{"numero_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_sha256": "1dbf3c3b7b6a15b0b761472a2e79fb80469a95cc90efac0d0c7658f5c09b1dbe", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1903/09/15_01/bmtnabj_1903-09-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1903/09/15_01/bmtnabj_1903-09-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c001", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "497", "page_fin": "498", "image_debut": 1, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.1", "titre_corps": "MADAME TASSU-SPENCER", "titre_sommaire": "MADAME TASSU-SPENCER", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "498", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.2", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2536, "texte": "MADAME TASSU-SPENCER\n\nMnie Tcissu-Spencer est née à Ixelles [Belgique). Ancienne élève du Conserva-\ntoire, où elle reçut les leçons de Vexcellent artiste Hasselmans [professeur depuis\ni88q), elle obtint en 1886 le premier prix de harpe [à pédales) ; son morceau de\nconcours était le concerto, op. 86, de P. Alvars.\nAujourd'hui la brillante artiste a passé de la harpe à pédales à la harpe chroma-\ntique. C'est là une précieuse adhésion. Grâce àsa virtuosité incomparable, Mme Tassu-\nSpencer exécute non seulement toute la musique de harpe singulièrement facilitée\npar le nouveau mécanisme, mais aussi presque tout ce qui fut écrit pour le piano. Elle\njoint la distinction de la femme à Vautorité de l'artiste ; son jeu aussi délicat que sûr\nlui a valu, en France et à l'étranger, dans les concerts et dans les salons, les plus\ngrands succès. Aussi lorsque Mmc Tassu-Spencer fut nommée professeur de la classe\nde harpe chromatique créée au Conservatoire par un décret ne date du 8 avril 190y,\ntout le monde fut d'accord que ce choix s'imposait.\nEn abandonnant un instrument difficile, ou de longues études lui avaient\nacquis une maîtrise incomparable, pour un autre instrument qui n avait encore ni\nmaîtres, ni diplômes, APC Tassu-Spencer a donné un grand exemple. Guidée\npar son instinct d'artiste, elle a vu que l'avenir appartenait à la harpe chroma-\ntique ; elle a su renoncer au fruit de son labeur d'autan, pour défendre une\ninvention nouvelle, qui répondait aux besoins de la musique moderne. Nous\navons dit ici même ce que nous pensions de la harpe chromatique : elle est plus\nqu'utile, elle est nécessaire. Depuis cinquante ans que se répand le goût des modu-\nlations rapides et du chromatisme fréquent, seule parmi tous les instruments de\nl'orchestre, la harpe restait en arrière; elle ne pouvait changer de ton que par un\nlaborieux mouvement de pédales, et une succession de deux demi-tons, dans cer-\ntaines régions de la gamme, était pour elle un obstacle insurmontable. Force était\ndonc aux compositeurs de la tenir à l'écart, ou de ne lui confier que des passages\ntrès simples, dont le style faisait constraste avec celui des autres parties. Sa\nsituation était à peu près celle de la trompette au temps de Beethoven, qui. réduite\nà ses notes naturelles, ne pouvait que pousser, de loin en loin, quelques excla-\nmations. La trompette est devenue chromatique. Il en sera de même pour la harpe.\nSans quoi elle n'aura plus sa place que dans les musées rétrospectifs, entre le cla-\nvicorde et le bombardon."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c002", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "497", "page_fin": "497", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.1.1", "titre_corps": "Madame TASSU-SPENCER Professeur au Conservatoire.", "titre_sommaire": "Madame TASSU-SPENCER Professeur au Conservatoire.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "497", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.1", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 49, "texte": "Madame TASSU-SPENCER\nProfesseur au Conservatoire."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c003", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "499", "page_fin": "501", "image_debut": 3, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.2", "titre_corps": "L'Enlèvement au Sérail, OPÉRA COMIQUE DE MOZART.", "titre_sommaire": "L'Enlèvement au Sérail, OPÉRA COMIQUE DE MOZART.", "signature_source": "AMÉDÉE LEMOINE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "499", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.3", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3099, "texte": "L'Enlèvement au Sérail,\nOPÉRA COMIQUE DE MOZART.\n\nM. Gailhard a fait annoncer que Y Enlèvement au Sérail serait mis à l'étude\naujourd'hui même, ce qui ne laisse pas d'être inquiétant quand on songe que\nl'œuvre de Mozart ne semble pas convenir à la scène du grand Opéra. Sans pré-\njuger d'une représentation qui n'a pas encore eu lieu, nous nous bornerons à\nfournir aux lecteurs de la Revue quelques renseignements sur ce vieil ouvrage\nqui est presque une nouveauté pour la majorité des Français (i).\nLe livret primitif est intitulé : Belmont et Constance ou F Enlèvement au Sérail,\nopérette comique en y actes, deC.-F. Bretzner, Leipzig, 1781. Il fut écrit pour le\ncompositeur J. André. Mais Mozart s'en empara et pria un certain Stéphanie de\nlui faire subir quelques remaniements qu'il jugeait utiles au point de vue musi-\ncal. C'est l'ouvrage de Bretzner, retouché et modifié par Stéphanie, et mis en\nmusique par Mozart, qui fut représenté à Vienne le 12 juillet 1782. en dépit de\nla cabale, et sur l'ordre exprès de l'empereur Joseph 11. Le succès fut immense,\net Mozart célèbre dans toute l'Allemagne. Il y eut un enthousiasme extraordi-\nnaire à Prague, où l'opéra fut donné en 1783. « C'était, dit un témoin oculaire,\ncomme si toute la musique entendue jusqu'alors n'avait pas existé. On s'exta-\nsiait sur les harmonies neuves, les phrases originales, inouïes, des instruments à\nvent. )) Joseph 11, quoique heureux d'avoir atteint son but, qui était de fonder\nl'opéra allemand, n'apprécia pas pourtant à sa valeur l'œuvre de Mozart :\n(( Trop beau pour nos oreilles, beaucoup trop de notes, cher Mozart, lui dit-il.\nIl blâmait l'accompagnement, qui, selon lui, écrasait le chant. La réponse de\nMozart est aussi à citer ; c'est celle d'un artiste qui a conscience de ce qu'il vaut :\n« Juste autant de notes qu'il en faut, Majesté. ))\nCh. Destrais a publié à Strasbourg (1857) un arrangement en français. Mais\nc'est un autre arrangement, dû à Prosper Pascal, qui fut donné au Théâtre lyri-\nque à Paris en 1859 ; la pièce était réduite à 2 actes. Pascal avait orchestré l'ai-\nlegro alla turca d'une sonate pour piano de Mozart, vulgairement appelé Marche\nturque, et l'avait fait servir d'introduction au second acte. LEnlèvement au Sé-\nrail avait été déjà joué à Paris en 1802.\nC'est une petite histoire sentimentale et comique, très simple et nullement\noriginale, une turquerie inoffensive.\nler acte. —Un amoureux, Belmont, veut délivrer Constance qu'il aime, pri-\nsonnière au sérail du pacha Sélim. Il en est empêché par le gardien de la jeune\nfille, Osmin.\nAlors Pédrillo, autrefois serviteur de Belmont et tombé lui aussi aux mains\nde Sélim, imagine de recommander au pacha son ancien maître comme un\nhabile architecte et de l'introduire ainsi dans le domaine où réside sa bien-\naimée.\n2e acte. Osmin, tyran jaloux, ne peut vaincre la résistance de Blondinette,\nsuivantede Constance, dont il est épris, et qui garde son cœur à Pédrillo, non\n\n(i) Nous empruntons la plupart de ces renseignements au livre considérable de M. Otto\nJahn, qui n'a pas été traduit en français."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "500", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.4", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3679, "texte": "plus que le pacha la résistance de sa maîtresse. Mais, grâce à un breuvage\nassoupissant, Osmin s'endort, et les amants projettent de s'évader dèsla prochaine\nnuit.\n3e acte. Arrêtés dans leur fuite, ils sont condamnés à mort ; mais la fidélité\nde leur amour touche le pacha ; il leur pardonne et leur accorde la liberté !\nLe dialogue parlé est coupé par des morceaux de chant peu développés. C'est\ndonc ce que nous appelons un opéra comique ou une opérette.\nL'JEnlèvement au Sérail est considéré en Allemagne comme le chef-d'œuvre du\ngenre. Mais il fallut, pour créer l'opérette allemande, une quarantaine d'années\nd'essais et de tâtonnements, de traductions et d'imitations des théâtres fran-\nçais et italiens. L'opérette date de 1753, où-fut joué à Berlin le Diable est\ndéchaîné, de l'Anglais Coffey, remanié par Borck, orné de mélodies anglaises.\nPuis un certain nombre d'opéras clu librettiste Weisse et du musicien Miller,\npetits drames innocents inspirés du répertoire parisien, qui procuraient des\némotions douces et peu profondes, mais qu'animait une musique simple' et\nsincère, contribuèrent à la popularité du genre. Ainsi, à Berlin, de 1780 à 1783,\nil y eut jusqu'à 151 représentations d'opéra allemand.\nAux traductions d'opérettes françaises de Duni, Philidor, Monsigny, Grétry et\nd'intermezzi italiens, s'ajoutèrent d'innombrables pièces allemandes mêlées de\nchant, plus ou moins imitées d'originaux étrangers. C'étaient trop souvent des\nproductions hâtives et médiocres. En outre, l'exécution était misérable. L'opéra\nitalien seul était protégé par les cours ; l'opérette allemande restait partout livrée\nà l'entreprise des particuliers qui n'avaient aucun moyen d'avoir de bons artistes.\nMùller en 1776 écrivait à propos d'une représentation à Dresde : (( Il n'y a dans\nla troupe que deux personnes qui soient musiciennes. )) Ce n'était pas mieux à\nLeipzig et à Berlin. On comprend que les gens de goût ne fussent guère portés\nvers l'opéra allemand.\nLessing, quoique partisan de l'union de la poésie et de la musique, qui pensait\nmême que ces deux arts ne forment qu'un seul et même art, était l'ennemi de\nces pièces mêlées de chant. Ces œuvres si vite bâclées, disait-il, sont la ruine de\nnotre scène. Gœthe, qui confia à son ami Kayser le soin de mettre en musique\nune petite comédie qu'il avait composée, constate qu'ils se donnèrent inutilement\nbeaucoup de mal ; et, comme Boileau saluant Malherbe, il pousse lui aussi son\ncri : « Enfin Mozart vint, VEnlèvement au Sérail mit tout par terre ; et il n'a plus\nété question au théâtre de notre pièce si consciencieusement travaillée. »\nPuisque Mozart faisait remanier le livret de Y Enlèvement avant de se mettre à\nl'œuvre, il avait donc une certaine théorie de la musique dramatique. Bien qu'il\nne parlât pas volontiers esthétique, nous pouvons noter un passage intéressant\nd'une de ses lettres à son père. Celui-ci avait élevé des objections contre le livret\net ses modifications; il trouvait à redire à la versification et aux rimes. Voici la\nréponse de Mozart : « Dans un opéra la poésie doit être absolument la fille obéis-\nsante de la musique. Pourquoi donc les opéras comiques français plaisent-ils par-\ntout, malgré leurs livrets pitoyables, même à Paris, où j'en ai été témoin ? —-\nParce que la musique y règne en souveraine et fait tout oublier. Un opéra doit\nplaire quand, avec un plan de pièce bien ordonné, les paroles ne sont faites que\npour la musique. Ces phrases, ces strophes amenées pour une misérable rime\ngâtent toute l'idée du compositeur. Les vers sont bien pour la musique ce qu'il\ny a cle plus indispensable ; mais la rime pour la rime est ce qu'il y a de plus nui-"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "501", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.5", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2505, "texte": "sible. L'idéal, c est un bon musicien, qui comprenne le théâtre et soit même en\nétat de produire quelque chose par lui-même, collaborant avec un poète ha-\nbile. »\nAinsi, tout au contraire de Gluck, qui veut subordonner la musique à la poésie,\nMozart demande que la poésie soit la servante de la musique, que l'action amène\ndes situations propres à 1 expression musicale, que les paroles soient faites seu-\nlement pour la musique, c'est-à-dire que les sentiments et les passions excitent\nle génie musical, le portent et l'élèvent, mais en lui laissant entière liberté. Gluck\nveut faire du musicien un poète, mais il risque par la d'en faire un traducteur.\nL'idéal de Mozart, c'est la collaboration intelligente du poète et du musicien ;\nmais elle est, comme il dit, aussi rare que le phénix. Enfin il revendique pour la\nmusique dans l'opéra, quand elle vise à l'expression des sentiments, la supréma-\ntie sur le poème. Et il s'.appuie sur ce fait que la bonne musique fait oublier les\nlivrets les plus misérables, alors que l'inverse ne se produit jamais. En outre, la\nvérité de sa théorie ressort de l'essence même de la musique, qui, en agissant\ndirectement sur les sens, diminue l'impression produite parles paroles. En un\nmot, ce que Mozart cherche dans un poème, ce ne sont pas des qualités litté-\nraires, mais des situations que la musique puisse exprimer.\nAux yeux des critiques allemands, Y Enlèvement au Sérail marque lavènement\nde 1 opéra national. G est, loin de toute influence étrangère, la fleur charmante\ndu génie allemand qui s'épanouit. Pour la première fois se manifeste une maîtrise\nparfaite de toutes les ressources de l'art ; pour la première fois apparaît le grand\nensemble vocal, véritablement dramatique, soutenu d'une forte et brillante or-\nchestration.\nQue nous réserve la prochaine représentation ? Quel sera l'effet de cette opérette\ndans 1 immense salle de 1 Opéra ? Quelle transformation va-t-elle subir (i)?\nC'est ce que nous saurons bientôt.\n\nAMÉDÉE LEMOINE.\n\n( 1 ) Il importe de dire que la partition originale de Y Enlèvement contient un certain nombre de\nmodifications et de suppressions plus importantes que dans la plupart des partitions de Mozart.\nDans ses dernières années, il corrigea encore Y Enlèvement, et comme quelqu'un regrettait la dis-\nparition de certains passages : (( Au piano, dit Mozart, cela peut passer, mais pas au théâtre.\nQuant j'écrivais cela, je m'écoutais encore trop volontiers, et je ne pouvais jamais trouver la\nfin. »"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c004", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "502", "page_fin": "504", "image_debut": 6, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.3", "titre_corps": "La musique au point de vue sociologique.", "titre_sommaire": "La musique au point de vue sociologique.", "signature_source": "JULES COMBARIEU", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "502", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.6", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 3272, "texte": "La musique au point de vue sociologique.\nANALYSE DE LA SONATE DE J.-S. BACH EN la MINEUR (suite). LA FUGUE ET\nSON EXPOSITION.\n\nLe langage, la poésie, le chant, la religion, la danse, sont\ndes faits « sociologiques », c'est-à-dire que chacun d'eux\nsuppose l'existence d'une société.\n(Voir la Revue musicale du ier avril 1903.)\nDe l'analyse sommaire et très générale que j'ai déjà faite ici delà Sonate en\nla mineur, il résulte qu'en écrivant cet ouvrage, Bach a très nettement subi l'in-\nfluence des Italiens, dont on peut dire, sans paradoxe, qu ils ont servi de modèle\nau grand compositeur allemand.\nCette affirmation ne surprendra nullement ceux qui ont étudié d'un peu près\nl'histoire musicale. L'influence italienne a pénétré Bach, dans le domaine instru-\nmental, comme, dans le domaine lyrique, elle pénétra Haendel et liasse, et plus\ntard Gluck, Mozart, et tant d'autres musiciens germaniques. Remarquez en pas-\nsant combien est inexact le jugement cent fois reproduit d'après lequel Bach est\n(( un pur Allemand », echtdeutsch, disent nos voisins en parlant de l'impression\nque leur fait sa musique. Une des erreurs les plus manifestes que commettent\nles peuples (erreur fortifiée instinctivement par la complicité de la critique dans\nchaque pays, et à sa suite, par celle de la critique étrangère peu informée), c est\nde croire qu'ils ont pour « mission » défaire une œuvre vraiment « nationale)), et\npar conséquent cle protéger contre toutalliage la substance pure deleurgénie; en\nréalité, il y a entre les peuples les mêmes liens nécessaires qu'entre les individus\nd'un même pays : chacun d'eux reçoit, modifie et transmet une civilisation en\nmarche qu'il n'a pas créée, et qu'il se borne à marquer, au passage, d'une em-\npreinte nouvelle. C'est au moins ce que nous pouvons affirmer, je crois, dans\n1 état actuel de nos connaissances ; de même que nous ne connaissons aucun\ngroupe d'hommes qui ne tienne d'un autre groupe le langage qu'il parle, de\nmême nous ne connaissons aucune forme d'art musical qui ne vienne d'une\nautre forme, antérieure et voisine.\nMais nous devons pousser plus loin notre analyse. Pour faire une étude vrai-\nment sociologique de la Sonate de Bach, il ne suffit pas de mettre une étiquette\nsur chacune des pièces qui la composent en disant : Celle-ci a des origines litur-\ngiques ; celle-là vient de la danse, etc... Ce qu'il faudrait, c'est montrer la con-\nstruction thématique de chacune de ces pièces, expliquer pourquoi les idées\ns'enchaînent dans tel ordre, se combinent ou se répètent d'après telle ou telle loi.\nVoilà le programme auquel on ne saurait échapper et que je n'hésite pas à m'im-\nposer. Je sens tout ce qui me manque pour le parcourir ; il faudrait un savoir\npresque universel en histoire et en philologie ! Je m'excuse, à l'avance, pour\nles lacunes qu'on trouvera forcément dans cet exposé.\nJe laisse de côté la première pièce de la Sonate, Y adagio-prélude (1), parce\nque son style n'est pas périodique ; je prends la pièce n° 2, qui est une fugue à\n3 parties.\n\n(i) Cet adagio prélude sera habituel au début des symphonies de Haydn, moins fréquent chez\nMozart, de plus en plus rare chez leurs successeurs. On en trouve encore un bel exemple dans\nla Symphonie de César Franck."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "503", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.7", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 3577, "texte": "Cette fugue est construite, selon la règle, de la manière suivante : le thème\ninitial, appelé sujet, se combine dès la 4e mesure avec une première entrée\nappelée réponse ; ce sujet et cette réponse reparaissent une seconde fois dans les\nparties différentes, pais il y a une nouvelle idée qui constitue un divertissement.\nLe musicien qui écrit une fugue commence par dire : Blanc bonnet ; il ajoute :\nBonnet blanc ; puis il s'amuse un peu à côté.\nSi nous voulons exprimer cela par des lettres de l'alphabet, nous résumerons\n(( l'exposition )) de la fugue et ce qui la suit immédiatement par le schéma :\nA AB ( 1). D'où vient ce rythme A A B ? Quelles sont ses origines sociologiques ?\nR. Westphal (2) nous rappelle que Bach était protestant et n'hésite pas à dire\nqu'il a emprunté cette triade rythmique au (( Livre de chant )) de ses coreligion-\nnaires. Je ne veux pas dire du mal du très savant Westphal, dont j'ai essayé (en\nproposant des modifications) de faire connaître la doctrine aux lecteurs fran-\nçais (3) ; mais on peut lui faire l'objection suivante : bien avant Bach, il y a des\nItaliens qui ont composé des fugues. Or, l'ltalie n'était pas protestante. Plus\nacceptable est l'opinion de Westphal quand il rattache le rythme de la fugue\naux chants des Minnesdnger (44 qui se composent de deux strophes égales\n(.Stolle, Gegen-Stoile), suivies d une partie indépendante ( Abgesang). 11 paraît\ncertain que ce système s'est reproduit et maintenu en Allemagne dans les chants\nde l'Eglise protestante. Mais combien nombreux et divers sont les monuments où\non le retrouve !\nRestons encore un instant dans le domaine liturgique pour continuer la pre-\nmière pensée de Westphal. On sait que chez les poètes lyriques de la Grèce\nantique on trouve, comme type normal de composition, le système suivant :\nstrophe, antistrophe, épode. (On attribuait cette création au poète Stésichore).\nOr, voici l'explication très curieuse qu'en donne un grammairien latin (5) : (( Au-\ntrefois, les chants en l'honneur des dieux se composaient de trois parties : on\nfaisait d'abord le tour de l'autel en commençant par la droite (strophe) ; on refai-\nsait ensuite ce même tour en commençant par la gauche (antistrophej ; enfin, on\nterminait en présence du dieu [épode). » Mais les fugues de Bach n'ont pas de\nliens historiques avec les Grecs ; en ont-elles avec la liturgie catholique r Oui,\ns'il faut en croire un philologue allemand, P. Wolf, qui s'exprime ainsi :\n« L'origine la plus lointaine de cette forme (A A B) serait demi-populaire, clemi-\nliturgique : en effet, il faudrait voir en elle une adaptation à la poésie du système\nrythmique des séquences (6) latines. Les vers de ces séquences, qui se divisaient\n\n(1) Tel est aussi, clans la plupart des sonates et des symphonies, le rythme du premier allegro,\nqui se compose d'une première partie suivie de sa reprise et d une troisième partie un peu plus\nétendue, qui est consacrée au développement des thèmes.\n(2) Musikalische Rhythmik, p. 252 et suiv.\n(3) Dans XaThéorie du rythme dans la composition moderne d'après la doctrine antique (couronné\npar l'lnstitut).\n(4) Poètes chanteurs du moyen âge (chevaliers et bourgeois) dont il nous reste 160 lieder. Un\ndes plus célèbres est Walter von der Vogelweide, qui vécut aux xne et xme siècles.\n(5) Attilius Fortunatianus.\n(6) La séquence, chant de la messe qui n'était à 1 origine que la modulation prolongée de la\ndernière syllabe de Y alléluia qui termine le graduel :\nStabat mater dolorosa (A)\nJuxta crucem lacrimosa (A)\nDum pendebat Filius. (B)"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "504", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.8", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 2572, "texte": "nettement en deux membres chantés par un officiant, étaient suivis d'un alléluia\nrepris d'abord par le peuple entier, et ensuite par un choeur représentant le peu-\nple ; bientôt cet alléluia, qui était le germe d'un refrain, fit place à un refrain véri-\ntable. On avait donc le type AAB(i). ))\nà la poésie profane. J'ouvre le livre de M. Jeanroy et j'y lis ce qui\nsuit (2) :\n(( Cette forme, la plus fréquente de toutes, peut-être, dans la poésie anglo-nor-\nmande, h est également dans la poésie latine rythmique et dans nos plus anciens\ntextes ; elle a même obtenu, à la fin du moyen âge, un extraordinaire regain de\npopularité, et on la retrouve, plus ou moins modifiée et perfectionnée, chez nos\npoètes du XIVe, du XVe, et même du commencement du XVIe siècle ; enfin, elle\nremplit vers la même époque les recueils italiens et espagnols. Les théoriciens du\nmoyen âge la désignent sous le nom de (( rythmas tripartitus caudatus, )) quon a\ntraduit quelquefois par (( strophe couée »... Nous avons un nombre considérable de\npièces latines, provençales, françaises, etc., qui ont cette forme. »\nNous avons parlé assez longuement de l'influence, sur le génie de Bach, des\nItaliens qui lui ont fourni, comme on sait, des modèles de fugues (3). Le rythme\n(( tripartite » existait-il chez eux ?\nM. d'Ancona (4) divise la chanson populaire italienne en trois groupes. Le\ndeuxième de ces groupes est formé par les rispetti toscans, qui peuvent être re-\nprésentés par le schéma suivant : ab, ab, plus une addition (ripresa) qui est va-\nriable :\nab, ab, cc\nab, ab, cc dd\nab, ab, ab cc\nLe dernier type forme ce qu on a appelé Yoctave courtoise. Tous les trois peu-\nvent se ramener à la forme : A A B.\nNous aurions donc, pour expliquer le rythme de la fugue (exposition et divertis-\nsement) : Ï° la liturgie antique ; 20 la liturgie catholique; 30 les chants de IL-\nglise protestante ;40 les poésies des Minnesànger ; 50 les poésies rythmiques\nlatines; 6° les poésies provençales, françaises, espagnoles ;70 les chants popu-\nlaires toscans.\nAu lieu de choisir parmi toutes ces origines possibles, il vaut peut être mieux\nadmettre qu'elles ont créé, a utour du compositeur, une sorte d'atmosphère géné-\nrale où son choix s est fait naturellement.\n(A suivre.)\n\nJULES COMBARIEU.\n\n(1) Cité par M. Jeanroy, dans ses Origines de la poésie lyrique, p. 367.\n(2) Ibid., p. sôqetsuiv.\n(3) Frescobaldi, pour n'en pas citer d'autres, est né (d'après Gerbert) en 1 591 à Ferrare, et\nBach est né en 1685.\n(4) La Poésie populaire en Italie (§ ix, p. 299-320}."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c005", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "505", "page_fin": "507", "image_debut": 9, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.4", "titre_corps": "Hector Berlioz et le vandalisme musical. A PROPOS D'UNE NOUVELLE ÉDITION DE LA « DAMNATION DE FAUST »", "titre_sommaire": "Hector Berlioz et le vandalisme musical. A PROPOS D'UNE NOUVELLE ÉDITION DE LA « DAMNATION DE FAUST »", "signature_source": "LOUIS LALOY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "505", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.9", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 3520, "texte": "Hector Berlioz et le vandalisme musical.\nA PROPOS D'UNE NOUVELLE ÉDITION DE LA « DAMNATION DE FAUST »\n\nOn lit dans les Grotesques de la Musique (1) d'Hector Berlioz:\nUn directeur de l'Opéra, rencontrant un soir Rossini sur le boulevard des Italiens,\nl'aborde d'un air riant, comme quelqu'un qui vient annoncer à un ami une bonne\nnouvelle :\nEh bien, cher maître, lui dit-il, nous donnons demain le troisième acte de votre\nMoïse.\nBah! réplique Rossini, tout entier?\nLa repartie est admirable, mais ce qui l'est plus encore, c'est qu'en effet on ne\ndonnait pas le troisième acte tout entier. Ainsi sont respectées à Paris les plus\nbelles productions des grands maîtres.\nCertains ouvrages, d'ailleurs, sont prédestinés aux palmes du martyre. Il en est\npeu dont le martyre ait été aussi cruel et aussi long que celui de l'opéra de Guil-\nlaume Tell. Nous ne saurions trop insister sur cet exemple offert par Rossini aux\ncompositeurs de toutes les écoles, pour prouver le peu d'autorité et de respect\naccordé dans les théâtres aux dons les plus magnifiques de l'intelligence et du génie,\nà des travaux herculéens, à une immense renommée, à une gloire éblouissante. On\ndirait même que, plus la supériorité de certains grands hommes qui ont daigné\nécrire pour le théâtre est incontestable et incontestée, et plus la racaille des petits\nmet, à insulter leurs ouvrages, d'acharnement et de ténacité. Je ne rappellerai pas\nici ce qu'on a fait en France de l'œuvre dramatique de Mozart, en Angleterre de\ncelle de Shakspeare ; je dirai comme Othello: They know il, no more of that (on le\nsait, n'en parlons plus). Mais ce que devient peu à peu l'œuvre de Gluck dans les\nthéâtres où on la représente encore (j'en excepte celui de Berlin), dans les concerts\noù l'on en chante des fragments, dans les boutiques où l'on en vend des lambeaux,\nc'est ce dont la plus active imagination de musicien ne saurait se faire une idée. Il\nn'y a plus un chanteur qui en comprenne le style, un chef d'orchestre qui en possède\nl'esprit, le sentiment et les traditions. Ceux-là au moins ne sont pas coupables, et\nc'est presque toujours involontairement qu'ils en dénaturent et éteignent les plus\nradieuses inspirations. Les arrangeurs, les instrumentateurs, les éditeurs, les traduc-\nteurs, au contraire, ont fait avec préméditation, en divers endroits de l'Europe, de\ncette noble figure antique de Gluck un masque si hideux et si grotesque qu'il est\ndéjà presque impossible d'en reconnaître les traits.\nUne fourmilière de Lilliputiens s'est acharnée sur ce Gulliver. Des batteurs de\nmesure du dernier ordre, de détestables compositeurs, de ridicules maîtres de\nchant, des danseurs même, ont instrumenté Gluck, ont déformé ses mélodies, ses\nrécitatifs, ont changé ses modulations, lui ont prêté de plates stupidités. L'un a\najouté des variations pour la flûte (je les ai vues) au solo de harpe de l'entrée\nd'Orphée aux enfers, trouvant ce prélude trop pauvre sans doute et trop insignifiant.