesquelles jamais n'ont esté imprimées) augmenté. Tontes conve-\nnables | tant aux instruments qii àla voix. | SUPERIVS | . Imprimé à Louvain, par\nPierre Phalese, Libraire Juré. L'an 1570 | Avec grâce et privilège). (Bibl. de\nl'Univ. d'Upsal.)\nJe signalerai encore, en abrégeant : le livre de chansons (titre en hollandais)\npublié à Louvain chez Pierre Phalèse en 1572; le recueil analogue publié à\nAnvers, chez le même, en 1590; le recueil de Chants sacrés (avec une messe à\n6 voix), Munich, chez Adam Berg, en 1590; les Madrigaux à 8 voix (avec\nDialogues, Echos, etc.), à Anvers, chez Phalèse, en 1596; le livre de chansons à\n4 parties, Anvers, chez la veuve JeanBellere, à l'Aigle d'or, en 1597; les Sym-\nphonies sacrées à Nurnberg, chez Paul Kauffmann, en 1598; les 40 chants\nchrétiens, à Mùlhausen, chez Andréas, en 1599; la Sacrarum Symphoniarum\ncontinuation publiée à Nurnberg, chez Kauffmann, en 1600.\nTous ces ouvrages sont per (( cantare et sonare )), c'est-à-dire chants et\n(( sonates )) ad libitum. Nous saisissons là, de façon très simple et très nette, la\npremière désappropriation qui va détacher la musique chantée de son objet, pour\nl'organiser à l'état indépendant et en faire peu à peu un monde à part, ou, si l'on\npréfère, une personne libre. La symphonie sera la fille émancipée du chant; mais\nelle aura beau faire, elle ne perdra jamais cette première marque de ses ori-\ngines.\nLe rapport qui vientd'être indiqué entre la musique instrumentale et le chant\nexiste aussi entre la musique instrumentale et la danse. A ce second point de vue,\nje citerai, comme donnant lieu aux mêmes observations, l'ouvrage suivant, au-\njourd'hui à la bibliothèque de Munich :\nRECVEIL DE DANSERIES. | CONTENANT PRESQVE TOVTES\nSORTES DE DANSES, | comme Pauanes, Pass'emezes, Allemandes, Gail-\nlardes, Branles, et plusieurs autres, accomodées | aussi bien à la voix, comme\nà tous Instruments Musicaux, nouuellement amassé d'aucuns | sçavants maistres\nMusiciens, et autres amateurs de toute sorte d'Harmonie. | TENOR. | (petite\nvignette) | | EN ANVERS. | Chez Pierre Phalese au Lyon Rouge, et chez Jean\nBellere à l'Aigle d'Or. | 1583. — (Bibl. de Munich.)\nLa lecture de ce titre nous avertit que les trois formes musicales : chant,\ndanse, musique instrumentale, s'engendrent mutuellement, et peuvent même, à\nl'origine, se substituer l'une à l'autre. (Beethoven et Schumann se montreront\nfidèles à ce principe lorsque par une régression passagère de la musique\nabstraite à la musique expressive ou à programme, ils remplaceront l'Adagio,\nforme essentiellement mélodique, par la Marche funèbre : le premier dans la\nsonate en la majeur, le second dans son quintette op. 44. — C'est ainsi que\nJ.-S. Bach prendra 1' (( ouverture )), simple prélude instrumental, sans forme arrê-\ntée, précédant un chœur, et la mettra à la tête d'une suite de danses : par exemple\nles Suites en ut majeur, ré majeur, la mineur, série VI de l'édition Péters.)\nLa musique de danse, elle aussi et comme le chant, s'est donc désaffectée de\nson objet. Elle l'a fait de deux façons : dans une première voie de son évolution,"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "358", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.6", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 879, "texte": "elle s'est bornée, sans perdre son caractère initial et même son étiquette, à s'en-\nrichir de sentiment artistique et de pensée : telles sont les Suites de Bach, les\nvalses et polonaises de Schubert, les valses, polonaises et mazurkas de Chopin,\nqui ne s'adressent plus qu'à l'esprit et au cœur, danse d'idées qui n'ont emprunté\nau rythme des jambes et des mouvements réels qu'un cadre auquel viennent\ns adapter les pensées les plus hautes. Dans sa seconde évolution, la musique de\ndanse est transformée organiquement et aboutit à un genre nouveau : c'est ainsi\nque Beethoven, tout en conservant parfois la coupe du Menuet, l'altérera essen-\ntiellement et le remplacera par le Scherzo.\nA la lumière de ces idées très simples, nous pouvons aborder l'examen des\ndifférentes formes de la sonate et de la symphonie.\n(A suivre.)\n\nJULES COMBARIEU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c008", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "358", "page_fin": "362", "image_debut": 6, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.4", "titre_corps": "Un cas nouveau de vandalisme musical: J.-M. LECLAIR, VIOLONISTE-COMPOSITEUR PARISIEN (1687-1764).", "titre_sommaire": "Un cas nouveau de vandalisme musical: J.-M. LECLAIR, VIOLONISTE-COMPOSITEUR PARISIEN (1687-1764).", "signature_source": "GASTON DUVAL", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "358", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.6", "debut_caractere": 881, "fin_caractere_exclue": 3162, "texte": "Un cas nouveau de vandalisme musical:\nJ.-M. LECLAIR, VIOLONISTE-COMPOSITEUR PARISIEN (1687-1764).\n\nAu dernier catalogue de la collection Peters figurait l'indication, comme nou-\nveauté pour l'année 1902, de trois concertos de violon de J.-M. Leclair, revus,\nou, pour être plus exact, arrangés par Marcel Herwegh.\nC'était bien une nouveauté, mais une vieille nouveauté : Jean-Marie Leclair\nvécut de 1697 à 1764 et domine incontestablement toute l'ancienne école fran-\nçaise du violon. Pourtant l'oubli semblait s'être fait autour de cette grande\nfigure de musicien, on en connaissait à peu près uniquement un Tambourin,\npartout édité et toujours joué. Ferdinand David, dans le recueil intitulé Hohe\nSchule desViolinspiels (1), avait déjà publié deux sonates de Leclair,correctement,\nmais dans les Vorstudien (2) en avait mutilé un certain nombre d'autres, les\ndécoupant pour refaire avec leurs membres épars des sonates nouvelles !\nCe fut avec plaisir que nous lûmes cette mention au catalogue de Peters: sans\ntarder, nous avions entre les mains les précieux concertos. Las ! notre joie fut de\ncourte durée. Elle était tombée dès la première page. L'éditeur y disait : (( Le\nrôle prépondérant du Ier violon (violino di concertino) et le peu d'intérêt qu'offrent\nles parties accompagnantes prises isolément justifient la rectification du titre. Les\nmêmes raisons ont permis, en confiant l'accompagnement au piano, de présenter\nces concertos, avec tout le respect dû à l'original (3), sous une forme plus pra-\ntique, plus accessible à l'exécution et même plus intéressante. ))\nOh ! nous ne chicanerons pas sur l'incohérence de cette note. L'intérêt du\nquatuor d'accompagnement est une question de plus ou de moins, qu'il serait\npuéril de discuter. Mais qu'on ne vienne pas nous parler de respect dû à l'original,\nquand, à la ligne suivante, on déclare faire œuvre plus intéressante que Leclair\n\n(1) Breitkopf et Haertel, édition populaire, n° 375.\n(2) Breitkopf et Haertel, édition populaire, n° 376.\n(3) L'éditeur devrait aussi un peu de respect... à la vérité historique et ne pas nous présenter\nLeclair comme l'introducteur de la double corde en France. On en usait bien avant lui, on en\nabusait même. Il ne faut pas, en bonne critique, accueillir ainsi les axiomes sans fondement."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "359", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.7", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2355, "texte": "en déformant ce qu'il avait créé. Nous allons voir ce que vaut cette édition en\nprésentant seulement quelques observations sur les deux premiers concertos de\nl'œuvre VII. Ab nno disce omnes.\nI. — CONFUSION PERMANENTE DU SOLO ET DES TUTTI. —Nous n'apprendrons\nà personne que le dialogue de l'orchestre et de l'instrument solo caractérise le\nconcerto depuis que la forme en est née. Leclair, bien qu à l'origine du genre,\nn'a point méconnu cette loi. Son quatuor expose sommairement le thème que\ndéveloppe ensuite le solo. Eh bien, l'éditeur de la collection Peters a négligé ce\nprincipe, et nous avons, de son fait, partout la confusion du solo et des tutti.\nDans le premier concerto, pendant tout le premier mouvement, les tutti au\nnombre de 3 sont tous supprimés: tout est en solo ! Le violino di concertino rem-\nplace le premier violon du quatuor d'accompagnement.\nVaria se voit supprimer 2 tutti. Au vivace le viol, di concert, se repose pendant\n2 /wZ/Haissés au piano, puis reprend arbitrairement (lettre T de l ed. P.) au plein\nmilieu d'un tutti, tandis qu'en réalité dans l'original le solo ne commence que\n20 mesures plus loin.\nDans le second concerto, à Y allegro non troppo, le viol, di concert, joue pen-\ndant 22 mesures la partie du premier violon du quatuor : en revanche, le piano\nexécute en solo pendant les deux mesures qui suivent la partie du viol, di concert.\n(2 mesures et demie avant la lettre B de F éd. P.), le chant est à la main droite\navec une agréable imitation à la main gauche. Page 5,1. E, l'éditeur fait com-\nmencer le solo au milieu du tutti. P. 9 : Le solo doit prendre fin sur la première\nnote (ré) de la dernière mesure de la quatrième ligne; l'éditeur le prolonge\njusqu'à la fin du mouvement :\nII. — ALTÉRATIONS DU TEXTE: io Violino di concertino. — Nous donnons sim-\nplement quelques exemples de mutilations, sans commentaires.\nPremier concerto :\nP. 2, 1. 4, m. 2, et ss. : Leclair dans l'édition princeps groupe ses doubles cro-\nches en les liant par deux, l'édition Peters par quatre : le sens musical n'est\nplus le même.\nP. 8. Aria : Leclair écrit partout cet aria en doubles cordes à deux parties dis-\ntinctes. Il y a là des finesses d'écriture qui ont échappé à l'éditeur, qui brouille\ntout et croit que c'est la même chose d'écrire (second concerto, p. 5, 1. 2, éd.\nPeters) :"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "360", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.8", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1388, "texte": "En outre, l'éditeur ne connaît pas les signes d'agrément du xvnie siècle, ni en\nparticulier ceux de Leclair. La petite croix H-au-dessus de la note indique un\nmordant et non le trille portant sur toute la durée de la note.\nDÉFORMATIONS DE DURÉE : page 8, 1. 1, m. 2 — même page, 1. 2, 111. 3 et 4.\nPourquoi cette fantaisie d'interprétation ?\nMême page, 1. 1, m. 3. Idem :\nAutres altérations : p. 10, 1. 3, m. 5 et 9. — Même page, 1. 5, m. 4 et 6. —\nP. 11, 1. 1, m. 5. — Même page, 1. 4, m. 2.\nAu finale, p. 18, 1. 2, 111. 1, 2, 3,4, Yossia n'a pas de raison d'être, c est une\ninitiative injustifiée de l'éditeur.\nDeuxième concerto :\nPage 1, 1. 4, m. 1, il faut un trille sur le sol.\nP. 4, 1. 4, m. 2, corrections injustifiées.\nL'arpège est bien indiqué dans l'original, et l'éditeur le présente comme\nfacultatif.\nP. 7, 1. 5, après la m, 3, six mesures de l'original supprimées.\nP. 8, 1. 3, après la m. 1, deux mesures de l'original supprimées.\nP. 8, 1. 4, après la m. 1, deux mesures de 1 original supprimées.\nP. 8, 1. 5, arpèges de violon arbitrairement développés et suppression de cinq\nmesures de l'original, sur dix de ce mouvement.\nAdagio : comme dans le premier concerto, mauvaise réalisation des signes\nd'agrément.\nP. 12? reprise de la phrase initiale avec six mesures de fantaisie pour finir.\nCette reprise n'est pas dans l'édition originale."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "361", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.9", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 3278, "texte": "Allegro. P. 13,1. 3, m. 1et 3, gammes ascendantes ajoutées.\nP. 14, 1. 3, au commencement quatre mesures de l'original supprimées.\nMême page, 1. 3, après la m. 1, deux mesures de l'original supprimées.\nP. 17, un peu partout dessins de fantaisie, ainsi :\nP. 18, 1. 4, après la m. i, sept mesures supprimées.\nP. 20, 1. 3, après la m. 2, deux mesures supprimées.\nDans le tutti qui suit, suppression de quatre mesures et dans le tutti final nou-\nvelle suppression de deux mesures.\nCe qui ne fait pas moins, dans tout le second concerto, de 34 mesures suppri-\nmées sans raison ! Que des instrumentistes se livrent à ces fantaisies dans une\nexécution pour des raisons toujours mauvaises, cela se comprend sans s'excuser,\nmais, dans une édition prétendument sérieuse, ce vandalisme ne se comprend,\nni ne s'excuse, parce qu'imprimées, ces mutilations deviennent la source de\nnouvelles erreurs dans l'avenir. Elles sont plus graves encore quand elles por-\ntent sur des textes qu'on ne peut facilement contrôler, — Leclair n'ayant pas été\ngravé à nouveau depuis son édition princeps, — tandis que les œuvres classiques\nsont mieux protégées par le grand nombre d'éditions que l'on en a. Nous ne sau-\nrions trop blâmer ces procédés : la loi, qui punit les dégradations de monuments\nhistoriques, devrait aussi protéger les monuments de notre passé artistique\ncontre les entreprises de l'ignorance et du mercantilisme.\nIl est juste de dire que si 1 éditeur des concertos de Leclair a supprimé trente-\nquatre mesures dans le second concerto, il en a ajouté six de sa composition.\nIII. — ALTÉRATIONS DU TEXTE : Quatuor d'accompagnement. — Une remarque\ngénérale s'impose : l'accompagnement du quatuor à cordes est assez souvent\nréduit au trio, le premier violon du quatuor ayant été transporté par l'éditeur à\nla partie de violon principal : c'est au moins le cas pour tous les tutti.\nEnsuite, il y a entre le premier et le second concerto une différence considé-\nrable en ce qui concerne la réduction du quatuor au piano. Fidèle dans le pre-\nmier, elle atteint dans le second aux limites de la plus invraisemblable fantaisie.\nDès la première mesure nous nous en apercevons. Au lieu de la noblesse sim-\nple et voulue de l'original, la main gauche de l'édition Peters fait des grâces inat-\ntendues, àla plus grande surprise de la main droite. Et ce n'est qu'un prélude !\nDès le bas de la seconde page, l'imagination de l'éditeur se donne toute carrière ;\nle piano joue la partie de violon principal en l'agrémentant de mille manières :\nil faut bien occuper les deux mains ! Dans l'original, tout le contenu des pages 3\net 4de l'édition Peters est accompagné par les violons à l'unisson. Au lieu de\ncela on nous donne un pédant et grossier assemblage de notes qui alourdissent\nla limpidité parfaite de la pensée première et appartiennent en propre à l'éditeur\nmoderne.\nNous renonçons à signaler le détail de cette critique : c'est à chaque page du\nsecond concerto, à chaque portée, à chaque mesure qu'il faudrait s'arrêter.\nBref, cette édition des concertos de Leclair est une des plus détestables éditions\nque nous ayons rencontrées depuis bien longtemps. La personnalité de M. Her-\nwegh nous est totalement inconnue. IIabite-t-il Paris, Berlin, Samarcande ou"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "362", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.10", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 649, "texte": "Yokohama? Nous l'ignorons absolument, et peu nous importe, car nous ne le\ncroyons pas susceptible de perfectionnement. Mais la maison d'édition Peters,\nà qui l'art musical est redevable de tant de services rendus, devrait, si véritable-\nment elle a toujours souci de science et d'art, retirer de la vente, — nous ne met-\ntons certes pas de restriction à le dire, —- une édition qui est à la fois un outrage\nà la mémoire du grand maître qu'elle prétend faire connaître et pour elle-même\nune ombre sur la réputation qu'elle mérite. Où est donc, dans la présente édi-\ntion, le respect dû à l'original?\n\nGASTON DUVAL."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c017", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "362", "page_fin": "367", "image_debut": 10, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.5", "titre_corps": "Un chanteur compositeur de musique sous Louis XIII. NICOLAS FORMÉ (1567-1638)", "titre_sommaire": "Un chanteur compositeur de musique sous Louis XIII. NICOLAS FORMÉ (1567-1638)", "signature_source": "HENRI QUITTARD", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "362", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.10", "debut_caractere": 651, "fin_caractere_exclue": 3659, "texte": "Un chanteur compositeur de musique sous Louis XIII.\nNICOLAS FORMÉ (1567-1638)\n\nPour avoir été placé très haut dans l'estime de ses contemporains, plus haut\nencore, à ce qu'il paraît bien, dans la sienne propre, le musicien dont on va\nessayer de dire la vie et de définir le rôle n'a pas été des mieux traités par l'ou-\nblieuse postérité. Sa renommée ou du moins son œuvre, même de son vivant,\nn'avait guère franchi les limites de la cour. Ses compositions, demeurées pres-\nque toutes inédites et, après sa mort, jalousement gardées pour le seul plaisir du\nroyal mélomane que fut Louis XIII, se perdirent d'assez bonne heure. Et si son\népitaphe, en l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, consacra assez longtemps le\nsouvenir de son nom et de la faveur singulière du monarque, elle disparut trop\ntôt pour en instruire les biographes du dernier siècle. Fétis n'a rien trouvé sur\nFormé dans ses prédécesseurs immédiats. Il l'a donc complètement passé sous\nsilence. Ceux qui vinrent après lui, jusqu'à notre temps, l'ont imité (1).\nNicolas Formé était Parisien. Sauvai le déclare (2), et lui-même, en la conclu-\nsion de l'épitaphe latine qu'il avait composée en mémoire d'Eustache Du Caurroy,\nson prédécesseur à la Chapelle royale, revendique la même qualité (3). Quant\nà la date de sa naissance, il est facile de la déterminer avec exactitude. « Il a\nrendu son âme à Dieu le 27esme May 1638 en la yiesme année, un mois et un jour\nde son âge », disait l'inscription funéraire, qui se lisait contre un pilier de la\nchapelle Saint-Jean, en l'église Saint-Germain-l'Auxerrois (4). Nous en pouvons\nconclure qu'il était né le 26 avril 1567.\n\n(1) L'érudit historien qu'est M. Michel Brenet a le premier fait revivre le souvenir cle ce musi-\ncien dans un article inséré aux Archives historiques, artistiques et littéraires... (ire année, Paris,\n1889-1890, pp. 64-69). Ce travail, ainsi que quelques autres documents que l'auteur a gracieuse-\nment mis à ma disposition, m'a servi de base pour la partie biographique de cette étude.\n(2) Histoire et Antiquitez de Paris, p. 327. — Sauvai, qui écrit avant 1650, bien que son livre\nn'ait été publié que longtemps après, consacre une notice relativement assez longue à Formé, à\npropos de son tombeau à Saint-Germain-l'Auxerrois.\n(3) (( Nicolaus Formé, Parisinus, eidem regio muneri succedens, hoc marmor fieri curavit. » —\nC'est Pierre de l'Estoille [Registre-Journal de Henri IV, 1609) qui a donné le premier l'inscrip-\ntion composée par Formé pour la tombe de Du Caurroy. C'est lui qui lui en attribue assez claire-\nment la composition. « M Formé, dit-il, très docte musicien qui lui succède, m'a montré l'épitaphe\nqu il veut faire poser auprès de son tombeau. »\n(4) L'épitaphe de Formé se lit dans le Ms. fr. 8219 de la Bibliothèque nationale, p. 947. Elle\nest accompagnée des armoiries, assez grossièrement dessinées, du musicien : Ecartelé aux 1 et 4\nd'azur à trois poissons d'argent (?) ; aux 2 et 3 de sable à une merlette (?) d'argent; fascé d'azur\nà 3 molettes (?j d'or."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "363", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.11", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 3671, "texte": "Le cabinet généalogique de d'Hozier mentionne une famille de Formé, sei-\ngneurs de Framicourt en Picardie, dont une fille, en 1703, put faire ses preuves\npour être admise à Saint-Cyr. Cette famille ne comptait alors guère plus de\ndeux siècles de noblesse. Or le même dossier renferme des pièces où est cité,\nentre autres, le propre neveu du compositeur, Jean Formé, abbé de Reclus\ncomme son oncle et immédiatement après lui (1). Nicolas Formé descendait\ncertainement d'une branche collatérale, demeurée de bonne bourgeoisie et sans\ndoute fort aisée : car il laissa une fortune considérable que ne peuvent expliquer\nni les faveurs royales ni sa notoire avarice. Il n'est pas rare à cette époque de\nvoir la musique pratiquée par des hommes occupant dans la société un certain\nrang, tandis que, par la suite, l'exercice en sera réservé, presque toujours, à des\ngens de naissance plus obscure. Remarque qui peut servir à l'histoire des mœurs :\nceci soit dit en passant.\nDe l'éducation musicale de Formé nous n'avons rien à dire. Qu'il ait jamais\nété attaché, comme enfant de chœur, à la maîtrise d'une paroisse, cela n'est\nguère probable. Ces écoles d'où tant de maîtres sont sortis ne sont fréquentées\nque par des fils d'assez humbles familles. Je le verrais plutôt admis, comme\npage de musique, dans la domesticité — au sens alors attribué à ce mot — de\nquelque grande maison. Beaucoup de nobles personnages entretiennent encore\nune chapelle privée et une musique à leur solde. C'est ainsi que, vers le même\ntemps, le futur surintendant de la musique de Louis XIII, Pierre Guesdron, un\ndes meilleurs compositeur d'airs de cour de l'époque, appartenait, en cette qua-\nlité, au cardinal de Guise. Et bien d'autres, sans parler des enfants de la musique\ndu roi, n'apprirent pas ailleurs les arcanes de leur art.\nAu surplus, Formé, qui fut un chanteur habile, avait-il sérieusement étudié,\ndans sa jeunesse, la théorie musicale et la composition ? Rien n'oblige à l'ad-\nmettre, d'autant que l'examen de ce qui demeure de ses œuvres le fait voir\nassez loin des maîtres antérieurs pour la science et l'ingéniosité de l'écriture. Le\nstyle adopté par lui n'est peut-être pas celui où de tels mérites se pouvaient le\nmieux faire valoir. Quoi qu'il en soit, il est croyable qu'il négligea passablement\nces fortes études, ou du moins qu'il ne s'y appliqua que sur le tard. D'ailleurs\nla musique, telle qu'on la conçoit alors, ne nécessite pas aussi impérieusement\nque la nôtre une pratique à laquelle il soit indispensable de se rompre dès les\nannées de jeunesse. Infiniment moins riche d'effets que l'art moderne, beau-\ncoup moins ambitieuse aussi et, en théorie du moins, plus curieuse d'intéresser\nla pure raison par les problèmes qu'elle pose et résoud simultanément que de\nparler au cœur ou à l'imagination, elle demeure pour beaucoup une science\n(( faisant partie des mathématiques, démonstrative et très certaine » qu'il est\npossible d'apprendre à tout âge (( par la lecture des bons autheurs et pratique des\nanciens )) (2). Il se peut que Formé, réservant pour plus tard ces doctes spécula-\ntions, s'en soit tenu d'abord à la seule pratique. Chantre excellent, c'est par ce\ntalent d'exécution qu'il acquit sa première réputation.\nEn effet, il est à peine âgé de vingt ans que la Sainte-Chapelle lui ouvre ses\nportes. Son nom figure sur les registres parmi ceux des musiciens de l'église le\nsamedi 4 juillet .1587 pour la première fois : (( Ledit jour, M. le Chantre a\n\n(1) Bibliothèque nationale (Ms. fr. 27685 : Pièces originales 1201). L'acte est de 1679.\n(2) Du CAURROY, Preces Ecclesiasticae ad numéros Musices redactae, 1609 (Préface)."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "364", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.12", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 3770, "texte": "présenté à M. le Thrésaurier ung nommé Nicolas Formé pour estre clerc soubz\nsa prébende, lequel après que led. Sr Chantre a faict son rapport de sa cappacité\ntant de musique que de lettres, a esté receu par le Thrésaurier soubz la prébende\ndud. Sr Chantre. (1) ))\nAgrégé à cet illustre corps, il semble peu soucieux de contribuer, par son zèle,\nà en soutenir l'antique renommée. La vérité nous oblige à dire que, lorsque son\nnom apparaît de nouveau sur les Registres capitulaires, ces inscriptions ne sont\npoint à son honneur. Sa conduite excita des plaintes réitérées, sans qu'elle fût\nexceptionnelle en une compagnie où la bonne musique semble plus cultivée que\nles bonnes mœurs. Le 15 avril 1589, le chapitre cite Formé àsa barre avec un de ses\ncollègues, Saint-Estienne,pour les réprimander solennellement.Illeur est enjoint\n(( de se comporter doresenavant plus revérement au Cœur de la Sainte-Cha-\npelle )) ; d'avoir à psalmodier (( plus distinctement et dévotement.. .sans faire actes\nqui retournent à scandalle )). Enfin chacun d'eux, averti (( qu'il ne luy advienne\nplus estre subiect au vin )), est requis « de vivre doresenavant paisiblement et\nhonnestement avec toute modestie, qu'il n'y a cy-devant faict ».\nCe n'était pas la première fois que Formé s'attirait de tels reproches. Ce ne\nfut pas la dernière, puisque, le 16 mai de l'année suivante, on le reprend encore\n(( des fautes qu'il est coustumier de faire au service divin et peu de debvoir qu'il\ny a tousiours faict depuis qu'il est receu en l'églize 0 : avec menace, s'il ne s'a-\nmende incontinent, (( d estre chassé, mys hors et effacé du livre des distributions\nde la dicte églize )) (2).\nSauvai nous a laissé du caractère et des mœurs de Formé une peinture telle\nqu'on conçoit facilement les causes de la réprobation des chanoines (3). Pour\nêtre dès lors engagé dans les ordres, ainsi qu'il est probable (4), notre musicien\nne se piquait guère de vertus évangéliques. Le cas n'est pas rare alors : il\ns'explique assez par les désordres de ces temps de guerre civile. Aussi cette con-\nduite, si peu édifiante qu'elle fût, ne nuisit en rien à sa fortune.\nFormé ne se plaisait pas plus à la Sainte-Chapelle que le chapitre ne se féli-\ncitait de le compter parmi ses clercs. Il n'y demeura que peu de temps, et dès\n1592, nous le trouvons mentionné dans les comptes de la Chapelle royale. Lui-\nmême d'ailleurs, en la dédicace à Louis XIII de la seule de ses Messes qui\nsubsiste, confirme cette date, en s'honorant d'avoir été (( dix-huict ans au service\ndu feu Roy Henry le Grand ».\nIl est difficile cependant d'admettre que sa nomination ait été effective à cette\ndate. En 1592, Henry IV est encore huguenot. Il n'a que faire d'une chapelle\ncatholique et se soucie plus de conquérir son royaume et sa capitale que de\ncombler les vides qui peuvent se produire dans le corps passablement désorga-\nnisé des chantres royaux. Tout au plus l'année suivante Formé put-il faire acte\n\n(1) Archives nationales LL, 600. (Registres de la Sainte-Chapelle : Délibérations capitulaires,\nfo 89.)\n(2) Archives nationales (Ibid.).\n(3) « Il étoit de si mauvoise humeur et si fantasque qu'il querelloit tout le monde; et quoiqu'il\nfut fort riche, son avarice étoit insatiable. Il aimoit tellement les femmes que toutes les servantes\nqu il avoit chès lui étoient belles et de bonne humeur. Il a eu trois ou quatre enfants d'une femme\nqu'il entretenoit, avec qui il a demeuré longtemps et même demeuroit encore avec elle, quand il\nmourut, bien qu'il fut âgé de 71 ans. » (Histoire et de Paris.)\n(4) C'est ce qui ressort du moins de son acte de décès cité par Jal (Dictionnaire de Biographie\net d'Histoire) : « Messire Nicolas Formé, vivant prebstre et chanoine de la Sainte Chapelle... »"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "365", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.13", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 3677, "texte": "de présence lors de l'abjuration du roi à Saint-Denis, le 25 juillet 1593. Il put\ny assister parmi ces musiciens recrutés pour la cérémonie, lesquels, dit Pierre de\nFEstoille, chantèrent le Te Deum tandis que l'archevêque de Bourges entendait\nla confession du prince. S'il n'y parut point, la faute en fut au duc de Mayenne,\nqui, ce jour-là, (( ht publier rigoureuses deffenses d'aller à Saint-Denis et de sortir\nde Paris sans sa permission )). Car, sans lui faire injure, on peut tenir son zèle\ncatholique pour médiocre.\nEn 1594, le Béarnais entre à Parte. Bientôt la Chapelle royale reprend son\norganisation régulière, sous la direction des deux maîtres, Garnier et Eustache\nDu Caurroy. Formé, qui chantait la haute-contre « avec une justesseadmirable )),\ndit Sauvai, y brille au premier rang. C'est alors qu'il commence aussi, sans\ndoute, à s'exercer à la composition. L'enthousiasme dont déborde l'épitaphe\nqu'il se ht honneur de consacrer àDu Caurroy, quand il fut appelé à prendre sa\nsuccession, aussi bien que la réputation incontestée de ce maître, donnerait à\npenser que c'est auprès de lui qu'il s'en alla chercher des modèles et des exem-\nples. La chose est possible. Théoricien docte et disert aussi bien que composi-\nteur excellent, Du Caurroy avait déjà, dix ans auparavant, écrit « plu-\nsieurs oeuvres touchant la théorique et pratique de la musique )) Œu-\nvres demeurées toujours inédites, il est vrai, mais dont l'influence fut grande\npuisque Mersenne y fait des allusions fréquentes et, de son propre aveu, en tire\npresque tout ce qu'il dit du contrepoint et de la composition hgurée.\nDans l'oeuvre de Formé cependant, rien qui rappelle le style du « Prince des\nMusiciens )). Bien loin de se rapprocher de cette musique (( g randement obser-\nvée, toute pleine d'industrie et doctrine )), la sienne ferait plutôt songer à cette\nmanière (( approchant de l'air... oùles parties vont le plus souvent ensemble de\nmesme pied sur un mesme sujet bien qu'on y puisse mesler quelque peu d'in-\ndustrie. )) Le P. Parran, en nous donnant ces déhnitions, ajoute que, quoique\nencore en vogue de son temps, ce genre ne l'était plus autant qu'autrefois,\n(( tesmoin, dit-il, la musique Gaillarde de Granier et d'Intermet jadis (1) ». In-\ntermet n'est pas en cause ici ; mais ce Granier n'est-il pas le Garnier de la Chapelle\nroyale ? C'est plus que probable. Il ne nous manque plus que de posséder quel-\nques-unes de ses compositions pour décider dans quelle mesure Formé se serait\nen tel cas inspiré de lui.\nMieux que l'art sévère de Du Caurroy, ce style séduisant devait emporter les\nsuffrages d'une cour peu faite pour sentir le prix des savantes recherches. Par\nce qu'elles retenaient de la musique mondaine alors en faveur, ces compositions\nl'emportaient sans peine sur le contrepoint strict, lequel (( ne plaist guères\nqu'aux Maistres qui jugent et goustent ce qui est d'artifice en la disposition\net meslange d'accords bien observés et pressés ». Aussi le succès de\nFormé s'afhrma-t-il rapide. Le jour même de la mort de Du Caurroy, le 7 août\n1609, sans aucun concours, il est retenu par le roi pour remplir la charge va-\n\n(I) Le P. PARRAN, Traité delà Musique théorique et pratique, 1646. Le permis d'imprimer est de\n1638.\nIntermet, qui est cité ici, fut un des maîtres les plus célèbres du midi de la France. Avignonais,\nsuccessivement chanoine de Saint-Agricol et maître de musique de l'église métropolitaine, sa\nréputation pénétra jusqu'à Paris. Louis XIII, passant à Avignon en 1622, voulut que la musique\nde son entrée solennelle fût composée et dirigée par Intermet et fit emporter une copie de\nl'œuvre exécutée en sa présence."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "366", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.14", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 4048, "texte": "cante. Louis XIII lui assure sa bienveillance et lui témoigne une admiration qui\nne se démentit jamais. La reine l'affectionne à ce point qu'on lui passe à la Cour\nles excentricités les plus risquées. (( Il se laissoit tellement transporter à la juste\ncadence de ses compositions, écrit Sauvai, que quelquefois il se pâmoit en les\nfaisant chanter. )> Il se peut qu'il y ait eu beaucoup de pose dans cet étalage de\nsensibilité qui n'allait pas toujours sans inconvénient. Un jour, à Saint-Germain,\nil tombe à la renverse en dirigeant ses chantres devant le roi et se blesse si fort\nqu'il faut le reconduire à Paris. Et la reine liïi prête sa propre litière pour qu'il\nfasse le voyage plus à l'aise. Le cardinal de Richelieu s'intéresse aussi aux com-\npositions de Formé. Le roi envoie exprès sa musique, de Saint-Germain à\nParis, pour lui faire entendre un nouveau motet du maître (1). Toute la cour\npartage cet engouement, et les beaux esprits qui font son anagramme s'accor-\ndent à y voir le pressentiment de sa maîtrise en son art. Ils trouvèrent dans\nson nom, Nicolaus Formé, les notes de la gamme, ut, ré, mi, fa, sol. (( Quoique\ncette anagramme fût un peu licencieuse elle ne laissa pas d'être très bien reçue »,\ndit le biographe.\nSa situation lui vaut, au reste, des avantages plus solides. En 1625, le roi lui\noctroie l'abbaye de Reclus au diocèse de Troyes, bénéfice que le poète Melin de\nSaint-Gelais, un siècle auparavant, avait le premier obtenu en commende (2).\nL'année suivante, le nouvel abbé est en outre pourvu, le 11 novembre 1626,\nd'un canonicat en la Sainte-Chapelle, qu'il avait si peu édifiée dans sa jeunesse.\nCette dernière faveur n'était pas à coup sûr la récompense des services jadis\nrendus à l Eglise. Formé n'est pas moins ingénieux à en tirer parti. Quand il\ndoit quitter la maison canoniale qu'il habitait en la cour du Palais, maison dé-\nmolie pour le percement d'un passage donnant accès en la rue neuve Saint-Louis,\nl'arrêt porte qu'il aura, avec un de ses collègues aussi exproprié, la jouissance\nd'une autre maison et le revenu des échoppes et boutiques qui seront construites\nau long du passage. Soucieux sans doute de s'assurer le calme nécessaire à ses\nméditations musicales, il fait insérer dans le dispositif que ces boutiques ne\npourront être occupées (( par ouvriers ou artisans travaillans avec le marteau )) (3).\nPlus tard d ailleurs il quitte ce logis sous prétexte d'incendie et le loue (( au\ngrand scandalle d'un chacun ». Et cet abus lui vaut, en 1636, de nouveaux et\nsérieux démêlés avec le chapitre (4)\nRien de tout cela ne diminue la faveur dont il jouit. Cette faveur constante et\nles témoignages d'admiration qui lui sont prodigués expliquent assez la vanité\nqui s'affirme en ses dédicaces. Ainsi que tous les musiciens de la Chapelle royale,\nil est longtemps plus illustre que connu, du moins hors de l'entourage\n\n(1) Mémoires de Dubois, valet de chambre du roi Louis XIII. — Ce motet, Nonne subjecta\nerit anima mea, était tenu pour le chef-d'œuvre du « bonhomme Formé », dit Dubois, et de la\nmusique de ce temps. Le cardinal, paraît il, le voulut entendre deux fois dans la chapelle du\nPalais-Royal. Il en fut si satisfait que, outre un repas magnifique qu'il offrit aux artistes, il leur\nfit distribuer 10.000 livres. L'auteur eut sans doute la meilleure part de ces largesses, faites d'ail-\nleurs avec l'argent du roi « par ung acquit patent », remarque Dubois.