\nL'autre a bourré d'instruments de cuivre le chœur des ombres du Tartare (même\nouvrage), en leur adjoignant le serpent (je l'ai vu), apparemment parce que le serpent\ndoit tout naturellement figurer dans une scène infernale où il est question des\nFuries. Ici, au contraire, on a réduit à un simple quatuor toute la masse des instru-\nments à cordes. Ailleurs un maître de chapelle a imaginé de faire aboyer les choristes\n(j'ai entendu cette horreur) en leur recommandant expressément de ne pas chanter,\n\n(i) P. 192 et suiv."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "506", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.10", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 3374, "texte": "encore dans la scène des enfers d'Orphée. Il avait voulu produire ainsi un chœur\nde Cerbères, de chiens dévorants, invention sublime qui avait échappé à Gluck.\nJ'ai sous les yeux une édition allemande de Ylphigénie en Tauride, où l'on remar-\nque, entre autres mutilations, la suppression de huit mesures dans le fameux\nchœur des Scythes: a Les dieux apaisent leur courroux », et les inversions les plus\ntristement comiques dans le texte de la traduction...\nEt le malheur veut que l'ancienne édition française, la seule où Ton puisse retrou-\nver intacte la pensée du maître (je parle de celle des grandes partitions), devienne\nde jour en jour plus rare, et soit très mauvaise sous le double rapport de l'ordon-\nnance et de la correction. Un déplorable désordre et d'innombrables fautes de toute\nespèce la déparent.\nDans peu d'années, quelques exemplaires de ces vastes poèmes dramatiques, de\nces inimitables modèles de musique expressive, resteront seuls dans les grandes\nbibliothèques, incompréhensibles débris de l'art d'un autre âge, comme autant de\nMemnons, qui ne feront plus entendre de sons harmonieux, sphinx colossaux qui\ngarderont éternellement leur secret. Personne n'a osé en Europe entreprendre une\nédition nouvelle, et soignée, et mise en ordre, et annotée, et bien traduite en alle-\nmand et en italien, des six grands opéras de Gluck. Aucune tentative sérieuse de\nsouscription à ce sujet n'a été faite. Personne n'a eu l'idée de risquer vingt mille\nfrancs (cela ne coûterait pas davantage) pour combattre ainsi les causes de plus en\nplus nombreuses de destruction qui menacent ces chefs- d'œuvre. Et malgré les\nressources dont l'art et l'industrie disposent, grâce à cette monstrueuse indifférence\nde tous pour les grands intérêts de l'art musical, ces chefs-d'œuvre périront. Hélas!\nhélas! Shakspeare a raison: La gloire est comme un cercle dans l'onde qui va tou-\niours s'élargissant, jusqu'à ce qu'à force de s'étendre, il disparaisse tout à fait.\nLa sinistre prophétie de Berlioz ne s'est pas réalisée. Le maître qu'il adorait\npour la vérité et la puissance expressive de sa musique n'a pas disparu tout\nentier ; et une édition savante et complète sauve désormais ses œuvres des\noutrages des hommes. Mais par un retour dont il eût savouré l'amère ironie,\nBerlioz lui-même est victime aujourd'hui des mauvais traitements qu'il ne vou-\nlait pas voir infliger à autrui. Dans l'édition de la Damnation de Faust que j ai\nsous les yeux (i), la musique a triplement souffert d'additions, de suppressions\net d'interversions que l'on se permet sans crier gare. Le développement sympho-\nnique qui précède l'entrée des paysans s'est revêtu d'un récit de Faust, assez\nadroitement bâti sur le motif même du morceau, et dont voici les paroles :\nSi jamais je dis au moment qui passe,\n« Temps, arrête-toi ! » non, tout s'efface !\nLa gloire donnerait-elle le bonheur\nA celui qui meurt au champ d'honneur ?\nOu celui qu'après la danse délirante\nLa mort surprend au bras d'une amante ?\nEtc.\nL'honnête intention d'annoncer la ronde pastoraleet la marche guerrière appa-\nraît ici avec candeur. Mais la candeur n'est pas une excuse. Un peu plus loin,\naprès le ballet des Sylphes, le dialogue de Faust avec Méphistophélès a été sup-\nprimé, afin qu'il n'y eût pas d'enchaînement à la scène suivante, et qu'on pût\n\n(i) Paris, chez Costallat."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "507", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.11", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 1352, "texte": "arrêter là le troisième acte. Voilà, j'imagine, une raison péremptoire. En revan-\nche, un récit de Méphistophélès a été ajouté, après 1 invocation à la Nature, pour\nconduire au dialogue qui suit. Ce récit est fabriqué avec des pièces prises à dif-\nférents endroits de la partition. Quel est l'auteur de cette greffe ingénieuse ?\nPourquoi nous laisser ignorer son nom ? Et surtout pourquoi attribuer à\nBerlioz deux pages qu'il n a pas écrites?\nMais la scène qui a le plus souffert, c'est celle qui suit, si émouvante, où Méphis-\ntophélès excite et nargue l'anxiété de Faust, tandis que des cors dessinent au\nloin un sombre horizon de forêts. On connaît l'ironique réponse du démon au\ncri d'effroi de sa victime : (( J'entends des chasseurs qui parcourent les bois. »\nCette réponse a été portée àla fin de la scène, avec un tout autre sens : « J'en-\ntends des chasseurs qui parcourent les bois ; l'aube paraît, nous arrivons\ntrop tard, )) dit Méphistophélès qui, paraît-il, avait oublié l'heure ; suit un\ndialogue parfaitement inutile, auquel Berlioz n'avait pas songé. xWais le plus\nlamentable, c'est qu'avec la réplique transposée sont parties sans retour trois\nphrases des cors, absolument nécessaires au développement musical :\nQuels supplices eût inventés Berlioz pour châtier un pareil crime ?\n\nLOUIS LALOY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c007", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "508", "page_fin": "511", "image_debut": 12, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.5", "titre_corps": "La musique et la notation musicale au moyen âge", "titre_sommaire": "La musique et la notation musicale au moyen âge", "signature_source": "J. C", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "508", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.12", "debut_caractere": 49, "fin_caractere_exclue": 3586, "texte": "La musique et la notation musicale au moyen âge\n\n(Lais et Descorts Jrançais du XIIIe siècle,—texte et musique, publiés par ALFRED\nJEANROY, professeur à Vuniversité de Toulouse, Louis BRANDIN et PIERRE AUBRY,\narchivistes paléographes. Paris, Welter, éditeur.)\nLa poésie lyrique du moyen âge est encore à peu près inconnue en France.\nEn effet, là où poésie et musique sont restées unies et imposent par conséquent\ndouble tâche à l'analyse du critique, nos romanistes n'ont fait jusqu'ici que la\nmoitié de leur besogne en se bornant à étudier le texte littéraire, et en excluant,\navec une parfaite tranquillité de conscience, la mélodie. Il est à peine concevable\nqu'à l'Ecole des Chartes, où les études sur le moyen âge ont leur centre brillant,\nune méthode aussi incomplète ait encore force de tradition, et qu'après avoir vu\nsi souvent des notes de valeur inégale, clans les manuscrits, au-dessus des paroles\nde nos vieilles chansons, on ne se soit pas avisé d'enrichir la paléographie\nd'un chapitre consacré à la musique. Voici un savant de premier ordre, philo-\nlogue consommé, auteur d'un livre justement apprécié sur les Origines de la\npoésie lyrique en France, et que le regretté Gaston Paris tenait en très haute\nestime : c'est M. Jeanroy. Or, dès la quatrième ligne du livre dont j'ai à parler,\nM. Jeanroy nous avoue son (( ignorance totale de la musique )). Est-ce là un trait\nde fort honorable franchise? Sans doute, et M. Jeanroy a une renommée assez\nsolide comme philologue, pour n être pas diminué par un tel aveu auprès de ses\nconfrères ; mais je crois voir aussi dans cette déclaration un peu d'insouciance à\nl'égard de choses qui tel genre d'études une fois admis ont une importance\ncapitale. (( Je ne suis pas musicien. » Il y a des représentants de notre haut ensei-\ngnement national qui, en dépit de ce que j'appellerai le devoir scientifique et\nprofessionnel, parlent ainsi avec la même simplicité que certaines personnes à qui\non offre un cigare : (( Merci, je ne fume pas ! )) Je voudrais qu'en certains cas où\nla musique n'est plus un surcroît de luxe, mais une pièce nécessaire de l'édifice\nqu'on veut construire, les maîtres de nos universités n'avouassent leur insuffi-\nsance ou leur ignorance cultivée en matière musicale qu'avec de visibles\nremords. On est tenté de leur dire, en imitant leur franchise : Vous n'êtes pas\nmusicien ? devenez-le ! Il le faut. Vous êtes engagé ; n'avez-vous pas à parler et\nà écrire sur la poésie chantée? Suivez l'exemple de M. Théodore Reinach, qui,\nlorsqu'on eut découvert le premier hymne delphique, se mit à étudier les ouvra-\nges de M. Gevaert et, après avoir enrichi son savoir d'une branche nouvelle,\nsut épargner à notre pays l'humiliation d'un aveu d'impuissance.\nLes musiciens de profession ne paraissent pas être en mesure cle combler une\naussi fâcheuse lacune et de résoudre les difficultés qu'on leur laisse pour compte.\nDe leur côté, l'abstention est plus excusable. D'ordinaire, le musicien ou le cri-\ntique musical français considère Palestrina comme le point terminus des voyages\nd'exploration qu'on peut entreprendre en remontant le cours de l'histoire musi-\ncale ; au delà, il y a bien le plain-chant, qui est une chose admirable, et que les\nBénédictins ont restauré ; mais entre le plain-chant et Palestrina, est considérée\nà peu près comme non existante la région qui comprend le déchant, la diapho-\nnie, les premières formes de la composition à plusieurs parties, et tout le déve-\nloppement qui a préparé les grands polyphonistes du xvie siècle. Ce sont des"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "509", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.13", "debut_caractere": 49, "fin_caractere_exclue": 3811, "texte": "steppes arides où ne vont pas les excursionnistes. Quant à la musique des trou-\nbadours et des trouvères, je m'explique bien qu'elle soit ignorée encore\nd'un ancien élève du Conservatoire. Pour devenir romaniste et se mettre en état\nde lire les vieux textes, un musicien aurait beaucoup plus de chemin à faire qu'un\nromanisant s'il voulait devenir musicien. En Allemagne, où presque tous les\ngrands critiques ont commencé par être grammairiens, voici un musicien qui\nnul ne me contredira sait tout ce qu'on peut savoir en musique : c'est M. Hugo\nRiemann. Il a voulu éditer un jour, d'après un manuscrit qui est à la biblio-\nthèque de Munich, les chansons de Gilles Binchois, musicien du xve siècle ayant\nété attaché au service de Philippe de Bourgogne ; or cette édition, nous aurons\noccasion de le montrer, est pleine de fautes étranges (pour ne parler que du\ntexte littéraire), et je recueille, dans h (( avertissement », cette déclaration très\nhonnête : (( Je ne suis pas assez philologue pour mettre tout cela au point. »\nM. Riemann, lui aussi, ne fume pas. Raisonnablement, on ne peut exiger des\nmusiciens français qu'ils soient supérieurs à un Riemann en pareille matière.\nTelle est la situation de l'art musical, pour la partie antérieure au xvi° siècle,\nentre les philologues qui dédaignent d'être musiciens, et les musiciens qui ne\nsont pas philologues. J'ai déjà exprimé des doléances de ce genre, au nom du\nsimple bon sens, à propos de poésie grecque , bien que le joli nom de Romania\nne soit pas inscrit sur mon enseigne et que je sois par conséquent mal venu à\nfaire la leçon aux romanistes, on me pardonnera de les renouveler expressément,\ndans l'intérêt du grand public, à propos de poésie française.\nPour nous, musiciens universitaires, M. Pierre Aubry est une consolation et\nune espérance. Dans la province nettement définie où il travaille, il réunit, par\nune heureuse et trop rare exception, des qualités dont nous avons eu trop sou-\nvent à déplorer le divorce. Il est doctor duplex ; il possède ce qui est indispen-\nsable pour explorer les deux versants du Parnasse. Ancien élève de l'École des\nchartes et archiviste paléographe, il est armé pour lire, à la source même, le\ntexte des vieux poètes et des théoriciens : excellent musicien, il saura traduire\nles mélodies du xme siècle en notation moderne. Malgré les collaborations dont\nil s'entoure par un scrupule excessif qui, même dans les domaines spéciaux,\nadmet de nombreuses spécialités, c'est à lui que reviennent, manifestement,\nl'initiative et le mérite de ces belles publications ; les Proses d'Adam de Saint-\nVictor, les Lais et Descorts. Ce sont là de grands services rendus à l'histoire\nmusicale et à l'histoire littéraire : il m'est infiniment agréable de le dire ici, en\nrendant hommage au talent de l'auteur. Si j'ai à faire une réserve, on va voir\nqu'elle n'est désobligeante que pour nous, lecteurs de bonne volonté, qui vou-\ndrions des éclaircissements sur un grand nombre de points. M. Pierre Aubry\ndonne à ses magnifiques ouvrages une haute valeur scientifique ; nourri de\nl'étude des manuscrits, il y insère, sur parchemin, de beaux fac-similé tirés de\nses collections particulières ; mais, avec un laconisme qui n'est pas d'ailleurs\nsans élégance, il fait trop de fonds sur notre compétence, glisse sur des ques-\ntions qu'on voudrait voir expliquées en détail, et suppose connu de tout le\nmonde ce qu'il sait si bien lui-même. C'est un guide excellent, mais qui met une\ncertaine coquetterie à remplacer parfois la parole par le geste.\nC'est au douzième siècle que la langue française a pris tous les caractères de\nsyntaxe qui lui sont propres et que, selon la curieuse expression de Littré, « la\nfleur de la grammaire s'est épanouie ». Si— nous plaçant àun point de vue"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "510", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.14", "debut_caractere": 49, "fin_caractere_exclue": 3832, "texte": "profane et purement artistique— nous ne reconnaissons l'art musical que là où\nil y a rythme et combinaisons de parties, nous pouvons dire que la musique,\ntelle que les modernes la comprennent, a été également constituée à la même\népoque. Le neuvième et le dixième siècle, nous disent les historiens littéraires,\nsont des périodes dépourvues, où la langue se montre rude, peu sûre d'elle-\nmême et inhabile. Cette appréciation peut s'appliquer à l'enfance clu contrepoint,\nqui jusqu'à la mort de Gui d'Arezzo (1030?) se bornait à doubler les mélodies à\n1 octave, à la quinte ou à la quarte. Au milieu du xie siècle apparaît le novum\norganum, qui, par une hardiesse décisive, donne aux mélodies associées des\nmouvements différents. Alors, la musique moderne est fondée. Il y a cependant,\nentre l'histoire de la langue et celle de la musique, cette différence importante :\nc'est que nous n'avons aucun traité cle grammaire qui remonte au xie siècle, tan-\ndis que nous avons des traités de musique où se trouve la théorie du novum\norganum (de Musica cle Jean Cotton, écrit environ en 1100, manuscrit de la Biblio-\nthèque Ambrosienne, à Milan). (( Que Vorganum, dit Cotton, soit obtenu par des\nconsonances, mais que ces consonances soient variées par le mouvement distinct\ndes parties )) (ch. XXIII). Une telle phrase formulait le principe fondamental de\nla musique pour plusieurs siècles.\nOn ne s'étonnera pas que ce changement capital ait amené aussi un change-\nment dans la notation. Jusqu'alors on s'était servi des neumes, qui, avec une\nsimplicité naïve, indiquaient seulement au chanteur les endroits où sa voix\ndevait monter et ceux où elle devait descendre. Désormais, il ne suffira plus de\ntracer une sorte de graphique de la monodie et de ses méandres; comme on va\ncombiner des mètres différents, il faudra que la notation exprime, avec le mou-\nvement des parties, la valeur des notes qui les composent. De là cette notation\nqu'on a appelée proportionnelle on figurée. Elle emprunte aux neumes leurs signes\nessentiels qui sont comme l'héritage du passé (la longue : \\ la brève : «, la semi-\nbrève : •>, la plique); mais, par une originalité qui paraîtrait étrange, si on sup-\nposait qu'un tel système a été formé de toutes pièces par un théoricien, au lieu\nd'admettre qu'il est né peu à peu, empiriquement, des nécessités du contrepoint,\nchacun de ces signes change de valeur selon les notes dont il est suivi ou précédé.\nLa notation proportionnelle est, de ce chef, assez compliquée. C'est une lan-\ngue qu'il faut apprendre avant d'aborder l'examen des œuvres qui en sont les\nmonuments. Or je suis tenté de chercher ici querelle à M. Aubry en lui repro-\nchant de ne nous avoir pas donné, comme nécessaire introduction à la lecture des\n(( lais et descorts )), un exposé de la notation proportionnelle. Il a analysé avec le\nplus grand soin les strophes de ses poètes et dressé des tableaux où les syllabes\nde chaque vers sont comptées; mais, arrivé à la musique, il se borne à nous dire\nque cette notation ne diffère pas de la notation usuelle à la même époque. C'est\ntout. Je trouve que ce n'est pas assez. Qui donc, en France, connaît la notation\nproportionnelle, ou a montré, par ses ouvrages, qu'il la connaissait? MM. David\net Mathis Lussy, dans un livre spécial qui a été pourtant couronné par l'lnstitut,\nen ont à peine dit quelques mots ; M. de Coussemaker en a formulé les règles\ndans un livre (fHarmonie au moyen âge) qui est depuis longtemps épuisé, et\nqu il faut payer, d'occasion, un prix très élevé. M. Aubry pouvait presque dire,\ncomme Lucrèce, qu il foulait une cime où nul, avant lui, n'avait mis l'empreinte\nde son pas. Pour élever jusqu'à cette cime les lecteurs que nous voulons gagner\nà la cause de l'histoire musicale (y compris les membres de l'enseignement"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "511", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.15", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 881, "texte": "supérieur), il faut leur tendre la main et la perche ; il faudrait plutôt les attacher\navec une corde, comme il est d'usage dans les ascensions difficiles, leur indiquer\ntoutes les places où il faut mettre le pied, et les faire avancer avec prudence.\nSans quoi on rebute ceux qu'on voulait séduire.\nDepuis la publication des Lais et Descorts, M. Aubry a bien voulu nous\ncommuniquer, pour la Revue musicale, des chants du Provençal Marcabru, texte\noriginal et traduction en notes modernes. Avant de publier ces documents, nous\ncroyons utile cle dire, aussi clairement que possible, ce qu'est la notation propor-\ntionnelle. C'est ce que nous comptons faire prochainement, avec la collaboration\nsi précieuse de M. Pierre Aubry ; après quoi nous examinerons les poésies lyri-\nques qu'il a eu le mérite d'éditer pour la première fois d'une façon complète.\n\nJ. C."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c008", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "511", "page_fin": "513", "image_debut": 15, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.6", "titre_corps": "Philibert Jambe-de-fer.", "titre_sommaire": "Philibert Jambe-de-fer.", "signature_source": "G. TRICOU", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "511", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.15", "debut_caractere": 883, "fin_caractere_exclue": 3123, "texte": "Philibert Jambe-de-fer.\n\nQuel fut le point de départ de cet artiste, qui ne devint Lyonnais que par adop-\ntion ? Peut-être les archives de Dijon fourniraient-elles la solution du problème.\nM. le Dl' Coutagne (1) aeu la chance d y rencontrer plusieurs fois dès le xve siècle\nle nom de Jambe-de-fer porté par des artisans de situation modeste. Si cette\nhypothèse était exacte, ce musicien tirerait son nom de sa filiation et non de\nquelque particularité propre à lui valoir un sobriquet.\nDès 1546, sa réputation était suffisamment établie pour que Moderne lui em-\npruntât un Salve sàlutaris à quatre voix, et l'associât dans un de ses recueils mu-\nsicaux à Clemens non Papa, Colin, Gardane, etc. Est-ce à dire qu'il habitait déjà\nLyon ? Peut-on même en conclure qu'il professât alors la religion catholique ?\nQuoi qu'il en soit, il quitta et abandonna bientôt l'une et l'autre, car, environ trois\nans après, on le-voit collaborer avec Jean Poictevin, chantre cle Sainte-Rade-\ngonde à Poitiers. Ce dernier venait de mettre en vers français 100 psaumes de\nDavid : il en confia la musique à son ami.. L'ouvrage, imprimé d'abord à Poitiers\nvers 155°-) eut assez de succès pour décider ses auteurs àen donner à Lyon deux\nautres éditions sous ces titres :\n1. Les cent psalmes de David mis en vers françois par Jean Poictevin, à quatre\nparties par Philibert Jambe de-fer, à Lyon, par Angelin Benoist, 1559.\n2 Les vingt deux octonnaires du Psalme 119 traduits par Jean Poictevin et mis\nen musique par Philibert Jambe-de-fer, Lyon, Thomas Straton, 1561.\nDès lors, notre auteur, adonné presque exclusivement à la musique du Psau-\ntier huguenot, resta un fervent adepte de la religion nouvelle, ainsi qu'il appa-\nraît de la préface de l'un cle ses ouvrages intitulé :\nLes cent et cinquante Psaumes de David mis en rime françoise par Clément\nMarot et 1 héodore de Bèze, avec les dix commndemaents, etc., etc., le tout mis\nen musique par M 1 Philibert Jambe-de-fer, Lyon, Antoine Percia et Pierre de\nMia, 1564, avec privilège du Roy pour neuf ans (2).\n\n(1) Docteur médecin et musicographe lyonnais, décédé en 1895.\n(2) Pour les publications lyonnaises, voir : Baudrier, Bibliographie lyonnaise du XVIe siècle,\npassim dans les cinq volumes parus à ce jour."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "512", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.16", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3414, "texte": "Dans la dédicace de cet ouvrage à Charles IX, qui allait passer à Lyon, hauteur\nremercie Sa Majesté clu grand bénéfice que les protestants ont reçu de Dieu sous\nson règne, par le moyen de la liberté qui leur est donnée de louer et invoquer\nle Seigneur « non plus en cachette et à demi-bouche comme auparavant, mais en\npleine lumière, publiquement et à pleine bouche ». Tout le reste de cette dédicace\nse ressent de la même conviction et de l'austérité de Philibert.\nCe psautier eut. la même année, chez Pierre Cussonel et Martin Laroche, deux\nautres rééditions, dont l'une est augmentée dun sonnet sur la devise du Roy\nCharles IX.\nC'est à Jambe-de-fer que l'on doit, ce semble, attribuer l'ouvrage suivant in-\ndiqué par du Verdier sous ce titre :\nLes cent cinquante psaumes de David imprimés à Lyon par Jean Dogerolles,\n1560.\nL'auteur n'y est pas nommé, mais les archives départementales de Lyon (1)\nnous conservent la trace d'un procès engagé, cette même année 1560, entre notre\nmusicien et ce libraire. Il s'agit d'une œuvre musicale que l'éditeur a publiée\nsans mentionner le nom de l'auteur à côté du sien. Des experts sont nommés,\net le procès durait encore en 1561, sans que j'aie pu en trouver la solution.\nA côté des œuvres religieuses, Jambe-de-fer a fait imprimer à Lyon un curieux\nouvrage d'enseignement :\nEpitome musical de tous sons et accords à voix humaines, fleustes d'alleman,\nfleustes à neuf trous, violes et violons, item, un petit devis des accords de mu-\nsique, par forme de dialogue interrogatoire et responsif entre deux interlocuteurs\nP et I. A Lyon par Michel Dubois MDLVI avec privilège.\nL'auteur s'y fait connaître dans la dédicace. Ce traité, à lui seul, suffirait à\nassurer à Jambe-de-fer une bonne place parmi les musicographes du xvie siècle,\net à perpétuer son nom, mieux que sa musique du Psautier. La comparaison\ndes deux genres de travaux permet de doter cet auteur de plus cle science didac-\ntique que d'esprit d'invention. Dans son Epitome, il passe en revue la technique\nmusicale de son époque, aussi bien pour le solfège et la voix que pour les instru-\nments. L'ouvrage de Philibert peut servir de jalon pour l'apparition du violon et\nde sa famille, c'est-à-dire des instruments montés de quatre cordes accordées par\nquintes. Il établit nettement entre les violons et les violes, les différences de\nsonorité, d'accord, de technique et même de caste, puisque, dit-il : (( Les violes\nsont celles desquels les gentilshommes, marchants et autres gens de vertu pas-\nsent leur temps, tandis que le violon sert à la dancerie commune ». D'après ce\ntraité, le violoncelle se voit vieillir d'un coup de 200 ans (2).\nIl m'a été impossible de fixer l'époque où Jambe-de-fer s'établit à Lyon. Il y\nétait certainement en 1553, où il signe un acte devant le notaire Chaliard, et y\nfut retenu par deux mariages successifs avec des Lyonnaises, et des emplois offi-\nciels. Il n'eut pas d'enfant, et laissa pour héritiers vers 1556, les frère, sœur et\nneveux de sa seconde femme, parmi lesquels, un certain Martial de Bargues, enlu-\nmineur et musicien, d'une famille lyonnaise, qui a donné des chefs de bandes\nde violons, jusqu'au seuil du xvm* siècle. C'est donc à tort qu'on a voulu faire\nde Jambe-cle-fer une victime cles événements de 1572.\n\n(1) Série B, Cour et juridiction.\n(2) Le seul exemplaire connu figure à la Bibliothèque du Conservatoire de Paris, n° 27315."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "513", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.17", "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 1320, "texte": "Après avoir suivi le musicien et le professeur,nous allons trouver notre artiste\nsous un troisième aspect, celui d'imprésario.\nPlusieurs raisons durent déterminer le Consulat Lyonnais à confier à Philibert\nJambe-de-fer la partie musicale de l'entrée de Charles IX en 1564. D'abord sa\ndouble qualitéde compositeur et d'instrumentiste,et peut-êtrela pénurie d'artistes.\nD'autre part, Charles IX tentait une ère d'apaisement, et en mettant à contri-\nbution les talents de chaque parti, le Consulat entrait dans les vues du prince.\nEnfin Philibert venait de se mettre en avant par la dédicace de son ouvrage, au\nRoy.\nDans cette tâche, le génie d'invention fit encore défaut à notre artiste.\nToute la partie musicale de l'entrée se borna à deux chœurs, l'un des neui\nMuses, l'autre de quelques chanteurs, le tout soutenu par un maigre orches-\ntre. Sur une dépense totale de plus de 16 000 livres, cette partie de la céré-\nmonie n'en coûta que 65 à la ville. C'est dire à quel plan elle fut reléguée.\nAussi devons-nous ajouter à la décharge de Jambe-de-fer que, s'il n'avait pas\nassez d'envergure pour l'organisation d'une importante mise en scène musicale,\nle peu de ressources qu'on lui accorda l'obligea à rester encore au-dessous de ce\nqu'il aurait pu faire.\n\nG. TRICOU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c009", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "513", "page_fin": "517", "image_debut": 17, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.7", "titre_corps": "De l'interprétation des signes d'ornements chez les maîtres anciens.", "titre_sommaire": "De l'interprétation des signes d'ornements chez les maîtres anciens.", "signature_source": "GEORGES PFEIFFER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "513", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.17", "debut_caractere": 1322, "fin_caractere_exclue": 3168, "texte": "De l'interprétation des signes d'ornements\nchez les maîtres anciens.\n\nTous les instruments à clavier, ancêtres du piano, clavicordes, épinettes, vir-\nginales, clavecins, se composaient de fils métalliques très minces grattés par des\nespèces de petits curedents en plume de corbeau, produisant un son très grêle et\ntrès court, analogue à celui de la mandoline d'aujourd'hui. Plus tard même,\nlors de l'invention des premiers forte-piano, ou clavecins à maillets, substituant\nle marteau au sautereau de plume, les cordes restèrent encore fort ténues. La\ndifférence provenait seulement de ce que le marteau pouvait frapper forte ou\npiano, nuance défendue au faible sautereau. Aussi, en 1764, lorsque Friedmann\nBach, un des fils du grand Sébastien, joua pour la première fois le forte-piano\nau théâtre de Covent-Garden, l'effet de surprise fut très grand. Les vieux\namateurs cependant se refusèrent encore longtemps à adopter le maigre et sec\npiano forte à la place du noble et large clavecin, comme l'écrivait un célèbre\nmusicographe du temps, chanoine de Dijon.