\nLes Mémoires de Dubois sont encore inédits. Quelques extraits et une analyse se trouvent,\ndans la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, 2e série, 4 septembre 1847.\n(2) Formé ne conserva pas ce bénéfice jusqu'à sa mort. En 1634, pour des raisons que nous\nignorons, il le cède à son neveu Jean Formé (Gallia Christian a, IX, p. 601).\n(3) FÉLIBIEN, Histoire de la ville de Paris (V, Preuves 78-79).\n(4) Ce fut, sans doute, pour faciliter cette spéculation peu délicate qu'il était allé demeurer rue\nBertin-Poirée, en une maison à lui appartenant, où son acte mortuaire nous apprend qu'il est mort."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "367", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.15", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 1147, "texte": "du monarque. Le P. Mersenne, assez curieux de musique pourtant, dé-\nclare vers 1636 n'avoir encore rien entendu de lui (1). Aussi, quand, vers la\nfin de sa vie, Formé se décide à publier ses oeuvres, il ne craint pas d'écrire que\nce qui l'a déterminé à ce dessein, c'est le désir qu'a toute la France (( de les voir\net de les ouyr ». Et l'épigraphe empruntée à Horace :\nSi quid novisti rectius istis,\nCandidus imperti : si non, his utere mecum,\nne respire pas un moindre contentement de soi-même. Il n'avait pas tort d'en\nfaire autant de cas, puisque son royal protecteur les estimait assez pour qu'après\nsa mort il en ait voulu demeurer l'unique possesseur. Aussitôt après le décès du\ncompositeur, le roi, nous apprend Sauvai, fît enlever ses ouvrages par un\nexempt des gardes (( et les enferma depuis dans une armoire qu'il fit faire\nexprès, dont il avait toujours la clef, et en prenait plus de soin que des plus ri-\nches meubles de la couronne ».Le fait parut assez rare et assez honorable à sa\nmémoire pour être consigné dans l'épitaphe de Formé, à Saint-Germain-\nl'Auxerrois, où il fut inhumé.\n\nHENRI QUITTARD."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "367", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.15", "debut_caractere": 2723, "fin_caractere_exclue": 3041, "texte": "(i) «Il y en a plusieurs autres qui mériteroient des éloges si j'avois connoissance de leur ca-\npacité et de leur vertu ; par exemple... les sieurs Picot et Formé et quelques autres dont ie ne\npeux parler que parle récit d'autruy, pour ce que ie n'ay point ouy leur musique ». (Harmonie\nUniverselle, Préface générale.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c018", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "367", "page_fin": "369", "image_debut": 15, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.6", "titre_corps": "Les concours du Conservatoire.", "titre_sommaire": "Les concours du Conservatoire.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "367", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.15", "debut_caractere": 1149, "fin_caractere_exclue": 2721, "texte": "Les concours du Conservatoire.\nComme tous les ans, la vieille salle s'est remplie d'une foule frémissante et\nvolontiers frondeuse, tandis que de jeunes artistes luttaient sur la scène, à coups\nd'archet, à coups de gosier, et que le jury, le mystérieux jury, retiré au fond de\nsa loge, écoutait en silence, puis rendait d'une voix faible mais ferme des arrêts\nsans appel.\nComme tous les ans, il y a eu des triomphateurs peu modestes, des. mécontents\npeu stoïques, des pleurs, des grincements de dents, des protestations. 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C'est\nun accident auquel il faut s'attendre, du moment que les concours sont publics.\nIl est impossible que le jugement des auditeurs s'accorde avec celui des profes-\nseurs de la maison ; et je ne fais pas allusion ici aux fameuses faveurs, qui ne\njouent certes pas le rôle qu'on veut bien dire ; mais nous ne pouvons apprécier,\nnous qui sommes dans la salle, que le résultat brutal, la fausse note, la mauvaise\nattaque, le tremblement, l'erreur de solfège : le jury, au contraire, doit tenir\ncompte du travail de l'année, du mérite reconnu, des antécédents, de la cruauté\naussi qu'il y aurait souvent à briser une carrière pour une faute accidentelle.\nIl est donc fort naturel qu'il se montre plus humain et plus généreux que nous.\nNous, si l'on nous invite, c'est évidemment pour que nous disions notre opinion ;\nje dirai donc la mienne, en m'excusant d'avance si elle ne concorde pas toujours\navec celle des juges, et en assurant que je n'y entends point de malice."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "368", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.16", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 3657, "texte": "i6 juillet. — Le morceau du concours de contrebasse, dont l'auteur est\nM. Emile Ratez, directeur du Conservatoire de Lille, est congrûment pensé et\nd'une écriture sobre et correcte : je n'ai guère que des éloges à faire pour ce\nqui est de la musique. Mais il y avait moyen d'écrire mieux pour l'instrument.\nPourquoi ces chants liés, presque irréalisables à cause des incessants change-\nments déposition ? Pourquoi ces batteries de tierces si incommodes ? Pourquoi\ndemander le premier fa % de la clé de sol, qui est toujours mauvais ?\nLe résultat est un son mince, forcé, caverneux, d'une justesse le plus souvent\ndouteuse, et qui semble refuser de sortir. Penché sur l'épaule du jeune virtuose,\nle gros instrument geint douloureusement, car on le torture. Cela fait pitié.\nQue devons-nous demander surtout à la contrebasse ? Une attaque énergique\net précise, un rythme impeccable, une grande vigueur. Ce sont des qualités\nque les candidats pouvaient montrer quand même dans certains passages de la\nsuite de M. Ratez (2e variation, début de la fugue), et dans le morceau de lecture\nde M. Rousseau, fort amusant et bien rythmé. Mais, hélas ! il ne nous a pas été\ndonné d'entendre un bon staccato, ou un pizzicato bien enlevé. C'est pourquoi\nle jury n'a pas cru devoir donner de premier prix ; il a attribué un second prix\nàM. Limonot (ier accessit en 1902), un premier accessit àM. Zibell (2e accessit\nen 1902), et les deuxièmes accessits sont allés à MM. Gibier et Subtil : ce dernier\nest le seul de tous qui ait joué presque juste.\nLe concours d'alto a été beaucoup meilleur : M. Laforge donne à ses élèves\nbeaucoup de précision, de sûreté et de vigueur. Grâce à lui, nous verrons bien-\ntôt disparaître de nos orchestres ces altos timides et mal assurés, qui ne sont\nque de faux violons, — et des violons faux. On s'est étonné de voir M. Lefranc\ngratifié d'un ier accessit seulement : espérons que le premier prix récompensera,\nl'année prochaine, l'ampleur et la fougue remarquables de son jeu. M. Pollain\n(second prix, Ier accessit en 1902) est correct, mais peu personnel. Je n'ai\nrien à objecter au Ier accessit de Mlle Coudart, ni au second accessit de\nM1Ie Lefebvre.\nLe concours de violoncelle nous a fait entendre dix-sept fois les fadaises, mê-\nlées de sauts périlleux, du concerto de Popper. Mlle de la Bouglize a une rare\npuissance de son, qui la met bien au-dessus des autres premiers prix : Mlle Re-\nboul, M. Gasadessus, Mlu Bitsch. Second prix :M. Droeghmans. Premier ac-\ncessit : M. Jamin. Deuxièmes accessits : MM. Doucet, Ringeisen et Olivier. Le\njury, on le voit, s'est montré généreux, et, de fait, le concours a été bon dans\nson ensemble Et puis, il y aura ainsi des places pour l'année prochaine !\n77 et 18 juillet. — Concoursde chant. Grande affluence, salle surchauffée, cou-\nloirs trop étroits pour l'envergure des chapeaux, applaudissements frénétiques,\nmurmures, enfin de véritables premières avant la lettre. MM. Levisonet Devriès\nse partagent le premier prix : tous deux ont nuancé avec goût du Massenet.\nM. Lafont (second prix) a plus de vigueur dans la Fête dêAlexandre, de Haendel ;\nM. Simard (second prix) a une voix chaude et généreuse. Premiers accessits :\nMM. Morati et Lucazeau. Deuxièmes accessits:MM.de Poumayrac et Chevalier.\nComme toujours, il me semble que les préférences du jury vont aux chanteurs\nde salon, dont les notes filées font pousser des : « Ah î » au public pâmé. Mais\nc'est tous les ans la même chose, je n'insiste donc pas.\nLe lendemain, il nous futdonné d'entendre nombre desopranos aigus, suraigus\net déchirants, et quelques graves contraltos. Il faut mettre hors de pair"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "369", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.17", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 3250, "texte": "MmeGuionic, dont la voix agréable et d'unesouplesse merveilleuse a rendu de l'in-\ntérêt àla vieille valse du Pardon de Ploërmel. Mlle Tapponnier et Mme Vergonnet\npartagent avec elle le premier prix, l'une pour un air du Freyschùtz, bien vieilli\ndécidément, l'autre pour un air des Pêcheurs de Perles, chanté avec délicatesse.\nMlle Foreau (2e prix) a delà précision et une chaleur un peu factice; Mlle Du-\nchesne (2e prix) chante dans un bon sentiment un air admirable d'Héraclès,\ndeHaenclel. Premiers accessits: MUesThiesset, Blotet Vallandri. Deuxièmes accessits :\nMiles Dangès (dans un air insipide des Huguenots), Vix, et Lamart [Perfide ! par-\njure). En somme, concours meilleur que celui de la veille ; les voix sont plus\nposées et le goût plus pur.\nOpéra comique.— 21 juillet. —De ce concours, remarquable par sa longueur,\nje n'ai pas à parler longuement: il est si peu musical ! Le jury a fait état des\nqualités scéniques et récompensé l'agitation intelligente et souple de quelques\nbons élèves qui sont déjà de bons acteurs. Il a donné le premier prix à\nM. Casella, qui a dessiné joliment, avec une vivacité alerte, plus que gaie,\npresque spirituelle, le rôle du maître à danser Miton dans le Roi l'a dit.\nM,Ie Foreau, vive et futée dans sa réplique du Roi la dit, a chanté l'air des\nlarmes de Werther avec une sincérité émue. Ce sont là de rares qualités de\nthéâtre, les seules après tout que l'étude développe. M. Chevalier, un second\nprix, a mimé avec feu et chanté d'une voix légère et voilée, agréable dans les\nnotes basses, une insupportable scène d'Haydée. Mlle Vallandri aeu un accessit\nde grâce gentille et tendre. Les vocalises agiles de Mme Guionie dans le\nMaître de chapelle méritaient mieux qu'un second accessit. Il fallait mettre tout\nà fait à part et autrement que par un second prix la voix superbe, vibrante et\npathétique de Mlle Duchesne, qui elle aussi a l'instinct de la scène, car elle a\ncomposé un Orphée d'une noble tenue, et qui est en même temps une musi-\ncienne et une artiste.\nPiano. Femmes. — Jeudi 23 juillet. — Trente-deux concurrentes ont phrasé la\ndix-huitième Romance sans paroles de Mendelssohn et exécuté le Festin d'Esope,\nd'Alkan, morceau de concert brillant et ingrat, qui a fait valoir la vélocité adroite\net sûre d'un grand nombre d'élèves, plus rarement leur goût et leur style.\nMlle Dehelly, au jeu nerveux, souple, très égal, a dentelé finement les traits et\nrocamboles d'Alkan. Elle a partagé le premier prix avec Mlle Merlin, au toucher\nsvelte et discret, avec Mlles Roger et Atoch. Les deuxièmes prix sont Mlle Kast-\nler; Mlle Schultz, au toucher profond et vigoureux ; Mlle Neyrac, d'une délica-\ntesse très expressive dans la Romance sans paroles, oû elle a élégamment entre-\nmêlé le chant et l'accompagnement sans confusion, sans précipitation, sans\nrecherche maniérée. Le morceau de déchiffrage était d André Messager. Le\njury n'a pas pardonné quelques défaillances dans des arpèges périlleux à\nMlle Lamy Charlotte, qui a joué avec piquant et grâce et qui a eu des effets\nexquis de sonorité voilée. Il a oublié l'aisance coquette de Mlle Aussenac, qui a\ndétaché avec rythme le thème d'Alkan.\nLe concours de violon, d'où nous sortons, nous a paru excellent."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c019", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "370", "page_fin": "373", "image_debut": 18, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.7", "titre_corps": "Informations.", "titre_sommaire": "Informations.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "370", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.18", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3231, "texte": "Informations.\n\nUNE PROTESTATION DES MUSICIENS ALLEMANDS CONTRE LES FÊTES DE WAGNER\nA BERLIN. — On sait que de grandes fêtes musicales doivent avoir lieu à\nBerlin, en octobre prochain, pour l'inauguration d'un monument élevé à\nWagner. Elles consistent à la fois en des concerts, des représentations, et un\nCongrès international de musique. L'organisation de ces fêtes a paru si anti-\nartistique, qu'elle a soulevé en Allemagne des protestations violentes. Tous les\ngrands chefs d'orchestre wagnériens, et les plus célèbres musiciens allemands ;\nRichter, Mottl, Richard Strauss, Steinbach, Joachim, etc., ont déclaré qu'ils\nn'y prendraient aucune part. Aucun des nombreux Wagnervereine de l'Alle-\nmagne, aucun des membres de la famille Wagner n'assistera à l'inauguration\ndu monument.\nVoici une nouvelle protestation que nous avons à enregistrer de la part des\ncritiques et savants musicologues allemands. Elle compte presque tous les plus\ngrands noms de la littérature musicale de l'Allemagne, à quelque parti qu'ils\nappartiennent :\nEn réponse à de nombreuses demandes d'informations, les professeurs et musico-\ngraphes soussignés se voient amenés à déclarer que la réunion d'un Congrès de\nmusique à l'occasion des fêtes de Wagner à Berlin leur paraît une idée malheureuse.\nContrairement à de pompeuses déclarations, ils sont convaincus que la science et la\npédagogie musicales, au milieu de ces réjouissances, et dans le demi-jour où les\nréduit le programme officiel, ne seraient l'objet d'aucun travail intéressant ; aussi\ns'abstiendront-ils de prendre part à ce Congrès.\nDr Max FRIEDLZENDER (Berlin) ;\nDR H. GEHRMANN (Francfort) ;\nDr X. HABERL (Ratisbonne) ;\nDr J. JOACHIN (Berlin) ;\nDr A. KOPFERMANN (Berlin) ;\nDr C. KREBS (Berlin) ;\nDr H. KRETZSCHMAR (Leipzig) ;\nDr Th. KROYER (Munich) ;\nPr S. de LANGE (Stuttgart) ;\nDr J. MANTUANI (Vienne) ;\nDr W. NAGEL (Darmstrat) ;\nDr K. 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Il est vrai que le lendemain, pour la représentation du soir\n(Mme Sarah Bernharclt, Phèdre), il y avait, dès 4h. de l'après-midi, 38.000 fr. de\nlocation (dont 70 p. cent réservés àla grande artiste).— En somme, il faut haute-\nment féliciter Mmc Caristie-Martel de cette belle et noble entreprise, dont le suc-\ncès a été très vif, et qui lui fait grand honneur.\n— On nous annonce en même temps que M. Ed. Colonne, réminent chef d'or-\nchestre, avait projeté une tournée prochaine en Espagne, et qu'il vient d'y re-\nnoncer.\n\nNOTES ORPHÉONIQUES. — Plusieurs grands quotidiens, le Journal, le Soleil,\nla Lanterne, le Petit Journal, le Petit Parisien, publient un bulletin hebdomadaire\ndont nous approuvons hautement l'esprit, en vue d'atténuer les funestes effets de\ntrop nombreux organes, entrepreneurs à forfait de concours orphéoniques. Quel\nprogrès il reste à réaliser, pour arracher les sociétés musicales à la banalité de\nleur répertoire et à des fêtes qui tournent surtout au profit des cabaretiers ! Des\nmaîtres comme MM. Laurent de Rillé, Paul Vidal, Bourgault-Ducoudray,\nM. Maréchal, ont beaucoup écrit pour les orphéons ; mais l'éducation artistique\nde leurs interprètes laisse encore, hélas! à désirer.\nUn concours orphéonique aura lieu à Cardiff (pays de Galles) en décembre\nprochain; président : M. Laurent de Rillé. Les Sociétés devront avoir 40 exécu-\ntants au moins, et 70 au plus. — Les primes en espèces pour le concours qui\naura lieu à Louviers, les 15 et 16 août, sont ainsi réparties (orphéons, harmo-\nnies et fanfares) : Excellence et Supérieure, ier prix, 500 fr. ; ire division, 200 fr ;\n2e division 100 fr. ; et 3e division, 50 fr.\nM. Paul Rougnon, le distingué professeur, archiviste de l'Association des\njurés orphéoniques, a écrit, sur le poème les Korrigans, un excellent chœur,\nnettement vocal, récemment chanté avec grand succès aux concours de Château-\ndun, Evreux, Beauvais, Paris (xvne). —E. BALTY.\nSubventions. — Le Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts a\naccordé à certaines sociétés de Paris et des départements des subventions desti-\nnées à encourager leurs efforts et à reconnaître les services qu'elles ont rendus à\nl'art musical.\nA Paris, l'Association des grands concerts, que dirige M. Victor Charpentier, a\nreçu une somme de 2.000 fr.\nLa maîtrise des Chanteurs de Saint-Gervais, qui continue la série de ses\nintéressantes auditions, a obtenu une somme de 500 fr.\nA Bordeaux, une subvention de 3.000 fr. est accordée à la Société Sainte-Cé-\ncile, qui a institué dans cette ville une école de musique et organise chaque\nannée de grands concerts sous la direction de M. Pennequin.\nA Angers, M. Louis de Romain, qui dirige les Concerts populaires symphoni-\nques, reçoit, à titre d'encouragement, une subvention de 3.000 fr.\nA Marseille, 5.000 fr. sont alloués à l'Association artistique des Concerts clas-\nsiques, présidée par M. A. Gouirand, pour les concerts qu'elle organise tous les\nans dans cette ville.\nA Toulouse, le nouveau directeur delà succursale du Conservatoire national,\nM. Crocé-Spinelli, a organisé une Société de Concerts populaires symphoniques"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "372", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.20", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2560, "texte": "qui donnera, chaque année, plusieurs séances. En vue d'encourager cette tenta-\ntive artistique, le Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts a alloué\nà cette Société une somme de 1.500 fr.\n\nTHÉÂTRES POPULAIRES. — Théâtre antique d'Orange.— M. Mariéton doit orga-\nniser, dans le courant du mois d'août, au Théâtre antique d'Orange, plusieurs\nreprésentations dans le genre de celles que vient d'y donner, avec un si grand\nsuccès, Mme Caristie-Martel.\nLe Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts a bien voulu encoura-\nger cette œuvre en mettant à la disposition de M. Mariéton une somme de\n3.000 fr.\nNîmes. — M. Chaumié a également accordé, sur les fonds de la Direction des\nBeaux-Arts, une somme de 1.500 fr. au Comité d'organisation qui s'est fondé à\nNîmes en vue d'organiser dans les arènes, des représentations du même genre\nquecelles données récemment au Théâtre d'Orange.\nLa ville de Nîmes, qui a pris l'initiative de ces représentations, en a fixé la date\nau mois de juin prochain. On doit y interpréter Œdipe-Roi, avec le concours de\nM. Mounet-Sully.\nThéâtre populaire de Ploujean. — M. Thomas Parc, Directeur du Théâtre\npopulaire de Ploujean (Finistère), a obtenu, sur les fonds du crédit affecté aux\nœuvres de décentralisation artistique, une somme de 1.500 fr.\nThéâtre de TŒuvre. — Une allocation de 1.000 fr. a été mise à la disposition\nde M. Lugné-Poë, pour l'encourager dans les représentations qu'il donne au\nThéâtre de l'Œuvre.\nEcole de musique de Montpellier. —On annonce que l'Ecole de musique de\nMontpellier doit être prochainement transformée en succursale du Conservatoire\nnational.\n\nCONCERTS. •— Trocadéro. — Une matinée-concert, au bénéfice de la Caisse\nde secours de l'Œuvre des Trente Ans de Théâtre, sera donnée, le 29 octobre\nprochain, dans la grande salle des fêtes du Trocadéro.\n\nCONSERVATOIRE. —M. deBériot, professeur classe de piano au Conser-\nvatoire national, qui, ainsi que nous l avons annoncé, doit cesser ses fonctions\nle ier octobre prochain, a été nommé professeur honoraire.\nDans la classe de Mme Tassu-Spencer, récemment nommée, pour une période\nde 5 années scolaires, professeur de harpe chromatique au Conservatoire\nnational, l'âge d'admission a été fixé ainsi qu'il suit, par arrêté du Ministre de\nl'Instruction publique et des Beaux-Arts :\nEn 1903 22 ans.\nEn 1904 21 ans.\nEn 1905 20 ans.\nEn 1906 19 ans.\nEn 1907 18 ans.\n\nMME J.-B. DE LA MOTTE, CANTATRICE. — Les fins de saison nous révèlent par-\nfois de bien jolis talents. C'est ainsi qu'au concert qu'elle donna ce dernier mois,"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "373", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.21", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 883, "texte": "Mme J.-B. de la Motte nous est apparue comme une cantatrice digne d'occuper\nles premiers rangs. Sa voix de mezzo est d'un timbre exquis et d'une fraîcheur\nrare ; sa méthode de chant assure à l'organe une émission parfaite, l'égalité dans\ntous les registres, et une articulation excellente. Enfin l'artiste possède l'intelli-\ngence des styles et, qu'elle interprète Mozart, Schumann, ou les mélodies mo-\ndernes de Widor et de J. Bouval, elle garde toujours une simplicité exquise. Le\nsuccès de Mme de la Motte fut des plus vifs ;on lui redemanda même le Noyer de\nSchumann, si joliment accompagné àla harpe par Mlle Renié. La réputée har-\npiste fut acclamée seule dans la Source de Zabel et Contemplation, signée de son\nnom, tandis que Victor Staub triomphait comme pianiste, Henri Saïller comme\nvioloniste, et M. Warmbrodt comme interprète des compositions de J. 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Pour la scène de l'Enfer, dans Orphée, les 3 portants à mi-hau-\nteur placés derrière les lauriers qui étaient de chaque côté de la scène consti-\ntuaient tout le décor. Peu d'éclairage dans la salle, où l'on peut à peine relever\nla disparate formée par les fauteuils qu'on avait placés au-dessus des gradins.\nTous les artistes, sauf quelques musiciens de l'orchestre (qui comprenait 120\nsujets) appartenaient à l'Opéra-Comique. Mlle Gerville-Réache (Orphée) ne nous\na pas trop fait regretter l'inoubliable Delna ; sa voix est très belle, mais n'a pas\nparu assez sonore pour un tel théâtre. La voix de Mlle Eyrams (l'Amour) s'en-\ntendait plus distinctement. MUe Mastio a tenu très convenablement le rôle d'Eu-\nrydice. 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Colonne, réminent chef d'or-\nchestre, avait projeté une tournée prochaine en Espagne, et qu'il vient d'y re-\nnoncer."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c022", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "371", "page_fin": "372", "image_debut": 19, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.7.3", "titre_corps": "NOTES ORPHÉONIQUES. — Plusieurs grands quotidiens, le Journal, le Soleil,", "titre_sommaire": "NOTES ORPHÉONIQUES. — Plusieurs grands quotidiens, le Journal, le Soleil,", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "371", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.19", "debut_caractere": 719, "fin_caractere_exclue": 3310, "texte": "NOTES ORPHÉONIQUES. — Plusieurs grands quotidiens, le Journal, le Soleil,\nla Lanterne, le Petit Journal, le Petit Parisien, publient un bulletin hebdomadaire\ndont nous approuvons hautement l'esprit, en vue d'atténuer les funestes effets de\ntrop nombreux organes, entrepreneurs à forfait de concours orphéoniques. Quel\nprogrès il reste à réaliser, pour arracher les sociétés musicales à la banalité de\nleur répertoire et à des fêtes qui tournent surtout au profit des cabaretiers ! Des\nmaîtres comme MM. Laurent de Rillé, Paul Vidal, Bourgault-Ducoudray,\nM. Maréchal, ont beaucoup écrit pour les orphéons ; mais l'éducation artistique\nde leurs interprètes laisse encore, hélas! à désirer.\nUn concours orphéonique aura lieu à Cardiff (pays de Galles) en décembre\nprochain; président : M. Laurent de Rillé. Les Sociétés devront avoir 40 exécu-\ntants au moins, et 70 au plus. — Les primes en espèces pour le concours qui\naura lieu à Louviers, les 15 et 16 août, sont ainsi réparties (orphéons, harmo-\nnies et fanfares) : Excellence et Supérieure, ier prix, 500 fr. ; ire division, 200 fr ;\n2e division 100 fr. ; et 3e division, 50 fr.\nM. Paul Rougnon, le distingué professeur, archiviste de l'Association des\njurés orphéoniques, a écrit, sur le poème les Korrigans, un excellent chœur,\nnettement vocal, récemment chanté avec grand succès aux concours de Château-\ndun, Evreux, Beauvais, Paris (xvne). —E. BALTY.\nSubventions. — Le Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts a\naccordé à certaines sociétés de Paris et des départements des subventions desti-\nnées à encourager leurs efforts et à reconnaître les services qu'elles ont rendus à\nl'art musical.\nA Paris, l'Association des grands concerts, que dirige M. Victor Charpentier, a\nreçu une somme de 2.000 fr.\nLa maîtrise des Chanteurs de Saint-Gervais, qui continue la série de ses\nintéressantes auditions, a obtenu une somme de 500 fr.\nA Bordeaux, une subvention de 3.000 fr. est accordée à la Société Sainte-Cé-\ncile, qui a institué dans cette ville une école de musique et organise chaque\nannée de grands concerts sous la direction de M. Pennequin.\nA Angers, M. Louis de Romain, qui dirige les Concerts populaires symphoni-\nques, reçoit, à titre d'encouragement, une subvention de 3.000 fr.\nA Marseille, 5.000 fr. sont alloués à l'Association artistique des Concerts clas-\nsiques, présidée par M. A. Gouirand, pour les concerts qu'elle organise tous les\nans dans cette ville.\nA Toulouse, le nouveau directeur delà succursale du Conservatoire national,\nM. Crocé-Spinelli, a organisé une Société de Concerts populaires symphoniques"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "372", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.20", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 213, "texte": "qui donnera, chaque année, plusieurs séances. 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Chaumié a également accordé, sur les fonds de la Direction des\nBeaux-Arts, une somme de 1.500 fr. au Comité d'organisation qui s'est fondé à\nNîmes en vue d'organiser dans les arènes, des représentations du même genre\nquecelles données récemment au Théâtre d'Orange.\nLa ville de Nîmes, qui a pris l'initiative de ces représentations, en a fixé la date\nau mois de juin prochain. On doit y interpréter Œdipe-Roi, avec le concours de\nM. Mounet-Sully.\nThéâtre populaire de Ploujean. — M. Thomas Parc, Directeur du Théâtre\npopulaire de Ploujean (Finistère), a obtenu, sur les fonds du crédit affecté aux\nœuvres de décentralisation artistique, une somme de 1.500 fr.\nThéâtre de TŒuvre. — Une allocation de 1.000 fr. a été mise à la disposition\nde M. Lugné-Poë, pour l'encourager dans les représentations qu'il donne au\nThéâtre de l'Œuvre.\nEcole de musique de Montpellier. —On annonce que l'Ecole de musique de\nMontpellier doit être prochainement transformée en succursale du Conservatoire\nnational."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c024", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "372", "page_fin": "372", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.7.5", "titre_corps": "CONCERTS. •— Trocadéro. — Une matinée-concert, au bénéfice de la Caisse", "titre_sommaire": "CONCERTS. •— Trocadéro. — Une matinée-concert, au bénéfice de la Caisse", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "372", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.20", "debut_caractere": 1639, "fin_caractere_exclue": 1841, "texte": "CONCERTS. •— Trocadéro. — Une matinée-concert, au bénéfice de la Caisse\nde secours de l'Œuvre des Trente Ans de Théâtre, sera donnée, le 29 octobre\nprochain, dans la grande salle des fêtes du Trocadéro."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c025", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c025", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "372", "page_fin": "372", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.7.6", "titre_corps": "CONSERVATOIRE. —M. deBériot, professeur classe de piano au", "titre_sommaire": "CONSERVATOIRE. —M. deBériot, professeur classe de piano au", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "372", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.20", "debut_caractere": 1843, "fin_caractere_exclue": 2399, "texte": "CONSERVATOIRE. —M. deBériot, professeur classe de piano au Conser-\nvatoire national, qui, ainsi que nous l avons annoncé, doit cesser ses fonctions\nle ier octobre prochain, a été nommé professeur honoraire.\nDans la classe de Mme Tassu-Spencer, récemment nommée, pour une période\nde 5 années scolaires, professeur de harpe chromatique au Conservatoire\nnational, l'âge d'admission a été fixé ainsi qu'il suit, par arrêté du Ministre de\nl'Instruction publique et des Beaux-Arts :\nEn 1903 22 ans.\nEn 1904 21 ans.\nEn 1905 20 ans.\nEn 1906 19 ans.\nEn 1907 18 ans."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c026", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "372", "page_fin": "373", "image_debut": 20, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.7.7", "titre_corps": "MME J.-B. DE LA MOTTE, CANTATRICE. — Les fins de saison nous révèlent", "titre_sommaire": "MME J.-B. DE LA MOTTE, CANTATRICE. — Les fins de saison nous révèlent", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "372", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.20", "debut_caractere": 2401, "fin_caractere_exclue": 2560, "texte": "MME J.-B. DE LA MOTTE, CANTATRICE. — Les fins de saison nous révèlent par-\nfois de bien jolis talents. C'est ainsi qu'au concert qu'elle donna ce dernier mois,"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "373", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.21", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 883, "texte": "Mme J.-B. de la Motte nous est apparue comme une cantatrice digne d'occuper\nles premiers rangs. Sa voix de mezzo est d'un timbre exquis et d'une fraîcheur\nrare ; sa méthode de chant assure à l'organe une émission parfaite, l'égalité dans\ntous les registres, et une articulation excellente. Enfin l'artiste possède l'intelli-\ngence des styles et, qu'elle interprète Mozart, Schumann, ou les mélodies mo-\ndernes de Widor et de J. Bouval, elle garde toujours une simplicité exquise. Le\nsuccès de Mme de la Motte fut des plus vifs ;on lui redemanda même le Noyer de\nSchumann, si joliment accompagné àla harpe par Mlle Renié. La réputée har-\npiste fut acclamée seule dans la Source de Zabel et Contemplation, signée de son\nnom, tandis que Victor Staub triomphait comme pianiste, Henri Saïller comme\nvioloniste, et M. Warmbrodt comme interprète des compositions de J. Bouval."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c027", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "373", "page_fin": "373", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.8", "titre_corps": "Notes bibliographiques.", "titre_sommaire": "Notes bibliographiques.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "373", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.21", "debut_caractere": 885, "fin_caractere_exclue": 2125, "texte": "Notes bibliographiques.\n\nOn a pu lire récemment dans les journaux que, par les soins de M. Gustave\nCharpentier, le compositeur ami du peuple, un certain nombre d'ouvrières de\nParis avaient été admises gratuitement au théâtre. Ce généreux socialisme de\nl'auteur de Louise n'est pas sans précédents ; au moins y eut-il quelque chose\nd'analogue sous la Révolution. Aux Archives départementales et communales du\ndépartement de la Seine (30, quai Henri-IV), se trouvent les deux pièces sui-\nvantes :\nFonds municipaux, D 1986 : (( Circulaire du Bureau central qui met à la dis-\nposition de chaque municipalité, pour le jour de la fête des Vieillards, une loge\ndu théâtre des Arts, et les prévient que les frais de voiture leur seront rembour-\nsés. — 4 fructidor an IV. »\nIbid., D 1995 : (( Circulaire du Bureau central aux municipalités, les préve-\nnant qu'il a jugé préférable de célébrer la fête des Vieillards dans chaque arron-\ndissement, que chacune d'elles aura à faire conduire les vieillards au théâtre de\nla République et des Arts par deux officiers municipaux et qu'une somme de\n150 fr. leur sera remise à chacune pour remboursement de tous frais. — 6 fruc-\ntidor, an V. » (V. une pièce du même genre, ibid. 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Aux Archives départementales et communales du\ndépartement de la Seine (30, quai Henri-IV), se trouvent les deux pièces sui-\nvantes :\nFonds municipaux, D 1986 : (( Circulaire du Bureau central qui met à la dis-\nposition de chaque municipalité, pour le jour de la fête des Vieillards, une loge\ndu théâtre des Arts, et les prévient que les frais de voiture leur seront rembour-\nsés. — 4 fructidor an IV. »\nIbid., D 1995 : (( Circulaire du Bureau central aux municipalités, les préve-\nnant qu'il a jugé préférable de célébrer la fête des Vieillards dans chaque arron-\ndissement, que chacune d'elles aura à faire conduire les vieillards au théâtre de\nla République et des Arts par deux officiers municipaux et qu'une somme de\n150 fr. leur sera remise à chacune pour remboursement de tous frais. — 6 fruc-\ntidor, an V. » (V. une pièce du même genre, ibid. 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(24 juillet 1803 — 3 mai 1856.)", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "373", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.21", "debut_caractere": 2127, "fin_caractere_exclue": 2972, "texte": "Adolphe Adam.\n(24 juillet 1803 — 3 mai 1856.)\nAdolphe-Charles Adam, dont on a célébré ce mois-ci le centenaire, est un\nélève de Boïeldieu, musicien charmant, dénué de profondeur sans doute, mais\nplein de verve et de facilité, excellent écrivain musical, auteur de quelques chefs-\nd'œuvre types, et qui eut le mérite, fort envié par de plus grands, d'être popu-\nlaire : il commença ses études sous la direction de son père (d'origine alsacienne),\nqui était professeur de piano au Conservatoire, où il entra en 1817 et obtint\nun (( deuxième second grand prix )). On lui doit une quarantaine d'opéras, dont\nle premier, Pierre et Catherine, est de 1829. Les autres ouvrages dramatiques\nsont : Damilowa, Trois jours et une heure, Joséphine (1830), le Morceau d'ensemble,\nle Grand Prix, Casimir (1831), le Proscrit (1833), Une bonne fortune, le Chalet"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "374", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.22", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 1263, "texte": "(1834), la Marquise, Micheline (1835), Postillon de Long-jumeau (1836), le\nFidèle Berger, le Brasseur de Preston (1838), Régine, la reine d'un jour (1839),\nla Rose de Péronne (1841), la Main defer, /e Secret (1841), le Roi d'Yvetot (1842),\nLambert Simnel (1843), Caghostro, Richard en Palestine (1844), Bouque-\ntière (184s), les Premiers Pas (1847U Ie Toréador, Giralda (1850), le Far-\nfadet (1852), la Poupée de Nuremberg, Si j'étais roi, le Sourd, /e Bijou perduy\n(1853), la Faridondaine, le Roi des Halles, Main zelle Geneviève, le Muletier de\nTolède, à Clichy (1854), le Houqard (1855), Falstaff (1856), /es Pantins de Violette.\nlia écrit, en outre, les ballets : Faust (1832), la Fille du Danube (1836), les\nMohicans (1837),/a Jolie Fille de Gand (1839), Giselle (1841), Griseïidis (1848b\nla Filleule des Fées {1849), Or/a (1852), et /e Corsaire (185 5 L Lorsque, il va\nquelques années, l'Opéra-Comique nous fit réentendre le Toréador avant la\nNavarraise de M. Massenet, on n'eut pas de peine à mesurer la distance qui\nsépare l'œuvre lyrique moderne de celle qui régnait il y a cinquante ans !...\nmais certaines œuvres d'Adam — comme la Mignon d'A. Thomas — sont restées\njeunes. Le Chalet est un chef-d'œuvre incontestable, un vrai modèle du\ngenre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c030", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "374", "page_fin": "376", "image_debut": 22, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.10", "titre_corps": "Robert Schumann (1810-1856).", "titre_sommaire": "Robert Schumann (1810-1856).", "signature_source": "HENRI MARÉCHAL", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "374", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.22", "debut_caractere": 1265, "fin_caractere_exclue": 2957, "texte": "Robert Schumann (1810-1856).\n\nUn jour, un illustre compositeur qui me faisait l'honneur cfune visite trouva\nune partition de Schumann sur mon piano, y posa l'index et laissa tomber cette\nsévère appréciation :\n— Ceci est du poison.\nJe fus d'autant plus surpris de l'apostrophe que, pas plus que bien d'autres, le\nmusicien dont il s'agit ne semble avoir échappé à l'intoxication. Et il y a des\npoisons délicieux.\nCe n'est que plus tard, en y songeant encore, que je compris exactement ce\nque mon visiteur avait voulu dire.\nIl déplorait l'influence dangereuse que Schumann peut exercer sur un jeune\ncompositeur : et, considérée à ce point de vue, son opinion paraît juste.\nOr, apprécier, d'une manière favorable ou non, l'influence d'un maître sur\nla jeunesse est déjà faire l'éloge de ce maître; car beaucoup plus grand est le\nnombre des compositeurs qui ne seront jamais contagieux.\nIl est de toute évidence que la manière, le faire habituels de Schumann ne\ndoivent être étudiés qu'après les classiques, sur qui tout repose encore au com-\nmencement du xxe siècle, et sur qui Schumann lui-même s'appuie, en dépit de\nson grand souci de les éviter.\nAvec Mendelssohn et Chopin, Schumann représente ce qu'on appelle le\nromantisme en musique.\nIl devait mourir fou (1), et le dérangement de ses facultés, constaté longtemps\n\n(i) Nous croyons utile de donner ici un court résumé chronologique de cette existence agitée\net féconde.\n8 juin 1810. -—Naissance de Schumann, à Zwickau. Son père était libraire, et lui fit donner\nune bonne éducation musicale.\n1828. — Schumann entre à l'Université de Leipzig pour faire son droit. Il s'occupe beaucoup\nde musique, et prend des leçons de piano avec Fr. Wieck."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "375", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.23", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 3507, "texte": "avant sa mort tragique, explique le caractère montagne russe de l'œuvre. Ici, elle\natteint à de lumineux sommets; là, elle plonge en d'obscurs abîmes.\nLa postérité, égoïste au fond, n'a pas à se soucier des années de souffrance de\nl'homme, si, à ce prix, il a pu lui donner quelques heures de joie : elle le glorifie\net se tient quitte envers lui.\nA considérer quelques maîtres musiciens,, il semble que leur souffrance physi-\nque affine encore leur talent : cependant la douleur n'est pas l'indispensable\ncondiment du génie, et beaucoup de musiciens, heureusement, ont joui d'un\nétat physique normal sans qu'on ait à les incorporer dans la garde nationale,\ncomme disait plaisamment Emmanuel Chabrier.\nLa santé de l'esprit, jointe à celle du corps, donne au contraire à un homme\nsupérieur une plénitude, un équilibre, une harmonie des facultés indéniable : Bach,\nHaydn, Mozart, Beethoven, dans la première moitié de leur vie, l'ont bien prouvé.\nC'est sans doute à l'état particulier de Schumann que son œuvre d'ensemble\ndoit d'être celle d'un très grand maître... de second plan.\nSon aversion des classiques lui permit de donner libre cours à sa fantaisie en\ndes œuvres de peu d'étendue. Dans celles-ci il est exquis. Mais quand il s'aven-\nture en de vastes conceptions comme Faust, le Paradis et la Péri, sans le viatique\ndont se munissaient les maîtres, il semble parfois perdre pied.\nIci et là, certes, un éclair traverse ces ténèbres volontaires, mais ne suffit pas à\ndonner à l'ensemble la portée obtenue par des modèles reniés si témérairement.\nDans la facture d'orchestre, mêmes qualités, mêmes défauts ; et ceux-ci semblent\ntrop souvent l'emporter. A côté de beaucoup de trouvailles heureuses, l'instru-\nmentation de Schumann n'a ni la limpidité de Mozart, ni la plénitude de Beetho-\nven, ni l'élégance pittoresque de Mendelssohn, ni surtout l'éclat de Weber, un\npur romantique.\nCependant lorsque, par exception, Schumann songe aux classiques et à l'étude\nqu'il en fit avec une si réelle supériorité, l'hommage qu'il leur rend ne semble\npas lui porter malheur, loin de là. Témoin ce délicieux canon que tous les musi-\nciens connaissent, que les pianistes et les organistes, surtout, ont tous sous les\ndoigts et qui est une merveille d'ingéniosité.\nTémoin encore ces petites fugues qu'on rencontre dans l'œuvre pianistique\ncomme une touffe de violettes apportée à la mémoire de Bach.\nMais la personnalité du maître s'affirme dans une invention mélodique abon-\ndante dont le tour lui est propre le plus souvent, bien qu'évoquant parfois le\nsouvenir de Mendelssohn, dans la trame harmonique toujours inattendue et si\nneuve en son temps qu'il passa pour un fou aux yeux de bien des sages d'alors.\n\n1830. — Il abandonne définitivement le droit pour la musique.\n1834. — Il fonde, avec J. Knorr, L. Schunke et Fr. Wieck, la Neue Zeitschrift fur Musik, or-\ngane de combat de la jeune école.\n1837. — Il demande la main de Clara Wieck. Refus du père, séparation, années de souffrance\net d'espoir.\n1840 — Il épouse enfin Clara Wieck.\n1841. —Première Symphonie.\n1843 — Il entre comme professeur au Conservatoire de Leipzig, récemment fondé par Mendels-\nsohn, mais n'y reste que quelques mois.\n1846. —- Séjour à Dresde. Premiers symptômes d'une maladie cérébrale.\n1850. — Schumann est nommé Directeur de musique à Dûsseldorf.\n1853 —Il abandonne ce poste pour cause de maladie.\nFévrier 1854. — Saisi d'un accès de folie, il va se jeter dans le Rhin. On le sauve et on l'interne\n1856. — Mort de Schumann."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "376", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.24", "debut_caractere": 78, "fin_caractere_exclue": 2963, "texte": "Car au milieu du xixe siècle on avait si bien oublié le grand ancêtre Sébastien\nBach qu'on ne se souvenait plus qu'il a tout inventé, et que revenir à lui passait\npour une nouveauté.\nSchumann est vraiment créateur dans la manière dont il traite les rythmes.\nAvec lui, temps forts ou faibles se confondent en un parti pris de syncopes si\nfréquentes qu'elles finissent par donner naissance àun troisième type à côté du\n(( binaire » et du (( ternaire )) d'antan.\nCela paraît tout simple aujourd'hui -— nous en avons entendu bien d'autres!\n— mais, il y a cinquante ans, l'oreille privée de son point d'appui accoutumé en\nétait horripilée.\nC'est pourtant bien par là, cependant, que Schumann, si légitimement admiré\nde nos jours, se montre réellement novateur et que sa musique se reconnaît entre\ntoutes.\nIl fallait beaucoup de talent pour écrire le Quintette ;il fallait du génie pour en\nconcevoir Y adagio si poignant et si dramatique.\nIl fallait une très grande sensibilité pour écrire ces Mélodies dont plus de la\nmoitié sont de véritables chefs-d'œuvre.\nIl fallait enfin une âme d'artiste et de penseur pour écrire dans la Symphonie\nrhénane, ce curieux morceau où des « tenues »en grandes valeurs peignent musi-\ncalement, et avec tant de bonheur, l'audacieuse architecture de la cathédrale de\nCologne.\nComme pour Chopin, comme pour Mendelssohn, on interprétera d'autant\nmieux Schumann qu'on y mettra plus de soi-même.\nCeci paraît être une de ces vérités àla La Palice applicable à tous les maîtres\nde la musique. Cependant il en est qui gagnent plutôt à être joués selon la lettre\nécrite et dont on dénaturerait le style en y apportant d'autres qualités que la\nsérénité de la notation rigoureuse.\nIl en va tout différemment avec Schumann ; comme pour ses frères en roman-\ntisme, l'exactitude absolue des mouvements passe au second plan ;et si l'on\nressent quelque émotion en l'interprétant, on ade grandes chances de le traduire\nfidèlement.\nSi l'œuvre de Schumann est un poison, il était nécessaire qu'elle prît rang au\nrépertoire des grands concerts et dans la bibliothèque de tous les musiciens. —\nElle apporte à l'art un accent personnel d'une haute saveur. Après une Sympho-\nnie de Beethoven ou de Mozart, Schumann intervient comme un accent utile à\nl'équilibre d'un programme.\nPour de jeunes musiciens il ne doit pas être l'objet d'une étude exclusive ; mais,\naprès les classiques, il apparaît comme une nécessité ;etsi 1 aimable maître qui\nle condamnait jadis l'avait sérieusement négligé, il ne serait peut-être pas le\nmélodiste indépendant et l'harmoniste ingénieusement adroit qu'il est devenu.\nAinsi donc, admirons Schumann sans crainte pour notre goût. Même pour\nceux qui ne jurent que par lui, il faut se rappeler que si poison il ya, le nommé\nMithridate qui, jadis, se nourrissait aussi de poison, dépassa les (( septante )) et\nne s'en porta pas plus mal.\n\nHENRI MARÉCHAL."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c031", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "377", "page_fin": "400", "image_debut": 25, "image_fin": 48, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.11", "titre_corps": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN", "titre_sommaire": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 25, "page_imprimee": "377", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.25", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 109, "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN\n\nCHAPITRE V\nLETTRES DE MARIE WODZINSKA (et de sa Famille)\nA FR. CHOPIN SON FIANCÉ"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "392", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.40", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2155, "texte": "CHAPITRE VI\nLETTRES DES ÉLÈVES DE CHOPIN\n\n(0\nHENRIETTE BARTHÉLÉMY prie Chopin de ne pas prendre la peine de venir\nlui donner sa leçon, car elle doit sortir précisément à cette heure ; elle se prive à\ngrand regret du plaisir de passer une heure avec lui. Si, jeudi soir, Chopin se\ntrouve non loin de la rue Saint-Lazare, qu'il veuille entrer chez M. Deschamps,\noù il trouvera toute la société et elle aussi, dans le tourbillon de la danse (1).\nLa Princesse LUDMILLE DE BEAUVAU, dans une lettre écrite de Saint-Assise\n(près Paris), se rappelle au souvenir de Chopin, comme ancienne élève, et le prie\ndevenir la voir là-bas, quand il aura un moment libre. Elle le prie aussi cl indi-\nquer àsa sœur, Mme la Vicomtesse Talon, un maître de musique pour son petit\ngarçon.\nMadame [ou Mlle] BOCQUET (2) s'informe de la santé de Chopin et lui envoie\ndes bonbons.\nMLLE de CARAMAN annonce que, par suite de son départ subit pour la campagne,\nelle ne pourra cette année profiter des remarques de Chopin, ce qu'elle regrette\ninfiniment.\nMME COIGNET écrit que son mari lui ayant annoncé son arrivée, sans en indi-\nquer la date, elle ne peut s'éloigner de la maison et doit renoncer à sa leçon.\nLa Princesse MARCELLINE CZARTORYSKA, dans une lettre écrite de Londres (en\npolonais), apprend à Chopin que son mari et elle se sont décidés à rester quel-\nques mois dans cette ville ; elle espère donc y voir Chopin. Elle termine par ces\nmots : (( Je me recommande au bon souvenir et à l'amitié de mon cher maître;\nje le prie de ne pas répondre. ))\nLe 8 octobre ( 1847 ?)\n\n(1) La plus grande partie de ces lettres ne portent ni date ni adresse qui puissent indiquer, ne\nfût -ce qu'approximativement, la date de l'envoi. Quand une date ou une adresse sont données, je\nles reproduis fidèlement.\nPresque toutes les lettres sont écrites en français ; une remarque indique celles qui sont écrites\ndans une autre langue.\n(2) Mlle Stirling, qui a mis en ordre tous les papiers restés après la mort de Chopin, et toutes\nles lettres qui lui furent écrites, les munit de bandes portant le nom des personnes qui les avaient\nécrites; elle compte Mm8 Bocquet au nombre des élèves du maître."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "393", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.41", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2739, "texte": "(La Princesse) ELISABETH CZERNICHEFF envoie par une lettre des souhaits de\nNouvel An, et prie Chopin d accepter en souvenir l'ouvrage qu elle lui offre.\nDans une seconde lettre elle lui dit que, l'ayant entendu tousser plusieurs fois lors\nde leur dernière rencontre, elle a résolu de lui envoyer une boîte de pastilles de\ngomme, ce qu'elle fait présentement.\nDans la première lettre Mme C. signait : Votre élève affectionnée :E, Czerni.\nLa MARQUISE DE DALMATIE prie Chopin de bien vouloir lui continuer ses leçons,\nmomentanément interrompues, et lui demande de venir chez elle pour lui indi-\nquer ses heures.\nM1Ie L. DUPERRÉ remercie Chopin au nom de sa mère et en son nom pour les\nbillets envoyés pour le concert de Liszt. Comme l'heure de sa leçon tombe pré-\ncisément pendant ce concert, elle prie Chopin de changer l'heure ou le jour.\nLa Baronne D'ESTÉ invite Chopin à un dîner auquel seront invités entre autres\nM. et M1Ie Pixis.\nMme (ou Mlle) F. PLANAT DE LA FAY, dans une lettre portant la date :i, I. 1835,\ndemande pardon à Chopin de ne lui avoir pas demandé jusqu'à présent le prix\nde ses leçons Elle a appris combien payent les autres élèves; mais quant à elle,\nelle a pris ses leçons si irrégulièrement, qu'elle ne sait si ce prix peut être le\nsien. Elle le prie aussi de lui donner désormais, non plus une heure, mais deux\nheures par semaine. (Adr Rue du Mont-Blanc n° 2 )\nDans une seconde lettre, adressée rue de la Chaussée-d'Antin, n> 5, elle de-\nmande quand elle pourra avoir sa leçon, et invite Chopin à un dîner auquel il y\naura probablement Mme Miller et son fils, et certainement un excellent pâté.\n(4-XII.)\nDans une troisième (6-XII), elle lui demande pardon de ne s'être pas jusqu'à\nprésent acquittée de sa dette. Elle avait un peu 1 espoir que Chopin voudrait\ncompléter la douzaine des leçons qu'il lui avait données, parce qu'il ne sait pas,\npeut-être, qu'il ne lui en a donné que huit\nM1Ie la Comtesse A. DE FURSTENSTEIN, dans deux lettres adressées rue de la\nChaussée-d'Antin, demande que ses leçons soient remises à un autre jour.\nMllc ELISE GAVARD écrit qu'après trois semaines de maladie elle va sortir pour\nla première fois, et elle prie Chopin de lui indiquer une heure de leçon pour le\nlendemain.\nLOUISE DEBROGLIE, COMTESSE DTIAUSSONVILLE (I), prie Chopin de venir chez\nelle à 1 heure indiquée.\nTATIANA LOESCHERN Loeschhorn] DE IIERTZFELD, NÉE PRINCESSE KOMACHINNE,\nregrette d'avoir dû omettre sa dernière leçon, d autant plus que le prochain\nsamedi elle ne pourra l'avoir à cause des offices de la Semaine Sainte, qui l'ap-\npellent deux fois par jour à l'église. Ensuite elle recommande à Chopin l'artiste\n\n(i) M11® Stirling la comptait au nombre des élèves de Chopin."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "394", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.42", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 3214, "texte": "Tropianski (1), qui se propose de donner un concert avec la participation de\nDohler, et elle le prie d'appuyer chaudement ce concert. (29-III. 1847.)\nMME MARIE KALERGI[S] écrit qu elle espérait voir Chopin chez elle, mais que\ncette espérance a été vaine. Elle le prie, dans les termes les plus aimables, de\nvenir chez elle attendre la venue du Nouvel An; il trouvera beaucoup de cœurs\nsincèrement dévoués.\nM1Ie VÉRA DE KOLOGRIVOFF écrit, dans une lettre adressée place d'Orléans,\nn° 9, qu'elle a parlé àM. Rubio pour la question du portrait cle Chopin Or,\nM. Rubio consent àse départir pour cette fois de ses principes et à se rendre\nchez Chopin avec sa palette et ses pinceaux, afin de lui épargner la montée des\nescaliers. Il pourra terminer en deux séances le portrait-miniature à l'huile. Elle\nsupplie ensuite Chopin de consentir à ce projet, car elle désire qu'il existe de\nlui, au moins, un portrait ressemblant.\nUne seconde lettre très longue, venant d'Odessa, à la date du 18-V 1847,\nécrite par cette dame après son mariage et signée (( Véra Rubio )). Elle écrit,\ndans cette lettre, qu'après un long silence elle s'est décidée à prier Chopin de\nlui donner des nouvelles de sa santé, parce que leurs amis communs ( Franc-\nhomme et Mlle Stirling), qui lui avaient juré de lui envoyer de fréquentes nou-\nvelles de la santé de Chopin, ne lui ont plus écrit depuis six mois Quand la\nprincesse « Troubetzkoy » est partie pour Paris, Mme Rubio lui a donné un\nbillet de recommandation pour Chopin, mais elle a appris qu'il n'y a pas\nrépondu un seul mot. Elle essaye donc encore une fois en envoyant cette\nlettre aussi par la princesse T. Elle espère que cette dame, après avoir vu Cho-\npin, lui parlera beaucoup de lui, ce qui évitera à ce dernier 1 embarras d'écrire ;\nelle sait combien il déteste cela. Elle continue à parler d'elle, de sa vie a Odessa ;\nelle désirerait s'enfuir de là le plus tôt possible Après leur départ d Odessa, ils\niront en France par Constantinople, Naples et Rome. A Odessa, Mrae Rubio a fait\nla connaissance de la générale Danenberg, née Zablocka, qui a bien connu\nChopin à Varsovie avant qu'il eût quitté le pays. La vue de quelques autogra-\nphes de Chopin, propriété cle cette dame, surtout une valse, une mazourka et\ndeux chants polonais, a causé à Mme Rubio une véritable joie. Elle termine par\ndes souhaits de santé et prie de ne pas l'oublier.\nSigné : (( Votre fidèle et dévouée amie et élève,\n(( VÉRA RUBIO. ))\nMme ou Mlle la Comtesse CAROLINE DE LOBAU, dans une lettre écrite le 6-VI11,\n1835, et adressée Chaussée-cl Antin, apprend que sa maladie d yeux, qui 1 a\nlongtemps forcée à l'inaction, est passée, et elle prie Chopin cle lui indiquer ses\nheures de leçons.\nDans une seconde lettre elle lui apprend qu'elle doit sortir à l'heure fixée pour\nla leçon, et le prie de la remettre à plus tard. (13-IX. 1837.)\nM1IE K. MABERLY demande pardon de ne pouvoir venir à sa leçon. (Samedi,\n13 mai; comme l'adresse cle MLLE M. est celle de Londres, par conséquent elle\nfut écrite en 1848.)\n\n(i) Constantin Tropianski, clarinettiste, violoniste et compositeur, né à Vilna en 1820-; il\nvoyagea dans presque toute l'Europe et habita Varsovie à partir de 1860."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "397", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.45", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 3292, "texte": "MUe F RÉDÉRIQUE MULLER, clans une lettre écrite de Vienne le 14-IX. 1841,\napprend que la Comtesse Banfy se rend à Paris avec le jeune pianiste Carlo\nFieltsch (ou plutôt Filtsch), qui a déjà gagné une certaine renommée à Vienne\net en Hongrie.\nSa protectrice Mme de Banfy désirerait qu'il devînt l'élève de Chopin.\nDans une seconde lettre (Vienne, le 21-XII 1841), Mîle Muller raconte le succès\nde son premier concert, donné dans la salle Streicher. Elle a joué avec l'orchestre,\nsous la direction de M. Jamb, le concert de Chopin en fa mineur, ainsi que\nl'Andante spianato et la polonaise Déplus, elle a joué, parmi d'autres composi-\ntions moins importantes : le nocturne dédié à Miller et deux études de Chopin.\nElle prendra part, sans doute, au concert de M Jansa, ainsi qu'à la soirée orga-\nnisée par Mozart (fils). Ensuite elle remercie sincèrement Chopin de lui avoir\ndédié sa composition.\nDans une troisième lettre écrite de Vienne, le 23-IV (selon toute probabilité en\n1842), Mlle M. lui apprend encore le succès de son concert auquel assistait la mère\nde l'Impératrice. Mlle M. a joué sur un piano fabriqué exprès pour elle par Strei-\ncher, et elle a exécuté, parmi les œuvres de Chopin, le prélude en mi mineur,\nainsi que la polonaise en la majeur dédiée à Fontana. Elle ajoute que si elle\nrépète les louanges qu'elle a reçues, c'est uniquement dans le but de les trans-\nformer aux yeux de Chopin en expressions de reconnaissance envers lui.\nMme E. DE LA ROCIIE prie Chopin de lui changer ses heures.\nMme CH. DE ROTHSCHILD prie Chopin de venir chez elle, car elle désirerait de\nnouveau se compter parmi ses élèves. (Adr. Cité d Orléans, 8.)\nDans une seconde lettre elle lui envoie ses honoraires pour douze leçons et lui\ndemande si le dîner de la veille lui a lait du bien.\nDans une troisième, datée du ier-V, 1842, elle exprime à Chopin sa profonde\ncompassion pour l'état de sa santé et lui envoie en présent, delà part de son\nmari, un nécessaire de voyage, en le priant de s'en servir.\nLa Princesse CATHERINE SOUTZO s'excuse d avoir dû omettre une leçon. (Adr.\nrue Saint-Lazare, cité d'Orléans.)\nMlle FANNY STAL, dans une lettre écrite en allemand, demande à Chopin s'il\nne pourrait pas lui donner encore une leçon avant son départ.\nDans une seconde lettre écrite en français, elle lui apprend que, par suite\nde la maladie de sa mère, elle n'a pu longtemps toucher du piano, mais que sa\nmère maintenant se sentant mieux, elle prie Chopin de recommencer ses leçons.\nMLLE JANE W. STIRLING, dans une lettre du 13 -II, 1848, écrit que sa sœur,\nMME Erskine, n'a jamais le bonheur de trouver Chopin àla maison ; elle prie\ndonc MME Rich d'appuyer sa requête concernant le concert de mercredi. Elle\ndemande principalement : que Chopin se fasse envoyer chez lui le piano sur\nlequel il jouera ; que la chambre attenante à la salle de concert soit chauffée ;\net enfin que l'on aère la salle dans les intervalles où Chopin ne serait pas sur\nl'estrade. Elle ajoute avoir appris par Neukomm que M Orlowski avec quel-\nques amis assisteront au concert. A cette lettre MLLE S. joint un fragment, traduit\nde l'anglais, traitant en phrases larges et élevées de la poésie et de 1 art et se ter-\nminant par ces mots : (( Ne doute pas, ô Poète, mais persiste et tiens ferme."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "398", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.46", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 996, "texte": "Dis : cela est en moi, je le déclarerai! Lève les yeux au-dessus des misères clu\nmonde, dispense les bienfaits que le Ciel t a donnés. Courage ! »\nDans une lettre, sans date, elle apprend qu'elle ne pourra, à cause de sa mau-\nvaise santé, entendre Franchomme, et ce qui est pire, aller chez Chopin le len-\ndemain pour sa leçon.\nDans une autre lettre, elle propose de se réunir pour aller ensemble dans l'ate-\nlier de Scheffer, où lord Torphichen pose maintenant pour son portrait.\nMlle Stirling et MlleMaberly écrivent quelques mots d'adieu comme preuve de\nleur présence chez Chopin, avant son départ pour la campagne. (Samedi, le\n30 avril.)\nEnfin, dans une lettre collective écrite chez Mme Rich (le samedi, 3 décembre),\nMlle Stirling, Mrae Erskine et Mme Rich envoient à Chopin leurs souhaits de\nNouvel An et le prient d'exprimer leurs vœux à Grzymala.\nMLLE CLAIRE DE SUDRE écrit que, par suite cle l'indisposition de sa mère, elle ne\npourra aller prendre sa leçon."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "399", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.47", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 54, "texte": "CHAPITRE VII\nLETTRES DE DIFFÉRENTES PERSONNES A CHOPIN"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c032", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "377", "page_fin": "391", "image_debut": 25, "image_fin": 39, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.11.1", "titre_corps": "CHAPITRE V LETTRES DE MARIE WODZINSKA (et de sa Famille) A FR. 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Déjà Félix (3) et Marie se sont\naccrochés à vous ; alors moi, pour vous épargner votre temps précieux, et\ncomme j'avais par eux de vos bonnes nouvelles, je ne vous ai pas écrit. Mais\naujourd'hui, voulant profiter d'une si bonne occasion, je m'adresse à vous par\nl'entremise cle votre compatriote M. Darowski, pour vous demander ce que\nvous devenez, vous et votre famille, car sans doute vous avez souvent des nou-\nvelles du pays. Que font vos parents, vos sœurs ? Quand Dziewanowski était ici,\nl'année dernière, il nous a donné sur eux quelques détails.\nN'aurons-nous pas le plaisir de vous voir ici, M. Frédéric? Je ne sais vrai-\nment pas moi-même combien de temps nous séjournerons encore à Genève, mais\nje pense qu'avant de quitter ces contrées je verrai encore Paris et toutes les per-\nsonnes qui m'intéressent. Pardonnez-moi, cher M. Frédéric, si je vous prie de\nme procurer une collection d'autographes des hommes célèbres avec lesquels\n(comme de raison) vous vivez. Polonais, Français, Allemands, etc , peu importe,\n\n(1) Les lettres de la mère de Marie Wodzinska ont été écrites en polonais ; dans celles de\nMarie W. et de son frère le polonais est mêlé avec le français.\n(2) Sur le paquet de lettres des Wodzinski, noué d'une faveur rose, se trouvent, écrits de la\nmain de Chopin, ces mots : Moïa bièda. (Mon malheur). Ces lettres contribuent, pour une bonne\npart, à jeter la lumière sur l'affaire des fiançailles de Chopin avec Marie Wodzinska ; affaire faus-\nsement présentée par le comte Wodzinski dans son livre Les trois Romans de Frédéric Chopin\n(Paris, Calmann-Lévy, 1886) ; il semblait que le témoignage d'un parent ayant entendu raconter\nles détails de cette liaison de la bouche même de Marie, fût absolument certain. Les lettres que je\npublie prouvent que Karasowski a été le plus près de la vérité, quoiqu'il n'ait eu ses renseigne-\nments que de seconde main. Les personnes qui voudraient mieux connaître cette affaire n'ont\nqu'à lire l'esquisse que j'ai publiée sous le titre Mon malheur (Livre commémoratif de\nMickiewicz, Varsovie, 1898, vol. Ier, p. 93C ainsi que l'article de Ferdinand Hoesick: a Nou-\nveaux détails sur Marie Wodzinska » (Wedrowiec, 1900, n° 42, 49).\n(3) Félix Wodzinski, frère de Marie."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "378", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.26", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 290, "texte": "fût-ce même un Juif avec sa barbe, comme chez nous, pourvu qu'il en soit digne,\nveuillez rassembler et envoyer, et je vous en serai infiniment reconnaissante ;\nmais par-dessus tout conservez-nous votre amitié, vous possédez la nôtre depuis\nlongtemps.\nWODZINSKA."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c035", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "378", "page_fin": "381", "image_debut": 26, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.11.1.2", "titre_corps": "LETTRE II", "titre_sommaire": "LETTRE II", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "378", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.26", "debut_caractere": 292, "fin_caractere_exclue": 301, "texte": "LETTRE II"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c036", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c036", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "378", "page_fin": "381", "image_debut": 26, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.11.1.2.1", "titre_corps": "[Lettre de Marie Wodzinska]:", "titre_sommaire": "[Lettre de Marie Wodzinska]:", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "378", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.26", "debut_caractere": 303, "fin_caractere_exclue": 3058, "texte": "[Lettre de Marie Wodzinska]:\n\nMonsieur Chopin,\nParis, Chaussée-d'Antin, n° 5.\n[Dresde, septembre 1835.]\nQuoique vous n'aimiez ni à recevoir, ni écrire cles lettres, je veux pourtant\nprofiter du départ de M. Cichowski pour vous donner des nouvelles de Dresde\ndepuis vous. Je vais donc encore vous ennuyer, mais plus avec mon jeu.\nSamedi, lorsque vous nous quittâtes, chacun de nous se promenait triste, les\nyeux remplis de larmes, dans ce salon où, quelques minutes avant, nous vous\ncomptions encore parmi nous. Mon père rentra bientôt et fut désolé cle n'avoir\npas pu vous faire ses adieux. Ma mère en pleurs nous rappelait à chaque instant\nquelque trait « de son quatrième fils Frédéric » (comme elle le dit). Félix avait\nune mine tout abattue ; Casimir (1) voulait faire des plaisanteries comme à son\nordinaire, mais ce jour-là elles ne lui réussissaient pas, car il faisait le paillasse\nmoitié pleurant. Mon père se moquait cle nous et il riait lui-même uniquement\npour ne pas pleurer. A onze heures (2) vint le maître de chant ; la leçon alla fort\nmal, nous ne pouvions pas chanter. Vous étiez le sujet de toutes les conversa-\ntions. Félix me demandait toujours la Valse (3) (dernière chose que nous avions\nreçue et entendue de vous) Nous trouvions du plaisir : eux à l'écouter, moi à la\njouer, car elle nous rappelait le frère qui venait cle nous quitter. Je l'ai portée à\nrelier ; l'Allemand a ouvert de grands yeux, quand on lui a montré une seule\nfeuille ; (il ne savait pas, le Niemiec (4), par qui elle avait été écrite). Personne\nn'a dîné : on regardait toujours votre place habituelle à table, puis aussi le petit\ncoin de Fritz. La petite chaise est toujours à sa place, et probablement il en sera\nainsi aussi longtemps que nous occuperons cet appartement. Le soir, on nous\nconduisit chez ma tante pour nous éviter la tristesse de cette première soirée, à\nlaquelle vous n'auriez pas assisté. Mon père vint nous prendre, disant qu'il lui\nserait impossible, ainsi qu'à nous, de rester dans cette maison ce jour-là. Nous\néprouvâmes un grand bien à quitter un lieu qui renouvelait trop nos peines\n\n(1) Casimii Wodzinski, frère de Marie.\n(2) On voit par ces paroles que Chopin quitta Dresde le matin, et non le soir, comme le dit ie\ncomte Wodzinski dans le livre précédemment cité.\n(3) C'est la valse en la \\) majeur sur laquelle Chopin écrivit: (( Pour M!le Marie, Dresde, sept.\n1835 )), et dont le comte Wodzinski donne le fac-similé dans son livre, prétendant que Chopin\nl'improvisa au moment de son départ de Dresde, et dont il n'envoya le manuscrit que quelques\nsemaines plus tard, de Paris. Cependant, à en juger par ce que qu'écrit Marie, Chopin lui offrit le\nmanuscrit de cette valse avant son départ de Dresde.\n(41 C est à dire l'Allemand."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "381", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.29", "debut_caractere": 42, "fin_caractere_exclue": 2972, "texte": "Maman ne cause avec moi que cle vous et cl Antoine (1). Quand mon frère sera à\nParis, pensez un peu à lui, je vous en supplie Si vous saviez quel ami dévoué\nvous avez en lui ! Un ami comme il est rare d'en trouver Antoine a un cœur\nexcellent, même trop, car il est toujours la dupe des autres ; et puis il est fort\nnégligent, il ne pense jamais à rien, ou du moins rarement. Nous lui avons déjà\ntant parlé raison, mais je crois que, venant de vous, elle ferait beaucoup mieux\nson effet. Je sais comme il vous aime et je suis sûre que vos paroles seront\noracles pour lui De grâce, ne soyez pas indifférent avec lui. Comme il sera\nheureux, éloigné de sa famille de trouver un cœur ami pour le comprendre ! Je\nne vous dis plus rien. Vous connaissez bien Antoine, et vous le connaîtrez encore\nmieux. Vous direz après de lui qu'il veut paraître plus méchant qu'il ne l'est.\nQuand vous aurez par miracle le désir d écrire : (( Comment allez-vous ? Je me\nporte bien. Je n'ai pas le temps d'écrire davantage », ajoutez, je vous prie, oui ou\nnon, en réponse à la question que je vais vous faire : Avez-vous composé? — Si\nj'étais là-haut un petit soleil, pour nulle autre que toi je ne voudrais luire, je l'ai\nreçu ces jours-ci, et je n'ai pas le courage de le chanter, car je crains, si cela est\nde vous, que ce ne soit tout à fait changé, comme par exemple Wojak. Nous ne\ncessons de regretter que vous ne vous appeliez pas Chopinski, ou enfin qu'il n'y\nait pas d'autre marque que vous êtes Polonais, car de cette manière les Français\nne pourraient nous disputer la gloire d'être vos compatriotes Mais je suis trop lon-\ngue. Votre temps est si précieux que c'est vraiment un crime de vous le faire\npasser à lire mes gribouillages. Du reste, vous ne les lirez pour sûr pas en entier.\nLa lettre de la petite Marie sera reléguée dans un coin après qu'on en aura lu\nquelques lignes. Je n'ai donc plus à me reprocher le vol de votre temps.\nA Dieu (tout simple). Un ami d'enfance ne demande pas de phrases. Maman\nvous embrasse tendrement. Mon père et mon frère vous embrassent sincèrement\n(non, c'est trop peu le plus... Je ne sais déjà moi-même comment dire. Joséphine\nn'ayant pas pu vous faire ses adieux, me charge de vous exprimer ses regrets. Je\ndemandais à Thérèse ; « que dois-je dire à Frédéric de ta part »? elle me répond :\nl'embrasser bien et lui faire bien mes compliments.\nA Dieu ! . MARIA.\nP.-S. Au moment de monter en voiture, vous avez oublié sur le piano le\ncrayon de votre portefeuille. Cela a dû vous être incommode en route ; quant à\nnous, nous le gardons ici respectueusement comme des reliques. Encore une\nfois, merci bien gentiment pour la petite cruche. Mlle Wozinska vint ce matin\navec une grande découverte chez moi. (( Ma sœur Maria, je sais me dit-elle)\ncomme on dit Chopin en polonais : — Chopena ? »\n\n(i) Antoine Wodzinski, frère aîné de Marie, qui prit, en 1837, une part active aux luttes san-\nglantes en Espagne."