\nMais clavecins ou premiers piano-forte ne soutenant pas le son, les composi-\nteurs suppléaient au vide des notes longues par des ornements et des agré-\nments de tous genres, très compliqués et très rapides d'abord, puis diminuant\nde plus en plus à mesure que le perfectionnement des instruments leur permit\nde faire durer le son davantage.\nC est ainsi que les appoggiattires, grupettiy tremblements, pincés, doublés,\nmordants, ports de voix et autres agréments de touë genres, si compliqués chez\nJ.-S. Bach, Hândel, Couperin, Rameau, s'en vont se simplifiant avec Philippe-\nEmmanuel Bach et Haydn, disparaissent presque avec Mozart et Beethoven,\nne laissant guère subsister que le trille, l'appoggiature et l'agrément ordinaire à\ndater de Weber, Hummel, Mendelssohn et leurs'successeurs."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "514", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.18", "debut_caractere": 44, "fin_caractere_exclue": 2513, "texte": "L'étendue d'un article ne me permettrait pas une revue détaillée des règles\nétablies par les maîtres, mais le but de ces lignes est de protester contre la\nfausse interprétation très habituellement donnée, même par les virtuoses et les\nprofesseurs les plus éminents, à certaines formes, habituelles surtout à Haydn et\nMozart\nCeux qu'une étude approfondie de la matière intéresserait trouveront d'a-\nbord dans les bonnes éditions de Couperin et de Rameau la façon indiquée\npar eux-mêmes de traduire leurs signes d'agrément.\nDepuis Bach jusqu'à Mozart pour les compositeurs allemands, ils consulteront\navec grand fruit la méthode de clavecin de Philippe-Emmanuel Bach (traduc-\ntion française), le célèbre fils de Sébastien ; la méthode de violon de Léopold\nMozart (père du grand Wolfgang), traduite aussi. Puis, moins détaillées, ces\nétudes dans les méthodes de piano de Pleyel, Dussek et Hummel.\nMais sans rechercher si loin ces ouvrages qui n'existent guère que dans les\nbibliothèques publiques, ils trouveront les remarquables travaux de Farrenc,\nintroduction au Trésor des Pianistes (éditeur Leduc) et les Clavecinistes de\nMéreaux (éditeur Heugel) Tous deux ont résumé aussi clairement que possible\nles règles concernant les signes d'agrément.\nJe dis aussi clairement que possible, parce que les auteurs ont quelquefois\nviolé les règles posées par eux-mêmes, et beaucoup plus encore parce que les\néditeurs, reproduisant successivement les œuvres des maîtres, les ont dénaturées\npar ignorance.\nTous les musiciens éclairés connaissent les premiers principes de l'exécution\nde l'appoggiature.\nLa règle la plus importante et la première est celle-ci :\nLorsque la petite note n'est pas traversée par une barre, elle prend la moitié\nde la valeur de la note suivante.\nBarrée, au contraire, elle est très brève. Exemples :\nMOZART : Marche Turque\n(appoggiature non barrée) :\nMOZART : Sonate en la mineur (première appoggiature barrée, seconde non barrée):\n*\nCertains auteurs se donnent la peine d'écrire la petite note, lorsqu'elle n'est\npas barrée, dans la valeur qu'elle doit prendre ; cela simplifie la règle, mais cela\nn'est pas observé partout comme ci-dessus .\nLa règle devient plus difficile lorsque la petite note précède une note pointée,\ncar en ce cas elle prend le plus souvent les deux tiers et quelquefois le tiers de\nla valeur de la note pointée ; cela est laissé au goût de l'exécutant :\nPlus singulière la règle quand la note pointée précédée d'une appoggiature"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "515", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.19", "debut_caractere": 44, "fin_caractere_exclue": 2221, "texte": "est suivie d'un soupir: en ce cas, la petite note prend la place de la grosse, et\ncelle-ci prend celle du soupir (i).\nJ.-S. BAGII : Clavecin bien tempéré, prélude en mi bémol :\nje ne parlerai que pour mémoire du pincé, qui indique de prendre la note\nen dessous, et qui devient un trille inférieur si la durée est longue.\nCe signe est tombé en désuétude et les éditions nouvelles de J.-S. Bach ne\nle donnent pas, pas plus que les tremblements ou trilles remplacés par tr\ntandis que Bach écrivait cpour commencer par la note supérieure et c ~~~~\npour commencer parla note inférieure :\nMais j'ai hâte, après avoir simplement rappelé les principes généraux, d'arriver\nau grupetto et au véritable sujet de cet article.\nJ'ai été bien souvent frappé et étonné d'entendre, dans les séances classiques\nde musique de chambre, mal interpréter les appoggiatures ou les grupetti les\nplus simples, les artistes même ne se doutant pas que les règles en sont très\nprécises et n'y voyant qu'une affaire de goût personnel.\nAu Conservatoire, s'appuyant sur la tradition de Baillot, ancien professeur de\nl'école, qui n'avait pas étudié la matière, on fait le plus souvent d'une façon\nfautive le grupetto, ou doublé, ou, pour employer l'expression moderne, l'agré-\nment. C'est ainsi que j'ai entendu dans l'excellente classe d'ensemble instru-\nmental de M. Lefebvre, classe dont j'ai eu l'occasion de faire l'éloge dans cette\nrevue même, une exécution incorrecte de la belle Sonate en sol pour piano et\nviolon de Mozart.\nLes grupetti de l'allégro en sol mineur, au début, doivent commencer par le\nla et le mi t>, non par le sol et le ré : c'est ce qu'ont fait pourtant pianiste et\nvioloniste.\nLorsque l'auteur veut que le grupetto commence par la note qui le porte, il\nécrit ainsi :\nDu reste, comme le fait judicieusement remarquer\nFarrenc, dans son Traité des agréments, l'interprétation au violon, et surtout au\nclavecin, est lourde et moins énergique et expressive avec les quatre notes.\nUne autre faute très habituelle est de faire le grupetto en dehors de la note\nqui le porte, au lieu de le commencer avec le rythme en même temps que la\n\n*(i) Forkel, Histoire de la musique, cité par Farrenc."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "516", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.20", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 1721, "texte": "A toutes les époques, depuis la disparition du clavecin, ces règles sont restées\ninconnues ou méconnues des musiciens : en voici une preuve singulière : à l'O-\npéra, la Marche Turque, placée dans le ballet de Don Juan et orchestrée par\nAuber, se joue comme si la petite note était barrée :\nau lieu de\nqui est la première loi de l'appoggiature.\nC'est absurde et faux.\nChose plus singulière encore. A la Société des Concerts du Conservatoire,\nqui devrait être le palladium des traditions, j'ai surpris bien des infractions\naux règles, notamment dans la Symphonie en sol mineur de Mozart.\nPour revenir au grupetto, je citerai encore un exemple un peu différent :\nMozart : Ariette variée :\nDu reste, ce passage serait lourd et difficile en le commençant par la note qui\nporte le grupetto; enfin, ions les auteurs, Couperin, Rameau, Emmanuel\nBach (1), Haydn, Mozart, Clementi, donnent la même signification à ce signe (2).\nLe grupetto commençant en dessous est moins connu encore, uniquement parce\nque les graveurs reproduisant les anciens maîtres n'ont plus à leur disposition le\nsigne qui veut dire\net qu'ils y substituent le signe habituel 00 qui\nindique\nCe signe, GO , du reste, était déjà tombé en désuétude à l'époque\nde Beethoven.\nLorsque le grupetto, ou doublé ou agrément, se trouve sur une note intermé-\ndiaire, il se traduit ainsi :\n(3) et non, comme on le faitgénéralement,\nEntre deux notes :\nle même, mais sur un point :\nTous ces exemples sont donnés par la méthode de Philippe-Emmanuel Bach,\n\n(1) Philippe-Emmanuel Bach, 1753.\n(2) Dictionnaire de Koch (1802) ; Farrenc, Trésor des pianistes (1865) ; Dictionnaire de Nieck,\nLondres (1884).\n(3) Couperin et Emmanuel Bach."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "517", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.21", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2123, "texte": "le plus soigneux des auteurs ayant traité de la matière et le plus précis pour l'ap-\nplication des règles dans ses propres œuvres.\nJe neveux pas abuser davantage de l'attention de mes lecteurs et résumerai\nainsi mes observations : donner à l'appoggiature la valeur que lui assigne la note\nsuivante, ou la faire brève si la petite note est barrée.\nNe pas commencer le grupetto ou agrément par la note qui le porte, à moins\nque 1 auteur n'ait fait précéder ce grupetto de la note elle-même répétée en\npetit.\nNe pas prendre les petites notes en dehors du rythme de la note qui les\nporte.\nSe bien pénétrer en jouant les clavecinistes qui s'étendent jusqu'aux premières\nœuvres de Beethoven (la Sonate pathétique parut encore pour clavecin ou piano-\nforte, mais fut écrite réellement pour piano-forte), que le clavecin n'avait pas de\npédales, qu'il faut donc en user très sobrement, s'en abstenir dans la musique\nfuguée de Bach, l'employant seulement dans les arpèges (notamment dans la\nfantaisie chromatique dont l'édition Hans de Bulow est la meilleure transcription\npour le piano), que le clavecin ne possédait ni fj'ni le pp et que les nuances exa-\ngérées modernes sont ridicules dans l'exécution des œuvres des xvne et xvine siè-\ncles.\nEnfin que le clavecin n'avait pas la perfection mécanique des pianos modernes\net que Vallegro de Mozart est très modéré. Les pianistes (et les plus célèbres) qui\nmontrent leur extraordinaire virtuosité en prenant des mouvements vertigineux\npour exécuter ces œuvres en dénaturent le sentiment, en rapetissent la grandeur,\net rendent vulgaires et communs des finales d'un sentiment délicat et gracieux. Se\nfigure-t-on le majestueux Handel jouant les pesantes variations dites : Y Harmo-\nnieux Forgeron avec la rapidité sautillante et les pirouettes acrobatiques qu'on\nleur inflige généralement aujourd'hui ! Voit-on le superbe Scarlatti ou le sévère\nRameau rapetissant leurs œuvres à ce rôle de boîte à musique ! C'est bien alors\nque le bon chanoine de Dijon aurait le droit de se plaindre de ce que le piano\nmoderne a fait de la noble musique de clavecin !\n\nGEORGES PFEIFFER."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c026", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "517", "page_fin": "518", "image_debut": 21, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.8", "titre_corps": "Informations.", "titre_sommaire": "Informations.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "517", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.21", "debut_caractere": 2125, "fin_caractere_exclue": 2800, "texte": "Informations.\n\nNous sommes heureux d'annoncer que les thèses suivantes pour le doctorat\nseront soutenues Tan prochain devant la Faculté des Lettres de l'Université de\nParis :\nL'Œuvre musicale des troubadours et des trouvères, par M. Pierre Aubry.\nDu rôle de l'accent tonique dans les notations latine, byzantine, arménienne, etc.,\npar le même.\nAristoxène et la Musique de l'Antiquité, par M. Louis Laloy.\nBeethoven, par M. Jean Chantavoine.\nL'Evolution musicale à la fin du xvie siècle, par M. Henry Quittard.\nL'Esthétique de J.-S. Bach, par M. Pirro.\nLa Musique d'après Schopenhauer, par M. Bazaillas.\nNous applaudissons de tout cœur au mouvement qui se produit en faveur de"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "518", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.22", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1523, "texte": "la musique, et nous adressons tous nos vœux de succès à ces brillants candidats\ndont nos lecteurs ont déjà apprécié le talent dans la Revue musicale.\nLes fêtes de Berlioz, malgré un temps contraire, ont été dignes du grand\nmusicien. On a pu entendre : la Damnation de Faust, sous la direction de M. Léon\nJehin, des fragments de Roméo et Jidiette, Harold en Italie, Béatrice et Bénédicte\nsous la direction de M. Georges Marty, enfin la Symphonie fantastique, dirigée\npar M. Weingartner, qui était venu apporter au maître français l'hommage des\nmusiciens allemands. Le succès sera-t-il le même pour les fêtes wagnériennes,\nqui auront lieu à Berlin du 30 septembre au 5 octobre, à l'occasion de l'inaugu-\nration du monument élevé dans le Thiergarten ? Nous le souhaitons. MM. Che-\nvillard, Vigna, Vinogradsky, Mlynarski, Moszkowski, dirigeront des concerts.\nMais MM. Richter, Mottl, Weingartner et Nikisch ne prêteront pas leur con-\ncours à ces solennités. Il n'y a pas que notre pays oû il soit difficile de mettre\nd'accord toutes les bonnes volontés.\nA partir du 15 septembre, le théâtre municipal de Mayence sera dirigé par\nM. Steinert, qui promet Samson et Dalila, la Damnation de Faust et les Contes\ndé Hoffmann.\nLe compositeur H. Platzbecker vient de terminer une opérette intitulée\nCadoudaf dont l'action se passe à Paris au début du xixe siècle.\n—La Fiancée de la Mer, de Jean Blockx, sera représentée prochainement au\nthéâtre de Cologne : ce sera sa première apparition sur la terre allemande."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c027", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "517", "page_fin": "518", "image_debut": 21, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.8.1", "titre_corps": "Nous sommes heureux d'annoncer que les thèses suivantes pour le doctorat", "titre_sommaire": "Nous sommes heureux d'annoncer que les thèses suivantes pour le doctorat", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "517", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.21", "debut_caractere": 2140, "fin_caractere_exclue": 2800, "texte": "Nous sommes heureux d'annoncer que les thèses suivantes pour le doctorat\nseront soutenues Tan prochain devant la Faculté des Lettres de l'Université de\nParis :\nL'Œuvre musicale des troubadours et des trouvères, par M. Pierre Aubry.\nDu rôle de l'accent tonique dans les notations latine, byzantine, arménienne, etc.,\npar le même.\nAristoxène et la Musique de l'Antiquité, par M. Louis Laloy.\nBeethoven, par M. Jean Chantavoine.\nL'Evolution musicale à la fin du xvie siècle, par M. Henry Quittard.\nL'Esthétique de J.-S. Bach, par M. Pirro.\nLa Musique d'après Schopenhauer, par M. Bazaillas.\nNous applaudissons de tout cœur au mouvement qui se produit en faveur de"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "518", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.22", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1523, "texte": "la musique, et nous adressons tous nos vœux de succès à ces brillants candidats\ndont nos lecteurs ont déjà apprécié le talent dans la Revue musicale.\nLes fêtes de Berlioz, malgré un temps contraire, ont été dignes du grand\nmusicien. On a pu entendre : la Damnation de Faust, sous la direction de M. Léon\nJehin, des fragments de Roméo et Jidiette, Harold en Italie, Béatrice et Bénédicte\nsous la direction de M. Georges Marty, enfin la Symphonie fantastique, dirigée\npar M. Weingartner, qui était venu apporter au maître français l'hommage des\nmusiciens allemands. Le succès sera-t-il le même pour les fêtes wagnériennes,\nqui auront lieu à Berlin du 30 septembre au 5 octobre, à l'occasion de l'inaugu-\nration du monument élevé dans le Thiergarten ? Nous le souhaitons. MM. Che-\nvillard, Vigna, Vinogradsky, Mlynarski, Moszkowski, dirigeront des concerts.\nMais MM. Richter, Mottl, Weingartner et Nikisch ne prêteront pas leur con-\ncours à ces solennités. Il n'y a pas que notre pays oû il soit difficile de mettre\nd'accord toutes les bonnes volontés.\nA partir du 15 septembre, le théâtre municipal de Mayence sera dirigé par\nM. Steinert, qui promet Samson et Dalila, la Damnation de Faust et les Contes\ndé Hoffmann.\nLe compositeur H. Platzbecker vient de terminer une opérette intitulée\nCadoudaf dont l'action se passe à Paris au début du xixe siècle.\n—La Fiancée de la Mer, de Jean Blockx, sera représentée prochainement au\nthéâtre de Cologne : ce sera sa première apparition sur la terre allemande."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c028", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "518", "page_fin": "520", "image_debut": 22, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.9", "titre_corps": "Publications nouvelles.", "titre_sommaire": "Publications nouvelles.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "518", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.22", "debut_caractere": 1525, "fin_caractere_exclue": 3187, "texte": "Publications nouvelles.\n\nG. ALLIX. Sur les Eléments dont s’est formée la personnalité artistique de Ber-\nlioz. Grenoble, Allier frères, 1903.\n\nCe discours de réception à l'Académie delphinale, prononcé le 15 mai 1903,\nnous est malheureusement parvenu trop tard pour que nous en puissions rendre\ncompte dans notre numéro consacré à Berlioz (15 août). Mais il n'est pas trop\ntard pour dire que ces pages sont probablement ce qu'on a écrit de plus solide, de\nplus net, de plus clair et de plus sobre sur ce génie complexe, qui souvent a\ndérouté la critique. Virgile,— le théâtre et les virtuoses,— Glucket Spontini, —\nles études empiriques d'instrumentation. — les maîtres (Le Sueur et Reicha),—\nle milieu, — Shakspeare, — Beethoven et Goethe,— l'Italie, telles sont les révéla-\ntions successives qui firent de Berlioz l'homme épris à la fois de beauté classique\net d'horreur romantique, de symphonie et de théâtre, de coloris orchestral et de\npureté mélodique, de réve germanique et de précision latine, aussi impétueux\nque varié en ses préférences et en ses aspirations. Toutes ces phases de son déve-\nloppement sont étudiées avec une sûreté d'érudition remarquable : je citerai en\nparticulier l'étude sur l'orchestration française au début du xixfc siècle, que\nM. Allix, partitions en main, relève d'un injuste mépris, et le curieux relevé des\nœuvres que Berlioz avait pu entendre à l'Opéra avant son départ pour l'Italie\n(1831). De nombreuses citations de Berlioz illuminent de traits de feu des ana-\nlyses conduites d'ailleurs avec beaucoup de délicatesse : Spontini, (( le Louis\nDavid de la musique )), le (( digne et vénérable )) Le Sueur, Beethoven, (( dont"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "519", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.23", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3062, "texte": "1 âme est si grande, si ardente, si généreuse, quelle communie avec l'humanité\ntout entière et la reflète en soi », sont judicieusement caractérisés, et c'est une\nvue ingénieuse et fine, que de dater du voyage en Italie et des courses solitaires\ndans 1 Apennin le goût de Berlioz pour le paysage, même pour le paysage dau-\nphinois. Ce travail fait grand honneur à la critique musicale française.\n\nL. L.\n\nHECTOR BERLIOZ. Lettres inédites à Thomas Gounet, publiées par L. Michoud,\nprofesseur à l'Université de Grenoble, et annotées par G. Allix. Grenoble, Allier\nfrères, 1903.\n\nTh. Gounet, né à Lyon en 1801, employé au Ministère de l'lnstruction publi-\nque jusqu'en 1850, et mort en 1869, fut un des amis de jeunesse de Berlioz, et\npeut-être le plus dévoué. C'est son nom qui figure en tête de la fameuse lettre\ncollective adressée, le 6 mai 1831, à MM. Gounet, Girard, Hiller, Desmarest,\nRichard, Sichel ; c'est lui qui traduit les poésies de Th. Moore, sur lesquelles\nBerlioz compose les Mélodies irlandaises, publiées à frais communs par les deux\namis en février 1830 ; et lorsque Berlioz épouse H. Smithson en 1833, il ne pos-\nsède poui tout bien que trois cents francs, prêtés par Gounet. Les vingt-quatre\nletties que publie aujourd hui M. Alichoud, parent de 1 ami de Berlioz, vont de\n1830 à 1834 ; plusieurs, il est vrai, ne portent point de date, mais M. Allix a\nréussi à les dater au moins approximativement en les rapprochant d'autres\ndocuments. 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Oui, leur musique est une ... ; de loin,\nsa tournure indique une dévergondée; de près, sa conversation plate décèle une sotte\nbête.\nLes dernières lettres nous montrent Berlioz de retour à Paris : radieux, il\népouse Henriette Smithson, le 3 octobre 1833, après s'être étonné, un an aupa-\nravant, de la (( matrimoniofurie » de ses camarades. Il dîne avec Lamennais et\nreconnaît aussitôt en lui son frère par la fougue du sentiment et la puissance de\nla pensée :\nLe génie le sèche, le ronge, le brûle ! ! Quel diable d'homme ! il m'a fait vibrer\nd'admiration.\n\n(i) Horace Vernet, directeur de l'Académie de France à Rome."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "520", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.24", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 316, "texte": "Ces généreux enthousiasmes sont eux-mêmes la marque du génie. 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UN ORCHESTRE DE COUR DU XVIe AU\nXVIIIe SIÈCLE.\nIl s'agit de l'orchestre entretenu à Berlin par les princes électeurs de Brande-\nbourg. Les premières indications datent du règne de Joachim II: une ordon-\nnance de ce prince, conservée aux archives d'Etat, règle les obligations « du\nmaître de chapelle, des chanteurs et des instrumentistes )). On y rencontre les\nnoms de deux membres de la compagnie : un certain Elie. et Jean le Français.\nL'orchestre comprenait (( des organistes, deux joueurs de viole, des harpistes et\ndes joueurs d'instruments à vent ». Le paragraphe 11 traite de l'attribution des\npourboires (Tranckgelder), qui seront répartis également entre les musiciens\nadultes.\nUne pièce datée de 1572, sous le règne de Jean-Georges (1571-1598), nous\ndonne les traitements, qui varient de 4 thalers à 25 thalers par trimestre (15 fr.\nà 94 fr.). Cette même année, la compagnie fut réorganisée par un certain Wes-\nsalius, sans doute un Flamand, qui en fut le chef suprême (Oberkapellmeister)\njusqu à sa mort, en 1582. On y comptait alors, parmi les chanteurs, deux basses,\ndeux ténors, deux altos et deux discants ; parmi les instrumentistes : deux vio-\nlistes, deux joueurs d'instruments à vent, un harpiste et un cithariste.\nL'un des successeurs de Wessalius fut Eccard, auteur de nombreux chants\nspirituels, mort à Berlin en 1611. Puis la guerre de Trente Ans arrive, et les\nHohenzollern, qui ont d'autres soucis, négligent quelque peu la musique. Deve-\nnus rois, ils tâchent de donner à leur cour une compagnie de musiciens digne de\ncelles des cours rivales, et capable de jouer l'opéra, cette nouveauté si fort à\nla mode en France. Un état de 1712 énumère 6 premiers et 5 seconds violons,\n2 altos, 5 violoncelles, 3 basses, 2 hautbois ; le budget total se monte déjà à 8138\nthalers. 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Deve-\nnus rois, ils tâchent de donner à leur cour une compagnie de musiciens digne de\ncelles des cours rivales, et capable de jouer l'opéra, cette nouveauté si fort à\nla mode en France. Un état de 1712 énumère 6 premiers et 5 seconds violons,\n2 altos, 5 violoncelles, 3 basses, 2 hautbois ; le budget total se monte déjà à 8138\nthalers. On adjoint à cette troupe 24 trompettes et 2 timbaliers, payés ensemble\n5798 thalers Mais en février 1713 Frédéric lerIer meurt, et son fils, Frédéric-Guil-\nlaume ler,Ier, n aimait, comme on sait, ni la musique, ni la dépense. Il supprime\ntrompettes et violons avec cette brève mention : Au diable ! Berlin reste sans\nmusique royale jusqu'en 1740; Frédéric II lui rend alors son orchestre et lui\ndonne un théâtre d'opéra. C'est à partir de cette date que Berlin devient une des\ncapitales de la musique.\n(D'après le journal der Klavier Lehrer, ier septembre 1903.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c033", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "521", "page_fin": "536", "image_debut": 25, "image_fin": 40, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11", "titre_corps": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN", "titre_sommaire": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 25, "page_imprimee": "521", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.25", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 27, "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "521", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.25", "debut_caractere": 561, "fin_caractere_exclue": 566, "texte": "FÉTIS"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "522", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.26", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 39, "texte": "FRANCHOMME"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "523", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.27", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 49, "texte": "HALÉVY"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "525", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.29", "debut_caractere": 548, "fin_caractere_exclue": 559, "texte": "KALKBRENNER"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "526", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.30", "debut_caractere": 830, "fin_caractere_exclue": 839, "texte": "LAMENNAIS"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "527", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.31", "debut_caractere": 581, "fin_caractere_exclue": 588, "texte": "LEGOUVÉ"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "529", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.33", "debut_caractere": 1054, "fin_caractere_exclue": 1066, "texte": "CH. 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Malgré le\nsuccès que constate cette longue existence, je crois avoir à faire beaucoup pour\naccroître encore sa publicité. Je viens vous prier de vouloir bien m'y aider, en\nme donnant une liste des personnes de votre société auxquelles vous pensez que\nla lecture de la Revue puisse convenir, afin que je leur fasse adresser quelques\nnuméros d'essai.\nRecevez l'expression de ma considération très distinguée.\n- G. 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Ces renseignements me sont fort nécessaires, car on imprime en ce\nmoment la feuille où votre nom doit être placé. Je viens donc vous prier de\nvouloir bien remplir immédiatement la feuille que je vous adresse ici, et qui con-\ntient les diverses questions auxquelles je désire que vous répondiez. Veuillez\nensuite me renvoyer cette feuille par le retour du courrier, s'il est possible.\nVotre tout dévoué,\nC. 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Chopin,\nChâteau de Nohant, près La Châtre.\nCHER AMI,\nJe n'ai que le temps de mettre sous ce papier la lettre de Schles[inger ; qui\nva, j'espère, te tranquilliser.\nPrésente mon respect à MME Sand, que je remercie bien de son bon souvenir,\net crois-moi bien toujours ton ami tout dévoué.\nAUGUSTE FRANCHOMME.\n2 août 44."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c044", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c044", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "522", "page_fin": "522", "image_debut": 26, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.2.2", "titre_corps": "LETTRE II", "titre_sommaire": "LETTRE II", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "522", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.26", "debut_caractere": 391, "fin_caractere_exclue": 400, "texte": "LETTRE II"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c045", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c045", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "522", "page_fin": "522", "image_debut": 26, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.2.2.1", "titre_corps": "Très, très, très pressé.", "titre_sommaire": "Très, très, très pressé.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "522", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.26", "debut_caractere": 402, "fin_caractere_exclue": 1081, "texte": "Très, très, très pressé.\nMONSIEUR,\nMonsieur Frédéric Chopin,\nRue du Mont-Blanc, n° 5, Paris.\nCHER AMI,\n11 faut absolument que tu ailles aujourd'hui chez les dames Forest, que tu\ntrouveras toute la journée, jusqu'à 6 h., hôtel de Boulogne, rue Poissonnière.\nMlle Adèle croit que tu ne veux pas lui donner de leçons et on parle de repartir\nsur-le-champ pour Tours ; puisque le but de leur voyage est tout en ton honneur,\ntu ne voudras pas les contrarier aussi vivement et tu ne priveras pas celui qui\nt'aime tant du bonheur de voir cette aimable famille le temps convenu.