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c037", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "379", "page_fin": "379", "image_debut": 27, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.11.1.2.1.1", "titre_corps": "NICOLAS CHOPIN (d'après un portrait à l'huile peint par Miroszewski).", "titre_sommaire": "NICOLAS CHOPIN (d'après un portrait à l'huile peint par Miroszewski).", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 27, "page_imprimee": "379", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.27", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 69, "texte": "NICOLAS CHOPIN\n(d'après un portrait à l'huile peint par Miroszewski)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c038", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "382", "page_fin": "382", "image_debut": 30, "image_fin": 30, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.11.1.3", "titre_corps": "LETTRE III", "titre_sommaire": "LETTRE III", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": "382", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.30", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 39, "texte": "LETTRE III"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c039", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c039", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "382", "page_fin": "382", "image_debut": 30, "image_fin": 30, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.11.1.3.1", "titre_corps": "[Lettre de Mme Wodzinska]", "titre_sommaire": "[Lettre de Mme Wodzinska]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": "382", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.30", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 2756, "texte": "[Lettre de Mme Wodzinska]\nMonsieur Frédéric Chopin,\nParis, Chaussée-d'Antin, n° 5.\nRecommandée.\n(Estampilles : « Dresden, 6 feb. 1836 », et [Paris] « 13 février 1836 ».)\nMON CHER FRÉDÉRIC,\nJe ne sais comment commencer pour vous demander pardon d abuser de votre\nbonté, et surtout parce que je vous fais perdre votre temps. Mais vous pourriez\npenser : A quoi bon tout cela, puisque vous demandez pardon ? je préfère vous\nen dire la cause. Voulant envoyer une petite somme à Antoine, et n'ayant pu,\npour différentes raisons, faire ce qu'il me demandait, j'ai eu l'heureuse idée de\nm'adresser de préférence à celui qui nous a, toujours et partout, donné tant de\npreuves de son amitié. Maintenant que vous savez la cause, veuillez donc faire\nle reste et remettre à mon nigaud la somme ci-incluse. Ne lui refusez pas, mon\ncher Fritz, vos conseils amicaux, encouragez-le à se mettre à l'ouvrage, parce que\nl'oisiveté est la cause de beaucoup de malheurs. Dieu vous récompensera au\ncentuple. Vous ne croiriez pas combien de larmes j'ai versées à cause de cela et\npar suite de mes craintes pour lui. Vous si bon fils, vous saurez me comprendre.\nS'il lui arrivait un jour d'être dans le besoin, sauvez-le et avertissez-moi aussi\nvite que possible. Je vous le recommande ; je sais que votre temps est cher, mais\nje connais aussi votre bon cœur et je suis sûre que quand il le faudra vous saurez\nme sacrifier un moment.\nJ'ai eu ici des nouvelles de vos parents et de vos sœurs. M. Léopold, frère de\nMme Pruszak, est venu, il m'a raconté que tous sont en bonne santé. Marie et\nJoséphine vous envoient leurs compliments ; la première, ayant appris qu'elle\nallait recevoir de vous un morceau de musique, ne se sent pas de joie. Thérèse\nWozinska [sic ! ] parle souvent de vous, même en polonais ; elle dit, en vous\nunissant en pensée à son frère : (( j'ai bien du chagrin par mon frère Antoine —et\nGhopena aussi ». Et elle pleure en vérité. Quand pourrons-nous donc vous voir ?\nSi au moins vous m'écriviez deux mots, pour nous dire si c'est vrai que vous\ndevez venir ici cet été ! Clara Wieck, (et surtout) le Chevalier Kunzel l'ont dit et\naffirmé. Kunzel a même dit que vous aviez pleuré en entendant Mlle Wieck à\nLeipzig ; pour moi, j'ai honte de n'avoir pas aussi pleuré à son concert, quoique\nson jeu m'ait plu énormément, puis sa personne est si aimable, si intéressante !\nEn ce moment se trouve ici le jeune Wolff de Genève, se rendant à Pétersbourg\navec Mlie Nesselrode ;il doit y rester trois ans. Adieu, mon bon Fritz ; nous\nparlons toujours, toujours de vous, car tous nous vous aimons sincèrement.\nJe vous embrasse, mon cher Fritz, ainsi qu'Antoine, et vous bénis tous les\ndeux.\nDresde, le 5 février 1836.\nT. WODZINSKA."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c040", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "383", "page_fin": "384", "image_debut": 31, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.11.1.4", "titre_corps": "LETTRE IV", "titre_sommaire": "LETTRE IV", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 31, "page_imprimee": "383", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.31", "debut_caractere": 42, "fin_caractere_exclue": 51, "texte": "LETTRE IV"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c041", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c041", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "383", "page_fin": "384", "image_debut": 31, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.11.1.4.1", "titre_corps": "[Lettre de la mère de Marie]", "titre_sommaire": "[Lettre de la mère de Marie]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 31, "page_imprimee": "383", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.31", "debut_caractere": 53, "fin_caractere_exclue": 2935, "texte": "[Lettre de la mère de Marie]\nMonsieur Frédéric Chopin,\nParis, n° 5, Chaussée-d'Antin.\n(Estampilles : « Dresden, 15 sept. 36 », et [Paris] « 22 septembre 1836. »)\nLe 14 septembre 1836,\nCHER FRÉDÉRIC !\nSuivant notre convention, je vous envoie une lettre que vous aurez la bonté de\nremettre à Mrae Nakwaska ;je l'aurais déjà expédiée il y a deux jours, si ce n'eût\nété une dent que j'ai fait extraire après votre départ et dont j'ai beaucoup\nsouffert. Je ne peux assez regretter que vous soyez parti samedi ; ce jour-là\nj'étais souffrante et je n'ai pu assez m'occuper du crépuscule, nous en avons trop\npeu parlé.\nLe lendemain j'aurais pu en causer plus longuement. M. de Girardin dit :\n« En toute chose le lendemain est un grand jour. —Nous ïavons devant nous. » Ne\ncroyez pas que je rétracte ce que j'ai dit, non ; mais il fallait délibérer sur la voie\nà suivre. Je vous prie seulement de garder le secret ; portez-vous bien, car tout\ndépend de cela (1). Casimir est arrivé dimanche ; je l'ai trouvé tout autre qu'à\nson départ. Si en Bohême l'air est saturé d'opium, là assurément il est plein de\njusquiame. Quelle perspective pour Marie ! Qui sait comment elle sera dans un\nan !Je laisse ici Joséphine avec Mlle Mallet ;au printemps je reviendrai, et de\nnouveau j'irai aux eaux. Tel est mon projet, que Dieu fasse qu'il réussisse ! Si,\ngrâce à Dieu, Antoine revient en bonne santé, encouragez-le au travail ; qu'il\napprenne ce qu'il peut, car ses frères ne savent pas grand'chose, et ce serait\nhonteux que les soeurs fussent supérieures à leurs frères. Maintenant je ne peux\nrien lui envoyer, car, comme dit Casimir, le père le plus riche de toute la province\ndoit vivre en conséquence ; c est bien, mais selon moi c'est mal de laisser pour\nce motif son enfant mourir de faim.\nDès mon arrivée à Varsovie, j'enverrai, par votre entremise, à Antoine, ce que\nje pourrai ; pour le moment je vous prie, si vous avez de lui quelque nouvelle,\nde me la communiquer. Je resterai encore ici quinze jours ; pour le 15 octobre je\nserai à Varsovie, car c'est ce jour-là que doit avoir lieu le mariage. Je verrai vos\nparents et vos sœurs, je leur dirai que vous vous portez bien et que vous êtes\nd'excellente humeur; cependant je ne parlerai pas du crépuscule. Soyez pour-\ntant assuré de ma sympathie ; pour compléter mon souhait et mettre à l'épreuve\nces sentiments, cette précaution est nécessaire. Adieu ! Couchez-vous à 11 heures,\n\n(i) Il résulte avec clarté de ce qui précède que, quelques jours avant de quitter Dresde, Chopin\nau « crépuscule » fit sa déclaration à Marie et fut accepté d'elle, avec l'autorisation de sa mère.\nOn voit que Mme Wodzinska prévoyait une résistance de la part de son époux, mais elle comptait\nsur ses forces pour la vaincre ; c'est pourquoi elle demande le secret. La réalisation de ce projet\nde mariage, selon elle, dépendra uniquement de la santé de Frédéric."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "384", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.32", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 571, "texte": "et jusqu'au 7 janvier employez F eau de gomme (1) comme boisson. M. Matu-\nszynski s'entendra avec moi, et vous vous montrerez comme Skorzewski à\nMarienbad ou à Franzensbad. Portez-vous bien, cher Fritz ; je vous bénis de\ntoute mon âme comme une mère aimante.\nP--S. — Marie vous envoie des pantoufles par M. Germany [?]. Elles sont un\npeu grandes, mais elle dit que vous devez porter des bas de laine c'est ainsi que\nPaiis a jugé, et je suppose que vous serez obéissant, ne l avez-vous pas promis?\nEnfin remarquez que c'est un temps d'épreuve."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c042", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "384", "page_fin": "385", "image_debut": 32, "image_fin": 33, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.11.1.5", "titre_corps": "LETTRE V", "titre_sommaire": "LETTRE V", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 32, "page_imprimee": "384", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.32", "debut_caractere": 573, "fin_caractere_exclue": 581, "texte": "LETTRE V"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c043", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c043", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "384", "page_fin": "385", "image_debut": 32, "image_fin": 33, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.11.1.5.1", "titre_corps": "[Lettre de Casimir Wodzinski, frère de Marie]", "titre_sommaire": "[Lettre de Casimir Wodzinski, frère de Marie]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 32, "page_imprimee": "384", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.32", "debut_caractere": 583, "fin_caractere_exclue": 2482, "texte": "[Lettre de Casimir Wodzinski, frère de Marie]\nMonsieur Frédéric Chopin,\nParis.\nDresde., le 15 septembre 1836.\nCHER FRITZ,\nTu peux aisément t'imaginer combien il m'a été pénible d'apprendre par ma\nmère que tu as quitté Dresde vingt-quatre heures avant mon arrivée. Que de\nbeaux moments perdus pour moi ! Et d combien je regrette encore le séjour de\nMai lenbad, mais tous ces legietssont \\ ains maintenant \\ il sera plus intéressant\npour toi d'apprendre que j ai vu tes parents et tes sœurs avant mon départ de\nVarsovie. Ton père, que je n'ai pas trouvé changé du tout, a aussi bonne mine\nqu au temps où il nous giondait, nous mettait à genoux et parfois nous donnait\nla verge. Ta mère, à part ses yeux dont elle souffre de temps à autre, est tout à\nfait bien. Mme Iedrzeïeiwcz est toujours jolie, toute charmante, toute bonne, car\nc est ainsi qu iljaut le due. Je me suis rappelé les bons temps où je venais réciter\niua Itçon et où je Jaisais tant le gamin.Les enfants sont beaux et bien portants\nle garçonnet monte un cheval de bois et se prépare à partir : chez mon oncle\nM. r1 édei ic Chopin,à Eaiis. JVLME Barcinska se porte bien également quant à\nlui, il a énormément changé en ce qui touche le caractère i silencieux, sombre,\npeu expansif, il n'est plus du tout le meme qu'autrefois. Enfin, comme j'étais là\nun jeudi où tous sont îéunis, j ai cru me trouver encore en pension j ai raconte\nmon voyage à Mme ledrzeïewicz comme si j'avais une leçon à réciter ; j'ai tremblé\nen parlant à Barcinski et j'ai eu bien peur quand ton père m'a appelé. Voilà\ntoutes les nouvelles de chez toi : en revanche, tu devrais aussi m'apprendre ce que\ntu sais d Antoine et de toi-même, et je pense parfois que, loin de , il y a quel-\nqu'un qui pense d vous et qui vous aime.\nC. WODZINSKI.\n\n(i) Dans la première moitié de ce siècle on croyait à l'efficacité de l'emploi interne de la gomme\narabique contre le rhume."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "385", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.33", "debut_caractere": 42, "fin_caractere_exclue": 2008, "texte": "F.-S. En relisant ma lettre, j'ai pensé que tu prendrais mon galimatias pour\nune fanfaronnade, c est plutôt une distraction, ou mieux encore de ï ignorance,\ncar en écrivant vite on ne peut arranger sa pensée dans une langue, et on arrange\nla phrase comme elle vient à l'esprit.\nN. B. - Zywny est en bonne santé, il n'est pas du tout devenu chauve ; il pré-\ntend toujours que la science dépend surtout des premières leçons qu'on reçoit.\nQuand tu m'écriras, car je doute que ta lettre puisse me trouver ici, adresse :\nà Thorn, en Prusse, aux soins de M. J. G. Adolphe.\n[Post-scriptiim de — Nous ne pouvons nous consoler de votre départ ;\nles trois jours qui viennent de passer nous ont paru des siècles ; faites-vous de\nmême ? Regrettez-vous un peu vos amis ? Oui, je réponds pour vous, et je\npense que je ne me trompe pas ; du moins j'ai besoin de le croire. Je me dis que\nce oui vient de vous (car, n'est-ce pas, vous 1 auriez dit ?).\nLes pantoufles sont achevées, je vous les envoie. Ce qui me chagrine, c'est\nqu'elles sont trop grandes, quoique j'aie donné votre bottine pour mesure, caris-\nsimo maestro, mais c'est un vulgaire Allemand. Le docteur Paris me console, en\ndisant que c'est bien pour vous, car vous devez porter en hiver des bas de laine\nbien chauds.\nMaman s'est fait arracher une dent, ce qui l'a fort affaiblie. Elle a dû garder\nle lit jusqu'à présent. Dans quinze jours nous partirons pour la Pologne. Je\nverrai vos parents : quel bonheur pour moi ! et cette bonne Louise me reconnaî-\ntra-t-elle ? Adieu, mio carissimo maestro, n'oubliez pas maintenant Dresde et\ndans peu la Pologne. Adieu, au revoir. Ah ! si cela pouvait être au plus tôt !\nMARIE.\nCasimir me dit que le piano de Sluzewo est tellement délabré qu'il n'y a plus\nmoyen de jouer dessus. Ainsi pensez à Pleyel. Dans des temps heureux, non\ncomme ceux d'aujourd'hui (en ce qui nous concerne), j espère vous entendre\nsur le même piano ; au revoir, au revoir, au-revoir ! Cela fait espérer."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c044", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c044", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "385", "page_fin": "387", "image_debut": 33, "image_fin": 35, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.11.1.6", "titre_corps": "LETTRE VI", "titre_sommaire": "LETTRE VI", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 33, "page_imprimee": "385", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.33", "debut_caractere": 2010, "fin_caractere_exclue": 2019, "texte": "LETTRE VI"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c045", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c045", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "385", "page_fin": "387", "image_debut": 33, "image_fin": 35, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.11.1.6.1", "titre_corps": "[Lettre de la mère de Marie]", "titre_sommaire": "[Lettre de la mère de Marie]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 33, "page_imprimee": "385", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.33", "debut_caractere": 2021, "fin_caractere_exclue": 2357, "texte": "[Lettre de la mère de Marie]\n\n(Estampilles : « Dresden, 3 oct. 36 », et [Paris] «. 10 oct. 36 ».)\nMonsieur Frédéric Chopin,\nParis,\nn° 38, rue de la Chaussée-d'Antin.\nMON CHER FRITZ,\nJe vous suis bien reconnaissante de m'avoir donné quelque nouvelle d'An-\ntoine. Hier j'ai reçu votre lettre et je vous avoue que je l'attendais avec impa-"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "386", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.34", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 3297, "texte": "tience. Après-demain je pars, et dans douze jours je serai à Varsovie, où j'em-\nbrasserai pour vous vos parents et vos sœurs. Ecrivez-nous aussi souvent que\nvotre temps vous le permettra ; adressez à M. J. G.Adolphe, à Thorn, par Berlin.\nC'est ainsi que je reçois toutes mes lettres. Je suis priée de vous écrire pour vous\nrecommander l'artiste peintre Byczkowski, auquel on a signifié de quitter le\npays. Je le connais peu, mais il me semble plus ou moins un excellent homme, et\nce qui parle le plus en sa faveur, c'est qu'il est malheureux.\nJ'ai remarqué, d'après votre lettre, qu'en me jurant d'exécuter mes conseils\nvous mentiez, parce que vous ne dites pas si vous portez des bas de laine avec les\npantoufles, ni si vous vous couchez avant 11 heures ; vous avez menti comme\nKunzel à Mme Nakwaska. A propos ! Kunzel est déjà de retour, il se fâche que\nvous n'ayez pas été chez les Kaskel. Beaucoup de personnes s irritent contre\nmoi à cause de vous, et j'y perdrai mon crédit ; ainsi va le monde ! Marie vous\nfait bien prier de porter tous les jours les pantoufles, et si vous trouvez une occa-\nsion quelconque, elle demande de nouveaux romans, qui sans doute vont pleu-\nvoir à la nouvelle année. Joséphine est assez calme, elle est très heureuse en\npensant à notre prochain retour et nous fait beaucoup de promesses. Mon Dieu,\npourrai-je arriver comme je le souhaite et là où je veux ! Je ne sais si l'affaire est\nterminée, parce que, ainsi que je viens de vous le dire, on est fâché contre moi\nà cause de vous, et Kaskel ne m'a dit que ces mots : Jai donné Vordre. Je vous\nécrirai de Varsovie ; maintenant je vous répète : soignez-vous et tout ira bien.\nFaites nos compliments à M1Ie Osso ; son frère n'a été ici que pour un jour ;il se\nporte bien. Mlle Mallet vous salue gracieusement ; elle demande ce que fait Grzy-\nmala ; voilà une passion malheureuse ! On a trouvé votre portrait si ressemblant\nque Marie dit qu'il établira sa réputation d'artiste. Depuis ce temps, elle a fait le\nportrait de la Mathieu et celui de Ciccarelli [?], parce qu'il l'en a priée. Ce por-\ntrait a été fait en deux séances et est fort ressemblant. J'en reviens à Bycz-\nkowski ; quand vous le verrez, n'oubliez pas cle lui dire que je vous ai écrit et\nque par cela même vous le connaissez déjà. Isalka Plater m'a priée de vous\nécrire en vous recommandant Byczkowski, et vous savez que je l'aime au point\nde ne faire presque aucune différence entre elle et Marie.\nThérèse parle souvent de vous ; elle vous fait bien des compliments. M1Ie Mal-\nlet, Joséphine, Marie, tous vous font dire mille choses, tous. Casimir, Paris et\nmoi, nous vous embrassons tendrement.\n2 octobre. — Crépuscule.\nP.-S. de Marie.] —Je vous remercie sincèrement pour les autographes et je\nvous prie d'en envoyer encore (c'est ce que maman me fait vous écrire). Mainte-\nnant nous partons au plus vite pour Varsovie. Combien je me réjouis de revoir\ntoute votre famille et l'année prochaine vous ! Casimir nous a beaucoup parlé de\nLucie, et malgré tout ce que vous pourriez dire, puisque vous étiez d'avis con-\ntraire, il trouve qu'elle me ressemble. Cela me flatte beaucoup, car on la dit être\ntrès bien.\nAdieu, jusqu'à mai ou juin au plus tard. 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Comment avez-vous pu envoyer ce Keepsake(2) ? De même en\nparlant du piano vous n'avez pas écrit combien il fallait vous envoyer, et ici\nc est une chose qu'il faut savoir d'avance pour pouvoir rassembler.\nJe vous prierai aussi de nous apprendre à quelle adresse il a été expédié à\nDantzig (3), parce que nous avons calculé que si Adolphe était informé de son\narrivée, j'enverrais aussitôt, d'ici, un chariot à Dantzig. Il n'y a d'ici là que\n25 lieues, de sorte qu'il pourrait être chez nous avant le printemps. Il fait très\ntriste ici ; depuis notre retour de Varsovie, nous n'avons pas mis un pied dehors,\net personne n est venu nous voir.\nLa jeunesse, c'est-à-dire mon mari, les Félix et Casimir, fréquentent le voisi-\nnage et s'amusent, car je vous prie de croire que même dans cette contrée il y a\ndes bals, des concerts et des théâtres. Nous autres vieux, c'est-à-dire Marie,\nThérèse et moi, nous menons une vie solitaire au château, et l'horloge sonne\nplus fort que jamais pour nous rappeler le moment des repas ou celui du repos,\ncar nous ne pouvons avoir d'autres occupations, à défaut de piano, crayons,\nlivres, etc. A propos de crayons, Thérèse vous envoie un dessin fait par elle, et\nme recommande de vous faire bien des compliments. Il me reste à vous prier de\nm'apprendre si M. Dzierozynski se trouve à Paris, ou bien s'il n'y a pas été, et\nenfin où il pourrait bien se trouver en ce moment. C est un avocat de Varsovie,\nmais comme il avait 1.000 francs appartenant à une pauvre petite personne, c'est\npourquoi je m informe si soigneusement de lui. Les autographes sont admira-\nbles ; les post-scriptum de Heine et d'Arlincourt m'ont fait beaucoup de plaisir,\nainsi que le billet de Custine.\n\n(L Quoique l'endroit d'où la lettre fut écrite n'ait pas été indiqué, il n'y a aucun doute que\ncette lettre ainsi que la 10e furent écrites de Sluzewo, terre patrimoniale des Wodzinski. La\nphrase suivante peut en servir de preuve: u Dépêche-toi, car il y a 3 milles à faire en poste, » et\nle timbre de la poste de Thorn. Le Dictionnaire géographique dit que la terre de Sluzewo\n(district de Nieszawa) est situé à quelques verstes de la frontière du royaume et de la Prusse, à\nune distance de 18 kilomètres de Thorn. Egalement cette phrase: « Nous passons des journées\nsolitaires au château )), s'accorde avec les informations du Dictionnaire géographique, qui dit\nque la maison d'habitation de Sluzewo n'est autre que l'ancien château restauré.\n(2) Iveepsake, almanach.\n(3) Ce piano fut probablement expédié par mer."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "390", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.38", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 1738, "texte": "Je ne sais comment était ma dernière lettre, mais comme je n'y faisais men-\ntion de personne, c'est peut-être pour cela que j ai été forcée de l'envoyer plus\ntôt que je ne le supposais ; c'est souvent ainsi ; quand arrive le forestier, on ne\ncesse de crier : dépêchez-vous, car il y a trois lieues jusqu'à la poste. Il en est de\nmême aujourd'hui, je n'aurai pas le temps cle relire pour m'assurer si je n'ai\npas écrit quelque sottise. Mmc Glinska est toujours à Dresde. Joséphine aussi\nm'attend là-bas, et je ne sais vraiment quand je pourrai me mettre en route.\nAdieu, mon cher Fritz.\nVotre T. W. qui vous aime sincèrement.\nIl faudra désormais s'informer plus prudemment encore du bien-aimé.\nP.-S. de Marie.] — Maman a grondé et moi je remercie gentiment, très gen-\ntiment, et quand nous nous reverrons, je remercierai plus gentiment encore. On\nvoit que je suis très paresseuse pour écrire, parce que remettre mes remercie-\nments à notre prochaine entrevue me dispense aujourd hui de beaucoup de mots.\nMaman vous a décrit notre façon de vivre, il ne me reste donc rien à vous ap-\nprendre, sinon qu'il dégèle : grande nouvelle, n'est-ce pas ? Surtout très impor-\ntante à savoir. Cette vie tranquille que nous menons ici est ce qu'il me faut, voilà\noourquoi je l'aime pour à présent, s'entend, car je ne voudrais pas que ce fût\ntoujours comme cela. On prend son parti le mieux qu'on peut, quand cela ne\npeut être autrement que cela n'est. Je m'occupe un peu pour tuer le temps. J'ai\ndans ce moment « l'Allemagne )) cle Heine, qui m'intéresse infiniment.\nMais il faut finir et vous recommander à Dieu. J'espère que je n'ai pas besoin\nde vous répéter l'assurance des sentiments de\nVotre fidèle secrétaire,\nMARIE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c049", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c049", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "390", "page_fin": "390", "image_debut": 38, "image_fin": 38, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.11.1.8", "titre_corps": "LETTRE VIII", "titre_sommaire": "LETTRE VIII", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 38, "page_imprimee": "390", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.38", "debut_caractere": 1740, "fin_caractere_exclue": 1751, "texte": "LETTRE VIII"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c050", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c050", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "390", "page_fin": "390", "image_debut": 38, "image_fin": 38, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.11.1.8.1", "titre_corps": "[Lettre de Marie]", "titre_sommaire": "[Lettre de Marie]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 38, "page_imprimee": "390", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.38", "debut_caractere": 1753, "fin_caractere_exclue": 2431, "texte": "[Lettre de Marie]\nPour Frédéric Chopin.\n[Cette lettre ne porte ni date, ni indication du lieu d'où elle fut envoyée.]\nJe ne puis vous écrire que quelques mots, en vous remerciant pour le joli\ncahier que vous m avez envoyé. Je ne tâcherai pas de vous dire combien j'ai\néprouvé de joie en le recevant, ce serait en vain Recevez, je vous prie, 1 assurance\nde tous mes sentiments de reconnaissance que je vous dois. Croyez à rattache-\nment que vous a voué pour la vie toute notre famille, et particulièrement votre\nplus mauvaise élève et amie d enlance. Adieu. Maman vous embrasse bien ten-\ndrement. Thérèse à-chaque instant parle de son Chopena.\nAdieu, gardez notre souvenir.\nMARIA"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c051", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c051", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "391", "page_fin": "391", "image_debut": 39, "image_fin": 39, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.11.1.9", "titre_corps": "LETTRE IX", "titre_sommaire": "LETTRE IX", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 39, "page_imprimee": "391", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.39", "debut_caractere": 42, "fin_caractere_exclue": 51, "texte": "LETTRE IX"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c052", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c052", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "391", "page_fin": "391", "image_debut": 39, "image_fin": 39, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.11.1.9.1", "titre_corps": "[Les deux lettres suivantes sont de la mère de Marie.]", "titre_sommaire": "[Les deux lettres suivantes sont de la mère de Marie.]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 39, "page_imprimee": "391", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.39", "debut_caractere": 53, "fin_caractere_exclue": 1071, "texte": "[Les deux lettres suivantes sont de la mère de Marie.]\n(i)\nPardonnez-moi, mon cher Frédéric, d'interrompre ainsi votre silence, mais je\ndois m'informer de votre santé. Cet hiver j'ai vu souvent vos parents et vos\nsœurs : tous se portent bien. Votre père tousse un peu. J'ai encore une prière à\nvous adresser : c'est que vous encouragiez à Paris la réimpression des chants de\nNiemcewicz qu'on ne peut plus recevoir ici à aucun prix. Faites pour cela une\nautre musique et de superbes gravures ; la vente en serait inouïe, car au\nduché de Posen chacun achète. Votre zèle sans doute fera beaucoup, et moi\nj'espère que vous me répondrez si mon projet a été admis ou non, et surtout si\nvotre santé est en bon état et quelle circonférence votre personne a atteinte. Que\nDieu vous bénisse.\nT. W.\n(i) Cette lettre et la suivante ne portent pas de date, mais je les ci ois plutôt de 1837 que de\n1836, et cela à cause de la différence frappante de ton d'avec les précédentes, ce qui semble avoir\nsuivi la rupture des fiançailles."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c053", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c053", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "391", "page_fin": "391", "image_debut": 39, "image_fin": 39, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.11.1.10", "titre_corps": "LETTRE X", "titre_sommaire": "LETTRE X", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 39, "page_imprimee": "391", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.39", "debut_caractere": 1073, "fin_caractere_exclue": 1081, "texte": "LETTRE X"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c054", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c054", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "391", "page_fin": "391", "image_debut": 39, "image_fin": 39, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.11.1.10.1", "titre_corps": "(Estampilles : « Thorn, 26,11 » ; celle de Paris est illisible.)", "titre_sommaire": "(Estampilles : « Thorn, 26,11 » ; celle de Paris est illisible.)", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 39, "page_imprimee": "391", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.39", "debut_caractere": 1083, "fin_caractere_exclue": 1881, "texte": "(Estampilles : « Thorn, 26,11 » ; celle de Paris est illisible.)\nMonsieur Frédéric Chopin,\nParis,\nChaussée d'Antin, n° 38.\n[Sluzewo.]\nMON BON FRÉDÉRIC,\nIl y a longtemps que je ne me suis pas adressée à vous, mais en revanche,\nvous avez été constamment l'objet cle ma sollicitude. Comment va votre santé r\nJ'ai reçu une lettre de Louise : elle est meilleure que nous sous ce rapport, car\nelle a eu de vos nouvelles. Sil en est ainsi, je suis fort contente mais je vous\nprie de nous apprendre franchement comment vous allez.\nComptant sur votre excellent cœur, j'envoie à votre adresse une lettre pour\nAnt. ; il ne nous a pas écrit où il pense demeurer ; veuillez donc la lui re-\nmettre, et acceptez vous-même 1 assurance des sentiments les plus sincères que\nje garderai jusqu'à la mort.\nT. WODZINSKA."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c055", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c055", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "391", "page_fin": "391", "image_debut": 39, "image_fin": 39, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.11.1.10.2", "titre_corps": "Outre les lettres précédentes, se trouve, parmi les papiers qui 111 ont été", "titre_sommaire": "Outre les lettres précédentes, se trouve, parmi les papiers qui 111 ont été", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 39, "page_imprimee": "391", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.39", "debut_caractere": 1883, "fin_caractere_exclue": 2252, "texte": "Outre les lettres précédentes, se trouve, parmi les papiers qui 111 ont été con-\nfiés, le portrait lithographié de Chopin, dessiné par Marie Wodzinska, et sur\nlequel on lit les mots suivants : « A ses parents — en reconnaissance de leur\namitié pour nous. ))\nMarie WoDZ.\nLa reproduction de ce portrait a été insérée dans Y Echo muzyczne (N° 437 (7),\ndu 13 février 1892.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c056", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c056", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "392", "page_fin": "398", "image_debut": 40, "image_fin": 46, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.11.2", "titre_corps": "CHAPITRE VI LETTRES DES ÉLÈVES DE CHOPIN", "titre_sommaire": "CHAPITRE VI LETTRES DES ÉLÈVES DE CHOPIN", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 40, "page_imprimee": "392", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.40", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2155, "texte": "CHAPITRE VI\nLETTRES DES ÉLÈVES DE CHOPIN\n\n(0\nHENRIETTE BARTHÉLÉMY prie Chopin de ne pas prendre la peine de venir\nlui donner sa leçon, car elle doit sortir précisément à cette heure ; elle se prive à\ngrand regret du plaisir de passer une heure avec lui. Si, jeudi soir, Chopin se\ntrouve non loin de la rue Saint-Lazare, qu'il veuille entrer chez M. Deschamps,\noù il trouvera toute la société et elle aussi, dans le tourbillon de la danse (1).\nLa Princesse LUDMILLE DE BEAUVAU, dans une lettre écrite de Saint-Assise\n(près Paris), se rappelle au souvenir de Chopin, comme ancienne élève, et le prie\ndevenir la voir là-bas, quand il aura un moment libre. Elle le prie aussi cl indi-\nquer àsa sœur, Mme la Vicomtesse Talon, un maître de musique pour son petit\ngarçon.\nMadame [ou Mlle] BOCQUET (2) s'informe de la santé de Chopin et lui envoie\ndes bonbons.\nMLLE de CARAMAN annonce que, par suite de son départ subit pour la campagne,\nelle ne pourra cette année profiter des remarques de Chopin, ce qu'elle regrette\ninfiniment.\nMME COIGNET écrit que son mari lui ayant annoncé son arrivée, sans en indi-\nquer la date, elle ne peut s'éloigner de la maison et doit renoncer à sa leçon.\nLa Princesse MARCELLINE CZARTORYSKA, dans une lettre écrite de Londres (en\npolonais), apprend à Chopin que son mari et elle se sont décidés à rester quel-\nques mois dans cette ville ; elle espère donc y voir Chopin. Elle termine par ces\nmots : (( Je me recommande au bon souvenir et à l'amitié de mon cher maître;\nje le prie de ne pas répondre. ))\nLe 8 octobre ( 1847 ?)\n\n(1) La plus grande partie de ces lettres ne portent ni date ni adresse qui puissent indiquer, ne\nfût -ce qu'approximativement, la date de l'envoi. Quand une date ou une adresse sont données, je\nles reproduis fidèlement.\nPresque toutes les lettres sont écrites en français ; une remarque indique celles qui sont écrites\ndans une autre langue.\n(2) Mlle Stirling, qui a mis en ordre tous les papiers restés après la mort de Chopin, et toutes\nles lettres qui lui furent écrites, les munit de bandes portant le nom des personnes qui les avaient\nécrites; elle compte Mm8 Bocquet au nombre des élèves du maître."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "393", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.41", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2739, "texte": "(La Princesse) ELISABETH CZERNICHEFF envoie par une lettre des souhaits de\nNouvel An, et prie Chopin d accepter en souvenir l'ouvrage qu elle lui offre.