\nJe compte sur ton amitié comme tu dois compter sur celle de ton\nAUGUSTE FRANCHOMME.\nMardi, 7 heures du matin."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c046", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c046", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "522", "page_fin": "522", "image_debut": 26, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.2.3", "titre_corps": "Lettres de Mme Freppa, C'esse Furstenstein, O Gainsborough,", "titre_sommaire": "Lettres de Mme Freppa, C'esse Furstenstein, O Gainsborough,", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "522", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.26", "debut_caractere": 1083, "fin_caractere_exclue": 1237, "texte": "Lettres de Mme Freppa, C'esse Furstenstein, O Gainsborough,\nM. Galloux, M\",e Gangler, M\",e G a rat, Veuve Garcia, M. Gathf,\nM. 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Ces deux privations ne\nm'affligent que parce qu'elles m'empêchent de me joindre à Liszt, à vous, à vos\namis, dont quelques-uns sont aussi, j'espère, un peu les miens. Veuillez leur\nexprimer donc mes regrets, et recevez aussi, mon cher et bon Chopin, l'assu-\nrance de tous mes sentiments d'amitié.\nTout à vous de cœur.\nF. 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Si vous ne sortez pas, c'est moi qui irai vous trouver. Un\nmot de réponse.\nF. 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HERBAULT prie Chopin de venir afin d'examiner quelques pianos et en\nchoisir un pour Franchomme.\nDans un post-scriptum il déclare ne vouloir rien accepter pour le piano qui a\nété dans le Berry (à Nohant) et pour la location duquel Chopin voulait payer.\n(21. XIL 1844*)\nFERDINAND MILLER, dans une longue lettre écrite de Berne, et dans laquelle il\n\n(11 Propre sœur de Mendelssohn, connue comme pianiste et compositeur."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "524", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.28", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2244, "texte": "tutoie Chopin, décrit sa rencontre avec Liszt qu'il a vu, en montant au Saint-\nBernard, en voiture avec Mme d'Agfoultl. Dans le registre des voyageurs, Liszt\ns'était inscrit comme (( nouvellement marié )) LA Genève, Miller s'est rencontré\navec Franchomme et a pris part à son concert. Il prie Chopin de vaincre son\nhorreur pour la correspondance et de lui écrire à Coire ; en même temps il\nenvoie des compliments àM. et Mme Eichthal, à Plater, à Matuszynski et à Ernst.\n(Du 9. VII. 1835 ? adr. r* du Montb.)\nDans une deuxième lettre de Francfort, également fort longue, Miller com-\nmence par assurer à Chopin que, quoiqu'il n'ait encore reçu de lui, depuis qu'ils\nse connaissent, aucune réponse à ses lettres, cependant il ne peut résister à\nl'envie de avec lui par lettre. Il a eu de récentes nouvelles de lui par\nWodzinski qu'il a rencontré par hasard. Il a appris par lui aussi que Wodzinski a\nvu Liszt chez Chopin. Si ce n'est pas une plaisanterie, que Chopin lui en écrive\nquelque chose. Quoique quatre semaines ne se soient pas écoulées depuis son\ndépart de Paris, pourtant Miller a déjà vu beaucoup de connaissances, entre autres\nil a vu Ilummel à Weimar et Mendelssohn à Dûsseldorf. Il a décrit longuement,\ndans une lettre à M. Léo, les solennités de Dûsseldorf; si cela intéresse Chopin,\nqu'il s'adresse à lui. Mendelssohn doit venir à Francfort dans deux mois à peu\nprès. Il demande ensuite si Chopin n'a pas changé de projet et s'il viendra en été\nà FTancfort. Ries organise un concert où l'on ne jouera que les compositions de\nBeethoven ; le profit sera pour le monument de Bonn, (( pour le Napoléon de la\nmusique ». Ries lui-même jouera le concert pour piano. Enfin Miller recommande\nà Chopin de faire ses compliments à toute la rangée de leurs connaissances\nmutuelles et envoie pour lui-même les compliments de sa mère, qui porte con-\nstamment la bague de Chopin, comme si elle était sa fiancée. (Le 30. V. 1836.)\nDans une lettre sans date (adr. r. du Montb.), il invite Chopin à dîner.\nDans une autre sans date et sans adresse, il annonce que le dîner doit être\nremis, parce que Baillot ne peut venir. Il termine ainsi : (( Adieu, ma perle, mon\nbijou, objet adoré de mon cœur\nTon FERDINAND HILLER. ))"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c053", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c053", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "524", "page_fin": "524", "image_debut": 28, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.3.2.3", "titre_corps": "CLÉMENTINE HOFFMANN (I), néeTanska, écrit sur une petite feuille de papier", "titre_sommaire": "CLÉMENTINE HOFFMANN (I), néeTanska, écrit sur une petite feuille de papier", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "524", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.28", "debut_caractere": 2246, "fin_caractere_exclue": 3212, "texte": "CLÉMENTINE HOFFMANN (I), néeTanska, écrit sur une petite feuille de papier\nque Mlle Rozenga rtj demeure passage Sandrier, rue basse du Rempart, au\npensionnat de Mme Bachellery, et Mme Hoffmann, qui écrit ces mots, envoie sa\nplus belle révérence à M. Chopin, et se réjouit de son arrivée.\n♦\nR. lIUBE écrit que l'année passée déjà il avait désiré, étant pour quelques\njours à Paris, se rencontrer avec Chopin, mais que celui-ci alors était à la\ncampagne. Il demande de lui ménager une entrevue, parce que, en retournant\nà Pétersbourg, il passera par Varsovie, où il désirerait raconter aux parents de\nChopin qu'il a vu le fils qu'ils lui avaient confié à son premier voyage à Vienne,\nà ce qu'il croit, en 1828 en réalité c'était en 1829]. Il ajoute qu'après s'être sépa-\nrés à Vienne, en 1831, il a vu toutes leurs connaissances mutuelles de Vienne, et\na même été dans leur appartement, rue Kohlmarkt. (Estampille : 16» VIII. 1843 ;\nadr. r. d'Orl.)\ni) Auteur polonais*"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c054", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c054", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "525", "page_fin": "525", "image_debut": 29, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.3.2.4", "titre_corps": "L'abbé A. JELOWICKI :", "titre_sommaire": "L'abbé A. JELOWICKI :", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 29, "page_imprimee": "525", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.29", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 523, "texte": "L'abbé A. JELOWICKI :\nLe ministre permet le concert. Mais, pour en finir, il aura lieu demain. Pan-\ntaleoni chantera une cavattine de Capuletti, mais il demande qu'on lui fasse\nsavoir 1 heure de la répétition chez Pacini. Si vous voulez que Pantaleoni ne\nchante pas, voici un moyen : demain il chantera à un autre concert ; on pourrait\ndonc lui indiquer pour le nôtre un moment qui ne lui conviendrait pas.\nUne heure et demie.\n(1) En polonais dans l'original.\nA. 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Si vous vouliez aider à ma guérison,\nvous viendriez dimanche, 4 décembre, dîner avec nous ; c'est tout à fait en fa-\nmille et il n'y aura que votre charmant et intéressant élève.\nNous vous disons mille amitiés in chorus.\nFR. KALKBRENNER.\n52, Fb. 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J'espère que vous prête-\nrez une oreille indulgente au bavardage de mes jeunes filles, et qu'elles vous\nprouveront que, quoique absent, ma pensée vous suit.\nAclclio, cari no.\nFR. 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Votas savez combien j'aime votre talent et n'ai pas besoin de vous dire\ntoute la reconnaissance que je vous aurai pour les bontés que je vous demande\npour mon petit drôle. Il est à vos ordres tous les jours de deux à quatre h. et le\ndimanche toute la matinée.\nMille pardons pour cette indiscrétion; mais vous m'avez habitué à votre ami-\ntié et j'y compte\nMille compliments de toute la famille.\nFR. KALKBRENNER.\n52, Faub. Poissonnière ; le 25. XII. 1845."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c063", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c063", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "526", "page_fin": "526", "image_debut": 30, "image_fin": 30, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.4.4", "titre_corps": "Lettres de la baronne de Koenneritde Mme , de M. Ko\\mian", "titre_sommaire": "Lettres de la baronne de Koenneritde Mme , de M. 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Je suis très heureux que madame\nSand veuille bien venir entendre mon ouvrage, je vous enverrai la loge que\nvous désirez.\nBien à vous,\nE. 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Jean Regnaud de Y Encyclopédie, viennent dîner avec nous\naprès-demain jeudi ; Mme Gangler nous donne sa soirée ; s'il vous était agréable\nde passer quelques heures avec des gens que vous aimez, chez des gens qui\nvous aiment, vous arriveriez ici à six heures et vous seriez le très bienvenu. Il\nest bien entendu que vous laisseriez vos doigts chez vous.\nComme vous n'aimez pas à écrire, dites oui ou non à mon domestique.\nA vous,\nE. 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Que je serais heureux de faire une fois en poésie ce que vous faites\ntoujours en musique !\nSi vous êtes mieux portant, venez donc lundi, après-demain, prendre à neuf\nheures une tasse de thé avec nous; vous ne trouverez que gens qui vous aiment,\net si la musique que vous entendrez n'est pas digne de vous, c'est qu'elle n'est\npas de vous.\nBien à vous,\nE. 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C'est\npour l'anniversaire de la fête de ma fillette. Voulez-vous vous joindre à eux ? Je\nne vous réponds pas que MME Gangler, MLLE Spitz et même mademoiselle ma\nfille ne vous entraînent pas au piano ; mais si vous n'êtes pas trop fatigué, la\ncertitude de nous enchanter tous vous dédommagera peut-être de nous avoir cédé.\nEn tout cas, avec ou sans mains, je veux de vous ; à défaut de vous entendre,\nqu'au moins nous vous voyions.\nA vous de cœur,\nE« LEGOUVÉ*"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c081", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c081", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "529", "page_fin": "529", "image_debut": 33, "image_fin": 33, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.6.6", "titre_corps": "LETTRE VI", "titre_sommaire": "LETTRE VI", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 33, "page_imprimee": "529", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.33", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 52, "texte": "LETTRE VI"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c082", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c082", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "529", "page_fin": "529", "image_debut": 33, "image_fin": 33, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.6.6.1", "titre_corps": "Que vous êtes un grand médecin ! 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Vous y êtes-vous maintenu ?\nVotre tout dévoué,\nERNEST LEGOUVÉ."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c085", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c085", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "529", "page_fin": "529", "image_debut": 33, "image_fin": 33, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.6.7.2", "titre_corps": "Outre les lettres ci-dessus, il se trouve encore, parmi les papiers qui m'ont été", "titre_sommaire": "Outre les lettres ci-dessus, il se trouve encore, parmi les papiers qui m'ont été", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 33, "page_imprimee": "529", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.33", "debut_caractere": 757, "fin_caractere_exclue": 1012, "texte": "Outre les lettres ci-dessus, il se trouve encore, parmi les papiers qui m'ont été\nconfiés, un compte rendu de Legouvé sur le concert de Chopin à Rouen, inséré\ndans la Gazette musicale du 25 mars 1838, et copié par une main inconnue. (Voir\nNiecks. 11. 17.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c086", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c086", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "529", "page_fin": "529", "image_debut": 33, "image_fin": 33, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.6.8", "titre_corps": "Lettres de Mme Léo et de Lindpaintner.", "titre_sommaire": "Lettres de Mme Léo et de Lindpaintner.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 33, "page_imprimee": "529", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.33", "debut_caractere": 1014, "fin_caractere_exclue": 1052, "texte": "Lettres de Mme Léo et de Lindpaintner."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c087", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c087", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "529", "page_fin": "529", "image_debut": 33, "image_fin": 33, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.7", "titre_corps": "CH. 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Je saisis avec joie l'occasion qui\nse présente, d'abord pour satisfaire au désir d'un véritable amateur de musique,\nque vous aurez le plaisir de connaître comme porteur de ce billet, ensuite pour\nme rappeler à votre bienveillance, qui, malgré l'éloignement et les obstacles mo-\nmentanés, durera et doit toujours durer. En gardant dans mon cœur un sen-\ntiment plein d'admiration pour vous, cher Maître, je me déciare votre véritable\nadorateur.\nCHARLES LIPINSKI (I).\nDresde, le 26 août 1844.\n(1) En polonais dans l'original."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c089", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c089", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "530", "page_fin": "530", "image_debut": 34, "image_fin": 34, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.8", "titre_corps": "FR. LISZT", "titre_sommaire": "FR. 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Rellstab.\nIl n'y a nul besoin d'un intermédiaire entre Rellstab et toi, cher ancien ami.\nRellstab est un homme trop distingué et pour ta part, tues trop bien appris, pour\nque vous ne vous entendiez à merveille et tout d'abord (quelque peu que s'en-\ntendent ainsi d'habitude les artistes avec les critiques); mais puisque Rellstab me\nfait le plaisir d'accepter quelques lignes de moi, je me charge de me rappeler\nplus particulièrement à ton souvenir et veux profiter de cette occasion pour te\nrépéter encore, au risque même de te paraître monotone, que mon affection et\nmon admiration resteront toujours les mêmes pour toi, et que tu peux disposer\nde moi en toute occasion, comme d'un ami.\nF. 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LISZT.\nLe 12 mai 1836."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c097", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c097", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "531", "page_fin": "531", "image_debut": 35, "image_fin": 35, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.9.2", "titre_corps": "LETTRE II", "titre_sommaire": "LETTRE II", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 35, "page_imprimee": "531", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.35", "debut_caractere": 211, "fin_caractere_exclue": 220, "texte": "LETTRE II"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c098", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c098", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "531", "page_fin": "531", "image_debut": 35, "image_fin": 35, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.9.2.1", "titre_corps": "Monsieur, Monsieur Schoppin [sic !].", "titre_sommaire": "Monsieur, Monsieur Schoppin [sic !].", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 35, "page_imprimee": "531", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.35", "debut_caractere": 222, "fin_caractere_exclue": 610, "texte": "Monsieur, Monsieur Schoppin [sic !].\nMONSIEUR,\nJe viens vous prier, si cela peut vous faire plaisir, d'aller voir Clotilde au\nThéâtre-Français avec mon fils. Il vous attendra chez lui à 6 h. moins un quart.\nDans le cas où vous auriez autre chose en vue pour ce soir, je vous prie de le lui\nfaire savoir au plus tard à 5 heures. Adieu.\nAu plaisir de vous revoir.\nANNA LISZT.\nLe 20 octobre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c099", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c099", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "531", "page_fin": "531", "image_debut": 35, "image_fin": 35, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.9.2.2", "titre_corps": "La MARÉCHALE COMTESSE DE LOBAU écrit qu'elle espérait que Chopin", "titre_sommaire": "La MARÉCHALE COMTESSE DE LOBAU écrit qu'elle espérait que Chopin", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 35, "page_imprimee": "531", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.35", "debut_caractere": 612, "fin_caractere_exclue": 1475, "texte": "La MARÉCHALE COMTESSE DE LOBAU écrit qu'elle espérait que Chopin tom-\nberait chez elle à son retour de la campagne ; mais les jours et les mois s'écou-\nlent, et il ne donne pas signe de vie. Mme de L. se rappelle surtout à lui à cause\nde la dette contractée envers Chopin, tandis qu'ils étaient au carrousel. Elle\nprie aussi de lui renvoyer les billets des leçons de Caroline (sa fille). (Jeudi,\n9 avril.)\nSon Altesse Royale Madame la PRINCESSE LOUISE désire voir M. Chopin à\n6 heures aujourd'hui (dimanche) dans son palais (Augustusstrasse).\nLe COMTE DE LOWENHICK |OU Lowenhichen], ambassadeur de Suède et Nor-\nvège, s'excuse de ce que, ne connaissant pas personnellement Chopin, il ose lui\nrecommander sa compatriote, M,le d'lndebeton, qui doit avoir de grandes\ncapacités pour le piano et qu'il prie Chopin d'accepter au nombre de ses élèves\n(le 21. 111. 1846)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c100", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c100", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "531", "page_fin": "531", "image_debut": 35, "image_fin": 35, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.9.3", "titre_corps": "Lettres de la Psse Lubomirska, de la Vicomtesse de Sudre", "titre_sommaire": "Lettres de la Psse Lubomirska, de la Vicomtesse de Sudre", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 35, "page_imprimee": "531", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.35", "debut_caractere": 1477, "fin_caractere_exclue": 1552, "texte": "Lettres de la Psse Lubomirska, de la Vicomtesse de Sudre\net de M. Malfatti."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c101", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c101", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "531", "page_fin": "532", "image_debut": 35, "image_fin": 36, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.10", "titre_corps": "MADEMOISELLE MARS", "titre_sommaire": "MADEMOISELLE MARS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 35, "page_imprimee": "531", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.35", "debut_caractere": 1554, "fin_caractere_exclue": 1571, "texte": "MADEMOISELLE MARS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c102", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c102", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "531", "page_fin": "532", "image_debut": 35, "image_fin": 36, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.10.1", "titre_corps": "Je suis bien coupable de ne vous avoir pas dit, Monsieur, tout le plaisir que", "titre_sommaire": "Je suis bien coupable de ne vous avoir pas dit, Monsieur, tout le plaisir que", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 35, "page_imprimee": "531", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.35", "debut_caractere": 1573, "fin_caractere_exclue": 1812, "texte": "Je suis bien coupable de ne vous avoir pas dit, Monsieur, tout le plaisir que\nm'avait fait éprouver votre succès bien mérité ; mais s'il faut vous l'avouer,\nj'espérais de jour en jour votre visite et je vous remercie de remplir la promesse"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "532", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.36", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 317, "texte": "que vous m'aviez faite. Je serai bien certainement chez 11101 dimanche soir\nde 5 à 6 h., ou toute la soirée, et serai charmée de vous recevoir, ainsi que la\npersonne qui voudra bien me garder une place dans ses souvenirs.\nAgréez, Monsieur, l'expression de mes sentiments distingués.\nMARS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c103", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c103", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "532", "page_fin": "533", "image_debut": 36, "image_fin": 37, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.11", "titre_corps": "FÉLIX MENDELSSOHN-BARTHOLDY", "titre_sommaire": "FÉLIX MENDELSSOHN-BARTHOLDY", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 36, "page_imprimee": "532", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.36", "debut_caractere": 319, "fin_caractere_exclue": 346, "texte": "FÉLIX MENDELSSOHN-BARTHOLDY"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c104", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c104", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "532", "page_fin": "532", "image_debut": 36, "image_fin": 36, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.11.1", "titre_corps": "(Avec un post-scriptum de Schumann. 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Mais c'est pour vous demander si\nvotre temps vous permet de venir assister à la fête musicale du bas-Rhin qu'on\nva célébrer à Dusseldorf les jours de Pentecôte, que je vous écris ces lignes.\nQuelques-uns de nos musiciens d'ici, qui vont y assister, me prient de vous\nécrire une invitation, parce qu'ils croient à la possibilité que vous l'acceptiez.\nQuoique j'avoue que j'en doute, et que je crains que la fête musicale que vous\navez entendue ne vous fasse pas grande envie de lui sacrifier encore une fois votre\ntemps et un si long voyage, la seule possibilité de vous y revoir et de passer\nquelques jours avec vous, m'est si agréable que je n'hésite pas de vous écrire\ndans cette intention, au risque que vous vous en moquiez. On donnera à la\nfête la neuvième symphonie de Beethoven avec les chœurs, un psaume de\nHândel, une ouverture de Beethoven (inconnue jusqu'ici, la troisième qu'il a\ncomposée pour Fidelio), mon oratorio, dont vous avez vu quelques morceaux\nchez moi, et quantité d'autres choses. Si vous pouvez, venez-y, ce serait la plus\ngrande joie pour moi, et si vous ne pouvez pas, n'allez pas vous moquer de mon\ninvitation, que je n'aurais pas hasardée sans le vif désir de tous ceux qui y\nseront et qui souhaitent vous voir et vous entendre davantage que pendant votre\ndernier séjour ici.\nExcusez le français de cette lettre, que je trouve exécrable sans la moindre\nflatterie ; je ne 1 ai pas parlé depuis que vous m'avez vu.\nSi vous voulez me répondre un mot, vous me feriez le plus grand plaisir ; et\nquoique je sache que vous ne répondez jamais, je vous prie de le faire cette fois ;\nvous pourriez me dire en même temps ce que vous composez, ce que fait I liller ;\nsi vous avez des nouvelles de Liszt, etc. Saluez-les tous et n'oubliez pas votre\nhabitant du marais (comme vous devez considérer l'Allemagne).\nAdieu, pardonnez le style de votre\nFÉLIX MENDELSSOHN-BARTIIOLDY*\nLeipzig, le 28 mars 1836."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c105", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c105", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "533", "page_fin": "533", "image_debut": 37, "image_fin": 37, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.11.2", "titre_corps": "Il s entend que si vous vouliez avoir une invitation solennelle, je vous", "titre_sommaire": "Il s entend que si vous vouliez avoir une invitation solennelle, je vous", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 37, "page_imprimee": "533", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.37", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 512, "texte": "Il s entend que si vous vouliez avoir une invitation solennelle, je vous enver-\nrais une lettre du bourgmestre, signée par le comité et tant d'autres signatures\nque vous voudriez. Mais je ne crois pas que cela produirait beaucoup d'effet\nsur vous.\n[P. S. de Schumann, en allemand dans l'original :\nMille salutations et souhaits, ainsi que la pressante invitation de venir sur le\nRhin, si toutefois c'est possible.\nJe reste avec amour et adoration votre\nROBERT SCHUMANN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c106", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c106", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "533", "page_fin": "533", "image_debut": 37, "image_fin": 37, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.11.3", "titre_corps": "Mendelssohn vous fait prier de lui envoyer, par écrit ou verbalement, un mot", "titre_sommaire": "Mendelssohn vous fait prier de lui envoyer, par écrit ou verbalement, un mot", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 37, "page_imprimee": "533", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.37", "debut_caractere": 514, "fin_caractere_exclue": 705, "texte": "Mendelssohn vous fait prier de lui envoyer, par écrit ou verbalement, un mot\nde réponse à Panofka, pour lui apprendre si vous viendrez. 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[? mot illisible]"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c107", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c107", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "533", "page_fin": "533", "image_debut": 37, "image_fin": 37, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.11.4", "titre_corps": "PAUL MENDELSSOHN-BARTHOLDY apprend à Chopin qu il a fait des recherches", "titre_sommaire": "PAUL MENDELSSOHN-BARTHOLDY apprend à Chopin qu il a fait des recherches", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 37, "page_imprimee": "533", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.37", "debut_caractere": 707, "fin_caractere_exclue": 932, "texte": "PAUL MENDELSSOHN-BARTHOLDY apprend à Chopin qu il a fait des recherches\nclans l'affaire de « l'ouverture » de son frère Félix et qu'il lui en fera connaître\nle résultat demain, chez Franck. (Adr. cit. Berg., dat. 4. I. 1833.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c108", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c108", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "533", "page_fin": "534", "image_debut": 37, "image_fin": 38, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.12", "titre_corps": "MEYERBEER", "titre_sommaire": "MEYERBEER", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 37, "page_imprimee": "533", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.37", "debut_caractere": 934, "fin_caractere_exclue": 943, "texte": "MEYERBEER"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c109", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c109", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "533", "page_fin": "533", "image_debut": 37, "image_fin": 37, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.12.1", "titre_corps": "(Lettre écrite par son secrétaire et seulement signée par lui.)", "titre_sommaire": "(Lettre écrite par son secrétaire et seulement signée par lui.)", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 37, "page_imprimee": "533", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.37", "debut_caractere": 945, "fin_caractere_exclue": 2004, "texte": "(Lettre écrite par son secrétaire et seulement signée par lui.)\nCHER ET ILLUSTRE MAÎTRE,\nJe suis aux plus vifs regrets de ne m'être point trouvé chez moi lorsque vous\nm'avez fait l'honneur de venir me voir. Aujourd'hui je viens m'adressera vous\navec une prière. Mlle Merli, jeune fille italienne de 8 ans et aveugle, m'a été\nprésentée : elle est pianiste, et, selon moi, un véritable prodige de talent et de\ngénie.