\nDans une seconde lettre elle lui dit que, l'ayant entendu tousser plusieurs fois lors\nde leur dernière rencontre, elle a résolu de lui envoyer une boîte de pastilles de\ngomme, ce qu'elle fait présentement.\nDans la première lettre Mme C. signait : Votre élève affectionnée :E, Czerni.\nLa MARQUISE DE DALMATIE prie Chopin de bien vouloir lui continuer ses leçons,\nmomentanément interrompues, et lui demande de venir chez elle pour lui indi-\nquer ses heures.\nM1Ie L. DUPERRÉ remercie Chopin au nom de sa mère et en son nom pour les\nbillets envoyés pour le concert de Liszt. Comme l'heure de sa leçon tombe pré-\ncisément pendant ce concert, elle prie Chopin de changer l'heure ou le jour.\nLa Baronne D'ESTÉ invite Chopin à un dîner auquel seront invités entre autres\nM. et M1Ie Pixis.\nMme (ou Mlle) F. PLANAT DE LA FAY, dans une lettre portant la date :i, I. 1835,\ndemande pardon à Chopin de ne lui avoir pas demandé jusqu'à présent le prix\nde ses leçons Elle a appris combien payent les autres élèves; mais quant à elle,\nelle a pris ses leçons si irrégulièrement, qu'elle ne sait si ce prix peut être le\nsien. Elle le prie aussi de lui donner désormais, non plus une heure, mais deux\nheures par semaine. (Adr Rue du Mont-Blanc n° 2 )\nDans une seconde lettre, adressée rue de la Chaussée-d'Antin, n> 5, elle de-\nmande quand elle pourra avoir sa leçon, et invite Chopin à un dîner auquel il y\naura probablement Mme Miller et son fils, et certainement un excellent pâté.\n(4-XII.)\nDans une troisième (6-XII), elle lui demande pardon de ne s'être pas jusqu'à\nprésent acquittée de sa dette. Elle avait un peu 1 espoir que Chopin voudrait\ncompléter la douzaine des leçons qu'il lui avait données, parce qu'il ne sait pas,\npeut-être, qu'il ne lui en a donné que huit\nM1Ie la Comtesse A. DE FURSTENSTEIN, dans deux lettres adressées rue de la\nChaussée-d'Antin, demande que ses leçons soient remises à un autre jour.\nMllc ELISE GAVARD écrit qu'après trois semaines de maladie elle va sortir pour\nla première fois, et elle prie Chopin de lui indiquer une heure de leçon pour le\nlendemain.\nLOUISE DEBROGLIE, COMTESSE DTIAUSSONVILLE (I), prie Chopin de venir chez\nelle à 1 heure indiquée.\nTATIANA LOESCHERN Loeschhorn] DE IIERTZFELD, NÉE PRINCESSE KOMACHINNE,\nregrette d'avoir dû omettre sa dernière leçon, d autant plus que le prochain\nsamedi elle ne pourra l'avoir à cause des offices de la Semaine Sainte, qui l'ap-\npellent deux fois par jour à l'église. Ensuite elle recommande à Chopin l'artiste\n\n(i) M11® Stirling la comptait au nombre des élèves de Chopin."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "394", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.42", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 3214, "texte": "Tropianski (1), qui se propose de donner un concert avec la participation de\nDohler, et elle le prie d'appuyer chaudement ce concert. (29-III. 1847.)\nMME MARIE KALERGI[S] écrit qu elle espérait voir Chopin chez elle, mais que\ncette espérance a été vaine. Elle le prie, dans les termes les plus aimables, de\nvenir chez elle attendre la venue du Nouvel An; il trouvera beaucoup de cœurs\nsincèrement dévoués.\nM1Ie VÉRA DE KOLOGRIVOFF écrit, dans une lettre adressée place d'Orléans,\nn° 9, qu'elle a parlé àM. Rubio pour la question du portrait cle Chopin Or,\nM. Rubio consent àse départir pour cette fois de ses principes et à se rendre\nchez Chopin avec sa palette et ses pinceaux, afin de lui épargner la montée des\nescaliers. Il pourra terminer en deux séances le portrait-miniature à l'huile. Elle\nsupplie ensuite Chopin de consentir à ce projet, car elle désire qu'il existe de\nlui, au moins, un portrait ressemblant.\nUne seconde lettre très longue, venant d'Odessa, à la date du 18-V 1847,\nécrite par cette dame après son mariage et signée (( Véra Rubio )). Elle écrit,\ndans cette lettre, qu'après un long silence elle s'est décidée à prier Chopin de\nlui donner des nouvelles de sa santé, parce que leurs amis communs ( Franc-\nhomme et Mlle Stirling), qui lui avaient juré de lui envoyer de fréquentes nou-\nvelles de la santé de Chopin, ne lui ont plus écrit depuis six mois Quand la\nprincesse « Troubetzkoy » est partie pour Paris, Mme Rubio lui a donné un\nbillet de recommandation pour Chopin, mais elle a appris qu'il n'y a pas\nrépondu un seul mot. Elle essaye donc encore une fois en envoyant cette\nlettre aussi par la princesse T. Elle espère que cette dame, après avoir vu Cho-\npin, lui parlera beaucoup de lui, ce qui évitera à ce dernier 1 embarras d'écrire ;\nelle sait combien il déteste cela. Elle continue à parler d'elle, de sa vie a Odessa ;\nelle désirerait s'enfuir de là le plus tôt possible Après leur départ d Odessa, ils\niront en France par Constantinople, Naples et Rome. A Odessa, Mrae Rubio a fait\nla connaissance de la générale Danenberg, née Zablocka, qui a bien connu\nChopin à Varsovie avant qu'il eût quitté le pays. La vue de quelques autogra-\nphes de Chopin, propriété cle cette dame, surtout une valse, une mazourka et\ndeux chants polonais, a causé à Mme Rubio une véritable joie. Elle termine par\ndes souhaits de santé et prie de ne pas l'oublier.\nSigné : (( Votre fidèle et dévouée amie et élève,\n(( VÉRA RUBIO. ))\nMme ou Mlle la Comtesse CAROLINE DE LOBAU, dans une lettre écrite le 6-VI11,\n1835, et adressée Chaussée-cl Antin, apprend que sa maladie d yeux, qui 1 a\nlongtemps forcée à l'inaction, est passée, et elle prie Chopin cle lui indiquer ses\nheures de leçons.\nDans une seconde lettre elle lui apprend qu'elle doit sortir à l'heure fixée pour\nla leçon, et le prie de la remettre à plus tard. (13-IX. 1837.)\nM1IE K. MABERLY demande pardon de ne pouvoir venir à sa leçon. (Samedi,\n13 mai; comme l'adresse cle MLLE M. est celle de Londres, par conséquent elle\nfut écrite en 1848.)\n\n(i) Constantin Tropianski, clarinettiste, violoniste et compositeur, né à Vilna en 1820-; il\nvoyagea dans presque toute l'Europe et habita Varsovie à partir de 1860."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "397", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.45", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 3292, "texte": "MUe F RÉDÉRIQUE MULLER, clans une lettre écrite de Vienne le 14-IX. 1841,\napprend que la Comtesse Banfy se rend à Paris avec le jeune pianiste Carlo\nFieltsch (ou plutôt Filtsch), qui a déjà gagné une certaine renommée à Vienne\net en Hongrie.\nSa protectrice Mme de Banfy désirerait qu'il devînt l'élève de Chopin.\nDans une seconde lettre (Vienne, le 21-XII 1841), Mîle Muller raconte le succès\nde son premier concert, donné dans la salle Streicher. Elle a joué avec l'orchestre,\nsous la direction de M. Jamb, le concert de Chopin en fa mineur, ainsi que\nl'Andante spianato et la polonaise Déplus, elle a joué, parmi d'autres composi-\ntions moins importantes : le nocturne dédié à Miller et deux études de Chopin.\nElle prendra part, sans doute, au concert de M Jansa, ainsi qu'à la soirée orga-\nnisée par Mozart (fils). Ensuite elle remercie sincèrement Chopin de lui avoir\ndédié sa composition.\nDans une troisième lettre écrite de Vienne, le 23-IV (selon toute probabilité en\n1842), Mlle M. lui apprend encore le succès de son concert auquel assistait la mère\nde l'Impératrice. Mlle M. a joué sur un piano fabriqué exprès pour elle par Strei-\ncher, et elle a exécuté, parmi les œuvres de Chopin, le prélude en mi mineur,\nainsi que la polonaise en la majeur dédiée à Fontana. Elle ajoute que si elle\nrépète les louanges qu'elle a reçues, c'est uniquement dans le but de les trans-\nformer aux yeux de Chopin en expressions de reconnaissance envers lui.\nMme E. DE LA ROCIIE prie Chopin de lui changer ses heures.\nMme CH. DE ROTHSCHILD prie Chopin de venir chez elle, car elle désirerait de\nnouveau se compter parmi ses élèves. (Adr. Cité d Orléans, 8.)\nDans une seconde lettre elle lui envoie ses honoraires pour douze leçons et lui\ndemande si le dîner de la veille lui a lait du bien.\nDans une troisième, datée du ier-V, 1842, elle exprime à Chopin sa profonde\ncompassion pour l'état de sa santé et lui envoie en présent, delà part de son\nmari, un nécessaire de voyage, en le priant de s'en servir.\nLa Princesse CATHERINE SOUTZO s'excuse d avoir dû omettre une leçon. (Adr.\nrue Saint-Lazare, cité d'Orléans.)\nMlle FANNY STAL, dans une lettre écrite en allemand, demande à Chopin s'il\nne pourrait pas lui donner encore une leçon avant son départ.\nDans une seconde lettre écrite en français, elle lui apprend que, par suite\nde la maladie de sa mère, elle n'a pu longtemps toucher du piano, mais que sa\nmère maintenant se sentant mieux, elle prie Chopin de recommencer ses leçons.\nMLLE JANE W. STIRLING, dans une lettre du 13 -II, 1848, écrit que sa sœur,\nMME Erskine, n'a jamais le bonheur de trouver Chopin àla maison ; elle prie\ndonc MME Rich d'appuyer sa requête concernant le concert de mercredi. Elle\ndemande principalement : que Chopin se fasse envoyer chez lui le piano sur\nlequel il jouera ; que la chambre attenante à la salle de concert soit chauffée ;\net enfin que l'on aère la salle dans les intervalles où Chopin ne serait pas sur\nl'estrade. Elle ajoute avoir appris par Neukomm que M Orlowski avec quel-\nques amis assisteront au concert. A cette lettre MLLE S. joint un fragment, traduit\nde l'anglais, traitant en phrases larges et élevées de la poésie et de 1 art et se ter-\nminant par ces mots : (( Ne doute pas, ô Poète, mais persiste et tiens ferme."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "398", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.46", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 996, "texte": "Dis : cela est en moi, je le déclarerai! Lève les yeux au-dessus des misères clu\nmonde, dispense les bienfaits que le Ciel t a donnés. Courage ! »\nDans une lettre, sans date, elle apprend qu'elle ne pourra, à cause de sa mau-\nvaise santé, entendre Franchomme, et ce qui est pire, aller chez Chopin le len-\ndemain pour sa leçon.\nDans une autre lettre, elle propose de se réunir pour aller ensemble dans l'ate-\nlier de Scheffer, où lord Torphichen pose maintenant pour son portrait.\nMlle Stirling et MlleMaberly écrivent quelques mots d'adieu comme preuve de\nleur présence chez Chopin, avant son départ pour la campagne. (Samedi, le\n30 avril.)\nEnfin, dans une lettre collective écrite chez Mme Rich (le samedi, 3 décembre),\nMlle Stirling, Mrae Erskine et Mme Rich envoient à Chopin leurs souhaits de\nNouvel An et le prient d'exprimer leurs vœux à Grzymala.\nMLLE CLAIRE DE SUDRE écrit que, par suite cle l'indisposition de sa mère, elle ne\npourra aller prendre sa leçon."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c057", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c057", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "395", "page_fin": "395", "image_debut": 43, "image_fin": 43, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.11.2.1", "titre_corps": "SALON DE CHOPIN DANS SON DERNIER APPARTEMENT DE LA PLACE VENDOME, N° 12 (d'après une aquarelle de Kwiatkowski).", "titre_sommaire": "SALON DE CHOPIN DANS SON DERNIER APPARTEMENT DE LA PLACE VENDOME, N° 12 (d'après une aquarelle de Kwiatkowski).", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 43, "page_imprimee": "395", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.43", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 111, "texte": "SALON DE CHOPIN DANS SON DERNIER APPARTEMENT DE LA PLACE VENDOME, N° 12\n(d'après une aquarelle de Kwiatkowski)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c058", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c058", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "399", "page_fin": "400", "image_debut": 47, "image_fin": 48, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; 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Je vous promets du lait\ndélicieux et la musique des rossignols, ce qui vous fatiguera moins que le piano.\nLaissez-moi vous dire cependant combien j'admire vos études, elles sont prodi-\ngieuses, et depuis bien longtemps je n'avais rien entendu d'aussi beau. Adieu,\nMonsieur, à revoir, j'espère ; croyez à mon véritable intérêt.\nCOMTESSE D'AGOÛLT."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c066", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c066", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "400", "page_fin": "400", "image_debut": 48, "image_fin": 48, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.11.3.3.3", "titre_corps": "LETTRE III", "titre_sommaire": "LETTRE III", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 48, "page_imprimee": "400", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.48", "debut_caractere": 947, "fin_caractere_exclue": 957, "texte": "LETTRE III"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-08-01-01-c067", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-08-01_01#c067", "volume": "bmtnabj_1903-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "400", "page_fin": "400", "image_debut": 48, "image_fin": 48, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.2.11.3.3.3.1", "titre_corps": "Monsieur Chopin,", "titre_sommaire": "Monsieur Chopin,", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 48, "page_imprimee": "400", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.48", "debut_caractere": 959, "fin_caractere_exclue": 1530, "texte": "Monsieur Chopin,\n5, rue de la Chaussée-d'Antin.\nEst-ce que vous m'avez tout à fait oubliée, Monsieur? 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GUIDÉ\n\nNos contemporains: M. Guidé.\nAUGUSTE LASSERY.\n\nNi. GUIDÉ (Guillaume), directeur, avec M. Kufferath, du théâtre royal de la\nMonnaie, à Bruxelles, et professeur au Conservatoire royal de Bruxelles, est ne\nà Liège le 7 avril 1859.\nC'est sans contredit l'homme qui contribua le plus à la diffusion des œuvres\ndes compositeurs français en Belgique .\nFondateur delà Société de musique de chambre du Conservatoire, organisa-\nteur des concerts de musique française aux Salons annuels des XX et de la\nLibre Esthétique ; fondateur de la Société des concerts symphoniques (1895),\nqu'il dirige encore actuellement, il a fait exécuter, la plupart en première audi-\ntion, des œuvres de MM. Ch. Bordes, P. de Bréville, E. Chabrier, E. Chausson,\nCl. Debussy, L. Diemer, P. Dukas, G. Fauré, V. d'Indy, Ch. Lefebvre, A. Ma-\ngnard, G. Ropartz, etc., sans compter les fréquentes auditions d'ouvrages\nsymphoniques de Saint-Saëns et de César Franck, qui étaient peu joués alors,\nmême en France.\nDepuis sa nomination àla direction du théâtre de la Monnaie en septembre\n1900, pour une période de 9 ans, Guidé a monté dans ses trois premières sai-\nsons les œuvres de y8 compositeurs français, représentés par 5 S ouvrages diffé-\nrents, contre 11 compositeurs allemands, 11 italiens et 5 belges.\nIl a donné les ires représentations à Bruxelles de :\nLouise. —G. Charpentier.\nLa Maladetta. — P. Vidal.\nGrisélidis. —Massenet.\nLe Légataire. — G. Pfeiffer.\nLa Korrigane. — Widor.\nLEtranger. — V. d'Indy {création).\nIl prépare pour la saison prochaine: LeroiArthus, d'E. Chausson, qui n'a\nété joué nulle part encore, sans compter les ires auditions à Bruxelles de :\nPelléas et Mélisande. — Cl. Debussy.\nLes Barbares. — Saint-Saëns.\nLe Cid. — Massenet.\nDe tels services font de M. Guidé un des amis les plus précieux de l'art\nfrançais.\nSa nomination comme chevalier de la Légion d Honneur réjouira tous les\nartistes."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "355", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.3", "texte": "ESTHÉTIQUE MUSICALE\n\nNOTRE SUPPLÉMENT MUSICAL\n\nLA RÉDACTION.\nDepuis quelque temps déjà, un certain nombre de nos lecteurs nous de-\nmandent d'augmenter, dans notre publication de textes musicaux, la part\nde la musique française du XVIIe ou du XVIIIe siècle, dont les chefs-\nd'œuvre sont presque tous inédits ou n'ont été publiés qu'en des éditions\nde grand luxe, inaccessibles à la plupart des amateurs. Nous nous\nsommes toujours associés de cœur à ces vœux, mais ce n'est pas un petit\ntravail que de tirer au clair une de ces anciennes partitions, souvent fau-\ntives et toujours incomplètes : car les parties intermédiaires ne sont que\ntrès rarement exprimées ; on se contentait de noter Iharmonie au moyen\nde la basse chiffrée, et les musiciens du sièle, plus instruits que\nceux d'aujourd'hui, réalisaient cette basse à la simple lecture. Ce travail\nde réalisation exige une connaissance profonde de l'harmonie et une\ngrande familiarité avec le style de l'époque. Par bonheur, nous avons\ntrouvé en M. de Lacer da, élève de M. Vincent le musicien éprouvé\nautant qu'éruditqui seul pouvait mener à bien une pareille tâche. Nous\nsommes heureux d'annoncer aujourd'hui à nos lecteurs qu'il devient le col-\nlaborateur régulier de la Revue pour la transcription des œuvres an-\nciennes. Il nous a donné, pour le\\présent numéro, deux\n« Guirlande le charmant ballet de , inédit jusqu'à ce jour.\nEt chacun de nos suppléments contiendrà au moins un mor-\nceau tiré dune œuvre inédite ou peu connue du temps passé. Il y a là un\ntrésor d'une richesse 'inouïe, que nous voulons ouvrir à nos lecteurs.\n\nEsthétique musicale.\n\nLA MUSIQUE AU POINT DE VUE SOCIOLOGIQUE (Suite) : LES ORIGINES\nDE LA SYMPHONIE.\n\nLe fait sociologique est celui qui suppose l'existence d'une société ; les faits\nsociologiques par excellence sont le langage (ou le chant, qui en dérive) et la\ndanse. Tels sont les deux principes qu'il faut rappeler en abordant l'étude de la\nmusique instrumentale et « abstraite ».\nLa symphonie, dans l'ordre d'idées où nous sommes, — la symphonie pure,"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "356", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.4", "texte": "ESTHÉTIQUE MUSICALE\n\nsans programme verbal, et sans d'autre titre que la tonalité où elle est écrite,—\nsemble devoir embarrasser l'esthéticien préoccupé de ramener les formes musi-\ncales à une origine concrète, sociologique. La difficulté n'est qu'apparente quand\non l'examine à la lumière de l'histoire. Une symphonie de Beethoven est sans\ndoute une œuvre à laquelle le génie du compositeur donne une grande unité ;\nmais c'est une œuvre qui, au point de vue formel, associe et juxtapose les genres\nles plus différents ; l'analyse n'a aucune peine à montrer qu'elle est aussi com-\nplexe que l'opéra et faite, comme lui, de pièces hétérogènes dont l'origine est\nbien connue.\nLa symphonie instrumentale a été précédée, préparée, rendue possible par la\nsonate. C'est celle-ci qu'il faut étudier, pour expliquer celle-là. (Je rappelle que\nc'est dans la 2e partie du xvme siècle, vers 1760, que J. Haydn, créateur du\ngenre, a écrit ses premières symphonies, alors que les premiers recueils de\nsonates de Corelli sont de 1683 et 1685, et qu'on trouve même le mot (( sonate ))\ndans des recueils bien antérieurs.)\nQu'est-ce, à l origine, que la musique purement instrumentale, destinée à\n(( sonner )) (d'où le mot Sonata) sur les violons ou les clavecins ? Ce n'est d'abord\nqu'une extension et un second emploi facultatif de la musique vocale (profane et\nreligieuse). Les titres des compositions en font foi. En voici quelques-uns que je\nciterai pour bien marquer le point initial de cette analyse :\n1556. TENOR. | JARDIN MUSIQVAL, CONTE- | NANT PLUSIEURS\nBELLES FLEVRS DE | Chansons à trois parties, choysies d'entre les œuvres\nde plu- | sieurs auteurs excellents en l'art de Musicque, ensemble | le blason de\nbeau et laiclTei'mpropice tant à la voix [ comme aux instruments. | Le premier livre\n| EN ANVERS. | Par Hubert Vuaelrant et Jean Laet. | Avec Previlege. | (1).\n(A la Bibliothèque de Munich.)\n1556. TENOR. | JARDIN MUSICAL, CONTE- | NANT PLVSIEVRS\nBELLES FLEVRS DE | Chansons spirituelles a quatre parties, composées par |\nMaistre JeanCaulery, Maistre de la Chappelle de j la Royne de France, et de\nplusieurs autres | excellents autheurs en l'art de Music- | que, tant propices à la\nvoix | comme aux instruments. | Livre second, j | EN ANVERS. | Chez Hubert\nVvaelrant et Jean Laet. | Avec Privilège. | — (Bibl. de Munich.)\n1559. TENOR. FANTASIE RECERCARI | CONTRAPVNTI. A TRE VOCI\nDI | M. Adriano et de altri Autori appropriati per Cantare et Sonare d'ogni | sorte\nde stromenti, etc. In Venetia, Apresso di | Antonio Gardano. | 1559. — (Bibl. de\nMunich.)\n1564. THESAVRVS MVSI- ) CVS CONTINENS SELECTISSIMAS OCTO,\n1 SEPTEM, SEX, QVINQUE ET QVATVOR VOCVM | harmonias, tam\na veteribus quam recentioribus Symphonistis compositas et ad omnis generis\ninstrumenta musicce accomodatas, etc. (Nûrnberg). —(Bibl. de Berlin )\n1568. TENOR. | NOVI THESAVRI | MVSICI | LIBER PRIMUS | QVO\nSELECTISSIME j Planeq ; nouas nec unquam in luce editae | Cantiones sacrae\n(quas vulgo moteta vo- j cant) continentur octo, septem, sex, quinq ; | ac quatuor\nvocum a prasstantissimis ac | huius astatis, precipuis Symphoniacis | compositas,\n\n(1) Pour ne pas surcharger ces notes de vieil allemand, je ne cite pas le recueil publié à\nNurnberg en 1556 et dont le titre contient une formule de même sens [propice tant àla voix\nqu'aux instruments)., — Bibl. de Berlin."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "357", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.5", "texte": "ESTHÉTIQUE MUSICALE\n\nquas in sacra Ecclesia catho- | lica, summis solemnibusq ; festiuitatibus, | canun-\ntur, ad omms generis instrumenta [ mnsica accomodatœ ; etc., etc. (Venise). —\n(Bibl. de Berlin et de Munich.)\n1570. SEPTIESME LIVRE I DES CHANSONS A QVATRE PARTIES,\nDE NOV- | VEAV REVEV, CORRIGE ET DE PLVSIEVRS | autres nou-\nvelles chansons (lesquelles jamais n'ont esté imprimées) augmenté. Tontes conve-\nnables | tant aux instruments qii àla voix. | SUPERIVS | . Imprimé à Louvain, par\nPierre Phalese, Libraire Juré. L'an 1570 | Avec grâce et privilège). (Bibl. de\nl'Univ. d'Upsal.)\nJe signalerai encore, en abrégeant : le livre de chansons (titre en hollandais)\npublié à Louvain chez Pierre Phalèse en 1572; le recueil analogue publié à\nAnvers, chez le même, en 1590; le recueil de Chants sacrés (avec une messe à\n6 voix), Munich, chez Adam Berg, en 1590; les Madrigaux à 8 voix (avec\nDialogues, Echos, etc.), à Anvers, chez Phalèse, en 1596; le livre de chansons à\n4 parties, Anvers, chez la veuve JeanBellere, à l'Aigle d'or, en 1597; les Sym-\nphonies sacrées à Nurnberg, chez Paul Kauffmann, en 1598; les 40 chants\nchrétiens, à Mùlhausen, chez Andréas, en 1599; la Sacrarum Symphoniarum\ncontinuation publiée à Nurnberg, chez Kauffmann, en 1600.\nTous ces ouvrages sont per (( cantare et sonare )), c'est-à-dire chants et\n(( sonates )) ad libitum. Nous saisissons là, de façon très simple et très nette, la\npremière désappropriation qui va détacher la musique chantée de son objet, pour\nl'organiser à l'état indépendant et en faire peu à peu un monde à part, ou, si l'on\npréfère, une personne libre. La symphonie sera la fille émancipée du chant; mais\nelle aura beau faire, elle ne perdra jamais cette première marque de ses ori-\ngines.\nLe rapport qui vientd'être indiqué entre la musique instrumentale et le chant\nexiste aussi entre la musique instrumentale et la danse. A ce second point de vue,\nje citerai, comme donnant lieu aux mêmes observations, l'ouvrage suivant, au-\njourd'hui à la bibliothèque de Munich :\nRECVEIL DE DANSERIES. | CONTENANT PRESQVE TOVTES\nSORTES DE DANSES, | comme Pauanes, Pass'emezes, Allemandes, Gail-\nlardes, Branles, et plusieurs autres, accomodées | aussi bien à la voix, comme\nà tous Instruments Musicaux, nouuellement amassé d'aucuns | sçavants maistres\nMusiciens, et autres amateurs de toute sorte d'Harmonie. | TENOR. | (petite\nvignette) | | EN ANVERS. | Chez Pierre Phalese au Lyon Rouge, et chez Jean\nBellere à l'Aigle d'Or. | 1583. — (Bibl. de Munich.)\nLa lecture de ce titre nous avertit que les trois formes musicales : chant,\ndanse, musique instrumentale, s'engendrent mutuellement, et peuvent même, à\nl'origine, se substituer l'une à l'autre. (Beethoven et Schumann se montreront\nfidèles à ce principe lorsque par une régression passagère de la musique\nabstraite à la musique expressive ou à programme, ils remplaceront l'Adagio,\nforme essentiellement mélodique, par la Marche funèbre : le premier dans la\nsonate en la majeur, le second dans son quintette op. 44. — C'est ainsi que\nJ.-S. Bach prendra 1' (( ouverture )), simple prélude instrumental, sans forme arrê-\ntée, précédant un chœur, et la mettra à la tête d'une suite de danses : par exemple\nles Suites en ut majeur, ré majeur, la mineur, série VI de l'édition Péters.)\nLa musique de danse, elle aussi et comme le chant, s'est donc désaffectée de\nson objet. Elle l'a fait de deux façons : dans une première voie de son évolution,"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "358", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.6", "texte": "UN CAS NOUVEAU DE VANDALISME MUSICAL\n\nelle s'est bornée, sans perdre son caractère initial et même son étiquette, à s'en-\nrichir de sentiment artistique et de pensée : telles sont les Suites de Bach, les\nvalses et polonaises de Schubert, les valses, polonaises et mazurkas de Chopin,\nqui ne s'adressent plus qu'à l'esprit et au cœur, danse d'idées qui n'ont emprunté\nau rythme des jambes et des mouvements réels qu'un cadre auquel viennent\ns adapter les pensées les plus hautes. Dans sa seconde évolution, la musique de\ndanse est transformée organiquement et aboutit à un genre nouveau : c'est ainsi\nque Beethoven, tout en conservant parfois la coupe du Menuet, l'altérera essen-\ntiellement et le remplacera par le Scherzo.\nA la lumière de ces idées très simples, nous pouvons aborder l'examen des\ndifférentes formes de la sonate et de la symphonie.\n(A suivre.)\n\nJULES COMBARIEU.\n\nUn cas nouveau de vandalisme musical:\nJ.-M. LECLAIR, VIOLONISTE-COMPOSITEUR PARISIEN (1687-1764).\n\nAu dernier catalogue de la collection Peters figurait l'indication, comme nou-\nveauté pour l'année 1902, de trois concertos de violon de J.-M. Leclair, revus,\nou, pour être plus exact, arrangés par Marcel Herwegh.\nC'était bien une nouveauté, mais une vieille nouveauté : Jean-Marie Leclair\nvécut de 1697 à 1764 et domine incontestablement toute l'ancienne école fran-\nçaise du violon. Pourtant l'oubli semblait s'être fait autour de cette grande\nfigure de musicien, on en connaissait à peu près uniquement un Tambourin,\npartout édité et toujours joué. Ferdinand David, dans le recueil intitulé Hohe\nSchule desViolinspiels (1), avait déjà publié deux sonates de Leclair,correctement,\nmais dans les Vorstudien (2) en avait mutilé un certain nombre d'autres, les\ndécoupant pour refaire avec leurs membres épars des sonates nouvelles !\nCe fut avec plaisir que nous lûmes cette mention au catalogue de Peters: sans\ntarder, nous avions entre les mains les précieux concertos. Las ! notre joie fut de\ncourte durée. Elle était tombée dès la première page. L'éditeur y disait : (( Le\nrôle prépondérant du Ier violon (violino di concertino) et le peu d'intérêt qu'offrent\nles parties accompagnantes prises isolément justifient la rectification du titre. Les\nmêmes raisons ont permis, en confiant l'accompagnement au piano, de présenter\nces concertos, avec tout le respect dû à l'original (3), sous une forme plus pra-\ntique, plus accessible à l'exécution et même plus intéressante. ))\nOh ! nous ne chicanerons pas sur l'incohérence de cette note. L'intérêt du\nquatuor d'accompagnement est une question de plus ou de moins, qu'il serait\npuéril de discuter. Mais qu'on ne vienne pas nous parler de respect dû à l'original,\nquand, à la ligne suivante, on déclare faire œuvre plus intéressante que Leclair\n\n(1) Breitkopf et Haertel, édition populaire, n° 375.\n(2) Breitkopf et Haertel, édition populaire, n° 376.\n(3) L'éditeur devrait aussi un peu de respect... à la vérité historique et ne pas nous présenter\nLeclair comme l'introducteur de la double corde en France. On en usait bien avant lui, on en\nabusait même. Il ne faut pas, en bonne critique, accueillir ainsi les axiomes sans fondement."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "359", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.7", "texte": "UN CAS NOUVEAU DE VANDALISME MUSICAL\n\nen déformant ce qu'il avait créé. Nous allons voir ce que vaut cette édition en\nprésentant seulement quelques observations sur les deux premiers concertos de\nl'œuvre VII. Ab nno disce omnes.\nI. — CONFUSION PERMANENTE DU SOLO ET DES TUTTI. —Nous n'apprendrons\nà personne que le dialogue de l'orchestre et de l'instrument solo caractérise le\nconcerto depuis que la forme en est née. Leclair, bien qu à l'origine du genre,\nn'a point méconnu cette loi. Son quatuor expose sommairement le thème que\ndéveloppe ensuite le solo. Eh bien, l'éditeur de la collection Peters a négligé ce\nprincipe, et nous avons, de son fait, partout la confusion du solo et des tutti.\nDans le premier concerto, pendant tout le premier mouvement, les tutti au\nnombre de 3 sont tous supprimés: tout est en solo ! Le violino di concertino rem-\nplace le premier violon du quatuor d'accompagnement.\nVaria se voit supprimer 2 tutti. Au vivace le viol, di concert, se repose pendant\n2 /wZ/Haissés au piano, puis reprend arbitrairement (lettre T de l ed. P.) au plein\nmilieu d'un tutti, tandis qu'en réalité dans l'original le solo ne commence que\n20 mesures plus loin.\nDans le second concerto, à Y allegro non troppo, le viol, di concert, joue pen-\ndant 22 mesures la partie du premier violon du quatuor : en revanche, le piano\nexécute en solo pendant les deux mesures qui suivent la partie du viol, di concert.\n(2 mesures et demie avant la lettre B de F éd. P.), le chant est à la main droite\navec une agréable imitation à la main gauche. Page 5,1. E, l'éditeur fait com-\nmencer le solo au milieu du tutti. P. 9 : Le solo doit prendre fin sur la première\nnote (ré) de la dernière mesure de la quatrième ligne; l'éditeur le prolonge\njusqu'à la fin du mouvement :\nII. — ALTÉRATIONS DU TEXTE: io Violino di concertino. — Nous donnons sim-\nplement quelques exemples de mutilations, sans commentaires.\nPremier concerto :\nP. 2, 1. 4, m. 2, et ss. : Leclair dans l'édition princeps groupe ses doubles cro-\nches en les liant par deux, l'édition Peters par quatre : le sens musical n'est\nplus le même.\nP. 8. Aria : Leclair écrit partout cet aria en doubles cordes à deux parties dis-\ntinctes. Il y a là des finesses d'écriture qui ont échappé à l'éditeur, qui brouille\ntout et croit que c'est la même chose d'écrire (second concerto, p. 5, 1. 2, éd.\nPeters) :"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "360", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.8", "texte": "UN CAS NOUVEAU DE VANDALISME MUSICAL\n\nEn outre, l'éditeur ne connaît pas les signes d'agrément du xvnie siècle, ni en\nparticulier ceux de Leclair. La petite croix H-au-dessus de la note indique un\nmordant et non le trille portant sur toute la durée de la note.\nDÉFORMATIONS DE DURÉE : page 8, 1. 1, m. 2 — même page, 1. 2, 111. 3 et 4.\nPourquoi cette fantaisie d'interprétation ?\nMême page, 1. 1, m. 3. Idem :\nAutres altérations : p. 10, 1. 3, m. 5 et 9. — Même page, 1. 5, m. 4 et 6. —\nP. 11, 1. 1, m. 5. — Même page, 1. 4, m. 2.\nAu finale, p. 18, 1. 2, 111. 1, 2, 3,4, Yossia n'a pas de raison d'être, c est une\ninitiative injustifiée de l'éditeur.\nDeuxième concerto :\nPage 1, 1. 4, m. 1, il faut un trille sur le sol.\nP. 4, 1. 4, m. 2, corrections injustifiées.\nL'arpège est bien indiqué dans l'original, et l'éditeur le présente comme\nfacultatif.\nP. 7, 1. 5, après la m, 3, six mesures de l'original supprimées.\nP. 8, 1. 3, après la m. 1, deux mesures de l'original supprimées.\nP. 8, 1. 4, après la m. 1, deux mesures de 1 original supprimées.\nP. 8, 1. 5, arpèges de violon arbitrairement développés et suppression de cinq\nmesures de l'original, sur dix de ce mouvement.\nAdagio : comme dans le premier concerto, mauvaise réalisation des signes\nd'agrément.\nP. 12? reprise de la phrase initiale avec six mesures de fantaisie pour finir.\nCette reprise n'est pas dans l'édition originale."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "361", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.9", "texte": "UN CAS NOUVEAU DE VANDALISME MUSICAL\n\nAllegro. P. 13,1. 3, m. 1et 3, gammes ascendantes ajoutées.\nP. 14, 1. 3, au commencement quatre mesures de l'original supprimées.\nMême page, 1. 3, après la m. 1, deux mesures de l'original supprimées.\nP. 17, un peu partout dessins de fantaisie, ainsi :\nP. 18, 1. 4, après la m. i, sept mesures supprimées.\nP. 20, 1. 3, après la m. 2, deux mesures supprimées.\nDans le tutti qui suit, suppression de quatre mesures et dans le tutti final nou-\nvelle suppression de deux mesures.\nCe qui ne fait pas moins, dans tout le second concerto, de 34 mesures suppri-\nmées sans raison ! Que des instrumentistes se livrent à ces fantaisies dans une\nexécution pour des raisons toujours mauvaises, cela se comprend sans s'excuser,\nmais, dans une édition prétendument sérieuse, ce vandalisme ne se comprend,\nni ne s'excuse, parce qu'imprimées, ces mutilations deviennent la source de\nnouvelles erreurs dans l'avenir. Elles sont plus graves encore quand elles por-\ntent sur des textes qu'on ne peut facilement contrôler, — Leclair n'ayant pas été\ngravé à nouveau depuis son édition princeps, — tandis que les œuvres classiques\nsont mieux protégées par le grand nombre d'éditions que l'on en a. Nous ne sau-\nrions trop blâmer ces procédés : la loi, qui punit les dégradations de monuments\nhistoriques, devrait aussi protéger les monuments de notre passé artistique\ncontre les entreprises de l'ignorance et du mercantilisme.\nIl est juste de dire que si 1 éditeur des concertos de Leclair a supprimé trente-\nquatre mesures dans le second concerto, il en a ajouté six de sa composition.\nIII. — ALTÉRATIONS DU TEXTE : Quatuor d'accompagnement. — Une remarque\ngénérale s'impose : l'accompagnement du quatuor à cordes est assez souvent\nréduit au trio, le premier violon du quatuor ayant été transporté par l'éditeur à\nla partie de violon principal : c'est au moins le cas pour tous les tutti.\nEnsuite, il y a entre le premier et le second concerto une différence considé-\nrable en ce qui concerne la réduction du quatuor au piano. Fidèle dans le pre-\nmier, elle atteint dans le second aux limites de la plus invraisemblable fantaisie.