\nSeriez-vous assez aimable pour la recevoir chez vous ? bien entendu après\nvotre concert seulement, car jusque-là vous devez être trop occupé pour que je\nveuille vous dérober un moment. Je désirerais beaucoup procurer à la jeune\net intéressante personne le plaisir de vous entendre ; et comme elle n'est pas\nriche, si vous pouviez me faire parvenir deux billets pour votre concert, pour elle\net pour sa mère, ce serait une bonne œuvre pour laquelle vous m'obligeriez in-\nfiniment.\nVeuillez agréer, cher et illustre Maître, l'expression des sentiments les plus\ndistingués de\nVotre très dévoué,\nMEYERBEER.\nParis, 15 février. 111, rue de Richelieu."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c110", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c110", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "533", "page_fin": "533", "image_debut": 37, "image_fin": 37, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.12.2", "titre_corps": "Lettres du Comte Micielski et du Comte Mielinen.", "titre_sommaire": "Lettres du Comte Micielski et du Comte Mielinen.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 37, "page_imprimee": "533", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.37", "debut_caractere": 2006, "fin_caractere_exclue": 2054, "texte": "Lettres du Comte Micielski et du Comte Mielinen."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c111", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c111", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "533", "page_fin": "534", "image_debut": 37, "image_fin": 38, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.12.3", "titre_corps": "GUST. 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Pois. ; timbre : 26 novembre\n1831.)\nALEXANDRINE DE MORIOLLES exprime son chagrin de n'avoir pu profiter du\nbillet pour le concert ; elle appelle Chopin (( Monsieur le Diabelek » (1) et ter-\nmine par les mots : (( Nous aurons toujours la même amitié pour le génie devenu\ngrand que pour le virtuose de 7 ans. »\n(1) Diablotin."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c112", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c112", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "534", "page_fin": "534", "image_debut": 38, "image_fin": 38, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.13", "titre_corps": "J. MOSCHELES", "titre_sommaire": "J. 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C'eût été\npour moi une fête que de vous y voir apprécié, fêté comme à Paris ; puisque\nc'est impossible, permettez du moins que je procure à mes enfants le plaisir de\nvous recevoir chez eux. Je ne sais si vous vous rappelez ma fille aînée ; elle\nétait presque enfant, lorsque vous la vîtes à Paris ; néanmoins votre jeu et vos\ncompositions firent sur elle une impression des plus vives.\nElle n'a cessé d'étudier vos œuvres, elle serait enchantée de vous revoir et\nd'étudier plus à fond cette musiquequ'elle adore en vous l'entendant jouer. Vous\nne lui refuserez pas un bonheur auquel elle aspire à double titre, comme fille de\nMoscheles et comme nièce de votre ami Léo.\nDe son côté elle serait enchantée de vous être utile, et son mari M. Roche, qui\ncompte lui-même vous remettre ces mots, ne manquera pas de vous faire part de\ntoutes ses bonnes intentions pour la réussite de vos plans à Londres. J'espère\ndonc qu'il y aura de nombreux et d'agréables rapports entre vous, et je vous\nprie de croire que j'y prendrai une part toute vive et tout amicale.\nJ. 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Jouez-lui une mazourka, ou ce\nque vous voudrez, et vous servirez celui qui vous salue,\nVotre compatriote et ami,\nNORBLIN.\n9 septembre 1832."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c120", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c120", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "535", "page_fin": "535", "image_debut": 39, "image_fin": 39, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.14.2.2", "titre_corps": "G. ONSLOW écrit quelques mots dans l'appartement de Chopin ; il regrette de", "titre_sommaire": "G. 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IV. 1840.)\nDans une seconde lettre il insiste pour que Chopin lui renvoie les feuilles cor-\nrigées. (Adr. r. Tronch.,dat. 20. VI. 1840.)\nPAER envoie une lettre pour recommander Chopin à Baillot, et il écrit qu'il n'a\npas mentionné le concert de Chopin, vu que Baillot donne chez lui des concerts\npublics (?). Cette mention, dit-il, aurait pu lui faire tort. Il lui conseille de ne\npas perdre courage et défaire la connaissance de Baillot (dat. 28. XI. 1831).\nLe chanteur PANSERON prie Chopin d'assister à son concert.\nLe COMTE DE PERTIIUIS invite Chopin à venir chez lui, dans son propre intérêt.\n(Adr. r. Pig. dat. 16. XI. 1841.)\nP. PIXIS prie de lui envoyer les Variations pour deux pianos, parce qu'il en a\nbesoin pour un de ses élèves. Il maudit sa santé qui l'empêche d'aller au concert\nde Chopin ; et il a entendu tant de louanges de son jeu ! (Adr. cit. Berg.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c121", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c121", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "535", "page_fin": "535", "image_debut": 39, "image_fin": 39, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.14.3", "titre_corps": "Lettres de M. Plater, de Mme Plater et de C. Pleyel.", "titre_sommaire": "Lettres de M. Plater, de Mme Plater et de C. 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Nei\nm'écrivez pas vous-même, mais priez MME Etienne, ou cette excellente grand'-\nmaman qui rêve de côtelettes, qu'elle m'apprenne où en sont vos forces, votre\npoitrine, vos étouffements, etc., etc. Il faut penser sérieusement à Nice pour\nl'hiver. Mme Auguste Potocka m'a répondu qu'elle fera tous ses efforts pour\nobtenir une permission pour MME Andrzejewicz [Iedrzeïewicz], mais que les\ndifficultés sont très grandes dans ce malheureux pays. Je souffre de vous sentir\ntellement abandonné dans la maladie et le chagrin ; je vous prie de m'envoyer\nquelques mots à Aix-la-Chapelle, poste restante.\nJe voudrais aussi apprendre quelque chose de ce Juif, s'il s'est présenté et vous\na rendu service ?\nIci, il fait triste et ennuyeux, mais pour moi la vie s'écoule partout de la même\nmanière; pourvu qu'elle passe sans plus d'amères douleurs et d'épreuves, c'en\nest assez de ce qu'on a déjà dû supporter. A moi non plus le bonheur n'a pas\nsouri sur cette terre. Tous ceux à qui j'ai voulu du bien m'ont toujours récom-\npensée par l'ingratitude ou par différentes autres tribulations. Au total, cette\nexistence n'est qu'une énorme dissonance.\nQue Dieu vous garde, cher Monsieur Chopin ! Au revoir, au plus tard vers le\ncommencement d'octobre.\nD. POTOCKA."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-09-15-01-c124", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-09-15_01#c124", "volume": "bmtnabj_1903-09-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "536", "page_fin": "536", "image_debut": 40, "image_fin": 40, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.2.11.14.6", "titre_corps": "Lettres de la Comtesse T. Potocka et de M. Cipriani Potter.", "titre_sommaire": "Lettres de la Comtesse T. Potocka et de M. 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M.\n34"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "498", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.2", "texte": "MADAME TASSU-SPENCER\n\nMADAME TASSU-SPENCER\n\nMnie Tcissu-Spencer est née à Ixelles [Belgique). Ancienne élève du Conserva-\ntoire, où elle reçut les leçons de Vexcellent artiste Hasselmans [professeur depuis\ni88q), elle obtint en 1886 le premier prix de harpe [à pédales) ; son morceau de\nconcours était le concerto, op. 86, de P. Alvars.\nAujourd'hui la brillante artiste a passé de la harpe à pédales à la harpe chroma-\ntique. C'est là une précieuse adhésion. Grâce àsa virtuosité incomparable, Mme Tassu-\nSpencer exécute non seulement toute la musique de harpe singulièrement facilitée\npar le nouveau mécanisme, mais aussi presque tout ce qui fut écrit pour le piano. Elle\njoint la distinction de la femme à Vautorité de l'artiste ; son jeu aussi délicat que sûr\nlui a valu, en France et à l'étranger, dans les concerts et dans les salons, les plus\ngrands succès. Aussi lorsque Mmc Tassu-Spencer fut nommée professeur de la classe\nde harpe chromatique créée au Conservatoire par un décret ne date du 8 avril 190y,\ntout le monde fut d'accord que ce choix s'imposait.\nEn abandonnant un instrument difficile, ou de longues études lui avaient\nacquis une maîtrise incomparable, pour un autre instrument qui n avait encore ni\nmaîtres, ni diplômes, APC Tassu-Spencer a donné un grand exemple. Guidée\npar son instinct d'artiste, elle a vu que l'avenir appartenait à la harpe chroma-\ntique ; elle a su renoncer au fruit de son labeur d'autan, pour défendre une\ninvention nouvelle, qui répondait aux besoins de la musique moderne. Nous\navons dit ici même ce que nous pensions de la harpe chromatique : elle est plus\nqu'utile, elle est nécessaire. Depuis cinquante ans que se répand le goût des modu-\nlations rapides et du chromatisme fréquent, seule parmi tous les instruments de\nl'orchestre, la harpe restait en arrière; elle ne pouvait changer de ton que par un\nlaborieux mouvement de pédales, et une succession de deux demi-tons, dans cer-\ntaines régions de la gamme, était pour elle un obstacle insurmontable. Force était\ndonc aux compositeurs de la tenir à l'écart, ou de ne lui confier que des passages\ntrès simples, dont le style faisait constraste avec celui des autres parties. Sa\nsituation était à peu près celle de la trompette au temps de Beethoven, qui. réduite\nà ses notes naturelles, ne pouvait que pousser, de loin en loin, quelques excla-\nmations. La trompette est devenue chromatique. Il en sera de même pour la harpe.\nSans quoi elle n'aura plus sa place que dans les musées rétrospectifs, entre le cla-\nvicorde et le bombardon."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "499", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.3", "texte": "L'ENLÈVEMENT AU SÉRAIL\n\nL'Enlèvement au Sérail,\nOPÉRA COMIQUE DE MOZART.\n\nM. Gailhard a fait annoncer que Y Enlèvement au Sérail serait mis à l'étude\naujourd'hui même, ce qui ne laisse pas d'être inquiétant quand on songe que\nl'œuvre de Mozart ne semble pas convenir à la scène du grand Opéra. Sans pré-\njuger d'une représentation qui n'a pas encore eu lieu, nous nous bornerons à\nfournir aux lecteurs de la Revue quelques renseignements sur ce vieil ouvrage\nqui est presque une nouveauté pour la majorité des Français (i).\nLe livret primitif est intitulé : Belmont et Constance ou F Enlèvement au Sérail,\nopérette comique en y actes, deC.-F. Bretzner, Leipzig, 1781. Il fut écrit pour le\ncompositeur J. André. Mais Mozart s'en empara et pria un certain Stéphanie de\nlui faire subir quelques remaniements qu'il jugeait utiles au point de vue musi-\ncal. C'est l'ouvrage de Bretzner, retouché et modifié par Stéphanie, et mis en\nmusique par Mozart, qui fut représenté à Vienne le 12 juillet 1782. en dépit de\nla cabale, et sur l'ordre exprès de l'empereur Joseph 11. Le succès fut immense,\net Mozart célèbre dans toute l'Allemagne. Il y eut un enthousiasme extraordi-\nnaire à Prague, où l'opéra fut donné en 1783. « C'était, dit un témoin oculaire,\ncomme si toute la musique entendue jusqu'alors n'avait pas existé. On s'exta-\nsiait sur les harmonies neuves, les phrases originales, inouïes, des instruments à\nvent. )) Joseph 11, quoique heureux d'avoir atteint son but, qui était de fonder\nl'opéra allemand, n'apprécia pas pourtant à sa valeur l'œuvre de Mozart :\n(( Trop beau pour nos oreilles, beaucoup trop de notes, cher Mozart, lui dit-il.\nIl blâmait l'accompagnement, qui, selon lui, écrasait le chant. La réponse de\nMozart est aussi à citer ; c'est celle d'un artiste qui a conscience de ce qu'il vaut :\n« Juste autant de notes qu'il en faut, Majesté. ))\nCh. Destrais a publié à Strasbourg (1857) un arrangement en français. Mais\nc'est un autre arrangement, dû à Prosper Pascal, qui fut donné au Théâtre lyri-\nque à Paris en 1859 ; la pièce était réduite à 2 actes. Pascal avait orchestré l'ai-\nlegro alla turca d'une sonate pour piano de Mozart, vulgairement appelé Marche\nturque, et l'avait fait servir d'introduction au second acte. LEnlèvement au Sé-\nrail avait été déjà joué à Paris en 1802.\nC'est une petite histoire sentimentale et comique, très simple et nullement\noriginale, une turquerie inoffensive.\nler acte. —Un amoureux, Belmont, veut délivrer Constance qu'il aime, pri-\nsonnière au sérail du pacha Sélim. Il en est empêché par le gardien de la jeune\nfille, Osmin.\nAlors Pédrillo, autrefois serviteur de Belmont et tombé lui aussi aux mains\nde Sélim, imagine de recommander au pacha son ancien maître comme un\nhabile architecte et de l'introduire ainsi dans le domaine où réside sa bien-\naimée.\n2e acte. Osmin, tyran jaloux, ne peut vaincre la résistance de Blondinette,\nsuivantede Constance, dont il est épris, et qui garde son cœur à Pédrillo, non\n\n(i) Nous empruntons la plupart de ces renseignements au livre considérable de M. Otto\nJahn, qui n'a pas été traduit en français."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "500", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.4", "texte": "L'ENLÈVEMENT AU SÉRAIL\n\nplus que le pacha la résistance de sa maîtresse. Mais, grâce à un breuvage\nassoupissant, Osmin s'endort, et les amants projettent de s'évader dèsla prochaine\nnuit.\n3e acte. Arrêtés dans leur fuite, ils sont condamnés à mort ; mais la fidélité\nde leur amour touche le pacha ; il leur pardonne et leur accorde la liberté !\nLe dialogue parlé est coupé par des morceaux de chant peu développés. C'est\ndonc ce que nous appelons un opéra comique ou une opérette.\nL'JEnlèvement au Sérail est considéré en Allemagne comme le chef-d'œuvre du\ngenre. Mais il fallut, pour créer l'opérette allemande, une quarantaine d'années\nd'essais et de tâtonnements, de traductions et d'imitations des théâtres fran-\nçais et italiens. L'opérette date de 1753, où-fut joué à Berlin le Diable est\ndéchaîné, de l'Anglais Coffey, remanié par Borck, orné de mélodies anglaises.\nPuis un certain nombre d'opéras clu librettiste Weisse et du musicien Miller,\npetits drames innocents inspirés du répertoire parisien, qui procuraient des\némotions douces et peu profondes, mais qu'animait une musique simple' et\nsincère, contribuèrent à la popularité du genre. Ainsi, à Berlin, de 1780 à 1783,\nil y eut jusqu'à 151 représentations d'opéra allemand.\nAux traductions d'opérettes françaises de Duni, Philidor, Monsigny, Grétry et\nd'intermezzi italiens, s'ajoutèrent d'innombrables pièces allemandes mêlées de\nchant, plus ou moins imitées d'originaux étrangers. C'étaient trop souvent des\nproductions hâtives et médiocres. En outre, l'exécution était misérable. L'opéra\nitalien seul était protégé par les cours ; l'opérette allemande restait partout livrée\nà l'entreprise des particuliers qui n'avaient aucun moyen d'avoir de bons artistes.\nMùller en 1776 écrivait à propos d'une représentation à Dresde : (( Il n'y a dans\nla troupe que deux personnes qui soient musiciennes. )) Ce n'était pas mieux à\nLeipzig et à Berlin. On comprend que les gens de goût ne fussent guère portés\nvers l'opéra allemand.\nLessing, quoique partisan de l'union de la poésie et de la musique, qui pensait\nmême que ces deux arts ne forment qu'un seul et même art, était l'ennemi de\nces pièces mêlées de chant. Ces œuvres si vite bâclées, disait-il, sont la ruine de\nnotre scène. Gœthe, qui confia à son ami Kayser le soin de mettre en musique\nune petite comédie qu'il avait composée, constate qu'ils se donnèrent inutilement\nbeaucoup de mal ; et, comme Boileau saluant Malherbe, il pousse lui aussi son\ncri : « Enfin Mozart vint, VEnlèvement au Sérail mit tout par terre ; et il n'a plus\nété question au théâtre de notre pièce si consciencieusement travaillée. »\nPuisque Mozart faisait remanier le livret de Y Enlèvement avant de se mettre à\nl'œuvre, il avait donc une certaine théorie de la musique dramatique. Bien qu'il\nne parlât pas volontiers esthétique, nous pouvons noter un passage intéressant\nd'une de ses lettres à son père. Celui-ci avait élevé des objections contre le livret\net ses modifications; il trouvait à redire à la versification et aux rimes. Voici la\nréponse de Mozart : « Dans un opéra la poésie doit être absolument la fille obéis-\nsante de la musique. Pourquoi donc les opéras comiques français plaisent-ils par-\ntout, malgré leurs livrets pitoyables, même à Paris, où j'en ai été témoin ? —-\nParce que la musique y règne en souveraine et fait tout oublier. Un opéra doit\nplaire quand, avec un plan de pièce bien ordonné, les paroles ne sont faites que\npour la musique. Ces phrases, ces strophes amenées pour une misérable rime\ngâtent toute l'idée du compositeur. Les vers sont bien pour la musique ce qu'il\ny a cle plus indispensable ; mais la rime pour la rime est ce qu'il y a de plus nui-"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "501", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.5", "texte": "L'ENLÈVEMENT AU SÉRAIL\n\nsible. L'idéal, c est un bon musicien, qui comprenne le théâtre et soit même en\nétat de produire quelque chose par lui-même, collaborant avec un poète ha-\nbile. »\nAinsi, tout au contraire de Gluck, qui veut subordonner la musique à la poésie,\nMozart demande que la poésie soit la servante de la musique, que l'action amène\ndes situations propres à 1 expression musicale, que les paroles soient faites seu-\nlement pour la musique, c'est-à-dire que les sentiments et les passions excitent\nle génie musical, le portent et l'élèvent, mais en lui laissant entière liberté. Gluck\nveut faire du musicien un poète, mais il risque par la d'en faire un traducteur.\nL'idéal de Mozart, c'est la collaboration intelligente du poète et du musicien ;\nmais elle est, comme il dit, aussi rare que le phénix. Enfin il revendique pour la\nmusique dans l'opéra, quand elle vise à l'expression des sentiments, la supréma-\ntie sur le poème. Et il s'.appuie sur ce fait que la bonne musique fait oublier les\nlivrets les plus misérables, alors que l'inverse ne se produit jamais. En outre, la\nvérité de sa théorie ressort de l'essence même de la musique, qui, en agissant\ndirectement sur les sens, diminue l'impression produite parles paroles. En un\nmot, ce que Mozart cherche dans un poème, ce ne sont pas des qualités litté-\nraires, mais des situations que la musique puisse exprimer.\nAux yeux des critiques allemands, Y Enlèvement au Sérail marque lavènement\nde 1 opéra national. G est, loin de toute influence étrangère, la fleur charmante\ndu génie allemand qui s'épanouit. Pour la première fois se manifeste une maîtrise\nparfaite de toutes les ressources de l'art ; pour la première fois apparaît le grand\nensemble vocal, véritablement dramatique, soutenu d'une forte et brillante or-\nchestration.\nQue nous réserve la prochaine représentation ? Quel sera l'effet de cette opérette\ndans 1 immense salle de 1 Opéra ? Quelle transformation va-t-elle subir (i)?\nC'est ce que nous saurons bientôt.\n\nAMÉDÉE LEMOINE.\n\n( 1 ) Il importe de dire que la partition originale de Y Enlèvement contient un certain nombre de\nmodifications et de suppressions plus importantes que dans la plupart des partitions de Mozart.\nDans ses dernières années, il corrigea encore Y Enlèvement, et comme quelqu'un regrettait la dis-\nparition de certains passages : (( Au piano, dit Mozart, cela peut passer, mais pas au théâtre.\nQuant j'écrivais cela, je m'écoutais encore trop volontiers, et je ne pouvais jamais trouver la\nfin. »"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "502", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.6", "texte": "LA MUSIQUE AU POINT DE VUE SOCIOLOGIQUE\n\nLa musique au point de vue sociologique.\nANALYSE DE LA SONATE DE J.-S. BACH EN la MINEUR (suite). LA FUGUE ET\nSON EXPOSITION.\n\nLe langage, la poésie, le chant, la religion, la danse, sont\ndes faits « sociologiques », c'est-à-dire que chacun d'eux\nsuppose l'existence d'une société.\n(Voir la Revue musicale du ier avril 1903.)\nDe l'analyse sommaire et très générale que j'ai déjà faite ici delà Sonate en\nla mineur, il résulte qu'en écrivant cet ouvrage, Bach a très nettement subi l'in-\nfluence des Italiens, dont on peut dire, sans paradoxe, qu ils ont servi de modèle\nau grand compositeur allemand.\nCette affirmation ne surprendra nullement ceux qui ont étudié d'un peu près\nl'histoire musicale. L'influence italienne a pénétré Bach, dans le domaine instru-\nmental, comme, dans le domaine lyrique, elle pénétra Haendel et liasse, et plus\ntard Gluck, Mozart, et tant d'autres musiciens germaniques. Remarquez en pas-\nsant combien est inexact le jugement cent fois reproduit d'après lequel Bach est\n(( un pur Allemand », echtdeutsch, disent nos voisins en parlant de l'impression\nque leur fait sa musique. Une des erreurs les plus manifestes que commettent\nles peuples (erreur fortifiée instinctivement par la complicité de la critique dans\nchaque pays, et à sa suite, par celle de la critique étrangère peu informée), c est\nde croire qu'ils ont pour « mission » défaire une œuvre vraiment « nationale)), et\npar conséquent cle protéger contre toutalliage la substance pure deleurgénie; en\nréalité, il y a entre les peuples les mêmes liens nécessaires qu'entre les individus\nd'un même pays : chacun d'eux reçoit, modifie et transmet une civilisation en\nmarche qu'il n'a pas créée, et qu'il se borne à marquer, au passage, d'une em-\npreinte nouvelle. C'est au moins ce que nous pouvons affirmer, je crois, dans\n1 état actuel de nos connaissances ; de même que nous ne connaissons aucun\ngroupe d'hommes qui ne tienne d'un autre groupe le langage qu'il parle, de\nmême nous ne connaissons aucune forme d'art musical qui ne vienne d'une\nautre forme, antérieure et voisine.\nMais nous devons pousser plus loin notre analyse. Pour faire une étude vrai-\nment sociologique de la Sonate de Bach, il ne suffit pas de mettre une étiquette\nsur chacune des pièces qui la composent en disant : Celle-ci a des origines litur-\ngiques ; celle-là vient de la danse, etc... Ce qu'il faudrait, c'est montrer la con-\nstruction thématique de chacune de ces pièces, expliquer pourquoi les idées\ns'enchaînent dans tel ordre, se combinent ou se répètent d'après telle ou telle loi.\nVoilà le programme auquel on ne saurait échapper et que je n'hésite pas à m'im-\nposer. Je sens tout ce qui me manque pour le parcourir ; il faudrait un savoir\npresque universel en histoire et en philologie ! Je m'excuse, à l'avance, pour\nles lacunes qu'on trouvera forcément dans cet exposé.\nJe laisse de côté la première pièce de la Sonate, Y adagio-prélude (1), parce\nque son style n'est pas périodique ; je prends la pièce n° 2, qui est une fugue à\n3 parties.\n\n(i) Cet adagio prélude sera habituel au début des symphonies de Haydn, moins fréquent chez\nMozart, de plus en plus rare chez leurs successeurs. On en trouve encore un bel exemple dans\nla Symphonie de César Franck."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "503", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.7", "texte": "LA MUSIQUE AU POINT DE VUE SOCIOLOGIQUE\n\nCette fugue est construite, selon la règle, de la manière suivante : le thème\ninitial, appelé sujet, se combine dès la 4e mesure avec une première entrée\nappelée réponse ; ce sujet et cette réponse reparaissent une seconde fois dans les\nparties différentes, pais il y a une nouvelle idée qui constitue un divertissement.\nLe musicien qui écrit une fugue commence par dire : Blanc bonnet ; il ajoute :\nBonnet blanc ; puis il s'amuse un peu à côté.\nSi nous voulons exprimer cela par des lettres de l'alphabet, nous résumerons\n(( l'exposition )) de la fugue et ce qui la suit immédiatement par le schéma :\nA AB ( 1). D'où vient ce rythme A A B ? Quelles sont ses origines sociologiques ?\nR. Westphal (2) nous rappelle que Bach était protestant et n'hésite pas à dire\nqu'il a emprunté cette triade rythmique au (( Livre de chant )) de ses coreligion-\nnaires. Je ne veux pas dire du mal du très savant Westphal, dont j'ai essayé (en\nproposant des modifications) de faire connaître la doctrine aux lecteurs fran-\nçais (3) ; mais on peut lui faire l'objection suivante : bien avant Bach, il y a des\nItaliens qui ont composé des fugues. Or, l'ltalie n'était pas protestante. Plus\nacceptable est l'opinion de Westphal quand il rattache le rythme de la fugue\naux chants des Minnesdnger (44 qui se composent de deux strophes égales\n(.Stolle, Gegen-Stoile), suivies d une partie indépendante ( Abgesang). 11 paraît\ncertain que ce système s'est reproduit et maintenu en Allemagne dans les chants\nde l'Eglise protestante. Mais combien nombreux et divers sont les monuments où\non le retrouve !\nRestons encore un instant dans le domaine liturgique pour continuer la pre-\nmière pensée de Westphal. On sait que chez les poètes lyriques de la Grèce\nantique on trouve, comme type normal de composition, le système suivant :\nstrophe, antistrophe, épode. (On attribuait cette création au poète Stésichore).\nOr, voici l'explication très curieuse qu'en donne un grammairien latin (5) : (( Au-\ntrefois, les chants en l'honneur des dieux se composaient de trois parties : on\nfaisait d'abord le tour de l'autel en commençant par la droite (strophe) ; on refai-\nsait ensuite ce même tour en commençant par la gauche (antistrophej ; enfin, on\nterminait en présence du dieu [épode). » Mais les fugues de Bach n'ont pas de\nliens historiques avec les Grecs ; en ont-elles avec la liturgie catholique r Oui,\ns'il faut en croire un philologue allemand, P. Wolf, qui s'exprime ainsi :\n« L'origine la plus lointaine de cette forme (A A B) serait demi-populaire, clemi-\nliturgique : en effet, il faudrait voir en elle une adaptation à la poésie du système\nrythmique des séquences (6) latines. Les vers de ces séquences, qui se divisaient\n\n(1) Tel est aussi, clans la plupart des sonates et des symphonies, le rythme du premier allegro,\nqui se compose d'une première partie suivie de sa reprise et d une troisième partie un peu plus\nétendue, qui est consacrée au développement des thèmes.\n(2) Musikalische Rhythmik, p. 252 et suiv.\n(3) Dans XaThéorie du rythme dans la composition moderne d'après la doctrine antique (couronné\npar l'lnstitut).\n(4) Poètes chanteurs du moyen âge (chevaliers et bourgeois) dont il nous reste 160 lieder. Un\ndes plus célèbres est Walter von der Vogelweide, qui vécut aux xne et xme siècles.\n(5) Attilius Fortunatianus.\n(6) La séquence, chant de la messe qui n'était à 1 origine que la modulation prolongée de la\ndernière syllabe de Y alléluia qui termine le graduel :\nStabat mater dolorosa (A)\nJuxta crucem lacrimosa (A)\nDum pendebat Filius. (B)"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "504", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.8", "texte": "LA MUSIQUE AU POINT DE VUE SOCIOLOGIQUE\n\nnettement en deux membres chantés par un officiant, étaient suivis d'un alléluia\nrepris d'abord par le peuple entier, et ensuite par un choeur représentant le peu-\nple ; bientôt cet alléluia, qui était le germe d'un refrain, fit place à un refrain véri-\ntable. On avait donc le type AAB(i). ))\nà la poésie profane. J'ouvre le livre de M. Jeanroy et j'y lis ce qui\nsuit (2) :\n(( Cette forme, la plus fréquente de toutes, peut-être, dans la poésie anglo-nor-\nmande, h est également dans la poésie latine rythmique et dans nos plus anciens\ntextes ; elle a même obtenu, à la fin du moyen âge, un extraordinaire regain de\npopularité, et on la retrouve, plus ou moins modifiée et perfectionnée, chez nos\npoètes du XIVe, du XVe, et même du commencement du XVIe siècle ; enfin, elle\nremplit vers la même époque les recueils italiens et espagnols. Les théoriciens du\nmoyen âge la désignent sous le nom de (( rythmas tripartitus caudatus, )) quon a\ntraduit quelquefois par (( strophe couée »... Nous avons un nombre considérable de\npièces latines, provençales, françaises, etc., qui ont cette forme. »\nNous avons parlé assez longuement de l'influence, sur le génie de Bach, des\nItaliens qui lui ont fourni, comme on sait, des modèles de fugues (3). Le rythme\n(( tripartite » existait-il chez eux ?