\nDès la première mesure nous nous en apercevons. Au lieu de la noblesse sim-\nple et voulue de l'original, la main gauche de l'édition Peters fait des grâces inat-\ntendues, àla plus grande surprise de la main droite. Et ce n'est qu'un prélude !\nDès le bas de la seconde page, l'imagination de l'éditeur se donne toute carrière ;\nle piano joue la partie de violon principal en l'agrémentant de mille manières :\nil faut bien occuper les deux mains ! Dans l'original, tout le contenu des pages 3\net 4de l'édition Peters est accompagné par les violons à l'unisson. Au lieu de\ncela on nous donne un pédant et grossier assemblage de notes qui alourdissent\nla limpidité parfaite de la pensée première et appartiennent en propre à l'éditeur\nmoderne.\nNous renonçons à signaler le détail de cette critique : c'est à chaque page du\nsecond concerto, à chaque portée, à chaque mesure qu'il faudrait s'arrêter.\nBref, cette édition des concertos de Leclair est une des plus détestables éditions\nque nous ayons rencontrées depuis bien longtemps. La personnalité de M. Her-\nwegh nous est totalement inconnue. IIabite-t-il Paris, Berlin, Samarcande ou"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "362", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.10", "texte": "UN CHANTEUR COMPOSITEUR DE MUSIQUE\n\nYokohama? Nous l'ignorons absolument, et peu nous importe, car nous ne le\ncroyons pas susceptible de perfectionnement. Mais la maison d'édition Peters,\nà qui l'art musical est redevable de tant de services rendus, devrait, si véritable-\nment elle a toujours souci de science et d'art, retirer de la vente, — nous ne met-\ntons certes pas de restriction à le dire, —- une édition qui est à la fois un outrage\nà la mémoire du grand maître qu'elle prétend faire connaître et pour elle-même\nune ombre sur la réputation qu'elle mérite. Où est donc, dans la présente édi-\ntion, le respect dû à l'original?\n\nGASTON DUVAL.\n\nUn chanteur compositeur de musique sous Louis XIII.\nNICOLAS FORMÉ (1567-1638)\n\nPour avoir été placé très haut dans l'estime de ses contemporains, plus haut\nencore, à ce qu'il paraît bien, dans la sienne propre, le musicien dont on va\nessayer de dire la vie et de définir le rôle n'a pas été des mieux traités par l'ou-\nblieuse postérité. Sa renommée ou du moins son œuvre, même de son vivant,\nn'avait guère franchi les limites de la cour. Ses compositions, demeurées pres-\nque toutes inédites et, après sa mort, jalousement gardées pour le seul plaisir du\nroyal mélomane que fut Louis XIII, se perdirent d'assez bonne heure. Et si son\népitaphe, en l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, consacra assez longtemps le\nsouvenir de son nom et de la faveur singulière du monarque, elle disparut trop\ntôt pour en instruire les biographes du dernier siècle. Fétis n'a rien trouvé sur\nFormé dans ses prédécesseurs immédiats. Il l'a donc complètement passé sous\nsilence. Ceux qui vinrent après lui, jusqu'à notre temps, l'ont imité (1).\nNicolas Formé était Parisien. Sauvai le déclare (2), et lui-même, en la conclu-\nsion de l'épitaphe latine qu'il avait composée en mémoire d'Eustache Du Caurroy,\nson prédécesseur à la Chapelle royale, revendique la même qualité (3). Quant\nà la date de sa naissance, il est facile de la déterminer avec exactitude. « Il a\nrendu son âme à Dieu le 27esme May 1638 en la yiesme année, un mois et un jour\nde son âge », disait l'inscription funéraire, qui se lisait contre un pilier de la\nchapelle Saint-Jean, en l'église Saint-Germain-l'Auxerrois (4). Nous en pouvons\nconclure qu'il était né le 26 avril 1567.\n\n(1) L'érudit historien qu'est M. Michel Brenet a le premier fait revivre le souvenir cle ce musi-\ncien dans un article inséré aux Archives historiques, artistiques et littéraires... (ire année, Paris,\n1889-1890, pp. 64-69). Ce travail, ainsi que quelques autres documents que l'auteur a gracieuse-\nment mis à ma disposition, m'a servi de base pour la partie biographique de cette étude.\n(2) Histoire et Antiquitez de Paris, p. 327. — Sauvai, qui écrit avant 1650, bien que son livre\nn'ait été publié que longtemps après, consacre une notice relativement assez longue à Formé, à\npropos de son tombeau à Saint-Germain-l'Auxerrois.\n(3) (( Nicolaus Formé, Parisinus, eidem regio muneri succedens, hoc marmor fieri curavit. » —\nC'est Pierre de l'Estoille [Registre-Journal de Henri IV, 1609) qui a donné le premier l'inscrip-\ntion composée par Formé pour la tombe de Du Caurroy. C'est lui qui lui en attribue assez claire-\nment la composition. « M Formé, dit-il, très docte musicien qui lui succède, m'a montré l'épitaphe\nqu il veut faire poser auprès de son tombeau. »\n(4) L'épitaphe de Formé se lit dans le Ms. fr. 8219 de la Bibliothèque nationale, p. 947. Elle\nest accompagnée des armoiries, assez grossièrement dessinées, du musicien : Ecartelé aux 1 et 4\nd'azur à trois poissons d'argent (?) ; aux 2 et 3 de sable à une merlette (?) d'argent; fascé d'azur\nà 3 molettes (?j d'or."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "363", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.11", "texte": "UN CHANTEUR COMPOSITEUR DE MUSIQUE\n\nLe cabinet généalogique de d'Hozier mentionne une famille de Formé, sei-\ngneurs de Framicourt en Picardie, dont une fille, en 1703, put faire ses preuves\npour être admise à Saint-Cyr. Cette famille ne comptait alors guère plus de\ndeux siècles de noblesse. Or le même dossier renferme des pièces où est cité,\nentre autres, le propre neveu du compositeur, Jean Formé, abbé de Reclus\ncomme son oncle et immédiatement après lui (1). Nicolas Formé descendait\ncertainement d'une branche collatérale, demeurée de bonne bourgeoisie et sans\ndoute fort aisée : car il laissa une fortune considérable que ne peuvent expliquer\nni les faveurs royales ni sa notoire avarice. Il n'est pas rare à cette époque de\nvoir la musique pratiquée par des hommes occupant dans la société un certain\nrang, tandis que, par la suite, l'exercice en sera réservé, presque toujours, à des\ngens de naissance plus obscure. Remarque qui peut servir à l'histoire des mœurs :\nceci soit dit en passant.\nDe l'éducation musicale de Formé nous n'avons rien à dire. Qu'il ait jamais\nété attaché, comme enfant de chœur, à la maîtrise d'une paroisse, cela n'est\nguère probable. Ces écoles d'où tant de maîtres sont sortis ne sont fréquentées\nque par des fils d'assez humbles familles. Je le verrais plutôt admis, comme\npage de musique, dans la domesticité — au sens alors attribué à ce mot — de\nquelque grande maison. Beaucoup de nobles personnages entretiennent encore\nune chapelle privée et une musique à leur solde. C'est ainsi que, vers le même\ntemps, le futur surintendant de la musique de Louis XIII, Pierre Guesdron, un\ndes meilleurs compositeur d'airs de cour de l'époque, appartenait, en cette qua-\nlité, au cardinal de Guise. Et bien d'autres, sans parler des enfants de la musique\ndu roi, n'apprirent pas ailleurs les arcanes de leur art.\nAu surplus, Formé, qui fut un chanteur habile, avait-il sérieusement étudié,\ndans sa jeunesse, la théorie musicale et la composition ? Rien n'oblige à l'ad-\nmettre, d'autant que l'examen de ce qui demeure de ses œuvres le fait voir\nassez loin des maîtres antérieurs pour la science et l'ingéniosité de l'écriture. Le\nstyle adopté par lui n'est peut-être pas celui où de tels mérites se pouvaient le\nmieux faire valoir. Quoi qu'il en soit, il est croyable qu'il négligea passablement\nces fortes études, ou du moins qu'il ne s'y appliqua que sur le tard. D'ailleurs\nla musique, telle qu'on la conçoit alors, ne nécessite pas aussi impérieusement\nque la nôtre une pratique à laquelle il soit indispensable de se rompre dès les\nannées de jeunesse. Infiniment moins riche d'effets que l'art moderne, beau-\ncoup moins ambitieuse aussi et, en théorie du moins, plus curieuse d'intéresser\nla pure raison par les problèmes qu'elle pose et résoud simultanément que de\nparler au cœur ou à l'imagination, elle demeure pour beaucoup une science\n(( faisant partie des mathématiques, démonstrative et très certaine » qu'il est\npossible d'apprendre à tout âge (( par la lecture des bons autheurs et pratique des\nanciens )) (2). Il se peut que Formé, réservant pour plus tard ces doctes spécula-\ntions, s'en soit tenu d'abord à la seule pratique. Chantre excellent, c'est par ce\ntalent d'exécution qu'il acquit sa première réputation.\nEn effet, il est à peine âgé de vingt ans que la Sainte-Chapelle lui ouvre ses\nportes. Son nom figure sur les registres parmi ceux des musiciens de l'église le\nsamedi 4 juillet .1587 pour la première fois : (( Ledit jour, M. le Chantre a\n\n(1) Bibliothèque nationale (Ms. fr. 27685 : Pièces originales 1201). L'acte est de 1679.\n(2) Du CAURROY, Preces Ecclesiasticae ad numéros Musices redactae, 1609 (Préface)."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "364", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.12", "texte": "UN CHANTEUR COMPOSITEUR DE MUSIQUE\n\nprésenté à M. le Thrésaurier ung nommé Nicolas Formé pour estre clerc soubz\nsa prébende, lequel après que led. Sr Chantre a faict son rapport de sa cappacité\ntant de musique que de lettres, a esté receu par le Thrésaurier soubz la prébende\ndud. Sr Chantre. (1) ))\nAgrégé à cet illustre corps, il semble peu soucieux de contribuer, par son zèle,\nà en soutenir l'antique renommée. La vérité nous oblige à dire que, lorsque son\nnom apparaît de nouveau sur les Registres capitulaires, ces inscriptions ne sont\npoint à son honneur. Sa conduite excita des plaintes réitérées, sans qu'elle fût\nexceptionnelle en une compagnie où la bonne musique semble plus cultivée que\nles bonnes mœurs. Le 15 avril 1589, le chapitre cite Formé àsa barre avec un de ses\ncollègues, Saint-Estienne,pour les réprimander solennellement.Illeur est enjoint\n(( de se comporter doresenavant plus revérement au Cœur de la Sainte-Cha-\npelle )) ; d'avoir à psalmodier (( plus distinctement et dévotement.. .sans faire actes\nqui retournent à scandalle )). Enfin chacun d'eux, averti (( qu'il ne luy advienne\nplus estre subiect au vin )), est requis « de vivre doresenavant paisiblement et\nhonnestement avec toute modestie, qu'il n'y a cy-devant faict ».\nCe n'était pas la première fois que Formé s'attirait de tels reproches. Ce ne\nfut pas la dernière, puisque, le 16 mai de l'année suivante, on le reprend encore\n(( des fautes qu'il est coustumier de faire au service divin et peu de debvoir qu'il\ny a tousiours faict depuis qu'il est receu en l'églize 0 : avec menace, s'il ne s'a-\nmende incontinent, (( d estre chassé, mys hors et effacé du livre des distributions\nde la dicte églize )) (2).\nSauvai nous a laissé du caractère et des mœurs de Formé une peinture telle\nqu'on conçoit facilement les causes de la réprobation des chanoines (3). Pour\nêtre dès lors engagé dans les ordres, ainsi qu'il est probable (4), notre musicien\nne se piquait guère de vertus évangéliques. Le cas n'est pas rare alors : il\ns'explique assez par les désordres de ces temps de guerre civile. Aussi cette con-\nduite, si peu édifiante qu'elle fût, ne nuisit en rien à sa fortune.\nFormé ne se plaisait pas plus à la Sainte-Chapelle que le chapitre ne se féli-\ncitait de le compter parmi ses clercs. Il n'y demeura que peu de temps, et dès\n1592, nous le trouvons mentionné dans les comptes de la Chapelle royale. Lui-\nmême d'ailleurs, en la dédicace à Louis XIII de la seule de ses Messes qui\nsubsiste, confirme cette date, en s'honorant d'avoir été (( dix-huict ans au service\ndu feu Roy Henry le Grand ».\nIl est difficile cependant d'admettre que sa nomination ait été effective à cette\ndate. En 1592, Henry IV est encore huguenot. Il n'a que faire d'une chapelle\ncatholique et se soucie plus de conquérir son royaume et sa capitale que de\ncombler les vides qui peuvent se produire dans le corps passablement désorga-\nnisé des chantres royaux. Tout au plus l'année suivante Formé put-il faire acte\n\n(1) Archives nationales LL, 600. (Registres de la Sainte-Chapelle : Délibérations capitulaires,\nfo 89.)\n(2) Archives nationales (Ibid.).\n(3) « Il étoit de si mauvoise humeur et si fantasque qu'il querelloit tout le monde; et quoiqu'il\nfut fort riche, son avarice étoit insatiable. Il aimoit tellement les femmes que toutes les servantes\nqu il avoit chès lui étoient belles et de bonne humeur. Il a eu trois ou quatre enfants d'une femme\nqu'il entretenoit, avec qui il a demeuré longtemps et même demeuroit encore avec elle, quand il\nmourut, bien qu'il fut âgé de 71 ans. » (Histoire et de Paris.)\n(4) C'est ce qui ressort du moins de son acte de décès cité par Jal (Dictionnaire de Biographie\net d'Histoire) : « Messire Nicolas Formé, vivant prebstre et chanoine de la Sainte Chapelle... »"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "365", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.13", "texte": "UN CHANTEUR COMPOSITEUR DE MUSIQUE\n\nde présence lors de l'abjuration du roi à Saint-Denis, le 25 juillet 1593. Il put\ny assister parmi ces musiciens recrutés pour la cérémonie, lesquels, dit Pierre de\nFEstoille, chantèrent le Te Deum tandis que l'archevêque de Bourges entendait\nla confession du prince. S'il n'y parut point, la faute en fut au duc de Mayenne,\nqui, ce jour-là, (( ht publier rigoureuses deffenses d'aller à Saint-Denis et de sortir\nde Paris sans sa permission )). Car, sans lui faire injure, on peut tenir son zèle\ncatholique pour médiocre.\nEn 1594, le Béarnais entre à Parte. Bientôt la Chapelle royale reprend son\norganisation régulière, sous la direction des deux maîtres, Garnier et Eustache\nDu Caurroy. Formé, qui chantait la haute-contre « avec une justesseadmirable )),\ndit Sauvai, y brille au premier rang. C'est alors qu'il commence aussi, sans\ndoute, à s'exercer à la composition. L'enthousiasme dont déborde l'épitaphe\nqu'il se ht honneur de consacrer àDu Caurroy, quand il fut appelé à prendre sa\nsuccession, aussi bien que la réputation incontestée de ce maître, donnerait à\npenser que c'est auprès de lui qu'il s'en alla chercher des modèles et des exem-\nples. La chose est possible. Théoricien docte et disert aussi bien que composi-\nteur excellent, Du Caurroy avait déjà, dix ans auparavant, écrit « plu-\nsieurs oeuvres touchant la théorique et pratique de la musique )) Œu-\nvres demeurées toujours inédites, il est vrai, mais dont l'influence fut grande\npuisque Mersenne y fait des allusions fréquentes et, de son propre aveu, en tire\npresque tout ce qu'il dit du contrepoint et de la composition hgurée.\nDans l'oeuvre de Formé cependant, rien qui rappelle le style du « Prince des\nMusiciens )). Bien loin de se rapprocher de cette musique (( g randement obser-\nvée, toute pleine d'industrie et doctrine )), la sienne ferait plutôt songer à cette\nmanière (( approchant de l'air... oùles parties vont le plus souvent ensemble de\nmesme pied sur un mesme sujet bien qu'on y puisse mesler quelque peu d'in-\ndustrie. )) Le P. Parran, en nous donnant ces déhnitions, ajoute que, quoique\nencore en vogue de son temps, ce genre ne l'était plus autant qu'autrefois,\n(( tesmoin, dit-il, la musique Gaillarde de Granier et d'Intermet jadis (1) ». In-\ntermet n'est pas en cause ici ; mais ce Granier n'est-il pas le Garnier de la Chapelle\nroyale ? C'est plus que probable. Il ne nous manque plus que de posséder quel-\nques-unes de ses compositions pour décider dans quelle mesure Formé se serait\nen tel cas inspiré de lui.\nMieux que l'art sévère de Du Caurroy, ce style séduisant devait emporter les\nsuffrages d'une cour peu faite pour sentir le prix des savantes recherches. Par\nce qu'elles retenaient de la musique mondaine alors en faveur, ces compositions\nl'emportaient sans peine sur le contrepoint strict, lequel (( ne plaist guères\nqu'aux Maistres qui jugent et goustent ce qui est d'artifice en la disposition\net meslange d'accords bien observés et pressés ». Aussi le succès de\nFormé s'afhrma-t-il rapide. Le jour même de la mort de Du Caurroy, le 7 août\n1609, sans aucun concours, il est retenu par le roi pour remplir la charge va-\n\n(I) Le P. PARRAN, Traité delà Musique théorique et pratique, 1646. Le permis d'imprimer est de\n1638.\nIntermet, qui est cité ici, fut un des maîtres les plus célèbres du midi de la France. Avignonais,\nsuccessivement chanoine de Saint-Agricol et maître de musique de l'église métropolitaine, sa\nréputation pénétra jusqu'à Paris. Louis XIII, passant à Avignon en 1622, voulut que la musique\nde son entrée solennelle fût composée et dirigée par Intermet et fit emporter une copie de\nl'œuvre exécutée en sa présence."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "366", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.14", "texte": "UN CHANTEUR COMPOSITEUR DE MUSIQUE\n\ncante. Louis XIII lui assure sa bienveillance et lui témoigne une admiration qui\nne se démentit jamais. La reine l'affectionne à ce point qu'on lui passe à la Cour\nles excentricités les plus risquées. (( Il se laissoit tellement transporter à la juste\ncadence de ses compositions, écrit Sauvai, que quelquefois il se pâmoit en les\nfaisant chanter. )> Il se peut qu'il y ait eu beaucoup de pose dans cet étalage de\nsensibilité qui n'allait pas toujours sans inconvénient. Un jour, à Saint-Germain,\nil tombe à la renverse en dirigeant ses chantres devant le roi et se blesse si fort\nqu'il faut le reconduire à Paris. Et la reine liïi prête sa propre litière pour qu'il\nfasse le voyage plus à l'aise. Le cardinal de Richelieu s'intéresse aussi aux com-\npositions de Formé. Le roi envoie exprès sa musique, de Saint-Germain à\nParis, pour lui faire entendre un nouveau motet du maître (1). Toute la cour\npartage cet engouement, et les beaux esprits qui font son anagramme s'accor-\ndent à y voir le pressentiment de sa maîtrise en son art. Ils trouvèrent dans\nson nom, Nicolaus Formé, les notes de la gamme, ut, ré, mi, fa, sol. (( Quoique\ncette anagramme fût un peu licencieuse elle ne laissa pas d'être très bien reçue »,\ndit le biographe.\nSa situation lui vaut, au reste, des avantages plus solides. En 1625, le roi lui\noctroie l'abbaye de Reclus au diocèse de Troyes, bénéfice que le poète Melin de\nSaint-Gelais, un siècle auparavant, avait le premier obtenu en commende (2).\nL'année suivante, le nouvel abbé est en outre pourvu, le 11 novembre 1626,\nd'un canonicat en la Sainte-Chapelle, qu'il avait si peu édifiée dans sa jeunesse.\nCette dernière faveur n'était pas à coup sûr la récompense des services jadis\nrendus à l Eglise. Formé n'est pas moins ingénieux à en tirer parti. Quand il\ndoit quitter la maison canoniale qu'il habitait en la cour du Palais, maison dé-\nmolie pour le percement d'un passage donnant accès en la rue neuve Saint-Louis,\nl'arrêt porte qu'il aura, avec un de ses collègues aussi exproprié, la jouissance\nd'une autre maison et le revenu des échoppes et boutiques qui seront construites\nau long du passage. Soucieux sans doute de s'assurer le calme nécessaire à ses\nméditations musicales, il fait insérer dans le dispositif que ces boutiques ne\npourront être occupées (( par ouvriers ou artisans travaillans avec le marteau )) (3).\nPlus tard d ailleurs il quitte ce logis sous prétexte d'incendie et le loue (( au\ngrand scandalle d'un chacun ». Et cet abus lui vaut, en 1636, de nouveaux et\nsérieux démêlés avec le chapitre (4)\nRien de tout cela ne diminue la faveur dont il jouit. Cette faveur constante et\nles témoignages d'admiration qui lui sont prodigués expliquent assez la vanité\nqui s'affirme en ses dédicaces. Ainsi que tous les musiciens de la Chapelle royale,\nil est longtemps plus illustre que connu, du moins hors de l'entourage\n\n(1) Mémoires de Dubois, valet de chambre du roi Louis XIII. — Ce motet, Nonne subjecta\nerit anima mea, était tenu pour le chef-d'œuvre du « bonhomme Formé », dit Dubois, et de la\nmusique de ce temps. Le cardinal, paraît il, le voulut entendre deux fois dans la chapelle du\nPalais-Royal. Il en fut si satisfait que, outre un repas magnifique qu'il offrit aux artistes, il leur\nfit distribuer 10.000 livres. L'auteur eut sans doute la meilleure part de ces largesses, faites d'ail-\nleurs avec l'argent du roi « par ung acquit patent », remarque Dubois.\nLes Mémoires de Dubois sont encore inédits. Quelques extraits et une analyse se trouvent,\ndans la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, 2e série, 4 septembre 1847.\n(2) Formé ne conserva pas ce bénéfice jusqu'à sa mort. En 1634, pour des raisons que nous\nignorons, il le cède à son neveu Jean Formé (Gallia Christian a, IX, p. 601).\n(3) FÉLIBIEN, Histoire de la ville de Paris (V, Preuves 78-79).\n(4) Ce fut, sans doute, pour faciliter cette spéculation peu délicate qu'il était allé demeurer rue\nBertin-Poirée, en une maison à lui appartenant, où son acte mortuaire nous apprend qu'il est mort."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "367", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.15", "texte": "LES CONCOURS DU CONSERVATOIRE\n\ndu monarque. Le P. Mersenne, assez curieux de musique pourtant, dé-\nclare vers 1636 n'avoir encore rien entendu de lui (1). Aussi, quand, vers la\nfin de sa vie, Formé se décide à publier ses oeuvres, il ne craint pas d'écrire que\nce qui l'a déterminé à ce dessein, c'est le désir qu'a toute la France (( de les voir\net de les ouyr ». Et l'épigraphe empruntée à Horace :\nSi quid novisti rectius istis,\nCandidus imperti : si non, his utere mecum,\nne respire pas un moindre contentement de soi-même. Il n'avait pas tort d'en\nfaire autant de cas, puisque son royal protecteur les estimait assez pour qu'après\nsa mort il en ait voulu demeurer l'unique possesseur. Aussitôt après le décès du\ncompositeur, le roi, nous apprend Sauvai, fît enlever ses ouvrages par un\nexempt des gardes (( et les enferma depuis dans une armoire qu'il fit faire\nexprès, dont il avait toujours la clef, et en prenait plus de soin que des plus ri-\nches meubles de la couronne ».Le fait parut assez rare et assez honorable à sa\nmémoire pour être consigné dans l'épitaphe de Formé, à Saint-Germain-\nl'Auxerrois, où il fut inhumé.\n\nHENRI QUITTARD.\n\nLes concours du Conservatoire.\nComme tous les ans, la vieille salle s'est remplie d'une foule frémissante et\nvolontiers frondeuse, tandis que de jeunes artistes luttaient sur la scène, à coups\nd'archet, à coups de gosier, et que le jury, le mystérieux jury, retiré au fond de\nsa loge, écoutait en silence, puis rendait d'une voix faible mais ferme des arrêts\nsans appel.\nComme tous les ans, il y a eu des triomphateurs peu modestes, des. mécontents\npeu stoïques, des pleurs, des grincements de dents, des protestations. Et les\ndécisions de l'aréopage furent critiquées par les critiques, comme de juste. C'est\nun accident auquel il faut s'attendre, du moment que les concours sont publics.\nIl est impossible que le jugement des auditeurs s'accorde avec celui des profes-\nseurs de la maison ; et je ne fais pas allusion ici aux fameuses faveurs, qui ne\njouent certes pas le rôle qu'on veut bien dire ; mais nous ne pouvons apprécier,\nnous qui sommes dans la salle, que le résultat brutal, la fausse note, la mauvaise\nattaque, le tremblement, l'erreur de solfège : le jury, au contraire, doit tenir\ncompte du travail de l'année, du mérite reconnu, des antécédents, de la cruauté\naussi qu'il y aurait souvent à briser une carrière pour une faute accidentelle.\nIl est donc fort naturel qu'il se montre plus humain et plus généreux que nous.\nNous, si l'on nous invite, c'est évidemment pour que nous disions notre opinion ;\nje dirai donc la mienne, en m'excusant d'avance si elle ne concorde pas toujours\navec celle des juges, et en assurant que je n'y entends point de malice.\n\n(i) «Il y en a plusieurs autres qui mériteroient des éloges si j'avois connoissance de leur ca-\npacité et de leur vertu ; par exemple... les sieurs Picot et Formé et quelques autres dont ie ne\npeux parler que parle récit d'autruy, pour ce que ie n'ay point ouy leur musique ». (Harmonie\nUniverselle, Préface générale.)"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "368", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.16", "texte": "LES CONCOURS DU CONSERVATOIRE\n\ni6 juillet. — Le morceau du concours de contrebasse, dont l'auteur est\nM. Emile Ratez, directeur du Conservatoire de Lille, est congrûment pensé et\nd'une écriture sobre et correcte : je n'ai guère que des éloges à faire pour ce\nqui est de la musique. Mais il y avait moyen d'écrire mieux pour l'instrument.\nPourquoi ces chants liés, presque irréalisables à cause des incessants change-\nments déposition ? Pourquoi ces batteries de tierces si incommodes ? Pourquoi\ndemander le premier fa % de la clé de sol, qui est toujours mauvais ?\nLe résultat est un son mince, forcé, caverneux, d'une justesse le plus souvent\ndouteuse, et qui semble refuser de sortir. Penché sur l'épaule du jeune virtuose,\nle gros instrument geint douloureusement, car on le torture. Cela fait pitié.\nQue devons-nous demander surtout à la contrebasse ? Une attaque énergique\net précise, un rythme impeccable, une grande vigueur. Ce sont des qualités\nque les candidats pouvaient montrer quand même dans certains passages de la\nsuite de M. Ratez (2e variation, début de la fugue), et dans le morceau de lecture\nde M. Rousseau, fort amusant et bien rythmé. Mais, hélas ! il ne nous a pas été\ndonné d'entendre un bon staccato, ou un pizzicato bien enlevé. C'est pourquoi\nle jury n'a pas cru devoir donner de premier prix ; il a attribué un second prix\nàM. Limonot (ier accessit en 1902), un premier accessit àM. Zibell (2e accessit\nen 1902), et les deuxièmes accessits sont allés à MM. Gibier et Subtil : ce dernier\nest le seul de tous qui ait joué presque juste.\nLe concours d'alto a été beaucoup meilleur : M. Laforge donne à ses élèves\nbeaucoup de précision, de sûreté et de vigueur. Grâce à lui, nous verrons bien-\ntôt disparaître de nos orchestres ces altos timides et mal assurés, qui ne sont\nque de faux violons, — et des violons faux. On s'est étonné de voir M. Lefranc\ngratifié d'un ier accessit seulement : espérons que le premier prix récompensera,\nl'année prochaine, l'ampleur et la fougue remarquables de son jeu. M. Pollain\n(second prix, Ier accessit en 1902) est correct, mais peu personnel. Je n'ai\nrien à objecter au Ier accessit de Mlle Coudart, ni au second accessit de\nM1Ie Lefebvre.\nLe concours de violoncelle nous a fait entendre dix-sept fois les fadaises, mê-\nlées de sauts périlleux, du concerto de Popper. Mlle de la Bouglize a une rare\npuissance de son, qui la met bien au-dessus des autres premiers prix : Mlle Re-\nboul, M. Gasadessus, Mlu Bitsch. Second prix :M. Droeghmans. Premier ac-\ncessit : M. Jamin. Deuxièmes accessits : MM. Doucet, Ringeisen et Olivier. Le\njury, on le voit, s'est montré généreux, et, de fait, le concours a été bon dans\nson ensemble Et puis, il y aura ainsi des places pour l'année prochaine !\n77 et 18 juillet. — Concoursde chant. Grande affluence, salle surchauffée, cou-\nloirs trop étroits pour l'envergure des chapeaux, applaudissements frénétiques,\nmurmures, enfin de véritables premières avant la lettre. MM. Levisonet Devriès\nse partagent le premier prix : tous deux ont nuancé avec goût du Massenet.\nM. Lafont (second prix) a plus de vigueur dans la Fête dêAlexandre, de Haendel ;\nM. Simard (second prix) a une voix chaude et généreuse. Premiers accessits :\nMM. Morati et Lucazeau. Deuxièmes accessits:MM.de Poumayrac et Chevalier.\nComme toujours, il me semble que les préférences du jury vont aux chanteurs\nde salon, dont les notes filées font pousser des : « Ah î » au public pâmé. Mais\nc'est tous les ans la même chose, je n'insiste donc pas.\nLe lendemain, il nous futdonné d'entendre nombre desopranos aigus, suraigus\net déchirants, et quelques graves contraltos. Il faut mettre hors de pair"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "369", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.17", "texte": "CONCOURS DU CONSERVATOIRE\nR. M.\n23\n\nMmeGuionic, dont la voix agréable et d'unesouplesse merveilleuse a rendu de l'in-\ntérêt àla vieille valse du Pardon de Ploërmel. Mlle Tapponnier et Mme Vergonnet\npartagent avec elle le premier prix, l'une pour un air du Freyschùtz, bien vieilli\ndécidément, l'autre pour un air des Pêcheurs de Perles, chanté avec délicatesse.\nMlle Foreau (2e prix) a delà précision et une chaleur un peu factice; Mlle Du-\nchesne (2e prix) chante dans un bon sentiment un air admirable d'Héraclès,\ndeHaenclel. Premiers accessits: MUesThiesset, Blotet Vallandri. Deuxièmes accessits :\nMiles Dangès (dans un air insipide des Huguenots), Vix, et Lamart [Perfide ! par-\njure). En somme, concours meilleur que celui de la veille ; les voix sont plus\nposées et le goût plus pur.\nOpéra comique.— 21 juillet. —De ce concours, remarquable par sa longueur,\nje n'ai pas à parler longuement: il est si peu musical ! Le jury a fait état des\nqualités scéniques et récompensé l'agitation intelligente et souple de quelques\nbons élèves qui sont déjà de bons acteurs. Il a donné le premier prix à\nM. Casella, qui a dessiné joliment, avec une vivacité alerte, plus que gaie,\npresque spirituelle, le rôle du maître à danser Miton dans le Roi l'a dit.\nM,Ie Foreau, vive et futée dans sa réplique du Roi la dit, a chanté l'air des\nlarmes de Werther avec une sincérité émue. Ce sont là de rares qualités de\nthéâtre, les seules après tout que l'étude développe. M. Chevalier, un second\nprix, a mimé avec feu et chanté d'une voix légère et voilée, agréable dans les\nnotes basses, une insupportable scène d'Haydée. Mlle Vallandri aeu un accessit\nde grâce gentille et tendre. Les vocalises agiles de Mme Guionie dans le\nMaître de chapelle méritaient mieux qu'un second accessit. Il fallait mettre tout\nà fait à part et autrement que par un second prix la voix superbe, vibrante et\npathétique de Mlle Duchesne, qui elle aussi a l'instinct de la scène, car elle a\ncomposé un Orphée d'une noble tenue, et qui est en même temps une musi-\ncienne et une artiste.\nPiano. Femmes. — Jeudi 23 juillet. — Trente-deux concurrentes ont phrasé la\ndix-huitième Romance sans paroles de Mendelssohn et exécuté le Festin d'Esope,\nd'Alkan, morceau de concert brillant et ingrat, qui a fait valoir la vélocité adroite\net sûre d'un grand nombre d'élèves, plus rarement leur goût et leur style.\nMlle Dehelly, au jeu nerveux, souple, très égal, a dentelé finement les traits et\nrocamboles d'Alkan. Elle a partagé le premier prix avec Mlle Merlin, au toucher\nsvelte et discret, avec Mlles Roger et Atoch. Les deuxièmes prix sont Mlle Kast-\nler; Mlle Schultz, au toucher profond et vigoureux ; Mlle Neyrac, d'une délica-\ntesse très expressive dans la Romance sans paroles, oû elle a élégamment entre-\nmêlé le chant et l'accompagnement sans confusion, sans précipitation, sans\nrecherche maniérée. Le morceau de déchiffrage était d André Messager. Le\njury n'a pas pardonné quelques défaillances dans des arpèges périlleux à\nMlle Lamy Charlotte, qui a joué avec piquant et grâce et qui a eu des effets\nexquis de sonorité voilée. Il a oublié l'aisance coquette de Mlle Aussenac, qui a\ndétaché avec rythme le thème d'Alkan.\nLe concours de violon, d'où nous sortons, nous a paru excellent."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "370", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.18", "texte": "INFORMATIONS\n\nInformations.\n\nUNE PROTESTATION DES MUSICIENS ALLEMANDS CONTRE LES FÊTES DE WAGNER\nA BERLIN. — On sait que de grandes fêtes musicales doivent avoir lieu à\nBerlin, en octobre prochain, pour l'inauguration d'un monument élevé à\nWagner. Elles consistent à la fois en des concerts, des représentations, et un\nCongrès international de musique. L'organisation de ces fêtes a paru si anti-\nartistique, qu'elle a soulevé en Allemagne des protestations violentes. Tous les\ngrands chefs d'orchestre wagnériens, et les plus célèbres musiciens allemands ;\nRichter, Mottl, Richard Strauss, Steinbach, Joachim, etc., ont déclaré qu'ils\nn'y prendraient aucune part. Aucun des nombreux Wagnervereine de l'Alle-\nmagne, aucun des membres de la famille Wagner n'assistera à l'inauguration\ndu monument.\nVoici une nouvelle protestation que nous avons à enregistrer de la part des\ncritiques et savants musicologues allemands. Elle compte presque tous les plus\ngrands noms de la littérature musicale de l'Allemagne, à quelque parti qu'ils\nappartiennent :\nEn réponse à de nombreuses demandes d'informations, les professeurs et musico-\ngraphes soussignés se voient amenés à déclarer que la réunion d'un Congrès de\nmusique à l'occasion des fêtes de Wagner à Berlin leur paraît une idée malheureuse.\nContrairement à de pompeuses déclarations, ils sont convaincus que la science et la\npédagogie musicales, au milieu de ces réjouissances, et dans le demi-jour où les\nréduit le programme officiel, ne seraient l'objet d'aucun travail intéressant ; aussi\ns'abstiendront-ils de prendre part à ce Congrès.\nDr Max FRIEDLZENDER (Berlin) ;\nDR H. GEHRMANN (Francfort) ;\nDr X. HABERL (Ratisbonne) ;\nDr J. JOACHIN (Berlin) ;\nDr A. KOPFERMANN (Berlin) ;\nDr C. KREBS (Berlin) ;\nDr H. KRETZSCHMAR (Leipzig) ;\nDr Th. KROYER (Munich) ;\nPr S. de LANGE (Stuttgart) ;\nDr J. MANTUANI (Vienne) ;\nDr W. NAGEL (Darmstrat) ;\nDr K. NEF (Bâle) ;\nDr A. PRUFER (Leipzig) ;\nD11 A. SANDBERGER (Munich) ;\nDr L. SCHMIDT (Berlin) ;\nPR B. SCHOLZ (Francfort) ;\nD'' R. SCHWARTZ (Leipzig) ;\nF. STEINBACH (Cologne) ;\nPr C. STIEHL (Lùbeck) ;\nPr J. STOCKHAUSEN (Francfort) ;\nPr C. STUMPF (Berlin) ;\nDr A. THIERFELDER (Rostock) ;\nDr E. VOGEL (Berlin) ;\nDr H. WELTI (Berlin) ;\nDr L. WOLFF (Bonn) ;\nDr Ph. WOLFRUM (Heidelberg).\n\nTHÉÂTRE D'ORANGE. — Nous avons reçu d'Orange, trop tard pour être publiée\ndans notre dernier numéro, une correspondance d'où nous détachons le passage\nsuivant : (( ... Pour la scène de l'Enfer, dans Orphée, les 3 portants à mi-hau-\nteur placés derrière les lauriers qui étaient de chaque côté de la scène consti-\ntuaient tout le décor. Peu d'éclairage dans la salle, où l'on peut à peine relever\nla disparate formée par les fauteuils qu'on avait placés au-dessus des gradins.