\nM. d'Ancona (4) divise la chanson populaire italienne en trois groupes. Le\ndeuxième de ces groupes est formé par les rispetti toscans, qui peuvent être re-\nprésentés par le schéma suivant : ab, ab, plus une addition (ripresa) qui est va-\nriable :\nab, ab, cc\nab, ab, cc dd\nab, ab, ab cc\nLe dernier type forme ce qu on a appelé Yoctave courtoise. Tous les trois peu-\nvent se ramener à la forme : A A B.\nNous aurions donc, pour expliquer le rythme de la fugue (exposition et divertis-\nsement) : Ï° la liturgie antique ; 20 la liturgie catholique; 30 les chants de IL-\nglise protestante ;40 les poésies des Minnesànger ; 50 les poésies rythmiques\nlatines; 6° les poésies provençales, françaises, espagnoles ;70 les chants popu-\nlaires toscans.\nAu lieu de choisir parmi toutes ces origines possibles, il vaut peut être mieux\nadmettre qu'elles ont créé, a utour du compositeur, une sorte d'atmosphère géné-\nrale où son choix s est fait naturellement.\n(A suivre.)\n\nJULES COMBARIEU.\n\n(1) Cité par M. Jeanroy, dans ses Origines de la poésie lyrique, p. 367.\n(2) Ibid., p. sôqetsuiv.\n(3) Frescobaldi, pour n'en pas citer d'autres, est né (d'après Gerbert) en 1 591 à Ferrare, et\nBach est né en 1685.\n(4) La Poésie populaire en Italie (§ ix, p. 299-320}."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "505", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.9", "texte": "HECTOR BERLIOZ ET LE VANDALISME MUSICAL\n\nHector Berlioz et le vandalisme musical.\nA PROPOS D'UNE NOUVELLE ÉDITION DE LA « DAMNATION DE FAUST »\n\nOn lit dans les Grotesques de la Musique (1) d'Hector Berlioz:\nUn directeur de l'Opéra, rencontrant un soir Rossini sur le boulevard des Italiens,\nl'aborde d'un air riant, comme quelqu'un qui vient annoncer à un ami une bonne\nnouvelle :\nEh bien, cher maître, lui dit-il, nous donnons demain le troisième acte de votre\nMoïse.\nBah! réplique Rossini, tout entier?\nLa repartie est admirable, mais ce qui l'est plus encore, c'est qu'en effet on ne\ndonnait pas le troisième acte tout entier. Ainsi sont respectées à Paris les plus\nbelles productions des grands maîtres.\nCertains ouvrages, d'ailleurs, sont prédestinés aux palmes du martyre. Il en est\npeu dont le martyre ait été aussi cruel et aussi long que celui de l'opéra de Guil-\nlaume Tell. Nous ne saurions trop insister sur cet exemple offert par Rossini aux\ncompositeurs de toutes les écoles, pour prouver le peu d'autorité et de respect\naccordé dans les théâtres aux dons les plus magnifiques de l'intelligence et du génie,\nà des travaux herculéens, à une immense renommée, à une gloire éblouissante. On\ndirait même que, plus la supériorité de certains grands hommes qui ont daigné\nécrire pour le théâtre est incontestable et incontestée, et plus la racaille des petits\nmet, à insulter leurs ouvrages, d'acharnement et de ténacité. Je ne rappellerai pas\nici ce qu'on a fait en France de l'œuvre dramatique de Mozart, en Angleterre de\ncelle de Shakspeare ; je dirai comme Othello: They know il, no more of that (on le\nsait, n'en parlons plus). Mais ce que devient peu à peu l'œuvre de Gluck dans les\nthéâtres où on la représente encore (j'en excepte celui de Berlin), dans les concerts\noù l'on en chante des fragments, dans les boutiques où l'on en vend des lambeaux,\nc'est ce dont la plus active imagination de musicien ne saurait se faire une idée. Il\nn'y a plus un chanteur qui en comprenne le style, un chef d'orchestre qui en possède\nl'esprit, le sentiment et les traditions. Ceux-là au moins ne sont pas coupables, et\nc'est presque toujours involontairement qu'ils en dénaturent et éteignent les plus\nradieuses inspirations. Les arrangeurs, les instrumentateurs, les éditeurs, les traduc-\nteurs, au contraire, ont fait avec préméditation, en divers endroits de l'Europe, de\ncette noble figure antique de Gluck un masque si hideux et si grotesque qu'il est\ndéjà presque impossible d'en reconnaître les traits.\nUne fourmilière de Lilliputiens s'est acharnée sur ce Gulliver. Des batteurs de\nmesure du dernier ordre, de détestables compositeurs, de ridicules maîtres de\nchant, des danseurs même, ont instrumenté Gluck, ont déformé ses mélodies, ses\nrécitatifs, ont changé ses modulations, lui ont prêté de plates stupidités. L'un a\najouté des variations pour la flûte (je les ai vues) au solo de harpe de l'entrée\nd'Orphée aux enfers, trouvant ce prélude trop pauvre sans doute et trop insignifiant.\nL'autre a bourré d'instruments de cuivre le chœur des ombres du Tartare (même\nouvrage), en leur adjoignant le serpent (je l'ai vu), apparemment parce que le serpent\ndoit tout naturellement figurer dans une scène infernale où il est question des\nFuries. Ici, au contraire, on a réduit à un simple quatuor toute la masse des instru-\nments à cordes. Ailleurs un maître de chapelle a imaginé de faire aboyer les choristes\n(j'ai entendu cette horreur) en leur recommandant expressément de ne pas chanter,\n\n(i) P. 192 et suiv."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "506", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.10", "texte": "HECTOR BERLIOZ ET LE VANDALISME MUSICAL\n\nencore dans la scène des enfers d'Orphée. Il avait voulu produire ainsi un chœur\nde Cerbères, de chiens dévorants, invention sublime qui avait échappé à Gluck.\nJ'ai sous les yeux une édition allemande de Ylphigénie en Tauride, où l'on remar-\nque, entre autres mutilations, la suppression de huit mesures dans le fameux\nchœur des Scythes: a Les dieux apaisent leur courroux », et les inversions les plus\ntristement comiques dans le texte de la traduction...\nEt le malheur veut que l'ancienne édition française, la seule où Ton puisse retrou-\nver intacte la pensée du maître (je parle de celle des grandes partitions), devienne\nde jour en jour plus rare, et soit très mauvaise sous le double rapport de l'ordon-\nnance et de la correction. Un déplorable désordre et d'innombrables fautes de toute\nespèce la déparent.\nDans peu d'années, quelques exemplaires de ces vastes poèmes dramatiques, de\nces inimitables modèles de musique expressive, resteront seuls dans les grandes\nbibliothèques, incompréhensibles débris de l'art d'un autre âge, comme autant de\nMemnons, qui ne feront plus entendre de sons harmonieux, sphinx colossaux qui\ngarderont éternellement leur secret. Personne n'a osé en Europe entreprendre une\nédition nouvelle, et soignée, et mise en ordre, et annotée, et bien traduite en alle-\nmand et en italien, des six grands opéras de Gluck. Aucune tentative sérieuse de\nsouscription à ce sujet n'a été faite. Personne n'a eu l'idée de risquer vingt mille\nfrancs (cela ne coûterait pas davantage) pour combattre ainsi les causes de plus en\nplus nombreuses de destruction qui menacent ces chefs- d'œuvre. Et malgré les\nressources dont l'art et l'industrie disposent, grâce à cette monstrueuse indifférence\nde tous pour les grands intérêts de l'art musical, ces chefs-d'œuvre périront. Hélas!\nhélas! Shakspeare a raison: La gloire est comme un cercle dans l'onde qui va tou-\niours s'élargissant, jusqu'à ce qu'à force de s'étendre, il disparaisse tout à fait.\nLa sinistre prophétie de Berlioz ne s'est pas réalisée. Le maître qu'il adorait\npour la vérité et la puissance expressive de sa musique n'a pas disparu tout\nentier ; et une édition savante et complète sauve désormais ses œuvres des\noutrages des hommes. Mais par un retour dont il eût savouré l'amère ironie,\nBerlioz lui-même est victime aujourd'hui des mauvais traitements qu'il ne vou-\nlait pas voir infliger à autrui. Dans l'édition de la Damnation de Faust que j ai\nsous les yeux (i), la musique a triplement souffert d'additions, de suppressions\net d'interversions que l'on se permet sans crier gare. Le développement sympho-\nnique qui précède l'entrée des paysans s'est revêtu d'un récit de Faust, assez\nadroitement bâti sur le motif même du morceau, et dont voici les paroles :\nSi jamais je dis au moment qui passe,\n« Temps, arrête-toi ! » non, tout s'efface !\nLa gloire donnerait-elle le bonheur\nA celui qui meurt au champ d'honneur ?\nOu celui qu'après la danse délirante\nLa mort surprend au bras d'une amante ?\nEtc.\nL'honnête intention d'annoncer la ronde pastoraleet la marche guerrière appa-\nraît ici avec candeur. Mais la candeur n'est pas une excuse. Un peu plus loin,\naprès le ballet des Sylphes, le dialogue de Faust avec Méphistophélès a été sup-\nprimé, afin qu'il n'y eût pas d'enchaînement à la scène suivante, et qu'on pût\n\n(i) Paris, chez Costallat."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "507", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.11", "texte": "HECTOR BERLIOZ ET LE VANDALISME MUSICAL\n\narrêter là le troisième acte. Voilà, j'imagine, une raison péremptoire. En revan-\nche, un récit de Méphistophélès a été ajouté, après 1 invocation à la Nature, pour\nconduire au dialogue qui suit. Ce récit est fabriqué avec des pièces prises à dif-\nférents endroits de la partition. Quel est l'auteur de cette greffe ingénieuse ?\nPourquoi nous laisser ignorer son nom ? Et surtout pourquoi attribuer à\nBerlioz deux pages qu'il n a pas écrites?\nMais la scène qui a le plus souffert, c'est celle qui suit, si émouvante, où Méphis-\ntophélès excite et nargue l'anxiété de Faust, tandis que des cors dessinent au\nloin un sombre horizon de forêts. On connaît l'ironique réponse du démon au\ncri d'effroi de sa victime : (( J'entends des chasseurs qui parcourent les bois. »\nCette réponse a été portée àla fin de la scène, avec un tout autre sens : « J'en-\ntends des chasseurs qui parcourent les bois ; l'aube paraît, nous arrivons\ntrop tard, )) dit Méphistophélès qui, paraît-il, avait oublié l'heure ; suit un\ndialogue parfaitement inutile, auquel Berlioz n'avait pas songé. xWais le plus\nlamentable, c'est qu'avec la réplique transposée sont parties sans retour trois\nphrases des cors, absolument nécessaires au développement musical :\nQuels supplices eût inventés Berlioz pour châtier un pareil crime ?\n\nLOUIS LALOY."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "508", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.12", "texte": "LA MUSIQUE ET LA NOTATION MUSICALE AU MOYEN AGE\n\nLa musique et la notation musicale au moyen âge\n\n(Lais et Descorts Jrançais du XIIIe siècle,—texte et musique, publiés par ALFRED\nJEANROY, professeur à Vuniversité de Toulouse, Louis BRANDIN et PIERRE AUBRY,\narchivistes paléographes. Paris, Welter, éditeur.)\nLa poésie lyrique du moyen âge est encore à peu près inconnue en France.\nEn effet, là où poésie et musique sont restées unies et imposent par conséquent\ndouble tâche à l'analyse du critique, nos romanistes n'ont fait jusqu'ici que la\nmoitié de leur besogne en se bornant à étudier le texte littéraire, et en excluant,\navec une parfaite tranquillité de conscience, la mélodie. Il est à peine concevable\nqu'à l'Ecole des Chartes, où les études sur le moyen âge ont leur centre brillant,\nune méthode aussi incomplète ait encore force de tradition, et qu'après avoir vu\nsi souvent des notes de valeur inégale, clans les manuscrits, au-dessus des paroles\nde nos vieilles chansons, on ne se soit pas avisé d'enrichir la paléographie\nd'un chapitre consacré à la musique. Voici un savant de premier ordre, philo-\nlogue consommé, auteur d'un livre justement apprécié sur les Origines de la\npoésie lyrique en France, et que le regretté Gaston Paris tenait en très haute\nestime : c'est M. Jeanroy. Or, dès la quatrième ligne du livre dont j'ai à parler,\nM. Jeanroy nous avoue son (( ignorance totale de la musique )). Est-ce là un trait\nde fort honorable franchise? Sans doute, et M. Jeanroy a une renommée assez\nsolide comme philologue, pour n être pas diminué par un tel aveu auprès de ses\nconfrères ; mais je crois voir aussi dans cette déclaration un peu d'insouciance à\nl'égard de choses qui tel genre d'études une fois admis ont une importance\ncapitale. (( Je ne suis pas musicien. » Il y a des représentants de notre haut ensei-\ngnement national qui, en dépit de ce que j'appellerai le devoir scientifique et\nprofessionnel, parlent ainsi avec la même simplicité que certaines personnes à qui\non offre un cigare : (( Merci, je ne fume pas ! )) Je voudrais qu'en certains cas où\nla musique n'est plus un surcroît de luxe, mais une pièce nécessaire de l'édifice\nqu'on veut construire, les maîtres de nos universités n'avouassent leur insuffi-\nsance ou leur ignorance cultivée en matière musicale qu'avec de visibles\nremords. On est tenté de leur dire, en imitant leur franchise : Vous n'êtes pas\nmusicien ? devenez-le ! Il le faut. Vous êtes engagé ; n'avez-vous pas à parler et\nà écrire sur la poésie chantée? Suivez l'exemple de M. Théodore Reinach, qui,\nlorsqu'on eut découvert le premier hymne delphique, se mit à étudier les ouvra-\nges de M. Gevaert et, après avoir enrichi son savoir d'une branche nouvelle,\nsut épargner à notre pays l'humiliation d'un aveu d'impuissance.\nLes musiciens de profession ne paraissent pas être en mesure cle combler une\naussi fâcheuse lacune et de résoudre les difficultés qu'on leur laisse pour compte.\nDe leur côté, l'abstention est plus excusable. D'ordinaire, le musicien ou le cri-\ntique musical français considère Palestrina comme le point terminus des voyages\nd'exploration qu'on peut entreprendre en remontant le cours de l'histoire musi-\ncale ; au delà, il y a bien le plain-chant, qui est une chose admirable, et que les\nBénédictins ont restauré ; mais entre le plain-chant et Palestrina, est considérée\nà peu près comme non existante la région qui comprend le déchant, la diapho-\nnie, les premières formes de la composition à plusieurs parties, et tout le déve-\nloppement qui a préparé les grands polyphonistes du xvie siècle. Ce sont des"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "509", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.13", "texte": "LA MUSIQUE ET LA NOTATION MUSICALE AU MOYEN AGE\n\nsteppes arides où ne vont pas les excursionnistes. Quant à la musique des trou-\nbadours et des trouvères, je m'explique bien qu'elle soit ignorée encore\nd'un ancien élève du Conservatoire. Pour devenir romaniste et se mettre en état\nde lire les vieux textes, un musicien aurait beaucoup plus de chemin à faire qu'un\nromanisant s'il voulait devenir musicien. En Allemagne, où presque tous les\ngrands critiques ont commencé par être grammairiens, voici un musicien qui\nnul ne me contredira sait tout ce qu'on peut savoir en musique : c'est M. Hugo\nRiemann. Il a voulu éditer un jour, d'après un manuscrit qui est à la biblio-\nthèque de Munich, les chansons de Gilles Binchois, musicien du xve siècle ayant\nété attaché au service de Philippe de Bourgogne ; or cette édition, nous aurons\noccasion de le montrer, est pleine de fautes étranges (pour ne parler que du\ntexte littéraire), et je recueille, dans h (( avertissement », cette déclaration très\nhonnête : (( Je ne suis pas assez philologue pour mettre tout cela au point. »\nM. Riemann, lui aussi, ne fume pas. Raisonnablement, on ne peut exiger des\nmusiciens français qu'ils soient supérieurs à un Riemann en pareille matière.\nTelle est la situation de l'art musical, pour la partie antérieure au xvi° siècle,\nentre les philologues qui dédaignent d'être musiciens, et les musiciens qui ne\nsont pas philologues. J'ai déjà exprimé des doléances de ce genre, au nom du\nsimple bon sens, à propos de poésie grecque , bien que le joli nom de Romania\nne soit pas inscrit sur mon enseigne et que je sois par conséquent mal venu à\nfaire la leçon aux romanistes, on me pardonnera de les renouveler expressément,\ndans l'intérêt du grand public, à propos de poésie française.\nPour nous, musiciens universitaires, M. Pierre Aubry est une consolation et\nune espérance. Dans la province nettement définie où il travaille, il réunit, par\nune heureuse et trop rare exception, des qualités dont nous avons eu trop sou-\nvent à déplorer le divorce. Il est doctor duplex ; il possède ce qui est indispen-\nsable pour explorer les deux versants du Parnasse. Ancien élève de l'École des\nchartes et archiviste paléographe, il est armé pour lire, à la source même, le\ntexte des vieux poètes et des théoriciens : excellent musicien, il saura traduire\nles mélodies du xme siècle en notation moderne. Malgré les collaborations dont\nil s'entoure par un scrupule excessif qui, même dans les domaines spéciaux,\nadmet de nombreuses spécialités, c'est à lui que reviennent, manifestement,\nl'initiative et le mérite de ces belles publications ; les Proses d'Adam de Saint-\nVictor, les Lais et Descorts. Ce sont là de grands services rendus à l'histoire\nmusicale et à l'histoire littéraire : il m'est infiniment agréable de le dire ici, en\nrendant hommage au talent de l'auteur. Si j'ai à faire une réserve, on va voir\nqu'elle n'est désobligeante que pour nous, lecteurs de bonne volonté, qui vou-\ndrions des éclaircissements sur un grand nombre de points. M. Pierre Aubry\ndonne à ses magnifiques ouvrages une haute valeur scientifique ; nourri de\nl'étude des manuscrits, il y insère, sur parchemin, de beaux fac-similé tirés de\nses collections particulières ; mais, avec un laconisme qui n'est pas d'ailleurs\nsans élégance, il fait trop de fonds sur notre compétence, glisse sur des ques-\ntions qu'on voudrait voir expliquées en détail, et suppose connu de tout le\nmonde ce qu'il sait si bien lui-même. C'est un guide excellent, mais qui met une\ncertaine coquetterie à remplacer parfois la parole par le geste.\nC'est au douzième siècle que la langue française a pris tous les caractères de\nsyntaxe qui lui sont propres et que, selon la curieuse expression de Littré, « la\nfleur de la grammaire s'est épanouie ». Si— nous plaçant àun point de vue"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "510", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.14", "texte": "LA MUSIQUE ET LA NOTATION MUSICALE AU MOYEN AGE\n\nprofane et purement artistique— nous ne reconnaissons l'art musical que là où\nil y a rythme et combinaisons de parties, nous pouvons dire que la musique,\ntelle que les modernes la comprennent, a été également constituée à la même\népoque. Le neuvième et le dixième siècle, nous disent les historiens littéraires,\nsont des périodes dépourvues, où la langue se montre rude, peu sûre d'elle-\nmême et inhabile. Cette appréciation peut s'appliquer à l'enfance clu contrepoint,\nqui jusqu'à la mort de Gui d'Arezzo (1030?) se bornait à doubler les mélodies à\n1 octave, à la quinte ou à la quarte. Au milieu du xie siècle apparaît le novum\norganum, qui, par une hardiesse décisive, donne aux mélodies associées des\nmouvements différents. Alors, la musique moderne est fondée. Il y a cependant,\nentre l'histoire de la langue et celle de la musique, cette différence importante :\nc'est que nous n'avons aucun traité cle grammaire qui remonte au xie siècle, tan-\ndis que nous avons des traités de musique où se trouve la théorie du novum\norganum (de Musica cle Jean Cotton, écrit environ en 1100, manuscrit de la Biblio-\nthèque Ambrosienne, à Milan). (( Que Vorganum, dit Cotton, soit obtenu par des\nconsonances, mais que ces consonances soient variées par le mouvement distinct\ndes parties )) (ch. XXIII). Une telle phrase formulait le principe fondamental de\nla musique pour plusieurs siècles.\nOn ne s'étonnera pas que ce changement capital ait amené aussi un change-\nment dans la notation. Jusqu'alors on s'était servi des neumes, qui, avec une\nsimplicité naïve, indiquaient seulement au chanteur les endroits où sa voix\ndevait monter et ceux où elle devait descendre. Désormais, il ne suffira plus de\ntracer une sorte de graphique de la monodie et de ses méandres; comme on va\ncombiner des mètres différents, il faudra que la notation exprime, avec le mou-\nvement des parties, la valeur des notes qui les composent. De là cette notation\nqu'on a appelée proportionnelle on figurée. Elle emprunte aux neumes leurs signes\nessentiels qui sont comme l'héritage du passé (la longue : \\ la brève : «, la semi-\nbrève : •>, la plique); mais, par une originalité qui paraîtrait étrange, si on sup-\nposait qu'un tel système a été formé de toutes pièces par un théoricien, au lieu\nd'admettre qu'il est né peu à peu, empiriquement, des nécessités du contrepoint,\nchacun de ces signes change de valeur selon les notes dont il est suivi ou précédé.\nLa notation proportionnelle est, de ce chef, assez compliquée. C'est une lan-\ngue qu'il faut apprendre avant d'aborder l'examen des œuvres qui en sont les\nmonuments. Or je suis tenté de chercher ici querelle à M. Aubry en lui repro-\nchant de ne nous avoir pas donné, comme nécessaire introduction à la lecture des\n(( lais et descorts )), un exposé de la notation proportionnelle. Il a analysé avec le\nplus grand soin les strophes de ses poètes et dressé des tableaux où les syllabes\nde chaque vers sont comptées; mais, arrivé à la musique, il se borne à nous dire\nque cette notation ne diffère pas de la notation usuelle à la même époque. C'est\ntout. Je trouve que ce n'est pas assez. Qui donc, en France, connaît la notation\nproportionnelle, ou a montré, par ses ouvrages, qu'il la connaissait? MM. David\net Mathis Lussy, dans un livre spécial qui a été pourtant couronné par l'lnstitut,\nen ont à peine dit quelques mots ; M. de Coussemaker en a formulé les règles\ndans un livre (fHarmonie au moyen âge) qui est depuis longtemps épuisé, et\nqu il faut payer, d'occasion, un prix très élevé. M. Aubry pouvait presque dire,\ncomme Lucrèce, qu il foulait une cime où nul, avant lui, n'avait mis l'empreinte\nde son pas. Pour élever jusqu'à cette cime les lecteurs que nous voulons gagner\nà la cause de l'histoire musicale (y compris les membres de l'enseignement"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "511", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.15", "texte": "PHILIBERT JAMBE-DE-FER\n\nsupérieur), il faut leur tendre la main et la perche ; il faudrait plutôt les attacher\navec une corde, comme il est d'usage dans les ascensions difficiles, leur indiquer\ntoutes les places où il faut mettre le pied, et les faire avancer avec prudence.\nSans quoi on rebute ceux qu'on voulait séduire.\nDepuis la publication des Lais et Descorts, M. Aubry a bien voulu nous\ncommuniquer, pour la Revue musicale, des chants du Provençal Marcabru, texte\noriginal et traduction en notes modernes. Avant de publier ces documents, nous\ncroyons utile cle dire, aussi clairement que possible, ce qu'est la notation propor-\ntionnelle. C'est ce que nous comptons faire prochainement, avec la collaboration\nsi précieuse de M. Pierre Aubry ; après quoi nous examinerons les poésies lyri-\nques qu'il a eu le mérite d'éditer pour la première fois d'une façon complète.\n\nJ. C.\n\nPhilibert Jambe-de-fer.\n\nQuel fut le point de départ de cet artiste, qui ne devint Lyonnais que par adop-\ntion ? Peut-être les archives de Dijon fourniraient-elles la solution du problème.\nM. le Dl' Coutagne (1) aeu la chance d y rencontrer plusieurs fois dès le xve siècle\nle nom de Jambe-de-fer porté par des artisans de situation modeste. Si cette\nhypothèse était exacte, ce musicien tirerait son nom de sa filiation et non de\nquelque particularité propre à lui valoir un sobriquet.\nDès 1546, sa réputation était suffisamment établie pour que Moderne lui em-\npruntât un Salve sàlutaris à quatre voix, et l'associât dans un de ses recueils mu-\nsicaux à Clemens non Papa, Colin, Gardane, etc. Est-ce à dire qu'il habitait déjà\nLyon ? Peut-on même en conclure qu'il professât alors la religion catholique ?\nQuoi qu'il en soit, il quitta et abandonna bientôt l'une et l'autre, car, environ trois\nans après, on le-voit collaborer avec Jean Poictevin, chantre cle Sainte-Rade-\ngonde à Poitiers. Ce dernier venait de mettre en vers français 100 psaumes de\nDavid : il en confia la musique à son ami.. L'ouvrage, imprimé d'abord à Poitiers\nvers 155°-) eut assez de succès pour décider ses auteurs àen donner à Lyon deux\nautres éditions sous ces titres :\n1. Les cent psalmes de David mis en vers françois par Jean Poictevin, à quatre\nparties par Philibert Jambe de-fer, à Lyon, par Angelin Benoist, 1559.\n2 Les vingt deux octonnaires du Psalme 119 traduits par Jean Poictevin et mis\nen musique par Philibert Jambe-de-fer, Lyon, Thomas Straton, 1561.\nDès lors, notre auteur, adonné presque exclusivement à la musique du Psau-\ntier huguenot, resta un fervent adepte de la religion nouvelle, ainsi qu'il appa-\nraît de la préface de l'un cle ses ouvrages intitulé :\nLes cent et cinquante Psaumes de David mis en rime françoise par Clément\nMarot et 1 héodore de Bèze, avec les dix commndemaents, etc., etc., le tout mis\nen musique par M 1 Philibert Jambe-de-fer, Lyon, Antoine Percia et Pierre de\nMia, 1564, avec privilège du Roy pour neuf ans (2).\n\n(1) Docteur médecin et musicographe lyonnais, décédé en 1895.\n(2) Pour les publications lyonnaises, voir : Baudrier, Bibliographie lyonnaise du XVIe siècle,\npassim dans les cinq volumes parus à ce jour."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "512", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.16", "texte": "PHILIBERT JAMBE-DE-FER\n\nDans la dédicace de cet ouvrage à Charles IX, qui allait passer à Lyon, hauteur\nremercie Sa Majesté clu grand bénéfice que les protestants ont reçu de Dieu sous\nson règne, par le moyen de la liberté qui leur est donnée de louer et invoquer\nle Seigneur « non plus en cachette et à demi-bouche comme auparavant, mais en\npleine lumière, publiquement et à pleine bouche ». Tout le reste de cette dédicace\nse ressent de la même conviction et de l'austérité de Philibert.\nCe psautier eut. la même année, chez Pierre Cussonel et Martin Laroche, deux\nautres rééditions, dont l'une est augmentée dun sonnet sur la devise du Roy\nCharles IX.\nC'est à Jambe-de-fer que l'on doit, ce semble, attribuer l'ouvrage suivant in-\ndiqué par du Verdier sous ce titre :\nLes cent cinquante psaumes de David imprimés à Lyon par Jean Dogerolles,\n1560.\nL'auteur n'y est pas nommé, mais les archives départementales de Lyon (1)\nnous conservent la trace d'un procès engagé, cette même année 1560, entre notre\nmusicien et ce libraire. Il s'agit d'une œuvre musicale que l'éditeur a publiée\nsans mentionner le nom de l'auteur à côté du sien. Des experts sont nommés,\net le procès durait encore en 1561, sans que j'aie pu en trouver la solution.\nA côté des œuvres religieuses, Jambe-de-fer a fait imprimer à Lyon un curieux\nouvrage d'enseignement :\nEpitome musical de tous sons et accords à voix humaines, fleustes d'alleman,\nfleustes à neuf trous, violes et violons, item, un petit devis des accords de mu-\nsique, par forme de dialogue interrogatoire et responsif entre deux interlocuteurs\nP et I. A Lyon par Michel Dubois MDLVI avec privilège.\nL'auteur s'y fait connaître dans la dédicace. Ce traité, à lui seul, suffirait à\nassurer à Jambe-de-fer une bonne place parmi les musicographes du xvie siècle,\net à perpétuer son nom, mieux que sa musique du Psautier. La comparaison\ndes deux genres de travaux permet de doter cet auteur de plus cle science didac-\ntique que d'esprit d'invention. Dans son Epitome, il passe en revue la technique\nmusicale de son époque, aussi bien pour le solfège et la voix que pour les instru-\nments. L'ouvrage de Philibert peut servir de jalon pour l'apparition du violon et\nde sa famille, c'est-à-dire des instruments montés de quatre cordes accordées par\nquintes. Il établit nettement entre les violons et les violes, les différences de\nsonorité, d'accord, de technique et même de caste, puisque, dit-il : (( Les violes\nsont celles desquels les gentilshommes, marchants et autres gens de vertu pas-\nsent leur temps, tandis que le violon sert à la dancerie commune ». D'après ce\ntraité, le violoncelle se voit vieillir d'un coup de 200 ans (2).\nIl m'a été impossible de fixer l'époque où Jambe-de-fer s'établit à Lyon. Il y\nétait certainement en 1553, où il signe un acte devant le notaire Chaliard, et y\nfut retenu par deux mariages successifs avec des Lyonnaises, et des emplois offi-\nciels. Il n'eut pas d'enfant, et laissa pour héritiers vers 1556, les frère, sœur et\nneveux de sa seconde femme, parmi lesquels, un certain Martial de Bargues, enlu-\nmineur et musicien, d'une famille lyonnaise, qui a donné des chefs de bandes\nde violons, jusqu'au seuil du xvm* siècle. C'est donc à tort qu'on a voulu faire\nde Jambe-cle-fer une victime cles événements de 1572.