\nTous les artistes, sauf quelques musiciens de l'orchestre (qui comprenait 120\nsujets) appartenaient à l'Opéra-Comique. Mlle Gerville-Réache (Orphée) ne nous\na pas trop fait regretter l'inoubliable Delna ; sa voix est très belle, mais n'a pas\nparu assez sonore pour un tel théâtre. La voix de Mlle Eyrams (l'Amour) s'en-\ntendait plus distinctement. MUe Mastio a tenu très convenablement le rôle d'Eu-\nrydice. (Je dois mentionner au 2e acte, et du côté chant, une défaillance peut-être"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "371", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.19", "texte": "INFORMATIONS\n\ninaperçue du gros public, mais où l'intervention du chef, M. Busser, a été bien\nnécessaire...) Le public a surtout applaudi le ballet. Recette : 8 ooo fr., avec\n20.000 fr. de frais ! Il est vrai que le lendemain, pour la représentation du soir\n(Mme Sarah Bernharclt, Phèdre), il y avait, dès 4h. de l'après-midi, 38.000 fr. de\nlocation (dont 70 p. cent réservés àla grande artiste).— En somme, il faut haute-\nment féliciter Mmc Caristie-Martel de cette belle et noble entreprise, dont le suc-\ncès a été très vif, et qui lui fait grand honneur.\n— On nous annonce en même temps que M. Ed. Colonne, réminent chef d'or-\nchestre, avait projeté une tournée prochaine en Espagne, et qu'il vient d'y re-\nnoncer.\n\nNOTES ORPHÉONIQUES. — Plusieurs grands quotidiens, le Journal, le Soleil,\nla Lanterne, le Petit Journal, le Petit Parisien, publient un bulletin hebdomadaire\ndont nous approuvons hautement l'esprit, en vue d'atténuer les funestes effets de\ntrop nombreux organes, entrepreneurs à forfait de concours orphéoniques. Quel\nprogrès il reste à réaliser, pour arracher les sociétés musicales à la banalité de\nleur répertoire et à des fêtes qui tournent surtout au profit des cabaretiers ! Des\nmaîtres comme MM. Laurent de Rillé, Paul Vidal, Bourgault-Ducoudray,\nM. Maréchal, ont beaucoup écrit pour les orphéons ; mais l'éducation artistique\nde leurs interprètes laisse encore, hélas! à désirer.\nUn concours orphéonique aura lieu à Cardiff (pays de Galles) en décembre\nprochain; président : M. Laurent de Rillé. Les Sociétés devront avoir 40 exécu-\ntants au moins, et 70 au plus. — Les primes en espèces pour le concours qui\naura lieu à Louviers, les 15 et 16 août, sont ainsi réparties (orphéons, harmo-\nnies et fanfares) : Excellence et Supérieure, ier prix, 500 fr. ; ire division, 200 fr ;\n2e division 100 fr. ; et 3e division, 50 fr.\nM. Paul Rougnon, le distingué professeur, archiviste de l'Association des\njurés orphéoniques, a écrit, sur le poème les Korrigans, un excellent chœur,\nnettement vocal, récemment chanté avec grand succès aux concours de Château-\ndun, Evreux, Beauvais, Paris (xvne). —E. BALTY.\nSubventions. — Le Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts a\naccordé à certaines sociétés de Paris et des départements des subventions desti-\nnées à encourager leurs efforts et à reconnaître les services qu'elles ont rendus à\nl'art musical.\nA Paris, l'Association des grands concerts, que dirige M. Victor Charpentier, a\nreçu une somme de 2.000 fr.\nLa maîtrise des Chanteurs de Saint-Gervais, qui continue la série de ses\nintéressantes auditions, a obtenu une somme de 500 fr.\nA Bordeaux, une subvention de 3.000 fr. est accordée à la Société Sainte-Cé-\ncile, qui a institué dans cette ville une école de musique et organise chaque\nannée de grands concerts sous la direction de M. Pennequin.\nA Angers, M. Louis de Romain, qui dirige les Concerts populaires symphoni-\nques, reçoit, à titre d'encouragement, une subvention de 3.000 fr.\nA Marseille, 5.000 fr. sont alloués à l'Association artistique des Concerts clas-\nsiques, présidée par M. A. Gouirand, pour les concerts qu'elle organise tous les\nans dans cette ville.\nA Toulouse, le nouveau directeur delà succursale du Conservatoire national,\nM. Crocé-Spinelli, a organisé une Société de Concerts populaires symphoniques"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "372", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.20", "texte": "INFORMATIONS\n\nqui donnera, chaque année, plusieurs séances. En vue d'encourager cette tenta-\ntive artistique, le Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts a alloué\nà cette Société une somme de 1.500 fr.\n\nTHÉÂTRES POPULAIRES. — Théâtre antique d'Orange.— M. Mariéton doit orga-\nniser, dans le courant du mois d'août, au Théâtre antique d'Orange, plusieurs\nreprésentations dans le genre de celles que vient d'y donner, avec un si grand\nsuccès, Mme Caristie-Martel.\nLe Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts a bien voulu encoura-\nger cette œuvre en mettant à la disposition de M. Mariéton une somme de\n3.000 fr.\nNîmes. — M. Chaumié a également accordé, sur les fonds de la Direction des\nBeaux-Arts, une somme de 1.500 fr. au Comité d'organisation qui s'est fondé à\nNîmes en vue d'organiser dans les arènes, des représentations du même genre\nquecelles données récemment au Théâtre d'Orange.\nLa ville de Nîmes, qui a pris l'initiative de ces représentations, en a fixé la date\nau mois de juin prochain. On doit y interpréter Œdipe-Roi, avec le concours de\nM. Mounet-Sully.\nThéâtre populaire de Ploujean. — M. Thomas Parc, Directeur du Théâtre\npopulaire de Ploujean (Finistère), a obtenu, sur les fonds du crédit affecté aux\nœuvres de décentralisation artistique, une somme de 1.500 fr.\nThéâtre de TŒuvre. — Une allocation de 1.000 fr. a été mise à la disposition\nde M. Lugné-Poë, pour l'encourager dans les représentations qu'il donne au\nThéâtre de l'Œuvre.\nEcole de musique de Montpellier. —On annonce que l'Ecole de musique de\nMontpellier doit être prochainement transformée en succursale du Conservatoire\nnational.\n\nCONCERTS. •— Trocadéro. — Une matinée-concert, au bénéfice de la Caisse\nde secours de l'Œuvre des Trente Ans de Théâtre, sera donnée, le 29 octobre\nprochain, dans la grande salle des fêtes du Trocadéro.\n\nCONSERVATOIRE. —M. deBériot, professeur classe de piano au Conser-\nvatoire national, qui, ainsi que nous l avons annoncé, doit cesser ses fonctions\nle ier octobre prochain, a été nommé professeur honoraire.\nDans la classe de Mme Tassu-Spencer, récemment nommée, pour une période\nde 5 années scolaires, professeur de harpe chromatique au Conservatoire\nnational, l'âge d'admission a été fixé ainsi qu'il suit, par arrêté du Ministre de\nl'Instruction publique et des Beaux-Arts :\nEn 1903 22 ans.\nEn 1904 21 ans.\nEn 1905 20 ans.\nEn 1906 19 ans.\nEn 1907 18 ans.\n\nMME J.-B. DE LA MOTTE, CANTATRICE. — Les fins de saison nous révèlent par-\nfois de bien jolis talents. C'est ainsi qu'au concert qu'elle donna ce dernier mois,"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "373", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.21", "texte": "ADOLPHE ADAM\n\nMme J.-B. de la Motte nous est apparue comme une cantatrice digne d'occuper\nles premiers rangs. Sa voix de mezzo est d'un timbre exquis et d'une fraîcheur\nrare ; sa méthode de chant assure à l'organe une émission parfaite, l'égalité dans\ntous les registres, et une articulation excellente. Enfin l'artiste possède l'intelli-\ngence des styles et, qu'elle interprète Mozart, Schumann, ou les mélodies mo-\ndernes de Widor et de J. Bouval, elle garde toujours une simplicité exquise. Le\nsuccès de Mme de la Motte fut des plus vifs ;on lui redemanda même le Noyer de\nSchumann, si joliment accompagné àla harpe par Mlle Renié. La réputée har-\npiste fut acclamée seule dans la Source de Zabel et Contemplation, signée de son\nnom, tandis que Victor Staub triomphait comme pianiste, Henri Saïller comme\nvioloniste, et M. Warmbrodt comme interprète des compositions de J. Bouval.\n\nNotes bibliographiques.\n\nOn a pu lire récemment dans les journaux que, par les soins de M. Gustave\nCharpentier, le compositeur ami du peuple, un certain nombre d'ouvrières de\nParis avaient été admises gratuitement au théâtre. Ce généreux socialisme de\nl'auteur de Louise n'est pas sans précédents ; au moins y eut-il quelque chose\nd'analogue sous la Révolution. Aux Archives départementales et communales du\ndépartement de la Seine (30, quai Henri-IV), se trouvent les deux pièces sui-\nvantes :\nFonds municipaux, D 1986 : (( Circulaire du Bureau central qui met à la dis-\nposition de chaque municipalité, pour le jour de la fête des Vieillards, une loge\ndu théâtre des Arts, et les prévient que les frais de voiture leur seront rembour-\nsés. — 4 fructidor an IV. »\nIbid., D 1995 : (( Circulaire du Bureau central aux municipalités, les préve-\nnant qu'il a jugé préférable de célébrer la fête des Vieillards dans chaque arron-\ndissement, que chacune d'elles aura à faire conduire les vieillards au théâtre de\nla République et des Arts par deux officiers municipaux et qu'une somme de\n150 fr. leur sera remise à chacune pour remboursement de tous frais. — 6 fruc-\ntidor, an V. » (V. une pièce du même genre, ibid. D, 2917, 4 fructidor an VI.)\n\nAdolphe Adam.\n(24 juillet 1803 — 3 mai 1856.)\nAdolphe-Charles Adam, dont on a célébré ce mois-ci le centenaire, est un\nélève de Boïeldieu, musicien charmant, dénué de profondeur sans doute, mais\nplein de verve et de facilité, excellent écrivain musical, auteur de quelques chefs-\nd'œuvre types, et qui eut le mérite, fort envié par de plus grands, d'être popu-\nlaire : il commença ses études sous la direction de son père (d'origine alsacienne),\nqui était professeur de piano au Conservatoire, où il entra en 1817 et obtint\nun (( deuxième second grand prix )). On lui doit une quarantaine d'opéras, dont\nle premier, Pierre et Catherine, est de 1829. Les autres ouvrages dramatiques\nsont : Damilowa, Trois jours et une heure, Joséphine (1830), le Morceau d'ensemble,\nle Grand Prix, Casimir (1831), le Proscrit (1833), Une bonne fortune, le Chalet"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "374", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.22", "texte": "SCHUMANN\n\n(1834), la Marquise, Micheline (1835), Postillon de Long-jumeau (1836), le\nFidèle Berger, le Brasseur de Preston (1838), Régine, la reine d'un jour (1839),\nla Rose de Péronne (1841), la Main defer, /e Secret (1841), le Roi d'Yvetot (1842),\nLambert Simnel (1843), Caghostro, Richard en Palestine (1844), Bouque-\ntière (184s), les Premiers Pas (1847U Ie Toréador, Giralda (1850), le Far-\nfadet (1852), la Poupée de Nuremberg, Si j'étais roi, le Sourd, /e Bijou perduy\n(1853), la Faridondaine, le Roi des Halles, Main zelle Geneviève, le Muletier de\nTolède, à Clichy (1854), le Houqard (1855), Falstaff (1856), /es Pantins de Violette.\nlia écrit, en outre, les ballets : Faust (1832), la Fille du Danube (1836), les\nMohicans (1837),/a Jolie Fille de Gand (1839), Giselle (1841), Griseïidis (1848b\nla Filleule des Fées {1849), Or/a (1852), et /e Corsaire (185 5 L Lorsque, il va\nquelques années, l'Opéra-Comique nous fit réentendre le Toréador avant la\nNavarraise de M. Massenet, on n'eut pas de peine à mesurer la distance qui\nsépare l'œuvre lyrique moderne de celle qui régnait il y a cinquante ans !...\nmais certaines œuvres d'Adam — comme la Mignon d'A. Thomas — sont restées\njeunes. Le Chalet est un chef-d'œuvre incontestable, un vrai modèle du\ngenre.\n\nRobert Schumann (1810-1856).\n\nUn jour, un illustre compositeur qui me faisait l'honneur cfune visite trouva\nune partition de Schumann sur mon piano, y posa l'index et laissa tomber cette\nsévère appréciation :\n— Ceci est du poison.\nJe fus d'autant plus surpris de l'apostrophe que, pas plus que bien d'autres, le\nmusicien dont il s'agit ne semble avoir échappé à l'intoxication. Et il y a des\npoisons délicieux.\nCe n'est que plus tard, en y songeant encore, que je compris exactement ce\nque mon visiteur avait voulu dire.\nIl déplorait l'influence dangereuse que Schumann peut exercer sur un jeune\ncompositeur : et, considérée à ce point de vue, son opinion paraît juste.\nOr, apprécier, d'une manière favorable ou non, l'influence d'un maître sur\nla jeunesse est déjà faire l'éloge de ce maître; car beaucoup plus grand est le\nnombre des compositeurs qui ne seront jamais contagieux.\nIl est de toute évidence que la manière, le faire habituels de Schumann ne\ndoivent être étudiés qu'après les classiques, sur qui tout repose encore au com-\nmencement du xxe siècle, et sur qui Schumann lui-même s'appuie, en dépit de\nson grand souci de les éviter.\nAvec Mendelssohn et Chopin, Schumann représente ce qu'on appelle le\nromantisme en musique.\nIl devait mourir fou (1), et le dérangement de ses facultés, constaté longtemps\n\n(i) Nous croyons utile de donner ici un court résumé chronologique de cette existence agitée\net féconde.\n8 juin 1810. -—Naissance de Schumann, à Zwickau. Son père était libraire, et lui fit donner\nune bonne éducation musicale.\n1828. — Schumann entre à l'Université de Leipzig pour faire son droit. Il s'occupe beaucoup\nde musique, et prend des leçons de piano avec Fr. Wieck."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "375", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.23", "texte": "SCHUMANN\n\navant sa mort tragique, explique le caractère montagne russe de l'œuvre. Ici, elle\natteint à de lumineux sommets; là, elle plonge en d'obscurs abîmes.\nLa postérité, égoïste au fond, n'a pas à se soucier des années de souffrance de\nl'homme, si, à ce prix, il a pu lui donner quelques heures de joie : elle le glorifie\net se tient quitte envers lui.\nA considérer quelques maîtres musiciens,, il semble que leur souffrance physi-\nque affine encore leur talent : cependant la douleur n'est pas l'indispensable\ncondiment du génie, et beaucoup de musiciens, heureusement, ont joui d'un\nétat physique normal sans qu'on ait à les incorporer dans la garde nationale,\ncomme disait plaisamment Emmanuel Chabrier.\nLa santé de l'esprit, jointe à celle du corps, donne au contraire à un homme\nsupérieur une plénitude, un équilibre, une harmonie des facultés indéniable : Bach,\nHaydn, Mozart, Beethoven, dans la première moitié de leur vie, l'ont bien prouvé.\nC'est sans doute à l'état particulier de Schumann que son œuvre d'ensemble\ndoit d'être celle d'un très grand maître... de second plan.\nSon aversion des classiques lui permit de donner libre cours à sa fantaisie en\ndes œuvres de peu d'étendue. Dans celles-ci il est exquis. Mais quand il s'aven-\nture en de vastes conceptions comme Faust, le Paradis et la Péri, sans le viatique\ndont se munissaient les maîtres, il semble parfois perdre pied.\nIci et là, certes, un éclair traverse ces ténèbres volontaires, mais ne suffit pas à\ndonner à l'ensemble la portée obtenue par des modèles reniés si témérairement.\nDans la facture d'orchestre, mêmes qualités, mêmes défauts ; et ceux-ci semblent\ntrop souvent l'emporter. A côté de beaucoup de trouvailles heureuses, l'instru-\nmentation de Schumann n'a ni la limpidité de Mozart, ni la plénitude de Beetho-\nven, ni l'élégance pittoresque de Mendelssohn, ni surtout l'éclat de Weber, un\npur romantique.\nCependant lorsque, par exception, Schumann songe aux classiques et à l'étude\nqu'il en fit avec une si réelle supériorité, l'hommage qu'il leur rend ne semble\npas lui porter malheur, loin de là. Témoin ce délicieux canon que tous les musi-\nciens connaissent, que les pianistes et les organistes, surtout, ont tous sous les\ndoigts et qui est une merveille d'ingéniosité.\nTémoin encore ces petites fugues qu'on rencontre dans l'œuvre pianistique\ncomme une touffe de violettes apportée à la mémoire de Bach.\nMais la personnalité du maître s'affirme dans une invention mélodique abon-\ndante dont le tour lui est propre le plus souvent, bien qu'évoquant parfois le\nsouvenir de Mendelssohn, dans la trame harmonique toujours inattendue et si\nneuve en son temps qu'il passa pour un fou aux yeux de bien des sages d'alors.\n\n1830. — Il abandonne définitivement le droit pour la musique.\n1834. — Il fonde, avec J. Knorr, L. Schunke et Fr. Wieck, la Neue Zeitschrift fur Musik, or-\ngane de combat de la jeune école.\n1837. — Il demande la main de Clara Wieck. Refus du père, séparation, années de souffrance\net d'espoir.\n1840 — Il épouse enfin Clara Wieck.\n1841. —Première Symphonie.\n1843 — Il entre comme professeur au Conservatoire de Leipzig, récemment fondé par Mendels-\nsohn, mais n'y reste que quelques mois.\n1846. —- Séjour à Dresde. Premiers symptômes d'une maladie cérébrale.\n1850. — Schumann est nommé Directeur de musique à Dûsseldorf.\n1853 —Il abandonne ce poste pour cause de maladie.\nFévrier 1854. — Saisi d'un accès de folie, il va se jeter dans le Rhin. On le sauve et on l'interne\n1856. — Mort de Schumann."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "376", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.24", "texte": "SCHUMANN\nLe prochain n° de la \" cMiiôicale \" sera consacré\nà HECTOR BERLIOZ.\n\nCar au milieu du xixe siècle on avait si bien oublié le grand ancêtre Sébastien\nBach qu'on ne se souvenait plus qu'il a tout inventé, et que revenir à lui passait\npour une nouveauté.\nSchumann est vraiment créateur dans la manière dont il traite les rythmes.\nAvec lui, temps forts ou faibles se confondent en un parti pris de syncopes si\nfréquentes qu'elles finissent par donner naissance àun troisième type à côté du\n(( binaire » et du (( ternaire )) d'antan.\nCela paraît tout simple aujourd'hui -— nous en avons entendu bien d'autres!\n— mais, il y a cinquante ans, l'oreille privée de son point d'appui accoutumé en\nétait horripilée.\nC'est pourtant bien par là, cependant, que Schumann, si légitimement admiré\nde nos jours, se montre réellement novateur et que sa musique se reconnaît entre\ntoutes.\nIl fallait beaucoup de talent pour écrire le Quintette ;il fallait du génie pour en\nconcevoir Y adagio si poignant et si dramatique.\nIl fallait une très grande sensibilité pour écrire ces Mélodies dont plus de la\nmoitié sont de véritables chefs-d'œuvre.\nIl fallait enfin une âme d'artiste et de penseur pour écrire dans la Symphonie\nrhénane, ce curieux morceau où des « tenues »en grandes valeurs peignent musi-\ncalement, et avec tant de bonheur, l'audacieuse architecture de la cathédrale de\nCologne.\nComme pour Chopin, comme pour Mendelssohn, on interprétera d'autant\nmieux Schumann qu'on y mettra plus de soi-même.\nCeci paraît être une de ces vérités àla La Palice applicable à tous les maîtres\nde la musique. Cependant il en est qui gagnent plutôt à être joués selon la lettre\nécrite et dont on dénaturerait le style en y apportant d'autres qualités que la\nsérénité de la notation rigoureuse.\nIl en va tout différemment avec Schumann ; comme pour ses frères en roman-\ntisme, l'exactitude absolue des mouvements passe au second plan ;et si l'on\nressent quelque émotion en l'interprétant, on ade grandes chances de le traduire\nfidèlement.\nSi l'œuvre de Schumann est un poison, il était nécessaire qu'elle prît rang au\nrépertoire des grands concerts et dans la bibliothèque de tous les musiciens. —\nElle apporte à l'art un accent personnel d'une haute saveur. Après une Sympho-\nnie de Beethoven ou de Mozart, Schumann intervient comme un accent utile à\nl'équilibre d'un programme.\nPour de jeunes musiciens il ne doit pas être l'objet d'une étude exclusive ; mais,\naprès les classiques, il apparaît comme une nécessité ;etsi 1 aimable maître qui\nle condamnait jadis l'avait sérieusement négligé, il ne serait peut-être pas le\nmélodiste indépendant et l'harmoniste ingénieusement adroit qu'il est devenu.\nAinsi donc, admirons Schumann sans crainte pour notre goût. Même pour\nceux qui ne jurent que par lui, il faut se rappeler que si poison il ya, le nommé\nMithridate qui, jadis, se nourrissait aussi de poison, dépassa les (( septante )) et\nne s'en porta pas plus mal.\n\nHENRI MARÉCHAL."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "377", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.25", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN\n\nCHAPITRE V\nLETTRES DE MARIE WODZINSKA (et de sa Famille)\nA FR. CHOPIN SON FIANCÉ\n\nLETTRE I\n\n[Lettre de la mère de Marie]\n(Suite j\n(0\n(2)\nMonsieur Frédéric Chopin,\nParis, Chaussée-d'Antin, n\" 5.\nGenève, 28 février 1835.\nMONSIEUR FRÉDÉRIC,\nPermettez que je me rappelle à votre souvenir. Déjà Félix (3) et Marie se sont\naccrochés à vous ; alors moi, pour vous épargner votre temps précieux, et\ncomme j'avais par eux de vos bonnes nouvelles, je ne vous ai pas écrit. Mais\naujourd'hui, voulant profiter d'une si bonne occasion, je m'adresse à vous par\nl'entremise cle votre compatriote M. Darowski, pour vous demander ce que\nvous devenez, vous et votre famille, car sans doute vous avez souvent des nou-\nvelles du pays. Que font vos parents, vos sœurs ? Quand Dziewanowski était ici,\nl'année dernière, il nous a donné sur eux quelques détails.\nN'aurons-nous pas le plaisir de vous voir ici, M. Frédéric? Je ne sais vrai-\nment pas moi-même combien de temps nous séjournerons encore à Genève, mais\nje pense qu'avant de quitter ces contrées je verrai encore Paris et toutes les per-\nsonnes qui m'intéressent. Pardonnez-moi, cher M. Frédéric, si je vous prie de\nme procurer une collection d'autographes des hommes célèbres avec lesquels\n(comme de raison) vous vivez. Polonais, Français, Allemands, etc , peu importe,\n\n(1) Les lettres de la mère de Marie Wodzinska ont été écrites en polonais ; dans celles de\nMarie W. et de son frère le polonais est mêlé avec le français.\n(2) Sur le paquet de lettres des Wodzinski, noué d'une faveur rose, se trouvent, écrits de la\nmain de Chopin, ces mots : Moïa bièda. (Mon malheur). Ces lettres contribuent, pour une bonne\npart, à jeter la lumière sur l'affaire des fiançailles de Chopin avec Marie Wodzinska ; affaire faus-\nsement présentée par le comte Wodzinski dans son livre Les trois Romans de Frédéric Chopin\n(Paris, Calmann-Lévy, 1886) ; il semblait que le témoignage d'un parent ayant entendu raconter\nles détails de cette liaison de la bouche même de Marie, fût absolument certain. Les lettres que je\npublie prouvent que Karasowski a été le plus près de la vérité, quoiqu'il n'ait eu ses renseigne-\nments que de seconde main. Les personnes qui voudraient mieux connaître cette affaire n'ont\nqu'à lire l'esquisse que j'ai publiée sous le titre Mon malheur (Livre commémoratif de\nMickiewicz, Varsovie, 1898, vol. Ier, p. 93C ainsi que l'article de Ferdinand Hoesick: a Nou-\nveaux détails sur Marie Wodzinska » (Wedrowiec, 1900, n° 42, 49).\n(3) Félix Wodzinski, frère de Marie.\n\nR. M.\n24"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "378", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.26", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN\n\nfût-ce même un Juif avec sa barbe, comme chez nous, pourvu qu'il en soit digne,\nveuillez rassembler et envoyer, et je vous en serai infiniment reconnaissante ;\nmais par-dessus tout conservez-nous votre amitié, vous possédez la nôtre depuis\nlongtemps.\nWODZINSKA.\n\nLETTRE II\n\n[Lettre de Marie Wodzinska]:\n\nMonsieur Chopin,\nParis, Chaussée-d'Antin, n° 5.\n[Dresde, septembre 1835.]\nQuoique vous n'aimiez ni à recevoir, ni écrire cles lettres, je veux pourtant\nprofiter du départ de M. Cichowski pour vous donner des nouvelles de Dresde\ndepuis vous. Je vais donc encore vous ennuyer, mais plus avec mon jeu.\nSamedi, lorsque vous nous quittâtes, chacun de nous se promenait triste, les\nyeux remplis de larmes, dans ce salon où, quelques minutes avant, nous vous\ncomptions encore parmi nous. Mon père rentra bientôt et fut désolé cle n'avoir\npas pu vous faire ses adieux. Ma mère en pleurs nous rappelait à chaque instant\nquelque trait « de son quatrième fils Frédéric » (comme elle le dit). Félix avait\nune mine tout abattue ; Casimir (1) voulait faire des plaisanteries comme à son\nordinaire, mais ce jour-là elles ne lui réussissaient pas, car il faisait le paillasse\nmoitié pleurant. Mon père se moquait cle nous et il riait lui-même uniquement\npour ne pas pleurer. A onze heures (2) vint le maître de chant ; la leçon alla fort\nmal, nous ne pouvions pas chanter. Vous étiez le sujet de toutes les conversa-\ntions. Félix me demandait toujours la Valse (3) (dernière chose que nous avions\nreçue et entendue de vous) Nous trouvions du plaisir : eux à l'écouter, moi à la\njouer, car elle nous rappelait le frère qui venait cle nous quitter. Je l'ai portée à\nrelier ; l'Allemand a ouvert de grands yeux, quand on lui a montré une seule\nfeuille ; (il ne savait pas, le Niemiec (4), par qui elle avait été écrite). Personne\nn'a dîné : on regardait toujours votre place habituelle à table, puis aussi le petit\ncoin de Fritz. La petite chaise est toujours à sa place, et probablement il en sera\nainsi aussi longtemps que nous occuperons cet appartement. Le soir, on nous\nconduisit chez ma tante pour nous éviter la tristesse de cette première soirée, à\nlaquelle vous n'auriez pas assisté. Mon père vint nous prendre, disant qu'il lui\nserait impossible, ainsi qu'à nous, de rester dans cette maison ce jour-là. Nous\néprouvâmes un grand bien à quitter un lieu qui renouvelait trop nos peines\n\n(1) Casimii Wodzinski, frère de Marie.\n(2) On voit par ces paroles que Chopin quitta Dresde le matin, et non le soir, comme le dit ie\ncomte Wodzinski dans le livre précédemment cité.\n(3) C'est la valse en la \\) majeur sur laquelle Chopin écrivit: (( Pour M!le Marie, Dresde, sept.\n1835 )), et dont le comte Wodzinski donne le fac-similé dans son livre, prétendant que Chopin\nl'improvisa au moment de son départ de Dresde, et dont il n'envoya le manuscrit que quelques\nsemaines plus tard, de Paris. Cependant, à en juger par ce que qu'écrit Marie, Chopin lui offrit le\nmanuscrit de cette valse avant son départ de Dresde.\n(41 C est à dire l'Allemand."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "379", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.27", "texte": "NICOLAS CHOPIN\n(d'après un portrait à l'huile peint par Miroszewski)."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "381", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.29", "texte": "LETTRES DE LA FAMILLE WODZINSKA A CHOPIN\n\nMaman ne cause avec moi que cle vous et cl Antoine (1). Quand mon frère sera à\nParis, pensez un peu à lui, je vous en supplie Si vous saviez quel ami dévoué\nvous avez en lui ! Un ami comme il est rare d'en trouver Antoine a un cœur\nexcellent, même trop, car il est toujours la dupe des autres ; et puis il est fort\nnégligent, il ne pense jamais à rien, ou du moins rarement. Nous lui avons déjà\ntant parlé raison, mais je crois que, venant de vous, elle ferait beaucoup mieux\nson effet. Je sais comme il vous aime et je suis sûre que vos paroles seront\noracles pour lui De grâce, ne soyez pas indifférent avec lui. Comme il sera\nheureux, éloigné de sa famille de trouver un cœur ami pour le comprendre ! Je\nne vous dis plus rien. Vous connaissez bien Antoine, et vous le connaîtrez encore\nmieux. Vous direz après de lui qu'il veut paraître plus méchant qu'il ne l'est.\nQuand vous aurez par miracle le désir d écrire : (( Comment allez-vous ? Je me\nporte bien. Je n'ai pas le temps d'écrire davantage », ajoutez, je vous prie, oui ou\nnon, en réponse à la question que je vais vous faire : Avez-vous composé? — Si\nj'étais là-haut un petit soleil, pour nulle autre que toi je ne voudrais luire, je l'ai\nreçu ces jours-ci, et je n'ai pas le courage de le chanter, car je crains, si cela est\nde vous, que ce ne soit tout à fait changé, comme par exemple Wojak. Nous ne\ncessons de regretter que vous ne vous appeliez pas Chopinski, ou enfin qu'il n'y\nait pas d'autre marque que vous êtes Polonais, car de cette manière les Français\nne pourraient nous disputer la gloire d'être vos compatriotes Mais je suis trop lon-\ngue. Votre temps est si précieux que c'est vraiment un crime de vous le faire\npasser à lire mes gribouillages. Du reste, vous ne les lirez pour sûr pas en entier.\nLa lettre de la petite Marie sera reléguée dans un coin après qu'on en aura lu\nquelques lignes. Je n'ai donc plus à me reprocher le vol de votre temps.\nA Dieu (tout simple). Un ami d'enfance ne demande pas de phrases. Maman\nvous embrasse tendrement. Mon père et mon frère vous embrassent sincèrement\n(non, c'est trop peu le plus... Je ne sais déjà moi-même comment dire. Joséphine\nn'ayant pas pu vous faire ses adieux, me charge de vous exprimer ses regrets. Je\ndemandais à Thérèse ; « que dois-je dire à Frédéric de ta part »? elle me répond :\nl'embrasser bien et lui faire bien mes compliments.\nA Dieu ! . MARIA.\nP.-S. Au moment de monter en voiture, vous avez oublié sur le piano le\ncrayon de votre portefeuille. Cela a dû vous être incommode en route ; quant à\nnous, nous le gardons ici respectueusement comme des reliques. Encore une\nfois, merci bien gentiment pour la petite cruche. Mlle Wozinska vint ce matin\navec une grande découverte chez moi. (( Ma sœur Maria, je sais me dit-elle)\ncomme on dit Chopin en polonais : — Chopena ? »\n\n(i) Antoine Wodzinski, frère aîné de Marie, qui prit, en 1837, une part active aux luttes san-\nglantes en Espagne."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "382", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.30", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN\n\nLETTRE III\n\n[Lettre de Mme Wodzinska]\nMonsieur Frédéric Chopin,\nParis, Chaussée-d'Antin, n° 5.\nRecommandée.\n(Estampilles : « Dresden, 6 feb. 1836 », et [Paris] « 13 février 1836 ».)\nMON CHER FRÉDÉRIC,\nJe ne sais comment commencer pour vous demander pardon d abuser de votre\nbonté, et surtout parce que je vous fais perdre votre temps. Mais vous pourriez\npenser : A quoi bon tout cela, puisque vous demandez pardon ? je préfère vous\nen dire la cause. Voulant envoyer une petite somme à Antoine, et n'ayant pu,\npour différentes raisons, faire ce qu'il me demandait, j'ai eu l'heureuse idée de\nm'adresser de préférence à celui qui nous a, toujours et partout, donné tant de\npreuves de son amitié. Maintenant que vous savez la cause, veuillez donc faire\nle reste et remettre à mon nigaud la somme ci-incluse. Ne lui refusez pas, mon\ncher Fritz, vos conseils amicaux, encouragez-le à se mettre à l'ouvrage, parce que\nl'oisiveté est la cause de beaucoup de malheurs. Dieu vous récompensera au\ncentuple. Vous ne croiriez pas combien de larmes j'ai versées à cause de cela et\npar suite de mes craintes pour lui. Vous si bon fils, vous saurez me comprendre.\nS'il lui arrivait un jour d'être dans le besoin, sauvez-le et avertissez-moi aussi\nvite que possible. Je vous le recommande ; je sais que votre temps est cher, mais\nje connais aussi votre bon cœur et je suis sûre que quand il le faudra vous saurez\nme sacrifier un moment.\nJ'ai eu ici des nouvelles de vos parents et de vos sœurs. M. Léopold, frère de\nMme Pruszak, est venu, il m'a raconté que tous sont en bonne santé. Marie et\nJoséphine vous envoient leurs compliments ; la première, ayant appris qu'elle\nallait recevoir de vous un morceau de musique, ne se sent pas de joie. Thérèse\nWozinska [sic ! ] parle souvent de vous, même en polonais ; elle dit, en vous\nunissant en pensée à son frère : (( j'ai bien du chagrin par mon frère Antoine —et\nGhopena aussi ». Et elle pleure en vérité. Quand pourrons-nous donc vous voir ?\nSi au moins vous m'écriviez deux mots, pour nous dire si c'est vrai que vous\ndevez venir ici cet été ! Clara Wieck, (et surtout) le Chevalier Kunzel l'ont dit et\naffirmé. Kunzel a même dit que vous aviez pleuré en entendant Mlle Wieck à\nLeipzig ; pour moi, j'ai honte de n'avoir pas aussi pleuré à son concert, quoique\nson jeu m'ait plu énormément, puis sa personne est si aimable, si intéressante !\nEn ce moment se trouve ici le jeune Wolff de Genève, se rendant à Pétersbourg\navec Mlie Nesselrode ;il doit y rester trois ans. Adieu, mon bon Fritz ; nous\nparlons toujours, toujours de vous, car tous nous vous aimons sincèrement.\nJe vous embrasse, mon cher Fritz, ainsi qu'Antoine, et vous bénis tous les\ndeux.\nDresde, le 5 février 1836.\nT. WODZINSKA."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "383", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.31", "texte": "LETTRES DE LA FAMILLE WODZINSKA A CHOPIN\n\nLETTRE IV\n\n[Lettre de la mère de Marie]\nMonsieur Frédéric Chopin,\nParis, n° 5, Chaussée-d'Antin.\n(Estampilles : « Dresden, 15 sept. 36 », et [Paris] « 22 septembre 1836. »)\nLe 14 septembre 1836,\nCHER FRÉDÉRIC !\nSuivant notre convention, je vous envoie une lettre que vous aurez la bonté de\nremettre à Mrae Nakwaska ;je l'aurais déjà expédiée il y a deux jours, si ce n'eût\nété une dent que j'ai fait extraire après votre départ et dont j'ai beaucoup\nsouffert. Je ne peux assez regretter que vous soyez parti samedi ; ce jour-là\nj'étais souffrante et je n'ai pu assez m'occuper du crépuscule, nous en avons trop\npeu parlé.\nLe lendemain j'aurais pu en causer plus longuement. M. de Girardin dit :\n« En toute chose le lendemain est un grand jour. —Nous ïavons devant nous. » Ne\ncroyez pas que je rétracte ce que j'ai dit, non ; mais il fallait délibérer sur la voie\nà suivre. Je vous prie seulement de garder le secret ; portez-vous bien, car tout\ndépend de cela (1). Casimir est arrivé dimanche ; je l'ai trouvé tout autre qu'à\nson départ. Si en Bohême l'air est saturé d'opium, là assurément il est plein de\njusquiame. Quelle perspective pour Marie ! Qui sait comment elle sera dans un\nan !Je laisse ici Joséphine avec Mlle Mallet ;au printemps je reviendrai, et de\nnouveau j'irai aux eaux. Tel est mon projet, que Dieu fasse qu'il réussisse ! Si,\ngrâce à Dieu, Antoine revient en bonne santé, encouragez-le au travail ; qu'il\napprenne ce qu'il peut, car ses frères ne savent pas grand'chose, et ce serait\nhonteux que les soeurs fussent supérieures à leurs frères. Maintenant je ne peux\nrien lui envoyer, car, comme dit Casimir, le père le plus riche de toute la province\ndoit vivre en conséquence ; c est bien, mais selon moi c'est mal de laisser pour\nce motif son enfant mourir de faim.\nDès mon arrivée à Varsovie, j'enverrai, par votre entremise, à Antoine, ce que\nje pourrai ; pour le moment je vous prie, si vous avez de lui quelque nouvelle,\nde me la communiquer. Je resterai encore ici quinze jours ; pour le 15 octobre je\nserai à Varsovie, car c'est ce jour-là que doit avoir lieu le mariage. Je verrai vos\nparents et vos sœurs, je leur dirai que vous vous portez bien et que vous êtes\nd'excellente humeur; cependant je ne parlerai pas du crépuscule. Soyez pour-\ntant assuré de ma sympathie ; pour compléter mon souhait et mettre à l'épreuve\nces sentiments, cette précaution est nécessaire. Adieu ! Couchez-vous à 11 heures,\n\n(i) Il résulte avec clarté de ce qui précède que, quelques jours avant de quitter Dresde, Chopin\nau « crépuscule » fit sa déclaration à Marie et fut accepté d'elle, avec l'autorisation de sa mère.