\n\n(1) Série B, Cour et juridiction.\n(2) Le seul exemplaire connu figure à la Bibliothèque du Conservatoire de Paris, n° 27315."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "513", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.17", "texte": "DE L'INTERPRÉTATION DES SIGNES D ORNEMENT\nR. M.\n35\n\nAprès avoir suivi le musicien et le professeur,nous allons trouver notre artiste\nsous un troisième aspect, celui d'imprésario.\nPlusieurs raisons durent déterminer le Consulat Lyonnais à confier à Philibert\nJambe-de-fer la partie musicale de l'entrée de Charles IX en 1564. D'abord sa\ndouble qualitéde compositeur et d'instrumentiste,et peut-êtrela pénurie d'artistes.\nD'autre part, Charles IX tentait une ère d'apaisement, et en mettant à contri-\nbution les talents de chaque parti, le Consulat entrait dans les vues du prince.\nEnfin Philibert venait de se mettre en avant par la dédicace de son ouvrage, au\nRoy.\nDans cette tâche, le génie d'invention fit encore défaut à notre artiste.\nToute la partie musicale de l'entrée se borna à deux chœurs, l'un des neui\nMuses, l'autre de quelques chanteurs, le tout soutenu par un maigre orches-\ntre. Sur une dépense totale de plus de 16 000 livres, cette partie de la céré-\nmonie n'en coûta que 65 à la ville. C'est dire à quel plan elle fut reléguée.\nAussi devons-nous ajouter à la décharge de Jambe-de-fer que, s'il n'avait pas\nassez d'envergure pour l'organisation d'une importante mise en scène musicale,\nle peu de ressources qu'on lui accorda l'obligea à rester encore au-dessous de ce\nqu'il aurait pu faire.\n\nG. TRICOU.\n\nDe l'interprétation des signes d'ornements\nchez les maîtres anciens.\n\nTous les instruments à clavier, ancêtres du piano, clavicordes, épinettes, vir-\nginales, clavecins, se composaient de fils métalliques très minces grattés par des\nespèces de petits curedents en plume de corbeau, produisant un son très grêle et\ntrès court, analogue à celui de la mandoline d'aujourd'hui. Plus tard même,\nlors de l'invention des premiers forte-piano, ou clavecins à maillets, substituant\nle marteau au sautereau de plume, les cordes restèrent encore fort ténues. La\ndifférence provenait seulement de ce que le marteau pouvait frapper forte ou\npiano, nuance défendue au faible sautereau. Aussi, en 1764, lorsque Friedmann\nBach, un des fils du grand Sébastien, joua pour la première fois le forte-piano\nau théâtre de Covent-Garden, l'effet de surprise fut très grand. Les vieux\namateurs cependant se refusèrent encore longtemps à adopter le maigre et sec\npiano forte à la place du noble et large clavecin, comme l'écrivait un célèbre\nmusicographe du temps, chanoine de Dijon.\nMais clavecins ou premiers piano-forte ne soutenant pas le son, les composi-\nteurs suppléaient au vide des notes longues par des ornements et des agré-\nments de tous genres, très compliqués et très rapides d'abord, puis diminuant\nde plus en plus à mesure que le perfectionnement des instruments leur permit\nde faire durer le son davantage.\nC est ainsi que les appoggiattires, grupettiy tremblements, pincés, doublés,\nmordants, ports de voix et autres agréments de touë genres, si compliqués chez\nJ.-S. Bach, Hândel, Couperin, Rameau, s'en vont se simplifiant avec Philippe-\nEmmanuel Bach et Haydn, disparaissent presque avec Mozart et Beethoven,\nne laissant guère subsister que le trille, l'appoggiature et l'agrément ordinaire à\ndater de Weber, Hummel, Mendelssohn et leurs'successeurs."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "514", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.18", "texte": "DE L'INTERPRÉTATION DES SIGNES D'ÛRNEMENTS\n\nL'étendue d'un article ne me permettrait pas une revue détaillée des règles\nétablies par les maîtres, mais le but de ces lignes est de protester contre la\nfausse interprétation très habituellement donnée, même par les virtuoses et les\nprofesseurs les plus éminents, à certaines formes, habituelles surtout à Haydn et\nMozart\nCeux qu'une étude approfondie de la matière intéresserait trouveront d'a-\nbord dans les bonnes éditions de Couperin et de Rameau la façon indiquée\npar eux-mêmes de traduire leurs signes d'agrément.\nDepuis Bach jusqu'à Mozart pour les compositeurs allemands, ils consulteront\navec grand fruit la méthode de clavecin de Philippe-Emmanuel Bach (traduc-\ntion française), le célèbre fils de Sébastien ; la méthode de violon de Léopold\nMozart (père du grand Wolfgang), traduite aussi. Puis, moins détaillées, ces\nétudes dans les méthodes de piano de Pleyel, Dussek et Hummel.\nMais sans rechercher si loin ces ouvrages qui n'existent guère que dans les\nbibliothèques publiques, ils trouveront les remarquables travaux de Farrenc,\nintroduction au Trésor des Pianistes (éditeur Leduc) et les Clavecinistes de\nMéreaux (éditeur Heugel) Tous deux ont résumé aussi clairement que possible\nles règles concernant les signes d'agrément.\nJe dis aussi clairement que possible, parce que les auteurs ont quelquefois\nviolé les règles posées par eux-mêmes, et beaucoup plus encore parce que les\néditeurs, reproduisant successivement les œuvres des maîtres, les ont dénaturées\npar ignorance.\nTous les musiciens éclairés connaissent les premiers principes de l'exécution\nde l'appoggiature.\nLa règle la plus importante et la première est celle-ci :\nLorsque la petite note n'est pas traversée par une barre, elle prend la moitié\nde la valeur de la note suivante.\nBarrée, au contraire, elle est très brève. Exemples :\nMOZART : Marche Turque\n(appoggiature non barrée) :\nMOZART : Sonate en la mineur (première appoggiature barrée, seconde non barrée):\n*\nCertains auteurs se donnent la peine d'écrire la petite note, lorsqu'elle n'est\npas barrée, dans la valeur qu'elle doit prendre ; cela simplifie la règle, mais cela\nn'est pas observé partout comme ci-dessus .\nLa règle devient plus difficile lorsque la petite note précède une note pointée,\ncar en ce cas elle prend le plus souvent les deux tiers et quelquefois le tiers de\nla valeur de la note pointée ; cela est laissé au goût de l'exécutant :\nPlus singulière la règle quand la note pointée précédée d'une appoggiature"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "515", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.19", "texte": "DE L'INTERPRÉTATION DES SIGNES D'ÛRNEMENTS\n\nest suivie d'un soupir: en ce cas, la petite note prend la place de la grosse, et\ncelle-ci prend celle du soupir (i).\nJ.-S. BAGII : Clavecin bien tempéré, prélude en mi bémol :\nje ne parlerai que pour mémoire du pincé, qui indique de prendre la note\nen dessous, et qui devient un trille inférieur si la durée est longue.\nCe signe est tombé en désuétude et les éditions nouvelles de J.-S. Bach ne\nle donnent pas, pas plus que les tremblements ou trilles remplacés par tr\ntandis que Bach écrivait cpour commencer par la note supérieure et c ~~~~\npour commencer parla note inférieure :\nMais j'ai hâte, après avoir simplement rappelé les principes généraux, d'arriver\nau grupetto et au véritable sujet de cet article.\nJ'ai été bien souvent frappé et étonné d'entendre, dans les séances classiques\nde musique de chambre, mal interpréter les appoggiatures ou les grupetti les\nplus simples, les artistes même ne se doutant pas que les règles en sont très\nprécises et n'y voyant qu'une affaire de goût personnel.\nAu Conservatoire, s'appuyant sur la tradition de Baillot, ancien professeur de\nl'école, qui n'avait pas étudié la matière, on fait le plus souvent d'une façon\nfautive le grupetto, ou doublé, ou, pour employer l'expression moderne, l'agré-\nment. C'est ainsi que j'ai entendu dans l'excellente classe d'ensemble instru-\nmental de M. Lefebvre, classe dont j'ai eu l'occasion de faire l'éloge dans cette\nrevue même, une exécution incorrecte de la belle Sonate en sol pour piano et\nviolon de Mozart.\nLes grupetti de l'allégro en sol mineur, au début, doivent commencer par le\nla et le mi t>, non par le sol et le ré : c'est ce qu'ont fait pourtant pianiste et\nvioloniste.\nLorsque l'auteur veut que le grupetto commence par la note qui le porte, il\nécrit ainsi :\nDu reste, comme le fait judicieusement remarquer\nFarrenc, dans son Traité des agréments, l'interprétation au violon, et surtout au\nclavecin, est lourde et moins énergique et expressive avec les quatre notes.\nUne autre faute très habituelle est de faire le grupetto en dehors de la note\nqui le porte, au lieu de le commencer avec le rythme en même temps que la\n\n*(i) Forkel, Histoire de la musique, cité par Farrenc."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "516", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.20", "texte": "DE L'INTERPRÉTATION DES SIGNES DORNEMENTS\n\nA toutes les époques, depuis la disparition du clavecin, ces règles sont restées\ninconnues ou méconnues des musiciens : en voici une preuve singulière : à l'O-\npéra, la Marche Turque, placée dans le ballet de Don Juan et orchestrée par\nAuber, se joue comme si la petite note était barrée :\nau lieu de\nqui est la première loi de l'appoggiature.\nC'est absurde et faux.\nChose plus singulière encore. A la Société des Concerts du Conservatoire,\nqui devrait être le palladium des traditions, j'ai surpris bien des infractions\naux règles, notamment dans la Symphonie en sol mineur de Mozart.\nPour revenir au grupetto, je citerai encore un exemple un peu différent :\nMozart : Ariette variée :\nDu reste, ce passage serait lourd et difficile en le commençant par la note qui\nporte le grupetto; enfin, ions les auteurs, Couperin, Rameau, Emmanuel\nBach (1), Haydn, Mozart, Clementi, donnent la même signification à ce signe (2).\nLe grupetto commençant en dessous est moins connu encore, uniquement parce\nque les graveurs reproduisant les anciens maîtres n'ont plus à leur disposition le\nsigne qui veut dire\net qu'ils y substituent le signe habituel 00 qui\nindique\nCe signe, GO , du reste, était déjà tombé en désuétude à l'époque\nde Beethoven.\nLorsque le grupetto, ou doublé ou agrément, se trouve sur une note intermé-\ndiaire, il se traduit ainsi :\n(3) et non, comme on le faitgénéralement,\nEntre deux notes :\nle même, mais sur un point :\nTous ces exemples sont donnés par la méthode de Philippe-Emmanuel Bach,\n\n(1) Philippe-Emmanuel Bach, 1753.\n(2) Dictionnaire de Koch (1802) ; Farrenc, Trésor des pianistes (1865) ; Dictionnaire de Nieck,\nLondres (1884).\n(3) Couperin et Emmanuel Bach."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "517", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.21", "texte": "INFORMATIONS\n\nle plus soigneux des auteurs ayant traité de la matière et le plus précis pour l'ap-\nplication des règles dans ses propres œuvres.\nJe neveux pas abuser davantage de l'attention de mes lecteurs et résumerai\nainsi mes observations : donner à l'appoggiature la valeur que lui assigne la note\nsuivante, ou la faire brève si la petite note est barrée.\nNe pas commencer le grupetto ou agrément par la note qui le porte, à moins\nque 1 auteur n'ait fait précéder ce grupetto de la note elle-même répétée en\npetit.\nNe pas prendre les petites notes en dehors du rythme de la note qui les\nporte.\nSe bien pénétrer en jouant les clavecinistes qui s'étendent jusqu'aux premières\nœuvres de Beethoven (la Sonate pathétique parut encore pour clavecin ou piano-\nforte, mais fut écrite réellement pour piano-forte), que le clavecin n'avait pas de\npédales, qu'il faut donc en user très sobrement, s'en abstenir dans la musique\nfuguée de Bach, l'employant seulement dans les arpèges (notamment dans la\nfantaisie chromatique dont l'édition Hans de Bulow est la meilleure transcription\npour le piano), que le clavecin ne possédait ni fj'ni le pp et que les nuances exa-\ngérées modernes sont ridicules dans l'exécution des œuvres des xvne et xvine siè-\ncles.\nEnfin que le clavecin n'avait pas la perfection mécanique des pianos modernes\net que Vallegro de Mozart est très modéré. Les pianistes (et les plus célèbres) qui\nmontrent leur extraordinaire virtuosité en prenant des mouvements vertigineux\npour exécuter ces œuvres en dénaturent le sentiment, en rapetissent la grandeur,\net rendent vulgaires et communs des finales d'un sentiment délicat et gracieux. Se\nfigure-t-on le majestueux Handel jouant les pesantes variations dites : Y Harmo-\nnieux Forgeron avec la rapidité sautillante et les pirouettes acrobatiques qu'on\nleur inflige généralement aujourd'hui ! Voit-on le superbe Scarlatti ou le sévère\nRameau rapetissant leurs œuvres à ce rôle de boîte à musique ! C'est bien alors\nque le bon chanoine de Dijon aurait le droit de se plaindre de ce que le piano\nmoderne a fait de la noble musique de clavecin !\n\nGEORGES PFEIFFER.\n\nInformations.\n\nNous sommes heureux d'annoncer que les thèses suivantes pour le doctorat\nseront soutenues Tan prochain devant la Faculté des Lettres de l'Université de\nParis :\nL'Œuvre musicale des troubadours et des trouvères, par M. Pierre Aubry.\nDu rôle de l'accent tonique dans les notations latine, byzantine, arménienne, etc.,\npar le même.\nAristoxène et la Musique de l'Antiquité, par M. Louis Laloy.\nBeethoven, par M. Jean Chantavoine.\nL'Evolution musicale à la fin du xvie siècle, par M. Henry Quittard.\nL'Esthétique de J.-S. Bach, par M. Pirro.\nLa Musique d'après Schopenhauer, par M. Bazaillas.\nNous applaudissons de tout cœur au mouvement qui se produit en faveur de"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "518", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.22", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nla musique, et nous adressons tous nos vœux de succès à ces brillants candidats\ndont nos lecteurs ont déjà apprécié le talent dans la Revue musicale.\nLes fêtes de Berlioz, malgré un temps contraire, ont été dignes du grand\nmusicien. On a pu entendre : la Damnation de Faust, sous la direction de M. Léon\nJehin, des fragments de Roméo et Jidiette, Harold en Italie, Béatrice et Bénédicte\nsous la direction de M. Georges Marty, enfin la Symphonie fantastique, dirigée\npar M. Weingartner, qui était venu apporter au maître français l'hommage des\nmusiciens allemands. Le succès sera-t-il le même pour les fêtes wagnériennes,\nqui auront lieu à Berlin du 30 septembre au 5 octobre, à l'occasion de l'inaugu-\nration du monument élevé dans le Thiergarten ? Nous le souhaitons. MM. Che-\nvillard, Vigna, Vinogradsky, Mlynarski, Moszkowski, dirigeront des concerts.\nMais MM. Richter, Mottl, Weingartner et Nikisch ne prêteront pas leur con-\ncours à ces solennités. Il n'y a pas que notre pays oû il soit difficile de mettre\nd'accord toutes les bonnes volontés.\nA partir du 15 septembre, le théâtre municipal de Mayence sera dirigé par\nM. Steinert, qui promet Samson et Dalila, la Damnation de Faust et les Contes\ndé Hoffmann.\nLe compositeur H. Platzbecker vient de terminer une opérette intitulée\nCadoudaf dont l'action se passe à Paris au début du xixe siècle.\n—La Fiancée de la Mer, de Jean Blockx, sera représentée prochainement au\nthéâtre de Cologne : ce sera sa première apparition sur la terre allemande.\n\nPublications nouvelles.\n\nG. ALLIX. Sur les Eléments dont s’est formée la personnalité artistique de Ber-\nlioz. Grenoble, Allier frères, 1903.\n\nCe discours de réception à l'Académie delphinale, prononcé le 15 mai 1903,\nnous est malheureusement parvenu trop tard pour que nous en puissions rendre\ncompte dans notre numéro consacré à Berlioz (15 août). Mais il n'est pas trop\ntard pour dire que ces pages sont probablement ce qu'on a écrit de plus solide, de\nplus net, de plus clair et de plus sobre sur ce génie complexe, qui souvent a\ndérouté la critique. Virgile,— le théâtre et les virtuoses,— Glucket Spontini, —\nles études empiriques d'instrumentation. — les maîtres (Le Sueur et Reicha),—\nle milieu, — Shakspeare, — Beethoven et Goethe,— l'Italie, telles sont les révéla-\ntions successives qui firent de Berlioz l'homme épris à la fois de beauté classique\net d'horreur romantique, de symphonie et de théâtre, de coloris orchestral et de\npureté mélodique, de réve germanique et de précision latine, aussi impétueux\nque varié en ses préférences et en ses aspirations. Toutes ces phases de son déve-\nloppement sont étudiées avec une sûreté d'érudition remarquable : je citerai en\nparticulier l'étude sur l'orchestration française au début du xixfc siècle, que\nM. Allix, partitions en main, relève d'un injuste mépris, et le curieux relevé des\nœuvres que Berlioz avait pu entendre à l'Opéra avant son départ pour l'Italie\n(1831). De nombreuses citations de Berlioz illuminent de traits de feu des ana-\nlyses conduites d'ailleurs avec beaucoup de délicatesse : Spontini, (( le Louis\nDavid de la musique )), le (( digne et vénérable )) Le Sueur, Beethoven, (( dont"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "519", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.23", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\n1 âme est si grande, si ardente, si généreuse, quelle communie avec l'humanité\ntout entière et la reflète en soi », sont judicieusement caractérisés, et c'est une\nvue ingénieuse et fine, que de dater du voyage en Italie et des courses solitaires\ndans 1 Apennin le goût de Berlioz pour le paysage, même pour le paysage dau-\nphinois. Ce travail fait grand honneur à la critique musicale française.\n\nL. L.\n\nHECTOR BERLIOZ. Lettres inédites à Thomas Gounet, publiées par L. Michoud,\nprofesseur à l'Université de Grenoble, et annotées par G. Allix. Grenoble, Allier\nfrères, 1903.\n\nTh. Gounet, né à Lyon en 1801, employé au Ministère de l'lnstruction publi-\nque jusqu'en 1850, et mort en 1869, fut un des amis de jeunesse de Berlioz, et\npeut-être le plus dévoué. C'est son nom qui figure en tête de la fameuse lettre\ncollective adressée, le 6 mai 1831, à MM. Gounet, Girard, Hiller, Desmarest,\nRichard, Sichel ; c'est lui qui traduit les poésies de Th. Moore, sur lesquelles\nBerlioz compose les Mélodies irlandaises, publiées à frais communs par les deux\namis en février 1830 ; et lorsque Berlioz épouse H. Smithson en 1833, il ne pos-\nsède poui tout bien que trois cents francs, prêtés par Gounet. Les vingt-quatre\nletties que publie aujourd hui M. Alichoud, parent de 1 ami de Berlioz, vont de\n1830 à 1834 ; plusieurs, il est vrai, ne portent point de date, mais M. Allix a\nréussi à les dater au moins approximativement en les rapprochant d'autres\ndocuments. Klles nous font assister au départ de Berlioz pour l'ltalie, départ\nfurieux et désespéré :\nJe saurai au moins dans dix jours la durée de mon infernal exil. Oh ! mon cher\nGounet, je suis bien malheureux ; rien, je vous assure, ne peut donner une idée de\nce que je souffre.\nCe sont ensuite des nouvelles de ses premières œuvres, du (( Mélologue )) fai-\nsant suite à 1 épisode de la vie d un artiste (Lého ou le Retour à la vie, suite de la\nSymphonie fantastique), des confidences sur les escapades projetées à Paris, tan-\ndis que M. Horace (1) croira son pensionnaire à Milan, de flatteuses demandes\nde livrets auxquelles Gounet ne semble pas donner de réponse favorable, de\nl'ennui, du (( spleen », une vigoureuse invective contre la musique italienne :\nCe qu'il y a de pire, c'est que je ne puis vivre sans musique ; je ne puis m'y accou-\ntumer, c'est impossible. Ma haine pour tout ce qu'on a l'impudence de décorer de\nce nom, en Italie, estplus forte que jamais. Oui, leur musique est une ... ; de loin,\nsa tournure indique une dévergondée; de près, sa conversation plate décèle une sotte\nbête.\nLes dernières lettres nous montrent Berlioz de retour à Paris : radieux, il\népouse Henriette Smithson, le 3 octobre 1833, après s'être étonné, un an aupa-\nravant, de la (( matrimoniofurie » de ses camarades. Il dîne avec Lamennais et\nreconnaît aussitôt en lui son frère par la fougue du sentiment et la puissance de\nla pensée :\nLe génie le sèche, le ronge, le brûle ! ! Quel diable d'homme ! il m'a fait vibrer\nd'admiration.\n\n(i) Horace Vernet, directeur de l'Académie de France à Rome."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "520", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.24", "texte": "NOTES BIBLIOGRAPHIQUES\n\nCes généreux enthousiasmes sont eux-mêmes la marque du génie. Et l'on\ncomprend que Berlioz, qui suscita et connut lui-même des haines si fortes et de\nsi tenaces rancunes, ait eu d'autre part des amis aussi fidèles et aussi dévoués :\nson âme était grande, et il savait aimer avec force.\n\nL. L.\n\nNotes bibliographiques.\n\nA PROPOS DES ORIGINES DE LA SYMPHONIE ! UN ORCHESTRE DE COUR DU XVIe AU\nXVIIIe SIÈCLE.\nIl s'agit de l'orchestre entretenu à Berlin par les princes électeurs de Brande-\nbourg. Les premières indications datent du règne de Joachim II: une ordon-\nnance de ce prince, conservée aux archives d'Etat, règle les obligations « du\nmaître de chapelle, des chanteurs et des instrumentistes )). On y rencontre les\nnoms de deux membres de la compagnie : un certain Elie. et Jean le Français.\nL'orchestre comprenait (( des organistes, deux joueurs de viole, des harpistes et\ndes joueurs d'instruments à vent ». Le paragraphe 11 traite de l'attribution des\npourboires (Tranckgelder), qui seront répartis également entre les musiciens\nadultes.\nUne pièce datée de 1572, sous le règne de Jean-Georges (1571-1598), nous\ndonne les traitements, qui varient de 4 thalers à 25 thalers par trimestre (15 fr.\nà 94 fr.). Cette même année, la compagnie fut réorganisée par un certain Wes-\nsalius, sans doute un Flamand, qui en fut le chef suprême (Oberkapellmeister)\njusqu à sa mort, en 1582. On y comptait alors, parmi les chanteurs, deux basses,\ndeux ténors, deux altos et deux discants ; parmi les instrumentistes : deux vio-\nlistes, deux joueurs d'instruments à vent, un harpiste et un cithariste.\nL'un des successeurs de Wessalius fut Eccard, auteur de nombreux chants\nspirituels, mort à Berlin en 1611. Puis la guerre de Trente Ans arrive, et les\nHohenzollern, qui ont d'autres soucis, négligent quelque peu la musique. Deve-\nnus rois, ils tâchent de donner à leur cour une compagnie de musiciens digne de\ncelles des cours rivales, et capable de jouer l'opéra, cette nouveauté si fort à\nla mode en France. Un état de 1712 énumère 6 premiers et 5 seconds violons,\n2 altos, 5 violoncelles, 3 basses, 2 hautbois ; le budget total se monte déjà à 8138\nthalers. On adjoint à cette troupe 24 trompettes et 2 timbaliers, payés ensemble\n5798 thalers Mais en février 1713 Frédéric lerIer meurt, et son fils, Frédéric-Guil-\nlaume ler,Ier, n aimait, comme on sait, ni la musique, ni la dépense. Il supprime\ntrompettes et violons avec cette brève mention : Au diable ! Berlin reste sans\nmusique royale jusqu'en 1740; Frédéric II lui rend alors son orchestre et lui\ndonne un théâtre d'opéra. C'est à partir de cette date que Berlin devient une des\ncapitales de la musique.\n(D'après le journal der Klavier Lehrer, ier septembre 1903.)"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "521", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.25", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN\n\n(Suite)\nParis, janvier 1834.\nMON CHER MONSIEUR,\nLa Revue musicale touche à la huitième année de sa publication. Malgré le\nsuccès que constate cette longue existence, je crois avoir à faire beaucoup pour\naccroître encore sa publicité. Je viens vous prier de vouloir bien m'y aider, en\nme donnant une liste des personnes de votre société auxquelles vous pensez que\nla lecture de la Revue puisse convenir, afin que je leur fasse adresser quelques\nnuméros d'essai.\nRecevez l'expression de ma considération très distinguée.\n- G. FÉTIS.\n\nFÉTIS\n\nLETTRE I\n\nLETTRE II\n\nBruxelles, 25 mars 1836.\nMON CHER MONSIEUR CHOPIN,\nLorsque j'ai eu le plaisir de vous voir à mon dernier voyage à Paris, je vous\nai parlé du désir que j'avais d'avoir de vous quelques renseignements pour l'ar-\nticle biographique que je vous consacre dans mon Dictionnaire historique des\nMusiciens. Ces renseignements me sont fort nécessaires, car on imprime en ce\nmoment la feuille où votre nom doit être placé. Je viens donc vous prier de\nvouloir bien remplir immédiatement la feuille que je vous adresse ici, et qui con-\ntient les diverses questions auxquelles je désire que vous répondiez. Veuillez\nensuite me renvoyer cette feuille par le retour du courrier, s'il est possible.\nVotre tout dévoué,\nC. FÉTIS,\nRue Bodenbrouk, n° 15, à Bruxelles.\n\nLettre de Mlle Emilie de Flahault.\n\nLa Rédaction de LA FRANCE MUSICALE prie Chopin de lui envoyer l'œuvre de\nHàndel, que Mme Viardot-Garcia a chantée au concert de Chopin, ou tout au\nmoins de lui indiquer dans quelle œuvre de Handel ce morceau se trouve.\n(30. 111. 1842.)\n\nR. M.\n36"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "522", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.26", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN\n\nFRANCHOMME\n\nLETTRE I\n\nMONSIEUR,\nMonsieur F. Chopin,\nChâteau de Nohant, près La Châtre.\nCHER AMI,\nJe n'ai que le temps de mettre sous ce papier la lettre de Schles[inger ; qui\nva, j'espère, te tranquilliser.\nPrésente mon respect à MME Sand, que je remercie bien de son bon souvenir,\net crois-moi bien toujours ton ami tout dévoué.\nAUGUSTE FRANCHOMME.\n2 août 44.\n\nLETTRE II\n\nTrès, très, très pressé.\nMONSIEUR,\nMonsieur Frédéric Chopin,\nRue du Mont-Blanc, n° 5, Paris.\nCHER AMI,\n11 faut absolument que tu ailles aujourd'hui chez les dames Forest, que tu\ntrouveras toute la journée, jusqu'à 6 h., hôtel de Boulogne, rue Poissonnière.\nMlle Adèle croit que tu ne veux pas lui donner de leçons et on parle de repartir\nsur-le-champ pour Tours ; puisque le but de leur voyage est tout en ton honneur,\ntu ne voudras pas les contrarier aussi vivement et tu ne priveras pas celui qui\nt'aime tant du bonheur de voir cette aimable famille le temps convenu.\nJe compte sur ton amitié comme tu dois compter sur celle de ton\nAUGUSTE FRANCHOMME.\nMardi, 7 heures du matin.\n\nLettres de Mme Freppa, C'esse Furstenstein, O Gainsborough,\nM. Galloux, M\",e Gangler, M\",e G a rat, Veuve Garcia, M. Gathf,\nM. Goubaux, Mme Grote,M. et M."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "523", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.27", "texte": "LETTRES DE DIFFÉRENTES PERSONNES A CHOPIN\n\nHALÉVY\n\nLETTRE I\n\nMON CHER CHOPIN,\nJe suis forcé de renoncer au plaisir de dîner avec vous : un mal de gorge assez\nviolent qui ne me quitte pas depuis plus de quinze jours, et qui a beaucoup\naugmenté depuis hier, me force, par ordonnance du médecin, à mang-er fort peu,\net à parler encore moins, deux choses fort tristes à table. Ces deux privations ne\nm'affligent que parce qu'elles m'empêchent de me joindre à Liszt, à vous, à vos\namis, dont quelques-uns sont aussi, j'espère, un peu les miens. Veuillez leur\nexprimer donc mes regrets, et recevez aussi, mon cher et bon Chopin, l'assu-\nrance de tous mes sentiments d'amitié.\nTout à vous de cœur.\nF. HALÉVY.\n\nLETTRE II\n\nMonsieur Chopin.\nMON CHER PETIT CHOPIN,\nSi vous sortez ce matin, faites-moi la grâce de venir me voir un moment, j'ai\nà causer avec vous. Si vous ne sortez pas, c'est moi qui irai vous trouver. Un\nmot de réponse.\nF. HALÉVY.\nMercredi,\n\nFANNY IIENSEL (I) écrit au nom de M'lle Kiéré que cette dame a ressenti trop\nvivement (( le malheur général qui a frappé Paris », pour pouvoir fréquenter le\nmonde, c'est pourquoi la soirée qui devait se donner chez elle n'aura pas lieu.\n(Adr. r. du Montb.)\nE. HERBAULT prie Chopin de venir afin d'examiner quelques pianos et en\nchoisir un pour Franchomme.\nDans un post-scriptum il déclare ne vouloir rien accepter pour le piano qui a\nété dans le Berry (à Nohant) et pour la location duquel Chopin voulait payer.\n(21. XIL 1844*)\nFERDINAND MILLER, dans une longue lettre écrite de Berne, et dans laquelle il\n\n(11 Propre sœur de Mendelssohn, connue comme pianiste et compositeur."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "524", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.28", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN\n\ntutoie Chopin, décrit sa rencontre avec Liszt qu'il a vu, en montant au Saint-\nBernard, en voiture avec Mme d'Agfoultl. Dans le registre des voyageurs, Liszt\ns'était inscrit comme (( nouvellement marié )) LA Genève, Miller s'est rencontré\navec Franchomme et a pris part à son concert. Il prie Chopin de vaincre son\nhorreur pour la correspondance et de lui écrire à Coire ; en même temps il\nenvoie des compliments àM. et Mme Eichthal, à Plater, à Matuszynski et à Ernst.\n(Du 9. VII. 1835 ? adr. r* du Montb.)\nDans une deuxième lettre de Francfort, également fort longue, Miller com-\nmence par assurer à Chopin que, quoiqu'il n'ait encore reçu de lui, depuis qu'ils\nse connaissent, aucune réponse à ses lettres, cependant il ne peut résister à\nl'envie de avec lui par lettre. Il a eu de récentes nouvelles de lui par\nWodzinski qu'il a rencontré par hasard. Il a appris par lui aussi que Wodzinski a\nvu Liszt chez Chopin. Si ce n'est pas une plaisanterie, que Chopin lui en écrive\nquelque chose. Quoique quatre semaines ne se soient pas écoulées depuis son\ndépart de Paris, pourtant Miller a déjà vu beaucoup de connaissances, entre autres\nil a vu Ilummel à Weimar et Mendelssohn à Dûsseldorf. Il a décrit longuement,\ndans une lettre à M. Léo, les solennités de Dûsseldorf; si cela intéresse Chopin,\nqu'il s'adresse à lui. Mendelssohn doit venir à Francfort dans deux mois à peu\nprès. Il demande ensuite si Chopin n'a pas changé de projet et s'il viendra en été\nà FTancfort. Ries organise un concert où l'on ne jouera que les compositions de\nBeethoven ; le profit sera pour le monument de Bonn, (( pour le Napoléon de la\nmusique ». Ries lui-même jouera le concert pour piano. Enfin Miller recommande\nà Chopin de faire ses compliments à toute la rangée de leurs connaissances\nmutuelles et envoie pour lui-même les compliments de sa mère, qui porte con-\nstamment la bague de Chopin, comme si elle était sa fiancée. (Le 30. V. 1836.)\nDans une lettre sans date (adr. r. du Montb.), il invite Chopin à dîner.\nDans une autre sans date et sans adresse, il annonce que le dîner doit être\nremis, parce que Baillot ne peut venir. Il termine ainsi : (( Adieu, ma perle, mon\nbijou, objet adoré de mon cœur\nTon FERDINAND HILLER. ))\n\nCLÉMENTINE HOFFMANN (I), néeTanska, écrit sur une petite feuille de papier\nque Mlle Rozenga rtj demeure passage Sandrier, rue basse du Rempart, au\npensionnat de Mme Bachellery, et Mme Hoffmann, qui écrit ces mots, envoie sa\nplus belle révérence à M. Chopin, et se réjouit de son arrivée.\n♦\nR. lIUBE écrit que l'année passée déjà il avait désiré, étant pour quelques\njours à Paris, se rencontrer avec Chopin, mais que celui-ci alors était à la\ncampagne. Il demande de lui ménager une entrevue, parce que, en retournant\nà Pétersbourg, il passera par Varsovie, où il désirerait raconter aux parents de\nChopin qu'il a vu le fils qu'ils lui avaient confié à son premier voyage à Vienne,\nà ce qu'il croit, en 1828 en réalité c'était en 1829]. Il ajoute qu'après s'être sépa-\nrés à Vienne, en 1831, il a vu toutes leurs connaissances mutuelles de Vienne, et\na même été dans leur appartement, rue Kohlmarkt. (Estampille : 16» VIII. 1843 ;\nadr. r. d'Orl.)\ni) Auteur polonais*"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "525", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.29", "texte": "LETTRES DE DIFFÉRENTES PERSONNES A CHOPIN\n\nL'abbé A. JELOWICKI :\nLe ministre permet le concert. Mais, pour en finir, il aura lieu demain. Pan-\ntaleoni chantera une cavattine de Capuletti, mais il demande qu'on lui fasse\nsavoir 1 heure de la répétition chez Pacini. Si vous voulez que Pantaleoni ne\nchante pas, voici un moyen : demain il chantera à un autre concert ; on pourrait\ndonc lui indiquer pour le nôtre un moment qui ne lui conviendrait pas.\nUne heure et demie.\n(1) En polonais dans l'original.\nA. JELOWIC[KI]\n(1 ).\n\nLettre de M. Jenison.\n\nKALKBRENNER\n\nLETTRE I\n\nMonsieur Chopin,\nRue Saint-Lazare, place d'Orléans, Paris.\n(Estampille : 30 novembre 1842.)\nCHER CHOPIN,\nDepuis mon retour de la campagne, j'ai été presque constamment malade ;\nc'est ce qui m'a empêché d'aller vous voir. Si vous vouliez aider à ma guérison,\nvous viendriez dimanche, 4 décembre, dîner avec nous ; c'est tout à fait en fa-\nmille et il n'y aura que votre charmant et intéressant élève.\nNous vous disons mille amitiés in chorus.\nFR. KALKBRENNER.\n52, Fb. Poissonnière; mardi.\n\nLETTRE II\n\nCHER CHOPIN, .\nOn dit que les petits cadeaux entretiennent l'amitié. J'espère que vous prête-\nrez une oreille indulgente au bavardage de mes jeunes filles, et qu'elles vous\nprouveront que, quoique absent, ma pensée vous suit.\nAclclio, cari no.\nFR. KALKBRENNER.\nLe 3 r janvier 1845."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "526", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.30", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN\n\nLETTRE III\n\nCHER CHOPIN,\nJe viens vous demander une grande faveur : mon fils Arthur a la prétention de\njouer votre belle sonate, en si mineur, et il désire extrêmement que vous lui\ndonniez quelques conseils, pour qu'il se rapproche autant que possible de vos\nintentions. Votas savez combien j'aime votre talent et n'ai pas besoin de vous dire\ntoute la reconnaissance que je vous aurai pour les bontés que je vous demande\npour mon petit drôle. Il est à vos ordres tous les jours de deux à quatre h. et le\ndimanche toute la matinée.\nMille pardons pour cette indiscrétion; mais vous m'avez habitué à votre ami-\ntié et j'y compte\nMille compliments de toute la famille.\nFR. KALKBRENNER.\n52, Faub. Poissonnière ; le 25. XII. 1845.\n\nLettres de la baronne de Koenneritde Mme , de M. Ko\\mian\net de M. Kun\\el.\n\nLAMENNAIS\n\nLETTRE I\n\nMiss S tir lin g,\n12 bis, rue de la Fraternité.\nCHÈRE MISS STIRLING,\nJe serai à vos ordres et à ceux de M. Chopin, de midi à 5 heures, rue de\nMilan, 3.\nLAMENNAIS.\nMardi 25 décembre.\n\nLETTRE II\n\nM. Joseph laissera monter le porteur de ce billet»\nF» LAMENNAIS»\n\nMME AMÉLIE DE LASSABATIIIE invite Chopin et Matuszynski à une soirée à\nlaquelle assistera Mme Hiller (peut-être Diller ?}.\nDans une seconde lettre, elle écrit qu'elle a invité Chopin, par l'entremise de"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "527", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.31", "texte": "LETTRES DE DIFFÉRENTES PERSONNES A CHOPIN\n\nMme Freppa, aux réunions du dimanche. Ala dernière Chopin n'est pas venu ;\nelle s adresse donc directement à lui, parce qu'il a peut-être considéré cette in-\n\\ itation par Mrre F reppa comme insuffisante (Mercredi, 23 octobre [1833].)\nDans une troisième lettre très courte, Mme de Lassabathie prie de remettre\nun billet au porteur de cette lettre.\nDans une lettre dont la signature est tout à fait illisible, une bonne connais-\nsance de Chopin écrit qu elle est venue pour parler avec lui des leçons qu'il doit\ndonner à Mme Lassabathie.\n\nLEGOUVÉ\n\nLETTRE I\n\nMonsieur Chopin,\nCité d'Orléans, rue Saint-Lazare, Paris.\nMON CHER MONSIEUR CHOPIN,\nJe vous écris un mot de la campagne où j'ai été me reposer deux jours, pour\nvous dire que je suis remis au samedi 4. Je suis très heureux que madame\nSand veuille bien venir entendre mon ouvrage, je vous enverrai la loge que\nvous désirez.\nBien à vous,\nE. LEGOUVÉ.\n\nLETTRE II\n\nMON CHER MONSIEUR CHOPIN,\nPleyel, Goubaux, et une de vos anciennes élèves, Mme Olivier, qui vient de\nse remarier à M. Jean Regnaud de Y Encyclopédie, viennent dîner avec nous\naprès-demain jeudi ; Mme Gangler nous donne sa soirée ; s'il vous était agréable\nde passer quelques heures avec des gens que vous aimez, chez des gens qui\nvous aiment, vous arriveriez ici à six heures et vous seriez le très bienvenu. Il\nest bien entendu que vous laisseriez vos doigts chez vous.\nComme vous n'aimez pas à écrire, dites oui ou non à mon domestique.\nA vous,\nE. LEGOUVÉ."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "528", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.32", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN\n\nLETTRE III\n\nMonsieur Chopin,\nRue du Mont-Blanc, près le boulevard.\nVous nous avez fait tant de plaisir hier, Monsieur, vous nous avez tant re-\nmués jusqu'au fond du cœur, que nous sommes encore aujourd'hui tous pleins\nde ces impressions, et que j'éprouve le besoin de vous écrire que la soirée d'hier\na été pour nous une des plus ravissantes, non pas que nous ayons passées, mais\nque nous ayons rêvées. r\nVotre très reconnaissant,\nE. LEGOUVÉ.\n\nLETTRE IV\n\nMON CHER MONSIEUR CHOPIN,\nj'ai été plusieurs fois chez vous, sans avoir le plaisir de vous rencontrer, afin\nde vous remettre ce livre, je vous défie de vous y plaire autant que moi à vos\nouvrages. Que je serais heureux de faire une fois en poésie ce que vous faites\ntoujours en musique !\nSi vous êtes mieux portant, venez donc lundi, après-demain, prendre à neuf\nheures une tasse de thé avec nous; vous ne trouverez que gens qui vous aiment,\net si la musique que vous entendrez n'est pas digne de vous, c'est qu'elle n'est\npas de vous.\nBien à vous,\nE. LEGOUVÉ.\n\nLETTRE V\n\nMON CHER MONSIEUR CHOPIN,\nQuelques-uns de nos amis se réunissent chez moi le mercredi 20 janvier. C'est\npour l'anniversaire de la fête de ma fillette. Voulez-vous vous joindre à eux ? Je\nne vous réponds pas que MME Gangler, MLLE Spitz et même mademoiselle ma\nfille ne vous entraînent pas au piano ; mais si vous n'êtes pas trop fatigué, la\ncertitude de nous enchanter tous vous dédommagera peut-être de nous avoir cédé.\nEn tout cas, avec ou sans mains, je veux de vous ; à défaut de vous entendre,\nqu'au moins nous vous voyions.\nA vous de cœur,\nE« LEGOUVÉ*"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "529", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.33", "texte": "LETTRES DE DIFFÉRENTES PERSONNES A CHOPIN\n\nLETTRE VI\n\nQue vous êtes un grand médecin ! Mlle Spitz était au lit, Mme Gangler ne\npouvait pas remuer ; je leur ai montré votre lettre : rhume et rhumatismes ont\ndisparu ! Quel dommage que vous ne vous aimiez pas assez pour vous guérir\naussi !\nVoulez-vous me donner l'adresse de M. Franchomme ?\nA ce soir : voilà un mot bien agréable à écrire.\nA vous,\nE. LEGOUVÉ.\n\nLETTRE VII\n\nMON CHER MONSIEUR,\nVoulez-vous venir avec nous au Conservatoire dimanche ? nous serions heu-\nreux, Mme Legouvé et moi, cette belle musique avec vous J'es-\npère que ce mauvais temps ne vous est pas défavorable ; vous étiez en bonne voie\nla dernière fois que je vous ai vu. Vous y êtes-vous maintenu ?\nVotre tout dévoué,\nERNEST LEGOUVÉ.\n\nOutre les lettres ci-dessus, il se trouve encore, parmi les papiers qui m'ont été\nconfiés, un compte rendu de Legouvé sur le concert de Chopin à Rouen, inséré\ndans la Gazette musicale du 25 mars 1838, et copié par une main inconnue. (Voir\nNiecks. 11. 17.)\n\nLettres de Mme Léo et de Lindpaintner.\n\nCH. LIPINSKI\n\nNotre honorable compatriote, le comte Tarnowski, se rendant à Paris, désire\nardemment faire la connaissance de Frédéric Chopin, célébrité européenne,\ndont le nom est devenu la gloire de sa nation. Je saisis avec joie l'occasion qui\nse présente, d'abord pour satisfaire au désir d'un véritable amateur de musique,\nque vous aurez le plaisir de connaître comme porteur de ce billet, ensuite pour\nme rappeler à votre bienveillance, qui, malgré l'éloignement et les obstacles mo-\nmentanés, durera et doit toujours durer. En gardant dans mon cœur un sen-\ntiment plein d'admiration pour vous, cher Maître, je me déciare votre véritable\nadorateur.\nCHARLES LIPINSKI (I).\nDresde, le 26 août 1844.\n(1) En polonais dans l'original."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "530", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.34", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN\n\nFR. LISZT\n\nLETTRE I\n\nMonsieur Chopin,\nParis.\nPlace d'Orléans, rue Saint-Lazare.\nPar bonté de M. Rellstab.\nIl n'y a nul besoin d'un intermédiaire entre Rellstab et toi, cher ancien ami.\nRellstab est un homme trop distingué et pour ta part, tues trop bien appris, pour\nque vous ne vous entendiez à merveille et tout d'abord (quelque peu que s'en-\ntendent ainsi d'habitude les artistes avec les critiques); mais puisque Rellstab me\nfait le plaisir d'accepter quelques lignes de moi, je me charge de me rappeler\nplus particulièrement à ton souvenir et veux profiter de cette occasion pour te\nrépéter encore, au risque même de te paraître monotone, que mon affection et\nmon admiration resteront toujours les mêmes pour toi, et que tu peux disposer\nde moi en toute occasion, comme d'un ami.\nF. LISZT.\nPosen, 26 février 1843.\n\nLETTRE II\n\nAU amico Chopino.\nCARO CHOPINO,\nIl m'est physiquement, moralement et absolument impossible de sortir de chez\nmoi ce matin. Va-t'en trouver Nourrit, que j'ai déjà prévenu hier, et excuse-moi\nauprès de lui.\nAddio, caro.\nF. L.\n\nMme ANNA LISZT (mère)\n\nLETTRE I\n\nMonsieur, Monsieur Chopin,\nà Paris.\nCHER MONSIEUR CHOPIN,\nJ'ai reçu ce matin une lettre de mon fils dans laquelle il m'annonce son arrivée\npour le 14, et me prie de vous en prévenir. Son séjour ici sera de quatre, ou tout"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "531", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.35", "texte": "LETTRES DE DIFFÉRENTES PERSONNES A CHOPIN\n\nau plus de cinq jours, afin de revoir ses meilleurs amis, au nombre desquels vous\nêtes le premier.\nAdieu, je vous embrasse de tout mon cœur.\nA. LISZT.\nLe 12 mai 1836.\n\nLETTRE II\n\nMonsieur, Monsieur Schoppin [sic !].\nMONSIEUR,\nJe viens vous prier, si cela peut vous faire plaisir, d'aller voir Clotilde au\nThéâtre-Français avec mon fils. Il vous attendra chez lui à 6 h. moins un quart.\nDans le cas où vous auriez autre chose en vue pour ce soir, je vous prie de le lui\nfaire savoir au plus tard à 5 heures. Adieu.\nAu plaisir de vous revoir.\nANNA LISZT.\nLe 20 octobre.\n\nLa MARÉCHALE COMTESSE DE LOBAU écrit qu'elle espérait que Chopin tom-\nberait chez elle à son retour de la campagne ; mais les jours et les mois s'écou-\nlent, et il ne donne pas signe de vie. Mme de L. se rappelle surtout à lui à cause\nde la dette contractée envers Chopin, tandis qu'ils étaient au carrousel. Elle\nprie aussi de lui renvoyer les billets des leçons de Caroline (sa fille). (Jeudi,\n9 avril.)\nSon Altesse Royale Madame la PRINCESSE LOUISE désire voir M. Chopin à\n6 heures aujourd'hui (dimanche) dans son palais (Augustusstrasse).\nLe COMTE DE LOWENHICK |OU Lowenhichen], ambassadeur de Suède et Nor-\nvège, s'excuse de ce que, ne connaissant pas personnellement Chopin, il ose lui\nrecommander sa compatriote, M,le d'lndebeton, qui doit avoir de grandes\ncapacités pour le piano et qu'il prie Chopin d'accepter au nombre de ses élèves\n(le 21. 111. 1846).\n\nLettres de la Psse Lubomirska, de la Vicomtesse de Sudre\net de M. Malfatti.\n\nMADEMOISELLE MARS\n\nJe suis bien coupable de ne vous avoir pas dit, Monsieur, tout le plaisir que\nm'avait fait éprouver votre succès bien mérité ; mais s'il faut vous l'avouer,\nj'espérais de jour en jour votre visite et je vous remercie de remplir la promesse"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "532", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.36", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN\n\nque vous m'aviez faite. Je serai bien certainement chez 11101 dimanche soir\nde 5 à 6 h., ou toute la soirée, et serai charmée de vous recevoir, ainsi que la\npersonne qui voudra bien me garder une place dans ses souvenirs.\nAgréez, Monsieur, l'expression de mes sentiments distingués.\nMARS.\n\nFÉLIX MENDELSSOHN-BARTHOLDY\n\n(Avec un post-scriptum de Schumann. L'original est en français.)\nM. Fréd. Chopin.\nA Paris,\nrue du Mont-Blanc, n° 5.\nMON CHER AMI,\nCeci doit être une invitation pour vous, sans que j'aie composé la symphonie\nou tricoté des bas. A vous dire la vérité, je n'ai fait ni l'un, ni l'autre ; seule-\nment par égard pour vous et pour ne pas vous forcer de venir à Leipzig au milieu\nde l'hiver, car je suis sûr que vous l'auriez fait de suite, si j'avais tricoté ou\ncomposé, comme nous en étions convenus. Mais c'est pour vous demander si\nvotre temps vous permet de venir assister à la fête musicale du bas-Rhin qu'on\nva célébrer à Dusseldorf les jours de Pentecôte, que je vous écris ces lignes.\nQuelques-uns de nos musiciens d'ici, qui vont y assister, me prient de vous\nécrire une invitation, parce qu'ils croient à la possibilité que vous l'acceptiez.\nQuoique j'avoue que j'en doute, et que je crains que la fête musicale que vous\navez entendue ne vous fasse pas grande envie de lui sacrifier encore une fois votre\ntemps et un si long voyage, la seule possibilité de vous y revoir et de passer\nquelques jours avec vous, m'est si agréable que je n'hésite pas de vous écrire\ndans cette intention, au risque que vous vous en moquiez. On donnera à la\nfête la neuvième symphonie de Beethoven avec les chœurs, un psaume de\nHândel, une ouverture de Beethoven (inconnue jusqu'ici, la troisième qu'il a\ncomposée pour Fidelio), mon oratorio, dont vous avez vu quelques morceaux\nchez moi, et quantité d'autres choses. Si vous pouvez, venez-y, ce serait la plus\ngrande joie pour moi, et si vous ne pouvez pas, n'allez pas vous moquer de mon\ninvitation, que je n'aurais pas hasardée sans le vif désir de tous ceux qui y\nseront et qui souhaitent vous voir et vous entendre davantage que pendant votre\ndernier séjour ici.\nExcusez le français de cette lettre, que je trouve exécrable sans la moindre\nflatterie ; je ne 1 ai pas parlé depuis que vous m'avez vu.\nSi vous voulez me répondre un mot, vous me feriez le plus grand plaisir ; et\nquoique je sache que vous ne répondez jamais, je vous prie de le faire cette fois ;\nvous pourriez me dire en même temps ce que vous composez, ce que fait I liller ;\nsi vous avez des nouvelles de Liszt, etc. Saluez-les tous et n'oubliez pas votre\nhabitant du marais (comme vous devez considérer l'Allemagne).\nAdieu, pardonnez le style de votre\nFÉLIX MENDELSSOHN-BARTIIOLDY*\nLeipzig, le 28 mars 1836."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "533", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.37", "texte": "LETTRES DE DIFFÉRENTES PERSONNES A CHOPIN\n\nIl s entend que si vous vouliez avoir une invitation solennelle, je vous enver-\nrais une lettre du bourgmestre, signée par le comité et tant d'autres signatures\nque vous voudriez. Mais je ne crois pas que cela produirait beaucoup d'effet\nsur vous.\n[P. S. de Schumann, en allemand dans l'original :\nMille salutations et souhaits, ainsi que la pressante invitation de venir sur le\nRhin, si toutefois c'est possible.\nJe reste avec amour et adoration votre\nROBERT SCHUMANN.\n\nMendelssohn vous fait prier de lui envoyer, par écrit ou verbalement, un mot\nde réponse à Panofka, pour lui apprendre si vous viendrez. Nous en sommes\nfortement persuadés... [? mot illisible]\n\nPAUL MENDELSSOHN-BARTHOLDY apprend à Chopin qu il a fait des recherches\nclans l'affaire de « l'ouverture » de son frère Félix et qu'il lui en fera connaître\nle résultat demain, chez Franck. (Adr. cit. Berg., dat. 4. I. 1833.)\n\nMEYERBEER\n\n(Lettre écrite par son secrétaire et seulement signée par lui.)\nCHER ET ILLUSTRE MAÎTRE,\nJe suis aux plus vifs regrets de ne m'être point trouvé chez moi lorsque vous\nm'avez fait l'honneur de venir me voir. Aujourd'hui je viens m'adressera vous\navec une prière. Mlle Merli, jeune fille italienne de 8 ans et aveugle, m'a été\nprésentée : elle est pianiste, et, selon moi, un véritable prodige de talent et de\ngénie.\nSeriez-vous assez aimable pour la recevoir chez vous ? bien entendu après\nvotre concert seulement, car jusque-là vous devez être trop occupé pour que je\nveuille vous dérober un moment. Je désirerais beaucoup procurer à la jeune\net intéressante personne le plaisir de vous entendre ; et comme elle n'est pas\nriche, si vous pouviez me faire parvenir deux billets pour votre concert, pour elle\net pour sa mère, ce serait une bonne œuvre pour laquelle vous m'obligeriez in-\nfiniment.\nVeuillez agréer, cher et illustre Maître, l'expression des sentiments les plus\ndistingués de\nVotre très dévoué,\nMEYERBEER.\nParis, 15 février. 111, rue de Richelieu.\n\nLettres du Comte Micielski et du Comte Mielinen.\n\nGUST. DE MONTEBELLO écrit que MME Freppa ayant parlé à M,LE Grisi, cette\ndernière consent volontiers à chanter au concert de Ghopin. Elle demande si"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "534", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.38", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DÉ CHOPIN\n\nChopin a envoyé des billets aux dames de Noailles, Potocki et autres. (Adr.\ncit. Berg.)\nLe COMTE DE MORIOLLES écrit qu'il a cherché Chopin dans toutes les maisons\nde la rue de Richelieu et qu'à la fin il apu découvrir son nouvel appartement.\nIl prie Chopin de venir chez lui à l heure indiquée parce qu'il lui apporte de\nsincères compliments de sa fille. (Adr. Boul. Pois. ; timbre : 26 novembre\n1831.)\nALEXANDRINE DE MORIOLLES exprime son chagrin de n'avoir pu profiter du\nbillet pour le concert ; elle appelle Chopin (( Monsieur le Diabelek » (1) et ter-\nmine par les mots : (( Nous aurons toujours la même amitié pour le génie devenu\ngrand que pour le virtuose de 7 ans. »\n(1) Diablotin.\n\nJ. MOSCHELES\n\nLeipsig, le 3 mai 1848.\nMON CHER CHOPIN,\nVous êtes à Londres et je ne puis vous en faire les honneurs ! C'eût été\npour moi une fête que de vous y voir apprécié, fêté comme à Paris ; puisque\nc'est impossible, permettez du moins que je procure à mes enfants le plaisir de\nvous recevoir chez eux. Je ne sais si vous vous rappelez ma fille aînée ; elle\nétait presque enfant, lorsque vous la vîtes à Paris ; néanmoins votre jeu et vos\ncompositions firent sur elle une impression des plus vives.\nElle n'a cessé d'étudier vos œuvres, elle serait enchantée de vous revoir et\nd'étudier plus à fond cette musiquequ'elle adore en vous l'entendant jouer. Vous\nne lui refuserez pas un bonheur auquel elle aspire à double titre, comme fille de\nMoscheles et comme nièce de votre ami Léo.\nDe son côté elle serait enchantée de vous être utile, et son mari M. Roche, qui\ncompte lui-même vous remettre ces mots, ne manquera pas de vous faire part de\ntoutes ses bonnes intentions pour la réussite de vos plans à Londres. J'espère\ndonc qu'il y aura de nombreux et d'agréables rapports entre vous, et je vous\nprie de croire que j'y prendrai une part toute vive et tout amicale.\nJ. MOSCHELES.\n\nMadame BDMÈE DE MUSSET supplie Chopin en deux lettres d'accepter sa fille\nau nombre de ses élèves. (Adr. r. Tronch.)\nLe DUC et la DUCHESSE DE NOAILLES invitent Chopin à dîner. (Adr. r. Tronch.)\nMMFE DE MORTEMART, DUCHESSE DE NOAILLES, prie Chopin, dans une lettre,\nd'indiquer les heures des leçons pour sa fille ; dans une seconde lettre, écrite, à\nce qu'il semble, un an après, elle demande encore une fois d'indiquer les heures\ndes leçons. (Adr. r. Tronch.)"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "535", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.39", "texte": "LETTRES DE DIFFÉRENTES PERSONNES A CHOPIN\n\n(0\nCHER MONSIEUR CHOPIN,\nDemain matin je serai chez vous à 8 heures. Norblin, le 8 décembre 1831.\n(r) Louis Norblin était prolesseur au Conservatoire et violoncelle solo au grand Opéra de Paris.\n\nNORBLIN\n(en polonais.)\n\nLETTRE I\n\nLETTRE II\n\nCHER COMPATRIOTE CHOPIN,\nCette D,le Segny de Lyon est arrivée, elle n'a encore entendu personne\net elle m'est recommandée : pauvre créature ! Jouez-lui une mazourka, ou ce\nque vous voudrez, et vous servirez celui qui vous salue,\nVotre compatriote et ami,\nNORBLIN.\n9 septembre 1832.\n\nG. ONSLOW écrit quelques mots dans l'appartement de Chopin ; il regrette de\nne Tavoir pas trouvé, et il lui rapporte le billet du concert de Chopin dont il ne\npeut profiter.\nSOPHIE OSSOLINSKA (dans une lettre écrite en français) remercie Chopin pour ses\ncompositions et le prie d'écrire dessus quelques mots. (Adr. Ch. d'Ant ; timbre\n18. VII. 1835.)\nANTONIO PACINI écrit qu'il est forcé d'imprimer dans le prochain numéro du\nCent et un les compositions de Cherubini et de Niedermeyer (?) et qu'à cause\nde cela lescompositions deChopinne paraîtront queplus tard. (Dat. 22. IV. 1840.)\nDans une seconde lettre il insiste pour que Chopin lui renvoie les feuilles cor-\nrigées. (Adr. r. Tronch.,dat. 20. VI. 1840.)\nPAER envoie une lettre pour recommander Chopin à Baillot, et il écrit qu'il n'a\npas mentionné le concert de Chopin, vu que Baillot donne chez lui des concerts\npublics (?). Cette mention, dit-il, aurait pu lui faire tort. Il lui conseille de ne\npas perdre courage et défaire la connaissance de Baillot (dat. 28. XI. 1831).\nLe chanteur PANSERON prie Chopin d'assister à son concert.\nLe COMTE DE PERTIIUIS invite Chopin à venir chez lui, dans son propre intérêt.\n(Adr. r. Pig. dat. 16. XI. 1841.)\nP. PIXIS prie de lui envoyer les Variations pour deux pianos, parce qu'il en a\nbesoin pour un de ses élèves. Il maudit sa santé qui l'empêche d'aller au concert\nde Chopin ; et il a entendu tant de louanges de son jeu ! (Adr. cit. Berg.)\n\nLettres de M. Plater, de Mme Plater et de C. Pleyel.\n\nLa COMTESSE DELPHINE POTOCKA (dans une lettre en français) prie Chopin\nde prendre une loge pour le concert de Berlioz."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "536", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19030915-01.1.40", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN\nLe Gérant : A. REBECQ*\nPoitiers. - Société française d'lmprimerie et de Librairie.\n\nVoici en entier une seconde lettre écrite en polonais :\nj; » . v •. Le 16.\n\nCHER MONSIEUR CHOPIN, -I:\nJe ne veux pas vous ennuyer avec une longue lettre, mais je ne puis auss\nrester si longtemps sans nouvelles de votre santé et de vos projets à venir. Nei\nm'écrivez pas vous-même, mais priez MME Etienne, ou cette excellente grand'-\nmaman qui rêve de côtelettes, qu'elle m'apprenne où en sont vos forces, votre\npoitrine, vos étouffements, etc., etc. Il faut penser sérieusement à Nice pour\nl'hiver. Mme Auguste Potocka m'a répondu qu'elle fera tous ses efforts pour\nobtenir une permission pour MME Andrzejewicz [Iedrzeïewicz], mais que les\ndifficultés sont très grandes dans ce malheureux pays. Je souffre de vous sentir\ntellement abandonné dans la maladie et le chagrin ; je vous prie de m'envoyer\nquelques mots à Aix-la-Chapelle, poste restante.\nJe voudrais aussi apprendre quelque chose de ce Juif, s'il s'est présenté et vous\na rendu service ?\nIci, il fait triste et ennuyeux, mais pour moi la vie s'écoule partout de la même\nmanière; pourvu qu'elle passe sans plus d'amères douleurs et d'épreuves, c'en\nest assez de ce qu'on a déjà dû supporter. A moi non plus le bonheur n'a pas\nsouri sur cette terre. Tous ceux à qui j'ai voulu du bien m'ont toujours récom-\npensée par l'ingratitude ou par différentes autres tribulations. Au total, cette\nexistence n'est qu'une énorme dissonance.\nQue Dieu vous garde, cher Monsieur Chopin ! Au revoir, au plus tard vers le\ncommencement d'octobre.\nD. POTOCKA.\n\nLettres de la Comtesse T. Potocka et de M. Cipriani Potter.\n\nANTOINE PRINCE RADZIWILL\n\nAntonin, le 4 novembre 1829.\nJ'accepte avec bien de la reconnaissance, Monsieur, la dédicace du Trio de\nvotre composition, que vous voulez bien m'offrir. Veuillez même en accélérer\nl'impression, afin que j'aie le plaisir de l'exécuter avec vous à votre passage\npar Posen, quand vous vous rendrez à Berlin.\nRecevez, mon cher Chopin, l'assurance réitérée de tout l'intérêt que m'in-\nspire votre talent, ainsi que de la considération distinguée que je vous ai vouée.\nANTOINE, prince RADZIWILL.\n\nLettres de M. Recourt, Mme Rich, CtâSSe de la Ridoste et de Mme R^emisha.\n\nSAINTE-BEUVE remercie Chopin d'avoir bien voulu s'intéresser à Ml!e Mazel\net lui demande pardon de le faire si tard et non personnellement, mais il ajoute :\n« Il s'est élevé de votre montagne (i) une espèce d'orage littéraire, et plus que\nlittéraire, dans lequel j'ai craint de me trouver quelque peu compromis. »\n(i) Chopin habitait alors rue du Mont-Blanc."}]}