\nOn voit que Mme Wodzinska prévoyait une résistance de la part de son époux, mais elle comptait\nsur ses forces pour la vaincre ; c'est pourquoi elle demande le secret. La réalisation de ce projet\nde mariage, selon elle, dépendra uniquement de la santé de Frédéric."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "384", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.32", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN\n\net jusqu'au 7 janvier employez F eau de gomme (1) comme boisson. M. Matu-\nszynski s'entendra avec moi, et vous vous montrerez comme Skorzewski à\nMarienbad ou à Franzensbad. Portez-vous bien, cher Fritz ; je vous bénis de\ntoute mon âme comme une mère aimante.\nP--S. — Marie vous envoie des pantoufles par M. Germany [?]. Elles sont un\npeu grandes, mais elle dit que vous devez porter des bas de laine c'est ainsi que\nPaiis a jugé, et je suppose que vous serez obéissant, ne l avez-vous pas promis?\nEnfin remarquez que c'est un temps d'épreuve.\n\nLETTRE V\n\n[Lettre de Casimir Wodzinski, frère de Marie]\nMonsieur Frédéric Chopin,\nParis.\nDresde., le 15 septembre 1836.\nCHER FRITZ,\nTu peux aisément t'imaginer combien il m'a été pénible d'apprendre par ma\nmère que tu as quitté Dresde vingt-quatre heures avant mon arrivée. Que de\nbeaux moments perdus pour moi ! Et d combien je regrette encore le séjour de\nMai lenbad, mais tous ces legietssont \\ ains maintenant \\ il sera plus intéressant\npour toi d'apprendre que j ai vu tes parents et tes sœurs avant mon départ de\nVarsovie. Ton père, que je n'ai pas trouvé changé du tout, a aussi bonne mine\nqu au temps où il nous giondait, nous mettait à genoux et parfois nous donnait\nla verge. Ta mère, à part ses yeux dont elle souffre de temps à autre, est tout à\nfait bien. Mme Iedrzeïeiwcz est toujours jolie, toute charmante, toute bonne, car\nc est ainsi qu iljaut le due. Je me suis rappelé les bons temps où je venais réciter\niua Itçon et où je Jaisais tant le gamin.Les enfants sont beaux et bien portants\nle garçonnet monte un cheval de bois et se prépare à partir : chez mon oncle\nM. r1 édei ic Chopin,à Eaiis. JVLME Barcinska se porte bien également quant à\nlui, il a énormément changé en ce qui touche le caractère i silencieux, sombre,\npeu expansif, il n'est plus du tout le meme qu'autrefois. Enfin, comme j'étais là\nun jeudi où tous sont îéunis, j ai cru me trouver encore en pension j ai raconte\nmon voyage à Mme ledrzeïewicz comme si j'avais une leçon à réciter ; j'ai tremblé\nen parlant à Barcinski et j'ai eu bien peur quand ton père m'a appelé. Voilà\ntoutes les nouvelles de chez toi : en revanche, tu devrais aussi m'apprendre ce que\ntu sais d Antoine et de toi-même, et je pense parfois que, loin de , il y a quel-\nqu'un qui pense d vous et qui vous aime.\nC. WODZINSKI.\n\n(i) Dans la première moitié de ce siècle on croyait à l'efficacité de l'emploi interne de la gomme\narabique contre le rhume."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "385", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.33", "texte": "LETTRES DE LA FAMILLE WODZINSKA A CHOPIN\n\nF.-S. En relisant ma lettre, j'ai pensé que tu prendrais mon galimatias pour\nune fanfaronnade, c est plutôt une distraction, ou mieux encore de ï ignorance,\ncar en écrivant vite on ne peut arranger sa pensée dans une langue, et on arrange\nla phrase comme elle vient à l'esprit.\nN. B. - Zywny est en bonne santé, il n'est pas du tout devenu chauve ; il pré-\ntend toujours que la science dépend surtout des premières leçons qu'on reçoit.\nQuand tu m'écriras, car je doute que ta lettre puisse me trouver ici, adresse :\nà Thorn, en Prusse, aux soins de M. J. G. Adolphe.\n[Post-scriptiim de — Nous ne pouvons nous consoler de votre départ ;\nles trois jours qui viennent de passer nous ont paru des siècles ; faites-vous de\nmême ? Regrettez-vous un peu vos amis ? Oui, je réponds pour vous, et je\npense que je ne me trompe pas ; du moins j'ai besoin de le croire. Je me dis que\nce oui vient de vous (car, n'est-ce pas, vous 1 auriez dit ?).\nLes pantoufles sont achevées, je vous les envoie. Ce qui me chagrine, c'est\nqu'elles sont trop grandes, quoique j'aie donné votre bottine pour mesure, caris-\nsimo maestro, mais c'est un vulgaire Allemand. Le docteur Paris me console, en\ndisant que c'est bien pour vous, car vous devez porter en hiver des bas de laine\nbien chauds.\nMaman s'est fait arracher une dent, ce qui l'a fort affaiblie. Elle a dû garder\nle lit jusqu'à présent. Dans quinze jours nous partirons pour la Pologne. Je\nverrai vos parents : quel bonheur pour moi ! et cette bonne Louise me reconnaî-\ntra-t-elle ? Adieu, mio carissimo maestro, n'oubliez pas maintenant Dresde et\ndans peu la Pologne. Adieu, au revoir. Ah ! si cela pouvait être au plus tôt !\nMARIE.\nCasimir me dit que le piano de Sluzewo est tellement délabré qu'il n'y a plus\nmoyen de jouer dessus. Ainsi pensez à Pleyel. Dans des temps heureux, non\ncomme ceux d'aujourd'hui (en ce qui nous concerne), j espère vous entendre\nsur le même piano ; au revoir, au revoir, au-revoir ! Cela fait espérer.\n\nLETTRE VI\n\n[Lettre de la mère de Marie]\n\n(Estampilles : « Dresden, 3 oct. 36 », et [Paris] «. 10 oct. 36 ».)\nMonsieur Frédéric Chopin,\nParis,\nn° 38, rue de la Chaussée-d'Antin.\nMON CHER FRITZ,\nJe vous suis bien reconnaissante de m'avoir donné quelque nouvelle d'An-\ntoine. Hier j'ai reçu votre lettre et je vous avoue que je l'attendais avec impa-"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "386", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.34", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN\n\ntience. Après-demain je pars, et dans douze jours je serai à Varsovie, où j'em-\nbrasserai pour vous vos parents et vos sœurs. Ecrivez-nous aussi souvent que\nvotre temps vous le permettra ; adressez à M. J. G.Adolphe, à Thorn, par Berlin.\nC'est ainsi que je reçois toutes mes lettres. Je suis priée de vous écrire pour vous\nrecommander l'artiste peintre Byczkowski, auquel on a signifié de quitter le\npays. Je le connais peu, mais il me semble plus ou moins un excellent homme, et\nce qui parle le plus en sa faveur, c'est qu'il est malheureux.\nJ'ai remarqué, d'après votre lettre, qu'en me jurant d'exécuter mes conseils\nvous mentiez, parce que vous ne dites pas si vous portez des bas de laine avec les\npantoufles, ni si vous vous couchez avant 11 heures ; vous avez menti comme\nKunzel à Mme Nakwaska. A propos ! Kunzel est déjà de retour, il se fâche que\nvous n'ayez pas été chez les Kaskel. Beaucoup de personnes s irritent contre\nmoi à cause de vous, et j'y perdrai mon crédit ; ainsi va le monde ! Marie vous\nfait bien prier de porter tous les jours les pantoufles, et si vous trouvez une occa-\nsion quelconque, elle demande de nouveaux romans, qui sans doute vont pleu-\nvoir à la nouvelle année. Joséphine est assez calme, elle est très heureuse en\npensant à notre prochain retour et nous fait beaucoup de promesses. Mon Dieu,\npourrai-je arriver comme je le souhaite et là où je veux ! Je ne sais si l'affaire est\nterminée, parce que, ainsi que je viens de vous le dire, on est fâché contre moi\nà cause de vous, et Kaskel ne m'a dit que ces mots : Jai donné Vordre. Je vous\nécrirai de Varsovie ; maintenant je vous répète : soignez-vous et tout ira bien.\nFaites nos compliments à M1Ie Osso ; son frère n'a été ici que pour un jour ;il se\nporte bien. Mlle Mallet vous salue gracieusement ; elle demande ce que fait Grzy-\nmala ; voilà une passion malheureuse ! On a trouvé votre portrait si ressemblant\nque Marie dit qu'il établira sa réputation d'artiste. Depuis ce temps, elle a fait le\nportrait de la Mathieu et celui de Ciccarelli [?], parce qu'il l'en a priée. Ce por-\ntrait a été fait en deux séances et est fort ressemblant. J'en reviens à Bycz-\nkowski ; quand vous le verrez, n'oubliez pas cle lui dire que je vous ai écrit et\nque par cela même vous le connaissez déjà. Isalka Plater m'a priée de vous\nécrire en vous recommandant Byczkowski, et vous savez que je l'aime au point\nde ne faire presque aucune différence entre elle et Marie.\nThérèse parle souvent de vous ; elle vous fait bien des compliments. M1Ie Mal-\nlet, Joséphine, Marie, tous vous font dire mille choses, tous. Casimir, Paris et\nmoi, nous vous embrassons tendrement.\n2 octobre. — Crépuscule.\nP.-S. de Marie.] —Je vous remercie sincèrement pour les autographes et je\nvous prie d'en envoyer encore (c'est ce que maman me fait vous écrire). Mainte-\nnant nous partons au plus vite pour Varsovie. Combien je me réjouis de revoir\ntoute votre famille et l'année prochaine vous ! Casimir nous a beaucoup parlé de\nLucie, et malgré tout ce que vous pourriez dire, puisque vous étiez d'avis con-\ntraire, il trouve qu'elle me ressemble. Cela me flatte beaucoup, car on la dit être\ntrès bien.\nAdieu, jusqu'à mai ou juin au plus tard. Je recommande à votre souvenir\nVotre très fidèle secrétaire,\nMARIE."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "387", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.35", "texte": "ALBERT ZYWNY\n(d'après un portrait à l'huile peint par Miroszewski)."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "389", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.37", "texte": "LETTRES DE LA FAMILLE WODZINSKA A CHOPIN\n\nLETTRE VII\n\n[Lettre de la mère de Marie]\nMonsieur Frédéric Chopin,\nParis,\n38, Chaussée-d'Antin.\n(Estampilles : « Thorn, 25 I. », et u Paris, 3 févr. 1837 ».)\n[Sluzewo (1), le 25 janvier 1837].\nMON EXCELLENT FRITZ,\nIl y a longtemps, bien longtemps que nous avons reçu votre lettre et bientôt\naprès le paquet avec les morceaux de musique pour lesquels je ne remercie pas,\nmais je gronde. Comment avez-vous pu envoyer ce Keepsake(2) ? De même en\nparlant du piano vous n'avez pas écrit combien il fallait vous envoyer, et ici\nc est une chose qu'il faut savoir d'avance pour pouvoir rassembler.\nJe vous prierai aussi de nous apprendre à quelle adresse il a été expédié à\nDantzig (3), parce que nous avons calculé que si Adolphe était informé de son\narrivée, j'enverrais aussitôt, d'ici, un chariot à Dantzig. Il n'y a d'ici là que\n25 lieues, de sorte qu'il pourrait être chez nous avant le printemps. Il fait très\ntriste ici ; depuis notre retour de Varsovie, nous n'avons pas mis un pied dehors,\net personne n est venu nous voir.\nLa jeunesse, c'est-à-dire mon mari, les Félix et Casimir, fréquentent le voisi-\nnage et s'amusent, car je vous prie de croire que même dans cette contrée il y a\ndes bals, des concerts et des théâtres. Nous autres vieux, c'est-à-dire Marie,\nThérèse et moi, nous menons une vie solitaire au château, et l'horloge sonne\nplus fort que jamais pour nous rappeler le moment des repas ou celui du repos,\ncar nous ne pouvons avoir d'autres occupations, à défaut de piano, crayons,\nlivres, etc. A propos de crayons, Thérèse vous envoie un dessin fait par elle, et\nme recommande de vous faire bien des compliments. Il me reste à vous prier de\nm'apprendre si M. Dzierozynski se trouve à Paris, ou bien s'il n'y a pas été, et\nenfin où il pourrait bien se trouver en ce moment. C est un avocat de Varsovie,\nmais comme il avait 1.000 francs appartenant à une pauvre petite personne, c'est\npourquoi je m informe si soigneusement de lui. Les autographes sont admira-\nbles ; les post-scriptum de Heine et d'Arlincourt m'ont fait beaucoup de plaisir,\nainsi que le billet de Custine.\n\n(L Quoique l'endroit d'où la lettre fut écrite n'ait pas été indiqué, il n'y a aucun doute que\ncette lettre ainsi que la 10e furent écrites de Sluzewo, terre patrimoniale des Wodzinski. La\nphrase suivante peut en servir de preuve: u Dépêche-toi, car il y a 3 milles à faire en poste, » et\nle timbre de la poste de Thorn. Le Dictionnaire géographique dit que la terre de Sluzewo\n(district de Nieszawa) est situé à quelques verstes de la frontière du royaume et de la Prusse, à\nune distance de 18 kilomètres de Thorn. Egalement cette phrase: « Nous passons des journées\nsolitaires au château )), s'accorde avec les informations du Dictionnaire géographique, qui dit\nque la maison d'habitation de Sluzewo n'est autre que l'ancien château restauré.\n(2) Iveepsake, almanach.\n(3) Ce piano fut probablement expédié par mer."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "390", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.38", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN\n\nJe ne sais comment était ma dernière lettre, mais comme je n'y faisais men-\ntion de personne, c'est peut-être pour cela que j ai été forcée de l'envoyer plus\ntôt que je ne le supposais ; c'est souvent ainsi ; quand arrive le forestier, on ne\ncesse de crier : dépêchez-vous, car il y a trois lieues jusqu'à la poste. Il en est de\nmême aujourd'hui, je n'aurai pas le temps cle relire pour m'assurer si je n'ai\npas écrit quelque sottise. Mmc Glinska est toujours à Dresde. Joséphine aussi\nm'attend là-bas, et je ne sais vraiment quand je pourrai me mettre en route.\nAdieu, mon cher Fritz.\nVotre T. W. qui vous aime sincèrement.\nIl faudra désormais s'informer plus prudemment encore du bien-aimé.\nP.-S. de Marie.] — Maman a grondé et moi je remercie gentiment, très gen-\ntiment, et quand nous nous reverrons, je remercierai plus gentiment encore. On\nvoit que je suis très paresseuse pour écrire, parce que remettre mes remercie-\nments à notre prochaine entrevue me dispense aujourd hui de beaucoup de mots.\nMaman vous a décrit notre façon de vivre, il ne me reste donc rien à vous ap-\nprendre, sinon qu'il dégèle : grande nouvelle, n'est-ce pas ? Surtout très impor-\ntante à savoir. Cette vie tranquille que nous menons ici est ce qu'il me faut, voilà\noourquoi je l'aime pour à présent, s'entend, car je ne voudrais pas que ce fût\ntoujours comme cela. On prend son parti le mieux qu'on peut, quand cela ne\npeut être autrement que cela n'est. Je m'occupe un peu pour tuer le temps. J'ai\ndans ce moment « l'Allemagne )) cle Heine, qui m'intéresse infiniment.\nMais il faut finir et vous recommander à Dieu. J'espère que je n'ai pas besoin\nde vous répéter l'assurance des sentiments de\nVotre fidèle secrétaire,\nMARIE.\n\nLETTRE VIII\n\n[Lettre de Marie]\nPour Frédéric Chopin.\n[Cette lettre ne porte ni date, ni indication du lieu d'où elle fut envoyée.]\nJe ne puis vous écrire que quelques mots, en vous remerciant pour le joli\ncahier que vous m avez envoyé. Je ne tâcherai pas de vous dire combien j'ai\néprouvé de joie en le recevant, ce serait en vain Recevez, je vous prie, 1 assurance\nde tous mes sentiments de reconnaissance que je vous dois. Croyez à rattache-\nment que vous a voué pour la vie toute notre famille, et particulièrement votre\nplus mauvaise élève et amie d enlance. Adieu. Maman vous embrasse bien ten-\ndrement. Thérèse à-chaque instant parle de son Chopena.\nAdieu, gardez notre souvenir.\nMARIA"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "391", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.39", "texte": "LETTRES DE LA FAMILLE WODZINSKA A CHOPIN\n\nLETTRE IX\n\n[Les deux lettres suivantes sont de la mère de Marie.]\n(i)\nPardonnez-moi, mon cher Frédéric, d'interrompre ainsi votre silence, mais je\ndois m'informer de votre santé. Cet hiver j'ai vu souvent vos parents et vos\nsœurs : tous se portent bien. Votre père tousse un peu. J'ai encore une prière à\nvous adresser : c'est que vous encouragiez à Paris la réimpression des chants de\nNiemcewicz qu'on ne peut plus recevoir ici à aucun prix. Faites pour cela une\nautre musique et de superbes gravures ; la vente en serait inouïe, car au\nduché de Posen chacun achète. Votre zèle sans doute fera beaucoup, et moi\nj'espère que vous me répondrez si mon projet a été admis ou non, et surtout si\nvotre santé est en bon état et quelle circonférence votre personne a atteinte. Que\nDieu vous bénisse.\nT. W.\n(i) Cette lettre et la suivante ne portent pas de date, mais je les ci ois plutôt de 1837 que de\n1836, et cela à cause de la différence frappante de ton d'avec les précédentes, ce qui semble avoir\nsuivi la rupture des fiançailles.\n\nLETTRE X\n\n(Estampilles : « Thorn, 26,11 » ; celle de Paris est illisible.)\nMonsieur Frédéric Chopin,\nParis,\nChaussée d'Antin, n° 38.\n[Sluzewo.]\nMON BON FRÉDÉRIC,\nIl y a longtemps que je ne me suis pas adressée à vous, mais en revanche,\nvous avez été constamment l'objet cle ma sollicitude. Comment va votre santé r\nJ'ai reçu une lettre de Louise : elle est meilleure que nous sous ce rapport, car\nelle a eu de vos nouvelles. Sil en est ainsi, je suis fort contente mais je vous\nprie de nous apprendre franchement comment vous allez.\nComptant sur votre excellent cœur, j'envoie à votre adresse une lettre pour\nAnt. ; il ne nous a pas écrit où il pense demeurer ; veuillez donc la lui re-\nmettre, et acceptez vous-même 1 assurance des sentiments les plus sincères que\nje garderai jusqu'à la mort.\nT. WODZINSKA.\n\nOutre les lettres précédentes, se trouve, parmi les papiers qui 111 ont été con-\nfiés, le portrait lithographié de Chopin, dessiné par Marie Wodzinska, et sur\nlequel on lit les mots suivants : « A ses parents — en reconnaissance de leur\namitié pour nous. ))\nMarie WoDZ.\nLa reproduction de ce portrait a été insérée dans Y Echo muzyczne (N° 437 (7),\ndu 13 février 1892.)"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "392", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.40", "texte": "CHAPITRE VI\nLETTRES DES ÉLÈVES DE CHOPIN\n\n(0\nHENRIETTE BARTHÉLÉMY prie Chopin de ne pas prendre la peine de venir\nlui donner sa leçon, car elle doit sortir précisément à cette heure ; elle se prive à\ngrand regret du plaisir de passer une heure avec lui. Si, jeudi soir, Chopin se\ntrouve non loin de la rue Saint-Lazare, qu'il veuille entrer chez M. Deschamps,\noù il trouvera toute la société et elle aussi, dans le tourbillon de la danse (1).\nLa Princesse LUDMILLE DE BEAUVAU, dans une lettre écrite de Saint-Assise\n(près Paris), se rappelle au souvenir de Chopin, comme ancienne élève, et le prie\ndevenir la voir là-bas, quand il aura un moment libre. Elle le prie aussi cl indi-\nquer àsa sœur, Mme la Vicomtesse Talon, un maître de musique pour son petit\ngarçon.\nMadame [ou Mlle] BOCQUET (2) s'informe de la santé de Chopin et lui envoie\ndes bonbons.\nMLLE de CARAMAN annonce que, par suite de son départ subit pour la campagne,\nelle ne pourra cette année profiter des remarques de Chopin, ce qu'elle regrette\ninfiniment.\nMME COIGNET écrit que son mari lui ayant annoncé son arrivée, sans en indi-\nquer la date, elle ne peut s'éloigner de la maison et doit renoncer à sa leçon.\nLa Princesse MARCELLINE CZARTORYSKA, dans une lettre écrite de Londres (en\npolonais), apprend à Chopin que son mari et elle se sont décidés à rester quel-\nques mois dans cette ville ; elle espère donc y voir Chopin. Elle termine par ces\nmots : (( Je me recommande au bon souvenir et à l'amitié de mon cher maître;\nje le prie de ne pas répondre. ))\nLe 8 octobre ( 1847 ?)\n\n(1) La plus grande partie de ces lettres ne portent ni date ni adresse qui puissent indiquer, ne\nfût -ce qu'approximativement, la date de l'envoi. Quand une date ou une adresse sont données, je\nles reproduis fidèlement.\nPresque toutes les lettres sont écrites en français ; une remarque indique celles qui sont écrites\ndans une autre langue.\n(2) Mlle Stirling, qui a mis en ordre tous les papiers restés après la mort de Chopin, et toutes\nles lettres qui lui furent écrites, les munit de bandes portant le nom des personnes qui les avaient\nécrites; elle compte Mm8 Bocquet au nombre des élèves du maître."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "393", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.41", "texte": "LETTRES DES ÉLÈVES DE CHOPIN\nR. M.\n25\n\n(La Princesse) ELISABETH CZERNICHEFF envoie par une lettre des souhaits de\nNouvel An, et prie Chopin d accepter en souvenir l'ouvrage qu elle lui offre.\nDans une seconde lettre elle lui dit que, l'ayant entendu tousser plusieurs fois lors\nde leur dernière rencontre, elle a résolu de lui envoyer une boîte de pastilles de\ngomme, ce qu'elle fait présentement.\nDans la première lettre Mme C. signait : Votre élève affectionnée :E, Czerni.\nLa MARQUISE DE DALMATIE prie Chopin de bien vouloir lui continuer ses leçons,\nmomentanément interrompues, et lui demande de venir chez elle pour lui indi-\nquer ses heures.\nM1Ie L. DUPERRÉ remercie Chopin au nom de sa mère et en son nom pour les\nbillets envoyés pour le concert de Liszt. Comme l'heure de sa leçon tombe pré-\ncisément pendant ce concert, elle prie Chopin de changer l'heure ou le jour.\nLa Baronne D'ESTÉ invite Chopin à un dîner auquel seront invités entre autres\nM. et M1Ie Pixis.\nMme (ou Mlle) F. PLANAT DE LA FAY, dans une lettre portant la date :i, I. 1835,\ndemande pardon à Chopin de ne lui avoir pas demandé jusqu'à présent le prix\nde ses leçons Elle a appris combien payent les autres élèves; mais quant à elle,\nelle a pris ses leçons si irrégulièrement, qu'elle ne sait si ce prix peut être le\nsien. Elle le prie aussi de lui donner désormais, non plus une heure, mais deux\nheures par semaine. (Adr Rue du Mont-Blanc n° 2 )\nDans une seconde lettre, adressée rue de la Chaussée-d'Antin, n> 5, elle de-\nmande quand elle pourra avoir sa leçon, et invite Chopin à un dîner auquel il y\naura probablement Mme Miller et son fils, et certainement un excellent pâté.\n(4-XII.)\nDans une troisième (6-XII), elle lui demande pardon de ne s'être pas jusqu'à\nprésent acquittée de sa dette. Elle avait un peu 1 espoir que Chopin voudrait\ncompléter la douzaine des leçons qu'il lui avait données, parce qu'il ne sait pas,\npeut-être, qu'il ne lui en a donné que huit\nM1Ie la Comtesse A. DE FURSTENSTEIN, dans deux lettres adressées rue de la\nChaussée-d'Antin, demande que ses leçons soient remises à un autre jour.\nMllc ELISE GAVARD écrit qu'après trois semaines de maladie elle va sortir pour\nla première fois, et elle prie Chopin de lui indiquer une heure de leçon pour le\nlendemain.\nLOUISE DEBROGLIE, COMTESSE DTIAUSSONVILLE (I), prie Chopin de venir chez\nelle à 1 heure indiquée.\nTATIANA LOESCHERN Loeschhorn] DE IIERTZFELD, NÉE PRINCESSE KOMACHINNE,\nregrette d'avoir dû omettre sa dernière leçon, d autant plus que le prochain\nsamedi elle ne pourra l'avoir à cause des offices de la Semaine Sainte, qui l'ap-\npellent deux fois par jour à l'église. Ensuite elle recommande à Chopin l'artiste\n\n(i) M11® Stirling la comptait au nombre des élèves de Chopin."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "394", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.42", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN\n\nTropianski (1), qui se propose de donner un concert avec la participation de\nDohler, et elle le prie d'appuyer chaudement ce concert. (29-III. 1847.)\nMME MARIE KALERGI[S] écrit qu elle espérait voir Chopin chez elle, mais que\ncette espérance a été vaine. Elle le prie, dans les termes les plus aimables, de\nvenir chez elle attendre la venue du Nouvel An; il trouvera beaucoup de cœurs\nsincèrement dévoués.\nM1Ie VÉRA DE KOLOGRIVOFF écrit, dans une lettre adressée place d'Orléans,\nn° 9, qu'elle a parlé àM. Rubio pour la question du portrait cle Chopin Or,\nM. Rubio consent àse départir pour cette fois de ses principes et à se rendre\nchez Chopin avec sa palette et ses pinceaux, afin de lui épargner la montée des\nescaliers. Il pourra terminer en deux séances le portrait-miniature à l'huile. Elle\nsupplie ensuite Chopin de consentir à ce projet, car elle désire qu'il existe de\nlui, au moins, un portrait ressemblant.\nUne seconde lettre très longue, venant d'Odessa, à la date du 18-V 1847,\nécrite par cette dame après son mariage et signée (( Véra Rubio )). Elle écrit,\ndans cette lettre, qu'après un long silence elle s'est décidée à prier Chopin de\nlui donner des nouvelles de sa santé, parce que leurs amis communs ( Franc-\nhomme et Mlle Stirling), qui lui avaient juré de lui envoyer de fréquentes nou-\nvelles de la santé de Chopin, ne lui ont plus écrit depuis six mois Quand la\nprincesse « Troubetzkoy » est partie pour Paris, Mme Rubio lui a donné un\nbillet de recommandation pour Chopin, mais elle a appris qu'il n'y a pas\nrépondu un seul mot. Elle essaye donc encore une fois en envoyant cette\nlettre aussi par la princesse T. Elle espère que cette dame, après avoir vu Cho-\npin, lui parlera beaucoup de lui, ce qui évitera à ce dernier 1 embarras d'écrire ;\nelle sait combien il déteste cela. Elle continue à parler d'elle, de sa vie a Odessa ;\nelle désirerait s'enfuir de là le plus tôt possible Après leur départ d Odessa, ils\niront en France par Constantinople, Naples et Rome. A Odessa, Mrae Rubio a fait\nla connaissance de la générale Danenberg, née Zablocka, qui a bien connu\nChopin à Varsovie avant qu'il eût quitté le pays. La vue de quelques autogra-\nphes de Chopin, propriété cle cette dame, surtout une valse, une mazourka et\ndeux chants polonais, a causé à Mme Rubio une véritable joie. Elle termine par\ndes souhaits de santé et prie de ne pas l'oublier.\nSigné : (( Votre fidèle et dévouée amie et élève,\n(( VÉRA RUBIO. ))\nMme ou Mlle la Comtesse CAROLINE DE LOBAU, dans une lettre écrite le 6-VI11,\n1835, et adressée Chaussée-cl Antin, apprend que sa maladie d yeux, qui 1 a\nlongtemps forcée à l'inaction, est passée, et elle prie Chopin cle lui indiquer ses\nheures de leçons.\nDans une seconde lettre elle lui apprend qu'elle doit sortir à l'heure fixée pour\nla leçon, et le prie de la remettre à plus tard. (13-IX. 1837.)\nM1IE K. MABERLY demande pardon de ne pouvoir venir à sa leçon. (Samedi,\n13 mai; comme l'adresse cle MLLE M. est celle de Londres, par conséquent elle\nfut écrite en 1848.)\n\n(i) Constantin Tropianski, clarinettiste, violoniste et compositeur, né à Vilna en 1820-; il\nvoyagea dans presque toute l'Europe et habita Varsovie à partir de 1860."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "395", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.43", "texte": "SALON DE CHOPIN DANS SON DERNIER APPARTEMENT DE LA PLACE VENDOME, N° 12\n(d'après une aquarelle de Kwiatkowski)."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "397", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.45", "texte": "LETTRES DES ÉLÈVES DE CHOPIN\n\nMUe F RÉDÉRIQUE MULLER, clans une lettre écrite de Vienne le 14-IX. 1841,\napprend que la Comtesse Banfy se rend à Paris avec le jeune pianiste Carlo\nFieltsch (ou plutôt Filtsch), qui a déjà gagné une certaine renommée à Vienne\net en Hongrie.\nSa protectrice Mme de Banfy désirerait qu'il devînt l'élève de Chopin.\nDans une seconde lettre (Vienne, le 21-XII 1841), Mîle Muller raconte le succès\nde son premier concert, donné dans la salle Streicher. Elle a joué avec l'orchestre,\nsous la direction de M. Jamb, le concert de Chopin en fa mineur, ainsi que\nl'Andante spianato et la polonaise Déplus, elle a joué, parmi d'autres composi-\ntions moins importantes : le nocturne dédié à Miller et deux études de Chopin.\nElle prendra part, sans doute, au concert de M Jansa, ainsi qu'à la soirée orga-\nnisée par Mozart (fils). Ensuite elle remercie sincèrement Chopin de lui avoir\ndédié sa composition.\nDans une troisième lettre écrite de Vienne, le 23-IV (selon toute probabilité en\n1842), Mlle M. lui apprend encore le succès de son concert auquel assistait la mère\nde l'Impératrice. Mlle M. a joué sur un piano fabriqué exprès pour elle par Strei-\ncher, et elle a exécuté, parmi les œuvres de Chopin, le prélude en mi mineur,\nainsi que la polonaise en la majeur dédiée à Fontana. Elle ajoute que si elle\nrépète les louanges qu'elle a reçues, c'est uniquement dans le but de les trans-\nformer aux yeux de Chopin en expressions de reconnaissance envers lui.\nMme E. DE LA ROCIIE prie Chopin de lui changer ses heures.\nMme CH. DE ROTHSCHILD prie Chopin de venir chez elle, car elle désirerait de\nnouveau se compter parmi ses élèves. (Adr. Cité d Orléans, 8.)\nDans une seconde lettre elle lui envoie ses honoraires pour douze leçons et lui\ndemande si le dîner de la veille lui a lait du bien.\nDans une troisième, datée du ier-V, 1842, elle exprime à Chopin sa profonde\ncompassion pour l'état de sa santé et lui envoie en présent, delà part de son\nmari, un nécessaire de voyage, en le priant de s'en servir.\nLa Princesse CATHERINE SOUTZO s'excuse d avoir dû omettre une leçon. (Adr.\nrue Saint-Lazare, cité d'Orléans.)\nMlle FANNY STAL, dans une lettre écrite en allemand, demande à Chopin s'il\nne pourrait pas lui donner encore une leçon avant son départ.\nDans une seconde lettre écrite en français, elle lui apprend que, par suite\nde la maladie de sa mère, elle n'a pu longtemps toucher du piano, mais que sa\nmère maintenant se sentant mieux, elle prie Chopin de recommencer ses leçons.\nMLLE JANE W. STIRLING, dans une lettre du 13 -II, 1848, écrit que sa sœur,\nMME Erskine, n'a jamais le bonheur de trouver Chopin àla maison ; elle prie\ndonc MME Rich d'appuyer sa requête concernant le concert de mercredi. Elle\ndemande principalement : que Chopin se fasse envoyer chez lui le piano sur\nlequel il jouera ; que la chambre attenante à la salle de concert soit chauffée ;\net enfin que l'on aère la salle dans les intervalles où Chopin ne serait pas sur\nl'estrade. Elle ajoute avoir appris par Neukomm que M Orlowski avec quel-\nques amis assisteront au concert. A cette lettre MLLE S. joint un fragment, traduit\nde l'anglais, traitant en phrases larges et élevées de la poésie et de 1 art et se ter-\nminant par ces mots : (( Ne doute pas, ô Poète, mais persiste et tiens ferme."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "398", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.46", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN\n\nDis : cela est en moi, je le déclarerai! Lève les yeux au-dessus des misères clu\nmonde, dispense les bienfaits que le Ciel t a donnés. Courage ! »\nDans une lettre, sans date, elle apprend qu'elle ne pourra, à cause de sa mau-\nvaise santé, entendre Franchomme, et ce qui est pire, aller chez Chopin le len-\ndemain pour sa leçon.\nDans une autre lettre, elle propose de se réunir pour aller ensemble dans l'ate-\nlier de Scheffer, où lord Torphichen pose maintenant pour son portrait.\nMlle Stirling et MlleMaberly écrivent quelques mots d'adieu comme preuve de\nleur présence chez Chopin, avant son départ pour la campagne. (Samedi, le\n30 avril.)\nEnfin, dans une lettre collective écrite chez Mme Rich (le samedi, 3 décembre),\nMlle Stirling, Mrae Erskine et Mme Rich envoient à Chopin leurs souhaits de\nNouvel An et le prient d'exprimer leurs vœux à Grzymala.\nMLLE CLAIRE DE SUDRE écrit que, par suite cle l'indisposition de sa mère, elle ne\npourra aller prendre sa leçon."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "399", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.47", "texte": "CHAPITRE VII\nLETTRES DE DIFFÉRENTES PERSONNES A CHOPIN\n\nÉCLAIRCISSEMENT\nAinsi que je Lai déclaré dans la préface, je ne donne que le résumé de la plus\ngrande partie des lettres écrites à Chopin, à cause de leur peu de valeur bio-\ngraphique.\nJe n'ai inséré en entier que les lettres des personnages remarquables, ou\ncelles dont 1 esprit ne se rendait que difficilement en extraits.\nJ'indique fidèlement les dates, estampilles ou adresses que portent ces lettres.\nLa plupart des lettres sont écrites en français; si l'une d'elles est écrite dans une\nautre langue, une mention l'indique.\n\nEXPLICATION DES ABRÉVIATIONS D'ADRESSES :\nBoul Pois. = Boulevard Poissonnière,\nn° 27.\nCit. Berg = Cité Bergère, n° 4.\nR. du Montb. == Rue du Montblanc,\nn° 5 .\nCh.-d Ant. = Rue de la Chaussée-\nd Antin, n° 5.\nR. Tronch. --- Rue Tronchet, n° 5.\nR. Pig — Rue Pigalle, n° 16.\nC. d'Orl. = Cité (cour ou square)\nd'Orléans, rue Saint-Lazare, no 9.\nR. Chail. — Rue de Chaillot, n° 74.\nPl. Vend = Place Vendôme, n° 12.\n\nCOMTESSE D'AGOULT\n\nLETTRE I\n\nMonsieur Chopin,\nVous seriez bien aimable, Monsieur, si vous êtes quelquefois libre à six\nheures précises, de venir nous demander à dîner. Ma mère, à qui j'ai beaucoup\nparlé de vous, désire extrêmement faire votre connaissance; quant à moi, vous\nsavez quel plaisir j'ai toujours à vous voir et à vous entendre. Si vous pouvez\nvenir demain, ce serait bien aimable ; je viens d'etre malade et je suis encore"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "400", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030801-01.1.48", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'Imprimerie et de Librairie.\n\nassez souffrante ; il me semble qu'un de vos nocturnes achèverait de me guérir.\nVous ne me refuserez pas.\nCOMTESSE D'AGOULT.\nJeudi.\nP.-S. Si vous ne pouvez pas demain, samedi sinon samedi — dimanche, etc.\n\nLETTRE II\n\nMonsieur Chopin,\nRue de la Chaussée-d'Antin, 5,\nParis.\nJ'apprends par Liszt que vous venez d'être fort malade, Monsieur, et je viens\nvous rappeler que Croissy serait une excellente maison de santé : si vous vouliez\ny venir passer quelque temps, vous y seriez en bon air. Je vous promets du lait\ndélicieux et la musique des rossignols, ce qui vous fatiguera moins que le piano.\nLaissez-moi vous dire cependant combien j'admire vos études, elles sont prodi-\ngieuses, et depuis bien longtemps je n'avais rien entendu d'aussi beau. Adieu,\nMonsieur, à revoir, j'espère ; croyez à mon véritable intérêt.\nCOMTESSE D'AGOÛLT.\n\nLETTRE III\n\nMonsieur Chopin,\n5, rue de la Chaussée-d'Antin.\nEst-ce que vous m'avez tout à fait oubliée, Monsieur? Je ne veux pas le croire,\net surtout je veux espérer que la certitude de me laire un très grand plaisir vous\nfera quelquefois trouver un quart d'heure dans vos soirées pour me le donner. Je\nne sors jamais le soir et je vous saurais bien gré de la bonne pensée qui vous\narrêtera au numéro 39 de la rue Godot, à Tune de ces heures où 1 on n examine\npas rigoureusement l'emploi cle son temps.\nAdieu, Monsieur, à revoir, j'espère, et bientôt.\nCOMTESSE D'AGOULT.\n22 janvier."}]}